- Accueil
- > Catalogue général
- > Exposition internationale universelle. 1876. Philadelphie - Section française. Rapport sur...
Section française. Rapport sur le vêtement, la parure, les articles de fantaisie
-
-
- EXPOSITION INTERNATIONALE DE PHILADELPHIE
- __ EN 1876. ^
- ’ ' • . - - -î5<ç>c=—- '•
- , , SECTION FRANÇAISE;
- RAPPORT
- S [JR
- LE VÊTEMENT, LA PARURE
- LES ARTICLES DE FANTAISIE,
- P A R
- M. DIEÏZ-MONNIN,
- MEMBRE DU JURY INTERNATIONAL.
- > r *3 4^' ^-ÆrV ,
- -f _
- -, _ \ V
- - 'v v * s **
- PARIS.
- IM P RI iVI E RIE N A TIO N A L E.
- •- -.vS.<
- s~a
- M Df.CC LXXVII.
- > %'t-S
- / ." -V£-T' '
- Page de titre 1 - vue 1/93
-
-
-
- *
- »
- 1
- • -i
- 'dt
- ;à à
- . ' t*
- • -
- p.2 - vue 2/93
-
-
-
- V E T E M E N T
- PARURE, ARTICLES DE FANTAISIE.
- Le groupe auquel nous avons été attaché comme juré comprenait les classes suivantes du catalogue général américain :
- Classe ü5o. — Confections pour hommes, vêtements imperméables, chasublerie, confections pour dames, corsets/bonneterie.
- Classe 251. — Chapeaux, casquettes, chapeaux de paille, chapellerie de dames, gants et mitaines, tissus élastiques.
- Classe 25s.—Dentelles , broderies et passementeries.
- -, Classe a54. — Fleurs artificielles et plumes, coiffures, boutons, garnitures, épingles et agrafes. Eventails, parapluies, ombrelles, cannes et fouets, pipes. Objets divers pour l’habillement et l’ornement, à l’exception de la bijouterie. Articles de fantaisie et jouets.
- Classe 255. — Maroquinerie et tabletterie; malles et valises.
- Classe 256. — Fourrures brutes, apprêtées et confectionnées.
- Classe 25']. — Costumes nationaux et militaires.
- Classe 285. — Objets fabriqués en caoutchouc et gutta-percha.
- Classe 286."— Brosserie,
- Classe 288. — Drapeaux, enseignes, emblèmes, insignes.
- La chaussure, qui figurait primitivement dans la classe 251, a été rattachée de fait au groupe des cuirs et la passementerie pour voitures à celui de la carrosserie.
- Le Jury du groupe se composait.
- Pour l’élément américain, de :
- MM. le docteur Hewston, professeur de médecine à San-Francisco, président; le docteur Ilorsford, professeur à l’Institut de Cambridge (près Boston) ; le docteur Chandler, professeur à l’Institut de Bethléem , secrétaire;
- 0. Lynthicum, négociant à New-York;
- B. D. Britton, négociant à New-York ; ,
- p.3 - vue 3/93
-
-
-
- EXPOSITION UNIVERSELLE UE PHILADELPHIE.
- Pour l’élément étranger, de :
- MM. le général Mod. Kitlarv, membre du Conseil privé de l’Empire russe;
- Empey, membre du Parlement canadien ;
- Edouard Kanitz, membre de la Chambre de commerce de Vienne (Autriche) et de la Commission supérieure de l’Exposition de Philadelphie;
- Dietz-Monnin, ancien député de la Seine, membre du conseil municipal de Paris.
- Le Jury, après avoir constitué son bureau, se divisa dès le début en sous-comités spéciaux pour chacune des nombreuses branches qui s’imposaient à son examen, chaque sous-comité ayant pour mission de faire une instruction préparatoire. Le Jury tout entier visitait ensuite la classe dont l’étude avait été ainsi préparée et statuait, après cette inspection finale, sur les propositions des rapporteurs, sur l’attribution des médailles et sur les mérites particuliers qui devaient être signalés à l’appui de chaque récompense.
- Nous fumes, pour notre part, chargé de l’instruction préparatoire et des rapports relatifs à la chasublerie, comprise dans la classe o5o,et de toute la classe 2 5a, dont l’étude nous fut facilitée par l’adjonction de MM. Du-hayon-Brunfaut, membre de la Commission belge, et de M. le major Gôl-dv de Saint-Gall, délégué suisse. Le rôle de ces délégués, dont nous avons apprécié hautement le concours dévoué et compétent, était purement consultatif, car ils n’ont pu prendre part aux délibérations du Jury pour les récompenses.
- L’étude des classes 25 1, a5ô, 255 et 286, avec la collaboration de MAL Kanitz et Britton; celle de la classe 255, avec la collaboration de M. le général Kittary et de M. Empey, nous incombèrent également.
- Il est à peine besoin de dire que, aucun de nos collègues américains ne connaissant les langues étrangères, toutes les délibérations, discussions et rapports se faisaient en anglais.
- Ces travaux préliminaires furent très-laborieux et pénibles pour diverses causes : la chaleur accablante qui a persisté à Philadelphie pendant plusieurs semaines, le retard prolongé dans certaines installations, le défaut d’ordre matériel dans l’établissement des classifications, et enfin une certaine inexpérience , pour ne pas dire insuffisance, de la part du personnel administratif de l’Exposition.
- Dès nos premières visites , grâce au peu de sévérité qu’on avait mis à réaliser dans la pratique la classification méthodiquement arrêtée dans le règlement , grâce aussi aux concessions probables que la Commission supérieure avait du octroyer sous les pressions et influences de la dernière heure, il nous a fallu, sans renseignement d’aucune nature, avec le seul secours d’un catalogue très-défectueux et une diffusion regrettable de pro-
- p.4 - vue 4/93
-
-
-
- O
- VÊTEMENT, PARURE, ARTICLES DE FANTAISIE.
- duits similaires, aller, [jour ainsi dire, à la découverte d’un grand nombre d’exposants dont les noms figuraient au catalogue : les uns s’étaient abstenus sans en aviser gui de droit, les autres n’étaient pas prêts, et d’autres enfin s’étaient logés ailleurs que dans la partie du Main Building qui leur était assignée. C’est presque exclusivement dans le département des Etats-Unis que nos recherches ont été laborieuses et quelquefois stériles; pour les autres pays, les commissaires nous secondaient avec d’autant plus d’efficacité que les produits de leurs nationaux se trouvaient en général méthodiquement groupés.
- Le Jury entier, comprenant aoo membres, dont 126 Américains et
- I a5 étrangers (il était réparti, mais non également,dans les 28 groupes de l’Exposition), fut réuni pour la première fois le 2A mai 1876 au pavillon des juges, et dès le début l’article 1e1' du règlement, relatif aux récompenses, souleva de la part des jurés étrangers une vive opposition.
- II était ainsi conçu : «Les récompenses seront basées sur des rapports «écrits, certifiés par la signature de leurs auteurs.»
- Une courte expérience de la vie et des habitudes américaines avait suffi pour mettre en défiance les jurés étrangers contre les dangers que pourrait faire courir à leurs rapporteurs l’exagération des moyens de publicité commerciale qui ont cours aux Etats-Unis. La réclame la plus retentissante n’eût pas manqué d’exploiter dans les journaux ces rapports particuliers et la signature de leurs auteurs, et de leur créer ainsi une situation délicate à des points de vue divers que repoussent les mœurs et les usages européens.
- Les jurés français, d’accord avec leurs collègues étrangers, ne s’opposaient pas à signer personnellement leurs rapports, mais demandaient que le rapport définitif, c’est-à-dire celui qui devait être livré, avec la médaille, en pâture à la publicité effrénée des négociants américains, fut signé non-seulement par le rapporteur, mais encore par tous les membres du Jury solidairement, et certifié, à titre d’extrait conforme du registre des délibérations du Jury de chaque groupe, par la Commission supérieure, qui, par l’article 8 de son règlement, se réservait de statuer en dernier ressort.
- Ce vœu, après avoir été repoussé en principe, finit par être appliqué dans la pratique. %
- Il n’en fut pas de même d’un second vœu formulé par les jurés français.
- Le petit nombre de jurés étrangers, eu égard à la quantité de classes qu’ils étaient appelés à représenter, imposait à chacun d’eux l’obligation de défendre ses nationaux dans les classes autres que celles auxquelles le
- p.5 - vue 5/93
-
-
-
- 6
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE PHILADELPHIE.
- règlement les rattachait officiellement. Ces classes étaient au nombre de 600, et la France comptait 15 jurés seulement, l’Angleterre, avec ses colonies et possessions étrangères, 19, etc. Il fallait donc que chacun des jurés étrangers, après /être entouré, soit directement, soit par des experts choisis, de tous les éléments d’appréciation nécessaires, obtînt le droit de venir défendre ses nationaux dans toutes les classes où ceux-ci figuraient comme exposants, sans représentant attitré de leur nationalité dans le Jury. C était, avec la nécessité de se multiplier, le moyen de répartir entre les jurés de chaque nationalité européenne le travail d’ensemble et d’éviter que des exposants fussent oubliés dans leur département.
- Nous étions persuadés que les jurés américains étaient trop désireux de donner satisfaction aux jurés étrangers, qui s’étaient déplacés en vue de contribuer à l’éclat de la solennité du Centenaire, pour ne pas accéder à cette proposition, au double point de vue de la courtoisie et de l’équité internationales.
- Mais nos espérances furent déçues. Les jurés anglais se dégagèrent, sur cette question, de l’entente qu’ils avaient fait espérer à leurs collègues. La proposition fut repoussée, malgré l’appui excellent qui lui fut apporté par un juré américain, le digne et respectable M. L. Smith, de Louisville, vétéran des Expositions européennes.
- Il résulta de cet échec que des classes aussi importantes que la gravure, les fournitures de bureau, papeterie, coutellerie, quincaillerie, etc., n’ont pas eu de représentant français pour défendre utilement leurs intérêts dans les Jurys de groupe composés entièrement d’éléments étrangers à la France.
- Ces difficultés et ces malentendus des premiers moments ne furent malheureusement pas les seuls; divers points de l’organisation administrative et fiscale du Centenaire provoquaient les énergiques réclamations des exposants, particulièrement en ce qui touche la question des récompenses et celle des obstacles apportés par la Douane aux transactions commerciales des exposants étrangers.
- Malgré les observations répétées adressées à la Commission supérieure et contrairement à tous les précédents ratifiés par l’expérience, on adopta une seule espèce de récompense pour les exposants de toute nature, une.médaille uniforme en bronze, à laquelle devait être annexé le rapport-récompense expliquant les motifs de la distinction.
- C’était un mode économique qui ne pouvait guère se justifier que par l’indifférence des industriels américains pour la médaille proprement dite et leur préférence bien accentuée pour un verdict, élogieux sur leurs produits pouvant fournir matière à de pompeuses réclames dans la presse et
- p.6 - vue 6/93
-
-
-
- 7
- VETEMENT, PARURE, ARTICLES DE FANTAISIE.
- sur leurs prospectus commerciaux. Peut-être aussi la Commission supérieure s’est-elle arrêtée à l’unité de médaille pour diminuer ses charges et aller au-devant de mécomptes possibles dans les résultats financiers de sa vaste entreprise.
- Encore si ces récompenses avaient échappé au soupçon d’être réparties sans aucune pression supérieure! Mais nous avons appris avec quelque surprise par nos collègues américains, devenus nos amis, que rappelés à Philadelphie au mois d’octobre, c’est-à-dire après le départ de tous les jurés étrangers, ils avaient dû siéger pendant cinq semaines pour opérer, sous la direction de la Commission supérieure, une véritable révision du travail des premiers juges. C’est là un procédé qui, se produisant après la distribution des récompenses (les travaux du Jury international, commencés le 2 A mai, furent terminés le 31 juillet, et la distribution des prix eut lieu le 27 septembre), enlève évidemment quelque chose à la dignité des jurés officiels et laisse planer des doutes sur l’impartialité de jugements révisés d’une manière aussi posthume qu’insolite.
- Nous ne connaissons pas encore, à l’heure où nous écrivons ces lignes, les résultats de ce travail de révision, mais nous avons à peine besoin d’indiquer que nous ne mentionnerons dans le cours de ce Rapport que les récompenses accordées par le Jury tel qu’il avait été officiellement constitué.
- Un autre ordre de griefs était tiré des dispositions fiscales que la Douane américaine, — sur laquelle la Commission supérieure semble avoir eu une action très-limitée, —avait imaginées pour rendre presque impossibles aux exposants européens les opérations commerciales sur les produits exposés.
- En effet, les règlements exigeaient que les exposants qui voulaient disposer de leurs produits payassent cYavance intégralement les droits de douane sur la totalité de leur exposition ; de plus, l’autorisation de vente des produits, donnée sous ces conditions sans précédents, était atténuée par l’interdiction d’introduire des duplicata.
- Les plaintes furent générales; elles étaient aigries par les difficultés de toute nature qui s’ajoutaient aux mécomptes inattendus qu’un régime protectionniste très-sévère et les procédés quelquefois vexatoires des agents subalternes du fisc réservaient aux exposants arrivés à grands frais d’Europe : le nombre des visiteurs était peu important par suite des chaleurs étouffantes qui régnaient à Philadelphie; aucune commande ne venait encourager les espérances conçues au départ; le chômage tyrannique du dimanche ajoutait au malaise, et la vie était fort chère.
- Tous nos exposants adressèrent sur les procédés de la Douane, le 27 mai,
- p.7 - vue 7/93
-
-
-
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE PHILADELPHIE.
- une protestation à M. Roulleaux Dugage, commissaire délégué de la section française à l’Exposition.
- La plainte, présentée à la Commission du Centenaire, donna enfin lieu , à la fin de juillet, à une décision qui n’exigeait plus la consignation des droits de douane que pour le prix des objets vendus.
- Il est facile de comprendre, et c’est dans ce seul but que nous croyons devoir en faire mention dans ce Rapport, à quel point toutes ces difficultés de détail ont influencé l’appréciation des meilleurs esprits sur la valeur et les mérites de l’Exposition de Philadelphie.
- Il serait injuste pourtant de s’abandonner a ces fâcheuses impressions du début et, sous le coup des malaises physiques et moraux, voire meme des mécomptes matériels qu’on a pu éprouver, de ne pas reconnaître hautement le caractère à la fois grandiose et hardi du Centenaire et de négliger les enseignements qu’il porte en lui.
- Pour exprimer notre pensée sur ce point, nous nous permettrons d’employer une expression tirée de la langue philosophique et de dire que, subjectivement, les exposants européens ont pu être légitimement froissés de ce que leur réservaient les Etats-Unis au point de vue du régime économique, de certaines originalités anguleuses de leurs habitudes sociales et surtout de la libre allure de leurs mœurs commerciales, qui paraissent avoir donné à l’ensemble de l’esprit national comme l’empreinte de leur fougue ardente à la poursuite du mighty dollar, et d’un certain débraillé dans la conquête de la richesse et du bien-vivre.
- Cette poursuite d’un résultat sans idéal moral, ne ménageant aucun effort et dégagée de toute tradition , est encore fort étrangère aux habitudes européennes et surtout françaises. Elle est la note poussée à l’extrême du génie anglo-saxon se répercutant, en pleine liberté, sur un composite de toutes Ses vieilles races d’Europe galvanisées par la soif de l’indépendance et d’un labeur plus lucratif.
- Mais, objectivement, il n’a été possible à aucun esprit sérieux et pratique, capable de comparer sans parti pris les résultats du travail industriel et commercial, de fermer les yeux à cette vérité éclatante : il faut que l’Europe prenne garde aux progrès rapides, immenses, des Etats-Unis, si elle ne veut un jour se réveiller au lendemain d’une défaite que les Américains prévoient, caressent, escomptent et précipitent avec une ardeur fiévreuse.
- Nous serions presque tenté de croire, à en juger par les précautions minutieuses qui régissent les formalités d’importation, par les articles d’économie politique que publient les organes les plus autorisés du journalisme local, par les conversations qu’à maintes reprises nous avons eu l’occasion d’échanger sur ce sujet avec les personnalités les plus considérables par leur
- p.8 - vue 8/93
-
-
-
- VETEMENT, PANURE, ARTICLES DE FANTAISIE.
- 9
- .situation, que ia doctrine Monroc, exclusive de toute immixtion étrangère, a passé du domaine politique dans le monde des affaires, et que le summum des aspirations américaines serait, bien loin d’abaisser les barrières actuelles, d’élever contre l’intervention européenne un vrai mur de la Chine, tout en se réservant d’accaparer à son profit les marchés du vieux monde.
- Ce que des calculs pareils peuvent avoir d’erroné au point de vue des saines théories économiques n’a pas besoin d’être démontré ici, et la crise intense qui sévit depuis trois ans aux Etats-Unis en est la meilleure preuve.
- L’acte par lequel le Congrès a, le 3 mars 1871, décrété l’Exposition du Centenaire n’a pas dû échapper à l’influence des doctrines que nous indiquons. 11 a dû puiser ses inspirations jusqu’à un certain point dans le sentiment d’orgueil, très-légitime d’ailleurs, qui pousse les Américains à montrer à quel degré de vigueur et d’entraînement est arrivé ce peuple né d’hier et qui compte aujourd’hui 38 Etats et plus de ûo millions d’habitants.
- C’est peut-être à cette préoccupation de fierté et d’individualisme nationaux qu’il convient d’attribuer le sans-gêne et la brutalité des formali-, tés fiscales dont on a fait pâtir les exposants d’Europe, en même temps que l’hospitalité princière avec laquelle les membres du Jury, les journalistes, les ingénieurs, les visiteurs les plus notables, ont été reçus partout, promenés au milieu des richesses natives et industrielles du pays, introduits dans les usines, rendus témoins de procédés particuliers que maints producteurs d’Europe déroberaient avec soin aux regards.
- Les Américains sont maîtres chez eux et tiennent à le faire sentir; la Douane les protège contre le dehors : ne peuvent-ils être généreux et confiants?
- Les richesses de leur soi sont d’une abondance merveilleuse et appropriées au développement industriel le plus complet : leurs fers sont des meilleurs, leurs houilles plus abondantes que celles de tous les continents, d’exploitation facile, et leurs anthracites sans rivaux; le pétrole, source de lumière et de chaleur utile, suffit aux deux mondes; leurs bois sont excellents; les matières textiles supérieures; la fertilité du sol d’une vigueur toute jeune, et, pour mieux assurer cette puissance de la matière, 120,000 kilomètres de chemins de fer, un réseau de fleuves et de lacs admirables, permettent de féconder toutes ces ressources jusqu’aux limites les plus reculées de l’Union et de défier les concurrences les plus savantes avant un petit nombre d’années.
- Pour compléter la puissante vitalité de ce grand corps, où les bras ne sont pas assez nombreux encore, le génie américain s’applique chaque jour, et avec un succès très-frappant, à multiplier sous toutes les formes les
- p.9 - vue 9/93
-
-
-
- 10
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE PHILADELPHIE.
- machines les plus perfectionnées. Leur emploi se plie et s’étend à toutes les nécessités de la vie sociale, au point de permettre de négliger dans une certaine mesure le travail du nègre, qui produit mal et lentement, le travail du blanc, qui met ses bras à trop haut prix.
- Ces pionniers infatigables ont les défauts de leurs qualités : si la lutte pour les besoins de la vie leur a donné des énergies particulières et comme un génie d’audace, elle a aussi supprimé, comme inutiles en apparence pour la vie pratique, la majeure partie des préjugés sociaux qui gouvernent encore la vieille famille européenne.
- Tout est dirigé dans leurs écoles, qui sont nombreuses, belles, spacieuses, bien ordonnées et ouvertes à toutes les classes de la population, pour aider l’enfant à entrer dans la vie et à y lutter dès qu’il est pourvu des premières armes intellectuelles; les humanités, les hautes études littéraires, sont l’apanage du petit nombre.
- Aussi, pour un Européen, le niveau général de la culture morale et artistique paraît-il en Amérique moins élevé, les mœurs moins polies, le caractère du peuple un peu rude.
- Peut-être cette nation veut-elle avant tout conquérir la richesse comme condition la meilleure pour de plus hautes visées civilisatrices.
- Quoi qu’il en soit, l’Américain est chez lui et nous a invités à l’y venir voir.
- A-t-il prétendu s’instruire par l’Europe, comme on Ta dit? Peut-être. Mais il a voulu surtout que l’Européen Tadmirat et s’étonnât de ce qu’il peut.
- Ce résultat, il Ta atteint à coup sûr.
- Quand les Etats-Unis auront abattu, si jamais la chose devient possible, les barrières prohibitives à l’abri desquelles ils s’ingénient à tirer du sol, avec l’esprit industriel le plus achevé et le plus entreprenant, toutes les richesses qu’il contient; quand, arrivés à la perfection du travail mécanique, ils auront réalisé des produits au meilleur marché, grâce à Ta-bondance et au bas prix de leurs matières premières; quand leur situation maritime, qui leur ouvre le marché des pays du Pacifique et de l’Océan, facilitera l’écoulement de leur production ou plutôt de leur trop-plein, ne faudra-t-il pas que l’Europe à son tour se protège contre l’envahissement américain ou, acceptant son infériorité de production, lui demande sa subsistance?
- Graves problèmes, dont la solution ne doit pas se faire sans que l’Europe ait mis sa plus complète énergie à détourner les périls qui la menacent!
- En tout cas, nous avons une avance énorme sur les Américains pour
- p.10 - vue 10/93
-
-
-
- VÊTEMENT, PARURE, ARTICLES DE FANTAISIE. 11
- tout ce qui concerne le caractère essentiel de l’industrie française : la perfection dans le goût et la souplesse dans la création.
- Nous allons trouver cette supériorité indéniable dans l’analyse des classes de notre groupe, dont nous commençons l’étude après ce long développement d’idées générales que nous n’avons pas cru superflu de présenter dans l’intérêt du producteur français.
- Nous abstenant de tracer des monographies pour chaque classe de produits, afin de ne pas faire double emploi avec les publications si complètes faites pour les Expositions de Paris, Londres et Vienne, nous suivrons l’ordre du catalogue. Nous indiquerons sommairement, par nation et par nature de produits, les exposants qui ont été jugés dignes de récompenses et les principaux mérites de leurs expositions. Nous terminerons par un résumé général de nos impressions au point de vue des faits et des progrès économiques qu’il nous a été donné de relever.
- CLASSE 250.
- HABILLEMENTS CONFECTIONNÉS.
- VÊTEMENTS IMPERMÉABLES ET POUR USAGES SPÉCIAUX.
- La classe 2 5o comprend les confections, les uniformes militaires, la chasublerie, les costumes d’hommes, de femmes et d’enfants, les habillements spéciaux, les tricots et la bonneterie, les vêtements imperméables.
- Tandis que les Etats-Unis se sont présentés en nombre, les autres pays n’avaient que peu d’exposants : ce n’est pas à dire que la qualité ne pouvait suppléer à la quantité; mais cette relative abstention doit être relevée, car le mouvement commercial des Etats-Unis dans ces divers genres d’industrie donne à craindre qu’ils n’oublient bientôt les marques de fabrique européennes.
- Voici à cet égard quelques chiffres instructifs : la production américaine, dans le seul Etat de Pensylvanie, s’est élevée pour les vêtements d’hommes, dans la période quinquennale de 1870a 1875,de i3 millions à 2Ô millions de dollars; pour les vêtements de femmes, de 1 à 5 millions; pour les confections, de 2 à 3 1/2 millions; pour la lingerie, de 1 à 6 millions, et pour la mercerie, de 3oo,ooo à q5o,ooo dollars.
- Les Américains sont donc en voie de pourvoir presque seuls aux demandes de leur marché. Or, contre A1 exposants américains pour la bonneterie, la France n’en a eu que 2; contre 1/1 fabricants de corsets, la
- p.11 - vue 11/93
-
-
-
- 12
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE PHILADELPHIE.
- France n’en montre que 2; pour les vêlements, un seul contre 16 américains; enfin pour les costumes de dames et d’enfants, 5 contre 12 américains.
- Toutefois, hâtons-nous de le dire, cette énumération n’a pas pour objet de faire croire que nous ayons été inférieurs comme mérite, ni que nous soyons près de la défaite quand il s’agira de pourvoir les gens de goût et les consommateurs de luxe. Mais la puissance d’une industrie, pour ne pas déchoir, doit se montrer sous les formes les plus communes comme les plus délicates, et il importe de disputer aux producteurs américains la clientèle des humbles, qui forment le grand nombre en somme, en nous présentant sur leur marché avec une abondance et une variété telles qu’on 11e puisse nous oublier. Or, la France ne s’est pas suffisamment empressée d’envahir l’Exposition du Centenaire.
