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Traité de l'art du charpentier, approuvé et adopté par l'Institut national, pour faire suite aux arts et metiers, publiés par l'Académie des sciences. Première partie
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- TRAITÉ
- DE
- l’art DU CHARPENTIER,
- APPROUVÉ ET ADOPTÉ PAR L’INSTITUT NATIONAL',
- POUR FAIRE SUITE AUX ARTS ET METIERS, PUBLIÉS PAR L’ACADÉMIE DES SCIENCES;
- DÉDIÉ ET PRÉSENTÉ AU PREMIER CONSUL
- Par J. H, HASSENFRATZ,
- PREMIERE PARTIE.
- DE L’IMPRIMERIE DE DEMONVILLE, RUE CHRISTINE, N°.
- A PARIS,
- RUE DE THIONVILLE, N°. 116.
- CHEZ FIRMIN DIDOT, LIBRAIRE POUR L’ARCHITECTURE, LA MARINE, LES MATHEMATIQUES ET LES ÉDITIONS STÉRÉOTIPES,
- I 8 04*
- AN XII
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- AVERTISSEMENT.
- Jm
- 3L’aca.d:émie des Sciences me chargea, en 1788, conjointement avée Monge, aujourd’hui Se'nateur, de décrire l’Art du Charpentier : cette description devait faire partie de la collection que publiait ce Corps Savant. Je m’étais dès long-temps occupé de la théorie des arts et métiers, je l’ai depuis publiquement enseignée -, sous le titre de Technologie , a l’Athénée de Paris ; cependant je ùc me aérais point chargé de cette tâche pénible, si je n’eusse pratiqué l’Art de la Charpenterie avec quelque succès pendant plus de cinq années, et si je n’eusse tenu école publique* d’enseignement de la charpente aux ouvriers'.
- îtien, peut-être, n’ést plus difficile que la description d’un art. L’auteur est constamment soumis â la censure de deux classes d’hommes, qui considèrent le même objet sous deux faces si différentes, que rare-' ment elles peuvent s’entendre, tant il y a d’éloignement dans la tournure habituelle de leurs idées et même dans leur langage ; je veux parler 'des théoriciens ét des praticiens.-
- Pour peu qu’un ouvrier réfléchisse sur les procédés qu’il emploie, il5 parvient nécessairement à des résultats généraux: plus ou moins étendus d’après lesquels- il lui semblé qu’il étudierait Son métier s’il avait à re-commenéer, et qui lui servent souvent de règle lorsqu’il instruit des apprentifs. Il est râre que cés résultats së transforment chez lui en véritables théorèmes ; il faudrait pour cela un esprit très-exercé : mais ce sont pour lui' des maximes nées d’une laborieuse expérience. Voilà le praticien.
- Le théoricien, aû contraire, a la tête remplie de théorèmes et de tous les cbrollaires qui en découlent; chaque procédé eSt une conséquence de ce qu’il savait déjà; ce procédé, souvent il l’ignore, mais aussitôt qnTl l’aperçoit, il le reconnaît, le classe, et même l’apprécie;
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- il j^eut en découvrir de nouveaux, d’après des analogies plus ou moins éloignées; s’il a l’érudition que comporte son art , il y importera des procédés étrangers, plus expéditifs ou plus économiques.
- Ainsi, l’un remonte des procédés aux principes, l’autre descend des principes aux procédés ; l’ouvrier commence par former ses mains, et le théoricien par meubler sa tête. Ces deux méthodes sont à-peu-près entre elles ce que la synthèse est à l’analyse; l’une est plus sûre, l’autre est plus vaste : ainsi, loin de vouloir ici juger de la préférence qu’on doit accorder à l’une ou à l’autre de ces méthodes , je dirai que l’art n’est:' complet que par leur réunion intime.
- Cette réunion est malheureusement rare, paree qu’elle est difficile;, celui dont la tête travaille est paresseux des mains, et même maladroit, parce qu’il est impatient ; l’ouvrier doit être doué au contraire de pa? tience et même de résignation; et lorsque le.corps est fatigué, ce n’est pas l’étude qui délasse, e’est de ne penser à rien, et à moins qu’on ne s’accoutume de bonne heure à faire marcher ensemble ces deux parties, il sera difficile de les posséder jamais passablement. Faire pratiquer les penseurs et faire réfléchir les ouvriers , tel a toujours été le but de mes leçons, c’est encore celui que je me propose dans cet ouvrage.
- Il est bon d’observer que la plus grande partie des arts et métier* a été décrite jusqu’à présent ou par des savants purement théoriciens ; ou même p,ar des hommes de lettres, également étrangers à la théorie et à la pratique. Ceux dont la description est l’ouvrage des hommes du métier , tels par exemple que l’art du menuisier, sont tellement .diffus que l’apprentissage direct serait peut être plus expéditif et moins obscur que ne l’est sa lecture : tout dire, c’est surcharger inutilement la mémoire ; et pour choisir, il faut posséder à fond les détails de l’art.; On ne doit pas exiger dans ces descriptions l’élégance du style, mais seulement la clarté : l’habitude de professer peut seule donner les moyens de se faire comprendre à un grand nombre d’indiyidus, iné^, gaux en intelligence et en connaissances acquises.
- Je n,e prétends donc pas dispenser* l’ouvrier d’un apprentissage indisi
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- pensable, qui donné sètiï la manière de faire, et accoutirme les membre# à l’usage des outils qu’ils emploient ; mais comme en définitif c’est la tête' qui mène la main, il se perfectionnera bien plus vite * si à chaque opération il peut se donner la véritable raison de ce qu’il fait, prise dans les lois de la mécanique ou de la physique ; il sera alors en état d’étendré lès bornes de son art par d’heureuses analogies, et d’en simplifier les procédés par des substitutions nouvelles ; de son coté le théoricien pourra, sinon former ses mains, du moins faire exécuter par des ouvriers médiocres ce qu’ils n’auraient jamais pu faire d’éùx-mêmes.
- ’ Pour qu’un art soit bien fait, il faut que l’ouvrier, que l’artiste puisse’ y trouver la description de son travail journalier ; il faut qu’il y trouve1 ïes indications des moyens pratiqués, employés par les autres; que ces indications soient assez clairés et assez détaillées pour qü’il puisse comparer les résultats, et qu’il puisse même les mettre en pratique : il faut qu’il y trouve tous les détails de théorie qui appartiennent à l’art, les bases sur lesquelles ils sont fondés ; que l’histoire de l’art, sa marche,» ses progrès y soient tracés; que l’état actuel y soit parfaitement désigné et qu’il y trouve enfin l’indication de tous les perfectionnements que' ïétat dés lumières permet : il faut de plus que les théoriciens y trouvent, non-seulement une application heureuse et satisfaisante des principes connus, mais encore que dans les détails de la pratique, de la manu*1 tention , ils y trouvent des principes nouveaux qui puissent compléter,» s’il est posible, ou au moins perfectionner la théoriede l’art : il faut enfin que. tout ce que l’on pratique dans les autres arts qui ont de l’ana-fcgie avec celui que l’on décrit / et qui peuvent contribuer à son perfectionnement , y soit indiqué aussi , de manière que les praticiens et les théoriciens puissent en faire des applications heureuses. Tels sont les principes qui doivent servir de bases dans là description d’un art, tels sont ceux qui m’ont dirigé ; c’est aux personnes qui liront cet ouvrage à juger si j?ai rempli le but que je me suis proposé.
- L’Art de la Charpenterie que je publie maintenant, sera divisé en six parties : io. des bois ,, de leur croissance y de leur propriété , du travail
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- qu’ils éprouvent avant d’être employés en charpente, et de leur transi port aux lieux de consommation; a<>. des outils, des chèvres, des grues et des machines que les charpentiers emploient, de leur usage ; du tracé du bois, de son travail,; des assemblages, et du travail moyen que les ouvriers peuvent faire; 3°. des pans de bois, des planchers, des combles; 4°- des étais, du transport des grandes masses et des édifices, des cintres, des ponts de bois; 5°. des moulins \ des pressoirs, des bocards, et généralement des machines que les charpentiers construisent; 6°. enfin, de la stéréotomie, appliquée à la ^charpente , connue sous le nom ,de Y,art du trait ; ce travail sera terminé par un vocabulaire des mots, des noms le plus usités dans l’Art de la Charpente , en y joignant, autant qu’il sera possible, l’étymologie de chaque terme.
- Il est aisé de juger, d’après {ces détails, qu’il ne sera question dans cet ouvrage que de la charpenté en bâtiments : il est une autre division de l’Art de la Charpente, cel|e' du charpentier de marine, que je lais*( serai traiter à des théoriciens et à des praticiens plus expérimentés.
- Je ne publie dans ce momenjj^que la première partie de l’Art du Char# pentier; celle qui peut être plus généralement utile, en ce qu’elle doit-intéresser les cultivateurs , les administrateurs des bois et forêts , les constructeurs, les charpentiers de terre et de mer, et généralement tous les arts pour lesquels le bois est l’objet principal. Devant incessamment publier la seconde partie, l’accueil que le Public fera à cet ouvrage me fera connaître si j’ai bien saisi la manière dont il desire qu’un art soit décrit, si je suis propre à continuer celui-ci, si je dois en conséquence lui sacrifier un temps que l’on pourrait réclamer pour d’autres objets.
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- INTRODUCTION.
- DES CAUSES QUI ONT DÉTERMINÉ
- EA CONSTRUCTION DiES ABRIS.
- Trois causes paraissent avoir concouru £ déterminer les hommes à se construire des abris : i °. les météores aqueux ; le sommeil ; 3°, les variations de température.
- Les météores aqueux,
- ÏjE glotîe sur lequel nous vivons est environné d’une atmosphère ; l’air qui la j compose, jouit de différentes propriétés dont les principales sont : de se mouvoir dans des directions et avec des vitesses différentes de celles de la terre, et de produire les vents} de dissoudre de l’eau, de laisser précipiter l’eau qu’il a dissoute, et de former ainsi la sécheresse , la pluie, la neige, la grêle, etc.
- Les variations de l’air, les pluies, les neiges, les grêles plus ou moins abondantes; le mal-aise que procure l’humidité continuelle, les maladies qu’elle occasionne, ont déterminé les hommes et même les animaux à chercher des abris naturels, ou à s’en former de commodes.
- Sommeil.
- L’homme ne peut exister dans une agitation, 'dans un tra-Tome /. a
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- y ï N T R O D U C T 1 O m
- vail continuel, il est condamné par sa nature, par sa faiblesse , à une espèce d’anéantissement, ou de léthargie périodique. La conservation de sa santé exige que par 24 heures, il en abandonne au moins 6 au sommeil.
- Si Fhomme vivait seul, ou s’il n’était entouré que d’amis qui prissent intérêt à sa conservation ; quelques feuilles sèches lui suffiraient pour se reposer dans les climats où la température est supportable, mais presque tous les êtres vivants se livrent une guerre continuelle , qui oblige les faibles à éviter les forts. Quelques espèces se nourrissent de chair, et pourchassent sans interruption les animaux qu’ils peuvent dévorer ; si plusieurs de ces espèces servent de nourriture à l’homme, l’homme à son tour est susceptible de servir de pâture à un grand nombre. Il n’échappe à ceux qui sont plus forts que lui* que par son adresse, sa vigilance, son esprit inventeur, la combinaison de ses idées, aidées de celles qui lui sont transmises par les générations qui l’ont précédé, et qu’il transmet à son tour à celles qui le suivent.
- Lorsqu’il veille, l’homme craint peu les animaux voraces y loin de les fuir, souvent il les attaque, et les fait tomber sous ses coups ; mais s’il est surpris dans l’état de sommeil, rien ne peut le sauver de leur faim dévorante, et sa mort est la suite de sa léthargie.
- Il fallait donc pour la conservation de ses Jours, que l’homme pût se mettre pendant le sommeil à l’abri des animaux carnaciers, ou même des attaques de ses semblables , et qu’il construisît une habitation qui le préservât de leur fureur pendant ce temps d’anéantissement ; en ceci l’homme suit l’exemple des autres animaux.
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- INTRODUCTION.
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- Les variations de température.
- La terre est éclairée et échauffée par les rayons solaires qui lui arrivent f plus il parvient de rayons solaires sur un même espace, plus cet espace est éclairé et échauffé.
- Les rayons solaires arrivent à la terre, en suivant des directions parallèles. Si la terre était plane, la direction des rayons solaires formerait sur toute la surface , un même angle avec le plan, et chaque portion serait également échauffée ; mais la sphéroïdité de la terre détermine les rayons à former des angles différents sous chaque latitude. Là, où les rayons solaires sont perpendiculaires à la surface, comme dans la zone torride, la chaleur apportée est la plus grande possible. Là, où les rayons solaires sont parallèles à la surface, comme sous les zênes glaciales, la chaleur apportée est la plus petite possible. Gomme tous les points du globe reçoivent les rayons solaires sous des directions différentes, il s'ensuit qu'il doit y avoir des températures variées.
- Plus longtemps le soleil est présent sur un point de la terre, plus long-temps il l'échauffe, et conséquemment plus sa température doit être forte.
- Les différentes inclinaisons des rayons solaires sur l'équateur terrestre pendant l'année, produisent dans les zones tempérées et dans les zones glaciales des durées inégalés de présence du soleil, et conséquemment des chaleurs variées.
- C'est aux différentes inclinaisons des rayons solaires et au m ou-vement annuel de la terre, dans une ellipse dont le soleil occupe un des foyers, qu’est due cette grande variation de température qui
- a a
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- ». INTRODUCTION.
- forme les quatre saisons de l'année, le printemps, l’été, l’au-
- tomne et l’iiiver.
- Cette variation dans les saisons, produit dans le voisinage de l’équateur des chaleurs insupportables, et dans le voisinage des pôles des froids capables de donner la mort : ces deux causes opposées ont encore déterminé les hommes à se procure^ des abris.
- Des abris simples.
- Les forets furent, dans les pays chauds, les premiers abris naturels qui se présentèrent aux hommes. Montés sur les grands arbres dont elles sont remplies, ils bravaient pendant le sommeil les quadrupèdes voraces} dans le milieu du jour, ils évitaient sous leur ombrage les rayons brûlants du soleil. Dans les pays froids, ils ont profité*des résultats des grands effets de la nature : partout où des affaissements ont produit des excavations souterraines, ils s’y sont établis, ont joui de la température moyenne et constante qui s’y rencontre, et ont modifié le froid qu’ils y ressentaient, par la combustion des bois morts qu’ils ramassaient, ou des arbres qu’ils cassaient.
- Si les arbres et les forets se rencontrent partout, si l’homme a , dans tous les climats tempérés, des abris naturels, il n’en est pas ainsi dans les régions froides et glacées ; les excavations de la nature ne se rencontrent que dans quelques chaînes de montagnes, particulièrement dans celles qui sont composées de pierres calcaires secondaires. Il a donc fallu que dans ces sortes de pays , les hommes suppléassent par l’art aux abrig que la nature ne leur fournissait pas.
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- INTRODUCTION.
- Des habitations des peuples sauvages.
- Une question dont la solution semble présenter un grand intérêt, en ’ ce qu’elle contribué à faire connaître le commencement d’un des chaînons de l’industrie humaine, est celle-ci : qu’elles étaient les formes , les matières des premières habitations que les hommes se sont construites? Ont-ils, à l’imitation d’un grand nombre d’animaux, creusé des trous dans la terre, ou construit des cabanes sur sa surface? ont-ils bâti jdes abris, comme l’hirondelle, avec de la terre mouillée?
- P S’il ne nous reste aucune trace des prémices de l’industrie humaine dans la construction des habitations, nous avons encore sur notre globe des races d’hommes errants , sans besoins factices , livrés au seul instinct de la nature et dont les abris , simples comme leurs mœurs , variés comme les climats qu’ils habitent et le degré de civilisation où ils sont parvenus, peuvent servir de point de comparaison.
- J’ai donc recherchéavee soin dans les récits des voyageurs qui ont parcouru les différents pays de la terre, les descriptions des habitations qu’ils ont détailléesj je les ai dessinées séparément, et j’en ai réuni plusieurs parmi lesquelles on trouvera des formes plus ou moins agréables. La plupart de ces abris peu-yent être exécutés avec facilité ou meme servir de modèle dans la décoration de ces -jardins qui doivent imiter la nature.
- Ces habitations au nombre de 3 3, peuvent être considérées kous dés rapports divers, et avoir, en raison de ces considérations , des rapprochements différents : si on les examine par rapport à la latitude des lieux , on voit que les cabanes des
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- vf I N T R O D U C T I O N.
- habitants des lies de Tana, des Amis, d’Otaïti, dÀnamookà^ chez lesquels la température est très-élevée, sont toutes ouvertes, que l’air y circule avec facilité, et qu’elles n’ont été construites que pour servir d’abri, contre les pluies. Les habitations des Lapons ou Sibériens , des Kamtchatdals, des Suisses meme, sont fermées avec soin ,• il n’y a d’ouverture que celles qui sont nécessaires pour y entrer, j recevoir un peu de lumière et laisser échapper la fumée ; aussi ces abris ont pour objet de préserver de la violence du froid. On voit que les Lapons ont poussé l’industrie jusqu’à creuser leurs maisons dans la terre, afin d’y conserver plus facilement la chaleur.;
- Les siamois habitants les bords du fleuve Menau, élèvent leurs cabanes de 5 et 6 décimètres au-dessus du sol, pour s© préserver de l’humidité continuelle que le débordement de se^ eaux y occasionne : ils portent quelquefois cette précaution' jusqu’à construire les cabanes sur les arbres, au sommet desquels ils montent avec des échelles qu’ils retirent à eux, de crainte de surprise, pendant le sommeil.
- Si l’on considère les habitations sous le rapport des formes et du travail, on voit qu’elles sont dépendantes du degré d’industrie et de civilisation : pour bien faire sentir ces différences , et mettre à meme d’en obtenir de semblables, je vais indiquer très-succinctement leur construction.
- description de trente - trois habitations simples cjui se construisent chez différents peuples.
- Plan ier. fig. iere. Habitation d’Anamooka. Deux branches longues et souples ; ou deux jeunes arbres plantés en terre, à 3 ou 4
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- ïiïfTRODUCT î O N, vif
- mètres, 9 à 12 pieds , de distance, recourbés pour faire entrer fortement l’autre bout de la meme manière; des jeunes branches sont liées aux courbes pour recevoir et supporter des branches et des feuilles sèches, qui servent de couverture. Les liens sont eux-mémes des branches vertes et minces.
- Fig. a. .Habitation de la Nouvelle-Zélande; meme, construction que la précédente, avec cette différence que les courbes ne sont qu’à 2 ou 3 décimètres, 7 à ii pouces, les unes des autres ; que la couverture est de gazon, qu’elle va jusqu a terre ; que l’on élève des cloisons latérales avec du gazon, et que l’on n’y] conserve qu’une seule ouverture pour entrée.
- Fig. 3. Habitation de l’île de Sandwick, célèbre par la mort du capitaine Coock. Ce sont comme à la Nouvelle-Zélande des branches piquées dans terre , à 2 ou 3 décimètres, 7 à t 1 pouces , de distance , avec cette différence, que la courbe est de deux morceaux réunis au sommet de là cabane par des liens, sur une branche placée dans la longueur; par ce moyen elles sont plus hautes que ces dernières. Elles sont couvertes en feuilles sèches et 11’ont qu’une ouverture pour entrée.
- Fig. 4* Habitation d’Atot. Des poteaux enfoncés en terre, sur lesquels sont liées des branches; d’autres branches droites forment un comble à double pente. Les faces verticales couvertes de terre,, le comble, de branches ou feuilles sèches; une seule porte.
- : Fig. 5. Habitation des Ottigammies. Cabanes plus hautes, mais construites comme celles de la Nouvelle-Zélande, le tout recouvert de feuilles sèches et de terre ; une porte pour entrer, une ouverture pour servir d’issue à la fumée.
- Fig. 6.. Habitation des Hottentots ; leurs cabanes se nom-
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- m/j INTRODUCTION.
- ment kralls ; des branches souples piquées dans terre, à 5 décimètres, i i pouces, de distance, autourduncercle, liées ensemble parle sommet ; attachées à des branches horizontales, placées à 6 décimètres de distance ; le tout forme la carcasse d’un dôme.
- Fig. 7. Assemblage de krall, recouvert de gazon.
- Fig. 8. Assemblage de krall, recouvert de- peau de bœuf. Le feu que l’on fait dans l’intérieur du krall, sort par la porte et par les interstices que les peaux laissent : comme elles sont continuellement exposées à la fumée, elles se boucanent naturels lement et se conservent,
- Planche a, fig. 9. Abris des îles de Tanna et des Amis ^ pour préserver les pyrogues de la chaleur et de l’humidité j même construction qu’à la Nouvelle-Zélande, couverture de feuilles, et passage libre et facile à l’air.
- Fig. 10. Habitation de la Terre-de-Feu. Branches droites fixées dans la terre autour d’un cercle, et liées par le sommet en forme de cône, recouvert de feuilles sèches ; grande ou-* yerture pour entrer.
- Fig. 1 1. Habitation laponaise d’été ; même construction, qu’à la Terre-de-Feu; ouverture plus large à la partie supérieure ; pour laisser passer la fumée ; branches éloignées à1 1 mètre de distance ; le tout recouvert d’un feùtre fait avec le poil de rennes ; une porte pour fermer l’entrée.
- Fig. 12. Habitation d’hiver, laponaise et Kamtchatdale/ Un trou creusé en terre, des arbres placés sur l’ouverture,’ des branches par-dessus ; le tout couvert de terre en forme de, monticules \ un trou pratiqué au milieu pour laisser passer Ja fumée ; un arbre avec des encoches , pour monter dehors ,1 ou descendre dedans ; un autre trou sur le côté par lequel
- ...... ' " ’ les.
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- INTRODUCTION. ta
- les femmes sortent quelquefois, lorsqu’elles craignent la fumée.
- Fig. i 5. Habitation des lies de Rotterdam et des Amis; arbres fendus en forme de planches au madriers, les morceaux enfoncés dans, terre, les uns à coté des autres, serrés par des branches droites liées en cadre , des branches liées deux à deux pour former des chevrons et attachées sur les madriers ; feuilles sèches pour couverture ; une seule ouverture haute pour entrer; la base de la couverture plus large que le fond de la' cabane.
- Fig. 14. Habitation de l’ile des Amis, de meme que la précédente, les madriers droits ç£ non inclinés; une porte dô toute la hauteur des poteaux.
- Fig. 1 5. Habitation d’FIonawen et de la Nouvelle-Californie. Bambous piqués en terre les uns à cété des autres, autour d’un cercle; bambous formant des cercles , attachés aux autres pour les retenir ; bambous courbés pour former la couver** ture en dème et - recouvert de feuilles sèches ; porte d’entrée de toute la hauteur du bambou.
- Fig. 16. Habitation de Tangut; même construction qu’à U Nouvelle-Californie, mais le plan carré; gqt^on pour couvrir.
- Planche 3 , fig. 17. Habitation-’ d’été des Kamtchadals ; neuf poteaux fixés en terre dans un plan carré à a mètres} de distance; celui du milieu plus haut pour former la sojm* mité du comble.; , I
- Fig. 1:8. Branches faibles; fixées en terra, liées ensuite pap d’autres branches faibles et flexibles qui s’entrelacent à la ma** nière des paniers d’osier ; couverture de paille ou de feuilles sèches.' :> : h.> . eh»*.'.
- Fig. 19, Habitation d’Otaïti ; troncs d’arbres plantés en
- Tome L b
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- terre au nombre de 6 , 3 de chaque côté ; un tronc d'arbre sur chaque rangée de trois, lié aux poteaux par des branches flexibles ; sur les troncs horizontaux des branches .recourbées, comme planche 2, lig. 9 ; feuilles sèches pour couverture : entre les poteaux, des éclats de bois fixés en terre par un bout, et placés les uns à coté des autres, en manière de haies.
- Fig. 2 o. Grande habitation d’Otaïti ; douze troncs d’arbres fixés dans la terre en trois rangées,, les quatre du milieu plus hauts pour former la sommité de la couverture ; sur chaque rangée des troncs horizontaux liés par des branches flexibles, des branches inclinées passant sur les troncs de la rangée du milieu, et sur ceux des deux autres côtés; des liens prenant des poteaux du milieu sur les chevrons qui leur correspondent;, te tout attaché avec des branches flexibles.
- Fig. ai. Habitation de Sibérie; des troncs d’arbres placés, les uns sur les autres , entaillés dans les anglespour que lesr retours réunis se maintiennent mutuellement ; un tronc d'arbre au milieu, dans le sens de la longueur* tenant lieu de faîtage, supporté des deux bouts par deux poteaux; jeunes arbres placés sur le faîtage et sur les troncs horizontaux qui forment les murs,. attachés par des chevilles de bois ; couverture do paille, mousse pour remplir les interstices et boucher le passage à l’air.
- Fig. 22. Habitation dès Kamtchadals ; même construction que la précédente, deux troncs d’arbres en avantpour prolonger la couverture et former un péristile.
- Fig. 33. Maison suisse, meme construction que la fîg. ai, mais avec des bois équarris ; couverture en planche et souvent en mairim
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- Fig. 24. Habitation de la baye d’Arvatcha au Kamtchatka^ meme construction que la maison suisse, murs exagones, couverture en paille.
- Fig. 2 5. Habitation des bords du fleuve Memann, dans le royaume de Siam ; quatre poteaux équarris plantés en terre, â un mètre de hauteur ; quatre sablières emmanchées dedans ; à un mètre et demi plus haut, de nouvelles sablières ; par-dessus, des chevrons équarris, assemblés sur trois faces; entre les deux rangs de sablières, des planches clouées pour empêcher l’air de pénétrer ; sur le devant un auvent formant porte et se mouvant sur une charnière ; couverture en paille.
- Planche 4> %• 26. Habitation de l’ile de Cozumel ; jeunes branches souples piquéeè en terre autour d’un cercle, liées par des branches flexibles à la manière des vanniers, à deux mètres et demi de hauteur; branches courbées en dôme; couverture de feuilles sèches,
- Fig. 27. Habitation du Sénégal; jeunes arbres flexibles, plantés autour d’un cercle , courbés en dôme et liés par le sommet ; une branche horizontale attachée autour, à la moitié de la hauteur, pour maintenir les écartements ; de la terre mouillée pour remplir les espaces vides,
- Fig. 2 8. Habitation des Tartares-Lagusis ; planches fixées en terre les unes à côté des autres, autour d’un cercle et liées par le haut ; des branches droites posées par-dessus, liées au sommet , en forme de cône ; feuilles pour couvrir ; de la mousse pour remplir le vide des planches.
- Fig. 29. Habitation de Masulipatan ; poteaux carrés plantés en jterre, rainures creusées dans le milieu pour mettre et fixer.
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- des ‘planches posées lioiâzohtalemènt ;; ün faîtage Sur le milieu
- de là longueur ; des planches poux couverture.
- Fig. 3 o. Plusieurs poteaux posés sur des pierres 'Carrées * des rainures dans le milieu,• pour Fixer des planches ; des poutres posées sur les poteaux et qui saillent un peu ; un faîtage de planches pour couverture* -
- , En examinant cette habitation: avec soin> on croit y voir 1 origine des pilastres ; de même que les troncs d’arbres >. fig. 19,. 30 et 22 , présentent celle des eôlonnes : les planches forment le mur ; la saillie des poteaux figure des pilastres droits ; le soc de pierre, la base des pilastres, et les poutres avancées * les chapiteaux. 1
- Fig. 3i. Assemblage -de bois, pour ïa construction des maisons chinoises. Chez cette nation ancienne et populeuse, les maisons sont peu élevées , pour économiser les matériaux et la main-d’œuvre ; les murs y sont très-minces : comme ils ne peuvent soutenir le plancher et la charpente, on construit un châssis; de bois, dans lequel on place des poteaux sous chaque poutre. Ainsi les murs ne sont que des fermetures. Au lieu de construire1 des fermes, on élève aux extrémités et sur les poutres des por-teaux pour soutenir les pannes et les faîtages.
- Souvent le faîtage, les pannes et les sablières sont en ligne1 droite ; d’autres fois en ligne courbe. Par eet assemblage particulier de pannes, on peut construire facilement les combles courbes qui sont en usage en Chine. Les chevrons sont de bambou , bois fort et élastique. On leur fait prendre par la pression toutes les courbures que l’on desire. La couverture ordinaire est en tuile creuse et vernissée. Le brillant du vernis et les différentes couleurs que l’on donne aux tuiles, forment en Chine un effet tiês-agréable à l’œil.
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- I; .N TR O B UC T J O 2V«
- * Fig. 3 2 . Maison chinoise , dont le comble est droit.
- Fig. 3 3. Maison chinoise, à comble courbe.
- ! J’ai cru inutile d’entrer dans de plus grands détails sur la construction des 3'3 habitations que j’ai rassemblées dans ces quatre planches, la simplicité de leur forme permet de les imiter à la seule inspection des ligures. Comme il croît dans chaque pays des bois différents;, et que les propriétés de chaque espèce déterminent souvent le mode de construction adopté, U serait difficile d’exécuter ces bàtimens, en Europe , avec les bois que l’on employé ; dans; •chaque pays il faut se servir des bois que l’on possède, et c’est à l’industrie à suppléer à Tavantage que les bois étrangers procurent. Le bambou , par exemple , que l’on récolte dans une grande partie des Indes, de la Chine et du Japon, ne peut-être remplacé par les bois d’Europe ; aucun d’eux ne réunit à un si haut degré, la longueur, la force et la légèreté.
- Bes matériaux qui servent à la 'construction des édifices*
- Lorsque l’on parcourt les pays occupés par les nations civilisées* et que l’on examine avec soin la construction de leurs édfieee, on trouve des variétés considérables : les unes dépendent des matériaux que Ton peut employer ; les autres du temps que l’on peut y consacrer et du travail dont on dispose* Partout ou les forêts ^occupent de grandes étendues , où les bois sont abondants , les constructions ordinaires se font en bois. Là, ou la culture du terrein, le besoin d’obtenir abondamment des grains, a fait défricher les forêts, on y supplée par d’autres matériaux; on fie ;5ert de pierres,, si elles peuvent s’exploiter peu profondément et se cliarier facilement ; à leur défaut ,, oa bâtit en terre
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- xi» INTRODUCTION.
- battue, que l’on nomme pisaie ou pisé, ou bien en terre cuite?
- ou briques.
- Les édifices peuvent être construits entièrement avec l’ün oii l’autre de ces matériaux, on voit dans les forêts et chez beaucoup de peuples., des maisons tout en bois ; elles peuvent être construites tout en pierre, tout en terre, tout en briques, etc.
- La construction la plus ordinaire aujourd’hui en Europe, est un mélange de pierres , de briques et de bois.
- Dans quelques endroits, on a commencé à introduire la construction des planchers en fer et en poterie, pour éviter la destruction du bois par le feu,
- Quelle espèce de matériaux doit-on préférer ?
- La question de l’emploi des matériaux, présentée d’une maniéré générale, offre beaucoup de difficultés, ejle peut avoir deux solutions différentes, en raison des matériaux existants, et en raison; de la forme du gouvernement et de l’industrie des nations.
- Examen de la question par rapport aux matériaux existants.
- En considérant la question par rapport aux matériaux, elle est simple. On ne peut construire en bois, où il n’existe que de la pierre ; on ne peut construire en pierre, là où il n’existe que du bois : lorsque ces deux matériaux se trouvent également, l’économie et la durée de l’édifice déterminent le choix. Je traiterai la question sous ce double rapport, à la suite de l’examen de l'influence des gouvernements, et de l’industrie des nations dans le choix des matériaux*.
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- I N T R O D U C T 1 O N,
- x>>
- JÊxamen de la question par rapport à la forme du gouvernement et à l'industrie des nations.
- Si Ton voulait traiter cette question clans toute l’étendue qu elle présente , ce serait à - la - fois l’histoire des peuples, des gouvernements , et des arts, depuis la plus haute antiquité jusqu’à nos jours. C’est donc avec une très-grande rapidité que nous allons parcourir les siècles , en écartant toute discussion étrangère à l’objet particulier qui nous occupe.
- Tous les peuples diffèrent plus ou moins dans leurs idées, leurs goûts et leurs besoins , et ces différences influent sur les monuments par lesquels ils se sont signalés. Mais il est remarquable , que tel peuple complètement oublié, a laissé des ruines colossales , qui nous attestent qu’il -a vécu avec splendeur ; tandis que tel autre qui né mourra jamais dans la mémoire des hommes, nous laisse dans l’incertitude sur le lieu qu’il a occupé.. C'est ainsi que les ruines de la Haute-Egypte , appartiennent à des peuples pour ainsi dire inconnus , et qu’on ne saurait fixer au juste la place où Troye exista.
- Plus on s’enfonce dans l’antiquité , plus les restes de leurs monuments nous étonnent -, ce sont des colonnes, des obélisques, des chapelles monolytes, où la dureté de la matière a ajouté à la difficulté du travail ; l’éloignement des carrières augmente encore le merveilleux, et tout indique un immense pouvoir employé à la construction de monuments éternels.
- Ce pouvoir ne suffit pas sans doute, il faut encore de grands motifs pour l’employer $ de tous les temps ils furent puisés dans la religion et la politique, mais les temples devancèrent les palais9
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- xvf ÎN TR ODÙCTIO N,
- et les rois avaient consacré des monuments à la piété, avant que
- d’en élever à l’orgueil.
- Nous jugeons légèrement les peuples d’après leurs monuments , il est impossible qu’un vaste édifice n’ait pas eu un grand motif, au moins d’après les opinions qui régnaient alors ; un obélisque nous parait insignifiant, mais les caractères dont il est chargé ne sont point arbitraires ; c’était ou les annàlles, ou les lois, ou peut-être le dépôt des connaissances du peuple qui les a tracés* L'objet des pyramides est bien obscur pour nous, sans doutej mais pourquoi n’aurait-il pas été proportionné à l’immensité du travail ? Si les peuples chrétiens de l’Europe, leurs lithurgies , leurs annales étaient anéantis, et que dans quelques milliers d’années , nos doctes successeurs sur cette terre renouvellée fouillassent les ruines de nos temples, partout ils rencontreraient des crucifix , et ils feraient Sans doute des réflexions bien philosophiques sur la bizarrerie de ces vieux peuplés qui se livraient U de si grands travaux, seulement pour mettre à couvert l’effigie d’un supplicié* C’est que dans les ouvrages des hommes, il-y a nn côté matériel et un côté spirituel; la tradition de celui-ci, une fois perdue, le reste nous paraît sans objet. Les monuments druidiques en sont un exemple frappant ; aucune hypothèse raisonnable ne peut , nous éclairer aujourd’hui sur le sens mystique qu’à coup sûr y mettaient leurs auteurs. ;
- Lobjet de, quelques monuments anciens , nous a été transmit par l’histoire, et parait dans une grande disproportion avec les frais qu’ils ont dû occasionner. Le tombeau de Mausole, mis au rang des merveilles du monde, n’était au fond qu’un simple tombeau pour un seul homme ; mais Axténuse, femme et reine
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- I N T R O Ï) Ü O T I O N.- xvij
- puissante, ne voyait rien, sans doute , de plus important au monde, que son amour et sa douleur. . - "
- Sparte, toujours république , n’a point i laissé de monuments, ce qui prouve que les temples des Lacédémoniens, quelque nombreux qu’ils fussent,, avaient peu-dé solidité; et. sans doute peu de grandeur. Athènes nous présente encore des chefs-d’œuvre ; plusieurs autres républiques grecques s’étaient livrées & l’émulation des grandes constructions. Rome-dans les six premiers siècles de la république était peu recommandable sous ce rapport ; des aqueducs consacrés à futilité publique, dfe très-petits temples avec peu d’ornements j car l;e luxe et meme le bon goût de leurs constructions leur vinrent de la Grèce, et ne1 furent portés-aii plus haut degré que sous les empereurs,j ' •
- • Il paraît assez évident que- dans ï’aritiqûité, où l’on ne connaissait point ce que nous entendons aujourd’hui par industrie et circulation fondées sur fâf&anchissemerit Tde 'toutes les classes-’ du peuple , il fallait une grande dp.ùissanhe cdneéntréé , poim élever un grand monument : ainsi dans'5lés derniers temps dé la république romaine, quelques citoyens enrichis des dépouillés du monde , et surtout lès empereursse distinguèrent par d-im-* menses travaux. Les Athéniens en petit nombre, relativement à leurs esclaves , -dofflinés * d’ailleurs par Périelès, embellirent leur ville d’une manière admirable. -On peut donc établir, que dans ces temps éloignés , la somptuosité et la solidité des édifices, étaient des signés presque certains de l’assujettissement des peuples., à commencer par les Egyptièns, qui ont dû être singulièrement soumis à lein?s rois, et sans douté à leurs prêtres»3 Bans de pareilles circonstances, il est probable que les edi* ÏQme L Q
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- &üj INTRODUCTION.
- lices particuliers étaient d'autant plus misérables, que cetix dW usage public étaient magnifiques : à Athènes, quelques familles illustres exceptées, la masse des citoyens était d'une insigne pauvreté , . puisque la majeure partie recevait , du trésor public ,T de l'argent pour assister aux spectacles. Ces villes magnifiques ressemblaient sans doute à des cabanes de nègres , autour d'une sucrerie.
- Justinien fut le dernier empereur qui se signala par de grands moQumens, en reconstruisant l'église de Sainte-Sophie, à Cons-> tantinople. Ce fut aussi la dernière lueur que jeta le goût grec.' Déjà bien altéré dans ses admirables proportions, peut-être s’en fût-on moins rapproché encore, si la nécessité d’employer des matériaux précieux n'avait forcé, pour ainsi dire , les architectes à imiter le style gravé sur les débris qu'ils employaient.
- Les irruptions des barbares devinrent plus fréquentes et plus destructives dans le sixième siècle de T ère chrétienne ; les peuples s’appauvrirent, les thermes, les cirques, les naumachies qui servaient aux plaisirs de ce peuple - roi, furent négligés ou ruinés $ l'architecture grecque fut aussi complètement oubliée que si elle n'ent jamais existé , et nous allons voir se former peu-à-peu un système nouveau d’architecture, qui dut sa naissance à un objet purement religieux, et qui a couvert l'Europe entière de monuments encore existants.
- Il est probable que les temples consacrés aux cérémonies du paganisme, n’étaient point en général destinés à recevoir le peuple j ceux ; destinés aux grands sacrifices, avaient en avant un© place (Atrium) ; le temple proprement dit était réservé aux prêtres et aux statues des dieux. Mais l'établissement de la
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- ï N T R O D U C T I O Nr xix
- religion chrétienne ayant un régime différent ne put s’arranger de ces temples. . . ..
- Tant qu’elle fut persécutée, les catacombes, des maisons parti-'culières et écartées , ou tout au plus des bâtiments d’une extrême Simplicité furent ses premiers asiles ; quand elle fut religion dominante, que les assemblées furent nombreuses, il fallut des bâtiments très-vastes par le bas, pour recevoir un grand nombre de Hdelles, et étroits dans le haut, pour qu’on pût les couvrir. iVoilà l’origine de nos églises gothiques et des trois ou cinq allées qui en composent la nef. Il fallait que les murs fussent Soutenus par des colonnes ou des pilastres pour ne pas empêcher la libre circulation des personnes. On commença à Rom© .par des Colonnes, parce que les débris des monuments antérieurs .en fournissaient les moyens.
- Cette méthode de mettre beaucoup de monde à couvert, fut constamment pratiquée à Rome, depuis Constantin jusqu’au quinzième siècle, et imitée dans toute l’Europe. ; mais ce fut surtout vers le dixième siècle que l’on commença à construire d’immenses cathédrales; c’était à qui ferait la plus vaste et la plus élevée, et si cette émulation ne fît pas de bons architectes, au moins fit-elle naître les plus habiles maçons qui aient çxisté.
- Il est à remarquer que les colonnes des différents ordres grecs , que le hasard fournissait toutes faites dans la capitale du monde chrétien , étaient remplacées ordinairement ailleurs par de lourds piliers ronds, portant aussi une espèce de chapiteau, grossièrement travaillé, qui représentait l’ordre corinthien. Lorsque les architectes en furent à viser à la légéreté réelle et apparente, ils Remplacèrent ces piliers par des espèces de fuseaux- ou torons*
- c %
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- t.t I N T R O ï) U C T î O RT.
- qui partant de terre s’élancent d’un seul jet pour se croiser an centre de la voûte. On mit encore plus de recherche, lorsqu’on eut fait entrer lès clochers dans la composition de la façade du temple. Mais tous ces prodiges de légéreté et de patience, furent encore surpassés par les maures.
- Ce genre devint alors l’architecture par excellence ; des églises il passa aux palais des rois et se maintint jusqu’au quinzième •siècle, où pour la première fois depuis mille ans , Philippe Bruiiëlleschi s’avisa de mesurer et comparer les anciens monu-mens, qu’on n’avait fait que dessiner à l’œil ; il découvrit alors que l’architecture proprement dite , était une science toute de proportion; il ne s’écoula pas un siècle et on jeta les fondemens de Saint-Pierre de Rome ; dernier degré peut-être où les forces humaines puissent atteindre en architecture.
- Si au nombre immense de cathédrales bâties en Europe / durant cinq-ou Six siècles, ôn ajoute lès constructions faites par les moines ; on verra que l’art dé bâtir fut plus influencé par la religion que par la politique et la vanité des souverains.
- Leurs habitationsainsi que celles des grands seigneurs, étaient des espèces dè citadelles , d’où ils protégeaient leurs vassaux et pillaient ceux de leurs voisins* Mais dans les grands désordres et l’anarchie du système féodal, les églises et les couvents étaient souvent pour tous les partis des asiles sacrés, et la sécurité encourageait les constructions religieuses.
- Indépendamment des vassaux, sur les services desquels on avait un droit direct â on pourvoyait aux frais de ces immenses constructions par des contributions volontaires. C’est pour fournir Taux dépenses de l’église de Saint - Pierre , que Léon X fesait
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- / N T R O D U C T I O JV. xæj
- vendre des indulgences en Allemagne , d'où naquit le schisme de Luther. Ici nous touchons à une époque où les ressorts se relâchèrent ou .s'anéantirent, et où Ton se conduisit d'après d'autres principes.
- L'affranchissement complet de toutes les classes de la société, permit au commerce de s’étendre : de là vint la circulation et l'industrie dans toutes ses branches. Dès-lors les souverains ne furent plus riches qu'avec de l'argent, et leur splendeur au lieu d’ëtre fondée sur la misère de leurs sujets, ne le fut que sur leur aisance; les prêtres bâtirent moins, mais les particuliers changèrent leurs mauvaises chaumières de terre, en maisons de bois, ét enfin en maisons de pierre ; et comme les princes ne pouvaient se livrer à des constructions importantes, qu'avec l'excédent du revenu national sur la dépense, ils étaient arretés par le défaut d'argent, ou bien ils faisaient dés dettes ou mettaient des impôts ; moyens qui sont sujets à plus ou moins d'inconvénients.
- Comme nous voyons dans notre histoire que les rois étaient déjà les plus riches propriétaires, de même dans les gouvernements aristocratiques de l’Italie par exemple , les aristocrates furent d'abord les plus riches citoyens ou le devinrent bientôt par le commerce ; l'excédent de leurs capitaux fut employé à augmenter le faste de leur représentation et se tourna en palais. Ce qui n'empêcha pas qu'on n'achevât les églises commencées ou même qu’on n’en fondât de nouvelles.
- L'introduction de l'industrie procura des capitaux libres et étendit beaucoup l'usage du prêt à intérêt; dès-lors la manière
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- xxij I N T R O D U C T I O N.
- de compter dut changer pour les particuliers : en voici un
- exemple , sans sortir du sujet que nous traitons.
- On peut construire une maison en pierre de taille, c’est la manière la plus solide ; mais on peut exécuter le même plan en bois et plâtre, le revenu en sera le meme. La maison en pierre de taille durera un temps indéfini, c’est-à-dire plusieurs .siècles. Celle en bois et plâtre ne durera que 43 ans, on de-* mande quel est le parti le plus avantageux.
- Supposons que la maison en pierre doive coûter 100,000 fr. ? celle en bois et plâtre 50,000 fr. seulement, alors on pourra placer les 50,000 fr. restants. L’intérêt à 5 pour 100, On sait qu’au bout de 1 5 ans et quelques mois, le capital sera doublé.' Les 100,000 fr. obtenus par le capital de 50,000 et les intérêts accumulés, placés autres 14 ans 4e plus, produiront 200,000 fr, ; enfin en suivant le même procédé* au bout 'de 45 ans on aura 4 0 7 > 4 $ 3 fr, Qn peut reconstruire une autre, maison de 50,000 fr, , et avoir 357,483 fr. ,de bénéfice.
- Dans tous les pays d’ordre et d’économie, où les placements! pont fréquents et sûrs, où cette théorie est dans toutes les têtes, pn voit des maisons commodes, mais légèrement bâties ; ç’est ce qu’on observe en Flandre, en Ilollande et en Angleterre : 'dans ce dernier pays même, il est rare qu’on achète le terrain où l’on veut bâtir, mais pn l’engage pour 20, 5o, 40 ans, et pn paie mie' rente ; cet article seul est une grande économie de capitauxj et quoique au bout du terme prescrit, les édifices reviennent au propriétaire du terrain , l’art de bâtir pour pn temps déterminé, a été si perfectionné qu’il est rare que Je propriétaire en retire le moindre avantage,
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- INTRODUCTION. œccii)
- Dans les deux derniers siècles on a beaucoup bâti et meme de grands édifices. Louis XIV les aima avec passion; son successeur fut beaucoup plus réservé , et ' sur-tout moins personnel sur le choix des monuments qui ont illustré son règne. La France donna long-temps le ton à l’Europe ; mais l’Espagne et l’Angleterre sont. les deux pays qui se sont le moins laissé gagne# par l’imitation : l’Espagne , parce que le goût de ses Rois n’a pas été tourné de ce côté ; l’Angleterre , parce que le peuple y donne le ton au lieu de le recevoir ; et si, en France , bien des citoyens se sont logés en princes , en Angleterre, au contraire, le Roi et les princes paraissent logés comme des particuliers.
- En se résumant, il parait constant que les peuples qui ont existé sous un pouvoir arbitraire , nous ont laissé les ruines les plus durables , témoins irrécusables d’une solidité due à’ des frais immenses. Mais la masse du peuple en est d’autant plus mal logée ; le souverain ne songe qu’aux dieux et à lui. A moins d’une excessive pauvreté dans un gouvernement aristocratique, les principaux de l’état se livrent volontiers au luxe des bâtiments. Les peuples libres ont obéi à l’influence de chefs souvent plus puissants de fait que des despotes , ou bien à des opinions durables et religieuses , tournées du côté des monuments. Mais plus il y a de liberté, d’égalité , d’industrie et de calcul dans un pays , moins le souverain et les particuliers se livrent au luxe des monuments d’une durée indéterminée.' Celui qui aura la manie de laisser un long souvenir de son passage sur la terre , sera mieux servi par quatre lignes d’écri-J;ure confiées à l’imprimerie, que par la fondation d’une ,ville,1
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- xxiv
- I N T R O D U C T 1 O N.
- L existence de Troye est presque aussi problématique que la place qu’elle a occupée ; Homère et ceux qu’il a chantés vivront éternellement dans la mémoire des hommes.
- TRAITÉ
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- O B S ER YATIONS
- Sur les mesures employées dans cet ouvrage.:
- Les mesures et les poids employés en France, quoique uniformes,1 du temps de Charlemagne, avaient éprouvé des révolutions et des altérations qui établissaient entre eux de grandes différences.
- La nécessité de ramener les mesures et les poids à une uniformité constante , et telle que les altérations puissent toujours être corrigées, a depuis long-temps été reconnue, .et l’ancien Gouvernement avait chargé l’Àcadémie des Sciences de toutes les opérations nécessaires pour cet objet.; les opérations terminées, deux lois ont adopté ce travail et ont ^ ordonné l’usage des nouveaux poids et des nouvelles mesures dans toute l’étendue de la République ; l’une, de la Convention nationale, le premier vendémiaire an 4 > l’autre, des Consuls de la République, le i 5 brumaire an 9.
- Cet Ouvrage, étant écrit depuis l’époque de l’introduction des nouvelles mesures en France, devait^ nécessairement indiquer les mesures et les poids nouveaux d’après le mode voulu par la loi ; •mais les personnes auxquelles cet ouvrage est destiné, pouvant n^étre pas encore familiarisées avec ces sortes de mesures, on a .cru devoir traduire en mesures anciennes, toutes celles qui devaient laisser des idées précises de leur quantité : en conséquence on a, autant que cela a été nécessaire , rapporté les mesures anciennes à côté des nouvelles, afin d’en faire voir constamment la comparaison. Il ne restait plus, pour compléter cette partie de travail, que de mettre les lecteurs à meme de vérifier ces réductions , et d’en faire des nouvelles, lorsqu’ils le jugeraient nécessaire ; c’est ce complément que l’on s’est proposé de donner en publiant les table^ réduction qui suivent 1
- d
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- Nombres.
- Sfcwyf P B S E R y £ T I O N §
- TABÏE Ire,
- .Po///’ réduire les livres r sous et deniers tournois en francs.
- RÉDUCTION EN FRANCS des
- Livres. Sous. Deniers.
- 0.987604 0.0494 0.0041
- 1.975309 0.0988 0.0082
- 2.962963 H GO M 6 0.0123-
- 3,9^0617 0.1975 0,0165
- 4.938272 0.2469 0.0208-
- 5.925926 0.296.3 0.0247'
- 6.913580 0*3457 0.0288"
- 7.901235 0.3901 0.0329
- 8.888889 0,4444 o.o370v
- , Usage de cette Table.
- Soit la somme 679 liv. i5 s. 8 tl. à réduira* en francs.
- Cherchez dans la table des nombres , i°. ceux des livres en reculant le point d’autant de chiffres qu’il y en aura après l’unité de livres ; 2e. de même dans la colomne des sous; 3°. ainsi que dans celle des deniers , en se contentant toutes fois de trois décimales, ài la suite du nombre entier.
- fr.
- 600 liv. 592.593
- r O — 69 . i3G
- 9 _ 8 889
- 10 SOUS 00.49^
- 5 — 0.247
- 8 den. o.odj
- 671.396
- Ainsi en négligeant la dernière décima!#; on. aura 679 liv. i5 s. S d; = 67.1 fr. 40 cetit»-
- TABLE I ïe.
- Pour réduire les toises, pieds, pouces, lignes y en mètres*
- «0 Qj a REDUCTION EN MÈTRES uns
- H
- 0 & Toises. Pieds. Pouces.- Lignes.
- 1 1.94904 0.32484 0.02707 0.00226
- 2 3.89807 0.64968 o.o54i4 H un O O 6
- 3 5.84711 0.97452 0.08121 0.00677.
- 4 7.79615 1.29936 0.10828 0.00902
- 5 9.74519. 1.62420 0.13535 0.01128
- 6 11.69422 1.94904 0.16242 o.oi354
- 7 i3.643a6 2.27388 0.18949 0.01579
- 8 15.59230 2,59872 o.ai656 o.oi8o5
- . 9 17,541.33 2.92356 0.24363 o.oao3o
- Usage de cette Table,
- Soit la somme 593 toiser 5 pieds 11 pouces 8 lignes, à réduire eu mètres.
- met.
- 5oo toises 974 519 90 — 175 4i3
- 3 — 5.847
- 5 pieds 1.624 jo pouces 00 270 1 — 0.027
- 8 lignes 0.018
- 1177.718'
- Ainsi 593 lois 5 p'eds 11 gs-8 lig. ss 1177 met- 7»8i
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- SUR’ El'S" Ml SU g ES'.’ T A B L E II I*.
- XXt>ij
- Pour réduire les toises', pieds, pouces, lignes quarrêes, en métrés quarrês^
- xn 0 Ut RÉDUCTION EN MÈTRES QUARRÉS des
- S À Toises quarrêes. Pieds quartés. Pouces qwarrés. Lignes quarrêes.
- 1 3.798744 0.10SS21 0.0007328 q.ooooo5o9
- 2 7.597487 0.211041 o.ooi4656 0.00001018
- 3 11.396231 o.3i6562 0.0021983 0.00001527
- 4 15.194975 0.422083 0.0029811 o.oooo2o36
- 5 18.993718 o.52f76o4 .o.oo3663g 0.00002545
- 6 22.792462 0.633x24 0.0043967 o.oboo3o53
- 7 26.591205 0.738645 o.oo5i2g5 o.oooo3562
- 8 30.38994:9 o.844i66 0.0068622 0.00004071
- 9 ; 34.188693 0.949686 i • ‘ ' 0.0065950 0.00004589.
- APPLICATION.
- •Soient S toises 27 pieds 84 pouces 128 lignes à réduire en mètres cjuarrés.*
- aoo toises met. 759.74870.;
- 3o — Il3.9623l.
- 5 —. 18.99372.
- 20 pieds 02.11041.
- 7 “ 0.73864.
- 80 pouces oo,o5862.
- 4 0.00293,.
- J 00 lignes ooo.ooo5iy
- 20 — 00.00010.
- B — 0.00004»
- 892.61608.
- Ainsi a35 toises 27 pieds 84 pouces 128 lignes cpi&rre'es *== 892.61608 mètres quarrés/j
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- xxml £> B S‘ E K Y ï T I O H %
- TABLE I Ve.
- Pour réduire les lieues, arpents et perches quarrées anciennes^ en lieues* arpens et perches quarrées nouvelles.
- to Lieues quarrées Arpens ou perches, Arpens ou perches
- 0 U, - 0 anciennes Eaux-et-Forêts de Paris
- a O en lieues quarrées anciens, en arpents ou en arpents ou perches
- k nouvelles. perches nouveaux. nouveaux.
- 1 0.1975309 0.5107.20 6.341887
- 2 0.3956617 1.02144° 0.683774
- B 0.5926926 1.532160 1.026661
- 4 0.7901234 2.042880 ï. 367548
- 5 0.9876543 2.553600 r. 7094 35
- 6 i.i85i852 3.064320 2.o5l322
- 7 1.3827160 3.575040 2.393209
- 8 1.6802469 4.085760 '2.735o9&
- 9 1.7777778 4.596480 3.076983-
- APPLICATION.
- ' .oient 89 arpents 78 perches Eaux-et-Forêts à réduire en arpents nouveaux»'
- 80 arpens 40.86760» ! ;
- 9 — 4.59648.
- 70 perches 0.35704»
- 8 —» 0.04086.
- 45.85198. • :
- Ainsi 89 arpents 7.8 perches Eaxix-et-Forêts == 45 arpents 85:perches >98 mill, nouveaux
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- • p;t S O S' Ht 1 S tr sj. ***
- T A B I. K Te.
- Vour j-éduire les toises, piécis, pouces, lignes cubes, en mètres cubes.;
- xn RÉDUCTION EN MÈTRES CUBES des
- r>Q a Toises cubes. Pieds cubes. Pouces cubes. Lignes cubes.
- 1 7.403890 .0.0342773 . 0.000019836 0,00000001148
- 2 14.807781 o.o685545 0.000039673' 0.00000002296
- 3 22.211671 o.io283i8 o.oooo5g5o9 o.ooooooo3444
- A 29.6i556i 0.1371090 0.6000793/16 0.00000004592
- 5 37.019452 0.i7i3863 0.000099182 0.00000005740
- 6 44.423342 o.2o56636 } 1 0.000119018 0.00000006888
- 7 51.827232 0.2399408 0.000 k 38855' . o.ooooooo8o3&
- 8 5g.23i122 0.27421 si1 0.000158691 „ 0.00000009184
- 9 66.635oi3 0.30849^3 0.000178528: o.ooooooio33a
- Application.
- Soient 25 toises 197 pieds 978 pouces' 456’lignes' cubes" â réduire en mètres cubes/1
- *
- 20 toisés
- 5 —
- ïoo pieds
- 9° —
- 7 —
- qoo pouces 70 —
- 8
- 400 lignes 5o —
- 6 —
- métrés. - •
- 148.07781."
- B7.019451." . . )
- 003.427730.
- o3.o84953.'
- 0.2399408. , :
- 000.0173528; oo.ooi38355. h'!ÎJ 1 , «.©«oiSSSgi.1-- -T.
- 000.000004592. ^
- 00.0000005740.' .
- 0.00000006888;' ..
- 191.86929107588.
- ':î "r: " , ). .* , ’ -m'Stre^ <i • : .
- Ainsi 26 toises 197* pieds4978 poûces '456 lignés cubés.’ ==: 191.06*929107^88.
- p.r29 - vue 36/305
-
-
-
- yiA'.AS
- 1 B -ÿ 13£M Süïlïio H $ :•
- T A B L E Y : Ie.
- Pour réduire les cordes de bois des Eaux-et-Forets, et les, solives d$ charpente , 'en Stères ou mètres cubes.
- s REDUCTION EN STÈàES des
- 0 ** 's Corde de bois Soiives
- 0 des Eaux et Forêts. de charpente*
- 1 3.8391 0.10283
- 2 7.6781 0.20S6S
- 3 TT.5ï72 o.3o85d
- A i5.356a 0.41i33
- 5 19.1953 o.5i4i6
- 6 28.0343 0.61699
- ï 28.8734 ( : 0.71982
- 8 30.7124 0.82265
- 9 34.55x5 : 0.92549
- A 3? P 1*1 Ç AT 1,0 N.
- Soient 253 solives à réduire en stères.
- 200 solives 020.566.
- 5o o5.i4i6.'
- 3 *— o.3o85o;
- ‘a - f
- 26.016x0.
- Ainsi 253 solives, ta 26 stères 016.
- Soit 48 cordes de bois des Eaux-et-Fôrêts à réduire en stèfgsü
- 40 cordes 153.56a.
- 8 — 30.7124.
- 184.2744.
- Ainsi les 48 tordes de bois des Eaux^et-Foréts. sa 1.84 stères 274 J
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-
-
-
- S Ü E ; £ % s ' M E S u K É> ’xxxj. TABLE VI Ie.
- Pour réduire les vélies et pintes de Paris, les setiers, boisseaux et litronf en pintes ou litres nouveaux.
- «5 0 ’l RED ÜCTIOKEN
- PISTES NOUVELLES DES J LITRES NOUVEAUX DES
- » VcItCSr pintes,' setiers." boisseaux. litrons.-
- I 7./i5o6. 0.9313 ii56.ïo ï3.oo8 o.8x3o
- 2 14.9012 1.8626 312,20' 26.017 i;.626o
- 3 22.35i8 2.7940 468.3o 39,026 a. 4391
- 4 29.8024 3.7253^ 624.4° 52.o33: 3j.2520
- 5 ,37.253o’' ! 4.6566 780.50' 65.042 4j.o65i
- 6 44*7o36 5.5&75" g36.6o i ;78.o5o 4*8781
- 7 52.1542 6.5192 1092.70 9i.o58 5.691 r
- 8 69.6048 7i45o7 > 1248,80. 1,04.066 6.5p4a‘
- 9 67.0554 • 8.3819 x4°4*g0 i'i7.o75 7.3*7-2
- A P P Lie À T I O N.
- Soient 29 veltes 7 pintes à réduire en pintes nouvelles.
- 20 Telles 149.01a.
- 9 — 67.0554.
- 7 pintes 6.5iga. t-
- aaa.5866.
- Ainsi' 29 veltes 7 pintes. ^ 222 pintes 5866. . > ’
- Soit a5 setiers 9 boisseaux i5 litrons à réduire én litréô*\
- 20 setiers 3i22.000. ; ,
- 5 — 780.5p.. (
- 9 boisseaux 117.075.f_ :7; ; -r ^ j. ;• ;>;; ;
- 10 litrons. 08.13o.
- 6 — 4.o65r.
- 4o3i.77oi.
- Ainsi a5 setiers 9 boisseaux 1,5 litrons, =s 4q3ï litres 77 centièmes où 4b setiers 3 boiss Hr litron 77.
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-
-
-
- 4&ci}. OBSERVATIONS: SUR LES MESURES;
- T.A B I. IC ,V I I IeC
- Pour réduire les livres, onces, gros , grains , poids de. marc , en kilogrammes ou livres nouvelles.
- 05 ,o . RÉDUCTION EN KILOGRAMMES des
- fl- 0 fc Livres. Onces- Grns. Grains.
- 1 0.48961 1 o.o3o59 0.003824 o.oooo53r
- . 2 » 0,97901 i 0.06119 . O.OO7648 r | 0.0001062
- 3 j 1.46862 • 0.09x78 6.011472 : 0.0001093
- .. A . 1.96802 0.1223.2 0.01.5296 , 0.0002124
- 5 : 2.44753 0.16297 , 0.019120 ! 0.oop2655
- .6 2.63704 o.i8356 . 0.022944 , ; o.oôo3i86
- 7 3.42654 0.2x416 O.O26768 0.0003717
- 8 3.91605, 8.24475 o.o3o592 0.0004.248
- 9 . ' C .» 4.4o555 d.27535 î ‘ : o.o344i6 0.0004479 : ; . j
- APPLICATION.
- t, f . . -* . - * * ’i
- Soient 687 livres ï5 onces 7 gros 64 grains à réduire en kilogrammes.
- 5oo livres 8° —
- 7 —
- jo onces 5 —
- 7 gros $0 grains
- 4 —
- kilogr.
- 244*753..
- 39, i6oS'
- 3.42654*’
- oo.3o5g.
- 0.15297.'
- 0.026768.'
- oo.oo3i86.
- 0..QO02124
- . n .
- 287.8290764.
- kilogr. grammes.
- Ainsi 587 livres ï5 onces 7 gros 64 grains ss 287.839.0764,
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-
-
- TRAITÉ GÉNÉRAL
- DE'L’ART DU CHARPENTIER.
- ____;__ . • | -
- PREMIERE PARTIE,
- CHAPITRE PREMIER.
- Des bois de chürpente.
- Les qualités essentielles aux bois de charpente sont d’étre communs , grands, forts, faciles à travailler , légers et peu corruptibles ; les bois qui réunissent, dans chaque pays, un plus grand nombre de ces qualités, sont ceux què Ton préfère.
- Paragraphe premier.
- Des bois employés jusqu à présent.
- Dans les pays montagneux où il ne croit que des arbres résineux, tels que les Pins , Sapins, Sapinettes , Mélèzes > etc. ce sont les seuls dont on fasse usage dans la construction dès édifices. Dans les plaines où le Ghéne croit facilement, c'est assez généralement le bois que l'on préfère. Dans les pays marécageux on se sert quelquefois du Bouleau, du Peuplier et d'autres bois analogues.
- Lorsqu’on visite les monumens ancients, les vieux châteaux épars sur le territoire de la République , on remarque , particulièrement dans les combles, que le bois qui a servi à leur construction parait n'avoir éprouvé qu'une altération faible et insensible, Tome /. A
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- 2
- TR A.ITÈ G É N É R A L ff
- il semble même que les insectes, qui multiplient ordinairement dans ces habitations , s’en soient écartés. .
- En examinant la structure du bois , l’arrangement de ses fibres, la couleur et la forme de ses couches annùelles , les observateurs ont cru lui trouver du rapport avec le Châtaignier, et ils ont conclu aussi-tot qiiej cette espèce de bois avait servi à leur construction.
- Mais comme cet arbre n’existe plus dans la plupart des pays où l’on troiive ces charpentes, et qu’il était difficile de croire qu’on les eût fait transporter à grand frais des lieux où ils croissent encore aujourd’hui à-peux où ils étaient employés, on avait été obligé de supposer qu’originairement le Châtaignier , qui produit un fruit propre h la nourriture des hommes, avait été cultivé avec soin ; les progrès de la civilisation ayant perfectionné l’industrie des anciens Gaadois -9 ils ont substitué la culture des grains ù celle de*la châtaigne,, et' peu-è-pen ces arbres ont été détruits pour défricher le terrain sur lequel ils croissaient.
- Cette supposition n donné naissance .à plusieurs hypothèses ingénieuses sur les Gaulois , qui toutes ont été détruites par une observation mieux faite de ce bois * par Daubenton ; il a prouvé que le prétendu Châtaignier des vieux châteaux et des édifices anciens, n’était antre chose qu’une variété du Chêne, peii cultivée .aujourd’hui , et connue sous le nom de Chérie blanc ; on ignore pourquoi on a abandonné la culture de cette espèce de bois.
- Deux causes principales de la propreté et du peu d’altérabilité dès charpentes anciennes auxquelles ou ri’a pas fait assez d’attention , sont la perfection dans le travail et le choix minutieux des matériaux.
- Les forêts étant très-multipliées, la quantité prodigieuse d’arbres beaux et grands qu’elles contenaient, et leur peu de valeur, permettaient lorsque l’on voulait construire un édifice vaste, public
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-
- DE L’A'R T DU ÜHÀR^ÉNT IER.
