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Confutation de l'invention des longitudes ou De la mecometrie de l'eymant
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- CONFVTATION
- DE L’INVENTION
- DES LONGITVDES
- OV DE LA MECOMETRIE
- DE L EYMANT.
- (T DEVANT MISE EN LVMIERE Joug; le nom de Guillaume le nautonnier fieur de Caftel-jranc au haut Languedoc.
- ParDovNor de Bar-ledvc Do&eurésdroi&s, &C profefleur en la diuine Mathématique aux academies du Roy.
- V ED IEB S^ M 1 ESTE',
- A PARIS,
- Par François H v b y ,rueS.Iaquesaufouffletvert,deuant le College de Marmoutier. Et en fa boutique au Palais en la galierie des prifonniers.
- M. DC, XI.
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- AV ROY.
- IRE
- La diligence que vous apportez àl’eftude deMathematiqu&fait efi perer à vos fubieâs le retour de ces diuines fciences. Elles ont efté longtemps ternies par l'ignorance dufiecle, èc def-ja les nations efiranges femblent leur rendre vne partie de leur luftre, mais elles receurontleur iufte bruniffement fi vous daignez les fauorifer de la continuation de voflre affe&ion. le vois def-ia toute la nobleffe Françoife embraffer ces orn'emens de paix &C de guerre, ne refte plus fi-non que vous foyez leur Apollon. Ne dédaignez, Sire, ceft empire des lettres mon moins glorieux que celuy des armes , &C rêceuez ces défi poiiilles que ie prefente aux pieds de vtftreMa-iefté,en attendant que iaye quelque fubied cte glus grand mérité pour vous offrir. Vous donnerez courage à plufieurs efprits,laffezdu rebut
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- du fiecle, à rechercher la reftitution Se l’ornement de ces difeiplines qui méritent feulles eftre appellees fciences.
- Voftretres-obeiflânt Si tres-humble feruitcur. D.
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- L’AVTHEVR AV
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- LECTEVR,
- Abondance des marnais Hures en ce temps eji autant nuifible 3 que le dejfaut des bons apportait ancienne-mentdincommodités Chacunprifi Jon trauailçg nomfommes tous trafi porte^d'vne infatiable affiliation defirire. Ainfi parmj <vne grande quantité de Hures nouueaux, il y a bien plus diuroye que de pur jromenk Infœlix lolium ô£ ftcriles dominâtur auenæ. Mais il faut empefcher taccroijfement des mauuaïfis herbes, lesquelles pourraient ejloujfer les belles moi fions, il faut prendre garde que les erreurs ne Je glifient dans les fcien-ces. Ainfi Pierre Moinius ne peut endurer que la amine Mathématique foit brouillée des erreurs dOroce Finee. Ainfi leSubtil François Viette s'efforce de munir les Geo~ métrés a tencontre de la Ciclometrie. Ainfi le doBe Phi-lofbpheluLCefarde lEfcalle^ne veut lai fier efchapper la Jubtilitéde Cardan fans la cenfure de fis laborieufis exer-citations : ie laifie tant dautres constations qui ontejké faiâes én toutes fortes de fciences. Et îay peur que do-
- v i • • *
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- L’avthevr
- refhauant on ait plus affaire de telle forte d'efiris que dinuenter quelque chofe de nouueau. Quant a moy ch a -cuniugerademondejfeince que bon luy fimblera,Si le feeur de Caflel-franc fi fufl contenu dans les bornes de la modefiie,& quJ'd n'eufi perfiueré a fis fautes apres les auoir recognuès 3 te n'euffe choïfi ce genre d'efcrire bien que neceffaire. Mais que luy profite defi vanterparmy fis fauteurs qu'il ejl le pim habil.Mathématicien du mode, que fin inuentïon des longitudes ejl toute autre que la quadrature du cercle, que ïmuention des deux moyennes continuellementproportionlles que la trificlion de langle, Et beaucoup d autres 'VjwiicZs que ïay appris ri y a pas long temps d'vn fien familier amy Jequelm'ayant demandé mon aduis touchant ce liure sefmerueillafortque ie leprifiis affef peu : & moy ie mejlonnay qu'il fi trou-uafi quelqu'un qui en fijl cas. Il fouflenoit que le fleur de Cajlelfrancauoitaffefde rdtfins pour fie deffendre, fijfi entre autres, que fin Hure auori eflé reueu & ap-prouuéparles Leùleurs Mathématiciens du Roy, çfque par fin commandement il en auoit eflé récompensé, qu il en tïroit'une honnefle penfion. Mais il afipeu de diffère-tion, que me fine il n'a peu effarguer les approbateurs de fin liure,il les defihirea belles dents, & ne je peut garder de direparmy fis familiers qu'ils efioientbien tantigno-rans fur cefubieft, quilfut contraint d,e les infiruyre premier quils le peuffent entendre. Pour moy ie riay point cognu ïvn d'iceux qui ejl défia mort. Quant a l'a litre qui ejl encores cuiuant, ilrieflpas de befiin que ie le ur
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- av Lectevr.
- (e icy &/ en.com moins queie prononce de fa doctrine: ïeffere que bientoflïauray <vne autre occafiom mieux a propos pour en prononcer. Cependant lefilenct des gens doctes, luy afaiét efperer l'immortalitépourfon Hure, & défia ilJe préparé (a ce que i'entens) pour le tourner en Latin, a fin de luy donner vne plus grande ejlenduè, & faire paruenir fa réputation iufques aux lieux les pim efloignez* Maissil plaita Dieu, les nations ejlranges ne s en mocqueront point dauantage : il faut que cefl auorton foiteftoufféau lieudefanaijfance. Ettoy amy Leéteur,ie te fupplie que tu ne m attribuefur ce fubieët aucune autre pafion que b amour de la ‘vérité. qA Dieu.
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- ‘ EXTRAICT DF PRIVILEGE
- dt Roy.
- «A r. grâce & pnuikgedn Roy, il cft permis à François Huby,Maiftrc Imprimeur & Marchand Libraire en l’Vniucrfité de Paris, d’imprimer ou faire imprimer & expofer en vente vn Hure intitulé : Confutation delimen-tim desUngitudes, ou de U Mecometrie de l’Eymant, Çy deuant mis en lumière fous U nom de Guillaume le Nautonnier fieur de Caflel franc An bat# Languedoc. Par Bonnot de Bar-leduc Do fleur és droifls, &profef-feuren U diurne Mathématique aux academies du Roy. Et cc iu fques au terme rie fix ans finis & accomplis,à compter du iour que ledit li-urefera adieué d'imprimer. Pendant lequel temps, defenccs font faites à cous Imprimeurs « Libraires , & autres de quelque cfiat, qualité,ou condition qu’ilsfoient* denon impriraeroVeadrc,contrefaire,ou alterçrleditliure, ou aucune partie d’iceluy, furpeine deeonfifeation des exempfaires, & de quinze cens liures d’amende aplicables moitié au Roy 9 & moitié aux pauures de l’Hoftel-Dieu de cefte ville de Paris, dépens dommages & interdis: Non-obftanttoute Clameur de Haro, Chartrc Normande, Priuilcges, lettres, ou autres appellations formées à ce contraires,frites ou à faire. Donné à Paris le dernier Ianuier0i6n. Etdenoftreregne ie premier.
- Par le Roÿ en fon Gonfeit, figné, De Vabres.
- tAcheuéd'imprimer le troifiefme Feurier. i6ir.
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- CONFVTATION DE
- LA MECOMETRIE DV SIEVR
- pe Castel-franc.
- Villa vme le Nautonnier fleur de Caftel-franç,ayant leu dans Iean Baptifte de la Porte, Michel Cogne t, Liuius Sanutus, Touflainds Beffard &C autres , que Ion pouuoit trouuer les longitudes de la geo-graphie par les declinaifons du compas Nautique ou B affole, &priiicipallement dans les deux der-niers:ils’eft imaginé qu’il en pourroit venir about s’il entreprenoit ce trauail, Sc qu’il ne pourroit trouuer plus belle occafion pour s’obliger la pofte-rité. Comme de vray le deflein eft beau, ô£ qui a efté tenté par d’autres plus excellens Mathemati-ciensqueluy, fans qu’ils ay en t peu accomplir ceft ouurage tant neceffaire à Géographie. Ce n’eft pas que la chofe foit tant laborieuie, qu’il faille vn téps infiny pour la conduire à fin$Mais les obferuations font tant differentes,qu’il eft impoffible de les rapporter fouz vne feule réglé. Guillaume Gilbert & SimonSteuindo&es perfonnages de ce fîecle,fe
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- CONFVTATION DE
- font à ce que i’en tens fort exercez à cefte luit te,fans proffitîfinonquel’vnatrouué vne nouuelle façon de trouuer les ports de mer parles declinaifons de laiguille, ô£ l’autre a produit vne infinité de belles obferqations fur la pierred’eymant. Et mefme ce ieu n’a point defpleu à monfieur Alleaume vray ArchimedeFrançois, lequel ma communiqué ce qu’il a trouué fur cefte recherche de la longitude parles declinaifons de laiguille. .Mais tous césha-bils hommes ont fait plus de cas de la vérité,que de leur trauail; ils ont mieux ayméperdre toutes leurs peines,que de mettre auiour quelque faulfe do-étrine, & en cefte façon, s’acquerirle blaftne delà pofterité.Quant au fieur de Caftel-franc,il a mieux aymé tout changer,renuerfer,mefler le ciel à la terre, que de quitter la part qu’il pretendoit à vne fi noble inuentio.Ainfi seftant imaginé que laiguille declinoit toufioursversvn certain point, qu’il appelle Pol de l’eymant : ie dis imagine , d’autant que comme ie monftreray cy apres, il n’a iamais eu aucun fondement,pour paruenir à la cognoiftànce de là diftance qu’il dit eftre entre les pôles du mode & ceux de l’eymant (afin que ie difeoureà fa mode) il à pofé cefte diftance de 23.degrez, & fuy-uantles maximes de Touflaind Beflard,il a calculé fes tables qu’il appelle Mecographiques, pour tous les degrez de longitude & latitude du monde. Voilàlobieâ;defon liure.Et afin den’eftrefubied
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- LA MeCOMETRIE. 2
- àlareprehenfîon des ignorans,ouàlamefdifance des enuieux,illa voulu armer de Théorique àla façon des anciens Aftronomes & Géographes; mais Théorique qui eft lî peu Théorique, queie n’ay point fouuenanced auoir iamais leu elcrit plus confus. le nay iamais fçeudeuiner ny ou eftoitle commencement,ny ou eftoitla fin,rien ny eft traité par ordre: voicy ce que i’ay peu comprendre de fa méthode.
- Toute fadodrineeftdiuifee en fixliures,outre le liurede Géographie,& le liure delà Mecome-trie Arithmétique.
- S on premier eft diuifé en deux parties $ en la'pre-miere,il traide de quelques définitions deGeogra-phi e, 8>C par digreffion fort neceflaire, il fait d aflez beaux petits contes derefprit prophétique dePla-ton,de Seneque,desinuentions du Canon,de lïm-primerie, &C autres extrauagances que ie laifle aujf baflesiurifdidions.En la fecunde partie,fans auoir prouué la vérité de fa dodrine, il en pofe néant-moins les maximes fuyuant lefquelles il a drefTé fes tables.
- Au fécond liure il enfeignelapradiquemecha-nique de fa dodrine, àla fin duquel il côfute quelques obferuations desHollandois,en niant qu’ils puiffent auoir veu ce qu ils ont veu, par vne certaine impudence entremeflee d’ignorance.
- Le troifiefme liure contient quelques inftrumés
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- CoNPVTATION DE
- pris de codé &: d’autre, non pas que par certaine méthode il ait dediné quelque liure particulière^ ment pour contenir l’yfage des inftrumés leruans à fa dodrine,car il les melle par tous fes liures,com^ me ilsluy venoientàlafantaifïe. Etlî ienemetro-pe,il auoit délibéré déterminer fa Mecometrie fur ce liure. Les preuues & confutations quil prétend auoir faid,font meflees dVn codé 8c d’autre par tous fes liures, par vne affëdation de diueriïté nompareille.
- Au quatriefme.,font contenus diuers mefl anges, diuerfes confutations, autres indrumens, &c autres pratiques que les precedentes, ie penfe qu’il les auoit appris de nouueau. Finablemët la corredion de quelques fiens erreurs en fa dodrine.
- Au cinquiefinc, &C au liure de la Mecometrie Arithmétique, il apprend à pradiquer fa dodrine parles triangles fpheriques : quelque bon genie luy ayant en fin perfuadé, que les lignes courbes edoient plus propres en ced affaire, que les lignes droides des elerricns d’Euclide: dodrine qui luy edoit du tout nouuelle pour deux raifons ; La première,que ic ne vois point les A utheurs geometres qu’il cotte en ces liures,dans l’inuentaire de fa bi-bliotecque,qu’ilaplanté au front de fon liure, & queparconfequent ils n'edoientpointà fon vfà-ge,lors qu’il efcriuoit fes premiers liures: L’autre qui edfimalyerfé aux termes, & aux demondra-
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- la Mecometrie. 2
- rions, qu’il eft aifé à coniedurer qu’il eftoit fort neuf à cemeftier. Soiticelleappellee doârine empruntée..
- Qui cognoiftfala methodedu perfonnage, il ne faut pas demander ce qui eft contenu au fixiefme, mais il faut s’imaginer quelques redittes des premiers.
- Voilà tout ce que i’ay peu voir iufques icy de toute cefte dodrine mecometrique, de laquelle qui voudroit monftrer tous les erreurs, l’en treprile feroit allez grande pour luy .faire perdre bien du temps. cefte charge eftoit inégalle à fes efpau-lesin’eftant inftruidny deLogique,ny de Géométrie,qui eft oient les machines necelfaires àla con-ftrudion de cefte fcience. Que s’il euft bien entendu la Logique,& principallemêt cefte partie qu’on appelle Analitique, laquelle enfeigne le difcours fcientifique , fa dodrine ne feroit point auiour-d’huy mirable : ou bien fi on luy euft fâppé fes principes,le difcours furiceuxluy euft demeuré entier. Mais qui confiderera bien la façon de parler,remarquera vne vray image de chicanerie: car fi on luy àpportoit quelque obferuation contraire à fes maximes, il refpondra ( didril, au chap. 7. du liure 4. ) quevne hirundelle ne faid pas le Printemps. On ne parle pas ainfi en refcolle des fages pourme-neurs. Quant à là Geometrie, de laq ueile il femble que fon liure en foit tout farcy,les plus grolfiers
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- CONF VT ATI O N DE
- Geometres fe riront quand ils luy verront prendre des lignes droides pour des lignes courbes, cotter les elemens d’Euclide en expliquant des triangles furie globe delà terre, &. principallement quand dedans tout fonliure ils ne trouuerontvnfeul dif-cours qui ait forme de denionitration géométrique. De maniéré qu’il peut vfurper à bon droidle dire d’AppolloniusGallus.
- Ne que ego Archimedem, aut ego Euclidem mi fer, Verfi diurna verfi notturna manu Subtilii artis aucupans palmarium. le laifferav donc lacenfure de ces petit^chofes, aux Indicés inferieures &C fubaltemes.V oicy con> ment ie conçois celle dodrine Mecometrique, puis qu’il plaiït à Dieu que ie l’appelle ainfi.
- Premierement,ilfalloitprouuer que l’aiguille ne fe deftourne &C ne tend qu’à vn feul point, en quelque part du monde quelle foit.
- Secondement, il falloit demonftrer la diftance d’iceluy poind au pol du mode, & monltrer comment on en pouuoit auoirla cognoilfance.
- Tiercement,comment par la diftance d’iceluy poind au pol du monde, par la latitude dulieu, &C la declinaifon de l’aiguille en iceluy, on pouuoit trouuerla longitude pour chacunlieu: Et en con-uertilfant,queparlalongitude,latitude,diftance des polies,on pouuoit trouuer la declinaifon de l’aiguille pour chacunlieu.
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- la Mecometrie. 4
- Finàblement, ilpouuoitdreflerfes tables, voires s’il luy euftlemblé bon, faire quelque liure del’vfa-ge de tous les inftrumens,qui pouuoient eftre propres à fa doctrine.
- le m’imagineaflezqu’il maintiendra auoir fuiuy ceft ordre,auoir demonftré toutes ces chofes,auoir confuté tout ce qui pouuoit eftre oppofé au contraire : mais il faut voir ce qui en eft.
- 3) ES PRINCIPES SERVANS
- a ce fie dijpute,
- TES vraysprincipes de cefte doéirine mecome-trique font les obferuations des declinaifons de l’aiguille: &C ceft par icelles qu’il faut regler cefte fcience. Or pour autant quelles ne font pas toutes d’vn mefme pois,il eft de befoin qu’auec grande difcretion on face chois des meilleures,&C ne point adioufter foy temerairemét à tout ce qui peut eftre propofc comme chofeobferuee. Car les premiers qui on t remarqué cefte declinaifon de l’aiguille d’a-ueclaligne méridienne, foit qu’ils n’ayent point eftéaffezinftruiéts, ou quils n’ayent eu des inftru-mens propres, foit qu’ils n’ayent point apporté af-fez de diligence,n’ont pas eftés exépts du foupçon d’erreur en leurs obferuations. Plufieurs par apres en ont parlé par ouy dire, & lors qu’ils ont tafché de diminuer l’admiration d’vne choie fi eftrange
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- , CONF VTATION DE
- ils y ont adioufté du leur, iufques à ce que les grandes obferuations fai£tes aux grands & loingtains voyages,nous ont donné à cognoiftre que c’eftoit vnechole du tout véritable, ôcàlaquelleil falloit prendre garde diligemment. le ne parlepointde ceux qui ont penfé par ces declinaifons pouuoir trouuer les longitudes, qui ont conftitué des pôles à l’aimant :lefquels ne font auffi hors de foupçon qu’ils n’ayent quelque peu tyrannifé les obferuations qu’ils auoient appris par-cy par-là, mefm es la plufpart d’icelles fans autheur,8£ nous les ont données telles qu’il leur a pieu. Quant au Sieur de Ca-ftel-franç, il n’a point faiét d’autre chois, linon que à fon iugement toutes les declinaifons font bones, lefquelles conuiennent auec fes tables: celles-là font toutes faulfes,lefquelles y contreuiennét, fans fe foucier lî elles font certaines,ou non. Pour moy ieferoisconfciencede me feruir des fufpeétes, &C principalementàl’encontredeluy. Si bien que le plus leur moyéeft de reietter toutes les anciennes, &C ne s’arrefter que aux nouuelles,fai6tes par Pilot-tes fameux, bien inftrui&s en celle matière : c eft à dire qu’il faut receuoir celles-là tant feulement qui p ortent les marques de leur vérité, tant en l’autho-rité del’obferuateur,que diligence al’obleruation. Toutes celles qui font rapportées dans les nauiga-tionsdes Hollandois,font telles (félon moniuge-ment)commeauffi celles quelefçauantgeographe
- Plancius
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- LA MeCOMETRIE. y
- Plancius a fai£t obferuenceft a dire en vn mot toutes celles qui font rapportées en la limeneure tique de Steuin. Elles font authorifees par deux habils perfonnages, & qui ont efté curieux de faire faire telles obferuations, par des Pilottes bien inftruiâs. En voicy l’extraid: du liure de la limeneuretique ou trouue-port de Steuin.