- Presque tous ceux qui s’y sont montrés ont remporté la médaille et l’honneur; mais combien auraient pu se manifester, ne fût-ce que pour rendre plus éclatante la puissance admirable de nos industries et imposer en quelque sorte leur clientèle ! Combien nos grandes maisons de confection n’auraient-elles pas contribué à convaincre les Américains, gens pratiques avant tout, de l’absurde élévation de leurs droits de douane, en leur offrant comme point de comparaison nos produits bons et bien faits avec leurs prix d’origine I
- Il est vrai que les découragements ménagés à tant d’exposants européens par les misères du système prohibitif américain et les vexations incessantes des agents fiscaux ont été de nature à compenser les regrets de ceux qui se sont abstenus.
- Toutefois, il ne serait pas sage de se trop dégoûter et de négliger les grandes perspectives commerciales qu’offre un pays de tant d’avenir, et dont les défauts économiques et sociaux se corrigeront fatalement par les déboires mêmes qu’ils lui réservent.
- La confection pour hommes, c’est-à-dire les ready made clothings, a pris naissance en Angleterre, où depuis longtemps les «out-jîtters» constituent une puissante corporation. Mais elle s’est acclimatée bien vite en France et dans les autres pays du continent, où elle forme de nos jours une des branches les plus actives et les plus considérables de la production nationale.
- Aussi la lutte sur les marchés d’exportation est-elle très-vive entre la France, l’Angleterre, l’Autriche et l’Allemagne.
- Aux Etats-Unis, la confection a pris aussi un rapide essor, ainsi que nous l’indiquons plus haut par des chiffres authentiques. Elle emploie de
- p.12 - vue 12/93
-
-
-
- 13
- VÊTEMENT. PARURE, ARTICLES DE FANTAISIE.
- préférence les gros draps qui se fabriquent dans le pays et que protègent des droits d’entrée excessifs contre les similaires européens. Les drops fins et légers d’origine européenne peuvent seuls lutter par leur poids réduit avec la fabrication indigène.
- Comme en France et ailleurs, la confection américaine fait une rude concurrence aux marchands tailleurs ; s’adressant aux petites bourses, appropriant sa production au goût, aux nécessités du climat et au tempérament du pays, elle s’applique à vendre bon marché en supprimant le crédit ét les risques qu’il entraîne; en assurant à ses ouvriers, au prix d’une réduction de salaires, la continuité du travail; en introduisant la machine dans tous les détails de la couture et meme de la coupe; en achetant, en fin de saison, des soldes d’étoffes démodées ou en faisant fabriquer sur une grande échelle des draps spéciaux à des conditions très-modérées.
- Comme en France, les grandes maisons de confection de Philadelphie, New-York, etc., s’annexent successivement tous les accessoires du vêtement, des pieds à la tête, et en visitant l’établissement de M. John Wanamaker and C°, dans Market Street, à Philadelphie, nous y avons trouvé la variété, l’aspect et jusqu’à l’organisation de la Belle Jardinière, que le chef nous disait avoir prise pour type.
- Les marchands tailleurs américains vendent fort cher; leurs habits sont bien traités, de coupe élégante, les détails très-soignés; la qualité du drap est généralement bonne : ils s’inspirent, tant pour le choix des nouveautés que pour la coupe de leurs vêtements, aux meilleures sources de Paris et de Ijondres.
- Voici, après un examen très-laborieux, les exposants qui ont été jugés dignes de la médaille :
- ETATS-UNIS.
- MM. M7 anamaker and Brown, à Philadelphie : confection d’habits civils et militaires, succursale de la maison ci-après.
- MM. John Wanamaker and C°, à Philadelphie : maison considérable, copiée, comme organisation et comme variété d’accessoires, sur l’établissement de la Belle Jardinière, à Paris.
- M. E. 0. Thomson, à Philadelphie, marchand tailleur, breveté pour un système de coupe spéciale : habits civils et militaires bien traités sous tous les rapports.
- Vêlement.
- p.13 - vue 13/93
-
-
-
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE PHILADELPHIE,
- Mi
- MM. Derlin and C°, à New-York : maison de confection importante pour civils, militaires, enfants, etc.
- M. H. P. Cooper , à New-York : habits confectionnés pour hommes.
- M. S. T. Taylor, à New-York : système breveté de patrons gradués pour la coupe des habits.
- M. Syveet Orr and C°, à Wrappingers F ails (New-York) : pantalons, jaquettes et vêtements de chasse de bonne qualité; solidité et bon marché,
- AUTRICHE.
- MM. Keller et Alt, à Vienne; John Werner, à Prague; Beerman» Straschitz, à Prague; Mottle fils, à Prague. Vêtements d’hommes civils et militaires de bonne confection, depuis le genre le plus populaire jusqu’à l’habit de luxe.
- RUSSIE.
- M. Nicolas Komaroff, à Moscou : habits civils et militaires d’une bonne coupe et de belle étoffe.
- CANADA.
- MM. T. G. Furneràl, à Montréal; J. S. May, à Saint-Johns (N. B.). Habits confectionnés dans le goût du pays, bien conditionnés.
- ITALIE.
- MM. Antonio Mangieri, à Messine; Salvatore Caedara, à Palerme. Confections pour hommes, bien soignées.
- FRANCE.
- Association des ouvriers tailleurs de Paris, établissement de confection de la rue de Turbigo, le seul exposant français au Centenaire. La vitrine contenait des habits d’hommes et d’enfants d’une coupe élégante, de couture très-soignée, le tout de prix très-modérés.
- Cette Association a reçu deux médailles, l’une pour ses produits, qui ont été favorablement jugés, et une autre pour ses statuts d’association coopérative, qui ont été vivement appréciés par le Jury.
- Comme lingerie pour hommes et enfants, il y avait au Centenaire une quantité d’exposants; mais les produits n’ont rien présenté de bien remarquable.
- En chemiserie, les Américains sont assez fortement outillés, comme
- p.14 - vue 14/93
-
-
-
- 15
- VETEMENT, PARURE, ARTICLES DE FANTAISIE.
- machines et comme matières premières, pour pouvoir se passer de nous en tant que besoins courants.
- Mais quand il s’agit de lingerie fine, de chemises de luxe, ils nous confient encore leurs ordres et en tout cas ne se lassent pas de s’inspirer de nos créations et de nos modes.
- Le Jury a décerné pour la lingerie d’hommes les médailles suivantes :
- MM. Conrad frères, à Philadelphie, pour chemises à devants brodés et chemises plissées; cols, manchettes et plastrons de rechange.
- MM. Rothschild frères et Gutmann, à New-York : chemises, caleçons et lingerie diverse.
- M. J AM es Haydn, à Philadelphie : chemises, poignets, gilets de flanelle, etc.
- MM. Michaêlis et Kaskel, à New-York : lingerie pour hommes et pour liâmes.
- M. Henry Atkinson, à Philadelphie : chemises de toile, gilets et culottes en peau de daim d’un bon fini.
- American Molded Collar C°, à Boston : cols et manchettes en papier, recouverts de toile des deux côtés; cette production est d’une grande consommation aux Etats-Unis, où l’établissement en question est breveté pour un grand nombre de modèles.
- ALLEMAGNE.
- MM. A. et C. Kaufmann, à Berlin : cols et manchettes en papier, devants de chemises en papier, dans le style américain.
- ESPAGNE.
- MM. Conde Puerto yCia, à Barcelone : chemiserie d’hommes; belle fabrication, grande variété de modèles et grande modération dans les prix.
- RUSSIE.
- M. J ules Reichel, à Varsovie: chemises brodées et lingerie variée pour hommes.
- VETEMENTS IMPERMÉABLES.
- L’exposition des vêtements imperméables n’a pas montré que de grands progrès aient été faits dans cette industrie pendant les dernières années,
- p.15 - vue 15/93
-
-
-
- 1 ()
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE PHILADELPHIE.
- alors cependant que l’usage de ce genre de vêtements a pris une extension si remarquable pour l’habillement des hommes, des femmes, des enfants et des militaires. La lutte est engagée sur le terrain du bon marché plus que sur celui du perfectionnement industriel des produits. Nous devons, à ce point de vue, regretter que la manufacture française se soit abstenue de se présenter à un concours où la qualité de sa fabrication eût obtenu une place distinguée.
- Les Etats-Unis ont occupé un assez grand nombre de vitrines, et il est juste de reconnaître le développement plein de mérites qui a été imprimé à cette branche. Voici la liste des récompenses :
- Gossamer Rubber Company, à Boston : tissus imperméables et vêtements waterproof.
- M. Clark S. Merriman, à New-York: vêtements imperméables de sauvetage.
- MM. Pentengill et Sawyer, à East-Cambridge (Massachusetts) : sarraux et pantalons de tissus cirés et huilés; casquettes de marins et vêtements imperméables.
- MM. Eager P. B. Tower et C'e, à Boston : costumes de marins imperméables.
- DANEMARK.
- M. Christian Miller , à Copenhague : costumes de marins en toile huilée.
- RUSSIE.
- MM. Bwosn itzin et fils, à Saint-Pétersbourg: costumes de cuir imperméables.
- M. W. Nissen, à Saint-Pétersbourg: même article en pardessus.
- ANGLETERRE.
- M. M ac Gee John G., à Belfast (Irlande), exposait les pardessus les plus fins et les plus légers en soie caoutchouquée. Belle et intéressante exposition.
- CHASUBLERIE.
- Cette branche d’industrie a été plus que faiblement représentée au Centenaire; les Etats-Unis n’ont pas encore abordé cette fabrication, et nous n’avons trouvé que de timides essais au pavillon des Dames, travaux de patience exécutés à loisir et sans aucun caractère industriel.
- p.16 - vue 16/93
-
-
-
- 17
- VÊTEMENT, PARURE, ARTICLES DE FANTAISIE.
- Un fabricant belge, M, Leynen-Hougaerts, de Peer (Limbourg), a exposé quelques chasubles d’une exécution très-soignée, d’une belle ornementation et à des prix très-bas. Aussi a-t-il eu un grand succès de vente et toute sa vitrine a-t-elle été achetée en bloc par l’archevêque de la Nouvelle-Orléans, sans compter les ordres qui lui ont été donnés sur les types exposés.
- Le Jury lui a décerné une médaille, ainsi qu’à M. Sharrin, de Moscou (Russie), qui a exposé des images en style grec ornées de pierres fines et de broderies en or d’une grande originalité et d’un travail très-remarquable.
- La France a fait entièrement défaut dans cette riche spécialité de son industrie.
- L’Espagne étalait quelques pièces accessoires de chasublerie exécutées par l’Ecole de charité des dames de l’association catholique à Madrid; le Canada, enfin, des étoles et pièces détachées de vêtements sacerdotaux, œuvre des sœurs du couvent de Jésus et Marie à Québec.
- En somme, rien de bien saillant dans cette spécialité.
- CONFECTIONS POUR DAMES ET ENFANTS.
- Dans ce département, malgré son petit nombre de représentants, la France figure avec tout son prestige de goût et d’élégance :
- La vitrine de M11" Augustine Cohn et Cle, précédemment connue sous la raison sociale de Virginie Vasseur, rue de Rivoli, 2AA, à Paris, attirait constamment les visiteuses américaines et étrangères, qui ne tarissaient pas en éloges sur les riches toilettes exposées à leurs yeux. Une robe de cour de satin blanc, ornée de fleurs avec semis de broderies de soie et or; une toilette de ville de soie brochée, dessin japonais, ornée cle passementerie; une robe de chambre brochée, dessin Trianon, garnie de rubans et de dentelles couleur crème; un costume complet en foulard blanc et bronze, orné de franges : tout cela constituait avec quelques autres toilettes un ensemble d’une haute nouveauté, d’un goût parfait et d’une luxueuse élégance.
- Le Jury a accordé à l’unanimité une médaille à cette maison, laissant aux termes élogieux du rapport le soin de compenser l’insuflisance de cette récompense.
- L’exposition de la maison L. Terrillon, à Paris, consistant en todettes de foulard et manteaux de soirée pour dames , garnis de dentelles, a eu
- p.17 - vue 17/93
-
-
-
- 18
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE PHILADELPHIE.
- beaucoup de succès aussi au Centenaire : ce sont de fort jolies créations et qui témoignent une fois de plus du bon goût qui, en France, préside à toutes nos confections de nouveautés.
- Le Jury lui a accordé une médaille, ainsi qu’aux'exposants qui suivent :
- M. Levilion, à Paris, pour ses costumes et garnitures de robes pour dames, d’une bonne et élégante exécution;
- Mme Vessière-Paülin, à Paris, pour ses toilettes d’hiver et d’été pour fillettes et enfants, brodées et soutachées à la main;
- Mmc Vauthier, à Paris, pour ses costumes d’enfants de tout âge, d’une bonne coupe et garnis avec beaucoup de goût.
- En somme, nos cinq exposants français ont été tous récompensés, tant il est vrai que sur ce terrain la supériorité de la France est incontestable.
- Parmi les nombreux exposants des autres pays, des médailles ont été décernées comme suit :
- ETATS-UNIS.
- Mme E. Keyser, à Philadelphie : toilettes pour jeunes filles et enfants, très-soignées comme exécution, mais manquant de goût dans les détails.
- MM. Siiarpless and sons , à Philadelphie: costumes variés pour dames, bonne facture ; une des maisons les plus importantes de Philadelphie.
- Mme Lor ise Demoress, à New-York , éditeur d’un journal de modes , fabriquant de la lingerie et des corsets et exécutant pour ses abonnées des toilettes entières en papier pour servir de type à la coupe des robes.
- Mlle Elmira Cornwall, à Philadelphie, inventeur de patrons gradués pour la taille des corsages et toilettes entières.
- Mllc A. B. Stearns, à Woburn (Massachusetts), pour un système de patrons gradués pour la coupe des robes de dames.
- Mme YV. T. Hopkins, à Philadelphie : costumes de fillettes et enfants, tricots et pantalons pour dames.
- MM. Homer Colladay and G°, à Philadelphie : lingerie diverse pour dames et enfants.
- M. H. S. HuTcniNSON, à New-York : lingerie, cols et manchettes pour dames, garnitures diverses pour jupons, pantalons , etc.
- p.18 - vue 18/93
-
-
-
- VÊTEMENT, PARURE, ARTICLES DE FANTAISIE.
- 19
- ANGLETER RE.
- M. Schreiber Félix August, à Londres : lingeries et toilettes pour dames.
- MM. Brown andClagett, à Montréal (Canada): costumes divers pour dames et jeunes filles.
- ALLEMAGN E.
- Mme von Hacke, à Berlin: lingerie brodée et ordinaire pour dames et fillettes.
- CORSETS.
- La moitié du genre humain civilisé est tributaire de cette industrie : c’est dire son importance comme élément de travail. Cette moitié est, bien sur, la plus charmante : c’est dire la perfection que le producteur doit incessamment s’efforcer d’atteindre pour assurer toute sa valeur à la grâce naturelle et pour tirer le parti le plus séduisant de ce que les conformations ont de plus exubérant comme de plus chétif. La mission est grave vraiment de protéger les forts, de soutenir les faibles, de contenir les égarés; elle se complique de la nécessité physiologique de ne pas imposer à la nature des entraves qui pourraient compromettre le jeu des fonctions vitales et comprimer l’épanouissement de nos descendants.
- Nous pouvons le dire hautement, la France a jusqu’ici résolu au mieux toutes les faces du problème. Le corset français, c’est la femme française, et la femme française est, sans faire injure à la beauté et à la séduction de toutes les autres, la plus élégante, la plus souple, la mieux équilibrée des femmes. Elle ne néglige rien pour garder son empire, et elle a imposé à son armure, au corset français, la nécessité d’ètrc triomphant parmi tous autres.
- Il en est du corset aux Etats Unis comme en beaucoup d’autres pays : on se demande comment la femme a pu y passer de la tumea thoracis romaine, simple brassière de soutien, ou meme du corset à la paresseuse du Directoire, à cette espèce de carcan blindé d’acier et bourré de baleines qui défigure, déforme et roidit le buste. C’est un appareil de torture, haut de forme, disgracieux et se prêtant fort mal au double but que nous disait poursuivre un des exposants de Philadelphie : soutenir sans gêner la présence et dissimuler l’absence. Au reste, les Américains semblent avoir conscience de l’imperfection de leurs produits indigènes, car les raisons sociales caractéristiques qu’ont adoptées les principaux établissements qui s’occupent en grand du corset trahissent suffisamment les réformes qui
- p.19 - vue 19/93
-
-
-
- 20
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE PHILADELPHIE.
- se poursuivent actuellement dans le Nouveau-Monde. Voici, par exemple, les corsets pouffs de Mme Chapman , qui nous a exposé la théorie alternante de son invention, c’est-à-dire le to be or not to be; le « Boston Gomfort Corset Company??; les «Novelty Corset Works??, de New-York; « Emancipation Corsets??; le rcDress Reform Company??, de Boston. Tous ces sous-titres commerciaux trahissent les préoccupations de la réclame.
- Du reste, pour nous permettre de juger avec connaissance de cause cette branche si délicate de notre groupe, nous avons prié MMms Kittary et Ka-nitz, femmes de nos collègues russe et autrichien, de nous faire part de leurs observations; leurs critiques autorisées nous ont pleinement confirmé dans nos conclusions sur la structure des corsets pur-américains.
- Aussi les récompenses qui ont été accordées aux fabricants des Etats-Unis s’appliquent-elles surtout au travail mécanique ou manuel, aux soins donnés et à l’importance des maisons, et non à une approbation du système de confection. 11 n’a pas fallu un examen bien approfondi pour reconnaître que la supériorité française est évidente et qu’à Paris seul on fait des corsets, avec ou sans couture, avec ou sans goussets, sous forme de ceinture ou sous toute autre forme, qui sont à la fois hygiéniques, souples, élégants, bons et beaux. Aussi nos deux exposants français, MM. Farcy et Oppenheim et M. Lenoir, de Paris , doivent-ils figurer en tête des récompenses uniformes qui ont été accordées à leurs confrères de tous pays.
- Mais il faut être juste en tous points. Mentionnons donc, pour les accessoires des corsets, les baleines de M. Emile Wahl, à Philadelphie, et de M. J os. F. Tobin, à New-York, qui sont de qualité supérieure, ainsi que les buses en acier de MM. Jacobs Strouse et G10, de New-York.
- Voici la liste des proposés pour la médaille :
- United States Corset C'e, à New-York, pour ses corsets tissés;
- M'ne Haiuett Chapman, à Philadelphie, pour ses corsets poulls;
- Ceo. Trost et C'j, à Boston, pour leurs corsets, bretelles et corsets d’émancipation;
- Breweter frères et C'% à Birmingham (Connecticut), pour leurs bretelles combinées pour maintenir la chemise et le corset;
- Boston Comfort Corset C°, à Boston, pour ses corsets sans baleines, lacés sur les deux côtés;
- Worcester Corset C°, à Worcester (Massachusetts), pour ses corsets et bretelles pour chemise; breveté pour un corset protégeant complètement les seins, qui reposent librement dans leurs alvéoles;
- p.20 - vue 20/93
-
-
-
- 21
- VETEMENT, PARURE, ARTICLES DE FANTAISIE.
- MM. CoHN et C'e, à New-York, pour leurs corsets tissés d’une belle fabrication , les baleines étant introduites dans les gaines ménagées à la machine;
- MM. Voo et Reynolds, à Boston, pour leurs corsets Jacqueline et gilets de demoiselles;
- M. A. W. Thomas., à Philadelphie, pour ses tournures élastiques, très-llorissantes encore aux Etals-Unis;
- Mmo Demorest, à Philadelphie, pour ses corsets et patrons gradués pour la coupe;
- MM. Jacobs Strouse et Cie, à New-York, pour leurs buses en acier;
- MM. Eu île Wahl, à Philadelphie, et Joseph Tobin, à New-York, pour leurs baleines de toutes sortes, très-remarquables comme finesse et comme travail.
- FRANCE.
- MM. Earcy et Oppenheim , à Paris; M. Lenoir, à Paris, pour l’élégance et la façon exceptionnelles, sous tous les rapports, des produits de ces deux maisons.
- ALLEMAGNE.
- MM. Ott enheimer, J. Masons, à Stuttgart, et Gross et Cie, à Bade (Allemagne), exposaient l’un et l’autre des corsets qui, quoique médaillés par le Jury, n’échappent point aux critiques de système dont les corsets américains ont été l’objet.
- ESPAGNE.
- J. Cardova y Baldrich, à Barcelone: corsets tissés d’une bonne fabrication et de système hygiénique.
- BONNETERIE.
- L’industrie de la bonneterie, qui comprend tous les produits tricotés à l’aiguille et à la main, au métier rectiligne ou au métier circulaire, prend chaque année un développement plus considérable. Elle s’applique à presque tous les accessoires de l’habillement et comprend, parmi les objets de consommation usuelle, les bas, caleçons, jupons, camisoles, gilets, coiffures, châles, vêtements de toutes sortes, ganterie de tricot de diverses matières.
- L’Amérique s’est approprié la fabrication des diverses spécialités qui
- p.21 - vue 21/93
-
-
-
- 22
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE PHILADELPHIE.
- rentrent dans la bonneterie et qui se subdivisent, d’après les matières employées, en bonneterie de coton, de fil, de laine et de soie : c’est assez dire qu’elle cherche à se soustraire par sa propre production aux importations d’Angleterre, de France et de Saxe ; elle a fait depuis dix ans, à cet égard, des progrès fort remarquables. Sans atteindre encore, il s’en faut, la souplesse et le fini des fabrications anglaise, parisienne et champenoise, la perfection des cotons retors ou fils d’Ecosse du Gard, des tricots de laine et de cachemire de la Somme, ou l’élégance des bourres de soie ou filoselles de Paris et de Lyon, il est incontestable que la bonneterie américaine, qui n’était pas même classée en 1867, a conquis une place fort honorable et que, les progrès mécaniques aidant, elle peut devenir périlleuse pour la concurrence européenne.
- Les nombreux exposants des Etats-Unis se sont non-seulement honorablement signalés pour la bonneterie courante, telle que bas, chaussettes, gants, mitaines, etc., mais encore dans le domaine de la fantaisie; cependant il est facile de voir que l’originalité propre y manque et que la marque d’origine parisienne se retrouve dans les modèles les plus nouveaux et les plus élégants. Les bas de soie à jour et les bas de soie brodés, qui forment une des plus brillantes spécialités de Paris et de Lyon, manquaient seuls, à peu près, dans les expositions américaines.
- Voici les récompenses proposées dans cette branche par le Jury :
- ÉTATS-UNIS.
- Lowell Hosiery Company, à Lowell (Massachusetts) : tricots de coton pour gilets et maillots de dames, bas et brassières; cette fabrication mécanique livre de bons produits à très-bon marché et menace d’une concurrence très-sérieuse la fabrication saxonne de Chemnitz.
- MM. Henry Gabriel et fils, à Allentown (Pensylvanie) : bonneterie de laine et de coton de modèles variés et d’une bonne fabrication.
- MM. Thomas Hughes and G0, à Bristol (Pensylvanie) : bonneterie de laine mérinos et de coton.
- M. Henri Zauner, à Philadelphie : capelines de tricot de soie, de laine, et bonnets garnis de dentelles pour enfants; bons modèles et facture élégante.
- Norfolk and New-Brunswick Hosiery Company, à New-Brunswick (Etat de New-York): maillots et gilets tricotés.
- American Hosiery Company, à New-Britain(Connecticul ) : maillots de laine
- p.22 - vue 22/93
-
-
-
- VÊTEMENT, PARURE, ARTICLES UE FANTAISIE. 23
- et coton; modèles variés et élégants. Belle fabrication. Maison (rès-im-portante.
- M. G. H. Prindle, à Philadelphie : manchettes, mitaines, boas et autres objets de laine.
- MM. John Glazier et frères, à Philadelphie : chaussettes et bas de coton écru, blanchi et teint; exposition de chaussettes à 22 1/2 centimes la paire. Grand bon marché. Fabrication importante.
- M. A. B. Hapke, à Harrisburgh (Pensvlvanie) : tricots à la main, manteaux d’enfants, capelines, etc.; bon travail et jolis modèles,
- MM. Peek et Green, à Brooklyn (New-York) : maillots de soie pour théâtres; belle qualité; teinture soignée.
- Star Knitting Company, à Gohoes (New-York) : gilets tricotés de coton, laine et mérinos; caleçons, etc.
- MM. C. A. Thudium et fils, à Philadelphie : jaquettes et gilets de laine.
- M. W. K. Grenne’S son, à Amsterdam (New-York) : gilets tricotés pour jeunes filles, à très-bon marché et fort bien faits.
- Otis Company, à Palmer (Massachusetts) : spécialité de chaussettes et de caleçons tricotés.
- M. Martin Landenrerger’s son, à Philadelphie : bas et chaussettes.
- American Netting Wear Company, à Saint-Louis : bonneterie et tricots en tous genres, jupons, bas et chaussettes, capelines de bonne exécution.
- MM. J. S. Cummings and C°, à Philadelphie : maillots et bas de soie; tricots.
- RUSSIE.
- M. Anne Winogradora, à Nijni-Novogorod : accessoires de toilette tricotés pour dames et enfants; capelines de laine d’une fabrication très-soignée et d’un goût fort original.
- M. Hoving, à Viborg : bonneterie en tous genres; bonne qualité et prix modérés.