- ou particulier, -destiné ou à la célébration du culte où à l'habitation des riches , et (fui devait jen conséquence résister âüx ravages destructeurs du temps, de j choisir les bois les* plus beaux, les plus sains, lès* plus vigoureux ; ils étaient coupés aux époques qui leur étaient le plus favorables, équarris après être un: 'peu desséchés , et lorsqu'on ne craignait plus les gerçures occasionnées par une trop prompte dessiccation ; on enlevait, en les équaris-sant, l'aubier et toutes les parties qui pouvaient contribuer à avancer leur destruction. *
- Cette facilité .de choisir run bois plus résistant et plü& inaltérable ; le peu: de valeur de la main-d'œuvre ., et les moyens que les Seigneurs et les Prêtres avaient d'obtenir, les uns , de leurs seris y de, leurs esclaves , les autres-, des fidèles qui professaient leur religion, l'argent nécessaire pour payer ces constructions r les déterminaient, à n'y mettre aucune économie a y, employer le travail le plus soigné et le plus parfait ; les bois étaient redressés à la Besaiguë ,. polis à la Varlope , aucune inégalité n'était apperçue à leur surface, les combles étaient bien aérés,, les couvertures bien soignées, bien entretenues y les eaux météoriques n'atteignaient pas les bois, ne les pénétraient et ne les corrompaient pas. . : , r:. • .... ,,, \ v
- Ces; deux causes ont plus contribué *. peut-ètr^ ,;à la conservation des .charpentes do ces .édifices qfte; la- 'nature du Chêne que l'on y employait. • »'! . ;
- Les arbres;^! dont om a! fait usage jusqü’k présent pour la construction des édifices, parce qu'ils croissent naturellement dans nos forêts1,< etqu'ilsi réunissent à un degré plus ou moins grand, les qualités que doit avoir le bois de charpente, sont:
- L'Alisier. L'Aune.
- Le Bouleau.
- Le Merisier.
- Le Noyer. L’Orme.
- A 2
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- 4 TRAITÉ GÉNÉRAL
- Le Charme.
- Le Châtaignier. Le Chêne.
- Le Cormier. L'Erable.
- Le Frêne.
- Le Hêtre.
- Le Mélèze.
- Le Peuplier. Le Pin.
- Le Poirier.
- Le Sapin.
- La Sapinette, Le Tilleul.
- Le Tremble.
- Ces bois n'étaient pas employés indifféremment, le Chêne était préféré par-tout où l'on pouvait en avoir assez abondamment ; après le Chêne, le bois le plus en usage était le Sapin, et comme l'abondance de ces bois surpassait les besoins que l'on pouvait en avoir pour la construction, les autres étaient employés à différents usages.
- Les menuisiers travaillent l'Alisier, le Hêtre, le Noyer, le Poirier, le Peuplier, le Tilleul, les uns à cause des nuances colorées de ces bois et du beau poli qu'ils peuvent prendre V les autres, à cause de leur légèreté, de leur flexibilité.
- On fait des cerceaux avec le Bouleau, le Châtaignier, le jeune Chêne, le Saùle. ;,i '
- L'Aune, peu corruptible dans l'eau , est percé pour faire des tuyaux de conduite, et à cause de sa légèreté, ori l'emploie à faire des échelles, des chaises, et d'autres meublés ou instruments.
- Le Charme, l'Orme servent au charronage. ' '
- . Les manches d'outils, les dents de; roues d’engrainage* les fuseaux des lanternes sont faits avec, le. Cormier, a-é • > : rr -r o
- L'Erable, le Merisier , le Noyeri1servent >à l'ébéniste et au tabletier. 1 ;i
- On fait des sabots avec le Tremble, le Noyer, le Hêtre. On fait de la bosselerie avec ce dernier.
- Tels ont été jusqu'au commencement du dix-septième siècle
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-
- DE L’ART DU CHARPENTIER. 5
- les arbres cultivés en France 3 qui ont été employés à la charpente et dans différents arts.
- § I I.
- Des bois dont on peut faire usage à présent.
- La terre est couverte d’une quantité innombrable d’arbres propres à la construction des bâtiments. Chaque pays en produit qui lui sont particuliers; parmi ces diverses productions, il en est qui peuvent être transportées chez nous et cultivées avec succès ; d’autres qui ne pourraient y vivre que par des moyens artificiels, et qui conséquemment seraient trop difficiles à obtenir pour être employées à de gros ouvrages. M r
- Les deux Duhamel, Dumonceau et de Denaimïlliers ( i ) /
- 7 (1) On ne connaît jusqu’à présent, sur la culture des bois , que les ouvrages de Z)b-hamel - Dumonceau ; il est cependant juste- de rendre à Duhamel de Denainvilliers la part qu’il a obtenue dans leur publication.
- Les deux Duhamel étaient frères, l’un, Dumonceau, vivait dans la capitale et parcourait la carrière brillante de savant et d’homme d’Etat; l’autre , de Denainvilliers , était philosophe obscur , heureux , retiré , ne désirant que la solitude, livré entièrement à la culture de terres grandes , riches et variées qui appartenaient aux deux frères; employant tout son tems à faire les nombreuses expériences que. Dumonceau publiait. Celui-ci, par les relations que lui donnaient ses places , faisait venir de toutes les parties ,de la terre , les arbres , les plantes qu’il était possible de se procurer et que son.frère cultivait. A ses observations sur la culture , sur la, végétation , Denainvilliers réimissait des expériences, faites séparément et en grand nombre sur la dessiccation, la pesanteur,1a résistance des bois; il séjournait dans les1 forêts, avec les ouvriers dont il ,voulait détailler les travaux ., et envoyait à son frère : tout ce que contenaient ses journaux tenus avec soin et avec précision. ,
- Ces deux frères se prêtaient des secours mutuels. Dumonceau vivait habituellement avec les savants qui habitaient Paris. Il était au courant de toutes les découvertes. Il déterminait le genre de recherche vers lequel il était utile ou nécessaire de diriger les observations , il recueillait toutes celles que son frère lui envoyait, les rédigeait, et les publiait. On peut dire que, sans Duhamel-Dumonceau , son frère aurait recueilli moins de faits précieux et aurait laissé dans ses journaux toutes ses observations, et
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- 6
- TRAITÉ GÉNÉRAL*
- paraissent s’étre occupés, les premiers , avec quelque succès, d’acclimater en France des arbres étrangers , et d’augmenter ainsi le nombre de ceux qui y étaient cultivés. Depuis, des «savans , des cultivateurs et des hommes riches ont suivi leur exemple, et bientôt le nombre des genres, des espèces, et des variétés nouvelles, d’arbres transportés des pays qui ont quelques relations météoriques avec le nôtre, et qui sont cultivés avec succès, s’est considérablement accru. Comme tous les arbres , qui peuvent croître facilement dans les positions et les- situations variées que présente le sol de la République française , n’ont pas5 encore été transportés et cultivés en France , tout nous fait croire que leur nombre augmentera encore.
- Pour avoir une connaissance générale des arbres propres à la charpente, qui peuvent être cultivés avec succès sur le sol fran-r çais , et1 apprécier les avantages et lés désavantages de chacun, je vais entrer dans quelques détails sur les connaissances que nous, en avons , ainsi que sur fes expériences que j’ai faites pour déterminer leur grandeur, leur croissance , les terrains qui leur sont propres , leur pesanteur, leur résistance, leur corruptibilité et leur combustibilité.
- que , sans Duhamel de- Denainvittiers, les exceïïens ouvragés de son frère Sauraient peut-être jamais été écrits , faute de faits assez précis et assez exacts. ’
- D’après ces détails qui m’ont été communiqués par Fovgerouü , leur neveu, membre de l’académie des sciences , qui a vécu familièrement? avec ses oftcles , et qui à hérité d’une partie de leur riche propriété , il est difficile de sép&rer le nom de Duhamel- de Deitaih-pilliers de celui de Duhamel-Dumonceau , et il est juste de placer celui du premier partout où celui du dernier est! seul. En conséquence nous n’en parlerons qué sous le nom collectif des frères Duhamel.
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- 7
- DE L’ART DU CHARPENTIER.
- S- iii.
- Des bois cultivés en France, distingués par leur grandeur.
- La hauteur des arbres peut être divisée en deux parties :
- i°. Longueur du tronc.
- 2°. Longueur des branches qui s’élèvent au-dessus-
- Chaque variété d’arbres présente des proportions différentes dans ces deux parties $ il en est comme les Sapins , les Mélèzes , les Epicéas , les Cyprès étalés et pyramidaux, quelques Pins, les Féviers dont le tronc fait presque toute la longueur ; il en est d’autres , comme le Noyer , le Tilleul, le Prunier, l’Erable de Virginie, le Marseau , le Pommier, le Genevrier, etc. dont les branches surpassent considérablement le tronc en longueur j entre ces deux extrêmes, tous les arbres ont des proportions différentes.
- . Les botanistes, qui se sont particulièrement occupés de l’étude des arbres, nous ont fait connaître les grandeurs ordinaires de ceux qu’ils ont observés ; et, comme ces grandeurs présentent des différences considérables dans chaque variété, en raison de la santé de l’arbre, du terrain dans lequel il croît, de son exposition , de l’état météorique du -lieu , et de l’espace libre qu’il occupe, ils n’ont fait connaître que les limites de grandeur dans lesquelles les arbres se tiennent ordinairement.
- En conséquence ils les ont divisés en trois classes.-, i°. de 5 à 8 mètres ( i 5 à 24 pieds ) de hauteur (1);
- 20. de 8 à i 5 mètres (24 à 45 pieds) de hauteur.
- 5°. de 1 5 à 40 mètres (45 à 120 pieds) de hauteur.
- Mais comme dans ces trois divisions, il en est une qui comprend un grand nombre d’arbrisseaux , et qui , par leurs petitesses , ne
- (i)-On donne ici les anciennes mesures en nombre rond ? parce que ce rapport suffit-
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-
-
-
- 8 TRAITÉ GÉNÉRAL
- peuvent être employées en charpente , j'ai cru ne devoir présenter ici que le tableau des arbres acclimatés et cultivables en France , contenus dans les deuxième et troisième classes, c’est-à-dire, de 8 à f5 et de i5 à 4° mètres de hauteur.
- N’ayant trouvé dans aucun ouvrage des observations sur le rapport des longueurs des troncs aux hauteurs totales des arbres, j’ai été contraint de m’en occuper. J’ai prié le citoyen Thouin, de l’Institut national de France, de se réunir à moi et de m’aider de ses lumières. Nous avons visité ensemble , les uns après les autres, les arbres nombreux et variés qui sont cultivés au Jardin des Plantes à Paris , et nous avons déterminé le rapport de leur hauteur absolue à la longueur de leur tronc ; c’est ce rapport, déduit de plusieurs obsei> vations , que je présente dans le catalogue ci-joint.
- Je profite de cette circonstance pour remercier les savants , chargés de la direction du Muséum d’histoire naturelle et de renseignement, des complaisances qu’ils ont eues pour moi, et des facilités qu’ils m’ont procurées dans les différentes observations sur les arbres qtie ce Traité de charpente a nécessitées. Je citerai, en particulier, le vénérable Daubenton, le professeur Desfontaines , Thouin, de l’Institut, Jean Thouin , son frère, et le citoyen Lucas, garde du Cabinet ; à ces noms ? je joindrai ceux de Ccls et de Villemorin, qui ont bien voulu m’aider de leurs lumières et de leurs conseils.
- Quoique le tableau des hauteurs de cent soixante-quatorze arbres que je publie, soit le résultat d’un grand nombre d’observations , je suis éloigné de le présenter comme un travail fini ; la nature est si variée dans ses productions, qu’il faut la suivre pendant un bien plus long tems que je n’ai fait, et rassembler un nombre d’observations beaucoup plus considérable pour déterminer les limites entre lesquelles elles se tiennent constamment ; c’est donc moins des limites exactes que je publie, qu’un commencement de travail que les observateurs pourront perfectionner.
- Catalogue
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-
-
-
- DE L'A R. T DU CHARPENTIER
- 9
- Catalogue des arbres acclimatés en France et qui peuvent être employés dans la charpente.
- NOMS DES ARBRES EN
- Français. Latin.
- Abricotier.
- Acacia à trois épines. Alizier commun.
- — de Fontainebleau. Allier.
- Amandier.
- Aralia épineux.
- Arbre de Judée.
- Aubriet à fruit jaune. Aune commun.
- — blanc.
- — découpé.
- Bigarotier.
- Bois de Sainte-Lucie. Bonduc.
- Bouleau commun»
- — à canota
- — merisier.
- Buis de Mabon.
- Catalpa.
- Cèdre du Liban.
- Charme commun.
- — à feuilles de chêne.
- — à fruit de houblon.
- — de Virginie.
- — du Lévant. Châtaignier.
- Chêne commun.
- — blanc du Canada.
- — de Bourgogne.
- — du Levant.
- — rouge de Virginie.
- — à grappes.
- — à petit gland.
- — à feuilles cotonneuses.
- — pyramidal.
- — verd.
- — Liège.
- — à feuilles de saule.
- — verd de Gramon.
- — à cochenille.
- — à gland comestible. Cormier qrdinair.e. Cyprès de la Louisiane.
- — commun pyramidal.
- — horizontal.
- Cytise des Alpes, 1
- ou faux Ebenier. J
- Tome L
- Prunus armeniaca. Gleditsia triacanllios. Cratægus torminalis. Dentala.
- — Aria.
- Amygdalus communis. Aralia spinosa.
- Cercis Siliquastrnm. Cratægus aria Burgundiaca. Belula alnus.
- — Incana.
- Laciniata.
- Prunus avium bigarella. Prunus Mahaleb. Guilandina Dioïca. . Betula alba.
- — nigra.
- — lenta.
- Buxus balearica.
- Bignonia catalpa.
- Pinus cedrus.
- Carpinus betulus.
- — incisa.
- — Ostrya.
- — Virginiana.
- — Orientalis M. P.
- F g us cast anea.
- Quercus robur.
- — alba.
- Cerris.
- — CEgilops. rubra.
- robur pedunculata.
- — varietas.
- — varietas.
- -----varietas.
- — ilex.
- — Suber.
- — Phellos.
- — Gramuntia.
- — Coccifera.
- — Æsculus.
- Sorbus domestica.
- Cuprus dislicha.
- Semper virens fastigiata. ------horizontalis.
- Cytisus laburnum.
- Limites des grandeurs. Hauteur du tronc.
- Mètres. Mètres.
- 8 à i5 2 à 6
- 8 i5 4 8
- i5 4° 5 i5
- i5 4o 5 i5
- i5 4° 5 i5
- 8 i5 2 6
- 8 i5 3 6
- 8 i5 3 7
- 8 i5 3 7
- i5 4o 5 i5
- i5 40 5 i5
- i5 4o 5 i5
- 8 i5 3 7
- 8 t5 2 6
- 8 i5 3 7
- i5 4o 5 i5
- i5 4o 5 i5
- i5 8 8 4o i5 i5 5 3 2 15 l
- i5 4o 12 40
- 8 i5 3 7
- 8 i5 3 7
- 8 i5 3 7
- 8 i5 3 7
- 8 i5 3 7
- 5 4o 4 i5
- 5 40 5 i5
- 5 4° 5 i5
- i5 4o 5 i5
- i5 40 5 i5
- i5 4° 5 i5
- i5 40 5 i5
- i5 4° 5 i5
- i5 4° 5 i5
- i5 4° 4 12
- i5 4° 4 12
- 8 i5 2 7
- 8 i5 3 7
- 8 ï5 3 7
- 8 i5 3 7
- 8 i5 3 7
- i5 4° 4 12
- i5 40 6 20
- 8 i5 4 10
- 8 i5 4 10
- 8 iz 2 -4
- Terrai» qui leur convient.
- argilleux.
- } Frais , bon terrain , toute terre non humide.
- Humide, marécageux.
- Marneux et sablonneux.
- Bon terrain.
- Mauvais , pierreux. Sablonneux, substantiel humide.
- Sec, exposition chaude. Humide , léger.
- Sableux, élevé ,
- Froid, aride.
- Toute terre , mieux vaut un bon terrain.
- Humide , froid , terrain submergé.
- élevé , exposition chaude.
- * sub 1 Sec , | cha
- 2 ' 4 J Pierreux, léger.
- B
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-
-
-
- TRAITÉ GÉNÉRAL
- I O
- NOMS DES
- Français.
- , •>
- Ebenier des Alpes. Epicéa. ’
- Epinelte blanche.
- — noire.
- Erable plane , \
- ou de Norwè ge.J
- — lacinié.
- — à sucre.
- — de Virginie.
- — durel.
- — commun.
- — à feuilles de frêne.
- — de Crète.
- — de Montpellier.
- — jaspé.
- — opale.
- — sycomore.
- — panaché. '
- — tomenteux.
- Faux acacia.
- Fevier de la Chine.
- Frêne commun.
- — à une feuille.
- — argenté.
- — à fleur.
- -----pétalles.
- — blanc de la Caroline.
- — noir.
- — à manne.
- Genévrier de Phénicie.
- — de Lycie.
- — Thurifère.
- Hêtre commun.
- — pourpre.
- Ilvpreau (i).
- If
- Laurier franc.
- — cerise.
- — tulipier à grandes fleurs.
- — rustique.
- Liège (2).
- Lilas des Indes. Liquidambar.
- Maronnier d’Inde.
- .— panaché.
- Mélèse commun.
- — du Canada.
- Merisier commun.
- — à fleurs doubles.
- — à grappes.
- ARBRES EN | Latin.
- Cytisus laburnum.
- Abies picea.
- — alba.
- — nigra.
- Acer Platanoïdes.
- -----laciniatum.
- — Saccliarinum.
- — rubrum.
- — opuli folium (Villars).
- — campestre.
- — negundo.
- — Creticum.
- — Monspessulanüm.
- — pènsylvanicum P.
- — opalus.
- — Pseudoplatanus.
- — ---varicgatum.
- — lOmentosum M. P. Robinia pseudo acacia. Gledilsia sinensis. Fraxinus excelsior.
- -----monophilla.
- — argentea.
- — oi’nus..
- -----Americàna.
- — Carolina.
- — Aihericana.
- — Calabriensis.
- Juniperus Phenicia.
- — Lycia.
- — Thurifera.
- Fagus sylvatica.
- Populus alba niyea.
- :— purpurea.
- Taxüs baccata.
- Laurus nobilis.
- Prunus lauro - cerasus. Magnolia grandi flora.
- — accuminala.
- Quercus suber. iVïelia Azedaràcli. Liquidambar sliraciflua. Æsculus liyppocastanum.
- — yariegata.
- Larix Europœa.
- — pendtila.
- Prunus aviüm.
- — plena.
- — padus.
- Limites
- des
- grandeurs.
- Hauteur
- du
- tronc.
- Terrain.
- qui leur convient.
- Mètres.
- 8 à L 12
- i5 4°
- i5 40
- i5 40
- i5 4.0
- i5 4°
- i5 4o
- i5 4o
- i5 4o
- 8 i5
- 8 i5
- 8 i5
- 8 i5
- 8 i5
- 8 i5
- i5 4o
- 8 i5
- 8 i5
- i5 4o
- i5 4o'
- i5 4o
- i5 40
- i5 4°
- i5 4°
- 8 i5
- i5 4°
- i5 4.0
- 8 i5
- 6 8
- 6 8
- 6 8
- i5 4°
- i5 40
- i5 4°
- 8 i5
- 8 i5
- 8 i5
- 12 16
- 12 16
- 8 i5
- 8 i5
- 8 i5
- i5 4o
- i5 4o
- i5 4o
- i5 4o
- 8 i5
- 8 i5
- 8 i5
- Mètres.
- 2 à 4 8 3o 5 i5 5 i5
- 5 x5
- 5
- 5
- 5
- 5
- 3
- 3
- 2
- 3 3 3 5 3
- 3
- 4
- 4
- 5 5 5 5 3 5 5 3 3 3 3
- 5
- 6
- 5 2
- 2
- 3
- 6 6 3
- 4
- 4
- 8
- 8
- 8
- 3
- 8
- i5
- i5
- i5
- i5
- 7
- l
- 7
- 7
- 7
- i5
- 7
- 7
- i5
- i5
- i5
- i5
- i5
- ,5
- 10
- i5
- 5 8
- 15
- 16 i5
- 6 6
- 7
- 12
- 12
- 7
- i5
- i5
- 3o
- 3o
- 7
- 7
- 7
- Pierreux , léger. Toute terre élevée.
- Toute terre maigre, qui a du fond sans être glaiseuse.
- (Léger, sablonneux. Léger, profond.
- Terre humide.
- (Toute terre ; les légères sont préférables.
- i Gras , humide.
- if Maigre, crayeux, marneux.
- Toute terre.
- Légère , exposition chaude. Légère, marneuse.
- | Terrain fort, frais.
- Elevé , sableux, sec ,chaud. Toute terre substantielle. Bonne terre.
- } Sableux , marneux , toute terre non humide.
- j Froid , dur , élevé, r Sableux, frais.
- (x) Voyez Peuplier (2) Voyez Chêne.
- p.10 - vue 49/305
-
-
-
- DE L’ART DU CHARPENTIER.
- r r
- ARBP.ES en Limites Hauteur
- * des du
- Latin. grandeurs. tronc.
- Mètres. Mètres.
- Celtis occidenlalis. 8 à i5 3 à 7
- — australis. 8 i5 3 7
- Morus alba. 8 i5 3 7
- — rubra. 8 i5 3 7 6
- — nigra. 8 i5 2
- — papyrifera. 8 i5 2 6
- Juglans regia. 8 i5 2 5
- — alba. 8 i5 2 5
- — cinerea. 8 a5 2 6
- — olivæ formis M. P. 8 i5 2 6
- — nigra. 8 i5 2 5
- Ulnus campeslris. — latifolia. i5 i5 4° 4° 5 5 i5 i5
- — glabria. i5 4° 5 i5
- — American a. j5 4° 5 j5
- — polygana R. i 5 40 5 i5
- — eampestris fungosa. i5 4° 4 i5
- Amygdalus Persica. 8 i5 3 7
- Populus alba. îS 4° 6 20
- — nivea. i5 40 6 16
- — nigra. i5 4° 6 20
- Italica. i5 4° 7 20
- — Angulata. i5 40 6 20
- — Balsamifera. iS 4° 6 20
- — Græca. i5 4° 5 i5
- — Canadensis. i5 40 6 20
- — heterophilla. i5 40 6 20
- — Candicans. i5 40 6 20
- Pinus sylveslris. i5 4° 5 i5
- — Montana. i5 4° 5 i5
- — Virginiana. i5 4° 5 . i5
- — strobus. i5 4° 6 20
- — allissima. i5 4° 7 20
- — Pinqster. i5 40 5 i5
- — maritima. i5 40 5 i5
- — pinea. 8 i5 4 10
- — Tarlarica. 8 i5 4 10
- — Tœda. 8 i5 4 10
- Acer pseudoplatanus. i5 40 5 i5
- Diospyros lotus. 8 i5 3 7
- — Virginiana. 8 i5 3 7
- Platanus Orienlalis. "a 5 4° 5 i5
- — Occidentalis. a5 4° 5 i5
- Pyrus sylvestris. 10 18 3 7'
- Malus silvalica. 8 i5 2 6
- Prunus domestica. 8 a5 2 6
- Ptelea trifoliata. 8 i5 3 7
- Pinus abies. x5 4o 8 3o
- — Balsamea. i5 4° 8 3o
- — Canadensis. 8 i5 5 13
- Laurus sassafras.. i5 40 5 i5
- Français.
- Micocoulier occidental.
- — austral. ,
- Mûrier blalic.
- — de Canada.
- — noir.
- — de la Chine.
- Noyer commun.
- — blanc.
- — à fruit long vineux.
- — Pacanier.
- — noir de Virginie.
- Orme commun.
- — teille ou à large feuille.
- — à feuilles unies.
- — à bois dur.
- — à feuilles crénelées.
- — de Hollande.
- Pêcher.
- Peuplier blanc.
- —* hypreau.
- — noir.
- — d’Italie.
- — de la Caroline.
- — Baumier.
- — d’Athènes.
- — de Canada.
- — hétérophille.
- — Liart.
- Pin sauvage.
- — Mugho.
- — de Virginie.
- — blanc.
- — Laritio.
- — de Genève.
- — maritime.
- — cultivé.
- — de Tartarie.
- — Tœda.
- Plane (i).
- Plagueminier d’Italie.
- — de Virginie.
- Platane d’Orient.
- — d’Occident.
- Poirier sauvage.
- Pommier sauvage.
- Prunier.
- Ptelea.
- Sapin argent.
- — Banmier.
- Sapinette du Canada. Sassafras.
- Terrain qui leur convient.
- 1 Toute terre marneuse. r Toute terre sablonneuse.
- Toute terre ,. mieux vau t profonde , riche, grasse . ferme.
- Marnenx, frais > un peu sec
- Léger, sableux.
- Gras, humide, marécageux.
- Sableux> montuenx, sec.
- | Glaiseux , profond.
- | Sec, sableux.
- Sec.
- Humide.
- Tonte terre,'bonne, fraîche.
- j Bonne terre.
- J Marneux, humide
- Sableux , sec , marueux, élevé.
- (0 Voyez Erable,
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-
-
-
- TRAITÉ GÉNÉRAL
- i a
- NOMS DES Français. ARBRES EN Latin. Limites des grandeurs. Hauteur du tronc. Terrain qui leur convient.
- Saule commun. Salix alba. Mètres. i5 à 40 Mètres. 6 à i5 •
- — à feuilles unies. — Triandra. i5 4° 6 i5
- — — odorantes. — pentandra. 8 i5 3 7
- d’amandier. — Fragilis. 8 i5 3 7
- — cassant. — amygdalina. ü i5 3 7 1 ? Humide, marécageux.
- — pourpre. — purpurea. 8 i5 3 7 [
- — osier jaune. — Vitellima. 8 i5 3 7
- — — rouge. — auri culata. 8 i5 3 7 1
- — auriculé. — rubens. 8 j5 3 7
- — de Babylone. — Babylonica. 8 i5 3 7 | Froid, glaiseux.
- Sicomore commun (1). Acer pseudoplatanus. i5 40 5 i5
- Sorbier des oiseaux. Sorbus aucuparia. 8 i5 3 7 1 . Toute terre fraîche.
- — de Laponie. — Hybrida. 8 i5 à 7
- Tilleul commun. 'l'ilia sylvestrxs. i5 4° 5 i5
- — de Hollande. — Europæa. i5 4° 5 i5 | Humide, marécageux, mar-
- — d’Amérique. — Americana. i5 4° 5 i5 / > neux, sableux.
- — de la Caroline. — Carolina pubescens. 8 i5 3 7 *
- Tremble. Populus tremula. i5 4° 5 i5 Gras, humide.
- Tulipier. Liriodendrum tulipifera. i5 4° 5 i5 Gras , humide.
- Vernis du Japon. Ailantbus glandulosa. 8 i5 3 7 Toute terre
- s i y.
- De la croissance des arbres.
- Les arbres augmentent annuellement, en hauteur et en grosseur ; c’est le produit de ces deux croissances qui donne la solidité ou la cubature du tronc que l’on employé dans la construction des édifices ; si de grosses branches sont susceptibles de produire des bois assez longs et assez gros pour être employés avec avantage , on peut les considérer comme des morceaux séparés.
- C’est entre l’aubier et l’écorce que se dépose la matière retirée du sein de la terre, qui augmente les dimensions des bois. Ce dépôt forme une espèce de cône qui se pose sur l’aubier , celui - ci passe ensuite à l’état de bois parfait. On peut consulter les ouvrages des deux Duhamel et de plusieurs autres botanistes, sur cet objet.
- Les arbres ont deux époques de croissance en hauteur, i°. celle
- (1) Voyez Erable.
- p.12 - vue 51/305
-
-
-
- DE L’ART DU CHARPENTIER. i3 ou le tronc s’élève continuellement; 20. celle où le sommet se divise en plusieurs branches et forme une sorte de couronnement.
- Ces deux époques varient dans chaque espèce d’arbre, il en est qui n’ont aucun couronnement sensible , tels que les Sapins , les Mélèses , les Epicéas , quelques Cyprès , etc. D’autres, dont le couronnement et les branches qui s’y développent font la partie principale de l’arbre, tels sont les Noyers, les Tilleuls, les Pruniers, quelques Erables, etc.
- La nature du terrain, l’espace occupé par les arbres, influent encore sur le couronnement : un arbre qui croit avec liberté, dont le développement des branches n’est retardé par aucun obstacle , obtient le couronnement le plus étendu ; ceux au contraire qui sont environnés d’autres arbres qui ralentissent ou arrêtent l’extension de leurs branches, s’élèvent avec vitesse pour dominer promptement ceux qui croissent avec moins de force, jouir sans interruption de la douce influence des rayons de la lumière qui leur était interceptée. Ainsi les forêts touffues produisent des arbres grands , hauts et sans branchages sensibles.
- L’époque des coupes des taillis, occasionnent un couronnement plus ou moins prochain aux baliveaux que l’on y conserve; tant que le taillis croit, les troncs augmentent en hauteur ; aussitôt que lé taillis est coupé, les baliveaux conservés se couronnent, parce que rien ne s’oppose plus à l’extension de leurs branches.
- Les observateurs ont bien remarqué que chaque espèce d’arbre peut passer un certain âge sans se couronner ; mais quel est le maximum de l’âge où chaque arbre doit nécessairement se couronner ? c’est une question sur laquelle personne n’a encore écrit et que j’ai vainement faitè aux observateurs les plus éclairés ,1 près desquels j’ai pu me procurer des renseignements.
- Cependant quelques-uns, comme les deux Duhamel, ont fait une foule d’observations exactes et précises sur plusieurs arbres, qui paraissent établir leur rapport, des. croissances en hauteur et en circonférence.
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-
-
-
- 14 TRAITÉ GÉNÉRAL'
- Ils ont remarqué, Traité de l’Exploitation des bois, lU>. a „
- page i 7 3 et suivantes, que dans un taillis coupé tous les
- a o ans, les baliveaux conservés avaient à
- Age. Hauteur. Circonférence.
- 2 o ans 6,5 mètres 2 7 centimètres ( 1 ).
- 4° 6,5 65
- 6o 6,5 108
- 8 o 6,5 144
- Dans les taillis coupés tous les a 5 ans, les baliveaux conservés
- avaient à
- 2 5 ans 8,i mètres 3 3 centimètres.
- 5 o 8,1 81
- 75 8,1 1 3 5
- I O 0 8,t 178
- Dans les taillis coupés tous les 3o ans, les baliveaux conservés
- avaient à
- 3o ans 9,7 mètçeS 40 centimètres.
- 6o 9^7 97
- 9° 9.7 162
- 12 0 9.7 237'
- D’où il Suit que la loi de croissance en hauteur est à
- 2 o ans 6,5 mètres.
- 2 5 8,1
- 3 o 9.7
- Conséquemment, à-peu-près 3 2 centim. (i î lig. 82 cen.) par année tant que les taillis ne sont pas coupés, mais aussitôt que
- les arbres environnants sont abattus , les troncs cessent de croître,
- et les baliveaux se couronnent.
- (x) Ces quantités n’ont pas été réduites j parce qu’elles n’établissent que des rapports.
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-
-
-
- DE L’ART DU CHARPENTIER. i5 En déduisant la croissance en hauteur, de ces trois seules séries d’observations, il paraîtrait qu’elle serait la meme chaque année.
- Des observations que j’ai faites sur la croissance en hauteur de plusieurs Chênes des hautes futaies de la forêt de Cerilly, département du Cher, m’ont donné pour résultat moyen , à
- Age. Hauteur.
- 5 ans 1,75 mètres ( 1 ).
- 10 3,.56
- 20 6,2 5
- 3 0 9
- 40 1 1
- 5o 12,25
- 60 12,5
- J’ai construit, planche V, fig. première, la courbe provenant
- de ces observations, les lignes 5 , 10, 20, 5o, 4°> 5»o, 60,
- indiquent les années et les lignes 5 a>9 10 b, 20 c, 3o J, 4° e,
- 5o /, 60 g, indiquent les hauteurs correspondantes, la courbure
- a b c d e f g, la loi d’alongement du tronc.
- En examinant la loi de croissance ainsi que la courbe qui en résulte, on voit que les croissances annuelles des
- 5 premières années étaient de 3 5 centimètres.
- 5 à io . . ... 32
- 1 0 à 2 0 29
- 20 à 3o 27
- 3o à 4° 2 0
- 40 à 50 1 2
- 5o à 60 2
- Donc, la plus forte croissance s’est faite dans les 1 0 premières années, elle a faiblement diminué jusqu’à 3o ans, ensuite la
- diminution a été considérable.
- 0) Ces quantités n’ont pas été réduites par ia même raison.
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-
-
-
- 16 TRAITÉ GÉNÉRAÉ
- Des observations sur la croissance en hauteur du Chêne, faites dans d’autres forets , m’ont donné un résultat différent, une croissance faible jusqu’à 3 ans , forte jusqu’à 15, stagnante jusqu’à 3 o, et décroissante jusqu’au couronnement.
- Un nouveau résultat déduit des observations des deux Duhamel , c’est que la croissance en grosseur des baliveaux est plus faible, lorsque le taillis n’est pas coupé et que le tronc s’alonge encore, qu’après la coupe le tronc cesse de croître en hauteur pour augmenter plus considérablement en largeur ; car dans les taillis coupés tous les vingt ans, la grosseur annuelle était pour les vingt premières années de 13 millimètres de circonférence, de 20 à 40 ans 19 millimètres.
- 4060 20 .
- 6080 18
- Dans les taillis coupés tous les vingt-cinq ans, la grosseur annuelle était pour les vingt-cinq premières années de 1 3 millimètres, de 2 S à 5 o ans 19 millimètres.
- 5oy5 21
- 76100 17
- Dans les taillis coupés tous les trente ans, la grosseur annuelle' était pour les trente premières années de 1 3 millimètres , de 3 o à 6 o ans 19 millimètres.
- 60 90 23
- 9 o 1.2 o 22
- J’ai représenté, fig. 2, la loi de grosseur déduite des observations faites sur les baliveaux des taillis coupés tous les vingt ans, la ligne o, 20, 40, 60, indique les années, les lignes 20 a, 40 b, 60 c, 80 df les circonférences; et la courbe abcd9 la loi de croissance. -
- Gomme ces arbres ont eu deux manières de croître, en raison des deux situations dans lesquelles ils se sont trouvés, il était nécessaire pour bien déterminer la loi de croissance du Chêne ?
- de
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-
-
-
- DE L’ART DU CHARPENTIER. i7
- de la déduire d’observations faites sur des bois de futaie, c’est-à-dire qui n’ont point changé de situation par rapport aux arbres environnants.
- Je me suis en conséquence procuré des observations sur vingt-quatre Chênes de différents âges parmi lesquels il y en avait de deux ou trois cents ans : j’ai pris la moyenne de leur croissance annuelle et j’en ai formé la table ci-jointe.
- Table du grossissement du Chêne.
- NOMBRE D ’ A N N É E s. CROISSANCE 1 LE DIAMÈTRE. MESURÉE PAR LA CIRCONFEREN CE.
- 10 21 Millimètres. Millimètres (1).. 66
- 20 . 65 • • • » • 205
- 3o . 1^2 - » • • » • 4i5
- 4o . . 187 . . . - • ; 587
- So . 243 • 4 • • • 763
- üo 272 868
- 70 . . 3oo • • . 945
- 80 . , 325 • • • • • 1016
- 90 . . 544 • 4 • • 4 1088
- 100 . 564 ii45
- no . 385 :12o3 '
- 120 . . 4o2 1265
- <130 . 422 4.444 i5a8
- ,i4o . 443 1691
- i5o , . 464 i458
- 160 . . 483 4.4.. i5i9
- 170 . 5o3 • 4 4 4 . i58o
- 180 . 525 • 44.4 i643
- 190 . . 542 1705 *
- 200 • • . 56i 1765
- Il résulte de cette table que la croissance était faible dans les premières années, qu’elle augmentait successivement jusqu a vingt
- (i) Ces quantités n’ont pas été réduites en mesures anciennes, parce qu’elles indiquent principalement des rapports.
- Tome /. C
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-
-
-
- .1 8 TRAITÉ GÉNÉRAL
- ans, qü’elle a été uniforme jusqu’à soixante, et qu’elle a diminué
- très - sensiblement jusqu’à deux cents ans.
- La croissance annuelle des cinquante premières années était de i 5 millimètres ( 6 lig. 6 5), celles des cent premières années de i i millim. 4(5 lig. 04), et l’augmentation moyenne de deux cents années de 8 millim. 8(3 lig. go).
- Les différences entre les observations des Duhamel et les miennes, dépendent d’abord de celle qui existe dans la croissance des baliveaux des taillis comparée à celle des arbres des futaies , de la nature des terrains dans lesquels les arbres ont crû, et de leur situation météorique. Les Duhamel ont fait leurs observations sur des taillis des environs de Pithiviers, et les miennes ont été faites sur les arbres de toutes les forets qui approvisionnent Paris ; des observations faites sur des Chênes d’autres départements ou d’autres pays, présenteront encore de nouveaux résultats.
- On trouve à la suite des observations des deux Duhamel que nous venons de rapporter ,.des cubatures de Chêne de différents âges.
- Dans un taillis coupé tous les vingt ans, ils obtinrent en équa-rissant des Chênes de soixante ans, 3o8 décim. cubes de bois (a solives 99), et de quatre-vingts ans 58 1 décim. (5 sol; 65).
- Dans un taillis coupé tous les vingt-cinq ans, ils obtinrent en équarrissant des Chênes
- de 5o ans 2o5 décim* cubes de bois (1 sol. 99)
- 75 615 (6 sol. 86)
- 100 1000 (9 sol. 76)
- Dans un taillis coupé tous les trente ans, ils obtinrent en équarrissant des Chênes
- de 60 ans 308 décim. cubes de bois ( 2 sol. 99)
- 9° 1026 ( 9 sol. 97)
- 120 igi5 (18 sol. 62)
- J’ai représenté, fig. 3 , la courbe résultante de l’équarrissement
- des baliveaux conservés dans les taillis de trente ans de coupe, la
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-
-
-
- DE L’ART DU CHARPENTIER. 19 ligne 120, 90,60 ’, ô, désigne les années; les lignes 60 a, 90 &, 120 Cf indiquent les décimètres cubes ; la courbe 5 a b c , représente la loi de la cubature.
- On remarque dans cette courbe que depuis 5 , jusqu’à soixante-dix ans, l’augmentation annuelle suit une progression croissante ; de 70 à 90, l'augmentation est uniforme, et de 90 à 120, l’augmentation annuelle va en diminuant.
- J’ai fait plusieurs observations sur la cubature du Chêne, déduites de ses lois de croissance en hauteur et en grosseur, qui diffèrent un peu des résultats ci-dessus, et que je détaillerai en parlant de l’équarrissage des bois.
- On trouve encore dans le Traité des semis et plantations des deux Duhamel, page 3 1 7 et suiv. des observations sur la croissance de plusieurs arbres ; je les ai réunies dans le tableau ci-joint.
- Tableau de croissance des arbres dressé d’après les observations des deux Duhamel.
- NOMS DES ARBRES. CROISSANCE EN HAUTEUR. ANNUELLE EN CIRCONFÊREN'
- Centimètres. Millimètres.
- Peuplier i55 . . , . . 89
- Aune 97 .... • 34
- Platane d’occident.. io5 46
- Noyer 5o . . . . . 32
- Frêne 30 . . . . . 58
- Tilleul 32 .... . 5o
- Pin -, 54 47
- Sapin 57 29
- Epicéa 73 .... • 4o
- Cèdre du Liban. 65 .... . 57
- Cyprès 59 .... . 27
- Chêne verd. ... 5o 25
- Charme. .... 4i
- Bouleau. . . . . , 66 27 ' Ç a
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-
- 3o TRAITÉ GÉNÉRAL
- Je n'ai trouvé ailleurs, dans les différents ouvrages que j’ai parcourus, que quelques observations éparses, dont les moyennes
- de croissance annuelle sont :
- Chênes. . . 45 millim. de circonfér.
- Hêtres..... 42
- Ormes 5 6
- Saules. . 45
- Ces observations notant ni assez multipliées, ni faites s.ur un assez grand nombre d’arbres, j’ai cru devoir les répéter et y en ajouter de nouvelles.
- Quelque soin que j’aie mis à rassembler le plus grand nombre de faits, je n’ai pu en réunir que sur la grosseur des. arbres j c’est donc de ce seul rapport dont il sera question.
- La loi du grossissement des arbres peut être déterminée de trois manières ;
- i°. En prenant la circonférence ou le diamètre de l’arbre vivant et le divisant par le nombre d’années de croissance.
- Cette méthode exige que l’on connaisse son âge.
- 20. En prenant la circonférence ou le diamètre des arbres à une époque de l’année., particulièrement en germinal, avant la pousse ; prenant une année après la circonférence ou le diamètre des mêmes arbres, retranchant de la dernière observation celle de l’année précédente, on a la croissance d’une annéé.
- Lorsque l’on prend la circonférence , ce qui est plus facile , la seule condition est de la prendre à la même hauteur et à la même époque ; mais si l’on prend le diamètre , il faut en outre que l’on remette les pointes du compas dans la même direction que l’année précédente, sans quoi on courrait la chance d’avoir un résultat faux, sur-tout si la surface est irrégulière.
- 5°. En mesurant sur une tranche d’arbre fraîchement sciée l’épaisseur de chaque couche que l’on y apperçoit.
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- DE L’ART DU CHARPENTIER. ai
- Ces couches forment une suite d’anneaux placés autour d’un point ; dans quelques arbres, le point est au centre comme dans la fig. 4 ; dans d’autres, les anneaux ont des épaisseurs irrégulières., comme dans la fig. Ô.
- On s’est assuré que ce point était le cœur de l’arbre, autour duquel il se formait un anneau la première année ; que la seconde année il se formait un anneau autour du premier > la troisième, un autre autour du second, et cela successivement, de manière que chaque année donnait naissance à un nouvel anneau.
- .On peut donc, en comptant le nombre de ces anneaux, connaître Tâge de l’arbre, et en mesurant leur épaisseur, apprécier la croissance de chaque année.
- Lorsque le cœur de l’arbre est au centre, que chaque anneau a une épaisseur uniforme, les épaisseurs peuvent être prises dans toutes les directions : lorsque chaque anneau varie dans son contour, comme fig. 5, il faut prendre les plus grandes et les plus petites épaisseurs AB,AC, pour en déduire une moyenne.
- J’ai mesuré l’épaisseur des courbes d’un grand nombre d’arbres morts que j’ai trouvés dans un dépôt au muséum d’Histoire Naturelle, et j’ai déduit le rapport de croissance de ces arbres.
- J’ai mesuré avec le citoyen Thouin la circonférence de tous les arbres vivants qui sont au jardin des Plantes, et dont l’âge est parfaitement connu, j’ai déterminé leur rapport de croissance annuelle*
- J’ai mesuré l’épaisseur des couches annuelles d’un grand nombre d’arbres abattus dans des coupes, ainsi que celle de quelques bois que l’on m’a procurés et dont la culture n’est pas encore fort étendue, et j’ai déterminé léùr rapport de croissance.
- J’ai écrit à plusieurs cultivateurs qui possédaient des arbres sur lesquels je ne pourrais faire par moi^-méme des observations ,|et parmi eux les citoyens Fougeroux fils, propriétaires de Denainvilliers,, Richard, membre de la Société libre d’Agriculture à Versailles, Vil-lard, professeur de botanique à Grenoble, Pœelerte, cultivateur h
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- aa - TRAITÉ GÉNÉRAL
- Bruxelles , ont bien voulu me communiquer les leurs.
- J’ai réuni mes résultats aux observations qui m’ont été communiquées, j’ai pris une moyenne entre tous ceux qui ont été obtenus sur des arbres de même espèce et j’ai construit la table ci-jointe, qui indique la loi de grossissement de cent huit, tant espèces que variétés d’arbres cultivés : en comparant ce tableau à celui qui a précédé, on trouvera qu’il manque encore cinq à six espèces et plusieurs variétés.
- Tableau du grossissement annuel des arbres acclimatés sur lesquels j ai pu me procurer des observations.
- NOMS DES ARBRES. Nombre d’observations. CROISSANC la circonférence. \ E ANNUEU le diamètre. E PRISE SUR
- Millimètres. Millimètres. Lignes.
- Abricotier. 1 23 7 3,io
- Acacia à trois épines. a 25 8 3,55
- — commun. 4 3a 10 4,43
- Amandier. 5 27 9 3,99
- Arbre de Judée. 6 H 8 3,55
- Aune commun. 3 19 6 2,66
- — à feuilles découpées. î i3 4 i,77
- Bois de Sainte-Lucie. a *9 3 i,33
- Bonduc chicot. & 28 9 3,99
- — du Canada. i 16 5 2,22
- Bouleau commun. 3 21 7 3,io
- — blanc à merisier. 4 21 7 3,io
- Catalpa. 7 32 10 443
- Cèdre du Liban. ^9 12 5,31
- Cerisier commun. a 22 7 3,io
- — à fleur double. î 36 11 4^7
- — à grappes. 2 • *7 5 2,22
- — de la Toussaint. 1 20 6 2,66
- Charme commun. 2 17 5 2,22
- — à fruit de houblon. 2 i4 4 1,77
- Châtaignier. 1 16 5 2,22
- Cliâne commun. 27 17 5 2,22
- Chêne de Bourgogne. 1 i5 5 2,22
- — rouge de Virginie. 1 *9 6 2,66
- — d’Amérique. 1 i5 5 2,22
- — yerd. 4 i5 5 2,22
- — à feuilles de saule. 1 z5 8 3,55
- Cyprès de la Louisiane. 1 11 3 1,33
- pyramidal. 1 11 3 1,33
- — expansif. 3 11 3 i,33
- Cytise des Alpes. 1 i5 5 , 2}24
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-
-
- DE L’ART DU CHARPENTIER
- 25
- NOMS
- DES ARBRES.
- Ebénier des Alpes. Epicéa.
- Erable lacinié.
- — à sucre.
- — de Virginie.
- — commun.
- — à feuilles de frêne.
- — de Montpellier.
- — Jaspé.
- — tomenteux.
- F aux acacia commun. Féyier.
- Frêne commun.
- — à fleur.
- — blanc de la Caroline.
- — à manne.
- Hêtre commun, ïf.
- Laurier franc.
- Liège.
- Liquidambar.
- Mahaleb.
- Maronnier d’Inde. Marsault.
- Melèze.
- Merisier commun.
- — à grappes.
- — à fleurs doubles. Micoconlier occidental.
- — austral.
- Mûrier blanc.
- — du Canada.
- — noir.
- — de la Chine.
- Noyer commun.
- — noir de Virginie. Orme commun.
- — teille.
- — à feuilles crénelées.
- — de Hollande.
- — Cortillard.
- — de Sibérie.
- Peuplier blanc.
- — de la Caroline.
- — d’Italie.
- — Liart.
- — de Virginie.
- Pin sauvage.
- — d’Ecosse.
- — blanc.
- — Laricio.
- — du Nord.
- Pbilaria d’orient.
- Plâne.
- Platane d’orient.
- Nombre' d’oLservations.
- 3
- 4
- 3
- 1 6 8
- 2
- 4
- 3
- 2
- 1
- 1
- 1
- 4 2 2 2 2 1 X 2
- 5 7
- î
- 4
- lo
- 1
- 5
- x
- 4
- 3
- 1
- î
- 3
- 3
- 2
- 4
- 6
- 5
- î
- î
- 2
- 4
- i
- i
- 3
- 9
- î
- 3
- i
- î
- 5
- î
- 5
- 7
- CROISSANCE ANNUELLE PRISE SUR la circonférence. le diamètre.
- Millimètres.
- 21 2 5 16
- 25
- 34
- 20
- 28
- 22
- 20
- 31
- H
- 23
- 3o
- 23 21 22 20
- 8
- il
- 27
- h *9 *9
- 24
- 22
- 36
- â
- 27
- >7
- 21
- 34
- 28 20
- 23
- 5o
- . 39
- 79
- 32 i5 56
- 29
- 22
- 26
- 39
- 9
- 27
- 36
- J7
- a9
- 35 3a
- 10
- 5
- 18
- 8
- 12
- 3
- 11
- 5
- 9
- 11
- 10
- llimètres. l Lignes. 3,io 3,55
- 5 2,22
- 8 3,55
- 11 4.87
- 6 2,66
- 9 3,99
- 7 3,io
- 6 2,66
- 10 4,43
- 8 3,55
- 7 3,io
- 9 3,99
- 7 3,io
- 7 l 3,io 3,io 2,66
- 2 0,89
- 6 2,56
- 13 1 5.76' 3,99 3 55
- 12 5.3i
- 1 f'S
- 8 3,55
- 7 3.io
- 5,3i
- a . 0,89
- 6 a,66
- 1 3,99 2,22
- 7 3,10
- ai 1 7 4,57 2,66 3,io
- l6 7>°9
- 12 5,3i
- 25 11,08
- 4,43
- 2,22
- 7.98
- 399
- 2.66
- 3,55
- 5,5i
- i,33
- tïï
- 4.«1
- 2,22
- 3.99 4>87 443,
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- 24
- TRAITÉ GÉNÉRAL
- NOMS DES ARBRES. N OMBRE d’obsemtions. CROISSANC la circonférence. E AKNUELII le diamètre. 1 PRISE SUR
- Millimètres. Millimètres. > Lignes.
- Platane d’occident. 3 21 10 4,43
- Poirier. 1 6 2 0,8g
- Pommier. 6 22 7 3,io
- — de Sybérie. 4 18 6 2,66
- Prunier. 4 18 5 2,86
- — de Virginie. 2 i5 5 2,22
- Sapin argenté. 1 20 6 2,66
- — Picea. 4 2.5 8 ’ 3,55
- Saule commun. 4 5g J9 8,42
- — de ïlabylone. 1 7$ 24 10,62
- Sicomore commun. 1 4i i3 5,76
- Sorbier des oiseaux. 2 19 6 2,66
- — de Laponie. 3 25 8 3,55 "
- Tilleul commun. 5 *Î7 8 3,55
- — de Hollande. 2 22 7 3aio
- — argenté. 3 19 6 2,66
- — des bois. 1 3.i 10 4-43
- Tremble. 3 i4 4 i,77
- Tulipier. 1 32 10 4,43 ,
- Vernis du Japon. -7 4& 11 4,87. -
- Ce tableau, «quoique provenante de plus die trois cents observations iaiteis sur des arbres -d’âges différents,. parmi lesquels il s’eft est trouvé de plus de 2 5 o ans, est bien loin de l’exactitude et de la justesse qu’il pourrait avoir ; je ne le présente ici que comme le comméncement d’un travail :qui doit étire continué par ceux qui . cultivent les arbres, qui vivent avec eutx et qui les observent tous les jours. / ; . ;
- J’ai fait connaître' dans le tableau de la (nomenclature et de la grandeur des arbres, les terrains qui leur sont les plus propres, j’ai indiqué datas le tableau sur le grossissement annuel des arbres , leur rapport de croissance ; avec Ces deux données-, un cultivateur intelligent peut déterminer quelle espece d’arbres il doit cultiver sur les nombreux terrains incultes qui existent sur le sol de la République ; si à ces tableaux il .réunit les tables qui suivent sur la pesanteur et la résistance des bois, il pourra, par un calcul simple de la valeur des !bdis dans le lieu qu’il habite, en raison de l’usage que l’on en fait et du rapport de leur croissance dans les terrains qui leqr
- sont
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-
-
- DE L’ART DU CHARPENTIER. sont les plus propres, déterminer par avance, d'une manière assez approchée, le rapport ou produit de chaque hectare de bois, et l’époque des coupes ; ensuite comparant ce produit aux dépenses de défrichement, de semis et plantations, d’intérêt de l’argent avancé et d’imposition, il pourra conclure le bénéfice qu’il doit en espérer.
- Comme le prix du bois, quelle que soit sa destination, diffère dans chaque endroit , en raison de la facilité ou de la difficulté du transport aux lieux où il doit être consommé } comme la dépense en défrichement et plantation , varie en raison de la valeur de la journée et de la quantité de travail obtenu pour cette valeur, il est impossible de présenter à l’avance un résultat probable pour un terrain et pour un bois donné ; c’est sur les lieux mêmes où la culture doit être faite que le calcul peut être exécuté de manière à obtenir un rapport appréciable,
- §. V.
- De la pesanteur spécifique des Bois:.
- On entend par pesanteur spécifique des bois, la comparaison de leur poids à leur volume ou le rapport de leurs poids sous un même volume.
- Un grand nombre de physiciens , parmi lesquels sont les deux Duhamel, Mussembroek, Cossigny, Varennes de Fenilles, se sont occupés de ces sortes de recherches.
- Lorsque l’on compare les résultats obtenus par chacun de ces savants, on est d’abord surpris du peu d’accord qui se trouve entre eux ; mais après avoir réfléchi aux causes qui doivent produire ces différences, la surprise cesse, et l’on est au contraire étonné du rapprochement de leurs résultats.
- Les causes de la variation dans la pesanteur d’un même bois
- Tome /. D
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-
- î6 TRAITÉ GÉNÉRAL
- sont, la nature du terrain, sa situation météorique, sa latitude, le degré d’humidité ou de sécheresse du bois ; la partie du tronc ou des branches où le morceau pesé a été pris ; enfin l’âge de l’arbre.
- D’après les expériences des deux Duhamel, un morceau de bois de Chêne du département des Bouches-du-Rhône, qui pesait, fraîchement coupé ,1286 grammes (24210 grains ) le millistère ou décimètre cube, ne pesait plus, sec, que 8 5 7 gr. (i6i3o grains ), c’est-à-dire environ les deux tiers de son poids primitif, et cela après l’avoir laissé exposé plus d’une année à l’action de Fair sous un hangar.
- Le bois de Chêne sec, coupé dans le département des Bouches-du-Rhône , pesait 857 grammes( 1 6 1 3o grains), le décimètre cube, et le même Chêne, coupé dans le département de la Côte-d’Or, 11e pesait que 743 grammes ( 1 3 9 go grains), c’est-à-dire à-peu-près les sept huitièmes ; quelques Chênes de Fontainebleau ne pesaient que 67 1 gram. (1 2Ô3o grains), à-peu-près les quatre cinquièmes.
- Dans les Chênes sains, vigoureux, le bois est plus pesant au cœur qu’à la circonférence ; il est plus pesant près de la racine qu’au sommet de l’arbre ; le bois du corps de l’arbre pèse plus que celui des branches; les deux Duhamel, Buffon , Mussembroek, se sont assurés de ces vérités par un grand nombre d expériences.
- Mais lorsque le bois est sur le retour, lorsque le cœur commence à se gâter, à se corrompre, le contraire arrive; le bois est plus pesant à la circonférence qu’au centre, cela parce qu’en se gâtant, en se pourrissant, il s’évapore une portion de la matière propre du bois : évaporation qui n’occasionne aucune diminution dans le volume.
- Pour déterminer la pesanteur des bois, on a employé deux méthodes différentes , l’une de Mussembroek , consiste à enduire le bois d’une légère couche de résine qui le rende imperméable à l’eau, de peser ensuite le bois dans l’air, puis dans l’eau ; la perte de poids qu’il éprouve dans cette seconde opération est
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- DE L’ART DU CHARPENTIER. 27
- exactement le poids d’un volume d’eau déplacé égal au volume du corps submergé ; et par la comparaison du poids d’un même volume de bois et d’eau , c’est-à-dire du bois pesé dans l’air et de sa perte de poids dans l’eau, on conclut sa densité ou sa pesanteur spécifique ; la densité des bois comparée donne leur rapport de pesanteur ( 1 ).
- La seconde méthode, plus simple et plus facile, est employée par tous les cultivateurs 5 elle consiste à couper et équarrir un morceau de bois, de manière à lui donner des dimensions telles qu’il forme un volume déterminé j connaissant le volume d’une part et le poids de ce volume de l’autre, on peut comparer la pesanteur de tous les bois, en les rapportant à un seul et même volume ( 2 ).
- (1) D’après la méthode qui a été employée pour conclure le poids étalon de la mesure du quart du méridien, il suit que , si la pesanteur spécifique est prise dans l’eau distillée , à la température où son volume est le plus petit, et que l’on fasse le poids de l’eau déplacée égal à 1000 grammes , le poids déduit du bois est justement celui d’un mil-listère ou décimètre cube. Supposant, par exemple, qu’un morceau de chêne, fraîchement coupé , s’enfonce dans l’eau, qu’il pèse 1927 grammes (a) dans l’air , que, plongé dans l’eau , il ne pèse plus que a5o grammes , Indifférence 1687 sera le poids de l’eau déplacée. En faisant cette proportion : 1687 poids de l’eau déplacée , est à 1927 poids du bois dans l’air , comme 1000 poids d’un litre d’eau, est à un quatrième terme 5 on obtient le nombre 1 j 42 , qui est le poids d’un ministère ou décimètre cube de bois.
- Si le bois est plus léger que l’eau , et qu’il surnage, il faut placer une poulie au fond du vase , attacher le bois à un fil passé dans la poulie et attacher l’autre bout du fil à un plateau de balance , afin de déterminer le poids nécessaire pour submerger le bois : soit un morceau de peuplier pesant 1728 grammes , qu’il faille 2896 grammes pour submerger le bois, le poids de l’eau déplacée sera de 1728 plus 2896 égal à 4124. On aura cette proportion : 4l24p°ids de l’eau déplacée , esl à 1728 poids du bois dans l’air, comme 1000 poids d’un litre d’eau, est à 4*9 poids d’un -millistère ou décimètre cube de bois.
- (2) Supposons qu’un morceau de bois de chêne de 6 décimètres de long, 18 centimètres de large et 23 centimètres de hauteur, pèse 20 kilogrammes 44$ grammes, là solidité ou la cubature du morceau produit 24 décimètres cubes et 84 centièmes ; divisant 20 kilogrammes 44^ } par 24 de. 84 > on a pour quotient 823 poids d’un millistère ou décimètre cube.
- ( a ) Comme les nombres qui suivent sont arbitraires , on peut substituer celui de eramfties. :
- sans erreur le mot
- D 3
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-
- 38
- TRAITÉ GÉNÉRAL
- Les Duhamel, Cossigny, Buffon, Varennes-Fenilles, ont ainsi déterminé le poids d’un pied cube de tous les bois qu’ils ont soumis à leurs recherches.
- En comparant ces deux procédés , on voit que le premier permet de faire usage des bois sous quelques formes qu’ils se présentent ; mais la nécessité d’ôter à l’eau tout moyen de pénétrer dans le bois, oblige de donner à la couche de résine une épaisseur qui porte quelques différences dans les résultats obtenus.
- Le second procédé présente l’avantage de comparer ensemble des poids de volume semblable ou qui peuvent y être ramenés par un calcul simple et facile; mais il exige aussi que les bois soient coupés dans des dimensions parfaitement exactes ; la plus légère différence donne des variations en plus ou en moins, qui sont quelquefois très-considérables, sur-tout si les morceaux de bois sont très-petits.
- Ayant recueilli toutes les expériences faites par les deux Duhamel, Mussembroek, Cossigny, Varennes-Fenilles, et ne les trouvant ni assez complettes, ni assez variées, j’ai cherché à les répéter sur tous les bois que j’ai pu me procurer. "
- J’ai fait usage pour cet effet de deux sortes de bois : de ceux que l’on a rassemblés au dépôt du muséum d’Histoire Naturelle, et de ceux qui m’ont été donnés, tant par la direction du muséum d’Histoire Naturelle, que par mon confrère Gillet-Laumont et plusieurs autres amis des Arts et des Sciences.
- Les bois réunis au dépôt du muséum d’Histoire Naturelle, y sont rassemblés depuis plusieurs années ; ils sont placés dans une salle basse, qui paraît être susceptible d’humidité, et qui conséquemment doit, dans les tems ordinaires, contribuer à donner aux bois une pesanteur plus grande que celle qu’ils doivent avoir dans un état de sécheresse parfaite.
- Cependant, pour diminuer l’effet de cette humidité, fai eu soin de ne peser les bois qui sont dans cette salle que dans les
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- DE L'ART DU CHARPENTIER. a9 journées belles et sèches, sans apparence de pluie, et qui avaient été précédées de plusieurs jours de sécheresse ; cette précaution, j ointe. au long tems qui s'est écoulé depuis que la plupart de ces bois sont coupés et déposés , m'a mis à même d'obtenir un poids très-peu différent de celui qu'ils auraient eu , s'ils eussent été dans un dépôt plus élevé et moins humide.
- Quant aux autres bois, je n'ai pris leur pesanteur qu'après les avoir laissé séjourner une année entière dans une salle bien aérée, que le soleil éclairait toute la journée, et qui a été échauffée l’hiver par un poêle ; la plus grande partie de ces bois avait déjà une année et plus de coupe.
- J'ai suivi avec soin les progrès de la dessication des bois qui m’ont été donnés fraîchement coupés, et je ne les ai regardés comme parfaitement secs et susceptibles de pouvoir être pesés qu'au moment où ils cessaient de diminuer sensiblement de poids, et où ils avaient des augmentations et des diminutions provenant des variations de l'air et de leur hygrométricité.
- Le nombre des morceaux de bois dont j’ai comparé le poids à la solidité , est de plus de six cents ; j’ai réuni toutes les expériences faites sur une même variété, et pour n'avoir qu'un seul résultat, j'ai pris une moyenne entre elles toutes.
- Afin de pouvoir comparer les résultats que j'ai obtenus, avec ceux des observateurs qui m’ont précédé, j'ai construit le tableau à six colonnes ci-joint ; la première contient les résultats de Mussembroek ; la deuxième, ceux des Duhamel ; la troisième , ceux de Cossigny -, la quatrième, ceux de Varennes-Fenilles ; la cinquième, ceux que j'ai obtenus -, et la sixième, une moyenne entre toutes ces expériences.
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- 5 o
- TRAITÉ GÉNÉRAL
- Tableau dé la pesanteur des bois.
- NOMS
- DES ARBRES.
- Abricotier.
- Acacia à trois épines. Alizier commun.
- Allier.
- Amandier.
- Arbre de Judée.
- Aune commun.
- Bois de Sainte-Lucie. Bouleau commun.
- — blanc à merisier. Boulinet.
- Buis de Mabon.
- Catalpa.
- Cèdre du Liban.'
- Cerisier.
- Charme commun. Châtaignier.
- Chêne commun ou mâle.
- — blanc du Canada.
- — de Bourgogne.
- .— rouge de virginie.
- — verd.
- Cormier ordinaire.
- Cyprès commun pyramidal.
- — Etalé.
- Cytise des Alpes.
- Ebénier des Alpes.
- Erable de Virginie.
- —> duret.
- — commun.
- «— de Montpellier.
- — Jaspé.
- Eaux acacia.
- Férier sans épine.
- Frêne commun.
- Genévrier d'Espagne.
- Hêtre commun.
- Hypreau.
- If.
- Laurier franc, cerise.
- Poids du « O U *Q | 3 s millistèVe S J «S ou décimé *3 S? 01 u tre cube (1 è é p ^ S S, f«« * ), d’après . N 2 «3 a 0 : 8 «3 » MOYENNE déduite de tous ces résultats.
- » 99 93 Grammes. 711,5 Grammes. 868,2 Grammes. 789.8
- » 33 93 702,1 6oo,3 676,2
- j> 99 79l*7 966,6 879**
- » 93 93 739.1 39 789,1
- )> 3) 31 » 1102,5 1102,5
- » » 93 685,2 G88 686,6
- 8oo » 39 509,9 99 654,9
- 93 )> 99 888,2 805,7 864.9
- 33 33 99 688,1 7*3,7 70l>9
- » 33 99 >9 570, i 570,1
- 33 33 99 31 784,5 784.5
- 9*9 » 39 33 99 9'9
- )) 33 33 466,7 99 466,7 6o3,3
- 6i3 )> 99 418,4 778*4
- 715 • » 93 >3 767,1 74*
- )) )) 99 736,6 783,1 769.8
- » » 33 588,3 781.9 680,i
- 1170 889 39 777.5 792*1 905,1
- 33 33 99 84 G 7 99 84.1,7
- 33 764 39 39 99 764
- 7) 3) 93 586,6 93 586.6
- 33 39 39 g93,8 >9 993,8
- >3 33 39 9*°*4 33 910,4
- 644 » 99 99 667 655,5
- 33 » 33 99 47°,1 470,1
- 33 39 33 933»4 33 933,4
- 1x46 39 33 >9 962,3 1054.1
- >3 39 93 33 628,8 628,8
- » 3> 33 75a,8 93 75a,8
- 755 93 33 33 39 755
- 33 39 >3 729>8 39 729.8
- » 33 33 93 554,4 5544
- 33 33 99 799*9 782,6 791,2
- 886 93 93 702,2 76**7 849,6 779*7
- >3 39 39 725,1 787,3
- 56 6 33 33 587,5 607,9 583,8
- 85a 666 640 33 723,5 720,4
- )) 39 . . 33 555,6 33 555,6
- 797*5 93 99 877*9 658,9 778,1
- 5a4 93 93 99 856 695
- 82a » 99 33 93 822
- (O Ces nombres sont les mêmes que ceux qui indiqueraient la pesanteur spécifiqi en supposant le poids de l’eau 1000,
- ue
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-
-
-
- DE L’ART DU CHARPENTIER
- 3 i
- NOMS
- DES ARBRES.
- Liège et bois.
- —- écorce.
- Lilas des Indes. Liquidambar. Maronnier d’Inde. Marsault.
- Melèze commun. Merisier commun. Micocoulier occidental. Mûrier blanc.
- — du Canada.
- — noir.
- — de la Chine.
- Noyer commun.
- — noir de Virginie. Orme commun. Pêcher.
- Peuplier blanc.
- — noir.
- — d’Italie.
- — de la Caroline.
- — Liart.
- Pin sauvage.