- CHALYBODIXEOS SYNOPSIS.
- Accrercens i declinatio «) Oiiciiulis.
- Orieatalis.
- ÇIn injula Flandrica coruo. o o
- In injula Flandrica S.Maria. $ 20
- Frope injulam mayodiëtam. 4 yy
- Apud Canaria mjulam Palmom. 6 10
- ApudcaputdeRoca propeVlifiipo. io 0
- In extremo occidentali Hiberniœ. // 0
- is) Injinibxsangliœ. 124.0
- Occidentalins d capite S.Auguftini in JBrafdia ioy.HiJj?anicis miliaribm. 0 0
- Ad cap.S.Augufiini in Brafdia. $ 10
- Ad Zjephjroborean ïnjul. "Triflan, da
- Concha. ip 0
- c B0/&K05 K) vo'ricdç cam capite bona Spci. 2 ^ 0
- ; Advnù mil verjus oriente a P lemouth. 13 14.
- 12 40 11 30 u 0
- 9 3°
- B
- Deerefceos \ Apud Fhimaltum in ipfopelagp.
- I Londini in Anglia.
- In Anglia Promontorio. \jtdmfierodami.
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- CONF VTATION DE
- 0.
- Accrefeens
- declinatio
- Oecidenta
- lis.
- . ©ecrefccnsi declinatip < Qccidcnta Us.
- Nortcapifinomarci.
- Norquinda.
- In loco Rufia Archangelus nomma to. In Strato AuftraliVaigathï. Langenef in Noua Trembla, 'ylnwilhelmi infalamNoua sembla. ^ Cj erm.mil.17.à.cap.dos Aquillas. Quinque milà terra do Natal Apud Baxos India.
- In jMozLiambiqua, lufmu S.Augufini iniMadagafar. Ad meridiem cap. S. Romani. ''Anfinu Anthonij Gilliin Madag_ i Ifouchij in noua Trembla. V'V'intherusij noua ^embla. Germ.mill. 3 4..a Brandaone.
- In Goa India.
- In Cochin.
- Germ.mil.2f. ab angulo ^ephjronot.
- In Bantano India.
- Trops injulam Baly.
- In ofiiofluuij Cantani in China. Nn Bunamlaua.
- o o
- 0 ff 2 0
- 12 3° 24- 3°
- 2f 0
- 33 0 0 0
- 4 3°
- n 0 11 0
- 13 0 16 0
- 2f 0 27 0 26 0 22 a
- If 10 If 0
- 6 0
- 4 4$
- 2 2f I 30 0 0 0 0
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- LA MeCOMETïUE. &
- Apres celles-cy, doiuent fucceder les Obfcrua-tions qui font dans les voyages de Hugues de Linfcot Autheur allez cognu, defquelles en voicy fextraid,
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- SEQVITVR INSTRVCTIO eiRCA
- declinationemacus pixidis nauticæ,in nauiga-tione Curfuque Lufitanorum in Orientaient ïndiam, tam in ambitu, quam in reditu : quibus in lacis, &I quantum in Borealibicum ô£ Borea-peliotem difcedat : Id eft quantum abeat in Orientem aut OccidenteniîA nnotata fidilfime ac perfediflitne à gubernatoribus Lufitanorum iildem in nauigationibus.
- procurrenti.
- adjèptentnonale equmoxtalù latm, in dijvantia/o. aut; 8o,milliariumab ora:Acm in Orientem abitdimidiam lineam: fiquandoabejfesaborafirmœ, 10a. aut 120. mVL tertiam duétuspartem inclinatione in Orientem habebit.
- Procurrenti ad'Brafdu oram, vfque adfeptem, octo, decem graduf ad auflralemplagam œquinottialis ,pixi-dicula inclimbitin Orientem tertia ex parteduiï us : hoc
- B ij
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- La Confvtation inteüige vbi prope brafiliam nauigauerü.
- oAb hacaltitudinevjque addecimum Jeptimum, ac decimum octanum gradum vbiJyrtes Os abrolhos dicta lacent,pixidicula inclinabit in Orientent per très qua-drantes çf duos trientes dultm : hoc inteüige cum ab ora brafiliœ centumyaut centum çf viginti miüiaria non Juperaueris.
- Brœteruecto mjulas JMLartini VaalffPixis pervnam autamphm abibitin Orientent.
- Hincvjquead 33 gradum,pixis difcedet in Boreape-liotenfeu Orientent fèfquilinea,ad? 0. aut S0.miüfupra injulas triftanda Coucha.
- Inde vjque ad cap ut b omJJ?ei r pixidiculœ indicia mi-nuuntur: eam ergofi bene injjexeris, monjlretque dimi-diam lineam ex Boreapeliote 3 tum caput bom JJei haud.
- ria : namfi ei nonfis obiectus ad aujtrum Septentrio-nem9pixisinlineamvnamac tertiam eïm verjus Bo-reapelioten inclinabit.
- Hinc animaduertenti pixidiculamji eaiuflafxaque reperiatury tum 80. miü. ad Orientem dijlantia a cap. das agulhas apparebit.
- Nauigatione in MozjLmbtquamJi pixis duos tertias linea abeatin Occidentemjum habe ab aujlroacSepten-trione cap.das correntes exiflere.
- INfaulganti 2$. ac 26. vjquead20.fi pixis per très quartas partes line&abeat in Occidentemfum injulam S. Laur en tij prejumejnox enim apparebit.
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- LA MeCOMETÜIE, 7
- Cum Mo&ambiqua vbi conueneris,pixis lïneam ha-beivnam ex Occidentepaulominus, qm drîa vjque ad Uneam perfeuerat œquinoxialem, nempe in traita qui nauigantibus Indiam ducitur.
- Exijlentizoo. mill. ad Qccidentemac Orïentem cum porta Go&./M trait u Indu vjque ad Comorïnï caput, pixis abibit in Occidentem per fiefquilineam: ac iuxta oram Indiœ,pervnam eiufque tertiam.
- NJauïgantïexCochinoinLufitanïam,donec Mai diua infulas tranfieris^adAuflrum ÇiJ Mejolibo no tum pixis dedinabit in Occidentem JèJquilmea , vjque ad ottauum çef decimumadauflralem œquinoxialis lineœ partem: Quod fi minm qmd infra fefquilineam reper ries , tum ob Occidxnte ejfe te cogita propeJyrtes Afalha de malha dictas.
- Cumeris2jjjo.gradutporrigafque curjum in Occidentem , cumpixidu abitum lima vna, (0 quadrante alterius terminarï vide bis , tum Jcïto te ejfe cum Septen-trione & auflro cum capite S.Ro man quod in extremi-tate adNotapelioten SyLaurentij iacet.
- Conuenienti ad Aufirum ffijj Septentrïonem cum fiyytibas Os baxos de India,procurrentique verjus ter-ram do Natal 30. & ^i.gradu,pixisfeu compajfks très lineœ quartasin Occidente Juperabit5 aut minus paulor exauslroacSeptentrione cap.Das correntes habebis, Venlenti ad $ 2.& fe.gradum,fi pixis non déclinét in Orïentem vel Occidentem , tum Jub meridiano te ejfe Scita.
- B ii)
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- Gojff VTÀTfOïC PE
- élffoiabis monitw, Çompaffum fane mfpke ne vel pilum erret, oculum inde vnum çonfderaturm Claude, vt vifu acriore demetiaris,
- CaputBona SpeiJuperatum vbifuerit, curfuadmijfo in S,Helerta infula m,pixis abibitin Orientent per linea vriius trientem, ac in Helena infula per dimïdiam ems duâum : A infula S,H elena vfque m Afcentionis infu-lam,duas tertio* linea fuperatex Oriente pixis.
- cAMIemoria teneto, Cum ex Lufitania in Brafiliam nauigas ad vfque çapitis S.Auguftini, & infula Afcen-fouis, quo pixismagis Orientent petit, eo ab iüo capite orientaliorac remotior dislas.
- oAb Afienfonis infula adScopulum Penedo de fan Pedro dicîum nempein diflantia 20. aut30. miü. ad Orientent, pixis dimidiant vix lineam ab Oriente habet.
- Jndeperi7. aut 18. pixidentfixant inuenies,nempe ex Septentrione & auflro infula fàn£ta Maria.
- Borro vbiadeptm eris ventum latiorem, eo modo vt mfitlam Flores ad Caurumponas, pixis fuperabit trientem vnms lin ea.
- oAtf tantum80, aut 70, miL difles ab infula Flores, pixis eritiuUo iudicio confiituta.
- In Fayalinfula,atque indeverfks tercera tnfulam, pixidicula abit in Orientem per trientem linea, ac a ter* cera verfts Lifbonam, per duos tertio*partes, <®c.
- Ioseph A.costa livre i. Ch. ïj."
- Vn iour vn pilot te Portugais fort expérimenté, me di-
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- LA MeCOMETRIË, gv
- fiitquily auoit quatrepoicts en tout le monde ou l'aiguille fidreffoit auNort, me les contoïtpar leurs noms que ie riay tenu.
- Ce mémoire fuiuant ma efté donné par mon-fieur Alleaume, qui eftle mefme qu’il auoit aufli donné au Sieur de Cartel-franc, & duquelilfefert tanr3apresrauoirfalfifié.
- Obfèruations fur la Buffoüe que m a donné Ad.
- Danfric, le Iuin ijpf*
- T ES diuerfis declinaifinsdefquelles l'aiguille eymen-teedelaBuffolleou compas marin/efiarte du vray poincï de Adidy vers lejl & l'ouejl, tirees des obfirua-tions des mariniers Hollandois, qui ont fait! des longues courfes vers le nort.
- L aiguille donc aux terres neufues au cap Breton décliné vers ouejl deux vens, defquels faut ofler demy vent pour la différence de laiguille a lafleur de Lys, qui ejl vn demy vent, qui vaut cinq degref^ trois quarts : refleroit donc de 2 2.degrés & demy.16 A. \
- La declinaifon obfèruee en Groenland fur la latitude de 72. degre^j monte iufques a 2 iï.degréf, defquelsfi on oHe le demy vent pour la différence de la fleur de Lys, refleroit 22. degrelf ~ qui efl bien la plus grande déclinai-fin qui ait point encore s eflé cognuè , & icelle aeflé obfir-uee parlepilotte Iean Tdauis.
- Entre Bretaigne çy3 la terre neufue en l internai de 6oojieuès, en prenant 20.lieues pour degré, la variation
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- -CONFVTATÎON DE ejt pim grande es demie/ es zoo. lieues qui tirent vers tAmérique, quelle nefi pas es 4.00, premières lieues.
- lean lacobjen a obférueplu’fleursfois, qu'c {lata la partie pim Septentrionalle de Nomege appelles Nortrap. que b aiguille ey mantes Je change Jf) Je de {tourne de l'efi vers l'ousjl. Ainjl quen la mer "Blanche de Alojcouie presS. Michelin le compas décliné vers l'ouefl d'vn vent & demy.qui ejb vnegrands anomalie contre ïopinion de Mercator & de Coignct.
- <*A Amflerdam la declinaijon exacte du compas a eflé objèrueede dix degreJ0J demy. Etfaut noter que le iu-jle.concours des deux méridiens a fçauoirdx [ejmant çf du monde ,Je retronue fur vne msjjne ligne entre le IJles Canaries çf les Ajfores s ce Àimdan pajfe par Groenland.
- JoJJrancm OJfuJim en la déclaration de la table Cardinalle pro. 13.
- XJoABEO plurimasobjeruationestummeas^tum
- ' L aliorum quibusprobaturquodacus.
- JninJùla Corui, reffie intnetur Boream juins longitu-doeji 34.0. 30.m.
- Jn injùla cTaprobana,dejle£lità borea in ortugrag. if.
- Econtra in loco nantis dicdo ? le cap dEJpoiraux terres
- nëufues, acus a borea in occajumper 33 . a. 30. m. proxi-
- me : qnz fingula Juntomni cura objeruata Jicuti pgp nu-
- ver rere in or-&
- Quant
- mmgradibus n.fere.
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- LÀ Me CO ME TRIE £
- Quant aux mémoires de monfieur Alleaume & de Ioffrancus, fi quelqu’vn vouloit maintenir que ce font declinaifons ramaffeesd’vn cofté & d’autre,&: quepar-tant elles ne foient demefme authoritéque les precedentes; ien’aydequoy contredire,finonquelles viennent de bonne part, & principalement celles de monfieur Aileaume,les autres font imprimées, loin# aufii que ie ne les ay apporté que pour monftrer l’infidélité du fieur de Caftel-franc qui les a falfifié,comme on verra cy apres. V oicy affez d’obferuations pour confiner la Mecometrie. D’orefnauant on obferuera de mieux en mieux, &C par.ainfilafauffetéde céfté do&rine fera pluseuidente.
- c*A fçauoir s il faut adioufler oufouftraire quelque choje aux objeruations des declinaifons de taiguille cy dejfos pofèes.
- XI O S principes eftanspofés^ilferoit aifé àvncha* cnn d’examiner la Mecometrie, n’eftoit quel’A u-theur d’icelle voyant quils luy font tant contraires, &c ne pouuant nier qu’ils n’ayent efté obferuez tout aînû que nous les auons reprefenté,s’eft aduifé de les brouiller, en forte que par iceux on ne puifle auoir aucune cognoiffance de vérité. Partantil eftdebefoin aupara-uant que pafler outre de les reftituer à leur première forme.
- Le premier abus eft en l'addition & foubftration qu’il faid aux declinaifons obferuees,fans monftrer com-
- C
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- CoNFVTATIONT DE
- Bien grandes elles doiuent eftre,ny s’il faut rien adiou-fleroufouflraire. Il falloitenfeigner comment les pi-lottesauoientoublié à faire les additions ou foubftra-tions des obferuations qu’ils ont donnéimais par tout fonliure on n’en trouuera pas vn feul enfeignement, fi-non que les obferuations contreuiendroient à fes tables. Ceneflpasfaireconuenirfadoéhine aux obferuations , mais bien pluflofl forcer les obferuations à fa doctrine. Ilaleudans Guillaume Gilbert de Magnete liure 4. ch. 8. Quçles nations differentes vfoient de differentes buffolles: c’eft à dire que le fer aymanté n’e-floit toufiourscolléfouz la.fleur de Lys, mais que les vns FeAoignent de demy romb, les autres de deux tiers de romb, &C trois quarts de romb, ("qui eft le plus grand efloignement que Gübett ait remarqué) mais que en Italie ils pofentle fer fouz la fleur. Et luy en amplifiant l’authbrité, faiétladifferécedufer & de la fleur tantofl de ~ de vent, tantofl:de ~ tantofl de -• tantofl de « tantofl de * tantofl de \ tantofl du vent entier, tan-toft d’vn vent - tantofl des deux vens entiers. Et à fin quil ne femble que ie parle par cœur ou que ie luy veuille impofer,voicy fon rexte.
- Ç Liure 4.feuill.i 6z. Quant aux degres quona rappor-r 1 téejlre en la cofie d'Angleterre dite Voorlant, lien faut tu» - rerplus de demy tiers de romb. çtfe. ç Au mefmeliure fuillet z6o. Lïuius Sanutus attri-ï-hbue a la ville de V^enifi dix degres de decliriaiJon,adiou-> (Jle&.y vn quart de romb il y aura 12A. 4.8.m. &c. Et
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- LA MeCOMETRÏÉ. io
- Çcependantles buflolles d’Italie à ce que dit Guillau-jme Gilbert ont le ferfouzla fleur de Lys,ainfîilne ^falloit rien adioufter.
- ç Etfuiuantau mefmefueillet, PaulGallucius attribue a ladite ville g .d. de declinaifin , adioujlez,y vn tiers de romb $ Je. Car en Italie on ne Juitny la, reigle des bufi filles dEfiagne, ny celle de P rance, ny celle de Flandres: mais chacun a telejgard quil luy ÿlaijl a accommoder Ja rofidesvens, Et par confequent ceft vne grand commodité au fleur de Caftel-franc de pouuoir auflî ad-iNioufter ou fouftraire à fon plaifir. Mais il faut appor-? /ter vu exemple qui ne foit d’Italie, pour voir s’ilrei-glerafonadditionoufuftraéUon félon les buflolles d’Efpagne,de France,ou de Flandres : ceft à dire des buflolles qui ont leferefloigné delafleur,dedemy vent^de deux tiers de vent,ou de trois quarts.
- Au mefmeliure feuillet 261, Pourle regard des 12, d.y-o.m.quon a rapporté au fufdiéi Plancim efire près de Eimouth en mer 0 il enfautofler entiers de romb pourle ^ moins,
- i-r Qiî3nt: audemy vent,au deux tiers, & au trois t ^ quarts,cefte différence eft fi frequente en fon liure, F^quilnem’eftneceflairedencotteraucun exemple. r^Voicy pour le vent entier. ç Liure 4.feuillet 16o. aAndréHelmreich attribue a \LiJbonne 14-J.38,m.de declinaifinyorfivom en tirez, vn /vent entier Ja bujfille eftantfaiâtepburla nauigation vers ^l'Occidetffîc. le voudrois bié fçauoirqui luy auoit dit.
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- C O N B V T ATI ON DE
- Ç Liure i.feuill.iji.LeditdeGrootditquàHelmshu-{dan du cofléd'Occident de nort cap, il ri y a nulle decli-i'r* yvaifon : or la pointe de la gujdaymant efloitejloigneede j lafleur de Lis d'vn vent & deux tiers de vent. Il la de-^uiné fuyuant là couftume.
