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Cheminée poêle ou poêle françois. Mémoire lû à la rentrée publique de l'Académie royale des Sciences, le 12 novembre 1764
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- CHEMINEE
- POÊLE
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- POÊLE FRANÇOIS,
- M émoire lû à la Rentrée publique de l’Académie Royale des Sciences, le 12 Novembre 1763.
- Par M. le Marquis de MONTALEMBERT, Maréchal des Camps èf Armées du Roi, Lieutenant général des provinces de Saintonge & Angoumois, premier JEnfeigne de la Compagnie des Chevaux-lègets de la Garde du Roi, Gouverneur de Villeneuve-déAvignon, de f Académie Royale des Sciences, à* de t Académie Impériale de Péterjbourg.
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- CHEMINÉE
- POÊLE
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- POÊLE FRANÇOIS.
- EXTRAIT des Mémoires de ïAcadémie Royale des Sciences, pour l'année 1763.
- ON n’a que trop d’occafions, chaque jour, de s’apercevoir que la mécanique du feu eft encore fort éloignée de là perfection. Une grande confommation de bois pour obtenir une très-médiocre chaleur, n’eft pas le feu! inconvénient qui réfuite de nos foibles connoifiances en ce genre: la fumée, ce fléau prefque univerlêl nous pourfuit, 8c louvent nous chaflè des plus beaux appartemens : il faut dans de certains temps le priver de feu, ou le rélbudre à relpirer une vapeur âcre & puante, plus infupportable mille fois que le plus grand froid. Quelques Auteurs & plufieurs Artiftes ont travaillé avec beaucoup d’intelligence à nous en garantir; leurs peines 8c leurs foins ont fou vent même été fui vis du fuccès ; mais aucun ne peut le flatter d’avoir trouvé une méthode générale; les plus habiles échouent dans beaucoup de frtuations ; d’ailleurs, l’avantage infini de tirer la plus grande chaleur polfible d’une certaine quantité de bois, laiflè encore un champ vafleà nos
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- recherches. Les occafions que j’ai eues pendant la dernière guerre, de faire plufieurs voyages en Suède, en RufTie, & de faire differentes campagnes dans les parties les plus foptentrio-nales de l’Allemagne, m’ont mis dans le cas de connoître les ufages des peuples du Nord ; ils font fort fupérieurs aux nôtres : fa longueur de leur hiver, & la durée confiante du grand froid, les a forcés d’avoir recours à des moyens de s’en garantir.
- Des poêles de différentes formes, & fur - tout les grands poêles de Rufîie, mettent les habitans de Péterfbourg dans fa néceffité de fè vêtir légèrement au milieu des hivers les plus rudes. On peut dire qu’on a réellement à craindre la chaleur dans les appartemens les plus vafles, lors même des plus grandes gelées : il efl fort commun à Péterfbourg de traverfèr plufieurs pièces contiguës, dont fes portes font ouvertes, ainfi quelles pourroient l’être au plus fort de l’Été, fans qu’on s’aperçoive du plus petit froid ; toutes les places font égaies à cet égard dans ces fortes d’appartemens, & fi l’on doit avoir quelque attention, c efl d’éviter les plus chaudes. Cette agréable température , dont on efl maître de régler le degré, efl fans doute dûe à ces grands poêles placés dans toutes les chambres, fouvent deux dans chaque pièce, pour peu quelle foit grande ; mais elle l’efl encore à la façon de les gouverner : un feu médiocre, entretenu toute la journée, confommeroit beaucoup de bois & produiroit très-peu de chaleur: on pratique conflaminent la méthode contraire dans les pays feptentrionaux ; on a des domefliques chargés de chauffer les poêles, qui mettent le bois néceffaire tout à ia fois. Le petit bois très-foc efl le meilleur; il s’allume plus facilement & efl plus tôtconfommé; en prenant garde toutefois que la confommation n’y foit trop prompte parla grande force avec laquelle le poêle pourroit tirer, parce
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- qu'il faut s’attacher à convertir tout ïe bois en un brader confidérable, fêul moyen de fe procurer la chaleur : alors ce brader n’ayant plus befoin de l'air extérieur dès qu’il eft couvert de cendres, permet de fermer les foupapes placées dans ie haut des poêles, de façon que la chaleur du brader étant contrainte d’en pénétrer les parois intérieures & extérieures, toute la mafTe s’échauffe, aind que la chambre dans laquelle elle eft placée. Une autre méthode de ces pays, non moins, avantageufe, c’eft de chauffer ces poêles pludeurs heures avant le temps_ qu’on doit occuper les appartemens ; ceux que l’on habite en fe levant s’échauffent pendant la nuit. La chaleur d’un poêle allumé eft ardente & porte à la tête, tandis que celle d’un poêle éteint eft extrêmement douce & agréable : on ne fait ce que c’eft que d’y mettre continuellement du bois, comme cela fè pratique en France. Dans les froids ordinaires du pays ( qui répondent du vingt-cinq au trentième degré de congélation du thermomètre de M. de Reaumur ) on n’échauffe les poêles qu’une fois en vingt - quatre heures ; dans les froids médiocres ( qui répondent à celui de notre grand hiver de 1709 ) (a), on fe contente de les chauffer deux fois dans trois jours: j’ai cependant vu, l’hiver que j’ai pafîe à Péterfbourg, dans ces temps extraordinaires où l’on eft parvenu à la congélation du mercure (b), allumer les poêles une fecônde fois douze heures après la première; mais ces cas étant des exceptions à l’ufâge ordinaire , on peut établir qu’en
- (a) En 1760, le Thermomètre de M. de l’Ifle remonta pour la première fois de l’hiver le 1 3 d’Avril, à 177 degrés, qui répond à 16 degrés de celui de M. de Reaumur, exprimant le froid de 1709 à Paris.
