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Du transport, de la conservation et de la force des bois
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- Jti Ho
- DU TRANSPORT,
- DE LA CONSERVATION
- ET DE LA FORCE
- DES BOIS;
- Ou l'on trouvera des moyens d'attendrir les Bois,
- DE LEUR DONNER DIVERSES COURBURES,
- SUR-TOUT POUR LA CONSTRUCTION DES VAISSEAUX;
- ET DE FORMER DES PIECES D’ASSEMBLAGE
- POUR SUPPLÉER AU DÉFAUT DES PIECES SIMPLES:
- Faifant la conclufîon du Traité complet des Bois
- et des Forets ;
- Par M. DUHAMEL DU MONCEAU, de VAcadémie Royale des Sciences; de la Société Royale de Londres, de la Société des Arts de la même Ville; de VAcadémie Impériale de Peterjbourg ; de l’Inflitut de Bologne ; des Académies de Palerme & de Befançon ; Honoraire de la Société d?Edimbourg, & de PAcadémie de Marine ; de plujieurs Sociétés d’Agriculture ; Infpe&eur Général de la Marine,
- Ouvrage enrichi de Figures en taille-douce.
- A PARIS,
- Chez L. F. Delatour, rue Saint Jacques ,
- à S. Thomas d’Aquin.
- M. D C C. L X V I I.
- Avec Approbation et Privilège du Roi»
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- PRÉFACE.
- L a place que j’occupe dans la Marine m’ayant donné occafion d’affifter à beaucoup de recettes de Bois, & d’en voir employer une immenfe quantité de différentes efpeces, je defirai d acquérir fur ce point le plus de connoiflances qu’il me fèroit pofïible. Je trouvoîs bien dans les Ports & dans les grands ateliers des opinions généralement accréditées, auxquelles on avoit pris une telle confiance quil fembloit ridicule de les révoquer en doute : cependant quand j’ofois les approfondir, je les trouvois prefque toujours dénuées de preuves : elles étoient appuyées fiir des raifbnne-ments vagues qu’on difoit être phyfiques, quoiqu’ils ne fuffent fondés fur aucune démonftration, ni fiir des expériences exactes, J’apperçus donc bien-tôt que j’avois
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- vj PRÉFACE.
- peu de lumières à acquérir dans les endroits même ou l'on fait la plus grande confommation de bois , & qu’au contraire je devois chercher un point d’appui pour réfifter à un courant qui auroit pu me mener bien loin du but où je me propofois d’atteindre ; car on eft naturellement porté à fifivre les routes déjà frayées.
- Je cherchai auffi inutilement à m’inftruire dans les Livres: fi l’on excepte les Ouvrages des Botaniftes qui fe font appliqués à faire connoître les différentes e£-peces d’Arbres; les recherches de quelques Phyfi-ciens, tels que Malpighi, Grew, Haies, M. Bonnet; quelques Differtations que l’on trouve dans les Mémoires de l’Académie, & qui préfentent d’utiles ob-fervations fur différents poihts de l’économie végétale ; enfin quelques Livres de Jardiniers qui ont allez bien traité de la culture des Arbres fruitiers & des Pépinières ; je n’aiprefque retiré aucun fecours des autres Auteurs qui n’ont fait que copier ceux qui les avoient précédé , fans entrer dans aucune difcuffion, & fans chercher à s’aflurer de la vérité des faits par de nouvelles expériences ou par des obfervations exaéles. Nous avons encore l’Ordonnance des Eaux & Forêts, où l’on a figement prelcrit quelques formalités pour prévenir la déprédation des Bois ; mais on s’y eft beaucoup plus occupé de jetter les fondements d’une nouvelle Jurifprudence, que de ce qui concerne le fond même des Forêts.
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- PRÉFACE. vzj
- M e voyant ainfi prefque dénué de tout fecours , je pris le parti de traiter la matière des Forêts comme fi perlonne ne s’en étoit jamais occupé avant moi. Je la regardai comme un terrein qu’on avoit toujours laifle en friche , mais dont le fol étoit bon, & méri-toit d’être cultivé.
- Je dois cependant avertir que mon but n*a jamais été de taxer de préjugés ridicules les opinions reçues. Mais je me luis fait une loi de n’en adopter aucune qu’après avoir confiilté l’expérience, le feul guide qui m’ait paru mériter ma confiance. Je me fuis donc propofé de vérifier tous les faits, même ceux qui me paroifloient les plus vraifemblables ; d’éclaircir par de nouvelles expériences ceux que je croirois douteux , Sc de difcuter ainfi les différents fentiments pour mettre les perfonnes qui s’intéreflent à la matière des Forêts en état de prendre un parti avec connoiflànce de caule. Voilà le plan que je me formai en commençant mon Traité complet des Forêts. Je n’aurois probablement pas été aflez hardi pour l’entreprendre , fi j’avois fait une férieulè attention à toute Ion étendue, fi j’avois confidéré toutes les difficultés qu’il falioit lurmonter^l’immenfité d’opérations que je ferois obligé d’exécuter & de fifivre avec la plus grande affiduité. Mais au lieu de faire ces réflexions, qui m’auroient probablement détourné de l’en-treprife, je m’éblouis en quelque façon fur toutes ces
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- viij P R Ê F A C E»
- difficultés, & je fixai mes regards fur 1 utilité de !'objet, qui eft aflùrément des plus intéreffants , puisque , outre les agréments qu on retire des Bois lorfi-qu'ils font fur pied, on eft obligé de convenir qu'en îeS abattant, on fubvient à des objets d'abfolue née et fité. Effectivement n'eft-il pas fonfible qu'un pays dénué de Bois foroit inhabitable, & que fi on n'y avoit pas la reffource de la Houille & de la Tourbe , on ne pourroit fe garantir des rigueurs de l'hiver , & faire cuire les aliments ? Mais laiflons à part les matières combuftibles, qui font encore abfolument néceflaires pour l'exploitation des Mines, pour les Verreries & beaucoup de Manufactures ; comment former fans bois les charpentes qui foutiennent les couvertures de nos maifons l Comment conftruire les Ecltifos, les Moulins, & les induftrieufes Ufines qui multiplient les bras fans occafionner de grandes dé-penfes ï Comment fo procurer ces corps flottants qui font lame du Commerce & le plus folide fondement de la grandeur des Puillànces maritimes ? Cependant on fo contente de jouir ; & déjà dans quelques cantons du Royaume , on eft réduit à brûler des herbes foches & les excréments des animaux pour fobvenir aux befoins les plus preflànts.
- La rareté du Bois m'a donc paru une chofo fi importante à une infinité d'égards, que j'ai eu le courage d'entreprendre & de fifivre avec perfévérance, je puis
- même
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- PRÉ FA CE. Lx
- même dire, avec opiniâtreté, un travail qui m’occupe depuis près de quarante ans. On ne fera pas forpris de ce que je dis de l'étendue de ce travail, quand on jettera les yeux for le nombre prodigieux d'expériences qui fait le fond de mon Ouvrage, où j'ai con-lidéré mon objet fous un point de vue que je crois nouveau. Ce n'ell pas ici un édifice établi for des hy-pothèles ; toujours en garde contre les vrailemblan-ces Sc les probabilités , je ne prélente que des obfer-vations & des expériences, en un mot des faits bien conftatés.
- O n pourra me reprocher de n'avoir pas tiré de ce fond toutes les conféquences poffibles. Vous avez,' dira-t-on, raffemblé bien des matériaux ; mais il y en a une partie que vous avez négligé de mettre en œuvre. Je l'avoue : mais je prie mes Leéteurs de confidérer que je n’aurois pas pu latisfaire leurs defirs fans alonger beaucoup ce Traité que j'aurois defiré renfermer dans des bornes plus étroites ; huit volumes in-quarto for les Forêts me paroiiïànt un Ouvrage déjà trop étendu.
- Cependant deux volumes ont été à peine foffifants pour faire connoître, dans mon Traité des Arbres & Arbujles, tous ceux quon peut élever en pleine terre dans notre climat, & dont on trouve une partie allez confiderable dans nos Bois & dans nos Jardins, où la plupart viennent aulfi bien que dans leur pays naturel. Comme nos connoilfances fe font augmentées for ce
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- 'x P R É F A C E.
- point, je me trouverai inceflamment obligé de faire
- paroître un Supplément à ces deux Volumes.
- A l'égard de la Phyjîque des Arbres, comment renfermer en moins de deux volumes toutes les con-noifîànces qu'on a fur l'économie végétale ? Outre plufieurs découvertes qui me font propres , j'ai raf-femblé dans ce Traité celles qui avoient été faites par différents Phyficiens : mais j'ai tout vérifié , fbit pour ma propre inftruétion, foit pour me mettre en état de certifier l'exaélitude des faits.
- Je n’ai pas pu employer moins dun volume pour les Semis & Plantations : il s'agifloit d'y expofer toutes les méthodes que nous avons fiiivies pour élever un grand nombre d'Arbres en pepiniere , dont les uns deftinés à faire des arbres de haute tige ont fèrvi à planter de longues avenues, & les autres tirés jeunes des pepinieres ont été employés à former des maffifs, pendant que nous avons femé environ 150 arpents de Bois par petites parties de fix , de huit ou de dix arpents pour eflàyer toutes les méthodes poflibles , & être en état de fournir aux propriétaires des terres, des moyens fôrs de boifer leurs domaines par des opérations proportionnées à leur fortune & conformes à leurs vues. Je luis cependant parvenu à mettre encore dans le même volume les opérations qui nous ont réuffi pour rétablir des Bois qui avoient été négligés ou dégradés.
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- PRÉFACE. xj
- Si j’avois voulu m'étendre en réflexions, jen’au-rois pas pu renfermer en deux volumes toutes les recherches que fai faites relativement à ïExploitation des Forêts , mettre les propriétaires ou les acheteurs en état d’eftimer la valeur dun Taillis ou d'une Futaie, fixer ce qu'on peut retirer des Taillis relativement à leur âge , à la qualité du terrein où ils ont crû , & à l'efpece d'Arbre qui y domine , faire appercevoir le parti qu'on peut tirer des Futaies fùivant leur groflèur & l'eflènce de leur bois, décrire tous les Arts qui fe pratiquent dans les Forêts, difcuter plufieurs queftions qui partagent les Praticiens les plus exercés ; tantôt fiir l'âge où il convient d'abattre les Arbres, tantôt lur la faifon de l'abattage ou fur la caufe des fentes & des éclats , qui en plufieurs cir-conftances font beaucoup de tort aux Bois exploités. Nous Iqmmes parvenus à indiquer des moyens de prévenir ce dommage en plufieurs circonftances. Nous avons aufli indiqué comment on doit équarrir les Arbres pour confèrver aux pièces toute la groflèur qu elles doivent porter.
- Comme il efl: intéreflant d'avoir de bons bois pour la Menuiferie, nous avons expliqué les précautions qu'on doit prendre en refendant les Arbres en planches pour quelles foient moins expofées à le fendre * à fe déjeter & à fe retirer. Je n'étendrai pas davantage l'énumération de ce qui efl: contenu dans
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- xij P R É F A C E.
- ces deux volumes : ainfi je paffe au huitième & dernier que je préfente aujourd'hui au Public. Il s'y agit du Tranfport des Bois par terre ou par bateaux ouàflot, & j'effaye de faire appercevoir les avantages & les inconvénients de chacune de ces différentes méthodes. Les Marchands y verront comment, faute d'attention, leurs Bois font quelquefois ufés, & en partie pourris, avant que d'être livrés à leur deftination.
- J'expose enfùite ce qu'on peut faire dans les Chantiers & les Arcenaux pour le Dejféchement 8c la Confervation des Bois de différentes efpeces. Ici fe préfènte une grande queftion dont je me luis beaucoup occupé , lavoir lequel eft le plus avantageux de conferver les Bois dans l'eau douce, ou falée * ou renfermés fous des hangars, ou empilés à l'air ; fi elle n'eft pas complètement rélolue dans cet Ouvrage, j'elpere au moins que l'on conviendra que nous avons employé tous les moyens poflibles pour l’éclaircir. Nous avons enfuite traité expreffément de la Confervation des Bois de Mature , ainfi que des Mâts travaillés. Comme il eft louvent avantageux lur-tout pour la conftruâion des Vaiffeaux, de pouvoir attendrir les Bois droits pour leur faire prendre différentes courbures , j'ai lieu d'elpérer qu'on verra avec quelque fatisfaétion le détail des Expériences que nous avons faites relativement à ce point inté-reflànt.
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- PRÉFACE. xiij
- Ce volume efl: terminé par une recherche très-étendue fiir la Force des Bois de différents équarrif-fàges, foit d'un feul morceau , foit de plufieurs pièces aiïemblées les unes avec les autres. J ai beaucoup infifté fiir ce point, parce qu'il m'a paru également utile à l'Architeéture navale & à l'Archite-élure civile. On en fera pleinement convaincu par l'expofé dune très-belle opération qui a été faite à Marfeille par feu M. Garavaque. Cet Ingénieur de la Marine , en armant la quille & le cour-fier dune Galere arquée & hors de fervice, parvint à lui faire reprendre fa tonture, Sc à la mettre en état de faire campagne.
- Désirant reflraindre mon Ouvrage le plus qu'il me feroit poffible , j'ai mieux aimé beaucoup abréger les raifonnements que de fiipprimer le détail des expériences qui établirent des faits , dont on pourra tirer des confëquences utiles Sc appropriées aux cir-conftances. J'efpere qu'on me fàura gré de m'être chargé de la partie la plus fatigante Sc la plus dilpen-dieufè, & que le foin Sc l'attention que j'ai apporté à mon travail pourra attirer à fon Auteur l'eftime des honnêtes gens : c'efl: la récompenfe la plus flatteufè que je puifle m'en promettre.
- Nota. M. de Buffon a fait imprimer dans les Vdûmes de VAcadémie des Sciences, années 17^0 dr 17^1 ; une grande
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- Xiv PRÉFACE,
- fuite ^Expériences fur la force des Bois quarrés. Comme il a fuivi une autre route que moi 9 faurois defiré préfenter une idée de ce travail ; mais ce huitième & dernier Volume étant déjà fort gros} je mefuis trouvé obligé de me réduire à P indiquer.
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- TABLE
- DES CHAPITRES ET ARTICLES du Traité du Tranfport des Bois, SCc.
- PKÉFACE................... Pagej
- LITRE PREMIER.
- Du Tranfport des Bois.
- Introduction 9 Page I
- CHAPITRE I. Privilèges accordés aux Marchands Ven-tiers pour faciliter la vuidange des Ventes 9 & principalement pourfavorifer V approvifionne-ment de Paris 9 $
- CHAP. IL Du tranfport des Êois ouvrés ou non ouvrés qui ne forment pas un. gros volume 9 6
- Article I.Du tranfport des.ouvrages de Raclerie, ' 7
- Art. II. Du tranfport des ouvrages deFente, ibid.
- Art. III. Du tranfport du Charbon , 8
- Art, IV, Du tranfport des Perches,
- Fagots, Cotrets & autres menus Bois, 11
- Art. V. Du tranfport des Bois de chauffage par terre , 12
- Art. VI. Du Bois à brûler qu’on tranfporte par bateaux , 13
- Art. VII. Du Bois flotté , 17
- Art. VIII. Des Trains de Bois à brûler, 21
- CHAP. III. Du tranfport des Bois de Charpente 9 30
- Art. I. Des Bois dont il faut plu-fleurs pièces pour charger une voiture , ibid.
- Art. II. Des Bois dont une piece fuflit pour charger une voiture, 31: Art. III. Des plus groffes pièces de Bois qui ne peuvent être chargées fur une voiture ordinaire, ibid. Art. IV. Du flottage des Bois
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- TABLE.
- &VJ
- de Charpente 34
- Art. V. Maniéré de faire les Trains de Boisquarré, 36
- Art. VI. Maniéré de faire les Trains de Bois de fciage, 40
- CHAP. IV. Réfumé de ce qui a été dit fur le tranfport des Bois, 41
- Art. I. Faut-U tirer les Bois hors
- des ventes aufli-tôt qu’ils font exploités ? 42
- Art. II. Quel eft le plus avantageux de voiturer les Bois par charrois ou dans des bateaux ; en un mot à fec , ou à flot, en Trains ou en Radeaux ? 45
- Explication des Planches & des Figures du Livre I, 44
- LIVRE SECOND.
- Des Bois confidérés dans les Magafins ou dans les Chantiers, Page 49
- CHAP. I. Des effets de la feve relativement à la durée des Bois y 4p
- Art. I. Doit-on employer les Bois, lorfqu’ils font encore remplis de feve , ou pénétrés de l’eau dans laquelle on les aura flottés ? ou eft-il plus avantageux de ne les employer que quand ils font fecs f , . fi
- Expérience relative à cet objet, y 2 Art. II. S’il y auroit de l’inconvénient à employer des Bois trop deflféchés ; & à quel point de defféchement il convient de les employer, 54
- Art. III. Efl> il avantageux à la confervation des Bois de les enduire de peinture à l’huile, ou de gaudron, ou de bray , ou de quelqu’autre fubftance impénétrable à l’eau? y 8
- Expérience, $9
- Art. IV. Diverfes Obfervations fur la durée des Bois, ou conféquences qu’on peut tirer des Expériences que nous avons rapportées , foit dans le Traité de VExploitation, foit dans cet Ouvrage, 6i\
- CHAP. II. Des Moyens que nous avons employés pour acquérir le plus de connoiffances qu'il nous feroit pofille fur iévaporation de la feve & le defféchement des Bois , 64
- Art. I. Du poids du Bois de Chêne de différentes qualités, & de plu-fieurs autres efpeces de Bois, les uns nouvellement abattus, & les autres d’ancienne coupe, 6y
- Bois du Royaume : poids d’un pied cube, 68
- Bois de Vlfle de France, ibid.
- Autres
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- TABLE.
- xvij
- Autres Bois de l’Inde, 69
- Art. II. Expérience faite fur différentes fortes de Bois pour acquérir des connoiflances fur l’évaporation de la feve , ibid. §. 1. Expérience faite pour connaître combien de temps un folide de f 12 pouces cubes eft à perdre fa feve , .étant tenu dans un lieu fec, ibid.
- §. 2. Remarques fur cette Expérience , 71
- Art. III. Que l’évaporation de la feve ferlait en raifbn des furfa-ces, v 7 z
- §. 1. Première Expérience, 7 3 §. 2. Seconde Expérience, 76
- §.3.Remarques fur les Expériences précédentes, 77
- Art. IV. Que la feve fe difiipe en vapeurs dans les Bois qui fe def-fechent, ibid.
- §. 1. Expériences , 78
- 2. Remarques fur ces Expériences, 82
- CHAP. III. Sur le Defféchement des Bois , & leur Conferva-tion9 84
- Art. I. Eft-il avantageux de conduire les Bois à flot au lieu de leur defiination , & de les mettre dans l’eau douce ou falée pour les rendre d’un bon fervice ? ibid. Art. II, Des Bois à brûler, 8y
- Art. III. Comparaifon des Bois de fciage qu’on a voiturés à flot, ou qu’on a. mis fous l’eau , avec ceux qu’on a toujours tenus à fec, ^ 86
- Art. IV. Expériences pour con-
- noître fi l’eau étrangère qui efl dans une piece de Bois qui a longtemps refté fous l’eau, fe difiipe promptement, 93
- §. 1. Première Expérience, ibid. §.2. Seconde Expérience , ibid. §. 3. Récapitulation des poids extrêmes , premier dernier, de l’Expérience précédente , 96 §. 4. Suite de l’Expérience précédente , &* Conféquences qui en réfultent, 97
- Art. V. Expériences pour connoî-tre le temps nécefiaire pour que l’eau de mer, dont un morceau de bois efl: imbibé, fe difiipe, 98 Art. VI. Expériences fur l’imbibi-
- tion du Bois que l’on tient dans l’eau, 100
- §. 1. Première Expérience,102.
- §. 2. Seconde Expér. ioy
- §. 3. Troifieme Expér. 107
- §. 4. Quatrième Expér. 108
- §. y. Cinquième Expér. 109
- §. 6. Sixième Expér. 110
- §. j. Septième Expér. 112
- §. 8.Huitième Expér. 113
- §. 9. Neuvième Expér. 114
- §. 10. Dixième Expér. 11 y §. 11, Onzième Expér. 116 §. 12. Doupeme Expér. ibid. §.13. Treizième Expér. 117 §.14. Quatorzième Expér. ibid. §. 1 y. Quinzième Expér. 118 Art. VII. Réfumé des précédentes Expériences, 119
- Art. VIII. Extrait d’un Mémoire de M. Dalibard, intitulé : Expériences phyfques fur la variation de pefanteur des Corps plongés dans
- C
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- T A B L E.
- Xviij
- différents liquides ; lu à l’Académie des Sciences les 25? Janvier, 9 & 12. Février 1746. 121
- CHAP. IV. Expériences exécutées pour parvenir à reconnoî-tre la différente qualité des Bois par leur imbibiîion & leur dejfechement, 131
- Art. I. Première fuite d’Expérien-ces faites fur des barreaux de bois de différentes efpeces, ou de différentes qualités, ibid.
- Remarques fur ces Expériences, 137 Art. II. Seconde fuite d’Expérien-ces faites fur des cubes de bois verd, 138
- Remarques fur ces Expériences , 143 Art. III. Troifieme fuite d’Expé-riences faites fur des bouts de Chevrons , pour elîayer de con-noître la meilleure maniéré de deflécher les Bois lorfqu’ils font abattus, 144
- Art. IV. Quatrième fuite d’Expériences fur des Madriers, pour trouver une façon de deffécher les Bois, fans qu’ils fe fendent beaucoup , 133
- Remarques, 13 y
- Art. V. Cinquième fuite d’Expé-riences faites avec des Planches de Chêne de douze pieds de longueur & de deux pouces d’é-paiffeur, 135
- Art. VI. Sixième fuite d’Expé-riences faites fur des Membru-. res » 178
- Art. VII. Septième fuite d’Expé-riences faites fur deux Planches & deux Croûtes qu’on a tirées
- d’un même Arbre , & qu’on a mifes en comparaifon deux à deux, 160
- Remarque , 164
- Art. VIII. Huitième fuite d’Expé-riences pour connoître ce que le flottage produit fur les bois fecs par comparaifon avec les bois nouvellement abattus, ibid. Réfultat des Expér. précédentes, 167 Art. IX. Neuvième fuite d’Expé-riences fur des pièces de bois de même poids, les unes vertes , les autres feches, mifes qSÉomparai-fon, ^ 168
- Réfultat de ces Expériences, 171
- Art. X. Dixième fuite d’Expérien-ces qui prouvent que les pièces de Bois qui paflfent un certain temps dans l’eau , font moins fu~ jettes à être piquées des vers que celles qui font tenues à fec, ibid. Art. XI. Onzième fuite d’Expé-riences faites fur des Bois tendres flottés & non flottés , 173
- §. I. Première Expérience , ibid. §. 2. Seconde Expérience , 174 §.3.Troifieme Expérience, ibid. §. 4. Quatrième Expérience, 175V Conféquences quon peut tirer des Expériences précédentes , ibid.
- CHAP. V. Des bois qu on fait flotter dans Peau de laMeryvq6 Art.I. Suite d’Expériencesfurl’im-bibition des Bois plongés dans l’eau de la Mer , ibid.
- §. 1. Première Expérience, ibid. §. 2. Seconde Expérience, 177 §.3. Troifieme Expérience, ibid. Conféquences des Expériences précédentes y 178
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- TABLE.
- §, 4. Quatrième Expérience, qui indique à peu près la quantité d’eau de Mer dont peut Je charger un pied cube de bois de Chêne, 179
- Art. II. Autre fuite d’Expériences fur l’imbibition du Bois plongé dans l’eau de la Mer , ïbid.
- §. 1. Première Expérience, 180 §. 2. Seconde Expérience , 181 Art. III. Première fuite d’Expériences exécutées en Provence en 1734 fur des Bois de Bourgogne fecs, 182
- §. 1. Première Opération, 183
- Réfiimé, ibid.
- §. 2. Seconde Opération , ibid.
- Réfiimé, 184
- §. 3. Troijîeme Opération, ibid.
- Réfiimé, 185
- §. 4. Quatrième Opération,ibid.
- Réfumé, ibid.
- Art. IV. Seconde fuite d’Expériences faites avec des Barreaux de bois de Bourgogne plus menus que les précédents, 185
- §. 1. Première Opération, ibid.
- Réfiimé, ibid.
- §. 2. Seconde Opération , 187
- Réfumé, ibid.
- §. 3. Tr&ifieme Opération, ibid.
- Réfumé, 188
- §.4. Quatrième Opération, ibid,
- Réfiimé, ibid.
- Art. V. Troifîeme fuite d’Expériences fur de s bois de Bourgogne plus gros que les précédents ,
- ibid.
- §. 1. Première Opération, ibid.
- Réfiimé, 189
- §. 2. Seconde Opération , ibid.
- Réfiimé, ibid,
- §. 3. Troijîeme Opération ,190 Réfumé, ibid.
- §. 4. Quatrième Opération, ibid. Réfumé, ibidm
- Art. VI. Quatrième fuite d’Expériences fur des bois de Provence verds, 191
- §. 1. Première Opération, ibid.
- Réfumé, ibid.
- §. 2. Seconde Opération , ibid.
- Réfiimé, 1511
- §.3. Troijîeme Opération, ibid.
- Réfiimé, ibid.
- §. 4. Quatrième Opération,ibid. Réfiimé, 195
- Art. VII. Cinquième fuite d’Expériences fur des bois de Provence plus gros que les précédents , ibid.
- §. 1. Première Opération, ibid.
- Réfiimé, 194
- §. 2. Seconde Opération , ibid.
- Réfiimé, ibid.
- §.3. Troijîeme Opération, ibid.
- Réfumé, 19%
- §. 4. Quatrième Opération,ibid. Réfumé, ibid.
- Art. VIII. Sixième fuite d’Expériences faites fur des bois de Pin, ibid.
- §. 1. Première Opération, ibid.
- Réfiimé, 196
- §. 2. Seconde Opération, ibid.
- Réfiimé, ibid.
- §.3. Troijîeme Opération, ibid.
- Réfiimé, 197
- §.4. Quatrième Opération,ibid. Réfiimé, ibid.
- Art.IX. Remarques fur les fix précédentes fuites d’Expériences, ib. §. i.Réfultat d’une Vijîte faite à la Jîn d’Aoât 1734. 198
- §. 2, Obfervationsfur les va-
- c U
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- XX
- TABLE.
- riatîons des mêmes Pièces depuis le 30 Août 1734. juf-quau 6 Juin 1735" , fin des précédentes Expériences, 201 Art. X. Expériences faites en Provence fur du bois de Chêne de cette Province , pour connoître la force du Bois flotté ou non flotté, 20J
- §. 1. Première Expérience fur les deux Pièces A, A. 208 Poids de ces deux Pièces, ibid. Obfervatîons, 20 9
- Examen de la force de ces Bois, aïo
- Première Opération, au Seconde Opération, ihid. Réfumé, ibid.
- Troifieme Opération, ara Réfiimé, ibid,
- Quatrième Opération, 213
- Réfumé, ibid,
- §. 2. Seconde Expérience fur les deux pièces B , B. ibid. Poids de ces deux Pièces, ibid. Obfervatîons, 214
- Examen de la force de ces Bois,
- Première Opération, ibid. Réfumé, ibid.
- Seconde Opération, 2,16
- Réfurné, ibid.
- Troifieme Opération , ibid. Quatrième Opération, ibid. Réfiimé, 217
- §. 3. Troifieme Expérience fur les deux Pièces C, C. ibid. Poids de ces deux Pièces, ibid.
- Obfervatîons, ai8
- Examen de la force de ces Bois, 219
- Première Opération , ibid. Seconde Opération, 220
- Réfumé, - ibid.
- Troifieme Opération , ibid. Réfumé , ibid.
- Quatrième Opération , aai Réfumé, ibid.
- §. 4. Quatrième Expérience fur les deux Pièces D D. ibid. Poids de ces deux Pièces, 22 a
- Obfervations, ibid,
- §. 5. Cinquième Expérience faite dans les mêmes vues que la précédente , 223
- Réfumé, ibid.
- Art. XI. Remarques fur les Expériences précédentes, 224
- Art. XII. De la Durée des Bois flottés & non flottés expofés à la pourriture, 233
- Art. XIII. Principales conféquen-r ces qu’on peut tirer des Expériences que nous venons de rapporter , .23 £
- §. 1. Des Bois confervés en pile à l’air, 23 6
- §. 2. Des Bois confervés fous les Hangars, 241
- §.3. Des Bois confervés fous Veau, 244
- Explication des Planches des Figures du Livre II. 2ja
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- LIVRE TROISIEME.
- Du Deflechement des Bois par une chaleur artificielle & de leur attendriflement par la même Opération 9 Page 253
- CHAP. I. Examen de ce que P action immédiate du feu -peut produire , pour augmenter la durée des Bois , 254
- Art. I. Expériences faites fur des Pieux pour m’afifurer fi le feu prolonge fenfiblement leur durée ,
- Art. II. Expérience faite fur les Baux d’un Vailfeau , 257
- Art. III. Conféquences des Expériences précédentes, ibid.
- CHAP. II. Des effets ddune chaleur modérée & long-temps continuée fur plufteurs pièces de bois, les unes vertes, les autres feches, 259
- Art. I. Expériences faites fur plu-fieurs Pièces de bois féchées à plufieurs reprifes , jufqu’à ce que la chaleur les eût pénétrées inti-
- mement , ibid.
- Première Opération , ibid.
- Seconde Opération , 2,60
- . Troijieme Opération , ibid.
- rt. II. Expérience faite fur un bout de Madrier de coupe nou-yelle, ibid.
- Première Opération, ibid.
- Seconde Opération, ibid.
- Troijieme Opération s z 61
- Art. III. Expérience faite fur un bout de Poteau , 261
- Première Opération , ibid.
- Seconde Opération j ibid.
- Troijieme Opération, z6z
- Art. IV. Expérience faite fur un . Madrier de deux ans d’abattage , ibid.
- Première Opération, ibid.
- Seconde Opération , ibid.
- Troijieme Operation , - 265
- Art. V. Remarques fur les Expériences précédentes, ibid.
- Art. VI. Expérience faite fur un bout de Soliveau de bois de Crecy, 266
- §. 1. I. Opération, ibid.
- §. 2. II. Opération, ibid.
- §. 3. III. Opération, 267
- §. 4. IV. Opération , ibid.
- §. y. V. Opération , ibid.
- §. 6. VI. Opération t ibid.
- §. 7. VII. Opération , ibid.
- §. 8. VIII. Opération , 268
- §. 9. IX. Opération, ibid.
- §. 10. X. Opération y ibid.
- §. 11. XL Opération , ibid.
- §. 12. XII. Opération , 269
- §. 13. XIII, Opération, ibid.
- §.14, XIV. Opération y ibid.
- §. 1 J. XV. Opération , ibid.
- §. 16. XVI. Opération, 270
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- xx îj T A B
- §.17. XVII, Opération , 270 §. iS. XVIII. Opération , ibid. §. ip. XIX. Opération , ibid, §. 20. XX. Opération, ibid. §. 21. XXI. Opération , 271
- §. 22. XXII. Opération , ibid. §.23. XXIII. Opération , ibid. §. 24. Remarques fur VExpérience précédente , ibid. Art. VII. Expérience faite lur un bout de Bordage de Chêne blanc de Nantes, 272
- §. 1. I. Opération, ibid, §.2. IL Opération, ibid. §.3. III. Opération , ibid. §.4. IV, Opération , ibid. §.7. V. Opération , 273
- §. 6. VI. Opération, ibid. §.7. VII. Opération, ibid. §. 8. VIII. Opération , ibid. §. p. Remarques fur l’Expérience précédente, ibid.
- Art. VIII. Expérience faite fur un bout de Bordage de bois de Nantes , 274
- §. 1. I. Opération , ibid. §. 2. II. Opération . ibid. §.3. III. Opération, ibid. §. 4. IV. Opération, ibid. §.7. V. Opération , 27 J
- §.5. VI. Opération , ibid. §. 7. VII. Opération , ibid. §.8. VI11. Opération , ibid. §. p. Remarques fur l'Expérience précédente, ibid.
- Art. IX. Expérience faite fur un morceau de bois de la Forêt de Belle-blanche, 276
- §. 1. I. Opération , ibid. §.2. II. Opération , ibid.
- L E.
- §. 3. 111. Opération î 276 §. 4. IV. Opération , ibid. §. 7. V. Opération , 277
- §. 6. VI. Opération, ibid. §. 7. VIL Opération, ibid. §. 8, VIII. Opération, ibid. §. p. IX. Opération , ibid. §. 10. X. Opération , 278
- §. 11. XI. Opération , ibid. §. 12. XII. Opération , ibid. §.13. XIII, Opération, ibid. §. 14. XIF. Opérationibid. §.17. XV. Opération 9 279
- §. 16. XVI. Opération , ibid. §.17. XVII. Opération , ibid. §. 18. XVIII. Opération, ibid. §.19. XIX. Opération, ibid. §.20. XX. Opération , 280
- §. 21. XXL Opération, ibid. §. 22. XXII. Opération, ibid. §.23. XXIII. Opération, ibid, §.24. Remarques fur l’Expérience précédente, ibid.
- Art. X. Expérience fur une piece de Bois de Bretagne, 281
- §. 1. I. Opération , ibid. §. 2. II. Opération , ibid. §. 3. III. Opération , ibid. §. 4. IV. Opération , ibid. §. 7. V. Opération, 282 §. 6. VL Opération, ibid. §. 7. VIL Opération, ibid. §. 8. VIII. Opération, ibid. §. p. IX. Opération , ibid. §. 10. X. Opération , 283
- §. 11. XL Opération , ibid. §. 12. XII. Opération, ibid. §. 13. .XIII, Opération, ibid. §.14. XIV. Opération, ibid. §. 17. XV. Opération, 284
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- TABLE.
- §. 16, XVI, Opération, 284 §. 17. XVII. Opération, ibid. §. 18. XVIII. Opération, ibid. §.19. XIX. Opération, ibid. §. 20. XX. Opération, 287
- §. 21. XXI. Opération , ibid. §. 22. XXII. Opération, ibid. §. 23. XXIII. Opération, ibid. §. 24. Remarques fur l’Expérience précédente, ibid. Art. XI. Expérience faite fur un Bordagede bois de Bretagne3286 §. 1. I. Opération, ibid. §.2. II. Opérationibid. §.3. III. Opération, ibid. §. 4. IV. Opération, ibid. §.5. V. Opération, 287 §. 6. VI. Opération , ibid. §. 7. VII. Opération r ibid. §.8. VIII. Opération, ibid. §. 9. Remarques fur la précédente Expérience, ibid. Art. XII. Expérience faite fur un Soliveau rempli de feve, 288
- §. 1. I. Opération, ibid. §.2. II. Opération y 289 §. 3. III. Opération , ibid. §. 4. IV. Opération, ibid. §. 5. V. Opération , 290
- §. 6. Remarques fur VExpé-rience précédente, ibid. Art. XIII. Expérience faite fur du bois qui avoir perdu une partie de fa feve3 ibid.
- §. 1. I. Opération, 291
- §.2. II. Opération , ibid.
- §.3, III. Opération, 292
- §.4. IV. Opération , ibid.
- §.5. V. Opération, ibid.
- §. 6. Remarques fur VExpé-
- xxiij
- rience précédente, 293
- Art. XIV. Expérience faite fur un bout de Soliveau abattu depuis fix
- ans, ibid.
- §. 1, I. Opération, ibid.
- §.2. II. Opération, 294
- §.3. 111. Opération , ibid.
- §.4. IV. Opération, ibid.
- §. 7. V. Opération, 297,
- §. 6. Remarques fur la précé-
- dente Expérience, ibid.
- Art. XV. Expér. faite fur un bout de Soliveau extrêmement f'ec,ibid. 1. I. Opération, 296
- §. 2. II. Opération, ibid.
- §.3. III. Opération, ibid.
- §, 4. IV. Opération , ibid.
- §.5. Remarques fur l’Expérience précédente y 297
- Art. XVI. Remarques fur les qua-
- tre Expériences précédentes, ibid. Art.XVII. Expérience faite fur un
- pied cube de Bois bien fec, 299 §. 1. I. Opération , ibid.
- §.2. IL Opération , ibid.
- §.3. III. Opération y ibid.
- §.4. IV. Opération , 300
- §. y. Remarquesfur VExpérien-
- ce précédenteibid.
- Art. XVÎII. Expériences dans lef-quelles on a ménagé davantage la chaleur : Expérience faite fur un
- Madrier pris dans un Chêne
- abattu en 1732. ibid.
- §. 1. I. Opération ibid.
- §.2. 11. Opération y 301
- §. 3. III. Opération, ibid.
- §. 4. IV. Opération, ibid.
- §.5. V. Opération, ibid.
- §.6, VI, Opération? ibid*
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- ocxiv T A B L E.
- §.7. VIL Opération, 302
- §. 8. Remarques fur l’Expérience précédente, ibid.
- Art. XIX. Expérience faite fur un Madrier pris d’un Chêne abattu depuis cinq mois, ibid.
- §. 1. I. Opération , ibid.
- §.2. IL Opération , ibid.
- §.3. III. Opération , ibid. §.4. IV. Opération t 303
- §.7. V. Opération, ibid.
- §. 6. VI. Opération , ibid.
- §. 7. VIL Opération, ibid. §. 8. Remarquesfur VExpérien-ce précédente, ibid.
- Art. XX. Conféquences qui réful-' tent des Expériences précédentes , 304
- CHAP. III. Réflexions générales fur Pattendrijfement des Bois, & fur les divers moyens qui y contribuent 9 30$
- CHAP. IV. Maniéré dpattendrir les Bois par P action immédiate du feu, 307
- Art. I. Expérience faite fur des Bois verds abattus de l’hiver précédent, 1 305)
- §. 1. I. Opération , ibid.
- §.2. IL Opération , ibid.
- §.3. III. Opération , 310
- §. 4. IV. Opération, ibid.
- §. 5. Conféquences de VExpé-rience précédente, ibid.
- Art. II. Expérience faite avec des Bois fecs , 3 11
- §. 1. I. Opération , ibid.
- §.2. II. Opération , ibid.
- §. 3. III. Opération , ibid. § • 4* Opération , ibid.
- §. y. V. Opération; 312
- §. 6. VI. Opération , ibid.
- §.7. VIL Opération, ibid.
- Art. III. Expérience faite fur des Bois verds , 31 3
- §. I. I. Opération , ibid.
- §.2. 11. Opération, ibid.
- §.3. IIL Opération , ibid. §.4. IV. Opération , 314
- §. y. V. Opération, ibid.
- §. 6. Remarques fur U Expérience précédente, ibid;
- Art. IV. Conféquences des Expé-riencegf précédentes, ibid.
- Art. V. Expérience faite fur des Bois plus longs que ceux qui ont fervi pour les Expériences précédentes , 31 j
- §‘ 1. I. Opération, ibid.
- §. 2. IL Opération, 316
- Art. VI. Expérience faite fur une plus grofle Piece, ibid.
- Art. VII. Expérience faite fur une piece de Bois qui avoit été flottée , 317
- Art. VIII. Remarques fur les Expériences précédentes, ibid.
- Art. IX. Expérience faite fur une Membrure qu’on a chauffée avec ménagement, 318
- CHAP. V. Maniéré d'attendrir les Bois par Peau bouillante y
- ibid.
- CHAP. VI. Maniéré d'attendrir les Bois par la vapeur de Peau bouillante , 3 t p
- Art. I. Première Expérience faite fur des bois médiocrement fecs , abattus depuis trois ans , & con-fervés pendant tout ce temps
- fous
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- T A B L E. xxv
- ïbus un hangar fort aéré, 321
- §. 1. I. Opération, ibid.
- §. 2. IL Opération, ibid.
- § 3. III. Opération, 322
- Art. II. Expérience faite avec une piece de Bois abattue l’hiver précédent & très-remplie de feve, ib. §. 1. I. Opération, ibid.
- §. 2. H. Opération , 3 23
- §. 3. III. Opération , ibid.
- §. 4. IV. Opération, ibid.
- Art. III. Expérience faite fur des Bois de Chêne abattus depuis deux ans , 3 24
- §. 1. I. Opération, ibid.
- §. 2. II. Opération , ibid.
- §.3. III. Opération, 32J
- Art. IV. Expérience faite fur des Bois de Chêne abattus de l’hiver précédent, ibid.
- §. 1. I. Opération, ibid.
- §.2. II. Opération, ibid.
- §.3. III. Opération, 326
- §.4. IV. Opération, ibid.
- §.5. V. Opération, ibid.
- §. 6. VI. Opération, ibid.
- Art. V. Remarques fur les Expériences précédentes, ibid.
- CHAP. VII. Des Etuves à ployer les Bordages par le fable chaud 9 & humeôlé dtea,u bouillante 9 327
- Art. I. Idée générale de l’Etuve au fable, ibid.
- Art. II. Defcr. de cette Etuve, 328 Art. III. Dimenfions principales de cette Etuve, 332'
- Art. IV. Réflexions fur la conftru-élion de cette Etuve, 333
- Art. V. Remarques fur le fervice
- de l’Etuve au fable, 3 36
- Art. VI. Expérience faite avec du Bois de Chêne à demi-fec qu’on avoit confervé pendant trois ans fous un hangar , & qu’on mit dans l’étuve au fable fans l’hume-éler, 339i
- §. 1. I. Opération, 340
- §. 2. II. Opération, ibid.
- §. 3. III. Opération, 3411
- §. 4. IV. Opération), ibid.'
- Art. VII. Expérience faite avec des Bois abattus de l’hiver précédent , & qui ont été étuvés dans le fable fec, 342
- §. 1. I. Opération, ibid.
- §. 2. II. Opération ; ibid,'
- §.3. III. Opération, 343!
- §.4. IV. Opération, ibid.’
- §. 3.V. Opération, 344
- Art. VIII. Expérience faite avec des Bois abattus depuis trois ans & qui, après avoir été confervés ce temps fous un hangar aéré ont été mis à l’étuve ;au fable, & arrofés d’eau bouillante, ibid. §. 1. I. Opération, ibid. §.2. II. Opération, 34J
- §. 3. III. Opération, ibid;
- §.4. IV. Opération, ibid.
- Art. IX. Expériences faites fur des Bois abattus de l’hiver précédent, mis à l’étuve au fable, &: arrofés d’eau bouillante , 346
- §. 1. I. Opération, ibid.’
- §. 2. II. Opération, ibid.
- §. 3. III. Opération, 347,
- §.4. IV. Opération, ibid.'
- Art.X. Expérience faite avec des Madriers de cœur de Chêne?
- d
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-
- TABLE,
- xx vj
- abattus l’hiver précédent, & étuves au fable fans être arrofés , ib. §.i, I. Opération , ibid.
- §. 2. IL Opération , 348
- §. 3. III. Opération, ibid.
- §.4. IV. Opération, ibid.
- Art. XI. Expérience faite fur un
- Madrier pareil au précédent, mais abattu l’hiver 1732, & mis à fec dans l’étuve au fable , 349
- §. 1. I. Opération, ibid.
- §. 2. II. Opération, ibid.
- §.3. III. Opération } ibid.
- §. 4. IV. Opération, ibid.
- Art. XII. Expér. faite fur un Madrier de Chêne pareil à ceux dont on vient de parler;mais abattu l’hiver précédent, & étuvé dans le fablearrofé d’eau bouillante, SS° §. 1. I. Opération , ibid. §.2. II. Opération , ibid. §. 3. III. Opération, . ibid.
- §. 4. IV. Opération , ibid. Art. XIII. Expérience faite avec un Madrier de mêmes dimenfions que le précédent, mais qui, après avoir été abattu l’hiver 1732, a été mis dans le fable chaud & arrofé d’eau bouillante, 3^1
- §. 1. I. Opération , ibid. §.2. IL Opération, ibid. §.3. 111 Opération} ibid. §.4. IV. Opération , 372
- Art. XIV. Expérience faite avec 4 Madriers paffés à l’étuve au fable & arrofés d’eau bouillante, ibid.
- 1. I. Opération, ibid. §.2. II. Opération , 373
- Art. XV. Expérience faite à Toulon fur cinq Bordages d’Italie, de
- dix pieds de longueur, 11 pouces de largeur,& trois pouces & demi
- d’épailfeur,t ibid*
- §. 1. I. Opération, ibid.
- §.2. IL Opération, ibid.
- §.3. III. Opération , ibid.
- §.4. IV. Opération , 374
- Art. XVI. Expérience faite à Toulon fur fix Pièces de bois de 10 pieds de longueur, 12 pouces de largeur & 1 ï d’épailfeur, ibid. §. 1. I. Opération, ibid.
- §.2. II. Opération, ibid.
- §. 3. III. Opération, 377
- §. 4. IV. Opération , ibid.
- §. j. V. Opération , ibid.
- CH AP. VIII. Des avantages que peuvent -procurer les grandes Etuves dont nous venons de parler, & Réponfes aux objections qu'on a formées fur cet Etablijfement 9 3 $6
- Art. I. Le Chauffage de l’Etuve ne coûte prefque rien , 3 5"7,
- Art. II. On n’a pas befoin de paf-fer la nuit dans l’Arfenal , & iï faut peu de monde pour foigner l’Etuve, 37S
- Art. III. En prenant les précau--tions convenables , on peut mettre les Bordages en place fans courir rifque de les rompre ,379 Art. IV. Au moyen de l’Etuve ± on peut faire une grande économie fur le Bois, 361;
- Art. V. Les Bordages étuvés qu’on a mis en place avec force, ne tendent point à fe redreflfer, 3 62
- Explication des Planches Cf des Figures du Livre III, {3 63
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-
- TABLE
- xxvij
- LIVRE Q U AT RIE ME.
- Des Bois deftinés pour les Rames & les Mâtures ; & de la Gonfervation des Mâts. Page 3 69
- CHAP. I. Des Bois deftinés CHAP. III. De la Conferva-
- pour les Rames 9 ibid. tion des Mâts 9 384
- CHAP. 11. Des Bois deftinés Explication des Planches des
- les Mâtures 9 31$ Figures du Livre IV, 40S
- LIVRE CINQUIEME.
- De la Force des Bois, foit d'une piece, foit d’af-femblage , les uns & les autres de différentes grofleurs, Page 409
- CHAP. I. Précautions pour rendre les Expér. exaôfes > 411
- CHAP. II. Réflexions fur la ré-fiftance des Fibres ligneufes9d> ou réfulte la force des Bois , 412 Art. I. Préparations pour lesExpé-rien ces qui vont fuivre, 419
- Art. II.. Suite cTExpériences qui prouvent qu’une partie des fibres d’une piece qu’on charge , eft en condenfation , pendant que l’autre eft en dilatation, 420
- §. 1 i Première Expérience pour reconnaître laforce defix Barreaux entiers, ibid.
- Remarque, ibid.
- §. 2. Seconde Expérience pour connaître la force des Barreauxfciés endejjus d'un tiers de leur êpaijfeur, 421
- Remarque, 421
- §.3. Troifteme Expérience pour connoître la force des Barreauxfciés en dejj'us de la moitié de leur êpaijfeur , ibid.
- Remarque, ibid.
- §.4. Quatrième Expérience pour connoître la force de Barreaux qui feroienï fciés aux trois quarts de leur êpaijfeur, 422
- Remarque, ibid.
- Art. III.. Oii l’on eflfaye de connoître fi rélargiflement de l’entaille vient de latenfion ou du refoulement des fibres ligneufes,42jf §. 1. Expériences faites avec des Barreaux fciés à differentes profondeurs, 4 26
- Réfumé, 4* 8
- §. 2.Expér. à peu près du même genre que les précédentes fibid,
- d ij
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-
-
- xxviij
- TABLE.
- Remarques, 4*9
- CH AP. III. Examen de la for ce de quelques Bois de Chêne de différentes qualités 9 ibid. Art. I. Préparation pour parvenir à faire cette comparaifon avec exactitude , ibid.
- Art. II. Expériences fur des Bois de Chêne de différentes qualités,430 §. 1. Première Expérience, ibid. §. 2. Seconde Expérience , ibid.
- Remarque, 431
- §. 3. Troifleme Expérience,ibid. §. 4. Quatrième Expérience,43 2 Remarque, ibid,
- §. 5. Cinquième Expérience,433 Remarques, ibid,
- §. 6, Sixième Expérience, 434 Remarques, ibid.
- §.7. Septième Expérience, 43 3 Remarques, ibid,
- §. 8. Huitième Expérience, 43 6 Remarques, ibid,
- §. 9. Neuvième Expérience,ibid.
- Remarque, 437
- §. I O. Dixième Expérience,ibid.
- Remarques, ibid,
- §. il. Conféquences des précédentes Expériences, 438
- CHAP. IV. Examen de la force de quelques Bois de fljle de France 9 fait par M. DE Cossign Y, Direâeur des Fortifications de Befançon 5 & Correfpondant de îAcadémie Royale des Sciences 9 439
- Art. I. Suite ire d’Expér. ibid. Art. II. Suite 2ie d’Expér. 440 Art. III. Suite 3e d’Expér. 441 Art. IV. Suite 4* d‘Expér. 442
- CHAP. V. Dans lequel on fe propofe $ examiner fi dans les
- mâts du Nord le bois de la circonférence efi plus ou moins fort que celui du centre ; fi les fentes diminuent beaucoup la force des Pièces 9 & fi le bois efi aufji fort que le bois un peu humide 9 443
- Art. I. Suite d’Expériences pour connoître , à l’égard des Pins du Nord , dans quelle partie du tronc le bois a le plus dé force ; & quel eft l’affoibliffement que les gerces & les fentes caufent aux jpieces de Mâture , 444
- §. I. Préparation pour rendre les Expériences exailes, ibid. ï §. 2. Première Expérience fur huit Barreaux côtés E à la figure 22, PI, XXII, 448 §. 3. Seconde Expér, fur 16 Rondins D (Fig. 22) dont 8 avoient des fentes qui entroient jufqu au centre,&T) 8 étoient fans fentes. Tous revoient 1 j cercles annuels, 449 §.4. Troijïeme Expérience fur fei%e Rondins C, huit fans fentes & huit avec des fentes. Tous avoient vingt cercles annuels , ibid.
- §.5*. Quatrième Expér. fur 16 Rondins B , huit fans fentes huit avec des fentes , 4^0 §. 6. Cinquième Expérience fur 16 Rondins A, 8 fans fente huit avec des fentes, ibid. §. 7. Récapitulation des Forces moyennes, ibid.
- Art. II. Expériences faites dans les mêmes vues que les précédentes & pour cQnnoître de plus li le
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- XXIX
- T A B L E.
- bois fec eft aufli fort que le bois un peu humide, 411
- §. i. Première Expérience fur huit Rondins E, qui avaient 18 cercles de végétation^ibid. §. 2. Seconde Expérience fur huit Rondins D, qui avoient 18 cercles annuels , ibid. §.3. Troijieme Expérience fur huit Rondins C, qui avoient 20 cercles annuels , ibid. §. 4. Quatrième Expérience fur huit Rondins B, qui avoient 33 cercles annuels, 45*2
- §.5'. Cinquième Expérience fur huit Rondins A, qui avoient 3 o cercles annuels, ibid. §, 6. Table des Forces moyennes des bois fecs, ibid.
- §. 7. Table des Forcés moyennes de tous les Barreaux qui n’a-voient point de fentes, mais qui étoient plus ou moins fecs, énoncés dans la Table de VArticle I. §. 7. &* de VArticle IL §. 6. ibid.
- Art. III. Conféquences qu’on peut tirer de ces Expériences, 45*3
- CHAP. VI. Expériences pour connoître 9 dans les Barreaux déune feule piece 9 .quel efl le rapport de la force abfolue des Barreaux à?une même longueur & dé un même volume 9 dont les uns feroient ronds 9 & les autres êquarris ; & de plus quelle eft la courbure que les uns & les autres prennent 9 étant chargés de différents poids P jufquà celui qui peut
- les faire rompre 9 439
- Art. I. Préparation, ibid.
- Art. II. Première fuite d’Expér. faites fur des Barreaux ronds,460 §. 1. Première Expérience,ibid. §.2. Seconde Expérience, 461 §.3. TroifemeExpérience}ibid. Art. III. Seconde fuite d’Expé-riences faites avec des Barreaux quarrés , ibid.
- §. 1. Premiers Expérience, ibid. §. 2. Seconde Expérience, 453 §. 3. Troifeme Expérience , 464 Art. IV. Conféquences qu’on peut tirer des Expér. précédentes, 465 CHAP. VIL Expériences pour connoître dans les Barreaux fimples p ou dé une feule piece, quelle eft leur force & la cour-bure qu ils prennent étant chargés de différents poids , foit quon emploie des barreaux de même largeur & de différentes èpaiffeurs3foit quon emploie des barreaux àéune même épaiffeur & de différentes largeurs , 4 66
- Art.I. Préparation, 467
- Art. II. Barreaux de largeur égale, & de hauteurs inégales , ibid. Art. III. Barreaux de hauteur égale, & de largeurs inégales, 469 Art. IV. Récapitulation, & com-paraifon de la force des barreaux de même malfe , qui ne diffé-roient que par leur pofition fous la charge , 470
- Art. V. Autres Expériences faites dans les mêmes vues que les pré-. cédentes, pour connoître dans les
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- xxx T A B
- barreaux de même volume, quelle eft la forme d’équarriflfage qui les rend capables d’une plus grande réfiftance, 471
- Art. VI. Expériences pour connoî-tre quelle eft la force d’un Barreau d’une piece , comparé à un autre qui feroit formé de trois planches collées les unes fur les autres, & chargées de champ,472 §. 1. Elafticité force d’un Barreau d’une piece , £r des dimenjîons que nous venons de rapporter, ibid.
- §. 2. Elajiicité & force d’un Barreau formé de trois planches collées les unes fur les autres & pofées de champ>ayant les mêmes dimenjîons que la piece précédente, 473
- Art. VII. Expériences faites pour éprouver la force des Barreaux d’une feule piece, & de même équarrififage , mais de différentes longueurs, 474
- ..Remarque , 475*
- Art. VIII.Expér. faites dans les mêmes vues que les précédentes, ib.
- CHAP. VIII. Des Barreaux dtajjemblage quon nomme Armés, 476
- Art. I. Préparation pour les Expériences, 482
- Art. II. Expériences pour con noître la force de relïort & la force abfolue des Barreaux armés, comparées à celles des Barreaux qui font d’une feule piece , 48 3 Conséquences des précédentes Expériences , 484
- Art, III, Expériences pour mettre
- L E.
- en comparaifon deux Barreaux auxquels on avoit fait trois traits de fcie, pour leur faire prendre une courbure pareille à celle de deux pièces armées à l’ordinaire qu’on vouloit leur comparer, ibid. Conféquences des Expériences précédentes, 487,
- Art. IV. Expériences pour con-noître quelle doit être la profondeur des endents , afin que les pièces armées foient capables d’une plus grande réfiftance , 48 6 1. Pièces dont les endents avoient une ligne de profondeur , 487
- §.2. Pièces dont les endents avoient deux lignes de profondeur , ibid.
- §. 3. Pièces dont les endents avoient deux lignes demie de profondeur, ibid.
- Art. V. Expériences pour connoî-tre dans les Poutres armées , quelle doit être la profondeur des endents, relativement au volume du bois qu’on veut employer,ibid. §. 1. Première Expérience ,488 §.2. Seconde Expérience, ibid. §. 3. Troijîeme Expérience, 489 §. 4,. Quatrième Expérience,ibid. §.5. Cinquième Expérience,ibid. §.6. Sixième Expérience, ibid. §. j.Septième Expérience , 490 §.8. Remarques fur les Expériences précédentes, ibid. Art. VI. Autre fuite d’Expériences fur des Barreaux armés & enden-tés à différentes profondeurs, 491 §. 1. Pièces dont les endents avoient une ligne de pro-
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- TABLE. xxxj
- fondeur î 491
- §.2. Pièces dont les endents avoient deux lignes de profondeur , ibid.
- §.3. Pièces dont les endents avoient deux lignes & demie de profondeur, 492
- §. 4. Remarques fur les Expériences précédentes, ibid.
- Art. VII. Autre fuite d’Expérien-ces fur des Barreaux armés qui avoient des endents de différentes profondeurs, ibid.
- §. 1. Barreaux dont les endents avoient une ligne de profondeur , ibid.
- §. 2. Barreaux dont les endents avoient deux lignes de profondeur, ibid.
- §. 3. Barreaux dont les endents avoient deux lignes & demie de profondeur, 493
- §. 4. Remarques fur les Expériences précédentes, ibid.
- Art. VIII. Autres Expériences dans lefquelles on a fait les endents des Barreaux de différentes profondeurs , 494
- Art. IX. Suite d’Expériences faites avec du bois de Chêne, pour connoître quelle profondeur il faut donner aux endents , relativement à la groffeuf des pièces, 499 §. 1. Première Expérience , 496 ' §. 2. Seconde Expérience, ibid.
- 3.TroifîemeExpérience, 497 §. 4. Quatrième Expérience,ibid. §. y. Cinquième Expérience, ibid. §. 6. Sixième Expérience , ibid. §. 7. Septième Expérience, 498 §. 8. Conféquences des Expériences précédentes, ibid.
- Art. X. Réfultat des Expériences que nous avons faites pour connoître s’il étoit à propos de beaucoup multiplier le nombre des endents, 499
- Art. XI. Expériences pour connoî-tre quelle épaiffeur relative on doit donner aux mèches & aux pièces d’armure, ibid.
- §. 1. Suite ire d’Expér. ibid. §. 2. Suite 2e d’Expér. 500
- §. 3.. Suite 3 e d’Expér. 5*01 §. 4. Suite 4e d’Expér. ibid. §. y. Suite ye d’Expér. ibid. §. 6. Suite 6e d’Expér. yo2 §. 7. Conféquences qu’on peut tirer des Expériences précédentes, 503
- Art. XII. Obfervations fur la façon dont les Barreaux ont rompu , 504
- Art. XIII. Expér. pour connoître l’effet de la contraction des fibres qui font en refoulement , 509 §. 1. Suite ire d’Expér. ibid. §. 2. Suite 2e d’Expér. y 06 §. 3. Remarques fur VaElion des fibres lïgneufes, lorfque les Barreaux armés font chargés y 509
- Art. XIV. Expériences pour s’af-furer fi l’on peut augmenter la force des Barreaux armés en mettant une petite engraiffe fur la réunion des deux armures, y 12 Aat. XV. Comparaifon des Barreaux armés à l’ordinaire, dont l’armure n’eft que de deux pièces, avec des Barreaux dont l’armure eft de trois pièces , y 13
- Art. XVI. Récapitulation de ce qui a été traité dans ce Chap. ibid»
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- xxxij T A B
- CHAP. IX. Des Armures va--rie es de différentes façons, y iy Art. I. Expérience fur des Barreaux armés de deux pièces avec des endents obliques , J 16 Art. II. Expérience fur des Barreaux armés de deux pièces avec des endents en dés , ibid•
- Art. III. Conféquences des Expé-rien ces précédentes, ibid.
- Art. IV. Expérience fur un Barreau armé de trois pièces, avec des endents obliques, 517
- Art. V. Conféquences de l’Expérience précédente, ibid.
- Art. VI. Expériences fur des Barreaux armés de trois pièces, avec des endents en dés, ibid.
- Art. VII. Conféquences de l’Expérience précédente, 518
- Art. VIII. Expérience fur des Barreaux à meche de deux pièces & endents en dés, ibid.
- Art. IX. Obfervations fur l’Expé-• rience précédente, $ 19
- Art. X. Expériences fur des Barreaux à meche de trois pièces, & des endents obliques & en dés, ib. Art. XI. Conféquences des Expériences précédentes, $20
- CHAP. X. Continuation des Expériences fur les Barreaux armés de différentes façons y J 21 Art. I. Expérience fur des Bar-
- Fin de
- L E.
- reaux droits de trois pièces, avec des endents obliques , ibid. Art. II. Expérience fur des Barreaux droits de deux pièces, avec des endents en dés, ibid.
- Art. III. Expérience fur des Barreaux droits , dont les meches étoient de quatre pièces, y 22 Art. IV. Expérience fur des Barreaux courbes , dont la meche étoit d’une pieee , 5*23
- Art. V. Expérience fur des Barreaux courbes , dont la mèche étoit de trois pièces, ibid:
- Art. VI. Expérience fur des Barreaux à fortes empatures, ibid. Art. VII. Remarques fur les Expériences précédentes, y 2^'
- CHAP. XI. Conféquences & ap* plications utiles des connoif-< Jane es quon a ac quif es fur la force des Bois 9 y 27
- Art. I. Moyens de fortifier les pie-; ces de Charpente par des décharges , 530
- Art. IL Moyens de fortifier les Mâts, 532
- Art. III. Moyens de conferver aux Galeres leur Tonture par des Armures, 5*34.
- Art. IV. Application de ces prinr cipes aux Vailfeaux, y 4.3’.
- Explication des Planches £r des Figures du Livre V > 54-y
- la Table.
- ERRATA.
- Page 40, lig, 16, entre d’autres de 18 pieds \ UJez, en tout de .18 pieds.
- DU
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- DU TRANSPORT
- DES BOIS,
- E T
- DE LEUR CONSERVATION.
- LIVRE PREMIER.
- Du Tranfport des Bois.
- INT RO D UCTION.
- I l y a un très-grand nombre d’efpeces de Bois dont on fait ufage dans les Arts. Nous n’avons point parlé, & nous ne devons rien dire des Bois étrangers qu’on ne peut naturalifer dans notre climat, quoiqu’ils entrent dans le Commerce ÔC qu’ils foient employés utilement, foit pour les médicaments, foit pour les Teintures ou la Marqueterie, &c, Mais nous avons
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- % Du Transport
- fuffifamment parlé dans les Volumes précédents ( * )', des Arbres naturels à notre climat ou qui y ont été naturalifés ., tant des Bois durs, comme le Chêne, l’Yeufe , FOrme, le Noyer , le Hêtre, le Frêne, le faux-Acacia, le Platane, le Micocoulier , le Merifier, le bois de Sainte-Lucie, le Charme, FÉrable, le Mûrier, le Cormier, FAlifier, le Cornouiller, le Néflier,les Sauvageons Poirier ôc Pommier , Ôcc; que des Bois blancs, tendres 6c légers, tels que le Tilleul, FAune, les différentes efpeces de Peupliers, le Bouleau, le Châtaignier, le Marronnier d’Inde, le Saule; 6c enfin les arbres réfineux, Pins , Sapins ou Picéas , les Melezes , le Cedre du Liban , les vrais Cedres , les Cyprès, TIf, 6c beaucoup d’autres efpeces d’arbres dont les uns quittent leurs feuilles 6c les autres les confervent en hiver.
- Après avoir fait connoître les différentes efpeces d’arbres ôc enfeigné leur culture, la façon de les élever, de les multiplier, de les entretenir pendant leur accroiffement, J’ai expliqué à Foccafion de F exploitation ce qu’on entend par Bois enpeuil ou fauchillons, qui n’ont pas acquis l’âge de trois ans, les Bois; taillis, qui ont depuis neuf ans jufqu’à trente ans , les Bois dits hauts-taillis, de haut revenu ou demi-futaie, qui ont depuis trente ou quarante ans jufqu’à foixante, les Bois de haute-futaiey que l’on compte depuis foixante jufqu’à cent, cent cinquante ans 6c plus ; enfin les vieilles futaies en retour ou fur le retour , ôc qui commencent à dépérir.
- J’ai aufli expliqué ce qu’on entend par Rois mort, qui eff fans feve 6c qui ne végété plus , pour le diftinguer de ce qu’on appelle Mort-Bois, qui eft le Bois de quelques arbriffeaux de peu de valeur. J’ai aufli parlé des. défauts des Arbres fur pied, tels;
- (*) Dans le Traité des Arbres & Arbuftes ; dans celui des Semis & Plantations, & cxt-(àefhier lieu dans le Traité de l’Exploitation des Forêts*
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- » E S B O I S. I r v. I. 5
- que ceux quî font avortés , abougris ou rabougris ; ceux qui ont été brûlés fur pied, qu’on nomme Arfins; ceux qui ont été ou rompus ou renverfés par le vent, qu’on nomme Volts, Chablis, Chablês ou Caablés verfés & encroués ; les Bois qu’on a fait mou* rir par délit & forfaiture, quon nomme Bois de condamnation ou Charmés.
- Nous avons dit que les Bois de touche ou Marmanteaux, font ceux qui fervent à la décoration des Châteaux & Maifons de Campagne ; que les Bois en défend, défenfables ou en réferve font ceux quil eft expreffément défendu d’abattre ou d’endommager.
- Après avoir ainfi confidéré les Bois fur pied, vifs, en état de végétation, & me propofant de faire connoître le profit qu on peut en tirer en les exploitant, je me fuis d’abord renfermé dans la diftinélion des Bois en taillis & futaies. Les taillis four-tiiffent, fuivant leur grandeur, des harts ou rouettes , des fagots, des échalas de brin, des perches pour les trains, des cerceaux, des cotrets, de la corde à charbon ôt de la corde parée, des rondins, des ferches pour les cribles, des fourches , des bâtons pour les écuyers des efcaliers, ou des manches de houffoirs, qu’on appelle Bois de pique parce qu’ils fervent aufli à faire des hampes de piques & d’efpontons, &c.
- Après avoir expliqué comment les Bûcherons doivent abattre les taillis, nous avons donné la façon d’en faire toutes les différentes marchandifes qui peuvent les rendre utiles aux Propriétaires. Nous avons enfuit© paffé à l’exploitation des Bois plus gros, de ceux qu’on emploie à faire des chevrons de brin, des ridelles, des limons de charrette , des hêtres refendus en deux pour en faire des rames pour la navigation, du Bois en grume pour le Charronnage; enfin du Bois en bûches de compte, de moule ou de corde, tant en rondins qu’en quartiers. Nous
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- 4 D tr Transport
- avons détaillé enfuite comment on doit abattre les gros arbres ), comment on doit les débiter pour le Charronnage ou pour l’u-fage de F Artillerie ; la façon de les-équarrir pour les ouvrages de Charpente ou de conftru&ion des Vaiffeaux; les différentes méthodes de les refendre à la fcie de long pour en faire des foli-ves* des chevrons * des planches ou des membrures* ôte ; la façon de travailler les ouvrages de fente * les perches * les écha-las * les gournables * le douvain* le traverfain pour les futailles & barrils ; les ferches ôt enfonçures pour la Boiffelerie j les bardeaux * paliffons * lattes * barreaux dè Moulin* ôcc.
- Enfuite nous avons donné la façon d’ouvrer Ôt de travailler tous les Bois qu'on nomme de Raclerie * tels font les fabots * les talons de fouliers * les femelles de galoches * les bâts de bêtes de charge * les attelles de colliers * les arçons de felle * panneaux de foufflets * bois de lanterne * lattes pour les fourreaux d’épée * battoirs de lefïïve* pelles à four* pelles d’écurie* pelles pour remuer les grains * les febilles * moules à fuif * cuillers à pot * égrugeoires*bois de raquettes ( * ) * copeaux pour les Gaîniers *; & ceux dont les Marchands de Vin font ufage * ôcc.
- Quand tous les Ouvrages dont nous venons de parler font faits * il eff queftion de les tranfporter* foit aux lieux, où on en fait la confommation* foit au bord des rivières navigables pour les conduire dans les: grandes villes où doit s'en faire le débite’ Ceft de cet objet que nous allons maintenant nous occuper; mais je crois devoir commencer par donner ici un détail des privilèges qui ont été accordés aux Marchands Ventiers * pour faciliter la tirée de leurs Bois ôt la vuidange des ventes-
- ( * ) Les meilleurs bois de Raquettes font j grolTe, que les Ouvriers apportent ordi-farits de menus Frênes fendus en deux : ils nairement eux-mêmes pour les vendre aux. (è vendent par paquets de grofîe & demi- I Paulmiers.
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- n e s Bois. Liv. I. Chap. I. f
- CH A PITRE PREMIER.
- Privilèges accordés aux Marchands Ventiers pour faciliter la vuidange des Ventes , ôG principalement pour favorifer V Approvisionnement de Paris.
- 11 e s f permis aux Marchands Ventiers qui ont à faire tirer & lortir leur bois des Forêts , de faire paffer leurs charrettes Ôc harnois fur les terres qui fe rencontrent depuis les Forêts jusqu’aux ports des rivières navigables ôc flottables, en dédommageant néanmoins les Propriétaires, à dire d’experts : dès que les Marchands ont fait leur foumiflion de payer le dommage , on ne peut faifir ni arrêter leurs voitures.
- Les Marchands de bois flotté font pareillement autorifés à faire creufer de nouveaux canaux & a fe fervir des eaux des étangs, en dédommageant les Propriétaires des terres ôc des étangs , à dire d’experts. Les mêmes Marchands peuvent faire jetter leur bois , à bois perdu, dans les rivières Ôc ruiffeaux., en avertiffant dix jours d’avance les Propriétaires qui fe trouveront dans l’étendue du flot, par des publications aux Prônes des Pa-roiffes, ôc en offrant de réparer les dommages qu’ils pourroient cauferaux moulins , éclufes, chauffées, &c.
- Les Propriétaires riverains font tenus de laiffer de chaque «côté des rivières ôc ruiffeaux, un fentier de quatre pieds de largeur, pour le paffage des ouvriers qui pouffent les bois à val !de la riviere.
- Il eft permis aux Marchands de faire paffer leurs bois au travers des étangs Ôc des foffés des Châteaux; ôt les Propriétaires font obligés de tenir leurs parcs ouverts, ainfi que leurs baffes-cours, pour le paffage des ouvriers, toujours à la charge de dédommagement à dire d’experts.
- Comme les Marchands doivent réparer les dommages qu’il©
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- 6 Du Transport
- auroient faits aux chauffées & éclufes des moulins, âux bords des rivières , &c, ils font tenus d’en faire d’avance conftater juridiquement Tétât ; & les Propriétaires obligés de mettre leurs rivières en état ; à faute de quoi, ôt de n’avoir pas obéi aux fom-mations, les Marchands font autorifés à faire les réparations nécefîaires, dont ils fe rédiment enfuite fur ce qu’ils auroient à payer aux Propriétaires pour les dommages de leur fait.
- Le çhommage des moulins en valeur & tournants, eft eftimé au plus à quarante fols par jour.
- Il eft permis aux Marchands, de fe fervir des terreins voifinâ des rivières flottables ou navigables pour y faire des amas de leur bois, en payant aux Propriétaires dix-huit deniers par corde (*), fi le terrein qu’ils occupent eft en pré, & un fol feulement par corde fi ces terres font en labour ; & ce, pendant chaque année que le bois occupera le terrein : & pour faciliter le payement de ce loyer, les Marchands font obligés d’empiler les bois à leur marque par piles détachées, qui doivent être de huit pieds de hauteur fur quinze toifes de longueur ; moyen* nant cette fomme, les Propriétaires font obligés de laifler pafler fur leurs héritages les ouvriers qui font Tempilage ou qui façonnent les trains, ainfi que les voitures qui apportent les rouettes & les perches.
- CHAPITRE IL
- Du Tranfport des Bois ouvrés ou non ouvrée qui ne forment pas un gros volume.
- I l E s T clair que quand les bois font divifés par petites maffes, le tranfport en eft beaucoup plus facile que quand ils forment un gros volume, C’eft pourquoi quand les ventes font fort éloignées du lieu du débit, ou quand les chemins font très-mau-
- ( * ) J’ignore R cette taxe eft .uniforme dans toutes les Provinces du Royaume,
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- des Box &' Liv. I. Chas. II. y
- vais, on eft obligé de faire ouvrer ôt travailler dans les Forêts les bois qu’on y exploite; ôc c’eft du tranfport de ces fortes de bois que nous allons parler dans les Articles fuivants.
- ArticleL Du tranfport des Ouvrages de Raclerie.
- Comme les Ouvrages de Raclerie ne forment que de petites mafles , le tranfport en eft toujours facile. Si, cependant, les chemins font difficiles, on en charge des bêtes de fomme qui les tranfportent, foit aux villes voifines pour en fournir le® ouvriers, foit aux bords des rivières où on les charge fur des bateaux : quand les chemins font praticables, il eft plus expéditif d’en charger des charrettes à ridelles que de les tranfpor-ter à fomme r
- On voit très-fréquemment arriver à Paris, au port de la Greve, des bateaux chargés de pelles, de bâts, d’attelles , de colliers, de panneaux de fouffiets, ôte. Dans ce tranfport , on prend la précaution de couvrir les bateaux de genêt, de paille ou de bannes de toile, pour défendre ces ouvrages de la pluie & du haie, qui les feroient fendre, ce qui porteroit un grand préjudice au Marchand.
- Article IL Du tranfport des Ouvrages de Fente.
- Comme les Ouvrages de Fente, tels que les échalas, la latte, les ferches ôc les enfoneures de boiffeaux, les cercle® des futailles, font des marchandées plus pefantes que les ouvrages de Raclerie, on les tire, autant qu’il eft poflible, des Forêts par charrois; cependant on eft quelquefois obligé d’y employer des bêtes de fomme ( PL Lfig. i & 2), Il fuffit de remarquer que quand on tranfporte ces ouvrages de fente par bateaux, on peut fe difpenfer de les garantir de la pluie & du haie, parce quils courent peu de rifque d’être endommagés par les fentes.
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- g 1) û Transport!
- Article III. Du tranfpon du Charboiù
- Le Charbon fe tire fouventdes Forêts à fomme, tantôt dans de grands facs qui pefent environ 12 j liv. & que l’on place en travers fur le dos des chevaux ( Pi, I, fig, ^ ), tantôt dans de plus petits facs qu’on empile de long fur le bat des bêtes de charge {PL h fig, 4). Ordinairement ces charges de charbon fe vendent dans les lieux peu éloignés des Forêts.
- Dans les villes où Ion exerce la police fur cette denrée, on exige que les facs, grands ou petits, contiennent jufte une certaine mefure, comme mine, minôt ou boiffeau.
- Mais quand il faut voiturer le charbon a des lieux plus élo gnés, çonime une ville ou un port où on en remplit des bateaux , on charge le charbon dans de grands fourgons garnis d$ claies ( PL I, fig, f ), Pour que ces voitures en puiffent contenir beaucoup,on éleve les claies plus haut que les ridelles ; & quand on n’a pas à palfer par des chemins où les ornières foient profondes , on fupprime l’enfonçure de ces fourgons , & on y forme un fond de claies bombées en defTous, & retenues par des enlacements de cordes. Suivant Fufage des pays, ces voitures font tantôt à deux roues ( PL I, fig, f ), & tantôt à quatre {fig, 6), Pour la fourniture des greffes forges qui confomment beaucoup cje charbon, on le voiture ordinairement dans des bannes jaugées {fig, y & S) qui fe déchargent par deffous. On emploie quelquefois de pareilles bannes pour conduire le charbon aux ports, & l’on a, par ce moyen, la facilité de favoic plus précisément, foit en poids, foit en mefure, la quantité de charbon qu’on tire de la Forêt ; car fouvent une banne de charbon contient 1 $ à demi - queues <Je charbon, ce qui revient à 2 j00 liv.pefant.
- Le charbon étant rendu au port d’une riviere navigable, par quelque voiture que ce foit, il faut enfùife le charger dans des bateaux. $i çes bateaux font grands, on dreffe tout autour de fortes perches, ou de menues ridelles, qu’on éleve perpendiculairement aux bords {fig* 9 ) ; on les met à 6 ou 8 pieds de
- diftance
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- n e s Bois. Liv. I. Ckap. II. p
- diftance les unes des autres, parce que c’eft la grandeur des claies qui doivent retenir le charbon. On traverfe ces perches verticales avec d’autres perches placées horizontalement, ôc liées aux premières par des harts ou des rouettes : de plus, pour éviter que les perches dun bord ne s’écartent de celles de l’autre par la charge du charbon, on les contient avec des cordes de tilleul qui traverfent le bateau de diftance en diftance, même au travers du charbon, & on les attache aux perches verticales ; enfin, on revêt intérieurement tout ce bâti avec de fortes perches Sc des claies, après quoi on remplit de charbon toute cette capacité. Les bateaux qui font moins grands, & qui viennent parles canaux, font garnis feulement de perches de bois blanc a la hauteur d’une claie ; ôc, au lieu des cordes de tilleul, on met dans le charbon des perches de bois blanc.
- Les bateaux qui defcendent à Paris par la Seine, l’Oife ôc la Marne (PL I.fig. io ), font plus forts que ceux qui y viennent parles canaux, ôc qu’on nomme de Loire,Les grands bateaux ont communément 14 à iy toifes de longueur fur y toifes de largeur : on les charge comble jufqu’à 1 y ou 16 pieds de hauteur au-defîus du plat-bord : ils contiennent 2 à 3000 voies de charbon. Ceux des canaux ont 17 à 18 toiles de longueur, êt 11 à 12 pieds de largeur par le bas; on ne les charge qu’à la hauteur d’une claie pour qu’ils puilfent pafler par les éclufes : ceux-ci contiennent é, 7 à 800 voies de charbon. Le charbon qui remonte la Seine eft chargé dans de plus grands bateaux ( Fig. 5?) que celui qui defcend cette riviere; ces bateaux font chargés comble.
- On amene le charbon à découvert ; le fond des bateaux eft garni d’un plancher pour garantir le charbon de l’humidité, ôc
- Î>our faciliter le travail de la pelle quand on le décharge, ou orfqu on le mefure pour le vendre.
- On diflinguc, à Paris, le charbon de bois par les lieux doit on le tire : on eftime beaucoup, par exemple , le charbon d’Yonne quon fait en Bourgogne aveç du Cheneau fouvent pelard ; on l’arnene à Paris parla riviere d’Yonne dont il prend le nom.
- On eftime un peu moins le charbon de Marne qu’on fait en Champagne, ôc qui eft communément de bois de quartier ou de gros rondin* B
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- ïo Du Transport
- De même ; on appelle Charbon de Loire, celui qui eft fait aux: bords de cette riviere, & qui arrive à Paris par le canal de Briare : comme ce charbon eft gros , long ôc fait de toutes fortes de bois, on l’eftime peu*
- Le Charbon qu’on nomme de Seine , parce qu’il eft fait aux: bords de cette riviere au-defTus de Paris , eft à peu près de même qualité que celui de Loire.
- A Tégarddu charbon qui eft fait, foItenNormandïè, foit en Picardie, & dont les bateaux remontent la Seine, on le nomme Charbon de V Ecole, à caufe du port de ce nom où on le décharge a Paris r il eft de même nature que celui de Loire, c?eft~a-dire, fait de toutes fortes de bois.
- Les charbons qui fe font dans la forêt de Crecy-en-Brie , dans les bois de Tournon, d’Auxois, de Ferriere, de Che-vreufe, arrivent à Paris par terre, dans des charrettes garnies? de claies, ou à fomme dans des facs.
- Dans la plupart des Provinces où Ton n exerce pas de policé fur le charbon, on ne le vend pas dans des bannes jaugées i on le débite dans des facs de différentes grandeurs , & qui n’ont point de mefure précife : c’eft à l’acquéreur à juger, par habitude, de la grandeur de ces facs, & de ce qu’ils peuvent contenir. Mais à Paris, il faut, comme je l’ai dit, que les facs contiennent jufte une certaine mefure ; tout le charbon qui fe vend, ou fur les ports dans les bateaux, ou fur le pavé, eft vendu à la mefure. Le minot contient huit boiffeaux ; le boïjfeau, deux demi-boiffeaux ou quatre quarts de boiffeau ; les deux minots font une mine ; & vingt mines font le muid : le minot doit avoir 11 pouces p lignes de hauteur en dedans, fur un pied 2 pouces 8 lignes de diamètre; les deux minots, ou la mine, forment un fac qui pefe à peu-près 120 livres : c’eft ce que l’on appelle charge ou voie de Charbon y & c’eft ce qu’un homme dé force ordinaire peut porter.
- «S
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- des Bois. Liv. i. Chap. IL tt\
- Article IV. Du tranfport des Perches, Fagots 9 Cotrets & autres menus Bois.
- T a u s ces bois fe tirent des Forêts à Tomme, ou plus com-munément par charrois ; on les voiture ainfi aux endroits où Ton doit en faire la confommation, ou aux ports des ri-vieres navigables ; & là on en charge des bateaux.
- A l’égara des échalas ou charniers ( * ) de brin ou de fente ," on arrange les bottes de long dans des charrettes à ridelles : comme cette marchandée eft pefante, une charrette remplie de bottes d’échalas jufqu au deffus des ridelles , fait une charge pour le tirage de 3 ou 4 chevaux.
- Les cotrets fe tirent de la même maniéré des Forêts , ou fur Ües charrettes à deux roues, ou fur des chariots à quatre roues,
- A l’égard des fagots, comme ils encombrent beaucoup fans faire un grand poids, on en remplit le corps de la voiture entre les ridelles, en les arrangeant de long ; enfuite, quand on eft plus élevé que les ridelles ou les roues, on place les fagots en travers, on en forme une pile affez haute, que l’on retient par un cordage qu’on ferre le plus qu’il eft poffible, ou on emploie une forte perche, dont un bout eft paffé dans une éche-lette qui eft au-devant de la voiture, Ôc le bout oppofé eft affu-jetti par une corde. Dans d’autres endroits, pour augmenter l’élévation des ridelles, on difpofe en dedans, le long des ri-déliés, un rang de fagots mis debout ; ces fagots, en s’écartant un peu les uns des autres par le haut, forment une grande cavité qu’on remplit de fagots couchés, fiiivantla longueur de la voiture. Cette façon de charger les fagots évite d’employer des cordages pour les affujettir ; mais une voiture ordinaire ainfi chargée , peut à peine contenir de quoi faire le tirage de deux chevaux de moyenne force, pour peu que les chemins foient praticables. La plus grande difficulté qu’il y ait à voi-turer les fagots, eft que les voitures chargées fort haut font
- ( *) Ce qu’on appelle à Paris Echalas, fe nomme dans l’Orléanois charnier 3 dans le Bourdelois Œuvre, ailleurs Paiffeau, &c.
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- très-fujettes à verfer lorfque les routes font étroites , que les ornières font profondes, ou quand il faut traverfer des foffés.
- La maniéré de charger les bateaux avec des fagots , eft d’en remplir d’abord le fond jufqu’au plat-bord, empilés & placés de long ; enfuite, quand on eft parvenu à la hauteur du plat-bord , on met, fur les deux bords, des fagots entaffés en travers, de façon qu’ils débordent un peu le bateau des deux côtés ; on remplit le milieu avec des fagots pofés en long, ce que l’on continue jufqu’à ce que le bateau entre affez dans l’eau. Comme les fagots font légers, & qu’il faudroit, pour la charge d’un' bateau, les empiler fort haut, fouvent on met du bois de corde jdans le fond»
- Article V. Du tranfport des Bois de chauffage par terre.
- On façonne & on corde le bois à brûler dans les Forêts , comme nous l’avons expliqué dans le Traité de P Exploit ration des Bois ,* mais il faut enfuite l’en tirer pour le voiturer j foit directement aux lieux où il doit être confommé , foit aux bords des rivières, d’où on le tranfporte quelquefois fort loin»
- Comme le bois à brûler eft pefant, on en tranfporte peu à fomme : quelques pauvres gens viennent prendre le plus menu qu’ils tranfportent fur des ânes, ou de petits mulets, pour aller le vendre dans les lieux peu éloignés. Mais le tranfport fe fait ordinairement par charrois, foit avec des chariots, foit avec d’autres voitures à deux roues, fuivant l’ufage du pays. Affez fouvent ce tranfport fe fait fur des voitures garnies de ridelles î en ce cas, on arrange en long les morceaux de bois ; Ôc , fuivant la longueur de la voiture, ôc celle du bois qui varie félon lu-fage des différentes Forêts, on met bout à bout trois ou quatre bûches, ayant l’attention de mettre à chaque extrémité de la charrette, à l’avant Ôc à l’arriere , une bûche en travers pour élever le bout des bûches qui font pofées dans leur longueur , afin qu’elles ne coulent point dans les montées Ôc les descentes du tranfport.
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- Aflez fouvent les Marchands de bois, ou les Tiérachiens qui entreprennent de tirer les bois des Forêts, fe fervent de charrettes (PL l. fig. h ) qui ne font garnies de ridelles que vers les roues ; à cet endroit ils mettent le bois fuivant la longueur de la voiture ; & à l’avant, ainfi qu’à l’arriere , ils le pofent en travers : une chaîne, ou une lieure de corde, ou des ranchées (comme on le voit dans la Figure 11 ), empêchent que le bois ne s’écroule. Ces fortes de voitures font ordinairement légères ôc fort commodes dans les mauvais chemins, dont elles fe tirent mieux que toute autre. De quelque voiture quon fe foit fervi, quand le bois eft rendu au bord des rivières, on en forme des piles féparées les unes des autres, & ces piles doivent toutes avoir 8 pieds de hauteur fur i $ toifes de longueur: elles doivent contenir 22 cordes de bois ; ce qui eft commode , & pour les Marchands qui payent tous leurs ouvriers à la corde, & pour les Propriétaires du terrein, à qui les Marchands font tenus de payer un droit fixé pour chaque corde de bois, félon l’ufage du pays.
- Les Forêts qui fourniflent le plus de bois à brûler pour Paris , font celles de Lorraine, de Champagne, de Bourgogne , de Brie, de Picardie & de Normandie.
- Article VI. Du Bois cl brûler qiion tranfporte par bateaux*
- On ch ar g e le bois à brûler fur des bateaux comme on y charge les fagots ; c’eft-à-dire, que quand on a rempli le fond avec des bûches pofées de longueur, on en arrange de travers fur les plats-bords des deux côtés, & le milieu fe remplit avec des bûches placées en long. On ne les empile pas aufïi haut que les fagot», parce qu’il n’en faut pas autant pour faire la charge d’un bateau. Il y a des bateaux qui defeendent la riviere en fuivant le cours de l’eau (fig. 1 o ),% & d’autres qui la remontent , à l’aide des chevaux ou des boeufs (fig. $ ).
- Ce bois, arrivé ainfi par bateaux, fe nomme, à Paris, Bois neuf : on le décharge à l’Ifle Louvier , au port de la Tournelle,
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- au port de l'Ecole, ôte. Le bois qui arrive par charrois eft auflï appelle Bois neuf; il eft ordinairement deftiné pour des provi-fions particulières.
- Quand il arrive im bateau chargé de bois de différentes qualités , les Marchands font tenus , en le déchargeant, d'empiler ces bois féparément ; car il leur eft défendu de mêler dans le bois qu'ils vendent à la membrure, plus dun tiers de bois blanc, tel que l'Aune, le Bouleau, le Peuplier, le Tilleul, le Saule ; fl un Marchand fe trouve fiirchargé de bois blanc, il doit le vendre à part, ôc à meilleur marché que le bon bois, qui eft le Hêtre, le Chêne, le Charme, le Frêne, l’Alifier, les Sauvageons-Poirier ôc Pommier, ôcc. L'Orme eft aufli regardé comme bois dur parmi celui que l'on vend à la corde ou à la voie. Ce font ordinairement les Boulengers, les Rôtiffeurs , les Pâtifliers, les Potiers de terre, les Plâtriers, Ôcc, qui achètent les bois blancs ; car quand ces bois tendres font fecs, ils brûlent très-vîte, ôc donnent une flamme vive qui chauffe beaucoup : les Tourneurs en bois tendre, les ouvriers qui font des. talons de fouliers Ôc des femelles de galoches, achètent aufli çette forte de bois pour le travailler.
- Le Bois pelard, c’eft-à-dire, celui dont l'écorce a été enlevée fur pied pour en faire du tan, eft mis au nombre des bois neufs; il eft menu , Ôc communément il fe confomme par les Cuifi-niers, Pâtifliers, Boulengers ôc par les Rôtiffeurs. Ce bois, qui eft fort fec ôc de pur chêneau, fait beaucoup de flamme ôc un feu très-ardent. Tous les bois dont nous venons de parler fe vendent à la voie, mefurés dans une membrure ( PI, I-fîg* 12), comme nous l'expliquerons dans, un inftant.
- Tout le bois neuf, deftiné à brûler , qui fe vend à Paris, - fe diftingue,. fur les ports, en Bois de compte ôc Bois de corde (*).
- (*>Il nefèra peut-être pa& hors ide propos de rapporter ici quelques Oblërvations qui ont été faites 3 l’occafîon du cordage des bois ronds & fendus.
- Les dimenfîons de la corde de Paris étant de 8 pieds de long & 4 de hauteur, & les bûches. ayant 4a pouçes de longueur, la corde
- forme un lôlide de m pieds cubes, mais qu’il eft impofliblede remplir» 6ns vuide, avec des bûches, foit rondes,foit fendues, telles que (ont lesbois. à brûler. Qn n’admet d'ailleurs dans une corde de bois, fiûvant les Réglements des Eaux & Forêts, que des bois d’une certaine grolTeur déterminée
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- Le Bois de compte, qu’on nomme auj(ïi Bois de moule, doit avoir au moins x8 pouces de circonférence : il fe mefure dans un anneau de fer, qu’on nomme le moule, qui doit avoir 2 pieds 1 pouce de diamètre, e’eft-à-dire, 6 pieds 3 pouces de circonférence :• il faut, pour former une voie de bois de compte ? la quantité de ce que peuvent contenir 3 de ces anneaux , plus .12 bûches , qu’on nomme témoins*
- Le bois qui a moins de 18 pouces de circonférence, jufqu’à 6, s’appelle Bois de corde ,* on y mêle alors du bois de quartier ou fendu, avec le rondin j le bois qui n’a que 6 pouces de groffeur, eft nommé taillis ; le plus menu doit être converti en charbon , ou bien on en fait des perches qu’on vend dans leur longueur, ou qu’on emploie pour en former les trains, comme nous le dirons dans la fuite : on en fait aufli des falourdes Ôc des cotrets.
- pour les plus petits morceaux, attendu que ceux au-deffous doivent être convertis en charbon, ou entrer dans les fagots pour en être les parements. A Paris , tous les bois ronds, qui ont 17 pouces de pourtour, ou davantage, peuvent, fuivant l’Ordonnance de la Ville de 1:671, être réfervés pour être Vendus entre les bois qu’on nomme de compte ou de moule , qui font plus chers que ceux de corde. Dans les Provinces, on ne fait pas cette derniere diftinéïion ; mais il en réfulte qu’il n’y eft pas facile, comme à Paris, de fè procurer de gros bois à brûler en bûches rondes, parce que tous les Marchands de bois favent pratiquement que les gros bois ronds font ceux qui rempli-roient le mieux la corde , ou que le bois de quartier foifonne beaucoup plus à la mefure , &, qu’en conféquence, ils n’en réfervent aucuns à vendre ronds & , fuivant des expériences qui ont été faites à Metz, 8 cordes de bois ronds, étant converties en bols femlu, rendcm, 1 i cordes : on apperçoit bien que ces proportions doivent varier fuivant la groffeur des bois.
- On pourroit auffi démontrer , en fefer-vant du principe de M. de Mairan , fiir les piles de bois ( Dijfert. fur la Glace 1749. p. 143. ) qu’avec tous bois précifément cylindriques, de 3 pouces | de diamètre ^e’eft-
- à-dire , de la groffeur la plus favorable a» rempliffage exad de la corde, il ne feroit" pas poffible d’y faire entrer jufqu’à 97 pieds cubes dé bois. Si l’on joint à cette donnée le réfultat de l'expérience de Metz, il s’enfuit que c’eft tout au plus s’il peut entrer 70 pieds cubes effectifs de bois dans une corde la mieux mefûrée qu’il eft poffible en: bois fendu ; & que fur les ru; pieds du cube de la corde, il fe trouve nécelîairement au moins 4a pieds de vuide. On fentr affez combien la fraude ou mal - façon dans le cordage, & la forme tortueufe des bois v peuvent augmenter ce vuide> au grand préjudice de l’acheteur. Dans quelques Provinces,on croit éviter cet inconvénient en vendant les bois au quintal ;• c’eft l’ufage de Marfèille ; mais on n’évite pas abfolumene tous les autres : car les bois, en fe deffé-chant, perdent-plus de leur poids que de leur groffeur ; &, pour cette raifon, les Marchands effayent de les vendre verds, & nouvellement abattus le plus qu’il eft pof-fîble : outre cela, le poids des bois change beaucoup liiivant que l’air eft fec ou humide ; & les Marchands tâchent de vendre leurs bois dans les circonftances qui fe trouvent leur être plus avantageufes. Cette Note' eft tirée, en partie, des Mémoires de M. dè; Fourcroy, Ingénieur en chef » à Calais*.
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- J’ai dît que tous les bois à brûler fe mefuroient d’abôrd, dans les Forêts, à la corde (*) : cette corde eft une pile de 8 pieds de longueur fur 4 de hauteur. Mais tous les bois à brûler qu on vend à Paris ( le bois de moule excepté) doivent fe vendre par demi-corde qu’on nomme voie, & qui fe mefure dans un aiTemblage de charpente appellé membrure ( PI, Ljfig. 12). Cette mefure doit contenir une pile de 4 pieds de hauteur, fur 4 pieds de largeur. La membrure eft compofée d une piece de bois de 6 pouces d’équarriffage, & de 7 à 8 pieds de longueur. Sur cette piece , qui fait la baie de la membrure, s’élèvent deux pièces de même groffeur, éloignées l’une de l’autre de 4 pieds dans oeuvre , affemblées à mortaifes dans la piece de la bafe : ces montants ont 4 pieds de hauteur , Ôc font affermis par deux liens extérieurs affemblés dans la piece d’en bas & dans les montants.
- Lorfque cette membrure eft exa&ement remplie de bois, elle donne ce qu’on nomme une voie , &, par conféquent, une demi-corde de 4 pieds de bafe fur 4 pieds de hauteur. Tout le bois deftiné pour la confommation de Paris, doit avoir 3 pieds ~ de longueur.
- Le plus beau bois, ôc, fans contredit , le meilleur à brûler qu’on apporte à Paris, eft celui qu’on nomme Bois â’Andelle 9 du nom d’une petite riviere du Vexin Normand, aux bords de laquelle il s’en façonne beaucoup. Ce bois eft très-droit, fans nœuds, effence de Hêtre, mêlé d’un peu de Charme : par une exception particulière, ces bois qui arrivent par les rivières de Seine .& d’Oife, n’ont que 2 pieds 4 pouces de longueur ; la groffeur des bûches n’eft point déterminée, & ce bois fe mefure à l’anneau ; mais comme il eft moins long que tout autre, il en faut 4 anneaux pour former une voie * & 16 bûches en fus pour témoins,
- Les Tourneurs, ceux qui font des formes pour les Cordon* niers & les Atçonneurs, achètent auffi de ce bois pour le travailler.
- Après avoir parlé de la façon de voiturer les bois à brûler
- (* ) Exploitation 4es Bois, Tome I, p, i^s
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- •par charrois ôc par bateaux , je vais parler du bois quon voiture à flot, ôc quon appelle, pour cette raifon, Bois flotté*
- Article VII. Du Bois flotté.
- I l y a , dans certaines Provinces, des bois qu’on ne peut ^conduire à Paris, ni par terre, ni par bateaux. Suivant plu-fieurs Auteurs, un Bourgeois de Paris, nommé Rouvet, Marchand de bois, fut le premier qui, en 1449, s’avifa de faire venir à Paris, par la Seine, des bois flottés du Morvant, petite Province fituée entre la Bourgogne ôc le Nivernois. Pour cet effet il retenoit paréclufées, dans les faifons convenables, l’eau des petites rivières qui font au-deffus de Cravant,dans lefquelles il faifoit jetter les bûches à bois perdu ; au moyen de quoi elles fe rendoient julquà lariviere d’Yonne ; là, on les affembloit par trains pour les conduire à Paris. Cette invention fut fi bien reçue, que les habitants de cette ville firent des feux de joie à l’arrivée de ces trains. Le fuccès de cette entreprife hardie détermina par la fuite d’autres Marchands à rendre flottables d’autres petites rivières ; enfuite les ruiffeaux de l’Ifle , de Loupy 3 ôte; au moyen defquels on pouvoit tirer, pour l’ap-provifionnement de Paris , des bois de Lorraine , du Bar-rois , de la Champagne, ôcc. En 14^0, on fit venir du bois flotté de la Forêt de Lions , par la riviere d’Andelle, qui fe jette dans la Seine un peu au-deffus du Prieuré des deux Amants : ce bois en a retenu le nom d’Andelle. Par ce moyen on a eu la facilité d’exploiter aufli avantageufement les bois qui fe font trouvés à portée des rivières flottables, que ceux-des environs des rivières navigables, Ôc d’en conduire à Paris de très-loin , ôc avec peu de frais ; ce qui a été ôc eft encore d’un grand fecours pour fournir Paris de bois de chauffage ôc de bois de charpente.
- II y a donc deux façons de flotter les bois de chauffage ; favoir, à bois perdu ôc en train.
- Quand il ne fe trouve dans les Forêts, ni dans leur voifî-ftage, aucune riviere navigable, mais feulement des ruiffeaux £
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- Du Transport
- qui, fans être propres à la navigation , ont cependant nn courant d’eau un peu rapide, on voiture , par charrois ou à fournie, les bois des ventes au bord de ces petites rivières; les marchands ont foin de marquer toutes les bûches aux deux bouts avec leur marteau ; &, quand ils ont raffemblé fuflifam-ment de bois pour faire ce quils nomment un flot , ils font avertir les Seigneurs ou Propriétaires des rivières , moulins , éclu-fes, àcc, dix jours avant que de jetter leur bois à l’eau, par des publications aux Prônes des Paroiffes fituées depuis l’endroit où ils doivent jetter leur bois, jufqu’à l’embouchure de ces ruifleaux dans les rivières navigables ; après ce terme expiré, les Marchands peuvent jetter leur bois à bois perdu , fur les rivières & ruifleaux, fans qu’on puiffe les en empêcher ; ils x>nt même le droit de traverfer les étangs & foffés des Seigneurs & des Propriétaires, qui font tenus, à cet effet, de faire des; ouvertures à leurs parcs & baffes-cours pour la facilité du travail des ouvriers employés par les Marchands : ils peuvent aufli faire de nouveaux canaux, ôc fe fervir, pour leur flot , des eaux des étangs & foffés, en dédommageant les Propriétaires à dire d’Experts. Nous avons rapporté plus haut les privilèges qui ont été accordés aux Marchands pour leur donner toutes les facilités propres au fuccès de ce flottage. Il faut que les Marchands faffent façonner leur Bois en faifon convenable, qu’ils le laiffent fécher fur la feuille, qu’ils le faffent voiturer , en tems fec, près des ruifleaux flottables, Ôc qu’ils examinent s’il eft affez fec & flottant fur l’eau avant de l’y jetter bûche à bûche : caries bois qui tombent au fond de l’eau,Ôc qu’on nomme fondriers ou canards, doivent être réfervés pour un autre flot, êt même pour celui de l’année fuivante ; fans cette attention , la plus grande partie des bûches iroit à fond.
- Autrefois, vingt-quatre heures après le flot, les Seigneurs, ou leurs Meûniers, faifoient pêcher ces bois fondriers & fe les approprioient comme épave ; maintenant les Marchands ont quarante jours après le flot pour faire pêcher leur bois ; mais les frais néceflaires pour repêcher ces bois,pour le triage ou tricage de ceux qui appartiennent à différents Marchands, les enchères
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- que les Marchands mettent les uns fur les autres pour les voitures, toutes ces chofes occafionnent des difputes, des procédures Ôc des frais, qui excédent fouvent la valeur du bois ; d’ailleurs, ce bois pourrit au bord des rivières en attendant le jugement de ces différends. C’eft pour ces raifons que les Marchands , qui connoiffent leurs intérêts, prennent beaucoup d’attention à ce que leurs bois ne deviennent point fondriers.
- Ceci bien entendu, Ôc après que les Marchands fe font mis en réglé vis-à-vis les Propriétaires riverains, ils font jetter leur bois dans l’eau bûche à bûche ; ôc alors le courant les entraîne vers le bas, pendant que des ouvriers accompagnent le flot pour pouffer à val les bois qui pourroient s’arrêter dans des anfes , ou dans les endroits où le lit de la riviere fe trouveroit embarraffé ; c’eft pour la commodité de ce travail, que les Propriétaires font aftreints à laiffer aux bords des rivières un fen-tier de quatre pieds de largeur.
- Pendant ce travail, on fait à l’embouchure de la petite îiviere dans la riviere navigable, une eftacade ou traverfe avec des pieux ôc des perches, afin d’empêcher que le bois ne paffe dans la grande riviere.
- Nous avons dit qu’il ne falloit jamais jetter dans l’eau, à bois perdu, des bois nouvellement abattus ôc remplis de leur feve ; car pour peu que le flottage fût long une partie iroit au fond, ôc ces bois deviendroient en peu de temps canards ou fondriers, au lieu que les bois fecs relient plus long-temps flottables. Cependant quand les bois fecs refient trop long-temps fur l’eau , il arrive quelquefois que la plus grande partie devient fondrier, fur-tout lorfque le bois, de fa nature, efl de bonne qualité & pefant ; alors les Marchands font obligés de les tirer à terre avant la fin du flot, pour les y laiffer quelque temps fe deffécher , après quoi ils les font rejetter à l’eau. Comme cette opération entraîne des frais , on n’y a recours qu’à la dernière extrémité, ôc après qu’on a apperçu qu’une partie de ce bois ell tombée au fond de l’eau ; les Marchands , comme nous l’avons dit, ont le droit de le faire repêcher pendant quarante jours après que le flot ell paffé ; ôc s’il arrive que dans
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- l’intervalle- de ces quarante jours, d’autres Marchands faffeflg: paffer des flots , ce terme de quarante jours ne commence à courir que d’après la paffée du dernier flot, fans être tenu' d’aucun dédommagement envers les Seigneurs & Propriétaires' riverains; mais après ces délais expirés, les Seigneurs & Propriétaires font, en droit, çour débarraffer leurs eaux, de faire pêcher les bois fondriers, a la charge de les laiffer fur le bord1 des rivières, fans qu’ils puiffent fe les approprier , parce que ces bois font réputés appartenir aux Marchands dont ils portent la' marque, après toutefois qu’ils auront rembourfé les frais de cette pêche, & le loyer des héritages que les bois ont occupés ; le tout à dire d’Experts.
- De même fi-, pendant le flot, il arrivoit une crue & un dé-? bordement d’eau, les bois qui feroient portés dans les champs } hors le lit de lariviere, 6c qu’on nomme Bois échappés, appartiennent aux Marchands dont ils portent la marque; & il eft défendu à tout autre de fe les approprier, fous des;peines très-rigoureufes.
- Les bois ainfi jettés dans l’ëau dont ils fuivent le cours , fe rendent peu à peu à l’embouchure des ruiffeaux dans les grandes rivières, où ils fe trouvent arrêtés par une eftacade : alors on les tire de l’eau, & on les empile fur le port, après avoir eu l’attention de féparer les bois qui appartiennent à différents Marchands.
- Quand les bois n’ont fait qu’un petit trajet à bois perdu ; -ôt que, pour les rendre à leur deftination, on eft obligé de leur faire remonter les grandes rivières, les Marchands les chargent dans des : bateaux : ces bois, qui ont confervé toute leur écorce, font vendus comme demi-flottés , ou comme h ois de gravier, qui different peu des bois neufs.
- Le plus ordinairement on forme des trains des bois qui ont été flottés à bois perdu , pour les conduire, fuivant le cours des grandes rivières, aux grandes villes où ils doivent être confommés, Je vais expliquer la façon de former les trains*
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- des Bois. L i v. I. Chap. II. s Article VIII. Des Trains de Bois à brûler.
- O n ap pel L E fur nos rivières, Train, une efpeCe de radeau formé d une certaine quantité de pièces ou morceaux de bois réunis, au moyen de plufieurs longues perches liées ou attachées les uns aux autres par des harts ou rouettes.
- Les trains fuivent toujours le cours de l’eau , ôc je n’ai pas connoiffance qu’on, leur fafle remonter les rivières , quoique cela ne me paroiffe pas impoflible à pratiquer.
- Ceft pour cette raifon que le bois flotté qui arrive à Paris, vient ordinairement d’Auvergne, du Bourbonnois, du Ni ver-nois, de la Bourgogne , du Morvant , de la forêt de Compie-gne , de la Lorraine, de Montargis , & d’autres lieux fltués en remontant les rivières au-deffus de Paris.
- On ne fait point de trains de fagots , ni de cotrets ; mais on en fait de bois de charpente, de bois de fciage ôc de bois à brûler : c’eft de ces derniers dont je vais m’occuper maintenant ; il fera queftion des autres dans la fuite.
- Les trains de bois à brûler font ordinairement compofés de Tï8 coupons, & chaque coupon eft de 12 pieds de long; la longueur de ces trains eft de 36 toifes, c’eft-a-dire, 216 pieds. On proportionne leur largeur à celle des rivières & des canaux par où iis doivent pafler ; c’eft pour cette raifon qu’il y a des trains qui n’ont de largeur que trois longueurs de bûches , qui font dix pieds ÔC demi; on les nommeTrains â trois branches ; d’autres ont quatre branches, & par conféquertt quatorze pieds de largeur ( f lanche IIL Fig. 4 ). Ces grands trains fournirent ordinairement 25; cordes de bois, c’eft-a-dire 30 voies*
- Quand les trains doivent flotter fur des rivières qui ont beaucoup de fond, ceux à trois branches contiennent autant de bois que ceux à quatre, parce qu’on peut mettre le bois à une plus grande épaiffeur ; car l’épaiffeur des trains de bois de chauffage varie depuis 18 pouces jufqu’à 20 & 22.
- Les coupons de 3 ou de 4 branches fe font à terre ; enfuira On les affemble loxfqu ils font à flot.
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- Je le répété> pour faire les coupons, il faut commencer par former les branches , parce que ces coupons font faits de 3 ou 4 branches aflemblées les unes à côté des autres.
- Pour faire lès branches, il faut former une couloire ( PL 11, Fig. 1), c’eft-à-dire, un plan incliné, afin de mettre plus aifément le coupon à l’eau. On établit ce plan incliné avec de grofîes bûches b (Fig, 3 ), qu’on met au bout de la couloire oppofé à la riviere ; ôt à mefure qu’on avance du côté de la rivière , on emploie des bûches de plus en plus petites ; & enfin on fe difpenfe d’en mettre quand le terrein fe trouve naturellement incliné, comme on peut le voir (Fig, 2 ). On enfonce un peu ces bûches dans le terrein, afin quelles foient folidement affujetties, ôc qu’elles forment toutes enfemble un plan alfez uniforme : on met, fur ce plan incliné, des perches a a a ( PI, II, Fig, xy 2 & 3) à la diftance de 6, 7 ou 8 pouces les unes des autres ; c’eft fur ces perches que le coupon qu’on va faire doit glifler pour être mis a flot. Cette couloire doit avoir 1 $ pieds de largeur fur une pareille longueur, afin qu’on puifle conftruire defliis quatre bran-» ches de 3 pieds & demi de largeur, ôt en total 14 pieds fur 12 de longueur.
- C’eft donc fur la couloire qu’on doit faire les branches ; ce* pendant, pour éviter la confufion dans les figures, je vais fup» pofer qu’on fait la branche ( PL III, Fig, 1 ) hors des couloires ; il fera aifé d’imaginer qu’elle eft placée defliis. On pofe par terre , ou plutôt fur la couloire, deux perches B B ( Fig. 1, 2 & 3 ) de pa 13 pieds de longueur fur 3 ou 4 pouces de circonférence ; ôn les nomme le chantier de deJJous ,* on arrange fur ces per» ches , le plus régulièrement qu’il eft poflible, des bûches CCC &c. ( Fig. 1,2,3 ^"4) les groflfes & les menues, les unes en rondins , les autres refendues , & on en met ainfi jufqu’à Fépaiffeur de 1$ , 18 ou 20 pouces. Quand les eaux font bafles, on ne donne que 14 pouces d’épaifîeur aux branches ; lorfque les eaux font fortes , leur épaiffeur excede quelquefois 20 pouces.
- Quand le lit de bois eft fait, on met par-deftiis deux perches AA ( Fig. \y2& %) pareilles à celles de défions ; on nom»
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- me celles-ci le chantier de dejfus ; enfuite on lie , avec des rouet-tes ou harts, la perche du chantier de deffus avec celle du chantier de deffous, Ôc on met ces rouettes DD, ôcc. ( Fig. i&2) environ à 18 pouces les unes des autres : alors la première branche fe trouve faite.
- Tout auprès de cette branche, Ôc fur la même couloire, on en forme une fécondé toute pareille, puis une troifieme, enfin une quatrième on réunit enfuite les quatre branches pour en faire un coupon que nous allons décrire.
- La Figure 4 repréfente les quatre branches pofées tout près les unes des autres : EE, FF, GG, HH, font les quatre branches pofées comme elles doivent l’être fur la couloire : chacune effc retenue par les chantiers de deffous ôc de deffus avec des rouettes, comme on le voit (Fig. 1 ). Pour réunir enfemble ces quatre branches, on prend des perches 11 ( Fig-. 4) de 14 à 1$ pieds de longueur , on nomme celles - ci traverfes ou traverfins : on les pofè fur les chantiers de deffus , de façon qu’elles les croifent à angle droit ; on les lie avec des rouettes dans tous les endroits où les traverfins croifent ôc rencontrent les chantiers ; ôc alors un coupon fe trouve formé. Il faut 18 de ces coupons pour faire un train ; ils font tous faits les uns comme les autres y excepté qu’on ajoute des bourraches ou nages K (Fig. 2 ) aux deux bords du premier coupon de l’avant, qu’on nomme le coupon de tête ; d’autres, àh dernier coupon de l’arriere, qu’on appelle coupon de queue ; ôc enfin d’autres au coupon du milieu. Cette nage s’étend de L en M (Fig. 2) où l’on peut voir comment elle eft ajuftée.
- La nage L N 0 M eft liée aux chantiers de defïous en L , aux chantiers de defliis en N, enfin en O ôc en M aux perches verticales, qui font elles - mêmes liées aux deux chantiers ôc qu’on nomme faujfes nages, qui fervent à affermir la nage ou la bourrache. Ces nages fervent à percher, c’eft-à-dire, à donner un point d’appui à une perche dont le bout inférieur porte au fond de la riviere ôc le fupérieur contre la nage, ôc qui fert à pouffer le train d’un côté ou d’un autre au moyen d’une fe-eouffe que le Marinier donne ; c’efl la façon la plus ordinaire
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- de gouverner les trains. A mefure que les coupons font faits fur la couloire, on les pouffe à l’eau avec des leviers comme on le voit ( Fig. 4 ) ; ce qui s’exécute affez aifément , non-feulement par le moyen du plan incliné, mais encore parce que le coupon gliffe fur les perches qui forment le deffus de la cou-loire : ces coupons font affez fortement liés pour ne fe point défaire quand, en les mettant à l’eau, la berge eft de deux ou trois pieds plus élevée que l’eau.
- Lorfqueles bois font lourds, foit à caufe de leur bonne qualité , foit parce qu’ils font encore chargés d’eau ou de feve, on a foin, pour foutenir le train à flot, & en faifant les branches du milieu F & G (PI. III. Fig. 4 ), de placer dans l’épaiffeur du bois des demi-muids bien étanches P ( Fig. 3 ) & vuides : ces demi-muids doivent être bien ferrés entre les chantiers de deffus & de deffous, afin qu’ils ne fe dérangent point : on n’en met jamais aux branches de la rive.
- Quand on a lancé à l’eau deux coupons, on les lie enfemble, pendant que d’autres ouvriers en forment d’autres : ainfi les coupons font à flot -quand on les lie les uns aux autres. Je vais dé-tailler cette opération.
- On choifit de fortes rouettes dont le gros bout foit de la
- froffeur d’une bougie des 4 ou des $ à la livre ; Ôc l’on tord ce out auquel on forme une anfe ou anneau (Fig. y ). Ces rouettes,’ ainfi difpofées, fe nomment croupières > on les attache aux bords des coupons, à tous les endroits où les chantiers de deffus font eroifés par les traverfins, comme on le voit en Q Q ( PL IV) ; enfuite on approche les deux coupons l’un de l’autre le plus qu’il eft poflïble, de l’on paffe une piece de bois nommée PA-billot, dans les anneaux des croupières qui fe répondent, & dont les unes appartienent à l’un de ces coupons ôdes autres à un autre, comme on le voit repréfenté (Pl. III. Fig. 6 ) : a eft la croupiere d’un des coupons, b eft celle de l’autre coupon ; c c repréfente une partie du traverfin d’un coupon ; dd, le traverfin de l’autre coupon; e e, l’Abillot qui fait l’office d’un garot : on voit (Fig.7) qu’en tournant PAbillot ee, qui eft paffé dans l’anneau des crou' pieres a&bt on peut; lier txès-çxa&ement; les coupons les uns aux
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- autres, parce que la queue de ces croupières eft attachée aux traverfins cc dd ( Planche III) des deux coupons qu’on doit lier enfemble l’un à l’autre;ôc comme il y a dix croupières fur chaque coupon, les deux fe trouvent fortement liés l’un à l’autre. On voit dans la Planche IVun coupon de quatre branches mis à flot, avec les croupières QQ, Ôte, attachées aux traverfins.
- Pour un train de bois flotté de 14 coupons à quatre branches, chaque branche compofée de 60 bûches, il faut 350 perches de dix-huit à vingt pieds de longueur, ôc trois milliers de liens , harts ou rouettes de dix à douze pieds : ainfi, pour vingt mille voies de bois flotté qui arrivent par an à Paris, on a befoin de fept mille perches ôc de foixante mille rouettes qu’on coupe en feve afin quellesfoient plus pliantes, ce qui fait une déprédation confidérable dans les taillis : il feroit donc à defirer qu’on plantât dans les lieux voifins des ports ou l’on confirait ordinairement les trains, des taillis de bois blanc, qui viennent vîte,ôc que l’on pourroit employer à faire les perches Ôc les rouettes néceffaires pour affembler les trains ; par ce moyen on ménagerait les taillis de Chêne, de Charme,' ôcc.
- Comme il y a huit croupières fur chaque bout des coupons de quatre branches, il faut, pour réunir deux coupons, employer huit abillots , ôc pour un train de 18 coupons ,136 abillots Ôc 288 croupières. Lorfque tous ces abillots font en place,ôc qu’on a eu l’attention d’employer de bonnes rouettes de Charme, ou de Chêne, pour faire les croupières, les coupons font fi parfaitement liés les uns avec les autres, qu’on a quelquefois vu employer 30 chevaux à dégager un train engravé, fans que, par cet effort, il fe foit rompu.
- On joint de même, tes uns aux autres, les 18 coupons qui doivent faire un train de 3 6 toifes de longueur ; ôc l’on met en avant, pour les coupons de tête, ôc en arriéré, pour ceux delà queue, les coupons auxquels on a ajufté des bourraches ôc des nages ainfi qüe je l’ai expliqué plus haut. Le train étant entièrement fait, on le pouffe au courant de l’eau dont il fuit le fil : la feule façon de le conduire eft, quand il ne fe trouve pas une trop grande profondeur d’eau, de le diriger avec la perche qu’on
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- fait porter d’un bout au fond de la riviere & de l’autre contre la bourrache, pour donner au train une fecouffe qui le pouffe du côté où l’on veut qu’il prenne fa direction ; Ôt quand les eaux font baffes, comme il faut choiftr l’endroit le plus profond du lit de la riviere, ce travail eft quelquefois allez pénible» Lorfque l’eau eft trop profonde pour pouvoir fe fervir des perches , on emploie de longues rames avec lefquelles on le dirige exactement dans le fil du courant. Quand les eaux font bonnes, deux hommes fufflfent pour conduire un train de 25* cordes de bois, fur les rivières qui affluent à la Seine ; ôt comme cette riviere eft plus grande, fit que la navigation y eft plus dange-reufe, fur-tout quand les eaux font fortes, on emploie affez fouvent quatre hommes pour conduire un train. Il y a un accident qui eft fur-tout à craindre, c’eft quand le train fe trouve oblique au courant, ôt que l’avant va moins vite que l’arriere , foit qu’il fe trouve dans un courant moins rapide, ou qu’il frotte fur un fond de vafe ; car alors l’arriere, que le courant prend en travers, allant plus vite que l’avant, le train fe replie , ôt il fe xomproit fi l’on ne fe hâtoit de couper les croupières à l’endroit où le train eft plié ; alors il fe fépare en deux, ôc l’an tâche de faire aborder ces deux petits trains au plus prochain rivage pour les rejoindre Ôt continuer la route.
- Nous avons dit que quand on a des trains a conduire fur des petites rivières, on ne les fait quelquefois que de trois branches $ quelquefois aufïï on ne leur donne en longueur que neuf coupons ; ôt après être parvenu dans la grande riviere, on en joint deux au bout l’un de l’autre, ce qui fait 18 coupons. Souvent aufïi quand les eaux font bonnes, on joint deux trains à côté l’un de l’autre, c’eft pourquoi on en voit arriver à Paris qui ont huit branches de largeur ; ôt comme ceux qui font chargés de les conduire font obligés de traverfer fouvent d’un bord des trains à l’autre, pour qu’ils aient moins de chemin à faire, en attachant les deux trains à côté l’un de l’autre , on en fait déborder un à peu près de la moitié de la longueur d’un coupon , comme on le voit Planche I. Fig. 13.
- .Ordinairement on ne flotte point pendant l’hiver 5 cepen-
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- dant il arrive quelquefois que les trains font pris par les glaces ; ôc quand la riviere relie long-temps gelée , on eft obligé de défaire les trains pour empiler le bois au bord de l’eau jufqu’à ce que le dégel foit venu ; non-feulement parce que dans le temps de la débâcle les trains pourroient être brifés , mais encore parce que les bois fe trouveroient tellement imbibés d’eau qu’ils deviendroient canards, ôc il ne feroit plus pollible de les flotter lorfque la riviere feroit libre. Quand la riviere eft débâclée , ôc quand les bois ont été fuflifamment delféchés, on refait les trains ; quoique cela occafionne des frais confidérables , 011 préféré cependant de les fupporter pour éviter la perte totale du bois.
- Les grandes eaux ôc les crues font très-contraires au flottage des trains : on ne peut alors les conduire avec la perche, ôc fou-vent même la rame n eft pas aflez puifîante pour vaincre les courants. Le temps le plus propre pour flotter les trains eft quand il y a dans la riviere 18 pouces, 2 pieds ou 2 pieds y d’eau.
- Lorfque les trains font arrivés à leur deftination , on les amarré au bord de l’eau avec un cordage qu’on attache fur le train à deux traverfins ; & quand les eaux font fortes, on met quelquefois deux amarres.
- Les Marchands ne peuvent avoir que deux trains vis-à-vis leur chantier ; les autres trains doivent relier au-deflus de Paris jufqu’à ce que ceux qui font à port foient débardés ou déôottés , ôc que le bois foit placé dans le chantier.
- Pour défaire les trains, on fait précifément le contraire de ce qu’on a fait pour les former : on coupe les croupières, on fépare une des branches des coupons en coupant avec une hache {flanche I. Fig. 14) les rouettes qui les attachent aux traverfins; c’eft ce qu’on appelle dèhâcler. Cette hache porte un tranchant d’un côté,êt une pointe de l’autre ; elle a un grand manche c. On coupe les rouettes avec le tranchant de cet infiniment, Ôc on enfonce la pointe dans les bûches pour les tirer à terre, ce qui s’appelle de barder, comme on le voit ( Planche V. Fig. 3). On tire à terre, le plus qu’il eft pollible, la branche qui a été féparée des autres ; on charge le bois fur des crochets ( Fig. 1 ) pour le
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- porter au chantier où on le trique , c’eft-à-dire , qu5on trie pour féparer le bois blanc d’avec le bois dur, dont on forme des piles différentes : on éleve les piles de fond , ces piles n’ont d’é-paifleur que la longueur d une bûche ; quand elles ont 8 à i o pieds , on joint enfemble toutes les piles de fond > & l’on forme ce qu’on appelle un Théâtre.
- Les Marchands de bois ont foin de commencer à la fois plu-fieurs piles de la même efpece de bois, afin de lui donner le temps de fe fécher; car fi on l’enfermoit avec d’autres bois humides il fe pourriroit, les bouts fe couvriroient de champignons , Ôc le Marchand feroit alors obligé de donner le bois dur au même prix que le bois blanc. .
- La Police oblige les Marchands de bois à laiffer des routes a (Fig. i) entre leurs piles, afin qu’on puiffe les vifiter&en connoî-tre la qualité. Si on élevoit les piles fimples à 30, 40,50, <5b pieds de hauteur, elles courroient rifque de s’écrouler ou d’être renverfées par le vent ; les Marchands évitent cet inconvénient en joignant plufîeurs piles enfemble pour en former un théâtre. Il y a même beaucoup d’art à bien faire les piles pour pouvoir élever les théâtres, comme on les voit dans les chantiers, à une très-grande hauteur fans qu’ils s’écroulent.
- On commence & l’on termine les piles par mettre les bûches dé façon qu’elles fe croifènt b3b> (Planche V. Fig. 2) de forte qu’au premier lit les bûches font pofées de long, & au lit fopérieur elles fontmifes en travers & croifènt les premières : en continuant toujours de la même façon, on forme aux deux bouts du théâtre de3 piles quarrées qu’on nomme Grillons ou Rofeaux, Ôc qui fervent d’arcboutants b au relie des bûches c qu’on met toutes en travers. Il y a de l’art à bien arranger les piles, & de far çon qu’il ne refie que le moins de vuide qu’il elt pofüble entre les bûches : en obfervant de mettre leur gros bout tantôt d’un fens & tantôt de l’autre, la pile s’élève bien perpendiculairement ; & on met d’efpace en efpace au bord des piles, des. bûches en travers d, pour regagner l’aplomb, fans quoi la pile fe renverferoit tout d’une piece. Si l’on s’apperçoit qu’une pile s’incline un peu, on l’arcboute quelquefois contre une pile voi-
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- fine. Quand oh confidere, dans les chantiers , des théâtres élevés jufqu'à jo ôt 60 pieds de hauteur, on ne peut s'empêcher d admirer l’adrefle de ceux qui les ont faits.
- On doit diftinguer quatre fortes de bois flotté : favoir, i°3 Le bois blanc quon met à part; c’eft le plus mauvais;aufll la voie de ce bois fe vend-elle au-deflous de la taxe ordinaire,aux cuifeurs de Plâtre, aux Potiers de terre, Ôte. 20, Le bois flotté ordinaire, qui contient au moins deux tiers de Chêne, de Charme, ou de Hêtre r le grand débit de ce bois eft pour l'ufage des cui-fines, ôt on le vend à la voie : on en fait aufli des falourdes liées de deux ofiers ; elles doivent avoir 26 pouces de circonférence ; voyez, pour la façon de les faire, le Traité de Y Exploitation des Bois, Partie /. page 201. Ces falourdes fe débitent à ceux qui ne font pas en état d'acheter une voie ou une demi-voie de bois. Quoique les ouvriers qui travaillent à défaire les trains aient la permilïion d'emporter une perche ôt une hart, il refte encore beaucoup de perches aux Marchands , qui les font couper de longueur pour en faire des falourdes de menu b,ois ; elles doivent avoir 3 6 pouces de circonférence ; ces perches ne forment ordinairement que le parement de ces falourdes ; le dedans eft rempli de harts qu'on arrange dans l’intérieur des parements. 3°, On appelle Bois de gravier ou Bois demi-flotte, celui que les Marchands achètent aux ports des rivières navigables , ôt dont ils font faire des trains qui arrivent alfez promptement a Paris. Ces bois qui n'ont point été tirés de l'eau à plufieurs reprifes comme ceux qu'on a jettés à bois perdu dans les petites rivières, ôt qui outre cela ont peu féjournd dans l'eau,- ont confervé leur écorce , Ôt ils font fouvent aufli bons à l'ufage ôc aufli durs que les bois neufs : plufieurs perfonnes en font pro-vifion pour brûler dans les appartements. 40, Il y a encore une autre efpece de bois flotté qu'on nomme Bois de traverfe : celui-ci eft tout pur Hêtre ou Charme, ôc eft dépourvu d'écorce ; comme il brûle bien, qu'il fait une belle flamme ôt peu de fumée , il eft recherché par les Cuifiniers, les Pâtifliers, les Bou-lengers Ôt les Braffeurs : on le vend à la voie ainfi que le bois de gravier.
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- CHAPITRE III.
- Du Tranfport des Bois de Charpente.
- O N distingue les Bois de Charpente en Bois de brin qui eft.Amplement équarri, & Bois de quartier, c’eft-à-dire, qui a été refendu à la fcie : les pièces des uns ôc des autres font d’un poids trop conlidérable pour pouvoir être tranfportées à fournie. Gn n’a recours à ce moyen que pour les plus petites pièces, & lorfque les chemins ne font pas praticables aux autres voitures ; mais quand les pièces font trop fortes, on eft obligé de les charger fur des voitures, pour les conduire au lieu où elles doivent être employées, ou jufqu’aux ports des rivières navigables.
- Nous conlidérerons feulement trois façons de voiturer les bois de Charpente relativement à leur efpece ; favoir, i°, lorfqu’il en faut un certain nombre de pièces pour charger une voiture ; 2°, lorfque les pièces font allez greffes pour qu’une feule faffe la charge d’une voiture; 30,lorfqu’elles font trop grolfes pour pouvoir être tranfportées par une feule voiture.
- Article I. Des Bois dont il fautplujieurs pièces pour charger une voiture.
- Lorsque les pièces de bois font courtes, on les charge dans des charrettes à ridelles, {Flanche I, Fig. 6),ou fur des charrettes de roulage &c fans ridelles, fur léfquelles on les retient avec des chaînes qui embrafferit ces pièces , paffent déffous la voiture, & font ferrées avec des perches qui font l’office de garrot : on fe fert plus communément de ces voitures que de celles à ridelles. Lorfque les pièces font plus longues que les charrettes , comme font des chevrons, on les charge de biais fur la voiture ( Fig. 16), enforte que le gros bout paffe vers la droite du limonnier, ôt que le petit bout qui traverfe diagonalement
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- fefïîeu, excede de beaucoup la voiture : on fait paffer le gros bout des pièces du coté droit dulimonnier, afin que le Charretier qui eft à la gauche puiffe plus facilement conduire fon cheval , fuivant que l’exige la nature du chemin.
- Dans quelques Provinces on emploie une autre méthode : on ajufte à l’avant des charrettes (Fig. 1 $ ) deux forts ranchers avec une traverfe , fur laquelle on met le gros bout des chevrons ; & ce bout étant foutenu par le rancher plus haut que la croupe du cheval, le limonnier fe trouveau-delfous. Cette méthode eft fort bonne dans les chemins où il n’y a pas d’ornieres profondes ; autrement la première eft préférable , parce que les chevrons font horizontaux, au lieu qu’avec le rancher , ils portent prefque à terre derrière la voiture. Ce que je viens de dire des chevrons doit s’entendre de toutes les longues pièces de bois qui n’ont pas trop de grolfeur.
- Article IL Des Bois dont une pieçefiijjît pour charger une voiture.
- On voiture encore de la même façon des poutres de force ordinaire, favoir de 2$ pieds de longueur fur 15 ou 18 pouces d’équarriffage vers le gros bout, en les pofant diagona-lement fur la voiture ( Fig. 16 ), ou en élevant le gros bout fur des ranchers ( Fig. 1$); mais quand les pièces font trop fortes , ou lorfque les chemins font impraticables , il faut les traîner de la façon que je vais expliquer,
- Article III. Des plus groffes pièces de Bois qui ne peuvent être chargées Jur une voiture ordinaire.
- A l’égard des très-grofles pièces de bois, fi elles fe trouvent fur le penchant d’une colline ou d’une montagne, les abat-teurs ont foin de les faire tomber fur la partie élevée de la montagne , afin que la chute foit moins forte, & que la pièce foit moins expofée à être endommagée ; enfuite on les fait descendre peu à peu à bras d’homme & avec des leviers, tantôt en
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- leur faifant prendre quartier , tantôt en les faifant gliffer fur des pièces de bois qu’on pofe deffous en travers. Quand le terrein permet d’employer la force des bœufs ou des chevaux, on traîne ces pièces par terre ; & dans ce cas on doit avoir eu l’attention de ne les point équarrir exa&ement, afin qu’on puiffe par la fuite rafraîchir les endroits qui ont frotté contre le terrein. Quand le terrein eft à peu près uni, on fe fert de rouleaux, ou de deux roues montées fur un efïieu. Enfin, on emploie toute forte d’induflrie pour les conduire vers.le chemin qu’on a dû pratiquer à travers la Forêt pour l’évacuation des bois ; Ôc quand on eft parvenu à ce chemin, on ajufte fous les pièces un avant 6c un arriere-train, de forte que le corps de la piece forme une elpece de charriot. Lorfqu il eft queftion de prendre un détour,' on tranfporte le derrière de la piece peu à peu avec des crics ou des leviers ; Ôc à force de bœufs ou de chevaux, on conduit la piece, autant que faire fe peut, aux bords d’une rivière. Si les chemins étoient fans ornières, on feroit bien d’employer des voitures femblables à celles qui fervent à Paris à transporter les groffes pièces de bois de charpente ( Planche I. Fig. 17); ces voitures , qu’on nomme Fardiers, font fort longues. Au-deffous des limons , vers le milieu , il y a une languette qu’on voit Figure 18, ou A repréfente une portion des limons ; B , une des chantignoles qui porte une rainure qui entre dans la languette des limons, ôc que l’on affujettit où l’on veut par des chevilles C, comme on le voit en D, ce qui donne la facilité de placer l’effteu à différents points de la longueur des limons. Pour trouver l’équilibre de la piece, on met fous les limons (Fig. 17) en £,une courte piece de bois quarré,fur laquelle appuie le gros bout de la poutre : il y a vers le milieu de la voiture, ou plus vers l’arriere, un rouleau F enveloppé d’une chaîne qui embraffe la poutre à peu près par fon centre de gravité, ôc qui la tient fufpendue au moyen du levier G ,* le cordage H achevé de la foutenir, en même temps qu’il empêche le rouleau de tourner en fens contraire. Au moyen de la chantignole mobile , on place l’efïieu tantôt au point I, tantôt au point K} ou même en L ; en un mot ou il convient pour
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- que le limonnier ne foit point trop chargé. Ces grandes voitures, .qui fervent pour tranfporter les bois des chantiers de Paris dans les atteliers, font d une grande commodité pour charier les bois fur le pavé ou dans les chemins où il n'y a point d'ornieres, Ôc quand on na pas befoin de faire tourner ces voitures dans des rues étroites : elles ont, outre cela, la commodité de pouvoir fe charger ôt décharger très-aifément.
- Quand on veut les charger, on met les pièces de bois fur des chantiers où on les raflemble comme on juge qu' elles doivent ,être fous la voiture ; on a foin de ne pas faire la charge trop épaifle : car quoique les roues de ces fardiers foient grandes, il faut que les pièces de bois puiflent tenir fous l'eflieu fans porter fur le terrein : quand la charge eft difpofée, on l'em-brafle avec une chaîne dans un point de la longueur des pièces .qui foit tel, que le fardeau foit prefque en équilibre quand les pièces de bois fe trouvent fufpendues à la chaîne. Je dis prefque en équilibre, parce qu'il faut que la charge de ces pièces tende toujours à tomber vers l'arriere, pour que la portion qui eft en devant puiffe s'appuyer fur la courte piece de bois quarré qu'on met en devant fous les limons de la voiture & derrière le limonnier ; outre cela, il faut que les pièces de bois fafîent équilibre avec le poids des limons qui eft confidérable, fur-tout quand on porte l'eflieu fort en arriéré. De plus, il faut toujours mettre le gros bout des pièces vers l'avant, c'eft-à-dire, derrière le limonnier. Cependant, comme les pièces ne peuvent être portées en avant au-delà de la derniere paumelle, on ne peut parvenir à trouver l’équilibre de la charge de la voiture que par la facilité qu on a de porter les roues plus ou moins vers l'ar-jiere.
- Suppofons que la chaîne a été placée à peu près au centre d'équilibre des pièces de bois, on recule le fardier de façon que le gros bout des pièces fe trouve perpendiculairement fous la derniere paumelle ; & alors on juge par eftime où l'on doit placer l'eflieu & les roues ; on place fur le fardier, & tout auprès de l'eflieu, un fort rouleau qui fait l'office d'un treuil, pour élever les pièces de bois j on joint l'une à l'autre, au moyen d'un cro-
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- ch et, les deux extrémités de la chaîne qui paffe fous les pièces ç enfuite. on. rabat le milieu de cette chaîne fur le rouleau ; on paffe dans la boucle que forme la chaîne un grand ôc fart levier, qui fe trouve ainfi embraffé par la chaîne, ôc dont le gros bout pofe fur la circonférence du rouleau du côté de Farriere du far-dier ; alors on attele des chevaux à une corde attachée au bout du levier ; ces chevaux faifant force, Ôc étant fecourus par le rouleau qui fait l'effet d'un treuil, foule vent la charge des pièces de bois , dont le gros bout doit appuyer iin peu fous la traverfe de bois quarré qui eft derrière le limonnier. Si du premier coup on n'a pas atteint l'équilibre convenable, on laiffe retomber la charge fur les chantiers, ôc on avance ou on recule l'eflieu, le rouleau, Ôc même la chaîne ; mais quand on a trouvé l'équilibre , on arrête la corde qui eft au haut du levier au bout des pièces de bois quarré qui excédent le derrière du fardier ; alors la voiture fe trouve en état d’être conduite à fa deftination.
- Quand on ne peut gagner qu'une petite riviere qui n eft point navigable, on fait flotter les bois par petits radeaux qu'on proportionne à la force de la riviere, pour les conduire jusqu'aux ports des grandes rivières où on en forme des trains, comme nous allons l'expliquer, ou bien on en charge des bateaux.
- Article I V. Du Flottage des Bois de Charpente.
- La navigation des petits radeaux par les ruiffeaux eft ordinairement longue ôc pénible 5 Ôc par cette raifon à leur arrivée aux ports des grandes rivières , les bois fe trouvent affez pénétrés d'eau pour être devenus canards : alors il faut, avant que d'en former des trains, les tirer à terre, ôc les y laiffer fe deffécher , ce qui altéré confidérablement le bois , non-feulement parce que l'eau emporte toujours avec elle les parties les moins fixes du bois, mais encore parce que l'augmentation ôc la diminution du volume des pièces, par l'eau qui s'y introduit ôc qui enfuite fort du bois, produit un mouvement qui en fatigue beaucoup les parties folides. Enfin, après ce premier flottage, il fe forme
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- dans les pièces, des fentes qui, au fécond flottage, fe rem-pliffent d’eau ÔC de vafe, ce qui les endommage encore beau-» coup.
- Les Flotteurs ont différentes méthodes pour conftruire les trains : les uns percent les pièces obliquement vers les angles a ( Planche FL Fig. i) de chaque bout pour y paffer leurs rïolles ou rouettes : les autres font plufîeurs trous de 3 ou 4 pouces de profondeur aux extrémités des pièces b, dans lefquels ils intro-duifent un bout de leurs rouettes c, ôc les arrêtent avec des coins. Cette méthode porte un préjudice confidérable aux pièces, parce que les rouettes qui font d’un bois tendre ôc fpon-gieux, pompent l’eau qui s’infinue par leur moyen dans le cœur des pièces ; les bouts des rouettes qui relient dans les trous s’y pourriffent, ôc communiquent leur pourriture aux parties voifî-nés ; c’eft ce qui fait qu’on trouve quelquefois à l’extrémité des pièces jufqu’à 8 de ces chevilles pourries, qui font à plus d’un pied du bout des pièces, ce qui met dans la néceflité de les rogner de 18 pouces à chaque bout pour trouver le bois fain. On ménageroit beaucoup de bois, fi l’on fe fervoit de crampes pour faire ces trains ; mais tout au moins devroit-on fuivre la méthode de ceux qui ne font que deux trous aux angles vers les extrémités des pièces a ( Fig, 1 ) ; par cette pratique, les rouettes ne relient point dans les trous qui demeurent ouverts , ôc fe deffechent fans qu’il s’y forme de pourriture : nous allons expliquer en détail cette maniéré de faire les trains.
- On fait ces trains ou radeaux plus ou moins grands, fuivânt la force des rivières. Lorfque les pièces de bois doivent être rendues dans un port de mer, on les embarque dans des flûtes ou des gabares, ce qui elt facile au moyen d’un fabord qu’on a pratiqué à la pouppe, ôc qui répond dans la cale ; mais pour peu que les bois doivent relier fur l’eau, il faut avoir grande attention de ne les point renfermer dans la cale des vaiffeaux' lorf-qu’ils font très-remplis de feve ou très-pénétrés d’eau ; ils s’y échaufferoient, ôc pourriroient bientôt. J’ai vu débarquer des pièces de bois de Chêne pour la conftruâion des vaiffeaux, Ôc de Hêtre pour les rames des galeres, qui, pour cette raifon,
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- étoient prefque pourries : il fortoit de la cale une odeur fétide très-défagréable.
- Avant d’expliquer comment on fait les trains de bois de charpente pour les conduire à flot fur les rivières, Je crois devoir faire remarquer que pour traîner ces bois fur des rouleaux, on> attache à un des bouts , ou aux deux bouts de chaque piece, un anneau qui pafle dans un crampon (PL VI, Fig, 3 ) faifi par un coin qu’on enfonce dans la piece à coups de maffe ; comme ce' coin fend quelquefois la piece, on a trouvé plus à propos de le former en pas de vis ; mais je trouve encore mieux d’employer, un crochet ( Fig, 4 ) , qui entre dans un trou fait à la piece ; pour peu que le crochet entre à force , il n’échappe point : on attele les chevaux fur l’anneau*
- Article V. Maniéré de faire tes Trains de Bois quarrè.
- On fait les trains de bois quarré à l’ufage des Charpentiers , avec plus de facilité qu’on ne fait les trains de bois à brûler, & ce moyen eft fort commode pour les transporter au loin à peu de frais*
- Ces trains font ordinairement formés de 4 Br elles BC (PL VL Fig. 2 ) : on appelle ainfl ce qu’on nomme Coupons dans les trains de bois à brûler* Chaque brelle a communément 7 toifes Ôt demie de longueur ; leur largeur varie plus que la longueur. On tient ces trains étroits quand ils doivent defcendre des rivières-qui ont peu de largeur ôc beaucoup de finuofités, ou quand ils doivent pafler par des édufes. Cependant, fuivant l’ufage leJ plus ordinaire , la largeur des brelles fur les grandes rivières varie depuis 14 jufqua 18 ou 20 pieds ; fur les petites rivières r on fait quelquefois des brelles qui mont que 6 ou 8 pieds de largeur ; mais à l’entrée des grandes rivières, on en réunit plufieurs a coté les unes des autres, pour en former une feule de la largeur que nous venons de dire : car comme il n’en coûte pas plus aux Marchands de faire conduire un grand train qu’un petit, il eft de leur intérêt de les faire aufli grands qu’il eft poflible.
- .On forme plus ou moins de breflesfuivant que les bois font
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- plus ou moins longs. Comme toutes les brelles d’un même train ne font pas de la même longueur, on affortit, le mieux quil eft pofîible, les pièces qui doivent former une brelle, ôc l’on a foin que les deux côtés foient formés par deux fortes pièces qui aient toute la longueur de la brelle , comme DE, F G ( Fig, 2 ) ; on nomme celles-ci Gardes. On choifft encore une affez belle piece HI qu’on place au milieu pour y mettre ce qu’on nomme les Moujfieres, qui font deux chevilles H enfoncées à la tête de cette piece, pour retenir les rames dont on fe fèrt pour conduire le train ; en conféquënce il faut placer une moulfiere à la tête du train, ôc une autre à la queue.
- Toutes les pièces qui doivent former une brelle, doivent être placées à côté les unes des autres, ôc liées fur des tra-verlins K, K, qu’on nomme Pouliers : ce font des perches qui ont environ 6 à 7 pouces de groffeur au milieu, ôc dont la longueur fait la largeur des brelles; on place cinq pouliers fur chaque brelle, favoir, deux près l’un de l’autre à chaque extrémités , & un dans le milieu.
- Pour attacher au moyen des rouettes les pièces de bois qiiarré qui forment les brélles avec les pouliers qui les traverfent, on perce, avec une tariere , un trou oblique, qui commence à la race fupérieure d’une piece, ôc qui aboutit à une face verticale M { Fig, $ } ou a a ( Fig. 1 ) : il faut encore que ce trou foit tel que l’ouverture de la face fupérieure & horizontale, & celle de la face verticale, foient affez écartées l’une de l’autre pour qu’on puiffe mettre entre deux la perche qu’on nomme le Pou-Vier ,* de forte qu’en mettant une rouette dans le trou de la face horizontale , elle forte par le trou de la face verticale ; ôc qu’en embraffant les pouliers N, on puiffe faire deffus le nœud ou le maillon qui ferre fortement le poulier contre la piece. On fait la même chofe à l’autre extrémité de la piece ; ôc ayant ainfî lié très-fermement les cinq pouliers fur toutes les pièces de bois quarré qui forment une brelle , elle fe trouve achevée ( Fig. 2) ; fur quoi il faut remarquer :
- i°, Qu’on ajufte à terre, à côté les unes des autres, toutes les pièces qui doivent former une brelle ; on pofe deffus une
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- réglé, qui repréfente les pouliers, pour marquer où doivent fe faire les trous , foit fur la face fupérieure ôc horizontale , foit fur les faces verticales ; & après avoir féparé ces pièces, on perce les trous à terre.
- 20, Souvent il n’y a dans une brelle que trois pièces qui aient toute fa longueur, favoir, les deux gardes des bords DE, F G , & la piece du milieu HI ( Fig. 2), où l’on place les mouflieres.
- 3% Les autres pièces qu’on nomme de remplijjdge, fe trouvant de différentes longueurs, font ajuftées de façon que plu-fieurs puiffent faire la longueur de la brelle ; ôc l’on a foin qu’elles foient liées les unes aux pouliers de l’avant, les autres à ceux de l’arriere ôc à celui du milieu : fi cela ne peut pas être, on perce des trous 0 aux bouts des pièces qui fe touchent, pour les lier les unes aux autres avec des rouettes.
- 4°, Pour qu’un train puiffe bien fe gouverner à l’eau, il faut qu’il foit plus large par le bout de derrière, que par celui de devant ; c’eft pourquoi on difpofe toutes les pièces de façon que le bout le plus menu foit placé à l’avant de la brelle, ôc le gros bout vers l’arriere.
- $°, A la brelle de l’avant Ôc à celle de l’arriere, on perce, comme je l’ai dit, deux trous dans la piece du milieu, & l’on enfonce dans ces trous deux fortes chevilles ou Moujjieres H, qui forment le point d’appui de la rame qui fert à gouverner le train ou radeau.
- 6°, Quand les bois font lourds, & qu on juge qu’en peu de temps ils pourroient devenir canards , on a foin de ménager entre les pièces de rempliffage, fur-tout vers l’avant & vers l’arriere, des places vuides dans lefquelles on puiffe mettre des futailles , qu’on y affujettit fermement avec de fortes harts qui paffent dans des trous pratiqués au bout des pièces, & qui em-braffent la futaille.
- 7°, On fait plus ou moins de coupons ou brelles, fuivant que les pièces de bois font plus ou moins longues : le coupon de devant fe nomme coupon ou Brelle de tête, ôc celui de derrière Brelle de queue.
- 8°, On a foin, en établiffant les pièces, qu’elles forment par
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- leur réunion, à peu près un parallélogramme reûangle, dont le deffus doit toujours être de niveau, parce que les faces fupé* rieures des pièces font affujetties par les pouliers ; mais on ne peut obferver la même régularité pour la face inférieure des pièces, parce qu elles ne font pas toutes d’une même épaiffeur.
- 5>°, On établit furie rivage, comme nous l’avons dit, tou-tes les pièces qui doivent former une brelle ; on marque les endroits où doivent être placés les trous, qu’on perce aulïi à terre ; enfuite on les jette à l’eau pour lier à flot avec des rouettes les pouliers fur les pièces.
- io°, Lorfque deux brelles font faites, il faut les lier l’une à l’autre ôc les joindre de façon qu’il y ait du jeu entre elles : car il n’en eft pas ici comme des trains de bois à brûler ; ceux-ci étant compofés d’un grand nombre de bûches pofées en travers, ont toujours fuflifamment de jeu pour qu’on puifle leur faire prendre la courbure des finuofités d’une riviere. Il n’en feroit pas de même des brelles de bois de charpente ; comme elles font roides, elles ne fe prêteroient point aux efforts que fe-roient les Mariniers pour leur faire prendre différents contours, fl les brelles étoient fermement & trop exa&ement liées les unes au bout des autres; c’eft pourquoi on fait avec des harts, de forts liens P, P, ( Planche VI. Fig. 2 ), de 6 ou 8 pieds de longueur, & on les attache par leurs extrémités aux pouliers des deux brelles qu’on veut mettre l’une au bout de l’autre, en laiffant entre elles la diftance d’environ un pied ou deux, ce qui fuflit pour mettre le train en état de prendre différentes inflexions.
- ii°, Ces trains étant dreffés de la maniéré que nous venons de dire, on les conduit de la même façon que ceux de bois à brûler; on les gouverne avec des perches ou avec deux rames, qu’on place entre les mouflierea de l’avant & celles* de 1 arriéré.
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- Article VI. Maniéré de faire les Trains de Bois de Sciage.
