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Architecture militaire, ou l'art de fortifier, qui enseigne d'une manière courte et facile
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- ARCHITECTURE
- MILITAIRE,
- OU L’ART DE
- FORTIFIER,
- Qui enfeigne d’une manière courte & facile
- La Construction de toutes fortes ^Fortifications Régulières & Irrégulières;
- DEUX NOUVEAUX SYSTEM ES
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- Pour confiruïrey avec beaucoup moins de Dèpenfe5 des Places d'une Défenfe plus longue & plus avantageufe que celles qui font fortifiées fuivant le Syjlême de Mr. le Maréchal de Vauban 5 Êf leurs Attaques pour en connoître la Défenfe $
- La Construction des Chemins-Couverts fur toutes fortes de Ter~ rains ; avec les Devis néceffaires pour celle des Fortifications;
- & l’Art de deffmer & de laver les Plans;
- Démontré dans quarante Planches en taille douce *
- C or m butai n vilcS)
- Par. M** . Officiei^zde Distinction* sous le Régné de LOUIS XIV.
- On y a joint un Traité de l’Art de la Guerre.
- PREMIERE PARTIE,
- A LA HATE,
- Chez JEAN NEAULME et ADRIEN MOETJIN$S M. D C a X L I.
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- LA R T
- D E
- FORTIFIER-
- PREMIERE PARTIE.
- CHAPITRE PREMIER.
- Invention & Progrès de la Fortification.
- ’ART de fortifier enfeigne la maniéré d’enfermer un Efpace grand ou petit, félon ce qu’il doit contenir , afin que ceux qui font dedans, puiffent avec peu de Monde réfifter à l’effort de plufieurs, en difpofant de telle maniéré les parties qui renferment cet Efpace, qu’elles fe découvrent l’une l’autre, &fe flanquent réciproquement, enforte que ceux qui font renfermez dedans, puiffent fe défendre contre ceux qui les viendroient attaquer, non feulement de front, mais aufïi de flanc, 8c même par derrière.
- La néceflïté ou fe trouvèrent les premiers Hommes d’enfermer leurs habitations, pour empêcher les Bêtes feroces d’y entrer & d’y caufer des ravages, a donné la naiffance à l’Art de fortifier, qui ne confiftoit d’abord qu’à s’enfermer avec des Hayes 8c des Pieux j ce qui Partie /, A étoit
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- L* ART DE
- étoit fuffifant pour fe mettre en fureté contre les Animaux carnaciers. Mais fitot que les Hommes commencèrent à fe faire la Guerre les uns aux autres, les premières Enceintes ne furent pas affez fortes pour fe mettre à l’abri de leurs attaques, puiique le feu les con-iommoit en un moment.
- Ç’es t pourquoi ils firent des Foffez profonds autour de leurs Habitations, dont ils jetterent la terre en dedans -, ce qui faifoit comme une efpéce de Digue, fur laquelle ils plantèrent de gros Pieux fort hauts & ferrez. Mais en-fin devenus plus puiffans, ils s’enfermèrent de Murailles»
- Les Affiégeans pour lors environnoient la Place,prenant garde que rien n’y pût entrer, ni en fortir, & at-tendoient ainfi tranquillement que la famine fit ce que l’art & la force ne favoient pas encore faire. De-là venoit la longueur des Sièges qui duroient dix à vingt ans$ tel que celui de Troye , & celui dé Pfemmetique.
- Comme on vit que les Blocustraînoient extrêmement en longueur, on imagina l’Efcalade,en appliquant contre le Mur un grand nombre d’échelles , pour y faire monter quantité de Soldats qui fe fui voient à la file;, ou bien fitot quel’Affiégeant avoit gagné le pied du Mur, ils en fappoitnt les fondemens qu’ils étançonnoient, & en em-plififoient le vuide avec du bois bien fec,où ils mettoient le feu, lequel confbmmant les étayes, le Mur tomboit*
- Pour fubvenir à cet inconvénient, les Affiégez s’avife-rent de faire des Meurtrières au haut de leurs Murailles, lefquelles étoient faites à peu près comme un Balcon , dont le devant étoit fermé par un mur,& le fol ouvert, par lequel ils aflbmmoient à coups de pierres ceux qui fap-poient le Mur.
- L’experisk.ce leur, fît connoître que cette Enceinte
- était
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- FORTIFIER. Chapitre I. j
- étoit trop foible , & que tout l’avantage qu’on en ti-roit, étoit d’élever l’Afliégé au-deflus de l’Aflîégant, & le faire combattre de haut en bas. Ceux qui la défen-doient, étoient aufli expofez aux traits de dehors, que les Affaillans l’étoient aux leurs j c’eft pourquoi ils firent des Créneaux pour tirer fur l?Ennemi, & fe couvrir incontinent derrière l’efpace qui étoit entredeux. Mais, comme l’Ennemi, après s'être approché jufqu’au pied de la Muraille, n’avoit plus rien à craindre , & fe cachoit aufli entre deux Créneaux, ne lui étant pas difficile de fe couvrir contre les Meurtrières en mettant contre le Mur des madriers, on jugea que ce n’étoit pas aflez d’attaquer l’Ennemi de front, mais que ce feroit un avantage très-confiderable de fe prendre encore de flanc. On commença donc à bâtir des Tours, lefquelles flanquoient la Muraille. Ces Tours étoient quarrées, présentant uneFace à l’Ennemi, 8c deux de leur côté flanquoient la Muraille j la quatrième Face étant du côté de la Place, laquelle étoit le plus fouvent ouverte. Ces Tours n’étoient éloi-gnéesdes-unes des autres que delà portée de la Flèche, ou un peu plus.
- Cette première façon parut défeétueufe en ce que le front de la Tour A. B. n’étant point défendu de flanc, c’eft-à-dire, ne l’étant que de front, & ne recevant aucune défenfe oblique, pouvoit être attaquée aufli facilement que les premières Murailles ; c’eft ce qui fit qu'on les fit rondes comme la 2. Figure le démontre. Ces Tours étoient meilleures que les précédentes , parce que l’efpace qui refte fans défenfe oblique devant la Tour comme C. D., n’eft pas confiderable. Outre que les pierres qui les com-pofoient, étoient taillées comme en coin; ce qui faifoit qu’elles réfiftoient beaucoup mieux à l’effort du Belier, qui
- A 2 étoit
- Plan.1 che.T.' Figure ù
- Figure z J
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- étoît la Machine dont on fe fervoit alors pour abatre les Murailles^ car elles fe ferroient davantage les unes contre les autres à chaque coup qu’on leur donnoit.
- Toutes les Villes anciennes font encore fortifiées de la forte, hors qu’on y ait ajouté quelques Fortifications modernes.
- D’a u t r e s firent des Tours quarrées, mais difpofées autrement que les premières ; car elles préfentoient un de leurs Angles àl’Ennemi, ayant l’avantage que leurs cotez îîPr les plus proches de la Muraille n’étoient point vus, &ne Figure 3;. laiitoient pas de la flanquer, comme la Figure 3. le démontre.
- Je crois que c’eft de ces Tours qu’ont pris naiffancenos Battions,* car l’ancienne maniéré qui étoit de faire les Flancs perpendiculaires à la Face, leur donnoit une figure quarrée.
- Ces trois dernieres maniérés de fortifier ont duré jufques en l’an 1338. de notre Seigneur, que le Canon & les Moufquets ont été inventez. Les Canons étant plus forts que toutes les Machines des Anciens,on a été obligé de leur oppofer des corps de plus grande réfiftance. C’eft ce qui fait, qu’au lieu que ces Murailles étoient fimples, & feulement affez épaifles pour donner lieu aux Soldats de s’ÿ défendre commodément, on fût obligé de les renforcer par derrière , de terres, lefquelles on prenoit dans les Foflez qu’on faifoit devant ; c’eft ce qui a donné l’idée . de nos Remparts.
- Il paroît qu’anciennement, pour fortifier les Places êc les défendre, on employoit tous les Principes eflen-tiels & toutes les Régies fondamentales que l’Art de la Fortification fuit à prefent; par les Innondations pratiquées à propos autour de la Place, pour en empêcher les Approches; par la profondeur & l’efcarpement des FofTez
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- FORTIFIER. Chapitre L y
- couronnez de Paliffades, pour en rendre la Defcente plus difficile; par l’épaiffeur des Remparts terraffez, ou de maçonnerie, pour les mettre à l’épreuve du Relier • & par leur hauteur, pour les garantir de l’Efcalade,* par les Tours Taillantes, pour flanquer les Murailles ; par l’ingénieufe invention de differentes machines propres à tirer des Flèches & des Dards, & à jetter avec roideur des greffes pierres par les Parapets & les Créneaux des Murs, pour la fureté du Soldat ; 8c par les Galeries couvertes qui re-gnoient le long des Murs , & lui tenoient lieu de Souterrains ,• par les Retranchemens derrière les Brèches ou la Gorge des Tours;par les Sorties,pour renverfer lesTravaux des Atfiégeans, 8c mettre le feu à leurs Machines ,* par la conftruàion des Citadelles, pour fervir de retraite & de derniere reffource aune Garnifon prête à être forcée,
- 8c pour rendre inutile la prife de la Ville, ou $our y faire une Capitulation plus avantageufe. Cefont-làprefque tous les moyens que l’Art de Fortification avoit appris aux Anciens, & ce font les mêmes que le Génie pratique aujourd’hui , avec quelques changemens que la différence des Armes a fuggerez. Depuis l’invention delà Poudre on a fubflitué le Canon au Belier , & la Mouf-queterie aux Baliftes, aux Catapultes, aux Scorpions , aux Javelots, aux Frondes , aux Flèches , & aux Dards $ ce qui fait voir clairement, que les Anciens tiroient aufli-* bien que nous de la folidité des corps 8c des forces mouvantes tout ce que l’Art ingénieux en pouvoit tirer.
- On a fuppriméles Tours, parce qu’elles font trop petites, 8c ne réfiftent pas affez au Canon. En leur place on fe fert de Battions qui ont prefque la figure des Tours ci-devant Figure 3. Car pour les figures quarrées Pt mi rondes, on ne doit point s’en fervir , parce que leur eH
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- forme laifie toujours quelques efpaces fans défenfè: ce qu’on doit éviter beaucoup plus que les Anciens, parce que depuis l’invention des Mines, le Mineur s’y peut attacher facilement, & y former une en peu de jours * outre que les corps ronds peuvent être frappez perpendiculairement dé tous cotez. Au lieu qu’avec des Battions nous préfentons toujours un Angle à l’Ennemi : enforte que les coups qui les frappent, ne font que glifler, à moins qu’on approche les Batteries du Flanc * ce. qui oblige l’Afliégeant de faire des Epaulemens.
- N o us faifons aufli des Battions fort grands, afin qu’ils faffent plus de réfiftance $ qu’on y puifle loger pius de Soldats & de Canon ; & que, comme l’Ennemi attaque plus fouvent les Battions, comme la partie la plus avancée , il faut qu’il loit aflez grand pour pouvoir s’y retrancher, s’il arrive que l’Ennemi s’y loge, après l’avoir emporté l’épée à la main.
- On a auffi inventé plufieurs maniérés de fortifier. Comme ceux qui ont fortifié avec des Angles rentrans & faillans, comme une étoile, ne firent pas attention que les Redans que forment ces Angles, ont plufieurs imperfections, dont une des plus défeétueufes eft, que dans les Angles rentrans la hauteur-même de l’Efcarpe empêche qu’on ne puifle découvrir une partie du Foné * de forte que cet endroit n’eft point flanqué : ce qui n’arrive pas aux Battions, quelque hauteur qu’ils puiflent avoir* car les Flancs des uns découvrent & flanquent toutes les parties des autres.
- Ainsi leur ufage eft un problème abfolument ré-folu. Il ne s’agit donc que d’examiner de quelle maniéré on en doit difpofer les cotez, pour les rendre capables d’une défenfe plus avantageufe * c’eft ce que preïque toutes
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- FORTIFIER. Chapitre 1. 7
- tes les Nations ont recherché, & ont donné à ce fujet un nombre infini de Siftêmes differens. Mais de tous ceux qui ont travaillé, perfonne n’y a mieux réuffi que Monteur le Maréchal de Vauban , comme nous le ferons voir par la fuite.
- On dilpofe à prefent les Places fortifiées aux extré-mitez d’un Royaume fur trois lignes. La première eft compofée de Places du premier rang, dont le Polygone eft un Quarré, un Pentagone >un Hexagone, ou quelr que-chofe d’équivalent.
- La fécondé ligne eft compofée de Places dtf fécond rang, qui eft un Heptagone , O&ogone , Décagone -, ou' équivalent.
- Enfin la troifiéme ligne eft compofée de Places du troifiéme rang, qui eft un Endécagone, Dodécagone, 8c même audeffus ou équivalent. Ces Places fervent de Ma-gazin 8c de Dépôt, lorfqu’il faut; faire la Guerre.
- On met les plus petites Places fur la première ligne, parce que l’Ennemi ne manquera pas de prendre celles qui fe préfenteront les premières , dont la perte par conféquent fie feroit pas fort confiderable, & la difficulté de les reprendre moins grande.
- Celles du deuxième rang doivent fervird’Entrepôt, & tenir par conféquent milieu entre les grandes 8c les petites Places.
- On ne fait de ces Places qu’aux endroits abfolument néceffaires, & on fe contente aux autres des chaînes de Montagnes dont on a foin de fermer lesPaffages, des Côtes de Mer dont ori affure les endroits propres à faire des Defcentes, & des Ports de Mer pour les Armées na-valles.
- Il ne faut pas tant éloigner les Places de la première
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- & deuxième ligne que l’Ennemi puilfe s’attacher à celle* de la troifiéme ,• car de cette maniéré elles devien-droient inutiles.
- CHAPITRE IL
- Définitions.
- m
- VIllzs fortes y eft un aflemblage confiderable de Maifons, renfermées de Murailles & de Battions. Chateau ou Fort, eft une petite Forterefle de quatre ou cinqJSaftions, qui fort à garder quelque Paflage.
- Citadelle, eft une partie d’une Ville fortifiée t^nt en dedans qu’en dehors de la même Ville, pour pouvoir fe défendre contre l’Ennemi, & en même tems retenir les Habitans dans leur devoir.
- Réduit, eft un petit endroit dans une grande Ville, qui eft fortifié auffi contre l’Ennemi & contre les Habitans , où la Citadelle ne peut découvrir $ comme font ceux de la Porte-blanche de la Ville de Strasbourg.
- Réduit, eft auffi un Retranchement qu’on fait dans une demi-Lune, comme nous le dirons parlafoite.
- Fortin ou Fort de Compagne, eft une petite Place flanquée de Battions, lelquels ne font le plus fouvent revêtus que de terre.
- R e d o u t e , eft un Quarré revêtu d’un Parapet de terre , & entouré d’un Fofl’é, Ces Ouvrages fervent à garder quelque Paflage.
- Place régulière, eft celle qui a les Angles, les Cotez & les Battions égaux, & toutes les parties qui la com-
- pofent
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- FORTIFIER. Chapitre IL 9
- pofent, égales. Elle porte ordinairement le nom du nombre de fes Angles ; ainfi nous appelions celle qui a quatre Cotez & quatre Battions, un Quarré ; celle qui en a cinq, un Pentagone $ celle qui en a fix, un Hexago-ne; 3c ainfi des autres, comme nous Pavons dit en notre Géométrie en parlant des Polygones réguliers.
- Plac e irrégulièrey eft celle qui eft la contraire de la précédente, c5eft-à-dire , qui a fes Cotez, fes Angles? fes Baftions inégaux.
- Toutes les Fortifications que nous venons de .décrire, font ordinairement fortifiées, ou par la nature, ou par Part, 3c prefque toujours par Pun 3c par l’autre; car les Rochers, les Rivières, la Mer, les Montagnes, 3c les Marais fervent de Fortifications naturelles.
- Et les Remparts, les Murailles, Palilfades, 3c Fofifez fùppléent à leurs défauts.
- CHAPITRE III.
- Noms, Explications & Ufages des principales Parties qui compofent une Place fortifiée à la moderne.
- PREMIEREMENT.
- Noms des principales Lignes qui fervent à la Confieuélion d'une Forterejfe.
- AB. Côté du Polygone extérieur.
- CD. Côté du Polygone Intérieur. figure, j;
- Partie /. B FD.
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- Planche. II. Figure i,
- ro V A R T DE
- FD. FC. Rayon, ou demi-Diamètre*
- AC. BD. Lignes capitales*
- On appelle ces Lignes capitales > parce que ce font elles qui fervent à déterminer la longueur des Baftions.
- CH. DG. Demi-Gorges*
- GH. . . . Courtine.
- AG. BH. Lignes de Dèfenfe. rafante*
- AI. , . . Lignes de Dèfenfe fichante,
- GK. HL. Flancs des Baftions. Ainfî appeliez, parce que les Soldats & le Canon qui font fi tuez le long de ces Lignes, prennent l'Ennemi en Flanc, s'il s'approche des parties GH^ AL, KB.
- AL. BK. Sont les Faces des Baftions. Ainfî appellées, parce qu'elles fepréfentent de Front à l'Ennemi. On diftingue ces Faces par le nom de droites 8c de gauches. Qu’on fe repréfente être dans le Baftion, & qu'on regarde le point B, alors la Face BK eft la droite, 8c BM la gauche.
- Noms des principaux Angles.
- CDN..............Angle du Polygone*
- CFD. . . . . . Angle du Centre*
- G HL. ou HGK. Angle du Flanc*
- GKB. HLA. Angle de l'Epaule.
- B................Angle flanqué du Baftion*
- On l'appelle ainfî , parce qu'il eft flanqué par les Flancs HL 8c OP
- qui lui font oppofez.
- GAB»
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- FORTIFIER. Chapitre III. tt
- GAB.................Angle diminué.
- LQK.................Angle flanquant extérieur.
- LG H................Angle flanquant intérieur.
- noms de différent Ouvrages.
- A. Baflions.
- B. Flancs concaves.
- C. Orillons. Ils fervent à couvrir le Flanc ou Tour-creufe. On pratique dans fon épaiffeur un Elca-lier en efcargot, par-où on defcend dans le Fofle par une petite Porte qui eft vis-à-vis la Brifure.
- D. Brifure. Ainfi appellée à caufe que la Courtine eft brifée en cet endroit. Le dedans de l’Oril-lon qui fait face à cette Brifure, s’appelle auflî de même.
- De P Efcarpe.
- L’Efcarpe qui eft l’élévation extérieure du Rempart,, s’appelle auflî Chemife. On la conftruit de trois manières differentes ; favoir,en gazonnage ou placage ; en demi revêtement de maçonnerie; & comme nous le dirons dans la fuite.
- Des Parapets.
- Derrière TEfcarpe régné Parapet qui a trois toifes d’épaiffeur, parce qu’on a remarqué qu’un Boulet de 16. à 24. livres perce jufques à iû, à u, pieds dans les terres douces, & 3. à 4. pieds dans la maçonnerie , fuivant la bonté de la conftruétion, Ainlx les Pa~
- B z ra
- PtiM-
- CHE, lltj
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- ti U A R T D E
- rapeîs de terre, pour être à l’épreuve du Canon, doivent avoir 18. pieds d’épaiffeur, 8c ceux de maçonnerie 8. pieds, qui font les régies d’ufage. On ne doit pas fe fervir de ces derniers, à moins d’une grande né-ceflité; car les Boulets venans à effleurer leurs crêtes, tuent 8c eftropient par les éclats des pièces qu’ils enlèvent , ceux qui fe trouvent derrière. D’ailleurs, lorf-qu’ils font détruits, il eft impoffible de les rétablir ,• au-lieu qu’on peut répaiflîr intérieurement ceux de terre, à mefure que le Canon en fait tomber la partie extérieure dans le Folié, ou lür la Berme.
- Des ‘Banquettes*
- Comme ordinairement la crête du Parapet furpaffe le Rempart en hauteur de 6. 7. ou 8. pieds, luivant les dominations de la Campagne qui obligent de plus ou moins s’enterrer; on eft obligé, pour pouvoir tirer par-delfus, d’y joindre une Banquette en rampe du eôté du Rempart, fur laquelle le Soldat monte pour tirer. Sa largeur doit être de quatre à quatre pieds & demi, & fa* hauteur fuivant celle du Parapet.
- Des Barbettes.
- On conftruit à tous les Angles flanquez des Baftions, & même des autres Ouvrages qui peuvent dominer au dehors, des Barbettes qui font des Plattes-formes de terre joignant le Parapet, élevées à deux pieds 8c demi près de fon fommet. On les fait de 9. à 12. toifes de long, luivant la capacité de l’Ouvrage, 8c de trois tollés de large 5 8c on y monte par des Rampes pratiquées
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- FORTIFIER. Chapitre ///. 13
- de chaque côté ,• comme nous le dirons en parlant de leur conftru&ion.
- Du %empart.
- Le Rempart, eft une terre plaine qui régné tout autour de la Place derrière le Parapet, & qui a differentes largeurs, commede marque la 2. Figure. Il fert à renforcer la Muraille, & à empêcher qu’elle ne foit fitôt abatue par le Canon de l’Ennemi. Il fert auffi pour ranger les Soldats qui défendent la Place.
- Des Fojfez.
- Les Fojfez fecs ou pleins d’eau feront généralement les plus profonds que faire fe pourra $ car c’efl: en quoi confifte principalement le mérite des Ouvrages, pour en rendre l’abord difficile 5 & c’efl: ce que nous examinerons par la fuite.
- De la Contrefcarpe.
- La Contrefcarpe eft la partie de la Fortification qui détermine le bord extérieur du Foflfé, & en eft une des plus effentielles. Les plus élevées font les meilleures.
- E. Tenaille fimple.
- F. Tenaille double. Ainfi appellée, parce qu’elle a des Flancs.
- G. Réduit fait dans la Demi-Lune. Il fert à fe retirer quand oneftrepouffé de la Demi-Lune. Il eft entouré d’unFoffé , & revêtu d’une Muraille, à la-
- B 3 quel-
- P l anche. II. Figure z.
- Pian* eu a. IH
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- PLANCHE. 111.
- L’ A R T DE
- quelle on fait des créneaux, par lefquels on tire dans la Demi-Lune.
- H. Demi-Lune» Ces Ouvrages fervent à couvrir la Courtine, & à flanquer les Faces des Baftions, auxquels on n’ofe monter fans avoir pris ces Ouvrages auparavant.
- Faut remarquer que ces Ouvrages ne portent le nom de Demi-Lune , que depuis quelque tems que les Soldats leur ont donné ce nom. On les appelloit Rave/ins. Les Demi-Lunes autrefois étoient pofées devant les Angles flanquez
- I. des Baftions , comme celle marquée I ; & c’é-toit cette rondeur du Folfé qui fervoit de Gorge,, qui lui donnoit ce nom. On a trouvé que ces Ouvrages étoient fort inutiles, & ne pouvoientVêtre bien défendus -, c’eft pourquoi on les a fupprimez;
- A leur place on y fait quelquefois dcsContregar-des, de même que devant les Angles flanquez des Demi-Lunes,
- K. comme les marquez K.
- Ces fortes d-Ouvrages ont leurs Angles flanquez, leurs Angles de Gorge, & de l’Epaule, de même que leurs Faces, leurs Flancs, & leurs Gorges, & demi-Gorges; ce que nous expliquerons par la fuite.
- L. Eft un Ouvrage-à-Cor ne» Ces Ouvrages fe placent fur l’Angle flanqué des Baftions, ou Demi-Lunes, & quelquefois éloignez du Corps de la Place. Ils font compofez de deux Cotez appeliez Branches, de deux demi-Baftions, & d’une Courtine. On y met auflî une Demi-Lune devant pour le couvrir.
- M. Les Ouvrages-à-Couronnes fe placent comme les
- pré-
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- FORTIFIER. Chapitre Ilh iy
- précédais, & font compofez de deux Branches, de deux demi-Baftions, & d’un Baftion , au milieu de deux Courtines & de deux Demi-Lunes.
- N. Lunettes, font deux petits Ouvrages qu’on met finies Faces d’une Demi-Lune, pour y fervir à la rendre plus forte. On les appelle ainfi, parce qu’elles font comme une Lunette fur le nez d’un Ouvrage qui eft fon Angle flanqué. On a fupprimé ces Ouvrages.-
- O. On appelle aufli Lunette « un Ouvrage qu’on fait fur le prolongement de la Capitale d’un Baftion, ou Demi-Lune, ou d’un Angle rentrant d’un Chemin-couvert par-delà le Glacis d’une Place. Ces Ouvrages font faits comme une
- * petite Demi-Lune, quelquefois régulière ou irrégulière, félon le terrain, & le plus fouvent de terre, fans revêtement , avec un Foffé & un Chemin-couvert. Ces Ouvrages fervent à éloigner l’Ennemi de la Place, parce qu’il faut ab-folument qu’il s’en rende le maître avant que d’attaquer fon Chemin-couvert.
- P. Quand il fe rencontre quelque Chemin-couvert voifin de la Place , qui pourroit être avantageux à l’Ennemi , on éléve des Cavaliers dans les Baillons* dont ils fuivent la figure , afin dé les découvrir. Ils fervent auffi à empêcher l’effet des ricochets qui ne peuvent pas par ce moyen incommoder l’Artillerie des Flancs, 8c tiennent lieu de Traverfès, pour empêcher qu’on ne foit enfilé, ni vu dans le Baftion des dominations de la Campagne. Iis ont un Parapet 8c un Terreplain. On en fait le plus fou-
- vent
- Pian-CHE. III.
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- vent fur les Baftions d’une Citadelle, du côté de la Ville , pour pouvoir dominer fur la-dite Ville, & retenir les Habitans dans leur devoir.
- S o u s ces Cavaliers on fait des Souterrains qui font bien voûtez, & qui prennent depuis la Gorge du Baftion juf-ques vers fon Angle Taillant, lefquels fervent à mettre les Munitions & les Soldats en fureté pendant un Siège, parce que ces Souterrains font à l’épreuve de la Bombe, non feulement à caufe de l’épaiffeur de.leur voûte, mais aufli à caufe de la quantité de terre qui eft defliis.
- T o u s les differens Ouvrages que nous venons de décrire, ont chacun leur Parapet, leur Banquette , leur Rempart & leur Terreplain.
- Quand ils ne font que de terre, ils ont une Berme ou Relai, qui eft un eipace de 3. ou 4. pieds de-large du côté du Foflé, & de la hauteur du Rez de chauffée. (On appelle ainii le niveau du terrain tel qu’il étoit avant qu’on y travaillât). Cette Berme fert à foutenir les terres qui s’éboulent du Rempart par le Canon ou le mauvais tems.
- Les Poternes, font de fauffes Fortes qui font fituées dans le milieu des Courtines & fous le Terreplain du Rempart, pour pouvoir communiquer dans la Demi-Lune ou autres Ouvrages du dehors.
- • Les Embrafures, font des ouvertures faites au Parapet, par lefquelles on tire le Canon. Le plain du Parapet qui eft entre deux Embrafures, s’appelle Merlon.
- Guérites, font de petites Tours de 7. à 8. pieds de haut dans œuvre, & de 4. à 5. pieds de diamètre, qu’on éléve aux Angles flanquez des Baftions, à l’Angle de l’Epaule, & aux Angles flanquez des Demi-Lunes, & autres Ouvrages, revêtues de maçonnerie, lefquelles
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- FORTIFIER. Chapitre HL 17
- fervent à mettre les Sentinelles à couvert du mauvais tems & des coups de Fulîls du dehors. Ces fortes de Guérites font couvertes en Dôme , 8c le plus fouvent leur baze eft un Pentagone régulier ou irrégulier.
- Sur les Ouvrages de terre , ou bien en differens Endroits de la Place, on les fait de bois.
- Orgues, font de groffes Pièces de bois qu’on met au-deffus des voûtes dès Portes des Villes, 8c qu’on fait tomber par des trous qui font à la voûte, 8c tellement ferrées qu’on n’y fauroit palfer. On laiflfe tomber ces Pièces de bois en cas de Jfurprife , 8c qu’on n’eut pas le tems de lever le Pont ; 8c cela ferme l’entrée de la Porte , comme pourroit faire une Barrière.
- P o N t - Levis à Flèche ou à Bafcule , efl: une partie d’un Pont dormant qui fe lève , 8c fert de Porte étant levé. On en met à tous les Ouvrages de Fortification.
- L e Chemin-couvert marqué A, régné tout autour du Foffé de la Place. On l’appelle Chemin-couvert , parce que fon élévation efl de 7. ou 8. pieds. Par ce moyen ceux qui font dedans, font à couvert des coups du dehors.
- Places-d? Armes du Chemin-couvert , efl une Place qu’on fait à tous les Angles rentrans 8c faillans, comme celle marquée B.
- Celles des Angles rentrans fervent à flanquer les Faces du Chemin-couvert. On les retranche quelquefois, comme nous le dirons par la fuite.
- On y fait aufli des Traverses pour empêcher qu’il ne foit enfilé, 8c que les Soldats qui font derrière, loient moins expofez. On laiife des Ouvertures à ces Pla-ces-d’Armes , pour pouvoir fortir 8c rentrer dans le
- Partie L G Che-
- P L ANCHE IL Figure z,
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- Pl ar-
- Ç H E II.
- i 8 L5 A R T DE
- Chemin-couvert. Ces Ouvertures font fermées par des Barrières.
- Ce Chemin-couvert fe termine en pente vers la Campagne de la largeur de vingt ou trente toifes, qu’on appelle Glacis. L’extrémité de ce Glacis eft quelquefois terminée par un Avant-Fojfé, dont la terre fert à élever le Chemin-couvert, comme celui marqué 2.
- Les Lignes marquées C s’appellent Goutieres du Glacis, parce qu’il eft plus bas en cet endroit des Angles rentrans qu’ailleurs, & que l’eau coule là du long, &fe répand vers la Campagne.
- Celles marquées D, s’appellent Arêtes du Glacis $ c’eft l’endroit le plus haut. Elles font toujours fituées aux Angles faillans. Nous expliquerons le tout plus au long par la fuite.
- Palissade, eft une rangée de Pieux pointus par le haut, de 8. à 9. pieds de long, & enfoncez en terre de 3. pieds ou environ. Ce qui en eft dehors , ex-cede la hauteur d’un homme. On les affemble avec des lifteaux ou traverfiers. On en met en differens Endroits , particulièrement fur la derniere Banquette du Chemin-couvert.
- Fraise, eft une rangée dePaliftades mifes horifonta-lernent pour empêcher de monter à un Ouvrage de terre.
- Barrière eft une efpéce de Porte à jour, qui fert à fermer l’entrée des Chemins-couverts, ou autres Endroits.
- Je ne parle point des Fauffes-Brayes, parce qu’on n’en fait plus aux Fortifications modernes, y ayant trouvé des défauts trop confiderables.
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- FORTIFIER. Chapitre 11L jg R E M A R QU E.
- Tout ce que j’ai dit ci-devant des Lignes & des Angles fur une Surface plane , s’appelle Vlchnogr aphte. C’eftlePlan de la Place, qui reprélente les marques ou veftiges qui font faites par chacune des Parties de là Fortification fur la fuperficie de la terre & de niveau,qu’on appelle ordinairement Rez de Chauffée*
- La defcription de ces Parties, en tant qu’elles font élevées ou baifféesfur le Plan horifontal, s’appelle l’Or** togr aphte, ou le Pgofil, ( ce dernier eft le terme dont on fe fert parmi les Ingénieurs, ) qui marque fur une Surface plane leurs abaiffemens, leurs élévations, 8c leur figure , de même que leurs proportions, comme il eft repréfenté au Profil ci-joint, qui eft coupé fur la Ligne AB, qui repréfente partie de la Face d’un Baftion* de fon Foffé, Chemin-couvert 8c Glacis.
- Là vue d’une pièce de Fortification ou d’autre chofe, comme d’une Maifoo, d’une Montagne, d’une Ville, ou de tout un Pays, s’appelle Scénographie, étant repréfenté au naturel, tel qu’un Peintre les repréfente dans un ta-, bleau.
- En fin, s’il y a quelque-chofe qui ne foit pas expliqué ici, nous l’expliquerons par la luite, en donnant la maniéré de conftruire tous ces differens Ouvrages av.ec toutes leurs proportions.
- C z
- Planche IV,
- CH A-
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- L’ART DE
- to
- CHAPITRE IV.
- Maximes de la Fortification.
- I.
- QU* il n*y ait aucun Endroit dans tout le Contour de
- la Place, qui ne foit vu, flanqué & défendu,
- • 0
- IL
- Qu e les Parties qui font faîtes pour flanquer les autres, foient affez grandes 8c aflez amples pour contenir les Soldats 8c l'Artillerie nécelfaires à la défenfe des Parties, qu’elles flanquent*
- IIL
- Qu’elles ne /oient pas plus éloignées des lieux qui les flanquent, que de la portée ordinaire du Fufil, qui eft depuis 120. juîqu’à 160. toifes le plus..
- \ IV.
- Quant aux Flancs, plus ils font grands, mieux ils-val lent, pourvu que leur grandeur n’altere rien à lajufte inclure des autres Parties. Ils ne doivent pas avoir moins de ij. toifes dans; les. Places tant foit peu conlîde-arables* '
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- FORTIFIER. Chapitre 1F
- V.
- 21
- Plus les Baftions font grands , plus leurs Gorges font grandes, & mieux elles vallent, pourvu que leur grandeur ne gâte en rien aux melures des autres Parties, Elles ne doivent pas avoir moins de 18, toifes de demi-Gorge.
- .VL
- Les Angles flanquez des Baftions ne doivent jamais avoir moins de 60, degrez d’ouverture , parce qu’au* trement quand on les baton les renverfe facilement*
- VII.
- Les Courtines ne doivent pas fùrpafler 8y. à 88.toiv-fes , parce que la Ligne de Défenfe feroit trop Ion*' gue. Elles ne doivent pas avoir aufli moins de 40. toifes»
- VIII»
- Les Faces des Baftions ne doivent pas avoir plus Je tfo* toifes par la même raifon*
- IX»
- Il faut que les Parties intérieures de la Fortification foient plus élevées que les extérieures ,, afin qu’elles le puiffent comm ander.
- C $ X-
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- Plan*1 C H E V.
- Figure i.
- iz V A R T D E
- X.
- I l ne faut pas qu’il y ait aucun Endroit aux environs de la Place à la portée du Canon, où on fe puiffe mettre à couvert, 3c qu’on ne foit vu de quelque Endroit de la Place.
- XI.
- Il faut enfin, autant qu’il fe peut, qu’une Placelôit également fortifiée dans Ion Contour, pour que l’Ennemi ne l’attaque pas par l’Endroit le plus foible.
- & €M§» s® tiMMU 0» «9MMS&
- CHAPITRE V.
- Preuve de P Avantage des Angles flanque£ des ‘Bâfrions qui font droits ou approchant , & du Defavantage de ceux qui font '< trop aigus.
- SUppose’ que l’Angle du Baftion ABC foit droit,-je dis qu’il a tout l’avantage qu’il peut avoir, pourré-fifter au Canon de l’Ennemi. Voici comme je le démontre :
- Qu’on le batte perpendiculairement par la Ligne DE,* il réfiftera autant qu’il eft poflible félon la Ligne DF, laquelle étant parallèle à la Face BA, eft auffi longue qu’il fe peut: de - forte que laréfiftance étant auffi grande, que la ligne par laquelle le corps réfifte , eft
- Ion-
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- FORTIFIER. Chapitre y. 23
- longue, P Angle flanqué qui fera droit, aura autant de force, & fera autant de réfiftance qu’il eft poflible.
- Il n’eft pas toujours poflible de donner un Angle droit à un Baftion, & il eft bon à 85. à 80. & à 75. de-grez. Il y a des Fortifications, comme au Quarté, où on ne peut lui donner plus de 65. degrez.
- Mai s l’Angle trop aigus, comme celui GHI, eft à pian-rejetter, parce qu’il a moins de 60. degrez. En voici Fiâure\ la preuve.
- Qu’on batte du point K au point L, comme c’eft l’ordinaire de battre d’abord une Face du Baftion perpendiculairement. Tirez la ligne KM ,• LM aura peu de réfiftance par le peu de diftance qu’il, y a de L en M,
- & de L en H. Par ce moyen vous renverferez facilement l’Angle flanqué, & vous ferez aifément une grande Brèche. *
- On n’approuvoit pas autrefois lesBaftions qui ptoient Figures, trop obtus, comme le marque LMN, parce qu’ils ne pouvoient prendre du feu des Courtines ,* qu’ils s’éloi-gnoient trop des Flancs oppofez O 3c P ; 8c qu’il y a-voit trop peu de diftance du point M au point Q^ pour s’y pouvoir retrancher. Mais les Demi- Lunes qu’on fait à droite & à gauche de ces Courtines, forment un fi grand rentrant fur fon Angle flanqué, que cela repa^ re avec ufure ce qu’il a de défectueux.
- D’ailleurs on eft obligé de s’en fervir quand .on a une Ligne droite trop longue , & auffi aux Endroits où on ne peut avancer l’Angle flanqué, comme fur le bord de la Mer, d’une Riviere, ou d’une Montagne, &c.
- Avan-
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- V A R T DE
- P t A N-C H E V.
- Figure 4.
- M
- Avantages & T>efavantages des Flancs.
- LE Flanc AF, félon le compte de Pagan, efl:perpendiculaire fur la Ligne de Défenfe AG. Il eft fort long , capable de contenir beaucoup d'Artillerie & d'hommes ; mais il racourcit trop la Face du Baftion, & fe préfente trop à la Contrebatterie des Ennemis.
- L e Flanc, perpendiculaire fur la-Courtine, comme AC, de la méthode du Chevalier de Ville, efl: trop court, 8c ne rafe pas bien la Face.
- Le Flanc AD, perpendiculaire fous la Ligne de Défenfe BH, de la méthode ÜHerard, vaut moins que le précèdent j car il efl: plus court, &ne découvre prelque rien le long de la Face IG qu'il doit défendre.. Il couvre fort bien la Batterie, mais il la rend inutile ; 8c n’eft p*ropre qu'à ruiner fon oppofé IB.
- Le Flanc AE, qui efl: celui que je donne , & qui eft: le même que celui de Mr. deVauban> a tous les avantages qui fe peuvent fouhaiter. Il eft de 100. degi*ez d'ouverture fur la Courtine ; il ne racourcit pas trop la Face; il contient affez d'Artillerie ; 8c il défend directement la Face oppofée. Ainfi c'eft tout ce qu'oiî peut defirer fur ce fujet.
- Enfin connoiffant les défauts des Angles & des Flancs, nous pourrons avoir une méthode de fortifier très-parfaite.
- C'est ce que je vais expliquer dans le Livre fiiivant, où je donnerai la maniéré de fortifier les Polygones réguliers, commençant par le Quarré; le Triangle ayant des Angles trop aigus pour en pouvoir faire une Forti-
- fica-
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- FORTIFIER. Chapitre FI. xy
- fïcation, & n'étant propre tout au plus que pour un Fortin de Campagne.
- Nota. Qu e quand le Terrain le permet, il faut fuivre, autant qu'il eft poflible, la régularité/afin que l'uniformité des Parties rende la Place également forte par-tout, & ne détermine pas l'Ennemi à l'attaquer plutôt d'un côté que de l’autre.
- Je vais donner deux Maniérés de fortifier régulièrement. Là première par le Polygone intérieur, qui fert pour la petite, la moyenne, & la grande Fortification.
- Et la fécondé par le Polygone extérieur, qui eft la méthode de Mr. de Fauhan, pour la grande Fortification.
- Ces deux Méthodes reviennent prefque à la même.
- CHAPITRE VI.
- DU point A comme centre, & d'une ouverture à ptAK:
- volonté, décrivez un Cercle, lequel vous divife-rez en quatre parties égales aux points CDEB ; & ti- • rez des lignes au crayon d'un de ces points à l'autre, de meme que du centre CDEB, lefquelles lignes vous ferez paffer par-delà ces points. Divifez un de ces cotez de votre Quarré, tel que BC, en cinq parties égales, & portez une de ces cinq parties de part & d'autre des points DECB , comme BFCG ; & ce fera la grandeur de vos demi-Gorges. Les trois autres parties reftent pour la Courtine.
- Partie L D Ce-
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- 16 U A R T D E
- plan- Ce l a étant fait, divifez un de ces cotez, commeBC;
- Fjgurc i’. en trois, 8c portez cette troifiéme partie fur les quatre rayons prolongez, comme du point B au point H, 8c du point C au.point I, & autres points DE de même* cela vous donnera les Capitales de vos Baftions.
- Ensuite tirez les Lignes de Défenfe au crayon GHFI; 8c pour avoir les Faces & les Flancs des Baftions, ouvrez le compas du point H au point G , & laiffez une pointe en H, & portez celle qui eft eii G vers K * elle vous donnera le Flanc GK de ioo. degrez avec la Courtine. Vous aurez auflï la Face Kl. .Tranfportez ' auflî cette même ouverture de compas du point I au point F, 8c la pointe du compas reftant en I,. portez l’autre de F en L > vous aurez aufïï le Flanc FL, 8c la . Face du Baflion LH. Faites de même à tous les autres cotez ; vous aurez tous vos Baftions conftruits, de même que le Corps de la Place.
- Ensuite prenez la diftance de BC, que vous porterez en particulier pour en faire l’Echelle, laquelle il .faut prendre pour 120. toifes, qui eft la mefure ordinaire pour la petite Fortification, comme eftleQuarré. C’eft pourquoi vous la diviferez en fix parties égales, lefqueîles vaudront vingt toifes chacune. Vous divife^ rez la première de ces parties en deux, dont chacune vaudra dix toifes ÿ 8c la première de ces parties vous; la diviferez encore en deux, pour avoir cinq toifes. Vous marquerez la valeur de toutes ces divifïons au bas de votre Echelle par des chiffres, comme vous le voyez au Plan.
- Des
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- F O R T I FIE R. Chapitre VL 17
- Des FoJJez.
- Nous avons dit ci-devant que les Foflez focs ou pleins d’eau feront généralement les plus profonds que faire fe pourra*, obfervant néanmoins que ceux qui font fecs, ne doivent pas être fi larges que ceux qui font pleins d’eau, afin d’y être mieux couvert du Feu desLogemens de l’Aflîégeant fur la Contrefcarpe. Ils font bons de-
- Î>uis douze jufques à quinze toifes de large; mais, s’ils Ont pleins d’eau, on leur peut donner jufques à vingt toifos., & plus fi on veut.
- Les meilleurs* font ceux qu’on peut tenir focs & pleins d’eau, fuivant qu’il eft nécelfaire, comme ils font à Landau Place en Alface, dans lelquels, au moyen des Eclufes, on peut y donner de grands Courants,* parce qu’ils jouïffent des avantages des uns 8c des autres. Et les plus mauvais font ceux qui n’ont pas plus de deux à trois pieds d’eau; ^)arce que l’Ennemi les peut palTer fans difficulté pour entreprendre fur les Ouvrages , & que l’Aflîégé eft obligé d’y faire les mêmes cérémonies que s’il y en avoit quinze pieds. ' *
- P b u r le tracer, prenez quinze toifes fur votre Echelle ; & ‘de cette ouverture faites des Angles flanquez de vos Baftions, comme des points HJ, les rondeurs QR & ST, Mettez une régie au point S & K qui efi l’Angle de l’Epaule de votre Baftion, & tirez au crayon la ligne SR jufques vers N. Tirez de même la ligne RL , qui coupe la première . en N -, ces deux lignes formeront l’Angle de Gorge .de la Demi-Lune. Faites de même tout autour de la Place; 8c fon FolTé fora confirait.
- D i De
- P tAK* CHE VI. Figure 1,
- Figure i;
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- î8 ’ L* A R T D E
- De la Contrefcarpe.
- Cette Partie de la Fortification que nous venons de tracer, & qui détermine le Bord extérieur du Fofle, en eft une des plus effentielles. Les Contrefcarpes les plus élevées Font les meilleures, 8c il faut qu’elles ayent au moins dix pieds de hauteur pour être palpables. Il faut auffi les revêtir de maçonnerie, fi on veut qu’elles ayent quelques propriétez avantageufes pour la Défenfe. Car autrement, fila Contrefcarpe eft en Rampe, ou fi les Terres ont prit leur Talut naturel, l’Ennemi peut defcendre dans le FolTé fans aucune difficulté , 8c s’en rendre par cé moyen le maître. Cela lui donne beaucoup d’avantage- pour entreprendre fur les Ouvrages : au lieu qu’étant revêtue de maçonnerie, 8c le Canon 8c les Bombes ne pouvant rien contre fon Revêtement, il ne peùt entrer dans le FolTé, que par des Defcentes, c’eft-à-dire en défilant un à un, ou deux à deux tout au plus ce qui eft fujet à bien des inconvenîens.
- Car on peut le chicanner par differentes Sorties fur fon Paffage, & Logement de Mineur-, ce qui lui caufe beaucoup de retardement 8c de perte. Ceci s’entend des. •FofTez qui font fecs. Mais qu’ils foient ainfi ou pleins d’eau , lorlqu’il voudra attaquer les Ouvrages , il fera obligé de défiler par un Débouché, ou deux tout au plus,* ce qui rendra la.réuffite de fcm entreprife incertaine, pour peu qu’Qn veuille profiter de cet avantage.
- Les Contrefcarpes qui ne font point revêtues, ont encore un défaut;qui eft, qu’on nepourroitpasfoutenir ni communiquer dans les Retranchemens des Placesr-d’Armes faisantes 8c rentrantes du Chemin-couvert y
- puif-
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- FORTIFIER. Chapitre VL ip
- puifque l’Ennemi feroit maître de defcendre par-tout dans lé Foffé, quand il le voudroit ; ce qu’on ne fauroit empêcher; de-forte qu’on n’y feroit qu’une foible réfiftance. D’où on peut conclure , qu’une Place fans Contrefcarpe revêtue entraîne avec foi bien des défe&uofitez, particulièrement lorfque les Foffez font fecs.
- Des Demi-Lunes.
- •
- Les Demi-Lunes doivent être grandes ; car plus leurs Angles flanquez faillent en avant, plus l’Ennemi a de peine à fe loger fur les Chemins-couverts des Baftions de droite & de gauche, où il peut par ce moyen être vu prefque de revers, pourvu néanmoins que leurs Angles ne foient pas trop aigus.
- Pour avoir la hauteur de la Demi-Lune & fa conf-truétion, ouvrez le compas du point F à cinq toifes au-deflùs du point K, & vous porterez cette ouverture du milieu de la Courtine au point M,* ce qpi vous donnera l’Angle flanqué de la Demi-Lune.
- Pour en avoir les Faces, tirez une ligne au crayon du point M à cinq toifes au-deflùs de K, pour que la Demi-Lune couvre mieux la Courtine. Vous arrêterez fur le bord du Foffé de la Place au point O. Tirez auffi du même point à cinq toifes au-déjf' fus de L fur la Face du Baftion, la ligne MP, arrêtant fur le bord du Foffé de la Place, qui eft la ligne NS,* vous aurez la Demi-Lune NOMP. Faites de même aux trois autres; & vos Demi-Lunes feront conftruites.
- Qjjand leurs Angles flanquez deviennent trop aigus? il faut tirer leurs Faces à huit ou dix toifes fur les Faces
- D 3 des
- Planche VU Figure u
- Il faut élever une perpendiculaire fur le milieu delà Cour-J tine.
- Planche Vf, Figure s.
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- Planche VI. Figure i.
- 30 V ART D E
- des Baftions. Elles n’en couvrent que mieux la Courtine.
- Il faut échancrer auflï toute .la partie de la Gorge qui fe trouve au-dedans de la ligne droite tirée d’un Angle flanqué d’un Baftion à l’autre, comme la partie N le démontre $ parce que cette partie de Gorge qui avance vers N, pouvant être découverte du Logement de l’Ennemi lur le Chemin-couvert du Baftion , il empêche-roit d’y pratiquer aucun Retranchement, & on le rui-neroit de cet Endroit, s’il étoit déjà fait ; 8c même fi le Fofle eft plein d’eau, on entrera de cinq à fix toifes au-dëdans, comme il eft marqué aux autres Demi-Lunes, pour mettre à couvert dans cet Efpace quelques Bateaux . fervans à communiquer.
- Le Folfé des Demi-Lunes doit toujours avoir les deux tiers de largeur de celui de la Place. Ainfi dans le Quarré où le Folfé de la Place a quinze toifes, celui des Demi-Lunes doit avoir dix toiles. Prenez-les fur votre Echelle, 8c du point M Angle flanqué de la de-mi-Lune, faite^ la rondeur VX,* & de ces points,tirez deux lignes parallèles aux Faces de la Demi-Lune, arrêtant fur le bord du Folfé de la Place fur les lignes NS 8c NR. Faites de même aux autres Demi-Lunes. Vous marquerez enfuite le Parapet du Corps de la Place & des Demi-Lunes par une parallèle de trois toifes de largeur. Derrière cette parallèle vous en ferez une autre de quatre à quatre pieds & demi de largeur, pour marquer la Banquétte , 8c derrière celle-là une autre qui fera éloignée du Corps de la Place, comme du point F au point Y, de 8. à 10. toifes, pour marquer le Rempart, auquel vous lailferez des Rampes qui doivent avoir 10. à 1 z, pieds de largeur $ obfervant d’en faire à tous
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- FORTIFIER. Chapitre VL 31
- les Flancs des Battions, s’ils ne font point plains, parce que c’eft principalement dans cette Partie qu’on conf* truit les Batteries, pour empêcher le Paffage du Fofle, & pour pouvoir y faire monter le Canon & autres Munitions. Ces Rampes doivent avoir de longueur fix fois leurs hauteurs, pour qu’elles foient praticables.
- Le Rempart des Demi-Limes ne doit pas avoir plus de 5. à 6. toifes de large depuis la Banquette .jufquês à fonTalut intérieur. On y fait auffi des Rampes. Quand on fait des Portes au milieu des Faces des Demi-Lunes, le Rempart & le Parapet font coupez d’environ deux toifes de largeur dans œuvre, & les Terres en font fou-tenues par deux Murailles de quatre pieds & demi d’é-paiffeur, comme je le dirai ailleurs,* ce qui ne fe fait pas au Corps de la I^Iace où on paife fous une voûte faite fous le Rempart & le Parapet.
- Du Chemin-couvert.
- De tous les Ouvrages qui compofent la Fortification d’une Place, il n’en eft point de plus né'ceffaire & de plus utile que le Chemin-couvert ; car il couvre les Ouvrages , oblige l’Ennemi d’établir des Batteries for la tête .de fon Glacis, pour pouvoir les battre en Brèche; il met PAffiégé en état de s’oppofer en nombre au dehors, & d’entreprendre par les Sorties fur les Tram* chées, fi elles font mal âflurées, & en protège 8c affm re en même tems la Retraite. D’ailleurs on en défend encore très-avantageufement les .Approches par un F eu de Moufqueterie que l’Ennemi né faùroit foùftraire, ne pouvant ruiner fon Parapet, s’il eft fait comme il convient;: c’eft-à-dire, fi fa crête n’eft point aigue, ou là
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- pointe de fon Glacis trop roide : avantage que n’ont point les autres Ouvrages.
- Enfin une Fortification fans Chemin-couvert feroit très-défe&ueuiè , puifque l’Afliégeant pourroit dès la première nuit pouffer fes Approches jufques fur lesCon-trefcarpes fans rien craindre, ne pouyant être inquiété des Sorties de l’Afliégeant, qui ne feroient pas praticables.
- Pour avoir une dilpofition de Chemin-couvert avan-tageufe, il faut en revêtir la Contrefcarpe de maçonnerie , qu’on fait la plus haute qu’il eft poflible, & on en arrondit le Foffé devant les Angles faillans des Ouvrages, ainfi qu’il a été dit ci-devant , pour former des Places-d’Armes, qu’on appelle par rapport à leurs empla-cemens Places - d'Armes /aillantes. Par.ce moyen on leur donne un peu de capacité.
- * On fait aufli dans les Angles rentrans de la Contrefcarpe les Places-d’Armes rentrantes, obfervant que leurs Faces forment avec les Branches des Chemins-couverts qui les joignent, un Angle de cent degrez d’ouverture ou environ , afin que les coups tirez de cette Face puiffent fe porter à quelques toifes des faillans, où i’Ennemi chemine ordinairement, comme les. Parties qui fe préfentent les premières à lui & à Tes Attaques, & qui font d’ailleurs les plus foibles. 11 eft à préfumer qu’un Soldat ne peut pas s’accoutumer à tirer la nuit que devant lui, & non autre part. C’eft pourquoi il faut toujours que la direction des Feux loit à-peu-près perpendiculaire& jamais oblique $ & c’eft une des chofes à laquelle il faut principalement s’attacher dans la difpofition des Ouvrages, pour rendre l’effet des Feux certain,
- Le s
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- FORTIFIER. Chapitre VL 3 3
- Lés Places-d’Armes fervent à affembler les Troupes néceffaires pour les Sorties., & par leur capacité procurent les moyens d’y faire de petits Retranchemens qui fervent à favorifer la Retraite de celles qui fe trouvent répandues dans le Chemin-couvert pour le défendre, lorlqu’elles font forcées. D’ailleurs , ils en retardent affez confidérablement la perte.
- On fera les Places-d’Armes rentrantes, en leur donnant 12. à 13. - toifes de#demi-Gorge, & 14. à ij. toi-fes de Face, & jamais plus; car on y feroit découvert, & elles donneroient trop, de prife au ricochet. Et au contraire s’il fe rencontroit quelque domination voifine, il les faudroit faire plus petites, en leur donnant feulement 10. à 11. toifes de demi-Gorge, 8c 11, à 13. de Face, afin d’y être mieux à couvert.
- On fépare les Placés-d’Armes du relie du Chemin-couvert par des Traverfes, pour empêcher l’effet du ricochet, 8c fe retirer aufiî derrière à melure que l’Ennemi avance fon Logement le long des Faces,* avec cette dif* tin&ion qu’il faut faire celles joignant les Places-cL’Ar-mes rentrantes de trois toifes d’épaiffeur, pour être à l’épreuve du Canon, 8c les autres répandues dans les Branches du Chemin-couvert feulement de 9. à 10. pieds; parce que l’Ennemi fe fert ordinairement de ces dernières pour Epaulement contre le Feu de la PladÊ,. lorfqu’il veut faire la Defcente du Foffé. •
- On pratique à la Face des .Places-d’Armes rentrantes, 8c quelquefois le long des Branches du Chemin-couvert, une Barrière avec une Rampe qu’on dirige vers leurs Angles faillans, afin d’empêcher qu’elles ne foi en t enfilées par les Batteries que l’Ennemi place vis-à-vis les Faces des Ouvrages, pour en ruiner les Défenfes ; ob-Partie L E fer-
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- F l an-<Ç RE Vl. Figure i-
- Figure i,
- 34 L’ A R T D E
- fervant de n’en point faire aux Places-d’Armes faillan-tes j étant trop expofées aux Attaques de l5Ennemi, mais feulement aux rentrantes. Elles fervent pour faire des Sorties.
- On met une rangée de Palilfades contre le Parapet qui les furpaife de 9. pouces , & qui en eft éloigné à fou iommet de 18., 8c en-bas feulement de trois pouces, Oii éléve ce Parapet feulement de 4. pieds & demi au-delfus de la Banquette qu’on revêtit de gazon, ou de •maçonnerie à fon défaut, à un pied & demi près de la crête. La Banquette fe fait large de 4. à j. pieds, & élev.ée environ de 2., 3. 8c 4. pieds au-deffus du Ter-replain du Chemin-couvert, 8c même quelquefois plus, fuivant les dominations de la Campagne qui obligent à plus*ou moins l’enfoncer.
- C’est ce que nous détaillerons plusprécifement dans un Chapitre particulier à lafin de la Fortification irrégulière ; en attendant venons à la maniéré de le tracer fiur le Plan ci-joint Planche VL
- CoiiflruBion.
- Faites une parallèle au Fofle de la Place 8c Demi-Lune, de cinq toifes de largeur ( qui eft celle qu’on donne ordinairement au Chemin-couvert ). Après quoi vous ferez le? Places - d’Armes aux Angles rentrans, comme abcd, en mettant 11. toifes du point a aux. points b 8c dÿ pour avoir les demi-Gorges ; 8c pour en avoir les Faces, vous porterez ij. toifes des points d 8c b au point c , faifant des Arcs qui fe couperont en ce point.
- Oh fait des Tr a ver lès aux deux cotez de ces Places-
- d’Ar-
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- FORTIFIER. Chapitre PL 3^
- d’Armes, comme celles marquées EF, lefquelles doivent être perpendiculaires fur le Foffe, & avoir trois toifes d’épaiffeur, comme nous Favons dit, fur cinq toi-fes 8c demie de longueur, avec un Paffage derrière, comme celui marqué GHI, lequel doit avoir cinq à fix pieds de largeur 5 le Crochet HIayant 9. ou 10.pieds de longueur, pour pouvoir couvrir ce Paffage., 8c empêcher qu’il ne foit enfilé.
- Les Ouvertures qu’on fait aux Faces de ces Places-d’Armes, ont dix pieds de large. Elles fe tracent de la maniéré qui fuit :
- Divisez la ligne GC en deux parties égales au point K. Mettez cinq pieds de chaque côté de ce point en M & N. Enfuite élevez une perpendiculaire au point Iy fur GC , comme KL , à laquelle vous donnerez trois toifes: 8c puis Vous tirerez la ligne NL, 8c la ligne MO parallèle à NLj & votre Sortie fera tracée. Vous la creuferez à la hauteur du Rez de chauffée, & elle ira en montant infenfiblement vers le Glacis, juf* qu’à ce qu’elle en joigne la hauteur ou fuperficie environ à trois toifes vers L 8c O. Nous donnerons un Deffêin des Barrières qui fervent à fermer ces Sorties dans le Chapitre des Chemins-couverts.
- L es Places-d’Armes devant les Angles flanquez des Baftions & Demi-Lunes, comme Z, fe forment par les Traverfes fur le^Chemin-couvert marqué Êf, lefquelles font ‘faites fur la prolongation des Faces. On y fait auffi un Paffage, comme celui marqué I, lequel doit être enfilé par la Traverfe oppofée de la Place-d’Armes rentrante. C’efl: pourquoi le Çrochet doit être fait, comme le marqué z, 8c non comme les marquez A 8c B ,• parce qu’il y auroit des endroits où on feroit à couvert.
- El Je
- Puk.
- C H E VI,
- Figure i,
- ‘Figure r
- Figure 3.
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- P L ANCHE VI.
- Figure i.
- Fl A N-CHE VI. Figure i.
- 3 6 V A R T D E
- Je ne fuis point du tout pour ces Traverfes. Elles font autfi avantageufes à l’Alfiégeant qu’à PAffiégé, 8c même plus,- car, quand l’Ennemi jfe veut rendre maître du Chemin-couvert, il attaque toujours les Angles farl-lans, 8c il s’étend depuis cet Angle à droite & à gauche jufques vers les points 3 8c 4. Ce qui fait qu’il prend en Flanc ceux qui font derrière les Traverfes 8c
- les en chaffe à coup de Fufils 8c de Grénades $ 8c s’étant fendu maître de la Place-d’Armes Z , ces Traverfes lui fervent d’Epaulemént pour faire la Defcente du Foffé , comme nous l’avons déjà dit. C’eft pourquoi je n’y en ferois jamais; 8c j’aimerois beaucoup mieux*, fi une Branche de Chemin-couvert étoit trop longue ( comme celle d’un Ouvrage-à-corne, ou d’une Côntregarde, ) en mettre une à la moitié de fa longueur, le refte pouvant être découvert de la Place. * *
- Àu furplus, fi on y en veut" mettre, il faut ne leur donner que 9. ou 10. pieds d’épailfeur, comme nous avons déjà dit, afin que le Canon de la Place les puifïs facilement b ou le ver fer.
- Dît Glacis.
- On marque le Glacis fur un Plan enfaifant une parallèle au Chemin-couvert, qui en fera éloignée de la largeur qu’on veuf lui donner, comme ici de 30. toifes,* & on marque aux Angles, faillans 8c rentrons les Arêtes 8c les Goutieres du Glacis par une ligne qu’on tire de^ puis le Chemin-couvert jufques à la parallèle , comme les marquées y, 6, 7 8c 8v
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- FORTIFIER. Chapitre FL . 37
- Diflribiition des "Bâtimens du Corps de la Place.
- Faut commencer à faire une parallèle autour du Rem-‘ part en dedans du côté du centre de la Place, qui fera éloignée du pied du Rempart de 13. toifes., afin d’avoir deux Rues, une du côté du Rempart de trois toifes, & une autre du côté de la Place de la meme largeur, 8c un Corps de Cazerne entredeux de fept toifes de largeur, lequel joint aux deux Rues, occuperont enfemble la largeur de la parallèle. On doit remarquer, qu’il faut toujours faire les Logemens pour les Officiers & Soldats le long du Rempart, afin qu’ils foient plutôt à leurs devoirs-, & dans de petits Forts, comme celui-ci , le refte fert pour bâtir les Logemens pour l’Etat-M.ajor, l’Arfenal , l’Eglife, & pour les Bourgeois, cdtnme il fuit.
- De la Tlace-d' Armes.
- Pour' conftruire la Place-d’Armes au milieu du Fort, il faut du centra A porter 20. toifes de chaque côté. On prendra les Rués de quatre à cinq toifes en dedans, comme on les voit marquées aux quatre Angles 9 & au milieu 10 ; & les Portes & Corps de Gardequi fontdef-fous marquez 11, fe font de differentes grandeurs & figures, comme nous dirons par la fuite en parlant des bâ-timens. Les Pavillons pour les Officiers fe mettent près des Portes, & ont 7. toifes de largeur, comme les marquez 12 • fleurs longueurs de même que celles des Corps de Cazerne marquez 13, & fuivant celles de la
- E 3 Cour-
- Planche VI. Figure i-
- Plan* CHÏ VI Figure 1.
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- 38 L’ A R T DE
- Courtine; le tout dépendant du bon goût de l’Ingénieur qui les fait conftruire.
- On fait auffï quatre Puits aux quatre coins de la Place , fi c’eft un lieu où on puiffe trouver Peau en creufant. On donne à ces Puits cinq pieds de diamètre,
- Les Magazins E & D dans les Battions ont differentes grandeurs. Nous donnerons la maniéré de les conftruire , de même que les Souterrains C & B, & le Corps de Garde des Demi-Lunes. Les Ponts fe font dans le milieu des Courtines & des Faces des Demi-Lunes, comme les marquez 14. On leur donne 15. à 20. pieds de large.
- Nous expliquerons le tout en fon lieu.
- REMARQUE.
- In eft bon de remarquer , qu’il faut, autant qu’il eft poffibh?, remplir les Battions de Terre à la hauteur du Rempart,. pour n’en former qu’un Terreplain. Cela les rend plus propres aux manœuvres qu’il convient d’y fai-.re, 8c procure de grandes facilitez, en casdebeloin, pour y faire de grands & bons Retranchemens, qu’on éjeved’autant plus aifément,que les Terres néceffaires à cet effet font à portées, 8ç que leur déblai tient lieu de .Foffé. On peut encore fous la maffe des Terres pratiquer de grands Souterrains , dont on ne fauroit fe paffer dans une Place afliégée, & particulièrement fi elle eft petite; 8c je ne mettrois jamais de Magazins à Poudre dans les Battions, à moins que de les faire comme on fait une fimple maifon fur le Terreplain des Battions , 8c les abatre au commencement du Siège, 8c mettre la Poudre dans les Souterrains. Cela épargneroit la dé-penfe de ces Magazins voûtez, qui eft très-grande. Au
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- FORTIFIER. Chapitre VIL 39
- furplus, fi on en vouloit abfolument, je les placerois le long des Courtines, & j’aurois foin d’empêcher qu’on y bâtît des Maifons auprès, crainte du feu, & je nefouf-friroisque des Jardinages ou Enclos aux Environs.
- CHAPITRE VIL
- ConJlruBion d'un Pentagone régulier.
- APres avoir décrit un Cercle à volonté du centre B, vous le diviferez en cinq parties égales aux points CDEFG ; & tirez les lignes d’un de ces points à l’autre, qui vous donneront les cinq Polygones intérieurs. Pour avoir vos Demi-Gorges , vous prendrez , comme au' Quarré, la cinquième partie d’un de vos Cotez, & la troifiéme pour les Capitales de vos Baftions.
- Vous aurez auffi les Flancs & les Faces, en opérant comme au Quarré, & tirant vos Lignes de Défenfe de même.
- Vous prendrez un des cotez de votre Polygone, que vous tranfporterez à part, pour faire votre Echelle,que vous diviferez en 13. parties égales, qui vaudront chacune 10. toifes. .Ainfi tout votre Polygone intérieur fera de 130. toifes, qui eft une bonne mefure pour le Pen-tagone, qui efl: la moyenne Fortification.
- Le Foffé de la Place fe fait comme au Quarré ,* 8c vous lui donnerez 15. toifes.
- L es Demi-Lunes fe font de même $ enfiiite on leur fait des Flancs de la maniéré qui fuit.
- Plan- •
- C H E VII. Figure 1.
- P RE-
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- 4ô L’ A R T DE
- Prenez lîx toifes intérieurement des points H & I fur la Gorge aux points K & L allant vers M,. & élevez ‘des perpendiculaires de deflus la Courtine par ces points qui coupent les Faces de la Demi-Lune en N. & O 5 & ils feront conftruits.
- Ils fervent à battre le Pàflage du Foffé du Baftionqui leur eft ôppofé. A la vérité l’Ennemi peut les ruiner des Batteries qu’il eft obligé de faire pour battre les Flancs des Baftions.
- Mais il ne faut pas pour cela abfolument les rejet-ter, à moins qu’il ne s’y rencontre quelque inconvénient, ainfi que cela peut arriver, d’autant plus qu’il n’en coûte pas plus d’en faire, que de prolonger les Faces jufqu’à l’alignement de la Contrefcarpe* au contraire on épargne la partie de revêtement de Gorge , qu’on échancrera par leur moyen.
- O n fait aufli ces Demi-Lunes quelquefois beaucoup plus grandes, comme nous le dirons par la fuite.
- Faut auffi retrancher la partie de Gorge PMQ^, comme nous l’avons dit au Quarré.
- Le Foffé des Demi-Lunes doit avoir toujours les deux tiers de celui de la Place , & il le fait comme •au Quarré.
- Des Flancs hrifez.
- Revenons au Corps de la Place. Quelques Ingénieurs préfèrent les Flancs brifez, c’éft-à-dire conftruits avec des Orillons, aux Flancs droits -} parce que ces Orillons les couvrent des Batteries croifées, & réduifent l’Ennemi au Feu directe de fes Contrebat-teries.
- Il
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- FORTIFIER. Chapitre FIL 41
- Il doit y avoir une régie générale pour l’épaiffeür des Orillons, car c’eft un grand abus de les proportionner, comme plufieurs ont fait, à la grandeur du Flanc; & cette régie doit être, qu’outre la largeur du Parapet de la Face, il y ait encore affez de Terrain pour y pouvoir mettre, en cas de befoin , une-Pièce de Canon, a-fîn de ne pas laiffer cette Partie fans Défenfe, faifant pour cet effet l’épaiffeur de l’Orillon a b de fept toifes.. On la divifera en deux également par la perpendiculaire c d. Du point a on mènera la ligne a d, auflï perpendiculaire à la Face, pour du pointé comme centre, 8c de l’intervalle da, ou db, tracer l’Orillon ab, qu’on arrondit ai-nfi en dehors, pour que les coups tirez contre cette Circonférence convexe faffent moins d’effet, de pour la rendre plus folide.
- Du point e, pris à trois toifes en dedans du Baftion depuis fon Angle flanqué fur la Capitale, vous mènerez eb, qu’on prolongera en /de cinq toifes, pour avoir la Briiure b f. Mr. de Vauban fait cette Brifure par une ligne menée de l’Angle flanqué du Baftion oppofé. Mais je rentre en dedans de 3. toifes, pour que le Parapet de cet Angle couvre mieux la Pièce de Canon qui eft en/, & que je confeille de ne placer , que quand on en aura, abfolument befoin, à caufe des Bombes qui la peuvent démonter. On aura de même celle ghy en prolongeant la Ligne de Défenfe e% de y. toifes du point I fommetdu Triangle équilatéral fhi comme centre,- & de l’intervalle ïh, ou 2/, on décrira les planes retirez fh. Cette Concavité en augmente la capacité de telle forte, que malgré le Terrain qu’occupe l’Orillon, ony peut mettre encore plus de Pièces d’Artillerie, que s’il étoit droit.
- On voit auffi que la Pièce K eft tellement couverte
- Partie /. F par
- P t A N-CHE VU. Figure
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- P L AN -C H E VII,
- Figure 2.
- P I A N-
- CHB VII, Figure i..
- 4% V A R T D E
- par la Brifure 8c l’Orillon , qu’elle ne peut être démontée par les Batteries de l’Ennemi, & qu’elle bat une partie du Pont 8c du Paffage du Foffé I, qui communique à la Brèche du Baftion oppofé.
- Cette Brifure contre l’Orillon doit être fans Parapet de terre, mais feulement avec un de maçonnerie de trois pieds j ce qui eït fuffifant, puifqu’il ne peut pas être battu.
- Il faut cependant avouer, que les Flancs ainfi conf-traits ne produifent point d’effet proportionné à leur dé-penfe; car cette Pièce K cachée voit une fi petite partie du Foffé, que les débris des Brèches en palfent la direction. D’ailleurs une feule Pièce de Canon n’eft pas un obftacle affèz grand pour arrêter un A Siégeant dans un Paffage, 8c qui peut la démonter avec fes Bombes.
- Des Tenailles.
- Tenaille eft un Ouvrage néceffaire dans un Foffé pour y pouvoir manœuvrer avec fureté, 8c communiquer avec facilité aux Dehors • car à fon défaut, iorf-que l’Ennemi a établi les Batteries fur le Chemin-couvert , cela fer oit très-difficile, également dans les Fof-fez fecs, comme dans ceux qui font pleins d’eau. Elle couvre la Poterne, ou Porte de Sortie, qu’on fait dans le milieu de la Courtine. Si le Foffé eft fec, elle contient derrière une certaine quantité de Troupes à couvert, qui fe peuvent porter fubitement dans tout le Foffé y tant pour en difputer 8c interrompre la Defcente 8c le Paffage à l’Ennemi, que pour foutenir les Dehors attaquez, & en affurer les Retraites. Si le Foffé eft plein d’eau, on y jette des Bateaux ou Radeaux qu’on tient
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- F O R T I M E R, Chapitre FIL 43
- à couvert derrière, lefquels fervent à communiquer aux Puk^ Ouvrages extérieurs. Figure 1,’
- Ces Tenailles fe font fur la Ligne de Défenfe,& fe tranchent quelquefois comme ST, pour que la largeur du Foffé qui eft entre elle & la Courtine,fort plus grande, & que le Soldat qui défend çette Tenaille, y foit moins incommodé des éclats de pierre que le Canon de l'Ennemi fait fauter du Revêtement de la Courtine. On peut conclure qu'un Front*de Fortification eft imparfait fans Tenaille $ mais il faut qu'elle foit revêtue, principalement lorfque le Fofié eft fec.
- On la féparera des deux Flancs, 8c de la Courtine par un Foffé large de 4. à j. toifes, afin que les débris que le Canon de l'Ennemi en fait tomber, n'incommodent pas hs Soldats qui font dedans. Le refte eft pour la largeur de fon Parapet & de fon Terreplain 5 ob-fervant d'échancrer la Partie VX, afin d’avoir un Emplacement raifonnable pour mettre des Bateaux, fi le • Foffé eft plein d'eau, & s’il eft fec, il fervira pour les Troupes néceffaires à la Défenfe du Foffé.
- On en fait quelques-unes avec des petits Flancs qu’on appelle Tenailles doubles, comme font celles de la Citadelle de Strasbourg. Mais l'Ennemi les ruine facilement des Batteries qu’il eft obligé de faire , pour battre ' les Flancs des Baftions • ce qu’il ne fauroit faire aux premières, parce que* les Faces fe préfentent trop obliquement à l’Ennemi. D’ailleurs, ces petits Flancs font enfilez du Rempart de la Demi-Lune, à moins quon ne fît les Faces de ces Tenailles beaucoup plus hautes que leurs Flancs & Courtines-, fans cela elles font vues de revers du Logement de l’Ennemi fur les Places-d’Armes F z ren-
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- PLAN'
- C H E VII. Figure i.
- P t A N»
- CHS VU. Figure i.
- 44 L? A R T D E
- rentrantes du Chemin-couvert. Ainfi il faut en interdire entièrement Tufaçe.
- O
- Quoique je ne ibis pas pour ces Tenailles par les raifons ci-devant, je ne veux pas omettre leur conf-truétion. Pour cet effet prenez entre les Orillons fur les Lignes de Défenfes une diftance de 4. ou y. toifes. Partagez le refte entre Y 8c Z en deux également au point Êf. Tranfportez la jambe du compas du point Z au point 1 fur les Lignes de Défënfe*, vous aurez les Flancs & 2.
- Pour la Courtine , prenez 8. toifes de diftance de celle de la Place, afin d'avoir un Parapet, un Rempart ou Terreplain, 8c 2. toifes de Foifé entre la Courtine de la Place 8c la Tenaille. Vous ferez de même pour les autres.
- Conflruâion d'un Ouvrage-à-Corw.
- Ces fortes d'Ouvrages fe conftruifent devant les Angles flanquez des Baftions ou Demi-Lunes, joignant le Foifé du Corps de la Place, ou détachez à l'extrémité de leur Glacis, pour pouvoir occuper le Terrain qui pourroit être favorable à l'Ennemi $ c'eft pourquoi leurs longueurs font indéterminées. Cependant on doit prendre garde que leurs Branches ne foient pas trop longues, pour être bien défendues,* les Angles de leurs demi-Baftions ne devant être éloignez des Parties de la Place qui les flanquent, que de cent quarante toifes au plus. Cela fuppofé, 8c en voulant conftruire un devant le Baftion 3, portez 100. ou 120. toifes du point 3 au point 4. Enfuite élevez une perpendiculaire de part 8c d’autre fur cette ligne jufques aux points 5
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- FORTIFIER. Chapitre VIL 4 y
- 8c 6, auxquelles vous donnerez 60. ou 6y. toifes, c’eft-à-dire 120. ou 130. toifes depuis les points 6 & 5. Tirez les Branches droites & gauches de ces points aux Epaules des Demi-Lunes 7 8c 8. Cela fait,divifez une de ces parties comme 6 8c 4 en trois; & portez cette troifiéme partie de 4 à 9 qui eft la perpendiculaire, pour fortifier intérieurement. Après vous tirerez des lignes des points- 6 8c y, paffant au point 9 , 8c allant en 10 & 11.
- Cela fait, divifez les lignes 6 8c 4, & 4 & y , en deux aux points 12 & 13. Ouvrez le compas depuis y vers 12. Portez une jambe du point 12 au point 14 fur la Ligne de Défenfe. Tirez une ligne de ce point vers iy en arrêtant fur la Ligne de Défenfe. Transportez cette même ouverture du point 6 au point 13, & du point 13 au point 16. Tirez^de 16 à *17 en arrêtant fur la Ligne de Défenfe 5 vous aurez les Flancs de l’Ouvrage-à-Corne, auxquels vous pouvez faire des Orillpns, comme au Corps de la Place. Tirez une ligne de 14 à 16 ; vous aurez la Courtine. C’eft ce qu’on appelle forti-tifier intérieurement, puifque la ligne 6 8c 5 eft le Polygone extérieur.
- Son Folfé doit avoir la même largeur que celubdes Demi-Lunes du Corps de la Place. 0
- On peut faire aufli une Tenaille fimple devant la Courtine fur les Lignes de Défenfe , comme vous le voyez, à laquelle vous donnerez y. à 6. toifes de largeur.
- Pour conftruire la Demi-Lune, ouvrez le compas du point 16 vers le Flanc iy à cinq toifes fur la Face, comme il a été dit ci-devant. Portez cette ouverture du milieu de la Courtine fur la ligne prolongée au
- F 3 point
- P L A K-C H E VII,’ Figure 1.
- Un 6e pottf la perpen* diculaire.
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- Planche VII. Figure i.
- Les Remparts du Corps de la Place, y compris le Parapet ii, îoifej. Celui des Demi-Lunes &Ou-vrage-à-Cornep. à io. toiles.
- 46 V A R T D E
- point 18. Tirez de ee point des lignes à cinq toifes fin* les Faces des demi-Ballions,' vous aurez les Faces de la Demi-Lune.
- Y ous donnerez io. toifes à fon Foffé.
- Les RempartsBanquettes,.Parapets, Rampes, Chemins-couverts, Plaçes-d’Armes, Tr.averfes, & Glacis, fe font comme au Quatre.
- ConjlruÏÏion des Cavaliers.
- Nous avons déjà dit que les Cavaliers fuivent la figure des Baftions. On aura foin, que le Rempart qui les doit féparer du Parapet des Flancs 8c des Faces, ait au moins 6. toifes de largeur, pour pouvoir y paffer du Canon & autres Munitions avec facilité. Je ferois d’avis qu’on fît les Revêtemens du Corps de la Place de la hauteur de ceux des Demi-Lunes , pour qu’ils ne fuf-fent point *vûs des Affiégeans que quand ils s’en fe-roient emparez, 8c que fur-tout dans les Baftions on y fît des Cavaliers qui auroient la domination fur les Ouvrages avancez.
- S i les Baftions font petits, on revêtira les Cavaliers entièrement de maçonnerie de brique, pour gagner le grand Talut des Terres); par ce moyen ils en deviennent plus grands. Mais autrement on les éléve en gazonnage, parce que les débris 8c les éclats des pierres de ces premiers incommodent ceux qui font fur les Remparts. Ceft pourquoi il faut fe fervir de brique, parce qu’elle ne fait pas tant d’éclat.
- Qu e l qu e s Ingénieurs veulent donner aux Cavaliers revêtus de maçonnerie la propriété de fervir de Retranchement dans le Baftion. Mais quelle apparence d’y
- pou-
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- FORTIFIER. Chapitre FIL 47
- pouvoir compter, lorfque l’Ennemi peut des mêmes Batteries qu’il eft obligé de faire, pour battre en brèche les Faces des Baftions, les renverfer aufîi,& encore plus facilement s’il fe fert de la Mine?
- Les Rampes pour monter fur ces Cavaliers, fe font dans leurs Gorges , où elles font mieux qu’aux Flancs, parce que cela fait que ces mêmes Flancs en font plus grands , & les Souterrains qui font deffous, plus longs.
- ConftruÏÏion des Barbettes.
- On fait, comme nous avons dit, aux Angles flanquez des Baftions & autres Ouvrages une élévation de Terre appellée Barbettes, lefquelies joignent leur Parapet, comme la marque M. On les éléve à deux pieds & demi prés de fon fommet. On les fait de 9., 12. ou 18. toifes de 4ong , & de 3. toifes de large. On y monte par des Rampes, comme N & O, pratiquées de chaque côté, de i2. pieds de large, 8c longues de fix fois leurs hauteurs ; cette régie étant géné^le pour le Talut des Rampes, comme nous l’avons déjà dit.
- Les Barbettes fervent pour y tirer le Canon par-deffus le Parapet qui n’a pour cet effet que deux pieds 8c demi de Genouilliere ,* 8c elles font très-avantageufes dans les premiers jours d’un Siège, parce qu’on y monte fubitement le Canon fans aucune préparation j & comme l’Ennemi eft pour lors encore éloigné de la Place, on le fert à découvert fans aucun rifque , en mettant, fi cela eft autrement, une file de Gabions fur le Parapet. Lorfqu’il a établi des Batteries, on le retire. Mais pendant cet intervalle
- oru
- P L ANCHE VÏI
- Figure x>
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- 48
- L’ A R T DE
- plan- on a le tems den préparer aufli de fon cote, qu on conf-
- CHB VII. „ v t, J- • r r 5 *
- _Fig*ro z. truit a 1 ordinaire.
- On fe fert aufli des Barbettes des Ouvrages qui fe trouvent fur la droite & lux la gauche des Attaques, pour les battre en flanc ; & comme l’Ennemi n’efl: point informé de notre deflein, il n’a aucune Batterie à oppoler. Ainfi on voit l’avantage qu’il y a de trouver les chofes toutes préparées, afin qu’il n’ait pas le tems de s’ap-percevoir de notre manœuvre.
- Dijlribution des 'Bâtimens du- Corps de la B lace.
- . Vous ferez une parallèle au Rempart en dedans de la Place, qui en fera éloigné de cinq toifes, parce qu’on arrange fouvent derrière des Bombes & des Boulets, & qu’il faut de la place pour y paffer deux voitur.es de front à l’aife. Vous ferez la Place-d’Armes au milieu, laquelle, aura 6o. toiles en quarré. Toutes les Rues auront y. toifes de large. Les Corps de Cazerne 7. toifes de large , ^>our pouvoir avoir deux Chambres de 3. toifes chacune , & trois murs de 2. pieds d’épaifleur. La longueur des Corps de Cazerne eft indéterminée. Les Logis où on ne voudra pas avoir deux Chambres fur la largeur y n’auront que 3. toifes 4. pieds ou en^ viron.
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- FORTIFIER. Chapitre VIL 49
- Explication de la Diftribution des Bâtimens de la VIL Planche, Figure 1.
- a Est le Gouvernement, dont la Face a 7. toifes de large, & les Aîles des Cotez 3. toifes 4. pieds. b Eft l’Arfenal, dont le Devant a auflî 7. toifes de large, 8c tout le refte n’ayant que 3. toifes 4. pieds avec deux Tours quarrées 8c une autre petite furie derrière. On peut loger les Officiers d’Artillerie dans cet Arfenal fur le devant, ou bien au Pavillon c qui a 7. toifes 2. pieds de large, de même que dy e y f; parce qu’ils ont une faillie d’un pied en devant plus que le Corps de Logis. Ces Pavillons, de même que le refte des deux Corps qui y tiennent, fervent à loger les Officiers de la Garnifon, Chirurgiens, Majors & autres.
- g Logement du Lieutenant de Roi, 8c h celui du Major. / Eft l’Eglife 8c le Logement des Prêtres. k Sont les Corps de Cazernes pour les Soldats.
- / Logemens pour la Bourgeoisie. m Eft la grande Porte d’Entrée avec fes Corps de Gardes , fur laquelle on peut loger l’Aide-Major. n Eft la Porte du Secours auflî avec fes Corps de Gardes, au-deffus defquels on peut loger le Capitaine des Portes. On y fait auffi deux Efcaljers, comme à la grande Porte.
- 0 Sont les Poternes ou fauffes Portes, à côté defquel-les on fait des Latrines pour la commodité de la Garnifon. Outre cela on en fait auflî fur les Parapets à l’endroit des Brifures, lefquelles on conf-truit de Charpente,
- Partie /. G On
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- L’ART DE
- Planche VII. Figure i.
- Planche VIII. Figuresi.
- «ci.
- O N fait aufli quatre Puits aux quatre Coins de la Place, fans ceux qui font dans les Maifons particulières.
- On fait trois Souterrains à côté l’un'de l’autre fous chaque Cavalier, & des Magazins à Poudre dans les Battions, ou le long des Courtines.
- Seconde & troijîéme *Di/lribution.
- Tour le Tentagone.
- Comme la Figure pentagonale cft celle dont on fe fert le plus fouvent pour faire des Citadelles, & que ce cas arrive plus louvent que de faire des Places entières f je luis bien-aife de donner plufieurs Diftributi.ons de fes Bâtimens, afin qu’on choififfe celle qui plaira le mieux.
- L a Place-d’Armes A de la première Figure a pour centre celui de la Place, & a 50. toifes en quarré.
- Celle de la fécondé a 60. toifes en quarré , & fon centre A eft à toifes plus haut que celui de la Figure.
- Qjjant au refte, à l’une & à l’autre
- B Eft le Gouvernement.
- C L’Arfen-al.
- D Le Logement du Lieutenant de Roi.
- E Celui du Major & de l’Aide-Major.
- Le Capitaine des Portes doit être logé fur la Porte du Secours, ou dans un Pavillon.
- F Logement des Officiers d’Artillerie.
- G Celui des Officiers de la Garnifon.
- H L’Eglife , le Logement des Prêtres, & le Cimetière.
- I Les Cazernes pour les Soldats d’infanterie & de
- Ca*
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- FORTIFIER. Chapitre FUI. ji
- Cavalerie. Les Ecuries fe peuvent faire à l’Etage et en-bas en le voûtant.
- K Logemens pour la Bourgeoifie.
- SbùQ&û/t
- C H A P I T R E VIII.
- Conflruâion d’un Hexagone régulier.
- CEtte Figure fe fortifie en donnant 140. toifes au plus au Polygone intérieur.
- La quatrième partie de ce Polygone pour chacune des demi-Gorges.
- Les deux cinquièmes du même Polygone pour les Capitales des Battions. * *
- E t foixante toifes aux Faces des-dits Battions) ce qui me donne les Flancs & les Courtines.
- Demi-Lunes.
- Les Demi-Lunes de l’Hexagone & de tous les autres polygones au-deifus, fe conftruifent en élevant une perpendiculaire fur le milieu de la Courtine, & mettant 100. ou no. toifes .fur cette perpendiculaire depuis la Courtine jufqu’à fon Angle flanqué, comme du point Y au point Z, & tirant les Faces des-dites Demi-Lunes à 10. ou 1 j. toifes fur celles des Battions , pour que la Demi-Lune couvre mieux la Courtine. On leur fait auffi des Flancs fi on le juge à propos.
- Le Foffé de la Place doit avoir 1 y. toifes, & celui des Demi-Lunes, les deux tiers.
- G % Conf-
- Pt anche VIII, Figures 1.
- & X, ;
- Pt AK* cm IX.
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- L’ A R T DE
- P l Art-C H B IX.
- Conftruflion d'un Ouvrage couronné.
- Soit devant P Angle flanqué du Baftion A que vous voulez conftruire , un Ouvrage couronné. Prenez fur votre Echelle 150. ou 160. toiles, que vous porterez du point A fur la Capitale prolongée au point B. Décrivez un arc de cercle à cette ouverture de compas ; & du point B portez fur cet arc de part & d’autre 180. toifes, comme de B en C, & de B en D. Tirez des lignes au crayon de B à D, & de B à C ; & tirez auflï une ligne du point C fur l’Angle flanqué de la Demi-Lune au point E, pour avoir la Branche gauche de l’Ouvrage. Faites de même du point D au point F, pour avoir la droite.
- De la maniéré qu’on a confinait jufqu’à prefent ces fortes d'Ouvrages, en ne donnant que 160. toifes au plus au Polygone extérieur BC ou BD , les Branches CE & DF étoient très-mal défendues des Faces des Demi-Lunes , fur l’Angle defquelles elles tombent • car ces Branches étoient formées prefque par la prolongation de la Capitale de la Demi-Lune. Ce qui faifoit qu’elles ne pan choient prefque pas plus fur une.de ces Faces que fur l’autre 5 par conféquent il n’y avoit qu’une très-petite partie d’une de ces Faces, qui put défendre la Branche de l’Ouvrage, & dont le Feu étoit très-oblique. Cependant- on n’y pouvoit remédier qu’en donnant, comme je fais, 180. toifes au Polygone extérieur de cet Ouvrage. Car, fi on avoir fait tomber les Branches fur le milieu ou approchant de la Face E©9, outre que les Angles C & D auroient été trop aigus, le Feu de la partie de la Face E S? qui défendroi-t cette Branche, n’auroit pas été moins oblique; avec cette différence encore, que
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- FORTIFIER. Chapitre FUI 53
- les Soldats qui font accoutumez à tirer devant eux, tue- p roient ceux qui feroient le long des Branches EC & FD.
- Ce qui n’arrive point en donnant 180. toifes à ce Polygone extérieur de l’Ouvrage, parce qu’alors les Branches panchent beaucoup plus vers la Face de la Demi-Lune E 2 & F 3, que vers l’autre ; ce qui fait qu’elles font mieux défendues des-dites Faces, le Feu en étant plus direét.
- U n autre avantage de. cette Conftru&ion, c’eft que les demi-Baftions & le Baftion entier de cet Ouvrage font beaucoup plus grands, que quand le Polygone extérieur n’a que 160. toifes*, que les Branches n’en font point fi longues, par conféquent le Feu des Demi-Lunes qui les défendent, en eft plus voifin«f & que les Faces des Baftions 4 & y prennent un grand revers jfur les -Travaux que l’Ennemi pourroit pouffer vers ces mêmes Branches, comme l’endroit le plus foible dudit Ouvrage.
- On ne doit conftruire de ces fortes d’Ouvrages qu’en cas qu’on voulût renfermer quelque grand Efpaçe qui ne pût l’être par l’Enceinte de la Place.
- Pour conftruire les demi-Baftions & le Baftion entier au milieu, il faut divifer les lignes BC & BD en deux parties égales aux points G & H, & à ces points y élever & abaifferune perpendiculaire, à laquelle vous donnerez du point G au point I une fixiéme partie du Polygone BC. Vous tirerez, enfuite les Lignes de Défenfe BL & CN, qui fe couperont au point I.
- Vous donnerez aux Faces BM de CK 50. toifes pour avoir les Flancs. Vous mettrez une pointe du compas au point B , & l’autre au point K 3 de portant
- G 3 cet-
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- P L ANCHE IX.
- Planche IX.
- H L* A R T D E
- cette pointe du point K au point Lfur la Ligne de Défen-fe BL, vous aurez le Flanc KL, Tranlportez la même ouverture du point C au point M, & menez la pointe qui eft en M, vers N aufli fur la Ligne de Défenfe CN • vous aurez l'autre Flanc. Tirez une ligne du point L au point N; vous aurez la Courtine.
- F a i t e s de même que nous venons de le dire fur le côté BD 5 vous.aurez conftruit l'Ouvrage couronné,qui fera compofé du demi-Baftion droit C, du BaftionB, & du demi-Baftion D, avec deux Courtines.
- La largeur du Fofle de cet Ouvrage fera la même que celle des Demi-Lunes du Corps de la Place.
- PouR^avoir les Demi-Lunes dudit Ouvrage couron-né, prenez laarcliftance du point N à j. toifes au-delfus de l'Angle de l'Epaule du demi-Baftion C. Portez cette ouverture du milieu de la Courtine au point O fur la perpendiculaire. Tirez de ce point les Faces de la Demi-Lune à j. toifes au-deflus des Angles de’l'Epaule des Battions.
- Vous ferez de même pour l'autre Demi-Lune,- 8c vous donnerez io. toifes à leur Foffé.
- Conflruâion des Lunettes..
- Pour conftruire des Lunettes à droite & à gauche de la Demi-Lune P, ayant fait fon Foifé, tirez les lignes fur la prolongation des Faces , auxquelles vous donnerez 35. toifes, comme QR, ST, 8c du côté des Faces des Battions fur la Contrefcarpe, commeVX, vous donnerez u. toiles. Vous ferez de même pour l’autre j & vous tirerez leurs Faces RX, TX. Vous ferez
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- FORTIFIER. Chapitre yI1L $ y
- rez leur Fofle de la. largeur de celui des Demi-Lunes, & qui fera parallèle à leurs Faces XRQ., STX.
- Conflrufîion d'une Contregarde.
- Pour conftruire une Contregarde, comme Z, devant l’Angle flanqué du Baftion Y, faites une parallèle à fon Fofle de io. ou 12. toiles, rencontrant les Fof-lez des Demi-Lunes à droite 8c à gauche, & lui faifant un Fofle de 10. toifes de large. On ne donne que 10. toifes de largeur à ces Ouvrages, afin que., quand l’Ennemi s’en eft emparé, il y trouve peu d’efpace pour s’y loger, & y conftruire fes Batteries. Il faut remarquer que, quand on fait une Contregarde fur une Demi-Lune, il ne faut pas que fon Angle flanqué foit éloigné des Faces des Battions oppolez de plus de 120. toifes. C’eft pourquoi dans ce cas on fait la Demi-Lune plus petite.
- Les Remparts, Banquettes, Barbettes, Parapets, Chemins-couverts, Places-d’Armes, Traverfes & Glacis, fe font à tous les Ouvrages que je vfens de décrire, comme nous l’avons dit ci-devant; ainli il eft inutile de le répéter.
- Diflribuiîon des TBâtumem du Corps de la Place.
- Cette Diftribution fe fait en mettant les Corps de Cazernes près du Rempart, comme nous l’avons dit ci-devant. Pour les Ifles des Maifons, on fait la Place-d’Armes au milieu de la Fortification. On lui donne do, toifes en quarré, & on^ménage trois Rues en tous
- Plan-chi IX;
- Planche I£
- Planche tx.
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- r i. a n-
- C*E IX.
- Ft ANCHE IX.
- $6 V A R T D E
- fens de 5. toifes de largeur, comptant celles qui regardent les Cazernes. Ce qui forme plufieurs Rectangles, que chacun diftribue à fa fantaifie. Après qu’on a pris ce qui eft néceflfaire pour l’Eglife, le Logement des Prêtres, l’Arfenal , & les Logemens de l’Etat-Major, 8c de tous ceux qui font au fervice du Roi; les Portes 8c Poternes, de même que les Ponts 8c Corps de Gardes avancez , fe font comme nous l’avons dit ci-devant, 8c comme vous le pouvez voir fur la IX\ Planche ci-jointe.
- J’ a 1 mis les Magazins à Poudre le .long des Courtines , parce qu’ils embarraffent les Battions , lorfqu’ils font attaquez, 8c qu’on ne s’y peut bien retrancher. C’eft pourquoi je fais auffi tous mes Battions pleins. J’ai pris foin d’éloigner les Maiftms des Magazins à Poudre, ne mettant aux Environs que des Eglifes, des Cimetières, l’Arfenal, 8c des Jardins, qui font tous des Endroits où on ne porte guercs de feu.
- R E M A% Q^U E
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- fur cette A4éthocle de fortifier.
- Du Quarrê.
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- J £ fais le Polygone intérieur de mon Quarré de 120. toiles. Je donne la cinquième partie de ce Polygone pour les demi-Gorges, le tiers de ce même Polygone pour les Capitales des Battions. Ce qui me donne 180. toifes pour mon Polygone extérieur, qui eft la mefure que lui donne Mr. de hauban. Ainfi cette Conftruétion eft prefque la même.
- Du
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- FORTIFIE R. Chapitre V11L 5*
- Du Pentagone.
- Je donne 130. toifes au Polygone intérieur du Pentagone , & le refte comme au précèdent. Cela me donne un Polygone extérieur de 182. ou 183. toifes, & les Flancs de les Gorges pareilles à celles de Mr. de Vauban.
- Je donne 140. tpifes au plus au Polygone intérieur de l’Hexagone, la quatrième partie de ce Polygone pour chacune des' demi-Gorges $ ce qui les rerfcl d’environ trois toifes plus grandes que celles de Mr. de Vauban.
- Je donne les deux cinquièmes du même Polygone, qui font 56. toifes, pour la Capitale du B^ftionjce qui me donne des Flancs de quelques toifes plus grands que ceux de Mr. de Vauban, & des Faces de60. toifes, la Courtine de quelques toiles moins longue que la fien-ne, mais elle eft meilleure, parce qu’elle en eft mieux couverte de la Demi-Lime , & mon Polygone extérieur a 19 j. toifes ; ce qui n’eft pas trop, parce qu’on liii peut donner julqu’à 200. toifes en cas cfe befoin.
- Tout es les Figures au-deflus de l’Hexagone fe conf-truifent de la même maniéré & avec les mêmes, proportions j avec cette différence cependant qu’on peut donner 150. toifes à leur Polygone inferieur. Par cette méthode les Angles des Battions du Décagone, ou du
- Partie /,
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- Dodécagone, & ainfi des autres, ne font pas fi obtus que ceux qui font faits félon la méthode de Mr. de Vauban. . Outre cela mes Flancs en font beaucoup plus grands. Je donne 6o. toifes aux Faces des Bâftions.
- J e propofe cette méthode de fortifier par le Polygone intérieur , parce que l’occafion fe rencontre plus, jfouvent de renfermer des Efpaces qui font déjà remplis de maifons. Ainfi, comme le dedans de la Place eft em-barraffé, on peut *plus facilement fituer les Courtines qui font partie du Polygone intérieur., fi près ou fi loin des. maifons qu’on le juge à propos -y au lieu qu’il fer oit plus difficile#dans le même cas de fituer le Polygone extérieur. Cependant fi on veut fortifier félon ce fiftéme, on n’a qu’à fe fervir de celui de Mr, de Vauban au Chapitre qui fuit.
- Il arrive fouvent qu’on veut fortifier#un Terrain arec 4., 5. ou 6, <Baftions, lequel n’eft pas aflez grand pour contenir les Polygones que nous venons de décrire. En Ce cas on ne donne au Polygone intérieur du Quarté que too. toiles, à celui du Pentagone 110., & à celui de l’Hexagone 120. C’eft ce qu’on appelle petite Fortification.
- Mais on doit fe'reffouvenir qu’un Pentagone qui a 130. toifes de Polygone intérieur, eft préférable à un Hexagone qui n’en a que 120., parce que toutes les parties en font plus grandes, & par conféquent plus capables de réfiftance , puisqu’elles peuvent contenir plus d’Artillerie & de Moufqueterie. Outre cela il s’y trouve plus de place pour s’y pouvoir retrancher.
- Des
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- FORTIFIER. Chapitre FUI. yy Des Réduits dans les Demi-Lunes.
- On fait de plufieurs fortes de Réduits dans les De- PlAM., mi-Lunes, dont les moins bons & les plus petits font CHE x* ceux qu’on conftruit en tems de Siège avec de gros Madriers de Chêne, percez de Créneaux, 8c plantez à plomb dans la terre, fuivant la figure d’une petite Demi-Lune de io. à 12. toifes de Face. On en défend l’accès par deux rangs de Paliffades inclinées du côté de l’Ennemi. Mais fans avoir égard à ceux-ci, nous donnerons la maniéré d’en conftruire de differentes façons.