- Al. Nicolas Siiereshepski, à ,Moscou : tricots pour dames et enfants, gilets et chemises de laine pour hommes.
- M. John Roonin, à Moscou : tricots et bonneterie de modèles fort variés et de bonne qualité courante.
- p.23 - vue 23/93
-
-
-
- 24
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE PHILADELPHIE.
- ESPAGNE.
- MM. Oliver y Cia, à Mataro : tricots, bonneterie et gilets de flanelle d’une bonne exécution et à des prix très-modérés.
- MM. Màsoliver frères, à Barcelone : caleçons, gilets et tricots en tous genres, de formes très-correctes et d’un bon fini.
- TURQUIE.
- M. Ousta-Taux, à Andrinople : bonneterie et tricots de laine de qualité supérieure et d’exécution fort soignée.
- M. Yani, à Trébizonde : tricots, maillots, gilets et caleçons de bonne qualité et soignés au point de vue du travail.
- SUISSE.
- M. End Ulmi, à Lucerne : tricots et bonneterie d’une bonne fabrication et à prix fort modérés.
- MM. Meyer, Wolspi et C1j, à Altstetten : bonneterie courante; bons modèles et prix très-bas.
- MM. Blumer et Wild, à Saint-Gall : tricots de fantaisie variés, de bonne qualité et à très-bon marché.
- ALLEMAGNE.
- Mme Ellweg Waller, à Stolberg : bonneterie et tricots de coton de formes et qualités très-courantes.
- MM. Carl Metz et fils, à Fribourg : filets de soie et coton, caleçons, jupons et tricots variés de coton et soie.
- NORWÉGE.
- M. John Falkenberg, à Christiania: jupons, caleçons, gilets et tricots, de formes variées et de bonne exécution.
- FRANGE.
- M. G. Bullot, à Paris. Vitrine très-remarquée pour la variété et le bon goût des produits : brillant étalage de bas et chaussettes en fantaisie de haute nouveauté; spécialité de bonneterie de soie et fil d’Ecosse. Cette exhibition a eu beaucoup de succès et n’a fait que confirmer la réputation de la bonneterie parisienne.
- MM. Poron frères, à Troyes. Exposition très-importante de bonne-
- p.24 - vue 24/93
-
-
-
- VETEMENT, PARURE, ARTICLES DE FANTAISIE. 25
- (erie, tricots et accessoires de vêtements : bonne fabrication et modèles très-variés.
- On peut dire avec satisfaction que nos deux seuls exposants français ont fait bonne figure dans le département de la bonneterie et que le Jury leur a accordé la médaille sans la moindre hésitation.
- CLASSE 251.
- CHAPEAUX, GANTS, COIFFURES.
- La classe a5i comprenait les chapeaux, casquettes et coiffures, gants, mitaines, chapeaux de paille, coiffures de femmes et enfants et modes. Les principaux exposants étaient les Etats-Unis, la France, l’Autriche, l’Allemagne, l’Angleterre, la Suisse et le Brésil. En dehors de la remarquable extension que les Etats-Unis ont donnée h ces diverses branches industrielles, sans du reste y avoir introduit des progrès bien sensibles (pour la chapellerie seule la production est montée de 1,à66,252 dollars en 1870 à 2,253,7/1/1 dollars en 1875), le Jury n’a eu à relever que peu d’innovations dignes d’une sérieuse attention et n’a pu que confirmer l’ordre de mérite dans le classement des divers pays, tel que les Expositions antérieures l’avaient établi. J^a France a conservé la tête pour la production de goût, le monopole pour la fabrication de certains articles, et Paris n’a pas cessé d’être le grand centre des approvisionnements et des modèles. Mais il importe de remarquer que les Etats-Unis peuvent se suffire à eux-mêmes ou le pourront avant peu et que la ganterie autrichienne, digne des plus sérieux éloges, a une si grande importance industrielle et livre à un bon marché tel que la France ne doit rien négliger pour conserver ses débouchés anciens et la supériorité de sa marque de fabrique. Quant à l’Angleterre, à qui nous avons enlevé certaines spécialités, l’ancienneté de sa clientèle et la puissance de ses maisons de production pour la ganterie et la chapellerie courantes en font toujours une concurrente redoutable.
- CHAPEAUX DE SOIE ET DE FEUTRE.
- Ce qui frappe de prime abord dans l’exposition de chapellerie du Centenaire, c’est l’absence complète d’exposants français. Aucun de nos nombreux fabricants de chapeaux n’avait cru devoir exposer ses produits. Or ce fait, qui tout d’abord nous semblait étonnant pour une industrie dont
- p.25 - vue 25/93
-
-
-
- 26
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE PHILADELPHIE.
- l’exporlation est aussi importante, s’explique facilement par la nature des relations des deux pays et par la position réciproque de l’industrie chape-lière d’Amérique et de France.
- Cette industrie a pris aux Etats-Unis un grand développement, et depuis longtemps déjà les produits américains ont atteint un degré de perfection qui les met à la hauteur de toutes les concurrences étrangères.
- Jusqu’en 1860-1860 , nos chapeaux de fabrication française, et principalement les chapeaux de qualité fine, trouvaient encore, malgré les droits d’entrée énormes, un débouché important sur le marché américain. Mais, dès cette époque déjà, les progrès rapides de la fabrique locale faisaient pressentir le changement radical qui s’est opéré depuis.
- Aujourd’hui ce n’est plus qu’à titre d’exception, et pour les articles de haute nouveauté, que la France et les autres producteurs d’Europe peuvent écouler leurs produits sur les marchés du Nouveau-Monde. Les fabricants des Etats-Unis savent s’approprier rapidement les articles créés par nous, quand ils ne suffisent pas eux-mêmes à la production des nouveautés de saison, sans cesse renouvelées et sans cesse perfectionnées.
- Leur outillage mécanique est, en bien des points, supérieur au nôtre, et plusieurs des machines qui forment aujourd’hui le bon de l’outillage des fabriques européennes ont été importées depuis de longues années. Dès 1855, l’Amérique fournissait à la fabrique française la rcbastisseuse», qui a été successivement adoptée par tous les pays producteurs de chapeaux. Dans toutes les branches de l’industrie chapelière, le travail mécanique se développait et permettait de remplacer avec avantage la main-d’œuvre européenne : machines à border les chapeaux, à coudre les cuirs, à confectionner les coiffes; machines à dresser les chapeaux de feutre, machines à carder et à bastir la laine, machines à fouler les feutres de poil et de laine, machines à enformer les chapeaux de toutes sortes, tournu-rières, etc., etc. L’Amérique a successivement inventé ou perfectionné tous ces engins de production , de telle sorte qu’il est juste de reconnaître qu’aujourd’hui la fabrique américaine est montée sur un pied que nous ignorons en France.
- Pour l’industrie des chapeaux de feutre, pour celle des chapeaux de laine surtout, et même pour celle des chapeaux de soie et des chapeaux de fantaisie , elle n’a plus rien à envier aux meilleures fabriques européennes.
- L’Exposition de Philadelphie donne en tous points raison à cet exposé d’une situation où le rôle de la France doit se borner à l’exportation des matières premières, à savoir :
- i° Poils de toutes sortes pour la fabrication des chapeaux de feutre;
- p.26 - vue 26/93
-
-
-
- 27
- TEMENT, PARURE, ARTICLES DE FANTAISIE.
- ü° Peluch es pour la fabrication des chapeaux de soie;
- 3° Garnitures de toutes sortes pour tous les genres de chapeaux.
- Nos exportations dans ces differents articles atteignent un chiffre considérable, et cela malgré des droits fort élevés, qui pour les articles de soierie notamment atteignent 5o à 60 p. o/o.
- Alors que la France restait absolument étrangère à l’exposition des chapeaux fabriqués, sauf pour les chapeaux de dames et d’enfants, les autres pays producteurs s’y faisaient représenter : l’Autriche, le Portugal, la Russie, l’Espagne et le Brésil ont obtenu des médailles pour quelques-uns de leurs nationaux, sans que, nous devons le constater, aucune des expositions rivales ait pu nous paraître, dans son ensemble, supérieure à l’exhibition américaine elle-même. Voici la liste des récompenses accordées par le Jury :
- ÉTATS-UNIS.
- MM. Dunlap and C°, à New-York : chapeaux de soie.
- M. T. H. Amidon’ ’s sons, à New-York : chapeaux de soie et casquettes, chapeaux d’amazones.
- M. Alden Solmans, à South-Norwalk (Connecticut) : chapeaux de feutre de bonne qualité et légers.
- Haverhill Hat C°, à Haverhill (Massachusetts): chapeaux de feutre de laine, supérieurs et à fort bon marché.
- MM. E. Morris and C°, à Philadelphie : chapeaux de feutre mou ou dur de tous les styles; maison de gros importante, belle fabrication.
- MM. J. H. Fenton and Brother, à Philadelphie : chapeaux et toques de dames de feutre de poil.
- MM. Yates, Warton and C°, à Newark (New-Jersey): chapeaux de fantaisie de feutre de poil.
- MM. John B. Stetson and C°, à Philadelphie : feutres durs et mous, production importante et modèles variés.
- MM. J. S. Bancroft and C°, à New-York : chapeaux légers de toile pour hommes et enfants.
- MM. Schuyler, Hartley and Graham , à New-York : shakos et képis militaires variés.
- MM. Nonnenberger (Christian), à Philadelphie, et Pierson and Herman,
- p.27 - vue 27/93
-
-
-
- 28
- EXPOSITION UNIVERSELLE 1)E PHILADELPHIE.
- à Newark (N. J.), ont été nié il aillés pour leurs outils et formes de chapellerie.
- AUTRICHE.
- M. T. H uckel et fils, à Neutilschein : chapeaux de feutre et de soie.
- M. J ohn Skrivan et fils, à Vienne : chapeaux de feutre et de soie.
- MM . Peter Habig et Cie, à Vienne : chapeaux de feutre et de soie.
- ESPAGNE.
- M. F rancisco Hillavante, à Madrid : feutres.
- M. Gregorio Sarton, à Séville : feutres.
- M. Mateo de Horna, à Lamora : feutres.
- PORTUGAL.
- M. Custodio José Rodriguez, à Biago : chapeaux divers.
- MM. Santos y Junaô, à Ovar : chapeaux divers.
- MM. Maia y Silva, à Porto : chapeaux divers.
- MM. Corta Braga y filho, à Porto : chapeaux divers.
- M. Vda de A. Roxo, à Lisbonne : chapeaux divers.
- RUSSIE.
- M. Léon Wilkee, à Moscou.
- M. Basil Tchsistikoff, à Saint-Pétersbourg: chapeaux de feutre et de soie.
- M. Ephrim Vasaroff, à Saint-Pétersbourg : casques militaires.
- M. Théodore M'eigt, à Varsovie : chapeaux de feutre et de soie.
- M. Jules Popp, à Riga : chapeaux de feutre.
- BRÉSIL.
- M. F ernandez Braga, à Rio : chapeaux de feutre communs.
- M. Francisco Fischer, à Rio : chapeaux de feutre communs.
- M. Biererbach frères, à Rio : chapeaux de feutre communs.
- M. Flora P. Requiaô, à Bahia : chapeaux de feutre communs.
- p.28 - vue 28/93
-
-
-
- VÊTEMENT, PARURE, ARTICLES DE FANTAISIE.
- 29
- ANGLETERRE.
- MM. Lincoln Bennett and G0, à Londres : chapeaux de soie très-fins.
- MM. Tress and C°, à Londres : chapeaux, casquettes et casques en feutre pour les Indes.
- Dans cette liste nous ne voyons figurer aucune des grandes fabriques de Belgique et de France, qui tiennent aujourd’hui la tête de l’industrie cha-pelière dans l’ancien continent.
- De Paris seulement on a envoyé des chapeaux de feutre pour dames et enfants, garnis déplumés, de fleurs ou de passementerie, qui tranchaient sur la pauvreté du goût américain dans cette spécialité. Deux vitrines représentaient les modèles les plus variés et les plus nouveaux; le Jury leur a accordé à toutes deux une médaille; ce sont :
- M. Rüffin, à Paris : chapeaux de feutre lin, garnis, pour dames et enfants.
- M. Pierre Nemoz, à Paris : chapeaux de feutre ornés de plumes et fleurs, pour dames et enfants, haute nouveauté et d’un travail très-soigné.
- CHAPEAUX DE PAILLE ET TRESSES.
- La chapellerie de paille et de tresses n’est pas aussi spéciale à la France que celle de soie et de feutre, bien que nous ayons conservé le rang que nous assurent toujours le fini et le goût des produits. Cette chapellerie représente une consommation énorme, assurée par l’extrême bon marché auquel on peut produire.
- Les Etats-Unis ont exposé peu de chapeaux de paille, et cependant la fabrication y est tellement développée qu’elle peut suffire et au delà à la consommation du pays. Le Massachusetts est le centre de cette fabrication, et les villes de Franklin et de Voxborn peuvent livrer des quantités prodigieuses de ce produit, dont, malheureusement pour elles, l’exportation est limitée.
- Les centres producteurs d’Europe, l’Italie et la Suisse, étaient convenablement représentés au Centenaire; seule la France, dont l’apprêt n’a pas de rival, et qui a une supériorité marquée dans les créations de nouveautés en pailles de fantaisie, n’avait pas envoyé d’exposants spéciaux.
- L’Italie, avec ses pailles de seigle, de riz, de froment, travaillées à jour ou à relief, est réputée pour son ancienne habileté à confectionner et
- Vêtement.
- 3
- p.29 - vue 29/93
-
-
-
- 30
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE PHILADELPHIE.
- surloul à réunir les tresses, où se marient avec une ingénieuse variété la paille, la soie et le crin.
- Le Brésil, le Pérou, l’Espagne, ont exposé leurs variétés de panamas, un peu démodés aujourd’hui: une vitrine de Manille exposait un chapeau d’arêtes de latanier, vrai chef-d’œuvre de patience, de finesse et de légèreté : son prix fort élevé indiquait du reste le mérite exceptionnel de ce produit.
- Nulle part on ne réussit mieux que dans le canton d’Argovie (Suisse) les tresses de soie végétale, de crin et de paille qui constituent une véritable passementerie à l’usage des chapeaux de fantaisie. C’est de là que l’industrie parisienne tire en grande partie les tresses destinées à ses nouveautés de saison.
- Cette production particulière à la Suisse se chiffre par plus de 25 millions d’affaires et occupe un grand nombre de mains.
- Des récompenses ont été proposées par le Jury pour les industriels suivants :
- AUTRICHE.
- MM. W. Schmtdl et fils, à Vienne : tresses de crin et paille pour passementerie.
- ESPAGNE.
- M. M ateo Hüelin, à Epyos : chapeaux de paille de fabrication courante, bien faits et à bon marché,
- M. Juan M. Roxas, à Manille : chapeaux de paille de Manille et d’arêtes de latanier, d’une finesse et d’une légèreté extraordinaires.
- ITALIE.
- M. Duranti Agostiino, à Florence : chapeaux de paille pour dames, d’une grande finesse et d’un beau travail.
- M. Gio. Giacomo Gubli, à Florence : grande variété de chapeaux de paille très-fins. xMaison importante, exportant la majeure partie de ses produits en Angleterre et aux Etats-Unis.
- M. Tadei Gaetano, à Florence : chapeaux de paille, bordures de tresse; souliers et pantoufles de dames en paille : grande finesse de travail.
- MM. Santini frères, à Florence et à Livourne : assortiment varié de chapeaux en qualité courante, bien exécutés et d’un prix très-réduit.
- Association ouvrière de bienfaisance, à Valerone : chapeaux de paille très-communs, d’un bon marché extraordinaire.
- p.30 - vue 30/93
-
-
-
- VÊTEMENT, PARERE, ARTICLES DE FANTAISIE.
- .31
- PORTUGAL.
- MM. Linia et Cap,vat.ho. n Payai : chapeaux de paille dune fabrication remarquable.
- SUISSE.
- MM. Chiesa frères, à Locarno (Tessin) : tresses et chapeaux de crin d’un beau fini : spécialité du canton.
- M. E. Th. Indermühle , à Berne : chapeaux de paille de premier choix ; variété de modèles à des prix très-modiques.
- MM. Isler Aloïse et C'°, à VVildegg : tresses de crin et imitation de crin pour chapeaux; belle fabrication.
- M. Walser Conrad, à Wohlen (Argovie): assortiment très-varié de chapeaux et de tresses de coton imitant le crin à s’y méprendre; exécution bonne et prix modérés.
- RUSSIE.
- M. Loth Edward, à Varsovie : chapeaux de paille et de feutre pour hommes et femmes. Maison fondée en 182b, faisant des affaires très-étendues.
- GANTS, MITAINES, ETC.
- L’industrie de la ganterie prend chaque jour des accroissements plus considérables. Si la France conserve le privilège de la ganterie fine et d’être le seul marché important pour les peaux préparées, elle le doit au soin minutieux qu’elle apporte à la perfection de la matière première, qu’elle tire de chez elle, du Tyrol, de la Bavière et de la Saxe, à sa mégisserie et à ses procédés de teinture. Quant à la coupe et à la couture, elle ne le cède à personne; le principal mérite des améliorations apportées à sa fabrication revient à la maison Jouvin, de Paris, dont la réputation est universellement consacrée. La France fabrique surtout le beau gant de chevreau, dont la production s’est implantée dans d’autres pays grâce à des gantiers français.
- L’Angleterre, qui a joui et profite encore de la vogue pour certains modèles, est une concurrente toujours redoutable à cause de l’étendue de sa production, mais non pour le fini et l’élégance du travail. La plupart des autres pays ne mettent en œuvre que les peaux d’agneau, de daim et de castor. Incontestablement leur fabrication engage une lutte redoutable contre la nôtre, grâce surtout au bas prix de ces gants, qfii flattent l’œil, mais dont les peaux sont moins bonnes, les coutures moins soignées, car elles
- p.31 - vue 31/93
-
-
-
- 32
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE PHILADELPHIE.
- sont faites à la mécanique, contrairement à l’usage généralement encore répandu en France.
- En tous cas, notre industrie ne doit pas perdre de vue les progrès très-sérieux de la fabrication étrangère.
- L’Exposition de Philadelphie a eu une très-large représentation de la ganterie. Des récompenses ont été accordées aux maisons suivantes :
- FRANCE.
- M. Xavier Jouvin, à Paris : gants de chevreau; bonne qualité et goût exquis, supériorité incontestable.
- M. Eugène Berr, à Paris et à Lunéville : gants de chevreau élégamment coupés et d’un bon marché remarquable.
- MM. veuve Buscaruet et Malo, à Paris : gants de chevreau de belle qualité.
- MM. He'glé, Glandines et Corbeau, à Paris: bel assortiment de gants de chevreau pour dames travaillés avec goût.
- MM. Perrin frères, à Grenoble : gants de chevreau pour clames, ornés de belles broderies et d’élégants monogrammes; modèles jolis et à bon marché.
- Il convient de citer pour la France, quoique non récompensée par le Jury, la maison Jugla, de Paris, dont les produits sont fort recommandables et qui fait aux Etats-Unis un chiffre d’affaires considérable.
- ANGLETERRE.
- MM. Debenham et Freebody, à Londres : gants de chevreau de bonne coupe; main-d’œuvre habile et bonne qualité.
- MM. J. et B. Morley, à Londres : gants de fil et de coton de toutes qualités. Bon marché, bonne exécution; maison très-importante.
- AUTRICHE.
- M. Anton Pilât, à Prague : gants de peau d’agneau; modèles sans coutures, bas prix.
- MM Stiasny Franz.et Marx, à Vienne : gants d’agneau très-finis; application de la ridelle. Première maison ayant introduit la coupe à la machine.
- M. Dewidels Simon, à Prague : grande manufacture de gants d’agneau à bon marché.
- p.32 - vue 32/93
-
-
-
- 33
- VÊTEMENT, PARURE, ARTICLES DE FANTAISIE.
- M. Ludwig Stoger, à Vienne: gants d’agneau à deux boutons pour «lames, artistement coupés.
- M, Anton Fese, à Prague : gants de peau d’agneau bien faits et à bon marché.
- M. J. W. Bencker, à Prague : gants d’agneau à bas prix et de couleurs élégantes.
- M. Edward Branneck, à Vienne : gants d’agneau à deux boutons pour dames, à 9 florins la douzaine; bon marché extraordinaire.
- MM. V. D. Aue et Kollmann, à Prague : grande manufacture de gants d’agneau de bonne qualité; exportation importante.
- M. J. N. Kürig, à Stublweissenburg (Hongrie): gants de veau glacé, de chevreau, et gants fourrés très-bien faits.
- M. Aloïs Port, à Vienne : gants d’agneau à deux boutons très-bien travaillés.
- ALLEMAGNE.
- M. Heinrich Gulden , à Chemnitz : gants brodés de fil, de laine, de coton et de soie; bon marché exceptionnel.
- M. Heinrich Lehmann , à Berlin : gants de chevreau et d’agneau glacés et tdanchis; jolies formes, modicité de prix.
- M. D. Leitteles, à Esslingen : gants d’agneau bien coupés et cousus; bonnes nuances.
- MM. J. L. Ranniger et fils, à Altenburg : grande manufacture de gants d’agneau; bonne coupe et bon marché.
- BELGIQUE.
- M. Léon Level, à Bruxelles : gants de chevreau bien coupés, bien faits et à bon marché.
- ESPAGNE.
- M. Felipe Stampa, à Valladolid : gants de chevreau glacés et fourrés; bonne fabrication, coupe élégante, couture solide, couleurs soignées, bas prix.
- ÉTATS-UNIS.
- M. Daniel Hays, à Gloversville : gants et gantelets de peau de daim; bonne confection et grand assortiment.
- p.33 - vue 33/93
-
-
-
- 34
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE PHILADELPHIE.
- MM. J ohn Hutchinson et Cie, à Johnstown (New-York) : variétés de gants d’hiver peluches et garnis de fourrures.
- MM. W. S. et M. S. Northreep, à Johnstown : gants et gantelets bien coupés et cousus.
- MM. F. E. Colwell et G‘e, à Chicago : gants à écosser le maïs, d’invention récente, blindés de lamelles de fer; bonne adaptation au but poursuivi, nouveauté très-appréciée par le Jury américain.
- ITALIE.
- M. Eduardo Rossi, à Naples : gants de chevreau, d’agneau, de chien, de chat; bon marché.
- LUXEMBOURG.
- M. Charles Auguste , à Luxembourg : peaux et gants de chevreau bien teints et d’un grand bon marché.
- M. Gabriel Meyer, à Luxembourg : variété de gants de bonne fabrication et à bon marché.
- PORTUGAL.
- M. Diego Jorge Schechan, à Lisbonne. Cette maison expose une grande variété de gants : coupe, couture, couleur, qualité des peaux, tout y est soigné et de facture correcte; prix très-modérés.
- Compaivia Portuense, à Oporto : gants de peau d’agneau et de chevreau de belle teinture et de modèles élégants; bon marché très-remarquable pour la nature des produits.
- M. B ERNARDiNO G. ûa Silva, à Lisbonne : gants de chevreau d’un travail très-soigné, bien cousus et de bonne coupe; très-bas prix.
- SUÈDE,
- G. Swedmark , à Malmô : gants d’agneau et de chevreau à très-bas prix.
- RUSSIE.
- M. Sarda, à Saint-Pétersbourg, et M. Tichon Sorokin, à Moscou: belle variété de gants soignés; spécialité de Skins of jîllies.
- MEXIQUE.
- M. A. Cussey, à Mexico : peaux de chevreau mégissées et gants finis dénotant un grand progrès eu égard à la date récente de l’établissement; belle qualité, bonne coupe, coulures soignées.
- p.34 - vue 34/93
-
-
-
- VÊTEMENT, PARURE, ARTICLES DE FANTAISIE.
- 35
- TISSUS ÉLASTIQUES ET BRETELLES.
- Les tissus élastiques, bretelles et jarretières, qui forment une branche importante de l’industrie française, avec un mouvement d’affaires de plus de 10 millions, dont les deux tiers d’exportation, rTont guère été exposés au Centenaire que par les Etats-Unis.
- Il est regrettable que nos beaux et excellents produits de Rouen, Paris, Saint-Etienne, n’aient pas engagé la lutte; iis l’eussent soutenue, en effet, avec tous les avantages d’une fabrication que nous avons créée il y a vingt ans et incessamment perfectionnée, et qui avait la première marque.
- 11 y eût eu profita comparer nos tissus avec ceux des Américains, dont le développement industriel est très-méritoire.
- Les Anglais et les Autrichiens, nos principaux rivaux, s’étaient abstenus également.
- Voici la liste, des récompenses :
- ÉTATS-UNIS.
- Nashawamech Manufacturing Company, East-Hampton (Massachusetts) : bretelles de caoutchouc et tissus élastiques ; bonne facture.
- National Suspender Company, à New-York : bretelles et tissus élastiques de belle qualité.
- Glendale elastic Company, à East-Hampton : tissus élastiques pour bretelles, jarretières et tous autres usages.
