La mécanique à l'exposition de 1900
-
-
- LA
- MÉCANIQUE
- A l’Exposition de 1900
- Publiée sous le Patronage et la Direction technique d’un Comité de Rédaction
- COMPOSÉ DE MM.
- HATON DE LA GOUPILLIÈRE, G. 0. Membre cle l’Institut
- Inspecteur général des Mines, Président
- BARBET, ifc, ingénieur des arts et manufactures.
- BIEN AYME, C. inspecteur général du génie maritime.
- BOURDON (ÉnouARD), 0. constructeur mécanicien, président de la chambre syndicale des mécaniciens.
- BRULL,«, ingénieur, ancien élève de l'École polytechnique, ancien président de la Société des Ingénieurs civils.
- COLLIGNON (En.), 0. #, i nspecteur général des ponts et chaussées en retraite.
- FLAMANT, 0. #, inspecteur général des ponts et chaussées.
- Secrétaire de la Rédaction : ClrsTAVE BICHABD, •&, 44, rue de Rennes.
- IMBS, professeur au Conservatoire des arts et métiers et à l'Ecole centrale des arts et manufactures.
- LINDER, C. inspecteur général des mines en retraite.
- RATEAU, ingénieur des mines.
- ROZÉ, répétiteur d'astronomie et conservateur des collections de mécanique à l’École polytechnique.
- SAUVAGE, 0.#, ingénieur en chef des mines, professeur à 1 École des mines.
- WALCKENAER, 0. $>, ingénieur en chef des mines, professeur à l’École des nonts et chaussées.
- 9e LIVRAISON
- APPAREILS DE SÉCURITÉ
- PAR
- Henri MAMY
- INGÉNIEUR DES ARTS ET MANUFACTURES DIRECTEUR DE I.’ASSOCIATION DES INDUSTRIELS DE FRANCE CONTRE LES ACCIDENTS DU TRAVAIL
- PARIS. VI
- V,E CH. DUNOD, ÉDITEUR
- 49, QUAI DES GRANDS-AUGÜSTINS, 49
- TÉLÉPHONE 147.92
- 1902
- Page de titre n.n. - vue 1/80
-
-
-
- p.n.n. - vue 2/80
-
-
-
- MOTEURS ET TRANSMISSIONS
- Manchon protecteur Delacommune
- Le danger que présentent les arbres de transmission, alors même que leur surface n’offre aucune partie saillante, a été constaté par un nombre malheureusement trop grand d’accidents.
- Ce danger résulte de l’enroulement autour de l’arbre, soit d’une courroie, soit d’une partie quelconque du vêtement d’un ouvrier, et les conséquences qui en résultent sont toujours graves.
- Pour supprimer cette cause d’accidents, on peut entourer l’arbre d’un manchon protecteur fixe, supporté en différents points, et dans l’intérieur duquel l’arbre tourne librement. Mais l’emploi de ces manchons fixes n’est pas toujours facile, ni même possible, en raison des supports extérieurs qu’ils nécessitent et de la distance assez grande à laquelle on se trouve quelquefois de tout point d’appui.
- On a donc cherché à les remplacer par des manchons mobiles, ne nécessitant aucun support extérieur, tournant avec l'arbre, mais cessant de participer à son mouvement sous l’action d’une résistance quelconque, même très légère.
- C’est dans ce but que MM. Delacommune aîné et Cie (Gauthier, successeur), ingénieurs-constructeurs à Paris, ont inventé leur système de manchon protecteur pour transmission.
- Comme on le voit pâr les figures 1 et 2, la protection est obtenue par un léger manchon cylindrique, C, en tôle, enveloppant l’arbre de transmission A. Ce manchon est en deux pièces. De distance en distance, des bagues cylindriques, tournant à frottement doux sur l’arbre, sont disposées à l’intérieur du manchon. Ces bagues sont coupées en deux parties égales suivant un diamètre, et sür chaque demi-bague H sont vissés les deux demi-manchons D. Le manchon présente, en F et en E,les renflements nécessaires pour couvrir une embase ou une tête de clavette.
- Le protecteur tourne avec l’arbre lorsque rien ne s’y oppose ; mais, sous une action même
- Fig. 2.
- p.7 - vue 3/80
-
-
-
- »-8 LA MÉCANIQUE A L'EXPOSITION
- très faible, l’appuiement d’une échelle, l'enroulement d’un tablier, le manchon s’arrête aussitôt l’arbre continuant à tourner à l’intérieur.
- Manchons d’embrayage et de désembrayage
- Les accidents dus aux transmissions sont les plus nombreux et les plus graves de ceux qui se produisent dans les ateliers. Un certain nombre d’entre eux pourraient être enrayés à leur début, si l’on disposait d’un moyen d’arrêter rapidement la transmission.