- L a première forte dont la Conftruétion eft plus foli- Figure i. de que la précédente, 8c moins fujette à l’effet des Bombes 8c du ricochet, fe fait approchant de même grandeur • mais au lieu de Madriers® c’eft un Mur crénelé, de 2. pieds d’épaiffeur, & de 8. au-deffus du Rez de Chauffée, avec un petit Foffé revêtu de*iy. à 18. pieds de largeur. C’eft ainfi qu’ils font à la Citadelle de Strasbourg & de Fribourg en Brifgau.
- L’un & l’autrt de ces deux efpéces de Réduits ne fervent qu’a affurer la Retraitte de la Demi-Lune, n’ayant.’ aucun commandement fur le Logement qu’on y feroit.
- La fécondéjforte qui eft la meilleure, foçt ceux qui, Figure i comme au Neuf-Brifack , ont 25. à 30. toifes de Faces , & au refte femblables à la Demi-Lune, avec un Foffé revêtu de y. à 6. toifes de largeur ; car l’Ennemi venant à y faire fon Logement, trouve cet Ouvrage encore dans fon entier, 8c dont le feu eft fi voifin, qu’il ne le peut faire fans une perte très-cônfiderable. C’eft pourquoi ils font préférables à tous les autres. A la vérité la dé-penfe en eft plus grande 5 mais, c’eft de quoi on ne doit
- H 2 point
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- P L A N' «HS XI.
- C'eft afTer de 100. toiles pour la hauteur de la Demi-Lune.
- Via h-C H B XI.
- 6a L’ A R T DE
- point s’embarralfer. Je donnerai au Chapitre fuivantune nouvelle maniéré de les difpofer, qui les rend d’un grand effet.
- CHAPITRE IX.
- Conflruélion d'une Fortification régulière, é* des Ouvrages qu'ileonvtendroit d’y faire pour fa Défenfe.
- Corps de la F lace.
- Soit, par exemple , un Hexagone régulier fortifié comme celui du Chapitre precedent ; j’en conftruirois les Demi-Lunes comme nous l’allons dire.
- Des Demi-Lunes & des Réduits.
- Je donne pour la hauteur des Demi-Lunes no», toifes, que je porte du milieu de la Courtine au point B, & de #ce point je tire les Faces à ij. toifes de l’Angle de l’Epaule des Baftions , pour qu’elles couvrent mieux les Flancs du Réduity que je conftruis de la maniéré fuivante.
- Du %éduît.
- Soit la Demi-Lune ABC, laquelle a toifes de tace, dans laquelle vous voulez conftruire un Réduit.
- Vous
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- P
- FORTIFIER. Chapitre IX. 61
- Vous tirez la ligne DE d’un Angle flanqué d’un Baftion à l’autre, pour ne faire pafler en.dedans de cette ligne c aucune partie de Fortification , parce qu’elle feroit vue de revers par les Batteries de l’Ennemi, comme nous l’avons déjà dit. Vous donnerez iy. toifes au Fofle de la Place.
- V ou s donnerez 30. toifes de Gorge au Réduit, Sc 6. à 7. toifes de Flanc. Vous ferez fes Faces parallèles à celles de la Demi-Luné, & elles auront 24. à 25. toifes de longueur. Vous lui ferez un Fofle de 6. toifes de largeur.
- On fait leurs Flancs de 6. à 7. toifes dû longueur au moins, pour qu’ils puiffent contenir deux Pièces de Canon, lefquelles font dirigées vers les Faces des Baftiôns qui leur font oppofez , & découvrent une partie de leur Folfé, dont elles «défendent le paffage; l’Ennemi ne pouvant les détruire des Batteries qu’il voudroit faire pour cet effet fur le Chemin-couvert, puifqu’élles font couvertes par les.Profils des Faces de la Demi-Lune A & C, qu’on échancre comme GH, pour que la Pièce I puiffe découvrir à 12. ou iy. toifes près de l’Angle flanqué. Ce .qui fera que l’Ennemi ne pourra pas joindre le Baftion, fans avoir détruit auparavant les Flancs du Réduit; ce qu’il ne peut faire fans fe rendre auparavant maître de la Demi-Lune. On remarquera que leurs Logemens en deviendront entièrement difficiles & périlleux fous un Feu fi voifin. D’ailleurs ils fe peuvent retrancher par plusieurs Coupures qui en prolongeront la défenfe. C’eft pourquoi je les-remplis entièrement de terre à la hauteur du Rempart,, de même que les Baftiôns du Corps de la Place T pour n’en former qu’un Terreplain, afin qu’il fort
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- Ï1AN-
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- P UN-C HESXII. & XIII,
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- aifé d’y pratiquer en tems & lieu des Retranchement qui ne puiffent pas être dominez des Remparts $ ce qui les rend plus propres à la manœuvre qu’il convient d’y faire dans un Siège. A toutes ces difficultez il faut joindre le tems que l’Ennemi fera obligé d’y employer, puilqu’on lui détaille la prife de toutes ces Pièces, lesquelles à l’exception de ces Réduits , il prendroit en peu de tems $ ce qui peut faire affez juger du mérite de ces Ouvrages.
- Ces Réduits fe peuvent conftruire devant toutes fortes de Polygones tant réguliers qu’irréguliers. Leur grandeùr n’eft pas abfolument fi déterminée qu’on ne les puiffe faire plus grands 5 cela dépend de la capacité des Demi-Lunes, dans lelquelles on les confirait.
- On leur fait un Parapet-de 3. toiles, de un Rempart qui doit avoir 24. pieds , y compris la Banquette. Ce Réduit eft en grand à la Planch» XIL, avec fes Profils 3c Elévations à la Planche XllL
- Des Chemins-couverts.
- Lorsqu’on s’eft voulu mettre en état de foutenir les Chemins-couverts contre les Attaques .de vive force-; pour le pouvoir faire avec fiireté, on a placé une fécondé Paliffade intérieurement fur le Talus de la Banquette à 3. ou 4. pieds de diftance de la première, conftruite de la même façon, & feulement de 6. à 9, pouces plus baffe à fon fommet , avec des Barrières de iy. pieds en 1 y. pieds les unes des autres , pour faciliterle paffage des Soldats entre les deux Paliffades, & leur fortie quand* ils font attaquez. Ces Barrières fe ferment avec un ver-rouil *, ce qui empêche les Affiégans de fe rendre fitôt maîtres du Chemin-couvert : car , s’ils fautent la première
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- FORTIFIER. Chapitre IX\ 6 3
- miere rangée de Paliflades , ils fe trouvent enfermez entre-deux * ce qui leur fait perdre beaucoup de monde.
- On a aufïi retranché les Places-d’Armes rentrantes & Paillantes avec des Tambours de Charpente de j. à 6. toifes de Face, conftruits de gros Madriers de Chêne de 8. à 9. pouces d’épaiffeur, plantez debout & terminez à la hauteur de la Paliflade , crenelez de diftance en dif-tânce ,* le tout environné d’une ou de deux rangées de Paliflades inclinées vers l’Ennemi pour lui en empêcher l’accès.
- Quoi qjue ces TamboursJoient bons, je voudrois en ufer autrement, du moins pour les'Places-d’Armes rentrantes. Ce feroit d’y pratiquer un Retranchement F de 14. à 15. toifes de Demi-Gorge, êc de 18. à 20. toifes-de Face , revêtu entièrement de maçonnerie à la hauteur du Parapet du Chemin-couvert, fur lequel Revêtement on élevera le Parapet , obfervant qu’il foit couronné d’une Paliffade en fraife à la> hauteur%du Revêtement de maçonnerie.
- Cet Ouvrage auroit plufîeurs avantages qui le ren~. droient préférable *au Tambour de Charpente. Car, premièrement, étant d’une Conftruétion plus affurée, il ne feroit point fejet à l’effet du ricochet & des Bombes, qui venant malheureufement à tomber fur les premiers, comme cela arrive quelquefois, vous obligent, abfolument de les abandonner.
- Seconde me n t , celui -ci dominant fur le Glacis, oppoferoit de très-grandes difficultez à l’Ennemi, lorfqu’il voudroit avancer fon Logement jufques fer les Faces de ces Places-d’Armes ^ car, quand on coniide-re qu’il y Faut cffuyer un Feu de Moufqueterie à bout
- HOU-
- Pt A NT-
- CH*. XI»
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- Planche XI.
- Plan-
- ches
- XXIV. &
- XXV,
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- touchant, & qu’on 11e fauroit éteindre, la chofe pa-roîtra bien difficile & bien périlleufe. Ainfi on peut être affuré que cette partie de Chemin-couvert n’eft point infultable de vive force , & qu’il n’y a que les Places-d’Armes Taillantes qui le foient, mais dont le Logement deviendroit d’une exécution meurtrière. Joint à tout cela, qu’on peut encore pratiquer des Tambours de Charpente dans ces Retranchemens, qui en prolongeront encore la défenfe, à moins que l’Ennemi ne faffe entièrement fauter tout l’Ouvrage $ auquel cas il employeroit un tems confidérable.
- On peut aulfi ne pas^faire ces Retranchemens fi grands, 3c y faire un Folié autour de 12. à iy. pieds de large, & creufë jufqu’à l’eau. On fait deux petites Poternes, une à chaque Face de ce Retranchement près de la Contrefcarpe , pour pouvoir en fortir 3c y rentrer , lefquelles on ferme en dedans par une ou deux portes de 6. pouces d’épaifleur, 3c on pafle le Fofle devant ces Poternes* fur un .Madrier qu’on retire en dedans. Ces Portes ne peuvent être vues de l’Ennemi, .étant couvertes de la Traverfe. C’eft,je crois, ce qu’on 'peut fouhaiter de mieux.
- Quand le Foffé de la Place ell fec, on y peut faire une Cunette qui régné tout-autour dans fon milieu, laquelle a s 2. à 14. pieds de large par le haut, 3c 4. à 6. par le bas. On fait pafier une Cunette fous la Capon-niere par un Aqueduç.
- Les Caponnieres ont 30. pieds de large, 3c ont une Banquette 3c un Parapet pareil au Chemin-couvert de la Place, & un Glacis de 12. à ry. toifes de large, avec deux Sorties vers la Gorge du Réduit, lefquelles le font comme celles du Chemin-couvert , 3c fe ferment de même, Les
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- FORTIFIER. Chapitre IX. 6y
- Les demi-Caponnieres fe font de même avec une Sortie près de la Contrefcarpe, joignant la Gorge du Retranchement de la Place-d’Armes rentrante , laquelle on a eu foin d’échancrcr, pour qu’elle ne foit point vue de revers des Logemens de l’Ennemi.
- Les Lunettes avancées fe font fur la Capitale des Demi-Lunes, des Battions, ou des Places-d’Armes rentrantes, faifant enforte que leurs Faces foient défendues par la Place, comme celles marquées K qui font défendues par les Faces des Demi-Lunes L, M, N, & par le Chemin-couvert de la Place; & fi cela ne fe peut, il les faut difpofer de façon qu’elles fe défendent l’une l’autre. Leur grandeur eft arbitraire. Leurs Faces ont depuis 30. jufqu’à 60. toiles ; leurs Flancs depuis y. jufqu’à 15: toifes ; & leur Gorge n’eft point limitée,, mais elle doit rentrer en dedans de 8. , 10. ou 12. toifes, plus ou rnoins^ pour pouvoir cacher 1£ Sortie de la Communication du Chemin-couvert de la Place à ces Ouvrages, & avoir un Fofle de y. à 6, toifes entre elle & la Gorge. Ces Communications fe font comme les Caponnieres. -
- Il eft bon de remarquer, que l’Angle flanqué de ces Ouvrages ne doit pas être éloigné de la Contrefcar-pe du Corps de la Place de plus de 100. toifes, & qu’il les faut faire-fur la prolongation des Places - d’Armes rentrantes, préférablement aux Paillantes, parce qu’elles feront moins expofées à être prifes par la Gorge, & qu’elles prendront mieux de revers les Tranchées que l’Ennemi fera fur les Angles Taillans , où il chemine ordinairement. Ce qui l’obligera à les prendre auparavant.
- On fait aux Lunettes un Fofle de 8. à iot toifes de
- Parue L I lar-
- Plan-
- che
- XXIV.
- Planche XI,
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- P LA C H B
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- *xi ^ar'ëe > & v°ici comme il faut en difpofer les Contref-, ' carpes , pour en tirer quelque avantage pour la dé-fenfe.
- Il faudroit établir le Terreplain du Chemin-couvert de la Place à 3. ou 4. pieds plus haut que le niveau du Terrain , & celui de l’avant-Chemin-couvert fur leTer-replaip appelle communément Rez de Chauffée. En-fuite on fera tomber la pente du Glacis de la Place à 6. pieds plus bas que ce Terreplain aux rentrans, allant .à 9. ou 10. aux faillans devant les Lunettes, pour former de cette maniéré une Contrefcarpe, qu’on fera même plus haute, fi la diftance de l’avant-Chemin^cou-vert de la Place permet de la faire defcendre plus bas, pour que la pente en ioit modérée.
- S 1 l’avant-Foffé fe peut remplir d’eau qu’on ne puiffe pas faigner, on latffera tomber cette Contrefcarpe en rampe, fuivant le talus ordinaire des terres. Autrement on la revêtira de maçonnerie* fans eTcaliers , parce que n’étant pas haute, on y montera avec des madriers pofez fur de petits chevalets qu’on renverfe en fe retirant.
- Cette Contrefcarpe revêtue donne lieu de pratiquer des Réduits, ou des Retranchemens furs dans les Places-d’Armes rentrantes de ces Ouvrages, femblables à ceux que nous venons de décrire $ ayant cela de plus, qu’étant éloignez du Feu de la Place, il leur faut faire un Mur crenelé dans la Gorge, de fix pieds de hauteur, & d’uii & demi d’épaiffeur ; ceci s’entend fi le Foffé eft fec, parce que l’Ennemi ne manqueroit pas de s’y pofter.
- Dans ce cas on communiquera par une Galerie fou-terraine partant du Foffé de la Place > de laquelle on
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- FORTIFIE R. CEapitre IX. 67
- montera dans fon Terreplain, au moyen d’un Efcalier’-Piak-dont la Sortie viendra fe rendre contre la Gorge, pour CHE pouvoir lé mafquer avec un Tambour de Charpente, 5c fe maintenir par-là une Retraittc allurée.
- Si le Terrain ne permet pas de faire une pareille Galerie, la Retraitte eft périlleufe'j mais on ne peut faire autrement.
- A u - r e s t e les avants-Chemins - couverts fe conftrui-fcnt 5c défendent comme ceux du Corps de la Place.
- J e retranche le Revêtement extérieur du Parapet de la Place tout-autour, Pexperience ayant fait connôître qu’il ne fert qu’à bleffer par les éclats de pierre les Soldats qui font derrière. Ainfî je n’éleve tout Revêtement que jufqu* au Cordon , laquelle hauteur çft de 28. pieds au Corps de la Place, & aux Demi-Lunes'24.
- Le Parapet du Corps^de la Place a 4. pieds de haut àu-deffous du Talus extérieur, & celui des Demi-Lunes de même, & les autres Ouvrages à proportion, comme on le peut voir par les Profils.
- La XI. Planche eft le Plan de l’Hexagone avec (es pian-Dehors. La XII, 5c la XIII.* font les Plans , Profils xil&P* 8c Elévations des Réduits. xiIL
- La XIV. Planche eft le Plan, le Profil, 8c l’Eléva- Potion d’un Corps de Garde tel qu’on le peut faire dans CH£XIV' les Demi-Lunes. Il y a un poêle, comme en Allemagne, qui chauffe le Corps de Garde de l’Officier 8c ce-, lui des Soldats. A fa place on peut faire, des cheminées. Il y a aufïi un petit Magazin voûté pour renfermer la Poudre 5c autres Munitions, en cas de beloin.
- J’eftime infiniment les petits Magazins que Mr. Beüdor met fous le Rempart de chaque côté des Poternes, é-sant très-utiles en tems de Siège, On peut même lesj
- I 2 faire
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- P t ANCHE XV.
- 68 V A R T D E
- faire plus grands, & leur faire prendre du jour du c&tê de la Place, fi on le juge néceffaire. ^
- CHAPITRE X.
- Conflruiïion de la Fortification régulière jeton la Méthode de Mr. de VaubaiL
- Monsieur afe Vauban divife le côté exteneur du Polygone AB qu’il luppofe être de 180. toifes, en deux parties égales, par la perpendiculaire CD, qu’il fait au Quarré d’une 8e. partie de ce côté, au Pentagone d’une 7 partie, à l’Hexagone aux autres Polygones d’un plus grand nombre de côt£z d’une 6e. partie.
- N o*t a qu'aux Polygones depuis 8. cotez jufqu’à ceux d’un plus grand nombre , je voudrois donner à la perpendiculaire CD une ÿ. partie du Polygone extérieur, pour que mes Bafiions fujfent plus grands , Êf n’eujfent pas les Angles flanquez [t obtus. •
- Cette perpendiculaire donne les Lignes deDéfenfe AH & BG. Il fait les Faces AE & BF généralement longues des | du Polygone extérieur AB; ce qui fait environ jo. ou j2. toifes; & il détermine les Flancs EG & FH, en faifant les Lignes de Défenle AH & BG égales aux lignes AF & BE. De-forte que tous les coups tirez du Flanc tendront vers la pointe du Baftion qui lui eft oppofé, où ils doivent être dirigez.
- . Quoi Q\f il propofe le côté extérieur du Polygone de i8g. toifes pour le plus parfait, comme il l’efi en
- effet,
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- FORTIFIER. Chapitre X. 69
- effet, le fiftême en étant fondé fur les Maximes que pLAN. nous avons données ci-devant* il ne s’y attache cepen- CHfiXV< dant pas fi fcrupuleufement, qu’il ne le faffe tantôt plus grand, & tantôt plus petit, quelques toifes de Flanc, de Face , ou de Courtine, de plus ou de moins, ne diminuant pas fort confiderablement la perfection d’un Front de Fortification. On ne doit cependant pas donner plus de 200. toifes aux Polygones extérieurs, parce que la Ligne de Défenfe deviendroit trop longue.
- Mais on peut aller jufques-là, lorfqu’on veut renfermer un plus grand Efpace avec la même quantité de Battions, & donner 60. toifes aux Faces defdits Baftions.
- Tous les autres Ouvrages, comme FofTez, Demi-Lunes, Contregardes, Tenailles, Réduits, Lunettes, Remparts, Banquettes, Barbettes, Parapets, Flancs-brifez, Orill'ons, &c. fe font comme nous l’avons dit ci-devant.
- Outre cette maniéré de fortifier les Places, qui eft fans contredit la meilleure, Mr. de Vauban ayant remarqué, qup malgré la capacité de les Baftions, la . grandeur de leurs Flancs, joint à la Tenaille qu’il met dans le Foffé pour y manœuvrer & comtnuniquer avec plus de facilité aux Dehors, cela n’empêcheroit pas que l’Ennemi ne mît l’Affiégé dans la néceflité de capituler, lorfqu’il auroit fait brèche à la Face du Baftion, 8c qu’il le feroit alluré le Paflage du'Foffé. . *
- Le tout bien confideré, cela lui a donné lieu de détacher les Baftions des Courtines , aux extrémitez def-quelles il met des Tours baftionnées,. ainfi quril fe voit à Belfort Ville de la Province d’Alface, 8c à Landau. Ce qui prolonge la durée d’un Siège, l’En^~ nemi étant obligé pour arriver à la Place de faire
- I 3 le
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- Planche XV.
- PUM-
- CHlXVI.
- 70 L* ART D E
- le Logement des Baftions détachez ou Contrcgardes qui couvrent lefdites Tours, dont on lui rend l’exécution très-difficile par le Feu voifin des Tours & des Re-tranchemens qu’on pratique dans les Contregardes , qu’on peut d’ailleurs défendre avec beaucoup d’opiniâtreté , puifqu’on a une Retraitte aflurée dans le Corps de la Place.
- Il a perfectionné ce fiftême dans la Conftrudion du Neuf-Brifack Ville qu’il a. fait bâtir dans la même Province.
- C5 es t ce que nous allons faire voir.
- om om om
- CHAPITRE XI.
- Manière de fortifier Juivant le nouveau Siflême de Mr. de V auban, exécuté aux Fortifications du Neuf- 'Brifack.
- Trace du Neuf-'Bnifitck.
- VO u s tirerez la ligne AB, à laquelle vous donnerez 180. toiles -, ce qui fera votre Polygone extérieur. D u centre de la Place vous tirerez des rayonspaffans par c es points, 8c vous élèverez 8c abaifferez fur le milieu de la ligne AB une perpendiculaire, fur laquelle du point C au point D vous mettrez 30. toifes qui eft une fixiéme, du côté AB.
- Vous tirerez les Lignes de Défenfe AE 8c BF , fe coupant en D. Vous mettrez do. toifes du point A au point G , 8c du point B au point H, pour avoir les An-
- gles
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- FORTIFIER. Chapitre XL yt
- gles des Epaules des Contregardes. Et pour en avoir Pu»; les Flancs vous mettrez 3*. toifes du pointD aux points GHE E 8c F fur les Lignes de Défenfe; & vous tirerez les Flancs GF 8c HE,
- Vous tirerez enfuite une ligne parallèle à AB, telle que IK, paffant par les points E & F, pour avoir les Angles faillans des Tours baftionnées.
- Vous mènerez à cette ligne une parallèle de 9. toifes LM ; ce qui vous donnera le cefitre des Tours, 8c le Polygone intérieur*
- Pour conftruire les Tours, mettez 7. toifes du point L au point T, & du point M au point V, fur le Poli-gone intérieur LM 5 8c élevez fur ce Polygone'les perpendiculaires TX & VY, auxquelles vous donnerez
- 6. toifes, 8c tirez les lignes IX 8c KY. Continuez enfuite de 4. toifes les lignes XT , & YV au point Z 8c au point Mettez de L en^z8c de M en <5 ,
- 7. toifes; pour tirer enfuite Ifes demi - Gorges des Tours de Z en ay 8c de en b.
- Le Foffé des Tours a 6. toifes de large, 8c fe tire à l’Angle de l’Epaule des petits Flancs * ce qui forme les Gorges des Contregardes.
- Ensuite vous donnerez 5. toifes à la perpendiculaire NO,. 8c vous tirerez les Lignes de Défenfe TP 8c VQ^, * fe coupant en O. Les petits Flancs PS 8c QR fe font fur la prolongation de ceux des Contregardes,* ce qui donne auffi la CourtineTQ.
- Le Foffé de la Place a 1 j. toifes, 8c eft parallèle aux Faces des Contregardes.
- Rê-
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- L'ART DE
- P t A K-
- ÇHE XVÏ.
- Plan-, ÇHB XVI,
- Plan-
- che
- XVII.
- 7%
- %êdüit.
- Le Réduit fe confirait en lui donnant 21. toifes de Capitale du point d jufqu’à fon Angle flanqué.
- Et faifant fes Faces parallèles à celles de la Demi-Lune.
- On lui fait des Flancs de y. toifes, & un Recouppe-ment à fa Gorge. *
- Son Foffé doit avoir 6. toifes de largeur.
- T>emi-Lunes..
- Les Demi-Lunes {è font en ouvrant le compas du point E à 1 y. toifes au-deflus de l’Angle de l’Epaule G, & portant cette ouverture du point e au point/, & tirant les Faces à 15.* toifes au-deüus des Angles des Epaules des ContregardesP # •
- On leur fait des Flancs de 7. toiles.
- Leurs Foflez doivent avoir 10. toifes de largeur.
- L e Chemin-couvert,eft à l’ordinaire.
- Ce qui.n’eft point détaillé ici, eft exa&ement cotté fur la Planche ci-jointe, à laquelle je renvoyé le Leéteur. Cependant comme cette Planche ne donneroit pas une aflcz grande intelligence des Tours bafticmnées & des Fortifications, j’ai jugé à propos d’y joindre quelques Profils.
- La Planche ci à côté contient deux Profils. Le premier eft coupé fur la .Courtine qui eft entièrement revêtue, de même que tout le Contour du Corps de la Place, à la hauteur de 34. pieds. Le fécond eft coupé fur le milieu des Tenailles, $c n’eft qu’à demi-
- Rêvé-
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- FORTIFIER. Chapitre XL 73
- Revêtement à la hauteur de 12. pieds. Le Parapet faifant un Talus du côté de la Campagne, lequel eft revêtu de gazon , 8c a pour Retraitte toute l’épaiffeur du Mur qui eft de 2. pieds 9. pouces. Mr. de Pauban les a fait conftruire ainfi pour épargner la dépenfe.
- La XVIII. Planche contient trois Profils. Le premier eft celui du Réduit, coupé fur une des Faces, lequel eft revêtu en entier fur la hauteur de 27. pieds 6. pouces.
- Le fécond eft celui de la Demi-Lune, coupé auffi fur une des Faces, qui n’eft qu’à demi-Revêtement de ij. pieds de haut, rédiiit au fomme* à 2. pieds 6. pouces. On a laiffé entre l’épaiffeur de ce Revêtement une Berme de 6. pieds de largeur. On a élevé enfuite le Rempart & le Parapet ; 8c fur cette Berme on a planté une Haye vive de 3. pieds d’épaiffeur, qu’on a laiffé croître à la hauteur de 7. pieds. .
- Le troifiéme Profil eft celui des Contregardes, auflï à demi-Revêtement de 18. pieds de haut, fe terminant au fommet à 2. pieds & demi. Derrière ce Revêtement on a laiffé une Berme de 8. pieds de large, fur laquelle on a planté une Haye vive, femblable à la précédente de 3. pieds d’épaiffeur fur 7. de hauteur, & derrière cette Haye , à 2. pieds de diftance , on a planté une rangée de Paliffades , 8c 3. pieds en arriéré dç cette Paliffade on a commencé le Talus du Rempart 8c du Parapet , comme on le peut voir à ce même Profil,
- Il eft certain que le Siftême à demi-Revêtement a pour principal objet d’abréger le tems, 8c de diminuer la dépenfe, qui font par ce moyen confidérablement
- Partie /. K amoin-
- Pt**'
- C H E
- XVIL
- PtAN
- C H E
- XVIII,
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-
- L’ A R T D E
- Pi ah-
- c H B
- XVIII.
- Pt A. VJ-
- CHI XIX.
- 74
- amoindris , principalement aux Endroits ou les Matériaux font rares, comme au Neuf-Brifack; mais auffi il n’eft pas fi avantagé que celui à Revêtement entier (du moins jüfqu’au Cordon ; ) car, quand l’Allié-géant peut tant faire que de fe rendre maître du haut des Brèches, on a une grande difficulté de pouvoir bien affiner les grands Retranchemens, c’eft-à-dire, celui qui foutient les autres, parce que l’Afliégeant pouvant dans une Affaire s’étendre à droit & à gauche le long des Talus pour lors déchirez & en mauvais état, après qu’il a gagné le deffus de la Haye vive qui pour lors eft toute emportée de Coups de Canon, il feroit plus difficile de l’arrêter qu’aux Places entièrement revêtues , où l’Ennemi ne peut avoir d’accès précifément que par les ouvertures des Brèches, qui ne permettent pas de s’étendre à droit ni à gauche , comme il peut faire quand il eft logé à la hauteur de la Haye vive ; car jufques-là il n’y a pas plus d’avantage à l’un qu’à l’autre, C’eft pourquoi les grands Retranchemens font plus difficiles à faire , & moins fùrs à foutenir , aux Places à demi-Revétement qu’aux autres.
- U n défaut encore du demi-Revêtement, c’eft qu’on fe prive du bénéfice des Grillons. Il eft vrai que le grand ufage des Bombes & du Ricochet , joint à l’effet des Batteries oppofées, rendront déformais les O-rillons inutiles, quand les Affiégeans fauront bien s’en fervir.
- La XIX. Planche repréfente le Plan & les Profils des Souterrains & des Flancs bas, qui font joints aux Courtines fur la prolongation des Flancs des Contre-gardes. Les Flancs bas n’ont que 4. toifes , & par conféquent ne peuvent contenir qu’une Pièce de Canon
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- FORTIFIER. Chapitre XL
- non ett-bas dans le Souterrain, & une autre for le Rempart.
- La XX. Planche fait voir les Plans, Profils & E- £ lévations des Tours baftionnées avec leurs Batteries baffes.
- Tropriélez du Siftême à Tours bajliomêes.
- LE Siftême à Tours baftionnées mérite un examen ;
- car c’eft à proprement parler une Fortification double, dont les effets font doubles, bien que la dépeti-fe ne le foit pas.
- î.
- La Place bâtie félon te Siftème, porte naturellement fon Retranchement, le meilleur de tous fans contredit, puifqu’il eft tout-à-fait détaché des B allions, du fecours dcfquels il n*a que faire pour fa Défenfe particulière.
- ii.
- Les Contregardes occupent la place des Battions, & en ayant toutes les propriétés, elles font capables des mêmes Défenfesavec cette différence que quand les Battions attachez font ouverts, 6c l’Ennemi logé en brèche, la Défenfe mollit beaucoup, 6c ne va plus gue-tes loin, . à caufe des grands périls auxquels le fôutien des Affauts expofe la Place. Au lieu que la Défenfe des Contregardes ou Battions détachez fe peut opiniâ-trer dans toute l’étendue de ces Pièces, 6c fe dilputer
- K i de
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- ?6 L* A R T . D E
- de pied à pied, de traverfe en traverfe, tant que Is Terrain peut fournir de l’efpace à fe retrancher, fans èxpofer la Place, à qui il relie toujours de quoi faire fa Défenfe particulière, parce qu’elle en eft féparée par un Foffé. '
- iii.
- Qjcje ces Tours ne fauroient être battues de la Campagne, ni d’aucun autre endroit, que du fommet des Battions - mêmes qui les environnent, ni leurs Flancs que des autres Battions oppofez , ou l’Ennemi ne fauroit monter du Canon qu’avec de très-grandes difficultez, & après en être totalement le maître. Encore n’eto fauroit-il mettre fur les Flancs de ces Ouvrages fans préfenter le Rouage à la Place, & fe mettre dans les revers des Tours , Sc par conféquent s’expofer des Flancs de Front Sc de revers , Sc à l’effet des Mines préparées, des Bombes Sc des Pierres, fans parler du Fufil qui ne manque perfonne de lï près.
- On laiffè à juger à ceux qui favent ce que c’eft, du péril Sc de la peine que l’Ennemi aura à effuyer pour réuflir à s’y porter affez bien, pour de-là pouvoir battre & démonter les Flancs des Tours, Sc combien toutes ces chicannes doivent lui confommer de tem&
- IV.
- On y peut donc attendre l’effet des premières, fécondes, Sc troifiémes Mines, encore celles des Tours-mêmes, fans rifquer la Place, puifque les premières Brèches ne font pas capables d’y faire une véritable
- ouver-
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- FORTIFIER. Chapitre XL 77
- ouverture , à caufe que ces dernieres demeurent toujours fur leur à plomb.
- V.
- La Garde ordinaire des Places, fuivant ce Siftême, fera beaucoup plus commode , parce que les Rondes n’auront pas tant de chemin à faire , & qu’il faudra moitié moins de Sentinelles.
- • VI. *
- Ces Tours portent leurs Contremines avec elles par la profondeur de leurs Souterrains , dont le fond fè trouve très-voifin des Mines. Il fera aifé de les prévenir, les éventer & de les empêcher de vous prendre là-deffous.
- VII. . •
- Elles n’ont pas lieu de craindre le Ricochet ni les Bombes qui font les Foudres des Placés de ce tems-ci, parce que , pour que l’un & l’autre puiffent leur préjudicier, il faudroit pouvoir les voir de loince qui ne fe pourra : & quand on les verroit^ leur petitelfe donne peu de prife aux Bombes, & point du tout au Ricochet, parce qu’il faut plus d’efpace aux Boulets pt>ur pouvoir prendre leurs plongées , qu’il ne s’e.n trouve ici.
- K *
- VIII.
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- L’ ART DE
- .7?
- VIII.
- Ces Souterrains pourront fervir de Caves très-bonnes & très-fpacieufes à la Place, de très-bons Magasins à Poudre, outre ceux qui font dans leurs Noyaux, beaucoup plus fûrs que les ordinaires, mieux placez & capables d’une plus grande quantité de Poudre, puisqu’ils en pourront facilement contenir jufqu’à 7. ou 800. milliers} ce .qui fait qu’on n’a que faire d’en bâtir d’autres.
- IX.
- Leur Partie fïipérieure pourra fervir de très-bons Magazins ou Greniers pour 20. mille feptiers de Bled ou d’autres grains, fi on les .Couvre, & qu’on y faffe des planchers comme à ceux de Belfort.
- I l faut avouer que toutes ces propriétez rie fe trouvent point dans les autres Siftêmes, & notamment cette prolongation certaine de Défenfe d’un grand tiers ou dé moitié plus / fans expofer la Place à être emportée.
- Cependant, comme il n’eftpas exempt de défauti on a'petifé qu’il ne feroit pas inutile, après une exaéte recherché, de donner les moyens les plus convenables, non feulement pour les éviter , mais encore de l’augmenter confiderablement de force, & en diminuer la dépenle.
- C’est ce que nous allons voir dans le Chapitre fûi-vant qui eft divifé en trois Articles.
- D a n s le premier fe trouve la Difpolition & la Conf-tru&ion des Ouvrages propofez.
- Dans
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- FORTIFIER. Chap. XII. Art. /. 79
- Dans le fécond on fait voir la propriété & les avantages de cette Dilpofition au-deffus des Ouvrages du Neuf-Brifack.
- Et dans le troifiéme que fa dépenfe eft encore moins grande.
- chapitre xii.
- Conflrufîion des Ouvrages propofet.
- o
- ARTICLE PR&MIER. .
- ON change plufieurs chofes dans le Siftême du Neuf-Brifack.
- I. On tire le Foffé des Contregardes à l’angle de l’Epaule de la Contregarde oppofée, de manière que le Flanc de cette Contregarde découvre en entier tout le Foffé y au lieu qu’au Neuf-Brifack le Foffé eft parallèle aux Faces desdites Contregardes.
- II. On aggrandit les Demi-Lunes. On en fait tomber les Faces à 20. toifes fur celles des Contregardes, & l’on en fupprime les Flancs, en prolongeant les Faces jufqu’à l’alignement des Foffez des Contregardes marquez F.
- III. On aggrandit la capacité des.Réduits, & on fait leurs Flancs plus grands ; en-forte qu’ils puiffent recevoir deux Pièces de Canon pqur les raifons que nous avons dit (*) en parlant de la nouvelle Dilpofition de ces Réduits. l\71
- (*) Voyez ci-devant Chap, iX. fai. Ce. vr fuiv,
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-
-
- 8o
- L’ A R T DE
- IV. On ôte les Tours baftionnées , & on met à
- leur place des Baftions de 17. toiles de Flancs, &
- de 30. toifes de Face, qui font remplis de terre. *On fait des Souterrains au-deffous de ces Flancs, de 2 y. toifes de long fur 3. toifes de large, lefquels tiennent lieu de ceux des Tours , & fervent en même tems de Flancs bas capables de fix Pièces de Canon, lefquelles jointes avec les fix autres des Flancs fupérieurs, font douze Pièces fur chaque Flancs.
- V. On fait un Recoupement aux Tenailles, comme HI, pour les raifons que nous avons dites (*) en parlant de leur Conftru&ion ^au Pentagone régulier.
- Le refte eft fi peu different du Neuf-Brifack, qu’on en fupprime le détail qui ne feroit' qu’inutile. Ainfi on va faire eonnoître les avantages que peut procurer cette nouvelle Difpofition d’Ouvrages.
- •ARTICLE .II.
- Propriétez & Avantages de eette ‘Difpofition.
- ON fupprime les Flancs des Demi-Lunes, parce .qu’ils découvrent le Corps de la Place, & qu’ils vous jettent dans deux inconvéniens. Le premier eft que l’Ennemi enfilant le FofTé entre -la Tenaille & le Flanc de la Contregarde par les Batteries qu’il peut faire fur le Chemin-couvert des Places-d’armçs rentrantes, empêche la Communication de la Tenaille à la,Contre-garde , qu’il détourne abfolument par ce moyen. A la vérité ce défaut n’eft pas fort confiderable , puif-que l’on peut communiquer dans les Contregardes par
- d’au-
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- FORTIFIER. Cbap. XIL Art. //. 81
- d’autres Endroits ; mais enfin on ne peut pas le fai- p re par la Tenaille du Front attaqué. A propos de cette Communication, on remarquera que Mr. de I^au-ban a fait faire une Poterne dans le Flanc de la Con-tregarde pour communiquer dans la Tenaille. Il eft furprenant, que cet Ingénieur fe foitjetté dans la dépen-fe de pareils Ouvrages , puifqu’ils ne contribuent pas plus à faciliter la Communication, que s’il y avoit un Pont, dont les extrémitez vinifient aboutir à la Gorge de ces deux Ouvrages ; car, quoiqu’il femble que cette Poterne foit peu de chofie , elle coûte, félon le toifé de cette Fortification j8 j<£. 1., & comme il y en a fei-ze , la dépenfe monte à 89696. 1. Quoique je les aie inférées dans le toifé des Contregardes qui eft à l’Article iuivant, je ne l’ai fait que pour approcher du toifé du-dit Siftême, puifque comme je viens de le faire voir, ces Poternes ne font d’aucune utilité.
- Le fécond défaut eft bien plus grand; car par ces mêmes Batteries l’Ennemi peut mettre en brèche la Courtine, & en ruiner les petits Flancs par l’enfilade du-dit Folle, lorfqu’il eft établi fur le Chemin-couvert. L’expérience confirme affiez combien cela eft avantageux à l’Affiégeant ; car, 'lorfque Mr. le Maréchal de Tallard fit le Siège de Landau en 1704. , on mit en brèche la Courtine du Front de l’Attaque par ces Trouées.
- Tous ces défauts fe trouvent corrigez en prolongeant, comme on propofe, les Faces des Demi-Lunes jufqu’à l’alignement des Foffiez des Contregardes : & fi l’on avoit encore lieu de les appréhender, on pourroit élargir les Gorges, & aggrandir la Demi-Lune, comme nous avons fait; 8c cela ne contribueroit d’ailleurs
- Partie I. L qu’à
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- Bi V ART DE
- qu’à une plus grande perfection , puifqu’elles en feroient plus amples.
- On objectera peut-être que les Flancs des Demi-Lunes qu’on retranche , défendent le Partage des Foflez des Contregardes. Mais , comme l’Ennemi peut ruiner ces Flancs des mêmes Batteries qu’il efl: obligé de faire pour ruiner ceux des Contregardes, cette propriété devient peu conlîderable , 8c au contraire très-defa-vantageufe, comme nous venons de le faire connoître.
- Il eft à préfiimer que l’Ennemi monteroit à l’Affaut des Contregardes 8c des Demi-Lunes d’un des Fronts dü Neuf-Brifack en même tems, 8c il feroit de fa prudence de le faire pour deux raifons.
- Premièrement en n’attaquant que la Demi-Lune feulement, il feroit obligé d’efluyer le Feu des Contre-gardes ; à quoi il ne feroit pas fujet en les attaquant en même tems.
- D e u x i e m e m e n t il eft fur de la réuflite de cette En-treprife,- car, d’abord qu’il auroit gagné le haut desDe-mi-Revétemens, il s’étendroit à droit 8c à gauche des Brèches , 8c monteroit en auflî grand Front qu’il vou-droit le long du gazonnage , lequel eft pour lors tout déchiré; 8c par conféquent’il feroit fur de la prife de ces Ouvrages, & des Troupes qui feroient dedans, fi elles attendoient cette extrémité pour fe retirer, d’autant plus qu’on ne pourroit lui oppofer aucun Retranchement qu’il ne pût depaffer en fe coulant le long des Bermes-, 8c deft là généralement le défaut de tous les Ouvrages à demi revêtus. Ce qui eft bien different de ceux qui le font entièrement, où on pourroit réduire l’Ennemi à l’étendue de la Brèche feulement, 8c dont la Rampe formée par les débris de la maçonnerie, eft difficile à
- pra-
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- FORTIFIER. Cbap. XIL Art, IL 83
- pratiquer ; d’ailleurs on effc en état de la mafquer par r des Retrancliemens. Ainfi on peut conduire que les Revêtemens entiers , ou du moins jufqu’au Cordon, font les meilleurs ; ce qui ne fouffre aucune difficulté.
- Immédiatement après la prife de la Demi-Lune ôc des deux Contregardes, s’enfuivroit celle du Réduit, puifqu il feroit abfolument impoffible d’y communiquer, ôc même celle de la Place, qui pour lors toute ouverte par la Courtine, n’oppoferoit aucun Retranchement à l’Ennemi.
- Cela feroit bien different dans la Fortification pro-pofée : car ne pouvant faire le palfage du Foffé pour arriver aux Faces des Contregardes, fans avoir détruit les Flancs du Réduit, il feroit obligé de prendre premièrement la Demi-Lune, enfuite ce Réduit, ôc après cela les Contregardes j ainfi par ce moyen on lui détaille-roit la prife de ces Ouvrages. D’ailleurs il trouveroit encore le Corps de la Place dans fon entier, bien défendue par des Flancs qu’il feroit obligé de démonter par des Batteries, faites fur les Contregardes. Alors on au-roit encore une Capitulation fort honnête, puifque l’on pourroit pratiquer de bons Retranchemens dans les Battions, ôc cela avec beaucoup de facilité, étant remplis de terre.
- On connoîtra plus précifément la différence des deux Siftêmes par le détail fuivant de leurs Attaques, à commencer depuis l’établiffement parfait des Logemens du Chemin-couvert, ôc de celui des Batteries, toutes cho-fes étant égales de part ôc d’autre jufques-là.
- L’Ennemi feroit le paffage des Foffez de la Demi-Lune d’un des Fronts de la Fortification propofée , ôc
- L 2 entre-
- I- A N-
- HE XXI
- Pu»-
- C H E
- XXI [.
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- Planches XXIf. & XXIil.
- 84 V A R T D E
- entreprendroit l’Attaque dans le même tems qifil fera en état d’entreprendre celui de la Demi-Lune & des deux Contregardes d’un des Fronts du Neuf-Brifack.
- Mais, après que l’Ennemi auroit établi le Logement de ces derniers Ouvrages, ce qui pourroit aller à deux jours, il faudroit capituler. Alors il feroitfeulement établi fur la Demi-Lune de la Fortification propofée. Ainfi examinant combien elle tiendroit de plus que le Neuf-Brifack, on trouvera qu’il faudra au moins trois jours pour faire les Batteries fur la Demi-Lune, trois jours pour mettre en brèche le Réduit, 8c en faire le Logement , deux jours pour achever le Paflage des Foflez des Contregardes, qui ne feroit alors qu’à moitié fait, trois jours pour en faire le Logement , & cinq jours pour y faire des Batteries, 8c ruiner les Défenfes de la Place; faifant enfemble feize jours, qu’on peut réduire, fi l’on veut, à quinze. Ce qui eft bien confiderable, non feulement par la durée du Siège, mais par rapport à toutes les pertes que feroit l’Ennemi, qui font toujours très-grandes , quand il faut, relier fi long-tems fur des Ouvrages fous le Feu de la Place.
- AVERTISSEMENT.
- Il faut remarquer qu'on a réglé la profondeur & la largeur des Foffez, de maniéré que les Terres qui en pro-viendr oient, ^ des Excavations des Revêtemens, fourni-roient celle nêceffaire pour la ConjlruBîon des Ouvrages* Le tout fuivant les marchez du Neuf-Brifack*
- ARTI-
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-
-
-
- FORTIFIER. Chap.Xll. Art. III. 85
- ARTICLE III.
- Etat eflimatif des Ouvrages de la Fortification propofée.
- Corps de la Place.
- La Courtine, les deux Flancs & Faces, enfemble
- Toifes. pieds, pouc. Livres, fols, den*
- 1478. o. a. cubes de terre à 31. f.
- 9. d. la toile, ci - *346» &
- 114. o. o. de charpente à 150. 1.
- le cent, - - - 186. o. o*
- 134p. o. o, cubes de maçonnerie
- neuve à 38. 1. - ji 161. o. o*
- Nota que la pierre de taille n’a point été payée au prix de 3 8. h la toife cube de maçonnerie.
- j79. 3. o. quarrces de gazonnage
- à 37. f. - - - 33 a. I. 6,
- • 8000. Facines à 4. 1.
- 12. £ le cent, - - 0, 0»
- Trois Guérittes de
- pierre de taille à
- j 20. 1. chacune , - iy60. 0. 0.
- Total - 56074, 8, 0.
- L 3 £«
- p.85 - vue 87/465
-
-
-
- 86
- V A R T DE
- Les deux Souterrains ou Flancs bas, enfemble
- Toifes, pieds, pouc. cubes de terre à 31. £ Livres. fols. den.
- oo \| oo 0, 0.
- 9. d. la toile, ci - *393- i6. 6.
- 344- 0. 0. cubes de maçonnerie
- neuve à 38. 1. - 1 3072. 0. 0.
- \7• 0. 0. quarrées de maçonnerie
- des cheminées à 4.1. 108. 0. 0.
- 3g. 0. 0. cubes de maçonnerie fé-
- che à 12. 1. 4 i<$- 0. 0.
- 3?7. 0. 0, quarrées de ciment à
- 6. 1. - - - - *38î> 0. 0.
- Deux Portes à 44.1. Quatre Events auxdites 88. 0. 0.
- Portes à 1. 1. 360. liv. de fer neuf à ‘ 4- 0. 0.
- 2. £ 8. d.*la livre, -100. liv, de plomb à 48. 0, 0,
- 3. £ - - - - - IS- 0. 0.
- Total - 17566. 1<£ 6.
- Poternes du milieu de la Courtine, y compris P Aqueduc pour l'écoulement des Baux de la Place,
- Toifes. pieds, pouc. Livres. fols. den.
- 84. 0. O. cubes de terre à 31. £
- 9. d. la toife, - - 133. 7* O.
- 100. 0. O. cubes de maçonnerie à
- 38.I. - - - - 3800. 0. 0.
- 6. 0. O, cub«s de maçonnerie fé-
- che à 12. 1. - - - 7\> 0. O.
- H* °* O, quarrées de ciment à 6.1. -324. 0. O.
- Total - 43 29. 7* O.
- p.86 - vue 88/465
-
-
-
- FORTIFIER. Chap. XII. Art. 111. 87
- Livres. De la page précédente, 4319. fols. 7- den. .O
- Deux Portes de menui-
- ferie à 15. L - - 30. 0. O.
- Deux Events auxdites
- Portes à i.l. - - - 2. 0. O,
- 500. liv. de fer neuf à
- 2. f. 8. d. la livre, - 66. *3- 4-
- 2 00. liv. de plomb à 3. f. - 30. 0. 0.
- Total - 44j8. 0. 4-
- Contregardes, y compris les deux Communications Jouterraines des Flancs,
- T(ÿfe$. pieds. pouc. Livres. fols. den.
- 2600. 0. O. cubes de terre à 31. f.
- 9. d. la toife, ci - 4117. 10. Oi
- 183. 2. O. de charpente à 150. L
- le cent, - Î7J. 0. O.
- HO4. 2. 7- cubes de maçonnerie à
- 38.1. - * - - • 4î7<S8. 7. 2,
- 12.. O. 0. cubes de maçonnerie
- féche à 12. 1. 144. 0. O.
- 96. 0. 0. quarrées de ciment à
- <5.1. - - - - f7<>. 0. O.
- 53* 0. 0. courantes de marche
- de pierre de taille à
- 4.I. - - - - 212. 0. O.
- 592. 0. 0. quarrées de gazonnage
- à 37. f - - - IO95. 4- a
- 1^4. 0. 0. courantes de Haye vi-
- ve à 28. f. 229. 22. 0,
- Total - 1*4*7- *3* 2 >
- p.87 - vue 89/465
-
-
-
- L’ A R T DE
- 88
- De lapage précédente. Livres. 5*4*7. fols. 13• den. 2.
- 11000. Facines à 4. 1.
- 12. f. le cent, 50Æ. 0. O.
- Six Portes à 1 7.1. - - 90. 0. O.
- 2 10. liv. de fer à 2. f.
- 8. d. la livre, - - 28. 0, O.
- 60. liv. de plomb à 3. £ - 9 0. O.
- Total - 53060. *3* 2.
- Tenaille i y compris la Communication jouter raine*
- Toifes. pieds, pouc,
- IJ2I. 0. ô.
- 116. 0. 0*
- 491. y. 10.
- 33- 0. 0.
- 169. 0. 0.
- cubes de terre à 31. f. Livres. fols. den.
- 9. d. la toile, ci - 24I4- II. ?>
- de charpente à 150. 1.
- le cent. - - - 189. 0. O.
- cubes de maçonnerie à
- 38.1. - - - 18694. 18. IO.
- quarrées de ciment à
- 6.1 - - - - 198. 0. O.
- quarrées degazonna- *
- ge a 37. f. - - 3iï- l5> O.
- 4670. Facines à 4, 1.
- 12. f. le cent, 2ï3. 18. O.
- Quatre Portes à 1 j. 1.
- chacune, - 60. 0. O.
- 85. liv. de fer à 2. f
- 8.d. la livre, IX. 6, 8,
- 30. Üy. de plomb à
- 3.f. - - - ~ - 4- 10, 0.
- Total - 22098* 18. 3.
- Demi-
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-
-
-
- FOR T I FIER. Chap. XII. Art. 111. 89
- Demi-Lune.
- Toifes. pieds. ] pouc. cubes de terre à 31. f. Livres, fols. den.
- 18 p9- o. O.
- 9. d. la toile, ci - 3014. 13. 3*
- ij 6. o. O. de charpente à 1 jo. L
- le cent, - - - 234. 0. 0.
- 777* o. O. cubes de maçonnerie
- à 38. 1. - - - 2?; %6. 0. 0*
- 30. 0. O. courantes de marche
- de pierre de taille à 4. L - - - - 120. 0. 0*
- 34 S- 0. O. quarrées de gazonna-
- ge à 37. t. - - *38. j. 0..
- lia. 0. O. courantes de Haye vi-
- ve à 28. f. - - IJ4- 0. 0*
- dooo. Facines à 4. 1.
- 12, f. le cent, «f . 1/6. 0. 0.
- Total - 33pdi, 18. 3*
- %êduït.
- Toifes. pieds. pouc. cubes de terre à 31. £ Livres, fols. dejt,
- 1024. 0. 0.
- 9. d; la toile, ci - l6lf. il; 0»
- 80. 4. 0. de charpente à 1 jo. 1.
- le cent, I2X» O. 0,
- © d 0 «ri 0. cubes de maçonnerie
- â 38.L - - 19000. O. O.
- î tf. 0 0. cubes de maçonnerie
- fécheài2.1. - - I92* 0» Os
- Partie L 20938* 22, Qt
- M
- p.89 - vue 91/465
-
-
-
- Toifes. pieds, pouc. Livres, fols. de».
- De la page précédente. 20938. 12. o.
- 16. o. o. courantes de marche
- de pierre de taille à 41. - - - 64. o. o.
- 43. 3. o. quarrées de gazonnage à 37. £ - -- - 80. 9. 6.
- 2000. Facines à 4.1.
- 12. le cent, - - 92. o. o.
- Total - 1-117 j. 1. 6.
- Contrefcarpe.
- Toifes. pieds, pouc. Livres, fols. den.
- 22 jo. o. o. cubes de terre à 31. f.
- 9. d. la toile, ci - 3-571. 17. d.
- 181. 2. o. de charpente à 1 jo. 1.
- le cent, - - 272. o. o.
- 7^3. 3. 3. cubes de maçonnerie
- à 38. 1. - - - 29014. n. 8.
- 165. o. o. courantes de marche
- de pierre de taille à 41. - - 66o. o. o.
- 4800. Facines à 4. 1.
- 12. £ le ceiït, - 220. 16. o.
- Total. - 3373p. J. 2»
- Cheniin-
- p.90 - vue 92/465
-
-
-
- V O R T I F I E R. Chap. XII. Art. III. 9%
- Chemin-couvert.
- Toifes. pieds. pouc. de charpente à 150.1. Livres. fols. den.
- 2^2. O. 0.
- le cent, - - 438. O. O.
- 309. 0. 0. courantes de PalilTades
- à i. 1. 7. f. ;. - - ' 7%6. 3* O.
- 364. 0. O. quarrées de gazonna- 673- 8.
- ge à 37. £ - - O.
- 3325. Facines à 4.* 1. r2. £ le cent, 3660. liv. de fer neuf ijî. 19- O.
- à 2. f. 8. d.. la livre, - 488. 0. O.
- Vingt Serrures à jo. f.
- chacune, î<j. 0. O.
- Total - «5 2J28. 10. O.
- Excavation des Fojfez.
- Toifes. pieds, pouc. Livres, fols. de».
- 16370. o. o. cubes de terre à 31. f.
- 9. d. la toife, ci - 255)87. 7. 6a
- M v
- 11ECÆ
- p.91 - vue 93/465
-
-
-
- 9z
- L* ART DE
- % EC A P IT U L AT 10 N.
- Corps de la Place - Livre*. j6oj4. fol*. 8. den. O.
- Flancs bas ----- I7jôô. 16. 6.
- Poternes 4458. 0. 4*
- Contregardes ' * - - - ~ 53060. *3- 2.
- Tenaille ~ - - - 22098. 18. 3.
- Demi-Lune - - 33960. 18. 3-
- Réduit - - 2II7J. 1. d.
- Contrefcarpe ----- 33739- 5- 2.
- Chemin-couvert - 2J 28. 10. 0.
- Excavation des Foffez ~ - - 2J987. 7. 6.
- Total d’un Front - 270629. 18. 8.'
- Suivant l’extrait des toifez du Neuf-Brifack, il fe trouve quala dé-penfo d’un de fes Fronts a monté à - 308179. 1S- 0.
- La différence eft de 37549. 14. 4.
- Cette différence provient de deux endroits.
- 1. D e la fiippreffion des Tours baftionnées, dont la dépenfè monte à 40000. 1.
- 2. Des Revêtemens des Contregardes, qui font réduits à ij. pieds de hauteur, comme font ceux des Demi-Lunes, au lieu de 20. pieds qu’ils ont au Neuf-Brifack. Outre qu’on ôte encore les Surtous de maçonnerie qu’on a été obligé de faire à leurs Angles, afin de couvrir les Tours baftionnées des Batteries, que
- l’En-
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-
-
-
- FORTIFIER. Chap. XII. An. ///. 93
- PEnnemi feroit fur le Chemin-couvert, pour démonter celles des Flancs des Contregardes (*). Ce qu’ils ne font que très-mal; car en ruinant 10. ou 12. pieds de Profils de leurs Flancs , qui ne préfentent aux Batteries que des Angles très-aigus, les Flancs des Tours refteroient découverts à ces mêmes Batteries. Défaut que n’a point la Fortification propofée.
- Cette différence qui devroit aller à 50000. livres par Front, fe trouve réduite à 37549. 1. 14. f 4. d. par Front, par rapport aux Réduits & aux Souterrains des Battions, dont la dépenfe fe trouve ici plus grande. Ainfi on peut conclure qu’au moyen de cette nouvelle Difpofition d’Ouvrages, on feroit une Place au moins de quinze jours plus forte que le Neuf-Brifack, 8c on épargneroit encore 12450. 1. 4„f. 8. d. C’eft ce qui paroît tout ce qu’on peut defirer aujourd’hui de mieux fur cette Matière qui fe trouve bien ingrate*
- La XXII. & XXIII. Planche eft le parallèle des Attaques d’un des Fronts de la Fortification propofée 8c du Neuf-Brifack, depuis l’établiffement des Logemens fur leurs Chemins-couverts jufqu’à la prife de ces Places.
- Des Communications.
- I l ne fuffit pas de bien diriger les Ouvrages ; car quelque avantageufe que puiffe être la difpofition, elle ne lervira de rien, fi on ne les peut communiquer. C’eft à quoi on doit principalement s’attacher 5 parce qu’un
- M 3 Ou-
- (*) Ceci eft fuppofé pour fervir de parallèle au Neuf-Brifack ; car il faut revêtir tous les Ouvrages jufqu’au Cordon , ou du moins à 6. pieds au-defious du Talus extérieur du Parapet, comme vous le pouvez voir aux Profils de la Fortification ci-après. On a iuivi auffi h même épaiffeur des Murs du Neuf-Brifack, quoiqu’ils foient de beaucoup trop fprts.
- Plan*
- C H E S
- XXIV. &:
- XXV.
- p.93 - vue 95/465
-
-
-
- P t A H*
- C H E S
- XXIV.
- XXV.
- 94 L’ A R T D E
- Ouvrage dont la Communication n’eft pas aflurée, devient par ce défaut inutile , 8c quelquefois même def-avantageux.
- On communiquera de la Place à la Tenaille par une Poterne qui paffera fous le Rempart du milieu de la Courtine; obfervant que la Sortie foit bien couverte par la Tenaille , pour qu’elle ne puiffe pas être battue par le Canon.
- On defcendra de la Tenaille dans le Foffé par deux Rampes, ainfi qu’il fe voit aux PlanchesXXIV.8cXXV. Elles ferviront pour aller abbreuver les Chevaux, en cas de belbin, lorlque la Place eft affiégée, s’il y a de l’eau dans le Foffé, 8c s’il eft fec, pour faire fortir de la Cavalerie, comme cela devient quelquefois néceffaire.
- On communiquera .de la Tenaille au Réduit de la Demi-Lune , par une Poterne pratiquée deffous Ion Terreplain* On la fera au niveau du fond du Foffé, s’il eft fec, obfervant de fermer celui qui fépare la Tenaille du Flanc du Baftion, avec un ou deux rangs de Paliffades & d’une Barrière ,• & s’il eft plein d’eau, on fera la Communication d’une largeur affez confidera-ble, poür qu’il y puiffe paffer un Radeau ou petit Bateau que l’on conduit dans la Gorge dé la Demi-Lune pendant la nuit, àu moyen d’une corde attachée par une de fes extrémitez à cette Gorge, 8c par l’autre derrière la Tenaille , 8c qu’il faut laiffer aflez longue, pour qu’elle foit cachée dans l’eau, afin de ne point être coupée par le Canon.
- Cette maniéré de communiquer dans les Foffez pleins d’eau, ne fervira que lorfque l’Ennemi aura établi des Batteries fur le Chemin-couvert ; car auparavant on communiquera par des Ponts ordinaires, mais qui ne
- fervi-
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-
-
-
- FORTIFIER. Cbap. XII Art. III. 9S
- ferviront plus alors, d’autant qu’ils ne manqueroient pas d’être rompus. Quelques-uns veulent les laiffer, en les xxiv. & cachant fous l’eau de 2. ou 3. pouces, de maniéré qu’on xx^’ ne peut paffer deffus fans fe mouiller $ en ce cas il faut qu’ils foient pilotez 8c bien clouez, pour que l’eau ne les enleve pas. Mais on rifque la nuit de tomber dans l’eau.
- S1 le Foffé eft fec, on affurera la Communication de la Tenaille au Réduit par une Caponniere large de 30. pieds avec un Parapet de chaque côté, paliffadé de la même forme que le Chemin-couvert, 8c terminé également en Glacis. On couvre les Caponnieres pour être à l’abri des pierres en tems de Siège avec des Blindages ; 8c comme la pointe de la Palilfade furpalfe le Parapet de 9. pouces, il refte de petits Crençaux ou Meurtrières pour tirer.
- On fera deux Barrières de Sortie à l’extrémité de la Caponniere vers la Gorge du Réduit préférablement à aucun autre endroit , ne pouvant être découverte des Batteries de l’Ennemi.
- On montera de la Caponniere dans le Réduit par tm Efcalier pratiqué pour cet effet dans la Gorge; 8c à l’égard du Canon on l’y montera par un Pont de charpen? te fur Chevalets, conftruit en rampe depuis le fond du Foffé jufques dans la Gorge.
- On affurera la Communication de la Demi-Lune aux Places - d’Armes rentrantes du Chemin - couvert , fi le Foffé eft fec, par des demi-Caponnieres, ou Traverfes, qu’on fera depuis les Efcaliers de ces Places-d’Armes rentrantes jufqu’aux Faces des Demi-Lunes, y laiffant une Barrière contre le Flanc, fi les Demi-Lunes en ont; ou
- au-
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-
-
-
- $6
- V A R T DE
- plak- autrement on les fera joignant la Gorge des Places-xxiv. & d’Armes rentrantes.
- xxv* On communiquera de ces Barrières aux Places-d’Armes Paillantes le long de la Contrefc'arpe jufqu’aux Efca-liers qu’on y pratiquera pour y monter, comme aux Places-d’Armes rentrantes. Mais il faut obferver de n’en commencer les marches qu’à 6. pieds de hauteur, afin de monter cet intervalle fur des Madriers pofez fur de petits Chevalets qu’on culbutte dans le Folié en fe retirant, pour n’être point fuivi.
- I l eft aifé de s’appercevoir ici > que la quantité des Ponts qu’il faut faire fur les Foffez lorlqu’ils font pleins d’eau, les rendent incommodes; car le Ricochet 8c les Bombes les brifent journellement. Néanmoins il faut les maintenir ablblument toujours en bon état; ce qui caufebiende la peine 8c de.l’embarras au lieu que ceux qui font fecs, font exempts de tous ces défauts.
- CHAPITRE XIII.
- MEMOIRES DE FORTIFICATION
- Où l'on propofe me nouvelle Maniéré de difpofer /’Enceinte des Places i plus avantageufe que celles
- ri » h- TL fcmblc que l’unique application des Ingénieurs qui xxvi. 1 travaillent à perfectionner la Fortification, foit de rechercher de nouveaux Siftêmes, meilleurs que ceux qui font en ufage. Cette étude me paroît bien inutile j car
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-
-
-
- FORTIFIER. Chapitre XHL 97
- enfin il faut des Baftions abfblument, pour former une pr.^ Enceinte qui puilfe fe flanquer parfaitement, des Foffez xxvl profonds pour en rendre l’accès difficile, des Contref» carpes revêtues pour que la Defcente en foit moins praticable, des Chemins-couverts pour en défendre les Approches.
- V e u T-on des Dehors ? Ce font des Demi* Lunes, des Contregardes, des Tenaillons, des Lunettes, des avant-Foffez, des avant-Chemins-couverts , des Redoutes, des Ouvrages-à-Corne & Couronnez. Enfin quelque peine qu’on fe foit donné pour produire de nouvelles chofes qui ayent des propriétez avantageas pour la Défenfe , il a fallu toujours fuivre à-pe’u-près la figure de ces Ou* vrages. Il m’a paru qu’il convenoit donc bien mieux de s’attacher à donner à l’Enceinte des Places avec leurs Dehors ordinaires une Difpofition telle , <jue lorfque l’Ennemi voudra s’attacher à l’un, il foit vu de revers des autres -, de-for te qu’il foit obligé de prendre plufieurs Ouvrages pour y pénétrer.
- Jus qu’a préfent quand le Terrain à fortifier s’efl: trouvé uni & dégagé de tout ce qui peut s’oppofer à la régularité, on lui a donné la figure des Polygones réguliers , tels queleQuarré, l’Hexagone, l’O&ogone, &c. comprenant chaque Front de leur Fortification dans un des cotez de ces Polygones.
- Lorsqu’on a rencontré un Terrain entrecoupé de Rivières, ou Efcarpernens de Rochers confiderables, on s’efl: aflujetti à leurs bords qui offroient des Fortifications meilleures que celles qu’on auroit pu y faire , & qui
- avec cette propriété excellente diminuoient aufli confi-derablement leur dépenfe ; & ce point fait une des
- principales attentions des Ingénieurs , lorfqu’ils forti-
- Partie L N fient
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-
-
-
- Pt AN-
- € H fi
- XX'VI.
- 98 V A R T D E
- fient, pour ménager les Finances du Roi, qui dans cette occafion les en laiffe dépositaires. On a fortifié enfuite le rcfte du Terrain le plus régulièrement qu’il a été pof-fible, donnant toujours généralement aux Places confi-derées dans leur entier, la figure circulaire. Mais dans le premier cas, c’eft-à-dire , dans les Places régulières fituées en Terrain plain 3c également praticable poulies Attaques de tous cotez, il eft confiant que jufqu’au moment que l’Ennemi fe feroit déclaré par une Ouverture de Tranchée qui le puiffe fixer à un des Fronts de la Fortification, on eft incertain de celui auquel il peut avoir deffein de s'attacher. Ainfi l’Affiégé eft obligé de porter une. attention égalé par-tout , 3c de mettre même tous les Ouvrages en Défenfè ; ce qui eft très-difficile, du moins avec la précifion qu’on pourroit de-fïrer. Cela feroit bien different s’il fe trouvoit réduit à un, deux, trois ou quatre Ouvrages feulement.
- C’est ce que j’ai tâché de faire en donnant à toutes les Places régulières la figure quarréef 3c comme c’eft une nouvauté, il eft néceffaire de l’expliquer particulièrement.
- Je divife pour cet effet ce Chapitre en trois Articles. Dans le premier, je fais connoître les propriétez avantageufes de cette nouvelle Difpofition de Place, qui doivent la faire préférer à celles qui lontenufage, puiR qu’on n’en augmente pas la dépenfe ordinaire pouf cela. Dans le fécond, je propofe les Quvrages qu’il convien-droit d’y ajouter pour l’améliorer encore confiderable-ment. Et dans le troifiéme, je mets la Défenfe & la dépenfe d’une Place conftruite de cette maniéré en parallèle avec celle du Neuf-Brifack.
- ART R
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-
-
- FORTIFIER. Cbap. XUL Art. L
- ARTICLE PREMIER.
- Dans lequel on fait connoître les propriêtez avant a-geufes de la nouvelle Dijpofoion des T laces qu'on propoje.
- Supposons une figure quarrée , dont chaque côté foit fortifié par deux Fronts; ce qui fera l'équivalent d'un Oétogone avec Demi-Lunes 8c Chemins-couverts à l'ordinaire, ainfi qu'il eltrepréfenté à la XXVI. Planche; & examinons quelles peuvent être les propriêtez de la nouvelle Difpofition de Place differente de la circulaire qu’on a obfervé jufqu'à préfènt. *
- S i l’Ennemi avoit deffein de pénétrer dans la Place par le Baftion A, il envelopperoit dans fes Attaques les deux Demi-Lunes B, C, qi^i le depaffent, 8c n’arrive-roit au pied de leur Glacis qu’avec les difficultez ordinaires; mais cela fera bien different dans la fuite. Lors donc qu'il s’y fera bien établi par une bonne parallèle, il fera en état d'infulter le Chemin-couvert, & de le faire, ou par Sape, ou de vive force. Or il ne pourra attaquer de l’une ou de l'autre maniéré que les Places-d'Armes faillantes D , E, parce qu'il feroit trop éloigné de celles F devant le Baftion A, 8c qu’il lui faudroit ef-fuyer le Feu des deux Demi-Lunes B, C, qui dans cette occafion le croiferoient de revers. D’où l’on peut juger , qu'il .ne feroit pas affez imprudent pour s’engouffrer dans un pareil Rentrant, qu'il feroit d’ailleurs obligé d'abandonner après avoir fait des pertes infinies. Car il faut remarquer que ces Feux ne feroient pas les feuls qui le
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- verroient, les Batteries biaifées des Courtines de droite 8c de gauche du Baftion A, le croiferoient égalementx êc il ne fauroit leur en impofer, ne pouvant trouver aucun emplacement propre à faire des Contrebatteries pour cela, à caufe des Demi-Lunes B., C, qui les couvrent.
- L'Assiegeant s'en tiendra donc pour lors aux Lo-gemens des Places-d’Armes faillantesD, E, lefquels de-pafferont de quelques toifes les Traverfes joignantes.; mais il faudra qu’il y falfe des Epaulemens confïdera-bles à leurs extrémitez , pour fe couvrir du Feu des Faces des Demi-Lunes. Cette difficulté augmentera bien davantage , lorfqu’il voudra s'étendre le long des Branches des Chemins-couverts, qui tendent vers le Baftion attaqué A; car il faudra pour y réuffir, qu’il chemine en double Sape & Traverles tournantes , pour fe couvrir des revers, & fe défiler en même tems du Feu des Batteries biaifées des Courtines qu’il ne fauroit interdire, comme je viens de le Taire remarquer. Tous ces obftacles joints çnfemble fhffir.oient feuls pour lui faire abandonner le projet d'une pareille Attaque. Néanmoins recherchons les moyens* qu'il pourroit imaginer pour en venir à bout, comme il tâcheroit s’il avoit tant fait que de l’eritreprendre. D'ailleurs ce fujet mérite bien d’être développé pour être certain des propriétez avan-tageufes de cette nouvelle Difpofîtion de Place qu'on propofe.
- En fe rendant maître des Demi-Lunes B, C, & y plaçant des Batteries pour y démonter celles des Courtines , l'Ennemi feroit enfuite plus aifement le Logement des Chemins-couverts, pour arriver au Baftion A; mais il ne peut les battre en Brèche que d’un côté,
- c’eft-
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- FORTIFIER. Chap. XIIL Art. L icr
- c’eft> à-dire, que des Faces qui tendent vers les Baftions G & H, ne pouvant faire des Batteries fur les autres, à caufe des Revers dont nous avons parlé. Ainfi il ne fauroit les prendre qu’avec de grandes peines, puifqu’il n’auroit qu’un point pour y pénétrer.
- Apres donc que l’Ennemi auroit réuffi, & qu’il au-roit démonté les Batteries des Courtines, il étendroit Ion Logement le long des Branches des Chemins-couverts des Demi-Lunes, qu’il n’auroit pas encore fait jusqu’aux Places-d’Armes rentrantes, où il fe trouvera battu de revers par les Batteries des Flancs. Suppofons cependant qu’il Surmonte encore cette difficulté, en faisant Son Logement en double Sape 8c Traverses tournantes, & fortifiant le Parapet du côté des Flancs, il fera enfuite celui du Chemin-couvert devant le Baftion A, 8c y conftruira des Batteries pour battre ccs Flancs en brèche. Après quoi il fera la defcente du Foffé pour le paffer,* ce qu’il pourra entreprendre de deux maniérés, Savoir en ne faifant qu’un paffage fur l’Angle flanqué, ou plutôt un fur chaque Face. Mais de telle maniéré qu’il le veuille faire, il fera battu de droite & de gauche par les Flancs qu’il ne fauroit démonter des Batteries du Chemin-couvert, ni meme des Demi-Lunes, par écharpe, à caufe des Orillons qui les en préfervent, lef-quels dans cette occafion ont leur mérite ce qui ne fe rencontre pas toujours de même.
- Ainsi après avoir pris les Demi-Lunes, y avoir monté du Canon , avoir achevé les Logemens des Chemins-couverts, 8c le tout avec des peines extraordinaires 8c des pertes immenfes, l’Aflîégeant ne manqueroit pas d’échouer au Paflage du Foffé. On peut donc être alluré que cette Attaque eft impraticable, ou du moins ce N j fe-
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- feroit tout ce qui peut arriver de plus heureux pour un Afliégé, que d’être attaqué par un pareil Rentrant ,• & c’eft en ceci qu’on peut reconnaître l’avantage des Bâfrions plats & desAngks obtus.
- Vojla donc l’Ennemi réduit au feul Baftion H, ou à fes égaux qui font aux trois autres coins de la Place. Il n’aura à la vérité aucun Feu de revers à efluyer, mais il n’y pourra pénétrer que par un feul point, en prenant les Demi-Lunes C, I, de droite & de gauche: avec cette difficulté cependant, qu’il n’en pourra battre en brèche que les Faces qui ont vue fur le Baftion H; car le Logement fur les autres Faces n’eft pas praticable , à caufe de tous les Revers enqueftion.
- Concluons donc qu’une Place ainfi difpofée en figure quarrée, ne peut être entreprife que par quatre endroits-, au lieu que fi elle étoit circulaire, elle le pour-roit être également par-tout, même avec beaucoup moins de difficulté^, & que cette Difpofition n’en augmente pas la -dépenfe ordinaire pour cela. A quoi il faut encore ajouter , que pour améliorer les Places confinâtes à l’ordinaire, il faut augmenter des Ouvrages tout-autour 5 au lieu qu’à celle qui vient d’être pro-pofée, avec une très-petite dépenfe on la peut fortifier confiderab-lement ; c’eft ce cp’on fe propofe d’expliquer dans l’Article fuivant.
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- ARTICLE II.
- Des Ouvrages qtiil conviendrait encore de faire pour améliorer cette nouvelle Difpoftion de Place.
- IL faudroit par préférence à tous autres Ouvrages retrancher les Battions des quatre Angles de la Place qui font oppofez aux Attaques.
- Le Retranchement que je propofe, eft un peu different de ceux qu'on a pratiqué jufqu’à préfent dans cette occafion, mais il eft meilleur ; car il ne diminue rien à la capacité des Flancs, & il en eft néanmoins feparé par un Foffé d’une largeur raifonnable. Les Brifures des Courtines conftruitesen Batardeaux, ferment l’entrée, & elles ne fauroient être battues, n’étant découvertes que par écharpe, 8c affez imparfaitement, à caufe des Orillons.
- Ce Retranchement fe conftruit en prenant la ligne VX pour un côté du Polygone, & donnant un feptié-me à la perpendiculaire, & un tiers du même côté pour les Faces du Retranchement 5 ce qui en donne les Flancs 8c la Courtine.
- La Gorge du Baftion retranché fe fait en prolongeant les Brifures ou Batardeaux de droite 8c de gauche , 8c fàifant un Recoupement au milieu d’un Flanc à l'autre, comme il fe voit au Deffein.
- A l’égard de la Conftru&ion de la Place, je prens la moitié d’un des cotez du Quarré qui a 180. toifes^ que je divife en deux parties égales par une perpendiculaire que j’y abaiffe, 8c éleve. Je donne pour cette per-
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- Planche XXV L ,
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- pendiculaire en dedans la 9e. partie de ce côté de 180. toifes qui eft 20., 8c par ce point je fais paffer mes Lignes de Défenfe.
- J e donne yo. toifes à chaque Face des huit Bâfrions ; ce qui me donne des Flancs & des Courtines; 8c je fais des Orillons 8c des Flancs concaves à tous ces Battions, de la maniéré que je Fai enfeigné au Pentagone^).
- Les Tenailles fe font de même.
- Je donne 15. toifes au Foffé de la Place, 8c je le tire à l’angle de l’Épaule des Battions oppofez.
- Demi-Lunes & Réduits.
- Je porte 8 y. ou 90. toifes du milieu de la Courtine far la perpendiculaire-, ce qui*me donne l’Angle Flanqué des Demi-Lunes; 8c j’en tire les Faces de ce point à 10. toifes, au-deffus de l’angle de l’Epaule des Bâfrions fur les Faces. * .
- J e donne 10. toifes à fon Folfé.
- J e conftruis des Réduits dans ces Demi-Lunes en leu* donnant 30. toifes de Gorge, laquelle je pouffe de 3. à 4. toifes en avant du Polygone extérieur , pour que les Flancs que je fais de 7. toifes , foient mieux couverts des Faces de la Demi-Lune. Les Faces de ces Réduits font parallèles à celles des Demi-Lunes. Je donne au Foffé du Réduit 6. toifes, 8c j’échancre les Profils des. Demi-Lunes, de façon que les Flancs du Réduit puif-fent découvrir les Faces des Battions, comme nous l’ayons déjà dit en parlant de leur Conftruétion (f).
- Revenons aux Battions retranchez. L’efpace qui
- refte-
- (*) Voyez ci-devant Cbap, VIL pag, 41.
- (t) Ci-ievant Ckap. IX. pag. 61.
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- FORTIFIER. Chap. XIII. Art. IL ïo5
- reftera entre leur Gorge & le Retranchement, en fermera le Foffé , qu’il eft néceffaire de tenir fec, c’eft-à-dire au-deffus des eaux, s’il y en a dans le grand. Fof-fé de la Place , afin de pouvoir communiquer avec plus de facilité au Baftion que je remplis entièrement de terre à la hauteur de fon Rempart pour n’en former qu’un Terreplain , 8c qu’il foit aifé d’y pratiquer en tems & lieu des Retranohemens qui ne puinent pas être dominez des Remparts. D’ailleurs il en' devient plus propre à la manœuvre, comme nous l’avons déjà dit, & outre cela il procure une bonne hauteur de Contrefcar-pe ou Revêtement de Gorge, devant le Retranchement de la Place. On communiquera dans ce Fofle par une Poterne paffant fous le Rempart, & allant fe rendre à 6. pieds près du fond ; d’où on montera dans le Baftion par un Pont fait fur Chevalets. Lorfque l’Ennemi fera en état de l’attaquer, on l’ôtera, & on y communiquera par des Efcaliers dans la Gorge, obfervant qu’il n’en faut commencer les marches qu’à 6. pieds près du fond du Foffé, pour y defceiidre fur des Madriers pofez fur de petits Chevalets, afin que fi l’Ennemi vouloit defcen-dre dans le Foffé , foit en vous pourfùivant dans votre Retraitte , ou autrement, il n’y ait qu’à culbuter les Chevalets. De-forte qu’il° reftera un Efcarpement de 6. pieds qui l’arrêtera ; & quand même il le fauteroit, il n’y auroit qu’à obferver la même chofe à l’entrée de la Poterne. Par ce moyen on fera affiné de fa Retraitte & des Surprifes.
- On pourra auffi défendre l’accès de ces Efcaliers par un petit Tambour de charpente conftruit dans la Gorge du Baftion.
- On fera aufli des Galeries de Contremine fous le
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- Terreplaîn du Baftion au niveau du fond du Fofle du Retranchement. Elles ferviront pour en difputer le paffage à l’Ennemi, & pour lui enlever fes Logemens , & leur entrée eft afliirée, jufqu’à ce qu’il foit à portée de faire la Defcente du Fofle.
- Le Parapet de ce Baftion eft de 2. pieds plus bas que celui du Retranchement & de tout le Corps de la Place.
- . Le Revêtement du Corps de la Place, du Baftion 8c des Demi-Lunes., a 24. pieds de haut; mais le Talus extérieur du Parapet des Battions retranchez a 2. pieds moins que celui du Corps de la Place, & celui des Demi-Lunes à proportion.
- Le Réduit eft revêtu fur 24. pieds de haut, & a 6* pieds de Talus extérieur du Parapet.
- Ces meîures peuvent fervir à toute forte de Fortifications, excepté le Baftion retranché dont nous donnons lè profil à la Planche XXVII.
- Voila les Ouvrages qu’il conviendroit principalement de faire dans le premier établiffement des Places. Suivant cette Difpofition, elles ne couteroient pas plus que les Places ordinaires.
- I l rie feroit néceflaire de retrancher que les Battions expofez à l’Attaque, la déperife n’en étant pas grande^ car je retranche le Revêtement extérieur du Parapet de la Place pour les raifons que j*ai déjà dites , je fuppofe le Cordon à 8. pieds au-deffous du Talus extérieur du Parapet du Corps de la Place, 8c à 6. au-defious de celui des Battions retranchez , de même que des Réduits. & Demi-Lunes.
- Le Revêtement a par-tout 24. pieds de haut.
- Je mets les Magasins à Poudre dans les Partions détachez,.
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- FORTIFIER. Chap. XIII. Art. Il ïo7
- tachez, ou retranchez, parce qu’ils font plus éloignez des Bâtimens de la Place; & fi les Baftions où ils font conftruits, font attaquez, on les fera vuider, & on les démolira. C’eft pourquoi je ferois d’avis qu’on ne les fît pas fi maffifs, en fe contentant feulement d’une petite voûte de brique pour les mettre hors des accidens du Feu.
- • 1 l faut retrancher les deux Places-d’Armes rentrantes devant les Faces de ces Baftions retranchez, par les raifons que nous en avons données ci-devant (*) * à moins qu’on ne voulût faire devant chaque Baftion retranché , une Contregarde qui eft l’Ouvrage qui y con-viendroit le mieux. Si l’on y vouloit d’autres Dehors, on fuivroit les régies prefcrites ci-deifus (f).
- Pour faire voir combien cette Diipofition eft avanta-geufe & préférable aux meilleures qu’on ait mifes en ufa-ge jufqu’à préfent, je vais la mettre en parallèle avec celle du Neuf-Brifack, qui eft le chef-d’œuvre des PI a* ces régulières , tant pour ce qui concerne la Défenfe, que la dépenfe.
- ( * ) Voyex Chap. IX. pag. 63,
- (t) Chap. yil. pag. 39.
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- L’ART DE
- Plan-
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- ARTICLE III.
- Oh P on met la Dêfenfe d'une Place conflruite fuivant la nouvelle Difpofition que l'on propofe de leur donner , en parallèle avec celle du Keuf-cBrifack, afin d'en connoître la différence ainfi que de leur dé-penfe. m •
- IL faut fuppofèr la Place propofée attaquée en même teins que le Neuf-Brifack, dans unejufte égalité de toutes chofes de part & d’autre ,* on y trouvera mêmes Chemins-couverts 8c mêmes Contrefcarpes, avec la différence néanmoins du Retranchement des Places-d’Armes rentrantes. L’Ennemi arrivé *au Paffage des Foffez ,• feroit ceux de la Demi-Lune 8c des deux Contregardes d’un des Fronts du Neuf-Brifack en même tems, ainfi que leurs Logemens, lefquels une fois établis réduiroient l’Afliégé au point de capituler, ainfi que je l’ai fait connoître ci-devant (*).
- Mais à la propofée l’Ennemi n’auroit encore pris que les Demi-Lunes M -, car il ne pourroit pas communiquer aux Brèches du Baftion K , à caufe des Flancs des Réduits L, qui leur verroient prefque de revers &, à bout touchant. Âinft le Neuf-Brifack feroit pris, lorfqu’à celle-ci il ne feroit encore maître que des Demi-Lunes. Il lui reftera donc encore les Réduits à prendre, le Paffa-ge du Foffe du Baftion à rachever, pour fe loger feulement fur l’Angle flanqué, à caufe du Tambour de charpente qui l’empêcheroit de fe porter en avant. Il faut
- remar-
- {*) Voyez ci-de (Tus Chap. XIL Art. IL f*£. s3*
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- FORTIFIER. Chap. XIII. Art. III. io9
- remarquer ici que, lorfqu’il Se fera abfolument attaché à l’Attaque dû Bafiion K, on ne manquera pas de déblayer le Parapet de fes deux Flancs qui ne peut dans ce cas fervir à rien, afin qu’il foit obligé en cheminant dans fon Terreplain d’effuyer le feu des Batteries biai-fées des Demi-Lunes O, de celles qu’on peut pratiquer dans les rentrantes R, en mettant feulement une file de Gabions le long de la Contrefcarpe, de celles S dans le FofTé s’il eft Sec,- enfin de celles des Flancs des Réduits N, & des Brifures T, des Orillons des Battions , lesquelles jointes à l’effet des Mines, ne manqueront point de retarder confiderablement le progrès de les Loge-mens, 8c de le faire infiniment Souffrir*
- Cependant l’Ennemi ayant Surmonté toutes ces difficultez, & étant entièrement maître duBaftion, il ne pourra pas mettre en Brèche le Retranchement de la Place avec le Canon qu’il y pourroit monter, à eau-Se de la profondeur de fon Folle, qui empêche de découvrir affez de la hauteur de fon Revêtement pour cela. Il fera donc obligé de fe Servir de la voye du Mineur. Mais, lorfqu’il en fera là, il n’y aura qu’à le remplir de bois de chauffage avec quelques autres matières combuf-tibles 8c propres à entretenir le feu qu’on y aura mis; 8c ce ne fera pas une petite difficulté qu’il lui faudra encore Surmonter, pourvu qu’on ait foin de l’entretenir en y jettant du bois Suffisamment pour cela. Comme cette manœuvre paroît un peu problématique, quoiqu’elle ait été mife plufieurs fois en pratique, je crois qu’il convient de l’examiner à fond, pour connoîtrefa poffibilité.
- Le Foffé de ce: Retranchement peut avoir environ j6o. toifes quarrées de Superficie , que je fuppofe devoir être rempli de 3. pieds de hauteur de bois) cela
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- xxvr.
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- fera 80. toifes cubes qu’il en faudra. La corde efl: de 6. pieds de long fur 6. de haut 8c 4. d’épaiffeur, qui eft la longueur des bûches. Ainfi une corde contient les deux tiers d’une toife* par conféquent il en faudra une centaine, qu’on n’arrangera pas comme l’on fait quand on les met en corde, mais on croi-fera les bûches les unes fin* les autres , pour donner du jour à la flamme 8c au feu de fe communiquer par-tout , obfervant de l’écarter un peu du Revêtement. De-forte qu’au lieu de 3. pieds de bois, on en aura plus de 6. Une pareille quantité toutes les vingt-quatre heures, en les jettant bûche à bûche, fera plus que fuffifante pour l’entretenir. Ainfi autant qu’on aura de centaines de cordes de bois, autant de jours on rendra le Palfage du Foffé impraticable. D’ou l’on peut conclure qu’on en peut mettre en réferve un millier de cordes pour fervir à cette manœuvre. Mais il faut obferver que le'fond du Foffé doit être abfolument au niveau des eaux ,* car autrement l’Ennemi poufferoit fa Galerie de Mineurs par-deffous, 8c rendroit ce feu inutile en l’étouffant avec les débris des Retranchemens 8c de la Contrefcarpe, que ces Mines renverferoient dans le Foffé.
- On ne peut donc plus douter qu’une Place ainfi difpofée feroit beaucoup plus forte que le Neuf-Brifack avec fes Dehors à demi-Revêtement, tant par la prolongation certaine de fa Défenfe , que par les pertes confiderables qu’un Ennemi y feroit.
- Maintenant fi l’on examine leur dépenfe , on trouvera que celle d’un des Fronts du Neuf-Brifack où il n’y a point de Porte, efl: montée fuivant les toifez qui en ont été faits, aux Entrepreneurs à 30817p. 1. 13. C
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- FORTIFIER. Chap. XIII ArtJII. i*r
- les uns réduits avec les autres : & qu’un Front de la Fortification propofée n’auroit coûté. que 270756. 1. 15. f. 5. d., comme on le peut voir par l’eftimation qui fuit, qui eft même un peu forte $ car on pourroit diminuer l’épaiffeùr des maçonneries & la profondeur de la fondation, 8c même la largeur des déblais de terre pour l’établir. . /Unfi on auroit donc eu 37422. 1. 17. f. 7. d. de revenant bon fur chaque Front, c’eft-à-dire, 29937p. h io. f. 8. d. pour-les huit enfemble,- 8c en l’employant à mettre des Dehors fur les quatre Battions ou Têtes oppofées aux Attaques, qui feroient déjà néanmoins, comme je viens de le faire connoître* beaucoup meilleurs que le Neuf-Brifack, on l’auroit encore augmentée très-confiderablement, 8c ces‘Ouvrages extérieurs auroient d’ailleurs contribué à rendre les Battions des Centres moins infultables, à cauïe des revers qu’ils y auroient pris. A quoi il faut aufïi ajouter, que le Neuf-Brifack eft également expofé aux Attaques de tous cotez , 8c qu’on feroit incertain du Front auquel l’Ennemi auroit deffein de s’attacher, jufqu’au moment qu’il le fâffe connoître par un établiffement de Tranchée qu’il puiffe fixer^
- Ainsi il ne refte plus que le tems qm’il peut mettre pour arriver à portée du Chemin-couvert pour le mettre en Défènfe, de même que les Ouvrages, retrancher Pun 8c l’autre T faire des Ponts de Communication qui n’y font pas en petit nombre y de-fbrte que ce tems eft bien court pour pouvoir faire toiites ces chofes avec la préci-fion qui feroit à defirer. Ce défaut fe trouve ici corrigé en partie j car on peut être afluré' que l’Ennemi ne peut pénétrer dans la Place que par ces quatre Angles, où l’on portera toute fon attention , laiflant les autres parties.
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- dans leur état ordinaire, dont le mérite vous met dans une fituation à ne pas être obligé d’y rien ajouter.
- Tant de propriétez fi avantageufes pour la Défenfe, fans augmenter la dépenfe ordinaire des Places, me fait efperer qu’on ne peut qu’approuver la' nouvelle Difpofi-tion que je propofe de leur donner, d’autant plus qu’elle peut s’appliquer, en tout ou en partie, dans les lieux qui ont quelque bout de Terrain plain & uni.
- EXTRAIT DU TOISE
- Ejlimatifdes Ouvrages d’un des Fronts de la Fortification propofée , fiuivant les prix portez par les marche^ du Neuf-'Brifack, pour connoître de la différence de leur dépenfe.
- Corps de la Place.
- Une Face, un Flanc, une-Courtine, & la moitié du ‘Retranchement de la T lace-, enfemble
- Toifes. pieds, pouc. Livres, fol?, den.
- • 1742. 3. o. cubes de terre à 31.fi
- 9. d. la toife, ci - 1766. 4. 4.
- 126» 2. o. de charpente à 1 jo. 1.
- le cent, - - 189. 10. o.
- 1308. 5. j. cubes de maçonnerie
- à 38. 1. la toife, 49738. 6, o.
- j 2694. o, 4.
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- FORTIFIE R.. Chap. XIU. Art. UI. nj
- Toifes. pieds, pouc. Livres, fols. den.
- De la page précédente, y 2694. o. 4.. yiy. 4. o. quarrées de gazonnage à 37. f. la toife, - 19. 8.
- NB. que la pierre de taille y ejl comprife auprix de 38,1. la toife cube.
- 9750. Farines à 4. 1.
- 12. f. le cent, - 448. 10. o.
- Total - 74096. 10. o.
- Toterne du milieu de la Courtine, y compris VAque-duc pour P écoulement des Eaux de la Tlace.
- Toifes. 22J. pieds. O. pouc. 0. cubes de terre à 31. f. Livres. fols. den.
- 9. d. la toife, ci - 3J7- 3- 9*
- JO. 4- '3- cubes de maçonnerie
- à 38.1. la toile, - 344<*- 18. 4-
- II. 1. 6. cubes de maçonnerie
- féche à 12. 1. la
- toife, . - - - - X3T- 0. 0.
- 66, 0. 0. quarrées de ciment à
- 6.I: - - - - 396. 0. 0.
- *3- 2. 0. de charpente à iyo.l. .
- le cent, - - - - 20. 0. 0.
- DeuxPortesdemenui-
- ferieàij. 1. - - 30. o. o,
- 438 J. 2. I,
- Partie /.
- P
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- 214
- L’ A R T DE
- Livres. fols. den.
- De lapage précédente 4385. 2. 1.
- Deux Events auxdites
- Portes à 1. 1. - - - 2. o. o.
- 500. liv. de fer neuf à 2. f. 8. d. la livre, - - - - 66. 13. 4.
- 220. liv. dç plomb à 3, f. la livre, 33. o. o.
- Total - 4486. ij. j.
- NB. Il doit être compté dans la dépenfe dm des Fronts delà Fortification propo-fée celle d’une Demi-Poterne pour communiquer au Baf-tion retranché r laquelle moitié monte \
- a *-*
- - - - 2143.. 7. s.
- :Bafiion retranché, une Face, un Flanc, la Demi-Gorge & le ‘Bâtardeau.fermont le Fojfé du ‘Retranchement ; enfemble
- Toifes. pieds, pouc. Livres, ibis. deu.
- j>22. 3. 0. cubes de terre à 31. f.
- 9. d. la toife, ci - 1464. 9. 4.
- p.114 - vue 116/465
-
-
-
- F O R T I F I E R. Chap. XIIL Art. 111. 115
- Toifes. pieds, pouc. Livres, fols. den.
- De la page précédente 1464. 9. 4.
- 68. 4. o. de charpente à 150.1.
- le cent, - - 103. o. o.
- 673. 3. 10. cubes de maçonnerie
- à 38. 1. la toife, - 25598. y, 6.
- iy. ô. o; courantes de marche
- de pierre de taille à 4 1. la toile, - - 60. 0. 0.
- I3I* o, 0. quarrées de gazonnage à 37. f. la toi-
- fe, 242. 7. 0.
- O O m 0. 0. Facines à 4.1. 11. f.
- le ceiit, - - 161. 0. 0.
- Total. - z?6ip% H H P
- • Galeries des Contreminei.
- Toifes. pieds, pouc, „ Livres, fols. . den.
- 202. 3. 0. cubes de terre à .31.. f.
- 9. d. la toife, ci 321.. 9. 4.
- 7j. o. o. quarrées demaçonne-
- rie d’une brique d’é-paifleur à y. 1, la •. toife, « - - - 375. 0. 0.
- Total - 6p6. 9. 4,
- Tenaille, j compris la Communication fouterrainè.
- Toifes. pieds, pouc. Livres, fols. den.
- 1329. o. o, cubes de terre à 3 r. f
- 9. d. la toife, ci - 2109. 15. 9.
- P-2 ~
- p.115 - vue 117/465
-
-
-
- il 6 Toifes. pieds, pouc.. L* A R T DE Livres. fols. deib
- De la page précédente 2109. 1 J* 9°
- io 6. 4. 0. de charpente à 1 jo. L le cent, - - 160. 0. 0.
- 45>i. 7. 6. cubes de maçonnerie à 38. 1. la toife, - 186^2. 16. t:
- 3. 3- 4- cubes de maçonnerie fécheàia. 1. - - 42. *3- 4*
- •ai. 0. 0. quarrées de ciment à 6.1. - - - - i%6. 0. 0.
- 18j. 2. <?. quarrées de gazonna- ge à 37. f. - - 343. 5- 0.
- 3000. Facines à 4. 1. 12. f. le cent, - 138. 0. 0.
- Deux Portes à 1 y. 1. chacune, . . . 30. p. 0.
- çoi liv. de fer à 2. f. 8. d. - - -• - - 6> I3* 4*
- ij. liv. de plomb à . 3. f. - - - - - ' 2. 5- 0.
- Total - 2idji. 9* 1.
- Toif. pieds, pouc. ’iig. %êduit. Livres. fols. detf.
- ioij. 3. 0. 0. cubes de terre à 31. f. 9. d. la toife, ci - 1612. 2. I.
- 7 J. 2. 0. 0. de charpente à 1 jo. 1. le cent, - - 113. O. O.
- ^78. 2. 6. 8. cubes de maçonnerie à 38* 1. la toife, - 25780. 3- 8.
- 27JOJ. J» J».
- p.116 - vue 118/465
-
-
-
- FORTIFIER. Cbapt XI11. Art. 111. 117
- Toif. pieds, pouc. lig. Livres, fols, den,
- De la page précédente. 2740y. y. ç>. 131. 3. o. o. quarrées de gazonna-
- ge à 37. f. - -courantes de marche de pierre de taille à 243. 5* 6.
- 4. 1. la toile, - . ~ 84. 0* 00
- 2700. Facines à 4.1.
- 12. £ le cent, » - 124. 0. o.
- Total - 27?y<5« ii* $•
- Demi .-Lune.
- Toif. pieds, pouc. lig. # Livrés. Ibis, den.
- 2389. 3. o. o. cubes de terre à 31. £
- 9. d. la toile, ci - 3793*. 6. 7.
- i<58, o. o. o.. de charpente à 150. !. .
- le cent j - - - 252. o. a.
- 1585. 1. 1. 4. cubes de maçonnerie
- à 38. 1. la toile, - 60238. 6. 8.
- 28* 0. 0. o. courantes.de marche • de pierre’de taille à
- 4. l.~ - - - - ii2v a. o.
- 293. 2. o. o. quarrées de gazonna-
- geà 37. f. - . V J4Z. 13. 4.
- 9000. Facines à 4. 1.
- 12. f. le cent, - 414. o. o,
- Total - tfyjp. 6. 7»
- p.117 - vue 119/465
-
-
-
- 1x8
- L’ A R T DE
- Contrefcarpe. Livres, jfos. de».
- Toif. pieds, pouc. lig.
- 188j. 0. 0. 0, cubes de terre à 31. fl
- 9. d. la toife, ci - 2992. 8. 9.
- 173. 0. 0. 0. de charpente à 150.1.
- le cent, -. - - 260. 0. 0.
- 765. 3. 4. 8. cubes de maçonnerie
- à 38. 1. la toife, - 29091. 9. 3.
- 84. o. o. o. courantes de marche .. de pierre de taille
- à 4. 1. la toife, - 336. o. o.
- 4000. Facines à 4. 1.
- ,12. f. le cent, - 184. o. o.
- Total - 32863. 18. o.
- Retranchement de IdTlace-d1 Armés rentrante.
- Toifes. pieds.
- j6. o.
- 16. 4. 108. 2. 66P 4.
- 40. o.
- pouc. Livres, fols. de».
- o. o. cubes de terre à 31. f
- 9. d. la toife, ci - 88. 18. o.
- o. o. de charpente à 1 jo. 1. *
- le cent, - - - 40. o. o.
- 8. 4. cubes de maçonnerie
- ‘ à 38. 1. la toife, - 4121. 1. 3.
- 2. o. quàrrées de gazonnage à 37. 1. - - 123. 7. 8.
- o. o. courantes de PalilTades
- à 2. 1. 7. f. la toife, - 9 4. o. o.
- 1600. Facines à 4. 1.
- 12. f. le cent, - 73. 12. o.
- Total - 4J40. 18. 11.
- a*-
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-
-
-
- FORTIFIER. Cbap. XIIL Art. 111. itp
- Chemin-couvert. Toifes. pieds, pouc. Livres. fols. den.
- 355. o. o. courantes de Paliffades à 2. 1. 7. £ la toi-fe, ci - - - - 8 34- h O.
- 4j3. 4. 6. quarrées de gazonna- ge à 37. f. la toi-fe, - - 839. 8. 9•
- Neuf grandes Batteries à do. 1. chacune, Î4°- 0. 0.
- Neuf petites à 30. 1.
- chacune, - 270. 0. Oi
- 4joo. Facines à 4.1. 12. f. le cent, 207. 0. 0.
- Total - idpo. 13- 9•
- Excavation desFojJez.
- Toifes. pieds, pouc. . . 0 Livres. fols. den,
- 15407. 0. 0. cubes-de terre a 31.. f. p. di la toifej ci - 24458, 12, 3®
- Omette. ' Toifesr. pieds, pouc.. Livres. fols. ‘de».
- 324. 2. 8. cubes de terre à 31. f. . j>. d. la toife, ci - jij. I. 1.