- East-H ampton Rübber Thread Company : tissus élastiques pour tous emplois.
- M. J. C. Hemple, à Baltimore; tissus élastiques; spécialité pour lingerie.
- M. F. Armstrong, à Bridgeporl (Connecticut) : jarretières et brassards métalliques.
- La France n’était représentée que par MM. Lucien Fromage et Cie, de Rouen, dont les tissus élastiques pour bretelles, ceintures, jarretières, ont été récompensés aux Expositions universelles antérieures; par M, La-mary, de Paris, lauréat de Vienne, pour ses cordons élastiques de soie pour montres, binocles, de bonne fabrication.
- p.35 - vue 35/93
-
-
-
- 36
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE PHILADELPHIE.
- CLASSE 252.
- DENTELLES, BRODERIES, PASSEMENTERIE.
- DENTELLES.
- L’industrie dentellière, dont l’importance s’accroît d’année en année, grâce aux progrès du goût dans l’habillement des femmes et à l’emploi de la dentelle dans l’ameublement, grâce aussi aux bas prix atteints par les dentelles à la mécanique, figurait avec honneur à l’Exposition de Philadelphie, bien que le nombre des exposants, pour la France surtout, fût moins considérable qu’il n’eût été désirable.
- La France et la Belgique conservent toujours la tête de cette fabrication, dont l’extension est telle qu’on estime à près de 500,000 le chiffre des femmes et filles qui en vivent dans les divers pays du monde. La France et la Belgique accaparent près des trois quarts de cette production; le reste appartient à l’Allemagne, qui, sous le nom générique de dentelles de Saxe, livre des produits généralement communs et à bas prix; à l’Espagne et au Portugal, qui fabriquent à Barcelone et à Madère des dentelles de fil et de soie en grands morceaux destinées à la consommation nationale; à l’Angleterre, qui voit disparaître la vogue et la prospérité longtemps attachées à ses dentelles d’Irlande, de Buckingham et d’Honi-ton, dont on retrouve à peine des échantillons dans les Expositions internationales.
- Le Centenaire n’a provoqué un sérieux effort qu’en Belgique; la France n’a pas été suffisamment représentée, et cependant ce qu’elle a exposé permet d’affirmer qu’elle a conservé la première place dans cette industrie, née chez elle, qui vit de bon goût, de grâce, des caprices de la mode, toutes choses qu’on s’essaye à peine à nous contester.
- L’industrie dentellière comprend deux branches principales :
- Les dentelles au fuseau ou au point et les dentelles à la mécanique.
- FRANCE.
- DENTELLES AU FUSEAU OU AU POINT.
- Ces dentelles sont connues, parmi les plus célèbres, sous les noms de dentelles d’Auvergne ou du Puy, de Lorraine ou de Mirecourt, de Nor-
- p.36 - vue 36/93
-
-
-
- 37
- VÊTEMENT, PARURE, ARTICLES DE FANTAISIE.
- mandie, du Calvados ou de Bayeux, point de France ou d’Alençon. Ces dentelles n’occupaient que deux vitrines. Dans l’une s’étalait, brillante par la variété des produits, l’élégance des modèles et la richesse des dessins, l’exposition collective des fabricants de dentelles du Calvados, avec MM. Da-lechamp, Lecornu, Lecoq-Lamotte, Leroy, Mérouge, Robert frères et Verdé-Delisle, de Caen, comme collaborateurs. Cette magnifique collection a été désignée pour une médaille; mais nous ignorons encore si les malencontreux règlements imposés au Jury en matière de collectivité ont permis de la décerner.
- A côté venait la très-belle exposition de MM. Dognin et Cie, de Paris, avec une grande variété de dentelles Lama, tulles façonnés à pois, dentelles des Indes et autres nouveautés exécutées avec une grande perfection au moyen du métier à tulle, système Jacquard, et qui se plient à toutes les fantaisies de la mode.
- MM. Dognin et Cle sont passés maîtres dans cette industrie, et leur exhibition les maintient dans les premiers rangs conquis aux Expositions précédentes.
- La dentelle du Puy et celle'de Mirecourt n’avaient pas de vitrine spéciale et ne figuraient comme spécimens que dans l’exposition de MM. Verde'-Delisle et Cle.
- Quant à ces derniers, qui, sous le nom de Compagnie des Indes, fabriquent et exposent à la fois en Belgique et en France, ils excellent parmi tous leurs concurrents par le bon goût et le fini remarquables de leurs produits. Toutes les variétés de dentelles sont représentées dans leurs vitrines, qui sont très-entourées.
- Celle de la section française a frappé le Jury par une pointe très-hardie de dessin et très-supérieure d’exécution en dentelle Duchesse; une ombrelle en bayeux d’une finesse rare avec un semis de fleurs merveilleux de goût; des volants noirs; une ombrelle en point d’Alençon de toute beauté; un volant en point d’Alençon, reproduction exacte d’une toilette de Mm3 de Maintenon; enfin, une guipure en dentelle noire d’une grande nouveauté.
- Il n’est pas possible de porter d’une manière plus brillante le drapeau de la France dans les concours internationaux, et si une médaille de bronze, la seule dont disposât le Jury du Centenaire, peut difficilement témoigner de l’unanimité avec laquelle elle a été accordée, nous serions personnellement heureux de voir notre Gouvernement suppléer à l’insuffisance notoire de cette récompense.
- p.37 - vue 37/93
-
-
-
- 38
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE PHILADELPHIE.
- DENTELLES DE TULLES À LA MECANIQUE.
- Cette industrie très-considérable, qui a fait la fortune du centre calai-sien, était fort largement représentée, eu égard à la faiblesse relative des autres industries françaises.
- Fabriquées par les métiers à la Jacquard, qui se sont multipliés rapidement à Calais et à Saint-Pierre-lez-Calais, ces dentelles, en soie ou en coton, entrent aujourd’hui pour un chiffre d’affaires de plus de 5 o millions dans les modes, la lingerie, les confections de toutes sortes; elles luttent victorieusement contre les produits similaires de Nottingham en Angleterre et se développent sous l’impulsion du goût et du génie progressifs propres à la France. 11 semble difficile de pousser plus loin l’imitation des dentelles à la main, de se plier mieux aux fantaisies de la mode, de forcer avec plus de succès son choix par la variété, l’élégance et le bon marché des produits.
- Au nombre des exposants dans cette branche, le Jury a accordé des médailles à :
- M. Ch. Babey, à Calais; MM. Bacquet père et fils, à Saint-Pierre-lez-Calais; M. Alfred Bailey, à Douai et à Paris; MM. Francès frères, à Saint-Pierre-lez-Calais; MM. Herbelot et Dévot, à Calais, qui ont exposé une magnifique collection de blondes en soie blanche et noire : c’est la maison mère de l’industrie calaisienne, fondée en 1825 ; MM. Robert Maxton et C1’, à Saint-Pierre-lez-Calais, qui exposent de superbes variétés d’imitation de Valenciennes en toutes largeurs. MM. Crassier et Cie, à Saint-Pierre-lez-Calais, devaient se présenter au Centenaire accompagnés de leur vieille réputation; mais la perte de leurs colis les a empêchés de concourir.
- Les autres maisons du rayon calaisien, quoique non médaillées, ont été remarquées par le Jury pour la qualité de leurs produits et l’esprit d’initiative constante que révèle leur fabrication. A ce titre, ont droit à une mention spéciale : MM. Bontenjeun, Cazin et Noyon, Davenière, Gaillard père et fils.
- ANGLETERRE.
- L’Angleterre, à part les produits de son école d’Adare (Irlande), n’a envoyé aucun échantillon de ses dentelles au fuseau et à la main. Cette partie de son industrie, qui a eu de beaux jours et qui a gardé dans l’histoire du travail une place si estimée, paraît arrivée à la décadence, refoulée par la concurrence française et belge, qui a pour elle une légion
- p.38 - vue 38/93
-
-
-
- 39
- VÊTEMENT, PARURE, ARTICLES DE FANTAISIE.
- croissante d’ouvrières expérimentées et par suite le bas prix, et par-dessus tout la souplesse et l’aptitude à se plier aux fluctuations de la mode.
- Quant aux dentelles mécaniques, connues sous le nom de dentelles de Nottingham, elles fournissent des échantillons remarquables.
- M. Jacoby Morits and C°, à Nottingham, fabriquent avec succès la spécialité de Valenciennes et guipures noires en soie, des rideaux coton guipures noires et couleur, et des rideaux brodés, imitation de Saint-Gall.— Médaille.
- MM. Simon May and C°, à Nottingham, exposent des rideaux brodés, guipures et garnitures de tentures.
- Ces produits sont très-remarquables, mais on y retrouve des dessins sans originalité propre; c’est, du reste, une maison déjà ancienne et fort importante. — Médaille.
- Une troisième vitrine renfermait des échantillons de vente dignes d’attention et appartenait à des commissionnaires, MM. Heymann et Alexander, de Nottingham.
- En somme, l’industrie dentellière de Nottingham, très-florissante jadis, est aujourd’hui au déclin comme celles des dentelles au fuseau et au point; le nombre des métiers y diminue à mesure de l’augmentation de ceux des établissements français du Nord.
- BELGIQUE.
- L’exposition belge, un peu étranglée entre la Suisse et le Brésil, est une des plus remarquables comme variété et comme richesse des produits.
- Quoiqu’elle ressemble beaucoup pour l’étalage et la composition à la dernière exposition faite à Vienne, l’étude de cette section offre un vif intérêt, grâce à la variété des types de l’industrie belge et à la perfection de son travail. %
- La population dentellière du Hainaut, des deux Flandres et du Brabant maintient très-haut sa légitime réputation dans la production des Valenciennes, des malines, des dentelles noires de Grammont, de l’application de Bruxelles, avec ses fleurs au fuseau et à l’aiguille et son point à l’aiguille gazé, dit point de Venise, ses guipures de Flandres, imitant les anciens modèles.
- La dentelle de Valenciennes constitue la branche la plus importante et la plus productive de l’industrie dentellière : on a vainement essayé de l’arracher au monopole belge. Le fil de coton, au grand avantage de la
- p.39 - vue 39/93
-
-
-
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE PHILADELPHIE.
- 40
- solidité, a été généralement substitué au fil de lin, exclusivement employé à l’origine.
- Les quatre grands centres de fabrication, qui donnent leurs noms aux diverses variétés, sont Ypres, Courtrai, Bruges et Gand.
- La plus estimée est celle d’Ypres, dite à point carré, plus fine, plus riche et plus chère.
- La Valenciennes de Courtrai, plus apparente et à meilleur marché, s’applique à la lingerie; celle de Bruges, à maille ronde, plus ordinaire, s’emploie principalement pour garnitures de lit.
- La dentelle de Malines, après avoir joui d’une grande vogue jadis, est en pleine décadence aujourd’hui.
- La dentelle noire de Grammont s’efforce d’atteindre à la perfection de ses similaires du Calvados; mais, malgré la persévérance de ses efforts, elle n’a pu y arriver encore.
- Sur dix-neuf exposants qui occupaient les vitrines belges, le Jury, sur la proposition de son rapporteur, qui s’est livré à l’examen le plus approfondi de cette partie de la classe a52, avec le concours obligeant du délégué belge, M. Duhayon-Brunfaut, a décerné la médaille à :
- M. René Bergerem, à Ypres, pour sa collection de Valenciennes, plus remarquables par l’originalité de la fabrication que par l’élégance du dessin, qui est un peu plat : en somme, belle spécialité.
- MM. Bochholtz et Cie, à Bruxelles. Très-remarquable toilette à volants au point gaze avec fleurs en relief et bouquets au point, d’une valeur de 35,ooo francs. Bel assortiment de dentelle-duchesse partie réseau, partie guipure, en imitation de vieilles dentelles en point de Venise. Echantillon de volant application; point et point appliqué cTun joli dessin. Volant point Médicis fait à l’aiguille, plats au fuseau d’une grande élégance de dessin et d’exécution. Toilette à volants en guipure avec médaillons au point gaze.
- Comme nouveauté, une pèlerine à riches dessins et à jours d’une grande régularité; une guirlande de fleurs au point gaze entourant le portrait de la Reine.
- MMmcs 0. de Vergnies soeürs, à Bruxelles. Toilette en dentelle de Grammont d’une finesse extraordinaire et d’un beau dessin; échantillons d’application blanche et dentelles-duchesse d’une grande élégance et d’un goût remarquable.
- M"cs Julie Everaert et soeurs, de Bruxelles. Points en dentelle noire
- p.40 - vue 40/93
-
-
-
- VÊTEMENT, PARURE, ARTICLES DE FANTAISIE. /il
- très-belle, qualité très-line, dessin élégant; dentelle en point d’Angleterre; mouchoir et éventail au point gaze ; et pointe blanche au point gaze, d’une exécution très-correcte.
- M. Léon Sacré, à Bruxelles. Echantillons de volants et bandes en point gaze à 1,25o francs le mètre, d’une rare exécution et d’un fort beau style. Eventail aux armes de Belgique à 7,000 francs. Volants en dentelles à jour et fort bien ombrés comme dessin.
- M. Gillon-Steyaërt , à Courtrai. Dentelles Valenciennes à fleurs faites à part et appliquées : toilette d’une grande nouveauté.
- M. Vandezande-Goemaren, à Courtrai. Exposition remarquable au point de vue de la variété des Valenciennes et des objets de fantaisie, tels que mouchoirs, barbes, éventails, volants. Des dentelles de toute largeur et une toilette complète sont à signaler comme fini et comme dessin.
- M. Saligo-Vandenberghe, à Grammont. Bobes, pointes et ombrelles d’une grande richesse de dessin et d’une exécution très-soignée.
- MM. Duhayon-Brdnfaut et C‘% à Bruxelles. Quoique hors concours comme membre de la Commission belge, l’exposition de M. Duhayon-Brun-faut mérite une mention toute spéciale pour la variété des dentelles et la supériorité du travail.
- Tous les genres fabriqués en Belgique sont représentés dans cette vitrine et y brillent par l’élégance et le fini du dessin. Il y a dans ces produits une supériorité incontestable, affirmée du reste par les nombreuses récompenses obtenues aux Expositions précédentes.
- Dans la collectivité des fabricants de Grammont, qui poursuivent avec un progrès sérieux la concurrence qu’ils font aux dentelles de Chantilly et de Bayeux, se trouvent quelques étalages remarquables; moins serrées de réseau, visant surtout à l’apparence en même temps qu’au bon marché, les dentelles noires s’inspirent des dessins français et rivalisent, comme succès de vente, avec nos beaux produits du Calvados.
- Le Jury a accordé des médailles à :
- M. Bruyneel aîné, à Grammont, maison importante et fabriquant bien; ses produits sont très-variés, d’une belle qualité et de dessins bien détachés.
- M. de Groote-Vterendeel, à Grammont. Exposition d’un excellent ensemble d’articles, tels que pointes, garnitures de volants, ombrelles, barbes, mantilles espagnoles de bonne qualité courante.
- p.41 - vue 41/93
-
-
-
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE PHILADELPHIE.
- 42
- M. Ghys-Brdyneel, à Grammont. Echantillons de dentelles noires de belle fabrication.
- Citons encore, en Autriche, deux médailles accordées à M. Metzner-Bernard, de Graslitz (Bohême), et à M. J. Stramitzer, de Vienne, pour leurs dentelles en point gaze pour fichus, éventails et mouchoirs, d’une bonne exécution.
- BRODERIES.
- Industrie similaire à celle de la dentelle, la broderie est un élément de production d’une importance très-considérable. On estime à plus de 200,000 personnes la population ouvrière qu’elle fait vivre et qui contribue au développement du goût dans la toilette et l’ameublement.
- Comme la dentelle, la broderie favorise le travail à domicile et peut être, dès lors, considérée comme un élément de moralisation pour la classe ouvrière qui s’y adonne. Le merveilleux développement des arts mécaniques a opéré dans l’industrie de la broderie la même révolution qui s’est accomplie pour la dentelle. Lorsque la brodeuse mécanique eut réussi à livrer de bons produits à bon marché, la vulgarisation de cet art de goût se répandit dans des proportions à peine croyables; il pénétra dans les couches populaires, qui reculaient devant les hauts prix de la broderie manuelle.
- Plus heureuse pourtant que l’industrie dentellière, qui dans toutes ses branches paraît destinée à se soumettre à l’empire de la machine au détriment des ouvrières, dont le iravail ordinaire est à plus haut prix, la broderie à la main ne subit pas de crise grave, malgré l’extension des produits mécaniques. Mais aussi ne prévoit-on pas qu’elle puisse être dépossédée des objets de grand luxe tels que les chiffres armoriés, pièces à grands dessins, robes à grands coins, et de la broderie des trousseaux, qui fait vivre beaucoup d’ouvrières. Il y a là, en effet, un élément de fantaisie, de variété, qui doit se plier au goût individuel et pour lequel la machine n’aura pas de longtemps acquis la souplesse et la docilité nécessaires.
- Il s’est donc formé une clientèle nouvelle, plus démocratique, dont la consommation est immense, sans que l’ancienne clientèle abandonnât les goûts plus dispendieux qu’elle peut satisfaire.
- On range généralement les produits de la broderie dans trois grandes divisions :
- i° La broderie de toilette ou broderie blanche, comprenant l’ameublement, les rideaux, etc.; elle peut se faire sur toile de fil, de coton, ou sur tulle au passé, au plumetis, au crochet, à la main et à la mécanique : c’est
- p.42 - vue 42/93
-
-
-
- VETEMENT, PARURE, ARTICLES DE FANTAISIE. A3
- la seule partie de la broderie qui ait été, jusqu’à présent, exécutée par les machines, mécaniques ou métiers à broder;
- a0 La broderie or et argent pour costumes religieux, civils ou militaires, emblèmes, étoffes d’ameublement, etc.
- 3° La broderie en laine et soie sur canevas ou tapisserie à l’aiguille.
- Parmi les pays de production, la Suisse tient encore la tête avec la fabrication de Saint-Gall; le chiffre des métiers y croît d’année en année avec celui des exportations. Malgré la concurrence très-résolue que lui oppose l’industrie française de Lorraine, de Tarare, de Saint-Quentin, et les outillages nouveaux si remarquables du département de l’Aisne, malgré des succès qui présagent une prochaine victoire, où le meilleur contingent sera, comme toujours, la supériorité du goût national, la Suisse a conservé en quelque sorte le monopole des divers marchés pour les produits à bas prix.
- L’Angleterre paraît destinée à des progrès rapides, qu’elle devra aux efforts soutenus que l’on y apporte, sous de hautes et puissantes influences, au développement artistique des travaux de femme. La «South Kensington school of art Needle work» semble destinée à réaliser un grand bien sous ce rapport.
- Les Etats-Unis ont commencé à installer des métiers et ont produit des résultats dignes d’attention; la broderie artistique à la main s’y développe également, ainsi qu’en témoigne la multiplicité de travaux à l’aiguille étalés dans le Women-Pavillon.
- Quant à l’Allemagne, à l’Autriche, aux Pays-Bas, à la Belgique, à l’Italie et à la Russie, ils maintiennent avec succès le rang honorable qu’ils ont acquis depuis longtemps. N’oublions pas de signaler avec curiosité les belles expositions de la Chine et du Japon, qui ont excité à Philadelphie un véritable enthousiasme.
- Le Jury a arrêté son attention sur les expositions qui suivent et qui toutes ont été jugées dignes de la médaille.
- FRANCE.
- Dans la broderie d’ameublement, où Saint-Gall et l’école de South Kensington ont été signalés à bon droit pour le goût et l’exécution, il importe de mentionner d’une manière toute spéciale l’exposition de M. Charles Meunier, de Paris, dont les produits ont vivement frappé le Jury et attiré la foule des visiteurs.
- Les imitations de l’antique, appliquées sur un tissu très-épais et de
- p.43 - vue 43/93
-
-
-
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE PHILADELPHIE.
- M
- couleur écrue, qu’il appelle ^ tissu Momie,55 ont conquis, dès leur première apparition devant un public étranger, leur droit de cité parmi les plus élégantes nouveautés d’ameublement. La garniture exposée, qui comprend portières, baldaquins et rideaux de fenêtre, est une reproduction du style égyptien avec figures hiéroglyphiques brodées en bordure avec des laines aux couleurs éteintes, d’un effet très-harmonieux : cette invention est un vrai succès pour la décoration des appartements, surtout au point de vue de la solidité et de la durée.
- Les rideaux brodés sur tulle ou sur mousseline de la même maison sont très-élégants et d’un goût excellent.
- Enfin, la lingerie de toilette, imitation russe, avec broderies en coton de couleur, à nuances vives et de teinture résistante, se recommandent par l’originalité des dessins et la nouveauté des dispositions.
- M. Meunier a fait faire à l’industrie du blanc des progrès considérables comme application du travail manuel ou mécanique et comme bon goût dans les créations les plus variées. La médaille lui a été décernée à l’unanimité du Jury.
- SUISSE.
- MM. Alder et Meyer, à Hérisau (Appenzell) : garnitures en broderies faites mécaniquement; grande exportation en Angleterre et aux Etats-Unis. — Médaille.
- MM. Basquin Hector et Schweizer, à Saint-Gall : choix des plus remarquables de broderies sur coton et sur toile faites à la machine; grande production. — Médaille.
- MM. Bion et Tschumper, à Saint-Gall : broderies mécaniques pour robes et cols de dames. Cette manufacture est une des plus importantes de la Suisse et capable de faire une concurrence victorieuse pour la modicité des prix. — Médaille.
- MM. Gôldy et Cie, à Saint-Gall: vêtements d’été pour dames, confectionnés avec le plus grand goût; imitation parfaite des broderies à la main de Madère et de 9 5 p. 0/0 meilleur marché que ces dernières. — Médaille.
- MM. Hirschfeld frères et C,e, à Saint-Gall : rideaux brodés à la main; grande variété de produits. Une des plus fortes maisons de Suisse, fournissant abondamment le marché américain. — Médaille.
- MM. Jkl é frères, à Saint-Gall: grand assortiment de broderies mécaniques; spécialité pour les broderies sur toile, soie et laine. — Médaille.
- p.44 - vue 44/93
-
-
-
- VÊTEMENT, PARURE, ARTICLES DE FANTAISIE. A5
- MM. Stæheli Wild et C‘e, à Saint-Gall : cette maison, récompensée dans toutes les précédentes Expositions, étale un grand assortiment.de broderies à la main et mécaniques pour robes. — Médaille.
- MM. Steiger et Cie, à Hérisau (Appenzell) : grande spécialité de rideaux brodés à la main, d’un beau dessin et d’un bon fini, très-appréciée sur les marchés français, anglais et américain. — Médaille.
- Ecole de dessin de Saint-Gall. Cette école, entretenue et administrée par la chambre de commerce de Saint-Gall, expose des rideaux exécutés d’après les dessins de ses élèves et qui marquent des progrès très-sérieux. Dans les cartons qui nous ont été soumis, nous avons remarqué des dessins d’ornement d’un fort bon goût et d’une exécution soignée; nous avions meme demandé une médaille à titre d’encouragement pour le dessin n° 1, très-méritant à tous les égards. — Médaille.
- ALLEMAGNE.
- MM. H irschberg et C'e, à Eibenstock : grand assortiment de broderies à la main et à la machine; maison très-connue dans l’industrie allemande. — Médaille.
- M. G.-G. Doerffel fils, à Eibenstock : belle exposition de broderies mécaniques et de rideaux brodés à la main. — Médaille.
- AUTRICHE.
- M. Edouard Richter, à Vienne : broderies variées; exposition du matériel de travail ; bon goût et bon marché. — Médaille.
- ÉTATS-UNIS.
- MM. Kurscheedt and G°, à New-York : grande variété de broderies, cannelures, plissés, le tout bien fabriqué sur des machines brevetées. — Médaille.
- M. Bentley Jeff, à Philadelphie : dessins de broderies, chiffres élégants, mouchoirs de poche brodés très-coquets. — Médaille.
- M. Thomas Joël, à Philadelphie : bonnets brodés pour dames et enfants, collerettes et cols; 200 modèles différents; prix modérés. — Médaille.
- ANGLETERRE.
- Ecole des travaux d’aiguille artistiques de South Kensington, à Londres, Vêtement. /1
- p.45 - vue 45/93
-
-
-
- EXPOSITION l/NI V EHSELLE 1)E PH l LA DEL P II I E.
- /16
- une des plus remarquables expositions du Centenaire comme dessin, comme graduation de couleurs et comme fini d’exécution : presque toutes ces broderies sont des reproductions d’après d’anciens modèles et d’un goût auquel les Anglais ne nous avaient pas habitués jusqu’ici.
- Cette école, fondée sous le patronage des princesses et de la haute aristocratie d’Angleterre, prouve une fois de plus ce que des musées richement garnis, comme l’est le South Kensington, peuvent exercer d’influence sur le goût d’un pays. Tous les travaux à l’aiguille exposés dans ce salon spécial ont été un succès de bon augure pour l’avenir de cette institution. — Médaille à l’unanimité.