- (b) Le 6 Janvier 1760, le Thermomètre de M. de rifle fut à 212 degrés depuis fix heures jufqu’à neuf du matin ; ce degré répond à peu-près au 40.° de la congélation de celui de M. de Reaumur.
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- chauffant une feule fois ces fortes de poêles, on obtiendra continuellement une chaleur de plufieurs degrés au-deffus de celle de nos chambres les mieux échauffées. Ces méthodes réunifient donc plufieurs grands avantages, l’agrément & l’économie, avec une diminution confidérable dans la confom-mation des bois du Royaume.
- Mais malgré des motifs auffi puiflâns, on 11e peut point efpérer que Mage de ces fortes de poêles setablifiè en France; on y eft trop attaché à la fymétrie & à l’agrément des décorations intérieures : 011 ne fè réfoudra jamais à placer dans une chambre à coucher, de parade, ni dans un beau falon de compagnie, une & même deux mafies délâgréables, hautes de dix à douze pieds & fàillantes de cinq ou fix. Il faut avouer que ces grands poêles font fort vilains & fort embarraflàns ; ils font d’ailleurs fort éloignés d’être parvenus à la perfection dont ils paroifiènt fuceptibles : ceux qui exiftent en Ruffie, ( les plus parfaits que je connoifiè) ne confident qu’en plufieurs voûtes placées les unes fur les autres, de façon à ralentir la vîteflè de la fumée fans la retenir auffi long-temps quelle pourrait l’être ; auffi n’eft-ce point la defcription d’aucun de ces poêles, tels qu’on les exécute dans le Nord, qui fait le fujet de ce Mémoire. J’ai prévu l’obflacle qui s’oppofèroit toujours à leur établifîement, & je n’ai pas cm pouvoir le lever d’une façon plus fûre qu’en ne m’écartant en rien de ce qui eft univerfèllement établi parmi nous. Nos yeux font faits à la forme de nos cheminées, il s’en trouve de conftruites dans tous les appartemens ; je me fois donc attaché à laiftèr fubfifter ce qui exifte, & j’ai cherché à pratiquer dans ces mêmes cheminées des poêles qui euffent autant & plus d’avantages que ceux qui ont été en ufage jufqu’à prêtent, en
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- conièrvant d’ailleurs tous les agrémêns dont les cheminées font.fulceptibles, & donnant de plus à ces poêles les nouvelles propriétés de pouvoir échauffer, avec un leul feu, plufieurs chambres, foit quelles lè trouvent contiguës ou fupérieures à celle où ion lè propofo d’établir ie foyer.
- Mais pour plus de clarté, il efl indilpenfable de placer ici de fuite, fous différens paragraphes, les avantages & agrémêns qui réfultent des nouvelles conftruélions que je me propofo de détailler.
- S. i. On peut fo fervir d’un poêle pratiqué, folon cette méthode, dans une cheminée, comme on fait d’une cheminée ordinaire; on y verra le feu & on l’entretiendra de cette façon toute la journée, tant qu’on ne fo fouciera pas de jouir de l’économie & de la chaleur douce d’un poêle.
- §. 2. On peut dans un inftant, en fermant une foupape & en ouvrant une autre, par le moyen de deux cordons femblables aux cordons de fonnettes, convertir la cheminée en un poêle dont la chaleur augmentera julqu’au point où l’on pourra la defirer, & réciproquement, par une opération contraire, convertir un poêle déjà chauffé dans une cheminée où l’on fera du feu autant & auffi long-temps qu’on le jugera à propos, en conièrvant la chaleur du poêle.