- Capm-
- p.119 - vue 121/465
-
-
-
- I zo
- L’ A R T D.E
- Caponniere, y compris P Aqueduc pour fervir à écouler les Eaux de la Canette.
- Toifes. pieds, pouc. Livres, fols» den.
- 3 2. o. . o* cubes de maçonnerie à
- 38. 1. toile, ci, - 1116. o. o.
- 72. o. o. quarrées de ciment à
- 1. - - - 431. o. o.
- 13. 3* 0« quarrées de gazonnage
- à 37. f. - - - - 24. 19. 6.
- 17. 3. o. courantes de Palifla-
- des à 2.1. 7. f. - - 41. 2. 6.
- Une grande Barrière
- garnie, - - - - 60. o. o.
- Total - 1774. *• °«
- RECAPITULATION.
- Livres, fols. den.
- Corps de la Place - - - . - 54096. IO, O.
- Poterne - - - - - 4486. IJ* J-
- Demi-Poterne * ~ - • - 2243. 7- 8.
- Baftion retranche 27d2p. 1. 10.
- Galeries des Contremines - - V 696. 9- 4.
- Tenaille - r - • *- 2I*5jI. 9. 1.
- Réduit - - - *7956- 11. 3*
- Demi-Lune - . 65352. 9- 7.
- Contrefcarpe 32863. 18. 0.
- Retranchement de la Place-d* Armes ren-
- trante - - - - - ' 4540. 18. 11.
- Chemin-couvert - - - 2690. ?3- 9*
- Excavation des Fojez - 24458. 12. 3-
- Çunette - - yif- 1. 1.
- Caponniere - - - 1774- 2. 0.
- Total général du Front - 27095^. 0. 1,
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-
-
-
- FORTIFIER. Cbap. XI1L Art. llh ni
- Suivant l’extrait des toifez du Neuf-Brifack, il fe trouve que la dé-penfe d’un de fes Fronts eft montée à Lines, fois. den.
- lafommede................308179. 13. o.
- Celui propofé couteroit - - 270956. o. 1.
- Différence pour un Front - - 3?“3- 12. II.
- Et pour les huit enfemble - - 297789. 3. 4.
- R E M A R Q U E.
- I l proviendra des Excavations des FolTez & des Fondations des Revête-mens d’un des Fronts de la Fortifica- Toifes. pieds, pouc.
- tion propofée la quantité de - - I9682. 2. 4.
- cubes de terre..
- I l n’en faut pour former lesdits
- Ouvrages que - - - 16494. 0. i.
- L’exces eft de 3188. *• 3-
- qu’on employera pour remplir le Terreplain des Baf-tions des centres , pour y faire enfùite des Cavaliers ; & s’ils n’étoient pas nécelTaires, comme cela arrive très-fouvent, on en fera l’épargne, & en même tems celle des 3291. toiles cubes de terre qui le trouvent de plus qu’il n’en faut pour former les Ouvrages d’un Front de la Fortification propofée, en réduifant la largeur du Fofle de la Place à 13. toifes, celui du Réduit à j., & celui Partie /. dé
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-
-
-
- tu
- L9 A R T DE
- de la Demi-Lune à io., ainfi qu’au Neuf-Brifack, on bien diminuer un pied de la profondeur, ou autrement prolonger le Glacis de quelque toife dans la Campagne ou enfin, fi l’on veut encore , on peut relever tout le Profil de la Place d’un pied. Cet expédient eft le plus convenable de tous. Pour conclufion on en doit ufer fiiivant les tems, les lieux, les occafions, & les incon* veniens qui peuvent fe rencontrer.
- La Planche XXVII. eft le Profil du Retranchement & de fon Baftion pris fur fa Capitale , & où Pou voit le Profil des Galeries des Contremines.
- CHAPITRE XIV.
- T>e la Fortification mêgulkre. .
- CEtte Partie de l’Art de fortifier eft plus excellente que la précédente^ étant très-facile de dreffer le Plan d’une Fortification régulière , 8c beaucoup plus difficile de bien fortifier une Place irrégulière, dont les eirconftances nous contraignent à nous écarter des régies , quoiqu’il faille obferver par-tout ce que j’ai dit aux Maximes ci-devant de la Fortification régulière,, e’eft-à-dire , de ne point faire d’Ouvrages qui foient: hors de Défenfe pour être trop éloignez les uns des autres , 8c qui ne foient pas aufïi trop petits , parce qu’ils feroient incapables de réfiftance, 8c qu’il en fan-droit davantage. La dépenfe par conféquent en feroit plus grande^ ainfi ce feroit manquer de connoiflance..
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-
-
-
- F O R t I F I E R, Chapitre XJV. iij
- Un Ingénieur montre principalement fon adreffe & fa fcience, lorfqu’il s’accommode tellement à une fituation irrégulière , qu’il fe fert de tous les avantages que lui fournit la Nature, & qu’il rend une Place très-forte fans faire des dépenfes , ou trop grandes, ou inutiles. J’ajoute que l’ufage de cette Partie eft plus ordinaire,* parce que l’occafion de bâtir de nouvelles Places eft afi fez rare.
- Il faut favoir premièrement, qu’il y a deux cas où l’on fortifie irrégulièrement. Le premier en bâtiffant une Ville toute neuve, où l’on eft obligé de s’affujet-tir au Terrain; & le fécond de fortifier une Ville déjà bâtie , qui n’eft environnée que de Amples Murailles. Dans le premier cas on fe peut rentrer en dedans autant qu’il eft néceffaire, félon les differens Ouvrages qu’on veut faire. Ce qui eft .bien different dans le fe?-cond , où les Maifons ou autr es Bâti mens en empêchent, étant du Bien public de n’en rafer que ce qui eft abfolument indilpcnfable.
- Conflruâion cïm Hexagone irrégulier.
- Suppose’ donc qu’on voulût fortifier l’Hexagone irrégulier ABCD EF, dont l’intérieur eft tout rempli de Maifons. Je commence par en mefurér tous les cotez, & je fais une figure femblable fur le papier. Après je fais une Echelle de 200. ou 300. toifes , & je cotte la longueur de chaque côté de l'Hexagone, comme par exemple AB, 120. toifes.
- Tous les cotez étant mefiirez exa&ement, il faut confiderer la quantité de Baftions qu’on peut établir fur le Polygone, afin, comme j’ai dit ci-devant, de ne
- Q 1 pas
- Plan-
- che
- XXVIII
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-
-
-
- Plan-
- che
- xxvur.
- 124 L’ A R T DE
- pas faire de dépenfe mal-à-propos car la conféquence en eft grande. Il faut remarquer qu’une Place bâtie avec moins de Baftions, eft préférable à une autre. Il ne s’enfuit pas de là qu’un Quarré ou un Pentagone foit préférable à un Ennéagone ou à un Dodécagone mais je veux dire qu’une Place qui fe peut bâtir avec fix ou fept Baftions , vaut mieux que fi elle l’étoit avec huit ou neuf, parce qu’ayant moins de Baftions, les parties en font plus grandes. Ainfi elles ont plus de réfiftan-ce,- pourvu que les Lignes de Défenfe ne paffent pas 1 jo. ou tout au plus 160. toifes, qui eft la derniere extrémité.
- L’Hexagone ci-joint fe peut fortifier avec fix Baftions , & qui fera parfaitement bon. Il faut toujours ©bferver d’approcher du régulier autant qu’il eft pof-fible.
- Le côté AB ayant 120. toifes, en donnant de chaque côté la cinquième partie pour les demi-Gorges, ce feroit 24. pour chacune, qui feroient enfemble 48. toifes, il ne refteroit que 72. toifes pour la Courtine qui à la vérité feroit fort bonne 8c recevable, puifqu’el-le pourroit paffer à 50. toifes ou moins dans le befoin. Mais confiderant que le côté BC a 168. toifes , il feroit inutile de le faire paffer avec deux Baftions ; la Courtine feroit trop longue , & la Ligne de Défenfe n’auroit plus fa proportion.
- Voici le remède. Je donne à ce côté AB une Courtine de 80. toifes, ou 85. fi je veux, & les demi-Gorges AG, BH, ont chacune 18. ou 20. toifes : 8c comme c’eft l’ufage, lorfqu’on a du Terrain, du moins pour l’occuper, de donner 60. toifes de Gorge & plus félon le befoin, le côté BC ayant 168. toifes,
- pour
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-
-
-
- FORTIFIER. Chapitre X1F. ny
- pour fuppléer au défaut de la demi-Gorge BH , je prens 40. toifes de B en K avec BH 20., par confé-quent toute la Gorge du Baftion HK a 60. toifes ; & 40. toifes que je donne à F autre demi-Gorge CL , il refte pour la Courtine KL 8 y. ou 86. toifes, 8c la Ligne de Défenfe LN. qui eft la plus longue, n’a pas iy6. toifes.
- Le côté CD qui n’eft pas fi long que BC, n’ayant que iyi. toifes , je prens 20. toifes de C en O avec les 40. toifes CL, qui font encore 60. toifes pour la Gorge du Baftion LO égal au précédent, donnant à la Courtine OP , comme à la précédente , 8y. toifes. Ainfi tout le refte a fa proportion ^ obfervant toujours lorfqu’on a un grand côté 8c un petit, de prendre la plus grande partie de la demi-Gorge fur le plus grand côté. Cela étant on ne peut manquer de faire une bonne Fortification. Lorfque les cotez font plus petits, comme fi on avoit deux cotez , l’un de 120..toifes, & l’autre de 100. ou moins , on feroit la Courtine & les demi-Gorges à proportion.
- Ayant marqué toutes les demi-Gorges 8c les Courtines aux endroits où elles doivent être, on éleve d’abord les Flancs, comme K 8c L, perpendiculairement fur la Courtine, au crayon feulement, parce qu’ils n’y doivent pas refter. On détermine leur longueur par le moyen de l’Echelle de 2y., 18. ou 30. toifes félon que l’Angle de la figure eft aigu ou obtus, comme les Angles C. L’Angle C étant plus obtus que TAngle B, on donne plus de hauteur aux Flancs. On peut encore conftruire le Baftion LRMQ^de la façon que l’on voit, élevant les deux Flancs égaux LR, OQ^, tirant une ligne RQ^, 8c la divifant en deux parties égales au Q. 3 point
- P LfcM-C H E
- XXVII
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-
-
-
- 12, 6 v A R T D E
- point S. De ce points, on éleve une perpendiculaire SM égale à RS ; par ce moyen l’Angle flanqué M eft droit, & on a du Feu de la Courtine.
- Pour avoir l’obliquité des Flancs , & pour leur donner ioo. degrez d’ouverture avec la Courtine, comme à la Fortification régulière, il ne faut qu’ouvrir le compas du point N au point L, & le porter de L en R ^ vous aurez le Flanc LU. Faites de même du point M au point K, & portez de K en T, & ainfi du refte.
- Les Angles flanquez des Battions fe déterminent par des lignes tirées de l’Angle du Flanc à la hauteur dé l’autre Flanc. Comme par éxemple, pour avoir l’Angle flanqué N , mettez la régie au point L & au point T , 6c tirez NT , faifant de même du point G par le point V , l’Angle eft déterminé en N. Si on le veut plus aiguj on éleve davantage le Flanc j-fi on le veut moins aigu, on baiffe le Flanc, fuivant que L’AngLe de la figure fe rencontre. On doit fe fouvenir que des trois lettres qui fervent à nommer un Angle, celle du milieu défigne toujours l’Angle.
- Les Orillons & les Flancs concaves font comme à la Fortification régulière.
- Les Remparts ont n à 15. toifes , & les Parapets 3, toifes , comme à la régulière.
- Le FofTé la même chofe; fa largeur depuis ij. juP qu’à 20. toifes, 6c parallèle aux Faces, lorlque les Lignes de Défenfe tombent fur la Courtine , ou qu’il y a du Feu de Courtine , comme au Baftion RMQ. »
- Les Demi-Lunes fe font de la même maniéré qu’à la Fortification régulière,, obfervant de ne leur point faire les Angles obtus, ni trop aigus, & que leurs Faces foient tirées à 3. ou y, toifes fur les Faces des Battions.
- Les
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- FORTIFIER. Chapitre XIV. n7
- Les Flancs fc font comme à la Fortification régulie- Pt an. re, de même que leur Gorge, obfervant de retrancher xxvili. tout ce qui pafleroit leur Profil par les raifons que nous avons dit ci-devant au Pentagone régulier, & pour que les Flancs du Baftion découvrent PAngle qui leur eft oppofé, 8c de rentrer 4. à y. toifes en dedans, fi le F'offé eft plein d’eau. Quand leurs Faces ne viennent pas égales, il faut fe retirer fur le plus grand côté pour les y rendre à peu près.
- Les Tenailles fe font comme à la Fortification régulière, obfervant que quand la Face d’un Çaftion prend du Feu delà Courtine, il faut tirer une ligne de l’Angle de l’Epaule du-dit Baftion à l’Angle du Flanc de l’autre Baftion oppofé, 8c cette ligne marquera la Face de la Tenaille, parce que fi l’on fuivoit la Ligne de Défenfe,, cela la rendroit abfolument défeétueufe. Voyez celles marquées X & Y.
- CHAPITRE XV.
- Fortifier une Place irrégulière de huit côte%.
- LE côté AB ayant 54. toifes , il convient de l’enfer-
- mer dans la Gorge du Baftion, en prenant d’un cô- xxfx. té 3. toifes, 8c de l’autre y., pour élever les Flancs. Le Flsurc 1 refte BC ayant 282. toifes, on y fait un Baftion plat au milieu , auquel on donne yo. ou do. toifes de Gorge. Enfuite on partage la Gorge en deux également au point I , qui font 30. toifes de chaque côté L, M.
- On éleve les Flancs perpendiculaires aux points L, M
- égamc
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-
-
-
- Plan-
- che
- XXIX. Figure x.
- 128 V A R T DE
- égaux à la demi-Gorge LI ou MI, de M en N Sc de L en O. Après on tire la Ligne NO au crayon ,♦ puis on la partage par le milieu au point P. En-fuite on éleve une perpendiculaire à ce point jufqu’en
- égale à PN ou PO,- & du point Angle flanqué du Baftion, on tire les Faces, paflfant aux points O & N qui donnent du Feu de Courtine. L'Angle flanqué de ces B allions plats eft toujours droit , Sc leurs Flancs fe font dé 100. degrez d'ouverture fur la Courtine , parce que fi on les faifoit par une ouverture de compas, comme à la régulière , ils fe préfenteroient trop à l’Ennemi, & racourciroient trop la Face, comme on le peut voir par ceux qui font ponétuez.
- Il faut remarquer que , lorfqu’un côté du Polygone eft trop long pour n'avoir que deux Baftions à fes ex-trémitez, on en fait un plat au milieu, qui eft un très-bon Ouvrage, lorfqu'il a fes proportions. Il faut aufli obferver, lorfqu’un côté eft d’une moyenne grandeur, & que ceux qui le joignent, font plus longs , de prendre de plus grandes demi-Gorges for les plus grands, comme on voit dans cette Figure Sc dans la Planche précédente.
- Lorsqu’il y a un Angle rentrant, comme E, les Angles D Sc F deviennent aigus ; Sc pour bien fortifier ces trois Angles, il faut en premier lieu faire du point E en R & S de grandes demi-Gorges de 60. ou 80. toi-fes, Sc à fes extrémitez élever de grands Flancs perpendiculairement, auquel on peut donner 30., 40. ou jo. toifes, & tirer une ligne au crayon TV qu’on divifo par le milieu , Sc on éleve une perpendiculaire de la grandeur d’une de les moitiez, ou un peu moins, félon la Figure. On nomme cet Ouvrage un Baftion en
- Platte-
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-
-
-
- FORTIFIER. Chapitre XV. np
- Platteforme, qui eft fort grande félon ces cotez oppo-fêz,- & par le moyen de ces grands Flancs, je fupplée au défaut des Angles aigus D & F, parce qu’on tire la Défenfe de ces deux Baftions au-delfus des Angles du Flanc, comme en X & Y; autrement les Baftions D 8c F étant trop aigus, ne pourroient être fortifiez; & c’eft la véritable maniéré de fortifier des Angles aigus, que d’élever de grands Flancs au Baftion qui eft entre-deux. Ainfi ce côté du Polygone devient très-fort, parce qu’ayant un Angle rentrant, les Feux le croifent fur les Flancs 8c fur les Courtines, 8c par conféquent fe multiplient par la raifon que le côté intérieur FED a plus de longueur que l’exterieur DF.
- P o u r conftruire les deux Flancs de deux Baftions fur les cotez FE, DE, il faut imaginer la ligne au crayon DF, 8c lever & bailfer les Flancs perpendiculairement à cette ligne , afin d’être obliques fur leur Courtine , & pour ne pas donner dans les Flancs du grand Baftion, mais bien dans les Faces , afin d’avoir un Feu fichant qui prenne l’Ennemi à dos; ce qu’on eftime beaucoup. On fait auflî au côté de ces grands Baftions des demi-Tenailles pour bien défendre les Baftions oppofez, comme elles font auprès de T 8c V.
- Tout le refte fe fait à l’ordinaire; les Parapets, les Remparts, les Tenailles, Demi-Lunes, Chemins-couverts, en obfervant de faire des Recoupemens aux Gorges des Demi-Lunes, afin que le Feu du Flanc découvre l’Angle flanqué du Baftion oppofé, comme le Flanc B découvre l’Angle d, en faifant le Recoupement que l’on voit , à la demi-Gorge de la Demi-Lune entre-deux.
- Pu n-
- G H »
- XXIX. Figure r
- Partie /.
- R
- CHA-
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-
-
-
- 1/ A R T DE
- Pus-
- € H fi
- XXIX. Figure i.
- ÏJO
- müf ms m m m m m m& m mw,
- CHAPITRE XVI.
- Fortifier me Place irrégulière fituée proche d’une Riviere.
- AYant rneforé tous les cotez de la Place , favoir AB, de iyy. toifes, comme il eft trop grand pour n’avoir que deux Baftions , il a fallu faire un Baftion plat au milieu, lequel a do. toifes de Gorge On élevé, comme il a été expliqué aux autres Baftions plats * les Flancs de la hauteur de 20. toifes, & par leurs ex-trémitez on tire des lignes qui forment les Faces , & dont la direction tend aux points K & Q^. Ces Baftions quoiqu’obtus font excellens , parce que les Demi-Lunes que fon conftruit for les Courtines de leurs cotez,, forment un rentrant qui empêche l’Ennemi de s’en approcher f 8c je les préféré à tout autre, comme je l’ai fait remarquer à ma nouvelle Difpofition de Place.
- P o o R conftruite le Baftion A à l’extrémité de la Riviere, il faut le prendre intérieurement j ce qui fe fait: en baiffant une ligne au crayon du point î juîqu’en K,, donnant l’obliquité au Flanc. On a auffi la Face du Baftion , en la tirant du point A jufqu’a la rencontre dut Flanc Kl 8c du point K on tire la Courtine en L qui a la longueur de celle du côté BV.
- Le côté BC ayant 1&8,. toifes de longueur , on prend, comme j’ai dit ci-devant,, plus de la moitié des demi-Gorges fur ce côté, afin de donner des Lignes de Défende dfone raifonnable grandeur, & toutes les autres à graportioiu, L b
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- FORTIFIER. Chapitre XVl 131
- Le côté DC ayant 160. toifes, on prend prefque toute la Gorge du Baftion D fur ce côté , pour s'accommoder aufli aux proportions.
- Les cotez DE, FE , ayant chacun ijo. toifes qui forment un Angle rentrant, en E, on fait un Baftion en Platteforme fur ces cotez, auxquels on donne une grandeur convenable aux demi-Gorges & à la hauteur des Flancs, afin de ne rendre pas les Angles flanquez des Baftions trop aigus , fur-tout celui du Baftion F. Ils fe conftruifent, comme je Fai enfeigné ci-devant, fe fouvenant que pour rendre les Flancs obliques, il faut imaginer une ligne ponétuée DF, fur laquelle on éleve & bailfe lesdits Flancs. Le Flanc gauche du Baftion F ne tire fa Défenfe du Baftion en Platteforme E, que de la moitié de (on Flanc droit, comme du point M, parce que Payant tirée directement de l'Angle du Flanc, l’Angle flanqué du Baftion F feroit trop aigu, & par conféquent incapable de réfiftance; au lieu que par ce moyen il eft recevable, puifqu’il a plus de ôo.‘ degrez.
- Le côté FG ayant 190. toiles, ne peut avoir que deux Baftions 5 & le Baftion G fe doit prendre extérieurement , parce qu’il ne fe peut prolonger dans la Rivière. On éleve une ligne au crayon fur le côté FG dif Polygone, pour y pratiquer fon Flanc droit, comme il eft marqué.
- Les cotez GH & HA pris enfemble font 300. toifes. On les peut fortifier auflî, comme il eft marqué à la Planche XXX. Figure 2. , où le côté eft fuppofé de 340. toifes. Cela rend ce côté beaucoup plus fort que le précédent, fuppofé que la Riviere ne foit pas impraticable aux Ennemis.
- Ayant remarqué que le Baftion F étoit à Pen-R 1 droit
- Pt ANCHE
- XXIX. Figure 2,
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- Planche XXIX. Figure t.
- Planche XXX. Figure i,
- 131 L’ A R T D E
- droit de l’Attaque de la Place, j’y ai pourvu par Lè Contregarde P que j’ai conftruite à l’ordinaire, en fai-fan t une parallèle au Foffé de 10. toifes, & fon Foffé de 10. toifes, auflî parallèle.
- Il eft auflî à propos de faire des Eclufes à l’entrée des Foflez du côté de la Riviere, pour faire entrer & fortir les eaux lorfqu’il eft: néceflaire , aux endroits marquez N & O.
- Les Tenailles fe font à l’ordinaire, de même que tous les Ouvrages, tant intérieurs qu’exterieurs.
- CHAPITRE XVIL
- Fortifier une Ifle.
- APres avoir bien examiné cette Ifle, & en avoir levé & mefiiré exactement le Plan , on voit la quantité de Baftions qu’on y peut faire , comme ici de dix, obfervant autant qu’il eft poffible, d’en faire moins que plus, pour éviter la dépenfe.
- On fortifie donc ordinairement ces Ifles intérieurement, ne pouvant jetter les Baftions en dehors, à eau-fe de la Riviere. Ayant marqué tous les cotez , on baille des perpendiculaires du milieu , auxquelles on donne la 6e. ou la 8e. partie du côté, ou 14. à 15. toifes, remarquant toujours de ne point faire d’Angles flanquez au-deflous de 60. degrez.
- Qjj and c’eft une grande Ifle qu*on ne veut pas faire la dépenfe de fortifier entièrement, on fe contente de faire un Fort régulier de quatre Baftions à l’endroit le
- plus
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- FORTIFIER. Chapitre XVII. 133
- plus convenable. Si l'Ifle n’eft pas extraordinairement grande, on la fortifie outre le Fort cjue je viens de di- xxx. re* mais ces dernieres Fortifications ne font ordinaire- la ment que de terre , ou bien on fe contente d'y faire quelques Redoutes aux endroits les plus nécelfaires.
- J'ai fait deux Demi-Lunes à la féparation & à la jon&ion de la Riviere, pour couper le Terrain. J'en ai fait auffi une autre marquée A, pour garder le Pont.
- Ces fortes de Places n’ônt befoin d'aucuns Dehors, & les Ouvrages intérieurs fe font à l'ordinaire.
- CHAPITRE XVIII.
- Fortifier me T lace fur une Montagne.
- IL faut d'abord remarquer la quantité de Battions PlAw-
- -, 1 r r • * 11/ r c H *
- quon peut y placer, lans faire trop de depenie, & xxxl pour la mettre en bonne Défenfe, faifant enforte d’occuper tout le Terrain, afin que l'Ennemi ne puilfe fe placer dans aucun endroit que par force. Ayant mefiiré tous les cotez qu’on a trouvez de la longueur qu'ils font marquez, on ne peut fortifier cette Place à moins de neuf Battions, fans tomber dans le défaut, comme j'ai dit ci-devant, de faire des Défenfes trop grandes, ou de laiffer du vuide fur les extrémitez de la hauteur, qu'on feroit obligé d'occuper par d'autres Ouvrages qui ne fe feroient pas fans dépenfe, & ne feroient pas fi à propos.
- Le coté AB étant de 156. toifes, je place deux Bâfrions aux extrémitez , en fortifiant le tout exterieure-R 3 ment,
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- Plan-
- che
- XXXI,
- Ï34 U A R T DE
- ment, comme on y eft oblige dans cet exemple, parce qu’on eft borné par les extrémitez de la Montagne.
- Le coté BC de 178. toifes convient aufli à deux Battions, chacun à fes extrémitez , abaiffant une perpendiculaire du milieu de ce côté, de même que de tous les autres, fur lefquels on porte le 6e., le 7e. ou le 8e. du côté, félon que l’Angle flanqué fe trouve ouvert, afin de le ferrer davantage , pour qu'il approche plus du droit , quoique fur les hauteurs on n’obferve pas tant de donner directement des Angles droits qu’en rafe Campagne , parce que l’Ennemi ne peut facilement fe placer pour battre ces Ouvrages.
- On continuera autour de la Place de la même façon, obfervant que , lorfqu’un côté eft plus petit que l’autre, il faut fe retirer fur le grand, pour prendre la plus grande partie de la Gorge du Baftion ,• Sc par ce moyen tout fe trouve dans une jufte proportion, & fur-tout les Lignes de Défenfe, qu’il faut prendre garde de ne pas faire hors de la portée du Moufquet, qui eft, comme j’ai dit plufieurs fois depuis cent jufqu’à cent cinquante toifes tout au plus.
- Le côté AB étant le feul par où l’on puiffe attaquer la Place, le refte étant fuppofé impraticable, il convient de le Fortifier par quelque Ouvrage qui foit d’une bonne Défenfe, tel qu’eft un Ouvrage-à-Corne, le Terrain ne nous permettant point d’y faire un Ouvrage couronné.
- Cet Ouvrage fe conftruit comme il a été dit au Pentagone régulier. On peut aufli conftruire à l’extrémité de fon Glacis trois Lunettes , telles qu’on les voit marquées fur le Plan , lefquelles feront couronnées d’un bon Foffé & d’un Chemin-couvert.
- Le Plateau de la Montagne marqué D, pouvant fer-
- vir
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- FORTIFIER. Chapitre XVUL *35
- vir à l’Ennemi pour y conftruire des Batteries^pour bat- Piètre le Baftion & les Courtines F G HI, il eft à propos xxxi. d’occuper ce Terrain par quelque Ouvrage, comme fe-roit une Lunette, à>-laquelle on joindra un Chemin-couvert , tel qu’on le voit fur le Plan, & dont la Con-ftruétion fera telle que le Terrain le pourra permettre.
- CHAPITRE XIX.
- Des Citadelles.
- QUand un Prince s’eft rendu maître d’une Place pi.a»-. qu’il a deffein de garder, 8c qui a beaucoup d’Ha- xxxii. bitans peu affectionnez, la prudence veut qu’on y fade conftruire une Citadelle, pour retenir lesdits Habitans dans le devoir, & empêcher quelque révolte ou trahi-fon de leur part.
- La conftruétion des Citadelles eft differente, luivant les differens endroits & les differentes fituations. On cherche toujours celle qui eft la plus avantageule, c’eft-à-dire , qu’il faut qu’une Citadelle loit fituée de façon qu’elle commande la Ville,* & par conféquent elle n’en doit pas être éloignée plus que de la portée du Canon , qui eft de 125. à 15:0. toifes pour les Pièces de quatre.
- Telle eft la Citadelle de Bezançon, celle de Bayonne,
- Sc plufieurs autres. Il eft inutile de donner la maniéré de les conftruire, parce que c’eft le Terrain qui en décide dans ces occasions.
- Mais, lorfque c’eft dans un endroit où l’on peut en quelque maniéré choiffr le Terrain , on les peut faire
- tenant
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- Plan-
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- XXXII.
- I3<* L* A R T DE
- tenant à la Ville par des Communications, comme il Jfe voit à celles de Strasbourg, de Perpignan, de Lille en Flandres, de Barcelone en Efpagne , & à une infinité d’autres, obfervant de choifir la fituation la plus élevée 8c la plus avantageufe qui Toit aux environs de la Place, pour que l’Ennemi ne puiffe pas attaquer la Citadelle préférablement à la Ville; car pour lors, fi-tôt qu’il s’en feroit rendu le maître, il le leroit de la Ville. Ç’eft pourquoi il faut la fituer de maniéré qu’il foit obligé de prendre la Ville la première , 8c enluite la Citadelle , pour qu’il fafle deux Sièges au lieu d’un.
- Quand la Ville où l’on veut faire conftruire une Citadelle, eft dans le milieu d’une Plaine, fans Rivières , marais ni hauteurs aux environs, il faut pour lors relever le Terrain où l’on veut conftruire la Citadelle, le plus qu’il eft poflible , en faifant les FolTez larges 8c profonds, & faire des Cavaliers fur les Ouvrages qui regardent la Ville, pour que le Canon domine mieux; 8c pour lors ceux qui font du côté de la Campagne, doivent être fortifiez le mieux qu’il eft poffible, par des Contregardes , Ouvrages-à-Corne 8c à Couronne, des Lunettes avancées, des avant-Foffez & avant-Chemins-couverts, 8c enfin par tous les Ouvrages qui la peuvent mettre hors d’infulte.
- S’i l paffe une Riviere à quelque diftance de la Ville, on conftruira ladite Citadelle de ce côté-là, en-forte qu’elle foit entre la Ville 8c la Riviere , 8c on pouffera les Ouvrages jufqu’à ladite Riviere, pour que l’Ennemi ne trouve pas quelque Terrain propre à y établir des Attaques. C’eft ce qu’on a fait à la Citadelle de Strasbourg, en pouffant tes Ouvrages jufques fur le bord du Rhin. „
- S’il,
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- FORTIFIER. Chapitre XIX 13/
- S’il paffoit aufli quelque Riviere dans la Ville, qui pût former quelque inondation par le moyen des tciu-fes, il faudroit faire en-forte que les eaux en cette occa-fion enveloppaflent en tout ou en partie la Citadelle, jfùppofé néanmoins qu’on ne pût faigner ces inondations.
- A l’égard de la figure qu’on donne aux Citadelles, la régulière eft la plus ordinaire, quand le terrain le permet. Celle de Mayence eft un Quarré 5 celle de Perpignan eft un Hexagone ,• & celles de Strasbourg, de Lille, de Barcelone, de Pampelune, de Turin, d’Anvers, &c. un Pentagone qui eft la figure la plus convenable.
- Pourm’être pas obligé de démolir beaucoup de murailles & de maiîons de la Ville, un coté de Polygone luffit du côté de la Ville pour retenir les Habitans dans leur devoir j c’eft pourquoi les Communications de la Ville à la Citadelle peuvent aboutir à l’Angle flanqué des deux Baftions oppofez, comme vous le pouvez voir à la Planche ci-jointe Figure 1.
- Il faut que ces Communications joignent les Revête-mens des Baftions des Citadelles, comme vous le voyez à celle de Strasbourg, 8c nçn comme à la 1. 8c 3. Figures, parce qu’on pourroit entrer dans la Ville par les Foflez*, ce qui ne doit pas être. Ces Communications font faites en Batardeau, de la largeur du Fofle qu’elles traverfent. On y laifle au milieu au niveau du fond du Fofle, un trou de 2. pieds en quarré, pour le paflage des eaux de la Cunette s’il y en a une, ou de celles des Foflez s’ils font pleins d’eau,* 8c ce trou eft bouché par une ou deux grilles de fer. ,
- On laifle au moins un efpace de 40. toifes entre le Partie h S Ghe-
- PLANi
- C HE
- XXXIL
- Figure iJ
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- Plan-
- che
- XXXII.
- Figure r.
- Figure %. Figure 3.
- 138 L’ART DE
- Chemin-couvert de la Citadelle & les maifons de la Ville, & plus s’il eft poffible. Cet elpace s’appelle l'Efplanade, & fert à pouvoir découvrir, de loin ce qui vient de la Ville, & de la Citadelle. A l’égard de fa conftru&ion, c’eft la même que celle du Pentagone régulier ci-devant.
- La première Figure de la Planche ci-jointe eft un deffein des Communications de la Citadelle de Strasbourg à la Ville.
- La deuxième Figure eft celle de Barcelone.
- Et la troifiéme celle dé Pampelune.
- Avant que de finir ce Chapitre, il eft bon de faire remarquer que, quand on veut faire conftruire une Citadelle à une Ville , 8c que la fituation eftindécife, c’eft-à-dire, que le terrain n’oblige pas à la fituer plutôt d’un côté que d’un autre, il faut lever bien exactement le Plan de la Ville & des Environs jufqu’àla portée du Canon , ou quelque chofe de moins. Après quoi on conftruit fur un morceau de papier à part, & fur la même Echelle que la Ville, une- Citadelle telle qu’il convient de la faire 5 enfuite on coupe le papier qui refte blanc, à l’extrémité du Glacis de la-dite Citadelle. Cela étant fait, il eft facile de la pofer fur le Plan de la Ville & de fes Environs, aux endroits ou l’on juge qu’elle doit être, & on la rentre dans la Ville, où on la fort dans la Campagne, fuivant le befoin & les différens inconveniens qui le peuvent rencontrer. Cela donne la facilité de la tranfporter d’un lieu à un autre, fuivant les différentes idées qu’on peut avoir, ou fuivant les avis qu’on peut nous donner ; ce qui ne fe peut faire quand on la conftruit tout d’un coup fur le même Plan de la Ville. Quand enfin après une mûre délibération
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- FORTIFIER. Chapitre XIX. ri9
- ration on eft convenu de fa fituation, on arrête cette Citadelle ambulante avec deux épingles fur le Plan de la Ville.. On en pique enluite tous les Angles & autres Ouvrages. Après quoi on Pote , & on la deffine pour lors fur le Plan, n’étant pas difficile enfuite de la tracer fur le terrain , comme nous l’enfeignerons dans le premier Chapitre de la fécondé Partie.
- Fin de la première Partie.
- S 2r
- TA-
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- TABLE
- DES
- CHAPITRES.
- PREMIERE PARTIE.
- C H A P I T R E I.
- INvenùon & Progrès de la Fortification, Pag. I
- CHAPITRE IL
- Définitions, &
- CHAPITRE IIL
- Noms y Explications & Ufagcs des principales Parties qui compofent une Place fortifiées à la moderne, p-
- Noms des principales Lignes qui fervent à la ConftruBion d'une Fortereffe, ibi d a
- Noms des principaux Anglesy io
- Noms de différent Ouvrages y n
- CHAPITRE IV.
- Maximes de la Fortification, 20
- CH A-
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- TABLE DES CHAPITRES. CHAPITRE V.
- Preuve de l'avantage des Angles flanquez des Bafîions qui font droits ou approchant, du defavantage de ceux qui font trop aigus, Pag. 22
- Avantages ëf Defavant âges des flancs, 24
- C H A P I T R E VL
- Conjlru&ion d3un Quarrê régulier, 2 y
- Des Foffez, 27
- De la Contrefcarpe , 28
- Des Demi-Lunes, > 29
- Du Chemin - couvert, 31
- ConjlruBion du Chemin-couvert, 34
- Du Glacis, 36*
- Dijlribution des Bâtimens du Corps de la Place , 37
- /# P lace - d'Armes , ibid.
- Remarque, 38
- CHAPITRE VIL
- ConflruBion d'un Pentagone régulier, 39
- D« Flancs brifez, Éf Orillons, 40
- Tenailles devant les Courtines, doubles & fimples, 42 ConflruBion d'un Ouvrage-à-Corne , 44
- ConflruBion des Cavaliers, 46
- Conflru&ion des Barbettes, 47
- Diftribution des Bâtimens. du Çorps de la Place, 48
- Explication de la dijlribution des Bâtimens de la Planche VIL Figure 1., 4^
- Seconde ëf troiftème dijlribution pour 1e Pentagone r ja
- S \
- CH A-
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- TABLE
- CHAPITRE VIII.
- ConflruBion d'un Hexagone régulier, Pag. ji
- Des Demi-Lunes y ibid.
- D'un Ouvrage couronné y ConftruBion des Lunettes y
- ConftruBion d'une Contre garde y jj
- Diftribution des Bâtimens du Corps de la Place 9 ibid. Remarque fur cette Méthode de fortifier,
- Du Quarré, ibid.
- Du Pentagone y 57
- De l'Hexagone, ibid.
- Des Figures au-deffus de l'Hexagone y ibid.
- Des Réduits dans les Demi - Lunes , jp
- CHAPITRE IX,
- ConftruBion d'une Fortification régulière des Ouvrages
- qu'il conviendrait d'y faire pour fa Dêfenfe, 60
- Corps de la Place, ibid.
- Demi-Lunes & Réduits, ibid.
- Du Réduit y ibid.
- Des Chemins-couverts y des Caponieres, des Lunettes a-vancées, 6z
- CHAPITRE X.
- ConfiruBion de la Fortification régulière félon la Méthode de Mr. de Vauban, 68
- C H A P I T R E XI.
- Maniéré de fortifier fuivant le nouveau Siftême de Mr. de Vauban, exécuté aux Fortifications du Neuf-Brifacky 70
- Tra-
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- DES CHAPITR ES.
- Tracé du Neuf-Brifack y Pag. ibid.
- Réduit 9 71
- Demi - Lunes, ibid.
- Chemin - couvert, ibid.
- Propriété z du Sifiême à Tours baft tonnée s, 7 y
- C H A P I T R E XII.
- ConjlruBion dune nouvelle Difpofition de Place qui fert de correBion au Neuf-Brifack, ' 79
- Article I. ConftruBion des Ouvrages propofez , ibid. Article II. Propriétez Avantages de cette Difpofition au-de [fus de celle du Neuf-Brifack, 80
- Article III. Etat ejlimatif des Ouvrages de la Fortification propofée, 8 y
- Des Communicationsy 0 93
- CHAPITRE XIII.
- Mémoires de Fortification , ou Von propofe une nouvelle Maniéré de difpofer tEnceinte des Places plus avanta-geufe que celles qu'on a pratiquées jufqtià prèfent y p6
- Article I. Dans lequel on fait connoître les Propriétez avant a geufe s fie la nouvelle Difpofition des Places qu’on propofe, pp
- Article II. Dés Ouvrages qu'il conviendroit encore de faire pour améliorer cette nouvelle Difpofition de Places , 103
- Des Demi-Lunes Réduits, 104
- Article III. Ou Von met la Dêfenfe d'une Place confi truite fuivant la nouvelle Difpofition que Von propofe de lèur donner, en parallèle avec celle du Neuf-Brifack y afin d'en connoître la différence, ainfi que de
- leur
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- TABLE DES CHAPITRES.
- leur dépenfe, Pag. 108
- Extrait du Toifé eflimatif des Ouvrages d’un des Fronts de la Mortification propofée y fuivant les prix portez par les marchez du Neuf-Brifack, pour connoître de la différence de leur dépenfe, m
- CHAPITRE XIV.
- De la Fortification irrégulière, 122
- ConflruBïon d’un Hexagone irrégulier, 123
- CHAPITRE XV.
- Fortifier me Place irrégulière de huit cotez, 127
- CHAPITRE XVI.
- Fortifier une Place irrégulière fituèe proche dune Rivière, 130
- CHAPITRE XVII.
- Fortifier me lfie 7 132
- CHAPITRE XVIII.
- Fortifier une Place fur une Montagne, 133
- C H A P I T R E XIX.
- Des Citadelles7 135
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- M I L I T A I R E,
- OU L’ A R T DE
- O
- Qui enfeigne d’une manière courte & facile
- La Construction toutes fortes deFoRTiFicATioNS Régulières & Irrégulières ;
- DEUX NOUVEAUX SYSTEMES
- Pour confiruire, avec beaucoup moins de Dêpenfe, des Places dune Défenfe plus longue & plus avantageufe que celles qui font fortifiées fulvant le Syftême .de Mr. le Maréchal ^ Yauban ; & leurs A t t a qjj e s pour en connoître la Défenfe $
- La Construction des Chemins-Couverts fur toutes fortes de Terrains ; avec les D e v i s nécejfaires pour celle des Fortifications;
- ££ i/A rt^ dejfiner & de laver les Pla ns ;
- Démontré dans quarante Planches en taille douce,
- Par M * * *. ;Officier de Distinction, sous le Régné de LOUIS XIV*’
- On y a joint un Traité de l’Art de la Guerre.
- SECONDE PARTIE,.
- J L A H A Y E
- Chez JEAN NEAULME et ADRIEN MOETJENS.
- M. D C a XL L
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- FORTIFIER.
- SECOND E TART1E.
- CHAPITRE PREMIER.
- Tracer une Place fur le Terrain.
- E plan du Terrain à fortifier ayant été exactement levé, & les Ouvrages projettez fur le papier , approuvez du Prince, il ne s’agit que de les exécuter fur le Terrain. C’eft ce qui vous fera facile à faire, en vous fervant du demi-cercle avec des pinulles ou de la planchette, des cordeaux ou chaînes, de la toife, & des piquets au lieu de régie & de compas.
- Sachant par votre plan où l’on doit placer l’Angle flanqué de vos Baftions, il faut les marquer fur le terrain, en y faifant planter de longs piquets appeliez Jalons, de même qu’à tous les Angles de votre Fortification , lefquels vous ferez femblables & égaux à ceux de votre plan par le moyen, comme j’ai dit, du demi-cercle ou de la planchette j & à mefure que vous plan-Partie IL A te-
- P l AK-
- cm
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- t L* A R T D E
- terez des piquets ou jalons, vous ferez fuivre par des Travailleurs qui feront fur le Terrain une trace avec un pic d'un jalon à l'autre ; & enfin vous tracerez ainfi bien exactement tout le contour du Corps de la Place , la Contrefcarpe, les Demi-Lunes, Contregardes , Tenailles, Réduits, &c. Pour cet effet vous n'avez be-foin d'avoir marqué lur votre plan qui fera en grand , que la ligne du cordon y les talus & les épaiffeurs de vos Murs n'y étant point néceffaires. Pour plus grande facilité , la longueur de vos Faces, Flancs, Courtines, &c. fera notée bien exactement fur votre Plan, de même que la valeur des Angles, fi vous vous fervez du demi-cercle, & vous les ferez femblables fur le Terrain. C'eft de toutes les Méthodes la plus facile, & un peu de pratique & d’attention met au fait en peu de tems.
- Le refte fe fait comme vous le pouvez voir au Devis qui eft à la fin de cette Partie. On y explique tout ce qui doit s'obferver à la Conftruction des Ouvrages de Fortification ; & lî vous voulez un plus grand détail , vous n'avez qu’à voir le Livre de Mr. de Behdor imprimé à Paris en l'Année 17x9., intitulé La Science des Ingénieurs.
- Cependant pour ne pas laiffer les perfonnes qui aiment à travailler, dans l’embarras de pouvoir trouver l'épaiffeur des Murs qu’il eft néceffaire de faire aux Fortifications, je vais leur donner une Méthode qui approche très-fort des meilleurs Calculs qui aient été faits; jüfqu’à préfent,
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- FORTIFIER. Cbap. /.
- R E M A R QU E.
- De tous les Revêtemens des Fortifications, les moins bons font ceux de gazonnage,- car, malgré les Palifla-des qu’on y met, tant en Frailê qu’en Berme, les premières Batteries de l’Ennemi mettent l’un & l’autre en fi mauvais état, que quelque attention que l’on puiffe avoir d’en réparer les aéfordres, il eft en état d’y monter par-tout. Ce défaut eft encore plus confiderable lorfque les Foffez font fecs, que lorlquils font remplis d’eau de la hauteur d’un homme, parce que dans le premier cas on eft réduit à capituler après la perte du Chemin-couvert, ou autrement on rifqueroit d’être emporté d’affaut,- au lieu que dans le fécond on peut attendre que l’Afliégé ait commencé à faire le palfage du Folfé.
- Cela eft bien different aux Revêtemens de maçonnerie , même quand ils ne feroient qu’à demi : car il faut que l’Ennemi conftruile des Batteries fur le Chemin-couvert pour y faire brèche , ou qu’il y attache le Mineur j ce qui demande du tems, & par conséquent prolonge la durée du Siège. Néanmoins ce Revêtement n’eft pas exempt de défaut, comme nous l’avons fait remarquer à la corre&ion du fiftême du Neuf-Bri-fack.
- A i
- CH A-
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- 4
- L’ART DE
- Pi A NCHE
- XXXIII. Figure i.
- CHAPITRÉ IL
- Méthode pour trouver /’ Epaijjeitr des Murs qui doivent foutenir des Terres.
- S Oit la hauteur BE d’un Terrain quyon veut revêtir y laquelle eft de 24. pieds -, il faut favoir quel talus on veut donner au Mur, fuppofé que ce foit le fixiéme, qui eft le plus ordinaire aux Ouvrages de Fortification. Le Mur ayant 24. pieds de haut, le talus EF fera de 4. pieds ; il faut chercher la fuperficie du triangle rectangle BEF , en multipliant le côté BE 24. par là moitié de EF qui eft 2., viendra 48. pieds pour la fuperficie du triangle du talus.
- Ensuite il faut imaginer un triangle tel que ABE pour les terres que le Mur doit foutenir. Ce triangle a 24. pieds des deux cotez AB, BE, la ligne AE étant toujours diagonale d’un quarré.
- Pour trouver la fuperficie de ce triangle, il faut multiplier un de fes cotez par la moitié de l’autre , viendra 288., dont il faut prendre la moitié qui eft 144, & de cette fomme. en retrancher encore le dixiéme qui eft 14., en négligeant les 4. qui reftent, vous aurez 130. De ce nombre il faut ôter le triangle du talus qu’on a trouvé de 48., reliera pieds, qu’il faut divifer par la hauteur BE 14. pieds, il viendra au quotient 3. pieds 5,. pouces pour l’épailfeur BG du Mur qu’on cherchoit.
- Ce t t e Méthode eft générale pour toute forte de Re-vêtemens. & de talus, 3c l’épailfeur qu’elle donne, eft
- eoî
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- FORTIFIER. Cfap. Il f
- en équilibre avec la pouffée des terres qu’ils ont à foute-nir. Ainfi en y joignant des Contreforts , ils feront d’un fixiéme au-deffus de cette même pouffée.
- Et quand on n’y voudra point employer de Contre-forts, il fuffira d’en augmenter fépaiffeur d’un fixiéme* Cependant on peut aufîi en augmenter l’épaiffeur d’un fixiéme depuis 9. pieds de haut jufqu’à 30. feulement, pour rendre ces Murs plus capables de réfifter à l’effort du Canon,* car pour la pouffée des terres, cela feroit inutile, d’abord qu’on y joint des Contreforts.
- Les Contreforts fe mettent ordinairement éloignez les uns des autres de ij. à 18. pieds de milieu en milieu.
- Ces Contreforts doivent être fondez aufîi bas que la fondation des Murs, & aufïî élevez que le fommet des Revêtemens. Leurs proportions fiuvent la régie ci-après.
- Savoir pour 10. pieds de hauteur, le Contrefort doit avoir 4. pieds de longueur, 3. pieds d’épaiffeur à la racine, & 2. à la queue, laquelle eft toujours les deux tiers de la racine. La longueur augmente toujours de 2. pieds* à mefure que le Mur s’élève de 10. pieds, & l’épaiffeur à la racine d’un pied.
- V o il a les proportions que Mr. de VaubanXtwt a données j mais pour moi, je ferois d’avis qu’on leur donnât la même épaifleur à la queue qu’à fa racine. Il y auroit un peu plus de maçonnerie y mais ils n’en foutiendroient que mieux la pouffée des terres,, 8c réfifteroient davantage à l’effort du Canon.
- Les Contreforts font bons aux Murs qui peuvent être battus du Canon, parce que fi l’on fait brèche entredeux , ils retiennent la terre dès cotez , & l’empêchent de s’ébouler dans la Brèche $ & fi l’on rencontre unCon-
- A j tre—
- P I A W-
- CH E
- XXXIII, Figure i
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- F L ANCHE
- XXXIII. Figure r.
- 6 L' A R T DE
- trefort, la Brèche eft plus long-tems à fe faire. Mais aux Murs qui ne peuvent être battus du Canon, comme les Contrefcarpes & les Gorges des Ouvrages, ils font inutiles. Il vaut mieux faire le Mur plus épais $ cela ne demande pas tant de fujcttion ni de travail.
- J’oubliois de dire qu’on fait ordinairement un petit Mur, comme celui LM, qui a 4. pieds de haut 8c 3. pieds d’épaiffeur, lequel eft à plomb, 8c loutient le talus extérieur du Parapet au Corps de la Place feulement. Mais je ferois d’avis de le fupprimer, & de n’en faire que 1. à 3, toifes de chaque côté des Angles, où l’on placeroit des Guerittes de pierre de taille. Lerefte feroit en gazon fur un talus de 6. ou 8. pieds
- Outre que ce feroit une épargne, c’eft que les Boulets qui frappent contre ce Mur, font des éclats qui bleflent le Soldat qui eft derrière le Parapet, & l’on a plus de peine à y percer des Embrafures aux endroits néceflaires.
- Voici deux petites Tables toutes calculées pour un fixiéme de Talus ,* la première pour les Revêtemens qui foutiennent des Parapets, & qui ont des Contreforts,-& la fécondé pour ceux qui n’en foutiennent point, & qui n’ont pas des Contreforts, tels que font ceux des Contrefcarpes & des Gorges des Ouvrages.
- Ta-
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- FORTIFIER. Chapitre IL. 7
- Table pour régler l'Epaiffeur qu'il faut donner au fommet des Revêtement des Remparts de Fortification qui Joutiennent un Parapet pour ceux qui auroient depuis 9. pieds jujqu'à 60. fur un fixié-me de Talus, obfervant que la di/lance des Contreforts doit être de 15. à 18. pieds de milieu en milieu.
- Hauteur des Revêtemens. F.paifTeur au fommet. Longueur des Contrefort». EpaiiTéur des Contreforts à la racine. EpaifTeur à la queue.
- pieds. pieds. pouc. pieds. pouc. pieds, pouc. pieds. pouc.
- 9 • • t . • 3 • 4 • . 0 . 2 . . 6 . 1 . . 8 .
- 12 . . 1 . - 9 • 4 • . 6 . ' 3 . . 0 . 2 . . 0 .
- »S • • 1 . .ii . 5” • 0 . 3 . . 6 . 2 . * 4 •
- 18 . . 2 . . 8 . S * . 6 . 3 . . 9 . 2 . . 6 .
- 21 . . 3 * . 0 . 6 . . 0 . 4 . . 0 . 2 . . 8 .
- 24 . . 3 - • S • 7 • . 0 . 4 . . 6 . 3 • . 0 .
- 27 . . 3 • • 7 • 7 • . 6 . 4 . . 9 . 3 • . 2 .
- 30 . . 4 • • 3 • 8 . . 0 . S . . 0 , 3 • • 4 •
- 33 • • 0 . . 0 . 8 . . 6 . S • • 3 • 3 • . 6 .
- 36 . . S • . 0 . 9 • . 0 . S . . 6 . 3 • . 8 .
- 39 • • 0 . » 0 . 10 . . Q . 6 . * 0 . 4 • . 0 ,
- 42 . . 0 . . 0 ♦ 10 . . 6 . 6 . . 3 • 4 • . 0 .
- 4f ♦ • G . ♦ 0 . 11 . . . 0 . 6 . . 6 . 4 • . 4 .
- 48 . . O * . 0 . 11 . . 6 . 6 • • 9 * 4 • . 6 .
- fi . . O „ . G . 12 « . 0 . 7 . . 0 4 • * 8 .
- Î4 • • O . . 0 . 13 • . 0 . 7 . . d . S • . 0 .
- 57 • • 0 . ♦ O . 13. . 6 . 7 • . 9 • S • . 2 .
- 6q . . O . . 0 . 14 • . 0 . 8 • . 0 . s - . 4 .
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- 8
- L' ART DE
- Planche XXXIII. Figure i.
- Ttbîe pour régler l'EpaiJfeur qu'il faut donner aufom-met des Revêtemens des Gorges des Ouvrages & des Contrefcarpes fans Contreforts pour un fixié-me de Talus depuis 9. pieds jufqu'à 30.
- pieds. pieds, pouc.
- 9 • • » • 1 . • S •
- 12 ... . 2 . . 0 .
- ij- ... . i.-3-
- 18 ... . 3 . . 1 .
- 21 ... . 3 . . <5 .
- 24 ... . 4 . . 0 .
- 27 . ... 4 • • 1 .
- 30 ... . 4 . . 11 .
- Les épaiffeurs de la Table précédente peuvent fer-vir à la première, quoiqu’il y ait des Contreforts, fi l’on veut que ces Revêtemens réfiftent mieux à l’effort du Canon, fur-tout s’ils foutiennent des Cavaliers, ou autres maffes pefantes.
- Autre Méthode pour trouver l’Epaifieur qu'il faut donner aux Revêtemens des Fortifications pour toute forte de Talus.
- 1. Qu a r re z la hauteur AB, 8c divifez le quarré par 12.
- 2. Quarrêz le frit BC, & divifcz-le par 3,
- 3. Ajoutez les deux quotiensdes divifions.
- 4. D e leur fomme tirez la racine quarrée.
- j. De
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- FORTIFIER. CbapJlL 9
- j De cette racine quarrée retranchez BC$ le refte fera BD.
- EXEMPLE.
- Soit AB de 18. pieds, & BC de 3. pieds, on demande Pépaiffeur BD pour être en équilibre avec la pouflee des terres.
- i°. Je quarre AB ou 18. pieds,* ce quarré eft 324., lequel étant divifé par 12., le quotient efl: 27.
- 20. Je quarre BC ou 3. pieds* ce quarré efl: 9$ & je le divile par 3., le quotient efl: 3.
- 30. J’ajoute les deux quotiens 17. & 3., leur fomme eft 30.
- 40. D e laquelle la racine quarrée efl: j. pieds j. pouces & 9. lignes à-peu-près.
- j°. De cette racine je retranche BC ou 3. pieds ; le refte 2. pieds 3. pouces 9. lignes fera pour Pépaiffeur BD du Mur.
- Si Pon veut la démonftration de cette méthode, on la trouvera dans les Mémoires de l’Académie des Sciences de l’Année 1726., elle eft de Mr. Couplet.
- Maniéré de tracer le Profil d’une Fortification -, tant du Corps de la Place, que celui des ‘Demi-Lunes, de la Contrejcarpe & du Chemin-couvert.
- On doit avant de faire les Profils des Fortifications, favoir fi c’eft en un lieu uni, & cjui ne foit point commandé par quelque hauteur -, car cela obligeroit à faire
- Partie IL B les
- Plan- .
- C H B
- XXXIII. Figure z.
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- IO L’ ART D E
- les Revêtemens plus hauts, pour que les hauteurs nepuiE-lent pas enfiler les Remparts.
- On doit aufli favoir fi l’on veut faire des Dehors, parce qu’alors le Revêtement de la Place doit être plus haut que s’il n’y en avoir point, puifqu’il doit dominer fer les Réduits & Demi-Lunes, au moins de 2. pieds,, ces Ouvrages fur ceux qui font devant, au moins d’autant, & ces derniers fiir les Lunettes avancées ou autres Ouvrages, lefquels doivent être affez hauts pour n’être pas efcaladez, & pour avoir, devant eux une Contrefcarpe de 10. à 12. pieds de haut.
- Si on fait les Remparts trop hauts,, outre qu’on fe jette dans une dépenfe inutile, l’Ennemi les découvre mieux , & en, ruine les Défenfes plus facilement. C’efl pourquoi un Ingénieur ne fauroit prendre trop dé précaution dans la Conftruâûon d’une Farter effe.
- Suppose’ que le Terrain ou; l’on, veut élever une Fortification, foit uni fans aucun commandement aux environs, & qu’on puiffe creufer les Foffez à proportion des terres dont on a hefoin ,. je donnerois 3o; ou 32, pieds de haut an Revêtement du Corps de la Place $ 8c pour épargner un peu de maçonnerie, je fupprimerois le Mur qu’on fait au-deffüs dii Cordon, n’en faifant que 3:. à 4, toifes;aux Angles, où.je placerons de& Guerittes de pierre de taille. Pour cet effet je donnerois 24. pieds de haut au Mïir du Revêtement du Corps dé la Place depuis la derniere Retraitté jufqu’au-Cordon,- & enfiiite j’éleverois fur ce Mur le Parapet en gazon de 8:. pieds de. haut fur autant .de talus. .
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- FORTIFIER. Chap. II. *r
- P R A T I Q. U E.
- ConflruBion du ‘Profil du Corps de la Place coupé fur le milieu de la Courtine.
- Vous tirerez une ligne au crayon indéterminée, telle que AB, laquelle fera votre Rez -de - Chauffée (autrement dit ligne horizontale. ) Sur cette ligne vous éleverez 8c baifferez une perpendiculaire comme CF* Vous donnerez à la ligne EF la hauteur que vous voulez pour la profondeur de votre Foffé, comme ici de ij. pieds, & à la ligne ED 9. pieds, lefquels joints avec les ij. EF, font 24. pieds pour la hauteur de votre Revêtement. Vous tirerez la ligne GH parallèle à AB^ 8c vous donnerez à FG. la largeur du talus que vous voulez donner à votre Mur $ fuppofé que vous lui donniez un fixiémc, la ligne FG aura 4. pieds. Vous chercherez par les méthodes que nous avons enfeignées ci-devant, l’épaiffeur que vous devez donner au fommet d’un Mur de 24. pieds de haut fur un fïxiéme de talus qui foutient un Parapet, laquelle épaiffeur je fuppofe être de 3. pieds & demi. Vous donnerez donc à la ligne DI 3. pieds 8c demi, & vous abaifferez la ligne IH parallèle à DF ,* enfuite vous tirerez la ligne DG, 8c votre Mur fera marqué. Vous chercherez enfuite la longueur que doivent avoir les Contreforts d’un Mur de 14. pieds de haut, que je fuppofe être de 7. pieds. C’eft pourquoi vous ferez une ligne parallèle à celle IH qui en fera éloignée de 7. pieds, telle que KM. On fait les Contreforts quelquefois d’un pied plus bas que le Revêtement y comme KJ. La fondation telle que MNOG.
- B 2 n’eft
- Pt ANCHE
- XXXIV, Figure i
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- Pl-AH-C H C
- XXXIV. Figure i.
- Il V A R T DE
- n’eft point déterminée, cela dépendant abfolument des bons ou mauvais fonds que l’on trouve. Mais fuppofé qu’ils foient bons, on les approfondit de 3. pieds au-def-Jfous du fond du Foffé, & on y fait deux Retraites en devant de 6. pouces chacune de large ; par ce moyen le Mur de fondation a en devant un pied de plus. Cette fondation eft élevée à plomb par devant & par derrière.
- Vous éleverez enfuite votre Parapet fur vos Revê-temens, en donnant à la ligne DC 8. pieds, en faifant CP parallèle à AB auffi de 8. pieds, & en tirant la ligne PD qui marquera le talus extérieur de votre Parapet. Vous éleverez au point P une perpendiculaire fur PC de 2. pieds de haut, comme PQ^, & vous tirerez la ligne RP de 3. toifes de long. Enfuite tirez la ligne RP,* cela vous donnera l’épaiffeur de votre Parapet avec le talus qu’il doit avoir, qui eft dans tous les Ouvrages de 2. pieds, à moins qu’il n’y ait quelques raifons qui obligent de lui en donner plus ou moins.
- La ligne RP doit être dirigée de maniéré que le Soldat qui eft derrière le Parapet, en pofant fon Fufil def-fus , tire fur le bord de la Contrefcarpe devant les Baftions où le Foffé eft le plus étroit, 8c à tous les autres Ouvrages de même, pour que l’Ennemi n’ait aucun endroit dans les Chemins-couverts, Contregardes êc autres endroits détachez du Corps de la Place où il ne pnifTe être vu dudit Corps de la Place. Il en eft de même des endroits qui font devant les Ouvrages détachez qui doivent être découverts du Parapet defdits Ouvrages. Pour avoir fon talus intérieur & fa hauteur, vous prolongerez la ligne QR vers S d’un pied 3. pouces, comme RSj enfuite vous abailferez la per-
- pen-
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- FORTIFIER. Cbap. IL 13
- pendiculaire ST de 4. pieds & demi, & tirerez la ligne RT qui vous donnera le talus intérieur & la hauteur de votre Parapet.
- Vous tirerez enfuite la ligne TX parallèle à AB, & vous mettrez 4. pieds depuis T‘ au point V ; ce qui vous donnera la largeur de votre Banquette. La hauteur eft indéterminée; cela dépend de la hauteur du Rempart. Mais fuppofé qu’elle eût 3. pieds de haut, il lui en faut donner le double de talus , qui fait <5. pieds, pour qu’elle foit facile à monter , & que les pluyes ne la faffent pas ébouler. Pour cet effet vous donnerez à la ligne VX 6. pieds, & à fa perpendiculaire XY 3. pieds. Vous tirerez la ligne VY qui fera le talus de la Banquette.
- La largeur du Rempart eft indéterminée ; il doit avoir au moins 4. à y. toifes de large pour le Corps de la Place depuis la Banquette jufqu’à fon talus. On lui donne une pente d’un pied vers la Place pour l’écoulement des eaux, & fon^ talus doit être égal à fa hauteur.
- P L AS-e h e XXXIV. Figure i
- 'Profil coupé fur le milieu de la Tenaille.
- On marque fur le Profil la largeur du Foffé qui eft plah-entre la Courtine & la Gorge de la Tenaille. On a le xxxiv. Revêtement de cette Gorge en lui donnant un fixiéme Fisurc de talus fur 1 y. pieds de hauteur-, & fon épaiffeur au fommet fe trouve comme nous l’avons enfeigné ci-devant. Pour les Revêtemens qui ne foutiennent point de Parapet, & qui n’ont point de Contreforts, les fondations font comme celles de la Place.
- Apre’s avoir marqué fur le Rez-de-chauffée la îar-B 3 geus
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- 'Pt AV'
- C H E
- XXXIV. Figure i.
- P UN-
- C HE
- XXXIV. Figure 3.
- 14 L’ ART DE
- geur que doit avoir la Tenaille, comme elle eft fur le plan en grand qui vous fert à faire ces Profils , vous ferez fon Revêtement aufli de ij. pieds avec Contre-forts, & l’épaiffeur néceffaire, de même que les talus 8c fondations qui font toujours les mêmes; 8c fur ce Revêtement, vous éleverez le Parapet comme celui de la Place, auquel vous donnerez feulement 6. pieds 8c demi de hauteur fur autant de talus. Le refte fuit les mêmes proportions que celles de la Place ; & le terrain qui eft entre la Banquette & la Gorge, fe termine en rampe pour Pécoulement des eaux.
- Profil du Réduit coupé furie milieu de fa Gorge & d'une de Jes Faces.
- Apres avoir marqué la largeur du Foffé de la Place fur le Rez-de-chauffée depuis la Tenaille jufqu’au Réduit, vous revêtirez fa Gorge comme celle de la Tenaille, & à la même hauteur de 17. pieds fans Contre-forts. Les Revétemens de fes Faces 8c de fes Flancs eft pareil à celui du Corps de la Place, & à la même hauteur avec des Contreforts. Le Parapet fe fait comme le précédent , en lui donnant feulement 6. pieds de haut, & autant pour fon talus extérieur.
- Le talus intérieur 3c la Banquette fe font comme les précédens, 8c Pon y fait un Rempart de 1 j. à 18. pieds de large fur 7. pieds & demi de hauteur, 8c autant pour Ion talus. Le refte du Terreplain fe termine en pente jufques fur le bord de là Gorge.
- Le Terreplain du Rempart doit toujours être de niveau au Revêtement extérieur*
- Profit
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- FORTIFIE R. Chap. II. jj
- ‘'Profil de la Demi - Lune coupé fur fa Gorge & fur une de /es Faces.
- Apres avoir marqué la largeur du Foffé du Réduit, Pus-vous ferez le Revêtement de la Gorge de la Demi-Lune xxxiv. de 23. pieds de haut, parce que fi on ne le faifoit que Flgure4* de 15. pieds, quand l’Ennemi fe feroit rendu maître de la Demi-Lune, il découvriroit trop du Revêtement du Réduit. Au lieu qu’en lui donnant 2$. pieds, il n’en découvre prefque que ce qui eft au-deffus du Gordon j ce qui lui donne beaucoup plus de peine pour le mettre en brèche. Ce Revêtement fe fait fans Contreforts, en cherchant feulement l’épaiffeur qu’il doit avoir pour fa hauteur fur un fixiéme de talus.
- Le Revêtement des Faces ne différé en rien de celui du Réduit, non plus que le Parapet & la Banquette, qui ont les mêmes hauteurs, épaiffeurs & talus. Il n’y ai point de Rempart à la Demi- Lune. Le Terreplain qui: refte depuis le pied de la Banquette, fe termine en ramage jufqueslur le bord de la Gorge.
- ‘Profil de la Contrefcarpe & des Chemins-couverts..
- A près avoir marqué la largeur du Foffé de la Demi- p u *<-Lune , vous ferez le Revêtement de la Contrefcarpe qui Jxxiv. aura ij. pieds de haut & les mêmes proportions que le Flgure 5,i Revêtement de la Gorge du Réduit, ou de la;Tenaille, obfervant de le faire plus épais aux endroits des Profils des Traverfes, & où il y aura des efcaliers*.
- Em*-
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- 16 V A R T D E
- P l k H-
- C H V.
- XXXIV. Figure 5.
- Ensuite vous marquerez y. toifes de largeur pour le Chemin-couvert que vous éleverez de 8. pieds au-deffus du Rez-de-ChaufTée. Vous lui donnerez pour la hauteur de fon Parapet 4. pieds 6. pouces, & fon talus d’un pied 3. pouces, comme eft celui de la Place, la Banquette de 4. pieds de largeur fur 3. pieds de hauteur, 3c 6. de talus ; 3c le relie du Terreplain a un pied de pente depuis le talus de la Banquette jufques fur Pextrémité de la Contrefcarpe pour l’écoulement des eaux. La Paliffade fe plante a 3. pouces près du pied du Parapet du Chemin-couvert, venaçit à 18. pouces par le haut, & fa pointe furmonte le Parapet du Chemin-couvert de 9. pouces.
- R E M A R £ U E.
- La hauteur du Terreplain du Chemin-couvert & de fa Banquette, n’efl pas toujours la même, étant obligé de fe régler aux differentes fituations,- c’efl ce que nous expliquerons plus au long dans le Chapitre fuivant. Pour la hauteur du Parapet, elle doit être toujours de 4. pieds 3c demi au-deffus de la Banquette.
- Le Glacis n’a aucune régie déterminée. Les Ouvrages que l’on fait au-delà, doivent être commandez par les Ouvrages qui font derrière, au moins de 3. à 4 pieds.
- CH A-
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- FORTIFIER. Chapitre III.
- X 7
- CHAPITRE III.
- Oit l'on enfeigne la Maniéré de calculer l'Ep ai fleur qu'il faut donner aux pieds-droits des Foutes, tant en plein cintre qu'en tiers-point & furbaiflêes, fuivant leurs differentes hauteurs & largeurs.
- Définitions ou Noms des Parties qui compofent les Voûtes.
- ï.
- VOute, eft un corps de maçonnerie cintrée par fon profil, qui fe foutient en Pair par l’appareil des pierres qui le compofent, pour couvrir quelque lieu.
- I I.
- Pieds-droits des Voûtes, ce font les deux murs qui forment les cotez d’un Souterrain, ou d’un autre Bâtiment qui eft voûté, & fur lefquels la Voûte repofe^ tel que le mur BCDF.
- I I I.
- Voûte en plein cintre, qu’on appelle auffi Berceau Partie IL G droite
- Planche XXXV. Figure i
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-
- i8 L’ A R T DE
- droit y eft celle dont la courbure eft formée par un demi-cercle.
- I V.
- Voûter tiers-point, eft celle qui eft formée de deux portions de cercle, & qui eft plus haute que celle en plein cintre.
- V.
- Voûte êUtptique furhaiffêe, ou en anfe de panier , eft celle qui eft plus baffe que le demi-cercle, ou qui eft formée par une demi ellipie ou ovale.
- I l y a quantité d’autres noms pour les Voutes qu’il eft inutile de rapporter ici, parce qu’on ne s’en fert point dans les Ouvrages Militaires.
- VL
- E x t r a d o s, c’eft la curvité extérieure d’une Voûte.
- V I I.
- L’ e n t r a d o s ou Doue liec’eft la curvité du dedans d’une Voûte*
- VIII.
- Reins de Voûte, c’eft la maçonnerie du moelon qui remplit l’extrados d’une Voûte jufqu’à fon couronnement.
- On
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- FORTIFIER. Chapitre 111. ip On appelle Rems vu'tdes, ceux qui ne font pas remplis.
- I X.
- Voussoirs, on appelle ainfi les pierres qui forment une Voûte ou une Arcade.
- X.
- Clef, c’eft la pierre du milieu qui ferme un Arc, une Plattebande, ou une Voûte.
- XL.
- Couronnement de Foute, c’eft le plus haut de l’extrados d’une Voûte pris au vif de fa clef.
- XI I.
- Sommier, c’eft la pierre qui. pofant fur un pied-droit eft en coupe pour recevoir le premier claveau.
- XII I.
- Claveau, c’eft une des pierres en forme de coin qui fert à fermer une Plattebande.
- X I V.
- Plattebande, c’eft la fermeture quarrée qui fert de linteau à une porte ou à une fenêtre, & qui eft faite d’une pièce, ou de plufieurs claveaux, dont le nombre
- C % doit
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- Fi *«-
- £ H B
- xxxv; ’
- Figure i.
- za L* A R T DE
- doit être impair, afin qu’il y en ait un dans le milieu qui ferve de clef.
- Le Linteau eft une piecé de bois qui forme le haut d’une porte ou d’une croîfée fur les pieds-droits.
- Quand on veut connoître l’épaifleur qu’il convient de donner aux pieds-droits d’une Voûte, de telle figure qu’elle puifte être, foit en plein cintre, elliptique, ou en tiers point, il faut favoir quatre chofes abfolument néceffaires.
- i. La largeur 8c la hauteur de la Voûte dans œuvre*
- i. L’e'paisseur de cette Voûte à l’endroit des reins.
- 3. La figure extérieure*
- 4. La hauteur des pieds-droits.
- Et operer enfuite comme il fuit*
- PREMIER EXEMPLE.
- Trouver PEpaiJfeur des pieds-droits d'une Voûte en plein cintre pour être en équilibre avec la poujjée qu'ils ont à foutenir.
- S Oit une Voûte en plein cintre dont l’extrados elt circulaire, comme dans la Figure 1. On fuppofe que la hauteur BC des pieds-droits eft de 12. piads, le rayon AB de 9., & l’épaifleur de la Voûte de 2. pieds * par conféquent le rayon AD ou AE fera de n. pieds. A préfent pour trouver l’épaifleur FC des pieds-droits, il faut faire quatre operations.
- r*. La première eft de chercher laftiperficie des deux cercles qui auront pour rayon AB& AE,l’un de g. pieds,
- &
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- F O R T I F I^E R. Chapitre 111 21
- 8c l’autre de n. pieds ; ce qui fe fait en multipliant la moitié de fa circonférence par fon rayon. Cette moitié eft de 28. pieds 2. pouces à-peu-près, lefquels multipliez par 9. pieds valeur du rayon donnent 254. pieds 6. pouces pour la fuperficie du cercle dont AB eft le rayon. La moitié de la circonférence du cercle qui a AE ou AD pour rayon, eft de 34. pieds 6. pouces, lefquels multipliez par 11. pieds valeur du rayon AD ou AE, donnent 380. pieds 4. pouces. Enfuite prendre le quart de la différence de ces deux fuperficies qui eft de 31. pieds 5. pouces 6. lignes quarrées, qu’il faut divifer parla hauteur du pied-droit 12. pieds, le quotient fera de 2. pieds 7. pouces y. lignes , que nous nommerons premier terme.
- 20. Pour la fécondé, il faut ajouter au rayon AG la moitié de l’épaiffeur de la Voûte pour avoir la ligne AH de 10. pieds, qu’il faut quarrer, c’eft-à-dire, multiplier 10 pieds par 10. pieds; ce qui donnera 100. , dont il faut prendre la moitié qui eft yo., du quelnombre il faut extraire la racine quarrée qui fera de 7. pieds 10. lignes, qu’on ajoutera à la hauteur du pied-droit qui eft de 12. pieds, & on aura 19. pieds ia. lignes, que nous nommerons deuxième terme.
- 30. Pour la troifiéme, il faut ajouter enfemble le premier 8c le fécond terme, c’eft-à-dire, 2. pieds 7. pouces y. lignes, & 19. pieds 10. lignes, qui donneront 21. pieds 8. pouces 3. lignes, qu’on multipliera par le premier terme 2. pieds 7. pouces y. lignes, & le produit donnera y8. pieds 9. pouces 4. lignes pour le troifiéme terme.
- 40. Pour la quatrième operation, il faut extraire la racine quarrée du troifiéme terme y8. pieds 5*. pouces 4*
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- Planche XXXV. Figure r
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- Planche XXXV. Figure r,
- Planche XXXV. Figure z.
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- lignes, qui eft 7. pieds 7. pouces 11. lignes, & en fouf-traire la valeur du premier terme 2. pieds 7. pouces y. lignes. Les y. pieds 6, lignes qui relieront, marqueront l’épaifteur qu’il faut donner aux pieds-droits.
- SECOND EXEMPLE.
- Si l’on avoit une Voûte en plein cintre dont l'extrados, au lieu d'être circulaire, fût terminé par deux plans Kl & KL, on trouvera l’épailfeur de fes pieds-droits en faifant encore quatre operations femblables aux précédentes, puifqu’ii n’y aura que la première qui fera un peu differente, à caufe que la Voûte n’eft pas la même.
- Supposant le rayon AB de 9. pieds, la hauteur BC des pieds-droits de 12. pieds, l’épaiffeur GE de 2. pieds dans le milieu des racines, & que l’angle IKL foit droit, on aura le quarré AEKM, dont le côté AE fera de 11. pieds.
- i°. Cela étant fuppofé, pour la première operation il faut chercher la fuperficie de ce quarré qui fera de 121. pieds, & en retrancher le quart c|e cercle GAN. Pour trouver la fuperficie de ce quart de cercle, il faut dire par régie de trois : Si 14. me donne 11. , combien 81. ? La régie étant faite , il viendra au quotient 63. pieds 7. pouces pour la fuperficie du quart de cercle GAN, lefquels il faut retrancher de 121. fuperficie du quarré AEKM, reliera 57. pieds y. pouces, qu’il faut divifer par la hauteur BC des pieds-droits qui eft de 12. pieds ; le quotient donnera 4. pieds 9. pouces y. lignes pour la valeur du premier terme.
- 20. La fécondé operation fe fera en ajoutant la moitié
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- tîé de l’épaiffeur de la Voûte GH au rayon DE ou DH pour avoir la ligne HA de 11. pieds, qu’il faudra quar-rer comme à l’exemple précédent, prendre la moitié du produit dont on extraira la racine qui fera de 7. pieds 9. pouces 7. lignes, qu’on ajoutera à la hauteur du pied-droit pour avoir 19. pieds 9. pouces 7. lignes valeur du fécond terme.
- 30. Pour la troifiéme operation, il faut ajouter le premier terme 4. pieds 9. pouces 5. lignes au fécond 19. pieds 9. pouces 7. lignes, & multiplier leur fomme qui eft 24. pieds 7. pouces par le premier terme 4. pieds 9. pouces j. lignes; & le produit fera 117. pieds 7. pouces y. lignes pour le troifiéme terme.
- 40. Enfin pour la quatrième operation on extraira la racine quarrée du troifiéme terme 117. pieds 7. pouces 5. lignes, & on trouvera qu’elle eft de 10. pieds 9. pouces 9. lignes, dont il faut fouftraire la valeur du premier terme 4. pieds 9. pouces 5. lignes; la différence fera 6. pieds 4. lignes pour l’épaiffeur des pieds-droits que l’on cherchoit.
- REMARQUE.
- On vient de fuppofer que l’angle IKL étoit droit; mais, s’il étoit obtus ou aigu, il faudroit toujours chercher la fuperficie du quadrilaterre AEKM, & en retrancher toujours le quart de cercle GAN ; car tel que puifi-fe être ce quadrilaterre, on aura fans doute l’épaiffeur KO au fommet de la Voûte, par conféquent la ligne KA, 8c l’autre AE, auffi-bien que l’angle EAK, qui fuffiront pour connoître le reûe.
- P l a n~
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- XXXV. Figure 1
- TROÎ-
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- V A R T DE
- Plan-
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- XXXV. Figure 3
- Planche XXXV. Figure 4.
- TROISIEME EXEMPLE.
- Si le défias de la Voûte étoit terminé par une platte-forme, comme à la Figure 3., il fuffira de connoîtrel’é-paifTeur BC de cette Voûte à l'endroit de la clef, le rayon AD, & la hauteur DE des pieds-droits, pour avoir Pépaiffeur GE, en faifant encore quatre operations.
- Pour la première, il faut quarrerla ligne BA, com-pofée du rayon & de Pépaiffeur delà Voûte, du produit en fouftraire le quart de cercle H AI, & divifer la différence par la hauteur des pieds-droits, afin d'avoir le premier terme.
- A Pégard des trois autres operations, comme elles font toutes femblables à celles des exemples précédens, il eft inutile de les répéter.
- Trouver PEpa'tfleur qu'il faut donner aux pieds-droits des Foutes elliptiques ou Jurbaijfées.
- Pour avoir une parfaite intelligence de ce problème, il faut favoir tracer une ellipfe fur deux axes ou diamètres donnez,- ce qui fe fait de la maniéré qui fuit.
- Soit le grand axe AB , le petit a^e CD, fe coupant par le milieu à angles droits au point G.
- Prenez avec un compas ou un cordeau, la grandeur de la moitié du grand axe, c’eft - à - dire, AG ou GB. Portez cette ouverture enC, & de ce point comme centre décrivez un arc de cercle qui coupera le grand axe d’un côté en E, & de l’autre en F. Ces points E, F feront les foyers auxquels il faudra mettre des épin-
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- FORTIFIER. Chapitre HL 1 j
- gles ou des piquets, fi le plan eft affez grand, attachez Pénaux points E, F, un cordeau égal au grand axe dont le xxxv. milieu paflera par le point C. Mettez dans le pli que Flgure4* fait ce cordeau, un crayon ou un piquet que vous ferez mouvoir régulièrement, tenant le cordeau bien tendu julqu’à ce que vous ayez parcouru les extrémitez des diamètres propofez^ & votre ovale ou ellipfe fera décrite.
- On donne au grand diamètre AB la longueur qu’on veut avoir pour la largeur de la Voûte dans œuvre.
- Et au demi petit diamètre DG la hauteur qu’on veut donner à la Voûte aufli dans œuvre.
- Ayant une Voûte elliptique, comme dans la Figure Figure^ j., dont on connoît les demi axes BA & AD, on commencera par divifèr le quart d’éllipfe BD en deux également au point L, duquel on abaillera fur DA 8c AB les perpendiculaires LK , LF, dont on cherchera la valeur avec le fecours de l’échelle ; & fuppofant que B A lbit de iz. pieds, & AD de 8. pieds, on trouvera que LK, ou FA, eft de 7. pieds 6. pouces, 8c LF, ouKA, de 6. pieds 3. pouces, 8c faifant la hauteur BS du pied-droit de ij. pieds, il faut pour en avoir l’épailfeur fe propofer cinq operations.
- 1. Pour la première, il faut dire : Comme le quarré de DA de 6 4. pieds eft au quarré de B A de 144., ainfî la ligne K A de 6. pieds 3. pouces eft à la ligne KP que l’on cherche $ 8c la régie étant faite on trouvera que cette ligne KP eft de 14. pieds 9. lignes, qui eft le premier terme dont nous avons befoin.
- 1. Pour la fécondé, il faut chercher la fuperficie des deux ellipfes, dont la première auroit pour fon grand axe BI de 24. pieds, qu’il faut multiplier par le double de AD qui eft 16. pieds ; ce qui donnera 384. pieds, Partie IL D* 8c
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- 26 L’ A R T D E
- Planche XXXV. Figure 5.
- & dire par régie de trois: Si 14. donne 11 , combien 384. ? Il viendra après la régie faite 301. pieds 8. pou* ces 6, lignes pour la fuperficie de la petite ellipfe.
- Je fais de même pour avoir la valeur de la grande, en multipliant 30. par 22. vient 660., & je dis : Si 14. donne 11. combien 660,} Il viendra au quotient 518, pieds 6. pouces 10. lignes pour la valeur de la grande ellipfe, parce que je luppofe que la Vouteaj. pieds d’é-pailfeur.
- REMARQUE.
- En multipliant le grand diamètre de l’ovale par le petit, on a la valeur d’un parallélograme ou reéfcanglequi eft à celle de l’ovale comme 14. eft à 11., puiique le cercle du grand diamètre de l’ovale eft aufli au quarré de fon diamètre comme 11. eft à 14. Ainfi par cette méthode on atout d’un coup la fuperficie d’un cercle ou d’une ellipfe.
- O n retranchera la petite ellipfe delà grande, c’eft à-dire, 30t. pieds 8. pouces 7. lignes de 518. pieds 6. pouces 10. lignes, il reftera 216. pieds 10. pouces, dont je prens le quart qui eft 54., qu’il faut divifer par la hauteur du pied-droit -, le quotient fera 3. pieds 2. pouces 4. lignes pour le lecond terme.
- 30. Pour la troifiéme operation, il faut ajouter la ligne LF qu’on a trouvé de 6. pieds 3. pouces à la hauteur du pied-droit pour avoir 21. pieds 3. pouces, qu’il faut multiplier par le premier terme 14. pieds 8. pouces, & divifer le produit par la valeur de LK qui eft de 7. pieds 6. pouces,‘ le quotient fera d’environ 41. pieds 10. pouces pour le troifiéme terme.
- 4. A l’égard de laquatriéme, il faut ajouter Iefecond
- terme
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- terme au troifiéme pour avoir 41. pieds 10. pouces, qu’on multipliera par la valeur du fécond, c’eft-à-dire, par 3. pieds 2. pouces, le produit fera à-peu-près 144. pour le quatrième terme.
- Enfin la cinquième operation fe fera en extraiant la racine quarrée du quatrième terme , qui fera de 12. pieds, de laquelle il faut fouftraire le fécond terme 3. pieds i\ pouces 4. lignes -, 8c la différence donnera 8. pieds 9. pouces 8. lignes pour l’épaiffeur des pieds-droits.
- REMARQUE.
- Si l’extrados de la Voûte, au lieu d’être elliptique, étoit terminé par deux plans NM & NO, comme on le pratique aux Magazins à poudre & aux Souterrains, il faudroit, au lieu de fuivre ce qui eft dit dans la fécondé operation, chercher la fuperficie du quadrilaterre PQNR formé par l’angle QNR, & les deux lignes PQ^ & PR qui ont été tirées des points L 8c T, milieu des quarts d’ellipfes DB & DI, au point P, qu’on a trouvé par la première operation, en fouftraire la figure mixti-ligne PLDT, 8c divifer le reftant par la hauteur du pied-droit, afin d’avoir un quotient qui donnera le fécond terme.
- Quant aux autres operations, elles font les mêmes que celtes que nous venons de décrire.
- Pour trouver la fuperficie de la figure mixtiligné PLDT, il n’y a qu’à multiplier la ligne L ou PD par la moitié de l’arc LT.
- Je ne donne point la maniéré de trouver l’épaiffeur des pieds-droits des Voûtes en tiers-points, parce qu’on ne ’s’en fert plus dans les Edifices Militaires, 8c je ren-
- D 2
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- voye
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- L5 A R T D E
- Pi ak- voye ceux qui en auront befoin à la Science des Ingé~ xxxv. nieurs de Mr. Bdtdor, dont j’ai tiré ces méthodes-ci.
- Trouver
- droits qui foutienmut une Tlatiebande.
- Figure6. La Plattebande eft une efpéce de Youte qui a la figure d’un platfond. On s’en fert à des portes-cocheres ou à de grands édifices, où il y des périftiles. Comme cette Youte a beaucoup de pouflee, pour la foulager on y fait un arc de décharge au-deflus.
- Qu amd on veut conftruire une Plattebande ÏDEF, on décrit fur la ligne IF un triangle équilatéral IAF,, dont le point A lert de centre pour trouver la coupe des claveaux. Ainfi les lignes ID & FE qui ne font autre choie que les cotez du triangle prolongé, marquent les joints des deux derniers claveaux qui s’appuyent fur les coufinets r de-forte que c’eft le trapeze IDEF qui caufe la poulfée que les pieds-droits ont à loutenir. Or, fi l’on fuppofe la ligne IF de 24. pieds, l’épailfeur CB de 3., & la hauteur IK des pieds-droits de ij. pieds, iL faut pour en trouver l’épaiffeur fe propofer quatre operations.
- i°. La première eft de chercher la valeur de la per-pendiculaire AB par le moyen du triangle IAB, dont le côté IA étant double de IB, l’un fera de n.y & l’autre de 24., qui donneront 10. pieds 9. pouces 4, lignes pour la perpendiculaire AB.
- Pour trouver cette perpendiculaire AB, il fautquar-rer le côté IA de 24. pieds Ion quarré fera de 576., duquel il faut retrancher 144. quarré du côtéLB de i2rpieds>
- la
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- FORTIFIER. Chapitre 111. 29
- la différence fera 431. ; de laquelle tirant la racine quar-rée,on aura 20. pieds 9. pouces4, lignes, que nous nom-" merons premier terme.
- 20. L a deuxième eft de chercher la fuperficîe du trapeze IDCB, qu'on trouvera d’environ 38. pieds pouces, qu’il faut divifer par la hauteur du pied-droit qui eft de 1 y. ,• & on aura 2, pieds d. pouces 7. lignes pour le fécond terme.
- 3°. Pour la troifiéme, il faut divifer la valeur de la ligne AB, c’eft-à-dire 20. pieds 9. pouces 4. lignes> par le quart de la largeur IF de la Plattebande qui eft 6. y multiplier le quotient 3. pieds y. pouces 6. lignes pour la fuperficie du trapeze IDCB qu’on a trouvé dans la fécondé operation de 38. pieds 3,. pouces, & le produit fera 2. pieds 3. pouces 4. lignes pour le troifiéme terme.
- 4. Enfin pour la quatrième operation, il fautquar-rer le fécond terme 2. pieds 6. pouces 7. lignes, ajou*-ter le produit 6. pieds 5. pouces 9. lignes au troifiéme 2. pieds 3. pouces 4. lignes de la fbmme qui eft 138. pieds 9. pouces 1. lignes, & extraire la racine quarrée qui fera de 11. pieds 9. pouces 4. lignes, de laquelle retranchant la valeur du fécond terme qui eft 2. pieds 6. pouces 7. Kgnes, la différence 9. pieds 2. pouces 9. lignes fera l’épaiffeur qu’il faut donner aux pieds-droits pour foute-Eiir la poufîée de la Plattebande dans l’état d’équilibre,
- REMARQUE.
- Quoique les régies qu’on vient de donner dans les trois problèmes précédens, aient donné un peu plus d’épaiffeur qu’il ne falloir pour être en équilibre avec la D * pouf-
- PL A N*
- C HE
- XXXV. Figure 6.
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- 3°
- '.N XV.
- L’ A R T DE
- pouflée qu’ils avoient à foutenir, on prendra garde que cette augmentation ne fuffit pas dans la pratique. C’eft pourquoi il eft à propos d’en augmenter l’épaifleur d’un iîxiéme, ou fortifier les pieds-droits par des Contreforts; ce qui eft le plus convenable & le plus en ufage dans la Fortification. Leur longueur & épaiffeur font indéterminées , de même que leur diftance. Il fuffit de dire qu’ils doivent faire, pris enfemble, quelque-chofedeplus qu’un fixiéme de l’épaiffeur qu’on a trouvée, pour que l’Ouvrage en foit plus folide. Un peu d’ufage 8c de pratique mettra facilement au fait de ce qu’on pourroit ignorer.
- Trouver l'Epaiffeur qu’il faut donner aux Culées des T ont s de maçonnerie pour foutenir la poujjée des Arches.
- Figure 7. S’il eft queftion de faire un Pont compofé d’une Arche en plein cintre RDI, il faut élever fur le centre A la perpendiculaire AG, 8c divifer le quart de cercle BD en deux également par le rayon AF; enfuite mener la ligne MK parallèle à EA, enforte qu’elle paffe par le point L milieu de l’épaiffeur FC de l’Arche; & alors elle déterminera la hauteur la plus convenable qu’il faut donner à la Culée MPSQ: Or fuppofant le rayon AB de 36. pieds, l’épaiffeur FC ou GD de 6., & la hauteur BS de il. pieds, on trouvera l’épaiffeur PS de la Culée, en faifant les quatre operations fuivantes.
- i°. Pour la première, il faut quarrer la ligne AL de 39. pieds, prendre la moitié du produit, & en extraire la racine qu’on trouvera de 17. pieds 7. pouces,
- pour
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- FORTIFIER. Chapitre III. 31
- pour avoir la valeur de chaque côté LV ou VA du triangle re&rangle LVA 5 & l’on aura en même tems la partie BV de 8. pieds j. pouces, qu’il faut écrire à part, parce qu’on en aura befoin dans la troifiéme operation 5 enfuite ajouter enfemble les lignes LV & BS pour avoir la hauteur MP de la Culée de 39. pieds 7. pouces, qui fera le premier terme.
- 2°. Pour la fécondé operation, il faut chercher la valeur des deux cercles des rayons AD & AG , l’un de 36. pieds, & l’autre de.42., en prendre la différence, enfuite la huitième partie de cette différence, qu’on trouvera de 184. pieds quarrez, qu’il faut divifer par le premier terme qui eft 39. pieds 7. pouces • & le quotient donnera 4.. pieds 7. pouces 9. lignes pour le fécond terme.
- 30. Pour la troifiéme, il faut fouftraire la partie BV. de 8. pieds pouces qu’011 a trouvé dans l’operation du premier terme 39. pieds 7. pouces, & doubler la différence 31. pieds 2. pouces, qui fera 62. pieds 4. pouces pour le troifiéme terme.
- 40. Enfin pour la quatrième, il faut ajouter le fécond terme 4. pieds 7• pouces 9. lignes au troifiéme 62. pieds 4. pouces pour avoir 66. pieds 11. pouces 9. lignes, qu’on multipliera par le fécond terme, & extraire la racine quarrée du produit 311. pieds qu’on trouvera de 17. pieds 7. pouces 9. lignes, de laquelle retranchant le fécond 4. pieds 7. pouces 9. lignes, la différence fera de 13. pieds pour l’épaiffeur de la Culée: & fi on l’augmente d’un fixiéme fuivant la remarque précédente, il faut lui donner 15. pieds 2. pouces pour mieux foutenir le poids de la chauffée du Pont & des voitures qui palferont deifus*
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- V A R T DE
- CHAPITRE IV.
- Concernant la Conftrufîion des Chemins-couverts.
- ON conviendra que de tous les Ouvrages qui comparent la Fortification d’une Place, il n’en eft point de plus néceflaire & de plus utile que le Chemin-couvert, fi l’on confidere i°. qu’il fournit les moyens de couvrir tellement les Revêtemens des Ouvrages contre les Batteries de la Campagne, qu’il oblige l’Ennemi d’amener du Canon fur la tête de fon Glacis, pour pouvoir les mettre en brèche.
- 2°. Qu’ i l met l’Affiégé en état de le porter en nombre en dehors, & d’entreprendre par des Sorties fur la Tranchée, fi elles font mal difpofées, de en protège 8c aifure en même tèms la Retraite.
- 3°. Qu’ils défendent avantageufement les Appror ches par un Feu rafant de Moulqueterie que l’Ennemi ne fauroit fpuftraire, ne pouvant ruiner fon Parapet, du moins s’il eft fait comme il convient, ç’eft-à-dire, fi la pente de fon Glacis n’eft pas trop roide,
- Tous ces avantages qui ne fe rencontrent point dans les autres Ouvrages, peuvent faire luffifamment juger combien il eft néceflaire d’environner les Places & les pièces détachées de Chemins - couverts, principalement lorsqu’on fera attention qu’une Enceinte de Fortification où il n’y en auroit point, laifferoit l’Ennemi dans la poffi-bilité de pouffer lès Approches julques fur la Contref-carpe fans rien craindre, ne pouvant être inquiété dçs Sorties de l’Affiégé, qui feroient impraticables.
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- FORTIFIER. Chapitre IF.
- Conditions nécejjaires aux Tlaces pour être en état d’en foutenir les Chemins-couverts contre les Attaques de l’Ennemi.
- Pour tirer tout l’avantage qu’on peut elperer du Chemin-couvert bien difpofé, il eft abîolument nécef-faire que la Place jouïfle d’une des deux conditions Vivantes.
- Savoir: Que la Place, fi fon Fofle eft fec, foit revêtue d’une Chemife de maçonnerie aflez haute pour ne pouvoir être facilement efcaiadée: ou s’il n’y a point de Revêtement, que fon Fofle foit rempli d’eau au moins à la hauteur de 6. pieds. Encore ces fortes de Places font fort fujettes aux Surprifes dans les tems de gelée, malgré toutes les précautions qu’on pourroit prendre pour s’en mettre à f’abri. ' Mais hors de ces deux cas, il ne feroit pas pofïible de réfifter à une Attaque de vive force, dans une Place qui n’auroit pour tout Efcarpement & pour toute difficulté à furmonter, que des terres 3c des gazonnages qui offriroient à l’Ennemi une rampe aflez aifée de tous cotez pour entreprendre de l’enlever d’emblée $ car il ne feroit pas raifonnable de prétendre l’arrêter avec quelques lignes de Paliflades qu’il couperoit. Ainfi on expoleroit inutilement toute une gàrnifon, puifqu’elle ne feroit pas en état de s’op-pofer dans une pareille Place aux progrès d’une Armée ennemie. C’eft pourquoi je fuppofe abfolument un de ces deux cas, dont le premier eft préférable à l’autre, pour être en fituation de tirer d’un Chemin-couvert tous les avantages poflibles.
- Partie //.
- E
- De
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- L’ART DE
- De la ConJlruâion d'un Chemin-couvert dans un Terrain plain.
- Je commencerai par détailler la Conftruâîon d’un Ghemin-couvert dans un Terrain plat, afin d’établir d’abord des principes, pour en faire enluite l’application aux Places qui fe trouvent fituées dans des Terrâins dont la fuperficie inégale oblige d*en changer la difpofi-tion ordinaire.
- De la Contrefcarpe.
- Lorsq_ue les Foffez de la Place font fecs, il efl:ab~ fblument néceffaire de revêtir les Contrefcarpes-.de maçonnerie , parce qu’autrement l’Affiégeant, en forçant PAffiégé d’abandonner le'Chemin-couvert par une Attaque de vive force , pourroit le fuivre dans fa Retraitte, 8c même peut-être la lui couper, 8c prendre par les Gorges les Ouvrages qui fe trouvent dans les Foffez.. A quoi il faut encore ajouter qu’il feroit inutile de retrancher les Places-d’Armes faillantes & rentrantes des Chemins-couverts, puifque l’Ennemi étant maître de defcendre par-tout dans le Foffé, vous empêcheroit d’y communiquer; de-forte qu’on n’y feroit qu’une très-foi-ble réfiftanee. On peut donc juger combien il eft néceffaire de revêtir les Contrefcarpes dans les Foffez lé es.
- • I l en efl: de même des Foffez qu’on peut tenir fecs '8c pleins d'eau quand on veut, afin de profiter des avantages que procure cette propriété la plus avantageufe qu’on puiffe fouhaiter.
- Dans
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- F O R T I F I E R. Chapitre /AT 35
- Dans les Foflez toujours pleins d’eau, & où on ne peut lui faire faire aucun mouvement, le Revêtement de la Contrefcarpe eft affez inutile, à moins qu’elle ne fut de 9., il. ou 15. pieds plus haute que la fuperficie des eaux du Fofle ,• alors le Revêtement de maçonnerie oblige-roit l’Ennemi d’y defcendre par une Galerie pratiquée fous le Chemin-couvert. Ce qui retarde le progrès de fes Attaques, & rend la Conftru&ion des Ponts pour pafTer le Foffé, plus difficile, ne pouvant manœuvrer aifément dans cette Defcente. D’ailleurs il a de la peine à en bien aflurer les Culées contre le Revêtement de la Contrefcarpe,* ce qui eft dangereux, lorfqu’on peut faire faire quelque mouvement aux eaux.
- Les meilleures Contrefcarpes font celles qui font pentaillées dans le roc vif 8c dur, comme celle cotée A, à xxxvi. caule de la difficulté qu’il y a de la couper pour defcen- Fsure r” dre dans le Fofté : 8c quand il ne s’en trouveroit que y* à 6. pieds de hauteur, 8c le refte en Revêtement de maçonnerie, comme B, il ne faut pas l’omettre ; c’eft Figure %, toujours autant de hauteur de Revêtement épargnée, que d’ailleurs ne vaudroit pas cet Efcarpement.
- Qjj e l qjj e F o i s le Terrain fe trouve d’un roc tendre ou tuf, qui fe dégrade à l’air ; alors il faut y joindre un parement de maçonnerie de 2. à 3. pieds d’épaiffeur, dont les pierres foient bien appropriées & bien liées, comme C. Ces fortes de Contrefcarpes font encore Fis^5. très-bonnes
- Lorsqu’on ne trouvera pas ces fortes de Terrains, on revêtira la Contrefcarpe d’un Revêtement de maçonnerie folide , bien conditionné 8c capable de porter la charge des terres qu’elle aura à foutenir, comme D. Figure ^
- Mais, h la Contrefcarpe d’une Place, dont leFolfé E 2 fer oit
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- 3 6 V A R T D E
- Plan- feroit fec, ne fe trouvoit pas revêtue, on pourroit em-xxxvi. pêcher, tant bien que mal, l’Ennemi de defcendre dans le Fofle, lorfqu’il vous auroit forcé d’abandonner le Chemin-couvert, en mettant un rang de Paliffades à Figure 5. plomb fur fon talus, comme E5 obfervant de les pofer à 3. pieds au-deffous du bord de la Contrefcarpe, de 3. pieds & demi de faillie, 8c enterrées de 4. à 5. pieds dans les terres. Elles feront efpacées les unes des autres de 2. ou 3. pouces, bien appointées par le bout,& de 18. ou 20. pouces de tour , & bien dreffées. On les affocie fur un Couffinet de bois de chêne ainfi que les Paliffades, autant que faire fe peut, de 4. à 5. pouces de gros, pofé à un pied près du talus des terres.