- — d’Ecosse.
- — blanc.
- — cultivé.
- Plane.
- Platane d’orient..
- — d'occident.
- Poirier sauvage; Pommier.
- Prunier.
- — de Virginie.
- Ptéléa.
- Sapin argenté.
- Picéa.
- S a Isa Iras.
- Saule dommun.
- — de llabylone. Sicomore commun. Sorbier des oiseaux, . Tilleul commun. Tremble.
- Tulipier, i Vernis du Japon.
- Poids du millistère ou décimètre cube f d’après
- pi4
- O u i 1 y if 9 d
- 3 Q 0 U 1*
- Grammes,
- 31 7» >7
- 240 77 77 77
- )) 7> 77 ioog,8
- >7 77 » »
- 77 77 77 476,1
- 77 7> 77 594
- 7Î 77 77 812
- 73 )) ». . 77 7i4,3
- 897 77 77 626
- 73 77 8g3 77
- 749 77 77 599
- 33 671 6^3,6 77 77 6n'à,'à 629,5
- 643 77 629,1 *2994
- » 742 597,2 723,8
- >7 77 77 748,9
- 529 383 493 77 77 549 9 55y,i ' 35g,7
- 7) 77 77
- 77 77 77 49»,9
- 77 77 77 7>
- 77 583 77 553,8
- 77 569,7 77 77
- 77 68o,5 77
- 77 56g, 7 77 77
- 77 77 >7 622,5
- 77 >7 77 77
- 77 77 » 736,5
- 661 77 77 ' 768,9
- 793 77 77 722,8 745,2
- 724 » >7i
- 77 77 77 77
- 77 77 77 1 37
- 55o 478 1 77 436,2
- 498 77 77 77
- 482 585 >7 77 7> '» 476.8 319.9
- 77 77 . » 77
- 77 77 77 7i5,i
- 77 604 77 •434 '* 486,i' 65n,i 685,6
- 77 .77 5oo ' 557,7
- 77 77 ‘ » 490,5
- 77 » 77 77
- Grammes<
- 1212
- 720 65g, 1 )) 5oo
- 33
- ioo3
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- 746.5
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- »
- 810.5
- 43*5,8
- 34G,3
- 53.1.5 6*4-9
- 622.6
- 537,9
- 703.6
- 697,3
- Cgi,2
- 816.5
- 865.8
- 638.6
- 482
- 77
- 671.9
- 441.9
- 507.6
- 632,8
- 819.7
- 536.1
- 54**9
- 464.2
- 820
- MOYENNE déduite de tous ces résultats.
- Grammes. -1212 240
- ioog,8
- 720
- 65n
- 594
- 656
- 7*4,3
- 1003
- 754.6 8g3 67 4 65q.q
- 656.3
- 826.8
- 300.3
- 748.9
- 629.8
- 477.7 097,7
- 419.1
- 534.5
- 620.7 56o’,7
- 680.5
- f*?
- 622.5
- 537.9 7*9,5
- 705.7
- 735.7 76 «,9
- ' 865,8
- 638.6
- 486.6
- 4g8
- 643.2 ..
- 448.9 607,6
- 673.9 7394 549,a
- " 526,q
- 477.3 820 (r)
- (.) Comme le pied cube d’eau distillée pèse 70 liv. que le millistère d’eau pèse 1000 grammes , et que la solive contient 3 pieds cubes , si l’on multiplie chacun des poidç des millistères de bois par 210 liv. ou aura le poids de lu solive correspondant. Ainsi, le millistère du bois de chene commun pesant ^o5}i grammes , la solive doit peser 150,07 liv»
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- Sa TRAITÉ GÉNÉRAL"
- Comme Mussembroek a pris la pesanteur spécifique des bois' comparés à l’eau, exprimée par rooo , les nombres qui indiquent ces pesanteurs sont exactement ceux du poids du mil-listère exprimé en gramme ; les expériences des deux Duhamel, de Cossigny, de Varennes-Fenilles, indiquant les poids, en livres, d’un pied cube de chaque bois, j’ai été obligé de faire la double réduction du pied cube en millistère et des livres en grammes ; par ce moyen, j’ai pu comparer entre elles les expériences de ces savants , et les comparer ensuite aux miennes, qui ont été faites avec les nouvelles mesures.
- Ces résultats, quoique plus exacts encore que tout ce qui a été publié jusqu’à présent, sont loin d’étre rigoureux; les bois d’une même variété diffèrent trop entre eux, en raison des circonstances qui déterminent ces variations , pour ne pas peser de nouveau chaque bois, afin d’avoir la pesanteur positive. Cependant lorsqu’on fera des projets, des devis, des calculs memes dans lesquels il sera nécessaire de tenir compte de la pesanteur moyenne des bois, on pourra avec certitude employer ces résultats.
- Si l’on voulait connaître le poids d’un morceau de Chêne de 4 mètres de long, 2 5 centimètres de large, 2 2 centimètres de hauteur, la cubature produisant o stère 2 2 centistère, ou 220 décimètres cubes ; le décimètre cube de Chêne pesant 717 gram. 4 > ie poids de la pièce serait 157,828 grammes ou 1 5 7 kilog. 828 ( 1 ).
- Si l’on youlait connaître le poids d’un morceau de Peuplier noir d’Italie de même dimension, le décimètre cube pèsant 597 grammes 7, le poids du morceau serait de 87 kilog. 4g4 (2).
- On voit par ces deux exemples avec quelle facilité on aura ,
- (1) La solive pèserait i5o,65 liv (a) La solive pèserait 83,517 liv.
- par
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- 53
- DE L’ART DU CHARPENTIER, au moyen de cette table, le poids d'un morceau équarri, d'un des bois qui y sont indiqués, si l'on peut connaître ses dimensions.
- Quant au poids des arbres ronds, on le détermine avec la même facilité , si l'on connaît leur diamètre ; car leur cubature égale le quarré du demi-diamètre multiplié par a 2 divisé par 7 , ce qui donne leur surface , qui, multipliée ensuite par la longueur du morceau , donne la cubature ou solidité.
- Soit, d'après ces données, Un tronc de Chêne de 4 mètres de long et de“ 3 décim. de diamètre, la tranche circulaire sera le quarré de 3 , qui est 9, multiplié par 2a égale 198, divisé par 7 , fait 28,3 , qui, multiplié par 4 mètres ou 40 décimètres de long, donne .ii32 ministères ou décimètres cube, à 717 grammes le millistère, le poids sera de 8 1 1 kilogrammes 644 grammes : si ce bois était verd, la pesanteur serait augmentée de moitié en sus, elle serait donc de 1227 kilog. 466 grammes.
- D'après le tableau de pesanteur du bois , celui de Chêne
- pèse CO»
- SEC. VE ED.
- Kilogrammes. Grammes. Kilogrammes. Grammes.
- Le stère • 7 1 7 40 0 ^ 1076 IOO
- Le décistère 71 740 IO7 6lO
- Le centistère . 7 i 74 I04 76t
- Le millistère. . . » 7 1 7*4 I 769
- Le décimillistère • » 7 *>74 U r ©7,6 r
- Le centimillistère . . » 7*i74 3» 1 0,76 r
- On appelle Stère, un mètre cube de bois.
- Décistère, la dixième partie d’un stère ou un morceau d'un mètre de long sur un mètre dè large et un décimètre de hauteur.
- Centistère, la centième partie d'un stère ou un morceau d'un mètre de long, un décimètre de large et un décimètre de hauteur. Millistère, la millième partie d'un stère ou un décimètre de
- E
- (*) La soliye pèserait: sèche, i5o,65 liv.} verte, 225,98 liv.
- Tome L
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- 34 TRAITÉ GÉNÉRAL
- loiïg sur un décimètre de large , sur un décimètre de hauteur ; donc un décimètre cube.
- Décimillistère, la dixième partie d’un décimètre cube ou un morceau d’un décimètre de long, un décimètre de large et un centimètre de hauteur.
- Enfin centimillistère, la centième partie dun décimètre cube ou un morceau d’un décimètre de long , un centimètre de large et un centimètre de hauteur.
- ÏH-
- De la résistance des bois*
- On appelle résistance la force avec laquelle les bois supportent , sans se rompre , le poids. dfoiit ©n les charge.
- Les bois peuvent résister de trois manières aux fardeaux qu’on leur fait supporter , i°. en les plaçant horizontalement et lès chargeant dans cette situation ; 3p; en lés plaçant verticalement et les chargeant dans la partie supérieure ; 3°. en les Suspendant verticalement et les chargeant inférieurement de poids capables de rompre l’adliérence des fibres et de les déchirer^ La première manière se nommé résistance horizontale, la seconde résistance verticale, la troisième adhérence, des fibres.
- 4 : ’ ! . '
- . f - • r i ; • • • ' - -
- . : , JDie la résistançe horizontale.... *
- Depuis plus d’un siècle , les savants s’occupent des moyens vde déterminer la loi de la résistance des corps.
- Les géomètres .parmi lesquels sont Galilée, Wurtzius, Grandi., Mariotte, Leibnitz ,Varignon, Jâe<|ues Bernoulli, Euler, Lagrange, ont considéré la résistance des solides d’une manière abstraite.; ils ont conclu, de cette considération , quelle devait être en raison directe des largeurs,* en raison des quarrés des hauteurs, et eii raison inverse des longueurs ; ce qui veut dire i°. que deux
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- DE L'ART DU CHARPENTIER. 35 morceaux également longs et également hauts , ont des résistances différentes dans le rapport de leur largeur ; ainsi, si l’un ayant cinq mètres (ï) de long ; dix centimètres de haut et dix centimètres de large, supporte mille kilogrammes ; un autre ayant la même longueur , la même hauteur, et le double où-vingt centimètres de large ; supportera deux mille kilogrammes.
- 20. Que deux morceaux de bois, également longs, également'1 larges , diffèrent dans leur résistance, en raison du quarré de'leur haiiteur; si fini ayant cinq mètres de long, dix centimètres de large et dix centimètres de hauteur , supporte mille kilogrammes ; l’autre , avec la même longueur, la même largeur et vingt centimètres de hauteur, supportera quatre mille kilogrammes.
- 3°. Que deux morceaux de bois , également larges et également hauts , diffèrent dans leur résistance , en raison inversé ou opposée à leur longueur j si l’un ayant cinq mètres de long * dix centimètres de large et dix centimètres de haut , supporte mille kilogrammes , célui qui aura dix mètres de long , la même largeur et la meme hauteur , ne supportera que cinq Cerïts kilogrammes. • i
- Cependant comme cette loi a été déduite de d’hypothèse d’une résistance Uniforme , et qu'il est possible: que les bois, par leur structure , l’arrangement de leurs fibres, puissent se trouver dans une autre hypothèse que Celle dè laquelle on est parti, on a cherché à s'assurer si l’expériencé y répondait, ou si, d'après les résultats obtenus, on pouvait déduire une loi différente.
- Parmi les savants qui Se SOnt occupés de ce genre de recherchés, dn peut* citer?M'arioi.t.er, Parent, Varington, Bellidôr, les deux Duhamel, Büffon , Làmblardie, Girard et Péronnet.
- Les1 uns , comme Mariette , Parent * Varington , Bellidôr Buffon, Lamblardie * Girard , ont cherché à déterminer la loi
- (i) On ne réduit pas ces mesurés parce qu'elles n’indiquent que des rapports.’ !
- E 2
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- 56
- traité générai;
- de résistance des bois , ’ en raison de leur dimension. Les autres, comme lès deux Duhamel , ont cherché à déterminer en outre le rapport de force ou de résistance de quelques bois entre eux, et l’influence des armures de quelques .assemblages.
- Les expériences de Mariotte, Parent, Varington, Bellidor , des deux Duhamel , de Buffon , Lamblardie, Girard , ont été laites sur des bois posés horizontalement ; celles de Mussembroek, de Péronnet, de Lamblardie et de Girard , ont été faites sur des bois placés verticalement; ainsi , les uns ont cherché la résistance des bois posés à plat, et les autres celle des bois posés debout.
- La méthode que chacun a employée dépendait de la situation dans laquelle il se trouvait et des bois dont il pouvait disposer.
- Les expériences de Mariotte , Parent, Varington , Bellidor , des deux Duhamel, dé Mussembroek, ont été faites sur des morceaux de très-petite dimension, de deux à six centimètres d’équarrissage et cinq décimètres à un mètre de longueur ( i ).
- Les expériences de Buffon, Lamblardie et Girard , ont été faites sur des pièces de bois de très-grosse dimension, de quinze à trente centimètres d’équarrissage, et de un et demi à neuf mètres de longueur (2).
- La résistance des bois posés horizontalement peut être éprouvée de deux manières , 1 °. eh suspendant le morceau par un seul bout et plaçant la force à l’autre extrémité , comme dans les figures 6 et 18 , planche V; 20. en suspendant le morçeau par les deux bouts et plaçant la force au . milieu comme dans la fig. 10.
- La théorie et l’expérience s’accordent à prouver que la manière de suspendre la pièce de Bois lui fait supporter des poids dif-
- (1) De 8 à 3o lignes d’équarrissage et de un pied et demi à 3 pieds de long, (a) Do 5 à là pouces d’équarrissage et de 4 * 36 pieds de long.
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- DE L’ART DU CHARPENTIER. 3; férents avant de se rompre. Cette différence est telle que si* comme dans la figure 10, la pièce, librement posée sur se§ deux bouts , exige un poids pour se rompre ., il faudra, à un morceau de meme dimension un poids double , si elle est retenue ou serrée par les deux bouts, comme fig. i3 et 14. Cette différence vient de ce que dans le premier cas , rien ne s’opposant à la courbure du bois , cette courbe prend nécessairement la forme que nécessite l’alongement des fibres, comme le représente la fig. 11, mais lorsque la pièce est serrée par les deux bouts, elle éprouve trois compressions, celles des bouts serrés, et celle du milieu sur lequel le poids est appliqué. L’alongement des fibres éprouve une sorte de gène qui retarde leur mouvement, et la courbure, au lieu d’étre continue comme dans le cas précédent, revient sur elle-même vers les points où le bois est serré , ainsi qu’on le voit fig. 1 5. Dans les bois serrés par les: bouts, la rupture se fait dans deux ou trois endroits à-la-fois c’est-à-dire, au milieu et à l’un des bouts , ou au milieu et aux deux bouts , comme fig. 1 6 , tandis que dans le bois posé librement, la rupture ne se fait jamais qu’au milieu de la pièce, comme fig. 12.
- Pour rompre les morceaux des bois qui ont servi à déterminer la résistance et la loi qu’elle suit, chacun a employé des: ^méthodes différentes ; lorsque les morceaux à rompre étaient petits et n’exigeaient pas de forts poids, on se contentait des méthodes représentées figures 18, 10 et i3.
- Dans la première , fig. 1 8 , à l’extrémité A , on place une boucle a c d b , fig. 17, dont l’ouverture est assez grande pour que le morceau puisse y entrer avec facilité ; à son extrémité est un crochet pour suspendre la boëte ou plateau ; la partie/, qui pose sur le bois, est en biseau;/g est la coupe de cette boucle suspendant au crochet un plateau ou une caisse : mettant sur l’un ou dans l’autre; des poids, du plomb , du sable,
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- 38 TRAITÉ GÉNÉRAL T '
- ou tout autre corps pesant jusqu'à ce que le bois plie fig. 7/ et qu'il rompe fig. 8 y on détermine la résistance du bois par le poids qui l'a fait rompre , mais la longueur de la pièce ne se compte que du point d’assujettissement B à celui de pression A.
- Comme par la courbure que prend le morceau de bois, fig. 7 , l'anneau pourrait glisser à son extrémité, il faut y fixer un tasseau qui le retienne.
- Les bois gros et courts exigeant, pour être rompus , uneJ force considérable ; lorsque le poids attaché à leur extrémité est trop faible pour les rompre , on peut alonger les pièces par le moyen d'un levier B A, fig. 9 , fixé à l'extrémité du bois par deux boucles de fer. Plaçant le poids à l'extrémité A, la força pour rompre se trouve diminuée dans le rapport de l'alongement du levierj ainsi, si la distance C A était double de celle CB , il faudrait au point A un poids moitié de celui placé au point B pour produire le meme effet. /
- Lorsque les morceaux de bois sont posés sur deux tréteaux ,4 fig. 10 ; afin de bien déterminer la distance des points d'appui y on y fixe deux morceaux de fer ou d'acier taillés en biseau y par ce moyen , le bois pose sur deux lignes ; le plateau ou la caissô se suspend à une boucle de fer fixée au milieu des deux points d'appui, et la résistance se mesure par le poids nécessaire pou:T faire plier le bois, fig. 11 , et le faire rompre, fig; 12.
- La force ou le poids employé pour faire rompre la pièce de bois , placée sur dés tréteaux, fig. i o , est le même que celui qui aurait fait rompre une pièce moitié moins grande, mais dont le poids de rupture aurait été placé à l'èxtrémité , fig. i!8.‘
- Varignon, Mariotte , Parent ont rompu des bois avec les appareils indiqués, fig. 6 , 10 et i 3, et c'est, des expériences faites avec ces appareils simples , qu’ils se sont assurés les premiers, que la loi déduite de la théorie était parfaitement con* ferme à celle que l'analyse donne,
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- DE L’ART DU CHARPENTIER. 39 - , Les deux Duhamel se sont servis * pour faire leurs expériences , d'un petit appareil décrit dans l'outrage qu’ils ont publié, à ce sujet : la planche VI, fig. première, en offre le plan ; fig, 2 , Télé-vatîon ; fig. 3 , l.a coupe ; et fig. 4 > la vue perspective.
- Cet appareil est composé de deux tréteaux AB, sur lesquels pose le morceau de bois CD que l’on veut rompre. Une boëte E , suspendue à une boucle, reçoit, le sable dont la pesanteur doit faire effort sur le bois ; F est le réservoir du sable , G le conduit par lequel il arrive dans la boëte; au moment où la pièce plie et Se rompt, on ferme l’ouverture de communication du réservoir <Je sable au couloir, et l’on pèse la boëte avec le sable qu’elle contient.
- . La fig. 5 représente l’appareil avec lequel Mussembroek a fait Ses expériences ; il se servait de poids qu’il suspendait aune corde comme en A, ou d’un plateau B sur lequel il mettait , ses poids. ,
- r , J’ai représenté , fig. 6 , le plan d’une machine propre , à rom--! pre dès pièces de toute, longueur, La Rg. 7 . en e$t l’élévation , la fig. 8 , la coupe; et la figure 9 , la vue perspective. Elle est composée d’un poteau A fixé et emmanché dans un châssis B Ç ; deux supports DD pouvant s’approcher et s’éloigner du poteau^ servent à soutenir la. pièce de bois E ; celle-ci est posée sur des biseaux qui fixent l’écartement. Un levier F, qui prend dans le poteau et qui, étant arrêté par une cheville, presse le point P sur }e milieu de la pièce à éprouver ; un morceau d’acier à double biseau, représenté fig. 10, établit le double contact entre la pièce et le levier ; : un plateau Q supporte les poids. La pression exercée par cette machine est égale à la pesanteur du plateau chargé de ses poids, multiplié par la longueur du levier PF et divisé,par. celle PR,
- 1 Supposons què la distance DD soit de cinq mètres , que le bois ait un décimètre d’équarrissage, que la distance RP dû
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- 4o TRAITÉ GÉNÉRAL
- levier soit de deux décimètres , la longueur P F au point de suspension du plateau de vingt-quatre décimètres, et la pesanteur du plateau et des poids de quatre-vingt-trois kilogrammes : lai pression exercée en P, ou la résistance , si c'est celle qui fait rompre, sera de —* .2* === i o 8 kilogrammes ( i ).
- Comme les plus petits défauts dans ün morceau de bois apportent des différences considérables dans sa résistance, il est nécessaire , sur-tout lorque les expériences se font sur de petits bois , d'exclure tous ceux qui ont des nœuds , des fentes ou des éclats , parce que là rupture, occasionnée par ces accidents, donnerait une apparence de résistance moindre que celle qui appartient à l'espèce de bois que l'on éprouve.
- On a' représenté dans la planche VI quelques ruptures de bois qui mettent à même d'apprécier leurs effets. lia fig. i i représente des ruptures sèches sans éclats , telles que celles de l'Orme du Chêne, du Hêtre ; les fig. i 3 , 14? 1 5 et 16 représentent "des ruptures de bois alongés avec de grands éclats ; la fig. 1 a représente des ruptures occasionnées par des nœuds.
- îlien pëut-étre n’ëst plus difficile à déterminer que la résistance absolue d’une espèce de bois, parce que le nombre de causes, qui contribuent à la faire varier, est considérable.
- Buffon a observé que la résistance d'un même bois différait du centre à la circonférence ; qu’un morceau de bois pris au centre d’un Chêne», fig. 17 , qui avait besoin pour être rompu d’un poids de deux cents quarante kilogrammes (2) , n’en exigeait plus que deux cents trente, lorsque le morceau était pris près de la circonférence , et seulement 220 quand on le prenait dans l’aubier.
- J1 a observé de plus , que près du pied, lorsque l’arbre était sain, le bois était plus résistant qu’au sommet.
- (1) pe nombre Payant pour objet que d’indiquer la manière de connaître l’effort} or* q pru inutile de donner en mesure ancienne la valeur comparative.
- (2) Çes noipbres n’indiquent que des rapports.
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- DE L’ART' DÜ CHARPENTIER. 41
- IL a encore observé qu’un morceau de bois quarré, pris hors du centre de l’arbre, supportait davantage , lorsque les couches étaient placées verticalement / fig. 18 , que lorsqu’elles étaient horizontalement,, figure 19; la différence était quelquefois de 7 à 6.
- Les deux Duhamel, s’étant procuré des bois de Chêne de plusieurs forêts de la République , ont remarqué que leur résistance différait considérablement ; cette différence allait quelquefois de 5o a^8o, c’est-à-dire,* qu’un morceau de bois de Chêne des Bouches du Rhône, de 5 mètres de long (1 5 pieds 5722) , d’un décimètre (3 pouces 6941) d’équarrissage, supportait sans se rompre 142 2 kilogrammes (29049 grains 9742), tandis qu’un semblable morceau du département de Vaucluse ne supportait que 8 8 8 kil. ( 1 8 14 liv. 0741). La résistance moyenne d’un morceau de bois de Chêne de 5 mètres (i5 pieds 3922) de long et d’un décimètre ( 3 pouces 6941 ) d’équarrissage, déduite de toutes les expériences des deux Duhamel, est de 986 kilogrammes (2014 liv. 2 7 6 4) ; en général, tous les observateurs ont cru appercevoir qu’il y avait un rapport entre la résistance et la pesanteur du même bois , apperçu qui s’accorde parfaitement avec les expériences de Buffon.
- Les ouvriers qui employent à Paris des bois des différents départements , remarquent souvent que les bois de Chêne, qui viennent des départements de l’Ailier, de la Nièvre, sont très-roides, se cassent avec une grande difficulté ; que ceux qui viennent de la forêt de Fontainebleau, département de Seine et Marne, et ceux qui ont été coupés au Bois de Boulogne près Paris, sont mous et ont assez peu de résistance pour se rompre seuls, et par leur propre poids, en tombant d’une très-petite hauteur.
- Girard a remarqué que la résistance des bois varie avec l’état de l’air, par leur influence hygrométrique, c’est-à-dire, en rai-Tomç. /. F
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- 4a TRAITÉ GÉNÉRAL
- son de l’humidité dont ils sont pénétrés. Cependant, malgré ces causes nombreuses de variations, malgré les anomalies qu’elles présentent dans une suite d’expériences ; en réunissant toutes celles qui ont été faites sur des bois semblables, Parent, Ma-riotte , Varington et plusieurs autres ont cru pouvoir conclure que la loi de la résistance des bois était en raison de la largeur , en raison du quarré de la hauteur, et en raison inverse de la longueur. |jj^
- Buffon , le premier qui ait fait des expériences en * grand sur la résistance des bois , et qui ait rompu des pièces qui avaient jusqu’à 9 mètres (27 pieds 7060) de long, sur 23 centimètres (8 pouces 4964) d’équarrissage, qui a employé jusqu’à 1 3,598 kilogrammes ( 27 7 7 9 liv.), pour rompre du bois de 3 mètres (9 pieds 2 3 5 3) de long, sur 226 millimètres ( 8 pouces 4480) d’équarrissage ; Buffon a observé que la force employée pour faire rompre des pièces de bois d’un meme équarrissage, rie suivait pas le rapport inverse des poids ; qu’il fallait ajouter à ccs poids l’effort employé par la pesanteur du bois ; que , par le moyen de cette addition , l’expérience s’accordait avec la loi annoncée par un grand nombre de géomètres et de physiciens.
- Les nombreuses expériences de Girard, les résultats, qu’il a publiés dans son Traité analytique de la résistance des solides , ' et l’analyse rigoureuse à laquelle il a soumis ses expériences , conduisent absolument à la même conclusion.
- La machine dont Buffon s’est servi, pour faire ses expériences, consistait en deux grands tréteaux sur lesquels on posait les pièces, de bois j une boucle de fer assez grande pour entourer ces pièces était posée sur leur milieu. À l’extrémité de cette boucle était suspendu un plateau pour placer des pierres taillées en parallèle-îipipède, et qui formaient des poids: de 100, 5 o, 20 liv. etc* Les pierres s’arrangeaient sur le plateau et s’amoncelaient les unes
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- DE L’ART DU CHARPENTIER. 45. sur les autres j usqu’à la rupture de la pièce : dans le dessous étaient placées les plus grosses , les plus fortes et les plus pesantes ; les autres se rangeaient par-dessus , en raison de leur pesanteur , en. commençant toujours par les plus grosses,
- Un grand nombre de physiciens ont fait des expériences pour connaître la résistance du bois de chêne, posé horizontalement ; mais il semble qu’ils aient voulu borner leurs recherches à ce seul bois , cependant beaucoup d’autres poüvant être employés avec avantage à supporter des fardeaux, en les plaçant dans cette position , il était nécessaire d’avoir aussi les rapports de leur résistance.
- On trouve dans l’ouvrage des deux Duhamel, intitulé Du Transport, de la conservation et de la force des bois > fivre 5, page 409 et suivantes., quelques expériences faites à Denainvil-liers sur les bois de Saule, de Pin du Nord et de Cliéne. Quoique ces expériences n’aient pas eu pour objet de comparer la résistance des différents bois , j’ai cru cependant pouvoir en faire usage sous ce rapport ; on y trouve encore quelques expériences de Cossigny faites à l’Ile de France sur la résistance comparée de plusieurs espèces de bois , parmi lesquels il n’y en a que deux qui soient cultivés en France, et qui lui ont été apportés d’Europe : le Chêne et le Sapin.
- Comme ces expériences ont été faites sur des bois de longueur et de grosseur différentes , je les ai rapportées toutes au poids qu’ils auraient supportés , s’ils avaient eu les mêmes dimensions , et cela en faisant usage de la loi en raison directe des largèurs ^ quarré des hauteurs et inverse des longueurs. Ainsi un morceau de Saule de 5 pieds de long et d’un pouce et demi d’équarrissage , qui a supporté , avant de se rompre, 5 4 a lîv- aurait supporté 8 5o kilogrammes, s’il avait eu 5 mètres de long et un ‘décimètre d’équarrissage. C’est ainsi que j’ai trouvé y d’après les expériences des deux Duhamel, que la résistance moyenne
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- 44 TRAITÉ GÉNÉRAL
- (l’une pièce de 5 mètres ( i ) de long et d’un décimètre d’équarrissage en bois de
- Saule, était de 85o kilogrammes..
- • Pin du Nord , 882
- Chêne, 1024*
- D’après Cossigny , la résistance d’une pièce d’égale dimension en bois de
- Chêne, était de io5p kilogrammes.
- Sapin, g 18.
- Je n’ai indiqué ici que la moitié des résistances que donne le résultat de Cossigny, parce que ses expériences ont été faites sur des morceaux retenus et serrés des deux bouts, et qui ont,, comme on a vu page 87 , une résistance double.
- Parent, qui a fait des expériences comparées sur la résistance des bois de Chêne et de Sapin , a trouvé que ce dernier avait une résistance plus grande que le .Chêne et que le rapport était tel que, si une pièce de bois de Chêne supportait 1000 kilogrammes (2) avant de se rompre, une pièce de Sapin, de même dimension, supporterait 1190 kilogrammes, mais ces. résultats paraissent éloignés de tous ceux qui ont été obtenus par les savants qui se sont occupés du même objet..
- Ces expériences ne donnant la comparaison que de 4 espèces de bois, fai cru pouvoir y en ajouter de nouvelles. J’ai fait rompre en conséquence plusieurs morceaux de bois, sec qui m’avaient été. donnés au Muséum d’Histoire Naturelle, et comme je les. ai fait, dresser et équarrir de . manière à conserver toute la longueur et toute la grosseur qu’ils étaient susceptibles d’avoir, j’ai, rapporté leur résistance à une même dimension..
- (1) Ces mesures ne sont pas traduites en mesures anciennes , parce qu’elles n’indiquent que des rapports.
- (ifcj Ces nombres n’indiquent que îles rapports.
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- DE L’ART DU CHARPENTIER. 45
- Tableau de la résistance de différents bois de $ métrés de long et d'un décimètre d’équarrissage*
- NOMS
- » e s Bois.
- RESISTANCE EN KILOGRAMMES d’atrès DuhAMEt
- et C O S S I G N I.
- Ha
- SS EN F R A T Z.
- Résistance
- MOYENNE.
- Acacia à 3 épines. Ajbergier.
- Alizier
- Arbre de Judée.
- Bois de Sainte-Lucie. Bouleau.
- Châtaignier.
- Charme.
- Chêne.
- Ebcnier.
- Epine blanche. Erable de Virginie.
- — jaspé.
- Faux acacia.
- F évier.
- Hêtre.
- If.
- Mahaleb.
- Maronier.
- Mêlés e.
- Noisetier.
- Noyer.
- — d’Amérique.
- Orme.
- Peuplier d’Italie.
- Pin du Nord.
- Plane.
- Platane d’Orient.
- — d’Occident.
- Poirier.
- Pommier.
- Prunier.
- Sapin.
- Saule.
- Sicomore.
- Sorbier.
- Tilleul.
- Tulipier.
- Tuya de la Chine. Vernis du Japon.
- 9i&
- 85o
- 75o
- 1004 1142
- 939
- 1005
- 853
- 9S7
- io34
- Ç5o
- 1004
- 1142
- 939
- io95
- 853
- 95?
- 1034
- 1155
- 95 7
- 1094 1196 i3c5 1024 io3a 103^
- 1095 q3 1 843
- 1008
- qco
- 864
- lc77
- 586
- ))
- 728
- 776
- 853
- 883
- 976
- 1147
- 9°° 965 y5o 563 707 558
- 1026
- n55 95 7
- ïo94 i 196 i3o5 j 024 io3a
- io3y
- i°q5
- p3t
- 843
- 1008 900
- 864
- io77
- 586
- 882
- 728
- 776
- 853
- 883
- 97$
- 1147
- 918
- 85©
- 900
- 960
- 760
- 563
- 707
- 75 8
- Quoique les expériences sur ces 4° espèces de bois aient été faites avec beaucoup de soin, je ne les présente encore que comme un commencement de travail qu’il serait utile que lès
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- 46 TRAITÉ GÉNÉRAL
- savants et les cultivateurs voulussent continuer ; ce n’est qu’a-près de nombreuses expériences, répétées sur un grand nombre de bois semblables, que l’on pourrait publier des rapports propres à mériter la confiance ; trop heureux , si ces résultats peuvent piquer la curiosité et engager à en chercher de nouveaux , soit pour confirmer, soit pour infirmer ceux-ci.
- Le bois de chêne étant le seul sur lequel les savants aient des expériences assez multipliées , pour en déduire une résistance moyenne; ce bois étant aussi le plus généralement employé ,, j’ai cherché à obtenir une moyenne de toutes les expériences, afin d’y appliquer la loi générale de la résistance des bois , et construire des tables qui pussent au besoin être employées p juger la force des bois dont on veut faire usage.
- La résistance moyenne déduite des expériences de Buffon , le premier qui ait fait rompre de grosses pièces de bois de chêne , est telle qu’une pièce de cinq mètres de long et d’un décimètre d’équarrissage, posée horizontalement, les deux bouts libres , peut supporter dans son milieu , avant de se rompre , un poids en nombre rond de i ooo kilogrammes (i). La moyenne des expériences des deux Duhamel que nous avons rapportées, page 44, celle de Cossigni et de la plupart des observateurs qui ont fait rompre des bois de cette manière, est à-peu-près semblable au résultat de Buffon.
- C’est avec dette donnée que j’ai calculé les tables suivantes, au nombre de 2 o sur la résistance du bois de chêne ; chaque table porte en tête la longueur du bois. La première ligne horizontale des chiffres indique la hauteur du bois , et la première colonne verticale la largeur.
- Depuis un ïnètre jusqu a 6 , les tables sont faites- pour des
- (1) Une pièce de 2a pieds de long sur 4 ponces d’équarrissage , supporterait en nombre rond environ 2000 liv.
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- DE L’ART DU CHARPENTIER. 47 bois qui augmentent de cinq décimètres en cinq décimètres de longueur; et depuis six mètres jusqu’à quinze, les tables sont calculées pour des bois qui augmentent de mètre en mètre.
- Les nombres qui indiquent les résistances représentent des kilogrammes , et ces nombres comprennent l’effort exercé par la pesanteur du bois.
- Dans les quatre premières tables , c’est-à-dire, celles qui sont pour des pièces de bois de im, im, 5; 2m, 2m, 5 de longueur, j’ai indiqué les résultats pour du bois de 2 centimètres de hauteur , et chaque colonne qui suit est calculée pour des morceaux qui augmentent de 2 en 2 centimètres jusqu'à 3o.
- Il en est de meme pour les largeurs. On a cru inutile, pour dé si petites longueurs, de passer 3 o centim. de large et 3 o centim. de hauteur , parce qu’il est peu probable que dans ces largeurs on emploie du bois plus fort ; depuis 3 mètres de long jusqu’à 1 5 , la hauteur du bois commence à 1 o centim. et va en augmentant de 2 à 2 centim. jusqu’à 4.0.
- La largeur commence a 2 centim. et augmente dans le même rapport jusqu’à 4°*
- J’ai cru devoir indiquer la résistance des bois d’une aussi petite largeur , alin d’en faciliter l’application à l’usage des planches et des madrierS dont on fera probablement plus d’emploi à l’avenir que l’on n’en a fait jusqu’à présent (1).
- (1) Si Ton fait usage des tables pour les anciennes mesures , il est nécessaire de réduire d’abord la longueur , la largeur et l’épaisseur du bois en nouvelles mesures, par le moyen de la tabjie de réduction qui est au commencement de ce volume , et de réduire ensuite en ancienne mesure le nombre de kilogrammes trouvés. Si l’on ne veut pas faire usage' des tables , on peut multiplier par 6z5 le produit du quarré de la hauteur par la largeur du bois , et diviser le tout par la longueur , le quotient est égal au poids que la pièce doit supporter. Par exemple , si l’on voulait avoir la résistance d’une pièce de 18 pieds de long sur 6 pouces de haut et 5 de large , le quatre de 6 pouces = 36 qui, multiplié par 5 pouces de largeur n= 180. Ce produit midtiplië par 626 donne 112600 qui, divisé par 18 longueur de la pièce , donne 6z5o liv. pour le poids que la pièce peut supporter sans se rompre.
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- 48-
- TRAITÉ GÉNÉRAL RÉSISTANCE -du bois de chêne de i mètre de longueur.
- Ü ' •
- Hauteur.
- r 8 H s fl <v 1 B <5 0,02 0,04 0,06 0,08 0,10 t 0,12 0,14 r\ 0,16 0,18 0,20 0,22 0,24 0,26 0^28 o,3o
- 8 ^ 0,02 40 160 36o 640 1000 I44° i960 z56o 3240 4000 4840 576o 6760 7840 9000
- 0,04 80 320 720 1280 2000 2880 3920 5120 6480 8000 9680 rr52o i352o i568o 10000
- 0,06 120 480 1080 1920 3ooo 4320 588o 7680 9720 12000 14520 17280 20280 23520 27000
- 0,08 160 640 I44° 2Ô6o 4000 5760 7840 10240 12960 16000 19360 23040 27040 3i36o 36ooo
- 0,10 200 800 1800 3200 5ooo 7200 9800 12800 16200 20000 242OO 28800 338oo 87200 '45000
- O, J 2 240 960 2160 3840 6000 86æo 11760 i536o r944° 24000 2904O 34660 4o56o 47040 64000
- 0,14 280 1120 2520 4480 7000 II0H0 18720 17920 22680 28000 3388o 40320 47320 54880 63ooo
- 0,l6 320 1280 2880 5120 8000 11020 i'568o 20480 25920 32000 38720 46080 54080 62720 72000
- §0,18 36o I44O 3240 5760 9000 12960 17640 28040 29160 36ooo 42760 51840 60840 7o56o 81000
- §0,20 400 l600 36oo 6400 10000 14400 19600 25600 32406 40000 48400 57600 67600 78400 90000
- |0,22 440 I760 3960 7040 11000 i584o 2i56o 28160 35640 44000j 53240 6336o 74060 86240 99000
- [0,24 480 2020 4%20 7680 12000 17280 23520 30720 3888o 48000 58o8o 69120 81120 94080 108000
- 80,20 520 2l8o 4680 3320 i3ooo 18720 25480 3328o 42120 52000j 62020 74880 87880 101920 117000
- §0,28 56o 224O 5040 8960 0 0 0 "t M 20160 27440 35840 4536o 56000:67760 80640 94640 109760 120000
- |o,3o 600 1 2400[5400 9000 10000 21600 29400 384001485 20 60000172600 86400 1014201117600 i35ooo
- RÉSISTANCE des bois de chêne de /, 5 mètre de longueur.
- Il A U T E U R.
- argeur. 0,02 0,04 0,06 0,08 0,10 0,12 0,14 0,16 0,18 0,20 0,22 0,24 0,26 0,28 o,3o
- h-) 0,02 27 107 240 427 667 960 1307 1707 2160 2667 3227 3840 4507 6227 6000
- 0,04 53 2l3 480 853 i333 1920 2613 3413 4320 5333 6453 7680 9013 10453 12000
- 0,06 80 320 720 1280 2000 2880 3920 5220 6-480 8000 9680 ll520 i352o i568o 18000
- 0,08 106 426 960 1706 2666 3840 Ô226 6826 8640 10666 12906 i536o 18026 20906 24000
- 0,10 1.33 533 1200 2i33 3333 4800 6533 8533 10800 t3333 i6i33 19200 22533 26i33 Soooo
- 0,12 160 640* 1440 256o 4000 6760 7840 10240 12960 16000 19860 23040 27040 3i36o 36coo
- 0,14 186 746*1680 2986 4666 6720 9146 ii946li5i2o 18666 22586 26880 81546 36586 42000
- 0,16 2l3 853, 1920 34i3 5333 7680 10453 i3653' 17280 2i333 25813 30720 36o53 4i8i3 48000
- 0,18 240 q6o 2160 0840 6000 8640 x 1760 i536o(I9440 24000 29040 34660 40660 47040 54000
- 0,20 266 10 66 24OO 4266 6666 9600 i3o6 6 17066 21600 26666 32266 38400 45066 62266 60000
- 0,22 293 n73! 2640 4693 7333 io56o 14378 18773''28760 29333 35493 42240 49573 57493 66000
- 0,24 320 1280 2880, 5120 8oooji 1620 i568o 20480 : 2 09 20 32000 38720 46080 54000 62720 72000
- 0,26 346 1386 3120 5546 8666 12480 16986 21186 28080 34666 41946 49920 58586 67946 78000
- 0,28 373 1493 336o 5973 9333113440 18293 238g3 30240 37333 45173 53760 63093 73173 84000
- o,3o 400 iooo|36oo 6400 10000) 14300 19600 236oo 32400 40000 48400 57000 67600 78400 90000
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- DE L’ART DU CHARPENTIER,
- 49
- Résistance du bois de chêne de 2 mètres de longueur.
- HAUTEUR.
- 1 B 002 004 | OOÔ 008 WM» 010 012 014 016 018 020 022 024 026 028 A o3o §
- 0,02 20 8o- 180 3ao 5oo 720 980 1280 1620 2000 2420 2880 338o 3oao 45oo|
- 0,04 40 160 36o 640 1000 1440 i960 2-56o 324« 4000 4840 5760 67 6p 7840 90001
- 0,06 60 240 540 960 i5oo 21.60 2940 384o 4860 6000 7260 8640 10140 1x760 i35oo
- 0,08 80 320' 720 ^1280 2000 2880 3920 5120 6480 8000 9680 11520 i352o i568o 18000
- OjIO IOO* 400 900 ji6oo .^5oo 36oo 4900 6400 8100 10000 12100 14400 16900 19600 12600
- 0,12 120 480 1080 1920 3ooo 4320 588o 7680 9720 12000 14520 17280 20280 23520 27000
- 0,14 I40 56o 1260 '2240 35oo 5040 6860 8960 11840 T4000 16940 201 60 23660 27440 3i5oo
- 0,16 T 60 640 1440 z56o 4000 5760 7840 10240 12960 léooo 19360 23040 27040 31860 36ooo
- 0,18 l8o 720 1620 2880 45oo 6480 8820 Il520 14580 18000 21780 25920 30420 35280 40500
- 0,20 200 800 1800,8200 5ooo 7200 9800 12800 16200 20000 24200 28800 338oo 39200 46000
- 0,22 220 880 xg8o!352o 55oo 792° 10780 14080 17820 22000 26620 31680 37i8o 48120 49600
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- Résistance du bois de chêne de 2jS mètres de longueur.
- HAUTEUR.
- sr i
- 0,02
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- 0,16
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- 0,2
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- 16
- 32
- $
- 80
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- i352oj
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- 27040!
- *9744-
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- G
- p.49 - vue 88/305
-
-
-
- 5:o . TRAITÉ GÉNÉRAL
- Résistance du bois de chêne de 3 mètres de longueur.
- HAUTEUR.
- O, 03
- P, °4
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- °,4°
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- Résistance du bois de chêne de 3,5 mètres de longueur.
- HAUTEUR.
- 0,02
- 0,0-
- 0,0
- 0,08
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- °,I4
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- .
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- tu
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- 164.
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- mm
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- 78389 8685 02514 9 H2
- p.50 - vue 89/305
-
-
-
- DE L’ART DU CHAR PE N'TIE R.’ St
- Résistance du bois de chêne de ^ mètres de longueur.
- H a u
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- 0,04
- 0,06
- 0,08
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- 5oo
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- r47°
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-
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- 32988
- 35344
- 37701
- 4oo57
- 42418
- 44770
- 47126
- o38
- 2625 5z5o 7876 ioùoi i3i27 15752 18377 21008 23628 262.54 28879 3i5o4 34180 36755 39880 42006 44631 47257 49882 525c8
- 040
- 2909
- 58i8
- 8727
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- fff
- 62862
- 55271
- 58i8o
- p.52 - vue 91/305
-
-
-
- 53
- DE L’ART DU CHARPENTIER.
- Résistance du bois de chêne de 6mètres de longueur.
- HAUTEUR.
- 3 o5 0 c 010 012 014 016 018 020 022 024 026 028 o3o 032 V r o34 o36
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- 0,18 i5oo 2160 294° 3840 4860 6000 7260 8640 10140 11760 i35oo i536o 1784.0 19446
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- o,3o 2ÔOO 36oo 4900 6400 0010 ,10000 12100 14400 16900 19600 22600 25600 2B900 32400
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- o38
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- 31286
- 33693
- 36roo
- 385o6
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- 45726
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- 040
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- i3333
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- 3466 6
- 37333
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- 45333
- 48000
- 5o666
- 53333
- Résistance du bois de chêne de 7 mètres de longueur.
- HAUTEUR.
- 0,02 0,04 o.,o6 0,08 0,10 0,12 °,I4 o,i 6
- °»i‘
- 0,20 0,22 0,24 0,26 0,28 o,3o o ,3 2 0,3-4 0,06
- o,38
- 0,4°
- 143 2 85 428 5yi
- 7r4
- 857
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- 2428
- 2571
- 2714
- 2867
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- 032
- 1463
- 2925
- 4388
- 585i
- tt,
- 10240
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- 034
- i652
- 3201
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- 66o5
- •8267
- <,908
- n56o
- 1.3211
- 14862
- i65i3
- 18164
- 19815
- 21467
- 23118
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- 26421
- 28072
- 29723
- 3i3y5
- 33o26
- 636
- j 8Ô2 37o3 5554
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- o38
- 2063
- 4125
- 6188
- 825o
- ,io3i3
- 12376
- 14439
- lé5o2
- i8565
- 20627
- 22690
- 24753
- 268i5
- 28878
- 80941
- 33oo3
- 35o66
- 87129
- 39292
- 41254
- 040
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- 20671
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- 29713
- 01999,
- 84284;
- 3657o '
- 38855
- 41141
- 43427
- 45712
- p.53 - vue 92/305
-
-
-
- H TRAITÉ GÉ.NÈR AL
- Résistance du bois de chêne de 8 mètres de longueur*
- H a u T e u R.
- r c oio’ 012 0,14 016 018 | 020 - 022. 024 026 028 o3o 032 034 o36 o38 ' 040
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- . °î°4 25o 36o 490 640 810 1000 1210 1440 1690 i960 2260 256o 2890 3240 36io 4000
- 0,06 ,375 540 735 960 I2l5 i5oo i8i5 2160 2535 2940 3375 3840 4335 4.860 A415 6000
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- | °>4p 2500 36oo 4900 6400 8100 10000 12100 14400 16900 19600 22600 25600:28900 82400.36100 40000
- Résistance du bois de chêne de p mètres de longueur*
- HAUTEUR.
- 0,02
- o,°4
- 0,06
- 0,08
- 0,10
- 0,12
- °,i
- 0,1
- 0,18
- 0,2Q
- 0,22
- 0,24
- 0,26
- 0,28
- o,3o
- 0,32
- o 36 0,38 0,40
- ni
- 222
- 333
- 444
- 555
- 666
- II
- 1000
- 1111
- 1222
- i333
- ï444
- i555
- 1666
- ;i
- 2000
- 2111
- 2222
- 012
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- 014 016
- 018
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- ^oo^ljfôgil
- 020
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- 538
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- i6i3
- 2l5l
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- 4802
- 4840
- m
- 5g 15
- 6453
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- 8604
- lit
- 10217
- 10755
- 024
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- 026
- 2253
- 3004
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- 5z5y
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- 97*4
- io5i5
- 11266
- 12017
- 12768
- i352o
- 14271
- 16022
- 028
- 871
- im
- 3484
- 4355 5226 609 696! 7840 .8711 9582 10453 u 324 1219A i3o66
- 13937
- 14808
- i568o
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- 17422!
- o3o
- 1000
- 2000
- 3ooo
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- 5ooo
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- 7000
- 8000
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- 10000
- IIOOO
- 12000
- i3ooo
- 14000
- i5ooo
- 16000
- 'OOO
- looo 19000 2ÛOÔO
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- Ii38
- 2275
- 3413
- 4551 5688 6826 7964 9102 10240
- "âll
- i3653 1479 r
- 1
- 18204 19342 20480 21617 22755
- 034
- 92
- 066
- I284
- 2668
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- p.54 - vue 93/305
-
-
-
- DE L’ART DU CHARPENTIER. 5
- Résistance du bois de chêne de i o mètres de Longueur.
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- p.55 - vue 94/305
-
-
-
- o6 " T R A I T É GÊNÉ R; A L
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- Résistance du bois. de chêne de 13 mètres, de longueur.
- H A ü T E ü R.;
- 9999 iiiii j 2222 i3333
- H027
- 3q38 4985 6154 7445
- p.56 - vue 95/305
-
-
-
- Largeur.
- DE L’ART DU CHARPENTIER. 5/ Bois de chêne de 14 mètres de longueur.
- Hauteur.
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- o,r4
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- ï8Ô2
- lit
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- 2011
- 2!94
- 2377
- 2660
- 2742
- 2926
- 3109
- 3292
- 3475
- 3657
- 0,18
- 231
- 462
- 69
- 92
- 1157
- i388
- 1620
- i85i
- 2o83
- 2314
- 2545
- 2777
- 3oo8
- 3240
- 347i
- 0702
- 3g34
- 4165
- 4397
- 4628
- 0,20
- 0,22
- 286
- 571
- 857
- 1143
- 1428
- 1714
- 2000
- 2286
- zBjz
- 2857
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- 4286
- 4571
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- 1728
- 2074
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- 2766
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- 452'
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- 576l 6l73 65 04 6996
- 74°7
- 7819
- 0,26
- 483
- 966 1448 1901 2414 28' 33! 3863
- 4846
- 4828
- 53n
- 5794
- 6277
- 6700
- 7242
- ni
- 8691
- 691418230
- 0,28
- o,3o
- 965
- 56o 1120 1680 2240 2800 33 60 3920 4480 5040 56oo 6160 6720 7280 7840 8400 8960 9520 10080 10640 11200
- 643
- 1286
- 1928
- fj;
- 3857
- 45oo
- 5143 5786 6428 7071 7714 8357 9000 9642 10285 10928 11071 12214
- 12856
- 0,32
- 73i
- 1463
- 2I94 292 5 3657 4388 0120 5851 6583 73i4 8o45
- 877;
- 950
- 10240
- 10971
- 11702
- 12434
- i3i65
- 13891
- 1462!
- 0,34
- 826
- i65i
- *477
- 33o3
- 4128
- r4954
- 578o
- 6606
- 7432
- 0257
- 9o83
- 9909
- i°734
- n56o
- 12386
- l32II
- 14037
- 1486,3
- 15689
- 16514
- o,36
- 926
- i852
- 2777
- 3703
- 4628
- 5554
- 6480
- 7406
- 8332
- 1018
- 11109
- 12034
- 12960
- i3886
- 14811
- 15737
- i6663
- 17689
- 18514
- o,38
- io3i
- 2o63
- 3094
- 4125
- 5i5
- 618;
- 7220
- 825i
- 9283
- 10314
- 11.345
- 12377
- 13408
- 14440
- 16471
- 16602
- 17534
- i8565
- S
- o,4°
- 1143
- 2286
- 3428
- 4571
- 5714
- 68ô7
- 8000
- 9143
- 10286
- 11428
- 12571
- 13714
- 14867
- 10000
- ISS
- 19428
- 20671
- 21714
- 22856
- Bois de chêne de iS mètres de longueur. Hauteur.
- a o> gp «s 0,10 0,12 0,14 0,16 0,18 0,20 0,22 0,24 A 0,26 0,28 o,3o 0,32 0,34
- M 0,02 66 96 i3i 171 216 266 323 384 451 523 600 683 771
- 0,04 i33 192 261 341 432 533 645 768 901 1045 1200 i365 1541
- O,o6 200 288 392 5l2 648 800 967 1102 i352 iô67 1800 2047 2.312
- O,o8 266 384 52 2 682 864 1066 1290 i536 1802 2090 2400 2780 8082
- 0,10 333 480 653 853 1080 i333 i6i3 1920 2253 26i3 3ooo 34i3 3853
- 0,12 400 576 783 1023 1296 1600 ig35 2304 2703 3t35 36oo 4095 4623
- 0,14 466 6?» 914 1194 l5l2 1866 2258 2688 3i54 3658 4200 4778 5394
- 0,l6 533 768 1044 i364 1728 2i33 258o 3072 3604 4180 4800 5460 6164
- 0,l8 600 864 1175 i535 J944 2400 2908 3456 4o55 47o3 5400 6143 6935
- 0,20 666 960 i3o6 1706 2160 2666 3226 384o 4506 09.2,6 6000 6826 7706
- 0,22 733 io56 1436 1876 2376 2933 3548 4224 4956 5748 6600 7508 8476
- 8 0,24 800 1162 i567 2047 zSgz 3200 3870 4608 5407 62-70 7200 0190 9247
- 8 °J2^ 866 1248 1697 2217 2808 3466 4193 4992 5857 6793 7800 8873 10017
- 1 0,28 933 1844 1828 2388 3024 3733 45i6!5376 63o8 7316 0400 9556 10788
- B o,3o rooo 1440 ig58 2558 3240 4000 4838 576o 6759 7838 9000 10238 11558
- 1 0,32 1066 i536 2089 2729 3456 4266 5i6o 6144 7209 836o 9600 10920 12329
- 8 °»34 n33 1632 2219 2899 3672 4533 5483 6528 7660 8883 10200 n6o3 i3ioo
- 1 0)36 1200 1728 2340 3070 3888 4800 58o6 6912 8110 9406 10800 12286 13870
- g o,38 1266 1024 2481 3241 4io4 5o66 6^9 7296 856i 9929 z 1400 12969 14641
- | °*4° i333 1920 2612 3412 4320 5333 6452 7600 9012 10452 12000 i3652 16412
- o,36
- 86.
- 172!
- 2692
- 3456
- 4630
- 5184
- 6048
- 6912
- wi
- 9504
- io368
- 11232
- 12096
- 12000
- 13824
- 14688
- i5552
- 16416
- 17280
- o,38
- 963
- 1925
- 2887
- 385o
- 4818
- 5775
- 6738
- 7700
- 8663
- 9C26
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- n55o
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- 13476
- 14488
- 10400
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- 17326
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- 0,40
- 1066
- 2i33
- 3200
- 4266
- 5333
- 6400
- 7466
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- 9600
- 10666
- 11733
- 12800
- i3866
- 14933
- 16000
- 17066
- i8i33
- 19200
- 20266
- 2i333
- H
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-
-
-
- S8 TRAITÉ GÉNÉRAL
- Il est facile avec ces tables d'avoir la résistance d’un morceau de bois quelconque ; soit, par exemple, la résistance d’un morceau de bois de chêne de 6 métrés ( i ) de long , i 8 centim. de large et 22 centim. de haut. On cherchera d’abord la table calculée pour les bois de 6 mètres de long. Dans la première colonne qui représente la largeur , on cherchera o, 18 ; dans la première tranche horizontale, on cherchera 0,22, suivant cette tranche jusqu’à ce qu’elle se rencontre avec la colonne qui correspond à 0,18 , on trouvera le nombre 8066 qui indique le poids eh kilogrammes qu’un morceau de 6 mètres de long, 18 centim. de large et 22 centim. de haut, doit supporter avant de se rompre.
- Mais le nombre 8066 représente le poids total qui doit faire -rompre la pièce. Dans ce poids est compris l’effort exercé par la pesanteur du bois.
- L’action de la pesanteur d’une pièce de bois retenue par un bout est égal au poids de la pièce placé à son centre de gravité , conséquemment à la moitié de sa longueur , donc égale à la moitié de son poids placé à l’autre extrémité.
- De même l’action de la pesanteur d’un morceau de bois librement posé sur ses deux extrémités , est égale à la moitié de son poids placé au milieu de la pièce.
- D’après cela un morceau de 6 mètres de long ,18 centim. 'de large et 2 2 centim. de haut , contenant 2 5 y millistères à 900 grammes le millistère , pèse 31 3 kilogrammes , qui ,
- 1 retranchés de 8066 , poids nécessaire pour faire rompre la pièce, donnent 7853 kilogram. pour celui qu’il faut ajouter a l’action de sa pesanteur.
- Si l’on voulait avoir la résistance d’un morceau de bois de chêne de 8 mètres de long, 28 centim. de hauteur, 16 centim., de large, on-trouverait dans la table de la résistance du bois de
- (1) Ces nombres n’ont pas été réduits parce qu’ils sont dépendans de là table de i'é-Eistâtice cj,ui est toute entière en nouvelles, mesures. \ ,
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-
-
- DE L’ART DU CHARPENTIER. 59' chêne de 8 mètres de longueur , le nombre 7840 qui indique le poids en kilogrammes que doit supporter ce bois avant de se rompre , d’où. retranchant pour son poids 322, reste 7 5 1 8.
- Puisque ractiqn de la pesanteur du bois concoure avec le poids nécessaire pour le faire rompre , que ce poids augmente comme les longueurs , tandis que la résistance diminue dans le même rapport ; il s’ensuit que chaque bois doit avoir une certaine dimension dans laquelle la pesanteur fasse équilibre à la résistance. ;
- On trouve dans le Traité analytique de la résistance des solides de Girard, page 3 7 , que si P est le poids nécessaire pour faire rompre une pièce de bois qui ait a de large , h de hauteur et f de longueur. Ce poids peut correspondre à un solide du même bois qui ait a de large , h de haut et c de long, si l’on appelle z la longueur sous laquelle la pesanteur du morceau fera équilibre à sa résistance , on aura z = j/- 2 f c. !
- En appliquant cette formule au bois de chêne , on trouve que 1000 kilogrammes faisant rompre une pièce d’un décimètre d’équarrissage sur 5 mètres de long ; il suit que a = o,t, h = o, 1 et f = 5 la densité du chêne étant de 9 o o gram. le millistère. La longueur c=iii mètres et la longueur z = 3 3 mètres ( 1 ) d’où il suit qu’un morceau de chêne de 3 3 mètres
- (1) La résistance des bois est comme , la largeur des pièces, le carré de leur hauteur, et l’inverse de leur longueur. Si donc l’on appelle / la largeur, h la hauteur , L la longueur,
- et P le poids ; on a : : P , donc si l’on compare la résistance d’une pièce dont
- les dimensions soient /, h t L, avec une autre dont les dimensions soient exprimées par A, « A , on aura .
- -j— ï : : P ; n. Si l’on suppose que les longueurs et le s épaisseurs de deux
- pièces soient les mêmes , on aura « f
- Ih2 l/i2 n 1 1
- ~L~ '' ~! ! P ! 11 ; cm -j- ! — î ! P : n.
- Pour que la pièce rompe asous son propre poids , il faut que la moitié de sa pesanteur
- H z
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-
-
-
- 6o ÏRAITË GÉNÉRAL
- ( I o I pieds 38 86) de long, sur un décimètre ( 3 pouces 6941) d’équarrissage , posé librement sur les deux bouts , se ramperait sous son propre poids.
- La moyenne qui a servi à construire les tables sur la résistance du bois de chêne, a été déduite de l’expérience faite sur des morceaux posés librement sur deux points d’appui : tous les bois qu’on emploie dans la construction des planchers , tels que les poutres, les solives d’enchevêtrure, pour lesquelles ces tables sont principalement destinées , sont le plus souvent encadrés , soit dans un mur , soit dans un pan de bois , et sont en conséquence dans le cas des bois retenus par les deux bouts qui, d’après les expériences de Mariotte , Parent, etc. peuvent supporter un poids double avant, de se rompre ; d’où l’on voit qu’il faudra, dans ces cas, doubler le poids que la pièce peut supporter.
- Une autre considération, c’est que la résistance est déduite de la supposition que les pièces de bois sont chargées dans leur milieu de tout le poids qui les. fait rompre , tandis que dans l’usage ordinaire, le poids supporté se divise dans toute la longueur des pièces , division dont nous ferons usage en parlant des planchers. Si la charge était distribuée également sur toute la longueur de chaque pièce , chacune supporterait, avant de se rompre , le double de ce quelle supportait lorsque le poids est au milieu.
- égale la solidité du bois multiplié par sa densité A., et comme la solidité de la pièce que Ton considère = / A A on aura
- ___ Ih A A
- L : A
- ou P î
- D’où l’on tirera ^ ^ = — et A* IhJi — vt PL donc A * 2 = ~ ^
- 2 L A ® « A.
- Faisait /=om,i ; h = 0,1, L = 5“yo ; A = 0,9 lé ministère ou décimètres cubes de
- ..,1.* x» - 2X1000X50
- bois de chênes, r = 1000^ on a ----------------
- 0,9
- A=|/ 111111 — 3â*j3.
- Donc une pièce de bois- de chêne de 33 m de longenr, rompra sous son propre poids.
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- DE L’ART DU CHARPENTIER. 61 Ces deux considérations semblent prouver qüe là résistance des bois, indiquée dans les tables , est beaucoup au-dessouS de ce que les bois supporteraient réellement : mais si Ton fait attention que la f résistance a été calculée sur la force qui doit faire rompre la pièce de bois , et que celle qui commence à la courber n’est que le tiers de celle qui la fait rompre ; de plus que cette moyenne est déduite d’expériences faites sur des bois sains , que dans l’usage , les bois employés ont des gerçures, des nœuds ou d’autres accidens qui déterminent une rupture plus prompte et une résistance moins grande : on voit que l’on peut, sans inconvénient, se servir des nombres indiqués dans la table.
- Comme les expériences dés deux Duhamel ont fait voir que la meme variété d’arbres cultivés dans des terrains, des situations , des expositions , des latitudes différentes , produisait des bois qui avaient des résistances dépendantes de ces variations ; il est clair que les tables ci-dessus ne peuvent servir indistinctement à tous les bois de chêne ; il sera donc nécessaire, pour en faire usage, de faire une ou deux expériences sur quelques morceaux de bois sain, et comparer leur résistance avec celles des tables pour déterminer le rapport qu’il faudrait établir.
- Si plusieurs morceaux de deux mètres (i) de long et de 6 centimètres d’équarrissage avaient rompu sous un poids moyen de 6 y 5 kilogrammes, le même morceau dans la table indiquant une résistance de 54o ; le rapport de 54.0 à 6 y 5 étant : : 4
- y
- : 5 j il s’ensuivrait qu’il faudrait donner à tous les bois , provenant du même terrain , une résistance plus grande d’un quart de celle indiquée dans la table.
- Si les morceaux de 3 mètres de long et de 6 centimètres d’équarrissage avaient rompu sous un poids moyen de 4 o 5 kilogrammes ; comme 5o5 nombre de la table, est à 4o5 nombre
- (j) Ces nombres ne sont pas réduits parce qu’ils ont rapport aux tables précédentes.
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-
- 62 TRAITÉ GÉNÉRAL
- donné par l’expérience . : 4 •' 3 ; il s’ensuivrait qu’il faudrait donner à tous les bois, provenant du même terrain, une résistance moindre d’un quart de celle indiquée dans les tables.
- Si l’on veut avoir un rapport exact de la résistance des bois que l’on doit employer , il faut toujours, autant que les circonstances le permettent, faire des expériences sur quelques morceaux sains, et c’est des résistances obtenues par ces expériences que l’on déduira celles que doivent avoir les bois que l’on emploie.
- Si l’on faisait usage de toute autre espèce ou variété d’arbres, 011 pourrait, en déterminant leur résistance sur des bois sains, pour des morceaux d’une grandeur et d’une grosseur indiquées dans la table, établir le rapport qui existe entre ces bois et celui qui a servi à la construction des tables , et déterminer en conséquence le rapport d’augmentation ou de diminution dont chaque nombre de tables est susceptible.
- Si l’on n’a point la commodité de faire des expériences , on peut se servir des rapports indiqués dans le tableau de la résistance de différens bois , page 4 5 mais quelque soin que l’on ait mis pour obtenir ces résultats , ils sont toujours subordonnés aux lieux où les bois ont cru, et ne peuvent dans aucun cas être donnés que comme des approximations.
- Ainsi , pour avoir la résistance d’un morceau de sapin de 7 mètres de long, 3a eentim. de hauteur, 26 centim. de large, 011 trouve dans la table de résistance pour 7 mètres de long, que le poids , pour faire rompre un morceau de chêne qui aurait ces dimensions, serait de 19017 kilogrammes ; mais la résistance du bois de chêne est 1000, d’après la table, lorsque celle de sapin, pour les mêmes dimensions, n’est que 918 , page 45 ; il suit donc que celle du morceau de bois indiquée sera de 19017, multipliée par 918, divisée par 1 o o 0 ; donc de 174^7, la pesanteur du sapin est, page 3 1, de 486
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- DE L’ART DU CHARPENTIER- 63 grammes le millistère, le poids de la pièce, contenant 58a mil-listères , sera de a 8 3 kilogrammes , et sa résistance 17174 kilogrames.
- D’après les rapports de résistance et de pesanteur du sapin , on trouve quune pièce de ce bois qui aurait un décimètre ( 3 pouces 694O d’équarrissage, et 43 mètres { (i3a pieds 3 6 3 1 ) de longueur , romprait sous son propre poids.
- Pour avoir la résistance d’un morceau de peuplier d’Italie de 9 mètres de long, 34 centim. de hauteur, 5o centim. de largeur. On trouve dans la table de résistance du bois de chêne, qu’un morceau de semblable dimension supporterait 20266 kilogrammes : la résistance moyenne du chêne étant 1000 , celle du peuplier d’Italie , pour les mêmes ^dimensions, est, d’après la table, page 35 , de 586 *, d’où il suit que la résistance du. morceau de peuplier égalerait 20266, multiplié par 586 , divisé par 1 000 ; donc 1 1 87 5 : le millistère du peuplier d’Italie étant de 397 grammes 7 , page 3 1 , le poids de 918 millistêres du morceau ci-dessus, sera de 365 kilogrammes, et le poids que le morceau de peuplier pourra supporter 1 1 5 1 o kilogrammes-;
- Un morceau de peuplier d'Italie, de même résistance et de même densité , auquel on aurait, donné un décimètre ( 3 pouces 6941) d’équarrissage , et 38 mètres - ( 1 1 8 pieds 5 1 9 8 ) de longueur, romperait sous son propre poids.
- D’après ces exemples, il est aisé de voir avec quelle facilité on peut déduire de la table des résistances calculées pour le bois de chêne et de celle des rapports de résistance et de densité de différens bois, les poids que peuvent supporter les morceaux de différente longueur et de différens équarrissages de chaque bois , ainsi que les dimensions sous lesquelles ils rom-peraient par leur propre poids.