- §. 3. On peut chauffer la chambre fupérieure avec le feu fait dans la chambre inférieure, ou chauffer la chambre inférieure avec le feu fait dans la fupérieure, & l’on ^eut faire du feu à la fois dans les deux chambres ; alors les deux feux fervent à augmenter réciproquement la chaleur des deux chambres; mais l’on peut auffi le lèrvir, comme cheminée, de l’un des deux feux dans l’une ou dans l’autre chambre & même dans les deux, fi l’on ne fo foucie d’y avoir que des cheminées,
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- S» 4. On peut dans ces fortes de poêles ; par le moyen d’une fbupape double, empêcher la communication de la chaleur avec la chambre inferieure ou fopérieure, afin de la réfor ver pour la feule chambre où l’on efi, 6c l’on a toujours le choix de jouir ou d’un poêle ou d’une cheminée.
- . S» 5. On peut également échauffer deux chambres de plein-pied , feparées par un mur de refend, en n’allumant qu’un foui feu dans l’une ou dans l’autre lorfque les deux cheminées- fo trouvent conftruites dans le même mur ; 6c l’on fera dans la fituation de ces deux chambres, tout ce qu’on a dit ci-deffus pouvoir s’exécuter avec deux chambres detage différent.
- §. 6. On peut, en plaçant ces fortes de cheminées dans des encoignures, échauffer avec le même feu fix pièces à la fois ; trois de plein-pied 6c trois dans l’étage au-deffus, toutefois avec des degrés de chaleur différens.
- S. 7. Enfin avec une foule cheminée placée dans un mur de refend au rez-de-chaufîée, on peut chauffer toutes les chambres placées d’un 6c d’autre côté de ce mur, à tous les étages, ou bien foire paffor la chaleur fous les planchers, de façon qu’on aura les pieds for un poêle fons avoir rien à craindre pour le feu.
- Tels font les principaux avantages des méthodes que je propofo : le principe de ces conftruétions étant connu, il fora facile à tout Architecte d’en foire l’application folon les cir-conftances du local 6c folon la volonté de ceux qui l’emploieront. Ce feroit embraffèr un champ beaucoup trop vafie que d’entreprendre le détail de tous les cas particuliers; je me bornerai donc à donner les deffoins néceffoires pour l’intelligence de quelques exemples, au moyen defquels on apercevra facilement que cette méthode efi fofoeptible de fotisfaire à tous fe objets qu’on fe propofora de remplir.
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- Je n’ignore pas que depuis quelques années on a confirait à Paris, dans pîufieurs antichambres, des poêles dans ies formes ordinaires, qui échauffent en même temps une antichambre fupérieure par un repos de chaleur; je fais qu’on en a fait aufli qui portent de l’air chaud dans les pièces voifines, par le moyen d’une grande quantité de tuyaux de fonte ; mais outré1cjue ces fortes de poêles font d’une cherté qui permet à peu de particuliers de fo les procurer, c’eft que la fumée ny joue pas le rôle qu’elle devrait y jouer, là chaleur ne tournant pas au profit des appartemens voifins : il faut de plus y entretenir un feu continuel pour pouvoir en tirer quelqu’a-vantage. Ce 11e font donc ni ies mêmes principes, ni les mêmes méthodes dont il eft ici queftion ; ces longs tuyaux de tôle portant à la tête, font entièrement Supprimés; plus de carreaux de fàyence, la brique fouie eft employée; ce font enfin de nouveaux moyens infiniment moins coûteux; & comme ils occasionnent en même temps une beaucoup plus grande économie de bois, il-'ne femble pas qu’on puiflè balancer à leur donner la préférence.