- Il eft inutile de donner un£ plus grande portée à la Paliffade hors de terre que cdle de 3. pieds & demi, parce qu’une plus grande faillie l’a mettroit en prife davantage, & n’oppoferoit pas à l’Ennemi de plus grandes difficultés pour cela.
- A la vérité, outre que cette Paliffade qu’on appelle Paliffade hériffée, n’affure pas abfolument la Retraitte, puifque l’Ennemi peut la couper, elle eft encore fujette à bien des réparations ; car les Bombes & les ricochets les détruifent journellement. Mais dans un pareil cas , c’eft tout ce qu’on peut faire de meilleur 5 8c lorfqu’il n’y a pas au moins 6. pieds d’eau dans le Foffé comme Figure 4. F, le plus fur c’eft toujours autant qu’il eft poffibie , de revêtir les Contrefcarpes dont les plus hautes font les meilleures, pour rendre la Defcenteplus difficile ou plus longue à faire.
- Du
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- FORTIFIER. Chapitre IP.
- T>u Terreplain du Chemin - couvert.
- On prend ordinairement le niveau de la Campagne pour le Terreplain du Chemin-couvert. Mais cette régie ne doit pas être générale : car dans les Païs-Bas où on trouve Peau à peu de profondeur, comme à 4. -, j. ou 6. pieds, on n’auroit point de hauteur de Contref-carpe, ni de Revêtement au Corps de la Place, à moins que de l’élever confïderablement au-deffus du Chemin-couvert,* ce qui feroit une défeéhiofité notable. Ainlï dans ce cas on doit élever le Terreplain du Chemin-couvert de 3., 4. 8c 6. pieds au-deffus du niveau du Terrain $ au moyen de quoi on aura une hauteur de Contrescarpe raifonnable, ainfi qu’au Revêtement delà Place : & comme les terres de l’excavation du Foffé ne fèroient pas fuffifantes pour cela, on les prendra au pied du Glacis, y pratiquant un avant-Foffé, qui eft tout ce qu’on peut fouhaiter de mieux pour une Défenfe avantageule.
- Enfin, quand même on ne trouveroit l’eau qu’à 15. ou 20. pieds de profondeur, ou même point du tout, je ferois toujours d’avis d’en élever le Terreplain de quelques pieds au-deffus du niveau du Terrain.
- La raifon eft, que toute la Fortification s’élevant à proportion, les Ouvrages auroient une plus grande lu-périorité fur la Campagne, & on auroit un commandement affuré fur les Pièces qu’on pourroit porter en avant. Je parlerai de ceci plus amplement ailleurs.
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- f L A N '
- c a k
- ’xxxyr.
- Figure 7.
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- De la largeur des Chemins-couverts.
- On donne ordinairement 5. toifes de largeur au Chemin-couvert, c’eft-à-dire, depuis le bord de la Contref* carpe jufqu’à la Palifiade; & dans les grandes Places on peut lui donner jufqu’à 6. toifes, parce que-leur gar-nifon étant ordinairement forte, on a befoin d’un plus grand emplacement pour être en état d’emporter ce qu’on fouhaite au dehors. Mais il feroit dangereux & même defavantageux de paffer cette régie,- parce que l’Ennemi venant à atteindre le pied d’un Glacis conduit fiir une pente raifonnable, découvriroit de fes Tranchées la partie du Chemin-couvert vers la Contrefcarpe, qui ne pourroit être couverte par le Parapet, comme on voit par le profil, où l’on luppofe la derniere Banquette établie fur le Rez-de-chauffée, & la direétion des Feux partie du point A. Mais, fi l’on confidere que l’Ennemi peut s’élever davantage dans fes Tranchées au moyen d’autres Banquettes , & que par ce moyen la direétion des Feux viendroit deC , ce défaut feroit bien plus préjudiciable. Ainfi la régie qui preferit de ne pas donner plus de j. à 6. toifes de largeur au Chemin-couvert, n’eft pas imaginaire.
- T>e la hauteur du Parapet du Chemin-couvert au-dejjus de fin Terreplain.
- O n ne peut pas donner moins que 6. pieds & demi de hauteur depuis le Terreplain du Chemin-couvert juf* qu’au fommet du Parapet. Une moindre élévation feroit une défeétuofité encore plus dangereufe que la trop
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- FORTIFIER. Chapitre UA 39
- grande largeur, puifque l’Ennemi venant à avoifiner le pied du Glacis, le découvrirent prefque entièrement de fes Tranchées, & par coniéquent n’auroit pas grande peine à en chaffer l’Affiégé ceci fe connoîtra facilement par le profil,- & cela eft d’autant plus poffible, que le Canon dégrade toujours la tête du Parapet, ce qui en diminue la hauteur, & qu’il peut s?élever de 2., 3. à 4. pieds au-deffus du niveau de la Campagne, en rehauffant le Parapet de fes Sappes un peu plus que d’ordinaire, & y joignant plufieurs Banquettes, comme je viens de l’expliquer, pour-faire Feu dans le Chemin-couvert. Il obligeroit par ce moyen l’Affiégé de l’abandonner , & lui en rendroit enfuite le Logement aifé. Mais pour éviter ce défaut, il faut lui donner 7. pieds 8c demi aux Angles faillans, 8c 6. 8c demi aux rentrans qui ne font pas fi expofez, non compris un demi pied de pente qu’il faut donner depuis la Banquette jufqu’au bord de la Contrefcarpe, pour l’écoulement des eaux: de pluye. De cette maniéré l’Ennemi ne pourra découvrir le Terreplain du Chemin-couvert, que lorP qu’il fera très-proche de la Paliffade, à moins que le Glacis n’en foit extraordinairement plat; défaut qu’il faut éviter autant qu’il eftpoffible, ainfi que je le détaillerai par la fuite..
- De la ‘Banquette.
- Pour que le Soldat puiffe tirer par-deflus le Parapet du Chemin-couvert,, on lui joindra une Banquette de 3, pieds de largeur, non compris celle qu’occupe la Palif-iade, 8c de 4. pieds 8c demi au-deffous du fommet. On la termine en rampe du côté de la Contrefcarpe fut
- une
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- 4o V A R T D E
- une pente double de la hauteur, afin qu’elle foie aifée à monter. On a pratiqué quelquefois jufqu’à deux ou trois Banquettes l’une deflus l’autre pour faciliter la montée,- mais une rampe telle que je la propofe, eft aufli commode que ces degrez qui demandent de l’aflu-jettiflement, & qui après quelque tems fe mettent d’eux-mêmes en talus.
- CHAPITRE V.
- De la TaliJJade du Chemin-couvert.
- ON a planté différemment les Paliflades dans les Chemins-couverts ; mais de toutes les maniérés qui peuvent avoir été mifes en ufage, ons’eft conformé à celles qui fuivent, propofées par Mr, le Maréchal de f/aubem.
- Méthode de planter les Palijjades propojêe par Mr. le Maréchal de Vauban? & approuvée du Roi.
- Les differens fentimens touchant la maniéré de planter les Paliflades dans les Chemins - couverts ,• ont donné occafion d’examiner l’ufage qu’on en a fait à plu-fieurs Sièges que les Troupes du Roi ont foutenus pendant les Guerres précédentes, & en dernier lieu à celui de Keyferswert, pour déterminer celle qui pourroit être la meilleure. Mr. de Vauban a jugé que la maniéré
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- qu’on fuit depuis plufieurs années,en plantant lesPalif-fades au pied du Parapet du Chemin-couvert, eft la plus fûre de toutes celles qui fe font pratiquées ci-devant, même de celles qui ont été propofées. Mais (on avis eft, qu’en tems de Siège on en plante une fécondé fur la première Banquette du Chemin-couvert dans les Places -d’Arm es des Angles rentrans feulement, ne voyant pas qu’on puiffe foutenir de pied ferme les grands Angles faillans, à moins que de furprendre tout-à-fait le Feu des Remparts , qui eft celui qui fait le plus d’effet.
- . Mr. de Vauhan juge auffi , que pour remédier aux défauts de la Paliffade plantée au pied du Parapet du Chemin-couvert, il eft néceffaire de diminuer de p. pouces la hauteur qu’on avoit accoutumé de lui donner au-deffus du fommet du Parapet, de l’éguifer de plus loin, de l’éloigner de 6. pouces du pied du Parapet, de la planter plus claire -y & pour fuppléer au défaut de la trop grande diftance des pieux, 5c empêcher qu’on ne puiffe mettre le pied entre-deux pour fauter par-def-fus, de mettre le linteau plus bas, & de clouer entre-deux un clou qui fortira de 3. pouces, 3c occupera précifé-ment le milieu du vuide.
- Je prétens que cette haute Paliffade ainfi pofée, empêchera l’entrée du Chemin-couvert à l’Ennemi ] qu’elle ne fera point expofée à être rompue par le Canon, qui ne la pourra au plus que pincer par l’extrémité de fa pointe} que l’Ennemi ne la pourra fauter, 5c encore moins la couper ; quelle n’empêchera pas qu’on ne pofê les Sacs-à-terre à découvert avant que l’Ennemi foit à portée de l’empêcher ; 5c qu’on pourra enfuite faire paf* fer quelques hommes de diftance en diftance entre-deux,
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- c’eft-à-dire, entre le Parapet & la PâlifTâde> pour raccommoder celles qui feront dérangées, les mettre en place, & même relever les terres éboulées $ qu’enfinles pointes de cette Paliffade fe trouvant fort écartées, le Soldat pourra biaiferfon Fufil à droit & à gauche autant qu’il fera néceflaire.
- L’intention du Roi eft, que les Ingénieurs & les autres perlonnes qui pourront être proposées à la conduite des Ouvrages de Fortifications, s’y conformeront à l’avenir, lorfqu’il faudra palifTader à neuf les Chemins-couverts des Places, ou remettre des Paliflades dans les parties où les anciennes ne font plus en état de fervir. Fait à Paris le i y. Septembre 1700. Signé de Vauban.
- On a cependant retranché les pointés de fer plantées dans le linteau, parce qu’elles contribuent beaucoup à le pourir, & qu’on ne peut pas empêcher qu’on ne lés vole enfuite, De-forte qu’on les approche davantage, ne laiffant que 2. pouces & demi de diftance entre elles, pour fervir de creneau au Soldat pour pafifer fôô Moulquet. On les fait de même longueur 8c groffeUt qu’il vient d’être dit, à l’exception des paffàgés desTrâ-verfes,ou elles doivent avoir 11. & 12. pieds de long. Lé linteau fe place à un pied & demi de la. pointe qui fur-monte le Parapet des Chemins-couverts de 9. pouces.
- M R. de Coehorn, Ingénieur , qui s’eft acquis beaucoup de réputation parmi les Hollandois dans les dernieres Guerres, a donné le deffein d’une nouvelle Gonftruétion de Paliffade que je vais rapporter ici, plu-fieurs perfonnes l’ayant approuvée. Voici comme elle eft décrite dans fùn Livre de Fortification page 22.
- „ Plantez le long des Traverfes deffus la fécondé
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- „ Banquette, des pieux de 7. ou 9. pouces, diftan^ „ l’un de l’autre d’environ 10. à iz. pieds, ou d’au-„ tant que les poutres tournantes feront mobiles. Pre-„ nez garde que ces pieux doivent être 6. pouces plus „ bas que le fommet des T>averfes. Après cela, il „ faut faire au fommet de ces pieux, des trous quarrez ,, dont chaque côté ait 4. pouces 8c demi, ronds par „ en-bas, néanmoins tellement conftruits, qu’il y refte „ une féparation de bois de l’épailfeur d’un pouce. G’eft „ dans ces trous que tourneront des chevilles de bois „ rondes de 4. pouces & un quart de diamètre, qu’on „ fait aux extrémitez d’une poutre de j. à 6. pieds d’é-,, paiffeur, dans laquelle les Palilfades doivent êtrepla-,, cées. On couvre ces trous d’une petite plaque de fer „ large de i. pouces , qui d’un côté efl: attachée par une „ charnière, & de l’autre par un verouil. On plante-„ ra les Paliflades de ladite poutre de 5. à 6. pouces „ d’épaifleur, en y faifant des trous où ikfatt paffer ,, des chevilles. Ces PalilTades en doivent fortir de la „ longueur de 3. pieds 8c demi ,* de-forte qu’étant pofëes „ debout, elles furpalfent de 3. pieds le fommet des „ Traverfès, 8c étant abailfées les pointes prendront „ en bas,& s’appuyèrent fur laBanquette: 8c afin qu’el-„ les fe puiffent tenir debout, il faut faire un trou au „ travers de ladite poutre, & y palfer une cheville „ de fer. Nous paffons la Palilfade dans la poutre, par ,, le moyen d’un trou fermé de chevilles de bois, afin ,, de les pouvoir bien-tôt repalfer, en cas que les Aflié-,, geans en ruinaflent quelque-chofe, comme ils pour-,, roient faire, s’ils pointent le Canon de jour, & y"ti-„ rent de nuit quand elles font debout. Le tout efl: fait
- F z „ fur
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- L’ART DE
- C’en Mr.
- Coehorn qui parle.
- „ fur l’échelle, & nous en avons abaiffé une partie, „ & élevé une autre, comme on le pourra voir.
- ,, Les Rédans & les Parapets qui traverfent le „ Chemin-couvert, font bordez en dedans de ces for^ ,, tes de Paliffades, dont je fais grand cas, tant à cau-,, fe de la Défenfe que du ménage. La Défenfe confifte „ en ce qu’elles ne font point vues des Afliégeans pen-,, dant le jour que quand ils donnent l’Affaut ,* & à caufê „ de cela ils ne le ruineront pas par le Canon, & les ,, éclats ne tueront pas les Aflîégez, qui jouiront en ,, attendant de tous les avantages qu’ils en peuvent ,, efperer.
- „ Ces Paliffades font auflî d’un grand ménage, par-,, ce qu’elles fe confervent dans les Magazins, & n’ont ,, que faire de refter toujours aux Traverfes; & quand „ même elles y refteroient, encore dureroient-elles ,, plus long-terris que les autres, parce qu’elles font hors „ de laverie, l’experience ayant fait voir, que les Palif-,, fades qui font plantées dans la terre, pouriffent pour la plupart. Ainfi je laiffe à juger aux Amateurs , fi „ ces Paliffades ne font pas préférables aux autres dont ,, on s’eft fervi jufqu’à préfent fur le Glacis, qui ne „ font que nuifibles aux Affiégez, principalement file ,, Canon de l’Ennemi y joue.
- „ Au-reste on plante auffi un rang de Paliffades ,, tout le long de la première Banquette du refte de la Contrefcarpe, & où il y a des Barrières pour faire ,, des Sorties. ,,
- j e répons que l’on pourroit encore perfectionner cette nouvelle Conftruétion de Paliffades5 mais, comme elle eff moins bonne que celle dont nous avons parlé
- au-
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- auparavant, j’en ferai feulement remarquer les defavan-tages.
- i°. Elles font prefque autant en prife au ricochet 8c aux Bombes que les autres, avec cette différence que venant à tomber fur un poteau, la Bombe le romprait, & dégraderait en même tems 3. ou 4. toifes courantes de ces Paliffades, dont la façon 8c la réparation demanderaient peut-être plus de tems que huit ou dix Paliffa-des qu’il faudrait y remettre.
- 2°. Cette manœuvre de hauffer & de baiffer la Paliffade, dépend de plufieurs petites circonftances qui la rendent embaraffée$ car , pour peu que les bois neloient pas bien affemblez, ou qu’ils viennent à fe déranger ; ce qui peut arriver journellement ; on ne pourrait plus dans ce cas fixer la pièce qui les affemble. Néanmoins cette Paliffade n’eft pas celle qui affure le Chemin-couvert; car il en propofe lui-même une autre fur le bord de fa Banquette. Ainfi il eft bien inutile d’y chercher tant de précautions, & de s’arrêter à une façon particulière de Paliffade, dont la deftru&ion n’eft pas importante, tant qu’on a foin de bien réparer celle que l’on place fur le bord de la Banquette.
- L’epargne qu’il dit que cette Paliffade produirait, eft vraie ,* mais , fi on tenoit la Paliffade ordinaire auflî en Magazin , & qu’on ne voulût les mettre dans le Chemin-couvert qu’en cas de befoin, comme il fera fait mention par la fuite, on épargnerait encore davantage que lui.
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- Fl an-
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- xxxvïr. Fig. i. tki.
- Planche XXXVI. Figure 8.
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- Du Tarapet du Chemin-couvert.
- Le Parapet du Chemin-couvert s’élève ordinairement en gazonnage fur 15. pouces de talus, 8c la mélandre qui eft le premier gazon, fe pofe à 3. pouces de la Pa-liflade; en-forte que le fommet du Parapet eft diftant de 18. pouces de la Paliffade. Ce qu’il faut obferver foi-gneufement', car un plus grand éloignement feroit que le Soldat, croyant de tirer pendant la nuit par-deffus le Parapet, porteroit le bout de fon Fufil contre, 8c en tirant il lui créveroit entre les mains : au lieu qu’un fi petit éloignement ne lui permet pas de le faire.
- Dans les endroits où le gazonnage fè trouve difficilement, on revêt le Parapet du Chemin-couvert fur 3* pieds de hauteur, & un fixiéme de talus; 8c le refte fe tait en terre douce fur 9. pouces de talus.
- Cette Conftruétion de Parapet eft beaucoup plus avantageufe, comme on le verra par la fuite.
- CHAPITRE VI.
- T>es T lace s-d’Armes [aillantes & rentrantes.
- P O u r rendre les Chemins-couverts capables de contenir plus de monde, on arrondit la Contrefcarps devant les Angles faillans des Ouvrages, pour former des Places-d’Armes, qu’on appelle pour cette raifon P lac e s-d? Armes faillantes. On fait auffi dans les Angles rentrans de la Contrefcarpe les Places-d’Armes rentrantes ;
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- tes • obfervant que leurs Faces doivent faire avec les Branches des Chemins-couverts qui les joignent, un Angle de 95. ou 100. degrez d’ouverture, afin quelles coups tirez de ces Faces, fe puiffent porter à quelque toife des faillans, où l’Ennemi chemine ordinairement, étant les premières parties de la Fortification qui fe préfentent à lui, & qui font d’ailleurs les plus foibles.
- Outre que les Places-d’Armes fervent à affembler les Troupes pour les Sorties, elles procurent auffi parleur capacité les moyens d’y faire de petits Retranchemens de charpente qui fervent à favorifer la Retraitte de celles qui fe trouvent répandues dans le Chemin-couvert pour le défendre, lorfqu’elles y font forcées; au furplus elles en retardent confiderablement la perte totale.
- La portion de cercle de la Contrefcarpe qui formera la gorge de la Place-d’Armes Paillante, aura pour centre le bord extérieur du Parapet de l’Angle flanqué des Ouvrages, au cas qu’ils foicnt revêtus de maçonnerie, afin que le Foffé ait toujours une égale largeur ; 8c fi les Ouvrages ne font qu’à demi revêtus, ou de terre, le centre fera le bord extérieur de la Berme.
- On fera les Places-d’Armes rentrantes en leur donnant n. à 13. toiles de demi-Gorge, & 14. à 15. toifes de Face, & jamais plus; autrement on y feroit découvert, & trop expofé aux ricochets, comme je l’ai déjà fait voir ailleurs.
- Nous voyons des anciens Chemins-couverts dont lés Places-d’Armes Paillantes font difpolées comme il fe voit. L’intention de leurs Auteurs en les aggrandiflant de la forte pour les rendre capables de contenir plus de Troupes, feroit jufte, fi l’Ennemi venant à avoifiner le Chemin-couvert, n’en découvroit de fes Tranchées
- ( pour
- Planche XXX Vf. Figure y*
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- 4* L’ A R T D E
- (pour peu qu’il voulût s’y élever) la plus grande partie de leur Terreplain, qu’il vous oblige par ce moyen d’abandonner 5 enfoite dequoi il n’a pas grande peine à fe loger for leurs Parapets. Outre cela, la partie du Chemin-couvert A mafque le Feu de la Place -d’Armes B, ou autrement on fe trouveroit expofé à Ton propre Feu.
- J e fouhaiterois aufli qu’on arrondît un peu tous les Angles faillans du Chemin-couvert, pour y placer quelques Fufïliers. Car, comme c’eft ordinairement for les Capitales qu’on chemine, il eft bon d’y avoir un Feu prochain qui y feroit dirigé ,• & quoiqu’il ne foit pas confîderable , il ne laiffe pas que de faire fon effet. Voyez C Figure 8.
- Des Efcaliers pour communiquer dans les T lace s-d'Armes rentrantes & [aillantes du Chemin-couvert.
- Lors que les Foffez font toujours pleins d’eau, on communique dans les Places-d’Armes rentrantes defaillantes avec des Ponts de charpente conftruits fur des Chevalets, jufqu’à ce que l’Ennemi foit à portée d’attaquer le Chemin-couvert $ pour lors on les ôte, & on y communique avec des Bateaux ou Radeaux : & s’il fe trouve une hauteur de Contrefcarpe au-deffus de la foperficie des eaux qui foit revêtue, & affez élevée pour qu’on n’y puiffe monter aifément, on y pratiquera des Efoaliers dont les marches commenceront àfleur-d’eau$ cela s’entend fi l’eau étoit immobile, car autrement il faudroit commencer les marches à la hauteur des plus baffes eaux.
- Mais, file Foffé étoit fec, il faudroit n’en com-
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- FORTIFIER. Chapitre FL 49
- mencer les marches qu’à 6. pieds de hauteur, afin de monter çet intervalle fur des madriers pofez fur de petits chevalets qu’on culbutte dans le Foffé, en fe retirant pour n’être pas fuivi. De cette maniéré on eft afluré de fa Retraitte, & cet Efcalier eft fans inconvénient pour l’Affiégé.
- De la Direâion des 'Branches du Chemin-couvert.
- Nous avons dit ci-devant (*) qu’il falloir que les Faces des Places-d’Armes fiffent avec les Branches du Chemin-couvert qui les joignent, des Angles de 95. à 100. degrez d’ouverture. Il en eft de même des Branches. De cette maniéré il n’eft point de partie devant la Fortification, qui ne foit en prife au Feu de Moufqueterie du Chemin-couvert .qui eft le plus certain : au contraire , on peut s’appercevoir du mauvais effet du Chemin-couvert dont les Branches forment des Angles plus ouverts, à caufe des intervalles qui reftent entre leurs Feux précifément fur les Capitales , qui eft la partie fur laquelle on chemine toujours. De dire que pendant le jour on peut diriger le Feu fur les Capitales en lesbiaifant, on tom-beroit dans l’erreur; car il eft une hypothèfe bien plus certaine, que le Soldat pendant la nuit où rien ne lui peut indiquer la direction de fon Feu, tire toujours devant lui. On peut éviter ce défaut qui ne fe rencontre point à la maniéré de les difpofer qu’on propofe, où les Feux fe croifent tous dans les Capitales; & ce point eft le plus effentiel à obferver dans la Conftruétion des Chemins-couverts, fi on en veut rendre les Approches dangereufes. Des
- ( * ) Chap. VI. Part. 1. pag. 31.
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- 1/ A R T DE
- Des Traverses.
- Lorsque l’Ennemi a pouffé fes travaux aux environs de ij. ou 20. toiles du Taillant des Chemins^ couverts, il y peut prendra une fi grande fupériorité, que la hauteur du Parapet ne fauroit défiler les Branches. Pour remédier à cet inconvénient, on y place des Traverfes de diftance en diftance aufïi hautes que le fommet du Parapet, pour fe couvrir 8c fe défiler en même tems du ricochet, 8c fe retirer auffi derrière , à mefiire que l’Ennemi avance fon Logement le long des Faces. Les premières en ordre font celles en prolongation des Faces des Places-d’Armes rentrantes, qui y font abfolument néceffaires, pour pouvoir les occuper , quoique l’Ennemi foit logé fur les Taillantes. On les fait de 5. toifes d’épaiffeur avec une Banquette 8c une Paliffade, pour être à l’épreuve du Canon du coté de PInterieur de la Place-d’Armes, fomblable à celle du Chemin-couvert.
- Pour pouvoir communiquer de ces Places-d^Armes; dans les Branches, on écarte le Parapet du Chemin-couvert du profil de la Traverfe, en laiffant un Paffagè de 4. pieds de largeur à la bafe, lequel eft défilé par un Recouvrement de 9. pieds, que quelques-uns appellent Crochet, qu’on porte en dehors de l’alignement du Chemin-couvert.
- Ces Paffages fe doivent établir à la profondeur au Chemin-couvert, lorlqu’elle n’excédera pas 7. pieds 8c demi $ car autrement on fo contentera de cette élévation, qui fujEt pour y paffer en fureté, d’autant plus qu’on auroit de la peine à foutenir une plus grande hauteur
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- F O R T I F I E R* Chapitre VL jx
- teur du Parapet avec du gazonnage fait fur un auffi petit talus que le doit être celui ci-joint, à la longueur qu’il conviendrait de donner aux Paliffades dont il faut le border.
- Si le Foffé n’étant point revêtu, fe trouvoit être fec, 8c la Contrefcarpe fortifiée d’une Paliffade hériffée, il faudroit laiffer une petite Retraitte d’un pied ou deux, depuis le profil de la Traverfe jufqu’au bord de la Çon-trefcarpe, parce qu’il feroit fujet à couler dans le Foffé fi on l’en approchoit davantage ; 8c on continuera la ligne de Paliffade qui borde le Parapet, jufqu’à celle de la Contrefcarpe, afin de n’être point tournée par là lorf-que l’Ennemi eft maître de la partie du Chemin-couvert, vers les Taillants ; 8c fi le Foffé étoit plein d’eau, on fera defcendre la Paliffade jufqu’à fa fuperficie, & même de quelques pieds plus bas. Pour plus de fureté, on éleve les Traverfes en gazonnage avec une prolongée de 2. pieds depuis le bord du Parapet joignant la Paliffade jufqu’au devant; 8c lorfqu’on n’a point de gazon, on revêt l’interiêur de la Traverfe, ainfi que les Profils & le Chemin-couvert des Paffages à un pied & demi près du fommet.
- Les fécondés Traverfes en ordre font celles joignant les Places-d’Armes Taillantes, 8c fe placent fur la prolongation des Faces des Ouvrages ; à moins que les Angles n’en foient trop ouverts. Alors on les Place perpendiculairement fur les Faces; & lorfqu’il fe rencontre plus de 30. toifes de ces Traverfes à celles des Places-d’Armes rentrantes, on fépare cet intervalle par une autre Traverfe.
- On confirait l’une 8c l’autre de ces Traverfes comme celles des Places-d’Armes rentrantes; avec cette obfer-
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- y* L’ A R T DE
- vation néanmoins qu’il ne faut donner que io. ou 12. pieds d’épaiffeur à leur Parapet, parce que l’Ennemi fe fert ordinairement de celles-ci pour Epaulement contre les Feux de la Place, lorfqu’il veut faire la Defcente du FoflTé. D’ailleurs cette épaifieur eft fuffifante, n’étant befbin que de les mettre à l’épreuve du ricochet.
- CHAPITRE VIL
- Des ‘Barrières.
- POur pouvoir fortir du Chemin-couvert, on pratiquera entre chaque Angle, & fur les Faces des Pla-ces-d’Armes rentrantes, un Paffage dans le Parapet du Chemin-couvert, lequel fera fermé par une Barrière de charpente de 9. pieds d’ouverture, & fe place fur l’éloignement des Paliflades ; en-forte que leurs liteaux viennent à effleurer l’interieur des poteaux de ladite Barrière.
- La rampe de cette Sortie fe doit commencer au pied de la Banquette, pour fe rendre à la hauteur de ladite Banquette à l’endroit des poteaux, & de là aller fe terminer dans le Glacis à la diftance de 12. pieds, obfervant de les dévoyer vers les faillans du Chemin - couvert de leur largeur, comme nous l’avons déjà dit à la Conf-truétion du Quarré, afin d’empêcher qu’elles ne foient enfilées par les Batteries que l’Ennemi place vis-à-vis les Faces des Ouvrages pour en ruiner les Défenfes ,* avec cette remarque, qu’il n’en faut point faire aux Places-d’Armes faillantes, y étant trop expofées aux Attaques.
- Voici
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- FORTIFIER. Chapitre Vil. n
- Voici la Conftru&ion des Barrières qui feront de bois de chêne bien conditionné. Leur ouverture doit être de p. pieds entre les poteaux, de chacun un pied d’é-quarrifiage. Ils feront tenus fur un feuil de même grof-feur, polez au niveau de la Banquette, & appointé par leur extrémité, qu’on fixera à même hauteur que la Pa-liffade des Chemins-couverts. Ces poteaux feront afïu-rez chacun par deux liens de 8. à p. pouces, dont Pua portera fur le feuil, & l’autre fur un patin de io. à 12. pouces de gros.
- On fermera ces Barrières avec deux Ventaux, dont les montans, les battées, les guêtes, & les entretoi-fes, feront de 4. à 6. pouces de gros, & les Paliffàdes qui rempliront l’efpace entre les montans & les battées, feront de 4. à y. pouces.
- On échancrera l’arrête des poteaux joignant les montans de 4. pouces pour les loger, ainfi que le feuil, pour fervir d’appui aux Ventaux. On attachera un fléau à un de ces Ventaux, qui fe joindra par fon extrémité après le poteau au moyen d’une chaîne obron-niere 8c d’une ferrure garnie pour la fermer.
- Les pentures de fer qui doivent porter lefdits Ventaux feront de 3. pouces de largeur fur 4. lignes d’é-pailfeur, & embrafferont les battées, auxquelles elles feront tenues avec des broches à vis & des clous ordinaires à chaque Paliffade. Ces pentures feront foutenues par des gonds garnis de leurs fopportfr, attachez folide-ment après les poteaux j obfervant que le tout foit de bon affemblage.
- On fermera les Paffages des Traverfes avec des Barrières faites d’un feul Ventail, & placées dans l’alignement des Paliffades. Elles font fi peu differentes de celles
- G 3 que
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- 54 L’ART DE
- quo je viens d’expliquer, qu’il eft inutile d’en donner une plus grande explication.
- Note des lettres mifes aux Defeins.
- P L W- A Poteau.
- C H E XXXVII. B Seuil.
- Figures C Patin.
- 3 » 4> S* . D Grands liens.
- E Petits liens.
- F Montans♦
- G Battêes.
- - H Entretoifes.
- I Guêtes.
- K Le Fléau.
- L Palijfades êquarriées. Le tout chevillé avec chevilles de bois
- Ferremens.
- M Pentures de 3. pouces de largeur & de 4. Ttgnes d’épaiffeur,
- N Gond avec fon Support.
- O La Chaîne obronntere.
- P Serrure à bo[fe.
- On a fait des Barrières dont les montans, au lieu d’être attachez avec des pentures après les poteaux, y étoient arrêtez avec des colliers de fer, & tournoient lin* des pivots de bois, ou quelquefois de fer, engrenez dans des crapaudines faites dans le bas des poteaux. Mais ces crapaudines formées dans le bois font li-tôt remplies d’ordures, qu’elles fe pourrilfent d’abord, & les
- mon-
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- FORTIFIE R. Chapitre VIIL y y
- montans ne peuvent pas tourner dans les colliers de fer fans une grande difficulté , à* caufe de la pefanteur des bois de la Barrière $ de-forte qu’on ne fauroit prefque les mettre en mouvement fans les rompre.
- On a fait auffi des Barrières plus larges & plus hautes que celles que je propofe; mais elles deviennent fi pe-fantes, que les ferremens ni les poteaux ne les peuvent plus foutenir, & n’en font pas meilleurs pour cela.
- O n s’eft fervi auffi au lieu d’un fléau de bois d’une petite barre de fer tournante & fixée par le milieu à une des battées. Une des extrémitez va Te repofer fur un crampon ; 8c l’autre s’attache au moyen d’une ferrure. Mais, outre que cette barre de fer coûte plus que ce fléau de bois, la fermeture de là Barrière n’en eft pas plus affurée, parce que ce premier n’embraffe pas toute la Barrière, comme fait l’autre.
- Lorsque le Parapet du Chemin-couvert eft revêtu* on revêt auffi les profils des Paffages des Barrières.
- c H A P I T r e vm.
- Des cRçtranchemens des Places-# Armes rentrantes.
- AUssi-tot que l’Ennemi a formé fos Attaques fur un des Fronts d’une Fortification , on en retranche les Places-d’Armes Paillantes & rentrantes, avec des Tambours de y. à d. toifes de face, conftruits de gros madriers de chêne de io. à 12. pouces d’épaiffeur, plantez debout ,& terminez à la hauteur du Parapet du Chemin-couvert* crenelez de diftance en diftance* le tout
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- 56 L* A R T D E
- environné d’une ou de deux rangées de Paliffades inclinées vers l’Ennemi pour lui en empêcher l’accès. Quoique ces Tambours foient très-bons, lorfqu’ils font faits avec toute l’exa&itude convenable, je voudrois en ufer autrement, du moins pour les Places-d’Armes rentrantes. Ce feroit d’y pratiquer un Retranchement de ij. toifes de demi-Gorge, & de 20. toifes de Face fou-tenu extérieurement par un bon Revêtement de maçonnerie, élevé au-deffus du Terreplain du Chemin-couvert de 7. à 8. pieds, c’eft-à-dire, qu’il faut le terminer à la hauteur du Parapet, pour qu’il ne puiffe pas être battu du Canon ; obfervant qu’il foit couronné d’une PalifTade en fraife, pour y. affeoir enfoite un Parapet de terre à l’ordinaire. Cet Ouvrage auroit plufieurs avantages qui le rendroient préférables aux Tambours de charpente.
- Car, i°. étant d’une Conftrudion très - affinée, il ne feroit pas fujet à l’effet du ricochet & des Bombes, qui venant malheureufement à tomber for les premiers, comme cela arrive quelquefois, vous obligent abfolu-ment de les abandonner, fi l’Ennemi fe trouvoit à portée d’en empêcher la réparation.
- 20. Celui-ci ayant la domination for le Glacis, op-poferoit de très-grandes difficultez à l’Ennemi, lorfqu’il voudroit avancer fon Logement jufques fur les Faces de cette Place-d’Armes ,* car , quand on confidere qu’il faut effuyer un Feu de Moufqueterie à bout touchant, &que l’on ne fauroit éteindre, la chofe paroîtra bien difficile & très-périlleufe. Ainfi on peut être affiné que cette partie du Chemin-couvert n’eft point infultable de vive force, & qu’il n’y a tout au plus que les Places-d’Armes Taillantes qui le foient, mais dont le Logement deviendrait une exécution meurtrière 5 joint à tout cela, qu’on
- peut
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- FORTIFIER. Chapitre F1IL
- peut auffi pratiquer des Tambours de charpente dans ces Retranchemens, qui en prolongeront encore la Dé-fenfè j à moins que l’Ennemi ne fafl'e entièrement fauter tout l’Ouvrage, auquel cas il employeroit un tems con-fiderable. C’eft tout ce qu’on pourroit fouhaiter de mieux.
- Au défaut d’un Revêtement de maçonnerie, on élèvera le parement extérieur de ces Réduits ou Retranchemens en gazonnage avec une Paliffade en fraife à lahaur teur de la crête du Parapet du Chemin - couvert, où je fuppofe une double Paliffade, à caufe du Feu voifin du Retranchement qui feroit fon effet fans lurprendre celui du Chemin-couvert, bien loin d’ofer entreprendre d’emporter le Retranchement de vive force, quelque dégradé qu’il pût être j parce que l’Ennemi ne fauroit fauter dans le Chemin - couvert, à caufe de la double Paliffade qu’il faudroit toujours tenir bien conditionnée. D’ailleurs il faut confiderer que ces Rentrans font dépaffez par les Faces des Battions 3c des Demi-Lunes, dont le Feu lui ôteroit encore toute l’efperance de s’y pouvoir porter. Néanmoins il faut les revêtir autant qu’il eft poffible, pour plus de fureté.
- Lrs grands avantages qu’on retireroit de ces Ouvrages pour la Défenfe du Chemin-couvert qui en prolongeaient confiderablement la perte totale, joints à la dé-penfe de leur conftruétion qui eft très-médiocre, me donnent lieu d’être étonné qu’on les ait fi fort négligez, particulièrement dans des endroits où ils font abfolu-ment néceffaires pour couvrir la défeéhiofité de la Fortification. On échancrera la partie de Gorge qu’on s’appercevra que l’Ennemi pourroit découvrir de fes Lo-gemens du Chemin-couvert, afin qu’il ne puiffe point Partie IL H em-
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- j8 V A R T D E
- empêcher d’y communiquer par l’efcalier , ni la rompre de fes Batteries ,’ non plus que le Tambour ou petit Retranchement de charpente qu’il convient d’y faire, pour afïurer fa Retraitte, lorlque l’Ennemi fe met en devoir de s’en emparer.
- On fait à ces Réduits deux Poternes, une à chaque Face, pour le paffage des Troupes qui fe retirent du Chemin-couvert. Ces Poternes font bien voûtées 8c fermées par de bonnes portes de j. à 6. pouces d’épaiffeur.
- Du Glacis.
- I l y a un certain milieu à obferver dans la pente qu’il faut donner au Glacis car le Soldat la nuit venant à pofer fon Fufil for le Parapet du Chemin-couvert, le tire plutôt haut que bas, par la crainte qu’il a de fe mettre en prife au Feu de l’Afïîégeant en s’élevant pour baifler fon coup, de-forte qu'il paffe au-defliis des Tranchées, dont la conftruétion n’en peut être interrompue ni incommodée. C’eft un défaut auquel il n’y a point de remède, & qui devient d’autant plus confiderable, que la pente du Glacis eft grande j mais auffi, fi on le Faillit plat, il arriveroit un autre inconvénient,qui eft que l’Ennemi vous décoovriroit totalement dans le Chemin-couvert, vous en chafferoit fans peine, 8c le rendroit par conféquent fans propriétés. Ainfi de deux défauts il convient d’éviter le pire, en donnant au Glacis une pente modérée, c’eft-à-dire, d’un pied for 18. pieds pour les plus roides, 8c d’un pied for 24. pour les plus plats ; obfervant que cette première pente étant continuée vers la Place, doit donner à un pied ou deux au-delfous du fommet extérieur des Parapets des Ouvrages, afin
- que
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- FORTIFIER. Chapitre VIH. yp
- que les Glacis leur foient parfaitement bien fournis.
- Il fetrouve une défeéluofité dans la Conftruétionordinaire de nos Glacis, que voici. La pente en étant réglée depuis la tête du Parapet I du faillant du Chemin-couvert jufqu’à l’extrémité H , on mene une autre ligne de pente depuis lesrentrans ou Goutieres F jufqu’aupoint
- H. Cette ligne donne une infinité de points K, par lefquels on en paffe tant d’autres qu’on veut du faillant
- I, pour former la furface plane du pan de Glacis FIHL, 8c par conféquent de même celui GIHM qui s’entrecoupent fur la Capitale IH, fur laquelle l’Ennemi venant à cheminer en zig-zague, la partie de Sape AC du boyau AB formé fur le plan FIHL, ne peut être vue des Chemins-couverts E, mais feulement de ceux D, 8c femblablement la partie de Sape CB des Chemins - couverts D, mais feulement de ceux E, à caufe de l’arrête ou feétion IH qui les couvre. Or pour rendre les travaux de l’Ennemi fournis aux Feux de droit 8c de gauche, je voudrois
- i°. Arrondir le Parapet du faillant des Chemins-couverts, comme je l’ai dit ci-devant, en prenant pour centre le point N, 8c pour rayon la diftance de 4. toifes, pour décrire enfuite l’arc du cercle OP. Il faudroit
- 20. Continuer les rayons NO, NP,jufqu’aux extré-mitez du Glacis R 8c Q^, ou je fuppofe qu’en doit être terminée fa pente. Enfuite de quoi du point N comme centre, 8c de l’intervalle NR ou N(^décrivant l’arc de cercle RQ^, j’y déterminerois plufieurs points S de niveau avec ceux Q^ou R, au moyen defquels je formerois la partie du Glacis OPQR -, qui de cette forte fe trôu-veroit vue des Chemins-couverts de droit 8c de gauche, & du Feu direét de l’arrondilfement OP.
- Le relie fe conftruit comme à l’autre.
- Hz
- P L A N-C HE
- XXXVI. Figure i<j.
- CH A-
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- 6o
- 1/ A R T DE
- C H A PITRE IX.
- Des avant-Chemins-coimerts.
- DE la maniéré que la plupart des avant - Chemins-couverts font conftruits, on ne doit pas s’étonner que pour peu que l’Ennemi commence aies avoifiner* on eft obligé de les abandonner $ ce qui fans doute provient de leur mauvaife difpofitioii •> tels, font ceux qu’on place au-delà d’une Flaque ou avant-Foffé fans Ouvrages qui puiffent les défendre & fervir de Retraitte aux Troupes qui doivent l’occuper.
- Si ces avant-Chemins-couverts ont été foutenus par des Lunettes ou autres Ouvrages,, on en a fouvent négligé tellement les Contrefcarpes, qu’on ne peut pas dire même qu’ils en aient. Voici donc comme il leroit à propos de les diipofer, pour en tirer quelques avanta^ ges pour la Défenfe.
- I l faudroit établir le Terreplain du Chemin-couvert de la Place, comme nous l’avons déjà dit ci-devant, jv ou 4. pieds plus haut que le niveau du Terrain, & celui de l’avant-Chemin-couvert furie Terrain.
- Ensuite on fera tomber la pente du Glacis de la Place à 6. pieds plus bas que ce Terreplain aux rem-trans, allant à 9. ou 10, aux faillans devant les Lunettes, pour former de cette maniéré une Contrefcarpe qu’on fera même plus haute, fi la diftanca de l’avant-Chemin-couvert au Chemin-couvert de la Place,/permet
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- FORTIFIER. Chapitre IX. 6i
- met de le faire defcendre plus bas, pour que la pente en foit modérée.
- S i l’avant-Foffé fe peut remplir d’eau qu’on ne puiffe pas faigner, on laiffera tomber cette Contrefcarpe en rampe luivant le talus ordinaire des terres * autrement on la revêtira de maçonnerie fans efcaliers, par ce que n’étant pas haute , on y montera avec des madriers po-fez fur de petits chevalets qu’on renverfe en fe retirant, fiippofé qu’on y foit forcé. Cette Contrefcarpe revêtue donne lieu de pratiquer des Réduits ou Retranchemens fûrs dans les Places-d’Armes rentrantes , femblables à ceux que nous avons décrits ci-devant, avec un mur crenelé dans la Gorge de 6. pieds de hauteur & d’un pied 8c demi d’épaifleur. Ceci s’entend fi le Foffé eft fec, parce qu*autrement l’Ennemi ne manqueroit pas de s’y pofter. Dans ce cas on y communiquera par une Galerie fouterraine partant du Foffé de la Place, de laquelle on montera dans fon Terreplain au moyen d’un efcalier dont la fortie viendra fe rendre contre la Gorge, pour pouvoir le mafquer avec un Tambour de charpente, 8c fe maintenir par là une Retraitte affurée.
- Au-reste tout ce qui a été dit du Chemin-couvert de la Place, doit s’appliquer auffi à celui-ci, dont il eft aifé de conclure qu’il aura les mêmes proprietez 8c avantages pour laDéfenfejee qui eft bien different des avant-Chemins - couverts tels qu’on les conftruît ordinairement.
- J’ai dit ci-devant, qu’il feroit avantageux de revêtir intérieurement les Parapets des Chemins-couverts fur 3. pieds de hauteur feulement , ainfî que les Traverfes, leurs profils, 8c ceux des Banquettes 8c paffages des Barrières..
- H j
- Pour.
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-
- 6%
- Ls A R T D E
- Pour décider cette propofition, il convient d’examiner premièrement la dépenfe de la Conftruétion d’un Chemin-couvert revêtu, mais dont les Barrières & Pa-liffades doivent être mifes en provifion dans des Maga-zins , pour être pofez fur les bords de fa Banquette dans l’attente d’un Siège feulement.
- J e fuppofe les prix des terres, gazonnages, manœuvres & charpenterie, comme ils font à Strasbourg, pour pouvoir connoîcre précifément la différence de leur dépenfe.
- Toifé efiimat'tf des Gazonnages, Talijfades &
- 5Barrières, à faire pour la Confiruâion des Chemins-couverts d’un Front ordinaire de Fortification fuivant les prix portez par les marchez de
- PREMIEREMENT.
- Gazonnages.
- Celui du Parapet du Chemin-couvert dudit Front, non compris celui des Paffages des Traverfes,
- Toifes. pieds, pouc.
- Longueur 23 6. o. o.} Toifes. pieds. Pouc.
- i_T ? . /c > 177. o. o.
- Hauteur o. 4. o. f
- Celui defdits Gazonnages,
- Longueur 54. o. o.l
- Hauteur. 1. 1. 6. j ^7' 3* °*
- 244. 3. o.
- P RO-
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- FORTIFIER. Chapitre IX* 6 j
- Toifes, pieds, pouc.
- De l'autre part. 244. 3.0.
- Profil des Paffages des Barrières,
- Toifes. pieds, pouc.
- Longueur 40. o. o.\
- Hauteur o. 2. 3.) I^V °*
- Profil des Banquettes, .
- Longueur 60, o. o.)
- Hauteur o. 2. 6./ °* °*
- Gazonnages des huit Traverses,
- L e Parapet intérieur,
- Longueur 40. o. o. )
- Hauteur o. 4. 6.} 3°- o.
- L’Exterieur,
- Longueur 40. o. o.l
- Hauteur 1. o. o.f 4°v °* °*
- Les Profils du côté des Paffages.
- Longueur 22. o. o. >
- Hauteur 1. 1. o. § 2£* 4-
- Total - 380. 1. o.
- Livres, fols. den.
- à44.f. latoife, ci - - - - - 836. 7. 4*
- Talijjades.
- Celles joignant le Parapet du Chemin-couvert,
- Toifes. pieds, pouc.
- Longueur 290. 0. 0.
- Celles joignant le Parapet des Traverfes, Longueur 40. o. o.
- 330. o. o.
- * --------------- Livres, fols. dten.
- â.3.1.1a toile courante, ci - 990. o. o*
- Bar-
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-
- <4
- V A R T DE
- !Barrières.
- Livres, fols. den.
- Huit grandes Barrières garnies à 45.1., ci 360, o. o. Huit petites à 18. 1,, ci - - - 144. o. o.
- Total de la dépenfe de tput le Chemin- ______________
- couvert - - - 2330. 7. 4.
- Lorsqu’on eft obligé de réparer ce Chemin-couvert, la dépenfe eft augmentée du déblai des terres qu’il faut faire fur une toife de longueur au moins, pour établir les gazonnages, 8c pouvoir un peu les faciner.
- Déblai des Terres à faire pour la réparation des Gazonnages des Chemins-couverts dudit Front.
- Celui des Parapets du Chemin-couvert,
- Toifes. pieds, pouc.
- Longueur 2^8. O. 0.1 Toifes. pieds, pouc.
- Largeur 1. o. o. > 223. 3. o.
- Hauteur - 4. 6 A
- Celui du Pourtour des Traverles,
- Longueur IOO. 0. o.'j
- Largeur I. O. 0, b. 100. 0. o.
- Hauteur I. 0. 0.1
- Total - 323. 0. 0.
- Livres, fols. den.
- à 36. f. le remblai compris - - - 582. 6. o.
- à quoi ajoutant la dépenfe des Gazonnages, Barrières & Paliffades, ci - - 2330. 7. 4.
- La réparation defdits Chemins *cou-verts montera à la fomme de - - 2912. 13. 4»
- Toife
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- F O R T I F TE R. Chapitre IX. 6$
- Toifê ejlimatif de la Dépenfe à faire pour la Confi truftion des Chemins-couverts revêtus fui-vant le Profilpropofé.
- PREMIEREMENT.
- Maçonnerie.
- L e Revêtement du Parapet du Chemin-couvert dudit Front, non compris les Paflages des Traverfes.
- Fondation.
- Toifes. pieds, pouc.
- Longueur 2,36. 0. O. j Toifes. pieds, pouces.
- Largeur o. 2. o. > 13. o. 8.
- Hauteur o. 1. o.j
- Partie fuperieure,
- Longueur 236. o. o.\
- Largeur o. 1. 9. > 34. 2. 6.
- Hauteur o. 3. o.j
- Le Revêtement des PalTage? des Traverfes.
- Fondation.
- Longueur 54. o. o.'j
- Largeur o: 2. 6. > 3. 4. 6.
- Hauteur o. 1. o, I
- j
- Partie fùperieure,
- Longueur 54. o. o.'j
- Largeur o. 2. o. > 16. 3, o.
- Hauteur o. 5. 6. ]
- 67. 4. 8.
- I
- . Partie IL
- PRO-t
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- 66
- U A R T D E
- Toifes. pieds, pouç.
- De Pautre part 67. 4. 8.
- Profils des Paüages des Barrières.
- Fondation.
- Tpifes. pieds, pouc.
- Longueur 40. o. o.'j
- Largeur o. 1. y. > 1, y. 8.
- Hauteur o. 1. o. j
- Partie fuperieure,
- Longueur 40. o. o. ]
- Largeur o. 1. 6. y 2. 3. o.
- Hauteur o. 1. <>. J
- Profils des Banquettes.
- Fondation.
- Longueur 60. o. o.l Largeur o. 1. 9. > 2. j.
- Hauteur o. 1. q.J
- Partie fiiperieure,
- Longueur 6 o. o. o. j
- Largeur o. 1. 6. > 4* 1. é.
- Hauteur o. 2. d. J
- Revêtement des Traverfes,
- Celui de leurs Profils du côté des Paffag Fondation.
- Longueur 22. o. o.'j
- Largeur o. 2. o. > 1. 1. 4.
- Hauteur o, 1. o. I
- 82. 3. 8.
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- FORTIFIER. Chapitre IX.
- Toifes. pieds» pouc.
- De l’autre part 82. 3^ 8.
- Partie fuperieure,
- Toifes» pieds, pouc.
- Longueur1* 21. 0, o.l
- Largeur o. 1. 9. > y. 3. 8.
- Hauteur ô. y. 6. J
- REvêTEMENT intérieur des Parapets defdites Tra~ verfes.
- Longueur 32. 0. Fondation. H
- Largeur 0. 2. O» > I.
- Hauteur 0. 1. O. |
- Partie fuperieure,
- Longueur 32. 0. °A
- Largeur 0. 1. 4.
- Hauteur 0/ 3* °*J
- Total 9 4. 4. o.
- à 29. 1. la toile - Livres. 274J. fols» 6. deu. s.
- Taïtjjades.
- 330. toifes courantes à 3. 1. - - 990. 0. O.
- Huit grandes Barrières à 4^. 1. 360. O, O.
- Huit petites à 18. 1. ci 144. 0. O.
- Total de la dépenfe du Chemin-
- couvert félon qu’il eft propofé - 4139. 6. 8.
- On voit par ceseftimations, que ladépenfe d’unChe-min*couvert d’un Front de Fortification conftjruit en
- I 2 Ga-
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- *8 V A R T D E
- Gazonnages êc Paliffades à l'ordinaire, monteroit à la jfbmme de 1330.1. 7. f. 4. d. ,* & que le Chemin-couvert propofé en Revêtement, couteroit 4239. 1. d. f. 8. d, Ainfi fa dépenfe excederoit celle du premier 4e la fom-me de 1908. 1. 19. f 4. d.
- Mais, comme je fuppofe les Barrières & Paliffades de ce dernier, devoir être mifes en Magazin, pour li’être pofées dans les Chemins-couverts, que lorfqu’on attend un Siège, en les plantant fur le bord de la Banquette ,• il fe trouve que la dépenfe en étant une fois faite, c’eft pour toujours. Ce qui eft bien different de l'autre, qui ne peut pas fubfifter 8., 9. ou 10. ans, fans être totalement dégradé $ de-forte qu’il eft nécef-faire de le rétablir entièrement. Ainfi ajoutant à la dépend de fa réparation 2912.1. 13. f 4. d., celle de fa première conftruétion 2330. 1. 7. fi 4. d., ces deux lommes feront celle de 5243. 1. o.. f. 8. d. que le Chemin-couvert en gazonnage couteroit au bout de 10. ans,* de-forte qu’il excederoit déjà la dépenfe de l’autre de la fbmme de 1003. 1. 14. f, & que cet excès fe multiplieroit encore par la fuite.
- D’ailleurs, comme la Paliffade qui borde le Parapet de gazon , n’eft pas celle qui affure le Chemin-couvert contre les Attaques de vive force, il en faut encore une autre fur le bord de la Banquette, qu’on doit avoir en provifion à cet effet dans les Magazins. D’où l’on peut conclure, que le Chemin-couvert revêtu comme il eft propofé, procureroit une épargne confi-derable. Voyons maintenant leurs propriétez pour la Défenfe.
- Comité la Paliffade joignant le Parapet de gazon, en furmonte le fommet de 9. pouces, le Canon en
- l’écrê-
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- FORTIFIER. Chapitre 1JT. 6g
- l’écrêtant caffe aufli la pointe de la Paliffades de-forte que l’Ennemi en y pofant le pied, fauteroit fans peine dans le Chemin-couvert, & vous couperoit par ce moyen votre Retraitte, après vous avoir forcé de l’abandonner par un Feu fuperieur. C’eft pour l’en empêcher qu’on met une fécondé Paliffade fur le bord de la Banquette, dont la pointeeft de niveau avec le fommet du Parapet, pour que le Canon ne puiffe pas la rompre $ & comme il n’y a que 4. pieds de l’un à l’autre, il ne pourroit que fe jetter entre les deux Paliffades, où il ne fauroit par conféquent manœuvrer, ni reffortir, fans être mis en peine. La même difficulté fe rencontre au Chemin-couvert: propofé ; car le Revêtement de maçonnerie du Parapet de 3. pieds de hauteur, (& même 3. pieds & demi, en ôtant 6. pouces de terre pour la Banquette, & davantage encore lùivant que le Canon en diminue la hauteur par la crête qu’il enleve, ) eft un Efcarpement qu’il ne fauroit rencontrer, au cas qu’il y eût fauté, fans donner tout le tems qu’il faut à l’Afliégé pour l’en empêcher. Il eft aufïï également refferé entre la Paliffade & le Parapet, avec cette différence, que le Soldat gardant ce premier, dirige plus aifément fon Feu qu’à l’autre, où la Paliffade lui rend cela plus difficile, & même de placer aifément les Sacs-à-terre, au travers defquels il doit tirer. Enfin on peut être certain que le Chemin-couvert propofé, eft une épargne confi-derable pour le Roi, & qu’il a les mêmes propriétés pour la Défenfe que les autres.
- On me dira peut-être, qu’on pourroit ne point mettre de Paliffades joignant le Parapet du gazonnage, mais les tenir enMagazin comme les miennes, pour les placer fur le bord de la Banquette à l’oecalion du Siège,
- ï 3 Ce
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- 70 L’ A R T D E
- Ce feroit une défeduofité notable que le Parapet revêtu de maçonnerie n’a point, parce qu’il ne fauroit fe déranger, ni être mis en defordre, comme celui de gazonnage, que les Bombes peuvent ouvrir de tous côtez, 8c donner des trouées à l’Ennemi, par lefquelles il peut descendre aifément dans les Chemins-couverts. Ainfi il eft absolument néceffaire d’y joindre une Paliffade pour fup-pléer à ce défaut, &ne pas même attendre que la Place Soit menacée d’un Siège prochain ; car on ne fauroit plan* ter cette Paliffade fans déblayer aufll le Parapet de gazonnage, Ce qui demande un tems qu’on n’auroit point.
- mmimmmmmmmmmmmm mmmm
- CHAPITRE X.
- De la ConftruBion des Chemins-couverts dans les Terrains irréguliers.
- AN a détaillé jufqu’ici tout ce qu’il convenoit d’ob-V_>/ Server dans la Conftru&ion d’un Chemin-couvert, placé fur un Terrain plan & de niveau. Mais, comme on n’en trouve pas toujours de Semblables, & que cela eft même très-rare, il faut donc appliquer les principes que nous y avons établis, aux Terrains dont la fijperfi-cie inégale demande des attentions particulières dans les difpofitions differentes qu’il convient de lui donner.
- Cependant, n’étant pas poffible de déterminer la diverfe figure des Terrains qui peuvent fe rencontrer, 8c par conféquent celle des Chemins - couverts qu’il feroit néceffaire d’y faire, on propofera feulement cinq
- exem-
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- FORTIFIER. Chapitre X 71
- exemples, par le moyen defquels il fera facile de fur-monter les difficultez qui pourroient occafionner leurs variétez.
- PREMIER EXEMPLE.
- Si le Terrain d’une Place fituée dans une Campagne unie, comme AB, alloit en s’élevant depuis A jufqu’à B avec une pente égale, & continuée en avant jufques vers C, ilfaudroit le confiderer comme s’il étoit parfaitement de niveau, & en profiler les Chemins-couverts, ainfi que nous l’avons dit ,• avec cette obfervation néanmoins, que fi le déblai des terres de l’excavation desFofi-fez, obligeoit d’en relever le Terreplain dans quelques parties, il faudroit en faire de même dans toutes les autres, autrement les Branches feroient fujettes à être vues de revers $ c’eft-à-dire, que fi on relevoit, par exemple, le Terreplain des Chemins-couverts depuis D jufqu’à E de 2., 3. ou 4. pieds, & que le refte fût établi fur le Rez-de-chauflee, ils en feroient à la vérité mieux couverts de la plus haute Campagne Cj mais les Branches des parties DE feroient expofées aux revers des endroits F, à caufe qu’elles furmonteroient celles DG qui ne fauroient les recouvrir. Cet inconvénient ne fe rencontre pas, en prenant par-tout la Campagne pour le Terreplain du Chemin-couvert.
- DEUXIEME EXEMPLE.
- Si aux environs de la Place, il fe rencontroit un Rideau A à la diftance de 100., 200. ou 300. toifes de la Palillade d’une élévation de à 12. pieds au-dçflus
- Plan-
- che
- XXXVIII Figure t.
- PlâB-c Hï XXXIX.
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- Plan
- C H E
- XXXIX,
- Plan-
- che
- XXXVIII. Figure z.
- 71 V A R T D E
- du Terrain, fur lequel elle eft fituée, il faudroit examiner les parties du Chemin-couvert qui peuvent être en vue à cette domination, telles que font celles depuis B jufqu’à C , 8c prendre pour leur Terreplain aux rentrans , la Campagne dans fa hauteur réduite, en défiler les Branches, en conduifant le fommet de leur Parapet à <5. pieds au-deffus de la plus haute partie du Rideau A, remarquant que lorfqu’il s’en rencontre une ou plufieurs vues de revers, telles que D, il faut foute-nir celles E qui les recouvrent de niveau; avec cetteob-fervation néanmoins qu’on peut rehauffer le Terreplain du Chemin-couvert des rentrans fuivant le déblai des terres 8c des Foftez, mais ne le jamais baiffer aux endroits expofez à la domination. Si cette domination fe rencontoit à plus de 400. toifes de la Paliffade, il ne s’en faudroit plus fervir, & agir comme il a été dit ci-devant.
- Maniéré de défiler les 'Branches des Chemins-couverts des Hauteurs.
- Supposons que E foit le Terreplain du Chemin-couvert au rentrant de la Branche EG, dont G eft le faillant, A le fommet du Rideau, EH la hauteur du Chemin-couvert audit rentrant ; il ne faut que mettre un Voyan AI de 6. pieds de hauteur au fommet, en bor-neyant de H en I,.on aura un point L ou faillant G, qui donnera le fommet du Chemin-couvert au faillant, & fixera par conféquent la pente que doit avoir la branche EG.
- Quoique cette pratique foit affurée 8c facile à
- faire
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- FORTIFIER. Chapitre X 73
- faire fur le Terrain , on pourra l’exécuter également par le calcul de cette forte.
- Soit la Branche EG de j 5. toifes de longueur, la hauteur EH du Chemin-couvert au rentrant de 7. pieds , la diftance EM du Rideau à ce rentrant de 320. toifes, & fa hauteur perpendiculaire MA au-deffus du Terreplain Ede iy. pieds ou de 8. pieds au-deffus du point H ; de-forte que menant HN parallèle à EM, NA fera de 8. pieds. Prolongez MA en I de 6. pieds : élevez du Caillant G la perpendiculaire GL, qui fera par conféquent parallèle à MI. Faites enfuite par la deuxième du ïixiéme d’euclide cette analogie :
- Comme EM ou HN . . . 320.
- eft à NI ... . 14.
- ainfi HO . . . jj.
- eft à OL .... x. pieds 4. qui eft la pente que la Branche du Chemin - couvert EG doit avoir du faillant G au rentrant E, pour être défilé de la hauteur A.
- toifes
- pieds,
- toifes
- pouc.
- REMARQUE.
- Il faut que la Contrefcarpe fuive la même pente que les Branches du Chemin-couvert à un pied ou un pied & demi près, qu’il doit avoir plus de profondeur au faillant qu’au rentrant. Au-refte on obfervera tout ce qui a été prefcrit ci-devant.
- TROISIEME EXEMPLE.
- Sr ce Rideau, au lieu de fe terminer en langue vers la Place, en environnoit une partie, comme font ceux Partie IL K A 4
- Planche XXXVII] Figure z.
- Plan-
- che
- XXXIX,
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- Plan-
- che
- XXXIX.
- Plan-
- che
- XXXIX.
- Plan-
- che
- XXXVIII. figure 3,
- 74 L’ A R T D E
- A, F, G, D, H, il faudroit relever les faillans des Chemins-couverts d'angle en angle de 4., 6., 8. pouces, en commençant par celui H le plus éloigné des Rideaux, & finiffant à celui I qui en eft le plus proche; de cette maniéré on difpofe déjà le Chemin - couvert à s’en garantir; enfuite on défilera les Branches, comme il a été montré ci-devant. Dans cet ordre on pourra baiffer 8c rehauffer le Terreplain fuivant le déblai des terres; mais il ne le faut faire qu’aux Parties qui ne font point foumifes aux dominations.
- QJJ ATRIEME EXEMPLE.
- Mais, fi la Place étoit totalement environnée de Rideaux , tels que A, F, G, D, H, I, K, L, M, il faudroit en foutenir tous les rentrans du Chemin-couvert de niveau, & en défiler enfuite les Branches à l’ordinaire.
- CINQUIEME EXEMPLE.
- Si le Terrain que doit occuper la Fortification, al-loit de A en B fur une pente, par exemple, de 30. pieds, & de B en C de 5)0. pieds, que le front AB allât vers la plus haute partie de la Montagne E fur une élévation de 18a. pieds au-deffus de A, & qu’au contraire le Front BC vînt defcendre dans le fond D fur une pente de 120. pieds jufqu’au niveau de la plus bafle Plaine F ; il feroit fort difficile de remédier à toutes les défeétuofitez qu’entraîneroit un Chemin-couvert conf= trait fur un pareil Terrain,- mais on peut néanmoins îemédier aux plus effentieiles*
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- FORTIFIER. Chapitre X 7f
- Je fùppofe donc la pente de la Contrefcarpe fixée comme le dénotent les chiffres mis aux faillans & ren-transj on fera le Foffé qui environnera la Fortification plus étroit qu’à l’ordinaire, c’eft-à-dire, de 8. toifes devant les Demi-Lunes, & de 10. devant les Baftions, mais en recompenfe le plus profond qu’il fera poffible, afin d’y être parfaitement couvert. D’ailleurs , en rapprochant ainfi les Faces des Ouvrages du Chemin-couvert, la hauteur des Remparts couvre une partie des Branches des revers de la Montagne. On en diminuera la largeur ordinaire, en la réduifant à 4. toifes, pour qu’il, foit plus aifé d’en couvrir le Terreplain qui feroit trop en prife en lui donnant une plus grande largeur. Ce n’efl: pas là une grande défeéhiofité, d’autant plus que dans ces endroits qui ne font le plus fouvent que des Châteaux, ou Forts, on n’eft jamais en état d’y porter une grande Troupe dehors pour faire des Sorties, à caufe de la foiblefle ordinaire des Garnifons qui occupent ces fortes de Poftes,
- Comme il n’efl: pas poflîble de défiler totalement les Branches à caufe de la hauteur exceffive qu’il faudroit donner aux faillans, pour cela on s’attachera feulement à en bien découvrir le Terreplain, en mettant un Voyan de 6. pieds fur le bord de la Contrefcarpe, un pareil fur la plus haute partie de la Montagne E. Ces deux points en donneront un troifiéme à l’endroit du Parapet du Chemin-couvert, qui en déterminera la hauteur. Enfuite pour défiler les Branches qui fe trouvent dire&ement enfilées, on y fera des Traverfes af-fez près les unes des autres. Pour cela on en fera de même dans les Places-d’Armes Paillantes en Capitales, Ki .lorf-
- Plah-
- C H E
- XXXVIÏÏ Figure -3.
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- Pt A.N-C HE
- xxxvn r.
- Figure 3.
- 76 U A R T D E
- lor/que leur Terreplain fe trouvera fournis & vû de tout
- A' . /
- cote.
- On retranchera les Places-d’Armes rentrantes par des Réduits , femblables à ceux dont nous avons parlé ci-devant. Outre leurs propriétez avantageufes pour la Défenfe des Chemins-couverts, 3c qu’ils conviennent ici infiniment plus qu’ailleurs , ils couvrent aufîi les Faces des Places-d’Armes expofées aux revers de la domination E. Mais on les fera plus petits , en ne leur donnant que 15. toifes de Faces, au lieu de 20., afin d’en couvrir plus aifément le Terreplain, en y mettant une Traverfe en capitale 3c alfez élevée pour cet effet j avec cette remarque, que fi les Faces font enfilées, qu’il faut les joindre au Parapet, 3c que fi elles ne font battues que de revers, les terminer au bord de la Banquette, 3c y laiffer un paffage libre, ainfi qu’auprès des elcaliers de la Gorge. Celles qui fe trouveront battues directement, auront 18. pieds d’épaiffeur au fiommet pour être à l’épreuve ; 3c celles qui ne le feront qu’indireétement, auront une épaifi-feur moindre, félon qu’elles font vues obliquement. La même chofe doit s’entendre pour celles du Chemin-couvert. On peut pratiquer de petits Souterrains fous celles q.u’on fera dans les Retranchemens des Places-d’Armes rentrantes. Ils ferviront de Ma-gazins pour y mettre quelques barils de Poudre 8c autres munitions de Guerre néedfaires pour la Défenfe.
- On ne fera point de Barrières aux Branches des Chemins-couverts oppofez directement à la Montagne, n’y pouvant lubfifter devant le Canon de l’Ennemi ^ mais feulement à celles qui n’y font point expo-
- fées-
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- FORTIFIER. Chapitre Æ 77
- fées ; remarquant qu’il en faut défiler les paffages en les dévoyant, ainfi qu’il fera convenable pour cet effet.
- Comme l’a pente de la Montagne E vers le Front AB efl; trop grande pour donner de la plongée aux Glacis de cette Partie vers la Campagne, on les fera le plus approchant de l’ordinaire qu’on le pourra, fuivant les terres qu’on aura à y porter. Mais ces fortes de Glacis pouvant avoir la domination fur le Chemin-couvert, ce qui à la vérité efl: im grand défaut, ne laif-fent pas d’être fort meurtriers, à caufe que le Feu de Moufqueterie du Chemin-couvert pendant la nuit ne peut paffer par-deffus la tête des Affiégeans, & qu’il rafe au contraire parfaitement la Campagne, & que les balles venant à effleurer la fuperficie des terres, fe relevent & forment par leurs plongées dans les Tranchées un ricochet fort dangereux, 8c qui efl: toujours different dans le Front BC ; car le Glacis tombant fur une pente exceflive dans le fond D, le Feu de la Place ne peut pas y plonger l’Ennemi : d’ailleurs la crête du Parapet du Chemin-couvert devient fi aiguequ’il en ruine facilement la plus grande partie. C’eft pourquoi on y. donnera un pied de profondeur au-delà de ce qui s’en trouvera , par la régie qu’on vient de donner • & pour foutenir le Parapet devant les Faces des Places-d’Armes rentrantes & Paillantes d’une épailfeur à l’épreuve, on lui donnera 3. toifes d’épaiffeur, 8c on le revêtira exte*-rieurement de maçonnerie à 3. ou 4. pieds près du fom-met. Le Canon à la vérité détruit facilement ce Revêtement, n’étant point couvert,- mais il ne feroit pas aifé dé s’y loger enfùite, pour peu que l’A(fiégé voulût profiter de les avantages. S’il ne le trouvoit au- tour des Chemins-couverts qu’un ou deux pieds de terre, & que K l k:
- P t k tr •
- C HE
- xxxvur.
- Figure 3»
- C’eft ce qu’on appelle Glacis coupé*
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- F I .A N-
- XXXVIII. Figure 3.
- 78 L’ A R T DE
- le deffus fût de roc vif, on l’otera, en pelant tout le Glacis depuis 5. à 6. toifes de la Paliffade jufqu’à 30., 40. ou 50. toifes en avant(*). L’Ennemi ne pouvant pas fi enterrer, fera obligé d’y apporter à bras toutes les Terres dont il aura befoin pour fe couvrir ,- ce qui eft une manœuvre d’une longue & dangereufe exécution. Ainfi l’on voit qu’il arrive quelquefois que d’un Terrain peu propre à être fortifié en apparence, on peut au moyen de toutes ces attentions, en tellement corriger les défauts, qu’on en fait une Fortification excellente-, mais fouvent il vaudroit mieux en abandonner le projet, lorf-que la dépenfe en eft exceffive, pour la porter dans les fituations plus aifées à fortifier, ou elle peut faire un effet plus avantageux.
- Au-reste tout ce que j’ai dit, doit s’appliquer également aux avant-Chemins-couverts qui ne demandent point d’autre explication.
- CHAPITRE XI.
- Qui comprend la maniéré de faire les Devis pour la Confie uâion des Fortifications.
- CE Chapitre renferme 1°. la maniéré de faire les Fondations des Revêtemens de maçonnerie de tous les Ouvrages, tant du Corps de la Place, que de ceux des Dehors j la Conftru&ion des Remparts & Parapets , des Embrafures, des Voûtes,des Chapes de ciment, & des Guérites de pierre de taille -, l’Excavation des Fof-fez; la qualité de tous les matériaux & des bois,- la
- Char-
- (*) Comme je l’ai vû faire à Ceuta en Afrique & à plufieurs Places en Efpagne.
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- FORTIFIER.. Chapitre XL 79
- Charpente , Menuiferie , Serrurerie, Vitrerie & Couvertures, du Pavé de carreaux & de cailloux.
- z°t La Conftruétion des grandes Portes des Villes, des Poternes, & Aqueducs, des Souterrains, Chemins-couverts, Paliflades, Gazonnages, & Placages, des Barrières, Ponts de la Place, Guérites de bois, Arbres des Remparts, Puits , &c.
- L e tout fait avec la derniere précifion ,* & fi l’on veut quelque-chofe touchant les Bâtimens civils, on peut avoir recours au Livre de Mr. Belidor, intitulé la Science des Ingénieurs , imprimé à Paris , & où l’on trouve tout ce qu’on peut fouhaiter en ce genre.
- DEFIS DES OUTRAGES de Maçonnerie, Terres, Gazonnages, Charpenterie , Menuiferie, Couvertures /Pavé de Carreaux & de Cailloux, de Serrurerie, Fafeines & autres que Sa Majefté a ordonné être faits pour la Conf-trufîion des Fortifications dune Place.
- CONSTRUCTION.
- L
- Situation de la Place.
- L a Place fera fi tuée dans la Plaine de . . . en
- fur la Rivière de . . .
- IL
- O k tracera la Place fuivant les mefures de lôn pîa»
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- 8o L’ A R T DE
- en Oétogone régulier,formant huit Polygones égaux ; 8c fur les Angles il fera conftruit huit petits fîaftions, dont les dimenfions feront fpécifiées ci-après.
- III.
- Les Dehors de la Place confifteront en huit autres Baftions détachez ou Contregardes devant les premiers, dont les Polygones extérieurs feront de 180. toifes d’un Angle flanqué à l’autre de ces pièces, huit Tenailles devant les Courtines, huit Demi-Lunes, huit Réduits dans les Demi-Lunes.
- I V.
- La Place étant tracée, on fera courir le niveau tout-au-tour, fur lequel on prendra un milieu pour établir le Rez-de-chaunée de la Place, en abaiffant les Parties les pliis élevées, & rehauffant les trop baffes5 8c fur ce niveau feront réglez tous ceux du dedans de la Place. Pour cet effet, incontinent après que la trace de ladite Place fera achevée, on fera celle dé la diftribu-tion des Rues des Places à bâtir $ & pour avoir les pentes néceffaires, oti relevera le centre de la Place de 4. pieds ou environ, afin que les eaux puiffënt avoir leur écoulement, obfervant de bien marquer toutes les pentes fur des piquets ferrez , qui ferviront d’alignement pour les Rues, & qui feront chiffrez pour indiquer le rehauffement ou rabaiffement qu’il y aura à faire.
- V. On
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- FORTIFIER* Chapitre XL S x
- Y.
- On marquera âufli la deftinatioïi dès Places à bâtit par des grands piquets, auxquels feront attachez dè$ écriteaux de fer blanc qui ferviront d’indices.
- V I.
- Corps de la Place.
- Fondations des Courtines. (*)
- Apres que les alignemens auront été rectifiez 8c montrez aux Entrepreneurs, ils; feront faire les déblais des Revêtemens des huit Courtines 8c * des huit petits Baftions du Corps de la Place, & l’excavation de leurs Foffez fur ij. à 16. pieds de profondeur au-deflous du niveau des Chemins-couverts, & plus bas s’il en eft befoin. Enluite de quoi on approfondira les fondations de 3. pieds au-deffous du Fofle, & plus bas s’il eft néceflaire, pour trouver le fond folide. Les fondations feront mifes bien de niveau par devant, & en pente de 6\ pouces par derrière, & allurées par un rang de madriers de bois de chêne de 4. & 12. pouces de gros, à joints recouverts d’un pied, chaque madrier pofé fur le devant pour prévenir les affailfemens que pourront caufer les tranfpirations des eaux. Ces madriers feront faillie d’un pouce en dehors de la fondation $ & fi quelque partie fe trouve doutéufè, on en mettra une rangée au milieu &une autre fur le derrière :
- Partie IL fi
- (*) Ici commence le Devis qui regarde les Entrepreneurs.
- L
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- U U A R T B E
- fi le fond fe trouvoit trop foible, oh le fortifieroit par une grille de charpente,. compofée de longrines 8c ra-cinaux de 9. à io. ponces quarrez, de bois de chêne ou fapin rouge, aflemblez par entailles à queue d’hi-ronde aux extrémitez, & tenus en railbn par une ran~ gée de pilots de garde fur le devant, enfoncez jufqu’au: refus du mouton.
- V I I.
- %evétement des Courtines.
- Elles auront . . . toifes ... pieds .. . . poucesv de longueur entre les petits Battions. La fondation fera faite de bonne & folide maçonnerie , compofée des plus gros libages de moëlons qui le peuvent trouver. L’épaifleur en fondation fera de 9. pieds 10. pouces,, ayant 6. pouces de pente lui* le derrière y obfervant de faire deux Retraittes de 3. pouces chacune fur le devant, 8c de lever les deux paremens aplomb, enî-forte que l’é-paitteur dudit Revêtement foit réduite à 9. pieds 4. pouces au-deflus de la fondation. Il fera mis trois attifes de pierre d;e taille au-dit Revêtement, 8c feront pofées au-defliis de la fécondé Retraitte de la fondation, 8c auront 12:., 15. 8c 18. pouces de lit, 8c 8. à 10. pouces de joint à l’équerre, mêlé d’iin tiers de boutifles qui auront au. moins 2. pieds, de queue y le tout pofé en bonne liai-fon à petits joints à bain de mortier , compofé avec un tiers de bonne chaux & un demi tiers du meilleur fable fin. Le fommet dé \sl derniere attife fera taillé en. chanfrain-de. 2* poucesau-dettus; duquel il fera fait parement met qu’on élever a. de moëlon choift de 6, à 9. pouces de
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- FORTIFIER. Chapitre XI. 8 J
- hauteur, 8c de 9. à 11. pouces de queue groflierement pique fur les lieux, les joints & faces pofez par affifes, réglez en bonne liaifon, 8c continuez d’un angle à l’autre en bain de mortier,- obfervant de mettre de 15. en ij. pieds une boutiffe de pierre d’échantillon de la hauteur des affifes réglées, 8c de 2. pieds à 2. pieds 8c demi de queue. Le Revêtement ainfi élevé fera de 2(5. pieds de hauteur depuis le deffus de la fondation juf-qu’au deffus du cordon, talutant d’un fur 6, par devant, & à plomb par derrière : l’épaiffeur par le haut fera réduite à j. pieds au cordon $ & le talus entier de tout le Revêtement fera de j. pieds 4. pouces, le dedans garni de groffe maçonnerie.
- VIII.
- Contreforts des Courtines.
- Les Contreforts feront fondez auffi bas que lefdits Revêtemens, 8c élevez à même hauteur, elpacez àij. pieds de diftance les uns des autres de milieu en milieu, 8c auront 8. pieds de long, j. pieds de large à la racine, réduits à 3. pieds à la queue, 8c feront élevez à plomb de tous cotez.
- IX.
- Parapets des Courtines.
- O n élevera au-deffus du cordon un Parapet de maçonnerie de briquede 4. pieds de hauteur 8c de 3. pieds d’épaiffeur, dont le fommet fera terminé par une affile de brique pofée en liaifon alternative de quatre briques de cant, & autant debout lùr toute l’épaiffeur du Mur, L 2 frot-
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- 84 Lf ART D E
- frottées & dreflees l’une contre l’autre, obfervant de donner 4. pouces de pente par le delfus du derrière au devant,. & de faire un larmier débordant d’un pouce fur le Fofféà petits joints en bonne liaifon avec mortier de ciment de tuile palfée au tamis, bien préparé, rebattu plufieurs fois, & bien reciré avec la pointe de la truelle.. Les affiles de brique de cant feront reter nues aux extrémitez par des angles de pierre de taille? & la même chofe fera obfervée aux Angles des profils dont les lommets feront terminez par une affife de brique de camv
- X.
- Battions.
- Fondations.
- On fera le déblai des fondations des Faces & Flancs desdits Battions fur ; . . pieds . . . pouces de;largeur, Ôc de la même profondeur que celles, des Courtines*. Enfùite dequoi on dreffera.lesdites fondations bien de ni veau fur le devant, & en pente de 6. pouces fur le der-nerei. Après,quoi ou polera un rang de madriers de bois de chêne de 4. pouces d’épaifleur &. de 12. pouces de largeur fur le devant, îefquels feront redoublez au droit des Angles fur 12-. pieds de chaque coté desdits Angles. Que li le. fond fe trouvoit tendre on douteux ^ après l’avoir approfondi autant qu’ôn pourra, on donnera &. 12, pouces quarrez aux madriers, êc ou en poferafur le, derrière de la fondation & dans le milieu K comme ffir le devant,, fonpn il faudra les griller ,, comme il eft dit au YL Article. Que s’il y avoit plus de précaution, à prendre, il faudrait couvrir la. fuperficie
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- FORTIFIER. Chapitre XL 8j
- de la grille d’un plancher de madriers de 6. pouces d’é-paiffeur ,* le tout au gré de l’Ingénieur en chef qui ne le fera qu’avec connoiffance de caufe, de après avoir fur cela confulté fon Directeur $ attendu que la tranlpi-ration des eaux fe fera fentir à toutes les crues fous les fondations qu’elles attendriront, & pourroit eau-fer quelque affaiflement. Les Faces deldits Baftions auront . . . toifes . . . pieds . . . pouces de long, Scies Flancs toifez mefurez au- cordon, les demi-Gorges chacune de . . . toifes, la Capitale de .v toiles . pieds, . .. pouces.
- X I.
- jRevêtement.
- La maçonnerie des Revétemens, comme celle dés Courtines, les Angles garnis de pierre de taille par affife alternative, & retournée de 3. à 4. pieds de part & d’autre des Angles, mêlez d’un tiers de bou-tilfe, de le liirplus de moëlon maçonné à bain de mor^ tier,. compofé comme il eft. dit cirdevant*.
- X. I L
- On obfervera de faire toutes les Embrafures deldits* Bàftions fuivant; les mrelùres de leurs plans & profils avec leurs plongées & rampes qui feront exactement fuivies félon les plans de profils qui: en feront donnez. Leur conftruCtion fera, toute de briques choifies, frottées l’une contre l’autre julqu’à ce qu’elles foient droites , & en-fuite pofées de cant de debout en bonne liailôa> lé
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- tout
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- U V A R T D E
- tout à petits joints fur 3. pieds d’épaiffeür de part 8c d*autre, par le fond & côté à bain de mortier compofé d’un tiers de bonne chaux 8c de deux tiers du meilleur fable fin bien lavé, fee, criant à la main, & non gras ni terreux.
- XIII.
- Le Cordon.
- Le fbmmet desdits Revêtemens fera terminé par un cordon de pierres de taille, taillées en demi rond d’un pied de haut, ayant les joints à l’equerre fur 15. à 16. pouces, & les lits de 18. à 20. pouces de queue, non compris la faillie du cordon.
- XIV.
- Les Parapets.
- Comme celui de la Courtine.
- . XV.
- Les Foutes.
- Les Voûtes auront . . . pieds . . pouces de largeur , dont la naiffance commencera à 4. pieds au-deffus du Rez-de-chauffée, & porteront d’un côté fur les Flancs desdits Battions, & de l’autre fur. un miir de . . , pieds . . . pouces d’épaiffeür. Elles feront conftruites à plein-cintre de 3. pieds d’épaiffeür, toutes
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- FORTIFIER. Chapitre XL 87
- tes briques frottées 8c dreffées l’une contre l’autre, po-fées à petits joints à bain de mortier fin, compofécomme il eft dit ci-devant. On élevera enfiiite la maçonnerie fur leur couronnement en chape /prolongeant leurs pentes de part & d’autre pour donner l’écoulement aux eaux par des Gargouilles qui la jetteront au-delà du talus du Revêtement dans les Foifez.
- X V. I
- Chapes de Ciment.
- Le ciment fe fera avec des vieux tuileaux bien cuits y réduits en farine, 8c paifez au tamis de Boulanger. On doit obferver premièrement de les réduire en farine par le moyen-des meules de pierre à huile ou à chanvre,; ou par un moulin à bled. Secondement de les dofer d’un tiers de chaux mefurée vive, 8c deux tiers de farine de ciment, 8c par rapport à la force de la chaux St à la qualité du ciment plutôt qu’autrement. Troifié-mement de les battre enfemble 8c parfaitement démêler pendant un long efpace de tems dans des petits baflins quarrez de planche faits exprès, & à plufieurs repri-fes, fans y mettre de l’eau que la première fois r pour les appliquer fur les Youtes. On doit obferver premièrement d’en bien achever la maçonnerie, 8c de la laif* fer fécher au moins j. ou 6. mois après l’avoir décintrée, afin de donner tems à fes affaiffemens, parce qu’il n’y a point de maçonnerie qui ne s’affaifle un peu, à eaufe de la nouvauté des mortiers. Deuxièmement d’en grater 8c fouiller les joints avec un. petit crochet de fer,, 8c de les bien balayer & nettoyer. Troisièmement de les arrofer ) après quoi les foueter & remplir de ciment
- tout;
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- 88 L’ A R T DE
- tout chaud, & fraîchement démêlé. Quatrièmement d’appliquer le gros enduit fur celui-là de . . pouces
- 8c demi d’épais, étendu bien également, & battu de long 8c de large avec des petites battes de i. pouces de large feulement, pour mieux compreffer le ciment dans les joints.,- enfuite avec d’autres de fer poli obliquement emmanchez, & la batte de j. à 6. pouces de large, 8c cela jufqu’à ce qu’il commence à s’affermir ; 8c de-là en avant brouiller tous les jours la fuperficie une fois avec un torchon de draperie, gros à-peu-près comme la tête, emmanché au bout d’un bâton, 8c trempé dans un feau de ciment délayé de lait de chaux 8c de ciment, 8c liffer enluite avec un liffon à main de fer plat &poli, fait à-peu-près comme un fer à repaffer le linge, ayant les coins retrouffez 8c adoucis,- après quoi le couvrir avec des paillaffons jufqu’au lendemain pour empêcher les chaleurs de les faire gerfer, répéter cette manœuvre, c’eft-à-dire, les brouiller, liffer & recouvrir tous les jours une fois, tant 8c fi long-tems qu’il ne s’y faffe plus de gerfiire. Cela fait, il le faudra encore brouiller ou 6. jours de fuite, fans le liffer ni paillaffonner, afin de lui donner tout le tems néceffaire pour le parfaitement deffécher , cet Ouvrage ne voulant point être précipité. Au fur plus obferver premièrement l’égalité de la Chape lur toute l’étendue des Voûtes $ deuxièmement déterminer tous les fommets defdites Voûtes en dos d’âne avec des pentes dirigées comme celles des toits, ni plus ni moins j troifiémement de prendre gardé à la façon des Voûtes, à ce qu’elles foient très-bien & également cintrées & bandées fur les cintres, 8c toujours faites avec des matériaux clioifis & bien appareillez, c’eft-à-dire, des pendans 8c claveaux, 8c fi cneft de
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- FORTIFIER. Chapitre XL 89
- briques, qu’elles foient choifies & des mieux cintrées bâties par 4. à y. Voûtes répétées l’une for l’autre, & chacune d’elles bandées & bien fichées de coins for les clefs, féparément & indépendamment l’une de l’autre j quatrièmement que la chape de ciment couvre bien toutes les parties de la maçonnerie, en-for te qu’aucune pierre ne formonte au travers $ cinquièmement d’en bien diriger les pentes & ruifleaux, & les conduire alentour des Souterrains, y ménageant des petits conduits de 3. à4. pouces quarrez revêtus & recouverts de pierres ou de briques choifies, bien mouffées for les joints, 8c recouverts for le tout de gros gravier 8c menues recoupes de pierre ; fixiémement d’épaiflir, la Chape dans le fond d’iceux plus qu*ailleurs, & de les déboucher par des gargouilles de pierre de taille qui portent les eaux hors de l’à-plomb des murs s’il eft poflible, dans un feul endroit, afin d’y avoir une fontaine qui durera long-tems, fi le terraflement au-deflus eft bien épais 5 & feptiémement de retroufler tous les bords de la Chape d’un pied & demi contre les Murs, où l’on continuera l’élévation des pieds droits au-deflus des Voûtes, paver les ruifleaux entre les Voûtes de pierre de taille faites exprès en gargouilles, & pofées en ciment à joints recouverts ,& couverts enfoite de pierres garnies de cailloux & de gros gravier pardeflus.
- Apres ce que deflus exactement obfervé, vifite faite & confentement de l’ouvrage, le terrafler, commençant par un lit de gros fable ou gravier, étendu & pofé également for toute la foperficie de la Chape de y. pouces d’épais, & achever enfoite de terrafler au-deflùs, après qu’on aura couvert doucement d’un pied d’épaifleur, commencer d’en battre les terres ,* ce qu’il faudra continuer de lit en lit du long & du large jufqu’à parfait
- Partie IL M ter-
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- po L’ A R T D E
- terraffement qui fera au moins de 3, pieds au-deffus de l’arrête au fommet des Chapes.
- XVII,
- Les Events.
- On conftruira tous les Events & Cheminées de brique au-deflus des Embrafures pour évaporer la fumée. Chacun de ces Events aura 3. pieds de long fur 9. pouces de largeur par le bas revenant à 6. par le haut, & ils déboucheront dans l’épaiffeur des Parapets entre les Embrafures.
- XVIII.
- Guérit tes de pierre de taille.
- On fera à chaque Angle des Battions une Gueritte de pierre de taille, une fur fon Angle flanqué, & une lur les Angles de l’Epaule, lefquelles feront de figure pentagonale, & auront 4. pieds & demi de diamètre dans oeuvre, & 8. pouces d’épaiffeur de parpin. On pratiquera à leur entrée une porte de 2. pieds de largeur fur 6. de hauteur, & à chacune de leurs Faces un petit creneau de 2. pieds de hauteur, & de 6. pouces de largeur dans lé milieu de fon épaiffeur, faifant dedans 8c dehors un ébrafement de 3. pouces de chaque côté. On obfervera d’ailleurs tous les panneaux, boffages, cordons & or-nemens, qui feront marquez dans le Deffein, & feront furmontez d’une Voûte en dôme à petits joints, recouverts par affifes égales. Au deffus du dôme fera élevée une
- fleur
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- FORTIFIER. Chapitre XL ju
- fleur de lys pofée fur Ton piedeftal avec un goujon de fer d’un pied de long, bien fcellé en plomb. Lefdites Gue-rittes feront pofées fur un cû-de-lampe de pierre de taille, dans la face duquel feront fculptées les Armes du Roi j le tout fùivant les plans & profils qui en feront donnez. On communiquera à ces Guerittes par un pafi-fage de z. pieds & demi à 3. pieds de largeur, revêtu de chaque coté d’un mur de brique ou de moëlon d’un pied 8c demi d’épaiffeur, qui profilera les Parapets 8c Banquettes.
- XIX.
- Les Fojfet*
- L a largeur du grand Fofle de la Place fera de t j. à 16. toifes, félon le belbin des terres, melurées entre les deux Revêtemens au milieu des Faces, fur 20. pieds de profondeur devant les pointes des Contregardes, remontant infenfiblement de 4. pieds dans le milieu des Courtines. Les Folfez feront approfondis, comme il eft dit ci-delïus, & plus fi befbin eft, 8c les terres qui en proviendront, les plus douces feront mifes à part liir le Chemin-couvert pour en former les Parapets, tant du Corps de la Place, que des Tenailles, Contregâr-pes, Demi-Lunes & Chemins-couverts de la Place,* le îurplus fera porté à la maffe des Remparts, où elles feront rangées & battues fur 12. pieds de largeur en pen-' te de 6, pouces fur le derrière. Le côté qui joint la maçonnerie, relevera d’autant, &fera bien fafciné à chaque pied de hauteur fur toute cette largeur derrière les Re-vêtemens & entre les Contrefcarpes ^ obfervaut d’appuyer
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- ?z L’ A R T DE
- le gros bout des fafcines contre le derrière des Murs, 3c de les palfer brins à brins à deux doigts de diftance les uns des autres. Lefdites fafcines feront de bois de chêne s’il eft poffible, ou d’autres bois durs, de 7. à 8. ans de coupe, & de n, à 12. pieds de longueur. On couvrira la fùperficie des Remparts & leurs talus de la moins mauvaife terre qu’on pourra, & l’on prendra foin de bien épiewrer toutes celles qui feront employées aux Parapets , 3c les bien dreffer & battre luivant le niveau & pente qu’elles doivent avoir.
- X X.
- Epaijjfeur & Elévation des %emparts.
- Les Remparts feront élevez de 3. pieds plus que la hauteur des Revêtemens, & pour fuppléer aux affaiffe-mens des terres qui feront bien arrafées , battues & dreflfées d’un pied 8c demi depuis la Banquette jufqu’au haut du talus qui aura les deux tiers de fa hauteur.
- La Banquette aura 4. pieds & demi de large fur un pied & demi de haut, talutant de 3. pieds, bien battue 8c dreffée par le deffus.
- Les Parapets feront élevez de 4. pieds & demi au-delfus de la Banquette, talutant du quart de leur hauteur , battu par lits de 6. pouces de hauteur fur toute leur épaiffeur qui fera de 18. pieds au fommet, bien fafeiné à chaque pied de hauteur, le gros bout des fafcines appuyant fiir la queue du gazon, où elles feront rangées dans le même ordre de ce qui a été dit pour celles des Remparts.
- XXL
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- FORTIFIER. Chapitre XI. X X I.
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- Qualitez des Matériaux.
- Moelon.
- O n fe fervira du moelon provenant des Carrières de.........de bonne qualité, dont on choilira le meil-
- leur pour les paremens, lefquels feront piquez grof-fierement fur les lits, les joints & les faces. Ils feront pofez par aflîfe réglée de 6. à 9. pouces de haut fur 9. à n. pouces de queue, continuez d’un Angle à l’autre en bonne liaifon à bain de mortier, obfervant de mettre de y. en j. pieds des boutifles de pierre d’échantillon, de 2. pieds à 2. pieds & demi de queue, & ainfi élevez jufqu’au fommet des Revêtemens. Les cailloux qui fe trouveront dans les excavations des terres, pourront être employez utilement en garniture dans le corps de la maçonnerie, en les faifant par aflîfe réglée, comme il efl: repréfenté au profil, à condition que la quantité defdits cailloux qu’on pourra employer, n’exce-dera pas le tiers du folide de la maçonnerie où ils font employez.
- • T ous les Angles faillans, tant du Corps delà Place, que des Contregardes, Demi-Lunes, Tenailles, Quvra-ges-à-corne & Réduits, feront revêtus de pierres détaillé pofees par aflîfe d’un pied de haut de iy. à 18. pouces de lit, & de 8. à 10. pouces de joint, & de 14. à 18. pouces de queue , alternativement pofées de trois 8c deux de part & d’autre des Angles, obfervant d’employer deux bonnes boutifles dans chaque aflîfe, l’une d’un côté de l’Angle & l’autre de l’autre.
- Toutes les aflifes de pierre de taille & de moelon M 3 qui
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- L’ A R T DE ourront être mouillées des eaux du FofTé, feront
- qui pourront etre mouillées des eaux du Folle, leront pofées en bain de ciment, conditionnées comme il eft dit à l’Article XVI.
- XXII.
- De la Chaux, du Sable, & du Mortier.
- Toute la chaux qui fera employée à la conftruétion
- de la maçonnerie, fe prendra à.....8c autres lieux
- où elle fe trouvera de même qualité. On obfervera qu'elle foit bien cuite, fans bifcuit & non éventée, de la bien faire éteindre un jour ou deux avant de l'employer , & d'en ôter tous les bifcuits 8c durillons qui s’y trouveront.
- Le fable fera de deux efpéces , tiré de la Riviere de ... . ou des Foffez de la Place , l’un gros, 8c l’autre fin $ le gros fera employé à faire le mortier de la maçonnerie de moëlon 8c le fin à celui de la maçonnerie de brique 8c de pierre de taille. On prendra garde qu’il loit fec, criant à la main, & non gras ni terreux.
- L e mortier fera compofé d'un tiers de chaux mefu-rée vive, & de deux tiers de fable bien mêlez enfemble, tant & fi long-tems qu’ils foient confondus l'un dans l’autre jufqu'à n'y plus reconnoître de différence, ob-fervant d’y employer feulement l’eau néceffaire à leur mélange, une feule fois & non plus.
- XXIII.
- Du *Boh.
- Les Ponts-dormans 8c Ponts-levis, ainfi que les Barrières,
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- FORTIFIER. Chaphre JS7. pj
- rieres, Paliffades, les Madriers des fondations, & tous les principaux bois des Bâtimens, feront de chêne bien faih , coupé en bonne faifbn, non fur le retour, & bien équarri à vive arrête, fans aubier, non piqué, ni échauffé, roulé ni vermoulu , ni trop noueux, mais bon.âge, de droit fil, & de bon emploi.
- XXIV.
- Les grandes Tortes.
- On fera quatre grandes Portes aux Entrées de cette Placé fur le milieu des Courtines marquées fur le plan 44., 45., 46. & 47., garnies de toutes leurs fermetures, Ponts-levis, Corps de garde, Portiques, Orgues, Bâ-cules & Poternes voûtées à même hauteur avec leurs pilliers, angles, & arrêtes de pierres de taille, fui-vant les melures de leurs plans & profils fpécifiez ci-après.
- XXV.
- Faces desdites Tortes.
- On fondera les Faces extérieures des Portes des Entrées de la Place fur un bon & vif fond, aufiï bas que befoin fera, pour trouver le fond folide à même tems que le Revêtement des Courtines, lefquelles contiendront en fondation pour les devantures chacune 9. toi-fes & demi de long lur 14. pieds & demi de large, fondées aufli bas que lefdites Courtines, avec le plus gros moélon qu’on pourra trouver , pofé en bonne liaifon, bien garni à bain de mortier compofé comme il cft dit ci-devant, & élevé à plomb devant 8c derrière, arrafé
- bien
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- ÿ<s L* A R T D E
- bien de niveau d’après le fond du Foffé; obfervant de faire deux retraittes fur le devant de la fondation de 3. pouces chacune, à la même hauteur de celle du Revêtement des Courtines. Enfuite dequoi on élevera le foubaffement & la devanture toute de pierre de taille de 1 y. à 18. pouces de lit taillée , tiré avec les corps 8c ar-riere-corps figurez fur le plan , mêlé d’un tiers de bou-tiffé, au moins de 2. pieds de queue & élevée en talus jufqu’à la hauteur du Rez-de-chauffée de la Place, qui doit être à 14. pieds au-deffus delà fondation,à laquelle hauteur le-dit foubaffement fera terminé par un cordon auflî de pierre de taille de 10. pouces de haut, au-deffus duquel on élévera les portes de pierre de taille defdites Entrées lur 9. pieds 9. pouces de largeur entre les pieds droits, 8c 13. pieds de hauteur entre lesfeuils & la clef des Voûtes, lelquelles feront voûtées à plein cintre, ornées par les cotez de quatre pilaftres d’Architeéture de l’ordre Tofcan, & tous les refends, focles, bafes, impolies, chapiteaux, architraves, frilès, corniches 8c frontons, avec les Armes du Roi bien fculptées dans l’arcade au-deffus de la Porte, & la dévife de Sa Ma-jefté dans le fronton ; le tout proprement taillé-liffe, ayant les lits 8c les joints d’équerre lur 18. pouces de long auffi mêlez d’un tiers de boutiffes de 2. pieds & demi de queue ou environ. La hauteur du frontifpice fera de 8. toifes depuis le deffus de la fondation julques & compris la corniche de l’entablement. Le fronton au-def-îus aura 12. pieds d’élévation dans le milieu. Toute la largeur du frontifpice fera de 8. toifes 3. pieds au-def-fus du foubaffement lur 11. pieds d’épaiffeur par le bas, & 7. pieds d’épaiffeur par le haut, non compris la faillie des pilaftres $ le tout fuivant 8c conformément au Deffein.