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- 64
- traité général
- De la résistance verticale.'
- On appelle résistance verticale la force avec laquelle les bois* de bout ou posés verticalement , résistent aux pressions ou aux poids qu'ils supportent.
- Mussembroek paraît être le premier qui se soit occupé de ce genre de recherches , depuis Perronnet, Lamblardie et Gérard ont fait des expériences plus en grand et plus multipliées.
- La méthode employée par Mussembroek consiste à placer le morceau à rompre A, fig. iere, planche 7 , au milieu d'un châssis BCDEFGHI. Le fond BGDE est posé solidement. Sur la partie supérieure de la pièce de bois A , se place un plan mobile L M N O retenu par les quatre poteaux BF, CG, DH, El entre lesquels il se meut ; des poids P chargent le milieu de ce plan jusqu'à ce que le poteau A plie et se rompe.
- D'après ses expériences , Mussembroek a trouvé qu'un morceau , de i5 décimètres ( 1 ) de long et de 19 millimètres d'équarrissage, supportait en bois de
- Sapin..........................96 kilogrammes.
- Tilleul........................86
- Hêtre...........................62
- Chêne.......................... 3 5
- En comparant ces expériences, on voit que des quatre bois, le chêne est le moins, résistant, ce qui est contraire aux résultats obtenus par Perronnet et Gérard.
- La résistance de ces mêmes pièces , si elles eussent été rompues , posées horizontalement, aurait été :
- (1) Ces quantités ne sont pas réduites parce qu’elles indiquent des rapports.
- Hêtre
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-
-
- DE I/ART DU CHARPENTIER. 63
- Hêtre...............57 kilogrammes.
- Chêne . . . . 26
- Sapin ...... 2 4
- Tilleul....................
- ce qui est très-différent pour les nombres et pour la loi.
- La moyenne des quatre résistances verticales de Mussembroek est de 7 o, celle des quatre résistances horizontales est de 2 4 î d’où il suit que , si l’on pouvait ajouter quelque confiance aux expériences de Mussembroek, la résistance verticale serait à-peu-près le triple de la résistance horizontale.
- Perronet indique dans son bel ouvrage , intitulé : Description des projets de construction de ponts, etc. grand in-fol. tome 1er, page 9 7 , des résultats d’expériences qu’il a obtenus sur la ré-
- sistance comparée de 6 espèces rapports des résistances sont ; de bois chargés debout, les
- Chêne x 2 6 Peuplier . 74
- Saule. . . . 96 Frêne . . . . 7a
- Sapin 94 Aune. . - . 70
- Les résistances des mêmes bois posés horizontalement seraient .* Chêne . . . . 136
- Saule . . . . 1 o 7
- Sapin . . . . i 15
- Peuplier .... 74
- On voit combien les rapports de Perronet diffèrent de ceux obtenus par Mussembroek; cette différence peut tenir aux va riations que les bois de chaque espèce ont entr’eux. Perronnet n’ayant pas fait connaître , dans cet ouvrage , la méthode qu’il a employée , il est difficile de déterminer si ces résultats méritent plus de confiance que ceux de Mussembroek ; mais comme les rapports de résistance du chêne au sapin sont absolument les mêmes que ceux que Girard a déduits d’une nombreuse suite Tome /. I
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- 66 TRAITÉ GÉNÉRAL!
- dexpériences , faites en grand sur ces deux bois, et que les rapports du chêne au saule , au sapin et au peuplier , diffèrent très-peu des résistances horizontales; on peut regarder ces résultats comme étant plus exacts que ceux de Mussembroek. '
- On trouve dans l’ouvrage de Girard : ( Traité analytique de la résistance des solides ), i o tables qui contiennent les résultats d’un grand nombre d’expériences sur la résistance des bois de chêne et de sapin.
- L’appareil, dont Girard s’est servi, est représenté planche 7, fig. 2, 3 et 4» Fig* 2 est le plan,fig. 3 l’élévation, et fig. 4 une élévation oblique. Il consiste en quatre grands poteaux AB posés sur un massif solide, entre lesquels 011 peut placer la pièce de bois à éprouver c, l’extrémité inférieure pose sur un point fixe ; un levier emmanché dans les deux poteaux extérieurs est posé sur la partie supérieure de la pièce c ; à .l'extrémité du levier est suspendu un plateau de balance sur lequel on met les poids nécessaires pour faire plier la pièce de bois.
- En examinant la courbure que prend le bois chargé debout, Girard a remarqué que les bois méplats se courbaient ordinaire^ ment dans le sens de la plus petite face, "que les bois carrés se courbaient dans les deux sens, et que quelques bois méplats, affectaient aussi cette double courbure, fig. 5 et 6.
- Lorsque les bois méplats n’ont qu’une courbure, le point A, de plus grand écartement, varie de hauteur dans chaque morceau , tel qu’on le voit fig. 7 , 8 et 9. Aux uns , il se trouve au milieu fig. 7 ; à d’autres , en haut fig. 8 ; à d’autres enfin , en bas fig. g.
- Dans quelques bois on a deux flèches A et B, comme fig. 1 o et 1 i.
- Dans les morceaux qui se courbent sur les deux faces , le point de la plus grande courbure se trouve souvent à deux hauteurs différentes. ' >
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- DE L’ART DU CHARPENTIER. 67
- Lés fig. 12 , 1 5 , 14 , 1 5 et 16 représentent différentes
- cassures obtenues , par Girard , dans ses expériences ; elles avaient lieu de préférence par-tout où il y avait des défectuosités dans les bois, par des nœuds ou autrement.
- Les expériences de Girard ont eu pour objet de déterminer lelasticité absolue du bois.
- Il appelle élasticité absolue le poids que peut porter, avant de se courber, un morceau de dimension donnée.
- Il a préféré de rechercher l’élasticité absolue plutôt que la résistance , parce que , dans un assemblage de charpente où toutes les pièces se distribuent la charge, le fléchissement de l’une d’elles, transporte sur les autres -le poids qu’elle supportait.
- L élasticité est comme la résistance : en raison directe des largeurs , double des hauteurs et inverse des longueurs.
- Dans les bois posés debout, il appelle hauteur la plus grande largeur du bois.
- L’élasticité absolue d’un morceau de bois de chêne d’un métré cube (o, toises 2632), c’est-à-dire, d’un mètre (3, pieds 0784) de large, un mètre (3, pieds 0784) de long, et un mètre (3, pieds 0784) de hauteur, est de 1 1,784*45 1 kilogrammes (24,074,217 liv. ).
- L’élasticité absolue d’un mètre cube (o, tois. 2632) de bois de sapin, est de 8,161,128 kilogr. (16,672,175 liv.): ainsi, les rapports sont : : 6 5 : 47 , ainsi que Perronet l’avait trouvé. . .
- L’élasticité absolue peut être prise du moment où la pièce se courbe ou d’une flèche de courbure donnée.
- Si l’on appelle b la flèche de courbure, P la moitié de la charge, f la longueur de la pièce, a sa largeur , h sa hauteur, la formule générale d’élasticité d’un morceau quelconque de bois de chêne est&gl =
- 0» 1, ô
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- 68 traité générai;
- En se servant des mêmes désignations, la formule générale d’élasticité d’un morceau de sapin est - = (8, i 6 i, i 28) a hh.
- Si les bois sont ronds au lieu d’étre carrés , et que d soit le diamètre du morceau , on substituera (0,737381) d3 à la place de a hh. Ainsi l’élasticité d’un cylindre de chêne est Pj2_ = ,(»,784,4S.)* (/+ o,3) (°,73738. )±L e(. r,ilast;citfs d’un cylindre de sapin est ^-==(8, i6i,iî8) (0,737381) di.
- D’après ces déterminations , Girard a trouvé qu’une pièce de bois de chêne d’un mètre d’équarrissage , posée verticalement, doit avoir i 2 9 5 mètres de longueur , pour qu’elle fléchisse sous son propre poids , et qu’une pièce de sapin d’un mètre d’équarrissage doit avoir 1 8 3 2 mètres.
- Cette plus grande longueur du sapin , quoique l’élasticité soit moindre que celle du chêne , tient à ce que la densité du premier bois est moins grande que celle du second: dans ses expériences , Girard a trouvé que la densité du chêne était à celle du sapin :: io8q *. 486.
- Girard se proposant de continuer ses expériences sur l’élasticité des bois, nous croyons inutile de nous étendre davantage sur le résultat de son travail ; nous attendrons qu’il l’ait terminé, pour construire une table d’élasticité dû bois de chêne, analogue à celle que nous avons publiée sur la résistance, et nous l’imprimerons à la suite d’un des cahiers qui composent ce Traité de l’Art de la Charpenterie.
- Ceux qui désireront avoir de plus grands détails sur les expériences et la belle théorie de la résistance des solides, que Girard a présentées à l’Institut national de Franee, peuvent consulter l’ouvrage qu’il a publié, et qui se trouve chez Firmin Didot * libraire, rue de Thionville, n°. 1 16, à Paris.
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- DE L*ART DU CHARPENTIER. 69
- De Fadhérence des fibres dit bois.
- L’adhérence des fibres du bois est la force avec laquelle ils tiennent, ils adhèrent les uns aux autres : on la détermine par le poids qu’il faut employer pour la rompre.
- Je n’ai encore trouvé d’expériences sur cette espèce de résistance, que celles que Mussembroek a publiées ; ce sont aussi les seules que je puisse citer.
- Les morceaux de différents bois secs qu’il s’est procurés , ont été taillés en parallélipipède de 54 decimillimètres ( 2, lig. 4 ) de côté , en laissant toutefois une tête aux deux extrémités , fig. 17, pour y passer 2 boucles, fig. 1 8 : attachant la boucle supérieure à un point fixe, suspendant un plateau à la boucle inférieure ; il déterminait l’adhérence par les poids nécessaires pour rompre et déchirer les fibres.
- - C’est ainsi qu’il a trouvé qu’il fallait pour rompre un morceau de :
- Kilogrammes. Livres.
- Jujubier 562 (74®)
- Hêtre. .3 39 (695)
- Aune ...... 2 7 2 (555)
- Orme (5a8)
- Saule ....... 245 O O V)
- Mûrier ..... . 245 (5 0 0)
- Prunier. ..... ...... 23 I (47 2)
- Laurier. . . . . . ...... 2 3 7 (48 5)
- Sapin .... . . . 1 63 (333)
- Coignassier., . . ...... 1 5 2 (270)
- Cyprès ...... ...... 1 i,5 (2 3.5)
- Cèdre .95 .(*95)
- Comme Mussembroek n’a pas déterminé lés longueurs des bois sur lesquels il a fait ses expériences, et qu’il pense : que - cette
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- longueur n’y a pas d’influence, on ne peut rapporter l’adhérence des fibres à aucune des lois de résistance.
- La seule remarque essentielle que l’on peut tirer des expériences de Mussembroek, c’est qu’eiï ayant fait un grand nombre sur des morceaux pris au centre, à la circonférence, à la base, au sommet, aux branches d’un même arbre, il n’a pu en déduire aucune loi.
- §. y 11.
- De la corruptibilité des bois.
- On appelle corruption ou pourriture des bois, une décomposition des substances qui réunissaient les fibres ; par cette décomposition , les parties constituantes du bois se désunissent et se réduisent en poudre brune.
- L’analyse nous a fait connaître les parties constituantes du bois; nous savons qu’il est composé d’eau, d’huile, d’un bitume épais qui pourrait être substitué au goudron, d’acide pyroligneux et de charbon.
- Elle nous a fait connaître que l’eau est composée de calorique, d’oxigène, d’hydrogène ; que l’huile, le bitume, l’acide pyroligneux, contiennent du calorique, de l’hydrogène, du carbone , de l’oxigène, souvent de l’azote ; que le charbon est composéde calorique, de carbone, d’hydrogène et de cendre, et que la cendre est elle-même un composé de plusieurs substances.
- Elle nous a fait voir que chaque bois, quoique composé à-peu-près des mêmes principes, les contient dans des rapports, des proportions différentes ; et que deux morceaux d’ùn même bois, qui ont végété dans deux endroits différents, présentent des proportions très-variées dans leurs composants.
- Si l’analyse, si les opérations chimiques sont parvenues à nous faire distinguer les substances constituantes des bois, rien encore
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- DE L’ART DU CHARPENTIER* n’a,pu faire apprécier les causes qui déterminent les différences, que nous remarquons entreux, et plus que tout cela encore, les moyens que la nature emploie pour réunir ensemble lea molécules de matières qui composent et forment ce solide résistant que nous employons avec tant d’avantage dans nos cons-* tructions.
- La décomposition du bois'peut arriver à deux époques différentes, i°. lorsque le bois est vivant, 2°. lorsque le bois est mort. .5
- La décomposition du bois pendant sa vie, lorsqu’il est en pleine végétation, est communément le résultat de l’infiltration de l’eau dans l’intérieur de l’arbre. Cette infiltration se fait par des ouvertures que présente l’incision des branches rompues , brisées , coupées ; le feu du Ciel ; le déchirement que des arbres voisins font en tombant ; l’enlèvement, de l’écorce par le frottement des voitures, ou la dent vorace de plusieurs animauxj les trous que les insectes font pour se nourrir ou se loger, et les oiseaux pour y établir leurs nids, etc.
- Lorsque l’eau pénètre ainsi dans l’intérièur d’un arbre , et qu’elle peut parvenir au centre, elle attaque peu-à-pett le bois qui y est entièrement formé ,* elle y dissout une portion du suc nourricier, y fermente, s’y décompose j détruit les. composés nécessaires à l’existence du bois, le charbonne, et l’amène graduellement à l’état de terreau. La corruption commence, s’étend * tout le cœur de l’arbre se détruit, et il ne reste souvent que l’aubier et l’écorce entre lesquels les sucs nourriciers, puisés par les racines, sont portés dans les branches pour les vivifier et continuer la végétation.
- Lorsque le bois est mort, c’est par le calorique ou par l’eau que cette corruption ou décomposition se fait ordinairement.
- Par le calorique, toutes les substances vaporisables contenues dans le bois, se gazéifient, se dégagent, et il ne reste plus que
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- du charbon , dont la résistance est infiniment petite. Mais cette vaporisation exige pour chaque substance des températures différentes. D'abord c’est l’eau surabondante qui se vaporise, puis de l’eau nécessaire à la constitution du bois, puis de l’hydrogène carboné, de l’oxide de carbone, de l’acide pyroligneux, de l’huile et du goudron.
- La température de l’atmosphère suffit pour faire dégager l’eau surabondante au bois j mais il faut pour les autres substances une température beaucoup plus élevée, et qui ne peut être produite que par l’art.
- Quant à la corruption par l’eau , elle dépend de sa proportion dans lé bois, de sa tendance à la fermentation , lorsqu’elle tient en dissolution des substances végétales.
- Du bois fraîchement coupé, recouvert de manière que les liquides de la végétation ne peuvent se vaporiser, se corrompt promptement par la décomposition, la fermentation et l’action de ces liquides sur le bois.
- Les liquides de la végétation sont ceux que l’on connaît sous le nom de sève ; c’est de l’eau qui tient en dissolution des substances végétales dans un état tel que le tout fermente avec une extrême facilité, lorsqu’il est exposé à une température propre à déterminer la fermentation.
- Si le bois a été exposé à l’action combinée de l’air et du soleil, les liquides très-fermentessiblés de la végétation s’évaporent*^ le bois se sèche, et perd .peu-à-peu sa tendance à la corruption.
- Du bois sec préservé de toute humidité, se conserve un grand nombre d’années.
- Du bois imbibé d’eau., et qui conserve son humidité, a une tendance à la corruption ; mais cette tendance est moins grande que si le bois avait conservé les liquides de la végétation , parce que cette eau contient moins de substances végétales en dissolution*
- L’eau
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- DE L’ART DU CHARPENTIER. 73
- L’eau qui a pénétré le bois, s’en évapore facilement, les liquides de la végétation se séparent du bois avec difficulté ; c’est pourquoi on parvient à sécher , plus promptement des bois qui ont séjourné cjuelque tems dans l’eau, que ceux qui n’y ont point été ; l’eau lave, délaye, entraîne les liquides de la végé^-tation, et les remplace.
- Il est difficile que les bois employés dans les pans-de-bois, les planchers et les combles soient préservés d’humidité : par-tout où l’eau s’introduit, où elle peut séjourner quelque tems, elle dissout des matières végétales, fermente et corrompt le bois. Pendant la corruption , le bois s’échauffe, ce qui prouve qu’il existe une véritable combustion déterminée par l’action de l’eau et par sa décomposition. .
- La corruption occasionnée par les sucs végétatifs, oblige le constructeur à 11e faire usage que de bois très-secs, et, autant qu’il est possible, qui aient séjourné un tems très-court dans l’eau ; c’est ce qui a donné lieu au procédé employé par quelques constructeurs , de refendre les grosses pièces de bois, et de mettre l’intérieur en dehors , afin qu’elles puissent se dessécher , et que le cœur soit préservé de la corruption.
- L’action de l’eau sur le bois, la décomposition qui résulte de cette action, doit déterminer à écarter, à détourner ce liquide du contact des bois, à l’empëcher d’agir sur les charpentes, et aies maintenir dans le plus grand état dé sécheresse possible. ' "
- L’action de l’eau n’est pas toujours d’un danger évident ; l’expérience a appris que beaucoup de bois se conservaient parfaitement dans l’eau : on trouve souvent dans des démolitions de ponts des pilotis constamment mouillés par les eaux, qui ont conservé toute leur force et toute leur pureté.
- Ce n’est donc point de l’imbibition absolue de l’eau qu’il faut préserver les bois, mais de l’action d’une quantité assez consi-Tcme L K.
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- 74 TRAITÉ GÉNÉRAL
- dérable pour dissoudre des substances végétales , conserver ces substances et fermenter avec elles.
- Lorsque l’eau est en petite quantité dans le bois, et qu’elle peut y séjourner, elle s’unit, se combine avec la substance du bois, exerce son action sur elle ; le jeu des affinités commence , le bois s’échauffe, l’action augmente, et la décomposition se fait.
- Quand le bois est plongé dans une grande masse d’eau, et sur-tout dans de l’eau courante, l’eau en contact est sans cesse renouvelée ; l’action de sa combinaison est sans effet, et réchauffement n’a point lieu.
- Ce que l’on doit craindre le plus dans les bois , c’est la suc-’ cession d’action de l’air et de l’eau. Ceux qui sont exposés à cette double action, se décomposent en très-peu de tems ; mais ceux qui sont exposés à une humidité continuelle, et dans lesr' quels la meme eau séjourne long-tems , se décomposent encore plus vite.
- Parmi les bois, il en est doiit la décomposition à l’air se fait plus rapidement que d’autres. Les bois résineux sont ceux qui se décomposent le moins, à cause de la résine dont ils sont' pénétrés; ensuite viennent les’bois durs. Les bois tendres, comme le saule, le peuplier, le bouleau, l’aune, sont ceux dont la décomposition à l’air est la plus prompte. On a vu des portes* de cèdre et meme dés boiseries, conserver, après un usage long-tems continué , la fraîcheur du moment où elles avaient été posées. '
- Il est des bois qui se conservent plus facilement imbibés d’eau; tel est, par exemple, faune : c’est pourquoi on le préfère pour la construction des. tuyaux à travers lesquels l’eau doit eoulér. A défaut d’aune, on emploie l’orme, qui sè conservé assez long-tems : ces deux bois croissent dans des terres humides.
- La position des tuyaux, de conduite n’est • pas ! celle des bois
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- DE L’ART DU CHARPENTIER. 75 plongés/ dans l’eau ; ils sont au contraire dans un état d’humidité qui accélère leur destruction : c’est pourquoi on doit faire un choix de bois propres a résister fortement à cette tendance. '* Les bois ont deux propriétés qui influent sur leur corruption y ils sont hygrométriques et thermométriques.
- On appelle propriété hygrométrique, la faculté qu’ont certains corps d’arracher à l’air humide une portion de l’eau qu’il contient, pour s’en pénétrer, et rendre ensuite à l’air sec l’humidité qui les pénétre.
- Lorsque le bois , par sa propriété hygrométrique , s’empare d’une portion de l’eau dissoute ou suspendue dans l’air, et qu’il s’en pénètre, il augmente de volume ; lorsqu’il rend à l’air l’eau qu’il lui avait enlevée , il diminue de volume.
- Tous ceux qui emploient des bois, ont remarqué que les bois verds ou mouillés sont plus gros et plus longs que lorsqu’ils sont secs.
- On appelle propriété thermométricpie, la faculté qu’ont les corps d’augmenl^r de volume par la chaleur, et de diminuer de volume par le froid; ce qui fait que, toutes choses égales d’ailleurs , les bois sont plus longs les jours d’été secs, que les jours d’hiver secs.
- Ainsi > lorsque ces deux propriétés agissent dans le meme sens, les bois augmentent ou diminuent de volume avec une grande vitesse ; mais lorsqu’elles agissent en sens contraire,. l’augmentation et la diminution sont plus lentes ; quelquefois elles sent huiles.
- Lorsqu’il fait sec, par exemple, l’air arrache aü bois l’humidité qu’il contient , en même tems que la chaleur augmente son volume ; mais , comme par la sortie de l’eau du bois , celui-ci diminue de volume dans un plus grand rapport /que celui de son augmentation par la chaleur, la différence des deux effets diminue ses dimensions. . *
- K •*
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- 7 G TRAITÉ GÉNÉRAL’
- Ces deux propriétés hygrométrique et tbermométrique , qui augmentent et diminuent les bois, occasionnent dans les assemblages des variations considérables, qui tantôt font dé joindre les bois , et d’autrefois compriment les joints avec force. Ce travail r produit par l’augmentation et la diminution dans le volume, est une des causes qui contribue le plus à briser les charpentes.
- Il est facile, d’après le développement que l’on vient de lire sur les causes qui contribuent. à faire corrompre le bois , de prendre dans chaque construction les moyens les plus propres à diminuer leur action..
- Pour terminer cet article de la corruption des bois, on va transcrire les onze observations que Duhamel a imprimées dans, son chapitre de la Conservation des bois, et qu’il a déduites de toutes les observations contenues dans les trois volumes qu’il a imprimés sur les bois en général.
- « Diverses observations sur la duree des bois , ou consè-» quences quon peut tirer des expériences que nous ( Duhamel ) » avons rapportées , soit dans- le Traité de VExploitation » soit dans cet ouvrage du transport, de la conservation,
- » de la force des bois.
- » i°. Quand on forme quelqu’obstacle à l'évaporation de la » sève, le bois tiré d’une forêt, et qui se trouve encore rempli >j de sève,. doit avoir peu de durée, et se pourrir plus promp-» tement que celui qu’on a laissé se dessécher avant que de.
- » l’enduire de quelque substance que ce soit qui puisse faire » obstacle à l’évaporation de la partie plilegmatique de la sève r » j’ai rapporté ci-devant des expériences qui le prouvent.
- » 2°. L’expérience des bois verds qu’on charge d’un poids » considérable, se courbent sous cette charge, et prennent ». la forme d’un arc, ce qui diminue leur force, parce qu’il se,
- » trouve alors une tension inégale dans les fibres, et que celles » qui sont à l’extrémité, la courbe étant déjà fort tendue, se.
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- DE L’ART DU CHARPENTIER. 77 >y trouvent par cette courbure dans un état de dilatation qui doit. » les -affaiblir.
- » 5°. Quand plusieurs pièces de bois verd sont si près Tune » de lautre qu’elles se touchent, elles pourrissent plus prompte-» ment que quand elles sont renfermées entre des pierres, des » briques , etc. parce que la sève des pièces voisines forme une » plus grande somme d’humidité, et que cette humidité se ras-» semble entre les pièces et augmente la cause prochaine de » sa pourriture ( 1 )..
- » 4°. Les bois extrêmement vieux et secs subsistent fort long-» teins , quand on ne les surcharge pas et quand on les tient à )) couvert et au sec comme de la menuiserie qui s’emploie dans » l’intérieur des maisons; mais ces bois se détruisent prompte-» ment quand ils se trouvent exposés à un air humide , telles » sont les portes des écluses, les fonds des vaisseaux , etc..
- » 5°. La pourriture fait d’autant plus de progrès que les » corps qui en sont susceptibles sont placés dans des lieux chauds. » et humides , parce que cette position est la plus favorable à » la fermentation, et par conséquent à la putréfaction.
- » 6°. Les bois tenus au sec et exposés au grand air, comme » sont les charpentes des maisons , sont dans une position très~ » favorable pour leur conservation , lorsqu’on a soin d’entretenir » les couvertures.
- » 70. Les bois au contraire, qui sont toujours dans l’eau, » ou renfermés dans de la glaise ou du sable humide , ne pour-» rissent jamais de quelque qualité qu’ils soient. J’ai vu les pi-» lotis d’un • pont qui avaient resté sous l’eau depuis un tems » immémorial*, et qui étaient encore fort sains ; ils paraissaient )) très-durs, meme étant devenus secs, mais quand on les tra-
- (1) On pourrait ajouter que la chaleur de la corruption est augmentée par le contact des pièces } et que l’augmentation de température accélère la pourriture.
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- » vaillait soit au rabot , soit à la verlope, les copeaux qui en » sortaient se réduisaient en petits fragments.
- » Rien ne prouve mieux que les bois, même ceux qui sont «tendres, se conservent pendant, un tems très-considérable dans » l’eau ou dans la terre humide, qu’une observation que le lia-» sard m’a fournie : eii faisant une fouille on trouva un pilotis •» de sapin qiii avait servi pour les fondations d’une église tom-« bée de vétusté et démolie depuis 8 o ans : ce pilotis avait « plusieurs siècles ; l’extérieur du bois était détruit inégalement, » suivant que les veines s’étaient trouvées plus ou moins tendres ; » mais l’intérieur était parfaitement sain, il avait la couleur et » l’odeur de résilie, comme les pièces que l’on emploie pour » les matières. La circonstance de cette odeur de résine , qui a s’était conservée dans un bois aussi vieux, rn’a paru une chose » très-singulière.
- « 8°. Il n’en est pas de même des bois qui sont exposés «.tantôt au sec et tantôt à l’humidité : les fibres ligneuses qui » ont été tendues par l’eau, sont ensuite resserrées par le sec ; « ce mouvement alternatif et continuel les fatigue ët les dé truit ; » l’eau emporte avec elle , toutes les fois qu’elle s’évapore , » quelques-unes des parties les moins fixes du bois.
- » 9°. Les bois qui restent submergés se réduisent peu-à-peu » à rien , lorsqu’ils sont exposés au cours de l’eau ; ce fluide les » use imperceptiblement, comme ferait le frottement des corps » solides, quoique le plus lentement et souvent même dans l’eau » dormante. La superficie en est détruite par les insectes : il ne » s’agit pas ici des vers à tuyaux qui détruisent les digues de » Hollande aussi bien que nos vaisseaux. J’en parlerai ailleurs ; » il n’est question pour le présent que de certains petits insectes » qui ne pénètrent pas bien avant dans le bois , mais qui en endom-» magent tellement la superficie qu’il en faut quelquefois retrancher » l’épaisseur d’un pouce ou deux lorsqu’on veut le travailler.
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- DE-L'ART DU CHARPENTIER. 79
- » io°. Il est très-important de remarquer que les bois d’ex-» cellente qualité subsistent fort long-tems dans les positions les * » plus défavorables à leur durée : j'ai vu des portes d'écluses » qui étaient encore fort bonnes, quoiqu'elles fussent très-ancien-» nement construites. Il n'est pas -douteux que les membres des » vaisseaux doivent pourrir promptement: i°. parce qu'ils, sont » renfermés entre le bordage et le vaigrage ; 20. parce qu'en » bien des endroits les pièces de bois se touchent ; 5°. parce » que ces membres sont toujours dans un lieu chaud et hu-» mide ; cependant j'ai visité des vaisseaux construits avec d'ex-» cellents bois de Provence , dont les membres étaient encore » très-sains, quoiqu’ils eussent 5o ans de construction : on a vu » des vaisseaux mal entretenus , et dans lesquels l'eau de la pluie » perçait jusqu'à la cale, qui ont cependant subsisté très-long-tems » sans pourrir, ce qui ne peut dépendre que de l’excellente qualit é de leur bois ; et si on ne peut pas fixer à 10 ans la clufé'e » de la plupart des vaisseaux que l'on construit maintenant, ôn » ne doit pas l’attribuer à la négligence des officiers qui veillent » à la construction ou à l’entretien de ces bâtiments ; mais à la » mauvaise qualité des gros bois qu'on est forcé d’employer ati-» jourd'hui, comme je l'ài prouvé dans mon traité de Vexploi-» tation des bois : et c’est un inconvénient auquel on n'a pas » encore pu trouver de remède.
- » 1 1 °. Le bois pourri endommage celui qui se trouve dans » Son voisinage ; comme c'est une espèce de levain qui excite » la fermentation , il faut y remédier en retranchant ce maü-» vais bois le plutôt quil est possible »v:
- Dans la construction des édifices , les • bois ont trois expositions différentes. La première , comme dans les barrières , les ponts, les bois sont exposés à toute les variations de l'atmosphère f à la pluie , au vent, à la sécheresse ; la seconde, comme dans les combles , les pianchers , ; l'intérieur des édifices, les
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- 8o TRAITÉ GÉNÉRAL
- b.ois sont préservés de Faction des eaux pluviales, et ont un contact continuel avec l’air qui y pénétre ; la troisième, comme dans les planchers plafonnés, les pans de bois, les cloisons recouvertes, les bois sont entourés de mortier.
- Dans la première exposition , les bois se corrompent promptement , lorsque l’on n’a pas l’attention de les peindre ou de les goudronner , parce qu’étant alternativement mouillés et séchés, l’eau séjourne assez long-tems pour y fermenter ; elle y est dans Indisposition la plus favorable à la corruption.
- . Non-seulement on peint et l’on goudronne les bois pour les préserver de l’action des eaux pluviales, mais on pousse dans quelques endroits cette précaution si loin que l’on applique à la surface goudronnée , un ciment gras et résineux que l’on saupoudre de sable fin , de manière à former une couche pierreuse autour de chaque bois et qui empêche l’eau de pénétrer. Ces enduits se mettent particulièrement sur les pièces des ponts que l’on recouvre de sable, de terre et que l’on pave, conséquemment qui sont exposés à l’action de l’eau qui les pénétre.
- Il est imprudent de peindre ou goudronner des bois humides, parce que la peinture ou le goudron empêchent l’humidité de s’évaporer, que l’eau reste, dissout des substances végétales , fermente et pourrit le bois ; les bois secs au contraire se conservent beaucoup mieux , lorsqu’ils sont peints ou goudronnés, parce que ces substances sont autant d’obstacles à l’hygromé-tricité du bois; en empêchant l’eau de pénétrer dans l’intérieur, elles s’opposent à la fermentation qui en serait la suite. Les bois secs peints ou goudronnés ne jouissent que de leur propriété thermométrique.
- La seconde exposition est la plus favorable pour conserver les bois, sur-tout si, dans les combles, la couverture est entretenue avec :soin , que les eaux pluviales ne pénètrent pas jusqu’aux bois, que Ton ait la précaution de ne point laisser tomber de
- l’eau
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- DE L'ART DU CHARPENTIER. 8* Peau sur les planchers ; cependant dans des lieux humides et chauds tels que les écuries, les étables peu aérées, les bois sont sujets à se corrompre à cause de l'évaporation continuelle que la chaleur produit, de l'humidité dont les bois sont cons-tament pénétrés, et de la température qui favorise la fermentation. En aérant les écuries et lès étables, on procurera deux avantages ; le premier de tenir les animaux dans une atmosphère plus saine , le second de détruire l’action corruptible du bois.
- Dans la troisième exposition , les bois se corrompent plus ou moins facilement, en raison du degré de sécheresse qu'ils avaient lorsqu'ils ont été employés, de l’humidité et de l'hygrométricité plus ou moins grande des matières qui les enveloppent. Pour empêcher l'effet de cette humidité et favoriser le dessèchement des poutres, on perce dans le mur différentes ouvertures qui per- ' mettent à l'air de circuler librement entre chaque morceau de bois.
- §. V I I I.
- De la combustibilité des bois.
- Cet article semblerait, au premier aspect, étranger à la charpente , cependant si l'on fait attention aux nombreux dangers auxquels sont exposés les bâtiments en bois., par l’action du feu, sur-tout dans les pays où l'on n% sè sert que de cette matière dans la construction des édifices; si l'on considère les villages entiers, les portions de villes considérables qui ont été la proie des flammes , on sera moins étonné des tentatives qui oiit été fhites pbur rendre le bois incombustible, de l’ascendant que des succès imparfaits ont donné au charlatanisme,- et de l’avantagé qu'il en a tiré pour obtenir des gouvernements l’argent qu'il demandait, seul objet de ses désirs.
- Tome /. L
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- 8a TRAITÉ GÉNÉRAI]
- Les bois sont composés de deux substances principales , le carbonne et l’hydrogène qui ont une grande affinité avec l’oxi-gène, partie constituante de . l’air atmosphérique. Lorsque ces deux substances sç>nt pénétrées de calorique, que leur température s’élève à 180 ou 300 degrés du thermomètre centigrade, l’oxigène de l’atmosphère se combine avec elles ; par cette combinaison , il se dégage une quantité considérable de calorique qui augmente la température du bois , détermine l’oxigène à se combiner de nouveau, et par suite de cette combinaison élève la température à un point tel que le calorique abondamment dégagé se présente sous le double aspect de chaleur et de flamme^
- - Ainsi la combustion ordinaire des bois, celle à laquelle on se propose de remédier, le moyen de la détruire et d’arrêter l’incendie, se réduit à ôter tout accès à Voxigène ; c’est le procédé dont on fait usage, en éteignant dans l’eau un charbon embrasé: en plongeant le charbon dans ce liquide, on le met en contact avec une grande masse d’eau qui lui ôte toute communication avec l’air atmosphérique ; dans le premier moment il se fait une décomposition d’eau sur le charbon qui produit du gaz hydrogène carbonné et du gaz acide carbonique ; mais la température du charbon diminuant, la décomposition cesse et l’extinction est eomplette.
- Pour arrêter ta combustion, il ne suffit pas de mettre le char-’ bon embrasé en contact avec de l’eau , il faut encore que la epiantité soit assez considérable pour ôter tout accès à l’oxigène de l’atmosphère ; car, lorsque la quantité d’eau est trop faible une portion se décompose sur le charbon , l’autre est vaporisée par le, calorique accumulé, et l’oxigène continue d’agir comme avant d avoir mouillé. Si le calorique, employé dans çes deux opérations, n’a pas trop refroidi le charbon, la combustion recommence -, si le charbon a été trop refroidi , la combustion cesse. -
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- DE L’ART DU CHARPENTIER.
- . On peut arrêter la combustion avec toute autre substance que l’eau , la seule condition à remplir est d’empêclier l’action de l’oxigène : ainsi, la combustion peut être détruite en enveloppant le charbon ,de mortier, de terre grasse ; en plongeant le charbon embrasé dans un gaz ou un air qui ne contienne pas d’oxigène, ou même en renfermant le charbon embrasé dans un petit espace dans lequel on ait ôté toute possibilité à l’air atmosphérique de se renouveler ; c’est ce qu’on nomme étouffer le feu.
- C’est ainsi que l’on éteint le feu d’une cheminée, en fermant hermétiquement les deux ouvertures supérieure et inférieure : de nouvel air ne pouvant pénétrer , le feu s’étouffe ou s’éteint naturellement.
- C’est encore par la même cause que , lorsqu’il y a impossibilité d.e boucher les deux ouvertures de la cheminée , il suffît de couvrir l’àtre d’une forte couche de soufre et d’y mettre le feu. Le produit de la combustion donne naissance à une quantité * considérable de gaz acide sulfureux qui remplit promptement le. tuyau de la cheminée, et qui ne permet plus à l’air atmosphérique d’y établir son cours ordinaire; les matières embrasées étant dans un contact continuel avec ce gaz , ne trouvant plus d’oxigène pour entretenir leur combustion , sont obligées de s’éteindre.
- Il y a un grand nombre d’incendies qui pourraient être facilement arrêtés par les deux moyens que je viens d’indiquer, c’èst-à-dire, en ôtant tout accès à l’air atmosphérique, en bouchant les issues par lesquelles il peut entrer, ou en remplissant d’un gaz l’espace dans lequel sont les matières embrasées , afin doter à l’air atmosphérique tout accès sur elles. Mais, comme je ne peux et ne dois pas traiter de la théorie de l’extinction du feu dans un ouvrage destiné au seul art dé la Charpenterie, je m’arrêterai ; il me suffît d’avoir, fait connaître la cause des
- La
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- 84 traité Général
- combustions ordinaires , pour examiner les moyens proposes jusqu a présent pour rendre le bois incombustible.
- Afin de ne point fatiguer par un détail inutile, je ne parlerai ici que des moyens proposés ou employés , qui ont quel-qu’apparence de succès.
- On a vu,, par le développement qui a précédé, que le moyen le plus efficace d’empêcher l’incendie , est d’ôter à l’oxigène tout moyen de contact avec le bois t ces moyens sont au nombre de deux, i°. & imbiber le bois d’une dissolution saline ; 20. de recouvrir les bois d’une matière incombustible.
- On a proposé , pour l’imbibition des dissolutions salines , des sulfates d’alumine et de fer, connus dans le commercé sous les noms d’alun, de vitriol de mars , de vitriol verd, de vitriol de fer; on pourrait également proposer les sulfates de potasse, de soude; et les muriates de potasse et de soude, particulièrement ce dernier, eonnu sous le nom de sel marin ou de sel de cuisine. Quant aux nitrates, ils seraient dangereux ; ils contribueraient plutôt à augmenter fintensité du feu par la décomposition de l’acide nitrique, et par l’action de l’oxigène , résultat de cette décomposition.
- Les sels dont les bois sont imbibés, peuvent être un obstacle à la_première inflammation, empêcher que le bois ne prenne feu à la température où la combustion se fait ordinairement f mais si la température est augmentée, l’eau des sels se vaporise ,, les places non couvertes de sel s’enflamment, et peu-à-peu l’embrasement continue jusqu’à ce que la masse de sel qui ne brûle pas, recouvre entièrement le bois, et empêche l’attouchement de l’oxigène.
- Le muriate de soude a le défaut drétre plus hygrométrique que le bois, d’attirer fortement l’humidité de l’air, et. de contribuer à la décomposition du bois, par l’action de l’eau qui le pénètre. Exposé à un feu yiplent, ce sel se fond, recouvre le
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- DE L’ART DU CHARPENTIER. 85 bois , et peut le préserver pendant quelque tems de l’action de l’oxigène ; mais lorsque l’intensité du feu augmente, ce sel se vaporise en partie.
- Les sulfates de .fer et d’alumine sont décomposés par le bois r lorsqu’il éprouve une haute température ; l’acide sulfurique cède son oxigène au bois , forme avec lui de facide carbonique; le soufre se vaporise, et il ne reste que le fer ou l’alumine dispersés , qui ne peuvent préserver le bois de l’action de l’air atmosphérique.
- On sait que l’acide sulfurique seul se décompose sur le boîs en le charbonant. Les bases avec lesquelles cet acide est engagé dans les sulfates, doivent détruire une grande partie de son action ; mais l’expérience n’a pas encore appris si par un contact long-tems continué , les bois n’éprouvent aucune altération.
- Les sels, et particulièrement les sulfates de fer et d’alumine, ne sont point des obstacles absolus à la combustion des bois; mais ils peuvent empêcher que la combustion n’ait lieu à la température à laquelle le bois s’enflamme ordinairement , et retarder un peu l’embrasement.
- Ces moyens peuvent être efficaces contre l’action d’un feu vif* et de peu de durée, comme les feux de paille ou de copeaux allumés près des charpentes ; mais jamais ils ne peuvent préserver d’une action long-tems continuée, qui est toujours le plus à craindre.
- On propose, pour recouvrir les pièces de bois, deux sortes de mortiers , l’un composé d’une partie de chaux vive, deux parties de sable, et trois parties de foin haché ; cette dernière1 substance n’a pour objet que d’empêcher les gerçures qui pourraient arriver au mortier en se desséchant : on attribue l’invention de ce mortier à milord Mahon. Le second est composé d’argille dissoute dans de l’eau de colle.
- Le premier mortier est assez généralement employé et Londres;
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- 86 TRAITÉ GÉNÉRAL
- il n’augmente la valeur des édifices que de cinq pour cent; chaque pièce de bois en est recouverte- d’une couche très-mince. Ce mortier ne peut avoir quelqu’avantage que contre l’action d’un feu vif et peu continué ; car, par la continuation de faction du feu, la chaux qui forme le liant principal du mortier, . se calcine, redevient chaux, s’exfolie, et la couche qui couvre, le bois, tombe en poussière. De plus , lors de l’apposition de de çe mortier sur le bois, la chaux attaque sa surface, et la décompose en partie.
- Le second mortier se pose avec un pinceau ; on en met plusieurs couches successives, jusqu’à ce quelles aient 2 ou 3 millimètres d’épaisseur : chaque couche ne se pose que lorsque celle qui précède est parfaitement sèche.
- Le. bois ainsi enduit étant exposé au feu, l’argille se durcit, s’unit, et devient un obstacle impénétrable à l’air atmosphérique.
- Quel que bon que soit cet enduit, il ne peut pas empêcher que le bois exposé à l’action d’un feu long-tems continué, ne se charbonne à la manière du bois enfermé dans des vaisseaux clos et chauffés fortement , et ne perde ainsi son élasticité et sa résistance ; cette charbonisation ne pouvant se faire sans gazéifier les substances vaporisables qu’il contient. Ces substances, pour se dégager, profitent de toutes les petites ouvertures quelles rencontrent; lorsqu’elles n’en trouvent point, elles exercent un effort considérable sur l’enduit, l’éclatent, et donnent accès à l’oxigène sur le bois.
- Au lieu des enduits de chaux ou d’argile, on pourrait faire usage de tuyaux de tôle très-minces et mastiqués , pour empêcher le contact de l’aîr ; mais ces couverts , préférables aux enduits en beaucoup de circonstances, ont le défaut d’être plus conducteurs de la chaleur, et de procurer au bois un échauffe-ment plus prompt que celui qu’il aurait eu.
- En général, les enduits, les couvertures métalliques peuvent
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- DE L’ART DU CHARPENTIER- g? préserver le bois de l’action d’un feu vif et faible , mais jamais de celle d’un feu long-tems continué ; d’où il suit que tous les moyens indiqués jusqu’à présent pour rendre le bois incombustible, ne sont que de faibles préservatifs, et non des préservatifs absolus.
- CHAPITRE SECOND.
- De l'exploitation des bois.
- O n a vu dans le chapitre précédent, page 9 et suivantes, combien d’espèces et de variétés de bois, peuvent servir à la charpente, quels terreins leurs sont les plus favorables ; on a vu , page 3 2 , le rapport de leur croissance ; page. 3 o et 3 1, celui de leur pesanteur, et page 45 , celui de leur résistance.
- Tout cultivateur peut donc, d’après ces données, semer, planter , cultiver les arbres qui lui rapporteront le plus grand bénéfice; •
- Lorsque, par des expériences continuées sur la croissance , la pesanteur, la résistance , l’usage des bois, on aura déterminé d’une manière positive les rapports qu’ils ont les uns avec les autres, ainsi que leurs produits annuels ; lorsque le cultivateur comparera ces résultats au terrein qu’il cultive et air besoin que l’on peut avoir de chaque espèce de bois-, pour déterminer celui auquel il doit donner la préférence ; cette partie de la culture, dont les produits sont d’une utilité générale, aura acquis cette perfection , que le tâtonnement et la routine ne lai auraient jamais donnée.
- Trop heureux, si les expériences nombreuses que j’ai commencées spr les arbres, sont continuées par des hommes qui,,
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- 88 TRAITÉ GÉNÉRAL'
- ayant plus de facilité et plus de tems que celui dont j’ai pu: disposer , peuvent réunir un plus grand nombre de faits, et trouver Ües lois propres à servir de base à tous les calculs d’économie, d’intérêt et de culture.
- Les forêts, les bois ont plusieurs manières d’être exploités ; l’âge où les bois sont coupés, dépend de leur usage, de leur destination et de leur croissance.
- La plus grande partie des bois exploités est destineé au chauffage des individus , aux combustibles consommés par les usines, soit à l’état de bois, comme dans les verreries, soit à l’état de charbon, comme dans les fonderies et les forges à fer. Le reste des bois s’exploite pour être employé dans les arts, tels que ceux de tonnelerie, vannerie, criblerie, saboterie, sellerie , fonderie, charonnerie , tournerie , menuiserie , charpenterie, etc.
- En raison de ces destinations, les bois ont des exploitations particulières, qui, considérées généralement, se réduisent à deux principales : Exploitation en taillis, exploitation en haute-futaie.
- Chacune de ces exploitations a deux méthodes qui lui est particulière. La première se sous-divise en taillis bas et en taillis hauts , ou taillis ètétès ; la seconde se sous - divise en coupe totale, coupé blanche, et coupe par éclairci.
- Paragraphe premier.
- De Vexploitation en taillis.
- L’exploitation en taillis se fait à des époques tellement rapprochées , que le bois ne peut prendre tout son accroissement ; on le coupe lorsque les brins ou les branches ont une grosseur gssez considérable pour pouvoir être employés à leur destination.
- Indépendamment
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- DE L’ART DÜ CHARPENTIER. 89
- Indépendamment de la grosseur , les époques des coupes sont encore déterminées d’après la valeur que l’on en retire : celles qui donnent le plus grand produit annuel, en y comprenant l’intérêt de l’argent, sont celles que l’on préfère.
- Si un hectare de bois (196 perches d’eaux et forêts ), coupé tous les 10 ans, rapporte un produit net de 3oo francs, et que le même bois, coupé tous les 20 ans, ne produise que 600 francs, il y aurait, à le Gouper tous les 10 ans, le bénéfice de l’intérêt de 3 o o fr. pendant 1 o ans.
- Le chêne, par exemple, croît jusqu’à 2 et 300 ans, et même davantage ; le chêne exploité en taillis bas se coupe à 2 o ,
- 2 5 ou 3o ans, parce qu’à cës âges, le produit en bois à brûler est ordinairement plus considérable que si on le laissait croître plu* long-tems.
- Il est difficile d’indiquer d’avance pour chaque lieu l’époque où les taillis doivent être coupés avec avantage, à cause de la différence dans la croissance et dans la valeur des bois. Il faut couper plusieurs taillis à des âges différents, et comparer leur rapport.
- Les deux Duhamel ont observé que des taillis de chênes produisaient par hectare (196 perches ), en les coupant tous les 20 ans 600 francs.
- 800
- 3 o 1100
- Ainsi , le rapport est comme 6 est à fi et à 1 1. Si l’on ne tenait point compte de l’intérêt de l’argent , chaque hectare de taillis rapporterait au bout de 300 ans , en les coupant tous le*
- ans. francs. francs.
- 2 O 9000 par an 5 0
- 2 5 9600 32
- 5 0 I I O O 0 37
- En supposant l'intérêt de l’argent à 5 pour 100; sans accu* Tome /, M
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- 9» TRAITÉ GÉNÉRAL*
- znulation des intérêts d'intérêts, l’hectare (196 perches) de taillis,
- coupé tous les vingt ans , produirait au bout de
- ANS. VALEUR de l’exploitation. Somme et intérêt des années précédentes. INT É-R È T pendant vingt ans.
- 2 O ÔOO 33 33
- 40 6 0 0 6 0 0 ÔOO
- 6 0 60 0 l800 18 00
- 8 0 ÔOO v4 2 0° 42 0 0
- 100 ÔOO 9000 90 0 O
- 120 ÔOO i 8 6 0 0 I 8 60 0
- 8 O MMES
- totales.
- L’hectare (196 perches ) de ans produirait au bout de
- 600 1800 4200 9000 18600 3y8oo
- l coupé tous lès vingt-cinq
- 2 5 800 » 33 800
- 5 0 800 800 IOOO 2600
- 75 800 2600 3 0 5 0 645 0
- 100 800 645o 8062 1 53i 2
- 125 800 1 5 3 1 2 19 *4° 3 5 2 5 2
- 1 5 0 800 3 5 2 5 2 4 3 0 6 5 7 9 1 1 7
- L’hectare (196 perches) de taillis coupé tous les trente ans produirait au bout de
- 1100 38 5 o 10725 27912 .70876
- En comparant ces. produits, 011 voit qu’à la centième année, où les coupes. de 20 et 3 o ans se renouvellent, l’hectare ( 196 perches) de taillis coupé tous les 20 ans, aurait produit, avec l’intérêt simple de l’argent, une somme de 1 8,600 fr. , tandis que l’hectare ( 196 perches ) de taillis coupé tous les 25 ans, n’aurait rapporté qu’une somme’ de. 1 5,3 12 IL
- 3 0. 1100 33 >3
- 6 0 1100 1100 i 6 5 0
- 90 1100 3 8 5 0 5775
- 120 1100 10725 16087
- 1 5 0 r 1 o 0 27912 4i863
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- DE L’ART DU CHARPENTIER. 91 7 On yoit de meme que la soixantième année, où les deux coupes défaillis de 20 à 3o ans se renouvellent, les trois coupes, de 2 o ans auront produit par hectare 4200 francs, tandis que les deux coupes de 3o ans n’auront rapporté que 5 8 5 o fiv
- Si, au lieu de comparer à 60 ans les deux coupes de taillis? renouvelées tous les 20 et 3o ans, on les comparait à 120, on voit que les taillis de 20 ans auraient produit par hectare. 57,800 francs, en y comprenant l’intérêt simple de l’argent v. taiidis que le taillis de 3o ans n’aurait produit par hect. que, 27,912 fr.
- * Comparant ensemble les produits de 1 5 o années de taillis, de / 2 5 et 3 o ans , on voit que les coupes faites ont produit par hectare 79,1 17 fr. pour les taillis de 2 5 ans, et 70,876 fr.-pour les taillis de 3 o ans.
- Enfin, si l’on compare les produits de tous ces taillis , au bout de 3ôo ans, où les trois périodes se réunissent, on verra que les produits des taillis par hectare de
- 20 ans sont de 19,660,400 à-peu-près comme 197 *
- 25 10,402,169 104
- 3o 6,992,327 7°
- Si l’on eût réuni les intérêts des intérêts aux intérêts simples, la différence aurait encore été plus considérable; et si enfin l’on eût porté l’intérêt au taux où il est actuellement (an 10), la différence aurait été plus grande encore.
- Ce résultat , déduit des calculs faits sur les expériences des deux Duhamel, ne peut être rapporté qu’à leur observation; par-; tout où les valeurs de chaque coupe produiront des sommes; différentes 1, où l’intérêt de l’argent sera plus haut ou plus bas, les résultats seront différents.
- Nous n’avons présenté ici les produits comparés des taillis coupés à différentes années, en y comprenant l’inlérêt de l’argent, que
- ' " Ma ‘
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- 93 TRAITÉ GÉNÉRAL
- pour faire voir la différence qui existe entre ces résultats et ceux où l'intérêt n'est pas compris.
- En examinant les produits des taillis coupés tous les 20 , 2 5 ou 3 o ans , on voit que le rapport annuel augmente en raison du tems écoulé entre chaque coupe ; que plus les coupes sont éloignées , et plus les taillis produisent par année, tandis qu'en faisant entrer l'intérêt simple de l'argent à 5 pour 100, ce sont les coupes les moins éloignées qui produisent le plus grand bénéfice.
- L'exploitation en futaie se fait à l'époque où le bois est arrivé à son plus grand degré de croissance annuelle, celle où, en le laissant sur pied plus long-tems, il pourrait se corrompre , se détruire, et 11'étre plus propre ni à la charpente , ni à la marine.
- Rien, peut-être, n'est plus difficile h faire que l'estimation ou le produit d'un hectare (196 perches) de bois en futaie; aussi les cultivateurs qui ont écrit sur cet objet, ne nous ont-ils donné que des résultats vagues.
- Quoiqu'au premier apperçu , en suivant les séries des rapports des taillis , présentés par les deux Duhamel , il semble qu’en ne comprenant pas l'intérêt de l'argent, il y ait du bénéfice à couper les bois le plus tard possible ; il ne faudrait pas pousser trop loin cet apperçu, parce que l'augmentation des bois suit d’abord une loi croissante, puis une loi décroissante.
- Les bois, dans leur jeunesse , croissent en se pressant les uns les autres; mais lorsque l'espace qu'ils occupaient étant jeunes, devient trop petit pour la grosseur qu'ils ont acquise, les plus faibles sont étouffés par les autres, et meurent ; des maladies attaquent ceux qui restent, le cœur se pourrit par l'eau qui les pénètre, et peu-à-peu l'espace s'éclaircit, de manière qu’il ne reste plus dans une futaie qu'une partie des arbres qui auraient pu être coupés en taillis, et cette destruc-
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- DE L'ART DU CHARPENTIER. 93 tion diminue le produit total d’un hectare (196 perches) de bois, tandis que chaque arbre qui subsiste bien portant, augmente de volume.
- L’exploitation en futaie ne présente qu’un avantage, c’est de procurer des bois plus longs et plus droits que l’exploitation en taillis, dans laquelle , ainsi qu’on l’a vu page 1 5 , l’arbre cesse de croître en hauteur, pour augmenter plus considérablement en grosseur lorsque le taillis est coupé.
- Dans l’exploitation en taillis bas, tous les arbres sont abattus et coupés à rase-terre , afin qu’il puisse pousser sur le tronc, entre l’écorce et l’aubier, de nouveaux rejets qui procurent une nouvelle exploitation à une même époque ; mais comme les arbres sont généralement coupés et abattus avant qu’ils n’aient acquis le développement qu’ils peuvent atteindre , et que par cette méthode, plus profitable que celle en taillis, on détruit tous les gros bois nécessaires à la charpente des édifices et à la marine, on a été obligé de faire des lois qui obligent les propriétaires à conserver, dans les coupes, un nombre déterminé d’arbres de différents âges , sous le nom de baliveaux, et que l’on ne peut abattre qu’après un certain nombre de coupes. Un relevé du produit des taillis de chênes avec et sans baliveaux , fait avec soin, prouve que cette dernière méthode, c’est-à-dire l’exploitation avec des baliveaux, est beaucoup plus profitable que l’autre, l’exploitation sans baliveaux.
- Dans le mode d’exploitation des taillis avec baliveaux, il résulte un nouvel avantage pour la conservation des forêts ; les glands de chênes et les graines des arbres conservés tombent, germent, un grand nombre pousse après l’exploitation et facilite la reproduction de nouveaux arbres.
- Pour qu’un bois soit exploité en taillis , il faut, pour condition essentielle, qu’il puisse repousser des branches sur les troncs coupés ; ce sont ces pousses vives et ibrtes , sur de. vieux troncs,
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- 94 TRAITÉ GÉNÉRÂT ' "
- qui déterminent ’ le grand produit et le grand bénéfice du
- taillis.
- Lorsque l’on plante de jeunes arbres , les racines en petit nômbrè, et qui occupent peu d’espace , ne peuvent puiser dans la terre qu’une petite quantité de nourriture qui ne donne au ,bois qu’un accroissement faible et lent ; les arbres âgés ont des racines étendues pour les nourrir : en coupant le tronc toute la substance puisée par les racines est employée à fournir, aux rejets qui poussent autour du tronc , les substances qui leur sont nécessaires ; ils ont une nourriture abondante et saine qui les fait croître avec une grande rapidité.
- Dans les taillis fourrages par les bestiaux , par l’inattention des gardiens , l’insouciance ou la malveillance des habitants , les coupes sont considérablement retardées ; souvent il faut recouper lés tiges rongées : pour éviter cet inconvénient, on petit faire usage de l’exploitation à haute tige.
- L’exploitation des taillis à haute tige diffère de celle à basse tige , en ce que , dans la dernière , tous les bois abattus sont coupés à rase-terre , et que c’est autour de cette coupe basse que sortent les branches qui doivent repeupler les taillis. Dans la première , au contraire, les troncs sont coupés à deux mètres de hauteur environ , et c’est de cette élévation - que sortent les rejets qui procurent dans la suite de nouvelles coupes.
- On a des exemples de cette exploitation dans la coupe des tètes de saules plantés le long des ruisseaux, et meme dans l’ébranchage des arbres le long des1 chemins.
- On connaît un grand nombre de bois qui donnent des pousses vigoureuses en les coupant à rase-terre , mais on ignore encore quels sont ceux qui poussent aussi facilement en les coupant à deux mètres de hauteur.
- Des peupliers , des frênes , des ormes, des chênes , des châtaigniers, des mûriers cultivés, pour former des haies , ayant
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- DE L’AKT DtT GHARMNTIER. 0
- été coupés à la tété, ont produit des branches dont, les coiupea ont été très-avantageuses , et ont donné un très-grand bénéfice au cultivateur.
- Dans quelques vallées des Pyrénées , on exploite des taillis à haute tige avec beaucoup d’avantage. On en exploite encore dans les environs de Nantes , dans les ci-devant provinces de Poitou et de Bretagne.
- ; Cette manière d’exploiter, peu en usage encore, présente sur l’autre des avantages et des. inconvénients qu’il est bon dé faire connaître.
- : Dans l’exploitation, à haute tige, le produit annuel des bois est plus assuré , parce que les pousses sont préservées des ravages et des dégâts produits par les animaux sauvages ou- domestiques ; mais aussi la pourriture du tronc. , . par l’eau qui pénètre dans, son intérieur , à travers les coupures ou les déchirures des branches, diminue la surface le long de laquelle.arrive le suc nourricier , et les fragments, enlevés diminuent aussi, la. grosseur de la tête.
- Ce qui rend le produit de cette sorte de coupe moins avantageux que celui de l’autre , c’est le nombre de baliveaux réservés dans les taillis à basse tige , qui ne peuvent exister dans celle-ci. On peut, dans les premières coupes du taillis à haute tige , réserver de beaux brins pour les coupes suivantes ; mais aussi-tot qu’un tronc a été coupé de la tète , on ne doit plus espérer qu’il puisse devenir baliveau $ le nombre des gros bois diminuant chaque coupe , et n’ayant aucun moyen de les remplacer après un noinbre de coupes déterminées, il n’en reste plus, et si l’exploitation était continuée, on n’aurait plus de produit eh gros arbres.
- Les coupes en taillis bas permettent de conserver des brins, sur les troncs coupés , pour repeupler les baliveaux.
- ' Les taillis hauts ont encore un nouveau désavantage, c’esf
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- 96 traité générai;
- que les troncs vieillis et pourris hors de terrre doivent être renouvelles à des époques très-rapprochées, et que ce renouvellement doit être fait par semis et plantations , tandis que les troncs des taillis bas se conservent beaucoup plus long-tems et n’ont pas besoin d’un renouvellement si fréquent : de plus , si le taillis bas est soigné , le renouvellement peut s’en faire naturellement par les graines germées à chaque coupe.
- L’exploitation en taillis ne peut être employée que sur des bois qui repoussent sur leurs troncs, tels que le chêne et beaucoup d’autres ; mais ceux qui, comme les sapins, les sapinettes et la plupart des bois résineux, ne repoussent pas sur leurs troncs, ne peuvent être exploités en taillis , il faut absolument les exploiter en haute futaye.
- Il est encore des bois qui, par leur nature , font de mauvais combustible, et dont la croissance est tellement vive, forte et prompte, qu’il y aurait trop de désavantage à les exploiter en taillis, tels sont les peupliers et quelques autres bois blancs ; aussi est-il assez ordinaire de leur laisser prendre toute leur croissance pour les exploiter en futaye.
- §, I I.
- De Vexploitation en futaye.
- L’exploitation en futaye se fait ordinairement en coupe totale ; on n’emploie celle par éclairci que dans des circonstances particulières ou pour certaines espèces de bois.
- On appelle coupe totale l’abatis entier et absolu de tout le bois contenu dans la coupe.
- Lorsque les bois sont encore jeunes et qu’ils peuvent repousser, sur souches , après les coupes totales des futayes, on les exploite
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- t)e l’Art dü charpentier. 97
- ploite quelquefois, en taillis ; mais si les arbres sont vieux , il faut les déraciner pour resemer ou replanter de nouveaux bois.
- L'exploitation par éclairci consiste à couper successivement, les arbres d'une futaye, à mesure qu’ils donnent des indices de dépérissement.
- Ce mode d’exploitation a , sur la coupe totale, des avantages et des désavantages.
- Dans la coupe totale , l’obligation où l’on est d'attendre que la majorité des arbres soit arrrivée à leur plus grande croissance, en fait périr plusieurs de maladie et de pourriture avant qu'ils puissent être abattus ; dans la coupe en éclairci, au contraire, ces arbres auraient été abattus dès le moment qu’ils auraient donné des indices de maladies incurables.
- Lorsque l’on porte la hache dans les coupes totales , tout le bois est abattu à-la-fois , et l’on peut aussi-têt s'occuper de la reproduction ; dans les coupes en éclairci , les bois diminuent successivement, il faut attendre qu'il ne reste plus qu'un très-petit nombre d'arbres pour commencer à s'occuper de la reproduction.
- Les arbres restants dans les coupes en éclairci laissent toutes les années tomber des graines, qui, lorsqu’elles rencontrent des terrains fraîchement remués par le déracinement des arbres abattus, et qu'elles peuvent s’y enterrer, germent et donnent naissance à des arbres nouveaux qui peuvent repeupler la foret ; dans les coupes totales , la fermeté du terrain battu par les hommes et les animaux , l'ombre portée parles arbres abattus qui restent sur le terrain, empêchent les graines de germer , ou étouffent les jeunes tiges lorsqu’elles ont déjà un commencement de croissance.
- Dans les futayes , soit à coupe totale, soit à coupe en éclairci, les animaux sauvages. et domestiques fourragent l’herbe qui y croît ; lorsqu’ils rencontrent des jeunes pousses ils les mangent et les détruisent.
- Tome L
- N
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- 98 TRAITÉ GÉNÉRAL'
- Cependant, de même qu'il est parmi le^plantes herbacées des espèces que les animaux ne mangent point : de même il est, parmi les arbres, de jeunes pousses qui, leur étant désagréables, sont préservées de leur voracité.
- De cette comparaison dans les avantages et les désavantages des deux sortes de coupes , il résulte que le mode d’exploita-' tion doit dépendre de la nature des bois, de leur reproduction sur les troncs, ou par semence tombée sur les terrains fraîchement remués.
- On exploite en coupe totale les chênes , les peupliers , les ormes,, etc. et tous les arbres qui repoussent du pied et dont les animaux mangent les jeunes pousses et les semences.
- On exploite en éclairci Tes pins, sapins, cèdres, mélèzes et généralement tous les bois qui ne repoussent pas du pied, dont les graines ont besoin d'ombre pour germer,' et dont les jeunes plans ne sont pas habituellement attaqués par les animaux.
- Ne nous proposant pas de donner ici un traité d'exploitation générale des bois , et devant principalement nous renfermer dans ce qui concerne les bois de charpente , nous croyons ces préliminaires suffisants.
- Quel que soit le mode d'exploitation que l'on suive dans chaque lieu , nous ne considérerons ici que ce qui a rapport aux bois destinés à la charpente , soit qu'on les ait conservés comme baliveaux dans les taillis, soit que les bois aient été exploités en haute futaye, soit enfin que l’on ait abattu des arbres isolés on venus dans les haies qui séparent les héritages dans un grand nombre de pays.
- On peut , dans l'exploitation des bois de charpente, se proposer ces questions : i°. À quel âge il est avantageux d’abattre les arbres ; a9, à quelles époques de l’année ou de la lune on doit les couper ; 5°. s’il est avantageux d’écorcer les arbres sur pied avant de les abattre.
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- DE L’ART DU CHARPENTIER. 99 §. I I I.
- De l'age auquel on doit abattre les arbres^
- Chaque arbre a des rapports de croissance particuliers ; l’âge où il faut les couper ne doit pas être le même pour tous : l’expérience a appris qu’ils dépérissaient à des époques très-différentes. Le cèdre du Liban se conserve très-sain pendant un grand nombre d’années , tandis que le saule , le peuplier et plusieurs bois se détruisent, se pourrissent intérieurement à un âge un peu avancé.
- Si la question de l’âge , auquel les arbres doivent être abattus, n’est considérée que sous le rapport simple de l’intérêt du cultivateur , la solution à laquelle on arrive est celle-ci : l’arbre doit être abattu lorsque son augmentation annuelle cesse d’être assez grande pour qu’il y ait du bénéfice à le conserver : mais cette solution présente une nouvelle question ; c’est la détermination de l’époque à laquelle l’augmentation annuelle est arrivée au maximum du produit. J’ai essayé de résoudre cette question pour le bois de chêne, et j’ai cherché en conséquence à déterminer la loi d’augmentation de solidité d’un tronc de chêne jusqu’à 3oo ans de croissance.
- J’ai d’abord remarqué que, pendant les 6 o premières années, le tronc croissait en hauteur et en circonférence, qu’entre 6 o et 100 ans , l’arbre se couronnait et que. le tronc ne croissait plus qu’en circonférence. J’ai calculé l’augmentation annuelle de solidité depuis 1 o jusqu’à 3 o o ans, et j’ai décrit la loi que j’ai trouvée : cette loi est une moyenne prise sur 3 4 chênes crûs dans différents terrains, à différentes expositions et à différentes latitudes. J’ai rapporté à coté la croissance annuelle.