- r Au melmeliure feuillet 191. Quant à ce qui efi dit I par ledit Groot , que dans la mer a cinq lieues de Natal *. <ilyauoit declinaifin de 4. dégreva, m. adioujlez, y j deux vens entiers,ily aura 23. d. le crois qu'il vou-^loit dire i&.degrez.
- Et qui ne fauueroit toutes les obferuations en celle façon, quelle part quil veuille mettre fes pôles de l’ey-mant, ayantdesadditions&fouftrations de toutes fa^. çons,des petites & des grandes : que lî l’vne ne ennuient, l'autre conuiendra:Ou bien 11 pas vnenepeut conqenir,il prononce aulfi toft que les obferuations font fàulfes. le croy que ceft en façon qu'il entendpar-ler quand il diâ^qu’ila confuté la limeneuretique de S teuin : comme lî les obferuations pouuoient eftre co-futeesquepar autres obferuations faides fur les lieux mefmes, Sc contraires auxpremieres. Luy qui n’a ia-mais voyagé s'en deuoit rapporter à la fidelité d’au-truy, & principalement de ceux qui ont efté fur les lieux,qui ont faidlcs obferuations eux inclines.
- Maisqu’eft-ilde befoin de fçauoir lî les nations di-uerfesfe feruent de bufïolles differentes, puis que les pilottes font l’addition ou louftration eux mefmes (s’il en faut faire) auparauant que de nous donner leurs ob-
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- LÀ MeCOMETRI E. II
- fcruations y mefme le plus fouuent ils font mention de ce qu'ils ont adioufté ou fuftrait. En l'obferuation fai-éfepar Iean Dauis en la cofte Groenlant,lepilotte des 2,8.deg. oftele demy vent pour la differeçe de l'aiguille àla fleur, &nemetfonobferuation que pour iz. deg. N onobliant cela,Caftel-franc feuillet i^i.de fon liu.z. en veutofter deux tiers de vent, quoy que IeanDaui* die qu'il n'en faut ofter que demy vent. Le mefitie Iean Dauis àl'obferuation de la declinaifon au cap Breton, laquelle il auoit trouueede deuiç vens,il fouftraiâ: le demy vent pour la différence de l'aiguille à la fleur, 6C nç baille la declinaifon que pour i6.d. - comme il eft aifé à voir au mémoire de monfîeur.Alleaume eferit cy deflus. Neantmoins Caftel-franc liure i. feuillet 168; quiauoit apris icelle declinaifon par le mefmememoi^ re,maintient qu'il en faut fouftraire deux vens entiers, encores que la différence de l’aiguille à la fleur ne foit que de demy vent, voicy fon texte. Or le cap breton ejl félon Orteliasà 4.6. d.delatitudeIean Dauis trouueen ce lieu que la pointe cBorealle de la gujdeymant declinoit de deux vens entiers vers- Occident: & a autant que la bujfolle ejloitfaiâepourla nauigation vers Orient, & que taiguille ejloitejloigneede lafleurdedeux vens vers Orient &c. Au contrairelean Dauis dit qu'il ny auoit que demy vent, On voit par Ta la fidelité de Caftel-franc, lequel n'a point de honte d'abuferd’vneobferuation en laquelle l’enfeignementde ce qu'il faut fouftraire eft fi euident. Il y a plufieurs autres femblables impoftures dans Ion
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- CONFVTATIOW DE
- liure,comme on verra cyapres:car il tire aux dens toutes les obferuations,pour les faire conuenir à fa dourine. Quant aux declinaifons qui font au trouueport de Steuin il n’y faut rien changer dutout, non plus qua celles de l’Infcot. Car s’il fallait adioufter oufo'uftraire quelquechofeauxobferuations del’Infcatjilfaudroic tjue ce fuft vne mefme quatité de degrez, puis que icelles declinaifons ont efté obferuees,par vne mefme nation, dans vn mefme vaiffeau,& dVne mefme buffolle: c’ell à dire que ce qu’il faudra adioufter ou fouftraire de l’vne des obferuatios, il le faudra aufli adioufter au fou-ftraire à toutes : que fi il ne faut rien changera vne, il ne faudra rien changer àpas vne autre. Mais lefîeurde Cartel-franc en fon premierliu. fcuill. 73. faiét la vraye declinaifon de l’aiguille obferuee dansflfledefaméfe Helene de demy vent, on trouue la mefme dans les obferuations de l’Infcot, il appert doc que cefte declinaifon eft corredfe dans l’Infcot, &C par cofequent qu’il ne faut rien adioufter ny fouftraire àpas vne des declinai-fons qui font dans l’Infcot. Quant aux declinaifons du trouueport, en voicy cinq que Cartel-franc a corrigé félon fa mode.
- St e v 1 n.
- A tljle Guillaume. A Ifîuch.
- A Vinterouch.
- 24 d. 30
- 25 à. 0
- 33 d. 0 27 d. 0
- 26 d. 0
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- LA MeCOMETRIE. 12
- Castel-franc, feuillet 200. gAu coBé auBral de Vaigats. 32 d. 0
- gA Langenes.. . 32 d. 30
- gA lljle Guillaume, 33 d. o
- gA IJouch. 34. d, 3a
- gA Vinterouch. 33 d, 30
- ~*0 vt e s ces cinq obferuations ont efté faides àla
- x nouuelle Zemble,parvnemefmenati6,envnmef-rne voyage, & par confequent d’v'ne mefme buflolle: partant s’il falloit adioufter ou fouftraire quelque cho-fe, il faudroit que ce fuft vne mefme quatité de degrez: mais il reçoit la declinaifon de l’Ifle Guillaume pour correde, iedemandepourquoy ilnereceura pas aulfi les quatre autres, attendu ce quedeftus.
- Mais quelle apparence y-a-ilqu’ il faille rien changer en pas vne de toutes les obferuations rapportées par Ste-uin en falimenereutique outrouueport? Il eft aifé àcognoiftrequ’il lésapropofécorredes,fansqu’il fail-plus rien adioufter ny fouftraire. Autrement il faudroit dire que Steuineftvn mocqueur,denfeigner vne façon de trouuer les ports de mer auec des obferuations de declinaifons incorredes, aux vn es defquelles il fau-droitadiouftertantoft ~ de venttantoft * tantoft ~
- 6 4 ï
- ores ~ ores J ores le vent entier, tantoft deux vens entiers,tantoft rien du tout 5 & fans en aduertirleledeur, lequel encefaifant demeureroit ignorant, s’il faut faire grande ou petite additio, ou s’il en faut faire pour tout,
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- COKFVTATION DE
- Quelleconfufion pourroit eftre feroblable à cefte-çy ? Iln eft point raifonnable de dire que S teuin ait ignoré, qu’il falloit faire addition ou fouftration, encores moins quil y ait peu eftre trompé , ayant eu le moyen deconuerferauecles pilottes mefmes qui ont faitles obferuations, de voir leurs buflblles, leurs cartes pointées. Adiouftons encores que le dote géographe Planciusa donné les obferuations,queceft luy qui les a fait: faire, qui a baillé les buiïblles aux pilottes, que tous les deux font encores viuans, & que chacun peut apprendre la vérité du fait par le moyen d’iceux. Ne faut-il pas eftre belle pour s’oppofer à toutes ces cho-fes,principalement lors quelonaaucunenfeignement au contraire? Quanta moyie conclus de deux chofes l’vne, ou bien Steuim nous a merueilieufement trompé auec fan liure de trouueport,nous baillans des obferuations tant incertaines : Ou Caftel-franc eft impo-fteur,&: impudenf.Car comme ie monftreray cy apres, il en acorrigéen telle façon,qu ils fetrouue plus de 60. degrez de différence entre quelques declinaifons du trouueport,&: celles qu’ila corrigé. Il n’yapointd’ap-parence qu’il faille faire tant de tort à Steuim :fes œu-ures laborieufes en la diuine Mathématique tefmoi-gnentaflfezfon mérite: En apres la conformité de fes declinaifons euec celles del’Infcot (ôcprincipallemét ayant efté faites par nations differentes ) monftrent la vérité des vues 6c des autres. Car s’il falloit adioufter quelque chofe aux declinaifons de llnfcot, il faudroit
- que
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- LÀ Me CO ME TRIE. 13
- que ce fuft félon la buflolle d’Efpagne, &C aux declinaifons de Steuin,félon la bufïblle de Flandres :lefquelles eftant differentes,toutes les declinaifons feroient aufll differentesauparauantqued’eftre corrigées. Et ie ne veux produire au contraire que la declinaifon de Mozambique, laquelle eft prcfque dVn vent tant en l’vn que enfautre. De forte qu’il eft euident que chacune nation auoit fai£t les additions & ftjuftracftions conue-nables3puis qu’elles fetrouuent conformes. Onpour-roit en la mefmefaço brouiller toutes les latitudes des Régions, fi quelque efprit confuz vouloit maintenir que la declinaifon du Soleil n’a pas efté adiouftee ou fouftrai&e: ou bien la différence de feftoille polaire au pol, ou bien fi on vouloit dire que la hauteur trouuee eftoitla hauteur de l’equateuràfhorifon, non pas celle delequateurauzénith,qui eft égalle àlefleuationde pol. Maisquiconquesmeten auant des latitudes, on fuppofe qu’il ait fai<5t tout ce quil falloit faire : Ainfî quiconque met en auant des declinaifons de l’aiguille, il faut entendre qu’il ait adiouftéou fouftraid3ce qu’il falloit adioufter o u fouftraire. Autrement telles declinaifons de laiguille ne feroient non plus receuables, que les latitudes,aufquelles on n’auroit faidpreallable-mentladdition ou fouftraétion conuenable. le coclue donc queaux obferuations cy defîus pofees, &C princi-pallement à celles deSteuin &de Linfcot, il ne faut rien adioufter ny fouftraire.
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- La Confvtation
- oAfçauoir fi on change la bujfolle par delà la ligne equinoxiaUe.
- "V7Oicy y-ncautre.fuittedu Sieur de Caftel-franc:
- ^ il auoit pofé pour maxime que en l’hemilphere d’Afie ( àfin que ieparle auec fes termes ) que l’aiguille declineperpetuellemét vers l’Orient 5 éc d’autant qu’il apperçoit plufieurs obferuatiôs dans iceluy hemifphe-re, qui déclinent vers Occident, telles & fi grandes quelles 11epeuuenteftrediffimulees:pour s’en deffen-dre,il ainuentévne lubtilité allez grofliere, Car fi on imagine vnelignemeridiennefurlaquelleraiguille foit polee,& que la partie borealle de l’aiguille décliné vers Orient, il eftneceflaire que la partie Auftralle décliné vers Occiden t. De maniéré que auec cefterufe,ilfaict les.declinaifons Orientalles ouOccidentallescomme
- a
- bonluylemble. Car fila partie borealle faidlareuefi che, &£ qu’ellene veuille flelchir à fadodrine,il a recours à la poinfteauftralle de l’aiguille. Mais afin qu’il y euft quelque apparence à Ton dire,ildeuoitmonftrer que les bons pilottes obferuent tantoft la partie borealle, tantoftlapartie auftralle deraiguille-.&envne chofe doubteufe,il euft peu accommoder fon faid. Voicy v n autre inconuenient qui luy couppelà gorge. Les pilottes n’eftans accouftumez à nombrer les de-grez de leurs quadrans finon par rombes, vens, ou lignes;ils retiennent aulïile nom des vens à l’endroit
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- LA MeCÔMETRIE. 14
- defquels font les degrez qu’ils vcullent remarquer. Comme s’ils vouloient obleruer l’amplitude ortiuedu Soleil, ils remarquent feulement à l’endroit de quel vent de leur buflbllefeleue le Soleil. S’ils veullent remarquer la Situation de quelque cap ou promontoire, quelque baye,quelque baffe ou feicherelfe d’vn certain lieu ou ils feront : ils obferuent fur leur quadran à l’endroit de quel vent font telles parties, comme il eft ailé à voir dans lés itinéraires, de François Drac,Thomas Candilch,deGautier Raleg,delacques Cartier, de Sebalt de Vert,de01iuierdu Nort, de Hugues de Linfcot,&:detouslesHollandois defquels nous auôs les nauigations. Or le lîeur de Caftel-franc s’elt aulïi muny àl’encontre^e celle violence. Car il ne veut pas feulement quel’on prennela partie auftralle de l’aiguille,mais il veut aulfi que la bulïolle foit changée, &C que les vens Septentrionaux prennent la place des Méridionaux^ les Méridionaux aucontraire. Il le deffend de deux authoritez,l’vnede Guillaume Gilbert, lequel enfontraidédeMagnete liure 4.ch.i.enfeiguequeles pilottes par delà l’equateur deuroient prendre les de-clinaifons de l’aiguille à la poinde auftralle : l’autre de Iofeph Acoftaenfonhiftoiredes Indes liur. 1. ch. 2.là où il did,que au Peru on prend le Midy & Septentriô d’vne autre façon qu’en Efpagne. Quantau palfagede Guillaume Gilbert, tant s’en faut qu’il luy puilfeleruir, il luy-eft bien pluftoîl contraire. Car quand on examine les obferuations faides par les pilottes, ils 11e fautpas
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- C ONE VT ATI O N DE
- s’enquérir comment il falloitobferuer,mais cornent ifs ontob(erué:ny comment ilsdeuoient faire, mais plu** ftoft comme ils ont faid.
- Oreft-ilque Gilbert confirme, que les pilottes ont obferué les declinaifons de l’aiguille à la poinde bo-realle, tant deçà que delà l’equateur : il eft vray qu’il ad-ioufte qu’on deuoit obferuer à la poinde auftralle, en la partie auftralle. V oicy fon texte. Quare ‘verforij dut compati ter minum objeruareoportettendentem in boreamjn bo-realibm, alterum vero âufbrum rejj?icientem, in auftralibm tellure partibm : quod nauigantes pjerumque feiolique non intelligent, tantum, enim boreale lilium compati u.trinque obferuant.
- Enapreslefieurde Caftel-franc nobferue pas celle reigle generale, que deçà l’equateur il faille obleruerla poin£teborealle,St de là l’equateur la poinde auftralle.
- Car en fon premier liurefeuil.74. & 7 s. La ou par la declinaifon de l’aiguille, en l’Ille de fainde Helaine,6c aux Iiles de Triftan da Concha, il cherche la diftance despotes dumondeauxpoles de l’aimant,il fefertde lapoindeborealle,& non de la poinde auftralle,enco-res que icelles foient par delà l’equateur.. Au contraire, quand il fe fert de la declinaifon obferuee en Tille Guillaume en la nouuelle Zemble, laquelle U apprend du trouueport deSteuineftrede 33. degrez versOccidet, il prendlapartie auftralle pour la rendre Orientale,en-cores que Tille Guillaume foit fort Septentrionale : 8C par ce.changement il faid la différence de fa déclinai
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- tA Mecometrie. IJ
- fon d’auec celle de Steuin de 66. degreztantfeulemet. Ievouslaifle à penfer comment les pilottes en auront bien dans le dos,ie dis ceux qui fe Terniront de la Mecometrie. On peut trouuer allez d’autres exemples dans TonIiure , parlefquels on apperceuraaffez, que ceft vn brouilleur, qui ne tafche qu'à rendre les chofesles plus eonfuTes qu'il pourra,à fin qu’on ne puifleapperceuoir Tes fautes. Dauantage ce changement de la poitxfte borealle en auftralle quand on la luy accorderoit par delà Tequateur, fi ne peut elle fatisfaire, lors que les pi-lottes ont expliqué les vens Septentrionaux vers lefquels l’aiguille declinoit.
- le ne veux produire que cejfl exemple que luy mefm-e apporte en f on i. Iiure feuil.171. d’vne declinaifon ob-ferueeparlesHolladoisproche de TlfledeS.Bradaon. Yoicy le texte du voyage. Naùigeans auecvncours d-ejl nordefl vers le dejlroitde Sunda, nous trouuajmes que le compas declinoit vers nort ouefl prejque deux lignes ou rombes, ejlansfoixante lieues a l’ejl de fljle de $ randaon.
- Le fleur de Caftel-franc change premièrement la declinaifon borealle en auftralle,à fin que de Occidentale qu’elleeft,il la rende Orientale: d’autant que fuyuant fa do&rine, toutes les obferuatios doiuent eftre Orientales enl’hefmiphere d’Afie. Mais le nom du vent l’ar-reftecourt^voicy commeilfendeffend. %
- c^hCais diraquelquvn, ilrejle encores vn jcrupule^cefl quiljèmblequece foit contre la maxime 2. du ch. 3. de la féconde partiede la Théorique de laguy d'aimant, en laquelle
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- CONPVTATION DE
- ilefi did que la poinde borealle delà guydaimant > ne Je de-flourne iamais vers tOccident en [hemifphere dAJieiie rejpos au fi que les Autheurs alléguezo ne parlent point de lapoindc borealle, aïns indubitablement ils entendent parler de la poinde aufiralle, qui par la mejme maxime Je de flourne vers Occident, dautant de degre^jjue la borealle declme vers Orient, comme auf cela appertpar la quatriejnie maxime dumejine chap. Aiais lors quonejl quelque nombre de de-grejpardela lequateuryon appelle Âdidy le Nort &c.
- Mais il n’eftpasqueftiondu nort,ains denortoueft vers lequel declinoit l’aiguille : il refpond que la buffol-le eftoit changée. Il falloir donc que les vens Septentrionaux euffcnt paffé en la place des Méridionaux : & parconfequentles Orientaux en la place desOcciden-taux. Car puisque la buffolle eft vue quantité continue, on n’en peut changer vne partie fans changerles toutes. A la vérité celle queftioneft bien nouuelleen la Géographie, à fçauoir li on change la buffolle par delalaligne équinoxiale,iefçay bien que cela eft ridicule le propoler feulement : mais monftrons nqu on ne nelachangepoint, ÔCpar lauthoritédes plus fameux pilottes. François Drac en fa première nauigation fait vnedefcriptiondudeftroit de Magellan, en laquelle il met la terre du feu en la partie auftrale, ôclamochaen la Septentrionale. Thomas Candifch partant du port déliré,eft diét nauiger vers la partie auftrale,pour trou-uer le deftroit de Magellan : par la il appert qu’ils ap~ pelioient N ont ce que nous appelions Nort,& Sudce
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- LA M'ECOMETRIë. xo
- que nous appelions Sucî.