- XXVI.
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- FORTIFIE R. Cbàphn XL yr XXVI.
- Tajfages des Entrées & grands Corps de Garde des T or tes.
- Ôn fondera auflî en même rems le Revêtement des palfages defdites Entrées, lefquelles auront 12. pieds de largeur dans œuvre pour le paffage entre.les dofferets, non compris les refuites des cotez qui auront 2. pieds d’enfoncement de chaque coté. Les murs auront 6. pieds d’épaiffeur en fondation, 3c j. pieds 8c demi an-deffus, faifant retraitte de 3. pouces de chaque côté, au bas defquels il fera mis deux affiles de pierre detail* le d’un pied de haut, chacune taillée-lifle, 8c mêlée d’un tiers de boutiffes de 2. pieds & demi de long ou environ au-deffus defdites affifes. Il fera fait retraitte de 2. pouces, 8c on élevera les murs au-deffus avec leurs pa-remens de briques d’un pied 8c demi d’épaiffeur du côté du paffage, & de moëlon, cailloux 8c briques du côté des terres, 8c tout le corps des murs fera élevé à plomb des deux cotez jufqu’à j. pieds de hauteur, où l’on ar-rafera bien de niveau la maçonnerie pour pofer un impolie de pierre de taille de 8. pouces de haut. Au fur-plus les-dits murs auront deux Contreforts de chaque côté, chacun de 6. pieds de long, j. pieds de large â la racine, & 3. pieds à la queue, élevez à plomb dé tous cotez, 8c maçonnez à bain de mortier compofé d’un tiers de chaux & d’un tiers de fable.
- Les dofferets & arcs doubleaux feront de pierre de taille, & auront 2. pieds de largeur fur 2. de faillie. Ceux dans lefquels fe trouvera le paffage des Orgues, au-Partie IL N ront
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- p8 V ART D E
- ront 4. pieds 10. pouces de largeur, compris les feuillures qui auront 10. pouces d’ouverture, & autant d’enfoncement,- 8c les autres 4. pieds elpacez à 9. pieds & demi de diftançe les uns des autres, dont les aflîfes feront parpin entre deux une, les autres aflîfes de 2. pieds feulement, & continuées de cette façon julqu’à la fermeture de leurs arcades.
- Les voûtesdefdits paRages commenceront leur naif-fance au-deflûs des impolies, 8c feront conftruites de briques bien cuites & frottées, 8c dreflfées l’une contre l’autre afin qu’elles joignent mieux, fiir 2. pieds d’épaif-feur, pofées en bonne liaifon à bain de mortier à petits joints lur le devant, groflîflfant infenfiblement îur le derrière fuivant la coupe de leurs cintres. On fera au-deflfus des voûtes une chape de ciment d’un pouce d’é-paifleur bien recirée, comme il eft expliqué à l’Article XVI., fur la partie du Rempart entre la chambre des Orgues, 8c les Bâtimens des Corps de Garde fur les Portes ; le fm-plus étant couvert par lefdits Bâtimens, lefi-quels feront élevez fuivant les mefures de leurs plans & profils particuliers.
- Les murs des faces feront conllruits de brique, 8c auront 2. pieds d’épaiflfeur, les joints proprement faits à la régie 8c au niveau, enduits 8c blanchis par dedans, 8c garnis d’angles de pierre de taille, & de pieds droits aux jambages des Portes, 8c croifées avec les fenils, appuis & fermetures, auflî de pierre de taille. Les cheminées feront conftruites de brique de 6. pouces d’épail-fêur, enfoncées de 3. pouces dans l’épaifleur des murs, des pignons 8c refends, 8c élevées de 3. pieds au-deflus du comble, crépies 8c enduites des deux cotez avec une pîinte de brique à niveau du faîtage, 8c une autre à 3.
- pieds
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- pieds plus haut à la fermeture. Les tuyaux, desdites cheminées auront 3, pieds de longueur , pour l’ouverture 8c paffage de la fumée, fur 10. pouces de largeur.
- Tous les murs fervant de pieds droits aux voûtes qui feront enterrées, feront adoffez par des pierres de z. pieds d’épais proprement rangées à la main, ôc arra-fées de gros graviers dans toutes les levées qui fe feront jufqu’à 2. pieds près des terreplains qui feront achevez de bonne maçonnerie à chaux & fable conditionnez comme il eft dit ci-devant, & le fommet terminé fui-vant la pente des chapes de ciment qui feront aufli pro** longées par-deffus aux endroits qui feront couverts, mais qui appuyèrent ou foutiendront des terres. Il faudra aufli faire les pierrées, afin de recevoir les eaux, 8c les empêcher de percer dans les Souterrains par les cotez, remarquant au furplus , qu’il ne fera pas befoin de chaper les voûtes qui doivent être couvertes par des Bâtimens.
- XXVII.
- Charpente.
- La charpente des planchers defdits Bâtimens fera de bois de chêne bien équarri à vive arrête fans aubier. Les poutres auront 13. à ry. pouces de gros, & les fo-lives y. à 7. pouces, & feront de longueur néceffaire. Les jambes de force, les entraits, les liens, les arba-lêtiers 8c les poinçons , feront auffi de bois de chêne * ainfi que les blochets 8c plattesformes fur les murs, & les madriers fous les fondations.
- L e furplus de Paffemblage des Combles fera de bois Ni de
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- soo V ART D E
- de fapiti- le tout des longueurs 8c groffeurs néceffaires3 dont il fera donné un mémoire particulier.
- Couvertures.
- L a couverture defdits Bâtimens fera faite double de tuile bien cuite du moule ordinaire du Pays, pofée for. un bon latis à quatre pouces de pureau avec les égouts: redoublez*
- Menuiferre.
- Les portes communes feront faites de la grandeur 8c largeur des bayes , avec bois de chêne bien fec d’un pouce 8c demi d’épaiffieur, affemblées à rainure, collées 8c emboëtées par les deux bouts de 6< pouces de haut , êc garnies de leurs gonds, en. pierre d’un< pied de long, & d’un pouce & demi en quarré, bien jfeellez 8c coulez en plomb, avec deux pentures de2. pieds 8c demi de long, de 2* pouces de largeur à queue d’hironde,, avec un clou rivé au collet,- le tout bien limé 8c bru-? ni. Il fera.mis à chaque porte une bonne ferrure à tour & demi à l’ufage de France avec deux verrouils garnis de kurs gâches, 8c une boucle pour laj tirer.;. le tout proprement mis en placer
- L es croifées feront auffi de bois de chêne bien fec, garnies.de leurs chaffis dormans de 2. pouces d’épaif-four, les chaffis à verre d’un pouce 8c demi, 8c les volets d’un pouce; le tout bien affemblé à rainure 8c\ abouementv Lefditess croifées feront garnies de leurs? ferrures, fayoir, huit gonds/, huit fiches ou gonds ài charnière*. huit targettes ovales>. 8c. huit crampons le
- toute
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- F O R T I F I E R* Chapitre XI* ioi
- tout proprement limé & mis en œuvre $ & les vitres de verre blanc mis en maftic ou en plomb de force fuf-fifante, avec trois vergettes rondes bien foudées à cha* que panneau*,
- X X V I I Ii
- E/caliers aux calez des Portesi
- On fera aux cotez des grandes Portes deux efcalîersr dé pierre de taille, pour monter fur le Rempart, de 4, pieds &demi de largeur, avec un mur d’appui en rampe de 2. pieds d’épaifleur, conftruit de brique, couvert par-delfus d’une tablette de pierre dé taille bien jointe, pofée en ciment, & cramponnée avec des crampons dé fer coulé en plomb , proprement enchaffez. de leur épailfeur dans la pierre, de taille..
- X X I Xv
- Poternes de Sonies;
- Ees Poternes au milieu dés Courtines fous lé Rfcm-* part, où il n’y aura point de grande Porte, déboucheront derrière les Tenailles, & feront fondées lür bon & vif fond, fur j. pieds & demi d’épaiffèur : elles auront 12; pieds de largeur, réduits* à 4. & demi à leur entrée Ôô fortie^ fermant à deux ventauxde 4. pouces d’épaiffèur, garnis de deux gonds, deux-pentures, deux verrouils deux bonnes ferrures de groffeur fufEfante $ obfervant dé boucher enluite de bonne maçonnerie la fortie du coté: dii.Eoilé. fur 4 pieds . demid’épajffeur. par lé**
- N j; de*-
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- L’ A R T D E
- dehors, avec un petit évent pour n’étre ouverte que dans les befoins. Leur palfage fera enfoncé, de 5, pieds au-deffous du fol de la Place ,* & leurs pieds droits auront j. pieds d’épaiffeur au-deffus de la fondation, & feront conftruits à parement de brique du côté du paifage d’un pied & demi d’épaifleur, &c. Le furplus, ainfi que les Contreforts , fera de maçonnerie brute '& voûtée de brique choifie de 2. pieds d’épailfeur, & enfuite recouvert d’une chape de ciment, comme il a été dit ci-devant.
- XXX.
- On fera paffer les Aqueducs deftinez à l’écoulement des eaux par-deflous les Poternes à chaque côté des grandes Portes de la Place. Ces Aqueducs feront voûtez de 2. pieds de largeur dans œuvre fur 3. pieds de hauteur fous clef de voûtes.
- Les maflifs qui porteront les Aqueducs, feront fondez fur le bon fond de 7. pieds de large. Les pieds droits auront chacun 2. pieds Ôc demi d’épaifleur, & feront revêtus de deux affifes de pierre de taille, chacune d’un pied de hauteur, bien cramponnez, les crampons coulez en plomb, pofez & garnis en ciment. Le fond de ces Aqueducs fera pavé de pierres de taille à joints recouverts, aufli pofez en ciment fuivant fa pente: puis il fera furmonté d’une voûte de brique de 2. pieds d’épaif-feur, terminée par-deffus en dos de bahus, dont les joints feront bien recirez avant que d’être recouverts de terre $ obfervant de rétrécir la fortie defdits Aqueducs du côté du Foffé à 10. pouces de largeur fur un pied de hauteur, & d’y pofer des gargouilles de pierre de taille qui
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- FORTIFIER* Chapitre XL 103
- porteront les eaux dans les Foflfez au-delà du talus du Revêtement. L’entrée defdits Aqueducs fera bien grillée du côté de la Place, & la fortie du côté du Foffé»
- XXXI.
- Les Souterrains.
- O n fera deux Souterrains fous les Flancs de chaque Baftion, qui ferviront aufli de flancs bas, dont le fond fera proprement pavé, lefquels fermeront par des portes fûres à chaque extrémité..
- O n obfervera de faire de petits murs de pierre féche de 2. pieds d’épailfeur entre les terres du Rempart & les Souterrains, fondez à 2. pieds plus bas que le fond des Souterrains pour empêcher les humiditez.
- XXXII.
- eBa(liom détacheou Contregardes.
- Les Faces des Contregardes auront 60. toifes de longueur, & leurs flancs 22. On établira les fondations de leurs Revêtemens, comme celles des Courtines & Battions, lur . . . pieds de largeur fuivant le profil des Revêtemens. On fera deux retraites de 3. pouces chacune fur le devant de la fondation , & toute l’é-paiflfeur fera réduite à . . . pieds . . . pouces au-deflus de la derniere retraitte. Il fera enfuite pofé deux aflifes de pierres de taille par le bas dudit Revêtement, mêlées d’un tiers de boutiffes. Le furpius fera élevé à parement de moëlon piqué jufqu’à . . pieds de hauteur, talutant
- d’un
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- d’un fixiéme de la hauteur, & élevant le derrière à plomb ÿ en-forte que l’épailfeur foit réduite à . . pieds., à la hauteur de . . . pieds, à laquelle hauteur la maçonnerie fera arrafée de niveau, & fera terminée par une affife de tablettes. Les Contreforts par derrière feront efpacez à 15. pieds de milieu en milieu les uns des autres, & auront S. pieds de long lur j. d’épais en racine, réduits à 3. pieds à la queue, & feront fondez auffi bas que le Revêtement, & élevez de même. Toute la maçonnerie dudit Revêtement 8c des Contreforts fera conftruite en fondation des plus gros moelons, &c.
- Les terres feront portées dans le même ordre que celles du Corps de la Place, mentionné en l’Article XIX., battues par lit de 6. pouces en 6. pouces , & fafeinées à chaque pied de hauteur fur iz, pieds de largeur, & ainfi continuées jufqu’au fommet des Revête-mens, où il fera fait une Berme de . . . pieds de largeur; après quoi on continuera l’élévation du Parapet en gazonnage fur . . . pieds de hauteur, compris les 3. donnez pour fuppléer à l’affailfement des terres. On obfervera de mettre à part toutes les meilleures terres qui feront fur la fuperficie des excavations, pour être en-fuite palfées à la claye, 8c employées à la façon des Parapets , 8c à recouvrir de . . . pieds & demi d’épais la fuperficie du terreplain & talus du Rempart.
- Les Revêtemens des Gorges defdites Contregardes, feront fondez à la même profondeur que les gros Revêtemens , fous lefquels il fera pofé un rang de madriers , &c.
- La- largeur de la maçonnerie en fondation fera de .. pieds. . au-delfus, réduits à . . pieds . . . pou-
- ces au fommet y 8c feront élevez de . * . pieds de haut,
- talu-
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- talutant d’un fur fix par devant, & élevez à plomb par derrière,
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- Tenailles.
- Les Tenailles auront 28. toifes de face, & feront revêtues devant 8c derrière, 8c coupées dans le milieu par un paflage voûté fous le Parapet, de 6. pieds de large, revêtu des deux cotez, qui fervira de communication aux Demi-Lunes par le milieu de fon Foffé, Les fondations de leurs Revêtemens feront établies fur un rang de madriers, 8cc., à même profondeur que celui du Corps de la Place. Ils auront . f . pieds . . , pouces en fondation, & . . . pieds . . . pouces au-deflus des retraittes, 8c feront élevez en talus par le devant d5un fixiéme de fa hauteur, 8c à plomb par le derrière, où la maçonnerie fera réduite à ... pieds d’épaiffeur , le fommet de laquelle fera terminé par une affile de briques pofées de cant & debout, ou de tablettes 5 le tout conditionné comme il eft ci-devant dit pour les gros Revêtemens , avec des Contreforts par derrière, efpacez à 1 j. pieds de diftance les uns des autres de milieu en milieu, de 5. pieds de longueur, 4. pieds de largeur à la racine, réduits à 3. à la queue$ obfervant que le fommet défaites Tenailles ne doit point furpaffer le bord du Chemin-couvert.
- La derniere des Tenailles fera auflî revêtue fur 10» pieds de hauteur au-deffus de la retraitte. La fondation fera de 4, pieds 8c demi de largeur fur 3. pieds de profondeur , au-deffous de laquelle il fera pofé un rang de
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- madriers, &c. Son épaiffeur au-deflfus de la retraitte fera de . . . pieds, & par le haut 2. pieds 6. pouces. Au-deffus du Revêtement, on fera le Parapet de terre en retraitte de . . . pieds du bord de la maçonnerie, & fera élevé de . . . pieds par dehors, & de . . . par dedans, avec une Banquette de 3. pieds de hauteur fur 4. & demi de largeur, talutant de 6é Les terres feront rangées, battues & fafcinées par lit fur toute la largeur des Parapets, dans le même ordre qu’il a été ci-devant expliqué,
- X X X I V.
- Demi-Lunes*
- Les Faces des Demi-Lunes auront 48. toifés de longueur chacune , 8c les Flancs 7. On fera lé déblai des* fondations de 3;. pieds au-delfous du fond des Foflez bien; de niveau fur le devant, & en pente dé 6. pouces fur le derrière. La largeur de leurs Revêtemens fera de 8,. pieds en fondation, fous lefquels il fera pofë des madriers.
- I l fera fait deux retraittes de pouces chacune fi, c’eft demoëlon, ou de 4. pouces & demi fi c’eft de brique, fur. le devant de la maçonnerie de la fondation. L’épaiffeur dudit Revêtement fera de 7. pieds 4. pouces, au-deflus de lia fondation , élevé en talus par-devant d’un= fixiéme de la hauteur, & à plomb par derrière,* enfuite de quoi fon élévation fera continuée jufqu’à ... pieds de haut, où la maçonnerie fera arrafée de niveau & réduite à j. pieds d’épais. Le fùrplus du Revêtement fera de , . . pieds de gazonnage., la retraitte de , . . , ce
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- talus de . . ., les Contreforts dudit Revêtement efpa-cez à ij. pieds les uns des autres, & mefurez de milieu en milieu, & auront 7. pieds de longueur fur 4. & demi de largeur à la racine, réduits à 3. à la queue, élevez à plomb de tous cotez, également ébrafez, & fondez aufli basque le Revêtement, & leur hauteur fera terminée à 3. pieds au-deffous du Ibmmet de la brique de cant.
- La conftruétion des Demi-Lunes fera en toutes cho-fes fèmblable à celle des Contregardes.
- Il fera fait quatre Portes de pierre de taille d’Archi-teéture aux quatre Demi-Lunes des Entrées de la Place, de 9. pieds 9. pouces de largeur chacune, & 13. pieds de hauteur, fous clef de voûtes, ornées de deuxpilaftres d’Architecture d’ordre Tofcan,avec leurs focîes, baies, chapiteaux, architraves, frifes & corniches terminées par un fronton, dans lequel feront fculptées les Armes du Roi, & l’on pofera trois boules à feu au-deffus, une defquelles fera pofée lùr le milieu du timpan, 8c les au* très au-delfus des pilaftres des cotez fur leurs piedeftaux garnis de leurs flancs, fcellez avec des goujons de fer d’un pied de long, coulez en plomb. Le foubaflement defdites Portes depuis la fondation jufqu’au-deflus du Pont-levis, fera de pierre de taille polee en bonne liai-fon, & mêlée d’un tiers de boutiffes, ainfi que dans tout le compofé defdites Portes, où feront obfervez tous les corps, arriere-corps 8c refends marquez au Deflein.
- On fera enfuite le Revêtement du paffage des Entrées des Demi-Lunes fur toute la largeur du Rempart, auquel il fera donné y. pieds d’épaiffeur en fondation, & 4. pieds & demi au-deflus, faifant retraitte de 3. pouces de chaque côté, lequel fera maçonné de moëlon brut O z polé
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- pofé en bonne liaifon à bain de mortier, comme il eftdit, 8c élevé à plomb des deux cotez. On élevera les murs au-deffus de la fondation jufqu’à la haur teur du Rempart , avec parement de brique d'un pied 8c demi d'épaifleui* du côté de l'Entrée, ou-à parement de moëlon piqué par afGfe réglée, & le fur plus arrafé de niveau à chaque pied & demi de hauteur... Le fbmmet fera terminé à la hauteur du Rempart par une aflife de tablettes-pofée à petits joints, à bain de mortier fin, 8c bien recirée avec la truelle, comme il a été dit ci7 devant. Il fera fait deux Contreforts de chaque côté des pacages derrière les Re.vêtemens, chacun de j, pieds de long , 4. de Large, à.la racine, 8c 3. pieds à la queue, élevez à plomb de tous cotez ,.conftruits de maçonnerie brute ea bonne liaifon. à bain de mortier, con? ditionné comme il eft dit ci-devant. Il fera pofé deux affifes de pierre de taille par le bas de. ces Revêtemens, 8c les Angles defdites Demi-Lunes feront garnis de pierre de taille, comme ceux des Contregardes..
- xxx.V;
- • ' Ides %êduils dans les Demi-Lunes:
- Les Faces auront 18. toifes de longueur, les .flan.es toifes, & leurs Foffez . . . toifes,*, le tout bien rer vêtu. On fondera les Réduits aufïi bas que les Demir Lunes. Le Revêtement de ces pièces fera élevé auflï haut que le fommet de leurs Parapets de terre. L’épait feur de la fondation fera de . . . pieds . . . pouces y fous laquelle on mettra un rang de madriers, &c.
- Ix fera fait deux. Retraites de 3. pouces chacune, par
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- F O R T I F I E. R, Chapitre XI. 109
- le devant de la fondation , au-deffus de laquelle l’épaif-feur du Revêtement fera de . . . pieds . . . pouces depuis la fondation jufqu’au-deffus du cordon, talutantd’un fixiéme de fa hauteur par-devant, & à plomb par derrière, avec des Contreforts comme les précedens, efpa-cez à ij. pieds de diftance les uns des autres, de milieu en milieu. Leur longueur fera de 7. pieds, & leur largeur de 4. pieds & demi à la racine, réduites à 3. pieds à la queue, élevées à plomb de tous cotez jüiqu’à lahau* teur du cordon, au-deffus duquel liront élevez leurs Parapets. La conftru&ion de ces. Réduits fera en toute chofe conditionnée comme celles, des Demi-Lunes, tant pour le compofé de la maçonnerie que pour les affifes & angles de pierre de taille.
- Le Parapet de terre aura ij. pieds d’épaiffeur, &fera élevé de 4. pieds & demi au-deffus de la Banquette, la* quelle, aura, auffi 4. pieds & demi de largeur lur un pied 8c demi de hauteur, talutant de 3. pieds. Lé Rempart aura 1 j. pieds de largeur avec.un pied & demi.de pente en dedans,, 8c 11. pieds de talus par derrière...
- Les Réduits feront percez, d’un Paffage. de 6. pieds de largeur, revêtu & voûté pour fervir de communication, aux Demi-Lunes. L’épaiffeur de ces Revêtemens fera de j. pieds en fondation, 4, pieds 8c demi au-deffus, élevez à plomb des deux cotez, avec parement de brique d’un pied & demi du côté du Paffage, fur 4. pieds 3c demi de hauteur, où la maçonnerie fer&arrafée de niveau pour commencer là naiffance des voûtes qui feront de brique à plein cintre de 2. pieds d’épaiffeur, conditionnées comme les Voûtes mentionnées ci-devant à l’Article XV., 8c enluite recouverte d’une chape de ciment eompofée comme il eftdit à l’Article XVI, Les entrées
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- L’ A RT DE
- 8c forties defdits Paffages auront 4. pieds 8c demi de largeur entre les pieds droits de pierre de taille, auxquelles il fera fait double feuillure pour y pofer des portes de bois de chêne de 4. pouces d’épaifleur, garnies de leurs ferrures 8c ferrures de bonne qualité & de force fuffi-fante.
- Les Gorges defdits Réduits feront revêtues de même que celles des Demi-Lunes, tant pour l’épaiffeur de leur maçonnerie, que pour leur conftru&ion.
- XXXVI.
- Ouvrage ci-Corne.
- • Le s Branches de l’Ouvrage-à-Corne feront de 120. toifes de longueur chacune; fon Polygone de 1 jo.; fes Faces de 40 ,* fes Flancs de 15. 8c fa Courtine de dp. Tous les Revêtemens de cet Ouvrage, aufli-bien que les Remparts, Banquettes, Parapets, feront conformes en toutes chofês à ceux des Demi-Lunes,* avec cette différence que la tête des Branches fera plus élevée de 4. pieds que leurs extrémitez, dont la hauteur ne furpaflera pas celle du Chemin-couvert. Le tout fera réduit dans le cours des 18. toifes ci-deflus marquées, aux Banquettes pures 8c Amples.
- On fera de plus des Batteries à barbettes fur les pointes des Battions 8c Demi-Lunes de la Corne, qui feront retournées de7. à 8. toifes de part 8c d’autres des Angles flanquez.
- XXXVII.
- Le %evêtement des FojJez.
- L’esc arpe des Foffez fera revêtue de maçonnerie,
- &
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- FORTIFIER. Chapitre XL ni
- êt aura 6. pieds d’épaiffeu* en fondation, y. pieds &de-mi au-deffus for les Retraittes, élevée en talus par devant, 8c à. plomb par derrière, jufqu’à la hauteur deiy. pieds, à laquelle hauteur toute l’épaiffeur dudit Revêtement fera réduite à 3. pieds5 obfervant de conftruire 8c conditionner la maçonnerie comme celle des gros Revê-temens, & d?en terminer le fommet par affife de moëlon plat de 4, pouces d’épaiffeur, piqué fur le parement 8c fur les joints, ayant 14. à 15. pouces de queue, . pofé à bain de ciment, avec un pouce de faillie du côté du Foffé, en pente d’un pouce & demi par le deffus vers le même côté. On prendra foin d’épaiflir le mur au droit du milieu de toutes les Traverfes, afin d’en foutenir les profils qui ne feront revêtus que de gazon.
- On obfervera de revêtir de pierre de taille tous les Angles faillans de 2. à 3. pieds de chaque côté des angles du Revêtement dudit Folié, & d’y faire des montées & des defcentes en rampes d’efcaliers de 3. pieds & demi de large, dont les marches feront de pierre de taille de 8 . pouces de haut 8c 10. pouces de giron d’une feule pièce, 8c feront pofées & jointoyées en ciment fur l’épailfeur du Revêtement , lequel fera augmenté de 2. pieds au droit defdits efcaliers du côté du Chemin - couvert.
- XXXVII I.
- Chemins-couverts.
- Les Chemins-couverts feront de y. toifes dé largeur, à compter du pied de la Banquette au bord du Foffé, 8$ auront un pied & demi de pente vers le même. La Banquette aura y, pieds de largeur , 8c un pied 8c demi de:
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- V ART D E
- hauteur, talutant de 3. pieds. Le Parapet du Chemin* couvert fera parallèle au Foffé-, 8c fera élevé de 4. pieds 8c demi au-deflus de la Banquette, 8c revêtu de 2. pieds 8c demi d’épaiffeur. Ce Revêtement fera fondé 2. pieds plus bas que le deffusde la Banquette, & établi far deux rangs de madriers s’il en eft befoin, au-deffus delquels il fera élevé à plomb jufqu’au niveau de la Banquette, puis fui-vant le talus du gazon, 8c à plomb par derrière, jufqu’à tin pied 8c demi près du fommet qui fera achevé de gazonnage. Le fommet defdits Parapets fera fait-de terre douce fur 3. pieds de hauteur , & fon Glacis bien dreflé 8c épierré à j. toifes près de la Paliffade, 8c parfaitement fournis à la découverte des Baftions détachez 8c Demi-Lunes, defquels il fera défendu. La pente du Glacis fera réglée fuivant le fommet du Parapet du Chemin-couvert , à un pied au-deffous des Parapets des Contregardes .& Demi-Lunes.
- Toutes les Sorties & Partages des Portes 8c Barrières feront revêtus, de même que le Parapet du Chemin-couvert 5 obfervant de donner 12. pieds d’ouverture aux Sorties dudit Chemin - couvert, 8c 4. pieds 8c demi de largeur aux Partages de communication au droit desTra-verfês, qu’il faudra défiler d’une toile en retour.
- O n revêtira anfli les profils des Sorties des Chemins-couverts devant les Entrées des quatre grandes Portes, de maçonnerie de brique de 3. pieds d’épaiffeur aux fondations du coté du Chemin-couvert, & de 2. pieds 8c demi du coté du Glacis, il fera fait retraitte de 3. pouces au-deflus de leur fondation, & ils feront élevez de la hauteur des Glacis, où leur fommet fera terminé par une affife de tablettes de 4. pouces d’épaiffeur, faifant faillie d’un pouce en dehors, pofée en bain de ciment reciré
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- FORTIFIER. Chapitre XL ïij
- ciré à la truelle, & cramponnée avec des crampons de fer fcellez en plomb fur tous les joints.
- XXXIX.
- Traverfes.
- On obfervera toutes les Traverfes marquées fur le plan aux Chemins-couverts, 8c par-tout ailleurs, dei8. pieds d’épaiffeur mefurées au fbmmet, gazonnées devant & derrière, 8c fur-tout les terres en feront bien battues de lit en lit, de 6. pouces d’épaiffeur, fafcinées de pied en pied avec bois de chêne de fix à fept ans de coupe, & élevées comme les Parapets du Chemin- couvert $ obfervant d’employer 3. pieds de hauteur de bonne terre douce au fommet de leurs Parapets. Le devant defdites Traverfes fera plaqué, & le derrière gazonné 8c fafciné à l’ordinaire, 8c leurs deux bouts de même $ 8c au cas qu’il foit trouvé à propos de les revêtir comme les Chemins-couverts, on le fera aufïi.
- XL.
- Qualité des T laçages & Gazonnages.
- La terré à plaquer fera choifie de terre de jardin ou de labour, non pierreufe, graffe ni maigre, maispar-ticipant un peu des deux, afin qu’elle ne renfle ni ne fende quand elle fera employée* Les gazons feront coupez de biais en prez, bien herbus 8c racineux, ou vieilles pâtures un peu humides, de 14. pouces de long fur demi pied de large, revenant à 4. pouces d’épais,
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- quand il aura reçu toutes fes façons. Les placages auront 6. pouces d’épais & non plus y taiutant de 3* fur 4. de ceux des gazons de 2. fur 3. de deux tas en deux tas de placage, ou de trois en trois de gazon. On fera po-fer un lit de fafçinnage de bois de chêne 6c autres bois de lix à fept ans de coupe, ôc 10. à 12. pieds de long, pofé brin à brin, diftant de deux doigts l’un de l’autre, les gros bouts avançans à quatre doigts près du parement de gazon; obfervant
- i°. Que la-dite fafeine doit être peu chargée de menues branches.
- 2°. Qu’ il y faudra mêler un peu de fàulè fraîchement coupé, & pofer la cime en dehors pour reprendre avec plus de facilité,.
- 30. D’arr oser les terres du placage, & les faire liaifonner avec, celles du Kétiipart, ni plus ni moins que le gazonv
- 40. De garnir tous les tas de placage de chien-dent fraîchement tiré dès terres pour reprendre plus aifément.
- f. D e bien battre a la dame les terres en. long & en large par tas de 6. pouces dé longueur, & de 12. d’épaifleur, jufqu’à ce qu ils foient réduits à 4, ^ d’hu-me&er a propos les lits de placage , & de les bien taper & polir à la groffe pelle par-devant ,. remarquant au iurplus que les plaçages ne font bons que depuis la mi-Mai jufqù’au commencement de Septembre, paffé lequei tems l’hiver les gâte,.
- X L I;
- Tout le Chemin-couvert, de même que lès Travers
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- FORTIFIER. Chapitre XL ïij
- verfès, feront paliffadez tout-autour de la Place. Le* Paliflades auront 8. pieds & demi de long fur 18. à zo. pouces de gros mefurées au milieu : elles feront appointées de 13. à 14. pouces de long, la pointe droite fur le centre du bois, non bifcornue, ni variée à droit 6c à gauche, & feront toutes plantées fur la Banquette à de^ mi pied près du Parapet, qu’elles furmonteront d’un pied feulement, fur la diftance d’un pied & demi dudit Parapet, & feront toutes efpacées également à z. pouces près l’une de l’autre, & attachées à un liteau de z. pou^ ces 6c demi, fait d’une pièce de bois de4. pouces d’éq-uac? riffage, fciée de long diagonalement, à un pouce près des angles oppofez ; ce qui fera d’une toife de lambourde deux. Ce liteau fera appliqué àl’interieur de la Paliffade, le tranchant tourné en haut à 6. pouces plus bas que le fommet du Parapet, où la Paliffade fera proprement chevillée, 6c les chevilles çoignées à force par le gros bout, 6c fendues par le petit, & recoignées avec un coin , enfui te arrafées devant 6c derrière au rez de bois,
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- ‘Barrières.
- On fera des Barrières de charpenterie de bois de chêne de feiage de 4. pouces de gros, leur largeur de 1 z. pieds, 6c leur hauteur de 7. pieds 6c demi, à deux ventaux affemblez par des traverfes 6c contrefiches garnies dé leurs gonds, pentures, ferrures &verrouils, de force convenable, & pofées fur deux poteaux d’un pied de gros, & de 9. & demi de long, ayant la pointe dreffée à la même hauteur des Paliffades, 6c affemblées par un P z feuil
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- feuil de 12. pieds de long, & de p. à 10. pouces de gros par le bas , chacun d’iceux garni d*un patin de 7. pieds de long, 8c 7. à 8. pouces de gros.
- On fera auffi de petites Barrières qui doivent fermer les Partages entre les Traverfes & les Parapets des Chemins-couverts, lefquelles auront 4. pieds & demi de largeur , de même bois, affemblage 8c groffeur que les grandes Barrières, à l’exception des poteaux qui les doivent foutenir, qui auront feulement 8. à p. pouces de gros, auffi garnis de leurs gonds, pentures 8c ferrures,* de force convenable..
- x l ï r îy
- T ont s de la 'Place.
- Faire tous les Ponts-levis des Portes & Demi-Lunes à bâcules , & les autres à flèches, avec des Barrières à doubles vent aux aux Tenailles, à la tête des grands Ponts-dormans 8c aux Chemins-couverts ,• en-forte qu’il y ait trois Ponts-levis à chaque Entrée, favoir, un à la grande Porte du Corps de la Place, un à la petite Demi-Lune ou Réduit,. 8c un troifiéme à Ta grande Demi- Lune 8c autant de Barrières, favoir, une à la tête du grand Pont, une à celui de la grande Demi-Lune, & la troifiéme au Chemin-couvert.
- On fera la charpente dés Ponts des quatre Entrées de la Place, tant furies travers du grand Foffé, que fur ceux des Réduits 8c Demi-Lunes, lefquels feront portez fur des fermes efpaeées de 12. pieds en 12. pieds de dif* tance de milieu en milieu, chacune defquelles fera pofée fur une pile de maçonnerie de pierre de taille d’un pied
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- de hauteur 8c d’un pied 3c demi de largeur. Les fermes feront affemblées 3c conftruites fur un feuil de 22. pieds de long, 8. 3c 12. pouces de gros, & un chapeau de 12. à 14. pouces de gros, de meme longueur, fou-tenus de cinq poteaux, dont un dans le milieu pofé, à plomb, & deux autres de chaque côté pofez en talus de 12. à 14. pouces de gros & de longueur nécefiaire, avec deux contrefich.es de chaque côté, chacune de 9. à 10. pouces de gros ; le tout affemblé à tenons & mortoifes avec un renfort dans- le feuil 3c dans le chapeau. Il fera pofé cinq longerons fur chacune defdites fermes de 13. pieds de long 3c iz. pouces de gros, efpacez également fur 15;. pieds de largeur qui fera celle des Ponts, couverts de madriers de 16. pieds de long & 3. pouces a’é-paiffeur, & doublez dans le milieu d’autres madriers de bois de chêne, de 10. pieds de long 3c 3. pouces d’é-paiffeur pour le paflage des chariots. On pofera au-deflus des chapeaux, les potelets des Gardes-Corps, lefquels auront chacun 6. pieds de long fur 7. à 8. pouces de gros, garnis de leurs liens pendans, chacun de d* pieds de long 3c de 6. à 12.. pouces de gros. Les appuis & les fous-appuis auront chacun 12. pieds de long & 6. pouces de gros. Les croix de Saint-André auront d. pieds de long,, chacune de j. à 6. pouces de gros. Les potelets auront chacun 3. pieds de long 3c j. à 6. pouces de gros.. Les fabKeres & gardes-pavé en cas qu’il foit ordonné de paver lefdits Ponts, auront 12, pieds de long & 8. à 9. pouces de gros. Les flèches des Ponts-levis auront chacune 16. pieds de long, 3cr 12. à 14. pouces par le gros bout, 3c 10. pouces par le petit. Les entretoifes des bâcules auront 12. pieds de long'& 12. pouces de gros; le tout de bois de chêne àviv^ar-P 3 rête
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- n8 L* A R T DE
- rête & fans aubier. Les ferrures 8c chaînes des Ponts-levis feront de force convenable, fuivant les modèles qui en feront donnez & arrêtez, bien attachées avec boulons, viffez 8c écrouez, 8c proprement enchaffez dans le bois 8c mis en place.
- X L I Y.
- Gucrities de "Bois.
- Les Guerittes des Contregardes, Demi-Lunes, Ou-vrages-à-Corne, des Entrées de la Place, & devant les Magazins, feront toutes de charpenterie de bois de chêne. Elles feront quarrées de 2. pieds & demi de diamètre dans œuvre, 8c j. pieds 8. pouces de hauteur. Le bois des mon tans 8c entretoifes feront de 6. pouces de gros : elles feront recouvertes par les cotez 8c par-deüus avec des planches de fapin bien attachées, dans lefquelles on obfèrvera des créneaux par les cotezj 8c le chaflis d’en-bas aura 7. ou 8. pouces de gros.
- X L V.
- Les Arbres des %emparts.
- Apre's que les terres auront à-peu-près pris leurs af-faiffemens, environ la troifiéme année, il fera tems de planter les arbres ; ce qu’il faudra faire par rangée de trois lignes chacune fur toute la largeur des terres, favoir une au pied de la Banquette, l’autre à 1 j. à 18. pieds près du bord intérieur du terreplain, & la troifiéme à 3. pieds près du bord» Si les ormes y peuvent croître, il eftfûr
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- FORTIFIER. Chapitre XL i ij>
- qu’ils feront là très-utiles. Il faudra les avoir de bonne efpéce, leur faire de grands trous, les remplir, & bien mêler les terres qui en feront forties, de bonne terre, les labourer tous les ans, les émouffer & évermeiller fou-vent. Tout ce labeur fert extrêmement,, notamment contre les vers qui entrent dans le bois, petits comme des épingles, qui y viennent gros comme le petit doigt, 8c les font à la fin mourir. Quand on a reconnu leurs égouts, il ne faut qu’incifer l’endroit avec la pointe d’un couteau pour déboucher leurs trous ; après quoi on les tire avec des petits tirreBoures plians faits avec du fil de fer. Rien n’eft plus contraire à ces arbres que cette vermine -, c’eft prelque la feule chofe qui les empêche de profiter. A l’égard de la mouffe, on la fait tomber avec des couteaux de bois notamment quand il a plû, & qu’elle eft mouillée enfuite il faut frotter ces arbres avec des bouchons de paille , les décharger de tems en tems du fuperflu de leurs branches, les eipacer à y. pieds les uns des autres, 8c les élever dans cette diftance jufqu’à vingt ans ; après on en peut êter un entre deux ou il n’en manque point. Gn prévient par-là le remplacement de ceux qui meurent, 8c il eft certain qu’ils croiffent plus droits, & qu’ils fe défendent mieux contre les vents,
- X L V I.
- Puits..
- Il fera fait quatre Puits lur la grande Place, de y. pieds de diamètre chacun, qu’on approfondira pendant lès plus baffes eaux jufqu’à ce qu’ils aient 4. à y. pieds d’eau vive, 8c plus fi faire fe peut» Après quoi on pofera
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- X20
- VA RT D E
- un roiiet de charpenterie de bois de chêne de 4. 8c 12* pouces de gros, au-deffus duquel onpofera quatre affifes de pierres de taille, faifant parpin de 18. pouces d’é-paifleur, taillées dedans 8c dehors, &pofées en ciment, cramponnées avec des crampons de fer coulez en plomb ; 8c le fur plus fera revêtu de maçonnerie de brique de la même épaifleur, maçonné avec mortier compofé d’un tiers de chaux vive 8c deux tiers de fable fin, jufqu’à la hauteur du Rez-de- chauffée de la Place. Enfuite de quoi on pofera trois affifes de pierres de taille, d’un pied de haut chacune, faifant parpin, proprement taillées dehors 8c dedans, & la derniere fervira de margelle ; le tout bien cramponné 8c pofé en ciment.
- X L V I I.
- Pavé.
- Le pavé fera fait de cailloux, des plus gros qu’on pourra trouver pour en paver la grande Place 8c les rues , d’une pente égale pour l’écoulement des eaux. A' cet effet, le centre de la Place fera élevé de 4. pieds plus qu’il n’efi: préfentement • ce qui reviendra à 3. où 4. lignes de pente par toife ou environ. Ledit pavé fera pofé fur une forme de fable de 8. pouces de haut bien battue 8c dreffée avec la damoifelle des Paveurs; obfervant de bien garnir tous les joints & vui-des, & de le rendre le plus uni que faire fe pourra. Les ruiffeaux feront placez dans le milieu des rues avec pente de 2. pouces 8c demi par toile ou environ, commençant du pied des maifbns audit ruiffeau; obfervant
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- XIX
- FORTIFIER. Chapitre XL
- de diriger les pentes de longueur par rapport â la pente générale du centre vers les maifons des quartiers.
- X L V I I I.
- . Pour les Entrepreneurs.
- LE s Entrepreneurs acceptant les conditions du pré-fent Devis, feront obligez de refaire tous les joints de la maçonnerie, avec bon mortier compofé d’un tiers d*e bonne chaux & deux tiers de fable, un an après qu’elle aura été conftruite, fe fourniront de tous matériaux, peines d’Ouvriers, voitures, outils, échafaudages , engins, cordages, épuifement des eaux, ôc généralement de toutes les chofes néceifaires à l’exécution de leurs entreprifes, fans qu’ils puiffent prétendre autre chofe de la part de Sa Majefté, que les prix portez par l’adjudication qui leur en fera faite, aux conditions qu’aucunes terres ne feront toifées deux fois, quoique quelque partie foit fujette à un fécond tranfport, à cau-fe des remblais qui ne feront point toifez, à l’exception des terres qui feront paffées à la claye, ou des terres douces qui feront mifes à part pour former les parapets, lefquelles feront toifées pour le fécond tranfport. Il ne fera toifé aucun vuide dans le cube de la maçonnerie, & feront lefdits ouvrages fujets à la vifîte & réception à la maniéré accoutumée. Les Entrepreneurs feront tenus de garantir leurs ouvrages un an après qu’ils auront été reçus par les Ingénieurs commis à cet effet, auxquels ouvrages ils feront travailler avec toute la di-P art te IL CL ligence
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- lit L'ART DE FORTIFIER.
- ligence poflîble. Fait, revu & corrigé pour la deuxième fois le ..... du mois de.
- L’ART
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- L’ A R T
- D E
- LAVER LES PLANS,
- Et autres Deffeim appartenant à la Fortification.
- L peine que j’ai eu à apprendre à deflïner les Plans, & fur-tout à les laver, parce que je n’avois perfonne pour me le montrer, m’oblige de donner ici une petite inftruétion en faveur de ceux qui fe trouveront dans le cas où je me fuis trouvé. On a déjà donné un petit Livre intitulé P Art de laver, ou la nouvelle Marner e de peindre fur le papier , &C, Mais celle que je donne ici, eft beaucoup plus fimple & facile, outre que c’eft celle dont tous les Ingénieurs fe fervent,- c’eft pourquoi j’efpere qu’elle fera bien reçue.
- CHAPITRE XII.
- Des Couleurs.
- ON n’employe que huit Couleurs dans les Delfeins de Fortification de telle nature qu’ils puiffent être. La première de ces Couleurs, c’eft l’Encre de la Chine,
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- ti4 V A R T DELAVER
- La féconde, le Carmin.
- LAtroifiéme, la Couleur d’eau.
- La quatrième, la Gomme-Gutte,
- La cinquième, le Vermillon.
- La fixiéme, l’Indigo, ou à fon défaut le Bleu de Pruffe.
- La feptiéme, le Verd de veffie.
- Et la huitième, le Biftre.
- Comme on ne trouve pas toujours toutes ces couleurs , je vais donner la maniéré de les faire ; & l’Encre de la Chine étant celle dont onfefert le plus, je commencerai par elle.
- De l'Encre de la Chine.
- La bonne qualité de l’Encre de la Chine eft d’êrrc bien noire, douce, & qui ne s’efface pas après être employée , même en paffant de l’eau par-deffus. La meilleure que nous ayons en France, fe trouve à Paris. Maisfuppofé qu’on n’en eût point, on en peut faire de la maniéré qui fuit.
- Remplissez une lampe de fain-doux ou graiffe de cochon qui ne foit point falée : vous y mettrez une mèche comme à une lampe ordinaire, & vous l’allumerez. Vous mettrez au-deffus de cette mèche à environ un demi pied de diftance, une feuille de fer blanc pour y ramafîer la fumée, que vous ferez tomber de tems en tems avec une carte fur une feuille de papier : & quand vous aurez fuffifamment de ce noir, vous le ferez calciner fur une pèle à feu toute rouge, pour la purger de quelque graiffe qui pourroit y être reftée,- ce que vous connoîtrez, quand vous verrez qu’if ne jettera plus
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- LES PLANS. Chapitre XIL 12 j
- de fumée. Enfuite vous le broyerez fur une pierre à broyer des couleurs, avec de Peau bien gommée & du fiel de carpe, en-forte que vous en puiffiez faire une pâte dont vous formerez de petits bâtons dans des moules que vous pouvez faire faire exprès, à-peu-près de la groffeur d’un bâton de cire d’Efpagne, êc de deux ou trois pouces de longueur. Quelques-uns y mêlent un peu d’indigo pour lui donner un œil bleuâtre; cela dépend du goût. Vos bâtons étant faits, vous les laifferez fécher à l’ombre. Quand vous voudrez vous en feryir, vous mettrez un peu d’eau dans une coquille de mer, ou dans un godet de fayance ou d’y voire, & vous remuerez le bout d’un de vos bâtons d’Encre de la Chine au fond de cè godet, jufqu’à ce que l’eau qui y eft, fôit très-noire.
- Cette Encre a la propriété de fe faire fi noire Sc fi claire que l’on veut, en y ajoutant de l’eau, plus on la veut claire. Quand elle s’eft féchée dans le godet, on la peut détremper avec de l’eau en remuant avec le bout du doigt ou avec un pinceau. Un peu d’ufa-ge mettra au fait en peu de tems. Si elle s’effaçoit après être employée, le meilleur remède feroit de la rebroyer, & d’y ajouter encore de l’eau bien gommée & du fiel de carpe, ou du moins de mettre de Peau gommée dans le godet où on l’a détrempée.
- O n en fait encore de plufieurs autres maniérés ,* mais celle-ci eft la meilleure de toutes celles que j’ai éprouvées.
- Du Carmin.
- Pour faire cette belle couleur, il faut prendre trois chopines d’eau de fontaine qui n’ait pas pafle par djes
- Q^j canaux
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- n6 L* A R T DE LAVER
- canaux de plomb, ou bien de l’eau de pluye, ou de neige qui cil la même. Verfez-la dans un pot de terre ver-niffé que vous mettrez fur le feu. Etant prête à bouillir, mettez-y une demi ou un quart d’once de graine de Co-han ou Couhan, dont fe fervent les Panachers, bien pul-verifée : puis 1 aidez - la bouillir environ trois quarts-d’heure, c’eft-à-dire, jufqu’à ce que la quatrième partie de l’eau fe foit diminuée ; mais prenez garde que le feu foit de charbon. Après quoi coulez cette eau par un linge dans un autre vafe verniffé, & faites-la chauffer jufqu’à ce qu’elle commence à bouillir: alors ajoutez-y une once de Cochenille & un quart d’once de Roçourt,* le tout mis en poudre à part : puis faites bouillir cette matière jufqu’à la diminution de la moitié , ou pour mieux dire jufqu’à ce qu’elle faffe une écume noire, 8ç qu’elle foit bien rouge $ car à force de bouillir, elle devient colorée. Sortez-la du feu, & femez-y une demi once ou trois pincées d’Alun de roche pulverifé, ou de l’Alun de Rome qui eft rougeâtre, & meilleur ,* & un demi-quart-d’heure après paffez-la par un linge dans un vafe verniffé , ou bien diftribuez-la dans plufieurs petites écuelles de fayance ou verniffées, où vous la laifferefc repofer durant douze ou quinze jours. Vous verrez qu’il fe fera une peau moifîe au-deffus qu’il faut ôter avec une éponge, & laiffer la matière du fond expofée à l’air ,* & quand l’eau qui fumage, fera évaporée, vous ferez bien fécher la matière qui refte au fond^ & la broyerez fur un marbre ou porphire bien dur & bien uni, & en-fuite vous la paflerez par un tamis bien fin.
- Remarquez que la dofe de ces drogues n’eft pas tellement terminée à ce que j’ai dit, qu’on ne les puiffe mettre à difcrétion, félon la couleur relevée, ou plus tirant
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- LES PLANS. Chapitre XIL 117
- rant fur le cràmoifi -, mais le plus beau Carmin eft celui qui eft haut en couleur, & qui ne tire point fur le cràmoifi. Pour cet effet, quand il eft trop cràmoifi, on y met plus de Rocourt,- car la Cochenille le fait cràmoifi. Tout fe doit pulverifer à part, & le Cohan doit bouillir le premier tout feul, 8c les autrçs tout enfemble, comme nous l’avons dit ci-deffus.
- T)e la Couleur d'eau.
- La Couleur d’eau eft une couleur toujours liquide qui fert à marquer les Mers, Etangs, Lacs, Rivières, Ruiffeaux,Foflez pleins d’eau, & enfin tous les endroits où il y a de l’eau. Sa Compofition eft telle : Prenez un quarteron de verd-de-gris calciné, qui foit beau, 8c faites-le bien broyer en poudre, & pour deux fols de crème de tartre broyé. Vous mettrez ces drogues dans un pot de terre vernifte qui foit neuf, avec un demi pot d’eau de pluye, 8c faites bouillir tout doucement ce pot jufqu’à la diminution de la moitié, 8c même plus • après quoi vous le retirerez du feu, 8c les pafferez par une chauf-ie, ou les filtrerez par le papier gris, en-lorte que votre couleur foit bien nette, 8c vous la garderez dans une bouteille bien bouchée. On fe fert de cette couleur, comme je viens de dire, pour marquer l’eau. Quand ce font de grandes Rivières, ou la Mer, on en donne une teinte générale par-tout, mais foible,- ce qui fe fait en mêlant avec votre couleur autant d’eau qu’il eft nécef-faire, obfervant que cette couleur fe renforce confi-derablement en féchant. Après que la teinte générale eft féche , on paffe fur les bords des Rivières , des Mers, &c. une ligne au pinceau de Couleur d’eau pure,
- qu’on
- Oa la peut mettre au fo~ leil pendant un mois, ou à la .chaleur du fourneau,.
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- ïi8 L’ART DE LAVER
- qu’on adoucit avec un autre pinceau plein d’eau. Comme l’adouciffement va fe perdant dans la teinte générale, quand ce font des Rivières étroites, on fe contente de Fadouciffement des traits d’eau qu’on fait des deux cotez, lelquels fe perdent enfemble vers le milieu de la Riviere ; ce qui eft fuffifant. Les petits RuilTeaux fe marquent par un trait de Couleur d’eau fans l’adoucir.
- De la Gomme-Gutte.
- La Gomme-Gutte eft une gomme qui nous vient des Pays étrangers. C’eft le plus beau jaune dont on fe ferve, & la couleur la plus nette & la plus facile à employer,* car il ne faut que la détremper avec de l’eau même avec le bout d’un pinceau, elle fe fait fi claire qu’on veut, &'elle porte fa gomme. En la mêlant avec de la Couleur d’eau, on fait un très-beau verd, lequel fe fait bien verd en faifant dominer la Couleur d’eau, de plus pâle en faifant dominer la Gomme-Gutte.
- Du Vermillon.
- Le plus beau Vermillon ou Ginabre eft l’artificiel, qui fe fait avec du foufre & du vif argent ou mercure. Comme l’on ne fe fert guéres de cette couleur, & qu’elle eft très-commune, il eft inutile d’en donner la compo-fition. On ne fe fert du Vermillon dans les Deffeins de Fortification, que pour mêler avec le Carmin, quand le dernier eft trop rouge, fur-tout pour tirer des lignes.
- Comme le Vermillon fi bien broyé qu’il puiffe être, eft toujours plein de parties terreftres, on en peut tirer le plus fin, en le délayant avec le doigt dans un grand
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- LES P L A N S. Chapitre X1L n9
- y erre d’eau-, de après qu’il fera bien détrempé, il le faut laiffer un peu repofer, puis verler par inclination le plus clair qui viendra deffus, dans un autre vaiffeau^ ce fera le plus fin, qu’il faudra bien laiffer repofer, & en-fuite verfêr l’eau claire qui fera deffus, & le laiffer fécher hors de la pouflïere. Pour s’en fervir, on le délayera feul, ou avec du Carmin, avec de l’eau gommée, comme je dirai ci-après.
- *De l'Inde.
- U IN d e eft une pierre bleue qui nous vient des Indes ,* c’eft le bleu dont on fe fert le plus dans les Deffeins de Fortification, pour marquer tous les ouvrages en fer, & quelquefois l’eau quand on n’a pas de Couleur d’eau. Il faut choifir les pierres d’Inde les plus dures Sc les plus noires ou foncées qu’il eft poffible. On le délaye comme l’Encre de la Chine dans de l’eau commune, & on y met un peu d’eau gommée fi l’on veut; car il porte la gomme. Quand on. mêle la Gomme-Gutte Sc l’Inde enfemble, on fait duverd. %
- Les Droguiftes vendent aufïi une pierre bleue qui eft plus tendre que l’Inde, & qui eft très-belle : ils l’appellent Bleu de Pruffe, On s’en lèrt de même que de l’Inde,
- Ferd d'iris.
- Prenez des fleurs de lys les plus bleues, qu’on ap-pelle autrement Iris ou Flammes $ féparez-en le deflusqui eft fatiné, & n’en gardez que cela : ôtez-en toute la petite nervure jaune,* pilez-les dans un mortier, .expri-Partie IL R mez-
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- mez-en le jus dans des coquilles, 8c femez fur le jus qui eft en chacune, un peu d’alun en poudre aux unes plus qu’aux autres, pour en faire différens verds.
- L’alun fait changer le bleu en verd.
- Au lieu de fleurs d’iris, les feuilles des fleurs de violettes de Mars peuvent fervir de même que celles de pen-fées j mais il faut plus de ces deux efpéces que de la première. Ce verd eft aufli plus obfcur que celui d’iris. On doit faire fécher les coquilles où eft ce verd, au fo-leilj autrement il fe moifit à l’ombre, 8c ne féche que très-difficilement, parce qu’il devient gluant.
- On ne fe fert gueres du verd de veffie, parce que lat Couleur d’eau mêlée avec la Gomme-Gutte fait le même verd.
- Du 'Biftre.
- L E Biftre eft une couleur brune tirant fiir le maron ^ laquelle fert dans le Deffein pour colorer tout ce qui eft en bois > 8c les profils des terres.
- Cette couleur fe fait avec de la fuye bien fine qu’on bfbye fur le marbre avec du vinaigre 5 & quand cela; eftlec, on l’employe avec l’eau gommée, comme les autres couleurs. A fon défaut l’on mêle du Carmin 8c de la Gomme-Gutte enfemble avec fuffifante quantité d’eau j: en-forte que cela ne foit ni trop jaune ni trop rouge. On fe fert de cette derniere couleur pour laver le fond des FofTez feçs.
- Mamere de délayer ces Couleurs avec l’eau gommée.
- 'Toutes ces couleurs fe délayent dans dés petits godets
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- dets d’yvoire, defayance, ou dans des coquilles de mer, avec de l'eau gommée qui le fait ainfi :
- Dans un verre d’eau il faut gros comme le pouce , de gomme arabique bien nette, & la moitié autant de lucre-candi $ ce dernier empêche les couleurs de s’écail-1er. Il faut tenir cette eau gommée dans une bouteille bouchée & propre, & n’en jamais prendre avec le pinceau quand il y aura de la couleur.
- On met de cette eau dans la coquille avec la couleur qu’on veut détremper, & avec le doigt on la délaye jusqu’à ce qu’elle foi t fort fine. Si elle eft trop dure, il faut la laiffer amollir dans la coquille avec ladite eau avant que de la délayer. On ne délaye la Gomme-Gutte & le Vcrd-d’Iris , qu’avec de l’eau pure.
- .Voila' toutes les couleurs dont on fe fert dans le Deffein qui regarde le génie ; toutes les autres couleurs qui ont plus de corps que les précédentes, ne font bonnes que pour la peinture, puifque un plan ou profil ne doit pas être empâté : au contraire il faut appliquer les couleurs fiisdites le plus clair qu’il eft poffible, pour que l’ouvrage foit tendre, n’y ayant rien de fi vilain qu’un Plan ou autre Deffein qui eft trop enluminé. L’ufage en fera facilement connoître la différence à ceux qui s’y appliqueront»
- Des Pinceaux pour lavet\
- Les plus petits pinceaux dont on fe fèrt pour laver, doivent avoir environ une ligne de diamètre, & les plus gros 3. à 4. lignes. Il faut pour qu’ils foient bons, qu’ils ne foient pas trop longs de poil, qu’ils foient doux & bien pointus, 8c une pointe courte 8c non allongée.
- K % Pour
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- t3z V ART DE LAVER
- Pour ne fe point tromper, il faut en les choififfant les mouiller dans la bouche, & en les tournant fur le doigt, fi tous les poils fe tiennent affemblez, & ne font qu’une pointe, ils font bonsj mais, s’ils ne s’affemblent pas, 8c qu’ils faffent plufieurs pointes, ils ne valent rien.
- Pour faire affembler les poils de votre pinceau, & lui faire une bonne pointe, il faut le mettre fouvent lùr le bout des levres en travaillant, même quand il eft plein de couleur,- car, s’il y en a trop, on l’ôte ainfi. On ne fauroit fe paffer de deux qui doivent être joints enfemble, chacun à l’extrémité d’un petit manche de bois appellé Ante, lequel eft long de 4. à j. pouces. Le plus petit de ces pinceaux fèrt pour paffer la couleur fur le papier, 8c l’autre pour la faire perdre avec de l’eau ordinaire, dans laquelle on le trempe. Pour cet effet l’on a deux gobelets pleins d’eau nette j l’un fert pour ce que nous venons de dire, & l’autre pour, laver les pinceaux, & en ôter la couleur.
- De la Colle a bouche.
- Comme on eft très-fouvent obligé de joindre plufieurs feuilles de papier enfemble quand on fait de grands Deffeins, on feroit affez embaraffé de le faire proprement avec de la colle de farine ou d’amidon $ outre cela les fouris & les mittes mangent le papier qui eft collé avec de la colle de farine.
- E)’autres collent leur papier avec de la colle forte, en la faifant comme la font les Menuifiers/ & l’employant toute chaude. Mais telle précaution que l’on prenne, les endroits collez ainfi, font toujours tachez.
- Pour
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- LES PLANS. Chapitre X1L 133
- Pour éviter tous ces défauts, il faut faire une colle defti-née à cet ufage, de la maniéré qui luit:
- Prenez telle quantité qu’il vous plaira de colle forte, bien nette & bien tranfparente: laiffez-la tremper trois ou quatre heures dans de l’eau; après quoi vous la mettrez fondre à très-petit feu dans un petit poêlon qui ne foit point gras. Vous y ajouterez du fucre-candi bien pilé j en allez grande quantité pour corriger le mauvais goût de la colle $ ce que vous faurez en la goûtant. Vous y pouvez même mêler un peu d’eau-role ou de fleur d’orange pour le même effet. Lorfque la colle fera bien fondue, 8c qu’il n’y aura aucuns matons, ce qu’on empêche en la remuant avec un petit bâton, vous la verfèrez fur une aflîette d’étain bien nette $ 8e quand elle fera bien figée, vous la couperez par bandes avec un couteau, de la largeur d’un doigt, 8c de telle longueur qu’il vous plaira. Enfuite vous la laifferez bien fécher , & vous la lèverez facilement de deflus l’aflïette, 8c la conferverez dans une boëte en lieu fec. Quelques-uns au lieu de faire tremper la colle forte dans l’eau, la font tremper dans de l’eau de vie, 8c ils di-fent qu’elle vaut mieux.
- iLeft à remarquer qu’on la doit verfer fur l’aflïette, la plusépaifle ou cuite qu’il eft poflible, parce qu’autrement elle refte fi molle qu’on ne peut s’en fervir.
- Quand vous voudrez joindre deux papiers enfemble, vous donnerez tout le long des cotez qui doivent être joints, un coup de canif à la régie, comme fi vous vouliez couper le papier : mais il ne faut pas peler fur le canif, fur-tout s’il coupe bien $ car il ne doit couper qu’un peu de l’épaiffeur du papier : enfuite vous déchirez, cette petite bande, en-forte que votre papier foit très-mince fur le
- R j bord*
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- L’A RT DE LAVER
- bord. Vous en Faites de même à Pautre papier en feùs contraire, afin que ce qui eft déchiré, fe rencontre l’un contre Pautre: puis vous prenez un morceau de votre colle, 8c la mettez par un bout dans la bouche, & à inclure que vous Tentez qu elle fe Fond, vous Frottez les bords des deux papiers qui doivent être Pun iur Pautre, de la largeur que vous voulez qu’ils Fe joignent j & partant l’ongle par-deffus, ou une dent de chien oit de fanglier, vos deux papiers fe collent fi proprement qu’oii n’en voit prelque point la jointure. On commence ordinairement à coller lés deux extrémitez, 8c quelquefois le milieu, quand les morceaux iont grands, pour que la jointure loit droite. On fait cecte jointure la plus étroite qu’il eft poflible, pourvu qu’elle tienne bien. Il eft bon de mettre un morceau de papier entre ce qu’on veut coller, & la dent avec quoi l’on frotté, pour ne pas gâter le papier que l’on colle. Il faut changer ce morceau de papier toutes les fois qu’il eft barbouillé de colle, pour qu’il ne s’attache 8c ne gâte pas celui de deflous.
- Apre'S avoir collé d’un coté, on peut retourner le papier de Pautre, pour voir s’il eft collé par-tout $ fi- non l’on colle ce qui ne Peft pas.
- Cette colle tient très-bien, & n’eft fujette â aucun accident: elle eft très-propre, très-facile à employer , 8c n’a aucun mauvais goût, au contraire : elle fe gardé tant qu’on veut dans fa même bonté, pourvû qu’elle Ibit en lieu lèc. Elle fert aufli quand on a fait quelque rature : il n’y a qu’à en paffer légèrement défi-lus, comme fi on vouloir coller ,& la lailler lécher ; a-près quoi on peut tirer des lignes, laver ou écrire, fans appréhender que le papier boive.
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- ‘Du‘Papier à dejfiner.
- Ch aq_ue Pays a fon papier différent. Celui à defli-ner doit être médiocrement grand, fort blanc & bien uni. Autrefois on fe fervoit pour defïiner d’un papier très-fort $ mais on nelepouvoit plier & déplier plusieurs fois fans qu’il ne fe coupât. C’eft pourquoi on fe fert plus communément d'un papier appelle le grand 8c le petit Rai/in. On en vend à Paris de toute efpéce, qui eft battu 8c lavé avec une eau qui n’eft pas venue à ma counoiffance, Mais, enfin, tel papier qu’on ait, l’on doit choifîr le plus beau, le plus blanc & le plus uni. S’il boit, il faut faire fondre de l’alun de roche dans de l’eau bien nette : quand vous fendrez que l’eau piquera un peu en en mettant fur la langue, vous retirerez l’alun qui eft dedans s’il y en refte, & vous pafferez une éponge imbue de cette eau fur votre papier du côté que vous voulez defïiner,- 8c afin de le reconnoître, vous aurez foin d'y marquer à quelque coin un trait de crayon, & vous le 1aiderez fécher ,• après quoi vous pourrez defïiner deffus en toute fureté. Il ne faut pas faire l’eau d’alun trop forte y car l’alun mangeroit avec le tems toutes les couleurs que vous mettriez fur votre papier.
- Du Crayon.
- Le meilleur crayon noir qui eft celui dont on fe fert pour deffiner, vient d’Angleterre, & fe nomme Mine de plomb. Pour qu’il foit bon, il faut qu’il loit a fiez dur, & qu’en le coupant, il ne foit point graveleux,
- mais
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- i3rf L’ART DE LAVER
- mais doux, 8c qu’il ne paroiffe point gréné, mais très-uni , & qu’il faffe une bonne pointe. On en vend auflî qui eft dans du bois , les moins gros font les meilleurs (*). Celui qui eft renfermé dans du bois qui fent bon, eft de la meilleure efpéce. Ceux qui font dans d’autre bois 8ç recouvert d’étain, font encore très-bons. Il y en a encore d’autres dont le bois eft peint en rouge, qui ne font pas mauvais. De tous ceux qui font dans du bois, il faut prendre les plus lourds, & qui ne fonnent point en les fecouant auprès de l’oreille. Quand on deflîne avec tous ces crayons, il faut faire les lignes les plus fines qu’il eft poffible, & ne pas pefer fur le crayon, pour que la ligne foit plus facile à effacer avec une mie de pain quand il eft néceffaire, ou que l’ouvrage eft mis à l’Encre ou au Carmin, ou enfin quand il eft fini, prêt à laver. Il ne faut Jamais laver fur le crayon j car il ne s’effaceroit plus.
- Au défaut de crayon, l’on fe fer t de plomb, de pierre noire ou rouge, ou de charbon defufift qui eft un arbrif-fèauqui porte un fruit rouge delagroffeur d’un gros pois, quarré 8c découpé en forme de bonnet de Prêtre. On prend des branches de cet arbriffeau,* ©nies pèle, 8c on en emplit un canon de piftolet dont on bouche le bout avec de la terre graffe : puis on met ce canon dans le feu, pour que ces petits morceaux de bois qui font de la groffeur d’une plume, fe rendent en charbon, lequel fe laiffe apointer, 8c on en defline très-bien, fur-tout la figure. Les traits que forment ces crayons fur le papier, s’effacent facilement avec le bout d’un mouchoir blanc.
- CHA-
- (*) On n’entend point parler ici des crayons que l’ôn porte communément dans la poche jour écrire. Cette forte ne convient nullement au Defiein, parce qu’ils font trop tendres, te qu’ils ne peuvent former une pointe affez, délicate.
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- LES PLANS. Chapitre XUl. 137
- CHAPITRE XIII.
- U Art de laver.
- SOit le Plan A que vous voulez laver j il faut pfe- * mierement le tirer au Carmin & à l’Encre, fuppofé qu’il ne le foit qu’au crayon. Vous tirerez donc toutes les lignes qui doivent repréfenter la maçonnerie avec du Carmin, de toutes celles qui font de terre ou gazon, à l’Encre de la Chine. Vos lignes font groffes à proportion que votre plan eft grand, puifqu’il ne faut point faire les lignes d’un petit Plan fi groffes que celles d’un grand. Mais à l’un comme à l’autre, la ligne qui marque le Corps de la Place,les Faces & les Flancs des Ouvrages détachez , doit être la plus grofle : elle doit être en Carmin fi c’eft de la maçonnerie, ou à l’Encre de la Chine fi c’eft en gazon. La ligne qui marque le Parapet, doit être tirée à l’Encre de la Chine, prefque auffi groffe que celle du Corps de la Place.
- L a Banquette doit être marquée par une ligne bien fine, de même que le Rempart.
- La ligne qui marque le Parapet du Chemin-couvert, doit être auffi groffe que celle qui marque le Parapet de la Place. Celles des Traverfes de même, s’entend la ligne qui marque le Parapet de la Traverfe,* car l’autre côté qui eft plus bas, doit être tiré plus fin. Enfin toutes les Planches de cet Ouvrage vous montrent la maniéré de tirer vos lignes.
- Les Contrefcarpes & les Gorges des Ouvrages qui Partie IL S ‘ font
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- L’ART DE LAVER
- font revêtus de maçonnerie, fe tirent avec une ligne fine au Carmin j & s'ils ne le font point, à l’Encre de la Chine.
- Les Ouvrages qui ont été démolis, au lieu de les tirer en ligne, on les fait par petits points rouges, 8c le refte par des points noirs.
- On fe fert pour tirer toutes ces lignes de bouts-ci’ailes, ou de plumes de corbeau pour les lignes fines. Après que votre Plan eft entièrement tiré à l’Encre & au Carmin, vous le frottez avec une mie de pain blanc raflis, pour emporter tout le crayon 8c autre craffe qui pourroit être défias. Enfuite vous délayez dans une coquille ou godet, de l’Encre de la Chine, laquelle vous faites aflez noire,* mais cependant pas la moitié fi noire que celle avec quoi vous avez tiré les lignes. Vous l’éprouverez fur un morceau de papier.
- Vous trempez un pinceau dans cette couleur, 8c vous en donnez une couche unie entre la ligne du Corps de la Place, 8c celle du Parapet, pour que cela vous marque le terreplain du Parapet. Vous faites la même choie à tous les Parapets, de même qu’à toutes les Tra-verfes du Chemin-couvert.
- Ensuite vous mettez de cette même couleur avec le bout du pinceau tout le long du .Parapet du Chemin-couvert en dehors, depuis une goutiere julqu’à l’arrête des Angles faillans, & même un peu le long de cette arrête j 8c avec l’autre pinceau qui doit être à l’autre bout de votre ante, 8c que vous avez trempé dans l’eau que vous devez avoir à votre main droite dans un gobelet, vous adoucifiez cette ligne noire jufqu’à l’extrémité du Glacis vers la Campagne , fans lortir de
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- ^ LES PLANS. Chapitre XIII. 1.39
- l’elpace renfermé par une goutiere 8c une arrête telle p que BC. d
- Vous lailfez celle DE en blanc, & vous faites l’autre FG comme BC; 3c ainfi de-fuite tout-autour de la Place, en laiflant alternativement un blanc 3c un noir.
- I l faut adoucir en-forte que cela ne foit point coupé, 8c qu’on n’y voye point les coups de pinceau: il faut auffi que cela ne foit point trop noir,* au contraire il vaut mieux y repalfer deux fois.
- Le Rempart du Corps de la Place 8c des Ouvrages détachez, fe peut laver avec une couche unie de Verd d’iris très-claire, feulement pour qu’elle paroilfe. Le Talus du Rempart fe fait avec un coup de pinceau tout du long de la ligne qui le marque, avec un peu d’Encre de la Chine bien-claire fans l’adoucir.
- On fait du Verd avec de la Couleur d’eau & de la Gomme-Gutte mêlez enfemble$ en-forte qu’il ne foit ni trop verd, ni trop jaune, & l’on y met de l’eau juiqu’à cequ’il foit, alfez clair, en prenant garde que toutes les couleurs fe renforcent fur le papier en féchant.
- Si les Foifez font fecs, on mêle dans une coquille un peu de Carmin 8c de Gomme-Gutte avec beaucoup d’eau, en-forte que cette couleur foit bien claire, 8C qu’elle ne foit ni trop rouge, ni trop jaune,* 8c avec le petit pinceau vous en mettez un trait tout le long des Murailles de vos Ouvrages, & vous l’adoucilfez avec l’autre pinceau trempé dans l’eau,, en allant vers le milieu du Folfé. Vous faites de même tout-autour de la Contrefcarpe,* en-forte qu’adoucilfant vers le milieu du Folfé, ces couleurs s’y perdent, 8c qu’on n’y voye point les coups de pinceau. Cela fe doit faire vite,
- S % pour
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- Pl anche XL,.
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- pour que la couleur n’ait pas le temsde fécher; car elle ne fe laifferoit pas étendre. Il faut prendre garde de ne pas paffer le pinceau fur les lignes tirées au Carmin, ou à l’Encre,* car fouvent cela les écorche; ce qui fait un très-mauvais effet: obfervant fur-tout de faire ces lavis les plus tendres qu’il eft poflible, parce qu’on les peut toujours renforcer ; au lieu qu’on ne fauroit ôter la couleur, quand elle eft une fois trop forte, & qu’elle eft féche.
- Les Foflez pleins d’eau fe lavent comme les préce-dens, en fe fervant de la Couleur d’eau, dans laquelle il faut mettre de l’eau, fi elle eft trop forte.
- I l faut paffer légèrement les pinceaux entre les lèvres, pour en ôter le trop de couleur, ou le trop d’eau, ou bien fur le bord des coquilles.
- Les Ouvrages qui font projettez, fe lavent entièrement avec de la Gomme-Gutte toute pure*
- Les Bâtimens du Corps de la Place fe tirent au Carmin; les lignes du bas & de la droite doivent être grof-iès, 8c celles de la gauche & du haut feront fines, comr me vous le pouvez voir à la Planche XXVIII*
- On lave le dedans des ifles des maifons d’une couche de Carmin bien claire & toute unie, & l’on fait affez de couleur pour qu’elles aient toutes la même teinte; car cela feroit très-vilain, Ci une partie étoit plus rouge que l’autre. Il n’y a que les Eglifes. que l’on fait beaucoup plus rouge pour les diftinguer, ou bien on leur donne une teinte d’Inde ou de Bleu de Pruffe, pour faire voir qu’elles font couvertes d’ardoifes, 8c l’on y fait une croix à l’endroit du Maître-Autel.,
- Que loques-uns donnent encore aux maifons du cô» *é des grofles lignes, une ombre bien forte avec le pin-
- ce au
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- LES PLANS. Chapitre XIII. 141
- ceau trempé dans le Carmin, fans l'adoucir; cela fait un affez bon effet. Il ne faut point que cette ombre foit d'un rouge à beaucoup près fi fort que les lignes, vous relfouvenant que plus un Plan eft tendre, & plus il eft beau, & qu’il faut quefes parties fepuiffent biendiftin-guer. Les rues & les places publiques fe laiflent en blanc.
- Du Payfage.
- Les Rivières fe marquent fur un Plan par deux lignes qui défignent les bords: la ligne à gauche eft grof-ie, & celle à droit eft fine, & elles font les contours & finuofitez que la Riviere doit faire.
- QjJ A N d il y a des Ifles dans la Riviere, elles fe font de même par deux lignes qui renferment leurs ef-paces, comme H. Si ce font des Bancs de fable, on les fait feulement avec des points, & on les lave ainfî que les Foffez fecs , comme font les marquez ï. Quelques-uns les pointillent entièrement avec du Carmin bien clair ; mais cela eft trop long : cependant on le peut faire, fur-tout fi c'eft à un petit Plan • mais il faut que les points foient bien fins, & point trop près les uns des autres.
- La Riviere fe lave comme les Foffez pleins d'eau, obfervant de faire le côté de la groffe ligne plus fort en couleur que l'autre. Si cette Riviere étoit bien large, ou que ce fût un Etang, ou un Bras de Mer, ou la Mer même, il faudroit mettre de la couleur d’eau dans un go~ det avec beaucoup d'eau, & avec un gros pinceau donner une teinte générale de cette Couleur par-tout ; 8c quand cela eftfec, on donne une teinte au bord plus forte qu’on
- S j adon-
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- Planche XL,
- i4z L’ART DE LAVER
- adoucit en dedans, & qui fe perd dans la teinte générale.
- Les petits Ruiffeaux fe lavent avec de la Couleur d’eau affez forte fans l’adoucir, comme K.
- Les Rochers fe font avec de l’Encre de la Chine, comme ceux marquez L. Cette Encre de la Chine doit être forte 8c peu adoucie $ 8c l’on marque les Rochers 8c les Efcarpemens par de groffes ombres , obfervant de faire le clair à gauche, 8c l’ombre à droit.
- Les Montagnes où il n’y a point de Rochers, mais feulement des hauteurs entaffées les unes fur les autres, fe lavent par plufieurs couches adoucies des deux cotez, comme les marquées M. Quelques-uns hachent les Montagnes ; mais, outre que cela eft trop long, à moins qu’elles ne foient bien travaillées, cela fait un mauvais effet.
- Les Rideaux ou petites hauteurs fe font par un gros coup d’Encre de la Chine, affez clair 8c adouci des deux cotez, comme N.
- On donne quelquefois aux Rochers, quelques coups d’Inde bien claire par-ci par-là, 8c dont on adoucit les bords j cela fait un affez bon effet.
- On y met auffi en d’autres endroits un peu de Verd, pour marquer de l’herbe, 8c en d’autres de la couleur pareille à celle qui vous a fervi à laver les Foffez fecs, pour marquer de la terre,- le tout délicatement touché.
- Quand il y a des arbres, des buiffons, ou des vignes, on les fait comme nous l’allons dire.
- Les Arbres fe font en quatre coups de plume, comme les marquez O, en faifant un côté gros pour marquer l’ombre. On paffe deffus un coup de pinceau trem-
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- L E S P L A N S, Chapitre XIÎL 143
- pé dans du Verd d’iris bien fort, & l’on donne au pied de l’Arbre un petit, coup d’Encre de la Chine claire, pour marquer l’ombre que l’Arbre fait.
- Les Bois fe compofent d’une infinité d’arbres mis au hazard, & qui fuivent la figure du Bois qu’ils repréfen-tent. On y parfeme des Buiffons qui le font auffi en quatre ou cinq coups de plume, comme les marquez P, lefquels n’ont point de tige. On leur donne auffi au pied un coup d’Encre de la Chine, pour marquer l’ombre, & on les remplit de Verd , qu’on change quelquefois en y mettant un peu de Gomme-Gutte pour le rendre plus jaune, ou un peu de Couleur d’eau pour le rendre plus verd.
- Le Terrain du bois entre les arbres fe fait par des petites couches de Verd bien clair & de couleur de terre, dont les bords fe perdent les uns dans les autres.
- Les Prairies fe font par une couche générale de Verd fort clair, parfemé de petits traits, comme ceux marquez Q, auxquelson donneun petit coup de Verd à chacun, un peu plus fort que le fond de la Prairie.
- Les Vignes le font à peu-près comme un 8 en chiffre Arabe, comme les marquées R. Un trait marque l’échalas, & l’autre le cep. On leur donne enluire def-fus un coup de Verd foncé, & une petite ombre au Pied.
- Qu and on en garnit un coteau, comme N, on ne doit pas les planter par rangées , comme elles lont ordinairement iur le terrain, parce que iur le Plan, elles reffemblent à des Bataillons 5 mais on les plante au hazard. Le fond du terrain fe fait comme nous l’avons dit au bois, ou bien tout en couleur de terre, un peu plus fort en des endroits que dans d’autres.
- Les
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- r44 L’ART DELAVER
- Les Marais fe font comme les marquez S. pour faire comme-de petits rofeaux. Le fond de ces Marais fe lave avec de la Couleur d’eau un peu forte, & quelques coups de Gomme-Gutte, de Couleur d’eau auflî plus forte par-ci par-là.
- Les Terres labourées fe font comme vous le voyez fur le Plan par des petits traits de pinceau trempé dans la couleur qui fèrt à laver les Folfez fecs, & quelquefois dans de l’Encre de la Chine bien claire, ou dans du Verd aulîi bien clair,- 8c quand ces traits font fecs, on'y paffe indifféremment de ces trois couleurs,qu'on adoucit. On fait les Pièces de terre en tous fens, les unes grandes, & les autres courtes,- car, fi on les faifoit égales, cela fembleroit un damier. On les fépare de tems en tems par de petites brouffailles qui fe lavent en verd.
- Les Chemins fe font par deux petites lignes bien fines 8c parallèles , & l’entre-deux de ces lignes fe remplit de la couleur des Folfez fecs comme T. Quand ces Chemins font creux, ils fe lavent comme ceux marquez T *.
- Les Ponts fe dertînent comme les marquez V: & les Ponts-levis fe marquent avec une croix, & fe lavent avec du Biftre bien clair , de même que tout ce qui eft en bois.
- Les Eclufes fe tirent en Carmin, comme la marquée X, qui ferme l’entrée du canal Y.
- Les Appuis, Clayonnages ou Fafcinnages qui font dans l’eau, & qui fervent à empêcher le courant d’une Riviere d’emporter fes bords, fe deflïnentà l’Encre de la Chine, comme le marqué Z, qui empêche que le courant de la Riviere n’en ruine le bord en cet endroit, & par conféquent l’éclufe X.
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- Le Courant d’une Riviere ou Ruiffeau fe marque par une flèche dont la pointe fuit le Courant de l’eau.
- Tous les Ouvrages voûtez fe deflînent par une croix ponétuée en diagonale félon que vont les Voûtes.
- Et tous les Ouvrages qui font fous terre, & qu’on veut faire paroitre, le doivent ponctuer en rouge s’ils font de maçonnerie, ou en. noir s’ils ne font c|ue de charpente.
- On fait auffi à quelque coin du Plan deux lignes qui fe coupent en angles droits, pour marquer les quatre points.principaux du monde; cela ne fe peut faire fans boufolle; & celle qui doit marquer le Nord, a une petite fleur de lis au bout, comme celle marquée &*..
- Les Mailons de Campagne, Villages & autres Bâti-mens, fe deflînent félon la figure qu’ils ont fur le terrain, & les Jardinages fe font avecduVerd d’iris un peu fort, 8c lavé félon le deffein ou les planches du Jardin que l’on deffine.
- L’Echelle fe divife en plufieurs parties, dont la première eft: de j. toiles fi l’on ne peut pas y marquer les pieds, 8c l’autre auflî de toifies, & les autres de 10. ou de 20. toifes, & toutes ces parties fe lavent uniment comme le Parapet du Corps de la Place; obfer-vant d’en faire une noire 8c une blanche alternativement. Cette Echelle fe fait dans un petit cadre à un des endroits du Plan le moins néceflaire, de même qu’un autre cadre qui fert à écrire ce que e’eft: que le Plan, ou autres explications. Ces cadres.y de même que celui qui entoure tout le Plan, fe font avec une petite ligne bien fine, & une autre auprès très-groffe , la petite en dedans.
- Si vous aviez un Plan en grand à laver, comme ce-Parue II. T lui
- Pt
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- PL A1f-
- CHS IV.
- t46 L* A R T D E L AVER
- lui de la TV. Planche, ou il y eût un Plan luperieur, un intérieur, ou des Fortifications, & un Profil, il fâu-droit premièrement le tirer à l’Encre & au Carmin $ ob-fervant de faire les lignes qui marquent le Corps de la Place, les Parapets, Banquettes & Remparts, plus greffes que celles des Talus qui doivent être fines, & celles des Parapets plus groffes que celles des Banquettes.
- Il en eft de même de la Contrefcarpe & Chemins-couverts. Après quoi pour le laver, fuppofé que nous commencions par l’interieur de la Place, il faut mettre tout le long du Talus du Rempart du Plan fuperieur, comme le long de la ligne a D, une petite ligne d’Encre de la Cnine bien claire avec le pinceau, laquelle on adoucit vers le bas du côté de la Place. Le Ter-replain du Rempart fe peut faire avec du Verd, comme nous l’avons dit ci-devant j ou bien avec une teinte bien claire de la couleur qui fert à laver lés Foffez fecs.
- La Banquette le laiffe en blanc, Sc fon Talus fe lave comme celui du Rempart,
- Le Talus intérieur du Parapet fe lavé de même, mais un peu plus fort que le précèdent. Son Talus lu-perieur fe lave fie même , en l’adouciffantvers laCampa-gne: on peut même avant de l’ombrer, y donner une teinte générale d’Encre de la Chine bien claire. L’é* paiffeur du Mur à l’extrémité du Parapet, fe lave avec une couche bien claire de Carmin. On peut après que tout eft fec , donner fur les Talus des Terres, une couche de Verd pour marquer l’herbe.
- Le Talus du Mur fe lave avec du Carmin, en commençant par le haut, & adouciffant vers le bas. Il ne faut point que cette teinte foit trop forte.
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- Le Foffé, foit qu’il foit fec, ou plein d’eau, fc lave Pt ait. premièrement avec une teinte générale bien claire; 8c CH'8,T;' quand cette teinte eft féche, on en met une plus forte tout le long de PEfcarpe 8c Contrefcarpe, qu’on adoucit en allant vers le milieu.
- Le Terreplain du Chemin-couvert fe lave avec une couche unie de Verd très-clair, fi l’on n’aime mieux le laifler blanc. Les Traverfes 8c les Banquettes fe lavent comme nous le venons de dire ci-devant pag. 138. au Corps de la Place, de même que le Talus du Parapet du Chemin-couvert.
- Le Glacis fe lave premièrement avec une teinte générale d’Encre de la Chine bien claire; & quand elle eft bien féche, l’on en donne une plus forte tout le long du Parapet du Chemin-couvert, qu’on adoucit juf-qu’à l’extrémité du Glacis vers la Campagne.
- Apres quoi l’on y peut mettre une couche de Yerd, fi le Plan eft allez grand pour y pouvoir découvrir plusieurs parties du Glacis, dont une, entre une arrête 8c une goutiere, fe lave en noir, & l’autre refte blanche,
- 8c ainfi tout de fuite. Au furplus le Verd peut être mis tout uni fur les parties noires, & adouci vers la Campagne fur les parties blanches.
- Du Profil.
- La Coupe de la Muraille du Corps de la Place mar-quée b, 8c celle de la Contrefcarpe d, fe lavent avec C¥* * une couche unie de Carmin affez fort.
- Et les Contreforts avec une beaucoup plus pâle, parce qu’ils ne font pas fuppofez être coupez comme le gros Mur; car s’ils l’étoient, il faudroit que la couche fut unie 8c également forte par-tout.
- T* Les
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- ¥lÏk-ÇHE IV.
- Planche XX.
- t4g L'ART DE LAVER LES PLANS.
- Les Contours des Coupes des Terres comme ACDEGHI, PS, XYZê?B, fe lavent avec un trait de Biftre adouci vers Je bas.
- Fondations,
- Le Plan des Fondemens fe lave avec une couche de Carmin affez forte, 8c pofée toute unie , tant fur le corps de la maçonnerie, que fur les Contreforts. On donne enfuite une ombre coupée aux Contreforts, 8c au côté droit du Mur , avec de l’Encre de la Chine, comme vous le pouvez voir fur la Planche XX. Le Terreplain que doivent occuper les Remparts & les Parapets du Corps de la Place, & celui des Chemins-couverts 8c Glacis, comme Z, &, fe lavent avec une couche unie d’Encre de la Chine bien claire. Le refte fe laiffe en blanc.
- Le Rez-de-chauffée fe marque par une ligne ponéluée.
- Les Elévations fe lavent avec de PEncre de la Chine bien claire, en y faifant enfuite les ombres néceffaires auflï avec de l’Encre de la Chine,- c’eft ce qu’on pourra apprendre en copiant quelques bonnes eltampes où il y ait de ces Elévations, tant de Fortifications que de Façades de Bâtimens civils.
- Tout ce qui eft en bois, fe lave avec du Biftre bien clair, 8e s’ombre avec de l’Encre de la Chine.
- Tout ce qui eft en fer, fe lave avec de l’Inde ou du Bleu de Pruffe, & s’ombre avec le même ou avec l’Encre de la Chine.
- U n peu d’ufage enfeignera ce que nous n’avons point jugé néceffaire d’inferer ici.
- FIN.
- TABLE
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- AVERTISSEMENT
- D ES
- EDITEURS.
- ’IL eft des Ouvrages en faveur def-.quels il foit néceflaire de prévenir le Public, ce font ceux qui traitent dé la Matière renfermée dans celui-ci. On a tant écrit fur tout ce qui regarde les Fortifications , qu’on a quelque peine de fe perfuader qu’on puiffe rien publier de nouveau en ce genre; mais on fe flatte qu’à mefure qu’on lira cet Ouvrage, on reviendra de ce préjugé-
- I l eft compofé de Mémoires & de Plans dref-fez par un Ingénieur en Chef des plus difi tinguez de la France, qui a travaillé pendant plu-fieurs années avec autant de lumières que d’expérience à les perfectionner, & qui les auroit peut-être communiquez lui-même au Public , sv’il en étoit refté Poffeffeur.
- Ces Mémoires & ces Plans furent en fuite vendus, en forme d’un Traité, à un Libraire d’une des principales Villes de la Dépendance de France , qui les auroit imprimez, fi l’Auteur même qui en fut averti, n’avoit pas employé l’autorité du Gouverneur pour le défendre. C’eft ce
- * 2 qui
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- IV AVERTISSEMENT
- qui a déterminé ce même Libraire à s’en défaire en faveur de ceux qui viennent de les imprimer » avec d’autant plus a empreflement, que cet Ouvrage doit être unique à plufieurs égards, par les idées toutes neuves que renferment les Mémoires & les Plans en queftion.
- Quoique l’Auteur fût très-perfuadé de la bonté & de la force du Syftême de Mr. le Maréchal de Fauban, dont il avoit une parfaite connoif-lance, même avant qu’il fût publié, il ne s’y eft pas feulement attaché, mais il a poulie encore plus loin fes recherches, comme on va le faire voir.
- On fe contentera de le faire par un détail abrégé de ce que cet Ouvrage contient de plus intéreflànt, afin que le Leâeur puifTe d’un coup-d’œil voir Futilité de ce Travail, & en même tems juger de fon mérite.
- i°. On trouvera une Méthode très-courte & très-facile de conftruire toutes fortes d’Ouvrages de Fortifications régulières & irrégulières.
- a°. La Confiraâion de la Fortification régulière félon la Méthode de Mr. de Fauban, & Ion nouveau Syftême exécuté aux Fortifications du Neuf-Brifack.
- 5°. Des Remarques fur ce Syftême & fur fes défauts, avec les Moyens non-feulement de les éviter, mais encore d’augmenter confidérable-
- rnent
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- DE S E DITE U RS; y
- ment la force de ce Syftême, comme il paroît par l’Attaque des deux Syftêmes oppofez& d’en diminuer la dépenfe.
- 4°. U n e nouvelle Manière de dilpofer l’Enceinte des Places, plus avantageufe que celles qu’on a pratiquées jufqu’à préfent.
- 5°. L’attaqjte d’une Place conftruite fui-vant cette nouvelle Difpoûtion, mife en parallèle avec celle du Neuf-Brilàck, avec leur Défen-lè, pour en connoître la différence, ainfi que de la dépenlè de leur Conftruètion.
- 6°. La Manière de conftrüire les Chemins-couverts fur toutes fortes de Terrains. &c.
- Tant de propriétez & d’avantages qu’on re-connoîtra dans cet Ouvrage, ont engagé à ne rien négliger pour rendre cette Edition des plus parfaites, tant par l'exactitude de l’Impreflion, que par la netteté & la régularité de la Gravure des Planches.
- Fautes à corriger dam cet Ouvrage.
- PREMIERE PARTIE. .
- Pag. xz. Iig. 19. après maçonnerie lifez & le relie en gazonnage & en Revêtement entier, comme nous Sec.
- « - - 2y. 11g. 23. du lieu du centre CDEB. lifez du cen-tre A. ‘
- » -26. Iig. a. & portez cette troiüéme partie lifez Sê portez une de ces parties.
- - - • 41. Iig. 26. lifez la Ligne de Défenfe eg de 5 toiles. Du point i fommet &c.
- » « - 67. üg. 10. je retranche, lifez je fupprime,
- Pag. 71. Kg, 8. lifez Vous mènerez une ligne parallèle LM, qui en Toit éloignée de 9. toifeaj
- - - - 8z. Iig. 13. au lieu de 89696. lifez 93696.
- - » - X05. Kg. 1. fermera lifez formera.
- - - - 127. Kg. 25. Hfez. au point I. qui font 30. toifes.
- De chaque côté L,M,on&c,
- SE CO N DeT>'ÂR T fÜ
- Pag. 23. Kg. x» lifez l'épaifieur de la Voûte GE an rayon AB ou AG.
- - - - 59. Kg, 7, au lieu de H lifez L.
- *3
- TA-
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- TABLE DES PLANCHES
- Qui doivent être placées dans les deux Parties de
- l’Architecture Militaire.
- PREMIERE PARTIE.
- Planch.
- 1. T)L<7# & Elévation des Murs anciens,.................................................
- 2. J[ Principaux Angles & Lignes de la Fortification, ..................................
- 3. Diffiérjens Ouvrages de Fortification,...........................................
- 4. Elévation, Plan & Profil d'une Fortification,..................................... . .
- S- Propriétés des Angles & des Flancs, . . »...................
- 6. Fortifications d'un Quarré régulier ; Conjlruélion, ...».............................
- 7. Fortifications d'un Pentagone ; Conjlruélion , ... ................................
- 8. Dijlribution des Bâtimens d'un Pentagone, ..............
- 9. Fortifications d'un Hexagone, .......................................................
- 10. Réduits dans les Demi- Lunes,.......................................................
- 11. Hexagone fortifié avec Lunettes, Réduits 1$ avant-Foffez ,
- 12. Plans & Profils des Réduits de i'Hexagone, ...........................
- 13. Elévation de ces Réduits............................................................
- 14. Elévation, Plan & Profil d'un Corps de Garde d'une Demi-Lune.........................
- 1 f. Conjlruélion de la Fortification régulière félon la Méthode de Mr. de Vauban , . . .
- 16. Conjlruélion du Neuf - Brifack par Mr. de Vauban, . ............................
- 17. Deux Profils du Neuf- Brifack.......................................
- 18» "Trois autres Profils du Neuf - Brifack, ............................ . .
- 19. Plan & Profils des Souterrains Ç53 Flancs bas du Neuf - Brifack ....................
- 20. Plans, Profils & Elévations des Tours bajlionnées,..................................
- 21. Gorreélion du Syfiême du Neuf - Brifack,............................................
- 22. &
- 23. Parallèle des Attaques de ce Syfiême, & de celui du Neuf - Brifack..................
- 24. Front de Fortification pour communiquer aux Dehors,.................................
- 2q. Plans Profils des Communications fouterraines,..................................
- 26. Nouvelle Maniéré de difpofer l'Enceinte d'une Place.................................
- 27. Prtfil du Retranchement du Bafiion de la nouvelle Dfpofwon de Place, .....
- 28. ConjlruBion d'un Hexagone irrégulur,...................................
- 20. Maniéré de fortifier une Place irrégulière de huit cotez , CT une aut re proche d'une Rivière ,
- 30. Maniéré de fort fier une IJle , ....................................................
- 31. Fortifier une Place fituée fur une Montagne,........................................
- 32. Plans de différentes Citadelles...............-.....................................
- Pag. 6 . 18 ibid. . 19 . 24 . 38 . s o ibid. . 56
- • 19 . 66 ibid. ibid. . 67 . 68 . 72
- ibid.
- 74 .ibid.
- • 71
- • 84
- ibid.
- 96
- ibid.
- . 112 122 126 .132 ibid. ]34
- j38
- SECONDE PARTIE.
- 33. \ JT Amere de tracer une Place fur le Terrain,..................
- 34. PvX Conflraélton des Profils,...................................
- 35". Pour trouver l'Fpaijj'ear qu'il faut donner aux pieds - droits des Foutes, . 36 Conjlruélion des Chemins-couverts dans dfférens Terrains.........
- 37. Barrières du Chem.n -couvert..............................
- 38. &
- '39 Corfiruélion des Chemins-couverts dans les Terrains irréguliers.
- 40. Méthode de laver les-Plans, . ... ..............................
- • . 16
- . • 16
- . . 30
- • . 5-0
- . .
- . • 78
- . .146
- L’ART
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-
-
- &
- 0&m<\
- T A B
- L E
- DES
- CHAPITRES.
- SECONDE PARTIE.
- CHAPITRE I.
- TRacer une Place fur le Terrain, Pag. i
- Remarque, 3
- CHAPITRE II.
- Méthode pour trouver PEpaiJfeur des Murs qui doivent foutenir des Terres, 4
- Table pour régler PEpaiJfeur qu'il faut donner au fom-met des Revêtemens des Remparts de Fortification qui fouiiennent un Parapet pour ceux qui auroient depuis 9. pieds jufqiïà 60. fur un fixiéme de Talus, obfer-vant que la diflame des Contreforts doit être de ry. à 18. pieds de milieu en milieu, y
- Table pour régler P Epaijfeur qu'il faut donner au fom-met des Revêtemens des Gorges des Ouvrages &? des Partie Il% V Con-
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- TA BLE
- Contrefcarpes fans Contreforts pour un fixiéme de Ta-lus depuis p. pieds jufqu’à 30. Pag. 8
- Autre Méthode pour trouver l’Epaiffeur qu'il faut donner aux Revêtemens des Fortifications pour toutes fortes de Talus, ibid.
- Exemple, p
- Maniéré de tracer le Profil d'une Fortification tant du Corps de la Place que celui dès Demi-Lunes de la Contre/carpe & du Chemin-couvert, ibid.
- Pratique. ConflruBion du Profil du Corps de la Place coupé fur le milieu de la Courtine > 11
- Profil coupé fur le milieu de la Tenaille, 13
- Profil du Réduit coupé fur le milieu de fa Gorge &* d’une de fes Faces, 14
- Profil de la Demi-Lune coupé fur fa Gorge Êf fur me de fes Faces, 15
- Profil de la Contrefcarpe Êf des Chemins-couverts, ibid. Remarque, 16
- CHAPITRE III.
- Où l’on enfeigne la Maniéré de calculer l’Epaiffeur qu’il faut donner aux pieds-droits des Voûtes tant en plein antre qu’à tiers point & fur b ai [fée s, Juïvant leurs différentes hauteurs &* largeurs, 17
- Définitions on noms des Parties qui compofent les Voûtes, ibid.
- Premier Exemple. Trouver l’Epaiffeur des pieds-droits
- d’une Voûte en plein cintre pour être en équilibre avec
- la pouffée qu’ils ont à foutenir, 20
- Second Exemple, 22
- Remarque, 23
- Troi-
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-
- DES CHAPITRES.
- Troifiéme Exemple, Pag. 24
- Trouver l'Epaiffeur qu'il faut donner aux pieds - droits des
- Foutes elliptiques ou furbai[fêes% ibid.
- Remarque, 2 6
- Autre Remarque, 27
- Trouver l'Epaiffeur qu'il faut donner à des pieds-droits qui
- foutiennent me P latte-bande > 28
- Remarque, 29
- Trouver /’épaiffeur qu'il faut donner aux Culées des Ponts de maçonnerie y pour foutenir la pouffée des Arches, 30
- CHAPITRE IV.
- Concernant la ConflruBion des Chemins-couverts, 3 2
- Conditions nécejfaires aux Places pour être en état d'en foutenir les Chemins-couverts contre les Attaques de l'Ennemi , 33
- De la ConfiruBion d'un Chemin-couvert dans un Terrain plain, 34
- De la Contrefcarpe, ibid.