- N
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- TRAITÉ GÉNÉRAL
- Loi
- d*augmentation de solidité du chêne de io en 10 ans pendant 3 o o ans.
- AUGMENTATION DU DIAMÈTRE
- A N' N É E.
- T O T A Z E. Par Année.
- Millimètres cubes (i). Millimètres cubes.
- 20 220 3 1,5
- DO 55 2 l3,2
- 4o 5oo i4,8
- 5o 65o i5
- 6o 85 5 i8,5
- 70 io55 20
- 80 1267 25,2
- go 3470 20,3
- IOO 1647 3 7> 7
- 110 i852 20,5
- 12a 2022 17,0
- ï5o 2205 18,3
- i4o a3yo 1 16,5
- î5o 2Ôy2 20,2
- i6o> 280 5 25,3
- 17a 5o42 23,7
- 180 6282 24,0
- *9° 55oy 25,5
- 200. 364o 51,3
- 210 4i42 5o,2
- 220 4420 27,8
- s3o 46go £7
- 24a 4902 3i,5
- 25o 5og5 3 955
- 260 5260 16,5
- 27a 5455 i9>5
- 280 5625 37
- 290 5777 l5,2
- 5oo 5go5 12,8
- En comparant cette loi avec celle qui a été déduite des expériences des deux Duhamel * on remarquera qu elles ont des différences assez considérables.
- (1) Ces mesures n’ont pas été réduites parce qn’elles indiquent principalement des rapports.».
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- I O ï
- DE L’ART DU CHARPENTIER.
- Tableau compar é de ïaugmentation des chênes, déduit des observations des deux Duhamel et des miennes.
- AGE
- des Arbres.
- SOLIDITE DES ARBRES D’APRES
- les Duhamel en
- Hassenfratz en
- DIFFÉRENCES.
- 5o
- 60
- 9°
- 12 0
- décimètre cube.
- 2 O 5
- 3 08 10 2 5 igi5
- solives.
- 1 > 99 2>99 9? 97
- 8,62
- décimètre cube.’
- 6 5 o 855 1 47°
- 2022
- solives.
- 6,3 2 8,12
- 1 4,29
- 19,66
- décim. cube.
- 445
- 5 2 7
- 445
- 107
- solives.
- 4,35
- 5,i 3
- 4 f ^ 2 1,04
- On voit que les cubatures des arbres de 5 o et 6 o ans, dans les deux observations , diffèrent considérablement. La différence dans les arbres de 5 o ans est plus que triple , et dans celle de 6 o ans plus que double ; on voit encore que les cubatures des arbres de 120 ans , arrivent presqu’à légalité.
- Cette différence considérable provient , 1 0. de ce que les deux Duhamel n’ont considéré dans leur cubature que les bois équarris , tandis que j’ai comparé la solidité totale ; 20. que les bois , sur lesquels ils ont fait des observations , étaient des baliveaux de taillis de 20, 25 et 5 o ans , qui ont cessé de croître en hauteur à ces âges , et dont la croissance de 2 5 à 5 o ans et de' 3o à 60 ne s’est faite qu’en largeur. Les résultats que j’ai rapportés , provenant d’observations faites dans les futayes où les chênes ont continué de croître en hauteur jtisqua 5o et 60 ans, il entre nécessairement dans mes résultats un élément de plus ; c’est la croissance en hauteur de 2 5 à 5o ans et. de 3o ù 6 0.
- Cet élément contribue à augmenter considérablement la solidité jusqu’à l’âge de 60 à 80 ans ; après cet âge, les arbres en taillis et en futayes ne croissent plus qu’en largeur , les rapports de solidité se rapprochent et les différences sont moins sensibles*
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- ioa TRAITÉ GÉNÉRAL’
- Il résulte de cette comparaison un fait c^il est bon de ne pas négliger, c’est que dans les futayes les arbres de 5 o , 6 o , 8o , 90 ans , donnent constamment un plus grand produit en équarrissage que les baliveaux des taillis, et que jusqu’à 80 ans ils produisent généralement presque le double.
- Il suit.de la table de croissance du chêne, que j’ai déduite de mes observations, que, jusqu’à l’âge de 200 ans, cette espèce d’arbres croît en suivant une progression augmentée, c’est-à-dire que la croissance annuelle des 1 o premières années est moindre que celle de 10 à 20, celle-ci moindre que celle de 20 à 3o , et cela en augmentant chaque année jusqu’à 200 ans, après quoi il paraît que chaque année , jusqu’à 3oo , la croissance est un peu moindre.
- La croissance des arbres éprouve des variations par une multitude de causes ; il est difficile que la table déduite d’observations ne présente plusieurs anomalies, aussi voit-on que , de 110 à 140 ans, la croissance annuelle est moindre que celle des périodesqui précèdent et qui suivent.
- Puisque la croissance de l’arbre continue jusqu’à 300 ans, et que tout fait croire qu’elle continue encore passé cet âge , rien n’indique , d’après la loi de croissance , l’époque à laquelle il faut abattre les bois destinés à de gros équarrissages.
- Si le mètre cube de bois gros et petit avait une égale valeur , on pourrait déterminer, d’après la loi de croissance, l’époque où l’intérêt de l’argent d’une année est plus considérable que le produit de l’accroissement annuel, et conséquemment le moment où le bois doit être coupé. Le mètre cube ( 9 sol. 7 2 ) de bois équarri, a des valeurs très-variables , en raison des lieux : en le supposant de 40 francs , la pièce de bois de 1 5 o ans, produisant environ 2 5 o o millistères de bois ou 2 mètres 5 décim. (2 4 sol. 3 1 ) , vaudrait 9 o francs ; l’intérêt annuel à 5 pour 1 o o serait 4 fr* 5 o cent. L’accroissement annuel, de 14 o à 1 5 o ans, étant de 2 o millistères
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- t o 5
- DE L’ART DU CHARPENTIER.
- (i sol. 94) , et le. niillistère valant 41 centim. , il en résulterait que les 20 millistêres ( 1 sol. 94) ne produiraient que 80 centim. conséquemment un produit en valeur moindre de j de l’intérêt de l’argent, niais comme le mètre cube de bois augmente de valeur en raison de sa grosseur , il faut faire entrer cette augmentation dans le rapport du produit annuel : en se tenant toujours dans l’hypothèse d’une égale valeur pour le mètre cube d’équarrissage , et recherchant, d’après cette loi de croissance, l’augmentation de valeur annuelle du chêne , pour comparer cettee valeur à celle de l’intérêt de l’argent du bois déjà crû , on voit que l’époque où il faudrait couper serait justement celle où l'accroissement annuel serait au volume existant , comme l’intérêt de l’argent est au capital. Dans la supposition que l’argent vaille 5 pour 100, il faudrait couper à la vingtième année, où l’accroissement annuel n’est que d’environ un vingtième de son volume ; ce calcul conduirait donc à détruire tous les gros bois où à établir entr’eux une échelle de valeur, en raison de leur grosseur et de leur solidité, ce qui existe en quelque sorte entre les arbres de 20,2$, 3 o ans et ceux de 5 o et 60 ans, puisque les premiers ne sont employés qu’en bois de corde et les seconds en bois équarri, et que la proportion de valeur de l’un à l’autre, est à-peu-près pour le mètre cube, comme un est à trois , c’est-à-dire, que là où le mètre de bois à brûler vaut 3 francs, le mètre cube de chêne équarri vaut 9 fr. cette proportion, varie dans chaque pays ; dans quelques-uns elle est plus petite , et dans d’autres plus grande.
- Passé 5o à 60 ans, il parait que le rapport d’augmentation de valeur du bois d’équarrissage ne suit plus celui de l’intérêt de l’argent comparé à l’augmentation de volume ; c’est un vice qui peut conduire à la destruction des gros bois , si l’équilibre ne se rétablit.
- L’équilibre entre la croissance des arbres, l’augmentation an-
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- ’i o 4 TRAITÉ GÉNÉRAI:
- nuelle de volume , et la valeur des bois en raison de leur cuba-ture étant établi, on voit, par l’expérience, que les termes de la croissance des arbres étant très-éloignés , il faut partir d’un autre élément pour déterminer l’époque à laquelle ils doivent être abattus. ’
- On a vu à la page 7 o et suivantes, que plusieurs causes pouvaient contribuer à faire corrompre les bois pendant leur croissance j que les principales causes étaient les ouvertures faites sur le tronc par des branches rompues ; les déchirures occasionnées par le feu du ciel ou par des arbres en tombant ; l’enlèvement de l’écorce par le frottement des voitures ou la dent vorace de différents animaux ; les trous faits par des oiseaux ou des insectes ; parce que toutes ces ouvertures permettant aux eaux météoriques de pénétrer dans l’intérieur des arbres , ces eaux y séjournaient, dissolvaient des substances végétales , fermentaient et pourrissaient l’intérieur.
- Ces accidents pouvant arriver aux arbres dans tous les âges , les corruptions , les décompositions qui eii sont la suite doivent les attaquer dans tous les tems, les ronger et les rendre tellement défectueux , qu’ils ne puissent plus être employés en charpente ; c’est donc moins l’âge de l’arbre que l’on doit considérer , pour déterminer et fixer l’instant où il doit être abattu , que son état de santé ou de maladie.
- Tant que l’arbre se porte bien, on peut le laisser croître'; lorsque des accidents ou d’autres causes font craindre qu’il ne se corrompe, il faut l’abattre aussi-tôt.
- L’abatage des arbres, à mesure qu’ils se corrompent, peut se faire dans les coupes en éclairci ; mais lorsque les coupes totales sont plus avantageuses que celles en éclairci , il faut déterminer l’âge où il est le plus profitable de mettre les coupes à exécution.
- Il
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- DE LA.RT DU CHARPENTIER. io5
- Il est un âge qui est le plus avantageux pour chaque espèce de bois, mais cet âge varie en raison des terrains et de l'exposition : les chênes s’exploitent en coupe totale entre 60 et 200 ans , rarement, on les laisse vieillir davantage. Les bois blancs s’exploitent à des époques plus rapprochées, le peuplier se coupe en futaye entre 3 o et 4 ° ans > tous les autres arbres ont des époques qui leur sont particulières.
- L’époque où les futayes' doivent être coupées en masse est celle où une grande partie des arbres commence à se corrompre, ce que les forestiers appellent être en retour.
- Pour bien déterminer ce moment, c’est - à - dire , l’époque à laquelle les taillis en masse doivent être coupés, je vais transcrire l’article que les deux Duhamel ont publié sur cet objet, page i 3 3 du pré&iier volume , sur l’exploitation des bois.
- §. IV.
- 'Dès marques qui font connaître quun arbre entre en retour.
- k i °. Un arbre qui forme par ses branches de la cime une » tête arrondie , doit sûrement avoir peu de vigueur de quelque » grosseur qu’il soit, au contraire, quand les arbres sont vigou-» reux, on voit des branches qui s’élèvent beaucoup au-dessus » des arbres.
- » 2°. Quand un arbre se garnit de bonne heure de feuilles » au printems , et sur-tout quand, en automne , ces feuilles » jaunissent avant les autres , et que les feuilles du bas sont » alors' plus vertes que celles du haut, c’est une marque que » cet arbre a peu de vigueur.
- » 3°. Quancl un arbre se couronne, c’est-à-dire 3 quand il meurt » quelques branches du haut, c’est un signe infaillible que le bois » du centre commence à s’altérer, et que le bois est en retour.
- Tome L x O
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- i o6 TRAITÉ GÉNÉRAL
- » 4°. Quand l’écorce se détache du bois, ou qu'elle se sé-« pare de distance en distance par des gerçures qui se font en » travers , on peut être certain que l’arbre est dans un état- de » dégradation considérable.
- » 5°. Quand l’écorce est beaucoup chargée de mousse, de » lichen, d’agaric ou de champignons, ou quand elle est marquée » de taches noires ou rousses, ce signe de grande altération dans » l’écorce, doit faire soupçonner qu’elle n’est pas moins dans » le bois.
- » 6°. Quand les jets sont très-courts, et même que les » couches de l’aubier sont minces, ainsi que les couches ligneuses ». qui se sont formées en dernier lieu > on peut être certain que » les arbres ne font plus que de faibles productions.
- » 70. Quand on apperçoit des écoulements de sève par les » gerçures de l’écorce, c’est un signe qui indique que les arbres « mourront dans peu ; à l’égard des chancres et des gouttières , » ces défauts , quelque fâcheux qu’ils soient dans les arbres ,
- » peuvent être produits par quelques vices locaux, et ils ne sont » pas toujours des suites de leur vieillesse ».
- §. v.
- De Tépoque de Tannée. à laquelle on doit abattre les bois de chêne.
- Les forestiers , cultivateurs , marchands et exploiteurs de bois sont dans l’habitude de l’abattre en hiver dans les mois de brumaire , frimaire et nivôse, en prenant la précaution de ne couper dans ces mois, que depuis le quatorzième jour de la lune jusqu’au deuxième de la nouvelle , et d’arrêter les coupes dans les plus, fortes gelées, par la difficulté que présente le travail lorsque le froid est trop considérable.
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- DE L’ART DU CHARPENTIER. it>7
- Des expériences faites par lès deux Duhamel leur ont appris que les bois pouvaient être coupés dans tous les mois de l’année, et que le mois de la coupe n’avait aucune influence sur la conservation des bois; ils ont observé dë plus que le bois coupé en été se séchait plus facilement que celui que l’on coupait en hiver, et qu’il était moins sujet à se pourrir dans les chantiers.
- Lorsque le tronc de l’arbre doit être conservé , il faut éviter de couper le bois à l’époque où la sève commence à sortir et où le froid peut la geler, parce que cet accident diminue la pousse du tronc ; il faut que la coupe se fasse à une époque' telle que le mouvement prochain de la sève facilite la sortie des premières branches.
- Les deux Duhamel se sont encore assurés que l’époque de la lune, à laquelle le bois était coupé, n’influait en rien sur sa conservation ; ils ont fait couper des bois à toutes les époques, les ont conservés dans des situations analogues, et n’ont apperçu aucune différence entr’eux.
- Malgré ces observations bien constatées , les forestiers , les marchands, les cultivateurs et les exploiteurs n’en continuent pas moins à exiger que les bois soient, coupés dans les époques qu’ils ont adoptées.
- Quoique la coupe des bois en été ait paru aux deux Duhamel être plus avantageuse que celle qui se fait en hiver , la distribution des travaux de la campagne empêchera toujours qüe l’on ne puisse adopter cette pratique , et déterminera encore à préférer l’ancienne.
- Le printems, l’été, l’automne, les habitans de la campagne sont occupés à labourer, semer , récolter ; l’hiver est pour eux un tems mort qu’ils n’ont pas encore appris à employer avec avantage à l’amélioration de leurs terres ; on peut donc, à cette époque , jouir de tous les bras inoccupés et les employer à l’exploitation des b ois.
- O s .
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- i o8 TRAITÉ GÉNÉRAL
- Le téms disponible n’ayant qu’une durée très-courte > \prés laquelle le cultivateurs sont obligés de reprendre les travaux des champs , il est nécessaire d’employer ce tems de manière à terminer tout ce qui est relatif à l’exploitation , avant le renouvellement des travaux des champs. Ce travail , relatif à l’exploitation , consiste à abattre, é brancher , faire les fagots, couper et fendre le bois à brûler et à charbonner , équarrir les bois de charpente, scier les planches et préparer les autres bois employés dans les arts.
- L’équarrissage , le sciage, le charbonnage, la préparation des bois pour les arts se font par des ouvriers particuliers, qui , très-souvent, sont occupés toute l’année à ce travail ; l’abattage, le fagotage, le sciage , la refente, le cordage des bois à brûler,. peuvent se faire par es habitants de la campagne ; ces derniers travaux exigent des tems différents •, il faut que le cultivateur les divise de manière que , commençant à abattre à une époque, tout soit fini à la reprise de la culture ; en conséquence , l’abattage doit être terminé dans une espace de tems que l’expérience a indiquée être compris dans les mois de brumaire x frimaire et nivôse.
- Il suit de ces considérations que, par rapport au bois abattu, l’époque de l’abattage est indifférente , et que les raisons indiquées par les hommes routiniers ne doivent influer en rien ; mais que la distribution des travaux de la campagne, l’économie dans la main-d’œuvre exigent que l’abattage se fasse à des époques particulières que l’on peut faire varier avec la dépense que ce travail nécessite.
- S- v I.
- De Vè cor cernent des ambres.
- Vitruve et quelques auteurs citent, comme un moyen d’augmeiir
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- DË L’A U T DU CHARËE^ÏIER. tog
- ter la forcé et la solidité des bois , de leur faire perdre la sève avant de les couper ; on a fait sans succès des expériences d’après l’indication de Vitruve.
- Dans quelques forêts d’Allemagne et particulièrement dans celles du département des Vosges, des départements haut et bas Rhin , on était dans l’habitude d’écorcer les arbres dans toute leur longueur une année avant de les abattre ; les deux Duhamel et' Buffon ont fait des expériences pour s’assurer de l’avantage ou du désavantage de cette méthode, et ils ont trouvé en effet que le bois qui avait été ainsi écorcé, avait augmenté de densité et de force et que cette augmentation avait principalement son effet dans l’aubier. Depuis, des expériences ont été faites avec le même succès en Angleterre et en Russie.
- La croissance de l’arbre se fait entre l’aubier et l’écorce, l’aubier est la réunion des couches formées dans les dernières années de croissance, et qui ne sont pas encore passées à l’état de bois parfait; c’est un cylindre creux A, B, fig. iere, planche 8 , qui entoure l’arbre, et qui n’a encore ni la solidité ni la dureté du bois qu’il recouvre.
- Le nombre de couches qui forment cette couronne ou ce cylindre creüx, varient dans chaque arbre ; on distingue l’aubier dans le chêne par sa couleur qui est blanche , celui du buis par sa couleur jaunâtre ; dans quelques arbres l’aubier est formé de 5 à 6 couches, dans d’autres de i 5 à 2 o , le nombre de couches qui composent l’aubier est souvent inégal dans un même arbre. On observe quelquefois 12 couches d’aubier d’un cêté et 1 5 à 18 du côté opposé.
- Les arbres augmentent chaque année d’une couche d’aubier, cette couche se forme entre l’écorce et l’aubier ancien, elle se pose, s’unit , adhère à la couche de l’année précédente.
- Il est difficile d’assurer si chaque année il passe une couche d’aubier à l’état de bois, tout semble le faire croire.
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- no; TRAITÉ GÉNÉRAL
- L’aubier, qui est un bois imparfait , a une grande tendance-à se pourrir lorsqu’il reste en contact avec le bois ; c’est là que la corruption commence, et de ce point elle gagne promptement le centre de l’arbre.
- La tendance de l’aubier à la corruption, l’influence que cette corruption a sur le bois , la pourriture qui en résulte et que; produit l’attouchement de l’aubier corrompu au bois , ont déterminé les acheteurs à exiger que tout l’aubier fût séparé du bois? équarri, quelque diminution, souvent considérable , qui en résultât dans la grosseur du bois.
- Lorsqu’un arbre est écorcé, les sucs nourriciers puisés par les racines, et qui devaient former la couche nouvelle entre l’aubier et l’écorce, ne pouvant plus être employés à cet objet, passent dans l’aubier, s’y épurent, y déposent la matière propre à former le bois , améliorent l’aubier, le perfectionnent et lui donnent en peu de tems la qualité de bois parfait.
- Si l’arbre , après l’année d’écorcement, eût été abattu sans avoir été écorcé, il aurait eu une couche de bois de plus , mais aussi , il lui serait resté 8 à i 8 couches d’aubier à retrancher comme inutiles et comme cornipdues.
- En écorçant l’arbre une année auparavant, on perd une couché d’aubier , mais on gagne la solidification des couches de l’aubier existantes qui peuvent rester et faire partie de l’équarrissage, d’ou il suit que l’écorcement augmente le produit ou la cubature de l’arbre équarri.
- Quelques cultivateurs ont voulu ajouter aux avantages de l’é-corcement celui de la valeur de l’écorce pour la fabrication du tan. Cette valeur est illusoire pour l’ancien mode de tanner.
- L’écoree des vieux arbres produit beaucoup moins de tannin que celle des bois de i5 à 5o ans, et comme c’est le tan en nature que l’on emploie dans la plupart des tanneries , qu’il faut transporter le mauvais tan comme le bon , que le pri x
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- DE L’ART DU CHARPENTIER. tu du transport et celui delà pulvérisation est le même quelle que soit la bonté de l’écorce; il s’ensuit que les tanneurs donneront toujours la préférence à l’écorce des jeunes chênes et qu’ils n’emploieront celle des viéux que lorsqu’il y aura trop de difficulté pour s’en procurer d’autres.
- Mais comme dans la nouvelle méthode de tanner, par immersiop dans le tannin, on peut obtenir directement dans les forêts , au milieu même de l’exploitation , le tannin ou l’infusion d’écorce de chêne, dans le plus haut degré de concentration , quelle que soit la nature de l’écorce ; cette écorce étant indifférente à la bonté du tannin, soit quelle sorte du tronc d’un vieux ou d’un jeune chêne, il en résulte que l’écorcement, sous le rapport de l’emploi de l’écorce , n’aurait d’avantage qu’autant que le tannage par im-. mersion serait adopté.
- L’écorcement, malgré ces avantages , a deux défauts essentiels qui retardent et retarderont encore long-tems son usage dans un grand nombre d’exploitations ; le premier, c’est que l’arbre meurt ordinairement après l’écorcement et que le tronc ne produit plus de nouvelles tiges ; la mort de l’arbre empêchant les pousses nouvelles sur le tronc , détruirait le système des coupes en taillis qui est fondé sur la prompte reproduction de la pousse nouvelle sur le tronc: le second, c’est que, d’après les expériences faites en 1768, par le comte de Gallowin, amiral russe, le bois écorce ne peut plus être aussi facilement plié , courbé par les moyens ordinaires que celui qui est coupé sans être écorcé.
- Ainsi, tout en obtenant un bois plus fort, plus gros, plus dense , par l’écorcement , l’inconvénient de faire périr l’arbre et celui de faire perdre de l’élasticité au bois, seront long-tems des obstacles à l’introduction de cette méthode.
- L’écorcement sur pied présente encore quelques avantages qu’il est bon de faire connaître. Le premier, c’est que, -quelque soin
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- TRAITÉ GÉNÉRAI;
- que le vendeur et Facheteur mettent à n’avoir point d’aubier dans les bois équarris, il est difficile qu’ils y parviennent. L’intérêt des ouvriers, d’une part, qui sont payés en raison de l’équarrissage , e,t qui équarrissent d’autant plus qu’ils ont moins de bois à enlever ; la courbure des arbres , d’autre part, qui obligerait dans un grand nombre de circonstances à réduire les bois à de trop petites dimensions, sont des obstacles que l’on vaincra difficilement, sans en faire naître de plus grands.
- L’aubier des bois non écorcés donnant au bois une plus grande tendance à la pourriture que celui des bois écorcés , il en résulte que , si l’on admettait la pratique de l’écorcement, on augmenterait généralement la durée dés bois.
- Le bois non écorcé doit être tenu long-teins à l’air, et avoir éprouvé une grande dessication avant d’étre employé , tandis que les arbres écorcés peuvent être travaillés et posés immédiatement après l’abattage.
- Entre plusieurs exemples , je ne citerai que celui qui m’a été communiqué par mon confrère Gillet, membre du conseil des mines.
- Laboullay , intendant des mines, fit enlever au printems une couronne d’écorce au pied d’un grand nombre de chênes ; il fit en même tems percer à chacun un trou de tarrière qui pénétrait jusqu’au centre de chaque arbre ; après trois mois d’existence dans cet état, les arbres furent abattus , équarris et employés ; 2 o ans après , leur bois ne donnait encore aucun signe d’altération.
- Cette observation, tout en prouvant l’avantage de l’écorcement des arbres pour la conservation du bois , fait voir encore qu’il n’est pas nécessaire d’ôter entièrement leur écorce, que* l’enlèvement d’une couronne au pied de l’arbre et le percement d’un trou de tarrière dorment un résultat aussi efficace, et peut-être même accélèrent la dessication.
- S- VIL
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- DE L’ART DU CHARPENTIER:. n3 §• VII.
- D,e Vabatage des arbres.
- Il y a quatre manières d’abattre les arbres : i°. les scier par le pied ; 2°. les entailler avec une coignée et les faire tomber; 3°. couper les racines qui les tiennent à la terre et les enlever en les faisant pivoter ; 4°- les déraciner.
- De ces quatre manières la première n’est pas pratiquable f parce que le poids de l’arbre , faisant effort sur la scie , la comprime dans son mouvement , occasionne un frottement qui fatigue les ouvriers , les arrête souvent, échauffe le bois et fait périr le tronc. Il serait possible cependant de remédier à cet inconvénient, en plaçant un coin de bois dans le trait de scie commencé.
- Si cette méthode pouvait être employée , il en résulterait une plus grande longueur de tronc , ce qui augmenterait la valeur de l’arbre.
- La seconde méthode est la plus généralement en usage ; c’est la plus commode , la plus facile et la moins coûteuse.
- La troisième produit une longueur de tronc plus considérable.
- La quatrième n’est pratiquée que dans les terrains que Ion veut défricher ou replanter, dans ceux que l’on exploite par éclairci , et où l’on ne veut pas obtenir de nouveaux_rejets. Cette méthode coûte douze fois davantage que la seconde ,-mais aussi l’arbre en est augmenté de tout ce que l’entaille fait perdre , et l’on peut profiter de la grosseur du tronc dans les racines pour des constructions où les bois doivent avoir une tête plus grosse que le corps , comme dans les vis, les arbres de moulins, les jumelles des pressoirs et beaucoup d’autres objets.
- Pour abattre les arbres parla seconde méthode, le bûcheron Tome /. P
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- i.4 TRAITÉ GÉNÉRAL
- examine la position de l’arbre , le côté où il a une plus grande tendance à tomber, soit d’après l’inclinaison du tronc , soit d’après l’inégale répartition des branches ; il observe ensuite la situation des arbres environnants, afin d’éviter qu’ils ne soient gâtés par la chûte de celui qu’il coupe.
- , A la suite de cet examen , le bûcheron détermine la direction dans laquelle il se propose de faire tomber l’arbre qu’il abat.
- Soit AB, iig. a , planche 8 , la direction de la chûte de l’arbre ; avec une coignée C le bûcheron fait une entaille E au pied , il la continue par delà le cœur , afin de déterminer la pente du coté de la plus profonde entaille, et empêcher qu’en tombant il ne sorte de l’arbre un éclat d’un mètre à i 5 décimètres de long , appelé lardoir, fig. 3 ; éclat qui contribue au dépérissement du pied, sans augmenter la valeur de l’arbre abattu.
- Il fait ensuite une entaille de l’autre côté, fig. 4 > d la creuse jusqu’à ce qu’elle rejoigne la première, et par le moyen de cordes D attachées au haut du tronc, il l’incline, rompt le peu de bois qui le retient et l’arbre tombe.
- On doit éviter de faire tomber l’arbre sur des branches grosses et susceptibles d’équarrissage dans la crainte de les briser par le choc qu’elles éprouvent.
- Si la position de l’arbre à abattre et la situation des arbres environnants exigeaient que la chûte se fît du côté d’une de ces branches, il vaudrait mieux la détacher séparément et la faire tomber avant de couper l’arbre ; par ce moyen, on la préserverait et on la conserverait entière.
- On doit toujours couper l’arbre le plus près de terre que l’on peut, afin d’obtenir la plus grande longueur de tronc , et favoriser la pousse des arbres qui doivent, sur la meme souche, remplacer ceux que l’on a abattus.
- Lorsque l’arbre a été coupé rase-terre , les branches qui poussent sur les faces latérales du tronc, fig. 5 , semblent sortir
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- DE L’ART DU CHARPENTIER. n5 de terre, et lorsqu’à une nouvelle coupe ces branches sont droites , vigoureuses et propres à être conservées comme baliveaux , elles paraissent former des pieds distincts et peuvent par la suite être exploitées sans perte, fà-peu-près comme des bois plantés ou provenants de graines.
- Cet avantage oblige de faire receper tous les arbres qui , dans les taillis bas , ont été coupés à une trop grande hauteur, fig. 8 , soit par la maladresse des ouvriers , soit par toute autre cause, et conséquemment à multiplier les frais.
- Deux causes déterminent souvent ceux qui abattent les arbres, à les couper à une très-grande hauteur ; la première, la fatigue qu’éprouve le bûcheron lorsqu’il est obligé de se courber pour couper à rase-terre ; la seconde , la défectuosité que le tronc présente prés des racines dans plusieurs espèces de bois.
- Lorsque, dans les montagnes, on exploite des pins et des sapins , pour être refendus en planches , on est souvent obligé de séparer du tronc une longueur de plusieurs mètres, à partir de la racine , parce que, dans cet espace, les fibres du bois sont moins droites, et que conséquemment les planches que l’on en obtient sont moins belles. Pour éviter le travail que cette séparation exige , pour économiser les frais de transport de ces troncs, souvent on coupe les sapins à 2 et 3 mètres (6 ou 9 pieds) de hauteur. J’ai été à même de voir, dans une de mes tournées des Vosges, en l’an 9 , une immense forêt nationale , près de Gé-rarmé, dans laquelle presque tous les sapins avaient été coupés à cette hauteur , et dont les troncs, pourris sur leurs pieds, présentaient l’image d’une affreuse dégradation.
- Il faut, en abattant les arbres, éviter de former au milieu du tronc un creux dans lequel l’eau puisse séjourner ; car delà elle pénétrerait dans la souche , fermenterait, pourrirait l’arbre et détruirait toute l’espérance d’une nouvelle pousse.
- On est dans l’habitude de couper l’arbre, de manière que la
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- coupe de la souche forme une gouttière, fig. 7 , dans laquelle leau s’écoule et ne séjourne pas sur le tronc.
- . On pourrait encore couper l’arbre en bâte ou en arrête, fig. 8 , par ce moyen , l’eau s’écoulerait avec facilité et ne séjournerait jamais sur le tronc ; mais la difficulté d’exécuter cette sorte de çoupe , de faire l’entaille en donnant des coups de coignée de bas en haut, fig. g, ou la nécessité de retoucher au tronc, après avoir abattu l’arbre, détermine à n’employer que la première sorte de coupe.
- Lorsque les bois sont trop vieux pour que la souche présente l’espoir d’une nouvelle pousse ; que l’on ne veut pas déraciner l’arbre à cause des dépenses que ce travail occasionne , ou que le bois que l’on exploite pousse bien de l’extrémité de quelques grosses racines restées en terre comme dans le peuplier, on a l’habitude de faire pivoter les arbres.
- Pivoter un arbre, c’est couper ses grosses racines, les séparer du tronc, relever un peu la terre qui l’entoure , couper ensuite toutes les petites racines qui unissent l’arbre et le retiennent, de manière que , ne tenant plus que par un seul pivot, 011 puisse, à l’aide de quelques leviers ou de crics, soulever l’arbre, l’arracher et l’abattre, fig. 1 1.
- L’arbre ainsi renversé est souvent augmenté de 5 à 10 décim. de longueur, et peut, à cause du tronc, servir aux mêmes usages que les bois déracinés ; l’augmentation de dépense pour ces sortes d’abatages n’est que de moitié en sus, ou du double au plus du prix de l’abatage ordinaire et l’on gagne une longueur de bois qui vaut quelquefois douze à dix-huit fois l’augmentation de dépense.
- Cette méthode, très-avantageuse pour les bois qui poussent sur les grosses racines comme le peuplier, l’orme, serait préjudiciable, aux propriétaires si elle était employée sur des bois qui repoussent sur les troncs et non sur les grosses racines.
- Les arbres qui poussent sur leurs racines donnent aux pro-
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- DE L'ART DU CHARPENTIER. n7 priétaires des terrains, un produit plus considérable lorsqu’ils sont coupés en pivotant, que lorsqu’ils sont coupés sur le tronc, parce que, par cette dernière coupe, l’espace coupé par les rejets n’est que la circonférence de l’arbre abattu , fig. 5 , tandis que celui qu’occupent les rejets sur les coupes en pivotant est tout celui qui est contenu entre les racines , fig. 6.
- Le nombre de baliveaux, conservés après les coupes suivantes, peut être aussi plus considérable sur les coupes en pivotant que sur les autres. Sur chaque portion de racine s’élève une couronne de jets, fig. 6. Il y a donc autant de couronnes que de racines laissées: tandis que sur les troncs , fig. 5 , on-n’en obtient qu’une seule. Chaque couronne est susceptible de produire un baliveau, ainsi non-seulement il peut y en avoir davantage sur les coupes en pivotant que sur les coupes sur troncs, mais encore il y a plus de choix dans les baliveaux. ;
- Quoique les dépenses de la coupe en pivotant soiênt moindres que celles que l’on est obligé de faire lorsque l’on veut arracher les arbres ; que cette coupe produise la meme quantité de bois,' et quelle soit plus favorable à la reproduction du bois qui pousse sur les. racines, il est cependant des circonstances où l’on doit déraciner ; ce sont celles où le terrain étant destiné à une nouvelle culture , les racines gêneraient le travail , ou bien lorsqu’on doit replanter ou semer sur la coupe, parce qu’alors les racines seraient un obstacle à la reproduction; enfin, pour les coupes par éclairci dans lesquelles des semences doivent germer sur remplacement des arbres arrachés, il faut ameublir le terrain et retirer les troncs.
- Les ouvriers, qui abattent les arbres, se servent de cordages pour les maintenir pendant qu’ils les coupent, et pour les tirer Ct déterminer la direction de leur chûte. Lorsque les arbres sont déracinés ou coupés en pivotant, ils sont obligés d’employer en outre des leviers pour les soulever et rompre les petites racines
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- qui les retiennent encore. Dans un grand nombre de circonstances , on fait usage de machines particulières pour suppléer au nombre d’hommes qu’on est obligé d’employer avec les cordes ou les leviers simples.
- Quoique l’on puisse retenir par des cordages les arbres que l’on abat, quelquefois on les remplace par une espèce de cric, fig. i 2. Il est composé de deux leviers A, B que l’on alonge en les faisant glisser l’un sur l’autre par une roue dentée C , qui tourne dans le support B et s’engraine dans une crémaillère formée dans le levier A. Une grande roue R, fixée sur l’axe de la roue C, le fait mouvoir.
- Pour arracher les racines, on se sert du levier , fig. 1 3 , à l’extrémité duquel est un crochet suspendu par une chaîne ; plusieurs hommes font effort à son extrémité, fig. 1 4., et arrachent , par leur poids et par des secousses multipliées, les racines qui retiennent la souche.
- La figure 1 5 représente un cric : les chaînes qui pendent de la partie supérieure passent sous les racines que l’on veut arracher.
- Lorsque les racines à arracher tiennent avec une telle force que les machines précédentes ne peuvent vaincre leur résistance avec le peu d’hommes occupés à abattre , on peut faire usage de la machine, fig. 1 6 : A, B est un fort levier , la racine à rompre est attachée, par des cordages ou par une chaîne , à une de ses extrémités ; l’autre pose sur un second levier D, F qui a deux points d’appui C, S ; en soulevant le bout D l’effort se fait sur le point d’appui S ; on peut remonter la cheville C d’un ou deux trous ; soulevant ensuite le bout F , l’effort se fait sur le point d’appui G, et la cheville S -peut de meme être remontée : par ce moyen on remonte successivement les points d’appui du levier D, F, et conséquemment on élève le bout B du levier A, B qui, à chaque élévation, soulève la racine sur laquelle les corde^ ou la chaîne font effort.
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- Ce double levier est tel qu’un seul homme peut produire un effort considérable et continué ; mais cet effort est toujours produit aux dépens du tems quil emploie.
- On peut encore* employer l’action de la poudre pour soulever les souches en plaçant, fig. 1 7 , un mortier de fonte A sous la souche , l’affermissant sur sa base par une plaque de fonte , chargeant le mortier, le couvrant et le forçant contre le tronc avec un coin, allumant la mèche M qui doit embraser la poudre ; celle-ci brûle, l’explosion a lieu et le tronc est chassé avec un effort considérable.
- Telles sont à-peu-près les machines que les bûcherons em-ployent quelquefois pour déraciner les arbres et les troncs qui nuisent à la culture des terres ou à la replantation des bois.
- S- VIII.
- De Véquarrissage des arbres.
- Equarrir c’est enlever aux arbres une portion de leur surface telle qu’après ce travail, les bois aient quatre faces d’équerre ou perdendicülaires entr’elles, et que l’arbre devienne quarré au lieu de rond qu’il était auparavant.
- Avant d’équarrir , il faut scier le tronc de la longueur que l’équarrissage peut porter , et couper les branches qui se trouvent dans cette longueur.
- Originairement les charpentiers équarrissaient eux-mémes les bois qu’ils devaient employer. Dans quelques petites communes les charpentiers sont encore chargés de ce travail ; mais dans les exploitations en grand, ce sont les bûcherons ou les équarrisseurs qui préparent ainsi le bois pour le livrer au commerce.
- L’art d’équarrir le bois exige peu de connaissance , mais une grande habitude de cette sorte de travail pénible et fatigant y
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- ce qui fait qu’il est économique défaire équarrir par des hommes qui exercent constamment ce métier.
- On peut équarrir les bois par deux procédés : à la coignée, à la manière des bûcherons et des équarrisseurs ; et à la scie à refendre, à la manière des scieurs de long.
- ' De ces deux méthodes, la première est la plus généralement employée , parce qu’elle est moins chère et plus expéditive ; cependant la seconde méthode .présente plus de bénéfice dans un grand nombre de circonstances.
- En équarrissant les bois à la coignée , le prix moyen du bois de chêne cette année (l’an 7 de la république) est d’un franc pour une surface de 480 décimètres quarrés(45 pieds quar. 48), ou pour une pièce de 6 mètres de long ( 1 8 pieds 47) sur deux décimètres de coté (8 8 lig. 66), ou d’environ 21 centimes par mètre quarré de surface (g pieds quar. 48)» Mais le bois enlevé est réduit en copeaux, il ne peut servir que pour le chauffage et se vend à très-bas prix.
- L’équarrissage à la scie de long coûte de 1 fr. 7 o c. à 2 fr. pour une pièce de mêmes dimensions, mais on retire des cètés 4 ilaches de 5 mètres (i5 p. 5g) de long et de 2 décimètres (8 8 lig. 66) de large qui ont une valeur telle que , dans beaucoup de circonstances , elle est beaucoup plus considérable que l’excédent du prix.
- Pour qu’une pièce de bois puisse être équarrie à la scie de long avec avantage, il faut que le tronc de l’arbre soit droit, afin que la flàche retirée , par ce moyen, puisse avoir une valeur susceptible d’indemniser de l’excédent de la dépense.
- C’est de la: , valeur de la Hache obtenue que. dépend le mode d’équarrissage que l’on doit employer , sur-tout lorsque le bois est refendu à bras d’homme, car nous verrons par la suite qu’il est des moyens de refendre le bois à la scie d’une manière beaucoup plus économique que par l’équarrissage ordinaire.
- Si
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- DE L'ART DU CHARPENTIER. iâi.
- Si l'arbre, fig. 12, a i5j centim. de tour (57 poùces 99), 5o centim. de diamètre (18 pouces 47), il aura: 5 5 centim. de côté (12 pouces 92) après avoir été équarri , et la flâche aura-7 centim. d’épaisseur (2 pouces 59) dans son milieu, elle sera en conséquence susceptible de former deux chevrons.
- Si l’arbre, lige i3, a 126 centim. de tour (44 pouces 32), 40 centim. de diamètre (14 pouces 78)* il portera 28 centim. d’équarrissage (10 pouces 54), et la flâche séparée aura 2 8 centim. (10 pouces 34) de large sur 6 centim. d'épaisseur (2 pouces 22) dans son milieu. Si l'on enlevait avec la coignée une épaisseur de 2 centim. (8 lig. 87) à l'extérieur, on aurait une planche de 28 centim. de large (10 pouces 54) d'un côté, 18 centim. de large (6 pouces 65) de l'autre, et de 4 centim. d’épaisseur (17 lig. 73).
- Si l’arbre, fig. 14, avait 9 4 centim. de tour (34 pouces 72), 5o centim. de diamètre (i i pouces 6 8), il porterait 2 1 centim. d'équarrissage (7 pouces 76), la flâche obtenue aurait 2 1 centim. de large ( 7 pouces 76) sur 5 Centim. et demi d'épaisseur (24 lig* 38) dans son milieu ; elle pourrait faire une belle planche en la réduisant à 3 centim. d'épaisseur (1 1 lig. 08).
- Si l'arbre, fig. 1 5 , avait 6 3 centim. de tour (2 3 pouces 26), 20 centim. de diamètre (7 pouces 3 g), il porterait 14 centim. d’équarrissage (5 pouces 17), la flâche aurait 14 centim. de large (5 pouc<|p 17) sur 5 centim. d'épaisseur (1 3 lig. 3 o); elle ferait encore une planche moyenne en la réduisant à 1 7 miflim. d'épaisseur ( 5 lig. 5 3). -
- Si l'arbre, flg. 16, avait 47 centim. de tour (17 pouces 3j), 1 5 centim. de diamètre {5 pouces 54), il porterait 10 centim. d'équarrissage (5 pouces 69), la flâche aurait 1 o centim. de large (3 pouces 69) sur 2 centim* d'épaisseur (8 ,lig. 87) dans son milieu.
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- Enfin, si l’arbre, fig. 17 , avait 5 1 centim. et demi de tour (r 1 pouces 64), 10 centim. de diamètre ( 3 pouces 69), il porterait 7 centim. d équarrissage (2 pouces 59), et la flâche obtenue aurait 7 centim. de large (2 pouces 59) sur un centim. et demi d’épaisseur (6 lig. 65) dans son milieu, flâche trop faible pour pouvoir être employée.
- On voit, d’après ces exemples, combien les flâches diffèrent en raison de la grosseur du bois que l’on équarrit ; combien même leur \jatilité , et conséquemment les prix qui en dépendent, doivent varier ; il 11’est donc pas indifférent de faire équarrir à la coignée ou à la scie à refendre mue par des hommes. Ce qui déterminera dans chaque pays le mode que l’on suivra , sera 1 0. la grosseur de l’arbre, 20. la beauté delà flâche obtenue, 5°. la valeur de cette flâche dans le pays, 4°* la différence du prix entre l’équarrissage à la coignée et. l’équarrissage à la scie de long. Par-tout où la différence des prix des deux équarrissages sera moindre que la valeur de la flâche obtenue , il faudra préférer l’équarrissage à la scie j par-tout où la différence des deux équar-^ rivages sera plus grande que la valeur de la flâche obtenue , il faudra préférer l’équarrissage à la coignée j car, dans ce cas / on a les copeaux qui ont une valeur ; quelque petite qu’elle soit, elle présente encore un nouveau bénéfice.
- Pour calculer quelles sont les dimensions des flâches que l’on obtiendra d’une pièce de bois , dont on connaît la circonférence, il faut d’abord multiplier la circonférence par et diviser le produit par 2 2 , on aura par ce moyen le diamètre de l’arbre ; prenant la moitié du diamètre, on aura le rayon ; multipliant le rayon par lui-même on aura le quarré du rayon $ doublant cette somme , et prenant la racine quarrée , on aura la largeur de l’équarrissage ; prenant la moitié de cette largeur , et retranchant Cette moitié de la grandeur du rayon, on aura L’épaisseur de la flâche.
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- Si, par exemple, la circonférence avait 220 centimètres ( 1 ) multipliés par 7 c’est 1 5 4 o, divisés par 2 2 c’est 70, ainsi le diamètre est de 70 centim.. dont la moitié , qui est 35, est la grandeur du rayon. 3 5 multiplié par 3 5 donne 1225, le double est 2 45o , la racine quarréè de ce nombre est 49 » ainsi la pièce porterait 49 centim.. d’équarrissage. La moitié de 49 est 2 4*5 qui , retranchée de 3 5 , donne pour différence 10,5, d’où il suit que la flâche aurait 1 o centim. et demi d’épaisseur dans son milieu.
- Si, au lieu de calculer, on voulait tracer l’opération , il faudrait d’abord connaître le diamètre de l’arbre: soit A,B , fig. 12, le diamètre ; sur la moitié C , comme centre , soit décrit uù cercle Â,E,D,B,F ; du point C soir mené le diamètre DCF , perpendiculaire à ACB ; des points D et A, soit mené la ligne AD, cette ligne indique l’épaisseur de l’équarrissage : si du point C on mène la ligne CIE perpendiculaire à AD, on aura la grandeur IE, qui indiquera l’épaisseur de la flâche , et la ligne AID sa largeur.
- Quel que soit le mode d’équarrissage adopté, ce que l’on doit principalement se proposer, c’est d’obtenir de chaque arbre la plus grande quantité possible de bois équarri.
- La grosseur de l’équarrissage dépend de la forme du tronc ; lorsque l’arbre est droit et le tronc circulaire, l’équarrissage le plus avantageux est de donner la même largeur aux deux côtés, car on peut facilement se démontrer que le plus grand parallélogramme rectangle, inscrit dans un cercle, fig. 18 , est le quarré, tout autre a moins de surface , et la surface est d’autant plus petite que les dimensions diffèrent davantage.
- Lorsque l’arbre est droit et la circonférence elliptique, on détermine le rapport des deux faces d’équarrissage par celui des
- (1) On ne réduit pas ces nombres parce qu’ils n’indiquent que des rapports.
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- axes de l’ellipse j il est facile de se démontrer par la fig. i 9 , que le rectangle AB DE * mené sur les deux diamètres conjugués ADBE, est le plus grand que l’on puisse inscrire dans l'ellipse. .
- On ne rencontrera peut-être jamais des arbres droits , cylindriques à base circulaire ou à base elliptique ; mais tous approchent plus ou moins de ces deux formes. En général, quelle que soit la régularité ou l’irrégularité de la circonférence, de l’arbre , c’est toujours sa forme qui doit déterminer le rapport des deux faces de la pièce équarrie.
- Comme les arbres prennent plus communément dans leur croissance une forme irrégulière, et qu’il serait difficile de soumettre cette irrégularité à des lois , c’est toujours par tâtonnement que l’on détermine le rapport des cotés du bois à équarrir, et les hommes un peu intelligents, qui exercent ce métier , parviennent en très-peu de tems à acquérir une habitude telle, qu’à très-peu de chose près, ils donnent aux arbres toute la grosseur qu’ils doivent avoir.
- Ces hommes intelligents se rencontrent quelquefois parmi les ouvriers qui se destinent à équarrir les bois, mais lorsqu’ils n’ont aucun intérêt dans le produit des bois , ils préfèrent un équarrissage plutôt fait, et négligent en conséquence les petites attentions qu’il faudrait avoir pour obtenir un plus grand produit^ et par cette négligence , les entrepreneurs manquent souvent des bénéfices considérables ; car la différence de la solidité est très-grande entre équarrir un arbre sous ses faces les plus ou les moins favorables.
- Les arbres , pour être équarris, se mettent sur des chantiers, c’est-à-dire, sur des morceaux de bois qui les élèvent de terre, et comine ces bois sont ronds et pourraient dans le travail rouler sur eux-mêmes, se déranger de la position qu’on leur donne, souvent on fait une entaille aux chantiers, fig. 8 , pour y placer
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- DE L’ART DU CHARPENTIER. . Ia5 l’arbre et le retenir fermement avec des coins, fig. 7 ; quelquefois on se sert de crochets de fer , fig. 5 , qui, enfoncés à-la-fois dans l’arbre et dans le chantier , le retiennent fermement ,
- %. 9-
- Lorsque les arbres sont droits et cylindriques, on les place .sans choix de côtés pour l’équarrissage. Lorsque l’arbre est droit et ovoïde, il faut le mettre sur son plus haut, c’est-à-dire ,1e placer de manière que le plus grand diamètre soit en hauteur^ Jfig. 1 o ; par ce moyen, on équarrit d’abord les plus grandes faces et l’on obtient plus facilement un rapport de côté propre à produire le plus grand équarrissage. Lorsque l’on commence le travail , en plaçant le bois sur son plat, la crainte de trop enlever sur les petites faces fait qu’on laisse plus de bois pour les faces larges , et que l’équarrissage donne un plus petit bénéfice.
- Pour les arbres courbes , la première position est déterminée par la courbure de l’arbre et non par la forme de leur circonférence ; rarement on se propose d’obtenir des équarrissages à double .courbure, presque tous les bois que l’on transporte dans les lieux. de consommations ont deux faces droites.
- On place donc les bois sur les chantiers jusqu’à ce que, en les tournant sur eux-mémes, on rencontre une face droite, fig. 20; on arrête la pièce dans cette position , on équarrit ensuite les faces droites, puis on donne aux autres faces la courbure qu’elles doivent porter.
- Rarement on exploite des bois courbes pour la charpente en bâtiments, si ce n'est dans quelques circonstances particulières, comme pour la construction des dômes, des voûtes, des ceintres, des gui tardes, etc. où l’on peut employer ces sortes de bois. Presque par-tout la courbure du bois est un vice , il faut le corriger en redressant le bois sur une des faces courbes, tellement qu’étant posé il ne perde point de sa force : mais, dans la mariné, pour la construction des vaisseaux, le bois courbe est d’une telle né-
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- cessité que souvent on est obligé d'employer toutes les ressources, de l’art pour lui donner la courbure qui lui est propre..Comme la courbure de chaque pièce est donnée d’après la forme des vaisseaux et la destination de ces pièces , et que ces formes ont peu de variations, on donne aux personnes, chargées de la surveillance de l’exploitation, desgaharis , c’est-à-dire , des modèles de la courbure que chaque pièce de bois doit avoir en raison de sa grosseur et de sa longueur ; dans ce cas, c’est par la courbure , analogue à celle demandée, que l’on doit commencer l’équarrissage : les autres faces sont ce qu’elles peuvent, mieux vaut souvent qu’elles soient droites ; en conséquence, on tourne la pièce sur le chantier jusqu’à ce que l’on puisse obtenir la courbe conforme au gabari, et on l’arrête dans cette position.
- Dans beaucoup de circonstances, il serait avantageux d’obtenir des bois à double courbure donnée ; - particulièrement pour la marine , on pourrait, avec des doubles gabaris, choisir dans une grande exploitation lés bois capables de satisfaire aux deux conditions , mais il serait difficile, sans une étude continuée, d’ha^ bituer les ouvriers des forêts à cês doubles combinaisons.
- Les outils employés par lés hommes qui équarrissent les bois , sont : une grande hàche ou coignée, fig. 5 , une doloire ou épaule de mouton, fig. 2 ; une grande scie à deux poignées, appelée passe-partout > fig. 1 ; un cordeau de laine placé sur une espèce de bobine, fig. 4 , et un plomb, fig. 6*
- La pièce de bois étant placée sur des chantiers fixes, soit dans l’entaille avec des coins , soit sur le chantier avec les crochets , l’éyuarr/sseurenlève, avec la hache, l’écorce du bois, à l’endroit OÙ il doit tracer la direction de la face à dresser , si cettè face doit être droite : il déroule son: cordeau et le plonge dans une infusion de paille brûlée , s’il veut tracer sa ligne en noir ^ ou de sanguine s’il veut tracer sa ligne en rouge. L’infifsion se fait en délayant de la paille brûlée ou de la sanguine dans de
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- DE L’ART DU CHARPENTIER. 127 l'eau. La sanguine est une espèce de mine d'oxide rouge de fer que l'on trouve toute formée dans les entrailles de la terre. Lorsque le cordeau est mouillé par l'une ou l’autre de ces infusions , déux ouvriers se placent aux deux extrémités de la pièce, fig. 2 i , poseiit le cordeau sur chaque bout , le roidissent en le plaçant sur la trace qu’ils veulent obtenir ; un d'eux soulève le cordeau , le laisse tomber verticalement en frappant, l'infusion se détache du cordeau , se dépose sur le bois et y marque une ligne droite que les ouvriers doivent suivre dans leur équarrissage ; ils tracent de la même manière une seconde ligne qui marque la largeur ou l’épaisseur de la pièce , et se disposent à l'exploiter. Pour les courbes ils placent leurs gabaris horizontalement sur la pièce de bois , et avec de la pierfe noire ou de la sanguine, ils tracent sur l'écorcement la direction qu’ils doivent suivre.
- La pierre noire est une production minérale qu'on trouve toute, formée dans les entrailles de la terre. Cette production accompagne quelquefois les mines de houille, c'est une combinaison de charbon , de sulfure de fet et de terre dans laquelle l'alumine prédomine, aussi voit-on souvent se former de l'alun dans ces sortes de pierres , lorsque le sulfure de fer se combine avec l'oxi-géne de l’atmosphère ; c'est cet alunage qui donne à la pierre noire un goût stiptique qu'on lui reconnaît, lorsqu'on la mouille avec la langue pour l’amollir et la faire marquer plus facilement.
- La pièce tracée, l'ouvrier monte dessins, iig. i, planche io , et avec sa coignée fait des entailles à 6 ou 8 décimètres (20 ou 3 o pouces) les uns des autres. Leur profondeur est déterminée par la position de la ligne que Ton ne doit jamais entamer. Lorsque ces entailles sont faites dans toute la longueur de la pièce , on fait éclater les morceaux, séparés par les entailles, fig. 4 9 ensuite l'ouvrier descend, et il enlève avec sa coignée les parties de bois saillantes ; en commençant ainsi la pièce , il doit avoir l'attention d'ébaucher les faces bien verticalement ; un plomb
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- suspendu à une ficelle , ou meme une pierre à défaut de plomb1 lui indique, fig. a , si les faces sont verticales ; lorsque le fil touche en bas et ne touche pas en haut comme en A, l'ébauche est grasse, il reste encore du bois à ôter ; si comme en B, le fil touchait en haut et non en bas, l’ébauche serait maigre, la pièce serait défectueuse , c’est un vice qui ne peut être réparé qu’en diminuant l’épaisseur du bois , conséquemment l’équarrissage en général : il vaut mieux ébaucher gras que maigre.
- Lorsque la pièce est ébauchée des deux côtés , l’ouvrier change d’outil ; il prend la doloire ou épaule de mouton , il coupe le bois , le redresse, le polit ; pour cela, il se place de côté , fîg. 5 , et par la face droite et plane de la doloire, iig. 3 , il coupe adroitement la ligne de trace en deux parties égales et continue sa coupe verticalement m, un doleur adroit rend ses faces unies, planes, sans apparence de coups d’outils.
- Dans le travail de l’équarrissage, le fini, le redressement / le poli des bois à la doloire est le plus difficile ; il exige une grande habitude, une grande adresse et une grande sûreté ; c’est pourquoi, lorsque plusieurs ouvriers se réunissent pour équarrir du bois, ils choisissent toujours le plus adroit d’entr’eux pour doler et finir les pièces. Celui-là ne fait constamment que ce seul travail , tandis que les autres sont occupés à lui préparer le bois et à l’ébaucher.
- L’ébauche du bois équarri est un des métiers les plus fatigants qu’un homme puisse exercer ; lorsqu’il a été quelque tems sans y travailler, et qu’il veut reprendre son travail habituel, il se. forme une contraction dans ses doigts, par la force avec laquelle il est obligé de tenir sa coignée. Cette contraction est telle que souvent il est obligé d’employer, toutes ses forces pour ouvrir sa main ; i o jours d’un travail continu lui redonnent l’habitude qu’il avait, et ses doigts, sans avoir leur souplesse naturelle , se (iéployent, se redressent avec assez de facilité.
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- Celui qui dole et finit a moins de peine , de fatigue ; il emploie moins de force ; mais il met plus de soin, d’attention, et développe plus d’adresse.
- On reconnaît facilement au fini du bois , si la pièce a été équarrie par le même ouvrier, ou si elle a été ébauchée par un et finie par un autre qui ne fait constamment que le meme travail ; la première est plus défectueuse , la seconde est plus droite et plus lisse.
- Les ouvriers qui équarrissent habituellement, acquièrent par l’habitude le sentiment de la verticale à un tel degré qu’ils jugent à l’œil, sans l’aide du plomb ni d’autre instrument, si les faces du bois qu’ils travaillent , sont grasses, maigres ou verticales , et qu’ils y apportent aussi-tôt le remède que le travail exige.
- Quoiqu’il faille pour la perfection du travail que l’ébauche des pièces soit bien verticale, cependant Yèbaucheur peut, sans de grands inconvénients, laisser son travail un peu gras , parce que le çloleur, l’ouvrier qui finit, qui redresse et polit, enlève le bois excédentm, mais il serait dommageable que l’ébauche fût maigre, parce que l’on ne pourrait remettre le bois ôté.
- Les pièces dressées sur deux faces doivent être de même dressées et équarries sur les deux autres. Si le bois est droit , le travail est le même que le précédent, c’est-à-dire, que l’on trace avec un cordeau deux traits tels, que l’équarrissage soit le plus fort possible dans la largeur de la pièce ; sa destination et la valeur du bois déterminent si on laissera du {lâche, ou si l’on équarrira à vive-arrête. On appelle flache une portion circulaire vide A, fig. 6 , laissée sur l’arrête du morceau ; ce vide est formé par le manque de bois.
- Une pièce à vive-arrête est plus belle, mais moins grosse que celle où il ne reste point d’aubier.
- Dans le mode d’exploitation suivi jusqu’à présent, une pièce équarrie avec flache est défectueuse, à cause de l’aubier qui a Tome /. R
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- été conservé nécessairement ; mais dans le mode d’exploitation où les arbres seraient écorcés sur pied , l’aubier est sans inconvénient.
- Pour. le bois courbe, le tracé des secondes faces dépend de la nature de la courbure ; si la courbe est faible , on donne deux ou trois coups de cordeaux inclinés , et la pièce se refait d’après ces directions. Si la courbure est assez forte pour y tracer celle d’un gabari , comme fig. 7 , on la destine à la marine ; enfin si la pièce avait une courbure défectueuse et difficile à employer , comme fig. 8 , on pourrait en retirer deux morceaux droits ; et si elle était trop irrégulière , on pourrait en obtenir trois , comme fig. 9. En général, il faut éviter le morcellement dans les bois équarris , parce que des morceaux courts ont toujours moins de valeur que des morceaux longs , et que les courbes dans la marine, lorsqu’elles correspondent aux gabaris , ont une valeur beaucoup plus grande que celle des bois droits.
- Le travail ordinaire des ouvriers qui équarrissent du bois dans les forêts, est de 1920 décimètres carrés de surface (18 pieds 2) par jour , c’est-à-dire, une pièce de 24 mètres de long (73 pieds 8 8) sur 2 décimètres d’équarrissage (7 pouces 39), ou de 16 mètres de long (49 pieds 25) sur 3 décimètres (1 1 pouces 08), etc.
- , Le prix du mètre carré de surface (9 pieds 47) dquarri / varie dans chaque pays. On le paye depuis 1 5 jusqu’à 2 6 centim. la, moyenne est de 20 ; ainsi, un ouvrier peut gagner depuis 3 fr. jusqu’à 5 fr. par jour.
- Un mètre carré de surface (9 pieds 47) équivaut à une pièce de 1 mètre 2 5 centimètres de long (3 pieds 72), sur 2 décimètres d’équarrissage (7 pouces 39).
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- ♦ Du sciage de long.
- Scier de long, c’est refendre avec une scie un arbre dans sa longueur.
- La scie , dont on fait usage , est formée d’une lame aciérée planche i i , Hg. i , retenue dans un châssis de bois.
- Elle est fixée dans deux anneaux de fer ; les anneaux sont serrés par des coins de bois qui tirent la lame et la roidissent.
- La denture de la scie est courbe, fi g. 2 , de manière à présenter un angle aigu au fil du bois , afin de le déchirer et le rompre avec facilité.
- Sur le haut et sur le bas de la scie sont deux poignées avec lesquelles les hommes, qui la font mouvoir , la tirent de haut en bas et de bas en haut.
- On 11e se sert ordinairement de la scie de long, dans les grandes exploitations, que pour partager dans leur longueur les troncs d’arbres en madriers et en planches de différentes épaisseurs.
- La scie est mue, dans beaucoup d’endroits, par deux hommes, dans d’autres par trois. Assez généralement l’ouvrage que l’on obtient est proportionnel à l’effort employé ; trois hommes font à-peu-près moitié en sus de l’ouvrage de deux j c’est-à-dire, que si deux scieurs de long refendent 44 mètres de planches de chêne d’un décimètre de large dans une journée , trois scieurs de long en refendront environ 66.
- Pour refendre leur bois, les scieurs de long ont un traiteau, fig. 3 et 4 , formé d’un morceau de bois dans lequel sont emmanchés trois pieds qui le soutiennent. Le morceau n’exige aucun travail préparatoire, les pieds sont emmanchés en queue d’aronde , pour qu’ils aient plus de solidité.
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- Sur ce traiteau on place deux madriers ou deux troncs d'arbreâ inclinés, fig. 5 ; un des bouts pose sur lé traiteau, et l'autre sur le sol.
- Sur ces morceaux inclinés on roule la pièce que Ton veut refendre A , lig. 6. Après qu'on l'a roulée jusqu'à l'extrémité des •morceaüx , on la tourne sur elle-même , afin qu'elle leur soit parallèle ; on met de niveau la pièce , fig. 7, en plaçant un morceau de bois C entre les morceaux inclinés et la pièce horizontale. Dans cette situation , on attache fortement avec des cordes la pièce après les morceaux inclinés : un des scieurs monte dessus, les deux autres se placent dessous , fig. 8 , et par le mouvement ascensionnel et descensionnel alternatif qu'ils donnent à la scie , ils refendent la pièce dans sa longueur.
- Si la pièce est longue et que le poids du scieur supérieur la fasse plier, on place à son extrémité un support AB, fig. 7 , qui la soutient et l’empêche de fléchir. La scie arrivant à l'endroit où ce support est posé, on le déplace , on le transporte vers le bout pour continuer le travail.
- Lorsque la pièce de bois est entièrement refendue par l’extrémité CD , fig. 8 , on la retourne sur le point C , comme centre, et l'on présente le côté EC à l'action de la scie.
- L'avantage principal de l’échafaudage des scieurs de long des forêts , c'est que deux ou trois hommes peuvent, depuis l'extrémité inférieure des morceaux inclinés, rouler leur pièce à refendre jusqu’à la partie supérieure , et que là, étant en quelque sorte en équilibre sur son milieu , on peut la tourner sur la sommité des morceaux inclinés , et lui donner toutes les directions que le travail exige.
- Avant de placer la pièce de bois sur l'échafaudage, on l'écorce pour tracer les lignes que la scie doit suivre ; cette opération se fait avec le cordeau des équarrisseurs, dont nous avons parlé page 126. On divise la pièce en planches d'épaisseur donnée 5 en
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- tenant compte toutefois de l'épaisseur du trait de scie , qui peut être estimé 6 à 7 millimètres ( 1 lignes à 2 lignes et demi ) et du dessèchement des planches , ce qui dépend de la nature du bois et de la sécheresse de l'arbre.
- Comme les planches doivent généralement être droites, le bois, destiné à ces sortes de travaux, est choisi parmi les troncs les plus droits , et lorsqu'il s’en rencontre de courbe , souvent on le sépare de la partie destinée à faire des planches ; si les arbres ont un peu de courbure, on les tourne de manière que la courbure soit dans la direction de la longueur des planches , et que leur largeur soit droite.
- , Au premier apperçu, rien ne paraît plus simple que le débit du bois destiné à faire des planchers , tout consiste, lorsque l’on a déterminé la position dans laquelle le bois doit être scié , planche 12, fig. 2, à tracer des lignes droites qui aient entre elles les rapports donnés par l'épaisseur des planches , si les arbres ont la grosseur convenable , et à distribuer, fig. 4 et 5 , des levées, lorsque les arbres sont plus gros que la largeur de la planche ne l'exige ; cette méthode pratiquée pour le bois ordinaire éprouve quelques variations , lorsque l'on veut avoir des planches de choix qui se polissent facilement, qui ne se gercent et ne se courbent que le moins possible, et^dont les influences hygrométriques soient très-faibles ; dans ce cas , il faut déterminer la position du bois d'après la direction des fibres.
- En examinant les troncs des arbres , on distingue deux sortes de traces; la première est celle des couches de croissances annuelles ; la seconde celle des fentes qui se font pendant le dessèchement. Les premières sont courbes et à-peu-près concentriques , fig. i. Les secondes sont droites et dans la direction du centre à la circonférence ; elles se nomment mailles.
- En coupant le bois, comme il est indiqué , fig. 2 , 4 et 5, on obtient des planches très-variées } celles du centre sont dans la
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- direction de la maille A , fig. 2 , 4 , 5 et 10; mais les planches des extrémités C sont coupées par la maille, celles-ci sont très-sujettes à se fendre en se desséchant C, fig. 1 o , et à devenir dé-» fectueuses ; elles ont encore le défaut de se dessécher inégalement, fig. ii , et de se courber dans leur largeur.
- Ces lignes , que Ton apperçoit sur le tronc des arbres dans la direction du centre à la circonférence, paraissent être formées par le prolongement du tissu cellulaire qui porte à l’écorce, les liquides intérieurs dont les bois sont remplis ; cette substance a plus d’affinité pour l’eau que le reste du bois. Lorsque les corps sont coupés dans sa direction , ils présentent de grandes facettes brillantes que l’on appelle miroirs dans quelque pays , mailles dans d’autres, d’où l’on a tiré la dénomination de scier sur maille.