- Les Trains de bois de fciage fe dreffent comme ceux de bois à brûler ; c’eft-à-dire, qu’on met les planches, les membrures , ôcc , en travers : comme ces pièces ont ordinairement 12 ou 18 pieds de long, elles font la largeur totale duncoupon , qu’on appelle ici une Eclufée ; au lieu qu’il faut trois ou quatre branches pour faire un coupon de bois à brûler, qui eft communément de 14 pieds de largeur. On arrange donc à terre,' fur un plan incliné ou fur une couloire, & fur trois ou quatre chantiers pofés deffous ,• & qui ont fouvent 12 ou 14 toifes de longueur, un lit de grandes planches ou membrures de la longueur Ôt largeur qu’on veut donner à l’éclufée : fuppofons que ce foit 18 pieds, on arrange fur les chantiers de deffous un lit de planches de 18 pieds ; s’il y a des planches de 6 pieds, on en met trois p 9{ Fig. 6) entre d’autres de 18 pieds ; fi elles ont p pieds, on en met deux bout à bout q q pour faire une longueur de 18 pieds, ou une de p & une de 6, r r, & il relie un vuide de 3 pieds; on forme ainli, lit par lit, l’épaiffeur entière de l’éclufée : ainfi, un train qui eftcompofé de deux éclufées, fe trouve avoir 24 à 28 toifes de longueur. A l’égard de l’épaiffeur de ces trains , on met d’ordinaire trois folives l’une fur l’autre, ou trois poteaux , ou cinq membrures, ou 4 chevrons, ou 15 planches d’un pouce d’épaiffeur, ou 10 planches d’un pouce & demi, ou 8 de 2 pouces ; de forte que l’épaiffeur des éclufées fe trouve être de 1 $ à 16 pouces, & que le train entier contient à peu près 300 pièces de bois. On finit toujours les éclufées comme on les a commencé, par des pièces qui aient toute la largeur de l’é-clufée ; on pofe par-deffus les chantiers de deffus, qu’on lie à ceux de deffous avec des rouettes, de la même façon que nous avons dit qu’on lioit les coupons de bois à brûler, & on les pouffe de même à l’eau ; on y ajoute encore quelques traversins T (Fig. 7 ), pour attacher les harts ; enfin, on attache en-femble les deux éclufées, comme les brelles de bois quarré ; 6c £çs trains fe conduifent aulli avec des rames ou des perches.
- CHAPITRE
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- D e s B o i s. Liv. I. Chap. IV. 4ii
- CHAPITRE IV.
- été
- des Bois.
- KJn a vüj par ce que nous venons de dire, que quand les Forêts fe trouvent à portée des endroits où les bois doivent être employés, on les y voiture par terre ; c’eft fans doute le cas le plus avantageux : mais ce moyen eft impraticable quand les Forêts font éloignées du lieu de la confommation ; & fi les chemins font trop difficiles pour tranfporter les arbres en entier, on prend le parti de convertir les gros corps en ouvrages de fente, ferches de boiffellerie, merrain, traverfin, lattes , échalas , &c. parce que ces petits ouvrages peuvent être voitu-rés en détail par des bêtës de fomme, ce qui ne feroit pas praticable pour les groffes pièces : on a lieu de regretter les belles & groffes pièces qu’on fe trouve forcé de convertir ainfi en menus ouvrages.
- Mais quand il fe trouve des rivières flottables ou navigables à portée des Forêts, on peut faire, félon l’occafion, des bouts de chemins pour conduire les groffes pièces au bord de ces rivières , où on les embarque dans des bateaux dont on proportionne la grandeur à la force des rivières, ce qui eft auffi bon que de les tranfporter par charrois ; mais le plus fouvent, lorfi que les rivières ne portent pas bateau, ou que Ton veut ménager les frais du tranfport, on en forme des radeaux, ou des trains proportionnés à la force de l’eau & à la largeur des rivières , comme nous l’avons dit, & on les tranfporte de cette façon aux endroits où l’on doit les employer : fi cétoit des bois de conftrudion, lorfqu’ils feroient rendus à un port de mer, on les ehargeroit fur des flûtes, ou des gabares , qui les rendraient aux ports où l’on conftruit des vaiffeaux.
- J1 fe préfente ici deux queftions qu’il eft à propos de difcuten
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- Tune confifte à /avoir s’il faut laiffer quelque temps les Bois dans les ventes après qu’ils ont été équarris ou débités, ou s’il effc préférable de les en tirer fur le champ , & de les voiturer au lieu où l’on doit en faire l’emploi. La fécondé queftion, qui eft la plus importante , confifte a favoir lequel eft le plus convenable de voiturer les bois, foit par charrois, foit dans des bateaux, en un mot, à fec ; ou bien à flot, comme en trains ou en radeaux, & quel eft le degré d’altération que le flottage occafionne aux bois*
- Article I. Faut-il tirer les Bois hors des ventes au]fi-tôt quils font exploités ?
- Si l’on fe rappelle ce que nous avons dît dans la fécondé Par* tie, Livre IV, de [Exploitation des Bois, on fera convaincu qu’on ne peut pas tirer trop promptement les bois des Forêts , aufli-tôt qu’ils ont été équarris, ou refendus à la fcie de long, fuivant leurs différentes deftinations ; car en féjournant dans les-Forêts, la face qui porte contre terre fe pourrit, celle de deflùs fe fend par le haie, & l’eau qui entre enfuite dans les fentes y occafionne la pourriture. Il arrive encore que dans certaines circonftances, par exemple, dans les années chaudes & humides, les bois font percés par différentes efpeces de vers à fcarabées. En un mot, on eft toujours plus en état de bien conferver les Bois dans les chantiers, que dans les Forêts. Cependant comme il faut quelquefois attendre des crues d’eau pour voiturer les bois par les rivières, ou un temps fec quand le tranfport doit fe faire par terre, ou qu enfin il y a telle faifon où les travaux de la terre font manquer de voitures , il faut dans ce cas, faire enforte de raffembler les pièces de bois fur un terrein élevé ôc fec , les empiler fur des chantiers affez élevés au-defîùs du ter-rein, & de façon que l’air puiffe les traverfer de toute part; enfin faire enforte de couvrir exactement ces tas de pièces avec des croûtes ou doffes qu’on a levé fur les bois de fciage, ou avec de gros copeaux ; mais le mieux eft toujours de rendre les; bois à leur deftination le plus promptement qu’il fera poflible : nous en avons amplement prouvé la néceflité dans le Traité de VExploitation des Bois.
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- Article IL Quel efl le plus avantageux de voiturer les Bois par charrois ou dans des bateaux ; en un mot, à fec , ou a flot , en Trains ou en Radeaux ?
- Cette Queftion tient à une autre très-confidérable, que nous difcuterons avec tout le foin poflible lorfque nous parle-* rons de la confervation des bois dans les Chantiers ; il s’agira alors d’examiner ce que l’eau douce ôc l’eau falée peuvent opérer fur les bois. Pour ne point revenir plulieurs fois fur les mêmes objets , je me contenterai de dire ici en général, ôc comme par anticipation, qu’il feroit avantageux pour les bois de charpente, qu’ils puflent être voiturés au lieu où ils doivent être employés fans avoir été mis dans l’eau ; ôc que quand, à rai-fon de l’éloignement des Forêts, on eft obligé de les conduire à flot, il eft à propos de faire enforte qu’ils n’y féjournent que le moins qu’il eft poflible, ôc fur-tout éviter de les remettre dans l’eau à plulieurs reprifes.Cet article eft des plus intérefîants pour les Marchands de bois ; car j’ai vu quantité de pièces qui étoient à moitié ufées, ôc entièrement rebutables, pour avoir refté longtemps , foit dans les Forêts , foit fur les ports, foit aux entrepôts , où les bois dépofés au voifinage de l’eau, font toujours expofés à des brouillards, à des exhalaifons qui fortent de la terre, en un mot, à une humidité qui produit la pourriture, ou au moins qui les endommage confidérablement.
- La négligence des Marchands de bois eft quelquefois telle, que j’ai vu des pièces qui, à toutes les marées, fe trouvaient couvertes d’eau, Ôc alternativement expofées au grand hâle 5 affurément rien n’étoit plus propre à les faire pourrir promptement.
- Enfin, quand on détruit les trains pour en charger' les bois fur des vaifleaux, il faut avoir foin de lès laifler fe deflécher avant de les enfermer dans la cale, où immanquablement ils s’échaufferoient Ôc s’altéreroient plus ou moins , fuivant la longueur du temps de Ta navigation. C’eft ce que j’ai vu arriver bien des fois, ôc particuliérement à Marfeille, où j’étois lorfqu’il
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- arriva de la Lorraine Allemande des pièces de bois de Hêtre pour faire des rames. Ces bois avoient d’abord été flottés dans une riviere, ôc embarqués enfuite dans un bâtiment avant quils fuffent fecs. Au déchargement, on fentoit une odeur de pourriture défagréable; heureufement, comme la traverfée navoit pas été longue, il ne fe trouva, à la plupart de ces pièces, que la lùperficie échauffée, fur-tout aux endroits où les pièces fe touchoient ; l’altération s’y étendoit jufqu’à deux pouces de profondeur; l’intérieur fe trouva bon, quoiqu’il fût très-chargé d’humidité ; quelques-unes cependant étoient tellement pourries , qu’elles rompoient en les déchargeant.
- Au relie, ces propofitions générales fouffrent des exceptions, & je le ferai voir dans le Chapitre fuivant : car il y a tant de ref* femblance entre les altérations que les bois fouffrent dans le tranfport, Ôc celles qu’ils éprouvent dans les Chantiers, qu’on ne peut féparer ces deux objets : nous allons donc examiner dans le Livre fuivant ce qui arrive aux bois que l’on conferve dans les Chantiers, fuivant les méthodes ufitées.
- Explication des Planches ôC des Figures du Livre premier.
- Planche Première.
- E l l e eft principalement dellinée à expofer le tranfport des bois tant par terre que par eau.
- Figures i & 2. Des bêtes de charge qui tranlportent à fomme des ouvrages de Raclerie, ou des menus bois, tels que les échalas, les lattes, Ôte.
- Figures 3 & 4, autres qui tranlportent du charbon dans de grands ôt de petits facs.
- Figure $, Fourgon garni de claies par le côté & en deffous pour le tranfport du charbon.
- Figure 6, Voiture à quatre roues, ou chariot en ufage dans
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- plusieurs Provinces pour tirer des ventes le bois ôc le charbon. On attelle ces différentes voitures avec des chevaux ou des boeufs , & quelquefois des mulets.
- Figures J & 8 > Deux Bannes jaugées, une grande & une petite y qui fervent au tranfport du charbon, principalement pour la fourniture des groffes forges. On voit auprès différents tas de charbon.
- Figure 9, Bateau chargé de charbon qui remonte une riviere étant tiré par des chevaux.
- Figure 10, autre Bateau chargé de charbon qui defcend une riviere en fuivant le cours de l’eau.
- Figure i î y Charrette chargée de bois à brûler , qui n’a de ridelles que vis-à-vis les roues.
- Figure 11 y Moule ou membrure dont on fe fert à Paris pour mefurer le bois par voie.
- Figure 13 , Train de bois à brûler qui fuit le courant dune riviere.
- Figure 14, Outil qui fert à remuer les bois & à couper les harts, pour faire ou défaire les trains.
- Figure 1 $ , Charrette chargée de bois long, fuivant l’ufage de quelques Provinces. On voit que le bout de devant eft foute-nu plus haut que le limonier par de forts ranchers.
- Figure 16 y Charrette fans ridelles en ufage dans d’autres Provinces pour tranfporter des bois longs en les chargeant obliquement fur la voiture.
- Figure ij y Voiture nommée Fardiery qui fert à Paris pour transporter les gros bois de charpente.
- Figure 18 9 Elle fert à faire comprendre comment on ajufte les chantignolles fous les limons du Fardier pour changer à volonté la pofition des roues relativement à la longueur du fardier.
- Planche IL
- Elle fert à faire comprendre comment on fait ce qu’on appelle une Couloir e ; c’eft un chantier formé avec des perches, qui s’incline vers une riviere. Il fert à faire les coupons qu’on met ^
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- l’eau, &c qu'on joint les tins avec les autres pour en former des trains.
- Figure i , La couloire vue de face. A, la partie élevée de la couloire. B, la partie baffe qui répond à la riviere.
- Figure 2 , Coupe de la couloire par la ligne a b, pour faire voir fa pente vers la riviere qui eft en b.
- Figure 3, Elle fert à faire voir comment on forme le plan in** çliné avec des bûches lorfque le terrein eft plat.
- Planche III.
- Elle eft deftinée à faire voir comment on forme les branches & les coupons pour les trains de bois à brûler.
- Figure i , Branche vue en perfpe&ive. B B, le bout des chantiers de deffous ; A A, les chantiers de deffus : ces chantiers paroiffent en entier dans la Figure 2. Les chantiers de deffus ôc de deffous font liés les uns aux autres par des harts ou rouettes qui font en D D, & les bûches font repréfentées par C.
- Figure 2 , Coupe de la branche Figure i par la ligne AB: on voit en fl 2?, un chantier de deffous dans toute fa longueur , ôt en A A , un chantier de deffus aufli dans toute fa longueur. C, C, les bûches vues par le bout ; D D 9 harts ou rouettes qui lient le chantier de deffus avec celui de deffous. L JV O My perche courbe qu'on nomme Bourrache ; elle fert à donner un point d'appui à la perche avec laquelle on gouverne le tram.
- Figure j 3 Coupe pareille d'une branche de train, pour faire voir comment on affujettit des futailles vuides entre les chantiers de deffus &: ceux de deffous pour faire flotter les trains quand les bois font trop lourds.
- Figure 4, Coupon formé de quatre branches liées les unes aux autres par des traverfins I, I ; quand les branches font ainli affemblées 9 & quand un coupon eft formé fur la couloire 9 on Je pouffe à l’eau9 ôc on joint enfemble à flot plufieurs coupons pour former un train.
- Figure f 9 Forte rouette ou hart, au bout de laquelle on fait un anneau, Alors on la nomme Croupiere à caufe de fa forme, ou
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- Coupîere, parce quelle fert à joindre les uns aux autres plufieurs coupons.
- Figure 6 9 Elle fert à faire voir comment on attache les coupons les uns aux autres au moyen des croupières; elles font attachées aux traverfins cc, dd , de deux coupons ; on palfe dans les anneaux des croupières un morceau de bois1 ee, qu on nomme Abillot , ôc en tournant ce morceau de bois, qui fait l’office de garrot^ on roule l’une fur l’autre les deux croupières, comme on le voit Figure 7 , & les deux coupons font bien réunis.
- Planche IV,
- Elle repréfente deux coupons de quatre branches, garnis de leurs traverfins & de leurs croupières Q Q ; mais nous obferve-rons qu’on n’a pas, à beaucoup près, donné affez de longueur à la queue des croupières, leurs anneaux Q O, font trop près des traverfins : en A A, eft la jon&ion de deux coupons, ÔC les abillots font repréfentés en place.
- Planche V,
- On y voit comment on défait les trains de bois à brûler , & comment on les empile dans les chantiers.
- Figure 19 repréfente un ouvrier qui charge les bûches fiir le dos des crocheteurs qui les portent au chantier.
- Figure 2, Elle eft deftinée à faire voir comment on empile les bois pour former ce qu’on nomme un Théâtre.
- Figure j , eft un homme qui tire à terre les bûches avec uiï inftrument que nous avons repréfenté Planche I, Figure
- P L ANC HE VI,
- Elle eft deftinée à faire voir comment on réunit les bois quartés Ôc les bois de fciage pour en faire des trains propres à flotter fur ies rivières.
- Figure 1, On voit fur cette Figure que pour réunir les pie«
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- ces de bois quarré avec des harts, les uns font un trou a a à l’angle des pièces dans lequel on paffe une hart : d’autres per-cent un trou au bout de la piece en b, y mettent un bout de la hart c, qu’ils retiennent par une cheville b qui fait l’office d’un coin.
- Figure 2 , Elle repréfente deux brelles, lune qu’on voit en entier H B, ôc l’autre feulement en partie C ; ôc il faut fe fou-venir qu’aux trains de bois quarré on appelle Br elle ce quon nomme Coupon dans les trains de bois à brûler. Les pièces DE, F G, qui bordent les brelles s’appellent Gardes. On voit en 00 09 comment on arrange les bois de différentes longueurs entre les gardes pour former le train. On met aufli au milieu de la brelle une belle piece Hf, au bout de laquelle on met deux fortes chevilles H qu’on nomme Moujfieres ; elles fervent à retenir l’aviron ayec lequel on gouverne le train : toutes les pièces de bois quarré font retenues par les pouliers ou traverfins K y •ôte. 6c on en met deux près l’un de l’autre au bout du train
- Eour y arrêter les croupières P9 P, qui fervent à joindre les relies les unes avec les autres.
- Figures j & 4, Elles repréfentent un anneau ôc une crampe de fer qu’on ajufte au bout des pièces pour y atteller des chevaux ou des bœufs, lorfqu’on aà les conduire auprès du chantier où on fait les trains.
- Figure $, Elle fert à faire voir encore plus clairement que la Figure première, comment on fait les trous aux angles des pièces de Dois quarré, ôc comment les harts qui palfent dans ces trous font liées fur les pouliers M.
- Figure <f, Elle repréfente une éclufée de bois de feiage ; car pour ces fortes de trains on appelle Eclufée ce que nous avons nommée Brelle pour les bois de charpente , ôc Coupon pour les bois à brûler. On retient tous ces bois de feiage, qui font la largeur de l’éclufée, par des chantiers de deffus & de deffous s,t9 Ôc des traverfins T, T, T.
- Figure 7, Elle repréfente deux éclufées qu’on réunit l’une à l’autre par les croupières F, V> ôcc. qu’on attache aux traverfins
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- LIVRE
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- Transport des Bois Tl.I.Taq* 48,
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- Transport de# Bois TL JKTap. 48,
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- Thansport des Bois BLTIBaxj. 48,
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- 4P
- XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX
- LIVRE SECOND.
- Des Bois conjidérés dans les Magajins ou dans les Chantiers.
- ]NJo u s fuppofons les Bois tirés des Forêts ôc rendus à leur deftination ; des-lors il fe préfente plufieurs Queftions à réfoudre : favoir, quels font les effets de la feve relativement à la durée des bois ? fi l’on doit les mettre promptement en œuvre, ou s’il faut auparavant leur laiffer perdre, foit leur feve, foit l’humidité quils auront contra&ée dans le tranfport lorfqu’ils ont été flottés : enfuite il faudra examiner comment il convient de les difpofer dans les Chantiers jufqu’au temps où l’on aura à les employer pour qu’ils ne s’altèrent que le moins qu’il fera pofïî-ble. Voilà en général les objets qui doivent nous occuper dans ce Livre ; mais ils nous engageront à difcuter bien des Quef-tions fubfidiaires, dont l’éclairciffement eft important pour la folution du problème phyfique que nous avons à réfoudre.
- CHAPITRE PREMIER.
- Des effets de la Seve relativement à la durée des Bois,
- (j eux qui emploient les Bois à différentes efpeces d’ouvra-ges, quelque habiles qu’ils foient dans leur métier, font la plupart dépourvus des connoiffances néceffaires pour en bien traiter ; & quand ils parlent de cet objet, on reconnoît toujours ou le langage de la prévention, ou l’abus de certaines traditions remplies d’erreurs. Chaque pays, chaque attelier a
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- j'o De la Conservât ion
- fes principes particuliers ; on y cite de prétendues expériences qui fe contredifent, & fur lefquelles ceux qui prétendent les avoir faites, ne peuvent fe concilier, parce que la durée ou le dé-périffement des bois ayant des caufes compliquées, on ne manque jamais de recourir à celles qui conviennent mieux au fyftê-111e favori. On s’habitue à parler de la feve, comme de beaucoup d’autres chofes, fans les entendre : les uns prétendent que la feve eft la caufe de la pourriture des bois, les autres penfent qu’elle contribue à leur confervation : les uns veulent qu’on la laide fubfifter en partie, les autres l’excluent abfolument : les uns prétendent qu’il faut la délayer avec de l’eau douce, d’autres penfent qu’on doit, autant qu’il eft poffible, préférer l’eau falée à l’eau douce ; d’autres, qu’il eft mieux de deffécher les bois à l’air, parce que la feve s’échappe naturellement, &c. Aucun de ces avis n’eft fondé fur des raifonnements folides, ni fur des expériences exa&es & fuivies, qui puiffent tendre à éclaircir de quelle nature eft la feve, en quoi elle confifte , & pourquoi on lui attribue tel ou tel effet.
- Quant à moi, je regarde la feve comme une fubftance com-pofée de parties réfineufes , muqueufes , mucilagineufes ou gommeufes, étendues dans beaucoup de phlegme. (Voyez la première Partie de YExploitation des Bois & la Phyjique des Arbres). Si ce phlegme eft abondant, la feve tend à la fermentation & enliiite à la putréfaction ; mais fi l’humidité a été en grande partie diflipée, les fubftances moins volatiles s’épaif-fiffent, & deviennent un baume confervateur , qui empêche les fibres ligneufes de fe corrompre, ou une efpece de colle qui les fortifie &; les unit les unes aux autres. Je ne m’étendrai point fur les parties intégrantes de la feve, & ne m’arrêterai point à fixer exactement jufqu’à quel point elles peuvent influer fur la durée ou la deftruCtion du bois, parce que j’ai donné dans la première Partie de Y Exploitation des Bois, Chap. I, des détails que je crois fuffifants fur cette matière. Mais je dois faire remarquer, qu’en parlant ici des propriétés de la feve, je fuppofe qu’elle eft bien conditionnée ; car fûrement il y en a telle qui a bien plus de difpofition à fe corrompre que d’autres ; pen-
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- dant que certaines feves font fi remplies de phlegme quelles fe dilïipent prefqu’ entièrement, ôc qu'il ne refie enfuite dans le bois que des fibres arides ôc très-fragiles. Après ce. que j’ai dit ailleurs de la nature de la feve, je crois devoir me borner pré-fentement aux idées générales que je viens de préfenter, afin de difcuter plufîeurs Queftions particulières, qui ont un rapport très~dire£l à l'objet que je me propofe de traiter dans ce Chapitre.
- Article I. Doit-on employer les Bois lorfquils font encore remplis de feve, ou pénétrés de Veau dans laquelle on les aura flottés ? ou efl-ilplus avantageux de ne les employer que quand ils fontfecs ?
- O N A v U dans la fécondé Partie de Y Exploitation des Bois & des Forêts, page 46$ & fuiv. que les bois fe tourmentent ôc fe fendent en fe defléchant ; d'où l'on peut conclure que pour les ouvrages qui demandent de la précifion, il faut que les bois foient très-fecs avant de les mettre en oeuvre ; fans cette précaution, les alfemblages de Menuiferie fe tourmenter oient, ils fe déjetteroient ; ôc comme ils fe retirent beaucoup, les joints ne manqueroient pas de s’ouvrir : ainfi tout l'ouvrage feroit bientôt en défordre.
- Ces accidents ne font pas tant à Craindre pour les gros ouvrages de Charpenterie où l'on emploie de groffes pièces de bois : ils ne courent pas autant de rifque de fe déjetter, ou s’ils fe dé jettent, l'effet en eft communément moins dangereux; mais il en réfulte d’autres inconvénients , lorfque ces bois font renfermés dans du plâtre, ou même qu’ils font revêtus de Menuiferie, comme cela fe pratique communément quand on fait des pans de bois, des cloifons, des plafonds, ôcc. A l'égard des membres des vaiffeaux ôc des galeres y comme ils font renfermés entre les bordages ôc les vaigres, l’humidité de ces bois, lorfqu'ils font verds, ne peut fe difliper ; cette humidité fe concentre entre les différentes pièces de bois ; elle s'y corrompt
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- ôc les fait pourrir. Voici une Expérience qui prouve ce que j’avance.
- Expérience relative à cet objet.
- Une poutre faine, tant quelle refte dans fon entier & qu’elle eft placée dans un lieu fec, fe defféche fans fe pourrir : on en voit dans les Charpentes des Eglifes , dans des Monafteres ôc dans de vieux Châteaux , qui font encore très-faines, quoiqu’elles' foient en place depuis deux ou trois cents ans. Je dis des poutres faines ; car fi ces pièces eulfent été de bois en retour, elles auroient pourri par le centre. J’ai fait refendre ôc débiter en planches une forte poutre nouvellement abattue , ôc une autre qui étoit feche : j’ai fait remettre les unes fur les autres les planches qui avoient été tirées à la fcie de chacune de ces poutres ; ôc afin que ces planches fe joignirent plus exa&ement , je les avois fait fortement ferrer les unes contre les autres, avec des moifes de bois ôt des coins ( Planche VI J. Fig. i ) : l’une ôc l’autre poutre fut dépofée dans un lieu fec. Les planches de la poutre feche fe font confervées en bon état ; mais celles qui avoient été tirées de la poutre nouvellement abattue , ôc qui étoit encore remplie de feve, s’échauffèrent aux endroits où les planches fe touchoient.
- La feve qui , dans les poutres entières, fe feroit échappée par les pores , fortoit de chacune des planches , Ôc s’amafîbit entre elles où elle prenoit une mauvaife odeur ; elle fe corrom-poit , ôc le bois s’altéroit ; quelquefois même il fe formoit des efpeces d’agaric entre les planches.
- Cette expérience peut faire comprendre ce qui doit arriver aux bois qui font renfermés ôc recouverts par des lambris de Menuiferie , ou revêtus de plâtre : la feve qui s’évapore fe trouvant arrêtée , fe corrompt, ôc porte la pourriture dans les parties voifines.
- Cet inconvénient eft peu à craindre pour les charpentes ; comme les pièces qu’on y emploie font ifolées Ôc frappées de tous les côtés par l’air, la feve a la liberté de fe diffiper ÿ ôc tout ce qu’on pourroit craindre, c’eft que les tenons ne s’é-
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- chauffaffent dans les mortaifes, ou l’extrémité des poutres vers leurs portées.
- A l’égard des tenons, il ne doit pas en réfulter de grands accidents , parce que, comme je le ferai voir dans la fuite, la feve, dans le bois qui fe deffeche, fe diffipe en vapeurs légères qui s’élèvent dans la piece en fuivant les pores du bois. Mais on éprouve fouvent que les poutres fe pourriffent, plutôt qu’ailleurs, à la partie qui eft renfermée dans les murs qui forment un ob-ftacle à la dilfipation de la feve.
- Un autre inconvénient qui arrive aux poutres qu’on emploie quand le bois eft encore verd, c’eft qu’elles plient fous la charge, & qu’elles deviennent courbes ; ce qui les affoiblit à caufe de la tenfion inégale des fibres de la piece.
- Il eft évident que les membres des vaiffeaux font fort expofés à la pourriture, non-feulement parce qu’ils font renfermés entre le bordage & les vaigres, mais encore parce qu’ils font continuellement dans un atmofphere chaud ôc humide , qui eft très-propre à occafionner la pourriture.
- Iln’eft donc pas douteux qu'il faut, autant quil eft polfible, n’employer que des bois bien fecs , foit pour les ouvrages de Menuiferie, fi l’on veut éviter qu’ils ne fe dé jettent, foit lorf-qu’il s’agit de charpente, afin qu’ils confervent de la folidité dans leur aflemblage, principalement lorfque les pièces ne doivent point être apparentes ; & aulïi relativement à la conftru-ôtion des vailfeaux, pour éviter que la feve des bois ne s’amafîe ôt ne féjourne entre les membres.
- On a bien fenti qu’il feroit avantageux de procurer une ifïlie à l’humidité qui s’échappe des bois, ou , ce qui eft la même chofe, de leur donner de l’air ; pour cet effet, on a obfervé de faire un trou au bout des baux des vaiffeaux & des poutres des bâtiments ; on a fait des rainures fur la face des membres des vaiffeaux aux endroits où ils fe touchoient ; on amis des taquets entre les membres pour les empêcher de fe toucher les uns les autres ; mais toutes ces tentatives ont été à-peu-près inutiles : car, en premier lieu, que peut opérer un trou de tariere en comparauon de la groffeur d’un bau ou d’une poutre f une rai-
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- nure d’un demi-pouce de largeur par comparaifon à la folidité des membres des vaifleaux ? Les taquets paroîtroient plus efficaces ; mais ce qui rend prefque tous ces moyens infuffifants, c’eft qu’il n y a dans tout cela aucune caufe phyfique qui puifTe occa-fionner le renouvellement de l’air qui, demeurant ftagnant, ne peut, pour cette raifon, difiiper l’humidité qui s’arrête entre ces bois, & qui y occafionne la pourriture qu’on voudroit éviter. J’ai vu dans des radoubs, que les trous de tariere qu’on avoit faits aux bouts des baux pour faciliter la diflipation de l’humidité, étoient, ainfi que les rainures ôc les fentes naturelles du bois, remplis de champignons.
- Il feroit beaucoup plus convenable pour les bâtiments civils , de renoncer aux plafonds, & pour les vaiffeaux de ne pas vaigrer en plein, de ménager de petits fabords au-deflbus du premier pont, d’ouvrir les écoutilles & les fabords quand il tait un beau temps, & enfin d’opérer le renouvellement de l’air de la cale par les manches que l’on peut employer comme nous l’avons dit dans notre Trmté fur la confervation de la fantê des Equipages en mer. On a propofé de faire du feu dans la cale , fur le Teft : je crois que ce moyen feroit bon ôc très-propre à xenouveller l’air dans un vaiffeau ; mais il eft trop dangereux en ce qu’il pourroit occafionner un incendie. Indépendamment de toutes ces précautions, il eft toujours plus fûr de n’employer que des bois fecs ; fur quoi il relie à examiner fi les bois trop defléchés font bons à être employés; s’il n’y a pas un état moyen qu’il faille préférer ; Ôt en ce cas, quel eft cet état moyen ; c’eft ce que nous allons difcuter dans l’Article fuivant.
- Article IL S9 il y auroit de V inconvénient a em->
- ployer des Bois trop dejjechés ; & à quel point de dejjéchement il convient de les employ er,
- Je pense que les bois pourraient parvenir à un tel degré de defliccation qu’ils feraient altérés autant qu’ils peuvent l’être par un furcroît d’humidité ; car je vois que tous les corps folides
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- perdent cette propriété quand ils font privés de toute humidité. Pour rendre ma penfée plus fenfible* je prends pour exemple le mortier que Ton emploie dans les bâtiments : un bon mortier, fait avec de la chaux Ôc du ciment y. eft mol y Ôc n'a aucune confiftance ; en fe delTéchant peu à peu, il acquiert une folidité comparable à celle de la pierre. J'ai fait de pareil mortier avec du fable bien defféché dans une étuve, & de la chaux qui 9 for-tant du fourneau, était fort feche; j'ai ajouté à ces matières arides, dont je connoiffois le poids , une quantité d'eau que j'avois auffi pefée:une grande partie de cette eau fe difïipa d’elle-même, ôc à proportion qu’elle s’évaporoit, le mortier de-venoit très-dur : un an après que le mortier fut fait, l'ayant tenu expofé au foleil} à l'abri de la pluie, je le trouvai fort dur : je le pefai, ôc je reconnus que fon poids excédoit celui de la chaux Ôc du fable que j'y avois employés : il contenoit donc encore de l'eau l je le mis enfuite dans une étuve échauffée à yo ôc 6o degrés du thermomètre de M. de Reaumur, fans pouvoir le ramener au poids des matières dont il étoit compofé ; enfin , après l’avoir expofé fuccefllvement à différents degrés de chaleur , je fus obligé de lui faire fubir un feu de calcination pour n avoir plus que le poids des matières folides qui formoient ce mortier ; mais alors il n'avoit plus de confiftance, ôc il fe brifoit aifément ; d’où j’ai conclu que la folidité de ce mortier dépendoit de la petite portion d’eau qu’il avoit retenue.
- Il en eft de même du plâtre ; lorfqu’on le tire de la carrière 9 il n'a que la dureté d’une pierre tendre ; après avoir été calciné , il a perdu fa dureté ; mais il la reprend quand on lui rend de l’eau y ôc il la perd fi on le fait paffer par une nouvelle calcination y qui fait évaporer totalement l’eau qui avoit été employée pour le gâcher. Les pierres dures , le marbre même y perdent leur dureté quand on en fait de la chaux ; ôc elles la recouvrent y au moins en partie 9 lorfqu’on leur reftitue l'eau qu’on leur avoit enlevée par la calcination. Les morceaux de bois que l’on fait bouillir dans l'huile fe defféchent beaucoup 9 ils perdent confi-dérablement de leur poids ; alors ils ne fe déjettent, ni ne fe tourmentent plus, ils ont perdu le fil de leur bois ; ôc peuvent
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- être coupés aufïï aifément en travers qu’en fuivant la dire&iorî des fibres ; mais aufli ils ont beaucoup perdu de leur force. Tous ces faits prouvent affez bien que, fi la trop grande quantité d’humidité rend les corps tendres, il en faut néanmoins une
- Eetite quantité pour qu’ils foient durs ; d’où je conclus que les ois trop fecs ne peuvent être d’un bon fervice. En effet, on voit que les bois extrêmement vieux ont perdu de leur dureté, qu’ils fe rompent aifément, ôt qu’ils pourriffent promptement quand on les expofe à l’humidité. Une vieille poutre débitée en planches fera une très-bonne menuiferie ; mais fi l’on emploie ce bois à quelque ouvrage qui refte expofé aux injures de l’air , ou qui foit dans un endroit chaud & humide , il pourrira promptement. Si l’on charge une pareille piece, elle rompra fous un poids médiocre. Ceux qui font dans l’ufage d’employer des bois, conviendront de tous ces faits.
- Il eft vrai qu’on a peu à craindre que les bois de bonne qualité foient trop feçs ; car il faut bien des années pour qu’ils le deviennent affez. J’ai fait lever à la fcie dans une poutre abattue depuis quinze ans, & qui étoit reliée comme abandonnée à l’air libre, un foliveau de 3 pieds de longueur fur 8 & 10 pouces d’équarriffage. Cette piece de bois, étant feche, n’auroit dû pefer que cent livres & quelque chofe de plus, à en juger par d’autres bois de même qualité : cependant elle le trouva pefer 134 livres ; & en moins d’un an, elle ne pefa plus que i04liv. J’ai vu des planches, qui étoient reftées à couvert dans des Magafins depuis une trentaine d’années, qui, malgré cela, fe gauchiffoient quand on les blanchiflfoit à la varlope feulement fur une face ; ce qui ne pouvoit venir que de ce qu’elles n’avoient pas encore perdu toute leur humidité du côté où elles avoient été travaillées. On verra par des expériences que je rapporterai dans la fuite, qu’un barreau pris dans le centre d’une groffe piece de démolition, a beaucoup perdu de fon poids après avoir été confervé dans un Magafin fec.
- Je ne crois pas, au refte, qu’il foit pofïible de fixer au jufte le temps où les bois font devenus affez fecs pour pouvoir être employés utilement à de gros ouvrages ; non-feulement parce
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- que les bois fe deffechent plus promptement dans les Provinces où le foleil a beaucoup d’a&ion, que dans celles qui font plus froides ; parce que le defféchement des bois de même qualité , & dépofés dans un même lieu 9 fe fait en raifon de leur fuperfi-cie ; mais encore parce que certains bois fe deffechent bien plus promptement que d’autres : car il faut beaucoup moins de temps pour deffécher les bois gras qui viennent des vieux arbres en retour, que les bois forts qui viennent d’arbres qui étoient encore dans l’âge de profiter. Cependant y pour ne pas laiffer cette queftion indécife, j’eftime que , pour les charpentes, il faut éviter d’employer les bois avant qu’ils aient efîùyé deux printemps depuis leur abattage. Mais ce temps ne fuffit pas, à beaucoup près ^ pour ceux qu’on deftine à faire de belles menui-feries : ceux-ci ne peuvent jamais être de trop anciemie coupe;
- Les befoins preffants empêchent fouvent qu’on ne mette entre l’abattage & l’emploi des bois 9 un temps fuffifant pour qu’ils foient devenus affez fecs pour être employés : car lorf-qu’on entreprend une bâtiffe confidérable, on eft obligé d’abattre une grande partie des bois dont on a befoin, parce qu’ordinaire-ment on n’en trouve pas affez d’anciennement abattus qu’on ait confervés en chantier : il eft plus ordinaire de conferver dans les Magafins des bois pour la menuiferie ; cependant il eft rare qu’on en foit fufiifamment pourvu pour faire des ouvrages folides : enfin les conftru&ions feroient interrompues dans les ports fi l’on n’employoit pas, au moins pour certaines pièces rares 9 des bois de fraîche coupe. Ces raifons ont engagé à chercher les moyens de précipiter le defféchement des bois : ces moyens confiftent, ou à expofer les bois à la plus grande ardeur du foleil 9 ou à les mettre quelque temps flotter dans l’eau pour parvenir à délayer la feve tenace qu ils contiennent, ôc qui fe diffipe difficilement ; enfin, on a tenté de les deffécher artificiellement par le fecours du feu. Je me propofe d’examiner fé-parément ce qu’on peut efpérer de ces différentes méthodes ; mais auparavant j’ai cru devoir examiner ce qui arriveroit fi l’on formoit quelqu’obftacle à l’évaporation de la feve, en couvrant les bois avec des réfines.
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- Article III. Efi-il avantageux a la confervation des Bois de les enduire de peinture a l'huile, ou de goudron, ou de hray, ou de quelqu autre fubjlance impénétrable à Veau ?
- Les enduits dont on petit couvrir les bols , peuvent produire deux effets très-différents : ils peuvent empêcher qu’ils ne foient pénétrés par la pluie , ou que l’humidité qui feroit dans le bois ne s’en échappe. Examinons ce qui doit réfulter de ces deux propriétés des enduits.
- La fuperficie des bois qui font expofés à la pluie en eft pénétrée : cette humidité altéré peu à peu les bois qu’on voit tomber en pourriture plutôt ou plus tard, fuivant leur bonne ou leur mauvaife qualité. On eft parvenu à parer en partie à cet inconvénient, en couvrant la fuperficie des bois avec des enduits impénétrables à l’eau.
- Dans l’Inde, on les couvre avec une efpece de peinture qu’on fait avec de la chaux & une huile qu’on rend plus ficca-tive en la faifant bouillir avec de la litharge. On peut, pour éco-nomifer les matières , y mêler un peu de ciment très-fin : cet enduit eft très-bon même en Europe. On a coutume de peindre à l’huile les bois qui font expofés aux injures de l’air : c eft quelquefois avec de l’ochre rouge, d’autres fois avec de l’ochre jaune ou avec du blanc de cérufe, ou d’autres fubftances, fuivant la couleur qu’on defire. Pour rendre ces enduits de plus longue durée, quand on a mis deux couches de peinture, avant que la fécondé foit feche, on faupoudre deffus quelque fable fin, ou du mâchefer , ou de la limaille de fer ; & ayant fecoué tout ce qui ne s’eft pas attaché à la peinture, on donne une troifieme fit derniere couche.
- Dans les ports, on couvre les bois avec du goudron , ou avec du bray , ou avec de la réfine fondue dans de l’huile , ou avec un mélange de foufre, d’huile, ou de graiffe & de goudron : toutes ces chofes, fit quantité d’autres qu’on pourroit
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- employer , font excellentes pour empêcher que les bois ne foient pénétrés par la pluie , & endommagés par les injures de l’air. On en a des expériences trop fouvent répétées pour qu’on puiffe en douter ; il eft donc certain que ces enduits font tous propres à empêcher que l’eau des pluies ne pénétré & n’endommage les bois qui y font expofés. Mais on a voulu étendre l’ufage de ces enduits ; par exemple, dans la conftrudion des Galeres, on a couvert tous les membres de bray à mefure qu’ils étoient travaillés : on pouvoit bien, par cette précaution, prévenir un peu qu’ils ne fe fendillent ; mais l’intention principale étoit d’empêcher que l’humidité d’une piece ne fe portât fur une autre,' & on ne faifoit pas attention que cet enduit de bray, dont on couvroit indiftin&ement tous les membres aufïi-tôt qu’ils étoient travaillés, pouvoit, dans certains cas, accélérer leur pourriture. En effet, comme dans les grands chantiers de conf* tru&ion, on met prefque toujours & indiftin&ement en œuvre des bois plus ou moins fecs , il doit arriver que le bray forme un obftacle à la dilïipation de l’humidité contenue dans les bois , foit qu’elle dépende de la feve, ou de l’eau douce ou falée dans laquelle on les aura mis flotter. Cette humidité qui ne peut s’échapper , doit exciter une fermentation & occalionner la pourriture, principalement aux pièces qu’on met dans la cale des Vaifleaux, dans le paillot des Galeres, ou dans d’autres endroits chauds & humides : il fuit delà que les enduits qui font très-propres à préferver les bois fecs des injures de l’air, peuvent précipiter leur altération, lorfqu’on en couvre des bois chargés d’humidité. Et cet effet feroit plus fenfible, fi les fubftances réfmeufes s’appliquoient aufïi exactement fur les corps humides que fur ceux qui font fecs, parce qu’elles feroient plus d’obftacle à la difflpation des vapeurs humides. Quoi qu’il en foit, voici une Expérience que j’ai faite pour effayer de con-noître immédiatement ce qui réfulteroit d’un enduit de bray, appliqué fur des bois fecs & fur des bois humides.
- Expérience.
- J’ai pris de bons bois dans trois états différents : une piece
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- étoit fort feche, une autre étoit nouvellement abattue , 6c une troifieme étoit pénétrée d’eau de mer.
- J’ai fait refendre à la fcie chacune de ces pièces, 6c tous ces morceaux ont été réduits à des poids égaux, de forte que j’a-vois de chaque piece deux morceaux qui pouvoient être exactement comparés l’un à l’autre. Je fis enfuite couvrir de bray, le plus exactement qu’il me fut poflible, trois moitiés de chacune de ces pièces, & les trois autres refterent fans en être enduites.
- Je fis mettre ces fix morceaux dans la terre pour y relier juf-qu’à ce qu’ils fuflent pourris : les bois fecs le font confervés plus fains que ceux qui étoient ou verds, ou chargés de l’eau de la mer ; Ôc le morceau de bois fec, couvert de bray, étoit moins attaqué de la pourriture que celui qui n en étoit point enduit : au contraire les bois chargés d’humidité , ôc couverts de bray , ont pourri plus promptement que tous les autres.
- Tout cela eft d’accord avec les obfervations répétées une infinité de fois , qui prouvent que les bois fecs fur lefquels on applique un enduit qui n eft point perméable à l’humidité, ré-fiftent plus long-temps aux injures de l’air que ceux qui font, fans aucun enduit , expofés au foleil & à la pluie. Mais aufli on trouvera dans la fuite, lorfque nous parlerons de l’imbibition des expériences qui prouvent que le bray n’empêche pas que les bois qu’on tient fous l’eau n’en foient pénétrés à la longue. Or les bois qu’on met dans une terre médiocrement humide, font peut-être dans une fituation plus propre à être pénétrés d’humidité, que ceux qui font entièrement fubmergés. L’eau, à la vérité, doit entrer en moindre quantité dans leurs pores ; mais par cette raifon-là même, elle doit y occafionner plus promptement la pourriture , parce qu’un peu d’humidité excite1 la fermentation, ôc beaucoup d’humidité y forme un obftacle ; ce qui fait que les bois qui font toujours fous l’eau ne pour-xififent jamais.
- J’avoue que dans l’exécution de mon Expérience, j’ai négligé une circonftance qui auroit pu devenir intéreflante. J’aurois dû faire pefer ces pièces de bois en différents temps, pour connoître, au moins à peu près, quel étoit l’obftacle que le
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- bray formoit à l’introduction de l’humidité de la terre ; mais quand on eft occupé de quantité d’expériences, il eft impoflible qu’il n’échappe quelques circonftances qui auroient jetté du jour fur les points qu’on fe propofoit d’éclaircir.
- Avant que d’entamer le fond de la queftion, je crois devoir râp-porter des Obfervations que je penfe ne pouvoir être conteftées par ceux qui ont quelque connoiffance des bois ; & on peut les regarder, au moins pour la plupart, comme des conféquences des expériences que je viens de rapporter, ôt de plufieurs qui font dans le Traité de VExploitation des Bois,
- Article IV. Diverfes Obfervations fur la durée des B oisy ou conféquences qùon peut tirer des Expériences que nous avons rapportées, foit dans le Traité de l'Exploitation , foit dans cet Ouvrage.
- i°, Quand on forme quelque obftacle à l’évaporation de la feve, le bois tiré d’une Forêt, & qui fe trouve encore rempli de feve, doit avoir peu de durée, & fe pourrir plus promptement que celui qu’on a laiffé fe deffécher avant que de l’enduire de quelque fubftance que ce foit qui puiffe faire obftacle à l’évaporation de la partie flegmatique de la feve : j’ai rapporté ci-devant des Expériences qui le prouvent.
- 2°, Les pièces de bois verd qu’on charge d’un poids confidé-rable, fe coiirbent fous cette charge, & prennent la forme d’un arc, ce qui diminue leur force, parce qu’il fe trouve alors une tenfion inégale dans les fibres, & que celles qui font à l’extérieur de la courbe étant déjà fort tendues, fe trouvent, par cette courbure , dans un état de dilatation qui doit les affaiblir.
- 3°, Quand, plufieurs pièces de bois verd font fi près l’une de l’autre quelles fe touchent, elles pourriiïent plus promptement que quand elles font renfermées entre des pierres, des briques, &c ; parce que la feve des pièces voifines forme une plus grande fomme d’humidité, & que cette humidité fe raflemble entre les pièces, & augmente la caufe prochaine de la pourriture. •
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- 4°, Les bois extrêmement vieux Ôt fecs fubfiftent fort longtemps , quand on ne les furcharge pas, ôt quand on les tient à couvert ôt au fec comme de la menuiferie qui s’emploie dans l’intérieur des maifons ; mais ces bois fe détruifent promptement quand ils fe trouvent expofés à un air humide, telles font les portes des éclufes, les fonds des vaifféaux, ôte.
- , La pourriture fait d’autant plus de progrès, que les corps qui en font fufceptibles font placés dans un lieu chaud Ôt humide ; parce que cette pofition eft la plus favorable à la fermentation , ôt par conféquent à la putréfaction.
- 6°y Les bois tenus au fec ôt très-expofés au grand air, comme font les charpentes des maifons, font dans une pofition très-favorable pour leur çonfervation, lorfqu’on a foin d’entretenir les couvertures.
- 7°, Les bois, au contraire, qui font toujours dans l’eau, ou renfermés dans de la glaife ou du fable humide, ne pour rident jamais, de quelque qualité qu’ils foient. J’ai vu les pilotis d’un pont qui avoient refté fous l’eau depuis un temps immémorial, ôt qui étoient encore fort fains : ils paroiffoient très-durs, même étant devenus fecs ; mais quand on les travailloit, foit au rabot, foit à la varlope, les copeaux qui en fortoient fe réduifoient en petits fragments.
- Rien ne prouve mieux que les bois, même ceux qui font tem dres, fe confervent pendant un temps très-conlidérable dans l’eau ou dans la terre humide, qu’une obfervation que le hazard m’a fournie. En faifant une fouille, on trouva un pilotis de fa-fin qui avoit fervi pour les fondations d’une Eglife tombée de vétufté, ôt démolie depuis 8o ans : ce pilotis avoit plufieurs liecles : l’extérieur du bois étoit détruit inégalement, fuivant que les veines? s’étôient trouvées plus ou moins tendres ; mais l'intérieur étoit parfaitement fain ; il avoit la couleur Ôt l’odeur de réfine, comme les pièces que l’on emploie pour les mâtures. La circonftance de cette odeur de réilne qui s’étoit confervée dans un bois aufli vieux, m*à paru une chofe très - fmguliere.
- 8° , Il n’en eft pas de même des bois qui font expofés tantôt àu fec, ôt tantôt à l’humidité : les libres ligneufes qui ont été
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- des 5 o 2 5. Liv. II. Ch ap. I, 63
- tendues par l’eau, font enfuite refferrées par le fec ; ce mouvement alternatif & continuel les fatigue, & les détruit ; l’eau emporte avec elle, toutes les fois quelle s’évapore, quelques-unes des parties les moins fixes du bois.
- <?°, Les bois qui relient fubmergés, fe réduifent peu à peu à rien, lorfqu’ils font expofés au cours de l’eau : ce fluide les ufe Imperceptiblement , comme feroit le frottement des corps folides, quoique plus lentement ; & fouvent même dans l’eau dormante, la fiiperficie en eft détruite par les infeêtes : il ne s’agit pas ici des vers à tuyau qui détruifent les digues de Hollande , aufîi bien que nos vaiffeaux : j’en parlerai ailleurs ; il n’eft queftion, pour le préfent, que de certains petits infeêtes qui ne pénètrent pas bien avant dans le bois, mais qui en endommagent tellement la fuperfîcie, qu’il en faut quelquefois retrancher l’épaifTeur d’un pouce ou deux lorfqu’on veut le travailler.
- io°, Il eft très-important de remarquer que les bois d’excellente qualité fubfiftent fort long-temps dans les portions les plus défavorables à leur durée : j’ai vu des portes d’éclufes qui étoient encore fort bonnes , quoiqu’elles fuflent très-anciennement conftruites. Il n’eft pas douteux que les membres des vaiffeaux doivent pourrir promptement ; i°, parce qu’ils font renfermés entre le bordage & le vaigrage; 20, parce qu’en bien des endroits les pièces de bois fe touchent 30, parce que ces membres font toujours dans un lieu chaud & humide : cependant j’ai vifité des vaiffeaux conftruits avec d’excellent bois de Provence , dont les membres étoient eneore très-fains, quoiqu’ils euffent $0 ans de conftru&ion : on a vu des vaiffeaux mal entretenus, & dans lefquels l’eau de la pluie perçoit jufqu’à la cale, qui ont cependant îubfifté très-long-temps fans pourrir, ce qui ne peut dépendre que de l’excellente qualité de leur bois ; ôc fi on ne peut pas fixer à 10 ans la durée de la plupart des vaiffeaux que l’on conftruit maintenant, on ne doit pas l’attribuer à la négligence des Officiers qui veillent aux conftru&ions ou à l’entretien de ces bâtimens ; mais à la mauvaife qualité des gros bois qu’on eft forcé d’employer aujourd’hui, comme je l’ai prouvé
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- 64 De là Conservation
- dans mon Traité de Y Exploitation des Bois ; & c’eft un inconvénient auquel on n’a pas encore pu trouver de remede.
- 11°, Le bois pourri endommage celui qui fe trouve dans fon voifinage ; comme c eft une efpece de levain qui excite la fermentation , il faut y remédier en retranchant ce mauvais bois le plutôt quil eft poflible. ~
- Je vais parler maintenant des moyens que nous avons employés pour acquérir des connoiflances fur l’évaporation de la feve.
- CHAPITRE IL
- Des Moyens que nous avons employés pour acquérir le plus de connoiffances qu'il nous feroit pojjible fur U évaporation de la feve SC le dejféchement des Bois.
- .A.vant que d’entamer la difcuftion de l’objet qui eft énoncé au titre de ce Chapitre ; comme nous aurons fouvent occafion de parler de bois verds & de bois fecs, de bois durs & de bois tendres, il m’a paru utile de faire connoître, au moins à peu près, le poids des bois de différentes qualités ôc de diverfes efpeces, les uns verds & nouvellement abattus, les autres fecs & de vieille coupe. Je donnerai enfuite des notions fur l’évaporation de la feve : ce font des connoiffances préliminaires qui nous mettront en état de traiter des Queftions plus importantes.
- Article
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- jo e s B o i s. Liv. IL C h a p. II. 6$
- Article I. Du poids du Bois de Chêne de differentes qualités, & de plujîeurs autres efpeces de Bois, les uns nouvellement abattus, & les autres d'ancienne coupe.
- Malgré tous les foins que nous nous fommes donnés pour arriver à la plus grande exaditude, nous ne pouvons donner ici que des à peu près, parce qu’il s’eft préfenté bien des difficultés que nous n’avons pu furmonter. J’ai pris les bois les plus verds qu’il m’a été poffible ; mais comme ils n’étoient arrivés dans les ports que plufieurs mois après qu’ils avoient été abattus , j’ignore ce qu’ils avoient perdu de leur feve. Quand il étoit queftion de bois fecs, je ne pouvois encore connoître quel étoit.leur point de defféchement : ôt dans ce cas j’étois obligé de choifir ceux de la plus ancienne coupe. Enfin, comme il ne m’étoit pas poffible de me tranfporter dans toutes les Provinces , il falloit que je m’en rapportaffe àl’exa&itude de ceux à qui je m’étois adreffé.
- i°, Il y a certains bois de Chêne qui, lorfqu’ils font verds, tombent au fond de l’eau de la mer : de ce genre font beaucoup de Chênes de Provence ; ôt comme le pied cube d’eau de mer pefe un peu plus de 72 livres, il s’enfuit que le poids d’un pied cube de ces bois excede cette fomme.
- 20, Le bois qu’on prend dans le pied d’un arbre eft plus pefant que celui de la cime ; j’ai prouvé ce fait dans mon Traité de VExploitation des £ oh. Quand on fait travailler des pieds cubes de bois dans les ports, il eft fouvent difficile de favoir fl le bois qu’on fait réduire à ces dimenfions a été pris du pied ou jde la cime d’un arbre.
- 30, Le bois de Provence, verd 6c nouvellement abattu, s’eft trouvé quelquefois du poids de po livres, ôc le fec de 60 liv. cependant on a vu d’excellents bois de Provence, qui étant parfaitement fecs, pefoient plus de 80 livres.
- 40, Les bois de l’intérieur du Royaume, de la Bourgogne par exemple, pefent, étant encore verds, aux environs de
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- 66 De ia Cons ervation
- 70 livres j Ôc lorfqu’ils font très-fecs , à peu près 33 à liv.
- 50, Les bois de Saintonge, verds, pefent 77, quelquefois 80 liv. demi-fecs, 70 liv. & parfaitement fecs, 62 à 63. Ceux: d’Efpagne, verds, 83 liv. Ceux de Bayonne, aflez fecs pour être employés aux conftruêlions , 74 à 82 , fuivant leur degré de fé-chereffe. Les bois de Canada, tout nouvellement abattus, fe font trouvéspefer 82 livres, & fecs, environ 36V
- <5°, Je terminerai cette énumération par des épreuves que j’ai faites à Marfeille avec feu M. Reynouard le Gadet, qui étoit alors Conftru&eur des Galeres dans ce Port.
- Le pied cube le plus rempli de lève qui fût dans Farfenal, pefoit 87 liv. 10 onces ; un an après fa coupe, ôt en état d’être employé aux conftru&ions , le même bois pefoit 7 6 liv. 8 onces.
- L’Orme de Provence, verd, 64 livres ; au bout d’un an d’abattage, 5*3 liv.
- Le Peuplier de Provence, verd, 5* 3 liv. 10 onces ; un an après, 34 liv. 6 onces.
- Le Noyer de Provence, verd, 61 livres; un an après, 4P liv* 6 onces.
- Le Tilleul de Provence, verd, yo liv. 10 onces;-un an après,
- 31 liv. y onces.
- Le Pin blanc de Provence, verd, 60 liv. 3 onces; un an après 4P liv. 4 onces.
- Le Pin-Pignier du même endroit, verd, 71 livres ; un an après, 60 liv. 4 onces.
- Nous avons procédé enfuite à l’examen des bois de Bourgogne : nous entendons par verds, ceux de la plus fraîche coupe que nous avons pu avoir.
- Le Chêne de Bourgogne, verd, 63 liv. 6 onces ; un an après ,
- 32 liv. 12 onces.
- L’Orme, verd, 66 livres ; un an après, 36 liv. 4 onces.
- Le Noyer, verd, 37 livres ; un an après, 48 liv. 4 onces.;
- Le Hêtre, verd, 63 livres ; un an après, 48 liv. 7 onces*
- Le Pin du Nord, fec, 41 liv. 3 onces*
- Le Sapin de Dauphiné, fec, 33 liv*
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- des 5oxj.Liv.II.Chap.il 67
- Le Chêne de Bayonne, fec, 74 à 80 liv.
- L’Ormefec, 52 livres.
- Le Pin des Pyrénées, fec, 42 à 43 livres.
- Et le Sapin des mêmes montagnes,. fec, 37 liv. 9 onces.
- Nous venons de donner une idée, à peu près jufte, de la différence qui s’eft trouvée entre les bois verds & les bois fecs de différentes efpeces. Je dis ^ à peu près, car dans cette der-niere Expérience, que je regarde comme plus exaète que les précédentes ; i°, nous n avons pu prendre les bois verds & les bois fecs dans la même piece ; tout ce qu’il nous a été poffible de faire , a été de choiîir dans l’arfenal les bois qui nous ont paru être d’une même qualité : ôt cela fuppofe quelque incertitude dans le choix ; car tous les bois dun même canton ne font pas toujours aufïi bons & aufïi parfaits les uns que les autres.
- 20, J’ai averti que les bois que nous avons regardés comme verds, avoient été abattus depuis quelques mois ; & comment pouvoir connoître la quantité de feve qu’ils avoient perdue , fur-tout n’ayant pu être informé fi les uns n’avoient pas été équarris plutôt que les autres, & s’ils avoient tous été dans la même pofition, également expofés à l’air, au foleil, au vent, &c. Ces circonftances font cependant des différences très-com fidérables ; car il s’échappe beaucoup de feve des bois la première année après qu’ils ont été abattus, comme on le verra par les deux Expériences fuivantes, en attendant que nous en rapportions de beaucoup plus°détailïées.
- La première Expérience fut faite fur un pied cube de bois. Ce pied cube, encore verd, pefoit 87 livres : on le dépofa dans un magafin fec, où il étoit frappé de tous les côtés par l’air : au bout d’un an il ne pefoit plus que 66 liv. il avoit perdu plus d’un quart de fon poids, quoiqu’il ne fût pas encore parfaitement fec.
- Pour la fécondé Expérience, on prit un pied cube dans une piece qui n’avoit été abattue que depuis quelques mois : il pefoit S 6 livres ; après avoir été confervé pendant un an dans une chambre où l’on faifoit du feu, il ne fe trouva pefer alors que 68 livres.
- Puifque l’occafion s’en préfente, je vais rapporte* ici d’autres
- üj
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- 68 De iA Conservation
- Expériences, à peu près femblables, que M. Cossigni, Dlre&eur des Fortifications, a faites avec beaucoup d’exaétitude à Be-fançon, & dans PIfle de France.
- Bois du Royaume : Poids <Bun pied cube.
- livres, onces, gros, graînjj
- Chêne extrêmement fec................... 4p io o o
- Le même, provenant d’un vieux membre de
- vaifleau ,& pefé à PIfle de France... 4p 4 3 47
- Même bois provenant d’un vieux bordage de
- vaifleau, & pefé à PIfle de France... 50 y 6 54
- Le poids moyen de ces bois eft...... 4P 12 o o
- Sapin extrêmement fec................... 2p 1 7 24
- Même bois provenant d’un vieux mât pefé à
- PIfle de France...................... 30 iy 3 4P
- Même bois provenant d’un vieux bordage , &
- pefé à PIfle de France............... 32 o 6 4
- Le poids moyen de ces bois eft de... 30 11 o o
- Bois de PIfle de France.
- livres, onces, gros, grains;
- Bois de Noyer fec.................... 4y 5 3 40
- Bois de Mûrier d’un an................. 64 y 2 16
- Bois d’Orme de 3 ans...................... 43 p 2 16
- Bois de Tilleul de 2 ans.................. 35 p 2 48
- Bois de Hêtre de 2 ans.................. 46 y o o
- Tremble encore verd..................... 37 o 4 32
- Bois puant tout verd.................... 36 12 o o
- Bois de Natte fec....................... 66 12 4 64
- Colophone fec .......................... 53 11 7 5$
- Tacamacufec............................. 4y o o a
- Bois blanc, dit de violon, verd.........30 4 p 38
- Le même bois pefé fec à Paris........... 26 84 O
- Benjoin................................. 6y 3 4 34
- Bois d’Olive............................ 6y 3 1 24
- Bois de Pomme...........................62 2 6 o
- Bois de Cannellier...................... 3P 12 o o
- Ebene noire............................. 87 4 2 14
- Ebene blanche ........................ 67 10 6 50
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- ses Bois. Liv. II. Chap. II. 69
- livres, onces, gros, grains»
- Bois de fer.......................... 80 12 o 0
- Bois de fer, dit de Zagaie............ $2 6 4 y 8
- Bois de ronde......................... 7 S 2. o o
- Autres Bois de l'Inde,
- livres, onces, gros, grainsi
- Cochinchine fec............................ 64 2 4 51
- Bois deTeque de l’Inde....................... 46 1 2 o
- Almaron de Pondichéry......................46 o o o
- Àlipé de Pondichéry......................... 43* 8 0 o
- Polchit de Pondichéry & de Plfle de France. 44 o y 36
- Bois des Ifles des trois Freres.............. 66 9 y o
- Nota. Le bois de Cannellier, celui de Pomme Sc celui d’OIive, n’ont aucune reffemblanceavec ceux que nous connoiffons ici fous ces noms.
- Voilà donc, à peu près, le poids des différentes fortes de Bois choifis les uns verds & les autres fecs. Nous avons cru qu’il étoit encore néceffaire d'étudier avec le plus grand foin, quelle pouvoit être l’évaporation de la feve dans un morceau de bois de bonne qualité.
- Article IL Expériences faites fur differentes fortes de Bois pour acquérir des connoljffances fur révaporation de la feve.
- S 1. Expérience pour connoître combien de temps un folide de $ 12 pouces cubes eflâ perdre fa feve, étant tenu dans un lieu fec.
- 1°, Les arbres qui ont fourni ces cubes,étoient tirés dun ter-rein gras : 20, on les avoit abattus le 25? Février 1736' : 30, aufli-tôt qu’ils eurent été abattus, on tira de chacun un cube de 8 pouces de côté, qui formoit par conféquent un folide de 312 pouces cubes : 40, on les pefa féparément le 14 Mars : 50, on les dépofa enfuite dans une chambre feche ; & on les pefa régulièrement tous les mois depuis ce temps jufqu au 11 Janvier 1740 ; ce qui
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- 7°
- De iA Conservation
- fait quatre années entières. Un de ces cubes fut numéroté A ôc l’autre B : voici l’état de toutes ces pefées*
- 1736.
- Le 14 Mars Le 14 Avril Le 10 Mai.
- 1737.
- ï? 39-
- 1740.
- Ils avoient augmenté de poids à caufe de l’humidité de l’air, le temps étant à la pluie.
- 1740;
- On mit ces deux cubes pendant £ heures devant le feu, ils fe trouvèrent pefer
- B
- livres. onces. livres, oncesi
- 24 15 ... .. 2$
- 22 II . . . .. 22 8i
- 21 . . 21
- 20 Pr... .. 20 8i
- 19 ^... .. ip 71-
- 18 ioJ... .. 18 Pï
- 18 7 ••• .. 18 6
- 18 ^i... .. 18 1
- 17 ***•'•• - 17
- 17 .. 17 *3*
- 17 4 ... .. 17
- 16 12 ... .. l£
- 16 nf... .. l6 8
- 16 14 ... .. l6 10
- 16 14 ... .. 16 H
- 16 i3|... .. 16 8i
- 16 13 ... .. 16 8*
- Comme ces bois faifoient une efpece d’hygrometre, augmentant & diminuant de poids fuivant que Fair était fec ou humide, on les jugea fecs, Ôc on mit fin à l’Expérience,
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- 7i
- des Bois. Liv. II. Chap. II.
- § 2. Remarques fur cette Expérience.
- i% Ce s cubes, quoique de petites dimenfions, ont toujours diminué de poids pendant l’efpace de trois ans ; c’eft-à-dire, depuis le 14 Mars 1736 qu’ils furent équarris, jufqu’au 16 Avril 1739 , que leur poids commença de varier félon l’état de l’air, ce qui en faifoit des efpeces d’hygrometres.
- 20, On voit que la plus forte diminution de poids eft arrivée dans le courant de la première année, pendant laquelle ces fo-lides ont perdu plus d’un tiers de leur'poids primitif.
- 30, Pendant les deux dernieres années, leur poids n’a diminué que d’un dix-feptieme.
- 4°, D’où l’on peut conclure que le Chêne de bonne qualité , débité dans la dimenfion de ces cubes, Ôt tenu dans un lieu fec, parvient à un degré de féchereffe propre à être employé dans t’efpace d’un peu plus d’une année, ôt qu’il acquiert une féchereffe entière dans l’efpace d’environ 22 mois, puifqu’alors il augmente ou diminue de poids, fuivant que l’air eft fec ou humide.
- 50 , Je n’ai garde d’en conclure, que les gros bois de Charpente Ôt de conftruÊtion puiffent acquérir le même degré de féchereffe dans un pareil efpace de temps ; car il eft certain que l’humidité ne s’échappe pas auffi promptement d’une groffe piece de bois qu’elle peut le faire d’un petit cube : j’ai même des preuves du contraire ; car ayant fait lever un bout de foli-veau de 8 pouces d’équarriffage ôt de 5 pieds 1 o pouces de longueur , dans une groffe poutre qui avoit été abattue il y avoit 14 à 15* ans, ce foliveau, qui pefoit alors 134 livres, fe trouva avoir perdu en 2 ou 3 ans près d’un quart de fon poids.
- 6°, On peut conclure de ces Expériences, c[ue le rapport du bois verd au même bois fec, eft comme 3 eft à 2 ; Ôt qu’ainlî le bois verd diminue d’un tiers de fa pefanteur totale pour être réputé fec au point de produire le même effet qu’un hygromètre.
- 70, On peut remarquer, en paffant, que le cube B, qui pefoit étant verd 3 onces \ plus que le cube A, eft devenu, dès la première pefée, de 2 onces f plus léger ; ôt que le même
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- 73 D E LA CoN S ER VA T I ON
- cube B, a pefé 3 onces \ moins que le cube A : peut-être que celui-là avoit été, avant l’Expérience, dépofé dans une place plus humide que le cube A : je ne peux me rappeller cette circonftance.
- 8y La proportion de la feve dans un morceau de bois verd, relativement a la partie vraiment ligneufe, varie certainement fuivant la qualité du bois, félon fon âge, le terrein où il a crû, &c ; cependant on peut dire , en général, que les bois verds perdent, en fe defféchant, entre le tiers & les deux cinquièmes de leur poids.
- p°, Comme on a vu par l’Expérience que nous venons de rapporter que les bois fecs fe chargent de l’humidité de l’air , il s’enfuit que quand on les pefe lorfque l’air eft fec, on les trouve plus légers que quand on les pefe dans le temps que l’air eft humide. Comme cette différence devient affez confidérable lorfqu’on pefe beaucoup de bois à la fois, elle m’a fouvent em-barraffé dans l’exécution de mes Expériences, ne fçachant point alors à quoi attribuer l’augmentation de poids dans des bois qui me paroiffoient devoir plutôt en perdre.
- Continuons d’acquérir le plus de connoiffances quil fera pof-fible fur l’évaporation de la feve ; & pour cela examinons d’a? bord fi elle fe fait en raifon des furfaces,
- Article III. Q ue Vévaporation de la feve fe fait en raifon des furfaces.
- I l e s t certain que là température de l’air fec ou humide , chaud ou froid, influe beaucoup fur l’évaporation de la feve : il eft probable aufli qu’un morceau de bois d’un tiffu lâche, & qui contient beaucoup d’humidité, doit en perdre plus dans un temps donné, qu’un autre dont le tiffu eft lerré, & qui par con-féquent doit contenir moins de feve ; enfin , on peut voir dans quantité de nos Expériences, qu’il y a des caprices infinis ( qu’on me paffe le terme ) dans le defféchement des bois : par exemple, une piece de bois, encore fort chargée de feve, eft plufieurs jours fans prefque diminuer de poids, ou même fans en perdre 5
- &
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- des B o i s. Lxv. II. Chap, IL 75
- & tout d'un coup, fans qu'on puifle en attribuer la caufe ni au poids de 1 atmofphere marqué par le baromètre, ni au degré de chaleur qu'indique le thermomètre, ni à la féchereffe & à l'humidité de l’air, tout d’un coup, dis-je, cette piece de bois perd confidérablement de fon poids. Malgré toutes ces variétés, il eft plus que probable que, s'il étoit poflible d'avoir une parité exade à tous égards, le defféchement des bois fe feroit en rai-fon des furfaces. C’eft dans la vue d'être plus certain de ce fait, que j'ai exécuté les Expériences fuivantes.
- § i. Première Expérience.
- Le ii Mars 1740, je fis abattre un jeune Chêne, qui pou-voit avoir 8 à 9 pouces de diamètre. On leva dans le centre du corps de l’arbre un Barreau a b ( Planche VIL Fig. 2 ), qui avoit deux pouces d'équarriflage, & quelque chofe de plus, pour pouvoir remplacer le bois qui devoit être emporté par les traits de la fcie dont je parlerai dans la fuite : a défigne le bout du barreau qui répondoit aux racines, ôt b celui qui aboutiffoit aux branches.
- On coupa au bout a un morceau de bois de deux pouces de longueur ; & par le moyen de trois traits de fcie défignés dans la Figure par les lignes ponduées, on obtint quatre petites planches, qui, pofées les unes fur les autres, formoient enfem-ble un petit cube de deux pouces de côté, 8 pouces de folidité, & 24 pouces defurface, ou 288 lignes de fuperficie. Mais en compofant ce cube de 4 petites planches, on avoit doublé les furfaces ; ôc ainfi la fuperficie totale s'eft trouvée être de 48 pouces ou de 576 lignes quarrées : ceci eft relatif aux cubes cotés 1 & 8.
- Les cubes 2 & 7 avoient pareillement deux pouces de côté, 8 defolidité, & 24 de fuperficie, ou 288 lignes, étant formés chacun de trois petites planches désignées, comme les premières , par les lignes ponduées : la fuperficie fe trouve être augmentée de quatre furfaces, ou de quatre fois 48 lignes, qui, multipliées par 4 furfaces, donnent 192 lignes : ainfi la fuperficie du cube compofé de trois planches , étoit de 40 pouces ou de 480 lignes quarrées, K,
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- 74 De là Conservation
- Les cubes n°. 3 ôc <5, de 2 pouces de côté, 8 pouces de folî-» dité, 24 pouces ou 288 lignes de fuperficie, n'étant formés que de deux planches au moyen du trait de fcie déligné par la ligne pon&uée, la fuperficie n’avoit augmenté que de deux fur-faces, ou de deux fois 48 lignes, ce qui fait 96 : ainfi la fuper-ficie de chacun de ces cubes compofés de deux planches, étoit de 32 pouces ou de 384 lignes*
- Ces différents cubes ayant été pris d un même arbre, ôc toujours deux correfpondants, l'un tiré vers les racines Ôc l'autre du côté des branches, ne différoient que par leur furface. Voyons ce que cette circonftance a produit dans l'évaporation de ht feve.
- Le 11 Mars 1740 ils pefoient, favoir ;
- Le 16 Mars1 * 3 4.
- N°» onces, gros* gr* 1 6 3 46
- 26 4 44
- 3 6 6 6
- 463 2
- N°.
- 8
- 7
- 6
- J
- onces» gros» gr. 6 4 60
- 6 4 36
- 656 6 2 J6.
- o / o
- 6 > SL 6 i o
- 6)
- N°.
- 2
- 3
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- onces, gros» gr. 600 610 6 1 36
- 6 1 IJ
- N°. onces, gros. gr. 8608 760 12
- 6 6 1 10
- J 6 ‘ I O
- *
- 1
- 2
- 3
- 4
- 6
- 6
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- 6
- Lè 12 Mars.
- 1 xj I 8 6 2
- 3 36 7 6 3
- J 12 6 6 4
- 2 36 l J 6 2
- Le 17 Mars.
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- I 066 o Jo > s:
- 1 ojj 6 o J4-I'?'
- Le 13 Mars.
- Le 18 Mars.
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- 3 6 4 616 6 3 60 f S.
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- 7 4 8 J 7 o o 7 J 7 o 30 6 6 o o o f 6 o
- Le 14 Mars.
- Le 15) Mars.
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- 2
- 3
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- 1 J 6 20 I 8 J 6 ïo
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- Le 1 y Mars.
- Le 20 Mars.
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- 860 760 661 J. 6 1
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- n e s Bois. Liv. II, Chap, II.
- Le 21 Mars,
- N°. 1 onces, gros. gX‘ N«. once*. gm. gr. > k N». onces, gros. gr.
- 1 y 2 60 8 y 4 * bd 1 y 0 36
- 2 y 4 y° 7 y 4 16 ] >3 2 y i 0
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- Le 22 Mars.
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- y 41 y y y,
- Le 23 Mars.
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- 3 48 7 y 3
- 6 20 6 5 4
- y ° I y y 4
- Le 24 Mars.
- 48 K
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- 318 y 3 44^ as
- i 7 y 3 y°l |
- 5 6 5 4 48 f g;
- 31 y y 4 o J ?
- 48
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- Le 2; Mars.
- 1 201 8 y 3
- 2 6752
- y 48 6 y 4
- 4 401 y y 3
- Le 26 Mars.1
- 1 101 8 y 2
- 2 o 7 y ï
- y 40 6 y 3
- 4 341 y y 3
- Le 27 Mars.
- 1 o | 8 y a
- 1 6 7 y a
- y 3M 6 y 3
- 4 18 I y y 3
- Le 28 Mars.
- o 60 | 8 y 2
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- 4 60 6 y 3
- 4 O J y y 3
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- 4") w
- 7y
- Le 2p Mars.
- N°. onces, gros. gr.'
- M°. once*. gro*, g»*.'J 8 y 1 40 / u
- 7 y 1 60 > s
- 6 y 2 361?
- y y * 4Ü
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- Le 30 Mars.
- o OI 8 y I o J3 7 y I
- 3 o 6 y a
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- Le 31 Mars.
- 7 46 j 8 y o
- o 4 7 y o
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- Le 1 Avril,
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- 8 y o 7 y o 6 y !
- y y 1
- Le 2 Avril.
- 6 62 l 8 4 7
- 7 66 7 y o
- o o 6 y 1
- 1 41 y y 1
- Le 3 Avril.
- 6 2y [ 8 4 7
- 7 38 7 4 7
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- o y8 I y y o
- Le 4 Avril.
- 846
- 747
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- 141 y y o
- Le 5 Avril.
- y 60 8 4 6
- 6 66 7
- 6 4 7
- y 4 7
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- 7 6a
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-
-
-
- 7t D e z a Conservation
- Le 6 Avril. Le 11 Avril.
- N*, onces, gros. gr,
- 1 4 5 48
- 2 4 6 18
- 3 5 ° o
- 4 4 7 16
- .N°. onces. gros, gr,
- 8 4 5 59 g
- 7 «g??
- 6 4 7 II g g
- ÿ 4 7 24 r
- Le 7 Avril.
- 3
- 4
- 4
- 4
- 5 4
- 40
- 42
- O
- 12
- 8
- 7
- 6
- 5
- 31
- Jff S ë
- 40 aug. 36 aug.
- Le 8 Avriljpoint de variation. Le 9 Avril.
- 1 4 4 36
- 2 4 5 64
- 3 4 7 18
- 4 4 6 26
- 4 4 64 4 5 48 4 6 20 4 6 12
- 1”
- S?
- N°. onces, gros, gr, 1440
- 4
- 4
- 4
- 5 10
- 6 66 < 68
- N°. oncei. gros, gr, '
- 844^
- 7 4 4 645 J 4 5
- Le 13 Avril.
- 1 '4 3 64 1 8 4 4
- 2 4 4 62 r 4 4
- 3. 4 6 18 J 6 4 y
- 4 4 5 01545
- Le 15 Avril.
- 1 4 3
- 244
- 3 4 6
- 4 4 5
- 4i
- 6
- O
- O
- 4
- 4
- 4
- 4
- 48^
- 2}
- 4
- 4
- 4
- 4
- 30
- o
- 66
- 66
- }
- Le 18 Avril.
- 143 6 I 8 4 4
- 2 4 3 64 7 4 3
- 3 4 5 5° <5 4 4
- 4 4 4 38 1 5 4 4
- 3°
- 40
- 46
- 54
- §2, Seconde Expérience*
- J’ai cru devoir répéter cette Expérience fur un morceau de bois un peu plus gros, ne me propofant pas de la fuivre aulfi long-temps : pour cela je fis lever dans le centre d’un gros Orme nouvellement abattu, deux cubes qui avoient un peu plus' de fix pouces de côté. On en fcia un en quatre morceaux par trois traits de fcie, & ces quatre morceaux numérotés B for-moi ent 9 étant pofés les uns fur les autres 9 un cube B, de fix pouces de côté ; l’autre cube deftiné à relier dans fon entier 9 fut réduit à fix pouces comme l’autre, onle numérota A.
- Le 11 Mars A pefoit livres, 9 onces.. 3 gros. O B livres. 9 onces. I gros*- O
- Le 14 Mars A ... . 9 2 4 — B 8 14 O
- Le 17 Mars A . . . 9 0 0 B 8 12 6
- Le 20 Mars A . . . 8 12 O B 8 s 0
- Le 2j Mars A . . . 8 10 0 B 8 3 0
- Le 26 Mars A . . . 8 9 O B 7 1; 4
- Beau. Beau. Beau* Beau.
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-
-
-
- X> E s B 0 1 s. L IV. II. Cn [AP. II. 77
- Le 2p Mars À . livres. onces, gros. livres, onces, rros.
- . . 8 7 4 — B 7 12 0
- Le 1 Avril A . . . 8 5 0 — B 7 ÎO 2
- Le • 3 Avril A . . . 8 3 2 —— B 7 8 0
- Le 6 Avril A . • • 7 15 0 B 7 4 0
- Le p Avril A . • • 7 14 0 B 7 3 0
- Le 12 Avril A . • • 7 12 O B 7 2 0
- Le 1$ Avril A . • • 7 12 O B 7 1 0
- § 3» Remarque s y^r les Expériences précédentes.
- On apperçoit dans les Expériences qüe nous venons de rapporter, qu'il y a bien des variétés dans l'évaporation de la feve , & Ton n'en fera pas furpris après ce que nous avons dit plus haut fur toutes les caufes qui peuvent favorifer l'évaporation de la feve , ou lui faire obftacle.
- Ce font ces caufes qui font que rarement l'évaporation de la feve fe fait exactement en raifon des furfaces. Car à l’égard de la première fuite d'Expériences dont les cubes n°. i & n°. 4 ont leurs furfaces dans le rapport de 2 à 1 * il n'y a qu'une femaine ou l’évaporation fe trouve à peu près en même raifon, favoir de 380 à ip8. Dans la fécondé fuite d'Expériences, où le rapport des furfaces eft toujours de 2 à 1, il n'y a dans les douze Expériences qu'une feule qui donne l'évaporation dans la même raifon que les furfaces ; mais toujours eft-il bien établi par nos Expériences , que l'évaporation eft plus grande dans les morceaux qui ont plus de furfaces.
- Article IV. Que la feve fe dijfipe en vapeurs dam les Bois qui fe défichent.
- Pour continuer à répandre le plus de jour qu'il nous fera pof-fible fur l'évaporation de la feve, nous allons effayer de con-noître fi elle fe fait en vapeurs ou par écoulement.
- J'ai reçu quelques Mémoires dans lefquels on m'affuroit qu'il falloit placer les bois debout pour les décharger d'une feve
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-
-
-
- 78 De la Conservation
- rouflfe qui couloit par en bas, laquelle altéroit la qualité du bois quand on ne la déchargeoit pas de cette façon. Je crus devoir répéter cette Expérience que je foupçonnois avoir été mal faite.
- § i. Expériences.
- Dans cette vue; je pris le 4 Avril 1737 neuf foliveaux de brin, de p pieds de longueur fur 6pouces d’équarrifîage, ôc qui avoient été abattus l’hiver précédent, de forte qu’étant outre cela nouvellement équarris, ils étoient remplis de feve. Trois furent marqués A 1, A 2, A 3 ; trois autres 61,62,83; ôc enfin les trois derniers.C 1, C 2, C 3. Je les choifis à peu près de femblable groffeur ; ôc pour donner une idée de leur lolidité , je vais marquer leur poids.
- A 1 pefoit 177 liv. A 2, 178. A3, 171.
- B 1 pefoit 147 liv. B2, 162, ôc B 3 , 187 liv. ôc demie.
- C 1 pefoit 187 liv. Ôc demie, Ç2, 162 , ôt C 3 , 123 livres 4 onces.
- Le même jour, après les avoir pefés, on les mit en équilibre, en les pofant horizontalement fur une lame de fer en couteau, ôc on marqua d’un trait le lieu où ils étoient en équilibre.
- Enfuite ( Planche VII, Fig. 3 ) on pofa horizontalement fur des chantiers les trois foliveaux A. Les trois foliveaux B furent dreflês verticalement le long dune muraille, de forte que le bout qui répondoit à la fouche étoit en haut, ôc le bout qui ré-pondoit à la cime étoit en bas, où il pofoit fur une planche. Les trois foliveaux marqués C, étoient aufli placés verticalement le long d’une muraille ; mais dans une fituation contraire, de forte que le bout qui répondoit à la fouche étoit en bas pofé fur une planche, Ôc le bout qui répondoit à la cime étoit en haut. Ces foliveaux étoient à l’abri de la pluie dans une vafte grange, fort élevée ôc feche.
- Il ne découla jamais aucune feve rouflfe de ces folives placées verticalement : ainfi il falloit que l’Auteur du Mémoire que j’âi cité, n’eût pas fait attention que l’eau qu’il voyoit au bas de ces arbres, venoit d un noeud pourri rempli d’eau qui étoit caché
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-
-
- jd £ s B o i s< Liv. II. C h ap. IL 75>
- dans l’intérieur de la piece ; ou de ce que ces arbres étant à l’air, l’eau de la pluie qui étoit tombée deffus, & qui avoit rempli les fentes , avoit pris une teinture rouffe que l’Auteur jugea être de la feve : car je puis aflùrer quil n’a jamais découlé de feve de mes foliveaux qui étoient à couvert, non plus que dans beaucoup d’autres Expériences où j’avois pofé verticalement des bois remplis de feve.
- Quoi qu’il en foit, tous les huit jours, on préfentoit ces foliveaux fur le tranchant de fer, qu’on faifoit répondre au trait qui marquoit leur centre d’équilibre ; & on plaçoit des poids au milieu de la longueur du bras le plus léger. Ils ne changèrent point de centre d’équilibre jufqu’au premier Juillet 1757 , qu’ils fe trouvèrent comme il fuit :
- Les trois foliveâùXÂ i,qui étoient reftés horizontaux, étant placés fur le couteau , fe trouvèrent en équilibre.
- B 1, qui étoit relié le bout répondant à la fouche en haut, conferva aufli fon équilibre*
- livres, onces, gros*
- B 2 étoit diminué par le pied qui étoit en
- haut, de............................ 1 o o
- B 3 étoit diminué par le même bout, de . . o 12 a
- C 1 étoit diminué par le bout d’en haut qui répondoit à la cime, de ........... * 1 % o
- C 2 avoit confervé fon équilibre.
- C 3 étoit diminué par le bout d’en haut qui répondoit à la cime, de .... ........ . o 12 o
- C’efi: donc, dans cet examen, les bouts qui étoient en haut qui ont le plus perdu de leur, poids, foit qu’un de ces bouts répondît à la cime ou à la fouche. Leur équilibre n’a pas fenfible-ment changé jufqu’au premier Août qu’ils fe trouvèrent comme il fuit :
- livres, onces, gros.
- Ai, pofé horizontalement, étoit diminué du côté qui répondoit à la fouche, de .... 1 8 o
- A 2 étoit diminué du côté de la fouche, de , o 8 o
- A 3 avoit confervé fon équilibre.
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-
-
-
- 8 o
- Delà Conservation
- livres, onces, groSi
- B î , dont le côté qui répondoit à la Touche étoit en haut, avoit diminué de ce bout, de . . o 8 o
- B 2 étoit diminué parle même bout, de ... o i$ o
- B 5 étoit diminué par le même bout, de . . . o 12 o
- Ci, dont le bout qui avoit répondu à la cime
- étoit en haut, avoit diminué de... . o 12 o
- C 2 étoit diminué par ce même bout, de . . 0 8 o
- C 3 étoit diminué par ce même bout, de . * o 8 o
- C’eft toujours le bout d’en haut qui a le plus^ perdu de Ton poids. L'équilibre de ces foliveaux na pas beaucoup changé jufqu’au 24 Août, auquel on les a trouvés ainfi :
- A 1 étoit refté dans le même état.
- A 2, de même.
- A 3 avoit diminué du côté de la Touche , de. .
- B 1 n avoit pas changé d'état.
- B 2 avoit diminué par le bout qui étoit en haut, de ....................................
- B 3 avoit diminué par le même bout, de . .
- Ci, dont le bout qui avoit répondu à la cime, étoit en haut, avoit diminué de cç côté, de.
- C 2 avoit confervé Ton équilibre.
- C 3 avoit diminué par le bout qui étoit en haut, de ................
- livres, onces, gros» I OO
- I O O
- 0 12 0
- I 6 0
- O 14 ®
- Le 4 Septembre.
- A 1 étoit diminué du côté de la Touche, de ; 1 80
- A 2 étoit diminué du même bout, de . . . . o p o
- A 3 étoit diminué du même bout, de . . . . o 2 o
- B 1 diminué par le bout qui répondoit à la
- Touche & qui étoit en haut, de . .........o p o
- B 2 diminué au même bout, de......... 1 o o
- B 3 diminué au même bout, de......... o 13 4
- Ç 1 diminué par le bout qui répondoit à la £ime Ôç qui étoit en haut, de . 013 0
- Ca
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-
-
-
- ses Bois. Liv. II. Chap. II. S*
- a ai i livres* onces* gros*
- C 2 diminué au même bout, de............... 9 o
- C 3 de même...........* . . . ........o 9 o
- Le 16 Novembre.
- A 1 diminué par le bout qui répondoit à la fouche, de .................. . 1 7 o
- A 2 diminué au même bout, de . .......o 7 o
- A 3 diminué au même bout, de ....... o 1 o
- B 1 diminué parle bout qui tenoit à la fouche ,
- qui avoit refté en haut, de... . , . , o 8 o
- B 2 diminué au même bout, de....... . o 10 0
- B 3 diminué au même bout, de..........o 8 0
- C 1 diminué par le bout qui répondoit à la cime , & qui étoit en haut, de........... o 12 o
- C 2 diminué au même bout , de ...... . o 8 o
- C 3 diminué au même bout, de ...... . o 8 4
- Le 24 Novembre on a trouvé peu de différence.
- Le 30 Décembre.
- A 1 diminué par le bout qui répondok à la
- Fouche, de ............................... o 1$ o
- A 2 diminué au même bout, de ............o 14 o
- A 3 diminué au même bout, de ....... o 8 O
- B 1 diminué par le bout qui répondoit à la
- Fouche, & qui étoit en haut, de.......... o 8 O
- B 2 diminué au mêmè bout, de.............o 12 o
- B 3 diminué au même bout, de.............o 10 o
- C 1 diminué par le bout qui répondoit à la cime , & qui étoit en haut, de............. t 8 o
- C 2 diminué au même bout, de ...... . 1 S 0
- C 3 diminué au même bout, de.........o $ ®
- On a peu trouvé de différence le 30 Janvier 1738.
- ïi a encore été de même le 3 0 Février*
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-
-
- $2 De ia Conservation
- Le 30 Mars 1738.
- livres, onces, gros»
- A i «diminué par le bout qui répondoit aux
- racines,de................. . *.......... o 12 o
- A 2 diminué au même bout, de . ..... . o 13 o
- A 3 diminué au même bout, de • o 7 o
- B 1 diminué par le bout qui répondoit à la Touche, & qui avoit toujours été en haut, de . o 7 o B 2 diminué par le même bout , de .... . o 12 o
- B 3 diminué au même bout, de ...... . o 10 o
- C 1 diminué par le bout qui répondoit à la cime, & qui étoit en haut, de ............. 1 7 o
- C 2 diminué par le même bout, de .... . 14 o
- C 3 diminué par le même bout, de .... . o 4 o
- Le 2$ Septembre 1738.
- A 1 point de changement.
- A 2 de même.
- A 3 diminué parle bout qui répondoit à la cime, de ..................................o 1 a
- B 1 diminué par le bout qui répondoit à la
- Touche, & qui étoit en haut, de ... .....o 12 o
- B 2 diminué au même bout, de.......... 1 3 o
- B 3 diminué au même bout, de..... 1 2 o
- C 1 diminué par le bout qui répondoit à la
- cime ,& qui étoit relié en haut , de..... 1 13 o
- C 2 diminué au même bout, de ...... . o 8 a
- C 3 diminué au même bout, de ....... o 1$ a
- § 2. Rem arques fur ces Expériences*
- i°, On voit qu’il n’a coulé aucune feve parle bourdes foli-veaux qui étoit en bas.
- 20, Que c’eft toujours le bout qui étoit en haut , qui ale plus perdu de Ton poids , Toit que ce bout fût la partie qui répondoit a la Touche, Toit que ce fût celle qui répondoit à la cime, Ôc
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-
-
- ues B o x s. L iv. II. C HAP, il. 83
- cela> apparemment, parce que la feve réduite en vapeurs, s’é-chappoit par le bout le plus élevé.
- 30, Une chofe qu’il eft peut-être bon de remarquer, c’eft que les trois foliveaux A, qui étoient couchés fur des chantiers, pefoientau commencement de l’Expérience $2 6 liv. ôc quoiqu’ils fuffent les plus pefants,ils n ont perdu que 11 liv. 6 onces ; les foliveaux B, dont le bout qui répondoit à la fouche étoit en haut, pefoient 45)2 livres, Ôc ils ont diminué de 14 liv. 11 onces ; ôc les foliveaux C, qui étoient dans une fituation contraire, ne pefoient que 472 liv. ôc ont diminué de 18 liv. 6 onces.
- Il eft vrai que ces diminutions ne font prifes que fur le changement de l’équilibre, ôc je me reproche de n’avoir pas péfé les bois à la fin de l’Expérience; mais elles femblent annoncer que la feve a plus de difpofition à s’échapper quand on tient les arbres dans une pofition verticale , que quand on les tient dans l’horizontale, ôc quelle fe diflipe mieux dans les arbres qu’on tient verticalement dans la même fituation qu’ils avoient fur leur fouche, que quand on les met dans une fituation contraire.
- Ces conféquences, je l’avoue, pourroient être conteftées ; mais elles ont quelque vraifemblance. D’abord nos Expériences prouvent que la feve ne s’échappe pas par écoulement, comme plufieurs fe le font imaginé, mais qu’elle fe dilïîpe par le bout qui eft en haut, foit que ce bout foit celui qui répondoit aux racines, ou celui qui répondoit aux branches ; ôc l’on voit combien étoit peu raifonnable la propofition que j’ai entendu faire de placer ( en mettant les bois en œuvre ) la partie de l’arbre qui répondoit aux branches en haut , afin, difoit-on, que la feve qui a coutume de s’échapper par le petit bout lorfque l’arbre végété , pût s’écouler par le même bout lorfque l’arbre eft abattu. Premièrement, la feve ne s’écoule point : fecondement, elle s’échappe à-peu-près également par l’un ôc l’autre bout.
- Je lens bien qu’on peut dire que, quoique mes bois fufienc dépofés dans un bâtiment très-vafte, fort élevé ôc fec, cependant les couches d’air, depuis le bas de ce bâtiment jufqu’au haut, pouvoient n’être pas également feches, ôc que celles d’en bas
- Lij
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-
-
- §4 De la Conservation
- étant certainement les plus chargées d’humidité, il pouvoit en réfulter que la partie de mes pièces qui répondoit à cet air moins fec, devoit fe delTécher plus lentement que l’autre ; mais je ne vois pas comment j’aurois pu me mettre à l’abri de cette objection.
- CHAPITRE III.
- Sur le dejjechement des Bois âC leur Confervation.
- Comme on a attribué à la feve le prompt dépériffement des bois, on en a conclu quon ne pouvoit rien faire de plus favorable à leur confervation, & de plus propre à prolonger leur durée, que de précipiter leur deflechement : pour cela, les uns , dans la vue de délayer une feve tenace qu'ils regardoient comme pernicieufe, ont voulu qu’on les flottât ou dans l’eau douce ou dans l’eau falée : d’autres ont foutenu qu’il feroit mieux de les expofer à la grande ardeur du foleil ôc aux vents hâleux : d’autres , pour prévenir les fentes, ont voulu qu’on les dépofât fous des hangars; enfin, quelques-uns ont prétendu qu’il falloitles delTécher artificiellement dans des étuves. Je me propofe de difcuter ces différents fentiments les uns après les autres, & je commence par ce qui regarde le flottage des bois.
- Article I. Eft-il avantageux de conduire les Bois à flot au lieu de leur destination, & de les mettre dans Veau douce ou falée pour Us rendre d!un bon fervice ?
- Pour fuivre avec ordre cette difcuflion, nous examinerons en premier lieu ce que le flottage opéré fur les bois à brûler, 2°, fon effet fur les planches & les bois refendus ; 30, enfin ce qu’il peut opérer fur les gros bois de Charpente.
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- JJ e s B o i s. Liv. II. Ch ap. III. Sf Article II. Des Bois à brûler.
- Il faut diftinguer les différentes qualités des Bois à brûler: car fur les ports & dans les chantiers de Paris, on met, comme nous l’avons dit, une grande différence entre le bois neuf, le bois de gravier & le bois véritablement flotté. Le bois neuf eft celui qui n a été voituré ni en trains, ni à flot. Le bois de gravier eft celui qui, difpofé en Trains aux Ports des grandes rivières navigables , n’en a été tiré que pour être mis dans les chantiers. Les bois véritablement flottés font ceux qui ont été jettés à bois perdu dans les petites rivières, ôc qui ayant été tirés de l’eau a l’embouchure de celles-ci dans les grandes rivières , ont été mis en Trains après avoir été defféchés. Ces bois étoient originairement de même qualité ; & fl leur prix eft différent à Paris, c’eft que ces derniers ont été plus ou moins endommagés par le flottage.
- Les bois neufs font, fans contredit, les meilleurs de tous ; les bois de gravier qui confervent leur écorce, en different peu ; & entre les bois flottés il y en a qui font bien plus altérés les uns que les autres. Ceux qu’on a été obligé de tirer plufieurs fois de l’eau pour les laiffer fe deffécher avant de les mettre en Trains, & ceux qui ont effuyéun long flottage, font bien plus mauvais que ceux qu’on n’a tirés de l’eau qu’une feule fois pour les mettre en trains*
- Ceux-là ont perdu toute leur écorce ; ils font extrêmement légers quand ils font fecs : ils font une grande flamme en brûlant; ils fe confument très-vîte, ne forment point de braife, & il mfte très-peu de fels dans leurs cendres & les Lefïiveufes les rejettent: ils font, à plufieurs égards, femblables aux bois ufés & en partie pourris, excepté que les bois flottés font une grande flamme & un feu ardent, au lieu que les bois ufés fe confument comme de l’amadou, fans faire ni flamme, ni braife ; mais les cendres des uns Ôç des autres contiennent très-peu de fels.
- Ces obfervations qu’on répété tous les jours à Paris, ou l’on confomme beaucoup de bois flotté, prouvent inconteftable-
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-
- 86 De la Conservation
- ment que Peau altéré beaucoup la qualité du bois, & qu’elle en extrait toute la feve, non-feulement fa partie flegmatique, mais encore fa partie muqueufe ; ce qui fait qu’il ne refte dans ces bois vraiment flottés qu'une fibre ligneufe, feche & aride comme de la paille ; fur quoi il eft effentiel de remarquer, pour ce que nous avons à dire dans la fuite, i°, Que les bois s'altèrent d’autant plus qu’ils font plus jeunes.
- 2°, Que le flottage endommage beaucoup plus les bois blancs que les bois durs : le Bouleau, le Peuplier & le Tilleul, perdent prefque toute leur fubftance ; ils deviennent légers comme du liege.
- 3°, Les bois ufés font beaucoup plus endommagés parle flottage que les bons bois vifs : malheureufement la plupart des grolfes pièces de bois font ufées dans le cœur.
- 4°, L’effet du flottage fe manifefte plus fur les bois à brûler que fur ceux defciageôc de charpente, parce que communément les bois à brûler font jeunes & très-chargés d’aubier. Mais la déprédation très-fenfible des bois à brûler nous aidera à mieux connoître ce qui arrive aux bois de meilleure qualité , & qui éprouvent des altérations moins aifées à appercevoir.
- Article III. Comparaifon des Bois de fciage qu'on
- a voitures à flot, ou quon a mis fous Veau, avec ceux qiion a toujours tenus à fec.
- Nous avons dit l’idée que nos recherches nous ont fait prendre de la feve du bois : or quand on met les bois fous l’eau, ce fluide fe mêle avec la feve, & il remplit tous les efpaces qui, dans l’ordre naturel, étoient remplis d’air. Les fibres tendues par la feve & le fluide étranger, reftent dans cet état fans s’altérer; ce qui fait, comme nous l’avons dit, que les bois durent des fiécles fous l’eau fans s’altérer ; après avoir refté trente ans & plus fous l’eau, la piece paroît être au même état où elle étoit quand on l’a fubmergée. Mais qu’arrive-t-il lorfqu’elle en a été retirée l l’eau étrangère qui a délayé la fubftance gélati-
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- de s B o i s. L iv. II. Ch a p. III. 87
- neufede lafeve, ayant emporté avec elle une partie de cette fubftance , les bois fe fendent un peu moins , ils fe tourmentent peu ; mais ils ont un défavantage confidérable fur ceux qui au-roient été defféchés-ôt confervés fous des hangars; parce que l’eau étrangère a emporté une partie de la fubftance gélati-neufe qui contribuoit à la fermeté du bois. Si les bois flottés fe fendent ôc fe tourmentent moins que les autres , c’eft par la même raifon qui fait que les bois tendres & de mauvaife qualité font moins fujets à fe fendre & à fe tourmenter que les bois forts.
- J’ai apperçu fenflblement, fur les bois qu’on met dans l’eau , cette difïïpationde la fubftance gélatineufe; car ayant mis flotter dans une eau pure, ôc prefque dormante, des bois de fciage remplis de feve, au bout de quelques jours j’appercevois fur toute la fuperficie de ces bois une efpece de gelée, qu’on peut comparer à celle d’un bouillon bien fait ; il eft vrai qu’ayant voulu ramaffer de cette gelée pour la deffécher, Ôc voir ce que je pourrois en obtenir, elle fe diflipa prefqu’entiérement; mais il refte toujours pour confiant que cette gelée étoit formée par une fubftance émanée du bois.
- Il n’en eft pas de même des bois qu’on laiffe fe deffécher doucement fous des hangars ; la partie flegmatique de la feve fe difîipe dans l’air ; la portion gélatineufe qui eft plus fixe demeure dans les pores, & entretient la liaifon des fibres ligneu-fes ; & quand au bout d’une couple d’années le flegme de la feve s’eft en partie évaporé, la fubftance ligneufe a confervé toute la bonne qualité qu’elle peut avoir.
- Quoique les bois tenus fous les hangars s’éclatent moins que ceux qu’on laiffe au grand air, néanmoins, quand ils font de très-bonne qualité, ils fe fendent plus que ceux qu’on a tenus quelque temps dans l’eau ; mais ceux-ci ( je parle toujours des bois très-forts) fe fendent encore quand, après les avoir tirés de l’eau, on les expofe au grand hâle pour les fécher promptement ; 6c pour qu’ils ne fe fendillent pas , il faudroit qu’ils euffent fouffert une grande altération.
- En attendant que je rapporte des Expériences plus précifes ,
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- je dirai qu’ayant expofé à l’air des pilotis du Pont d’Orldans f qui étoient reflés plufieurs fiecles fous l’eau, il s’eft formé des gerfes à toute leur circonférence.
- De plus, ayant à ma dilpofition des bois fort fecs , qui avoient des fentes & quelques roulures, j’en fis mettre dans Feau douce un morceau qui pefoit 82 livres au commencement d’O&obre ; l’ayant retiré à la fin de Décembre, il pefoit 11% livres, ainfi fon poids étoit augmenté de 33 liv. c’eft beaucoup : les afliftants jugeoient que les fentes & les gélivûres étoient anéanties. Elles étoient effe&ivement refferrées ; mais en examinant ce morceau de bois avec attention, j’appercevois bien qu’elles fubfiftoient, & je concevois qu’il ne pouvoir pas en être autrement. L’eau qui avoit gonflé les fibres avoit refermé les fentes ; mais il étoit impoflible quelle eût réuni les fibres qui étoient féparées. Je fis refendre ce morceau de bois; il le fépara aux endroits où étoient les fentes & les gélivûres. On en laifla les morceaux au fec , ôç ils fe fendirent encore en plufieurs endroits.
- Je conviens que les bois tendres & gras qui fe fendent peu quand on les tient fous des hangars , ne fe fendent prefque point lorfqu on les a tenus un temps affez confidérable dans l’eau ; mais c’eft toujours aux dépens de leur qualité, parce qu’on les approche de l’état des bois ufés ; & comme nous fup-pofons que ces bois font foibles, & de nature à pourrir aifé-ment, il eft dangereux, fur-tout à leur égard, de les altérer par un long flottage. Traitez, comme vous voudrez, de bon Chêne blanc de Provence, il durera : mais il n’en eft pas de même des bois tendres de la Lorraine, de la Bourgogne, &c; quelque attention qu’on y apporte, ils feront de peu de durée ; à plus forte raifon fe pourriront-ils encore plutôt, fi on les afFoiblic par un flottage longtemps continué.
- Je fais que quelques perfonnes qui penfent défavantageufe-ment du flottage, ayant tiré de l’eau des bois qui en fe défié-chant fe mpntroient gelifs, roulés & cadranés, ôcc ; ils pré-tendoient que ces défauts avoient été produits par le flottage. En effet, j’ai vu des pilotis du Pont d’Orléans qui étoient
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- pourris au cœur ; mais sûrement ces défauts exiftoient dans les pièces avant qu elles euffent été mifes dans l’eau ; le gonflement des fibres a fait qu’on ne les a pas apperçus dans les bois nouvellement tirés de l’eau ; mais a mefure que l’eau s’eft retirée , les gélivûres fe font ouvertes & font devenues fenfibles, ainfi que les roulures Ôc les cadranûres ; pour la carie, elle eft devenue tout d’un coup très-fenfible. L’eau n a certainement pas pu produire ces défauts ; mais elle ne les a pas corrigés. Elle peut tien en avoir arrêté le progrès ; elle les a même rendu imperceptibles , ou moins fenfibles, pour les raifons que je viens de rapporter ; mais ils fe font montrés à mefure que les bois fe font defféchés. Voici une Expérience qui le prouve.
- Nous prîmes une piece de bon bois fort, qui étant reftée fous un hangar au grand air, s’étoit beaucoup fendue ; on tint note de fes fentes; nous la mîmes dans l’eau : au bout de quelque temps-les fentes difparurent ; mais cette piece ayant été tirée, on vit, à mefure qu’elle fe delféchoit, les mêmes fentes reparoître, ôc devenir aufli confidérablesquelles l’étoient quand nous avions mis cette piece dans l’eau.
- On remarque allez fréquemment qu’un nœud pourri s’étend lorfqu’on laille les pièces affe&ées de ce défaut dans un lieu un peu humide ; la fanie dont il eft imbibé, altéré alors le bon Dois, au lieu que la pourriture de ce nœud refte fans faire de progrès tant que la piece eft fous l’eau , parce que l’eau pure qui imbibe la partie pourrie, Ôc qui lave, pour ainfi dire, la
- Îdaie, arrête le progrès du mal. Mais quand on tire la piece de ’eau, Ôc qu’on la iaifle fe deffécher, le nœud pourri reparoît* ïl eft vrai que l’eau ayant emporté une partie de la feve corrompue , la pourriture fait moins de progrès ; mais on auroit produit un aufli bon effet, li, en laiffant la piece fous un hangar, on avoit paré le nœud pourri jufqu’au vif.
- Au refte, les uns condamnent l’eau, les autres s’en déclarent partifans ; ôc fuivant que les uns ou les autres font affe&és d’une façon de penfer, l’un prétend que tous les défordres qu’on apperçoit dans les pièces qu’on tire de l’eau, doivent être attribués aux effets de ce fluide > ôc les autres, au contraire, attri-
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- buent à l’eau tout ce qui s’apperçoit d’avantageux. Suivant les uns, l’eau a occafionné tout le mal; fuivant les autres, elle a produit tout ce qui- eft bien. Tout le monde a vu des bois d’excellente qualité, qui ont été de longue durée, quoiqu’ils euf-fent été long-temps expofés aux injures de l’air. J’ai vu de vieux bois d’excellente qualité, qui n’avoient jamais été flottés. Ces obfervations' mettent ceux qui font oppofés au flottage, en état de foutenir que la feve n’eft point une liqueur corroflve, toujours prête à fermenter & à fe corrompre ; & elle nous confirme dans l’idée qu’elle eft une liqueur balfamique, qui, quand elle a perdu une partie de fon humidité, peut s’oppofer à la pourriture des fibres ligneufes, & en même temps faire l’effet d’une colle forte qui contribue à la dureté du bois.
- Mais d’un autre côté, j’ai vu des bois de Lorraine extrêmement gras pourrir dans les chantiers* On a prétendu les confer-ver en les renfermant fous des hangars : ils y ont fubfifté plus long-temps ; mais enfin ils s’y font pourris. C’eft alors qu’on a attribué tout le défordre à la feve, toujours prête à fermenter , à fe corrompre & à faire tomber en pourriture les fibres ligneufes ; ôc comme on remarquoit que la pourriture commençoit toujours par le centre des pièces, au lieu de reconnoitre que lé mal venoit de ce qu’il y avoit un principe de corruption dans le cœur de ces arbres, comme nous l’avons démontré dans le Traité de VExploitation, on s’eft perfuadé que l’intérieur des pièces ne pourrifloit que parce que la feve avoit plus de peine a s’en échapper que de la fuperficie. D’après cette idée , on a imaginé qu’il falloit délayer cette feve corroflve, cette liqueur fermentative, en mettant les bois dans l’eau : on les a donc fub-mergés dans l’eau pure, ou enfouis dans une vafe très-chargée d’eau ; effectivement, pour les raifons que nous avons rapportées plus haut, ces bois ne fe font point pourris, tant qu’ils ont été dans l’eau, Ôc l’on a cru avoir une preuve décifive de la jufteffe de tous les raifonnements qu’on avoit faits fur la feve* Mais quand on a eu tiré ces bois de l’eau pour les employer , comme cela fe pratique ordinairement, les défauts de ces bois, en apparence fl fains , fe font manifeftés ; ils fe font;
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- pourris même fi promptement, qu’il a fallu changer des pièces qui tomboient en pourriture avant que l’ouvrage fût fini. Cet événement n’a pas paru fingulier ; on a jugé qu’il devoit arriver parce qu’on avoit employé les bois au fortir de l’eau. On a donc jugé à propos de les tirer de l’eau, ôc de les conferver en chantier pour ne les employer que quand ils feroient bien fecs : mais on n’en a prefque retiré aucun avantage ; ils fe font pourris comme fi on ne les eût jamais mis dans l’eau. Tout ce qu’on avoit gagné, fe réduifoit donc à les avoir confervés dix à douze ans fous l’eau où ils n’avoient pas pourri, comme ils auroient fait dans les chantiers ; mais l’eau n’ayant pas fait changer leur nature, ils fe font pourris lorfqu’ils en ont été tirés.
- On peut fe rappeller que dans les Expériences que j’ai rapportées dans le Traité de Y Exploitation, pour connoître quelle étoit la faifon la plus favorable pour abattre les arbres, tous les abattages m’ont donné des pièces de bonne qualité qui fe cor-rompoient difficilement, ôc d’autres qui tomboient promptement en pourriture. Il me paroît donc que le tempérament des arbres eft ce qui décide mieux de leur durée ; ôc fi cette différence fe remarque fur de jeunes arbres , combien, à plus forte raifon, influera-t-elle fur de gros arbres, qui, comme je l’ai prouvé, font prefque tous en retour, ôc affedés d’un germe de pourriture dans lé cœur. Achevons d’expofer , le plus qu’il nous fera poffible, l’état de la queftion qui partage ceux qui font les mieux inftruits de ce qui concerne les bois.
- i°, Il eft certain que dans les plus anciens édifices on trouve des charpentes Ôc des poutres qui , étant à couvert des injures de l’air , fe font confervés des fiecles parfaitement faines, fans qu’on voie dans aucun des ouvrages d’architedure faits dans ces temps reculés, qu’on prît aucune précaution particulière pour les rendre de longue durée. Ainfi, à moins que d’être bien certain qu’on peut aider la nature par tel ou tel moyen, ce qui ne peut fe favoir que par une longue étude fondée fur plufieurs Expériences, on courroit rifque de tout gâter, en voulant, d’a* près de fimples conjedures, améliorer les bois.
- 2°, On admet comme une chofe certaine, que la feve fe
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- diffipe plus promptement des bois qui ont féjourné dans l’eau, que de ceux qu’onlàiffe fe deffécher à l’air. C’eft pour cette-raifon que les Menuifiers ôc les Tonneliers mettent leurs bois tremper dans l’eau lorfqu’ils n’en ont point de fecs, Ôc qu’ils font preffés de faire quelques ouvrages. En ce cas, ils débitent ôc corroyent groffiérement leurs bois ; puis ils les jettent à l’eau ; ôc s’ils en ont la commodité, ils préfèrent de les mettre à la chûte d’un moulin , afin d’enlever plus promptement la feve non pas dans la vue de les empêcher de pourrir; leur intention eft de faire enforte qu’ils ne fe tourmentent point. Mais eft-on affiné, par des expériences bien faites, que les bois imbibés d’eau fe defféchent plus promptement que ceux qui n’ont jamais été flottés ? & fi cela eft, comme on le penfe, cet effet s’o-pere-t-il fur de gros bois comme fur des planches minces ? N’eft-il point à craindre que voulant enlever par art, ôc avec précipitation, cette feve qui a fait la nourriture du bois pendant qu’il étoit fur pied, l’eau n’emporte en même-temps les parties utiles au bois, des fubftances gommeufes, mucilagineufes, mu-queufes, réfineufes, qui étant épaiffies, contribueroient à la bonté du bois ? ôc fr la fouftra&ion de ces fubftances eft utile pour des ouvrages qu’on tient à couvert, & qui n’ont pas befoin de beaucoup de force, ne feroit-elle pas défavantageufe aux bois qui doivent être expofés aux injures de l’air , Ôc qui ont à orter des efforts confîdérables ?
- Ainfi, dans certaines circonftances, on voit que la feve fermente Ôc qu’elle fe corrompt ; dans d’autres, on apperçoit qu’elle contribue à la confervation des bois Ôc à leur force. Si pour certains ouvrages de précifion, il eft avantageux d’extraire la feve pour réduire le bois fort à l’état de bois gras ; dans d’autres, il peut être plus avantageux de biffer la feve s’échapper doucement , afin que la partie flegmatique fe diffipe fans détruire les parties fubftantieufes qui contribuent à la bonté du bois ; car il y a beaucoup de gros ouvrages où l’on n’a point à craindre que les bois fe tourmentent.
- Voilà beaucoup d’incertitudes ôc quantité de queftions que j’ai effayé d’éclaircir par les Expériences que je vais rapporter.
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- DÈS B OIS* Liv. II. Chap. III.
- Article IV. Expériences pour connoître fi Veau étrangère qui efi dans une pie ce de B ois qui a long-temps refté fous Veau > fie diffipe promptement.
- § ï. Première Expérience.
- O N À tiré de l’eau ôt des vafes une piece de bois qui y étant depuis bien des années étoit très-pénétrée de l’eau de la mer : fa foiidité étoit de quatre pieds fept pouces cubes. Le 27 Août 1727, que commença l’Expérience, elle pefoit 3J3 liv. on la mit dans un Magalin fec ; ôt le 3 Mai 1725), au bout de vingt mois, elle fe trouva pefer 292 liv. ainfi elle avoit perdu 61 liv. de fon premier poids. Le 2 O&obre 1731, au bout de 28 mois,' elle pefoit 261 liv. ainfi elle avoit encore perdu 31 liv. de fort poids, en tout 92 liv. Chaque pied cube, au commencement de cette Expérience, pefoit 77 liv. & à la fin, ayant diminué de 20 liv. près d’un quart, le pied cube ne pefoit plus que 37 liv. c’eft le poids des bois de Chêne de très-médiocre qualité. Je conviens que pour l’exa&itude de l’Expérience, il auroit fallu continuer à pefer tous les deux jours cette piece de bois pour voir fi elle faifoit l’hygrometre ; car c’eft ce qui auroit décidé fi elle étoit parfaitement feche.
- Voici une autre Expérience, faite dans la même Vue, pendant que j’étois à Toulon.
- § 2. Secondé Ê xp ê rien ce*
- Bans l’année 1732, au mois de Juin, il arriva à Toulon du bois de la forêt d’Arta en Albanie : on lé mit fous l’eau de la mer dans le port afin de le conferver, excepté deux pièces qu’on laiflâ fur dés chantiers à terre, afin qu’elles féchaffent à l’air. Sur cela j’engageai à faire l’Expérience qui fuit.
- Le 6 Mars 1736, nous finies tirer deux pièces de celles qui étoient à la mer ; nous en fîmes éqùarrir une pour la réduire à huit pieds de long, dix pouces de large, & neuf pouces d’épaif*
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- feur , ce qui fait $ pieds cubes. On la porta le même jour à la balance, 6c elle pefoit 417 liv. 8 onces poids de marc ; par con-féquent le pied cube pefoit 83 livres 8 onces.
- Le même jour, nous fîmes équarrir une des pièces qu’on avoit laiffé fécher fur les chantiers en plein air depuis près de quatre ans ; on la réduifit aux mêmes dimenfions que la précédente , favoir huit pieds de long, 10 pouces de large y ôc neuf pouces d’épaiffeur, faifant $ pieds cubes y qui peferent 297 liv. poids de marc ; par conféquent le pied cube pefoit $9 livres 6 onces 3 gros un tiers.
- Le même jour, nous fîmes équarrir la fécondé piece qui avoit été tirée de la mer ; on lui donna fix pieds de long, 9 pouces de large, ôc huit pouces d’épaiffeur, faifant trois pieds cubes : cette piece pefoit 263 liv. 8 onc. par conféquent le pied cube pefoit 87 liv. 13 onces 2 gros 2 grains.
- Nous fîmes aufli équarrir la fécondé piece qu’on avoit laiffé fécher au grand air : on la réduifit aux mêmes dimenfions de fix pieds de long, neuf pouces de large, ôc huit pouces d’épaiffeur, faifant trois pieds cubes ; elle pefoit 210 liv. 8 onces, par conféquent le pied cube pefoit 70 liv. 2 onc. 5* gros 1 grain.
- Nous finies marquer avec un cifeau les pièces qui avoient été à la mer, Art a, mer.
- Et celles qui n’y avoient point été mifes, mais qui avoient féché à l’air fur dès chantiers depuis près de quatre ans, Art a, terre.
- Le 28 Décembre 1736, nous fîmes retirer ces quatre pièces de bois d’Arta, que nous avions mifes vers la mi-Mars précédente fous les hangars de l’Artillerie ; nous remarquâmes premièrement que celles qui n avoient point été mifes à la mer étoient plus gerfëes que les autres, Ôc les fentes plus du double plus ouvertes ; l’intérieur des fentes étoit de couleur feuille morte pâle, parce qu’elles étoient anciennes Ôc formées avant rExpérience.
- Les pièces qui avoient été mifes à la mer fe fendirent, à la vérité , ôc fe gerferent en quelques endroits, mais pas la moitié autant que les premières, tant pour la quantité que pour la
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- largeur des fentes ; & leur couleur marquoit quelles étoient nouvelles. Ces pièces étoient prefque dans le même état que quand on les dépofa fous les hangars ; c’eft-à-dire qu’elles avoient toujours l’œil vif fie fain ; mais il s’en falloit beaucoup qu’elles ne fuffent feches.
- • Nous fîmes pefer la groffe de la mer , qui cuboit cinq pieds ; fie mife dans la mê-l me balance que la première fois, elle pe- iîvres. 00c. gros. gr.
- Jfoit.......... 3 3 8
- Par conféquent le pied cube ne pefoit ’ —“
- jusque ........... <S7
- Il pefoit a la première lois ...... 83 8
- Donc il avoit diminué de poids par ” -------
- *chaque pied cube ............ 13 14 3 f
- /+ Nous prîmes enfuite la groffe pièce qui 1 avoit toujours féché fur terre, Ôc qui \ cuboit pareillement cinq pieds ; nous la ^.Pfec. 1 fîmes porter à la balance, fie ellepefa . . 274 4‘rta. y Par conféquent le pied cube ne pefoit " Jplus que ................. 54
- Et il pefoit auparavant... yp
- Il avoit donc diminué de poids par ’
- I.
- A'rta, Terre.
- 11. Pie* ce, Ar-t ta}Mer.
- .chaque pied cube de ......... . 4 p 4 y
- Nous prîmes encore la fécondé piece de la mer, qui cuboit trois pieds ; nous la fîmes porter à la balance, ôc elle pefa . 210 Par conféquent le pied cube ne pefoit ‘
- I que .......................... 70 000
- Et il pefoit le 6 Mars ....... 87 13 2 2
- Donc il avoit diminué par chaque pied —-^cube de........... 171322
- ç Nous fîmes pareillement porter à la
- 1 balance la fécondé piece qui avoit tou-, jours féché fur terre, fie ellepefa .... 192
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- $6 De ià Conservation
- IL Pie- J Par conféquent le pied cube ne pefoit iivres. 0nc. gros, j
- Arm, | plus q«e •••• ................
- Terre. | Et il pefoit le 6 Mars........ 70 2 f 1
- J Donc il avoit diminué de poids par
- Vchaque pied cube de ......... . 6 2 ? 1
- Le même Jour nous fîmes reporter ees pièces fous les harv» gars, & le 24Août 1737, nous les fîmes peler.
- [La grofle piece de la mer ne pefoit plus que Et elle pefoit le 28 Décembre .......
- Par conféquent elle avoit diminué de , , .
- f La grofle piece de terre ne pefoit plus que
- l La grolie pie
- tViecA £t e]je pef0it le 28 Décembre
- A-terre\ *
- (^Par conféquent elle avoit diminué de , . ,
- livres.
- 3ÏO
- J3*_
- 28
- 264
- 274
- ip?
- Il Pie- Petate piece de mer ne pefoit plus que ce, A.} Et elle pefoit le 28 Décembre.............210
- m * (.Par conféquent elle avoit diminué de ..... 1 $
- II Pie petite piece de terre ne pefoit plus que , . . 183 ce\ a.< Et elle pefoit le 2 8 Décembre . , , . . . . , , 192
- (.Par conféquent elle avoit diminué de , • . . . ?
- Les fentes de lune & de l’autre étoient à peu près fembla* blés j cependant les pièces de la mer n étoient pas parfaitement feches.
- £3. Récapitulation des poids extrêmes 9 premier & dernier9 de PExpérience précédente.
- livres, onc,
- fLe 6 Mars 1736, la grofle de la mer pefoit , . 417 8 1. Piec. ) Le 24 Août 1737, elle ne pefoit plus que. » ♦ , 310
- ’/Donç elle avoit diminué de................107 8
- Le
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- des Bois. Liv. II. Ghap. III.
- livres, onc.
- fLe 6Mars 1736, la groffe de la terre pefoit. . 2.97 24 Août 173 7, elle nepefoitplus que, ... 2.64
- (jDonc elleavoit diminué de.................. . 35
- ce
- mer.
- II Pie C-^e ^ -^ars *73^ ta Petlte de ta mer pefoit . . 263 8 A/ Le 24 Août 1737,elle ne pefoit plus que . . . ipj o
- {jDonc elle avoit diminué de ......... . 68 8
- Il Pie ( ^ ^ars *73^* ta petite de la terre pefoit . . 210 8
- ce*, æJ Le 24 Août 1737, elle ne pefoit plus que ... 183 o une. ^j)ûnc ejje avQ*t Je................ . . 27 8
- $ 4, «S»iw ^ l'Expérience, & conférences qui en réfultent.
- Le 1 p Janvier 173P, la groffe piece d’ARTA , lîvrew
- Mer ne pefoit plus que.............. . 2P3
- Et elle pefoit le 24 Août 1737 . ..........310
- Parconféquent elleavoit encore diminué de . . 17
- Le ip Janvier 173 p, la groffe piece d’ARTA,
- Terre ne pefoit plus que ................25:6
- Et elle pefoit le 24 Août 1737 ......... 264
- Par conféquent elle avoit encore diminué de. . 8
- Le ip Janvier 1739 9 la petite piece d’ARTA,
- Mer ne pefoit plus que...................184
- Et elle pefoit le 24 Août 1737.............. 19$
- Par conféquent elle avoit encore diminué de. . 11
- Le ip Janvier 173P , la petite piece d’ARTA ,
- Terre ne pefoit plus que........... 17P
- Et elle pefoit le 24 Août 1737 . ..........183
- Par conféquent elle avoit encore diminué de . 4
- Ces piecçs, depuis le commencement de l’Expérience, ont
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- toujours refté fous le hangar de F Artillerie , où le foleil donne la moitié de la journée ; car ce hangar n eft fermé que par une claire-voie.
- On voit néanmoins que les pièces qui ont été forties de la mer n’étoient pas encore feches, à beaucoup près, le ip Janvier 17quand on a fini FExpérience, puifqu elles étoient beaucoup plus pefantes que celles qui navoient point été dans Feàu, & que d’ailleurs elles diminuoient encore beaucoup de poids, preuve quelles continuoient à fe deffécher. Je n’étois
- Ï)lus à Toulon à la fin de l’Expérience ; mais on m’écrivit que es fentes des pièces qu’on avoit tirées dé l’èau, étoient devenues auffi confidérables que celles des pièces qui ny avoient jamais été.
- Cette Expérience a été trop tôt difcontinuée ; quelques-unes des fuivantes feront plus inftru&ives. Cependant on voit que les bois forts fe fendent en fe féchant, lors même qu’ils ont paffé un temps confidérable dans l’eau de la mer.
- Article V. Expériences pour reconnoître le temps nécejjaire pour que Veau de mer, dont un morceau de bois eft imbibé > fe dijfipe•
- i°, On a pris un pied cube d une piece de bois qui avoit fé-journé plufieurs années dans la vafe & l’eau de la mer. Le 3 Octobre 1731, au commencement de l’Expérience, ce pied cube pefoit 7 6 liv. f. On le repefa le 23 Septembre 1732 : ce cube étant refté ces neuf mois dans un bâtiment, il fe trouva ne plus pefer que 57 liv. ainfi il avoit perdu ip liv. f de fon premier poids, ce qui fait, comme dans l’Expérience précédente , la différence d’un quart : cependant ce pied cube de bois n étoit fûrement pas auffi fec qu’il aurait pu l’être ; l’Expérience précédente le donne à penfer, puifqu’il s’eft fait encore une diffipation affez confidérable d’humidité la fécondé année : cependant voilà le pied cube réduit au poids de si liv. comme, la piece de l’Expérience rapportée dans l’Article IV.
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- des Bois. Liv. II. Chap. III. pp
- 2°, On a pris un pied cube d une piece qui avoit été tirée de Peau depuis quelque temps, & qui par conféquent s’étoit déjà defféchée, elle pefoit le 3 Décembre 1731, au commencement de l’Expérience, 70 liv. \ ; ainfi elle étoit plus légère que l’autre de $ liv. L’ayant mife à couvert jufqu’au 3 Septembre 1732 , elle fe trouva ne plus pefer que 61 liv. y? n’ayant perdu que p liv. ^ de fon poids. Comme il y avoit déjà quelque temps que ce morceau de bois étoit tiré de l’eau , il n’eft pas douteux quil s’étoit delTéché , & qu’ayant enfuite relié neuf mois à couvert , comme le précédent , il devoit être plus fec ; cependant il s’elt trouvé peler 4 liv. Ÿ de plus : ce qui, à la vérité , efl peu de chofe fur un pied cube 9 mais je fuis porté à en conclure que la qualité du bois de ce pied cube étoit fupérieure à l’autre.
- 30, On a fait encore un cube de même dimenfion avec une piece de bois qui avoit été tirée de l’eau , ôc confervée à couvert pendant deux ans Ôt demi. Le 3 Décembre 17319 au commencement de l’Expérience, ce pied cube pefoit 68 liv. Neuf mois après, il ne pefoit plus que 5 8 liv. ainfi 9 quoique ce bois eût pu fe delfécher pendant deux ans, il a encore perdu 10 liv. •J de fon poids : ce qui confirme une Expérience que j’ai rapportée plus haut, pour prouver que les groffes pièces de bois font bien long-temps à fe deffécher parfaitement. Mais la première Expérience étoit faite fur des bois neufs 9 ôt celle-ci fur des bois qui avoient long-temps féjourné dans l’èau. Au relie , voilà ce cube revenu à j 8 liv. ce qui ne fait qu’une livre de différence avec le cube N°. 1.
- 4°, Pour voir où. pouvoir aller le defféchement d’une piece qui n’auroit jamais été dans l’eau, on a tiré un pied cube d’une piece de bois qui avoit relié fix ans dans un Magafim : le pied cube pefoit, au commencement de l’Expérience, favoir le 3 Décembre 1731, 59 liv.-J* & le 23 Septembre 1738, il ne pefoit plus que 52 liv. ainfi ce cube qui paroiffoit devoir être parfaitement fec, a encore perdu 7 liv. 4 onces de fon poids. D’où l’on peut conclure que les autres cubes n’étoient pas parfaitement fecs.; ôt que les groffes pièces, quelque fechesqu’elles paroiffent} fe defiedient encore confidérablement quand on
- Nij
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- too Dé la Conservation
- les réduit en plus petits morceaux ; enfin, qu’il n’eft point Cer-tain, quoiqu'on le penfe affez communément, que les bois qui ont refié dans l’eau fe deffechent beaucoup plus promptement que ceux qui n’y ont jamais été.
- Comme le flottage des bois eft un point très-intéreffant, foit pour favoir fi l’on doit tranfporter les bois à flot, foit pour décider fi l’on doit conferver les bois dans l’eau, à l’air ou fous des hangars, nous avons prodigieufement multiplié les Expériences pour eflayer d’éclaircir ce myftere, & de connoître ( s’il étoit poflible ) la vérité. Pour cela j’ai cru devoir prendre l’in-verfe : ainfi, je vais commencer par examiner fi un morceau de bois doit refter bien long-temps dans l’eau pour en être autant pénétré qu’il peut l’être.
- ArticleVI. Expériences'fur Vimbibition des Bois que U on tient dans Veau.
- Il s’agit ici d’examiner : i°, Suivant quelle loi les bois fe chargent de l’eau dans laquelle ils flottent.
- 2°, Si les bois de différente qualité s’en chargent plus ou moins promptement, ôc en plus ou moins grande quantité les uns que les autres.
- 3°, S’ils font bien long-temps à s’en charger autant qu’ils peuvent en prendre.
- Pour cela j’ai pris de ces petites balances qu’on emploie pour pefer les Louis d’or : elles trébuchoient à un fixieme de grain ; cependant je ne me propofois pas d’atteindre à ce degré de pré-cifion.
- Comme la plûpart des bois fecs font fpédifiquement plus légers que le volume d’eau qu’ils déplacent, ôc comme il étoit néceffaire qu’ils allaffent au fond de l’eau, j’ôtai un des plateaux du côté de A, Flanche VIL Fig. 4. J’y fubftituai une balle de plomb attachée à un crin ; Ôc cette balle de plomb trempant dans l’eau du vafe C, je mis des poids dans le plateau Dy ju£ qu’à "ce que ce plateau étant dans l’air, ôc la balle nageant dans Peau, tout fût en équilibre. Ces poids étoient de fine cendréç
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- des Bois. Liv. II, Chap. III. ior
- de plomb. Pour lors je détachai la balle du bras A , & je pefai dans une autre balance les petits prifmes de bois E (Planche FH* Fig. 5 ) qui dévoient fervir pour mes Expériences. Ils avoient tous une bafe quarrée d’un pouce de côté, ôc de 2 de hauteur.
- Je pris enfuite la balle de plomb que j’avors pefée dans l’eau , ôc je l’ajuftai fous le prifme de bois, E (Fig. 5 ). Au moyen d’un autre crin, j’attachai le prifme au bras A de la balance , enfin j’emplis d’eau le vafe C, qui étoit de cryftal.
- Comme il y avoit équilibre entre la balle nageante dans Peau ôc le plateau D dans l’air*, l’effet de la balle étoit. nul ; de forte que fi le prifme de bois étoit plus pefant que le volume d’eau qu’il déplaçoit, il falloit, pour rétablir l’équilibre, mettre des poids dans le plateau D ; ôc ces poids exprimoient le furcroît de pefanteur du prifme fur l’eau dans laquelle il flottoit. Si, au contraire, le prifme étoit plus léger que fon volume d’eau, il fal-ioit ôter du plateau D affez des poids qu’on y avoit mis pour faire l’équilibre avec la balle ; Ôc la fomme de cette fouftraàion, exprimoit de combien le prifme étoit plus léger que l’eau qu’il déplaçoit. •
- La fubftance ligneufe, de quelque efpece que foient les bois,1 eft plus pefante que l’eau ; ôc elle iroit conftamment au fond , s’il n’y avoit pas des pores remplis d’air qui la font flotter. Les bois blancs les plus légers, le liège même, fe précipitent au fond quand on les réduit enpoufliere fine, ôt truand on en a pompé l’air par la machine pneumatique. Il fuit delà que le poids des bois qui trempent dans l’eau doit augmenter à mefure que l’eau s’infinue dans leur intérieur, ôc qu’elle prend la place de l’air qui xempliffoit les pores ôc qui les faifoit furnager. C’eft aufll ce qui arrivoit à mes prifmes; ôc pour rétablir l’équilibre, j’étois obligé de mettre des poids dans le plateau D : ces poids indiquoient la quantité d’eau qui s’infinuoit dans mes prifmes.
- Comme l’eau ne pénétré que peu à peu les bois, j’étois obligé d’avoir un grand nombre de fort petits poids ; il m’auroit été difficile de me procurer plufieurs milliers de grains, de demi-grains , ôc de tiers de grains : ce qui me fit prendre le parti d’employer pour poids de ces fines dragées de plomb qu’on nom,-;
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-
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- io2 De la Conservation
- me de la cendrée, choififfant la plus fine ; & pour que les grains fuflent plus régulièrement d'une même groffeur, je paflai cette cendrée par une pafloire ; enfuite j'en pefai plufieurs gros, & en ayant compté les grains, je reconnus qu'en prenant une moyenne fur plufieurs pefées, il falloit cent vingt-cinq grains pour faire un gros. Ainfi toutes les fois que je dis que j'ai ajouté ou fouftrait un nombre , il faut imaginer que chaque unité de ce nombre eft un cent vingt-cinquieme de gros.
- Je paflfe au détail des Expériences , dont l'exécution a été bien longue a exigé beaucoup d'exaâitude & de patience.
- .§ i. Première Expérience.
- Je fis venir de Toulon un morceau de Chêne de Provence bien fain ôt d’un grain très-ferré : j'en fis former des prifmes fui-vant les dimenfions que j'ai rapportées plus haut.
- Celui numéroté i pefoit dans l'air, le 30 Juin 1737 , 1 once i gros 16 grains 7.
- L'ayant ajufté à la balance hydroftatique comme je l'ai expliqué , il fallut pour le mettre en équilibre, parce qu'il étoit plus léger que l'eau, ôter du plateau D 168 dragées. Les jours fui-vants, à mefure que le bois s'imbiboit, je mettois de pareils
- Eoids dans le plateau D, ôc on en ôtoit quand le morceau de ois diminuoit de poids. Ainfi A, fignifie ajouté : S , fignifie 'fouftrait : T, thermomètre. Les Nufméros de la première colonne indiquent les jours du mois.
- J y 1 N, ( r le matin. 43
- 30 T. 207 beau Al 1 à midi. 23 \ à 4 heures. 144
- T i Juillet. _ le foir. 11
- 1 T. 20 beau A.. rmatin.iÿ • • • < midi, 4 l foir. 9
- 2 T. 20 beau A.., fmatin. 10
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- 3 T. 22 ~ pluie A f matin. 6 • • * < midi. 7
- L foir, 7
- JuIXLE T.
- 4 T. 22 Beau A............. matin. 7
- 5 T. 21 j beau A,
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- 7 T. 17 beau A..
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- {midi. 3 foir. s
- {matin. 8 midi. 3 loir, f
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- {matin, f midi. J foir, J
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-
-
-
- des Bois. Liv.
- Juillet.
- '* T. ^6 beau A...........{mZi\
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- ÎO T. 10 beau A. ... .J midi. 3
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- 18 T. 22 f- orage..... 4
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- 25 T. 18 humide........../matin. 3
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- Chap. III. 103
- U I L L E T.
- 17 { Jpluie ..... /matin. 3 \ foir. o
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- i5£ vent.......matin. 3
- On n’a plus examiné que les matins.
- 17 pluie. ........... 3
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- I f pÏKie...............7
- * Il faut ifappofer un A par tout où on ne trouvera point S, tant pour cette Expérience que pour les fui vantes; mais on a mis exaâement A & S > à la fin de l’Expérience , lorfque les bois faifoient l’hygrometre.
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-
- iio4 'De la Conservation
- A 0 VS T.
- 22 T. 14 pluie......... 7...6
- 23 T. 14 pluie ...........«o
- 24 T. 16 vent..............o
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- Septembre.
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- 20 T. 16 humide...........o
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- 2J T. 17 fec...............1
- Septembre.
- 26 T. 16 humide.,... ...* .7.0
- 27 T. IJ humide............O
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- Octobre.
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- 30 T. 11 beau..............o
- i once
- &
- Pn Ta tiré de l’eau ; Ôc l’ayant bien efïuyé, il pefoit
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-
-
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- des Bois. Liv. II. Chap. III. 10$
- 6 gros 5*0 grains, ainfi il étoit augmenté de $ gros 33 £ grains.
- On l’a fufpendu en l’air par le crin qui le tenoit à la balance , ôt le 6 Septembre ^173 8 , il s’eft trouvé pefer 1 once o gros 54 grains, ainfi il étoit plus léger qu’au commencement de l’Éx-
- Ï)érience de 34 \ grains. Je remarquerai une fois pour toutes que ’eau fe troubloit, & fe chargeoit de la fubftance du bois, fur-tout quand les bois étoient verds.
- §2. Seconde E x p érien ce.
- Le Prifme N°. 2 pefoit dans l’air 1 once 1 gros 46 - grains ; en le plongeant dans l’eau, il fallut ajouter pp petits poids pour le mettre en équilibre.
- Comme cette Expérience s’eft faite en même temps que la précédente, la température de l’air étoit la même.
- Juin, 1737.
- Juillet.
- Juillet.
- 50 matin...........14
- midi..........22
- à quatre heures. 16 foir..........10
- Juillet.
- 1 matin........12
- midi...........4
- foir...........6
- 2 matin........10
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- 4 matin........10
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- ÿ matin.........12
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- 6 matin..........6
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- foir,.. tJ ..... .0
- 7 matin P foir...
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- midi 3 foir..,
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- 12 matin.... 3 foir..
- foir S 24 matin
- 13 matin.... 4 foir..
- foir 7 25 matin,
- 14 matin.... 5 foir..
- foir 5 26 matin
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-
-
-
- ïo6 De ià Conservation?
- Juillet.
- 28 matin foir..
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- Septembre,
- Octobre.
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- 2
- Comme l’eau étoit devenue épaifle, on l’a changé pour en mettre de nouvelle.
- Novembre.
- Mars*
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- 10.......o
- 18.S.....4
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- Décembre.
- Avril.
- y.S. 11 .S, 19..,
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- Mai.
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- 13. S....2
- 20. A....4
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- Janvier,
- 1738.
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- Février.
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- 15. S...z-
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- 3.5 ....1
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- Aoust.
- J-------O
- On la retiré de l’eau ; ôt layant effuyé, ilpefoit 1 once 6 gros j grains ; étant augmenté de 4 gros 3 0 J grains.
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-
-
- & je s B o i s. Liv. II. Ch ap. III. 107
- § 3. Troisième Expérience.
- Le Prifme de Provence N°. 3 , pefoit dans l’air} 1 once 2. gros 48 grains ; en le plongeant dans Feau , il fallut, pour le mettre en équilibre, ajouter 71 petits poids.
- Juin, 1737. Juillet.
- |0. 16 foir.. ..6
- p matin • *3
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- X matin......... 24 foir ••5
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- Juillet.
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- Comme ce morceau de bois n’imbiboit pref-que plus, on ne l’a plus pefé que tous les huit
- jours, & on n’a point changé l’eau.
- Novembre.
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- On a tiré ce Prifme de l’eau ; ôt après l’avoir bien efïuyé, il pefoit 1 once 7 gros 52 grains. Ainfi il avoit afpiré 3 gros 4 grains d’eau.
- $4. Quatrie me Expérience.
- Un Prifme de bon bois de Chêne de pareilles dimenfions, pe-fant dans l’air 1 once 1 gros 3 6 grains , a été ajufté comme les précédents à une balance hydroftatique : il a fallu 72 dragées pour mettre le Prifme à flot. Cet ajuftement a été fait le 31 Octobre 1737* Le 4 Novembre, il a fallu 136 dragées pour réta? blir l’équilibre ainfl :
- ^ O W U • H)^ IJ H H M>{k K 0\ o. O^VW
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- des Bois. Liv. II. Chap. III. 109'
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- Le 5 Septembre on Fa tiré de Feau ; & Fayant bien efluyé , ilpefoit 1 once 5 gros 21 grains; il s’étoit chargé de 4 gros ?7 grains d’eau;
- § 51. Cinquième Expérience.
- Le 31 Octobre 1737 , j’ai pris un Prifme de pareilles dimen-fions, mais de bois de la Forêt d’Orléans, choili de bonne qualité : il pefoit 1 once o gros 13 grains.
- Je Fai ajufté, comme les précédents, à la balance hydrofta-tique : il a fallu mettre aux bras de la balance, de fon côté , un poids d’environ 2 gros 3 3 grains pour le faire plonger. Voici fon augmentation jour par jour.
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- no De la Con s ervat i o n
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- Le 5 Septembre 1738, on Ta tiré de Teau ; & après l’avoir effuyé , il pefoit 1 once $ gros 37 grains. Ainfi il étoit plus pe-fant de $ gros 24 grains.
- § 6. Sixième Expérience;
- Comme les bois, quand ils font imbibés à un certain point, font l’hygrometre fous l’eau, & comme ils augmentent & diminuent de poids, j’ai voulu voir fi ces variations feroient les mêmes dans l’air. Pour cela, j’ai fufpendu à une autre petite balance , un prifme de pareilles dimenfions qui étoit aufli de Provence ; mais il refta toujours dans l’air. Quand fon poids dimi-nuoit, j’ôtois des poids du plateau oppofé au Prifme ; & quand le poids du Prifme augmentoit, je mettois des poids dans ce même plateau. Ainfi, quand on voit A, qui fignifie ajouté, c’effc figne que le poids du Prifme avoit augmenté ; & quand on voit S qui fignifie foujîrait, c’eft figne que le poids du Prifme dimi-nuoit. Il pefoit au commencement de l’Expérience 1 once 1 gros 18 grains.
- J uillet , 1737.
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- des Bois. Liv. II. Châp. III. ut
- Juillet^ 1737.
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- On a fini les Expériences le 20 Juin, & le Prifme s’eft trouvé pefer 1 once 1 gros 4 grains. Ainfi, fon poids étoit diminué de 14 grains.
- § 7. SeptiemeExpérience.
- Toutes les Expériences que j’ai rapportées jufqu’à préfent * ont été faites fur du bois de Chêne affez dur : il eft bon de fa-voir ce qui arrive au Bois de Chêne d’un tilfu lâche, ôc que les Ouvriers appellent bois gras.
- Je pris donc un Prifme de pareilles dimenfîons que les précédents ; mais qui étoit comme Ton dit gras, & de ces bois que Ton appelle à Paris, de Hollande : il ne pefoit dans Pair que 8 gros 63 grains.
- Comme ce morceau de bois étoit beaucoup plus léger quun pareil volume d’eau, il fallut 3 gros 3p grains pour qu’il entrât dans Peau.
- Il étoit chargé de bouteilles d’air beaucoup plus grofies que les précédentes. Comme on le laifia quatre jours dans Peau fans le mettre en équilibre, il fallut ajouter le 4 Novembre 163 grains.
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- Comme le crin qui foutenoit le Prifme étoit un peu court, je craignis qu’il n’y eût erreur, parce qu’on avoit peine à voir s’il étoit fubmergé ou non ; je le retirai de Peau; je l’elfuyai, Ôç y
- ajuftai
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-
-
-
- D£s Bois. Liv. II. Chap. III. 113
- ajuftai un crin plus long. Après avoir emporté le limon dont il s’étoit couvert , en le mettant dans Feau, il s'eft trouvé diminué de 43 grains : & on a continué FExpérience comme il fuit :
- Novembre , *737* Le 28 7 20 c 7 0 8 7 9 ; 10 3 11 0 J ANVIE R , 1738. 2 24 »<*• J7 22 I
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- Le 6 Septembre , on le tira de Feau ; & Fayant efîuyé, il pe-foit 1 once j gros 61 grains ; fon poids étoit augmenté de 4 gros 70 grains.
- $ 8. Huitième Expérience;
- Comme FAubier eft un bois imparfait , que Fon peut regarder Scomme un bois extrêmement tendre & dun tillu lâche, j'en fis faire un Prifme de pareilles dimenfions que les précédents : il ne pefoit que 6 gros 43 grains. Ce Prifme étant plus léger que pareil volume d'eau, il fallut 4 gros 7 grains pour le faire entrer dans Feau. Après avoir relié dans Feau depuis le 31 Septembre jufqu au 4 Novembre, il fallut ajouter 277 grains.
- Novembre , I737*
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- On le tira de Teau le 6 Septembre : étant eflfuyé , il pefoit 1 once 4 gros 6$ grains : fon poids étoit augmenté de 6 gros 22 grains.
- § 9. Neuviem e Expérience.
- Le 18 Mars 1738 , je pris un Prifme de mêmes dimenflons que les précédents , mais de bois de Chêne qu’on venoit d’abattre , & qui étoit tout rempli de feve. Je le couvris de poix noire le plus exa&ement qu’il me fut poflible : car on fait que la poix ne s’attache pas exa&ement aux corps humides. Comme mon intention étoit de connoître fi, malgré la poix, il fe chargerait de l’eau dans laquelle on le mettrait flotter, je l’ajuftai de même que les autres à une balance hydroftatique. Il pefoit dans l’air, tout poiffé, 1 once 6 gros 20 grains : & s’étant trouvé plus pefant que pareil volume d’eau, il fallut ajouter des petits poids dans le plateau oppofé pour le mettre en équilibre.
- A l’égard des Obfervations météorologiques, on peut con-fulter l’Expérience des cylindres écorcés ou non écorcés, dans le Traité de Y Exploitation.
- A défigne qu’il a augmenté de poids, & S qu’il eft diminué.
- Mars. 24 0 30.S 1 3.S. ....4
- 2p . A 2 w I .S 1 4.S.....4
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- jd je s B o i s. Liv. II. Ch ap. III. iiy
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- 8.A....4 15.S 1 31.S.. ...4 7-A 7 14. A .. .20 28.A ... 17
- Le 6 Septembre, je le tirai de l’eau, qui n’étoit point teinte ; la poix bourfouflée s’étoit en plufieurs endroits : elle étoit caf-fante ; & quand on appuyoit le doigt fur les veilles, elles fe rompoient par petits éclats.
- Le Prilme étant elTuyé, pefoit i once 6 gros 41 grains : ainlï fon poids étoit augmenté de 21 grains, ainfi la poix n’avoit pas fait un obltacle abfolu à l’introdu&ion de l’eau.
- §10. Dixième Expérience.
- Le même jour 28 Mars 1738, on prit du même morceau de bois un pareil prifme ; on le couvrit de poix : il pefoit en cet état 1 once $ gros 4 grains. On l’ajufta à une balance, étant deftiné à relier dans l’air pour voir quel obltacle la poix feroit à l’évaporation de la feve.
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- Le 6 Septembre, je l’ôtai de la balance: il pefoit 1 once 4 gros 20 grains : ainfi fon poids étoit diminué de $6 grains. La poix n’y avoit pas, à beaucoup près, fait autant de veilles qu’à celui qui étoit dans l’eau, & elle n’avoit pas fait un obltacle abfolu à la dilïipation de la feve.
- J’ai fait ces Expériences neuvième & dixième en grand, & les réfiiltats ont été les mêmes ; j’ai remarqué que Peau dans laquelle trempoient les morceaux de bois couverts de poix %
- Pij
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-
-
-
- ri6 De zâ Conservation
- avoit pris l’odeur & le goût de cette réfine : ce qui prouve qui! s’en diffout un peu, & ayant laiffé très-long-temps dans l’eau des morceaux de bois couverts de poix, j’apperçus qu’elle s’étoit décompofée par le long féjour qu’elle avoit fait dans l’eau, ôt qu’elle étoit prefque comme de la terre*
- § n. Onzième Expérience.