- Quelquefois encore, lorsqu’un ouvrier est saisi par une courroie, un volant, un arbre, on est obligé de courir jusqu’à la chambre du moteur pour demander au mécanicien l’arrêt de la machine. On perd ainsi un temps irréparable, pendant lequel l’accident a pu produire toutes ses funestes conséquences. L’emploi de sonneries permettant d’avertir le mécanicien et établissant une communication plus rapide entre les ateliers et la salle du moteur constitue certainement une amélioration, mais il ne donne pas, au point de'vue de la sécurité, une solution satisfaisante et ne permet pas d’obtenir un arrêt assez rapide de la transmission.
- On a cherché à résoudre le problème en commandant, de différents points de l’atelier, l’arrêt rapide du moteur, au moyen de dispositifs fermant l’arrivée de vapeur au cylindre. Leur action se complétait quelquefois par celle d’un frein agissant, soit sur le volant lui-même, soit sur une poulie spéciale montée sur l’axe du volant.
- Cette solution, supérieure aux précédentes, est cependant imparfaite encore. L’arrêt du volant, en effet, surtout lorsqu’il s’agit de puissantes machines, ne peut pas être instantané, car on s’exposerait à l’éclatement de cet organe et aux terribles accidents qui pourraient en résulter. On ne peut guère obtenir cet arrêt avant 4 ou o tours du volant, ce qui correspond généralement à un nombre de tours deux ou trois fois plus grand de la transmission, marge trop grande encore pour qu’on puisse espérer enrayer l’accident.
- Un autre inconvénient de ce procédé, c’est qu’en arrêtant le moteur on arrête en même temps, sans utilité, toute l’usine ou tout l’atelier. Il en résulte une perte de temps et d’argent.
- Il est bien préférable à tous les points de vue, au lieu d’arrêter le moteur, de désembrayer la transmission qui menace d’être la cause d’un accident. A cet effet, on relie cette transmission à celle qui la commande par l’intermédiaire d’un embrayage de friction, que l’on peut actionner de divers points de l’atelier, ce qui permet d’obtenir un arrêt presque immédiat.
- Nous décrivons deux de ces embrayages qui figuraient à l’Exposition, l’embrayage A. Piat et ses fils et l’embrayage Villard et Bonnafîous.
- Embrayage à friction A. Piat et ses fils
- Cet appareil, très simple, se compose, comme l’indiquent les figures 3,4, 3 et 6, d’un manchon en fonte spéciale, présentant des segments flexibles reliés au moyeu et garnis de cuir ; un jeu de leviers poussés par des vis à filets carrés écarte ou rapproche ces segments en augmentant ou diminuant leur rayon de courbure. Leur surface extérieure, pressée fortement contre les parois d’une cuvette calée sur l’arbre ou fondue avec la poulie ou l’engrenage destinés à être rendus solidaires ou indépendants de l’organe moteur, détermine entre les deux pièces une adhérence qui assure l’entraînement.
- Si l’embrayage est destiné à réunir deux arbres A et B, la cuvette C et le manchon à segment D sont calés respectivement aux extrémités des deux arbres, comme on le voit sur la figure 4.
- S’il s’agit d’une poulie ou d’un engrenage, le manchon seul est calé et les autres pièces sont montées librement sur le même arbre.
- p.8 - vue 4/80
-
-
-
- 9-o
- APPAREILS DE SÉCURITÉ
- Fourniture et distribution de l'énergie électrique
- Les articles 46 et 47 du Règlement » spécial, chapitre v (Fourniture et distribution de Vénergie électrique), étaient ainsi conçus :
- Art. 46. — Les machines dynamo-électriques exposées en fonctionnement sont pourvues des accessoires de sécurité nécessaires pour prévenir tout accident de personnes et tout incendie par court-circuit. Lorsque la tension a un caractère dangereux, c’est-à-dire au-dessus de 500 volts en courant continu et de 200 volts en courant alteniatif, toutes les parties où circule le courant doivent être protégées d’une manière efficace et durable, de telle sorte que non seulement les visiteurs, mais aussi le personnel de l’exposant, soient à l’abri de tout accident résultant de négligence ou de distraction.
- Art. 47. — Toute machine en fonctionnement est pourvue d’un tableau où seront placés les appareils de sécurité et de contrôle de la marche. Ce tableau contient notamment des dispositifs d’interruption automatique et à la main qui permettent de couper le courant instantanément, si besoin est. Ces appareils peuvent être éprouvés par le service des installations électriques, qui a la faculté d’exiger leur remplacement en cas d’insuffisance.