- Ecole d’Adare, village d’Irlande, placée sous la direction de la comtesse Dunraven : produit une exposition de robes brodées et autres broderies, faite en vue d’attirer une clientèle à cette Ecole de bienfaisance. Le Jury a accordé une médaille à titre d’encouragement.
- RUSSIE.
- M. Kreboff, à Orenbourg : broderies exécutées à la main sur vêtements, dans le style oriental ; garnitures pour dames d’un dessin original et d’une bonne exécution. — Médaille.
- M. Kom aroff, à Saint-Pétersbourg : broderies en argent faites à la main sur vêtements de drap, de soie et sur cuir; habile exécution et dessins d’une grande originalité. — Médaille. ^
- M. Hodjaïeff, à Saint-Pétersbourg : confections pour dames, brodées en or et argent dans le style turc et persan; élégance et habileté de travail. — Médaille.
- M. J u le s Florand, à Saint-Pétersbourg: broderies en argent exécutées sur flanelle de couleur; dentelles à la main; bonne exécution et style élégant.
- CHINE.
- M. Fow-Long, à Canton : broderies de soie montées sur écrans d’un dessin merveilleux; goût d’une grande originalité et bonne exécution. — Médaille.
- JAPON.
- M. Tanaka, à Kiyoto, médaille; M. Nishimura, à Kiyoto, médaille : broderies sur soie, riches couleurs imprimées et brodées; dessins très-originaux; grande harmonie de nuances et d’une habileté de Iravail remar-
- p.46 - vue 46/93
-
-
-
- VETEMENT, PARURE, ARTICLES DE FANTAISIE.
- hl
- Il nous reste à mentionner parmi les trop nombreuses broderies qui s’étalaient au Pavillon des Dames, et qui relèvent plutôt de la fantaisie que d’une industrie quelconque, une toilette complète brodée sur soie et garnie de dentelles au fuseau de Mlb Heleiva Fuchs, de Saint-Louis, à laquelle le Jury a accordé une médaille.
- Mme la marquise de Talhouët, à Paris, dont une broderie sur soie fond noir aux couleurs harmonieuses et d’une grande élégance de dessin a également été jugée digne d’une médaille.
- PASSEMENTERIE.
- Cette industrie comptait fort peu de représentants à l’Exposition de Philadelphie. Nous n’avons rien trouvé aux États-Unis qui marquât des efforts sérieux dans celte branche.
- L’Autriche n’a fourni qu’une seide exposition de MM. Schmidl et fils, à Vienne, qui a été médaillée pour ses garnitures en soie faites à la main sur du coton recouvert de soie; grande variété de modèles et grand bon marché.
- La France était représentée par trois vitrines :
- M. Dieutegard, à Paris, affirmait ses succès précédents par une exposition très-remarquable ; grande variété de garnitures pour confections de dames en laine et en soie, d’une exécution supérieure et de bon goût; couleurs fort bien nuancées et modèles très-appréciés comme nouveauté. — Médaille.
- M. de Pauw, à Paris ; garnitures de passementerie en soie noire; quoique non médaillée par le Jury, son exposition mérite d’être mentionnée.
- M. Millas, à Toulouse : passementerie de coton d’une très-grande variété de modèles et d’une exécution très-soignée; garnitures d’un bon marché exceptionnel. Nous l’avions proposé pour une médaille et nous avons été péniblement surpris de ne pas le voir figurer dans la liste des récompenses.
- CLASSE 254.
- FLEURS ARTIFICIELLES. — EVENTAILS. ÉPINGLES. — CANNES. — TABLETTERIE. — BIMBELOTERIE.
- Le programme du Centenaire a groupé dans la classe 254 un grand
- 4.
- p.47 - vue 47/93
-
-
-
- '48
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE PHILADELPHIE.
- nombre de spécialités : fleurs artificielles, coiffures, boutons, épingles, œillets, agrafes, éventails, parapluies, cannes, pipes, objets de tabletterie concourant au vêtement, jouets et bimbeloterie. Les exposants ont concouru en assez grand nombre pour l’exposition de ces divers articles, qui ont offert un réel intérêt autant à cause des efforts qu’ils permettent de constater dans les industries nationales qu’à raison de l’importance croissante de la production.
- Pour les plus importants articles de cette classe les Etats-Unis ont donné la preuve de l’ardeur avec laquelle ils s’essayent et réussissent à s’émanciper du tribut qu’ils payaient jusqu’ici aux industries européennes. Pour les fleurs artificielles, jouets, cannes et parapluies, leur production a plus que doublé depuis 1870: elle est en progression sérieuse dans les autres spécialités : certaines, comme les écailles et nacres naturelles ou artificielles, de création toute récente, ont pris un essor remarquable.
- FLEURS ARTIFICIELLES ET PLUMES.
- La fabrication des fleurs artificielles et la façon des plumes, qui représentent pour la France un chiffre annuel d’affaires considérable, dont la moitié revient à la main-d’œuvre de nos habiles ouvrières, n’est pas près de passer en d’autres mains. Nous continuons à être en possession presque exclusive de la perfection, et sommes arrivés à faire de cette branche une industrie d’art qui ne laisse plus rien à désirer. Nos seuls concurrents, les Anglais, qui nous serraient de près autrefois, semblent déserter la lutte; en 1867, en 187,8, au Centenaire, ils n’ont pas combattu, et cependant ils sont les maîtres, pour les plumes particulièrement, du marché des matières premières. Les Etats-Unis se montrent avec plus de décision; leurs exposants étaient au nombre de huit et leurs mérites sérieux. Nous avons même rapporté à la chambre syndicale des fleurs de Paris un bouquet fabriqué sous nos yeux et qui, sans atteindre comme goût et comme fini notre fabrication parisienne, témoigne du chemin parcouru dans cette voie par les fabricants américains et des progrès qu’ils pourront réaliser dans un avenir très-prochain. Dire qu’en fleurs, aussi bien qu’en plumes, les principaux manufacturiers sont des Français établis depuis plusieurs années en Amérique, c’est non-seulement pour nous un devoir, mais encore un hommage indirect à rendre à notre pays, d’autant mieux que les efforts faits par les Américains pour attirer chez eux des ouvrières parisiennes sont un fait connu depuis longtemps, non-seulement dans cette branche spéciale de notre production, mais dans d’autres encore. C’est une raison de plus pour nos intelligents producteurs fie redoubler d’efforts, afin
- p.48 - vue 48/93
-
-
-
- VÊTEMENT, PARURE, ARTICLES DE FANTAISIE. /i9
- d’assurer notre suprématie sur les marchés du dehors. Le Jury a d’ailleurs, reconnu unanimement, comme l’avaient fait tous les autres antérieurs, que la France imite la nature avec une grâce et une vérité incomparables, que ses fleurs artificielles poussent l’illusion aussi loin que possible, que ses plumes apprêtées et façonnées sont les plus parfaites.
- Paris est le grand laboratoire pour cette industrie; les manutentions de plumes fournies par les marchés de Londres et de Livourne ou par la France, car les plumes des espèces communes sont devenues d’un usage plus général, s’y font avec un art achevé pour l’apprêt, le blanchiment et la teinture. Les mérites que l’industrie anglaise a atteints doivent même être attribués surtout aux ouvriers parisiens quelle a enrôlés jadis.
- Voici les récompenses qui ont été décernées:
- FRANCE.
- MM. Hiélard et C,e, à Paris. La plus complète des expositions françaises. Fleurs et plumes d’une exécution de premier ordre, pleine de goût, d’élégance, de fini. Plumes d’autruche du meilleur style. Cette exposition fait honneur à la fois à notre pays et au chef si intelligent de cette maison, qui est une notoriété des plus marquantes des chambres syndicales de Paris.
- M. L. Délivré, à Paris. Fleurs montées d’une grande perfection; magnifique exposition de roses fort bien exécutées sous tous les rapports.
- M. Gosse-Périer, à Paris. Fleurs des champs bien faites et bouquets de violettes; couleurs artistement nuancées et bon marché extraordinaire.
- Nous devons mentionner ici M. Favier, qui avait garni de ses jolies plantes d’ornement les jardinières et vases de la maison Cornu. L’exécution en était si parfaite, que dès les premiers jours de l’Exposition ces plantes avaient disparu, dérobées par quelque main coupable, et M. Favier a été sur le point de perdre ainsi, avec ses produits, ses droits à la récompense qui lui était due. Heureusement, les instances réitérées de la Commission française ont réussi à lui faire attribuer la médaille à laquelle il avait tous les droits.
- ÉTATS-UNIS.
- M. F. W. Ansley, à Sainte-Augustine (Floride). Fleurs artificielles de bon goût, faites de plumes; petite bijouterie travaillée avec une fève de mer qu’on trouve en Floride.
- MM. Bené Creighton et Clc, à New-York. Plumes d’autruche d’une belle teinture nuancée. M. Bené, d’origine française, a introduit aux Etats-
- p.49 - vue 49/93
-
-
-
- 50
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE PHILADELPHIE.
- Unis cette fabrication, où il réussit d’autant mieux que la consommation s’applique non-seulement aux dames, mais aussi aux francs-maçons, qui dans leurs processions font un étrange abus de plumes et plumets à leurs coiffures.
- Mlle A. de Etta Bloodgood, à New-York. Très-belle exposition de Heurs, feuilles, fruits de cire d’une rare perfection de couleur et de dessin.
- MM. Birgé et Berg, à Philadelphie. Fleurs artificielles : progrès considérable dans l’exécution, l’imitation, le goût et la disposition; invention de cartons destinés à donner aux fleurs une plus belle apparence et à les préserver dans l’emballage. Maison pleine d’avenir dans cette industrie des fleurs.
- M"!e J. H. Martin, à Philadelphie. Bonnes fleurs artificielles exécutées en plumes.
- AUTRICHE.
- Mme la comtesse Pauline Baudissin, à Vienne. Magnifique exposition de fleurs luttant avantageusement avec les plus beaux produits de l’industrie parisienne pour l’élégance, l’éclat et le fini.
- BRÉSIL.
- Ml!es M. et F. Natté, à Bio-de-Janeiro. Fleurs faites avec goût, entièrement de plumes et d’une rare exécution, déjà médaillées à Vienne en .873.
- MM. Silveira deSoüza, à Distiorio. Fleurs artistement faites d’écailies et arêtes de poisson.
- PORTUGAL.
- MM. Guilhermjna et O. Pinho , à Ponta Delgada. Variété de fleurs exécutées en plumes de couleurs naturelles, bien assorties et dénotant du goût et une grande adresse; beau choix de matières.
- M. S. W. Dabney, à Fayal (îles Açores). Fleurs peintes de moelle de figuier.
- M. D. Maria de Souza, à Ponta Delgada. Fleurs de fibres d’aloès : grande originalité.
- MEXIQUE.
- M‘° Peh sado, à Mexico. Fleurs exécutées en copeaux de corne, d’un travail soigné et plein de goût.
- p.50 - vue 50/93
-
-
-
- VETEMENT, PAR U HE, ARTICLES DE FANTAISIE. 51
- M"e Sottomayor, à Mexico. Fleurs et fruits de cire d’une bonne exécution : bon coloris, goût et habileté de main.
- HAWAÏ.
- MM. Young, à Hawaï. Guirlandes de mousse et écailles remarquables.
- VICTORIA.
- Mrae F. DE Richelieu, à Windsor. Fleurs bien faites d’écailles de poisson.
- COIFFURES, OUVRAGES EN CHEVEUX.
- Les ouvrages de cheveux sont, comme la plupart des produits exposés dans notre groupe, une spécialité où la France tient la première place depuis longtemps. Elle exige un goût et un,fini que les autres nations n$mt pu atteindre encore : accessoire de la toilette des femmes comme des hommes, elle réclame une main-d’œuvre très-souple, car il s’agit de dissimuler les artifices que l’on prête à la beauté et à la grâce. La mode, depuis beaucoup d’années, est à l’abondance des cheveux, que notre existence si civilisée ravage trop souvent : aussi l’artiste capillaire occupe-t-il une belle place dans la production nationale, allant emprunter aux têtes-des deux mondes sa matière première et l’adaptant à tous les besoins et à toutes les vanités avec un succès d’imitation rare.
- Le commerce des cheveux, comme celui des coiffures postiches, a son centre en France; sa marque de fabrique est restée la première, non-seulement pour les produits qui garnissent les crânes ou remplacent les barbes aux héros de théâtre, mais encore pour la bijouterie de cheveux.
- Cette branche particulière, qui exploite les sentiments de famille et les tendres souvenirs, exige beaucoup de savoir-faire et de finesse psychologique : nous y sommes passés maîtres.
- Les récompenses décernées sont les suivantes :
- FRANCE.
- M. A. M uzet, à Paris. Assortiment complet de tons ouvrages de cheveux. Maison de premier ordre.
- ÉTATS-UNIS.
- ME mile W. Moniaux, à INe\v-York. Dessins de cheveux et chiffres pour broches d’une bonne exécution.
- p.51 - vue 51/93
-
-
-
- 52
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE PHILADELPHIE.
- MM. Lewishon frères, à New-York. Ouvrages de cheveux et perruques de bonne qualité.
- ESPAGNE.
- M. Pantaleo de la Pena, à Madrid. Nattes de cheveux et perruques de qualité supérieure.
- SUÈDE.
- M. J.-J. Berg, à Gôteborg. Perruques d'une bonne exécution.
- RÉPUBLIQUE ARGENTINE.
- M. Bourgeois, à Buénos-Ayres. Ouvrages de cheveux et chaînes de bonne exécution.
- CANNES, OMBRELLES, PARAPLUIES.
- Encore une industrie dont la France s’est fait une sorte de monopole. Ses parapluies et ombrelles, dont la variété est très-grande et auxquels s’appliquent, chaque année, des améliorations et procédés nouveaux, se fa- N briquent depuis les espèces les plus communes jusqu’aux plus riches et aux plus artistiques et représentent un mouvement d’affaires de près de 5o millions à l’intérieur et à l’exportation. Notre métallurgie a enlevé à l’Angleterre la spécialité des montures de fer; nos fabriques de Lyon produisent la soie; celles de Normandie, les couvertures ordinaires de laine et de coton; nos spécialistes façonnent et sculptent les manches, faits des bois les plus divers.
- Pour les cannes, fouets et cravaches, la fabrique parisienne défie également les industries étrangères. Tous ses produits sont bons, solides, élégants et livrés aux prix les plus avantageux.
- Malheureusement, toute cette spécialité a négligé de se faire consacrer à nouveau au Centenaire; les nations étrangères s’v sont montrées à leur avantage, copiant nos modèles, empruntant nos matières premières, heureuses peut-être de ne pas être amoindries dans leurs mérites par la comparaison des produits français, auxquels on reconnaît généralement le droit au premier rang.
- Voici les récompenses qui cmt été accordées :
- ANGLETERRE,
- M. M a RT ix W îLUAM Henry, à Londres. Collection variée de parapluies,
- p.52 - vue 52/93
-
-
-
- VÊTEMENT, PARURE, ARTICLES DE FANTAISIE. 53
- tannes et fouets; les parapluies de cette maison, déjà récompensés en j 867, sont d’un remarquable fini de monture et très-solides.
- MM. Swaine and Adeney, à Londres. Maison ancienne et toujours récompensée. Exposition remarquable de fouets, cravaches, cannes et objets variés pour la chasse, les courses, etc.; fini et bon goût de tous les produits.
- MM. Davis and Wilson, à Birmingham. Collection très-variée de montures pour cannes, parapluies, ombrelles; fouets et cravaches. Matières de qualité supérieure; exécution très-soignée. Prix modérés.
- ALLEMAGNE.
- MM. Joseph Sax et C1’, à Berlin. Parapluies de jolies formes et de mécanismes ingénieux.
- Berlin umbrella factory. Belle fabrication de parapluies à bon marché.
- ÉTATS-UNIS.
- MM. Ellis Knapp and C°, à New-York. Parapluies et parasols de tous genres. Patentés pour le Burglar Proof Rumer, objet d’un usage fort commode.
- MM. W. A. Drown and C°, à Philadelphie. Parapluies et parasols couverts et coupés avec la plus grande habileté ; fabrication de cannes et de manches de parapluies.
- MM. Heiter and Gans, à New-York. Belle exposition de parapluies et ombrelles; cannes automatiques fort ingénieuses.
- M. Tobin Joseph F., à New-York. Exposition intéressante de côte de baleine des applications les plus variées, particulièrement aux cannes et manches de parapluies et de fouets.
- Glendenning and Truitt, à Philadelphie. Bonne exposition de fouets et articles d’équitation.
- M. T homas Miller, à New-York. Produits variés et de bonne fabrication.
- ITALIE.
- MM. Riciiini frères, à Turin. Parapluies et ombrelles; spécialité d’articles de voyage.
- ESPAGNE.
- M. Antonio Noailles, à Saragosse. Cannes sculptées de bois ordinaire,
- p.53 - vue 53/93
-
-
-
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE PHILADELPHIE.
- 5 A
- d’un travail très-soigné; dessin d’un goût excellent et exécution d’une originalité exceptionnelle.
- PORTUGAL.
- M. Manuel Antonio Diogo, à Oporto. Parapluies de soie, bien montés, avec poignées en ivoire d’une bonne exécution et à prix modérés.
- TURQUIE.
- M. Mustapha Vusto, à Brousse. Cannes d’ébène avec incrustation d’argent d’un beau dessin oriental et d’un beau fini.
- VICTORIA.
- MM. Tord frères, à Melbourne. Couvre-chef d’étoffe, fixé sur le collier du cheval, destiné à protéger la tête contre les insolations : appareil très-original et considéré comme pratique par le Jury.
- PIPES ET ACCESSOIRES DE FUMEURS.
- La fabrication des pipes comprend les pipes d’écume de mer, les pipes de bois et de racines, les pipes de terre et de porcelaine. Les pipes d’écume constituent en Autriche et surtout à Vienne une industrie très-ancienne, florissante, et qui est entre les mains de vrais artistes sculpteurs. Les produits viennois en écume vraie et en imitation ont une réputation qui se soutient , mais qui a trouvé des concurrents très-sérieux en France, à Paris, et en rencontrera de plus en plus aux Etats-Unis.
- Les pipes de bois et racines, dont la production est considérable en Allemagne et en France depuis longtemps, tendent à détrôner celles d’écume : elles sont moins cher, fort prisées des fumeurs et de modèles aussi variés qu’élégants.
- Les pipes de terre de la marque Gambier sont des articles communs, mais extrêmement répandus à cause de leur prix infime : la France les fabrique exclusivement. Quant aux pipes de porcelaine, dont la Saxe avait fait une spécialité, leur vogue, répandue seulement en Allemagne et en Hollande, tend à disparaître.
- Les récompenses attribuées par le Jury ont été réparties de la manière suivante :
- AUTRICHE.
- M. Fr. Hiess, à Vienne. Articles de fumeurs, en écume et en ambre véri-
- p.54 - vue 54/93
-
-
-
- ÊTEMENT, PARURE, ARTICLES DE FANTAISIE. 55
- tables : jolis modèles; bon marché; sculptures très-fines. Maison de premier ordre.
- M. Kemperling Hermann, à Vienne. Articles de fumeurs, en cerisier; grand assortiment et bas prix.
- M.T REBiTSCH Arnold , à Vienne. Articles de fumeurs, en imitation d’écume et d’ambre très-bien réussie; bon marché extraordinaire.
- ALLEMAGNE.
- M. Otto Gebhard, à Nuremberg. Pipes de bruyère unies et sculptées, de formes jolies et à bas prix.
- ÉTATS-UNIS.
- M. F. Jules Kaldenberg, à New-York. Pipes et articles de fumeurs, d’écume et ambre, parfaitement exécutés et qui par le goût et le fini sont comparables aux meilleurs produits de Vienne, L’exposant est Viennois et a donné un grand développement à l’industrie importée par lui aux États-Unis.
- MM. Nax Kuhn and Silbermann , à Philadelphie. Pipes très-bien finies, d’usage courant et à bas prix.
- M. Wm Demuth and C°, à New-York. Grand assortiment de pipes de racines avec monture de gutta-percha et caoutchouc vulcanisé; bonne façon et bas prix remarquable défiant toute importation étrangère.
- FRANCE.
- MM. Bondier Ulbrich et Cle, à Paris. Pipes d’écume et de bruyère. Modèles très-répandus.
- MM. Hasslauer et de Champeaux, à Givet. Assortiment complet des fameuses pipes de terre Gambier; articles ordinaires de bonne qualité.
- PAYS-BAS.
- M. P. Goedwagen, à Gouda. Grand assortiment de pipes de toutes sortes à bon marché.
- ACCESSOIRES DE TOILETTE.
- PEIGNES ET OBJETS EN ÉCAILLE, IVOIRE, AMBRE.
- La France n’a pas eu d’exposants dans cette industrie, qui constitue au
- p.55 - vue 55/93
-
-
-
- 56
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE PHILADELPHIE.
- premier chef l’article de Paris, si renommé pour son goût, sa diversité et son bas prix. Cette abstention, quelque regrettable qu’elle soit, n’est pas-faite pour lui enlever quelqu’un de ses débouchés ou quelque chose de sa réputation, certainement incontestée. Les produits exposés par les autres nations n’ont pas révélé au Jury des progrès sérieux dont la France eût pu faire son profit, bien que son attention ne doive pas se détourner des efforts qui sont faits pour rendre son concours moins nécessaire; mais ces efforts tendent plus vers l’éclat que vers l’harmonie des tons, plus au bon marché qu’à la qualité solide et durable.
- Les récompenses ont été décernées à :
- ALLEMAGNE.
- AL J. Schlegel, à Nuremberg. Articles originaux et bien faits, d’écaille de tortue, avec incrustations d’or.
- AUTRICHE.
- M. L. Schulte, à Vienne. Bijouterie d’écaille : jolis modèles.
- M. Jules de Brunfaut, à Vienne. Bonnets et plumes de verre. Cette maison est, en outre, connue pour sa spécialité de tissus de verre pour filtres chimiques.
- ÉTATS-UNIS.
- M. J. H. Adams and C°, à Providence. Bijouterie d’écaille, peignes d’ornement d’un joli dessin.
- AL D. S. S. Spaulding, à Alansfield. Bijouterie d’écaille et peignes d’ornement élégants.
- Celluloïd A'Jainufactüring Company, à New-York. Bijouterie d’imitation d’ivoire, corail, corne, d’une nouvelle composition qui vient d’être introduite à Paris et paraît destinée à un grand succès.
- Al. Alma Wilson, à Landscrona. Bijouteries d’écaille de poisson bien travaillée.
- ITALIE.
- AL Luigi Olivieri, à Venise. Joaillerie d’écaille, bracelets et colliers de verre soufflé, bonbonnières en mosaïque. Bon marché.
- AL Luigi Labriola, à Naples. Bijouterie d’écaille de tortue d’un excellent style.
- RUSSIE.
- Al AL Bernstein frères, à Ostrolenka. Bijoux sculptés en ambre ; broches,
- p.56 - vue 56/93
-
-
-
- 57
- VÊTEMENT, PARURE, ARTICLES DE FANTAISIE.
- pendants d’oreilles, boutons, articles de fumeurs : exécution très-soignée, de bonne qualité et à des prix modiques.
- PEIGNES ET ACCESSOIRES.
- Pour les peignes et accessoires de la toilette des cheveux, des récompenses ont été accordées aux maisons ci-après :
- ALLEMAGNE.
- .MM . Sciilenk et Lutzemberger, à Nuremberg. Belle exposition de peignes, spécialement de corne et d’imitation d’écaille de tortue; très-bas prix.
- M. Probst Gottfrted, à Nuremberg. Belle collection de peignes de buffle et imitation d’écaille; bas prix.
- ÉTATS-UNIS.
- MM. G arlisle Henry et fils, à Philadelphie. Peignes d’écaille de tortue et de corne; matières employées de premier choix.
- M. W. H. Noyés, à Nexvburyport (Massachusetts). Belle fabrication à la main de peignes de corne.
- Manufacture libre de peignes, à Wappingers F ails. Grande exposition de peignes pour dames, de corne ou de caoutchouc; belle fabrication.
- Indépendant Gomb Company, à Waterburg. Peignes et boutons d’os. Imitation d’écaille, nacre de perle, etc.
- ESPAGNE.
- M. Antonio Salvi y Don, à Barcelone. Collection très-variée de peignes de toilette, de buffle, corne et écaille. Excellents matériaux; travail soigné et fini.
- ÉVENTAILS.
- La fabrication des éventails est au premier chef une industrie d’art et de goût, et à ce titre la France n’a rien à redouter de la concurrence étrangère; plus de /i,ooo ouvriers d’une habileté consommée lui assurent le premier rang et se partagent les produits d’un travail dont les trois quarts sont destinés à l’exportation. La peinture, la dentelle, les broderies, la dorure, la tabletterie, l’orfèvrerie, concourent à la production des éventails de luxe, et il est aisé de comprendre que, toutes ces spécialités si éminem-
- p.57 - vue 57/93
-
-
-
- 58
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE PHILADELPHIE.