- La figure première * .repréfonte l’extérieur d’une cheminée devenue poêle, vue en face, les deux battans de la porte, dont l’un eft ouvert, montrent les dimenfions de la nouvelle cheminée ou du foyer du poêle, & i’on peut être certain par l’expérience que j’en ai faite, que, pour peu qu’on y faflè de feu, on ne pourra s’approcher de ces petites cheminées avec la même facilité- qu’on fait des grandes, la chaleur quelle renvoie dans la chambre étant beaucoup plus forte; l’intérieur du foyer de cette cheminée doit être conftruit de briques, revêtu l’on veut, de plaques de fonte de fer ; le devant peut être de briques, de pierres de taille ou de marbre, &
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- les portes feront d’un afîèmbîage de fer compofe d’un chaffis recouvert des deux côtés de deux plaques de fer, entre lef-quelles on fera entrer à force du fable ou de fa terre pour en remplir exactement l’intervalle : ces deux furfaces de fer laiffant une dillance entr’elles d’environ dix à douze lignes, la furface extérieure de ces portes eft recouverte, lorfqu on le veut, d’une feuille de cuivre avec des moulures. Des portes de tôle fimple ont de l’odeur, elles fè tourmentent au feu, elles ferment mal & ne font point du tout propres à conferver la chaleur ; on peut orner ces cheminées de différentes façons 8c les rendre auffi riches qu’on le jugera à propos. On voit que ce deffein convient également, foit que les portes foient ouvertes ou quelles foient fermées, 8c que lorfqu elles feront toutes deux ouvertes, elles ne paraîtront point & ne feront aucun embarras dans la chambre, tout le devant de la cheminée étant revêtu du même marbre du chambranle; les ornemens peuvent être en feuilles de cuivre, dorées d’or moulu. Enfin la ferrure pour foutenirles portes, étant exprimée dans ce dedèin de la façon la plus fimple, peut être ornée de plufieurs manières ou cachée en entier, & les portes peuvent, fi l’on veut, defcendre jufqu’en bas au niveau du plancher : on les peut faire auffi s’ouvrant à codifie & fe retirant des deux côtés de la cheminée derrière le chambranle même; de façon que dans un foyer de quatre pieds de largeur, l’ouverture de la cheminée-poêle peut être de trente pouces, ce qui réduit le rétrécifièment de la cheminée feulement à neuf pouces de chaque côté. Toutes ces difpofitions font au choix de chacun 8c relatives à la dépenfè qu’on y veut faire; mais il me fémble que des cheminées ainfi décorées, feraient plus agréables à la vue l’hiver & l’été, que celles qui exiflent par-tout, dont l’habitude feule peut faire fupporter la difformité.
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- La figure féconde efl: la coupe, fuivant la largeur d’und cheminée-poêle fimple, c’eft-à-dire, ne devant échauffer que la feule pièce où elle eft placée, 8c pouvant fervir également de cheminée. Cette conftruélion efl; fi facile, que ia feule inf* peétion de la figure fuflit pour ia comprendre ; ion y voit ia fumée monter, comme dans les cheminées ordinaires, jufqu’à ia foupape n.° i, qui fè trouve ouverte dans ce deflein, 8c quon doit fermer par ie moyen du cordon B C, iorfqu’on veut fè fervir de cette cheminée comme poêle. Cette foupape étant fermée, la fumée defcend dans ie fécond tuyau, va paflèr fous ie foyer pour remonter dans le troifième, 8c fortir par la féconde foupape, iu 2. On doit s’attacher à faire fermer ces foupapes le plus exactement qu’il eft poffible, fans quoi ie poêle fè refroidit beaucoup plus promptement; toutes ces cioifons intérieures peuvent fè faire de briques ou de pierres de taille; mais ie foyer, 8c tout ce qui eft expofe au feu, doit être entièrement de briques : on fait du feu dans ces fortes de poêles une fois en vingt-quatre heures ; l’on met, félon ie froid, plus ou moins de morceaux de bûches, de grofléurs à peu-près égales; s’il s’en trouvoit de beaucoup piusgroflès, il fèroit néceflàire de les fendre, étant très - efîèntiei que tous les morceaux finiflènt de brûler en même temps. Dès que le bois eft confommé 8c que ie brafier commence à fè couvrir de cendres, on ferme ia foupape 11,0 2., alors l’on peut être fûr d avoir toute ia journée dans la chambre une température fort agréable qui ne porte nullement à ia tête: 8c fi ce poêle eft placé dans une chambre où l’on fàflè du feu tous les jours, ie mur même dans lequel il eft conftruit, deviendra chaud aune grande diftance, 8c ia quantité de bois néceflàire chaque jour ira toujours en diminuant. J’ai exécuté un poêle de cette efpèce dans l’antichambre d’une maifon qui m’appartient à Angoulême;