- Transmission de la force et machines-outils
- Les mesures de sécurité applicables aux transmissions et aux macliines-outils en mouvement étaient formulées dans les articles 64, chapitre 'vin [Transmission de la force motrice), 76 et 77, chapitre x [Dispositions générales), que nous reproduisons ci-dessous :
- Art. 64. — Il est absolument interdit de monter les courroies sur les poulies pendant que la transmission est en marche.
- Art. 76. -- Toutes les pièces saillantes mobiles ou autres parties dangereuses des machines, et notamment les bielles, roues, volants, les courroies et les câbles, les engrenages, les cylindres et cônes de friction ou autres organes de transmission qui seraient reconnus dangereux, sont munis de dispositifs protecteurs, tels que gaines et chéneaux de bois ou de fer, tambours pour les courroies ou les bielles, ou de couvre-engrenages, garde-mains, grillages.
- Les machines-outils à instruments tranchants, tournant à grande vitesse, telles que machines à scier, fraiser, raboter, découper, hacher, les cisailles et autres engins semblables, sont disposés de telle sorte que les ouvriers ne puissent, de leur poste de travail, toucher involontairement les instruments tranchants.
- Sauf le cas d’arrêt du moteur, le maniement des courroies est toujours fait par le moyen de systèmes, tels que monte-courroie, porte-courroie, évitant l’emploi direct des mains.
- Les exposants et concessionnaires français et étrangers ont la faculté de s’affiliera l’Association des Industriels de France contre les accidents du travail.
- Art. 77. — Les emplacements dans lesquels seront exposées des machines en mouvement doivent être entourés par des chaînes ou des torsades supportées par des balustres, le tout d’un type agréé par le Directeur général de l’exploitation. Les machines sont placées à une distance suffisante de ces barrières pour que les organes en mouvement ne puissent atteindre ni les visiteurs, ni les agents des exposants voisins.
- Elles doivent être installées et conduites de façon à éviter tout accident. Leurs abords doivent être tenus libres, et tous objets pouvant, occasionner des chutes doivent en être éloignés.
- p.5 - vue 5/80
-
-
-
- 9-6
- LA MÉCANIQUE A L’EXPOSITION
- Appareils de levage
- Quant aux appareils de levage, ils devaient satisfaire, au point [de vue de la sécurité, aux prescriptions des articles 69, 70 et 71 du chapitre îx (Chemins élévateurs électriques, ascenseurs, appareils de levage).
- Art. 69. — ... Les portes d’accès à la cage de l’ascenseur doivent être à fermeture automatique; les entourages de la cage au niveau des planchers doivent être assez hauts pour éviter toute chute d’objets dans cette cage.
- Art. 70. — Les appareils de levage ne doivent jamais fonctionner sous une charge supérieure à leur force nominale. Cette force doit être indiquée en caractères très apparents sur l’appareil lui-même.
- Les préposés aux manœuvres des grues à vapeur et électriques peuvent se refuser à exécuter toute manœuvre qu’ils estimeraient dangereuse pour la solidité des appareils qui leur sont confiés ou pour la sécurité publique.
- Art. 71. — L’encliquetage des grues à bras doit toujours être en prise pendant la montée du crochet. Toute personne faisant usage d’une telle grue est rigoureusement tenue de s’assurer avant de manœuvrer que le cliquet est bien abattu et en prise sur sa roue à rochet.
- Les appareils roulants munis d’étais ne doivent jamais être mis en fonction sans que ces étais aient été convenablement serrés sur le sol.
- Dans tous les appareils de levage mécaniques ou à bras, la descente au frein doit se faire avec prudence : la vitesse réalisée à la descente ne doit pas dépasser la vitesse normale de la montée.
- Il ne sera fait usage que d’élingues en parfait état. L’élingage des pièces et colis à manœuvrer sera fait avec le plus grand soin. Avant d’opérer la manœuvre, les pièces doivent être soulevées d’une petite quantité, afin de constater la bonne installation et la résistance des élingues.
- .........Enfin, dans les divers contrats passés avec les soumissionnaires de travaux, l’Administration avait introduit l’obligation suivante :
- Les fournisseurs devront prendre toutes mesures nécessaires pour assurer la sécurité des visiteurs et du personnel.