- Le 18 Mars 1738 , je pris un Prifme de mêmes dimenfïons que les précédents, mais d’un bois de Chêne très-fec : je le couvris de poix qui s’étendit mieux que fur le bois verd. Je l’a-juftai à la balance hydroftatique, comme celui de la neuvième Expérience. Il pefoit dans l’air , étant couvert de poix, 1 once 5 gros. Je le mis tremper dans Feau.
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- Juillet*
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- Je le tirai de Feau le 6 Septembre 1738. La poix ne s’étoit pas bourfouflée comme aux Prifmes de bois verd, ôc l’eau n’a-voit pas changé de couleur, quoiqu’elle fe fût fait Jour au tra* vers de la poix.
- Ce Prifme étant effuyé , pefoit 1 once 4 gros ; ainfi fon poids étoit augmenté d’un gros.
- § 12. Dguzieme Expérience:
- Le 18 Mars 1738 , j’ajuftai à une balance un Prifme dé bois de Chêne fec & couvert de poix, qui relia dans Fair 3 il pefoit, étant couvert de poix, 1 once % gros $6 grains.
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- ï> e s B o i s. Liv. IL Ch ap. III. 117
- Mars. 27.,......o
- ip......o
- 20 ......O
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- 25 .............o 3 o
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- Avril.
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- Juillet.
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- 21.......O
- 28. A. ...,2
- A o U S T.
- 2.S.....2
- Le 5 Septembre 1738, je l’ai ôté de la balance : il pefoit 1 once 2 gros 50 grains ; ainfi il n’étoit diminué que de 5 grains. Peut-être encore qu’une partie de cette diminution venoit de la poix qui s’étoit defféchée.
- § 13. Treizième Expérience.
- Le 18 Avril 1738, je fis tirer de terre une racine d’Orme , qui avoit quatre pouces de diamètre : j’en fis faire deux Prifmes de pareilles dimenfions que les précédents.
- N°. 1 pefoit 1 once 1 gros 14 grains.
- N°. 2 pefoit 1 once 1 gros 24 grains.
- On les laifla jufqu’au 5 Septembre 1738 dans un fieu fec ; ÔC alors ils ne pefoient plus que, favoir :
- N°. 1 gros 58 grains, étant diminué de 3 gros 28 grains.
- N°. 2, $ gros 32 grains, étant diminué de 3 gros 44 grains.
- Ils s’étoient fort retirés, de forte qu’ils n’avaient plus que 10 lignes d’équarriffage au lieu de douze.
- § 14. Quato rzie me Expérience;
- Pour opérer fur des morceaux de bois un peu plus gros, je pris un madrier de cœur de Chêne abattu l’hiver précédent : il avoit 3 pieds de longueur, 6 pouces de largeur , & 3 pouces d’épaifleur; il pefoit le 18 Juin 1734. 29liv* 1 oace °srWs
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- n8 De ia Conservation
- Je le mis flotter dans une baignoire rem- livr* onc* &r<M* plie d’eau : après y avoir refté douze heures, on le retira ; & Fayant laiffé reffuyer un quart d’heure,
- il pefoit..............................ap 4
- Il alloit déjà au fond de l’eau par un bout : on le remit dans l’eau ; & vingt-quatre heures après l’avoir laiffé reffuyer comme la première fois, il
- pefoit.............................. . . . ii o
- Il ny avoit encore qu’un de fes bouts qui tombât au fond de l’eau : douze heures après, il y
- entroit entièrement, & pefoit ......... . 2$ 12 2
- Douze heures après, de même.
- Douze heures après...................29 134
- Douze heures après................ . 30 o o
- Dix-huit heures après, de même.
- Dix-huit heures après. ..............30 04
- Vingt-quatre heures après..............30 10
- Vingt-quatre heures après............3014
- Vingt-quatre heures après..............30 30
- Vingt-quatre heures après ...........30 36
- Vingt-quatre heures après..............30 4 6
- Ce morceau de bois qui étoit rempli de feve, n’a afpiré Feau de la baignoire que 1 livre 3 onces 6 gros en dix jours.
- § 1$. Quinzième Expérience.
- Un madrier suffi de Chêne, & de pareilles di-menfions que le précédent, mais abattu depuis deux ans, pefoit au commencement de l’Expé- nvr. onc# groSj
- rience...........“..................... , ip 8 ©
- Après avoir refté douze heures dans Feau de la baignoire, Fayant laiffé reffuyer comme à la treizième Expérience, il pefoit. ..........20 40
- Douze heures après.............. 20 80
- Il n’alloit point au fond de Feau.
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- DES B O I s. Liv. II. Chap. III. tïp
- Douze heures après............................. <?o
- Douze heures après............................. 12 o
- Douze heures après..........................20 14 o
- Douze heures après, de même.
- Dix-huit heures après . ....................20 iy o
- Dix-huit heures après.......................21 20
- Vingt-quatre heures après. ..................21 40
- Vingt-quatre heures après....................21 54
- Vingt-quatre heures après....................21 80
- Vingt-quatre heures après....................21 p 2
- Vingt-quatre heures après...................21 11 o
- Il a afpiré 2 livres 3 onces d'eau en dix jours.
- Un madrier de pareilles dimenfions , abattu de
- l'hiver précédent, qui pefoit............... . . 2y p o
- ne pefoit plus en O&obre 1742, que.............18 20
- Article VII. Réfumé des Expériences précédentes.
- On voit par les Expériences que nous venons de rapporter :
- i°, Qu'il faut un temps confidérable pour que les bois foient en quelque façon raffaflés d'eau, ou qu'ils foient pénétrés de ce fluide autant qu’ils peuvent l'être ; puifque de petits parallélipi-pedes de deux pouces de hauteur fur un pouce d'équarriffage, ont toujours augmenté de poids pendant lix mois. Combien faudroit-il plus de temps pour qu'une groffe poutre fût pareillement pénétrée du fluide dans lequel on la plonge ?
- 20, Que quand les bois plongés dans un fluide en font entièrement pénétrés, ils éprouvent dans leur pefanteur des variations fuivant les différentes températures de l'air, où ils font, comme je l’ai dit, l'hygrometre.
- 3°, Cette augmentation & cette diminution que fouffre le poids des bois plongés dans l'eau, vient principalement de ce que les fluides contenus dans les pores du bois fe dilatent quand
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- i2o De la Conservât io n
- la pefanteur de f air diminue, ôt fe condenfent quand le poids de l’atmolphere augmente. Le poids du fluide dans lequel les bois font plongés, augmente ôc diminue aufli fuivant les al-térations de l’air; ôt la pefanteur relative du poids ôc de l’eau variant, il s’enfuit que les bois doivent fe porter vers le fond ou vers la fuperficie, fuivant les variations.
- Ce qui regarde le changement de denflté du fluide, eft pré-* cifément comme les petites boules de verre qu’on rend de même pefanteur que le fluide dans lequel on les plonge, & qui le portent à la fuperficie du fluide, ou tombent au fond, fuivant les altérations de l’atmofphere : ôt ce qui appartient à la conden-fation ou à la raréfa&ion de l’air contenu dans les pores du bois, eft comme ces petites figures d’émail qu’on fait monter ou défi* cendre dans l’eau contenue dans une bouteille, en appuyant le pouce fur le goulot.
- Après plufieurs jours où les bois avoient peu ou point changé de poids, on les a affez fouvent vu augmenter fubitement d’une quantité confidérable. J’attribue ce fait à ce que quelques bulles d’air, fort adhérentes au bois, s’étoient d’abord gonflées, ôc avoient, pour cette raifon, diminué le poids des parallélipi-pedes ; Ôc ces bulles s’étant rompues, ou s’étant détachées du bois, les parallélipipedes étoient tout d’un coup devenus plus pefants. Je foupçonne que cela arrivoit ainfi dans les bois prefque complètement chargés d’eau, parce que je l’ai vu fenfiblement dans ceux qui étoient nouvellement plongés dans l’eau.
- Les Expériences que je viens de rapporter ont été faites en 1737 & 1738. Je vais en rapporter que M. Dalibard a fuivies en 1746 avec beaucoup de foin ôt d’application. La principale différence qui fe trouve entre fes Expériences ôc les miennes, confifte en ce que je me fuis prefque toujours contenté d’ob-ferVer la variation de poids de mes parallélipipedes toujours plongés dans l’eau, au lieu que M. Dalibard a toujours tiré ces bois de l’eau pour les pefer dans l’air.
- Article
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- jdes Bois, Liv. II. Chap. III. m
- Article VI11. Extrait d'un Mémoire de M. Dalïhard, intitulé .-Expériences Phyfiques fur la Variation de pefànteur des Corps plongés dans différents liquides ; lu à l'Académie des Sciences les 29 Janvier, g & iz Février 1746 *•
- M. Dalibard entreprend de prouver dans ce Mémoire , par des Expériences fuivies pendant plus d’un an, que les corps plongés dans des liquides capables de les pénétrer, éprouvent, dans leur pefànteur 9 des variations fuivant les différentes températures de l’air. Il ne donne que les obfervations quil a faites lùr des bois de différentes efpeces plongés dans l’eau.
- Il fit couper au mois d’Avril 1744, trois branches de bois verd} favoir une de Chêne , une de Tilleul & une de Saule, de chacune defquelles il fit tirer quatre parallélipipedes de deux pouces de longueur fur un pouce quarré de bafe. Après avoir réduit chacun des quatre morceaux de Chêne au même poids de 677 grains, êt chacun de ceux de Saule à s97 grains, il en mit deux de chaque efpece dans des vafes quil remplit d’eau, ÔC conferva les autres dans un lieu fec.
- Il fît de même, tirer d’une branche du même pied de Chêne fix parallélipipedes de deux pouces de long fur un pouce de large, Ôc deux lignes d’épaiffeur. Après avoir réduit ces fix morceaux de Chêne au même poids que chacun des premiers , il les mit pareillement dans un vafe rempli d’eau. Il entretint toujours l’eau à la même hauteur d’environ trois pouces dans chacun de cés.vafes, defquels il ne retira les bois qu’une fois chaque jour, vers le lever du foleil, pour les pefer. Après avoir ainfi continué de les pefer tous les jours pendant treize mois Ôc huit jours, il a donné le Journal de fes obfervations.
- Ce Journal eft partagé en huit colonnes, dont la première contient les jours du mois ; la fécondé, les hauteurs du mercure dans le baromètre ; la troifieme, les degrés du thermomètre ; la quatrième, les degrés de l’hygrometre j la cinquième, les
- ? Savants Etrangers, Tç>m. i. page zi i,
- Q
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- 122 De la Conservation
- poids des deux premiers morceaux de Chêne plongés dans l’eau, Ôc diftingués par les lettres a ôc b; la fixieme, les poids des deux morceaux de Tilleul, aufli diftingués l’un de 1 autre ; la feptieme, les poids des deux morceaux de Saule encore diftingués ; ôc enfin la huitième , les poids des fix derniers morceaux de Chêne minces.
- M. D. tire de fon Journal dix Obfervations, quil reprend enfuite chacune en particulier pour les comparer aux changements de la température, ôc reconnoître fi les variations de la pefanteur des bois plongés peuvent fe rapporter à quelque caufe Phyfique.
- i°, Les bois plongés dans l’eau ont augmenté de pefanteur par l’introduôtion de l’eau dans l’intérieur du bois, ce qu’on appelle imbibition, ôc la quantité d’eau introduite eft une addition a la pefanteur abfolue du bois.
- 2°, L’augmentation de pefanteur eft plus confidérable dans les premiers jours que dans les jours fuivants. Les degrés del’im-bibition vont en décroiffant depuis le moment où le bois eft plongé dans l’eau, jufqu’à ce qu’il en ait pris autant qu’il peut en contenir dans fes pores. M. D. appelle imbibition parfaite , non pas la plus grande pefanteur, mais l’état moyen où fe trouve le bois entre l’augmentation ôc la diminution journalière de fon poids : cette augmentation journalière ne fuit aucune réglé.
- 3°, L’augmentation de pefanteur n’eft pas uniformément dé-croiffante : quelquefois elle eft plus grande, ôc quelquefois moindre , fuivant les changements de la température.
- 4°, Le Chêne eft plutôt parvenu à l’imbibition parfaite que les deux autres efpeces de bois, Ôc le Tilleul plutôt que le Saule. Cette Expérience eft d’autant plus furprenante qu’elle eft oppofée au fentiment qui fe préfente naturellement. M. Dali-bard, pour rendre raifon de ce fait, propofe une opinion fort vraifemblable. Il regarde le Chêne comme compofé de fibres qui laiffent entr’elles des cavités plus dire&es Ôc plus ouvertes que celles des bois mous. Ceux-ci, au contraire, font, félon lui, un tiffu de fibres tortueufes, qui laiffent entr’elles une infinité de cellules dont l’entrée eft extrêmement étroite. Suivant cet arrangement, l’eau a plus de facilité à pénétrer le Chêne que les
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- X) So/J. Liv. II. Chap. III. 123
- bois mous. M. D. compare les cavités de ces derniers à celle d’un ballon. On éleve, dit-il, un poids très-pefant appuyé fur un ballon vuide , en enflant celui-ci ; ôt on l’éleve d’autant plus façilement, mais plus lentement, que le trou du ballon par lequel on fouffle eft plus petit. La force du ballon eft donc inver-fement proportionelle à l’ouverture de fon orifice ; elle l’eft pareillement dans les bois mous, comme M. D. le prouve par leur effet dans la méthode ufitée pour détacher les pierres meulieres de leurs carrières.
- 50, Les bois les plus mous ont plus augmenté de poids par l’imbibition que les plus durs. Le Chêne a augmenté d’environ un fixieme, le Tilleul de plus d’un demi, & le Saule de près de fept huitièmes. Ces grandes différences viennent de la dureté ou de la molleffe des fibres, de leur roideur ou de leur flexibilité, & de la quantité des efpaces vuides qui fe trouvent dans l’intérieur du bois, Ôt qui fe rempliffent par l’imbibition.
- 6°, Les deux morceaux de bois de chaque efpece ont pris 1 un plus & l’autre moins d’augmentation dans leur poids. Cette inégalité peut venir de deux caufes ; la première, de ce que l’un étoit d’un tiffu plus ferré & plus plein que l’autre, & la fécondé , de ce que l’un avoit plus perdu que l’autre par la tranfpiration infenfible pendant qu’on les a travaillés.
- 70, Tous les bois plongés ont été plus pefants pendant l’été que pendant l’hiver. Cette obfervation paroît d’abord oppofée à la réglé générale, favoir que les corps font plus dilatés dans la chaleur que dans le froid, parce que les particules d’air renfermées dans leur intérieur font plus raréfiées ; M. D. croit que l’excès de pefanteur du bois plongé pendant l’été, vient, non de la chaleur, qui auroit dû produire un effet tout contraire , mais de la fubftance même du bois, dont il a remarqué qu’une partie s’eft diffoute dans l’eau pendant tout le premier été. Il fait obferver que cette fubftance diffoute étoit plus pefante que le volume d’eau, qui^ en la diffolvant, s’eft mis à fa place dans l’intérieur du bois, puifque cette fubftance étant fortie, s’eft précipitée au fond de l’eau. D’ailleurs il appuie fon fentiment fur ce que les bois plongés ont été moins pefants dans l’été de'1
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- 124 De eâ Conservation
- I7451, qu’ils né l’avoient été même dans l’hiver précédent.
- Il refte toujours confiant que le bois, même plongé dan® l’eau, eft plus pefant dans un temps froid que dans un- temps chaud. Il faut cependant excepter de cette réglé les temps çle forte gelée. Quand l’eau vient à fe glacer entièrement, le bois> qui y eft plongé diminue confidérablement de pefanteur, 8c d’autant plus que la gelée eft plus forte. Dans ce cas, le froid refferre les fibres ligneufes ; & en les faifant rapprocher les unes des autres , il les oblige à chaffer une partie de la liqueur qui en occupoit les intervalles. Plus la contraction de ces fibres eft violente, plus eft grande la quantité d’eau chaffée hors du' corps plongé. Cela eft prouvé par plufteurs Expériences rapportées dans le Mémoire de M. D.
- 8°, Après une forte gelée, le bois qui avoit confidérablement diminué de poids, revient peu à peu à la même pefanteur qu’il avoit eu avant la gelée. Le relâchement des fibres ligneufes ? qui avoient été contractées par la gelée, ne fe fait pas aufïi promptement lors du dé^el que la contraction s’en étoit faite par la gelée. Il fuit delà que le bois emploie plus de temps à reprendre ce qu’il avoit perdu, qu’il n’en avoit mis à le perdre*
- p°. Tous les bois , après leur première &c principale imbibi-tion, ont conftamment augmenté ou diminué de poids d’un jour à l’autre, tantôt tous enfemble, & tantôt féparément. M. D. regarde cette obfervation comme la plus importante de fon Mémoire , parce que c’eft cette variation qu’il avoit en vue de découvrir.
- Après s’être affuré du fait par des Expériences fuivies avec exactitude pendant plus d’un an, il avoue qu’il eft difficile de déterminer quelles font les caufes & les loix de ces variations Journalières. Elles lui paroiffent fuivre les changement de la température qui agiffent fouvent en fens contraire. Il a remarqué ci-devant que la chaleur & le froid contribuent peu fenfible-ment aux variations de pefanteur des bois plongés dans l’eau , fi ce n’eft dans des températures éloignées, comme de la chaleur de l’été au froid de l’hiver, ou lorfqu’il fuccede fubitement line forte gelée à un froid modéré. Ainfi l’effet de la chaleur
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- V E S B O I S. Liv. II. CHAP. III. I2f
- & du froid eft peu fenfible d’un jour à l’autre.
- Il n’en eft pas de même des changements de la gravité de l’air ; ils caufent des variations bien fenfibles dans la pefanteur du bois plongé dans l’eau. L’Auteur de ce Mémoire , après avoir indiqué les jours où ces variations font les plus fenfibles dans fon Journal, remarque que l’afcenfion du Mercure dans le baromètre eft prefque toujours fuivie de l’augmentation de pefanteur des bois plongés, & que la defcente du Mercure eft prefque toujours fuivie de la diminution de cette pefanteur.
- A l’égard des effets de l’humidité & de la fécherefle, M. D; après avoir obfervé ôc cité les jours où l’hygrometre a le plus varié, en conclut que les bois plongés dans l’eau augmentent ordinairement de poids dans la féchereffe , àc diminuent dans l’humidité. Sur quoi il fait remarquer que l’impreflion de l’humidité n’eft pas toujours d’aufïi longue durée fur les bois plongés que fur l’hygrometre. C’eft delà qu’il arrive quelquefois., fuivant M. D. que les bois augmentent de poids quand l’hygro-metre femble encore annoncer le contraire. J’ajouterai que l’hygrometre n’indique ordinairement l’humidité de l’air que quand elle a fubfifté un certain temps, parce qu’il faut du temps pour que cette humidité pénétré les corps fpongieux qui font les hygromètres. Il faut aufli du temps pour que ces corps fpongieux fe deffechent : c’eft pourquoi les hygromètres marquent encore de l’humidité quand l’air eft devenu fec.
- M. D. a remarqué qu’il arrive aufli quelquefois que les bois éprouvent de la variation dans leur pefanteur, fans que les trois inftruments en marquent aucune dans la température de l’air. Quand cette variation eft confidérable ôt générale dans tous les bois, elle annonce un changement de temps prefque certain; mais ce cas eft très-rare. La variation des bois fuit plus fréquemment le changement de temps, qu’elle ne le précédé. Elle le fuit même fouvent de fort loin, & c’eft une des plus grandes difficultés pour favoir à quel changement de température fe rapporte telle ou telle variation. D’après ce que je viens de dire des hygromètres, fi l’on regarde les bois comme de vrais hygromètres, les phénomènes obfervés s’expliqueront très-naturellement*
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- iz6 De la Conservation
- Enfin les variations du bois plongé fuivent celles de l’air & qui fe manifeftent dans l’atmofphere : en général plus cet air eft pefant, fec & froid, plus le bois gagne de poids ; plus l’air perd de fa gravité, acquiert d’humidité & devient chaud, plus le bois perd de fapefanteur : ôt quand ces propriétés de l’air agilfent enfens contraire,le bois plongé cede à l’imprefïion la plus forte*
- Malgré la quantité de preuves que M. D. peut tirer de fon Journal pour appuyer toutes ces viciflitudes d’augmentation ôc de diminution du bois plongé, il convient qu’il n’eft pas poffi-ble d’établir fur ce fujet aucune réglé fans exception. Il y a des jours où quelques-uns des bois ont varié différemment de ce que .la température annonçoit ; d’autres fois il eft arrivé que de deux morceaux de bois de la même efpece, & plongés dans le même vafe, l’un a augmenté de poids, pendant que l’autre a diminué. M. Dalibard prétend que ces cas, qui font très-rares, ne doivent point empêcher de s’en tenir à ce qu’il a avancé : & fon fentiment s’approche fort de ce que j’ai dit plus haut à l’occa-fion de mes Expériences.
- L’air, dit-il, preffe la fuperficie de l’eau, comme il preffe la fuperficie du mercure contenu dans le tuyau du baromètre, c’eft-a-dire , avec toute la pefanteur de l’atmofphere. S’il devient
- Î)lus pefant, il oblige l’eau à entrer en plus grande quantité dans es pores du bois, en comprimant les particules d’air qui y font renfermées, comme il force le mercure à monter dans le tube du baromètre. Si r au contraire , l’air de l’atmofphere
- Ï>erd de fa gravité, l’eau eft repouffée de l’intérieur du bois par e reffort des fibres ligneufes, & par la dilatation des particules d’air renfermées dans leurs intervalles. C’eft ainfi que la variation de pefanteur du bois plongé eft caufée par la gravité plus ou moins grande de l’air, de l’atmofphere.
- Pour ce qui eft des effets de la féchereffe & de l’humidité , M. D. croit qu’ils font à peu près les mêmes que ceux de la gravité de l’air. Il remarque feulement que l’air éprouve à chaque inftant, dans fa gravité, des variations qui ne font pas apparentes fur le baromètre, mais qui le font fur l’hygrometre & fur le bois plongé dans l’eau. Cela fe prouve par l’exemple des orages &
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- des Bois. Liv. II. Chap. III. 127
- des brouillards, qui, fans faire varier le baromètre , produifent un effet bien fenfible fur l’hygrometre *. C’eft delà qu’il juge que, quoique les variations du bois plongé femblentfuivre celles de l’hygrometre, elles ne fuivent cependant que celles du baromètre. Ainfi, l’air ne lui paroît agir fur les bois plongés dans l’eau, quen vertu de fa gravité & de fa chaleur ; s’il agit fur eux en vertu de fon humidité ou de fa féchereffe, M. D. croit que ce n’eft que relativement à fa gravité, qui en reçoit quelque altération.
- Pour les cas d’exception dont il a été parlé, M. D. dit i°, Que les bois plongés ne fuivent point le changement de la température , quand il n’eft pas d’affez longue durée ; ce qu’il prouve par une observation convainquante rapportée à la fin de ce Mémoire. 20 , Que quand la pefanteur diminue dans quelques-uns des morceaux de bois, tandis quelle augmente dans les autres , cela vient de ce que n’étant pas ifochrones dans leurs variations, l’un en commence une nouvelle, pendant que l’autre ne fait qu’achever la derniere; ainfi ces exceptions ne peuvent point tirer à conféquence.
- 1 o°, Enfin les fix derniers morceaux de Chêne minces ont été bien plutôt imbibés, & ont pris plus d’augmentation dans leur
- Eefanteur que chacun des deux premiers morceaux du même ois. La durée de l’imbibition de tous ces bois s’eft trouvée , à peu de chofe près , réciproquement proportionnelle à l’étendue de leurs furfaces, comme nous avons fait voir que le deffé-chement des bois eft à peu près proportionnel aux furfaces.
- Ces fix derniers morceaux de Chêne ont éprouvé les mêmes variations que les autres, & fuivant les mêmes loix ; mais i °, ils ont fubi les variations plutôt que les autres ; 20, ils en ont éprouvé qui n’ont point du tout été fenfibles fur les autres : cela vient de la différence des furfaces & des épaiffeurs : 30, ils ont plus augmenté de poids au total, que chacun des deux premiers de même efpece. La différence de ces pefanteurs peut venir de deux caufes : ou de la différence des furfaces, fe trou-
- * On a fait des Baromètres à aiguille qui font fi I tîon du mercure ; mais M. Dalibard s’eft fervi des? fenfibles, qu’un nuage qui paffe fait varier l’éléva- I Baromètres ordinaires.
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- 128 De la Conservation
- vant trois fois autant de fibres découvertes dans ces fix derniers que dans chacun des deux premiers ; ou du temps qui a été employé à travailler la réglé dont ces fix derniers ont été tirés,' pendant lequel temps ils ont perdu davantage par la tranfpiratioa infenfible.
- Après toutes ces obfervations , M. D, pour avoir une entiers confirmation de l’effet de la chaleur & du froid fur les bois plongés dans l’eau, a imaginé de mettre dans la glace, ôc en-fuite dans l’eau bouillante, les vafes qui les contenoient. Il a trouvé que tous les bois ont augmenté de poids dans la glace} & qu’ils ont tous diminué confidérablement dans l’eau bouil-lante. Il fait enfuite fur cela deux remarques importantes.
- i°, Comme le bois de Saule ne répara quen deux joujrs la perte qu’il avoit faite dans l’eau bouillante , pendant que les autres bois avoient réparé la leur en un jour, il en réfulte que l’imbibition du Saule eft plus long-temps à s’açhever que celle des autres efpeces de bois.
- 2°9 L’effet de la chaleur & du froid fur le bois plongé dans l’eau, fe trouve pleinement confirmé. Il refte toujours confiant que le bois dans l’eau doit être plus pefant en hiver qu’en été ; par conféquent ce n’eft point la chaleur qui avoit rendu le bois plus pefant dans l’été de 1744, qu’il ne l’a été dans l’hiver fuivant.
- Voulant enfuite comparer l’effet de l’imbibition fur les bois plongés dans l’eau avec l’effet du defféchement fur ceux de même efpece qui avoient été gardés dans un lieu fec., M. D. a mis tous ces bois dans un four qu’il avoit fait chauffer exprès,' comme pour cuire le pain. Après les y avoir laiffés deux heures entières, il les pefa promptement. Les bois qui avoient été imbibés pendant vingt & un mois , avoient beaucoup plus perdu dans cette defliccation forcée que les bois neufs, comme l’Auteur de ce Mémoire s’y étoit attendu. Cette obfervation donne lieu à deux remarques importantes ; l’une fur ce qui a été avancé précédemment, que les bois avoient perdu de leur propre fubftance dans l’imbibition ; & l’autre fur les raifons qui doivent faire préférer le bois neuf au bois flotté. Nous rapporterons dans la luite quantité d’Expériences faites en grand, qui prouvent la même chofe, La
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- ses Bois. Liv. IL Chap. III. rap
- La première remarque confirme la raifon qui a été donnée fur •l’excès de pefanteur des bois dans l’eau pendant l’été de 1744.
- La fécondé eftque le Chêne flotté contient au moins un fei-zieme de bois moins que le Chêne qui n’a point été mis dans l’eau. Il s’en faut beaucoup que M. Dalibard regarde cette raifon comme la feule qui doive faire préférer le bois neuf au bois flotté. Il en rapporte plufieurs autres qui tendent au même but ÿ comme l’épuifement des fels & des huiles caufé par la deflîcca-tion forcée qu’il n’a pas pu évaluer, le peu de valeur de la cendre du bois flotté, &c; d’où il conclut qu’il n’a fait cette évaluation que fur le moindre pied, en rapportant ce qui ne s’eft rencontré que comme par hazard fur fon chemin.
- Enfin l’Auteur trouve que le Chêne a pris dans l’imbibitiori environ les deux cinquièmes de ce qu’il a perdu dans la deflic-cation ; le Tilleul a gagné à peu près autant qu’il a perdu, & le Saule a gagné environ trois cinquièmes en fus de ce qu’il a perdu. L’effet de la defliceation du Chêne n’a été fi confidérable, que parce que c’étoit de l’Aubier.
- M. Dalibard rend compte, après cela, de quelques particu-* larités qu’il a remarquées en faifant toutes les obfervations dont nous venons de parler. i°, Trois jours après qu’il eut rais fes bois dans l’eau, il apperçut à chaque bout des morceaux de Tilleul une fubftance mucilagineufe qui lui parut fortir de la moelle. Il ne doute point que ce ne fût la feve qui fortoit de l’intérieur du bois à mefure que l’eau commençoit à y pénétrer. Quoiqu’il n’ait rien paru de femblable aux morceaux de Chêne êt de Saule, il n’eft pas douteux qu’il n’en foit auffi forti une bonne quantité de fubftance , qui n’a manqué d’être apperçue que parce quelle s’eft en même-temps difloute dans l’eau.
- 20, Les morceaux de Tilleul & de Saule fe font trouvés en équilibre avec l’eau, quoiqu’ils n’euffent pas la même pefanteur. Il y avoit 16 à 17 grains de différence entre les deux premiers,
- 2 grains entre les derniers. Cela prouve évidemment que ces moxceaux contenoient plus de bois les uns que les autres, fous le même volume.
- 50, Les eaux dans lefquelles les bois étoient plongés, fe
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- i3° De la Cons erfA'tion
- font corrompues en croupiffant, mais dans des temps inégaux; Celle du Chêne a commencé la première à fentir mauvais, en-fuite celle du Tilleul, & enfin celle du Saule. Il eft évident , par cette obfervation, que le Saule contribue moins à infe&er Feau que le Chêne & le Tilleul.
- 4°, Il s’eft formé fur feau où étoit le Tilleul, une pellicule blanchâtre & tranfparente qui s’eft dilïipée au bout de deux Jours. Il en a paru une nouvelle dix jours après, mais beaucoup plus fine, qui n’a duré qu’un jour. Il n’eft pas douteux que ces deux pellicules fe font formées de la fubftance mucilagineufe dont il a été parlé ci-devant.
- 5°, Il s’eft de même formé une pellicule de couleur de rouille fur l’eau où étoit le Chêne. Toutes ces pellicules qui n’ont pas duré long-temps, & qui, en fe dilïipant, ont rendu les eaux fort troubles, prouvent que les bois ont perdu beaucoup de leur fubftance par la diffolution dans l’eau.
- 6°, M. D. en faifant ces Expériences, a remarqué qu’un jour le mercure du baromètre, qui étoit le matin à 28 pouces, étant defcendu deux heures après à 27 pouces 6 lignes , y refta juf-qu’au foir, & qu’il plut tout le refte de la journée. Ayant eu la curiofité de pefer fes bois l’après-midi de ce jour-là, il ne trouva aucune variation dans leurs pefanteurs, ni même le lendemain, quoique l’hygrometre eût eu dans cet intervalle une variation de vingt & un degrés ; il n’y eut que les fix morceaux de Chêne minces dont le poids fe trouva le jour fuivant diminué de trois grains. On ne peut attribuer le défaut de variation des autres bois, qu’au peu de durée du changement de la température. La diminution de pefanteur ne peut fe faire que lentement. Il faut un temps proportionné à l’épaiffeur des folides pour déterminer le relfort des fibres ligneufes à chalfer la quantité d’eau furabondante dans le bois. C’eft un hygromètre qui agit d’autant plus lentement, que le parallélipipede a plus d’é-paifieur. M. D. regarde avec raifon ce retardement, ou ce défaut de variation dans les bois d’une certaine épaiiïeur, comme le plus grand obftacle à furmonter pour déterminer au jufte les loix que fuivent les variations des corps plongés.
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- j> e s Bois. Liv. II. Chap. IV. 13 x
- Toutes les Expériences que je viens de rapporter, tant les miennes que celles de M. Dalibard, ont été faites dans l’eau douce. Dans la fuite, nous en rapporterons qui ont été faites dans l’eau de la mer.
- CHAPITRE IV.
- Expériences exécutées pour parvenir à reconnaître la différente qualité des Bois par leur imbibition ôQ leur defféchement.
- Je me suis propofé de m’aflurer fi l’on pouvoit reconnoître la différente qualité des bois par leur imbibition & leur deffé-chement, & de favoir fi l’eau emporte beaucoup de leur fub-fiance. Comme les bois font fort long-temps a fe pénétrer d’eau, dansla vue de précipiter leur imbibition, on les a fait bouillir, & enfuite tremper plufieurs jours , dans de Feau ; Ôc afin de précipiter aufii leur defféchement, on les a mis dans une étuve échauffée à près de 30 degrés du thermomètre de M. de Réaumur , où on les a laifïés pendant dix à douze jours.
- Article I. Première fuite d!Expériences faites fur des Barreaux de bois de différentes efpeces, ou de différentes qualités.
- T 0 u t E s ces Expériences ont été faites fur des barreaux de différentes efpeces de bois, ou de la même efpece de bois, mais de différente qualité. Ils avoient tous deux pieds de longueur, dix lignes d’épaiffeur & vingt lignes de largeur, calibrées le plus exa&ement qu’il a été poffible ; ainfi chaque barreau faifoit un folide de 57600 lignes cubes : & afin de parvenir à une plus grande exactitude , on donne ici un refuitat
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- 13a De ia Conservation
- moyen, pris de plufîeurs Expériences faites fur chaque efpece de bois.
- Je vais détailler exa&ement la marche de la première Expérience ; Ôc comme toutes les autres ont été faites fur le même plan , je les expoferai d’une façon beaucoup plus abrégée.
- I. Barreau de bois de Chêne abattu 6c débité en planche® depuis 6o ou 80 ans, excellent bois, liant, très-dur ôc fortfec.
- Ce Barreau débité comme il a été dit, pefoit i liv. 3 once® 2 gros, ou 1 y4 gros.
- Quoique ce bois parût fort fec, on le mit pafTer trois jours dans l’étuve : après ce temps fon poids fe trouva diminué de S f gros.
- On le mit pafTer fix jours dans une falle, où il reprit fon premier poids.
- On le mit bouillir ôc tremper plufîeurs jours dans de Feau : âu? fortir de l’eau, ayant été effuyé, il pefoit 1 liv. 10 onc. 4 gros, Ou 212 gros : augmenté de f8.
- On le remit pafTer huit à dix jours dans Fétuve : au fortir J ïhpefoit 1 liv. 1 onc. 4 gros, ou 140 £ gros : diminué de 13 Ÿ gr.
- On le remit bouillir ôc tremper dans l’eau : après y avoir refté plufîeurs jours, il pefoit 1 liv. 11 onces 1 f gros, ou 217 gros 7: eeft-à-dire, y \ gros plus que la première fois.
- On le remit poiir la troifieme fois dans l’étuve, où il pafTa 8 à 10 jours; ôc fon poids fut réduit à 1 liv. 6 gros, ou 134 gros.
- Il avoit perdu 20 gros de fon premier poids.
- On voit par cette Expérience : i°, Que le bois, en bouillant,' s’eft charge d une plus grande quantité d’eau la fécondé fois; que la première. 20, Que toutes les fois qu’on le fait fécher après l’avoir pénétré d’eau, il perd toujours de fon premier
- Eoids : celui-ci a perdu près d’un huitième. 30, Enfin, que les ois les plus fecs perdent de leur humidité quand on les tient quelque temps dans une étuve échauffée à trente degrés ; mais enfuite ils fe chargent de l’humidité de l’air, ôc reviennent à leur premier poids : ainfî ils font l’hygrometre.
- Ces mêmes vérités feront prouvées par les autres barreaux ;
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- des Bois. Liv. II. Chap. IV. 133
- maïs les quantités varieront fuivant les différentes efpeces de bois, Ôc même fuivant leur différente qualité.
- II. Barreau. Comme le bois du premier étoit très-vieux , quoique de fort bonne qualité , j’ai cru qu’il étoit à propos de foumettre à la même épreuve un barreau de Chêne, bien fec, de bonne qualité, mais qui n’étoit abattu que depuis dix ans.
- Il pefoit 1 livre 2 onces f gros, ou 144 f gros.
- Celui-ci, quoique moins vieux que le précédent, étoit plus léger de p y gros. Il a perdu 3 £ gros dans l’étuve ; il a repris 1 gros dans la falle baffe, tout comme le Barreau précédent.
- Mis à l'eau, lorfqu’il en fôrtit, il pefoit 1 livre 8 onces 2 y gros, ou 194 y gros : augmenté de 50.
- Remis à l’étuve, lorfqu’il en fortit pour là fécondé fois, il pefoit 1 livre 3 gros, ou 131 gros : diminué du premier poids de 12 -f gros.
- Remis à l’eau, lorfqu’on l’en tira pour la fécondé fois, il pefoit 1 livre 5 onces 6 gros, ou 174 gros : augmenté du premier poids de 29 y gros.
- Au fortir de l’étuve pour la troifieme fois, il pefoit 1 livre
- 1 7gros, ou 129 i gros.
- Il a perdu 15 gros ou près d’un dixième de fon premier poids.
- III. Barreau. Il étoit aufii de dix ans d’abattage ; mais la piece dont on l’a tiré, avoit paffé quatre mois dans l’eau. Je m’é-tois propofé d’examiner fi cette circonftance feroit une différence remarquable ; on verra qu’elle a peu changé la nature du bois, & qu’un bois qui n a féjourné dans une eau dormante que trois ou quatre mois fans en avoir été tiré, n’a point fouffert d’altération fenfible. Au refte, il étoit fort fec, Ôc pefoit 1 livre
- 2 onces 1 gros, ou 14; gros.
- Ayant refté quatre jours dans l’étuve , fon poids a diminué de 2 — gros ; ôc il a repris fon premier poids, après avoir refié fix jours dans une falle baffe.
- Ayant bouilli ôc trempé dans l’eau, il pefoit 1 liv. 7 onces 7 gros, ou 191 gros : augmenté de 46" gros, ou 5 onces 6gros.
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- Au fortir de l'étuve pour la fécondé fois, il ne pefoit plus que i livre 4 gros, ou 132 gros : c'efl 13 gros de diminution de fon premier poids, & 7 onces 3 gros de ce qu'il pefoit au for-tir de l'eau.
- En fortant de l'eau pour la fécondé fois , il pefoit 1 liv. 8 onc. 8 gros, ou 200 - J- gros : augmenté de $ $ 7 gros, 9 7 gros de plus que la première fois qu'il avoit été mis dans l'eau.
- Lorfqu'il fut tiré de l'étuve pour la troifieme fois, il ne pe^ fpit plus que 15 onces 2 gros, ou 122 gros.
- Il a perdu 23 gros, ou plus d'un fixieme.
- IV. Barreau. Ayant employé jufqu'à préfent du bois fort 9 j’ai voulu voir ce qui arriveroit à du bois gras : pour cela j'ai pris de ce bois qu'on emploie pour les belles Menuiferies, Ôc qui eft connu fous le nom de Bois de Hollande ou de Vofges\ au refie il étoit bon dans fon genre.
- Il ne pefoit que 11 onces 7 f gros, ou 9$ t gros.
- Il a perdu 1 once dans l'étuve, & il a repris fon premier poids dans la falle baffe.
- Au fortir de l'eau, il pefoit 1 livre 8 7 gros, ou 1367 gros : ainfiil s’étoit chargé de 41 gros d’eau.
- En fortant de l'étuve pour la fécondé fois, il pefoit 11 onces ou 88 gros : il a perdu 7 7 gros de fon premier poids.
- En fortant de l'eau pour la fécondé fois, il pefoit 1 livre 2 onces £ gros, ou 145) gros : ainfi il avoit afpiré 53 7 gros , ou 6 onces f 7 gros d'eau.
- Enfin, en fortant pour la troifieme fois de l'étuve, il ne pe-( foit plus que 10 onces, ou 80 gros.
- Il a perdu 157 gros, ou plus d'un fixieme de fon premier poids#
- V. Barreau. Après avoir fait les Expériences que je viens de rapporter fur le bois de Chêne choifi de différente qualité, j'ai cru devoir les étendre fur différentes efpeces de bois. Le Barreau dont il s'agit, a été pris dans une bille d’Orme à grande feuille , abattu depuis fix ans : il pefoit 1 liv. 1 once 1 ~ gros, ou 13 7 r gros.
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- des Bois. Liv. II. Chap. IV. 13^
- U étroit donc plus léger que les Barreaux de bon Chêne ; mais il pefoit davantage que le Chêne dit de Hollande.
- L’ayant mis palier fix jours dans l’étuve , il perdit fept gros de fon poids. Dans la falle baffe, il ne reprit que 2 7 gros d'humidité.
- Aufortirde l’eau , il pefoit 1 livre 10 onces 1 f gros, ou 2°9 T gros : ainfi ü avoit afpiré 72 gros d’eau.
- Aufortir de l’étuve pour la fécondé fois, il ne pefoit plus qu’une livre, ou 128 gros, ôc avoit perdu p f gros de fon premier poids.
- En fortant de l’eau pour la fécondé fois, il pefoit 1 livre 11 onces 67 gros, ou 222 j- gros : ainii il avoit afpiré 83 gros, ou 1 o onces 3 gros d’eau.
- Au fortir de l’étuve pour là troifieme fois, il ne pefoit plus que 13 onces 2 gros, ou 122 gros.
- Il avoit perdu de fon premier poids 1 y 7 gros, ou 1 once 7 7 gros.
- VI. Barreau. Il étoit de Hêtre, vieux ôc fort fec ; il pefoit 1 livre 1 once 6 gros, ou 142 gros.
- Ayant paffé quelques jours à l’étuve, fon poids a diminué de 3 gros ; ôc il a repris fon premier poids dans la falle baffe.
- Au fortir de l’eau, il pefoit 1 livre 14 onces 1 \ gros ou 241 gros 7, fon poids étant augmenté de pp 7 gros.
- Au fortir de l’étuve pour la fécondé fois, il ne pefoit plus que 1 livre 3 7 gros ou 131 7 gros : diminué de 10 7 gros.
- Au fortir de l’eau pour la fécondé fois, il pefoit 1 liv. 14 onc. 7 7 gros, ou 247 7 gros ; s’étant chargé de 103-7 gros d’eau.
- Au fortir de l’étuve pour la troifieme fois, il ne pefoit plus que 13 onces 6 gros, ou 12^ gros.
- Il avoit perdu 16 gros, ou près d’un neuvième.
- VII. Barreau. Il étoit pris dans un jeune Noyer abattu de* puis 3 ou 4 ans : il pefoit 13 onces 6 gros, ou no gros.
- Mis dans l’étuve, fon poids diminua de 4 gros ; ôc ayant fé* journé dans la falle baffe, il augmenta de 3 7 gros.
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- i3^ De za Conservation
- Au fortir de l’eau, il pefoit i livre 14 onces 4 gros» ou 244
- gros : augmenté de 134 gros.
- Enfortant de l’étuve pour la fécondé fois, il pefoit 12 on* ces f f gros, ou 101 7 gros : diminué de 8 f- gros..
- Etant tiré de l’eau pour la fécondé fois, il pefoit 1 livre 14 onces 2 gros, ou 242 gros: augmenté de 132 gros.
- Enfin, fortant de l’étuve pour la troifieme fois, il ne pefoit que 12 onces f gros, ou 9 6 gros f.
- Il avoit perdu 13 f gros, ou près d’un huitième de fon pre-j mier poids.
- VIII. Barreau de bois de Tilleul de Forêt bien fec. Il pe« foit 11 onces 4 f gros, ou g 2 gros.
- Il diminua de 3 gros à l’étuve, & il reprit 2 £ gros dans la falle baffe.
- Au fortir de l’eau, il pefoit 1 livre 12 onces 2 gros, ou 226 gros : augmenté de 133 £ gros.
- En fortant de l’étuve pour la fécondé fois, il ne pefoit que 10 onces y £ gros , ou 8 y gros £ : diminué de 7 £ gros.
- Au fortir de l’eau pour la fécondé fois , il pefoit 1 livre 12 onces y gros, ou 225? gros : augmenté de 13 6 £ gros.
- Enfin, en fortant de l’étuve pour la troifieme fois, il ne pefoit que 10 onces y gros , ou 8 y gros.
- Il avoit perdu 7 £ gros, ou un peu plus d’un treizième.
- IX. Barreau de Sapin bien fec & peu réfineux. Il pefoit 10 onces 6 £ gros, ou 8 6 \ gros.
- Il perdit 4 gros de fon poids à l’étuve, & il ne reprit dans la falle baffe que 3 £ gros.
- Au fortir de l’eau, il pefoit 1 liv. 4 onces 1 £ gros, ou 161 7! gros : augmenté de 74 £ gros.
- En le tirant de l’étuve pour la fécondé fois, il ne pefoit plus que p onces 7 gros : diminué de 7 ^ gros.
- Au fortir de l’eau pour la fécondé fois, il pefoit 1 livre 7 onces 7 gros, ou ipi gros : augmenté de 124 j gros.
- Enfin, en le tirant de l’étuve pour la troifieme fois, il ne
- pefoit
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- pefoit plus que p onces 4 7 gros , ou 7 6 ± gros.
- Il avoit perdu de fon premier poids 10 ygros,ou un neuvième;
- X. Barreau pris dans une groffe bille de bois d’Aulne de huit mois d’abattage. Il pefoit 13 onc. 6 7 gros ,ou 11 o I gros.
- Il perdit à l’étuve 1 once 6 gros de fon poids , & n’en reprit dans la falle baffe que 4 gros.
- Au fortir de l’eau , il pefoit 1 liv. p onces $ 7 gros * ou 20£ 7 gros : augmenté de P4 \ gros.
- Enfortant de l’étuve pour la fécondé fois, il fe trouva réduit à 11 onces 6 gros , ou P4 gros : diminué de 16 \ gros.
- Celui-ci a perdu environ y de fon premier poids.
- XI. Barreau pris dans une groffe bûche de Genévrier abattu depuis plus de 60 ans. Il pefoit 12 onces 1 gros, oup7 gros.
- Il perdit 3 gros de ce poids à l’étuve, & il ne reprit qu’un gros dans la falle baffe.
- Au fortir de l’eau, il pefoit 1 livre 1 once 6 7 gros : augmenté de 45 t gros.
- En fortant de l’étuve pour la fécondé fois, il ne pefoit que ,ï 1 onces 1 7 gros : diminué de 7 7 gros.
- En fortant de l’eau pour la fécondé fois, il pefoit 1 livre 3 jonces 1 gros : augmenté de 5 6 gros.
- Et au' fortir de l’étuve pour Ta troilieme fois, il ne pefoit que 10 onces 6 7 gros , ou 86" 7 gros.
- Il avoit perdu 10 7 gros , ou près d’un neuvième de fon premier poids.
- Remarques fur ces Expériences.
- On voit par ce qui vient d’être rapporté, i°, Que les bois les plus anciennement abattus & les plus fecs, perdent de leur poids quand on les tient quelque temps dans une étuve échauffée feulement à trente dëgrés du thermomètre de M. de Reau-mur; mais qu’alors ils font très-avides de l’humidité de l’air,' de forte qu’ils s’en chargent quelquefois affez pour reprendre leur premier poids, S
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- x%8 ; De la Conservation
- 20, Que ces bois fe chargent de beaucoup d’eau quand ou les fait tremper quelque temps dans de l’eau bouillante.
- 3% Que quand enfuite on les remet à l’étuve, non-feulement ils perdent cette eau qui leur étoit étrangère ; mais encore une partie plus ou moins grande de leur propre fubftance.
- 40, Qu’en les remettant une fécondé fois dans l’eau bouillante , ils s’en chargent plus que la première fois.
- . Ç, Que fi on les remet à l’étuve, ils perdent non-feulement l’eau dont ils s’étoient chargés, mais encore une plus grande partie de leur fubftance qu’ils n’avoient fait la première fois.
- Article II. Seconde fuite d’Expériences faites fur des Cubes de bois verd.
- Ces Expériences ont été faites fur des Cubes de différentes efpeces de bois, chacun ayant trois pouces de côté, ôc formant un folide de 27 pouces cubiques. Ou les a traités à peu près comme les Barreaux de la première fuite, ôc les réfultats font peu différents de ceux que nous ont fournis les barreaux. Je vais encore rapporter un réfultat moyen que j’ai conclu de plufieurs cubes femblables ; mais les Barreaux étaient de bois fec , Ôc les Cubes de bois nouvellement abattu, fçavoir, le 1 o Septembre j huit jours avant le commencement des Expériences.
- Avant que de rapporter le détail de ces Expériences, il eft bon d’obferver qu’un Cube de Chêne, de 4 pouces en quarré , pefoit,étant verd, 2 livres 5: onces ; Ôc qu’après avoir refté longtemps dans l’étuve , fon poids s’eft réduit à 1 livre 7 onces : ainfi ce Cube, qui n’avoit point été dans l’eau, a perdu, en fe defféchant 14 onces ; ce qui fait près d’un quart de fon poids.
- I. Cube de bois de Chêne : il pefoit 1 livre 2 onces 2 gros , ou 14 6 gros.
- Après avoir refté dix à douze jours dans une étuve, il pefoît 12 onces 1 ~ gros : fon poids étoit diminué de 48 j- gros.
- On l’a mis tremper Ôc bouillir dans l’eau ; au for tir, il pefoit ï liv. 3 onces 6 7 gros : fon poids étoit augmenté de 12 7 gros.
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- des Bois. Liv. II. Chap. IV. 1357
- Remis dans l’étuve paffer huit à dix jours , il en fortit pe-fant 11 onces 6 £ gros : fon poids eft diminué de fi i gros.
- On l’a encore remis bouillir Ôc tremper dans l’eau ; il pefoit i livre 3 onces i 7 gros : fon poids eft augmenté de 7 7 gros.
- Après avoir encore paffé huit à dix jours dans l’étuve, il pefoit 11 onces 2 gros : fon poids eft moindre qu’il n’étoit d’abord de $ 6 gros.
- On l’a mis dans une falle baffe qui n’étoit point humide;& trois ans après, il pefoit 12 onces: fon poids eft augmenté de 6 gros.
- Il a perdu 50 gros ou près d’un tiers de fon premier poids.
- II. Cube de Chêne. Comme on a vu par les Expériences précédentes que l’eau fimple diffout une partie de la fubftance du bois, je me fuis propofé de connoître fi une lêfïive de fel alkali n’en emporteroit pas une plus grande quantité.
- Ce Cube pefoit 1 livre 1 once , ou 13 5 gros.
- On le mit dans une leflive de fel alkali; & après y être refté quelques jours, il pefoit 1 livre 2 oncès 4 7 gros : augmenté do 12 ~ gros.
- Après avoir paffé feulement deux ou trois jours dans l’étuve, il pefoit 1 livre 1 once 7 gros : augmenté dun demi-gros de fon premier poids.
- On le mit bouillir & tremper dans l’eau ; il pefoit i livre 4 onces 3 f gros : augmenté de 27 7 gros.
- Après avoir paffé dix à douze jours dans l’étuve, il pefoit 12. onces 4 gros : diminué de 3 6 gros.
- On le remit dans l’eau bouillante ; 8c après ÿ être refté quelques jours,il pefoit 1 liv.j onces7gros : augmenté de 32 7 gros.
- On le remit à l’étuve ; au bout de huit à dix jours, il ne pefoit plus que i ï onces $ gros : diminué de 43 gros.
- Au bout de trois ans, fort poids étoii Un peu augmenté ; mais le bois étoit abfolumént gâté.
- Ce cube a donc perdu plus d’un tiers de fon premier poids.
- III. Cubé de Chêne ; je me fuis propofé d’examiner fi eft frottant d’huile Un morceau dé 6'Oîs, 6n ralêntiroit fon défié-
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- ï4o De ia Conservation
- chement, & fi on le rendrait moins pénétrable à l’eau;
- Au commencement de l’Expérience, il pefoit i livre 2 gros, ou 130 gros.
- On le frotta d’huile, puis on le mit tremper & bouillir dans l’eau; il pefoit 1 livre 4 onces 2 gros : augmenté de 32 gros.
- L’ayant tenu dix à douze jours dans l’étuve, il pefoit 12 onces 2 — gros : diminué de 31 f gros.
- On le remit dans l’eau bouillante ; ôt après y avoir refté quelques jours,il pefoit 1 liv.2 onc. 2 f gros : augmenté de 1 $ Ÿ gros.
- On le remit paffer fept à huit jours dans l’étuve; au fortir, il ne pefoit plus que 11 onces 3 gros : diminué de 3P gros.
- Au bout de trois ans, fon poids étoit augmenté ; mais la qualité du bois étoit fort altérée.
- Ce cube a donc perdu plus d’un cinquième de fon premier poids.
- IV. Cube de Hêtre : il pefoit 1 liv. 1 once 2 gros,ou 13 8 gros.
- ; L’ayant mis dans l’eau bouillante, il pefoit 1 livre 7 onces Y gros : augmenté de 46' ~ gros.
- Après avoir refté huit à dix jours à l’étuve, il pefoit 11 onc;
- 7 £ gros : diminué de 42 \ gros.
- Au fortir de l’eau bouillante pour la fécondé fois, il pefoit 1 livre 6 onces 6 \ gros : augmenté de 44 y gros.
- Après avoir refté huit à dix jours à l’étuve, il pefoit 11 onc; 4 gros : diminué de 46 gros.
- Au bout de trois ans, on n’en retrouva qu’un , qui ne pefoit que 8 onces 6 gros.
- Ce Cube avoit perdu un peu plus de la moitié de fon pre-mier poids,
- V. Cube de Hêtre : il pefoit 1 livre 3 gros.
- On le mit bouillir ôt tremper quelques jours dans une leftive de fel alkali; au fortir, il pefoit 1 livre 10 onces 5 gros : augmenté de 82 gros.
- Ayant paffé deux ou trois jours dans l’étuve, il pefoit 1 livre
- 8 onces 7 f gros : augmenté de fon premier poids de 68 \ gros.
- , L’ayant mis tremper & bouillir dans l’eau, on l’a pefé ; mais le poids ne fe trouve point.
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- v E s B o i s. Li v. II. Ch ap. IV. 14r
- Ayant paffé huit à dix jours dans l’étuve, il pefoit 13 onces
- 4 gros : diminué du premier poids de 2 3 gros.
- Après avoir encore bouilli ôt trempé dans l’eau, il pefoit 1 livre 6 onces 1 gros : augmenté de 46 gros.
- Après avoir paffé huit à dix jours dans l’étuve, il ne pefoit plus que 10 onces f 7 gros : diminué de 43 7 gros.
- Au bout de trois ans, il pefoit 12 onces , & ne valoit rien. Il avoit perdu de fon premier poids entre un tiers & un quart.
- VI. Cube de Charme : il pefoit 14 onces 6 gros* ou 118 gros. L’ayant mis tremper dans l’eau bouillante} il pefoit 1 livre 3
- onces 5* 7 gros : augmenté de 39 7 gros.
- Au fortir de l’étuve, il pefoit 1 o onces 4 f gros : diminué de 33 r gros.
- On le remit dans l’eau bouillante ; & fon poids fut de 1 liv.
- 5 onces 6 7 gros : augmenté de 5 6 7 gros.
- On le remit huit à dix jours dans l’étuve, & il ne pefoit plus que 1 o onces 4 gros : diminué de 3 3 gros.
- Trois ans après} fon poids étoit un peu augmenté & le bois en étoit allez bon.
- Il avoit perdu plus d’un tiers de fon premier poids.
- VII. Cube d’Érable : il pefoit 1 ; onces 6 gros^ou 126 gros. L’ayant mis dans l’eau bouillante, il pefoit 1 livre 5 onces 7 gros : augmenté de 48 f gros.
- Ayant paffé huit à dix jours dans l’étuve 9 il pefoit 11 onces
- 6 7 gros : diminué de fon premier poids de 31 7 gros.
- L’ayant remis dans l’eau} il pefoit 1 livre 5 onces 7 7 gros :
- augmenté de 49 7 gros.
- Au fortir de l’étuve pour la fécondé fois} il pefoit 11 onces 3 gros : diminué de 3 $ gros.
- Au bout de trois ans, il pefoit 12 onces fon bois étoit affez bon.
- Ce Cube a perdu près d’un quart de fon premier poids.
- VIII»Cube d’Érable : il pefoit 14 onc.7 7 gros;ou 119 7 gros*
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- 142 De ia Conservation
- Il fut frotté d’huile ; ôt après avoir refté huit jours dans Té-; tuve, il pefoit 11 onces 3 7 gros : diminué de 28 gros.
- Au fortir de l’eau bouillante, il pefoit 1 livre 5 onces 4 gros: augmenté de £2 7 gros..
- Après avoir paffé huit à dix jours dans l’étuve, il ne pefoit plus que 11 onces 3 7 gros : diminué de 28 gros.
- Au bout de trois ans,il pefoit 11 onces 2 grosse bois étoit bon, Ce Cube avoit perdu près d’un tiers de fon premier poids.
- IX. Cube de Tremble : il pefoit d’abord 12 onces 3 gros , ou pp gros.
- Après avoir trempé dans l’eau bouillante, il pefoit 1 livre 2 onces $ gros : augmenté de $0 gros.
- Au fortir de l’étuve, il pefoit 7 onces 8 7 gros : diminué de
- 34 7 gros.
- On le remit dans l’eau ; au fortir, il pefoit 1 livre 2 onces 8 7 gros : augmenté de $ 3 f gros.
- On le remit huit à dix jours à l’étuve ; & au fortir, il pefoit; 7 onces 8 7 gros : diminué de 34 7 gros.
- Au bout de trois ans, il pefoit 8 onces 4 gros.
- Le bois étoit allez bon pour la qualité de ce mauvais bois.
- Il avoit perdu environ un tiers de fon premier poids.
- X.Cube de Trembleiil pefoit 1 y onces 4 7 gros,ou 1247 gros.
- On le frotta d’huile ; après avoir refté huit à dix jours dans l’étuve, il pefoit 11 onces 2 gros : diminué de 347 gros.
- L’ayant mis tremper dans l’eau bouillante, il pefoit 1 livre 1 once 3 gros : augmenté de 14 7 gros.
- Ayant féjourné huit à dix jours dans l’étuve, il pefoit 11 on-* ces : diminué de 3 6 7 gros.
- Au bout de trois ans , il étoit un peu plus pefant, & fort bois étoit affez bon.
- Ce Cube avoit perdu entre le tiers 6c le quart de fon pre* mier poids.
- XI. Cube de Tremble : il pefoit 12 once , ou 96 gros.
- te:....
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- ues Bois. Liv. II. Chap. IV. 143
- L’ayant mis bouillir dans une leflive de fel alkali, il pefoit 1 livre 4 onces 3 gros : augmenté de 67 gros.
- Après avoir relié deux ou trois jours dans Fétuve , il pefoit encore 1 livre 2 onces 3 gros. Il falloit que Fétuve fut peu échauffée, puifqu’il n’a perdu que 16 gros de fon humidité ; & pour cette même raifon, il a afpiré peu d eau.
- Ayant trempé dans l’eau- bouillante, il pefoit 1 livre 2 onces 5 gros. .
- Ayant relié huit à dix jours dans Fétuve, il pefoit 8 onces 7 £ gros : diminué de 24 { gros.
- On le remit tremper plufieurs jours dans de l’eau ; après qu’il eut bouilli, il pefoit 1 livre 3 onc. 1 grosraugmenté de 57 gros.
- Après avoir relié huit à dix jours dans Fétuve, il pefoit 7 onces 6 ~ gros : diminué de 33 f gros.
- Nota. Que les bois qui ont bouilli dans la leflive font toujours humides jufqu’à ce qu’ils ayent trempé dans l’eau douce.
- Au bout de trois ans, il pefoit 12 onces.
- Le bois n’en valoit rien, quoiqu’il n’eût rien perdu de fon poids : ce que j’attribue aux fels de la leflive.
- Remarques fur ces Expériences.
- Quoique ce s Expériences offrent bien des variétés, 011 ne laiffe pas d’appercevoir :
- i°, Que Fétuve échauffée à 30 degrés du thermomètre, fait perdre peu de feve au bois verd.
- 20, Que l’eau bouillante pénétré en grande abondance ôc allez promptement les bois.
- 3°, Que cette humidité étrangère fe diflipe plus promptement que la fçve.
- 4°, Quelle emporte avec elle une portion de la fubllance du bois.
- f°, Que quand, après avoir defféché ces bois, on les remet dans l’eau bouillante, ils en prennent ordinairement une plus grande quantité que la première fois.
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- 144 D e u Cons ervà t i on
- 6°, Que cette eau fe diffipe affez promptement, & qu'elle emporte avec elle de la fubftance du bois.
- 7°, Que les bois de médiocre qualité ôc les bois tendres font plus altérés par ces opérations} que les bois durs & de bonne qualité.
- On appercevra Futilité qu’on peut retirer de ces Expérien-ces y lorfque nous parlerons des Etuves.
- Article III. Troijîeme fuite (TExpériences faites
- fur des bouts de Chevrons, pour effayer de connoître
- la meilleure maniéré de defjécher les bois lorfquils
- font abattus.
- Les Expériences de cette Suite 9 font prefque une répétition de celles de la première Suite ; mais elles ont été faites plus en grand, & avec des circonftances nouvelles. On prit des bouts de Chevron de trois pouces d’équarrilïage, & de trois pieds de longueur; les uns furent mis dans l’eau d’un vivier aulfi-tôt après qu’ils eurent été abattus ; d’autres furent dépofés à couvert ; d’autres ont toujours été tenus à l’air ; enfin f d’autres ont été confervés en grume avec leur écorce , ou en rondins écorcés.
- Les réfultats que je préfente ici font une moyenne prife fux fix pièces.
- Toutes ont été abattues du 8 au io Septembre 1732* équar-ries & pefées pour la première fois} huit jours après qu’elles eurent été abattues.
- Ces bouts de Chevrons ont été coupés de longueur 9 & réduits à leur équarriflage par un Menuifier, le plus exa&ement qu’il a été polfible ; car on fait que les bois verds ne fe travaillent pas bien exactement à la varlope.
- Quoiqu’on ait ufé de la plus grande diligence pour travailler ces bois, il n’eft pas douteux qu ils ont perdu de leur feve pendant les huit jours qui fe font écoulés depuis leur abattage juf-qu’à la pefée ; 6c comme on ne les trayailloit pas tous à la
- fois*
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- DES B O I S. L IV. II. c H A P. I V. I4f
- fois, les uns ont un peu plus perdu que les autres. On avoitbien prévu ce petit inconvénient ; mais il n a pas été poflible de l’éviter.
- D’ailleurs les nœuds, les veines de bois blanc ou rouge, changent la pefanteur fpécifique des bois. C’eft ce qui nous a engagés à prendre une moyenne fur lix morceaux différents. .Cette précaution diminue les erreurs, mais ne les anéantit pas.
- Quelques-uns ont paru augmenter peu de poids étant dans l’eau, parce que, quoique le vivier où on lesmettoit, fût affez grand, il y avoit des pièces qui étoient foulevées par celles de deffous ; ôc celles-là n’étoient pas entièrement fubmergées. On les avoit chargées avec des pierres ; mais des accidents qu’il efl împofïible d’éviter dans les Expériences en grand, qui exigent beaucoup de temps, ont occafionné des dérangements qui ont fait flotter plufieurs pièces.
- Enfin , (& ceci regarde prefque toutes les Expériences) comme ces pièces étoient en affez grande quantité, on les empi-loit au lieu où elles dévoient refier; & quoiqu’on eût l’attention de laiffer du jour entr’elles, celles qui étoient au milieu & au bas des piles, n’étoient pas autant expofées à l’air que les autres.
- I. Chevron de Chêne pefant aufïi-tôt qu’il fut équarri, 12 livres 13 onces 4 gros.
- Après avoir refié fix femaines dans l’eau, il pefoit 12 livres si 4 onces.
- Comme ilétoitpeu augmenté de poids, parce qu’on l’avoit mis dans l’eau très-charge de feve, on l’y remit, où il refia 20 mois. On l’en retira le 20 Mai 1734, & l’ayant laiffé à l’air, on ne le pefa que le 31 du même mois : il pefoit 12 livres 14 on-ces 4 gros. Tous les bois qui n’ont été pefés que 8 jours après être tirés de l’eau, fe font beaucoup defféchés pendant ce temps.
- Alors on le dépofa fous un hangar, où il relia deux ans : jenfuite il pefoit p livres 14 onces.
- Au relie le bois paroiffoit bon, .& l’aubier fain.
- Il a perdu plus d’un quart de fon poids.
- Nota, Le poids du pied cube de Chêne varie beaucoup : U
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- i4^ Delà Conservation
- y en a qui ne pefent pas 6J liv. & d’autres pafTent au-delà de 73 liv. lorfqu’ils font nouvellement abattus. Le poids varie auffi, quand ils font fecs : les bons bois de la Forêt d’Orléans pefent aux environs de y y à 58 liv. le pied cube. Il y en a qui ne pefent que 43 3 48 liv. & il y a des bois de Provence qui pefent 68 liv, & plus.
- II. Chevron pareil au précédent, pefant, après avoir été équarri, 12 liv. ioonc. y gros & demi.
- Au lieu de le mettre dans l’eau, on le dépofa dans un Gre* nier ; après y avoir refté un mois, il pefoit 11 liv. p onc. 2 gros 6c demi.
- On le laiffa huit jours au grand air & au foleil ; il ne pefoit: plus, après ce temps, que p liv. 1 y onc. y gros.
- On le mit fous un hangar, Ôc deux ans après il pefoit p livres
- 10 onces.
- Il a perdu plus d’un quart de fon poids.
- L’aubier des angles étoit en poufliere ; le bois en étoit bon, mais plus fendu que celui qui avoit été flotté.
- III. Chevron pareil aux précédents pour les dimenfions ‘ mais il ne fut équarri que plus de huit jours après avoir été abattu: il pefoit n liv. 14 onc. y gros.
- On l’empila à l’air ; 6c après y avoir refté un mois, il pefoit
- 11 liv. y onc.
- On le laiffa encore huit jours à l’air, le temps étant beau ôc fec ; il ne pefoit plus que 1 o liv. 1 once.
- L’ayant laiffé pendant deux ans à l’air, fon poids étoit réduit à p liv. 11 onces.
- Son bois étoit affez bon ; mais il étoit très-fendu.
- Il n’eft pas diminué d’un fixieme ; mais il faut remarquer qud fi * on pefoit tous les huit jours les bois, fur-tout ceux qui ref tent à l’air, on les trouverait tantôt plus pefants 6c tantôt plus légers, fuivant que l’air auroit été fec ou humide ; Ôc par des expériences répétées , nous avons reconnu que ces différences de poids étoient quelquefois très - confidérables : d’ailleurs le Chevron dont il s’agit, avoit déjà perdu un peu de fa feve avant la première pefée.
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- des Bois, Liv. II. Chap. IV, 147
- IV. Chevron de Chêne pareil aux précédents, excepté qu’il ne fut éqùarri que i $ jours après avoir été abattu : il pefoit 11 liv. 2 onc. 4 gros & demi.
- Pour ralentir l'évaporation , on le frotta d’huile 5 & on le dépofa dans un grenier, où il refta fept mois. On l’expofa en fuite à l’air par un beau temps pendant huit jours ; alors il pefoit 8 liv. 1 o onç.
- On le mit enfuite fous un hangar , où il refta deux ans : alors il pefoit 8 liv. 8 onc.
- Le bois étoit bon & peu gerfé ; mais l’aubier étoit en pouf-fiere. Il eft diminué de près d’un cinquième.
- V. Chevron pareil aux précédents. Ayant été couvert de poix ou bray gras, il pefoit 13 liv. 3 gros.
- Après avoir refté un mois dans un grenier, il pefoit 12 liv, 14 onces 7 gros. Ainfi, malgré la poix, il s’étoit defféché.
- VI. Chevron de Chêne pareil aux précédents : il pefoit tout iverd 13 liv. 6 onc. 4 gros.
- On le mit dans un caveau : après y avoir refté fix femaines, il pefoit 12 liv. 10 onc. 4 gros.
- Remis dans le caveau, il y refta vingt mois ; 6c après avoir paffé huit jours à l’air, il pefoit 11 liv. 6 onc. 4 gros.
- Placé fous un hangar , fon poids, deux ans après, fut de 9 liv, 13 onces.
- Il a perdu de fon premier poids entre le quart Ôt le tiers,
- VU. Chevron de Hêtre tout nouvellement abattu, Ôt débité 'fur les mêmes dimenfions que les précédents : il pefoit 13 liv, 5 onces $ gros.
- Ayant refté fix femaines dans l’eau, il pefoit 1 $ liv. 14 onc.
- On l’a remis dans l’eau, où il refta vingt mois ; l’ayant retiré le 20 Mai 1734, 011 Ie Pe& le 31 du même mois; fon poids étoit de 12 liv. 3 onces.
- Et après avoir refté deux ans fous un hangar, 9 liv. 8 onc.
- Il a perdu près du tiers de fon premier poids,
- Tij
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- Ï48 jDe zA Con S E nvA T ION
- Nota, Le poids moyen d’un pied cube de Hêtre nouvellement abattu s’eft trouvé d’environ 68 à 70 liv. & fée y de 42: àlf.
- VIII. Chevron de Hêtre femblable au précédenty pefant 15 liv. 1 once 2 gros.
- On le dépofa dans un grenier ; & au bout d’un mois, il pe-foit 11 liv. 6 onc. 3 gros & demi.
- Après avoir refté dix jours à l’airy il pefoit p liv. 1 $ onc.
- Et étant refté deux ans fous un hangar y p liv. p onc.
- Son poids étoit diminué de plus du quart > Ôt pas tout-à-fait du tiers.
- IX. Chevron de Hêtre femblable aux précédents : pefant 12 liv. f onc. 4 gros & demi.
- Pour ralentir l’évaporation de la feve , on le mit dans uit caveau : au bout de ftx femaines y il pefoit 11 liv. 12 onces.
- On le remit dans le même caveau, où il refta vingt mois % tiré de-là y on l’expofa à l’air pendant huit jours y il pefoit 11 liv. 4 gros.
- Et après avoir refté près de deux ans fous un hangar} p iw 6 onc. 4 gros.
- Au refte le bois en étoit de bonne qualité.
- Son poids eft diminué de près du quart.
- X. Chevron de Tremble, mêmes dimenfions que les pré^ cédents y & abattu dans le même temps : il pefoit 1 o liv. 1 once 2 gros.
- Après avoir refté un mois dans un grenier y il pefoit 8 liv* € onces.
- On le remit au grenier : après y avoir refté vingt mois y & dé plus huit jours à l’air y il pefoit 7 liv. 13 onces.
- Ayant enfuite pafTé deux ans fous un hangar y 7 liv. 6 onc.
- Le bois étoit d’affez bonne qualité pour fon eipece.
- Ce Chevron a perdu prefque la moitié de fon poids.
- Nota, Le pied cube de Tremble ; poids moyen , pris fut
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- des Bois. Liv. II. Chap. IV. 149
- plufieurs, eft de 4 j à 43 livres lorfqu’il eft nouvellement abattu > Ôc fec de 35 à 37.
- XI. Chevron de Tremble femblable au précédent, pefant S liv. 11 onc. 6 gros & demi.
- Après avoir relié un mois à l’air , il pefoit 7 liv. 14 onces &c demi-gros.
- On le remit à l’air, où il relia près de deux ans : il pefoit alors 7 liv. 1 once $ gros.
- Enfuite ayant palfé deux ans fous un hangar, 6 liv. 12 onc*
- Le bois étoit allez bon, mais très-fendu.
- Il n’a pas tout à fait diminué du quart.
- XII. Chevron de Tremble femblable aux précédents, pefant 10 liv. 8 onc. 3 gros.
- On le mit dans un caveau; fix femaines après, il pefoit ÿ liv. 7 onces 4 gros.
- On le remit à la cave, ou il relia vingt mois ; ôc après avoir palfé huit jours à l’air, il pefoit 7 liv. 4 onc. y gros.
- Enfuite étant relié près de deux ans fous un hangar, 6 livres •10 onces 4 gros.
- Son bois étoit allez bon.
- Ce Chevron a perdu près de la moitié de fon poids,
- XIII. Chevron d’Aulne pareil aux précédents, pefant 12: liv. $ gros.
- Après avoir relié un mois à l’air , il pefoit 8 liv. 7 onc. 2 gr.
- Ayant relié vingt mois à l’air, il pefoit 6 liv. 15 onc.
- Ayant enfuite palfé deux ans fous un hangar, 6 liv. 12 onc.
- Ce foliveau à perdu près de la moitié de fon poids.
- Nota. Le pied cube d’Aulne nouvellement abattu pefe aux environs de 50 à 5 5 ; & étant fec, il pefe de 3 5 à 40.
- XIV. Chevron d’Aulne pareil aux précédents, pefant 12 liv* a onc. 1 gros.
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- ïj'o De la Conservation
- Ayant relié lîx femaines dans un caveau, il pefoit io liv. 14 onces.
- Ayant été remis dans le caveau pendant vingt mois, & après avoir relié huit jours à l’air, il pefoit 8 liv. 4 gros.
- Ayant enfuite demeuré deux ans fous un hangar, 6 liv. iy onces 4 gros.
- Son bois étoit alfez bon.
- Ce Chevron a perdu près de la moitié de fon premier poids.
- XV. Chevron d’Aulne femblable aux précédents, pefant !ï 1 liv. 1 o onces.
- Après avoir relié un mois dans un grenier, il* pefoit 8 liv. 8 onces 4 gros.
- Remis au grenier, après y avoir relié vingt mois, & huit jours à l’air, il pefoit 7 liv. 11 onc.
- Ayant relié deux ans fous un hangar, 7 livres 6 onces.
- Son bois étoit alfez bon.
- Ce Chevron a perdu près d’un tiers de fon poids.
- XVI. Chevron d’Aulne pareil aux précédents, pefant 11 livres 11 onces.
- Après avoir relié lix femaines dans l’eau, il pefoit 12 livres 5 onces.
- On le remit dans l’eau , où il a flotté pendant vingt mois : l’en ayant retiré, & lailfé à l’air pendant huit jours, il ne pefoit plus que p livres.
- Etant très-léger, il étoit toujours fur l’eau.
- Ayant relié deux ans fous un hangar, 7 liv. 7 onces.
- Son bois étoit bon ; mais il étoit fendu.
- Ce Chevron a perdu entre le tiers & la moitié de fon poids.
- XVII. Chevron d’Erable de mêmes dimenfions que les précédents , & abattu dans la même faifon : il pefoit 13 liv. 1 onc.
- Après avoir relié un mois dans un grenier, il pefoit 11 livres 2 onces.
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- ses Bois. Liv. II. Chap. IV. 151
- On le remit pendant vingt mois dans le grenier ; ôt après avoir paffé huit jours à l’air , il pefoit p livres io onces.
- Ayant refté deux ans fous un hangar , p liv. 7 onces.
- Le bois étoit bon* & l’aubier fain.
- Ce Chevron a perdu près de moitié de fon premier poids.
- 'Nota, Le pied cube d’Érable nouvellement abattu, pefe à peu près de 60 à 64 ; &c quand il eft fec , 46" à 48 livres.
- XVIII. Chevron d’Erable, pareil au précédent, pefant 13 liv. 2 onces.
- Après avoir féjourné fix femaines dans l’eau, il pefoit 14 liv, 4 onces.
- On le remit paffer vingt mois dans l’eâu ; & ayant refté à l’air pendant huit jours, il pefoit 13 livres 8 onces.
- Ayant refté deux ans fous un hangar, p liv. 1 onc.
- Le bois étoit meilleur que le précédent, qui étoit toujours refté à couvert.
- Ce Chevron a perdu près d’un tiers de fon premier poids.
- XIX. Chevron d’Erable pareil aux précédents, pefant 12 liv. f onc. 1 gros.
- On le dépofa dans un caveau ; Ôt fix femaines après, il pefoit 11 livres 6 onces 4 gros.
- Ayant encore refté vingt mois dans le même caveau, & huit jours à l’air, il pefoit 10 livres 11 onces.
- Et ayant refté deux ans fous un hangar, p liv. 6 onces.
- Son bois étoit bon & peu fendu.
- Ce Chevron a perdu près d’un quart de fon premier poids.
- XX. Chevron d’Érable pareil aux précédents, pefant 12 liv, 3 onces 2 gros.
- Ayant refté un mois à l’air, il pefoit 10 livres p onces 2 gros»
- On le laiffa encore à l’air pendant vingt mois ; alors il pefoit p livres 1 once.
- Et ayant refté deux ans fous un hangar, 8 liv. 13 onces,:
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- ï^2 De la Conservation
- Son bois étoit bon, mais très-fendu.
- Ce Chevron a perdu entre le quart ôc le tiers de fon premier poids.
- XXI. Chevron de Charme de mêmes dimenfions, ôc abattu dans la même faifon que les précédents : il pefoit 13 livres 7. onces 7 y gros.
- Ayant féjourné fix femaines dans l’eau, il pefoit 14 liv. 1 gr.
- Ayant encore paffé vingt mois dans l’eau, ôc huit jours à l’air, il pefoit 11 liv. 6 onces.
- Et après avoir refté deux ans fous un hangar , 8 liv. 1 y onces 4 gros.
- Ce bois étoit aflez bon, mais très-fendu.
- Ce Chevron a perdu près d’un tiers de fon premier poids.
- 'Nota. Le pied cube de Charme nouvellement abattu pefe de 6$ à 70 livres 5 Ôc quand il eft fec, de 4y à yo,
- XXII. Chevron de Charme femblable au précédent, pefant 12 livres 1 once 4 gros.
- Après avoir refté un mois à l’air, il pefoit 1 o liv. 8 onc. 3 gr.
- Et vingt mois après , étant toujours refté à l’airy il pefoit 8 liv. 11 onces 4 gros.
- Enfin étant refté deux ans fous un hangar, 8 liv. y onc. 4gr,
- Ce Chevron a perdu près d’un tiers de fon premier poids*
- XXIII. Chevron de Charme femblable aux précédents, pefant 13 liv. p onc. 6 gros.
- Après avoir refté fix femaines dans un grenier , il pefoit 11: liv. 10 onces 4 gros.
- Remis au grenier , ôc après y avoir refté vingt mois, ôc huit Jours à l’air, il pefoit 10 liv. 1 once.
- Ayant paffé deux ans fous un hangar, p liv. 10 onces.
- Bon bois, mais fort fendu.
- Ce Chevron a perdu près de la moitié de fon premier poids.
- XXIV. Chevron de Charme pareil. aux précédents $ fon poids 12 liv. y onc. 1 gros, On
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- des Bois. Civ. II. Chap. IV. 1^3
- On Ta mis dans un caveau ; Ôc fix femaines après, il pefoit 11 livres 7 onces.
- Ayant refté vingt mois dans le même caveau 5 ôc huit jours k l’air, il pefoit 9 livres 1 j onces $ gros.
- Et ayant paffé deux ans fous un hangar, 8 livres 11 onces.
- Le bois en étoit bon 9 mais fort fendu.
- Ce Chevron a perdu près d’un tiers de fon premier poids.
- Article IV. Quatrième fuite dyExpériences faites fur des Madriers > pour trouver une façon de déficher les Bois fans quils fe fendent beaucoup.
- Ces Expériences ont été faites avec des Madriers de Bois de Chêne} équarris à la fcie fur toutes les faces.
- Comme, dans mes Regiftres, il y a de l’incertitude fur leurs dimenfions, je ne les rapporterai point ; mais il eft certain que tous furent réduits par un Menuifier à des dimenfions pareilles.
- Tous ont été abattus l’hiver de 1732 : ils font reftés en grume jufqu’au mois de Mars , qu’on a emporté les dofles à la fcie de long, Ôc enfuite on les a réduits à d’exa&es dimenfions avec la varlope.
- Il y aura plus d’égalité dans les poids de ces Madriers, parce qu’étant refendus à la fcie, ils étoient plus à vive-arête ôc fans aubier ; quelques-uns en avoient feulement un peu fur quelques-uns de leurs angles.
- I. Madrier pefant 20 liv. 10 onc.
- On l’a mis dans un grenier, où après avoir refté fix mois on l’a pefé : fon poids alors étoit de 1$ livres 12 onces.
- On l’a remis dans le grenier ; ôc deux ans après il pefoit 1 y liv. 6 onces.
- Ainfi fon poids étoit diminué de y liv. 4 onces.
- Ce qui approche d’un quart.
- Il étoit tres-fendu ; ce qui a empêché de mefurer exaêlement ce qu’il avoit perdu de fon volume : néanmoins ayant égard aux fentes, il paroifloit s’être contraêlé d’une ligne fur une face 3 ôc d’une ligne ôc demie fur l’autre. V
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- jj'4 De la Conservation
- IL Madrier pareil au précédent, pefant ip livres 8 onces; On Ta frotté d'huile, ôc il a été dépofé dans le même grenier que le précédent ; fix mois après, il pefoit 14. liv. 12 onc, 4 gros.
- Deux ans après, il pefoit 14liv, 6 onces 4 gros.
- Ainfi il étoit diminué de fon premier poids de 5 liv. 1 onc. 4 gros.
- Ce qui fait une diminution qui approche d un quart. Ainfi l'huile n'avoit pas formé un grand obftacle à la diffipation de la feve. Cependant il n'étoit point fendu. Il n'avoit rien perdu fur une de fes dimenfions : fur l'autre il avoit. perdu une ligne. Un peu d'aubier qui étoit refté fur un angle, étoit plus endommagé qu'au Madrier précédent : on l'emportoit avec l'ongle, quoiqu'il ne fût point piqué de vers.
- III. Madrier pareil aux précédents, pefant 20 liv. 8 onces. On l'a mis flotter dans une mare bourbeufe ôc d'eau grafle ; l'en ayant retiré fix mois après, il pefoit 23 livres 10 onces.
- Et étant refté à l'air pendant dix jours, il ne pefoit plus que 20 liv. 13 onces 4 gros.
- On l’a dépofé dans un grenier, Ôc deux ans après, il pefoit 14 liv. onces.
- Il avoit donc perdu de fon premier poids y liv. p onc.
- Il n'approche pas tant que l'autre d’un quart.
- Au fortir de l'eau, il paroiflbit que fon volume étoit augmenté d'une ligne dans toutes fes dimenfions ; mais étant refté dix jours à l'air, il étoit revenu à fon premier volume.
- Il n'étoit point du tout fendu : néanmoins il paroiflbit avoir diminué d'un quart de ligne lur toutes fes dimenfions ; ôc comme il avoit été mis dans une eau bourbeufe ôc grafle, le bois avoit changé de couleur. Au refte, il paroiflbit très-bon.
- IV. Madrier pareil aux précédents, pefant 20 liv. 7 onc. On le mit dans du fumier de vache, qu'on renouvelloit aflez fréquemment : au bout de fix mois, il pefoit 18 liv. 11 onces 4 gros.
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- ues B ois. Li v. II. Chap. IV.
- Une couche mince de defliis paroifloit comme brûlée, ôc elle s’enlevoit aifément avec le couteau : l'aubier , par comparaifon au bois, étoit plus blanc quà l'ordinaire.
- Après avoir refté deux ans dans un grenier, il pefoit 1y liv. Ainfi fon poids étoit diminué de y liv, 7 onces.
- C'eft encore aflez près d'un quart.
- Il avoit au milieu une grande fente, & il paroifloit avoir diminué d'une ligne dans toutes fes dimenflons.
- V. Madrier pareil aux précédents, pefant 20 liv. 8 onces. On l’a mis flotter pendant fix mois dans de l'eau claire ; au
- fortir de l'eau, il pefoit 23 livres 2 onces 3 gros.
- Le lendemain, étant refté ce temps à l'air, il ne pefoit plus que 22 livres p onces 7 gros & demi.
- Ayant refté deux ans dans un grenier, il pefoit iy liv. 10 onc. 4 gros.
- Ainfi fon premier poids étoit diminué de 4 livres 13 onces 4 gros.
- Ce qui fait un peu plus d’un quart.
- Comme il étoit traverfé de plufteurs nœuds, il avoit des fentes aflez confidérables.
- VI. Madrier pareil aux précédents, pefant ip livres p onc.
- 6 gros.
- L’ayant laifls expofé à l'air & au foleil pendant fix mois, il pefoit 14 livres 10 onces 2 gros.
- Et après avoir refté deux ans dans un grenier, il pefoit 14 liv*
- 7 onces.
- Ainfi fon poids étoit diminué de y liv. 2 onc. 6 gros.
- Il avoit donc diminué d’un tiers & au-delà.
- Il s'étoit retiré d’une ligne & demie fur deux dè fes faces, & point fur les deux autres ; ce qui faifoit qu'il n'étoit pas fendu,
- Rem/Ulque,
- On peut , en fuivant attentivement le détail de cette fuite
- Vij
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- i$6 Dé ià Conservation
- d’Expériences ^ ôc en comparant leurs réfultats, voir ce que les circonftances d’avoir mis les bois dans l’eau claire oubourbeufe, fous du fumier, dans un grenier fec, ou à l’air, ont pu produire fur ces Madriers.
- Article V. Cinquième fuite d!Expériences faites avec des Planches de Chêne de dou^e pieds de longueur & de deux pouces d’épaijfeur.
- Ces arbres avoient été abattus dans l’hiver de 1732, ôcrefendus à la fcie au printemps 1733 : ainfi ils avoient perdu une partie de leur feve ; mais ils n’étoient pas fecs.
- Comme l’intention étoit de reconnoître lequel étoit le plus avantageux de mettre fécher les bois fous un hangar, ou de commencer par les tenir quelque temps dans l’eau, on a toujours fait deux lots des planches qui appartenoient au même arbre : un de ces lots a été dépofé fous un hangar , ôt l’autre a été jetté dans l’eau. Les planches qui dévoient être comparées , 6c qui appartenoient au même arbre, étoient marquées d’un pareil N°. de plus, celles qui dévoient refter fous un hangar, étoient marquées d’une H, ôt celles qui dévoient être jettées à l’eau, d’une F.
- Il eft bon de remarquer pour les planches ôc les membrures, qu’on ne les a pas réduites à des dimenfions exactement pareilles : on s’eft contenté de mettre en comparaifon deux planches tirées d’un même arbre, Ôc à très-peu près de mêmes dimenfions.
- I. La planche N°. I, H, pefoit le 10 Avril 1733 , 87 liv. 12 onces.
- Après avoir refté fous un hangar jufqu’au premier Juin 1734, elle pefoit 68 livres.
- Et le 26 Octobre 1742,66 liv.
- Celle duN°. I, F, le 10 Avril 1733 , pefoit 8p liv. 10 on-ces 4 gros.
- Le premier Juin 1734* ayant été tirée de l’eau, ôc après
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- des Bois. Liv. II. Chap, IV. i$y
- avoir relié huit ou dix jours à l’air pour fe reffuyer , elle pefoit <?3 livres.
- Etant reliée fous le hangar jufqu’en O&obre 1742, elle pefoit 6$ livres 8 onces.
- La planche F, qui étoit la plus pefante au commencement de l’Expérience, fe trouva la plus légère à la fin.
- II. La planche N°. II, H, pefoit en Avril 1733 , 96 liv. 13 onces.
- Au premier Juin 1734, 7^ Hv. 9 onc*
- Et le 2 6 O&obre 1742, 72 livres 8 onces.
- Celle du N°. II, F, pefoit en Avril 173 3,97 liv. 6 onces. Au premier Juin 1734, 100 livres 6 onces.
- Et le 28 Oélobre 1742,72 liv. 8 onc.
- Quoique la planche F fût un peu plus pefante que H au corn-» mencement , elle étoit de même poids à la fin.
- III. La planche N°. III, H, en Avril 1733 , pefoit 8; liv. 8 onces.
- Au premier Juin 1734 > ^8 liv. 4 onces.
- Le 26 Octobre 1742 , 64 liv. 8 onc.
- Celle duN°. III, F, en Avril 1733 , 8p liv. 8 onc.
- Le premier Juin 1734, 7$ liv. 4 onc*
- Le 2 6 Oêtobre 1742, 62 liv. 8 onc.
- La planche F, qui au commencement étoit de quatre livres plus pefante que la planche H, étoit de deux livres plus légère a la fin.
- IV. La planche N°. IV , H, en Avril 173 3 , pefoit 96 liv. S onces.
- Au premier Juin 1734, 73 livres.
- Le 2 6 O&obre 1742, 69 liv. 8 onc.
- Celle du N°. IV, F, en Avril 1733 , 104 liv. 10 onc. 4 gros. Au premier Juin 1734, io3 liv.
- Le 26 Oélobre 1742, 7$ liv. 8 onc.
- La planche F, au commencement, pefoit 8 liv. 2 onc. 4 gros
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- i$8 De la Conservation
- plus que la planche H; à la fin elle ne pefoit que 6 liv. de plus. Ainfi elle a perdu 2 liv. 2 onc. 4 gros fur l'avantage de poids qu elle avoit relativement à l'autre piece $ ce qui s'accorde avec ce qui eft arrivé jufqu'à préfent.
- Il falloit que ces planches flottaffent : car elles étoient fou-vent plus légères en fortant de l'eau à la fécondé pefée, qu'à la première. Il eft vrai que, comme elles avoient beaucoup de furface, elles fe font confidérablement defféchées pendant les 8 à 10 jours qu'on les a laifTé expofées au grand air pour qu'el-les fe refluyaflent.
- Article VI. Sixième fuite d’Expériences faites fur des Membrures.
- Les Expériences fuivantes ont été faites fur des membrures de Chêne. Les arbres ont été abattus dans l'hiver 1732 , refendus à la feie le 15 Août 1733 , & pefés pour la première fois le 30 du même mois. Auffi-tôt on les a mis ou fous le hangar ou dans l'eau. On les en a tirés le 20 Mai 1734, & on les a pefés ; le premier Juin fuivant, on les a tous mis fous le hangar, ôc on les a pefés pour la demiere fois le 2 6 Octobre 1742. Ces membrures ont été numérotées comme les planches dont nous venons de parler, & elles étoient plus chargées de feve.
- I. N°. V, H. Le 30 Août 1733, pefoit 6$ livres 4 onces.
- Le premier Juin 1734, S 3 liv. 8 onc.
- Le 26 Octobre 1742,48 liv.
- N°. V, F. Le 30 Août 1733,68 livres 12 onces.
- Le premier Juin 1734, 67 liv. 8 onces.
- Le 26 Octobre 1742,4P livres.
- La membrure F pefoit au commencement de l'Expérience 3 livres 8 onces plus que la membrure H; Ôt à la fin elle ne pefoit qu'une livre de plus.
- II. N°. VI, H. Le 30 Août 1733, 62 livres..
- Le premier Juin 1734, 31 livres 8 onces.
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- des Bois. Liv. II. Chap. IV. ijp
- Le 26 Octobre 1742 ,34 livres 4 onces.
- N°. VI, F. Le 30 Août 1733,63 livres.
- Le premier Juin 1734, 4P Üvres 8 onces..
- Le 26 Oétobre 1742,35 livres.
- Au commencement F pefoit une livre de plus que H; & à la fin elle nexcédoit que de 12 onces.
- III. N°. VII, H. Le 30 Août 1733 * 64 liv. 4 onc.
- Le premier Juin 1734 ) 5° Üy*
- Le 26 O&obre 1742,43 livres 4 onces.
- N°. VII, F. Le 30 Août 1733, 60 liv. 8 onces.
- Le premier Juin 1734, S 7 livres 8 onces.
- Le 26 G&obre 1742,40 livres.
- Au commencement H étoit de 3 livres 12 onces plus pefante que F, & à la fin elle nexcédoit que de 3 livres 4 onces.
- IV. N°. VIII, H. Le 30 Août 1733,62 liv. 4 onces.
- Le premier Juin 1734, S9 livres.
- Le 2 6 O&obre 1742, 42 livres,
- N°. VIII, F. Le 30 Août 1733,61 livres 8 onces.
- Le premier Juin 1734, S7 liv* onc.
- Le 2 6 O&obre 1742,41 liv.
- Au commencement H étoit plus pefante que F, de 12 onces; & à la fin F, d'une livre plus légère.
- V. N°. IX. H, Le 30 Août 1733,62 liv. e
- Le premier Juin 1734, S1 livres.
- Le 26 Octobre 1742 , 43 liv.
- N°. IX, F. Le 30 Août 1733,38 livres.
- Le premier Juin 1734, SS livres 8 onces.
- Le 2 6 O&obre 1742,42 livres.
- Au commencement H étoit plus pefante que F de 4 livres ; & à la fin H n excédoit F que dune livre. Ainfi la membrure qui avoit été mife dans l'eau, avoit un peu moins perdu de fon poids* que celle qui étoit toujours reftée fous le hangar ; ce qui n arrive pas ordinairement,
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- 160 De la Conservation
- Si les membrures qu’on amifes dans l’eau, pefent moins à la fécondé pefée qu’à la première , c’eft qu’il s’eft beaucoup diflipé d’humidité depuis le 20 Mai qu’on les a tirées de l’eau jufqu’au premier Juin qu’on les a pefées.
- Article VIL Septième fuite et Expériences fur
- deux Planches & deux croûtes quon a tirées d'un
- meme Arbre > & quon a mifes en comparaifon deux
- à deux.
- Pour les Expériences fuivântes ; on â refendu des bois quar-rés par 3 traits de feie. Ainfi chaque piece a fourni deux planches du bois du cœur & deux épaulieres où il y avoit de l’aubier. On les a diftinguées en mettant un C fur les planches du cœur, ôc un E fur les épaulieres. Le refte comme pour l’Expérience précédente.
- I. N°. X, H-E. Le 30 Août 1733 } pefoit 7; liv. 12 onc.
- Le premier Juin 1734, ^3 liv. 8 onces.
- Le 26 O&obre 1742 ^ 37 liv.
- N°. X j F-E. Le 30 Août 1733, 7P liv. 8 onces.
- Le premier Juin 1734, 7$ livres 8 onces.
- Le 2 6 Octobre 1742 y 5 6 livres 8 onces.
- Au commencement de l’Expérience F pefoit plus que H de 3 livres 12 onces 3 & à la fin de l’Expérience ? H pefoit plus que F de 8 onces.
- II. N°. X y H-C. Le 30 Août 1733, 80 livres 8 onces.
- Le premier Juin 1734, ^ livres 8 onces.
- Le 26 Octobre 1742, f 8 livres 8 onces.
- N°. X, F-C. Le 30 Août 1733, 7p livres.
- Le premier Juin 1734, 81 livres.
- L.e 26 O&obre 1742 ,37 livres 8 onces.
- Au commencement H excédoit F de 1 livre 8 onces ; & à la fin feulement d’une livre.
- III.
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- des B o i s. 'h iv. II. Chap. IV. x6x
- III. N°. XI , H-E. Le 30 Août 1733, 70 livres.
- Le premier Juin 1734, $$ livres 8 onces.
- Le 26 O&obre 1742, 51 liv. 8 onces.
- N°. XI, F-E. Le 30 Août 1733,61 liv. 8 onces.
- Le premier Juin 1734, 57 livres 8 onces.
- Le 2 6 Octobre 1742, 46 livres.
- Au commencement H excédoit F de 8 livres 8 onces ; & à la fin fon excédent n’étoit que de 5 livres 8 onces.
- IV. N°. XI, H-C. Le 30 Août 173 3,72 livres 8 onces.
- Le premier Juin 1734, 57 livres 4 onces.
- Le 26 O&obre 1742,50 livres 8 onces.
- N°. XI, F-C. Le 30 Août 1733,74 livres 8 onces;
- Le premier Juin 1734, 71 livres.
- Le 2 5 O&obre 1742,49 livres 12 onces.
- Au commencement F pefoit 2 livres plus que H; ôt à la fin H pefoit 12 onces plus que F.
- V. N°.XII, H-F. Le 30 Août 1733,68 livres 12 onces.
- Le premier Juin 1734, 5% livres 8 onces.
- Le 2 5 Octobre 1742,51 livres 4 onces.
- N°. XII, F-E. Le 30 Août 1733 , 65 livres.
- Le premier Juin 1734, 62 livres i2-onces.
- Le 26 Octobre 1742, 48 livres 12 onces.
- Au commencement Fi pefoit 3 livres 12 onces plus que F ; ÔC à la fin H n excédoit que de 2 livres 8 onces.
- VI. N°. XII, H-C. Le 30 Août 1733,71 livres 12 onc.
- Le premier Juin 1734, S9 liv. 8 onces.
- Le 25 O&obre 1742,52 livres.
- N°. XII, F-C. Le 30 Août 1733,70 livres.
- Le premier Juin 1734, 7° livres 5 onces.
- Le 26 O&obre 1742,50 livres. _
- Au commencement H pefoit une livre 12 onces plus que Ff & à la fin 2 livres de plus : ainfi H a moins diminué de 4 onces.
- X
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- î6i De là Conservation
- VIL N°. XIII, H-E. Le 30 Août 1733,62 livres 4 onces, Le premier Juin 1734, 54 livres.
- Le 25 Odobre 1742,46 liv. 8 onc.
- N°. XIII, F-E. Le 30 Août 1733 , 63 livres 4 onces.
- Le premier Juin 1734, 61 livres 12 onces.
- Le 2 $ O&obre 1742,48 livres.
- Au commencement F pefoit 1 livre plus que H; & à la fin 1 livre 8 onces.
- VIII. N°. XIII, HC. Le 30 Août 1733,69 livres.
- Le premier Juin 1734, livres 4 onces.
- Le 2 j O&obre 1742 , livres 8 onces.
- N°. XIII, F-C. Le 30 Août 1733,68 liv. 4 onc.
- Le premier Juin 1734, ^ livres 12 onces.
- Le 23 O&obre 1742, 50 livres 8 onces.
- Au commencement H pefoit 12 onces plus que F; & à la fin les deux étoient du même poids.
- IX. N° XIV, H-E. Le 30 Août 1733 , 4P liv. 12 onc. Le premier Juin 1734,41 liv. 8 onces.
- Le 2 $ O&obre, 1742,3 $ livres.
- N°. XIV, F-E. Le 30 Août 1733, 41 livres 12 onces.
- . Le premier Juin 1734, 44 liy*
- Le 2 j O&obre 1742,31 livres.
- Au commencement H pefoit 8 livres plus que F; &: à la fin JFf n’excédoit que de 4 livres.
- X. N°. XIV, H-C, Le 30 Août 1733,4P livres 8 onc.
- Le premier Juin 1734,40 livres 8 onces.
- Le 2 y O&obre 1742, 34 livres 8 onces.
- N°. XIV, F-C. Le 30 Août 1733,47 livres.
- Le premier Juin 1734, 45 livres 12 onces.
- Le 2 j O&obre 1742,33 livres.
- Au commencement H pefoit 2 livres 8 onces plus que F; & à la fin feulement 1 livre 8 onces.
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- des Bois. Liv. IL Chap. IV. 163
- XI. N°. XV, H-E. Le 30 Août 1733,63 livres.
- Le premier Juin 1734, ; 1 livres.
- Le 2; O&obre 1742,44 livres 4 onces.
- N°. XV, F-E. Le 30 Août 173 3,68 liv.
- Le premier Juin 1734, 58 livres.
- Le 23 O&obre 1742, 44 liv. 4 onces.
- Au commencement F pefoit 5* livres plus que H,* ÔC à la fin ils étoient précifément de même poids.
- XII. N°. XV, H-C. Le 30 Août 1733, 61 livres.
- Le premier Juin, 1734,46 livres 12 onces.
- Le 2 ; O&obre 1742,41 livres 4 onces.
- N°. XV, F-C. Le 30 Août 1733, 62 livres 8 onces.
- Le premier Juin 1734,S 8 livres 6 onces.
- Le 2 j O&obre 1742,42 liv. 4 onces.
- Au commencement F pefoit x livre 8 onces plus que JFf ; 6C feulement 1 livre à la fin.
- XIII. N°. XVI, H-E. Le 30 Août 1733,81 livres 4 onces, Lepremier Juin 1734, 74 livres.
- Le 2 j O&obre 1742, 64 liv.
- N°. XVI, F-F. Le 30 Août 1733, P3 livres 12 onces.
- Le premier Juin 1734, 87 livres ; onces Le 2; O&obre 1742,75 livres 4 onces.
- Au commencement F pefoit 12 liv. 8 onc. plus que H; ôc feulement 11 liv. 4 onc. a la fin,
- XIV. N°. XVI, H-C. Le 3 o Août 1733,8; livres.
- Le premier Juin 1734, 8° livres ; onces.
- Le 2; O&obre 1742, 6; livres.
- N°. XVI, F-C. Le 30 Août 1733, p8 livres 4 onces.
- Le premier Juin, 1734, p6 livres ; onces.
- Le 2 ; O&obre 1742, 72 livres.
- Au commencement F pefoit 13 livres 4 onc. plus que H ; ôc à la fin feulement 7 livres.
- La diminution de F eft bien considérable : peut-être cette
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- 164 Delà Conservation
- planche avoit-elle quelques défauts; mais je dois rapporter les faits comme je les trouve fur mes Regiftres.
- Remarque.
- O n voit par le grand nombre d’Expériences que nous venons de rapporter , que les bois qu'on met palier. quelque temps dans l’eau douce, perdent communément plus de leur poids en fe féchant, que ceux qu'on fait fécher à couvert..
- Il n'en eft pas tout-à-fait de même des croûtes : celles qui contiennent beaucoup d'aubier perdent moins de leur poids, parce que les vers qui endommagent l’aubier, n’attaquent pas ceux qui ont été flottés ; & comme dans ces croûtes, il y avoit plus ou moins d’aubier, on a apperçu des différences dans les réfultats. Si, d'ailleurs, on remarque quelques pièces qui s'écartent de la règle générale, c’eft parce que quelquefois dans les pièces de bois flotté il s'eft rencontré des noeuds & des veines de bois dur, qui ne fe trouvoient pas dans la piece de comparaifon qu'on avoit confervée fous un hangar. Enfin, comme tous ces bois empilés pouvoient bien n’être pas également ex-pofés au haie, il a pu fe trouver quelques différences dans leur poids. Toutes ces raifons nous ont obligé de multiplier beaucoup les Expériences.
- Article VIII. Huitième fuite d’Expériences pour connoître ce que le flottage produit fur les bois fecs par comparaifon avec les bois nouvellement abattus.
- Comme toutes les Expériences que je viens de rapporter ont été faites avec des bois qui contenoient encore beaucoup de feve, j’ai cru devoir mettre en comparaifon des bois fecs avec des bois qui auroient toute leur feve.
- J'ai choifi des pièces de Chêne affez feches, abattues depuis; trois ans ; & j'en ai fait faire des bouts de Chevron de trois pieds
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- des Bois. Liv. II. Ch a p. IV. x6f
- de longueur, & de trois pouces d’équarriflage , femblables, pour les dimenfions, à ceux de la troifieme fuite d’Expériences. Trois ont été marqués du numéro I, trois du numéro II, trois du numéro III, trois du numéro IV, trois du numéro V, ôc trois du numéro VI.
- * On les a pefés en Mars ou Avril 1733 , après les avoir réduits aux dimenfions qu’ils dévoient avoir.
- On les a mis aulïi-tôt dans l’eau, où ils font reliés jufqu’au 21 Mai 1734. Les ayant laififés à l’air fe reffuyer une couple de jours, on les a pefés pour la fécondé fois.
- Enfuite on les a mis fous un hangar, Ôc on les a pefés le 2 y Mai 1735'; enhn pour la quatrième Ôc derniere fois,le y Juin 1736.
- On a fait les mêmes opérations fur d’autres chevrons nouvellement abattus ôc remplis de leur feve.
- Voici leréfultat de ces Expériences.
- I. N°. I, fec. En Mars 1733 , pefoit 33 liv. y onc. 2 gros. Mai 1734, 3** ^v. 10 onc*
- Mai 173 y , 30 liv. 4 onc. 6 gros.
- Juin 17 3 6, 25) liv. 12 onc. 2 gros.
- En flottant dans l’eau fon poids eft augmenté de y liv. 4 onc. 6 gros ; ôc à la fin de l’Expérience il étoit diminué de 3 liv. p onces.
- N°. I, verd. En Mars 1733, 40 liv. y onc. 4 gros.
- Mai 1734, 42 4 onc*
- Mai 173 y, 31 liv. 12 onc.
- Juin 1736, 30 liv. 10 onc. 4 gros.
- En flottant dans l’eau fon poids ell augmenté de 1 livre 14 onces 4 gros ; à la fin il étoit diminué de p livres 11 onces.
- II. N°.II, fec. En Mars 173 3 > 32. liv. 14 onc, 6 gros.
- Mai 1734,38 liv. 2 onc. 4 gros.
- Mai 173 y , 31 liv. 7 onc. 2 gros,
- Juin 173 5, 30 liv. 12 onc.
- En flottant dans l’eau fon poids a augmenté de y liv. 3 onc, .6 gros ÿ à la fin il étoit diminué de 2 livres 2 onces 6 gros.
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- 166 De ia Conservation
- N°. II, verd. En Mars 1733,40 liv. y onc. 4 gros.
- Mai 1734, 42 liv. 4onc* '
- Mai 1735,31 liv. 12 onc.
- Juin 1736,30 liv. 1 o onc. 4 gros.
- En flottant dans l’eau fon poids a augmenté de 1 liv. 14 onc. 4 gros ; à la fin il étoit diminué de p liv. 11 onc.
- III. N°. III, fec. En Mars 1733, 32 liv. 6 onc. 2 gros. Mai 1734, 41 Üv. 10 onc.
- Mai 173S 9 3° Üv* onc.
- Juin 17 36, 30 liv. 6 onc.
- En flottant dans l’eau fon poids a augmenté de p liv. 3 onc. 6 gros ; à la fin il étoit diminué de 2 liv. 2 gros.
- N°. III, verd. En Mars 1733,37 Üv* 11 onc.
- Mai 1734, 3P liv. 4 onc.
- Mai 1735:, 3o liv. 1 onc.
- Juin 173 6, 2p liv. 2 onc.
- En flottant dans l’eau fon poids a augmenté de 1 liv. p onces ; à la fin il étoit diminué de 8 liv. p onc.
- IV. N°. IV, fec. En Avril 1733,32 liv. 7 onc. 4 gros.
- Mai 1734, 3 y liv. 400c.
- Mai 173$ 9 31 liv. 14 onc.
- Juin 1736, 30 liv. 1$ onc.
- En flottant dans l’eau fon poids a augmenté de 2 liv. 12 onc. 4 gros ; à la fin il étoit diminué de 1 liv. 8 onc. 4 gros.
- N°. IV, verd. En Avril 1733,33 Üv. 7 onc. 4 gros.
- Mai 1734, 3 S Üv. 4 onc.
- Mai 173y, 31 liv. 14 onc.
- Juin 173 6, 30 liv. 1 y onc.
- En flottant dans l’eau fon poids a augmenté de 1 liv. 12 onc. 4 gros ; à la fin il étoit diminué de 2 liv. 8 onc. 4 gros.
- V. N°. V, fec. En Mai 1733,31 liv. 4 gros.
- Mai 1734, 39 Üv. 4 onc.
- Mai 173 y, 31 liv. 4 onc.
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- des Bois. Liv. II. Chap. IV. i6j
- Juin 1736', 30 liv. 2 onc. 4 gros.
- En flottant dans l’eau fon poids eft. augmenté de 8 liv. trois onc. 4 gros ; à la fin il étoit diminué de 14 onc.
- N°. V, verd. Mai 1733,38 liv. 4 onc. 4 gros.
- Mai 1734, 42 liv. S onc.
- Mai 173 5,31 liv. 14 onc.
- Juin 1736’, 30 liv. 10 onc.
- En flottant dans l’eau fon poids a augmenté de 4 liv. 4 gros ; à la fin il étoit diminué de 7 liv. 1 o onc. 4 gros.
- VI. N°. VI, fec. En Mai 1733,33 liv. p onc. 4 gros.
- Mai 1734, 41 liv. 4 onc.
- Mai 17332 liv. 8 onc.
- Juin 1736, 31 liv. 8 onc.
- En flottant dans l’eau fon poids a augmenté de 7 liv. 1 o onc. 4 gros ; à la fin il étoit diminué de 2 liv. 1 onc. 4 gros.
- N°. VI, verd. A la fin de Mai 1733,36 liv. 10 onc. 4 gros.
- Mai 1734, 3P Üv* 10 onc*
- Mai 173;, 30 liv. 3 onc.
- Juin 1736, 29 liv. 2 onc.
- En flottant dans l’eau fon poids eft augmenté de 2 liv. 1 y onces 4 gros ; à la fin il étoit diminué de 7 liv. 8 onc. 4 gros.
- Ré su lt AT des Expériences précédentes•
- Il fuit de ces Expériences : .
- . i°, Que les bois fecs fe chargent de beaucoup plus d’eau que les bois verds ; & cela eft naturel, puifqu’ils ont perdu une grande partie de leur feve.
- 2°, Que les bois verds perdent , en fe féchant, beaucoup plus de leur premier poids que les bois fecs ; ce qui eft encore naturel, puifqu’ils doivent fe décharger non-feulement de l’eau qu’ils avoient imbibée, mais encore d’une partie de leur feve.
- 3°, Que les bois fecs qui ont été flottés perdant plus de leur poids que ceux qui n’ont pas été mis dans l’eau, on peut
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- i6S De XA Conservation
- en conclure qu’une portion de leur fùbftance ayant été diffoute
- Î>ar. l’eau s’eft diflipée avec elle : aufli, comme je lai dit, tous es bois quon met tremper dans l’eau font-ils, au bout de quelque temps, couverts d’une fùbftance gélatineufe.
- 4°, Nous ferons obferver que , quoique les bois flottés fe fendent ordinairement moins que ceux qui n’ont point été mis dans l’eau, cependant quelques pièces des bois fecs dont nous venons de parler , & qui avoient été flottés, étoient aflez con-, fidérablement fendues en 173 6 quand ils ont été bien fecs.
- J’ai averti que les chevrons que je regardois comme fecs contenoient encore de la feve : la preuve en eft qu’ayant tenu quelques-uns de ces chevrons dans un four chaud pendant quatre fois 24 heures avant de les mettre dans l’eau, il s’eft quelquefois trouvé 1 o à 11 onces de diminution fur le poids d’un feul, quoique ces bois euflent été abattus trois ans auparavant, & qu’ils panifient fort fecs. Nous rapporterons fur ce point quantité d’Ëxpériences.
- Article IX. Neuvième fuite <TExpériences fur des pièces de bois de même poids, les unes vertes, les autres feches, mifes en comparaifon.
- J’ai cru que rien ne feroit plus propre à faire connoître fi les bois perdent beaucoup de leur fubftance, que de prendre deux moitiés d’un même arbre, de réduire ces deux moitiés à un même poids fans s’embarrafler qu’ils euflent rigoureufement des dimenfions pareilles, de mettre une de ces moitiés fous un hangar & de faire flotter l’autre. Et comme j’avois remarqué que les bois qui reftoient conftamment dans l’eau , s’altéroient moins que ceux qui étoient tantôt dans l’eau, & tantôt à l’air,' je me propofai d’en tenir dans ces deux fituations.
- En effet, ne voit-on pas fur les ports de Paris, que les bois à brûler qu on a d’abord, jettés à bois perdu fur de petites rivières , & qu’on a enfuite tirés à bord quand ils étoient aflez chargés d’eau pour devenir canards; ne voit-on pas, dis-je, que
- ces
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- des Bois. Liv. II. Chap. IV. itfp
- ces bois qu'on tient tantôt dans l'eau ôc tantôt à l’air, ne font pas à beaucoup près fi bons pour le chauffage , que ceux qu’on met tout d’abord en trains, ôc qui arrivent à Paris fans être jamais fortis de l'eau. Les bois qu'on nomme Bois de gravier ont prefque toute leur écorce, ôc ils tiennent un milieu entre les Bois flottés ôc les Bois neufs. Il eft vrai que communément ils reftent moins long-temps dansl’eau.Mais on remarque aufïi qu'un pilotis qui eft enfoncé dans le lit d’une riviere commence par pourrir à l’endroit oùle bois eft alternativement expofé à fefécher ôc à être mouillé : la partie qui eft toujours au-deffus de l’eau, ôc que l’eau ne mouille jamais, fubfifte davantage, ôc celle qui eft toujours fous l’eau ne pourrit point. Maintenant que l’on comprend les vues que je me fuis propofées, lorfque j’ai entrepris cette nouvelle fuite d’Expériences, il faut en expoferles détails.
- Dans le mois de Janvier 1737, je fis abattre un Chêne qui me fournit une piece de bois quarré de douze pieds de long fur fept pouces d’équarriffage. Je choifis une autre piece de Chêne, de pareilles dimenfions ; mais ce Chêne étoit abattu depuis dix à douze ans.
- Je fis fcier par les fcieurs de long ces deux pièces par le milieu ; ce qui me fournit huit pièces de fix pieds de longueur fur fept pouces de largeur, ôc trois pouces Ôc demi d’épaiffeur; on les reduifit toutes a un même poids, favoir :
- Les quatre pièces de bois fec pefoient chacune 41 liv. 8 onc.
- Et les quatre pièces de bois verd pefoient chacune $ 6 liv. 2 onc.
- Les quatre pièces de bois fec furent marquées d’une S, ôc les quatre de bois verd d'un V.
- De plus on écrivit pied fur celles qui étoient près de la fou-che, haut fur celles qui étoient plus près de la cime ; enfin j on mit une H fur celles qui dévoient toujours refter fous le hangar, une F fur celles qui dévoient toujours refter dans l’eau, ôc F-E fur celles qui dévoient être tantôt à l’eau ôc tantôt à l’air.
- Les quatre pièces marquées H furent mifes fous le hangar ; une de bois fec ôc une de bois verd marquées F, étant deftinées à refter toujours fous l'eau, furent mifes dans l’eau, ôc chargées
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- ïjo Delà Conservation
- de pierres : les deux autres marquées T-E, 1 une feche & Tau» tre verte, furent deftinées à refier alternativement huit jours à l’eau & huit jours à l’air.
- Dans le mois d’Avril 1758 -, on reconnut ces huit pièces de bois, & on les laifla les unes fous le hangar &. les autres dans l’eau, comme il a été dit.
- Le 28 Septembre 1738 , on retira celles qui étoient dans l’eau, & on les mit fous le hangar avec les autres.
- Le 20 Mai 1742, jugeant que ces bois étoient fecs, on les pefa tous.
- N°. 1. Hangar, du pied, fec pefoit 37 liv. 1 % onc.
- Ainfî il avoit perdu de fon premier poids 3 liv. p onc.
- N°. 2. Flotté, du pied, fec pefoit 37 liv. 8 onc.
- Il avoit donc perdu de fon premier poids 4 liv. c’eft-à-dire,
- 7 onc. de plus que N°. 1.
- N°. 3. Flotté alternativement & à l’air, du pied, fec, 37 liv.
- Il avoit perdu de fon premier poids, 4 liv. 8 onc.
- Il a perdu 8 onc. de plus que N°. 2, & 1 j onc. plus que N°. 1,
- N°. 4. Hangar, du haut, fec pefoit 38 liv. 8 onc.
- Il avoit perdu de fon premier poids, 3 liv.
- Ainfi il a moins diminué de p onc. que le morceau du pied numéro 1.
- N°. Hangar, du pied, verd, 36liv.
- Il avoit perdu de fon premier poids, 20 liv. 2 onc.
- N°. é. Hangar, du haut, verd, 34 liv. 8 onc.
- Il avoit perdu de fon premier poids ,21 liv. 1 o onc.
- C’eft 1 liv. 8 onc. de plus que N°. 5’.
- N°. 7. Flotté, du haut, verd, 3 3 liv.
- Il a donc perdu de fon premier poids ,21 liv. 2 onc.
- C’eft 8 onc. moins que N°. 6.
- N°. 8. Flotté & à l’air, du pied, verd, 34 liv. 1 $ onc.
- Ainfi il a perdu de fon premier poids ,21 liv. 3 onc.
- li a perdu 1 liv. 1 onc. plus que N°. ? , & 1 onc. de plus que N°. 7, quoique celui-ci fut du pied, & N°. 7 de la cime.
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- v es Bo is. Liv, IL Chap. IV. 171
- Ré S u LT AT de ces Expériences.
- Cette fuite d’Expériences prouve comme les autres, que les bois qu on met flotter dans l’eau douce perdent plus de leur poids, que ceux que l’on conferve à couvert ; Ôc que ceux qu’on tient alternativement dans l’eau & à l’air, perdent encore plus de leur poids. On peut regarder cette réglé comme générale , quoique quelques-uns s’en écartent, parce qu’une veine de bois blanc, ou un nœud, fuflit pour changer les Réfultats.
- On voit encore que le bois de la cime des arbres perd plus de fon poids en fléchant, que celui qui eft auprès delà fouche.
- Article X. Dixième fuite d’Expériences qui prouvent que les pièces de Bois qui paffent un certain temps dans Veau , font moins fujettes à être piquées des vers que celles qui font tenues à fec.
- Nous avons prouvé, par un grand nombre d’Expériences, que les bois qu’on met dans l’eau perdent un peu de leur fub-liance ; mais elles prouvent de plus que l’aubier des arbres qui ont été flottés fe conferve mieux que celui des arbres qui ont toujours été tenus dans un lieu fec. Pour mettre ce fait à l’abri de toute difficulté, j’ai encore fait une Expérience ; ôc comme les cerceaux qu’on fait pour les futailles font de bois fort jeune, ôc prefqu’entiérement d’aubier, j’ai choifi des cerceaux de Chêne, afin de connoître plus promptement l’effet que l’eau pourroit produire.
- Le 2 Mars 1737, je pris dix-huit rouelles de cercles de Chêne nouvellement travaillées, 6c pareil nombre d’autres qui, ayant été travaillées en 173 69 étoient feches : car ces bois qui ont peu d’épaifîeur, fechent promptement. Neuf rouelles de bois verd Ôt neuf de bois fec, furent mifes dans un grenier bien fec, le n Mars 1737. Le même jour neuf rouelles pareilles de bois verd ôt neuf de bois fec furent jettées dans l’eau, où elles ont relié huit mois. Qn les a donc tirées de l’eau
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- le 2 f O&obre 1757 , & on les a mifes, ainfi que les rouelles qui avoient été dépofées dans le grenier, fous un même hangar. Dans les mois de Septembre & O&obre 1738, on a employé tous ces cercles à relier des futailles, pour connoître leur différente qualité.
- 1% Les cercles de 1736 qu’on avoitmis au grenier, puis fous le hangar, étoient tellement vermoulus, que quand on en fou-levoit un par un bout il rompoit fous fon propre poids.
- 20, Ceux de 1737 nétoient pas aufli gâtés; cependant aucun n’a pu être employé, & ceux qui étoient au milieu des rouelles, étoient plus gâtés que les autres.
- 30, Les rouelles abattues en 173 6, & qu’on avoit mifes paf-fer huit mois dans l’eau, n’étoient point piquées : elles avoient perdu leur écorce ; néanmoins une partie de ces cercles a ré-îifté aux coups de maillet, & a été employée,
- 4°, Les rouelles abattues en 173^, ôt qui avoient été mifes dans l’eau, avoient perdu leur écorce ; mais il n’y avoit aucune piqûre devers : tous les cercles étoient bons, & ils furent employés.
- 50, Neuf rouelles de 1736, que j’avois laiflées à l’air, n’étoient pas en aufli bon état quë celles qui avoient été flottées : quelques-uns des cercles étoient piqués de vers ; mais ils étoient meilleurs que ceux des rouelles qui avoient été tenus au grenier Ôt fous le hangar.
- <?°, J’en avois aufli mis à la cave, ôt les cercles étoient à peu près dans le même état que ceux des rouelles qui étoient reliées a l’air.
- 7°, J’ai fait les mêmes Expériences fur des bottes de latte ; mais il fufiira de dire que celles qui ont toujours été à couvert , avoient leur aubier vermoulu ; celles qui avoient féjourné quelque temps dans l’eau, avoient leur aubier fain, Ôt les autres précifément comme ce que nous avons dit des cercles ; mais à toutes, le bois du cœur étoit fain, ôt n’étoit point encore attaqué par les vers. C’eft pourquoi je ne parlerai point des Expériences que j’ai faites avec des échalas, parce qu’étant prefqu’en-tiérement de cœur de Chêne, ils ne m’ont fourni aucun fujet d’obfervations.
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- DES B O I S. Ll V. II. C H AP. IV. 173
- Je crois que l’eau fait périr la femence des infeâes ; peut-être auffi a-t-elle altéré la feve du bois, qui probablement convient aux vers, &. détermine les infe&es à y dépofer leurs œufs.
- Article XI. Onzième fuite d! Expériences faites fur des Bois tendres flottés & non flottés.
- Les Expériences que nous venons de rapporter, ont été faites fur du bois de Chêne, qu’on regarde comme du bois dur : j’ai cru devoir donner encore d’autres expériences que j’ai faites dans la même vue fur des bois tendres ; & j’ai choifi. l’Aulne , parce qu’on fçait qu’il s’altere plus promptement que le Chêne.
- § 1. Première Expérience.
- i°, On a abattu de gros corps d’Aulne dans le mois d’O&o-bre 1732 ; on les a fciés par billes de lix pieds de longueur.
- Trois de ces billes en grume & dans leur écorce, ont été jettées dans l’eau le 15 Novembre de la même année. On les a refendues en planches en 173 j, ôc le bois s’en eft trouvé très-bon.
- 20, Trois billes pareilles qu’on a écorcées avant de les jetter à l’eau, fe font trouvées pareillement très-bonnes en 1735’.
- 30, Trois billes du même bois, abattu dans le même temps ont été dépofées, avec leur écorce, fous un hangar le 13 Novembre. En 173 J deux fe font trouvées fort échauffées ; la troi-fieme l’étoit moins.
- 4°, Trois pareilles billes ont été écorcées avant de les mettre fous le hangar. En 1735, elles étoient échauffées en quelques endroits, mais moins que les précédentes.
- 5°, Trois pareilles billes ont été mifes en chantier à l’air avec leur écorce. En 173y, le bois s’eft trouvé très-échauffé, & presque hors de fervice.
- 6°x Trois billes pareilles ont été mifes en chantier à l’air comme les précédentes ; mais elles avoient auparavant été écorcées. Quand on les a refendues en planches en 17 3 y , le bois s’eft trouvé moins échauffé que celui des précédentes ; il y en eut même une qui fe trouva allez bonne.
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- 7°, Trois billes pareilles ont été dépofées un mois après leur abattage, dans une cave ; on les en a retirées en Juin 1733 , & on les a dépofées fous un hangar jufqu'en 17 3 j qu'on les en a tirées pour les débiter en planches. Elles fe font trouvées plus ou moins échauffées.
- 8°. De pareilles billes qu'on avoit écorcées avant de les mettre dans la cave, fe font trouvées en 1733: moins échauffées que celles qui avoient leur écorce 5 mais elles n'étoient pas faines.
- $2. Seconde Expérience.
- Cette Expérience ne différé de la précédente, que parce que les arbres ont été abattus dans le mois de Décembre, au lieu que les autres f avoient été en O&obre.
- Les billes qu'on avoit mifes à l'eau, foit avec leur écorce , foit fans leur écorce, fe font trouvées très-bonnes en 173 f.
- Celles qu'on avoit dépofées fous le hangar avec leur écorce , étoient fort échauffées en 173 5. Celles qui n'avoient point leur écorce, étoient en meilleur état : il y en avoit mêmè une fort bonne.
- Celles qu’on avoit mifes à l’air avec leur écorce, étoient entièrement pourries : celles qui avoient été écorcées, étoient un peu moins gâtées.
- Enfin, celles qu'on avoit mifes à la cave, étoient plus ou moins échauffées ; mais celles qui avoient leur écorce, l'étoient plus que celles qui en avoient été dépouillées.
- § 3. Troisième Expérience.
- Cette Expérience rie différé des précédentes qu’en ce que les arbres ont été abattus dans le mois de Mai 1735.
- Toutes les billes abattues le 24 Mai, & qui ont été jettées à l'eau dans le mois de Juillet fuivant, fe font trouvées très-bonnes en 1735’.
- Entre celles qu’on a mifes fous un hangar, toutes celles qui étoient écorcées étoient bonnes ; une dans fon écorce s'eft
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- s jBoi5. Liv« ïî. Chap. IV, 17^
- trouvée bonne ; les deux autres commençaient à s’échauffer.
- A Fégard de celles quon a laifTées à l’air , celles qui avoient leur écorce, étoient ou pourries, ou échauffées.
- Entre celles qui avoient été dépouillées de leur écorce, il s’en eft trouvé une dont le bois étoit bon; les deux autres l’avoient un peu échauffé.
- Toutes celles qui ont été mifes à la cave avec leur écorce , étoient gâtées ; celles qu’on avoit dépouillées de leur écorce , commençoient à s’échauffer.
- $4. Qu at rie me Expérience.
- J’a j o u t e aux Expériences que je viens de rapporter, qu’ayant fait débiter en planches de gros Aulnes en Septembre 1752, le premier Mars 1733 , quinze de ces planches furent jettées à l’eau. On les en retira dans le mois de Septembre pour les dépofer fous un hangar; & en 1735, elles fe trouvèrent très-bonnes.
- De plus on a abattu des Aulnes ; on les a mis flotter pendant un an; on les a retirés de l’eau, & on les a laiffés cinq à fix mois à l’air ; on les a équarris. On les à rejettés à l’eau, où ils ont paffé près d’un an. Quelque temps après qu’ils en ont été retirés, on les a travaillés, & on en a fait les folives d’un petit bâtiment de Payfan , où on, les a trouvées affez faines au bout de dix-huit ans.
- C 0 n s t qu e n c E s qu on ‘peut tirer des Expériences précédentes•
- T, Qu’il y a quelqu’avantage à ne pas laiffer long-temps les bois dans leur écorce : fouvent aux bois durs de bonne qualité, l’écorce eft vermoulue, & les vers ne peuvent pénétrer dans l’intérieur du bois ; mais aux bois tendres, les infeftes pénètrent dans la fùbftance ligneufe.
- 2°, Qu’il vaut mieux tenir les bois fous des hangars, qu’ex-pofés aux injures de Fait.
- 3°, Qu’il n’eft point avantageux de les tenir dans un lieu humide.
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- 4°, Qu’il eft à propos de mettre les bois qui font fujets à être piqués des vers paffer quelque temps dans l’eau aufli-tôt qu’ils font abattus, préférant de perdre un peu de la force de ces bois dans la vue de les préferver des vers. Cela vient d’être prouvé dans l’Article X. Il eft vrai que les Expériences que nous venons de rapporter ne paroiffent avoir d’application direâe-qu-’aux bois tendres, & particuliérement à celui d’Aulne. Quand cela feroit, elles ne feroient pas inutiles. Mais elles peuvent aufli s’appliquer très-bien aux bois de Chêne , d’Orme , de Noyer qui fouvent deviennent la pâture des infeâes, lorf-qu’ils font de médiocre qualité.
- CHAPITRE V.
- Des Bois qu’on fait flotter dans l’eau de la Mer.
- Il n’a été queftion jufqu’à préfent que des bois qu’on a flottés dans l’eau douce : il faut maintenant examiner ce qui arrive quand on les flotte dans l’eau de la mer ; car quelques-uns ont cru que le fel de cette eau pourroit contribuer à leur con-fervation. On fait que l’eau de la mer fe corrompt au moins aulïi promptement que l’eau douce : mais il pourroit arriver que l’eau s’évaporant, le fel refteroit dans le bois, Ôt contri-bueroit à fa confervation.
- Article I. Suite d’Expériences fur Vimbibition des Bois plongés dans l’eau de la Mer.
- $ i. Première Expérience,
- U N pârallélipipede de bois de Hollande extrêmement fec, qui avoit 20 - pouces de longueur, 11 7 de largeur, Ôc 11 d’épailfeur, pefoit 89 Üv. 10 onc. d’où il fuit qu’un pied cube
- de
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- des Bois. Liv. II. Chap. V. 177
- de ce bois auroit pefé J9 liv. 11 onces -f-. Cette piece fut mile dans l’eau de mer le 10 Décembre au matin; le foir, non-feulement elle flottoit, mais de plus elle foutenoit fur l’eau un poids de 24 liv. j onc. ôt une once de plus la faifoit enfoncer dans jfeau.
- Le 11 du même mois , elle Le 31 ..... 101. ij onc.
- foutenoit. . . 211. 2 onc. Le 12 Janvier. 7 10
- Le 12 ... . . 18 7 Le 21 6 1
- Le 14 ... . . 16 14 Le 1 Février. 4 if
- Le 17 ... . . 16 4 Le 12 4 2
- Le 22 ... . • 13 9
- Cette piece a toujours refté pendant ce temps dans l’eau, & elle n’étoit pas encore à beaucoup près allez pefante pour aller au fond de l’eau.
- §2. Seconde Expérience.
- U N bout de foliveau fec, de la Forêt de Saint-Germain , qui avoit 7 pouces d’équarrilfage fur 2 pieds de longueur, pe-foit 42 liv. 6 onc.
- Ainli le pied cube de ce bois pefoit <52 liv. 4 onc. c’eft 2 liv. 9 onc. de plus que le bois de Hollande.
- On l’a mis dans l’eau de mer le 10 Décembre au matin; le foir il foutenoit 10 liv. 14 onc. ôc une once de plus le faifoit enfoncer dans l’eau.
- tenoit Le 12 . Le 14 . Le 17 . Le 22 .
- 8
- 8
- 8
- 7
- ; il fou- Le 31 ... : 7l- 3 T
- 6 onc. Le 12 Janvier, 6 14
- 15 Le 21 6 9
- 7 Le 1 Février. 6 S
- 0 10 Le 12 6 IT
- § 3. Troisième Expérience.
- Comme je vis qu’il ne m’étoit pas polïible de fuivre cette
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- ij8 De ia Conservation
- Expérience jufqu’à l’imbibition parfaite, je pris un bout de foliveau de bois de Normandie de 2 pieds de longueur fur 7 pouces d’équarriflage; il étoit retiré de l’eau de la mer depuis huit mois , & il y avoit féjourné plus dun an ; il pefoit 4P liv. 8 onc. ce qui indique que le pied cube pefoit 72 liv. c’eft p liv. 12 onc. de plus que la piece précédente, ce qui pouvoit venir de ce que le bois en étoit de meilleure qualité, ou qu’il étoit moins fec.
- Et comme on eftime que l’eau de mer ne pefe gueres plus de 72 liv. je jugeai que le foliveau feroit tout près d’aller au fond de l’eau : cependant il foutint une livre deux onces. On pour-roit penfer que l’air adhérent à la furface de la. piece, pouvoit contribuer à la faire flotter ; mais le foir elle portoit encore 14 onc. & demie.
- Le 11 elle foutenoit. 12 £ onc. il falloit 6 onc. pour la faire
- Le 12 . 11 flotter.
- Le 14 Pt- Le 12 Janvier . . . 12 onc.
- Le 17 <îi. Le 21..... . . . ijf
- Le 22 1 Le 1 Février. . . . 1P
- Le 31 elle étoit fondrière, ôc Le 12 iliv. 8f
- Con sé qu en ces des Expériences précédentes.
- Par cette Expérience, on étoit bien parvenu à rendre affez promptement ce foliveau fondrier ; mais il auroit fallu la continuer bien long-temps pour parvenir à une parfaite imbibition, on n’en peut pas douter après les Expériences que nous avons rapportées plus haut. Il s’en faut donc beaucoup que ces Expériences ayent été achevées ; cependant j’ai cru devoir les rapporter, parce qu’elles pourront être de quelque utilité à ceux qui font des Radeaux & des Trains, ou d’autres établiffements qui ne flottent que par la légéreté du bois. Car on apperçoit à peu près ce qu’ils perdent de leur légéreté relative à l’eau , dans un temps donné.
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- des Bois. Liv. II. Ghap. V. 179
- $4. Quatrième Expérience,
- Qui indique à feu près la quantité d'eau de mer dont fi peut charger un pied cube de bois de Chêne.
- Dans le même temps, nous fîmes tirer de l’eau de la mer un vieux pilotis qui y étoit depuis cinquante ou foixante ans : comme la fuperficie en étoit couverte de coquillage, ôc comme elle étoit outre cela rongée par des infectes à la profondeur d’une ou de deux lignes ; nous fîmes enlever cette croûte dé^ fe&ueufe, & la piece de bois fe trouva réduite à 22 pouces de longueur fur 7 de largeur. Le bois en paroifïoit très-fain : il étoit fort dur fous la coignée ; les copeaux qu’on enlevoit étoient très-folidés & plus durs que n’auroient été ceux de bois neuf. Cette piece pefoit 57 liv. 14 onc. ce qui revient à 83 liv. 2 onc. & demie pour le poids d’un pied cube de ce bois ; l’ayant mis dans l’eau de la mer, il fallut $ liv. 1 f onc. pour la ramener à la furface de l’eau. Ainfi un pied cube de ce bois pefoit p liv. f plus que l’eau de la mer.
- En fuppofant que ce bois étant fec, & avant d’être employé en pilotis, eût pefé 60 liv. le pied cube, ce qui fait le poids ordinaire des bois de Chêne de l’intérieur du Royaume, fon poids, par le long féjour qu’il avoit fait dans l’eau, auroit augmenté de 23 liv.
- J’aurois fort defiré pouvoir fuivre le defféchement de ce morceau de bois, ainfi que l’imbibition des autres ; mais cela ne m’étoit pas poflible. Voici des Expériences qui ont été fui-vies avec plus de foin.
- Article II. Autre fuite d! Expériences fur Vim bibidon du Bois plongé dans Veau de la Mer.
- Les Expériences que j’ai rapportées plus haut, m’ayant convaincu que l’eau eft long-temps a pénétrer parfaitement un petit morceau de bois, je me propofai de connoître fi la fuperficie d’une piece de bois peut, pour ainfi dire, fe raffafier d’un fluide peu-
- Zij
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- i8o De la Conservation
- dant que le centre de cette même piece n’auroit pas encore été pénétré par ce fluide.
- §1. Première Expérience.
- U N bout de foliveau de 6 pieds de longueur, de 12 & XI7 pouces d’équarriffage, franc d’aubier, cubant $ pieds 9 pouces , chaque pied cube pefoit 69 liv. 12 onc.
- Cette piece ayant refté fix mois fubmergée d’eau de mer^ chaque pied cube pefoit 71 liv. 2 onc.
- Ainfi le poids de chaque pied cube étoit augmenté de 1 liv* 6 onc. pour avoir refté flx mois dans l’eau de la mer.
- Ayant fait réduire cette piece à 11 & 11 pouces d’équar-riffage, chaque pied cube pefoit 72 liv. 1 y onc.
- Ainfi, ayant retranché du bois de la fuperficie, qui naturellement devoit être plus pénétré que l’intérieur , le bois fe trouvoit néanmoins plus pelant de 1 livre 13 onces par pied cube.
- En fuivant notre Expérience, cette même piece fut réduite à 8 & 8 pouces d’équarriffage : pour lors chaque pied cube ne pefoit plus que 70 liv. Elle étoit de 2 liv. 1 j onc. moins pefante qu’à la précédente pefée. Seroit-ce parce qu’elle auroit été moins pénétrée d’eau ? je le penfois d’abord ; mais l’ayant réduite à 6 ôt 6 pouces d’équarriffage, le pied cube auroit dû devenir plus léger, fi la légéreté de la précédente pefée étoit venue de ce que l’eau n’avoit pas pénétré aufli avant dans la piece ; mais cette fuppofition fut détruite, puifqu’à cette derniere pefée le pied cube fe trouva de 70 liv. 8 onc. de forte que chaque pied cube étoit de 8 onc. plus pefant qu’à la précédente pefée.
- En réfléchiffant fur ces variétés de poids, il me parut qu’elles pouvoient dépendre de plufieurs caufes, favoir, i°, de l’eau qui s’étoit introduite dans le bois; 20, de la différente denfité du bois de la circonférence &. de celui du centre, qui, comme je l’ai prouvé dans le Traité de Y Exploitation des Forêts, eft plus pefant dans les jeunes bois, & plus léger dans les vieux ; 30, de ce que le fluide peut s’infinuer avec plus de force, & en plus
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- des Bois. Liv. IL Chap. V. 1S1
- grande abondance , dans des bois plus denfes que dans d’autres. Pour effayer d’éclaircir ces doutes , je fis l’Expérience fui-vante.
- §2. Seconde Expérience.
- Pour tenter de parer à ces inconvénients, ôc dans la vue de me mettre à portée de diftinguer ce qui dépendoit de la quantité d’eau afpirée par le bois, ou de la différente pefanteur des différentes couches ligneufes, je pris deux foliveaux de 6 pieds de longueur, 12 ôc 12 pouces d’équarriffage , autant qu’il étoit poffible, de la même qualité de bois. Un de ces foliveaux numéroté A, fut mis dans l’eau de la mer , où il relia cinq mois ; l’autre, numéroté B, ne fut point mis dans l’eau.
- Le foliveau A, avant d’être mis à l’eau, pefoit par pied cube 71 liv. ôc le foliveau B, aulli par pied cube, 70 liv. ; ainfi chaque pied cube de A, pefoit 1 liv. plus que chaque pied cube de Bm
- A , ayant refté cinq mois dans l’eau de la mer, pefoit 73 liv. 8 onces, fon poids n’étoit donc augmenté que de 2 liv. 8 onc.
- A, ayant été réduit à 11 ôc 11 pouces, le pied cube pefoit 75 liv. ainfi il s’eft trouvé augmenté de 1 liv. 8 onc.
- B, ayant pareillement été réduit à 11 ôc 11 pouces, chaque pied cube pefoit 71 liv. , c’eft-à-dire , une liv. de plus que quand il portoit 12 ôc 12.
- D’où il fuit que fi l’on étoit certain que le bois des deux foliveaux A ôc B eût été abfolument pareil, l’augmentation réelle de A, après avoir féjourné dans l’eau, ne ferait que de 8 onces.
- L’équarriffage de A étant réduit à 8 ôc 8, chaque pied cube pefoit 72 liv. & 12 onc. ; ainfi il étoit de 2 liv. 4 onc. moins pelant que quand il avoit 11 ôc 11.
- L’équarriffage de B étant pareillement réduit à 8 ôc 8 pouces , chaque pied cube s’eft trouvé pefer 75 liv. c’eft 4 liv. de plus que lorfqu’il avoit 11 Ôc 11 d’équarriffage : ce qui ne peut venir que de l’augmentation de denfité des couches ligneufes. Apparemment que les couches ligneufes de A avoient diminué de denfité, pendant que les couches ligneufes de B étoient de-
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- i%i De ia Conservation
- venues plus denfes ; ce qui ne paroîtra pas fingulier fi l’on le rappelle les Expériences que j’ai rapportées fur la différente denfité des couches ligneufes dans le Traité de Y Exploitation.
- L’équarriffage du foliveauA ayant été réduit à 6 ôt 6, cha«« que pied cube pefoit 72 liv. 3 onc. c’eft p onc. de moins que quand il portoit 8 & 8.
- L’équarriffage de B , ayant pareillement été réduit à 6 ôc 6 pour chaque pied cube, s’eft trouvé pefer 73 liv.,c’eft 2 liv. de moins que quand fon équarriffage étoit de 8 & 8 ; ce qui ne peut venir que de ce que les couches ligneufes du centre de cette piece étoient moins denfes que la couronne qu’on a emportée pour la réduire de 8 à 6 ; mais ce bois étoit encore de meilleure qualité que celui delà fuperficie, puifque chaque pied cube pefoit 3 liv. de plus qu’au commencement de l’Expérience: Ôc de même le centre de la piece A étoit d’une liv. 3 onc. plus pefant qu’avant qu’il eût été dans l’eau : ce qui me fait penfer que l’eau n’avoit pas pénétré jufqu’à ces couches ligneufes. Je tire cette conféquence de ce que le poids du foliveau B a encore plus diminué que celui du foliveau A.
- Il eft évident que les différentes pefanteurs de ces foliveaux réduits à différentes épaiffeurs, ne viennent point principalement de l’eau dans laquelle le foliveau A a trempé, puifqu’elle s’eft pareillement remarquée au foliveau B , qui n’avoit point été dans l’eau ; ainfi cette Expérience, intéreffante à pluîieurs égards, ne m’a point fourni les lumières que j’en efpérois.
- Article III. Première fuite d9Expériences exécutées en Provence en 1734 fur des Bois de Bourgogne fecs.
- M. d’Héricourt , qui étoit Intendant des Galeres à Mar-feille, s’intéreffant beaucoup à mes recherches, me fourniffoit tous les moyens d’exécuter mes Expériences avec précifîon & avec toutes les commodités poflibles : il ne pouvoit alors me procurer rien de plus avantageux que d’engager M. Garava-
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- des Bois. Liv. II. Chap. V. 183
- que, Ingénieur de la Marine, à exécuter les Expériences que nous imaginerions pouvoir être propres à notre inftru&ion.
- On tira d’un même bordage de Chêne de Bourgogne, qui étoit refendu à la fcie depuis deux ans, & qui paroiffoit bien fec, quatre morceaux de bois qui avoient chacun bien exactement 2 y pieds de longueur, 6 pouces de largeur, & i f d’é-paiffeur. Ils pefoient chacun y liv. 1 once.
- § 1. Première Opération.
- Un de ces morceaux de bois fut dépofé dans un Magafîn fort aéré le 21 Juillet 1734.
- Le 22 comme le jour
- précédent.....
- Le 23 de même.
- Le 27 de même.
- Le 28 de même.
- Le 29 de même.
- Le 30 de même.
- Le 31 de même.
- Le 9 Août........
- Le 16............
- livr. onc. gr.
- S I O
- S 04 y 00
- Le 23 de même. iivr, onc. gw
- Le 30............. 500
- Le 30 Septembre ... y 04
- Le 30 O&obre...... y 10
- Le 30 Novembre... y 60 Le 30 Décembre ... 4 ly 2
- Le 6 Février i73y. y 12
- Le 6 Avril........ y 10
- Le 6 Mai.......... 4 iy 2
- Le 6 Juin......... y 80
- Résumé.
- Àinfi depuis le 21 Juillet 1734 jufqu’au 6 Avril 173 y, ce morceau de bois n avoit point perdu de fon poids ; il avoit feulement fait l’hygrometre, augmentant ou diminuant de poids fuivantlafituation de Fathmofphere : & définitivement le 6 Juin 173 y fon poids étoit augmenté de 7 onc. ce quon ne peut attribuer qu’aux changements qui arrivoient dans l’athmofphere,
- § 2. Seconde Opération.
- Un pareil morceau de bois fut dépofé dans un Magafin peu aéré.
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- 184 De za Conservation
- Le 22 Juillet comme ijvr. onc. gr.
- le 21........... 5 1 o
- Le 23 de même.
- Le 27 de même.
- Le 28 de même.
- Le 2p de même,
- Le 30.......... $ 1 2
- Le 31 de même.
- Le p Août........ 5 20
- Le 16 de même.
- Le 23 de même.
- Le 5 o de meme. livr, onc. gr;
- Le3o Septembre.... 5 2 ^
- Le3oO£tobre........ 5 1 3.
- Le 30 Novembre de même.
- Le30Décembre.... 4 ij o
- Le 6Février 173 $.. 4 iy 6
- Le dAvrildemême.
- Le 6 Mai......... 4 14 o
- Le 6Juin......... 4. 15 2
- Résumé.
- Ainfi le poids de ce morceau de bois qui avoit d’abord augmenté d’une once, fe trouva, à la fin de l’Expérience, plus léger qu’il n’étoit au commmencement d’une once 6 gros.
- § 3. Troisième Opération.
- Un pareil morceau de bois fut mis dans l’eau de la mer ; & toutes les fois qu’on le pefoit pour connoître l’augmentation de fon poids, on le tiroit de l’eau, & on l’effuyoit pour le pefer dans l’air.
- Le 21 Juillet, avant Le p Août livr. S onc. 12 gr» 4
- de le mettre dans Le 16 s 1S 2
- l’eau, il pefoit com* livr. onc. gr. Le23 6 1 0
- * me les autres 5 I 0 Le 30 6 2 2
- Le 22 Juillet....... 5 4 0 Le 30 Septembre.... 6 7 6
- Le 23 S 6 0 Le 30 Octobre 6 10 6
- Le 27 S 9 p Le 30 Novembre..., 6 II 2
- Le 28 de même. Le 3 0 De'cembre.... 7 s 2
- Le 2p 5 9 4 Le 6Février 173y.. 7 6 2
- Le 3 ode même. Le 6 Avril 7 7 0
- Le 31 5 9 0 Le 6 Mai 7 4 6
- diminue de .... » «, ♦ • ♦ •4 Le 6Juin 7 3 2
- RÉSUMÉt
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- des Bois. Liv. II. Chap. V. 18/
- Résumé.
- Ainfl depuis le 21 Juillet 1734 jufqu au 6 Juin 173 9 ; ce morceau de bois s'eft chargé de 2 livres 2 onces 2 gros de lJeau de la mer.
- Il ne faut pas être furpris de la diminution qui eft arrivée le 51 ; on a vu que cela eft arrivé dans beau douce, ôc je crois devoir battribuer à des bulles d'air qui fe dilatent, & font fortir 'de beau qui étoit dans les pores; mais quand cet air s'eft échappé , il doit s’infinuer beaucoup d'eau dans les pores du bois ; c'eft pourquoi on l'a vu beaucoup augmenter de poids immédiatement après. Je me fuis, étendu ci-deffus fur l'explication de ce fait 5 ainfi je n'infifterai pas davantage fur ce point.
- § 4. Quatrième Opération:
- Elle eft tout-à-fait la même que la précédente; excepté que le morceau de bois qui étoit entièrement femblable, a été mis dans de l'eau douce.
- livr. onc. gr.
- Le 22 Juillet/il pefoit 5 44
- ^23............ s S 4
- Le 27........... 9 84
- Le 28.......... 5 9 o
- Le 29........... 5 10 2
- Le 30.......... 9 10 6
- Le 31........... 9 11 4
- Le 9 Août....... 6 24
- Le 16.....,.... 6 6 4
- Le 23..........' 6 90
- Résumé:
- hvt. onc. gf.