- Gliuier du Mort partant de Tille faind Sebaftien pour aller vers le deftroitdeMagellan,didainfi. Le 21. Feurier, ainfi questions aduancez, vn grand traicl en mer, vient vn ventde Sud auec vn vehement orage, qui nom fit retournerd'ounomeïiionsfinit. Neantmoins il fa buflol-le eutefté changée,1eSud eut efté conuenable à Ton voyage. Et vu peu apres. Le 14.. Mars nom eujmes vn grand orage du Sujudefi follement que nom retirafines nojlre trinquetflottansfans voile. Sa buflolle n’eftoit donc pas changée, autrement tel vent ne luy eutefté contraire. Qujon lile le refte de fon voyage, on trouuera tout iours qu’il le feruoit de buflolle non changée. Pareillement quonlile le voyage deSebalt de V eit qui demeura li long temps audeftroit de Magellan, Ion verra ailé-ment par les vens qu’il did luy auoirefté propres ou contraires,que fa buflolle n’eftoit nullement changée.
- Mais voyons des exemples du voyage mefme duquel lelieur de Caftel-franc acotté le texte cy deflus. Auch.^dumefmeliurelesHollandois ne pouuoiént doubler le cap de fainél: Romain de Madâgafçar,à cau-fe du vent de Sudeft qui leur eftoit contraire,& furent contrainds de retourner au cap defainde Marie;Etau ch. 14. voulans nauigerde Mâdagafçar vers leport de S unda en Iaua,fe leua vn vent d’ouëft duquel ils furent fort refiouys. Que fi la buflolle eut efté changée, tel vent leur eftoit contraire. Il fautlirele refte du chapb tre,6c on verrabeaucoup de tels exemples.
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- CoNFVTÀTIOtf DE
- Mais ceft perdre temps deprouuer vue chofe qui eft fi triuialle,quiaiamais ouy parler de chofe femblable? SilefieurdeCaftel-francfefuftenquisdu moindre de tous ceux qui ontfaidle voyagedeslndes ou du Bre-fil,ileuft appris que les pilottes fe feruent de la buflolle dvne me (me façon tant deçà que delà l'equinoxial,que le Nort eft toufiours Nort,& le Sud toufiours Sud. Vnchétifpaflage de Iofeph Acofta la trompe,d’autant qu’il did,liure premier chap.z. Que ceuxquifont au Peru, prennent leur Midy vers noftre Septentrion, & leur Septentrion vers noftre Midy, non pas qu’il entende parler aucunement desvens de la buflolle,auf-quelsneantmoins Cartel franc veut appliquer ce pat fage : mais il veut dire queles Peruans qui font beaucoup delàl’equinoxial, ont le Soleil de Midy vers l’e-quinoxiai,& que par côfequent ils prennent leurMidy vers noftre Septention, principallement lors que le Soleil eft vers le tropique de Cancer. Quant aux vens de la buflolle, Le melme Acoftadid, que le Nort eft toufiours pris pour le Nort,&. le Sud toufiours pris pour le Sud tant deçà que delà l’equinoxial. Voicy fes parolles,liure 3.ch.3.parlantduSud, Car bien qu'ilpajfe l’equinoxe y il ne laijfe pas pourtant deïlre vent d’Auflerou Sud, comme le vent de Nort qui court de coflé contraire, ne laijfepas aufidejlre Nort, encoresquil pajfe outre la torride & ligne equinoxiaüe. ? :
- Qu’onlifeladefcriptiôn qu’il afaidedu deftroit de Magellan, on yerrajqu il n’a nullement changé la partie
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- la Mecometrië. r/
- deNort,auSud:nycellede Sud,auNort. Aufficeft vn erreur de penfer feulement à ce changement,duquel ny ceux qui traident de la nauigation, ny ceux qui font les cartes n’en ont iamais ouy parler. Car fi ceftoit vn e reigle generale,que delà fequateur, le N ort fuft appelle Sud j Les buffolles qu’on nous peint dans les cartes delà l’equatèur , principallement celles qui portent le nom des vens, nous deuroient monftrer quelque chofe de ce changement, &C ficela meriteroit bien quon en baillaft quelque precepte en la nauigation. Soit donc retranché ce changement de buflolle comme chofe non iamais ouye,ôC le texte qu il cotte des Hollandois le battra à ruyne &C fans contredid: voires mefme ce texte feul eft capable de ruyner toutes fes maximes.
- Que s’il afaid tous ces difcours par ignorance, elle eft bien groffiere : Si par malice, difant autrement qu’il ne penfoit, celle impollure n eft point tolerable, principalement en vn affaire d’importance tel que laco-gnoiffance des longitudes : mais quoy que ce foit la chofe eft fauffe.
- <îA Jçauoirfi les obfirùationsfaides far les Hollandois eflans en la nouuelle Zemble, touchant le retour du Soleil, & coniondion de la Lune & Iupp. font véritables.
- VT O vs auons cy deffus apporté quelques declinai-•^^fons de l’aiguille obferuees par lesHollandois enla
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- CONFVTÀTIOK DE
- nouuelleZemble -.icelles font bien tant contraires à îa Meconometrie,que l’Autheur d'icelle dodrine ne fçait de quel codé fe ranger. Voicy comme il en parleliu. i. feuillet 193. C^Mlaisque direl(juom (obieMeraquelqu'un) des objeruationsfailles a la nouuelleTLemble, qui ne conuien-nentpoint aux, reigles que vous mettelfen auantfélon la longitude qui luy efl attribuée ? Pour mon regardât eïïime tresdi-gnes de louange ceux quife font employé^ a chercher lepaffa-ge pour aller vers la Chine >.&ay trèsgrand regret qu ils s3approchaient tant dupol arëtique 1 ce que les pilottes rieuffent pas faiffi, s'ils euffent bien entendu la Aîecometrie de ïey-mant, &c. Il faid par apres quelques digreflions liir ceux qui fefont mal trouuezdes’eflre trop approché du froidpar ignorance de la M ecometrie.
- Quan t à moy ie ne me peus tenir de rire, quand ie lis, qu’ilpenfe que par fa Mecometrie, on eut peu deuiner s'il y auoit plus déglacé à la nouuelle Zemble, que à Vaigats, encores que Ton lien eut faid aucune expérience. Ienelçay fic'eft vne propriété de reymant^'il eftainfi, G uillaume Gilbert la bien oubliée. Il aelcriü vne autre vanité du tout femblable, enl'Epiftre qu'il adreffe au Roy, dans laquelle il raconte que auec les lettres defalphabeth Sc des pierres d'eyma^nouspou-uons auoir communication auec noz àmys , encores qu'ils foicnt efloignez denous deplufîeurs centaines delieuës. Maislailfonscesfoibleffesd'efprit,quinefer-uentpoint à noflre propos. Le fieurde Caftel-franc propofevnê obiedion, de laquelle il ne baille aucune
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- LA MeCOMETRIE. i8
- refolution ( car cela eutefté trop cruel d’adioufter in-continétque telles obferuationseftoientfauflTes) mais il difpofe premièrement fonledeur enlerepaiflant d’v-ne impoliure : ceft à fçauoir que au lieu demonftrer que les declinaifons de l'aiguille auoient eftéfaùflemét obferuees j n’ayant rien pour les opugner, Iltafchede prouuer que les obferuations du retour du Soleil le 24. lanuier apres vne longue nuid, &de laconiondion de Iupicer & de la Lune5eftoient faufles , &c que les Hollandoisne pouuoient auoirobferué telles chofes* ce qu’il prononce par vne impudence incroyable.
- Mais il luy fautmonftrer qu’il eft autant ignorant en ce qu’il did, que impudent en ce qu’il nie. Voicy le texte des Hollandois en la troifiefmepartie de la naui-gationparleNort.
- Le 24-Januierle beau çe? clair temps continua & le 'vent d'ouefl. Alors ie fuis allé auecIacques Heemskerke, (§} vnautres ers le nuage de la mer yau cofté Auftral de noua Zem-bla : ou ïapperceu ( contre no Lire opinion) tout le premier le bort du Soleil :parquoj retournafmes incontinent a la maifon ou cabane^pour tannocer a G. Barentfon & aux autres matelots ce fie bonne nouuelle. (J. Barentfon comme expert bonpilotte ne le vouloit aucunement croire, comme ejlant en-cores ij/L.iours auant le temps, que ilîec le Soleil en cejle hauteur depole, Je deuoit apparoiftre. Nom au contraire contre-difans fufmes affermans quauions veu le Soleil. Surquoy furent faites diuerfes gageures.
- Le 2 f.&26. iour de lanuier le temps efioit obfcuraùec
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- C O N F V T A TI O N DE
- bruine : de manière que on riy voyoit rien, alors cuydolent ceux qui amientgagé le contraire aauoir gaigné : mais le 27. iour efloit le temps firain & très clair : alors tous enfemble vifmes le corps entier du Soleil en fk parfaire rondeur fur Ihorifin: dont apparut fufiîfamment qmnàus l’.auions veu le 24-àour.
- Or fachez^quele. Soleil efloit au 7 d. 27 m. d’Aquarius, quandpar nousfut premièrement v en, & démit attendrefélon noflre première obfernation iufques au 16. d. 27. m. de Aquarius 3 deuant que. ctapparoifl.re fiufja hauteur de 76. d.
- SLfous nepouuions affinonsejmerueiller de ces chofs fi répugnantes :$) difmes tvn a îautre,fi nous rie fiions pas abufefaucompte du temps : ce quilnousfmbloitimpofibley confédéré que nous auions a chaque iourffans oublier vnfui) annoté ce qui efloit pajfé: ayans vsé premièrement de noflre horloge vulgaire., & depuis de noflre horloge a fablonde 12, heures. Parquoy ïauons entrenous trefien confédéré par dt-uerfs maniérés,pourfauoir par quel moyen nous pourrions, comprendre ce fie différence, &) la vraye vérité du temps.
- Orconfiderans tout.ce quideuoit eflre confédéré, nous trou-uafme bien de chercher aux ephemerides de Iofiph Scalle imprimées aVeni fi, de tan ifSp. iufques a lan lâoo: ou trou-uafmes que le 24. .Ianuier, quand le Soleil fut veu premièrement, qria JAenifi.k vne heure apres minuiB, la Lune çtf lu-prier efioientconioinâls. Parce nous amnsprisfort bon efgard fur le lieu ou nous eflions, quand au lieu &)maifin ou nous fufmesfiroitcefle me fine comonflion. Et ayans diligemment
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- LA MeCOMETRIE.. olfruê nom trouuafmes qua ce 24tour t mefme tour,que la comonâion ejl faille a Venife, a vue heure apres minuicl ::%§J au lieu ou nom fufmes , enuiron le Soleil leuant. Car nous obfruafmes continuellement que ces deux planettes approcharent Ivne de ïautre, iufques a ce que la Lune çsf Iupiter ejl oient directement en vne mefmeligne Ivn fur l'autre aufigne du cTaureauy& lematin afix heures. A. iceüe mejme heurefurent Iupiter & la Lune,félon le compas au lieu de nojlremaifon conmnLts au Nortquarta [ejl, & le Sud du compas, ejloit au Sufudouejl ou nous auions le vray Sud,ejlantla Luneagee deS.iours* D’ont apparut qu entre le Soleil I§rJ la Lune ejloit différence de 8. wmbes. Çecy fut au matin enuiron les 6.heures ,.qui monflre que le- méridien de Venif différé du méridien de ce lieu enuiron j.heures :par-quoy on peut compter combien nom fufmes pim Orientais que la ville de Vmtfè, afçauoir 7 heures : & comptant pour chacune heure quinze degre^jnonte la différence 7y.degre que le lieu ou nomfufmesfroit plus Oriental que Venife. De toutes ces ch ofes fi peut fermement inferer, que nom nauons pas fally a noflre compte, gf que nom auons trouuénoHre vraye longitude,par la conionctionde ces deux planettes. Car la ville de Venife a pour longitude $7.d.2f. m.fd declmaifon ejl 46.dy.rn. S'enfuit donc que nofire lieu a noua Zembla a pour longitude 112. d. 2f.m. fiufla hauteur de P0I76. degre/f k
- Quant à la première obferuation du retour du Soleil: pluftoft qu’il ne falloir,ie 11 ay que faire den parlenpuis queKeplerusladeffendueen fon optique Aftroiipmi-
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- •CoNïVTATION DE
- que chap.4.des réfractions :1a ou il faidt vn article,/)*? obfimattom Hollandoruminalto Septentrione. Et là il craidie bien plus doucement les Hollandois que le fleur de Caflel-franc. Voicy ce qu’il en didh Faâum tamen rut 24-Ianuarij 17Mebusantelegitimumtempm,fiolemrurfits rjiderentjupremo margine in ipfi meridrn puncto : quo qui-dem tempore poji paucas horas , notarunt conïunttionem louis çtf Luminficundo taurïgraduyne quis exifiimetnegle-&a fuijfe ab ipfis diemm nocliumque iufiafipatiaob continuas tenebras. Et vn peu apres. Elus rèïadmïratwnecapti multi,multos pa(ïîm confulucre Mathematicos, quorum alij aliud3ego hoc rebondi. Cumfidedigna evideatur Batauorum narratio, caujam non omnem conijciendam fùfiicionibm in errorem notarum circa altïtudinem poli imefiigandamyquod alijfaciebant. Nam fihocnautis adimas 5 ntintra quinque (quanto quidemfere areu fil ad diéium diem infia horizon-tem adhuc erat'm reï rjerïtate) nihil çerti de altitudine poli haberepofimt/üniuerfkm penè nauticam huimficuli eue rte-ris ineque hoc fine indignatione fer.entilli palinuride fedici. Et vn peu apres. Relinquitur igitur rut refi'adlio,huim Phe-nomeni culpam fuïiineat. Et en faiét la demonftration enla fuitte du chapitre:ceft àlçauoirquele Soleil cftât einqdegrezfouz rhorifon,pouuoitparoiftre fur ice-luy parla refradtiôn des rayons. le renuoye lefieurde Caftel-francà celle efchoHe, afin qu’il ne crie plus que le ciel eftoit démanché en ce pays là,ou qu’il falloir vne feneftre pourvoir fouzl’horifon. fautre obIeruation,delaconiondHon delupiter &
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- LA MeCOMETRïE. ;w
- de la Lune le greue bien d’auàntage,auiïi faidLil ce qiril peut pour la renuerfer. Il diék premièrement que lès Hollandois n’ont peu faire ceftc obferuation liure i. feuillet 195. fl y a bien autre çhoje, ccfl que te trouue par les reigles de lAJlronomie,qud ces quartiers la, nj la Lune ny Iupiter ne furent %leuz* nullement a ftx heures de matin : la raijbnefl que Iupiter la Lune efiaient au moment delà cordon ftionau 2. degré56. minutes du Taureau. Et le Soleil en ce iour la, & en ce moment efloitd cinq degrez, $ 7minutes ducuerfe-eau,ilj auoit donc troisJignes moins deux de-grelf quelques minutes entre les dxuxplanettes coniom£tsf§f le Soleil. E fiant donc alorsfix heures, $ le Soleil ejlant ne-cejfairement vers la partie Orientaüe, ilfalloit que le2. degré $6.minutes du Taureau auec les planettes conioinBs, fut a deux degrefjquelques minutesprès du meridiemnferieur, çf parconjequent ils nepouuoienteflre vern d ce fie heure la^par ceux qui efloienten la maifdn fufdite^&c.
- L’A utheur de la Mecometriemonftre b i eu quil n’eft gueres verléau calcul Aftronomique dedire que le Soleil eftantau cinquielme degre37. minuttes de Aqua-rius à ^.heures du matin que le i.degré f6. minuttes de Taurus fuft enuiron deux degrez proche de la ligne de minuiéï : Et encoresmoins que la Lune & Iupiter,n’à-yentpeu eftrç yeuz eftans fur là ligne demmui&jén vu lieu où.il y auroit degrez de latitude:car c’eft ce qu’il repette fi fouuent,&: auec tant dafleurance clans la mefine page. Il senfuit necejfairement de la,d fçauair qu'il efi impofible que la Lune^ Iupiter f monjlrajfent en
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- La Confvtation
- ce lieu là> en la latitude de 7 6 Aegrel^ a l'heure dejlx heures dumatin le2larmier zjy 7. Un oublie pas vne circon-ftance, comme s'il auoicenuie de faire vne bonne de-monftration. Mais il luy faut monftrer que fes reigles font faufles.
- le dis donc premièrement,que le Soleil eftantau5. d. jy.m.d’Aquarius à iîx heures du matin,que le 1A.y6.1n. deTaurus eftoit efloigné de la ligne de minuidvers Orient de plus de huiddegrez*
- Soit Thorifon H,0,D, l’équinoxial G, O, F, la ligne écliptique I,M,N, C, coupant lequinoxial au poind N, auquel c poindfoit lecommen-D cernent de Aries, eftant B,lcpol dumonde. Et pour autant qu’il eftoit ïîx heures du matin, 8c que les cercles horaires font mendias, foit le me-ridian B,0,M, K, furie-quel eftoit le foleiî,lequel couppe la ligne écliptique au poid M:il e& euident que Ie5.d 37.rn. de Aquarius fera au poind M* 8c qtie lare de l’ecliptique M, N, iufques àla fedion de Aries icrade54.d,i3.m.duqueirafcen(ion droide 0,N,eftenuiron dejz.degrez.Etparce quelemeridian B,0,K,eft efloigné de fix heures de la ligne de minuid B, F, K, lare de l’équinoxial O^NjFfierade^ô.degrez Duquel fi on fouftraid OJSbde;^
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- Hegrez,lerefteF,N,fera de j^degrez^qui eftlafcenfion droite déParc N,C, lequel fe rremueraeftreprefque de41. degr. Ainfi Le commencement de Ari.es eftant en N, le vnziefme degré deTaurus fera en C,fur la ligne de minuiét, ôc le 2.d, 58.111. en fera efloignê vers O rient de 8. d.4. m. Partant le fïeur de Ca -fteffrancfc trompe de <S.dégreztantj feulement. Aufli il eft fi peu verfé en A ftro no mie,qu’il penfe què^o degrez de requa-teur refpondent toufiours à 90. degrez de la ligné écliptique; d’autant que à ce que ie puis voir ceft là déffus qu’il afaiét [on calcul.