- p.6 - vue 6/80
-
-
-
- APPAREILS DE SÉCURITÉ
- Par M. Henri Mamy
- Ingénieur des Arts et Manufactures Directeur de l'Association des Industriels de France contre les accidents du travail
- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
- La classification générale de l’Exposition avait assigné leur place aux appareils de sécurité dans la classe 21 (Appareils divers de la Mécanique générale). Ils y étaient mentionnés sous ja rubrique : «Appareils et Associations pour prévenir les accidents de machines ». En fait, la plus grande partie des appareils protecteurs qui ont figuré dans cette classe, et l’on pourrait dire dans l’Exposition, se sont trouvés réunis dans l’installation de l’Association des Industriels de France contre les accidents du travail. Quelques appareils étaient disséminés dans diverses classes, accompagnant les machines auxquelles ils étaient appliqués. La classe 105 de l’Économie sociale (sécurité des ateliers, réglementation du travail) présentait, sous forme de publications, dessins, tableaux, photographies, et même quelques modèles d’appareils protecteurs non en mouvement, un ensemble de documents très intéressants, relatifs à la sécurité des travailleurs. Toutes les Associations d’initiative privée ayant pour but la prévention des accidents du travail avaient exposé dans cette classe : Association, des Industriels de France contre les accidents du travail, Association normande, Association des Industriels du Nord de la France, Association des Industriels d’Italie. L’Office impérial des Assurances de l’Empire allemand présentait une très remarquable collection de 983 photographies, représentant des appareils protecteurs divers. Enfin, le Musée d’Hygiène Industrielle d’Amsterdam exposait aussi les photographies de ses plus importants dispositifs de sécurité.
- Nous laisserons de côté presque tout ce qui n’était représenté que par des dessins ou des photographies, et nous limiterons cette étude, sauf de rares exceptions, aux appareils protecteurs, aux dispositifs de sécurité et d’hygiène qui figuraient à l’état de modèles soit en mouvement, soit au repos.
- 1
- p.3 - vue 7/80
-
-
-
- MESURES DE SÉCURITÉ IMPOSÉES PAR L’ADMINISTRATION
- DE L’EXPOSITION
- Avant d’aborder la description des principaux appareils protecteurs qui figuraient à l’Exposition, nous rappellerons les prescriptions qu’au point de vue de la sécurité l’Administration avait cru devoir imposer. Ces prescriptions étaient formulées dans le Règlement spécial relatif à Vinstallation et au fonctionnement des appareils mécaniques, électriques et hydrauliques à VExposition de 1900.
- Production et emploi de la vapeur
- Le premier paragraphe de l’article 4 des conditions générales d’installation et d’exploitation des chaudières à vapeur était ainsi conçu :
- Sécurité. — Les appareils à vapeur rempliront toutes les conditions imposées par les lois et règlements en vigueur en France, à moins que des dérogations à ces conditions ne soient accordées par M. le Ministre des Travaux publics; pourront notamment bénéficier de telles dérogations les appareils à vapeur de construction étrangère remplissant les conditions imposées par les lois et règlements de leur pays d’origine, lorsque l’équivalence de ces conditions et de celles édictées par les lois et règlements français aura été reconnue en ce qui concerne la sécurité publique. L’Administration, sur l’avis du Comité technique des machines, pourra imposer telles autres mesures ou tels autres appareils de sécurité que lui semblerait exiger le fonctionnement des appareils à proximité de la circulation publique.
- D’autre part, le chapitre Ier (Production de la vapeur) et le chapitre iv (Emploi de la vapeur) du Règlement spécial, mentionné plus haut, comprenaient les articles suivants :
- Art. 3. — Par application de l’article 4 des conditions générales de l’installation et de l’exploitation des chaudières à vapeur et conformément à l’avis du Comité technique des machines en date du 27 mars 1899, les chaudières en service doivent satisfaire en outre aux prescriptions suivantes :
- Les portes de boîtes à fumée seront pourvues d’une fermeture solide et de barres de sûreté ;
- Les portes de foyer et de cendrier des chaudières multitubulaires seront, autant que possible, à fermeture automatique, et, en tous cas, à solide fermeture ; la partie supérieure des fourneaux de ces chaudières sera munie de trappes d’expansion de vapeur;
- Les chaudières qui ne seront pas du type multitubulaire auront leurs portes de foyer solidement loquetées;
- Les prises de vapeur des chaudières seront munies d’un clapet automatique d'arrêt pouvant assurer la fermetui’e tant dans le sens de l’écoulement de la vapeur que dans le sens inverse.
- Art. 30. —Tous les appareils employant la vapeur sont soumis aux prescriptions des lois et règlements en vigueur sur le territoire français. Notamment les récipients contenant de la vapeur sous pression satisferont à toutes les conditions imposées par le décret du 30 avril 1880.
- Les tubes en verre de tous les indicateurs soumis à une pression intérieure, tels que niveaux d’eau de chaudières, tubes de graisseurs à gouttes visibles, etc., seront entourés de pare-éclats.
- p.4 - vue 8/80
-
-
-
- APPAREILS DE SECURITE
- îl-13
- Monte-courroie Brancher
- Le monte-courroie Brancher comporte aussi un organe destiné à replacer la courroie sur la poulie et un organe destiné à la jeter bas.