- Il paraît que les mailles sont les principales substances hygrométriques du bois , elles se renflent lorsque l’eau les pénètre , et se compriment en se desséchant. Lorsque les mailles sont dans la direction de la planche , les variations hygrométriques n’ont lieu que dans son épaisseur, et les paneaux n’en souffrent pas j mais lorsque les mailles traversent les planches dans leur épaisseur , et les coupent comme dans la fig. 1 1 , alors lés varia* tions hygrométriques se font dans leur largeur, de-là les retraites considérables qu’elles présentent quelquefois ; les fentes , les gerçures et même les courbures quelles prennent lorsqu’elles sont isolées.
- Pour éviter les défauts que produit la méthode de débiter les troncs d’arbres, dans des directions perpendiculaires à la maille, tomme C fig. 10, on a imaginé plusieurs moyens. Moreau, ancien marchand de bois à Paris, a proposé et fait exécuter la division indiquée , fig. 5 et 6 , qui présente le double avantage de donner des planches de toute largeur , de les scier sur maille, de retirer des madriers, des chevrons dans les extré-
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- mités, et d’obtenir le plus de bois possible d’un tronc donné.
- En comparant la méthode de Moreau à celle que l’on emploie ordinairement, on trouve qu’un arbre de 120 centim. (5 5 1 lig. 9) de circonférence, lig. 5 , refendu à la manière ordinaire, produit 6 planches de 127 centimètres (1 19 lig. 69) dé large et 3 6 millimètres (i5 lig. 96) d’épaisseur, estimées 8 francs, lorsqu’elles ont 2 mètres (6 pieds 1 6) de long.
- La meme pièce débitée , lig. 6 , par la méthode dé Moreau, produit , toute réduction faite, une quantité de bois équivalente à 10 planches de 27 centimètres ( 1 1 9 lig. 69) de large Sur 2 7 millimètres ( 1 1 lig. 97) d’épaisseur que l’on peut estimer 12 francs, de plus 8 cantïbais a, b , c, d, e9f, g, h, qui peuvent avoir divers usages. Ces valeurs diffèrent dans chaque pays , mais la proportion reste la même , d’où il suit que la méthode de Moreau donne un produit d’environ moitié en sus de celle que l’on emploie ordinairement.
- Si l’on débite de plus gros bois par les deux méthodes , le rapport du produit est à-peu-près le même.
- Les hollandais sont depuis long-tems en usage d’acheter les beaux chênes des départemens des Vosges, du haut et du bas Rhin ; ils les font écorcer sur pied , afin de profiter de leur aubier et augmenter leur grosseur. Quelquefois ces arbres sont refendus en quatre avant d’être transportés , d’autrefois ces arbres sont transportés en entier et refendus , lorsqu’ils sont arrivés à leur destination ; chacune de ces parties est sciée , comme il est indiqué fig. 7. D’un chêne de 340 centimètres (1 507 lig. 21) de circonférence, on retire ordinairement 72 planches de 22 millimètres (9 lig. 73) d’épaisseur : par la méthode de Moreaji on retirerait 8 2 planches de même dimension, conséquemment On bénéficierait de
- La division du tronc , en trois ou quatre parties, dépend delà grosseur du bois ; à 340 centimètres ( 1 5 0 7 lig. 21) de
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- circonférence, on les divise en quatre ; mais on les divis een six parties , et Ton débite chaque partie suivant la trace, fig. 8, lorsque les bois ont 280 centimètres (1241 lig* 22) de circonférence. ,
- Pour des troncs d’une circonférence moindre , il faut employer des méthodes plus désavantageuses , ainsi pour du bois de 200 centimètres (8 8 6 lig. 5 9) de circonférence , on scie l’arbre en deux, fig. 9., et l’on refend chaque partie, pour obtenir des planches de largeur différente.
- En comparant la méthode de Moreau avec chacune des trois autres, on voit qu’elle présente beaucoup d’avantage, soit par le bois obtenu , soit par la qualité des planches.
- La valeur du travail, pour refendre le bois dans les forets , variait en l’an 7 , entre 20 et 2 5 fr. le cent de planches de cliéne de 2 mètres (6 pieds 16) de long sur 16 centimètres (70 lig. 91) de large , et comme trois scieurs de long peuvent, dans un jour, obtenir 20 planches de 2 mètres (6 pieds 1 6) de long sur 16 centimètres (70 lig. 91) de large , ils pouvaient gagner à eux trois de 9 fr. 2 5 c, à 1 1 fr, 10 c. par jour , conséquemment de 3 à 4 fr. chacun.
- Les bois se refendent avec une scie mue par une force qui peut être obtenue par 3 agents différents : des hommes , l’eau ou le vent. Chaque moyen est préféré en raison des localités et de l’abondance du bois à débiter.
- Dans les forêts où il se fait une exploitation continuelle, comme celles qui existent dans les pays des montagnes remplis de bois résineux que Ton coupe par éclaircie ; lorsqu’il y a des cours d’eau assez considérables au centre de ces exploitations, et que le trans-* port des bois bruts peut se faire commodément et facilement , on établit des scieries mues par l’eau ; mais par-tout où l’on exploite en taillis ou en futaies, c’est-à-dire, par intervalle de 20 , 9 60 ou 100 ans7 on refend le bois à bras d’hommes.
- Quoique
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- DE L'A R T DU CHARPENTIER. i57 Quoique le sciage à bras d’hommes soit infiniment plus coûteux que celui que l’on exécute par le moyen de l’eau , il y a cependant de l’économie à employer la première méthode dans les exploitations instantanées et faites à de longs intervalles.
- Une lame de. scie mue par l’eau , fait ordinairement autant d’ouvrage en une heure, que trois lames de scie mues par neuf hommes , et comme les scieries vont nuit et jour , elles font par jour autant d’ouvrage que dix-huit hommes.
- L’exploitation des taillis ou des futayes ne doit durer qu’une année , quelquefois deux ; une scierie à eau , à proximité d’une coupe , serait donc occupée un an ou deux , et serait i 8 , 26, 28 ans sans travailler , si l’exploitation se fait en taillis, et 5 8 à 98 ans si l’exploitation se fait en futaye.
- L’exploitation en taillis 11e contient en bois , susceptibles d’étre refendus , que les baliveaux au nombre d’environ 4° Par hectare (1 arp. 96), et conséquemment pouvant à peine, dans une exploitation , occuper une. scie. Dans les exploitations en taillis , au contraire , presque tous les arbres peuvent être refendus à la scie.
- La construction d’une scierie à eau nécessite une dépense assez considérable , tant pour le mécanisme qu’elle exige , le bâtiment daus lequel ce mécanisme est enfermé, que pour tous ses accessoires. Cette dépense dans une exploitation instantanée, doit faire partie des frais de la durée de l’exploitation ; car une fois que les bois sont exploités, il est plus avantageux de détruire la scierie, pour revendre les matériaux ou les employer ailleurs , que de la laisser subsister, car elle se ruinerait et se détruirait nécessai* cernent dans l’intervalle d’une exploitation à une autre.
- En calculant la dépense de la construction de la scierie, dépense qui diffère dans chaque pays , par la situation du cours d’eau, la valeur des matériaux et celle de la main-d’œuvre ; ajoutant à cette dépense l’intérêt de l’argent pendant le cours de l’exploi* Tome /, S
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- talion , le travail des hommes qui soignent et dirigent la scie, les frais de transports des bois bruts ; comparant cette dépense au bois refendu pendant Tannée, on verra quelle différera peu de celle que les scieurs de long auraient exigée pour le même travail.
- , Les marchands n’exploitent qu’en raison des fonds qu’ils ont de disponibles, ou qu’ils espèrent obtenir. En refendant les bois avec la scie à eau , il faut aussitôt faire la dépense de la construction de l’usine ; en faisant refendre par des scieurs de long, on ne paye qu’à mesure que le bois est refendu. Cette différence , dans l’avance des fonds qu’exige la scierie, détermine souvent, malgré le bénéfice de celte méthode , à faire usage du sciage à bras.
- Lorsque les forets sont sur les bords d’un fleuve ou d’une rivière navigables qui peut conduire les bois à des centres de consommation , souvent il est plus avantageux de transporter les bois bruts et de les refendre dans le lieu où ils arrivent : c’est la méthode des Hollandais-. Ils achètent dans les forêts , qui bordent le cours du Rhin , les chênes antiques et sains que l’on y exploite, ils les chargent sur des bateaux et les transportent avec facilité dans leurs dépôts. Là, ils ont des scieries pour les débiter.
- Le moteur employé pour mouvoir les scieries dans ces dépôts, dépend de la situation des lieux ; si les cours d’eau sont libres et qu'ils puissent être employés , on en fait usage. La Hollande étant située sur les bords de la mer dans un pays plat, sans cours d’eau libre et disponible, les habitants sont obligés d’employer le vent comme moteur d’usine ; les Scieries qui débitent le bois sont le plus ordinairement des scieries à vent.
- Quoiqu’il semble au premier apperçu qu’une scierie à vent soit une usine avantageuse, à cause de la non-valeur du moteur employé , un examen un peu plus réfléchi fait bientôt connaître son désavantage.
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- DE L’ART DU CHARPENTIER. i39
- Le prix du travail obtenu par une scie , dépend de cinq éléments.
- i°. De la valeur ou du prix de construction de l’usine comparée à sa durée.
- 2°. De l’intérêt de cet argent.
- 3°. Des frais journaliers pour en diriger et soigner les travaux.
- 4°. Des réparations annuelles qu’elle exige.
- 5°. Des impositions qu’elle supporte.
- Ce sont ces dépenses comparées au produit qui déterminent la valeur du travail que l’on en obtient.
- Or , de tous les moteurs, le vent est le plus inconstant ; les usines qui sont obligées de l’employer n’ont aucun travail fixe, souvent elles se reposent à cause de la trop grande violence du vent qui pourrait briser leur mécanisme ; elles se reposent encore dans les calmes qui sont très-fréquents. Lorsque le mouvement modéré de l’air permet d’employer le vent comme moteur, la vitesse du mouvement qu’il procure varie comme Sa force ; tantôt le mouvement est capable de grands efforts, tantôt d’efforts infiniment petits.
- Dans des résulats qui ont besoin d’un effort constant, il faut Varier le nombre de machines mises en mouvement en raison de la force du vent : ainsi , dans les scieries à vent , il faut pouvoir disposer d’un nombre de lames de .scies beaucoup plus grand que celui qu’exige une force moyenne, de manière à n’en faire jouer qu’une seule, lorsque le vent est faible , et à eu mettre plusieurs en mouvement , lorsqu’il est plus fort.
- Cette variation dans l’intensité du vent, les repos qu’il occasionne dans le travail pendant lequel les dépenses journalières continuent, 'font qu’il est par-tout plus économique de consi ruire des machines à eau , quand on peut disposer d’un cours d’eau , et que dans les lieux où le combustible est à bon marché , il est infiniment plus économique de faire mouvoir les scieries avec la vapeur de
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- »4o ÏRAITÉ GÉNÉRAL
- l’eau ; en général, les machines à vent ne sont employées que lorsqu’il n’existe aucun moyen plus économique.
- Jusqu’à présent les scieries les plus en usage dans les exploitations des taillis ou des futaies sont des scieries à bras; on fait usage des • scieries à eau dans les exploitations par éclaircis * et des scieries à vent en Hollande et dans quelques autres centres de consommation. Cependant il serait possible de faire usage des animaux et du feu, pour faire mouvoir des scieries , et meme de construire des scieries, portatives, transportables dans toutes les exploitations, et dans chaque lieu de l’exploitation autour duquel il y a une quantité d’arbres plus ou moins grande à exploiter.
- Pour bien concevoir l’avantage ou le désavantage de ces sortes d’usines dans les exploitations , il est nécessaire de détailler le mécanisme des scieries à bras, l’effort que l’on y emploie , le travail produit, et de comparer le travail et l’effort avec celui que les aittres machines exigent.
- Trois scieurs de long font ordinairement en une heure, sur du cliéne encore verd, un trait de scie de 3 6 décimètres (139 pouces) de long , sur 3 décimètres (1 1 pouces o) de large. Ils donnent 5o coups de scie par minute, c’est 3 o o o par heure ; la scie est élevée et abaissée dans chaque coup de 8 décimètres (29 pouces 5 5) environ. L’effort moyen de chaque homme est de 1 3 kilogrammes (26 lîv. 8 5) environ. Celui qui est placé en haut est occupé à relever la scie, ceux du bas à la tirer, l’homme clu haut pèse un peu sur la scie en descendant , les hommes du bas soulèvent un peu en levant ; mais cette pression de l’homme du haut, cette élévation des hommes du bas sont faibles, sur-tout lorsque le mouvement de la scie est de 5o traits par minute. On peut donc considérer l’effort constant pour soulever la scie comme étant de 1 3 kilogrammes (26 liv. 85), et celui pour l’abaisser et refendre le bois comme étant de 2 6 kil. (5 3 1. 70).
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- DE L’ART DU CHARPENTIER. r4i
- L’effort pour scier est composé du poids de la scie, plus de l’effort des hommes du bas ; si l’homme du haut emploie un effort constant de i3 ldi. (26 liv. 8 5) pour soulever la scie, on peut ajouter pour son poids cette force à celle que les hommes em-ployent ; c’est* donc un effort de 5g kilogrammes (79 liv. 67) qui élèverait un poids égal à 5o fois 8 décimètres (29 pouces 5 5) ou 2400 mètres (7 38 8 pieds 2 7) de haut par minute, conséquemment à 300o fois 8 décimètres (29 pouces 5 5) ou 2400 mètres (7888 pieds 27) de haut en une heure. Comme les scieurs de long travaillent douze heures par jour. avec la même force et la même vitesse , leur action journalière élèverait un poids de ,3g kilogrammes (79 liv. 67) à 28800 mètres (8865g pieds 20) de haut, ou un poids de 1128 kilog. (2204 liv. 5 6) à un kilom. (3078 pieds 44) de hauteur, et l’action journalière de chaque ouvrier serait de 376 kilogrammes (768122 liv.) à un kilomètre (3078 pieds 44) de hauteur.
- Puisque les trois scieurs font en une heure un trait de 3 6 décimètres ( 1 3 9 pouces ) de long , sur 3 décimètres ( 1 1 pouces) de large, c’est par minute un trait de 6 centimètres (26 lig. 5 g), et par coup de scie une entaille de 1,3 millimètre (o ligne 5 5) de long; ainsi, pour un effort de 39 kilogrammes (79 liv. 47) pendant 48 tierces, les deux tiers du tems du trait de scie qui est d’une seconde 1 2 tierces , on entaille une Shr-face de 360 millimètres (o pouces 49) quarrés.
- Appliquons aux machines l’effort fait par les hommes pour refendre du bois, et, pour que l’application soit faite sur des machines avec lesquelles nous soyons familiarisés , prenons pour exemple des scieries à eau.
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- '4a TRAITÉ GÉNÉRAL
- §• X.
- Des scieries à eau.
- Une scierie à eau est une ’usine dans laquelle on emploie l’écoulement ou la chûte de l’eau pour scier du bois.
- Les hommes en sciant ont deux mouvements distincts , i °. celui de l’élévation ou de l’abaissement de la scie ; 20. celui de l’avancement de la scie sur la pièce de bois déjà sciée. Ces deux mouvements doivent avoir également lieu dans les machines à scier. Cependant comme on est maître dans le second mouvement , ou de placer la pièce de bois dans une position constante! et de faire avancer la scie à mesure que l’entaille augmente , ou de placer la scie dans une position constante et de faire avancer la pièce de bois sur la scie , proportionnellement à la profondeur du trait, et que de ces deux moyens le second est plus commode dans la composition de la machine, on le préfère dans la pratique ,1 et c’est celui dont nous allons présenter l’usage.
- Le mouvement de l’eau est par écoulement sur un plan faiblement ou beaucoup incliné, ou par chûte d’une hauteur plus ou moins grande ; avec l’un ou l’autre de ces mouvements, on fait rouler ordinairement une roue sur un axe , et cette rotation est appliquée à la scie. Je n’entrerai pas ici dans le détail des différentes formes de roues qu’il faut construire , en raison de la nature de la force du courant et de la quantité d’eau. Je me réserve d’en parler avec beaucoup d’étendue, lorsque je traiterai de la construction des moulins à moudre le bled.
- La scie, planche 1 3 fig. 1ere, doit avoir un mouvement de va et vient, analogue à celui que lui donnent les scieurs de long, il faut donc changer la rotation de la roue en ascension et des-çeusion, et ce changement se fait ordinairement par une ma-
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- DE L’ART DU CHARPENTIER. 145 nivelle A , fig. 1ere planche 1 3 , appliquée à l’axe de la roue et qui se meut avec elle : sur cette manivelle est emmanchée une tringle de bois ou de fer AB qui se meut de haut en bas et de bas en haut à chaque rotation de la manivelle.
- O11 se propose ordinairement de faire donner à la scie 4° ^ 56 coups par minute , la moyenne est 48. Lorsque le courant ou la chûte de l’eau peut procurer à la roue une vitesse telle qu’elle puisse faire 40 à. 5 6 révolutions dans une minute, on applique directement la manivelle à son axe ; mais si la roue principale fait un nombre de révolutions moindre., il faut que l’axe porte une roue qui s’engraine avec une autre plus petite , fig. 4 et 5 , et dont la vitesse soit augmentée. Je 11e citerai pas ici les différentes manières de changer ce mouvement, parce que j’en parlerai avec beaucoup de détails , en traitant des moulins à blé ; je remarquerai seulement qu’il faut que le nombre des dents d’engrainage de chaque roue soit en proportion inverse du nombre de tours qu’elles doivent faire , c’est-à-dire , que si la roue principale A B faisait 1 2 tours dans une minute , et que l’on voulût que la manivelle D, qui correspond à la scie, en fît 4d , il faudrait que le nombre des dents des roues EF, GH fussent dans les rapports inverses de ce nombre ; c’est-à-dire, que si la roue EF avait 48 dents , il faudrait que celle GH n’en eût que 12 , ou tout autre nombre dans le rapport de 46 à 12. Ainsi, si EF avait 48 , 4e? 36 , 32, 28, 24* 20, 16, 12 dents , il faudrait que la roue GH en eût 12, 10, 9) ^ > 7 > ^
- Après avoir fixé la manivelle qui donne à la tringle AB, fig. 1ere, un mouvement de va et vient, on placé au-dessous dçux poteaux KL, dans lesquels on a creusé une feuillure dans toute leur longueur pour y placer le châssis de la scie M N, afin qu’elle puisse se mouvoir verticalement de haut en bas et de bas en haut} à l’extrémité N de la scie est emmanchée la. tringle AB.
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- i44 TRAITÉ GÉNÉRAL'
- qui communique à la manivelle son mouvement alternatif, ou de va et vient, on en fait produire un semblable à la scie ; la hauteur du mouvement de la scie dépend de la grandeur du coude de la manivelle ; ce coude doit avoir la moitié de la hauteur du mouvement que l’on veut donner à la scie ; si l'espace qu'elle parcourt était de 8 décimètres ( 2 9 pouces 5 5, la courbure de la manivelle serait de 4 décim. (14 pouces 77). La manivelle ayant un mouvement circulaire fig. 2 , il est nécessaire qu a la jonction de la verge AB avec la scie, il y ait un mouvement à charnière, afin que l’oscillation qui a lieu de O en P 11e s’exerce que sur la tringle et ne dérange point la scie de sa direction verticale.
- Comme la lame de la scie doit être droite , roide, bien tendue et sans oscillation , on place dans la partie supérieure du châssis deux vis a b avec lesquelles oïl donne à la scie toute la roideur qu’elle doit avoir.
- Pour refendre le bois, on dispose un châssis horizontal R S à la hauteur de la scie ; la pièce T que l’on veut refendre se place siir ce châssis que l’on nomme chariot, parce qu’il doit faire avancer sur la scie, à chaque coup quelle donne , la pièce que l’on veut refendre. Ce chariot est placé sur un autre châssis fixe et à feuillures u v. Sous les deux principales pièces du chariot sont de petites roues de bois dur ou de fonte , mieux vaut de cette dernière matière. Les roulettes donnent au chariot plus de mobilité , diminuent les frottements , et font employer une force moins grande pour le faire avancer.
- Le mouvement dû chariot doit être uniforme et proportionné à la longueur du trait fait à chaque coup par la scie ; on pourrait employer un homme pour pousser constamment ce chariot contre elle. Mais ce travail serait contre les principes d’une sage économie ; il est toujours préférable , lorsque l’on a un mouvement donné, d’en faire usage pour produire le mouvement correspondant ,
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- DE L’ART DU CHARPENTIER. 145 reâpondant, si toutefois le mouvement primitif est capable de le produire , car par la négligence dans ce travail ennuyeux et peu attachant, le conducteur du chariot pourrait occasionner des pertes considérables dans le produit. On a donc préféré de faire mouvoir le chariot par la machine elle-même ; et comme la marche de la pièce de bois , conséquemment celle du chariot, doit être uniforme pour chaque coup de scie ; que la scie peut, en raison de l’effort employé et de la résistance du bois à scier, avoir des vitesses plus ou moins grandes ; un mouvement constant dans le chariot aurait pu être trop fort pour de petites vitesses de la scie, et trop faible pour de grandes; afin de rendre le mouvement de .l'un correspondant au mouvement de l’autre, on a pris celui de la scie, comme principe ou moteur de celui du chariot.
- La scie a un mouvement de va et vient alternatif. Le chariot doit avoir un mouvement de translation continu. Parmi toutes les manières de changer un mouvement de va et vient en mouvement de translation, celui que l’on a préféré et que l’on emploie dans toutes les scieries , consiste à placer le chariot RS fig. 6 , sur un rouleau Q, de manière que celui-ci ayant un mouvement de rotation fixe sur son axe, le chariot ait un mouvement de translation : on emploie trois moyens pour produire ce changement de mouvement ; 1 °. en plaçant simplement le chariot sur le rouleau, fig. 6 ; la pression occasionnée par le poids du chariot suffit, lorsqu’elle est considérable, pour produire le mouvement, ainsi, si le rouleau suit la direction Q X, le-chariot aura une direction RS. 20. En roulant une corde autour du rouleau Q, fig. 7 , et attachant cette corde aux deux extrémités du chariot , si le rouleau suit la direction QX, le chariot suit celle RS. 3°. En engrainant par des dents le chariot fig. 8 , si le rouleau suit la direction QX, le chariot suit celle RS.
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- 146 traité général'
- De ces trois méthodes, celles que Ton adopte le pins généralement sont la seconde et la troisième. On fait très-peu d’usage de la première , par la crainte que l’effort de la scie pour déchirer le bois ne fasse glisser le chariot dessus le rouleau.
- Tout consiste donc , d’après le principe adopté , à faire dépendre l’avancement du chariot de la rotation d’un rouleau, et de donner à ce rouleau un mouvement dépendant de celui de la scie. Pour cela , à un mètre (36 pouces 9 4) ou 15 décimètres (55 pouces 4 0 de la scie > fig. 2 , on suspend un morceau de bois C sur deux axes; à ce morceau de bois, sont deux verges Ce, Ci; à l’extrémité i est un levier de bois; à l'extrémité inférieure de ce levier est emmanché un fer un peu recourbé en forme de pied de biche h. L’extrémité h, ou le pied de biche, pose sur une roue de fer à dent oblique fixée à un des bouts du rouleau Q.
- L’extrémité c de la tringle C est placée dans une ouverture faite à la partie supérieure M de la scie, chacun de ces mouvements élève ët abaisse le bout c du levier C c : lorsque la scie est abaissée en c la tringle prend la position C c, et l’autre petit levier la position C i. La scie en montant élève l’extrémité c en cz. Cette élévation fait osciller l’axe C et mouvoir le point i des petits levièrs Ci , il le fait passer de i en /. Par ce mouvement le pied de biche , posé en h , est poussé en avant en parcourant l’espace hf. Le pied de biche étant arrêté par Une dent aiguë de la roue Q, l’effort du levier contre la dent qui s’oppose à son mouvement, fait parcourir à cette dent l’arc hl9 et tourne le rouleau sur son axe. Lorsque la scie s’abaisse , les tringles et les leviers reviennent dans leur première position; En revenant au point h , le pied de biche pourrait , en frottant sur la roue dentée , la faire mouvoir en sens contraire, et écarter ainsi l’arbre de la' meme quantité qu’il a été avancé. Pour empêcher ce retour , on place à côté de la roue dentée un clapet
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- D E L’A R T DUC II AR P E N T IE R. r:47 qui , passant entre la roue , se plaçant entre ses dents , lui permet de se mouvoir dans le sens Al, et s’oppose à son retour. Le mouvement du pied de biclie , recommençant à chaque coup de scie, il s’ensuit que chacun de ses mouvements fait avancer l’arbre vers elle d’une meme quantité.
- Comme chaque coup de scie avance dans le bois d’une quantité qui dépend de sa dureté et de son épaisseur, il faut que l’avancement du chariot soit égal à cette quantité. Pour cela le diamètre du rouleau doit être proportionné à celui de la roue de fer dentée qui est fixé après lui , ainsi que la longueur de la tringle, du levier et du pied de biche ; enfin que toutes ses dimensions soient proportionnées à l’élévation de la scie.
- Si la scie a pour élévation AB , fig. i o , l’angle ACB décrit par la tringle sera d’autant plus grand que le point C sera plus près de la scie , et l’angle aCb que fait le petit levier suivra la meme proportion ; plus cet angle sera grand, plus l’arc h i sera grand, puisqu’il sera dans le rapport des lignes a b ; ainsi la grandeur de la tringle AC, qui est dans le rapport du centre C à la scie , est en raison inverse de l’arc que parcourt le rouleau.
- ' Plus le petit levier C a est grand, plus la longueur ab est grande , et conséquemment plus le rapport de l’arc, que le levier fait parcourir à la roue dentée , est grand.
- Plus le diamètre de la roue de "fer dentée est grand , plus le même espace parcouru correspond à un petit arc, et plus conséquemment il faut de mouvement de la scie pour faire produire une révolution au rouleau ; enfin , plus le rouleau est gros, plus un arc du rouleau fait parcourir de longueur au chariot.
- : Lorsque l’on a déterminé la profondeur ou la longueur que doit avoir le trait de chaque coup de scie, il faut disposer tout de manière que le mouvement du chariot n’avance que de cette quantité. Soit la longueur du trait de scie de 4 millimètres. (1 lig. 77),. soit un rouleau de 14 centiniètres (62 lig. 06) de
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- 148 TRAITÉ GÉNÉRAL'
- rayon, ou de 44° millimètres (ig5 lig. o5) de circonférence) pour l'avancer de 4 millimètres (1 lig. 77) à chaque coup de scie , il faudrait qu'il eût une rotation entière pour ^ ou 1 1 o mouvements de la scie. Dans ce cas , la roue dentée , attachée au rouleau , doit avoir 110,220 ou 35o dents , afin que le levier la fasse avancer d’une , de deux ou de trois dents à chaque mouvement. Ordinairement on fait le nombre de dents tel que le levier en fait mouvoir deux chaque fois.
- Après avoir fixé le point C, fig. 2 , centre de mouvement de la tringle Ce et du levier Ci, la scie M et le centre Q du rouleau, on mène les lignes Ce, Ci aux deux extrémités du mouvement de la scie, afin d'avoir l'angle cCi que fait la tringle C c dans son mouvement, et l'on mène les deux lignes Ci, Cl perpendiculaires à C c et à Ci. Du point cz comme centre on décrit le cercle de la roue dentée , à laquelle 011 donne ordinairement un mètre (3 6 pouces g 4) de diamètre. Il faut diviser ce cercle par le nombre de parties déterminées pour la grosseur du cylindre et l'avancement de la pièce de bois, prendre l'espace Ih de deux de ces divisions , si l’on a fait le nombre de dents doubles, de trois , si le nombre est triple, rapporter cet espace entre les deux lignes Ci , Cl, de manière que la distance il égale celle hf. Comme il faut que le pied de biche à chaque mouvement, de la scie saute le nombre de dents déterminé , il est nécessaire que l’espace il soit un peu plus grand que celui fh , mais toujours moindre que celui qui contiendrait une dent de plus ; par ce moyen, on s'assure à chaque mouvement de l'avancement que le chariot doit avoir.
- On remarque que le levier Ci est percé de plusieurs trous destinés à donner au rouleau une vitesse plus ou moins grande. Lorsque le bois à refendre est très-gros ou très-dur , on place l'extrémité du pied de biche dans le trou supérieur; quand au contr aire le bois est mince ou tendre } on place le pied de biche
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- DE L’ART DU CHARPENTIER. 149 clans le trou le plus bas ; dans le premier cas, le mouvement ou l’avancement de la pièce de bois est retardé , et dans le second il est accéléré.
- Dans l’exposition des détails de la scierie à eau , il ne nous reste plus à examiner que la position du fer de scie ; il paraîtrait au premier apperçu , que la tranche faite par la scie, devant être verticale , la position la plus naturelle du taillant de la scie devrait être la verticale; cependant si elle avait cette position , il faudrait que les premières dents , en touchant le bois , fissent un trait de la profondeur que le coup de scie doit donner , et en supposant un mouvement de scie de 8 décim. (29 pouces 5 5) de long et une pièce de bois de 3 décimètres (1 1 pouces 08) de large, il y aurait un mouvement de 5 décim. ( 1 8 pouces 47) sans emploi ; tout l’effort serait donc exercé sur le premier tiers du mouvement, et celui fait sur les deux autres serait perdu : mais si , au lieu de placer verticalement le taillant de la scie, on lui donne une obliquité telle que les premières dents ne pénètrent qu’à une petite profondeur , et que les autres exercent successivement leur action , la force employée sur la scie sera uniforme dans toute sa marche, et son effet sera le plus grand possible ; il faut donc établir comme un des principes essentiels des machines à scier, de donner au taillant de la scie une légère inclinaison dépendante de la profondeur de chaque coup.
- Après avoir fait connaître les détails d’une scierie, les causes qui ont fait adopter les différens moyens qui existent, la manière de proportionner les mouvements aux effets que l’on se propose d’obtenir , nous avons cru devoir présenter le plan général d’une scierie simple, c’est-à-dire, à un fer de scie, telles qu’elles sont exécutées dans les . paye des montagnes , où ces sortes d’usines sont fort multipliées.
- La planche 14 contient, fig. iere, le plan d’une scierie à eau,- dans laquelle on distingue deux plans différents ; i°. Celui
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- 15o TRAITÉ GÉNÉRAL
- qui est dans le bas où sont les machines ; 20. celui qui est-plus élevé, sur lequel est placé le chariot: fig. 2 est l’élévation et fig. 3 la coupe. Les lettres semblables dans les plans, l’élé-' vation et la coupe correspondent aux mêmes objets.
- AB est la roue à aube que l’eau fait mouvoir ; comme elle est supposée avoir une rotation plus lente que la vitesse nécessaire au va et vient de la scie, 011 a accéléré le mouvement par un engrainage. C est la roue dentée fixée sur l’arbre de la roue, à aube ; D est celle qui fait mouvoir la manivelle E; F la tringle mue par la manivelle ; G la scie ; H la communication de mouvement de la scie et du chariot par la roue I j LM est le chariot ; N un chariot tiré par le treuil O , mu par une petite roue dentée que la roue à aube C fait tourner : ce chariot sert à transporter les pièces déposées hors de la scierie et à les conduire jusque sur le chariot principal LM. P est une vanne qui règle la quantité d’eau qu’il faut donner à la roue à aube AB , et Q le levier qui la lève ou la baisse.
- Il est facile avec ce plan de réunir ensemble toutes les parties de la scierie , dont les détails ont été dessinés séparément et avec beaucoup de soin dans la planche i3.
- Quant à la force nécessaire pour faire mouvoir ces sortes de scies, le calcul en est simple. Un fer de scie fait à-peu-près autant de travail que trois scies à bras mues chacune par trois hommes. Une scie à bras mue par trois hommes exerce une force continue de 3g kilogrammes (79 liv. 67) qui élèvent le poids 5 o fois par minute à 8 décimètres (29 pouces 5 5) de hauteur, Le moment statique serait de 39 kilogr. (79 liv. 67) élevés à 40 mètres (123 pieds 1 4) en une minute. Et pour obtenir trois fois plus d’ouvrage , il faut un effort capable d’élever 1 1 7 kilogr. (239 liv.) à 60 mètres (3o toises 78) de hauteur dans le meme temps , et cela en supposant que l’on ne voulût faire mouvoir qu’une lame de scie, que la machine fût sans frottement , et
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- DE L'A R T DU CHARPENTIER. ,5, que toute la force fût employée à mouvoir la scie j mais indépendamment de la scie, il faut encore que l’on fasse mouvoir le chariot. Un chariot bien fait exige environ 7 kilogr. ( 1 4 liv* 3o) pour être tiré , c’est donc une force de 1 2 4 kilogr. (2 5 3 liv. 3 o) ; il y a maintenant à vaincre les frottements de la roue principale, celle de la scie entre les poteaux qui la retiennent dans une position verticale et ceux des engrainages ; mais il faut l’avouer, quelques expériences que l’on ait faites jusqu’à présent, nous n’avons aucun moyen d’estimer ces frottements y leur valeur dépend de la nature des mouvements et de la perfection du travail : deux machines semblables , mais travaillées avec plus ou moins de perfection , donnent des résultats extrêmement différents. Ordinairement on estime les frottements le tiers de la force employée , c’est la moitié de l’effort obtenu ; ainsi ? la force nécessaire pour faire mouvoir une lame de scie doit élever 1 8 6 kilogr. (379 liv. 98) à 40 mètres (20 toises 5 2 ) de hauteur en une minute.
- Jusqu’à présent nous avons supposé que l’effort de la scie à eau serait égal à celui d’une scie mue par des hommes, cependant il y a dans les deux actions des différences qu’il est bon de connaître.
- La dureté des bois varie dans toute la longueur des arbres, il s’y rencontre des parties plus dures ? d’autres plus tendres ; quelques-uns sont traversés par des nœuds qui opposent souvent une très-grande résistance. Lorsque les hommes rencontrent des nœuds ou des portions de bois dur , ils retirent un peu le taillant de la scie , et font un trait moins profond ; quand au contraire le bois est plus tendre, ils appuient la scie sur le bois et font un trait profond. Par cette faculté qu’ils ont d’approcher ou d’écarter la scie, en raison de la dureté du bois , ils peuvent avec la même force vaincre toutes les duretés.
- Dans , une machine à scier 5 la force qui fait mouvoir la scie
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- i5a TRAITÉ GÉNÉRAL
- est constante, de même que l’avancement du chariot: quelles que soient les variations dans la dureté du bois, il faut qu’à chaque mouvement la scie fasse avec la meme force un trait d’une égale profondeur. Pour qu’elle ne soit point arretée dans -son mouvement, il faut qu’elle puisse vaincre les plus grandes résistances quelle rencontre , conséquemment que sa force et son avancement soient calculés pour la plus grande dureté.
- D’après ces dispositions de la scie et du chariot, il résulte que le maximum de la force de la machine est employé à vaincre les plus grandes résistances, et qu’il y a de la force en excès, lorsque le bois est plus tendre.
- Les machines à scies , d’après cette seule considération , diffèrent des scieries à bras , en ce que dans ces dernières, la force est employée à vaincre des résistances différentes et qu’aucune de ses parties n’est perdue , tandis que dans les premières toute la force nécessaire pour vaincre les plus grandes résistances, n’étant pas constamment employée , la différence de cette force & celle qui est nécessaire pour chaque degré de dureté, est entièrement perdue.
- D’après ces considérations , on voit que le calcul de l’emploi des forces , déduit du travail des hommes, ne peut être appliqué sans correction à la force nécesssaire , pour faire mouvoir les scieries, et que cette correction ne peut être faite que d’après l’expérience.
- Belidor a fait construire à la Fere , par ordre de la cour, une scierie à eau , dont le produit d’une seule lame de scie était semblable h celui que nous venons de comparer au travail des hommes, c’est-à-dire, quelle produisait autant d’effet que trois scies à bras mues chacune par trois hommes. Comme cette machine a été faite avec beaucoup de soin, nous comparerons son produit à celui des hommes, pour établir la correction que l’ex-> périçuçe doit: donner.
- Après
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- DE L'ART DU CHARPENTIER. i5ï Âpres avoir examiné l’action de l’eau, et calculé tous les effets de la machine , il a trouvé que l’effort exercé sur la scie, pour lui faire donner 4 8 traits par minute , en faisant une entaille de 8,i millimètre (3 lîg. 5g) par coup , est de 267 kilogr. (545 liv. 45), conséquemment susceptible d’élever 2.58 kilogr. (527 liv. 06) à 4° mètres (20 toises 52) de hauteur en une minute, ainsi l’effort absolu dans la scierie de Belidor est à l’effort comparé déduit du travail des hommes. :: a58 : 186:: 7 : 5, c’est-à-dire, 2 septièmes de plus. Une portion de ces 2 septièmes peut appartenir à des frottements mal estimés, à cause du peu de moyen que nous avons de les évaluer, mais la plus grande partie sert à vaincre la résistance inégale du bois que l’on refend.
- Il reste maintenant, pour compléter ce calcul, à déterminer quelle action l’eau doit exercer sur une roue d’un diamètre donné, et quelle espèce de roue il faut construire pour un courant ou une chûte d’eaü donnés; mais ces questions seront examinées et traitées séparément dans la partie de la charpenterie destinée à la construction des moulins.
- S. X I.
- Des scieries à vent.
- Une scierie à vent est une machine sur laquelle la force du vent est employée à donner à des ailes un mouvement de rotation que l’on change en va et vient, pour être appliqué sur des scies à refendre du bois.
- Les balgyes font un usage habituel de ces sortes de scieries qu’ils ont beaucoup perfectionnées.
- D’après le détail du mouvement de la scie , des moyens employés pour changer la rotation de la roue principale en va et vient appliqué à la scie, de la manière de faire avancer la pièce Tome L Y
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- 154 TRAITÉ GÉNÉRAL'
- de bois sur la scie, et qui a été décrite dans l’article précédent sur les scieries à eau , nous pensons qu’il suffit de donner le dessin et la description d’un moulin à scier les bois , tels qu’ils sont construits en Hollande pour mettre à meme d’en construire partout où on le jugera nécessaire.
- Nous croyons inutile de détailler ici les différentes manières d’employer le vent comme moteur de mouvement dans ces sortes de machines , parce que nous nous proposons de l’expliquer suffisamment , en parlant des moulins à vent destinés à moudre le blé.
- Planche i 5, fig. iere, est le plan du moulin ; iig. 2 une coupe; iig. 3 une coupe dans l’autre sens; fig. 4 les rouleaux sur lesquels la partie supérieure S du moulin , iig. 2 , tourne sur l’inférieure T ; iig. 5 quelques détails de la correspondance du mouvement de la scie et du chariot; enfin, fig. 6 une yue extérieure du moulin.
- Toutes les lettres semblables dans chaque figure indiquent les mêmes objets.
- AB sont les ailes que le vent fait tourner ; C une roue dentée placée sur l’axe incliné des ailes et qui se meut de la même manière; D une roue conique que la roue C fait mouvoir, et qui change la rotation de verticale en horizontale; E une roue dentée fixée sur l’axe de la roue D , et qui se meut de la même manière ; F une lanterne qui s’engraine dans la roue E, par laquelle la rotation horizontale est changée en rotation verticale ; X l’axe de la lanterne ayant trois contours servant de manivelle pour donner aux tringles G un mouvement de va et vient ; H les scies suspendues aux tringles. Les châssis au nombre de trois portent chacun plusieurs lames , afin d’en faire^agir chaque fois un nombre dépendant de la force du vent ; I communication du mouvement de la scie au chariot par le levier K et le crochet Y ; L roue de fer , à dents obliques , fixées sur l’axe des rouleaux pour faire avancer le chariot MN ; O pièce de bois à
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- DE L’ART DU CHARPENTIER. refendre, fixée sur le chariot ; P pièce de bois tirée du dehors pour être posée sur le chariot M N, et être refendue par la scie ; R levier communiquant à la scie , pour faire mouvoir par la roue à dents obliques Q un rouleau qui monte dans le moulin, la pièce de bois P.
- Telles sont les pièces essentielles du mécanisme de la scierie : on peut encore distinguer dans ces plans et coupes les divers assem blages que sa construction nécessite , ainsi que les formes adoptées par les Hollandais.
- §. X I I.
- Des scieries mues par des chevaux.
- On a vu qu’une scie à refendre , produisant autant d’effet que trois scies mues par des hommes , exigeait un effort capable d’élever a 58 kilogrammes (5aj liv. 106) à 4° mètres (20 toises 52) de hauteur en une minute.
- Quoique la force d’un cheval diffère beaucoup de la force d’un autre , et qu’il soit difficile d’avoir , sans essais préliminaires , l’action journalière d’un cheval quelconque, on est cependant parvenu, par une suite d’essais , à déterminer la force moyenne d’un cheval; elle peut élever 80 kilogrammes (i65 liv. 45) U 36oo mètres (1847 toises 06) en une heure, conséquemment 120 kilogr. (245 liv. 1 3) élevés à 40 mètres (20 toises 52) en une minute. L’effort qu’il nous faut étant de 2 58 kilogr. (527 liv. 06) , c’est un peu plus que 240 kilogr. (490 liv. 28), et ce résultat peut être obtenu par deux chevaux un peu forts. Mais ces chevaux ne peuvent travailler que 8 heures avec un effort aussi considérable. Les scieurs de long en travaillent 12, ce serait donc les deux tiers du produit des 9 hommes , ou le
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- produit du travail de 6 hommes ; ainsi, le travail d’un cheval appliqué à une scierie équivaudrait à trois hommes.
- C’est aux personnes qui voudront construire de ces sortes de machines à calculer la dépense journalière des chevaux, celle de l’entretien de la machine, des hommes employés à la diriger et à soigner les chevaux ; de comparer cette somme à la dépense que nécessiteraient six scieurs de long, et de j uger s’il y a du bénéfice ou de la perte.
- La manière la plus simple d’employer la force des chevaux c’est de leur faire tourner un arbre vertical, en les attachant à l’extrémité d’un levier de 5 mètres ( i 5 pieds 5 9) de long fixé à cet arbre, planche 16, fig. 1 et 2. La circonférence parcourue sera de 3 1 mètres ( 1 5 toises 9) environ , et comme ils peuvent parcourir 3 600 mètres (1 847 toises 06) en une heure, 60 mètres (3o toises 78) dans une minute, ils feront un peu moins de deux tours par minute ; si l’on veut que le cheval fasse les deux tours juste, il faut donner au rayon 477 centim. (14 pieds 68).
- A la partie supérieure de l’arbre , fig. 4 et 5 , on peut fixer une grande roue qui fera tourner une lanterne dans laquelle elle s’engrainera f et comme cette lanterne doit faire 48 tours par minute, tandis que la roue principale n’en fera que deux , il faut que le rapport des circonférences , celui des diamètres , celui du nombre des dents et des fuseaux d’en-grainage , soient comme 48 est à deux , c’est - à - dire , que si la roue par exemple a 192 dents , il faut que k lanterne ait 8 fuseaux ; que si la grande roue a 20 décim. (73 pouces 8 8) de diamètre, il faut que celui de la lanterne ait 83 3 millimètres (3 pouces 10).
- Ces dimensions une fois données , il faut construire la scierie de manière qu’elle soit démontée, transportée et remontée facilement par-tout où il y a une quantité d’arbres assez considérables pour qu’elle puisse y être établie quelque temps.
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- Afin de donner plus de légèreté à la machine , il est inutile de la couvrir ; on peut laisser le manège , la scie, le chariot et les engrainages exposés aux variations de l’atmosphère ; on la serrera dans des magasins ou des hangars , lorsque le mauvais temps empêchera d’en faire usage.
- Pour éviter les échafaudages qui élèveraient le chariot, on le placera sur des chantiers à 2 ou 3 décimètres d’élévation du sol, figures 4 et 5, et le mouvement de la scie sera dans la partie supérieure ; comme la scie a environ 36 décimètres (8 pieds) de hauteur , et la tringle qui la fait mouvoir 1 4 décim. (5 1 pouces 72), il faut que l’axe de la lanterne soit élevé de 4 mètres (12 pieds 3i) au-dessus du sol.
- L’axe de mouvement, fig. 1 et 2 , doit être placé sur deux traverses emmanchées dans deux poteaux , et les poteaux eux-mêmes maintenus par trois liens, fig. 2 et 3.
- Les deux poteaux , dans lesquels la scie se meut, doivent iêtre soutenus par deux liens , fig. 5 et 6.
- Le chariot étant posé à hauteur du sol, il est nécessaire de creuser en terre un trou d’un mètre (3 pieds 08) de profondeur, fig. 4 et 5 , dans lequel la scie puisse descendre ; les poteaux qui supportent cette scie doivent être placés dans le fond du trou ; il doit être assez grand, pour que l’on puisse facilement en retirer la sciure qui y tombe.
- La planche 1 7 contiexit un plan complet de la scierie à chevaux , fig. i , et deux élévations, fig. 2 et 3.
- Toutes les lettres semblables dans les figures 1, 2 et 3 indiquent les mêmes objets.
- AB est l’axe que font tourner les deux chevaux attelés aux traverses X ; CD une grande roue dentée qui tourne avec l’axe ; EF deux traverses supérieures ou inférieures dans lesquelles est fixé le centre de rotation de l’axe AB; GG les poteaux qui les soutiennent ; H la lanterne qui fait mouvoir la grande roue CD 9
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- et dont les rapports de diamètre sont tels que les chevaux faisant deux tours par minute , la manivelle T sur le prolongement de Taxe de la roue H en fait 48 : NN les poteaux contenant les feuillures dans lesquelles la scie M se meut ; L le levier qui établit la communication de mouvement entre la rotation de la manivelle et le va et vient de la scie ; O le chariot portant la pièce de bois ; P et Q le châssis posé sur le sol sur lequel le chariot glisse ; R est le levier qui communique le mouvement de va et vient au pied de biche S , pour faire tourner la roue dentée T placée sur l’axe de l’engrainage qui fait avancer le chariot après chaque coup de scie.
- La quantité de bois nécessaire, pour construire toute la scierie,' sans y comprendre les chantiers sur lesquels pose le châssis du chariot, est de 1 4 mètres (488 pieds 42) cubes, (i4° solives) ou d’environ 25o mètres (128 lig. 3 6) de longueur sur 26 cent»' (9 pouces 22) de large, et 22 centim. (8 pouces 1 2) de hauteur. Le poids à 900 grammes ( 1 liv. 8 4 ) Ie millistère serait cfô 1260 kilogrammes, (2694 liv, i5),
- §. XIII.
- Des scieries à feu ou à vapeur.
- Une scierie à feu ou à vapeur est une machine mise en mouvement par la force de l’eau que vaporise l’action du feu , et la destruction de cette force par de l’eau froide qui, enlevant au gaz aqueux le calorique qui occasionnait son expansion, le ramène à son état primitif de liquide.
- C’est donc l’augmentation et la diminution successives du volume de l’eau par l’action du feu, que l’on employé, comme force principale ou motrice, dans le mouvement des machines à vapeurs.
- L'eau en passant à l’état de gaz ou de vapeur par le calorique
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- DE L’ART DU CHARPENTIER. 15g qui se combine avec elle , occupe, d’après Watt, un volume i 5 o o à 1728 fois plus grand que lorsqu’elle est à l’état liquide. Cette prodigieuse augmentation produit, par l’expansion de l’eaü, ou par sa gazéification , un effort considérable que Bettancourt a cherché à déterminer par une suite d’expériences très-ingénieuses, que l’on trouve décrites dans l’architecture hydraulique de Prony, et dont ce savant a déterminé la loi pour toutes les températures auxquelles l’eau est vaporisée.
- On voit d’après cela que l’instrument principal d’une machine à feu ou à vapeur , est une chaudière, Jfig. 1ere, planche 1 8 , dans laquelle on puisse faire vaporiser de l’eau, en la tenant constamment en ébullition ; et comme il faut que cette vapeur d’eau puisse être conduite par-tout où l’on veut en faire usage, il faut qu’elle soit fermée hermétiquement, et qu’elle ait seulement une ouverture o pour laisser sortir le gaz aqueux à volonté.
- Cette chaudière doit être construite de manière à pouvoir résister à l’effort de la vapeur qui se dégage , et afin quelle ne soit pas brisée par un dégagement imprévu occasionné par un échauf-fement trop considérable, on pratique une seconde ouverture P fermée par une soupape ou un piston surmonté d’un poids qui le comprime. Ce poids équivaut à la pression d’une colonne d’eau, d’un mètre (3 pieds 08) de hauteur , ou d’une colonne de mercure de 76 millim. (5 3 lignes 69). Ce piston reste fermé, tant que la force de la vapeur ne peut vaincre la pression , mais aussi-tot quelle dépasse cette limite, elle le soulève et s’échappe par l’ouverture que ce soulèvement occasionne ; ainsi le poids placé sur la soupape est la limite de l’effort de l’eau vaporisée sur les parois de 4a chaudière.
- Comme l’eau vaporisée , et qui se dégage, diminue le volume de celle que la chaudière contient, et qu’il est nécessaire de remplir ce vide par de l’eau nouvelle, un conduit Q sert d’introducteur } il pénètre dans la chaudière jusqu’au dessous de la
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- 16o TRAITÉ GÉNÉRAL
- surface de l’eau , afin que la vapeur formée ne se dégage pas par son ouverture. Deux tubes de verre, l’un doublement recourbé R qui communique à la vapeur , indique, par le moyen d’un liquide contenu dans la courbure, la force comprimable de l’eau gazéifiée ; l’autre S communiquant à l’eau indique sa hauteur dans la chaudière, et conséquemment s’il est nécessaire ou non d’en ajouter de nouvelle. Au fond de la chaudière est un tuyau T avec un robinet pour vider l’eau qu’elle contient.
- La forme de la chaudière et celle du fourneau dans lequel elle est placée, sont essentielles à bien déterminer, parce que le combustible consommé formant la dépense journalière principale , il est de l’intérêt des propriétaires des machines à vapeur, d’obtenir l’effet le plus grand avec la quantité de combustible la plus petite, et la forme de la chaudière, ainsi que celle du fourneau, contribuent à augmenter ou à diminuer la proportion du combustible employé.
- La première chose que l’on se propose dans la construction du fourneau , c’est que tout le calorique dégagé par la combustion soit entièrement employé à vaporiser de l’eau ; pour obtenir cet effet , on fait circuler la flamme et la fumée autour de la chaudière , de manière qu’elle n’ait plus de chaleur sensible , lorsqu’elle arrive dans le tuyau de la cheminée.
- Quant à la chaudière, sa formé doit être telle quelle présente le plus de surface à l’action du feu , en conséquence on lui. donne ordinairement celle d’un cône très-alongé, afin qu’après avôir été échauffée par-dessous , la flamme puisse circuler autour d’une grande surface , Hg. 3 , 4 et 5. Plusieurs de ces chaudières ont meme dans leur milieu un tube de forme cylindrique qui les pénètre , fig. 3 y et que la flamme et la fumée traversent dans toute la longueur ; elles continuent en sortant à circuler autour de la chaudière.
- Pour augmenter encore davantage la grandeur de la surface
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- DE L’ART DU CHARPENTIER. i6r extérieure, on avait imaginé de former une chaudière d’un long tuyau circulant sur lui-méme, fig. 3 , mais les dépôts accumulés sur les parois de ces tuyaux , lorsque les eaux contiennent des matières salines ou terreuses en dissolution, la difficulté de les retirer, l’augmenlation d’épaisseur qu’ils produisent , l’obstacle que la chaleur éprouve pour pénétrer ce dépôt, et la perte du calorique que cet obstacle occasionne , toutes ces défectuosités ont fait abandonner leur usage.
- La matière dont on fait ces chaudières est de cuivre, et comme ce métal est très-conducteur de la chaleur , on recouvre entièrement la chaudière avec des briques, pour empêcher ou diminuer de beaucoup le refroidissement occasionné par le contact de l’air.
- Les figures 3 , 4 et 5 représentent le plan , les coupes et l’élévation d’une chaudière de machine à vapeur.
- La vapeur dégagée de la chaudière communique par deux ouvertures dans un cylindre de fonte bien fermé, fig. 6. L’une de ces ouvertures est dans la partie supérieure , l’autre dans la partie inférieure ; dans l’intérieur du cylindre est un piston cylindrique qui le remplit parfaitement, ce piston peut se mouvoir de bas en haut et de haut en bas.
- Les deux ouvertures A et B peuvent s’ouvrir et se fermer avec des soupapes.
- Le cylindre a deux autres ouvertures C et D qui communiquent par le moyen d’un cylindre à un réservoir d’eau froide.
- Lorsque le conduit à vapeur B est ouvert et celui A fermé,4 que le conduit à eau D est fermé et celui G ouvert, la vapeur qui entre par B exerce tout son effort sur le piston et le soulève jusqu’à ce qu’il soit arrivé en AC; si dans ce moment la soupape à vapeur B se ferme , l’action inférieure cesse ; si la soupape C de communication avec l’eau contenue dans le baquet se ferme aussi , et que la soupape à vapeur A s’ouvre, il se fait par ce Tome L %>
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- ,63 . TRAITÉ GÉNÉRAL'
- conduit un commencement d’effort de la vapeur sur la partie supérieure du piston ; si dans le meme moment la soupape D de communication avec l’eau fraîche s’ouvre , toute la vapeur contenue dans la parlie inférieure est détruite , parce que l’eau fraîche attire le calorique, s’en empare, la vapeur se liquéfie et passe a l’état d’eau liquide qui s’écoule dans le réservoir. Il se fait un vide dans cette partie, et le piston, pressé par la vapeur supérieure, descend; si la soupape à vapeur A et celle à. eau fraîche D se ferment, que les autres. soupapes B et C s’ouvrent > la vapeur supérieure se condense sur l’eau ; il se fait un vide , , la vapeur de la chaudière entrant par l’ouverture B et faisant effort sur la partie inférieure du piston, le soulève et le porte de nouveau eu haut.
- Par les ouvertures alternatives des pistons supérieurs et inférieurs , communiquant à la chaudière à vapeur et au réservoir à eau fraîche , ce piston a dans le corps de pompe un mouvement de va et vient susceptible d’être employé comme producteur de, tout autre mouvement. C’est ce va et vient du piston intérieur du corps de pompe que l’on applique à la scie pour la faire mouvoir.
- ha ligure 7 représente le plan du cylindre à vapeur et du réfrigérant.
- On a vu page 1 5 3 que la force nécessaire, pour faire mouvoir une'lame de scie capable d’un travail égal à celui de g hommes, devait élever 2 58 hilogr. (5 2 7 liv. 06) à 40 métrés-(2 o toises .5 2) de hauteur en une minute ; il- faut donc , pour faire mouvoir 11 e lame de scie , obtenir et construire un cylindre à vapeur capable de produire cet effet; 1
- D’après des observations long-tems continuées , faites par Ra-» mus sur les grandes et belles machines à vapeur du Creuzot, d’après des expériences particulières faites par le meme artiste sur des cylindres à vapeur de différents diatnètres, Ram us a conclu
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- DE L’ART DU CHARPENTIER, que la force exercée par la vapeur de l’eau sur un piston d’un décim. (3 pouces 69) de rayon, était de 54 kilogr. (69 liv. 46), de 2 décim. (7 pouces 39) de rayon, 4 fois .54 kilogrammes (69 liv. 16), de 3 décim. (1 1 pouces 08) de rayon 9 fois 34 kilogr. (69 liv. 16); enfin que la force augmentait en raison du quarré des rayons.
- D’après ces données , il est facile de déterminer le diamètre intérieur du cylindre à. vapeur, dont l’effort serait de 2 58 kilogr. (527 liv. 06). Divisant cette somme par 34 * on a 7,6 décim. (218 pouces 34) quarrés , et dont la racine quarrée est un peu moins de 2 7 6 millirn. ( 1 o pouces 19) ou 2 décim. et 7 6 millim. : ainsi le diamètre du cylindre à vapeur, capable de faire mour voir une lame de scie, doit être de 276 millim/ (1 o pouces 19) avec une élévation de 40 mètres (2 0 toises 5 2) par minute.
- Le mouvement ordinaire de la scie est de 8 décim. (29 pouces 55); pour qu’elle soit élevée à 4° mètres (20 toises 5 2.) par minute, il faut qu’elle ait 5o va et vient; si cette vitesse paraissait trop considérable, on pourrait la diminuer en augmentant l’effort.
- Si l’on voulait que de piston , parcourant 8 décim. (2 9 pouces 55) par va et vient , n’eût que 3o mouvements par minute, son élévation 11e serait que de 24 mètres (12 toises 31 ) ; mais comme un poids de 4^0 kilogr. (878 liv. 44)? élevé à 24 mètres (12 toises 3 1 ). de hauteur par minute > exige un effort égal à l’élévation d’un poids de 2 58 kilogr. (527 liv. 06) à 4° mètres (20 toises 5 2) de hauteur, il suit que dans ce cas, il faudrait que le diamètre du cylindre à vapeur eût 3 55 millim. ( 1 3 pouces 1 2).
- Une pression de 54 kilogr. (69 liv. 16) sur un cercle de o,mi (7 pouces 39) de diamètre , correspond à une Colonne de mercure de 3 2 centim. (1 1 pouces 82) de hauteur; en comparant cette pression à la force de la vapeur, résultant des expériences de Bettancourt, on voit qu’elle répond à une température de
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- 61 degrés de Réaumur, ou 76 degrés 2 5 du thermomètre centigrade. A 8 o degrés de Réaumur température de l’eau bouillante aux pressions ordinaires de l’atmosphère, la colonne de mercure correspondante à l’effort de l’eau vaporisée , serait de 7 5 centim. (27 pouces 70) de hauteur , ce qui ferait une pression de 80 kilogr. (i63 liv. 4 5) sur un cercle de 1 décirn. (7 pouces 39) de rayon ; en supposant que l’ébullition de l’eau, dans la chaudière des machines à vapeur , ne se fit pas à une température plus haute que de 8 o degrés de Réaumur , ou 100 degrés du thermomètre centigrade, il en résulterait que l’effort de la vapeur serait les 4 septièmes environ plus grand que celui que la scierie exigerait ; une partie de cet excédent de force est employée à vaincre les frottements du piston et ceux de toute la machine. Le reste équivaut à la pression exercée sur une portion d’air atmosphérique qui pénètre dans le cylindre à chaque refroidissement et à l’évaporation de vapeur non condensée; les expériences de Bettancourt ont été faites dans un vide exact.
- On pourrait encore observer que l’ébullition se fait à une pression plus grande que 8 o degrés de Réaumur , puisque très-souvent la vapeur soulève le poids d’une colonne de mercure de 7 6 milliin. (3 3 lig. 69), qui est ajouté à la soupape, qui elle-ménie supporte le poids de l’atmospliére de 7 5 centim. (27 pouces 70) de mercure , et que conséquemment la force de la vapeur fait équilibre à une colonne de mercure de 826 millim. (5o pouces 5 1 ), ce qui correspond, dans les tables de Bettancourt et de Prony, à une température de 82 degrés de Réaumur , environ 102 degrés 5 du thermomètre centigrade. Nous comparerons en détail les effets que donne l’application directe des expériences de Bettancourt , avec celles que l’on en obtient dans la pratique , en traitant des moulins à blé mus par des machines à vapeur. Il nous suffit d’avoir fait remarquer qu’il fallait partir d’observations pratiques , pour établir les proportions
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- DE L’ART DU CHARPENTIER. i65 du cylindre, en raison de l’effet que l’on veut obtenir , et d’avoir fait connaître celles de Ramus.
- La machine à vapeur , pour communiquer directement son mouvement à la scie et lui donner une vitesse qui produise un résultat égal, à celui de 9 hommes , doit procurer à son piston 5o va et vient dans une minute, en parcourant une longueur de 8 décim. (29 pouces 5 5); ainsi la vapeur consommée dans chaque va et vient sera de 122 litres (5 pieds cubes 5 5g), et pour 5 o va et vient ; dans une minute 6 1 00 litres (177 pieds 95). Dans la supposition que le cylindre à vapeur aurait un dia-mèt. de 3 55 millim. (9 pouces 22), et 3o va et vient par minute , la consommation serait la même. Comme la vapeur occupe un volume au moins 1 5 o o fois plus grand que l’eau qui la produit , 6100 litres de vapeur correspondent à un peu plus de 4 litres (o pied 1 18) d’eau.
- J’ai trouvé , par des expériences qui me sont particulières, que j’ai communiquées à la conférence des mines , et que je détaillerai dans les éléments de minéralogie que je me propose de publier, j’ai trouvé qu’un kilogr. (2 liv. 04) de houille du creuzot, pouvait évaporer 16 litres (o pied 472) d’eau; mais comme dans mes expériences toute la chaleur dégagée est employée à vaporiser l’eau , et que toutes les chaudières laissent perdre une partie du calorique que le combustible dégage, aucune ne pouvait produire un effet aussi considérable.
- Le comte de Rumford a trouvé qu’un kilogr. (2 liv. 04) de sapin pouvait vaporiser 4 litres (o pied 117) d’eau , ce qui correspond à 4 kilogr. (8 liv. 17) par kilogr. de houille du creusot.
- Dans les salines 1 kilogr. (2 liv. 04) de houille vaporise environ 3 litres (o pied 088) d’eau.
- Dans une distillation que j’ai faite avec un alambic contenant 32 5 litres (6 pieds 56 3) d’eau, 1 kilogr. (2 liv. 04) de houille
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- du creusot a vaporisé 7 litres (o pied 207) d’eau. Mais comme toutes les houilles diffèrent considérablement les unes des autres , on peut sans inconvénient établir qu’un kilogr. de houille moyenne vaporise 8 litres d’eau dans les bonnes chaudières ( 1 ).
- D’après cela la consommation en houille nécessaire pour vaporiser 4 litres ( o pied 118) d’eau par minute, ainsi que l’exige la- scierie à un fer de scie, serait de 3o kilogr. (61 liv. 28) par heure ; 560 kilogr. (735 liv. 43) par 12 heures. Comme 1 kilogr. (2 liv. 04) de houille du creusot produit autant de calorique que 2 kilogr. (4 liv. 08) de bois de chêne, il s’ensuit que la scierie consommerait 720 kilogr. (1470 liv. 87) ou un stère et demi (14 sol. 5 g) de bois de chêne par 12 heures, donc un stère (9 sol. 72) de bois produirait un résultat équivalent au travail de 6 hommes.
- La consommation journalière serait de 720 kilogr. (1470 liv. 87) de houille du creusot par 24 heures. Cependant, d’après le tableau de consommation de combustible , envoyé au conseil des mines , par Perrier et Piamus, comme résultat de leurs expériences , un cylindre de o m 276 (10 pouces 1 9) de diamètre ne consommerait selon Perrier que 35o kilogr! (7 15 liv.) de houille par jour, et: selon Ram us, que, 5 60 kilog. (735 liv. 43): conséquemment la moitié de ce que donne le calcul déduit d’observations faites sur des chaudières et des alambics , et la même quantité que m’ont donnée mes expériences , en employant tout le calorique dégagé de la houille.
- Cette différence entre le résultat du calcul et celui des ex-
- (1) De nouvelles observations faites sur la distillation depuis que cette première partie a été soumise au jugement de l’institut, ont appris que l’on pouvait accélérer la distillation et vaporiser , avec la même quantité de combustible, une quantité de liquide beaucoup plus grande , en faisant usage de deux moyens , i°. donner du mouvement au liquide contenu dans l’alamilc ; 20. diminuer la pression sur le liquide. Çes deux moyens sont employés maintenant avec beaucoup de succès en France et en Ecosse.
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- DE L’ART DU CHARPENTIER. 167 périences des deux meilleurs observateurs de machines à vapeur que nous ayons en France, vient probablement de ce que, pour chaque va et vient , on ne consomme pas toute la vapeur qu® la capacité semble exiger, qu’il reste dans l’intérieur des cylindres , de l*air et une portion de vapeur qu’il faut comprimer; et l’on peut attribuer à cette compression l’effort de la vapeur sur le piston déduit des observations de Ramus , page 164, qui est les quatre septièmes plus grand que celui que l’on déduit des expériences de Bettancourt.
- Puisque 360 kilogr. (7 35 liv. 43)' de houille- doivent être consommés toutes les 24 heures , et que chaque kilogr. de houille vaporise 8 litres ( 8 pintes 5 g) d’eau, il s’ensuit que la grandeur de lép chaudière doit être telle quelle puisse facilement vaporiser 2880 litres (3092 pintes 3 g) d’eau par jour, ou 120 litres (128 pintes 84) par heure.
- La théorie ne nous ayant pas encore fait connaître de moyens pour déterminer le rapport entre la capacité de la chaudière et celle de la vapeur , il faut s’en rapporter à l’expérience.
- Les meilleures chaudières des machines à vapeur que l’on connaisse ont une forme conoïde ; leurs dimensions sont telles que la largeur moyenne est environ moitié de la longueur et de la hauteur. En conséquence, une chaudière , dont le vide intérieur. contiendrait 108 litres (1 i5 pintes 96) , aurait 3 décim. (1 3a lig, 99) de largeur moyenne sur 6 décim. (265 lig- 98) de long et autant de haut ; sa surface extérieure serait de 144 décim. (1965 pouces 10) quarrés; en supposant que A soit la largeur moyenne , le rapport de la solidité à la surface serait comme 4 A 3 est à 16 A 2.