- ment parisiennes donnant leur concours, aucun autre pays ne peut engager la lutte contre nous : aussi les nations où l’usage de l’éventail est le plus répandu, l’Espagne, le Portugal, l’Italie, l’Amérique du Sud, sont restées nos tributaires et nous demandent, de préférence à leurs producteurs propres, leur consommation riche ou même commune; nos éventails sont plus gais, mieux habillés que les leurs.
- Cependant, au point de vue du bon marché, la Chine et le Japon, où la matière première est abondante et la main-d’œuvre très-économique, ont depuis quelques années envahi tous les marchés du monde; mais ils n’ont pas fait décroître la production française : leurs articles, livrés à un prix très-bas, se sont créé une classe de consommateurs nouvelle, populaire.
- Nous n’avons rien à redouter de cette invasion, car, en créant l’habitude de l’éventail, elle fera naître le goût du bel éventail, et notre industrie seule pourra le livrer.
- Les récompenses suivantes ont été décernées :
- FRANCE.
- M. Alexandre, à Paris. Eventails à montures d’écaille, ivoire, bois, d’un grand fini; peintures sur soie d’un style artistique et très-élégant. Maison de premier ordre,
- ESPAGNE.
- M. Massaguer y Lleds, à Barcelone. Eventails et écrans de papier et de soie; montures diverses en qualités courantes d’une très-grande variété; modèles d’un bon fini et d’une modicité de prix remarquable.
- M. Alejandro Sans, à Valence. Eventails à montures de bois garni de papier ou de soie d’un style populaire : bonne exécution, qualité très-marchande et d’un excessif bon marché.
- AUTRICHE.
- M. Joseph Osteritter , à Vienne. Eventails d’écaille, ivoire, avec ou sans plumes, bien faits.
- ÉTATS-UNIS.
- M. Sarah E. Bonney, à Sterling (Massachusetts). Eventails de plumes d’une bonne fabrication.
- p.58 - vue 58/93
-
-
-
- VÊTEMENT, PARURE, ARTICLES DE FANTAISIE.
- 59
- CHINE.
- M. L ien Shjng, à Canton. Eventails de bois laqué et ivoire, très-originaux.
- M. Ho A. Ching, à Canton. Eventails d’ivoire sculpté, d’un fin travail et d’un prix relativement bas.
- M. Yut Shing, à Canton. Eventails de laque, style original et de bonne exécution.
- JAPON.
- MM. Kimo Sümu et Yamada, à Kiyoto. Eventails brodés et remarquablement peints.
- M. S. Mochiamii et Cie, à Kiyoto. .Eventails d’ivoire ou d’écaille avec de jolies peintures.
- M. Taxaka, à Kiyoto. Broderies et peintures sur éventails particulièrement remarquables.
- M. Ch. Min oda, à Tokio. Eventails de laque, boîtes, etc. : grande originalité.
- BOUTONS, ÉPINGLES, OEILLETS ET AGRAFES.
- La fabrication des boutons est en France d’une grande importance industrielle, qui ne fait que croître depuis l’emploi, presque exagéré au point de vue du goût et de la simplicité, que les femmes en font dans toutes les parties de leur toilette. Nous avons accaparé en quelque sorte le monopole de plusieurs espèces, et particulièrement des boutons de porcelaine blanche, de couleur ou nacrée, et des boutons de passementerie à l’aiguille, que nous avons su imposer en les appropriant aux toilettes dont la création ne chôme jamais en France. Nous marchons les premiers aussi pour les autres genres de boutons de fantaisie, d’uniformes, de chasse, de livrée,, pour les boutons de corne, ceux de nacre, d’écaille, pour lesquels on a créé des modèles sculptés, gravés ou de marqueterie. Les boutons de papier mâché, de bois, constituent encore une branche considérable de notre industrie. Les autres pays, sauf l’Angleterre, qui cependant devient timide à comparer ses produits aux nôtres, fabriquent d’une manière recommandable, mais entrent difficilement en rivalité avec nous pour la variété infinie et incessamment accrue des modèles, pour le fini et l’élégance.
- Nous ne saurions réclamer la même priorité pour la production des
- p.59 - vue 59/93
-
-
-
- 60
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE PHILADELPHIE.
- aiguilles, épingles, œillets et agrafes. L’Angleterre tient la tête et paraît devoir la conserver longtemps, bien que nous lui disputions notre consommation nationale avec un succès complet et que nous envahissions déjà ses débouchés. Quant au marché du Nouveau-Monde, il est bien près de lui échapper, car les Etats-Unis font des efforts très-remarquables pour se suffire et échapper au monopole de Birmingham, Londres et Dublin. Les immenses progrès réalisés par l’industrie métallurgique américaine la poussent à transformer elle-même en épingles de toilette, à cheveux ou de deuil les 2,000 ou 3,ooo tonnes de laiton et de fil de fer que réclame la consommation des Etats-Unis.
- Ils arriveront assurément au but qu’ils poursuivent avec un succès assuré par la perfection de leur outillage et de leurs métaux. Les récompenses suivantes ont été décernées :
- ANGLETERRE.
- M. Fenton James, à Birmingham. Collection très-variée de boutons de nacre de perle pour la lingerie; modèles pratiques et de qualité supérieure à des prix modérés.
- MM. Smith James et fils, à Astwood Bank, près Redditch. Collection d’aiguilles à main et pour machines à coudre à leurs différents degrés de fabrication, depuis la matière première employée jusqu’au pointage et à la trempe. Belle fabrication et qualité supérieure de leurs aiguilles, épingles et accessoires.
- MM. M ilword Henry et fils, à Redditch. Cette maison, médaillée à toutes les Expositions, soutient dignement sa réputation; fondée en 1780, elle fournit ses produits au monde entier. A Philadelphie, elle exposait une collection très-variée d’aiguilles de toute nature et surtout de machines à coudre, le tout de qualité supérieure.
- M. Evans David, à Studley-Redditch. Aiguilles à main et pour machines à coudre de toutes sortes et d’une exécution remarquable.
- MM. Kirry Beard et Cie, à Birmingham et Redditch. Ancienne et bonne maison établie en 1759, connue dans le monde entier pour la qualité de ses aiguilles, épingles, hameçons, épingles à cheveux; fabrication supérieure et qualité de premier choix.
- FRANCE.
- M. V. Bapterosses, à Paris. Boutons et perles de porcelaine de toute
- p.60 - vue 60/93
-
-
-
- 61
- VETEMENT, PARURE, ARTICLES DE FANTAISIE.
- grandeur, fabriqués sur un pied considérable : variété et originalité dans la forme; modicité des prix. Maison unique dans son genre, connue pour sa spécialité dans toutes les parties du monde et ayant obtenu toutes les récompenses aux Expositions antérieures.
- ÉTATS-UNIS.
- w aterburg Button Company, à Waterburg (Connecticut). Maison importante pour les boutons de drap ou métalliques; variété de modèles et bonne fabrication.
- Manufacture de boutons, à Easthampton (Massachusetts). Cette grande compagnie expose une grande variété de boutons d’ivoire ou recouverts de drap.
- M. Emile Wahl, à Philadelphie. Boutons et crochets, objets de fantaisie d’os, boutons communs de bonne qualité à des prix très-modiques.
- Compagnie du Bouton new-yorkais, à Brooklyn. Grand assortiment de boutons de métal ou de drap; bon marché.
- MM. Scowill et Cie, à Waterburg. Boutons en tous genres, à tous prix; spécialité de boutons métalliques pour uniformes militaires et autres.
- M. J. W. Steavart, à New-York. Epingles pour châles de bonne fabrication.
- Oarville Pin Company, à Waterburg. Grande manufacture d’épingles de toutes grandeurs; maison fondée il y a vingt-quatre ans et faisant un grand chiffre d’affaires justifié par sa fabrication soignée et à bas prix
- \ ALLEMAGNE.
- M. Edward Peine, à Hambourg. Boutons de manchettes d’ivoire et d’é-caille. Prix modérés.
- AUTRICHE.
- M. F r. Ant. Fuschner, à Vvssa (Bohême). Grande variété de boutons de métal à bas prix.
- M. Schadelbauer, à Vienne. Exposition du boulon de perle-mère.
- Turners Sample Office, à Vienne. Boutons de manchettes ornés de perles; bon goût et prix modiques.
- Vêtement.
- p.61 - vue 61/93
-
-
-
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE PHILADELPHIE.
- G2
- ESPAGNE.
- MM. Feu et eils, à Madrid et à Barcelone. Grande variété de boutons métalliques, d’uniformes et de livrées, d’un bon style et de belle exécution.
- PORTUGAL.
- M. H . Schalk, à Lisbonne. Boutons de soie, verre, métal, recouverts de coton ou de laine d’une grande variété de modèles et à bon marché.
- MM. Gonzalves Riba y C'\ à Oporto. Agrafes et œillets métalliques, boutons de modèles variés, capsules pour bouteilles, le tout bien exécuté et à des prix modérés.
- BIMBELOTERIE ET JOUETS D’ENFANTS.
- Il y a vingt ans à peine que les jouets de Nuremberg étaient en possession presque exclusive du marché des jouets d’enfants dans les deux mondes. La capitale de cette industrie avait donné son nom aux produits que des milliers de mains habiles et ingénieuses, d’esprits naïfs et de négociants avisés fabriquaient, à la plus grande joie des bébés, en Saxe, en Tyrol, en Thuringe, en Bohême, en Bavière, dans le Wurtemberg. L’Allemagne était la mère Gigogne du jouet, et c’est à peine si l’on se donnait la peine de lutter : jouet primitif et simple, à bon marché, plus amusant qu’instructif, reflétant bien la bonhomie patriarcale et l’économie qui donnaient autrefois tant de charme au naturel germanique. Mais les temps changent, et avec eux les caractères, sans cependant que la souplesse de l’esprit industriel et l’amélioration de l’outillage suivent toujours une marche parallèle; l’esprit de révolution qui souffle sur les mœurs d’autrefois pourrait bien atteindre l’Allemagne dans cette branche relativement la plus prospère et la plus incontestée de son industrie.
- La France s’est préoccupée elle aussi des soins à donner aux joies des petits enfants, et trouvant là, à la fois, grand profit et champ illimité à son imagination native et à son goût, elle a commencé à créer, avec Paris pour centre et pour magister, l’industrie du jouet.
- Elle devient singulièrement habile et dangereuse pour ses voisins; si elle leur abandonne encore la plus grande partie du jouet commun, elle commence à leur ravir le jouet soigné, de luxe, qui, par le temps de vanité et de richesse qui court, pourrait bien devenir le seul que daigneront accepter nos descendants.
- Mais en dehors du goût et de l’éclat le jouet moderne a encore la pré-
- p.62 - vue 62/93
-
-
-
- G3
- VÊTEMENT, PARURE, ARTICLES DE FANTAISIE.
- tenlion d’être pédagogique; il se fait compliqué et savant et doit servir de canal pour jeter de bonne heure dans les jeunes têtes des leçons de choses, des notions parfaites sur toutes les curiosités de notre vie sociale et de nos recherches scientifiques. Si nos futures élégantes habillent et déshabillent, avec un luxe et une perfection de garde-robe inouïs, les ravissantes créatures de porcelaine que Ton appelle poupées, nos garçons sont armés du fusil du dernier modèle, font naviguer des vaisseaux cuirassés mus parla vapeur et l’hélice, guident des tramways et manient les piles du télégraphe électrique.
- Révolution, en vérité, qui a son bon et son mauvais côté. La naïveté des ébats y perd un peu de son expansion, la gravité du petit savant y prend jour trop tôt, le besoin des belles choses s’accentue plus vite; mais aussi l’esprit en reçoil une direction plus précise et la main s’habitue à toucher, en les respectant ou en les brisant, les mécanismes que multiplie notre civilisation.
- Derrière l’Allemagne et la France marchent à pas pressés les Etats-Unis. On ne peut qu’être frappé des ingénieux progrès que les Américains ont fait faire à leurs jouets; si beaucoup sont encore grossiers, rudimentaires, d’une certaine naïveté comique, il y a dans leur application des solutions mécaniques le germe d’un avantage dans ce genre de fabrication auquel il nous faut faire attention.
- L’Allemagne avait seule exposé des soldats de plomb : nous regrettons que la France ne lui dispute pas davantage cette spécialité, qui entretient chez les enfants le goût et le respect des choses militaires. Il ne faudrait pas que le souci du gain et la passion des sciences vinssent rejeter sur le second plan la noble ardeur des garçons pour la généreuse et fortifiante carrière des armes. L’excès en tout est un défaut. L’exposition allemande péchait par ses étalages guerriers; notre exposition, par l’absence du soldat et l’éclat du jouet.
- Des récompenses ont été proposées par le Jury pour les industries suivantes :
- ALLEMAGNE.
- M. A. Issmayer , à Nuremberg. Grand progrès et grande originalité dans la fabrication des jouets d’étain et de fer-blanc; bon marché.
- M. J. Nor.vann, à Nuremberg. Grande variété de jouets d’étain; reproduction des troupes de tous les pays.
- M. G. Brandenbacher, à Nuremberg. Grande exposition d’objets de physique amusante et de magie avec d’ingénieuses combinaisons.
- p.63 - vue 63/93
-
-
-
- G h
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE PHILADELPHIE.
- M. L. Nebelacker, à Nuremberg. Jouets aimantés Lieu faits.
- M. IL Sickling, à Nuremberg. Modèles divers de poupées habillées; prix très-modérés.
- M. E. P lanck, à Nuremberg. Lanternes magiques et bateaux à vapeur de fer-blanc : bonne confection.
- MM. Bartii et Wagner, à Rodacli, près Cobourg. Jouets divers; imitation d’animaux : bas prix.
- MM. Cuno et Otto Dresser, à Sonnenberg (Thuringe). Tètes et corps de poupées habillés : jolie fabrication.
- M. L. Schunnemann, à Magdebourg. Poupées habillées, robes de poupées; grande variété.
- M. J. D. Oeiime et fils, à Grünhainingen (Saxe). Jouets de bois. Maison très-importante; grand bon marché.
- M. Adalberg Hairsky, à Leipzig. Ballons de papier et lanternes pour illuminations.
- FRANCE.
- iM. Bontemps, à Paris. Oiseaux automatiques chantant, d’un mouvement très-naturel. Ces jouets d’horlogerie ont eu le plus vif succès auprès du Jury et du public américains.
- M. Bourgeois aîné, à Paris. Bel assortiment de couleurs sans poison, pour enfants et écoliers; remarquable qualité.
- M. Faivre, à Paris. Jouets de fer-blanc, chemins de fer, bateaux, locomotives et autres nouveautés à mécanique pouvant lutter haut la main avec les meilleurs similaires de Nuremberg et autres.
- M. Jumeau, à Paris. Poupées habillées d’une grande finesse. Ces poupées sont d’excellents représentants des modes parisiennes; rien n’est joli, élégant, de bon goût, comme les coiffures, les toilettes, les poses de ces poupées articulées. Grand succès de vitrine au Centenaire. La fabrique de M. Jumeau, à Montreuil, établie au lendemain de la guerre, produit des têtes de poupées de porcelaine émaillée qui nous affranchissent du monopole conservé jusqu’ici par la Saxe.
- M. Trüffy, à Paris. Grande variété de jouets mécaniques constituant de vrais automates d’une grande perfection.
- Quoique non récompensés par le Jury, on peut mentionner, dans le dé-
- p.64 - vue 64/93
-
-
-
- 65
- VÊTEMENT, PARURE, ARTICLES DE FANTAISIE.
- parlement français : les meubles et jouets de MM. Choumer et Collet, à Paris; les services de table, jouets de M. Dehors, à Paris; les jouets électriques de M. Loiseau fils et les petites machines à vapeur de M. Radiglet; enfin les jouets variés de M. Maltête, à Paris, qui tous faisaient bonne figure à Philadelphie.
- ÉTATS-UNIS.
- Pope Manlfactijring Company, à Boston. Fusils et pistolets de salon à air comprimé et ressorts à boudins, bien conçus et bien exécutés; bon marché.
- M. Robert Nickle, à Rochester. Instruments de magie et variété de jouets intéressants.
- MM . Althof, Bergmann a\ü C°, à New-York. Jouets mécaniques très-ingénieux, exécutés au moyen de mouvements d’horlogerie; grande simplicité des mécanismes. Maison importante, dont quelques pièces, telles que le gymnaste, le vélocipédiste, Plionnne qui marche, réalisent des combinaisons très-originales.
- Mme R. E. Jenkins, à Bordenlown (New-Jersey). Souliers et bottines de poupées; jolie fabrication.
- M. L. M han, à Somaïca Plains (Massachusetts);
- MM. Peck and Snyder, a New-York;
- MM. R each and Johnston, à Philadelphie;
- M. J. D. Shibe, à Philadelphie,
- Exposent des balles pour jeux des écoles et une grande variété de jouets de société à des prix modérés et de bonne fabrication.
- JAPON.
- M. Z. Ide, à Kiyoto. Jouets de bois; imitations d’animaux en miniature, exécutées avec cette perfection originale qui caractérise les ouvriers japonais.
- CLASSE 255.
- MAROQUINERIE ET TARLETTERIE.
- Cette classe comprend la maroquinerie, les portefeuilles, les nécessaires de toilette avec les articles de tabletterie qui y tiennent, les petits bronzes d’ornement, les malles et valises.
- p.65 - vue 65/93
-
-
-
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE PHILADELPHIE.
- 66
- Celte exposition a été intéressante; elle était occupée surtout par l’industrie autrichienne, qui a vaillamment confirmé sa réputation pour la maroquinerie fine et les petits bronzes d’ornement. Elle soutient depuis plusieurs années une lutte sérieuse contre nos propres produits sur le marché français pour les fantaisies de cuir, et l’étendue de sa production lui permet, avec l’aide des bas prix de sa main-d’œuvre, d’espérer une grande extension de son exportation; mais nous n’avons cependant pas de craintes à avoir, car nos ouvriers ne le cèdent pas aux siens et, en même temps que notre goût est plus varié, plus inépuisable, nous avons à un plus haut degré le souci de combiner la belle apparence avec une qualité marchande invariablement bonne.
- Les Etats-Unis commencent sérieusement à installer chez eux ces diverses branches d’industrie; leurs progrès sont grands, mais auront-ils les qualités variées qu’exige cette fabrication si délicate?
- Les récompenses accordées pour la maroquinerie, la tabletterie de fantaisie, les petits bronzes d’ornement, ont été les suivantes :
- ANGLETERRE.
- M. J. Johnson et C1u, à Londres. Collection variée de boîtes d’écaille et de papier mâché; belle fabrication, choix supérieur des écailles, modèles élégants, bas prix.
- MM. Kent George Buton et-0e, à Londres. Cette maison (ayant aussi exposé dans la classe de la brosserie) expose des couteaux à papier, cadres photographiques, glaces à main d’ivoire sculpté, d’une exécution soignée et de bon goût.
- ALLEMAGNE
- M. Fr. Vjte', à Berlin. Albums, articles de cuir à très-bas prix.
- M. Ad. Heinrich Meyer, à Hambourg. Travail de l’ivoire pour tout usage; matière bien choisie et bonne exécution.
- MM. G. Magarüs et Cie, à Berlin. Billes de billard d’ivoire, composition et caoutchouc durci.
- AUTRICHE.
- M. Kraulitz, à Vienne. Cadres pour photographies; modèles pleins de goût à des prix très-modérés.
- • M. John Uhmann, à Tieffenbac-h (Bohême). Objets variés, encriers de verre garnis de maroquin et bronze d’excellente qualité à bas prix.
- p.66 - vue 66/93
-
-
-
- 67
- VÊTEMENT, PARURE, ARTICLES DE FANTAISIE.
- M. J. Bambula, à Vienne. Cadres pour articles de fantaisie de cuir; bonne façon et prix modérés.
- M. Mich. Seewald, à Vienne. Ecritoires de cuir, flambeaux de maroquin et bronze; maison importante.
- M. L. Schutte, à Vienne. Articles d’écaillc de tortue, médaillons, boites, boutons de manchettes, etc.
- AJ. Fr. Beihl, à Vienne. Articles de bronze de modèles variés à bon marché.
- AJ. Jos. Frank, à Vienne. Articles divers de bronze bien fabriqués.
- AI. Dzledzinsri et Haunsch, à Vienne. Articles de bronze fort bien travaillés avec des matières choisies.
- AI. Anton Bohm, à Prague. Objets religieux de bronze d’un joli dessin; cadres découpés pour images de sainteté.
- AI. Ludwig Bohm, à Vienne. Bronzes de modèles variés et}élégants ; bonne fabrication à bon marché.
- AI. Clemens Lux, à Vienne. Articles de fantaisie de bronze très-bien exécutés.
- AJ. Fr. Bergmann, à Vienne. Bronzes d’ornement faits avec le plus grand goût.
- AI. B. Heller fils, à Tôplitz (Bohême). AJodèles nouveaux et élégants de bronze et ivoire.
- Al Al. J. Kuzel et Jankowso, à Vienne. Articles de tourneur, montés en bronze. Alodèles très-variés; bon marché.
- Al Al. Lal et fils, à Vienne. Articles de bronze et de pierres de toutes espèces, d’un goût relatif mais bien travaillés.
- AI. J. Zoeckert, à Prague. Objets de cristal montés en bronze d’un grand bon marché.
- AI. Bodeck frèües, à Vienne. Afaroquinerie fine d’une excellente fabrication.
- Al. Fr. Wagner, à AleistradorlF (Bohême). Objets de cristal montés en bronze du meilleur goût.
- AI. G. Danneberger, à Vienne. Grande variété d’objets de fantaisie de bronze à bon marché.
- p.67 - vue 67/93
-
-
-
- 68 EXPOSITION UNIVERSELLE DE PHILADELPHIE.
- M. A. F. H echmaxx, à Vienne. Bronzes de fantaisie d’un très-bon goût.
- FRANGE.
- M. Fr. Giroxdeau, à Paris. Bel assortiment de boites de fantaisie de bronze niellées et émaillées; coloris bien nuancé, goût dans le dessin, bon marché.
- M. Lamarre, à Paris. Tabletterie de luxe, albums, buvards, porte-cartes, d’une bonne exécution.
- M. Dmo dt fils, à Paris. S’était lait remarquer à Vienne en 1878. A exposé au Centenaire une grande variété de fermoirs pour tous articles de maroquinerie; fabrication bonne et prix modérés.
- VL Lenègre, à Paris. Belle exhibition d’albums, buvards, portefeuilles, articles de maroquinerie d’une bonne exécution.
- MM. Mayaud frères, à Paris. Biche exposition d’articles religieux : à,ooo modèles depuis les espèces les plus communes jusqu’aux plus recherchées; belle fabrication et bon marché.
- VI. Voisin , à Paris. Collection remarquable des genres les plus variés de fermetures métalliques pour cols-cravates. Déjà médaillés à Vienne, ses produits ont obtenu sans hésitation la récompense du Centenaire.
- M. E. Cléeay, à Paris. Objets de fantaisie d’écaille de tortue, boîtes à gants, ornements de toilette de première qualité; spécialité d’écaille blonde, très-remarquée comme bon goût et fini du travail; reliure de Bible d’écaille blonde, d’une exécution remarquable.
- RUSSIE.
- VL Loükoutin, à Moscou. Boites à gants, à cartes, à bijoux, de différents modèles de papier mâché, ornées de dessins, de peintures d’un cachet tout particulier. Fabrication soignée et très-originale.
- VL Aügdste Stroeyi, à Saint-Pétersbourg. Cadres pour photographies, porte-cartes, petites glaces à main de bronze doré d’un goût original et d’une bonne fabrication.
- ETATS-UNIS.
- MM. T 1 f fax y et C'e, à New-York. Belle exposition d’ornements de bronze ; une des maisons les plus importantes d’Amérique, surtout en orfèvrerie.
- p.68 - vue 68/93
-
-
-
- 69
- VÊTEMENT, PARURE, ARTICLES DE FANTAISIE.
- MAL Grote et C'e, à New-York. Ivoires pour pommes de cannes, de parapluies et garnitures de toilette.
- AI. Peacok, à Philadelphie. Paniers, hoites à bijoux, écrins de bois, maroquin et velours d’un bon travail.
- ALAI. C. F. Kolb et fils, à Philadelphie. Ecrins à bijoux brevetés pour leur fermeture d’un fini remarquable.
- AI. G. F. Rumpp, à Philadelphie. Belle exposition de portefeuilles, porte-monnaie, buvards, etc., dignes de comparaison avec les meilleurs produits parisiens ou viennois.
- MM. Packu rst et Gridley, à Newark. Couvertures et dos de livres de cuir; courroies doubles pour châles et livres à poignée et cuvettes métalliques brevetées et très-pratiques comme emploi; grand progrès, bonne apparence.
- AUSTRALIE DU SUD.
- AI. Henry Steiner, à Adélaïde. Vases et objets d’art montés en argent d’un joli fini et de bon goût.
- MALLES, VALISES ET ARTICLES DE VOYAGE.