- Le 30........... 6 124
- Le 30 Septembre... 742
- Le 30 Odobre..... 7 10 o
- Le 30 Novembre . .. 7 13 o
- Le 30 Décembre.... 8 15 8
- Le 6 Février 1739. 9 22
- Le éAvril....... 9 26
- Le 6Mai........ 9 10
- Le 6 Juin...... 9 3 2.
- On voit que ce morceau de bois s’eft chargé depuis le 21 Juillet 1734 jufqu'au Juin *73 J 9 de 4 livres 2 onces 2 gros d’eau douce , pendant que celui qui a refté le même temps dans l'eau de la mer ne. s'en eft chargé que de 2 livres 2 onces 2 gros.
- Aa
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-
- 186 De iâ Conservation
- Ce fait mérite qu’on y prête attention : car, comme l’eau de la mer eft plus pefante que l’eau douce, je me ferois attendu à un réfultat tout contraire. Mais on verra dans plufieurs de nos Expériences , que le bois eft plus intimement pénétré par l’eau douce que par l’eau de la mer.
- Article IV. Seconde fuite d*Expériences faites avec des Barreaux de bois de Bourgogne plus menus que les précédents.
- Ces Expériences ont été faites avec du bois pris dans la même piece que les morceaux de l’Expérience précédente, & elles n’en different que parce qu’elles font faites avec des Barreaux plus menus. Il nous a paru întéreffant de répéter les mêmes Expériences avec des bois qui auroient d’autres dimenfions. Nous ne donnâmes donc à nos Barreaux que 3 pouces d’équarriffage fur 2 pieds £ de longueur. Ils pefoient chacun 8 livres.
- § 1. Première Opération*
- . Un de ces Barreaux fut dépofé le 24 Juillet dans un Magàfîrl fort aéré} où il fe trouvoit expofé au grand hâle.
- Le 26 Juillet, il pefoit Le 27 de même.
- Le 28 de même.
- Le 29 de même.
- Le 30 de même.
- Le 31.............
- Le 9 Août.........
- Le 16............
- Le 23............
- Le 30.de même.
- livf. onc. gr.
- 7 if 6
- 1 U 4 7 2
- 7 U o
- 7**5 2
- Le 3 o Septembre de même.
- Le30 Odobre......
- Le 3o Novembre....
- Le 3 o Décembre....
- Lé 6Février 1735*. Le 6 Avril de même. Le 6 Mai.........
- Le -6 Juin ......
- lirr. onc» gr»
- 7 15 S 7 *5 4 7 14 o 7 ip é
- 7 13 2 7 JS ©
- Résumé.
- Ainfi ce Barreau fort fec a perdu 1 once de fon poids. Si à la
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- des B o i s. Liv. il. Chàp. V. 187
- derniere pefée l’air avoir été fort humide, il auroit encore moins perdu.
- § 2. Seconde 0 p é ratio n.
- Un pareil Barreau, pefant 8 livres comme le précédent, fUc dépofé dans un Magafin peu aéré. .
- livr. onc. gr.
- Le25Juillet3ilpefoit 7 1$ 6
- Le 27.............. 8 00
- Le 28 de même.
- Le2p............... 8 04
- Lejo............... 8 10
- Le 31 de même.
- Le 9 Août.......... 8 16
- Le 16.............. 8 22
- Le 23 de même.
- J^odemême.
- livr. onc. gr;
- Le30Septembre.... 8 24
- Le3oOdobre....... 8 14
- Le 30 Novembre de même.
- Le 30Décembre.. .V 7 iy 2 Le 6Février 173y.. 816
- Le 6 Avril......... 8 10
- Le 6 Mai.......... 7 iy 2
- Le 6 Juin.......... 8 10
- Résumé.
- Ainfi le poids de ce Barreau a augmenté de 1 once en fe chargeant de l’humidité de l’air de ce Magafin.
- § 3. Troisie me 0 p é ra t 1 o n.
- Un pareil Barreau, pefant aufli 8 livres, a été mis dans l’eau de la mer.
- livr. onc. gr;
- Lejo... .-.t'.tt.. .7 p 6 4 Le30Septembre.... p n 4
- Le3oOdobre....... p 12 4
- Le 30 Novembre ... 10 06
- Le 30 Décembre.... 11 2. 2
- Le é Février i73y. n 24
- Le d Avril......... n y o
- Le 6 Mai......... n 20
- Le 6 Juin......... n 4 2
- Le 26 Juillet, il pefoit livr. 8 onc. gr. 7 $
- Le 27 8 p 0
- Le28 8 9 4
- Le 2p 8 10 2
- Le 30 de même. Le 31 8 10 é
- Le p Août 9 0 2
- Le 16 9 3 2
- Le 23 9 4 6
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-
-
- 388 De ia Conservation
- Résumé.
- Ce Barreau plongé dans l’eau de la mer s’efl: chargé de 3 Kv* 4 onces 2 gros de cette eau.
- § Qu a t r 1 e m e Opération.
- Un pareil Barreau, de même poids que les autres, fut mis dans l’eau douce.
- livr. onc. gf.
- Le 26 Juillet, il pefoit 8 6 6
- Le 27............... 8 7 o
- Le 28............... 8 80
- Le2p................. 8 84
- Le 30............... 8 p 4
- Le 31 de même.
- Le p Août............ 8 15* o
- Le 16................ p 2 6
- Le 23.............. 9 5°
- iivr. onc. gr«
- Le30...7........... 9 7 ^
- Le 30Septembre.... p 15 o
- Le3oOàobre........ 10 44
- Le 30 Novembre ... 10 62,
- Le 30 Décembre. ... 11 10 6 Le 6 Février 1735. 11 *4 0 Le 6 Avril........ 11 1; o
- Le 6 Mai............ 11 12 6
- Le 6 Juin........... 11 15 4
- Résumé.
- Ce Barreau s’efl: chargé de 3 liv. 1 $ onc. 4 gros d’eau douce £ ainfi au contraire du morceau de bois de la première Expérience, il s’efl: un peu moins chargé d’eau douce que d’eau fa-lée, & cette différence eft de 11 onces 2 gros.
- Article V. Troijîeme fuite d9Expériences fur des Bois de Bourgogne plus gros que les précédents.
- Cette Expérience a été faite avec du bois de même qualités mais c’étoit des bouts de Chevrons refendus dans une groffe pièce : ils avoient 2 pieds 6 pouces de longueur 6c 4 pouces d’é-quarriffage. Ils pefoient chacun 17 livres.
- § 1, Première Opération.
- Un de ces Chevrons lut mis dans un Magafin fort aéré le 2$ Juillet 1734,
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- ves Bois. Liv. II. Chap. V. i8p
- Le 29 il pefoit. ... livr. . . l6 onc. gr. 14 2 Le 30 O&obre livr. 14 onc. grfl 9 0
- Le 30 .. l6 13 O Le 30 Novembre.... *4 6 2
- Le 31 .. l6 II 0 Le 30Décembre.... 13 4 s
- Le p Août .. 16 I O Le ^Février 1735. *3 7 2
- Le 16 .. 15 II 4 Le 6 Avril *3 7 4
- Le 23 .. 15 8 2 Le 6 Mai 13 3 a
- Le 30 .. 15 S 0 Le 6Juin......... 13 5 a
- Le 30Septembre.. .. 14 12 0
- Résumé.
- Ce bout de Chevron 9 quoique pris dans une piece abattuei depuis deux ans & qui paroiffoit feche, a perdu 3 liv. 10 onc. 6 gros de fon poids, parce qu’il étoit pris dans une grolTe piece. On peut remarquef qu’à la fin de l’Expérience > ilfaifoit rhygrometre : cependant je crois qu il auroit pu encore dimi-* nuer de poids.
- §2. Seconde Opération.
- Un pareil bout de Chevron fut mis dans un Magafin peu aéré.
- livr. onc. gr.
- L#2pilpefoit...... 17 14
- Le 30 de même.
- Le 31............. 17 06
- Le pAoût.......... id 12 2
- Le 16............. 16 10 6
- Le 23.......... 16' 9 o
- L630........... 16 7 2
- Le 30 Septembre ... 16 10
- livr. onc. gr.’
- Le 30 Octobre...... 15 74
- Le 30 Novembre ...15 y 6 Le 3 o Décembre.... 13 n 6
- Le 6 Février 1737.. 13 15 4
- Le 6 Avril.......... 13 15 2
- Le 6 Mai............ 13 10 6
- Le 6 Juin........... 13 14 2
- Résumé.
- Ce Chevron a perdu de fon premier poids 3 liv. 1 onc. 6 gros : il s’en faut 9 onces quil n’ait autant diminué que celui qui étoit dans un Magafin fort aéré ; il a fait l’hygrometre.
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-
-
- De là Conservation
- § $. Troisième Opération,
- Un pareil bout de Chevron a été mis dans l’eau de mer le 26 Juillet 1734.
- liv. onc. gr.
- Le 29 il pefoit.... 17 34
- Le 30................17 J 2
- Le 31............... ij 6 6
- Le p Août........... 17
- Le 16.
- Le 23...........
- Le3o............
- Le 3 o Septembre ..
- 18
- 18
- 18
- 18
- onc* gr, II 2 2 2
- 13 2 I O
- 1 2
- 2 6 7 S
- Résumé:
- Le3oO<9:obre...... 18
- Le 30 Novembre ... 18 13 Le 30 Décembre.... ip 13 Le 6 Février 173p.. ip 15 2
- Le 6 Avril........ ip 15 6
- Le 6Mai........... ip 11 6
- Le 6 Juin.......... ïp 1f 2
- Ce bout de Chevron s’eft chargé de 2 livres 1 3 onces 2 gros d’eau de mer : ainfi fon poids n’eft pas augmenté dun cinquième.
- § 4. Qu at rie m e Opération.
- Un pareil bout de Chevron a été mis dans l’eau douce le 2 6
- Juillet 1734. livr. onc. gr. Le3oOftobre. livr. onc ♦ gr*
- Le 2p il pefoit.... • 17 7 4 20 s 4
- Le 30 • 17 II 0 Le30Novembre.... 20 9 0
- Le 31 • J7 13 2 Le 30Décembre.... 22 1 2
- Le 9 Août . 18 2 4 Le 6 Février 1733. 22 1 0
- Le 16 . 18 II O Le 6 Avril 22 8 4
- Le 23 . 18 If 2 Le 6 Mai 22 3 4
- Le 30. . Le 30 Septembre .. . ïp ♦ *9 2 6 14 O Le 6 Juin 22 8 2
- Résumé.
- Ce bout de Chevron s’eft chargé de 3 liv. 8 onc. 2 gros d’eau douce y c’eft-à-dire 9 plus d’un tiers de Ton poids 9 & 2 liv. p onc. de plus que le Chevron qui étoit dans l’eau de mer ; c’eft ce qui eft arrivé le plus ordinairement.
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- ses Bois. Liv. II. Chap. V. ipr
- Article VI. Quatrième fuite d’Expériencesfur des Bois de Provence verds.
- Ayant fait les précédentes Expériences fur des bois de Bourgogne fecs, nous nous fommes propofés d’en faire fur des Bois de Provence verds ôc nouvellement abattus.
- On a fait lever à la fcie dans une piece de bois nouvellement abattue en 1734, quatre petites pièces de bois de 2 pieds 6 pouces de longueur, 3 pouces d’épaifleur & 3 de largeur qui pe-foient chacune 11 livres 8 onces.
- $ 1. Première Opération.
- Un de ces morceaux de bois a été mis le 26 Juillet 1734 dans un Magafin fort aéré.
- Le 27 il pefoit com- livr. onc. gr.
- me au 2 6 II . 8 0
- Le 28 II 6 6
- Le 29 II S 0
- Le 30 11 4 0
- Le 31 II 2 2
- Le $ Août 10 12 2
- Le 16 IO 9 0
- Le 23 IO 8 0
- Le30 IO 7 0
- Le 30 Septembre....
- Le3oOdobre.......
- Le 3 o Novembre.... Le 3 o Décembre .... Le 6 Février 173.5*
- Le 6 Avril.......
- Le 6 Mai.........
- Le 6Juin.........
- K vr. onc. gr;
- IO I O
- 10 0 6
- 9 i4 4
- 9 2 6
- 9 S ^
- 9 S 0
- 9 2 2
- 9 3 2
- Résumé.
- Ce morceau de bois a perdu 2 livres 4 onces 6 gros de fou premier poids ; c’eft à peu près un cinquième de diminution*
- $ 2. Seconde Opération
- U n pareil morceau de bois a été mis dans un Magafin peu aéré.
- Le 27 Juillet comme au 26
- 11 liv. 8 onc»
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- ij>2 De LA Conservation
- livr. onc. gr. livr. onc. gr.
- Le 28 Juillet .. II 6 4 Le 30 Septembre... IO 14 6
- Le 29 .. II S 0 Le 30 Odobre 10 7 0
- Le 30 .. II 4 6 Le 30 Novembre ... IO 6 6
- Le 31 de même. Le30Décembre.... 9 4 0
- Le pAoût . . II 3 6 Le é Février 173 j . 9, 6 4
- Le 16 .. II 3 0 Le 6 Avril de même.
- Le 23 .. II 1 6 Le 6 Mai 9 3 6
- Le 30 .. II 0 6 Le 6 Juin 9 S. 2
- Résumé,
- Ce morceau de bois a perdu 2 liv. 2 onc. 6 gros de fon pre-r mier poids ; c’eft 2 onces de moins que le précédent.
- § 3. Troisië m:
- Un pareil morceau de bois a 1734 dans Feau de mer.
- livr, onc. gr.
- Le27iIpefoit..... 12 o o
- Le 28............ 12 24
- Le2p............. 72 3 2
- Le 30........... 12 44
- Le3i............. 12 5 6
- Le p Août........ 12 p 2
- Le 16............ 12 iz 4
- Le 23............ 12 12 4
- Le30............. 12 13 6
- R É S
- z Opération,
- été mis le même jour 26 Juillet
- livr. onc. gr;
- Le 30 Septembre ... 13 24
- Le3oOdobre...... 13 70
- Le 3 o Novembre.... 13 82
- Le 30 Décembre.... 13 14 2 Le 6 Février 1735*.. 13 14 16
- Le 6 Avril........ 13 i| o
- Le 6 Mai.......... 13 11 4
- Le 6 Juin......... 13 11 6.
- M É,
- Ce morceau de bois s’eft chargé de 2 liv. 3 onc. 6 gros d’eau âe mer ; ainfi fon poids neft pas augmenté dun cinquième.
- $ 4. Quatrième 0 p é rat ion,
- U n pareil morceau de bois à été mis dans Feâu douce le même jour 26 Juillet.
- Le
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- DES Bois. trv. II. Chap. V. rp3
- Le 27, il pefoit.. livr. onc. gr. Le30Septembre... livr» onc, gr*
- ... II 12 4 . 12 10 2
- Le28.... ; ... II 13 4 Le 30 Oâobre . 12 12 2
- Le 29 ... 11 14 4 Le 30 Novembre... . 12 13 O
- Le 30 ... 11 1; 4 Le 30 Décembre... * 13 4 4
- Le 31 ... ii iy 6 Le 6 Février 1735. . 13 7 6
- Le 9 Août ... 12 30 Le 6 Avril • I3 8 0
- Le 16 ... 12 4 6 Le 6 Mai • *3 4 6
- Le 23 Le 30 ... 12 y 6 ...12 70 Le 6Juin,,, « 13 7 $
- Résumé.
- Le poids de ce morceau de bois a augmenté de i liv, 1y onc, 6 gros 5 c’eft 4 onces de moins que le précédent.
- Article VII. Cinquième fuite et Expériences fur des Bois de Provence plus gros que les précédents.
- On a levé dans une grofTe piece de bois dun même arbre , quatre morceaux de bois de 2 pieds 6 pouces de longueur 3 6 jôc 4 pouces d’équarriffage : ils pefoient chacun 32 livres.
- § 1. Première Opération.
- Le 2 6 Juillet 1734, on mi* un de ces morceaux de bois dans un Magafin fort aéré.
- Le 27, il pefoit.
- Le 28.......
- Le 29.......
- Le 30.......
- Le 31.......
- Le p Août...
- Lei 6.....
- Le 23.......
- LC30.....,.,
- livr. onc. gr. livr. onc* gr.
- 31 iy 4 Le 30 Septembre.. .. 27 S 4
- 3i IO 4 Le3oO&obre 26 12 2
- 31 P 6 Le 30 Novembre ... 26 6 0
- 31 î 6 Le30Décembre.... 22 14 2
- 31 i 6 Le ^Février 1735*.. 22 2 6
- 29 15 0 Le 6 Avril........ 23 0 6
- 29 13 4 Le 6 Mai. 22 8 6
- 28 12 6 Le 6Juin,......., 22 11 2
- 2$ 6 0
- Bb
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- rp4 De tA Conservation
- Résumé.
- Le poids de ce morceau de bois a diminué de p livres 4 onc.
- 6 gros, §2, Seconde Opération. Un pareil morceau de bois a été mis dans un Magafîn peu
- aéré le 2 6 Juillet. Le 27, il pefoit livr. onc. gr. . 31 IS 4 Le 30 Septembre.., livr. .. 2p onc. gr* 13 2
- Le 28 . 31 10 6 Le 30 Octobre ,. 28 2 O
- Le 2p. . 31 10 0 Le 30 Novembre... • 27 13 2
- Le3o .31 72 Le 30 Décembre. .. . 23 8 0
- Le 31 .31 6 6 Le 6Février 1733, .. 23 12 4
- Le p Août .31 1 6 Le 6 Avril.. >. 23 p O
- Le 16 . 30 14 4 Le 6 Mai i . 23 O 4
- Le 23 . 30 11 2 Le 6 Juin........ . 23 3 *
- Le30 .30 80 R É s U M É*
- Ce morceau de bois a perdu 8 livres 12 onc. 4 gros de fort poids ; ainfi il a perdu 8 onces 2 gros moins que le précédent,
- § 3. Troisième Opération,
- Un morceau de bois pareil l’eau de merle 26 Juillet 1734,
- ' livr. onc. gr.
- Le 27, il pefoit..... 32 7 o
- Le28.............. 32 8 o
- Le 29...............32 8
- Le30............... 32 p 2
- Le 31.............. 32 p 6
- Le p Août.......... 32 12 o
- Le 16.............. 32 12 6
- Le 23............. 32 13 6
- Le3o............... 32 14 6
- précédents a été mis dans
- livr. onc. gr
- Le 30 Septembre.... 32 1 0
- Le 3oOdobre 33 2 2
- Le 30 Novembre.... 33 3 4
- Le 30 Décembre.... 33 11 6
- Le 6 Février 1733.. 33 14 a
- Le 6 Avril 33 13 6
- Le 6 Mai 33 6 6
- Le 6Juin......... 33 12 6;
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- ues Boxs. Liv. II. Chap. V. i$f
- Résumé.
- Comme ce morceau de bois étoit plein de feve, fon poids n’a augmenté que d'une livre 12 onces 6 gros.
- $ 4. Quatrième Opération.
- Un morceau de bois pareil aux précédents a été mis dans l’eau douce le 26 Juillet.
- Le 27, il pefoit.... livr. .. 32 onc. gr. 7 * Le 30 Septembre.... lxvr, 33 onc. gr. 7 4
- Le 28 .. 32 8 2 Le 30 Oâobre 32 9 4
- Le 2p «... .. 32 8 6 Le 30 Novembre. ... 33 iô 6
- Le 30 .. 32 9 ^ Le 3 0 Décembre..., 33 1S 0
- Le 31. .. 32 9 6 Le 6 Février 1737 . 34 6 2
- Le p Août .. 32 14 0 Le 6 Avril 34 6 6
- Le 16 . •• 33 0 0 Le 6 Mai 33 14 6
- Le 23 •• 33 1 4 Le 6 Juin 34 5 *
- Le 30 ... 33 3 ^
- Résumé.
- Le poids de ce morceau de bois a augmenté de 2 livres y onces 2 gros c’eft 8 onces 4 gros de plus que celui qui a été plongé dans l’eau de mer.
- ArticleVIII. Sixième fuite <T Expériences faites fur du Bois de Pin.
- Nous avons voulu connoître ce qui arriveroit au bois de Pin : pour cela nous avons fait lever à la fcie dans une piece de bois quarré, abattue en 1733, quatre bouts de Chevrons de 2 pieds 6 pouces de longueur, & 3 pouces d’équarrifîage. Le 28 Juillet 1734 pefoient chacun 4 livres 10 onces.
- § 1. Pr e m 1 ere Opération.
- On en mit un dans un Magafin fort aéré.
- Bbij
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- 396 De ta Conservation
- livr, , onc. gr. livr. onc» gr
- Le 2pîiIpefoitdemê- Le 30 Septembre ... 4 6 0
- me 4 IQ O Le 30 Oéiobre 4 6 6
- Le 30 4 IO 4 Le 30Novembre.... 4 6 2
- Le 31 4 9 4 Le 3 0 Décembre.... 4 S 2
- Le 9 Août 4 6 6 Le 6 Février 1735 . 4 <5 4
- Le 16 4 S 6 Le 6 Avril 4 6 2
- Le 23 de même. Le 6 Mai 4 4 6
- Le 30 4 7 2 Le 6 Juin 4 î <S
- Résumé,
- Ce bout de Chevron n’avoit donc perdu que 4 onces 2 grog de fon premier poids , ôc on voit que le Pin fait beaucoup plus Thygrometre que le Chêne : car H Ton partoit de la pefée du 6 Mai , il auroit perdu 5 onces 2 gros de fon premier poids.
- §2, Seconde Opération,
- livr. onc. gri
- LesoO&obre...... 4 9 6
- Le 3oNovembre.... 4
- Le 3 o Décembre.... 4
- Le 6 Février 1733*.. 4
- Le 6 Avril...... 4
- Le 6 Mai.......... 4
- Le 6 Juin.,..4
- 9 * 1 * 9 o S 6
- 7 2
- 8 6
- On mit dans un Magafin peu aéré un pareil Chevron;
- livr. onc. gr.
- Le 25) Juillet, il p efoit 4 11 o
- Le 30....... 4 11 4
- Le 31...... 4 11 2
- Le 9 Août... 4 11 6
- Le 16....... 4 11 2
- Le 23.......... 4 10 5
- Le 30.............. 4104
- Le 30 Septembre.... 4116
- Résumé,
- Ce morceau de bois, qui a encore plus fait Fhygrometre que ïe précédent, n’a perdu qu’une once 2 gros de fon poids,
- 5 3. Troisième Opération.
- U n pareil bout de Chevron a été mis dans Peau de mer.
- Le 2p Juillet, il pefoit.liv* 2 onc.
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- des Bois. Liv. II. Chap. v. 197
- livr. onc. gr. livr. onc. gr»
- Le 30 . Le 3oOdobre • 7 5 6
- Le 31 S S 2 Le 30Novembre.., 7 12 2
- Le 9 Août 6 22 Le 30 Décembre. . 8 11 4
- Le 16 6 12 0 Le 6 Février 1735* .. 8 9 &
- Le23 6 14 4 Le 6 Avril .. 8 10 4
- Le30 7 1 2 Le 6 Mai . 8 9 2
- Le 30 Septembre de Le 6 Juin . 8 10 0
- même.
- R e' s u m e\
- Ce morceau de bois qui a fait prodigieufement l'hygrometre, s5eft chargé définitivement de 4 livres de l'eau de la mer : ainfi fon poids efl: prefque doublé,
- § 4. Quatrième Operation.
- Un pareil Chevron a été mis dans l'eau douce le 28 Juillet.
- Le 251, il pefoit livr, 5 , onc. gr. 5 0 Le 30 Oftobre livr. 8 onc. grj 9 2
- Le 30 5 8 2 Le30Novembre..,. 8 12 0
- Le 31 5 10 4 Le 30Décembre.... 10 2 2
- Le Août 6 12 0 Le 6 Février 1735.. 10 3 6
- Le 16 1 1 4 Le 6 Avril 10 7 4
- Le 23 > 1 3 4 Le 6 Mai 10 4 6
- Le 30 Le 30 Septembre ... . 7 8 5 4 1 2 Le dJuin 10 7 2
- R E9 S U M E9.
- Ce morceau de bois s'eft chargé de $ livres 13 onc. 2 gros d'eau douce ; c’eft 1 livre 13 onces 2 gros de plus que celui qui a été dans l'eau de mer ; & il n a pas fait l'hygrometre comme l'autre. Son poids efl; beaucoup plus que doublé, ce qui n'efl: pas arrivé au bois de Chêne.
- Article IX. Remarques fur les fîx précédentes fuites d’Expériences.
- ,i°, Les pièces de la première de ces fix fuites d'Expériences
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- ip8 De ia Conservation
- étoient quatre morceaux de bois de Bourgogne, de la coupe de 1732 ; tous les quatre refendus dans la même piece, réduits d’égale épaifjjpur, largeur & longueur, & dont le bois étoit très-fec, parce que la piece dont ils avoient été tirés n étoit pas épaiffe.
- 20, Les pièces de la fécondé fuite d’Expériences ayant été prifes des mêmes bordages que celles de la première, étoient pareillement très-feches , mais de dimenfions différentes & plus minces,
- 3°, Les morceaux de la troifieme fuite d’Expériences, provenants d’une piece de bois quarré plus groffe que les bordages qui avoient fourni les pièces de la première & fécondé fuite , étoient moins fecs, quoique de bois de Bourgogne & de la coupe de 1732 ; ce bois, qui avoit perdu une partie de fa feve , n étoit donc pas aufïi fec que celui des première Ôc fécondé fuites d’Expériences.
- 4°, Les pièces de la quatrième fuite avoient été prifes dans les branches d’un Chêne de Provence qu’on venoit d’abattre en 1734, flx femaines avant le commencement des Expériences : ils avoient donc prefque toute leur feve.
- 5°, Il en eft de même des pièces de la cinquième fuite, excepté qu’on les avoit tirées d’une groffe piece du même arbre.
- 6°, Les pièces de bois de Pin qui ont fervi à la fixieme fuite d’Expériences , provenoient d’une piece quarrée qui avoit été abattue en 1733, & dont le bois paroiffoit allez fec.
- § 1. Ré su lt at d’me vijite faite à la fin à'Août ij 3 4,
- I. On a remarqué que la piece de la première fuite d’Expériences mife dans un Magafin aéré , ne s’eft trouvée diminuée que d’une once : cependant elle n’avoit qu’un pouce & demi d’é-paiffeur ; & étant aufïi mince, elle auroit dû lécher plus que les pièces plus groffes. Elle n’avoit éprouvé ni gerçure, ni changement notable depuis le commencement de l’Expérience du 21 Juillet jufqu’à la fin d’Août.
- On ne dit rien des autres pièces de cette première fuite qui
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-
- ves Bois. Liv. II. Chap. V. ipp
- ont été mifes dans l’eau de mer, ôc dans l’eau douce, finon, comme on l’a vu dans la Table, que celle qui a été mife dans l’eau douce a prefque toujours pris beaucoup plus d’eau que celle qui a été mife dans l’eau falée ; on ne voyoit d’ailleurs dans Ces pièces aucune altération extérieure, fi ce n’eft un petit gonflement dans leurs maffes, mais prefque infenfible à la mefure.
- II. Les pièces de la fécondé fuite d’Expériences mifes dans le Magafin fort aéré ôc dans celui qui l’étoit moins, n’ont éprouvé aucun changement notable, parce que le bois en étoit fec ; les femblables dans l’eau de mer ôc dans l’eau douce, ont augmenté de poids, comme on voit dans la table ; & l’augmentation a été plus grande dans l’eau douce que dans l’eau falée.
- III. La pièce de la troifieme fuite d’Expériences qui étoit nouvellement refendue dans une grolfe piece, avoit, lorsqu’on la mit dans le Magafin aéré, quelques gerçures fur le fil ; mais elle n’en avoit aucune fur le bois debout : les anciennes gerçures fur le bois de fil ont confidérablement augmenté , ôc il s’en eft formé , fur le bois debout, beaucoup de nouvelles dont une étoit plus large que toutes les autres. Il faut obferver qu’il n’en pa-roiffoit aucune le 21 Juillet fur le bois debout de cette piece.
- Ces gerçures s’étendoient du centre vers la circonférence de la piece, c’eft-à-dire du cœur vers l’écorce, comme on peut voir dans la Flanche Vlî. Fig. 6, A, B, C, D, où^ exprime le centre , B C D la circonférence ; les premières gerçures ont paru fur la furface CD, fort peu fur les furfaces A B ôc A D, par la raifon que les gerçures prenoient ces faces prefque parallèlement, les gerçures qui font en rayons ne coupant point fes faces. Voyez le Traité de F Exploitation des Bois, Liv. lVy Chap. II, pag , où l’on trouve l’explication de ces faits.
- La piece de cette troifieme fuite, mife dans un Magafin moins aéré, n’a reçu prefque aucune altération notable jufqu’au commencement de Septembre. Les autres pièces femblables qui étoient dans l’eau de mer & dans l’eau douce n avoient aucune gerçure ; elles prenoient chaque jour de l’eau diverfement, comme on le voit dans les tables.
- IV. La piece de la quatrième fuite d’Expériences, mife dans
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- 200 De za Conservation
- un Magafin fort aéré, s’y gerça confidérablement ; mais les gerçures paroiffoient plus fenfibles fur le bois debout que fur le bois de fil. On fe rappellera qu’elle étoit de bois de branchage de Provence nouvellement abattu.
- Il s’étoit fait une très-grande gerçure dans toute la longueur de la piece fur la face AB; elle étoit fort large & alloit juf-qu’au centre E de la piece. Sur les autres faces de cette piece {Planche FIL Fig. 8), il nen paroiffoit aucune confidérable , probablement parce que cette gerçure allant d’un bout à l’autre de la piece , laiffoit aux parties du bois la liberté de fe refferrer fans l’ouvrir. Il en paroiffoit fur la face B C quelques-unes presque infenfibles. La face A D en étoit entièrement exempte. A l’égard de la face CD, on n’en pouvoit rien dire à caufe quelle étoit couverte par l’écorce qu’on y avoit biffée exprès.
- L’autre piece de la quatrième fuite, mife dans un Magafin peu aéré, commençoit à fe gercer ; aufïi les gerçures en étoient très-profondes, quoique fort peu ouvertes pour lors; car elles prenoient depuis le centre jufqu’à la circonférence ou à l’écorce, ôc alloient vers l’écorce en s’élargiffant. On remarquoit quelles n’étoient pas fi larges fur cette piece que fur celle dont nous venons de parler : mais il s’en trouvoit beaucoup fur chacune de fes faces.
- Les autres pièces de cette quatrième fuite d’Expériences j mifes dans l’eau de mer ou l’eau douce, n’avoient aucune gerçure; elles fe chargeoient d’eau diverfement, comme on le voit dans la table.
- V. La piece de la cinquième fuite d’Expériences, mife dans le Magafin fort aéré, fe gerça confidérablement, parce que le bois en étoit très - verd ; elle étoit prife de la partie du tronc la plus éloignée du cœur de la piece.
- La faceC D, (Planche FIL Fig. 7) étoit gercée tout au long par des gerçures entrecoupées : la face B C, qui avoit deux pieds & demi de longueur, n étoit point gercée dans la longueur d’un pied ; mais l’autre pied & demi l’étoit beaucoup ?.la xaifon de cela paroît dépendre de ce que la piece avoit été refendue j de façon que le cœur du tronç E touchoit par l’autre
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- des Bois. Liv. II. Chap. V. aor
- bout de la piece l'angle A de la face oppofée ; & comme nous voyons que toutes les gerçures ne paroiffoient point fur la face B C jufqu'à moitié de la longueur de la piece , il femble que, par la même raifon, cette même face B C devoit fe trouver gercée depuis le milieu jufques vers l'autre bout.
- La face A B, étoit gercée environ à un pied de longueur, tirant de ce bout à l'autre ; mais le refte de la piece n'étoit point gercé fur cette face, ce qui paroît dépendre encore de l'obliquité de la piece,relativement à l'arbre d'où, on l'avoit tirée.
- La face A D de la longueur de la piece n'étoit point gercée dans l'efpace d'un pied & demi de longueur ; mais le refte de la même face avoit deux petites gerçures, prenant la piece en l'effleurant à caufe de la pofition du centre de l'arbre a l'autre bout de la piece.
- La fécondé piece de cette cinquième fuite d'Expériences, mife dans le Magafin moins aéré, n'avoit prefque aucune gerçure confidérable: quelques-unes commençoient cependant à fe former ; mais elles étoient prefque infenfibles.
- Les autres pièces femblables, mifes dans l'eau de mer ôc dans l’eau douce, n'avoient aucunes gerçures ; elles fe char-geoient d’eau diverfement, comme on le voit dans la table.
- VI. Les pièces de Pin mifes dans lesMagafins, n'avoient aucunes fentes, parce que ce bois étoit fort fec ; celles qui étoient dans l'eau douce & falée s'en chargeoient diverfement.
- § 2. 0 b s ervati on s fur les variations des mêmes Pièces ,
- depuis le 30 Août IJ 34 jufqu'au 6 Juin 17 3 $ ,fin des précédentes Expériences.
- I. La piece de la première fuite d'Expériences dépofée dans un Magafin fort aéré,qui étoit diminuée le 30 Août d'une once, a augmenté de poids, favoir le 30 Septembre fuivant d'une demi-once, & le 30 Octobre d’après, d’une autre demi-once ; de forte qu'au lieu d’avoir continué à diminuer, elle avoit augmenté d'une once pendant ces deux mois ; ayant été pefée à la fin d'Odobre, elle fe trouva revenue à fon pre-
- G ç
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- 202 De LA CONSERVATIOn
- mier poids ; à la fin de NQvembre elle pefoit y onces de plus* en Décembre i onc. 6 gros de moins. Enfuite ayant fait pro-digieufement Fhygrometre, le 6 Juin 173 y, fon poids s’eft trou-. vé augmenté de 7 onces.
- Cette piece n’avoit éprouvé aucune gerçure, ni aucun changement extérieur, étant en Novembre dans Le même état quelle étoit ci-devant.
- La piece de la même fuite d’Expériences, dépofée dans un: Magafin moins aéré, pefoit à la fin d’O&obre 4 gros plus qu’elle ne pefoit quand elle avoit été mife en expérience : elle avoit augmenté de poids par gradation jufquau 30 Septembre, dune once & demie ; enO£lobre, elle eft revenue à fon premier poids à une demi-once près, puifqu’elle ne pefoit plus que 5 livres: 1 once 4 gros, & définitivement le 6 Juin 173 y , fon poids étoit diminué de 1 once 6 gros. Au relie cette piece étoit dans le même état que l’autre elle n’avoit aucune gerçure, ni aucun: changement extérieur.
- Les deux pièces qui ont été mifes dans l’eau douce & dans l’eatr falée, ont toujours augmenté de poids ; mais celle qui étoit dans l’eau douce a augmenté plus que l’autre qui étoit dans l’eau falée, comme on le voit dans la table. On a continué de les y laiffer jufques à ce qu’elles n’ayent plus augmenté.
- On peut remarquer que celle qui étoit dans l’eau douce a augmenté en poids de 4 livres 2 onces 2 gros, tandis que celle qui étoit dans l’eau de mer n’a augmenté que de 2 livres 2 onc., 2 gros, d’où l’on doit conclure que l’eau douce pénétré plus facilement le bois que l’eau falée.
- On ne voyoit aucune altération fur ces pièces, finon un gonflement dans leurs maffes qui n’étoit prefque pas fenfible à la mefure.
- II. La piece de la fécondé fuite d’Expériences, qui fut mife dans unMagafin fort aéré le 24 Juillet 1734 , n’a diminué que de 4 g ros jufqu’en Novembre ; enfuite fon poids a augmenté, puis diminué, comme on voit à la table ; & après avoir fait l’hygrometre, le 6 Juin 173 y elle avoit perdu 1 once de fon premier poids*
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- hes B ois. Liv. II. Chap. V. ao$
- Cette variation de poids dans une piece expofée au grand air, ne peut venir que de l’humidité qui étoit répandue dans l’air quand le temps étoit à la pluie, laquelle pénétroit facilement les pores d’un bois qui étoit fort fec. En effet, c’eft préci-fément dans le temps de l’augmentation de poids qu’il régna pendant des femaines entières des pluies ôc des brouillards qui rendoient l’air fort humide.
- La piece de cette fuite, dépofée dans un Magafin moins aéré, a fait aufïi prodigieufement l’hygrometre ; Ôc après avoir augmenté de poids jufqu’à 2 onc. 4 gros, elle a enfuite été de € gros plus légère qu’au commencement de l’Expérience; ôc définitivement le 6 Juin 173 5“ , elle étoit d’une once plus pe-fante qu’au commencement de l’Expérience : d’où l’on doit conclure que ce Magafin donnoit de l’humidité à ce bois qui étoit fort fec, au lieu de favorifer la diflipation du peu de feve qu’il avoit.
- Ces pièces, dans l’un ôc l’autre Magafin, n’éprouverent aucun changement fenfible ; elles n’avoient, aucune gerçure, parce que le bois en étoit très-fec.
- Les deux pièces de la même fuite qui ont été mifes dans l’eau de mer ôc dans l’eau douce , augmentèrent de poids diverfe-ment, comme on voit dans la table ; celle qui étoit dans l’eau de mer a augmenté de 3 livres 4 onces 2 gros, ôc celle qui étoit dans l’eau douce, de 3 livres 1; onces 4 gros : d’où l’on conclut que l’eau douce pénétré le bois bien plus promptement que l’eau falée, comme on l’a vu dans les pièces de la première fuite.
- III. A l’égârd de la piece de la troifieme fuite d’Expériences, dépofée dans un Magafin fort aéré, on a vu dans les dernières obfervations -comprifes dans les remarques du 3 o Août I7?4 3 que cette piece avoit quelques gerçures fur le bois debout, comme on le voit ( Flanche VII. Fig. 9 ).
- Les gerçures de cette piece ont augmenté confidérablement en ouverture Ôc en longueur, principalement celles qui étoient marquées CD; elles entroient fort avant dans la piece, comme on le voit par le profil AB C D / qui repréfente le bois debout
- C c ij
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- 204 LA Conservation
- de la pîece. Il ne paroilfoit aucune gerçure fur les autres faces JB C, B A &c A D; ces gerçures paroilfoient un peu lorfqu elle fut mife en Expérience.
- La piece de la même fuite , dépofée dans un Magafin moins aéré , étoit à peu près dans le même état que fon égale ; elle n’avoit de gerçures conlidérables que fur une face, qui étoit la même que la face de la piece ci-deffus, ayant été refendue dans la même piece.
- Les deux autres pièces de la même fuite, mifes dans l’eau de mer & dans l’eau douce, augmentèrent de poids diverfement, comme on le voit dans la table; on n’y remarqua aucun change-ment extérieur, linon un gonflement infenfible à la mefure.
- On remarqua que la piece qui étoit dans l’eau douce avoit furnagé jufques au 3 o Septembre : elle nagea enfuite entre deux eaux jufques au 30 Octobre ; en Novembre, elle tomba au fond de l’eau.
- IV. La piece de la quatrième fuite d’Expériences, qui a été mife dans un Magafin fort aéré, étoit en Novembre dans le même état qu’elle étoit le 30 Août 1734 ; cette grande gerçure fur la face A B ( Fig. r 3) du fil de la piece qui prenoit toute fa longueur, étoit toujours très-large & alloit en augmentant. On peut croire que cette grande fente avoit fait qu’il ne s’en étoit point formé d’autres fur les autres faces ; car il n’en paroilfoit aucune en Novembre, peut-être par les raifons rapportées dans les dernieres obfervations.
- La piece ( Planche VIF Fig. 9 ) qui étoit dans le Magafin moins expofé àl’air,s’étoit gercée différemment. Il s’étoit formé une grande fente lùr la face A B, & plufieurs moins confidéra-bles fur toutes fes autres faces, comme on le voit dans la Figure«
- On préfume que la raifon eft que le cœur du bois étoit pref-que au milieu de la piece ( Fig. 9 ), au lieu que dans la piece ( Fig. 13 ), il étoit près d’une des faces, ce qui fait que comme il s’étoit ouvert plufieurs fentes fur la piece ( Fig. 9), elles étoient moins conlidérables.
- Les deux pièces de cette fuite qui ont été mifes dans l’eau de mer & dans l’eau douce, augmentèrent de pefanteur différemment , comme on le voit dans la table.
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- des Bois. Liv. II. Chat, V. s.of
- On à remarqué que celle qui trempoit dans l’eau falée, & à laquelle on avoit lailTé exprès toute l’écorce fur une de fes faces, relia fur l’eau fans tomber au fond, au lieu que fon égale de même poids tomba au fond dans l’eau douce. Deux raifons fai-foient que cette piece furnageoit dans l’eau de mer. i°, L’écorce qu’elle avoit fur un de fes côtés, Ôc qui la rendoit plus légère par rapport au volume d’eau qu’elle déplaçoit. 20, La plus grande pefanteur de l’eau falée, par comparaifon à celle de l’eau douce.
- On remarqua encore que celle qui étoit dans l’eau douce avoit deux petites gerçures fort profondes & très-fines, comme il ell marqué dans la Planche FIL Fig, 14.
- Celles qui paroiffoient fur le bois de fil qui répondoient à celles-ci , étoient prefque invifibles ; néanmoins elles exiftoient y ôc l’on jugeoit que lorfque cette piece feroit tirée de l’eau, les gerces s’ouvriroient Ôc deviendroient aufli confidérables que celles des autres pièces, ôc peut-être en moins de temps.
- V. La piece de la cinquième fuite d’Expérienees dépofée dans un Magafin fort aéré, continua à fe gercer confidérable-ment ; fes gerçures s’élargifloient & s’allongeoient notablement fur les deux faces B C ôc C D ( Planche FIL Fig, 10); fur la face A B de la piece, il s’en forma enfuite quelques-unes qui commençoient a paraître en Novembre.
- L’autre face A D n’étoit point gercée ; la raifon en eft que par la difpofition du cœur du bois de cette piece, les gerçures pre-noient cette face parallèlement. Voyez ce que nous avons dit fur les fentes dans le Traité de P Exploit, des Forêts, Liv, IF, Chap, II,
- Cette piece n’étoit gercée que jufqu’à moitié fiir chaque face ; car la face A B n’étoit gercée que de la moitié en haut, ôc la face C D l’étoit de la moitié en bas. La raifon de cela vient de ce que le cœur de la piece qui étoit vers l’angle A de la piece par un bout, fe trouvoit vers l’angle oppofé de l’autre*
- La piece de cette fuite, mife dans un Magafin moins aéré y gerçoit considérablement en Novembre, nonobftant l’humidité qui régnoit dans ce Magafin, & qui avoit fait augmenter de pefanteur les pièces de la première ôc fécondé Expériences* Les
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- ao6 De tA Conservation
- gerçures de cette pièce s’élargirent & s’allongèrent très-confi-dérablement, & fembloient faire plus de progrès que dans l’autre piece, quoiqu’elles ne panifient que depuis le 30 Août 1734 ; elles devinrent plus larges que dans fon égale qui étoit au grand air. Cette piece n’étoit gercée que fur deux fa-ces B C &cC D ( Planche VIL Fig. 11). La troifieme face A D n’avoit qu’une grande gerçure qui alloit tout au long de la piece vers l’angle A , à côté de laquelle il y en avoit d’autres fort petites : la face AB étoit tout à fait faine & fans gerçures.
- Les deux autres pièces qui avoient été miles dans l’eau de nier & dans l’eau douce, avoient en Novembre quelques gerçures très-fines qui commençoient à paroître fur le bois debout ; elles étoient prefque infenfibles fur les faces du fil de la piece ; on les appercevoit au bois debout fur deux côtés , comme on voit dans la Planche VIL Fig. J 2 > qui repréfente le profil de la piece. \
- On peut remarquer que les deux pièces de cette fuite qui ont été à l’air, ont diminué conftamment & prefque uniformément de poids liiivant les dates des Expériences ; qu’elles n’ont jamais: augmenté de poids comme les pièces des première & fécondé fuites. La raifon en eft que celles-ci étoient du bois fort verd, & qu’en cet état le bois n’eft guere fufceptible de l’impreflion de l’air, puifque la diminution qu'elles fouffrent de leur poids efi; plus forte que l’humidité qu’elles reçoivent accidentellement de l’air en temps de brouillards & de pluies ; l’évaporation de la feve efi: feulement plus ou moins confidéra-ble ; au lieu que les pièces des première ôc fécondé fuites étant d’un bois fort fec, & ne diminuant plus de poids, l’humidité qu elles recevoient de l’air en temps de brouillards & de pluies, les pénétroit Ôt augmentoit leur poids. Il efi: vrai que cette humidité prife de l’air s’évapore facilement, comme l’expérience nous le montre.
- Ceci fait voir que les bois qui font parvenus jufqu’à un certain point de féchexefle, étant plus fufceptibles de recevoir les impreflions de l’athmofphere, ne doivent point être expofés au grand air ; car l’humidité qu’ils reçoivent ôt qu’ils perdent ah
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- x>es Bois. Liv. IL Chaf. V. 207
- ternativement dans les divers changements de temps, peuvent avancer leur deftruêlion.
- VI. Les pièces de la fixieme fuite d’Expériences de bois de Pin du Dauphiné, n’avoient éprouvé aucun changement fenfi-ble , point de gerces à celles qui étoient à Fair, aucune altération à celles qui étoient dans Feau ; mais ce bois étoit trop ufé, pour qu’on pût en tirer aucune lumière.
- Effayons maintenant de connoître fi la cir confiance d’avoir féjourné dans Feau de mer, ou dans Feau douce, influe fenfi-blement fur la force des bois.
- Article X. Expériences faites en Provence fur du Bois de Chêne de cette Province, pour connoître la force du Bois flatté ou non-flotté.
- On a pris quatre pièces de jeune bois, de 8 à p pouces de diamètre, de la coupe de Janvier ôc Février 1732, on les a fciées de $ pieds de longueur chacune fans les façonner ; mais on les a fait refendre à la fcie par le milieu pour avoir deux pièces de bois femblables tirées du même corps d’arbre. On les: a pefées féparément, ôc les deux moitiés on A A y ou B B, ôte. ont été réduites à un même poids, ôc marquées deux à deux par les lettres A A , BB,CC, D D,
- Les deux premières A A pefoient 4P liv. chacune ; les deux B B, 74 liv. 8 onces ; les deux CC9 65 liv. ôc les deux DD,, 77 livres, n’ayant aucun égard à leurs dimenfions.
- On mit enfuite la moitié de chacune de ces pièces fous un hangar affez aéré, ouvert comme une remife feulement du côté du levant , ôc les autres moitiés dans l’eau de la mer , enchaînées fortement au fond de Feau. Elles ont refté dix mois dans cet état, depuis le 13 Août 1733 jufqu’au 11 Juin 1734; en^dte on les a tirées, ôc on les a repefées,
- La piece A du hangar pefoit 4 6 livres, ayant diminué dé 3 livres; l’autre piece A de la mer pefoit ây livres, ayant augmenté de 18 liv.
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- ao8 De ia Conservation
- La piece B du hangar pefoit 69 liv. ayant diminué de 5; liv. 8 onces ; l’autre piece B de la mer pefoit 87 livres, ayant aug-menté de 12 livres 8 onces.
- La piece C du hangar pefoit y 8 liv. ayant diminué de 7 liv, l’autre piece C de la mer pefoit 79 liv. ayant augmenté de 13. livres.
- La piece D du hangar pefoit 72 liv. ayant diminué de $ liv, l’autre piece D de la mer pefoit 92 livres, ayant augmenté de 15 livres.
- On les a mifes enfemble dans divers autres endroits, favoir :
- Les deux moitiés A A dépofées dans un Magafin fort aéré ; les deux moitiés B B, plongées dans l’eau douce ; les deux moitiés CC, dépofées dans un Magafin peu aéré ; ôt les deux autres moitiés DD, expofées à la pluie & au foleil.
- On a obfervé tous les jours leurs poids ôc les changements qui leur font furvenus, dont il a été fait des Tables que nous ne rapporterons point ici, parce qu’elles n’apprendroient rien de plus que celles que nous avons inférées plus haut. Il fuffira de préfenter des tables particulières de chacune de ces pièces, de marquer leurs diminutions ôc leurs augmentations, & de montrer enfuite dans une autre table la force des barreaux provenants de ces mêmes pièces qu’on a fait rompre fous des poids connus, pour eflayer de découvrir fi celles qui avoient été mifes dans l’eau.étoient plus fortes ou plus foibles que les autres.
- § 1 .P remiere Expérience, fur les deux pièces A A,
- L’u n e des deux pièces numérotées A A, a été mife fous le hangar , & fa pareille dans la mer le 13 Août 1733 , Ôc enfuite elles ont été mifes toutes deux dans un Magafin fort aéré, ou elles ont demeuré jufqu’au 30 Janvier 1736; après quoi on en a fait de petits barreaux qu’on a rompus fous des poids connus,
- Poids de ces deux Pièces,
- Le 13 Août 1733 , avant de mettre ces pieçes fous le hangar
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- des Bois. Liv. II. Chap. V. aop
- gar ôc dans la mer, elles pefoient chacune 49 livres.
- Le 11 Juin 1734, les aYant tirées du hangar 6c de leau de mer pour les mettre dans le Magafin, elles ont pefé, favoir :
- A tirée du hangar, & mife dans le Magafin fort aéré, livres^ A tirée de la mer, <& mife dans le Magafin fon aéré. livr.'
- Le 11 Juin 1734 . . . . 4 6 . ... 67
- Le 12 ... 6^
- Le 16 ... 61^
- Le 17 . . 4 6 . ... toi
- Le 18 ... 60
- Le 19. . • • • S9i
- Le 21 . . . 4 6 ... SS
- Le 22 .. 46 i. ... s7i
- Le y Juillet .... . . . . . y4f
- Le 12 . . 46 i. ... SS
- Le 19 • • i- . . . S*T
- Le 26 fi . . 46 -i. • • • yi t
- Le28Août. . . . . ... 49
- Le 28 Septembre . . . . 4y . « . 4^
- Le 29 Novembre. . . . 4 6 , « . . 48
- Le 30 Janvier 173 y. .. 46 f. ... 4^
- Le 28 Novembre. . • • 4? f- . . . 4^ • • • 47*
- Le 30 Janvier 1736. • • 4^ b
- Observations.
- La piece A, tirée du hangar 6c- mife dans le Magafin fort aéré, ayant diminué fous le hangar de 3 livres pendant un fé-jour de dix mois, ôt n’ayant diminué enfuite que dune demi-livre en dix-fept mois dans un endroit fort aéré ôc tout à fait femblable au hangar, fait voir ,
- i°, Quelle eft parvenue au point d’une très-grande féche-reffe , puifqu’elle a ceffé de diminuer, 6c que fon poids a augmenté 6c diminué fuivant que le temps étoit plus ou moins fec ou humide, D d
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- aïo Delà Conservation
- D’où l’on peut conclure 2% que des pièces de bois de mé-diocre grofleur, refendues par le cœur, & mifes fous un hangar , acquièrent en dix mois un degré de fécherefle convenable pour être mifes en œuvre aux conftru&ions & aux charpentes , puifqu’on voit par la table des poids, que cette piece n’a presque plus perdu de fon poids en dix-neuf mois dans un endroit fort aéré.
- On voit encore dans la même table que la piece A tirée de la mer, & mife dans le même Magafm fort aéré, après s’être chargée de dix-huit livres d’eau en dix mois qu’elle avoit été dans l’eau de mer, s’en eft entièrement déchargée en deux mois & demi ; d’où l’on peut conclure :
- i°, Que tout bois de Chêne de cette dimenfion qui a refié dix mois dans la mer, fe décharge de toute l’eau qu’il y a prife en deux mois & demi, & aufli d’une grande partie de fa feve. Il né faut pas oublier que cette Expérience a été faite en Provence où l’air eft fort fec.
- 20, Ce morceau de bois qui a féjourné un temps confidérable dans la mer, eft refté un peu plus pefant que l’autre, panique l’on voit que cette piece eft d’une demi-livre plus pelante que fon égale qui n’a point été dans l’eau ; mais la piece tirée de la mer n’étoit pas aufli feche que l’autre, & fi on l’avoit confervée plus long-temps, elle feroit devenue fûrement plus légère que celle à laquelle on la comparoit. Cela eft bien établi par nombre de nos Expériences. On a ceffé de la pefer quand on l’a vue ne pefer plus à peu près que le poids de celle a laquelle on la comparoit. J’avoue qu’on auroit dû continuer à la pefer jufi qu’à ce qu’elle n’eût plus perdu de fon poids.
- Voyons quelle a été la force de ces deux pièces dans l’état où elles étoient le 3 o Janvier 1736.
- Examen de la force de ces Bois•
- On a refendu ces deux pièces A > A, pour en former des Barreaux de trois pieds de longueur, un pouce de largeur, & un demi-pouce d’épaifîeur, & on les a rompus avec les précau-
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- v es B o i s. Li v. II. C h a p. V. ii r
- tions que nous marquerons lorfqu’il s’agira de la force des bois.
- Première Opération*
- Barreaux provenants de la piece A tirée du hangar , & mife dans un Magafin fort aéré.
- 1. Barreau. Il n’étoit prefque que d’aubier; il a rompu par grands éclats étant chargé de ... 43 liv.*\
- 2. Barreau. Il a cafle net dans un f Ils ont plié de 3
- endroit où le bois étoit extrême- | pouces 6 lignes,
- ment tranché,étant chargé de . . . 61 J
- Total. 104
- On n’a pu tirer que ces deux barreaux de cette piece, parce que le bois étoit extrêmement tranché par des gerces, ôcque les morceaux fe féparoient en les travaillant.
- Seconde Opératio n.
- Barreaux provenants de la piece A tirée de la mer, ôc mife dans le même Magafin fort aéré.
- 1. Barreau. ,
- 2. Barreau. ,
- 3. Barreau. ,
- Somme.
- • WÜv.J
- ' 71 l
- • 47 J
- Ils ont plié de z pouces 6 lignes.
- 177*
- Résumé.
- On ne peut faire aucune comparaifon entre ces deux pièces A & A) à caufe,
- r°, Que la piece A tirée du hangar, n’a fourni que deux barreaux, dont un n étoit prefque que de l’aubier, ôt le bois de l’autre étoit extrêmement tranché.
- 20, Que pour avoir une comparaifon jufte, il faudroit avoir.
- Ddij
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- 212 De ia Conservation
- même nombre de barreaux, 6c qui fuffent tous fans défaut;
- Cependant fi Ton retranche un tiers de ia force des trois barreaux qui ont été à la mer pour n’avoir que la force de deux barreaux, pour la comparer a celle des deux barreaux qui ont toujours été fous le hangar, chaque barreau pris du morceau de bois qui a été à la mer, porterait 7 livres de plus que ceux qui ont toujours été fous le hangar ; mais encore un coup on ne peut compter fur l’exa&itude de cette Expérienee.-
- Troisieme Opération.
- Barreaux provenants de la piece A tirée du hangar, Ôc mife dans le Magafin fort aéré, de la même longueur que les précédents , mais d’un pouce d’équarriffage..
- Hv.
- Soliveau fans défaut..........» . . . . . . . 315:
- Il a plié de 2 pouces a lignes.
- Autre qui a caffé par un noeud vers le milieu de la piece, qui tranchoit la moitié des fibres longitudinales du barreau.......................140
- Autre id. qui étoit en partie d’aubier, & à qui il
- manquoit du bois dans l’épaiffeur........ . 1 <5p
- Il a plié d’un, pouce 5 lignes.
- Somme . . • 624.
- R Ê S U M É'+
- On ne peut faire de comparaifon de ces barreaux avec îes>: autres ci-deffous, à caufe que le fécond barreau A a caffé vers; le milieu de la piece par un nœud, & que le troifieme étoit de l’aubier, à qui il manquoit du bois tant fur l’épaiffeur que fur la largeur. On pourrait néanmoins faire quelque comparaifon en y fuppléant de cette maniéré.
- Puifque le premier barreau A fans défaut a porté 317, on peut fuppofer que les deux autres étoient capables d’une pareille force, &. alors la force des trois ferait de 94$ livres*
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- d es Bois. Liv. II. Chap. V. 213
- Quatrième Opération.
- Barreaux d un pouce en quarré, provenants de la pièce A tirée de la mer, 6c mife dans le même Magafin fort aéré.
- 1. Barreau..........240 liv. Courbure 2 pouc. 2 lign*
- 2. Barreau ,..••• 290 2
- 3. Barreau........ 270 2 i
- Total ; . 800.
- Résumé•
- Ces barreaux nétoient point tranchés, 6c n’avoient point de défaut.
- Donc les barreaux de la piece tirée du hangar, 6c qui n ont point été à la mer, font de 14 3 livres plus forts que ceux qui en ont été tirés : mais les re&ifications laiflant des incertitudes, il faut avoir recours aux Expériences fuivantes,
- § 2. Seconde Expérience, fur les deux pièces B> B*
- L’une' des deux pièces B 9 B, a été mife fous le hangar, 6c fa pareille dans la mer, le 13 Août 1733. Toutes deux enluite plongées dans feau douce jufqu’au 30 Janvier 173 6 9 après quoi on en a fait des barreaux qu on a fait rompre fous des poids; connus.
- Poids de ces deux peees,
- Le 13 Août, avant de mettre ces pièces fous le hangar 8c dans la mer, elles pefoientchacune 74 liv. y.
- Le 11 Juin 1734, ^es ayant tirées du hangar 6c de Feau de la mer pour les plonger dans Feau douce , elles ont pefé, lavoir : celle du hangar diminuée de 3 liv. y, 6c celle qui avoit été dans Feau de la mer, augmentée de 12 liv. y, Fune ôc Fau-tre étant mifes dans Feau douce, ont augmentées,, comme il fuit.
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-
- 214 JE
- B tirée du hangar , & ïeau douce.
- la Conservation
- rmfe dans
- Le 11 Juin 1734 • • • • livres. ^ . . 9 . livr. • 87
- dp . . 9 . 87
- Le 1d. dp . . • 87
- Le 17 dp . . . 87
- LeiS * . . . • dp . . • 87
- Le ip • 72 . i 9 9 a 88
- Le * 7; • - 9 * . 88
- Le 22 * 7d * • * . 88
- Le $ Juillet 78 . . 9 . 8p
- Le 12. ........ . 79 T- • • * 9 . Spi’
- Le ip..*..*..«» 80 • • . 8pi . 8 9T . 8P7
- Le 26 ••••••• • » • 81 . .
- Le 2 8 Août 83 . . * *
- Le28 Septembre. . . . 84 . . • • a pO
- Le 2p Novembre . • . . 87 . . a P2
- Le30 Janvier 1733. • • 88 . 9 m 9 a P 2
- Le 2 8 Novembre . . . . po . . • • » • • 92 T
- Le30 Janvier 1735. , . p2 , . 9 t 9 * • 93
- 0 B S E R V AT l 0 N 5,
- B tirée de la mer, & mife dans teau douce•
- On remarque, i°, Qu’il faut bien peu de temps au bois plongé dans Teau douce pour en prendre prodigieufement, puifqu’on voit par cette table que cette piece en a pris io à 11 îiv. dans le premier mois qu elle y a refté.
- 20, Que le bois de Chêne fec & refendu qui féjourne dix-huit mois dans Teau douce, s’en charge fi confidérablement que l’eau qu’il y prend égale le tiers du poids de la piece plongée, puifque cette piece a pris 23 livres d’eau, ôc quelle pefoit à la fin p 2 liv.
- 3°, On remarque encore que la piece B tirée de la mer, & mife dans l’eau douce, ne prenoit prefque plus d’eau de mer, n’en ayant pris qu’une demi-livre dans Fefpace de près d’un an ; mais quelle a pris fix livres d’eau douce, outre 6c par-deflus 12
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- Des Bois. Liv. II. Chap. V. 215
- livres & demie d’eau falée quelle avoit pris dans la mer.
- A l’égard de la piece B qui a été mife dans l’eau douce après avoir relié dix mois fous un hangar, on peut remarquer, i% qu’elle n’avoit perdu que $ liv. { de fa feve, ôc qu’elle a afpiré 23 liv. d’eau douce, c’eft-à-dire ,17 liv, ~ de plus que la quantité de feve quelle avoit perdu.
- 20, Celle qui avoit été dans l’eau de mer , étoit d’une livre plus pefante que l’autre quand on a tiré l’une & l’autre de l’eau. Mais ces deux pièces continuoient à afpirer de l’eau ; leur poids augmentoit, & celle qu’on avoit tirée du hangar fe chargeoit plus que l’autre*
- Examen de la force de ces Bois.
- Première Opération.
- Barreaux d’un pouce de largeur & d’un demi-pouce d’é-paifleur , provenants de la piece B, tirée du hangar & mife dans l’eau douce.
- 1. Barreau .... 9 9 liv.
- 2. Barreau .... 92
- 3. Barreau .... 103
- 4. Barreau . . . . 69
- 5. Barreau .... 96
- Somme ... 47 Résumé.
- Tous ces Barreaux ont caffé par longs éclats en fe fendant dans leur longueur.
- On a obfervé entre les fibres longitudinales de tous les barreaux de petits grains comme la moelle du bois tendre ; ces grains font comme enfermés dans des efpaces entre les fibres longitudinales, à peu près comme dans la Planche VIL Fig. if. Sur quoi confultez, la Phyjiqtte des Arbres , Liv. I, Chap. 111, pag. 34%
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- ai6 Delà Conservation
- Seconde Opération.
- Barreaux d’un pouce de largeur ôc demi-pouce d’épaiffeur f provenants de la piece B, tirée de la mer ôc mife enfuite dans reau douce.
- 1. Barreau . . , . . . . . . . . . . 53 liv*
- 2. Barreau qui a caflfé en navet ............po
- 3. Barreau qui a caffé par éclats fans bruit. . . . p 1
- 4. Barreau qui a calTé de même. .............pi
- Barreau qui a caffé de même.............. 80
- Somme , , . 405'.
- Résumé,
- Tous ces barreaux ont caffé fans bruit : on a obfervé même de la moelle entre les fibres comme à ceux ci-deffus.
- On apperçoit par cette table que la fournie des forces des barreaux provenants de la piece tirée du hangar, ôc mife dans feau douce, eft plus forte que celle des Barreaux de la piece. tirée de la mer, ôc mife dans l’eau douce.
- Troisième Opération,
- Barreaux de trois pieds de longueur ôc d’un pouce en quârré, provenants de la piece B r tirée du hangar ôc mife dans l’eau douce.
- 1. Barreau ........ 200 liv. Courbure 2 p. 71,
- 2. Barreau qui a caffé en navet . 17^
- 3. Barreau qui a caffé de même ifo
- Somme .. 523.
- Quatrième Opération,
- Barreaux de trois pieds de long, ôc d’un pouce en quarré,
- provenant®
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- des Bois.Liv. II. Chap. V. 217
- provenants de la piece B > tirée de la mer & mife dans l’eau
- douce.
- 1. Barreau ......... ifo liv.
- 2. Barreau 9 caffé en navet. . . . . 180
- 3. Barreau 9 cafîé de même . , . . 100
- Somme . . . 430.
- On a obfervé que le bois de ces barreaux étoit fort mollafie ^ caffant fans éclats ôc fans bruit.
- Résumé.
- Cette Expérience faite avec des barreaux plus gros , prove^ nants de la même piece que les barreaux du commencement de l’Expérience, confirme la remarque qu’on vient de faire que le bois tiré du hangar, ôc mis enfuite dans l’eau douce, eft plus fort que le même bois tiré de la mer, ôc mis de même dans l’eau douce.
- § 3. TroisiemeExpérience, fur les deux Pièces C C,
- Une des deux pièces C C, a été mife fous un hangar, ôc fa pareille dans la nier, le 13 Août 1733 ; & toutes deux ont été mifes dans un Magafin peu aéré jufqu’au 30 Janvier 1736 : après quoi on en a fait des barreaux qu’on a fait rompre fous des poids connus.
- Poids de ces deux Pièces.
- Le 13 Août, avant que de mettre ces pièces fous le hangar ÔC dans la mer, elles pefoient chacune 65 livres.
- Le 11 Juin 1734 9 ^es ayant retirées de l’eau de mer pour les mettre toutes deux dans ce Magafin peu aéréy elles ont pefé y favoir :
- Ee
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- ai8 De iâ Conservation
- C tirée du hangar, & mife dans le Magafim.
- livr.
- Le ii Juin 1734 • • * • 5*8 .
- Le 12. ....... * . 58 .
- Le ié. . .......... 58 .
- Leiy............... 58 .
- Le 18................. y8 ,
- Le 19... «......... 58 7.
- Le 21.............. 58 f.
- Le 22.............. 58 -.
- Le f Juillet....... 58 .
- Le 12.............. 58 .
- Lei9............... SI t-
- Le2 6.............. 58 .
- Le 28 Août......... $6 .
- Le 2 8 Septëmbre . ... $6 .
- Le 29 Novembre . . . . $ 7
- Le 3 o Janvier 173 5*. . , $1 ^
- Le 2 8 Novembre . ... $$ f.
- Le3o Janvier 1735, . . $6
- C tirée de la mer) & mife dans le Magafin,
- livr.
- .........19
- .........78
- ..... 7;
- . . ' . ... 74r
- .........74t
- .........73t
- .........72i
- ..... 7^t
- .........6S
- .........^7f
- .........t*T
- ..... ^
- .........63
- .........62.
- . . . . . <Ï2~
- .........
- .........*8*
- .........S9t
- Observations.
- On remarque, en confirmation de ce qui a été dit de la pièce A , que le bois de Chêne de Provence de petit échantillon , qui a refté un temps affez confidérable dans la mer , fe décharge, en moins de deux mois , de toute l’eau quil y prend; puifqu’on voit par cette table que cette pièce Ceft revenue à fon premier poids le 26 Juillet 1734 dans Fefpace de quarante-fept jours; & ce qu’elle a perdu depuis, peut être regardé comme faifant partie de fa feve. Cette Expérience fur cette piece C confirme tout ce qui a été dit de la piece A, favoir : que le bois fe décharge en deux mois & demi au plus de toute l’eau qu’il peut prendre dans la mer par un féjour de près d’une année ; car cette piece C n’a pas laiffé de diminuer dé fon poids
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- d e s B o i s. Liv. II. Chap. V. aip
- autant que la piece A, quoiqu’au fortir de la mer elle ait été dépofée dans unMagafin peu aéré.
- On remarque que cette piece pefe trois livres de plus que fou égale qui n’a point été dans Feau , & que la piece A qùi a aufli été dans la mer, ne pefe qu’une demi-livre de plus que fon égale qui n’a point été dans Feau ; mais ni l’une ni Fautre n’étoient parvenues à une fécherefle parfaite.
- Refte à expérimenter combien peut influer fur la qualité du bois, cette plus ou moins grande pefanteur des pièces qui étoient ci-devant parfaitement égales de poids.
- Cependant j’avoue qu’il auroit été à propos de fuivre plus long-temps cette Expérience, & de la continuer jufqu’à ce que la piece C de la mer n’eût plus diminué' de poids : car je fuis perfuadé qu’alors elle auroit été plus légère que celle à laquelle on la comparait.
- Examen de la force de ces Bois•
- PREMIERE 0 P É R AT 10 N.
- Barreaux C d’un demi-pouce d’épaifleur, provenants de la piece tirée du hangar, ôc.mife dans le Magafin.
- 1. Barreau . . 3 $ liv. Courbure 4 pouces 10 lignes.
- 2. Barreau * . 32 . . . . 5 • • 9
- 3. Barreau . • SS • • • • S • • 1
- 4. Barreau . •37 • • S • • 2
- 5. Barreau . • 39 • . • • S • • 0
- 6. Barreau . . 43 . . . . 4 • • 10
- 7. Barreau . . 42 ... . S • • 7
- 8. Barreau . . 40 . . . . 4 . . 3
- . 9. Barreau . . 32 . . . . 3 • • 0
- Somme . . 33S-
- Somme moyenne, 3 7 livr. f par Barreau.
- E e ij
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- 22© De ia Conservation
- Seconde Opération.
- Barreaux C9 provenants de la piece tirée de la mer, ôc mile dans le Magafin.
- 1. Barreau . * 2$ liv. Courbure 3 pouces o lignes*
- 2. Barreau . . 32 . . . 2 . . 6
- 3. Barreau . . 25* . . . , 3 . . 9
- 4. Barreau . . 23) . . . . 2 .. 6
- 5. Barreau .*31.... y . * 2
- Somme . ; 146.
- Somme moyenne, 29 livres f par Barreau*
- Résumé.
- On voit par cette table que le bois provenant de la piece tirée du hangar eft plus fort que celui tiré de la mer ; ce qui confirme ce qui a été dit ci-devant.
- Troisième Opération*
- Barreaux C 9 d’un pouce en quarré, provenants cfe la piece tirée du hangar ôc mife dans le Magafin.
- 1. Barreau. . . . . ................. .. 60 liv.
- Le bois de ce barreau étoit tout à fait tranché.
- S1 * 3. Barreau................. 25:0
- 3. Barreau. 189
- Il étoit un peu tranché vers le bout.
- Somme . * 499.
- Résumé.
- On fuppofe que la piece tranchée Ci, a une force moyenne entre celles des barreaux C 2 Ôc C 3 ,. qui eft de 215) liv. •£> Ainü la force totale des 3 barreaux eft de 658 liv. f*
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- des Bois. Liv. II. Chap. V. 221!
- Qu at rj em e Opération.
- Barreaux C, dun pouce en quarré, provenants de la piece tirée de la mer & mife dans le Magafin.
- 1. Barreau ..... i8oliv. Courb. i pouc. 2 lig. Il a cafté en navet.
- 2. Barreau.............210,.. 1 9
- Il a cafté par longs éclats
- fans bruit.
- 3. Barreau ..... 14,0
- Il a cafté par une gerçure
- qui tranchoit la piece vers l'extrémité.
- Somme totale . $ 30 livres.
- Résumé.
- On a obfervé même moëlle entre les fibres/ comme aux pièces ci-deffus. Il paraît que cette Expérience dément celle qui a été faite fur les barreaux de la même piece de bois ci-devant ; mais en ayant égard au défaut qu'on a remarqué dans le premier barreau qui étoit tout à fait tranché, ôc en lui fuppo-fant une force moyenne entre les deux autres , quoique le dernier fût aufli un peu tranché , on trouverait néanmoins que le bois des barreaux qui na point été dans l'eau, ferait plus fort que celui qui a relié dans la mer.
- § 4. Q u a trie me E x FÉRiENC E,fur les deux Pièces D D.
- Une des deux pièces DD a été mife fous le hangar , Ôc fa pareille dans la mer , le 13 Août 1733, ôc enfuite laiffées toutes deux au grand air, expolées au foleil Ôc à la pluie jufquau 30 Janvier 1735.
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- 222
- De za Conservation
- Poids de ces deux Pièces.
- Le 13 Août 173 3 , avant de mettre ces pièces fous le hangar & dans la mer, elles pefoient chacune 77 liv.
- Le 11 Juin 1734., ^es ayant retirées du hangar 6t forties de l’eau de mer pour les laiffer expofées au grand air, elles ont pefé, favoir :
- D tirée de la mer expofée au grand air.
- livr.
- ..........9*
- - ... . 5>o
- ..... 8*7
- ..........8;
- . . • . . 84
- ..... 84 ..... 82^
- . . . . . 82f ..........81
- D tirée du hangar expofée au grand air.
- livres.
- Le ii Juin 1734 • • • * 72 •
- Le 12.................72 .
- Le 16................. 72 .
- Le 17................. 72 .
- Le 18................ 72 .
- Le 19. ... ...........72 .
- Le2i. . . . ...... 72 .
- Le22............... . 72 .
- Le 5 Juillet.......... 74 i*
- Le 12................. 71
- Le 19................. 70
- Le 26.............. . 70 ,
- Le28 Août........... 6S .
- Le 2 8 Septembre. ... 69 Le 29 Novembre .... 70
- Le3oJanvier 1735. • • 7° f«
- Le28 Novembre, on ne trouva plus cette piece ; elle fut perdue, & l3 continua de pefer fa pareille de la
- Le 3 o Janvier 17 36.
- 79
- 77
- 76
- 73t
- 73
- 74
- 7ii
- 70
- 707
- O B S E
- RVATION S.
- On n’a point fait faire de barreaux de cette piece D, prove-*
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- i> E s B o i s.Liv. IL Ch AP.-V. 223
- liant de la piece tirée de la mer, à caufe qu’on n’avoit point de piece de comparaifon, fon égale étant égarée.
- Au refte, voilà l’èxpofé de quatre Expériences qui ont été fuivies avec beaucoup de foin ; fi Ton n’eft pas fatisfait des conféquences que nous en avons tirées, comme on aura les faits fous les yeux, chacun pourra en tirer toutes celles qu’il jugera les plus probables.
- § y. Ci N qui em e E x p É rien c e ,faite dans les
- mêmes vues que la -précédente• - .
- Comme cette Expérience étoit importante pour décider la grande queftion fur les bois qu’on tient dans l’eau & à l’air, nous avions lieu d’être mortifiés de quelques accidents qui étoient arrivés dans l’exécution de celles que nous venons de rapporter; heureufement nous avions jugé convenable d’en faire une autre dans le même goût.
- On avoit donc préparé d’autres bois de Chêne pour faire une Expérience pareille, ou à peu près, à celle que nous venons de rapporter ; & les ayant tenus fous un hangar ôc dans l’eau de la mer depuis le 14 Juillet 1734 jufqu’au 1S Juin l13^) lorfqu’on jugea que celles qui étoient dans l’eau de la mer, en étoient à peu près aulli chargées qu’elles pouvoient l’être, on les mit avec les autres fous le hangar ; & quand elles furent revenues au poids de celles qui dévoient leur îervir de comparaifon, on fit tirer de ces pièces douze barreaux d’un pouce d’équarrifîage, fix du bois qui n’avoit jamais été dans l’eàu, & fix du bois qui avoit féjourné fous l’eau de la mer un temps confidérable. On les fit rompre, & la force moyenne des barreaux qui n’avoient
- jamais été dans l’eau fe trouva de...............1^5 liv.
- Celle des barreaux qui avoient relié un an dans l’eau ne fe trouva que de. . ..... . . 17 S
- Résumé.
- On peut conclure des Expériences que nous venons de rapporter,
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- 224 Dn la CoN S EKVAT ION
- i°} Que le bois de Chêne de Provence, qui a féjour né feulement un an dans l’eau, perd confidérablement de fa force ôc de fa bonne qualité.
- 2°, Que ce bois parvient dans l’efpace de cinq années, étant confervé fous un hangar, àun degré de fécherefle fuffifant pour être employé à toutes fortes d’Ouvrages, excepté à la Menui-ferie.
- 3°, Que le bois quon tient dans l’eau pendant dix à douze mois, fe charge d’une quantité d’eau égale à un quart de fon poids.
- - 4°, Qu’il perd une grande partie de cette eau lorfqu’on le tient fous- un hangar fec pendant deux ou trois mois.
- y0, Que le bois qu’on tire de l’eau fe fend prefque autant en fe léchant que celui qui n’y a pas été.
- On voit, dans nos Expériences, que les bois quiontrefté dans l’eau, ont été à la fin plus pefants que les autres ; mais cela vient, je le répété, de ce qu’ils n’étoient pas parfaitement fecs. Car i°, ils continuoient à perdre de leur poids : 2°, nous avons rapporté des Expériences qui prouvent que les bois qui ont été dans l’eau, font plus légers que les autres , quand ils font parfaitement fecs ; & cela doit êtrepuifqu’ils abandonnent à l’eau une partie de leur fubftance.
- Nous avons rapporté dans la fécondé partie de VExploitation, Liv. IIS, Chap. //, un nombre d’Expériences, qui prouvent que les bois refendus tout verds font moins endommagés par les fentes, que ceux qu’on laifie dans leur entier : il convient de réunir toutes ces idées.
- Article XI. Remarques fur les Expériences précédentes.
- I. Les quatre pièces de bois de Chêne de Provence, mifes en Expérience le 13 Août 1733, après avoir été refendues en deux, ont produit chacune huit pièces ; & chaque couple ayant été réduite au même poids, elles ont été mifes le même jour, favoir, une de chaque couple dans la mer, Ôc leurs égales fous un hangar fort aéré, & ont pefé chacune féparément, favoir, la
- première
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- sms Bois. Liv. II. Chap. V. 11$
- première couple marquée A A 9 4P livres chaque piece la fécondé couple marquée B B , 74 livres \ chacune ; la troifieme couple marquée CC, 6$ livres chacune ; ôc la derniere couple marquée DD9 77 livres.
- Ces huit pièces, après avoir refté les unes dans l’eau de mer Ôc leurs pareilles fous un hangar, pendant l’efpace de dix mois, favoir, depuis le 13 Août 1733 jufques au 11 Juin 1734, en furent tirées ce jour-là ôc repefées féparément.
- La piece A du hangar, ne pefa plus que 46 livres, ayant diminué de trois livres ; fa pareille qui avoit été dans l’eau de mer, fe trouva pefer 67 livres, ayant augmenté de dix-huit livres.
- La piece B du hangar ne pefa plus que 69 livres, avec diminution de 5; livres fa pareille dans l’eau de mer, 87 livres avec augmentation de 12 livres £•
- La piece C du hangar, ne pefoit plus que 5* 8 livres, avec diminution de 7 livres ; fa pareille dans l’eau de mer, 79 livres avec augmentation de 14 livres.
- La piece D du hangar ne pefoit plus que 72 livres, ayant diminué de $ livres; fa pareille dans l’eau de mer, 92 livres avec augmentation de 17 livres.
- On dépofa enfuite ces pièces dans des lieux différents, pour remarquer les changements qui leur furviendroient. Ainfi, on mit le 12 Juin 1734, ^es deux pièces A A dans un Magafin fort aéré ; les deux pièces B B furent plongées dans un réfervoir d’eau douce ; les deux pieGes C C furent mifes dans un Magafin moins aéré ; ôc les deux pièces D D furent mifes au grand air , à découvert, étant expofées au foleil ôc à la pluie.
- II. Ayant enfuite continué de pefer toutes ces pièces féparément , fuivant les dates marquées dans les tables ci-deffus, juf-qu’au 30 Janvier :1a piece A tirée du hangar, qui avoit fé-journé dans ce magafin fort aéré environ fept mois ôc demi , favoir, depuis le 12 Juin 1734 jufqu’au 30 janvier 1735 , n’a-voit point diminué du poids qu’elle avoit lorfqu’on la tira du hangar, puifqu’elle pefoit encore 46 livres comme elle pefoit lorfqu’elle en avoit été retirée ; il eft vrai que cette piece avoit en quelques petites diminutions ôc augmentations de poids en
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- 216 De là Conservation
- certains temps, dans l'intervalle de fon féjour dans ce Magafïn , ( comme on le voit dans les tables ) dont la caufe ne pouvoit être* que l'humidité ou la féchereffe de l'air ; mais comme elle n'avoit plus diminué de fon poids dans l'intervalle de plus de fept mois & demi de féjour quelle avoit fait dans ce Magafïn fort aéré on voit évidemment que celui qu'elle avoit fait auparavant, fous le hangar, lui avoit fuffi pour atteindre au point de la féchereffe convenable pour le bois que l'on doit mettre en œuvre.
- D'où l'on doit conclure que les pièces de bois de Chêne de Provence refendues en deux, ouvertes par le milieu, ôt de la grolfeur de celles-ci, lorfqu'elles ont refté fous un hangar bien aéré pendant l'intervalle de dix mois, acquièrent dans cet intervalle toute la féchereffe convenable pour être mifes en> œuvre.
- La piece A tirée de l'eau de mer; qui avoit aufïi féjourné avec fon égale dans ce même Magafin fort aéré, depuis le 11 Juin 1734 jufqu'au 30 Janvier 173 $, & qui pefoit 67 livres lorfqu'elle fut mife dans ce Magafïn, s'eft trouvée réduite, le 28 Septembre 1734, à 48 liv. ayant diminué de ip livres dans l’intervalle de trois mois Ôt demi.
- Cette piece, qui avoit diminué fi confidérablement en fl peu de temps, n'ayànt prefque plus diminué depuis le 28 Septembre jufqu'au 30 Janvier 1736' , on peut prendre cette date du 3J8 Septembre 1734, comme Ie terme de fa diminution totale.-Cependant fon égale qui n'avoit point touché à l'eau, ôt qui avoit refté fous le hangar, avoit diminué davantage que celle-ci , ne pefant que 4 6 livres*
- On remarque que celle-ci pefant deux livres de plus que fon égale, cette augmentation de poids ne peut provenir que de quelques fubftances étrangères comme le fel , ou autre matière dont l'eau de la mer eft imprégnée, lefquelles, mêlées avec l'eau-de la mer qui a pénétré les pores du bois, fe trouvent engagées entre fes fibres fans pouvoir en fortir, ou ne permettent pas a l'humidité defe difliper ; ce qui rend cette piece plus pefante de deux livres qu'elle n'auroit dû être,fi elle n'avoit point été plongée dans îeau de mer 5 d'où l’on voit que le bois de Chêne de Provence.
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- des Bois. Liv. II. Chaf. V. nj
- «qui â féjoiirné quelque temps dans la mer, acquiert plus de pefanteur que le même bois qui a refté à fair. Sur quoi je ferai une réflexion qui prouve que cette piece n étoit pas fi feche que celle qui n’avoit jamais été dans l’eau. La piece A qui n’a jamais é.té dans l’eau, a perdu trois livres de fon poids ; ôc ces trois livres étoient la feve qu’elle contenoit. La piece A qui a été dans l’eau de mer, s’eft chargée de dix-huit livres d’eau ; à quoi il faut ajouter trois livres de feve quelle devoit contenir comme la piece A qui a toujours refté fous les hangars. C’eft vingt Ôc une livres qu’elle auroit dû perdre, favoir, trois livres de feve £c dix-huit livres d’eau ; elle n’a perdu que dix-neuf livres ; c’eft donc deux livres d’humidité quelle avoit retenu, Ôc qu’elle auroit probablement perdu à la longue, à moins que le fel de la mer n’attirât toujours l’humidité de l’air ; car on fait que le linge qu’on a lavé dans l’eau de mer ne feche jamais parfaitement. Mais cette augmentation de poids ne feroit pas avantageufe, fi elle ne réfultoit que de l’eau que le bois auroit retenu, ou de l’humidité qu’il afpireroit continuellement de l’air.
- En comparant le temps que cette piece a refté dans l’eau de mer pour fe charger de toute l’eau qu’elle a pu prendre, avec celui quelle a refté dans le Magafin pour s’en décharger, on trouve qu’en dix mois cette piece s’eft chargée de dix-huit livres d’eau de mer, ôc qu’elle s’eft déchargée de toute cette humidité , Ôc d’une livre de plus, dans l’efpace de trois mois ôc demi quelle a été dans un Magafin fort aéré ; d’ou l’on peut tirer la conféquence fuivante, en la fuppofant aufli feche que l’autre , ce qui n’eft pas exa£L
- Que tout bois de Chêne de Provence des dimenfions de nos pièces, quelque féjour qu’il ait fait dans l’eau de mer, s’en décharge entièrement dans l’intervalle de trois mois ôc demi, ôc conféquemment qu’il eft en état d’être mis en oeuvre ; mais les bois qui fe confervent dans l’eau, ne s’y préparent pas, puif-qu’on voit que cette piece auroit dû perdre vingt ôc une livres au lieu de dix-neuf; Ôc fi c’eft l’on&uofité de la mer qui a fait ob-ftacle à cette diminution, parce que les corps plongés dans l’eau de mer ne fe deflechent jamais parfaitement, c’eft proba-
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- 22% De za Conservation
- blement un défavantage. On a vu plus haut, dans les Expériences que j’ai faites , & dans celles de M. Dalibard, que les boi& qui ont été plongés long-temps dans l’eau douce, y ont perdu de leur poids lorfqu’ils ont été parfaitement defléchés ; les bois* à brûler flottés le prouvent encore, ôt l’eau ou l’on plonge les* bois, devenant roufle & bourbeufe, ne laifle aucun doute fur la diflolution de la fubftance ligneufe par l’eau.
- III. La piece B tirée du hangar le 11 Juin 1734, où elle a diminué de $ livres j- de fon premier poids , qui étant de 74 livres 7 s’eft trouvée réduit à 69 livres ; cette piece ayant été tirée de ce hangar le 11 Juin, & mife dans de l’eau douce * où elle étoit encore en Février 1733, 011 voit, par la table,, qu’elle a toujours augmenté de poids en fe chargeant d’eau douce , de 2 , 3 ôt 4 livres à chaque pefée, enforte qu’à la fin de l’Expérience elle pefoit 88 livres-^, ayant pris 19 livres7 d’eau douce. Mais comme cette piece fe chargeoit. toujours d’eau, on l’a laifîée dans l’eau, & l’on a continué de la pefer jufqu’à ce qu’elle ne prît plus d’eau.
- On a remarqué i°, Que les gerçures qu’elle avoït lorfqu’elle fut mife dans l’eau douce, s’étoient beaucoup refîerrées, en-forte quelles ne paroifloient prefque plus. 20, Que cette piece s’étoit fort enflée ; mais comme elle étoit fort irrégulière à caufe qu’elle avoit été Amplement refendue d’une branche d’arbre 3 ainfi que toutes les autres pièces de ces premières Expériences , on ne put mefurer l’augmentation de fon volume.
- La piece B fon égale., tirée de la mer le même jour 11 Juin 1734, ^1 & trouvoit pefer 87 livres , ayant pris 12 livres f d’eau de mer dans les dix mois du féjour quelle y avoit fait, fut mife, avec fon égale, ce même jour dans l’eau douce. Cette piece a refté avec fon même poids jufqu’au 18 du mois de Juin ; mais le ip elle prit une livre d’eau douce, & elle en a toujours pris de plus en plus, comme on le voit dans la table , nonob-llant toute l’eau de mer dont elle étoit remplie ; enforte que lorfqu’elle fut pefée, elle fe trouvoit à 92 livres 7-, ayant pris 5 livres7d’eau douce, outre toute l’eau falée quelle avoit; par où l’on voit que; nonobftant toute l’eau de mer dont une piece de
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- des Bois. Liv. II. Chaf. V. 225»
- bois peut être remplie, en Ajournant dix mois entiers dans la mer, elle prend encore de l’eau douce confidérablement ; en ayant pris cinq livres ôt demie dans l’intervalle des fept mois Ôt demi du féjour quelle y a fait ; ce fait eft fingulier 6c digne de remarque. Il montre, comme plufieurs autres de nos Expériences, que l’eau douce pénétré plus puiflamment les bois que l’eau falée. On a continué de laifler ces deux pièces dans cette eau jufqu’à ce qu’elles n’en priffent plus ; après quoi on les en a retirées pour les laifler fécher fous un hangar, en ob-fervant leurs diminutions, ôc les autres changements qui fur-vinrent.
- IV. La piece C mife le 13 Août 1733 fous un hangar, 6c retirée le 11 Juin 1734 pour être mife dans un Magafin moins aéré, avoit perdu fept livres de fon premier poids , ayant été réduite de 6$ liv. à 5*8 : elle n’a diminué dans ce Magafin peu aéré, en fept mois ôc demi, que de trois quarts de livres , puifqu’elle pefoit encore le 30 Janvier 173 £ , 57 liv. f.
- La petite diminution furvenue fur cette piece confirme dans l’opinion que les bois de petits échantillons ainfi refendus en deux, Ôc partagés dans le cœur, expofés fous un hangar aéré y acquièrent en dix mois de féjour toute la féchereffe convenable pour être mis en œuvre ; car on a vu ci-defliis que la piece A tirée du hangar, ôc mife dans un Magafin plus aéré que celui-ci, dans lequel elle auroit dû avoir diminué davantage, a refté néanmoins avec le même poids qu’elle avoit quand on l’y a mife.
- La piece C fon égale, tirée de l’eau de mer Ôc mife dans le même Magafin peu aéré le 12 Juin 1734, étoit augmentée de 14 livres de fon premier poids, étant parvenue de 65 juf-qu’à 75> liv. mais depuis qu’elle a été mife dans ce Magafin , elle a régulièrement diminué de jour à autre, en forte qu’à la fin de l’Expérience elle ne pefoit que 62 liv. f, ce qui donne 16 liv. — de diminution.
- On voit par-là quelle a non feulement perdu toute l’eau de mer qu’elle avoit prife, mais qu’elle s’eft encore purgée de .deux livres & demie de fa feve, ou de fon humeur natu*
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- 230 De la Conservation
- relie ; néanmoins fi au lieu d’avoir mis cette piece dans l’eau de mer , on l’avoit mife fous le même hangar , elle auroit diminué comme fon égale jufqu’à ne plus pefer que 57 liv. 7 ; d’où il réfulte que les cinq livres de poids qu’ elle a encore par deflùs fon égale, ne peuvent être que de fa feve ou de quelques matières étrangères qu elle auroit prifes dans la mer, lefquelles font très-adhérentes au bois, puifque nous voyons que le poids de cette piece na plus diminué à la fin de l’expérience. Cela prouve encore que le bois qui a féjourné longtemps dans la mer conferve plus de fa pefanteur que celui qui na point touché à l’eau.
- Cependant la piece C du hangar a refté dix-fept mois fous le hangar, au lieu que la piece C de la mer n’y a refté que fept mois ; Ôc nous voyons des bois qui perdent à la longue un peu de leur poids, quoiqu’ils faflent l’hygrometre.
- V. La piece D pefant 77 livres, qui avoit perdu fous le hangar 5 liv. ayant été expofée le 11 Juin 1734 au grand air, au foleil ôc à la pluie, a encore perdu 4 livres de fon poids dans l’efpace de deux mois, ne pefant plus le 28 Août que 68 livres.
- Cette piece étoit tout à fait finguliere dans l’ordre de fes poids ; elle conferva fon même poids de 72 livres pendant les onze premiers jours quelle fut mife au grand airs, ôc ne diminua point du tout jufqu’au 22 Juin, quoiqu’expofée au foleil & au vent où elle auroit dû fe deffécher confidérablement. Treize jours après, favoir le 5” Juillet, elle fe trouva tout à coup augmentée de 2 liv. \ au lieu d’avoir diminué ; mais fept jours après, favoir le 12 , elle perdit toute cette grande augmentation de poids, Ôc fe trouva diminuée de 3 livres, ne pefant plus que 71 liv. j ; enfuite elle diminua régulièrement d’une livre ou environ de huit en huit jours, jufqu’au 28 Août fui-vant, où elle fe trouva réduite à 68 liv. Un mois après, favoir le 2p Septembreelle fe trouva encore augmentée d’une livre un quart, ôc toujours en augmentant de poids au lieu d’aller en diminuant, en forte quelle pefoit à la fin de l’Expérience 70 liv. ~, c’eft-à-dire, une livré ôc demie de moins qu’elle
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- ne pefoit lorfqu’elle fut mife au grand air, & une livre &. demie de plus qu’elle ne pefoit le 28 Août, temps où elle fut réduite à fon moindre poids.
- Toutes ces grandes variations de poids furvenues à cette piece au grand air, donnent lieu de juger, >
- i°, Que les bois qui font ainfi à découvert, expofés au fo-leil Ôc à la pluie , aux rofées, aux exhalaifons de la terre, ôc à toutes les injures du temps , effuyent des changements fort fubits relatifs à l’inconftance des temps.
- 20, Cette flation du même poids dans fintervalle de onze jours que cette piece fut expofée au grand air dans le plus fort de l’été, prouve également que la diminution qu’elle efïùyoit pendant le jour, par l’a&ion du foleil & du vent, étoit com-penfée par la rofée de la nuit ou des pluies qu’elle recevoit ; ainli elle reprenoit précifément d’un côté ce qu’elle perdoit dun autre, c’eft-à-dire que la rofée ôc la pluie lui rendoient ce que l’a&ion du foleil ôc du vent lui faifoit perdre de fa feve.
- 30, Cette grande ôc fubite augmentation de poids furvenue le 5 Juillet ôc diflipéele 12, prouve aufli que le bois qui eft une fois parvenu jufqu’à un certain point de féchereffe par l’évaporation de toute fon humeur naturelle, quoiqu’il foit enfuite pénétré d’humidité, s’en décharge très-aifément ôc en très-peu de temps.
- 40, La régularité des diminutions que cette piece a éprouvées enfuite d’environ 1 livre de huit en huit jours, jufqu’au 28 Août où elle fut réduite au moindre poids où elle foit jamais parvenue, montre que pendant cet intervalle elle en a plus perdu par le haie qu’elle n’en a reçu par les rofées , les brouillards ôc les pluies ; enforte que les altérations de l’air ont permis fa diminution ou fon defféchement naturel.
- L’augmentation furvenue enfuite d une livre un quart le 28 Septembre, ôc d’une autre livre un quart le 29 Novembre, montre encore que pendant l’intervalle de ces deux mois elle a pris plus d’humidité quelle n a perdu de fon humeur naturelle ; en effet les temps pluvieux Ôc les brouillards qui régnèrent fréquemment pendant ces deux mois, font la véritable caufe de cette augmentation furprenante.
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- De tout cela il luit que le bois dans l'état de fécherefTe eft tout à fait fufceptible de l’impreffion de l’air, ôt très-capable de grande altération : d’où l’on peut conclure que les bois ne doivent point être expofés au grand air ; car les changements fubits de fécherefTe & d’humidité ne peuvent que déranger extrêmement fon économie naturelle, & précipiter la défunion de fes parties, qui eft la caufe de leur deftru&ion.
- La piece D fon égale, tirée de la mer le 11 Juin 1734* oh elle avoit augmenté de poids depuis 77 livres jufqu’à 92, fut mife ce même jour au grand air, où elle diminua régulièrement de jour à autre depuis le 11 Juin jufqu’au 28 Septembre , qui font trois mois & demi, enforte qu’elle ne pefoit plus que 75 liv. ce qui donne ip liv. de diminution, Ôt l’qn voit quelle a perdu 4 livres de fon humeur naturelle. Mais fi elle avoit été mife fous le hangar, comme la piece D fon égale, au lieu d’avoir refté dans la mer, elle auroit diminué jufqu’à 68 livres # d’où il luit quelle a encore $ livres de plus quelle ne devroit avoir; ce qui ne peut venir que de la matière étrangère, ou d’un refte de fa feve, comme il a été dit de la piece C; car cette piece n’a plus diminué depuis le 28 Septembre 1734 jufqu’au 30 Janvier 1736 : d’où l’on tire deux conféquences,
- i°, Que le Bois de Provence dans les dimenfions de la piece D, & qui après avoir féjourné dans l’eau de mer, eft enfuite expofé au grand air, au foleil & à la pluie, perd dans l’intervalle de trois ou quatre mois au plus, toute l’eau étranger® dont il s’étoit chargé.
- 20, Que ces mêmes bois demeurent plus pefants que ceux qui Ont refté à l’air n’ayant point touché a l’eau, & qu’ils parviennent bien difficilement au même degré de fécherefTe, que les bois qui ont toujours refté à couvert, ce qui a été pareillement prouvé par les Expériences que nous avons rapportées plus haut.
- VI. On a remarqué que toutes les pièces de Chêne de cette Expérience qui ont refté fous le hangar, font un peu plus fendues que celles qui ont féjourné dans la mer ; mais qu’en général celles-ci comme les autres-, le font fort peu. Nous croyons
- que
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- que c’eft par la raifon que ces pièces ont été refendues par le milieu lorfqu elles étoient toutes vertes : car dans cet état les parties du bois ont pu s’approcher les unes des autres en fe déchargeant de leur feve fans fe défunir , ni fe rompre à caufe de la difpofition des gerçures que l’expérience nous montre partir de l’écorce , & aller toutes aboutir vers le cœur du bois qui eft au centre. En effet le bois étant ainfi ouvert, la partie A( Planche FIL Fig. 16. ) peut s’approcher de la partie B & celle-ci de la partie C, en entraînant la partie A B avec elle fans former de défunion ; il en eft de même de la partie E vers la partie D & vers C : aufïi il ne manque jamais d’arriver K ce ci a été remarqué dans le Traite de P Exploitation ) que dans toutes les pièces refendues en deux, la coupe A E que la fcie fait toujours en ligne droite , devient courbe comme a e quand le bois eft devenu bien fec, & toute la furface de la piece devient bouge ou convexe, ce qui fait que ces bois ainfi refendus fe fendent fort peu. Sur quoi confultez le Traité de P Exploitation, Liv. 1F, Chap. II, où il eft prouvé qu’on peut empêcher le bois de fe fendre beaucoup en refendant les pièces à la fcie, dès que les bois font arrivés dans les Arcenaux, avant que de les mettre dans des Magafins ; ôt autant qu’il eft pofïible , il faut faire paffer le trait de la fcie par le cœur de la piece, ce qui feroit une économie digne d’attention pour tous les bois qui doivent être refendus à la fcie.
- Article XII. De la durée des Bois flottés & non flottés expofés à la pourriture.
- Ayant connu, autant qu’il nous a été pofïible, quelle étoit la force des Bois qui avoient féjourné dans l’eau par comparai-fon avec ceux de même qualité ôc tirés du même arbre, qui n avoient jamais été dans l’eau, je me fuis propofé de connoître fi la circonftance d’avoir été confervés fous un hangar, ou d’avoir été tenus quelque temps fous l’eau, influerait fur leur durée. Dans cette vue, je projettai de les mettre pourrir comme j’avois fait à l’égard des bois abattus
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- en différentes faifons, ainfi que je l’ai rapporté dans le Traité de ! Exploitation, Liv. III, Ch. V. Pour précipiter la pourriture de ces bois, nous nous imaginâmes de faire faire un petit caveau dans un raiz de chauffée humide, ôc d’y dépofer les bois dont nous nous propofions d'éprouver la durée ; & comme nous fa-» vions que rien n’étoit plus propre à précipiter la fermentation, & par conféquent la pourriture, que d'entretenir dans ce caveau une chaleur humide, nous y fîmes faire une couche de fumier de cheval.
- On mit enfuite dans ce caveau, r°, des bouts de Chevrons de bois de Provence fort verd ; 20, de bois de la même Province fort fec; 30, d'autre pénétré d'eau de mer ; 40, du Chêne qui avoit été dans l’eau de mer ôc qui étoit médiocrement fec ; 50, du bois qui avoit été dans l'eau de mer, ôc qui étoit fort fec. Ceci fut fait dans le mois de Mai 1736, & M. Garava-que fe chargea d’examiner le progrès de la pourriture fur ces différents bois. Nous efpérions connoître par ces Expériences' les caufes qui précipitent la pourriture des bois, ôc ce qui pourroit les rendre plus fujets à pourrir.
- Le 25 Juillet 17 3 6, on vifita ces bois ; on napperçut aucun changement, Ôc l’on mit en forme de pieux les morceaux de bois de toutes les efpeces qu’on avoit fait rompre. Toujours dans l’intention de connoître ceux qui pourriroient les premiers, le 10 Octobre, on pefa les bois qui étoient dans le caveau : ils fe trouvèrent augmentés de poids, parce qu’il xégnoit beaucoup d’humidité dans ce lieu fouterrein. Les; bois commençoient à jaunir les uns plus que les autres, ôc cela nous faifoit efpérer que nous aurions bientôt de la pourriture.
- Le 26 O&obre 173 6, la couleur jaune de lafuperficie de ces bois augmentoit ; mais comme le fumier ne donnoit pas fenfi-hlement de chaleur humide, on effaya d’exciter un peu de chaleur avec de la cendre chaude, ôc d’y introduire de la fumée d’eau bouillante.
- Le 17 Mai 1757 , les progrès de la pourriture étoient bien lents , ôc nous effayâmes de transporter notre pourriffoir dans-;
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- une autre place, efpérant que l’opération fe feroit alors plus promptement.
- En 1738 , l’eau s’étant introduite dans notre pourrifloir tout fut dérangé, & cette Expérience ne put être conduite à fa fin.
- Article XIII. Principales Conféquences quon peut tirer des Expériences que nous venons de rapporter.
- J E ne prétends point m’étendre fur toutes les conféquences qu’on pourroit tirer du grand nombre d’Expériences que je viens de rapporter. Il feroit poflible de les combiner d’une infinité de maniérés ; mais cela me méneroit trop loin. Ainfi je laiffe ce foin à ceux qui s’intérefferont affez à ce qui regarde les bois pour faire une étude fuivie de mon Ouvrage, ou ils trouveront un grand nombre de faits fur la fidélité defquels ils peuvent compter, mettant toujours à part les petites erreurs qui fe gliflent nécefîairement dans l’exécution d’un aufli grand nombre d’Expériences, & fur-tout dans les différentes copies qu’on a été obligé d’en faire ; car il eft prefqu’impoflible qu’un chiffre ne foit quelquefois écrit au lieu d’un autre ; mettant encore à part les erreurs qui font inféparables des recherches phy-fiques , comme j’en ai déjà prévenu dans le Traité de /’Exploitation des Forêts, où j’ai fait remarquer que, dans de groffes piles de bois, il n’eft pas poflible que toutes les pièces foient* également expofées au grand air & au haie ; & cependant cette feule circonftance doit produire des différences dans les pefées. D’ailleurs puifqu’on voit que les bois fe chargent de l’humidité de l’air, & qu’enfuite ils l’abandonnent, il s’enfuit néceflairement que le poids qu’on trouve un jour n’eft pas le même que celui qu’on auroit trouvé deux jours auparavant, ou qu’on trouveroit deux jours après. Le moyen qui nous a paru le plus propre pour éviter les erreurs, c’eft de multiplier beaucoup les Expériences. Nous les avons donc ainfi multipliées : ôt ce qui nous engage à y avoir confiance , c’eft que,
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- dans la plupart, les réfultats font prefque les mêmes; de fort® qu’on peut n’avoir aucun égard à quelques réfultats particuliers qui s’écartent des autres; mais nous ne nous fommes point permis de faire ce retranchement. Nous avons tout rapporté comme nous l’avons trouvé fur nos Journaux, & nous laiftons au le&eur de faire le choix qu’il jugera convenable. Comme nous avons confidéré notre objet fous différents afpe&s, notre Ouvrage préfente un grand nombre de faits entre lefquels on recueillera ceux que l’on croira préférables. Il eft néanmoins de notre devoir d’épargner aux Obfer-vateurs le foin ôt la peine de faire toutes les combinaifons pofïibles ; ôt fans nous écarter des bornes que nous nous fouîmes prefcrites pour ne point faire un Ouvrage trop volumineux , nous devons expofer au moins les conféquences les plus frappantes qu’on peut tirer de nos Expériences.
- Pour fuivre conftamment l’ordre que nous avons choifi au commencement de ce Chapitre, nous allons examiner, dans autant d’articles féparés, les avantages ôt les inconvénients qu’il y a, i°, A tenir les bois à l’air dans les Chantiers ôt les Arce-naux de la Marine ; 20, A les tenir fous des hangars ; 30, A les mettre dans l’eau douce, ou dans celle de la mer.
- § 1. Des Bois confervès en pile à Pair»
- Les bois qu’on tient à l’air, étant expofés au vent ôt au foleil, fe deflfechent très-promptement : cela eft bien établi par nos Expériences, qui prouvent aufli que ces bois fe gercent , fe fendent, s’éclatent Ôt fe tourmentent fi prodigieu-fement quand ils font de la meilleure qualité, qu’ils deviennent quelquefois hors de fervice. Ce n’eft pas là le feul inconvénient : lorfqu’ils font en partie deiféchés , ils font mouillés par la pluie qui les pénétré ; cela n’a pas befoin d’être prouvé : mais nos Expériences ont fait voir de plus qu’ils-afpirent très-puiffamment l’humidité de l’air, ôt à plus forte rai-fon celle des brouillards, des rofées ôt des exhalaifons qui s’élèvent de h terre. Il eft vrai que nos Expériences prou-
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- vent aufli que cette humidité étrangère eft très-promptement emportée par le vent 6c le foleil ; mais il réfulte de ces alternatives de féchereffe ôc d’humidité un jeu continuel dans les fibres ligneufes, qui font gonflées par l’humidité, ôc qui fe refferrent par la féchereffe. Affurément ce jeu doit fatiguer les fibres j ufer les bois ; ôc la tenflon des fibres augmente beaucoup , quand il furvient une forte gelée, lorfque les bois font pénétrés d’eau. Ce n eft pas tout : il fuit des Expériences que nous avons faites fur des bois pénétrés d’eau, que l’eau étrangère diffout 6c emporte avec elle une portion de la fubftance Ëgneufe, ce qui réduit les bois à un état d’aridité qui leur eft préjudiciable. Ajoutons à cela que l’eau des pluies entrant dans les fentes qui fe font ouvertes y féjourne, s’imbibe dans le bois Ôc y porte la corruption. Tous ces accidents font beaucoup plus a craindre pour certains bois que pour d’autres. Si une goutte d’eau tombe fur du bois gras, poreux, fpongieux, Ôc dépourvu de fubftance gélatineufe, on la voit s’étendre ôc s’imbiber dans le bois comme elle feroit fur un papier brouillard , au lieu qu’une pareille goutte d’eau qui tombe fur un bois dur, fort ferré, ôc rempli de fubftance muqueufe, refte raffemblé en goutte, ôc fouvent ou elle s’écoule , ou elle fe defféche fans pénétrer dans le bois. De même on peut remarquer fur des panneaux de Menuiferie, que l’hiver dans de grandes humidités, il y a des planches qui changent de couleur , Ôc qui font comme fl on les avoit mifes tremper dans l’eau , pendant que d’autres font en apparence affez feches. Affurément les bois qui font les plus pénétrés par l’humidité en font aufli les plus endommagés. C’eft pour cela que les bois vieux Ôc ufés, les bois creux qui font fort gras, pour-riffent très-promptement quand on ne les tient pas au fec, pendant que les bons bois forts y fubfiftent des temps confldéra-bles fans tomber en pourriture. La fuperficie des bois gras qui reftent expofés à l’air femble, dans les temps fort humides, être comme convertie en terre ; ôc dans les temps de grande féchereffe, elle femble comme brûlée.
- On doit conclure de ce que nous venons de dire, que
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- l’humidité qui entre dans les fentes, endommage beaucoup plus les bois gras que les bois forts ; mais elle porte fur-tout un préjudice notable aux bois qui ont des veines blanches ou rouffes , & à ceux qui étant en retour ont le bois du cœur altéré , ainfi qu’à ceux qui ont des nœuds pourris. L’eau qui imbibe ces parties déjà attaquées de pourriture , les pénétré intimement ; elle s y corrompt , & elle porte la corruption dans tous les endroits qu’elle a pénétrés. C’eft pour cela que j’ai vu des pièces de bois qui paroinoient allez faines à la fuperficie, & qui étoient entièrement pourries en dedans.
- Pour remédier à ces inconvénients 9 on a propofé de mettre les pièces debout au lieu de les empiler à plat comme on le fait ordinairement ; ôc Ton a prétendu que quand les bois étoient dans cette pofition9 ils fe déchargeoient dune feve rouffe qui fuintoit par le bas des pièces : j’ai prouvé dans mes Expériences que cette feve étoit une pure idée; ôc fi l’on a vu fuinter quelque chofe des pièces qu’on avoit mifes dans cette pofition 9 c’étoit de l’eau qui s’étoit amalfée dans quelque nœud pourri ou dans des fentes. Cependant cette fituation me paroît être avantageufe à quelques égards : mal-heureufement on ne peut en faire ufage pour de groffes pièces, fur-tout quand on en a un certain nombre.
- Je conviens néanmoins qu’on eft très-fréquemment dans la néceflité abfolue de tenir les bois à l’air : dans ce cas, voici les précautions qu’on peut prendre pour qu’ils foient le moins expofés qu’il eft poflible aux caufes deftruâives dont nous venons de parler.
- Les exhalaifons qui fortent de la terre, endommagent beaucoup ces bois. J’ai vu des piles où les pièces de defliis étoient trop feches, ôc celles de deflous remplies de champignons ; ôc cet inconvénient eft d’autant plus grand que le ter-rein eft moins élevé au-deflùs de l’eau, comme cela arrive fréquemment aux chantiers qui font aux bords des rivières, & dans les arcenaux qui font au bord de la mer. Pour y remédier , je ne vois pas de meilleur moyen que de paver à chaux ôc à ciment l’endroit où l’on doit former les piles, ôc
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- de lui donner confidérablement de pente pour que l’eau n’y féjourne pas. Enfuite il faudra mettre fur ce pavé des chantiers fort élevés, afin que les bois quon mettra deffus , foient defféchés par l’air qui paffera librement par deffous. Il faudra encore faire enforte qu’il y ait du jour entre toutes les pièces , ôc quelles ne fe touchent point dans le fens vertical.
- Le premier lit étant fait, on mettra deffus des calles de bois de 4 à y pouces d’épaiffeur, fur lefquelles on formera le fécond lit ; ce que l’on continuera toujours de même juf-qu’à une certaine hauteur ; Ôc pour empêcher que les bois ne foient endommagés par le grand hâle ôc les pluies, on fera enforte qu’un des côtés foit plus élevé que l’autre pour former deffus un toit avec de mauvaifes planches : tout cela fe voit ( Planche VIII. Fig. i ).
- A Rochefort, pour empiler ces pièces promptement Ôc fans peine, on a une pratique qui m’a paru mériter d’être rapportée ici.
- Je fuppofe ( Planche VIII. Fig. 2 ) qu’ayant formé la pile de bois A B, on veuille monter deffus la piece C Dy on forme un plan incliné avec les pièces EF ôc GH, dont un bout E G porte fur la pile, ôc l’autre F H par terre. Lorfqu’on a placé la piece C D fur le bout des pièces F H, on met un crochet ou crampon, au bout C, ôc un autre au bout D, avec les cordes CI &c DK,* Ôc ayant attelé des boeufs aux bouts I Ôc K, lorfqu’on les fait tirer , la piece C D monte fur le plan incliné toujours parallèlement aux pièces de la* pile, ôc elle fe trouve élevée deffus ôc mife en place très-promptement fans exiger plus de deux hommes qui n’ont aucune fatigue.
- A l’égard des bois moins gros , comme font les folives {Planche X. Fig. i. ) on fait enforte que chaque lit fe croife pour qu’il y ait de l’air entre toutes les pièces, ôc on forme deffus un toit léger avec des doffes ou croûtes : on a feulement foin de faire les piles fort hautes, pour qu’il tienne plus de bois fous un même toit.
- On arrange quelquefois de même les chevrons ôc les planches (Planche IX. Fig. 1 ); mais quand cela fe peut, il vaut
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- mieux les ranger debout le long d’un mur A B expofé au' Nord ( Flanche IX. Fig. 2 ) faifant repofer le bas des planches fur des madriers CD,& élevant deflus un petit Auvent E F pour les garantir de la pluie qui tombe perpendiculairement*
- Pour ce qui eft des bois tors , genoux, varangues , alon-ges, il faut les lotir par efpece, ôc les arranger le mieux qu'il eft poflible ( Planche IX. Fig. 3 & 4 ) à peu près comme les bois droits , ayant attention de mettre la courbure en haut, afin que l'eau s'égoutte. Ou pour que les piles fe forment plus régulièrement, on les arrange fur le plat, les pofant lur des chantiers. A l’égard des courbes , courbatons, varangues acculées, ( Planche IX. Fig. $ ) on les arrange le plus régulièrement qu'il eft poflible la branche unique en bas ; 6c pour le mieux , le long d'une muraille, les aflortiflant par grandeur : car pour toute efpece de bois, il faut avoir grande attention à les lotir par échantillons femblables, pour éviter des remuements confidérables qui coûtent toujours de la main-d'œuvre.
- En Angleterre, on ne fait autre chofe, pour conferver les bois, que de les mettre en pile à l'air, ayant grand foin de les aflortir. On les range par clafles : favoir, pour les bois droits , une grande piece, 2 moyennes, ôc 3 petites. A l'égard des courbes, 4 grandes, ôc $ moyennes ôc petites ; le tout difpofé de maniéré que, fans faire beaucoup d'embarras, on puifle retirer les pièces dont on a befoin. Les bois qui fervent de ge-, noux font tenus à part.
- Dans les ports que j'ai vus, on ne met point les bois fous des hangars ; ils y occuperoient trop de place. On ne les met
- Eoint non plus dans l'eau ; mais quand on a élevé les mem-res, on les laifle un tems avant de les couvrir du bordage ôc du vaigrage, afin qu'ils fe deflechent. Cette pratique eft fort bonne pour Londres : mais en la fuivant en Provence , les bois fe fendroient prodigieufement ; Ôc en Ponant, les bois tendres s'altérer oient : ç'eft pourquoi on a tenté à Roche-fort , d'établir fur les vaifleaux qui font en conftru&ion, un toit fort léger qui s'appuie fur les membres même du vaiffeau; Quelqu attention .qu'on apporte à l’arrangement des bois dans
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- les chantiers , ils ne font pas entièrement à couvert des injures de l’air. Le petit toit qu’on établit fur les piles, étant fait fort à la légère, l’eau palTe par plufieurs endroits, & tombe fur les bois. Les bords des piles ne peuvent être à couvert de l’eau que le vent y porte, non plus que de l’ardeur du foleil : c’eft pourquoi on a préféré de les mettre fous des hangars comme nous allons l’expliquer.
- § 2. Des Bois confervês fous les hangars.
- Il eft certain que les bois font beaucoup plus à couvert des injures de l’air fous les hangars, que fous les appentis dont nous venons de parler. Cependant on a vu les bois fe pourrir fous des hangars d’une énorme grandeur qu’on avoit fait conftruire dans les ports de mer ; ou dans d’autres cas , fe fendre li prodigieu-fement que plufieurs ne pouvoient pas fervir à leur deftination. Rendons ceci plus clair.
- On a vu dans nos Expériences, que les bois d’une excellente qualité fe fendent beaucoup plus que les autres, & que tous les bois qu’on expofe à un prompt delféchement fe fendent plus que ceux dont la difiipation de la feve fe fait lentement. C’eft pour cette raifon que les bois qu’on met fous des hangars fort aérés en Provence, où la plupart des bois font •de très-bonne qualité, Ôc où l’air eft très-fec , fe fendent» énormément : c’eft donc le cas où il faut défendre les bois d’un trop grand haie.
- Il n’en eft pas de même des bois tendres, ôc qu’on a à con-ferver dans des Provinces plus feptentrionales ; ces bois étant moins fujets à fe fendre, ôc l’air plus humide ne précipitant pas autant leur delféchement, il eft bon qu’ils foient plus ex-pofés à l’air, fans quoi ils s’échaufferoient ôc fe pourriroient. On l’a vu dans nos Expériences, & j’en ai fouvent fait la remarque dans les ports : car au fond des hangars où il n’y avoit point de jour, les bois fe pourrilfoient, pendant que fur le devant où les hangars étoient fort ouverts, ils fe fendoient.
- En général il faut éviter de tenir les bois, fur-tout ceux qui
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- ont encore leur feve, dans un lieu trop renfermé ; & il ne faut pas les entaffer immédiatement les uns fur les autres*. Il faut , au contraire, ménager affez d’efpace entre les pièces pour que Y humidité qui s’échappe ne fe porte pas de l’une fur l’autre , &c ne s’amaffe pas entr’elles r car on a vu dans nos Expériences qu’elle s’y corromproit &ç y occafionneroit des champignons. Il fuit de-là que, fous les hangars comme en plein air, il faut les empiler fur des; chantiers élevés , ôc mettre de fortes calles entre les pièces..
- Quand on fait des hangars pour y conferver des bois , il faut donc éviter , fur-tout dans les pays chauds, de les faire trop ouverts de tous les cotés r les bois s’y fendroient plus qu’en plein air ; mais en même temps il faut donner une iffue-aux vapeurs humides qui rempliffent les endroits où l’on renferme beaucoup de bois..
- Le moyen de remplir ces deux intentions, eft de ne point fe propofer, en faifant des hangars, de çonftruire un beau batiment formé d’une fuite de belles arcades fort élevées ôc très-furbaiffées, ou les bois font prefque comme dehors : il eft mieux de renoncer au beau coup d’œil que préfentent ces hangars , pour faire un bâtiment moins beau, mais plus utile. On; aime toujours à faire, de beaux bâtiments, & fouvent on ne penfe pas affez à les rendre propres a remplir leur objet.
- D’abord il faudra intercepter, autant qu’on le pourra, les exhalaifons qui s’élèvent du terrein, en faifant dans toute l’étendue du hangar une aire de glaife bien battue, & affeoir deffus un bon pavé à chaux Ôt à ciment. Enfuite on formera une grande halle {Planche X. Fig. 2 & $) dont la charpente foit foutenue par des arcades de pierre de taille, ou des poteaux: qui doivent avoir peu d’élévation.
- . Cette halle fera terminée aux deux bouts par deux grands; pignons (Fig. 2), qui auront chacun deux grandes portes, ôc: au-deffus une grande fenêtre.
- On fera un plancher à jour à la hauteur L L , on jettera fur cette halle un grand toit qui s’étendra jufqu’à 4 ou $ pieds: au-deffus du terrein pour mettre les bois entièrement à l’abri:
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- du foleil 6c du vent ; ôt aux baies des portes & fenêtres du pignon il y aura des ventaux ôc contrevents, qu’on fermera torfque les circonftances l’exigeront. Voila les bois à couvert de la pluie 6c du grand haie ; il faut maintenant donner une iffue aux vapeurs : c’eft pourquoi j’ai dit qu’il falloit que le plancher L L fût à jour ; ôc j’ajoute qu’on fera au haut du toit des lucarnes, ou encore mieux des efpeces de tuyaux de cheminée E F, qu’on tiendra fort larges pour former des ven-toufes, ôc donner une iffue aux vapeurs, qui étant plus légères que l’air frais, s’élèvent, Ôc trouveront au haut du toit une iffue par où elles s’échapperont, en même-temps quelles empêcheront le foleil ôc le vent de porter un trop grand haie dans l’intérieur de la halle.
- On entrera les groffes pièces par les portes GG, ôc on les arrangera au raiz de chauffée fur des chantiers, en mettant entre deux, des calles comme nous l’avons expliqué plus haut ; ôc on mettra au premier étage les petits bois, tels que le mer-rain , les gournables , les voliches, ôcç. dont on fera des piles à peu près comme on le voit (Planche ÎX, Fig, i ). C’eH: a ceux qui veilleront à l’arrangement des bois, à les affortir par efpece, pour qu’on puiffe tirer les pièces dont on aura befoin, fans être obligé, de remuer beaucoup de bois.
- Au relie, quand on fait attention aux grands approvifion-nements de bois qu’on fait dans les ports, on conçoit qu’il n’eft pas poffiblô de tout mettre fous des hangars, ôc qu’on ne peut y placer que les bordages, les préceintes, les brions , ôcc. les merrains, les gournables ôc les pièces les plus préciëufes. Or, les pièces qu’il faut conferver avec plus de foin , foit à caufe quelles fe trouvent rarement dans les Forêts, foit parce quelles font plus fujettes à pourrir dans la place quelles occupent , foit parce qu’elles entraîneht de grandes dépen-fes quand il faut les changer, font les fourrures de gouttière , les alonges d’écubier, les aiguillettes de porques, ies goût-, tieres, toutes les ferres, les brions, lès ringébts, les étraves, les étarftbots, les barres d’arcaffe, les membres de la flottaifon. A l’égard des pièces de quilles, des varangues ôt des genoux
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- de fond ; comme ces pièces font toujours en deffous de la ligne de flottaifon, elles font moins fujettes à pourrir ; mais comme elles font rares, il convient de les conferver foigneufement jufqu'à ce quelles foient employées. L'impoffibilité où Ton eft de conferver tant de bois fous des hangars, les inconvénients qu'il y a à les tenir à l'air, ont engagé à les mettre dans l'eau. Réfumons ce que nous avons dit de cette pratique.
- $ 3. Des Bois confervés fous l'eau.
- On a vu des bois pourrir fous des hangars; ôc fans faire attention que ces bois en retour avoient des vices confidérables dans le cœur, fans examiner fi les hangars étoient trop humides, fans confidérer qu'il tranfpiroit de leur fol une quantité d'exhalaifons, fans penfer que ces bois entaffés les uns fur les autres retenoient une humidité pourriffante , on s’eft preffé de condamner les hangars comme étant la vraie caufe de tous les défordres qui arrivoient à ces bois : d un autre côté voyant que dans les Provinces méridionales, des bois dépofésdans des endroits à couvert, mais expofés au foleil & aux vents brûlants de ces Provinces, fe fendoient beaucoup, au lieu d'en conclure qu'il falloit les tenir dans des bâtiments mieux fermés, on s'eft preffé de décider que les bois étoient très-mal fous les hangars , & on a pris le parti de les mettre dans l'eau. C’eft alors que les fentiments fe font trouvés très-partagés : les uns affuroient que les bois s'altéroient beaucoup dans l'eau ; d’autres penfoient qu'il étoit avantageux de les y laiffer quelques mois avant de les empiler, ou a l'air, ou fous des hangars ; d’autres prétendoient que le mieux étoit de les laiffer toujours dans l'eau. C'eft cette diverfité de fentiments qui m'a engagé à faire un grand nombre d'Expériences fur les bois plongés dans l'eau.
- Ces Expériences nous ont fait voir :
- i°, Qu'il faut beaucoup de temps pour q(ue les bois foient raffafiés d’eau.
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- 20, Que l’eau douce s’infinue plus promptement dans les bois que l’eau de mer.
- 3°9 Quun morceau de bois raffafié d’eau de mer fe charge encore d’eau douce, quand on le plonge dans ce fluide.
- 4°, Que ces eaux étrangères fe diflipent allez promptement quand on a expofé au haie le bois qui en eft pénétré.
- $°} Que l’eau diffout les parties les plus diflolubles de la feve , & qu’elle en emporte une partie lorfqu’elle fe dilïipe.
- 6°, Que les bois pénétrés d’eau de mer ne fe delfechent point parfaitement , Ôc qu’ils fe chargent beaucoup de l’humidité de l’air.
- 7°, Que les bois parfaitement fecs font l’hygromettre , augmentant ou diminuant de poids fuivant que l’air eft fec ou humide.
- 8°, Que les bois raflafiés d’eau font aufli l’hygrometre fuivant l’état de l’atmofphere , lors même qu’on les tient fous l’eau.
- S>°, Que les bois qui ont été flottés, perdent plus de leur poids en fe defléchant , que ceux qui ne l’ont point été ; & qu’ils en perdent plus quand ils ont été plongés dans une eau courante , que lorfqu’ils ont été mis dans une eau dormante, & quand ils ont été tantôt dans l’eau & tantôt au fec.
- 10% Que les bois tendres ôt de médiocre qualité, font beaucoup plus altérés par l’eau, que les bois d’une excellente qualité; & que les bois blancs font de même plus altérés par l’eau, que les bois durs, comme le Chêne, ôte.
- ii°, Que les bois de Chêne de médiocre qualité font beaucoup moins fujets à fe fendre en féchant, quand ils ont été long-temps flottés que quand ils n’ont point été dans l’eau > ce qui vient de l’altération qu’ils ont foufferte : car les bois fe fendent d’autant moins qu’ils font plus tendres , Ôt le bois pourri ne fe fend point.
- i2°, Que les bois d’excellente qualité fe fendent en féchant , quoiqu’ils aient refté long-temps dans l’eau.
- 13% Que les bois, même les bois blancs, ne s’altèrent point tant qu’ils relient dans l’eau, ou dans la terre humide, pourvu
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- quils ne foient point expofés au frottement de l’eau, qui les ufe peu à peu comme feroit un corps dur.
- 14% Que Fintrodu&ion de l’eau dans le bois fait refermer les fentes ; mais que la folution de continuité fubfifte, enforte que les fentes, les roulures, les cadranures, les gélivures, re-paroiflent quand le bois eft defféché.
- 1 y°, Que ^eau empêche le progrès de la carie, & préferve de pourriture le bois du cœur qui eft en retour ; mais qu’elle ne remédie pas au mal qui fe manifefte quand les bois tirés de l’eau font defféchés.
- 16°. J’ai des pilotis de la démolition des Ponts de Saumur & d’Orléans qui fubfiftoient de temps immémorial : ces pilotis étoient de bois de Chêne qui paroiflent avoir été de bonne qualité , parce que* les couches annuelles en font très-ferrées : quelques-uns étoient altérés au cœur , & avoient quelques nœuds & quelques gélivures, {Planche X. Fig. 5.) mais le relie étoit très-fain. Ayant lailfé fécher ces bois, je les ai fait travailler ; ils étoient durs ; ils fe coupoient bien net fous l’outil : on. y reconnoifloit les pores du Chêne qui étoit devenu noir prefque comme de l’ébene ; & ces bois étant fecs fe font trouvés pefer 60 liv. le pied cube. On voit par-là, comme par nos Expériences, que les défauts qui fe trouvent dans les bois quand on les met dans l’eau, y fubfiftent fans faire de progrès. Le bois relie donc dans l’eau tel qu’on l’y a mis. Pour avoir quelque chofe d’exaél fur l’altération de ce bois, il faudroit pouvoir connoître quel étoit fon poids avant d’avoir été employé en pilotis ; mais 60 liv. eft un bon poids pour du bois très-fec, & celui-là l’étoit quand nous l’avons pefé. Dans certaines terres,' les bois qui y féjournent long-temps changent de nature ; ils y deviennent pierre, ôc quelquefois agate ; mais les bois des pilotis des Ponts de Saumur & d’Orléans n’étoient point du tout pétrifiés.
- 17°, Les bois qui ont paflfé quelque temps dans l’eau, font, comme on l’a vu par nos Expériences, beaucoup moins fujets à être piqués de vers, que ceux quon a toujours confervés à l’air ; à comme il eft prouvé d’un autre coté que l’eau eft fore
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- long-temps à pénétrer intimement un petit parallélipipede de Chêne dun pouce quarré fur deux pouces de longueur, il s’enfuit qu’une grofle piece de bois fera peu pénétrée d’eau en fé-journant trois ou quatre mois dans une eau dormante : ainfi elle fera peu altérée par ce flottage , Ôc on aura l’avantage de moins craindre les vers.
- Mais, dira-t-on, fi par ce flottage on garantit les bois de& vers qui les piquent ôc les moulinent dans l’air, on les expofe en même-temps à ces vers aquatiques qui détruifent les digues de Hollande. Je réponds à cela premièrement, que ces vers redoutables n’exiftent point dans l’eau douce; ôc en fécond lieu, nous ferons voir dans la fuite de cet Ouvrage, que ces vers n’attaquent les bois que dans les mois” de Juin, Juillet Ôc Août, jufqu’à ce que les fraîcheurs de Septembre fe faflent fentir : ainfi on a près de neuf mois à les laifler dans l’eau falée fans rien craindre de ces vers.
- Je penfe donc, d’après mes Expériences, qu’on peut flotter les bois nouvellement abattus , uniquement pour empêcher qu’ils ne foient piqués des vers ; ôc comme trois ou quatre mois fufîifent pour cela, leur qualité n’en fera point diminuée, fiir-tout fi on les met dans une eau dormante, ôc fi l’on fait enforte qu’ils ne flottent point à la furface de l’eau.
- Je dis plus r fi l’on fe propofoit d’employer ces bois refendus en planches, ou en membrures pour la menuiferie dans rintérieur des bâtiments, on feroit bien de: les mettre dans une eau courante, même au faut d’un moulin ; parce que dans; cette occafion', il ne s’agit pas de ménager la force des bois, mais feulement de les empêcher de fe fendre Ôc de fe tourmenter : ainfi il faut en quelque forte les ufer, ôc réduire les bois forts à l’état des bois tendres-
- Il n’en eft pas de même pour les bois de Charpente, à qui il faut ménager toute leur force : le mieux feroit 'affurément de les tenir fous des hangars avec, les précautions que nous avons détaillées. S’ils fe pourriflent dans cette pofition , il ne faudra pas en attribuer la caufe, comme on l’a fait, à la feve qui ne peut pas s’échapper d une groffe piece de bois ; mais au com-
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- mencement d’altération qu’elle aura eu dans le cœur lorfqu’elle étoit fur pied ; altération dont j’ai amplement parlé dans le Traité de l’Exploitation 7 Liv. V, Ckap. IIJ,
- Je m’abftiendrai cependant de pouffer les chofes à l’extrême, & de prétendre qu’on perd les bois en les mettant dans l’eau. Mes Expériences me font croire que l’eau ne remédie point aux vices dont une piece eft affe&ée d’origine : elle empêche que ces défauts ne faffent du progrès, elle les mafque; mais ils reparoiffent quand les pièces tirées de l’eau font parvenues à leur état de féchereffe. D’ailleurs nous avons prouvé que le flottage des bois endommageoit plus les bois tendres que les bois forts, qui, après avoir refté long-temps dans l’eau ^ fe fendent ôc s’éclatent lorlque ces bons bois viennent à fe deffécher. Qu’on traite, comme on voudra, une piece faine de bon Chêne de Provence, il fera de longue durée ; Ôc qu’on s’y prenne, comme on voudra, pour conferver une piece de bois gras en retour, & qui a un commencement d’altération dans le cœur, on ne parviendra pas à la conferver, elle pourrira inceffamment. Je conviens, comme je l’ai déjà dit, que l’eau empêche le progrès du mal ; mais c’eft un petit avantage
- Euifqu’on ne le détruit pas, que les défauts reparoiffent dans les ois de mauvaife qualité, Ôc que les bois forts fe fendent,’ lorfqu’étant tirés de l’eau, ils fe deffechent.
- Je crois cependant qu’il feroit plus avantageux de les tenir dans l’eau, que de les laiffer expofés aux injures de l’air fans prendre aucune précaution; mais fi l’on fe détermine à les mettre dans l’eau, il faut faire enforte qu’ils ne flottent point,’ Ôc fur toute chofe qu’ils ne foient point tantôt à l’eau ôc tantôt à l’air, comme je l’ai vu au bord de la mer, où à toutes les marées ils étoient mouillés, ôc ils reftoient à fec quand la mer étoit retirée. Mes Expériences ont prouvé que c’eft le cas où les bois fouffrent la plus grande altération.
- Il eft encore très - important d’éviter d’empiler les bois dans des endroits où ils font expofés aux exhalaifons qui Portent du terrein, comme cela arrive très-fréquemment, ÔC prefque néceffairement au bord de la mer ôc des rivières.
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- J’ai vu remuer de ces piles de bois où les pièces de l’intérieur des piles étoient pleines de champignons y pendant que celles du- aefîùs étoient extrêmement fendues ; car les bons bois trop expofés au haie fe fendent prodigieufement.
- Entre ceux qu’on met fous des hangars , les uns font fujets à ce défaut, d’autres font piqués de vers fi on ne les a pas mis quelque temps flotter dans l’eau (*). Ceux qu’on met au fond de l’eau, perdent toujours un peu de leur qualité ; ôc fi c’eft de l’eau falée, ils font détruits par les vers aquatiques qui endommagent les vaifleaux ôc les digues de Hollande. Nous rapporterons dans la fuite les recherches que nous avons faites pour mettre les bois à couvert des défordres que caufent ces infeêtes ; mais en attendant, je vais expofer un moyen que je crois pratiqué en Italie, ôc que je foupçonne avoir aulfl été mis en ufage à S. Malo. J’avoue que je ne l’ai point éprouvé : le voici.
- Il faut faire furleterrein où l’on fe propofe de mettre les bois un lit de gros fable ou de gravier de 3 ou 4 pouces d’é-paifleur : on arrange deflùs les préceintes ôc les bordages J de forte qu’ils ne fe touchent point : on met du même gravier qui remplit tous les vuides , ôc qui recouvre le premier lit de bordages de 2 à 3 pouces d’épaifîeur ; ôc faifant alternativement un lit de gravier ôc un lit de bordages, on éleve la pile à telle hauteur qu’on veut y en garniflant fes bords avec de mauvaifes planches pour retenir le fable 9 ôc on finit par une épaifle couche de fable. Je crois qu’à S. Malo on les enterre dans du fable humide ; mais en Italie > on fait ces piles fous des halles.
- (* ) Il y a des efpeces de bois qui font très-fijjets à être piqués par les vers, de forte que dans un même magafïn quelques pièces font vermoulues pendant que d’autres ne font point attaquées par les vers. En général l’aubier eft plus lujet à être vermoulu que le bois, & quelquefois il eft entièrement réduit en pouffiere pendant que le bois eft très-fain. J’ai remarqué encore qu’il y a certains hangars où ces infeâes font
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- beaucoup plus de détordre que dans a autres , & les bois que l’on cpnferve à l’air font moins fujets à la vermoulure que ceux qu’on tient fous les hangars. Ce que j’ai trouvé de meilleur pour préferver les bois de la vermoulure eft de les mettre j auffi-tôt qu’ils font abattus & débités, paffer quelques mois dans l’eau, comme nous l’avons déjà dit en parlant des bois quç l’on conferve fous l’eau.
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- Voilà à peu près à quoi fe réduit ce que nous avions à dire fur la Confervation des bois dans les chantiers & les arcenaux : examinons maintenant ce qu’on peut efpérer dun moyen qui a été propofé pour prolonger la durée des bois en les defléchant par la chaleur du feu.
- Explication des Planches ÔC des Figures du Livre fécond.
- Planche VII.
- Lé a Figure r, repréfente un corps d’arbre nouvellement abattu & refendu en planches, qu’on a placées les unes fur les autres dans le même ordre qu’elles étoient dans la piece entière; & les ayant ferrées avec des moifes, elles fe font trouvées au bout d’un temps confidérablement endommagées, pendant que les planches prifes d’un arbre fec ne l’étoient pas.
- La Figure i repréfente une piece de bois quarré qu’on a coupé par parallélipipedes i, 2, 3,4, &c. le parallélipipede 4 eft refté entier ; celui 3 a été coupé en deux ; celui 2 en 3 , ôc celui 1 en 4, pour reconnoître fi l’évaporation de la feve fe fait en raifon des furfaces.
- La Figure $ repréfente des pièces de bois qu’on a mis fe def* fécher , les unes pofées verticalement ; à quelques-unes le bout des racines en haut, ôt à d’autres ce bout en bas ; on en a pofé aufïi horizontalement D Dfur des chantiers, & de temps en temps on les plaçoit en équilibre comme E fur un morceau de fer F en couteau.
- Les Figures 4 & f repréfentent des balances hydroftatiques pour reconnoître l’augmentation & la diminution du poids des parallélipipedes E plongés dans l’eau.
- La Figure 6 repréfente la direction des fentes qui fe font formées fur le bout d’une piece de bois refendue à la fcie, & dont le coeur A de l’arbre étoit à un des angles de la piece*
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- Les Figures 7, 8, ÿ, 10, U, iz, 13 & 14, repréfentent la direètion qu’affeâent communément les fentes, fuivant que le centre de l’arbre eft dedans ou hors la piece.
- La Figure i $ fert à faire voir une fubftance grenue qui s’ap-perçoit entre les fibres ligneufes dans des barreaux rompus ; mais on a augmenté la quantité de cette fubftance pour la rendre plus fenfible qu’elle n eft dans le naturel.
- La Figure 16 eft un corps d’arbre refendu en deux pour faire voir comment les fibres ligneufes fe rapprochent iorfque les arbres fe defiechent.
- Planche VI11.
- La Figure i fait voir comment on doit empiler les bols quarrés qui relient à l’air en les plaçant fur des chantiers, mettant entre les pièces des cales affez épaiffes , ôc faifant en-forte que les pièces ne fe touchent point dans le fens vertical. On voit aulli une partie de cette pile de bois couverte d’une efpece d’auvent pour empêcher que la pluie ne tombe deffus.
- La Figure i fert à faire concevoir comment on peut former les piles Figure i, par le tirage des boeufs y en faifant glifler les pièces C D fur des pièces E F, G H, qui forment un plan incliné.
- Planche IX,
- La Figure i repréfente des piles de planches ou de merrain ou de gournables, qui font couvertes par un petit toit fait de mauvaifes planches.
- La Figure i fait voir comment on peut difpofer les planches dans une pofition verticale le long d’un mur y les élevant fur des chantiers CD, & les couvrant d’un petit auvent E F,
- Les Figures 3 & 4 repréfentent des genoux, ou d’autres bois tors placés fur des chantiers.
- La Figure $ repréfente des varangues de fond, des courbes ou courbatons qui font rangés à peu près par échantillons fur un endroit pavé Ôc le long d’un mur.
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- xfi Delà Conserva tjon, &c:
- La Figure 6 a rapport au Livre III, & repréfente un bordage qu’on attendrit par le feu pour pouvoir le courber fans le rompre.
- Planche X.
- La Figure 1 repréfente une pile de bois fur laquelle on a établi un toit avec de mauvaifes planches.
- La Figure 2 eft une halle pour mettre les bois précieux à couvert ; on la voit par le bout ou par le pignon.
- La Figure f eft la même halle vue dans fa longueur. Les efpeces de cheminées E F quon voit s’élever au-deffus du toit, font de larges ventoufes qui fervent à difliper l’humidité qui s’échappe des bois.
- La Figure 4 eft le plan de cette halle.
- La Figure $ eft un tronc d’arbre qui eft carié au cœur, 8c qui a un nœud pourri.
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- Ftcf,]2 ,
- A
- C
- A
- E
- .Fig. 16.
- a
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- Zc-Z foj-JB&lj; ][ cap snoçp svp jjodsntrux
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- 'Bwisport des Bois JLw.lL. BLJC. Bu/. uS-i,
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- LIVRE TROISIEME.
- Du Dejfiéchement des Bois par une chaleur artificielle, âC de leur attendrifiement par la même opération.
- No» s avons rapporté beaucoup d’Expériences fur le deffé-chement naturel des Bois, fur le dommage qu’un trop prompt defféchement peut leur caufer par les fentes & les contours bizarres qu’ils prennent, fur les moyens qu’on peut employer pour prévenir ces accidents, ou au moins les diminuer beaucoup. Ces objets ont été amplement difcutés dans le Traité de VExploitation y & nous venons d’examiner ce qui arrive aux bois que l’on conferve fous des hangars*
- Dans le Livre précédent nous avons encore rapporté un grand nombre d’Expériences fur l’imbibition des bois , foit dans l’eau falée, foit dans l’eau douce, & fur le temps qui eft néceflaire pour que cette eau étrangère fe diflipe. Ceux qui fe donneront la peine d’étudier attentivement ces Expériences, feront en état d’apprécier l’avantage qu’on peut attendre du flottage des bois, & le préjudice que cette opération peut leur caufer.
- Comme on s’étoit perfuadé que la feve étoit la feule caufè de la pourriture ,on a propofé de deflécher encore plus les bois qu’ils ne peuvent l’être naturellement , ôc d’employer pour cela l’aâion du feu : non feulement on a prétendu y trouver l’avantage de fe débarraffer d’une liqueur qu’on regardoit comme corruptible, & comme la fource de l’altération des parties folides ; mais encore on a cru que le feu étoit propre a endurcir le bois, & qu’il le rendroit capable d’une plus grande réfiftance. Je fais que les manches des couteaux communs, qu’on nomme des Jambettes, deviennent très-durs Ôc
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- très-folides par l’opération qu’on leur fait éprouver, qui change tellement l’organifation du bois que j’ai plufieurs fois été em* barralfé de reconnoître de quel bois ils étoient faits. M’étant trouvé à S. Etienne en Foreft, je vis que ces manches étoient prefque tous de Hêtre , & que ce qui augmente leur dureté , vient de ce qu’on les moule entre deux plaques d’acier qu’on fait chauffer, ôc qu’on place dans une forte preffe : la chaleur des plaques fond, ou au moins attendrit beaucoup les fibres ligneufes ; la prefîion les rapproche les unes des autres, elles s’uniffent & fe foudent en quelque façon les unes aux autres ; par-là leur denfité & leur dureté eft beaucoup augmentée. Quand j’ai dit que les fibres ligneufes entroient en quelque façon en fufion, je n’ai rien dit de trop ; puifqu’entre les deux plaques d’acier qui forment le moule, il s’étend des balevres d’un quart de pouce de longueur qui reffemblent aux jets des métaux qu’on jette en moule. Il eft certain que cette opération doit rendre le bois bien meilleur ; mais elle n’eft praticable que pour de très-petits ouvrages, & je ne la rapporte que pour faire appercevoir le changement le plus notable qui puiffe arriver au bois qu’on expofe à une chaleur vive.
- CHAPITRE PREMIER.
- Examen de ce que l’aclion immédiate du feu peut produire pour augmenter la durée des Bois.
- Ons est perfuadé que la chaleur du feu, indépendamment de l’effet de la preffe, durciffoit beaucoup le bois ; & Fon cite pour exemple l’ufage où. font les Sauvages qui ne connoiffant point les métaux, ont des fléchés de bois qu’ils font chauffer jufqu’à en griller le bout pour les endurcir ; mais j ignore de quel bois elles font, & quel degré de dureté elles
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- acquièrent par ce moyen. Quoi qu’il en foit, c’eft dans cette perfuafion que Ton a coutume de brûler le bout des pieux à la partie qui doit entrer en terre , pour empêcher qu’ils ne pour-riflent trop promptement.
- On fait que les pieux, dont un bout eft enfoncé dans la terre & le refte eft à l’air, pourriflent très-promptement, fur-tout au niveau de la terre ; ôc que pour prévenir ce dépériffe-ment , plufieurs ont coutume de Drûler la partie des pieux qui doit être en terre jufqu à un demi-pied au-defius du terrein. Voici les Expériences que j’ai faites pour eflayer de connoître ce qu’on pouvoit efpérer d’avantageux de cette pratique.
- Article I. Expériences faites fur des pieux pour majjurer fi le feu prolonge fenfiblement leur durée.
- i°, Je pris un rondin de Chêne abattu en Oêtobre 1732 ; je le fis écorcer, & mettre en partie en terre comme fi c’eût été un poteau : l’ayant vifité fix ans après en Avril 1738 , non-feulement l’aubier étoit pourri 5 mais même le bois étoit fort endommagé.
- 20, Un autre rondin pareil s’eft trouvé à très-peu de choie près dans le même état en 173 8 ; feulement le bois étoit un peu moins altéré.
- 30, Un pareil rondin verd & écorcé comme les précédents , fut mis, par le bout qui devoit être en terre, dans un grand brafier pour réduire en charbon la fuperficie de l’aubier. Dans cette opération, il perdit 7 livres 1 y onces 4 gros de fon poids : fur le champ, on mit en terre la portion qui étoit grillée. En 1738, la fuperficie de ce pieu paroiflbit faine, parce que la croûte charbonneufe n avoit fouffert aucune altération. On fait que le charbon eft une fubftance incorruptible. Mais fous cette croûte, l’aubier étoit un peu moins endommagé que celui des pieux premier & fécond qui n’avoient point été grillés : cependant le bois du cœur étoit à très-peu de chofe près dans le même état que celui de la piece N°. 2,
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- 4°, Un pareil rondin verd & écorce, fut grillé comme celui du N°. 3 ; & dans cette opération, il perdit 6 livres 2 onces de fon poids. En 1738, l’aubier & le bois fe trouvèrent un peu en meilleur état qu’au rondin N°. 3.
- $°, Pour répéter ces mêmes Expériences fur des bois fecs je fis fcier de pareils rondins au pied des ridelles qui avoient été abattues l’année précédente ; je les fis écorcer & griller comme les rondins verds. Le rondin N°. f perdit à cette opération y livres 8 onces de fon poids. En 1738, l’aubier étoit prefque réduit en terre ; mais le bois étoit un peu meilleur que celui des bois verds.
- 6°, Un rondin femblable au précédent, d’un an d’abattage," ne perdit de fon poids, en grillant, que 2 livres 11 onces. Il eft vrai que, comme il étoit fec , je craignois de le trop brûler. En 1738, la fuperficie réduite en charbon étoit faine ; l’aubier étoit réduit en terre, & le bois étoit un peu meilleur que celui du N°. $, quoiqu’il fût traverfé de veines blanches très-échauffées.
- 7% Un rondin pareil aux précédents, abattu depuis un an, fut écorcé,Ôc mis en terre fans l’avoir brûlé. En 1738, l’aubier étoit entièrement détruit, & rempli de fourmis qui y avoient fait leur logement. Il y avoit aulïi dans cet aubier âe petits cloportes : ces infe&es ne fe font rencontrés dans aucun autre rondin. Le bois du cœur avoit encore un peu de folidité.
- 8°, Un rondin tout pareil, d’un an d’abattage, fut écorcé,1 & mis en terre fans avoir été brûlé. Son aubier, en 1738, étoit abfolument anéanti, ôt le bois un peu meilleur que celui du N°. 7.
- On voit par ces Expériences que l’opération de brûler les pieux, prolonge un peu leur durée : je dis un peu ; car les rondins brûlés étoient très-endommagés : mais quand nous aurions apperçu une différence plus marquée, feroit-il poffible de faire ufage de ce moyen pour de gros bois ? Si en brûlant l’extrémité d’un pieu , la chaleur pénétré jufqu’au centre, il n’en fera pas de même lorfqu’on expofera au feu une groffe piece.
- Article
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- UE S B O I s. Liv. III. Chap. I.
- Article II. Expérience faite fur les Baux d’un
- M. le VafTeur , actuellement Commiffaire de la Marine à Bayonne , fit brûler les bouts des baux du Vaifleau le Ferme, avant de les mettre en place, de forte que la furface de ces baux étoit couverte d’une couche de charbon de l’épaiffeur de quatre lignes fur les quatre faces. Ges baux brûlés fe font pourris au moins aulli-tôt que ceux qui ne Ta voient point été.