- Ramus a observé qu’une machine à vapeur , qui a va et*
- vient par minute, doit avoir une chaudière telle que, pour chaque décim. cube (5 o pouces 412) de vapeur employée dans
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- un seul mouvement, ou 6 o décim. cubes (3024 pouces 7 4) par vu et vient, il y ait 5o décim. (682 pouces 3 3) quarrés de surface exposés à Faction du feu. Une machine à vapeur, qui bat 3o coups par minute, doit avoir une surface de 60 décim. (8 18 pouces 7g) quarrés exposés à l'action du feu, pour chaque 60 décim. (3024 pouces 74) cube de vapeur employée ; et pour 5 o coups par minute, il faut exposer à l’action du feu 70 décim.5 (g 5 5 pouces 26) quarrés de sa surface , pour fournir 60 décim. (3024 pouces 74) cubes de vapeur. Or, le cylindre à vapeur de fa scierie devant consommer 122 décim. (6 1 5 o pouces 3 o) cubes de vapeur dans chaque va et vient, la surface exposée à l'action' du feu doit être de io5 décim. (14^2 pouces 2 3) quarrés: en' supposant que le tiers de la surface de la chaudière soit exposé à l’action du feu , la surface totale serait de 3 1 6 décim. (45 1 2 pouces 3 4) quarrés , la solidité de 5 55 litres (3 8 1 pintes 18)^ et là largeur moyenne de 44-6 millim. (ig7 lig. 71).
- Là chaudière à vapeur est ordinairement à moitié pleinq d’eau; ainsi elle contiendrait 177 litres (igo pintes o5) d’eau^ et un espace de 177 litres (igo pintes o5) plein de vapeur; cette quantité est plus grande que celle qui est nécessaire pour un va et vient. Les 177 litres (igo pintes o5) d’eau, contenus dans la chaudière , peuvent être évaporés en une heure et demie, et fournir au mouvement de la machine pendant ce temps, sans qu’il soit nécessaire de la renouveller. Mais comme, après ce temps , il n’y aurait plus d’eau pour continuer le mouvement, il faut nécessairement s’occuper des moyens de lui en fournir de nouvelle, et c’est ce que l’on fait en établissant une pompe qui fait mouvoir le va et vient, qui enlève l’eau que la vapeur a fait condenser, et qui s’est échauffée par tout le calorique qui s’est dégagé par cette condensation.
- Je joins ici le résultat d’une machine à feu et de rotation établie par les citoyens Perrier , aux mines de Houille de Litry,
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- IDE L’ART DU CHARPENTIER. 16g àu commencement de l’an 8. Ces résultats m’ont été communiqués par le cit. Perrier jeune.
- Le cylindre de cette machine porte 5 3 2 millim. ( i 3 pouces) de diamètre, la levée du piston est de 974 millim. (3 pieds).
- Elle monté en 6 heures de temps, d’une fosse de 1 1 5 mètres 7 ( 3 5 o pieds) de profondeur, une coupe de charbon de terre, composée de 72 bannes ou paniers, pesant chacun 506 kilogr. 64 (io35 liv.), poids net de houille, ce qui donne au total, en 6 heures de travail, 36478 kilogr. (74520 liv.), eu 12 heures 72956 kilogr. (14904° hv.). Ainsi, en 12 heures, la machine monte 8295 kilogr. (16945 liv, 65) à 1 kilom. (5078* pieds 44) de hauteur.
- La consommation de la houille pour l’extraction d’une coupe, pendant un travail de 6 heures , est de 440 kilogr. (900 liv.) , et 1 kilog. (2 liv. 04) de houille , peut monter 9 kilog. 45 (19 liv. 27) à 1 kilom. (3078 pieds 44) de hauteur. La chaudière est sphérique.
- Maintenant que nous avons déterminé, i°. le diamètre du cylindre à vapeur, pour obtenir une force demandée ; 20, la proportion de la chaudière qui doit fournir la vapeur ; 3®, la quantité de combustible qu’elle emploie; nous allons décrire la construction entière de la machine.
- La chaudière doit être construite de manière que, mise sur un chariot, elle puisse être transportée par-tout où elle doit être placée pour faire mouvoir la scierie ; il faut, en conséquence , que l’enveloppe qui l’entoure ne puisse souffrir des chocs que le transport produit, et que la longue cheminée , par laquelle la fumée se dégage, puisse être démontée facilement.
- Au lieu d’une maçonnerie que l’on construit ordinairement pour soutenir la chaudière, on l’enveloppera entièrement de plaques de fonte mince. D’autres plaques formeront le foyer , et de nouvelles plaques fixeront la circulation de la flamme autour de Tome L Y
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- la chaudière , après l’avoir traversée dans son milieu entre ces plaques , et entre les plaques et la chaudière. Par-tout où l’espace doit être rempli , on mettra une brasque composée de 2 parties d’argile et 3 parties de charbon pilé. Cette composition , fortement battue entre les surfaces , tiendra lieu de maçonnerie , et empêchera par sa non conductibilité, le calorique de pénétrer à l’extérieur.
- La chaudière , ainsi construite, pèsera environ 800 kilog. (i634 liv. 3o), et pourra être facilement transportée par deux chevaux dans toutes les parties de la forêt ou du bois exploité.
- Lorsque l’on voudra la placer pour mettre la scierie en mouvement , on placera des madriers par-dessous, on la fixera solidement et l’on retirera les roues.
- Le cylindre à vapeur, dont le poids , en y comprenant le piston, les tuyaux de communication, peut être évalué à 1200 kilog. (a45i liv. 47)> sera aussi posé sur un chariot que trois chevaux feront mouvoir, et que l’on assujettira ensuite sur de bons et forts madriers, lorsque l’on voudra mettre la scie en mouvement.
- Une grande cuve suffit dans ces machines pour contenir l’eau nécessaire au. refroidissement ; cette cuve avec les tuyaux d’injection , la pompe qui enlève l’eau , échauffe par la vapeur les tuyaux de la cheminée de la chaudière , les bois du chariot de la scie, et tous les accessoires peuvent être transportés sur un autre chariot traîné par deux chevaux.
- Ainsi trois chariots suffisent pour transporter toute la scierie dans les centres d’exploitation.
- Il faut avoir attention de poser la scierie sur un emplacement où l’on puisse avoir facilement de l’eau , pour fournir au.réfrigérant celle qui lui est nécessaire ; car si l’on n’était point à la portée d’un réservoir , d’un étang , d’un puits , ou d’un ruisseau , on serait obligé d’apporter dans des tonnes, l’eau qui
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- DE EAKT DU CHARPENTIER. i7i doit être consommée * ce qui augmenterait considérablement la dépense.
- Le piston que la vapeur fait mouvoir dans le cylindre sera fixé sur une grande tige de fer ; sur la partie supérieure de cette tige sera une' barre de fer aux extrémités de laquelle on suspendra , d’un coté, la scie, et de l’autre, i°. la tige qui fait mouvoir le piston dans le corps de pompe qui retient l’eau échauffée dans le réfrigérant; 20. la barre qui fait jouer les leviers qui ouvrent et ferment les pistons à vapeurs et à réfrigérants. Comme l’effort, fait par la scie, est plus considérable que celui qui ouvre et ferme les pistons, la tige aurait une tendance à s’incliner du premier côté , et le piston y exerçant un frottement plus considérable , pourrait s’user inégalement : au lieu d’une boîte à cuir , placée dans la partie supérieure des cylindres à vapeur ordinaire , il faut prolonger la tige dans la partie inférieure, et avoir une seconde boîte à cuir qui, la maintenant dans une direction constante, empêche toute autre espèce d’inégalité de frottement et d’usé, que celle qui se fait dans les boites à cuir qui peut être facilement réparé.
- Ces objets adaptés à la partie supérieure de la tige du piston, suppléent aux balanciers que l’on établit dans les machines ordinaires , et qui sont inutiles à celle-ci.
- Le chariot et le châssis qui le supporte , seront posés sur le fcol , comme dans la scierie à chevaux. Il y aura de même un trou en terre, d’un mètre de profondeur , pour le mouvement de la scie et l’engrainage du cylindre qui fait mouvoir le chariot : le reste de l’usine sera absolument analogue.
- La seule différence entre cette machine , et celle mue par les chevaux , c’est que, dans la dernière, le va et vient de la Scie est déterminé par un mouvement de rotation des chevaux, tandis que , dans la première, le va et vient de la scie est dé-? terminé par le va et vient du piston.
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- i7a TRAITÉ GÉNÉRAL'
- Nous nous proposons de donner un plan détaillé de cette scierie , mais nous désirerions ne la faire connaître qu’après son exécution.
- S- XIV.
- Dépense de la scierie et de Véquarrissage à bras , comparée à la scierie à chevaux.
- On peut, d’après les plans, représentés planche i 7 , et les détails de la machine, page 1 57 et r58, déterminer facilement la quantité de bois que contient cette scierie, qui a été estimée 1 4 mètres cubes, et faire un devis exact de la dépense qu’elle exigera ; comme cette dépense variera dans chaque pays , les détails de ce devis pourraient être superflus , cependant je vais donner une idée de ces sortes de calculs, et pour cela , je supposerai que la scierie à chevaux coûte 3 o o o fr. y dans beaucoup de forêts où le bois est â bon marché , la scierie pourra coûter moins encore ; dans d’autres, elle pourra coûter davantage. Comme nous présen* tons cette comparaison de valeur moins comme un résultat de la dépense delà construction, que comme un moyen de connaître si cette scierie est avantageuse, on substituera, en calculant, les valeurs déterminées sur les lieux à ces valeurs hypothétiques, et l’on aura par ce moyen un résultat d’après lequel on pourra se déterminer.
- Il faut faire entrer comme élément de la dépense l’usé de la machine, et l’intérêt de l’argent employé , en supposant que cette scierie puisse travailler 1 o ans , c’est 3 o o fr. de dépense par année, l’intérêt de l’argent à 5 pour 100 sera de 15 o fr. par an. Mais cet intérêt diminue chaque année, puisque l’on tient compte de l’usé de la machine , et au bout de dix ans , toute sa dépense sera entrée dans, le principal et sera remboursée. Ce serait donc rigoureusement .7-5fr. d’intérêt par an, mais à cause des variations d’intérêt, laissons i5o fr.
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- DE L’ART DU CHARPENTIER. t7« ces deux dépenses feraient une somme de 45o fr. Si Ton peut compter 3oo jours de travail dans l’année, c’est i fr. 5o cent, par jour , et 5 o cent, par 8 heures de travail : à cause des réparations , supposons i franc.
- On peut èstimer la nourriture et l’entretien des chevaux , la chance de les perdre, leur usé, l’intérêt de l’argent d’achat à 3 francs par jour , c’est plus que la moyenne estimée 2 francs ; comme la scierie exige deux chevaux, et que les chevaux ne travaillent que huit heures , c’est, 6 fr. pour huit heures de travail. Un homme peut soigner deux chevaux et suivre tout le travail de la scierie, pendant qu’ils y sont appliqués , donnons 2 fr. par jour à cet homme, parce qu’il lui faut une intelligence au-dessus des conducteurs de chevaux ordinaires.
- La dépense de la scierie , pour huit heures de travail, sera de g fr. ; le travail qu’elle produit peut être estimé un trait de 86 mètres 4 (266 pieds 97) de long, sur 3 décim. (1 1 pouces 08) de large j 4 3 planches de 2 mètres (6 pieds 1 6) de long , et 3 décim. (1 1 pouces 08) de large ; 81 planches de 2 mètre# (6 pieds 16), sur 1 6 centim. (5 pouces 9 1 ) de large; 2 1 pièces et demie de bois de 2 mètres (6 pieds 16) de long, sur 3 décim. (ii,.pouces 08) d’équarrissage, ou 26 mètres quarrés (246 pieds 40) de surface.
- Ainsi le cent de planches dé 2 mètres (6 pieds £) de longueur, sur 3 décim. (n pouces508) de largeur, ''reviendrait à 21 fr. , et celui des planches de 16 centim. (5 pouces 91) de largeur ordinaire , ne reviendrait qu’à- 1 1 fr.
- Les 8 1 planches à 20 fr. le cent, prix moyen, coûtent 1 6 fr. La dépense n’est que de 9 , conséquemment le produit est presque double de, la dépense.
- Quant à l’équarrissage , cette espèce de scierie ne peut encore être substituée avec avantage aux moyens que l’on emploie, car elle ne produit qu’une surface de 26 mètres quarrés (24b pied#
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- ï74 traité général
- 4o) de surface eu huit heures , le mètre quarré (9 pieds 48) coûte , page i3o, de i5 à a5 centimes. Supposons 20, c'est 5 francs 3 o centimes de produit, pour 9 francs de dépense.
- S- X y.
- Dépenses de la scierie et de Véquarrissage à bras, comparé à la scierie à vapeur.
- D’après les devis qui ont été remis au conseil des mines , par Perrier et Ramus, une machine à feu, dont le diamètre intérieur du cylindre à vapeur n’aurait que 276 inillim. (122 lig. 34), et meme 5 55 millim. ( 1 57 lig. 37), coûterait moins de 12000 fr. Ajoutant 3 o o o fr. pour les frais de transport, de montage, pour la charpente peu coûteuse qui doit l’accompagner , la machine reviendrait à 1 5 o o o fr. Supposons que cette scierie ne dure que 2 o ans , la dépense d’usé annuel serait de 7 5 o fr. Tout fait croire qu’elle durerait beaucoup davantage, et lorsqu’elle sera totalement hors d’état d etre employée, les matériaux auront encore de la valeur.
- En portant l’intérêt de l’argent à 5 pour 100, celui de 1 5 o o o fr. d’avance serait de 7 5 o fr. , mais cet intérêt doit diminuer chaque année de 3 7 fr. 5 o c. , puisque nous èomptons 7 5o fr. d’usé de la machine; l’intérét moyen des 20 ans serait donc de 3 7 5 fr. : à cause des variations de l’intérét mettons 5 o o f.
- Le transport de la machine dans le centre d’exploitation , les montage et démontage exigent des frais , elle aura aussi besoin de quelques réparations , sur-tout dans les dernières années ; ajoutons par an , pour ces dépenses , 3 7 5 fr.
- Les dépenses annuelles de la scierie à vapeur sont, d’après ces données , de 1 5 o o Jfrancs, en supposant 3 o o jours de tra-ü** c’est 5 francs par jour.
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- DE L’ART DU CHARPENTIER. i75
- Pour soigner la machine, diriger le travail pendant 24 heures , on peut compter 3 hommes , à a fr. par jour, c’est 6 fr.
- La scierie à vapeur consommerait par jour , d’après les expériences de Ramus et Perrier, page 166, 360 kilogr. (7 3 51iv. 43) de houille. D’après mes observations sur la caloricité des combustibles , 36o kilogr. (7 3 5 liv. 4$) de houille du creusot, correspondent à-peu-près à un stère et demi (o , corde 3g) de bois de chêne*, supposons 2 stères (o, corde 5 2) : rien 11’est plus variable que la valeur du stère de bois , supposons la 2 fr. pris dans la forêt ; dans beaucoup d’endroits il ne coûtera pas 5 o cent, et presque par-tout on se servira, pour alimenter la machine, des débris invendus ; ce sera donc, pour frais de combustible,
- 4 francs.
- Ainsi, la dépense journalière de la scierie à vapeur sera de
- 1 5 francs.
- La scierie a vapeur fait, par 2 4 heures, un trait de scie de 249 mètres (766 pieds 5 3) de long, sur 3 décim. (n pouces 08) de large ; ce qui équivaut à 124 planches de 2 mètres (6 pieds 1 6) de long , sur 3 décim. (1 1 pouces 08) de large; à
- 2 32 planches de 2 mètres (6 pieds 1 6) de long, sur 1 6 centim. (6 pouces g 1) de large ; à 3 1 pièces de bois de 2 mètres (6 pieds 1 6) de long , sur 3 décim. (1 1 pouces 08) déquarrissage ; à 1 o5 mètres (995 pieds 06) quarrés de surface. Ainsi, le cent de planches de 2 mètres (6 pieds 16) de long, sur 16 centim. (5 pouces 91) de large, reviendrait à 6 fr. 47 centim. et les mètres quarrés (9 pieds 48) d’équarrissage à 14 centimes.
- Cette scierie peut donc être substituée avec économie aux scieurs de long et aux équarrisseurs , puisqu’en supposant la refente de la planche à 2 o fr. , prix moyen du scieur de long, elle produirait, par 24.heures, 2 32 planches, qui auraient coûté 4 8 fr. 40 c. et la dépense n’aurait été que de 1 5 fr. , conséquemment le bénéfice serait trois fois la dépense.
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- En supposant que le travail d'un mètre (9 pieds 48) quarré de surface soit payé 2 o centimes aux équarrisseurs , les 1 o 5 mètres (996 pieds 06) quarrés auraient coûté 21 francs. La dépense de la machine équivaut à 1 5 francs, c’est donc un bénéfice de moitié environ de la dépense.
- On a vu, page 120, quen équarrissant le bois à la scie, on obtenait des flaches qui avaient une valeur dépendante de leur grosseur , et qu’il y avait tel bois qu’il était plus avantageux d’équarrir à la scie, mue par des hommes, à cause de la valeur des flaches obtenues ; les flaches, quelles qu’elles soient, seront encore un bénéfice nouveau dans l’équarrissage à la scie, mue par la vapeur de l’eau.
- On peut juger , d’après cette comparaison , quel bénéfice , pour le moment actuel, donnait une scierie à vapeur transportable , substituée au travail des hommes ; et le bénéfice sera augmenté dans la plupart des exploitations de. la valeur du combustible employé, que l’on peut considérer comme étant nul.
- Si dans le moment actuel , cette sorte d’usine présente un bénéfice considérable , quelle espérance ne donne-t-elle pas pour l’avenir, si la main-d’œuvre va toujours en augmentant, comme tout semble le faire croire.
- CHAPITRE TROISIÈME.
- Paragraphe premier.
- Du transport des bois.
- Les exploitations en taillis ou en futaies doivent être évacuées dans le cours de l’année, avant que la pousse n’ait commencé
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- DE L’ART DU CHARPENTIER. i77 à paraître , dans la crainte qu’eu sortant le bois , la voiture ne détruise ces pousses. Le marchand ou l’exploitant a lui-même un grand intérêt à sortir promptement les bois , parce que , reposant sur un sol humide , étant exposés à toutes les variations de la sécheresse et de l’humidité qui est plus grande sous la verdure que dans un lieu découvert, la pourriture les gagne avec une extrême vitesse, et les détruit en peu de tems.
- Une raison d’économie qui détermine l’exploitant à enlever ses bois pendant l’hiver, à mesure qu’ils sont travaillés , c’est que ce temps étant celui où les travaux de l’agriculture sont sans activité, on peut profiter des animaux qui y sont employés , et exécuter , à meilleur marché , le transport du bois.
- Les bois présentent plus ou moins de difficultés à être sortis des forêts. Lorsqu’ils sont destinés â être employés sur les lieux, on fait usage de tous les moyens propres à surmonter ces difficultés ; mais lorsqu’ils doivent être employés à une grande distance des lieux où ils ont été abattus, le mode de transport peut avoir une grande influence sur la valeur et la qualité des bois. Il est nécessaire d’examiner en détail chacune de ces influences ; elles dépendent de la situation des forêts , de la distance aux lieux de consommation et de la facilité plus ou moins grande que présentent les routes qui y conduisent.
- §. I L
- De la situation des bois ou des forêts.
- Lorsque les forêts exploitées sont dans un terrain ferme, que la surface ne présente que de faibles sinuosités , que les charrois s’y exécutent avec facilité, on peut rassembler les bois équar-ris , les sortir sur des voitures, soit pour les conduire directement aux lieux où ils doivent être consommés , soit pour les. Tome I. &
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- réunir clans des places de rassemblement d’où ils doivent être transportés à leur destination ; dans les grandes forets , on pra-ticpre ordinairement'des éclaircis, des routes ; on dresse même à l’avance des chemins , planche i g , fig. 2 , qui traversent la masse des arbres dans toutes les directions , et qui conduisent aux lieux où le bois équarri doit être déposé.
- Si les bois à abattre sont sur le penchant ou le sommet des montagnes escarpées, hérissées de rochers qui interceptent les passages , ou dans des terrains marécageux qui s’opposent à toute espèce de charrois , souvent il faut perdre l’espérance d’en retirer les pièces assez grandes et assez fortes pour être. employées en charpente. Lorsqu’il y a impossibilité de sortir de gros bois, on exploite les troncs des gros arbres , en . bois de fente , de raclerie ou de chauffage, dont les morceaux assez petits et assez légers peuvent être transportés à dos d’ânes , de mulets ou de chevaux.
- Sur les penchants roi des des montagnes , fig. iere, dont quelques parties peuvent être dressées , on établit des couloirs a b sur lesquels on fait glisser les bois jusque dans les vallées ; •là , les moyens de transport devenant plus pratiquables, on met en usage tous ceux que la situation du terrain présente.
- Un couloir est un espace étroit dressé sur le penchant d’une montagne ; on y fait descendre en glissant les bois qui peuvent y être conduits : lorsque le terrain est ferme, que rien n’empêche de le dresser, le couloir se fait sur le terrain ; mais s’il se présente des obstacles , 011 construit le couloir avec des troncs d’arbres placés et assujettis solidement les uns à côté des autres.
- Dans quelques chaînes alpines , 011 exploite en éclairci , les pins , sapins , mélèzes qui croissent sur le penchant des côtes •escarpées , et même sur la sommité des montagnes; on établit des couloirs sur les bords desquels on traine les arbres abattus, afin de les réunir dans le vallon ; là , on les débite suivant leur destination ; on y fait même le charbon auquel plusieurs
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- DE L’ART DU CHARPENTIER. i79 bois sont destinés. Quant aux troncs , qui doivent être équarris ou débités en planches , on les transporte dans les scieries qui sont le plus à leur proximité. Le transport se fait sur des voitures , lorsque le terrain le permet , ou seulement on traine les pièces, fig. 5 , à travers le chemin sinueux et étroit des vallées.
- Il est peu de vallées au milieu desquelles ne coule un torrent ou un ruisseau plus ou moins rapide ; lorsque le cours d’eau n’est point embarrassé dans sa marche , on peut s’en servir pour conduire les bois à leur lieu de rassemblement. Lorsque des rochers ou des escarpements interrompent le courant en divers endroits , ou qu’il contient trop peu d’eau pour transporter les bois ; on fait dans les forets d’une grande étendue, planche 20, fig. 9 , des rigoles de navigation ABCDE, soit avec des bois recreusés , planche 19, fig. 6 et 7 , soit avec des madriers calfatés et goudronnés dans les joints , fig. 8 et 9. Sur les rigoles on conduit avec facilité les pièces les plus grosses et les plus fortes près des scieries qui doivent les débiter ou les équarrir.
- Dans les pays qui avoisinent les pôles , ou sur les montagnes assez élevées pour rester couvertes de neige un temps de l’année, plus ou moins considérable, on profite des moments où la neige est solide et ferme , pour conduire directement les bois à leur destination , fig. 1 o.
- Dans les terrains marécageux , on creuse des rigoles dans lesquelles les eaux s’écoulent. Ces rigoles servent aussi de moyens de transport.
- Les glissoires a b , fig. 1ere, que l’on établit sur le penchant des montagnes, sont à sec ou à eau. Sur les glissoires à sec, formées sur le terrain , ou par le moyen de madriers réunis , fig. 8 et 9, les bois s’usent et se brisent, alors que la pente est longue et roide ; on est obligé dans ce cas de faire usage
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- cle glissoires à eau dans lesquelles les bois descendent moins vite , éprouvent moins de frottements , se brisent et s'usent moins. Ces sortes de glissoires sont formées d'arbres recreusés, fig. 7 , placées sur le penchant de la montagne. On leur donne une pente à-peu-près uniforme ; on a soin, dans les changements de direction , de les disposer de manière à ce qu'elles fassent un grand contour, afin que le bois en glissant ne puisse être arrêté dans leur marche. Dans une glissoire mouillée , près de Moutier, département du Mont-Blanc , de 48 7 2 mètres (2 5 o o toi.)de long , on transporte, du haut en bas, 1 1 5 stères ( 3 o cordes) en 12 heures.
- Lorsque l'on veut conserver toute la fraîcheur du bois exploité et que l’aspérité des glissoires leur ferait perdre de leur valeur, on schlite le bois ; schliter c'est descendre le bois sur de grands traineaux que des hommes conduisent et dirigent sur des chemins tracés sur le penchant de la montagne. Ces chemins sont boisés : on les construit en plaçant deux rangs de morceaux de bois dans le sens de la longueur du chemin ; sur ceux-ci on place des bûches transversales, éloignées les unes des autres, de 65 à 80 centim. (2 pieds à 2 pieds et demi). Elles sont fortement fixées avec des chevilles de bois sur les pièces longitudinales. Lorsque, pour éviter un long détour, on est obligé de traverser un petit vallon , on forme avec les pièces longitudinales un pont volant et à jour, sur lequel il n’y a que la place nécessaire pour mettre les pieds de celle que ces bûches transversales occupent. Le traîneau léger et chargé glisse sur ces bûches, on le graisse pour le faire glisser plus facilement. Un conducteur , placé par devant, tient le traineau par ses deux bras j il le tire un peu lorsqu'il éprouve de la difficulté à glisser ; il le retient lorsqu’il glisse trop vite , les bûches transversales lui servent d'appui. Un homme descend ordinairement 2 à 3 stères (o,52 à o,7 8 de la corde) à-la-fois , et il remonte son traineau en le portant. Ce procédé est assez généralement employé dans les Vosges et en Allemagne. *
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- DE L’ART DU CHARPENTIER. i8t
- En réunissant les bois prés des scieries pour y être travaillés, ou sur les emplacements où ils doivent être pris , pour être transportés aux lieux de consommation, il faut avoir l’attention de les placer .sur un endroit sec et élevé, et de les mettre sur des chantiers , afin qu’ils ne posent point sur la terre ; pour qu’ils occupent le moins de place, on les réunit les uns sur les autres , planche 2 o, fig. 1ere , avec la précaution de laisser des vides entre chaque pièce , afin qu’il s’établisse des courants d’air qui accélèrent la dessication.
- S- 1 1 I.
- Du transport des bois aux lieux de consommation.
- Le transport des bois se fait par terre ou par eau : le moyen que l’on emploie dépend de la distance à laquelle le bois doit être transporté, et de la facilité que l’on a d’employer l’un ou l’autre moyen.
- Le transport par eau est toujours plus facile et plus écono* mique que le transport par terre , parce que le courant lui-même , dans beaucoup de circonstances, suffit pour l’effectuer : sur des eaux tranquilles on fait usage de la force du vent, si l’espace est assez grand pour pratiquer ce moyen de navigation , ou bien on emploie des animaux pour traîner les bois flottants : dans ce dernier cas , n’ayant à vaincre que la résistance des eaux , les animaux peuvent trainer une masse 1 o o fois plus pesante que celle qu’ils charieraient sur les chemins ordinaires.
- Deux hommes traînent 50,000 kilog. (102,144 liy0 sur le canal de Loing. Deux hommes charieraient difficilement 5 o o kilogr. (1021 liv. ) sur terre.
- Si le transport par eau est plus économique, il présente
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- .82 TRAITÉ GÉNÉRAL
- quelques désavantages lorsque les bois y sont entièrement plongés et quils y restent peu de temps : l’humidité qui les pénètre , l’ëau qui les traverse , enlève une partie de la matière végétale dissoute , change la nature du bois, diminue sa tendance à la putréfaction. Si le bois reste long-tems exposé à l’action alternative de l’air et de l’eau , sa tendance à la putréfaction en est augmentée ; des terres , des sables pénétrent dans le bois, le rendent difficile à travailler, gâtent les outils que l’on emploie : si, au sortir de l’eau, les bois sont renfermés avant d’ëtre séchés complètement , ils se pourrissent ; et s’ils sont exposés à une dessication trop prompte , ils se fendent ; cependant on peut remédier à ces désavantages par des précautions , et même les éviter avec des soins.
- §. i v.
- Du transport par terre.
- Le transport par terre se fait sur des voitures ou des chariots traînés par des bœufs , des chevaux ou des mulets. L’espèce de voiture que l’on adopte, dépend de la grosseur des bois et de la nature des chemins. Quant aux animaux qui charient, ils varient en raison du perfectionnement de l’agriculture et de la-situation des lieux. Là où l’agriculture a fait peu de progrès , où les terres sont encore mal cultivées, où l’on emploie plus de travail que n’en exige le grain que l’on récolte , les bœufs servent à labourer et à transporter ; mais dans les pays où l’agriculture est perfectionnée , où l’on économise la main-d’œùvre et les dépenses, on n’emploie que des chevaux et des mulets ; les derniers dans les pays de montagnes , les premiers dans les pays de plaine.
- Quant aux voitures et aux chariots le choix n’est pas indifférent , l’expérience a prouvé que deux chevaux attelés à un
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- DE L'ART DU CHARPENTIER;. i83 chariot , traînaient , à chemins égaux , un fardeau aussi considérable c|ue celui que trois chevaux traînent lorsqu'ils sont attelés à une voiture. Mais les chariots , pour transporter avec avantage , doivent avoir leur quatre roues d’un égal diamètre ; et lorsque les quatre roues sont égales , les chariots tournent difficilement , d’où il suit que, quelqu’avantageux que soient les chariots, ils ne peuvent servir que sur des routes droites , peu sinueuses, ou dont les changements de direction se font par des courbes insensibles , et qu'il faut faire usage des voitures dans les forets où des obstacles multipliés forcent à changer continuellement de direction, ainsi que dans les communes populeuses où la rencontre des voitures, mues dans des sens opposés , forcent, pour les éviter , de se tourner successivement de coté et d’autre.
- Pour des bois de petits échantillons , tels que solives ou chevrons , on les'place sur des voitures PE, fig. i et 2 , planche 2 1 , ou sur des chariots P E , fig. 3. Les figures P sont les plans et les figures E les élévations. On pose par le travers de la voiture et sur le devant un morceau a qui élève les pièces, et les empêche de toucher le cheval, fig. 1 et 3 , ou bien on place les pièces obliquement, fig. 2. Cette seconde méthode devient quelquefois embarrassante sur des chemins étroits.
- Les grosses pièces que l’on meut difficilement , et que l'on ne peut placer sur des voitures , sans employer des machines ou un nombre d’hommes que l’on ne réunit pas toujours lorsque l’on veut les transporter, se chargent dessous les voitures ou chariots. Ces voitures nommées fardiers sont placées au dessus du morceau à transporter PE , fig. 5. Un rouleau a posé sur la voiture, et près de l'essieu , sert de point d'appui à une chaîne qui entoure la pièce et le bout b du levier b c posé sur le rouleau. En faisant effort sur l'autre extrémité c du levier, on soulève la pièce jusqu'à ce quelle touche le dessous de la
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- |84 TRAITÉ GÉNÉRAL'
- voiture. La pièce est préliminairement posée sur de hauts chantiers,' afin de faire peu d’effort pour l’élever à la hauteur où elle doit être r par le moyen d’une corde cd, fig. 4, on arrête le levier sur l’autre extrémité de la pièce , et on la transporte ainsi. Ce procédé simple est employé avec beaucoup davantage pour charger les voitures ; un conducteur intelligent charge souvent à lui seul des fardeaux considérables.
- On peut avec le fardier charger plusieurs morceaux moins gros, s’ils ont été préalablement placés sur des chantiers PE, fig. 8. On les soulève par le moyen du levier et de la chaîne ; on les transporte, Hg. 9 , comme s’ils ne formaient qu’un seul morceau.
- Si la pièce à transporter est beaucoup plus longue que le fardier , il est difficile de la mettre en équilibre , en plaçant 1er point d’appui sur le milieu de la voiture ; pour que le point d’appui soit à-peu-près sous le milieu du fardier, il faut reculer le rouleau a, fig. 7 , jusqu’à ce qu’il soit dans la position propre à équilibrer la charge. Mais comme le rouleau doit poser près de l’essieu , afin que le cheval de limon ne soit ni trop. chargé, ni soulevé , il est nécessaire que cet essieu puisse lui-même changer de position ; en conséquence , au lieu d’être placé à demeure sur les deux limons , on le fixe dans deux échantignoles mobiles AA, fig. 10. Ces échantignoles portent une rainure CC qui entre dans, la languette L L des limons ; elles peuvent ainsi couler et changer de place. On arrête , par le moyen de deux boulons B B, l’essieu et les roues dans la position qu’ils doivent avoir.
- A défaut de fardier, on se sert souvent de deux paires de roues PE, fig. 1 1 , placées sur leur essieu. Sur ces essieux , qui sont ordinairement en bois , est emmanché un limon. Les deux paires de roues sont écartées de manière, qu’à égale distança des deux bouts de la pièce , elles se partagent le fardeau.
- four charger la pièce, on incline le limon AB, fig. 12. On
- attache
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- DE L'ART DU CHARPENTIER. 18S Attache avec ^des chaînes la pièce à l’extrémité B ; levant le limon en linclinant de A en C, jusqu’à ce qu’il soit horizontal, on soulève la pièce ; on l’attache avec de fortes cordes au limon , pour la tenir suspendue, et on la supporte sur l’essieu ; on en fait autant à l’autre extrémité avec l’autre limon , et la pièce est soulevée par ses deux bouts P Ë, fig. i i. A l’extrémité D de l’un des limons est fixée une traverse à laquelle on peut atteler les animaux qui doivent la charier.
- On préfère dans beaucoup de circonstances les deux essieux aux fardiers; i°. parce que les cultivateurs en ont après leurs chariots , qu’ils peuvent sans nouveaux frais employer à cet usage ; 2°. parce qu’ils coûtent moins cher qu’un fardier, lorsqu’il faut le construire exprès; 5°. parce que toute pièce de bois, quelque soit sa longueur , peut être transportée par ce moyen, et qu’un homme ou deux peuvent, les charger commodément ; 4°* parce que le fardeau partagé sur quatre roues se charie plus commodément, lorsque les chemins ne sont pas trop sinueux.
- Dans les chantiers , pour faire transporter , par des hommes , les pièces d’une médiocre grosseur, à des distances peu éloignées, on fait usage d’un essieu semblable à PE, fig. 6, auquel on donne le nom de Diable.
- Si le chemin sur lequel on charie communique à toutes les exploitations de la forêt, et qu’il y passe une grande quantité de voitures , on peut, pour diminuer le nombre d’animaux employés à charier , boiser le chemin et le construire comme les' chemins ferrés, dont on fait usage-près des mines.
- Après avoir dressé le chemin, fig. 2 et 3 , planche 20 , on pose des chantiers ab dans sa direction ; on les éloigne^d’iuii mètre (3 pieds 08) les uns des autres. Sur ces chantiers on fixe, avec des chevilles, des traverses équarries cd sur lesquelles les voitures doivent rouler.
- Pour que les voitures restent constamment sur ces traverses Tome /. A a
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- 'i 86 TR'XîTÿ, GÉNÉRAL
- placées à dès distances parfaitement égales, on fait aux jantes
- des roues une feuillure, fig. 6, qui correspond à ces traverses.
- Comme les bords des traverses sont pressés dans le meme, endroit, elles se compriment et s’usent facilement ; dans les lieux où Ton peut obtenir de la fonte de fer à bon marché , on fixe une bande de fonte sur le bord des traverses, fig. 8, par ce moyen , elles durent long-temps sans altération.
- Sur les chemins boisés ou ferrés , le frottement des roues est infiniment petit ; on n’a ni ornière , ni obstacle à surmonter, et l’on peut faire trainer sur un chemin de niveau le double de ce que l’animal traînerait sur un autre chemin.
- Dans les forets les chemins boisés peuvent être d’une très-petite dépense ; lorsqu’on les ferre , la dépense est augmentée de beaucoup, mais la fonte reste y elle diminue peu de valeur, de manière qu’il n’y a de dépense réelle que l’intérêt de Fargenti d’achat.
- Il faut , avant d’exécuter de pareils chemins , calculer les dépenses qu’ils occasionnent, leur usé , l’intérêt de l’argent de ces dépenses , afin de les comparer au bénéfice que l’on obtient sur les charrois.
- Lorsque les chemins ont des sinuosités , on peut faire courber de fort loin les chemins , fig. 2 , afin que le changement de direction soit insensible.
- On fait usage en Angleterre , pour les changements de direction , de ponts tournants, fig. 3 ; mais ces espèces de machines augmentent considérablement la dépense des chemins , et n’offrent pas plus d’avantages que les chemins courbés insensiblement.
- Lorsque le chemin descend en pente douce et uniforme, on peut j en se servant de chemins ferrés , se passer d’animaux pour descendre les bois ; niais il faut pour cela que les essieux et les roues des chariots aient une construction particulière.
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- CE L’ART Ctl CHARPENTIER. 187
- Pour que le chariot soit horizontal, les deux roues de devant doivent nécessairement être plus hautes que celles de derrière , fig. 7 , et cette différence doit varier, en raison de la pente.
- Gomme le chariot abandonné à lui-même sur le chemin incliné , doit avoir un mouvement accéléré , s’il descend par son propre poids, il faut détruire*cette accélération, maîtriser ce mouvement, et le rendre en quelque sorte uniforme ; pour cela on construit les roues de devant, de manière que l’essieu étant fixé sur le chariot, elles puissent tourner librement autour. Les roues de derrière, au contraire , doivent être fixées sur l’essieu, et l’essieu doit tourner avec elles.
- Cela posé, si l’on place sur l’essieu E, fig. 7 , des roues dé derrière , une palète ou pédale , et que le conducteur G soit assis derrière le chariot, de manière à pouvoir mettre facilement le pied sur la palète , il arrivera d’abord que les quatre roues tournant librement la vitesse s’accélérera; le conducteur pouvant, lorsque la vitesse devient trop grande , poser son pied sur la pédale fixée à l’essieu des roues de derrière , arrêtera , par cetté pression, leur mouvement et celles-ci ne tournant plus glisseront pour lors sur le chemin ; le frottement qu’elles produiront , ralentira leur marche, diminuera leur vitesse jusqu’au point d’arrêter le chariot.
- Si, lorsque la vitesse est assez diminuée , le conducteur retire son pied, les roues de derrière recommenceront à tourner, et augmenteront la vitesse de la marche; ainsi, par le moyen de cette pression alternative , 011 peut ralentir ou accélérer la marche du chariot.
- Au lieu du pied , on peut faire avancer tout autre obstacle attaché au chariot.
- Avec cette espèce de voiture., on n’a besoin d’animaux qne pour la remonter à vide.
- Les figures 4 et 5 représentent deux autres moyens de fixetf
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- ,88 TRAITÉ GÉNÉRÂT]
- les roues sur les madriers , mais ces moyens sont moins avantageux q:ue celui de la figure 6*
- s. y.
- Du transport> par eau*
- Le transport par eau se fait sur des ruisseaux , des rivières? ou des canaux: les bois y sont ou jettés isolément, abandonnés à eux-mêmes pour être cliariés par le courantce que Ton appelle à bois perdus ; ou réunis- par des liens pour former des radeaux et des trains ; ou placés sur des bateaux ou des vaisseaux. Noua allons examiner séparément les eaux qui transportent r et la manière dont les bois y sont transportés.
- s- y ï*
- Des eaux qui servent a transporter.
- Lorsque les eaux des ruisseaux et des rivières ont un cours uniforme ; que des escarpements , des rochers , des digues, des moulins n’embarrassent , ne gênent point leur marche ; qu’il' ne sy forme point de chûte trop rapide , et que la profondeur moyenne est d’un mètre (3 pieds 08) et plus, on- peut les employer pour transporter des fardeaux.
- Si le lit qu’ils occupent présente de grandes variations dans sa largeur , que des bas fonds interrompent la navigation dans les endroits trop larges, on peut, en construisant des digues, en resserrant le lit dans les lieux où il a trop d’étendue , obtenir par-tout une profondeur assez grande' pour continuer la navigation.
- Mais lorsque les ruisseaux et les rivières sont embarrassés-
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- DE L’ART DU CHARPENTIER. idg dâttS leur cours > que le£ dépenses, que nécessiterait la destruo*. tion des obstacles , deviennent trop considérables, on est obligé de Construire des canaux qui les suivent, qui sont alimentés par leurs eaux, et qui permettent une facile navigation.
- On peut encore percer , creuser des canaux pour établir une communication entre deux rivières séparées par deux hauteurs plus ôü moins grandes*
- Des canaux de navigation sont des fossés creusés en terre , en suivant une pente douce et uniforme , lorsque le terrain le permet. Ces fossés pleins d'eau forment des ruisseaux ou des rivières factices sur lesquels on peut naviguer commodément.
- Sur les terrains d’une grande inclinaison où l’eau des fossés aurait un cours rapide , on ne pourrait se servir du canal , que pour transporter en descendant ; si l’on voulait le faire servir de même à transporter en montant, il faudrait diviser l’inclinaison en plusieurs parties , planche 3 , fig. 1 , établir dans chaque division des canaux horizontaux a b appellés biez , construire entre chaque biez des écluses e qui aient pour profondeur la différence des deux niveaux : on peut, par cette construction simple y faire remonter et descendre les fardeaux.-
- Il paraît que l’invention des écluses est nouvelle, que le besoin les a fait naître en Hollande, et que Sterin-Adrien Jaussen , maître charpentier , à Rotterdam, et Cornpli Diriousen Muys maîtres charpentiers, à Delft, en sont les inventeurs.
- Une écluse, iig. 3 , est un espace creusé entre deux biez AB, fermé par deux doubles portes c cl qui permettent à l’eau d’y être maintenue au niveau de l’un ou de l’autre des biez.
- Soit A le biez supérieur, B le biez inférieur, C les déux portes placées à l’extrémité du biez A , et D celles placées à l’extrémité du biez B' ; si les portes D sont ouvertes et les portes C fermées , les eaux de lecluse seront au niveau de celle du biez B, et les batteaux qui sont dans ce biez pourront entrer dans l’écluse
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- »go TRAITÉ GÉNÉRAL
- D C ; si pour lors on ferme les portes D , que par le moyen: d'une ouverture on laisse entrer les eaux clu biez A dans l'écluse , ces eaux ne pouvant en sortir empliront l'écluse , et le corps flottant s'élèvera avec la surface jusqu'à ce qu'il soit au niveau du biez A, ouvrant ensuite les portes C, les batteaux entreront facilement dans le biez A pour continuer leur route.
- C’est ainsi que l'on peut faire remonter des pentes rapides à des corps flottants , et que , par un moyen inverse , on peut les faire descendre sans danger.
- La figure 3 représente le détail de la porte de la grande écluse , et la fig. 4 > ta porte de la petite écluse.
- La hauteur entre les deux biez contigus doit être de 2 à 4 mètres (6 à 1 2 pieds), pour manœuvrer commodément les écluses, ce qui oblige de les multiplier dans les pentes très-rapides.
- Pour diminuer la dépense de chaque écluse , on les fait quelquefois plus profondes ; au lieu d'établir une porte à l'extrémité du biez inférieur , il faut, fig. 5 et 6 , construire un mur en talus GH assez fort pour résister à l'effort de l'eau qu’il aura à supporter, lorsque l'écluse sera pleine; il faut percer à son extrémité inférieure une ouverture sur laquelle les portes se ferment exactement. Par cette construction, 011 peut , pour de grandes inclinaisons, diminuer considérablement le nombre dés écluses.
- La figure 7 représente l’ouverture inférieure du talus vu de face.
- Il est facile de déduire de ces moyens la facilité avec laquelle on peut établir une communication entre deux rivières séparées par une grande élévation.
- Soit A et. B, fig. 8 , deux rivières, M la sommité des deux bassins qu'il faut traverser pour établir une communication entre elles ; divisant cette élévation en hauteur d'écluse eee , établissant dès biez entre chacune de ces hauteurs, on détermine de suite le nombre d’écluses qu'il faudra construire de chaque çôté«
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- Ï3E L’ART DU CHARPENTIER. fi.gt
- Mais pour alimenter le premier biez et les premières écluses, il faut des étangs G, des lacs ou toute autre espèce de réservoir d’eau sur la sommité M. Si l’on ne pouvait obtenir assez d’eau Sur cette sommité pour alimenter le biez et les écluses , jusqu’à ce que de nouvelles eaux pussent fournir à la consommation des autres biez et des autres écluses, on serait obligé de creuser un canal souterrain à travers la montagne, à la hauteur où l’on peut réunir assez d’eau pour fournir à la dépense. •
- Très-souvent deux points de communication sont séparés par une montagne escarpée de peu de largeur, mais telle que les dépenses de creusements de canaux, de constructions d’écluses, sont plus considérables que Te percement de la montagne ; dans ce cas , il faut quelquefois préférer le canal souterrain. Il est bon cependant d’étre très réservé sur ces percements qui présentent d’ailleurs de très-grands inconvénients.
- Planche 2 3 , fig. iere, sont le plan et la coupe d’un canal percé à travers une montagne, pour communiquer aux autres canaux; B B sont les biez, eee les écluses , GG les étangs qui alimentent d’eau le lieu le plus élevé , S le canal souterrain creusé à travers les montagnes, pppp les puits qui ont servi de direction dans le percement du canal souterrain et qui éclairent l’intérieur.
- Les canaux ont deux sortes de dépenses d’eau ; 1°. celle qui s’évapore sur toute la surface des biez; 20. celle qu’il faut perdre à chaque écluse pour remonter et descendre les corps flottants. Lorsque les eaux existantes sur. les hauteurs et sur le cours du canal sont suffisantes pour fournir à ces * dépenses, les meilleures écluses sont les écluses à eau ; mais lorsque les eaux réunies nè peuvent suffire qu’à l’évaporation, il faut construire des écluses sèches ; si les eaux accumulées ne pouvaient fourni? à l’évaporation , il faudrait abandonner le projet de construire, lé canal.
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- I93 TRAITÉ GÉNÉRAL
- Une écluse sèche est une pente douce, fig. 2 et 3 , établie entre le niveau des eaux des deux biez ; sur cette pente on place des madriers dans lesquels on a creusé des rainures, fig. 2, ou sur lesquels sont placés des rouleaux , fig. 3. Les corps flottants qui doivent monter ou descendre d’un biez dans un autre, sont sortis de l’eau à l’aide de cordages , de treuils mus, ou par des hommes, ou par un courant d’eau, ou par toute autre force. Ces corps sont placés sur les écluses sèches , et tirés en haut s’ils doivent monter, ou retenus, s’ils doivent descendre. O11 trouve dans le théâtre des machines de Léopold, imprimé en 1726, plusieurs déssins d’écluses sèches.
- Fulton vient de publier en anglais un ouvrage sur la construction des canaux , dans lequel il propose l’usage des écluses sèches dans un grand nombre de circonstances ; il a obtenu en France un brevet d’invention pour les machines et l’exécution de ces sortes de moyens. Cet ouvrage a été traduit en français par Rêcicourt. Dans le nombre des moyens proposés par Fulton, plusieurs étaient connus et décrits , et peuvent en conséquence être exécutés par-tout sans empêchement; d’autres sont neufs, lui appartiennent et méritent l’attention des personnes qui se destinent à la construction des canaux de navigation.
- Les écluses sèches ont l’avantage de 11’exiger aucune dépense d’eau pour monter ou descendre les corps flottants d’un biez dans un autre, Mais il faut employer une force particulière pour ce transport.
- On peut, en se servant d’eau , monter et descendre les bateaux sans dépense sensible, et cela en les soulevant et les équilibrant.
- Soit A, fig. 4 ? 5 , 6 , le biez supérieur, B le biez inférieur si l’on place entre les deux biez un support et des poulies M àyee lesquelles on puisse enlever le corps flottant C ; qu’au fond d’uu puits P de niveau avec le biez inférieur, il y ait une caisse D
- soutenue
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- DE L’ART DÛ CHARPENTIER. 19S soutenue par le prolongement de la corde qui doit enlever le corps flottant. Si l’on met assez d’eau dans cette caisse poür que son poids fasse équilibre à celui des corps flottants , un très-léger effort suffira pour le soulever et le faire descendre lentement dans* le biez B; l’eau de la caisse pourra être versée dans le biez supérieur, ou servir de même à monter du biez B dans le biez A.
- On assure avoir vu pratiquer une manière de passer d’ün biez très-bas à un biez très-élevé , en traversant l’eau , par le. moyen d’une caisse qui recouvre le bateau, et qui, comprimant l’air qui y est contenu, fig. 7 et 8 , empêche que l’eau qui l’entoure de toutes parts ne puisse pénétrer dans l’intérieur.
- On vient d’accorder tout récemment un brevet d’invention aux citoyens Bossut et Solages pour une méthode nouvelle de passer les bateaux d’un biez dans un autre par l'immersion d’un corps léger. Sur une caisse, fermée hermétiquement et plongée dans un puits, est placé une seconde caisse ouverte , celle-ci est hors de l’eau pour recevoir les bateaux qui doivent monter ou descendre. Il faut, pour faire équilibre au volume d’eauque la première caisse déplace un poids plus grand que celui du bateau chargé. De chacun des biez on fait entrer le ' bateau dans la • seconde caisse avec la quantité d’eau propre à faire équilibre à celle que la première caisse déplace , par ce moyen , la caisse inférieure peut se mouvoir librement , soit pour remonter soit pour redescendre les bateaux, mais afin d’éviter l’emploi de toute . autre force que celle de l’eau elle-même pour monter et descendre , 011 a l’attention de charger un peu moins la caisse supérieure, lorsque le bateau doit remonter, et de la charger un peu plus lorsqu’il doit descendre. Cette petite différence entre les charges et le poids de l’eau que la caisse inférieure déplace, suffit pour faire monter et descendre le bateau seul et sans aucune autre force.
- Zome /. J3 b
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- I94 traité générai!
- Ces quatre manières de faire passer les corps flottants d’un biez dans un autre, sont les plus pratiquées jusqu’à présent, la première et la quatrième en France , les deux autres en Angleterre ; les autres méthodes sont fort peu en usage.
- Nous croyons inutile d’entrer dans des détails plus circonstanciés «ur les écluses , ou les moyens de faire passer les corps flottants d’un biez dans un autre, parce que nous nous proposons de parler séparément de toutes les constructions en traitant de la charpente des écluses.
- Quant au biez, c’est-à-dire aux longs canaux creusés entre les écluses et sur lesquels se transportent les corps flottants, il paraît que tous ceux qui ont été construits en France , ayant été exécutés sur de grandes largeurs, ont nécessité des dépenses considérables qui ont dégoûté les particuliers et les compagnies de ces sortes d’entreprises. Mais en les creusant sur de petites largeurs, construisant des bateaux étroits pour ces sortes de canaux , établissant de distance en distance, sur-tout dans les changements de direction , des espaces doubles pour laisser un libre passage aux corps flottants qui remontent et descendent, on peut économiser considérablement la dépense, multiplier les canaux et diminuer les frais de transport.
- Les personnes qui voudront avoir de plus grands détails sur la construction des canaux , peuvent consulter les ouvrages publiés sur les canaux de Languedoc et d’Orléans, et tout récemment l’ouvrage de Fulton : Recherches sur les moyens de perfectionner les canaux de navigation, par Robert Fulton , Ingénieur américain»,
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- DE L’ART DU CHARPENTIER.
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- §• VII.
- Des méthodes de transport par eau.
- On a déjà dit que le bois pouvait être transporté par eau de trois manières différentes, en le laissant voguer à bois perdu, en le réunissant en train , ou en le chargeant sur des bateaux.
- De ces trois méthodes, la première, le transport à bois perdu , est la plus défavorable, elle n'est employée que dans les lieux où la valeur du bois perdu est beaucoup moindre que les frais de transport de toute autre manière ; elle n'est même employée communément que pour le bois à brûler.
- Quant à la seconde méthode, on réunit à coté les unes des autres les pièces de bois , on en place un assez grand nombre à la file , pour donner 6 à 7 mètres (18 pieds 4 7 &
- 21 pieds 5 5 ) de longueur à un train. A chaque bout les pièces sont percées avec une tarrière d'un trou oblique a a fig. 10 , ou d'un trou perpendiculaire bh. Le premier sert à poser une hart , ou des branches torses qui servent de cordes pour attacher les pièces à des perches qui les traversent ; le second sert à enfoncer une cheville pour réunir les pièces de la même manière. On forme ainsi un radeau , fig. g , dont la largeur varie en raison des canaux, des écluses ou de la sinuosité des rivières. Celles qui sont sinueuses et rapides ont des radeaux appelés brelles , beaucoup moins longs et beaucoup moins larges.
- De ces deux méthodes d'attacher les pièces aux perches , celle par les trous obliques et celle du trou vertical, la première est préférable : l’eau qui séjourne dans le trou perpendiculaire y détermine un commencement de corruption qui , avec le temps, gagne tout le corps de l’arbre.
- B b 2
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- i 96 TrAïtë GÉNÉRAL
- Un train est ordinairement composé de quatre de ces brelles attachées par des liarts , les unes à la suite des autres, fig. 1 1.
- Comme chaque pièce de bois peut avoir des longueurs différentes , on a l'attention , en formant les brelles , d'assortir les * bois , de manière que leur longueur forme celle de la brelle.
- On a vu, page 3o et suivante, en traitant de la densité des bois , qu’il y en avait dont la pesanteur était plus petite que celle de l’eau , et d'autres dont la densité était plus grande. Les bois mouillés ayant une pesanteur plus grande que les bois secs , il y en a un grand nombre dé cette première classe qui doivent nécessairement enfoncer dans l'eau : pour les faire flotter , on fixe dans chaque brelle , fig. 1 2 , des tonneaux vides qui soulèvent le train et le font surnager.
- Au milieu de chaque brelle, on place une grande pièce cc, fig. 9 , à l’extrémité de laquelle 011 enfonce deux chevilles pour retenir la rame et gouverner le train.
- Lorsque les bois peuvent être transportés sur des bateaux , il faut avoir l’attention de ne les embarquer que lorsqu'ils sont parfaitement secs , sans quoi l’humidité concentrée et la température du bateau exciterait l'eau à fermenter et à corrompre le bois.
- CHAPITRE QUATRIÈME.
- Paragraphe premier.
- De la courbure dès bois.
- Courber les bois , c’est les plier pour leur donner une forme différente de celle qu’ils auraient s’ils étaient abandonnés à eux-
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- DE L’ART' DÛ CHARPENTIER. ig7
- memes ; cette courbure peut être exécutée sur des bois vivans 3 ou sur des bois morts’; les procédés employés diffèrent en raison de l’un ou de l’autre de ces deux états.
- §. I I.
- De la courbure des bois vivants.
- Les bois vivants ont une élasticité naturelle , qui varie en raison de leur nature, de leur grosseur et de leur âge : plus ils sont gros et âgés , moins ils sont élastiques.
- On courbe les bois vivants pour les redresser, pour leur donner une forme dépendante de la décoration à laquelle on les. destine , ou de l’usage que l’on se propose d’en faire ? après les avoir coupés. C’est ainsi que l’on peut à l’avance plier des arbres que l’on veut employer à la construction des vaisseaux ? ou que l’on destine à faire des jantes de roues d’une seule pièce.
- Lorsque les arbres sont encore jeunes et tendres , on assujettit leur tige, soit par des cordes , planche 2 4 , Hg» 2 , soit par des perches , des piquets fig. 1 et 3 , ou des châssis lig. 4. On les maintient dans cette situation jusqu’à ce que , dégagés 'des obstacles qui les retiennent, ils restent dans la situation qu’on leur a fait prendre.
- De toutes les manières de courber les arbres, la plus commode et la plus facile est celle que l’on applique à des bois jeunes et vivants ; leur souplesse et leur élasticité permettent de leur faire prendre toutes les formes que l’on desire , il ~ en est peu, lorsque l’on y met du soin et que l’on prend toutes les précautions nécessaires , auxquels on ne puisse donner les formes les plus bizarres ; mais aussi on contrarie leur manière d’étre, on retarde leur végétation , et souvent on les met dans un état de gène et de maladie préjudiciable à leur développement»
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- TRAITÉ GÉNÉRAL
- §• III.
- De la courbure des bois morts.
- La courbure des bois abattus et morts, quoique plus difficile,' est cependant plus en usage , parce que Ton peut choisir ceux qui sont les plus propres aux objets auxquels on les destine et leur donner de suite la courbure qui leur convient.
- Le procédé que Ton emploie généralement est fondé sur la1 propriété qu’a le calorique d’augmenter l’élasticité des bois en les pénétrant et de diminuer leur élasticité en se retirant.
- En conséquence , lorsqu’on veut courber des bois minces, tels que les douves des tonneaux et les planches qui recouvrent les bateaux , on les chauffe dans l’endroit où la courbure doit avoir lieu, et on les plie à mesure qu’ils s’échauffent. Fig. 5 et 6 sont des douves courbes pour les tonnelliers, et fig. 7 des planches pour les charpentiers de bateaux.
- Mais la chaleur appliquée sur une partie du bois , tandis que l’autre est en contact avec l’air, lechauffe inégalement et augmente l’élasticité par place ; en courbant, des portions roidissent et d’autres plient , ce qui détermine une inégalité de courbure et quelque fois des brisements , des éclats dans l’intérieur ou a la surface des bois. Le seul moyen de remédier à cette inégalité, c’est de chauffer le bois également dans toutes ses parties.
- Des fours, des étuves échauffés graduellement sont propres à! procurer un échauffement égal et conséquemment à faciliter la courbure des bois ; mais ici on doit craindre que , tout en échauffant le bois , le calorique ne fasse dégager les liquides qui y sont contenus , ne le charbonise, et ne détruise totalement son élasticité.
- Non-seulement l’élasticité du bois est en raison de sa tempé-^
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- rature , mais encore en raison de son humidité. A égale température les memes bois ont différentes élasticités dans le rapport de l’eau qui les pénètre , de même h égale hùmidité , les bois Sont d’autant plus élastiques qu’ils sont plus échauffés.
- Nous avons' un exemple de la double influence de l’humidité et du calorique dans l’assemblage de deux morceaux à tenons et mortaises, dans lesquels la mortaise n’est que le tiers de la largeur du morceau qui a du la pénétrer pour former l’assemblage. Ces assemblages si extraordinaires en apparence étonnent tellement que la plupart des personnes qui les exécutent en font un mystère.
- Soit A C , fig. 9 , une mortaise percée dans un morceau de noyer , soit D E, fig. 8 , le tenon qui doit entrer dans la mortaise , si l’on plonge ces deux morceaux dans leau bouillante , qu’on les y laisse assez long-temps pour qu’ils se pénètrent d’humidité , et qu’ils prennent la température de l’eau , ils acquer-reront une élasticité telle que si l’on place le morceau de bois, fig. 9 } dans une entaille , fig. 1 o, qu’on l’y maintienne fortement avec des coins, fig. 1 1 ; que l’on comprime dans une forte tenaille le biseau F du morceau, fig. 8 ; qu’ainsi comprimé, on le présente sur la mortaise , et qu’à coups de marteau, on fasse des efforts pour le faire entrer, les côtés de la mortaise se compriment , la mortaise s’élargit , en meme temps que le bout en biseau s’amincit par la compression ; il pénètre, traverse la mortaise , et le tenon DE se trouve à la place qu’il devait occuper. Sortant de l’entaille le morceau , fig. 9 , qui y était, laissant refroidir le bois, il reprend sa forme et ses dimensions primitives et la pénétration du tenon de cet assemblage semble un problème inconcevable.
- C’est ce procédé connu depuis long-temps , sans qu’on puisse en déterminer l’origine , qui a donné lieu au moyen que l’on emploie aujourd’hui pour courber avec facilité les bois les plus
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- TRAITÉ GÉNÉRAL’ gros et les plus roides ; tout consiste à les pénétrer d’humidité en leur procurant une température uniforme, puis à les courber et à les laisser refroidir, en leur conservant la forme qu’on leur a fait prendre. •
- On emploie pour chauffer et humecter les bois, trois procédés différents ; le premier , l’eau bouillante ; le second, l’eau vaporisée ; le troisième, le sable humide échauffé.
- Figures u, i 5 , 14 sont le plan et les deux coupes d’une étuve à eau bouillante ; elle est composée d’une grande chaudière, de cuivre échauffée par trois foyers abc , et fermée d’un couvert mobile D ; ses dimensions varient en raison des bois que l’on veut y introduire. Des potences ou grues E , tournant sur un pivot, servent à soulever les bois, pour les entrer ou les sortir de la chaudière ; celle-ci est maintenue pleine d’eau. Lorsque le bois est introduit, on ferme , on abat le couvercle pour diminuer la vaporisation de l’eau ; par l’action des trois foyers, l’eaù bout* les bois s’échauffent, se pénètrent d’humidité , et on les retire pour les courber.
- Ce procédé , un des premiers que l’on ait employé, a le défaut de faire dissoudre par l’eau bouillante une partie de la matière propre du bois, celui-ci en se séchant se retire, il a moins de grosseur et de longueur, sa force et son élasticité sont considérablement diminuées : les altérations que ce procédé occasionne l’ont fait abandonner.
- Le plan et les élévations de l’étuve à vapeur sont représentées , planche 2 5 , iig. 5,6, 7. Elle est composée d’une grande caisse de bois formée de larges madriers fortement serrés par des cadres. Dans l’intérieur sont des supports pour placer les bois que l’on veut soumettre à l’action de la vapeur.
- La grandeur de la caisse dépend de la grosseur et de la quantité de bois que l’on veut amollir.
- Pour de petites caisses on place une chaudière à l’une des
- extrémités,
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- DE L’ART DU CHARPENTIER, extrémités , le bois se place par une porte à coulisse ou à charnière fixée à l’autre. Pour de grandes caisses , les chaudières sont placées au milieu, comme fig. 5 , 6 , 7, et les bois s’introduisent par les deux extrémités. On pratique des ouvertures aaa sur la face opposée aux chaudières et dans leur longueur; ces ouvertures servent à arranger les pièces sur les supports : on est dans l’habitude de laisser l’extérieur des caisses exposé au contact de l’air ; cependant il serait plus avantageux de recouvrir les madriers de matières peu conductrices de la chaleur , pour retenir celle que dégage la vapeur de l’eau dans l’intérieur de la caisse.
- Chaque chaudière communiquant dans l’intérieur de la caisse par le moyen d’un conduit, la vapeur se distribue dans chaque étage par des tuyaux b b b, fig. 8 et 10. La vapeur formée par l’ébullition de l’eau pénètre les bois d’humidité , les échauffe, augmente leur élasticité et les rend propres à être courbés.
- Les figures 8,9,10, 1 1 , sont des détails en grand.
- Les étuves à vapeur exigent peu de soin, peu de dépense ; mais elles ne peuvent être employées que pour des bois de peu d’épaisseur, parce que le bois ne peut acquérir de température plus grande que celle de l’eau bouillante , et que cette température n’est pas assez forte pour donner aux grosses pièces l’élasticité dont elles ont besoin pour être courbées.
- C’est cette trop faible température qui a fait imaginer les étuves de sable , dont les fig. 1 , 2 et 3 sont le plan et les coupes. Cette étuve est formée de quatre murs de pierre ou de brique. Au milieu sont deux foyers auxquels communiquent plusieurs conduits circulaires pour transporter ]e calorique , l’air échauffé et la fumée, jusqu’aux cheminées élevées aux deux extrémités. Sur ces conduits sont des plaques de fonte , elles forment le fond de la caisse dans laquelle 011 met du sable ; la flamme et la fumée, circulant dans les conduits , échauffent les plaques par le ca-*-Tome L * Ce
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- lorique quelles laissent dégager, et celui-ci échauffe le sable. Cette étuve a été imitée des bains de sable que Ton emploie depuis très-iong-temps dans un grand nombre d’opérations chimiques et dans plusieurs manufactures.
- Le’ sable pouvant s’échauffer à une température plus haute que l’eau bouillante , les bois que l’on place dans cette espèce d’étuve peuvent y éprouver une très-haute température ; mais s’il n’y avait dans l’étuve que le sable et le bois , celui-ci pourrait en s’échauffant laisser dégager les substances gazéifiables qui le composent, et se eharbonner.
- Pour empêcher la carbonisation , on place au milieu de l’étuve une ou deux chaudières pleines d’eau. L’eau, vaporisée par leur ébullition, pénètre le sable d’humidité ; cette humidité pénètre aussi le bois , et le calorique dont le bois est pénétré , ne vaporise que l’eau qui est successivement remplacée par celle qui se dégage ; les matières propres du bois se trouvent conservées par ce moyen.
- ©n ne peut affirmer que dans cette opération il n’y ait une portion des composants du bois de vaporisée , et qu’èn conséquence il n’éprouve un commencement de détérioration ; mais avec la précaution de retirer le bois pour le courber aussitôt qu’il est assez échauffé et assez pénétré d’humidité , la détérioration est insensible.
- La caisse ou l’étuve de sable est recouverte dans toute sa longueur pour retarder l’évaporation de l’eau gazéifiée quelle contient , et permettre au calorique de s’accumuler en quantités assez considérables pour donner aux bois la température qui leur est nécessaire.
- • L’introduction des pièces dans l’étuve se fait par les deux extrémités , elles se placent sur des grilles fixées pour les recevoir , on les met au milieu de l’étuve , dans le sens de la Ion* gueur, et on les recouvre de sable»
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- Lorsque le bois a été [chauffé et pénétré d’humidité, au point propre à lui faire prendre la courbure demandée , on le plie sur des traces qui indiquent cette courbure ; le bois peut être plié de deux manières, ou horizontalement, ou verticalement.