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- H n etoît pas polTible précédemment de faire du feu dans cette cheminée; il y fumoit au point d’être obiigé de laifîèr ies portes & les fenêtres ouvertes, & très-fôuvent cela ne fuffiloit pas, il falloit éteindre le feu. Ce poêle a été allumé plus d’un mois, fins qu’on ait aperçu la moindre fumée ; mais étant iùrvenu une efpèce de tempête, des coups de vent très-violens donnèrent fur le haut de la cheminée, qui le trouve commandé de plufieurs côtés, le feu eut ce jour-là quelque peine à s’allumer; il lortit mêmejufqu’à ce qu’il fût pris, des bouffées de fumée dans la chambre, de temps à autre; mais ayant fait faire quelques trous au haut du tuyau de la cheminée, dans un grenier par où la fumée pouvoit avoir Ion iffue', lorfque le vent la rabattoit avec trop de violence , il n’a plus été queftion dans aucun temps d’aucune apparence de fumée : une remarque allez importante à faire, c’eft que le même jour plufieurs poêles plus compofes, conftruits dans la même maifôn, n’ont point fumé; ce qui prouve que malgré les différens contours que la fumée peut faire, elle n’en eft pas plus fujette à refluer par l’ouverture de la cheminée dans la chambre. Mais un autre avantage bien réel que ces fortes de poêles ont fur les cheminées, c’eft de n’avoir jamais rien à craindre du feu : l’on fènt que quand il pourrait le faire qué la fuie s’allumât dans le premier tuyau montant, il ferait im-poffible quelle continuât à brûler dans le fécond tuyau def-Cendant, puifque le feu ne peut fé communiquer de haut en bas ; d’ailleurs, fermant les foupapes, tout ferait éteint dans i’inftant faute d’air: l’on ne peut donc trop faire de vœux pour que cet ufàge s’introduifé, puifque c’eft un moyen de prévenir les accidens les plus funeftes : je ne fais même fi la fuie s’amafîèra jamais dans ces tuyaux d’une façon affez confidérable pour empêcher le paflàge de la fumée ; elle prend dans ces fortes
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- Je poêles une vîtefiè extrêmement grande : j’ai pratiqué dans quelques-uns, au haut du dernier tuyau , une ouverture près des foupapes. Le poêle étant devenu chaud, j’ai vu par cette ouverture la rapidité de la fumée, monter au point de ne pas paflèr du tout par iouverture latérale, quoiqu’elle ne fût point fermée; & en y approchant une lumière, lur le champ la flamme a été attirée du côté de la fumée, 8e la lumière sert éteinte : or, cette rapidité eft totalement contraire à la formation de la fuie ; il eft fort vraifemblable qu’elle ne s’amaftè en quantité dans nos grands tuyaux de cheminées, que parce que l’air extérieur cherchant continuellement à remplacer l’air chaud qui fort d’une cheminée, s’oppole à l'élévation de la fumée, l’arrête à tout moment, 8c la force de s’attacher à l’intérieur du tuyau: le halàrd m’a fourni une expérience très-concluante à cet égard, dont il eft à propos que je rende compte ici. J’ai fait placer en 1748 un poêle ordinaire dans mon antichambre à Paris, dont le tuyau de tôle répond dans le tuyau de la cheminée de la cuifine. Pour éviter que la fumée de cette cuifine, 8c la mauvailè odeur ne le communiquaflênt par le tuyau du poêle dans mon antichambre, je fis faire alors une languette de leparation dans la cheminée, de huit pouces de largeur» qui montoit jufqu’au haut, de façon que la fumée y prenoit une très-grande vîteflè. Étant curieux l’année paftee de lavoir fl depuis quatorze ans ce tuyau n’étoit pas en grande partie rempli de luie, je le fis ouvrir dans le grenier, 8c je ne le trouvai que teint d’une couleur noire, mais fi sèche, qu’à peine el!epouvoit,en frottant, noircir les doigts. II me ferable donc que d’après ce fait on doit croire qu’il n’exiftera même pas de fuie dans les tuyaux de ces poêles, ou que s’il vient à s'en amaflër dans quelques encoignures, elle ne lâuroit jamais s’allumer , ni intercepter le cours de la fumée, du moins d’un
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- temps bien confidérable, puifque ces tuyaux ont la furfàce Je leur balè plus Je Jix fois plus gran Je que celle Jes tuyaux Je tôle ordinaire, 8c qu’on ne fait du feu qu’une heure & demie ou deux heures par vingt-quatre, au lieu de quinze ou fèize heures qu’on en fait dans les poêles ordinaires. Il n’y paflè donc de la fumée que la huitième partie du temps ; ainfi il faudra d’une part huit ans pour qu’il s y amafîè autant de fumée que dans un poêle en un an; & comme les nouveaux tuyaux font dix fois plus grands, il faudra quatre-vingts ans pour qu’ils fè trouvent bouchés au point d’empêcher le paflàge de la fumée; d’oîi il fuit qu’il ne doit être nullement queftion de l’opération du Ramoneur, & qu’il n’y a aucun danger à s’en paflèr.
- La figure première & la figure féconde que nous venons d’expliquer, doivent fùfEre pour faire connoître comment on peut fè procurer ies avantages énoncés ci-deflus aux paragraphes i & 2, puifquil eft évident qu’on peut fè fervirde ces poêles comme d’une cheminée, & qu’en fermant une loupape on peut convertir ces cheminées en poêles.