- Il appert donc par cefte demonftration, que la con-iondiô s’eft faiéte entre la ligne de minuiél &rOrient* Pour la fécondé partie,ie dis que le 14. Ianuier 1597. enlalatitudedeyé. degrez la Lune&C Iupiter ne font fortis hors l’horifon d’iceluy lieu.
- a.» Soit la figure du ciel pour
- 7<j.d de latitude M,A,B, D, & foit en icelle M, D, l’ho-rifon, A, le zénith, L, G, l'equateur,Bje polartique, H,C, le tropique de Câcer:
- eftre de perpétuelle apparition âuec quelques antres parallels au deifouz d’ice-luy, defquels le dernier foit I,D. Il eft euident que puis quel’arc B,D,G, eft de90. degrez, & B, D, de 76. D, G, lera d«îi4 degrez qui eft la declinaifon du 7. degré de Taurus. ÇVuefîonmeine K,F,paralellepaffant par le i.d.56.rn.de Tau-
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- G ONF VTATION DE
- rus,duquelladèclinaifon eftden. d.^r.rn. Il cft euident quo lêpoinCt F, qui elt le plus bas diceluy n’eftau delîouzde l'hô* rilon M,B,finon<Je i.d.i^.m. Mais la Lune eftanteniceluy lé2,4.Ianuieri597.auoitplusde 5,d.3o.m.delatiiude borealle, comme il eftaifëà voir par le calcul pruteniq : Partant il relie quela Lune elloit plus dedeux degrez par delfus l’horifon : Et pouuoit paroillre encores plus haure, à caufe des réfractions qui font grandes en ce pays là : Et par confequent les Hollau-dois l’ont peu voir, quand mefme elle euft efté au plus bas du ciel.Le mefme foit entendu delupiter qui auoic aufli fort grande latitude borealle.
- Cela eft bien eftranged’eftre contTainCl àprouuerles principes.Nierlesobferuations,iaimerois autat arracher les yeux aux obferuateurs.- On peut bienleurde-batre quelque mfnuttes pour rendre leur calcul plus cxaCf: mais il retranche 40.degrez tout d’vn coup, fur la longitude du logis des Hollandois en la nonuelle Zemble,enfemocquant de leurs obferuations. Voicy fon texte feuillet 199. Car comme la Lune & lupiter nous ont decouuert en partiel erreur, qui Je fai/oit en la remarque de la longitude de la nouueüe 'Zemble, & nom en a faiLt roigner enuiron jf. ou ^oAegrez, de la longitude prétendue fê)c. lia parlé de celle conionCtion, comme s’il la-uoitprouueefa,ulTe5 Et furcefubieclil prend occalion de defcharger faeolerefuries Hollandois, qui 11epen-foient alors rien moins qu’a fa do&rine: ta ntoll il les tance,tantoflil les brocarde, &: comme s’il elloit on fon ma raton il triomphe de ces valleureux pilottes,
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- pour puis apres appliquer fa vidïoire fur les déclinai-Ibns deiaiguille. Quantàmoy ie trouue que lesHol-landois dilcourent fort bien. Ils obferuent vne con-ion&ionàd.heures du matin: ils trouuét dans les ephemerides de lofephe Scalle calculées furie méridien de Vende, que icelleconioncHon deuoit paroiftre à Vernie à vne heure apres minuiét:partant qu’il y a cinq heures de différence entre leur méridien & celuy de Venife, quifont leur logis plus Oriental que Vende de 75. degrez. Qui pourroit nier quelque chofe de tout cela? Sinon leîîeur de Caftel-franc, qui nie les principes mefmes ôc les obferuations. Que s’il vouloit dire quecefteconiondriondeuoitparoiffreplus tardàVe-nife,queapres vne heure apres minuidl-: Il falloir donc s’inferirede faux contre les ephemérides de lofephe Scalle,&:dreffervnnouueaucalculffircelubied. Mais iuy qui nen tend point ce meftierlàjCommeiaymôftré cy deflüSyn’eftoit preft de l’entreprendre,mais au lieu de cela il s’amule àgazouiller fur les diuerfitez des ephemerides de S tadiiis & Leouitius, côme fi on audit bien affaire de cela,non plus que de la longituded’An-uers: (quefauffement il penîc eftre le Atuacutum de Ptolomee) D’autant que les Hollandois parlent feulement des ephemerides de lofephe Scalle, &-dê la longitude de Vende. On fçait bien que les ephemerides calculées furies tables d’Alphonfe (comme font celles de Leouicius) ne peuuent s’accorder auec celles qui font calculées fur les tables pruteniques. Il v a long
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- C O N FV T ATIO N D E
- temps que le calcul d’Alphonfe eft reietté deTAffro» nomie, comme n’eftant plus conuenableaux mouue-mens celeftes. Ceux qui feront tantfoit peu verfez en Aftronomie, fçauront toufiours bien choifir les meilleures. le ne puis paffer fouz filènce yne grande marque de la confufîon defon efprif.C’eft ques’eftant imaginé deuxmoyens pour fefchapper de la longitude cy defTus^obferuee en la nouuelle Zemble ( fi on luy monftroit fobferuationauoir efté véritable) Tvn en fai-fântla coniondion de Iupiter ô£ de la Lune à Anuers plus tard qu’elle neftapparue; l’autre en la faifànt apparoir pluftoft à la nouuelle Zemble qu’elle n eft apparue : de peur de faillir, il a efcrit tous les deux moyens, c’eft à dire qu’il a falfîfié toutes les deux obferuations en forte qu elles fe deftruifent f vne faune. Pour Anuers. Voicy ce qu’il en diâ liu.2. feuil. 1^4. Car ie trouue que la coniondion de Iupiter de la Lune fèfit a Anuers le 24-Janmer 1597. à deux heures trais quarts apres minuiét, çÿc. Ce qui nefe trouuera dedans Stadius : car félon le mefmeStadius,ellen’euft paru à Venife deuant trois heures &plus d’vn quart apres minuiéh Orceft vn erreur de penfer que des ephemerides puiffent eftre fi malfaiétes, quelles foient differentes de deux grandes heures,mais paffons outre. Pour la nouuelle Zemble, voicy ce qu’il en diét au mefmeliure feuill.199. Que fi lonme demande a quelle heure laconionâion delupiter ffîla Lunefifit, a proportion de la matfion de retraiâe yfilon les de-clinaifins de laguyd’aymant trouuees près d’icelle :ic refions
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- là Mecometrie. ^
- que ce fut a 4. heures 34. minutes "après minuiâ: auquel temps Iupiter la Lune n'efloientencores couchez,. Ce qui
- eftpareillement faux:dautaut que les Hollandoisremarquent que la coniondion fe fit au Nord quart à l’Eft,eftant leurvray Sud au Sufudoueft: partant c’e-ftoit entre laligne de mitïuid & l’Oriét,&: félon Gaftel-firanc il faudroit que c’euft efté entre l’Occident ÔC là ligne de minuid. Il s’enfuit donc que entre le méridien d’Anuers, &le méridien delà nouuelle Zemble,ihïy aura différence que devne heure &c 49. minuttes:& en ce faifànt la nouuelle Zemble ne fera plus Orientalle qu’Anuers finon de 2,7. degrez vne minutte:fi bien qu’elle fera plus Occidentalle que le Royaume de Suède qui a plus de 7 o. degrez de longitude, ara extremi-tez vers la mer Blanche, & aupays des lappons.On voit euidemment en quelles abfurditez il tombe pour vouloir combattrela vérité. C’eft vne chofe impoffible de faire côuenir aux obferuations fadodrinequi eft faut fe. Maintenons donc l’obferuation delaconiondion de Iupiter &C la Lune faide par les Hollandois, félon les termes aufquels ils la propofent : d’autant que convoie nous auonsmonftré,il ne s’enfuit rien d’abfurde, Ily a encores quelques petits fubterfuges en la Me-cometrie,defquels ie ne fais pas grand casxomme font ces diuerfes opinions des Géographes touchant les longitudes,par lefquels il tafehe de moftrer que les vns font la France plus Orientalle que les au très de plus de trois cens liuës, comme fi en la terre ily auoit quelque
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- CoNF VTATIOtf DE
- partie Orientalle ou Occidentalle : voires mefmes quand on luy accorderait que le premier ôc 180. meri-diensfuflent diftinguez par marques naturelles,!! eft-ce queIVn ne pourrait eftre plus Oriental que fautre. On peutbien direl’Italie eftre plus Orientalle que la France,mais la France eftre plus Orientalle qu’il ne faut, le n entend point ce langage là. Queiî la pofition du premier méridien eft arbitraire (comme tiennent tous les bons Géographes) fefaut-ileftonner filesvns layans mis en vn poinâ, les autres à vn autre, les longitudes des vns font differentes des longitudes des autres? Si la longitude de Paris eft de 2$«degrezà quelques Géographes, &C w ixfept à quelques autres qui poferoient leurpremiermeridiené. degrez plus deçà que les premiers, trouuerons nous erreur à la fciencepourcelà? Et peut eftre ne trouuera-on pas deux mappes lefquelles ayétle premier méridien pofé en vn melme endroit finon fort rarement, de maniéré que toutesles longitudes des vnes, doiuGiTt eftre differentes des longitudes des autres : ceux qui enfeignent la Géographie içauent bien rêmedier à cela.
- S'il y a <vn certain f oint vers lequel fidrejfe taigmlle9 au compas nautique en quelque endroit
- TO v t e la Mecom etrie eft exterminée par la refolu-^ tion de celle (culte qbeftion. Car fîonprouueau
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- LA M E COM E TRIE. 24
- fieurde Caflel-franc autheur d’icelle,que l’aiguillemagnétique n’a aucun poinét certain vers lequel elle fe dreffe continuellement : l'aimant n’aura aucun pol certain : ou du moins quipuilTe eftrerecognu tel. Et pour autant qu’il définit le premier méridien eftre celuy lequel palfe par les pôles de Pairnan t:le premier méridien fera auffi incertain, 6c par conlequent incertaines les longitudes. Ainfi voilà -toute la do&riue renuerfee, quand on luy aura monftré que fon pol de l’eymant eft incertain. Guillaume Gilbert au commencement de fon quatriefineliure parle de celle incertitude, en ce-fte façon. Sed experientia docet rmllum certum ejfe polum aut termmum in tellure pro varione fixum. ïmmutantm enimarew vàrïationü varie & errance> vt in varüs meri-dianis, ïta etïa çf in eodem meridiano.TLt ce qui s’enfuit. Et celle incertitude efl la caufe p o ur laquelle il faiét v n chapitre, que l’on nepeuttrouuer les longitudes Géographiques parles declinaifons delaiguille. Audi pour lamelmeraifonSteuin enfontrouueport (ie disceluy qui a efté imprimé depuis laMecometrie de Caftel-frac auec les autres mémoires du Prince Maurice) en la préfacé d’iceluy fe mocque de ceux qui conflituent des pôles certains à l’aimanta Voicy fon texte. Sed nefiio qua fiatorum inuidia hachenm negatum fit, indubitatam huiufie reifiientiam adipifei. Il parie des longitudes. Quidam enim cumid ipjùm pet Chalibem fine acum mari-namjnuenire conarenturjpfi longitud'mi polum attribuemty quema magnete denominarmty Sed aliter hœc fi haberem
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- CONFVTATION DE
- ipfa docuky mm compertaptaçuspu Chalibis declimtio , //-lim poli normam non obpruare. Ces deux textes fo nt fuf-fifans pour déterminer la queftion : mais le fleur de Ca-ftel-franceft homme de courage,iefçay qu’il porteront impatiemmentd’eftreoppriméparlauthorité de quelque grandperfonnage que .cefoit* veuprincipallemét quilles a recufé en la préfacé de fonliure. Voicyfon texte. Quanta ceux qui ont donné iugementparleurs eprits que c'eflchop impofible de trouuerles longitudes parle moyen de l’aimant je ne m'en epnerueille pas : il y a plupeurs chops comme dicl Plme^quon iuge nep pouuoirfaire >auant quelles pientfaiàlesy&c. Mais le iugement de S teuin a elté public long temps apres que la Meçometrie a efté imprimée, voires meftncapresl’auoir veu. Car i’ay appris du fieurdeÇaftel-franc, qu'il luy enauoit faiét tenir vue coppie parle moyen du deffiinâ: fleur de l’Efcalle fou amy, &C vne autre à Planci us: de maniéré qu’il ne peut nier que Steuin n’ait condamné fon liure.Maislaiffons les authoritez à pareil le faut conuaincre de raifo ns.
- Nous auonscy deflus vérifié grande quantité d’ob-fer nations,auec lefquelles ( fl quelqu'vn en veut pren-drela peine) on pourra aifement cognoiftre, que l’aiguille ne fedrefle pas vers vn certain poinét. Car auec lalongitudeôc latitude d’vn çhafcunlieuon trouuera dans les tables du fleur de Caftel-franc la declinaifon de l’aiguille qui conuiendraà iceluy lieu : laquelle eftant differente de la declinaifon qui y aura efté obfcruee. On conçlurraaifement,quecefte dire&ionne fe faiéfc
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- vers vn poinét certain,ou à tout le m oins vers le poinét deCaftel-franc.
- Mais cefte façon de difeourir eftant fufpe&e, d autant queicelles tables font mal calculées, ie la laiffelà. On pourroitaufli calculer la diftance des pôles du mode &C de l’aimant par la longitude, latitude & declinaifon de l'aiguille qui conuiendra à celieu: Et parles di-uerfitez d’icelle diftance,on pourroit aufti conclurre l’incertitude du poinétde dire&ionj ce que nous refer-uerons pour examiner icelle diftance des poles.En ce lieu il me fuffitde monftrer quecepoinét vers lequel l’aiguillefe drefle, n’eft pas vn mefme par tous les endroits de la terre. Laiflantdonc a part vne infinité de preuues qui ne feruiroient qu’à groflirle chapitre, ie me contenteray de deux demonftrations, Voicy la première.
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- que a njleduCorbeauyilny a point de declinaifon, non plus dHelfmuda près de Nort cap deFinmarchieiquilny en a point au cap des aiguilles, non plus que a vn lieu plus Occidental que le cap fitinfl Augujlin au Bvejîl de iof. lieuès d;Ejj?agne.
- Sur les deux méridiens A,G,B>I, Ôc A, D ,B, H, s’entrecoupas aux pôles du müde A, & B.Soienciceux qüarrelieux fans declinaifon F,C, G, D. Et que F,foie Hile du Corbeau, C»Helfmuda definmarchie, D,lecapdcs aiguilies,& Gdelieu plus Occidental que le eap: iàint Auguilin ; car faisant les longitudes du trouuepprc C, de D ,font' fur vn. mefme me-ri-
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- COJSB VTATION DE
- dien, comme aufli F* & G, font fur vn autre méridien tous deux. Et quand cela ne feroit pas les deux lieux F, ôc C, fqui font euidemmêt lbr differens méridiens, voires mefme félon Caftel francj fôt fuf-fiiàns pour fou (tenir ma demonftration. le dis que (î le poind vers lequelfe drefle laiguille eftvn, & certain , qu’il faut que ce foitl’vn ou lautre des pôles du monde A, ou B.
- Car puis que l’aiguille ne décliné point ny en C, ny en D, la ligne magnétique eft la mefme que la méridienne, partant lepoin<ftverslequeIfedre(reraiguille,doibt eftre fur le meri^ dienD,G, A,H,B: pareillement n’y ayant point de declinai-fon en F,le poind de diredionfera auflï furie méridien F,A,I> B, G. Et par confcquent, il doibt eftre fur vn poind commun à tousles deux méridiens A,C,D, & A,F, G. Mais iceux méridiens n’ont d’autre poinds communs que les pôles du mon-de; il refte donc que les pôles du monde & les pôles ddî'ai-mantfoientvnemefme chofe:ce qui eft euidemment faux, par tant d’obferuations que nous auonsrll faut donc que lan-tecedent foir aufli faux,ceft à fçauoir que l’aiguille fe drelfe vers vn certain poind.
- Nous auonspris pour principe que en F, en C, en D, cnGj ilnyauoit nulle declinaifon, Ces obferuations
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- LA Mec OMET RIE. 2,6
- font prifes du trouueport de Steuin, confirmées par les obferuations de Linfcot,& delean Iacobfen : toutes-fois le fleur de Caftel-franc en nie trois, fçauoir de rifle duCorbeaUjducap des aiguilles deHelfmudapres deNortcap en Finmarchie.
- Voicy ce qu’ildiâ en robferuationfaiâe enTlfledu Corbeau en ion premier liure feuillet 39.&40. Et que la guyd'eymant nevifè tout droit vers le pol du monde lors quon ejî en lïfle du Corbeau, Entre cent tefmoignages que t enpuis alléguer Je me contenteray de quelques vns. Il faut excufe^d’hyperbolefiln’enapas vnfeul : d’autant que toutcsles obferuations qui ont elle-faiftes eif fille du Corbeau ne portent aucun e decIinaifon.Qu’ily aitde^ elinaifon proche dej’lfle du Corbeau5Ce n’eft pas à dire quil y en ait dans l’Ifle mefme. Voicy donc les tefinoignages qu’il faiétfuiure in continent apres.