- L’importance de la fabrication des articles de voyage croît d’anr.ée en année, à la faveur du développement commercial et de la facilité que les chemins de fer et les paquebots donnent à la circulation. L’Angleterre, qui a été longtemps en possession d’un quasi-monopole pour les produits soignés et qui renferme encore les plus grandes maisons dans ce genre, est obligée de compter aujourd’hui avec des concurrents nombreux et habiles, parmi lesquels la France et surtout la fabrication parisienne tiennent le premier rang. La variété des articles rentrant dans cette classe est considérable; la spécialité qui s’est le plus développée est le sac et la sacoche de voyage, dont l’industrie livre des quantités énormes, de toutes qualités et de tous prix. La fabrication des malles intéresse dans une proportion sérieuse un grand nombre d’industries particulières : la corroierie, la mégisserie, qui livre les maroquins, les peaux en poil, graissées ou vernies, la serrurerie, l’industrie des bois, des toiles et coutils, la bouderie, la tôlerie.
- Aux Expositions précédentes, l’Angleterre, la France, l’Autriche et la Russie ont montré les meilleurs produits pour la légèreté et la solidité. Le petit bagage, tel que valises, sacs, exigeant plus de goût, a trouvé les meil-
- p.69 - vue 69/93
-
-
-
- 70
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE PHILADELPHIE.
- leurs ouvriers en France. L’Amérique a fait, à l’abri de ses tarifs prohibitifs, des progrès rapides et est arrivée sans peine à une fabrication très-importante. Moins soignée dans les détails, mais très-pratique dans la distribution des emplacements et cherchant surtout à ménager l’effet des chocs du voyage, la malle américaine a réalisé des perfectionnements fort intéressants. La ferrure consiste généralement en pièces de fonte malléable, avec des serrures d’une ingéniosité primitive, mais massives et cherchant à éviter la main-d’œuvre à raison de son prix élevé.
- Des récompenses ont été accordées aux exposants suivants ;
- ANGLETERRE.
- MAL Hoë Richard et fils, à Londres. Belle fabrication de porte-manteaux, boîtes à chapeaux, sacs de voyage; confection solide; cuirs et maroquins de première qualité.
- FRANCE.
- M. W. Walcker, à Paris. Magnifique assortiment de malles, valises, nécessaires de voyage, bien conçus au point de vue de l’usage, richement garnis, mais en rapport avec la clientèle de cette maison, c’est-à-dire un peu chers.
- ÉTATS-UNIS.
- MM. Crouch et Frrz Gerald, à New-York. Assortiment varié de bonne confection ; modèles bien conçus.
- MAL J. Lagowitz et Cle, à New-York. Produits divers soignés et de prix modérés.
- MM. J. C. Gilmore et C,e, à New-York. Spécialité de malles à coins de caoutchouc, protégeant contre les chocs du voyage à l’aide de boules de caoutchouc fortement rivées par des triangles de fonte malléable aux coins haut et bas de la malle; ces caoutchoucs amortissent admirablement l’effet des chocs de transbordement, et même les chutes auxquelles les transports à bras peuvent donner lieu de la part des facteurs; application pratique, mais d’un bon marché relatif.
- MM. Edward Simon et frères, à Newark, et T. Peddie et C10, à Newark. Ces maisons exposent des malles et valises solidement confectionnées et faites avec goût.
- CANADA.
- M. W. E. Clarke, à Toronto. Alalles, valises et sacs en bois recouverts
- p.70 - vue 70/93
-
-
-
- VÊTEMENT, PARURE, ARTICLES DE FANTAISIE. 71
- tic veau; fer nickelé d’un bon aspect et d’un bon travail dans le goût du pays.
- PORTUGAL.
- AI. José C. Azevedo, à Oporto. Malles de bois recouvert de cuir, solides; détails d’aménagement soignés.
- RUSSIE.
- MM. W. N issen, à Moscou, et R. Zimmermann, à Saint-Pétersbourg. Malles et valises de bonne facture; matières premières de bon choix.
- RÉPUBLIQUE ARGENTINE.
- MM. Güntsche et Schroeder, à Buénos-Ayres. Bonnes et fortes malles de cuir; bon marché.
- M. Mattaldi Eugenio, à Buénos-Ayres. Malle contenant un lit, une table à dîner, une planche à écrire, une table de toilette : produit ingénieux et utile.
- CLASSE 256.
- FOURRURES.
- L’exposition des fourrures a offert un vif intérêt. Comme toutes les industries du vêtement, celle des fourrures a pris une extension incroyable par suite de l’usage populaire fait aujourd’hui dans tous les pays du monde d’un produit que le luxe monopolisait encore il n’y a pas longtemps. Les fourrures s’appliquent en effet à l’ameublement et aux vêtements. Pelisses, couvertures de voyage et de promenade, tapis, sorties de bal, palatines, camails, manchons, boas, chapeaux, casquettes, chaussures, garnitures de gants, de robes, manchettes, etc., toute cette nomenclature d’accessoires variés de l’habillement et de l’habitation s’adresse à la collection toujours croissante des fourrures, qui porte actuellement sur plus de 600 types de peaux diverses. Sans parler des fourrures communes qui, sous le nom de sauvagines, sont, telles que les lapins, putois, belettes, etc., l’objet d’une exportation énorme en France, le Centenaire offrait de brillantes collections de renards noir, argenté, bleu ou croisé, d’ours noir, de loup à pelage blanc et pointe argentée, de martre zibeline, de loutre de mer, de castor, de chinchilla, d’hermine, scunx, etc. L’Allemagne, la Russie, l’Angleterre, étaient les grands marchés des fourrures et les pays
- p.71 - vue 71/93
-
-
-
- 72 EXPOSITION UNIVERSELLE DE PHILADELPHIE.
- d’origine par excellence; les Etats-Unis et le Canada faisaient commerce, mais peu d’industrie, avec leurs peaux si abondantes et si riches. Aujourd’hui il n’en est plus de meme : les Etats-Unis et le Canada manufacturent avec un grand succès et peuvent être considérés comme n’étant plus tributaires de l’industrie européenne pour les articles les mieux faits. On sait que le lustrage des peaux est le côté délicat de l’industrie des fourrures : il consiste à donner aux fourrures communes, depuis la base jusqu’à la pointe du poil, l’apparence de fourrures fines, au moyen d’une teinture à froid qui exige les plus grands soins; on est même arrivé dans ces derniers temps à introduire et à fixer des poils blancs émergeant sur le -pelage foncé, pour imiter les fourrures les plus précieuses. Les opérations que subissent les fourrures, l’apprêt, la teinture, le lustrage et le brillantage, se font avec une grande supériorité à Paris et à Lyon. Aussi, malgré les éloges que le Jury a équitablement répartis entre les divers pays et exposants de cette industrie, il a été unanime à décerner la palme à l’exposition d’industriels français, MM. Révillon frères, de Paris, tant il est vrai que pour la mise en œuvre des matières premières, le goût et le fini, l’aptitude française a des grâces d’état : elle seule sait donner toute leur valeur aux grandes et petites bêtes fourrées des deux mondes.
- Voici la liste des récompenses décernées :
- ETATS-UNIS.
- Freadwell and C°, à Albany. Grande variété de peaux de veau marin aux divers degrés de préparation, concourant au musée Smithsonien; perfection du mode de teinture.
- MM. J. A. Stambach and G0, à Philadelphie. Grande exposition de martre zibeline russe, blaireau argenté, etc.; tapis fait de 2,000 pièces de fourrures différentes avec les armes des Etats-Unis.
- MM. Ed. iMawson et fils, à Philadelphie. Manteaux ; gants pour hommes et femmes; manchons et boas.
- MM. Duryce and Hallett, à Rochway (New-York). Peaux de veau marin, brutes, écbarnées, tirées au fer, foulées, dégraissées, lustrées, coupées et apprêtées. Cette exposition a été vivement appréciée du Jury américain à raison des efforts soutenus et heureux qu’elle fait constater dans l’acclimatation des opérations diverses que subit la fourrure, opérations pour lesquelles les Etats-Unis étaient jusqu’ici, tributaires des Anglais.
- p.72 - vue 72/93
-
-
-
- VETEMENT, PARERE, ARTICLES DE FANTAISIE. 73
- MM. W. H . and M. Bürnett, à Newark. Bel assortiment de fourrures de martre zibeline, d’astrakan, etc.
- MM. V. Booss et frère, à New-York. Belle exposition de fourrures de robes provenant de renard bleu, d’ours noir, etc.; manteaux de velours doublés d’bermine royale et garnis de chinchilla; chapeaux et gants fourrés de b onne qualité. Maison la plus importante des Etats-Unis dans cette branche.
- M. Kaehler Otto, cl Philadelphie. Animaux empaillés; fourrures pour tapis; très-jolie invention d’un manchon pour dames contenant des compartiments destinés à tous les objets nécessaires à une dame. Modèles élégants.
- Institution Smithsonienne, à Washington. Cette institution mérite une mention spéciale pour le classement méthodique et très-complet des peaux brutes, apprêtées, teintes, coupées et lustrées qu’elle a exposées dans le palais du Gouvernement. A côté du produit industriel figuraient empaillées les grosses et menues bêtes qui fournissent les pelleteries. Le phoque ou veau marin d’Alaska et du Pacifique Méridional, particulièrement recherché par les fourreurs américains, était exposé à tous les degrés d’opérations que subissent ces peaux. Collection scientifique à la fois et utilitaire, faite par des donateurs nationaux, tels que MAL Herpich de New-York, Tread-well et Cied’Albany, Bowskv de New-York, Benfrew du Canada; elle a été vivement appréciée par le Jury et fait honneur aux Etats-Unis.
- CANADA.
- MAL Reynold et Volkel, à Montréal. Tapis de peaux de loup; manchons, bonnets, manteaux de chasse et fort belles fourrures.
- Compagnie de la baie d’Hudson, à Alontréal. Exposition brillante de fourrures brutes, ours blanc, brun, noir, skunx, renard bleu, loups blanc et gris, etc.; manteaux d’Esquimau de veau marin. Cette compagnie, très-ancienne et très-connue parles expéditions périlleuses qu’entreprennent ses chasseurs, a maintenu au Centenaire sa vieille réputation.
- AL Thibaut Lantier et C'e, à Alontréal. Deux belles vitrines de fourrures : manchons d’hermine; manteaux pour hommes, de loutre du Nord. Grande variété de produits d’une bonne exécution à tous les points de vue.
- MM. C. Keizer et fils, à Halifax. Exposition de blaireaux naturels; tapis de peau d’ours noir; peaux de renards bleu et rouge; manchons et boas.
- p.73 - vue 73/93
-
-
-
- 74
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE PHILADELPHIE.
- R U S SIE.
- M. Grünwaldt, à Riga. L’assortiment le pins varié des fourrures si appréciées de la Russie. Belle exposition de peaux brutes d’hermine, renards bleu, argenté, noir, d’astrakan, d’ours noir, etc.
- MM. Odnoonshefski et fils, à Saint-Pétersbourg. Belle exhibition de cols, manchons de martre zibeline, chèvre du Tliibet; combinaisons de plusieurs fourrures dans un tapis; sortie de bal de velours bleu, garnie de la fourrure si blanche et si soyeuse de la chèvre du Thibet. Maison considérable fondée en 1827 et très-répandue.
- MM. Wedernikeff et MichaÏloff, à Saint-Pétersbourg. Costumes russes de velours rouge garnis de martre zibeline. Exposition abondante de fourrures de tous genres et de belle qualité.
- SUÈDE.
- M. D. F orsell et C'e, à Stockholm, et M. P. \\. Bergstrôm, à Stockholm. Joli choix de fourrures brutes et confectionnées, remarquables, comme les peaux russes et celles de la baie d’Hudson, par le pelage épais, fortement garni, et la peau légère et souple qui distinguent les pays du Nord.
- NORWÉGE.
- MM. Braxdt, à Bergen, et A. S. Rustard, à Drammen. Pelleteries brutes et ouvrées de belle qualité et de bonne exécution, confectionnées au goût et dans les formes appropriés à ce pays.
- FRANCE. ?
- MM. R évillon frères, à Paris. Celte exposition est sans contredit la plus belle et la plus riche. La richesse des fourrures était mise en valeur par l’art et le goût exquis de la main-d’œuvre. On pouvait admirer dans cette exhibition des sorties de bal doublées de renard rouge et garnies de castor, des paletots garnis de loutre de la coupe la plus élégante; en outre, des boas, des manchons d’hermine, skunx, etc. Chacun des articles exposés eût mérité une médaille, et le Jury tout entier l’aurait décernée avec la conviction de faire acte de justice. Cette maison a donné une puissante impulsion à la pelleterie française et s’occupe à la fois de l’apprêt, de la confection et de l’entretien des fourrures. Son chiffre d’affaires, qui roule sur 8 millions, dont 5 millions pour l’exportation, témoigne assez des sympathies qu’elle rencontre au dehors et qui datent de sa brillante exposition de
- p.74 - vue 74/93
-
-
-
- 75
- VÊTEMENT, PARU HE, ARTICLES DE FANTAISIE.
- 1867. Nous considérons comme un devoir de recommander MM. Révillon à la bienveillance du Gouvernement pour ajouter à la médaillé uniforme de bronze une récompense qui soit mieux appropriée au réel mérite de ces industriels.
- CLASSE 257.
- COSTUMES MILITAIRES ET NATIONAUX.
- La branche du costume militaire, qui tient une place considérable dans l’industrie de la confection et qui a motivé rinstallation de manufactures gigantesques en Angleterre, en France, en Belgique, en Allemagne, en Autriche, en Suède, est digne d’une très-sérieuse attention; elle donne du travail à un grand nombre de spécialités industrielles, et son rôle, qui sous l’influence d’idées trop exclusivement humanitaires semblait devoir, il y a peu d’années encore, aller en déclinant, prend au contraire une importance croissante. L’industriel doit aussi peu s’en plaindre que le patriote; les nations s’arment aujourd’hui tout entières pour la sauvegarde de leur indépendance, et le costume militaire est l’emblème de la dignité que tous les membres du corps social ont le devoir de préserver.
- Dans le même ordre d’idées si respectables, tous les pays ont le souci de rechercher et de conserver les traditions de leurs costumes nationaux, qui sont comme le palladium de leur originalité.
- Nous avons réuni dans la liste suivante les récompenses décernées aux costumiers militaires et nationaux des pays exposants, qui sont malheureusement trop peu nombreux. Il est regrettable d’avoir à signaler l’abstention de ceux dont la production est la plus considérable.
- ÉTATS-UNIS.
- Government Building. Costumes divers du gouvernement des Etats-Unis, depuis la guerre de l’Indépendance jusqu’en 1876.
- AUTRICHE.
- MM. John Blazincil et fils, à Vienne. Garnitures et passementeries pour uniformes militaires.
- RUSSIE.
- Intendance générale, à Saint-Pétersbourg. Collection des uniformes militaires russes, grande variété.
- p.75 - vue 75/93
-
-
-
- 76
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE PHILADELPHIE,
- SUEDE ET NORWÉGE.
- Ministère de la guerre. Mannequins en costumes militaires.
- M. E . F. Fernland, à Stockholm. Costumes militaires et civils.
- M. A. R. Walgeren, à Stockholm. Costumes militaires.
- M. J. M. Pymfald, à Stockholm. Passementeries et garnitures pour costumes militaires.
- M. J. A. Ek, à Stockholm. Equipements militaires.
- M. Wm Gram, à Christiania. Costumes nationaux et groupes en mannequins.
- PORTUGAL.
- M. A. Pereira Rego, à Lisbonne. Uniformes militaires.
- TURQUIE.
- MM. Hain Vidal et Ci<!, à Constantinople. Costumes nationaux.
- CLASSE 285.
- CAOUTCHOUC ET GUTTA-PERCHA.
- L’exposition de la classe 285 n’était constituée que par des fabricants des Etats-Unis, au nombre de 36, et par deux maisons russes; leurs produits étaient beaux, bons, d’un prix modéré, et eussent honorablement soutenu la comparaison avec les meilleurs échantillons anglais et français. Le grand nombre d’exposants indique l’importance qu’a prise l’application du caoutchouc et de la gutta-percha pour une infinité d’usages: chaussures, courroies, sellerie, carrosserie, instruments de chirurgie, tuyaux, pièces accessoires de mécanique, etc. Dans cette dernière partie, et surtout en caoutchouc vulcanisé, on peut dire que les fabricants américains excellent dans leur production, qui s’approprie admirablement aux nombreuses applications que leur audace inventive suggère chaque jour dans l’emploi des machines.
- Des récompenses ont été accordées aux maisons ci-après :
- ÉTATS-UNIS.
- New-York Relting and Packing Company, à New-York. Assortiment complet et bien fabriqué de toutes les productions de caoutchouc.
- p.76 - vue 76/93
-
-
-
- 77
- VÊTEMENT, PAU HH K, A R TICUES 1)K FANTAISIE.
- India Rubber Company, à New-York. Dons produits divers de eaoulchouc.
- National Rubber Company, à Providence. Articles courants à prix modérés.
- Moulded Heel Stiffeninc. Company, à Lvnn (Massachusetts). Caoutchouc monté pour chaussures.
- New-Brunswick Rubber Company, à New-Brunswick (New-Jersev). Bottes, bottines et souliers de caoutchouc. , ! ;
- M. Andrew Albright, à Newark. Caoutchouc durci pour harnais et garnitures de carrosserie.
- Goodyear Rubber Company, à New-York. Produits divers de bonne fabrication.
- MM. .1. D ickson et C'\ à Philadelphie. Caoutchouc vulcanisé pour la gravure.
- M. Mowbray G., à North-Adams (Massachusetts). Gutta-percha po'ur trousses et instruments de chirurgie.
- MM. Crâne et C1', à Newark. Tuyaux flexibles de caoutchouc.
- M. W. B. Taylor, à N ew-York. Tubes flexibles de caoutchouc.
- Davidson Rubber Company, à Boston. Produits de caoutchouc bien fabriqués pour tous emplois.
- Gutta-Percha and Rubber Manofagturing Company. Produits variés de caoutchouc vulcanisé.
- RUSSIE.
- M. H. Shrader, à Saint-Pétersbourg, et Russian American India Rubber Company, à Saint-Pétersbourg. Bons produits variés de caou tchouc vulcanisé.
- CLASSE 286.
- BROSSERIE.
- La brosserie était bien et abondamment représentée au Centenaire. Les Etats-Unis, qui depuis 1870 ont dans cette spécialité plus que doublé leur production, occupaient naturellement le plus grand nombre des vitrines; puis venaient le Canada, la France et l’Angleterre. La France s’est montrée d’une façon brillante et, pour la brosserie commune comme pour la fine, luttait avec avantage pour la variété des formes et de la matière employée. Cette industrie, pour laquelle l’Angleterre était sans rivale à une certaine époque, a pris en France, depuis un quart de siècle, une importance Vêlement. fi
- p.77 - vue 77/93
-
-
-
- 78
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE PHILADELPHIE.
- grande et puisant son principal intérêt dans la diversité des matières employées. L’ivoire, le buffle, l’os, les bois indigènes et des îles, les soies de porcs, le crin, les queues de fourrures fines, la bruyère, le chiendent, la tige du maïs, le genêt, etc., tout cela concourt à la fabrication de la brosserie pour usages domestiques et peintures.
- Les ivoires verts du Gabon et ceux moins transparents d’Angola s’achètent dans les docks de Londres et de Liverpool; les cornes de buffle viennent d’Australie pour être ouvertes et aplaties à Paris. Les os, surtout la hanche entière du bœuf, viennent de Londres; les tibias, de la boucherie de Paris; les bois divers, tels que l’ébène, le palissandre, le sautai,le buis, le citronnier, du Havre; les soies de porcs, de la Russie et du nord de l’Allemagne. En France, la brosserie commune se fait en divers endroits; le département de l’Oise et surtout l’arrondissement de Beauvais ont la spécialité de la brosserie de toilette. Les Etats-Unis ont appliqué avec succès à la brosserie commune, aux balais, les tiges de maïs desséchées et fendues, dont les plantations sont très-considérables et dont les fruits jouissent d’une grande faveur dans l’alimentation nationale. Le plumet de la paume, desséché et roidi par des procédés spéciaux, forme des espèces de brosses ou vergettes servant à brosser les habits et, en plus grande taille, pour les appartements. Les brosses et balais américains et canadiens de maïs, genêt ou chiendent sont bien établis et à bas prix. La fabrication en est fort répandue ; aussi le nombre des exposants dans cette branche est-il fort considérable.
- Voici la liste des récompenses décernées :
- ALLEMAGNE.
- M. H einrich Ad. Meyer, à Hambourg. Grand assortiment de brosses à toilette et à chapeaux ; bonnes garnitures d’ivoire. Maison de premier ordre et très-connue dans le commerce d’exportation.
- M. Edw. Paine, à Hambourg. Brosserie fine montée en ivoire et en écaille, de bonne fabrication.
- M. 1). Pruckner, à Munich. Bel assortiment de brosserie de toilette et d’habits.
- MM. G. G. Reissbarth et fils, à Nuremberg. Pinceaux et brosses de peinture. Modèles de tous genres et de toutes grandeurs; bon marché.
- ANGLETERRE.
- MM. K ent George Barton et Cie, à Londres. Brosserie de toilette, montée
- p.78 - vue 78/93
-
-
-
- VÊTEMENT, PARURE, ARTICLES DE FANTAISIE. 79
- en ivoire, d’un bon fi ni comme travail; belle spécialité de brosses à cheveux.
- CANADA.
- M. G. R. Guru, à London (Ontario). Balais et brosses de tiges de maïs d’une belle facture; beaux modèles.
- MM. W hitehead et Turner, à Québec. Grand assortiment de brosses en tous genres ; bon marché.
- M. Th. Boeck,;'» Toronto (Ontario). Brosses de soie à brosser et à peindre. Breveté pour une semelle mobile se mouvant sur les soies pour, en s’élevant ou s’abaissant, rendre la brosse plus douce ou plus roide.
- ÉTATS-UNIS.
- M. Ch. P. Pe leers, à Philadelphie. Jolie variété de balais de grain.
- M. C. F Reynolds, à New-York. Grand assortiment de pinceaux et brosses pour artistes.
- MM. Miles frères et Gie, à New-York. Brosses et pinceaux de bonne apparence. Spécialité de brosses à copeaux.
- MM. E. Clinton et C'e, à New-York. La maison la plus importante dans le genre, capable de lutter avec les meilleures importations d’Europe.
- Manufacture de Celluloïd, à Newark. Belle exposition de brosses à garniture d’imitation d’ivoire.
- ITALIE
- MM. L ijigi, Giacomi et Ce à Trévise. Brosses à habits d’un grand bon marché.
- K U A N C E.
- M. A. Dupont, à Paris et à Beauvais. Une des premières maisons de l’Oise pour la brosserie de toilette; les brosses à dents et à ongles de cette maison, déjà récompensée jadis, sont de premier ordre et d’un bon marché extraordinaire.
- MM. Deschamps, Maurey et G"', à Paris. Anciens associés de M. Dupont, ces industriels ont donné une' grande importance à leur production de brosserie de toilette, etc.
- M. F. Loonen, à Paris. Brosserie fine et ordinaire; garnitures d’ivoire sculpté d’un goût parfait; cadre de glace d’ivoire remarcpiable d’élégance et de travail. Cette vitrine a eu un grand succès et fait honneur à la France.
- MM. Pitet aîné et fils, à Paris. La première maison pour les brosses et
- G.
- p.79 - vue 79/93
-
-
-
- 80
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE PHILADELPHIE.
- pinceaux de peinture : affaires importantes, fabrication de première marque et ayant épuisé les prix aux Expositions précédentes; grandes affaires à l’exportation. Le chef de cette maison est mort à son retour d’Amérique, laissant dans sa spécialité et le monde des affaires d’unanimes regrets; son exposition fut fort remarquée du Jury et du public.
- PORTUGAL.
- âl. Axtoivio Raymoxdo de Carvalho, à Lisbonne. Grande variété de brosserie en tous genres, bien exécutée; solidité, élégance de modèles; bon marché.
- CLASSE 288.
- DRAPEAUX, ENSEIGNES, ETC.
- Ln court séjour aux Etats-Unis fait comprendre que le programme du Centenaire ait ouvert une classe spéciale aux drapeaux, enseignes, insignes qui n’avaient pas eu cet honneur dans les Expositions précédentes. Dans aucun pays connu, en effet, sauf la Chine, d’après ce qu’on rapporte, il n’est fait un pareil étalage de banderoles, d’écharpes, de bannières et de décorations. Il a été donné au Jury d’assister, à l’occasion de la fête des Templiers, à la manifestation la plus somptueuse, la plus bruyante et la plus singulière de cette particularité des mœurs américaines. Dans ce milieu social, partout envahi par l’âpre passion du gain, trop souvent dénué d’idéalisme, de poésie, étranger aussi aux séductions de l’art, poussant l’esprit pratique et le soin de la matière à ses dernières limites, il est curieux de voir l’empire qu’ont su prendre sur les diverses classes de la société le tapage et les colifichets. Ce n’est pas seulement la franc -maçonnerie, dont le développement est très-considérable aux Etats-Unis, qui fait fleurir ces coutumes : toutes les sociétés de toutes sortes, et elles sont innombrables, sacrifient sur le même autel. Sacerdoce étrange, qui est comme le vertige de la puérilité dans un pays où régnent de conserve la tyrannie dominicale et le culte de la formule : Time is money.