- Il se compose [fig. 14 et 15) essentiellement d’une batte en bois taillée à 45°, en sifflet, le plus petit côté égal au rayon de la poulie à côté de laquelle il est placé. Cette batte est supportée par un moyeu graisseur spécial, en deux pièces démontables, n’offrant aucune aspérité, comme la bague d’arrêt qui le maintient près de la poulie. La batte est munie d’une tôle chantournée faisant glisser la courroie sur le limbe de la poulie.
- Elévation.
- Vue de face.
- Fig. 14 et 15. — Monte-courroie Brancher.
- Coupe AB
- Coupe AB.
- La demi-rotation de cette batte est obtenue par une petite corde enroulée sur le barillet qui est ménagé sur le côté du moyeu-support, près la bague d’arrêt. 11 suffit d’une traction à la main pour faire osciller la batte et remonter la courroie.
- Le rejette-courroie est une équerre oscillante dont la branche, passant sur le brin moteur, est munie d’une molette en bois pour éviter toute déchirure. La branche opposée a une cordelette de manœuvre.
- Monte-courroie Ertzbischoff-Simon
- En 1871, M. Baudouin, filateur de coton à Saint-Sauveur-Luxeuil, créait le premier monte-courroie pratique qui ait été employé.
- Très répandu en Alsace, cet appareil se compose d’une douille métallique fixe en deux
- p.13 - vue 9/80
-
-
-
- 9-14
- LA MÉCANIQUE A L'EXPOSITION
- pièces, enveloppant l’arbre de la poulie en laissant un certain jeu qui permet à l’arbre de tourner librement dans la douille. Celle-ci est fixée au moyen d’un support à un point d’appui quelconque : poutre, colonne, plafond, etc. Autour de cette douille peut tourner, à frottement dur, un collier en deux pièces, réunies par des boulons que l’on peut serrer plus ou moins fortement. La partie inférieure de ce collier porte un levier en bois dur qui présente à son extrémité un petit bouton ou manneton que l’on peut saisir avec une perche à fourche, de manière à faire tourner le levier autour de l’arbre. Comme le collier tourne à frottement dur sur la douille, le levier reste toujours dans la position où on l’amène, sans que son poids puisse le faire retomber.
- Fig. 16. — Courroie arrivant en haut de la poulie.
- Lorsque la courroie est descendue de la poulie, elle repose sur le collier du monte-charge et se trouve ainsi parfaitement isolée de l’arbre, autour duquel il lui est impossible de s’enrouler.
- Fig. 17. — Courroie arrivant en bas de la poulie.
- Pour remonter la courroie, on saisit le bouton du levier avec la perche à fourche et on fait prendre à ce levier une position un peu oblique par rapport à la verticale ; on étale la courroie sur lui et, avec la perche, on fait pivoter le levier jusqu’à ce que la courroie remonte d’elle-même sur la poulie.
- On n’a plus ensuite qu’à ramener le levier dans la position verticale, en saisissant son bouton avec le crochet que présente la perche.
- Pour faciliter la manœuvre du levier, lorsqu’il s'agit de courroies croisées et que l’arc à parcourir est assez grand, on munit ce levier d’une pièce en fer — portant un tourillon — que l’on peut saisir avec la perche à fourche.
- Avec cet appareil, l’ouvrier, en se tenant sur le sol et manœuvrant la perche, peut donc
- p.14 - vue 10/80
-
-
-
- APPAREILS DE SÉCURITÉ
- 9-11
- Pour désembrayer, on ramène en arrière le manchon à gorge ; le ruban se referme et s’applique contre le limbe circulaire du porte-ruban ; l’accouplement de celui-ci et de la cuvette cesse alors.
- Montage des courroies sur les poulies
- Le remontage des courroies sur leurs poulies s’est fait pendant longtemps à la main, pendant que la transmission tournait à sa vitesse normale. Il y a malheureusement encore des ateliers où l’on opère ainsi. L’ouvrier applique une échelle contre l’arbre ou contre un support fixe, monte près de la poulie, saisit la courroie et la remonte par un tour de main. Cette manœuvre est des plus dangereuses. Elle a déjà occasionné beaucoup d’accidents et doit être formellement interdite.
- Le procédé le plus sûr, celui qui donne toute sécurité au personnel, est celui dans lequel on ne remonte la courroie avec la main qu’après avoir arrêté la transmission. Tout danger de prise par la courroie ou par l’arbre est ainsi écarté.
- Mais on comprend que cette manière de procéder, si elle donne une sécurité absolue, a l’inconvénient, dans les grands ateliers, d'entraîner une perte de temps parfois considérable, un arrêt du travail, et, par conséquent, une perte d’argent. On a donc cherché à créer des appareils permettant d’effectuer, pendant la marche de la transmission et sans danger, le remontage des courroies sur les poulies. Ces appareils ont reçu le nom de monle-courroie ou de passe-courroie. Les uns, qui s’appliquent plus particulièrement aux courroies assez fortes, lourdes et tendues, sont fixes ; ils ne permettent d’effectuer le remontage que d’une seule courroie ; les autres sont mobiles ; ils peuvent se transporter aux divers points de l’atelier et permettent de remonter les courroies de faible largeur.