- Sebaflian Cabot Venetiengrand conducteur des nefs de lEmpereur Charles le quint en fa table géographique imprimée en taille douce fan iyy p Aid quil a eflé remarqué, que entre la ligne meridienejen laquelle la fleur de Lys de laiguille vife tout droiâ au Sep tentrion^) lïfle desfleurs, ily a trente parafangesdedidance^c, Et vn peu plus bzs.Orfurcefle obfèruation de Sebaflian Cabot, ff) autres lespimgrands pi-lottes qui fuffent de leur temps au monde ^ il faut remarquer que lïfle des fleurs </f) lïfle du Corbeau font toutes deux près Ivne de l'autre, fur vn mefme méridien, &c< Nonpasfurvnmefmemeridien : mais bien que leurs méridiensfontproches. De maniereque ficétexem-
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- G ONFVT ATI ON DE
- pic eft véritable,ileft fort contraire à k Mecometrie* Car c’eft comme s’ildifoit, enuiron trente parafanges de l’Ifle des fleurs,eft le lieu ou l’aiguille n’a aucune de-clinaifon,commeoii pourroit dire àl’Ifledu Corbeau. Et félon l’opinion de Guillaume Gilbert,.encores que l’Ifle des fleurs,ôc l’Ifle du Corbeau fuflent toutes deux fur vn mefme méridien, &C qu’il ny ait aucune decli-naifon de laiguille àl’Ifle du Corbeau : il y en pourroit auoirneâtmoins quelque petite à l’Ifle des fteurs:d’au-tan t qu’il a obferué que l’aiguille ne fe drefle pas vers vn certain poind. En cefte façon vne obferuation d’vn lieu ne peut preiudïcieràl’obferuation d’vn autre lieu, à caufe de cefte incertitude. Car fi on accorde que l’aiguille fe drefle vers plufieurs poinds, encores qu’elle n’ait point de declinaifon en vn certain lieu , iln’eft point neceflaire pourtat qu’elle ne décliné no plus à pas vn autrelieu qui foit furie melme méridien, pouuant fe drefler vers, vn poind en vn lieu,6c vers vn autre, en vn autrelieu. Demaniere qu’il faudroit vne obferuation faiâte en l’Ifle du Corbeau, qui enfeignaft, qu’il y a declinaifon de l’aiguillé. Maisl’obferuation deSebaftian Cabot eft fi peu efloignee de mon compte,que fans ce-fte folutiô)(U’aiguille fe dreffoit vers vn certain poind, on pourroit aifément coniedurer par icelle , que en l’Ifle du Corbeau il n*y auroit nulle declinaifon. En apres comment fefauuera-il jluy qui pofe fon premier méridien près la plus Occidentale des Ifles Caàariesj duquel lieu vers îlfle.des fleursil y aplus de vingt cinq
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- la Mecometrie, 2,7
- foistrenteparafanges, s’il ne veut faire fes parafanges de trente ou quarantelieueschafcun. Et à fin qu’il ne puifle recourir aux additions & fouftradtions, luy mef-me vn peu plus bas enfeigne, qu’en la bulfollede Seba-ftien Cabot n’y auoitpoint d’efloignement du fer à la fleur.Si bien que celle obferuation de SebaftienCaboc quand elleferoit véritable, outre ce qu’elle monftrela fàufletédela Mecometrie,ellem6ftrequ’ilya vn lieu a trente parafanges de rifle des fleurs auquel n’y a aucune declinaifon de raiguille,foit l’Ifle du Corbeau ou non,ienemefoucie point :ceft autre lieu feruira aufïi bien à ma demonftration que l’IHé du Corbeau. Voicy fa fécondé raifon au mefine feuill.40. Venons a celuj de Français Dieppe très-expérimentépilotte. lia ajfeurê que ce méridien nepajfoitparlljledu Corbeauymais ejloitbeaucoup plus Orientalqueîlerfejl. Voilà tout ce qu’il en di£t, qui ne lignifie pas qu’il y ait quelque declinaifon en fille du Corbeau. Celaeftafle? vulgaire, que plufieurs tant pildttes que Géographes,ont elle dilcordans touchant lapofitiondu premier méridien : mais cela ne fert de rien à noftre propos,
- Voicy fa troifiefme & dernicre raifon aujmelhae feuillet. En outre ce que Hugues deLmJcot en diff, mérité bien que Ion en face cas, qui metcejle ligne 80. lieues plus vers Orient quen eft HJle du Corbeau. Cela eft euidemment faux.Hugues de Linfcota polé Ion premier méridien au cap des aiguilles près le cap de Bonne efperance, comme il eft aile à voir aux obferuations de fon retour
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- Oo N F VTA'TION DE
- cy deflus pofees. Vementi ad j2.& ^jgradumfpixis non declinetin Onentem çfc. tum Jubmeridiano teejfe Jcito. Il adioufte apres en la me fine page. Hugues de Linfiot diët que depuis ïIfe de Fayal iufques a la tercere, il y auoit vn tiers de ligne de declinaifon vers Orient, Or £ autant que la bujfolle ejloitfaillepour la nauigatïo vers les Indes Occident taies, & quelle ejloit de la fabrique dEfpagne &c. Et que la guydeymanty ejloit plus Occidentale dvndemy vent, &c. On peut voir auec quelle fidelité Caftel-franc fe fert des obferuations. Hugues de Linfcotretournoit alors de Goa ville des Indes Orientales,vers Elpagne, & par hazartfon vaifleau fut porté aux Adores 5defquelles il retourna en Efpagne. Sa buflblle n’eftoit donc pas pour la nauigation des Indes Occidentales , v'Êrs lef-quelles il ne nauigeoit alors, ny n auoit deflein d’y na-uiger. lien fai<5f ainfi par tout:mais nous auons con-futécy defluscefteaddition & fouftraéfion, &lauons monftree impertinente aux obfetuations de Linfcot, & de Steuin. Voilà donc toutes les raifons que le fieur de Caftel-franc apporte, pour monftrer qu’ily adecli-naifon en rifle du Corbeau, lesquelles ne le prouuent en aucune façon du monde, encores qu’il y euft quelque declinaifon en llfle des fleurs ou enl’Iflede fayal. Et neàn tmoins au pliure fueil.i6/.Il chante la yi&oire comme s’il l’auoit prouué. Caril diél, On a 'Voulufaire a croire qu il ny a point de declinaifon en vne des If es des Autours,nommee du Corbeau,près de ladite Ife des fleurs, & neantmotns comme nom auons monjlré, Sebafian Cabot,
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- LA MeCOMETRIE. 28
- François Dieppe0Hugues de Linfcoty en onttrouué. Prens garde amy Ledeur commentilauoitprouué fondire.
- Il n a apporté aucune obferuation faide en fille du Corbeau nybonnenymauuaifejneantmoinsilpretéd au oir prouué qu’ily a declinaifon. Il monftre bien qui! y a quelquepetitedeclinaifonaux lieux circonuoifins, mais il ne monftre pas qu’il en ait en fille du Corbeau: Lesobferuations deSteuin &de Linfcot, monftrent euidemmét queles deelinaifons diminuent petit àpe-tit iufques à ceque lonfoit à lifte du Corbeau la ou S teuindid qu’il n’y a aucune declinaifon. Voilà pour fille du Corbeau.
- Quant àHelfmudan près Nort cap de Finmarchie, il en parle en deux eiidroids de fon liure. Premieremet au z.liure feuillet 190. Or cejle declinaifon ejlfortifiée par celle qui a efléfaiSeparIeanIacobfèn0quiaobfèruéplufieurs fois que près la partie de Nortuege appelle e Nort cap laguy-d'aimant declinoit dvn ventçf demy &)c. Et au liure 4. feuillet 270. optais que diront ils de l’autre, tefmoignage. A fçauoirde ce que lean Iacobfèna trouué, que fur le méridien de Nortcap de Finmarchie^quon tient ejlre ie mefine quipaf fè à dixfept Lieues d’Aüemaignepar delà le cap des aiguilles, il y a declinaifon dvn vent Qf demyiLes coppies detaduis qui ejl venu de Hollande font, tvne entre les mains dudiët;fleur AUeaume^c. Ainfi il n’a point d’autre preuue qu’il y a declinaifon près Nort cap de Finmarchie, linon 1*ob-feruation de lean Iacobfen,tiree du mémoire de moniteur Alleaume cy deflus eferit. Et à fin qu’on voy e plus
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- CONPVTATIOÎT DE
- cuidcmmét l’impudence deCaftel-franc. Voicylob-feruation delean Iacobfen. Iean Iacobfen a objeruéplu-fleurs fois, que efiant à la partie pim Septentrionaüe de N ortmge appellee Mortcaptque laiguille ajmatee Je change Ijfdje deftourne de l’ejî,vers l'ouejl. Ainfique en la mer Blanche de Mo(chômeprès S. Miche l, ou le compas décliné vers l’ouefld'vnven-t çf demj, &c. Il eft aiféà voir qu’il ne rapporte pas la declinaifon d’vn vent & demy à Nort cap, mais vers S. Michel en la mer Blanche. Et tant s’en faut que celle obferuation foit côcraire à celle du trou-ueport,quee!lela confirme parvn argument inuinci-ble. Deuant le méridien de Nort cap, les declinaifons font Orientales, apres iccluy elles font Occidentales {car il did que l’aiguille fe change d eft vers oueft) il faut donc qu’il y ait vn certain poind entre deux, ou l’aiguille ne déclinera,ny vers Orient,ny vers Occidet: car on ne pafle point d’vn extreme en vn autre extreme (ans pafler par le milieu. Ainfipres duNort cap, il ny aura point de declinaifon.
- Venons au cap des aiguilles : L’autheur de la M eco-metrie faidtoutce qu’il peutpoury trouuer quelque declinaifon,mais il n’en peut venir à bout. Tous ceux qui ont faid des ôbferuatiôs en ce lieu, n’y en ont trou-uéaucune. Voicycequ’ilendidauliure t. feuill. 1511. Quant au cap des aiguilles qui n’ejl engueres moindre latitm de que le cap de Bonne ejperance, çef n’ejl que enuiron deux degrêz,en pim grande longitude, Diegue Alphonfi diS, que peu vers O rient de ce lieu la, il ri y a nulle declinaifon,
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- la Mecometrie,
- que la bujfoüe demeurefur le méridien du lieu. Roderique 'de Lagos ajfeure que audiS lieu la bujfoüe demeure droicle0pour~ ueuquelarofèdes vens foit à ÏEJfagnoüe, a fcauoir que la pointtefoit ejloignee de la fleur de demy ventfftjc. Ce pour-ueueftdela boutiquedu fleur de Caftel-franc, lequel glofeafTezmalcefteobferuatiôpoulafaire venir à Ion point,maisquandilauroitadiouftécedemy vent, fîeft ce qu’il ne viendroitpoint à Ton compte raiifli il corrige fagloffe liur.4.feuillec z6 9. Etpourquoy Roderique dè Lagos diroitilque au lieu,ou aucuns tiennent qu'il ny a point de declinaijon près du cap des aiguilles, la bujfoüe demeure droicle pourueu qu'elle foit a tEffagnole ? Quelqu'un ofera il nier, que ledit de Lagos n'afferme yqu'ily adeclinaijon ? J\dais dijonsplm que ce qu'il dict , pourueu qu'elle foit a l'E-Jfagnolle^peut trejbien eïlre entendu, non tant de la dijlance que les Espagnols metttent&c. Et Vn peu apres. Car a l'E-fpagnollefignijie en cétendroitt la, félon que les EJfagnols ont de coujlume de laccomoder, eu ejgard aux endroicls ou ilsjè trouuent. le trouue cefte glofle plus légitimé que l'a pre-miere.Carles Efpagnolsquifontordinairemet le tour delà terre, font contraints de fe feruir en ces grands voyages de buflfolles aufquelJes il n y ait point de différence entre lefer & la fleur 5 Et en cefte façon doit eftre entendue l’obferuation de Roderic de Lagos: eftant fort raifonnable que vne parolle douteufe foit expliquée par des obferuàtions certaines, comme font celles de Diego Alphonfe,Linfcot &: Steuin,lefquels en termes exprès maintiennent queeniceluy lieu ny a
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- La Confvtation
- aucune declinaifon. IoinétaufiiqueRoderico de Lagos ne di£t point quil y aie quelque declinaifon. L’au-theur de la M ecometrie auoit encores vne autre raifon pourprouuer qu’il y a quelque declinaifon près le cap des aiguilleSjfçauoir vne obferuation de Ioftrancus Of-fufius:maisils’en defditluy mefmeauquatridme liure feuill.265. Et f exeufe d’au oir pris le cap de bonne Efpe-rancepourlecapd’Efpoir enterres neuues,apres que monfieur Alleaumeluy euftmonftré fa faute,ainfi que luy mefme la efcript.il faut lire le chap. 7.du liur.4.tout au long * ne contenant ce chapitre autre matière que celle là. Car voyant que la declinaifon ne faifoitplus pour luy,& n’ayantaucune autre obferuation pour cô-battre la nullité de declinaifon près le cap des aiguilles, il fetourmentefort tout du long de ce chapitre, &C fans gueres profil ter.Tantoftil efl: prefl: d’accorder que à la vérité il n’y a aucune declinaifon eniceluylieu, &C ref pondre que vne hirondelle ne fai& pas le Printemps: Tantoftil di& qu’il ne fe faut pas fier aux obferuations, & qu’il y en a de contraires les vnes autres:finablement il le plaint que encores qu’il y ait grande declipaifo n au cap des aiguilles, neantnioins queles pilottes' &C obfer-uateursrontcelémalitieufemét,toutainfiqu’ily a des artifansquiontdes fecrets qu’ils 11e veullent reueler à perfonne, de forte qu’il conclud que touslesobferua-teurs fe fontaccordez qu’il n y auoit point de declinaifon au cap des aiguilles à fin de tromperies pilott es qui cherchent à doubler le cap de bonne Efperance pour
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- là Mecometrie. 30
- tafcherdeles faire perdre, comme fi auparauantlaco-gnoiffance des declinaifons de l'aiguille on n’auoit par plufieurs fois doublé ce cap. Maisfims celà voicy vne preuue infallible pour confirmer les obferuations cy defïus,fçauoir qu’il ny a aucune declinaifon vers le cap des aiguilles. Hugues de Linfcot en fes obferuations, diStcccy.IndevJqueadcoput bonœ Spei,pixidicuUindicia minuuntur: eamergo fi beneinjjtexeris, monjlretque dïmi-dtiamlineam exboreapeliotetum caputbonaSpei çfc. Et vn peu plus bas. Namgatione in Mol^ambiquam ,Jipixis duo* tertio* lineœ abeatin Occidentem, tum habe, ab auliro ac Septentr'tone capitis das correntes exifiere. L’obferua-tion du cap des aiguilles eft entre les deux fans declinai-fon. Puis donc que les declinaifons Orientales diminuent petit à petit iufques au cap de bonne Efperance & au cap des aiguilles,& que iceluypafTé elles deuien-nent Occidentales-.nous pouuons argumenter comme cydeflus. Entre les declinaifons Orientales & Occidentales, il fe trouueravn lieu au quel il n’y aura aucune declinaifon de l’aiguille, &c. &: nefért de rien de vouloir y adioufter ou fouftraire quelque chofe,puis quecelàaeftéconfutécy deflus. Ainfi proche le cap d es aiguilles il n y aura point de declinaifon.
- Quant au quatriefmelieu,le fieur de Caftel-franc n’en a point parlé, partant ien’ay que faire de le vérifier. le m’eftonne comment il a ofé débattre les trois autres, puis que cela eft tant vulgaire, que en ces quatre lieux il n’y aaucunedeclinaifon delaiguille.Cefont les qua-
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- C O NTVTATI O N D E
- tre defquels entend parler Iofephe à Coda au liure premier ch.17.de Thiftoiredes Indes,ou il diü ainfuVn iour ynpilottePortugais fort expérimenté me difoit qu'il y auoit quatre points en tout le mondeju ïaiguillefedrejfoitaunorty & me les contait par leurs noms que te n'ay retenu, (Ç)cN o icy mon autre demonftration.
- Steuin enfin trouueporta pris plaifir de mettre àpart toutes les declinaifonsOrientales d'vncoïïé, & les Occidentales d'^vn autre. Or on trouuera enlifantces obfemations, que toutes celles qui font deuant le méridien du cap des aiguilles font toutes Orientales, & celles qui font delà iceluj méridien font toutes Occidentales. Celàefantainf.
- Soit le premier 8c 180. méridien A, B, D, le meri-diêducap desaiguillcs CG D,partît les pôles du mode feront Ç,&D. le dis que lepol de leymant eft tan-toften B, (ur le 180. méridien, tantoft en A , fur le premier, & en ce faifant,incertain.
- ; • • î
- Car le polde Teyman^eftant different dupol du rao-de(comme on recognoit aux declinaifons de f aiguille) là ligne magnétique aux declinaifons Orientales quitte la ligne méridienne,& fe rend plus Oriétale que icelle. BartantçeuxquifontenG,deçàlemeridië du cap des
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- LA MECOMETRIE. 31
- aigueüles,il faut que leur compas vife en vn poinâ plus Oriental que C,pol du monde, comme vers B :& au con traire ceux qui font en H,delà le cap des aiguilles, il faut que 1 aiguille vife à vn poin<ft plus Occidental que C, pol du monde,comme vers A : d autant queaux de-clinaifons Occidentales la ligne magnétique s’efloigne du méridien versTOccident.Partant le pol deleymant fera tantoft en B,tantoft en A: Partant incertain.
- Gela ne feruira de rien au fleur de Caftel-franc de prendre tantoft la poin&eborealle, tantoft la poin&e auftralleen changeant labuflolle, puis que cela à efté confuté cy deffus.
- Onpourroit apporter plufieurs autres demoftràtions pour prouuer l’incertitude de ce poin<5t ou pol de fey-mant: mais cecy ftiffit, pour monftrer que ces deux grands perfonnages Steuin &C Gilbert n’ont point pro-noncéfansraifon,quecepolde leymant eft incertain, ÔCquepariceluy onnepeut trouuer les longitüdesde Géographie. Àùfll le fleur de Caftel-franc n’a aduancé autre chofeauec fa Mecometrie, fînon que apres auôir abuféde plufieurs obferuations Scfalfifié les autres, il faut qu’ilrecognoijGfeenfînqueàbon droi£t ces deux perfonnagesluy onteenfuréfon ouurage.
- On n’entend parler d autre chofe en Hollande,fînon deperfonnes qui propofent leurs inuentionstouchant ces longitudes, ÿ eftans alléchez parla recompenfe qui leur eft promifepar les eftats : mais iufques icypeffon-ne n’en eft venu à bout. Il faut bien que Ceux qui les
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- CONFVTÀTION DE
- iugent,ayent des yeux plus penetrans que nous riauos en France,puis que nous taillons efehapper des faulïe-tez pour des veritez : &C que nous recompenfons des li-uresquinelemericentpas. C’ell ledefautdecesdiui-nesfcienccs3queronapprendicy tant négligemment. Iefouhaitterois qu’il fe leuaft quelque Platon Mathématicien d’entre nous, pourinuenter quelque nouuel oracle de la duplication du cube, afin d’exciter les ef pris à ceft eftude,8c faire cefTer la pelle de delphe. Mais ceftfolliedepenferàcela,tant que les grands carelTe-ront plus les artifans que les gens de lettres.
- Honos aliïartes,omnefque ïncenduntur adfludia gloria.
- Des erreurs du fleur de Cajlel-franc en la recherchede la dtïlance despotes du monde çf despotes de l’ejmant.