- Comme on a toujours penfé que le bois dont la fuperficie auroit été réduite en charbon, feroit de plus longue durée on en a fait l’épreuve fur plufieurs vaiffeaux ; mais les vaiffeaux changeant de département , ceux qui ont fait les épreuves en changeant aufli, & ces Expériences étant fort longues , on a le plus fouvent oublié qu’on les eût commencées fur tel vaifleau ; ce qui fait que je n’ai eu connoiflance que de celle que je vais rapporter.
- Etant a Rochefort, en 1737 ou 173 8 , avec quelques Officiers de ce département, qui penfoient que la croûte char-bonneufe contribuoit à la confervation du bois, il arriva qu’on délivra des bordages qui avoient été brûlés par le côté qui touchoit aux membres. Effectivement, fi l’on s’étoit contenté d’examiner la fuperficie charbonneufe de ces bordages, on les auroit jugé très-fains ; mais eh ayant fait parer plufieurs pour enlever ce qui étoit réduit en charbon, on trouva le bois de deffous cette croûte pourri prefque comme à ceux qui n’avoient pas été chauffés.
- Il ne faut donc pas croire qu’il y ait un grand avantage à brûler la fuperficie du bois pour le préferver de la pourriture. Au contraire, on peut regarder tout ce qui a été brûlé comme perdu. Ceci eft bien prouvé par mes Expériences, par celle de M. le VafTeur, ôt par l’Obfervation que je viens de rapporter.
- Article III. Conféquences des Expériences précédentes.
- On peut conclure de ces Expériences que la fubftance
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- Du Dessèchement
- charbonneufe qui couvre le bois , n empêche point qiie l’humidité ne pénétré dans la piece, ôc que l’aubier ne pourriffe. Si on a trouvé le bois un peu moins altéré dans les rondins qui ont été brûlés, qu’aux autres, ce n eft pas à la couche de charbon qui les recouvroit qu’on en eft redevable, mais apparemment à la chaleur qui a pénétré dans le bois. Elle aura peut-être diflipé un peu de fon humidité, ou elle aura mis en fufion la fubftance gélatineufe qui aura durci le bois. Mais ce bon effet qui a été peu confidéràble fur des rondins qui n’é-toient pas gros, ne s’eft point du tout fait appercevoir fur les baux du vaiffeau le Ferme , qui étoient des pièces trop groffes pour que la chaleur eût pu en pénétrer toute la folidité , quoique leur extérieur fût réduit en charbon.
- Quoi qu’il en foit,nous avons cru qu’il convenoit d’examiner ce qui arriveroit au bois qu’on n’expoferoit pas à une chaleur vive capable de les brûler ; mais qu’on tiendroit long-temps expofés à une chaleur plus modérée, qui les pénétreroit plus intimement. Cependant avant de rapporter toutes les Expériences que nous avons exécutées , il eft bon de faire remarquer qu’en expofant les bois à la chaleur du feu, on s’eft propofé deux objets : l’un, de favoir s’il feroit poffible, par ce moyen, de prolonger leur durée ; l’autre, de les attendrir par la chaleur pour pouvoir les ployer Ôt les contraindre à prendre la courbure qui feroit néceffaire pour s’ajufter aux contours qu’on auroit à leur faire prendre. Je m’étendrai dans la fuite fur ce dernier article ; mais j’ai cru en devoir avertir d’avance, parce que les Expériences que je vais rapporter auront quelquefois trait à l’un & l’autre objet.
- •AooÇSoOf®)*
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- DES B O I S. hlV. III. C H AP, IL 259
- CHAPITRE IL
- Des Effets d’une chaleur modérée ôC longtemps continuée fur plufieurs Pièces de Bois, les unes vertes, les autres feches.
- C omme, en- exécutant les Expériences que je viens de rapporter, je m’étois apperçu que, quoique le defîus des bois fût réduit en charbon, la chaleur n'avoit pas pénétré jufqu'au centre des pièces qui étoit fort humide, j'ai cru devoir faire ufage du feu avec plus de modération, en n’expofant point les bois à l'aêfion immédiate du feu.
- Article I. Expériences faites fur plufieurs Pièces de Bois fichées à plufieurs reprifes, jufqu à ce que la chaleur les eût pénétrées intimement.
- Dans le mois d'Août 1724, on a pris un morceau de bois de Chêne, de 2 pieds 6 pouces de longueur fur 12 & 12 pouces d’équarriffage , qui étoit de coupe nouvelle : il pefoit ipf îiv.
- Première Opération.
- . On l’a mis dans un four chauffé comme pour cuire du pain. Après y avoir refié 24, heures , fon poids étoit
- réduit à .... ....................... . • l7S ^v.
- Il étoit donc diminué de . . . . . . • • 20
- Il s'étoit contra&é d'une ligne fur chaque face ; & a un des bouts, il s'étoit formé au cœut une fente de 2 lignes d.ouver-
- Kkij
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- a6o Du Dessèchement
- ture, 3 pouces de longueur & 4 pouces de profondeur;
- Seconde Opération.
- O N le remit paffer encore 24 heures dans le four échauffe au même point. Au fortir du four il pefoit . . 163 liv. 8 onc.
- Ainfi fon poids étoit encore diminué de . . 11 . . 8
- Point de diminution fenfible dans le volume ; aucun changement dans la fente.
- Trois je me Opé rat 10 n.-
- Ayant encore paffé 24 heures au foury fon poids étoit réduit à.......................... . . 158 liv. 8 oncr..
- Diminué de...................... . y
- Ce morceau de Bois étoit réduit fur une face an pouces 7 1* ôc demie ^ Ôc fur l’autre an pouc. 7 1.
- Point de changement fenfible dans la fente.
- Article IL Expérience faite fur un bout de'
- Madrier de coupe nouvelle.
- C e Madrier avoit 2 pieds 6 pouces de longueur for 1 pied de largeur ôc 3 pouces a épaiffeur. Il pefoit 44 liv.
- Première Opération..
- Ayant mis ce Madrier dans un four chauffé au degré propre à cuire le pain, 24 heures après il pefoit 34 liv. 3 onc„
- Son poids étant diminué de.........p . . 13
- Il n avoit que de très - petites gerces ; mais il s'étoit contracté d’une ligne tant fur la largeur que furl’épaifféur.
- Seconde 0 p ératio n-
- O n le remit au four ; ôc après y avoir refié 24. heures y 11
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- jd És B o i s. Liv. III. Chap, IL 261
- pefoit ... . . . ; . • . . . 29 liv. 12 onc.
- Son poids étant diminué de.........4 ... 7
- Sa largeur étoit réduite à 11 pouc. 9 lign. & fon épailTeur à 2 pouc. 11 lignes.
- . On a apperçu plulieurs gerces fur TépailTeur ; elles étoient longues & fort étroites.
- Troisième Opération.
- O N le remit au four ; ôc après y avoir refté 24 heures , il pefoit r . . . . . . . . . . . 28 liv. 1.0 onc.
- Ainfi fon poids étoit diminué de . . 1 . . . 2
- Sa largeur étoit de 11 pouc. 9 lignes, & fon épaifleur de 2 pouces 1 r lignes.
- Les gerces ne s’étoient pas fenfiblement ouvertes.* Article IIL Expérience faite fur un bout de Poteau.
- Ce Poteau avoit 2 pieds 6 pouces de longueur fur 12 & 12 pouces d'équarrifîage ; il pefoit 188 liv.
- P REMIE RE .0 P ÉR AT 10 N.-
- On le mit paffer 24 heures dans le four chaud raufortir, il pefoit ..... v ... . ' . . . .< . .. 16j. liv.
- Son poids étoit diminué de ...... . 21
- Sa largeur étoit de 11 pouces 10 lignes y & fon épailTeur de; ïi pouces 10 v lignes.
- On- voyoit de très-petites; gercés au cœur de la piece.
- Seconde Opérât 10 n*‘
- C e Poteau ayant encore paffé 24 heures dans le four chaud ,
- il pefoit. ..................... . . . . 1$$ liv. $ onc.
- Ainfi il avoit diminué de .... . 11 . . 11
- Sa largeur étoit de 11 pouc. ^lignes-, ôt fon épaifleur de 1i-pouces iof, lignes.
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- 262 Du Dessèchement
- Les fentes du cœur s’étoient ouvertes d une ligne.
- Troisième Opération.
- O n le remit encore paffer 24 heures dans le four ; ôc après ce temps, il pefoit . . . . .. . 14P liv. 10 onc. Il étoit donc diminué de .... . 3 . . 11
- Sa largeur étoit de n pouces p lignes, & fon épaiffeur de 18 pouces 8 lignes.
- Article IV. Expérience faite fur un Madrier de deux ans d’abattage.
- C E Madrier avoit 2 pieds 6 pouces de longueur, 1 pied de largeur , ôc 3 pouces d’épaiffeur ; ilpefoit 38 liv.
- Première Opération.
- Ce Madrier, qui étoit allez fec, a été mis dans un four chauffé à cuire du pain ; ôc après y être refté 24 heures, il
- pefoit........................................31 liv. 4 onc.
- Il avoit perdu de fon poids ... . . . 6 . . 12
- Sa largeur étoit de 11. pouc. p lignes, ôc fon épaiffeur de 2 pouces 11 7 lignes.
- Il avoit plufieurs petites fentes.
- Seconde Opération;
- O n remit ce Madrier paffer 24 heures dans le four chaud ;
- au fortir , il pefoit......................28 liv. 7 onc.
- Ainfi il étoit diminué de . . . . . 2 . . 13
- Les fentes étoient un peu augmentées ; elles avoient trois quarts de pouce de profondeur.
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- des Bois. Liv. III. Chap. IL 263
- Troisième Opération.
- O N remit encore ce Madrier paffer 24 heures au four ;
- au fortir il pefoit...........27 liv. 7 onc.
- Ainfi fon poids étoit diminué de. . . . 1
- Les fentes n avoient point augmenté.'
- Article V. Remarques fur les Expériences précédentes*
- O N peut remarquer à l’égard des Madriers des Expériences 2^4, que celui de nouvelle coupe, Expér. 2, a beaucoup plus perdu de fon poids, que celui qui étoit de coupe ancienne, Expér. 4 ; ce qui eft naturel, quoiqu’il en ait été autrement à l’égard du morceau de bois de Y Expérience 1 : cette différence vient, fans doute, de ce que le morceau de bois de Y Expérience 1 étant d’un pied en quarré, il ne s’eft defféché qu’a la fuperficie. Mais le morceau de bois de YExpér. 2 , qui a plus perdu d’humeur & de feve, a moins diminué dans, fes dimenfions , que celui d’ancienne coupe, Expér. 4 ; ce qui n’eft pas dans l’ordre naturel : apparemment que cette différence dépend de la différente qualité de ces deux Madriers ; ce que je ne trouve point indiqué dans mes regiftres : mais j’incline à le penfer, parce qu’il ne s’eft prefque point formé de fentes au Madrier de nouvelle coupe, Expér. 2, au lieu qu’il s’en eft formé au Madrier d’ancienne coupe, Expér. 4.
- Au furplus, il femble qu’on peut regarder les deux Madriers des Expér. 2^4, comme affez privés de leur feve par ces trois opérations , puifqu’ils ont très-peu perdu de leur poids à la derniere, & qu’ils ont été réduits à ne pefer que 47 a 48 liv. le pied cube : cette réduction à moins de 50 liv. le pied cube, eft confidérable. Je fuis fâché de n’avoir pas fait rompre quelques Barreaux de ce bois ainfi defféché.
- Bien des circonftances font que les bois perdent plus où moins de leur volume en fe defféchant : leur qualité différente, le fens dans lequel ils ont . été refendus ou parallèle-
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- 264 Dp Dessèchement
- ment aux couches annuelles , ou perpendiculairement à ces couches. Il paroît que Fextra&ion de la feve du bois ne doit point leur faire perdre de leur force. Je dis, par exemple, qu’une piece de 12 pouces d’équarriffage , remplie de feve} ne doi^t pas être plus forte que la même piece réduite par la contra&ioh qui fe faitàmefure qu’elle fe deffeche, & qui la réduit à n pouces, puifque la feve du bois ne peut augmenter fa force qui dépend du nombre & de la folidité de fes fibres. Je dis plus : la feve rend les fibres ligneufes plus tendues & plus aifées à rompre ; la piece de bois verd plie fous la charge, les fibres extérieures à la courbure font plus tendues que les autres ; ôc cette tenfion inégale diminue encore la force des pièces. Il ne faut pas cependant que le defTéchement foit porté trop loin ; les fibres ligneufes réduites à un état d’aridité en feroient plus aifées à rompre ; j’en ai parlé plus haut.
- Cependant on conçoit que fi. tout étoit égal d’ailleurs , un morceau de bois d’un plus gros volume doit être plus fort qu’un autre d’un moindre volume, par la même raifon, qu’une piece méplate eft plus forte quand on la charge fur fon côté large, que quand on la charge fur le côté mince. Ce point fera traité expreffément lorfqu’il s’agira de la force des bois.
- J’ajouterai que dans ces Expériences, il a paru que les pièces di-minuoient d’une ligne} ou d’une ligne & demie fur leur longueur. J’ai prouvé, dans le Traité de !Exploitation Liv, IF', Chap. H, Art. III, que les bois perdoient de leur longueur en fe defféchant ; mais c’eft de bien peu de chofe, & dans les Expériences que je viens de rapporter, il eft bien difficile d’établir au jufte quelle eft cette diminution, parce quelle fe fait inégalement dans différentes parties d’un même morceau de bois. On trouve de la diminution fur une face, & point fur les autres ; ce qui fait que je ne l’ai point marqué dans le détail des Expériences.
- A l’égard des pièces Expér. i & 3 , comme elles avoient un
- Ï>ied d’équarriffage, il eft certain qu’il s’en faut beaucoup quel-es ayent perdu toute leur feve ; & cela eft démontré, puif-qu’après les trois opérations, elles fe font trouvées pefer plus d.e 63 liv, le pied cube, Si elles avoient perdu toute leur feve,
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- des Bois. Liv. III. Chap. II, 16$
- elles n’auroient pefé que fo à $$ livres le pied cube, fuivant qu’elles étoient plus ou moins compares, comme on peut le voir par les Expériences 2. <ù* 4, faites fur des bois minces qui fe font defféches au point de ne pefer plus que 48 & 50. liv.
- On penfera , fans doute, quil auroit fallu remettre au four les groffes pièces des Expériences 1 & 3 , jufqu’à ce que leur poids ne fouffrît plus de diminution ; mais il nous parut que nous les brûlerions à leur fuperficie avant d’être parvenus à ce parfait defféchement. Cependant on trouvera dans la fuite , que nous avons exécuté cette Expérience : car il nous a paru quelle étoit néceffaire pour favoir ce que ces defféchements artificiels produifent dans le bois, foit en le durciffant, ou en altérant fa qualité , foit en y produifant des fentes qui pourroient le rendre défectueux & hors de fervice.
- Nous aurons foin auffi de biffer des bois fe refroidir avant que de les remettre au four : car il m’a paru qu’une piece de bois fe fendoit moins quand on la laiffoit fe deffécher tout de fuite 9 que lorfqu’on la faifoit fécher à plufieurs reprifes ; ce qui peut dépendre de ce que c’eft la partie extérieure d’une piece qui fe ‘deffeche la première, & que le bois, en fe refroidiffant, fe condenfoit & fe confolidoit davantage dans les parties de la furface dont la feve étoit déjà fortie : de forte que la feve des parties plus intérieures, qui étoit dilatée par la chaleur, ne trouvant plus de pores ouverts à la fuperficie pour s’échapper , fe portoit aux endroits les plus foibles de la piece, où elle faifoit irruption pour fe difliper.
- Au contraire quand on tient continuellement une piece dans un même degré de chaleur, les vapeurs qui tranffudent continuellement , empêchent la fuperficie de fe durcir, & les paf-fages relient ouverts ; ce qui facilite la difïipation de l’humidité du cœur, qui fe réduit en vapeurs à mefure que la cha^ leur y pénétré.
- Revenons au détail de nos Expériences. Je commence par plufieurs fuites exécutées avec foin dans les Ports fur des bois de différents crûs, qui ont été remis au four un bien plus grand nombre de fois que dans les précédentes.
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- 266 Du Dessèchement
- Article VL Expérience faite fur un bout de foliveau de Bois de Crecy.
- O N avoit pris ce bois dans un terrein graveleux & marécageux. Il fut abattu en 1726 : il étoit dur fous la hache, d’un beau grain : il avoit au cœur, du côté de la racine, une géli-vure de 6 pouces de longueur Ci étroite,. quon n’a pas, pu me-, furer fa profondeur.
- La longueur de ce morceau de bois étoit de 2 pieds 6 pouces ; fa largeur & fon épaiffeur, de 12 pouces. Il pefoit 170 liv. 7 onces.
- § 1. Première Opération•
- O n l’a mis paffer. 21 heures dans un four chaud : au fortir du four, fa longueur étoit de 2 pieds y pouc. 11 lig. fa largeur,' de 11 pouc. 11 lig. fon épaiffeur, de 11 pouc. 1 o \ lig. Il pefoit 157 liv. 4 onc. fon poids étoit diminué de 13 liv. 3 onc. La gélivure s’étoit élargie d’environ 1 f ligne : il s’y en étoit formé une nouvelle perpendiculaire à la . première : elle avoit, comme la première, 1 f lig. de largeur, & 2 pouces de profondeur , d’où il étoit forti un peu d’eau rouffeâtre. Au cœur de l’autre bout il s’étoit ouvert des fentes qui fe croifoient en étoile ; elles avoient 2 pouces de profondeur.
- § 2. Seconde Opération*
- O n l’a remis paffer 21 heures au four : au fortir, fa longueur étoit de 2 pieds y pouc. 11 lig. fa largeur, de 11 pouces 10 ~ lig. fon épaiffeur, 11 pouc. 10 lig. Il pefoit 1J3 liv. fon poids étoit diminué de 4 liv. 4 onc. La première gélivure n’a-voit point augmenté de largeur ; mais elle s’étoit étendue, & elle avoit 6 pouces. Les fentes du bout d’en haut étoient confidérablement augmentées.
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- des Bo is. Liv. III. Chap. II. s.6j
- § 3. Troisième Opération.
- O n Ta remis paffer 21 heures au four. Au fortir, fa longueur étoit de 2 pieds j pouc. 11 lig. fa largeur, de 11 pouc. 1 o lig. fen épaiffeur, de 11 pouc. p rlig. Il pefoit 14J liv. 14 onc. fon poids étoit diminué de 7 liv. 2 onc. Les fentes étoient un peu augmentées,
- § 4. Qu at rie m e Opération.
- On Ta remis paffer 21 heures au four. Au fortir , fa longueur étoit de 2 pieds 3 pouc. 11 lig. fa largeur, 11 pouc. p lig. fon épaiffeur, 11 pouc. p lig. Il pefoit 13P liv. fon poids étoit di-minué de 6 liv. 14 onc. La première gélivure avoit peu changé : la perpendiculaire étoit profonde de f pouces : l’étoile du bout étoit augmentée, & il s’étoit formé quelques fentes fur les faces.
- § f. Cinquième Opération.
- O N Ta remis paffer 21 heures au four. Au fortir, fa longueur étoit de 2 pieds j pouc. 10 \ lig. fa largeur, de 11 pouc. p lig. fon épaiffeur, de 11 pouc. 8 f lig. Il pefoit 134 liv. étant diminué de 5 liv. La première gélivure n’avoit point augmenté : les autres s’étoient un peu étendues.
- § 6. Sixième Opération.
- O n Ta mis paffer 3 p heures au four. Au fortir, fa longueur étoit de 2 pieds $ pouc. 10 -J lig* fa largeur, 11 pouc. 7 j- lig. fon épaiffeur, 11 pouc. 7 lig. Il pefoit 127 liv. 1 onc. fon poids étoit diminué de 6 liv. 1 $ onc. Les gélivures ôc fentes étoient peu augmentées,
- S 7. SEPTIEME 0 PÉRAT ION.
- O N Ta remis 21 heures au four. Au fortir, fa longueur étoit
- L 1 ij
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- a68 Du Dess échôment
- de 2 pieds $ pouc. io f lig. fa largeur, 11 pouc. $ -f lig. fou épaifleur, 11 pouc. $ -jr lig* Il pefoit 121 liv. 14 onc. fon poids étoit diminué de $ liv. 3 onc. La première gélivure tout-a-fait fermée : la fente perpendiculaire n’avoit plus qu’une demi-ligne d’ouverture : l’étoile du bout, ainfi que les autres fentes , étoient diminuées d’ouverture, mais point en profondeur.
- § 8. Huitième Opération,
- O N l’a mis paffer 21 heures au four. Au fortir, fa longueur étoit de 2 pieds $ pouc, 10 \ lig. fa largeur, 11 pouc. 3 lig. fon épaifleur, 11 pouc. 4 lig. Il pefoit 118 liv. 7 onc. fon poids étoit diminué de 3 liv. 7 onc. Les fentes & gélivures avoient peu changé : il paroifloit quelques nouvelles gerces auprès de la première gélivure.
- § p. Neuvième Opération;
- O n a mis le même morceau de bois pafler 21 heures au four. Au fortir, fa longueur étoit de 2 pieds f pouc. 10 lig* fa largeur, 11 pouc. 4 ^ lig. fon épaifleur, 11 pouc. 3 £ lig. Il pefoit 116 liv. 1 onc. fon poids étoit diminué de 2 liv. 6 onc. Il y a eu peu de changement aux fentes ; elles diminuoient au lieu d’augmenter.
- § 10. Dixième Opération.
- O n l’a remis pafler 21 heures au four. Au fortir, fa longueur étoit de 2 pieds ; pouc. 10 7 lig. fa largeur, 11 pouc. 3 tlig. fon épaifleur, 11 pouc. 3 lig. Il pefoit 112 liv. 14 onc. fon poids étoit diminué de 3 liv. 3 onc. Les fentes du côté des racines étoient entièrement fermées : celles du côté des branches ne l’étoient pas.
- § 11. Onzième Opération»
- Après avoir refté 2p heures au four, fa longueur étoit de
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- x>Ms jBoj5.Liv.III.Chap.il atfp
- 3 pieds f pouces io y %• fa largeur, 1i pouc. 3 lig. fon épaif-feur, 11 pouces 3 lig. Il pefoit 108 liv. 13 onc. fon poids étoit diminué de 4 liv. 1 onc. Les fentes du bout qui répondoit aux racines, étoient fermées : celles de l'autre bout étoient un peu refferrées.
- § 12. DouziemeOpération,
- Après avoir relié 3.9 heures au four, fa longueur étoit de 2 pieds f pouc. 10 y lig. fa largeur, 11 pouc. 3 lig. fon épailfeur, ni pouc. 3 lig.Il pefoit 105 liv. 12 onc. fon poids étoit diminué de 3 liv. 1 onc. Il s'eft formé du côté des racines deux petites gerces : le côté des branches étoit à peu près dans le même état.
- § 13. Treizième Opération,
- Après avoir relié 21 heures au four, fa longueur étoit de 2 pieds j pouc. 1 o lig. fa largeur, 11 pouc. 3 lig. fon épailfeur, 11 pouc. 2 y lig* Il pefoit 103 liv. 6 onc. fon poids avoit diminué de 2 liv. 6 onc. Il a paru trois nouvelles fentes du côté des racines : les anciennes étant toujours fermées : le relie à peu près dans le même état.
- § 14. QUATORZIEME OPÉRATION.
- Après avoir relié 21 heures au four, fa longueur étoit de 2 pieds $ pouc. 10 lig. fa largeur , 11 pouc. 2 \ lig. fonépaif-feur, 11 pouc. 2 lig. Il peloit 1 o 1 liv. fon poids étoit diminué de 2 liv. 6 onc. Point de changement fenlible aux fentes.
- § if. Quinzième Opération.
- Après avoir relié 21 heures au four, fa longueur étoit de 2 pieds f pouc. 10 lig. fa largeur, 11 pouc. 2 y lig* f°n épailfeur, 11 pouc. 2 lig. Il pefoit 99 liv. 6 onc. fon poids étoit diminué de 1 liv. 10 onc. Peu de changement aux fentes.
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- Du Dessèchement
- § 16, S ei z i e me Opération.
- 27 O
- Après avoir relié 21 heures au four, fa longueur étoit de 2 pieds 9 pouc. 10 lig. fa largeur, 11 pouc. 2 lig. fon épailfeur, 11 pouc. 1 ~ lig. Il pefoit 97 liv. 2 onc. fon poids étoit diminué de 2 liv. 4 onc. Aucun changement aux fentes ni aux gerces,
- § 17. Dix-septieme Opération.
- Après avoir relié 21 heures au four, fa longueur étoit de 2 pieds $ pouc. 10 lig. fa largeur, 11 pouc. 2 lig. fon épailfeur , 11 pouc. 2 lig. Il pefoit 9 y liv. 2 onc. fon poids étoit diminué de 2 liv» Tout ell relié dans le même état, excepté une petite fente qui s’eft ouverte fur une des faces.
- § 18. Di x-hu it 1 e me Opération.
- Après avoir relié 39 heures au four, fa longueur étoit de 2 pieds ? pouc. 10 lig. fa largeur, n pouc. 2 lig. fon épailfeur , 11 pouc. 1 — lig. Il pefoit 94 liv. 10 onc. fon poids étoit diminué de 8 onc. Aucun changement.
- § 19. Dix-neuvieme Opération;
- Après avoir relié 21 heures au four, fa longueur étoit de 2 pieds 5* pouc. 10 lig. fa largeur, 11 pouc. 1 ~ lig. fon épaif-feur, 11 pouc. 1 7 lig. Il pefoit 93 liv. 8 onc. fon poids étoit diminué de 1 liv. 2 onc. Il n y a point eu de changement, linon que le bois paroilfoit retiré inégalement & les fibres comme crifpées.
- §20* Vingtième Opération.
- Après avoir relié 21 heures au four, fa longueur étoit de 2 pieds $ pouc. 10 lig. fa largeur, 11 pouc. 1 7 lig. fon épaif-feur 11 pouc. 1 lig. Il pefoit 93 Hv. 2 onc. fon poids étoit di-
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- dès Bois. Liv. III. Chap. II. n’jx
- minué de 6 onc. Il y avoit peu de changement dans les fentes.
- § 21. VlUGT ET UNIEME OpÉ RAT ION.
- Après avoir refté 21 heures au four , fa longueur étoit de 2 pieds y pouc. 10 lig. fa largeur, 11 pouc. 1 lig. fon épaiffeur ,
- 11 pouc. y lig. Il pefoit p2 liv. 6 onc. fon poids étoit diminué de
- 12 onc. Les fentes à peu près dans le même état,
- § 22. Vl N G T-D E U X 1 EM E OPÉRATION,
- Après avoir refté 22 heures au four, fa longueur étoit de 2 pieds f pouc. 10 lig. fa largeur, 11 pouc. 1 lig. fon épaiffeur, 11 pouc. f lig. Il pefoit p2. liv. 6 onc. fon poids n’étoit point diminué.
- § 23. Fin GT-TROIS1E ME 0 P ÉR4TI0N,
- Après avoir refté 23 heures au four , fa longueur étoit de 2 pieds 3 pouc. 1 o lig. fa largeur, 11 pouc. 1 lig. foible ; fon épaiffeur, 11 pouc. £ lig. Il pefoit $2 liv. 6 onc. fon poids né-toit pas diminué.
- § 24. Remarques fur tExpérience précédente.
- Au commencement de l’Expérience, le cube de ce morceau de bois étoit de 2 pieds 6 pouc. & après l’Expérience, ayant refté environ 24 jours dans un four chaud, ( car on ne le tiroit du four que pour le pefer & chauffer le four ; furie champ, on l’y remettait) à la fin de l’Expérience, fon cube n’étoit plus que de 2 pieds 1 pouce 4 lignes 3 points. Au commencement de l’Expérience, le pied cube pefoit 6$ liv. 3 onces, & à la fin feulement 43 liv. 10 onces.
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- Du Dessèchement!
- Article VIL 'Expérience faite fur un bout dé Bordage de Chêne blanc de Nantes.
- Ce Chêne coupé en 1718, étoit très-bon & très-fain. Ce? bordage, avant l’épreuve, avoit 2 pieds 6 pouces de longueur, fa largeur étoit de 12 pouc, fon épailleur , 3 pouces, Il pefoit; 43 livres 1 once,
- § 1, Première Opération.
- On Ta mis palier 21 heures dans un four chaud. Au fortir du four, fa longueur étoit de 2 pieds 3 pouc. 1 o lig. fa largeur , 11 pouc. 8 -j- lig. fon épailleur, 3 pouc. Il pefoit 3 4 liv. 13 onc* fon poids étoit diminué de 8 liv. 4 onces,
- § 2. Seconde Op érati o Ni
- Même temps dans le four qu3à la première. Au fortir du four, fa longueur, 2 pieds 5 pouc. 1 o - lig. fa largeur, 11 pouces 7 f lig. fon épailleur, 2 pouces 11 -f lig. Il pefoit 3 3 liv. 10 onc? fon poids étoit diminué de 1 liv. 3 onc.
- $3. Troisième Opération;
- Aussi 21 heures dans le four. Au fortir du four, fa longueur, 2 pieds 3 pouc. 1 o lig. fa largeur, 11 pouc. 3 f lig. fon épailleur, 2 pouc. 11 f lig. Il pefoit 30 liv. 14 onc. fon poids étoit dimi* nué de 2 livres 12. onces.
- ÿ 4. Qu AT rie me Opération:
- Comme les précédentes. Au fortir du four, fa longueur ; 2 pieds $ pouc. 10 lig. fa largeur, 11 pouc. 4 lig. fon épailleur, 2 pouc. 11 \ lig. Il pefoit 28 liv, 15 onc, ainli fon poids étoit diminué de 1 livre 15 onces,
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- jd es Bois, Liv. III. Ch a p. II.
- § $, Cinquième Opération,
- Même temps au four que dans les précédentes. Au fortlr du four, fa longueur étoit de 2 pieds $ pouc. 10 lig. fa largeur, 11 pouc. 3 lig. fon épaiffeur, 2 pouc. n a lig. U pefoit 28 liv. 4 onc. ainfi fon poids fe trouve diminué de 11 onc.
- § 6, Sixième Opération;
- On a mis ce bordage au four, où il a paffé 3p heures. Au fortir du four , fa longueur étoit de 2 pieds y pouc. 1 o lig. fa largeur, 11 pouc. 2 f lig. fon épaiffeur, 2 pouc. 1 o \ lig. Ce bordage pefoit alors 27 liv. 12 onc. ainfi fon poids fe trouve diminué fur celui de la précédente Expérience, de 8 onces.
- § 7. Septième Opération,
- Mis au four pendant 21 heures. Au fortir du four, fa longueur étoit de 2 pieds $ pouc. 10 lig. fa largeur, 11 pouc.
- 1 f lig. fon épaiffeur, 2 pouc. 10 lig. Il pefoit 26 liv. 1 o onc. ainfi la diminution du poids eft de 1 liv. 2 onc.
- § 8. Huitième Opération,
- Semblable à la 7e. Au fortir du four, fa longueur étoit de 2 pieds 5 pouc. 1 o lig. fa largeur, 11 pouc. 1 lig. fon épaiffeur ,
- 2 pouc. 10 lig. ^ Son poids étoit de 26 liv. 8 onc. ainfi la différence du poids eft de 2 onc.
- § p. Remarques fur P Expérience précédente»
- Au commencement de l’Expérience, avant que ce bordage eût été mis au four, fon cube étoit de 6 pouc. 7 lig. 6 points , & pefoit 68 liv. 14 onc. & demi. A la fin de l’Expérience au fortir du four, fon cube n étoit plus que de 6 pouc. 6 lig. points, & ne pefoit plus que 48 liv. 8 onc,
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- ^74 Dff DESSECHEMENT
- Ce morceau de bois s’étoit extrêmement tourmenté , Ôc fendu en plufieurs endroits.
- Article VIII. Expérience faite fur un bout de B ordage de bois de Nantes.
- C E bois avoit été coupé en 1726, & ce morceau étoit de qualité inférieure au précédent ; il renfermoit le cœur de l’arbre. Sa longueur, avant l’épreuve, étoit de 2 pieds 6 pouc. fa largeur, 12 pouc. fon épaiffeur, 3 pouces. Il pefoit 41 liv» B onc.
- § 1. P re mi ere Opération.
- On a mis ce bordage au four, où il â paffé 21 heures. Au fortir du four, fa longueur étoit de 2 pieds $ pouc. 10 lig. fa largeur, 11 pouces p lig. fon épaiffeur, 3 pouces. Il pefoit, au fortir du four, 34 liv. ainfi fon poids étoit diminué de 7 liv, 8 onc.
- §2, Seconde Opération.
- Même temps au four. Au fortir, fa longueur, 2 pieds 5* pouc.
- 1 o lig. fa largeur, 11 pouc. 8 f lig. fon épaiffeur, 3 pouc. Son poids étoit de 33 liv. 4 onc. ainfi il étoit diminué de 12 onc.
- § 3. Troisième Opération*
- Aussi 21 heures dans le four. Au fortir, fa longueur, 2 pieds> 5 pouc. 10 lig. fa largeur, 11 pouc. 7 7lig. fon épaiffeur^ 3 pouc. Son poids étoit de 30 liv. 14 onc. ainfi il étoit diminué de
- 2 1. 6 onc.
- § 4. Qu at rie m e Opération.
- Comme la précédente. Au fortir du four, fa longueur étoit de 2 pieds 3 pouc. 10 lig. fa largeur, 11 pouc. 6 f lig. fon épaif-feur, 3 pouc. La pefanteur étoit de 28 liv. 12 onc. ainffle poids étoit diminué de 2 liv. 2 onc,
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- des Bois. Liv. III. Chap. II. 47^-
- § Cinquième Opération.
- D E même que les précédentes. Au fortir du four , la longueur , 2 pieds $ pouces io lig. la largeur, 11 pouc. $ f %• répaiffeur, 3 pouc. La piece pefoit alors 27 liv. 1 j onc. ainfi le poids étoit diminué de 13 onc.
- §6. Sixième Opération.
- Ce morceau de bois étant mis au four, & y ayantpaffé 39 heures ; au fortir, fa longueur étoit de 2 pieds 5 pouc. 10 lig, fa largeur, 11 pouc. $ lig. fon épaiffeur, 3 pouc. Le poids étoit de 27 liv. 10 onc. ainfi il étoit diminué de 5 onc.
- § 7. Septième Opération.
- O N a mis ce bordage au four, & il y a paffé 21 heures : au bout de ce temps, ayant été tiré du four, la longueur étoit de 2 pieds $ pouc. 1 o lig. la largeur, 11 pouc. 2 lig. Tépaiffeur , 2 pouc. 117 lig. Le poids 25 liv. 7 onc. ainfi il étoit diminué de 2 livres 3 onc.
- § 8. H u it ie me Opération,
- Même temps au four que pour la feptieme. Au fortir du four, longueur du bordage, 2 pieds $ pouc. 10 lig. largeur, 11 pouc. 2 — lig. épaiffeur, 2 pouc. 11 7 lig. Poids de la piece,25 liv. 6 onc. ainfi fon poids étoit diminué d une once.
- § p. Remarques fur P Expérience précédente.
- Au commencement de l'Expérience, avant qu on eût mis ce bordage au four, fon cube étoit de 7 pouces 6 lignes; il pefoit 66 liv. 6 \ onc. Au fortir du four, fon cube n étoit plus que de 6 pouc. 1 o lig. 5 points , ôc ne pefoit que 43 liv. 5 onc. ce qui fait une différence de 23 liv. 1 once & demie,
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- 376 Dv Dessèchement
- Ce bordage avoit beaucoup travaillé ; il étoit arqué & éclaté' par un bout ; & il s’y étoit fait en plufieurs endroits de petites fentes*
- Article IX. 'Expérience faite fur un morceau-de bois de la Forêt de B elle-Btanche.
- Ce bois avoit été abattu en 1718 , dans un terrein gras & marécageux : il étoit affez dur, fans fentes ni gélivûres. Avant l’épreuve, ce morceau avoit 2 pieds 6 pouces de longueur, 12 pouces de largeur, 12 pouces d’épaiffeur : il pefoit 177 livres 6 onces.
- § 1. Première Opération».
- O N le mit au four, où il paffa 21 heures. Au fortir du four , fa longueur étoit de 2 pieds 5 pouces 11 lig. fà largeur, 11 pouc. ioj lig. fon épaiffeur, 11 pouces 1 o lig. Le poids étoit de 165 liv. 12 onc. ainfi il avoit diminué au four de ri livres
- 10 onc.
- § 2. Seconde Opération..
- Mis comme à la précédente, 21 heures dans le four. Au fortir, fa longueur étoit de 2 pieds 5 pouces 10 - lig. fa largeur,
- 11 pouc. 10 lig. fon épaiffeur, i 1 pouc. p lig. Son poids, 161 liv. 4 onc. le poids étoit diminué de 4 liv. 8 onc.
- § 3. Troisième Opération.
- Ayant paffé le même temps au four, la longueur, 2 pieds y pouc. 10 f lig.largêur, 11 pouc. p lig. épaiffeur, 1 pouc. 7 ~ lig*, roids delapiece ,153 liv. 2 onc. diminution, 8 liv. 2 onc,
- § Q u a t rte me Opération,.
- Même temps au four. La longueur, au fortir du four, 2 pieds 5 pouc. 10 xlig. largeur, 11 pouc. 8 lig. épaiffeur,. 11 pouc*
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- des Bois. Liv. III. Chap. IL 477
- 7 lig. Poids de la piece, i±6 liv. 4 onc. diminution de poids, 6 liv, 14 onc.
- '§ y. Cin £Uie me Opération.
- Longueur de la piece au fortir du four, 2 pieds j pouc. 10 7 lig. largeur, 11 pouc. 7 7 lig. épaiffeur, 11 pouc. 6 lig. Poids de la piece, 141 liv. 2 onc. différence de poids, 5 liv. 2 onc*
- § 6. Sixième Opération,
- On à mis ce morceau de bois au four, & on ly a laiffé 39 heures. Au fortir du four fa longueur étoit de 2 pieds 3 pouc. ü o lig. fa largeur, 11 pouc. 7 lig. Ion épaiffeur, 11 pouc. 5 lig. Le poids de la piece étoit de 133 liv. 10 onc. la diminution,, de 7 livres 8 onces.
- § j. Septième Opération.
- Remis au four pendant 21 heures. Au fortir , longueur, 2 pieds 5 pouc. 10 lig. largeur, n pouc. 6 lig. épaiffeur, 11 pouc.. 4 7 lig. Le poids de la piece, 127 liv. 6 onc. la dimimi> tion étoit de 6 liv. 4 one.
- § 8. Huitième Opération.
- Même temps au four que dans la précédente. Au fortir, la longueur étoit de 2 pieds 5 pouc. xo lig. la largeur, 11 pouc. 5 lig. Tépaiffeur, 11 pouc. 4 ~ lig. Le poids de la piece, 124 Hv. 1 onc. la diminution étoit de 3 liv. $ onc.
- $ 9. Neuvième Opération.
- De même que la précédente. Au fortir du four, longueur, 2 pieds 3 pouc. 10 lig. largeur, 11 pouc. $ lig. épaiffeur,
- 11 pouc. 3 lig. Poids de la piece, 120 liv. 14 onc. ainii elle a diminué de^ liv. 3 onces.
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- zjS Du Dess éc sement
- § io. Dixième Opération,
- Vingt 6t une heures dans le four. Au fortifia longueur de ce bordage étoit de 2 pieds $ pouc. 10 lig. la largeur, n pouc. 4 f lig. répaiffeur, n pouc. 1 lig. La piece pefoit dans cet état 117 liv. 4 onc. ainfi elle étoit diminuée de 3 liv. 10 onc.
- § 11. Onzième Opération,
- On Ta remis paiïer 21 heures au four. Au fortifia longueur étoit de 2 pieds 5* pouc. p f lig. la largeur, 11 pouc. 4 lig. l’é-pailfeur, 11 pouc. Sa pefanteur étoit de 112 liv. 10 onc. ainli cette piece avoit diminué de 4 liv. 10 onc.
- § 12, Douzième Opération;
- Ce bordage a été mis àu four, où on Ta laiffé 3p heures , comme dans la fixieme Opération. Au fortir, la longueur étoit de 2 pieds f pouc. p f lig. la largeur, 11 pouc. 2 lig. répaifleur,
- 11 pouc. La pefanteur, 108 liv. 4 onc. la diminution 4 liv. onces.
- § 13. Treizième Opération,
- On Ta remis paffer 21 heures au four. Au fortir, longueur, 2 pieds $ pouc. p ± lig. largeur, 11 pouc. 1 lig. épaiffeur ,10 pouc. 11 lig. Pefanteur, 103 liv. la diminution étoit de 3 liv. 4 onc.
- § 14. Quatorzième Opération,
- Comme la précédente, 21 heures dans le four. Au fortir, la longueur étoit de 2 pieds $ pouc. p \ lig. la largeur, 11 pouc. f lig. répaiffeur, 10 pouc. p lig. La pefanteur, 101 liv.
- 12 onc. la diminution, 3 liv. 4 onc.
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- des Bois. Liv.IH.Chap.IL 279
- S iy. Quinzième Opération.
- Mis au four comme dans l’opération précédente, 21 heures. Au fortir du four, la longueur étoit de 2 pieds j pouc. p 7 lig. largeur, 11 pouc. épaiffeur, 10 pouc. 8 7 lig. Poids, p8 liv. .11 onc. diminution, 3 liv. 1 onc.
- $ 16. Seizième Opération.
- Comme la précédente. Au fortir du four, longueur, 2 pieds $ pouc. p f lig. largeur, 10 pouc. 11 7lig. épaiffeur, 10 pouc, 8 f lig. La pefanteur étoit de py liv. 2 onc. ainfi ce bordage, étoit diminué de 3 liv. p onc.
- § 17. D1 x-sept 1 eme Opération.
- Comme la précédente. Au fortir du four, longueur, 2 pieds 5 pouc. p 7lig. largeur, 10 pouc. n lig. épaiffeur, 10 pouces 8 7 lig. Pefanteur de la piece, p2 liv. 8 onc. ainfi elle a diminué de 2 liv. 1 o onc.
- § 18. D1 x - h uit 1 b me Opération,
- On a mis ce bordage au four, & on l’y a laiffé paflèr 3p heures. Au fortir, fa longueur étoit de 2 pieds 5 pouc. p lig. fa largeur, 10 pouc. 11 lig. fon épaiffeur, 10 pouc. 8 lig. Sa pefanteur étoit de 8p liv. 4 onc. ainfi il a diminué de 3 1.4 onc.
- § ip. D1 x - n Euvi e m è Opération.
- Remis au four où il a paffé 21 heures. Au fortir, longueur, 2 pieds y pouc.p lig. largeur, 10 pouc. 10 7lig. épaiffeur, 10 pouc. 8 lig. Pefanteur, 87 liv. 8 onc. diminution de poids, une liv. 12 onc.
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- Du Dessèchement
- § 20.. VINGT1EME OPÉRATION.
- 2S0
- Comme la dix-neuvieme.Au fortir du four, longueur, 2 pieds $ pouc. 9 lig. largeur, 10 pouc. 10 £ lig. épaifTeur, 10 pouc. 7 1jg, Poids de la piece, 8 y liv» 12 onc. ainfî elle a diminué d une liv. 12 onc.
- § 21. Vingt et unième Opération„
- Remis au four pendant 21 heures. Au fortir, la longueur, 2 pieds $ pouc. 9 lig. la largeur ,10 pouc. 1 o -f lig. l’épaiffeur , 10 pouc. 7 f lig. La pefanteur, 84 liv. 4 onc, ainfî ce bordage a diminué d’une livre 8 onc.
- § 22. Vin g t-d eu x 1 e me Opération.
- Au fortir du four, la longueur étoit de 2 pieds 3 pouc. 9 lig* la largeur, 10 pouc. 10 Ÿ lig. l’épaiffeur, 10 pouc. 7 -f lig. La pefanteur, 84 liv. la diminution, de 4 onc.
- § 23. Vl N G T-T ROISIEME OPÉRATION.
- Comme dans les précédentes, le bordage a été 21 heures dans le four. Au fortir du four, la longueur étoit de 2 pieds J pouc. 9 lig. la largeur, 10 pouc. 10 y lig. l’épaiflèur, 10 pouc. 7 lig. ~. La pefanteur étoit de 83 liv. 14 onc. ainfî la diminua tion a été de 2 onc.
- § 24. Remarques fur F Expérience précédente»
- Avant qu’on eût mis ce bordage au four, il pefoît 70 liv. 1 $ onc. & fon cube étoit de 2 pieds 6 pouces, A la fin de l’Expérience , ce même cube n’étoit plus que d’un pied 11 pouc. 9 lignes 11 points, ôc ne pefoit plus que 42 livres 3 onces 6 gros; ce qui fait 28 livres 11 onces 2 gros de diminution.
- Ce bordage s’étoit peu tourmenté ou arqué ; il s y étoit fait plufieurs fentes ou crevafîes en plufieurs fens, principalement vers les extrémités. Article
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- des Bois. Liv. III. Chap. IL %%i
- Article X. Expérience fur une piece de Bois de Bretagne.
- Ce bois avoit été. coupé en 172^ dans un terrein ingrat ôt montagneux : il étoit roux, facile à travailler, un peu fendu au cœur vers la racine. Cette piece, avant l’épreuve, avoit 2 pieds 5 pouces de longueur, 12 pouces de largeur, 12 pouces d’é-* paiffeur; elle pefoit 164 livres 6 onces.
- § 1. Prêmiere Opération;
- On a mis cette piece au four, & elle y a refté 21 heures, Àu bout de ce temps, on l’a tirée du four, fa longueur alors s’eft trouvée de 2 pieds 4 pouc. 11 lig. fa largeur, 11 pouc. 11 7 tiglon épaiffeur, 11 pouc. 11 lig. Sapefanteur, 1 $ 1 liv. 8 onc. elle avoit par conféquent diminué de 12 liv. 14 onc.
- §2. Seconde Opération.
- Comme la précédente. Aufortir du four, longueur, 2 pieds 4 pouc. 11 lig. largeur, 11 pouc. 10 7lig. épaiffeur, 11 pouc* 10 lig. Poids de la piece, 147 liv. diminution, 4 liv. 8 onc.
- $ 3. Troisième Opération.
- Même temps au four. Au fortir, la longueur étoit de 2 pieds 4 pouc. 11 lig. largeur, 11 pouc. 9 7 lig. épaiffeur, 11 pouc. 8 7 lig. Pefanteur, 138 liv. 12 onc. ainfi elle avoit diminué de B livres 4 onces.
- § 4. Quatrième Opération;
- Au fortir du four, longueur, 2 pieds 4 pouc. 11 lig. largeur $ ,11 pouc. S 7 lig. épaiffeur, 11 pouc. 8 lig. Pefanteur, 131 liv* B onc, ainfi elle avoit diminué de 7 liv. 4 onc,
- ' ïïn
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- D tr Dessèchement
- $ y. Cinquième Opération.
- Au fortir de Fétuve, la longueur étoit de 2 pieds 4 pouc. 11 lig. la largeur, 11 pouc. 7 ~ iig. Fépailfeur, 11 pouc. 6 \ lig. Le poids de cette piece étoit alors de 12 6 liv. 2 onc. ainli la diminution étoit de $ liv. 6 onc.
- § 6. Sixième Opération:
- Cette piece fut mife au four où elle relia 3.9 heures. Au bout de ce temps elle fut retirée ; fa longueur étoit alors de 2 pieds 4 pouc. 11 lig. fa largeur, n pouc. 6 ± lig. Fépailfeur , 11 pouc. 3 lig. Le poids étoit de 119 liv. 6 onc. ainfi elle avoit diminué à l’étuve de 6 liv. 12 onc.
- § 7. Septi eme Opération.
- On a remis cette piece au four ; mais on a obfervé de ne Fy lailfer que 21 heures. Au fortir du four, la longueur étoit de 2 pieds 4 pouc. 1 o Ÿ lig* la largeur, 11 pouc. 6 lig. Fépailfeur ,
- 11 pouc. y lig. Le poids de la piece étoit de 113 liv, 14 onc. diminution, 5 liv. 8 onc.
- § %. Huitième Opération.
- Même temps que la précédente. Au fortir du four, longueur, 2 pieds 4 pouc. 10 y lig* largeur, 11 pouc. y lig. épailfeur, 11 pouc. 3 ~ lig. Poids de la piece, 111 liv. y onc. diminution, 2 liv. 9 onc. '
- § 9. Neuvième Opération.
- Au fortir du four, la longueur étoit de 2 pieds 4 pouc. 1 o £ lig. la largeur, 11 pouc. 4 lig. Fépailfeur, 11 pouc. 3 lig. Le poids de la piece étoit de 108 liv. 12 onc. la diminution, de 2 liv. £ onc.
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- des B o is. Liv. III, Chap. II. 283
- $10, Dixième Opération*
- Au fortïr du four, la longueur de cette piece étoit de 2 pieds 4 pouc. 10^ lig. la largeur, 11 pouc. 4 lig. l’épaiffeur , ii 1 pouc. 2 ^ lig. Le poids de la piece, 105 liv. 12 onc. la diminution, de 3 liv.
- $ 11. Onzième 0 p érat 1 on*
- Au fortir de l’étuve, longueur, 2 pieds 4 pouces 10 lig, largeur, 11 pouc. 3 \ lig. épaifleur, 11 pouces 2 lig. Poids de la piece, 101 liv. 13 onc. diminution, 3 liv. 15 onc.
- § 12. Douzième Opération.
- Cette piece de bois fut mife au four ; ôc y ayant reftd 3P heures, onia retira :1a longueur étoit alors de 2 pieds 4 pouc. 10 lig. la largeur, 11 pouc. 2 ~ lig. l’épaifleur, 11 pouc.
- 1 ^ lig* Le poids de la piece , p8 liv. 4 onc. ainfi la diminution a été de 3 liv. p onc.
- $ 13. Treizième Opération*
- O n a encore mis cette piece de bois au four : mais elle n y a demeuré que 21 heures ; & au fortir, fa longueur étoit de 2 pieds 4 pouc. 10 lig. fa largeur, 11 pouc. 2 lig. fon épaif-feur, 11 pouc. 1 f lig. Sa pefanteur, p6 liv. 4 onc. elle avoit diminué au four de 2 liv.
- § 14. Quatorzième Op é ration,
- ' Comme la précédente. Au fortir du four, la longueur , 2 pieds 4 pouc. 1 o lig. la largeur, 11 pouc. 2 lig. l’épaiffeur, 11 pouc. 1 lig. Poids de la piece, p3 liv. 10 onc. diminution, 2. liv. 10 onc.
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- 384 Du Dessèchement?
- § 15, Quinzième Opération;
- Au fortir du four, longueur, 2 pieds 4 pouc. 10 K g. largeur, 11 pouc. 1 -flig. dpaifleur, x 1 pouc. 1 lig. Poids, 9.1 liv» 12 onc. diminution, 1 liv. 14 onc.
- § 16, Seizième Opération*
- Au fortir du four, longueur, 2 pieds 4 pouc. 10 lig. largeur^ 11 pouc. 1 ^ lig- épaiffeur, 11 pouc. 7 lig. Poids de la pieee r î8p liv. diminution, 2 liv. 12onc.
- $ 17. Dix-septieme Opération*
- Comme les précédentes ,21 heures au four. Au fortir, la longueur étoit de 2 pieds 4 pouc. 1 o lig. la largeur , 11 pouc» 1 7 lig. l’épailfeur, 11 pouc. Poids de la piece ,8 6 liv. 14 onc» diminution de poids, 2 liv. 2 onc.
- $ 18. Dix-h u i ti e me Opération..
- On a mis cette piece de bois au four pendant 3P heures. Art fortir du four, la longueur étoit de 2 pieds 4 pouc. 1 o lig. la larg eur, 11 pouc. 1 lig. l’épaifleur, 10 pouc. 11 7 lig. Le poids delà piece, 85 liv. 1 onc. la diminution, de 1 liv. 13 onc»
- § xp. Dix-neuvieme Opération*
- Cette piece de bois mife au four pendant 21 heures. Au fortir du four, longueur, 2 pieds 4 pouc. 10 lig. largeur, 11 pouc. 1 lig. épaiifeur, 10 pouc. 11 lig. Pefanteur de la piece % 83 liv. 14 onc. diminution, 1 liv. 3 onc»
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- Z) es S ois. Liv. III. Chap.IL a8y
- § 20. VINGTIEME OPÉRATION.
- Vingt et une heures au four, comme dans la précédente^ Au fortir du four, la longueur étoit de 2 pieds 4 pouc. 10 lig, la largeur, 11 pouc. f lig* l’épailfeur 10 pouc. 11 lig. Poids de la piece, 83 liv. 6 onc. diminution, 8 onc.
- § 21, VlN G T ET UNIEME 0 P É RAT ION,
- Au fortir du four, longueur, 2 pieds 4 pouc. 10 lig. lar^ jgeur, 11 pouc. épailfeur, io pouc. n lig. Pefanteur de la piece ,82 liv. 8 onc. la diminution a été de 14 onc.
- § 22. y I N GT~D EU X I EME OPÉRATION,
- De même que les précédentes. Au fortir du four, longueur > a pieds 4 pouc. 10 lig. largeur, 11 pouc. épailfeur, 10 pouc. 11 lig. Poids de la piece ,82 liv. 8 onc, ainli il n5y a eu aucune diminution.
- § 23. Vin gt-t roisie me Opération.
- Cette piece de bois ayant encore palfé 21 heures dans le four, au fortir la longueur étoit de 2 pieds 4 pouc. 10 lig. la largeur, 11 pouc. Tépailfeur, 10 pouc. 11 lig. Poids de la piece ,82 liv. 6 onc. ainli elle a diminué de 2 onces»
- § 24. Remarques fur P Expérience précédente.
- Avant que ce morceau de bois palfât au four, fon cube étoit de 2 pieds 5 pouc. Ôt le pied cube de ce bois pefoit 6S liv. Après avoir fubi toutes les dilférentes épreuves, il ne cuboit plus que 2 pieds 6 points, & le pied cube ne pefoit que 41 liv. 3 onces : c’eft 2 6 livres 14 onces de diminution par pied cube.
- Cette piece de bois seft peu tourmentée j il ne s’y eft fait
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- a86 Du Dessèchement
- que quelques fentes peu confidérables, 6c les bouts le font arqués médiocrement.
- Article XL Expérience fur un Bordage de bois de Bretagne.
- Ce Bois coupé en 172d, provenoit dun terrein montueux &: ingrat. Avant l’épreuve , ce bordage avoit 2 pieds d pouces de longueur, 12 pouces de largeur, 3 pouces d'épailfeur. Il pefoit 38 livres 7 onces.
- § 1. Première Opération.
- On l'a mis au four où il a paflfé 21 heures. Au fortir du four, la longueur de ce bordage étoit de 2 pieds $ pouc. 1 o lig. la largeur, 11 pouc. 10 lig. l’épaiffeur, 3 pouc. La pefan-teur, 31 liv. 14 onc. ainli il avoit diminué de d liv. ponces»
- § 2. Seconde Opération.
- Comme la précédente. Longueur, 2 pieds f pouc. 1 o lig.-largeur, 11 pouces p lig. épaifleur, 2 pouces 11 f lig. Poids% 31 liv. diminution, 14 onc.
- §3, Troisième Opération;
- Comme dans les précédentes Expériences ,21 heures dans lé four. Au fortir du four, la longueur étoit de 2 pieds $ pouces 9 t lig- la largeur, 11 pouc. 8 f lig. l’épaifTeur, 2 pouc. 1 o f lig. La pefanteur de la piece étoit de 2p liv. ainli elle a diminué de 2 livres.
- § 4. Qu at rie me Opération.
- Comme dans les précédentes Opérations. Au fortir du four j la longueur, 2 pieds 5 pouces p ~ lig. largeur, 11 pouces 8
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- des Bois. Liv. III. Chap. IL 287
- lig. épaifleur, 2 pouc. 10 lig. Poids, 26 liv. 15 onc. diminua tion ae poids , 2 livres 1 once.
- § 5*. Cinquième Opération,
- Vingt et une heures dans le four. Au fortir, longueur , 2 pieds 3 pouc. 9 7 lig.-largeur , 11 pouç. 7 lig. épaifleur, 2 pou^ ces 10 lig. Poids de la piece, 2 6 liv. 6 onc, ainfl elle a dimi? nué de 9 onc.
- § 6, Sixième Opération;
- O N a mis ce bordage au four ; & après y avoir relié 39 heures, on Ta retiré , la longueur étoit alors de 2 pieds y pouc. 9 7 lig. la largeur, 11 pouc. 7 lig. Tépaifleur, 2 pouc. 9 7 lig. Le poids , 26 liv. la diminution étoit de 6 onc.
- § 7. Septième Opération,
- Remis au four pour y relier 21 heures. Au fortir du four, la longueur étoit de 2 pieds $ pouc. 9 lig. la largeur, 11 pouc* 6 lig. Tépaifleur, 2 pouc. 9 lig. La pefanteur de la piece, 2% liv. 1 $ onc. la diminution, 1 liv. 1 onc.
- § 8. Huitième Opération.
- Au four 21 heures comme dans la précédente Opération* Au fortir du four, longueur, 2 pieds 3 pouc. 9 lig. largeur,
- : 11 pouc. 6 lig. épaifleur, 2 pouc. 9 lig. Poids de la piece, 23. liv. 14 7 onc. diminution de poids, une once ôc demie*
- § 9. Remarques fur la précédente Expérience,
- Avant que ce morceau de bois fût mis au four, fon cube étoit de 7 pouces 6 lignes, & le pied cube pefoit 61 liv. 8 onc* Après qu5il fut forti du four, le cube étoit de 6 pouc.. 6 lig. 8 points, & le pied cube ne pefoit plus que 45 liv. 9 7 onc. c’efè une diminution de 15 liv. 13^ onc, ^ gros*
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- 288 Dv D ess éc h e m en t
- Ce morceau de bois s’eft tourmenté ; il s’eft arqué ; il s’y ef£ fait des fentes en différents endroits, & il s’eft éclaté dans un coin.
- Article XII. Expérience faite fur un Soliveau rempli de feve.
- Ce foliveau àvoit 3 pieds de longueur, 10 & 8 pouces d’é-quarriffage, cubant 1 pied 6 pouces il étoit d’un Chêne de très-bonne qualité, dun grain fin ôc ferré, tout verd ôc rempli de feve, n’ayant été abattu que depuis trois femaines : il n’a-: voit ni roulures ni gélivures. Il pefoit 132 liv. ce qui eft à peut près à raifon de 79 livres 3 onces 2 gros le pied cube.
- $1, Première Opération.
- On mit ce foliveau dans un four chauffé comme pour cuire du pain, le côté qui regardoit le pied de l’arbre étant vers le fond du four, ôc pofé fur la face qui avoit 8 pouces d’épaiffeur : ayant refté 24 heures dans le four, dont la bouche étoit fermée , il ne pefoit plus que 107 liv. ainfi fon poids étoit diminué de 2 5: liv. La couleur du bois étoit devenue brune ôc comme enfumée ; il s’étoit formé au bout qui regardoit le fond du four , c’eft-à-dire, au pied de l’arbre qui n’avoit aucune gerçure, quinze petites fentes fur les angles s’étendant fur le bout de la piece ; & fur les faces, elles étoient ouvertes de l’épaiffeur d’une lame de couteau 9 & feulement profondes de 4 à 5 lig.
- Il s’eft formé au bout qui regardoit l’entrée du four, une fente de $ pouces de longueur, d’une \ lig. d’ouverture, Ôc étant fondée avec un fil de fer fin, elle avoit 4 à y pouc. de profondeur. Il ne s’eft formé aucune fente fur les faces, de 10 pouc, de largeur. La piece n’a point diminué fenfiblement de longueur, ôt elle avoit encore 8 pouc. d’épaiffeur ; mais elle n’avoit plus que 9 pouc. 9 lig. de largeur, au lieu de 1 o pouc.
- Il étoit forti par la grande fente un écoulement de feve qui s’étoit grillée comme du caramel, & formoit un charbon très-
- léget
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- DES Bo IS. Liv. III. Chap. II. 285?
- léger comme de la crème fouettée : on a eftimé quil y en avoit ce qu’il faudroit pour remplir une petite cuiller.
- Quand on a tiré du four ce morceau de bois, il n’étoit pas poflible de le manier, tant il étoit chaud.
- §2. Seconde Opération.
- On a remis au four le même bout de foliveau : après Fy avoir laiffé 22 heures, onFen a retiré, ôc il pefoit 103 1. 8 onc,
- Ainfi fon poids étoit diminué de...... 3 8
- On n’a apperçu aucun changement aux fentes ni à la longueur , ni à la largeur ; mais il avoit perdu 2 lig. de fon épai£< feur, fur une face feulement, & rien fur la face oppofée ; les angles de la pièce étoient un peu grillés.
- Nota, qu’a cette fécondé Opération le four n’étoit pas aulïi chaud qu’à la première, non plus qu’à celles que nous allons rapporter.
- § 3. Troisième Opération.
- On remit la même piece dans le four ; & après y avoir refté
- 22 heures, elle ne pefoit plus que ........ 93 1.
- Ainfi fon poids étoit diminué de........ 1 o 8 onc.
- La grande fente a paru s’être un peu refermée ; elle n avoit qu’une ligne d’ouverture.
- Au refte on n’apperqut aucun changement fenfible fur la longueur de la piece, fa largeur étoit diminuée d’une ligne, elle n avoit plus que 9 pouces 8 lig. elle avoit aulïi diminué d’une ligne d’épaiffeur fur la face qui n’avoit point diminué à la fe^ conde Opération.
- $4* Quatrième Opération.
- On a remis le même bout de foliveau dans le four chauffé à l’ordinaire : après y avoir refté 3 7 heures, il ne pefoit que 84 liv.
- Ainfi fon poids étoit diminué de............... 9
- La grande fente s’étoit beaucoup refermée, &. elle n’avoit
- Qq
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- 2po Du Dessèchement
- plus qu’un quart de ligne d’ouverture. On voyoit fortir m peu de fumée par cette fente ; ce qui fit juger que la piece n’étoit pas encore parfaitement feche.
- Elle n’avoit point diminué fenfiblement de longueur ; elle avoit perdu une ligne de largeur 9 qui n’étoit plus que de p pouces 6 lignes : elle avoit aufli perdu de fon épaifieur, qui étoit réduite à 7 pouces 1 o lignes.
- §ç. Cinquième Opération.
- On remit encore cette même piece dans le four chauffé a l’ordinaire ; & après qu’elle y eut refié 24 heures 9 elle ne pefoit
- plus que..........................................81 liv.
- Ainfi fon poids étoit diminué de............... 3
- Nulle autre diminution qu’une ligne fur fon épaifieur.
- § 6. Remarques fur FExpérience -précédente.
- Quoique ce foliveau continuât à perdre de fon poids dans le four j on finit l’Expérience 9 parce qu’il n’étoit pas queftion de le réduire en charbon.
- A la fin de l’Expérience 9 fa pefanteur étoit de ... 81 liv.
- Il avoit perdu de fon premier poids..............51
- Sa longueur n’avoit point fenfiblement varié ; fa largeur de J10 pouces étoit réduite a p pouces 6 lig. fon épaifieur qui étoit de 8 pouces 9 étoit réduite à 7 pouces p lignes.
- On trouvera dans 1^Traité de F Exploitation 9 Liv. IV 9 Chap. Il 9 pourquoi les fentes diminuent de largeur à mefure que les bois fe defféchent.
- Article XIII. Expérience faite fur du B ois qui avoit perdu une partie de fa feve.
- Cette Expérience eft la même que la précédente, excepté que le bout du foliveau qui avoit aufii 5 pieds de longueur, io. & 8 pouces d’équarriflage, étoit pris d’un arbre qui avoit été abattu l’hiver précédent : ainfi il avoit huit à neuf mois d a-
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- des Bois. Liv. III.Chap. II. apt
- Battâge. Cependant, après avoir été travaillé, il paroiffoit auflî rempli de feve que s'il eût été récemment abattu : il pefoit 139 liv. c’eft à raifon de 83 liv. 6 onc. 4 gros le pied cube. Il avoit au pied un fimple trait en forme de croiffant y figne d’une rou-* lure qui devoit fe manifefter plus fenfiblement quand le bois feroit fec ; on appercevoit auflî cinq traits fans profondeur, in-dice des fentes qui fe formeroient lorfque le bois feroit fec. Ces traits qui n avoient point de profondeur, partaient d’un même centre. On n’appercevoit aucune gerce fur les côtés,
- $ 1, Première Opération,
- O n mit ce foliveau dans un four échauffé comme pour la première Expérience : après y avoir été 24 heures, il ne pe-
- foit plus que. . . . . ......................111 liv.
- Ainlifon poids étoit diminué de.................28^
- La roulure du pied s’étoit ouverte 9 ôc elle avoit 7 pouces 6 lignes de profondeur, 4 pouces 6 lignes d’étendue 3 & 3 lignes d’ouverture.
- Un des traits qui annonçoient des fentes à la tête, s’étoit ouvert de 2 lig. & cette fente avoit 2 pouc. de profondeur.
- On n’apperçut aucune diminution ni fur la longueur, ni fut l’épaiffeur de la piece : mais elle s’étoit contra&ée de 2 lignes fur la largeur} qui n’étoit plus que de 9 pouces 1 o lignes.
- Il fortit de la feve par les deux bouts à peu près en même quantité qu’à la première Expérience.
- §2, Seconde Opération,
- On remit ce même bout de foliveau au four ; ôc 22 heures
- après il pefoit 107 liv,
- Ainfi il avoit diminué de................... . 4
- La roulure du pied ne s’étoit point élargie ; mais on y fit entrer un fil de fer de 13 pouces de longueur.
- La fente de la tête avoit 4 pouces 6 lig. de profondeur ; les autres traits s’étoient ouverts d’un quart de ligne.
- Ooij
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- 2Ç2 Dv Dessèchement
- On ne remarqua qu une ligne de diminution fur la largeutf qui étoit de p pouces p lignes.
- § 3. Troisième Opération.
- Le même morceau de bois ayant été remis au four, ôc y étant relié 22 heures, il ne pefoit plus que . . . 96 liv,
- Ainfi il avoit diminué de ........ . 11
- L’ouverture de la roulure n’étoit point augmentée ; mais elle avoit 13 pouces de profondeur : les gerces qui s’étoient ouvertes à la tête, s’étoient refermées, Ôc la principale fente parut un peu diminuée.
- On napperait de diminution que fur l’épailTeur, qui n’é-toit plus que de 7 pouces 11 lignes.
- § 4. Qu at rie me Opération-,
- Le même morceau de bois ayant relié 37 heures au four, pefoit...........................................8 6 liv;
- Ainli fon poids étoit diminué de.................10
- La roulure du pied s’étoit refermée d’une-ligne, ôc elle n’a-voit, plus que 2 lignes d’ouverture : celle de la tête s’étoit aulfi confidérablement fermée ; elle n’avoit plus qu’une ligne d’ouverture : les autres gerces étoient fermées entièrement.
- La longueur de la piece étoit diminuée de 3 lignes , elle n’étoit plus que de p pouces 6 lignes ; fon épailfeur étoit dimir nuée d’une ligne, ôc n’étoit plus que de 7 pouces 1 o lignes.
- § Cinquième Opérati on.
- C e morceau de bois ayant relié 24 heures au four , pe-
- foit. ..........83 L.
- Ainli fon poids étoit diminué de.......3
- La roulure du pied étoit reliée à 2 lignes d’ouverture ; les gerces, de la tête étoient refermées, ôc la grande fente n’étoit plus que d’un quart de ligne d’ouverture.
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- DES B O I S. Ll V. III. ChâP. IL 2(?3
- Il navoit point diminué de largeur : fon épailfeur ayant diminué d’une ligne, elle n étoit plus que de 7 pouc. 9 lig. 6 points.
- § 6. Remarques fur la précédente Expérience.
- C e bout dé foliveau pefoit au commencement de Inexpérience .............. 139 liv.
- A la fin.................................83
- Ainfi fon poids étoit diminué de.........y 6
- On n’a point apperçu de diminution fur fa longueur qui étoit de 3 pieds. Sa largeur qui étoit de 1 o pouces , s’eft trouvée réduite à p pou. 6 lig. & fon épailfeur qui étoit de 8 pou. à 7 pou» 9 lig. 6 points.
- Les fentes qui s’étoient ouvertes d’abord, quand le bois à commencé à fe delfécher , fe font fermées à mefure qu’il appro-choit d’être fec. Nous'en avons donné la raifon phyfique dans le Traité de rExploitation, Liv» IJf 9 Chap. IL
- Article XIV. Expérience faite fur un bout de Soliveau abattu depuis Jîx ans.
- Ce bout de foliveau étoit de pareilles dimenfions que les précédants, 3 pieds de longueur 9 10 & 8 pouces d’équarrilfage 9 & pareillement de Chêne très-dur & fort lainmais abattu depuis fix ans. Comme il étoit toujours refté à l’air, la fu-perficie en paroilfoit grillée par le foleil ; cependant après avoir été équarri & réduit aux dimenfions que je viens de marquer, il paroilfoit contenir encore beaucoup de feve. Il pefoit 133 liv. c’eft à raifon de 7p liv. 12 onc. 6 gros le pied cube. Il ne paroilfoit aucune indice de fente au pied ; mais on apperce-voit à la tête quatre traits qui indiquoient qu’il fe former oit des fentes à ces endroits,
- § I. P REMI ERE 0 P É R AT T O N*.
- Ce morceau de bois ayant reûé 24 heures au four, pefoit. s ........ .105 tiw
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- 25)4 Du Dessèchement
- Ainfi il étoit diminué de............2 8 liv;
- Il ne s’étoit ouvert aucune fente au pied ; les quatre traits de la tête s’étoient ouverts d’un quart de ligne ; la profondeur de ces fentes étoit de 4 pouces.
- Il ne paroilfoit aucune gerce fur les faces. Sa largeur étoit diminuée de 2 lig. & avoitp pouc. 10 lig. fon épailfeur étoit aulïi diminuée de 2 lig. mais feulement du côté du pied.
- Il fortit très-peu de feve par le bout de la tête.
- § 2. Seconde Opératio n.
- Ce morceau de bois ayant refté 22 heures dans le four, pe-
- foit..............................................102 liv*
- Ainfi il étoit diminué de ....... . 3
- Les gerces Ôc fentes étoient dans le même état qu’à la première Opération. Sa largeur étoit diminuée d’une ligne, & étoit réduite a p pouc. p lign. Il avoit aulïi diminué de 2 lignes d’épailfeur au bout qui répondoit à la tête, où il n’avoit point diminué à la première Opération. Son épailfeur étoit de 7 pouc, 10%.
- § 3. Troisième Opération,
- Le même morceau de bois ayant encore refté 22 heures au
- four, il ne pefoit plus que ........ p2 liv.
- Ainfi fon poids étoit diminué de. ..... 10
- Il ne s’étoit point formé de fentes au pied ; les quatre fentes qui s’étoient ouvertes à la tête, étoient refermées entièrement.
- Son épailfeur étoit diminuée d’une demi-ligne, ôt étoit de 7 pouces p lignes 6 points.
- § 4. Qu at rie me Opération,
- O n a remis ce morceau au four , & après y avoir refté 37 heures, il pefoit ............ 84 liv.
- Ainli fon poids étoit diminué de ...... 8
- Sa largeur étoit diminuée de 2 lignes ; elle écoit réduite à
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- DES B O I S. LIV. III. C H AP. II.
- 9 pouc. 7 lig. fon épaiffeur étoit aufli diminuée de 2 lig. ôc étoit réduite à 7 pouc. 7 \ lig.
- On n’a apperçu aucun changement dans les fentes,
- § 5. Cinquième Opération,
- C E même morceau ayant été remis au four pendant 24
- heures, il pefoit..................... 8iliv. 8 onc.
- Ainft il avoit perdu de fon poids .... 2 . . 8
- Sa largeur étoit diminuée d’une ligne , ôc étoit de p pouces
- 6 lig. fon épaiffeur étoit diminuée d’une demi-ligne, ôc étoit de
- 7 pouces 6 lignes.
- § 6. Remarques fur la précédente Expérience,
- Cette pièce, au commencement de l’Expérience, pe^
- Toit........................................133 liv.
- A la fin, elle pefoit................... 81. .8 onc.
- Son poids étoit diminué de . . . . . $ 1 . . 8
- Elle n’a point fenfiblement diminué de longueur, qui a toujours été de 3 pieds ; fa largeur qui étoit de 10 pouces a été réduite à 7 pouc. 6 lig.
- Le 18 Octobre, elle pefoit 82 liv. on la mit dans l’eau douce, où elle eft reliée jufqu’à la fin de Novembre : alors elle pefoit 113 liv. ainfi en fix femaines elle s’étoit chargée de 33 livres d’eau, ôc il s’en falloit encore 18 qu’elle ne fût revenue au poids quelle avoit au commencement de l’Expérience. Mais on a vu plus haut, qu’il faut beaucoup de temps pour que les bois loient autant chargés d’eau qu’ils peuvent l’être.
- Article XV. Expérience faite fur un bout de Soliveau extrêmement fec.
- Cette Expérience a été faite avec un bout de foliveau de mêmes dimenfions que les précédents, 3 pieds de longueur , ;io pouces de largeur ôc 8 d’épaiffeur ; mais pour l’avoir très-
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- ap5 Du Dessèchement
- fec, on Ta pris dans une piece de démolition. Tl pefoit 98 liv.
- Il avoit fur un de fes côtés une fente de 12 pouc. de longueur, 2 lig. d'ouverture & if de profondeur. Le bois étoit très-fec, fain & de bonne qualité.
- § 1, Première Opération.
- Ce bout de foliveau a été mis au four; & après y avoir
- refté 22 heures, il pefoit.................94liv. 8 onc,
- Ainfi fon poids étoit diminué de ... . 3 . . 8
- Ses dimenfions n’avoient fouffert aucune diminution , & il jne s'étoit formé aucune nouvelle fente.
- § 2. Seconde Opération.
- O N Ta mis paffer 22 heures dans un four échauffé comme pour toutes les autres Opérations : lorfquil en fut tiré, il pefoit.................................83 liv.
- Ainli fon poids étoit diminué de . . . 11 . . 8 onc.
- Sa largeur étoit diminuée d'une ligne : elle n'étoit plus que de 9 pouc. 11 lig. fon épaiffeur avoit aufli diminué d'une lig» & étoit de 7 pouc. 11 lig.
- § 3. Troisième Opération;
- Le même morceau de bois ayant paffé 37 heures au four,
- ne pefoit plus que................................7f liv.
- Son poids étoit diminué de. . ...............8
- Sa largeur étant diminuée de 2 lig. étoit de 9 pouc. 9 lig. ôc fon épaiffeur, aufli diminuée d’une lig. étoit de 7 pouc. 10 lig* Il ne s'étoit point formé de nouvelles fentes.
- § 4. Qu at rie m e Opération.
- L E même morceau ayant refté 24 heures dans le four, il
- pefoit................ 74 liv.
- Ainfl
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- des Bois. Liv. Iir. Chap. II. 297
- Ainfi il n étoit diminué que de.................... liv.
- Sa largeur étoit diminuée d une ligne ; elle étoit de p pouc. S lignes ; fon épaiffeur, aufïi diminuée d une ligne 3 étoit de 7 pouces p lignes.
- § y. Remarques fur f Expérience précédente.
- Ce bout de foliveau pefoit, au commencement de l’Expé-
- rience ,........................................p8 liv;
- à la fin........................................74
- Ainfi fon poids étoit diminué de.............24
- Sa longueur eft reftée de 3 pieds ; fa largeur, qui étoit de
- 10 poucesy s’eft réduite à p pouces 8 lig. & fon épaiffeur, qui étoit de 8 pouces, à 7 pouces p lignes.
- Ce morceau de bois qui étoit très-fec, a beaucoup moins perdu de foh poids que ceux des premières Expériences ; ôc
- 11 auroit encore moins diminué, fi avant l’Expérience la piece dont le morceau de bois a été tiré, n’avoit pas refté a terre , où probablement elle s’étoit chargée de l’humidité que le terrein lui fourniffoit.
- Article XVI. Remarques fur les quatre Expériences précédentes.
- Ces Expériences ont été faites fur quatre pièces de bols précifément de mêmes dimenfions, mais de différentes coupes : on y voit que les bois contiennent beaucoup de feve, & qu’ils la confervent bien long-temps. La piece qui avoit été abattue l’hiver précédent, en avoit autant que celle qui venoit de l’être. Cela n’eft pas fort étonnant; mais il l’eft, que la piece abattue depuis plus de 6 ans, toujours reftée au grand air, & dont la fuperficie étoit grillée à un pouce d’épaiffeur par les injures de l’air & par l’ardeur du foleil, fe foit trouvée avoir prefque toute fa feve, quand elle a été équarrie , & réduite aux proportions des autres. Cela n étoit pas particulier à cette piece : car on a formé des madriers de pareilles dimenfions %
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- Du Dessèchement
- tirés de pièces qui étant abattues depuis i j ans dévoient être fort fèches , ôc ils fe font tous trouvés contenir beaucoup de feve ou d’humidité : une de ces pièces , qui avoir 3 pieds de longueur fur 10 & 8 pouces d’équarriffa^e , pefoit 134 liv. elle n’a pas été defféchée au four; mais a en juger fuivant la nature de fon bois, ôt le poids de celles qui avoient été def-féchées, celle-ci n’auroit dû pefer que 100 liv. ainfi elle devoir contenir 34 liv. de feve ou d’humidité. Il eft vrai que, comme on ne s’attendoit pas à faire ces Expériences , on avoit été obligé de prendre des pièces qui étoient pofées fur terre , ÔC qui avoient pu fe charger de l’humidité du terrein. Il ne fe-roit pas non plus hors de toute vraifemblance, qu’en expofant au foleil une piece de gros échantillon, la fuperficie fe deffé-chât d’abord Ôt précipitamment, ôt que la dilïipation de la feve de l’intérieur en devînt plus difficile, la croûte de bois defféchée mettant à couvert du haie le bois de l’intérieur, Ôc faifant même peut-être un obftacle à l’évaporation de la lève de l’intérieur : c’eft probablement pour ces raifons, que nous avons apperçu dans nos Expériences, que les bois fe deffé-choient plus complettement ôt plus promptement fous les hangars aérés, qu’en plein air. L’Expérience que nous allons rapporter fur un bordage, en fournira une preuve.
- La piece qui a été prife dans une piece de démolition, qui cependant n’avoit été que p ans en place, avoit encore beaucoup d’humidité ; ôt le pied cube dont nous allons parler, en contenoit encore fix livres.
- On h a pas pouffé plus loin l’épreuve ; Ôt on s’eft contenté de remettre ces pièces cinq fois au four, parce quelles avoient beaucoup moins perdu de leur poids dès la 4 ôt la Opération qu’aux autres, ôc que les bouts Ôt les arrêtes commençoient à fe convertir en charbon.
- Les pièces ne fe font point tourmentées au four, à l’exception de celle de l’Art. XI qui s’eft un peu déjetée ; les autres étoient dans, leur premier état, excepté qu elles avoient diminué de volume ; ôt à toutes les pièces, la diminution étoit plus grande fur la largeur, que fur l’épaiffeur. On a encore remarqué
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- ves Bois. Liv. III. Chap. IL 299
- que les fentes qui s’étoient ouvertes d’abord, s’étoient refermées à mefure que le bois fe defféchoit. On a vu l’explication de ces faits dans le Traité de tExploitation, Livre IT', Chap. IL
- Au refte il me paroît qu’il ne feroit pas à propos de pouffer le defféchement à un point extrême. J’en ai dit les raifons dans un article particulier : Ôc en effet qu’y gagneroit-on ? puifque nous avons vu que les bois très-defféchés fe chargent très-promptement de l’humidité de l’air. Quand il feroit praticable de deffécher ainfi les bois de fervice, on ne remédieroit pas aux défauts qui viennent du retour, ni à cette altération que nous avons prouvé exifler dans l’intérieur des pièces de gros échantillon.
- Article XVII. Expérience faite fur un pied cube de Bois très-Jec.
- Cette expérience a été faite avec un pied cube dq bois qui étoit refté à couvert dans une falle depuis une vingtaine d’années , ôc qui ne pefoit que 47 livres.
- Oh le fit fendre, ôc ilfe trouva très-fec dans l’intérieur. Le plus gros morceau pefoit 3 6 livres , ôc c’eft fur cette piece de bois qu’on a fait les Opérations dont nous allons rendre compte.
- S 1. Première Opération.
- Ayant paffé 22 heures au four, elle pefoit . . . 3 5 liv.
- §2. Seconde Opération.
- Ayant encore paffé 22 heures au four, elle pefoit . 33 liv.
- §S*Troisieme Opération.
- Ayant paffé 37 heures au four, elle pefoit . 30 liv. 8 onc»
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- 300 Du Dessèchement
- § 4. Quatrième Opération;
- Enfin ayant encore paffé 24 heures au four, elle fe trouva du même poids .......... 30 liv. 8 onc.
- § y. Remarques fur P Expérience précédente.
- C e morceau de bois pefoit , au commencement de l’Expérience ,.........................3 6 liv.
- éc à la fin j il ne pefoit plus que . . . . 30 . . 8 onc.
- Ainfi fon poids étoit diminué de ... . 5 . . 8
- Article XVIII. Expériences dans lefquelles on eu
- ménagé davantage la chaleur. Expérience faite fur un Madrier pris dans un Chêne abattu en 173 2.
- Dans toutes les Expériences que nous venons de rapporter 3 les bois avoient été expofés à une chaleur fi vive quils étoient grillés , & trop defféchés pour être d’un bon fervice.
- On a ménagé davantage la chaleur pour les Expériences fuivantes.
- On a fcié fur les quatre faces un Chêne abattu l’hiver 1732 , pour n’avoir que le Gœur du bois : on en a formé un Madrier qui avoit 3 pieds de longueur, 3 pouces d’épaiffeur , & 6 pouces de largeur. Le 21 Juin 1734 ) il pefoit ip liv. 10 onc. 4 gr.
- § 1. Première Opération.
- On le mit paffer y heures dans un four dont la chaleur étoit femblable à ce quelle eft quand on tire le pain. Au fortir du four , il pefoit . 18 liv. y onc.
- Ainfi fon poids étoit diminué de 154 gios9
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- des Bois. Liv. III. Chap. II. 30Ï
- §2. Seconde Opération.
- L’ayant mis fous un hangar , il pefoit 12 heures après . . . . .18 liv. 5 onc. 4 gr.
- Son poids étoit augmenté de. . 4 gr.
- §3. Troisième Opération.
- L’ayant encore remis paffer 12 heures fous le même hangar, il pefoit . . . 18 liv. 6 onc.
- Ainfi ce morceau de bois qui n’étoit pas fort chargé de feve lorfqu’on l’a mis au four, & qui s’y étoit encore defféché, af-piroit puiffamment l’humidité de l’air, qui ces jours-là étoit confidérable.
- § 4. Qu at rie me Opération.
- Ayant chauffé le four âu même degré que pour la première ‘opération, on y mit le même Madrier ; & y ayant refté 24 heures, il ne pefoit plus que . . 16 liv. 6 onc,
- Ainfi fon poids étoit diminué de. . . 2
- Il s’étoit formé plufieurs fentes allez confidérables.
- § 5. Cin qu ie me Opération.
- . Après avoir refté 48 heures fous le hangar, il pefoit 161.7 on.
- Son poids étoit augmenté d’une once.
- §6. Sixième Opération.
- Ce Madrier ayant encore paffé 24 heures dans le four échauffé au même degré, il pefoit . . . .. 16 liv. 4 onc.
- Ainfi il n avoit perdu que 2 onces du poids qu’il avoit à la quatrième Opération,
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- $02 Du D ASSECHEMENT
- § j. Septième Opération.
- On le mit fous le hangar; & 8 ans après, favoir le 23e O&o-bre 1742 , il pefoit...........16 liv. 12 onc.
- § 8. Remarques fur P Expérience précédente.
- On voit que ce morceau de bois étoit très-fec, & peut-être plus qu’il ne convenoit pour être mis en oeuvre, puifqu’ayant refté huit ans fous un hangar, fonpoids, au lieu de diminuer, étoit augmenté de 8 onc.
- Article XIX. Expérience faite fur un Madrier pris dans un Chêne abattu depuis cinq mois.
- Ce Madrier étoit de mêmes dimenflons que le précédent , êc pareillement de coeur de Chêne ; mais nétant abattu que depuis cinq mois, il étoit très-rempli defeve : il pefoitle 21 Juin 1734, 31 livres.
- § 1 .Première Opération.
- AyantpalTé $ heures dans le fournil pefoit 30 liv. 1 onc,
- Ainfi fon poids étoit diminué de.....15
- §2. Seconde Opération.
- Ayant refté 12 heures fous un hangar, il pefoit . . . . . . liv. 13 onc. 4 g.
- Ainfi fon poids au lieu d’augmenter, étoit diminué de . 3 ±
- §3. Troisième Opération.
- L’ayant remis fous le même hangar, il pefoit 12 heures
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- des Boxj.Liv.IILChap.il 305
- âprès . . . . 2p 1. 10 onc. 0 gr.
- Son poids étant encore diminué de . . 3 4
- On voit que ce morceau de bois qui étoit tout verd, per-doit de fon poids fous le hangar, au lieu d’en augmenter comme ont fait ceux qui étoient fecs.
- § 4. Quat rie me Opération.:
- L’ayant remis palier 24 heures dans le four, il ne pefoit plus que. . . . . 2; liv. 14 onc»
- Ainfi fon poids étoit diminué de ; ; 3 12
- § $, Cinquième Opération»
- L’ayant laiffé 48 heures fous le hangar, il pefoit » . ... 25 liv. 13 onc. 4 gr*
- Son poids étoit encore diminué de . • * , 4
- §6. Sixième Opération*
- O n le remit palier 24 heures au four ; il ne pefoit plus: que . . . .25 liv. 4 onc.
- Son poids étoit encore diminué de . . 9
- § 7. Septième Opération.
- L’ayant laillé fous le hangar jufqu’au 25 Octobre 1742, il ne pefoit plus que . . . « . ip liv. 12 onc,
- § 8. Remarques fur f Expérience précédente,
- C e morceau de bois:, au commencement de l’Expérience, pefoit . . » . . . 31 liv. o onc,
- & en fortant pour la dernîere fois du four. . 2? 4
- Par conféquent il avoit perdu au four 5 liv. 1 a onc, de fon poids,
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- 304 Du Dessèchement
- Il n’étoit pas à beaucoup près defféché, puifqu’il a encore perdu $ liv. 8 onc. de fon poids, étant refté fous le hangar.
- Et en général, on voit que lorfque les bois font remplis d’humidité, cette humidité réduite en vapeurs continue à fe difïiper après que les bois ont été tirés du four ; mais quand le delféchement des bois a été porté à un certain point, au lieu de perdre de leur poids fous le hangar, ils fe chargent de l’humidité de l’air.
- Article XX. Conféquences qui réfultent des Expériences précédentes.
- J’ai déjà dit qu’on avoit eu deux intentions en expofant les bois à la chaleur du feu : l’une étoit de les delfécher plus promptement & plus parfaitement; l’autre, de les attendrir pour leur faire prendre la courbure qui convenoit pour l’ufage auquel on les deftinoit. Il n’étoit gueres polfible de féparer ces deux objets dans l’expofé que nous avons fait de nos Expériences : cependant toutes celles que nous avons rapportées jufqu’à préfent ne tendent qu’au delféchement du bois, & Von peut en conclure que la chaleur du feu ne peut être employée pour delfécher les gros bois. Cette même vérité fera encore établie par des Expériences que nous rapporterons dans la fuite. Ainfi on ne doit avoir recours à ce moyen que quand on aura à delfécher des bois minces. Nous en avons, par exemple, fait ufage avec alfez; de fuccès pour delfécher de la voliche que nous deftinions à faire des panneaux de Me-nuiferie.
- Il nous relie encore bien des Expériences à rapporter fur le delféchement des bois par la chaleur du feu : mais dans celles-ci nous ferons obligés de parler en même temps de l’attendrilfe-ment des bois ; cqû pourquoi il convient d’expofer dans quelle vue on s’eft propofé de les attendrir, ôt quels moyens on a employés à cet effet.
- CHAPITRE
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- des Bois. Liv. III. Chap. III. 305
- CHAPITRE III.
- Réflexions générales fur VAttendrijfement des Bois, où fur les divers moyens qui y contribuent.
- N ous avons dit dans le Traité de F Exploitation, Liv. IF7, Chap. 111, que lesfendeurs de cerches les expofoient au feu pour les at> tendrir, ôt que par ce moyen elles devenoient affez flexibles pour être roulées ôt mifes en bottes fans fe rompre. .
- Quand les Tonneliers font des futailles avec du bois fec Ôc un peu gras, ils courroient rifque d en rompre plufieurs douves lorfqu ils les forcent pour leur faire prendre la courbure qu’exigé le bouge, s’ils n’employoient pas des moyens pour rendre leurs bois flexibles : ils préviennent la rupture en fai-fant dans leurs futailles un feu de copeaux qui attendrit les douves, ôt par ce moyen elles deviennent allez fouples pour fe ployer ôt fe rendre à la courbure néceflaire fans être expo-fées à fe rompre. Les Menuiliers , les Tourneurs en bois tendres, les Boilfeliers, les faifeurs de fourches, ôte. favent suffi avec le fecours du feu redrelfer les bois courbes , ou courber ceux qui font droits.
- On s’eft propofé d’employer le même moyen pour des objets bien plus confidéfables. Perfonne n’ignore que le fond ou la caréné des vaifleaux forme des courbures tant dans le fens horizontal, que dans le fens vertical, dans la partie la plus renflée du vaifleau : vers le milieu la courbure étant peu confidérable, les bordages ôt les préceintes ont toujours alfez de foupleffe pour s’y prêter fans fe rompre ; mais a des parties de l’avant ôt de l’arriere, la courbure étant trop grande pour que des planches ou des bordages droits de quatre ou fix pouces d’épaifleur puffent s’y prêter fans fe rompre, on étoit obligé de horder ces parties avec des pièces de Gabari j ç efl>
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- 306 De l'Attendrissement
- à-dire qu’on cherchoit dans les Forêts des arbres qui eulTent naturellement cette courbure ; & avec la fcie, la hache ou l’erminette, on leur faifoit prendre, aux dépens du bois, le contour qu’exigeoit la place où on devoit les mettre. Outre que ces pièces courbes font fort rares, & quil eft important de les ménager pour les membres, on faifoit une grande déprédation de bois, & une énorme dépenfe en main d’œuvre ; de plus on étoit forcé d’employer des bois courts qui ne fai-foient point une bonne liaifon, & des bois tranchés qui man-quoient de force. On s’eft propofé de couvrir ces parties convexes des vailfeaux avec des bordages droits, & même des préceintes droites, en attendrilfant ces bois, quoiqu’affez épais,' par la chaleur du feu ; & pour cela, on a employé différents moyens dont nous allons parler.
- Les uns ont fait chauffer les bordages fur une barre de fer qu’on foutenoit à une certaine hauteur par des Chenêts , & qu’on chauffoit en deffous avec un feu de copeaux, pendant qu’on les humeêloit par deffus avec de l’eau. D’autres les plongeoient dans de l’eau de mer qu’on faifoit chauffer au moyen de fourneaux qu’on établiffoit fous un long coffre de cuivre ; ou bien on les expofoit à la vapeur de l’eau bouillante. Enfin on les a enfouis dans du fable chaud qu’on arrofoit avec de l’eau de mer bouillante. Pour me mettre à portée d’éprouver ces différents moyens , fai fait conftruire de ces différentes étuves à Denainvilliers ; & quand on a été décidé fur celles qu’on devoit établir dans les Ports, j’ai été à portée de répéter mes Expériences plus en grand dans les Ports même.
- On fait que les bordages font pour la plupart des planches droites & trop épaiffes pour être courbées jufqu’à s’ajulfer au contour de plufieurs parties des vailfeaux, fi l’on ne prenoit foin de les attendrir de quelque maniéré que ce puiffe être ; fans cette précaution, ces planches épaiffes, qui font de fciage ,. & par conféquent de bois tranché, fe romproient infailliblement.
- Mais fi l’on fait attention qu’avant que la feve foit convertie
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- n je s Bois. Liv. III. Chap, III. 307
- en bois , elle paffe par Tétât dune fubftance réfîneufe, ou gommeufe, ou gélatineufe, capable d’être fort attendrie par la chaleur ôc l’humidité, on concevra aifément que, quoique les fibres ligneufes foient trop endurcies pour être autant amollies que la portion de la feve qui n’eft pas encore convertie en bois, elles ne laiffent cependant pas d’être fufceptibles d’acquérir par la chaleur ôc l’humidité quelque foupleffe. L’Ecaille , la Corne, les Os fourniffent des exemples de cet attendriffe-ment : ces fubftances ne fe fondent point dans l’eau bouillante ; mais elles s’attendriffent allez pour être redrelfées, ou même pour être moulées. Une piece de bois fec peut donc, en quelque maniéré, être comparée à un morceau de colle forte, qui fe rompt, quand elle eft feche, plutôt que de fe plier ; mais qui devient, par le fecours du feu & de l’eau , fufceptible de toutes les figures qu’on veut lui donner. Aulïi la chaleur ôc l’humidité font-ils les feuls moyens qu’on ait jufqu’ici employés pour donner au bois la foupleffe dont il a befoin pour fe ployer fans fe rompre. Nous l’avons déjà dit, tous les Ouvriers qui veulent redrelfer des bois courbes, ou faire prendre quelque courbure à des bois droits, ufent de cette méthode ; ôc c’eft la feule qui ait été en ufage dans tous les Ports tant de France que d’Angleterre Ôc de Hollande, pour rendre les bordages des vaiffeaux fufceptibles d’être courbés : toute la différence confifte dans les moyens qu’on à employés pour chauffer les bordages ôc les pénétrer d’eau. Nous allons les expofer.
- CHAPITRE IV.
- Maniéré d'attendrir les Bois par Vaction immédiate du feu.
- L a méthode qui a été la première en ufage, confiftoit à pofer les bordages E F ( Flanche IX, Fig, 6 du Livre IL) qu’on vouloit courber, fur un barreau de fer A B, foutenu à diffé-
- Qqij
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- 308 De l Attendrissement
- rentes hauteurs par de gras chenêts C D. Un des bouts F dii bordage paffoit fous la traverfe G ; on plaçoit la partie où de-voit être la plus grande courbure fur le barreau de fer A B y on chargeoit le bout E par des poids H, qu'on rendoit plus ou moins pefants fuivant l’épaifleur du bordage Ôc l’amplitude de la courbure qu’il devoit prendre. On allumoit deflous du feu 1 ,* & afin qu’il ne brûlât pas les bordages, on avoit foin qu’il ne fit pas trop de flamme. On arrofoit le deflùs L avec de l’eau. Par cette pratique, qui eft fort Ample, non-feulement on atten-drifloit le bois, ôc on le difpofoità fe courber fans fe rompre, mais de plus on commençoit à lui faire prendre par les poids dont on le chargeoit, la courbure qu’il devoit avoir ; le refte s’a-chevoit en l’attachant fur les membres, comme je l’expliquerai dans la fuite. Je vais rapporter les Expériences que j’ai faites pour connoître ce qu’on pouvoit efpérer de cette méthode.
- i°, Je pris pour mes Expériences des bois verds abattus de l’hiver précédent, ôc des bois fecs abattus depuis trois ans r Ôc qui avoient été confervés depuis ce temps fous un hangar fort aéré.
- 20, Je les fis équarrir à la coignée, comme on le pratique ordinairement ; Ôc je fis lever par des Scieurs de long, des dofîes ou membrures fur deux de leurs faces pour ne conferver que le cœur du Chêne.
- 3°, Je fis enfùite donner un trait de fcie dans le milieu de ces pièces pour les refendre en deux, afin d’avoir deux pièces qui puflent être comparées l’une à l’autre avec toute l’exaêlitude poflible ; car il eft à préfumer que deux moitiés d’un même arbre fe refîemblent parfaitement. On fait de plus que les bois qui font refendus par le cœur de l’arbre, font moins fujets à fe fendre que les autres, ôc que c’eft le cas où fe trouvent prefque toujours les bordages.
- 4°, En faifant débiter ces bois, j’eus encore foin qu’il j eût toujours une piece de bois fec ôc une de bois verd, débitées fur de femblables dimenfions , pour qu’elles puflent être plus aifément comparées l’une à l’autre, quoique pour faire cette comparaifon avec encore plus d’exaditude, j’aie réduit
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- prefque tous mes bois au pied cube, comme on le verra dans la fuite.
- 3°, Pour éviter toute confufion , j’ai fait graver fur chaque piece un numéro.
- 6°, Enfin, comme je l’ai pratiqué pour toutes mes Expériences , j’ai tenu un Journal fur lequel le poids & tous les détails des Expériences étoient marqués.
- Article I. Expérience faite fur des Bois verds abattus de l'hiver précédent.
- § 1. Première Opération*.
- Au commencement du mois de Juin 173 f * je fis donc équar-rir des pièces de bois abattues l’hiver précédent : elles por-toient , étant bien frappées fur toutes les faces, 8 à 10 pouces d’équarriflage. Je les fis refendre en deux par les Scieurs de long y & j’en formai des madriers qui avoient 3 pouces d’épaif-feur j 6 pouces de largeur & 6 pieds de longueur. J’eus quatre madriers pareils qui fortoient d’un même arbre ; tous furent marqués de la lettre A , & numérotés I, II, III, IV.
- N°. I & III pefoient le 13 Juin 1733 j favoir,
- N°. I . ....................100 liv. 14 onc*
- N°. III . 102 12
- § 2. Seconde Opération.
- Ils furent placés fur des traverfes de fer, & chauffés en défi-fous avec un feu de copeaux : de temps en temps, on les retour-noit pour préfenter fucceflivement leurs quatre faces à la flamme des copeaux. Après avoir été ainfi chauffés pendant fix heures affez vivement pour que la fuperfieie commençât à fe griller,
- ( * ) Nota que dans les Expériences que je vais rapporter, ce fera toujours une moyenne prife fur quatre pièces de bois, quoique l’expofé de mes Expériences fcit
- fait comme s’il ne s’agiffoit que d’une pièce : ainfi N°. I indique 4 pièces, numéro» tées I.
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- 3io DezAttendrissement
- N°.I, pefoit . . . . . . pî Ht,
- N°. III , pefoit auffi . « • . .
- §3. Troisième Opération.
- On mit ces madriers numérotés I ôtIII, avec les madriers numérotés II ôt IV fous un hangar , où ils relièrent jufqu'au 26 O&obre 1742.
- Obfervez que le madrier N°. II, qui ne devoit point être expofé au feu, pefoit au commencement de l'Expérience, 85 liv. 8 onc. ôt N°. IV, qui ne devoit pas non plus être expofé au feu, pefoit 104 liv.
- § 4. Qu at rie me Opération.
- Le 2 5 Octobre 1742 9
- N°. I, pefoit
- N°. II, pefoit
- N°. III, pefoit •
- N°. IV, pefoit •
- . . . 7$ liv.
- . • . 7p -8 onc«
- . . . 74
- . * . 78
- § 5’. Conséquences de F Expérience précédente.
- On voit quil s'en falloit beaucoup que la chaleur des copeaux eût difïïpé toute la feve des madriers qui y avoient été expofés pendant fix heures, puifque le madrier N°. I, n'avoit perdu pendant ces lix heures que y liv. 14 onc. de fon poids ; & qu'en-fuite, fous le hangar, fon poids a encore diminué de 20 liv.
- Cependant N°. II, qui a toujours été fous le hangar, na perdu que 7 liv. de fon premier poids ; il eft vrai qu'il avoit moins de maffe que les autres.
- De même le madrier N°. III, n’a perdu pendant les lix heures qu'il a été expofé au feu de copeaux, que 7 liv. 12 onc. ôc fous le hangar fon poids eft diminué de 21 liv.
- Enfin N°. IV, qui a toujours relié fous le hangar, fans avoir été expofé au feu, ôc dont la maffe étoit à peu près égale aux.
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- DES B O IS. Liv. III. Chap. IV. 311
- autres, a perdu 26 liv. de fon poids. Il eft probable cependant que la chaleur du feu a mis allez la feve en mouvement pour la difpofer à s’échapper enfuite plus facilement d’elle-même fous le hangar.
- Article II. Expérience faite avec des Bois fies.
- Cette Expérience a été faite avec du bois qui avoit été abattu depuis trois ans, Ôc confervé pendant tout ce temps fous un hangar.
- §1, Premiers Opération.
- Comme j’ai toujours remarqué que les bois anciennement abattus perdoient de leur poids quand on les avoit débités , je commençai par faire réduire ces madriers aux mêmes dimen-fions que ceux de l’Expérience précédente ; ils pefoient à raifon de 61 liv. 5 onc. 2 f gros le pied cube, ,
- §2. Seconde Opération.
- Je les lis remettre fous le hangar pour voir fi étant débités ,. ils perdroient encore de leur poids ; Ôc au bout de huit à dix jours, ils fe trouvèrent pefer 60 liv. 14 onc. $ f gros.
- Ainli ils avoient diminué de 6 onc. 5 f gr. par pied cube.
- §3. Troisième Opération.
- On les expofa au feu comme les précédents ; mais à un feu modéré pour ne point brûler ces bois qui étoient fecs ; ôc après les y avoir laifTés cinq heures, ils pefoient liv. 13 onc. 2 f gr.
- Ainfi chaque pied cube n’avoit diminué dans cette opération > que de 2 liv. 1 onc. 2 f gros,
- § Qu a t ri e me Opération,
- On les remit fous le hangar, ôc douze heures après, le temps
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- 312 De i Attendrissement
- étant humide , ils fe trouvèrent pefer j8 liv. 14 onc. $ f gr.'
- Ainfi leur poids avoit augmenté de 1 once 2 ~ gr.
- Ayant encore refté douze heures fous le hangar, ils pefoient 5P-iiv.
- Douze heures encore après, ils pefoient de même 59 liv.
- Ainfi chaque pied cube n*étoit plus léger qu’au commence-» ment de l’Expérience que de 1 liv. 14 onc. $ \ gr.
- § y. Cinquième Opération.
- On les chauffa comme la première fois pendant quatorze heures : alors ils ne pefoient plus que 5 3 liv. 10 onc. $ gr.
- Ainfi ils avoient perdu de leur premier poids 7 liv. 4 onc,
- §6. Sixième Opération,
- On les remit fous le hangar ; Ôc quarante-huit heures après , ils pefoient 5; 3 liv. 13 onc. 2 f gr.
- Ainfi leur poids étoit augmenté de 5 f gr.
- On a vu dans nombre d’Expériences, & on verra encore dans la fuite, que les bois continuent à perdre de leur poids quelque temps après être fortis de la chaleur du feu : cependant on voit ici que leur poids eft augmenté : fur quoi il eft bon de remarquer, i°, que le temps étoit humide ; 20, que la diminution qui fe fait fous le hangar au fortir de l’étuve, ne dure que peu de temps, fur-tout quand l’air eft frais ; ainfi pour l’apper-cevoir, j’aurois dû pefer mes bois quatre ou fix heures après les avoir tirés du feu, au lieu que je ne les ai pefés que douze ou vingt-quatre heures après qu’ils ont été mis fous le hangar. .
- D’ailleurs la différence qu’on apperçoit ici peut venir de ce que les bois de cette Expérience étoient parvenus à un degré
- affez confidérable de féchereffe.
- ;
- § 7. Septième Opération,
- Quoi qu’il en foit, on les expofa encore à la chaleur d'un
- petit
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- petit feu pendant quatorze heures : enfuite ils pefoient $ 3 liv.
- 5 onc. 2 y gros.
- Ils n’avoient diminué que de $ onc. 3 gros par pied cube. Cette diminution eft peu confidérable : cependant ils n’é-toient pas parfaitement fecs , quoiqu’il fe fût formé quelques grandes fentes, par lefquelles il s’étoit échappé un peu de feve qui s’étoit grillée, & qui fentoit la pomme cuite ; & quoiqu’on eût ménagé le feu, ils avoient une couleur brune ôc charbonnée.
- Article III. JExpériencefaite fur des Bois verds.
- Cette Expérience eft tout-à-fait femblable aux précédentes , excepté qu’au lieu d’employer des bois abattus depuis trois ans, j’ai pris des bois verds qui n’étoient abattus que de l’hiver précédent.
- Le pied cube de ces bois verds pefoit, avant que de com-< mëncer l'Expérience, 92 liv. 10 onc. $ j gros,
- § 1. Première Opération.
- Après avoir été expofés pendant cinq heures à une chaleur modérée, ils pefoient 90 liv. 2 onc. $ f gr.
- Ainfi le poids de chaque pied cube n’étoit diminué que de 21. 8 onc.
- §2. Seconde Opération.
- On les mit fous un hangar, & douze heures après, ils ne pefoient que 89 liv. 9 onc. 2 y gr.
- Douze heures après , 89 liv.
- Douze heures encore après de même, 89 liv.
- Ainfi ces bois qui étoient verds, au lieu de fe charger de l’humidité de l’air, ont perdu fous le hangar, 1 liv. 2 onc. 5 f gr.
- § 3, Troisième Opération,
- On les expofa à une chaleur un peu plus vive : car comme
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- ils étoient pleins de feve 9 on appréhendoit moins de les brûler; après y avoir été expofés quatorze heures, ils ne pefoient que 75? 1.
- $4. Quatrième Opération.
- On les mit fous le hangar; & vingt-quatre heures après ? ils pefoient 78 livres 14 onces 5 y gros.
- Leur diminution a donc été par pied cube y de 1 onc. 2 f gr„
- § Cinquième Opération.
- On les expofa encore pendant quatorze heures à la même chaleur : ils ne peferent plus que 77 liv. $ onc. 2 f gros.
- § 6. Remarque fur P Expérience précédente.
- Mon intention étoit de continuer à expofer ces bois à la chaleur jufqu’à ce qu’ils ne diminualfent plus de poids ; mais comme leur fuperficie devenoit charbonneufe, j’appréhendai de les brûler.
- Je remarquai feulement qu’il fe formoit déjà beaucoup de petites fentes 9 & que ces bois avoient une forte odeur de pomme grillée.
- Article IV. Conféquences des Expériences précédentes.
- Outre les Expériences que je viens de rapporter, comme il ne m’étoit pas poffible de plier ces bois qui avoient peu de longueur & trois pouces d’épaiffeur, j’en chauffai de plus minces que je parvins à plier ; mais il me parut qu’on ne pouvoit pas efpérer d’employer ce moyen pour attendrir les bois juf-qu’au point de lès plier fans fe rompre lorfqu’ils auraient autant d’épaiffeur que les bordages & les préceintes de» gros vaiffeaux, d’autant qu’il eft bien difficile de les chauffer également dans toute leur longueur ; mais je penfai qu’on pouvoit faire ufage de ce moyen pour des bordages moins épais} comme
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- font ceux des canots & chaloupes : quoiqu’il refie toujours l’inconvénient de confommer beaucoup de copeaux pour en* tretenir le feu ; cependant ce moyen a été long-temps le feul qu’on ait employé dan0; les ports, où j’ai vu mettre en place, à des chaloupes, des bordages droits qui s’étendoient de toute la longueur de ces petits bâtiments ; ôc on les avoit, par ce moyen, affez attendris pour que leurs deux extrémités s’ajuftaf-fent au contour de la chaloupe, tant à l’avant qu’à barrière.
- Article V. Expérience faite fur des Bois plus longs que ceux qui ont fervi pour les Expériences précédentes.
- Cette Expérience a été faite fur une piece de bois médiocrement feche, qui avoit io pieds de long, 12 pouces de largeur & 11 pouces d’épaiffeur.
- Elle pefoit avant l’Expérience, 6 8 4 liv.
- Si. Première Opération.
- Elle fut chauffée vivement fur deux chandeliers à un feu de gros copeaux pendant quatre heures fur toutes les faces, enfuite parée pour ôter la couche charbonneufe : alors elle ne pefoit plus que y y 4 liv. étant diminuée de 130 liv. Mais cette diminution ne dépendoit pas uniquement de la feve, qui s’étoit évaporée ; elle étoit principalement produite par la couche charbonneufe qu’on avoit ôtée ; c’efi pourquoi nous avons examiné combien pefoit le pied cube de cette piece chauffée, & enfuite parée , pour la comparer au poids du pied cube de toute la piece avant l’Expérience. Le calcul étant répété plufleurs fois, nous avons été furpris de trouver que le pied cube de la piece chauffée pefoit trois livres de plus que le pied cube de la piece entière avant qu’elle fût chauffée.
- On crut d’abord que çette Expérience prouvoit que l’humidité d une piece chauffée fe retiroit au cœur, où il y avoit
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- moins de chaleur ; mais je crois plus naturel de penfer que la piece qui s’étoit en partie denéchée avant l’Expérience , avoit perdu feulement l’humidité des couches extérieures qui ont été enlevées ; & pour cette raifon le bois du cœur qui étoit moins fec, devoit être plus pefant. D’ailleurs on fait que dans les bons bois, c’eft toujours le bois du cœur qui eft le plus lourd ; & c’eft celui qu’on avoit confervé.
- Au refte cette Expérience prouve que l’aêlion du feu n’a-voit pas beaucoup defféché l’intérieur de cette piece, qui au toucher paroifloit effeêtivement fort humide, & qui ne s’étoit pas beaucoup fendue : il avoit fuinté par les bouts quelques gouttes de feve.
- § 2. Seconde Opération.
- On expofa cette piece au foleil ôc au vent ; & trois mois après, elle ne pefoit plus que 499 liv.
- Ainfi fon poids étoit diminué de 5 f liv.
- Il s’y étoit formé quelques fentes, quoiqu’elle ne fût pas encore parfaitement feche.
- Article VL Expérience faite fur une plus grojfe Piece.
- On prit une piece de 8 pieds de longueur, de 12 & 13 pouces forts d’équarriflage ; elle étoit environ d’un an d’abattage , & pefoit 624 liv. Elle cuboit 9 pieds ; c’eft à raifon de liv. 5 onc. le pied cube.
- On la chauffa comme la précédente fur des chandeliers pendant quatre heures, la retournant fur les quatre faces ; plus de deux pouces de la fuperficie de chaque face étoit réduite en charbon.
- On emporta cette couche charbonneufe , & l’on réduifit la piece à 7 t pieds de long, 8 & 8 pouc. d’équarriffage. Alors elle cuboit 3 pieds 4 pouc. & pefoit 246 liv. c’eft à raifon de 74 liv. 3 onc, le pied cube. Voilà encore le poids du pied cube augmenté.
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- Je ne répéterai point les remarques que j’ai faites à l’oc-cafion de FÉxpérience précédente.
- Article VIL Expérience faite fur une pièce de Bois qui avoit été flottée.
- On prit une piece de bois qui avoit refté deux ans dans Feau ; on la réduifit a 8 pieds de longueur, 12 & 12 pouc. d’é-quarriffage ; elle pefoit 584 liv. & cuboit 8 pieds, c’eft àraifon de 73 liv. le pied cube.
- Après avoir été chauffée pendant quatre heures comme les autres , on la fit réduire à 7 & 7 pouc. d’équarriffage & 7 pieds de longueur : elle cuboit alors 2 pieds 4 pouces 7 lig. & pefoit 175 liv. c’eft à raifon de 75 liv. le pied cube à très-peu de chofe près. Ainfi le poids de chaque pied cube étoit augmenté de 2 1.
- Article VIII. Remarques fur les Expériences précédentes.
- Cette épreuve nous engage à faire plufieurs remarques.
- 1 °, La piece qui fortoit de Feau pefoit plus par pied cube que celle qui n’avoit pas été flottée ; ceci eft très-naturel.
- 20, Pendant l’épreuve où le feu affez violent avoit été continué pendant quatre heures, on ne remarqua qu’une feule goutte d’eau qui eût forti par le bout de cette piece qui étoit très-humide : ainfi ce qui s’eft échappé, s’eft difïipé en vapeurs.
- 3°, Le poids confidérable du bois de l’intérieur pourroit faire penfer que l’humidité fe feroit retirée dans l’intérieur de la piece \ cependant je renvoie à ce que j’ai dit plus haut fur cette différence de poids. Il eft bon de remarquer qu’on a brûlé plus de trois milliers de copeaux Ôt de menu bois pour rôtir les deux pièces dont nous venons de parler, & cette manœuvre exige beaucoup de main-d’œuvre.
- On a expofé ces pièces au grand air, & il s’eft formé peu de fentes 5 mais ce n étoit pas du bois très-dur.
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- Article IX. Expérience faite fur une Membrure qu on a chauffée avec ménagement.
- Cette Expérience a été faite fur une membrure de Chêne très-dur , de 10 pieds de longueur , de 11 pouces de largeur, j pouces d’épaiffeur ; elle pefoit 16g liv.
- Après avoir été chauffée fur un petit feu de copeaux 9 elle pefoit 166 liv.
- Ainfi fon poids étoit diminué de 3 livres.
- On expofa cette membrure au foleil & au grand air : elle y perdit confidérablement de fon poids ; ôt cependant elle fe fendit très-peu. Comme cette membrure étoit mince 5 les fibres pouvoient fe rapprocher fans qu’il fe formât beaucoup de fentes.
- CHAPITRE V.
- Maniéré d’attendrir les Bois par Veau bouillante.
- De s Conftru&eurs qui faifoient des vaiffeaux pour les vendre, s’étant propofé d’employer des bordages droits aux parties des vaiffeaux où ils dévoient prendre beaucoup de courbure, ôt néanmoins ne voulant point courir rifque de les rompre , ont imaginé de faire faire un grand coffre de cuivre de 18 à 20 pieds de longueur 9 de 3 -f de largeur ainfi que de hauteur, C D ( Planche XL Fig. 2 ). Ayant monté ce grand coffre fur un fourneau de Maçonnerie ( Fig. 1 ), ils rempliffoient avec de l’eau de la mer, dans laquelle ils mettoient les bordages ; ils recou-vroient le coffre avec un couvercle à charnière E, ( Fig. 5 ) qui étoit de trois à quatre pièces 9 6c ils allumoient defTous deux ou quatre feux F G H I, ( Fig. 1 ) jufqu’à faire bouillir cette eau. Rien affurément n étoit plus propre à attendrir les bois. J’ai fait faire un petit coffre femblabie pour en éprouver
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- lufage : les bois employés au fortir de l’eau bouillante, étoient très-fouples ; ils fe prêtoient avec facilité à tous les contours qu’on vouloit leur faire prendre , fans qu’il s’en détachât aucun éclat : mais l’eau dans laquelle on les faifoit bouillir, devenoit rouffe ; les bois expofés au foleil , au fortir de l’eau , perdoient beaucoup de leur poids , ôc ils fe retiraient beaucoup, ce qui auroit augmenté les joints ; & la qualité du bois paroiffoit fort altérée quand ces bois étoient delféchés. Enfin cette méthode m’a paru défe&ueufe ; ce qui fait que je me bornerai à cet expofé général, Ôc que je ne rapporterai point les Expériences en détail. Je crois cependant qu’on pourroit en faire ufage pour des ouvrages de peu de conféquence , ôc qui devraient être confervés à l’abri des injures de l’air. Mais il faudrait commencer par leur faire prendre la courbure qu’ils doivent avoir ; ôc après qu’ils feroient refroidis, former les alfem-blages : fans quoi on auroit beaucoup de déj oints.
- CHAPITRE VI.
- Maniéré d’attendrir les Bois par la vapeur de l’eau bouillante.
- Suivant cette troifieme méthode, les bordages ne reçoi-vent aucune impreflion immédiate du feu ni de l’eau ; ôc ils ne courent point rifque d’être brûlés ni pénétrés de l’eau bouillante, qui dilfout la fubflance gélatineufe , ôc altéré la qualité des bois.
- On prend une grande chaudière C ( Planche XII, Fig. 2 & 3) qui contient environ trois pieds cubes d’eau : elle eft montée fur un fourneau de Maçonnerie- D , ( Fig. 1 ) dans lequel on fait du feu : l’ouverture de cette chaudière eft réduite à ij ou 18 pouces de diamètre, ôc eft fermée bien exactement par un couvercle E, ( Fig, 1 & 3},
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- A côté de ce couvercle qu’on ouvre pour mettre l’eau dans la chaudière, eft un tuyau F ( Fig. i ) aufli de cuivre, qui communique dans un grand coffre de bois G H d’environ 3 £ pieds en quarré fur 16 à 18 pieds de longueur : celle de fes extrémités G, qui eft du côté de la chaudière, eft exa&ement fermée, recevant feulement le tuyau qui vient de la chaudière ; à l’autre bout H eft une porte à couliffe J, ( Fig. 4 ) qu’on peut élever pour ouvrir la caiffe, ôc qu’on abaiffe pour la fermer.
- Cette caiffe eft faite de planches de Chêne, de trois pouces d’épaiffeur, bien jointes & bien liées par des moifes ou chevrons K , ( Fig. 1 dr* 2 ) de 4 à f pouces quarrés : ces liens font éloignés les uns des autres de 3 à 4 pieds ; ou bien cette caiffe eft reliée de fix cercles de fer.
- Il y a dans ce coffre, à un tiers de fa longueur, plufieurs petites barres de fer pofées verticalement fur une même ligne , a deux pouces les unes des autres : c’eft entre ces barres qu on met fur le can les bordages qu’on veut chauffer. Ce coffre eft élevé fur des chevalets L, ( Fig, 1 & 4 ) qui ont environ 5 £ pieds de hauteur.
- Il eft évident que quand on fait bouillir l’eau de la chaudière , la fumée ou vapeur de l’eau paffe de la chaudière dans cette caiffe qui en eft bientôt pleine.
- On remplit donc d’eau la chaudière jufqu’à un pied ou 18 pouces au-deffous de l’endroit où eft foudé le tuyau F: onia ferme de fon couvercle E, ( Fig. 1 ) ; on ouvre la couliffe /, ( Fig. 4 ) ôc on introduit fur le cart les bordages dans la caiffe par cette extrémité ; on ferme la porte à couliffe ; on allume le feu dans le fourneau ( Fig. 1 ) fous la chaudière C. Les vapeurs humides fe communiquent par le tuyau dans l’intérieur de la caiffe \ ôc ayant laiffé les bordages dans cette étuve autant d’heures qu’ils ont de pouces d’épaiffeur , ils js’attendriffent affez pour fe prêter aux contours qu’on veut leur faire prendre.
- Par cette méthode , on confomme peu de bois ; ôc fitôt que les bordages font introduits dans la caiffe , un feul Journalier fuffit pour entretenir le feu fous la chaudière,
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- Je me propofai d’éprouver cette façon d’attendrir les bois : je fis donc faire une petite étuve en établiffant une grande caiffe de bois dans laquelle répondoit l’embouchure d’une chaudière de cuivre qui contenoit un demi-muid d’eau ; & comme l’ouverture de cette chaudière n’ëtoit pas fermée, & qu’elle répondoit à l’intérieur de la caiffe, elle étoit au moins aufïi remplie de ces vapeurs humides que la grande étuve dont je viens de donner la. defcription.
- Article I. Première 'Expérience faite fur des Bois médiocrement fecs, abattus depuis trois ans, & confer-vés pendant tout ce temps fous un hangar fort aéré•
- Je pris des bois à demi-fecs, pareils à ceux que j’avois employés pour éprouver l’attendriffement des bois chauffés fur des chandeliers avec des copeaux, An. 3 & 4.
- § 1. Première Opération»
- Je difpofai ces bois dans mâ caiffe à peu près comme je viens de l’expliquer : je fis allumer le feu fous la chaudière ; je les laiffai expofés à la vapeur chaude & humide de l’eau pendant cinq heures, à compter du temps où l’eau commença à bouillir.
- Avant de mettre ma pièce de bois à l’étuve, elle pefoit 62 liv. 4 onc.
- Au fortir de l’étuve, elle pefoit 65 liv. 2 onc. ; {gros.
- Ainfi fon poids étoit augmenté de 14 onc. 5 \ gros.,
- § 2» Seconde Opération.
- On la mît fous le hangar, ôt douze heures après être fortie de l’étuve, elle pefoit 62 liv. 2 onc. $ -J- gros,
- Et vingt-quatre heures après 62 liv.
- Ainfi voilà ces bois au-deffous de leur premier poids dé 4 onc.
- 5 s
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- De LA TT EN D RI S S EM E NT
- La vapeur de feau a fait ici quelque chofe d approchant de ce qui fe paffe dans la machine de Papin ; elle a diffout ce quelle a rencontré de plus difïoluble dans le bois ; ôc en s échappant, cette partie diffoute s’eft diftipée.
- § 3. Troisième Opération.
- Je remis cette piece de bois expofée à la vapeur de Ytm pendant huit heures.
- Au fortir de fétuve, elle pefoit 63 liv. p onc. 2 f gros.
- Ainfi ce bois ayant refté plus long-temps expofé à la vapeur de l’eau, il s’eft chargé davantage d’humidité.
- Mais douze heures après être forti de l’étuve, il pefoit 62 h
- Douze heures encore après, 61 liv. 1 o onc. y ^ gros.
- Enfin vingt-quatre heures après, 61 liv. 2 onc. y j gros.
- Ainfi, voilà le morceau de bois plus léger qu’il n’étoit au commencement de l’Expérience, de 1 liv. 1 onc. 2 ~ gros.
- Cette piece de bois avoit quelques grandes fentes, quoiqu’elle ne fût pas parfaitement feche ; mais ces. fentes peuvent dépendre de la difpofition des fibres ligneufes, fur quoi l’on peut confulter Y Exploitation des Bois.
- Article IL Expérience faite avec une piece de B ois abattue U hiver précédent & très-remplie de Jeve.
- Pour exécuter fur du bois verd des Expériences pareilles à celles que j’avois faites fur des bois affez fecs , je mis dans mon étuve à vapeurs du bois abattu de l’hiver précédent.
- § 1. Première Opération.
- Avant d’être mis à l’étuve, il pefoit 82 liv. 6 onc.
- Après avoir refté expofé à la vapeur de l’eau pendant cinq[ heures, il pefoit 83 liv. 1 onc. 2 j- gros.
- Le voilà augmenté de 11 onc. 2 f gros.
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- T3ES B o xs. Liv. TU. Chap. VI.' 343
- § 2. Seconde Opération.
- Ces bois furent mis fous un hangar, & douze heures après , ils pefoient 80 liv. 10 onc. j f gros.
- Les voilà plus légers qu’au commencement de l’Expérience, de 1 liv. 11 onc. 2 y gros.
- Ainli les 11 onc. 2 gros f d’eau dont ces bois fe font chargés , fe font difïipés, & ont emporté avec elle une livre de la lève.
- Il eft à propos de faire obferver qu’il fortoit de l’étuve une odeur très-forte & défagréable ; ce qui marque qu’il fe faifoit une évaporation de la fubftance du bois, dans l’étuve même, quoique ces bois y euffent augmenté de poids ; en effet fi l’on regarde la vapeur de l’eau qui pénétré les bois, ôc la feve de ces mêmes bois, comme deux liqueurs qu’on mêleroit enfemble, & qui auroient différents degrés de volatilité, là liqueur la plus volatile doit naturellement s’échapper la première; ce qui fait apparemment qu’une portion de la levô s’évapore pendant que la vapeur de l’eau, non feulement en prend la place, mais même fe loge dans les pores de ces bois au point d’en augmenter fenfiblement le poids.
- 53. Troisième Opération.
- On les remit paffer encore huit heures dans la même étuve ; & au fortir, ils pefoient 82 liv. 10 onc.
- Ainfi ils étoient prefque revenus au poids qu’ils avoient quand on les avoit fortis la première fois de l’étuve.
- § 4. Quatrième Opération.
- Mais après avoir paffé douze heures fous le hangar, ils ne pefoient que 80 liv.
- Douze heures encore après, 79 liv. 3 onc. 3 jgros*
- Quarante-huit heures après, 78 liv. 8 onc.
- Ssij
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- 324 De l’Atten jori s sement
- Ainfi les voilà diminués de 3 liv. 14 onc.
- Ils continuoient à perdre de leur poids.
- On pourroit appréhender que cette façon d’étuver lés bois n’altérât leur qualité, & que les vapeurs brûlantes de l’eau ne détruififfent la fubftance gélatineufe qui paroît leur être avantageufe. Cet effet paroît prouvé par Fodeur forte & défa-gréable qui s’échappoit de l’étuve, & que ces bois ont con-j fervée affez long-temps.
- Il s’eft formé quelques gerces peu confidérables ; mais aufïï ces bois n’étoient pas à beaucoup près parfaitement defféchés.
- Article III. Expérience faite fur des Bois de Çhêne abattus depuis deux ans.
- On a levé à la fcie quatre doffes fur les quatre faces dune piece de bois pour navoir que du bois du cœur, & on a fon» mé un madrier de S pieds de longueur, 6 pouces de largeur & 3 pouces d’épaiffeur.
- § 1. Première Opération.
- Le 18 Juin 1734, ^ pefoit 54 liv. 4 onc. 4 gros;
- Son bois n’étoit pas exempt de défauts : il avoit des veines blanchâtres.
- On le mit paffer cinq heures à la vapeur de l’eau bouil* iante : au fortir, il pefoit 54 livres 12 onces 8 gros.
- Ainfi fon poids étoit augmenté de 8 onc. 4 gros.
- §2. Seconde Opération;
- On letranfporta fous un hangar, oui! refta douze heures): enfuite il pefoit 33 liv. 4 onc.
- Et vingt-quatre heures encore après, 33 liv«
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- des Bois. Liv. III. Chap. VI. 325
- § 3. Troisième Opération,
- On le remit palfer huit heures à la vapeur de l’eau : il pe* foit 54 liv. 7 onc. 4 gros.
- Il fut mis fous le hangar, ôc douze heures après, il pefoit 52 liv. 8 onc.
- On le mit au foleil, ôc douze heures après, il pefoit liv.
- On le remit fous le hangar, 6c vingt-quatre heures après, il pefoit $ 1 liv. 6 onc.
- Etant relié dix-huit mois fous le hangar, il ne pefoit plus que 3 p liv.
- On voit par cette Expérience que ce madrier, qui, pour être parfaitement fec, devoit perdre de fon premier poids 13 liv. 4 onc. 4 gros , n avoit perdu par la chaleur qu’il avoit reçue de l’étuve, que 2 liv. 14 onc. 4 gros.
- Article IV. Expérience faite fur des Bois de Chêne abattus de Vhiver précédent.
- Un madrier de Chêne, de mêmes dimenfions que celui dont on vient de parler , 6 pieds de longueur, 6 pouces de largeur , 3 pouces d’épaiffeur, mais abattu de l’hiver précédent, pefoit le 18 Juin 1734, 3P.livres 3 onces.
- § 1. Première Opération„
- Ayant été expofé pendant cinq heures à la vapeur de l’eau bouillante, il pefoit 39 liv. 14 onc.
- §2. Seconde Opération;
- Ayant relié douze heures fous le hangar, il pefoit 3p liv*’ 2 onces.
- Ayant encore relié vingt-quatre heures fous le hangar, il pefoit 3 p liv.
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- S 3. Troisième Opération.
- On l’expofa de nouveau huit heures à la vapeur de l’eau bouillante : alors il pefoit 40 liv. 3 onc.
- $4. Qu at rie m e Opération.
- Ayant relié douze heures fous le hangar, il pefoit 3p liv, $ 3. Ci n qu ie me Opération.
- Etant enfuite relié douze heures expofé au foleil > il pefoit 38 livres 12 onces.
- §6. Sixième Opérât 10 n*
- L’ayant remis paffer quarante-huit heures fous le hangar, il pefoit 3 8 liv. 6 onc.
- Article V. Remarques fur les 'Expériences précédentes.
- Comme depuis les Expériences que je viens de rapporter, on a conllruit à Brell, 6c ailleurs , de grandes Etuves à la vapeur de l’eau 9 on a eu occalion de remarquer que ces étuves étoient bonnes pour attendrir les bordages qui n avoient pas beaucoup d’épailTeur ; mais qu’elles ne fuffifoient pas pour les bordages 6c les préceintes des gros vailfeaux.
- Un des principaux défauts de ces étuves efb qu’il ell impof* fible d’empêcher que les bois qui forment la cailfe dans laquelle on met les bordages, ne fe tourmentent ôc ne fe déjoignent ; Ôc quand la vapeur de l’eau fe dilfipe par ces ouvertures , l’action des vapeurs ell confidérablement diminuée.
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- ves Bois. Liv. III. Çhap. VII. 327
- CHAPITRE VII.
- Des Etuves à ployer les Bordages par le fable chaud ÔC humeclé d’eau bouillante.
- O N a encore employé une quatrième méthode pour attendrir les bois, & mettre les bordages en état de prendre les contours des vaiffeaux en les enfouiflant dans du fable qu’on échauffe par des fourneaux, Ôc quon arrofe d’eau bouillante.
- Article I. Idée générale de VEtuve au fable„
- En général ces étuves au fable font formées par deux ou trois fourneaux CD, ( Flanche XIVy Fig. i ) dans lefquels on fait du feu : la flamme, la fumée Ôc l’air chaud qui fortent de ces fourneaux paffent entre des plaques de fer fondu, d d, {Planche XIII, Fig. i ) ôc un maflif de Maçonnerie E E. Il n’y a entre ce maflif ôc les plaques que 4 à j pouces d’efpace, de forte qu’il faut fe repréfenter des tuyaux de cheminée rampants qui font horizontaux.
- Ces tuyaux rampants font terminés chacun par un tuyau de cheminée vertical FF, qui eft allez élevé, ôc qui détermine l’air chaud , la fumée ôc la flamme, à parcourir le tuyau rampant. Par cette méchanique , deux feux établis au milieu de l’étuve , en chauffent toute la longueur, Ôc communiquent une grande chaleur à une couche de fable G, ( Planche XIII, Fig. 3 ) de 7 à 8 pouces d’épaiffeur, qui eft fur les plaques ; c’eft dans ce fable qu’on enfouit les bordages qu’on veut attendrir.
- Cela ne fufEt pas : il faut de plus hume£ter ces bordages avec de l’eau bouillante dont on arrofe le fable. Pour cela, il y avoit d’abord aux deux bouts de l’étuve deux chaudières ,
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- 328 D E lAtTÊN jy RI S S EM ENÏ
- remplies d’eau, elles étoient échauffées par la chaleur des fourneaux qui paffoit fous les chaudières avant que d’entrer dans les tuyaux verticaux des cheminées ; mais on s’eft apper-çu que l’eau ne chauffoit pas affez promptement pour fournir la quantité d’eau bouillante qui étoit néceffaire pour arrofer le fable ; ôc comme on a reconnu que l’eau froide rallentiffoit beaucoup l’effet de l’étuve, ona pris le parti d’établir au milieu de l’étuve, derrière les fourneaux, un petit fourneau fur lequel eft monté une grande chaudière H, ( Flanche XIII, Fig: 3 ) femblable à celles des Teinturiers, qui eft chauffée par un feu particulier.
- On enfouit donc les bordages dans le fable ; on allume le feu dans les fourneaux ; quand le fable a pris une certaine chaleur, onl’arrofe avec de l’eau bouillante; & par ce moyen les bordages, 6c même les préceintes, s’attendriffent fuffifam-ment pour être courbés comme l’exigent les contours des vaiffeaux. Voilà une idée générale de l’étuve au fable ; mais il convient d’entrer dans des détails, ôc de donner des idées plus précifes ; c’eft ce que nous allons effayer de faire à l’aide de pîufieurs figures.
- Article IL Defcription de cette 'Etuve.
- La Figure 1, Flanche XIV, repréfente le profil de l’étuve vue: de face, ôc telle qu’elle paroît dans le lieu où on l’a établie.
- a c eft fa longueur ; en h eft un mur de refend qui fépare l’étuve en deux fuivant fa longueur, favoir b a, b c.
- C D font deux fourneaux, qui ferment par des portes dé fer battu, & au-deffous, aux deux côtés de b , font deux cendriers , un pour chaque fourneau : car les deux fourneaux ne communiquent point l’un à l’autre ; ils font féparés par le mur de refend b. Le fourneau D chauffe la partie b c, ôc la fumée s’échappe par le tuyau F.
- Le fourneau C chauffe la partie b a, ôc la fumée s’échappe par la cheminée F.
- Le petit tuyau de cheminée qu’on voit au milieu en/, eft
- pour
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- DE S B O I S. Liv. III. CHAP. VII. 32p
- pour décharger la fumée du petit feu qui eft deftiné à chauffer la chaudière qui contient l’eau ; on ne peut l’appercevoir dans cette Figure, parce que cette chaudière ôc fon fourneau font établis derrière l’étuve.
- I, K, font des potences avec des palans ou poulies mou-fiées , qui fervent a élever les bordages épais Ôc les préceintes qui font trop lourdes pour être portées à l’étuve fur l’épaule.
- Au bout de cette étuve en L doit être un puits avec une pompe qui éleve l’eau dans un réfervoir M ( PL XIF, Fig, 2 & PL XIII, Fig, 1 ), ôc l’eau de ce réfervoir eft élevée par une petite pompe, pour la porter dans la chaudière H ( Fig, 3 Planche XIII, & Planche XI^ Fig. 2 ) à mefure qu’elle fe vuide.
- La Figure 2 .( Planche XIII) eft une coupe horizontale de l’étuve, prife fur la ligne NX (Fig. 1), ou plutôt immédiatement au-deffous des plaques de fonte qui foutiennent le fable.
- a b ôc c à ( Fig. 2 ) font deux murs parallèles qui font la longueur de l’étuve : ils font joints l’un à l’autre, au bout de l’étuve, par les murs e f.
- F F èft la coupe des deux cheminées : c’eft en CD que font les deux fourneaux qu’on ne peut appercevoir dans cette figure.
- JJ, font les deux potences qui portent les palans pour élever les bordages pefants. K K, les treuils qu’on emploie pour multiplier la force.
- H eft l’endroit où l’on monte une chaudière fur un fourneau de brique, afin d’avoir à portée de l’étuve de l’eau bouillante pour arrofer de temps en temps le fable dans lequel font les bordages.
- ii ( Fig. 2 & 6 Planche XIII), les barres de fer qui foutiennent les plaques de fer fondu fur lefquelles on met le fable.
- 0 ( Fig. 4 ) repréfente une des plaques de fer fondu qui font reçues par les bouts dans la maçonnerie a b ôc c à ( Fig. 2) où l’on a formé une feuillure dans laquelle le bout des plaques entre.
- C’eft fur ces plaques qu’on met le fable, ôc les joints des plaques font recouverts par des lattes P de fer forgé ( Fig. 5 ) comme on le voit (Fig. 2 Planche XIF), Ces lattes empêchent
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- que le fable ne tombe fous les plaques. Cês plaques étant expofées à un feu continuel , feroient bientôt rompues ou courbées, fi elles n’étoient pas foutenues en delfous par des barreaux de fer forgé i i {Fig. 2 & 6 Flanche XIII) dont nous parlerons dans peu ; mais je ferai obferver ici qu’il faut que les plaques, ainfi que les barreaux i i, foient reçues à l’aife dans les feuillures; fans cela, comme la chaleur augmente leur étendue , ou elles écarteroient les murs, ou elles fe courberoient beaucoup. C’eft fur ces plaques de fer fondu, qu’on met le fable dans lequel on enfouit les bordages.
- La Figure 1 ( Planche XIII) eft une coupe longitudinale de l’étuve par la ligne pon&uée A B de la Figure 2.
- d d, le mur de derrière de F étuve.
- C D y les deux fourneaux qui font féparés par le mur de refend b : on y voit leurs grilles & leurs cendriers.
- FF9 les deux tuyaux verticaux de cheminée pour la décharge de la fumée, fy le tuyau qui appartient au fourneau de la chaudière.
- 1 K y les potences pour aider à mettre les bois à Fétuve.
- My la coupe du réfervoir ou Fon puifé Feau pour remplir la chaudière.
- Au delfous àt d d y les barreaux de fer i i qui foutiennent les plaques de fer fondu 0 : il y en a deux files qui s’étendent de toute la longueur de Fétuve. D’abord on les faifoit en arcade ; mais pour les rendre moins cheres, plus aifées à forger ôc plus folides, on les fait, comme on voit ( Fig. 6 ), avec deux barreaux parallèles qu’on joint par des traverfes : c’eft ici où il eft très-important que les bouts foient à liberté dans la maçonnerie pour qu’ils puiffent reculer. Pour avoir négligé cette attention, j’ai vu les murailles des bouts de Fétuve ren-verfées, & les barreaux qui étoient très-forts, courbés comme des couleuvres.
- On conçoit maintenant comment l’air chaud paffe des fourneaux C D fous les plaques 0, pour s’échapper par les tuyaux de cheminée F F.
- La Figure 3 ( Flanche XIII) repréfente la coupe tranfver-
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- des B o i s.Tjiv. III. C h a p. VII. 33 r
- fale de l’étuve par la ligne A B ( Fig. i ).
- a b & c d , la coupe des deux murs cotés des mêmes lettres ( Fig. 2 ). Ils font la longueur de l’étuve.
- h ( Fig. 3 ) , la coupe d’un des fourneaux.
- iiy la coupe des plaques : on voit comme elles font engagées dans la maçonnerie & les files de barreaux qui les foutiennent.
- G y le fable dans lequel on enfouit les bordages. On met quelquefois deffus un couvercle k pour retenir la chaleur : il eft fur-tout utile quand il pleut , pour empêcher que l’étuve ne foit refroidie.
- H, coupe de la chaudière montée fur fon fourneau avec le tuyau f pour la décharge de la fumée.
- Iy une potence vue de côté : on fait que fon ufage eft d’élever les pièces pefantes pour les monter à l’étuve : cette potence roule fur des tourillons. On voit un cordage qui eft fur la boîte d’une poulie mobile, ôt dont un bout fe roule fur le treuil K.
- On attache la piece de bois aux garants de cette poulie mouflée.
- Ceci bien entendu, on conçoit aifément la façon de manœuvrer cette potence tournante pour tranfporter les préceintes ôc bordages lourds fur l’étuve.
- La Figure 2 ( Flanche XIV) repréfente la coupe horizontale de l’étuve, à peu près comme à la figure 2 ( Flanche XIII); mais à laquelle les plaques de fonte 0 font en place.
- a b c dy les murs qui font les deux grands côtés de l’étuve.
- e g y les murs des bouts qui fe joignent à ceux de côté.
- CD 9 endroit où font les bouches des fourneaux.
- FF, la coupe des tuyaux de cheminée pour la décharge de la fumée.
- H y le fourneau fur lequel eft montée la chaudière.
- 7 v 1 ' ces qui foutiennent la potence pour élever les
- Souvent aux deux bouts e g on place deux rouleaux très-commodes pour porter les bordages fur le fable, quand ils
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- ne font pas allez pefants pour avoir recours aux potences : on les voit ponêtués a la Figure 2 (Flanche XIII).
- Sur la P/anche XIII y la Figure 4 repréfente une des plaques de fer fondu.
- La Figure $ , une bande de fer forgé qu’on met fur le joint des plaques pour empêcher que le fable ne s’écoule.
- La Figure 6 repréfente les barreaux de fer qui font deftinés à foutenir les plaques en delïous,
- La Figure 7 eft une forte piece de fer forgé qu’on met à l’endroit où le tuyau horizontal fe joint au fourneau ; parce que li cette partie étoit faite en brique, elle fer oit bientôt endommagée par la violence du feu.
- La Figure 8 eft une forte piece de fer forgé qui fupplée aux barres de fer longitudinales i i (Fig. 6) à la partie qui eft au-defïùs des fourneaux.
- La Figure 9 eft un des barreaux de fer qui forment la grille au-deftus du cendrier.
- La Figure 10 repréfente deux roulettes jointes par un elïieu : elles fervent à approcher les préceintes du fourneau.
- Figure 11 y ABC font des fourgons, & pelles pour le fervice des fourneaux.
- Il faut de plus une pelle de fer large pour remuer le fable chaud, & des féaux pour arrofer le fable.
- Quoiqu’on puifle faire des étuves plus grandes & d’autres plus petites, il eft bon de mettre ici les principales dimenfions de celle que nous venons de repréfenter.
- ArticleIII. Dimenfions principales de cette Etuve.
- Longueur de dehors en dehors des murs, 41 pieds ; largeur en dedans des murs ,435* pieds ; épailfeur des murs des côtés, 2 pieds 6 pouces ; épaiffeur des murs des bouts, 3 pieds. Les murs qui revêtiffent les fourneaux , ainfi que celui de refend qui les fépare, ont d’épaiffeur, 1 pied 4 ou 6 pouces.
- La grandeur des fourneaux dans oeuvre eft de 1 pied 10 pouces & la hauteur des fourneaux depuis la grillé, 9 à 10
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- pouces. Les murs font élevés au-deflus des plaques ^ de 2 pieds 3 ou 4 pouces. Les tiges des cheminées s'élèvent au-deffus des murs * de 16 pieds. L'ouverture intérieure des tu-y aux des cheminées pour le paflage de la fumée, eft de 6 pouces.
- En faifant le puits auprès de la chaudière, on peut fe pafler du réfervoir M, qui a de longueur 16 pieds 6 pouces; de largeur, 7 pieds 6 pouc. & de hauteur, 7 pieds 6 pouc. La chaudière pour chauffer l'eau a environ 2 pieds de diamètre fur une pareille profondeur.
- Les barres de fer (Fig. 6) qui fupportent les plaques de fonte , ont 1 y pouce en quarré fur 5: pieds 1 o pouces de longueur. Les barres ( Fig. p ) qui forment les grilles, ont 4 pieds 6 pouces de longueur fur 2 pouces quarrés. Les barres qui fou-tiennent les plaques au-deflus des feux, ont 7 pouc. de largeur, 3 pouces d’épaiffeur, ôc iq pieds 8 pouces de longueur.
- Les plaques de fer qui forment le feuil des portes des fourneaux, ont 5 pieds 10 pouces de longueur, 16 pouces de largeur , 2 pouces d’épaiffeur. Les plaques qui fupportent le fable, ont 4 pieds 6 pouc. de longueur, 2 pieds 3 pouc. de largeur, ôc 2 pouc. d'épaiffeur.
- Les barres qui fupportent les plaques de fonte, ont 14 à i£ pieds de longueur, 2 pouces de largeur, 17 pouce d'épaiffeur. Les lattes de fer pour couvrir les joints des plaques de fonte , ont 4pieds 6 pouces de longueur, 27 pouces de largeur, y à 6 lignes d'épaiffeur.
- Avec les cotes que nous venons de rapporter, & en s'aidant de l'échelle qui accompagne les plans, je crois qu'on pourra facilement conftruire ces étuves ; mais il ne fera pas hors de propos de faire ici quelques réflexions fur leur conftru&ion.
- Article IV. Réflexions fur la conflruction de cette Etuve.
- On a fait quelques étuves où l'on avoit mis un fourneau à chaque bout de l'étuve, ôc les deux cheminées au milieu ; mais
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- il eft mieux de mettre les deux fourneaux au milieu, & les cheminées aux extrémités, comme nous l’avons représenté.
- On a fait aulïi des étuves où, dans la longueur, il y avoit trois fourneaux & trois cheminées; mais on a reconnu que deux fourneaux fuffifoient, d’autant qu’on place à peu près fur les fourneaux même la partie des bordages qui doit prendre le plus de courbure.
- On a fait aulïi des étuves doubles ; mais comme ce n’eft autre chofe que deux étuves appliquées l’une contre l’autre Suivant leur longueur, il feroit inutile d’en dire davantage.
- On conçoit qu’il faut que l’étuve foit à portée des baflins ou des chantiers de conftruêtion.
- Si le niveau des eaux permettoit d’enterrer tout-à-fait l’étuve , de forte que le fable fût de niveau avec le terrein, le Service en feroit plus commode ; mais li l’on ne peut pas enterrer l’étuve jufques au niveau des plaques, il faut effayer qu’elles ne foient au-deffus que de deux pieds , comme on le voit dans les plans ; & on formera , aux bouts de l’étuve, des plaqs inclinés par lefquels on montera les bordages fur des rouleaux.
- On pourroit établir les murs de l’étuve fur des plate - formes de trois pouces d’épaiffeur ; mais on elfayera de les élever fur une fondation plus folide : car quoique les étuves foient des bâtiments de peu d’apparence, elles ne laiffent pas d’être pe-fantes à caufe du fer & du fable qui y entrent en affez grande quantité; & elles ont àfouffrir des chocs affez violents a l’oc-cafion des pièces qu’on jette deffus.
- Quand on manquera de pierres, on pourra les bâtir avec de la brique; & on recouvrira les bords avec des pièces de bois, ainfi que nous l’avons repréfenté fur les plans. Mais quand on aura de bonnes pierres, on fera bien de s’en fervir, fe contentant de revêtir l’intérieur avec un parement de brique, & on carrelera l’intérieur des tuyaux rampants avec de la brique fur le champ.
- Si l’on recouvroit les murs avec des tablettes de pierre, l’ou-
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- vrage en feroit bien plus folide, Ôc on fe pafferoit des pièces de bois qu'on met pour prévenir la dégradation de la brique. Le tout doit être bâti avec du mortier de chaux ôc- de fable , excepté les parements intérieurs, qui doivent être faits avec de la terre rouge, dont on fe fert pour faire les fours ôc toutes les efpeces de fourneaux. On m'a dit qu’on faifoit en Angleterre cette partie avec du mortier de chaux ôc de fable, dans lequel on mêloit de la cendre de vieux bordages, qui ont été cloutés pour les défendre des vers à tuyau : je ne l'ai pas éprouvé.