- Les monte-courroies fixes commencent à se répandre dans les ateliers. Nous en décrirons trois, qui figuraient à l’Exposition, et qui sont le passe-courroie Piat-Forest, le monte-courroie Brancher et le monte-courroie Ertzbischoff-Simon.
- Passe-courroie système Piat-Forest
- L’appareil, représenté par les figures 11, 12 et 13, se compose de deux parties distinctes, réunies sur un même support.
- La première partie est destinée à remonter la courroie. Elle se compose d’un manchon en deux parties C et D, qui enveloppe l’arbre sans le loucher et qui est supporté par un collier fixé à un montant K, en fer U- Celui-ci s’attache généralement au plafond, au moyen du patin I. Sur le manchon se fixent les étriers Z qui recevront la courroie et l’équerre portant les bras H et M, destinés à remonter cette courroie. Pour effectuer cette opération à l’aide de la corde L, on fait tourner le manchon dans le sens de rotation de la poulie ; les bras H et M rencontrent la courroie, agissent sur elle et la font remonter sur la poulie. Un contrepoids ramène alors l’appareil à la position de repos.
- La seconde partie a pour but de jeter bas la courroie.
- A cet effet, le montant Iv porte une console Q, qui supporte une tringle carrée, le long de laquelle peut glisser le curseur S. Celui-ci porte une bobine en bois T. En actionnant cette bobine au moyen de la corde U, elle glisse sur la tringle carrée, attaque la courroie en son milieu et la fait tomber de la poulie sur les étriers Z. En lâchant la corde, le ressort Y ramène la bobine à sa position initiale.
- p.11 - vue 11/80
-
-
-
- 0-12 LA MÉCANIQUE A L’EXPOSITION
- ^cvocXtau.
- VL ~biJtoc^uS^c\ucttfc*
- Fig. il
- Fig. 13,
- Ù'ÂCV«Xv<AH^/HltV*Xf-LJC eau j ^e,- Za~'XcccutÀuiû&eoAA/
- Fig. 12.
- pl.12 - vue 12/80
-
-
-
- APPAREILS DE SÉCURITÉ
- 9-9
- L’embrayage est réversible, c’est-à-dire que le mouvement moteur peut être donné soit par le manchon à segments, soit par la cuvette ; il faut, toutefois, que la rotation se produise dans le sens le plus favorable au serrage des segments flexibles.
- La manœuvre de l’embrayage se fait, le plus souvent, par un levier à fourche E, qui embrasse un manchon à gorge F, que deux bielles H relient aux manivelles de poussée G. On pourrait également faire usage aussi d’une vis à filets carrés et d’un volant de manœuvre à la main.
- Fig. 4,
- Fig. 3.
- Fig. 5.
- Fig. 6.
- Embrayage à friction, système A. Piat et ses fils, pour réunir deux arbres.
- Le réglage se fait très facilement en changeant le calage des manivelles de serrage, qui, à cet effet, sont montées sur un axe I fraisé en forme d’étoile.
- L’embrayage est progressif et sans choc.
- Aucune poussée latérale n’est nécessaire pour maintenir l’appareil en prise ou débrayé.
- Les segments flexibles sont garnis d’une bande de cuir spécial J, assez large pour éviter une usure rapide ; par ce moyen, on augmente la puissance de l’entraînement et on supprime, en même temps que le graissage, toute chance de grippement des pièces de friction.
- L’appareil, complètement symétrique, est bien équilibré ; il est robuste et peut être employé également soit pour les grandes vitesses, soit pour les grandes forces.
- p.9 - vue 13/80
-
-
-
- 0-10
- LA MECANIQUE A L'EXPOSITION
- Embrayage à friction Villard et Bonnaffous
- Cet appareil est représenté par les figures 7, 8, 9 et 10, pour l’accouplement de deux arbres. Sur l’arbre X est clavetée une cuvette de friction A et sur l’arbre Y est claveté le porte-ruban B. Un ruban C, en acier doublé de cuir, avec des mannetons d’attaclie D, s'articule par l’axe /“sur le porte-ruban et par l’axe g sur un levier coudé à chape, E, qui commande ce ruban. Le levier à chape s’articule lui-même sur le porte-ruban par un axe h. Un manchon à gorge I,
- —i—
- Appareil embraye
- Fig. 7.
- Manchon d'accouplement 50 chevaux a 100Tours
- -2-
- Eehelle
- Fig. 8.
- — 3—
- Appareil débrayé
- Fig. 10.