- "^TO vs auons cydeuantdiél, que le fieurde Caltel-x ^ franc s’elloit imaginé, que les pôles du monde eftoientelloignez des pôles de l’eymant de 13. degrez: ilfautmonftrerquilnaeunul fondement folide pour en auoir la cogn oiflance. le ne dis rien de ce que de 13. degrez,ileftdefcendu à zz. degrez 30. minuttes : ôc à cequei’entensàlapremiere impreflion defon liure,il fe reltraindra à zz.degrez pour auoir fon compte rond: 6c peut dire à moins. Encores que cela tefmoigne l’incertitude de la chofe, neaumoins il s’en exeufe, &C allègue que fes dernieres conceptions font meilleures qc e
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- les premières : avôtQpovr.S'ii ovQo'npom* Il faut lire fon cjust-ivieCmc\imc3auc\uc\i\1[aitvnchApitre.QuelestablesJl4e~ cographiques iafaiëtes, ne laijferont d’apporter tresgrande futilité,tant a la navigation que a la Géographie : nonobflantla dijference de demy degré, de la diflance des pôles du monde a ceux de l'eymantjrouueepar les dernieres obferuations. Quil le garde bien de plus faire de nouuellcs obferuations de peur que celle diftâce ne vienne touliours à diminuer. Mais parlons ferieufement.
- Au premierliure feuillet 77.&78.II definitlepol boréal del’eymanten celle forte, Lepol boréal de l'eymant ejl au 6/.degré de latitude borealle du 180. méridien, & demeure immobile,®c. Enlannotation il va au deuant dv-ne obieélion que Ion luy eullpeu faire :que peut eftre ilauroitemprunté celle diftance,àl’efpacequi elt entre les pôles du mode & les pôles du zo diaquef, duquel elle femble fort approcher. Etfurcefubieélparvnedi-grelfion feientifique,il prend occalion de difeourir fur les obferuations diuerfes, qui ont elle fai&es en diuers temps parles fameux Allronornes : & à Timitation de Copernicus,il en faiéi vn inuentaire par ordre félon queles obferuations ont elle fai&es, au bout duquel il adioultela fienne, pour fe bailler place entre les célébrés Aftronomes.Mais ietrouuefort eftrange qu’il'aitdef-membre le pauure Albategnius, autremet appellé Mu-hamedes Araccnfis, &: dVn Autheurilen fàiét deux: voiresmefmeenfa bibliotecque inuentoriee au front defonliure. Iaypeur qu’il irait veu les œuuresny de
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- CoNFVTATIO Nf DE
- l’vn ny de l'autre. Il efl aifé à voit* qu’il s’eft trompé, quand il faidobferuerrvn5enran739.&l’autre85b.qtii eft vn mefme temps, cftan t le premier apres P tolomee, le fécond apres Ieïus Chrift. Mais il n’y a pas pris garde en le coppiat d’vn autre liure:En cores que cela foit bié vilain, de fe vouloir placer entre des braues autheurs, queronnecognoitpoint.Quantàfon obferuation de la grande declinaifon du Soleil qu’il feint eftre de 23. d. 28.111.10.fc. Ilfaut quelle foit fauffe , encores qu’il la préféré à celle de Copérnicus, pour n’auoir elle à ce qu’il di£t aflez exaâ: en obferuant. Car ou il n’a iamais faiéteefte obferuation, ou il n’entend rien à obferuer au ciel, ou bien Tycho Brache ( qui fera éternellement çhery delà pofterité, tant pour auoir fai<5t de grandes defpenfes àreftituerl’Aftronomie, quepourauoir ob-foruéles mouuemens celeftes fi exa&ement & par tant d’annees) a fort mal obferué.Enuiron le mefme temps quelefieurde Caftel-franc obferuoit la grande decli-naifon du Soleil de i3.d. 28. m.io. fc. Tycho Brahe l’a trouueedeij.d^i. m. 30.fi:. Ainfiily a erreur de 3.111. 2o.fc. Quant à ce qu’il diâ que Copérnicus n’a tenu compted’obferuerles fécondés:il monftre bien qu’il n’eft point verfédans la le&ure de Copérnicus, lequel au chapitre 2.du liure 2.desreuolutions celeftes,appor-tefonobferuationde-23.d.i8.m.&: ~. qui vallent24.fe-condes. Il vaudroit mieux puifer les bons Autheurs dans leurs fourccs mefmes,que de lelcher les rniiTeaux, qui font le plus fouuentpleins de boue. Il y a de l’apparence
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- rcnce que le fleur de Caftel-franc a leu dans quelque liure/quel’obferuationde Copernicus eftoit de 23.d. 28.ru. xo.fc. & que Copernicus prouuoit qu’elle dimi-nueroit coufiours,iufques à ce qu’elle fuft de i3.d.i8.m. Il en a retranché dix fécondes, qui eft tout ce quelle peut auoir diminué fenfiblement depuis Copernicus iufques à luy : mais il falloit lire dans Tycho Brahe, que lobferuation de Copernicuseftoitplus petite qu’il ne faut de plus de trois minuttesjceft au premier liurç de l’Eftoillenouuellech.r. Etaux annotations d’icelüy,il monftrecommeileneft venu à la cognoiflance,ceft à fçauoir queCopernicus auoit manqué à l’efleuation de pol de Fruenbourg ( là où il a faiét fes obferuations ) de pareille quantité de trois minuttes : ce qu’il fçeuty ayat enuoyéfurlelieu vnbonobferuateur,auecl’vn defes plus grands & plus exaâs inftrumens. Quie fi Caftel-franc a obferué veritablementicelle declinaifon,ou biê il l’a obferué par l’efleuation depole (ainifî qu’il eft ne-ceflaire en tous les pays Septentrionaux, pour euiter les réfractions) ceft àfçauoir enfouftrayant delà hauteur méridienne du Soleil eftant au tropicque de Cancer,la hauteur de l’equateur, cogneuë par l’efleuation de pol,qui eft le plus feur moyen &C le plus facil, d’autat que Ion acheue en vn mefiue iour : où bien il a obferué ainfi quePtolomee enfeigne àla fin du premier liure de 1* Almagefte, en prenant la moitié de la differcce des hauteurs méridiennes du Soleileftantau tropique de Cancer & au tropique de Capricorne, laquelle façon
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- C ONÏ VTÀTION DE
- fera dcfeflueufc en France:d autant que la hauteur méridienne du Soleil aùplus petit iourd’Hyuer, eftaffub-ieétieauxrefra£tions,cequi n’arriue point en Alexan-drie.il n’y a point d’apparence qu’il ait obferué félon la première façon 5 car fon obferuationefltrop differente de celle de Tycho Brahé, qui a aufli obferué en la mefme façon 5 II n’eft poinét excufable d auoir obferué félon la fécondé façon,puis que Tycho Brahé en a mo-ftréle defaut ; mais ie croiray pluftoft qu’il liait point obferué du tout,ÔC encores moins quil ait rien leu dans Tycho Brahé.. Auflicét Autheur n’eftpointàfon vfà-ge,iïeftant dans rinuentaire de fa bibliotecque,dans laquelle mefme il a mis des Autheurs -qu’il ne cognoit quedenomitefmoin I;offrancusOffufîus,qu’ il confeflé luymefmeen fonquatriefmeliurefeul.z^. 11’auoiria-mais veu,auparauant que monfieur Alleaume luy euft monftré. Voilà touchant fon obferuation,furlaquclle ie ne nfarrefteray point d’auantage, puis qu’elle ne fert à noftre propos.
- Et pour retourner àla diftance des pôles du monde & despotesdèl’eymant (carienemepuis tenir depar-leràfàmode) voicy fesfondemens. Ildidenfon premier liure feuil. 73. ôC 74. qu’il a obferué que l’aiguille fedreflé vers le éy.degrédu i8o.mcridien,ce qu’ilmon-ftrepar les longitude,latitude,& declinaifon de l’aiguille en trois endroits delà terre, en fille defâinéte Heleine,preslesIflesduTriftan da Concha, 6C enla ville deCantondela Chine :1e calcul quil en faiéfeftat
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- mechanique ( d autant que à ce que i’entens,ila calculé ces diftances furvngrand cerclede tonneau) il ne fe faut eftonner s’il a failly,comme ie monftreray tantoft. Pareillement en fonliuredela Mecometrie Arithnae-tique,il en a apporté vn exemple calculé par les triangles fpheriques , vn petitplusexad quelesautres: en apres encores vn exemple,parlequel ilpretend venir à la cognoiflance d’icelle diftance, par la différence de longitude de deux lieux,leurs latitudes & declinaifon de l’aiguille,mais il dit yri peu apres, que c’eft façô d’ob-feruer par les eclipfes ne vaut rien, d’autant qu’on ne peut trouuerexadementIemomentauquelcommen-ce^eclipfe,& que vne minutted’erreur,fait faillir de vn quart de degré. Finablement aumefme liure fur la fin, il tafche de prouuer que Sebaftian Çabot a obferué celle diftance de n.d^o.m. Et pour le par deffus, que. zz. d. 3 o.m.fontla lèiziefme partie de tout le circuit du ciel; Et celle derniereraifon ne mérité pas feulement qu’on la regarde.Voilàdonc toutes les raifons quei’ay peu re-marquer dans la Mecometrie touchant celte diftance, fvnedans vn liure l’autre dans vn autre, fans ordre de dodrine,comme on remarquera aifement en lifant fon liure.
- Quant aux trois obferuations,enrille defainde He-lene, 80. lieues près des Illes de Triftan de Concha, 6C en Canton de la Chine: il did bien au liure premier feuil.73.74.7y. que les lignes de feymant en ces trois endroidsdoiuentpalferparle^.degré du 180. meri-
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- CONBVTATION DE
- dieu jmaisilneleprouue point :auflîfon grand cercle de tonneau ne fournit point de demonftrationfmaisil aduertit que Ion en face les preuue $ Voicy comme ie lay fai&eparles triangles fpheriques,Sc parles mefmes hypothefes queluy.
- L'Autheurde la JAecometne en feigne la longitude, latitu-de^declinaifin de l'aiguille en l’IJle fainBe Heleine, en fin
- premier Hure feuillet 73.
- Soit Tlfle fain&e He-laine A/on m eridien G,
- A, D, partant le poldu mondeauftralDd’ângle de ladeclinailon de l'aiguille C^D, & que C, foie le pol de Teymant fur le premier méridien
- B, C,D. le dis que C, D, diftance des pôles n eft deij.degrez.
- Car lare G,C,efïant
- de 90; degrez & d’iceluy on louftrait la latitude G, A, 18. de-grez AaD,ferade7i.Etrangledelalongituded,icelleB,D>G, {eradeu.d.5i.m. & l’angle delà declinaifon C, A,D, fera de 5. d.37.m.30.fc. Soitmeneelaperpend D,F,U eftdonceuidenc paj ce qui eft demonftré aux triangles fpheriques.
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- Comme îooooooo.lans de l’angle droiôt D^F^ed a980171. finus de langle F, A, D3 aufli 9510565. finus du cofteA^Dj a 932200. finus ducofté DaF, auquel refpoftdTare j.d.a 1.m.
- Pareillement comme iooocooo finus de langle d,f. a,ceft à 100 43752. le cotte du code d,f. Ainfi 9951840. finus du co-complement de l'angle F,a;d,à 999537^ finus de langle a, d, f,auquelrefpondl’arc SB.d.ij.m. Duquclfionfouftraim.d, 5i.m.valleur de l’angle AjD^b,reliera 75. d. 23. m. pour langle c,D,f,
- Mais comme 10000000. finus de langle D,F,c3à 396173 64. fecante de langle f>d,c, Ainfi 936 473. tangente du codé F3D,a 370199 5. tangente du collège,auquel relpond l’arc 10.6,19. m.qui eft bien loin de 13.d.
- LAutheurde Mecometrie prend vn lieu diHant des Ifles de Triflan da Concha de 80.lieue s, duquel il enfiigne la long, lat. & declinaifin enfin i.liurefeuil.73.
- Près lesljles Triflan
- Latitude.
- Declinaifin.
- 2p.d. o.m.
- 33• *•
- i6.d. y2.rn.30.fi.
- Sur lamefme figure precedente foiticeluy lieu choifi A,fon méridien partant Défera lepol du inonde auftraldangle de la declinaifonude l’aiguillec, a,d,& que cafoitle pol del’ai-mant.Iedisque c,d, diftance des pôles n’ell pas de 23. de-grez.
- Car G,A, latitude eftant de^. degrez A.v, fera de $7. & lan-gle de la longitude A, d,c, de 29. degrez, & langle de la decli-naifon c,a,d, fera de 16^.52.rn.30.fc. Puis comme à la precedente.
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- CONFVTATION DE
- Comme iooooooo. finus delangledroidD^A, a 190115a. finusdelangle c,a,d :ain(Î85^70^. finus du cofteA,c, à a 4339 49.finus de la pcrp. d*f,auquel refjpond l’arc 14^.5 m.
- Pareillement comme 10000000, finus de IangleD,F, A,à 10309886.fecanre du cofteD,F rainfi 956961/% finus du complément delanglec,A,D,à9866163. finusdelangle a,d,f, auquel commenr lare 80. d. 37* m. duquel fouftraic 19. degrez pourlangle A,D,c,refte 5i.d,g7.m.pourlangle c^f.
- Mais comme iooooooo.à i6io5i35*fecante delangle c,d,f, 010(11508735, tangente du coftè c,F,à 4040351. tangente du codé CjD,auquel refpond lare n.d.& non 13.
- L'Autheurde la Meœmetrie a enfeigné la longitude, latitude >& declinaïjon de laiguille a Canton en fonpremier lime feuillet.7$.
- Soit a, Canton , fon méridien F, a,c, partant c pol du monde boréale langle de la declinaifon del'aiguillec,à>b,& foit B,pol deleymant^iedis G que CjB, diftance des pôles n eft pas de ig.degrez. . Car la latitude a méfiât de 25.degrez A, c,fera de
- D
- ^5.&langlc delalongirudeh,ç,f, eftantdei^g.d.n.m.F,^
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- la Mecometrie.
- fon complément fera de16. d. 38. m. Puis comme àlaprece* denre.
- Comme 10000000. finus delangle droit c, d, a, à 1564345. fi nus delangle CjA^b, ainfi 9063078.1^5 de c,a, à 1417778. finus de c,d, auquel refpond Iarc8.d 9.rn.
- Pareillement comme 10000000. finus delangle c, d, a, à ioioiozS.fecantc de c,D : ainfi 9876883. finus du complément delangle^A^eftà9977654. finus delangle a,c,d:auquel refpond lare 86.d,10.duquel fi on fouflraic 16. d. 38. m. reftera pour langleB,c,D,69.d 3i.m.
- Mais comme iooooooo.fïnus de langlecJD,A,ài855?9oii. fecantede langle b,c,d •. ainfi 1432,113. tangente de lare c,d, a 4o857i7.tangentede lare c,b, à laquelle refpond lare iz%d, I3.n1.
- Parcesdemonftrations il eft euident que la ligne de Feymantne pafie point comme il di£t par le ^.degré, &Cc. Etqueladiflancedes pôles du monde & de fey-mant neft de 23.degrez : en cores qu’il ait choifi des hy-pothefes à fon aduantage.Car outre ce que vers Canto il n y a nulle declinaifon de l'aiguille ( comme il eft aifé à voir par les declinaifo ns de la limen euretique ) il falfîfie leslongitudesd’iceuxlieux:Ôcfiins marrefter aux autres Géographes, luy mefme en fa carte réformée met riflcdefainâeHelèineàplus dei6. degrez de longitude, & Canton a près de 180. & en fon calcul, il ne met fainfte Heleine que à 12. degrez de longitude, &C Canton à i63.Quantaux ifles de Triftan de Concha, il les a efcript fur fon premier méridien,&c il a calculéleur Ion-
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- C ONFVTATION DE
- gitude furie 19.H eft vray que ceft vn lieu plus Oriental de 8©.lieues, qui peuuent eftre enuiron 4. ou 5. degrez: Ainfi il demeure encores vn erreur fort notable. De maniéré que tout ce calcul mechanique eft inutile & pariceluyilnelçauroit monftrer la diftance des pôles du monde aux pôles de 1 eymant.
- Voyons fon calcul par les triangles fpheriques,c*eft à fçauoircomment parla longitude,latitude, & decli-naifon dei’aiguilleen quelque lieu, on peut trouuer la diftance des pôles du inonde &C des pôles del’eymant. Il ne propofe que vn feuî exemple,&C d’vn lieu qui n’eft pas fameux,de realmotpetite ville au hautLanguedoc. Iecroisquela multitude d’exemples luy euft brouillé fes affaires.En apres il prend vn lieu incognu,pour faire la longitude d’iceluy àfonplaifirfanspouuoir eftre co-treditpar les traditions des Géographes. Ienetrouue point Realmont dans Ptolomee : ainfi fà longitude m’eft incognue. S’il euft pris quelque lieu fameux comme Paris,Rome,Bourdeaux, ô£c. On euft peu examiner fi les longitud es prifes euflent efté véritables : comme auffi les latitudes & declinaifons de l’aiguille:mais il s’en eft bien gardé,il n’euft pas trouué fon compte.Et puis que ceft vn des poinéts fondamentaux de la doctrine de fçauoir au vray la diftance des pôles du monde ÔC des pôles del’eymant,il en deuoit pofer trente ou quarante exemples, delieux fort fameux: & monftrer queparvne grande conformité ils donnent tousiufte-ment celte diftance de xi.d. 30.111. Alors il y euft eu
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- ï.a Mecometrie. 37
- quelque apparence à fon dire : non pas quepour celà il fuft véritable.Car quant il auroit monftré par cinq cens exemples,qu’il renient tou fioursiuftement les iz.d. 30. m.pourladiftance des pôles,&ie monftre par cinq ou fïx exéples, qu’il renient plus ou moins,la généralité de fa propofition doit eftre deftruiéte,félonies loix du dif-cours. Mais il ne fçauroit apporter trois exemples qui s’accordent,fi doncilneforge les longitudes ouïes de-clinaifons à fon plailîr.Et pour vérifier mo dire voyons d autres exemples. Et premièrement à Paris.
- LAutheuf de la .Mecometrie au commencement de fin quatriefme Hure en feigne la declinaifin de laiguille a Paru.
- Paris.
- Long. Latit. Déclin.
- 2$.d. }o.m. 48. 4.0.
- 2.