- Les bornes qui nous font prefcrites dans nos Mémoires, 8c fur-tout pour ie nombre des planches, me met dans i’impoflibiiité de paflèr au détail de différentes conftruélions dont cette méthode eft fulceptible, pour fè procurer les avantages énoncés dans les paragraphes fuivans : je regrette for-tout de ne pouvoir faire connoître ici la conftruéïion de deux poêles exécutés à Dampierre chez M. le Duc de Chevreufè, dont les différens tuyaux s’entrelaflânsfous le plancher d’un veftibule, fèrvant de fille à manger, y font jouir du fingulier avantage d’avoir fous les pieds, pendant les repas, la chaleur la plus douce 8c la plus agréable*. Je fuis donc forcé de réfèrver tous
- * Ces poêles d’un effet aulfi fingulier, ne peuvent réuffir fans le fecours <de ce que j’appelle une pompe à feu* (V^eipage 20, J
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- ces détails pur ïe petit ouvrage que je me propofe de donner à ce fujet, dans lequel je tâcherai de ne rien omettre d’effèntiel; mais après le fuccès de toutes les expériences qui en ont été faites, il n’eft plus polïible de douter quon ne puifTe faire circuler la fumée, 8c par conféquent communiquer la chaleur comme on voudra 8c auffi loin qu’on voudra; d’où il fuit que tous les murs de refends ou mitoyens, peuvent être, pour ainfi dire, parfemés de tuyaux venant d’un ou de plufieurs poêles, 8c qu’on peut chauffer d’un 8c d’autre côté les chambres des différais étages dans lefqueis ces murs patient depuis les fouterràins julqu’au faîte des greniers. L’on lent toute l’économie 8c tout l’agrément qui en réfulteroit : quel bonheur pour des Artifens d’occuper des maifons dont les murs feraient difpofés de cette façon! les différens étages potirroient s’échauffer du même feu ; un poêle au rez - de - chauffée deviendroit commun à tous les locataires; on Jfàuroit la quantité de bûches néceffaires par jour; chaque étage y contribueroit, 8c la contribution étant facile à évaluer en argent, pourrait être portée en augmentation du prix du bail : alors le propriétaire ou principal locataire feroit tenu de mettre chaque jour la quantité de bûches convenue ; chacun pourrait veiller à l’exécution fidèle de cette claufe, 8c par le moyen d’une ferrure placée à la porte du poêle commun; on feroit fur de la confommation du bois. On pourrait de même faire des poêles mitoyens dans des murs mitoyens, comme on eft en ulâge d’y conftruire des puits ; on y feroit du feu ou d’un feul côté ou des deux côtés à la fois, felon l’arrangement qui conviendrait le mieux aux locataires; alors les ouvriers, placés à chaque étage, y travailleraient dans la plus agréable température 8c n’auraient plus à redouter la rigueur des hivers ; l’indigence enfin, forcée d’habiter les lieux les plus froids 8c les plus mal feins, trouverait à fe réfugier
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- tîans les moindres réduits de ces maifons, 6e le fàng des malheureux y couleroit du moins librement dans leurs veines.
- Mais pour m’afîurer que la chaleur de ces murs ne s’op-pofèroit point à leur décoration, j’ai fait replacer fur des cheminées devenues poêles I ancienne menuifèrie qui y étoit depuis long-temps, afin de voir s’il y aurait quelques incon-véniens à appliquer des lambris fur ces fortes de poêles, je n’y en ai trouvé aucun; la menuiferie n’a point fouffert, ni les tableaux qui étoient au-defïus, 6c le poêle a donné la même chaleur. J’ai fait auffi fexpérience d’une glace qui a été placée fur une de ces cheminées convertie en poêle, le parquet de la glace touchant le tuyau ; ia glace a acquis une chaleur afîèz confidérable fans que le teint en ait été altéré; mais pour prévenir tous ies inconvéniens d’un poêle qui ferait trop chauffé & pour donner à ia chaleur un accès facile dans ia chambre, on pourrait éloigner ie trumeau de la glace d’un demi-pouce du tuyau de ia cheminée 6c ciiefer à jour un ^Jgffèin en molâïque dans ies fonds de certaines parties des ^panneaux du lambris, 6c l’on aurait ia liberté dappliquer également fur ces fonds cifèiés tous ies ornemens en reliefs néceflàires à ia richefîë de la décoration ; le tout n’en ferait que plus léger 6c plus agréable. Mais il y a tant de génie dans nos Artiftes, qu’on ne doit point être en peine qu’ils ne trouvent dans ce petit affujettifîèment un agrément de plus à donner à leur compofition, 6c que ia difficulté même ne tourne à l’avantage de leur Art. Quant à moi, je îeur abandonne avec grand piaifir 6c confiance ie foin de corriger mes idées, de les étendre, de perfectionner ia conflruétion & décoration, 6c de multiplier les avantages ainfi que ies commodités dont ces premières vues font fufceptibles. Tout ce qui peut contribuer au bien général, de quelque part qui!