- Du Terreplain du Chemin-couvert, 37
- De la largeur des Chemins-couverts, 38
- De la hauteur du Parapet du Chemin-couvert au-de (Jus de fon Terreplain, ibid.
- De la Banquette, 39
- CHAPITRE V.
- De la Paliffade du Chemin-couvert, 40
- Méthode de planter les Paliffades propofée par Mr. le Maréchal de Vauban, & approuvée du iioi> ibid.
- Du Parapet du Chemin-couvert, 46
- V z CH A-
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- T A BLE
- CHAPITRE VI.
- Des Places-d* Armes [aillantes & rentrantes, Pag. 46 Des Efcaliers pour communiquer dans les Places-d3 Armes rentrantes 0f [aillantes du Chemin-couvert y 48
- De la Dire B ion des Branches du Chemin-couvert, 49
- Des Traverfesy jo
- CHAPITRE VIL Des Barrières, 52,
- CHAPITRE VIII.
- Retranchemens des P laces-d* Armes rentrantes â j j Du Glacis, j 8
- CHAPITRE IX.
- JD« avant-Chem'ms-couvert s} 60
- Toifé eftimatif des Gazonnages, P alidades-, 0* Barrières <3 faire pour la ConflruBion des Chemins-couverts d’un Front ordinaire de Fortification fuivant les prix portez par les marchez de Strasbourg, di
- Toifé eftimanf de la dêpenfe à faire pour la ConflruBion des Chemins-couverts revêtus fuivant . le Profil propa?
- C H A P I T R E X.
- De la ConjïruBion des Çhemins-couverts dans les Terrains irréguliers y 70
- Premier Exemple > . 71
- Second Exemple > ibid.
- Mûh
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- DES C H A FI TRES;
- Manière de défiler les Branches des Chemins-couverts dés
- Hauteurs y Pag. 72
- Remarque, , 71
- Troifiéme Exemple, ibid.
- Quatrième Exemple, 74
- Cinquième Exemple, ibid.
- CHAPITRE XI,
- Qui comprend la maniéré de faire les Devis pour la Con/lruëlion des Fortifications y 7,8
- L A R T
- De laver les Plans & autres Defleins appartenant à la Fortification.
- CHAPITRE XII.*
- Des Couleurs,. 123
- Maniéré de faire de fie fervir de l Encre de la Chine,
- 124
- Maniéré de faire le Carmin, izj
- Maniéré de faire la Couleur d’eau , 127
- De la Gomme-Guttei 128
- Du Vermillon'^, . . .. ibid.
- De l'Inde ÿ. 129
- Verd d'iris, ibid.
- Du Bifire y 130
- Maniéré de délacer les Couleurs avec lèau gommée, ibid.
- V 3 Des
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- TABLE DES C H A P I T R E S.
- Des Pinceaux pour laver, Pag. 131
- De la Colle à bouche> 13*
- Du Papier à dejjiner 3 & du Crayon , 13^
- CHAPITRE XIII.
- Maniéré de laver les Banquettes Sf les Parapets, Les Contrefcarpes & autres Ouvrages, &*c.
- Les Glacis y Les Remparts y Les Foffez Secs y Les Foffez pleins d'eau y Les Bâtimensy
- *3?
- *3*
- Ibid.
- *39
- Ibid.
- 140
- ibid.
- Du Payfage.
- Maniéré de laver les Rivières, les Ifles les Bancs de Sable y 141
- Les petits Ruiffeaux, les Rochers, les Montagnes, . les Rideaux y & les Arbres y 142,
- Les Bois y le •Terrain dbun Bois y les Prairies y &* les Lignes, . 143
- Les Marais, les Terres labourées, les Chemins, les Ponts y les Eclufes , les Appuis , Clayonnages ou Fafcina-
- gesy 144
- Les Ouvrages voûtez y & ceux qm font fous terre, 14y
- Les Maifons de Campagne, pillages y Bâti mens & Jardinages-9 VEjchelle & les Cadres y ibid.
- Maniéré de laver les Plans en grand, où font marquez tous les Talus y 14 j & 146
- Maniéré de laver les Profils Êf les Fondationsy &*o. 147 8c 148
- Fin de la Table des Chapitres.
- TABLE
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- SSSHSïïllHSïsSIKïgSÏSflsïIS:
- T A
- L E
- DES
- M A T I E
- Contenues dans les deux Parties d
- L’ARCHITECTURE MILITAIRE.
- *S5îî§:;!C&«i»«;;î;î::':i^ :;:r^:<îï«;s«?ci® mmiemvmvm&sm
- Les Articles marquez de la Lettre a. appartiennent à la première Partie. Ceux marquez de la Lettre b. appartiennent à la fécondé Partie.
- A.
- ANgles principaux d’une Fortification,
- a. pag. io.
- singles des Places - d’Armes rentrantes avec les Branches des Chemins- couverts doivent être de ioo. degrez d’ouverture, & pourquoi, a. 32.
- singles aigus; leur défaut, & comment les fortifier, a. 129.
- singles flanquez des Basions ne doivent pas être moindres de 60. degrez, a. 21. Ceux des-Battions qui font droits; leur avantage, 22. Ceux des Battions de l’Hexagone irrégulier , 126. Angle flanqué des Battions plats, 128.
- Angles obtus autrefois rejettez, a. 23. Leur avantage, 102.
- Angles rentrans & faillans, leurs imper-fe&ions, a. 6.
- single rentrant, comment le doit fortifier,
- a. 128.
- Angles faillans du Chemin - couvert doivent être arrondis , & pourquoi y a. 59. b, 48. Ceux des Revètemens doivent être revêtus de'pierre de taille (devis), b. 93.
- Aqueducs pour l’écoulement des eaux, comment conftruits (devis), b 102.
- Arbres des Remparts, en quel tems ils y doivent être plantez, & comment cultivez pour les faire croître ( devis ), b. 118,119. Comment fe doivent defliner fur les Plans, 142
- Arches des Ponts; opérations pour trouver fépaitteur qu’il faut donner aux Culées pour en foutenir la pouffée, b. 30.
- Arme> anciennes auxquelles ont fuccédé le Canon & les Moufquets, a. 5.
- Arrêtes du Glacis, pourquoi ainfi nommées, a. 18. Leur conftru&ion, 36.
- Arfenal v 40, 50.
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-
-
- T A B LE DES Art de fortifier ; ce que c’eft, en quoi il confiftoiu d abord, & ce qui y a donné Heu, a. i.
- Ajjiégeam, comment & pourquoi ils envi-ronnoient une Place ancienne. a. a.
- «Attaques du Neuf-Brifack félon le Syftême de Mr. de P'auban, & du Neuf-Brifack corrigé, a. 84. Celle de la nouvelle Difpofkion de Place, 99, 100,.roi, &
- 102.
- Avant-Chemins-couverts, avantages qu’on en peut retirer, b. 60.
- Avant-Foffé, a. 18. En quelle occafion né-ceffaire, £.3 7.
- B
- B Anes de fable, comment fe doivent laver, £.141.
- banquettes, .quel eft leur ufage, & leurs mefures, a. 12. Banquette du Chemin-couvert d’un Quarré régulier ; fa largeur & fa hauteur, 34. Profil d’une Banquette, b. 13. Celle d’un Chemin-couvert dans un Terrain plain , 39. Banquette des Remparts ; fa largeur & fon talus, 92.
- Barbettes, où fe doivent placer , & leur conftruêlion, a. 12,47. Leur ufage, 48. Barrières, ce que c’eft, a. 18. Leur ufage, 33, 62, 93. 52. Leur conftruc-
- tion, 53. Leur toifé eftimatif, <54. Miles en Magazin, <58. Inutiles dans les Chemins-couverts expofez aux Batteries de l’Ennemi, 76. Barrières grandes & petites, leurs mefures, garnitures, & affemblages {devis), 115 & 116. Baftionsj leur origine, a. 4. Ont pris la place des Tours anciennes, 5. Préfen-tent toujours un angle à l’Ennemi, <5. Conflruétion des Baftions d’un Quatre régulier, 26. Baftions pleins ont de • grands avantages, 38. Procurent une honriête Capitulation {Neuf-Brtfack corrigé), 83. Baftion retranché de la nouvelle Pifpofition de Place, 105. Son toifé eftimatif, 114. Baftions d’un Pfe-xagone irrégulier ; les grands pourquoi préférables aux petits qui font en grand nombre, 124. Baftion plat d’une Place irrégulière j fa conftru&ion, 127, 128.
- MATIERE
- Baftion en platte-forme, en quelle occafion fe doit conflruire, 128, 129. Baftions obtus d’une Place irrégulière proche d’une Riviere; leur conftruétion, & pourquoi néceffaîres, 130. Autres Baftions de cette Place, 136, 131. Baftions, leur fondation {devis), b. 84. Baftions détachez ; leur conflruêlion, mefures & fondations {devis), 103.
- Bâtimem du Corps de la Place pour le Quarré ; leur diflribution, a. 37. Ceux du Corps de la Place pour le Pentagone ; leur diflribution , 48 , 49, 50. Ceux de l’Hexagone, 55. Bâtimens du Corps de la Place, comment fe doivent laver, b. 140.
- Batteries à Barbettes, où doivent être conduites {devis), 110.
- Bélier, machine ancienne dont on fe fer-voit pour abattre les murailles, a. 4.
- Berme, ce que c’eft, a. i<5, 73.
- Biftre, fon ufage, & comment on le fait,
- b. 130.
- Bheus abandonnez à caufe de leur longueur, a. 2.
- Bois { qualitez des ) dont on fe fert pour les Ouvrages de Fortification {devis), A 95. Ouvrages en bois, comment doivent être lavez, 148.
- Bois ou Broujfailles, comment fe doivent laver & deffiner, b. 143.
- Branches du Chemin-couvert \ ouverture de leurs angles. , b. 49.
- Btifack. Voyez Netif-Brïfack.
- Br ifur es, ce que c’eft, a. n. Brifures des Flancs brifez d’un Pentagone régulier; leur conftruêtion , 41. Brifures des Courtines conflruites en bâtardeaux dans les retranchemens de la nouvelle Difpofition de Place. 103.
- C.
- Anon (le) quand inventé, a. 4. A j fait changer les Fortifications, ibid.
- Capitales des Baftions. a. 51.
- Caponnieres, a. <54. Caponniere, {toifé ef-timatif, Nouv. Difp.) _ 120.
- Carmin; maniéré de le faire, b. 125,12<5.
- Cafernes (Corps de) , a. 37, 48,5°*
- Cavaliers, à quoi bons ; leur forme & leur
- ufage,
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- table des
- ufage, a. 15. Leur conftru&ion &en quelle occafion ils doivent être revêtus, 46. Pourquoi néceffaires aux Citadelles , 136.
- Chambres des Cazernes, 0.48.
- Chapes de ciment pour les voûtes, comment fe doivent faire (devis>, b. 83. Précautions pour les appliquer & les
- faire fécher fur les voûtes, 88, 89.
- Gharpente des Planchers & des Combles (devis)y b. 99. Celle des Ponts-levis (devis), 116, 117.
- Château, a 8.
- Chaux (choix de la) > fes défauts (devis) b. 94.
- Cheminéesj leur conftruêtion & mefures (devis), b. 98.
- Chemin-couvert, pourquoi ainfi appellé, a. 17. Son utilité, 31. Conftruétion du Chemin-couvert d’un Quarré régulier , 34. Comment mettre en état celui d’une Fortification régulière contre les Attaques de vive force, 62. Chemin-couvert duNeuf-Brifack,72. Chemin-couvert (état eftimatifj Neuf-Brifack corrigé ) , 91. Chemin - couvert ( toifé eftimatif, Nouv Difpof ), 119. Réflexions fur futilité des Chemins-couverts, b 32. Leur conftru&ion en terrain plain & des Ouvrages qui en dépendent, 34. & fuiv. En terrain irrégulier, b 70. Leur lar-gueur , hauteur & autres proportions (devis), ni, 112.
- Chemins, comment fe repréfentent fur les Plans, b. 144.
- Che// i/e de maçonnerie néceffaire aux Places dont le Folle ell fec, A 33.
- Citadelle, ce que c’eft, a. 8. Sa conftruc-tion dépend des différentes fituations, 135 » I36- Sa figure doit être régulière, 137. Diverfes figures de Citadelles, ibid. De leurs Communications à la Ville, ibid.
- Claveau, b. 19.
- Clef de voûte, ibid.
- Colle à bouche pour joindre plufieurs papiers ; maniéré de la faire, b. 133. Ce qu’il faut obferver pour coller deux papiers enfemble, 133,134.
- Communications, a. 93. Celle de la Ville à la Citadelle comment doit être faite 137.
- Contreforts, leur-ufage, mefure, diftance Part. IL
- MATIERES.
- & proportions, b. 5. Leur longueur,' épaiffeur à la racine & à la queüë 7. Quelquefois plus bas que le revêtement du ( orps de la Place, u. Ceux des Courtines ; leur fondation, mesures & proportions (devis), 83. Ceux des Con-tregardes (devis'), 104.
- Conpegardes ont pris la place des Deini-Lunes anciennes, a 14. Leur con-ftruétion, 55. Leur état eftimatif, 87. Contregardes (devis), b. 103.
- Contre]carpe, de quelle utilité dans la Fortification, a. 13. Leur conftruétion,
- 27. Les plus élevées font les meilleures,
- 28. Défaut de celles non revêtues, ibid. Leur état eftimatif 90. Leur toifé eftimatif, ( Nouv. Dtfp.) ,118. Elles doivent être revêtues, b. 32. Principalement dans les Foflcz fecs, 34. Contrefcarpes d& différentes efpéces, & quelles font les
- meilleures, 35.
- Cordon (le) de la Place (devis), b 86. Corps de Garde de la Place, * «.37.
- Couleurs pour laver les Plans, b 124. Couleur d'eau. Voyez Perd d'eau.
- Coupures des Places-d’Armes du Chemin-couvert. Voyez Ouvertures & Sorties.
- Courtines, leur longueur .a. 21. Leur fondation (devr), 81. Leur Revêtement, 82. Leurs Contreforts & leurs Parapets, 83.
- Couverture des Bâtimens (devis), b. 100.
- Crayon appellé mine de plomb, comment on doit le choifir, b. 135, 136.
- Crochet de différentes fortes pour couvrir le palTage de la Traverfe dans le Chemin-couvert, a. 35. Leur mefure & leur hauteur, b. 50.
- Culées des Ponts. Voyez Ponts de maçonnerie„
- Cunette, a 64. Cunette (toi/é. eftimatif, Nouv. Dijp.), 119.
- D.
- Eblai des terres pour la réparation des gazonnages du Chemin-cou vert, • b. 64.
- Défaut des Branches du Chemin • couvert dont l’angle paffe 95. ou 100 degrez, b. 49. Défaut de quelques Barrières des Sorties du Chemin couvert, 54, 55.
- Défiler (maniéré de) les Branches des Chemins-couverts des hauteurs, b. 72.
- X Demi*
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-
-
- T A B: L E D E S
- Demi-Bafiions de l’Ouvrage-à-Couronne, a.
- 53-
- Demi-Caponnieres, a. 6f, 95.
- Demi- Lune \ ce que c’eft, & pourquoi ainfi appeîlée, a. 14.. Les Demi-Lunes anciennes, ibid. Conflruftion des Demi-Lunes d’un Quarré régulier, 29. Demi-Lunes d’un Pentagone régulier, 39, 40. Celles devant l’Ouvrage-à-Corne, 45. Conftruélion des Demi-Lunes d’un Hexagone régulier, 51. Celles devant l’Ouvrage - à - Couronne ou Couronné, 54. Demi-Lunes du Neuf-Brifack, 72. Etat eflimatif d’une Demi-Lune. 89. Demi-Lunes de la nouvelle Difpofition, 104. Leur toifé eflimatif, 117. Demi-lunes; leurs mefures, revêtemens, & cônttruélions (devis), b. 106.
- Demi-Revêtemens, a. 73. Leur avantage & defavantage, 74.
- Dépenfe du Neuf-Brifack comparée avec celle d’une Place conttruite fuivant la
- MATIERE S.
- Elévations ; comment doivent fe laver, b,
- 148.
- £////>/£, maniéré de la tracer for deux axes donnez, . b. 24.
- Embrafures, a. 16. Celles des Battions; leur conftruétion (devis ), b. 85.
- Encre de la Chine ; fa qualité pour être bonne, b. 124. Maniéré de la contrefaire , & de s’en fervir, ibid.
- Enfilade du Fotte du Neuf-Brifack, a. 81.
- Entrados, b. 18.
- Entrées des paflades des Réduits, leurs mefures {devis), b. Il O;
- Entrepreneurs des Fortifications , à quoi tenus (devis), b. 121.
- Epaiffeur (Méthode de .trouver 1’) qu’il faut donner aux revêtemens des Fortifications pour toute forte de talus, b. 8. Autre méthode pour toute forte de talus, ibid.
- Epaulemens que doit faire l’Ennemi aux extrémitez des Traverfes dans le Che-
- nouvelle Difpofition, a. no. Dépenfe d’un Chemin-couvert revêtu ,b. 61. Autre dépenfe d’un Chemin-couvert revêtu félon le profil propofé, 65. Compa-raifon de ces deux toifez qui fait con-. noître la préférence du fécond for le premier, 68-
- Defavantage des Angles aigus, a. 23.
- Devis pour la conftruftion des Fortifications, b. 79. tfjfuiv.
- Difpofition nouvelle de Fortification, a. 96.
- Ses propriétez avantageufes, 99.
- Difiribution des rues & maifons d’une Place (devis) , b. 80.
- E.
- EAu gommée pour les couleurs à laver les Plans, b. 131.
- Echancrure dans la Gorge des Demi-Lunes, a. 30, 129. Celle des Tenailles, 43. Echelle du Plan; comment on la conftruit, a. 26, b. 145. Echelles- fervoient à efcalader les murs, a. 2. Eclufes à l’entrée des Foflez, néceflairês pour faire entrer & fortir les eaux, a. 132. .Comment elles fe repréfentent fur les Plans, k. 144.
- Eglifes ; de quelle couleur fe repréfentent fur les Plans, b. 140»
- mm-cou vert, a. 100.
- Efcalade-y ce que c’eft, & ce qui y a donné lieu, ^ a. 2.
- Efcaliers à quoi fervent, a. 95. Ceux dans la Gorge des Battions de la nouvelle Difpofition, comment défendus, & ce qu’il faut obferver pour les mieux couvrir, a. 105. Pour communiquer dans les Places-d’Armes rentrantes & faillan-tes du Chemin-couvert, b. 48. Efcaliers au côté des Portes (devis), 101.
- Etat eflimatif des Ouvrages du Neuf-Brifack corrigé, a. 85*
- Events pratiquez dans l’épaifleur des Parapets (devis), h. 90.
- Excavation des Foflez (état eflimatif du Neuf - Brifack corrigé) a. 91. (Toifé efii-matif, nouvelle Difpofition), 119. Emploi qu’on doit faire de l’excès des Terres des Excavations des Foflez,Fondations , &c. (nouv. Difpof.) ,<*.121,122.
- F.
- F Aces des Battions, pourquoi ainfi appel-lées, a. 10. Elles ne doivent pas a-voir plus de 60. toifes, 21»
- Faces des Demi-Lunes, a. 52. Celles des Demi-Lunes prolongées, avantage qu’on en retire, « 81.
- Faces
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- TABLE D E S
- Faces des Places-d’Armes du Chemin-cou-vert , pourquoi doivent faire un angle de ioo. degrez avec les branches du Chemin-couvert, b. 47.
- Fafcines, leur ufage & mefures, b. 92. Comment elles doivent être employées dans les Placages (devis) y 114.
- Faujfes-Brayes, a. 18.
- Fer j comment fe repréfente fur les Plans,
- b. 148.
- Feu%% leur dire&ion doit être à peu près • perpendiculaire & jamais oblique, a. 32. Feux différens auxquels l’Ennemi efl expofé dans l’Attaque d’une Place de la nouvelle Difpofition, a. L09.
- Figure quarrée propofée pour toutes les Fortifications, & préférée à la circulaire. a. 98.
- Flancsy leur ufage, & leur bonté, a. 6.
- ' Flancs des Baftions, pourquoi ainfi appeliez , 10. Flancs, plus ils font grands, & meilleurs ils font, 20. Leurs avantages & defavantages, 24. Flancs des Demi-Lunes d’un Pentagone régulier ; leur conftru&ion & leur ufage, 40. Flancs brifez préferez, ibid. Flancs concaves ou retirezleur conftruêtion & utilité, 41. Flancs confiruits félon la Méthode de Mr. de Vauban, 68. Remarque fur cette conftruêtion, ibid. Autre conftruêlion des Flancs & petits Flancs du Neuf-Brifack, 71. Ceux des Demi-Lunes, 72. Pourquoi fupprimez (Neuf-Brifack corrigé), 79, 80. Con-ftruêtion des Flancs de ceSyftême& de fes Flancs bas, 80. Leur état eftimatif, 85, 86. Conftru&ion des Flancs de la nouvelle Difpofition, 104. Flancs concaves, ibid. Flancs des Réduits, ibid. Flancs d’un Hexagone irrégulier, leur conftruêlion , 125. Leur obliquité, 126. Flancs concaves, & ceux des Demi-Lunes. ibid. Conftruêtion des Flancs d’une Place irrégulière, 127. Les Flancs des Baftions plats doivent faire un angle de 100. degrez fur la Courtine, & pourquoi, 128. Flancs obliques, comment fe doivent prendre, 129, 131.
- Fondation des Contreforts, b. 5. Celle du Revêtement du Corps de la Place, 12.
- MATIERES.
- Du Revêtement du Parapet du Che' min-couvert (Toifé eftimatif), 65. Du Revêtement des paflages des Traverfes, ibid. Fondations des profils des paffages des Barrières, 66. Des profils des Banquettes, ibid. Fondations^ comment fe doivent laver, 148.
- Fortification fans Chemin - couvert pour-• quoi défeêtueufe, <*. 32. Sans'Tenailles, imparfaite, 43. Fortification irrégulière, en quoi elle différé de la régulière, 122* Fortin ou Fort de Campagne, a. 8. FoJJezy premières Fortifications, a. z. Foffez doivent être profonds, 13. Fof-fez ou l’on peut faire entrer & for-tir l’eau, les meilleurs de tous, 27. Foffez des Demi-Lunes, 30. Des Tenailles, 43. Foffez des Retranche-mens de la nouvelle Difpofition doivent être fecs, & pourquoi, 105. Foffez larges & profonds, en quelle occa-fion néceflaires , 136. Foffez pleins d’eau néceflaires aux Places qui ne font point revêtues, b. 33. Foffez toujours pleins d’eau n’ont pas befoin de Contref-carpe revêtue, 35. Foffé de la Place (devis) 91. Foffez comment doivent être revêtus (devi ), 11 r. Secs, & pleins d’eau, en quelles couleurs fe doivent laver, 139, 140, 147.
- Frai/e, cequec’eft, a. 18.
- G.
- C"* Æeries de Contremines fous le terre-JT plain du Baftion de la nouvelle Difpofition, leur utilité, a. 105,106. Leur toifé eftimatif, 115.
- Garnifon ne doit point être expofée, quand les Chemins-couverts ne peuvent fou-tenir les Attaques de l’Ennemi, b. 33*. Gazonnage du Parapet du Chemin couvert (toifé eftimatif). b. 62. Gazonnages, comment doivent être faits, conditionnez & employez (devis), 114.
- Glacis, a. 18. Sa conftruêtion, 36. b.$8. Défe&uofité des Glacis ordinaires, 59. Dans un terrain en pente fes avantages & defavantages,.77. Comment fe doit laver, 138, 147*
- Gomme-Gutte, couleur jaune, b. 128. De quel ufage dans les Plans, i4°*
- X 2 Gor-
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- TABLE DES
- Gorges des Battions doivent être grandes, a. 21. Des Demi-Lunes pourquoi é-chancrées, 30, 40.
- Goutieres du Glacis, pourquoi ainfi nommées, a. 18. Leur conftru&ion, 36.
- Grille de charpente, à quel ufage (devis),b.$2* Guérites, leur fituation & leur ufage, a. 16. b. 10. De pierres de taille, leur conftruêdon , mefures & proportions (devis), 90. Guérites de bois, leurs mefures & proportions (devis) , 118.
- H.
- HAye vive'où doit être plantée, de quelle hauteur & épaiffeur, a. 73. Hexagone régulier, fa conftru&ion, a. 51. Irrégulier, fa eonftru&ion, 123.
- J Al on s, leur ufage, b. 1.
- Jardinages, comment doivent être def-finez, b. 145.
- Ichnographie, ce que c’eft, _ a. 19. Inde ou Indigo, couleur bleue, fon ufage dans les Plans, b. 129.
- Ingénieur fait paroître fa fcience dans la Fortification irrégulière, a. 123. b. 10. JJles, comment on les fortifie, a. 132. Comment elles fe repréfentent fur les Plans, b. 141.
- JJles des maifons, comment doivent être lavées, b. 140.
- L.
- LAtrines où doivent être conftruites,
- a. 49.
- Lignes principales d’une Fortification, a.
- 9 » Jo.
- Lignes de Defenfe rafante & fichante, ibid. Lignes d’un Plan, comment doivent être tirées, # *37-
- Linteau de porte ou de croifée, b. 20. Liteau pour attacher les Paliflades, fes mefures, & comment appliqué (devis), b. 115 Logemens des Soldats & des Officiers, a 37. Lunettes, Ouvrages ainfi appeliez de leur fituation,a. 15. Celles devant la Demi-Lune , leur conftru&ion, 54. Celles à l’extrémité du Glacis, 134.
- M.
- MAdriers, leur ufage pour monter des Foflez dans les Places-d’Armes fail-iantes du Chemin-couvert, 0,96. b» 49.
- MATIERES.
- Madriers de chêne pour les tambours de charpente, 55. Pour les Fondations, (devis) , 81, 84.
- Magazins, 38. Magazins à poudre, 50.
- 67. Comment placez dans les Battions détachez ou retranchez de la nouvelle Difpofidon, 107.
- Maifons. Voyez Bâtiment.
- Marais, comment fe doivent repréfenter
- fur les Plans, b. 144.
- Matériaux, leur qualitez, b. 93.
- Maximes de la Fortification, a. 20.
- Menuiferie des portes & croifées (devis),
- b. 100.
- Merlon, a, 16.
- Méthode pour trouver l’épaifTeur qu’il faut donner aux revêtemens des Fortifications pour toutes fortes de talus, b. 8.
- Meurtrières aux Murs anciens, comment fabriquées, & à quoi elles fervoient,
- Mineur, comme on l’empêche de s’attacher au Retranchement de la nouvelle Difpofidon , & ce qu’il en coûteroit pour l’exécuter, a. 109, no.
- Motion, comment doit être choifi & employé (devis), b. 93.
- Montagne, comment fortifier une Place qui y ett fituée, a. 133,134.
- Montagnes, comment fe doivent laver,.
- b. 142.
- Montée, pratiquée par deux ou trois Banquettes l’une fur l’autre dans le Chemin-couvert , pourquoi incommode, £.40.
- Mou fouet s, en quel tems inventez, a 4.
- Mortier, fa compofition pour qu’il foit bon (devis), b. 94.
- Moyens des Anciens dans l’Art de fortifier*
- Murs anciens, comment fortifiez, a. 2,3,4,5.
- Murs (trouver l’épaifTeur des) qui doivent foutenir des terres, b. 4. Mur du talus extérieur du Parapet, pourquoi fupprimé, 6. Mur au-deffus du Cordon fupprimé, & pourquoi , 10.
- NEuf- Brifack (Syflême du) par Mr. de Faüban , a. 70. Changement qu'on y fait, 79. Coûte beaucoup plus que le fyftême de la nouvelle Difpofi-
- tion3
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- TABLE DES tion, & n’efl; pas capable d’une aufïï longue défenfe, no, m. Etat de fa dépenfe, ^ 1.21.
- OCto^one irrégulier, comment le fortifier, a. 127, 128, 129.
- Ombre coupée, néceffaire aux Plans, a. 148. Orgues, ce que c’eft, & leur ufage. a 17. Orilkns, leur ufage, a. 11. Leur conf-truêlion, en quoi différente de l’ufage ordinaire, 4r. Néceffaires à la nouvelle Difpofition, 104.
- Ortograpbie. Voyez Profil.
- Ouvertures des Places-d’Armes du Chemin • couvert, a. 17. Leurmefure, 35. Ouvrages de Fortification, a. 11. Ouvrages propofez pour la correction du Neuf-Brifack, 79. Ouvrages qui ren-droient une Place plus forte & de moindre dépenfe, 93. Ouvrages néceffaires aux Places ordinaires, 102.
- Ouvrages-à-Corne, où fe doivent placer, a. 14. Leur conftruêtion, 44. En quelle occafion néceffaires, 134. Mefures de leurs branches & leur conftruélion {devis), b. 110.
- Ouvrage s-à-Couronne, leur conftru&ion, a.
- 52. Défaut de leurs branches corrigé ,53. Ouvrages voûtez, ou fous terre, comment doivent paroître fur les Plans, b. 145. P.
- PAUJfades,ce que c’eft, & en quel endroit fe doivent placer, a. i&. Pa-lîffades du Chemin-couvert, 34.#. 16. PalifTade hériffée, au défaut du revêtement de la Contrefcarpe du Chemin-couvert , fa conftruêtion & fes defavan-tages, 36. Autre PalifTade du Chemin-couvert plantée félon la méthode de Mr. de Vauban, 40. Comment elle doit être conftruite félon Mr. deCdèhorn, 42. Ces Paliffades fe mettent en Magazin, 44. Leurs defavantages,. 45. Paliffades du Chemin-couvert {toi/é estimatif ), 63. Paliffades deftinées à être placées fur le bord de la Banquette, doivent êtremifes en Magazin, 68. Ces Paliffades pofées fur le bord de la Banquette, empêchent l’Ennemi de s’en, rendre maître, 69. Pourquoi celles du Chemin-couvert revêtu en gazonnage , ne peuvent être mifes
- MATIERES, en Magazin, 70. Paliffades du Chemin -couvert, leurs mefures, forme, & fl-tuation {devis),
- . Papier à defîiner de plufieurs fortes, & ce qu’il faut obferver dans fon choix ,£.135.
- Parallèle de la Défenfe d’une Place de la nouvelle Difpofition avec celle du Neuf-Brifack, a, ioS*-.
- Parapets, leurmefure, a. 11. De terre, pourquoi préférables à ceux de maçonnerie, 12. Parapet du Baflion de la nouvelle Difpofition de deux pieds plus bas que celui du retranchement, &c. 106. Parapet du Corps de la Place en gazon, b. 12. Parapet de la Tenaille, 14. Parapet du Chemin-couvert, quelle doit être fa hauteur, 16. Ce qui doit régler fa hauteur, 38. Sa diftance de la Palif-fade, 46. En quelles occafions ils doivent être revêtus intérieurement, ibid. Parapet du Chemin*couvert des Angles fàillans doit être arrondi, 59. Parapets des Courtines {devis), 83. Des Remparts, leur hauteur & talus {devis),92. Parapet du Chemin-couvert comment conltruit, revêtu & fondé {devis), 112.
- Parties intérieures de la Fortification doivent être plus élevées que les extérieures, a. 21.
- PaJJdge dans le Glacis. Voyez Ouvertures.
- Pafage autour des l'raverfes dans le Che-jnin-couvert, a. 35, Leur proportion * 50. Doivent fe fermer avec des Barrières, 53 » 54- PalTages des Entrées des Portes {devis), 97. PalTages dans les Réduits pour communiquer dans les Demi-Lunes., comment conflruits {devis),
- rop*
- Pavé de la Place, comment conditionné & pofé {devis), b. 120.
- Pavillons pour loger les Officiers, a. 37,
- Pentagone régulier, fa conftruCfcion, a. 39.
- Pente du Rempart, b. 13. Pente du Glacis, 58. Pente du terrain, difficultés qu’elle donne dans la conftru&ion des-Chemins-couverts , 74. Comment y remédier* • 75,
- Pieds-droits des voûtes, b. 17. Connaître l’épaiffeur qu’il faut leur donner, 20. L Exemple pour la voûte en plein, cin-îre, ibid. II. Exçmple 22,. III, Exem-x a pie*
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- TABLE DES pie, 24. Trouver l’épaifleur des Pieds-droits des voûtes elliptiques ou furbaif-&£S,ibid. Trouver Tépailfeur des Pieds-droits qui foutiennent une Platte - bande , 28.
- Pinceaux pour laver les Plans,leur choix,
- b. 131.
- Placages, de quelles qualitez, comment & en quel tems doivent être façonnez (devis),- b 113,114.
- Place régulière, pourquoi appellée ainfi, a. 8. Irrégulière, 9. Place de figure quarrée, en quoi préférable à toute autre figure, 102. Place bâtie avec moins deBaftions préférable aune autre, 124. Maniéré de fortifier une Place irrégulière de huit côtez, 127. Celle de fortifier une autre proche d’une Riviere, 130. Conditions néceflaires aux Places pour être en état d’en foutenir les Chemins-couverts contre les Attaques de l’Ennemi, b. 33.
- Place s-d'Armes du Chemin-couvert, ce que c’eft, a. 17. Celles des Angles ren-trans, à quoi elles fervent, ibid. Places-d’Armes Taillantes <& rentrantes du Chemin-couvert; leur conftruêtion, 32,33, 34. Conftruêtion de la Place - d’Armes du Corps de la Place, 37, 48, 50, 55. Places-d’Armes rentrantes & Taillantes d’un Chemin-couvert retranchées. 63. Places-d’Armes de la nouvelle Difpofi-tion attaquées , 99. Places - d’Armes rentrantes pourquoi retranchées devant les Baftions de la nouvelle Difpofition, 107. Autres Places d’Armes Taillantes & rentrantes du Chemin-couvert,£ 46. Places - d’Armes Taillantes anciennes du Chemin-couvert, 47. Leur défaut, 47,
- 48.
- Plans (Art de laveries), b. 122,137,145. Comment doivent être orientez, t 145.
- Phtte-bamle, b. ip. Ce que c’eft, à quel ufage, & fa conftru&ion, 28.
- Pointes de fer endommagent les Paliflades,
- b. 42.
- Polygone intérieur dont on doit Te Tervir pour fortifier des efpaces remplis de maifons, a. 58.
- Ponts de la Place, a. 38. Leur grande quantité eft incommode,
- MATIERE S.,
- Ponts de Maçonnerie, trouver l’épaififeur qu’il faut donnera leurs culées pour Tou-tenir la pouffée des arches, b. 30.
- Ponts de charpente fur les Foflez pleins d’eau, en quelle occaflon doivent être rompus, b. 48.
- Ponts*kvis, a. 17. Avec toutes les conditions de leur aflemblage de charpente (devis), h. ii(5»
- Ponts, comment Te defîinent fur les Plans,
- b. 144.
- Portes de la Place, leurs proportions, or-nemens & fondations (devis), b.95,96. Portes des Demi-Lunes, leurs proportions, ornemens & fondations (devis), b. 107. Poternes où fituées. & à quel ufage, a. 16, 49, 64. Poterne du milieu de la Courtine (état eftimatif), 8<5. Poternes Tous le Rempart de la nouvelle' Difpofition pratiquées Tous le Retranchement 'pour communiquer du Foffé Tec dans le Baf-tion, 105. Poterne du milieu de la Courtine (toi/e eftimatif, Nouv. Dtfp.), 113. Poternes des Réduits ou Retran-chemens du Chemin-couvert, b. s8- Des Sorties,comment conftruites (devis),101 Prairies, comment Te repréfentent fur les Plans, £.143.
- Profil, ce que c’eft,a 19. Profil duNeuf-Brilack, 72. Profil du Retranchement du Baftion & des Galeries des Contre-mines de la nouvelle Difpofition, 122. Tracer le Profil d’une Fortification, b. 9. Obfervations à ce fujet, 9, 10. Profil du Corps de la Place, fa conf-tru&ion ,11. Profil coupé fur le milieu de la Tenaille, Ta conftruéfcion , 13. Profil du Réduit coupé fur le milieu de fa gorge, &c. 14. Profil de la Demi-Lune, &c. 15. Profil de la Contrefcarpe & des Chemins-couverts, ibid. Profils des Sorties du Chemin-couvert doivent être revêtus (devis), 112.
- Puits de la Place, a. 38, 50. Leur con-ftruéjtion & maçonnerie (devis), b. 119,
- Q!
- Q;.
- 120.
- Valitez des Matériaux (devis), b. 93. Çhwré régulier, fa conftruêtion, a.
- 75*
- Rampe
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- TABLE DES
- R.
- Rjîmpe des Cavaliers, a. 47. Rampe plus commode que plusieurs Banquettes, b. 40. Rampe des Sorties du Chemin-couvert, 52.
- Ravelins. Voyez Demi-Lunes.
- Recoupement des Tenailles, Voyez Echancrures.
- Réduit de deux fortes, définition, a. 8. De quelle utilité, 13. Réduits dans les Demi-Lunes, conftruêlion, 59. Réduits d’une Fortification régulière, 60. Réduit du Neuf-Brifaçk, 72. Réduit {état efiimatifi Neuf-Brifack corrigé), 89. Réduits de la nouvelle Difpofition de Place, leur conftru&ion, 104. Leur toifé efli-matif, 116. Tracer le Profil du. Réduit coupé fur le milieu de fa gorge, &c. b. 14. Réduits dans les Places-d’Armes rentrantes du Chemin-couvert en terrain inégal, leurs mefures & utilité, y 6. Réduits dans les Demi-Lunes comment
- fondez & revêtus {devis), 108.
- Redoute, ce que c’eft, a. 8-
- Reins de voûte, £.18.
- Reins vuides, . b. 19.
- Remparts, d’où ils ont pris naiflance, a. 4. De quel ufage dans la Fortification, 13. Mefure des Remparts d’un Pentagone régulier, 46. Remparts trop hauts pourquoi défettueux, b. 10. Leur largeur en profil ,13. Leur épaifîeur & élévation {devis) , 92. De quelle couleur fe doivent laver, 139.
- Réparation des Chemins-couverts, b. 64.
- Retraite, pourquoi doit être pratiquée depuis la Traverfe jufqu’au bord de la Contrefcarpe. b. 51.
- Retranchement dans les Baftions pleins procurent une honnête Capitulation, a. 83. Retranchement d’une nouvelle invention dans les Baftions de la nouvelle Difpofition de Place, & fa conftru&ion, 103. Retranchement de la Place-d’Armes rentrante {toifé efiim. Nouv. Difp.) 118- Retranchemens des Places-d’Armes rentrantes faits de gros madriers , b. 55. Deux autres fortes , l’un avec revêtement de maçonnerie, fes avantages, 56. Et l’autre en gazonnage, 57. Revêtement extérieur du Parapet d’une For-
- MATIERES, tification régulière, pourquoi fupprimé, a. 67. Revêtement de la nouvelle Dif-, pofition, 106. Revêtemens de Fortifi--cations en gazonnage, pourquoi défectueux, b. 3. Pourquoi ceux de maçonnerie font meilleurs, ibid. Tables des-Revêtemens des Ouvrages de Fortifications, leur hauteur, épaifîeur,&c. 7,8. Revêtement du Corps de la Place en terrain uni? 10. Revêtement du Re'duit de la Demi-Lune, 14. Revêtement des Traverfes du Chemin - couvert {toifé ejlimatif félon le profil propofé), <56. Revêtemens des Courtines, Fondations, & Talus {devis), ni.
- Ricochet, auquel font expofées les Palifla-des de Mr. Coëhorn, caufe un grand dommage, b. 45.
- Rideaux autour de la Place, à quoi ils o-bligent, b. 72. &fuiv. Rideaux,comment fe doivent repréfenter fur les Plans,
- 142.
- Rivières, comment fe doivent tirer & laver fur les Plans, £.141. Leur courant fe marque par une flèche, 145.
- Rochers, comment fe doivent repréfenter fur les Plans, Æ. 142.
- Rués de la Place, 37, 48, 55* Rues & Places publiques reftent en blanc fur les Flans, ' 1, i4r.
- Ruijeaux, comment fe doivent laver, £.142 . S.
- dble pour le mortierde quelle qualité pour bâtir {devis), b. 94.
- Sappe des Anciens, a. 2.
- Scénographie, a. 19.
- Sièges 9 leur longueur comment èccafion-née, a. 2.
- Syftême à Tours baftionnées, a. 75,
- Soldat (je) tire droit devant lui pendant la nuit, 0. 32. 49.
- Sommier, b. 19.
- Sorties ou Coupures des Plaees-d’Armes du Chemin-couvert d’un Quarré, leurs-proportions, <0. 35. Sortie d’un Chemin-couvert conftruit dans un terrain plain, b. 52. Sorties des pafîages des Réduits pour communiquer aux Demi-Lunes , quelles mefures doivent avoir {devis), 11 o. Sorties des Portes & Barrières du Chemin-couvert doivent être revêtues
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- TABLE DES
- de même que leurs profils ; leur largeur,
- 112.
- Souterrains , où doivent être fituez , & leur ufage, d. i<5, 50. Des Tours baf-tionnées fervent de Contremines, 77. Ils fervent auffi de Magazins a poudre & à grains, 78. Souterrains, leur état eflimatif, 86. Souterrains pour fervir de Magazins dans les Places • d’Armes rentrantes du Chemin-couvert, b. 67. Souterrains fous les Flancs des Battions (devis), 103.
- T.
- TAblepour régler l’épaifleur qu’il faut donner au fommet des Revêtemens des Remparts de Fortification, &c. b. 7. Autre pour régler l’épaiffeur du fommet des Revêtemens des gorges des Ouvrages & Contrefcarpes fans Contre-forts , 8.
- Talus, comment doivent être lavez, b. 14.6. Tambours de Charpente, à quoi propres, 63, 105, b. 56. Tenailles dans le Folié, leur utilité & leur conftruêtion, a. 42,43. Doubles, leur conftruêtion, 43 , 44. Tenaille (toifé eflimatif, Nouv. Dijpofttion) , 115. Tenaille , conftru&ion du Profil qui la coupe par le milieu, 13. Tenailles, comment
- doivent être conftruites (devis), 105. Terrajfer, & ce qu’il y faut obier ver (devis),
- b. 89-
- Terre-plain des Battions , avantages qu’on en retire, a. 38. . Terre-plain du Che, min-couvert, pourquoi doit être élevé au-deflus du niveau du terrain, b. 37. Terre-plains, comment fe doivent laver, 138,146,t47-Terres & Gazonnages ne font pas des ob-ftacles fuffifans à une Place pour réfifter aux Attaques de l’Ennemi, 33. Coupe des Terres comment fe doit laver, 148. Terres labourées * comment fe doivent def-finer & laver, . ^ b, 144.
- Toifé eflimatif ée la Fortification fuivantla nouvelle Difpofition, a. 112. Des Gazonnages , Paliffades & Barrières des Chemins-couverts, b. 62. Autre Toifé eflimatif de la dépenfe à faire pour la conftru&ion des chemins-couverts re-
- MATIERES, vêtus fuivant le Profil propofé, 65.
- Tours antiennes de figure ronde & quarrée, leurs avantages & defavantages ,«.3,4,
- 5,
- Tours bafiionnêes, leur conftru&ion, a. C9 , 70, 71. Ne peuvent être battues de la Campagne, 76. Ne craignent point l’effet des Mines, *le ricochet ni les Bombes, 76, 77. Pourquoi fupprimées, 80.
- Tracer une Place fur le Terrain, b. 1. Tracer le Profil d’une Fortification, &c. 9.
- Traverfes du Chemin- couver t, a. 17 Leur mefüre & leur defavantage ,33,35,36. Traverfes des Places-d’Armes rentrantes d’un Chemin-couvert, leur utilité & avantages, 50. En quelle occafion doivent être revêtues, 51. Celles des Places-d’Armes faillantes, leur conttruc-tion, leur épailfeur, 51, 52. Le toifé eflimatif de leur Gazonnage 63 Leur Revêtement en maçonnerie, 66. Traverfes dans les Branches des Chemins-couverts enfilez 75 Traverfes en Capitales , 75, 76. Traverfes du Chemin-couvert comment élevées en Gazonnage & fafeinage (devis), 113. Comment doivent, être lavées, 147*
- y
- T 7 Auban (Mr. de) , fa méthode de for-
- V tifier, a. 68 CS? fuiv. Sa méthode de planter les Paliffades dans le Chemin-couvert, b. 40.
- Verd-d eau, fon ufage & la maniéré de le faire. b. 127.
- Verd d'iris, deux maniérés de le faire, b.
- 129, 130.
- Vermillon peu en ufage dans les Plans de Fortification, b. -;28,
- Vignes comment fe defîinent fur les Plans
- de Fortification, b. 143.
- Ville forte, ce que c’eft, a. 8.
- Ville entourée de hauteurs, b. 74.
- VouJJbits, ' b. 19.
- Voûte^ en plein cintre, en tiers-point , elliptique ou furbaiffée,en anfe de panier, b. 17, 18. Leur couronnement, 19. Leurs fondations & élévations (devis), 86 Voûtes des Paffages des entrées des Portes (devis), 98.
- Fin pe la Table pes Matières»
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- L A R T
- GUERRE;
- CONSISTANT.
- I. En divers Préceptes effenciels à cet Art :
- II. En Exemples notables , propres à les confirmer , 6c tirez du Récit abrégé , mais fuffifant, des Batailles les plus mémorables du Régné de Louis XIV ; 6c
- III. En un Traité de l’Attaque des Places, fuivi de III Mémoires 6c Calculs des Munitions néceflaires pour un Siège.
- A L A HAIE,
- Chés J. NEAULME, 8c A. MOETJENS,
- M. D C C. X L I.
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- PREFACE.
- IE ROï ifiant eu la Bonté de rece-|| jgj^S| voir favorablement mes Obferv at ions “ fur L’Art de la Guerre, A matant
- ordonné de les écrire , j'ai volontiers obéi à cet Ordre dans ce Volume ; j'y ai joint, par le Confeil de mes Amis , un Traité de l’Attaque des Places. Mais, j'ai cru, que rien ne contribuerait plus à perfe&ionner cet Ouvrage, & à le rendre agréable au Public , que d'y ajouter le Détail des plus grandes Allions de notre Tenu, ou le Récit a-brégé des Batailles les plus mémorables du Régné de Louis XIV , qui ont toutes été conduites par les plus grands Capi.
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- PREFACE.
- taine s qu'on ait vû paroitre depuis plusieurs Siècles.
- On y verra le Dénouement de chaque Action,
- ce qui en a fait particulièrement le Mérite. On appercevra les dijfèrens Moïens ,par lefquels ces Généraux ont furmonté les Ohflacles qui s'op-pofoient à leurs Dejfeins, àf l'Ordre & la Difpo-fition qu'ils ont tenus, en portant des Coups fi brufques & fi décififs. On y remarquera, que le Coup-d'Oeil leur a fait prévoir fur le champ les Mouvemens qu'il falloit faire , pour parer ceux de l'Ennemi. On y verra des Camps retranchés , y qui, paroijfant inaccejfibles, ont néanmoins été forcéspar le Courage ïf l'Intrépidité des Trouppes, & par la fage Conduite des Généraux. On y verra des Droites, & des Gauches , renverfèes par l'Impètuofité d'un vive Attaque pref que auffi-tot rétablies par la Fermeté & l'Habileté de ces Grands-Hommes. On
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- PREFACE.
- y verra, enfin, des Batailles gagnées par dif-férens Moîens , qui font autant de Sentiers, qui conduifent à la Gloire.
- Ces Obfervations ferviront de Réglés aux Officiers expérimentez, qui fçauront en faire Ufage dans l’Occafion. L’Hifioire , qui renferme ces grandes Allions, efi chargée de tant d'autres Evénemens , qu’elle ne peint ordinairement qu’en racourci les Faits de Guerre, dont on donne ici le Détail, fans fortir du Stile concis, plus convenable aux Gens du Métier , y plus propre à leur rendre fenfibles ces Faits, qu’ils ne doivent lire, que pour fe les rendre utiles.
- Quelque étendu que fait cet Ouvrage, ce n’efl cependant qu’une Ebauche , qui peut exciter quelqu’un à donner quelque-chofe de plus parfait. On ne fçauroit trop obferver, dans
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- PREFACE.
- un Art , dont la Perfection dépend d'un fi grand Nombre de Réglés : b5 l’on peut dire , que la Vie d'un Homme efi trop court^, pour écrire tout ce qu'on en peut penfer.
- AVE R TISSE MENT.
- Les Noms Etrangers fe trouvant d’ordinaire fort mal écrits dans les Manufcrits copiés en France, on s’eft contenté de les reélifler ici à la Marge par de fimples Renvois, n’aïant point voulu toucher à pOriginal. On en a ufé de même à l’égard de quelques Titres & de quelques Dignitez mal-défignées.
- TABLE
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- TABLE
- DES
- PARTIES ET CHAPITRES
- DE CE
- VOLUME.
- PREMIERE PARTIE.
- PRECEPTES ESSENCIELS A L’ART DE LA GUERRE.
- CH A P. I. Comme Von doit remédier aux Efforts de P Ennemi qui envelope une Droite, ou une Gauche, de P Armée. Page i. Chap. II. Ce qu'il faut faire 3 pour éviter un Ennemi jùpé-rieur , g®? fes Surprifes. . 3.
- Ch ap. III. U Avantage qu'il y a de prévenir P Ennemi , pour l'attaquer. 6.
- Cri ap. IV. La Confiance, que Je Général doit marquer aux Officiers-Généraux dans une APlion. 7.
- Ch ap. V. Comment P on doit fuivre P Ennemi qui s'ejl trop avancé dans le Païs. 8.
- Ch a p. VI. Des Occafions où P on doit emploïer les Rufes de Guerre.
- 9.
- C h a p. VIL 11 faut fe contenir dansfa Vittoire^pour en profiter. 10. C h a p. VIII. Les Moïens de fur prendre un Convoi. 12,
- Ch ap. IX. Ce qiCil faut faire ,pour tirer des Contributions. 13. Chap. X. Conduite de deux habiles Généraux dans une Action. 15*. Ch ap. XI. De P Application, que doivent avoir les Officiers 5 qui veulent parvenir aux Emplois confidérables de la Guerre ; ggp delà Nêceffité qu'il y a pour eux de connaître les différons Services. 17. Cîiap. XII. Il faut éxercer les Trouppes, (ÿ faire éx éditer fé-vércment les Ordonnances. 22.
- Chap. XIII. Les Officiers doivent lire, £5? faire des Remarques.
- zq.
- Chap. XIV. Le Service de la Cavalierie. 25.
- C H A F
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- TABLE
- C h a p. XV. L Utilité des Dragons 3 dans une Armée , dans Je s
- Places. 2 6.
- Ch a p. XVI. Çe que peut faire T Infanterie dans toutes les Occa-Jions. 27.
- C h a p. XVII. Du Service de P Artillerie ^ & de fon Utilité. 29. Chap. XVIII. L'Utilité & le Service des Ingénieurs. 30.
- Ch ap. XIX. De la Subfijlance des Trouppesdes Munitions de de Guerre. 32»
- SECONDE PARTIE.
- EXEMPLES NOTABLES,TIREZ DU RECIT ABREGE'DES PRINCIPALES BATAILLES DU REGNE DE LOUIS XIV.
- CH A P. I. Bataille de Rocroi. 3?.
- Ch. IL Bataille de Fribourg. 37.
- Ch ap. III. Bataille de Nortlinghen. 39.
- Ch ap. IV. Bataille de Lens. 41.
- Chap. V. Bataille de Rethel. 42.
- Ch ap. VI. Bataille <P Arras. 43.
- Ciiap. VII. Bataille des Dunes. 46.
- Chap. VIII. Paffage du Rhin, & Bataille du Tolhuys. 47.
- Chap. IX. Bataille de Sintzheim. 49.
- Chap. X. Bataille de Seneff. $fi
- Chap. XI. Bataille de Cajjel. 5*3.
- Chap. XII. Bataille de Saint-Denis. 5
- Chap. XIII. Bataille de la Marfaille. 58.
- TROISIEME PARTIE.
- TRAITÉ DE L’ATTAQUE DES PL A CE S, &c.
- L Traité de VAttaque des Places. 61-82
- II. Mémoires £5? Calculs des Munit ions’nécejftair es pour un Siège.
- I. Mémoire. 83.
- II. Mémoire. 89.
- III. Mémoire. 95.
- L’ART
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- DE LA
- GUERRE
- PREMIERE PARTIE,
- CONTENAN T
- DIVERS PRECEPTES
- ESSENCIELS A CET ART.
- CHAPITRE PREMIER.
- Comme Von doit remédier aux Efforts de VEnnemi qui enveloppe une Droite ou une Gauche de VArmée.
- tO R S QU E l’Ennemi , dans le Fort de l’Ad:ion,a enveloppé line Droite ou une Gauche de l’Armée , il eft à propos, fans lui donner leTemsde laRéfléxion, pour prendre les Avantages du Terrain, & pour augmenter fes Forces, de réparer ce Defordre, & de le pénétrer à fon tour. Cette Aétion doit être conduite fièrement, brufquement, & avec beaucoup d’Ordre ; c’efl-à-dire, faire Tête de tous Cotez aux Trouppes, qui peuvent s’y oppofer.
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- L’ART DE LA
- Il faut marcher en Colonnes, dont les Têtes ou Avant-Gardes foncent & chargent, la Baïonnette au bout du Fufil, les Trouppes, qui fe trouvent à leurs Paffages. Dans le moment qu’on s’efl fait Tour, & qu’on a renverfé la Ligne de l’Ennemi, il efl à propos, que les Trouppes , qui ont pénétré, fe replient fur leur Droite & fur leur Gauche, pour culbutter ce qui aura été entamé , & donner le Tems, par ce Moïen, au Relie des Trouppes, & à l’Arrierre-Gar-de, de s’avancer, & de fe former au de-là de la Ligne de l’Ennemi, mais à portée de ceux qui combattent,pour les foutenir;afin d’être tous en Etat & en Ordre, pour rejoindre l’Armée , lorfque l’Occa-lion fera favorable.
- On rifque moins , par une femblable Entreprife , qu’autrement. Tombant fous la Loi du Vainqueur, toutes les Trouppes fèroient Prifonnieres de Guerre ; ce qui afroibliroit beaucoup l’Armée, & don-neroit Occalion à l’Ennemi de la pourfuivre & de la défaire. Dans des Momens fi épineux, il faut une Exécution vive & promte. Douter alors de' ce qu’on doit faire , c’ell une Marque de peu de Capacité.
- Des Officiers, qui alpirent au Généralat, doivent, dans une Aélion femblable, faire connoitre, qu’ils en font dignes. Ce Rang ne leur donne pas toute la Capacité néceffaire. Il faut l’avoir acquife dans différentes Aétions, pour le mériter. Ainli, ne fçavoir à quoi le déterminer pour prendre fon Parti devant un Ennemi qui vous enveloppe, c’ell lui donner beau Jeu pour en profiter.
- Les Généraux , qui le trouvent fiirpris de cette forte, ne doivent pas écouter les Difcours de ceux qui propofent II vite des Moïens de Capitulation. Il faut,au contraire, que tout le Monde concourre à un Parti plus noble & plus décifif. Des Trouppes bien conduites fe trouvent d’elles-mêmes animées, pour éviter un Reproche auffi honteux, que celui de rendre les Armes à fon Ennemi, il n’y a point d’Efforts qu’elles ne faffent, pour fe faire Jour ; & ne connoiffent point de Péril, quand il s’agit de conferver leur Liberté.
- On fait fouvent des Fautes, dont l’Ennemi peut profiter; mais, il y a, pour les réparer, de grandes Reffources, que l’Audace, la Valeur, & l’Expérience des Généraux, favent trouver dans l’Occafion.
- CHA-
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- GUERRE, I Partie, Chapitre IL 3
- CHAPITRE SECOND.
- Ce qu'il faut faire , pour éviter un Ennemi Jupérieur, fes Surprifes.
- LORSQU’ UN Ennemi recherche à vous combattre par la Supériorité des Forces qu’il a fur vous, il ne faut pas,pour cela, s’en trop éloigner , en l’évitant. On peut quelques - fois prendre des Situations avantageufes, qui peuvent parer le Coup ; & attendre une Augmentation de Trouppes, ou qu’il puiffe lui-même s’engager dans quelques Marches où fon Armée foit embaralfée par des Def-filez. Alors, on tombe fur lui : on l’attaque vivement de tous Cotez, pour le renverfer dans l’Endroit qui le partage d’avec fes pré-mieres Trouppes qui en font éloignées ; afin que, par cette Confufion, & ce Defordre, on achevé de faire périr celles qui fontexpofées au Coup-de-Main, & qui ne peuvent être fecourues des autres à tems.
- Il faut régler l’Ordre, qu’on doit tenir , fur l’Avantage du Terrain que l’on peut occuper, fur la Difpofition de l’Ennemi, & fur le Nombre de Troupes qu’il faut combattre.
- Sur l’Avantage du Terrain, il faut l’occuper de maniéré, qu’on en foit le Maitre, & que l’Ennemi ne puifïe pas s’y étendre, pour faire Place aux Trouppes qu’il y pourroit faire revenir.
- Sur fa Difpofition,il faut faire la fîenne fupérieure aux Trouppes que l’on veut attaquer, & que l’Ennemi foit contraint de combattre où il fe trouve, en gardant les Defïilez & les Poftes, pour le refferrer. Une pareille Situation l’engage fouvent à des Remedes violens, où la Confufion prend le DefTus, quand on le fuit vivement, & avec ordre.
- Pour ce qui regarde les Forces de l’Ennemi, elles font alors très inutiles pour agir," à caufe de leur Eloignement, & des Defïilez qui les partagent. Celles, qui font dans l’Action, connoiffent le Defa-vantage du Terrain qu’elles occuppent, & leur mauvaife Situation. Souvent, quelques Efforts que l’on puiffe faire pour les animer, rien ne peut arrêter leur Terreur. La prémiere Trouppe, qui eff renver-fée, caufe un pareil Defordre dans celle qui eff 'proche : & cette Confufion entraine le Reffe, & ne fe peut réparer, quand on fuit l’Ennemi, & qu’on le reffere fur fon Terrain à mefure qu’il le perd.
- Un habile Général, quia profité d’un femblable Avantage, doit fe tenir fur fes Gardes, <$r ne doit plus rechercher une fécondé Action , à moins qu’il ne foit bien informé du grand Defordre où eff
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- * L’ART DE LA
- l’Ennemi par fa Fuite : parce que le Deffilé , qui lui a partagé fes Forces, feroit le même Obftacle pour aller à lui;& qu’il pourroit profiter , pour prendre fa Revanche, du Moment où il vous y verroit engagé.
- La Supériorité des Troupes, qui font difperfées dans une pareille Situation, devient inutile pour le Combat. On ne peut fe fervir que de celles qui font engagées au Deffilé. C’eff dans ces Surpri-fes, faites à propos, que l’on connoit le Mérite d’un Général, qui fçait étudier les Démarches de fon Ennemi, & qui l’embarraffe de maniéré, que, malgré fii Supériorité, il ne fçauroit s’en tirer fans un E-chec confîdérable.
- Le Prince de Condé nous en a donné un Exemple des plus hardis, dans la Journée de Seneff. Quoique j’en aïe encore parlé ailleurs ( *), je dirai, au fujet de ce Chapitre , qu’étant de beaucoup plus foibie que le Prince d’Orange, il fe pofta avantageufement au Camp du Piéton, pour être à portée d’étudier fes Démarches. Là, il fçut profiter à tems du Moment que l’Ennemi engagea fon Armée dans les Deffilez de Seneff & du Fay, pour s’avancer du côté de Mons. Le Prince de Condé marcha fur lui; attaqua l’Armée des Efpagnols , qui en fàifoient l’Arriere ; la chargea avec une Dif-pofîtion qui convenoit au Terrain & aux Forces qu’il y trouvoit; & la renverfa avec tant de Vivacité, que les prémieres Trouppes du Prince d’Orange, qui avoient paffé les Deffilez , n’eurent pas le Tems de revenir, pour avoir Part à cette ACtion.
- La Maniéré, dont notre Général fçut prendre ion Parti,'fit bien connoitre la Grandeur de fon Génie, & donna l’Occafîon aux Généraux & aux Trouppes de faire briller leur Conduite & leur Valeur : & l’on peut dire du Prince de Condé, qu’il eut été plus victorieux, s’il eut pu fè réfoudre à donner des Bornes à fa Victoire.
- Il y a eu des Généraux, qui, ne fe rebuttant jamais des Périls, fe font laiffé conduire par leur feule Valeur. La Gloire, qui étoit leur Guide, ne leur faifoit envifager, que le Plaiflr de vaincre. Mais, l’on peut dire, que leur Bonne-Fortune a eu fouvent plus de Part, que leur Conduite, à la Victoire qu’ils ont remportée.
- Ces Coups hardis, ce me femble, ne font permis qù’à ceux qui fe trouvent dans un Péril évident, qu’il faut franchir : aulïi les nomme-t-on des Coups de Defefpoir. Il y a plus de Prudence à les éviter , qu’à les rechercher, puisque l’Evénement en eft très incertain.
- Un Général, qui fe voit à portée de fon Ennemi, doit s’attendre à toutes les Surprifes qu’il peut lui faire: &, par la même Raffon,
- il
- (*) VntK ci-défions, Partie II, Chapitre X.
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- GUERRE, / Partie, Chapitre IL *
- il doit fçavoir les prévenir. Son Attention a les étudier le met en état de les éviter. Combien à-t-on vu de grands Capitaines, qui fçavoient parer les Surprifes de leurs Ennemis, tomber dans le Piège qu’ils leur dreffoient ? Toutes ces Chofes fe règlent, & fe font, lur les grandes Connoiflances qu’ils ont du Terrain, & du Païs, où ils font, & fur l’Attention qu’ils ont à connoitre les Démarches de l’Ennemi, & à fçavoir prendre leur Parti à tems , pour bien diipofer leurs Trouppes, & s’en fervir utilement.
- On a vu des Généraux, qui ont été furpris par des Feintes ; l’Ennemi, qui les attaquoit, a'iant fçu profiter de leur Situation defavan-tageufe. Pour lors, ils ont eu befoin de toute leur Habileté, & d’une Expérience confommée, pour foutenir les prémiers Efforts de l’Attaque , fe faire Jour à travers les Difficulté* , & reprendre l’Avantage que ce Défaut de Situation leur avoit ôté.
- D’autres Généraux ont méprifé leurs Ennemis, connoiflant l’Avantage de leur Pofte, & le Danger auquel ils s’expoferoient, s’ils vouloient le pénétrer. Us croïoient augmenter leur Gloire, par le Nombre de Trouppes qu’ils y laifToient palier ; &, ne donnant qu’une foible Attention à fes Démarches, ils en ont reconnu trop tard les Suites funefles.
- Il ne faut rien négliger à la Guerre. On doit fuivre de près tous les Pas de l’Ennemi,& ne point lui laiffer occuper affe* de Terrain , fous prétexte qu’on l’accablera lorfqu’il en fera tems. L’Efpoir de la Réüffite flatte beaucoup : mais 3 le Succès en eû bien incertain, quand on manque le Moment favorable de l’attaquer.
- Tant de Batailles ont été perdues, pour s’être prévenu & flatté d’un Succès apparent, que l’Ennemi a gagnées, pour avoir été hardi & téméraire à propos dans fes Entreprifes. Il a entrevû le Mépris qu’on faifoit de lui & de fes Démarches: mais, il les a conduites de maniéré, que, lors qu’il a eu franchi le premier Péril, il nous en a caufé un plus certain.
- I l efl vrai, que ce n’efi: pas fans Danger pour lui. Il rifque beaucoup pour arriver à fon But: il doit fe^conduire avec de grandes Précautions ne rien engager, qu’il ne puiffe foutenir. Il fuit de près fon Projet., l’éxécute, furmonte brufquement les Obflacîes qu’il rencontre: &, lorfqu’il s’eft entièrement engagé, il faut qu’il s’y livre de bonne-grace; c’eft-à-dire, avec toute la Valeur, la Diligence, & la Conduite pofïible.
- L’Epouyante prend fouvent aux Trouppes, qui fe voient fur-prifes par un Ennemi, qui s’efl formé en deçà d’un Deffilé , ou d’une Riviere, fans qu’on s’y foit oppofé. La Raifon , que l’on avoit
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- 6 L’ A R T DE LA
- eue de le lailTer agir, par l’Efpérance d’en tirer Avantage , difparoit bientôt;l’Inquiétude y fuccede: & les Troupes,intimidées par l’heu-reufe Témérité de l’Ennemi, ne peuvent plus être retenues par la Fermeté du Général; parce que la Terreur s’efl emparé d’elles. Les Trouppes, qui ne taifent rien de ce qu’elles voient, récitent volontiers ce qui s’efl pâlie; &, pour fe juflifier, n’imputent la Perte de la Viétoire, qu’au Malheur d’avoir laifîe occuper trop de Terrain à l’Ennemi.
- C’est par de fèmblables Exemples, qu’on a vû des Généraux re-connoitre leurs Fautes, qui, dans la fuite, leur ont été utiles, aufli-bien qu’à ceux qui ont appris leurs Aétions.
- CHAPITRE TROISIEME.
- VAvant âge qu'il y a à prévenir /’ Ennemi, pour T attaquer.
- TL y a un grand Avantage à attaquer le prémier l’Ennemi. Cette Audace inquiété lès Trouppes , & augmente la Confiance & la Valeur de vôtres. Souvent, l’on dérange la Difpofition, qu’il vou-loit faire, pour vous combattre. Il fe voit alors forcé de fe conformer à vos Démarches, quand même on lui feroit inférieur.
- Cette fiere Conduite, loutenue par des Aétions de Valeur, le déplace, & lui fait perdre du Terrain, dont on profite. Cela caufe de la Confufion dans l’Ordre qu’il avoit tenu : &, quelque Effort qu’il puifTe faire pour la réparer , celui, qui a commencé d’être le Vainqueur, s’il fçait fe fervir de fes prémiersAvantages, rend toutes les Entreprifes de fon Ennemi inutiles.
- Il elt très effenciel, lorfqu’on veut prévenir un Ennemi, d’ob-ferver que la Situation du Terrain foit au moins égale ; ne pas attendre, s’il efl pofilble, qu’il foit en Bataille, pour le combattre; le refTerrer fur le Terrain qu’il n’a pas encore occupé ;& avoir un Corps de Réferve en état de fe porter aux Endroits néceflaires.
- La Difpofition des Trouppes doit être conforme au Lieu où l’on doit combattre , & aux Forces que l’Ennemi y a placées. Il faut que les Attaques foient brufques & générales , afin qu’il ne puifTe pas, dans le Tems de l’Aétion, affoiblir un Côté, pour en fortifier un autre. On doit, autant qu’on le peut, bien étudier fes Mouvemens, & lui en fufciter par des Aétions vives & fréquentes , afin qu’il ne foit occupé que de fa Deffence, & qu’il ne puifTe pas avoir le Tems de former aucun Projet contre vous. I l
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- GUERRE, I Partie, Chapitre III. 7
- Il faut, fur toutes.chofes, qu’un Général couvre bien fes Flancs, & fafle tous fes Efforts, pour entamer ceux des Ennemis. C’efl par la bonne Difpofition des Trouppes, conforme au Terrain que l’on occupe, que l’on peut parvenir & réülfir à cette Attaque. Elle décide bientôt de la Viétoire, lorfqu’elle efl conduite avec Fermeté, & que l’on a des Trouppes à portée, qui fou tiennent celles qui font dans l’Adion. Et, comme on le va bientôt voir, les Généraux doivent être autorifés du Général, pour manœuvrer les Trouppes qui font à leurs Ordres, afin de profiter des faulfes Démarches de l’Ennemi> ou de réparer un Deforare arrivé.
- I l faut avoir projetté un Lieu de Retraitte, & la Marche qu’il faut tenir pour y arriver, en cas d’un Evénement fâcheux.
- Enfin , quelque Capacité qu’ait un Général, il n’eft point Garant du Succès ; il l’eft feulement de fa Difpolltion. C’efl par elle , que l’on tient l’Ennemi en Refped , qu’on furmonte les Difficultés les plus confidérables , & qu’on peut le vaincre à Forces inégales.
- CHAPITRE QUATRIEME.
- La Confiance, que Je Général doit marquer aux Officiers - Généraux, dans me Atlion.
- UN Général, qui connolt la Capacité , & le Mérite , des Officiers-Généraux qui font à fes Ordres, doit,dans une Bataille, les faire participer à la Gloire. Rien ne leur .donne plus d’Emulation , que de leur faire connoitre la Confiance qu’on a en eux. C’efl dans une pareille Occafion, qu’ils mettent tout en ufage, pour y répondre, & pour faire briller leur Savoir & leur Valeur. Ils apprennent à devenir Généraux parfaits, par les différens Obflacles que l’Ennemi leur fufcite, & qu’ils font obligés de furmonter par de grands Efforts.
- Le Vicomte de Turenne nous en a donné un Exemple digne de lui, à la Bataille des Dunes (*). Après qu’il eut fait fa prémiere Difpofition, il laiffa agir les Officiers-Généraux de la Droite & delà Gauche. Il refia au Centre, pour prévenir leurs Befoins, mais toujours attentif à ce qui fe paffoit : &, tout fe fou tenant avec Fermeté 5 il ne voulut point courrir après les Lauriers d'une Viétoire qu’il croïoit afTûrée entre leurs Mains.
- Le Maréchal de Catinat fit la même Chofe à la Bataille de îa
- Mar-
- (*) Veïez çi-dejfous > Partie Il y Chapitre VIL
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- 8 L’ A R T DE LA
- Marfaille(*). Quelque Retardement que le Duc de Vendôme trouvât pour pénétrer la Droite de l’Ennemi, il fiit toujours perfùadé, qu’il en viendroit à bout. Il envoïa un Détachement de Trouppes, que ce Prince fçut placer dans l’inftant, & dont il fe fervit fi « propos , qu’il deffit la Droite.de l’Ennemi, comme le Maréchal l’avoit prévu.
- I l y a cependant des Occafions, qui demandent que le Général fe porte lui-même aux Endroits où il y a de grands Obftacles, pour aider à les furmonter. Le Retardement à prendre un Parti vif & violent cauferoit du Defordre, fi on manquoit le Moment d’agir. C’eft ce qui doit engager les Officiers-Généraux à faire fçavoir au Général le Vrai de leur Situation, afin qu’il foit en état de les aider, par fes Avis, par fa Préfence, ou par des Trouppes. Quelque Mouvement qu’il fafle pour les fecourir, cela ne diminue rien de la Gloire qu’ils doivent partager avec lui, & doit également leur procurer les Récompenfes dues à leur Conduite, & à leur Valeur.
- (*) Voitz ci-dejfus, Parité II, Chapitre XIII.
- CHAPITRE CINQUIEME.
- Comme Ton doit fuivre T Ennemi qui fejï trop avancé dans le Fats.
- LORSQUE l’Ennemi s’eft trop avancé dans le Païs, il eft de la SagefTe du Général de le fiiivre,& d’occuper les Polies qui le refirent de près, pour lui couper les Vivres.
- Bien qu’on pût aller à lui pour-l’attaquer, il y a plus de Prudence à obferver fes Démarches, pour le harceller, & le combattre dans fa Re-traitte. Une Aélion, conduite de cette forte,allure bien des Viétoires en détail, avant qu’il ait furmonté^toutes les Difficultés de fa Marche.
- Si l’on marche pour attaquer l’Ennemi dans fon Polie, c’eft le prévenir à fon Avantage, que de lui offrir un Combat, qu’il peut gagner pær la bonne Situation qu’il aura prife. Il eft beaucoup plus ‘prudent de l’attendre aux Beffilez dans lefquels il eft obligé de s’engager, pour faire fa Retraitte. On l’affujettit k bien des Marches & Contre - Marches. hasardées , dont les Momens font très périlleux ; parce qu’il n’en faut trouver qu’un feul, pour envelopper une Partie de fes Trouppcs. Elles n’ont plus, dans ce tems-la, k même Attention à lè fecourir. Celles , qui font dans le Danger, fe deffendent, mais foiblement, fe voïant privées de tout Secours. Celles, qui trouvent l’Occafion d’avancer Chemin , tâchent d’éviter le Péril. La Fuite entraine les uns, & la Terreur faifit les au-
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- GUERRE, I Partie, Chapitre K
- très, qui refient en Proie au Vainqueur. Ainfi > par un femblable Evénement, une Armée fe trouve battue, défaite, & la Victoire fc remporte à jufte Prix.
- CHAPITRE SIXIEME.
- Des Occafions où Ton doit empiéter les Rufes de Guerre..
- -pvANS les Chofes les plus difficiles, on trouve des Expédiens & U des RefTources, qui peuvent réparer les Deffauts d’une Situation defavantageufe, ou même garantir contre la Supériorité des Forces de l’Ennemi. Alors, un Général, animé par l’Honneur & l’Intérêt de l’Etat & de fon Roi, le fertde fon Expérience, pour trouver des Rufes de Guerre, qui puiiïent détourner & rendre inutiles les Surprifes de fon Ennemi.
- Un Général, qui efl forcé, par éxemple , de combattre fort ou foible; pour arrêter l’Ennemi, ou pour fe retirer d’un mauvais Pas, ne peut prendre d’autre Parti, que de faire une Difpofition qui convienne à fes Forces, à celle de l’Ennemi, & à la Situation du Lieu où il fe trouve.
- Il faut, dans le moment que l’Occafion fe préfente Favorable, faire de fauffes Attaques, garnir certains Endroits de Feux, de Tambours, deTimballes, 6c de Trompettes, où le Bruit de Guerre fè répété; afin que l’Ennemi y porte fes Forces,ou les y laide, <Sc ne p uifle s’en ferviraflez tôt, pour empêcher le Projet d’une Marche ou d’une Attaque que l’on veut éxécuter. Un Général habile, qui a projette une femblable Feinte, difpofe fes Forces dans d’autres Lieux, pour forcer celles qu’il veut pénétrer, avant que l’Ennemi aïe connu fon Deffein.
- Les Hiftoires anciennes, & les modernes, font remplies d’Exem-ples de cette Sorte, qui ont réüfîi.
- Mr. de Turenne, à la Bataille d’Arras, fit faire des Feux, & planter des Mèches allumées,dans les Endroits où il vouloit contenir l’Ennemi, ou bien où il vouloit qu’il portât des Trouppes (*).Dans les Marches, qu’il a faites en Allemagne, pour fe dérober à fon Ennemi, combien de Rufes & de Contre-Marches n’a-t-il pas faites , qui lui ont attiré l’Eftime des plus grands Généraux de fon Tems?
- On a vu, à la Journée de Fleurus, Mr. de Luxembourg fe dérober à fon Ennemi par une Marche vive, qu’il fit faire à la Cavallerie de îh Droite, pour l’attaquer par fon Flanc gauche, ce qui avança leSuc-
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- (*) Votez ci’dejfus, II Partie , Chapitre VL
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- L’ART DE LA
- cès de cette grande Bataille. Mr. le Maréchal de Villars, avant que de paffer l’Efcaut, pour aller forcer les Retranchémens de Denain,fit marcher la Maifon du Roi, & les Dragons, fur la Gauche de l’Armée du Prince Eügene, qui faifoit le Siège de Landreci. Ce Prince, fur ce Mouvement, dégarnit fa Droite , pour fortifier fa Gauche; pendant que Mr. le Maréchal,qui l’amufoit de ce Côté-là,paf-foit, avec toute l’Armée, l’Efcaut au defious de Bouchain. Ce Coup, fi bien projetté, fit lever le Siège.
- Ces Rufes de Guerre ont fouvent un heureux Succès, lorfque le Général cache fon Secret, qu’il l’éxécute à tems, & qu’il fait faDif-pofition de maniéré qu’il puilTe furmonter les Difficultez qu’il y peut trouver.
- Combien d’habiles Généraux fe font retirez des Mains de leurs Ennemis , où ils étoient tombez, par l’infériorité de leurs Forces, ou le Défaut de leur Situation? C’eft par ces Coups hardis, qu’un Général fait connoitre, qu’il poffede T Art de la Guerre dans toute fa Perfection*
- CHAPITRE SEPTIEME.
- Il faut fe contenir dans fa Vidoire, pour en profiter.
- S’IL y a beaucoup de Prudence à profiter des Avantages que l’on a fur l’Ennemi, il n’y en a pas moins à fe foutenir dans fa Victoire; parce que, fouvent il peut trouver des RefTources, qui vous ôtent tous ces prémiers Avantages.
- On a l’Exemple de plufieurs Actions de cette Sorte,qui,aïant été bien conduites jufqu’à un certain Point, n’ont été perdues, que par la grande Vivacité des Généraux, qui vouloient porter leurs Entreprîtes trop loin.
- Les plus habiles Généraux ont fçû faire un Pont d’Or à leur Ennemi, dans le Fort de leur Vi&oire; & n’ont cru pouvoir l’affûrer, qu’en favorifant fa Retraitte. Ils ont travaillé dans ce moment pour leur Gloire, ne voulant pas rifquer de perdre une Viétoire , qui ne leur étoit affinée, que par la Retraitte de leur Ennemi.
- Il faut que la Prudence du Général agiffe fuivant l’Occafion qu’elle fçait déméler , en retenant fes Trouppes à propos ; afin de ne rien perdre de la Confiance, qu’il doit s’en attirer par fa bonne Conduite. C’ell l’Ecueil des Hommes peu expérimentez, qui ne faveur pas fe iervir de leurs Forces, & de leurs Avantages. Ils eonnoiffent
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- feulement le Danger, fans connoitre les Moïens de l’éviter.
- jEcroi, que la Conduite d’un habile Général l’emporte fur un Ennemi qui agit avec Vivacité. . 11 réüifit, lorfqu’il fçait l’attendre, & ménager les Momens favorables d’en profiter. Il faut, pour cela, avoir de la Fermeté, ne pas s’inquiétex, & ne pas prendre le Change dans tous fes Mouvemens.
- Souvent, dans les A&ions précipitées, l’Ardeur des Combattans fe fait Jour. Mais, trop d’Ardeur attire la Confufion. Unfage Générai, qui vous étudie,n’attend que ce Moment pour vous arrêter, & vous combattre avec Avantage; Une Révolution pareille affoiblit le Vainqueur; &, le voïant pourfiiivi & vaincu à fon tour, il a lieu de fe repentir d’avoir fuivi trop vivement un Ennemi,qui l’attendoit avec plus de Réfléxion, qu’il n’en a eu en l’attaquant.
- La Réfléxion eft d’un grand Secours, pour ne pas fe livrer entièrement à fa Pourfuite. Le Soldat, qui aime le Pillage , s’y abandonne volontiers. Celui, qui eft bleffé, tâche de fe retirer, pour {è faire foulager. Une Armée, quoi que vi&orieufe, eft fouvent affaiblie, & même fe trouve dans une mauvailè Dilpofîtion. Un Ennemi,atten-tif à fe venger, raffemble fes Forces, revient à la Charge en bon Ordre, renverfe & défait tout ce qui paroît devant lui. Ces Troup-pes, auparavant viétorieufes, réfiftent peu, prennent la Fuite, & biffent à l’Ennemi un Champ de Bataille qu’elles avoient gagné.
- Il y a, à la vérité, des Occafions, où l’Aébvité & l’Ardeur au Soldat eft merveilleufe, pour fuivre les Trouppes de l’Ennemi. Mais, il faut qu’il y ait des Bornes à cette Aétion ;& que les Trouppes, qui les fiii-vent de près dans une efpece de Confufionfoient foutenues de Trouppes en Ordre.
- A la Journée de Steinkerque, Mr. de Luxembourg profita vivement de fes Avantages : & comme l’Ennemi, pour fe former, ga-gnoit en Defordre un petit Bois qu’il avoit derrière lui, on le fuivit fins relâche , avec les prémieres Trouppes débandées , l’Epée à la Main, pendant que les autres Lignes s’avançoient en Ordre. Les Fnïards étoient fort affoiblis par les Morts & les Bleffés;& le Refte,pour-fuivi de près, ne pouvant pas fe rallier dans le Bois,le paffa très vite. Alors Mr. de Luxembourg, qui avoit Attention à profiter de ce Moment, fit auffi-tôt remettre fes Trouppes en Ordre , pour ne pas pouffer plus loin l’Ennemi, & fe rendre feulement le Maitre de ce Terrain. Il affeura , par ce Moïen , une Viétoire, qui avoit coûté jufqu’à ce Moment beaucoup de Sang.
- Ces Coups hardis font merveilleux, foutenus de la Prudence du Général, qui fçait charger à tems,& retenir fes Trouppes de même.
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- L’ART DE LA
- CHAPITRE HUITIEME.
- Les Moiens de furprendre un Convoi.
- POUR furprendre l’Ennemi dans un Convoi, il faut, avant toutes cho-fes, être bien informé de fa Marche, du Tems auquel il doit la faire, du Lieu d’où il part, de celui où on le conduit, & du Nombre de Trouppes qu’il a pour l’efcorter.
- Le Général, alors, dilpofe fes Détachemens fur ceux qu’a faits l’Ennemi, & tient fe cret ce qu’il peut faire, jufques au moment qu’il le fait partir. 11 envoieenfuite,fur la Route du Convoi, plufieursPartis , qui ne fe découvrent pas, & d’autres du côté de l’Armée ennemie: afin d’être averti à tcms des Trouppes qui pourroient en fortir pour protéger ce Convoi ,& de leur en oppofer par de nouveaux Dé-tachemens'; donnant Avis de tout à l’Officier qui conduiroit l’Entre-prife.
- Il eft très eflenciel, pour une femblable Expédition, que le Général choififle un Officier d’Expérience, & qui connoiffe bien le Pais. Il ordonne aufîî, à tous les Détachemens qu’il envoie à la Guerre, de fui-vre ce Convoi à portée de fa Marche 3 de faire avertir de tous les Mouvemens de l’Ennemi celui qui commande, & de fe joindre à lui fur fes Ordres 9 ou même au premier Feu qu’ils entendront, pour en venir aux Mains.
- L’Officier , qui eft chargé de PEntreprife, doit fe porter fur la Marche de ce Convoi , le fuivre à même Hauteur , jufqu’a ce qu’il trouve le Moment & l’Occafion de l’attaquer avec Avantage. Cela dépend du Tems favorable que l’on prend, lorfqu’il fe trouve emba-raflé & partagé dans quelque Deffilé, ou qu’il fait Halte pour faire repofer lès Trouppes, &. repaitre fes Chevaux & ceux de la Cava 11e-rie qui l’efeorte; ou que les Trouppes, par la Confiance,qu’elles ont des Approches de leur Camp, ou de la Place, où elles doivent remettre ces Munitions, fe négligent, & prennent les Devans y pour arriver des prémiers.. Un habile Commandant, qui fçait étudier tous ces Mouvemens, trouve toujours l’Occafion d’en profiter.
- Pour réiilYir dans cette Attaque, on fait donner plufieurs Allertes en différens Endroits, dans le tems qu’on tombe avec la plus forte Partie de fes Trouppes fur celui qu’on voit le plus dégarni & le plus avantageux pour fon Expédition. On fuit fans relâche l’Ennemi, on l’attaque
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- vivement, afin de jetter l’Epouvante dans fes Trouppes; ce qui arrive bien-tôt, lorfque, dans le tems de l’Aélion, les autres Détache-mens paroiflent,&attaquent de plufieurs cotez lesTrouppes del’Efcorte.
- De cette Maniéré, on les contient, & on les empêche de fe porter où la vraie Attaque fe fait. Quelque habile que foit l’Officier qui conduit ce Convoi, difficilement peut-il parer à toutes lesDifficultez qui fe préfentent, par l’Etendue du Païs qu’il occupe ,& par les Obfta-cles du Terrain par où il eft forcé de marcher. Toutes ces Situations defavantageufes donnent beaucoup de Prife fur lui, & de grands A-vantages à celui,qui attaque le Convoi,&quiralfemble fes Forces où il les juge néceflaires pour être en Etat de les porter par-tout.
- Apres qu’on a battu ,& difïipé, les Trouppes de l’Efcorte, on fait toujours marcher les Chariots attelez & fi l’on ne peut pas mener tout le Convoi au Camp, par le manque de Chevaux qui font échappez , il faut que la Cavallerie emporte ce qu’elle peut, & que le Refie fe raf-femble avec les Chariots, auxquels on met le Feu, fi on ne peut pas les placer en Lieu de Sûreté, afin que l’Ennemi n’en puifle pas profiter.
- Il eft de Conféquence de donner aufii - tôt Avis au Général de l’Armée de cette Expédition , & de faire toute la Diligence poflible pour arriver au Camp , afin que le Soldat n’ait pas Occafion de s’amufer au Pillage ; ce qui donneroit le Tems à l’Ennemi de revenir , avec de nouvelles Forces , attaquer les Troupes, qu’il trouveroit chargées de Butin , & occupées à la
- Conduite de ce Convoi. Le Général, qui commande l’Armée, fui-vant l’Eloignement de lès Troupes, & la Difficulté de leur Marche 3 détacheroit pour aller protéger & affurer la Prife de ce Convoi.
- CHAPITRE NEUVIEME.
- Ce qu'il faut faire, pour tirer les Contributions.
- SI l’on a projetté d’établir des Contributions, pendant l’Hiver, fiir le Païs ennemi, il faut auparavant fe faire informer des Trouppes qui pourroient fortir des Places, faire fon Plan fur la Difpofition que Ton doit tenir pour aiïembler fes Forces , marcher brufquement pour mafquer les Avenues des Villes, pendant que les Détachemens de Cavallerie & de Dragons vont en avant dans le Païs ennemi, aux Lieux qui leur font marqués, avec de bons Guides bien gardez, pour fe faifir des Bourguemêtres, & autres Notables,
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- i4 L’ART DE LA
- Le Commandant , qui eft chargé de cette Entreprifè, doit y en-yoïer des Officiers fages & entendus, pour empêcher qu’il n’arrive aucun Defordre dans cette Exécution. Celui, qui commande, le porte avec le Corps le plus confidérable, dans un Endroit qui lui convient pour faire tous fes Détachemens, 8c les foutenir dans leur Retraitte; 11 joint a fes. Efpions, qui font de tous cotez, plufleurs Partis pouir être informé de ce qui peut fortir des Places de l’Ennemi ; afin de n’être pas furpris, s’il avoit des Rivières à paffer, il les fait garder par des Trouppes avec du Canon, pour affûrer fon Retour.
- Toutes ces Précautions bien prifes, il fait faire toute la Diligence poiïible,pour finir cette Expédition ; afin que l’Ennemi ne puiffe pas l’interrompre, fi l’on agiÎToit avec trop de Lenteur.
- Il eft de Conféquence de fe. rendre le Maitre des Poftes , Défilez', êc Villages, qui font fur la Route; afin qu’il n’en forte perfonne, pour donner des Avis aux Places dont les Avenues font gardées.
- Il ne faut pas que le Commandant, pour le prémier Avis qu’il au-roit de la Marche de l’Ennemi, change pour cela fon Defiein. Ses Forces aflemblées lui donnent beaucoup d’Avantage, pour le con* tinuer, 8c le foutenir.
- Quand il prévoit de l’Oppofition, & de la Difficulté , il faut qu’il faffe avancer les Trouppes de la fécondé Ligne & de la Frontière, pour venir prendre les Poftes de celles qui gardent les Défilez, & les Ponts, afin qu’elles joignent le Corps des Trouppes où eft le Commandant, pour être en état de fè porter en avant, & foutenir celles qui font. l’Expédition.
- •Un Général, qui connoit le Terrain, qui fçait ce que fon.Ennemi peut faire, fuit toujours avec ordre fes Entreprifes. Sa Marche brufque dans tout le Pais fait croire fes Forces plus confidérabîes qu’elles ne le font, par la Terreur & l’Epouvante qu’elle donne aux Païfans.
- Ce qui eft de plus important à faire obferver, c’eft de bien contenir le Soldat, 8c que chaque Officier foit chargé de fa Trouppe,& en réponde; fins quoi, on pourroit difficilement éviter le Pillagede tout le Pais.
- Apre's cette Expédition finie, il faut promtement faire conduire, par des Efcortes de Cavallene & de Dragons, les Otages, que l’on a pris pour affairer les Contributions, à l’Endroit que le Commandant aura marqué. Alors, toutes les Trouppes détachées rejoignent le Gros, à l’exception de celles qui gardent les Défilez & Villages ; lefquelles ne fe retirent qu’après qu’elles en ont reçu-l’Ordre, afin de
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- favoriferla Rettraite aux Ponts ou Paflages, que l’on garde jufques au Retour de tous lesDétachemens.
- Si l’Ennemi, attentif de fon côté, prenoit des Mefures pour s’op-pofer à ces fortes d’Entreprifes, alors on marcheroit également, & en même tems, dans toute la Frontière:&,lorfqu’on arriverait dans l’Endroit qu’on voudrait pénétrer , fes Forces étant difperfées de toutes Parts, par l’Attention qu’il auroit à ce grand Mouvement,il leroit Fors détat de vous réfiller.
- L’Execution de ces Projets ell pénible , à caufe de la Saifon de l’Hiver, où ordinairement on les éxécute. Mais,l’Ennemi fe trouve dans la même Peine , pour s’y oppofer : & l’on a l’Avantage de pouvoir lui cacher le Moment & le Tems de l’Entreprile, & de le prévenir, pour occuper les Polies néceifaires & avantageux.
- X e Générai, avant que de s’engager dans unefemblable Expédition, prévient l’Intendant de la Province le plus à portée, ou celui qui fait fes Fonâions,de fes Démarches ,& de la Quantité de lès Troup-pes ; afin qu’il leur falTe tranlporter les Munitions néceffaires pour leur Subfiftance, & qu’il la continue fuivant le Tems qu’il ell obligé de relier.
- CHAPITRE DIXIEME-
- Conduite de deux habiles Généraux dans une AÏÏiort*
- QUELQUE Supériorité d’Elprit, que puilTe avoir un Généra!, c’eft l’Expérience, qu’il s’ell acquife dans les Aétions, qui lui fait trouver les Moïens de réfiller aux Efforts de fon Ennemi :& c’ell elle, qui le rend inébranlable dans le plus grand Péril. '
- Deux habiles Généraux, qui fefuivent de près, fe font un Jeu continuel de Mouvemens, Marches, Contre-Marches, Rufes, & Surprifes étudiées, pour prendre leurs Avantages, avant que d’en venir à l’Aétion. Quelquefois, la Situation du Lieu ,& la Difpolition du Terrain, jointes à la Proximité de leurs Armées, & à l’Envie de combattre, les détermine. C’ell dans ce moment, qu’ils donnent tous leurs Soins à faire une Difpolition conforme aux Avantages du Terrain à cacher, s’il ell polfible, leur Manœuvre, pour pénétrer une Droite, ou une Gauche,ou le Centre. A force de Troupes en Colonnes, on les di£ pofe pour parer ces Coups, par des Corps de Rélerve, & Détachement de Brigades.
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- 16 L’ART DE LA
- Chaque Général3 alors, anime fa Trouppe, plutôt par fon E-xemple, que par des Difcours. J1 étudie de près la Contenance de fon Ennemi, cherche à lui faire de fauffes Attaques, pour qu’il y porte fes Forces, ou pour le contenir pendant qu’on lui en dilpofe une véritable.
- Enfin, le Signal fe donne. Une même Ardeur porte toutes le® Troupes àl’Aétion. Ce premier Choc devient vif & général dans tout Je Front de la prémiere Ligne.Le Bruit de Guerre,joint au Feu terrible de Mdufquetterie & de Canon, fait retentir l’Air. Malgré cette Confufion apparente, tout combat en Ordre, & fe ranime de même. Chaque Officier , attentif a fa Trouppe , la conduit , & l’excite au Combat, pour gagner du Terrain fur l’Ennemi.
- Le Général parcourt la Ligne, anime par fa Préfence la Valeur de fes Trouppes. Tantôt, il fe porte à la Cavallerie, pour la faire a-gir; tantôt, à fon Infanterie,fuivant le Befoin. SonCoup-d’Oeillui Fait appercevoir les Défauts de fon Ennemi, pour en profiter fur le champ. A peine l’Occafion fe préfente, que, dans l’inftant, il pouffe vivement les Trouppes de l’Ennemi, & même avec Succès.
- Mais, l’Attention de cet Ennemi à bien difpofer les liennes, fait manquer cette Entreprife. Dans le moment que ce Général fe flat-toit ae ce prémier Avantage, l’Ennemi le pénétroit d’un autre Côté. Il donne fes Ordres, pour arrêter ce Coup, & s’attache uniquement à furmonter les Difficultez qu’il rencontre dans l’Endroit où il fè-trouve.
- C’est alors un Acharnement furieux de toutes Parts. Les BlefTés 6c les Morts couvrent, & teignent de leur Sang, le Champ de Bataille. Ces deux Généraux méprifent les Périls. Ils le portent aux. Endroits où le Combat ell le plus opiniâtre: recommencent de nouvelles Attaques, pour faire Diverfion; & n’ont d’autre Attention-, que de parer les Coups, & d’en porter.
- Comme les grandes A étions, de trop longue Durée, affoibliffent les Combattans, ces deux grands Capitaines veulent prolonger leurs Attaques, jufqu’à ce que la Valeur.de l’un ait ufé celle de l’autre, & que quelque Partie de la Ligne ait fuccombé au violent Effort de fes Trouppes.
- Ce Coup arrivé, alors le Vaincu, pour ne pas rifquer la Défaite entière de fon Armée, cede le Champ de Bataille à fon Ennemi. Le Vainqueur ne peut porter plus loin fa Viétoire, par la bonne 6c fiere Contenance de fon Ennemi, qui ne fe retire, que pour mieux le difpofer au Combat.
- On a vu aufii des Batailles, conduites avec.tant de Fermeté par
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- GUERRE, 1 Partie^ Chapitre X. lÿ
- ces grands Capitaines, dont l’un avoit pouffé & gagné le Terrain de la Gauche de l’on Ennemi, & l’autre celui de la Droite. Tous deux, également Vaincus & Vainqueurs, ont foutenu & confervé leur Champ de Bataille. Pour ne rien perdre de la Gloire de leurs Adions , ces deux habiles Généraux avoient projetté, avant que d’en venir aux Mains, le Lieu de leur Retraitte, & la Difpofition de leurs Marches. Us avoient envoïé leurs Ordres dans les. Places de la Frontière , & à toutes les Trouppes à portée d’eux, de venir les joindre, & de leur amener des Munitions de Bo’uche & de Guerre.
- Toutes ces Dilpolitions, faites à tems, remettent ces Généraux en Etat de recommencer une fécondé Aétion. Celui, qui a gagné la Viétoire, veut en profiter. L’autre fait jouer tous les Refforts de fon Efprit & de fon Expérience, pour trouver à fon tour des Avantages ftir fon Ennemi. Mais,l’Habileté du Vainqueur fçaitles éviter, & rufe également comme lui, pour le furprendre en feignant de le fuir, pour le trouver en Place, ou en Defordre dans quelque Marche précipitée ,• & le combattre. L’Attention de ces deux Grands-Hommes à fe dérober aux Surprilès, à bien alfûrer leurs Marches , à fe porter dans des Camps avantageux : toutes ces Dilpolitions li parfaites les éloignent d’en venir aux Mains, pour vouloir trop chercher leurs Avantages.
- Enfin , le Tems de la Campagne fe paffe , & les contraint alors de prendre des Quartiers de Repos, & de les affûrer. Cela dépend des Poftes, qu’ils occupent, & qui font foutenus par la Proximité de leurs Armées.
- C’est la grande Science du Général, de prévenir par fes Démarches celles de fon Ennemi, & de s’emparer du Terrain, où il voudroit é-tablir fes Quartiers d’Hiver. Par-là, on fe rend Maitre de la Frontière, on eft en Etat de former des Entreprifes fur fes Places, & on l’oblige enfin à une Paix dont on tire beaucoup d’Avantages.
- CHAPITRE ONZIEME:
- De PApplication, que doivent avoir les Officiers, qui veulent parvenir aux Emplois confidérables ; & de la Néceffité qui il y a pour eux de connoiire les différens Services.
- IL eft très difficile à l’Homme, qui fe deftine à la Guerre, d’arriver au But qu’il fe propofe, fans en connoitre les Routes, & lesDif-ficultez qu’il faut furmonter.
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- L’Etat d’un Officier efl: pénible, laborieux, & dur, avant que de pouvoir arriver aux Emplois de Difiin&ion. Mais comme ceux, qui en fiirmontent les Obflacles, en font récompenlèz, l’Idée, qu’on fefait de leur Rang& de leur Elévation, engage les autres à les fuivre.
- Ceux, qui fe donnent au Service,doivent s’appliquer à bien con-noitre leur Emploi, remplir éxactement leurs Fondions, profiter des Avis de leurs Supérieurs, ne point fè rebutter ni fe roidir contre le Commandement, s’occupper à contenir le Soldat dans les Polies où ils font détachés avec eux, fans avoir aucune Tolérance pour les ParelTeux & les Libertins; & donner, par leurs Exemples, & leur Affiduïté , une Emulation qui attire les autres à leur Devoir.
- Ils doivent éviter le Jeu & les Débauches, qu’on peut leur reprocher , dont l’Habitude ternit leur Réputation, & peut corrompre la Jeunefle qui cherche à les imiter ; s’appliquer à la Ledure des Livres qui infpirent la Vertu, & de ceux des Mathématiques, de l’Hilloire, des Batailles, Sièges, &Mouvemens,qui font remarquables, pour y apprendre à parier de leur Métier; s’alfocier avec des Personnes de Sçavoir & de Mérite, pour profiter de leur Converfation & de leur Exemple; tâcher à s’élever dans les Emplois laborieux & de Détail, pour s’informer & s’inftruire de toutes Chofes ; ne plaindre, ni la Peine, ni le Tems, lorfqu’il s’agit du Service; être toujours égal, en toutes Occalions, pour être prêts à tous Evénemens, afin d’attendre avec Fermeté ce qui peut arriver , pour mieux prendre fon Parti. Rien n’affermit plus un jeune Homme au Bien, que ces dignes & u-tiles Occupations.