- On pratique ordinairement du côté des bouches des fourneaux un auvent deftiné à mettre à couvert les ouvriers qui chauffent l'étuve, le bois qui fert à la chauffer , Ôc quelques outils, ôc à recevoir le fable qu’on ôte de deffus les plaques pour arranger les bordages. Cet auvent, à la vérité, n'eft pas fans inconvénients ; car quand l'étuve travaille, elle fe trouve refroidie par l’eau de la pluie qui coule de l’auvent fur le fable, ôc quand elle ne travaille pas, cette eau rouille ôc pourrit les fers , ôc dégrade l'étuve. Mais on préviendroit cet inconvénient en faifant le mur de derrière de l'étuve de trois pieds d'épaiffeur couvert de carreaux de pierre : les ouvriers marcheroient aifément fur cette banquette, fur laquelle on mettroit une partie du fable qu'on retireroit de l'étuve.
- A l’égard du mur de devant, j’ajouterois à celui qui efl re-préfenté fur les plans cinq arcades, qui auroient trois pieds d’épaiffeur par le haut : elles formeroient par deffus une terraffe plus large que celle de derrière, fur lefquelles on pourroit mettre une partie du fable qu'on tireroit de l’étuve, ôc fous les arcades on mettroit le bois, les outils > ôcc. A ces deux terraffes, on donneroit la pente en dehors pour que l'eau des pluies ne fe rendît point fur le fable.
- Pour que l’étuve foit plus feche, on forme le deffous des plaques par de petites arcades, fur lefquelles on fait un carrelage avec des briques de champ.
- Il eft clair que toute la chaleur des fourneaux doit paffer du
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- foyer dans le delïous des plaques , pour échauffer toute là longueur de l’étuve ; ce qui doit produire une grande chaleur à l’endroit où les fourneaux communiquent fous les plaques. Il eft à propos de garnir cet endroit d’un bon lut, fans quoi on feroit expofé à de fréquentes réparations.
- Il eft encore avantageux de ne pas pofer tout à fait de niveau le carrelage de briques qui eft fous les plaques , mais de le tenir de trois pouces plus haut du coté des cheminées que de celui des fourneaux ; parce qu’en pofant les plaques de niveau, le tuyau rampant fe trouvera rétréci à mefure qu’il s’éloigne du fourneau, ôt l’étuve en fera chauffée plus également.
- Une chofe très-importante feroit de veiller à la conferva-tion des étuves quand elles ne fervent pas. Pour cela, au lieu de les laiffer expofées à toutes les injures de l’air, qui rouille Ôt détruit les fers, je voudrois ôter le fable, ôt former fur l’étuve un petit toit avec des planches de bois commun, à moins qu’on ne trouvât plus à propos d’élever deffus un appentis à demeure, qui empêcheroit que les eaux pluviales ne dérangeaffent le fervice de l’étuve lorfqu’on voudroit l’employer.
- Avant qu’on eût établi de grandes étuves dans les Ports, j’en avois fait faire une petite à Denainvilliers, pour exécuter les Expériences dont je vais rendre compte ; je parlerai en-fuite de la façon de fe fervir des grandes étuves Ôt de leur avantage.
- Article V. Remarques fur le fervice de V'Etuve au fable.
- i°, En remuant le fable, on a foin de mettre celui de la fuperficie deffous, Ôt celui du deffous deffus ; on tranfporte le fable qui eft fur les fourneaux vers l’extrémité de l’étuve, ôç on le remplace par celui des extrémités.
- 2°, Toutes les fois qu’on découvre les bordages, on les
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- arrofe d’eau bouillante, & on en verfe encore quand le fa-ble eft remis fur les bordages.
- 3°, Il faut mettre, autant quon le peut, fur les fourneaux, la partie des bordages qui doit être la plus courbée, ôc y jetter plus d’eau bouillante qu’ailleurs.
- 4°, On peut mettre les uns fur les autres deux rangs de bordages ; mais on place au fécond rang les bordages qui ont moins befoin d’être chauffés ; ils fe préparent à l’être plus parfaitement ; ôc en arrêtant la chaleur, ils font que ceux de deffous en reçoivent davantage.
- 3°, Il n’efl pas pofïible de déterminer précifément le temps que les bordages doivent refter à l’étuve, puifque cela dépend de leur épaiffeur, de leur longueur, du plus ou moins de courbure qu’on doit leur faire prendre, de la qualité du bois, de la vivacité du feu. Cependant lorfque les bordages ont 23 pieds de longueur, ôc qu’on ne doit pas leur faire prendre une courbure confidérable, on peut compter qu’ils feront affez attendris en les laiffant à l’étuve autant d’heures qu’ils ont de pouces d’épaiffeur. Mais à mefure qu’on augmente leur courbure, il faut aufïi les tenir plus long-temps à l’étuve : ce qui va, pour des bordages de 6 pouces d’épaiffeur , jufqu’à 7 à 8 heures, ÔC beaucoup plus long-temps quand on les laiffe à l’étuve toute la nuit : car on réferve pour ce temps les bordages fort épais, ôc auxquels on veut faire prendre une grande courbure ; la chaleur qu’ils éprouvent la nuit étant foible, ne fait que les préparer à en recevoir une plus vive le lendemain.
- 6°. Il y a des bordages qui exigent tant de courbure, qu’il n’eft pas pofïible de les attendrir affez par l’étuve pour les mettre en place ; tels font les premiers ôc les féconds bordages au-deffous des préceintes de l’arriere, toutes les pointes de tour des premiers rangs des préceintes de la première, fécondé ' ôc troifieme batterie : on ne peut fe difpenfer de les gabarier ; mais toutes les pièces de rempliffage qui fe mettent au deffous, peuvent être mifes en place au moyen de l’étuve.
- 70, On a foin de choifir des bordages longs pour mettre aux places où ils doivent prendre beaucoup de courbure ; ÔC
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- fi pour la liaifon des écarts, il faut employer de courts bor-dages, on a foin de les faire aboutir à l’endroit où eft la plus grande courbure pour la partager fur deux bordâges.
- 8°, On peut, en variant l’obliquité des virûres de bordâges, diminuer de leur courbure : c’eft-Ià un point où l’attention du Conftru&eur fe fait connoître.
- Par-tout où la courbure des bordâges eft un peu conft-dérable, il faut les arrêter .& les forcer de s’appliquer exaête-ment fur les membres au moyen de bridolles & de coins frappés à grands coups de maffe ; car plus on met de bridolles, plus les bordâges font exa&ement appliqués fur les membres, ôc moins on court rifque de les rompre. Il eft bon aufli de laiffer les bridolles en place jufqu’à ce que les bordâges ou les préceintes foient refroidies ; fans quoi ils pourraient fe rompre une demi-heure après avoir été mis en place.
- Planche XV, a a, Fig. 4 , font les membres ; h b b repréfente le vaigrage ; c c, le bordage qu’on met en place ; d d , les clous qui l’arrêtent fur les membres , eun palan qui fert à faire force pour plier le bordage, On voit ( Fig, 5 ) un Charpentier qui frappe les clous dd,
- io°, Nous venons de parler de bridolles : l’ufage le plus ordinaire eft de les placer comme le repréfente la Figure première, Planche XV, La bridolle C eft retenue en E par un cordage qui la joint au membre, & en D par un autre cordage qui prend dans un taquet de fer A, En F font les coins qui ferrent le bordage G contre le membre HH, Le défaut de cette bridolle eft que, pour retenir le taquet de fer A, il faut enfoncer dans le membre, & fouvent dans le bordage, fix grands clous qu’il faudra arracher, & qui endommagent toujours le bois. On peut éviter cet inconvénient au moyen d’une cheville à boucle A ( Fig, 2), C eft une clavette qu’on frappe fur une virole D en dedans du vailfeau. E, eft la bridolle qui paiïe dans la boucle, & qui eft arrêtée en haut par le cordage F* Les coins G ferrent le bordage H contre le membre B B,
- Il faut remarquer qu’on paffe la cheville A par un des trous deftiné à recevoir un gournable, ou une cheville qui
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- doit traverfer le bordage, le membre ôc le vaigrage , ôc qu’on ne remplit par un gournable que quand le vaiffeau eft prefque fini, parce que la cheville à boucle peut fervir au lieu de taquet pour monter les membres, les bordages, ôcc. ôc par fon moyen on évite la dépenfe des clous ôc le tort qu ils font au bois.
- ii°, Comme il faut entretenir le feu dans l’étuve tant que la conftruôtion dure, on ne doit point, pour ménager le bois, en faire ufage lorfqu’on fait de légers radoubs, ou pour la conftruôtion des canots, chaloupes ôc autres petits bâtiments. Dans ce cas, on chauffe à feu nud fur des chenêts , ou bien dans l’étuve à la vapeur de l’eau, à moins que l’étuve au fable ne fût chauffée pour quelque conftruéfion : car en ce cas on en profite fans déranger le principal travail.
- Article VI. Expérience faite avec du bois de Chêne a demi-fec quon avoit confervé pendant trois ans fous un hangar, & quon mit dans V Etuve au fable fans Vhumecter.
- Je m’étois d’abord propofé de connoître fi du bois médiocrement fec fe deffécheroit parfaitement par la chaleur de l’étuve au fable, ôc fi la diminution de poids ne fe répareroit pas par l’humidité de l’air.
- Je fis cette Expérience dans une petite étuve que j’avois fait confîruire à Denainvilliers, ôc qui, à la grandeur près, étoit telle que celle dont je viens de donner la defcription : elle n’a-voit qu’un feu ôc une cheminée.
- Je choifis, pour cette Expérience, des bois abattus depuis trois ans, ôc qui paroiffoient affez fecs pour être employés à toute forte d’ouvrages de Charpenterie ; je les fis débiter, pe-fer ôc numéroter avec les précautions que j’ai rapportées ci-demis aux premières Expériences des articles qui regardent la façon d’étuver à feu nud ôc. à la vapeur de l’eau. Chaque piece étoit donc refendue en deux ; une moitié fut dépofée fous le han-
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- far & l’autre fut mife dans le fable chaud de l’étuve ; le la-le, comme nous l’avons dit, étoit fec.
- Avant d’être mis à l’étuve, le pied cube de ces bois pefoit 63 liv. 2 onc. $ y gros*
- § I. PREMIERE 0 P É R AT I O N.
- On chauffa cette petite étuve, d’abord par un feu de fagots , Ôc enfuite on y mit des bûches de hêtre ; car je voulois un feu de flamme, afin que l’opération allât plus vite. La chaleur étoit prefque égale dans toute la longueur de l’étuve ; il eft vrai qu’il fe perdoit beaucoup de chaleur par le tuyau ; mais ce défaut venoit de la petiteffe de mon étuve. Celles des Ports étant plus de deux fois plus grandes, le courant d’air chaud ne peut être aufli rapide, ôt la chaleur y eft employée plus utilement ; je n’ai pas cru devoir omettre ces petites remarques : je reviens à mon Expérience.
- Le feu fut continué pendant plus de trois heures ôc demie ; au bout de deux heures, je fis découvrir ôc retourner les madriers , mettant du côté des plaques la face qui étoit en deffus, pour que les deux faces fufient chauffées également. Au bout de trois heures ôc demie, on ceffa de mettre du bois dans l’étuve.
- Mais le fable étoit affez échauffé pour entretenir les pièces très-chaudes pendant deux heures ôc demie qu’elles en refterent recouvertes.
- §2, Seconde Opération.
- On les tira alors de l’étuve, Ôc le pied cube de ces bois pefoit 60liv. 10 onc. f f gros, le poids de chaque pied cube étant diminué de 2 liv. 8 onc. ce qui eft aflez confidérable pour des bois abattus depuis trois ans. Il eft vrai qu’ils étoient reftés fous le hangar en bois quarré, Ôc que je ne les avois fait débiter par les fcieurs de long, que quand je voulus les mettre à l’étuve : car on fçait que quand on refend en planches une vieille poutre, ces planches fe tourmentent ôc perdent de
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- des Bois. Liv. III. Chap. VII. 341
- leur poids. De plus les moitiés que j’ai confervées fous le hangar, ont perdu de leur poids, quoiqu’elles n’eufîent point été étuvées ; mais elles ont beaucoup moins perdu que celles qui avoient été étuvées. Ces bois, au fortir de l’étuve, étoient fi chauds qu’on ne pouvoit les toucher fans fe brûler. C’eft en cet état que je les fis pefer.
- § 3. Troisième Op érati on.
- On les mit fous le hangar ; douze heures après, je les fis pefer pour voir s’ils auroient afpiré l’humidité de l’air, comme cela arrive aux bois très-fecs ; mais au contraire ils étoient plus légers : le pied cube ne pefoit plus que yp liv. 12 onc. 2 j gros. Ainfi chaque pied cube avoit encore .perdu 14 onces, 2 j gros du poids qu’il avoit au fortir de l’étuve.
- Comme ces bois étoient pénétrés de chaleur jufqu’au centre , ils furent long-temps à fe réfroidir, & la diflipation de l’humidité continua tant qu’ils furent chauds ; mais ayant remis ces bois fous le hangar pour les pefer, vingt-quatre heures après, le pied cube pefoit 60 liv. 4 onc. c’eft 7 onces $ f gros de l’humidité de l’air qu’ils avoient repris ; il eft vrai que le jour qui précédoit cette pefée , fut pluvieux.
- § 4. Quatrième Opération.
- Je fis remettre ces mêmes bois à l’étuve ; ils y paflerent neuf heures, ôt de temps en temps on les retournoit comme on avoit fait la première fois.
- Mon Expérience fut un peu dérangée : car il avoit plu, ôc le fable étoit humide : aufli au lieu de diminuer de poids , étant expofés à une chaleur aufli long-temps continuée, ils devinrent plus pefants, & au fortir de l’étuve le pied cube de ces bois pefoit 61 liv. p onc. 2 f gros.
- Il eft vrai que cette humidité étant réduite en vapeurs, devoir fe difliper aifément : aufli ayant palfé douze heures fous le hangar, le pied cube ne pefoit plus que 60 liv. 10 onc. 5 £ gros.
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- Douze heures encore après} 60 liv. 8 onc. ôc vingt-quatre heures encore après, 60 liv. 2 onc. 5 f gros.
- De forte qu'ils étoient plus légers qu'ils ne l'avoient été avant que d'être étuvés pour la fécondé fois ; ôc probablement on les auroit trouvé encore diminués de poids, îi l'on avoit continué à les pefer : car il eft probable que par des temps fecs , on les auroit trouvé revenus à fp liv. 12 onc. 2 fgros; peut-être même encore plus légers : car les vapeurs chaudes qui s'é-chappoient du fable, ôc qui entroient dans le bois, pouvoient bien avoir diffous une partie de la fubltance gélatineufe, ce qui l'auroit difpofée à s'évaporer. Ces bois avoient un grand nombre de petites gerces ôc quelques fentes.
- Article VIL Expérience faite avec des Bois
- abattus de Vhiver précédent, & qui ont été étuvés dans le fable fec.
- Voyant que la chaleur de l'étuve au fable avoit enlevé au bois fec le refte de fon humidité, il me parut intérelfant de favoir fi elle pourroit pareillement enlever toute celle des bois verds ôc nouvellement abattus.
- Dans cette vue, je fis débiter des bois abattus de l’hiver
- Î>récédent, les réduifant aux mêmes dimenfions que ceux de a précédente Expérience.
- § 1. Première Opération.
- Avant que de mettre ces bois à l'étuve, le pied cube pefoit 82 liv.
- Après avoir paffé cinq heures dans le fable chaud Ôc fec > le pied cube pefoit 78 liv. 1 onc. 2 fgros.
- § 2. Seconde Opération.
- On les lai-ffa au grand air pendant vingt-quatre heures : alors ils pefoient 7 6 livres 10 onces.
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- On voit par cette Expérience, que la chaleur de l'étuve n avoit pas pu, à beaucoup près, faire perdre à ces bois toute leur humidité ; car s'ils avoient été aufïi fecs que ceux que nous avons employés pour la précédente Expérience , le pied, cube n'auroit dû pefer, à peu près , que 60 liv. io onces
- 5 f gros.
- Il ne faut pas oublier de faire remarquer qu'il fortoit de l’étuve une odeur pénétrante, qui s'étendoit au loin,
- § 3. Troisième Opération.
- Vingt-quatre heures après, le temps ayant été pluvieux, je fis encore pefer ces bois, qui étoient reliés fous un hangar : le pied cube pefoit 7 6 liv. 10 onc. $ f gros.
- Ainfi ces bois s'étoient un peu chargés de l'humidité de l'air 5
- 6 il eft fingulier qu'ayant à perdre encore beaucoup de leur feve, ils afpiraffent l'humidité de l'air. Il me paroît probable que cela dépend de ce que la fuperficie de ces bois s'étoit beaucoup delTéchée ; & que cette fuperficie fe chargeoit de l'humidité de l'air. D'ailleurs il faut faire attention à l'élafti-cité des fibres, qui n ont pas été allez delTéchées par la chaleur de l'étuve pour perdre tout leur relïort : car ce reflort, en fe rétabliffant, aura pu pomper de l'air humide.
- § 4. Qu at rie me Opération.
- Pour voir à quel point on pourroit delfécher les bois verds par la chaleur de l'étuve au fable, je les y remis comme la première fois , & je les y laiffai plus de neuf heures : la chaleur qu'ils avoient éprouvée, étoit fi çonfidérable , qu'ils com-mençoient à fe charbonner du côté des plaques ; mais le temps étoit pluvieux & le fable humide : ces bois ainfi chauffés juf-qu'à griller, pefoient, au fortir de l'étuve , ( je parle toujours du pied cube) 71 liv. 12 onc. 5 f gros.
- Iles voilà diminués de 4liv. 13 onc. 2 f gros, quoique fû-rement ils euffent afpiré de l'humidité dont le fable étoit hu-
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- meêté : ou au moins l’humidité de ce fable a fait obftacle au defTéchement de ces bois.
- § CiNQUiEMË Opération.
- On fait que cette humidité fe difïipe aifément, & qu elle entraîne même avec elle une portion de la feve ; c’eft pourquoi ces bois ayant refté douze heures fous un hangar, ils ne pefoient plus que 71 liv.
- Douze heures encore après, 70 liv. 1 o onc. y y gros. Quarante-huit heures encore après , 70 liv. 8 onc.
- Ainfi, quoique ces bois euffent été étuvés pendant quatorze heures à deux fois , & jufqu’à griller 3 ils n’avoient pas été autant delTéchés que les bois qui étoient abattus depuis trois ans.
- Sans doute qu’ils ont continué à fe delfécher fous le hangar où on les a dépofés ; mais comme ce n’étoit plus un effet de l’étuve y nous avons négligé de fuivre plus loin cette Expérience.
- Article VIII. Expérience faite avec des Bois abattus depuis trois ans , & qui, après avoir été confervés ce temps fous un hangar aéré 9 ont été mis à VEtuve au fable > & arrofés d'eau bouillante.
- Dans les Expériences précédentes, où nous avons chauffé les bois dans du fable fec, il ne s’agiffoit que de les deffécher ; maintenant il eft queftion de les attendrir, pour les mettre en état d’être pliés fans fe rompre : c’eft dans cette vue qu’on arrofoit le fable avec de l’eau bouillante.
- Je pris pour ces Expériences des bois pareils à ceux de l’Article VI ; je les étuvai de même, à cela près que je les fis arrofer pendant ce temps avec de l’eau bouillante.
- § 1. Première Opération.
- Avant l’Expérience, les bois que j’employai pefoient le pied cube, 60 liv. Je
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- JD ES B OIS. Li v. III. Chap. VII. 34f
- Je les mis, comme pour l’Expérience précédente , paffer cinq heures dans le fable chaud > les retournant de temps en temps, ôc ôtant quelquefois le fable de defliis pour les arro-fer plus exactement d’eau bouillante : fur le champ on les recouvrait de fable.
- Au fortir de l’étuve, ils pefoient, ( je parle toujours du pied cube) 60 liv. io onc. $ f gros.
- Ainfi ils s’étoient chargés de i o onc. $ f gros de l’eau bouillante dont on les arrofoit.
- §2. Seconde Opération.
- Vingt-quatre heures après avoir été tirés de l’étuve, ils ne pefoient plus que $$ liv. i onc. 2 §• gros.
- Ainfi ces bois, quoique fecs ôc abattus depuis trois ans , avoient perdu de leur feve, 14 onc. $ ~ gros.
- Il s’échappoit de l’étuve une odeur forte, qui ne pouvoit venir que de l’évaporation d’une portion de la fubftance du bois , qui étoit dilfoute par l’eau dont on les arrofoit.
- Vingt-quatre heures encore après, ils pefoient fp liv. y onc.
- 2 T Sros*
- Ainfi ils avoient afpiré 4 onc. de l’humidité de l’air, parce que le temps étoit à la pluie.
- § S* Troisième Opération.
- Pour fuivre cette Expérience comme les précédentes, je les remis paffer encore neuf heures à l’étuve continuant de les arrofer ôc de les retourner de temps en temps.
- Au fortir, ils pefoient 62 liv. 8 onc.
- Ainfi étant reftés plus long-temps à l’étuve, ils fe font plus chargés de l’eau dont on arrofoit le fable.
- $4. Qu a t ri e me Opération.
- Ayant été mis fous le hangar, douze heures après, ils ne
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- 34<* D E L A T T EN D RI S S EM EN T
- pefoient plus que 61 liv. & douze heures encore après 9 So liv.
- Ils auroient certainement perdu encore beaucoup de leur poids ; mais les voyant revenus à leur premier poids, j'ai ceffé de les pefer.
- Article IX. Expériences faites fur des Bois abattus de Vhiver précédent , mis à IEtuve au fable & arrofés d'eau bouillante.
- Mon intention, en exécutant cette Expérience, étoit de voir fi les bois verds qu'on étuve dans le fable chaud arrofé d'eau bouillante, perdroient de leur feve, ou s’ils fe chargeaient de l'eau dont on hume&oit le fable. Pour cela, ayant difpofé mes bois dans l'étuve, comme pour les précédentes Expériences, j'eus foin de les découvrir de fable toutes les demi-heures, de les retourner & de les arrofer d’eau bouillante.
- 5 i. Première Opération.
- Ces bois pefoient, avant que d'être mis à l'étuve, 84 liv. 6 onces.
- Après y avoir refté cinq heures, ils pefoient 83 liv. $ onc.
- Ainfi au lieu de fe charger de l'humidité du fable, ils avoient perdu 1 liv. 6 f gr. de leur feve. Je crois même qu'il s'étoit diffipé une plus grande quantité de leur feve, en même temps qu'ils avoient pris de l’eau dont on les atrofoit : car il fortoit de l’étuve une odeur pénétrante.
- §2. Seconde Opération.
- Vingt-quatre heures après les avoir tirés de l'étuve, ils ne pefoient que 81 liv. $ onc. 2 f gros.
- On les pefa encore vingt-quatre heures après ; mais comme il pleuvoit beaucoup, ils n'avoient pas changé de poids.
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- vms Bois.Liv. III. Chap. VIL 347
- § 3. Troisième Opération.
- On les remit à l’étuve, où ils refterent plus de neuf heures : au fortir, ils pefoient 82 liv.
- Cette augmentation de poids n’eft pas, à beaucoup près, aufli confidérable que celle que nous avons remarquée fur les bois fecs ; & comme c’eft une humidité étrangère qui eft preJf que réduite en vapeurs, ondevoit s’attendre quelle fe diflipe^. roit promptement.
- $4. Qu at ri e me Opération.
- Ayant paflfé vingt-quatre heures fous le hangar, le pied cube ne pefoit plus que 80 liv. 2 onces.
- Et quarante-huit heures après, 7 6 liv. 10 onc. j f gr.
- Ces bois continuoient à diminuer très-fenfiblement toutes les fois qu’on les pefoit.
- Article X. 'Expérience faite avec des Madriers
- de cœur de Chêne abattus U hiver précédent, & étuvés au fable fans être arrofés.
- Je pris des pièces de bois abattus de l’hiver 1732. Je fis lever à la fcie quatre doffes fur les quatre faces pour n’avoir que du bois de coeur ; ce qui me procura un madrier qui avoit 6 pieds de longueur, 6 pouces de largeur ôc 3 d’épaiffeur.
- § I. PREMIERE 0 P ÉR AT 1 ON.
- Il pefoit au commencement de l’Expérience, le 18 Juin 1754, J4 liv.
- Il eft bon de remarquer que ce madrier nétoit pas de bonne qualité : il avoit à un bout quelques veines de bois blanc, Ôc quelques-unes de bois rouge,
- X x ij
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- On le mit dans le fable de l’étuve, où on le chauffa pendant cinq à lix heures fans l’hume&er avec de l’eau chaude ; l’ayant tiré du fable 9 il pefoit yi liv. 3 onc.
- Son poids étoit donc diminué de 2 liv. 13 onc.
- §2. Seconde Opération.
- On le laiffa vingt-quatre heures au grand air : alors il pefoit 4P liv. 13 onc. 4 gr.
- Vingt-quatre heures encore après, il pefoit y o liv.
- Ainfi fon poids étoit un peu augmenté, parce que l’air étoit fort humide.
- § S* Troisième Opération.
- On le remit paffer neuf à dix heures dans le fable de l’étuve ; fa fuperficie étoit un peu grillée , ôc il pefoit 46 liv. 4 onc.
- S 4•Quatrième Opération•
- Deux heures après avoir été tiré de l’étuve > il pefoit 4 y liv* 12 onc.
- Encore deux heures après} étant refté expofé au foleil, il pefoit 4 y liv. 8 onc.
- Enfin, encore quarante-huit heures après 9 il pefoit 4 y liv. 6 onc.
- Comme le fable n’avoit pas été hume&é, ce madrier avoit beaucoup perdu de fa feve ; cependant il n’étoit pas parfaitement fec : car l’ayant pefé le 2y O&obre 1742, il ne pefoit que 3 <5 liv. 8 onc.
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- Article XI. Expérience faite fur un Madrier pareil au précédent 9 mais abattu Vhiver 1732 9 & mis à fec dans l'Etuve au fable.
- § 1. Première Opération.
- Au commencement de Juin 1734 * ce madrier pefoit 3$ liv; 14 onc.
- Ayant refté cinq heures dans le fable chaud ôc fec, il pefoit 5 8 liv.
- §2. Seconde Opération.
- Étant refté vingt-quatre heures au grand air, il pefoit 37 liv. 3 onc.
- Ce jour-là étoit pluvieux.
- § 3. Troisième Opération.
- On le remit pafîer neuf à dix heures dans le fable chaud : le fable ayant été mouillé par la pluie, au fortir, il pefoit 3 8 liv. 11 onc.
- Ainfi il s’étoit chargé de l’humidité du fable»
- § 4. Quatrie me Opération.
- On le tira de l’étuve ; douze heures apres, il pefoit 3 8 liv. Douze heures après, 37 liv. 14 onc.
- Vingt-quatre heures après, 37 liv. 10 onc.
- Ce madrier n étoit cependant pas > à beaucoup près, deffé-ché : car le 23 Oèlobre 1742, il ne pefoit plus que 34 liv.
- 8 onc.
- L’autre moitié de la même piece qui avoit été tirée du même arbre à coté du précédent, & qui pefoit au commencement de l’Expérience, 40 liv. 6 onc. ne pefoit, le 2 3 Octobre 1742 * que 33 liv. 8 onc. ayant toujours refté fous le hangar fans avoir été étuvé.
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- 3;o De lAttendrissement
- La diminution qu’il a éprouvée eft à peu près la même : car au commencement de l’Expérience, il pefoit 8 onc. de plus que celui qui a été étuvé ; & à la fin de l’Expérience, la fupériorité de fon poids étoit de 16 onc. la chaleur de l’étuve a apparemment diflipé 8 onces de la fubftance du bois.
- Article XII. Expérience faite fur un madrier de Chêne pareil à ceux dont on vient de parler ; mais abattu Vhiver précédent , & étuvé dans le fable arrofé d'eau bouillante.
- § i. Première Opération,
- Ce madrier pefoit le 27 Juin 1734, SS ^v* 12 onc* 4 gros* On le mit, comme les autres, pafler cinq heures dans le fable chaud, mais qu’on hume&oit toutes les demi-heures avec de l’eau bouillante : au fortir de l’étuve, il pefoit $ % liv.
- Ainfi, quoique le fable fût hume&é, le madrier qui étoit verd , a perdu 12 onc. 4 gros de fon poids.
- § 2. Seconde Opération.
- Ayant été vingt-quatre heures au grand air, il pefoit 53 liv. 8 onces.
- Au bout encore de vingt-quatre heures de temps humide, fon poids n’étoit pas changé.
- § 3. Troisième Opération.
- On le remit paffer neuf à dix heures dans le fable chaud qu’on arrofoit avec de l’eau bouillante ; étant tiré du fable, il pefoit 34 liv.
- Ainfi il s’étoit chargé d’une demi-livre d’eau.
- § 4. Quatrième Opération.
- Douze heures après avoir été tiré du fable, il pefoit 33 liv. 2 onc.
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- des Bois. Liv. III. Chap.VII. 351
- Ayant, enfuite relié douze heures au foleil, il pefoit 52 liv. 5> onc. 4 gros.
- Quarante-huit heures encore après, 30 liv.
- Cette Expérience ayant été faite avec un madrier rempli de feve, j'ai voulu voir ce qui arriveroit à un pareil madrier qui feroit de plus ancienne coupe.
- Article XI II. 'Expérience faite avec un Madrier de mêmes dimenfions que le précédent, mais
- qui , après avoir été abattu l’hiver 17 3 2 y & été mis
- dans le fable chaud y & arrofé d’eau bouillante.
- Ce Madrier de bois à demi fec, ôc de mêmes dimenfions que le précédent, pefoit au commencement de l’Expérience , le 18 Juin 1734, 37 ^v* 8 onc.
- § 1. Première Opération.
- Après avoir relié cinq heures dans le fable chaud & humeété d’eau bouillante, il pefoit 3 8 liv.
- §2. Seconde Opération.
- Étant tiré de l’étuve, & ayant relié vingt-quatre heures au grand air, il pefoit 3 6 liv. 13 onc.
- Vingt-quatre heures encore après, l’air étant fort humide, il pefoit 37 liv.
- §3. Troisième Opération,
- On le remit à l’étuve, où il a relié neuf à dix heures, étant de temps en temps arrofé d’eau bouillante : au fortir, il pefoit 3 P liv. 6 onc.
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- 3^2 De i!Attendrissement
- $4. Quatrième Opération,
- Douze heures après être forti de Fétuve, il pefoit 38 liv. 4 onc.
- Douze heures encore après, étant refté au foleil, 37 1. 8 onc. Quarante-huit heures encore après, 37 liv. 6onc.
- Enfin le 27 O&obre 1742, il ne pefoit plus que 33 1. 8 onc.
- Article XIV. Expérience faite fur quatre Madriers pajfés à l'Etuve au fable arrofés d'eau bouillante.
- Quatre Madriers, entièrement femblables aux précédents pour le temps de leur abattage, furent numérotés I, II, III &IV.
- N°. I, pefoit le 13 Juin 173 f, N°. II,.......................
- N°. III, . . . . .
- N°. IV,.......................
- 117 liv. 4 onc. ni 12
- 112
- 117 4
- Les Madriers N°. III & IV, qui n étoient point deftinés à être mis à Fétuve, furent mis fous un hangar.
- § 1. Première Opération.
- Les Madriers N°. I & II, furent enfouis dans le fable de Fétuve ; & on eut foin d’entretenir le feu fous les plaques, ôc d’arrofer toutes les demi-heures le fable avec de Feau bouillante.
- On les tira de Fétuve au bout de huit heures.
- N°. I, pefoit 118 liv. 4 onc. ainfi fon poids étoit augmenté dune livre.
- N°. II, pefoit 113 liv. 12 onc. ainfi fon poids étoit augmenté de deux livres.
- §
- 2,
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- DES Bo is.Liv.m. Chap. VII,
- §2, Seconde Opération.
- Le 26 O&obre 1742 , le poids de ces quatre Madriers fç trouva comme il fuit, favoir 5
- N°. I, étuvé N°. II, étuvé N°. III, non étuvé N°. IV, non étuvé
- 8 y liv. 8 onct 82 8
- 8?
- 86
- On voit quil s’en faut de beaucoup que les MadriersI II, eulfent été complètement defféchés par la chaleur des l’étuve.
- Article XV. Expérience faite a Toulon, fur cinq\B ordages dTtalie, de 10 pieds de longueur > il pouces de largeur, & 3 j. d!épaijjeur.
- § 1. Première Opérât 10 n.
- Le 18 Août, N°. I, fut mis fous un hangar où il paffoic beaucoup d’air : il pefoit 1 fp liv.
- Le p Novembre, il pefoit 142 liv. il étoit diminué de 17 liv; Une fente de plus de 3 pieds de long, & ouverte de 6 à 7 lignes , traverfoit toute l’épailfeur du bordage.
- § 2. Seconde 0 p é rat 1 0 Ni
- N°. II, pefoit le 18 Août, 173 liv.
- Il fut mis au foleil & au grand air.
- Le p Novembre il pefoit iyy liv. Il étoit diminué de 18 liv*
- §5. Troisième Opération.
- N°. III, pefoit le 18 Août, 166 livres.
- Ayant relié fix heures dans l’étuve au fable , il pefoit
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- 3 ?4 Djs Z A ttendrissement
- i 63 livres. Il n’étoit diminué que de 3 livres.
- Il s’étoit formé une fente de 8 pouces de longueur par un bout, & de 3 lig. d’ouverture.
- On le mit fous le hangar ; & le 9 Novembre il pefoit 14; liv. Son poids étoit diminué de 18 liv.
- La fente qui s’étoit faite pendant qu’il étoit dans l’étuve avoit augmenté fous le hangar ; elle avoit un pouce d’ouverture , & traverfoit le madrier de part en part.
- § 4. Qu at rie me Opération.
- Le madrier N°. IV, pefoit 168 livres.
- Il fut mis à l’étuve le 18 Août ; on l’en tira fix heures après , il pefoit 166 liv. Il avoit perdu 2 liv. de fon poids.
- Il étoit fendu à un bout de part en part, d’un pied de long ; la fente avoit un demi-pouce d’ouverture. On expofa ce madrier au foleil & au grand air jufqu’au 9 Novembre qu’il pefoit 149 liv. Son poids étoit diminué de 17 liv.
- La fente avoit beaucoup augmenté à l’air.
- Article XVI. Expérience faite a Toulon fur fix pièces de Bois de 10 pieds de longueur ; 12 pouces de largeur & il d'épaijfeur.
- § 1. Première Opération.
- La piece N°. I, pefoit le 9 Août 1730, 686 liv.
- On la mit dans l’eau de la mer, & le 9 Novembre elle pefoit 709 liv. Son poids étoit augmenté de 23 liv.
- La piece N°. II, pefoit 670 liv.
- Etant mife dans l’eau de la mer & retirée le 9 Novembre, elle pefoit 689 liv. Son poids étoit augmenté de 19 liv.
- § 2. Seconde Opératio n,
- La piece N°. III, pefoit le 9 Août 711 liv.
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- des Bois. Liv. III. Chap. VII. 3 y y
- On la mit fous un hangar, & le p Novembre, elle pefoit 647 liv. Son poids étoit diminué de 64 liv.
- Elle s’étoit fendue de part en part par un éclat confidérable.
- § 3. Troisième Opération.
- La piece N°. IV, pefoit le p Août, <£77 liv.
- On l’expofa au foleil & au grand air : le p Novembre elle pefoit 6 ip liv. Son poids étoit diminué de 58 liv.
- Elle étoit fendue a un bout en plufieurs rayons : il s’étoit formé un éclat à l'autre bout, ôc une fente à une des furfaces.
- $ 4. (Quatrième Opération.
- La piece N°. V, pefoit le p Août, 684 liv.
- On la mit paffer à l'étuve au fable depuis fix heures du matin jufqu’au lendemain à la même heure : mais on n’avoit fait du feu dans l'étuve que jufqu’à fix heures du foir ; on la retournoit fur les quatre faces, & on l'arrofoit de temps en temps d’eau chaude. Au fortir de l'étuve , elle pefoit 65p liv. Ainfi fon poids étoit diminué de 2 j liv.
- Les angles étoient un peu grillés ; il s'étoit formé une fente diagonale de 8 pouces d’une longueur, de demi-ligne d’ouverture , & qui traverfoit la piece. En tirant la piece de l’étuve, il fortit de cette fente la valeur d’un petit gobelet d’eau roufle très-âcre au goût ; il s’étoit fait une petite fente à l’autre bout, d’où il n’étoit rien forti.
- On la mit fous un hangar très-aéré, ou elle relia jufqu’au p Novembre : alors elle pefoit 612 liy. Ainfi fon poids étoit diminué de 47 liv. de ce qu’elle pefoit d’abord.
- La fente qui avoit commencé à l’étuve, s’étoit beaucoup ouverte ; & il s’étoit formé de nouvelles fentes très-confidé-râbles.
- $ $. Cinquième Opération.
- La piece N°. VI, pefoit le 18 Août, 71P liv.
- Yyij
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- 3J« £> É lÂTT EN D RI $ S EME NT
- On la mit à l’étuve comme la précédente : au fortir elld pefoit 70 é liv. Ainfi elle avoit perdu 13 liv. de fon poids.
- . Les angles étoient grillés : elle s’étoit fendue comme l’autre; mais il n’en étoit forti que quelques gouttes de liqueur par un des bouts : cependant9 par une fente, il en étoit forti plein une demi-coque d’œuf de liqueur.
- On l’expofa au foleil & au grand air : le p Novembre 9 elle pefoit 635) liv. Ainfi fon poids étoit diminué de 67 liv. Un bout étoit fendu par rayons.
- On peut remarquer que la piece N°. III9 mife fous le hangar ? a plus perdu de fon poids que la piece N°. IV > qui avoit été mife au grand air : mais la piece N°. V, qui étoit fous le hangar 9 a moins perdu de fon poids que la piece N°. VI, qui étoit reliée à l’air : ce font des faits dont il feroit difficile de rendre raifon. Nous rapportons les faits comme nous les trouvons fur nos regiftres.
- CHAPITRE VIII.
- Des avantages que peuvent procurer les grandes Etuves dont nous venons de parler, SC Képonfes, aux objections qu’on a formées fur cet Établijfement.
- C 1 n q Articles vont en même-temps expofer les avantages & répondre aux objections. Dans le premier 9 je prouverai que le chauffage de l’étuve ne coûte prefque rien ; ainfi je répondrai à l’objeClion qu’on a faite quelle occafionneroie une grande confommation de bois.
- J’établirai dans le fécond, que le fervice de l’étuve n’emploie que très-peu de monde ; & n’exige point qu’on paffe la nuit dans l’Arcenal; & par-là je répondrai à ceux qui ont
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- t> e s Bois. Liv. III. Chap. VIII. 33*7
- exagéré les frais qu’exige le fervice de l’étuve , & qui ont dit avec raifon quil étoit contraire à la bonne police qu’on paffât la nuit dans l’intérieur de l’Arcenal.
- On verra dans le troifieme, qu’en prenant les précautions convenables, on peut mettre les bordages en place fans courir rifque de les rompre, l’étuve leur ayant donné la foupleffe convenable.
- Je ferai appercevoir en quatrième lieu , que l’étuve procure une grande économie fur le bois ; ôc, en cinquième lieu, qu’il en réfulte une meilleure liaifon pour les vaiffeaux ; ce qui me donnera occalion de rapporter une Expérience qui prouve qu’on n’a point à craindre que les écarts larguent & s’ouvrent comme beaucoup i’avoient penfé.
- ArticleI. Le chauffage de VÉtuve ne coûte ue rien.
- Il ne s’agit pas de chauffer vivement les bois pour les attendrir convenablement : il faut employer une chaleur modérée , & la continuer long-temps pour quelle pénétré jufqu’au cen-^ tre de la piece fans en brûler la fuperficie. Ainfi on n’emploie point de bois de chauffage , ni même „de gros copeaux ; on ramaffe Ôc on conferve à couvert les vieilles étouppes que les calfats tirent des vaiffeaux qu’on caréné, ou de ceux qu’on radoube ou qu’on démolit ; tous les bouts de cordages qu’on ne peut écharpir pour en faire de l’étouppe pour les calfats, les balayures de l’attelier où l’on écharpit les vieux cordages : on mêle avec cela de menus copeaux, même de la fciure de bois. On conferve le tout fous un appentis auprès de l’étuve : ces ordures , qui refteroient inutiles , fuffifent prefque pour échauffer entièrement l’étuve : feulement quand on eft preffé, & quand on n’a pas le loifîr de laiffer long-temps le bois dans le fable chaud, on met quelques fagots de gros copeaux. Qu’on .exagere tant qu’on voudra la valeur de ces matières combufti-bles, on ne pourra pas la porter fort haut.
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- 358 De lAtt en drissement
- Article IL On na pas befoin de pajjer la nuit dans l’Arcenal 9 & il faut peu de monde pour foigner 1! Etuve,
- On allume le matin un feu modéré dans les fourneaux de Tétuve Ôc dans celui de la chaudière ; on entretient ces feux dans cet état pendant toute la journée, pour bien échauffer le fable, qu’on remue de temps en temps, & qu’on arrofe aufïi de temps en temps avec de l’eau bouillante : deux hommes fuffifent pour ce travail.
- Le foir, quand le fable eft ainfi bien échauffé, on en ôte une partie de deffus les plaques, n’en laiffant que quatre à cinq pouces deffous les bordages qu’on y arrange à côté les uns des autres : il en pourroit tenir fix, fept ou huit dans l’étuve dont j’ai donné les plans, quoiqu’elle foit fimple.
- Quand les bordages font bien afïis fur le fable chaud, on les arrofe de quelques féaux d’eau bouillante, & on les recouvre de fable à l’épaiffeur de 14 à 15 pouces : on l’arrofe encore avec de l’eau bouillante.
- Ce travail doit être exécuté avec quelque diligence : ainfi il faut du monde à proportion du nombre ôc de la groffeur des pièces qu’on doit mettre à l’étuve. Mais ce travail doit fe faire le foir avant la retraite ; ôc quand il eft fait, on remplit les fourneaux avec les ordures dont j’ai parlé. Elles ont l’avantage de ne fe confumer que lentement, ôc de conferver long-temps le feu ; ce qui eft fur-tout avantageux pour la nuit : car quand le foir on a bien rempli les fourneaux de ces balayures , on peut être affuré que l’étuve ne fe morfondra pas, à moins qu’il ne furvînt des pluies confidérables, ôc les bois fe difpoferont dans le fable chaud à être mis en place le lendemain de bonne heure.
- Nous avons fuppofé que c’étoit le foir qu’on mettoit les bois à l’étuve ; Ôc c’eft effectivement le temps le plus convenable pour les bordages épais, ou pour ceux qu’il faut beaucoup ployer ; parce que, pendant la nuit, les bois fe pêne-
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- trent de la chaleur ôc de l'humidité que leur communique le fable, fans quon foit obligé de veiller l'étuve. Les deux hommes qui en font particuliérement chargés, mettent une bonne quantité de poufliere dans les fourneaux : ils en ferment les portes ; ils jettent quelques féaux d’eau fur le fable ; ils rem-plilfent la chaudière, ôc ils abandonnent l’étuve jufqu'au lendemain.
- A l'ouverture de l'Arcenal, quand les Ouvriers y rentrent pour reprendre leur travail, on rétablit le feu dans les fourneaux, ôc on le rend plus ou moins a&if fuivant que la befo-gne prefle, que les bordages ont plus d’épaifTeur, ôc qu'on doit leur faire prendre une plus grande courbure. Alors, au lieu de poufliere, on met dans les fourneaux quelques fagots de gros copeaux, ou, ce qui n'arrive que très-rarement, quelques bûches de bois fendu.
- On a remarqué que , quand l’ouvrage prefle, on peut étu-ver les bois en les laiflant dans le fable précédemment échauffé autant d’heures qu’ils ont de pouces a’épaifleur : trois heures pour un bordage de trois pouces, quatre heures pour un bor-dage de quatre pouces.
- Cependant comme le temps qu'il faut laifler les bois dans l’étuve dépend non feulement de l’épaifleur des bordages , ôc de la courbure qu’on doit leur faire prendre, mais encore de la qualité des bois , ( car il y en a qui s’attendrifîent bien plus promptement que d’autres, ) il faut que l’on s'accoutume à juger du temps qu’on doit les laifler à l’étuve, mais il ne faut point ici de précifion ; les à peu près fuflifent, Ôc fe trouvent aifément.
- Article III. En prenant les précautions convenables y on peut mettre les bordages en place fans courir rifque de les rompre.
- Quand le Conftructeur juge que les bordages ou les préceintes font aflez attendris, il fait ôter le fable, Ôc découvrir promptement le bordage qu’il veut mettre en place ; il
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- le fait porter au chantier de conftru&ion ; & l’ayant élevé à la place qu’il doit occuper, il en arrête un des bouts avec un taquet fur un des membres (Planche XF, a Fig. j ). Il frappe un appareil à l’autre bout b, il fait haler fur cet appareil juf-qu’à ce que le bordage touche le membre fuivant, fur lequel il l’arrête encore avec un taquet. Il continue à faire travailler fur l’appareil pour faire porter le bordage fur le troifieme membre , où il l’arrête encore avec un taquet ; ce qu’il continue jufqu’à ce que le bordage ait pris la courbure des membres , ôc qu’il foit en place.
- C’eft en fuivant ces pratiques , que j’ai vu mettre en place des préceintes qui avoient 6 pouces d’épaiffeur , i o pouces de largeur , Ôc 2 $ ou 3 o pieds de longueur , auxquelles on faifoit prendre une courbure de plus de 5 pieds fans qu’il s’en détachât un feul éclat.
- Mais pour réuffir, il ne faut point fe preffer lorfqu’on met les bordages en place ; il faut, au contraire, agir lentement, ôc, autant qu’on le peut, fans fecoulfes ; l’efTentiel eft de les bien arrêter fur les membres, où on les fait toucher en les ferrant fortement avec des bridolles ( Fig. 1 & 2 ) ôc des coins 9 pour les empêcher de s’éclater : car une préceinte de 6 pouces d’épaifleur conferve pendant une heure ôc demie, ou même deux heures, allé?; de foupleffe pour fe prêter aux contours qu’on veut lui faire prendre.
- Je ne dois point négliger d’avertir qu’un coup de hache ou d’erminette, même un trait de rouanne, fur la furface qui doit être convexe, fuffit pour que le bordage s’éclate en cet endroit : ainfi il faut éviter de toucher à la furface qui doit faire l’extérieur de la courbe, mais donner toute la dégraiffe fur la face qui doit toucher aux membres, ôc former la partie concave de la courbe.
- On fent bien que les bois . fort chargés de nœuds font peu propres à être courbés ; mais s’il fe trouvoit quelques nœuds un peu confidérables à la furface d’un bordage, on ne courra point rifque de le rompre, fi l’on met ce nœud du côté des membres, ou à la partie concave de la courbe ; moyennant
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- ces attentions 9 on aura peu à craindre d’éclater les préceintes & les bordages, qui s’appliqueront aufli exactement fur les membres que s’ils étoient de cire.
- Je crois avoir fait voir que l’étuve au fable altéré peu la qualité des bois ; que l’ufage en eft facile ; qu’elle n’occafionne qu’une très-petite confommation de bois; qu’elle met à portée de faire une économie confidérable fur la main d’œuvre ; ôc que fon fervice n’exige point que des ouvriers paffent la nuit dans les Arcenaux. Nos Expériences ont fait connoître que les bois qu’on met à l’étuve fe chargent de l’humidité du fable qu’on a humeCté; mais on a vu que cette humidité étrangère fe diflipe promptement; d’où, l’on doit conclure qu’il faut fe preffer de mettre en place les bordages auffi-tôt qu’ils font tirés de l’étuve, afin de ménager l’humidité qui concourt, avec la chaleur 9 à les rendre fouples ôc capables de plier.
- Il faut maintenant faire voir la grande économie que cette étuve produit fur les bois les plus rares.
- Article IV. Au moyen de l’Etuve, on peut faire une grande économie fur les Bois.
- Quand on manque d’étuve , on gabarie non feulement les préceintes, mais même les bordages de l’avant Ôc de l’arriere : par cette pratique 9 on perd une énorme quantité de bois des plus rares par leur groffeur, leur figure ôc leur qualité. Ce travail exige une main d’œuvre des plus confidérables 9 qui eft employée à faire des copeaux ; ôc que réfulte-t-il de tout cela ? un bordage tranché ôc de mauvaife qualité. Je dis tranché , parce qu’il eft impolfible de trouver des plançons qui aient naturellement la courbure qu’exige le contour des membres ; ce qui jette dans la néceflité indifpenfable de former ces bordages aux dépens de très-grolfes pièces. J’ajoute de mauvaife qualité 9 parce que les gros bois étant toujours altérés au cœur , les pièces qu’on tire de gros corps d’arbre font toujours mau-vaifes. Rendons ceci fenfible par un exemple qui n’eft point jme hypothèfe,
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- 3^2 De l’Attendri s sement
- J’ai vu mettre à un vaiffeau de la Compagnie des Indes une préceinte de bois droit de 30 ou 3? pieds de longueur fur 7 pouces d’épaiffeur : il eft certain que fi Ton n avoit point eu d’étuve, on auroit été obligé de la faire de deux pièces de 18 pieds 6 pouces de longueur chacune fur 12. à 13 pouces d’équarriffage, à caufe de leur écart & de leur bouge. Ainfi cette préceinte auroit confommé 3 7 pieds cubes de gros bois, au lieu que celle qu’on a mife en place au moyen de l’étuve n’a confommé qu’un peu plus de 18 pieds 8 pouces de bois, ce qui fait une différence de moitié. Il faut joindre à cette économie celle de la main d’œuvre, qui, pour la piece gabariée, feroit plus du double de ce qu’elle a été pour celle qu’on a étuvée. Enfin il eft certain que la préceinte d’une feule piece fait une liaifon tout autrement bonne que celle qui auroit été de deux pièces.
- Voila les avantages des étuves bien établis ; il ne nous refte
- Î)lus qu’à détruire une forte obje&ion , qui, fi elle avoit eu ieuj auroit caufé bien de l’inquiétude aux Navigateurs.
- Article V. Les B ordages étuves qu on a mis en place avec force ne tendent point à Je redrejfer.
- Voyant combien on faifoit force fur le garant de la caliorne qu’on avoit frappé au bout des préceintes àt des bordages qu’on mettoit en place, & imaginant que la piece faifoit un pareil effort pour fe redreffer, on appréhendoit que dans les mouvements que les vaiffeaux font à la mer, un clou ne vînt à manquer, & que le bordage fe redreffant par fa force de ref-fort, il n’en réfultât une voie d’eau à laquelle il n’auroit pas été poflible de remédier. J’avoue que cette difficulté me frappa; & pour favoir ce qui en étoit, je propofai au fleur Cambry 9 Conftruâeur de la Compagnie des Indes, de mettre en place une préceinte à une partie de l’avant où elle devoit prendre une courbure confidérable. La préceinte fut mife en place &T retenue par des taquets ; elle y refta vingt-quatre heures ; en-fuite on rompit les taquets, ôc on defcendit la préceinte ; je
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- mefurai la fléché de fa courbure, & je la fis mettre fur le can : plufieurs jours après, elle avoit confervé toute fa courbure , & on la remit en fa place fur le vaiffeau fans employer aucune manoeuvre. Ainfi il eft prouvé que les fibres ligneufes des pièces que Ton a courbées , après les avoir attendries par le feu, affe&ent aufli puiffamment la nouvelle forme qu’elles ont prife que fi elle leur étoit naturelle ; & comme elles ne font point effort pour fe redreffer, on ne doit avoir aucune inquiétude fur ce point.
- Explication des Planches ôC des Figures du Livre troijieme.
- T j a manière de chauffer les Bois fur des chenêts & à feu nud, eft repréfentée fur la derniere Planche du Livre II.
- Planche XL
- Elle eft deftinée à faire connoître la façon d’attendrir les bois par l’eau bouillante.
- La Figure i. repréfente l’élévation de l’étuve vue par le côté où font les bouches des fourneaux F G H L
- CD EF, des gradins pour monter fur l’étuve.
- K, des chevres pour monter les préceintes fur l’étuve & les defcendre dans l’eau.
- Figure 2. Elle repréfente la même étuve à vue d’oifeau ; les objets font repréfentés par les mêmes lettres qu’à la Fig. i.
- On voit de plus en M M, l’intérieur de la chaudière qu’on remplit d’eau, dans laquelle on met les bordages qu’on veut attendrir.
- La Figure 3 repréfente la même étuve coupée par la ligne AB de la Fig. 2 ; & les différents objets qu’on apperçoit font indiqués par les mêmes lettres qu’aux Figures 1 & 2. N9 repré;
- Z zij
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- 364 VE E ATTENDRISSEMENT '
- fente les couvercles qui couvrent la chaudière M pour conféré ver la chaleur.
- Planche XIL
- Elle fert à faire connoître la difpofition de l’étuve à la vapeur de l’eau.
- Figure 1. Elle repréfente l’élévation de cette étuve vue fuivant fa longueur.
- G H, caiffe qu’on fait affez longue pour qu’elle puiffe conte* nir les bordages qu’on veut y attendrir.
- H K K F, moifes deftinées à ferrer les bordages qui for* ment cette caiffe , & à porter les pieds L L qui foutien-nent cette caiffe à une hauteur proportionnée à l’élévation de la chaudière.
- M, le terre-plein; on a ponctué la bouche du fourneau qui eft plus baffe que le niveau du terrein.
- D, le fourneau fur lequel eft monté la chaudière C ; E, eft fon couvercle; N, le tuyau qui porte les vapeurs dans la caiffe.
- O, la cheminée du fourneau.
- La Figure 2 eft la même étuve repréfentée à vue d’oifeau f & toutes les parties en font repréfentées par les mêmes lettres qu’à la Fig. 1.
- La Figure 3 eft une coupe tranfverfale par la ligne A B de la Figure 1.
- La Figure 4 eft une coupe par la ligne C D de la Figure 1 9 ]pour faire voir le couliffeau, ou la porte à couliffe I} qui fert a fermer & à ouvrir le bout de la caiffe.
- P eft un petit treuil qui fert à ouvrir ce couliffeau.
- Planches XIII & XIV.
- Elles repréfentent l’étuve au fable.
- Figure 1 (Planche XIV) repréfente l’élévation de cette
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- DES B OIS. Liv. III. 36f
- étuve ; âu - deffus de C D font les bouches des fourneaux. b, cloifon qui fépare les deux fourneaux. c ày le mur de devant de cette étuve.
- 11, les potences qui fervent à élever les préceintes qu’on veut mettre à Fétuve. K, les treuils qui font deftinés au fer-vice de ces potences.
- F F, tuyaux des cheminées de ces fourneaux. f9 tuyau de la cheminée du petit fourneau de la chaudière.
- M, réfervoir d’eau pour remplir la chaudière.
- L 9 petite trappe qui eft au-defïus de ce réfervoir.
- La Figure 2 (Planche XIV) eft la même étuve repréfentée à vue d’oifeau.
- a b 9 le mur de derrière de Fétuve ; c d y le mur de devant. e g y les murs des bouts.
- FF, les cheminées de Fétuve. fy la cheminée du petit fourneau de la chaudière. CD, les endroits où font les bouches des fourneaux, & les degrés pour y defcendre.
- H, le fourneau fui^lequel eft montée la chaudière.
- / K y les potences ou petites grues avec leur treuil.
- M y le réfervoir d’eau avec fa petite trappe X.
- O 9 les plaques de fer fur lefquelles on met le fable.
- P P y bandes de fer plat qui recouvrent les joints des plaques pour empêcher le fable de paffer entre ces plaques.
- Figure i de la Planche Xîll; coupe longitudinale de Fétuve par la ligne AB de la Figure a. d d, le mur de derrière de Fétuve, ac, le terre-plein.
- E E, carrelage de brique parallèle aux plaques 0 0.
- Epi les bandes de fer plat qui recouvrent les joints des plaques.
- C D y l’intérieur des fourneaux ; b, la cloifon qui les fépare.
- N N y les murs des bouts de Fétuve.
- FF y les tiges des cheminées de Fétuve,
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- 366 De l’Attendrissement
- f, la tige du petit fourneau de la chaudière.
- M y le réfervoir où Ton met l’eau pour remplir la chaudière.
- La "Figure z eft la même étuve repréfentée à vue d’oifeau y ou une coupe horizontale immédiatement au-delTous des plaques 00 y Figure i.
- a b y le mur de derrière.
- c d y le mur de devant.
- efy les murs des bouts avec des rouleaux pour aider à mettre les bois à l’étuve.
- CD y l’intérieur des fourneaux où l’on voit les grilles fur lefquelles on met le bois ; b y cloifon qui fépare ces deux fourneaux.
- i iy bandes de fer repréfentées Figure 6} & qui fervent à fupporter les plaques de fonte.
- H y le fourneau fur lequel eft montée la chaudière.
- FF, la coupe des tuyaux des cheminées des fourneaux.
- IK y la coupe des poteaux qui forment la potence ou petite grue y & qui fervent à fupporter fon treuil.
- Figure $ y la coupe tranfverfale de cette étuve par la ligne A B de la Figure i.
- a b c à y la coupe des murs de devant Ôc de derrière de l’étuve.
- G j le fable qui eft fur les plaques de fer fondu.
- K y petit auvent qu’on pourroit mettre fur cette étuve pour l’empêcher d’être refroidie par l’eau de la pluie.
- H y la chaudière $ fy la tige de la cheminée de fon fourneau.
- IK y la petite grue avec fon treuil.
- Figure 4 9 une des plaques de fer fondu ; elle eft repréfentée trop épaifle.
- Figure $ y bandes de fer plat qui fe mettent fur les joints des plaques.
- Figure 6, barres qui fervent à fupporter les plaques ; on les voit en i9 Figure 2.
- Figure y y fortes plaques de fer qu’on met de champ fur les
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- des Bois. Liv. III. 367
- côtés des fourneaux pour recevoir la grande a&ion du feu.
- Figure 8 , grandes & fortes barres de fer forgé qui s’affem-blent avec les barres i, pour fupporter les plaques, Ôc qu’on met immédiatement au-deffus du feu.
- Figure ÿ, barres de fer forgé, qui font la grille des fourneaux CD , Figure 2.
- Figure 10, petites roulettes qui fervent à approcher les bois de l’étuve.
- Figure 11, ABC, rouable, fourgons ôc pelles qui fervent pour gouverner le feu des fourneaux.
- Planche XV.
- Elle eft deftinée à faire comprendre comment on met en place les bois qui ont été chauffés aux étuves dont on vient de parler.
- Figure i. H, un membre de vaiffeau; II, les bor-dages qui le recouvrent; GF, les bordages qu’on met en place.
- D E, ce qu’on nomme une bridolle ; elle eft attachée au bout E par un cordage au membre H, ôc par le bout D, à une crampe A, qui eft clouée fur le membre.
- C, font des coins qu’on frappe entre la bridolle Ôc le bor-dage pour le faire toucher exactement le membre H ; la crampe A eft deflinée à part avec les 6 clous qui fervent à l’attacher.
- La Figure 1 repréfente une bridolle difpofée différemment. Au lieu de la crampe A & du cordage D Figure 1. on fe fert pour affujettir le bas de la bridolle d’une cheville à boucle, A I, Fig. 2 ; la cheville paffe dans les trous que l’on fait pour affujettir les bordages & les vaigres fur les membres au moyen des gournables; au moyen de la clavette C ôc de la virolle D, la cheville eft bien affujettie.
- La ligure 3 repréfente une cheville à boucle ; I, repréfente la boucle avec l’organeau ; C, la clavette.
- A la Figure 4, on voit un bordage c f, qui eft attaché aux
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- 3^8 De i^4ttendrissement,&c:
- membres par le bout f; il eft faifi par le bout c par un palan e, au moyen duquel on rapproche peu à peu des membres , & à mefure que le bordage touche les membres, on les y attache avec des chevilles.
- A la Figure $, on voit cet appareil en place, Ôc un Perceur qui frappe un clou pour afïujettir un bordage.
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- =<*>>. 0^0^»
- LIVRE QUATRIEME.
- Des Bois deflinés pour les Rames ÔC les Mâtures ; SC de la Confervation des Mâts.
- CiE que nous avons dit jufqu’à préfent a fon application aux bois qu’on emploie pour les Rames ôc pour les Mâtures , ces fortes de bois exigent néanmoins des confidérations particulières que nous nous propofons de développer dans ce quatrième Livre , qui fe divife ainfi naturellement d’abord en deux Chapitres ; nous y en ajouterons un troifieme fur la Confervation des Mâts.
- CHAPITRE PREMIER. Des Bois deflinés pour les Rames.
- Pour faire de bonnes rames, il faut des bois qui ne foient pas pefants, qui foient bien de fil , qui n aient pas de nœuds considérables, ôc qui foient pliants ôc élaftiques. J’ai vu en Angleterre faire quelques rames pour des Canots avec le Chêne : mais ce bois, fur-tout quand il eft de bonne qualité, eft trop pefant pour les grandes rames. J’ai encore vu employer en Provence, au bois de Pin au même ufage ; il a l’avantage d’être léger Ôc pliant, fur-tout quand c’eft du Pin du Nord fort réfineux ; mais il devient eaflant en fort peu de temps, ôc je ne fâche pas qu’on en ait jamais employé pour de grandes lames..
- A a a
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- 37° Des Bois a Rames. Liv. IV. Chap. I.
- Le Frêne eft ferme & pliant, puifqu’on en fait des arcs ; & pour cette raifon, on en fait de bonnes rames pour les petits bâtiments ; mais il eft trop pefanr pour les grandes rames, telles que celles des Galeres.
- Le Hêtre eft ferme, pliant & élaftique, tant qu’il conferve un peu de fa feve ; car quand il eft extrêmement fec, il devient très-caflant. Les Menuifters pour meubles en emploient beaucoup à Paris ; & l’on voit des voitures dont les refforts font de bois de Hêtre. C’eft aufli le feul bois qu’on emploie en France pour les rames des Galeres; & il eft de bon fervice , quand il eft bien choifi , ainfi que je vais l’indiquer.
- i°, Les Hêtres qui viennent dans des vallées humides, & dont le bois eft roux, perdent en très-peu de temps leur élafti-cité, & deviennent fort caftants. 20, Ceux qui ont cru dans des terreins maigres, pierreux & fecs, ont leur bois de bonne qualité, mais peu propre pour être employé à faire des rames , parce qu’il eft rebours ôt tranché. 30, J’en dis autant des arbres ifolés qui ont été battus par les vents, & qui ont pref-que toujours de gros noeuds. 40, On doit encore rejetter les arbres qui ont le fil très-tors, ôe qui, pour cette raifon, font peu propres pour la fente. 50, Les meilleurs Hêtres pour les rames font ceux qui fe trouvent dans un très-bon fol, plus fec qu’humide, & dont le bois eft blanchâtre. 6°, Pour les raifons que je viens d’expofer, on doit donner la préférence aux Hêtres qui fe rencontrent dans des maflifs, en bon fol, qui ont crû avec force , qui ont bien filé fans produire beaucoup de grofîes branches, & qui n’ont pas été expofés à être beaucoup fatigués par les vents. 70, Le bois des vieux Hêtres n’eft pas auffi liant, que celui de ceux qui font plus jeunes ; & il faut éviter d’employer ceux qui font en retour, & dont la cime eft morte ou malade. En voyant fendre de gros Hêtres, j’ai remarqué qu’il y avoit du bois roux vers le centre, fur-tout du côté des racines , & on voyoit des veines échauffées aux parties les plus voifines de l’écorce. Il eft fen-fible que, pour éviter les défauts des arbres en retour, on doit préférer un arbre dont on ne pourra tirer que deux ,
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- Des Bois a Rjmes.TLiv. IV. Chap. I. 37 r
- trois ou quatre rames, à un plus vieux qui pourroit en fournir 6”, 7ou 8.
- On doit donc choifir pour faire les grandes rames des Hêtres bien filés, qui aient peu ou point de nœuds : on les fend en deux , trois ou quatre, ou en un plus grand nombre de parties, fuivant la groffeur des arbres, pour en faire ce qu’on nomme des Eftelles ou A telles ; c’eft ainfi qu’on nomme les bois refendus qu’on deftine à faire des rames.
- Pour qu’un arbre foit propre à faire des rames, il doit avoir 46 à 48 pieds de longueur ; s’il n’avoit au pied que a pieds de diamètre, on n’en pourroit tirer que deux eftelles ; mais s’il avoit 2 pieds 7 à 8 pouces, on en tireroit 3 ou 4, pourvu toutefois qu’il eût un peu plus de 2 pieds à fon petit bout. Quand l’arbre eft abattu, on l’équarrit groiïiérement ; puis on marque avec une ligne, ou un cordeau, la route que doit fuivre la fente, & on fend l’arbre pour en tirer le nombre d’eftelles qu’il peut fournir. On peut confulter, fur la façon de fendre ce s arbres, ce que nous avons dit dans le Traité de P Exploitation des Bois, Livre IV, Chap. III, Art. VI y §. 3.
- Quand les arbres font fendus, s’ils l’ont été en 3 ou 4, ou en un plus grand nombre de parties, on emporte le bois du cœur , qui, formant un triangle , ne pourroit fervir pour faire des rames ; par ce moyen on retranche, dans les gros arbres, la partie qui eft communément la plus défeêtueufe, & l’on conferve le jeune bois qui eft plus élaftique que le vieux. Alors ces pièces peuvent être livrées dans les Ports pour eftelles, fuppofé toutefois quelles aient les dimenfions que nous allons rapporter ; mais auparavant il eft bon de faire con-noître les noms qu’on donne aux différentes parties d’une rame.
- On nomme la pelle, ou la pale d’une rame, {Planche XVI, Fig. 1. ) la partie qui eft hors de la Galere, 6c dont le bout applati s’élargit en forme de pelle pour trouver un point d’appui dans l’eau, lorfqu’on préfente le plat au fluide ; ôt quand on lui préfente le tranchant, elle en fort aifément, Ôt prefque fans éprouver de réfiftance.
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- 372 Des Bois a Rames. Liv. IV. Chap. I.
- Ainfi la pelle de la rame eft la partie comprife depuis le bout de la rame, jufqu à fendroit qui repofe fur le bord de la Galère. On attache la rame à YApoflis^ qui eft la piece de bois fur laquelle repofe la rame au moyen dun anneau de corde qu5on nomme FEJirope : & par cette raifon la partie de la rame qui repofe fur Fapoftis fe nomme aufli Y EJirope ,* & comme cette partie eft expofée à de grands frottements, on la garnit de deux jumelles de bois de Chêne verd, qui ont $ à 6 pieds de longueur ; on les nomme Galavernes.
- On appelle Tallar la partie de la rame qui entre dans la Galere, ou qui eft comprife depuis feftrope jufqu à fon extrémité. Cependant on appelle encore le genou d’une rame, la partie du tallar qui répond aux genoux des Forçats quand ils voguent.
- Les rames étant trop groffes pour être empoignées par les Forçats, on enchâffe a Fendroit de la rame qui fe nomme le Genou, une piece de bois de Hêtre où il y a des ouvertures pour placer les mains des Forçats ÿ cette piece rapportée fe nomme la Manuelle.
- Maintenant qufon fait les noms qu’on a coutume de donner aux différentes parties des rames, nous allons rapporter les dimenfions que doit avoir chacune de ces parties.
- Les rames des Galeres extraordinaires, Réales ou Patrones, doivent avoir du bout de la pale à Feftrope ,31 pieds, le refte 13 pieds $ pouces, en tout 44 pieds $ pouces ; c’eft pourquoi on exige que les eftelles aient 47 pieds de longueur : ÔC comme la longueur des rames pour les Galeres Senfiles eft de 38 pieds 4 pouces, 011 veut que les eftelles aient 41 pieds de longueur.
- La largeur de la pelle pour les Galeres extraordinaires, eft de 7 pouces 4 lignes, ôc fon épaiffeur dun pouce ; ainfi les eftelles doivent avoir en cet endroit, p pouces de largeur fur 3 d'épaiffeur. Les pelles pour les Galeres fenfiles ont 7 pouces 3 lignes de largeur fur 1 o lignes d'épaiffeur, Ôc Fon veut que Feftelle ait 8 pouces de largeur fur 2 f d’épaiffeur.
- Le plat de la pelle étant excepté, on veut, pour les grandes
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- Galeres, réales ôc patrones 9 que les eftelles aient depuis cette pelle jufqu’au tiers de la longueur, 6 pouces 6 lignes de diamètre , pour être réduits à quatre pouces ; depuis le tiers juf-qu'à l’eftrope, 7 pouces 6 lignes 9 pour être réduits à 6 pouces 2 lignes ; ôc depuis l’eftrope jufqu’au bout du genou 9 9 pouces, pour être réduits à 7 pouces 3 lignes.
- A l’égard des Galeres fenfiles, les eftelles doivent avoir depuis la pelle jufqu’au tiers, 6 pouces de diamètre 9 pour être réduits a 3 pouces 8 lignes; du tiers à l’eftrope, 7 pouces 6 lignes , pour être réduits à 6 pouces ; ôc de l’eftrope au bout du genou, 8 pouces, pour être réduits à 6 pouces Les avirons qu’on embarque fur les vailfeaux ont à peu près 3 o pieds de longueur ; ceux pour les canots ôc chaloupes 15 ou 20 pieds : l’ufage eft de divifer la longueur de la rame en quatre , de donner un quart à la pale, un quart au genou , ôc les deux quarts reliants pour l’entre-deux.
- Comme le Hêtre eft fujet à être piqué des vers, ôc comme les gerces font à craindre pour les rames , il faut fendre le bois en eftelles le plus promptement qu’il fera polfible ; ce qui empêche qu’il ne fe gerce ; Ôc on doit le tirer promptement des ventes ôc le mettre dans l’eaù, puifque, comme nous l’avons prouvé plus haut , c’eft le meilleur moyen d’empêcher que le bois ne foit attaqué par les vers qui le moulinent. Mais un bois long-temps flotté devient caflant ; ôc comme les rames doivent être pliantes ôc élaftiques, il ne faut pas les laifler long-temps dans l’eau ; ainfi au bout de quelques mois y on doit tirer les eftelles de l’eau 9 ôc les dépofer fous un hangar, ayant foin de les caler à plufieurs endroits de leur longueur pour quelles fe confervent bien droites ; ôc comme ce bois eft pénétré de fa feve Ôc de l’eau dans laquelle on l’a mis flotter, il s’échaufferoit ôc pourriroit en peu de temps dans un lieu humide 9 fi l’on ne faifoit'pas enforte que l’air pût paffer entre toutes les pièces. Il arriva dans un Port de Provence où j’étois, des eftelles dont une partie fe trouva altérée pour avoir été renfermée encore verte dans le bâtiment de tranfport ; de fix eftelles qu’on travailla pour faire des rames à la réale} une
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- étoit pourrie de prefque la moitié de Ton épaiffeur, & dans toute fa longueur, pendant que fur l'autre face le bois étoit fain. D’autres eftelles avoient des veines échauffées en différents endroits.
- Les Marchands feront bien de livrer leurs eftelles le plus promptement qu'ils pourront, ayant grand foin de prévenir qu'elles ne s'échauffent dans les bâtiments de tranfport.
- Comme on doit travailler les rames avant que le bois foit parfaitement fec, parce qu'on eft obligé, pour les dreffer parfaitement , de les gêner beaucoup dans des entailles qu'on fait à de grofles pièces de bois deftinées pour cela : il eft bon de les travailler aufïi-tôt que les eftelles font livrées dans les Ports.
- Quand les rames font travaillées, on les arrange bien de niveau fur des chantiers qui foutiennent les rames en plufieurs endroits de leur longueur. On charge le premier lit par un fécond qui croife le premier ; ce que l'on continue jufqu'a ce qu'on ait empilé toutes les rames qui appartiennent à une Galere, Souvent, pour ménager la place, on les arrange les unes fur les autres, toutes fuivant leur longueur ; ôt on met entre deux de fortes calles, ou de menues pièces de bois, ayant foin de bécheveter les rames, c'eft-à-dire, quon fait en forte que le gros bout d’un rang réponde à la pelle de l'autre.
- Suivant ce que nous venons de dire, les rames s’échaufte-roient dans un lieu humide, & elles deviendroient caffantes dans un lieu trop hâleux. Pour éviter les excès, il convient donc de les tenir dans un lieu frais & fec. Peut-être y auroit-il quelque avantage à les frotter avec quelques grailles pour empêcher les vers de les attaquer, Ôc pour prévenir quelles ne fe deffechent trop ; mais je ne l'ai point éprouvé.
- On fait grand cas des rames rompues, pour en faire des brancards de Chaife de pofte & de Cabriolet.
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- Des Bois de Matures. Liv. IV. Chap. II. 37J
- CHAPITRE II.
- Des Bois dejlinés pour les Mâtures.
- O N fait que les Mâts pour les bâtiments de mer font de longues pièces de bois pofées verticalement , deftinées à fup^ porter les Vergues, autres pièces de bois qui font fufpendues aux mâts dans une fituation horizontale, ôc fur lefquelles font attachées les voiles. Quoique les vergues, relativement à leur pofition ôc à leurs ufages, foient fort différentes des mâts, comme elles font faites avec le même bois, on comprend ordinairement fous la dénomination de Bois de mâture, les pièces qui doivent fervir à faire des vergues ainfi que des mâts, d’autant qu’on emploie les pièces de mâture, fuivant leur groffeur ou leur longueur, à faire tantôt .un mât ôc tantôt une vergue. On diftingue feulement dans les arcenau'x les pièces de mâture en mâts, en matreaux, ôc en efparts doubles ôc Jimples. Les plus grandes pièces font rangées dans la première claffe, les autres dans la fécondé, ôc les plus petites dans la troifieme. Les mâts ont depuis 60 jufqu’à 80 pieds de longueur , Ôc depuis 22 jufqu’à 28 palmes de diamètre ; la palme a 13 lignes. Les matreaux ont depuis 40 jufqu’à 70 pieds de longueur, ôc feulement depuis 15 jufqu’à 22 ôc 24 pouces de diamètre. Toutes les pièces moins confidérables font des efparts.
- Quand un vaiffeau démâté aborde une terre , il fe remâté avec les bois qu’il rencontre dans le. pays ou il fe trouve. Il n’importe de quelle efpece.il foit, pourvu que le bois foit fain, droit, point tranché, exempt de nœuds , ôc fur-tout qu’il ne foit point trop lourd, ôc qu’il puiffe un peu plier fans fe rompre. Entre ces mâtures prifes par nécefïité , il s’en rencontre quelquefois de fort bonnes ; ce qui prouve qu’on peut faire des mâts Ôc des vergues avec plufieurs efpeces de bois.
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- Cependant l’ufage confiant de la plûpart des Fuiffances de l’Europe , eft de faire tous les mâts ôc les vergues avec des bois de Pin & de Sapin : c’eft pourquoi nous ne parlerons ici que de ces deux genres d’arbre ; ôt comme il eft bon de ne les pas confondre , je vais en donner une defcription abrégée , renvoyant ceux qui délireront quelque chofe de plus précis, à* ce que j’en ai dit dans le Traité des Arbres & Arbujîes.
- Les Pins ont des feuilles menues, filamenteufes, plus ou moins longues fuivant les efpeces ; il fort de chaque bouton deux y trois, ou un plus grand nombre de ces feuilles filamen-teufes : c’eft ce qui les diftingue des Sapins y qui ont leurs folioles plus ou moins étroites, dont chaque foliole eft unique, ôc rangée fur un filet commun comme les dents d’un peigne. Nous connoilTons beaucoup d’efpeces de Pins qui different les uns des autres par la longueur de leurs feuilles toujours filamen-teufes ; par le nombre des feuilles qui fortent de chaque bouton ; aux uns il n’en fort que deux y à d’autres trois , à d’autres cinq, fix ou fept; par la forme de leurs fruits, qui font quelquefois gros ôc arrondis, d’autres fois gros ôc terminés en pointe ; d’autres font fort petits, tantôt pointus ôc tantôt arrondis. La plûpart des Pins ont leurs fruits ou cônes formés d’écailles dures : cependant à quelques efpeces, ces écailles font comme membraneufes. Il y a entre toutes ces efpeces de Pins des différences très-fenfibles dans la qualité de leur bois : on donne la préférence, pour les mâtures, à ceux qui font fort xéfmeux. D’ailleurs quantité d’efpeces de Pins ne parviennent pas à une grandeur fuffifante pour fournir des mâts, Ôc quelques-uns , quoique très-rélineux, ne peuvent pas pour ces rai-fons être employés à cet ufage.
- Entre un nombre affez confidérable de Pins que je cultive, je crois que l’efpece la plus propre à faire des mâts, eft celle qu’on connoît fous le nom de Pin d'EcoJfe, qui me paroît la même que les Auteurs ont nommée Pin de Genève, a en juger par des branches, des fruirs ôc des femences que j’ai tirées de Riga. C’eft aufti cette efpece de Pin que toutes les Nations maritimes d’Europe tirent de ce pays pour faire la mâture de leurs
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- Des Bois de Matures. Liv. IV. Chap. II. 377
- plus gros vaifleaux. Suivant ce que je viens de dire, l’efpece contribue beaucoup à la bonne ou à la mauvaife qualité des mâts : mais l’âge des arbres, la qualité du terrein où ils ont crû, ainfi que le climat, font auffi des circonftances trës-im-portantes.
- Les Pins, ainfi que les autres genres d’arbre, ne parviennent que peu à peu à leur état de perfection : leur bois n’acquiert que par degrés la dureté ôc la denfité dont il eft capable. Les jeunes Pins n’ont pas leur bois aulîi pénétré de réfine que ceux qui font plus âgés : ceux-ci, pour cette raifon, font moins fu-jets à être piqués par les vers : les Pins trop vieux s’altèrent comme les autres arbres par le cœur ; ce qui fait qu’il y a des mâts dont le bois eft plus pefant au cœur qu’à la circonférence , ôc d’autres, au contraire, qui ont le bois de la circonférence plus pefant qne celui du centre. Je rapporterai ailleurs le détail des Expériences que j’ai faites à ce fujet, ôc je ferai voir, en parlant de la force des bois, qu’il eft plus important pour un mât que ce foit le bois de la circonférence qui ait toute fa bonne qualité, & qu’il n eft que peu affoibli par une légère altération dans le cœur. Cependant il faut éviter de prendre, pour les mâtures, des arbres en retour ôc morts en cime.
- A l’égard du terrein , on ne trouve gueres d’afîez grands arbres pour faire des mâts dans les terres très-maigres ôc arides ; ôc ceux qui ont crû dans des terres fort humides , ne font pas réfineux. Ainfi c’eft comme pour les autres arbres, les bons fonds , plus fecs qu’humides, qui fourniffent les meilleures mâtures.
- La bonté des Pins dépend principalement du climat où la forêt fe trouve fituée ; ôc généralement parlant, les pays les plus froids font ceux où cette efpece de bois eft de meilleure qualité, ôc où les arbres font les plus grands Ôc les plus droits. C’eft ce qui s’apperçoit aifément en çonfidérant la fupériorité des mâts de Norwege fur ceux qu’on trouve ailleurs : caries mâts que les Anglois , les Hollandois, les François tirent de Riga ., ôc qu on a cru long-temps être des Sapins, font des Pins
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- qui me paroiffent, comme je Fai déjà dit,:peu différents de ceux d’Ecoffe. La meilleure qualité des mâts qui ont crû dans les pays très-froids , peut dépendre de ce que le fuc propre de ces bois étant une réfine qui fe fige par le froid, & s’attendrit par la chaleur, cette fubftance réfineufe s’accumule en plus grande abondance dans les climats froids que dans les pays chauds, où devenant plus fluide, elle eft plus difpofée a s’échapper ; Ôc elle s’échappe en effet, puifque quand on entre, lorfqu’il fait chaud, dans un bois de Pin, on fent une odeur de réfine très-pénétrante : & lorfqu’on fait des in-cifions à des Pins pour en tirer la réfme , cette fubftance coule d’autant plus abondamment que l’air eft plus chaud. Nous ne donnons ceci que comme une conjeéture ; mais c’eft un fait que les Pins qui viennent du Nord font plus réfineux , que ceux qui ont crû dans un climat plus tempéré. C’eft encore un fait bien avéré, que leurs couches font plus minces & plus rapprochées les unes des autres ; ce qui peut dépendre , ou de ce que dans ces climats froids les arbres croiffent lentement, ou de ce qu’étant d une très-grande taille, la feve qui doit fe diftribuer à un plus grand nombre de parties, ne peut pas faire à chaque endroit des produétions confidérables : mais comme ces couches ligneufes font très-intimement liées les unes aux autres, on regarde toujours dun œil de préférence les arbres qui ont leurs couches annuelles fort minces & très-ferrées les unes auprès des autres. Il eft naturel de penfer que le bois le plus ferré eft le plus fort, non feulement parce qu’il y a dans un même efpace plus de matière réflftante , mais encore parce que les parties fort réunies agiffent plus de concert pour réfifter aux efforts.
- Al’ég ard de l’abondance de la réfme, elle eft avantageufe , non feulement parce qu’elle donne de la foupleffe au bois, mais encore parce quelle déplaît à plufieurs infeftes qui attaquent plus volontiers les arbres pauvres de réfine, que ceux qui en font abondamment pourvus. De plus on peut la regarder comme un baume confervateur qui réfifte à la fermentation & à la pourriture. Les Pins qui ont crû dans les climats très-froids,
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- réunifiant tous ces avantages à un degré plus éminent que ceux qui ont pris leur accroififement dans un climat plus tempéré, il s’enfuit que dans les pays de montagne les Pins qui fe trouvent fur le côté de la montagne qui regarde le Nord , font meilleurs que ceux qui ont crû fur le côté expofé au Sud. Je parle ici des arbres qu’on deftine à faire des mâts ; car s’il étoit queftion d’élever des Pins pour en retirer la réfine , je crois que l’expofition du Sud feroit préférable. '
- Dans quelques lieux que foient fituées les forêts de Pins, on ne peut deftiner pour faire des mâts, que les arbres fort élevés , puifque les grands mâts ont de 60 à 80 pieds de longueur : il faut que leur tige s’élève bien droite ; fi elle faifoit la couleuvre , on ne pourroit la redreffer qu’aux dépens du bois ; ce qui en trancheroit le fil, ôc en diminueroit beaucoup de la grofifeur : leur tige doit être bien arrondie, fans cela on feroit obligé de beaucoup ôter de bois pour les rendre cylindriques. Il eft encore néceflfaire qu’ils confervent de la grofifeur à la cime, & c’efi: un avantage que le Pin a fur beaucoup d’efpeces d’arbres, que fa tige approche plus d’être cylindrique que conique. Sans cette qualité , les arbres ne pourraient être réduits aux proportions qu’exige l’ufage auquel ils font deftinés.
- Les arbres chargés de branches, ôc par conféquent de noeuds, forment un bois tranché qui court rifque de rompre fous de forbles efforts ; ôc les nœuds font d’autant plus à craindre, qu’ils fe trouvent raflfemblés près à près à un même endroit.
- Nous l’avons déjà dit , les Pins qui ont des branches mortes à la cime, font ordinairement viciés dans le cœur, ôc affe&és de tous les défauts des arbres qui font en retour.
- Voila à peu près les indices qui peuvent faire augurer qu’un arbre fur pied fera propre à faire de bons mâts, ou qu’il n’eft pas propre à cet ufage ; ôc rarement fommes-nous dans le cas de faire l’application de ce que nous venons de dire, puifque prefque toutes les grandes mâtures fe tirent du Nord. Ainfi il eft plus important de détailler les attentions qu’il faut apporter pour faire de bonnes recettes.
- En pliant ôc en tordant un copeau, on juge, s’il ne rompt
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- pas , que le bois eft liant ôc flexible ; & plus il eft chargé de réfine, meilleur il eft. Il faut que les cercles annuels aient peu d'épaifleur, & qu'ils foient bien liés les uns aux autres. On doit examiner fl, fur la coupe, tant au gros qu'au petit bout, le bois eft d'une couleur brillante & uniforme : les endroits qui font roux Ôc ternes ou blancs , font ordinairement vicieux. Enfin on doit être prévenu que ceux qui exploitent ces bois , ont grand foin de remplir de réfine & de nœuds pris à d’autres arbres, les endroits où il fe trouve des nœuds pourris. Pour découvrir cette fraude, il faut parer les nœuds àl'Ermihette, & quelquefois les percer avec une tariere ; il faut de même fonder les nœuds foupçonnés de pourriture.
- Il eft très-certain que les mâtures qu'on tire aujourd'hui du Nord, ne font pas aufli réfineufes que celles qu'on droit anciennement de ces mêmes pays. M'étant afîuré de ce fait par la comparaifon des bois de mâtures d'ancienne coupe que l'on confervoit depuis long-temps dans le port de Breft , avec celui qu'on fourniflbit actuellement, M. le Comte de Maurepas jugea à propos d'envoyer à Riga le maître Mâteur de Breft, qui s'aflùra que les mâts de la derniere fourniture étoient de la meilleure qualité ; & il attribue la différence qu'on remarquoit dans ces mâts, en les comparant avec ceux des anciennes fournitures, à ce que les coupes fe font maintenant aflez loin de la mer, ce qui oblige de les laiffer un, & quelquefois deux hivers dans la neige, avant que de pouvoir les conduire au lieu de rembarquement. Cette circonftance peut bien altérer la qualité des mâts. Peut-être aufli que les mâts qu'on abat préfentement, ne font pas dans un terrein aufli favorable à la qualité de ces bois, que ceux qu'on coupoit autrefois. Il pourroit bien arriver aufli que ceux qui exploitent ces forêts, laifleroient les bois au moins un été dans la forêt, afin qu'ayant perdu une partie de leur feve , ils fufîentplus aifés à tranfporter; mais il eft très-vrai-femblable que ce retard n'eft pas avantageux à la bonté des mâts.
- On fait aufli des mâts avec des Sapins; & je crois que la plûpart des mâtures que les Anglois ôt les François ont tirées de leur fol, étoient de ce bois. Nous en cultivons dans nos
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- jardins un affez grand nombre d’elpeces : fur quoi l’on peut confulter notre Traité des Arbres & Arbufies au mot Abies ; mais les deux efpeces les plus communes dans nos montagnes font le Sapin à feuilles d’If, qui eft le Sapin proprement dity ôc le Sapin à feuilles étroites qu’on appelle le Picea ou Epicia. Ces arbres font prefque les feuls quon trouve dans la Zone glaciale & dans notre climat : ils fe plaifent fur le côté des montagnes qui regarde le Nord. Il s’en trouve de fort gros dans le Valais, dans la haute ôc la baffe Auvergne, dans les Pyrénées ôc ailleurs.
- Il n’y a aucune comparaifon à faire entre les mâts de Sapin ôc ceux de Pin qui viennent de Riga. La plûpart des Pins ont leur bois II rempli de réfine, que fi l’on fait une plaie à un Pin qui végété, il en coule de la réfine en abondance ; & c’eft ainfi qu’on ramaffe celle dont on fait ufage dans la Marine. Voyez le Traité des Arbres & Arbufies au mot P inus. Le Sapin n’eft pas, à beaucoup près, aufli réfineux ; il fe forme fur fon écorce des veilles qui fourniffent en petite quantité une térébenthine claire ôc coulante, ôc fon bois a toujours un ca-ra&ere d’aridité que n’ont pas les bonnes efpeces de Pins, ôc fur-tout ceux qui viennent de Norvège ; car il m’a paru que leur bois eft toujours plus réfineux que celui des Pins qui ont crû en France, en Ecoffe Ôc en Angleterre.
- Il ne faut donc pas exiger que les mâts qu’on feroit avec du Sapin, foient aufli gras ôc aufli réfineux que ceux qui feroient faits avec du Pin; il ne convient point, pour juger de la bonne qualité du bois de Sapin, de le mettre en comparaifon avec le bois de Pin ; ces deux bois ont des caraéteres très-différents. Il s’agit de favoir fi le bois, réfineux ou non, peut faire de bons mâts.
- Suivant des Expériences faites à Breft, fous les yeux de M. Hocquart, alors Intendant de la Marine, un pied cube de bois de Pin du Nord s’eft trouvé pefer 41 liv. 3 onc. ôc un pied cube de Sapin des Pyrénées, 37 liv. p onc. ainfi le Pin du Nord a pefé 3 liv. 10 onces de plus par pied cube que le Sapin des Pyrénées. Cette différence de poids eft peu confidérable ;
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- encore faudroit-il favoir II ces deux efpeces de bois étoient également fecs. Suivant la même épreuve faite à Breft, un pied cube de Sapin des Pyrénées , pris au petit bout d’un petit mât de 16 palmes, s’eft trouvé pefer une livre de moins que le pied cube pris au gros bout. Par des Expériences faites par M. de Roquefeuil, Lieutenant Général des Armées Navales , Commandant de là Marine , la différence de poids entre le bois du gros bout Ôc celui du petit bout, eft beaucoup plus grande. Tous les deuxfe fontâffurés que le Sapin fe charge de beaucoup plus d’eau que le Pin.
- On mit un mât de Hune de ce Sapin des Pyrénées fur un vaiffeau de 64 canons qui alloit à S. Domingue ; & il eft revenu fain ôc fauf dans le Port, quoiqu’il eût effuyé dans ce voyage des coups de vent affez confidérables. Effectivement en rompant plufieurs barreaux de Sapin, il nous a paru que ce bois étoit ferme, qu’il fupportoit un poids affez confidérable fans fe rompre ; mais qu’il plioit peu fous la charge, Ôt que fans annoncer qu’il alloit rompre, il caffoit net par éclats. Je parle du Sapin fec ; car quand il eft humide, il plie, & eft fort élaftique. J’ai habité à Paris une maifon fort ancienne, dont les poutres, les folives, & une partie de la charpente, étoient de Sapin; tous ces bois paroiffoient encore fort bons. Cependant en général, le bois de Sapin eft plus fùjet à être piqué des vers que celui de Pin; & n’ayant que peu de réfine, il perd plus promptement fon élafticité.
- Nous croyons pouvoir conclure de tout ce qui vient d’être dit fur les bois de Pin & de Sapin, que les mâts de Pin du Nord font préférables à ceux de Sapin de France; mais qu’on peut économifer les Pins du Nord, en faifant avec le Sapin des mâts d’affemblage, comme grands mâts, mâts de mifaine, grandes vergues de mifaine, mâts & vergues d’artimon, vergues feches, jumelles de campagne, aiguilles pour la caréné & pour la mâture de tous les petits bâtiments, des bordages, dits Pruffe & demi-Pruffe, pour le vaigrage, ainfi que pour border les petits bâtiments, des épontiiles, des planches pour les emménagements & les foutes ; mais pour les mâts de hune,
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- ainfi que pour tous les mâts & vergues qui ne font pas d’affem-blage , je crois qu’on ne peut pas fe paffer de Pins du Nord.
- On a coutume d’abattre les Pins ôc les Sapins pendant l’hiver y évitant les temps de forte gelée , parce qu’alors ils font plus fujets à s’éclater ; on les abat au ras de terre le plus qu’il eft poflible, afin de profiter de toute la longueur des arbres : on retranche fur le champ les branches, ôc on ôte l’écorce , parce qu’il fe forme, entre le bois ôc l’écorce, des vers qui enfuite pénètrent dans le bois ôc l’endommagent. Si les arbres font fur la croupe d’une montagne, on a grande attention qu’ils, tombent du côté de la montagne , afin que la chute les endommage moins. Il faut effayer de les voiturer au lieu de leur deftination le plus promptement qu’il eft poffi-ble, ôc éviter qu’ils ne s’échauffent dans le tranfport. On a coutume, lors des recettes y de mefurer la groffeur des mâts , qui ont depuis i$ jufqu’à 2$ palmes à 12 pieds du talon : la groffeur de ceux qui font plus forts fe prend à 15 pieds. Si l’aubier n’eft pas pourri, on le laiffe, il conferve le bois; ôc on le compte au Marchand; s’il eft altéré, on le retranche, Ôc le fourniffeur perd cette fouftra&ion.
- On penfe communément qu’aux Sapins c’eft l’aubier qui eft le meilleur, mais qu’au Pin c’eft le bois qui eft immédiatement fous l’aubier. Je n’ai pas été à portée de bien conftater cette affertion ; mais j’apperçois qu’elle peut quelquefois être vraie , ôc fe trouver d’autres fois en défaut, fuivant l’âge ôc la vigueur des arbres.
- Le nombre des bâtiments de mer, tant pour le commerce que pour la guerre, s’étant beaucoup multiplié en Europe, il s’en eft fuivi une grande confommation de mâts ; ce qui les rend beaucoup plus rares ôc plus chers qu’ils n’étoient autrefois : cette raifon doit engager à conferver cette matière précieufe avec toute l’attention poffible. Nous nous propofons de faire fentir d’une façon générale quels font les avantages des pratiques qui font en ufage dans les différents Ports pour conferver les mâts ; mais ces pratiques, que nous croyons avantageufes à tant d’égards, font fujettes à des inconvénients auxquels il eft bon
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- 384 Delà Conservation
- de remédier ; c’eft ce que nous tâcherons de faire appercevoir dans la fuite de cet Ouvrage ; ainfi nous allons commencer par rendre compte des différents moyens qu’on emploie pour con-ferver les mâts, & nous expoferons les vues qu’on s’eft propo-fées en imaginant ces méthodes , & les avantages qu’on en retire. Nous rapporterons enfuite les défauts de ces méthodes & l^s moyens d y remédier.
- CHAPITRE III.
- De la Confervation des Mâts.
- T 1 es Pins qu’on emploie pour la mâture des vaifleaux, ont quelquefois leur bois fi chargé de réfine, qu’on peut appercevoir la lumière du foleil au travers d’une planche qui auroit près d’un demi-pouce d’épaiffeur ; & dans les pays abondants en Pins, les Payfans s’éclairent la nuit avec des copeaux de Pin qui brûlent comme des flambeaux. C’eft de l’abondance & de la bonne qualité de cette réfine, que dépend la perfe&ion des bois qu’on deftine aux mâtures.
- Cette réfine eft-elle dans un état de foupleffe ? les mâts font élaftiques, ôc de plus elle répand une odeur pénétrante qui écarte les fcarabées qui produifent ces petits vers qu’on nomme dans les Ports des Cirons, & que les Tonneliers appellent des Artuifons,* en un mot, ces petits vers qui moulinent & piquent le bois. Au contraire cette réfine eft-elle feche ? ce n eft plus un corps liant ; c’eft une fubftance friable qui fe réduit aifément en poufliere ; ôc alors ayant peu d’odeur, les petits vers dont nous avons parlé, fauront fe nourrir de la partie ligneufe qui eft naturellement affez tendre, & les mats feront vermoulus.
- Il fuit de ce que nous venons de dire, que la parfaite confervation des mâts fe réduit à les garantir d’être vermoulus , & à conferver leur élafticité. Il eft naturel de p enfer
- qu’on
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- x> es Ma ts. Liv. IV. Chap. III. 38^
- iqu’on pourrait remplir ces deux objets en couvrant les mâts de quelque bitume , ou de quelque graiffe ; en un mot dune efpece de vernis qui empêcheroit que les fcarabées, qui produifent les petits vers dont nous parlons, ne puffent dépo-fer leurs œufs fur la fuperfide des mâts, & qui en même-temps formât un obftacle à l’évaporation de l’humidité, & au deffechement de la réfine.
- C’eût bien aufli ce qu’on pratique pour conferver les mâts qui font travaillés : car comme la fuperficie des bois qui féjour-nent long-temps dans l’eau, efl: toujours un peu endommagée , on feroit obligé de les réparer lorfqu’on viendroit à les tirer de l’eau, ôc l’on perdrait de leur grolfeur. D’ailleurs comme la plûpart des mâts travaillés font de plufieurs pièces très-exa£te-ment affemblées , l’eau qui gonflerait ces différentes parties pourroit les faire éclater, ou elles fe déjetteroient, ôc les affemblages ne feraient plus exa&s.
- On a donc coutume de démâter les vaiffeaux qui défarment ; ôc excepté les trois mâts majeurs, les autres font mis en chantier fous des halles qui les défendent des injures du temps , ôc on les enduit d’un mélange de gaudron Ôc de graiffe qu’on fait fondre enfemble , ou on les couvre de fuif. On a même la
- Ï>récaution, dans les campagnes des pays chauds, de frotter es mâts de temps en temps avec quelque fubftance graffe. Malgré ces précautions, les mâts fe defféchent ; ils deviennent caffants ; quelquefois ils font attaqués par les vers. C’eft ce qu’on obferve dans tous les Ports : nous n’avons cependant pas négligé de faire fur cela quelques Expériences ; il faut les rapporter.
- Pour connoître la meilleure maniéré de conferver ces bois précieux à la Marine, on prit douze pièces de mâtures qui venoient d’être débarquées. Six furent mifes dans l’eau fuivant l’ufage qu’on fuit ordinairement pour conferver les mâtures neuves ; les fix autres furent dépofées dans le Maga-fin où l’on conferve les mâtures travaillées ; trois de ces mâts furent couverts d’une couche de fuif, ôc les trois autres relièrent dans leur état naturel.
- Trois ans après, on employa ces mâts à une mâture neuve ,
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- & voici les Obfervations qu’on eut occafion de faire.
- i°, Une grofle piece qui étoit reftée dans le Magafin après avoir été frottée de fuif, & qu’on travailla pour en faire un mât d’une piece , fe trouva très-faine ; le bois en étoit d’une couleur avantageufe & très-liant ; la réfine mieux conditionnée qu’aux autres pièces.
- 2°, Une piece qui étoit reftée dans le même Magafin fans être couverte de fuif, fe trouva en bon état ; mais la réfine étoit moins on&ueufe que celle de la piece précédente. Leur bois étoit plus ferme que celui des pièces qui avoient été con-fervées dans l’eau.
- On crut remarquer que l’aubier de celles-ci étoit plus épais , êt que l’eau qui agiffoit fur les couches extérieures du bois, diffolvoit la réfine, & rendoit les couches extérieures blanches & femblables à l’aubier.
- Toutes ces pièces de mâtures étoient à peu près aufli fendues les unes que les autres. Mais quand, par des attentions particulières à renouveller fouvent ces couches de graiffe, nous ferions parvenus à conferver en bon état quelques mâts, peut-on efpérer qu’on apportera ces attentions à une provifion de mâts qui font rangés les uns fur les autres, & qu’il faudroit changer de place toutes les fois qu’on fe propoferoit de renouveller les enduits ? & ces attentions feroient encore bien moins praticables pour l’immenfe quantité de mâts non travaillés que l’on conferve dans les Ports : il faudroit des hangars d’une grandeur immenfe ; le remuement des bois exigeroit des frais confi-dérables, ôt le renouvellement des couches de matière gratte que l’air & la poulfiere détruifent , occafionneroit une con-fommation qui feroit onéreufe. D’ailleurs il eft toujours important , lorsqu’il s’agit de grandes opérations, d’éviter les foins journaliers & les afliauités : c’eft donc avec raifon qu’on n’emploie cette méthode que pour les mâts travaillés, & qu’on s’eft déterminé à tenir dans l’eau les mâts de réferve qui ne font pas travaillés.
- On fent bien déjà qu’en tenant ces bois fous l’eau, on les préferve de l’attaque des vers qui les moulinent ; effective-.
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- ment, puifque ces vers font de nature à vivre dans l’air, il eft certain qu’ils ne pourront endommager des bois qu’on nent fubmergés, ôc cela eft prouvé par les Expériences que j’ai rapportées dans le Livre troifieme de ce Volume. Il eft clair qu’à cet égard l’eau douce feroit aufli bonne que l’eau falée de la mer ; mais je crois qu’il s’en faut de beaucoup qu’elle foit aufli propre pour conferver aux bois la foupleffe &. le reffort, deux qualités très-importantes pour les mâts.
- Il eft vrai que l’eau douce empêchera le defléchement de la réfine : mais l’eau falée fera plus ; elle entretiendra dans les bois qui en auront une fois été pénétrés , une humidité confi-dérable, que je regarde comme aufli avantageufe dans le cas dont il s’agit, qu’elle eft pernicieufe pour les membres des vaiffeaux. Je fonde mon opinion fur l’obfervation générale, que tous les corps fpongieux qui ont une fois été pénétrés de l’eau de la mer, ne fe defléchent jamais parfaitement ; ôt fuc quelques Expériences particulières que je vais détailler.
- Je pris dans une même piece de bois quatre foliveaux : j’en mis un flotter dans l’eau de la mer, un autre dans de l’eau douce , ôc je confervai les autres fous un hangar. Mes bois ayant fé-journé affez de temps dans l’eau douce ôc dans l’eau falée pour en être intimement pénétrés, on les en retira, ôt on les mit fous le hangar paffer 8 à 10 mois : comme ces bois n’étoient pas de gros échantillon, ce temps étoit fuflifant pour les bien deffécher : après ce temps je les fis refendre à la fcie pour en former des barreaux qui avoient un pouce d’équarriflage fur 3 pieds de longueur. On remarqua en les travaillant que les bois qu’on avoit confervés fous le hangar, ainft que ceux qui avoient été flottés dans de l’eau douce, étoient fort fecs , au lieu que ceux qu’on avoit flottés dans l’eau falée, étoient très-humides.
- On pofa ces barreaux par leurs extrémités fur des tréteaux, ôc on les chargea dans leur milieu jufqu’à les faire rompre : on remarqua que ceux qui avoient été pénétrés de l’eàu de la mer, plioient beaucoup plus fous le poids que les autres. Les bois qui font pénétrés de l’eau de la mer ne fe defléchent donc
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- que très-difficilement: ce qui dépend fans doute du bitume de la mer, & de fon fel qui attire continuellement l’humi-dité de l’air, puifque cette propriété de ces matières falines & grattes fait que le fel gris de gabelle tombe en deliquium dans les falieres. Or cette humidité qui pourroit être nuifible aux membres des vaiffeaux, parce qu’ils font refferrés entre le bordage & le vaigrage, doit être avantageufe aux mâts qui étant toujours expofés au grand air, ne courent rifque que de fe trop deffécher.
- Il paroît donc que l’ufage où font les Anglois, les Hollan-dois, les François, de conferver les mâtures dans l’eau fa-lée de la mer, efb avantageux pour leur confervation. Exa* minons maintenant comment on s’y prend pour cela. ; car il y a différents ufages établis dans les Ports.
- La plus mauvaife pratique eft de jetter les mâts à l’eau , de les retenir avec des cordages pour empêcher que la marée ne les entraîne, ôt de les laiffer flotter fans autre précaution. Comme ces bois font légers, ils font aux trois quarts dans l’eau pendant qu’ils flottent d’un quart de leur diamètre. Cette méthode eft affurément très-mauvaife : cependant on ne con-ferve pas autrement les efparts dans le Port de Breft ; mais elle eft encore plus vicieufe, quand ils font dans un endroit qui defféche à toutes les marées. Nous avons prouvé que l’alternative de féchereffe ôc d’humidité altéré prodigieufement les bois ; on s’en eft apperçu, & l’on a employé différents moyens pour les tenir toujours entièrement fubmergés.
- Les bois de mâture étant beaucoup plus légers qu’un volume d’eau pareil à celui qu’ils occupent, ils tendent à gagner la fuperficie de l’eau avec une force pareille à l’excès du poids de l’eau fur celui du bois ; ainfi il faut, pour les tenir fous l’eau, employer une force fupérieure à celle qu’ils ont pour gagner la fuperficie, & l’on doit appliquer cette force à différents points de la longueur des mâts pour éviter qu’ils ne fe courbent trop. A Breft, on les enfouit dans la vafe d’une petite riviere ; & quoique la mer fe retire, l’humidité de la vafe empêche qu’ils ne fe deffechent. Le poids de la vafe ne les empê-
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- cheroit cependant pas de fe porter à la fuperficie , fi on ne les affujettiffoit par des clefs qui aboutiffent à des files de pilotis frappés dans le fond : mais les crues de la petite riviere & feau de la marée qui. s’élève & fe retire , dérangeant fréquemment ces vafes, on eft obligé d’entretenir au bord de cette riviere beaucoup de journaliers pour remettre les vafes* fur les mâts.
- A Toulon, on alfujettit les mâts fous Feau en les traverfant avec de grandes cailles qu’on remplit d’une allez grande quantité de pierres pour empêcher les mâts de fe porter à la fuperficie de Feau ; Ôc l’on multiplie aflez les caiffes pour que les mâts foient chargés en plufieurs endroits de leur longueur.
- Ce moyen eft aflez bon; mais il exige un travail long, pénible & embarraffant. Ajoutons à cela que comme ces caifles font grandes & en grand nombre, elles confomment beaucoup de bois, & exigent de fréquentes réparations. J’ai vu faire à peu près la même chofe à Marfeille, où on chargeoit les mâts des Galeres avec de vieux canons, ce qui fuffifoit pour un petit nombre de mâts que l’on confervoit dans un chenal.
- Le plus grand, le plus beau êt le meilleur établiffement eft celui de Rochefort : c’eft pourquoi nous allons le décrire en détail.
- Il y a à Rochefort trois folles ou chenaux, dans lefquelles l’eau falée de la Charente entre dans les temps de grande marée à'4 ou y pieds de hauteur. Cette eau fe retireroit entièrement aux baffes marées, fi l’on ne la retenoit avec des éclufes. Un de ces chenaux ( flanche XVII) Fig. 1 ) s’appelle la FoJJe noire, un autre ( Fig. 2 ) la Fojfe de Fljlot; elles ont une éclufe du côté de la riviere ; le Fer à cheval ( Fig. 3 ) ayant deux branches à deux éclufes.
- Toutes ces foffes font traverfées par des files de chevalets qui s’étendent dans toute leur longueur : les mâts font rangés entre ces chevalets, & ils font affujettis par des traverfins qui font callés fous les chevalets, Ces idées générales vont devenir plus claires.
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- La Foffe noire ( Fig, i ), ôc celle de Plflot ( Fig. 2 ) , ont cha* cune 280 toifes de longueur fur 9 de largeur. Il y a dans chacune 40 travées A qui font formées par 200 chevalets b b b; une rangée C de cinq chevalets fait ce qu’on appelle une Ferme , ( Flanche XVIII) •; cinq fermes font une travée A. Or comme on peut mettre entre chaque file de chevalets trois gros mâts , chaque travée en peut contenir 12, fans compter les matreaux ôc les efparts qu’on peut mettre au-deffus ou entre les gros mâts ; de forte que chacune des foffes noire, ou de flflot, peut contenir 2^2 mâts de 80 pieds de long : mais comme tous les mâts ne font pas de cette longueur ôc groffeur, chacune de ces foffes pourroit contenir environ 420 mâts de 10 à 18 palmes.
- A" l’égard de la foffe dite le fer à cheval, ( Flanche XVII, Fig. 3 ) comme elle a d une éclufe à l’autre 400 toifes de tour fur 11 de largeur, elle contient $8 travées formées par 340 chevalets , qui font à 3 3 pieds de diftance les uns des autres dans le fens de la longueur de la foffe, Ôc à 8 pieds 6 pouces dans le fens de la largeur : dé forte que cette foffe peut contenir 4fo mâts de 80 pieds de long, ôc à peu près y20 mâts de moyenne proportion avec 400 matreaux ou efparts. Il eft encore bon de remarquer que cette foffe a fix rangs de chevalets, au lieu que les deux autres n’en ont que cinq. Nous avons parlé de travées, de fermes, de chevalets, de traverfins , d’é-clufes ; il faut définir féparément toutes ces chofes.
- Pour fe former une idée de ces foffes, il faut s’imaginer un canal affez creux pour que l’eau de la marée y entre de 4 à j pieds, ôc tout entouré de berges de 10 à 12 pieds d’élévation. La partie de la berge qui eft du côté de la riviere, ôc qui forme une chauffée, eft coupée pour recevoir une vanne B {PL XVIL ) qui s’élève avec une vis, ce qui met en état de recevoir dans les foffes l’eau de la marée montante, ôc de la laiffer écouler quand elle fe retire ; ôc en fermant cette vanne avant que la marée monte , on peut tenir les foffes à fec lorfqu’on le juge à propos. Il n’y a qu’une vanne à la fojfe noire ôc à celle de Flflot; ôc il y, en a deux, une à chaque branche de la foffe dite le fer à cheval»
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- On entre facilement les mâts dans les foffes lorfque la mer eft haute; alors ils flottent, & on les hâle avec des cor-delles. On en fort de même avec facilité ceux {tant on a befoin. Il s’agit maintenant de les affujettir au fond de l’eau dans la foffe ; c’eft pour cet ufage que font faits les cheva-lets ( FlancheXf^IIl, Fig. z& 3. & PL XIX, Fig. 1 & 2.)
- Nous avons dit que ces foffes contenoient fur leur longueur plufieurs travées ; que chaque travée eft compofée de cinq fermes, Ôc que chaque ferme contient cinq chevalets dans la foffe noire & dans celle de l’Iflot, 6c fix dans le fer à cheval qui eft plus large.
- Ces chevalets font faits en bois de Chêne de 10 à 12 pouces d’équarriffage : ils font formés de deux montants A A, B B , ( Planche XIX, Fig. 1 & 2 ), qui ont 12, 13 2-14 pieds de longueur : à un pied ou un pied & demi de leur bout d’en bas, eft affemblée une traverfe ou entre-toife C, fur laquelle eft établie une piece de Sapin D, qu’on nomme le Gifant, qui paffe entre les deux jumelles A B, fe repofe fur l’entre-toife C, qu’elle croife à angle droit, enfile ainfi les cinq ou fix chevalets qui font une ferme, & entre même dans les berges des deux cotés. Au-deffus de cette piece de Sapin, eft une autre entre-toife E, qui eft affemblée dans les deux jumelles- : elle repofe fur la piece de Sapin D, & elle l’empêche de monter à la fuperfî-cie de l’eau, parce que le bas des chevalets jufqu’à la moitié de l’épaiffeur des entre-toifes EE, eft renfermé dans une banquette de maçonnerie de 6 pieds de largeur, comme on le voit {Fig. 1 & 2 ). Gette maçonnerie forme par fon poids une force fupé-rieure à celle avec laquelle les mâts agiffent pour gagner la fu-perficie de l’eau. A quatre, cinq ou fix pieds au-deffus de la maçonnerie eft une entre-toife F affemblée dans les jumelles, ou qui porte un fort tenon qui gliffe dans des rainures de trois pouces de largeur & de deux pieds de hauteur, pratiquées dans l’épaiffeur de ces jumelles.
- Ces jumelles, qui font écartées l’une de l’autre de 12 à if pouces, font liées à leur extrémité d’en haut par un chapeau
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- G, qui excede les jumelles de $ à 6 pouces de chaque côté* Diforis un mot de l’ufage de ces chevalets.
- Quand*la marée monte, on fait entrer les mâts dans les foffes à 1 aide du flot, on les difpofe par échantillon, les arrangeant entre les chevalets de forte que les gros fe trouvent avec les gros, êc les petits avec les petits, à moins que ce ne foit des matreaux ou des efparts qu’on loge entre les ^ros mâts. On a foin que le milieu des gros mâts réponde a la ferme du milieu de chaque travée , & que le gros bout d’un mât réponde au petit bout d’un autre. Tout étant ainfi difpofé , on attend la balle mer pour que les mâts fe raffeyent fur le fond des foffes. Lorfque les mâts I pofent fur ce fond, & que ces folfes font à fec, on palfe fur les mâts J, & entre les jumelles , des pièces de bois quarré H de 8 à i o pouces d’équar-rilfage, qu’on affujettit avec l’étance K, qui porte d’un bout fur la piece H qu’on nomme Traverfin, & de l’autre fous l’entre-toile F. Quand cette entre-toife F eft à rainure , on la defcend juf-ques fur la piece H. Tout ceci étant exécuté, on ouvre les vannes, & bientôt les mâts font recouverts de 2 à 3 pieds d’eau.
- Quand on veut retirer quelque mât, on décale la piece H lorfque la mer eft balfe ; & quand elle remonte, les mâts qui ne font plus arrêtés flottent ; on retire ceux dont on a befoin ; on remet les autres entre les chevalets : quand la mer eft baffe, on les cale comme nous l’avons dit ; & quand la mer eft haute, on fort des foffes les mâts dont on veut faire ufage.
- Au moyen de ces foffes, de leurs éclufes & des chevalets, on peut mettre ôc tirer aifément les mâts des foffes, & les y, faire entrer. Ils font très-bien affujettis fous l’eau ; on peut, quand on le veut, les tenir à fec, & renouveller l’eau, fi l’on veut, à toutes les marées. Affurément cet établiffement eft des plus beaux ; mais les chevalets font fujets à de fréquentes réparations qui occafionnent une grande confommation de bois & des dépenfes confidérables.
- On fait que les bois qui font toujours fous l’eau y durent très-long-temps, ainfi que ceux qui font toujours au fec ôt à
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- î’abri : & qu’ils pourrriflent plus promptement quand ils font tantôt au fec ôc tantôt à l’eau. C’eft le cas où font les radiers des éclufes, & encore plus les chevalets.
- La partie de ces bois qui ne defleche pas, ôc qui devroit fubfifter très-long-temps , eft dévorée par les vers à tuyau qui percent les vaiffeaux, ôc qui ont occafionné des défordres fi confidérables dans les Digues de Hollande. Il ne faut donc pas être furpris de voir les éclufes ôc les chevalets exiger de fréquentes réparations.
- A l’égard des éclufes on a remédié en grande partie à ces inconvénients en faifant les bajoyers en pierre : ils étoient anciennement en bois : il ne relie plus en bois que les radiers qu’il feroit polïible de faire aulli en pierre. Il n’elt pas aulïi aifé de prendre un bon parti pour les chevalets : cet article eft cependant bien digne d’attention ; car fuivant le devis eftima-tif que j’en ai fait, une travée coûte plus de mille écus ôc confomme beaucoup de bois, matière abfolument néceffaire à la Marine, ôc qui devient de plus en plus rare.
- . Je crois me rappeller d’avoir vu dans quelques Ports d’Angleterre , qu’on avoir bâti fur des chenaux des arcades en maçonnerie , qui fervoient à retenir, au moyen d’étances, les mâts au fond de l’eau. Affurément, en fuivant cette méthode, on remédierait à tous les inconvénients dont nous avons parlé ; ôc li on fe rencontroit dans des circonftances où le fol fût bon pour affeoir des fondations, Ôc où les matériaux fulfent communs, on pourroit n’être pas effrayé de ce que coûter oient ces arceaux , d’autant que le chenal n’étant point embarraffé par des chevalets, pourroit être beaucoup plus étroit, ou tenir une plus grande quantité de mâts.
- Autant que je puis me rappeller la conftruêtiort de ces arceaux, il faut fe former l’idée de petits ponceaux détachés les uns des autres, ôc on fait enforte que le milieu des mâts foit fous chaque arceau. Mais fans abandonner entièrement la dif-pofition des fermes de Rochefort, j’ai cru qu’on pouvoit avec peu de dépenfe les rendre moins fujettes à réparations. L’épreuve en .a été faite avec fuecès, quoiqu’on n’ait j>as donné
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- à ce nouvel établiffement une folidité fuffifante , parce qu’il n’étoit queftion que d une épreuve.
- Il faut conferver les chevalets tels quils font pour toute la partie renfermée dans la maçonnerie. Les deux montants ou jumelles A B ( Planche XJ/HIy Fig. 2. & 3) font coupés immédiatement au-deffus de l’entre-toife E. On conferve cette entre-toife , ainfi que celle marquée C Ôc la pièce de Sapin D. Il n’y a. point à craindre que ces bois pourrifient, ni qu’ils foient endommagés par les vers, parce qu’ils font toujours à l’humidité, & qu’ils font renfermés dans un mafïif de maçonnerie. A la tête de chacune des jumelles A ôc B, font de forts étriers de fer XL, qui portent à leur milieu un œil dans lequel entre comme le corps d’un verrou PP, qui eft aux angles M ôc N du triangle de fer M N 0. En 0 eft un fort crochet qui entre dans les maillons de la chaîne Q, qui paffe par deffus les mâts I, ôc n’a de longueur que la moitié de la diftance qu’il y a d’un chevalet à un autre. Comme cette diftance eft de p à 10 pieds, il fufïit que chaque bout de chaîne ait f à 6 pieds de longueur , & ces bouts de chaîne font terminés par un crochet pour les arrêter dans un maillon de l’autre chaîne. Les mâts font ainfi retenus fous l’eau ; mais comme on entre les mâts dans les foffes lorfque la mer eft haute , on n’appercevroit point la tête des chevalets, & on auroit peine à les arranger, fi l’on ne mar-quoit pas avec de mauvais efparts, qui font l’effet de balife, les chevalets du commencement & de la fin de chaque travée* Il feroit peut-être encore plus commode d’avoir autant de petites bouées qu’il y a de chaînes , pour qu’elles indiquent où font les chaînes qu’on pourroit retirer en hâlant fur une corde qui répondroit à la bouée de chaque bout de chaîne. Cette opé-tion étant faite, on laiflera venir l’eau dans les foffes, on fera entrer les mâts dans ces foffes ; Ôc ayant laiffé retirer l’eau juf qu’à ce qu’il n’y en ait plus que ce qu’il en faut pour qu’ils flottent , on fermera la vanne , Ôc on arrangera les mâts à peu près dans la fituation où ils doivent refter, fe contentant de jetter les chaînes fur les mâts pour les empêcher de fe déranger.
- Ce travail étant fini, on mettra les foffes à fec pour laiffer les
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- mâts fe raffeoir fur le fond : alors on accrochera les chaînes les unes avec les autres , & le travail fera fini 9 à la première marée, on biffera entrer Feau dans les foffes.
- Quand on voudra retirer un mât, après avoir mis les foffes à fec, on décrochera les chaînes qui le retiennent, on jettera ces chaînes fur les mâts de la même travée qui doivent relier en place. On laiffera entrer Feau dans les foffes, & l’on retirera le mât avec d’autant plus de facilité que les foffes n’étant plus embarraffées par les chevalets, elles ne feront plus qu’un étang. Enfin on remettra encore les foffes à fec pour accrocher les chaînes fur les mâts voifins de celui qu’on aura retiré. Faifons appercevoir les principaux avantages des fermes difpofées comme nous venons de l’expliquer.
- i°, La première conftru&ion confommerabeaucoup moins de bois, & fera moins difpendieufe. 20, Si les foffes étoient garnies de chevalets comme le font celles deRochefort, on pour-roit fe fervir de la partie des chevalets qui entre dans la maçonnerie en rognant les jumelles à cette hauteur, comme on le voit ( Planche XPIIL Fig, 2 & 3 ). 30, Comme les bois ne s’altèrent point dans Feau, & comme la maçonnerie les mettra à couvert des vers, la partie de ces chevalets qui eft en bois ne pourrira jamais. On fait d’ailleurs, par beaucoup d’Expériences, que les fers durent long-temps dans l’eau de la mer lorfqu’ils font rarement expofés à fe deffécher : ainfi ces chevalets exigeront peu de réparations , d’autant qu’ils ne feront point expofés à être heurtés par les mâts, qui ébranlent les chevalets dont la tête s’élève au-deffus de Feau.
- Nous convenons qu’on n’éprouvera plus de difficultés à arranger les mâts avec les chaînes que lorfque les chevalets qui fur-paffent la fuperficie de Feau , mettent à portée de les difpofer. entre les têtes de ces chevalets ; mais l’économie qu’on a fait appercevoir, doit faire paffer fur ces difficultés. Nous allons parler d’un autre inconvénient plus confidérable, qu’on a eu occafion de remarquer dans plufieurs grands Ports.
- On a confervé long-temps des mâts dans les foffes de Ro-chefort fans qu’on fe fût apperçu que les'vers aquatiques,
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- ces vers qui dévorent les digues de Hollande 8c nos vaifleaux,-y euflent fait aucun dommage ; mais enfin ils en ont pris pof-feflion , 8t pendant bien des années les radiers , les fermes 8c les mâts ont fervi de retraite à ces infe&es, qui auroient enfin tout dévoré fi Ton n y avoit remédié.
- En fuppofant que ces vers foient d'origine étrangère, 8c que ce foit le commerce des grandes Indes qui ait favorïfé leur tranfport, il faut qu'ils fe foient bien accommodés de notre climat pour s'être multipliés fur nos côtes au point où ils le font aujourd'hui. Ils ne font cependant pas en aufli grande quantité par-tout. Il n'y en a que peu dans la vieille Darce de Toulon, tandis que la Darce neuve en eft remplie. Une partie du Port. de Marfeille en eft prefque exempte ; on n'en a, vu que très-peu dans les bois des Galeres, au lieu qu'il y en a dans la partie de ce même Port où font les vaifleaux Marchands. Il n’y en a point dans le Port de Rochefort, 8c ce n'eft que depuis environ 40 ans qu'on s'eft apperçu qu'ils fai-foient du défordre dans les fofles où l’on conferve les mâts.
- Vers l'année 1727, on s'apperçut prefque tout à coup que les vers dont nous parlons commençoient à endommager les mâts qui étoient dans les fofles. M. de Barailh en avertit la Cour; 8c pour arrêter ce défordre, il fit ôter les mâts des fofles 9 les fit diftribuer dans des chenaux d'eau prefque douce le long de la riviere. Il fit ôter la vafe qui s'étoit amaflée dans les fofles, 8c après avoir paré le pied des chevalets à l'erminettey il les fit couvrir de gaudron auquel on mit le feu, 8c par deflùs une nouvelle couche de gaudron. L’intention de M. Barailh y en faifant ôter les vafes, étoit de détruire la femence vermi-neufe qu'il croyoit être en grande abondance dans la vafe. En faifant, pour ainfi dire, caréner le pied des chevalets, il efpé-roit attaquer les vers dans leur retranchement. En couvrant d’une couche de brai ces fermes ainfi chauffées, il comptoit empêcher que de nouveaux vers ne s’y logeaflent. Nous ferons voir dans la fuite qu’il fe trompoit ; que la femence vermineufe n'étoit point dans la vafe. On ne pouvoit pas douter qu’en brûlant la fuperficie du bois où étoient les vers, ceux de ces in-
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- fedes qui reffentoient l’ardeur du feu ne. duffent périr ; mais il eft probable que cette chaleur n agifloit pas bien ayant dans des bois pénétrés d’eau falée, & qui par leur pofition ne per-mettoient pas de porter le feu ou les vers étoiênt en plus grande quantité : plufieurs Expériences nous ont fait connoître que la couche de gaudron qu’on mettoit au pied des fermes, Ôc qui s’appliquoit mal fur du bois mouillé, ne formoit qu’un foi-ble obftacle à l’introdudion de nouveaux vers. Quoi qu’il en foit, comme dans de pareilles circonftances il n’y a rien de pire que de relier dans l’inadion, M. de Barailh lit exécuter toutes ces opérations avec beaucoup d’ardeur, & les mâts lurent remis dans les folfes. On ordonna feulement aux gardiens de renouveller l’eau des folfes le plus fréquemment qu’ils pour-roient, imaginant que cela pourroit être encore contraire à la multiplication de ces infedes.
- Il eft bon de remarquer, ( car c’elt un fait dont nous ferons ufage dans la fuite) qu’on fut très-furpris de trouver tous les vers morts dans les mâts qu’on tiroit des chenaux.
- Quoique les principes qui guidoient M. de Barailh dans fes opérations fulfent faux, ils ne lailferent pas d’avoir quelque fuccès ; car fans favoir précifément à laquelle de ces opérations on en étoit redevable, on fut prefque débarralfé de cet infede pendant plufieurs années : mais au commencement de 17$63 l’allarme recommença, plufieurs mâts fe trouvèrent très-en-dommagés par les vers 5 & les radiers , ainli que les fermes , en étoient criblés.
- On exécuta alors tout ce qu’avoit fait M. de Barailh, excepté qu’au lieu de mettre les mâts dans les chenaux, la plupart furent tirés à terre j mais ce ne fut pas avec autant de fuccès qu’en avoit eu M. de Barailh ; les vers reparurent bientôt. Peut-être s’étoient-ils beaucpup plus multipliés ; peut-être aufli que M. de Barailh avoit été favorifé par la faifon : car on fait que tous les infe&es fe montrent très-abondants pendant plufieurs années, & que tout d’un coup ils difparoiflent prefqu entièrement. Les Auteurs qui ont écrit des vers à tuyau penfent qu’il en eft ainfi de ces infedes ; & je reçus il y a quelques années
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- une lettre de Hollande, dans laquelle un voyageur éclairé me marquoit que les vers dont il s’agit, y faifoient moins de dommage qu’ils n’avoient fait les années précédentes. Quoi qu’il en foit j quand on s’appercevoit que les vers endommageoient les mâts, on les tiroit des foffes ; on les étendoit au bord de la rivière où le foleil les faifoit fendre. Pour éviter cet inconvénient , on les remettoit dans les foffes , d’où on les retiroit quand on s’appercevoit que les vers les endommageoient de nouveau ; & cette manoeuvre répétée, qui occafionnoit de grands frais , nuifoit beaucoup aux mâts. M. le Comte de Maurepas inftruit de tous ces faits, Ôt concevant que les moyens qu’on employoit tendoient à la deftru&ion d’un grand approvifionnement de mâts du Nord d’une excellente qualité, me chargea d’aller à Roche-fort , ôc me recommanda d’examiner avec toute l’attention dont je ferois capable, s’il ne feroit pas pofïible de trouver un re-mede à ce mal, qui étoit des plus fâcheux.
- Au Printemps de l’année 1738, quand j’arrivai à Rochefort,
- . les vers fe montroient en plus grand nombre que jamais dans les foffes ; j’allai fouvent, avec les principaux Officiers du Département , vifiter les foffes ; ôt en faifant parer à l’erminette différents mâts, nous trouvâmes que les vers avoient principalement attaqué le bois tendre ; de forte que la cime des gros mâts étoit plus endommagée que le pied, où la trace des vers fe trouvoit principalement dans l’aubier : rarement le cœur étoit endommagé, apparemment parce qu’on ne leur avoit pas donné le temps d’y pénétrer : car il eft certain qu’à la longue ils auraient tout piqué. Mais ils commencent par attaquer le bois qui efl moins dur Ôt moins réfineux : c’eft pour cette raifon que nous trouvâmes que les efparts étoient plus endommagés que les mâts.
- Nous remarquâmes encore que la partie des mâts qui repo-foit fur la vafe, ôc celle du deffus étoient moins endommagées que les côtés.
- Nous trouvâmes les radiers des éclufes, ôc le pied des chevalets fi remplis de vers, que prefque par-tout la fomme des efpaees occupés par les vers furpaffoit de beaucoup celle où
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- lès bois étoient reftés fains Ôc entiers. Comme les vannes Ôc empellements étoient à fec depuis quelque temps, nous ne trouvâmes que des trous de vers ôc point d’infe&es.
- Nous vifitâmes les chevalets ; ôc ayant fait démolir un peu de la maçonnerie, nous ne trouvâmes point de vers à la
- Eartie qui étoit toujours recouverte de vafe, ou engagée dans 1 mâçonnerie. Il y avoit beaucoup de vers à la partie qui étoit toujours fubmergée, Ôc point à celle qui étoit toujours hors de l’eau.
- En faifant ce s obfervations, chacun prétendoit appercevoir que l’origine des vers dépendoit de telle ou telle circonftance ; les uns croyoient qu’ils fe trouvoient en abondance dans les folTes, parce qu’étant à l’entrée de la riviere, l’eau faumâtre leur étoit favorable : d’autres imaginoient que la femence ver-mineufe fe confervoit dans la vafe ; d’autres prétendoient que les vers fortoient des radiers pour entrer dans les mâts, ôc qu’on en feroit exempt fi on banniffoit des foffes les chevalets ôc les radiers : quelques-uns penfoient avoir remarqué qu’une eau courante étoit contraire aux vers : il paroiffoit à d’autres qu’il falloir s’occuper de trouver un vernis qui empêchât les vers de pénétrer dans le bois. Je crus donc qu’il convenoit d’examiner féparément la valeur de ces idées.
- M. le Comte de Maurepas ayant bien voulu, à ma follici-tation, charger M. Dumefnil Rolland, alors Lieutenant de Port, de m’aider dans cette recherche, nous crûmes qu’il fal-loit commencer par s’afîiirer s’il y avoit des endroits de la côte qui fuffent exempts des attaques de ces infeêtes. Voici ce qui réfulta d’un examen exact. Il ne s’eft trouvé aucun ver dans le Port, ni le long de la riviere au-deffus du Port, dans tous les chenaux qui y aboutiffent, foit que l’eau y fût courante ou dormante , comme cela arrive dans quelques chenaux dont l’entrée eft fermée par une éclufe.
- Il y a encore au-deffous du Port un efpace allez confidérable de la riviere qui eft exempt de vers, puifqu’il ne s’eft trouvé aucun ver dans les membres du fougueux, Vaiffeau du Roi, qui échoua il y a plus de 30 ans fur un écueil de la riviere prefquè
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- vis-à-vis Soubife. A foixante toifes au-deffous du Fougueux, un Pilote dragua, à peu près dans le même temps, deux pièces de bois de Chêne de 30 pieds de long, qui probablement étoient depuis bien long-temps au fond de l’eau : elles fe trouvèrent exemptes de la plus legere attaque de vers ; toutes les balifes , les perches des pêcheurs Ôc les pieux fe trouvèrent abfolument fains jufqu’à une petite diftance au-deffus des foffes.
- Mais voici une obfervation qui mérite attention, ôt dont nous efpérons dans la fuite tirer des conféquences avantageufes pour la confervation des mâts. On trouva dans le lit de la rivière , prefque vis-à-vis les folfes, des pieux qui n’étoient point du tout piqués des vers, pendant que les pilotis de fancien radier extérieur de la foffe de l’Iflot, de même que les reftes de ceux qui étoient ci-devant à l’entrée des autres foffes, en étoient remplis, quoique ces bois fuffent fubmergés du même montant que les perches. Ce fait paroît fi fingulier qu’on feroit porté à douter de l’exa&itude de l’obfervation : déjà quelques-uns en concluoient que la fource des versétoit dans ces foffes même. Nous aurions fort fouhaité que cela eût pu être, puifque nous ferions parvenus à les détruire en tenant les foffes un temps affez confidérable à fec pour faire périr tous les vers : mais les obfervations que nous allons rapporter prouvent incontefta-blement le contraire; ôc pour appercevoir la caufe phyfi-que de ce fait, il faut être inftruit de quelques circonftances particulières qui dépendent de la fituation du terrein.
- Le reflux de la marée eft confidérable à cet endroit de la riviere ; cette eau qui remonte contre le courant naturel de la riviere eft fort falée, au lieu que l’eau qui coule dans le lit , lorfque la marée eft retirée, eft prefque douce. Or les foffes aux mâts, de même que les radiers qui font à leur entrée, ne
- Î>euvent, à caufe de leur élévation, recevoir que de l’eau fa-ée qui vient par la marée qui y refte dans de petites mares , au lieu que les perches exemptes de vers étant plus baffes, fe trouvent, lorfque • la mer eft retirée, dans une eau pref-que douce. Or il commence a être prouvé par les obfervations faites le long de- la riviere, que les vers ne peuvent fubfifter
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- dans l’eau douce ; ôc nous le démontrerons d une façon incon-teftable. Ce fait fi fingulier étant vu de près n’offre donc rien que de très-naturel. Je reviens à l’examen de la riviere au-deffous des foffes dans la rade ôc le long de la côte.
- Les deux balifes qui font entre Pille Madame ôc Pille4 Daix, fur la Moucliere Ôc la Sablière, étoient remplies de vers. A la partie du Nord-Oueft de Pille Daix , on trouva une piece de Sapin plantée au plus bas de la mer, elle étoit abfolument détruite par les vers. A la Rochelle, dans une efpece de foffe aux mâts, appellée par les gens du pays un Abbateau, il y avoit 60 ou 80 mâts entièrement rongés par les vers. Au-deffus de cette foffe, il y en a une autre qui n’en eft féparée que par une chauffée, ôc qui fe trouva exempte de vers. Cette foffe plus élevée ne peut recevoir l’eau de la mer que cinq ou fix mois de l’année par des intervalles qui dépendent des marées plus ou moins rapportantes : le relie de l’année cette foffe ne recevant que Peau des pluies qui y arrive en affez grande abondance par des ravines qui y aboutillent, ÔC qui ne fuffifent pas pour y entretenir Peau, elle relie de temps en temps à fec; quelquefois elle efl remplie d’une eau douce ou prefque douce : voilà à quoi on peut attribuer la privation des vers.
- Les vaiffeaux échoués qui forment la digue de la Rochelle , la balife qui marque l’entrée du chenal, les fafcines même étoient criblées de vers. Une carcaffe qui fubfille depuis longtemps à Enande, ôc une autre qui ell fur l’écueil nommé La-vardin, les défenfes qui font à l’entrée du Port de S. Martin y de Pille de Ré, tous ces bois font remplis de vers. Il n’ell donc pas douteux que ces infeêtes fe trouvent en grande abondance au bas de la riviere, dans la rade ôc le long de la côte. Ainfi ce n’ell point un infeâe qui ne fubfille que dans les foffes aux mâts, ôc qui ne fe plaife que dans Peau dormante : on apperçoit encore que Peau falée ell celle qui lui plaît le plus. Pour en être encore plus certain, je convins avec M. Dumefnil qu’on renouvellerait les balifes qui marquent les écueils Ôc qui étoient remplies de vers ; ôc qu’en les conduifant à la remorque derrière une chaloupe, on les dépoferoit en différents endroits de
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- la rivîere, pour examiner comment les vers fe comporteroiénc dans ces différentes portions.
- Ayant enlevé quelques copeaux à une de ces balifes qu’on avoit remorquée jufques vis-à-vis l’entrée du Fort, on trouva que les tuyaux de la luperficie qui étoient remplis de vers en partant de la rade, étoient vuides, apparemment parce que l’eau douce avoit déjà agi fur eux ; mais en hachant plus profondément , on trouva les trous remplis de vers. On mit quelques-uns de ces vers fur du papier ; ils s’y deffécherent : on en mit dans de l’eau douce, ils s’y fondirent en très-peu de temps, ôc devinrent comme un mucilage quinâgeoit à la furface; Ôc il né-toit relié intaâ que le cafque de la tête. On en mit dans l’eau falée ; ils noircirent dlabord auprès de la tête, ôc ils ne fe fondirent pas comme dans l’eau douce. Ils furent racornis par le vinaigre, & on en conferva dans de l’eau de vie, la bouteille étant bien bouchée.
- Cette piece relia à l’air ; on en amarra uner au milieu de la riviere vis-à-vis l’avant-garde ; une autre fut dépofée dans un chenal où l’eau eft faumâtre, parce qu’il ne reçoit l’eau qu’à la haute mer : une autre vis-à-vis le Fougueux, ôc une autre au-deffous des foffes aux mâts Ôc de la fontaine Lupin. Les vers qui avoient été dépofés vis-à-vis l’avant-garde, ôc qui de l’eau de mer fe trouvoient tranfportés dans l’eau douce, périrent les premiers ; ils étoient fondus , ôc on ne trouvoit dans les tuyaux que le cafque.
- A la piece qui étoit à terre , les vers qui avoient confervé leur eau, à caufe de la difpofition des tuyaux, étoient encore exiltants : les autres étoient pourris. Dans le chenal d’eau faumâtre , les vers devinrent bientôt mollaffes ; mais ils n’avoient pas été détruits aufïï promptement que dans l’eau douce.
- Les balifes qui avoient été dépofées le long delà riviere n’ayant pû être vifitées que i $ jours après, les vers étoient entièrement détruits vis-à-vis le Fougueux ; quelques-uns exiftoient encore vis-à-vis les foffes aux mâts; mais tous étoient en très-bon état au-deffous de la fontaine Lupin, où l’eau eft toujours falée.
- S’il y a moins de vers dans la vieille Darce de Toulon que
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- Sans la nouvelle, c’eft qu’il fe rend beaucoup d’eau douce dans cette vieille Darce ; & il y auroit encore moins de vers, fî Ton fermoit la communication de cette Darce avec la nouvelle. Si dans le Port de Marfeille, il y a moins de vers du côté où Ton amarre les galeres, que dans la partie du Port où font les vaiffeaux Marchands ; c’eft qu’il fe rend des eaux douces & des égouts de favonnerie dans cette partie , & que n’y ayant point de marée dans la Méditerranée, le mélange de l’eau douce avec l’eau falée fe fait plus lentement que dans les Ports de l’Océan.
- S’il n’y a point de vers dans le Port de Rochefort, ôt fi les vaiffeaux qui y entrent chargés de vers, font bientôt délivrés de ce fléau ; c’eft parce qu’à la mer baffe, les vaiffeaux fe trouvent dans l’eau douce.
- On a encore pris des bois remplis de vers; & les uns ont été retenus couchés fur lavafe, les autres y ont été enterrés verticalement comme des pieux: au bout de quelques jours , tous les vers étoient pourris à la partie qui étoit recouverte de vafe, pendant que ceux qui étoient au-deffus de la vafe & dans l’eau falée, étoient très-vivants. Il eft donc certain que la vafe préferve les mâts d’être endommagés par les vers, & qu’elle n’en contient pas une fource intariffable, comme plufieurs le penfoient. Par conféquent on fait bien d’enfouir à Breft les mâts dans la vafe.
- Feu M. Boyer, Conftrufleur des Vaiffeaux du Roi à Toulon , m’a affiné qu’il avoit vu en quelques endroits, Ôc, fi je ne me trompe, danslaBifcaye, conferver les mâts dans le fable imbibé d’eau falée. Il eft fâcheux que cette méthode foit difficile à pratiquer, Ôt quelle exige beaucoup de frais pour tirer les mâts de ce fable. Mais il eft très-évidemment prouvé que les vers ne peuvent fubfifter dans l’eau douce; que cette eau eft pour eux un poifon plus efficace que l’air : d’où l’on peut conclure qu’on détruiroit les vers des foffes, fi l’on y introduifoit de l’eau douce, & M. Dumefnil a prouvé que cela étoit poffible ; mais outre que l’exécution de ce projet exigeroit beaucoup de dépen-fe, il y auroit à craindre que l’eau douce ne fût pas aufïï propre à
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- la confervation des mâts que l’eau falée pour les raifons que nous" avons rapportées plus haut. Audi M. Dumefnil ne propofoit-il que de mettre de temps en temps l’eau douce dans les Folles ; & aflurément on feroit parvenu à préferver les mâts d’être attaqués par les vers fans beaucoup altérer leur qualité. Mais com-me le canal qu’il auroit fallu faire pour prendre l’eau de la rivière allez haut pour quelle fût douce , & la conduire aux folTes, auroit été confidérable, nous avons efpéré qu’en étudiant avec plus de foin la maniéré dont les vers attaquent les bois, nous pourrions découvrir un moyen de les détruire avec moins de frais ; nous avons donc entrepris de nouvelles Expériences qu’il faut rapporter.
- Gn a planté tous les quinze jours deux pieux dans un endroit où nous étions certains qu’il y avoit beaucoup de vers ; & toutes les fois qu’on plantoit de nouveaux pieux , on examinoit fi ceux qui avoient été mis en place auparavant, étoient attaqués par les vers ; par cette épreuve, que nous avons continuée une année entière, nous avons très-évidemment reconnu que les vers n’attaquoient point les bois en Janvier, en Février, en Mars, en Avril & en Mai ; ils ont commencé à les attaquer en Juin , encore plus fenfiblement en Juillet ôt en Août, & ils ont celfé vers la mi-Septembre ; en Octobre, Novembre ôe Décembre, plus de ravage*
- Il eft à propos d’être prévenu que la faifon où les vers commencent & où ils finiffent d’endommager les bois, varie fui-vant la température de l’air chaud ou froid ; de forte que dans des climats plus chauds que Rochefort, en Provence, par exemple, & en Italie, ils peuvent commencer à attaquer les bois dès la fin d’Avril, & continuer jufqu’au commencement d’O&obre, pendant qu’à Breft le temps du défordre commence plus tard & finit plutôt. Quoi qu’il en foit, ayant reconnu que l’on n’avoit rien à craindre des vers à Rochefort pendant huit mois, je propofai à M. de Maurepas d’ordonner qu’on rétabli-roit les éclufes, & que pendant les quatre mois critiques on donneroit ordre au gardien de tenir tous les huit jours, d’une marée à l’autre, les foffes à fec j après quoi on remettroit l’eau
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- dans les foffes. Les mâts fe couvrent naturellement d’une cou-che de limon aflez mince : c’eft apparemment fur cette couche que fe dépofe le frai de ces vers, qui d’abord n eft qu un glaire très-délié : un coup de foleil, une rifée de vent, une petite pluie, fuffifent pour faire périr cette femence vermineufe fans que le haie puifle agir fur les mâts Ôc les endommager, parce que la féchereffe ne pourroit en un aulïi court efpace de temps agir que fur le limon, ou fur les premières couches d’aubier. Les ordres furent donnés ôc exécutés ; ôc étant retourné deux ans après à Rochefort, je trouvai lés mâts abfolument exempts de vers, excepté au fond du fer à cheval qui ne defféchoit pas ôc où il reftoit une lame d’eau d’environ 6 pouces d’épaiffeur : la partie des mâts qui reftoit mouillée par cette eau, étoit attaquée des vers pendant que le refte en étoit exempt, ainfi que tous ceux de la fofîe noire ôc de l’Iflot, de même que ceux des deux branches du fer à cheval. Je ne fai pas ft on a fuivi afïidument cette méthode ; mais il eft très-bien prouvé que fans occafionner aucune dépenfe, elle a fourni pendant plufieurs années un très-bon moyen de conferver les mâts.
- Nos Expériences prouvent encore que la méthode quon fuit à Breft eft fort bonne. A l’égard de Toulon, je voudrois qu’on établît des foffes dans des efpeces de marais qui font derrière la vieille Darce, ôc qu’on y conduisît affez d’eau douce pour affaiblir la falûre de l’eau, ôc la rendre pernicieufe pour ces infe&es ; ce qui fêroit facile, non-feulement parce qu’il y a beaucoup d’eau douce aux environs de Toulon; mais encore parce qu’on pourroit profiter des ravines confidérables qui viennent des montagnes.
- A l’égard des mâts travaillés, j’ai déjà dit qu’il ne convenoit pas de les mettre dans l’eau, ôc tout ce qu’on peut faire de mieux, eft de les mettre en chantier fous des hangars frais ôc fecs, Ôc de les couvrir d’une couche de graille qu’il faut renoua veller de temps en temps.
- J’ai fait beaucoup d’Expériences pour reconnoître ce qu’on pourroit efpérer des vernis, efpalmes ou corrois, pour défendre les bois de l’attaque des vers. La moindre couche réfineufe n’eft
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- point attaquée par les vers, & elle garantit les bois qui en font recouverts, pourvu qu'elle les couvre exactement par-tout ; mais ils favent s'introduire par la moindre fente, par le moindre éclat; & les mouvements du vaiffeau, l'abordage des canots ôc chaloupes, le frottement du cable en occafionnent néceffaire-ment, ôc en occafionneroient quand ces enduits feroientdurs comme du fer : d'ailleurs il y en a qui fe réduifent en terre à force de refter dans l'eau. On trouvera dans le Livre fuivant des Expériences qui ont encore rapport aux mâts , ôc qui prouvent là vérité de plufieurs chofes que nous avons avancées dans celui-ci.
- Explication des Planches ÔC des Figures du Livre quatrième.
- Planche XVI,
- T j a Figure i repréfente deux rames, l’une A vue par le tranchant, ôc l'autre B par le plat de la pelle./Y eft la longueur de la rame. En g eft la poignée par laquelle le principal rameur , quon nomme Vogue-avant, la faifit pour voguer ; e eft la manuelle que faififfent les rameurs ; à eft le corps de la rame vis-à-vis la manuelle ; c c font les jumelles qu’on met pour empêcher que la rame ne s’ufe à fon point d'appui ; b à eft ce qu'on nomme le genou ; a eft la pelle.
- ha Figure 2 repréfente une vergue formée de quatre pièces affemblées les unes avec les autres. Figure 3 , a b font les deux bouts de cette vergue. On les voit affemblées l'une avec l'autre à la Fig. 4 ; ôc les endents qu’on apperçoit depuis c jufqu'en d font recouverts par la jumelle Fig. f , de telle forte que les endents qui engrenent les uns dans les autres empêchent les pièces a b Fig, 3 de fe féparer.
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- Planche X VII.
- La Figure i repréfente la foffe noire,
- La Figure i eft la folle de llflot.
- La Figure 3 eft celle du fer à cheval, A repréfente les travées qui font compofées de cinq fermes c 9 qui chacune font formées de cinq chevalets b» B repréfente l'endroit où font les portes d'éclufe pour recevoir l'eau dans les folfes, & la retenir à volonté.
- Planche X VII h
- La Fï gu re i repréfente une travée plus en grand. CC font autant de fermes compofées chacune de cinq chevalets b, qu'on voit repréfentés en grand fur la Planche XIX.
- La Figure 2 repréfente un chevalet compofé de deux jumelles A B, & qui eft coupé à la hauteur de la maçonnerie en P P„ C repréfente l’entre-toife d'en-bas fur laquelle repofe la piece de Sapin, ou le gifant D. E eft l'entre-toife qui eft placée au-delfus du gifant. LP M NO repréfente la ferrure qui fert à retenir les chaînes Q, qui affujettiffent le mât I.