- S oit Paris en A, fon méridien F, A, B, lan-gle de declinaifon B, A, D, partant B, & D, \, fur le premier ou 180. méridien ferot les potes du monde &C de feymant, ie dis que B, / D , diftancc d’içeux n’eftpas de ii.d.jo.m. Car la latitude eftant de 48^.40. mdecofté A,B,qui eftfon complément fera de 4i.d.io.
- • • K
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- CONFVTÀTION DE
- m.&C langle de la longitude HjBJ^eftant de 23.fi. 30.1x1; langle A,B5D> fon complément fera de ij6.d. 30. m. Et langledelàdeclinaifon de8*d.45.m. Soitmeneela per-pend.commeaux precedentes.
- Comme 10000000. finus de langle droiéX B, G, A,à ij2i234.finos delangleC>A,Bïamfi 6604386. finus du cofté A,B3àioio68i.finus ducolîé Bj Cj auquel coi> uientlart /.d.48.m.
- Pareillement comme iooooooo.fînus de langle B,C, A,à ioo5i4j6.fecante du cofté B,G : ainfi 9885615. finus du complément de langle B, A, 0^9931757. finusde langle A,B,C : auquel conuien t lare 83.fi. 18. m. lequel fouftraiâ: de 156.fi. 30.n1. reliera 73.fi.12. m. pour langle. C,B,D.
- Mais comme 10000000. finus langle B, C, D, a 34598iy9,fecantedelangleC,B5D:ainfi 1015763. tangente du cofté B,C,à 3514363. tangente du cofté B, D; à Jaquelle conuient lare 19.fi. 22.
- C eft bien loing de 22.d.3 o.m.Geft pour cela qu*il crie tantpartoutfon liure,que lalongitudede Paris qui fe trouuedans Ptolomee,cft faufle : penfant bien que les François commencer ont a exami n er fado <£trin e par ce-fte ville. Mais voyons vn autre exemple.Enion fécond liure furlâiinfeuill.203.il di(ft quelalongitude de Lyon cft fort exaéfce dans Ptolomee, Sê là il baille aufli la de-~ clinaifon de leymant comme s’en faitv
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- ia Mecometrie.
- Latitude. Dedinaifin.
- 23Â. ij.m. 4f.d. 10.
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- En la figure precedente,foit Lyon en A,fonmeridië F,A3, langle de declinaifon B, A, D, partant B,& D, furie premier,ou furie i8o.meridien feront les pôles du monde &C dereymant.Iedis queBjDjdillanced’iceux n’elt pas de 223.3o.m.
- Car la latitude eftant de 453. io.m. A,B, fera de 443. 50.n1.fon complément : 8c langle de là longitude H, B, F,èftantde2j.d.i5.m. A,B,D,fon complément fera de 1563.45. Et langle de la declinaifon de^.dj m. Soit meneelaperpend.comme aux precedentes.
- CommeioDooooo.(înustotal,ai6io297.finusdelan-gleG,A,B: ainfi 7050469.!^^ du codé A,B, a 1135321. finusdu collé B,C rauquclrefpond lare 63.31.1n. Pareillem en t comme 1 o o o 00 o o. fin us de langle B, C,
- A, aioo65o35.fecantedvu cofléB,C:ainfi9869496.fînüs du complément de langle B, A, C, a 9935682. finusde langle A, B, C, auquel ennuient lare 833.30. m. lequel foudraiddei56.d.45.m.redera733,15.m.pour langle C, B, D.
- Maiscommeiooooooo.finus de langle droitB,C,D; a 34698564. fècante de l'angle C, B,D:ainfi 1142302. tangente du code B,C, a3963623. tangente du codé
- B, D,àlaquelle refpond lare 2i.d. 37.m.
- Ainfileplus iufte exemple manque dvn degré. Mais
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- La Conevtàtion
- soyons s'il viédramieux à vn autre exempld. En la préfacé de fon liure,il did que la longitude B ourd eaux eft exa&edansPtolomee : Et au feuillet 75.du1.Hure, il enfeigne fa longitude,latitude & declinaifon de l’aiguille rauquel endroidHl s’en fert comme d’vnlieufdn-damental pour trouuer icelle diftance*
- ç Longit 18 A. o.m
- BordeauxLatit.. 4/. cr.
- £ Déclin» 7. y*
- Enla figure preceden te,foit A,Bourdeaux,langlede clinaifdn B, A,D,partant B,6C D,fur le premier, ou 180. méridien feront les pôles du monde 6C de l’eymant :ie disqueB,D,diftancediccuxn’eftde ii.d.joan.
- Car A,Bjeftantde45.dégrez complemeut de la lati~ tude,Sclangle A,B,D,de 161.. degrez côplement delà longitude, &C langle de la declinaifon B, A,G, dey.d. 9. m.Ileft euident que comme aux precedentes.
- Corne iooooooo.finusdelangleB,C,A,aii44^74. finus de langle C,A,B lainûj071068. finusducofté A,
- B, a88oii7.finus du codé B, C, auquel refpond lare 5. d. 3.m.
- Pareillement comme rooooooo. finus de langle B,
- C, A,a ioo38968.fecanteducofté B,C:ainfi 992,1959., finus du complément de langle C, A,B,a 9961616 Amus de langle A,B,C -.auquel conuient lare 84.d. 59.111. lequel fouftraid de r^.reftera 77. d. i.m. pour langle C,B,D.
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- la Mecometrie. ??
- Mais corneiooooôoo.finus de langle droit B, C, D, a 445ioi83.fecaatedelahgle C,B,D. Ainfi 88368o.tangente du codé B,C,a ^9332.7f. tangente du codé B,D, à laquelle refpond lare n.d,2,9.m.
- Il ed euident partons ces exemples qu’on ne peut trouuerauec certitude la didance d’iceux pôles ,enco-res quei’ay fuiuy la forme de fon calcul & fes hypothe-fesjfans y rien changer ; car ie me fuis ferui des mefmes longitudes,latitudes, & declinaifons de l’aiguille qu’il enfeigne dans fon liure. Que fi quelqu’vn vouloitprê-drelapeine decalculerfur des lieux, defquels la longitude,latitude , 8c declinaifon font dans la liméneureti-que,il trouuera en certains endroits plus de 4o.degrés pour la didance des pôles: fans toucher aux declinaifons Occidentales (qu’il fai£tOrientales) qui donne-rontlepoldel’eymanthoreal furie premier méridien, ôc non furie i8o.auec des irregularitez (i grandes,qu’on s’edonnera de l’opiniadreté de Cadehfranc. Voilà p ourlé calcul: voyons les parâlogifmes de fa demon-d ration.
- Il disque parla longitude,latitude,&; declinaifon d’vn lieu,on peut trouuer la didance des pôles du monde ôc despoles del’eymânt : mais ilne fçauroit trouuer la longitude de pas vn lieu:partant il ne trouuera iamais cede didance.Car puis que la longitude d’vn lieu, cd la didance d’iceluy au premier méridien lelon les degrez du parallèle il faut donc premièrement mondrer par
- K ni
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- C O N B V T A TI O N D E
- quel endroit de la terre pafle ce premier méridien au parauantquecognoiftreaucunelangitude,nykdifta-çc despoleSjlacognoiflançe dp laquelle fnppolc quel-quclongitudecognuë. De prendre les -longitudes qui font dans Ptqlomeepoxxr bonnes : Il euft fallu premièrement mo nftrer,que le premier meridienpris par P to-jomee eft le vtay premier méridien dçleymant félonk doctrine Mecometrique : ce que le fieux de Caftel-frac ne fçauroit prouuer. le fçay bien quil did prou par tout fonliure,quelepremiermeridiendoit pafler proche Hile de fer des Canaries: &C que le premier méridien de Ptolomee n’en eft gueres efloigné : mais il ne le prouuepas. Au contraire fi le premier méridien Me* cographique eft celuy ,iur lequel l’aiguille n a aucune declinaifon, ôc nousprouuons que ce méridien doit pafler par plufieurs endroiëts de la terre tous differens en longitude: il s enfuit que les longitudes feront fort incertaines. Et quand bien Pjtolomee auroit choifile vray méridien mecographique pour le premier: fi eft* ce que Caftel-franc ne veut point que Ton tienne les longitudes qu’il a laiflees pour vericables. Voicy ce ce quil en did à la fin du tf.fiure feuill. 327. Carfi cvom rimez* les longitudes par l’eymant félon les voyes de noFlre Jrleçometrie, il faut que vous l’ayez*par Ptolomee, auquel y a tantdepaffages tres-euidemmentfalfifieZj,fiuspar ignora-ce que par malice tfri on les vous reuoquera tous en doute. E t au liute delà Mecometrie Arithmetique3il faiét vn chapitre. Que Ion nefi feut affeurerfur aucune des longitudes•
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- là Mecometrië. 46
- lapes parles anciens,poHr tramer la vraye fituationdes po-les deleymant. Auflis’il iaiflbitprendreles longitudes de Ptolomee pour véritables,auec icelles on auroit toft renuerfé-fadodrine. Ainfi nousn’auonsaucune longitude exade^inon celle qu’il plaift à Caftel-francdequel comme circulateur,forge des longitudes par fa Meco-metrie,pourauoir ladiftance des pôles; puis par icelle diftance,ilviét à la cognoifiànce des longitudes. Voyés Analiftes,fi ce n’eft point pétition de principe.
- Quantài’obferuation de Sebaftien Cabotai en faid vn chapitre à la fin de fa Mecometrie Arithmétique, quireiïemble pluftoft quelquecompte de vieille,qu’v-nchiftoire véritable. Il did premièrement que Sebaftien Cabotauoitobferuévne declinaifon de l’aiguille de i2. d.3o.m, Et qu ilnauoit déclaré le lieu de l’obfer-uation,fînon au Roy d>Angleterre,& à Guido Giafnet de Fauofon amy rparlemoyenduquel Liuius Sanutus Venetien a fçeu,que effte obferuation auoit efté faide fôuzl’equinoxial. Voilàfhiftoire. LefieurdeCaftel-franc difeourt là defîus5que c’eftoit donc la plus grande declinaifon de laiguillequi fe face fouz la ligneequi-noxialle : partant quelle auoit efté faide fouz le 90. méridien: &parconfequcntqueladiftancedes pôles, doit eftre dé pareille quantité de degrez: d’autant que la fedion del’equinodial & du 9o.meridien, eftlepoî du premier & iSo.meridien. Mais il difeourt félon fa dodrine;qu il fuppofe eftre véritable: Il faudroitprou-uerquela plus grande declinaifon de l’aiguille qui fe
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- C ONFVTÀTION DE
- face fouz la ligne equinodialle, foit quelle fe face fouz le ^o.meridien,foit ailleurs, eft de zi.d. 30.111. De dire que Cabot ait auflireüelé, qu’il auoic ob féru é fur icelle feétion precifement, outre ce que l’hiftoire n’en faid point de mention, il euft fallu que Cabot eut eu vne fciencedetrouuer exadement les longitudes fur mer ( puis que ceftfedionfelonladodrinede Caftel-franc tombe dans la mer) autrement il n’euft.eu point d’af-feurance qu’il eftoit fouz le ^ojneridien ce que Ion ne croira pas aifément. Il eft donc manifefte par tout ce que deflus, que le fleur de Caftel-franc n’a eu aucun fondement, pour paruenir à la cognoiflance de la di-(tance des pôles du monde, & des pôles de l’eymant: veu principalement comme nous auons monftré cy deflus que l’aiguille ne décliné pas vers vn certain poind.
- E qui eft demonftré faux en fa Théorique,il efl ne-ceffaire qu’il lefoitauflien fàpradique.Si bien que ayant cy deuant monftré quele fleur de Caftel-franc s’eft abufé en l’inuentio de fes longitudes, il femble que ceft article eft inutil : comme aufli ill’eft de vray. Mais à fin de clorre entièrement la bouche aux contredifans, qui publient quele fleur de Champlain pradique tous Jesioursen Canada la Mecometrie, & qu’il la trouue
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- LÀ Me COM ET RIE.
- fort exacte, & plufieurs autres tant en ce Royaume que dehorsûeneferay point de nouuelles demonflrations, mais ic leur monflreray feulement leur (implicite. Quat au fleur de Champlain, i’ay fi bonne opinion deluyà caufe de fes laborieufes entreprifes en la nauigation: que ie ne crois point qu’il foit Aucheur.de ces dit cours,veu principalement queiufques icy il ira publié aucune de fcs obièruations que ie fçache. Et quant il les aura publié (fi dauanture ileften celle volonté de nelespointenuieraupublic) on les receura pour ob-ieruations deladeclinaifon de l’aiguille, non pas pour determinationsdelongitudes:commeaufli celles qui ont efté obferuees tant en ce Royaume que dehors. Mais quelles, quelles puiffent eflre, tant celles du fleur de C hamplain que des autres,elles ne fçauroientfer-uir à prouuer la Mecometrie. Car pour autant quels fleur de Champlain naobferuéque en vn petit endroit delà terre, ceft àfçauoit aux enuirons delà riuicre de Canada, & les autres,en quelques autres lieux: Il ne peutaiioirobferuéaifémentsily a irrégularité aux de-clinaifbns,eftant icelleprefque infenfible en vne petite dillance. Il peut bien eflre que le fleur de Champlain aitapperceu que laiguilledéclinétoufiours d’vnmet mecoflé,ainfiqueenlaFrance,Efpagne,& Italie, aut quellesprouinces,rirregularitéaux declinàifons de l'aiguille eftbien fîpetite,qu’ellea baillé occafion àplu-fleurs fljauans perfonnages de penfer, que celle decli-naifon eftoit reguliere. Non pas qu’elle foit infenfible,
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- CoNïVÏATtON DE
- puis que leficur de Caltel- franc na peu faire conuenir aucune logitude de Ptolomee auec fa do£brine las falfi-fier quelque chofe,encores qu’il feferue d’vnmelhie premier meridien:li bie que celaluya fait codaner toutes leslongitudes de Ptolomée,c6me nous auons mon-ftré cydeffus. Ainfi il ne fe faut eftôner lî ceux qui n’ont obferué que dans vne proüince, n’ont voulu prendre garde àl difproportion des declinaifons, nela trouuant gueres fcnfible:puis que les plus doétes mefmes, ont eftéau commencement de celle opinion, iniques à ce queles grandes nauigations,ontenfeigné des grandes irregularitez.
- Mais quan il n’y auroit aucune irrégularité aux déclt-naifons obferuees aux enuirons de la grand e riuiere de Canada: On ne pourroitconclurre autre chofé linon que en cell endroit,on peut trouuer les longitudes par les declinaifons de l’aiguille : c’ell à dire qu’il y a certain elpace en la terre,dans lequel l’aiguille décliné régulièrement. Et c’ell le fubieél du trouueport de S teuin, auquel ilmollre quéles declinaifons delaiguille ne tombent point fouz vne mefme reigle par toute la terre vniuerfelle,mais en certains endroiéts feulement. Que fi le fleur dè Callel-franc vouloir conclurre vniuerfelle-rtient pour toute la terre, mes demonllrations precedentes rempefeheront. Car encores qu’il ait cinq cens fleurs de Champlain obferuans en cinq cens endroiâs delaterre,&que toutes leurs obferuations conuien-nent auec la Mecometrie, ie ne veux que deux ou trois
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- L A MeCOMETÏUË, jf.1
- petites obferuations cô traires pour ruiner tout.Et qu il dictant qu’il voudra que vne hirondelle nefai&pasle le Printemps!il ne Faut qu’vne indu&ion particulière pour deftruire vne propofition vniuerfelle.
- Mais ievoudrois bien fçauoir, quelle certitude peut auoir le fleur deChamplain qu’vne longitude obferuec par làMecometrie,àla nouuelle France,fera véritable? Aura-il point trompé en Canada quelque Ptolpmee manufcri pt, qui côtienne les longitudes d’iceluy pays? à fin quela conformité d’icelles auec les fiennes autho-rife leur vérité. Quant à tnoy ie confefle franchement, queien’entenspoint comment telles longitudes peu-uent ^re véritables, fi donc ils ne les obieruet aufli par quelque autre moyen plus certain,comme par les Ecli-pfes,oudiftancesdeslieux. Parles Eclipfes,àpeinefe peut-il praéHquervneoudeux foisenvneannee: &C fi il eft neceflaire queles obferuateurs foientbien fournis de fcience 6C de bons inftrumens. Par les diftances des lieux,ce moyen n’eft point bien afleuré : tant parce que les chemins reçoiuent diuerfes finuofitez Scdeftours, principallementenvn grand efpace : queaufli les me-fures lont incertaines, &: la quantité des miliaires qui couuiennent à vn degré,eft indeterminee. Adiouftons aufli queles voyageurs fe trompent aflez fouuent enla mefuredeleurs chemins, &C principallement de celuy qui fe faid par mer. Ceft pourquoy les anciens ont re-iettécemoien:&Ptolomee s’en eftferuy en petitsef* paces feulement,avfquels Terreur ne pouuoit eftre gue-
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- CONFVTA^ION DE LA MeCOMETRIE, res fcnfible. Quefilefleur de Champlain penfê que fes longitudes (aient afle» véritables, poureftre coformes à celles qui font dans les cartes yulgair.es: Dattel-franc criera contre\uy quelles font toutes fauffes , & que autrement il n’entreprendroitleur reftabliffement. Voilà (amyiedeur) ce que iauois à dire contre la Mecometrie: premièrement i’ay apporté aflczbôn no-bre dobferuations de declinaifons de l’aiguille ^récentes, & bien authorifees.I’aymonftré qu’il nyfalloit rien adioufterny fouftraire. Qifonne change point la but folle de là la lign e equinoxialle.Que l’aiguille ne fe dret fe pas vers vn certain poind que Caftel-franc ne calcule point légitimement la diftanced.es pôles du iq&nde &C dereymant.Queles Hollandois ont bien obleruéla l ongitude de leur logis en la nouueUeZcmble, laquelle deftruid toutela Mecometrie, Queles obferuatios du fleur de Champlain ne peuuent feruir de rien à la Mecometrie. Ce font bien les principaux fondement de cette dodrine, laquelle demeureinfalliblemét renuer-fee par leur ruyne.Quantaux autres fautesjcomme celles qui peuuent eftre dans fes tables, en l’explication de fes inftrumens,aux demonftrations malfaides, aux hi-ftoires mal rapportée, & autres que tu pourras remarquer, ie ne m’en fuis point foucié, d’autant qu’ellesne touchent pas les fondement de la Mecometrie , ne mettant propofé autre but que de monftrer quelle xttoitfaufle,
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