- Ils doivent avoir une Subordination parfaite, pour leurs Officiers fupérieurs. C’effi par cette Soumiffion, qu’ils apprenent leur Métier, & qu’on le leur enfèigne avec plaifir, quand on leur connoft l’Efprit docile & fournis.
- Comme la Vie de l’Officier & du Soldat efi; fouvent agitée par des Commandemens épineux, il faut qu’ils s’y préparent de bonne heure, en évitant la Mollefîe; afin de s’affiijettir aux Peines, pour les mieux fupporter dans les Momens difficiles.
- Ils doivent encore s’occuper à bien faire l’Exercice, Sc à connoi-tre parfaitement toutes les Evolutions , pour les apprendre aux Soldats; afin, dans POccafion, d’en faire l’Ufage qui peut convenir. Ceft la Chofe, qui me paroit la plus effencielle, & la plus nécelfai-re,pour rendre un Officier capable de commander, puifqu’èlle ell véritablement le Guide des Aétions brillantes, pour bien nanœuvrer les Trouppes devant l’Ennemi, foit pour l’éviter, ou pour le combattre.
- Les Officiers, qui ont paflTé par tous ces Dégrés avec beaucoup d’Application, & qui font Capitaines, font en Etat de bien fervir dans
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- toutes les Occafions. C’eft l’Emploi le plus eflenciel. Le Nombre en eft confidérable dans une Armée. C’en eft l’Ame, & la Force :& c’eft par eux, que tout fe met en Mouvement & en Ordre, pour combattre. Combien de Batailles ont été gagnées, dont leur Vie & leur Sang ont été le Prix de la Vidoire ?
- Pour y parvenir, ces Officiers ont méprifé le Danger,ont animé leurs Trouppes, ont brufqué l’Ennemi, enfin ont fçu profiter de leurs Avantages. Le Grand Ufàge des Adions les rend capables d’éxercer les Emplois de Diftinétion. Leur Expérience les met au Fait de manœuvrera propos les Trouppes, qu’ils ont à leurs Ordres, pour une Entreprife. C’eft par leurs Soins, que la Difcipline eft li bien oblervée dans les Trouppes, & que l’on voit revivre l’Emulation & la Valeur fi nécefTaires.
- Ces Officiers s’appliquent à connoitre à fonds le Détail de tous les Emplois, où ils parviennent ; en rempliffent les Fondions, avec Dignité & Exaditude; fe rendent nécefTaires, par leur Sçavoir,fàns Oftentation ; parlent fouvent de leur Métier , & des Difficultés qui s’y trouvent, pour s’en inftruire; préviennent, par de fages Con-feils, leurs Camarades, lorfqu’ils fè trouvent engagés dans quelque Pas dangereux; enfin, ils cherchent les Occafions de les obliger, fans aucun Retour fur eux-memes.
- I l me paroit, que de pareilles Occupations, & de pareils Senti-mens, élevent un Homme avec Diftinclion dans fon Métier, & qu’il peut, par ce Moïen, furmonter les Obftacles qu’il trouve en fon Chemin.
- Quand il eft parvenu par plufieurs Adions d’Eclat à fe faire connoitre de l’Officier & du Soldat, on lui rend aufîi-tôt la Juftice qui lui eft due. Alors, fa Réputation fe répand parmi les Troupes ;& l’on eft forcé de le fouhaitter en Place, & de lui donner des Rangs &; des Emplois, pour lui procurer des Occafions de Commandement.
- II connoit,dans ce Tems-3à, où fon Application & fon Sçavoir l’ont conduit. Il renouvelle fes Etudes &fes Soins, pour fe perfedion-ner : il recherche toutes les Fondions & les Détails du Pofte qu’il occupe, pour s’en rendre digne; &, lorfque le Moment d’une Action fe préfente, il y agit avec autant de Conduite que de Valeur , pour y faire briller les Trouppes qui font à fes Ordres. Il partage le Péril avec elles, & fe fait un Plaifir de leur céder la Gloire & le Mérite du Succès.
- C’est du Nombre de ces Officiers, qu’on a vu fortir de fi grands Hommes. Leur Application & Exaditude continuelle au Service les a rendus nécefTaires à l’Etat. Quoi-qu’ils ne foient pas tous placés où
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- ils mériferoient de l’êtrre, on leur deftine au moins les Pôltes de Conféquence , qui peuvent devenir vacans.
- Dans les différens Emplois où ils font élevez, ils fe diftinguent par un Commandement aile, mais qui convient au Service. Rien n’échappe à leur Sçavoir, pour bien difpofer les Trouppes dans une Aétion. Leurs Ordres font promts, d’un Stile concis , entendus, faciles ; & l’Exécution en eft merveilleufè. Ils fçavent prendre leur Parti dans les Occafions les plus brufques ; ce qui leur fait mériter la Confiance & l’Eftime générale des Trouppes , & les Emplois les plus confidérables de la Guerre.
- L’O F F i c i e r , qui a des Vues pour s’avancer, doit encore , fans fe diftraire de l’Application qu’il doit au Corps où il eft attaché, apprendre les autres Services ;foit pour en parler & en connoitrel’Ufage, foit pour s’en fervir utilement dans l’Occafion. Comme chaque Trouppe différente à fa Réglé, fa Manœuvre, & fa Difpofition, pour combattre, il faut les fçavoir & s’y conformer, pour la faire agir, & en tirer le Secours qui peut convenir.
- C’est ce qui doit engager l’Officier, qui commande ces Corps différens, de ne rien entreprendre pour une Action, qu’auparavant il n’ait confiilté les Chefs, dont il peut tirer de grandes Lumières, pour donner fes Ordres. Par ce Moïen, il s’attire, dans toutes les Occafions , cette Confiance fi néceffaire , qui fait la Réputation de l’Officier , & le met en paffe de commander les Corps les plus confidérables.
- Il faut remarquer, qu’il y a des Occafions, où la Cavallerie a befoin du Feu de l’Infanterie, pour la foutenir. Il y en a d’autres , où la Cavallerie protégé & foutient l’Infanterie. C’eft dans ces Rencontres , qu’il giut qu’un Commandant fâche faire la Diftribution de fes Trouppes, fuivant leur Utilité, & le Terrain qu’elles peuvent occuper. Enfin, tout confifte à fe bien fervir du Lieu où l’on fe pofte", & à brufquer vivement l’Ennemi, pour fe faire jour, pour fe donner un Terrain fuffifant,pour former fes Trouppes, & pour les faire combattre en forte qu’elles fe foutiennent avec ordre.
- Q_u and on agit de Concert avec les Officiers Commandans des Corps, & qu’on leur propofe les Difficultez qui fe préfentent, on trouve avec eux des Expédiens pour les furmonter. Alors , tout s’anime d’un même Efprit : on ne trouve plus d’Obflacles invincibles y & l’on eft prefque fur de la Viétoire.
- Il y a beaucoup de Chofes, dans l'Art de la Guerre, qui ne peuvent fe fçavoir, que par une grande Expérience. Une des plus effencielles, c’eft la parfaite Connoiffance du Païs où l’on fait la
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- Guerre. Il faut abfolument, pour en parler pille, & en pouvoir profiter, obier ver les Avantages, & les Défauts, des Camps que l’on y peut occuper ; leurs Diitances ; la Difficulté des Marches pour y arriver, & ce que l’on peut faire pour les furmonter; les Deffilez, Rivières, ou Châteaux, où l’on place des Trouppes, pour couvrir le Camp, & affûrer la Marche des Colonnes ; îçavoir camper les Trouppes, fui vaut le Terrain qui leur convient, avec la Diftance nécefîaire pour fe porter & remplir le Champ de Bataille , dont les Flancs foient protégés & fontenus, de Ravins, Ruiffeaux, Rivières, Bois, Châteaux,ou Villages,retranchés. Toutes ces Connois-fances demandent une grande Application ; mais, elles font abfolu^ ment néceffaires, contre les Efforts d’un Ennemi vigilant.
- Il faut encore, que l’Officier, qui veut fe dirtinguer, s’applique à connoitre les Démarches que l’on doit faire pour invertir & alïié-ger une Place; les Précautions,que l’on prend pour en occuper toutes les Avenues & les Deffilez;la Maniéré,dont il faut porter toutes les Trouppes pour la Circonvallation, en forte qu’elles fe puiffent protéger les unes les autres dans le Befoin ; qu’il remarque ce que l’Ingénieur doit faire,pour fe couvrir du Feu des Aifiégés, par la Dilpofition de fa Tranchée;par la Maniéré de la pouffer , par des Boïaux, Places d’Armes, Parallèles, & Sapes ; de la garder, & de foutenir les Travailleurs deftinez à pouffer l’Ouvrage; voir les Endroits , où l’on fait les Batteries de Bombes, & de Canon : éxaminer les Objets, & les Ouvrages , qu’elles battent : fe porter dans, le Parc de l’Artillerie, pour connoitrefa Dilpolition, & s’il n’ert point vu de la Place,ou expofé à Ion Feu: fçavoir la Quantité,& la Qualité, de toutes les Munitions qui le rempliflent, & l’Ufage qu’on-en peut faire : s’inftruire de la Maniéré, dont on charge Ton tire, les Bombes & les Boulets à Ricochets ; où l’on place les Mines, & les Fourneaux; en voir les Travaux, comment on les charge,& la Diipofi-tion de leurs Etançons, afin de pouvoir juger de leur Effet.
- Ce n’ert pas qu’un habile Officier doive fe déranger de ce qu’il doit faire, pour connoitre de fi près toutes ces Chofes. Mais, il ne doit pas ignorer leur Utilité, leur Travail, & leur Ufage, afin de s’en fervir lorfqu’il fera en Place, & de les pouvoir ordonner par lui-même.
- Q_uelque-chose que l’on puiffe faire pour entrer dans un Détail & une Connoiffance fi parfaite de la Guerre, quelque Application qu’on y donne , on y apprend tous les jours ; & mille Chofes peuvent arriver, que l’on n’a point pu prévoir. U n’y a que la grande Expérience , & la longue Application , qui puiîfe faire parta* ces
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- Coups imprévûs. Il faut néceflairement, pour parvenir à cette grande Perfection , aimer beaucoup fon Métier. Alors, on en furmonte plus aifément les Difficultez & les Peines.
- Un de plus grands Généraux de notre Tems a dit, qu’il n’avoit appris k furmonter les, Difficultez de fon Métier, que parce qu’il l’avoit aimé; & que, dans les Occafîons, où il s’étoit trouvé, il s’étoit autant appliqué h remarquer les Fautes qu’on y avoit faites , que ce qui en avoit caufé le Succès:que,par ce Moïen, il ayoit connu l’Art de s’inftruire; & que la Gloire, qu’il y avoit de fe procurer des Talens pour s’élever aux Emplois de Diftinétion, faifoit apporter les Peines & les Travaux les plus pénibles.
- J’a i entendu dire à un Officier-Général d’un rare Mérite, & qui eft mort Maréchal de France, qu’il n’avoit eu nulle autre Etude, ni Science , que celle d’aimer fon Métier : qu’il s’y étoit élevé par Dégrés ; qu’il étoit très perliiadé, qu’un Officier, qui voudroit parfaitement s’appliquer, en fçauroit autant & plus que lui, s’il vouloit rechercher avec Exactitude tout ce qui a rapport k la Guerre ; que le Défaut de la plus part des Officiers étoit de fe trop diffiper par la Mol-leile & les Plaiùrs, de peu réfléchir fur leur Etat & fur leur Emploi, & fouvent d’en parler,&d’en décider,fans le connoitre k fonds; & que l’Homme de Guerre ne reftoit ignorant, que par fon peu d’Application, parce qu’il évitoit trop volontiers la Peine & le Travail.
- L’Officier marche toujours d’un Pas ferme & égal dans le Sentier de la Gloire. En quelque Dégré d’Elévation qu’il fè trouve, il croit n’avoir encore rien fait ; & il veut toujours s’avancer. Les Périls ne peuvent l’arrêter: il les franchit tous, avec Audace. Il les connoit, cependant, par le Malheur des autres. Mais, quoiqu’il fe flatte de les furmonter, il trouve fouvent, dans le Fort de fa Courfe, le Moment fatal, où il efl arrêté. Voilà le Terme de l’Ambition de l’Homme.
- CHAPITRE DOUZIEME.
- Il faut êxercer les Trouppes, faire éxécuter févérement les Ordonnances.
- UNE des Chofes les plus efïencielles pour le Bien du Service, c’eft d’entretenir les Trouppes k faire fouvent l’Exercice, & k leur apprendre les Evolutions néceiTaires $ pour agir & fe mouvoir à
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- propos devant l’Ennemi. Il faut, fur toutes chofes, les occuper dans le Tems de Paix, pour ôter aux Soldats l’Efprit de Feinéantife & de Mollette; car, les Trouppes ne s’aguerriffent que par les fréquentes Aélions, en formant, de plulieurs Bataillons, des Lignes d’infanterie & d’autres de Cavallerie, pour s’efcarmoucher, & fé re-préfenter l’Image de la Guerre, par les Démarches & les Evolutions qu’elles font les unes contre les autres, pour en venir au Combat. Le Bruit du Feu les anime, les différens Mouvemens qu’ils font obligés de faire, pour fe former en Bataille, & pour éviter les Sur-prifes, leur font prendre la Contenance de Soldats aguerris. L’E-muiation les excite à qui fera le mieux : &, lorfque tout ell bien conduit & animé par tous les Officiers, au lieu d’un Exercice pénible, les Trouppes s’en font une Occupation agréable & utile. '
- U n Général en Campagne ordonne aux Régimens ou aux Brigades, aune Droite de Cavallerie ou d’infanterie, de faire tour à tour l’Exercice ; & quelque-fois tout - à - la fois à la Ligne entière. Les Officiers de Caraétere, aulïi bien que les fubalternes, peuvent beaucoup y apprendre.
- Lorsque la Campagne eft finie ,& que les Trouppes font dans les Places de leurs Quartiers d’Hiver , chaque Régiment doit profiter des beaux Jours, afin que les Recrues, & les Trouppes incorporées , s’exercent, & prennent l’Efprit, & cette Contenance fiere, qui convient aux Gens de Guerre.
- IL y a une très grande Différence d’une Trouppe bien difcipli-née, à celle qui ne l’eft pas, lorfqu’il s’agit de faire le moindre Mouvement devant l’Ennemi. Celle-ci eft très embaraffée pour manœuvrer à propos, & fe retirer d’un mauvais Pas qu’elle n’a pu éviter: au lieu que celle, qui fçait bien fes Evolutions, fçait auffi connoitre ce que veut faire l’Ennemi, en fçait parer les Coups & les Surprifes, le tient en Refpeét, & le combat à But égal.
- On a vu des Exemples de toutes Façons, où des Régiments fe font porter d’eux-mêmes dans l’Aétion aux Flancs des Ennemis, les ont enfoncez & pénétrez, & y ont cueilli les prémiers Fruits de la Viétoire. On en a vu d’autres, qui fe font retirez des Mains de leurs Ennemis, en formant des Bataillons quarrez, & enconfervant toujours leur Feu. Ils fe font foutenus en Plaine , contre la Cavallerie, & en font fortis avec Honneur. Tous ces Evénemens, du plus au moins , dépendent abfolument de la Capacité des Officiers, & de la bonne Difcipline qu’on a donnée aux Trouppes.
- Pour ce qui regarde les Ordonnances du Prince, il eft très né-ceffaire que le Général les faffe bien obferver, afin de. conferver
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- cette belle Difcipline , fi utile parmi les Trouppes. Elle lie & fondent une étroite & merveilleufe Subordination. Elle anime & fait mouvoir ce grand Nombre d’Hommes au premier Ordre. Non feulement les Généraux y doivent mettre leur plus grande Attention, il efl encore d’une Nécefîité abfolue, que chaque Officier particulier y donne fes Soins.
- Il y a des Occafions, où le Général eft forcé de faire publier des Ordonnances rigoureufes contre des Abus très oppofez au Service. On do't être rigide à les faire obferver, & punir fur le champ ceux qui y contreviennent ; afin d’arrêter le Defordre, & remetre les Libertins dans le Devoir, & conferver par-là la bonne Difcipline dans les Trouppes. 11 y a cependant des Occafions, où la Prudence du Général diminue la Peine , ou pardonne les Fautes, quand il n’en prévoit point d’Abus.
- Lorsque, du plus grand au plus petit, chaque Officier a toujours l’Oeil fur fa Troupe, qifil y tient éxaéfement la Main,& que le Général récompenfe & punit à propos , l’on prévient, fans doute , & l’on arrête, beaucoup de Defordres. On voit naître alors l’Amour, l’Application, & la Science du Métier ; ce qui rend une Armée invincible.
- CHAPITRE TREIZIEME.
- Les Officiers doivent lire, faire des Remarques.
- LES Officiers, qui veulent parvenir aux Emplois confidérables de la Guerre, ne peuvent être trop attentifs à tous les Mouvemens, trop réfléchir fur les Actions où ils fe trouvent, ni faire des Remarques trop éxaétes fiir la Caufe & l’Evénement ; afin d’en profiter, & de fçavoir prendre leur Parti dans l’Occafion. *
- Le Tems efface de la Mémoire les Chofes qui en font éloignées. Lorfque nous les rappelions de loin, nous nous les repréfen-tons avec trop de Confufion,&nousnereffentons prefque plus ce qui en a fait précifement le Mérite. Ce qui fe paffe en nous-mêmes, en lifant la Raifon des Surprifes, des Combats, & des différens Mouve-.mens, que nous avons vus, nous convainc affez, que les Remarques font d’un très grand Secours. L’on en prend ce qui convient. Ôn augmente fes Idées, on les dirige, & l’on en fortifie fès Projets.
- Les plus grands Hommes lifent toujours, pendant la Guerre, com-irie dans la plus profonde Paix. Les Commentaires de Céjar, & les
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- autres Mémoires Militaires, leurs deviennent familiers ; & cette E-tude eft la Source de la Supériorité que l’on trouve en eux.
- Un Homme, deftiné pour la Guerre, ne fçauroit allez s’entretenir de ce qui peut le perfeétionner dans fon Métier. L’on ne combat pas toujours. La Leéhire & les Réfléxions font de tout Tems, & ne laiffent pas d’inftruire infiniment. Rien n’eft plus difficile que VArt de la Guerre: rien de plus important. • L’Honneur , la Vie, l’Intérêt des Rois & des Peuples, en dépendent. Eft-il rien de plus' digne d’un grand Cœur, puifque P Immortalité s’enfuit?
- Ce qui nous refie aujourd’hui d’Ecrits de nos parfaits Généraux eft une Peinture vive des Evénemens paiïez. Les Inftruétions, qu’ils nous ont laiffées, nous font connoitre les Fautes de leurs Ennemis, & la Maniéré dont ils ont fçu en profiter. Ces Actions, fi bien détaillées , font des Leçons parfaites, pour nous expliquer les Réglés de ce grand Art.
- Ces Hommes illufires, dans leurs Ecrits, nous ont abrégé ces Sentiers glorieux, qui, avant eux, n’étoient connus, que par une ' longue'Expérience. Ils nous les développent, & nous ôtent la Peine de les jechercher. Leurs Ouvrages n’ont pour But, que d’inftruire les Officiers, & de leur faire connoitre tout ce qui s’efi palfé de leur Tems. Chaque Trait renferme fa Leçon particulière, digne de nos Remarques. Là, on apprend à raifonner, & à tirer des Conféquences juftes des Faits de Guerre: & l’Expérience, fe joignant à la Leéture, nous met en état de prendre notre Parti dans les Occafions les plus difficiles.
- CHAPITRE QUATORZIEME.
- Le Service de la Cavallevie.
- A Cavallerie efi d’un Secours merveilleux dans un Armée. Elle
- ^ impofe beaucoup à l’Ennemi. Elle a de grands Avantages en Plaine, dans une A&ion, quand on fçait s’en fervir à propos. Elle y protégé l’Infanterie, & combat le Sabre à la Main. Si elle eft forcée de fe rompre,les Efcadrons d’une autre Ligne fe préfentent à l’Ennemi, pour lui donner le Tems de fe rallier. Ses Courfes & fes Démarches vives font des Efrets furprenans dans une Bataille., lorfi qu’elle peut déborder la Ligne de l’Ennemi, le prendre par fes Flancs, par fes Derrières, ou fe mettre à quelque Pofte,pour l’arrêter dans
- fa Retraitte.
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- Elle caufe fouvent le Gain des grandes Aélions , par P Activité avec laquelle elle fe porte & éxécute brufquement les Ordres du Général , dont le Coup-d’Oeil découvre dans le moment ce qu’il faut qu’elle faffe. Lorfqu’elle peut pénétrer par des Efforts violens l’In-tanterie ennemie, elle la deffait. lî y a un Nombre infini d’Aélions dans l’Hilloire, qui n’ont été gagnées , que par fon Secours.
- Il faut à fa Tête des Officiers d’Expéricnce & de Fermeté. Comme elle eft promte pour agir, fi on la conduifoit foiblement, au prémier Revers de Fortune, elle pourroit faire des Ecarts dangereux, dont l’Ennemi profiteroit. 11 faut avoir beaucoup d’Attention, pour la rallier, & la retenir. Lorfqu’elle combat avec Fermeté , & qu’elle eft dans la Mélée, l’Aétion eft très fanglante, par les Coups de Sabre qui fe repettent vivement.
- L’Habilete’ des Officiers, qui la commandent, confifte à s’efforcer de la faire entrer par les Flancs des Efcadrons ennemis. Celle, qui doit là foutenir, remplit le Vuide de celle qui a pénétré. Dans les Coups defefpérez, elle peut venir fondre fur les Viélorieux, les mettre en Defordre, & donner le Tems aux Trouppes renverfées de fe former, & gagner la Viéloire.
- On s’en fert très utilement, pour les Efcortes des Convois, pour protéger les Fourageurs, pour apprendre des Nouvelles des Ennemis, pour faire des Courfes fur eux, & les intriguer, pour prendre les Devans d’une Marche, & pour s’emparer des Situations avantageu-fes d’un Camp qu’on veut occuper. Elle en allure le Front, les Flancs, & les Derrières, par de grandes Gardes, que l’on y place.
- Elle eft très effencielle dans les grandes Places afliégées. Elle contient les Habitans, & fait des Sorties fur les Travaux des Ennemis, lorfque le Terrain le permet. Dans les Sièges que l’on fait, elle porte la Facinne pour les Tranchées; &, par fa Diligence, elle procure l’Avancement des Ouvrages. Elle peut même combattre Pied-à-terre , quand l’Occalion le demande.
- CHAPITRE QUINZIEME.
- I? Utilité des Dragons, dans une Armée, dans Je s F lace s.
- T Dragons font très néceffaires dans une Armée. On les place or--a~/ dinairement à la Droite & à la Gauche des Lignes quelquefois on leur fait occuper des Poftes avancés. Ils font auffi le Service de laCa-
- vallerie.
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- vallerie, & de l’Infanterie, fuivant que la Situation du Lieu le demande. Ils font très utiles, pour fè porter brufquement aux Endroits où l’on veut prévenir l’Ennemi, pour l’arrêter ,& lui endifputerlePaffage.
- Dans les Batailles, où ils fervent} foit pourefcadronner,ou pour mettre Pied-à-terre dans un Ravin, Deffilé, ou Village, qu’il faut fou-tenir ou emporter, tout leur convient pour l’Aétion;s’étant acquis, par beaucoup de Combats brillans,une grande Réputation de Valeur & de Fermeté.
- Les Convois, & les Fourages , leur font deftinez, pour les afin-rer. Toutes les Expéditions vives leur font dues. Leur Activité au Service, dans les Occafions*, eft fans éxemple. Dans la Deffenfe des Places, ils peuvent faire très utilement le Service de Grenadiers : &, pour les Attaques, ils peuvent fervir dans les Expéditions les plus hardies, & les plus difficiles. Ils portent aufîi la Facmhe , pour perfectionner & avancer les Ouvrages de la. Tranchée.
- CHAPITRE SEIZIEME.
- Ce que peut faire T Infanterie dans toutes les Occafions.
- IL feroit difficille de bien détailler les différens Services, que peut rendre l’Infanterie. Elle efl propre à toutes les Expéditions : & comme elle va au Combat lentement, & fièrement, elle peut diffi-cillement s’en tirer, fans beaucoup risquer. Sa Valeur & fa Fermeté la foutiennent contre les Efforts de l’Ennemi, jufqu’à ce qu’il ait trouvé le Moment de les furmonter.
- Quand elle eft bien conduite, elle peut fe faire Jour dans les Occafions les plus périlleufes. Ses Coups de Main font dangereux. Il fe fait, dans des Trouppes de Valeur, un très grand Carnage. Le Sang y coule de tous cotez, fans qu’elles envifagent le Péril. Tout les anime à vaincre.
- Une Infanterie en bon Ordre, & qui fçait ménager fon Feu , ell un Rempart des plus relpeétables, & qui impofe beaucoup à laCaval-lerie, quand même elle en feroit environnée.
- A la fournée de Fleuras, comme je l’ai déjà fait remarquer ailleurs 5 tout le Débris de l’Infanterie ennemie, au nombre de quatorze Bataillons, n’en firent qu’un feul, & faifant Tête de tous
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- Cotez. Moniteur de Luxembourg, qui voulut les entamer, leur fit tirer de fort près plulieurs Coups de Canon. J1 en examina la Difi pofition; &, volant en eux une très bonne Contenance, il aima mieux leur faire un Pont d’Or, que de rifquer, après avoir gagnéla Bataille, de faire périr une Trouppe en fi bon Ordre, d’en prendre peu, & d’en perdre beaucoup.
- A la Bataille de Rocroi, que n’a-t-on pas vû de la Valeur & de la Fermeté de l’Infanterie Elpagnole. Elle fè foutint en Plaine , contre une Armée viéïorieufe. Quelque Effort que fît laCavallerie pour l’entamer,elle n’en feroit pas venu à bout,fans la Droite de l’infanterie, qui l’enveloppa. Le Duc d’Anguien l’y conduifit; & elle fa-vorifa, par fon grand Feu, le Moment à notre Cavallerie de la pénétrer & de la défaire (*).
- Quand on fçait conduire l’Infanterie , & l’animer à propos , on eft en état de tout entreprendre. Rien n’étonne celui qui la commande. Il peut arrêter l’Effort le plus violent de l’Ennemi. Elle fçait prendre les Places les plus formidables. Elle deffènd les plus foibles, avec beaucoup de Fermeté. Rien ne lui échape de ce qui peut lui procurer l’Occafion de fe diftinguer ou de vaincre. Les Poftes les plus difficiles , pour affûrer un Camp, & en conferver les Avenues, lui font confiés, ainfi que les Enceintes des Fourages, pour en garder les Deffilez, & occuper les V îllages. Elle eft mer-veilleufe, pour deffendre les Paffages des Rivières, attaquer les Re-tranchemens, & les deffendre. Elle efi: très néceffaire, pour efcor-ter les Convois, & affeurer les Poftes qui fe trouvent fur leurs Marches.
- Il y a des Occurences, où l’on peut mettre de l’Infanterie en Crouppe derrière la Cavallerie , pour s’emparer brufq.uement d’un Pofte,pour faire Feufiir celle de l’Enntmi, pour la rompre, la déplacer, ou foutenir la nôtre. Par ce Moïen , on peut gagner du Terrain & du Tems, & prendre de grands Avantages fur fon Ennemi.
- Les Officiers , qui s’appliquent à bien étudier tous ces Mouvc-mens, peuvent fe rendre recommandables, & parvenir aux prémie-res Dignitez de la Guerre.
- (*) Isolez ci-deJJ'ous, Il Partie, Chapitre /.
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- GUERRE, I Partie, Chapitre XVII.
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- CHAPITRE DIX-SEPTIEME.
- Du Service de V Artillerie, £2? de J on Utilité.
- IL y a, dans le Corps de l’Artillerie, une Valeur & un grande Fermeté, particuliérement à foutenir le Feu des Batteries de l’Ennemi.
- Dans les Batailles, dont les moindres Coups ne laiffent aucun Ef-poir, tous les Officiers, excitez par l’Honneur & l’Emulation , ne fongent qu’à faire leur Devoir. Malgré ce Feu d’Enfer, il y a de l’Ordre, où le Sang froid, & la Fermeté, ont bonne Part. Cent autres Chofes, qp’on ne peut détailler , ont bien leur Mérite ; & font dans l’Occalion, d’un très grand Secours au Général.
- Les Commandans de ce Corps ont le Secret des Affaires les plus con* lidérables de la Guerre. Ils prennent des Meliires avec les Généraux, pour les plus grandes Entreprifes. L’Attention continuelle , qu’ils ont fur les Ouvrages des Arfenaux, pour préparer ce grand Attirail qui fert en Campagne, & aux Expéditions des Sièges, eft d’un Arrangement infini. Le Détail, pour y faire travailler, ne fe peut apprendre, que par un long Ufage. Sçavoir les Proportions de chaque Chofe, leur Utilité, leur Quantité, & laDépenfe qu’il y faut faire, tout eft abfolument néceffaire pour bien dilpolêr le Travail des Atteliers.
- Il y a,dans ce Métier, mille Parties plus fçavantes les unes que les autres. La Compofition de la Poudre ; l’Arrangement, qu’il faut tenir, pour la faire ; fes Effets étonnans ; ceux des Mines, de la Bombe, du Canon, des Mortiers, des Pierriers, de Balles - à - Feu, des Grenades, & des Artifices ; le Dégré de Perfeétion de la Fonte : toutes ces Chofes, bien recherchées, peuvent donner une noble Occupation , & une ample Carrierre, à l’Efprit, pour découvrir ce qu’on ne connoit encore qu’imparfaitement. Les Officiers, qui font à la Tête de ce Corps, parviennent aux premières Dignitez de, la Guerre, par une Suite d’Aétions, qui les forment, & dont l’Expérience leur donne de rares Talens pour aider à faire réüflir les grandes Entreprifes.
- L’Ordre, que l’Artillerie tient en Campagne , eft digne d’une grande Attention. Quoi que fa Colonne foit très psfante, elle trouve du Secours dans fa Marche , par le Soin des Officiers, qui la conduifent, & qui lui font à chaque inftant applanir les Chemins &
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- 3o L’ART DE LA
- Deviez 5 pour qu’elle piiiffe arriver en même tems que les Trouppes aux Expéditions les plus promtes.
- Une Artillerie bien placée , & bien fervie, aide à rompre les Lignes & Retranchemens des Ennemi.3, & par fes Effets procure aux Trouppes le Moment heureux d’y pénétrer. Elle foutient les Ponts, deffena les Paflages & Defîîlez, & facilite une Retraitte. Elle efl utile dans toutes les Occafions où l’Infanterie peut fe porter. Elle aide à foutenir le Paflage des Rivières aux Colonnes de l’Armée. Son Parc efl un Attelier. ambulant, où l’on trouve du Secours pour le Bien du Service.
- Elle efl très effencielle pour aider à prendre les Places. Elle en détruit les Remparts. Elle va porter le Feu fous les Baflions les plus impénétrables , qu’elle renverfe par l’Effet de fès Mines 3 de fès Bombes, de fes Boulets rouges, & de fes Pots-k-Feu. Elle embraze les Villes,& les réduit en Cendres. Tout frémit à fon Feu, & rien ne lui peut réflfler.
- E l le efl de la même Utilité, pour la Deffenfe des Places,quand on fçait s’en fervir comme il faut.
- Il y a beaucoup de Sçavoir à bien difpofer les Brigades de l’Artillerie, pour former un Equipage de Campagne, y faire trouver tout le Canon néceffaire, & porter toutes les Munitions de Guerre, fui-vant la Force & le Nombre des Trouppes de l’Armée 3 ainfi que celles qui doivent fervir k l’Ufage de l’Artillerie.
- CHAPITRE DIX-HUITIEME.
- L'Utilité le Service des Ingénieurs.
- IL faut avoir beaucoup de Capacité , pour devenir parfait Ingénieur. L’Expérience efl la vraie Ecole où il trouve mieux à s’inflrui-re. C’efl la Réglé la plus certaine à la Guerre. La Defcription d’un Siège, quelque jufle qu’elle foit, efl trop foible, pour celui, qui p’en a jamais vu. II ne peut y prendre des Vûes affcz étendues, ni débrouiller les Parties différentes de ce Cahos qu’il faut fçavoir développer. On ne fçauroit bien fortifier une Place, ni en faire conf-truire tous les Ouvrages, fans en favoir proportionner les Deffenfes au Terrein, & k ce que l’Ennemi peut faire pour l’attaquer. Ce n’efl point la Grandeur, r.i la belle Conflruélion, des Places, qui en font le Mérite, & la Force; mais bien la Dilpofition, & la Pofition.
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- GUERRE, 1 Partie, Chapitre XVIIL 31
- Sçavoir conduire tous ces Travaux , en connoitre toute la Dé-penlè 3 prévoiries Accidens gui peuvent furvenir, & auxquels on peut remedier ; ce font des Talens merveilleux. Faire les Projets pour les Befoins & l’Entretien des Places, les expliquer par des Mémoires & des Plans intelligibles & bien diftinéts, avec toutes les différentes Couppes <$c Profils ; c’eft un Travail où il faut beaucoup d’Attention & d’Ufage.
- Les Ingénieurs font d’un grand Secours, pour aider à la Prife des Places. Leur Travaux, fi bien imaginez, conduifent les Trouppes au Pied des Ouvrages, à couvert de leur Feu. ils font toujours attentifs à profiter des moindres Négligences de l’Ennemi, pour a-vancer leurs Tranchées. Ils préviennent le Général du Tems où il peut attaquer les Ouvrages. Ils y conduifent eux-mêmes les Travailleurs, s’y logent, & fçavent les mettre en état de pouvoir y con-ferver des Trouppes, pour les foutenir.
- Le Feu de Moufquetterie, & de Canon, leur eft familier. Us con-noiffent mieux que les autres les Flancs ; mais , cette Connoiffance n’eft que pour les Coups que l’on peut prévoir, contre lefquels ils difpofent leurs Tranchées. Il y en a mille autres, qu’on ne fçauroit éviter par la Réfteétion de la Balle & du Boulet, qui plonge, ou s’élève, plus ou moins,, félon qu’il eft tiré, ou qu’il touche l’Objet qui le réfléchit. Il y â une très line Valeur dans ce Corps.
- Ces Officiers ont le même Mérite pour la Deffenfe des Places ; & fçavent, dans le Befoin, en augmenter les Ouvrages, pour arrêter plus long-tems l’Ennemi. Ils peuvent fortifier un Camp, & le rendre inaccefîible , par les Retranchemens qui en réparent la Situation. Ils ont de grandes Connoiffances, acquifes paiTUfàge & l’Expérience, & dont ils fçavent fe fervir dans l’Occafion. Ils parlent à fonds des Méchaniques. C’eft une Science,qui leur eft d’une Nécefli-té indifpenfable, pour déterminer les Effets de Forces mouvantes dans les Machines, la Réfiftance aux Efforts de l’Eau, les Loix du Mouvementées Réglés du Nivellement, & tout ce qui peut fervir à placer & à perfectionner les Eclufes, qui font quelquefois toute la Force des Places, <Sc la principale Deffenfe d’un Païs.
- Leur Etude continuelle leur donne un Génie fupérieur, lorfqu’ils veulent,dans le Cabinet,faire la férieufe Recherche de la Vérité, & la développer dans les différens Siftêmes. Ils fe font à eux-mêmes des Queftions pour s’éxercer & fe perfectionner. Il y a beaucoup de Chofes, qui ne fe connoiffent que par l’Evénement, auxquelles ces Officiers font en état de remédier, parce qu’ils poffedent à fonds les Principes.
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- L’ART DE LA
- CHAPITRE DIX-NEUVIEME.
- De la Subjîflance des Troupes , &P des Munitions de Guerre.
- POUR faire trouver k tems la Subliftance des Trouppes, il faut s’y préparer par des Achats de Bleds & de Farines , que l’on fait transporter dans les Places qui font à portée du Païs où doivent marcher les Armées.
- Les Intendans,inftruits,par des Ordres particuliers,de la Dépen-fe qu’il faut faire, & des Lieux ou l’on doit placer les Munitions, s’abouchent avec les Généraux, pour les informer de ce qu’ils ont fait; & prennent des Mefures néceffaires avec eux, afin que toutes Choies fe trouvent di/pofées pour commencer la Campagne. La même CJiofe fe fait, pour les Munitions de Guerre, avec les Commandans d’Artillerie.
- De femblables Précautions mettent un Général en état de faire réüf-fir fes Entreprifes. Suivant les Avis qu’on lui donne des Mouve-mens que peut faire l’Ennemi, il forme alors des Projets, dont il trouve l’Exécution facile.
- Un habile Intendant cft d’un grand Secours , pour fe charger de tous les Détails de Police & de Subliftance. il connoit le Païs & lès Facultez : il trouve des Moïens très efTenciels dans les preHants Be-foins, par l’Aide de fes Amis, de fes Créatures, & des Pcrfonnes opulentes qui lui font trouver les Chofes néceïïaire's pour le Befoin du Service.
- Un Général, qui veut former quelques Entreprifes, ne manque pas d’en prévenir l’Intendant de fon Armée, afin qu’il agifle fuivant fon DefTein, & qu’il puiffe lui faire trouver à tems ce qui convient pour le Befoin des Trouppes. Alors, il n’a plus d’autre Attention, que de régler fa Difpofition pour la Marche de fon Armée, foit pour s’avancer dans le Païs ennemi, foit pour attaquer fes Places,foit enfin pour le combattre.
- L’Arrangeaient, que tient un Intendant fur ce qui regarde fon Miniftcre, eft d’une grande Conféqucnce. Il a des Perfonnes, qu’il charge de chaque Détail en particulier, qui éxécutent fes Ordres :
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- dres: & la Diverfité des Soins,dont il eft chargé,n’empêche pas que tout ne fe trouve en fon Lieu , pour être diftribué fuivant le Tems dont on eft convenu.
- Tous ces Ordres différens fe rapportent au même But. Ceux,' qui en font chargés, les éxécutent à propos. Ils favent a qui ils doivent répondre, & fe rendent aux Endroits qui leur font marqués. C’eft un Cahos, qui fe débrouille par la bonne Difpofition que tait le Général. • .
- Il y a quelque - fois des Contre-tems fâcheux, qui arrivent par des Convois, qui font pris ou pillés*, auxquels il faut remédier fur le champ. C’eft par les Soins de l’Intendant, & par fa Capacité, que tout fe peut réparer.
- Dans le preflant Befoin d’Argent,il fçait en tirer des Villes de fon Intendance, où il a bien établi fon Créâit. La Confiance des Peuples eft une des Chofes qui lui fournit les Mo'ïens de réüftir, quand il fçait en faire un bon Ufage.
- Les Précautions, que doit prendre l’Intendant pour les Hôpitaux de l’Armée, doivent être continuelles j par l’Attention qu’il a de les voir fouvent, de nommer des Commiffaires des Guerres entendus, pour veiller à la Subfiftance des Malades & de Bielles, à la Bonté des A-limens, des Remedes, & des Médicamens. La Vigilance, que doivent avoir les Médecins & Chirurgiens, & autres rerfonnes prépo-fées pour les foulager, dépend fouvent de fes Soins. Lorfque les Marches des Armées font fréquentes & vives, on fait tranfporter , autant qu’il eft poffible, les Malades & les BiefTés aux Hôpitaux des Places les plus voifines.
- Sur les Fins de Campagne , il y a encore des Diftributions, que l’Intendant fait faire par les Commiffaires des Guerres aux Trouppes dans leurs Quartiers. Ces Répartitions, bien projetées & entendues,font eflencielles pour maintenir les Trouppes à portée du Pais de l’Ennemi, pour y prendre les Poftes qui conviennent, & & pour y porter la Guerre, lorfque l’Occalîon le demande.
- I l y a mille autres Détails & Occafions, par lefquelles un Intendant expérimenté peut beaucoup aider au Général, pour la Réüflite de fes Entreprifes.
- Pour ce qui regarde les Munitions de Guerre, celui, qui commande P Artillerie, fait partir pour l’Armée ce qu’il en faut dif-tribuer aux Trouppes, au Commencement de la Campagne, ou ce qui eft néceffaire pour foutenir une Aétion. Mais , comme il peut arriver des Réjouïffances, des Exercices fréquens, pour
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- tenir les Trouppes en haleine, il faut en ce cas-là en avoir dans les Places de la Frontière, que Ton puiffe tirer fans entamer le Fonds qui leur ell deftiné. Ce font des Précautions d’une fi grande Conféquence, qu’il ne faut pas les oublier. Toutes ces Difpofîtions, bien ordonnées, favorifent les Entreprifes que le Général veut for» i$er.
- Fin de la première Partie.
- L’ART
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- L A R T
- DE LA
- GUERRE;
- SECONDE PARTIE,
- CONTENANT
- divers Exemples notables, tire* du Re’cit abroge1 des principales Batailles du Régné de Louis XIV.
- CHAPITRE PREMIER.
- Bataille de Rocroi, donnée le 19 Mai 164.3.
- |E Duc d’Anguien , aïant affemblé les Trouppes du Roi auBourgdeDorigny, à quatre Lieues de Rocroi, s'avança près de cette Ville, pour obliger Dom Fran-eifeo de Mello, qui commandoit l’Armée Efpagnolle, à en lever le Siège. Il commença par détacher , le dix-huitième- de Mai, un Corps de Trouppes, fous les Ordres de Monfieur de GalTion, Maréchal de Camp. 11 ordonna à ce Général de pouffer tous les Détachemens, que l’Ennemi au-roit en avant, jufqu’à fon Camp , & d’occuper à l’inftant tous les Poftes & Deffilez, qui feroient fur fon Chemin \ afin de fe rendre le
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- Maître du Terrein,qui conviendroit, pour fe former, & l’attaquer.
- Cette Entreprise fut 11 bien conduite , qu’elle réülïit, par la Diligence que le Duc d’Anguien fit faire à fon Armée , pour foutenir & protéger les Attaques néceflaires pour s’cn emparer.
- Le Lendemain dix-neufieme, il difpofa fon Armée , k la Pointe dit Jour, pour attaquer l’Ennemi, afin que le Secours, qui lui de-voit arriver le vingt & un du même Mois, n’eut aucune Part à cette Aétion. Le Duc d’Anguien, qui trouvoit fà Gauche trop refTerrée, fçeut dans l’Aétion fe faire Jour, & l’étendre; & , par ce Mouvement, trouva le Moïen de combattre l’Ennemi avec Avantage , dans une Plaine, qui n’étoit éloignée que d’un Quart-de-Lieue de Rocroi.
- Notre Gauche attaqua rudement la Droite des Ennemis. Mais, après plulieurs Combats opiniâtres , elle fut renverfée, & perdit fon Canon. " Le Maréchal de l’Hôpital, qui la commandoit, la rallia, & chargea les Ennemis avec tant de Vigueur, qu’il reprit le Canon qu’on avoit perdu. 11 y fut bielle , & mis hors de Combat. Le Baron de Sirot, Meltre-ae-Camp de la Cavallerie , qui commandoit îaRéferve, arriva fort à propos, pour rallier les Trouppes de la Gauche,& foutint merveilleufement bien tous les Efforts de la Droite de l’Ennemi.
- Dans ce tems-lk, notre Droite, où étoit le Duc d’Anguien , renverfa la Cavallerie de la Gauche de l’Ennemi, & deffit l’Infanterie Wallonne, Allemande, & Italienne; & fe rejetta, après cette Def-faite, à la Queue de l’Infanterie Elpagnolle, pour l’attaquer. Cette Action fut de longue Haleine. Notre Cavallerie la chargea jufqu’à cinq fois, fans pouvoir la rompre : & l’on n’en feroit pas venu à bout, fi le Duc d’Anguien ne l’eut fait attaquer de tous cotez par l’Infanterie de fa Droite, & par le Canon. Alors, notre Cavallerie prit le Moment de la recharger, la pénétra, & la deffit. Monfieur de GaÎTion y eut beaucoup de Part , & fut fait Maréchal de France.
- I l faut ici rendre Juftice a la Bravoure & à la fage Conduite du Comte de Fontaines (*), qui commandoit l’Infanterie Efpagnolle. Quoique très incommodé de la Goutte, ce Général fe fit porter en Chaife,pour donner fes Ordres. Il foutint par fa Préfence tous les Efforts valeureux des Trouppes du Roi. Mais, aïant reçu plulieurs Coups, il mourut de fes Blelïures au milieu des Combattans. Il fut
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- (*) de Fuentes,
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- regretté de tout le Monde, comme un des grands Capitaines de fon Tems.
- La grande Prévoïance, que le Duc d’Anguien eut à fe rendre Maître "des Polies & des Deffilez, pour approcher fon Ennemi; la bonne Difpofition des Trouppes, qu’il fit obferver, pour combattre; la Fermeté avec la quelle il fit' attaquer; l’Attention continuelle, que tous les Généraux eurent à fe fecourir les uns les autres ; contribuèrent au Succès de cette importante Viétoire.
- Ce grand Général fceut en profiter: il prit enfuite Thionville, ou il y avoit une Garnifon confidérable.
- CHAPITRE SECOND.
- Bataille de Fribourg , donnée le 2, le 4, gÿ le 9 à'Aoujl 1644. (#).
- LE Duc d’Anguien, aïant joint les Forces à celles du Vicomte de Turenne, pour fecourir Fribourg, que le Général Merci afîié-geoif, fut très mrpris d’en apprendre la Prilc, à fon Arrivée.
- Ces deux Généraux, malgré les Deffilez, Retranchemens, 6c autres Ouvrages, que l’Ennemi avoit faits fur la Croupe des deux Montagnes qu’il occuppoit, dont la lèule Situation étoit par elle-même très avantageufe, réfolurent de l’y combattre.
- Ils commencèrent par difpofer leurs Trouppes pour les Attaques. Le Duc d’Anguien alla avec les llennes du côté des Retranchemens qui étoient au haut de la Montagne : & le Vicomte de Turenne attaqua le Vallon, où étoit un Abbatis d’Arbres.
- Le Duc d’Anguien franchit avec fes Trouppes les Obllacles des Vignobles. Il gagna jufqu’au Retranchement, où il y avoit un Abbatis de Sapins, qu’il fit attaquer. Mais, la Difficulté qu’il y avoit à le pénétrer, lui fit prendre le Parti de fe rejetter avec d’autres Trouppes dans le Milieu de la Ligne de l’Ennemi, pour débarafler celles qui s’étoient engagées dans les Retranchemens de Sapins& afin d’occuper fes Forces en plufieurs Endroits ,& de l’empêcher de les augmenter du côté du Vicomte de Turenne. Après plufieurs Actions d’une Valeur furprenante, le Duc d’Anguien pénétra avec fos Trouppes, par la Montagne du côté de Brifac.
- Le Vicomte de Turenne, qui étoit aux Mains, avec les Bavarois , gagnoit des Polies, les reperdoit, & ne pouvoit profiter de
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- (*) Ou f félon et autres, feulement le 3. & le y. de ee même Moi K
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- fes Avantages, a caiife du Terrein qui n’étoit pas moins difficile à furmonter, que l’Ennemi à forcer. Ainfî, tout fe parta dans de rudes Efcarmouches.
- . Monsieur de Merci, voïant alors, que le Duc d’Anguien ©ccupoit la Hauteur de la Montagne , & qu’il alloit être pris en Queue, pendant que le Vicomte de Turenne l’attaqueroit de Front, profita très utilement de la Nuit, & fe retira fans bruit fur les Hauteurs de Fribourg.
- Pendant ce tems-là , le Vicomte de Turenne trouva le Moïen de faire entrer fa Cavallerie dans la Plaine. Le Duc d’Anguien , ravi de fe voir Maître du Champ de Bataille , mais très fâché de ce que l’Ennemi lui étoit échappé, jugea à propos, à caulè des grandes Fatigues que lesTrouppes avoiçnt eues,de différer au Lendemain, pour recommencer le Combat.
- Le quatrième d’Aout, ces deux Généraux firent leur Difpofî-tion. Comme les Trouppes ^marchoient pour fe porter, ils allèrent reconnoitre celles de l’Ennemi. Dans ce tems-là, on fit trop tôt une fauffe Attaque contre une Redoute, qui fe trouvoit fur le Ter-rein où l’on vouloir fe former. D’une Aéfion à l’autre, la Plotte fe groflit ; & il n’y eut plus moïen de s’en dédire. On fut forcé d’en venir aux Mains ; éc cette petite Redoute, qu’on voulut emporter, caufa une Affaire générale, des plus fanglantes, & des plus opiniâtres.
- Elle dérangea entièrement le grand Projet, qu’on avoit formé; ce qui obligea le Duc d’Anguien, & le Vicomte de Turenne , de revenir très vîte, pour fe porter à cette Aéiion, afin d’en réparer le Defordre, & d’arrêter les Efforts de l’Ennemi.
- Ces deux Généraux fè mirent à la Tête des Trouppes,firent des Avions incroïables; &, fans craindre le Péril, fe portèrent où il y en avoit le plus. Après plufieurs Tentatives , & de violens Combats, où il périt beaucoup de Monde, le Duc d’Anguien, fe voïant dans l’Impoflibilité de pénétrer les Retranchemens, réfolut, avec le Vicomte de Turenne, de fe retirer au Camp, & de conferver pour une meilleure Entreprife ce qui leur rertoit de Trouppes. Cette Retraite fe fit avec beaucoup d’Ordre & de Conduite; & les Troup-pes fe repoférent quatre Jours : après lefquels, nos Généraux, pour fiirmonter tant d’Obftacles, jugèrent qu’il étoit néçefl’aire d’aller occuper les Hauteurs de Lansdelinghen , d’où ils feroient à portée du Deffilé par où le Général Merci devoit paffer pour fe retirer.
- Comme il étoit un des grands Capitaines de fon Tems , il s’ap-
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- perçut, par ce Mouvement, de quelle Conféquence il étoit de prendre’le Devant, pour n’être pas coupé; ce qui lui auroit ôté le Secours des Vivres, & l’auroit forcé, malgré lui, d’en venir à line Bataille, dans un Terrein qui ne lui auroit pas été fi avantageux que celui qu’il occupoit. Ce Général leva donc le Camp de devant Fribourg, fit faire toute la Diligence poffible à fes Trouppes dès qu’il apprit que celles du Roi étoient en Marche, & fon Avant-Garde arriva à tems au Deffilé. Mais, voïant que l’on commênçoit à fe former & qu’on alloit tomber fur lui, étant même déjà attaqué par Mr. Rofe avec huit cent Chevaux, il aima mieux abbandonner les Bagages , & une partie de fon Canon , que de s’arrêter d’avantage, pour le foutenir. Il fe retira près de Filinghen.
- Le Duc d’Anguien, & le Vicomte de Turenne, eurent,à différentes Reprifes, des Combats d’une Valeur fans éxemple. La Perte des Hommes, & la Force de la Situation, foutenue par un Ennemi habile, ne rebuta point ces deux grands Capitaines. Mais, voïant l’Impoffibilité de pénétrer les Retranchemens qui étoient fur les Hauteurs de Fribourg, ils fçeurent, par une autre Entreprife, forcer le Général Merci à quitter tous les Avantages de fon Camp. Il connut aufli-tôt la Conféquence du Pofte qu’on alloit occuper; ce qui l’obligea de précipiter fa Marche, pour n’être pas furpris, & d’abban-donner un Païs & des Places, qui furent prifes en peu de Tems.
- CHAPITRE TROISIEME.
- Pat aille de Nortlinghen, donnée le 3. à1 Août 164 J.
- LE Vicomte de Turenne, aïant peu de Forces en Allemagne,fut fuivi de près par le Général Merci, qui lui étoit fupérieur. Le Duc d’Anguien, informé de fes Forces, y marcha à grandes Journées. Après la Jonétion des deux Généraux , ils allèrent droit à l’Ennemi. Comme il étoit très bien pofté, ils réfolurent d’afîiéger Nortlinghen, pour l’engager, par cette Entreprife, à venir fecourir cette Place, oujpour le déplacer; ce qui arriva, ainfi qu’ils l’avoient projetté.
- Le troifieme d’Aout, le Duc d’Anguien, & le Vicomte de Turenne, voïant l’Armée Ennemie à portée d’eux, mirent leurs Trouppes en Bataille, & firent attaquer le Village retranché, que l’Ennemi avoit au Centre de fa Ligne. On y fut repoulfé très vivement. On renouvella cette Aétion par des Tiouppes fraîches,qui n’y réiis-
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- firent pas mieux que les premières; parce que le Général Merci, qui connoifloit la Conféquence de ce Pofte, conduifoit lui-même fa Def-fenfe ., & la rendoit très opiniâtre. Le Duc d’Anguien, las de voir que rien n’avançoit, s’y porta. ; Il eut un Cheval tué fous lui, & fut blefl'é ; &, peu de tems après, le Général Merci y fut tué. Le Duc d’Anguien , malgré fes Blefïures , anima avec tant de Fermeté les Trouppes, qu’il fe rendit le Maître de ce Village.
- Le Maréchal de Grammont, qui commandoit l’Aile droite, fût renverfé. Il fit des Actions d’une grande Valeur , pour rallier fes Trouppes. Il fe mit à la Tête de deux Régimens Irlandois, qui combattirent comme des Lions. Mais, il fut contraint de céder à la Force, & fut fait Prifonnier.
- Le Vicomte de Turenne, bielle en faifant charger la Droite de l’Ennemi, ne cefTa pas pour cela de la faire attaquer vivement. La .Valeur, qui fe trouvoit égale des deux Cotez, fit balancer la Victoire; mais, le Duc d’Anguien, qui s’étoit rendu le Maître du Village, alla joindre la Gauche, où étoit le Vicomte de Turenne, & fe mit à la Tête des Trouppes Iielfiennes, qui formoient la fécondé Ligne. Il arrêta ainfî l’Ennemi, & donna le Tems à la première Li gne, qui avoit été en defordre, de fe rallier.
- G es deux Généraux, après plufieurs Reprifès très opiniâtres, enfoncèrent enfin, & mirent en Déroute , la Droite de l’Ennemi, dont on fit un grand Carnage. L'on prit leur Général Gléen , & quinze Pièces de Canon.
- Les Bavarois, qui avoient gagné le Terrein de notre Droite, voïant la leur défaite, fe retirèrent très vîte, & abbandonnéçent le Canon qu’ils avoient pris.
- La grande Valeur du Duc d’Anguien, & du Vicomte de Turen-ne; leur Attention continuelle, malgré leurs Blefïures,à rallier eux-mêmes les Trouppes, & à les^ conduire au Combat, fans fe rebuter des Evénemens fâcheux ; affluèrent cette grande Vi&oire, que la Fermeté du Général Merci avoit fi long-tems balancée.
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- CHAPITRE QUATRIEME.
- Bataille de Lens, donnée le 20 i'Aout 164.8.
- LE Prince de Condé (*) commandoit l’Armée du Roi en Flandres , & étoit fort fâché, que l’Archiduc Léopold eut pris Lens: mais,ne trouvant pas Occalion d’attaquer l’Armée Efpagnol-le, qui étoit très bien pofiée devant cette Place, & ne pouvant faire fubfifter la fienne, ni même trouver de l’Eau dans le Camp qu’il avoit occupé, il fe retira du côté d’Arras. Cependant, étant bien informé, que l’Archiduc étoit beaucoup plus tort que lui, & qu’il pourroit en fe retirant en être attaqué, il difpofa fes Trouppes de maniéré, qu’elles étoient,dans leurs Marches, toujours prêtes à combattre, a'ïant fait ferrer fes Efcadrons & les Bataillons, pour remplir le Terrain de fa Marche.
- L’A r c h 1 d u c ne manqua pas aufïitôt de fuivre l’Armée du Prince de Condé. Se perfuadant qu’elle fuïoit, il la chargea brulque-ment. Mais, il trouva des Trouppes, qui, bien loin de fuir, ren-verférent celles qui les attaquoient. Les Ennemis revenant à la Charge avec un plus grand Nombre, rompirent à leur tour les nôtres. Le Duc de Chatillon, qui commandoit la Gendarmerie , répara ce Coup avec tant d’Habileté & de Diligence, qu’il auroit entièrement défiait les Cravates & les Trouppes Lorraines, 11 l’Archiduc n’étoit arrivé aufiitôt à leur fecours, avec toute la Cavallerie de la Droite ; ce qui obligea le Duc de Chatillon de fe retirer, n’étant pas foutenu, ni même à Forces égales.
- Le Prince de Condé, quoiqu’inférieur de beaucoup à l’Ennemi, bien loin de fonger à la Retraitte, difpofa lui-même les Trouppes du Roi pour le Combat. Il fe mit à la Tête de la Droite, & le Maréchal de Grammont à la Gauche. Le Prince de Condé eiïuïa d’abord , fans tirer un feul Coup, tout le Feu de l’Aile gauche de l’Ennemi, que commandoit le Comte de Salles. Il fit marcher aufiitôt bruf-quement à l’Ennemi, l’Epée à la Main, & renverfa les Trouppes de cette Ligne. L’Archiduc,volant cette Confufioii, fit avancer prom-
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- (*) Ci-devant Duc d’Aguien.
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- tement fa fécondé Ligne; &, ranimant fes Trouppes , fit plier les nôtres. Le Marquis de Villequier fut pris dans cette Occauon.
- Le Prince de Condé, attentif à tout ce qui fe paffoit, répara fur le champ ce Defordre, & fit dans l’inftant joindre le Corps de Ré-ferve , avec les Efcadrons Allemands, que commandoit le Général Herlack (#). Ces Trouppes donnèrent avec tant de Valeur fur les Cravates, que ceux-ci prirent la Fuite, & entrainérent avec eux le Refie de leurs Troupes.
- Le Maréchal de Grammont, qui étoit à la Gauche ,& le Comte de Buquoi à la Droite des Ennemis, combattirent long-tems avec beaucoup de Fermeté : mais., a la fin, le Maréchal fut le Vainqueur.
- Le Duc de Chatillon, qui commandoit le Corps de Bataille, ainfi que le Général de Beek (f) celui des Ennemis, firent de violentes Attaques. Les nôtres plièrent ; mais, étant foutenus par les Gendarmes , ils fe rallièrent, & pouffèrent fi. vivement les Ennemis , qu’ils gagnèrent le Champ de Bataille , où le Général Beek fut pris, & mourut auffi-tôt de fes Bleffures.
- La bonne Difpofition, que fit le Prince de Condé, au Commencement de cette Aétion, pour fe retirer, arrêta les prémiers Efforts de l’Ennemi, le renverfa, & donna au Prince le Tems de fe difpo-fer au Combat. Par fon Ardeur & fon Aélivité naturelle, il anima les Généraux , & les engagea à fe fervir des Trouppes fiiivant le Be-foin; ce qui fit le Mérite de cette Journée, malgré la Supériorité de l’Ennemi.
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- CHAPITRE CINQUIEME.
- Bataille âe Retheî, donnée le 13. de Décembre 165:0.
- LE Vicomte de Turenne, mécontent du Cardinal Mazarin, fe joignit à l’Archiduc , avec lequel il marcha du côté de la Champagne. Le Maréchal du Pleflis - Pralin , qui commandoit l’Armée du Roi, alla droit à Rethel, qu’il affiégea le neuvième de Décembre. Le Vicomte de Turenne, qui vouloit lecourir cette Place , engagea Y Archiduc à cette Entreprife. Ils arrivèrent avec leurs Trouppes "devant l’Armée du Roi le treizième de Décembre, mais trop tard , la Ville étant rendue.
- Ils réfolurent aufîi-tôt de combattre. Les deux Armées s’y difpo-
- (*) Erlach.
- (t) Beek.
- férent.
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- férent. La prémiere Ligne de l’Aile gauche de l’Armée du Roi fut commandée par Mr. d’noquincourt, Lieutenant-Général. H attaqua fi vivement la Droite de l’Ennemi, où étoit l’Archiduc , qu’elle fut renverfée. La fécondé Ligne de la même Aile , qui venoit au Secours, fut prévenue de maniéré, qu’elle fut deffaite par notre fécondé Ligne, commandée par Mr. Rofe.
- Le Vicomte de Turenne, qui commandoit l’Aile gauche de l’Ennemi, donna fi bien fes Ordres, qu’il rompit àfon tour notre Droite, où étoit le Maréchal du Plelfis. Notre Général, animé de l’Efpérance de vaincre, la remit dans fon prémier Ordre,& combatif toujours avec Avantage. Le Vicomte de Turenne courrut à la Droite, où étoit l’Archiduc, pour tenter de nouveaux Efforts ; mais , les Trouppes étoient fi bien difpofées ,& fi animées par la Préfence & l’Aéüvité de tous les Généraux, qu’il ne put réüiïir.
- Enfin, de toutes Parts on pénétra l’Ennemi: & , quelques Tentatives que l’Archiduc, &le Vicomte de Turenne, fiilent,pour entamer notre Infanterie, qui étoit fans Cavallerie, tout leur fut inutile.
- Le Vicomte de Turenne, fe voïant abfolument abbandonné de toutes les Trouppes, qu’il ne put rallier, eut bien de la Peine à fe fauver lui dix-feptieme, à la faveur d’un Bois dont il connoiffoit heu-reufement tous les Sentiers ; fans quoi, il auroit été pris. Les Ennemis perdirent huit Pièces de Canon, & tout leur Bagage, qui fut entièrement pillé.
- Le Maréchal du Plefîis eut beaucoup de Fermeté & de Conduite dans cette Aélion, ainfi que les autres Généraux, qui, par leur Attention, prévinrent l’Attaque de l’Ennemi. Ils fçurent profiter a tems de fon Defordre : le chargèrent fi à propos, & fi vivement, qu’il ne putfe rallier par ce Moïen, le forcèrent à céder le Champ de Bataille.
- CHAPITRE SIXIEME.
- Bataille (Ferras , donnée le 2$. (FAoût 1654.
- APRES que le Roi eut été facré à Reims, il fut, avec toute fa Cour, devant Stenai. Le Maréchal d’Hoquincourt conduifoit le Siège de cette Place. Le Vicomte de Turenne (#), qui avoit
- F 2 af-
- (*) Rentré au Service de France.
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- affemblé les Trouppes du Roi en Flandres, fui voit de près le Prince de Condé (#), qui alloit former le Siège d’Arras. Le Maréchal de la Ferté, qui commandoit un Corps de Trouppes, fe joignit au Vicomte de Turenne. ils étendirent leur Armée, depuisFeuchi & Mouchi-le-preuxjjufqu’à la Riviere de Scarpe, où ils firent plufieurs Ponts.
- Dans ce tems-là,le Roi, par fa Préfènce,prefioit beaucoup le Siège de Stenai : &, après que la Mine eut fait fon effet, la Place fe rendit le fixieme d’Aouft. Sa Majefté fit aufîl-tôt marcher le Maréchal d’Hoquincourt, avec les Trouppes du Siège, du côté d’Arras , pour joindre le Vicomte de Turenne.
- Le Roi fe rendit, avec toute fa Cour, àPerronne, pour être plus à portée de fes Armées, & y donner fe s Ordres. Sa Majefté ordonna au Maréchal d’Iiocquincourt de fe rendre Maître du Mont Saint-Eloi, afin d’attaquer les Lignes de l’Ennemi de ce Côté-là ; ce qu’il fit diligemment, & prit le Pofte que l’on nomme le Camp de Céfar. Mr. de Montd-jeu (|), qui deffendoit Arras, étoit vivement preffe, parce que les Ennemis vouloient emporter cette Place , avant que de confommer le peu de Vivres que le Comte de Boutteviîle avoit amené à leur Camp.
- Le Vicomte de Turenne, informé de leur Deffein, & de la Situation de la Place, alla reconnoitre leur Camp, en donna Avis à Mr. de Mondt-jeu, pour qu’il fe dilpofât à faire des Sorties lorfqu’il les attaqueroit. Le Vicomte de Turenne prit plufieurs Poftes, qui def-fèndoient les Avenues de leur Camp. Les Maréchaux de la Ferté & d’Hocquincourt s’avançoient dans ce tems-là du côté de Mouchi-le-preux.
- Toutes ces Dilpofitions étant faites, on attaqua les Lignes des Ennemis, la nuit au 2?. au 26. Le Maréchal d’Hocquincourt attaqua le Quartier de Dom Ferdinand de Solis : le Maréchal de la Ferté, celui des Lorrains;& le Vicomte du Turenne,les autres, qui é-toient entre Dom Ferdinand & l’Archiduc. Comme les Ennemis a-voient fait de grands Puits, pour arrêter la Cavallerie , lors qu’elle voudroit pénétrer dans les Retranchemens , on leur fit porter des Facinnes pour les remplir. On fit aufîi placer beaucoup de Mèches allumées, au bout de plufieurs Perches, proches des Lignes des Ennemis , aux Lieux qu’on ne vouloit point attaquer. Cette Rufe de Guerre eut fon Effet: car, ils s’y portèrent ; croïant qu’on les y vou-
- (*) Ligué avec les Efpagnols.
- (f) Mondejeu, fait Maréchal de France en 165-8.
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- îoit forcer ; ce qui affoiblit les autres Quartiers, & favorifa les Attaques qu’on avoit projettées.
- La prémiere, qui fe lit au Quartier de Dom Ferdinand de Solîs, trouva peu de Réliftance; & Ton en ruina les Travaux, afin que la Cavallerie y pût pénétrer. Le Marquis de Bellefons, qui commandoit les Enfans perdus , aïant de fon côté ouvert des Paffages au Lignes, facilita l’Entrée aux Trouppes du Vicomte de Turenne, qui pouffèrent. les Ennemis jufqu’à la Pointe du Jour. Alors, notre Cavallerie entra dans leur Camp.
- Le Maréchal de la Ferté trouva beaucoup deRéliffance de fon Côté. Le Vicomte de Turenne, qui voulut foutenir les Trouppes de ce Maréchal, s’avança fur le bord d’une Ravine qui traverlbit la Ligne de Circonvallation, & que le Prince de Condé deffendoit. Il y e ut-là beaucoup d’A&ions très opiniâtres de part & d’autre. Ce Prince , s’étant apperçu, qu’il y avoit un grand Nombre de Fuïards dans l’Armée , courut pour les raffembler. Il ramena avec lui quatorze Bataillons , & combattit dans fon Chemin tout ce qu’il trouva. Il revint enfiiite au Vicomte de Turenne , avec toutes fes Forces. Le Combat s’échauffa rudement.
- Mr. de Castelnau, qui commandoit la Cavallerie du Vicdmte de Turenne, entra dans la Place. Il donna Avis à Mr. de Mondt-jeu(#), qu’il n’y avoit plus que le Prince de Condé qui fe deffendît. Tous deux en Sortirent, par des Endroits différens: & s’étant joints dans l’Aétion, elle fut alors des plus violentes. Mais , le Prince de Condé voïant, que perfonne ne venoit à fon Secours , & craignant d’être enveloppé de l’Armée du Roi, fe retira, avec toute la Conduite & toute la Valeur pofiible, de Deffilé en Deffilé. Il donna , par cette fage Précaution, le Tems aux Efpagnols de fe retirer à Douai, & y mena avec lui fa Cavallerie.
- Le Vicomte de Turenne mérita l’Honneur de cette grande Victoire. 11 la termina lui feul par fes Confeils & la Bravoure, en continuant de combattre & de harceller fans relâche fon Ennemi, jufqu’à ce qu’il l’eut forcé d’abbandonner lès Retranchemens. Il fuivit de fi près les Trouppes Efpagnoles dans leur Retraitte, qu’à peine pouvoient-elles fe rallier pour fe mettre en Marche.
- Ce grand Général, au Retour de cette Victoire, publia le rare Mérite du Prince de Condé, qui avoit fçu, dans un Péril fi évident, fauver l’Armée Efpagnole , par une Retraitte fi bien conduite, dont il fit toujours l’Arriere-Garde.
- (*) Mondejeu.
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- L’ART DE LA
- CHAPITRE SEPTIEME.
- Bataille des Dunes, Prife de Dunkerque , Ze 14. £«? le 24.
- 165:8-
- QUOIQUE la Difficulté fût très grande pour former le Siège de Dunkerque, Place environnée de plufieurs Canaux , de Villes très fortes, & de la Mer, le Vicomte de Turenne, qui avoit les Ordres de la Cour pour l’attaquer, prit fi bien fonTems, & les Me-fures néceffaires, qu’il en forma le Siège le cinquième du Mois de
- Juin.
- Dom Juan d’Autriche , & le Prince de Condé , affemblérent leurs Trouppes pour la fecourir. Us les firent marcher fur le Canal de Fûmes, & y jettérent des Ponts. Le Vicomte de Turenne alla aulTitôt reconnoitre leurs Dilpofitions. il fut bien informé, qu’ils n’avoient point encore de Canon dans leur Armée. Cette Nouvelle l’engageant à les prévenir , il fit marcher les Trouppes du Roi le 14. ce Juin, & les plaça fuivant les Difficultezdes Dunes & des Canaux ; ce qui le força à doubler plufieurs Lignes de Cavallerie fur un petit Front. Il lailïa la Conduite de la Cavallerie de la Droite à Mrs. de Crequi & Dhumieres ; à Gadagne & Bellefonds , celle de l’Infanterie. Mrs. de Caftelnau & Varenes commandoierit la Cavallerie de la Gauche, & Milord Lokard (f) l’Infanterie. Tous ces Officiers-Généraux eurent Ordre du Vicomte de Turenne de faire agir leurs Trouppes fuivant l’Ocjcafion , fans attendre de lui d’autres Ordres. Ce Général refta au Centre , pour y faire combattre les Trouppes , & pour en faire marcher aux Ailes , où il l'eroit né-ceffaires.
- Apre's beaucoup d’Actions de Valeur de Part & d’autre , notre Droite commença la prémiere à renverfer la Gauche de l’Ennemi. Le Régiment de Bretagne, qui débordoit cette Ligne prit à revers par fon Feu la Cavallerie du Prince de Condé, qui' commandoit la Gauche. Elle fut mife en Déroute. Ce Prince y eut un Cheval tué fous lui:& Mrs. de Boutteville & de Coligny y furent faites prifon-niers.
- MilordLokard ( j), qui commandoit l’Infanterie de la Gauche,
- battit
- (*) d’Humieres. (f) Lockart.
- ( | ) Lockart.
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- GUERRE, I Partie, Chapitre VIII. 4>
- battit ceile des Efpagnols, où étoit Dom Juan d’Autriche. Pour y réüilir, il ht monter les Trouppes fur les Hauteurs des Dunes, avec une Valeur fans éxemple. Notre Cavallerie profita de ce Moment, en marchant diligemment par le derrière des Dunes, & prit les Ef-cadrons Efpagnols à revers. Dom Juan d’Autriche fe deffendit avec beaucoup de Fermeté; mais, il fut contraint de céder à la Valeur des Trouppes du Roy. Alors, les Ennemis aïant pris la Fuite, les Anglois en firent un grand Carnage ; ce qui fut dire aux Efpagnols, que les François combattaient en Chrétiens, & les Anglois en Barbares.
- On doit le Succès de cette grande Aétion à la bonne Dif-pofition , que le Vicomte de Turenne fit obferver aux Trouppes fur ce Terrein fi inégal; & à la Confiance avec laquelle il laiffa agir par eux-mêmes les Officiers-Généraux; comme auiïi à l’Attention qu’il eut d’attaquer l’Ennemi, avant que fon Artillerie l’eut joint.
- A pre's cette Viétoirê, le Vicomte de Turenne retourna fur fe s Pas, & continua le Siège de Dunkerque, qui fe rendit le 24. Juin. Il prit enfuite Bergues , Fûmes, Ipres , Menin, Oudenarde, & favorifa la Prife de Gravelines, attaqué par le Maréchal de la Ferté.
- CHAPITRE HUITIEME.
- Le Paffagc du Rhin , ou Bataille du Toluys (% ) , le 12 de Juin 1672.
- RIEN n’eft plus grand, que ce que fit le Roi, pour porter la Guerre dans la Hollande. Sa Majefté marcha avec des Forces confidérables, partagées en quatre Corps ; dont l’un étoit fous les Ordres de Philippes Duc d’Orléans, Frere du Roi ; l’autre, fous Louïs de Bourbon, Prince de Condé ; le troifieme, fous le Vicomte de Turenne; & le Roi conduifoit le quatrième, qui étoit fupérieur en Nombre.
- Ces Corps d’Armées marchèrent par différens Endroits. Chaque Général eut Ordre de faire la Conquête des Places qui fe trou-yoient dans leur Marche. Le Roi prit Orfoi & Rimbergue (*). Le Prince de Condé, & le Vicomte de Turenne, prirent Wefel & Burick.
- Le
- (*) Tolhuys. .
- ( f ) Rhinberg.
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- 48 L’ART DE LA
- Le Prince d’Orange ne vit pas cette Marche,fans faire de grands Préparatifs. Il fit avancer le Général Vurts (*), avec des Troup-pes, pour s’y oppofer. 11 fe tint à portée du Rhin , pour apprendre ce qui fe pafteroit, comptant fur l’Impoflibilité qu’il y avoit que les Trouppes du Roi paffaflent ce grand Fleuve, fi large & fi rapide , proche duquel il y avoit des Retranchemens & des Forces pour le foutenir.
- Le Roi, qui fe trouvoit avancé dans le Païs, laiffa des Troup-pes, pour affurer fes Convois, qui arrivoient tous les jours. Sa Ma-jefté ordonna au Prince de Condé de fe porter fur Liffel (f ), d’en reconnoitre les Paffages, & les Difficulté* , & d’examiner ce que l’Ennemi pourroit faire pour s’oppofer au Paflage. AuiTi-tôt que le Prince de Condé fut arrivé, il le fit fonder. Deux Gentilhommes du Païs lui enfeignérent l’Endroit le plus pratiquable. Après cette Epreuve, il en fit donner Avis au Roi, qui y arriva auffitôt avec fon Armée.
- Le Duc de G niche (j) paffa le prémier ce Fleuve avec de la Ca-vallerie, & le Régiment des Cuirafliers. Il attaqua fi vivement celle des Ennemis, qu’elle prit auflitôt la Fuite. Le Prince de Condé , le Duc d’Anguien fon Fils, & le Duc de Longueville fon Neveu, pafférent dans une Nacelle, pendant que le Duc ((j) de Gui-che gagnoit du Terrein.
- Dans le moment que le Prince de Condé fut paffé, il alla attaquer les Retranchemens. Les Ennemis, intimidez du Paflage du Toluys (##),& de la Deffaite de leur Cavallerie, ne le crurent pas en état de réfifter. Ils mirent les Armes bas, & demandèrent Quartier.
- Le Roi faifoit pafler en même tems ce Fleuve à fes Troupes. La Cavallerie , animée par la Préfence de Sa Majefté, fe jettoit dedans par Efcadrons. Le grand Nombre de Chevaux rompit le Fil de l’Eau, & les derniers Efcadrons pafférent avec moins de Péril que les prémiers.
- Le Prince de Condé, qui agiffoit de l’autre Côté, avoit ordonné de faire Quartier aux Ilollandois, qui avoient mis les Armes bas. Mais ,1eDuc de Longueville, qui s’étoit dérobé du Prince fon Oncle, entra dans les Retranchemens, & y tira un Coup de Piffolet. Alors, les Ennemis,ne fe croïant plus en Sûreté,firent leurs Décharges fur tous ceux qui l’accompagnoient, le tuèrent, & plufieurs de fa Trouppe. Le Prince de tonde courrut au Bruit au Feu, trouva
- fon
- {*) Wurts. Cl) l’ifîel* (1) Le Comte de Guiche. (§) Comte (**) Tolhays.
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- GUERRE, II Partie, Chapitre VIII. 49
- fon Neveu mort, & fut lui-même bleffé au Bras. Picgué de toutes Façons, il fit faire Main baffe fur les Ennemis, & defïit tout ce qui ne put pas fe retirer affez vite. On alla enfuite contre le Fort de Toluys (#), ou Fort d’Eskin (f) , qui étoit par lui-même imprenable. La Peur, aïant faifi ceux qui le gardoient, ils l’abbandonné-rent. On s’en rendit Maître, & Ton pénétra dans le riche Païs de Bettaw, que Ton mit à Contribution.
- Aussitôt que le Maréchal Vurft (J) s’apperçut de toutes ces Chofes, & que le Roi avoit paffé ce Fleuve fur un Pont d’Airain , il fe retira avec le Refte de fes Trouppes, pour joindre le Prince d’O-range, qui abbandonna ce Païs , & jetta une Partie de fes Forces dans les Places qu’il laiffoit derrière lui, & fe retira au de-là d’Utrecht.
- Cette grande Aétion paroitra furprenante à ceux qui la liront. Mais,* ils ne doivent pas s’étonner. La Préfence du Roi a toujours fait furmonter les Obftacles les plus difficiles, par les Ordres que Sa Majefté à fçu donner à propos. Chaque Général a tout mis en Ufa-ge, pour les éxécuter ; & l’Emulation des Trouppes pour combattre n’a rien épargné pour fa Gloire.
- CHAPITRE NEUVIEME.
- Bataille de Saintzim (§) en Allemagne, donnée le 6. de Juin 16^4..
- LE Vicomte de Turenne, qui commandoit les Trouppes du Roi en Allemagne, étant informé des Mouveniens des Ennemis, & des Trouppes qui dévoient le joindre, réfolut de leur livrer Bataille avant leur fonction.
- Le Duc de Lorraine, & le Général Caprara, qui commandoient l’Armée ennemie, marchèrent à Helbron (**), pour éviter le Combat, & y attendre en fûreté leur Secours.
- Le Vicomte de Turenne les fuivit avec tant de Diligence , qu’il fit en fix Jours de Marche ce que les Ennemis ne firent qu’en douze. Ces deux grands Généraux laifférent des Trouppes dans plu-
- fieurs
- f*) Tolhuys.
- ( f ) Fort de Schenck. Ce Fort efl: différent de ( i ) Le Velt-Maréchal Wurts.
- (§) Sïntzheim.
- (**) Hailbron.
- Tolhuys, & à quelqueDiftance.
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- 50 L’ ART DE LA
- fieurs Polies, pour l’arrêter. Mais,en habile Général, il ne s’amufa pas à les attaquer. 11 continua toujours fon Chemin, pour joindre Ion Ennemi,avant qu’il eut paiTé le Neckre.
- I l arriva avec fes Trouppes à Saintzim ( # ), & il y trouva l’Infanterie ennemie retranchée ,& leur Cavallerie derrière fur une Hauteur où l’on ne pouvoit déboucher, pour aller à elle, que par un petit Front où il y avoit des Deffilez & un Ruifleau qui la couvroit. Une Situation fi avantageufe n’embarafla nullement le Vicomte de Turenne: il prit fur le champ fon Parti. Ses Dragons attaquèrent l’Infanterie, qui deffendoit les Haies les plus prochaines de la Ville. Elle en fut chafiee, & rentra dans la Place. Les Trouppes fe portèrent aulfi-tôt près des Murailles.
- L e Chevalier d’Hoquincourt découvrit de fon côté une Porte, qui n’étoit point remplie de Terre, ni de Fumier. Il la fit rompre, y entra, s’empara des Maifons voifines, les fit percer , &, par fon grand Feu, donna Moïen aux Trouppes qui le fui voient d’entrer dans la Place.
- L e Vicomte de Turenne y donna fes Ordres, & continua de faire charger de tous les cotez l’Infanterie ennemie, qui fe trouva forcée d’abbandonner cette Ville, pour fe retirer avec la Cavallerie, qui en étoit proche.
- Ce Général, étant Maître de ce Polie , fit marcher fon Infanterie fur des Ponts qui le féparoient des.Ennemis, & fa Cavallerie prit le Chemin de la Ville. Il dilpofa, à la fortie de ces Deffilez, l’Infanterie fur une Hauteur, qui portégeoit par fon grand Feu fa Cavallerie pour fe former.
- Le Vicomte de Turenne, qui appréhendoit que l’Ennemi ne la renverfât en fe formant, fit fagement avancer des Pelottons d’infanterie-dans les Intervalles; ce qui tint en refpeét la Cavallerie ennemie.
- Le Duc de Lorraine,& le Comte de Caprara, qui avoient beaucoup d’Attention à ne pas laiffer former un grand Front de Caval-îerie, afin de pouvoir l’accabler en détail, réüfilrent d’abord dans leur Deffein. Mais, notre Infanterie, qui, avec les Dragons, avoit chafié celle que les Ennemis avoient dans les Vignobles,foutint mer-veilleufement bien, par fon grand Feu, notre Cavallerie: & les Pelottons d’infanterie, que le Vicomte de Turenne avoit fait diiperfer pour la protéger, ne donnèrent pas le Tems à celle de l’Ennemi d’aller plus loin/& de profiter du Defordre de la nôtre. Si notre in-
- (*) Sintiheim.
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- GUERRE, II Partie, Chapitre IX. 51
- fanterie n’eut pas fbutenu un Effort fi violent, on auroit abbandon-né Saintzim ( * ).
- Ces deux Généraux, voïant leur Coup manqué, feignirent de fe retirer , dans le Deffein d’engager notre Cavallerie a les fuivre. Mais, le Vicomte deTurenne, qui venoit d’éprouver combien fon Infanterie luiavoit été utile en cette Journée, la fit marcher avec fa Cavallerie, & ne l’abbandonna pas un feul Moment.
- . On fefit, départ & d’autre, de rudes Décharges, fans en venir aux Coups de Main. Cependant, les Ennemis furent forcés de céder aux Trouppes du Roi le Champ de Bataille , où tout leur Bagage futpris & pillé. Ils palférent enfukte le Neckre, pour attendre les Trouppes des Cercles, & du Duc de Bournonville.
- On peut dire, que, dans cette Journée,1a Cavallerie ennemie fàuva l’Infanterie, & que notre Infanterie fauva notre Cavallerie, & gagna la Bataille.
- La fage Conduite du Vicomte de Turennea beaucoup brillé dans cette grande Entreprife. Il furprend l’Ennemi par une Marche vive 5 le prévient, pour le combattre avant qu’il ait joint toutes fes Forces; l’attaque à Forces inégales, dans un Polie très avantageux, & l’en chaffe ; patte encore, devant lui, des Déffilez, & un Ruiffeau, pour l’attaquer ; enfin , par une Dilpofîtion merveilleufe, il fauve fa Cavallerie, fuit l’Ennemi, & lui fait paffer le Neckre.
- O N peut dire avec raifon, que les Aétions brillantes de ce Général, dans cette Journée, ont contribué à lui acquérir la Gloire d’avoir été un des plus grands Capitaines de fon Teins.
- CHAPITRE DIXIEME-
- Combat de Seneff, donné le 11. d'Aout 1674..
- LE Prince de Condé, aïant appris la Jonétion des Forces de l’Ennemi en Flandres, commandées par le Prince d’Orange , fe retrancha avec fon Armée au Piéton 3 Camp des plus avantageux.
- Le Prince d’Orange, qui fe voïoit une Armée de foixante & dix mille Hommes, s’avança à portée de celle du Roi, pour la déplacer; mais, il n’en put venir à bout,par la bonne Conduite du Prince
- (*) Sintiheim.
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- *2 L’ART DE LA
- ce Condé, qui avoit un Deffein, & qui penfoit autrement que lui 3 puifqu’il vouloit lui-même le furprendre, & le combattre.
- Le Prince d’Orange, réfolu de tenter quelque-cliofe , fe mit en Mouvement , & fit défiler fon Armée du coté de Mons, par Seneff & le Fay. Le Prince de Condé, qui le lùivoit de près, connut alors que l’Ennemi partageoit fes Trouppes par cette Démarche, à caufe des Def-filez : &, quoi-que plus foible , il fçut profiter de cette Occallon pour l’attaquer.
- L’Arme’e ennemie fe trouvant dans la Situation que je viens de marquer, le Prince de Condé la laiffa entrer dans les Defîilez ; &, fachant que P Avant-Garde les avoit paffez avec le Corps de Bataille, il fit attaquer briifquement l’Armée des Efpagnols, qui faifoit l’Ar-riere-Garde. Elle fut renverfée avec un Corps de quatre mille Chevaux. La Maifon du Roi y fit des A étions d’une grande Valeur.
- Le Duc de Villahermoza, qui commandoit cette Arriéré-Garde, fe jetta dans Seneff, avec ce qu’il put raffembler de Trouppes. 11 fut contraint d’abbandonner tous les Bagages au Pillage. Le Prince de Vaudemont,qui commandoit le Corps de Cavallcrie, fit favoir au Prince d’Orange la Situation facheufe oùilfetrouvoitavecleDucde Villa-hermofa. Le Prince d’Orange leur envoïa aiüfi-tôt trois Bataillons , qu’on jetta dans ce Village: mais,1e Prince de Condé le fit attaquer ü vivement, qu’il fut emporté.
- Il pénétra enfuite au Corps de Réferve , qui étoit fort de trente Bataillons. La Préfence du Prince de Condé anima les Trouppes du Roi de maniéré, qu’elles enfoncèrent celles de l’Ennemi, & prirent le Relie de leurs Bagages.
- Le Prince d’Orange, informé de tous ces Malheurs, marcha avec le Corps de Bataille & le Comte de Souches, pour arrêter les Trouppes du Roi. Le Prince de Condé, animé par tant de Succès, crut en avoir fait trop peu. Il attaqua l’Armée ennemie, dans des jardins, Haies, Houblonnieres, & Deffilez impraticables,dont elle de-fendoit les Paiïages. Ce Prince fit tous fes Efforts pour y pénétrer l’Ennemi. Mais,la Force du Lieu,foutenue par un grand Feu , lui faifoit perdre beaucoup de Tems & de Monde. La Gloire de vaincre lui fit encore furmonter tous ces Périls. 11 força enfin le Prince d’Orange à. fe retirer au Fay,fur la Colline de ce Village, où étoient les Trouppes Hollandoifes,& il y ramena auffi les Fuïards. Le Prince de Condé , aïant remarqué ce Mouvement, avança la Maifon du Roi, oui rompit cette Infanterie. Le Marquis d’Affentar, qui avoit au pied de cette Colline quatre Bataillons, avec quelques Débris d’In-firnteric, y fut tué, & fes Trouppes mifes en Déroute.
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- GUERRE, II Partie, Chapitre X. £3
- Le Prince d’Orange, qui voïoit que la grande Valeur du Prince de Condé ne fe raffafioit pas, & le portoit à furmonter tous les Obf-llacles, raffembla , avec le Comte de Souches , les Trouppes de P Avant-Garde , qu’il joignit au Débris de fon Armée * fur la Hauteur près du Fay, dont la Situation étoit des plus avan-tageufes. Le Prince de Condé, ne fe rebuttant point de la bonne DÏfpofition de l’Ennemi, l’attaqua,força quelques Trouppes, & en fit couler fur la Gauche, pour le prendre en Flanc. Le Prince d’O-range vit bien alors, que fon Salut dépendoit d’obferver les Démarches de ce grand Général, qui ne trouvoit rien d’impofîible. 11 ne manqua pas de faire avancer des Trouppes, pour s’oppofer aux lien-nes. Les Attaques redoublèrent, & s’opiniâtrèrent de part & d’autre, avec une Fureur incroïablc, jufqu’a la Nuit. Son Obfcurité n’ar-réta point d’abord ce grand Carnage ; mais , l’Accablement acheva de le faire celTer. Ces deux Armées, fatiguées de tant d’Aétions violentes, relièrent fur le Champ de Bataille.
- Le Prince d’Orange, qui vouloit réparer les Delordres de la fien-ne , fe retira deux Heures avant le Jour, craignant encore le Voill-nage d’un li grand Général.
- Le prémier Projet de cette Bataille a été éxécuté avec beaucoup d’Ordre & de Valeur. Il y en a peu dans l’Hilloire, qui fafl'e tant d’Honneur à la Nation. Les différentes Reprifes de Combats ne re~ buttèrent,ni les Officiers,ni les Soldats: tous coururent à la Gloire avec une Emulation, que le Prince de Condé animoit. Les Diffi-cultez, ni la Supériorité de l’Ennemi, ne l’ont point empêché de vaincre. Si la Gloire de ce Prince s’étoit arrêtée à tems , il auroit effacé celle que l’Ennemi a voulu partager avec lui, pour s’être re-pofé quelques Heures fur le Champ de Bataille.
- CHAPITRE ONZIEME.
- Bataille de Càjjel, donnée le 11 $ Avril 1677.
- LE Roi, qui vouloit prévenir l’Ennemi en Flandres, fit en Pcrfonne le Siège de Valenciennes.Cette Place fut prife le 17 de Mars. Sa Ma-jefté fit auffi-tôt inveftir Cambrai par le Duc de Luxembourg, & s’y rendit pour en faire le Siège, tandis que le Duc d’ Orléans alla à St. O-111er. Le Maréchal Dhumieres (*) a voit pris les Devants, pour l’inveftir. Le Prince d’Orange, étonné de tant d’Entrepril'es à la fois , a£
- fem-
- (*) «PH-mkces. G 3
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- ' L’ART DE LA
- fembla en diligence fes Forces, pour furprendre & attaquer le Duc d’Orléans. Le Roi, prévenu de fon Deflein, envoïa à Son Altefle Roïale le Duc de Luxembourg, avec fa Maifon , & huit mille Hommes, que Sa Majefté détacha des Trouppes qui faifoient le Siège de Cambrai. Cette Place fut rendue au Roi le cinquième d’A-vril.
- Le Prince d’Orange , qui favoit que l’Armée du Duc d’Orléans étoit plus foible que la fienne, s’avança à une Demi-Lieue de Caflel, & fe polla avantageufement. Le Duc d’Orléans laifla des Trouppes au Marquis de la Trouffe, pour oblèrver & contenir celles de la Place ;& alla enfiiite, avec fon Armée, au devant de l’Ennemi. Auf-li-tôt que la Difpofition fut faite , on commença par attaquer les Trouppes,que le Prince d’Orange avoirTait avancer près d’un Afou-lin, qui étoit à fa Droite, & on les en chafla. Alors, il affbiblit fa Gauche , pour augmenter fa Droite, afin de pouvoir pénétrer plus facilement notre Gauche. Dans le même Inftant que fon Son Altefle Roïale eut connu ce Mouvement, elle fit attaquer l’Armée ennemie , mal-
- fré l’Avantage de fa Situation, aïant un Ruifleau devant elle , & es Haies qui la couvroient. Toutes ces Diflicultez ne retardèrent point fon Deflein. La prémiere Ligne pafîa en plufieurs Endroits le Ruifleau, & l’on commença par attaquer l’Abbaïe de Piennes, que le Prince d’Orange avoit fait garnir de Trouppes. 11 fut forcé de les retirer, & il y fit mettte aufll-tôt le Feu.
- Son Altefle Roiale, pour mieux embarafler l’Ennemi, fit couler de ce Côté-là des Trouppes de la Droite , pour prendre en Flanc la Gauche de l’Ennemi. La Gendarmerie chargea cinq Efcadrons, qu’elle mit en Fuite : & les Moufquetaires forcèrent à pied un Defli-lé ,& deffirent deux Bataillons qui legardoient. Les Trouppes du Roi, animées de toutes parts par la Préfence du Duc d’Orléans, renverfé-rent en plufieurs Endroits celles des Ennemis ; ce qui leur caufa une grande Confufion. Toute notre Cavallerie profita de ce Afoment, fou-tenue de plufieurs Bataillons, qui firent un très grand Feu fur la leur, & la mirent en Fuite.
- La fécondé Ligne de l’Ennemi, qui avoit douze Bataillons du côté du Maréchal D’humieres(*),& quatorze Efcadrons, fut vivement attaquée. Les Aloufquetaires fe fignalérent encore pied-à-terre; &, après un rude Carnage, on demeura Alaître de ce Pofte.
- Les Trouppes, qui étoient au Centre de notre Ligne , plièrent. Le‘Duc d’Orléans, qui s’en apperçut, courut les ranimer, & fit a-vancer plufieurs Bataillons de la fécondé Ligne. Alors, tout reprit
- Vi-
- (*) d’Humieres.
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- GUERRE, II Partie, Chapitre XI.
- Vigueur, & on chargea les Ennemis avec tant de Courage, qu’ils furent deffaits, ou faits Prifonniers de Guerre.
- Le Prince d’Orange, qui s’étoit porté par-tout pour animer fes Trouppes, fut contraint d’en raffembler les Débris-, & de les mettre en Ordre, avec le Prince de Valdeck, pour affurer leur Retraitte.
- Le Duc de Luxembourg, qui avoit foutenu avec une Conduite merveilleufe les Efforts de la Droite de l’Ennemi, la fuivit de fi près dans fa Retraitte, qu’il la renverfa plufleurs fois, &rla mit en Fuite. Il prit tous leurs Bagages , leurs Canons, & leurs Munitions de Guerre.
- Le Duc d’Orléans, après une fi grande Viéloire, relia quelques Jours fur le Champ de Bataille; &.retourna enfuite devant Saint-Omer, qui fe rendit le vintieme d’Avril.
- Son Alteffe Roïale , animée de la Gloire de vaincre, n’oublia rien pour prévenir l’Ennemi. Elle fe préfenta aux Endroits les plus dangereux, & y reçut deux Coups dans fes Armes. Le Maréchal Dhumieres (%), & le Duc de Luxembourg, fécondèrent fes Deffeins avec une Valeur fans égale; & les Obftacles , qui fe préfentérent furent furmontez dans l’inllant, par l’Ardeur & l’A&ivité des Trouppes du Roi. Tout agiffoit du même Efprit: & la grande Fermeté , que l’Ennemi eut pour fe deffendre, augmenta de beaucoup l’Honneur qu’il y eut à le vaincre.
- CHAPITRE DOUZIEME.
- Bataille de Saint-Denis près de Mons.y donnée le i? dèAout 1678.
- LE Duc de Luxembourg, qui commandoit’les Trouppes du Roi en Flandres, fit continuer le Blocus de Mons, jufques a ce qu’il eut appris des Nouvelles certaines de la Paix qui fe régloit à Nimegue. Il fit toujours camper l’Armée à portée de cette Place , pour en éloigner l’Ennemi.
- Le Prince d’Orange, qui étoit à la Tête d’une puifiante Armée, très mécontent de ce que toutes les Chofes s’avancoient & fe termi-noient à Nimegue malgré lui, chercha l’Occafion de rompre la Paix, ou de fatisfaire fon Reilentiment, par une Bataille. Pour cet effet, il précipita fa Marche la Nuit du quatorze au quinze d’Août, pour îiirprendre les Trouppes du Roi, qui venoient d’arriver au Camp de St.-Denis, où étoit la Droite. La Gauche s’étendoit du côté de
- Cas-
- (*) d’Humieres.
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- 56 L’ART DE LA
- Caftiau (#), dans une Plaine, aïant derrière elle un Bois & Mons, & au Front du Camp le Ruiffeau de Saint-Denis, qui defcend de Caftiau.
- Le quinzième d’Août, fur les neuf Heures du Matin, le Duc de Luxembourg reçut,par un Courrier deNimegue, la Nouvelle, que la Paix venoit’d’être'lignée. Le même Courrier la portoit au Roi,& l’avoit déjà donnée au Prince d’Orange.
- L’Arrive'e de ce Courrier apporta pour un moment de la Tranquilité au Camp. Mais, notre Général fut bien furpris d’apprendre vers les onze Heures du Matin, que le Prince d’Orange avoit marché toute la Nuit ; & que, malgré la Certitude qu’il avoit de la Paix, il venoit à lui pour l’attaquer.
- Aussi-tôt, le Duc de Luxembourg monta à Cheval, & s’avança fur la Hauteur de Saint-Denis, de l’autre côté du Ruiffeau, où étoit le Régiment de Feuquiercs, qui couvroit le Quartier général. On vit alors les Trouppes des Ennemis, qui fe formèrent très vite de ce Côté-là.
- Sur le champ, notre Général fçut prévenir tout ce que le Prince d’Orange pouvoit entreprendre, par une Difpofition aufli prompte que bien ordonnée.- 11 commença par faire avancer les Dragons de Firmarcon (f) dans les Haies près de l’Abbaïe de Saint-Denis, qui foutinrent le prémier Choc des Ennemis, avec le Régiment de Feu-quieres. 11 fit avancer, le long du Ruiffeau, les deux Lignes d’infanterie , qui occupoient le' Terrein depuis Saint-Denis jufques à Caftiau. La Cavallerie étoit du côté de ce Village fur plusieurs Lignes, pour remplir le Terrein de cette Plaine. 11 envoïa aulli-tôt des Ordres à Mr. de Montai d’avoir Attention au Débouché du Bois d’A vrai ; & à Mr. le Baron de Quinci de fe porter à fon Pofte vers la Trouille, & de le faire avertir de tout ce qui s’y pas-feroit.-
- Toutes Chofes en cet Etat, le Prince d’Orange commença par attaquer vivement le Pofte de l’Abbaïe de Saint-Denis. Les Dragons, & le Régiment de Feuquieres, efluïérent tout le Feu de l’Ennemi avec beaucoup de Fermeté, & donnèrent le Tems de faire la Difpofition néceffaire, pour garnir le Ruiffeau de ce Coté-là. Le Prince d’Orange crut,qu’étant le Maître de l’Abbaïe, il le feroit du Ruiffeau : mais, quelque Effort qu’il pût faire, il n’en put venir à bout. Dans ce tems, il fit couler des Trouppes, pour pénétrer le
- Bois
- (*) Cateau ou Chafteau, Village de Hainaut.
- (f) Fiirarcon.
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- GUERRE, 11 Partie y Chapitre XII.
- Bois d’Avrai, du côté de Mr. de Montai. On les y repoufîa avec tant de Valeur, qu’elles n’oférent y retourner, & qu’elles rejoignirent l’Armée.
- Alors, le Prince-d’Orange s’attacha à forcer les Trouppes du Roi, le long du Ruiffeau. Après qu’il eut fait de grands Efforts à notre Droite, fans pouvoir réüfïïr, il pouffa fes Entreprifes vers Caffiau. Le Duc de Luxembourg, très fatisfait de tout ce qui s’é~ toit pafTé jufqu’à ce Moment, fe porta de ce Côté-là. Il joignit Mr. de la Motte-Anguien, Lieutenant-Général d’une grande Capacité. Notre Infanterie fe préfenta à l’Ennemi, avec tant d’Ordre & de Courage, que, malgré la Multitude de Trouppes qui s’oppofoient à elle, tout fut renverfé.