- La premièfe méthode s’applique sur les bois moins gros et dont la courbure est plus considérable.
- On pose la pièce de bois A B, fig. i 2 , entre deux piquets C D solidement enfoncés j par le moyen d’un cordage passé dans deux moufles placés à l’extrémité B, et sur le terrain E, on courbe la pièce de manière à la faire plier sur les pieux ou piquets EFG. Pour donner à la courbe une direction contraire , on enfonce un pieu H qui retient la pièce dans sa position , on transporte les poulies , on leur donne un nouveau point d’appui I et l’on courbe la pièce sur les pieux KLM ; on fixe une dernière pièce N pour retenir la pièce et 011 la laisse refroidir dans cet état ; elle conserve après le refroidissement la forme qu’on lui a fait prendre.
- Pour la seconde méthode on forme avec de gros bois une surface courbe ABCDE: on fixe l’extrémité G de la pièce B H. dans sa première position, et par le moyen de cordages , de moufles et meme de cabestans , on plie le morceau sur le plan , en po-* sant d’espace autre des traverses F GI pour le retenir dans la courbure qu’on lui a donnée. Ces morceaux tiennent aux pièces ODE par des boucles de fer. Les bois courbés se refroidissent, se sèchent dans cette position et conservent la courbure qu’on leur a donnée.
- Souvent lorsque la pièce de bois est d’une petite épaisseur , la pression exercée par des hommes ou même par des poids, suffît pour produire la courbure et la conserver par le refroidissement.
- Les moyens de courbure peuvent être variés d’une infinité ide manières en raison de l’élasticité des bois, de leur grosseur, de leur tejnpérature et de leur humidité.
- C ç .*
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- so4 TRAITÉ GÈNÉRAË
- CHAPITRE CINQUIÈME.
- Paragraphe premier.
- De la cubature des bois.
- Un cube est un solide, planche 28 , fig. 1 , qui a six faces quarrées égales et qui forment entre elles des angles égaux ; c’est, à proprement parler, un dé à jouer.
- Cuber c’est déterminer le nombre de cubes d’une grandeur donnée contenue dans un solide.
- Si le solide à Cuber est lui-méme un cube formé d’un nombre quelconque de cubes pris pour unité de mesure, sa cubature est justement égale au nombre de cubes qui le forment.
- Ainsi la cubature ou la solidité du cube, fig. 2 , formé de 37 cubes étalons , placés dessus et à côté les uns des autres, est de 2 7 unités.
- Mais si Ton y prend garde, le solide est formé de trois étages de cubes placés les uns sur les autres : chacun de ces étages est composé de trois rangées de cubes sur chaque face ; ainsi un étage contient trois rangées de trois cubes chacune , ce qui fait 9 cubes, et les trois étages de chacun 9 cubes en forment 2 7. On voit donc qu’au lien de diviser les morceaux pour obtenir séparément les cubes qui forment le solide, afin de les compter, il aurait suffi de prendre le nombre de longueurs de cubes contenues dans la longueur totale , le nombre contenu dans la largeur et le nombre contenu dans la hauteur, et de multiplier ces trois nombres l’un par l’autre ; dans ce cas , on aurait 3 multiplié par 3 , ce qui fait 9 qui, multiplié par 3 , fait 2 7.
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- Ainsi dans le solide, fig. 3 , composé de quatre faces du cube étalon de long , de 3 cubes de large et de 5 cubes de haut, la solidité serait de 4 multiplié par 3 multiplié par 5 égale .6 o; d’où il suit que ce solide contiendra 6o cubes étalons. En effet on peut diviser la hauteur du solide en cinq parties qui auraient chacune une hauteur du cube étalon, lig. 4-, et chacune de ces parties peut être divisée dans sa largeur en trois paralléli-pipèdes, fig. 5 , ayant une hauteur et une largeur du cube étalon. Enfin ce parallélipipède pourrait être divisé en 4 cubes semblables au cube étalon, fig. A, d’où il suit'que chaque parallélipipède contiendrait 4 cubes étalons. Les trois parallélipipèdes, que contient chaque division du solide , auraient en conséquence 1 2 cubes étalons , et les cinq divisions de chacune 1 2 cubes en formeraient 60.
- Lorsque le solide à cuber ne contient pas un nombre entier de longueurs du cube étalon , le produit des trois dimensions Fune par Fautre donne de meme le nombre de cubes étalons contenus dans le solide.
- Soit le solide, fig. 6 , dont les dimensions soient trois faces deux cinquièmes de long sur deux faces et demi de large et quatre faces six dixièmes de hauteur ; le produit de ces trois nombres est de 5 deux cinquièmes , multiplié par 2 et demi, multiplié par 4 six dixièmes, égale 3 9 un dixième, ou pour exprimer en nombre décimal 3 9,1.
- Si l’on divise le solide en tranche d’une face du cube étalon de hauteur, on en obtiendra cinq tranches , dont quatre ayant chacune un cube de hauteur , et la cinquième ayant seulement six dixièmes de cube de hauteur.
- Si chacune des tranches ayant un cube de hauteur est divisée sur sa largeur en parallélipipèdes , d’un cube étalon de large on aura trois parallélipipèdes, deux d’une face de cube de large/ et la troisième de la moitié d’une face de cube.
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- • Si chacun des parallélipipèdes, fig. 8 , est divisé en longueur de cube étalon, il'aura quatre divisions, trois contenant chacun un cube étalon, et le quatrième seulement les deux cinquièmes du cube.
- • Ainsi chaque parallélipipède contient trois cubes étalons et deux cinquièmes. Les deux parallélipipèdes contiennent 6 cubes étalons et quatre cinquièmes. Le troisième parallélipipède , qui n’a que moitié d’épaisseur des autres , doit contenir moitié moins que chacun d’eux , donc il contient un cube sept dixiémes. Les trois parallélipipèdes contiennent donc 8 cubes cinq dixièmes , ou -le produit de la longueur 3 deux cinquièmes par la largeur a un et demi, car 3 deux cinquièmes multiplié par 2 un et demi égalent 8 cinq dixièmes. •
- Le solide étant composé de quatre tranches semblables et d’une cinquième tranche de même dimension , mais de six dixièmes d’épaisseur, les quatre tranches contiennent quatre fois 8 cubes étalons et cinq dixièmes, conséquemment 34 cubes. La cinquième tranche, qui n’a que six dixiémes de largeur, ne contient que les six dixièmes de ce que contient une tranche entière ; donc cinq cubes et un dixième qui, ajouté à 34* fait 89 cubes étalons et un dixième, ce qui est la même chose que si l’on eût multiplié 8 cinq dixièmes par 4 six dixièmes,. puisque 8 cinq dixièmes multiplié par 4 six dixièmes égalent 3 9 un dixiéme , est le même que 3 deux cinquièmes multiplié par 2 et demi multiplié par 4 six dixièmes, puisque ce produit égale 3g un dixième ; donc toutes les fois que l’on voudra avoir la solidité d’un parallélipipède rectangle , il suffira de connaître le nombre de côtés du cube étalon contenu dans chacune des trois dimensions, longueur, largeur et hauteur ; et multiplier ces nombres l’un par l’autre, leur produit sera juste la solidité ou la cubature du parallélipipède.
- Comme les bois employés en charpente sont tous considérés comme des parallélipipèdes rectangles qui ont été travaillés >
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- DE L’ART DU CHARPENTIER. ao7
- creusés ou arrondis , pour produire les objets auxquels on les destine, il suffit de connaître comment on peut obtenir la cu-bature d’un parallélipipède rectangle pour savoir cuber les bois de charpente de toutes les formes et de toutes les dimensions.
- Les principes de la cubature des bois qui viennent d’ètre développés sont indépendants de l’unité prise pour mesure. Chaque nation rapporte ses mesures à un étalon particulier. En france, l’étalon , dont on faisait anciennement usage, se nommait solive, celui que l’on emploie aujourd’hui est le stère , ou la solive nouvelle qui en est la dixième partie.
- S- I I.
- Du toisé des bois
- On appelait toisé lçs opérations faites sur les bois pour déterminer leur cubature, parce que l’instrument employé pour connaître leur dimension } était la toise.
- S- I I I.
- Du toisé ancien.
- L’unité à laquelle on rapportait le toisé se nommait solive : c’était une pièce de bois de i 2 pieds de long sur 6 pouces d équarrissage , ce qui produisait 3 cubes d’un pied de côté ou 3 pieds cubes ; et l’unité , d’après laquelle on déterminait la valeur du bois, était le cent de solives, le cent de pièces ou 3 o o pieds cubes.
- La pièce ou solive formant 3 pieds cubes était appelée toise, la toise était supposée avoir 7 2 pouces d’équarrissage sur 6 pieds de long j elle se sous-divisait en pieds , c’est-à-dire, en sixième partie de la solive ou en demi pied cube ; le pied se sous-divisait
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- en pouces, formant la vingt-quatrième partie d’un pied cube ou 7 a pouces cubes ; le pouce se sous-divisait en lignes, c’est-à-dire , la deux cent quatre-vingt-huitième partie d’un pied cube ou six pouces cubes.
- A Rouen , l’unité de mesure se nommait marque , elle -était supposée avoir i o pieds de long sur 5 à 6 pouces de gros , ce qui produit a pieds et demi cubes, ou 3 6 o o pouces cubes. La marque se divisait en quarts et le quart en chevilles. La cheville était supposée avoir un pied de long sur un pouce d’équarrissage , d’où il suit que la marque contenait 3 o o chevilles et le quart 7 5 chevilles.
- Il est inutile d’entrer dans de nouveaux détails sur les unités des mesures employées en Europe pour cuber les bois. En France, on rapportait assez communément les mesures à la solive , et c’est la seule dont il peut être intéressant de rapporter l’usage.
- S. 1 v.
- Du nouveau toisé.
- L’unité de mesure, à laquelle on rapporte actuellement la cuba-ture des bois dans toute l’étendue de la République , et probablement celle que toutes les nations policées adopteront, est le mètre cube ouïe stère, c’est-à-dire, un cube d’un mètre de coté.
- Le mètre est la dix millionième partie du quart du méridien, c’est-à-dire, la dix millionième partie d’une ligne droite menée sur le globe terrestre du pèle à l’équateur , en passant par la France ; comme rien 11’indique que le quart du méridien puisse changer de longueur , il s’ensuit que si , par des circonstances imprévues , le mètre se trouvait altéré , 011 pourrait , par des opérations astronomiques et géographiques très-simples, retrouver If}, longueur réelle du mètre et corriger les altérations.
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- DE L’A fi. T DU CHARPENTIER. 209
- . Le stère ou mètre cube se sous-divise en dècîstëre, ceri-tistère, millistère ; cette dernière sous - division , quoique très-petite, puisqu’elle ne représente que la millième partie du stère ou un cube d’un décimètre de cêté, est la plus commode pour l’unité de cubature de bois : cependant on est convenu de prendre pour unité le décistère auquel on a donné le nom* de solive nouvelle, elle èst composée de 100 ministères.
- Toutes les dimensions des bois pouvant être prises en décimètres ou en centimètres , il sera toujours facile de déterminer le nombre de millistères contenus , en exécutant une multiplication simple.
- Soit une pièce de bois de 22 centim. sur 3 5 d’équarrissage et de 6 mètres de long.
- Vingt-deux centim. font 2 décim. et deux dixièmes, ou 2,2 décim. la virgule sépare les unités des dixiémes; 3 5 centim. font par la même raison 3 décim. cinq dixièmes, ou 3,5, et 6 mètres font 60 décim.
- Multipliant 2 décim. 2 par 3 décim. 5.
- 2, 2
- 3, 5 1 1 o
- . • 66 77°
- On a 7,70 qui, multipliés par 60, donnent 462,00 ou 462 millist. ou 4 solives 62 millist.
- Cette méthode de cuber les bois n’exige d’autre connaissance que celle de la multiplication simple avec des décimales.
- La multiplication avec des décimales est la même que la multiplication ordinaire, elle n’en diffère que par le placement de la virgule qui sépare les unités simples de celles qui sont dix fois, cent fois , mille fois, etc. plus petites. Les dixiémes forment
- Jome /. D d
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- aïo TRAITÉ GÉNÉRXîi
- les unités immédiatement placées après la virgule; ainsi, 6 eÉ quatre dixièmes s'écrivent 6,4* Les centièmes forment le second chiffre après la virgule , ainsi 2 7 huit dixièmes et 5 centièmes s'écrivent 2 7,85. Les millièmes forment le troisième chiffre après la virgulè , ainsi des autres.
- • Comm^ dans la multiplication des dixièmes par des dixièmes On obtient des centièmes pour résultat, il s'ensuit que , si l’on a à multiplier i,3 par 2,4, le résultat sera 3 unités et 1 2 centièmes, du 3, ta.
- Règle générale , lorsque l'on multiplie des nombres accompagnés de décimales, il faut, sur le produit, placer la virgule après .un nombre de chiffre égal à celui des décimales contenues dans le multiplicande et le multiplicateur.
- Si l'on veut multiplier 27,34 par 21,7 , on a 27,34 ai, 7
- 191,38
- 2734
- 5468
- 593278
- Le produit est 593278 ; mais comme le multiplicande contient 2 décimales et le multiplicateur une , il faut placer la virgule après le troisième chiffre, en allant de la droite à la gauche, et l’on à 593,278, ou 593 unités 278 millièmes.
- On est entré dans quelques détails sur les opérations décimales ; parce que les personnes qui enseignent l'arithmétique ont négligé de faire connaître cette manière simple de calculer, et que ceux qui ont l’habitude des opérations de l’arithmétique sont en quelque sorte obligés de l’apprendre , pour jouir de la simplification du calcul que procure la division décimale des mesures nouvelles.
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- DE UART DU CHARPENTIER. an'
- Le calcul décimal une fois entendu , le toisé des bois est considérablement simplifié et ne peut plus être comparé à l'an-cien, malgré les méthodes abrégées adoptées par les toiseurs ; car ils sont toujours obligés de faire une division et une multiplication , tandis que, dans la nouvelle méthode , le toisé le plus compliqué se réduit à une multiplication simple.
- Dans plusieurs pays les bois se toisent en prenant exactement leurs dimensions pour en déduire leur cubature. À Paris et dans plusieurs autres lieux , on ne mesure que d'intervalle en intervalle , et l’on néglige les intermédiaires, tels sont les us et coutumes qui semblent ridicules au premier aspect, mais qui sont cependant fondés sur des prïhcipes raisonnables.
- Le marchand vendait, sur les ports de Paris , les bois aux charpentiers, sous des longueurs qui augmentaient en progression, arithmétique de 3 en 3 pieds , avec cette convention que tout ce qui excédait les 3 pieds jusqu a i 8 pouces de plus , était en faveur du charpentier. Lorsque l'excédent dépassait i 8 pouces , il comptait pour 3 pieds de plus en faveur du marchand.
- Ainsi les bois de 7 pieds comptaient pour 6 de même que les bois de 5. Cette méthode se nommait : pied amnt et pied arrière.
- Pour ne pas perdre sur les longueurs achetées ., il était juste que le charpentier livrât son bois sous les mêmes conventions aux particuliers, mais comme dans l'arrangement et le débit de ces bois , les charpentiers pouvaient introduire, des dimensions qui leur étaient très-avantageuses , on a préféré de réduire à moitié les limites des bois livrés par les charpentiers j c'est-à-dire qu'on esteonvenu que les longueurs suivraient des lois croissantes de 1 8 en 18 pouces , avec la convention que tout ce qui aurait 3 pouces de plus, compterait en faveur du charpentier.
- ..D’après cela une pièce de 6 p. 3°*. comptait pour 7 p. et demi ; une pièce de 7 p. 90. compterait pour 9 p. etc.
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- •ài'a *r ràïtë général
- On était libre dans le marché de réformer cette coutume que l’on regardait comme un abus pour les particuliers , mais dans ce cas le charpentier augmentait le prix de la charpente dans la proportion de Favantage que les us et coutumes lui donnaient ; de .manière que tout compensé, les dépenses étaient les memes pour les particuliers. Cette augmentation était estimée le sixième de la valeur du bois.
- Indépendamment des us et coutiùnes de Paris , pour la longueur , il en est d'autres qui servent aux tdiseurs à fixer les longueurs des scellements , des tenons , etc. Bullet a réduit ces us et coutumes à i 5 articles qu’il peut être bon de rapporter ici*
- i°. Le charpentier doit trouver le compte de ses bois toujours en plus, jamais en moins ;
- 2°. S’il se trouve quelques difficultés, la balance doit être du coté de l’ouvrier, sans faire tort au particulier;
- 5°. La longueur et la grosseur des bois sont toujours prises à la rigueur ;
- 4°. Tout bois doit être censé droit et équarri sur ses quatre faces ; quelque figure qu’il ait dans l’emploi, s’il ne l’est pas, il faut chercher la longueur et la grosseur de la pièce équarrie d’où il est sorti.
- Ainsi dans des bois courbes, tels que des cintres, fig. io ; des paliers d’escaliers , fig. 9 ; des courbes d’escaliers , fig. 11, etc. , on tend un cordeau d’une extrémité à l’autre de la pièce, et l’on prend la grosseur la plus considérable; lorsque les bois ont une double courbure, on fait une double opération, pour avoir la double grosseur:
- 5°. La grosseur des bois se prend dans leur milieu; on comprend dans leur longueur, leurs tenons et portées.
- 6°. Tout bois qiji n’a pas d’assemblage, qui n’est tenu que par des chevilles, chevillettes ou dents de loup de fer, est compté de sa longueur et grosseur.
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- 7 °. On ajoute ., à la longueur des : solives d’un ' 'plancher, prise dans œuvre des murs , un pied; pour , les deux ^portées ou scellements ; lorsque les solives d’enchevêtrures , ou les pour .très doivent avoir des portées plus considérables, il faut le$ faire constater avant le scellement, sans quoi on ne compte leur portée que comme .celle des s solives s ordinaires. .
- - 89. Aux >bois assemblés, on compte 4 pouces poiir chaque tenon - dans les principales pièces, et 5 pouces dans les pioyennes et les petites.,
- . 90. Aux marches d’escaliers on ajoute à. leur dans oeuvre , •6 pouces pour leur, portée ; savoir, 4 pouces en mur ou pan de bois, et 2 pouces dans le limon.
- io°. Les.solives de remplissage entre,:deux solives d’enchevêtrures, au-devant d’une cheminée ou d’un tuyau passant seUr lement , fig. 12 et 1 3 , sont comptées, de la même manière que les solives d’enchevêtrures, mais on ne compte point le chevêtre. S
- S’il y a deux chevétres comme ef, fig. 13 ; après avoir compté les solives, on comptera celui des chevétres qu’on voudra.
- ii°. Dans les assemblages ordinaires, g h, fig. i3; lorsque les solives ne peuvent être scellées dans le mur, et que l’on place des linçoirs pour les assembler, on a la liberté de compter .les longueurs des solives comme celles des enchevêtrures, en ne comptant pas les linçoirs. On compte les linçoirs et les solives avec leurs longueurs réelles; ce que l’on appelle linçoirs sans portes ou portés sans linçoirs.
- i2°. Toute longueur de bois qui recevra assemblage dun ou de deux bouts et qu’on réduira à une longueur commune, sera comptée et tirée en ligne dans la partie de toisé la plus proche de sa longueur, de 18 pouces en 18 pouces, à l’exception des tournisses.
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- i 3 °. Deux tournisses étaient comptés pour un poteau ; ainsi dans un pan de bois, fig. i 4 > dans lequel il y* a dix tournisses; on leur donnait cinq longueurs de poteaux, auxquelles on ajoutait 6 pouces pour les tenons : mais comme les charpentiers n’avaient point d’avantage à ce toisé, ils ont compté les tournisses séparément de toutes leurs longueurs.
- i4°. Tout petit bois d’assemblage, assemblé et chevillé, quel-qu’il soit, est compté deux pour une longueur de poteau, compris entre les deux sabliers, la grosseur prise à part; ainsi les .quatre poteaux de remplissage de la croisée, a b, fig. 1 5, et les deux de la porte sont comptés pour trois longueurs de grands poteaux.
- i5°. Tout bois sur lequel on aura fait sans nécessité, une levée considérable au-dessus de sa valeur, sera toisé à l’ordinaire, mais la levée sera déduite , estimation faite de la valeur du trait de scie ; si cette levée n’excède pas le sixième de la valeur de la pièce de bois, on ne déduira rien.
- Ainsi dans l’arrête ou le chevron, fig. 18, ou Ton fait ordinairement des levées pour les alléger, cette levée ne doit pas être plus forte que le sixième de la pièce.
- Si l’on voulait rapporter ces us et coutumes aux mesures actuelles, la vente des bois sur le port suivrait pour les longueurs une progression croissante en mètre (5 pieds 08), ce qui répondrait aux 3 pieds d’autrefois, et la différence pourrait être de 3 décimètres (1 1 pouces o8) en avant, et 3 décimètres (11 pouces 08) en arrière; quant aux grosseurs elles iraient en augmentant de centimètres (4 lignes 43) en centimètres, le fort centimètre pour le charpentier.
- Le bois travaillé et livré pourrait suivre pour les longueurs une progression croissante de 5 décimètres en 5 décimètres , (T8 pouces 47) en comptant pour 5 décimètres, (18 pouces 47) toute longueur excédente d’un décimètre (3 pouces 69).
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- DE t/ART DU CHARPENTIER. Ai 5
- Les longueurs d'e scellement de. solides pourraient être de i 5 centimètres de chaque, bout, et de 3 déeiimètresy (11 pouces o 8;) pour les deux bouts.
- Les tenons de solives et de poteaux pourraient être d’un décimètre, (3 pouces 69) et de 1 5 centimètres (5 pouces 54jpour les pièces principales.
- Tels seraient à-peu-près les changements que les nouvelles mesures apporteraient au toisé ou mesurage des bois.
- La cubature des bois de charpente se réduisant à une multiplication simple , il est inutile de présenter ici une table de réduction des bois. Cette table ne pourrait procurer aucun avantage assez grand à ceux qui en feraient usage. Mais afin d’habituer à cuber suivant la nouvelle méthode, nous allons présenter quelques exemples d opération.
- Soit IK, fig. 12, une solive d’enchevétru-re de 6 mètres de long, 1 7 centimètres de large et 2 3 centimètres de hauteur.
- On multiplie d’abord %9 3 , par 1,7,
- 16,1
- 2 3 *
- 3 g i
- Ensuite le produit 5,91, par 65 décimètres,
- 3,9*
- 65
- Tg55
- 2346
- 2 54*5
- Ce qui donne 254 ministères 15 centièmes , ou 3 solives 54 millistères et 1 5 centièmes.
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- â 16 T R A I T É i G É N É R* A L>'
- Soit, -fig. 16 / une:'courbe de 5S mètres , de longueur/ Sur 41 centimètres de large y et 3 7 centimètres de haut*
- On aura pour première opération,
- 4.1 5*7
- 387 12 3
- 1 5 1 7 •
- Et pour seconde .
- 1 5> 1 7 35
- 7 58 5
- 455 1
- 53095
- Le produit est de 5 3o millistères 95 centièmes , ou 5 solive
- 3 o millistères 95 centièmes.
- Soit, enfin pour troisième opération, la courbe rampante, fig. 17, de 2 mètres de long, 3 9 centimètres de large, et
- 4 2 d’épaisseur.
- On aura pour première opération,
- 4.2
- 3,9
- 578
- 126
- 1 6 3 8
- Et pour seconde
- 16,38
- ,2 o
- 32760
- Ainsi
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- DE L’ART DU CHARPENTIER. 2 i 7:
- Ainsi le produit est de 327 millistères -, 6 dixièmes ou 3 solives 27,6 millistères. a .
- La cubature de ces trois pièces serait :
- La solive d’enclievétrure . .. 7 54,1 5 , ou 7 sol. 54? 1
- Le poteau d’escalier . . . 12 2,g 5 1 22,95.
- La courbe rampante . . . 527,6 3 27,6.
- Somme. . . 1204?70 12 sol. o4?7o*
- Il est inutile, dans ces sortes d’opérations, de passer le centième du millistère ? car le mesurage ordinaire ne donne rien ide plus approchant. Le centième de millistère, équivaut à la 12e. partie de la ligne ou, environ, un demi pouce cube de l’ancienne toise ; peut - être même pourrait - on s’en tenir au jaiillistêre seulement, qni est la centième partie de la solive.
- .. s- y.
- Ve la réduction des anciennes mesures en nouvelles•
- On a vu précédemment, page. 207 , que le toisé ancien s’évaluait en solives de 6 pieds de long, sur 8 à 9 pouces d’équarrissage , ou 7 2 pouces de base ; que la solive ou toise se divisait en 6 parties que l’on nommait pieds, le pied en 1 2 parties que l’on nommait pouces ; enfin celui-ci en 12 parties, que l’on nommait lignes.
- On a vu de même, page. 208, que la nouvelle mesure avait pour unité un mètre cube où stère, qui se divisait en solives et dixième de mètre, et se sous-divisait en décimètres cubes ou millistères ; celui-ci en 1 o o parties, appellées centièmes.
- Le mètre vaut 3 pieds o pouce 1 1 lignes ~ ou 3 pieds 07844*
- Le pied cube vaut 34 millistères 28 centièmes.
- La solive ou toise vaut 1 o 2 millistères 8 3 centièmes.
- Tome /. Ee
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- a i 8 TRAITÉ GÉNÉRAL'
- Le pied vaut , . . . 17 millistères 14 centièmes.
- Le pouce vaut .... 1 428
- La ligne vaut . . » 129
- En faisant usage de ces données , on peut construire des tables de réduction numérique, d’après lesquelles on réduira commodément toutes les mesures anciennes en mesures nouvelles.
- .Toise ou Solive vaut millistères. Toise ou Solive vaut Millistères.
- I i 02,83 6 616,99
- 3 3o5,56 7 7 ï 9,82
- 3 3 08,5o 8 8 2 2*, 6 5
- 4 4ii^3 3 9 9a5,49
- 5 5 14,16 1 0 1028,30
- Pied v?iut Millistères. Pied vaut Millistères.
- Z 17>14 4 68,55
- 3 34> 2 8 5 85,69
- 3 51/41 6 10 2,83
- Pouce vaut Millistères. Pouce vaut Millistères.
- 1 1,42 3 7 I O, OO
- 3 3,8 6 8 I 1,43
- 3 4,28 9 12,85
- 4 5,7 1 1 0 14,28
- 5 7**4 1 1 1 5,7 1
- 6 8,57 1 3 14
- ligne vaut Millistères. Ligne vaut Millistères.
- I 0,1 19 7 0,855
- 3 0, 2 3 8 8 i 0,953
- 3 0,357 9 i,°7 i
- 4 0,476 1 0 *,1 9°
- 5 o,595 1 1 L3o9
- 6 0,714 1 2 1,428
- On peut avec ces tables , réduire toutes les toises de bois.
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- DE L'ART DU CHARPENTIER. 219 Soit par exemple, à réduire en mesure nouvelle, un morceau toisé , 4 t. 5 p. 9 po. 10 L
- On a pour 4 toises * 5 pieds 9 pouces r o lignes
- Somme
- 41 1, 3 3 millistères* 85,6g 12,85
- 1,19 1
- 06
- Donc le morceau toisé 4 5 p. 9 po. 10 1. contient 5 so-
- lives 11,06 ministères.
- Soit pour un autre exemple, un morceau toisé 7 t. 3 p. 5 po. 7 L
- pu a pour
- 7 toises 3 pieds 5 pouces 7 lignes
- 719,82 ministères* 5i,4i . 7,14 o,8 5
- 7 7 9>20 5 p. 5 po.
- 7 1. contient 7 SO-
- Somme
- Donc le morceau toisé 7 t. lives 79,2 ministères.
- Si au lieu du toisé en toise, pied, pouces, lignes, on eût fait usage de la division en pieds cubes, échalas, et chevilles.
- Une cheville est supposée avoir un pied de long, sur un pouce quarré.
- Un échalas est supposé avoir une toise de long , sur un pouce quarré.
- D’après cela un pied cube contient 24 échalas.
- Un échalas 6 chevilles.
- Une cheville 1 2 pouces cubes.
- Un pied cube contient 34,28 ministères.
- Un échalas 1,428 ministères.
- Une cheville 0,238 centièmes.
- K %
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- 2 2 0
- TRAITÉ GÉKÉRAL
- D’après ces données ,
- Pied euhe vaut Millistères. Pied cube vaut Millistères.'
- I 34,28 6 2 0 5,68
- 2 68,56 7 239,96
- ’ 3 1 02,84 8 274*24
- 4 1 5 7,1 2 9 3 0 8,5 2
- 5 1 7 1,40 1 0 342,80
- Echalas vaut Millistères. Echalas vaut Millistères.
- I 1,428 7 9*996
- 2 3,8 56 8 11,424:
- * 3 4*284 9 12,85 3
- 4 5,7 Ï2 10 14* 2 8
- 5 7,l4 2 0 28,56
- 6 . 8,568
- Cheville vaut Millistères. Cheville vaut Millistères.
- I 0,238 4 0,952
- 2 0,476 5 J**9
- 3 O V» "4 1-1 6 1,428
- D’après les tables, soit par exemple, à réduire en nouvelles
- mesures un morceau toisé 8 pieds , i 7 échalas, 4 chevilles.,
- }On a pour 8 pieds 2 7 4,2 4 millistères.
- 1 0 échalas 14? 2 8
- 7 échalas 9>996
- 4 chevilles o,g52
- Somme 299*468
- Donc le morceau toisé 8 pieds, i 7 échalas, 4 chevilles J
- contient 2 solives, 99,47 millistères.
- De meme soit pour second exemple, un morceau toisé 1 5 pieds, '2 3 échalas, 5 chevilles.
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- DE L’ART DU CHARPENTIER.
- On a pour i o pieds 5 pieds 2 o échalas . 5 éclialas
- 3 chevilles
- Somme
- Donc le morceau toisé, i 5 contiennent 5. solives, 47; 7 6
- 34^,80 millistères.
- 171,^0
- 28,56
- 4,284
- o,7ï4
- 547,758
- pieds, 2 3 échalas; 3 chevilles millistères.
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- INSTITUT NATIONAL DES SCIENCES ET ARTS.
- Extrait des Registres dé la Classe des Sciences Physiques; et Mathématiques.
- Séance du 6 ventôse, Van 8 de la République française•
- U» Membre, au nom d'une Commission, lit le Rapport suivant :
- Nous avons été chargés par la classe, les citoyens Lagrange Cousin et moi, de lui rendre compte de la première partie d’un ouvrage sur l’Art de la Charpenterie, par le citoyen Hassenfratz. Cette première partie a pour objet l’examen du bois, depuis sa croissance dans les forets, jusqu’à son transport dans les lieux de consommation : elle est divisée en cinq chapitres.
- i°. De la croissance, et des qualités particulières et distinc* tives des bois.
- a ?. De l’exploitation des bois.
- 3P. De la courbure des bois.
- 4°* Du transport des bois.
- 5*. Du toisé des bois.
- Le premier chapitre comprend la croissance, la pesanteur, la résistance, l’élasticité, la corruptibilité, et la combustibilité des bois.
- Après avoir réuni les observations et les expériences décrites dans les ouvrages qui ont été publiés sur la culture et la croissance des arbres, l’auteur a recherché quels étaient les arbres nouveaux, acclimatés en France, et qui pouvaient être employés avec succès dans la charpente. Il en a formé un tableau contenant 16 8 9 tant espèces que variétés. Ce tableau présente leur^
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- RAPPORT DE LT HS TI TUT. a*5
- ftoms français et latins, la hauteur moyenne de chaque arbre, avec leurs branches, la hauteur moyenne et ordinaire de leurs troncs ; enfin l’espèce de terrain et l’exposition qui leur conviennent. Ce tableau qui, d’après ce que nous a dit le citoyen Hassen-fratz, a été examiné et corrigé même par les citoyens Thouin, Cels et Villemorin , est un des plus complets qui ait encore 'été publié. Les botanistes ont fait connaître la hauteur moyenne des arbres, mais la hauteur moyenne des. troncs n’avait pas encore été indiquée j on peut regarder cette partie du travail composée en commun par les citoyens Thouin et Hassenfratz , comme entièrement neuve*
- Quelques cultivateurs, botanistes et physiciens, parmi lesquels on place les deux Duhamel, ont publié le rapport de croissance annuelle de quelques arbres ; mais ce nombre se réduisait à i 5 ou i 6 , tant espèces que variétés j le citoyen Hassenfratz profitant des facilités que lui ont procurées les professeurs du muséum d’histoire naturelle, a rassemblé un grand nombre d’observations sur des arbres vivants et sur des arbres morts ; il y a réuni celles qui lui ont été communiquées par les citoyens Fougeroux, Richard, Villard, Prœderlé, Gonan, et il est ainsi parvenu à former un tableau de croissance annuelle de i o 8 arbres, tant espèces que variétés, qui n’avait pas encore été donné,‘ et qu’il présente comme le commencement d’un travail destiné à être complété par les personnes livrées à la culture des arbres.
- Mussembroch , les Duhamel, Cossigni, Varennes - Fenilles , avaient réuni un grand nombre d’observations sur la pesanteur des bois ; à ces observations, le citoyen Hassenfratz en a réuni près de 6 o o nouvelles, et a formé un tableau de 8 8 , tant espèces que variétés, d’arbres qui peiivent être employés en charpente. Ce tableau présente, dans des colonnes séparées, les résultats de Mussembroch, des Duhamel, Cossigni, Varennes-Feni.lles, Hassenfratz, et dans une colonne nouvelle, la moyenne de tous le§ résultats.
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- 524 RAPPORT DE LT N S TIT UT.
- Passant à la résistance des bois, Fauteur a mis à profit les foré tnules et lesexpériences publiées par ceux qui, avant lui, s’étaient occupés de cette question, et a construit une table de résistance moyenne, du bois de chêne, dont les longueurs varient de 5 en 5 , décimètres, et les grosseurs de centimètres en centimètres. L’étendue de cette table comprend depuis les pièces d’un mètre 'de long, sur deux centimètres de coté, jusqua celle de 15 mètres de long, sur 4 ° centimètres de cale.
- Comme les expériences faites jusqu a présent n’ont été appliquées qu’aux bois de chêne et de sapin, et qu’il peut être intéressant pour les constructeurs, les entrepreneurs et les charpentiers , de connaître les rapports de résistance des bois entre eux ; a quelques expériences faites par les Duhamel et Perronet, sur 5 à 6 bois particuliers, le citoyen Hassenfratz en a réuni plusieurs qu’il a faites lui-même, avec lesquelles il a formé un tableau qui présente le rapport de résistance de 4 ° > espèces ou variétés,[ d’arbres les plus communs et les plus faciles à employer.
- Les articles de la corruptibilité et de la combustibilité deâ( bois ont été traités par le citoyen Hassenfratz , tant en physicien et chimiste, qu’en praticien qui s’est occupé manuellement de la charpente, pendant plusieurs années. Il rapporte les moyens, les méthodes et les procédés employés, soit pour diminuer, soit pour retarder la corruption; il parle aussi de quelques tentatives faites pour retarder ou empêcher la combustion des constructions en bois.
- Le second chapitre comprend les différents modes d’exploitation! des forêts, l’âge auquel les arbres doivent être abattus, les détail^ de l’abattage, de l’équarissage , de la refente des bois.
- L’auteur détaille les 5 moyens d’exploitation pratiqués. L’exploitation en taillis-bas, l’exploitation en taillis-haut, ou par ététement, l’exploitation par ébranchage, l’exploitation en haute-futaie totale, et l’explQitation en haute-futaie par éclaircie. Il
- examine
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- RAPPORT DE L'INSTITUT. 22S
- examine les produits annuels des bois, par chacune de ces méthodes , les avantages et les désavantages que chacune présente , d'où il déduit les circonstances et les espèces de bois, pour lesquelles chacune des méthodes doit être préférée.
- Les Duhamel, qui avaient recherché les rapports annuels des Jaillis de bois de chêne, n'avaient pas fait entrer l'intérêt de l'argent dans leur calcul. Le citoyen Hassenfratz y a introduit cet élément, au moyen de quoi il est parvenu, avec les mêmes données , à des résultats différents de ceux des deux Duhamel.
- L'époque à laquelle chaque espèce d'arbres doit être coupée, l'a conduit à faire des recherches et des expériences sur l'augmentation 'de valeur annuelle des bois, en raison de leur augmentation de solidité, ce qui l'a mis à même de distinguer la différence de croissance des grands bois conservés comme baliveaux, dans les taillis, et des grands bois crûs en haute futaie, ainsi que le® (différences de valeur provenant de ces croissances ; il présente, la loi d’augmentation de solidité du chêne, jusqu'à l'âge de trois tenta ans, déduite d'observations faites sur a 4 chênes de différents pays.
- La question de l'écorcement du chêne , avant d'être abattu , a UUSsi été examinée avec soin et sagacité par le citoyen Hassenfratz, Quant à l'abattage et à l'équarissage du bpis, c'est autant en praticien qu'en théoricien qu'il a traité la question; après avoir fait voir que chaque espèce ou variété d'arbres devait être abattue de l'une des trois manières employées, c'est-à-dire, en déracinant, en pivotant ou en taillant, le citoyen Hassenfratz décrit les différents procédés qu'il faut employer pour retirer de chaque pièce la plus grande quantité de bois, pu la pièce de plus grande valeur, en raison de la destination qu'elle peut avoir; il fait voir encore dans quelle circonstance il est plus avantageux pour le marchand exploiteur de faire équarrir son bois à la coignée, et dans quelle cii> constance il lui est plus profitable de faire équarrir à la scie de long, Tomt*. Fl -
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- 3à6 RAPPORT DE L’INSTITUtf.
- La refente du bois à la scie de long peut être exécutée pouf équarrir les grosses pièces, pour obtenir des madriers, ou débiter le bois en planches. Ces trois considérations ont déterminé le citoyen Hassenfratz à considérer la refente à la scie, sous le rap* port des bois obtenus, et sous celui des moyens employés pour, refendre le bois.
- Sous le rapport des bois obtenus, il a comparé les différente^ méthodes de débitêr les troncs, la bonté et la défectuosité des planches obtenues , l’inflüenee hygrométrique qu’éprouvent les bois, en raison de la direction dans laquelle ils ont été refendus; il a comparé entre elles la méthode des Hollandais et celle des Français, tant pour la quantité des planches obtenues, que pour leur' qualité. Il est entré dans les détails du sciage sur maille, et il a fait connaître une méthode imaginée par un marchand Français,1 qu’il dit préférable aux deux autres.
- Sous le rapport des moyens employés ' pour refendré le bois,’ ©n peut faire usage, pour mouvoir là scié i de la force des hommes, de celle des animaux, de l’eau, du vent, étde la vaporisation de l’eau par le calorique.
- Dans les pays montagneux, où les cours d’eàu sont* abondants, où les bois s'exploitent par éclaircie , on débite les bois avec des scieries à eau. Lès Hollandais achètent les gros chênes des forêts qui bordent le Rhin, les transportent chez eux, et; les débitent dans des scieries mues par le vent. Partout ailleurs ,; on né fait usage que des scies de long mues à bras d’hommes.
- La refente des bois à bras d’hommes n’est pratiquée que par la difficulté d’établir, dans le centre d’exploitation , des scieries mues par tout autre moteur ; le citoyen Hassenfratz a proposé deux scieries, l’une mue par des chevaux ou des boeufs, l’autre par la vapeur de l’eau, et qui sont construites de manière à pouvoir être transportées. Il entre dans des détails fort étendus sur la comparaison et les effets des différents moteurs entre eux,'
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- RAPPORT DE L’INSTITUT. aa7
- tant ceux employés communément > que ceux qu’il propose} sur les proportions des principales pièces des machines à vapeur, et sur lès avantages de" ces machines.
- Le troisième chapitre, de la courbure des bois , contient les méthodes employées pouf courber les bois vivants et les bois morts. Toute la théorie de la courbure des bois morts est fondée sür leur Ramollissement par le calorique : soit que l’on emploie directement la chaleur, eoirtme les tonneliers, pour courber les douves des tonnéaux ; les charpentiers de bateaux, pour courber leurs planches $ soit que l’on emploie l’eau bouillante ; soit enfin que l’on emploie la vapeur d’eau comme dans la courbure des grosses pièces de bois destinées à la construction des vaisseaux : le citoyen Hassenfratz discute chaque méthode , et décrit les appareils, les machines et les chaudières dont il faut se servir.
- * Le quatrième chapitre, du transport des bois , comprend le transport par terre, et le transport par eau.
- Le transport par terre varie suivant la situation des forêts et d’autres localités. Les forêts marécageuses, celles qui sont dans les plaines sèches, dans des paya montueux, et enfin sur des montagnes escarpées, ont des modes de transport différents. Les •Voyages et les observations multipliés du citoyen Hassenfratz lui ont été fort utiles pour décrire tous les modes de transport sur la; neige, par des traîneaux, sûr'des couloirs, ' par des charettes, des chevaux, des fardiers, etc. Le détail en est concis, et dés dessins facilitent l’intelligence du texte.
- Quant au transport par eaü , le citoyen Hassenfratz décrit le transport à bois perdu, le transport par rigoles, le transport par train et par bateau. Ici il entre dans quelques détails sur la construction des canaux de navigation , et décrit les précautions nécessaires, essentielles , pour empêcher les bois de se détériorer, soit dans le transport par eau, soit par suite de pe transport.
- Fi 9
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- 228 RAPPORT DE L'INSTITUT1.
- Le cinquième chapitre contient la cubature des bois.
- Après avoir exposé les méthodes de cubature, de manière S, être entendu par les ouvriers, l’auteur indique les méthodes dé toiser les bois, usitées en différents pays , qu’il compare à la cubature simple, nouvellement adoptée, et généralement employée sur le territoire de la république ; il présente la méthode de Paris, selon ce qu’on appelait us et coutumes, développe les principes sur lesquels elle est établie, fait connaître les variations qu’elle éprouverait, si l’on voulait l’appliquer à la nouvelle cubature, et termine ce chapitre par des tables de réduction des anciennes en nouvelles mesures cubiques.
- Cette première partie de l’Art du Charpentier est accompagnée de 26 planches dessinées avec soin, qui doivent être gravées au lavis et au trait. On voit par l’extrait que nous en avons, donné , qu’elle mérite d’étre. distinguée parmi toutes les productions de même genre, publiées jusqu’à présent, qui, en général, ou ne contiennent rien, ou ne présentent que des notions très-incomplètes des divers objets que lé citoyen Hassen-fratz a traités avec soin et détail. Nous pensons que lès cinq chapitres qu’il à présentés à la classe méritent son suffrage,: et quelle doit l’engager à terminer promptement, et à publie^ la totalité de l’ouvrage.
- Fait au Palais National des Sciences et des Arts, le 6 ventôse an 8. Lagrange , Cousin et IProny*
- La Classe approuve le rapport, et en adopte les conclusions.'
- Certifié conforme à l’original.
- A Paris , ce 11 ventôse, Van 8 dé la République française.
- L. L e f e v r e - (ji neau , Secrétaire.
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- TABLE DES MATIERES
- De la première partie de l’Art de la Charpenterie/
- Aveu TÏSSIME3ÎT, page O
- Introduction, j
- Des causes qui ont déterminé la construction des abris , ibid.
- Les Météores aqueux , ibid.
- Le Sommeil, ibid.
- Les variations de température, iij
- Des abris simples, ' iv
- Des habitations des peuples sauvages, y
- Description de trente-trois habitations simples, construites chez différents peuplés, Vj
- Des matériaux qui servent à la construction des édifices, v xiij
- Quelle espèce de matériaux on doit préférer, xiv
- Examen de la question par rapport aux matériaux existants, ibid. Examen de la question par rapport à la forme de gouvernement et à Vindustrie des nations, xv.
- Observations sur les mesures employées dans cet ouvrage , xxv
- Tables de réduction des mesures anciennes en mesures nouvelles, xxvj Usages de ces tables, ibid.
- Tables de réduction des mesures anciennes de Normandie en mesures
- nouvelles, xxviij
- Usages de ces tables, ibid.
- CHAPITRE PREMIER.
- Des Bois de Charpente.
- Ier. Des bois employés jusqua présent, " * page Fausse opinion sur Remploi du châtaignier, /
- De la cause du peu daltérabilité des charpentes anciennes, Des bois dont on a fait mage jmquà présent,
- Des travaux auxquels on destine chaque^ espèce de bois,
- i
- a
- 3
- 4
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- iSo TABLE DÈS MATIÈRES.
- §. II. Des bois dont on peut faire usage , Page 5
- §. III. Des bois cultivés en France, distingués par leurs
- grandeurs , 7
- Catalogue des arbres acclimatés en France, et qui peuvent être employés dans la charpente, 9
- §. IV. De la croissance des arbres, page 1*
- Des deux époques de croissance des arbres, ibid.
- Du rapport de croissance des chênes, d’après les deux Duhamel, 1 3 Observations de VAuteur sur la croissance en hauteur des chênes, 15 De la croissance des chênes en grosseur, d’après les deux Duhamel, *6
- Table de grossissement du chêne, cCaprès VAuteur, > .1,7
- Tableau décroissance de dijférents arbres, d’après les obser* votions des deux Duhamel, 19
- Observations sur la croissance de quelques arbres, par plusieurs observateurs, ao
- Observations de- VAuteur , sur la croissance et la grosseur de plusieurs arbres, .ibid.
- Tableau du grossissement annuel des arbres acclimatés en France, 2a
- §, Y. De la pesanteur spécifique des bois , a 5
- Manière de prendre la pesanteur spécifique, 26
- Tableau de la pesanteur des bois, 3o
- Usage de la table des pesanteurs, 3a
- Poids de differentes mesures de chênes secs et verds, 33
- §< yi. De la résistance des bois, 34
- De la résistance horizontale, ibid.
- <— Déduite de la théorie , ibid.
- Réduite de Vexpérience, 35.
- Fies différentes méthodes employées pour déterminer la résistance des bois, 36
- Méthodes de Farignon, Mariotte et Pascal, 38
- Méthode des deux Duhamel, ^9
- Méthode de Mussembroeçh, ibid.
- Appareil de l’Auteur, ibid.
- Choix des bois pour les expériences, 4°
- Des différences dans la résistance du bois d’un même arbre, ibid*
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- TABLE DES MATIÈRES. s s*,
- Des différences dans la résistance des bois crûs dans des terrains différents, . J Paêe 4*
- Des différences dans la résistance occasionnée par £ état de Fair, r' ' ibid.
- Accord de la loi de la résistance, déduite de la théorie et de la pratique- 4^
- Méthode de Buffonpour déterminer la résistance des bois; ibid.
- Rapport entre la "résistance de quelques bois, d-après Duhamel et Cossigny, , 4$
- Expériences de VAuteur, 44
- Tableau de la résistance de différents bois , ’ 45
- De la résistance moyenne du bois de chêne,
- De la construction; des. tables pour trouver la résistance du bois de chêne?. , . idem.
- Méthode simple de., trouver la résistance du bois, de chêne, exprimée en livres, , 47
- Tableau de la résistance du bois de chêne, 48
- De Vusage des tables de résistances, , ' 58
- De la longueur d'un morceau de bois de chêne qui ferait équilibre à sa* résistance,. . i ; • 5q
- Observation sur F usage des tables de résistance dans la cons-
- truction des édifices, i 6o
- De la nécessité de faire de nouvelles expériences sur les bois que F on emploie, 6i
- Application des expériences aux tables, ibid.
- Application des tables à différentes espèces de bois, 62
- De la résistance verticale, 64
- Méthode et résultat de Mussembroeck, ibid.
- Résultat de Perronet^ 65
- Méthode de Girard, 66
- De F élasticité absolue du bois; elle suit les mêmes lois que la résistance, 67
- r De F élasticité absolue du chêne et du sapin, ibid.
- Des longueurs sous lesquelles le chêne et le sapin fléchissent par leur propre poids, 68
- De F adhérence des fibres du bois, 6g
- §, VH. De la corruptibilité du bois, 70
- De la composition des bois, ibid.
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- •*S a. TABLE DES MATIÈRES.
- De la décomposition des bois vivants, page je
- De la décomposition des bois morts, ibid.
- De la différence de corruptibilité dans les bois, jA
- De l’hygrométricité des bois et des effets qui en résultentf 76 De la thermomëtricité des bois et des effets qui en résultent y. ibid. Observations des deux Duhamel, sur les causes corruptrices des bois, 76
- Des précautions pour retarder la corruption des bois y 80
- §. VIII. De la combustibilité des bois, 8i
- Des causes de la combustion, 82
- Comment on arrête et ton empêche la combustion % ibid.
- Manière d'éteindre le feu des cheminées, 83
- Des moyens proposés pour rendre les bois incombustibles, 84
- De faction des sels sur les bois et sur la combustion, ibid.
- De faction des enduits, relativement à la combustion des bois7 85 Résultat des moyens proposésx 86
- CHAPITRE II
- De l’exploitation des sois 87
- §* Ie'» De l'exploitation ides taillis, 88
- Des époques où tes bois taillis doivent être coupés, . 89
- Des produits des taillis coupés à diverses époques, ibid.
- Des mêmes produits, en y comprenant t intérêt dé fardent à 5 pour 100, ibid.
- De la nécessité de faire des expériences particulières pour chaque terrain et pour chaque espèce de bois, 9?
- De la difficulté çf estimer les produits des futaies, 9a
- De la difficulté d’appliquer aux futaies les expériences des deux Duhamely ibid.
- De f exploitation en taillis bas, 98
- Avantage de f exploitation avec baliveaux, ibid,
- Des conditions pour exploiter un bois en taillis, ibid.
- Des taillis et hautes tiges, 94
- Comparaison des avantages et des\inconvênients des taillis bas Çt des taillis à haute tige, ç)5
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- TABLE DES MATIERES. $35
- §. II. De l’exploitation en futaie > page 9§
- Des coupes totales, ibid.
- Des coupes par éclaircis, 97
- Comparaison des avantages et des inconvénients de ces deux coupes ,, ibid.
- Des considérations qui doivent faire préférer l’une des coupes à l’aufre, 98
- §. III. De l’âge auquel On doit abattre les arbres 3 99
- Cet âge est diffèrent pour chaque espèce de bois, ibid.
- Tableau de la loi d’augmentation de la solidité du chêne , d’après les observations de VAuteur, 100
- Tableau de la loi d’augmentation du chêne, déduit des observations des deux Duhamel et de l’Auteur, 101
- De la différence entre les grands bois des futaies et des taillis, 10a De la différence de valeur du cube dès bois, relativement à leur volume, ibid.
- L’âge de la coupe des bois ne peut être déterminé que par T époque ou ils se corrompent, 104
- L’époque où les arbres se corrompent, où ils sont en retour, varie comme les terrains et l’essence des bois, ibid.
- §• IV. Des marques qui font connaître qu’un arbre entre
- en retour , 1 0 5
- S. V. De l’époque de l’année à laquelle on doit abattre les
- bois de chêne ,
- 106
- On ne coupe les bois que l’hiver, ibid.
- On peut les couper tous les mois de Vannée, 107
- L’époque de la coupe n a aucune infuence sur la bonté des bois, ibid.
- Il est préférable de couper les bois Vhiver, à cause de la distribution des travaux, ibid.
- §. VI. De l’éeorcement des arbres, 108
- De Vaugmentation dans la force des bois par l’éeorcement, et pourquoi, ' 109
- De la valeur de Vécorce, IJO
- Du désavantage et de Vavantage de Vécorcement, 111
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- 234 TABLE DES MATIÈRES.
- Méthode d’écorcer plus avantageuse que celles employées, page 11 a §. VII. De l'abattage des arbres., ii5
- De T abattage des arbres, en les sciant par le pied, ibid.
- De Vabattage des arbres, par entaille , n4
- Des causes qui font couper les arbres trop haut, 115
- De la coupe en pivot, page 116
- Avantage et désavantage de cette coupe, ibid.
- Du déracinage des arbres, 117
- Des instruments et des machines employées pour abattre et déraciner les arbres, ibid.
- VITE. De l’équarrissage des arbres f 1 1 9
- Comparaison du prix de Téquarrissage à la coignêe et à la scie à refendre, 120
- Des flaches que Ton obtient en èquarrissant à la scie à refendre, ibid.
- Manière de calculer les dimensions des-flaches, 12a
- Détermination des dimensions que T on peut donner à V équarrissage, 123
- De la préparation pour équarrir, 124
- Du placement des arbres sur les chantiers, 125
- Des outils pour équarrir, . 126
- Du tracé du bois à équarrir, ibid.
- Du travail de Véquarrissage, 127
- Des flaches, 129
- De la moyenne d\i travail obtenu des équarrisseurs, et du prix de ce travail, i3ç>
- £. IX. Du sciage de long, 1 3 1
- De lu scie, ibid.
- De la mise en chantier, ibid.
- Du tracé, i3a
- Des differentes méthodes de débiter les arbres en planches, i33
- De la méthode ordinaire, ibid.
- Des mailles, ibid.
- De leur hygromètriçité,
- Méthode de Moreau pour scier sur maille, ibid.
- Méthode des Hollandais, *35
- faleur du. travail des scieurs à bras, ? 36
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- TABLE DES MATIÈRES.
- Des machines à scier le bois, page r36
- Comparaison des scieries à eau avec celles à bras d’hommes-, .137 Comparaison des scieries à vent avec celles à bras d’hommes, i38 Nouvelles machines à scier , que l’on pourrait employer avec
- avantage, i4o
- De F effort employé et du travail obtenu dans les scieries à bras, i4o
- §. X. Des scieries à eau, 142
- Comparaison des mouvements dans les scieries à eau et à bras, ibid. Du mécanisme des scieries à eau, ibid.
- Situation de la scie, 149
- Plan d’une scierie à eau, ibid.
- Du calcul des. effets d’une scie à eau, 15o
- Résultat de Feffet d’une scierie, déduit de l’expérience, i5a
- §. XI. Des scieries à veut, 1 5 3
- Description et dessin d’une scierie à vent, i54
- 5. XII. Des scieries à chevaux, i55
- De la comparaison du travail obtenu par les hommes et par les chevaüx, " ibid.
- Construction de la scierie à chevaux, 156
- §. XIII. Des scieries à feu ou à vapeur, i58
- Des principes d’après lesquels sont construites lesmachines à vapeur, ibid.
- Des chaudières des machines à vapeur, i5g
- De leur forme, 160
- Du mécanisme intérieur des machines à vapeur, 161
- Détermination du diamètre du cylindre pour obtenir un effet donné., - ' 162
- De Feau consommée dans une machine à vapeur, i65
- Du combustible consommé , ibid.
- De la proportion des chaudières des machines à vapeur, 167
- Comparaison des produits aux dépenses dans uné bonne machine à vapeur, 168
- Détail d’une scierie à vapeur, portative , 169
- §. XIV. Dépenses de la scierie et de réquarrissage à bras,
- comparées à celle de la scierie à chevaux, 17a
- Gg a
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- 'a 3 6 TABLE DES MATIÈRES.
- Dépense de la scierie à chevaux, page 172
- Produit de la scierie à chevaux, 173
- Avantage de la scierie à chevaux sur la scierie à bras, ibid* Comparaison des dépenses et des produits de ïéquarrissage avec la scierie à chevaux, ibid»
- §. XV. Dépenses de la scierie et de l'équarrissage à bras, comparées à celle de la scierie à vapeur -, 174
- Dépense de la scierie à vapeur, ibid.
- Produit de la scierie à vapeur, 17^
- Avantage de la scierie à vapeur sur la scierie à bras, ibid. Avantage de la scierie à vapeur sur Véquarrissage à bras, J76
- CHAPITRE III.
- Dü TRANSPORT DES B O I S / 176
- §. Ier. Du transport des bois, ou de la sortie du# bois
- des forets, ibid.'
- §, H. De la situation des bois ou des forets/ 177,
- Dans les plaines, ibid:.
- Sur les montagnes, *7®
- Des glissoirs, *79
- Du schlitage ou glissage dans des traîneaux, 180
- g. III. Du transport aux lieux de consommation / 18 i
- Comparaison des fardeaux transportés sur terre ou sur des canaux, ibid,
- §. IV. Du transport par terre/ 182
- Des voitures et des chàrriots, comparés entre eux, ibid.
- Des fardiers, i83
- Des voitures à deux essieux, - 184
- Du diable, i85
- Des chemins, i85
- Des chemins ferrés , ibid.
- Des voitures pour ces sortes de chemins, ibid.
- Avantages des chemins ferrés, 186
- Des chàrriots pour descendre des fardeaux ^ 187
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- TABLE DÉS MATIÈRES. 237
- De la manière de diriger ces charriots, page 187
- g. V. Du transport par eau, 188
- g. VI. Des eaux qui servent à transporter/ ibid.
- Des canaux de navigation, 18g
- De linvention des écluses à eau, idem..
- Des communications entr e deux rivières par des canaux, 190
- Des écluses sèches, 191
- Des canaux étroits, 194
- $. VII. Des méthodes de transport par eau/ iq5
- Du transport à bois perdu, ibid.
- Des trains ou radeaux, ibid.
- Du transport par bateaux, 196
- CHAPITRE î Y.
- De la courbure des Bois/ 196
- g. Ier. De la courbure en général / ibid.
- §. II. Delà courbure des bois vivants/ 197
- g. III. De la courbure des bois morts/ 198
- Des principes d’apres lesquels on courbe les bois, ibid.
- De la courbure par le feu, ibid,
- D’un assemblage singulier par le ramollissement du bois, 199
- Du ramollissement et de la courbure des bois par Veau bouillante , 200
- Du ramollissement par la vapeur de Veau, ibid.
- Pu ramollissement dans les étuves de sable, 201
- CHAPITRE V.
- Du toisé des Bois/ 204
- g. Ier. De la cubature des bois/ idem/
- Ce que c’est que cuber, ibid.
- De Vunité de mesure, ibid*
- Manière de prendre la cubature d’un solide, lorsqu'il forme
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- a58 TABLE DES MATIÈRES.
- un parallèlipipède rectangle, et que les fâces contiennent un nombre de fois exact Vunité de mesure, page ao4
- Manière de prendre la cubature, lorsque le nombre de fois T unité nest pas en nombre entier, 2o5
- § IL Du toisé des bois, 207
- §; III. Du toisé ancien, page 207
- §. IV. Du toisé nouveau, 208
- De la manière de toiser les bois, 209
- Du calcul décimal, i£id.
- Des us et coutumes, 211
- Des causes des us et coutumes, ibid.
- Des règles anciennes de longueurs de scellements et de tenonsx 21a
- Des us et coutumes nouveaux, 214
- Exemples de toisé, ' 215
- §. V. De la réduction des anciennes mesures en nouvelles, 2 1 7
- Rapport de l'Institut National des Sciences et Arts , aaa
- Fin de la Table,
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- FAUTES A CORRIGER.
- Page 16, ligne 2,3,4 ,nne croissance faible jusqu’à 3 ans, forte jusqu’à i5 ,f stagnante jusqu’à 3o, et décroissant jusqu’au coüronuement ; lisez elle a été faible jusqu’à 3 ans, forte jusqu’à 15, uniforme jusqu’à 5o, et en diminuant jusqu’au couronnement: -
- Page 27, avant-dernière ligne, cette boucle suspendant ; Usez cette boucle, suspendant.
- Page 44, première ligne de la note, traduites ; lisez réduites.
- Page 84, ligne 19, résultat; lisez provenant.
- Page 108 , ligne i3 es babitans ; lisez les habitans.
- Page 119, ligne 18, perdendiculaires; lisez perpendiculjares.
- Page ia4, ligne 5, ADBE; lisez AD,BE.
- Page 107, ligne 18 , taillis, lisez futayes.
- Page 143, ligne 28, au-dessous ; lisez au-dessus.
- Page i48, ligne 14 ? à CL Du point cz y lisez à Cz. Du point Q.
- Page 157, dernière ligne, qui y lisez que.
- Page 15 8, ligne 10, dentée T placée; lisez dentée placée.
- Page 170, ligne 22, l’eau , échauffé par la vapeur les ; lisez l’eau échauffée par la vapeur, les.
- Page 176, ligne i5 3 donnait; lisez donnerait.
- Page 180, ligne 24, les pieds descelles que ces bûches trausversàlles occupent J lisezles pieds sur les bûches transversales.
- Page 189, ligne 15 , planche 2; lisez planche 22.
- Même page, ligne 25., porte cd; lisez porte CD.
- Page 203,,ligne 7,AB, fig.;ia-,'lisez AB,fig. 12,planche24.
- Même page, ligne 18l’extrémité G ; lisez l’extrémité B, fig., i3.
- Page 2l4, ligne 18,, l’arrête ; lisez l’arrêtier.
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- NO TI CE extraite du Catalogue de Fïrmin Didot , Libraire à Paris, rue de Thionvïlle, n°. 116.
- Œuvres de Perronet in-4* grand papier, avec un volume de planches , forme d’Atlas , broché en carton, 90 f.
- Cet ouvrage, réuni à la nouvelle architecture hydraulique de Prony , formera uu cours complet d’instructions telatives à la science de l’hydraulique.
- . Les additions qui ont été faites dans cette nouvelle édition, ont été imprimées séparément pour les personnes qui vou-droient compléter la première édition in-fol. . 36 f.
- Nouvelle architecture hydraulique , contenant l’art d'élever l’eau au moyen de différentes machines, de construire dans ce fluide , de le diriger, et généralement de l’appliquer, de diverses maniérés, aux besoins de la société , par R Prony, membre de l’institut national’ des sciences et arts , directeur de l’école des ponts et chaussées et du cadastre, in-4» grand pap. avec figures.
- Tome premier , contenant un traité de mécanique a l’usage de ceux qui se destinent aux constructions de tous les genres, et des artistes en général ; prix br. 24 £
- Id. Papier vél. br. 4$ 1*
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- La seconde comprend l’art de diriger les eaux de la nier et des rivières à l’avantage de la défense des places, du commercent, de l’agriculture, 2 vol. in-4. grand’ popîef avec 120 pi. 62 f.
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- sciences, in-4- gr. pap. fig. i5 f. Essai sur la théorie des torrents et des rivières, par le même, in-4- rel. 14 f. Principes hydrauliques vérifiés par un grand nombre d’expériences faites par ordre, du gouvernement, par Dubuat,
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- Bernard, directeur-adjoint de l’observatoire de la marine de Marseille, in-4. fig. rel. r i5 f.
- Dictionnaire d’architecture hydraulique et civile , où l’on explique les termes de l’art de 'bâtir et de ses différentes parties , comme la construction des écluses et des canaux, charpenterie, serrurerie , etc. in-4* par Daviler, gr. pap. 16 fr* Traité de stéréotomie , ou la théorie et la pratique de la coupe des pierres et des bois , à l’usage de la maçonnerie, de la menuiserie et de la charpenterie , par Frézier, ingénieur en chef à Landau, en
- 3 vol. in-4- avec 111 pl« édit, corrigée
- , avec soin et augment. ^5 fr.
- Eléments de stéréotomie, à l’usage de l’architecture, ou abrégé de la théorie et de la pratique de la coupe des pierres, par le même auteur , en 2 vol. in-8. avec 12 planches , 12 fr.
- . Nouveau traité de la coupe des pierres, par de la Rue, architecte , in.fol. gr. pap.’ avec plus de 100 planches , 4$ fr.
- Les lois des bâtiments , suivant la coutume de Paris, par Desgodets , mises au jour . parGoupy., 1781 ,nouV.édît, in-8. 6 fr. L’art de la charpenterie de Mathurin Jousse, nouv. édit, corrigée et augment. de ce qu’il y a de plus curieux dans cet art, et des machines nécessaires à un charpentier, par de la Hire , in-fol. i5 fr. Traité de charpenterie et des bois de toute espèce, avec un tarif général des bois de toutes sortes de longueurs et grosseurs et un dictionnaire des termes de charpenterie , par Mésanges, en 2 vol. in-8. avec 23 planches, 14 fr*
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- Chaque partie se vend séparément.
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- [ P(mc/ie /.
- Krall couvert en gazon
- Krall des Hottentots
- x/.-J/. 7I<wJ‘en/nt6^,dpl.
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- Planche 2,
- J. JJ. JJ a J s en/\az ilel
- /ir’luiJ Jcujt?
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- T’/z/rtrAf 3
- Bolancjue ou mai/on d'Eté des Kami - cbadals
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- Mai ton Subie
- Habitation de Sibérie
- l'if. 2.
- >T. /f.IZatTJïCrt/ra&s ;/{’/
- J/î'/u/s j-aefr
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- Autxc Maifon Ckmoiie
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- f/c/uir ifcu/f>.
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- . P/ct/zc/u3 5 .
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- J.Il, Hasj'tvift'trfx,, -Df/
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- D D. Ilaj'j'esi/faf^ De/.
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- Pi, 10.
- J', II, Hrz<r. ren/rrtf'As cfcé ,
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- J, U JTatrj'en/raà^ ciel-
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- Fl. jy.
- ™sa
- Fiy. 2 .
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- J, U, Zlo'fj'efÿraâ^ t/e/,
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- PI. I*.
- J, II. IIoj-j' e/i/ra/-^ (Ici
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- <y. II. 2Taj\rofif/'n£'*i, t/e/- .
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- J'iÿ. iû
- if. IT. jZa&reydiSK.
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