- La Figure 3 repréfente le même chevalet vu dans un autre fens y ôc les différentes pièces font indiquées par les mêmes lettres.
- Planche XIX,
- Cette Planche repréfente les chevalets tels qu'ils ont été établis dans les foffes de Rochefort.
- Figure 1. A A, B B, font les deux montants ou jumelles, C y l'entre-toife d'en-bas. D 9 la piece de Sapin 9 ou le gifant, E 9 l'entre-toife d’en-haut qui eft placée au-deffus du gifant. Toutes ces pièces font renfermées dans un maflif de maçonnerie. I, le' mât qui repofe fur cette maçonnerie. H eft une piece de bois quarrée qu'on nomme Traverfm, qui affujettit les mâts fous
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- 408 djb zâ Conservation, &c.
- l’eau. K eft une étance qui s’appuie pâr fon bout d’en-haut fous l’entre-toife F, Ôc par fon bout d’en-bas fur le travertin H. G eft un chapeau qui lie la tête des jumelles, & les défend d’être pénétrées par l’eau de la pluie.
- La Figure 2 repréfente la même ferme vue dans un autre fens, 6c les objets font indiqués par les mêmes lettres,
- LIVRE
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- Fosse dite le Fer a cheval
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- LIVRE CINQUIEME.
- De la Force des Bois , foit dune piece, foit d’ajjemblage, les uns âC les autres de différentes grojfeurs.
- N o u s avons principalement porté nos vues dans les Livres
- Erécédents fur la pefanteur des bois; & il eft fenfible que les ois les plus pefants ayant plus de matieré réfiftante dans un même efpace, doivent être les plus forts & les meilleurs. Nous avons cependant dit que cela ne pouvoit être que lorfque les matières qui augmentent le poids font capables d’agir de concert avec le refte de la maffe pour rendre le tout plus réliftant ; ôc le contraire arrive fouvent, comme le prouvent quelques-unes de nos Expériences. Un foliveau qui fort de l’eau eft plus pefant qu’un foliveau qui eft fec : cependant il eft moins dur ; on le coupe, on le fcie plus aifément ; il eft moins fort ; il plie fous un poids que l’autre foutient. Une des qualités du bois qui indique le mieux fa bonté femble donc confifter dans fa force : cette réglé, quoique généralement vraie, fouffre cependant quelques exceptions relativement à l’ufage qu’on veut faire des bois ; puifque nous avons dit plus d’une fois que certains bois légers, tendres & affez fragiles, le Cèdre, le Génévrier, le Cyprès, réfiftent beaucoup plus long-temps à la pourriture % que des bois plus pefants tels que le Chêne, le Hêtre, ôcc. Mais il n en eft pas moins vrai que, pour quantité de fervices 3 les bois les plus forts font les meilleurs ; & quand il s’agira de comparer des bois d’un même genre, la réglé foufïrira encore moins d’exceptions : on pourra dire que toute chofe étant égale d’ailleurs, la force eft a peu près proportionnelle à la pefanteur. Cela pofé, il eft clair qu’il n’y a que des Expériences
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- 4ïo De i A Force
- exa&es, & exécutées avec tout le foin poflïble, qui puiflent déterminer le degré de force qui appartient à chaque nature de bois ; ôc ce fera le plus ou le moins de force, qui fera juger de leur bonne ou de leur mauvaife qualité. Car affez fouvent pour les charpentes, les conftru&ions, les machines y on tire avantage de la force du bois, leur principal ufage étant de fupporter des fardeaux. Nous avons déjà eu recours à la méthode de faire rompre des barreaux pour reconnoître leur force, particuliérement dans ce Volume, Livre II, Chap. V. Art. X. Mais dans ce Livre V, nous nous occuperons uniquement de la Force des Epis.
- Avant que d’entamer le détail de nos Expériences, il eft bon de faire connoître les précautions que nous avons prifes pour les rendre fort exactes ( * ).
- ( * ) Tout ce qui a trait à la force des bois , eft trop intéreffant à la Marine , au Génie, à l’Architeâure civile, pour que je pufle négliger de (ùivre toutes les vues qui me paroifloient y avoir rapport : auffi ai-je exécuté à Denainvilliers quantité d’Expé-riences fur cette matière. Mais de temps en temps je me trouvois en défaut : je manquois de quelque qualité de bois, qui, pour certains objets, me paroifloit plus avantageufe que les autres : un Ouvrier très-adroit m’étoit abfolument néceffaire ; je m’en étois procuré un , ainfî que quantité de petits uften-files dont on fent le befoin quand on opéré; j’en avoisune proviiion : mais comme tous ces fecours fe trouvent dans les Ports mieux que par-tout ailleurs, je profitai d’un féjour que je fis à Marfeille pour mettre ânes Expériences en train. Il eft vrai que pour les conduire auffi loin que je le defi-rois, il aUroit fallu y féjourner bien longtemps , ce qui m’étoit impoffible. Heureu-fement M. d’Héricourt, alors Intendant des Galeres , fentit l’utilité de mes recherches au point d’y prendre un intérêt lîngu-lier , d’adopter en quelque façon mon travail, & d’en protéger efficacement l’exécution. M. Garavaque , Ingénieur de 3a Marine, qui étoit plein de fagacité, d’intelligence a d’exaâitude, & doué d’une pa-
- tience à toute épreuve, fut chargé de prélî-der à l’exécution de mes Expériences.
- M. Deidier, fous-Conftrudeur des Galeres , en qui fè trouvoit une adrelfe & une précifion qui n’a point d’égal, fut chargé de faire lui-même tous les barreaux que nous imaginerions, & dont nous délirions éprouver la force. M. d’Héricourt nous deftina un lieu commode & sûr pour l’exécution de nos Expériences. C’étoitàmoi de profiter de circonftances auffi heureufes : combien ai-je éprouvé de fois qu’elles fe rencontrent rarement ! Nous conférâmes liir ce qu’il y avoit à faire : nous convînmes des Expériences qu’il falloit exécuter ; mais lorfque nous étions en train d’opérer* je reçus ordre de me rendre au Port de Bouc. Je fus donc obligé d’abandonner la lùite du travail à M. Garavaque, & de le mettre lous la proteâion de M. d’Héricourt, me propofant, auffi-tôt que je lèrois quitte de ma tournée, d’exécuter des Expériences de mon côté. J’ai cru que cette Note étoit convenable pour témoigner ma reconnoiÊ lance à ceux qui ont bien voulu venir à mon fecours, & pour qu’on fçût qu’on pou-voit avoir autant de confiance aux Expériences exécutées à Marfeille, qu’à celles que j’ai faites moi-même*
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- CHAPITRE PREMI ER. Précautions pour rendre les Expériences exactes.
- On a v u dans la P hyfi que des Arbres que leur tronc eft formé par un nombre de couches ligneufes qui font jointes les unes aux autres par un tifîu plus rare. Ces couches ( PI, XX, fig. 1 ) font des orbes concentriques qui indiquent à peu près raccroiffement de chaque année ; comme les couches intermédiaires qui joignent ces couches ligneufes font plus rares Sx moins fortes que les couches ligneufes, on peut les confidérer dans un corps d’arbre , comme des tuyaux qui feroient mis les uns dans les autres , & qui feroient réunis par une efpece de colle. Ceci bien entendu, il eft fenfible que fi on leve une planche dans le fens A E, ( Fig. 1 ) cette planche fera formée comme d’un nombre de petites planches collées les unes fur les autres, & qui font défignées par les traits qui font entre A Sx. E. Maintenant fi l’on forme avec cette planche un barreau comme F, qui eft repré-fenté plus en grand en G Sx en H, il eft fenfible qu’on peut regarder ces barreaux comme étant compofés de plufieurs petites planches collées les unes fur les autres ; Sx nous prouverons dans la fuite que le même barreau, pofé comme H, ou h fera, par cette feule raifon, plus fort que s’il étoit pofé comme G ou g* Nous avons fait attention à cette circonftance, Sx on verra que dans toutes nos Expériences nous avons pofé les couches dans un fens vertical ; mais on apperçoit aifément qu’elle ne mériteroit aucune attention, fi l’on faifoit rompre des arbres de brin ronds ou quarrés , comme on le voit par la feule infpe&ion de la Figure 1. _
- Nous avons prouvé, par un très-grand nombre d’Expérien-ces, que quand les arbres font vigoureux, Sx qu’ils végètent encore avec force, c’eft le bois du cœur qui eft le plus denfe; ÔC 9 Fffij
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- que dans les gros arbres qui commencent à entrer en retour, le fcois du cœur eft fouvent plus léger que la couronne qui eft entre le cœur ôc la circonférence , de forte que le bois acquiert peu à peu fa denfîté, ôc qu'il la perd peu à peu quand il a paffé le terme de cette plus grande denfîté. On verra que dans nos Expériences, nous avons eu égard à toutes ces circonftances ; 6c encore, autant que cela a été poffible, au terrein où les bois ont crû, à leur degré de fécherefle, &c. On verra, pour le dire en un mot, que nous n'avons négligé aucuns des détails que ï'exa&itude la plus grande pouvoit prefcrire.
- Je vais commencer par rapporter quelques difcufîions théoriques , qui rendront plus fenfibles ce que nous aurons à dire dans la fuite.
- CHAPITRE II.
- Réflexions fur la réflflance des fibres ligneufes à'où réfulte la Force des Bois.
- GaliU. s’étant propofé de connoître le rapport qu’il y a entre la force dire&e ou abfolue des corps, ôc leur force tranfverfale ou refpe&ive, a fuppofé que dans un corps qu’on furcharge, les fibres rompoient dans un même inftant.
- MM. Mariotte ôc Leibnitz s'étant apperçu qu'il n’y avoit point de corps, fi roide qu'il fut, fût-ce du verre, qui ne s’étendît un peu avant de rompre, ils ont compris cet élément effentiel dans leurs problèmes.
- Il fembloit alors que ces illuftres Mathématiciens âvoient épuifé cette matière : aufïi MM. Varignon ôc Parent adopte-rent-ils leurs principes. Cependant M. Bernoulli a prouvé qu'il y avoit dans un corps prêt à fe rompre, dans une poutre, par exemple, des fibres qui étoient en contraction ôc d'autres
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- en dilatation : des confidérations différentes de celles de M. Bernoulli m’ont amené à le penfer de même , & m’ont fait naître l’idée de quelques Expériences qui feront le fujet de ce Chapitre. Je voudrois, en fuppofant la théorie de M. Bernoulli, en venir tout de fuite au détail de mes Expériences t mais j’ai cru ne pouvoir pas faire fentir leur utilité fans rapporter quelques réflexions qui les ont précédées, ou qui me les ont fait imaginer.
- Je confidere d’abord la piece de bois a b {PI. J, fig. 2 ) comme étant formée de deux parallélipipedes a & b, unis par leur bafe en/. Je fuppofe enfuite un point d’appui enc, ôc deux puifTan-ces appliquées, l’une en d, ôt l’autre en e9 qui tendent à faire baiffer ces deux parties des parallélipipedes.
- Il eft clair que d e venant à bailler, les bafes des parallélipipedes fe fépareront au point /, mais qu’elles relieront unies au point c.
- Maintenant, fans rien changer à la première fuppofition, je demande qu’on imagine ces deux parallélipipedes parfaitement durs, & qu’il y a en / ( Fig. 3 ) un lien qui les unit.
- Dans cette fuppofition, les puiffances d e tendront à rompre le lien f par les bras du levier e f9 d f : les bafes des parallélipipedes s’appliqueront exactement l’une contre l’autre ; & à caufe de la dureté qu’on leur fuppofe, le point d’appui s’étendra dans toute la bafe c f des parallélipipedes.
- Mais les fibres ligneufes font extenfibles : faifons donc une autre fuppofition. Imaginons {Figure 4) que les deux mêmes parallélipipedes, au lieu d’être retenus par le lien / ( Figure 3 ) que nous avons fuppofé inextenfible, le font par une multitude de refforts qui font tous également dilatables. Afïurément quand les puiffances d e viendront à agir, tous les refforts entreront en dilatation, mais dans une proportion telle que ceux qui feront les plus éloignés du point c feront les plus dilatés, ôt ceux qui feront les plus proches de ce point, le feront infiniment peu, comme on le voit ( Figure 5 ). En un mot ces refforts feront dans un degré de dilatation proportionel à leur éloignement du point c. Il faut remarquer de plus que les puiffances
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- à e agirent fur les refforts par les bras de levier, à gtce h, que; les bafes des parallélipipedes a b s’appuient Tune contre l’autre au point c qui eft le point d appui, & que les leviers de réfi-ftance s’étendent du point c au point ^, ôt du point c au point h, de forte que les refforts agiffent d’autant plus puiffamment pour réfifter aux puiffances de, qu’ils font plus éloignés du points.
- Si l’on étoit bien fur que les fibres ligneufes réfiftent d’autant plus qu’elles font plus allongées par la tenfion, comme un reA fort qui fait d’autant plus d’effort pour revenir à fon point qu’il eft plus tendu ; s’il étoit bien prouvé que le maximum, de la ré-fiftance des fibres ligneufes eft le point où elles font prêtes à fe rompre ; il feroit certain que ce feroit la fibre repréfentée par le reffortg h, ( Figure $ ) qui réfifteroit le plus aux puiffances de, tant à caufe de fa fituation à l’extrémité des leviers de réfi-ftance c g, ch, que parce que c’eft elle qui eft dans la plus grande tenfion.
- Mais il eft confiant, par l’Expérience, qu’une fibre qui a été peu allongée, revient à peu près à fon premier état lorfqu’elle a été rendue à elle-même, Ô£ qu’elle conferve une partie de cet allongement lorfqu’elle a été tendue jufqu’à un certain point. On en voit un exemple dans une verge de bois, qui revient dans fon premier état quand elle a été légèrement pliée ; & qui conferve une partie de la courbure qu’on lui a fait prendre , quand elle a été beaucoup pliée. La fibre g h pourroit donc avoir perdu fa réaction lorfque les autres fibres moins tendues jouiroient encore de cette propriété.
- D’ailleurs fi l’on pouvoit comparer une fibre ligneufe à un fil de métal tendu, il eft sûr que ce fil perd de fa groffeur à mefure qu’il s’allonge, & que plus il diminue de groffeur, plus il s’affoiblit : ainfi il pourroit bien être qu’une fibre ligneufe trop tendue ne feroit plus dans l’état de fa plus grande réfi-ftance ; & fi cela eft, on ne peut plus décider laquelle des fibres qui font diftribuées depuis c jufqu’à £, & depuis c jufqu’à h, eft capable de cette plus grande réfiftance.
- Nous avons fuppofé jufqu’à préfent que nos parallélipipedes
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- étoient parfaitement durs : le bois ne l’eft pas, & fes fibres font extenfîbles & comprefïibles même dans le fens de leur longueur. Pour mieux faire comprendre ma’ penfée, je vais faire encore une fuppolition différente des précédentes.
- Il faut pour cela imaginer les deux parallélipipedes a b écartés l’un de l’autre, comme on le voit (Figure 6), & joints par des refforts femblables que je fuppofe indifférents à fe contrarier ou à fe dilater. Affurément quand les puiffances d e agiront pour abaiffer les extrémités a & b, les refforts qui font vers c fe contracteront, & ceux qui font vers / fe dilateront ; c’efl à peu près ce qui arrive à un morceau de cire molle, que l’on plie : car l’effet de la condenfation fe fait appercevoir à l’intérieur de la courbe par le bourfouflement de la cire, & la dilatation paroît à l’extérieur par l’applattiffement de cette cire 9 comme on le voit ( Figure 7). «
- Il y a donc des fibres qui font en condenfation, & d’autres qui font en dilatation ; & il me paroît que la fomme des fibres qui font en dilatation & en condenfation dans un morceau de bois qu’on charge, varie fuivant que les fibres font plus dilatables que comprefïibles ; ou le contraire : de forte que fi les fibres étoient plus contra&ibles qu’extenfibles, il y auroit beaucoup de fibres en condenfation, & peu en dilatation; & au contraire fi les fibres étoient plus extenfîbles que comprefli-bles, il y auroit beaucoup de fibres en dilatation, & peu en condenfation.
- Certainement pour calculer avec quelque précifion la force des bois, il feroit fort utile de pouvoir diftinguer, ne fût-ce qu’à peu près, la fomme des fibres qui font en condenfation d’avec celle des fibres qui font en dilatation : ou bien de con-noître quelle proportion il y a entre la compreflibilité des fibres ligneufes & leur dilatabilité. Ce font-là des chofes de fait, qui ne peuvent pas être éclaircies par la théorie : il faut avoir recours aux Expériences.
- Quantité de Phyficiens ont fait des recherches dont on peut tirer un grand parti pour connoître la force des bois : mais j’ai conûdéré la choie fous un autre point de vue, & j’ai exécuté des
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- Expériences qui me paroilfent avoir encore un rapport plus dired à la queftion dont il s’agit. Avant que de les rapporter , je dois faire remarquer une circonftance qui eft de grande con-féquence dans loccafion préfente.
- Dans la fuppofition que j’ai faite en dernier lieu ( Figure 6 ) lorfque les puiffances d e agiront, les relforts qui font vers c entreront en condenfation pendant que ceux qui font vers / feront en dilatation. Donc les relforts/tendront.par leur réa-dion à rapprocher les parallélipipedes , pendant que les relforts c tendront aulïi par leur réadion à les écarter. Donc li l’on di-vifoit les parallélipipedes par la ligne ponduée a b 9 ( Pl, XXI, fg, 8 ) fuppofant que les portions de ne fulfent jointes aux portions / m que par une fubftance vifqueufe capable de céder à l’action des relforts, ces deux portions de & Im glilferoient l’une fur l’autre ; ce glilfement eft fenfible dans un jeu de carte qu’on plie, dans des planches pofées de plat & chargées (Figure p )• J’ai quelquefois vu la même chofe arriver dans mes Expériences , quand j’ai fait rompre des barreaux de Chêne bien durs ôc bien fecs : ces barreaux réfiftoient long-temps fans plier ; ôc avant que de rompre à la partie convexe au point /, ( Fig, i o ) il fe détachoit à la partie concave un grand éclat c qui gliflbit, & aulïi-tôt le barreau rompoit. Pour rendre ceci fenfible, je fup-pofe la piece ( Figure 11 ) formée de quatre planches a b c d. Quand on chargera cette piece, elle fe courbera pour prendre la forme de la piece ( Fig. p ). Les planches a, b, c, d ne prendront pas une pareille courbure. La courbure de la planche a fera plus confidérable que celle de la planche b; ôc la planche d aura moins de courbure que toutes les autres. Or les pièces qui font à l’intérieur de la courbe a,fe raccourciffent moins que les. pièces d qui font à l’extérieur. Ce raccourcilfement inégal fait que les planches doivent glilfer les unes fur les autres ; Ôc plus il y aura d’obftacle à ce glilfement, plus la piece chargée aura de force. Ainfi la cohélion des couches ligneufes contribue beaucoup à la force des pièces de bois que l’on charge : c’eft par le défaut de cette force de cohéfion que quatre planches abcd pofées de plat ( Figure 12 ) ont bien moins de force que les
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- mêmes planches abc d pofées de champ ( Flanche XXI9fig 13): car afïùrément fi ces quatre planches étoient réunies par une colle qui fût aufïi fo'rte que les fibres ligneufes qui les uniffoient avant qu'on les eût féparées, la piece auroit une force égale étant chargée dans un fens ou dans un autre. Cette obfervation prouve quil y a, dans une piece de bois qu'on charge , une affez grande quantité de fibres en condenfation9 & que la force de cohéfion des fibres ligneufes les unes avec les autres9 influe beaucoup fur la force des bois ; de forte qu'une piece de bois formée de fibres ligneufes très-fortes9 mais qui feroient peu adhérentes les unes aux autres9 pourroit rompre fous un poids que fuppor-teroit une piece dont les fibres feroient plus foibles, mais mieux unies les unes aux autres. Enfin 9 on voit que dans certains cas les fibres qui font en condenfation fouffrent beaucoup,' puifque ce font elles ( Figure 1 o ) qui ont rompu les premières, je ne prétends pas dire que la force des fibres longitudinales foit inutile pour la réfiftance d’une piece de bois que l'on charge; mais je n'examine pour le préfent que ce qui réfulte de la force de cohéfion pour la réfiftance de cette piece : nous examinerons dans la fuite ce qui regarde la force des fibres tirées fuivant leur longueur.
- On voit par ce que nous venons de dire 9 la jufteffe de la remarque que nous avons faite au commencement de ce Livre , lavoir que fi l'on met en charge un barreau de cartelage (qu'on fuppofe nêtre point tranché) dans le fens où les couches annuelles fe trouvent à plat 9 ce barreau ( Figure 12) fera moins fort que fi l’on avoit placé les couches annuelles verticalement ( Figure 13 ) : ce qui vient de ce que la force de cohéfion des couches ligneufes n’eft pas fi grande que la force même des fibres qui forment ces couches.
- D’après ces obfervations, on conçoit que le barreau ( Fig. 11) étant chargé par les deux extrémités, les couches a font en refoulement pendant que les couches d du même barreau font en tenfion : mais jufqu'à quelle hauteur les fibres font-elles en contra&ion 9 & où commence la tenfion ? la contra&ion s’étend-elle jufqu’à la couche b ou la couche c ? en un mot, à quel
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- point finit la contra&ion & où commence la tenfion ?
- Il n'eft pas douteux que le point qui partage les fibres qui font en tenfion de celles qui font en contra&ion, eft variable : nous avons déjà dit qu'il devoit changer fuivant que les fibres étoient plus ou moins extenfibles & plus ou moins contra&ibles. l'ajoute que la fomme des fibres en tenfion remonte à mefure que la piece plie : mais aufli à mefure que la piece plie , la tenfion de la couche d ( Figure i1 ) augmente. Ainfi quoiqu'il parût d'abord que la piece qui auroit plié, feroit plus forte, parce que le nombre des fibres qui font en tenfion augmente : cependant elle eft affoiblie parce que la tenfion des fibres eft inégale , & la couche d ( Figure 11 ) étant plus tendue que les autres , elle eft furchargée, & elle rompt. Il en eft bientôt de même de la couche c, puis de la couche b y & dans un inftant tout le barreau fera rompu.
- Voyant bien clairement cette tenfion & cette comprefllon \ voici le raifonnement que je fis : Toutes les fibres qui font en condenfation ne fervent qu'à s'appuyer les unes les autres : d'où il fuit que fi, dans le barreau ( Figure 14 ) qu'on fuppofe chargé en d ôc en e, les fibres qui font en compreflion s'étendent juf* qu'au point g, qui eft le tiers de l'épaiffeur de la piece, je puis fcier cette piece jufqu'en g fans qu'elle en foit affoiblie, pourvu que je rempliffe le trait de la fcie par un morceau de bois dur qui ferve d'appui aux fibres que j'ai coupées. Deux chofes me confirmoient dans cette penfée :
- i°, J'avois remarqué en rompant des barreaux de Chêne que le moindre nœud qui étoit à la partie convexe du barreau l’affoibliffoit beaucoup, au lieu qu'un gros nœud qui étoit à la partie concave, ne diminuoit point fa force.
- 20, Dans les Expériences que j'avois faites pour plier les bois qui avoient été chauffés à l'étuve, j'avois remarqué qu'un fimple coup d'erminette fur la partie convexe des bordages les faifoit éclater, au lieu que des traits de fcie donnés de diftance en diftance fur la partie concave, faifoient que les pièces plioient plus aifément. Tout ceci fouffrira moins de difficulté quand on connoîtra nos Expériences : il faut donc en commencer le détail.
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- Article I. Préparations pour les Expériences qui vont Julvre.
- Je choifis du Saule préférablement à d’autres efpeces de bois, i°, parce qu'il me parut quil étoit d'une denfité plus uniforme que le Chêne, l'Orme, &c. les cercles qui diftin-guent la crue des années, étant moins fenfibles dans le Saule que dans les autres efpeces de bois que je viens de nommer.
- 2°, Le bois de Saule eft liant, fans être fort dur ; & ees deux qualités m'ont paru favorables au deffein que je me propofois.
- 3°, J'avois a ma difpofition quantité de Saules de même âge, de même groffeur, abattus dans le même temps, & également fecs : toutes conditions elfentielles pour mes Expériences; & il ne m'étoit d'aucune utilité d'avoir dés bois très-difficiles à rompre.
- Je choifis donc dans beaucoup de jeunes Saules des bouts de 3 pieds de longueur, qui fuflent droits & à peu près de la même groffeur, afin que le cœur de l’arbre fe trouvât au centre des barreaux. J'en fis faire 24 barreaux qui avoient 3 pieds de longueur fur un pouce & demi d'équarriffage : je fis marquer le milieu de chaque barreau d'un trait de compas.
- Comme il m'étoit important de connoître quel poids il faï-loit pour rompre ces barreaux dans leur entier, je les faifois porter de chaque bout de trois quarts de pouces fur deux forts tréteaux bien folides. Je paffois ces barreaux dans une boucle de fer que je mettois précifément fur le trait du compas qui màrquoit le milieu, & cette boucle foutenoit une caille dans laquelle on mettoit les poids. Je fupprime le détail de quantité de précautions d'où dépendoit l'exa&itude de mes opérations , parce que je les ai rapportées ailleurs.
- Gggij
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- De la Force
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- Article IL Suite d’Expériences qui prouvent qüune partie des fibres d'une pièce quon charge, ejl en condenfation, pendant que Vautre partie ejl en dilatation*
- § 1. Première Expérience pour reconnottre la force de Jix barreaux entiers,
- N°. Force.
- 1 . . . . o
- 3 . . . . s*3
- 3 .... S29
- 4 • • • • 4lS
- 1$9
- 6 ... . SSI
- Le barreau N°. 4 avoir un petit défaut.
- Remarque.
- Ayant reconnu par cette Expérience que la force moyenne de ces barreaux étoit de £24 liv. 7, je dis : Si la fomme des fibres qui font en compreflion dans les barreaux de cette groffeur & de cette efpece de bois s’étendent jufqu’au f de leur épaif-feur, je puis fcier en defliis le tiers de l’épaifleur de ces barreaux fans les affaiblir, pourvu que je rempliffe le trait de la fcie avec une petite planche de bois qui fupplée à ce que la fcie a emporté , en fourniflant un point d’appui au bois qui elt des deux côtés du trait de la fcie.
- Je fciai donc deux barreaux du tiers de leur épaiffeur ( Planche XXI , fig. i $); je remplis le trait un peu à force avec une petite planche de Chêne bien fec ; & les ayant fait rompre comme ceux qui étoient entiers, voici quelle fut leur force,
- ! Force moyenne, 524 lir.
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- ses B oi s. t iv. V. Chap. II. 4aï
- § 2. «Seconde Expérience pour connottre la force des barreaux fciés en dejfus dfun tiers de leur épaijfeur.
- N°. Force.
- * ’ ‘ * * 1 Force moyenne; liv.
- 3 • » • • 5J
- Remarque.
- Quoiqu’il y eût un petit défaut au barreau N°. 2 * ces barreaux fciés du tiers de leur épaifleur ; ont fupporté 27 liv. de plus que ceux qui étoient entiers.
- Le fuccès de cette Expérience m’engagea à tenter fi les fibres qui étoient en comprefïion n excéderaient pas le tiers de l’épaifTeur de ces barreaux ; ainfi j’en fciai deux de la moitié de leur épaiffeur : voici quelle fut leur force.
- § 3. Troisième Expérience pour connottre la force des barreaux fciés en dejfus de la moitié de leur épaijfeur,
- N°. Force.
- * ’ * ^ Force moyenne, 342 Hv.
- Remarque.
- Le N°. 2 rompit net ayant un petit nœud caché à fa partie inférieure. Le N°. 1 éclata fous le poids de 3 73 liv. & plia au point qu’il échappa de defïus les fupports : étant tiré de la boucle y il refta courbé ; Ôc comme il n étoit pas entièrement rompu y je le forçai en fens contraire pour le redreffer : alors il y avoit plus d’une ligne & demie entre la planchette & les bords de la fente qui avoit été faite par la fcie. Cet élargifTement vient-il de la comprefïion du coin3 ou de la comprefïion des fibres du barreau qui avoient été comprimées y ou de fallon-
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- 422 De i a Force
- gemerit des fibres qui avoient été en dilatation ? j’effaierai dans la fuite d’éclaircir cette queftion.
- Mais indépendamment des réflexions que je viens de faire, tant à l’égard du N°. 2 qui avoit un nœud caché, que du N°. 1 qui n’a fait qu’éclater, les deux barreaux fciés jufqu’à la moitié de leur épaiffeur ont fupporté 18 liv. de plus que ceux qu’on avoit lailfés dans leur entier.
- Je croyois être bien fondé à penfer que fl je fciois de pareils barreaux au-delà delà moitié de leur épaiffeur, je les affoi-blirois beaucoup : néanmoins pour avoir quelque chofe de plus que des foupçons, j’en fis fcier fix aux trois quarts de leur épaiffeur : voici quelle a été leur force.
- § 4. Qu at rie me Expérien ce pour connoître la for ce des b an eaux qui fer oient fciés aux trois quarts de leur épaiffeur.
- N\
- 1
- 2.
- 3
- 4
- 5
- 6
- Force.
- > Force moyenne, £30 liv. f
- 413 ,
- Remarque.
- Il eft bon de faire remarquer que la petite planche qui rem-pliffoit le trait de la fcie du barreau N° 1, n’étoit pas a force, de forte que ce barreau, avant que d’être chargé, étoit parfaitement droit, au lieu que la plupart des autres avoient été obligés de prendre une petite courbure, parce que la planchette étoit entrée un peu à force. Si ces planchettes avoient été en forme de coin & mifes plus à force, il eft probable que les barreaux auroient porté un plus grand poids, tant à caufe de la compreflion des fibres du barreau, que parce que le levier de réfiftance auroit été augmenté.
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- , Le N°. 2 n’a pas rompu fous le poids de pp liv. que nous avons marqué : il a feulement éclaté, & enfuite plié affez pour échapper de deffus les fupports. Je voulus m’affurer fi dans cet état il pourroit encore fupporter quelques poids ; ôc comme le trait de la fcie étoit fort élargi, je le remplis d’une planchette en forme de coin qui étoit plus épaiffe. Alors étant chargé de 413 liv. il plia beaucoup : il éclata encore, ôc échappa de deffus les points d’appui fans rompre.
- Il refloit peu de fibres entières : néanmoins ayant encore rempli l’ouverture par un coin plus gros que la fécondé fois , je le chargeai de 380 liv. & il rompit entièrement, un filet de bois gros comme le petit doigt, & long de près de 8 pouces, s’étant tiré tout entier d’un des morceaux.
- On voit, par cette Expérience, que les fibres ligneufes quî font tirées fuivant leur longueur , font capables d’une grande réfiftance quand elles font bien de fil.
- On en a tous les jours une preuve fenfible à laquelle on ne fait peut-être pas affez d’attention : les cerceaux des futailles qui ne font prefque que de l’aubier, réfiftent à de violents coups de maillets qui les forcent d’avancer fur un plan qui eft très-peu incliné, ou plutôt fur un conoïde qui fait l’effet d’un coin très-aigu.
- Cette derniere Expérience me fit foupçonner que mes barreaux réfifteroient encore plus fi je les déchargeois avant qu’ils euffent éclaté, pour remplir l’ouverture par un coin plus gros , & qui occuperoit la place que la prefïion avoit élargie.
- Dans cette vue, je chargeai le barreau N°. 3 de 43 $ liv., poids que je favois qu’il fupporteroit aifément. Je le déchargeai pour fubftituer à la première planchette un coin plus gros ; & en cet état il ne rompit que fous le poids de 576 liv. comme je l’ai marqué.
- Si je l’avois déchargé à plufieurs reprifes pour y mettre de plus gros coins à mefure que le bois le feroit comprimé, je crois qu’il auroit fupporté un plus grand poids : car il eft plus que probable, que s’il étoit pofïible d’augmenter la groffeur des coins à proportion que l’ouverture augmenteroit, ou par le re-
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- 424 De la Force
- foulement des fibres qui font en compreflion, ou par l'allongea ment de celles qui font en dilatation , les barreaux fupporte-roient un poids très-confidérable.
- Le N°. 4 a été rompu tout Amplement, fans le décharger^
- A l’égard du N°. $, on a feulement eu la précaution de mettre la petite planche en coin ôc à force.
- Enfin on avoit intention de rompre le N°. 6 avec les mêmes précautions qu’on avoit çrifes pour le N°. 3 : mais il éclata* fous le poids de 413 liv. a caufe des défauts qu’il renfermoit intérieurement ; ôc l’on conçoit que le moindre défaut eft de grande conféquence pour un barreau qui ne réfifte que par la tenfion d’un plan de fibres qui n’a que 4 y lig. d’épaifleur.
- Malgré cela, ôc en comprenant même le N°. 6 avec les autres , on voit que la force moyenne de ces barreaux fciés aux trois quarts, excede de 6 livres celle de ceux qui étoient entiers; ôc quand on fuppoferoit les forces moyennes pareilles ^ mes Expériences prouveroient toujours que les fibres qui font en condenfation s’étendent bien avant dans une piece de bois qu’on veut faire rompre.
- Ce feroit avancer une propofition bien révoltante que de dire qu’on fortifiera une piece de bois, qu’on la rendra capable de fupporter un plus grand fardeau, en la fciant de la moitié > même des trois quarts de fon épaifleur ; c’eft néanmoins ce qu’annoncent mes Expériences. Mais de plus, il eft aifé de faire voir que cela doit être ainfi : car je crois que cette augmentation de force dépend d’une petite circonftance que j’ai déjà indiquée : la voici expofée plus clairement.
- Le trait de la fcieg (P/. XXI, figure if) fait une ouverture qui eft égale en haut ôc en bas : je la remplis par une planchette qui eft un peu en forme de coin : je force un peu par ce coin les fibres qui font à la partie fupérieure du barreau ; je mets donc le principal point d’appui à l’extrémité du levier de réfiftance ; ce qui doit déjà un peu augmenter la force.
- Si je force le coin^ je refoule les fibres qui doivent être en contra&ion : j’empêche le barreau de plier autant qu’il le feroit fans cette compreflion : je fais que les fibres qui font en dilatation,
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- des Bois. Liv. V. Chàp. IL 425
- station; font tirées plus directement, qu’elles approchent plus dune tenfion égale, & par-là je rends mon barreau capable d’une plus grande réfiftance.
- Si je décharge mon barreau pour mettre un coin plus gros, je multiplie les avantages dont je viens de parler, & j’augmente encore la force de mon barreau.
- Article III. Ou Von ejfaie de connoîtrefi V élargiffement de Ventaille vient de la tenfion ou du refoulement des fibres ligneufes.
- J’ a 1 dit que le trait de la feie s’élargiffoit par l’allongement des fibres qui font en dilatation, & beaucoup plus encore par le refoulement des fibres qui font en condenfation : je vais rapporter les raifons qui me le font penfer ; Ôc pour m’expliquer clairement je fuppofe les deux parallélipipedes a £, (PI. XXI, figure 16 ) parfaitement durs, & un peu écartés l’un de l’autre : je les joins par un lien du&ile c, une lame de plomb, par exemple : je remplis l’efpace qui eft entre les deux parallélipipedes par une petite planche, que je fuppofe incompreflible. Il eft clair que quand les puiflances d e agiront, le lien c s’étendra : les parties des parallélipipedes qui font voifines du lien, s’écarteront du coin pendant que la partie inférieure des bâfes s’appliquera fur le coin. Si Ton releve les bouts a b des parallélipipedes, pour les remettre de niveau comme ils étoient d’abord, les bafes qui ne fe feront point comprimées, deviendront parallèles : l’ouverture fera feulement plus large : c’eft ce qui eft peu arrivé à nos barreaux.
- Faifons maintenant une autre hypothèfe : fuppofons que le lien c ( Figure 16) ainfi que le coin, font incompreflibles, & que les parallélipipedes le font. Il eft clair que quand les puif-fances d e abaifferont les bouts a b des parallélipipedes, la partie fupérieure de la bafe des parallélipipedes reftera appliquée fur le coin, pendant que les parties inférieures fe contracteront: & fi l’on remet les parallélipipedes dans une fituation hori»
- H h h
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- 426 De tA 'Forcé
- zontale, l’ouverture fera évafée par en bas comme défignent les lignes pon&uées f g. C’eft ce qui eft arrivé aux barreaux de mes Expériences : d’où je conclus que l’élargiffement du trait de fcie vient principalement du refoulement des fibres. J’ai fait à ce fujet quelques Expériences ; il faut les rapporter.
- J’ai mis le lien c de fer plat qui avoit la largeur du barreau : cette bande de fer avoit 8 pouces dejong fur 3 lig. d’épaiffeur , & je l’affujettis avec deux vis. Le barreau étoitfcié, fous cette bande de fer, des trois quarts de fon épaiffeur : il porta 608 liv.
- Un autre barreau ajufté de même, porta plus de 623 liv.
- On ajufta un autre barreau de même, excepté qu’en le chargeant , on mit la barre en deffous ; il rompit fous 413 liv.
- Un autre tout pareil, ôc chargé de même, rompit aufli fous 413 liv. les vis s’étant rompues. Ainfi le barreau de fer qui étoit en dilatation, n’a pas autant réfifté que les fibres ligneufes.'
- Comme les vis avoient rompu, je crois que les barreaux au-roient mieux réfifté fi la bande de fer avoit été de toute leur longueur , & attachée avec un plus grand nombre de vis. On voit qu’on fortifie confidérablement les brancards des équipages par des bandes de fer; & je me rappelle que le Maître Mâteur de Breft, nommé Barbé, propofa, en 1748, de fortifier de même les mâts des vaiffeaux : je pourrai en parler dans la fuite.
- Je ne m’en fuis pas tenu aux Expériences dont je viens de parler : j’en ai encore fait plufieurs autres avec des différences qui les rendent intéreffantes ; ainfi je vais les rapporter.
- § 1 .Expériences faites avec des barreaux fciés à différentes profondeurs„
- Les barreaux dont je me fervis, étoient de bois de Pin du Nord : ils avoient trois pieds de longueur ,15“ lig. d’épaiffeur 9 & 7 lig. de largeur.
- Pour reconnoître l’élafticité & la force des barreaux entiers.^ on en fit rompre deux que nous défignâmes par les lettres A ÔC B y ( Blanche XXII, figure 17.)
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- n E s B o i s. Liv. V. Chap. II. 427
- Le barreau A étant chargé de yo 1. plia de 6 lignes : étant chargé de 77 1. il plia de 9 7 lignes : étant chargé de iyo 1. 8 onc. il plia de 26 lig. & rompit.
- Le barreau B étant chargé de yo 1. plia de 7 lignes : étant chargé de 7 y 1. il plia de 1 o lignes : étant chargé de 138 1. 10 7 onc. il plia de 24 lig. & il rompit fous le poids.
- Ainfi la force moyenne de ces barreaux eft de 144 liv. 9 onces 7.
- On prit trois autres barreaux de mêmes dimenfions que les premiers ; • mais on les fcia en quatre endroits dun tiers de leur épailfeur , ( Figure 18 ) : nous les défignâmes par les lettres C, D, E. Après avoir rempli les traits de la fcie avec de petites planches de bois dur ; on les fit rompre.
- C9 étant chargé de yo liv. plia de 8 7 lignes : étant chargé de 7 y 1. plia de iy lignes : étant chargé de 142 1. 2 onc. il plia de 31 7 lig. & rompit.
- D, étant chargé de y o 1. plia de 8 lignes : étant chargé de 7 y 1. plia de 13 ^-lignes : étant chargé de 134 1. plia de 30 7 lig.
- 6 rompit.
- E, étant chargé de yo 1. plia de 10 7 lignes : étant chargé de
- 7 y 1. plia de 16 7 lignes : étant chargé de 1201. 4 onc. pua de 29 7 lig. & rompit.
- La force moyenne de ces trois barreaux eft donc de 132 liv. 2 onc.
- Trois autres barreaux défignés par les lettres F, G, H9 ( Figure 19 ) étoient tout à fait femblables aux précédents, excepté que les traits de fcie s’étendoient jufqu à la moitié de leur épailfeur.
- F y étant chargé de y o 1. plia de 8 7 lignes : étant chargé de 7y 1. plia de 13 7 lignes : étant chargé de iy8 1. 10 7 onc. plia de 29 7 lig. & rompit.
- G y étant chargé de yo 1. plia de 9 7 lignes : étant chargé de 7y 1. plia de 14 7 lignes : étant chargé de 134 7 1. plia de 3 0-7 lig* & rompit.
- H y étant défe&ueux 3 rompit fous un très-petit poids 3 fans
- Hhhij
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- 428 D & 1 4 Force
- qu’on eût pu mefurer ni fa force, ni la quantité dont il avoit plié.
- La force moyenne des deux autres barreaux F, G, étoit de 146 liv. 7 7 onc.
- Trois autres barreaux ( Figure 20 ), délignés par les lettres I, KyLy étoient femblables aux précédents, à cela près que les traits de fcie s’étendoient jufqu’aux deux tiers de leur épailfeur.
- I, défectueux, étant chargé de 5*0 1. plia de 10 lignes : étant chargé de 7; liv. plia de 1y 7 lig. & rompit lorfqu’on le char-geoit de 110 liv.
- K y étant chargé de yo 1. plia de p 7 lignes : étant chargé de 7 y 1. plia de 13 7 lignes : étant chargé de 147 1. S 7 onc. plia de 34 7 lig. & rompit.
- L, étant chargé de 5*01. plia de 8 lignes : étant chargé de 77 1. plia de 13 lignes : étant chargé de 126 1. 6 onc. plia de 35 7 lig. & rompit.
- La force moyenne de ces deux barreaux étoit donc de 13 $ liv. iy 7 onc.
- Résumé
- A ces Expériences les barreaux entiers A, B, ( Figure 17 ) ont porté 144 liv. p ~ onc.
- Les barreaux C, D, E, ( Figure 18 ) fciés en quatre endroits au tiers de leur épailfeur, ont porté 132 liv. 2 onces.
- Les barreaux F, G, ( Figure ip ) fciés en quatre endroits à la moitié de leur, épailfeur, ont porté 14 6 liv. 7 7 onc.
- Les barreaux K , X, {Figure 20) fciés en quatre endroits aux deux tiers de leur épailfeur , ont porté 13 6 liv. 157 onc.
- § 2. Expériences à peu près de même genre que les précédentes*
- On rompit encore un barreau au milieu duquel on avoit fait ame entaille a b y ( Figure 21 ) d’un pied de longueur & d’un
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- des Bois. Liv. V. Chap. IL 429
- demi-pouce de profondeur, quon remplit avec un morceau de bois de Chêne : il porta $09 liv.
- Un pareil barreau, qui n avoit été entamé que d’un quart de pouce de profondeur, porta 554 liv. & un barreau entier, de mêmes dimenfions, porta 576 liv. quelque chofe de moins.
- Remarques,
- Après ce que nous avons dit au fujet des premières Expériences , nous devons nous borner à Fexpofition des faits ; ôc ayant donné une idée de notre façon de confidérer la réfiftance des fibres ligneufes, je puis entrer dans le détail de nos Expériences : je vais commencer par rapporter celles que nous avons faites pour connoître la force abfolue de quelques bois, principalement du Chêne.
- CHAPITRE III.
- Examen de la force de quelques bois de Chêne de différentes qualités.
- Oka vu dans ce Traité, quil y a des bois qui different beaucoup entr’eux par leur pefanteur fpécifique. Ici, nous nous propofons de connoître quelle eft la force des bois de Chêne de différentes qualités.
- Article I. Préparation pour parvenir a faire cette comparaifon avec exactitude.
- On a fait faire de petits barreaux de bois qu’on a pris dans différentes pièces, & l’on a eu attention qu’ils fuffent de très-»
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- 430 De la Force
- égales dimenfions. On a chargé enfuite tous ces barreaux les uns après les autres : ils étoient foutenus par leurs deux extrémités : on les a fait rompre en fourniliant peu à peu des poids qui étoient fufpendus à leur milieu.
- Voici les diverfes efpeces de Chênes qu’on a fait rompre, ÔC la note des poids qu’ils ont foutenus.
- Article IL Expériences fur des lois de Çhène de différentes qualités.
- § i. P re mie re Expérience.
- Chêne de Provence abattu en IJ J 2 , jeune Bois,
- Les barreaux provenoient de la moitié dun petit billon quî avoit relié io mois fous un hangar, enfuite 17 mois dans un Magafin. Ils avoient 3 pieds de long, un pouce en quarré $ & le pied cube de ce bois fec pefoit 54 liv. 1 onc.
- 1 Barreau a rompu fous . . . 2501.
- 2 .........180
- 3 * à 60 liv. mais on le fup-pofe à • . . . 21 y
- | Force moyenne, 21 y 1.
- * Ce barreau étant tranché par une gerçure ; on a fiippléé à fa force en prenant la force moyenne, qui eft de 21 y livres, des deux autres barreaux en qui on n a point reconnu de défaut.
- $2. Seconde Expérience,
- Barreaux provenants de l’autre moitié du même billon, mais qui avoit relié 10 mois dans l’eau de la mer, pendant que fon
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- des Bois.Liv. V. Chap. III. 431
- égal ci~defïus étoit fous le hangar, & enfuite 17 mois dans le même Magafin.
- 1 Barreau a rompu fous.........180 liv.
- 2......... 210
- 3 * fous 140, par fuppofition....ipy
- "757
- * Ce barreau étant tranché par une fente, on a fuppléé à fa force en prenant la force moyenne de la fomme des deux autres*
- Remarque.
- On voit par cette Expérience que le bois de Chêne de Provence perd environ un tiers de fa force lorfqu’il a féjourné 1 o mois dans la mer ; car la force moyenne de la moitié de la piecequi na point touché à Peau, eft de 2iy liv., & celle de fon égale, qui a refté 10 mois dans la mer, n eft que de ipy liv.
- § 3. Tro 1 sie m e Expérience.
- Autre Chêne de Provence.
- Force moyenne ipy liv.
- Barreaux provenants de la moitié d une piece qui â refté 10 mois fous un hangar, & enfuite quon a mife 17 mois dans Peau douce, & qu’on a laiifé fécher parfaitement. Le pied cube de ce bois fec pefoit y4 liv. 1 onc.
- 1
- 2
- 3
- Barreau a rompu fous..........200 liv.
- ........... • • • 17*
- ..............150
- Force moyenne, iyy liv.
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- 43 2
- De x A Force § 4. Quatrième Expérience.
- Barreaux provenants de l’autre moitié de la piece ci-defïus , mais qui a relié io mois- dans Peau de la mer, & qui a été plongée enfuite, avec fon égale, dans l’eau douce, où elle a relié 17 mois, & quon a lailTé fécher parfaitement.
- i Barreau a rompu J
- fous ...... i <o liv.f m i __,.
- ............ jg0 > Force moyenne, 1431, $ on. T«
- 3......... - - - 100 J
- 43
- Remarque:
- Ces Expériences confirment ce qu on a établi précédemment , favoir, que le bois qui a féjourné dans l’eau de la mer perd de fa force, qu’il en perd encore plus quand il a été pénétré d’eau douce , & beaucoup plus encore quand il a été fuccefïïvement dans l’eau de la mer & dans l’eau douce. En effet on voit i°, que le bois de Chêne de Provence qui a toujours été fous le hangar , a foutenu 21$ livres : 20, que celui qui a féjourné dans l’eau de la mer, n’a foutenu que 19$ livres : 30, que celui qui a été pénétré d’eau douce, avoit encore moins de force n’ayant foutenu que 17j livres: 40, ôç enfin que celui qui après avoir été pénétré d’eau de mer , a été enfuite dans l’eau douce, s’eft trouvé le plus foible, n’ayant fupporté que 143 liv. $ onces y. Si l’on s’en tenoit à cette fuite d’Expériences, on pourroit conclure, que pour conferver au bois toute fa force il ne doit point être mis dans l’eau de la mer, & encore moins dans l’eau douce ; mais il ne faut pas perdre de vue ce que nous avons dit plus haut fur la Confervation des Bois, & liir les altérations qu’ils éprouvent fous les hangars & à l’air. Nous ne répéterons point ici les Expériences ci-devant faites, qui ont rapport à
- ce
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- eæsjBois.Liv.V.Chap.III.
- <re que nous difons au fujet de l’eau, parce qu’elles ont été détaillées dans le corps de cet Ouvrage : nous nous réduifons feulement à rapprocher ce qui a été établi par nombre d’Ex-périences , & qui a le plus de rapport avec celles que nous venons d’expofer, favoir :
- i°, Que le bois dans l’eau de la mer augmente fon poids , quoiqu’on ait employé toute forte de moyens pour le rendre .parfaitement fec.
- 20, Que le féjour qu’il fait dans l’eau de la mer ne l’empêché point de fe gercer, puifqu’on a reconnu qu’au moment qu’il effc forti de l’eau, les fentes paroiffent, & que dans cinquante jours au plus, il perd dans l’air toute l’eau qu’il a pu prendre, même par un féjour de dix-fept mois : or, en rapprochant ces premières Expériences de celles-ci, où l’on voit que le même Dois dans l’eau a perdu la moitié de fa force, on peut conclure comme nous l’avons déjà fait, que pour çonferver au bois toute fa force, il ne doit point être mis dans l’eau douce, encore moins dans l’eau de la mer.
- § y. Cinquième Expérience.
- 'Chêne de Provence, abattu en 17 3 19& qui ria point été dans teaül
- Poids d’un pied cube fec, 57 livres ly onces.
- I Barreau a rompu
- fous ...... 262 liv. /
- 2 ........ . 22$ > Force moyenne^yyh^onc*
- 3 ........ . 269 1
- &• ,........z6S J
- 1021.
- Remarques;
- Ces barreaux ont rompu par longs éclats : le bois en étoit fouple fous l’outil, pliant, léger, veine fine, couleur blan-
- I ii
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- 434 D E Force
- châtre. On remarquera que ce bois eft encore plus fort que c©? lui de la première Expérience :
- Que ces barreaux provenoient d un billon de moyen âge ôc que les autres provenoient d un jeune arbre.
- § 6. SIXIEME Ex P ÉRIEN CE»
- Chêne de Provence, abattu enlj^2>& qui rf a point touché à P eau^
- Poids d un pied cube fec, 81 liv. 6 onc.
- i Barreau a rompu ^
- fous 275 liv.f
- 2. . . ...... 287 v Force moyenne, 2861. ^onc*
- 3........ . . . 2P7 I
- 3......... . 286 J
- 114;.
- Remarques,
- Ces quatre barreaux ont rompu par longs éclats ^ & avec? grand bruit : ils ont beaucoup plié avant que de rompre. Le bois en étoit dur, fort pefant, de couleur brune ôc vive, les veines grottes. La piece entière étoit fort gercée, enforte quon a eu de la peine à trouver ces quatre barreaux bien fains 5 le bois étoit fort luifant dans la fra&ure.
- Ce bois étoit encore plus fort ôc plus nerveux que celui d£ l’Expérience ci-deflus : autti étoit-il plus pefant,
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- T>es Bois. Liv. V. Chap. III. 43 ÿ
- § 7. Septième Expérience Chêne de Provence, abattu en 173 i,& qui n'a point touche à teaul Poids d’un pied cube fec, 72 liv. 1 ; onc.
- 1 Barreau a romp
- fous
- 2
- 3
- 4
- 708.
- Remarques;
- Ces quatre barreaux ont rompu fans bruit, & prefque tou§ net comme un navet. Le bois étoit pelant, de couleur brune & terne, les fibres féparées les unes des autres, & toutes remplies entre deux d’une matière grenue, comme de la fciure de bois. Il paroît furprenant que du bois de la même coupe que ceux de la 3e. & 4e. Expérience, foit de moitié plus foible que ceux-là. Cette piece paroilToit de même nature ôc qualité que les autres. Cet arbre étoit peut-être dans une expolition différente de ceux qui ont fourni les autres pièces. Mais on a vu, lorfqu’il s’agilToit d’examiner quelle étoit la meilleure faifon pour abattre les arbres, que dans le même terrein & la même expolition, il y a des Chênes de même âge, qui font beaucoup plus tendres, plus légers & plus difpofés à fe pourrir les uns que les autres.
- ïüii
- CT
- ‘22
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- JD È x A Force
- $8, H u 1 T I e m e Expérience* Chêne du Comtat d'Avignon, abattu en 173 éV Poids d'un pied cube, 76 liv. \± onc.
- 1 Barreau a rompu ^
- fous...187 liv. I
- 2. ....... . 200 >Force moyenne, 180I. 12 01^
- 3186 i
- *• • •..*5° J
- 723.
- Remarques:
- Ces quatre barreaux ont rompu fans bruit j en navet, fans éclats i la couleur étoit brune & fombre, les veines groffes, les fibres extrêmement diftantes les unes des autres, & toutes rem-î plies entre deux de cette même matière grenue femblable à la lciure de bois, mais plus gros grains que ci-deffus.
- Il eft à remarquer que ce bois fi foible ôc fi mal tiffu, étoit néanmoins fort beau à l’œil, de belle forme, le bois fort net & fans defaut fenfible : mais il étoit de plus nouvelle coupe & pas aufïï fec.
- § p. Neuvième Expérience.
- Même Chêne du Comtat.
- 1 Barreau a rompu *“)
- fous........250 liv.r
- 2 ......... i<5o > Force moyenne, 1741. ^onc*
- 3 ............i;o t
- 3. ........ 137 J
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- des Bois. Liv. V. Chap. III. ^,37
- Remarque»
- On a reconnu dans ce bois-ci toutes les mêmes qualités que ci-deifus.
- § 10. Dixième Expérience.
- Même bois du Comtat.
- 723.
- Remarques.
- Tous les barreaux provenants de bois du Comtat d’Avignon ont rompu de la même façon, & étoient tous de la même qualité , & fort approchants du bois de la $e. Expérience , qui étoit de Provence.
- On a reconnu que tous les billons qu’on a fait refendre étoient extrêmement tendres fous la feie.
- On fait que la Forêt d’où on les a tirés eft expofée au Nord , & que la plûpart étoient dans des vallons privés de la préfence du îoleil.
- Tous ces barreaux ont été pris de trois courbants de différents âges, & de différents abattages ; néanmoins on trouve ,
- i°, Qu’ils étoient tous également foibles, ou à peu de chofe près, & beaucoup plus que ceux de Provence, à l’exception de ceux de la je. Expérience.
- 20, Que cependant le bois en étoit très-beau à l’œil, & pref que fans nœuds ; ce qui fait foupçonner que leur mauvaife qualité dépendoit de la fituation & de l’expofition où ils avoient crû : car nous avons dit en fon lieu qu’on trouvoit de beaux arbres dans
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- 438 D É i a Force
- des vallons ombragés, mais que leur bois étoit tendre ôc de médiocre qualité. J’en dis autant de ceux de Provence, qui ont fervi pour la 5 e. Expérience : ils faifoient l’admiration de ceux qui ne jugent du mérite des bois que par leur forme extérieure,
- § h. Conféquences des -précédentes Expériences»
- On voit par toutes les Expériences que nous venons de rapporter ,
- 10, Que les bois de Chêne de Provence font très-inégaux en force, Ôc conféquemment très-différents aufïi dans le tiffu de leurs fibres, ôc la nature de leur feve : ce qui doit influer fur leur durée.
- 20, Que les bois abattus dans le Comtat d’Avignon, qui étoient très-beaux à l’oeil, de grande taille, fans nœuds ôc d’un tiffu uni, fe font néanmoins trouvés très-foibles en comparai-fon de ceux de Provence. Nous avons prouvé ailleurs que les terreins qui font les plus propres pour former de beaux arbres, ne font pas ceux qui les donnent de la meilleure qualité : ce qui fait que dans les pays de montagnes, on peut trouver des bois de qualité fort différentes.
- Je vais placer ici quelques Expériences fur la force des bois f qui m’ont été remifes par M. Cofligny, qui a été long-temps Directeur des fortifications à l’Ifle de France.
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- jd£S Bois. Liv. V. Chap. IV. 439
- CHAPITRE IV.
- Examen de la Force de quelques Bois de l’Ifie de France ,faitpar M. Cossigny , Directeur des Fortifications de Befançon, ÔC Corref-pondant de l’Académie Royale des Sciences.
- Article I. Première fuite d’Expériences.
- Une petite folive de 18 pouces de longueur & d’un pouce en quarré, bien ferrée par fes deux bouts.
- I. EXPERIENCE.
- Bois puant.
- fi Solive. • ï •
- la. ..... • , 1009
- 3 . * 959
- Force totale. ; . . . 2877
- Force moyenne. . • • 959
- 11.
- IV. EXPERIENCE.
- Tacamahaca.
- 1 Solive . • • • . pjpliv.
- a.......................959
- 3« .........................
- Force totale, ï • . . 2857
- Force moyenne • . . 95a üv. f on$n V.
- Bois de Natte.
- Bois hlanc dit de Violonô
- 1 Solive. . ; ; • • 1109 liv*
- 2. ....... 1009
- 3............... 115*
- Force totale. ï ; . . 3 270
- Force moyenne. . .1090
- I I I.
- 1 Solive i . • ; . 450 liv.
- 2. ....... 459
- 3. ....... 40 9
- Force totale • ... 1327
- Force moyenne. ... 442- liv. s onc*
- V I.
- Bois Colophane,
- Bois de Pomme.
- ï Solive ; • • * •
- 2. .......
- 3.............
- Force totale.... Force moyenne • . «
- 959 ÜV. 909
- 884
- 2751
- 917 liv. fonc.
- 1 Solive ; ; i ; . 10*6 liv„
- 2. . . . • ... 909
- 3. ........ 871
- Force totale • ; » f 283 6 Force moyenne? • * * 9AS üv. S 0ÎIC4
- p.439 - vue 490/615
-
-
-
- 440
- De là Force
- VII. Expérience.
- V11 T. Expérience;
- Chêne d'Europe.
- Sapin d’Europe,
- i Solive ..... 909 liv.
- 1. ....... 784
- .................784
- Force totale .... 2477
- Force moyenne. . . . 825 liv. 10 on.
- 1 Solive ..... y*? liv.
- 2 ....................683
- 3 ....................899
- Force totale . . . .2141
- Force moyenne . . • 713 liv. 10 oi«
- Article IL Seconde fuite &Expériences.
- Solive de i 8 pouces- de longueur ôc d’un pouce fur 8 lignes & demie de grofteur 3 pofées de champ , fortement ferrées par les deux bouts.
- I, EXPERIENCE.
- Bois puant.
- 1 Solive . . . . . 959 liv.
- 2 ................89s
- Force totale . . . . 18^4
- Force moyenne . . . 5127 liv.
- i r.
- Bois de Natte,
- 1 Solive.......99$ liv. 4 onc.
- 2. .......ii28 4
- Force totale .... 2123 8
- Force moyenne . . . 1061 12
- I I I.
- Tacamahaca:
- 1 Solive; ; . . . . 709 liv. 4 onc.'
- 2 ............... 788 4
- Force totale.........1497 8
- Force moyenne * # * 8 it
- IV. Experïbnce. Bois blanc dit de Violon;
- 1 Solive . .... 3 <!9 liv;
- 2. . ...... 361
- Force totale. .... 710
- Force moyenne . . . 360
- V.
- Chêne d'Europe,
- 1 Solive............809 liv. 4one<f
- 2. ....... 734 4
- Force totale .... TTr? 8 Force moyenne ... 771 12
- V I.
- Sapin d'Europe1
- 1 Solive . . > . . %%9 liv;
- . 4Ï9 4
- Force totale . . . .1018 4
- Force moyenne * , . 509 2
- Article;
- p.440 - vue 491/615
-
-
-
- des Bois. £iv. V. Chap. IV. 44*
- Article III. Troijieme Juite <T Expériences.
- Barreaux ronds, faits au tour* de 18 pouces de longueur ôc d-un pouce de diamètre.
- I. EXPERIENCE. IV. EXPERIENCE #
- Bois puant. Tacamahaca.
- i Barreau bien ferré par les deux bouts. 1 Barreau. • • . . 7$9 liv. 12 onc*
- 2. .... . • • 7 $9 4
- 1 3. .... . • . 70 9 4
- '3 76° j Force totale . • • . 2228 4
- Force totale . . . , .1153 Force moyenne . . , . 7J1 Force moyenne. . . 74* 12.
- I I. V. ~
- Bois de Natte. Chêne d’Europe,
- 1 Barreau. ... ; 1251 liv. | 4 i 1 Barreau • . .
- 2. • • • . • . . 719 4
- 3 9%9 \ 3. ’...... . . 7 09 12
- Force totale . . .3364 ? Force totale • • • . 1078 4
- Force moyenne. • .1121 6on. f Force moyenne • . . 69* ta
- III. V I.
- Colophone, Sapin d'Europe.
- ï Barreau • . '• . . 499 liv. 4 0rtc. 1 Barreau . ; . . . 670 liv. 4 onc4
- ?.. ....... y61 2. . • . • • . . $46 12
- 3 ffo 3 . . 384 4
- Force totale . . . .1610 4 Force totale . . . . 1601 4
- Force moyenne • • • 536 ia Force moyenne . • • m 12
- Kkk
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-
-
-
- 442 D e x a Force
- Article IV. Quatrième fuite <TExpériences.
- Barreaux faits au tour, de 3 pieds de longueur, un pouce de diamètre par un bout horizontalement, l’autre bout en l’air.
- h Expérience.
- Bois de Natte.
- 11 Barreau. . « • . . 84 liv. 4 onc, ................... . *4 4
- Force totale. . ï . .138 8
- Force moyenne ... 6? (4
- I I.
- Chêne D’Europe.
- 1 Barreau.
- 2. . . .
- fi liv. 4 onc. 42 4
- Force totale. • . , . 23 Force moyenne. . . . 46
- III, EXPERIENCE,
- Tacamahaca.
- 1 Barreau........? 7 liv. 4 onc.
- 2. ...... . . 4___
- Force totale. . ;
- 110
- Force moyenne. . • .
- I V.
- Sapin d'Europe.
- Deux épreuves égales. Force moyenne. .
- . 27 liv. 4 onc.
- Différence de la force des folives de même longueur , dont le quarré de leur épaiffeur feroit à peu près le double du quarré de leur bafe > ou comme 7 efl à $ > les folives pofées de champ & bien ferrées par les deux bouts.
- ‘ Force quarrée moyenne.
- liv. onc.
- 'ï. Bois puant ... 9^9
- 2. Bois de Natte . 1090
- 3. Tacamahaca . . 5152 y
- 4. Bois blanc . . , 442 9
- 5. Chêne d’Europe. 82 y 10
- 6. Sapin d’Europe. 7x3 10
- Force moyenne de champ. Différence.
- liv. onc. liv. onc.
- ; 927 . ; 32
- . 1061 12 . . 28 4.
- . 748 12 . . 203 9-
- . 3<5o 82 5*
- . 771 12 . . S3 14.
- . 50 9 2 ♦ , 204 8,
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-
-
-
- x> E s B o i s. Lit. V. Chap. V. 443
- Différence de la force des /olives de même longueur & d'un pouce quarêr, à celle des barreaux ronds faits au tour y d?un pouce de diamètre ferrés par les deux bouts.
- Force moyenne des Bois quarrês. Force moyenne des Bois rondins. Différence» li r. onc. liv. onc. Iiv. onc.
- 1. Bois puant . . . p;p . . 7^1 . , 208
- 2. Bois de Natte . iopo . . 1121 6 . . 31 6V
- 3. Tacamahaca . . p$2 p . . 742 12 . , 2op p.
- 4. Chêne d’Europe. 82$ 10 . . 692 12 , . 132 14.
- 5. Sapin d’Europe. 713 10 . . $33 12 • • 17P
- Fi» Expériences de M. Coffgny,
- CHAPITRE V.
- Dans lequel on fe propofe d’examiner fi dans les Mats du Nord le bois de la circonférence ejl plus ou moins fort que celui du centre ;
- Ji fis fentes diminuent beaucoup la force des Pièces, ÔC fi le bois fec ejl aufji fort que le bois un peu humide.
- J E vais maintenant rapporter les Expériences que nous avons faites fur des bois ronds de Pin du Nord : elles fourniront la preuve de plufieurs chofes que j’ai avancées dans le Livre précédent au fujet des Bois de mâture ; & de plus, elles nous mettront en état de décider deux queftions importantes.
- Nous avons dit que, dans les Pins qui fervent pour faire les mâts des gros vaifleaux, & qu’on tire du Nord, le bois du cœur étoit moins fort que celui de la circonférence : nos Expériences en fourniront une preuve complette.
- K k k ij
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- 4'44 x> £ £ a Force
- De plus les Pins fe gercent & fe fendent en fe féchant : il nous a paru intéreflant de connoître s’ils étoient beaucoup affoiblis par les fentes, ou fi-, comme quelques-uns le croient, les fentes longitudinales influent peu fur la force des mâts. J’avoue qu’il n’y a gueres de proportion entre la malfe & la fomme des fentes de nos petits rondins comparés à la mafle & à la fomme des fentes des gros mâts : mais comme il n’eft pas pofli-ble de rompre d’aufli grofles pièces, il a fallu tirer le plus d’éclaircilfements qu’on a pu de nos petites Expériences ; & je crois que l’on conviendra que nous avons apporté toutes les attentions poflibles à leur exécution. Ceci nous conduira à découvrir îi le bois fec eft aufli fort que le bois un peu humide.
- Nous nous étions encore propofé de connoître par des Expériences , fi en frettant des mâts fendus avec des cercles a’e fer, on les fortifierait : nous avons fait dans cette vue plufieurs Expériences; mais comme elles ne nous ont rien appris de pofitif, & fur quoi on puifle compter, nous n’en ferons aucune mention.
- Article I. Suite Æ Expériences pour connoître , à Végard des Pins du Nord, dans quelle partie du tronc le bois a le plus de force ; & quel efl Uajfoi-blijfement que les gerces & les fentes caufent aux pièces de Mâture.
- Comme le mérite des Expériences que nous allons rapporter dépend de leur grande exactitude, il faut commencer par faire connoître les précautions que nous avons prifes pour parvenir à la plus grande précifion.
- §• i. Préparation pour rendre tes Expériences exactes»
- L a Figure 22 (PL XXII.) repréfente Taire de la coupe dun bout de Pin du Nord dont on fait les mâtures : ce morceau avoit
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- des Bois. Liv. V. Chap. V. 445
- trois pieds de longueur, ayant été coupé au gros bout d’un mât d’environ 20 pouces de diamètre au milieu de fa longueur. Ce mât avoit refté environ 8 ou 10 ans dans Feau de la mer, comme on les tient ordinairement dans les Ports jufqu’à ce qu’on les mette en œuvre ; de forte que ce bout qui en a été coupé, étoit tellement pénétré d’eau de mer, qu’on a été obligé de le lailfer un temps alfez confidérable fous un hangar avant que de le débiter, afin qu’il fe delféchât affez pour être travaillé. On tira de ce bout de mât (Fig. 22) 112 petits rondins de 5 pieds de longueur chacun, ôc d’un pouce un quart de diamètre, comme je vais l’expliquer.
- Après avoir fait raboter Faire de la coupe , on la divifa à peu près en huit parties égales, en traçant à la main fix cercles qui avoient pour centre le cœur de l’arbre, Ôcla circonférence paffoitpar les points de divifion A, B, C, D, E9 en fuivant, non la circonférence d’un cercle parfait, mais la trace des cercles annuels de végétation, afin que les rondins pris dans chacun des efpaces A, B , C, D , E, fulfent parfaitement égaux en qualité, en âge Ôc en dimenftons, en un mot à tous égards.
- On marqua enfuite à la main dans chaque efpace le plan de tous les rondins avec une lettre, pour les reconnoître après qu’ils feroient féparés de la piece, ôc favoir la place qu’ils oc-cupoient dans le tronc de l’arbre.
- On n’a point tiré de rondin dans l’efpace G, parce que le bois, à cet endroit, étoit de l’aubier extrêmement ramolli par Feau de la mer, Ôc il avoit une couleur fort différente du bois de l’intérieur. A l’égard de l’efpace F, qui étoit tout à fait dans le cœur de l’arbre, on n’a pu en tirer aucun rondin, parce que tous les traits de la fcie qui s’entrecoupoient dans le centre avoient emporté prefque tout le bois compris dans ce dernier efpace. Ainfi on n’a pu avoir de piece de comparaifon que du bois compris dans les orbes A9B,C,D,E.
- On conçoit, par la façon dont cette piece de bois, a été débitée, que tous les rondins marqués aux mêmes lettres îétoient de même qualité, de même âge, ôc parfaitement pa-
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- 446 De x A Force
- reils à tous égards. On en a donc tiré 112 rondins, qui ont fourni autant de pièces de comparaifon.
- Nous avons cru très-important d’employer pour toutes nos Expériences des bois qui fufîent de même qualité, de même âge , Ôc qu’il y eût dans les pièces comparées même nombre de couches annuelles : ce qui nous a déterminé à les faire la plupart avec du Pin du Nord, dont les couches font droites, uniformes, très-aifées à diftinguer. Chaque billon pouvoit fournir le nombre de pièces que nous voulions mettre en comparaifon : par exemple, dans le billon ( Figure 22) on pouvoit avoir 8 barreaux tirés de l’orbe E, dont l’âge, la fomme des cercles annuels, ôc la qualité du bois étoient aufli fembla-bles qu’il eft poflible de fe le procurer : ôc lorfqu’on a employé des pièces armées, toutes les pièces d’armures étant prifes dans le même orbe, étant de même grolfeur ôc longueur, ne différoient que par la façon de les affembler. On a enfuite pefé toutes les pièces quand elles ont été travaillées. Avec ces attentions, il y a lieu de croire qu’en les chargeant avec des poids connus, & dans des intervalles de temps égaux, prenant un réfultat moyen entre ceux de plufieurs pièces, répétant les mêmes épreuves avec des barreaux pris dans l’orbe B ou dans l’orbe C, on peut efpérer d’avoir dé juftes objets de comparaifon, Ôc de pouvoir opérer avec toute l’exa&itude pofli-ble. Nous avons aufli eu l’attention, tant pour les pièces Amples que pour celles d’aflembJage, de mettre toujours les couches dans une fltuation perpendiculaire, comme BB ( Figure 24), & jamais commé A A > encore moins comme CC même Agure.
- Il faut rapporter maintenant les précautions que nous avons prifes pour exécuter les Expériences qui doivent faire connoître quel eft l’afFoibliflement que les fentes peuvent occaAonner, Ôc A le bois du centre eft de même force que celui de la circonférence.
- Avant que de faire rompre tous ces rondins fous des poids connus, on a fait des fentes artiflcielles à huit rondins marqués chacun d’une lettre différente ; ôc en ayant trouvé qui étoient fendus naturellement en quelques endroits, on leur a fait d’au-
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- des Bois. Liv. V. Chap. V. 447
- très petites fentes artificielles, qui ont aflez bien réufîi au moyen d un outil fait exprès ; de forte qu’on a eu huit rondins marqués de chaque lettre, avec des fentes naturelles ou artificielles qui pénétroient prefque jufqu au centre du rondin, pour être comparés avec pareil nombre marqué des mêmes lettres, qui n’avoient point de fentes.
- Pour faire rompre tous les morceaux de bois dont nous voulions éprouver la force, nous les avions fellés(Fig-. i^PLXXlll. ) par un de leurs bouts dans une muraille A ^ & nous fufpendions à l’autre bout une caifle B dans laquelle on mettoit les poids juf-qu’à ce qu’il y en eût allez pour les faire rompre. Mais cet appareil n’ayant pas réufîi, parce que le Tellement s’affaifloit, & que le bois s’endommageoit fur le point d’appui, nous eflayâmes de coucher la piece b b, qu’on vouloit éprouver, fur un établi a a ( Figure 26). Nous pofions fur la piece b b un fort lifteau c c qu’on retenoit avec des valets à à. Un foible barreau couché fur la table de l’établi, & défigné par la ligne ponctuée ff9 fer voit à reconnoître la courbure qu’il pren-droit avant que de rompre. A un des bouts b du barreau qu’on vouloit éprouver, étoit fufpendue une caifle e dans laquelle on mettoit fufîifamment de poids çour faire rompre le barreau , & le fil à-plomb g g fervoit à reconnoître le raccour-cifîement du barreau. Cette difpofition ne nous ayant pas encore procuré l’exa&itude que nous délirions, nous eflayâmes de faire repofer les deux bouts des barreaux fur deux forts tréteaux, ôc de les charger par leur milieu. Il fe préfenta deux inconvénients : l’un étoit que quelques barreaux fe déverfoient d’un côté ou d’un autre ; l’autre, qu’en mettant des poids à la main dans la boîte, il fe faifoit une fecoufîe. Enfin, il nous parut avantageux de fournir les poids peu à peu, & dans des intervalles de temps égaux. Ce qui nous détermina à avoir recours à l’établiflement repréfenté par la Figure 27. A eft une caifle fufpendue à la piece qu’on chargeoit. B, deux forts lifteaux qui laiffoient entre eux un efpace dans lequel on mettoit la piece qu’on vouloit rompre ; ils fervoient à l’empêcher de fe déverfer. D eft un magafin de plomb en grenaille fine
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-
-
- 448 De la Force
- avec fôn canal en entonnoir, qui répondoit dans la caiffe A pour augmenter peu à peu par cette grenaille la charge qu’on voûtait donner au barreau. E eft une petite porte à couliffe quon pouvoit ouvrir & fermer à fouhait, de façon qu elle fournifîbit une livre de poids par fécondé, F, deux forts tréteaux fur leP* quels repofoit par les bouts la piece qu’on vouloit rompre. G, forte planche attachée fur les tréteaux avec quatre vis C pour les rendre encore plus folides. H eft un entonnoir de cuir qui fert à conduire la grenaille dans la caiffe. /, petit gradin pour élever la caiffe de la grenaille. Il eft évident que par cette dif-pofition tous les barreaux étoient chargés peu à peu dans un même intervalle de temps jufqu’à ce qu’ils rompiffent, & qu’il étoit aifé, au moyen des lifteaux B B , de connoître la courbure qu’ils prenoient. On pouvoit, au moyen de la porte à couliffe E, interrompre l’écoulement de la grenaille , pour laiffer quelque temps le barreau fous une même charge : car un poids qui ne fait pas rompre un barreau fur le champ, le rompt fouvent quelque temps après, fans être plus çonfidérable. C’eft avec cet ajuftement que nous avons fait toutes nos Expériences,
- § 2. Première E xp É RI en ce fur huit Barreaux cotés E à la Figure 22, Planche XXII.
- Après avoir fait toutes ces préparations avec la précifion la plus exafte, on commença à faire rompre les rondins E ( F*'-gme 22 ) en lesfaififlant par un bout feulement dans un trou fait à une muraille ( Fig. 25, PI. XXIII), parce que les mâts font ainiî retenus par un de leurs bouts. Mais voyant que cette façon de rompre ces rondins étoit difficile à exécuter & peu exaête , parce qu’en pliant beaucoup, le poids échappoit, & qu’elles fe coupoient à fleur de l’arrête du point d’appui, les cinq premiers barreaux qu’on fit rompre font regardés comme inutiles. Ajoutons que deux fe trouvèrent trop défectueux pour être rompus ; ainfi des huit rondins tirés de la zone E, il n’en refta qu’un qu'on pût rompre étant foutenu par fes deux bouts.
- .Voici cependant les poids qui ont fait rompre les cinq rondins
- qui
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- des Bois. Liv. V. CtfÂp. V. 449
- qui ont été fixés par une de leurs extrémités, & qui avoient tous 16 couches annuelles.
- N°. I a rompu fous s 9 livres.
- II. 44.
- III. 51.
- IV. 6S.
- V. 44.
- La force de celui qui étoit foutenu par fes deux bouts, s’eft trouvée de 267 livres.
- i$. 3. Seconde Expérience/z/r feize Rondins D (Fig. 22 ) $ avoient des fentes qui entroient jufquau centre 9 & huit étoient fans fentes. Tous avoient 17 cercles annuels.
- * Rondin D fans fentes. 337 liv.
- 2 .......................349
- 3 .......................260
- 4 .......................
- J.....................32,0
- *........................3^4
- 7 ........................3M
- 8 ......................33*
- 2630 liv.
- Force moyenne. ... 328
- §. 4.
- 1 Rondin D avec fentes. 300 liv.
- 2. ........ 274
- 3.........
- 4. . . i ..... 271
- j*.... 389
- 5. ....... , 320
- 7. ........ 267
- 8. il a rompu par un petit nœud vers le milieu. . 2 60
- Force moyenne. . . . 2.91 liv. 10 on*
- Troisième Expé rienc e 9 furfeize Rondins C, huit fans fentes & huit avec des fentes. Tous avoient 20 cercles annuels.
- 12 on.
- 'ï Rondin C fans fentes. Cette piece s’eft féparée en feuillets fous le poids de ip2liv.
- 2 ............. 3 î y liv. avant que de cafter. Et pour cette raitbn
- 3 ............. . . 345 on n’a pas compris fa force avec les
- 4, ........ 3 s$ autres.
- *..................3°°
- 6.................37 7
- 7. ....... . 335
- 5. On n’a point compris là force, parce que les couches Ce font féparées Cous le
- %o67 poids de 250 liy.^avantque deferom-
- Force moyenne. i . . , 344 liv. 8 on, pre*
- LU
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-
-
-
- 45© De l a
- :i Rondin C avec fentes. . 290 liv. a......................
- 3 ............... 274
- 4 ...................305
- 5 non comprife, parce qu’elle s’eft feuilletée étant chargée de 200 liv.
- Force
- 6 ..............; . 300
- 7 ..................311
- 8 ..................... 31*
- 2175
- Force moyenne . . • . 3101. 7 on,
- §. Quat ri e me Expérience, fur feize Rondins B P huit fans fentes & huit avec des fentes.
- 'i Rondin B fans fentes. . 34f Üv. 1 B avec fentes artificielles f331 hv'
- • 311 « { 3ro
- . 3*7 3 L325
- • 31S 4 f 348
- S . 358 1 lsyi
- 6 . 330 6 avec fentes naturelles. < (33*
- 7 • 337 , 1 320
- 8 . 331 8. 1 L34*
- Z77° 2669
- Force moyenne. • • • • 346 liv. 4 £>. Force moyenne. .... 3331.10 om*
- §, 6, Ci N gu ie me Exp ÉRi e n c e j fur feize Rondins A * huit fans fentes <& huit avec des fentes,
- 1 A fans fentes. . • . 310 liv.
- 2. ........ 386
- 3.........i67
- 4- ........ 377
- S.........317
- ........ 34?
- ..........394
- 8. ...... . . 350
- 2886
- Force moyenne. • • • 360I. 1 a on,
- 1 A avec fentes. . . . 335 liv.
- .............33°
- 3 ...........31°
- 4 ...........3^7
- ï* ........ 300
- 6. ........ 287
- 7. • ...........
- 8............340
- 2609
- Force moyenne. . . , 326 liv. a on*
- §. 7. RECAPITULATION des Forces moyennes.
- Nombre des Cercles de végétation.
- liv. onc. liv, onc. diff.
- 34 ^4 Sans fentes....360 12. Avec fentes.....326 2 -jÿ.
- 32 £ Sans fentes.....345 4. Avec fentes.....333 10
- 30 C Sans fentes..... .344 8. Avec fentes.....310 7
- 22 D Sans fentes.....328 12. Avec fentes...... .2^1 10
- il8 Ê Sans fentes* ...267
- * La force de cette piece n’entre point en comparaifon, parce qu’elle a été la feule caffée étant appuyée par une de fes extrémités.
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- des Bois. Liv. V. Chap. V. 451
- Article IL Expérience faite dans les memes vues que les précédentes, & pour connoître de plus fi le bois fec efi aujfi fort que le lois un peu humide.
- Vingt mois après avoir fait cette fuite d’Expériences, on fit rompre de la même façon 40 autres Rondins qui avoient été tirés dans le même temps d'un autre bout de mât de même longueur & à peu près de même groffeur , 6c arrondis précifé-ment au même diamètre que les premiers , mais qui étoient beaucoup plus fecs lorfqu’on les rompit.
- Voici le détail des forces de ces Rondins.
- §. 1. Première Expérience, fur huit Rondins E , qui avoient 18 cercles de végétation•
- i. » ;..... . zSf liv. 2.............. 6%
- 3 ...........
- 4 ...........26%
- 1080
- Force moyenne. .... 270
- i Les quatre autres avoient des défauts qui V les ont fait rompre par 200 à 220 livres, 1 ce qui fait qu’on n’en a pas tenu compte.
- §. 2. Seconde Expérience , fur huit Rondins D, qui avoient 18 cercles annuels.
- 1. . . ; ; ï ; . . 27J liv.
- 2. . . .................26s
- 3 ................., • Mo
- 4 rompu par un noeud. . .
- 1.......................1*1
- 5. , 3.30 liv.
- 7........ . . . a 91
- 8. ....... . 260_
- 1,960
- Force moyenne. • : • . *8o
- §. 3. Troisième Expérience, fur huit Rondins C 9 qui avoient 20 cercles annuels•
- 1 • • i • i . . • • 27f liv.
- »............
- 3. ........ 300
- 4« * «... 300
- î« ........ 310
- 8. ........ 310
- 1740
- Force moyenne, « < * • 2,90
- Les Rondins 6 8c 7 s’étant partagés aucoeur avant que de rompre, n’étant chargés que de 160 livres, on ne les a pas compris.
- lu ij
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- 4*2 De I a Force
- §, 4. Qu a T Ri E me Expérience, fur huit Rondins B, qui avoient 33 cercles annuels.
- 1 . ....... 300 liv.
- 2 ..............300
- 3 ..............3°°
- ................3°°
- 6. . ..........3°°
- 7. ..............
- 8................ yio_________________
- 2120
- Force moyenne. . . . 3021. 13 on.
- Le N°. 4 s’étant féparé par feuillets avant que de rompre , n’étant chargé que de 24* livres, on n’en a pas tenu compte.
- 5. y. Cinquième E x P É rie n c e } Jur huit Rondins A x qui avoient 30 cercles annuels.
- ï..............330 liv,
- 2. ....... 300
- 3..............31°
- 4. . ..........280
- 5............ 280
- 6 il avoit du bois d’aubier ...» 24°
- 7. ....... 280
- 8.........280
- 2060
- Force moyenne. . . . 2^4!, 4 on.
- §. 6, TABLE des Forces moyennes des Bois Jecs.
- A
- B,
- C
- D
- E
- 30 cercles de végétation.. liv. .2p4 onc. 4 liv. 8
- 33 cercles .302 *3 . T O
- 20 cercles , 2pO IO
- 18 cercles .280
- 18 cercles .27O
- DIFFERENCES.' onc.
- 9
- 13
- §. 7» TABLE des Forces moyennes de tous les Barreaux qui rP avoient point de fentes , mais qui étoient plus ou moins fecs ,
- ' énoncés dans la Table de P Art. I. §7 , & de P Art. Il, § 6.
- liv.
- A. Première Expérience. 360
- A. Seconde Expérience. 294
- B. Première Expérience. 346
- B. Seconde Expérience. 302
- C. Première Expérience. 344
- C. Seconde Expérience. 290
- D. Première Expérience. 328
- D. Seconde Expérience. 280
- E. Première Expérience. 267
- E. Seconde Expérience. 270
- onc. Forges moyennes. DIFFERENCES.
- 12*) liv. onc. liv. onc.
- l 4j ’ 327 81
- 324 4 ... .3
- 317 4} ... !.. 4
- \ 3°4 2(58 4 r ♦••••' 8J ...12..14 ...JJ..14
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- des Bois. Liv. V. Chae. V. 453
- Article III. Conféquences quon peut tirer de ces Expériences.
- En comparant, dans chacune de ces Expériences, les forces moyennes de tous les rondins marqués des mêmes lettres, avec les forces de ceux des différentes lettres, Ôt les différents rapports qu’elles ont entr’elles, eu égard à la partie du tronc dans lequel ces rondins ont été pris : confidérant d’ailleurs le rapport de ces mêmes forces avec le nombre des cercles de végétation de l’arbre qui font dans chaque rondin : comparant de plus les forces moyennes des rondins dans la première fuite d’Expérien-ces avec celles des rondins dans la fécondé fuite, eu égard à l’état du plus ou du moins de féchereffe des mêmes rondins lorfqu’ils ont été rompus, il réfulteroit de toutes ces comparai-fons bien des conféquences curieufes ôc même utiles : mais comme ces comparaifons font aifées à faire , & comme notre but principal en faifant ces Expériences fur des bois de Pin du Nord , qu’on emploie pour les mâtures, a eu deux principaux objets , dont le premier regarde le rapport des forces dans les pièces de mâture lorfqu’elles font gercées ou fendues par def-féchement, avec la force de celles qui ne le font points & le fécond eft de favoir dans quelle partie du tronc le bois a le plus de force, félon qu’il eft plus ou moins éloigné du cœur de l’arbre ; on a cru devoir s’arrêter à ces deux objets. Les faits étant ici bien conftatés, chacun pourra, fuivant l’exigence des cas, combiner différemment les réfultats. Quant à ce qui regarde les fentes & les gerces, on verra, par la comparaifon que nous allons donner des forces moyennes des trente-deux rondins qui ont été fendus , avec la force d’un pareil nombre d’autres rondins qui n’avoient aucune fente, jufqu’où va la diminution de force que les gerces caufent à une piece de mâture ; bien entendu cependant que les petites fentes que nous avons faites à nos barreaux de petite folidité, ne font pas exactement comparables aux fentes d’un gros mât. Quoi qu’il en foit, yoici l’extrait des comparaifons.
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- 454 & £ 1 A Force
- La fomme des forces moyennes de tous les rondins fans fentes , qui eft de 34j livres, comparée avec la fomme des forces moyennes des rondins fendus, qui eft de 315 livres, fait une différence de 2p livres, à l’avantage des rondins qui ne font point fendus, dont le rapport eft comme 1 à 12.
- D’où il fuit qu’une piece de mâture qui eft gercée & fendue par defféchement perd environ un onzième ou un douzième de la force quelle auroit eue fi elle eût été faine & fans fentes. Car les rondins fendus de cette Expérience , de même que ceux qui ne l’étoient point, ont été rompus très-exaCtement de la même façon ; ôt ils étoient parfaitement égaux en qualité Ôt en dimenfion, comme il a été montré plus haut. Voila pour les fentes & les gerces.
- A l’égard du fécond objet, qui regarde la force du bois félon la place qu’il occupe dans les différentes parties du tronc, on trouve dans l’expofé de la première & de la fécondé Expérience la folution de cette queftion.
- Cependant avant que d’entrer dans la comparaifon des forces de ces deux Expériences, on doit obferver que les rondins E ( première Expérience ) ne doivent point entrer en comparaifon avec les autres rondins qui les fuivent, parce qu’ils ont été rompus au commencement étant appuyés fur une feule extrémité , Ôc plantés dans un mur, ce qui eft défectueux pour les raifons que nous avons rapportées plus haut ; il n’en eft pas de même pour les rondins £), ainfi que pour tous les autres qui les fuivent, parce qu’ils ont été rompus étant appuyés fur leurs deux extrémités.
- Faifons maintenant la comparaifon des forces moyennes des 32 rondins A 9 5, C, D qui étoient fans,fentes.
- La force moyenne des rondins D, qui eft de 328 livres 12 onces, ( prife à la Table , Art. I, § 7, pag. 4J2. ) comparée à celle des rondins (7, qui eft de 344 livres 8 onces, fait une différence de 1$ livres 12 onces à l’avantage des rondins C fur D. Donc, par cette comparaifon, l’avantage de la force eft pour le bois qui s’éloigne du cœur de l’arbre.
- Comparant enfuite la force moyenne des rondins C, qui eft
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- des Bois. Liv. V. Chap. V. 4^
- de 344 livres 8 onces, avec celle des rondins B, qui eft de 346 livres 4 onces, on trouve une autre différence d’une livre 12 onces à l’avantage des rondins B. Donc , l’avantage de la force fe trouve encore pour le bois qui s’éloigne du cœur.
- Comparant enfin la force moyenne des rondins B, qui eft de 34<5 livres 4 onces, avec celle des rondins A, qui eft de 3 60 livres 12 onces, on trouve encore une autre différence de 14 livres 8 onces à l'avantage des rondins A fur les rondins B. Donc, dans cette Expérience., comme dans les autres, l’avantage de la force fe trouve conftamment pour le bois qui s’éloigne du cœur.
- D’où l’on pourroit conclure que dans une groffe piece de mâture qui auroit, comme celle-ci, environ 260 cercles annuels de végétation , & conféquemment environ 260 ans d’âge, le bois qui eft le plus près du cœur eft le plus foible , & qu’il devient fort de plus en plus à mefure qu’il s’en éloigne.
- Mais avant que de fuivre plus loin le réfultat des comparaifons de cette première Expérience, il eft bon de voir les rapports des forces moyennes des 40 autres rondins qui ont été tirés d’une autre piece de mâture, différente de la première en âge & en groffeur, lefquels rondins ont été travaillés précifé-ment de même diamètre que les premiers , ôc ont été rompus de la même façon, enforte qu’ils ne différoient des premiers que parce qu’ils étoient plus îecs, leur force ayant été éprouvée vingt mois après. Voici donc la comparaifon des forces moyennes des quarante autres rondins de Pin du Nord , provenants d’une piece de mâture qui avoit 210 cercles annuels de végétation, & dont, par conféquent, l’âge étoit à peu près de 210 ans.
- La force moyenne des rondins £., qui eft, dans cette féconde Expériene , ( Voyez la Table Art. II, § 6 ) de 270 liv.' comparée à celle des rondins D, qui eft de 280 livres, fait une différence de 10 livres à l’avantage des rondins D fur E. Donc l’avantage de la force eft pour le bois qui s’éloigne du cœur, de même que dans la première fuite d’Expériences.
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- 4 $6 Delà Force
- Comparant enfuite la force moyenne des rondins JD, de 280 livres, avec les rondins C, qui eft de 290 livres, il y a une autre différence de 1 o livres à Favantage des rondins C fur les rondins D. Donc Favantage de la force eft encore ici pour le bois qui s’éloigne du cœur.
- Remontant vers Fécorce pour comparer les rondins C, dont la force moyenne eft de 290 livres, avec celle des rondins B , qui eft de 302 livres 13 onces, on trouve une différence de 12 livres 13 onces à Favantage de B fur C. Donc Favantage de force, dans cette Expérience, comme dans la première,' eft toujours pour le bois qui s’éloigne du cœur.
- Continuant de comparer les rondins B, dont la force eft dé 302 livres 13 onces, avec les rondins^, dont la force n’eft que de 294 livres 4 onces, on trouve un défavantage de force en A, ôc Favantage dans les rondins B fur les rondins A, de 8 livres 9 onces, duquel on rendra raifon dans un moment. Cependant au lieu de conclure pour ces derniers rondins, comme nous avons conclu pour les autres, que la plus grande force du bois fe trouve toujours dans celui qui va en s’éloignant du cœur, on conclura feulement que la plus grande force réfide dans l’orbe compris de A à B , ce qui fait environ la troifieme partie extérieure du rayon, ou du demi-diametre du tronc.
- A l’égard de la variété qu’on vient de trouver dans les forces des derniers rondins A & B de cette fécondé Expérience, dans laquelle on a vu que B eft plus fort que A 9 Ôc dans la première au contraire que A eft plus fort que JS, apparemment qu’un de ces arbres étoit parvenu au maximum de fon accroif-fement, au lieu que l’autre profitoit encore. Le nombre des cercles de végétation qui font le corps de ces rondins pour-roit bien encore en être la caufe ; car on voit dans l’expofé de la première Expérience, que les rondins A avoient 34 cercles annuels, & les rondins B n’en avoient que 32, quoique toutes ces pièces fuffent très-exactement de même diamètre : & par l’expofé de la fécondé Expérience, que les rondins A n’avoient que 30 cercles de végétation, &les rondins B 33. Comme il paroît que la force de ces rondins fuit à peu près la propor-
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- d ES Bo i s. Liv. V. Chap. V. 457
- tion du nombre des cercles annuels, il s'enfuivroit qu'à diamètre égal, une piece de Pin du Nord qui auroit une plus grande quantité de cercles annuels de végétation, feroit plus forte, & conféquemment de meilleure qualité, qu'une autre de même diamètre qui en auroit moins. Cette remarque, digne d'attention, juftifie l'ufage où l'on eft de donner la préférence aux pièces de mâtures dont les couches font minces.
- Comparons maintenant la fomme des forces moyennes des deux Expériences.
- La fomme des forces moyennes de tous les rondins £, qui eft de 2.6$-livres 8 onces, comparée à celle des rondins D, qui eft de 304livres 6 onces, fait une différence de 3^ livres 14 onces à l’avantage de D fur E. Donc l'avantage de la force fe trouve dans le bois qui s'éloigne du cœur.
- Comparant enfuite la même fomme des forces des rondins D avec C, on y trouve une différence de 12 livres 14 onces à l'avantage de C Donc l'avantage de la force fe trouve toujours pour le bois qui s'éloigne du cœur.
- Comparant de même C avec B, il y a une différence de 7 livres 4 onces à l’avantage de B. Donc l'avantage de la force eft encore ici pour le bois qui s'éloigne du cœur.
- Comparant enfin B avec A, on y trouve encore une différence de 3 livres à l’avantage de A fur B. Donc l'avantage de la force fe trouve conftamment pour le bois qui s'éloigne du cœur.
- Donc il eft prouvé, par ces deux Expériences, qu’aux Pins du Nord dont on fait les mâtures des grands vaiffeaux, qui ont environ 220 années, & qui ont féjourné dans l’eau de la mer long-temps avant que d’être façonnés & mis en œuvre , le bois qui a le moins de force eft celui qui eft le plus proche du cœur; ôc qu'à mefure qu'il s'en éloigne, il a plus de force.
- On doit remarquer, dans ces deux Expériences, que le bois de Pin du Nord perd confidérablement de fa force par la trop grande féchereffe : car on voit que la fomme moyenne de toutes les forces de tous les rondins de la derniere fuite d’Expérien-ces, (qui étoient beaucoup plus fecs que ceux de la première 3
- M m m
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- 4j8 De i a Force
- ayant été rompus une année ôc demie après les premiers,) laquelle fomme eft de 287 livres 6 onces, étant comparée à la fomme des forces moyennes de la première Expérience, qui eft de 34j livres 1 once, il y a une différence de 37 livres 11 onces en diminution de force que l’évaporation de la feve a caufée.
- Il fuit des Expériences que nous venons de rapporter i°, que le Pin du Nord perd environ une fixieme partie de fa force par une trop grande féchereffe, qu’on fait très-bien de tenir les bois dans l’eau pour prévenir leur defféchement, 6c qu’il faut effayer de conferver un peu d’humidité aux mâts qui font travaillés , ôc qu’on ne peut tenir dans l’eau, en mettant quelque enduit gras fur toute leur furface, ôc tenant en-fuite ces bois ainft enduits dans des lieux frais, peu aérés ÔC cependant fecs.
- 20, Que dans ces gros Pins, le bois qui a le plus de force, eft celui qui en divifant le diamètre de l’arbre du centre vers la circonférence jufqu’à l’aubier inclufivement en fix parties égales, fe trouve dans la cinquième partie : mais on conçoit que cela eft fujet à varier fuivant bien des circonftances.
- 3°, Il réfulte de nos Expériences, que les fentes ont caufé à nos petits barreaux une diminution de force de 30 livres, ce qui n’eft qu’environ un onzième de la force des rondins qui n’a-voient point de fentes.
- On s’eft apperçu que les Expériences que nous venons de préfenter ont un rapport dire& aux mâts : ainfi elles font liées avec l’objet qui nous a occupés dans le Chapitre fécond du Livre précédent. Il nous a encore paru intéreffant de fa-voir, à folidité égale, lefquels avoient plus de force, des bois ronds ou des bois quarrés : ce fera cet objet qui nous occupera principalement dans le Chapitre fuivant. Nous y examinerons aufli quelle fera la courbure que ces bois prendront fous différentes charges.
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- se s Bois. Li v. V. Chap. VI. 4 jp
- CHAPITRE VI.
- Expériences pour connoûre, dans les Barreaux aune feulepiece , quel ejl le rapport de la force abfolue des Barreaux d’une même longueur SC d’un même volume, dont les uns feroient ronds, SC les autres équarris ; SC de plus quelle ejl la courbure que les uns SC les autres prennent, étant chargés de differents poids, jufquà celui qui peut les faire rompre.
- Article I. Préparation.
- O n a F a 1T fix Barreaux de Pin du Nord, chacun de 3 pieds de longueur 9 dont trois ont été équarris , ôc réduits à 10 f lignes de hauteur fur 7-lignes-de largeur : trois autres ont été arrondis, ôc on leur a donné p \ lignes de diamètrey enforte que faire de la bafe des rondins étoit égale à Taire du parallélogramme de la bafe des parallélipipedes ou barreaux quarrés.
- Avant que de faire plier Ôc rompre ces barreaux} on s’eft aflu-ré de la parfaite égalité de leur volume , en les pefant les uns après les autres ; ôc quand on trouvoit une différence dans le poids, ( différence toujours peu confidérable 9 parce que tous ces barreaux avoient été travaillés avec beaucoup de foin , ) on les réduifoit au même poids en rabotant très-délicatement les plus pefants, & en les préfentant dans la balance à chaque coup de rabot.
- Pour obferver avec exa£litude la courbe qu ils prendroient fous différents poids , on fixoit verticalement derrière le bar-
- M m m ij
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- 4^0 De i a Force
- reau quon chargeoit, une feuille d’un fort carton fin * qui étoit attaché à un chaffis de Menuiferie ; ce carton étant tout près du barreau dont on éprouvoit la force, on traçoit avec un crayon bien pointu ( le barreau fervant de réglé ) la courbe qu’il prenoit étant chargé de différents poids : Ôc afin d’avoir exa-ëtement la longueur des ordonnées de cette courbe, on avoit eu l’attention de tracer une ligne droite A D ,(Pl. XXIV\ Fig. i ) qui repréfentoit le barreau avant qu’il fût chargé, fur laquelle on avoit abaiffé les verticales A B, a b , a b , a b , ôcc. qui di-vifoient en cinq parties égales la moitié AD de la longueur du barreau. Chacune de ces parties A, a, a 9 a, &c. furent encore divifées en quatre parties égales par d’autres verticales, & chacune de ces parties en vingt-cinq autres parties égales : ainfi la moitié AD du barreau fe trouvoit divifée en cinq cent par ties égales, au moyen defquelles on mefuroit très-exa&ement l’abaiffement des différentes parties des barreaux fous différentes charges.
- Article IL Première fuite D’Expériences faites fur des Barreaux ronds.
- On chargea le barreau rond, N°. i, de 2y livres; ôcl’ayant laiffé paffer y minutes fous cette charge, on traça fur le carton la courbe B b b D : mais comme à caufe de la figure cylindrique de ce barreau, le crayon varioit, la courbe ne pouvoit pas être tracée avec précifion ; ce qui nous fit prendre le parti de nous contenter, pour les rondins, de ne prendre que la valeur de la plus grande ordonnée A B.
- $ 1. Première Expérience;
- Le barreau rond, N°. 1, étant chargé de 2y livres, la fléché A B avoit y lignes de longueur; étant chargé de yo livres elle avoit 10 ± lignes ; étant chargé de 7 y livres, elle avoit 17 lignes; étant chargé de 8y livres, 23 -J lignes; chargé de j00 livres, toujours ayant refié en charge y minutes, elle
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- DBS B O J S. Iil V. V. C H À P. VI. 4<5l
- avoit 2y lignes ; ayant ajouté une livre, elle fut de 29 lignes,’ & le rondin rompit fous le poids de 101 liv. 2 onc.
- § 2. Seconde Expérience.
- Barreau rond, N°. 2, chargé de 25 livres, plia de 6 li-gnes ; chargé de 30 livres, plia de 10 y lignes; chargé de 73 livres, plia de 17 lignes; chargé de 8y livres, plia de 23 lignes -£ ; chargé de 100 livres, toujours au bout de 3 minutes,’ plia de 30 f lignes, & rompit avant les 3 minutes : c’eft pour-; quoi on n’eftima fa force qu’à 83 livres.
- § 3. Troisième Expérience.
- Barreau rond, N°. 3 , chargé de 23 livres, plia de 3 \ lignes; chargé de 50 livres, plia de 10 7 lignes; chargé de .73 livres, plia de 23 j lignes ; chargé de 100 livres, plia de 30 ^ lignes ; & ayant rompu avant les cinq minutes, on fixa fa force à 88 liv. 3 onc.
- Article III. Seconde fuite £ Expériences faites avec des Barreaux quarrés.
- Nous allons entrer dans de plus grands détails pour les barreaux quarrés numérotés 4, 3 & 6} afin qu’ayant un plus grand nombre d’ordonnées, on puifle mieux connoître la courbe qu’ils ont prife fous différents poids.
- 5 1. Première Expérience.
- Barreau quarré, N°. 4, chargé de 23 livres : l’ordonnée 1 , 3 8 j lignes ; l’ordonnée 2,18 f lignes ; l’ordonnée 3,18 lignes ; l’ordonnée 4, 17 f lignes ; l’ordonnée 3, 17 f lignes; l’ordonnée 6, 16 lignes ; l’ordonnée 7, 16 j- lignes ; l’ordonnée 8 13 7 lignes; l’ordonnée p, 13 f lignes ; l’ordonnée 10, 14 j lignes; l’ordonnée 11, 14 lignes; l’ordonnée 12, 13 lignes 5
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- 4 D E 1 A Force
- l’ordonnée 13 , 12 lignes; l’ordonnée 14, 11 lignes; l’ordonnée 15, 10 lignes; l’ordonnée 16, p lignes; l’ordonnée 17 , 8 lignes; l’ordonnée 18 ,• é jlignes ; l’ordonnée ip , 5 lignes; f ordonnée 20, 4 f lignes ; l’ordonnée 21,37 lignes.
- Le même barreau, N°. 4, chargé de yo livres : l’ordonnée 1, ap lignes; l’ordonnée 2,287 lignes ; l’ordonnée 3,28 lignes ; l’ordonnée 4, 27 7 lignes ; l’ordonnée 5 , 27 lignes; l’ordonnée 6, 26 j lignes; l’ordonnée 7, 2$ f lignes ; l’ordonnée 8, 24 j lignes ; l’ordonnée p, 23 f lignes ; l’ordonnée 10, 22 7lignes; l’ordonnée 11, 21 lignes; l’ordonnée 12, ip f lignes; l’ordonnée 13, 18 f lignes; l’ordonnée 14, 16 f lignes; l’ordonnée 1 y , 1 f lignes ; l’ordonnée 16, 13 7 lignes ; l’ordonnée 17, 12 lignes; l’ordonnée 18, 10 y lignes; l’ordonnée ip, 8 7 lignes ; l’ordonnée 20,7 lignes ; l’ordonnée 21, j lignes.
- Le même barreau, N°. 4, chargé de 75 livres : l’ordonnée 1,44 lignes; l’ordonnée 2, 43 7 lignes; l’ordonnée 3,43 lignes ; l’ordonnée 4 , 42 lignes ; l’ordonnée y , 41 lignes ; l’ordonnée 6, 40 lignes; l’ordonnée 7, 3p lignes; l’ordonnée 8 , 37 7 lignes; l’ordonnée p, 36 lignes; l’ordonnée 10, 34lignes ; l’ordonnée 11, 32 lignes; l’ordonnée 12, 30 lignes; l’ordonnée 13,28 lignes, l’ordonnée 14, 2$ 7lignes; l’ordonnée iy , 23 lignes; l’ordonnée 16, 20 7 lignes ; l’ordonnée 17, 18 lignes ; l’ordonnée 18, 1 y y lignes ; l’ordonnée ip, 12 7 lignes ; l’ordonnée 20, p y lignes ; l’ordonnée 21,7 lignes.
- Le même barreau, N°. 4, chargé de 100 livres : l’ordonnée 1 , yo 7 lignes; l’ordonnée 2 , yo lignes ; l’ordonnée 3 , 4P y lignes; l’ordonnée 4, 48 f lignes ; l’ordonnée y , 47 y lignes ; l’ordonnée 6, 45 lignes; l’ordonnée 7, 44 y lignes; l’ordonnée 8,42 y lignes ; l’ordonnée p , 40 f lignes ; l’ordonnée 10, 387 lignes ; F ordonnée 11,36 lignes ; l’ordonnée 12, 337 lignes ; l’ordonnée 13,31 lignes ; l’ordonnée 14, 28 7 lignes ; l’ordonnée 1 y, 26 lignes; l’ordonnée 16, 23 lignes; l’ordonnée 17,20 lignes; l’ordonnée 18, 17 lignes; l’ordonnée ip, 14 lignes; l’ordonnée 20, 11 lignes ; l’ordonnée 21 , 7 7 lignes.
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- ues B o i s. L iv. V. Ch ap. VI. 463
- §2. Seconde Expérience.
- L E barreau quarré, N°. 3, ôc femblable au précédent, étant chargé de 25 livres : l’ordonnée 1,22 j lignes ; l’ordonnée 2 , 22 j lignes; l’ordonnée 3,22 lignes; l’ordonnée 4, 21 { lignes ; l’ordonnée y, 21 lignes ; l’ordonnée 5,207 lignes; l’ordonnée 7, 20 lignes ; l’ordonnée 8, ip 7 lignes; l’ordonnée p , ip lignes; l’ordonnée 10, 18 lignes; l’ordohnée 11, 17 lignes; l’ordonnée 12, 1 3 y lignes ; l’ordonnée 13, 147- lignes ; l’ordonnée 14, 13 t lignes ; l’ordonnée 13, 12 f lignes ; l’ordonnée i5, 11 lignes ; l’ordonnée 17 ,pj lignes ; l’ordonnée 18, 8 j- lignes ; l’ordonnée ip , 7 lignes ; l’ordonnée 20,37 lignes ; l’ordonnée 21,4 lignes.
- Le même barreau, N°. 3, étant chargé de 30 livres : l’ordonnée 1, 32 f lignes ; l’ordonnée 2,327 lignes; l’ordonnée 3,32 lignes ; l’ordonnée 4,317 lignes ; l’ordonnée 3 , 31 lignes ; l’ordonnée 6,30 lignes ; l’ordonnée 7, 2p lignes ; l’ordonnée 8,28 lignes ; l’ordonnéep, 27 lignes; l’ordonnée 10 , 23-7 lignes ; l’ordonnée 11,24-7 %nes > l’ordonnée 12,23 lignes ; l’ordonnée 13 , 21 7 lignes ; l’ordonnée 14, ip f lignes ; l’ordonnée 13, 18 lignes; l’ordonnée 16, 16 lignes; l’ordonnée 17, 14 lignes ; l’ordonnée 18, 12 lignes ; l’ordonnée ip, p 7 lignes; l’ordonnée 20,77 lignes ; l’ordonnée 21, 5 -j- lignes.
- Le même barreau, N°. 3, chargé de 73 livres : l’ordonnée 1, 47 lignes ; l’ordonnée 2 , 45 7 lignes ; l’ordonnée 3, 45 lignes ; l’ordonnée 4,437 lignes ; l’ordonnée 3 , 43 lignes ; l’ordonnée é, 43 j- lignes.; l’ordonnée 7, 42 lignes ; l’ordonnée 8,40 7 lignes; l’ordonnée p, 3P lignes ; l’ordonnée 10 , 37 lignes ; l’ordonnée 11, 33 lignes ; l’ordonnée 12, 32 7 lignes ; l’ordonnée 13, 30 lignes; l’ordonnée 14, 27 j lignes; l’ordonnée 13,23 f lignes ; l’ordonnée 16, 22 f lignes; l’ordonnée 17, 20 lignes; l’ordonnée 18, 17 lignes; l’ordonnée ip , 14 lignes ; l’ordonnée 20, n lignes ; l’ordonnée 21,7 7 lignes.
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- 464 De la Force
- Le même barreau , N°. y , chargé de ioo livres : l’ordonnée 1 y y4 lignes; l’ordonnée 2, y3 lignes; l’ordonnée 3, y2 lignes ; l’ordonnée 4, y 1 lignes ; l’ordonnée y, yo lignes ; l’ordonnée 6 9 48 j lignes ; l’ordonnée 7,46 f lignes ; l’ordonnée 8 , 44 j lignes ; l’ordonnée p, 43 lignes; l’ordonnée 10,40 -f-lignes; l’ordonnée n , 38 f lignes; l’ordonnée 12, 3 6 lignes; l’ordonnée 13 , 33 lignes; l’ordonnée 14, 30 f lignes ; l’ordonnée iy , 27 7 lignes ; l’ordonnée ié, 24 7 lignes ; l’ordonnée 17521 f lignes; l’ordonnée 18 , 18 f lignes ; l’ordonnée ip, iy lignes ; l’ordonnée 20, 12 lignes ; l’ordonnée 21, p lignes,
- § 3. Troisième Ex périence.
- Le barreau N°. 6 9 pareil aux précédents , étant chargé de 2y livres : l’ordonnée 1, 24 f lignes; l’ordonnée 2, 24 f lignes; l’ordonnée 3 9 24 lignes ; l’ordonnée 45 23 7 lignes; l’ordonnée y 5 23 lignes ; l’ordonnée 6, 22 \ lignes ; l’ordonnée 75 22 lignes ; l’ordonnée 8, 21 7 lignes ; l’ordonnée 9 , 21 lignes; l’ordonnée 10 , 20 lignes ; l’ordonnée 11, ip lignes; l’ordonnée 12 9 177 lignes; l’ordonnée 13 , 16 lignes; l’ordonnée 14, 147 lignes ; l’ordonnée iy , 137- lignes ; l’ordonnée 16 9 11 f lignes ; l’ordonnée 17 y 9 \ lignes ; l’ordonnée 18, 8 j lignes ; l’ordonnée 19 y 7 lignes ; l’ordonnée 20 y y 7 lignes ; l’ordonnée 21,4 lignes.
- Le même barreau, N°. 6 9 chargé de yo livres : l’ordonnée 15 37 lignes ; l’ordonnée 2, 367- Sgnes ; l’ordonnée 3, 3 6 lignes; l’ordonnée 4, 3j 7 lignes; l’ordonnée y, 34 7 lignes ; l’ordonnée 6, 33 7 lignes; l’ordonnée 7, 32 ^ lignes; l’ordonnée 8,31 -^lignes; l’ordonnée p, 30 lignes ; l’ordonnée 10, 287- lignes ; l’ordonnée 11,27 lignes ; l’ordonnée 12,2 j 7- lignes; l’ordonnée 13 y 23 7 lignes ; l’ordonnée 14* 21 7 lignes, l’ordonnée iy, ip 7- lignes ; l’ordonnée 16, 17-7 lignes ; l’ordonnée ij y iy lignes; l’ordonnée 18 , 12 7 lignes; l’ordonnée ip , 10 lignes ; l’ordonnée 20,77- lignes ; l’ordonnée 21, 5 T lignes.
- Le même barreau} N°. étant chargé de 7$ livres : l’or»
- donnée
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- jdes Bois. Liv. V. Chap. VI. 46$
- donnée 1 9 $6 f lignes ; l’ordonnée 2 , $6 f lignes ; l’ordonnée 3 9 f 6 lignes ; l’ordonnée 4, 54 ÿ lignes; l’ordonnée y, J3 lignes ; l’ordonnée (L, £1 ÿ lignes; l’ordonnée 79 $0 lignes; l’ordonnée 8,48 lignes ; l’ordonnée p , 46 lignes ; l’ordonnée 10,43 7lignes ; l’ordonnée n, 41 lignes ; l’ordonnée 12 , 38 -J lignes ; l’ordonnée 13 , s S i: lignes ; l’ordonnée 14 9 32 --lignes; l’ordonnée 1$ 9 f lignes; l’ordonnée îé, 26" lignes ; l’ordonnée 17 , 22 7 lignes; l’ordonnée 18, 18 -J- lignes ; l’ordonnée ip > 16 lignes ; l’ordonnée 20, 12 f lignes ; l’ordonnée 21, p lignes.
- Ce même barreau 9 N°. 6 9 fut chargé de 100 livres : mais on ne put mefurer fa courbure, parce qu’il rompit avant que les $ minutes fuffent écoulées.
- Article IV. Conféquences des 'Expériences précédentes.
- En comparant les deux plus forts barreaux quarrés des Expériences précédentes avec les deux plus forts de ceux qui étoient ronds 9 on voit que les plus forts barreaux quarrés, quoique de même folidité que les ronds 9 ont environ un quarantième de fupériorité fur les ronds , & que les barreaux ronds 9 qui étoient plus foibles que les quarrés 9 ont plus plié fous la charge : d’où l’on peut conclure qu’à maffe & à folidité égales 9 il eft plus avantageux d’employer des bois quarrés que des ronds. La raifon de la foiblefle des bois ronds 9 par compa-raifon aux quarrés, devient fenfible quand on fait attention à ce que nous avons dit fur les fibres qui font en dilatation & en condenfation ; Ôc elle le fera encore plus lorfqu’on aura con-noiffance des Expériences que nous rapporterons dans la fuite à l’occafion des barreaux armés.
- N n a
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- 466 De la Force
- CHAPITRE VII.
- Expériences pour connoitre dans les Barreaux Jimples , ou d’une feule pièce, quelle ejl leur force SC la courbure qu’ils prennent étant chargés de différents poids , foit qu’on emploie des Barreaux d’une même largeur 5C de différentes épaiffeurs, foit qu’on emploie des Barreaux d’une même épaffeur SC de différentes largeurs.
- P o u R fe former une idée de la force des bois d’après les principes que nous avons établis , il faut, en fuppofant qu’il n5y a que la lame a a, ( PI. XXIV. fig. 2 ) qui foit en tenfion, concevoir que les puiffances b b agiffent par le levier d e, pour rompre la lame a a; le point d’appui eft en e, & l’autre bras du levier, que je nomme de réfifiance, eft e c : d’où l’on doit conclure que plus le bras du levier d e fera long, & celui e c court, plus les forces b auront de puiffance pour rompre la lame a çi. Suivant cette fuppofition, il feroit aifé de calculer la force des bois de différentes dimenfions : mais quand j’ai mis le point d’appui en e, c’eft une pure fuppofition. C’en eft encore une, que de dire que c’eft la lame aa, qu’il faut rompre : nous avons fuffifamment prouvé que la fomme des fibres en con-tra&ion s’étend fort avant dans un barreau qu’on veut rompre , & que le point d’appui eft incertain & variable. Nous avons donc cru qu’il falloit avoir recours à des Expériences : nous allons en rapporter que nous avons exécutées avec l’attention la plus fcrupuleufe.
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- J} ES B OIS. Liv. V. Ch AP. VIL 467
- ArticleL Préparation.
- On a fait un nombre de barreaux de Pin du Nord, qui avoient tous 3 pieds de longueur. Neuf de ces barreaux ( Figure
- 3 ) avoient leur bafe AB de 8 lignes de large chacun ; mais leur hauteur B C étoit inégale : ainfi trois cotés D, avoient
- 4 lignes de hauteur; deux cotés E9 8 lignes; deux cotés F, il2 lignes; ôc deux cotés G, 16 lignes. Tous ces barreaux avoient donc 3 pieds de longueur , 8 lignes de largeur; mais leur épailfeur, ou leur hauteur, varioit depuis 4 lignes juf-qu’à 16. Ils avoient tous été pris dans une même zone ; & les couches ligneufes ont toujours été pofées verticalement comme le défignent les hachures.
- On fit dix autres barreaux ( Fig. 4 ) qui avoient tous 8 lignes de hauteur ; mais la largeur de leurs bafes étoit inégale : favoir , deux cotés H, avoient 4 lignes de largeur; deux cotés I, 8 lignes; deux cotés K, 12 lignes ; & deux cotés L, 16 lignes. On a eu l’attention de prendre tous ces barreaux dans une même zone, & on a obfervé que les couches annuelles fulfent toujours placées perpendiculairement comme le repréfentent les hachures (Fig. 3 <^4).
- Les bafes font deflinées de grandeur naturelle aux Figures 3 & 4. On n’a pas cru devoir faire ces barreaux d’un plus gros volume ; parce que, pour parvenir à une plus grande pré-cifion, il falloit que les couches ligneufes des barreaux à bafes égales F G ne fulfent pas fi courbes par comparaifon à celles des barreaux K L. On les a fait rompre. Voyons quelle a été leur force, & de combien ils ont plié.
- Article II. Barreaux de largeur égale,
- & de hauteurs inégales.
- Le barreau D 1 étant chargé de 3 livres, plia de 6 -J lignes ; chargé de y livres, plia de 11 lignes; chargé de 10 livres, rompit par un défaut dans le bois, qui d’ailleurs étoit un
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- 458 De la Force
- peu tranché. On n’en a tenu aucun compte.
- D 2 , chargé de 3 livres, plia de $ lignes ; chargé de f livres, plia de 8 lignes; chargé de 24 liv. 14 onces, plia de 60 lignes, & rompit.
- D 3 , chargé de $ livres, plia de p lignes; chargé de 10 livres , échappa de deflus les fupports. On le remit en Expérience , & étant chargé de 20 livres 14 onces, il plia de 70 lignes, & rompit.
- La force moyenne des barreaux D 2 6c D 3 étoit donc de 2 2 liv. 14 onc.
- E 1, chargé de 10 livres, plia de 4 lignes; chargé de iy livres, plia de 6 lignes; chargé de 25 livres, plia de 10 ^lignes ; chargé de 63 liv. 1 o onces, rompit.
- E 2, chargé de 10 livres, plia de 3 lignes; chargé de 1$ livres, plia de $ lignes ; chargé de 2 j livres, plia de p lignes, & rompit fous le poids de 66 liv. 14 onc.
- Ainli la force moyenne des barreaux E 1 Ôc E 2 étoit de 6y livres 4 onces.
- F 1, chargé de 2^ livres, plia de 3 lignes; chargé de fo livres, plia de $ £ lignes; chargé de 7^ livres , plia de 8 lignes ; chargé de 100 livres , plia de 11 lignes ; chargé de 144 liv. 12 onces, plia de 22 lignes, & rompit.
- F 2 , chargé de 2 j livres, plia de 3 lignes ; chargé de 50 livres, plia de 6 lignes; chargé de 7; livres, plia de p lignes; chargé de 100 livres, plia de 12 lignes; chargé de 148 liv. 8 onces, plia de 23 lignes, & rompit.
- La force moyenne des deux barreaux F eft donc de 146 liv. 10 onces.
- G 1, chargé de 25; livres, plia d’une ligne; chargé de yo livres, plia de 2 lignes ; chargé de 75 livres, plia de 3 lignes; chargé de 100 livres, plia de 41 lignes ; chargé de 150 livres, plia de 8 lignes; chargé de 200 livres, plia de 14 lignes; chargé de 21 j livres 3 onces, rompit.
- G 2, chargé de 2 $ livres, plia d’une ligne; chargé de $0 livres, plia de 2 7 lignes ; chargé de livres , plia de 4 lignes; chargé de 100 livres, plia de 6 lignes; chargé de 150
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- livres, plia de io lignes ; chargé de 200 livres, plia de 14 lignes; chargé de 1B1 livres p onces, plia de i5 lignes, & rompit.
- Ce barreau étoit un peu tranché, & ne rompit pas au milieu. La force moyenne de ces deux barreaux G étoit donc de ip8 livres 6 onces.
- Article III. Barreaux de hauteur égale,
- & de largeurs inégales.
- H 1, chargé de 3 livres, plia d’une ligne \ ; chargé de y livres, plia de 2 y lignes; chargé de 10 livres, plia de j lignes; chargé de 1 $ livres, plia de 7 lignes ; chargé de 20 livres , plia de p lignes ; chargé de 47 livres 12 onces, plia de 25 lignes, & rompit.
- H 2 , chargé de 3 livres, plia d’une ligne -J ; chargé de y livres, plia de 3 ^ lignes ; chargé de 10 livres -, plia de 6 \ lignes; chargé de iy livres, plia de 10 \ lignes; chargé de 37 liv. 7 onces, plia de 25) lignes, & rompit.
- H 3 , chargé de 3 livres, plia d’une ligne ; chargé de f livres,’ plia de 2 lignes; chargé de 10 livres, plia de 5 lignes; chargé de 1$ livres, plia de 7 f lignes ; chargé de 20 livres, plia de 11 o \ lignes, & rompit.
- La force moyenne de ces trois barreaux H étoit donc de 27 liv. 7 onces.
- 11, chargé de $ livres, plia d’une ligne ^ ; chargé de 1 o livres , plia de 3 lignes ; chargé de 15 livres , plia de 4 y lignes ; chargé de 20 livres, plia de 6 lignes ; chargé de 2$ livres, plia de 8 y lignes ; chargé de 63 livres 3 onces, plia de 30 lignes, & rompit.
- 1 2, chargé de $ livres, plia d’une ligne y ; chargé de 1 o livres, plia de 3 lignes ; chargé de 1 $ livres, plia de $ lignes; chargé de 20 livres, plia de 7 lignes; chargé de 2$ livres, plia de p - lignés ; chargé de 57 liv. p onces, plia de 27 lignes, ôc rompit.
- La force moyenne de ces deux barreaux I étoit donc de 60 liv. 6 onces.
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- Il eft bon de remarquer qu’à ces deux barreaux I , les couches ligneufes étoient dans une fituation horizontale , pour les diftinguer des barreaux E qui étoient de même équarriflage ; ôc Ton voit quils ont été moins forts de 4 liv. 14 onces.
- K 1, chargé de 2 y livres, plia de 6 lignes ; chargé de yo livres, plia de 12 lignes; chargé de 75 livres, plia de 19 li^ gnes; chargé de 96 livres 13 onces, plia de 34 lignes, & rompit.
- K 2, chargé de 25 livres, plia de 6 lignes ; chargé de 5*0 livres , plia de 12 ^ lignes ; chargé de 7; livres, plia de 21 lignes ; chargé de py livres, plia de 37 lignes, Ôc rompit.
- K 3 , chargé de 25 livres , plia de y lignes; chargé de 5:0 livres , plia de 11 lignes; chargé de 75 livres, plia de 16 lignes ; chargé de 101 liv. 12 onces, plia de 30 lignes, Ôc rompit.
- La force moyenne de ces trois barreaux K, étoit donc de 7 liv. 13 \ onces.
- Li, chargé de 25 livres, plia de y lignes ; chargé de yo livres, plia de 11 lignes ; chargé de 7y livres, plia de 16 lignes ; chargé de 113 livres, plia de 3 6 lignes, ôc rompit.
- L 2, chargé de 2 y livres, plia de 4 lignes ; chargé de yo livres , plia de p lignes ; chargé de 7 y livres, plia de 14 lignes ; chargé de 121 livres 13 onces, plia de 34 lignes, ôc rompit.
- La force moyenne des deux barreaux L étoit donc de 117 livres 6 Ÿ onces.
- Article IV. Récapitulation & comparaifon de la force des barreaux de meme majfe, qui ne diffé-roient que par leur poftion fous la charge.
- Hôc Z) , 32 lignes de folidité : H a porté 42 livres, Ôc D 9 22 livres 14 onces.
- E ôc J, tous deux 64 lignes de folidité, même équarriflage ; la feule différence confiftoit en ce que à E les couches annuelles étoient verticales, ôc à J, elles étoient horizontales. Pour
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- cette raifon, E a porté 6$ liv. 4 onces, ôc I feulement 60 liv. 6 onces.
- F ôc K, tous deux ç6 lignes de folidité : F, qui étoit furie champ, a porté 146 liv. 10 onces, ôc /C, qui étoit fur le plat, n’a porté que p7 liv. 13 \ onc.
- G Ôc L , tous deux ayant 128 lig. de folidité : G a porté 1 p8 liv. 6 a onces, ôc L} qui étoit chargé fur le plat, n’a porté que 117 liv. 6 onces.
- En examinant les bouts rompus, on a cru pouvoir diftinguer les fibres qui en rompant ont fouffert une comprefïion, de celles qui ont fouffert une dilatation : ôc fi cette diftindion eft jufte, la ligne de féparation a paru, dans toutes les pièces, être au-deffous du milieu de la hauteur de la piece environ d’une demi-ligne, ou d’une ligne, ou au plus d’une ligne ôc demie ; mais jamais au milieu. Cependant nous ne donnons point cette obfervation comme exade.
- Article V. Autres Expériences faites dans les mêmes vues que les précédentes, pour connoître , dans les barreaux de même volume, quelle ejl la forme d'équarrijfage qui les rend capables d’une plus grande réjîjlance.
- On a fait 20 barreaux de même longueur, ôc qui portoient tous 100 lignes de bafe, mais qui avoient différents équarriffa-ges. Pour abréger, je ne rapporterai que les forces moyennes, ôc je ne parlerai point de leur courbure.
- Quatre barreaux qui avoient 10 lig. de hauteur ôc 10 lig. de largeur, ont porté 13 1 liv.
- Quatre barreaux qui avoient 12 lig. de hauteur fur 8 j- lig. de largeur, ont porté 134 liv.
- Quatre barreaux qui avoient 14 lig. de hauteur Ôc 7 f lig. de largeur, ont porté 164 liv.
- Quatre barreaux qui avoient 16 lig, de hauteur ôc 6 f lig; de largeur, ont porté 180 liv,
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- Quatre barreaux qui avoient 18 lig. de hauteur àt $ ~ lig? de largeur, ont porté 243 liv.
- Ces Expériences , comme les précédentes, font voir que les forces des barreaux font à peu près en même raifon que leur hauteur.
- Article VI. Expériences pour connoître quelle ejl la force d’un barreau d’une piece , comparé h un autre qui feroit formé de trois planches collées les unes jur les autres, & chargées de champ.
- Voyant, parles Expériences que nous venons de rapporter, qu’une piece méplate eft beaucoup plus forte quand on la charge fur fon roide, que quand elle l’ell fur fon plat, nous nous fournies propofés de comparer la force d’un barreau qui feroit d’une feule piece avec la force d’un autre barreau , de pareilles dimenfions, qui feroit formé par trois planches collées les unes fur les autres. Dans cette vue, nous avons fait faire deux barreaux qui avoient 3 pieds de longueur a a, p lignes de largeur DE, & 18 lignes de hauteur ED: un ( Fig. 2 ) étoit d’un feul morceau, & l’autre ( Figure $ ) étoit formé de trois planches A , B , C, collées les unes fur les autres. Pour connoître quelle étoit la force de ces deux barreaux, nous les avons fait rompre, & nous avons obfervé de combien ils plioient étant chargés de 23 livres, puis de 30, puis de 73 , &c. jufqu’à les faire rompre. Voici le détail de nos Obfer-varions.
- § 1. Elajlicitè & force dyun Barreau d’une piece, & des dimenfions que nous venons de rapporter.
- Chargé de 23 livres, il plia d’une demi-ligne ; chargé de 30 livres, il plia d’une ligne; chargé de 73 livres, il plia de 1 f-ligne ; chargé de 100 livres, il plia de 2 lignes ; chargé de 12S livres, il plia de 3 lignes; chargé de 150 livres , il plia
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- de 3 §-lignes; chargé de 17j livres, il plia de 4 f lignes; chargé de 200 livres, il plia de 4f lignes; chargé de 22; livres, il plia de $“ y lignes; chargé de 2jo livres, il plia de 5 Y lignes ; chargé de 27 j livres, il plia de 6 ÿ lignes ; chargé de 300 livres, il plia de 7 lignes; chargé de 325: livres, il plia de 8 lignes ; chargé de 3 $0 livres, il plia de 9 lignes ; chargé de 3 70 liv. 12 onces, il plia de 11 lignes, & rompit.
- § 2. Elafticitê & force dé un Barreau formé de trois planches collées les unes fur les autres, & pofées de champ, ayant les mêmes dimenfions que la piece précédente.
- Chargé de 2 j livres, il plia de deux tiers de lignes ; chargé de yolivres, il plia de 1 -f ligne ; chargé de7£ livres,il plia de 2 y lignes ; chargé de 100 livres, il plia de 3 lignes ; chargé de 12 £ livres, il plia de 3 f lignes; chargé de ijo livres, il plia de 4 f lignes ; chargé de 17^ livres, il plia de 5 ÿ lignes; chargé de 200 livres, il plia de $ y lignes; chargé de 22$ livres, il plia de 6 y lignes ; chargé de 2 jo livres, il plia de 7 y lignes ; chargé de 277 livres, il plia de 10 lignes; chargé de 300 li-vres, il plia de 11 lignes, & ce barreau rompit fans que les planches fe fuffent féparées en aucune façon : elles étoient aufïi exactement jointes les unes aux autres, aux endroits où elles n’étoient point rompues , que li elles euffent été d’un feul morceau. On peut remarquer que comme ces planches étoient de champ, elles ne faifoient point effort pour gliffer comme elles auroient fait, fi elles avoient été pofées de plat. Je fuis fâché que nous n’ayons pas fait rompre un pareil barreau en le chargeant de plat ; mais ce barreau de planches eft de 70 liv. 12 onc. plus foible que celui qui étoit entier : ce qui peut dé-
- Î' >endre de ce que les fibres avoient été tranchées par la fcie de 011g, lorfqu’on les avoit réduites en planches.
- O o o
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- Article VII. Expériences faites pour éprouver
- laforce des Barreaux d’une feule pie ce, & de même équarriffage y mais de différentes longueurs.
- On a fait 6 barreaux de Pin du Nord ( PL XXIV, fig. 6) de 7 j- lignes de largeur, & de io - lignes de hauteur; mais de trois longueurs différentes, favoir :
- Deux barreaux marqués D , qui avoient en longueur 45" fois leur hauteur , ce qui faifoit 3 pieds 3 pouces 4 lignes.
- Deux autres barreaux marqués £, qui avoiént un cinquième moins de longueur que les premiers, ou 3 5 fois leur hauteur, ce qui faifoit 2 pieds 7 pouces 6 lignes.
- Deux autres barreaux marqués F, qui avoient un cinquième moins de longueur que les féconds, ou 28 fois j leur hauteur, ce qui faifoit 2 pieds 1 pouce 2 lig.
- D 1, chargé de 2 ^ livres, plia de 4 Ÿ lignes ; chargé de $0 liv. plia de 9 ^ lignes ; chargé de 75 liv. plia de 16 lignes ; chargé de 100 liv. plia de 16 lignes, ôc rompit étant chargé de 122 liv. $ onc.
- D 2, chargé de 2 j livres, plia de 4 7 lignes ; chargé de 50 liv. plia de 10 f lignes ; chargé de 7 £ liv. plia de 16 lignes, chargé de 100 liv. plia de 28 lignes, & rompit.
- La force moyenne de ces deux barreaux étoit donc de 111 liv. 2 y onces.
- E 1, chargé de 2 $ livres, plia de 2 lignes ; chargé de fo liv. plia de 4 y lignes; chargé de 75 liv. plia de 7 lignes; chargé de 100 liv. plia de 10 lignes; chargé de 125 liv. plia de 1; lignes ; chargé de 14J liv. rompit.
- E 2 , chargé de 2j livres, plia de 1 \ lignes; chargé de jo liv. plia de 4f lignes; chargé de 75: liv. plia de 6 \ lignes; chargé de 100 liv. plia de 10 lignes ; chargé de 146 liv. 12 onc. plia de 26 lignes, & rompit.
- Ainfi la force moyenne de ces deux barreaux E eft de 14 j liv. 14 onces.
- F 1, chargé de 2; livres, plia de trois quarts de ligne ; chargé
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- de jo liv. plia de 2 ± lignes ; chargé de 7 y liv. plia de 4 lignes ; chargé de 100 liv. plia de y lignes; chargé de 12 y liv. plia de p lignes ; chargé de 184 liv. plia de yo lignes , & rompit.
- F 2 ayant des défauts confidérables, on n a pas tenu compte de fa force , & nous comptons pour la force des barreaux F 2 celle de F 1, qui eft de 184 liv. y onc.
- Force moyenne de ces barreaux.
- D, ni liv. 2 onces êc demie.
- E , i4y 14
- F , 184 y
- Remarque.
- La force de ces barreaux eft à peu près en raifon de leur longueur : il nous a femblé quon pouvoit appercevoir, après la rupture, les fibres qui avoient été en compreflion, & les diftinguer de celles qui avoient été en dilatation. Si cela eft, la ligne de réparation s'eft conftamment trouvée un peu au-deffous de la moitié de Fépaiffeur des barreaux.
- Article VIII. Expériences faites dans les memes vues que les précédentes.
- Ces Expériences font une répétition des précédentes, excepté que les barreaux ont été rompus étant affujettis fur un établi ( PL XXIII, fig. 26). On a mefuré la longueur des barreaux depuis c jufqu à b ; ils avoient tous un pouce d’équarriffa-ge ; mais les fix barreaux cotés A avoient 3 pieds 10 pouces de longueur, & les fix; barreaux cotés B n avoient quun pied 11 pouces de longueur.
- A 1 a rompu étant chargé de y 1 livres : fon raccourciffe-ment, à compter de la ligne gg, a été de 1 y lignes.
- A 2 a rompu étant chargé de 4 y livres.
- A 3 a rompu étant chargé de 47 livres : fon raccourciffe-ment a été de 18 lignes.
- O o o ij
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- A 4 ayant plié de 11 lignes, a rompu chargé de 4; livres : fon raccourciffement a été de p lignes.
- A 5 ayant plié de 7 lignes , a rompu chargé de 58 livres: fon raccourciffement ayant été de 21 lignes.
- A 6 ayant plié de 11 lignes, a rompu chargé de 47 livres : fon raccourciffement a été de 14 lignes.
- B 1 étant chargé de yo livres, a plié de 2 lignes ; a rompu étant chargé de 105 livres, s’étant raccourci de 11 lignes.
- B 2 étant chargé de $0 livres, a plié de 3 lignes ; a rompu étant chargé de 13 1 livres, s’étant raccourci de 11 lignes.
- B 3 étant chargé de $0 livres, a plié de 3 lignes; a rompu étant chargé de 112 livres, s’étant raccourci de p lignes.
- B 4 étant chargé de $0 livres, a plié de $ lignes ; a rompu étant chargé de 11 o livres, s’étant raccourci de 1 ; lignes.
- B $ étant chargé de 30 livres, a plié de 3 lignes ; a rompu étant chargé de 104 livres, s’étant raccourci de 7 lignes.
- B 6 étant chargé de jo livres, a plié de 3 lignes; a rompu étant chargé de 112 livres , s’étant raccourci de 12 lignes.
- Nous avons dit plus haut que cette façon d’éprouver la force des barreaux eft incertaine.
- CHAPITRE VI IL
- Des Barreaux cL’ajfemblage qu’on nomme Armés.
- A près avoir rapporté quantité d’Expériences qui établif-fent i°, Quelle eft la force des bois de Chêne de différentes qualités ., & de plufieurs efpeces de bois des Ifles, d’après les Expériences de M. de Cofligny :
- 20, Quelle eft la force du bois de Sapin du Nord , pris au centre de l’arbre, & à différentes diftances jufqu’à l’aubier :
- 3°, Quelle eft la force des barreaux de même folidité , les uns ronds, les autres quarrés :
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- 4°, Quelle eft la force des barreaux quarrés de même longueur , & de pareille folidité , mais de différents équarriffages :
- f. Quelle eft la force des barreaux de même équarriflage & de différentes longueurs.
- Après avoir rapporté toutes les Expériences que nous avons faites fur des barreaux d’une piece, il étoit très-intéreffant de connoître quelle eft la force des barreaux d’affemblage, ou dé plufieurs pièces, puifqu’on en fait ufage dans les Architectures Civile, Navale Ôc Militaire, où l’on appelle les pièces d’affemblage des poutres , ou des baux armés. Nous nous Tommes donc propofés de connoître, par des Expériences exécutées avec foin, quelle eft la force de ces pièces d’affemblages , comparée avec la force des pièces qui font d’un feul morceau.
- Il eft bon, avant d’entrer en matière, de fe rappeller d’abord les Expériences que nous avons imaginées & exécutées pour faire concevoir l’idée que nous avions prife fur la diftinâion des fibres qui, dans une piece que l’on charge , font en com-preffion ou en dilatation. Il faut fe rappeller, i°, Qu’ayant fait rompre des barreaux entiers, leur force moyenne s’eft trouvée de 144 livres.
- 20, Que des foliveaux de même folidité que nous avions fciés du tiers de leur épaiffeur , le trait de la fcie étant rempli par une planche de bois dur, ont porté 132 livres.
- 3°, Que de pareils barreaux , fciés de la moitié de leur épaiffeur , ont porté 136 livres.
- 4°, Enfin que des barreaux fciés des deux tiers de leur épaiffeur , ont encore porté 136 livres.
- Et je prends ici les Expériences les moins favorables : car ayant rempli le trait de fcie avec des coins qui étoient un peu à force, mes barreaux fe font trouvés en état de fupporter un poids beaucoup plus confidérable que les barreaux entiers.
- Nous avons donc prouvé, par raifonnement ôc par Expériences , premièrement, que dans une poutre qui eftfoutenue par fes extrémités, & chargée à fon milieu, il y a des fibres qui font en condenfation, & d’autres en dilatation.
- Secondement, que fouvent la fomme des fibres qui font
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- en condenfation eft beaucoup plus conlldérable que la fomme des fibres qui font en dilatation.
- Troifiémement, que le rapport de la fomme des fibres qui font en condenfation à la fomme des fibres qui font en dilatation , eft variable fuivant différentes caufes phyfiques : favoir, i°? la difpofition que les fibres ont à fe condenfer ou à s'étendre; 20 , la force propre des fibres de différents bois ; 30, le degré de courbure que les pièces de bois prennent fous la charge, &c.
- Quatrièmement, que la force des fibres ligneufes qui font comprimées dans le fens de leur longueur , ainfi que celle des mêmes fibres qui font tirées fuivant cette même direction , eft très-confidérable.
- Cinquièmement, que la force des pièces de bois feroit des plus grandes , fi les fibres qui les compofent n'étoient ni com-preflibles ni dilatables.
- Sixièmement, que la force de ces pièces dépend encore beaucoup de la cohérence des fibres ôc des couches ligneufes les unes avec les autres.
- J'ai déjà annoncé que ces connoiffances dévoient jetter un jour fur la force des pièces différemment armées : je me pro-pofe maintenant de faire l'application de ces principes pour connoître, par Expérience , quelle eft la meilleure maniéré d’armer les poutres, les baux, &c.
- On eft d'abord étonné de voir qu'en fc.iant une piece de bois du quart, & encore mieux de la moitié, même des trois quarts de fon épaiffeur, elle foit au moins aufïi forte que fi elle étoit entière. Mais quand on fait que les baux de plufieurs pièces font au moins auffi forts que ceux qui font d'un feul morceau, on conçoit que leur force dépend de la même caufe qui produit la force de nos barreaux lciés en deffus.
- Dans la façon d’armer la plus commune, la piece A (PL XXIfSyfig. j & 8) qu'on nomme/æ Meche, eft d’un leul morceau, & les deux pièces B B, qu'on nomme les Armures ou les Jumelles , fe joignent exactement au milieu en D, & s'appuyent
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- bout à bout lune contre l’autre. On fait, par Expérience, que ces baux font au moins aufli forts que ceux d’une piece : ils font cependant comme fciés en D, fuivant l’ufage ordinaire , des deux cinquièmes de l’épaiffeur de la piece E D. Le foin que l’on a de faite enforte que les pièces B B fe butent en D, équivaut au coin de bois fec que nous avons mis dans le trait de fcie de nos barreaux, ôc les endents ccc empêchent que les pièces ne gliflent l’une fur l’autre ; c’eft en quoi confifte la force des poutres armées.
- Tous les gros mâts font faits de pièces d’affemblage. Les jumelles font jointes avec la meche par des endents, comme on le voit au Livre précédent ( PL XIV, fig. 3 &^). On a voulu imiter cet affemblage pour les baux ( PL XXIV, fig. 9). A eft la meche qui a, fi l’on veut, 11 pouces de largeur & 13 pouces d’épaiffeur : B B font des jumelles, ou armures latérales, de 3 pouces d’é-paiffeur, ôc dont la largeur eft égale à la hauteur du bau ou de la poutre : le côté du bau fe préfente comme la Figure 10.
- On fait aufli des baux de deux pièces pofées à côté l’une de l’autre, comme on le voit dans la Figure 11, où le bau eft repréfenté vu par fa face de deflùs, ou par fa face de defîous : les deux pièces A ôc B, pofées à côté l’une de l’autre, forment des écarts qui s’étendent depuis C jufqu’à D,
- On a fait encore des baux de trois pièces, tels que celui de la Figure 12, qui eft vu par la face de deflùs, ou par celle de deflous.
- Enfin on en a encore fait avec des bordages pofés de champ ôc endentés les uns dans les autres, comme le font les jumelles des mâts avec leurs meches. Ceux-là different peu du barreau formé de trois planches collées les unes fur les autres , dont nous avons éprouvé la force.
- Ayant fait exécuter avec du bois de noyer toutes ces ef-peces d’armures, ôc ayant chargé les barreaux d’un poids affez confidérable, non pas cependant fuffifant pour les faire rompre ; le barreau d’une piece fut celui qui perdit le premier fa tonture, ou la courbure qu’on a coutume de lui donner ; ôc celui qui eft repréfenté ( Figures 7 0* 8 ), ainfi que celui qui étoit
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- formé de quatre bordages pofés de champ, & joints les uns aux autres par des endents, fléchit moins que les autres.
- Mais nous avons fait des Expériences avec plus de foin : il faut les rapporter; &. comme les barreaux ( Figures 7 & 8) me paroiflent mieux armés que les autres , c’eft de ceux-là que je vais d’abord parler.
- Toutes les Expériences dont nous allons donner le détail ont été faites avec du Pin du Nord, en prenant toutes les précautions que nous avons rapportées au commencement de ce Livre , pour que les barreaux fuflent les plus femblables qu’il feroit.pof-îible : ainfi nous ne répéterons point ce que nous avons dit.
- Nous avons donc cru devoir commencer par examiner la façon d’armer les poutres & les baux ( Figures 7 & 8 ) parce qu’elle nous a paru la plus Ample, une des plus parfaites , & la plus ufltée. Or, fuivant les principes que nous avons établis au commencement de ce Livre, les fibres qui font vers K font en condenfation, pendant que celles qui font vers E font en dilatation. Ceci bien entendu, on conçoit que les deux pièces d’armures qui s’appuient bout à bout, forment un bon point d’appui en D, capable de réfifter aufli bien à la condenfation que fi elles n’en étoient qu’une, pourvu toutefois qu’elles foient bien ferrées l’une contre l’autre ; & fi cela n’étoit pas, il faudroit chafler entre elles un coin qui augmentât la pref-fion, comme on l’a fait aux barreaux coupés par un trait de feie. A cet égard la poutre armée doit donc être aufli forte que fi elle étoit d’une feule piece : c’eft une conféquence dire&e de ce que j’ai établi plus haut.
- Les fibres qui font vers E entrent en tenfion : c’eft pourquoi la piece A, qui fait l’office de tirant, eft d’un feul morceau dans toute la longueur de la poutre ou du bau. Et comme les Expériences que j’ai rapportées plus haut, prouvent que la fomme des fibres qui font en condenfation eft communément plus grande que celle des fibres qui font en dilatation, en faifant voir qu’un barreau fcié aux deux tiers de fa hauteur n’eft point affoibli , on doit en conclure que la piece A fera aflez forte fi elle s’étend à la moitié de l’épaifleur de la poutre.
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- Il fuit de ces confidérations que la poutre armée doit être aufli forte que fi elle étoit d’une feule piece. Mais ces deux élé-ments ne renferment pas toutes les circonftances qui doivent concourir pour rendre une poutre très-forte. Nous avons prouvé que la cohérence des couches ligneufes eft une condition très-importante : ainfi pour que la poutre armée dont il s’agit, foit aufli forte que fi elle étoit d’une piece, il faut que les pièces d’armure BB( PL XXlJ/,fig. 7 ) foient aufli intimement jointes à la meche A que fi le tout étoit d’un feul morceau : il faut que B B ne puifîe glifler fur A. Les endents c cc, ôte. font bien propres à produire cet effet ; ôt plus ils feront profonds, plus la cohérence des pièces fera grande : mais en augmentant la profondeur des endents, on tranche d’autant plus les fibres de la piece A ; onia rend donc moins capable de réfifter à la dilatation : ce qui fait appercevoir que pour donner à la poutre, ainfi armée , toute la force poflible, il faut que les endents aient une profondeur déterminée, de maniéré que la cohérence des armures avec la meche foit fuffifamment grande fans trop affoiblir la piece A• Nous avons cherché à déterminer par des Expériences ce point avantageux : mais il y a bien d’autres chofes à connoître.' Il faut examiner s’il y a à gagner en donnant aux poutres armées , ou aux baux, une convexité, ou un bouge FM, qu’ort nomme la Tonture ,* & pour rendre cette Expérience exa&e il ne faut pas charger tout d’un coup les pièces du poids qui doit les faire rompre : il faut les 1 aider fupporter quelque temps leur fardeau, afin de s’aflurer fi elles feront long-temps en état de conferver leur tonture. J’ajoute qu’il faut, pour parvenir à une plus grande économie des bois longs qui font les plus rares , eflayer de faire les meches, ainfi que les jumelles d’em-pature, d’un plus grand nombre de pièces courtes ; il faut examiner comment, ôc à quel endroit fe fait la rupture, ôcc. Nous allons fuivre féparément ces différents objets, conful-tant toujours l’Expérience,
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- Article I. Préparation pour les Expériences*
- Avant que de faire des pièces armées de plufieurs façons différentes , dans la vue de parvenir à faire avec plufieurs pièces courtes empâtées ou affemblées les unes avec les autres, les poutres des bâtiments civils, les baux & les quilles des bâtiments de mer, &c. fans perdre de la force qu elles ont quand elles font d’une feule piece ; nous avons fait faire des barreaux de Pin du Nord, donnant la préférence à ce bois parce qui! nous a paru dun tiffu plus uniforme que tous autres : de plus, pour avoir des bois plus comparables eu égard à la qualité, à l’âge, à Pexpofition, & dont chaque morceau fût compofé d’un pareil nombre de couches ligneufes, nous les avons tirés d’un même billon ; nous les avons pris d’un même côté comme A (PL XXII ,fig. 22 ), à une même diftance du cœur, comme de l’orbe B, ou de l’orbe C ; enfin toutes les pièces, tant des meches que des armures, ont toujours été affemblées dans un même fens, les couches ligneufes étant dans une fituation perpendiculaire relativement à la direction du poids qui les chargeoit comme E & F (PL XXIV9 Jig. 13 )• Je paffe rapidement fur toutes ces attentions; il me fuflit de rappeller ce que j’en ai dit fort au long au commencement de ce Livre.