- Pourquoi, sur le sol américain, le franc-maçon perd-il la réserve de ses confrères d’Europe? Pourquoi promène-t-il au soleil, en pleine semaine, ses emblèmes, ses musiques et ses insignes? Pourquoi le peuple tout entier se laisse-t-il entraîner dans ces bacchanales bruvantes aboutissant fatale-
- k)
- ment à des orgies? 11 faut peut-être en attribuer la cause à la monotonie insupportable du repos dominical, qui engendre le goût de l’excentricité et fait naître à la longue le besoin de rompre cette contention d’esprit par des manifestations extérieures pour rétablir l’équilibre dans la machine
- p.80 - vue 80/93
-
-
-
- VETEMENT, PARURE, ARTICLES UE FANTAISIE. ' 81
- humaine. Peut-être aussi peut-on croire que le nivellement démocratique, poussé là-bas à l’excès, se complaît dans ces extravagances patriotiques, dans ces défilés de toutes les confréries, dans cet étalage de costumes, dans cette explosion de pétards, de coups de revolver, qui caractérisent la célébration annuelle du U juillet. L’Américain y cherche, à défaut de distractions morales et artistiques, une issue à son tempérament d’habitude si froid, si sérieux, si avide; les individus aussi bien que les corporations acceptent comme suffisants les oripeaux les moins dignes d’hommes qui s’estiment eux-mêmes et qui, sauf en matière religieuse, jouissent de la liberté la plus absolue. Quoi qu’il en soit de ces particularités, qui ont surpris et froissé plus d’un Européen, l’exposition de la classe 288, qui s’est ouverte à 1 6 exposants, témoigne des louables efforts du travail pour se plier à toutes les fantaisies de la manie nationale.
- Voici la liste des récompenses proposées par le Jury :
- M. John Meyer, à la Nouvelle-Orléans. Insignes et ordres de maçonnerie d’une bonne exécution.
- M. 1 saac Bedichimer, à Philadelphie. Insignes d’or et d’argent d’une grande variété.
- MM. W. Hors' i’mann et fils, à Philadelphie. Epées de maçons de modèles très-corrects pour cette spécialité et d’un certain luxe approprié aux manifestations extérieures qui ont cours aux Etats-Unis.
- MM. Schüyler Hartley et Graham, à New-York. Emblèmes et décorations civiles : assortiment très-varié.
- MM. Jas. A. Haas and C°, à Philadelphie. Décorations métalliques appropriées aux besoins des diverses confréries.
- M. Georges Pilling, à Philadelphie. Décorations civiles, etc., pour sociétés, corporations diverses.
- M. G. Lilly, à Columbus. Décorations franc-maçonniques et autres insignes civils.
- M. J. S. Wilson, à Philadelphie. Bannières de soie peinte et tentures emblématiques de papier.
- M. Camille Piton,à Philadelphie. Trophées représentant les cinq parties du monde et servant de décoration au bâtiment de l’Exposition : artiste français dont les œuvres, exécutées avec goût et savoir-faire, dénotent franchement l’origine.
- CONCLUSIONS.
- Nous pourrions clore ce rapport avec l’examen de la dernière classe
- p.81 - vue 81/93
-
-
-
- 82
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE PHILADELPHIE.
- attribuée au Jury de notre groupe. Dans les considérations générales que nous avons développées au commencement, comme dans l’élude dont nous avons fait précéder les opérations du Jury pour chacune des spécialités industrielles de son ressort, nous avons, en effet, relevé d’une manière sommaire le caractère particulier des efforts et des progrès, attestés par des chiffres, de l’industrie aux Etats-Unis.
- Mais il nous paraît utile de jeter encore un coup d’œil d’ensemble sur l’Exposition de Philadelphie et de résumer les enseignements que l’on peut tirer de cette grande manifestation internationale où, pour la première fois, les Américains ont pu montrer dans tout l’éclat de leur jeune vigueur *?t avec une abondance surprenante les fruits de leur travail.
- 11 n’y a pas quinze ans que leur production était peu comptée : elle est aujourd’hui menaçante. Les conscrits sont devenus d’excellents soldats, fiers et sûrs de leur courage, marchant d’un pas ferme, un peu trop rapide quelquefois, et avec une stratégie industrielle qui paraît n’avoir pas trouvé encore sa formule définitive, a la conquête de l’indépendance du marché national et à l’invasion des marchés étrangers.
- Si, à un point de vue supérieur, nous ne devions nous réjouir des forces nouvelles qui s’élaborent dans ce grand et admirable atelier pour l’extension de la puissance civilisatrice dans le monde, nous devrions être pris de jalousie et de crainte; car, de même que l’équilibre traditionnel des puissances politiques a subi de graves changements, de même l’équilibre des forces industrielles paraît menacé par la brillante entrée en scène de la République américaine.
- Il s’agit donc pour l’Europe de se mettre en défense, de concentrer ses forces, d’améliorer incessamment son outillage, d’augmenter sans trêve sa puissance mécanique,— point par où les Etats-Unis luttent avec le plus de succès contre nous, — et surtout d’être d’une extrême prudence dans l’étude et l’application des théories économiques.
- Un examen superficiel de la situation présente du marché américain pourrait aisément fournir des arguments contre les préoccupations que nous montrons pour les intérêts européens. Les Etats-Unis sont, en effet, depuis assez longtemps dans un état de crise dont les agitations pour l’élection présidentielle n’ont fait qu’augmenter la gravité : la production a été exagérée au point de n’avoir plus de débouchés suffisants (en t8y5,la Uensylvanie seule a produit pour une valeur de plus de a milliards); le travail et les salaires diminuent; des populations ouvrières considérables sont jetées dans les aventures de l’émigration vers l’Ouest ou contraintes à la mendicité, chose inconnue jusqu’ici dans l’Amérique du Nord, et l’on pourrait être enclin à conclure qu’il est puéril de s’alarmer. On pourrait
- p.82 - vue 82/93
-
-
-
- 83
- VÊTEMENT, PA EU UE, ARTICLES DE FANTAISIE.
- dire qu’aucune nation d’Europe ne soulfre au même degré que les Etats-Unis des périls de la situation économique générale et que, en particulier, la France a subi moins que toute autre le contre-coup de ces malaises. Mais ce serait s’abandonner à des appréciations fort insuffisantes de l’état réel des choses que de conclure d’une épreuve transitoire à l’existence d’une infériorité fondamentale des Américains, et, en ce qui touche la France, ce serait méconnaître le privilège que ses fabrications de goût et de luxe lui conservent dans la consommation générale, alors même que les perturbations des marchés frappent dans les divers pays les branches industrielles les plus considérables.
- 11 ne faut pas oublier que, malgré des causes de faiblesse accidentelles, les Etats-Unis possèdent dans leur sol et dans le caractère de leurs habitants des forces latentes auxquelles une politique avisée donnera une immense valeur.
- La nature, qui dans le vieux monde épuise ses ressources, est dans le nouveau monde d’une fécondité et d’une virginité sans égales; cette puissance de vie n’a rien d’artificiel, et la loi de l’existence indique qu’à un moment donné, plus tôt ou plus tard, le plus fort l’emportera sur le plus faible, le plus riche sur celui qui l’est moins. Il y a, en outre, cette vertu ou cette aptitude native de l’Américain d’apporter, ayant conscience de ses ressources, une audace dans l’entreprise, une finesse dans les applications pratiques, un certain sans-gêne dans les moyens, qui lui assurent peut-être une supériorité finale sur de plus timorés. Ajoutez-y la passion de la mécanique industrielle, dont les progrès sont des plus frappants et dont les conséquences ne les arrêtent pas : leur sol est si vaste pour l’ouvrier que la machine remplace ! Le nôtre est si étroit, si imbu de doctrines philanthropiques, que la crainte des crises ouvrières paralyse et endort peut-être souvent l’esprit de progrès de nos meilleurs industriels et de nos ingénieurs les plus habiles !
- On voit, par toutes ces considérations, que ce n’est point à tort que nous nous élevons au-dessus des malaises de l’heure présente, et qu’envisageant l’avenir nous nous écrions : Caveant consules! Le moment nous paraît propice pour étudier avec fermeté le plan de nos futures batailles sur le terrain du trafic international.
- En dehors des raisons générales qui pèsent sur la marche des afîaires, les Etats-Unis pâtissent évidemment de leur politique économique, d’une protection si jalouse qu’elle équivaut à une quasi-prohibition pour les produits étrangers ayantleurs similaires en Amérique. Mais nous ne craignons pas de dire que ce régime n’est plus longtemps viable et que, s’il a produit des résultats étonnants en favorisant la naissance des industries indi—
- p.83 - vue 83/93
-
-
-
- 84
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE PHILADELPHIE.
- gènes, il n’en est pas moins condamné, par des vices que nous ferons toucher du doigt, à disparaître, maintenant que l’enfant s’est débarrassé de ses langes.
- A certains moments, nous avions été ébranlé dans nos convictions libre-échangistes par le spectacle du magnifique développement industriel qui se montrait à nous et par l’ardeur des prédications protectionnistes dont nous entouraient des économistes éminents, comme M. Carrey; car l’école prohibitionniste compte de fervents et habiles apôtres qui, fermant les yeux à l’évidence des résultats que nous avons acquis en Europe, n’hésitent pas, au point de vue de la doctrine pure, à recommander leur système comme supérieur à son triomphant adversaire, de telle sorte qu’on a ce singulier contraste d’un pays où la liberté civile a les coudées les plus franches et les mœurs économiques les plus jalouses et les plus despotiques, tandis qu’en Europe nous voyons chaque jour s’abaisser les barrières du travail et subsister les précautions dans les institutions civiques. Rien ne démontre mieux le danger de juger par des rapprochements incomplètement analysés.
- S’il est certain que le système de la protection a été contemporain, aux Elats-Unis, de la victoire des républicains du Nord sur les démocrates du Sud, s’il a été inspiré en partie par des préoccupations d’exploitation politique, et si, de ce chef, on peut croire qu’un changement clans la fortune des partis amènerait une modification des errements économiques, il est bien sûr aussi que ces événements ont été la cause quasi-providentielle des progrès de l’industrie. De ce jour, le travail, rassuré contre la concurrence du dehors, en possession d’un marché immense, est devenu plus fiévreux, l’invention plus ardente, et la nécessité de pourvoir aux besoins delà consommation nationale a donné un magnifique essor à l’application industrielle dans tous les sens.
- La doctrine Monroé se transportait du domaine de l’indépendance nationale sur celui de l’autocratie industrielle. Les Etats-Unis ont travaillé pour les Etats-Unis; ils ont dû et voulu se suffire, et la nécessité est devenue vertu.
- L’Europe y a perdu, mais les Américains y ont gagné, de telle sorte qu’avec leurs puissants et tout nouveaux outillages ils osent déjà menacer les débouchés que l’Angleterre, surtout au Japon, en Chine, dans les Indes et chez elle-même, se croyait exclusivement inféodés.
- L’Europe avait suivi une marche contraire et s’en est bien trouvée. Elle s’est outillée en vue de la liberté et s’est rajeunie, enrichie dans cette grande lutte.
- Nous ne saurions nourrir l’espoir de mesurer aux Etats-Unis leurs mar-
- p.84 - vue 84/93
-
-
-
- 85
- VÊTEMENT, PARURE, ARTICLES DE FANTAISIE.
- cliés, mais nous devons et pouvons les leur disputer. C’est quand ce combat sera définitivement engagé que les Etats-Unis se verront contraints de nous ouvrir leurs pays par le changement de leur régime douanier. Qu’ont-ils à en craindre, qu’ont-ils à y gagner?
- Voyons l’état des deux plus puissantes industries modernes, celle des fontes et celle des tissus de coton : nous comprendrons mieux ce que l’élévation exagérée de la protection douanière donne de factice et d’artificiel à la production américaine.
- Les fontes ont vu croître leur production de 5o,ooo tonnes au commencement du siècle à 3 millions de tonnes environ en 1875. Peuvent-elles craindre aucune importation étrangère alors que dans l’Etat de Pensyl-vanie, par exemple, quantité de hauts fourneaux sont localisés de manière à extraire le minerai et la houille sans déplacement, et à produire ainsi des fontes à des prix exceptionnels? Et cependant un droit de 35 francs par tonne frappe à la fois l’importation étrangère et, par ricochet, le prix de la consommation intérieure! Car tous les prix sont calculés de manière à se tenir aussi près que possible des prix européens, augmentés des droits d’entrée, frais de transports et d’intermédiaires.
- Quant aux cotons, les fabricants américains, au moins aussi avancés que nous comme perfectionnement de l’outillage, ont, au point de vue de la matière première, une supériorité incontestable : telle manufacture reçoit chaque lundi matin ses cotons bruts, les met en œuvre, file ou tisse dans le courant de la semaine et très-souvent les vend et livre le samedi, liquidant ainsi en quelques jours une opération importante. Comparez cette situation à celle du manufacturier européen, obligé d’acheter à Li-verpool, au Havre, ou directement, les mêmes cotons bruts, augmentés du fret, des intérêts du voyage, des commissions d’intermédiaires, et qui, de plus, est tenu de prévoir sa consommation pour quelques mois, et de subir, par conséquent, les fluctuations des cours et les intérêts en magasin.
- Il est clair que le manufacturier américain, dût-il se contenter de 1 p. 0/0 de bénéfice, retournera cinquante fois par an son capital alors que l’Européen est réduit à immobiliser le sien pour un temps déterminé.
- Il est non moins évident que l’Américain, profitant sur le marché national de l’intégralité des droits qui frappent les introductions étrangères, peut sacrifier le tiers ou le quart de sa production pour l’écouler à prix coûtant sur nos marchés!
- Rien d’étonnant, par contre, si la corrélation intime qui existe entre la protection exagérée assurée par la loi aux prix de vente et les prix de revient réels a amené une élévation correspondante de la part de tous les facteurs qui concourent aux frais généraux et à la façon des divers pro-
- p.85 - vue 85/93
-
-
-
- 86
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE PHILADELPHIE.
- duits: matière première, main-d’œuvre, frais de transport et de manutention, tout cela doit naturellement aspirer à partager les bénéfices que la loi a déterminés en faveur du producteur indigène et rendre plus chers les services qu’en attend l’industrie.
- Si donc la protection dissimule la réalité de la puissance industrielle dans ses diverses formes, si de plus elle surélève d’une manière factice les prix pour la consommation nationale, si son plus grand mérite est d’enrichir au delà de toute équitable proportion, et au détriment du plus grand nombre des consommateurs qui ne peuvent s’adresser au dehors, les privilégiés industriels, il paraît rationnel que ces abus aient successivement augmenté le nombre de ceux qui veulent rentrer dans le principe de la liberté.
- Mais au point de vue de l’avenir la question est plus grave encore.
- A se confiner chez soi, on perd bientôt le sentiment de la vie du dehors; on s’endort et le monde marche. Pour ne pas rester en arrière, quelque puissance et quelque génie que l’on ait, il faut accepter la rivalité : elle seule conserve les forces, les excite, les transforme au goût et à Davantage de tout le monde. Nous en avons fait en France, depuis 1860, l’expérience la plus concluante : il ne nous a pas nui d’abaisser nos barrières devant les produits étrangers; si beaucoup de pays ont profité de nous, notre industrie en a profité davantage, car son exportation s’est rapidement accrue.
- Il faudra que les Etats-Unis, pour consacrer et développer leur vitalité, passent par la même expérience : le papillon s’est développé grâce au silencieux et long travail de la chrysalide, mais il faut qu’il abandonne son enveloppe pour acquérir les forces et l’éclat qui sont dans sa nature.
- 11 importait de modérer, par ces considérations sur les conditions de succès du lendemain, l’excitation un peu exagérée qui s’est emparée du journalisme et des économistes américains à l’aspect de leur belle exposition. Qu’ils sachent comprendre que leur victoire n’est pas notre défaite, que leurs doctrines ne sont pas triomphantes,sur les nôtres, et qu’il y aurait gros à risquer pour eux d’aller de l’avant dans la même voie. Malgré leurs richesses de tous genres, les Etats-Unis ne les possèdent pas toutes, et ils se trouvent encore solidaires des produits des nations rivales : la crise actuelle leur a démontré les inconvénients de la pléthore, des représailles économiques ne feraient que les aggraver.
- Si, au point de vue de certaines concurrences, — pour l’horlogerie par exemple, où l’Amérique a réalisé des progrès si prodigieux que l’industrie similaire de la Suisse en est sérieusement troublée, — l’état momentané de leurs approvisionnements et ceux des marchés européens, le
- p.86 - vue 86/93
-
-
-
- 87
- VETEMENT, PARURE, ARTICLES DE FANTAISIE.
- bas prix de certaines matières premières, leurs procédés mécaniques momentanément supérieurs, ont ménagé aux Américains des avantages exceptionnels, ce n’est pas là une preuve d’un triomphe définitif. Leur outillage ne restera pas un privilège, les positions économiques ne sont pas invariables, les vieilles clientèles sont longtemps fidèles, et les ouvriers suisses peu disposés à abdiquer leurs traditions d’habileté et de persévérance.
- D’ailleurs la protection ici encore tend à surfaire la valeur réelle des produits, et l’exagération de la réclame y frappe quelquefois à vide. Combien nous préférons à l’explosion des dithyrambes delà presse locale cette maison du Ye old times que les Américains ont édifiée dans le parc de Fair-mount à l’occasion du Centenaire, et qui s’étalait comme un monument de piété historique pour montrer avec un très-légitime orgueil l’humilité du point de départ à côté des signes de l’opulence actuelle! Il y avait peut'être plus de sève pour un avenir solide dans cette simplicité modeste, dans cette pureté des coutumes, dans cette fermeté des principes moraux et politiques du temps de Washington, que dans l’éblouissante efflorescence de l’Amérique contemporaine.
- A côté de ces impressions que nous avons longuement développées, rien n’étant plus intéressant que l’étude de l’Amérique chez elle, et notre devoir étant évidemment de porter notre attention particulière sur ce côté du Centenaire, nous devons encore noter quelques observations spéciales.
- Et d’abord, comme membre du Jury autant que comme particulier, nous devons remercier hautement les représentants les plus autorisés de la société américaine, de sa haute industrie, et les amis que nous avons laissés aux Etats-Unis, de l’accueil si cordial et si hospitalier qu’ils nous ont fait : il n’est pas possible de recevoir mieux et plus grandement.
- Nous nous souviendrons toujours de la fête gratuite que nous a donnée la Compagnie des chemins de fer de Pensylvanie, qui nous a pendant toute une semaine, et avec une profusion princière, promenés à travers les grandes usines d’Altona, de Pittsbourg, la vallée de la Susquehanna, les plateaux des AUeghanies, toute la région de l’huile, le lac Erié, Buffalo, les chutes du Niagara, etc. C’a été une tournée triomphale autant pour nous que pour nos excellents amphitryons, car ils nous ont fait parcourir avec une grâce parfaite tout ce que leur beau pays a de plus riche et de plus puissant au point de vue de la production et des forces naturelles.
- Nous ne nous arrêterons pas, après tant d’autres, à montrer, par la surprenante description d’un hôtel américain, les savantes et ingénieuses combinaisons imaginées par le Yankee pour concentrer sous sa main et sans perdre de temps tous les moyens d’une vie pratique à la vapeur, à
- p.87 - vue 87/93
-
-
-
- 88
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE PHILADELPHIE.
- côté du comforl le plus complet et au milieu de la plus entière liberté des allures individuelles.
- Nous glisserons aussi, ayant déjà esquissé à plusieurs reprises notre sentiment à cet égard, sur les excès du mercantilisme américain, dont les vitrines du Centenaire nous ont donné maint échantillon : accumuler des produits identiques pour en chercher la défaite par la réclame la plus retentissante, c’est traiter une exposition des progrès industriels un peu comme un bazar. A cet égard, les Américains n’ont évidemment pas pris modèle sur les Expositions antérieures : celle de 1878 11e suivra pas leur exemple.
- Un des grands attraits de l’Exposition de Philadelphie, dont nous désirerions jouir avec autant de plénitude en 1878, s’est révélé dans les exhibitions si complètes des pays d’outre-mer.
- Les sections chinoise et japonaise, aux portiques sculptés et peints sous forme de pagodes; leurs produits d’une originalité si séduisante; la représentation réitérée, sous les formes les plus fines et les couleurs les plus variées, de toutes les scènes de la vie nationale; les bronzes, les porcelaines, les laques, les soieries, etc., et jusqu’aux collections et méthodes d’enseignement, tout cela donne à penser et vous convainc à la longue que ces deux nations, différentes par le degré de sérieux, mais Tune et l’autre chercheuses, industrieuses, âpres au travail, sobres, sont plus avant que nous ne le croyons généralement dans la voie du progrès industriel et commercial : elles ont Pair de s’ébranler. La Chine inonde les pays d’Orient et l’Amérique de ses infatigables travailleurs, d’une habileté consommée et d’une sobriété telle, qu’ils peuvent faire trembler la classe ouvrière des Etats-Unis, dont ils menacent l’élévation des salaires; ils se multiplient partout avec une étonnante facilité et se présenteront bientôt peut-être dans l’Occident quand ils en connaîtront les richesses. Le Japon, avec une faculté d’assimilation égale et une grande ardeur à changer ses vieilles institutions sur le patron de notre monde moderne, représente également pour nous un inconnu bien intéressant; ses habitants ont la mer devant eux et sauront peut-être nous envahir par elle comme les Normands autrefois.
- Ne nous endormons donc pas et multiplions nos études géographiques sous toutes les formes, en nous défaisant au plus vite, comme eux, du despotisme des traditions et des préjugés.
- La Nouvelle-Ecosse, l’Australie, la Colombie anglaise, la Jamaïque, le Cap de Bonne-Espérance, le Canada, les Indes, toutes ces riches colonies anglaises, avec leurs matières premières si variées, entouraient, comme autant de satellites, la riche et puissante Angleterre.
- p.88 - vue 88/93
-
-
-
- 89
- VÊT K MENT, PA H LJ HE, ARTICLES DE FANTAISIE.
- L’Amérique du Sud au complet, où le Brésil surtout étale ses richesses natives et ses essais industriels; le Mexique, la Bolivie, la république Argentine, le Pérou, le Chili, etc., chacun avec son caractère propre, avec un étalage remarquable de minerais, de produits agricoles et manufacturés, avaient répondu à l’appel de la Commission du Centenaire et constituaient pour nous Européens , pour nous Français surtout, que retient généralement au rivage la force de nos habitudes casanières, un spectacle magnifique et des sujets d’étude a profusion.
- Le vieux monde, quoique généralement représenté d’une manière insuffisante, a figuré dignement au Centenaire.
- L’Autriche témoigne de plus en plus par ses nouveautés en maroquinerie, petits bronzes, bijouterie, tabletterie et autres spécialités industrielles, qu’elle serre de près la concurrence française dans les marchés d’outremer; elle paraît avoir monopolisé chez elle le goût qui manque aux autres parties de l’Allemagne, tant il est vrai que le goût est un des corollaires du caractère national, qui en Autriche, comme en France, est franc, affable et plein de bonhomie.
- L’Angleterre s’était mise en frais pour le Centenaire, et son exposition d’orfèvrerie, de porcelaines, cristaux, tissus, coutellerie, meubles, papeterie, etc., témoignait des qualités pratiques, cossues, de sa puissance industrielle et de ses ressources. Trônant au milieu de ses colonies, elle avait grand air et justifiait la réputation que sa richesse commerciale s’est acquise des pôles à l’équateur.
- Quant à la Russie, elle devient plus intéressante à chacun des concours internationaux, et témoigne de progrès incessants dans la voie industrielle.
- L’Italie, la Belgique et la Suisse continuent à donner des preuves de leur grande vitalité.
- La Fi ance, ainsi que nous l’avons indiqué aux differentes classes, était faible comme nombre d’exposants, mais ses produits étaient à la hauteur de sa réputation. Espérons qu’en 1878 elle se montrera sous ses plus beaux babils de fête pour faire honneur à ses invités des deux mondes, et témoigner une fois de plus de la puissante élasticité de son génie créateur, de ses aptitudes au travail et des perfectionnements de son outillage industriel.
- Nous terminons ici ce travail, heureux si nous avons pu contribuer à détruire des préventions et à fournir quelques enseignements.
- D1ETZ-MONNIN.
- p.89 - vue 89/93
-
-
-
- p.n.n. - vue 90/93
-
-
-
- p.n.n. - vue 91/93
-
-
-
- p.n.n. - vue 92/93
-
-
-
- p.n.n. - vue 93/93
-
-