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- vienne, m’eft également cher ; j’exhorte donc les gens à talens de s’attacher moins à ce que j’ai fait, qu’à ce que j’ai voulu faire : trop heureux fi mes foibles efîàis leur font de quelque fècours ; & fi la Société en peut tirer queiqu avantage, je ferai fuffifimment récompenfé.
- EXPLICATION DES FIGURES.
- Planche Ir
- î i k figure i repréfente I élévation d’une cheminée, vueen face, dans laquelle on a pratiqué un poêle en y confèrvant une cheminée^, qu’on peut fermer parle moyen des deux battans de porte D & E> dont l’un eft exprimé ouvert dans cette figure. Lorfque ces portes font ouvertes, c’eft une cheminée où l’on peut voir le feu & l’entretenir toute la journée comme dans une cheminée ordinaire : Jorfqu’eües font fermées, c’eft un poêle dont la fécondé figure montre la conftruétion intérieure, laquelle eft en partie repréfêntée ici par le moyen de la brifure F G.
- "Lu figure 2 fait voir une coupe de la même cheminée fur la ligne FF du plan (figure $ ) ; l’on y voit I’âtre ou foyer R R relevé fur îe petit mafîlif GH, brifé en T & exprimé par les mêmes lettres dans le plan ; cette cheminée ayant quatre pieds dans œuvre, on en prend vingt-deux pouces pour la largeur de la petite cheminée à conftruire dans la grande. On élève fur le fond R R les deux côtés L L en briques de quatre pouces d’épaiftèur, & l’on forme la voûte AI, dont la naifîànce eft à douze ou quinze pouces du bas du foyer ; F on y pratique dans le fond une ouverture Æ pour îe paflàgede la fumée, d’un pied de large fur environ neuf pouces; fur les deux jambages de cette voûte, on élève auffi en briques les deux languettes N i, N2 , la languette N 2 montant jufqu’au diaphragme PP, qui traverfè & ferme totalement la cheminée. Le détail de ce diaphragme eft exprimé fig. 4. ; on y voit les loupapes n,° 1 & 2 , repréfèntéesj^-. 2 fous les mêmes numéros ; la languette N 1, doit le terminer à un pied environ au-deffous du diaphragme P, pour laiffer un libre paffage à la fumée lorfque
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- la foupape double n* r eft fermée : cette foupape eft compofée de deux plateaux h 6c q ; le plateau fupérieur h eft deftiné à fermer l’ouverture a, l'inférieur q à fermer l’ouverture^; ces deux ouvertures ne peuvent jamais être fermées enfèmble, puifque la foupape double eft d’une feule pièce mobile fur fon axe ki, fig. 4, 6c ïorfque la partie h eft abattue pour fermer l’ouverture a, cette foupape prend la fituation pon&uée/’, & laifîè par conlequent un libre pafïàge à la fumée par l’ouverture d; le mérite de la conftru&ion de cette foupape confifte à conferver la chaleur dans les tuyaux latéraux, tandis que celui du milieu eft ouvert : il faut avoir attention de faire faire la partie h plus pelante que celle q, afin que la première puiffe entraîner la dernière par Ion propre poids Iorfqu’on lui aura lailîe la liberté de retomber. La foupape n.° 2 étant fimple, ne demande aucune explication. Quant à la façon de faire mouvoir ces foupapes, on fent qu’en fuppofànt qu’oil ait adapté à l’extrémité de chacun de leur axe, un levier plus ou moins grand lèlon la pefanteur de la loupape, tel qu’on les voit en r & s, fg. j, & plaçant un double levier tu, pour renvoi au coin du tuyau de la cheminée, on pourra ouvrir & fermer ces foupapes avec les cordons x x & yy, 6c ces diffërens mouvemens étant, s’il ctoit nécelîâire, encaftrés dans l’épailîèur de la languette de la cheminée , n’auroient aucune faillie & ne s’oppofèroient en aucune façon aux ornemens ; il faut avoir attention de placer un obftacle derrière la foupape n.° 2, qui ne lui permette pas de s’ouvrir jufqu’à la ligne verticale, afin qu’elle puifle retomber par fon propre poids en lâchant le cordon y y, qui doit relier accroché, ainfi que celui xx, tout le temps qu’on voudra tenir les foupapes ouvertes.