- Voici la méthode qu’on a fuivié pour faire les barreaux armés avec exa&itude.
- La piece inférieure^ B (PL XXV, fig. 17 ) étoit parfaitement droite & de fil pour qu’elle ne fût pas tranchée ; on y fai-foit les endents F G Ôt f g, &c. plus ou moins profonds fui-vant les vues qu’on fe propofoit. On la courboit enfuite, en la faifant plier fur une calle K L, qu’on faifoit plus ou moins épaiffe fuivant qu’on vouloit que la courbure fût plus ou moins confidérable. On l’arrêtoit par les extrémités A B fur la table d’un établi P Q ; enfuite on traçoit les endents des pièces d’armure en les appliquant fur le côté de la piece courbé , après quoi on creufoit les endents en fuivant le trait. Les endents étant exadement faits, on affembloit les pièces d’armures
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- fur la meche ; on les arrêtolt avec des clous, & tout cela étoie aflez exa&ement exécuté pour que la piece armée parût être d un feul morceau. Quand on la détachoit de defFus rétabli, elle fe redreffoit fort peu.
- Article IL Expériences pour connaître lu force
- de rejjort & la force abfolue des Barreaux armés, comparées à celles des Barreaux qui font d’une feule piece.
- Nous avons fait faire quatre barreaux droits ( PI. XXJF, jig. 14) tout d’une piece, & qui n’étoient point armés: ils avoient 7 7 lignes de largeur, 1; lignes de hauteur : on les a numérotés A, B ,C, D.
- A, chargé de 80 livres, a plié de y lignes - ; & a rompu, étant chargé de 196 livres 7 onc.
- B y chargé de 80 livres, a plié de 5 lignes; & a rompu, étant chargé de 186" livres.
- C, chargé de 80 livres, a plié de y 7 lignes ; ôc a rompu, étant chargé de 182 livres onc.
- D y chargé de 80 livres , a plié de 6 7 lignes ; & a rompu, étant chargé de 160 livres.
- La force moyenne de ces barreaux s’eft donc trouvée de 181 livres 5 onces.
- Ayant reconnu la force des barreaux d’une piece, nous avons fait faire quatre autres barreaux armés ; mais ils étoient tout droits ( Figure 1 $ ), & on avoit obfervé de ne leur donner aucun bouge, afin qu’ils fulTent plus comparables aux barreaux dune feule piece. La meche, ainfi que les pièces d’armures, avoient chacune 7 7 lignes d’épaiffeur non compris les endents ; ainfi les deux faifoient un barreau de 1 ? lignes de hauteur, les endents avoient 2 lignes de profondeur. Ces barreaux furent numérotés EyFyGyH.
- E y chargé de 80 livres, plia de $ 7 lignes ; ôt rompit, étant chargé de 118 liv. 13 onc.
- F y chargé de 80 livres, plia de 3 7 lignes; & rompit, étant chargé de 126 livres 4 onc. P p p ij
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- G , chargé de 80 livres, plia de 4. J lignes; & rompit, étant chargé de pp livres 7 \ onces.
- H, chargé de 80 livres, plia de 6 -j- lignes ; ôt rompit, étant chargé de 160 livres.
- La force moyenne de ces barreaux s’eft donc trouvée de 126 livres 2 onces.
- Conféquences des précédentes Expériences«•
- Les pièces armées ont donc moins plié fous la charge , que celles qui étoient entières : cependant elles fe font trouvé plus foibles. Il eft vrai quelles- étoient droites, & que les pièces armées font ordinairement courbes. D’ailleurs nous ignorions alors bien des chofes qui importent à la force des pièces armées : nous nous propofâmes donc de mettre en compa-raifon des barreaux qui auroient une pareille courbure.
- Article III. Expériences pour mettre en compa-raifon deux Barreaux auxquels on avoit fait trois traits de fcie pour leur faire prendre une courbure pareille à celle de deux pièces armées à Vordinaire qu on vouloit leur comparer.
- Nous délirions avoir des bois courbes ; mais nous ne voulions pas qu’ils fulfent tranchés : c’eft pourquoi nous fîmes faire deux petits barreaux de 3 pieds de longueur, 7 j- lign. de largeur g h, & 1 f lign. de hauteur g i, ( PL XX^fig. 1). On fit à la partie fupérieure trois traits de fcie e b f, de 6 lignes de profondeur, & on les remplit avec des coins qu’on força allez pour faire prendre à ces barreaux une courbure dont la fléché etoit c d : ces deux barreaux furent numérotés A & fi.
- A, chargé de po livres, plia de 12 lignes j & étant chargé de iyi livres 14 onces, il rompit.
- B9 chargé de po livres, plia de 12 lignes5 ôc étant chargé de 16$ livres ± onces, il rompit.
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- Ainfi la force moyenne de ces deux barreaux étoit de 15g livres p onces.
- On a répété cette Expérience fur deux autres barreaux i leur force moyenne a encore été de 1 j 8 liv.
- Nous fîmes faire deux barreaux armés à l’ordinaire ( Figure 2. ) qui avoient , comme les autres, 7 £ lignes de largeur K H, ôc 1 $ lignes de hauteur Kl; les endents avoient deux lignes de profondeur. Les deux armures E9 B, avoient 6 lignes de hauteur comme les traits de fcie e b f ( Figure 1 ). Ils furent numérotés C9 D ; & la fléché de leur courbure C D 9 étoit égale à c d.
- C, étant chargé de 77 livres, plia de 12 lignes ; & étant chargé de 111 livres 12 onces, il rompit.
- D y étant chargé de 72 livres, plia de 12 lignes ; & étant chargé de 104 livres 12 onces , il rompit.
- La force moyenne de ces barreaux étoit donc de 108 liv. 4 onces.
- Deux barreaux tout pareils, excepté que les endents n’a-voient que 1 f lign. de profondeur, n’ont eu de force moyenne que 108 livres.
- Conféquences des Expériences précédentes.
- On voit que les barreaux fciés en deflus ( Figure 1 ), le font trouvés de f o livres $ onces plus forts que ceux qui étoient armés , & de 32 livres 7 onces plus forts que les barreaux entiers & droits de l’Expérience précédente ( PL XXIV9 Jig. 14). Nous avons dit que la profondeur des endents devoit beaucoup influer fur la force des pièces armées : c’eft ce que nous allons examiner dans l’article fuivant.
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- A RTiCLE IV. Expériences pour connoître quelle doit
- être la profondeur des endents, afin que les pièces armées foient capables d9une plus grande réjîjlance.
- Nous avons cru , pour les raifons que nous avons déjà rapportées , qu’il étoit néceffaire de connoître d’abord quelle doit être la profondeur des endents b e {PL XXV^fig. 3 ) relativement à la grolfeur des pièces F E & G K 9 pour les rendre capables de la plus grande force à grofleur pareille.Car en fuppofant des poutres armées de même longueur, & de même équarriffage , nous avons penfé, pour les raifons que nous avons rapportées , que des endents plus ou moins profonds dévoient influer fur la force & le reflort des pièces armées.
- Pour nous en éclaircir, nous avons fait faire douze barreaux armés, de 3 pieds de longueur, de 15 lignes de hauteur K F (Figure 3) & de p lignes de largeur I K. Chaque barreau étoit formé de trois pièces : la meche E F avoit toute la longueur du barreau, & étoit de même longueur que les deux armures ou jumelles G H ôc KH : à quatre de ces barreaux armés, les endents avoientune ligne de profondeur : à quatre autres, les endents avoient 2 lignes; & enfin à quatre autres, les endents avoient 2 7 lignes.
- Nous avons fait prendre à la meche, ou à la piece E Fy une courbure telle que la fléché D C ( Figure 2 ) avoit 12 lignes de longueur. Les pièces d’armures G H, K H, ont été affemblées fur la piece EF, comme nous l’avons expliqué plus haut. On a enfuite cloué, les unes aux autres ces pièces affemblées, avec des clous faits exprès d’égale groffeur, & qu’on a mis à des diftances pareilles. Quand les barreaux, ainfi armés, ont été mis en liberté, ils fe font redreffés au plus d’une ligne, de forte que la fléché C D avoit, à très-peu près, 11 lignes de longueur.
- Voici quelle a été leur force.
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- § 1. Pièces dont les enâents avaient une ligne de profondeur.
- N°. 1 . . . . 220 liv/1
- 2 . ... 23; lForce moyenne, 228 liv. 12 onc.
- 3
- 4
- . . 2ss . . 223
- § 2. Pièces dont les endents avaient deux lignes de profondeurs 180 livO
- N°. 1 . .
- 2 . .
- 3 .... 183
- %
- i Force moyenne, 170 liv. 8 onc.
- ^ . . . . 122
- $ 3. Pièces dont les endents avaient deux, lignes & demie de profondeur.
- N°. 1 .
- 2 .... 19$
- 3 .... 21;
- 4 •
- 213 liv.
- i<5q
- Force moyenne , 196 liv. 4 onc.
- Article V. Expériences pour connoître dans les poutres armées, quelle doit être la profondeur des endents, relativement au volume du bois qiion veut employer.
- Les Expériences dont nous allons rendre compte , ont été faites avec plus de précautions que les précédentes, & avec du bois de Chêne. Nous fuppofons ici qu’on a trois pièces de bois d’un même équarriffage : une E F ( Figure 4 ) pour faire la meche , ôt deux GH, KH, pour faire les armures. Il s’agit de favoir li en joignant ces trois pièces, il fera avantageux de faire les endents plus ou moins profonds. En augmentant la profondeur des endents, on augmente l’engrenage des pièces $
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- ôc l’on préfente plus de furface à la fomme des fibres qui font en contraction : il fera prouvé dans la fuite que ce point effc très-avantageux. Mais on diminue d’autant l’épaiffeur A H de la piece ; ce qui doit l’affoiblir. Les Expériences que nous allons rapporter, font pour décider quelle doit êtrelajufte profondeur des endents lorfque l’équarriflage des pièces eft donné. On a donc pris 28 barreaux de bois de Chêne dans un même.billon ôc dans un même orbe : ils avoient 3 pieds de longueur, 12 lignes de hauteur , ôc 10 lignes de largeur : ayant été affem-blés les uns fur les autres, ils ont fait 14 barreaux armés, qui, deux à deux, ont été entaillés à différentes profondeur pour faire les endents plus ou moins confidérables.
- § I, P RE M1E&E E X P É RI EN C E,
- A deux barreaux, les endents b c ( Figure 3 ) avoient demi-ligne de profondeur : leur hauteur totale A H étoit de 23 lignes.
- L’un de ces barreaux, N°. 1, étant chargé de 300 livres, plia de 5? lignes; ôc rompit, étant chargé de 375 livres.
- L’autre barreau, N°. 2, étant chargé de 300 livres, plia de 10 lignes 5 ôc rompit, étant chargé de 3 $0 livres.
- La force moyenne de ces barreaux qui étoient endentés d’~, étoit donc de 3 62 - livres.
- § 2. Seconde E x p é ri en c e.
- Un barreau, N°. 3 , dont les endents étoient d’une lignes ôt l’épaifièur A H de 22 lignes, étant chargé de 300 livres , plia de $ lignes ; ôc rompit, étant chargé de $00 livres.
- Un barreau femblable, N°. 4, étant chargé de 3 00 livres, plia de $ lignes; Ôc rompit, étant chargé de 47$ livres.
- La force moyenne de ces deux barreaux, qui étoient en-dentés d , étoit donc de 487 j livres.
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- § 3. Troisième Expérience.
- Un barreau ,N°. y, dont les endents étoient d’une ÿ ligne, & l’épaiffeur AH de 21, étant chargé de 300 livres, plia de 3 lignes ; ôc rompit, étant chargé de 580 livres.
- Un barreau femblable, N°. 6, étant chargé de 300 livres , plia de y lignes ; ôc rompit, étant chargé de 602 liv.
- La force moyenne de ces deux barreaux, qui étoient en-dentés dun huitième, étoit donc de ypi liv.
- § 4. Qu atrie m e Expérience.
- Un barreau , N°. 7, dont les endents étoient de 2 lignes, 6c l’épaiffeur A H (Fig. 4) de 20 lignes, étant chargé de 300 livres , plia de y f lignes ; ôc rompit, étant chargé de 604 liv.
- Un barreau femblable, N®. 8, étant chargé de 300 livres, plia de 6 f lignes ; Ôc rompit, étant chargé de yyo liv.
- La force moyenne de ces deux barreaux, qui étoient en-' dentés d’un fixieme, étoit donc de 577 liv.
- § y. Cinquième Expérience.
- Un barreau, N°. p , dont les endents étoient de 2 7 lignes , 6c l’épaiffeur AH de 19 lignes, étant chargé de 300 livres , plia de 6 f lignes; ôc rompit, étant chargé de y4y liv.
- Un barreau femblable, N°, 10, étant chargé de 300 livres, plia de 6 f lignes; 6c rompit, étant chargé de y y y liv.
- La force moyenne de ces deux barreaux, qui étoient en-dentés d’un cinquième, étoit donc de yyo liv.
- § 6. Sixième'Expérience*
- Un barreau, N°. ii , dont les endents étoient de 3 lignes, 6c l’épaiffeur AH (PU XXF. fig. 4) de 18 lignes , étant
- Qqq
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- chargé de 300 livres, plia de $ f lignes; & rompit, étant chargé de 57; livres.
- Un barreau femblable , N°. 12 , étant chargé de 300 livres, plia de alignes; 8c rompit, étant chargé de 500 liv. o La force moyenne de ces deux barreaux, qui étoient en-dentés d’un quart , étoit donc de 537 f livres.
- § 7. Septième Expérience.
- Un barreau, N°. 13, dont les endents étoient de 3 -J lignes, & l’épaiffeur AH de 17 lignes, étant chargé de 300 livres, plia de $ f lignes; 8c rompit, étant chargé de 573 liv.
- Un barreau femblable, N°. 14, étant chargé de 300 livres , plia de y j lignes , 8c rompit, étant chargé de $ 3 7 livres.
- La force moyenne de ces deux barreaux, qui étoient en-dentés d’un tiers, étoit donc de livres.
- § 8, Remarques fur les Expériences précédentes.
- Les Expériences que nous venons de rapporter, 8c particuliérement la fécondé fuite, peuvent fervir à réfoùdre le problème qu’on s’étoit propofé : favoir, Ayant des pièces d’un équarriflage fixe , quelle doit être la profondeur des endents pour que ces pièces étant alfemblées les unes avec les autres par des endents, il en réfulte une pièce armée la plus forte qu’il eft poflible ? 8c comme les barreaux qui ont été entaillés d’une ligne 8c demie ont été les plus forts 8c les moins pliants, il paraît réfulter de cette grande Expérience qu’ayant a armer une poutre, le point le plus avantageux eft de faire les endents de la huitième partie de la hauteur des pièces, £c qu’on pourroit régler la profondeur des endents à la feptie-me partie de la hauteur.
- Il eft fenfible que dans les Expériences que nous venons de rapporter, les barreaux qui avoient été préparés pour faire les armures 8c les meches, ayant été travailles fur de fem-blables dimenfions, les pièces armées avoient d’autant moins
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- DES B O I S. LIV. V, C H A P. VIII. 491
- d’épaiffeur que les endents avoient plus de profondeur ; de forte que fi les barreaux armés devenoient plus forts par l’augmen-tation des endents, ils devenoient plus foibles par la diminution de leur épaiffeur. Nos Expériences dévoient nous indiquer le point où une de ces caufes prédominoit fur l’autre , & cette connoiffance peut être très-avantageufe dans la pratique j mais elles ne donnent aucune idée de la profondeur qu’on doit donner aux endents pour faire une poutre armée d’une même épaiffeur qu’une qui feroit d’une piece, & déterminer dans ce cas quelle doit être la profondeur des en-dents. On confomme alors plus de bois, puifqu’il faut prendre les endents aux dépens des pièces qu’on affemble : mais il eft très-intéreffant de favoir quelle profondeur il faut donner aux endents pour fe procurer une poutre d’un équarriflage donné comme 18 ou 20 pouces, ôcc.
- Notre intention étant donc que tous les barreaux eulfent une même épaiffeur, nous avions débité les morceaux de bois qui dévoient former les barreaux armés de plus en plus épais, à proportion que les endents dévoient être plus profonds ; mais comme nous voulions que tous ces barreaux fuffent pris dans un même orbe, également éloigné du cœur de l’arbre , nous ne pûmes nous en procurer que de quoi faire fix barreaux armés.
- Article VI. Autre fuite d Expériences far des Barreaux armés & endentés à différentes profondeurs.
- § 1. Pièces dont les endents avoient me ligne de profondeur*
- 1 . . . iyq liv. 10 on'J.porce moyenne, 173 liv. 1 once J
- § 2. Pièces dont les endents avoient deux lignes de profondeur;
- 1 . ; . ip8 liv, 1 on."VForce moyenne, 1$$ livres une
- 2 ... 172 j demi-once.
- Qqqij
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- De la Force
- 49*
- § 3. Pièces dont les endents avoient deux lignes & demie de profondeur.
- 1 ... 169 Uv. 6 on»l Force moyenne • 184 liv. 10 onc.
- 2 . . . 199 14 J
- § 4. Remarques fur les Expériences précédentes;
- Suivant ces Expériences, il paroîtroit que les barreaux dont les endents étoient les plus profonds , ont été les plus forts ; mais n’ayant pas trouvé les différences affez confidéra-blés y nous avons cru devoir les répéter plus en grand.
- Article VIL Autre fuite d'"Expériences fur des Barreaux armés qui avoient des endents de différentes profondeurs.
- Nous avons fait faire neuf barreaux armés, femblables à ceux de l’Expérience précédente ; mais on a de plus obfervé combien il falloit de poids pour faire plier de 6 lignes les différents barreaux.
- S 1. Barreaux dont les endents avoient me ligne de profondeur.
- Poids gui ont fait plier les pièces de 6 lignes>
- liv.
- 6*
- 7 S
- Poids moyen, 7; liv.
- Poids gui les ont fait rompre, liv. onc.
- lit il \Force moyenne , 1J7 151 13 J llvres 4 onces*
- § 2. Barreaux dont les endents avoient deux lignes de profondeur<
- Poids gui ont fait plier les pièces de 6 lignes.
- Poids gui les ont faix rompre.
- !i
- 2
- 3
- liv.
- np q
- no VPoids moyen, 1041. 83 J
- 1 .
- 2 •
- 3 •
- liv. onc. 18 9 2
- 179 10 170 4
- }Force moyenne, 179 livres 10 onces.
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- jd e s Bois. Eiv, V. Chap. VIII. 493
- § 3. Barreaux dont les endents avoient deux lignes & derme de profondeur.
- Poids qui ont fait plier lespieces de 6 lignes.
- Poids qui les ont fait rompre.
- I
- £
- 3
- liv.
- 102, -v
- 11S >Poids moyen, i op I.
- no J
- 1
- 2 3
- liv. onc.
- 171 ?
- 184 8
- 2,05 5
- }Force moyenne, i27a livres 5 onces.
- § 4. Remarques fur les Expériences précédentes,
- Nous avons dit pourquoi nous nous âbftenions de conclure des premières Expériences, que les pièces peu endentées étoient les plus fortes, quoique nous ayons vu que celles qui n’étoient endentées que d’une ligne ôc demie, avoient plus porté que celles qui étoient endentées de trois lignes , parce qu’il étoit fenfible que les pièces qui étoient plus minces, dévoient être les moins fortes.
- Mais dans les dernieres Expériences où toutes les pièces avoient une même épaiffeur, on peut remarquer :
- i°, Que la force des barreaux dont les endents étoient de deux lignes, ou de deux lignes & demie, a été à peu près égale.
- 20, Que la force des barreaux endentés de deux lignes 9 eft plus grande de 11 livres i y onces 4 gros , que celle des barreaux dont les endents n’avoient qu’une ligne de profondeur ; d’où l’on peut conclure, qu’à volume égal, les plus profonds endents ont procuré plus de force que ceux qui étoient moins confidérables.
- On voit fur-tout par la derniere fuite d’Expériences, qui a été exécutée avec tout le foin poflible, Que la force moyenne des barreaux dont les endents étoient d’une ligne, a été de 157 livres 4 onces.
- Que celle des barreaux dont les endents étoient de deux lignes, a été de 179 livres 10 onces.
- Que celle des barreaux dont les endents étoient de deux
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- 494 De x A F o r c e
- lignes & demie , a été de 187 livres $ onces.
- Donc les barreaux endentés de deux lignes, ont eu un avantage de 22 livres 6 onces fur ceux dont les endents ont été d une ligne ; Ôc les barreaux qui ont été endentés de deux lignes & demie 9 ont eu 7 livres 11 onces d'avantage fur ceux qui n'étoient endentés que de 2 lignes.
- Cette augmentation de force eft à peu près proportionnelle à la profondeur des endents : & l'on voit de plus que les pièces qui avoient des endents plus profonds ont moins plié fous la charge que les autres.
- Quelque concluantes que foient les Expériences que nous venons de rapporter , l'objet eft li important pour les pièces qu'on fait de plufieurs morceaux endentés les uns dans les autres , que nous avons jugé à propos de la répéter d'une autre façon.
- Article VIII. Autres Expériences dans lefquelles on a fait les endents des Barreaux de différentes profondeurs.
- On a fait quatre barreaux d’affemblage d'égales dimenfions, à l'exception de la profondeur des endents : les voici.
- A deux barreaux cotés A 9 la profondeur des endents c à (PL XXV. fig. 4) étoit 9 favoir a d'une ligne & demie ; b 9 de 2 lignes & demie; c9 de 3 lignes & demie; d9 de 4 lignes & demie. En additionnant toutês ces fommes, la coupure verticale étoit de 12 lignes.
- Aux deux barreaux B ( même figure) la profondeur de tous les endents c d étoit d'une ligne, ôc la fomme de toutes les coupures perpendiculaires étoit de 6 lignes.
- Il eft bon de remarquer que les premiers endents a de la piece A ( Figure 4 ) n'ayant qu’une ligne de profondeur 9 cette partie de ces barreaux étoit aufli forte que la même partie des barreaux B, & c'eft à cet endroit que les pièces rompent ordinairement.
- La force moyenne des deux barreaux A 3 a été de 2.56 liv.’ 12 onces.
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- DES B O I S. L I V. V. C H A P. VIII.
- Et la force moyenne des deux barreaux B a été de 242 Üv. 7 f onces.
- Ce qui fait voir que dans ces Expériences , comme dans les précédentes, les barreaux A , dont les endents étoient plus
- Erofonds, ont été de 14 livres 47 onces plus forts que les arreaux B, dont les endents étoient moins profonds.
- L’objet que nous traitons nous a paru fi intéreflant, que nous n avons point balancé d’exécuter une autre fuite d’Ex-périences à deffein de connoître la jufte proportion quon doit donner à la profondeur des endents, pour avoir la plus grande force relativement à l’épaifTeur des bois.
- Article IX. Suite d! Expériences faites avec du bois de Chêne, pour connoître quelle profondeur il faut donner aux endents 3 relativement à la grojjèur des pièces.
- Nous avons jugé que les endents dévoient être plus ou moins profonds fuivant la grofleur des pièces ; ôc comme il nous parut convenable de faire ces Expériences avec du bois de Chêne, nous fîmes préparer 14 barreaux de Chêne pris dans un même plançon, à une pareille diftance du cœur de l’arbre, ôc qui contenoient tous à peu près un pareil nombre de couches annuelles. Ils avoient chacun 3 pieds de longueur > 10 lignes de hauteur ôc 10 de largeur. On fit faire avec ces morceaux de bois bien choifis :
- Deux barreaux dont les endents avoient 3 \ lignes de profondeur en B C, ôc il reftoit en A B & en D C9 6 y lignes de bois ; conféquemment l’épaifleur de la piece entière A D étoit de 16 y lignes.
- Deux autres barreaux avoient les endents BC de 3 lignes de profondeur, & il reftoit 7 lignes en AB Ôc en CD : ainft l’épaifleur de la piece entière étoit de 17 lignes.
- Deux autres barreaux avoient les endents de 2 lignes ôc demie de profondeur $ il reftoit 7 lignes ôc demie en AB Ôc en CD3
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- 45>6 -D £ i ^ Force
- ôc la hauteur de la piece étoit de 17 lignes Ôc demie.
- Deux autres avoient les endents B C de 2 lignes de profon* deur ; il reftoit 8 lignes en A B ôc en CD, ôc la hauteur de la piece étoit de 18 lignes. ^
- Deux autres barreaux avoient des endents C B d une lig. Ôt demie de profondeur : il reftoit en A B & en CD 8 lignes ôc demie ; & par conféquent Fépaifleur A D du barreau étoit de 18 r lignes.
- Deux autres barreaux avoient les endents B C d une ligne de profondeur : il reftoit p lignes en A B ôc en CD; ôt ainfi la piece entière étoit de ip lignes.
- Enfin deux autres barreaux avoient les endents BC d’une demi-ligne de profondeur : il reftoit p f lignes en AB ôc en CD 5 ainfi Fépaifleur de la piece entière étoit de ip f lignes.
- § 1, Premier e' Expérience.
- Le barreau N°. 1 9 ayant des endents d une demi-ligne de profondeur, qui eft un vingt-quatrieme de fa hauteur S, étant chargé de 300 liv. plia de p lignes; & rompit, étant chargé de 37^ livres.
- Le barreau femblable N°. 2 , étant chargé de 300 livres, plia de 10f lignes ; & rompit, étant chargé de 350 liv.
- La force moyenne de ces barreaux étoit donc de 3 62 liv. & demie.
- § 2. Seconde Expérience.
- Les barreaux ayant des endents d’une ligne de profondeur , ce qui fait un douzième de leur hauteur.
- N°. 1 chargé de 3 00 livres, plia de j lignes ; & rompit, étant chargé de joo livres.
- N°. 2 chargé de 3 00 livres, plia de $ lignes ; ôc rompit, étant chargé de 47 livres.
- La force moyenne de ces barreaux étoit de 487 7 liv,
- 5 3.
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- d £ s B o i s. Hiv. V. Chap. VIII. 4^7
- § 3, Troisième Expérience,
- Les barreaux ayant des endents d une ligne ôc demie de profondeur , ce qui fait un huitième de leur hauteur.
- N°. 1 chargé de 300 livres, plia de y lignes; ôc rompit, étant chargé de 580 livres.
- N°. 2 chargé de 300 livres, plia de y lignes ; & rompit, étant chargé de 602 liv.
- La force moyenne de ces barreaux étoit de $91 liv.
- § 4. Qu at rie me Expérience.
- Les barreaux ayant des endents de 2 lignes de profondeur, ce qui fait un fixieme de leur hauteur.
- N°. 1 chargé de 300 livres, plia de y -Jlignes; ôc rompit, étant chargé de 604 liv.
- N°. 2 chargé de 300 livres, plia de 67 lignes ; Ôc rompit, étant chargé de y 50 liv.
- La force moyenne de ces barreaux étoit de y 77 liv.
- $’y. Cinquième Expérience.
- Les barreaux ayant des endents de 2 ^ lignes de profondeur , ce qui fait à peu près un cinquième de leur hauteur.
- N°. 1 chargé de 300 livres, plia de 6 f lignes ; ôc rompit, étant chargé de y4y livres.
- N°. 2 chargé de 300 livres, plia de 6 f lignes ; ôc rompit, étant chargé de yyy livres.
- La force moyenne de ces barreaux étoit de yyo liv,
- § 6. Sixième Expérience.
- Les barreaux ayant des endents de 3 lignes de profondeur, ce qui fait un quart de leur hauteur.
- N°. 1 chargé de 300 livres , plia de y y lignes ; ôc rompit, étant chargé de $7$ liv.
- N°. 2 chargé de 300 livres, plia de 6 f lignes 5 ôc rompit, étant chargé de 500 liv.
- La force moyenne de ces barreaux eft de y37 t liv.
- Rrr
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- 4c>8 De i a Force
- § 7. Septième Expérience.
- Les barreaux ayant des eridents de 3 f lignes de profondeur, ce qui fait à peu près un tiers de leur hauteur.
- N°. 1 charge de 300 livres, plia de 6 lignes 5 & rompit, étant chargé de 57$ livres.
- N°. 2 chargé de 300 livres, plia de 6 f lignes; & rompit, étant chargé de ^37 liv.
- La force moyenne de ces barreaux eft de 5$6 liv.
- § 8. Conféquences des Expériences précédentes.
- Ces Expériences font voir :
- 10, Qu’il y a une proportion déterminée pour donner aux endents des armures une profondeur qui rende les pièces armées capables de la plus grande réfiftance.
- 20, Que les deux barreaux dont les endents n avoient qu’une demi - ligne de profondeur, ont été les plus foibles , favoir 362 jliv.quoiqu’ils euffent 6 lignes de plus en hauteur ADf que la derniere paire qui a eu 213 \ liv. plus de force que la première paire.
- 3°, Que les endents augmentent la force des armures à me-fure qu’ils ont plus de profondeur, jufqu’à ce quelles parviennent à peu près à la huitième partie de l’épaifleur de la piece. Pafle ce terme, les pièces deviennent d’autant plus foibles , à mefure qu’on augmente la profondeur des endents. Car la plus grande force s’eft trouvée à la troifieme paire, dont les endents avoient en profondeur la huitième partie delà hauteur E G de la piece armée ( Planche XXV,fig. 3 ou 4).
- 4° > Que toutes les pièces armées de cette Expérience ; excepté la première paire, étant chargées de 300 livres, qui eft plus de la moitié du poids qui les a fait rompre, n’ont plié, fous cette charge, que de la quatrième partie de l’é-paiffeur entière de la piece : ce qui prouve qu’une piece armée eft encore bien forte quand la charge la fait plier du quart de toute fa hauteur A C, ( Figure 8 ).
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- des Bois, £iv. V. Chap. VIII. 4pp
- '5°, Comme les Expériences font voir que pour procurer aux pièces plus de réfiftance, les endents des armures ne doivent pas être moindres de la huitième partie de la hauteur de la poutre qu’on veut former de plufieurs pièces d’affemblage , ni excéder la fixieme partie , on pourroit établir pour réglé qu’elles doivent être de la feptieme partie.
- Article X. Réfultat des Expériences que nous
- avons faites pour connoître s’il étoit a propos de beaucoup multiplier le nombre des endents.
- Il eft fenfible que fi Ton faifoit à la partie AB ou B H (Fig. 5) des endents fort longs, il y auroit trop peu de points d’appui pour réfifter au refoulement des fibres qui font en con-denfation lorfque les pièces font chargées ; ôc que fi l’on mul-tiplioit trop les endents, ils pourroient fe détacher, comme D B A ( Fïg. i o), & cela nous eft arrivé plufieurs fois. Nous avons conclu de plufieurs Expériences, qu’il falloit donner aux parties AE ou EH (Fig.$) au moins 22 fois la profondeur H1 des endents.
- Ayant établi par nombre d’Expériences quelles doivent être la longueur ôt la profondeur des endents, pour que les pièces armées foient les plus fortes qu’il eft poflible, nous nous fommes propofés d’examiner quelle doit être la proportion entre les pièces d’armure & la meche, ou la piece qii’on arme.
- Article XI. Expériences pour connoître quelle épaijfeur relative on doit donner aux meches & aux pièces d'armures.
- § 1. Première fuite d Expériences.
- On a fait fix barreaux armés comme les précédents, avec du Chêne de Bourgogne. Tous étoient d’une même longueur, d’une même épaiffeur ôc d’une même largeur. Mais à deux, A & B, on a donné aux armures 7 7 lignes de hauteur, Ôc à la
- R r r i j
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- ,oo D E i A Force
- meche, 8 7 lignes : à deux autres, C & D, 011 à donné aux armures 8 lignes de hauteur, ôt auffi 8 lignes à la meche : enfin aux deux autres, E & F, 8 f lignes de hauteur aux armures , &7j lignes à la meche.
- Le barreau A e'tant chargé de 200 livres, plia de 11 lignes ; & rompit, étant chargé de 340 livres 12 onces.
- B, chargé de 200 livres, plia de 13 lignes ; & rompit, étant chargé de 2^4 livres y onces.
- Leur force moyenne étoit donc de .317 livres 8 onces.
- C, chargé de 200 livres, plia de 9 lignes; ayant perdu fon bouge, il rompit, étant chargé de 344liv.
- D , chargé de 200 livres, plia de 11 lignes; & rompit, étant chargé de 300 livres.
- Leur force moyenne étoit donc de 322 livres.
- E, chargé de 200 livres, plia de 11 f lignes ; & rompit, étant chargé de 320 livres.
- F, chargé de 200 livres, plia de 11 7 lignes; & rompit^ étant chargé de 300 livres.
- Leur force moyenne étoit donc de 310 livres.
- § 2. Seconde fuite d?Expériences,
- A, armé au tiers de fon épaiffeur, étant chargé de 100 livres, plia de 13 lignes ; & rompit, étant chargé de 123 livres.
- B, de même armé au tiers de fon épaiffeur, étant chargé de 100 livres, plia de 13 lignes; & rompit, étant chargé de 134 liv. 3 onc.
- Ainfi la force moyenne de ces deux barreaux étoit de 228 liv. 9 y onc.
- C, armé à moitié de fon épaiffeur , étant chargé de 100 livres, plia de 14 \ lignes ; & rompit, étant chargé de J 3 4 liv. 1 o onc.
- D} de même armé à la moitié de fon épaiffeur, étant chargé de 100 livres, plia de 17 lignes; ôc rompit, étant chargé de >126 livres une once.
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- des Bois. Liv. V. Chap. VIII. joi
- Ainfi la force moyenne de ces deux barreaux étoit de 130 liv. 5 7 onc.
- E , armé aux deux tiers de fon épaifleur, étant chargé de 100 livres, plia de 15 lignes; ôc rompit, étant chargé de 12 6 livres 3 onces.
- F, de même armé aux deux tiers de fon épaifleur, étant de 100 livres, plia de 13 lignes; ôc rompit, étant chargé chargé de 141 livres 4 onces.
- Ainfi la force moyenne de ces deux barreaux étoit de 13$ livres 12 - onces.
- § 3. Troijieme fuite d’Expériences*
- Six barreaux de 16 lignes de hauteur.
- Deux barreaux dont l5armure avoit 6 lignes de hauteur ôc la meche 10 lignes ; leur force moyenne fut de 261 livres 14 onces.
- Deux barreaux dont l’armure avoit 8 lignes de hauteur Ôc la meche pareillement 8 lignes ; leur force moyenne fut de 287 livres 6 onces.
- Enfin deux barreaux dont l’armure avoit 10 lignes de hauteur ôc la meche 6 lignes ; leur force moyenne fut de 248 liv.
- § 4. Quatrième fuite dt Expériences,
- On fit encore fix barreaux.
- A deux, l’armure avoit 7 lignes d’épaifleur ôc la meche p ; leur force moyenne fut de 287 livres $ onces.
- A deux autres, l’armure, ainfi que la meche, avoient 8 lignes de hauteur; leur force moyenne fut de 301 liv. 12 ÿ onc.
- Enfin aux deux autres , l’armure avoit p lignes de hauteur & la meche 7 lignes ; leur force moyenne fut de 21 p liv. $ f onc.
- § J. Cinquième fuite $Expériences,
- On fit de plus fix autres barreaux.
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- ÿoî De x A Force
- A deux barreaux, l’armure avoit 6 -f lignes d’dpaifleur, 5c la meche 8 - lignes ; leur force moyenne fut de 303 livres 3 onces.
- A deux autres, f armure avoit 7 lignes de hauteur , & la meche de même ; leur force moyenne fut de 3 1 o liv. 3 onc.
- Enfin à deux autres, l’armure avoit 7 lignes de hauteur, & la meche 8 lignes ; leur force moyenne fut de 262 liv. 11 f onc.
- Nota que nous avons répété toutes les Expériences dont nous venons de parler fur des pièces endentées, comme le repréfente la Figure 7 ; EF, la largeur des entailles ; GE, le bois qui reftoit entre les entailles ; I H, la profondeur des entailles : & les réfultats des Expériences ont été à peu près les mêmes.
- § 6, Sixième fuite dy Expériences.
- Première Expérience,
- Deux barreaux dont les armures avoient 6 lignes d’épaifleur , & les meches 10 lignes ; force moyenne 261 liv. 14 onc.
- Deux barreaux dont les armures avoient 8 lig. d’épaiffeur, & les meches de même 8 lignes; force moyenne 287 livres 6 onces.
- Deux barreaux dont les armures avoient 10 lig. d’épailfeur, êt les meches 6 lignes ; force moyenne 248 liv.
- Seconde Expérience.
- Deux barreaux dont les armures avoient 7 lignes d’épaifieur, & les meches p lignes ; leur force moyenne 287 liv. J onc.
- Deux barreaux dont les armures avoient 8 lignes d’épaifleur, ôc les meches de même 8 lignes; leur force moyenne 301 liv. 12 onces.
- Deux barreaux dont les armures avoient p lignes d’épaifleur^ & les meches.7 lignes ; leur force moyenne 2ip liv. 5 onc.
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- Troisième Expêrience.
- Deux barreaux dont les armures avoient 6 ~ lig. de hauteur, & les meches 8 f lignes ; leur force moyenne a été de 303 liv, 3 onces.
- Deux barreaux dont les armures avoient 7 f lignes de hauteur , & les meches de même 7 { lignes ; leur force moyenne a été de 310 livres 3 onces.
- Deux barreaux dont les armures avoient 7 lignes de hauteur, & les meches 8 lignes; leur force moyenne a été de 262 livres n onces.
- Qu a t rie me Expérience,
- Deux barreaux dont les armures avoient 7 £ lignes de hauteur , & les meches 8 \ lignes ; leur force moyenne a été de 317 liv. 8 onc.
- Deux barreaux dont les pièces d’armures avoient 8 lignes, & les meches aufli 8 lignes d’épaiffeur ; leur force moyenne a été de 322 liv. 4 onc.
- Deux barreaux dont les pièces d’armures avoient 8 \ lignes , ’& les meches 7 \ lignes de hauteur ; leur force moyenne a été de 31 o livres.
- Voilà bien des faits qu’on peut combiner par le calcul, & nous aurions volontiers épargné ce foin au Le&eur , li nous n’étions pas forcé d’abréger, pour ne point trop grolfir ce Volume ; nous nous bornerons donc à tirer de toutes ces Expériences quelques conféquences générales.
- § 7. Conféquences qu'on peut tirer des Expériences précédentes•*
- Il paroît, par ces Expériences, que les plus forts barreaux ont été ceux où les pièces d’armure avoient la même hauteur que les meches, & que les plus foibles étoient ceux où les armures avoient moins de hauteur que les meches,
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- 504 De la Force
- Nous avons exécuté de pareilles Expériences fur des barreaux plus forts ; mais comme le réfultat a été à peu près pareil , nous n’en parlerons point. Nous allons rapporter les Obfervations que nous avons faites fur la façon dont ces barreaux ont rompu.
- Article XII. Obfervations fur la façon dont les Barreaux ont rompu.
- En examinant avec attention tous les barreaux rompus; nous avons apperçu que c’eft toujours la meche qui romjDt, au milieu 6c au-aelfous de la réunion des deux armures, a l’en-droit CG F (Figure 6) ; aux uns, les éclats s’étendoient du côté droit, ôt aux autres du côté gauche. On voyoit encore que les endents fouffrent une grande contradion : on Fappercevra encore mieux par les détails ou nous allons entrer.
- Aux barreaux dont les endents n avoient qu’une demi-ligne de profondeur, les endents, tant des armures que de la meche , fe font refoulés, les pièces ont gliffé les unes fur les autres, 6c la meche a rompu au milieu, ( Figure 8 ).
- Aux barreaux dont les endents avoient une ligne de profondeur , les endents fe font emportés d’un côté feulement. A ( Figure p ) s’eft plus déchiré que B ; B, plus que C ; ôc C, plus que D : l’autre côté de la piece eft refté dans fon état naturel , les endents étant feulement un peu refoulés.
- Aux barreaux dont les endents avoient une ligne Ôc demie de profondeur, les endents fe font refoulés dun côté feulement; à l’autre côté E Z), (PL XXV, figure 10) ils font relias dans leur état : le premier endent ABC s’eft détaché tout entier fuivant le fil du bois.
- Aux barreaux dont les endents avoient deux lignes de profondeur, les endents fe font moins refoulés, mais toujours d’un même côté A, ( Figure 11 ) : ils ont rompu au milieu de la meche, où les fibres fe font arrachées par filaments.
- Aux barreaux dont les endents avoient 2 £ lignes de profondeur , les endents n’ont point éprouvé de refoulement fen-
- fible
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- Fible (Figure 12) : ils ont rompu au milieu par grands filaments.
- Aux barreaux dont les endents avoient 3 lignes de profondeur , il n’y a point eu de refoulement ; mais un endent A B C9 ( Figure 13 ) s’efi: détaché en entier : la meche a rompu au milieu par filaments.
- Aux barreaux dont les endents avoient 3 7 lignes de profondeur, les endents ( Figure 14) font reliés dans leur entier : la meche a rompu aü milieu ôc par filaments ; mais- comme elle étoit mince, elle n’a pas porté un aufli grand poids que les autres.
- On voit dans les endents l’effet de la compreflion des fibres, Ôc dans les meches les effets dune grande tenfion; étant forcées d’obéir à cette puiffance, elles ont rompu, comme on le voit ( Figure 1 $ ). Ces réflexions nous ont engagé à faire encore les Expériences fuivantes.
- Article XIII. Expériences pour connoître L’effet de la contraction des fibres qui font en refoulement.
- § 1. Première fuite d)Expériences.
- Nous avons pris fix barreaux armés (Figure 16).
- Deux, N°s. 1 & 2, étoient armés au tiers, de forte que l’armure A B avoit 4 f lignes de hauteur, ôc la meche C D. 8* %
- Deux,.N0S. 3 ôc 4, étoient armés à moitié, de forte que l’armure A B avoit 6 7 lig. de hauteur, ôc la meche C D aulîi 6 i lig.
- Deux, N°s. $ Ôc 6, étoient armés aux deux tiers, de forte que l’armure A B avoit 8 f lig. de hauteur, ôc la meche CD 4 f lig.
- Les endents avoient 2 lig. de profondeur, ôc la hauteur totale A C des barreaux étoit de 13 lig. non compris la profondeur des endents.
- Comme nous favions que ces barreaux dévoient porter aux
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- environs de 130 livres, nous les chargeâmes peu à peu de 100 livres ; puis nous ôtâmes les poids pour mefurer ce que chaque barreau avoit perdu de fa courbure, étant chargé de ce poids.
- N°. 1 avoit perdu 4 -J lignes ; N°. 2,37 lignes ; N®. 3 ^ 3 j lignes ; N°. 4,47 lignes ; N°. 5,27 lignes ; N°. 6 , 2 7 lignes.
- On voit, par cette Expérience, que les pièces dont les en-dents étoient moins confidérables, ont plus perdu de leur courbure ; & fi le N°. 4 s'eft un peu éloigné de cette réglé, il faut faire attention, pour cette Expérience comme pour toutes les autres, que malgré la grande adreffe de celui qui travail-loit les barreaux, il étoit prefque indifpenfable que quelques-uns fuffent moins exactement travaillés que les autres.
- § 2. Seconde fuite dé Expérience s.
- Nous ne prîmes qu'un feul barreau, & nous le chargeâmes dun même poids ; mais pendant différents intervalles de temps.
- Ce barreau ( Figure ip ) avoit 3 pieds de longueur A B, 7 lig. de largeur ffC, & 14 lig. de hauteur totale CD. Les pièces d’armure D B ayant 6 lignes d’épaifîeur, & la meche B C ayant pareillement 6 lignes; les endents FG g, &c. avoient 2. lignes de profondeur.
- Premiers Expérien ce.
- Ce barreau étoit appuyé par fes extrémités , on le chargea dans le milieu ; Ôc pour le faire plier jufqu'à la ligne droite A B ( Fig. 17), il fallut le charger de po livres : ainfi ce poids le fit plier de L K égal à 7 7 lig. L'ayant déchargé tout de fuite, on n'apperçut aucun dommage fenfible : mais ayant mefuré fa courbure , elle étoit diminuée d'une demi-ligne.
- On le chargea du même poids ; & on le laifla chargé pendant 24 heures : au bout de ce temps, il fe trouva avoir plié de ïo lig. Etant déchargé, fa courbure étoit diminuée de 2 lig.
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- On le chargea du même poids ; ôc 48 heures après, il avoir plié de 107 lig. L'ayant déchargé, fa courbure étoit diminuée de 27 lig.
- On le chargea du même poids ; Ôc l'ayant laiffé en charge pendant 8 jours, il avoitplié de 10 lignes : après l'avoir déchargé , il avôit perdu 2 j lignes de fa courbure.
- On le chargea de nouveau de po livres, ôc au bout d'un mois il avoit plié de 12 ± lignes ; étant déchargé, il avoit perdu 4 lignes de fa courbure.
- En le vifitant, on remarqua que' la jointure H1 ( Fig. ) 17 ) étoit fort élargie ; ôc les fibres, de part Ôc d'autre de ce joint, étoient refoulées : les deux endents G g étoient un peu refoulés ; les autres ne l'étoient prefque point, ôc les fuivants point du tout.
- Seconde Expérience.
- On remit ce barreau à fa première courbure en le tenant affujetti fur la cale K L ( Fig. 17 ) ; alors la jointure HI parut beaucoup plus élargie : on introduifit dans ce joint un coin de bois dur,& l'ayant remis en liberté, il conferva fa première courbure égale à 7 ± lig.
- On le chargea de nouveau de po livres : il plia fous ce poids comme la première fois, jufqu’à perdre toute fa courbure ; qui étoit de 7 7 lig. L'ayant laiffé en charge pendant une demi-heure, ôc l'ayant enfuite déchargé, il avoit perdu une lig. de fa courbure. *
- On le chargea encore du même poids de po livres ; Ôc 24 heures après, il avoit plié de 10 lignes; étant déchargé, il avoit perdu 2 lig. de fa courbure.
- On le chargea encore de po livres; ôc un mois après, il avoit plié de 13 lig. étant déchargé , il avoit perdu 3 \ lig. de fa courbure.
- Après toutes ces épreuves, la jointure HI s'étoit encore un peu ouverte, le bois s'étoit refoulé, ôc le coin ne tenoit prefque plus. On remarqua que les fibres s'étoient refoulées a la partie fupérieure en MMM, où il s’étoit formé un
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- Ï>etit bourrelet, comme un repliement des fibres les unes contre es autres.
- On n apperçut aucun dommage à la partie inférieure, finon que les endents depuis iV jufqu’à 0 étoient un peu refoulés, ôc les autres point du tout.
- TROISIEME Ex? ÉRIEX CE.
- Comme ce barreau ne pouvoit être d’aucune utilité dans cet état, on coupa l’armure en JV & en 0 ( Fig. 17 ), & cette partie N 0 faifoit le tiers de la longueur du barreau. Alors le barreau fe redreffa prefqu’entiérement : il refta feulement un peu de courbure vers les extrémités à caufe des endents TTT} &c. qui étoient reftés en place.
- On remit le barreau fur la cale K L , pour lui faire reprendre fa première courbure, & on ajufta dans la place NO un morceau d’armure^ (Fig. 18). On ajufta enfuite deux autres pièces femblables E F9 F G, qui avoient la même largeur B Cque le barreau.
- Il faut concevoir que la piece 0 avoit fa hauteur C E égale à la hauteur E D de la Figure 17 : la fécondé piece E F avoit 3 lignes de plus d’épaiffeur que C E ,* & la troifieme F G avoit 6 lignes plus de hauteur que C E.
- Ces trois pièces étoient fi exactement travaillées, qu’en les mettant en place, & les preffant fortement contre la meche, le barreau prenoit précifément fa première courbure 7 £ lig.
- On s’étoit abftenu de clouer ces morceaux d’armure fur la meche, afin de pouvoir les changer à volonté.
- On mit la première piece N V O ( Fig. 18 ) à l’endroit N 0 ( Figure 17 ) ; on la lia fortement avec de la ficelle fur la meche A B ; on la chargea enfuite de po livres : mais ce poids n’ayant pas été fuffifant pour la faire plier de 7 7 lignes, ou de toute fa courbure , on fut obligé d’ajouter des poids ju£> qu’à 120 liv.
- Alors on ôta cette première piece N VO ; & l’on mit à la place la fécondé 2 E, qui avoit 3 lignes d’épaiffeur de plus 5
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- on- la lia à la meche avec de la ficelle ; & pour faire perdre au barreau fa courbure , il fallut le charger de 140 liv.
- Enfin on ôta encore ce fécond morceau d’armure, on y fubftitua le troifieme 3 F; & pour faire perdre au barreau fa courbure, il fallut le charger de 170 liv.
- Si l’on fait attention que le barreau a été de 30 livres fort lorfquon a eu fubftitué la piece NV0 (Figure 18 ) piece NO ( Fig. 17 ), quoique la piece qu’on avoit ajoutée ne fût pas plus forte que celle qu’on avoit retranchée, on eft difpofé à en conclure que les armures faites de trois pièces feroient plus fortes que celles de deux. Ce fait, qui met en état de fubftituer des bois courts à des bois longs, nous a paru affez intéreflant pour nous déterminer à nous en affiner
- Ï>ar des Expériences particulières que nous rapporterons dans a fuite ; mais il faut auparavant faire quelques réflexions fur les Expériences précédentes.
- § 3. Remarques fur FaSHon des fibres ligneufes lorfque les Barreaux armés font chargés.
- Par la conftru&ion du barreau armé qui a été chargé de po livres pendant différents intervalles de temps, on conçoit qu’étant appuyé par fes extrémités, & chargé dans le milieu, les fibres de la partie fupérieure, ou des armures, ont entré en contraétion a mefure que le barreau a plié fous la charge, & tous les joints fe font comprimés pendant que les fibres qui compofoient la partie inférieure, ou la meche, étoient toutes en tenfion. Ces vérités ont été démontrées au commencement de ce Livre ; & les Expériences que nous venons de rapporter les mettent dans une entière évidence.
- Effectivement puifque ce barreau, chargé de po livres à différentes reprifes, & pendant des intervalles de temps inégaux , perd une portion de fa courbure lorfqu’on l’a déchargé , s’approchant de la ligne droite à chaque reprife , & toujours relativement au temps que le barreau a demeuré chargé , il faut que les fibres ligneufes, qui par la rencontre des endents
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- entretiennent cette courbure, perdent de leur reffort à mefure que le barreau perd de la Tienne. Sont-ce les fibres qui font en contradion, ou celles qui font en dilatation, qui foufFrent cette perte ? Nous avons déjà difcuté cette queftion ; mais lës Expériences que nous venons de rapporter, nous engagent à y revenir, parce quelles fourniffent de nouvelles preuves de ce que nous avons avancé.
- On a vu que notre barreau ayant demeuré pendant deux mois chargé de po livres, a plié de 12 f lignes, ôc qu’étant déchargé il avoit perdu 4 lignes de fa courbure. La jointure HI (Fig. 17) fut trouvée beaucoup élargie; on a rempli cette ouverture avec une nouvelle piece d’armure qui l’a remis au degré de courbure que le barreau avoit perdu. Dans cet état, il a été chargé une fécondé fois de po livres pendant les mêmes intervalles de temps , ôc à chaque reprife il s’en eft fuivi les mêmes effets qu’à la première épreuve.
- La nouvelle piece d’armure qu’on a introduite dans l’ouverture du joint, ayant rendu au barreau la force qu’il avoit perdue par la première épreuve, ceci eft exadement pareil à ce qui eft arrivé à nos barreaux fciés. Le coin que nous avons mis dans le trait de la fcie a bien pu réparer le refoulement des fibres qui étoient en contradion ; mais il n’a rien pu produire fur celles qui étoient en dilatation. On a donc lieu de penfer que ces fibres n’avoient point été affoiblies dans la première épreuve, puifqu’à l’aide du coin, ou du morceau d'armure, le barreau a foutenu dans la fécondé épreuve, ôc dans les mêmes circonftances, la même charge qu’à la première. Donc , ce barreau qui étoit près de rompre, ayant plié de 12 F lignes à la première épreuve, n’a été dans cet état que par le défaut du reffort des fibres contradées qui s’étoient refoulées ôc racourcies dans tous les endroits 011 elles fe touchoient.
- Nous fournies donc difpofés à conclure de cette derniere Expérience, comme nous l’avons déjà fait plus haut, que les barreaux armés perdent principalement leur force par le défaut du reffort des fibres qui font en contradion, lefquels fe refoulent,mutuellement aux points de leur contad, ôc que les
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- fibres en dilatation influent peu dans le cas dont il s’agit.
- Cette conféquence paroît confirmée par la troifieme épreuve,1 lorfqu’après avoir coupé la partie N O ( Figure 17 ) qui avoit été refoulée pendant la fécondé épreuve, on a vu ce même barreau rétabli par le morceau d’armure N 0 ( Figure 18 ), ôc fa force beaucoup augmentée par le morceau G 3. Ces morceaux d’armure n’ont fait, comme les coins, que remplacer les fibres qui étoient refoulées aux points de contaét Car fi, par fuppofition, les fibres en dilatation avoient perdu par la première opération un peu de leur force, il eft évident que cette meche, après tant d’épreuves, n auroit pas foutenu un poids près du double des premières fans avoir plié davantage : d’où l’on peut conclure que les fibres qui font en dilatation , s’affoibliflfent peu jufqu’au moment de leur rupture.
- On pourroit croire cependant que les fibres qui entrent en dilatation, pourroient bien avoir acquis par la tenfion un peu de longueur, ôc qu’elles auroient contribué par-là en quelque chofe à l'ouverture du joint HI ( Fig. 17 ). Nous avons penfé au commencement de ce Livre, que cet allongement pouvoit avoir lieu, mais que fon effet étoit beaucoup moins fenfible que la contra&ion des fibres qui font en condenfation : cependant fi on fe rappelle que quand, à la troifieme Expérience, on a mis en place à l’endroit N 0 ( Figure 17 ) la piece d’armure G 3 ( Fig. !i 8 ), elle a aufïi précifément rempli l’efpace NO, que les pièces 2. F & 1 E, {Figure 18), de forte que la courbure du barreau étoit toujours 7 7 lignes ; il eft clair que cela n’auroit pas été, fi les fibres qui étoient en tenfion s’étoient allongées, puifque les trois pièces d’armure 1L2F&3G, étoient de même longueur.
- Il paroît donc affez bien prouvé par ces trois Expériences :
- i°, Que les fibres ligneufes des barreaux armés qui ont formé la meche, ôc qui ont été fortement tendues au point d’être près de rompre , n’ont été ni allongées ni affoiblies fenfiblement, jufqu’à ce quelles aient été rompues.
- 20, Que les fibres des armures qui font comprimées , fe refoulent, quelles perdent une partie de leur longueur ôc le reffort qui pourroit les rétablir.
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- Cela prouve que dans les pièces armées , il faut donner aux endents affez de profondeur pour augmenter la furface des parties qui s’appuient les unes fur les autres , toujours relativement à la réfiilance des fibres qui font en tenfion ; Ôt cette conféquence s’accorde à merveille avec le réfultat des Expériences que nous avons faites pour connoître la profondeur qu’on devoit donner aux endents dans les barreaux armés/ Aux uns, les endents n’avoient qu’une ligne & demie de profondeur; aux autres, 2 j- lignes; aux autres, 3 / lignes, Ôc aux autres, &c.
- Voyant que nos barreaux armés rompoient toujours au-deffous des armures & au milieu des meches, nous foupçon-nâmes que l’augmentation de force du barreau (Figure 17 ) par l’addition des pièces d’armure 2 F & 3 G de la Figure 18 y pouvoit venir de ce que ces pièces étoient plus épaifles que la première piece N VO ; nous imaginâmes de fortifier ces barreaux armés ainfi que nous allons l’expliquer.
- Article XIV. Expériences pour sajfurer fi Uon peut augmenter la force des Barreaux armés en mettant une petite engraijfe fur la réunion des deux armures.
- La force moyenne des barreaux armés AB (Figure ip ), de 3 pieds de longueur, de 7 lignes de largeur & de 12 lignes de hauteur, dont les endents ont 1 f ligne de profondeur , a été reconnue être de 108 livres.
- Nous avons fait faire deux barreaux pareils armés A & B (Fig; ip ) ; & fur la jon&ion b des deux pièces d’armure, nous avons fait mettre une petite planche a e c qui eft pon&uée fur la Figure ip : elle avoit 1 ± ligne d’épaiffeur en f, & finiffoit à rien du coté a & du côté c ; la force moyenne de ces deux barreaux a été de 127 livres; c’eft-à-dire, de ip livres plus forte que celle des autres barreaux : je l’attribue à ce que la petite planche a e c faifoit que la charge étoit diftribuée fur
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- «me plus grande longueur du barreau. Il faut* voir maintenant fi Ton peut augmenter la force des barreaux en faifànt les armures de trois pièces au lieu de deux.
- Article XV. Comparaifon des Barreaux armés à Vordinaire y dont Varmure nejl que de deux pièces avec des Barreaux dont Varmure ejl de trois pièces.
- Nous avons encore éprouvé la force de deux barreaux armés dont la meche ou le tirant A B {PI. XXV, fig. ip ) étoit d’une piece, ôc l’armure ED, de deux pièces a c. Ces barreaux àvoient 3 pieds de longueur A B, 16 lignes de hauteur CD , & 8 lignes d’épaiffeur E Fÿ leur force moyenne s’eft trouvée de 3^7 livres.
- Deux barreaux de pareilles dimenfions, mais dont l’armure étoit formée de trois pièces C,D,E } ( Figure 20 ), ont rompu étant chargés de 304 livres. C’eft 53 livres moins que ceux dont l’armure étoit de deux pièces.
- Cette différence de ce qu’on a vu. Art. XIII, vient de ce que dans cette dernière Expérience, outre la compreffion des endents h h, il s’en efl’ fait enf&enG, au lieu qu’à l’Article XIV y les pièces qu’on fubftituoit à la piece NO (Figure 17) rempliffoient le vuide que la cômpreflion précédente avoit occa-fionné : & je crois que fi l’on avoit chaffé des coins dans les joints F G de la Figure 20, ces barreaux auroient été plus forts que ceux de la Figure ip ; mais nous reviendrons fur ce point.
- Article XVI. Récapitulation de ce qui a été traité dans ce Chapitre.
- Nous avons comparé y dans le Chapitre feptieme 9 la force des barreaux fimplés, & faits d’un feul morceau, avec la force des barreaux pareils, mais qu’on avoit fciés à leur partie fupé-rieure de plufieurs traits de fcie, qu’on avoit enfuite remplis avec une planche mince de bois fec,
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- Nous avions employé ce moyen pour prouver que dans un barreau que Ton charge, il y a des fibres qui font en com-preflion pendant que d autres font en dilatation ; il nous a paru convenable de répéter ces mêmes Expériences dans ce huitième Chapitre , pour nous mettre en état de faire mieux comprendre en quoi confiée la force des barreaux armés.
- Nous avons donc éprouvé la force de ces barreaux fciés , & nous l'avons comparée, tant à là force des barreaux fim-pies qu'à celle des barreaux armés, ou formés de différentes pièces aflemblées les unes avec les autres par des endents. Mais il eft évident qu'il doit y avoir un point le plus avantageux pour faire les endents plus ou moins profonds. Il eft fenfible que fi l'on ne les faifoit pas allez profonds, la quantité des fibres qui font refoulées étant peu confidérable, & ne pouvant pas réfifter à la comprelïion, les barreaux fe courberoient, ôc romproient bientôt. Mais fi Fon faifoit les endents très-profonds , on diminueroit la fomme des fibres qui font en dilatation ; ce qui pourroit affoiblir encore les barreaux. Il y a donc en ceci un maximum à obferver : comme l'Expérience feule peut le faire connoître y nous l'avons cherché par cette voie, & l'objet nous a paru allez intérelfant pour être étudié avec attention ; c'eft pourquoi nous avons beaucoup multiplié les Expériences. En les' exécutant, nous avons^ remarqué qu'il y avoit des endents qui éclatoient, ce qui nous a fait defirer de favoir quelle largeur il falloit donner aux endents. Il eft clair qu'en multipliant beaucoup les endents , on augmente la fomme des furfaces qui font en contra&ion, de même que quand on les fait plus profonds ; mais aulïi les endents ayant moins de foutien , ils font plus expofés à éclater. Nous avons donc fait des Expériences pour favoir s'il étoit avantageux, ou non, de multiplier le nombre des endents. Nous avons encore fait des Expériences pour connoître fi les barreaux armés étoient en état de fupporter long-temps un fardeau confidérable dont on les laifferoit chargés.
- ; Après ces recherches, il ne nous reftoit plus, pour acquérir toutes les connoifîances qu'on pouvoit defirer fur les bar-
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- reâux armés, que d’examiner fi Ton pou voit conferver leur force en les faifant d’un plus grand nombre de pièces ; dans toutes les Expériences que nous avons faites jufqu’à préfent, la meche , ou le tirant , étoit toujours d’un feul morceau, ôc les armures étoient de deux pièces. Il eft évident que li Ton pouvoit , fans inconvénient, faire les armures de quatre ou cinq pièces, & les meches de trois, on fe mettroit dans le cas très-avantageux de pouvoir employer des bois courts pour faire de grandes poutres. Il eft vrai que par ces affemblages, on augmenteroit la confommation du bois & la main d’oeuvre ; mais, enfin, avec des bois courts ôt menus on feroit fon ouvrage , ce qui ne feroit pas poflible quand on manque de bois longs & de gros équarriffage.
- Ayant remarqué que les barreaux rompoient par le milieu des tirants, au-defîbus de la réunion des armures , nous avons fait des Expériences pour connoître fi l’on augmenteroit leur force en mettant une petite femelle de bois non endentée qui couvriroit la réunion des armures : l’effet de cette femelle n’a pas été fort avantageux, parce que n’étant point endentée avec les armures, elle ne les a point empêché de gliffer, & elle n’a produit aucun effet relativement à la condenfation ni à la dilatation des fibres. Le Chapitre fuivant eft deftiné à examiner fi l’on peut, fans inconvénient, augmenter le nombre des pièces pour la meche, ou pour les armures.
- CHAPITRE IX.
- Des Armures variées de différentes façons.
- Pour affembler les pièces armées, on peut faire les endents comme autant de plans inclinés ( PL XXF.fig. f ) : jufqu’à pré-fent nous n’avons prefque parlé que de ceux-là. Ou bien on peut faire les endents comme autant de dés ( Fig. 7 même Planche ) :
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- c’eft de cette façon qu’on affemble les mâts, amfi que nous l’avons repréfenté dans le quatrième Livre. Comme nous aurons à parler des uns ôc des autres ? nous appellerons les uns ( PL XXVI) fig i) Evidents obliques AC ; ôc les autres y Endents en dés ( Figure 2 ).
- Article I. Expérience fur des Barreaux armés de deux pièces avec des endents àbliques.
- Pour connoître laquelle de ces deux armures feroit préférable y nous avons.fait faire deux barreaux armés à l’ordinaire à endents obliques ( Figure 1 ) ; ils avoient de longueur chacun 3 pieds y A D y 16 lignes, de hauteur A B 9 ôc 8 lignes de largeur B C ? iis étoient formés de trois pièces : la meche A D d’une piece y les armures C 6c E de deux pièces,. Ces barreaux armés avoient 11 lignes de courbure F G. Un de ces barreaux étant chargé de 200 livres ? plia de 7 lignes, ôc l’autre 9 de 7 £; lignes.
- Leur force moyenne étoit de 3^7 livres.
- Article IL Expérience fur des Barreau,£ armés de deux pièces avec des endents en dés.
- Nous fîmes faire deux autres barreaux de mêmes dimen-fions que les précédents, Ôc qui n’en différoient que par la forme des endents 9 qui étoient en dés ( Figure 2 ). Etant chargés de 200 livres, ils plièrent l’un Ôc l’autre de 8 lignes ; ôc leur force moyenne fe trouva de 372 ^ livres.
- Article III. Conféquences des Expériences précédentes„
- Les barreaux dont lès endents étoient en dés ( Figure 2 ) , fe font donc trouvés de 1 $ livres 4 onces plus forts que ceux ( Figure 1 ) dont les endents étoient obliques. Cependant c’eft cette derniere façon de faire les endents ( Figure 1 ) qui eft d’ufage pour faire des poutres ôc des baux armés j ôc notre
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- z> e s B o i s. Liv. V. Ch ap. IX. ^17
- Expérience eft favorable à la façon d’affembler les mâts : car elle différé peu de la Figure 2. La fupériorité de cet affem-blage fera confirmée par d’autres Expériences.
- Article IV. Expérience fur un Barreau armé de trois pièces , avec des endents obliques.
- Pour connoître s’il feroit pofïible de faire des barreaux armés avec un plus grand nombre de pièces fans perdre beaucoup fur leur force, nous avons fait faire un barreau ( Figure -3 ) a endents obliques tout à fait femblable à celui de la Fi-gure 1 ; la meche A D étoit d’une piece ; mais les pièces d’armure B E, étoient de trois pièces} H y 19 K 9 & la courbure étoit de 10 lignes. Etant chargés de 200 livres 9 l’un & l’autre ont plié de 11 lignes ; ôt leur force moyenne s’eff trouvée de 304 Ÿ livres.
- Article V. Conféquences de P Expérience précédente.
- On voit que ce barreau eft de 6j \ livres plus foible que celui dont les armures n’étoient que de deux pièces ( Fig. 1 ).
- Article VI. Expériences Jur des Barreaux armés de trois pièces, avec des endents en dés.
- Nous nous proposâmes enfuite d’éprouver quelle feroit la force des barreaux dont les armures feroient pareillement de trois morceaux * mais dont les endents feroient en dés ( Fig. 4), Nous fîmes donc faire deux barreaux tout à fait femblables aux précédents, & qui n’en différaient qu’en ce que les endents étoient en dés au lieu d’être obliques. .
- Ces barreaux étant chargés de 200 livres 9 plièrent de 9 lignes ; & leur force moyenne fe trouva de 373 f livres.
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- Article VII. Conféquences de l’Expérience précédente.
- Ces barreaux fe font trouvés de 6p livres plus forts que ceux de la Figure s ; dune livre f plus forts que ceux de la Figure i ; & de 16 ± livres plus forts que ceux de la Figure 2 ; ce qui eft encore à l'avantage des endents en dés, & de l’affem-blage des mâts.
- Mais il eft bon de remarquer qu'àla circonftance près de la forme des endents, les uns obliques, les autres en dés, tous les barreaux, dont nous venons de parler, devroient être à peu près de même force, fi les endents étoient faits dans les uns & dans les autres avec une pareille exactitude, puifque les pièces d'armures qui font en contraction s'appuient bout à bout les unes contre les autres, & font toutes l’effort de bois debout : mais après ce que nous avons dit à l’occafion des barreaux fciés d’une partie de leur épaiffeur , on apperçoit que fi ces pièces n'étoient pas exactement jointes les unes aux autres , elles plieroient beaucoup, ôt, pour cette raifon, les barreaux feroient très-affoiblis. Ceci bien entendu, 011 voit qu'on peut, fans beaucoup perdre de la force des barreaux, faire les pièces d'armure de plufieurs morceaux, comme de deux, trois, ou un plus grand nombre, pourvu que le contaCt foit bien exa£t. Examinons maintenant fi l'on peut faire aufli les meches de plufieurs pièces : car jufqu'à préfent nous les avons toujours faites d’un feul morceau.
- Article VIII. Expérience fur des Barreaux a meche de deux pièces & des endents en dés.
- Dans cette vue, nous fîmes faire des barreaux dont les pièces d’armure ( Figure j ) étoient aux uns de deux pièces, ôc aux autres de trois H 1 K ; & la meche étoit de. deux pièces A G, D G : les endents étoient en dés , & la courbure de ces barreaux étoit de 11 lignes. Etant chargés de 200 livres, ils plièrent de 12 lignes $ & leur force moyenne fe trouva de 218 i livres.
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- vjes Bois. Liv. V. Chap. IX. 51g
- Article IX. Obfervàtions fur V Expérience précédente.
- Ces barreaux étoient très - foibles, puifque leur force moyenne a été de livres moindre que celle des barreaux repréfentés par la Figure 4 ; & il ne faut pas en être furpris, parce que nous avions mis i’aflemblage des deux pièces de la meche au milieu , précifément à l’endroit où toutes les meches rompent , & il n’étoit pas naturel de penfer que deux endents G pourroient autant réfifter à la tenfion que les fibres continues. Ces réflexions nous engagèrent à faire d’autres barreaux, dont les uns feroient de $ pièces ( Figure 6 ), deux9 B E 9 pour l’armure, & trois pour la meche9 A F D ; d’autres de fix pièces, trois , HIK 9 pour l’armure 9 & trois 9 A F D, pour la meche ( Figure 7 ) ; & de ceux-ci les uns étoient à endents obliques ( Figure 7 ) y ôc les autres à endents en dés ( Figure 8 ).
- Article X. Expériences fur des Barreaux à meche de
- trois pièces 9 & des endents obliques & en dés.
- Les barreaux de cinq pièces ( Figure 6 ) 9 qui avoient dix lignes ôc demie de courbure, étant chargés de 200 livres, ont plié de 9 lignes; &leur force moyenne s’efl trouvée de 28y livres. Ces barreaux n’étoient donc pas aufli forts que ceux de 4 pièces ( Figure 4); il s’en falloit 88 L livres : mais ils étoient de 66 ± livres plus forts que ceux de 5 pièces ( Fi-gure $ ).
- Les barreaux de fix pièces à endents obliques ( Figure 7 ), étant chargés de 200 livres, plièrent de 14 lignes; ôt leur force moyenne fe trouva de 2^2 \ livres , c’eft-a-dire, de 35 f livres moins forts que les barreaux de $ pièces ( Figure 6 ).
- Des barreaux ( Figure 8 ) tout-à-fait pareils aux précédents 9 armés aufli de fix pièces , mais dont les endents étoient en dés , étant chargés de 200 livres, plièrent de 11 lignes ; &
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- leur force moyenne fe trouva de 280 livres, ou de 27 7 livres plus forts que ceux de la Figure 7.
- Article XI. Conféquences des Expériences précédentes.
- Il eft allez bien prouvé par les Expériences que nous venons de rapporter :
- 1°, Que les endents en dés font très-bons, & un peu meilleurs que ceux qui font obliques : ce qui doit faire penfer avantageufement de la façon d’aflembler les mâts.
- 2.0, Qu’on affoiblit peu, ou point, les pièces armées en multipliant les pièces d’armure, pourvu que les affemblages foient bien faits, & que les bouts des pièces s’appuient bien les unes contre les autres. Car plus on multiplie les pièces , plus il y a à craindre le refoulement qui réfulte de la pref-ïion; c’eft pourquoi il faut les mettre à force le plus quil eft poflible : alors elles réfiftent comme le bois de bout, & elles font capables d une très-grande réfiftance.
- 30 , Il y a plus d’inconvénient à faire de plufieurs morceaux les meches, ou tirants, parce que, dans ce cas, l’effort en dilatation ne s’opère que fur les endents, qui ne peuvent être beaucoup multipliés, comme on le voit par l’infpe&ion des Figures 6, 7 & 8 : mais cet affemblage eft préférable à celui de la Figure 5, qui eft le plus mauvais de tous.
- Nous avons encore varié les affemblages , comme on le srerra par les Expériences que nous allons rapporter.
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- CHAPITRE
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- CHAPITRE X.
- Continuation des Expériences fur les Barreaux armés de différentes façons.
- Nous avons fait faire des barreaux droits ; ils avoient tous 4 pieds de longueur P 0 ( Figure ^), 4 lignes de hauteur N 0, 10 lignes de largeur M N•
- Article I. Expérience fur des Barreaux droits , de trois pièces avec des endents obliques•
- Nous fîmes faire deux barreaux armés à l'ordinaire de trois morceaux ( Figure 9 ) , la meche ou tirant Q N 9 d’une feule piece , l’armure de deux morceaux P & 0 , les endents obliques , affemblés droits & fans courbure : étant chargés de 200 livres , ils plièrent de 31 f lignes 5 & leur force moyenne fe trouva de 240 livres.
- Article IL Expérience fur des B arreaux droits l de deux pièces avec des endents en dés»
- Ayant reconnu, par les Expériences que nous venons de rapporter, quelle étoit la force des barreaux de trois morceaux affemblés à l’ordinaire , & des dimenlions que nous avons marquées, nous fîmes faire des barreaux de mêmes di-menfions, formés de deux pièces qui avoient toute la longueur des barreaux ( Figure 10): ces deux pièces placées à côté l’une de l’autre, favoir P 0 & Q M, étoient affemblées dans le fens vertical avec des endents en dés, comme le font les mâts : étant chargés de 200 livres , ils plièrent de 31 £ lignes ; & leur force moyenne fe trouva de 212 f livres, étant
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- de 28 livres moindre que celle du barreau de l’Article précédent. On appercevra que cela doit être , fi. l’on fait attention au fens dans lequel ce barreau a été chargé, parce que , à la partie inférieure où les fibres font en dilatation, il n’y avoit, à caufe des endents , que la moitié de la fomme des fibres qui réfiiîafîent à la tenfion : cela s’apperçoit à la feule infpe&ion de la figure.
- Article III. Expérience fur des Barreaux droits , dont les meches étoient de quatre pièces.
- Nous fîmes encore faire des barreaux armés dont les meches ou tirants CF DE, (Figure 11) étoient formés de quatre pièces, favoir, deux pièces , CE & I H9 affemblées de plat l’une contre l’autre, avec des endents en dés coupés verticalement comme le repréfente la Figure 10 : & ces deux pièces CE ôc IHy étoient chacune formées de deux pièces D E & I K y (Figure n & 12), qui avoient chacune un tiers de la longueur de la piece C E.
- Ces barreaux étant chargés de 200 livres , plièrent de 31 lignes ; & leur force moyenne fe trouva à peu près de 20^ livres. Je dis, à peu près , parce qu’un de ces barreaux s’étant jetté fur le côté, perdit un peu de fa force. Quoi qu’il en foit, ils étoient de 3 $ livres moins forts que les barreaux armés à l’ordinaire ; ce qui peut venir en partie de la raifon que nous avons rapportée dans l’Article précédent , & en partie de ce qu’en multipliant les afiemblages, il fe rencontre nécefîaire-ment des défauts qui affoiblifîent les barreaux. Mais je fuis perfuadé que ces défauts feroient moins fenfibles fi l’on éprou-voit la force de plus gros barreaux ; & il y a lieu d’être étonné que ces barreaux, formés d’un aulli grand nombre de différentes pièces, fe foient trouvés aufli forts. Sans les réflexions que nous avons mifes à la fin de l’Article II, on pourrait être étonné de voir que les barreaux ( Figure 10 ) qui n’étoient formés que de deux morceaux dont les endents étoient en
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- dés affemblés verticalement, n’aient pas été les plus forts.
- Article IV. Expérience fur des Barreaux courbes , dont la meche étoit d’une pièce.
- Je fis faire deux barreaux ( Figure 13) dont la meche étoit d’une piece, ôc les armures de deux ; la courbure B D étoit de 8 lignes, ôc les endents étoient obliques fuivant l’ufage ordinaire.
- Etant chargés de 1.00 livres, ils plièrent de 10 lignes; leur force moyenne fe trouva de 149 livres 12 onces.
- Ayant répété cette épreuve fur trois barreaux de pareilles dimenfions, leur force moyenne fe trouva de 148 livres 8 onc.
- Article V. Expérience fur des Barreaux courbes, dont la meche étoit de trois pièces.
- Nous fîmes faire deux autres barreaux de mêmes dimenfions; mais la meche A C (Figure 14) étoit de trois pièces; étant chargés de 100 livres, ils plièrent de 6 lignes; ôc ils rompirent, étant chargés de 127 livres 13 onces : ainfi ils étoient de 21 livres 1 $ onces plus foibles que les précédents.
- Ayant répété cette Expérience fur trois autres barreaux de mêmes dimenfions, ôc dont les meches étoient aufli de trois pièces ; leur force moyenne fe trouva de 140 livres ; ôc fi l’on compare la force des 6 barreaux qui ont fervi à répéter l’Expérience, on appercevra que la différence en force n’eft que d’un vingtième.
- Je foupçonnai que je les rendrois plus forts fi je pouvois augmenter les empatures ££, (Figure 14).
- Article VI. Expérience fur des Barreaux à fortes empatures.
- Dans cette vue nous fîmes faire deux autres barreaux
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- (Figure i$) qui étoient courbes par deffus9 EF ey6c droits par defïbus A CB : la meche, ou la piece de deffous, étoit de trois pièces A, C, B ; & par cette difpofition, nous étions en état de multiplier les endents , Ôc de les faire dans les pièces A ôc B, A un de ces barreaux, les armures étoient de trois morceaux E, F 9 e ; ôc à un autre , cette armure n étoit que de deux pièces E F, F e, ce qui, comme on Ta vu , eft allez indifférent.
- Ces barreaux de $ &c 6 pièces étant chargés de ioo livres, plièrent de 6 f lignes ; ôc leur force moyenne fe trouva de i2p livres 6 onces. Ces barreaux n étoient donc que d une livre $ onces plus forts que ceux de l'Article précédent.
- Article VIL Remarques fur les Expériences précédentes.
- Toutes ces pièces ayant été déchargées lorfqu elles avoient été chargées de 75 livres, les pièces de l'Article I n’avoient rien perdu de leur courbure , quoiqu'elles euffent plié fous ce poids de plus de p lignes 5 ôt ayant enluite été rechargées,' elles rompirent tout d'un coup fous le poids marqué ci-delfus.
- Les pièces de l'Article II ayant été pareillement déchargées du poids de 75 livres, avoient perdu près d'une demi-ligne de leur courbure, ôc la piece rompit dans le milieu , le refte n'ayant fouffert aucun dommage.
- Enfin les pièces de l'Article III plièrent beaucoup avant de rompre.
- Il eft bon de remarquer, à l’occafion de ces Expériences, qui ont été faites avec beaucoup de précifion, tant pour l'égalité du bois que pour l'exa&itude des affemblages, fur-tout celles qui font marquées comme répétition dans les Articles IV ôc V, que les baux des vaiffeaux Ôc les poutres des bâtiments étant deftinés prefque aux mêmes ufages ; lavoir, les baux pour fupporter le poids énorme de l'artillerie qui eft fur les ponts , Ôc les poutres pour foutenir des planchers fouvent très-étendus, chargés t aôtde cloifons, tantôt de marchandifes pe-
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- fantes, comme le bled, ou de beaucoup de mondé. Mais dans tous ces cas , la charge ne devant être jamais affez confidérable pour les faire rompre, on pourroit, fans aucun rifque , lorf-qu’on manque de bois longs, faire des poutres armées de plu-fleurs pièces affemblées les unes avec les autres , puifqu’on voit dans les Articles IV ôc V que les barreaux armés à l’ordinaire , avec les tirants d’une feule piece, ont plié davantage fous la charge que ceux dont le tirant étoit de trois pièces, ôc que ceux-ci n’ont, du côté de la force, qu’environ un vingtième de moins ; ce déficit, probablement, ne fe trouveroit pas fi l’on fai-foit les armures avec des bois moins compreffibles.
- Dans l’expofé que nous avons fait de nos dernieres Expériences, je me fuis borné, pour abréger, à ne rapporter que la force moyenne de deux, de trois, ou d’un plus grand nombre de barreaux ; ôc comme nous y avons compris les forts ôcles foibles,1 il en a réfulté un tableau vrai, qui met en état de connoître l’u-fage qu’on peut faire des pièces de conftruction ôc de charpente différemment armées. Cependant il nous a paru convenable de mettre en comparaifon la force ôc l’élafticité de deux barreaux choifis les plus forts, chacun dans leur efpece, mais pris l’un ôc l’autre dans une même fuite d’Expérience.
- Le barreau que je nommerai A, avoit le tirant, d’une feule piece, ôc il a rompu fous le poids de 24? livres.
- Le barreau que je nommerai B, qui avoit le tirant ou la meche de quatre pièces , a rompu fous le poids de 220 liv.
- Ces barreaux étoient affemblés avec des endents en dés, ou coupés verticalement : au barreau B, les allonges de la meche empâtés avoient chacun un quart de la longueur du barreau. Au refte les barreaux A ôc les barreaux B étoient précifé-ment de même longueur, de même largeur, de même épaifi feur, ôc de même qualité de bois, de forte qu’ils ne différoient l’un de l’autre que par le tirant, qui à l’un A, étoit d’une piece , Ôc à l’autre B étoit de quatre.
- En comparant la force de ces deux barreaux, on voit que le barreau B eft à 25 livres près aufîi fort que le barreau A, ôc cette différence répond à peu près à un dixième 5 ce qui n’efi: pas fort confidérable.
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- En comparant enfuite l’élafticité de ces deux barreaux, on.a trouvé que le barreau A a plié de 3 f lignes, étant chargé de 2 j livres ; & de 6 f lignes , étant chargé de 50 livres.
- Le barreau B a plié de 4 lignes fous le même poids de 2 y livres, & il a fallu $o livres de poids pour le faire plier de 7 lignes.
- La roideur du barreau B eft donc à peu près pareille à celle du barreau A.
- Si nous les confidérons chargés de 100 livres, le barreau A a plié de 12 \ lignes, Ôt le barreau B de 14 lignes. Le barreau B chargé de ce grand poids ne différoit point con-fidérablement du barreau A , Ôc il n y avoit aucune défunion apparente dans les affemblages.
- En fuivant cette comparaifon jufqu’à la rupture de l’un & l’autre barreau, on voit que le barreau A a plié de 37 lignes, & a rompu étant chargé de 24 j livres; que le barreau B n’a plié que de 33 lignes, étant chargé de 212 livres, & qu’il a plié de 3$ lignes, étant chargé de 220 livres, poids qui l’a fait rompre.
- Le barreau B, ainfi. que fes femblables, a rompu au milieu de la meche comme le barreau A, fftns que les empatures des extrémités aient paru dérangées ; elles font même toujours reliées unies : ce qui peut fournir une grande reffource quand on manque de bois longs, & qu’on fe trouve dans le cas d’avoir befoin de grandes pièces , puifqu’il ell prouvé que par des affemblages bien faits, on peut faire des poutres & des baux qui, à un dixième près, feroient aufli forts que ceux d’une feule piece : & je ferai remarquer que fi je mets en comparaifon deux barreaux qui fe font trouvés les plus forts, je les ai pris dans une même fuite d’Expériences, fans chercher dans les autres fuites des faits qui auroient été plus avantageux aux barreaux armés.
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- CHAPITRE XI.
- Conféquences SC applications utiles des connoijfances qu’on a acquifes fur la Force des Bois.
- O N pourroit nous reprocher i°, d’avoir fait toutes nos Expériences fur des barreaux, de ne les avoir pas étendues à des chevrons , ou des foliveaux ; 20, de n’avoir pas établi une théorie fondée fur le grand nombre d’Expériences que nous avons faites.
- Pour ce qui regarde ce dernier reproche, il eft vrai que je me fuis borné à la fimple expofition des faits, & à jetter les fondements d’une théorie qui pourra être utile. Ce font des données dont je pourrai faire ufage dans la fuite, fi d’autres travaux me permettent d’achever l’édifice que j’ai commencé : fi, au contraire, d’autres occupations ne me permettent pas de me livrer à ce travail, du moins quelques Théoriciens pourront travailler à mettre en œuvre des matériaux que je n’aiamaffés qu’avec beaucoup de peine. D’ailleurs, comme la multiplicité des faits donne lieu de faire un grand nombre de combinaifons, j’ai cru devoir éviter de traiter un objet qui auroit beaucoup augmenté ce volume, dont l’étendue excede déjà les bornes que je m’étois propofées. Quoique j’aie eflayé de le reftreindre le plus qu’il m’a été pofïible ; cependant je n ai pâs négligé de faire appercevoir d’une façon générale les applications utiles qu’on peut faire des réfultats de nos Expériences.
- A l’égard de l’autre reproche quon pourroit nous faire fur ce que nous nous fommes bornés à faire rompre des barreaux, nous avons déjà eu occafion, dans le cours de cet Ouvrage, défaire remarquer que fi, en faifant des Expériences en grand, on apper-çoit des différences plus fenfibles, cet avantage eft compenfé
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- par l’exaCtitude & la préçifion quon peut mettre en exécutant des Expériences en petit ; ce qui neft point praticable pour des Expériences en grand. Il faut, pour faire une jufte comparaifon entre des bois de différents échantillons, que les pièces dont on veut comparer la force, foient de même âge 9 prifes dans un même terrein, à une même expofition, abattues dans le même temps, parvenues à un égal degré de féche-reffe, ayant un même nombre de couches annuelles , qu’on
- Î>lace toujours dans un même fens quand on veut faire rompre es pièces. Or toutes ces chofes ne peuvent s’obferver dans différents arbres, qui, comme nous lavons prouvé ailleurs , font fouvent de qualités fort différentes , quoiqu’abattus les uns à coté des autres dans une même vente ; au lieu que nous avons rempli toutes ces conditions, en mettant en comparaifon des barreaux pris dans un même arbre, à une pareille diftance du centre, & avec toutes les précautions que nous avons rapportées au commencement de ce Livre. Quand on doit faire rompre de groffes pièces, il faut remuer des poids très-confidérables ; ôt quelques précautions que l’on prenne, il en réfulte néceffairement des fecouffes qui influent îur l’exaCtitude de l’Expérience ; au lieu que par l’écoulement de notre grenaille de plomb qui tomboit comme d’un fablier, la charge augmentoit infenfiblement & fans aucune fecouffe , dans des temps égaux. En un mot, les Expériences en petit m’ont mis à portée d’opérer avec des précifions qui font im-
- Î>raticables pour les Expériences en grand ; Ôc je crois que ’on conviendra que nous n’avons rien négligé pour donner à nos Expériences la plus grande exactitude.
- Malgré cela, il ne fera peut-être pas poflible d’établir, d’a-
- Î>rès nos Expériences, une théorie rigoureufement exa&e fur a force des bois de toutes fortes de groffeur, ôc de dreffer des tables qui aient une préçifion mathématique : cependant cela n’empêchera pas qu eues ne foient utiles pour la pratique ; je le prouve.
- Quoique les Expériences des Phyficiens qui fe font appliqués avant nous à établir la force des bois, n’ayent afîuré-
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- ment pas été faites avec la même précifion que les nôtres, & qusil en ait réfulté des théories vicieufes , elles n’ont cependant pas été inutiles. On peut convenir qu elles n’ont fourni que des à peu près, fi l’on'veut même, fort éloignés du vrai; mais il vaut mieux .être conduit par des réglés d’approximation plus ou moins éloignées , que de s’abandonner tout à fait au hazard. Quand on a des dbfervations dire&es, on fait bien d’en profiter : par exemple, un Conftruâeur qui fait, par des épreuves fouvent répétées , qu’un bau de tel équarriffage ôc de tant de longueur , peut porter l’artillerie dont il fera chargé, ce Conftru&eur fera bien de partir, de la pour fixer la groffeur des baux du vaiffeau qu’il conftruit. Mais quand de pareilles obfervations lui manqueront, il pourra avoir recours à des théories, choififfant celles qui pourront lui fournir une plus grande approximation ; & il courra d’autant moins de rifque d’éprouver quelqu’accident fâcheux, que nous avons prouvé qu’afin qu’une piece de bois réfifte long-temps au poids dont elle eft continuellement chargée, il ne faut lui donner à fupporter que la moitié, ou au plus les deux tiers du poids qui la fait rompre.
- La rareté des bois nous mettant fouvent dans la néceflité d’employer des bois courts pour faire de longues pièces, qu’il eft très-difficile, ou même impoffible de trouver, nous nous fommes beaucoup appliqués à faire connoître comment on pouvoir faire des poutres & des baux de plufieurs pièces, & quelle eft leur force par comparaifon aux baux ou aux poutres d’un feul morceau.
- Dans toutes ces Expériences, nous avons toujours eu foin de nous renfermer dans un même équarriffage pour les bois armés, ou non armés, que nous mettions en comparaifon: car fi nous nous étions permis d’augmenter l’épaiffeur de nos barreaux armés, nous les aurions rendu infiniment plus forts : ce qui deviendra fenfible par des exemples que nous rapporterons.
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- Article I. Moyens de fortifier les pièces de Charpente par des Décharges.
- Quand les Charpentiers mettent en place une poutre A B ( PI. XXVII, fig. i ) qui a beaucoup de portée, ils la fortifient quelquefois par ce qu’ils nomment une Décharge. Ce font deux fortes membrures C, D, dont les bouts E, F, font reçus dans des entailles faites à la poutre pour que ces membrures ne puiffent reculer; elles arcboutent Tune contre l’autre en G, & elles font liées à la poutre par un boulon de fer G H 9 qui la traverfe. Il eft fenfible que ces décharges, qui font l’effet de bois debout, s’appuient d’autant plus l’une contre l’autre , que la poutre eft plus follicitée par ta charge à plier. Ces décharges font très-bonnes quand elles font dans un galetas où il n’y a point d’inconvénient quellesfoient apparentes ; mais fi elles font dans des appartements , comme on eft obligé de charger les planchers de 7 à 8 pouces pour quelles ne paroifi-fent pas, elles font, à caufe de cette énorme charge, peu avantageufes.
- Quelquefois on lie les poutres par des étriers & tirants de fer aux arbalétriers de la charpente, ce qui les fortifie beaucoup.
- Pour faire au-deffus d’un bûcher, un plancher qui devoit être chargé d’un très-grand poids, nous mîmes à l'ordinaire les poutres A, B, ( Figure 2 ) qui n’étoient pas très-fortes ; mais à 1 pied ou 18 pouces au-deffous, nous en mîmes une plus foible, parce qu’elle ne devoit faire que l’office d’un tirant : nous ajoutâmes les fortes membrures C, D, qui étoîent reçues en £ & en F dans des entailles, & qui arcboutoient en G & en H, contre la femelle G H. On voit que les décharges C, D, qui foutiennent la poutre font leur effort en bois debout, ce qui rend ces planchers prefqu’aufli forts que des voûtes. Aufli quoique ce plancher conftruit de cette façon, ait été chargé d’un très-grand poids, il n’a point du tout fléchi.
- L'écrou eft la piece des preffoirs à étau qui fouffre le plus :
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- on la fait ordinairement avec une groffe piece d’Orme, qui a 11 pieds de longueur A B (Figure 3), 22 pouces d’épaif-feur B C, &c au plus 24 pouces de largeur C D. Elle a à chaque bout F, E, une entaille qui a 14 pouces de profondeur pour embraffer le collet des jumelles ; & au milieu en F, un trou d’un pied de diamètre , dans lequel font formés les pas de récrou. Ainfi au milieu F, il ne refte au plus que 6 pouces d’épaiffeur de bois , fur quoi il faut rabattre les défournis ôt flaches qui font toujours aux angles , ainfi que l’aubier qui en peu de temps tombe en pourriture.
- Pour fortifier les écrous, qui font des pièces cheres, & qui rompent fréquemment, on met ordinairement deffus deux pièces courbes qu’on nomme Salles torfes, G, G ( Figure 4 )• Ces pièces font naturellement courbes, ôt on les pofe de plat fur la partie de l’écrou qui excede le trou : elles font jointes à la tête des jumelles comme l’écrou. On les lie l’une à l’autre par deux bandes de fer H, H, ôt elles ont 7 à 8 pouces d’é-quarriffage. Deur courbure fait que la vis paffe entre-deux : mais comme elles font pofées de plat fur l’écrou,- elles ne le fortifient pas beaucoup. Car il eft fenfible que quand l’écrou plie au milieu, les folles torfes, à caufe de leur courbure , font effort pour tourner fur les points G comme fur leur axe : elles fortifient donc peu l’écrou, & elles fatiguent beaucoup la tête des jumelles. Comme malgré ces folles torfes, il nous arrivoit fréquemment que nos écrous rompoient, nous avons imaginé de les fortifier par des pièces droites & des décharges, comme on le voit ( Figure $ ) ; à depuis ce temps il ne nous a pas rompu un feul écrou. Nous pôfons fur l’écrou, aux deux côtés de la vis I ( Figure 4 ) deux pièces de bois droites K, /C, de 6 ou 8 pouces d’équarriffage, Ôt au-deffus une pareille piece XL, qui eft éloignée de la piece K K de 10 à 12 pouces. Entre ces deux pièces parallèles , nous mettons lès deux Guettes M9 Af, qui ont 5; pouces d’équarriffage ; elles font reçues par leur bout d’en haut dans des entailles faites en N N à la piece LL, ôt par l’autre bout dans des entaillés O 0 faites à la piece K K. Ces guettes réfiftent fuivant leur longueur :
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- tout l’effort fe fait fur les entailles N N, & la tête SS des jumelles neft point fatiguée. On conçoit que quand on met en P des coins pour que le milieu de la piece K K appuie exactement fur l’écrou, il eft prodigieufement fortifié ; de forte que, comme je l’ai déjà dit, aucun de nos écrous n’a rompu depuis que nous avons fait ufage de ces décharges. On voit en Q Q des mortaifes pour recevoir des paumelles qui lient enfemble la décharge du devant du prefloir, qui eft re-pr éfentée dans la Figure $, avec celle de derrière qu’on n’a point figurée. R eft le corps des jumelles, qui a pouces d’équarriffage, & S S eft la tête de ces mêmes jumelles.
- On fait un fréquent ufage des décharges dans les charpentes;' & les trois- exemples que nous venons de donner, fufftfent pour faire concevoir qu’on peut en retirer de grands avantages, qui dépendent des mêmes principes que nous avons établis en parlant des poutres armées.
- Nous revenons aux armures pour faire appercevoir le grand avantage qui peut en réfulter lorfqu’on fait les employer avec intelligence.
- Article IL Moyens de fortifier les Mâts.
- Nous avons déjà fait obferver que l’afTemblage des mâts de plufieurs pièces eft comparable à celui des barreaux armés, les jumelles étant affemblées très-artiftement avec la meche par des endents en dés.
- Nous avons prouvé que dans une piece que l’on charge une partie des fibres eft en dilatation & une autre en conden-fation; & qu’il ne faut point perdre de vue ce principe pour faire de bonnes pièces d’affemblage. Dans nos barreaux, nous avons toujours eu grande attention que les endents des armures fuffent difpofés^de façon qu’ils puffent réfifter à la com-prefïion ; & ceux de la meche, ou du tirant , de maniéré qu’ils fuffent en état de réfifter à la tenfion : c’eft fur ce feul principe que roule toute la théorie des pièces armées, ou faites de plufieurs pièces* d’affemblage.
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- On voit que les Charrons , pour donner de la force aux brancards des Berlines , qui font prefque toujours de bois tranché, font mettre deffus ôc deffous des bandes de fer plat liées lune à fautre par des boulons rivés ou à vis,qui tra-verfent le brancard. Une de ces bandes réfifte à la compref-fion pendant que l’autre réfifte à la tenfion : d’où il réfulte que les brancards font capables d’une grande réfiftance.
- Le fieur Barbé, Maître Mâteur de Breft, qui s’eft diftingué dans fon état, propofa, vers l’année 1748 , un moyen de rendre les mâts capables d’une plus grande réfiftance : ce moyçn nous a paru fondé fur de bons principes; Ôc comme on n’y a pas porté affez d’attention, nous allons effayer de rendre les idées de l’Auteur le plus clairement qu’il nous fera pof-fible. '
- Un des plus fâcheux accidents qui puiffent arriver à un vaif-feau , eft d’être démâté : fi c’eft dans un combat, il eft forcé de fe rendre; fi c’eft pendant une tempête, il court rifque de fe perdre, fur-tout s’il n’eft pas fort éloigné des côtes ; ôc dans l’un ôc l’autre cas, il perd prefque toujours beaucoup de monde.
- Les démâtements font occafionnés ou par les boulets de l’ennemi qui.coupent les mâts, ou par les violents mouvements de tangage, fur-tout lorfque précédemment un vaif-feau a. perdu une partie des manœuvres qui l’affujettiffent, comme Aubans, Galaubans, Etais, ôcc.
- Le fieur Barbé propofa un fupplément de liaifons dans les mâts d’affemblage, qui fans augmenter leur groffeur, ôc fans les rendre beaucoup plus pefants, les rendroit capables d’une plus grande réfiftance, foit dans le cas d’une groffe mer, foit dans celui d’un combat.
- Tous les mâts d’affemblage font compofés de jumelles qui s’affemblent fur une meche, ou les unes avec les autres, par des endents qui ont au moins 3 ou 4 pouces de largeur, ôc un pouce ôc demi de profondeur. Il s’agit, fuivant le fieur Barbé, d’encaftrer entre chaque rang d’endents, à la partie où les mâts font les plus fujets à rompre, des bandes de fer de 15 ,
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- 20 ou 30 pieds de longueur fur 3 pouces de largeur, Ôc 3 à 4 lignes d’épaiffeur, ainfi qu’on le voit ( Figure 6 ).
- Le lieur Barbé infifte fur l’obftacle que ces bandes de fer feroient aux boulets pour traverfer les mâts; & après ce que nous avons dit fur les fibres qui font en condenfation ôc en dilatation, on conçoit que ces mâts doivent être beaucoup plus forts que les autres.
- Un grand mât de 104 pieds de longueur ôc de 33 pouces de diamètre, eft eftimé pefer 24682 livres; & l’addition de 12 bandes de fer de 30 pieds de longueur chacune fur 3 pouces de largeur ôc 3 lignes d’épaiffeur, n’augmentera ce poids que de 1380 livres, qui ne feroient pas un objet confidérable. J’au-rois defiré qu’on eût éprouvé Cette idée fur quelque mât de beaupré, celui-ci étant la clef de tous les mâts, ôc rompant plus fréquemment que les autres.
- Je vais terminer ce Livre par l’expofition d’une application des plus heureufe ôc de plus utile qui ait été faite des armures, ou des affemblages, au moyen des endents..
- Article III. Moyens de conferver aux Galeres leur Tonture par des Armures.
- Les œuvres mortes des vaiffeaux relevent à l’avant ôc à l’arriere, ôc les Galeres font encore plus gondolées ; c’eft pourquoi nous nous attacherons à parler principalement de ces bâtiments pour examiner ce qui leur fait perdre leur ton-ture, ôc ce qu’on pourroit faire pour la leur conferver ; car ce relèvement de l’avant ôc de l’arriere , ce gondolement s’appelle la Tonture (Tune Galere.
- Quand un bâtiment de mer, foit VaifTeau, foit Galere, a baiffé de l’avant Ôc de l’arriere, quand il a perdu fon gondolement ou fa tonture, on dit qu’il eft arqué, ou qu’il a châté. Alors la quille des Vaiffeaux, qui étoit fur le chantier une ligne droite A B ( Figure 7 ), devient concave comme CD; Ôc la quille des Galeres, qui étoit convexe comme A B ( Figure 8 ), devient concave comme C D%
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- La tonture qu'on donne aux œuvres mortes des VaifTeaux ne les empêche pas de s'arquer ; elle fait feulement qu’ils parodient moins arqués qu'ils ne le font effectivement. Il n'en eft pas de même de la courbure qu'on donne à la quille des Galeres ; nous penfons qu'en employant les moyens que nous propoferons d'après M. Garavaque , cette courbure peut empêcher que les Galeres ne s’arquent.
- On fait que les Galeres ne périflent pas tant par la def-truCtion de leur bois, que parce qu'elles perdent leur tonture , ou le gondolement qu'on leur avoit donné en les conftruifant. Il eft certain que les Conftru&eurs portent trop loin ce gondolement pour les œuvres mortes, puifqu'une Galereneuve, qui a toute fa tonture, eft moins bonne pour la vogue, qu'une Galere qui a perdu une partie de fon gondolement. Il faut que les rames des extrémités aillent chercher l’eau trop bas lorf-que les Galeres font neuves, ôc quelles ont tout leur gondolement. Les ConftruCteurs ne l'ignorent pas ; mais comme ils favent que leurs Galeres chuteront infailliblement, ils croient devoir relever plus qu'il ne faut l'avant ôc l'arriere. Si par les moyens que nous propoferons, on prévient que les Galeres n’arquent, on pourra fe difpenfer de porter le gondolement à l'excès. Au refte ceci ne regarde que les œuvres* mortes ; Ôc il eft d'expérience qu'un bâtiment dont la quille a la forme de C D ( Figure 8 ), navigue mal, ôc fous voile, ôc à la rame ; la forme de toutes les lignes d'eau étant changée, ôc la courbure faifant au milieu de la Galere un remoux qui rallentit fa marche. Enfin il en réfulte tant d'inconvénients, que la plupart des Galeres font condamnées pour ce feul défaut, quoique leurs bois foient encore très-fains.
- Les Conftruéteurs, perfuadés de ce que nous venons d'avancer, ont cherché les moyens de conferver aux Galeres qu'ils conftruifoient leur tonture ; mais pour cela il faut con-noître la caufe du mal : nous allons l'expofer le plus fuccincte-ment qu’il nous fera poflible.
- Les caufes qui font arquer les Galeres font i °, la forme même des Galeres ; 20, la maniéré dont elles font amarrées
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- dans le Port ; 30, rarrimage ou la diftribution de la charge dans la Galere ; 40, la qualité des bois qu'on emploie pour les conftruire ; 50, le défaut dans les liaifons ôc l’affemblage des pièces qui les compofent. Ce font là autant dé caufes qui concourent pour faire arquer les Galeres.
- Je commence par ce qui regarde la figure généralement ob-fervée pour les Galeres : ce font des bâtiments extrêmement longs : ils ont leur plus grande largeur vers le milieu ; leurs extrémités font très-pincées ôc fort relevées.
- Le déplacement d'eau, ôc par conféquent la pouffée verticale de ce fluide, eft donc très-inégalement diftribuée dans toute la longueur des Galeres. Il n'y auroit pas grand mal à cela, fi le poids de la coque Ôc la charge étoient tellement diftribués que les poids fuffent dans chaque point de la longueur de la Galere , proportionnels au déplacement d’eau ; qu'il y eût peu de poids où il y auroit peu de déplacement d’eau, & plus de poids où le déplacement d'eau feroit confia dérable; mais c'eft tout le contraire. L'artillerie, le corps-de-garde, les foldats qui s'y raffemblent, l'éperon, les ancres, les cables ; tout cela forme un poids confidérable fur l'avant qui déplace peu d’eau. L'arriere, qui eft aufli très-pincé, eft chargé de la chambre de poupe, du gaveon, du timon, d’une quantité de menuiferie Ôc de fculpture , tant. pour l’ornement de la poupe, que pour placer les timoniers, d’une bonne partie de la compagne, des meubles des Officiers , des timoniers, Ôcc. On voit, par cet expofé, que la proue ôc la poupe font proportionellement beaucoup plus chargées que le milieu , qui feroit cependant plus en état qu’aucun autre endroit de fupporter de grands fardeaux.
- Il faut donc concevoir qu'il y a à l’avant Ôc à l’arriere , des puiffances toujours agiffantes en ces endroits pour les faire bailler, tandis qu’au milieu la pouffée verticale de l’eau fait continuellement effort pour foulever cette partie. Cette feule confidération fait appercevoir que les Galeres doivent s’arquer tôt ou tard. On a tenté de rendre les Galeres moins fu-j et tes à s’arquer en baillant un peu'les façons de l’avant ôc
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- 3e l'arriéré, & en renflant ces parties d’une petite quantité ; mais on a prétendu que par ces changements les Galeres qui devenoient plus propres à porter la voile > étoient plus lourdes à la rame. Y avoit-il en cela de la prévention ? c’eft fur quoi je n’ofe prononcer. Mais par les caufes que je viens d’expofer , les Galeres doivent arquer dans un baflin d’eau dormante, ôc elles fouffrent infiniment plus quand elles font agitées par la lame.
- Voici une autre circonftance qui doit les faire arquer encore bien plus promptement dans le Port. Il eft vrai que quand les Galeres font défarmées, elles font déchargées d’une partie des poids de l’avant ôc de l’arriere y comme les canons, les ancres, les cables, ôcc. mais ces parties relient nécelfairement chargées de poids dont on ne peut les foulager. A quoi il faut ajouter qu’elles font amarrées dans le Port, favoir 9 par l’arriere à deux organeaux c 9d ( Figure p ), qui font fellés fur le quai plufieurs pieds au-delfous de l’endroit d’ou fortent les cables d’amarrage ; ôc les amarres de l’avant tiennent à des ancres a, b y qui font beaucoup plus baffes que les organeaux, Ainfi les quatre points d’amarrage, a, b, c 9d, tirent en bas les deux extrémités de la Galere, ôc la forcent de s’arquer ; ces efforts augmentent beaucoup quand l’eau eft agitée} ôc encore plus quand elle s’élève dans le Port ; car quoiqu’il n’y ait point de marée dans la Méditerranée, les vents du large font fou-vent élever la mer dans le Port de Marfeille. En voici quelques exemples affez remarquables.
- Le 12 Mai 1718 , à neuf heures du matin, par un beau temps calme , les eaux fortirent du nouvel Arcenal avec autant de rapidité que le courant de la Seine, ôc dans l’efpace de trois quarts-d’heure elles baillèrent de 21 pouces; elles relièrent à ce point jufqu’à une heure ôc demie : à $ heures du foir , elles rentrèrent prefque avec la même vîtelfe, ôc elles s’élevèrent de 2p pouces dans l’efpace de 2 heures.
- Le 4 O&obre 17 ip> à 2 heures après midi, les eaux s’élevèrent en 40 minutes de 14 pouces au-delfus de leur hauteur ordinaire: à cinq heures elles commencèrent à fe retirer lentement %
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- Ôc le lendemain à 7 heures du matin, elles avoient diminué de 23 pouces.
- Tout cela n’égale pas le phénomène de Marfeille, arrivé le 29 Juin 172 y , que M. Gerbié , Profeffeur d’Hydrographie à Marfeille,. rapporte dans une Differtation inférée dans les Mémoires de Littérature ôc d’Hiftoire, Tome II, page $ 6.
- Ces efpeces de fauffes marées qui paroiffent occafionnées par les différents vents du large, qui tiennent la mer plus ou moins haute fur les côtes feptentrionales du golfe de Lion où fe trouve Marfeille, arrivent affez fouvent, ôc quelquefois plu-fieurs jours de fuite. Dans ces circonftances, les Galeres s’élèvent avec tant de force qu’on a vu rompre les cordages ôc les ancres d’amarrage ; ôc l’on conçoit que ces accidents qui fe répètent fouvent, font capables de précipiter la chûte des Galères. Poury remédier , on a ordonné aux Cornes de faire larguer les amarres quand la mer s’élève : mais cela ne s’exécute pas avec affez d’attention. On a propofé de foutenir les cables par des chevalets formés par des pilotis; mais ce moyen a paru trop embarraffant. L’expédient le plus efficace qu’on ait employé, a été de charger de left le milieu des Galeres*
- Il eft évident que dans l’arrimage, on doit avoir une fingu-liere attention à mettre les plus grands poids à la partie de la Galere qui déplace le plus d’eau : c’eft dans cette vue qu’on a plufieurs fois propofé de mettre le paillot à la plaée de la compagne , Ôc la compagne à la place du paillot. L’affujettiffement qu’on fe fait à fuivre les anciens ufages, a toujours fait un obftacle à ce changement qui nous paroît très-raifonnable.
- Il n’eft pas douteux que pour qu’une Galere conferve fa tonture, il faut que les Conftru&eurs donnent toute leur attention à ce que les empatures , les affemblages, les enden-turés ôc les joints foient fi bien faits, que toutes les parties, exactement liées les unes avec les autres , ne faffent qu’un même corps. Dans le temps que j’étois à Marfeille, on ne pouvoit leur rien reprocher fur ce point. Les uns, comme je l’ai dit, ont tenté d’allonger un peu la quille, ôc de diminuer le porte-à-faux de l’éperon^ d’autres ont tenté d’augmenter
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- un peu la force des membres : mais on n a pas- remarqué que ces changements qu’on. ne pouvoit pas porter fort loin, aient beaucoup diminué la chiite des Galeres.
- Il eft d'expérience que les Menuiferies qui font faites avec du bois verd, fe démentent : les bois fe tourmentent ; les joints s’ouvrent. La même çhofe arriver oit aux Galeres qui doivent être travaillées avec beaucoup de précision. Lorfque j’étois à Marfeilte, M. d’Héricourt, Intendant des Galeres, avoit en Magafin des bois de différentes qualités, auxquels on donnoit le temps de fe fécher en les tenant fous des hangars plus ou moins aérés ; & rarement on étoit dans le cas de mettre en place des pièces nouvellement abattues. Si les bois étoient tourmentés , on pouvoit leur donner la ton-ture qu’ils dévoient avoir. Certainement toutes ces attentions prolongeoient la durée des Galeres ; cependant elles chutoient encore afTez promptement.
- Enfin, feu M. Garavaque , Ingénieur de la Marine, qui avoit travaillé avec moi fur l’effet des pièces armées, imagina un nouvel affemblage qui a eu un fuccès étonnant : je vais l’expliquer; il démontre complètement que les armures bien en-, tendues peuvent être employées très-avantageufement.
- Les Conftru&eurs, pour empêcher les Galeres d’arquer, donnent à la quille ABC ( Figure io ) une courbure en dehors ; ils la fortifient par une contrequille ; Ôc ils donnent au cour-fier D E une courbure plus forte que celle de la quille, ef-pérant par-là donner plus de force à la quille pour conferver fa tonture. Les extrémités de la quille & de la contrequille aboutiffent aux rodes de poupe & de proue A G, C H, & les extrémités des courfiers répondent aux jougues de l’avant ôt de l’arriere D E. Les épontilles F F font diftribués dans toute la longueur de la Galere : ils s’appuient fur la quille & fous le courfier. Les Confiruêleurs comptent qu’en réuniffant ainfi ces deux principales pièces , leurs forces agiffent de concert pour réfifter à l’impulfion de l’eau ; mais cela n’empêche
- Ï>as que la quille ôc le courfier ne perdent affez promptement eur courbure : ce qui doit être, i°,parce que ce n*eft pas.Tin*
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- pulfion de l’eau qui fait chuter ou arquer les Galeres ; mais au contraire cet accident vient, comme nous l'avons dit plus haut, de ce que lavant & l’arriéré ne font point foutenus par l’eau, & font chargés de poids confidérable.
- 20, On conçoit que la quille ne peut perdre fa courbure fans augmenter de longueur ; ainfi, fi les rodes de poupe ôc de proue étoient liés par de longues pièces de bois ou de fer, qui s’étendroient d’un bout à l’autre de la Galere, comme le repréfente la ligne ponâuée GH, il en réfulteroit une très-bonne liaifon que le courfier ne peut produire, non-feulement parce qu’il ne s’étend pas de toute la longueur de la Galere, ôc qu’il fe termine aux jougues DE, mais encore parce qu’étant courbe, il obéit aux efforts de la quille, &. fe redreffe comme elle. A l’égard des épontilles F, ils entretiennent la quille* ôt le courfier à une pareille diftance refpe&ive; mais ils ne s’oppofent point du tout à ce que ces deux parties fe redreffent de concert.
- M. Garavaque s’eft propofé de mettre la quille & le courfier en état de ne jamais perdre leur première courbure. Par les raifons qui ont été rapportées plus haut, il eft prouvé que ce qui oblige la quille à fe redreffer, eft que fon milieu eft follicité à remonter par la preffion verticale de l’eau, pendant que fes extrémités font portées à s’abaiffer, foit parce qu’elles ne font pas fuffifamment foutenues par l’eau, foit parce que ces parties font chargées de grands poids : mais ce redref-fement ne peut fe faire, comme nous l’avons déjà dit, que la ligne courbe ne devienne plus longue : il fuit delà que fi l’on fait des endents A A A ( Figure 11 ) fur la contrequille, qu’on ajoute deffus une autre piece forte B B B, qui ait des endents faits en contre-fens de ceux de la piece A A A, & que ces endents s’affemblent bien exa&ement les uns dans les autres ; la contrequille ainli armée ne pouvant s’allonger, elle s’oppofera à ce que la quille perde fa tonture.
- C C eft la quille qui eft courbe ( Figure 11 ), elle eft formée de plufieurs pièces, comme on le voit en E : ces pièces font jointes les unes aux autres par des écarts. Cette quille
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- eft échancrée aux endroits D pour recevoir la moitié de l’é-paiffeur des madiers qui tiennent lieu des varangues des vaif-feaux. A A font les pièces de contrequille qui font aufli échancrées en deffous, pour recevoir l’autre" moitié de l’é-paiffeur des madiers. Il faut d’abord remarquer que ces membres encaftrés de la moitié de leur épaiffeur dans la quille, ôc de l’autre moitié dans la contrequille, font l’effet des en-dents d’une armure ; mais comme les Galeres font fort longues par comparaifon à l’épaiffeur de la quille, cette feule liaifon ne îuffiroit pas pour l’empêcher de s’arquer. C’eft pourquoi M. Garavaque a fait des endents à la partie fupérieure de la contrequille A A , pour recevoir l’armure B B. On apperçoit aifément qu’en continuant ces endents ôc cette armure dans toute la longueur de la contrequille , les extrémités de la quille ôc de la contrequille ne pourront s’abaiffer, parce que la ligne qu’elles doivent fuivre pour s’abaiffer eft la verticale B D ( figure 12 ), ôc qu’elles ne peuvent parvenir à former une ligne droite C C9 fans s’allonger de la quantité D C; à quoi s’op-pofent les endents de l’armure de la contrequille, qui font un effort de bois debout.
- On aura foin que les pièces de la contrequille doublent les écarts de la quille, ôc autant que faire fe pourra, que les écarts de l’armure ne fe rencontrent point fur ceux de la contrequille.
- On voit un exemple de ces empatures ( Figure 13). Il doit y avoir au moins quatre pieds de C en D, ôc on pratiquera fur chacune des empatures des endents de rencontre EE E.
- Ce qui vient d’être dit de la quille, peut s’appliquer au cour-fter D E {Fig. 1 o), qui ne perd fa première courbure qu’à mefure que le milieu de la quille s’élève & fait élever les épontilles FF F, ôcc. qui forcent le milieu du courfier de s’élever aufli. Mais en faifant au courfier des endents comme à la quille, & mettant deffus une piece d’armure, il ne s’agira plus que de lier fortement les extrémités du courtier avec la quille, pour que ces deux pièces agiffent de concert pour s’oppofer à la chute des Galeres ; ôc la force du courfier aura d’autant plus de
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- puiffance qu’il eft plus élevé au-deffus de la quille : car on faic que la force des pièces de même épaiffeur & de même longueur, mais de différente hauteur, augmente à peu près en raifon du quarré des hauteurs.
- Etant convaincu de l’efficacité de cette bonne liaifon, on pourroit diminuer de la courbure du courfier ; & la ligne de vogue relevant moins de l’avant Ôc de l’arriere, il s’enfuivroit que ces Galeres neuves feroient meilleures que les autres pour la vogue : nous en avons dit la raifon plus haut.
- Enfin M. Garavaque étant très-perfuadé de la bonté de fon projet, demanda qu’il lui fût permis d’armer la quille ôc le courfier d’une Galere arquée ôc hors de fervice. M. d’Héri-court en fit la propofition à M. le Comte de Maurepas ; j’y joignis mes follicitations ; Ôc M. le Comte de- Maurepas ayant agréé le projet de M. Garavaque , on lui donna une Galere dont les bois étoient bons, mais qui étoit hors de fer-vice , parce qu’elle étoit fort arquée : cette Galere fut mife dans un baffin de conftru&ion ; on l’échoua fur des tins qui lui firent reprendre fa tonture. M. Garavaque arma, comme nous venons de l’expliquer, ôc la contrequille ôc le courfier : cette Galere fut mife à flot fans perdre autant de fa tonture que les Galeres neuves ; elle fe comporta bien à la mer dans une campagne qu’on lui fit faire ; ôc de retour dans le Port, elle avoit très-peu perdu de fa tonture.
- L’émpreffement qu’on avoit de vifiter la quille de cette Galere ,; fit qu’on la mit à la bande ayant prefque toute fa charge : cette imprudence fit rompre une raie de courfier ; mais cet accident, qui n’augmenta pas fenfiblement fa chute, fit feulement appercevoir le grand effort que faifoient les armures pour foutenir dans fa tonture une Galere qui avoit chuté, Ôc qui, pour cette raifon, était privée de toutes fes autres liaifons.
- Cette épreuve, dont le fuccès fut complet, effuya quelques contradictions ; c’eft le fort de toutes les nouvelles inventions : cependant on convint qu’en armant la quille ôc le courfier des Galeres neuves, on prolongèrent leur durée ; Ôc
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- le fieur Reynoard le Cadet, Conftru&eur des Galeres,. en ayant une à coriftruire, joignit aux armures du courfier la précaution de tellement endenter les vaigres, ou, en terme de Galères , les pièces qui forment les fourrures, quelles s’armoient & fe foutenoient les unes les autres.
- La figure 14 repréfente les fourrures comme on les pofoit ; Ôt la figure 1 j , les mêmes fourrures comme les avoit placées M. Reynoard.
- Affurément cet affemblage eft fort bon, quoiqu’il ne s’op-pofe pas autant à la chute des Galeres que l’armure de la contrequille & du courfier ; principalement parce que ces fourrures ne font pas placées dans l’axe de la Gaiere, & qu’elles font une efpece a enveloppe convexe, qui, pour cette raifon, peut s’approcher de l’axe lorfqu’elles ont à fupporter des efforts confidérables. Mais l’Expérience de M. Garavaque fait apper-cevoir le grand avantage qu’on peut tirer des armures dans beaucoup de circonftances.
- Article IV. Application de ces principes aux Vaijjeaux.
- Pour indiquer d’une façon générale comment on pourroit appliquer aux Vaiffeaux les affemblages que nous venons d’indiquer pour les Galeres, je ferai remarquer qu’il faut empêcher que les Vaiffeaux n’arquent, ou que leur quille A B ( figure 7) ne devienne concave comme la ligne ponêhiée CD. Pour y parvenir, il faut confidérer le Vaiffeau comme ne faifant qu’un tout, & regarder la quille comme étant en con-denfation, & les illoires comme étant en dilatation : partant de ces principes, armer ôc la quille & les illoires comme il convient , & fur-tout effayer de lier les illoires avec l’étrave & l’étambot. Je paffe légèrement fur ce point, parce que j’en ai déjà parlé dans le Traité d? ArchiteBure Navale, & que ce que je viens de dire fur les Galeres a une grande application à ce qui regarde les Vaiffeaux.
- Mais de plus, il faut faire enforte que les côtés des Vaiffeaux
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- confervent la forme que le Conftruôteur leur a donnée.
- On peut regarder lès baux des Vaiffeaux comme autant de poutres qui loutiennent la charge qui eft fur les ponts , ôc particuliérement l'artillerie , qui étant fur les ailes , tend à faire ouvrir le corps des Vaiffeaux en faifant redreffer les baux ABC {Figure 16). En ce cas, il fufïiroit de joindre aux courbes qui lient les bouts des baux aux membres, de fimples armures, comme on le voit ( Figure 16). Mais on peut regarder les baux comme devant réfifter de plus à l'effort que les membres font pour fe rapprocher, foit à caufe de l'effort que font les aubans de bas-bord Ôç de tribord qui tendent à rapprocher les côtés du Vaiffeau de fon axe, foit à caufe de la preflion de l'eau qui agit dans le même fens, foit à caufe de l'effort que le Vaiffeau fait continuellement pour baiffer de l'avant ôc de l’arriere : car ôn apperçoit que cet effort tend à faire rapprocher les bords du Vaiffeau l'un vers l'autre. Il n'y a que la xéfiftance des baux ABC qui s'y oppofe ; ôc comme ces baux font courbes, les extrémités A Ôc C tendroient à augmenter la courbure A B C du bau : ff cela eft, les armures ordinaires deviendront tout-à-fait inutiles, parce que dans cette dire&ion de bas en haut, les endents des armures tendroient à s'ouvrir ôc à s'écarter, n'étant faites que pour réfifter à la charge du plancher dont la dire&ion eft de haut en bas. Mais ce n'eft là qu'une fuppofition; il faudroit examiner fi dans les Vaiffeaux arqués, la tonture des baux eft plus grande qu'elle ne l'étoit lors de la conftru&ion : en attendant que cet article foit conftaté, je penfe que le grand poids de l'artillerie prédomine fur les autres caufes. Néanmoins s'il étoit bien vrai que le bouge des baux augmentât, il faudroit les armer aufli en fens contraire , ou, encore mieux, faire les endents des armures en dés, parce que ces endents s'oppofent prefque également à ce que la tonture augmente ou quelle diminue.
- Explication
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- D £ S B O IS. L I v. V.
- S4f
- Explication des Planches ôG des Figures du Livre cinquième.
- P L A N C H E XX
- Jj a Figure i repréfente l’aire de la coupe d’un tronc d’arbre où les couches annuelles font marquées par des cercles concentriques, ce qui fait voir qu’une planche qui feroit levée dans le même fens que A E , pourroit être regardée comme formée de plufieurs planches pofées les unes fur les autres , ôc collées enfemble. Il en eft de même d’un barreau qui eft repréfenté plus en grand en G H ôc en ^ h , ôc il eft
- Ï>rouvé que ce barreau fera plus fort étant pofé comme on e voit en H ou en que comme en G ou en g.
- La Figure 2 eft un barreau , mais que l’on confidere comme formé de deux parailélipipedes af, b f, appuyés l’un contre l’autre par leurs bafes cf : on imagine en c un point d’appui Ôc deux forces e d appliquées aux deux extrémités b a; on examine ce qui doit réfulter de l’effet de ces deux forces e d.
- La Figure 3 repréfente un barreau pareil, formé aufïi de deux parailélipipedes a b, &c chargé des poids e d, mais qui font unis à leur bafe par un lien f,
- La Figure 4 repréfente les mêmes parailélipipedes dont les bafes fe touchent encore ; mais au lieu d’être liés par un lien qu’on fuppofe incapable de prêter , ils le font par des refforts f diftribués dans toute la hauteur des parailélipipedes.
- La Figure f fait appercevoir ce qui arrivera dans cette fùp-pofition, quand les poids e d agiront fur les extrémités a b. Tous les refforts entreront en dilatation, mais inégalement; ceux g h feront fort dilatés, ôc ceux qui feront vers c ne le feront prefque pas.
- A la Figure 6 la fuppofition eft changée : les bafes du paral-lélipipede#£ font écartées l’une de l’autre, ôc liées par des
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- D e t a F or ce
- refforts f c qu’on fuppofe indifférents à fe dilater & à fe con-trader : dans ce cas, les uns entreront en dilatation & les autres en contraction.
- On voit cet effet Figure 7, en pliant un bâton de cire molle par l’applatiffement qui fe fait en f9 & le bourfouffle-ment qu’on voit en c.
- Planche XXL
- La Figure 8 fert à faire appercevoir qu’on peut remarquer cet effet dans le barreau que nous avons fuppofé ( Figure 6 ) -, & on peut remarquer de plus que les refforts/ qui entrent en dilata-tion tendent à rapprocher les parties ad tx.be du point/,'
- Îjendant que ceux qui font en condenfation tendent à éloigner es parties / a & mb du point c ; & fi ces parallélipipedes étoient partagés en deux par la ligne pon&uée a b9 ces deux parties glifferoient l’une fur l’autre.
- Ce gliffement eft fenfible à la Figure $ où l’on fuppofe des planches a9 b9 c9 à9 couchées les unes fur les autres, & chargées par les extrémités.
- C’eft encore à caufe de la contra&ion des fibres qu’on voit' quelquefois dans un barreau fec & de bon1 bois qu’on rompt j qu’il fe détache d’abord un éclat / à la partie concave de la piece Figure 10,
- La Figure 11 repréfente quatre planches abc d9 pofées les unes fur les autres, & l’on apperçoit fenfiblement qu’elles feront moins fortes étant pofées de plat Figure 12 9 qu’étant pofées de champ Figure 13+
- Les Figures 14 & 1 $ repréfentent des barreaux entiers qu’on a fciés en g9 les uns du tiers, les autres de la moitié de leur épaiffeur, & on a rempli le trait de fcie avec une petite planche de bois fec pour connoître combien il y a de fibres en condenfation, ôc combien il y en a en dilatation. Il eft bon de remarquer qu’à la Figure 14. le point d’appui eft fuppofé en f9 & les poids en d & en e9 au lieu qu’a la Figure 1 j les points d’appui font en a & en b, & la charge au point g ; c’eft ainfi qu’on a fait toutes les Expériences.
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- n e s Bois. L i v, V, £47
- La Figure 16 repréfente deux parallélipipedes a & b9 entre lefquels on a mis une petite planche de bois fec c, ôc là eft fuppofé le point d’appui; les poids font en d Ôc en e. Il y a un lien en h h 5 quand les poids ont fait leur effet, ôc quand on décharge la piece pour la redreffer, la compreflion delà piece fait que la fente s’eft ouverte comme le repréfentent les lignes ponctuées fg.
- Planche XXIL
- La Figure IJ repréfente un barreau entier ; on en a fait rompre plusieurs pour connoître leur force.
- La Figure 18 eft un barreau de mêmes dimenfions, mais fcié en quatre endroits a,b, c 9 d, du quart de fon épaiffeur.
- Le barreau Figure 1$ étoit fcié de la moitié de fon épaiffeur , & le barreau Figure 2 0 étoit fcié des deux tiers de fon épaifi feur. Ayant rempli les traits de fcie avec des planches minces, on les fit rompre pour éprouver leur force.
- La Figure 21 repréfente un pareil barreau , auquel on avoit rapporté à la partie qui entre en condenfation un morceau de bois dur a b.
- La Figure 2 2 repréfente faire de la coupe dun tronçon de mât qu’on voit en perfpeôtive Figure 23. On a divifé ce tronçon par fept cercles concentriques qu’on a eu foin de faire fui-vre dans les cercles annuels; ôc dans les cercles, on a pris 8 rondins E, 16 rondins D, 24 rondins C, 32 rondins B, ôc 32 rondins A. On n’en a point fait avec l’orbe G , parce que ce n étoit que de l’aubier, Ôc les traits de fcie multipliés ont empêché qu’on n’en prît en F 9 il eft clair qu’en mettant en comparaifon des rondins, ou des barreaux du même orbe, on les avoit aufli comparables qu’il eft pofïible, tant à l’égard de la nature du bois, qu’à l’égard de l’âge, du degré de féche-reffe, ôcc.
- On a eu attention, quand on a chargé les barreaux ou Amples ou armés pour les faire rompre, de mettre toujours les couches ligneüfes dans un fens vertical, comme il eft repréfenté en B B Figure 24, ôc jamais comme en AA ni comme en CC,
- Zzz ij
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- $48 jD e i a F o n c s
- Planche XXIIL
- La Figure 2$ repréfente comment nous comptions d’abord faire rompre nos barreaux en les fcellant dans un mur & en les chargeant de poids qu’on mettoit dans la caiffe B.
- Ayant reconnu que cette méthode étoit défeétueufe, nous en avons enfuite fait rompre plufieurs fur un établi de Menuifier Figure 26. a a repréfente cet établi; b b ,'le barreau dont on vouloit éprouver la force ; c c, une réglé qui le recouvroit ; à d, des valets qui fervoient à affujettir le barreau ; ff9 une réglé mince qui fervoit à mefurer fa courbure; g g , un fil à plomb qui faifoit connoître de combien il fe raccourciffoit ; e, la caiffe où l’on mettoit les poids.
- N’ayant pas encore été fatisfaits de cet établiffement * nous avons employé pour prefque toutes nos Expériences la machine repréfentée à la Figure 27.
- A y la caiffe où l’on mettoit les poids ; B B, deux fortes réglés entre lefquelles on mettoit le barreau qu’on vouloit rompre; CC, forte planche attachée avec .des vis aux tréteaux F pour les rendre plus folides , & pour porter le gradin G. Sur la planche / étoit la trémie D, qui étoit remplie de fines dragées de plomb. On voit en E une petite porte à couliffe qu’on ouvroit ou qu’on fermoit, pour qu’il ne coulât qu’une certaine quantité de plomb dans un temps donné. Ce plomb fe rendoit par la chauffe H dans la caiffe A, ce qui Faifoit que le poids augmentoit peu à peu ôc fans fecouffes.
- Planche XXIV.
- La Figure 1 repréfente un carton divifé en y00 parties égales par des lignes verticales. On le pofoit derrière le barreau qu’on chargeoit ; & en traçant avec un crayon la courbe que prenoit le barreau, fous différents poids} on connoiffoit les ordonnées de ces différentes courbes.
- La Figure 2 repréfente un barreau d’une piece ; a a eft fa longueur; D E, fa largeur, ôt FD, fon épaiffeur ou fa hauteur.
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- La Figure 3 DPE,F,G repréfente le bout des barreaux qui avoient tous une même largeur A B 9 & différentes épaiffeurs BC
- La Figure 4 H9IyK9L repréfente le bout des barreaux qui avoient tous une même épaiffeur B C, mais différentes largeurs A B. ^
- La Figure $ repréfente un barreau de mêmes dimenfions que celui de la Figure 2 , mais qui eft formé de trois planches ABC collées les unes aux autres.
- Après avoir éprouvé la force des barreaux de même longueur Ôc de différent équarriffage , je me fuis propofé d’éprouver la force des barreaux dun pareil équarriffage, mais de différente longueur comme D F Fig. 6.
- Les Figures 7 & 8 repréfentent des barreaux armés. A eft la meche ; B B, les armures ; c c c, les endents. La ligne ponctuée M marque la tonture ou la courbure de ce barreau.
- La Figure $ repréfente un barreau armé comme le font les mâts d’affemblage. A 9 la meche ; B B , les jumelles. On voit ce barreau par deffus, & la Figure 10 le repréfente vu par le côté. On peut faire les jumelles d’une feule piece ou de deux, comme on le voit en a.
- La Figure 11 repréfente un barreau affemblé par des écarts. La face AA eft le deffus ; l’écart s’étend de C en D, & il y a un endent en E.
- La Figure 12 repréfente un barreau de trois pièces affem-blées par des écarts qui s’étendent de A en B ; ce eft une des faces verticales.
- La Figure 1 ^ eft deftinée à faire voir que dans tous ces cas on a eu l’attention de mettre perpendiculairement les couches ligneufes.
- La Figure 14 repréfente un barreau entier; on en a rompu plufieurs pour conftater la force des barreaux entiers.
- La Figure 1 $ repréfente un barreau d’affemblage ou armé , de mêmes dimenfions que. le barreau Figure 14 ; mais contre l’ufage ordinaire , on ne lui a point donné de bouge ou de tonture : on l’a fait tout droit, ce qui n eft pas avantageux à fa force»
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- La Figurez repréfente un barreau quon a fcié en trois endroits e, £,/, à fa partie fupérieure, & l’on a mis dans les traits de la icie des coins pour faire prendre au barreau une courbure pareille à celle des barreaux armés.
- La Figure z eft un barreau armé à l’ordinaire, de mêmes di-menfions que celui Figure i ; L K , fa longueur ; K H, fa largeur] H J, fa hauteur ; D C, fon bouge ou fa tonture ; LK, la meche ; G G, les armures ; c c c, les endents.
- La Figure 5 eft un barreau tout femblable au précédent re-préfenté dans la Figure 2. E F, la meche ; G H, K H, les armures ; b c , les endents qui ont différentes profondeurs , les uns ayant une ligne , les autres deux lignes , les autres deux lignes & demie.
- La Figure 4 eft un barreau pareil au précédent, dont tous les endents étant pris aux dépens des pièces, les barreaux étoient d’autant moins épais que les endents étoient plus profonds. FF,la meche; GH, K H, les armures; A H, l’épaiffeur totale du barreau ; c d, les endents.
- La Figure 6 repréfente un barreau armé comme les précédents , & qui a rapport à l’Article IX , ce qu’il eft bon de faire remarquer, parce que dans le difcours on a oublié de renvoyer à la Figure 6. Outre cela on indique les endents par B C grandes lettres, au lieu qu’ils doivent l’être par b c petites lettres, g k, les armures; e/, la meche; bc, les endents; A B, l’épaiffeur des armures; CH, l’épaiffeur de la meche ; A D, l’épaiffeur totale.
- La Figure $ eft un morceau de meche defïiné plus en grand que les Figures précédentes, afin de faire mieux apperce-voirla forme des endents; AB, ôc B H marquent la longueur des endents; H/, la profondeur des endents; CH, la hauteur ou Tépaiffeur de la meche.
- La Figure 7 repréfente les endents différemment taillés qu’à la Figure y. G E eft la partie faillante ; E F, la partie creufe ou enfoncée ; I H, la profondeur des endents qui font
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- taillés perpendiculairement à la face KL, au lieu quà la Fi-; gure $ la coupe eft oblique.
- On voit à la Figure 8 que la rupture de la meche s’eft faite en B G, & que les endents B C , F G, fe font comprimés, refoulés & émouffés; la jonction A des armures s’eft ouverte.
- A la Figure 9, la meche a rompu enFG, les endents du côté de E fe font un peu refoulés, & ceux A BCD fe font comme déchirés,/^ plus que B, B plus que C, & C plus que D«
- A la Figure 10, la rupture de la meche a été en D C; les endents D E font reliés dans leur entier ; les endents B F {e font un peu refoulés, & Tendent B C A s’eft détaché en entier lui-vant le fil du bois.
- Au barreau Figure 11, la meche a rompu par grands filaments en BC j il n’y a point eu de refoulement aux endents du côté BD, un peu à ceux du côté A E.
- Au barreau Figure 12, la meche a rompu au milieu par grands filaments, Ôc Ton n’a point apperçude refoulement aux endents. On n’en a point apperçu non plus au barreau Figure 13 ; mais un endent B C s’eft détaché en entier.
- Au barreau Figure 14, la meche a rompu par grands filaments,’ & on n’a point apperçu de refoulement aux endents. La Figure 1$ eft deftinée à faire mieux appercevoir comment lesmeches rompoient.
- La Figure 16 repréfente un barreau armé. A B, les deux pièces d’armure ; GG, les clous qui joignoient l’armure à la meche ; E F, les endroits où Ton a fcié l’armure pour lui fubfti-tuer d’autres pièces.
- La Figure ip eft encore un barreau armé. AB eft fa longueur; BC, la largeur du barreau; CD, fia hauteur ou fon épaifleur ; F G ou fg, la profondeur des endents ; L K, la fléché ou la courbure du barreau. La ligne pon&uée abc marque une petite engraiffe, ou une petite planche courbe qu’on a quelquefois mife en cet endroit pour que le poids ne portât pas fur un feul endroit, ôc qu’il fe diftribuât dans une certaine étendue.
- La Figure 17 fert à faire voir comment on s’y eft pris pour
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- De X A F O R C Ê
- que tous les barreaux euflent une courbure pareille. P Q, unes forte piece de bois quarré ; KL, une calle de bois qui déter-minoit la courbure qu'on vouloit faire prendre au barreau ; on pofe le milieu I de la meche fur le morceau de bois KL; puis forçant fur les extrémités A B, on lui donne la courbure A K B, & Yoa arrête fermement les extrémités AB de la meche fur la piece de bois P Q. La meche étant en cette fi-tuation, on forme les endents TT, M, /, g G, T, &c. & po-fant deflùs les armures JV19 MO,fF, on trace & on taille les endents de rencontre des armures, & on les aflùjettit avec des clous femblables à G G Figure 16. On voit en MM un pli que les fibres comprimées parla charge avoient fait en cet endroit, & N 0 marque le morceau d’armure qu’on a emporté pour y en fubftituer un autre de la Figure 18.
- Cette Figure 18 NO ou i C eû un morceau d’armure défibré un peu en grand. Il doit être mis à la place de NO, Figure 17 qu’on a retranché, comme on l’a dit dans le difcours. BCeft la largeur de cette enture ; C E, fon épaiffeur. 2 F, 1 C eft un morceau d’enture plus épais que CE de la quantité E F, qu’on a mis enfuite à la place de Ci. 1C&3G repréfentent un autre morceau d’armure, qu’on a mis enfuite à la place du précédent 1 C, 2 F. On voit dans l’ouvrage, que le barreau a été d’autant plus fort, qu’on a mis la portion d’armure Figure 18 plus épaiffe.
- La Figure 1 o repréfente un barreau dont la meche AB eft d’une piece ; l’armure C D E , de trois morceaux ; F G, les endroits où ces morceaux d’armure s’arcboutent 5 hihih, les endents.
- Planche X XI/1.
- La Figure 1 eft un barreau armé à l’ordinaire avec des endents obliques. A D , la meche ; B E, les armures ; B C, l’ér paifleur du barreau; FG, la fléché de la courbure.
- La Figure 2 eft un barreau femblable à celui de la Figure première. A D, la meche ; B E , les armures ; FG, la fléché ; mais à celui-ci les endents étoient en dés.
- Figure
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- Figure 3 , barreau à endents obliques. A D, la meche d’un morceau ; B E, l’armure de trois pièces HIK.
- Figure 4 , barreau tout femblable au précédent, excepté que les endents font en dés. A D, la meche d’une piece ; BE , les armures de trois pièces H1 K.
- Figure $ , barreau de cinq pièces avec des endents en dés, A D, la meche de deux pièces étant jointe par un écart en G.
- Figure 6, barreau de cinq pièces avec des endents en dés. A FD, la meche qui eft de trois pièces ; B E, les armures qui font de deux pièces ; G G, les écarts.
- La Figure 7 eft un barreau de fix pièces avec des endents obliques. AF D, la meche qui eft de trois pièces ; HIK, l’armure aufli de trois pièces ; G G G, les écarts.
- Figure 8, barreau de fix pièces avec des endents en dés; A F D, la meche qui eft de trois pièces ; HIK, l’armure qui eft de trois pièces ; G G G, les écarts. J
- La Figure y eft un barreau à endents obliques armé à l’ordinaire , mais fans courbure. Q M Ny la meche d’une piece ; P 0, les deux armures féparées de la meche.
- Figure io , barreau formé de deux pièces pofées de champ avec des endents en dés. QM, une de ces pièces ; P 0, l’autre piece.
- Figure 11 , barreau à endents obliques & qui n’a point de tonture. Il y a deux pièces d’armure LM; la meche eft formée de quatre pièces, favoir, CFD ôt DE,DKH&tlD; les empatures font en D.
- Figure 12, barreau droit avec des endents en dés ; favoir , ik> kl & c d9 de.
- Figure i J , barreau courbe avec des endents obliques de trois pièces armé à l’ordinaire. C A, la meche d’une piece ; E F, l’armure de deux morceaux; BD, la fléché de la courbe ; a c, épaiffeur totale du barreau.
- Figure 14, barreau de pareilles dimenfions que le précédent, & dont les endents étoient obliques; mais la meche A C étoit de trois pièces ABC; les écarts de la meche étoient en E.
- Figure , barreau à endents obliques. A quelques-uns Far-
- Aaaa
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- *54 D E l A F O R C E
- mure étoit de deux pièces EF, Fe ; ôt à d’autres de trois EF e. Cette armure étoit courbe ; la meche, qui étoit droite par deffous , étoit formée de trois pièces A C B.
- Planche XXVII.
- La Figure i repréfente une poutre A B qui eft fortin fiée par une décharge ; les deux pièces C D s’arcboutent en G, & font retenues dans les entailles EF; GH eft un boulon de fer qui lie les décharges avec la poutre.
- A la Figure 2 , la poutre A B eü fortifiée en deffous par le tirant IK Ôc les décharges CD, qui font reçues dans des entailles E F qui font faites au tirant IK, & ces décharges ÇD arcboutent par leur autre extrémité contre la piece G H.
- La Figure 3 eft un écrou de preffoir ; A B, fa longueur* AC, B C, ion épaiffeur ; CD, fa largeur ; E E , les entailles pour embraffer les jumelles ; F le trou dans lequel font formés les pas de l’écrou. Ces écrous font très-fujets à rompre en G ; pour les fortifier, on a coutume de mettre fur la face fupérieure les pièces courbes G G Figure 4, entre
- tre les pièces courbes G G qu’on nomme Sottes torfes ; ces folles torfes ne fortifient pas beaucoup les écrous, il vaut mieux, Figure 3, coucher fur l’écrou AB, aux deux côtés de la vis, les pièces droites K K ; à un pied ou dix-huit pouces au-deffus * on ajoute les pièces L L,&t entre elles deux, les décharges M M qui font reçues dans les entailles N N de la piece ou tirant L L, & dans les entailles 0 0 de la piece K K ; il faut que cette piece appuie fortement fur l’écrou au point P : Q Q , font des mortaifes pour recevoir des paumelles qui lient les pièces que nous venons de repréfenter avec de pareilles pièces qui doivent être à la facepoftérieure de l’écrou ; RS repréfente la tête des jumelles.
- La Figure 6 repréfente la coupe d’un mât d’affemblage fortifié par des bandes de fer, comme l’a propofé le fieur Barbé* Maître Mâteur du Roi à Breft, A, la meche 5 B, les jumelles ,
- paffe la vis 1: H H font des bandes de fer qui lient 1’
- lefquelles une à Fau-
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- V e s Bois. Lit, V: 5*5
- r r f, les bandes de fer qu*a. propofé le fleur Barbé.
- Figure, y, la ligne A B repréfente la quille d’un VaifTeau neuf ; Ôc la ligne pon&uée CD, h quille d’un VaifTeau arqué.
- Figure 8, la ligne A B repréfente la quille d’une Galere qui a fa tonture} ôc la ligne CD, la quille dune Galere qui a chuté ou qui eft arcjuée.
- La Figure p fert à donner l’idée de l’amarrage d’une Galere dans le Port ; a b font des ancres d’amarrage qui répondent à l’avant de la Galere ; c d, des organeaux fcellés au quai* Ôc qui affujétiffent la poupe de la Galere.
- La Figure 1 o repréfente la coupe d’une Galere. A B C, h quille ; D E, le courfier ; AG, C H, les rodes de proue ôc de poupe ; FFF, les épontilles.
- Figure il; c c c, les pièces de quille ; E E, les bouts de ces différentes pièces ; D D D, h. coupe des madiers qui font entaillés de la moitié de leur épaiffeur dans la quille, ôc de l’autre moitié dans la contrequille A A A. On voit en FF les écarts qui joignent les unes aux autres les pièces de contre-quille ; B B eft l’armure de la contrequille.
- La Figure 12 fert à faire voir que la quille d’une Galere , repréfentée par B B , ne peut perdre fa tonture pour devenir comme c c, fans quelle augmente de longueur, à quoi s’op-pofent les endents des armures.
- La Figure 1y repréfente comment on forme les écarts avec des endents, ôc comment on peut, par ce moyen, faire des tirants de plufieurs pièces.
- Nota. Nous n avons éprouvé ta force des Barreaux iïajfemblage quen les chargeant dans leur milieu, comme le font les poutres des: bâtiments ; cependant fi F on avoit befoin de tirants qui eujfent une grande longueur, on pourroit les former de plufieurs pièces ajfemblée s bout-à-bout par des écarts & des endents , comme Fa fait fort heureufement feu M. Pitrou, InfpeCieur Général des Ponts & Chauffées, pour relier le Pont d'Orléans» Voyez le Recueil in-folio des differents Projets d?Architecture de cet Auteur , imprh més en iy$6»
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- De la Force des Bois, &c.
- La Figure 14 repréfente des vaigres ou fourrures de Galeres, comme on les pofoit avant le fieur Reynoard, qui a joint à l'armure du courfier & de la quille la difpofition des vaigres, comme on le voit Figure 1 $.
- La Figure 16 fert à faire comprendre un raifonnement qui eft dans le Mémoire fur farmure des baux.
- F I N.
- Extrait des Regijlres de VAcadémie Royale des Sciences.
- a Du dix-huit Janvier 1767.
- ]V1essieurs de Jussieu, Deparcieux &Bézout; qui avoient été nommés pour examiner le huitième & dernier Volume du Traité complet des Bois Gr Forêts , par M. Duhamel , en ayant fait leur rapport, l’Académie a jugé cet Ouvrage digne de Pimpreffion ; en foi de quoi j’ai ligné le préfent Certificat. A Paris, le 30 Janvier 1767.
- GRANDJEAN DE FOÜCHY,
- Secrétaire perpétuel de l’Académie Royale des Sciences.
- On trouvera le Privilège à la fin du fécond Volume du Traité de VExploitation des Bois.
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- Transport des Bois Liv, ’KJPl.JDCPcuj .$5&.
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- Transport des Bots Ltv, V, BiXXt Vay SS6.
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- Transport d&r B ou Liv. K PI XX! // Pop, S$6,
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- Tjwuportda? Bou? JLw. îTJ?l,JÜÜV,]Pag, 6~5b.
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