- Le Prince d’Orange, impatient de ces Evénemens fâcheux, revint plufieurs fois à la Charge, avec de nouvelles Trouppes, pour réparer ce Defordre. Le Duc de Luxembourg, dont le Courage & le Coup d’Oeil étoit fans éxemple,renouvelIoit fes Efforts, pour ne rien perdre du Terrein qu’il avoit gagné de l’autre côté du Ruif feau, où il avoit défiait les Régimens Anglois, & les autres Trouppes qui les foutenoient, en gagnant la Hauteur du Terrein qu’oc-cuppoit l’Ennemi. Il fe fit un grand Carnage, par l’Acharnement du Prince d’Orange, qui voïoit perdre une Bataille , qu’il avoit cru affinée, même ayant de combattre.
- Comme le Jour finiffoit, il ne lui fut pas pofîible de reprendre le Terrein qu’il avoit perdu. Le Duc de Luxembourg, aufli vif à penfer, que prompt à éxécuter , fit jetter plufîeurs Flambeaux de Cire allumez dans une très grande Cenfè fur la Hauteur de Caftiau, où il y avoit huit cens Hommes qui furent tous brûlez, ne pouvant en fortir, à caufe du grand Feu des nôtres.
- La Cavallerie, qui s’étoit avancée derrière notre Infanterie qui avoit paffé le Ruiffeau, déboucha en Plaine par les Intervalles. Le Duc de Luxembourg, qui la conduifoit, fit charger l’Epée à la Main celle de l’Ennemi, qu’il découvroit à la CÎarté du Feu de cette Cenfe. Il la renverfa fur fa fécondé Ligne. Après plufîeurs Coups de Main, il revint fe mettre en Bataille devant l’/nfànterie. Mais, le Feu de la Cenfe, qui avoit donné Occafîon par fa Clarté à cette derniere Action., aïant ceffé, faute de Lumière, on fut obligé d’en refler-là.
- Notre Général demeura quelque Tems fur le Champ de Bataille. 11 y donna fes Ordres, pour repafîer le Bois qu’il avoit derrière fon Camp, afin de refferrer Monsde plus près, & de s’oppofer
- H plus
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- 58 V ART DELA
- plus puiflamment aux Entreprifes du Prince d’Orange, s’il vouloit en faire lever le Blocus, ou y jetter du Secours.
- Mr. de Luxembourg, quoique furpris, a fçu dans cette Occafion prendre fon Parti fur le champ. Ses Ordres , diftribuez à propos, & bien exécutez par les Généraux, ont rendu inutiles les premiers Efforts de l’Ennemi. Les Aétions les plus violentes ont fait briller ce Général. Par le Soin , qu’il prit lui-même de faire combattre les Trouppes, on vit leurs Courages s’animer à mellire que le Péril augmentoit. Il falloit, dans une femblable Occafion , un Général aufli expérimenté, avec des Trouppes aufli valeureufes, pour en fortir victorieux.
- CHAPITRE TREIZIEME.
- Bataille de la Mar]aille, donnée le 4. d'Oftobre 1693.
- LE Duc de Savoie, qui faifoit le Siège de Pignerol, ne pouvant s’en rendre le Maitre, fe contenta'd’attaquer & prendre le Fort de Sainté-Brigide, pour bombarder cette Place. Craignant encore , que le Maréchal de Catinat, qui s’approchoit avec de nouvelles Forces , ne le combattît avec Avantage, & ne lui fit lever le Siège, il fe retira à Marfàille, après avoir preffé le Bombardement, & s’y porta avantageufement.
- I l y avoit à fà Gauche une Montagne : fa Droite avoit une Plaine devant elle; & tout le Front de l’Armée étoit couvert par une petite Riviere. Le Maréchal de Catinat, qui faifoit Diligence, alla reconnoitre la Situation de l’Ennemi: &, .voïant qu’il n’avoit pas occupé la Hauteur du Chafteau de Piofafco, d’où l’on pouvoit remarquer tous fes Mouvemens, il s’en rendit le Maître, par im Détachement de Trouppeschoifies. L’Ennemi, qui en faifoit aufli marcher, les contremanda, aufli-tôt qu’il fçeut ce Porte occupé.
- L e Maréchal de Catinat ordonna la Difpofkion de fon Armée fur deux Lignes. Mais, aïant appris,que le Duc de Savoie chan-geoit la fienne, & qu’il augmentoit de beaucoup fa Droite , pour pénétrer notre Gauche, le Maréchal fit pafler de la Droite à la Gauche la Gendarmerie, qu’il remplaça par les Régimens de la Reine & de Saint-Maurice Cavallerie.
- Comme tout ce Païs étoit fort coupé de Vignes & de Brouflail-
- les*
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- GUERRE, Il Partie , Chapitre XIII $ 9
- les 5 il fit mettre la Brigade, de Vaubecourt Infanterie , fur la Gauche de la Gendarmerie , pour la foutenir , pour découvrir le Ter-rein, & pour en profiter dans l’Occafîon. Le Duc de Vendôme prit foin de cette Gauche. Le Maréchal refta à la Droite. Il fit prévenir tout le Front de la prémiere Ligne du Signal qu’il feroit pour attaquer.
- Aussi-tôt qu’il fut donné, elle s’ébranla.en même tems d’un Pas égal, effuia le prémier Feu de l’Ennemi, & fans tirer tomba fur lui la Baïonnette au bout du Fufil, avec tant de Fermeté & de Valeur, que la prémiere Ligne des Ennemis fut renverfée , & mife dans un fi grand Defordre, que le Duc de Savoie fut obligé de faire avancer la féconde Ligne, pour arrêter l’Ardeur des Trouppes du Roi, & donner le Tems à fa prémiere Ligne de fe rallier ; ce qui fe fit affez promtement, par la Diligence de fes Généraux. Mais, la Gauche de la fécondé Ligne n’eut pas un meilleur Sort, quoiqu’elle eut de la Cavallerie dans les Intervalles de l’Infanterie.
- Le Maréchal de Catinat, attentif à tous les Mouvemens de l’Ennemi, fans perdre de Tems, difpofa fes Trouppes. Il fit charger avec toute la Vigueur poflible la fécondé Ligne. Quelque Effort qu’elle pût faire, elle fut pénétrée & battue. La Droite, où le Duc de Savoie avoit augmenté fes Forces, réfifla d’avantage, & repouffa plufieurs fois notre Gauche. Le Maréchal, qui vouloit laiffer au Duc de Vendôme la Gloire de tout ce qui fe paffoit de fon Côté, ne s’y porta point. Il y envoïa diligemment des Trouppes, qui venoient de lui arriver. Cette Augmentation lui donna Moïen d’étendre aufîi-tôt fa Ligne, de maniéré que la Gendarmerie déborda beaucoup la Droite de l’Ennemi. Une Partie en attaqua le Flanc, & l’autre fe replia fur les Derrières, qu’elle enveloppa. Dans cette Situation, toutes les Trouppes fe ranimèrent avec une Ardeur incroïable, que le Duc de Vendôme éxcita par fa Préfence & fon Aftivité. L’Ennemi, qui crut alors être enveloppé , abbandonna le Champ de Bataille, où l’on prit tout fon Canon, fes Munitions de Guerre, & beaucoup de Prifonniers.
- La fage Conduite, qu’a tenue le Maréchal de Catinat dans cette Journée, a bien fait connoitre le rare Mérite de fon Génie pour la Guerre. Sa Difpofîtion fut promte & merveilleufe. Cette Maniéré d’attaquer brufquement l’Ennemi de tous Côte*, en Ordre, & en même Tems, donna un grand Avantage àiix Trouppes du Roi. Les Efforts de l’Ennemi, contre notre Gauche fufpendirent pour quelque Tems la Viétoire. Ce Général ne voulut point s’y
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- <5o L’ART DE LA GUERRE, Il Partie, Chapitre XIII.
- porter, pour ne rien ôter à la Gloire du Duc de Vendôme, dont l’Habileté & le grand Courage fçurent, dans le plus fort de l’Action , accabler l’Ennemi par fon Flanc , le pénétrer, & l’obliger à céder le Champ de Bataille à des Trouopes, qui font invincibles , quand elles font conduites par des Généraux fi parfaits, & qui n’ont pour Objet que la Gloire de bien ferrir le Roi.
- Fin de la Seconde Partie.
- L’ART
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- L
- T
- A R
- DE LA
- GUERRE;
- T RO I SI E ME PARTIE,
- CONTENANT UN
- TRAITÉ DE L'ATTAQUE
- DES
- PLACES,
- suivi de III Me’moires et Calculs des Munitions
- NECESSAIRES POUR UN S I ErG E.
- ORS QU’ O N veut attaquer une Place , qu’elle efl invertie, que toutes les Difpolîtions font faites, & les Convois ordonnez pour les Munitions nécelfaires ; le Général de l’Armée, l’Ingénieur en Chef, le Com-, mandant de l’Artillerie, reconnoirtent de près le Circuit de la Place, en éxaminent le Fort & le Foible, avec un Plan le plus régulier qu’il eft poifible.
- Ils déterminent alors plus aifément le Côté où fe doit former la vraie Attaque, & les autres où l’on veut effayer de pouffer des Travaux, & établir les prémierçs Batteries. On juge des Difficultezdu
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- 62 DE L’ATTA QV E
- Terrcin, & de ce que l’on poura faire pour les furmonter. On y rci/ffit ordinairement par des Coups de Main brufques, quand il n’y a pas d’Ouvrages, qui vous arrêtent, & qui foient foutenus. Mais, lorfqu’il y en a, on va plus lentement, en commençant d’y ouvrir la Tranchée k la petite Portée du Canon , afin de moins rilquer les Trouppes, & de ne rien entreprendre que par les Réglés de l’Art. Il faut donc prendre plus de Précautions : & l’on doit d’abord, pour bien camper les Trouppes, les pofler de maniéré qu’elles occupent le Circuit de la Place par les Hauteurs, & qu’elles en foient allez, éloignées, pour que le Feu des Batteries ne puiffe pas les forcer à changer de Camp.
- L’Infanterie fe campe en prémiere Ligne, autant que l’on peut,\ d’une Diftance égale à foixante & dix ou quatre-vint Pas d’intervalle d’un Régiment à l’autre. On double les Trouppes aux Endroits les plus expofez. Si l’Infanterie eft plus que fuffifante, pour former cette prémiere Ligne, & remplir la Circonvallation, on campe le Relie en fécondé Ligne vis-k-vis des Attaques où elles fojqt plus à portée d’agir , & plus en rifque d’être chargées.
- La Cayallerie fe campe, éloignée de trois k quatre cent Pas de l’Infanterie, fur une ou deux Lignes, fuivant le Terrein, & le Nombre de fes Efcadrons ; en forte qu’elle falfe un Circuit pareil k celui que fait l’Infanterie.
- On difpofe une Ligne de Circonvallation, qui enveloppe les Trouppes, en leur lailfant alfez d’Intervalle,pour fe porter à la Deffenfe de cet Ouvrage. On conduit ce Retranchement, de maniéré qu’il y ait un FolTé allez large & alfez profond, du côté de la Campagne, & un Parapet allez épais pour la Sûreté des Trouppes. On y pratique des Redoutes, des Forts, & des Barrières, aux Endroits les plus commodes, .pour la Deffenfe, pour l’Entrée, & pour la Sortie, du Camp. Il y a des Corps-de-Garde,^ d’Efpace en Efpace, & pour la Sûreté du Dehors. La Cavallerie fait fortir, au petit jour , fes grandes Gardes en avant, fur les Hauteurs & grands Chemins, qui conduifent k la Place, les quelles ne fe retirent qu’a la.Nuit. On a Attention k doubler les Sentinelles de Nuit, aux Endroits où l’Eloignement de deux Pofteslaifleaflez d’Efpace pour favorifer les Surprifes de l’Ennemi: obfervant de prendre fes Précautions aux Endroits mêmes qui paroiffent de plus difficile Accès. On doit aufîi s’attacher k ne laiffer approcher aucune Perfonne, fous quelque Prétexte que ce foit,entre les Gardes avancées,quand même il paroitroit Officier; de crainte que quelqu’un ne franchifle ce Pas, au rifque de fa Vie, pour fe jetter dans la Place, afin d’y porter des Ordres ou des Avis.
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- D E S P L A C E S. 63
- Ce font-làdes Attentions d’une trop grande Conféquence, pour les négliger.
- S’il y avoit une Riviere, qui paflât dans la Ville, & qui vint partager votre Campement, il faudroit faire defïus plufteurs Ponts de Communication, au deflus & au deflous, avec des Forts, & autres Ouvrages, pour les foutenir: & l’on mettroit une Ellacade, avec des Chaines, & des Pilotis au deflus, pour arrêter les Batteaux , Pièces de Bois, ou Feux d’Artifîce, que l’Ennemi pourroit abbandonner au Courant de l’Eau, pour les rompre, ou les brifer.
- S’il y avoit une Flacque d’Eau, ou Prairie impraticable, au def-fus ou au deflous de la Place,il faut, pour la Communication, faire des Redoutes à portée les unes des autres, avec des Chemins de Fa-cinnes, pour y arriver.
- Ce font des Précautions très eflencielles pour empêcher , que, pendant la Nuit, il n’entre quelque Détachement ou Secours dans la Place.
- On ne doit pas négliger non plus de faire des Communications fur les Chemins creux ou Ravins,‘en forte que rien 11e puifle s’oppoferà la Manœuvre des Trouppes,pour agir contre l’Ennemi, & fo foutenir réciproquement.
- Si l’on craint les Sorties vives d’une nombreufe Garnifon, on fera une Ligne de Contrevallation.
- On doit la placer à une telle Diftance, que les Gardes de la Tête du Camp en foient la Deffenfe naturelle, & qu’il y ait un Elpacefuf-fifant pour s’y mettre en Battaille.
- On fait aulli, fur la Ligne de Contrevallation, dont le Folle eft du côté de la Place, les Redoutes & les Barrières néceflaires , pour répondre aux Chemins des Attaques.
- Lorsqu’il arrive des Allertes, par la Proximité des Trouppes ennemies, qui veulent forcer ou furprendre un Polie, on fait aufîi-tôt fortir les Piquets de la Cavallerie, & l’Infanterie borde les Lignes de Circonvallation & de Contrevallation, de peur que l’Alïiégé ne prenne le Tems d’une Allerte, pour faire une Sortie.
- Si l’Ennemi paroit fe borner à pénétrer & forcer un Endroit, pour jetter du Secours dans la Place, on augmentera les Forces du côté ou il faitfes Efforts: &, fur toutes choies, on fera fortir quelques Dé-tachcmens de Cavallerie, pour découvrir li l’Ennemi n’aura point deflein de forcer un autre Endroit. Si l’on s’en apperçoit, on lui oppofe aufîi-tôt des Trouppes, en confervarit toujours ’une Réferve pour les différens Befoins. La Cavallerie feroit alors d’un grand (J-
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- é* DE L’ A T T A CL U E
- loge, fj le Tcrrein le permettait, & même dans laRetraittêdes Ennemis*
- On doit placer, avant toutes chofes, quelques Pièces de Canon , qui reftent dans les Forts & Ouvrages, qui font fur les Païïages & Endroits où l’Ennemi pourroit fe préfènter ; &, dans le Tems de les Approches, en faire mettre à Barbette fur la Ligne.
- Si l’Ennemi s’avançoit avec une Armée confidérable, alors l’Armée d’Oppofîtion fe porteroit fur un Chemin, dans un Camp avantageux; & l’on détacheroit, des Trouppes du Siège, ce que l’on jugerait néceffaire pour l’augmenter : fans préjudicier à la Garde des Travaux du Siège, ni même à la Continuation de l’Attaque ; fuppo-fé que l’Armée alfiégeante fût allez nombreufe, pour faire ces Déta-chemens, fans ralentir fe s Opérations.
- . S’il n’y avoit point d’Armée d’Obfervation , le meilleur Parti, qu’un Général pût prendre, feroit de marcher en avant, & d’ab-bandonner les Lignes, qui font toujours dangereulès h ceux qui veulent les deffendre. On a de nos Jours alfez d’Exemples, qui nous font connoitre cette Vérité. Comme je l’ai détaillé dans d’autres Endroits, je n’en dirai rien d’avantage ici..
- Si le Gros de l’Artillerie eft arrivé, avant que les Lignes de Circonvallation, & de Contrevallation, foient faites, on travaille d’abord à la faire parquer. Avant que d’afl'eoir le Parc , on doit en re-connoitre le Terrein, & le placer le plus près qu’on peut de la vraie Attaque; en forte, s’il efi polîible, qu’il ne foit pas même vu des Clochers de la Place. Si la Situation ne le permet pas , on fait des Epaulemens affez élevez, pour que les Aifiégés n’en puiffent pas reconnaître les Travaux, ni les Mouvemens.
- On y arrange le Cànon de l’Attaque fur une Ligne ou deux , les Affûts de Rechange derrière. On fait une autre Ligne pour fermer le Parc, de Pièces de 12, de 8, & de 4, & même des Pièces que l’on deftine pour l’Armée. L’on met derrière des Charettes comparées de Poudre & de Plomb, les Boulets & les Outils, qui concernent cet Equipage. On fait une autre Ligne, pour fermer le Qiiar-ré de ce grand Parc, avec les Pontons, leurs Haquets, & les Chariots à porter Canon. Les autres Munitions fe placent en Piles, & en Ordre, fui van t leur Efpece.
- Les Ouvriers fe placent à droite ou à gauçhe du Parc , fur un Terrein alfez fpacieux, pour mettre les Forges, & pour former les Atteliers, où l’on porte tous les Bois néceffaires pour les Réparations des Equipages, pour les Travaux des Batteries, & pour les Ouvra-, ges de Tranchées.
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- DES PLACES. 6$
- On fait un Appantis, peu éloigné du Parc, couvert de Planches, pour y préparer les Artifices, y charger les Fufées à Bombes, les Grenades, & leurs Fufées.
- On campe le Régiment Roïal d1 Artillerie à trois ou quatre cent Pas de la Droite du Parc, & les Bombardiers à pareille Difiance de la Gauche; les Officiers d’Artillerie, dans un de ces Intervalles; & les Chevaux d’Artillerie, derrière le Parc. Il doit y en avoir toujours cent de Piquet, pour les Tranfports & les Manœuvres qu’il faut faire.
- On pofe des Sentinelles, de Difiance en Difiance , dans tout le Front du Quarré du Parc; & d’autres dans le Milieu, & fur les At-teliers.
- Il faut avoir une très grande Attention à bien placer les Poudres dans un Terrein très fpacieux, & qui ne foit vû d’aucun Endroit de la Place, ni des Clochers. On fait cinq Magasins, éloignés de trois cent Pas les uns des autres, à caufe du Danger d’une plus grande Proximité. Chaque Magazin doit être aflèz fpacieux, pour y en-gerber quatre-vint ou cent Milliers de Poudre, à deux ou trois Barils de Hauteur. On doit le former quarrément, couvert d’un Epau-lement affez élevé pour y mettre en Sûreté les Poudres. Dans cet Arrangement, on tâche de difpofer quatre de ces Magazins, en forte qu’ils forment un Quarré ; 6c le cinquième eft placé vis-à-vis une des Faces du Quarré, d’une pareille Difiance de trois cent Pas. Il y a deux Entrées à celui-ci, & feulement une aux autres. Chaque Magazin a fon Folle. Le cinquième fort pour tirer toutes les Poudres nécefiaires aux Trouppes, & aux Batteries: &,lorfqu’il fo vui-de ,on en tire des autres,pour le remplir. Il y a un Corps-de-Garde à portée, pour empêcher que Perfonne n’en approche , ni Jour, ni Nuit, que les Officiers de l’Artillerie: & ce Corps-de-Garde pofe des Sentinelles, l’Epée à la main, à chacun des Magazins.
- On fait aufli d’autres petits Parcs, à la Queue des autres Attaques que l’on a formées; afin que les Trouppes & les Batteries ne manquent de rien , & ne foient pas obligées d’enyoïer au grand Parc.
- On ne doit jamais lever la Terre, pour commencer la Tranchée, que le Gros de l’Artillerie ne foit arrivé; afin que l’on puifle en placer ce qui convient dans les Endroits où elle peut protéger les Travailleurs, & impofer aux Sorties des Aiïiégés, & à leurs Batteries. On continue, tous les jours, les Convois néceflaires, pour éviter le moindre Retardement dans les Attaques, & empêcher que les Ennemis n’en puiffent tirer aucun Avantage. A l’Arrivée des Trouppes, on envoie plufieurs Détachemens, pour travailler à faire des Facinnes, desJPiquets, & des Gabions, que la Cavallerie & les Dragons appor-
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- 66 DE L’ATTAQUE
- tent ail Depot qui s’en fait k la Queue de Ja Tranchée.
- Il eft abfnlument néceflaire d’établir un Endroit, que l’on allure par des Epaulemens, pour y faire porter tous les Bielles, afin de les fecourir fur le champ, par Je premier Appareil, & les faire enfui-te tranfporter dans les Hôpitaux les plus proches de l’Armée , lorsque leurs Bleflürcs ne lbnt pas mortelles, & qu’ils peuvent lans péril fupporter la Fatigue du Voïage.
- On place, dans ce Commencement, de la Cavallerie à la Queue des Ouvrages, où l’on choifit un Lieu couvert, pour s’épargner, s’il fe peut, le Travail d’un Epaulement. Elle fert k foutenir les Travailleurs contre la Vivacité des prémieres Sorties.
- Lorsque les Alïïégés s’apperçoivent du Commencement des Travaux du côté de l’Attaque, ils ne manquent pas de projetter une Sortie étudiée. Ils y mènent même fouvent du Canon, profitent du Terrein, & tâchent de.difpofer leurs Trouppes de façon qu’elles n’aïent aucun Echec à craindre. Pour prévenir un Coup pareil, il eft à propos d’avoir de la Cavallerie, à couvert, comme on l’a dit, de quelque Rideau, Haie, Cenfe, ou Maifon , à portée de la Tranchée. Et, lorfque l’Ennemi débouche du Chemin couvert, alors il faut faire avancer les Piquets qui font à la Queue de la Tranchée. Si on ne peut pas faire plus, n’en étant pas averti, on doit foutenir le Front des Ouvrages avancés , & faire couler quelques Trouppes d’infanterie a la Droite & à la Gauche des Tranchées , qui fe portent allez près du Chemin couvert, pour couper l’Ennemi dans fa Re-traitte ; &, cependant, la Cavallerie charge ceux qui fe font trop avancés, tâchant de les prendre par le Flanc. Les Trouppes de la Tranchée fortent fur les Revers, pour faire Face à l’Ennemi, le re-poufler, & le pourfuivre. On doit contenir les Trouppes de maniéré qu’elles ne s’abbanddnnent pas indiferétement à la Pourfuite de F Ennemi qui fuit. 11 faut bien obferver, que la Cavallerie , qui fe-roit dans la Place, ne furprenne pas la vôtre, & de lui en oppofer un plus grand Nombre, pour l’arrêter & Pempécher de fe porter fur votre Infanterie, qui feroit fortie des Retranchemens.
- L’Ennemi, qui n’a pour Objet, que de retarder vos Travaux, ne manque pas, lorlqu’ils font encore éloignés du Chemin couvert, de faire quelques Sorties, de Nuit, fur le Front des Ouvrages, tandis qu’il en difpofe une autre par un des Flancs, il eft très elfenciel, pour éviter une pareille Surprife, de faire fortir au moins des Troup-pes au commencement de la Nuit, qui fe poftent en avant furie Ventre, aiant un Sergent détaché, & quelques Grenadiers, le plus près qu’il fe peut de la Paliflade, pour écouter & reconnoitre les
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- Mouvemens de l’Ennemi, & en donner Avis à faTrouppe, qui s’oppofe à la première Ardeur de l’AUiégé , & donne le Tems à. toute la Tranchée de fè difpofer à le repouffer , & le combattre vivement. Sur toutes chofes , on garnit bien les Flancs; afin que, fi, dans ce Tems-là, il s’y portoit, il y trouvât une égale Réfiftance.
- Quand les Travaux <Sc Tranchées font à portée du Chemin couvert 3 PEnnemi alors ne difcontinue pas de faire de petites Sorties fréquentes de tous cotez,pour ralentir les Travaux, & fe donner le tems de réparer fes Ouvrages, où d’attendre le Secours dont on l’auroit flatté. Comme ces fortes de Sorties font toujours peu con-lidérables par le Nombre de Trouppes qui les font, mais facheufes par le Retardement qu’elles peuvent cauîèr, il ne s’agit que de s’y oppofer par un Feu vif, de la part des Trouppes qui protègent les Sapeurs; & même en difpofer à ce fujet, pour les prévenir, & les arrêter. Toutes Chofes dilpofées comme on l’a dit , fi le Terrein de l’Attaque fe trouve avantageux pour les Approches, il faut en cette Occafion faire comme Mr. de Vauban fit au Siège d’Ath. Il commença par porter tout d’un coup une Parallèle très proche du Chemin couvert, avec des Boïaux & Communications pour y arriver. Ce Travail hardi, & fi bien imaginé , & fi promtement éxécuté, le rendit Maître d’un grand Terrein, & fer vit auflitôt à placer plu-fieurs Batteries de Canon & de Mortiers, qui ne changèrent point de Place, ruinèrent celles des Afîiégès, tous les Ouvrages des Dehors , & ceux du Corps de la Place.
- Il y a des Situations, où l’on eft forcé de gagner pied à pied le Terrein. Alors, il ne faut rien négliger, pour y pouffer les Travaux avec le plus de diligence qu’on pourra, en fe couvrant dans fon Chemin du Feu des Ouvrages , pour mieux affûrer ces Approches. A cet Effet, on s’occupe d’abord à tracer la prémiere Parallèle, le plus diligemment qu’il eft polfible, & de maniéré qu’elle embraffe tout le Poligone. On fait deux ou trois Parallèles, fuivant que la prémiere a été dirigée loin de la Place. Toutes ces Parallèles doivent fe communiquer par des Boïaux.
- On peut remarquer, qu’il eft d’une très grande Conféquence de former plufieurs Attaques, afin de forcer les Afliégés à divifer leurs Forcesquelques Difficultez qu’on y trouve, il eft néceffaire de les continuer;parce que, fouvent, une Attaque,qui paroit dans le Commencement infurmontable, peut devenir par la Suite des Evé-nemens très bonne, & embarafler beaucoup l’Ennemi, qui s’y trouve furpris, pour l’avoir négligée.
- Lors-
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- DE L’ ATTAQUE
- Lorsque les prémiers Travaux & Tranchées font un peu affermis, il faut y ménager les Terreins les plus avantageux, pour y placer des Batteries de Canon, qui ruinent celles des Aiîiégés & donnent plus de tranquilité aux Travailleurs.
- Il faut auffi obferver, lorfque la Garnifon efl forte, & conduite par un Commandant valeureux & expérimenté, de conftruire & d’al-furer des Places d’Armes, au Centre & àux Flancs de la Tranchée. Cela fert infiniment à fe mettre.en Etat d’arrêter la Vivacité de l’Af-liégé dans une Sortie, en lui oppofant un Nombre fuffifant de Trouppes, & à foutenir d’abord les Travailleurs.
- On ne doit pas négliger de bien perfectionner tous ces Ouvrages ? en leur donnant les Epaifïeurs, Elévations, Largeurs, & Profondeurs néceffaires; afin que les Trouppes y foient à couvert, & puif fent fe porter d’un Endroit à l’autre avec facilité, & qu’on puif-fe voiturer le Canon & les Mortiers dans les Tranchées, pour les conduire aux Batteries. Toutes ces Précautions donnent de grands Avantages aux AtTiégeans pour avancer leurs Ouvrages & les foutenir.
- Il eft encore très effenciel de diflribuer les Batteries de Canon & de Bombes, de maniéré qu’elles frapent chacun l’Objet qui leur eft marqué,avec un Nombre de Pièces proportionné à la Grandeur de P Ouvrage qu’elles battent. Elles doivent battre fans relâche, afin de ralentir le Feu de l’Ennemi, & de faciliter l’Avancement des Travaux.
- On établit aufll des Batteries à Ricochet, à la Droite, & à la Gauche, pour tirer de Jour fur les Revers des Chemins couverts & Ouvrages. Si elles n’en chaflent pas les Aiîiégés, elles les empêchent au moins de fe montrer, pour faire Feu fur les Travailleurs. Le Maréchal de Vauban nous a mis dans cet Ufage, qui lui a réüfïi dans les Sièges qu’il a faits.
- A-mesure que l’on avance, on difpofe de nouvelles Batteries, & l’on fait enforte que tous ces différens Feux fe croifent, & concourent à la Deftrudion des Ouvrages de la Place, & à la Protection de la Tranchée.
- Pour la Difpofition, que l’on doit tenir aux Batteries, il eft né-ceiTaire que les Officiers d’Artillerie, qui en font chargés, reconnoif fent le Terrein qu’on leur a marqué, & fur toutes chofes l’Ouvrage & les Faces qu’ils doivent battre. Ils règlent l’Etendue de leurs Batteries fur le Nombre des Pièces qu’ils y doivent placer, en mefu-rant leur Terrein donnant fix à fèpt Pas deDiftancepour chaque
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- DESPLACES 69
- Pièce, on plante des Piquets , pour figurer le Contour de la Batterie, & la Difpofition qu’elle doit avoir, pour faire Face aux Ouvrages qu’il faut battre.
- On prend les Terres au dehors de la Batterie : on y approfondit un Fofle; & l’on en jette les Terres dans l’Alignement des Piquets. On éleve cette Batterie à la Hauteur defept à huit Pieds,& plus, s’il eft befoin. Onlaiffe dix-huit à vint Pieds d’Epaifleur jufquesàfon Fof-fé, en laiflant au bord une Berme de deux Pieds, pour recevoir les Décombles que peut caufer le Canon de la Place.
- Les Officiers, qui ont conduit ce Travail, font retirer les Travailleurs aufîitôt que le Jour paroit. On doit avoir , dans ce tems, d’autres Travailleurs, pour facinner le Dedans de la Batterie, & la piqueter. On lui donne un peu de Talus en dehors, pour que le Facinnage & les Terres ne fe rejettent pas en dedans. On ouvre l’Embrazure, à la Hauteur de la Genouillère à deux Pieds & demi ou trois Pieds. On donne pour l’Ouverture des Embrazures en dedans deux Pieds; &, en dehors, fept, huit, à neuf Pieds. La Hauteur des Merlons eft de cinq ,fix, à fept Pieds ,au deffiis de la Genouillère : & le tout fe proportionne fuivant que la Situation du Lieu le demande, & quede Feu des Afliégés vous y obligent. On n’ouvre point les Embrazures par le dehors, que toutes les Pièces de la Batterie ne foient en état de tirer.
- Les Plates-Formes ont quinze à dix-huit Pieds de Longueur, & 4, à 6 Pouces de Pente lur le devant, afin que .les Pièces fe remettent d’elles-mêmes en Batterie. Il y a encore, fur le Derrière des Plates-Formes, quinze Pieds de Terrein, pour y agir avec aifance, même dans le tems que les Pièces reculées portent leurs Affûts au de-là- de la Plate-Forme.
- I l faut ménager,fur le Derrière ou dans les Cotez des Batteries, de petits Magazins à Poudre , creufés dans la Terre , couverts de Madriers, de Facinnes , & de Terre, qui foient éloignés de quinze à vint Pieds les uns des autres. 11 eft très effenciel, que les Batteries ne fervent point de paflage aux Trouppes,pour fe rendre à la Tranchée, à caufe des Accidens qui peuvent en arriver. Les Madriers pour les Plates-Formes ont deux Pouces d’Epaifleur , & un Pied de Largeur. Ceux de devant ont huit à neuf Pieds de Longueur, & ceux de derrière en ont douze à quinze. Le Heurtoir,, qui eft au pied de la Genouillère , eft de même Longueur que les Madriers de devant, & a cinq ou fix Pouces d’Epaiffeur. Chaque. Pièce doit avoir à la Batterie deux Lanternes , un Refbuîoir , un Ecouvillon,un Boute-Feu, deux Dégorgeoirs, & un Sac de Cuir pour la Poudre. 11 faut fix Canoniers, pour le Service de chaque Pièce. 1 3 ' Les
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- Les Batteries, que l’on fait dans les Tranchées & Boyaux , fe difpofent & fe font autrement que celles dont je viens de parler. On fe fert du Parapet de la Tranchée;&, fans en rien rompre , on cherche des Terres au loin pour la former liiivant les Ouvrages qu’elle doit battre. On lui donne les Epaiffeurs, Elévations, & Profondeurs, lorfqiie le Terrein le permet.
- Pour les Batteries, que l’on eft obligé de faire dans les Prairies, on fe fert de Gabions de cinq Pieds de Diamètre , fur fix à fept de Hauteur. On en place quatre par le Dedans de la Batterie , trois dans le Milieu, & deux au Dehors. On remplit tous ces Gabions, & les Vuides qui font entre eux, de Terre & de Gazons ;& l’on figure de même Façon le Contour de cette Batterie, fuivant l’Objet que l’on veut battre.
- A l’egard des Batteries, qu’on eft obligé d’élever pour plonger dans des Ouvrages, il faut, fi le Lieu n’eft pas favorable, les élever avec de la Terre & des Facinnes, jufqu’à ce qu’on reconnoiffe qu’elles peuvent faire l’Effet que l’on en fouhaitte. On obfèrve toujours les mêmes Hauteurs, EpailTeurs, Mefures, & Diffances, pour chaque Pièce ; à eau fe des Accidens qui peuvent en arriver , fi on les diminuoit. Les Batteries à Ricochet fe font à la droite & à la gauche des Attaques. On éleve feulement un Epaulement de cinq à fix Pieds, pour les tirer à toute Volée. Elles font bien-tôt faites: ne demandant pas tant de.Régularité que les autres, & étant peu ex-pofées au Feu des Ailiégés; parce qu’elles font placées fiir lesExtré-mitez des Tranchées.
- Pour les Batteries à Boulets rouges,on peut y tirer de Nuit,fans Epaulement, lorfque le Feu de la Place n’eff pas violent. Mais , il eft toujours plus convenable de leur en donner un haut de cinq à fix Pieds au plus. Comme l’on tire ces Pièces à toutes Voilées , il ne faut pas que les Boullets, qui en fortent, touchent l’Epaullement de la Batterie. On recule,à cet Effet, la Plate-Forme du pied de l’Epaulement, afin d’avoir plus de Facilité h élever ces Pièces pour les tirer. On fait, à huit ou dix Pieds de leur droite & de leur gauche, un Fourneau,pour rougir les Boulets. Il faut avoir,avec les Grils, des Cueilleres, des Tenailles, & des Pinces, pour porter les Boulets rouges dans l’Ame des Pièces, lors qu’elles font pointées. On les éloigne affez les unes des autres, pour en faire le Service avec facilité. On a beaucoup d’Attention, en chargeant chaque Pièce, après que l’on a mis le Fourage fur la Poudre, de mettre deffus un Gazon, de crainte qu’en mettant le Boulet, il ne tombe fur le Fourage., & n’y mette le Feu, auparavant que le Canonier l’aïe mis à l’Amorce de la Pièce. • Pour
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- Pour les Batteries k Bombes,elles n’ont point d’Embrasaires, non plus que celles des Boulets rouges, des Balles k Feu, & des Pierriers. On éleve un Epaulement de fept k huit Pieds,dirigé fur le Front de l’Attaque, avec un petit Retour k droite & k gauche , pour empêcher que la Batterie ne foit vûe d’aucun Endroit. On place les Plates-Formes k deux Pieds de l’Epaulement, pour avoir plus de Facilité k porter les Bombes dans le Mortier, & le pointer , aïant un Piquet de Direction lur le Haut de l’Epaulement, pour mieux trouver le troifieme Point, qui eft l’Ouvrage que l’on veut battre, en dirigeant l’Elévation du Mortier avec le Quart de Cercle , fuivant la Diftance où l’on veut chaffer la Bombe. On éloigne plus ou moins les Plattes-Formes, fuivant que les Mortiers font gros, afin d’en mieux faire le Service.
- Pour tirer les Bombes, l’on met la Poudre dans la Chambre du Mortier, le Fourage & la Terre deHiis , que l’on bat également. On y pofe la Bombe fur le Culot. On jette de la Pouiïiere , ou de la Terre fine , autour; afin, qu’en Portant, elle ne touche pas l’Ame du Mortier. Avant que de mettre le Feu k la Fufée de la Bombe , on nettoie bien la Lumière du Mortier , que l’on remplit de Poudre fine, afin qu’elle ne manque pas de porter le Feu k la Chambre : s’il n’y prenoit pas allez tôt, & que le Feu crévât la Bombe dans le Mortier, les Eclats pouroient blelTer les Frouppes dans les Tranchées , & aux Batteries.
- Lorsque tous les Travaux font fuffifamment avancés,on détermine quel Ouvrage on doit emporter, & l’on dirige le Feu des Batteries pour le battre en Brèche. L’on détruit en même tems les Parties qui le flanquent. Les Faces en étant ‘ruinées on fe prépare k l’attaquer. On éxamine de près les Difficultez : &, 11 elles font con-fîdérables, on éleve -la Tranchée , en la pouffant fur la Crête du Chemin couvert, dont on chaffe l’Ennemi : & l’on tâche d’envelopper cet Ouvrage par la Gorge; ce qui diminue le Rifque de l’Attaque, l’Ennemi s’y trouvant pris, lorfqu’ii ne peut l’abbandonner pendant la Nuit.
- Si l’on eft obligé d’en venir k l’Affaut , il faut faire en forte , que tout le Terrein pour arriver aux Brèches foit applani , & que les Trouppes puiffent fur le champ en furmonter les. Obftacles. Celles , qui font deftinées pour cette Expédition, doivent être foutenues de Détachemens affez forts pour être en état de l’emporter de vive Force: & celles de la Tranchée doivent, par leur grand Feu , protéger FEntreprife, & diriger ce Feu fur les Ouvrages qui fianqueni celui que l’on attaque. Ces Attentions font d’autant plus importantes,
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- que le Défaut de Réüfli te dans ces prémieres -Aétions rebute vos Trouppes , & donne des Avantages & de l’Audace à l’Ennemi.
- Lorsque l’Ouvrage eft pris , on y fait avancer les Travailleurs pour le Logement, avec les Trouppes qui doivent les foutenir, & demeurer à la Garde du Polie. Comme ce Terrein, que l’on occupe, facilite les Approches du Corps la Place, il ne faut rien négli^ ger pour s’y bien établir; & y placer, s’il eft polfible, une Batterie de trois à quatre Pièces de Canon , qui puiffent battre quelque Ouvrage, ou le Chemin couvert, fuivant la Difpofition du Terrein. C’efl dans ce Moment, que l’on doit conduire la Tranchée avec beaucoup d’Ârt; pour fe parer des Coups de Feu des Ouvrages, qui, par leur Elévation Sc leur Proximité , peuvent plonger dans vos Travaux. Et, lorfqu’il paroit trop de Difficulté, & trop de Rifque , pour a-vancer le Travail, en levant la Terre à l’ordinaire , on le conduit par la Sape, avec des Gabions qu’on remplit de Terre. Dans ce Tems-là,les Trouppes, qui protègent la Tranchée , ne doivent faire Feu, que dans le moment que celles des Afliégés veulent;interrompre les Travailleurs ; de crainte que , par un Feu inutile , on n’en atrire un autre qui feroit très incommode. On ne doit pas pour cela retarder, ni affoibîir, celui du Canon & des Bombes ; &, fur toutes chofes, chaque Batterie doit s’attacher fans relâche à ruiner les Ouvrages qu’on a marqués.
- A l’egard de la Difpofition des Batteries pour les Brèches, il paroit, qu’en plaçant une Batterie de vint Pièces, pour battre une Face & un Flanc d’un Baftion, une autre de même pour l’autre Baf-tion, elles font beaucoup plus d’Effèt pour les détruire , qu’en les difperfant. On joint également vint Mortiers fur une même Ligne, pour chacun de ces Ouvrages que l’on veut battre. Ces Feux , raf-femblez fur un Objet, le bouleverfent bien-tôt, & laiflent moins de Tems & de Commodité aux Afliégés d’y remédier. De cette maniéré, on trouve fouvent,à l’Approche des Ouvrages, des Brèches très avancées. Lorfque le Terrein que l’on occupe eft afTez élevé, pour frapper au bas des Faces des Baftions,on trouve auffi des Chemins couverts émouflez, & dont les Palîiiïades font brifées ou emportées ,& le tout en Defordre, parles Richochets, qui fe joignent aux autres Feux.
- Lorsqu’il faut chafTer les Afliégés du Chemin couvert de la Demi-Lune , fi les Approches des Boyaux & des Sapes ne peuvent réüflir dans toutes les Parties, à caufe du Feu des Traverlès & Places d’Armes du Chemin couvert, il faut les y attaquer de tous cotez en même tems, & brufquement, en prenant les Ennemis par un
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- grand Feu de Canon, de Bombes, & de Grenades. Le Signal donné , les Trouppes deftinées pour cette Entreprife fe jettent de toutes Parts dans le Chemin couvert. Les autres, qui les foutiennent, les fui vent de près, & toutes celles de la Tranchée font un Feu vif aux Endroits qui peuvent incommoder ceux qui attaquent cet Ouvrage. Le Commandant, qui conduit cette Entreprife, doit profiter prom-tement des Fautes que fait l’Ennemi dans l’Adtion : & l’ingénieur, fous çe grand Feu, choifit autant qu’il eft poflible le Moment favo* rable, pour placer fes Travailleurs fur la Crête du Chemin couvert, & y faire un Logement. Si l’on y trouve trop d’Obftacles, comme par éxemple un double Rang de Paliffades, & des Chicannes continuelles bien foutenues, il faut alors pénétrer par des Ouvertures & Sapes enterrées, qui débouchent droit fur les Traverfes du Chemin couvert, & qui fe découvrent dans le tems de l’Attaque. Tant d’Aétions vives forceront bien-tôt les Ennemis à l’abbandonner. Après que le Logement eft perfèétionné fur la Crête du Chemin couvert, & que la Breche eft en état, on fe fait des Paflages fur le Haut du Foffé, pour arriver à la Brèche,avec des Facines liées & arrêtées par des Pieux. On fe fert auiïi de Planches, de Pièces de Bois & de Terre , s’il en eft befbin. Si c’eft un FofTé fèc, on ouvre la Con-trefcarpe, on y pratique une Rampe pour y arriver; & l’on fait dedans des Traverfes, pour fe couvrir du Feu des Baftions & autres Ouvrages qui peuvent voir les Parties de ce Foffé & de la Brèche : &, s’il eft néceffaire, on y attache le Mineur, pour l’agrandir , & pour découvrir en même tems les Fourneaux & îougafles, que l’Ennemi y auroit fait.
- Toutes ces Choies en état, les Trouppes deftinées pour l’Attaque de cette Demi-Lune fe rendent dans le Foffé par les Rampes , qu’on y a pratiquées. D’autres Détachemens les fuivent de près, pour les foutenir : & les Piquets, qui font à la Queue de la Tranchée, s’avancent à portée de favorifèr les Trouppes de cette Attaque. Les prémiers donnent l’Affaut à la Brèche, brufquent vivement ce Paffage, foncent, & fe font Jour fur le Haut : s’étendent liir la Droite & fur la Gauche du Terrein, & y prennent s’il eft poflible quelques Soldats, que l’on retient dans le Lieu même, afin que, s’il y avoit des Fourneaux ou Mines, ils fuffent forcés d’en donner Avis, en fe voïant eux-mêmes en état d’y périr. Si, au contraire,l’Ennemi , feignant d’abord de fe bien défendre, s’eft enfuite retiré prom-tement, ne laiffant rien derrière lui, il faut aufîi-tôt emploïer parr
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- tie des Travailleurs à faire des Puits, pour éventer les Mines qu’il pourroit y avoir; & le Relie fera le Logement. Si, dans ceTems-là, les Fourneaux font leur Effet, & que les Ennemis profitent de cet Accident pour rentrer dans l’Ouvrage, il faut fur le champ les en chaffer l’Epée à la Main, & faire un nouveau Logement. On obfer-vera, que ces Logemens foient en Angles faillans vers la Place, afin d’embraffer plus de Terrcin, & de fe donner un Feu plus direéte-ment oppofé à celui de l’Affiégé.
- Si l’Ennemi étoit encore derrière quelques Traverfes ou Réduits, il ne fçauroit s’y fou tenir : mais, fou vent, il ne veut abandonner ce Polie,’ que dans le tems qu’une autre Mine ell prête à jouer; ce qui peut encore entamer & renverfer une Partie de vos Ouvrages. J1 faut dans l’inRant y remédier, pour n’être pas expofé au Feu de la Courtinne , des Faces, des Battions , ou autres Ouvrages. L’En-nemi ne manque pas ce Moment, pour vous faire périr bien du Monde : & il reprendroit Vigueur , pour vous chalîer de cette Demi-Lune, fi l’on n’étoit pas diligent à faire travailler, & opiniâtre à conferver le Pofte gagné.
- Apre's un parfait EtablilTement, il faut placer dans l’Ouvrage trois ou quatre grolfes Pièces de Canon, pour achever de ruiner les Brèches que l’on veut attaquer. Quelque Difficulté qu’il y ait eu dans une pareille Adion, les autres Travaux vont toujours leur Chemin pour l’Attaque du Corps de la Place: &, dès que les Sapes s’approchent du Chemin couvert, on y fait faire des Puits, & l’on fait auf h fouiller par les Mineurs tout le Front du Terrein ,pour éventer les Mines ou Fourneaux, s’il y en a. L’Entrée des Sapes doit être, blindée, à caufe qu’elle eft enfilée: & d’Elpace en Elpace on y pratique des Epaulemens parallèles à la Place où les Troupes remettent à couvert,& font à portée d’agir.L’on pouffe aulïi desSapes enterrées par lesquelles on peut déboucher fur les Traverfes du Chemin couvert, dont on fe fert très utilement pour embraffer les Places d’Armes, afin d’en chaffer les Alïiégés. Il eft à propos de placer quelques Pièces de Canon fur l’Angle flanqué du Chemin couvert. Elles battent le Pied de la Brèche, & aident à foutenir les Paffages du Foffé. Alors, les Carcaffes, &les Balles à Feu, font très utiles , pour embaraffer les AÜiégés dans la Deffenfe de leurs Ouvrages. Elles éclairent de Nuit, pour la Diredion des Feux. On les jette aulïi dans la Ville, avec des Boullets rouges aux Endroits où l’on peut occuper le Bourgeois & les Trouppes , par l’Embralement de
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- leurs Maifons, & des Arfenaiix. On leur donne encore beaucoup plus d’inquiétude , lorfqu’on peut les tirer fur les Magasins a Poudre 3 dont on connoit la Situation. Tous ces Périls évidens forcent quelques-fois une Garnifon à fe rendre, quand la Bourgeoifie, qui lui eft fupérieure, fe croit indifpenfablement obligée à changer de Domination, il faut auili, que toutes les Batteries de Bombes & de Canon occupent fans relâche les Affligés, dans tous leurs Ouvrages; & que les Trouppes, qui font dans la prémiere Parallèle, qui eft à portée du Chemin couvert, ainfl que dans les Places d’Armes, mettent toute leur Attention à bien poler leurs Sacs à Terre fur les Parapets, & les joignent de maniéré qu’ils n’y laiflent du Jour , que pour y placer feulement le Fufil, pour diriger leurs Coups a-vecplus dejuftefle fur ceux qui inquiètent les Travailleurs afllégeans, ou qui reparent les Brèches des Alliégés.
- Mr. .de Luxembourg, au Siège de Charleroi , envoïa un Détachement de Carabiniers dans les Tranchées les plus proches de l’Attaque; que l’on plaça en différens Endroits,& qui firent un Effet très confîdérable, par le Nombre des Canoniers , Officiers , & Soldats, qu’ils tuèrent. Ces Feux, bien ordonnez, fbutenus fans relâche, embaraffent & dérangent fouvent les Projets de la Def-fenfe.
- Lorsqu’on s’apperçoit, que les Ennemis rétabliffent de Nuit les Brèches, & les rendent impraticables par leurs Travaux, il faut a -voir des Batteries de Canon, qui y foient pointées de Jour , & dont le Recul des Roues foit dirigé & arrêté, pour ne point fe déplacer du Point de Vûe, ainli que de l’Elévation qu’on aura donnée à la Piece par des Coins de Mire faits par Crans. La Pièce étant placée pour tirer, le derrière de fon Affuft marqué ftir laPiatte-Forme dans l’Eloignement ordinaire de fon Heurtoir, il eft très certain , que ces Coups frappent de Nuit les mêmes Endroits qu’ils frap-poient de Jour. Ainfi, joignant la Direction du Mortier au Dégré d’Elévation que l’on a connu, pour que les Bombes tombent fur la Brèche, il eft très difficile que les Ennemis puiffent fe préfenter à reparer des Brèches dans des Endroits fi dangereux, éclairez de Pots a Feu & Carcaffes, où le Feu échapé de la Tranchée fè porte aulft vivement que celui qu’on y a dirrigé. Il eft très important de toujours continuer les autres Attaques, afin d’occuper également,& en plufieurs Endroits,les Afîiégés, & les obliger à diminuer le Feu &
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- la Deffbnfe de la principale Attaque : & , lorfqu’on s’apperçoit de cet Effet, on ne doit rien négliger, pour aller en avant , & profiter de la Diverfîon de l’Ennemi.
- Enfin , toutes ces Chofes étant difpofées pour attaquer le Chemin couvert par Un Feu continuel de Canon, de Bombes, de Pier-riers, & de Grenades ; & lorfqu’un Feu fl violent a continué jufques au moment de l’Attaque,alors on fait une Salve de tout le Canon à la fois : &, pour dernier Signal, on jette les Bombes tout-à-coup de tous les Mortiers, lefquelles ne font chargées que de Terre, & ont des Fufées, qui font un plus long Feu; ce qui oblige les Ennemis à fe tenir par terre, jufqu’à ce que la Bombe ait crévé, & fait fon Effet. Cette Surprifè vous donne fouvent le Tems d’arriver fur lui avant qu’il fe foit mis en Etat de Deffenfe.
- Avant que de commencer cette Attaque du Chemin couvert, il faut que les Sapes enterrées foient prêtes pour déboucher & pénétrer de tous cotez. On occupe alors les Ennemis de Front , par une Aélion vive, & foutenue de beaucoup de Trouppes. Dans l’Effort del’A&ion, on pénétré dans le Chemin couvert par les Sapes enterrées. Les Troupes, deflinées pour cette Attaque, emportent les Polies où elles entrent; & cette Surprifè, fi bien conduite , facilite la Prife entière du Chemin couvert,par les différentes Aétions qui dérangent abfolument la Deffenfe de l’Ennemi.
- Il faut auffitôt diflribuer les Travailleurs, pour fe loger fur la Crête du Chemin couvert. Alors, l’Ennemi n’y peut refter dans aucune partie du Front que l’on y occupe par l’Elévation de la Tranchée qui y domine. L’on continue les Sapes enterrées pour fe pratiquer des Rampes pour la Defcente du FofTé, en y jettant les Terres & la Maçonnerie de la Contrescarpe. Si le FofTé efl plein d’Eau:, il faut en agir comme j’ai marqué à l’Attaque du Folle de la Demie-Lune.On en fait aufïi de même, pour l’Attaque du FofTé fec, en pratiquant plufleurs Rampes dans la Contrefcarpe, pour y def-cendre. On fait des Traverfes des deux Cotez, à caufe des Feux dif-férens, qui vous prennent à revers : & fi la Deftenfe de l’Ennemi eft opiniâtre & violente, par des Pierres, Bombes, Grenades, & Feux d’Artifice, qu’il jette, l’on doit bien blinder ces Pairages; & l’on fait, en cas ae befoin, attacher lé Mineur au pied des Brèches, pour les rendre pratiquables par des Mines & Fourneaux, que l’on y fait. On travaille aulli à fouiller le Terrein de la Brèche, pour y
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- DES PLACES.
- 11
- éventer les leurs. Comme il peut arriver , que les Afliégés veuillent foutenir l’Affaut à leurs Brèches, & qu’ils fe foient retranchés fur le Terreindes deux B allions & de leur Courtine: cette Fermeté de leur part vous engage à une Attaque, qui foitvive, violente, & bien foutenue. Pour cet Effet, on tire le Canon & les Bombes fans relâche. Nuit & Jour, fur les Brèches , ainfî que les Boulets à Ricochet de Jour, afin d’ôter toute Facilité à l’Ennemi de les réparer. Le Moment déterminé pour cette Aélion, on s’y difpolè par des Précautions étudiées ; en forte qu’on puiffe fe foutenir malgré les Evénemens.
- C’est dans une femblable Entreprife, que le Général doit animer les Trouppes par là Préfence, aiant auprès de lui l’Ingénieur en Chef,le Commandant de l’Artillerie, & le Major-Général; afin que les Ordres foient éxécutez promtement, & que les Changemens, qu’on pouroit faire fur le champ au Projet de l’Attaque, ne caufent aucun Retardement à l’Exécution. Toutes les Trouppes étant arrivées à leurs Polies, on les fait marcher d’un pas vif, fans fufpendre l’Aétion. Quelque Perte qui arrive en marchant, il ne faut pas le ralentir, mais remplir les Vuides, afin que rEnnemi y trouve toujours une Oppofition égale & opiniâtre, & que par la Force on fur-monte les Obllaeles les plus périlleux & les plus grands. Comme le Nombre des Afliégés elt très inégal à celui dès Aüiégeans, la Continuation des Aéltions toujours répétées l’emporte liir le petit Nombre par le Tems,& par la Valeur, lorfqu’elles font conduites par un Général habile, qui connoit le Danger d’une Retraitte,dans la quelle la Perte feroit peut-être plus grande, que dans les Efforts qu’il faudroit faire pour foutenir l’Attaque.
- Apres plufieurs Affauts réitérez, l’Ennemi ne pouvant plus réfif-ter fans fe perdre , fait battre la Chamade. Le Général des Aflié-geans,fatisfàit*de tant d’A&ions valeureufes, doit écouter les Propofi-tions des Afliégés, &, par Grandeur d’Ame, faire fervir la Viéloirô même à récompenfer la Valeur & le Mérite des Vaincus. Il me femble, que cette Maniéré noble doit être d’Ufage à la Guerre, quoi que le Contraire fe foit pratiqué de notre Tems. Les Capitulations rigoureufes, contre des Trouppes qui ont bien fèrvi, peuvent devenir contraires à ceux qui les impoiènt. On affoiblit par-là l’Honneur qu’il y a à fe bien deffendre, quand la Fermeté & la Réfiflancefont fuivies du Traitement que doivent attendre ceux qui manquent de
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- 7$ DE L’ATTAQ_UE
- Valeur & de Courage. Il y a bien des CJiofes qui furviennent dans J’Attaque d’une Place, aux quelles il faut remédier fur le champ, & qu’on ne peut détailler dans un Ecrit. Souvent, toutes les Difficultés, que l’on croiroit rencontrer, fe furmontent fans beaucoup de Peine : & d’autres, qu’on n’avoit point prévûes, ne peuvent fe lever que par de grands Efforts. Les Ouvrages fe prennent autant de fois, que l’Ennemi les regagne. C’eft-là, où la Valeur doit fe réitérer fans relâche : &, quelque Oppofition qu’on puiiïe trouver, il faut abfolument la furmonter par la Force, afin d’ôter à l’Ennemi le Tems de réparer fon Defordre, & celui d’augmenter des Forces qui pouroient rebuter vos Trouppes.
- Je ne me fuis pas étendu fur l’Attaque particulière des différens Ouvrages, qui peuvent fervir à la Fortification des Placés, comme les Tenailles, Ouvrages à Corne, & Ouvrages couronnez. Ces grandes Pièces font ordinairement placées, pour couvrir les Parties .défeéhieufes de la Place, & ont fouvent des Branches foibles & très attaquables. Ainfi , lorfqu’on fçait attaquer les autres de dehors, comme j’ai marqué, on fçait ce qui convient pour l’Attaque de ceux-ci; puilque l’Eflentiel confifte à le rendre Maître du Chemin couvert par les mêmes Réglés qui ont été expliquées, lesquelles fe pratiquent plus facilement à l’égard de ces fortes d’Ouvrages, qu’à l’égard de ceux qui font plus relierez, & foutenus d’un Feu plus prochain.
- L’O r d r e, que l’on doit tenir pour les Travailleurs de la Tranchée, fe réglé fuivant la Demande que les Ingénieurs & les Officiers d’Artillerie en font à l’Ordre. Ils fe rendent a la Queue de la Droite & de la Gauche, aux Heures marquées, & font conduits par les Officiers-Majors des Trouppes aux Travaux. Il y a des Occafions, où l’on doit leur faire porter leurs Armes, lorfqu’il s’agit defurpren-dre ou de forcer quelque Ouvrage,ou de travailler très près de l’Ennemi. Ainfi, ils font en Etat de fe foutenir, & d’aider à faire réüf-iir l’Entreprife qu’on a formée. Les Ingénieurs les placent en-fuite pour le Logement ,1 & les en retirent pour les faire relever , lorfqu’ils ont rempli le Tems qu’on leur avoit marqué. S’il y avoit dans une Aétion beaucoup de ces Travailleurs tuez ou bleffés, je croi que, pour ne rien retarder au Travail, le Général de la Tranchée doit, autant que l’Affaire eft preffante, & qu’il le peut fans Danger , détacher des Trouppes de là Tranchée le Nombre qu’on lui demande, pour remplacer les Travailleurs fur le champ.
- On
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- DES PLACES 79
- On fe fert aufîi des Trouppes de la'Tranchée pour travailler , lorrt-que TOccafion fe préfente d’enlever un Porte , dont on n’avoit point prévû l’Attaque, & dans lequel on juge qu’il ert fort utile de fe loger. Il faut toujours que les Officiers-Majors, qui détachent ces Travailleurs, aient une grande Attention, que le Nomlire qu’on leur demande à l’Ordre foit complet, afin que ce Travail fe trouve rempli dans toutes fes Parties, & qu’il n’y ait aucun Retardement.
- A l’egard de l’Heure qu’on doit prendre pour relever la Tranchée , elle fe réglé fiüvant la Force des Artiégés, à des Heures toujours incertaines, afin qu’ils ne puiffent fixer aucune Entreprife fur unTems qu’ils ne connoiffent pas. Quand la Garnifon n’eft pas confidérable, on fixe leur Marche avec moins de Rifque. Il ert toujours très a propos, de quelque Maniéré que la Cholè fe farte , que les Généraux qui conduisent les Trouppes pour relever la Tranchée, les Ment marcher par lesBoïaux, Rideaux, & Ravins, & ne s’exportent pas, pour en diminuer le Chemin, en marchant à découvert : Maniéré dangereufe, qui a fait périr bien des/3fficiers& des Soldats; parce que ceux, qui font relever,fuivent la même Route au Retour, & s’expofent inutilement à un Danger encore plus certain,l’Ennemi aïant eu plus deTems à préparer fes Batteries pour faire Feu fans relâche fur les Trouppes qui fe découvrent.
- On peut, lorfqu’on veut attaquer de vive Force un Ouvrage, faire en forte que ce foit dans le Tems qu’on reîevera la Tranchée , a-fin qu’elle foit plus nombreufe, & qu’on foit mieux difpofé à faire réiilTir fon Projet.
- Il y a deux Maniérés de faire le Service ; l’une, par Détachemens; & l’autre, par Brigades ou Régimens. Il faut convenir, que la dernière ert toujours la meilleure, & la plus certaine : puifque l’Emulation en eft le Mobile ordinaire, au lieu, qu’avec les Détachemens, les Avions font moins vives , moins intéreffantes, & moins foute-nues. On me dira que, par Détachemens, chacun contribue à une Perte moins fenfible, quand elle eft partagée; & qu’avec les Brigades , ou Régimens, ce font ces Corps en particulier qui foufïrent. Cela eft vrai: mais, outre qu’on peut répondre,que chacun y vient-à fon Tour, c’eft que les Corps, agi (Tant féparément, font animez d’un même Efprit, fuivent une Difcipline qui leur eft propre , & travaillent de concert à foutenir la Réputation qu’ils fe font acquife dans d’autres Occafions.
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- So DE L’ATTAQUE
- La Difpolition, que Ton doit tenir pour l’Attaque des Ouvrages, fè réglé fuivant que TOccafion le demande. Trop de Retardement laifleroit à l’Ennemi le Tems de les réparer, & rendroit l’En-treprife .plus difficile. Aufli ne faut-il pas les attaquer trop tôt. Le Succès de ces Aétions dépend beaucoup de la grande Connoiflance des Ingénieurs, qui voient de près toutes les Parties d’une Attaque, & rendent Compte au Général, qui, fouvent, s’en Rapporte à eux, pour déterminer le Moment de l’Affaut. Il y a des Circonftances , où l’on fait attaquer les Ouvrages à la petite Pointe du Jour ; pour furprendre un Ennemi fatigué, & qui n’eft pas prévenu. Dans d’autres Ocafions, on fait attaquer quelques Heures avant la Nuit , pendant laquelle le Logement, trop difficile de Jour , devient moins dangereux, & fe perfectionne avec plus de Tranquilité. Quelquefois, on les attaque en plein Jour,lorfquel’Ennemi eft foiblé, qu’on veut l’intimider, ou que les Ouvrages font de conféquence; en forte qu’il eft néceffaire d’éclairer une grande Ad:ion,de voir les moindres Obftacles qui pouroient arrêter l’Execution, & retarder la Réülîite. Ces Coups hardis font quelquesfois de néceflité pour avancer la Ré-dudtion d’une Place.
- Il y a encore des Coups imprévus , où l’on fait l’Attaque dans l’inftant, fans s’y être préparé parce que l’on trouve delà Facilité à s’emparer brufquement d’un Polie, le voïant mal gardé, par la Négligence dé l’Ennemi, par Ion peu d’Attention, ou pour fa mau-vaiie Difpolition. L’Officier-Général de Tranchée, étant averti, & aïant reconnu ce que l’on peut faire, prend fur lui cette Expédition , & il en donne à l’inltant Avis au Général, & fuit fon Projet avec les Trouppes de là Tranchée, dont il fait les Détachemens né-celTaires. Il y a quelques-fôis des Polies, que l’Ennemi abbandonne à delîein. Il ne faut les occuper, qu’avec Précaution, & qu’après qu’ils ont été fouillés par les Mineurs; afin d’éviter l’Effet des Mines, qui pourroient y avoir été difpofées.
- Pour bien diriger le Feu des Attaques; il eft de conféquence, que le Général faffe avertir les Officiers commandans de la Tranchée, que toutes les Trouppes falïent Feu aux Endroits qu’on leur marquera, que les Officiers aient attention d’y tenir la Main , afin qu’ils ne tombent pas dans l’Inconvénient de tirer mal à propos, & fouvent en baillant leurs Armes, de maniéré qu’ils tuent ou bief-fent leurs Camarades. On remédiroit à ces Accidens ,li chaque Officier fongeoit à fa Trouppe,& à ce que demande l’Aétion pour bien
- diri-
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- DES PLACES. 81
- diriger fon Feu fur les Flancs, Faces, & Parties, qui incommodent l’Ennemi. .
- Le Nombre de Trouppes pour les Attaques fe doit régler par l’Etendue du Front de l’Ouvrage que l’on veut attaquer, & par la Force des Ennemis qui le deffendent. Pour la Difpofition, elle fe fait fuivant le Terrein que l’on peut occuper pour s’y préfenter : &,lorf-que l’Aétion peut devenir opiniâtre, on double les Forces qui fui-vent de près ,& même en Colonnes, s’il eft befoin. Elles rempli/1 fent toujours le Vuide du Terrein, à mefure qu’on le gagne. Toutes ces Aétions à découvert ne doivent point fouffrir de Retardement. Elles doivent fe brufquer,mais toujours avec Ordre.
- Je dirai encore, qu’il eft abfolument néceflaire d’avoir des Mineurs entendus, pour diriger les Mines, les Fourneaux , & les Fougaiïes. C’eft un Métier, qui demande beaucoup d’Expérience & d’Applica-tion, pour fçavoir proportionner la Quantité de Poudre à l’Objet que l’on veut renverfer ; conduire fous Terre des Galleries, & y faire des Rameaux dans l’Eloignement néce/Taire pour arriver au But qu’on s’eft propofé; connoitre ce que peut faire l’Ennemi, pour venir à vous; parer fes Coups,l’arrêter,ou le furprendre. Il y a, dans ce Travail5 mille Cliofes à obfèrver pour bien placer les Fourneaux, les charger, & les étançonner, de maniéré que l’Ouvrage tombe du côté que l’on a déterminé; mettre dans le Fourneau la (Quantité de Poudre qui convient à la Mafle de Terre ou de Pierre,que l’on veut enlever. Toutes ces Cho/ès dépendent autant de la Capacité,que de l’Ufage. Pour les régler à propos, il faut connoitre la Pefanteur des différentes Terres & Maçonneries; &, par leur Poids, on détermine avec plus de Précifion la Quantité de Poudre, dont on ne con-nôit la Force relative , que par plufieurs Expériences. On l’augmente, ou on la diminue, fuivant que fa Qualité, & fes Dégrés cle Séchereffe & d’Humidité, la rendent plüs ou moins vive. Le peu que je fçai de ce Travail m’apprend , que onze à douze Livres de Poudre peuvent enlever une Toife cube de Terre de Sable; qu’il en faut quinze à feize Livres, pour une Toi/è cube de Terre argilleufe, plus condenfée;neuf à dix Livres, pour une Toife de Terre remuée; vint Livres, pour une Toife cube de Maçonnerie ordinaire ; & au moins quarante Livres, fi l’on travaille fous une Fondation.
- Mais, perfonne ne peut mieux donner le Détail de ces Chofes, que Mr. de Valliere , quand il voudra bien communiquer fes Lumières. La parfaite Connoift'ance , qu’il a de la Géométrie la plus relevée, & de la vraie Phifique, le met en état de découvrir dans ces Matie-
- L res
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- 82 DE L’ATTAQUE DES PLACES.
- res tout ce qu’on peut en connoitre,par le Raifonnement, & par l’Expérience.
- Pour les Munitions de Guerre néceflaires, j’ai donné, dans le Livre de Saint-Remi , trois Mémoires de différens Sièges , où l’on voit tout ce qui y a été apporté pour les faire, ce qui à été confommé, & ce qui eft relié. Ainli , fur des Obfervations aulïi folides , on peut prendre des Mefures allez julles pour tel Siège que ce foit: &, pour plus de Facilité à fuivre ce Détail, j’ai joint ici ces trois Mémoires, en faveur de ceux qui n’ont point le Livre de Saint-Remi.
- PR&
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- PREMIER MEMOIRE
- MUNITIONS
- POUR UN SIEGE;
- Munitions menées. Munitions confommêes. Munitions rejlêes.
- P I E CES
- De33 . . 10 . . 0 . : . 10
- de 24. . . 3 6 . . 0 . . • • 36.
- de 16 • • 4 . . 0 . . • - 4-
- de 12 . . 8 . .0 . . . . 8
- de 8 . . 36 . .0 ». . . 3 6
- de 4. . . 36 . . 0 . . . . . 3 d
- 130 0 130
- A F F U T S
- De33 • • 19 . . . 0 . . : . 15
- de 24. • . 50 . . . 0 . . . . 50
- de 26 . . 8 . . . 1 . . • • 7
- de 12 . . 12 . . . 1 . . . . ir
- de 8 . . 4.6 . . . 3 • • 43
- de 4. . . 46 • . . 5 • • 4i
- 177 10 167
- Avant-Trains • 173 , 12 . . 161
- Chariots à Canon . 39 . . 1 . . • • 38
- B O U L L E T S
- De33 . 12000 . 4840 . . . 7160
- de 24, . 50000 27900 . . . 22100
- de 16 . 6000 . 3182 . . . 2818
- de 12 . 4000 . 2500 . . . 1500
- de 8 • 27433 16233 • • . 11200
- de 4 . 15800 . 3018 . . . 12782
- HJ233 57673 57560
- L 2
- Muni-
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-
-
- 84 PREMIER MEMOIRE
- Munitions apportées. Munitions confommêes. Munitions rejlèes.
- ARMES DES PIECES +.
- De 33 . . 20 3 ... • 1?
- de 24 . . 66 . . . * ... . 61
- de 16 . . 8 • • • • 0 . . . . 8
- de 12 . . H 3 ... . 11
- de 8 . • 4P 21 ... . 28
- de 4 . • 4P 17 ... . 32
- 206 " 4P i*7
- M 0 r :t i ERS
- De 18 Pouces 1 0 .... . 1
- de 12 . • 24 . . . . 0 ... . 24.
- de 8 . . 12 • • • * 0 ... . 12
- 37 0 37
- Pierriers. * 8 0 ... . 8
- A F FUT S
- De 18 Pouces. 2 . ... 0 . . . . 2
- de 12 de Fer. 28 . . . . 0 . . . . 28
- de 8 de Bois. 14, . . . . 0 . . . . 14
- Affûts de Bois. *1 , à Pierriers j*1 . . . . 0 . . . . l6
- 60 0 ÔO
- B 0 M B E S
- De 18 . . 106 . . : 106 . : . OOO
- de 12 . . 7$00 ... «80 . . . 2p20
- de 8 . . 2000 . . . 1064. . . . 1936
- Balles à Feu 1950 ... 35:0 . lÔOO
- Grenades 40200 . . . 3900 . . 363OO
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- POUR UN SIEGE. 8?
- Munitions apportées. Munitions confommées. Munitions rejîèes. FUSÉES A BOMBES
- De 18 . . . . 300 . . . 112 . . 188
- de 12 . . . . 72?3 . . +68f • • 25*68
- de 8 ... . 2? 00 . . 1112 . . 1388
- Fufées à Grenades 4.6100 . . 305*00 . . i?6oo
- Pétards de Fonte ' 2 . . O . . 2
- Poudre .... 990000 . . $97800 . . 392200
- Plomb . . . 166000 . . ?i6oo . . 114.400
- Mèche . f . . 161700 . . 43300 . . 118400
- Hallebardes . . 352 7 . . 35T5T
- Armes à l’Epreuve Spontons
- Pics-Hoïaux Iioïaux Pics à Roc Bêches . . . .
- Pelles de Bois *)
- .—ferrées j
- Haches . . .
- Sêrpes . . .
- Outils à Mineurs Outils à Ouvriers
- 50 8. PotS 4, Cuiraff. O .38
- O U T I
- 9222
- 15*22?
- 1 ??o 20717
- 7320
- 600O
- IOOOO
- 200
- 32
- Coffre d’Outils àMinuifier
- Du Chêne à Plate- “^Madriers Forme à Canon J ioo Pour Plates-'] Pièces de Formes à h de Bois 106 Mortiers j Leviers 350 Pr.Canon3CoinsdeMire 120
- ---Coufïinets 4.1
- Pour Armes de Pièces!
- Hampes
- 0 . .. 38
- L S.
- 443 8.779
- 4?sj 107.00
- coo ??o
- 6 I j»3°I
- OOO 7320
- I 5*80 4420
- 54-13 4Ï87
- OOO 200
- . 32 00
- O 1
- 600 . - 5*00
- 106 . , 000
- I?0 . . 200
- 20 . 100
- 21 • • 20
- ?02 . . 48
- 5*0 8 Pots. 4. Cuir.
- L 3
- Mu-
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-
-
- U PREMIER MEMOIRE
- Munitions apportées. Munitions conjommées. Munitions rejlées.
- Chevres complettes . , 9
- Triqueballes ..... 4,
- Circks ......................... 6
- Tirebours ................... 2
- o
- o
- o
- o
- 9
- 4
- 6
- 2
- Sacs à Terre .... 30000 . 23000 ; 70000
- Pierres à Fufils* Barils . . 3 - , : 0 5
- Soufre . ... fol • S 4$
- Salpêtre . ... 3 ool. . , . *2 48
- Vieiloing . . . . 600' . , . 300 . 300
- Cire blanche . . . S . ? po
- Chandelle de Suif. . . Flambeaux de! 32?1. . . . 105; , 220
- Cire jaune J ' * 150 . • *1 • 99
- Peaux de Moutons , . Pour SaucilTons ^ H7 • . 116 • 3r
- Autres Toilles J * ‘ 2$ • . 2$ QO
- Lanternes claires . . 2? . 9 l6
- Tamis . ... 4* • . 0 4
- Meliires à Poudre . . . 23 . 0 23
- DeSrAr-} 2 . 0 . 2
- Entonnoirs .... 3 • 0 3
- Baguettes pourchargerlesFuféesi 20 . • 33 87
- Gamelles de Bois . . 14. . 8 . 6
- Egrugeoirs . • • •. 4 • 3 1
- Aiguilles à coudre • • 200 . . 158 42
- Fil 41. • 3i . t 2
- Ficelle .... iol. . 4 6
- Vrilles .... 24 . . 24 00
- Bottes de Cercles . . 6 . 6 00
- Grils à rougir Boulets . . 4 • 0 4
- Tenailles de Fer . . 2 . . 0 . 2
- Cuillieres de Fer . . 2 . 0 . 2
- Seaux de Bois . . . 4 • 4 . 0
- Tirefonds .... 12 . 12 . . 0
- Crochets à Bombes * . 36 . . 3<> • 0 Mu-
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- POUR UN SIEGE. 87
- Munitions apportées. Munitions cmfommées. Munitions refiées.
- Demoifelles • . . - 14 • • 14 . . 0
- Enfbnçoirs . . . . 12 . . 12 . , 0
- Etoupes ... 20I. • • 20 , * 0
- CORDAGES.
- CinqueneUes • . . .10 * . 0 . . 10
- Alonges. . 32 • • 0 . # 32
- Tables de Chevre 2 * • 0 . . 2
- Prolonges & Travers . • j»8i * * 41? • • 166
- Commandes S 89 * 194 • • 39*
- Paires de Traits 56 s • 23? • . 330
- Menus Cordages . 108I. . • 14? . . 3*
- Cordages de *1 40- Brafles/ . 1 . . 0 . . 1
- Autres de fix BralTes • 20 • . 7 • . 13
- Batteaux de Cuivre • 45» • • 0 . . 4*
- Haquets, avec leurs 1 Pouterelles J 0 0 *0
- Ancres 20 * * 0.. . . 20
- Capeftans 8 • • 0 . . . 8
- Rames 10 • . 2 • • 8
- Crocs 10 • . 1 . * 9
- Maffes de Bois 24 . • 24 . * 0
- Piquets 48 . • 48 . * 0
- Quaiffons pour les 1 Equipages des V 6 • . 0 . ; 6
- Pontons • j Etaim Soi. • • îo • . 00
- Cuivre jaune . 40 • • 40 * • 00
- Forges complettes . 8 • * 0 • * 8
- Fer en barre 2400I. • * 1325 * ’ 10 7?
- Acier *0 • • 50 * ; 0
- Limes, Paquets • 4 ; * 4 * , 0
- Cloux de Fer 102? . * 102? 0
- Rappes, Paquets . I . ‘ I . . 0
- Cadenats ; 6 . . 6 . . 0
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-
-
- 88 PREMIER MEMOIRE POUR UN SIEGE. Munitions apportées. Munitions conformées. Munitions reliées.
- Rapières de Charbon 6 • . . 6 . . o
- Charettes 168 * . 9 * • i$9
- Chariots couverts . 6 • o . 6
- Pinces de Fer 6 • S • i
- F ers de V illebrequins . , 24 • • 24 . • o
- Curettes 3 6 • • 3 6 • • 0
- Fin du premier Mémoire.
- S E-
- p.3x88 - vue 413/465
-
-
-
- SECOND MEMOIRE
- MUNITIONS
- POUR UN SIEGE.
- Munitions apportées. Munitions conformées. Munitions rcjlées.
- P 1 E
- De 33 . . • 6
- de 24 . • • 66
- de 16 . • • 8
- de 12 . • * 16
- de 8 38
- de 4, • • 8 48
- de 3 . . , H
- 196
- A F . F
- De 33 9
- de 24 . . 74
- de 16 . . ’ 13
- de 12 • ♦ . 21
- de 8 • 43
- de 4 * *•
- de 3 . • ‘ 14
- 230
- Avant-T rains . 213
- Chariots à Canon *2
- B O U L
- De 33 • ypôo
- de 24 • ; fî3ïz
- de 16 ‘ 10460
- de 12 ‘ . 12930
- de 8 ’ • 16337
- de 4 • 6?37
- de 3 • * 1400
- 108976
- CES
- 0 . . . 6
- 0 ... 66
- 0 * • . 8
- 0 * * . 16
- 0 • • • 38
- 0 8 • • 48
- 0 ... 14
- 0 196
- T S
- 2 . • • 7
- . * • 5*9
- 3 10
- 4 ’ .* * 17
- 1 . . • 42
- 0 • . • $6
- 0 ... 14
- 25* 20?
- 22 . . • 191
- 4 . • • 4-3
- E T S
- 1893 . . 4067
- 335*40 . . 21812
- 45*00 ; . . 5960
- 6420 . • • 6?io
- 2335* . • . 14002
- 1813 • ' . 4724
- 25*8 . 1142
- 5°7Î9 8217
- Mu-
- M
- p.3x89 - vue 414/465
-
-
-
- SECOND MEMOIRE
- Munitions apportées. Munitions confommées. Munitions rejlèes.
- ARMES DES PIECES
- De 33 9 ' 1 • 8
- de 24 ‘ . 93 ‘ ' 25 * ’ • d5
- de 16 ' . • 23 ; ; 11 12
- de 12 . . . 33 . . 26 * ; ’ 7
- de 8 . • . 74 . . 34 . ! . 40
- de 4 • • • 78 . . 25 . . . 53
- de 3 * ' • 14 . . 00 . . . 14
- 324 125 199
- M 0 R T I ERS
- De 18 Pouces 3 • • . 0 . . 3-
- de 12 . . * 32 . . 0 . . . 32
- de 8 . . . 24 . . 0 . . • 24
- Pierriers. . 8 . . 0 . . - 8
- B O M B E S
- De 18 Pouces . 600 . . , 334 • • . 266
- de 12 . . . 8466 . . 7440 • . . 1026
- de 8 . • . 4000 . . • 1380 . . , . 2620
- 13066 9IJ4 3912
- Grenades . . . 43200 20773
- FUSÉES A BOMBES
- De 18 Pouces . 1213 . . 34-ï • • • 868
- de 12 . . 1046) . . . 8+07 . . . 2058
- de 8 • • 5:501 . . 1410 . . . 4091
- Fufées à Grenades $0300 . . 37350 . . . 12950
- A F F ü T S
- de Fonte de 18 pouces 3 . . . 0 . . . 3
- de Fer de 12 • • 38 . . # 0 . . . 38
- de Bois de 8 . . 2(5 . . 0 . . . 26
- Affûts a Pierriers de Bois 10 . . 2 . . - 8
- Mu
- p.3x90 - vue 415/465
-
-
-
- POUR UN SIEGE. <
- Munitions apportées. Munitions confommêes. Munitions rejlêes.
- Poudre . . 10^8400 . 7 2 5“ 000 • 333400
- Plomb ... 182200 . . . 1024.72 • 797-8
- Mèche ... 17^400 884. fo 86950
- Hallebardes 4,80 . . 24,0 . . 240
- Armes à l’Epreuve \ . Armes avec44
- avec leurs Pots J ?o Pots 8 4-2
- Cartouches ; . . 1712 . , 404. ' . - 1308
- OUTILS.
- Pics-Hoïaux . 24070 • • 9fiy •
- Roïaux 10400 . . 2158 . . 8240
- Pics à Roc Pics k Feuille de ^ 1200 • • 369 < . 831
- Sauge J Pics à Tranche 3070 • • 9511 . . 2119
- 800 . . 8OO . . 000
- Bêches Pelles de Bois 1 24672 3?oo . . iojoÿ . . 2270 . . 14167
- ferrées J * ' . . 1230
- Haches 6^9 . . 2877 . . 3682
- Serpes • • ?973 . .
- Outils a Mineurs 200 . . 87 . . 113
- Outils a Ouvriers 221 . . 0 . . 221
- Pour Canon, Madr. . . 1830 . . 1378 . . 452
- *1 rt Pr. Plattes-Formes ^ ^ à Mortiers j gc 3 V 100 )isj . . 100 . . 000
- Leviers 218 . . 126 . . 92
- Coins de Mire 89 . . 00 . . 89
- Coulïinets 26 . . 26 . . 0
- Hampes .364 . . 204 . . 160
- Chevres complettes . 6 . . 2 . . 4
- Triqueballes 2 . . 0 . . 2
- Cricks 8 . . 0 . . 8
- Tirebours . 23 . . 0 . . 23
- p.3x91 - vue 416/465
-
-
-
- Iil.
- 61.
- 92 SECOND MEMOIRE
- Munitions apportées. Munitions conjommèes. Munitions rejlèes.
- Sacs à Terre Pierres k Fufils Soufre
- Salpêtre . .
- Térébentine* Tonneau Vieiloing Chandelle Flanbeaux de \ cire jaune j Peaux de Mouton
- Pour SauciJIons}dAjioüIe }
- Lanternes claires Lanternes fourdes Tamis
- Mefure à Poudre Chaudière de Fer Entonnoirs Maillets de Bois Baguettes à Grenades Autres Baguettes de \
- Fer à Bombes J Gamelles de Bois Egrugeoirs - .
- Aiguilles à coudre Fil
- Ficelle
- 113m 862^3 . 27300
- IOOOO 0000 . IOOOO
- 708L 55 8 . 15TO
- 12361. 1036 . ‘ 200
- I iool. .
- . II281. 1004 . 124
- 2001. 200 . 000
- . 126 12 . 114
- . 170 95 75
- 73 73 . » 00
- 29 4 25
- 23 7 16
- • 4 1 3
- . 38 0 • 38
- 2 1 . 1
- 2 2 0
- 10 0 10
- 4i 26 15
- 58 12 • 4*>
- 4 1 3
- . 8 2 6
- . 142 142 000
- îfl.
- 4-1-
- Vrilles 12 . . 9
- Paffe-Boullets de Cuivre 3 • « 0
- Dégorgeoirs • Moulfl.es de Bois ^ 20 . . . 26 . . 0
- avec Poulies J a*
- Harnois de Limon . ‘100 . . 10
- Bottes de Cercle • 5<* • • 56
- Grils à rougir Boulets • 7 0
- Tenailles de Fer 5 • • 0
- Caiffes à Boulets 24 . . 4
- Cuillieres de Fer 29 . . 5
- 00
- 2
- 3 3
- 20
- 24
- 90 00 7 5? 20 24 Mu-
- p.3x92 - vue 417/465
-
-
-
- POUR UN SIEGE. 93
- Munitions apportées. Munitions confommics. Munitions rejlies.
- Chapiteaux 2 . . 0 . 2
- Metail . ... m • • 0 . • 294
- C Ô R D AGES.
- Cinquenelles II . . 1 . 10
- Alognes Cables de Chevre *° 39 • 11
- 3 • • 0 . 3
- Prolonges & Travers 63* 4.02 . * *33
- Commandes • 700 . . 700 . 000
- Paires de Traits *30 ï . . 366 . . 164*
- Paquets de menus \ Cordages J 13 13 • 00
- A Plattes-Formes]- Pouterelles 12p . . 129 . 00
- Avec 79 5 Poutrelles j- de 1IO . . 000 . . no
- Haquets 1I8 . . 000 , . 118
- Ancres - , 32 . . 8 24
- Capeftans II . . 00 . . it
- Tamis « 21 . . 17 . 4
- Crocs .... 60 . .. 57 . . 3
- Outils à Chaudronniers .23 15 . 8
- Fourches de Fer 40 . . 40 . . 0
- Maffes de Bois . . . 20 . . 20 . . 00
- Piquets Caillons, avec les Equi- ^ *7 • • *7 • . 00
- pages des Pontons j 4 . . 4 - • 00
- Soudure *ol. . . 3*1- • 1*
- Cuivre .... 73l* • • 55I. • 18
- doux de Cuivre . , îol* • • 10 * 00
- Forges complexes 8 0 . • 8
- Fer en Baue 2000I. 1490 • • 510
- Vieux Fer 5881. ' 000 • • 588
- Acier 4* 19 • • 26
- Six Paquets de Limes 30 30 * ‘ 00
- Cloux de Fer 98 0 529 • .4*1
- Razieres de Charbon * • . 22 . . 00
- M 3 Mu-
- p.3x93 - vue 418/465
-
-
-
- SECOND MEMOIRE.
- Munitions apportée. Munitions conjommées. Munitions reftêes*
- Caillons . ? i . 4
- Charettes 2J8 • 22 • . 236
- Chariots couverts . 12 00 * 12
- Eiïieux de Fer 12 7 • S
- Paires de Roues *1 de Charettes J 7s 3* * • 4
- Echelles de Bois . . . 12 . 00 - 12
- Planches de Sapin • ii74 . 137 • • 1037
- Fin dd Second Mémoire.
- J R O I-
- p.3x94 - vue 419/465
-
-
-
- TROISIEME MEMOIRE
- MUNITIONS
- POUR UN SI E G E.
- Munitions menées. Munitions confommêes. Munitions rejlèe:
- P I E C E S
- De33 . . 4 . . . . 0 . . . . 7
- de 24 . • *3 .... 0 • • • • 5*3
- de 12 . . 22 . . . *. 0 . . . . 22
- de 8 • • 34 . . . . 0 . ... 34
- de 4 . . 3* . . . . 0 . ... 36
- 149 0 H9
- A F F U T S
- De;3 . . 6 .... 2 ... 4
- de 24 . . 5:9 .... 7 . . .42
- de 12 . . a? . . 0 .... 27
- de B . . 41 . . . . 1 ... 40
- de 4 . . 42 . . . . 0 . ... 42
- 17* 10 16*
- Avant-Trains . 203 . . . 1 . . 202
- Chariots à Canon .35* . . . 0 • * • 3*
- B O U L L E T S
- De33 • Ï692 . . . 3S8? . . 1807
- de 24 • J7+69 . . 45*189 . . 11280
- de 12 . 14260 . . . 8440 . . 5*820
- de 8 . 14*00 . . . 8300 -, . 6200
- de 4 .. 6000 * • • 1000 . . 5000
- 96921 66814 30107
- Muni-
- p.3x95 - vue 420/465
-
-
-
- 96 TROISIEME MEMOIRE
- Munitions apportées. Munitions consommées. Munitions rejlêes. ARMES DES PIECES
- De 33 . P • • I • ; 8
- de 24. . 74 . . . 3 * - 7i
- de 12 , 351 2 . . 33
- de 8 . 5*1 • • • 11 . , 40
- de 4 . . 62 . . , Il . « U
- 231 28 203
- MORTIERS
- De 18 Pouces 3 • . . 0 : ; 3
- de 12 . . 30 . . . 0 . . 30
- de 8 . . 24 . . . 0 . . 24
- 57 0 S7
- Pierriers. . 4 • . . 0 . . 4
- AFFUTS
- De 18 Pouces 3 . . . 0 . . 3
- de 12 . . 37 * . . 0 . '. 37
- de 8 . . - 25 . . . 0 . . 26
- 66 0 66
- BOMBES
- De 18 . - 797 • *89 • • 208
- de 12 • • 9000 . . . 8000 . . 1000
- de 8 . . 7122 . . . 2800 . . 4322
- 16919 11384. mo
- Grenades . 19800 . . . 6000 . . 13800
- P U S E’ E S A BOMBES
- De 18 . . 1660 . *1+ • • 1146
- de 12 . • 13282 . . . IIOOO . . 2282
- de 8 . . 7122 . . . 2800 . . 4322
- Fufées à \ Grenades J 3 9800 . . . 6000 . . 13800
- Poudre
- p.3x96 - vue 421/465
-
-
-
- POUR UN SIEGE. . ,
- 'Munitions apportées Munitions confommées. Munitions rejlées.
- Poudre 900000 . . 600000 300000
- Plomb 160000 . . 80000 80000
- Mèche 70000 . • 60000 . 10000
- Hallebardes • . 100 . . 9 91
- Armes à l’Epreuve 10 * * 0 10
- O U T I L S.
- Pics-Hoïaux . 19000 : . 5-000 ; 14000
- Hoïaux H? . • 100 41?
- Pics à Roc 100 • . 0 100
- Bêches • 205:46 . . 7000 13J46
- Pelles de Bois 1
- ferrées / 105-4, 00 4 67
- Haches • 3?oo . . 1000 If 00
- Serpes . 95-00 . . 2600 60 00
- Outils à Mineurs 318 . . 000 318
- Outils à Ouvriers 30 . • 000 30
- à Canon, Madriers . 275-9 . * 86? 1894
- à Mortier 3 Pièces del
- Bois J . 157 . • 30 127
- Leviers « 90 460
- Coins de Mire . 262 . 00 262
- Hampes 20 . 00 20
- Chevres complexes 10 . 00 10
- Triqueballes 4 • 00 4
- Cricks ? • 00 5*
- Sacs à Terre . 84000 . . 49700 34300
- Pierres à Fufil 5:0000 . . 000 5*0000
- Salpêtre . 4561.. 373 83
- Soufre 890I. . 243 <547
- Terebentine i 24Î. . 14 10
- Vieiloing 5?iol. . 480 30
- Cire blanche iol. . . 10 00
- Chandelle . 270I. . • 270 . 000
- N Mu-
- p.3x97 - vue 422/465
-
-
-
- 98 TROISIEME MEMOIRE
- Munitions apportées. Munitions confommées. Munitions rejlèes.
- Flambeaux de 1 Cire jaune j 106 . . 2 6 • . 80
- Peaux de Mouton Pour Sau- *1 Aunes \ .78 . . 72 . » 6 00
- ciffons / deToille/ .20 . . 20 . .
- Lanternes claires .32 26 . . 6
- Tamis S * . ? • * 00
- Mefures à Poudre .4.0 00 • * 40
- Chaudières de Fer • 2 . . 0 . . 2.
- Entonnoirs 6 . * 2 • * 4-
- Baguettes pr. Fu- ^ fées à Bombes j 61 . 00 • * 61
- Gamelles de Bois . 9 • • 00 . • 9
- Aiguilles à coudre 100 . . 100 . • 000
- Fil • . il. • . il. * 0
- Ficelle 61. • . 6 • . 0
- Pafle-Boullets de
- Cuivre / 3 • • 0 3
- c o R D A G E S.
- Cinquenelles 11 . . 6 . . S
- Alognes Cables de Chevre . • 47 • • 6 . . 36 . . 1 . . 11 S
- Prolonges & Travers • ‘34*? • . 293 • • 52
- Commandes 529 • . 529 . . 000
- Paires de Traits .726 396 . . 330
- Batteaux de Cuivre . .66 , . 00 . . 66
- Haquets .22 . . 00 . . 22
- Ancres . 20 . . 00 . . 20
- Capeftans .8 0 . . a
- Crocs 38 . . 36 . . 2
- Fourches de Fer .4.2 . . 33 * • 9
- Cuivre jaune . 40L . . 23 . . 17
- Çloux de Cuivre . jsi . . S • • 10
- Forges complettes . 6 . . 0 . . 6
- Fer en barre 4.1 yol. . . 4.150 . . 0000
- Vieux Fer 2jf0l. , . 50I. . . 200
- Mu-
- p.3x98 - vue 423/465
-
-
-
- POUR UN SIEGE.
- Munitions apportées. Munitions confommées. Munitions rejtêes.
- Acier il . 21 . . 00
- Paquets de Limes S 0 . . $
- Cloux de Fer 899 . 669 . . 230
- Quaiflons * 6 0 . . 6
- Charettes • m . OOO . . Ÿl'l
- Chariots couverts * * 6 0 . , $
- Fin du Troisième et dernier Mémoire.
- N a
- p.3x99 - vue 424/465
-
-
-
- p.3x100 - vue 425/465
-
-
-
- pl.1 - vue 426/465
-
-
-
- pl.2 - vue 427/465
-
-
-
- pl.3 - vue 428/465
-
-
-
- \ jS^CClZ/ûy^d(dJd^ldCv ozt /ryfyùè/ dune partie de layace d'un _ 1$action f et de '
- ~otv glacis et ddctlissoule vue en, dehors comme
- était posté 'ce la moitié de la lapeur de
- ylacis, _
- Zÿn
- Z! Jchnopraphze mrtlan/ j 'im
- partie Z la yace Z are ÜBasticm, de sorv disse , Chemt/v - couvert- etr ylacts .
- <échelle de ap dZozs es .
- Ma
- 1*34-6
- 26
- horisontalle
- diez
- miîinniilHÎ
- &cp7icatzart des parizes du Trofîll
- CD dalud du dempart,
- DJÜ Ca lapeur.
- DF Sa, hauteur.
- U G- dalud de la danpicette.
- GOEI Sa lapeur. •
- HI dicucteicr du iParapet. . . . •
- IIC dateur du darapet avec son dalud du code-' de- dehors .
- JL de devetememt de ma connerie- et- son, épaisseur pus pues* au Cordai .
- M de CoJ'don/. .
- L¥ü Zi a ^Huraille avec ses <dpy?~enées épaisseurs.
- O P des yéndemens a vécu deusc distraites .
- QR de Ce7it?yo7tr.
- MP dalud de la ddia\nl!e. PS lapeur dudosse.
- T V Ccrù-es carpe, oU dèevetemervt du déssé, sa hauteur et épaisseurs, ymdement et Contryort »
- VX datpeicr du Chemm, - couverts.
- JSiYZdalud et la peur de la ÜBanpuette .
- Z Se dézicteicr et tahed du darapet, du Chemin/-couvert avec sa dalissade .
- Sc B dapeur duyiacis, et son dalud pus pues au niveau de la Campapne.
- OrteyrapJvies, Coupe, ait/ Trûfll dit dlaru - p — dessus / ce picuyait voir les larpeurs, Ivauteurs et taluds des Oicvrapes
- pl.4 - vue 429/465
-
-
-
- pl.5 - vue 430/465
-
-
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- pl.6 - vue 431/465
-
-
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- pl.7 - vue 432/465
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-
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-
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- pl.10 - vue 435/465
-
-
-
- pl.11 - vue 436/465
-
-
-
- Planche 12,.
- tPliin Supérieur e t intérieur du dte'duzt propose/.
- 'JPlare et dtcrfils d&s nmiy&azex
- pl.12 - vue 437/465
-
-
-
- ze.
- iPlancluy 13.
- Cle'yatûms du Réduit yd pur le cote?.
- 1 i ••1t~i 1 -L-r^
- S2dyaù,û72/ <dc IRéduitr -yzl par lu Carpe
- Cleradan etd'rafil du Ulédiut frrzs sur lu Capitule^.
- A
- S
- *5
- üois
- pl.13 - vue 438/465
-
-
-
- jPlaiic/ie' 5 jüc
- jlll.—ill.
- éc&elle' Auzù- Jozses
- iiiimiiiiiitiimmiiiiiiiiiiniiiiimiini
- mmiiimiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiimii
- iiiiiMiiiiiiiiimmmiiiiimnimiimi'
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- 4
- 7
- pl.14 - vue 439/465
-
-
-
- !IP&zncAe Jg
- ^Fronû chü Quarr'e^
- Sckelle de> zoo loi
- S 20 ZO 30 40 3-0
- pl.15 - vue 440/465
-
-
-
- pl.16 - vue 441/465
-
-
-
- pl.17 - vue 442/465
-
-
-
- IVa/ic/e iS.
- S. o. o.
- A;, û. û.
- pl.18 - vue 443/465
-
-
-
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- -Batteries sztr le Chemin amyerd.
- Ot.lZ.dieces de Canon poicr lattre
- K..12. tPierners.
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- ise/ de l<v Place.
- les deux petits dlancs .
- C. S . Pièces de Canons
- dotal - - _ sfû Pièces de Canon/,
- des demi -dunes, du redidtr etr
- des adossez, des Cmtreaardès
- des dours las données .
- H dassape des dfosSez des demi -duhes .
- D. 22. /Pièces de Cernons
- I./Payement- des Cmtnepardes .
- Ë . 8 . dieces de Canon/
- L. décernent” de/ la demi - dîme/ .
- C cl elle de centr juatre - nnptrdoû
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- Planche zg.
- JB a ttends sur les Ouvrait
- F. 8. THeces cfe Canon pour démonter
- proposée/ depnas letaAlisse77zent Je/ J troisième parallèle
- celles des PJancs des Postions .
- A~ 2Z. Pi'erriers,
- se Je la J/ace .
- G. 8. P*ieces de Canon
- B . iz. Lier ti ers ,
- des 38astions .
- C . 8. Pièces Je Canon
- H.8: 3*ieces de Cznem,
- I). 1Z. Pièces de Canon/
- CrecAe Ces CLaces des Gmtrepardes.
- F. 8 . Pièces de Canon/
- B. Passape des Passez des Lemô-Limes ,
- IrrecAe les Places des Cfiemr - Lunes .
- 1ST. Lapement des Contrepardes .
- O et/ P. Logement des Pemi-Lunes et Pednôts ,
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- Rlatiche, 2,4..
- A. Roternes sous le. Rempartr. «
- B. Communication sous la' Jenaille/.
- C. Rampes pour descendrez clans le- Rossé. "Xi.Cscaliers -pour- comrrucnzÿuar.
- Th.Rarriérés poza' yërmer le- Rossé.
- F. Gzpomueres empirrmez de Chemùe-couvert-.
- Qr.Remis de Gnmztnieation dans Iss Rossez, pleins d’eaiu.
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- 'Pour lesPàssez
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- l&L. R arriérés de Sondes .
- I. Rampes pour 7nemter sur le JHempartr. Xi.Rlœtte-pume/ poter drer a JSariette.
- Iû. Rampes pour monter le Canon/ . ^JL.Remz - Càpemmeres .
- TX.JSarrieres pour en sertir et y rentrer.
- et p
- a .Gcnettes dans les Rck
- ¥,ossez secs.
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- - •dÿueduc pour le jPa-ssape- de Cause
- de la Gaiette sous les Caponnzeres.
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- Pour les 'Possez
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- des franches etr -petiût
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