- La^figure y eft le plan de la cheminée exprimée dans la figure précédente ; GH 6c 1K font deux mafîifs de briques de quatre pouces, biffant fèpt pouces d’intervalle dans l’objet de foutenir des briques de huit pouces de longueur, placés de façon à laifler en deflous deux paflàges à la fumée : Iorfqu’on en veut faire la dépenfe 6c qu’on eft à portée d’avoir des plaques de fonte de fer, on en place une de toute la largeur LM, & l’on fupprime les deux petits mafiîfs de briques GH & IK; il eft même indifpenfablg
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- de Ce fervir de ces plaques toutes les fois qv/on veut que latre de la. cheminée (oit au niveau du plancher & qu’il a peu d’épailïèur, alors ©n y remédie en plaçant des plaques deiïus & deffous.
- La figure 4. repréfente le chafljs de fer 0, 0, 0, 0, qui doit être fait de la largeur & de la longueur du tuyau de la cheminée fcellé par lès quatre extrémités 0, 0, 0,0 , & foutenu dans là grande dimenfion par plufieurs pattes de fer fellées dans le mur & dans le parement de la cheminée ; la partie m doit être couverte à demeure & exactement fermée avec des tuiles, briques, ou pierres de taille ou même avec une double tôle comme les loupapes. Les axes k i, fg de ces foupapes doivent traverlèr le parement de la cheminée pour recevoir à leur extrémité les mouvemens de renvoi répondant aux cordons.
- La figure y elt une vue en face des différens mouvemens nécef Lires au jeu des loupapes ; l’on y voit qu’au moyen du mouvement de renvoi de la double foupape n* 1, elle peut fe mouvoir avec la même facilité que la foupape fimple n.° 2. ; il fuffirà de deux cordons tels qu’on elt en ulàge d’en avoir pour les fonnettes.
- Planche IL
- Là figure 6 reprélente l’élévation d’une cheminée-poêle, dont le» portes A & B s’ouvrent en coulilîès, palfent derrière, chaque jambage & vont julqu’à l’extrémité des deux parties C& D, pratiquées en faillie à côté de la cheminée ; ces parties làillantes C & I> font le plus ordinairement du même marbre du chambranle, mais elles peuvent être auffi de menuiferie ; alors, dans cette conftru&ion, la cheminée relie ouverte de la grandeur EF; ces portes ayant des roulettes haut & bas, font très-faciles à faire mouvoir; elles ont une très-grande lolidité & autant de propreté qu’on en déliré il y en a de fort riches par les dorures d’or moulu & les bas-reliefs dont elles font décorées.
- La figure 7 montre l’élévation d’une cheminée beaucoup plus grande que la précédente, dont les portes étant ouvertes, ne doivent pas dépalîêr l’extérieur des jambages,
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- Observation.
- Pour faire connoître le détail des cheminées-poêles dont les portes s’ouvrent en couliiïè, qu’on exécute préférablement à Paris, il faudrait bien d’autres figures qui ne peuvent trouver place ici; cette dernière conftruétion permettant de donner à la cheminée toute l’ouverture que l’on defire, a de très-grands avantages pour ceux qui ne confidèrent pas la dépenfe, alors on fùpprime la voûte N au-deflus du foyer (figure 2) & les tuyaux de communication de la fumée lè font en partie dans l’épaifîèur des jambages.
- L’on n’a pu , par la même raifon, donner les defîèins des poêles qui ne font point deftinés à devenir cheminées, & qui font le plus communément placés dans des endroits où il n’y en avoit point ; leur forme varie à l’infini, félon les emplacemens que l’on y deftine , en confervant toujours le même principe de circulation de fumée : il y en a actuellement une grande quantité dans Paris, & leur nombre augmente tous les jours ; il eft facile de les voir & d’être inflruit de leurs conftruétions en confultant ceux chargés de conduire ces fortes d’ouvrages.
- Les Poêles deftinés à faire beaucoup de révolution, & fur-tout ceux qui doivent s’étendre par différens canaux fous les planchers, ne peuvent réuffir que par le moyen d’un petit fourneau de quelques pouces en carré , appelé pompe a feu, pratiqué à côté du dernier tuyau vertical du poêle avec lequel il communique, de façon qu’en allumant quelques petits morceaux de bois dans la pompe en même temps qu’on allume le poêle , la fumée du feu fait dans la pompe, Ce mêle avec celle du poêle, & Portant par le même tuyau, donne à cette dernière la vîtefîe néceftaire pour qu’elle ne s’engorge pas, d’où dépend entièrement le fuccès de ces fortes de poêles#
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