- coulissant sur une clavette-guide, peut être manœuvré par l’intermédiaire d’un levier à fourchette. Ce manchon porte un galet L, qui roule sur le chemin P fixé à la pièce B.
- Une bielle de réglage K, à rallonge et à vis, est articulée à rotules d’une part avec le levier coudé E, d’autre part avec le bras du manchon I.
- Pour embrayer, on pousse le manchon à gorge I contre le porte-ruban B.
- La bielle extensible K se redresse ; son extrémité repousse le levier coudé E, qui s’écarte du centre et fait ouvrir le ruban qui, sous cet effort de poussée, s’applique, se moule et se comprime contre la paroi de la cuvette. Cette pression détermine l’accouplement de la cuvette et du porte-ruban, et, par suite, l’accouplement des deux arbres.
- En allongeant ou raccourcissant la bielle extensible K, on règle la pression nécessaire à l’entraînement.
- p.10 - vue 14/80
-
-
-
- TABLE DES MATIERES
- Considérations générales.................................................................................... 3
- Mesures de sécurité imposées par l’Administration de l’Exposition........................................... a
- Moteurs et Transmissions
- Manchon protecteur Delacommune..............
- Embrayage à friction Piat et ses fils.......
- Embrayage à friction Villard et Bonnatfous....
- Passe-courroie Piat-Forest..................
- Monte-courroie Brancher.....................
- Monte-courroie Ertzbischoff-Simon...........
- Perche à crochet Micault....................
- Monte-courroies système Hirsch, pour cônes.... Protection des engrenages d’extrémité des tours
- 1
- 8
- 10
- 11
- 13
- 13
- 16
- n
- •20
- Meules
- Pare-éclats de M. Ch. Masson............................................................................ 22
- Machine à meuler, système P. Huré........................................................,.............. 23
- Appareils de levage
- Cric à manivelle de sûreté Dubois........................................................................ 25
- Dispositif protecteur pour monte-charges de la Compagnie générale des Conduites d’eau, aux Vennes........ 26
- Dispositif de sécurité pour ascenseurs du système Stigier................................................ 28
- Dispositif de sécurité Gisclard, pour tire-sacs.......................................................... 28
- Industrie du bois
- Scie a ruban. — Protecteur Kirchner...................................................................... 30
- Scie circulaire. — Couvre-scie Kirchner.................................................................. 33
- Couvre-scie Marcy et Bance............................................................... 33
- Couvre-scie Guilliet et fils............................................................. 33
- Couvre-scie Oberlin.................................................................... 35
- Couvre-scie Fleuret...................................................................... 38
- Couvre-scie P. Lavaur................................................................... 40
- Couvre-scie Bruliard.................................................................... 42
- Toupie. — Protecteur Kirchner.................................... ....................................... 44
- Protecteur Fleuret........................................................................... 45
- Protecteur Weber et Mathon...........................,....................................... 49
- Protecteur Daussin................................................:.......................... 52
- Dégauchisseuse. — Protecteur Davreux-Collard.............................................................. 53
- Protecteur Kirchner...................................................................... 54
- Industrie textile
- Tissage mécanique...........
- Garde-navette L. Sconfietti.,
- Garde-navette Hurst.....
- Garde-navette Geo. Kræmer
- o.)
- 55
- 59
- 60
- p.1 - vue 15/80
-
-
-
- 9-2
- TABLE DES MATIÈRES
- Industrie agricole
- Protecteur H. Lanz pour machine à battre.............................................................. 62
- Protecteur Guichard-Dozier pour machine à battre...................................................... 63
- Protection contre les éclats
- Lunettes de la Société des Lunetiers de Paris....................................................... 64
- Lunettes Simmelbauer................................................................................ 66
- Lunettes Détourbe................................................................................... 66
- Pare-bavures Solviche...,........................................................................... 67
- Pare-éclats Lebrun...... ...... ....................................................................; 69
- Protection* contre les poussières
- Masque-respirateur Détroye......................................................................... 72
- Masque-respirateur Bellot........................................................................... 73
- Masque-respirateur Détourbe.......................................................................... 73
- Emaillage mécanique, système A. Dormoy, sans dégagement de poussière................................ 73
- p.2 - vue 16/80
-
-
-
- APPAREILS DE SÉCURITÉ
- 9-15
- remonter la courroie pendant la marche sans aucun danger. Le monte-courroie se place toujours, bien entendu, sur la transmission de commande et non sur la machine commandée.
- L’inconvénient que présente le monte-courroie Baudouin pour des courroies un peu larges est qu’après le passage du bras A [fig. 16 et 17) au point de tangence, la courroie n’est plus suffisamment maintenue sur la poulie et retombe.
- Pour éviter cet inconvénient, MM. Ertzbisclioff et Simon ont adjoint, au bras-rayon A du monte-courroie Baudouin, une partie de couronne B, dont l’action complète celle du bras A, jusqu’à ce que l’adhérence de la courroie soit suffisante pour la maintenir sur la poulie.
- La manœuvre est très simple. L’appareil étant placé dans la position de repos, on jette bas la courroie avec une perche. Pour la remonter, on saisitle levier arrivant avec la perche à crochet, on l’amène au contact de la poulie, puis on actionne le monte-courroie au moyen d’une corde
- disposée à cet effet et qui passe dans le fer en U fixé à l’appareil.
- Les monte - courroies portatifs s’appliquent aux petites courroies, peu larges et peu tendues. Le plus simple de tous est la perche à crochet ordinaire, telle que M. Chouanard l’a fait
- (bonne longueur) (mauvaise longueur)
- Fig. 18. — Maniement de la perche à crochet ordinaire.
- Fig. 19. — Perche à crochet Micault.
- figurer à la classe 21. C’est une perche cylindrique en bois, de 30 à 35 mm de diamètre, et qui porte à sa partie supérieure un doigt en fer perpendiculaire à la tige. A la fois légère et solide, la perche peut être en frêne, en sapin, en acacia. Pour remonter une courroie avec cet appareil, l’ouvrier se place un peu sur le côté de la poulie, en tenant la perche, par rapport au corps, du même côté que la poulie. Il se place autant que possible devant le brin arrivant, le saisit en dehors de la jante avec le doigt du crochet [fig. 18) et l’amène au point de prise de la courroie et de la poulie. Faisant faire alors un quart de tour à la perche, il pousse la courroie sur la poulie en appuyant le bord dans l’angle du doigt, ce dernier suivant constamment le dehors de la jante.
- Si la disposition des lieux ne permet pas à l’ouvrier de se tenir devant le brin arrivant et qu’il soit obligé de se placer devant le brin fuyant, l’ouvrier passera le doigt du crochet sous la courroie en le tenant parallèlement à l’arbre, puis il tournera la perche d’un quart de tour en l’écartant du corps, de manière à é ôter le contact du doigt avec les brins de la poulie. Il placera la courroie sur la poulie au point de prise et, tournant de nouveau la perche, suivra la courroie en faisant glisser le doigt sous la jante.
- 2
- p.15 - vue 17/80
-
-
-
- Ô-lè LA MÉCANIQUE A L’EXPOSITION
- La perche à crochet ne doit pas être trop courte. Il faut que l’ouvrier ne puisse pas la tenir devant lui et soit forcé de la tenir par côté [fîg. 18). S’il en était autrement, il pourrait se faire que, par une manœuvre maladroite, le doigt du crochet fût pris dans les bras de la poulie ou bien entre la courroie et la jante, la perche rejetée violemment en arrière et l’ouvrier gravement blessé à la poitrine ou à la tête.
- La perche à crochet Micault, due à M. Micault, tourneur-mécanicien à Paris, est une amélioration importante de la perche à crochet ordinaire. Elle a obtenu le premier rang au concours de monte-courroies portatifs ouvert par l’Association des Industriels de France contre les accidents du travail.
- C’est, en principe, une perche à crochet dont la partie supérieure, qui porte le doigt monte-courroie, peut se plier et se fermer sur la partie inférieure, comme une lame de couteau sur son manche [fîg. 19). Le doigt monte-courroie, entouré d’une gaine de caoutchouc, peut se tourner à volonté à droite ou à gauche de la perche ; il est maintenu par deux ergots qui l’empêchent de tourner ; une vis assujettit le tout.
- Fig. 20. — Premier cas.
- Fig. 21. — Second cas.
- Pour remonter une courroie avec cet appareil, on peut, suivant les circonstances, procéder de deux manières différentes, la perche étant préalablement ouverte ou préalablement fermée.
- Les exemples qui suivent vont faire comprendre la manœuvre de l’appareil. On remarquera qu’ici, contrairement à ce qui doit se faire aveclaperche àcrochetordinaire, le doigt de la perche est engagé entre la jante de la poulie et la courroie et s’y maintient depuis le point de prise jusqu’au point de sortie.
- Premier cas {fîg. 20). — On saisit la courroie avec l’appareil ouvert; on l’amène au contact de la poulie, le doigt engagé entre celle-ci et la courroie. L’entraînement se produit et, lorsque le doigt arrive à la partie supérieure de la poulie, la perche se plie et le doigt continue son mouvement jusqu’à ce qu’il arrive au point d’échappement.
- Deuxième cas (fig. 21). — La poulie est supposée placée très près d’un mur, qui ne permettait pas à l'ouvrier de se placer comme dans l’hypothèse précédente. On plie préalablement la perche, on saisit la courroie avec le doigt de la perche, on l’amène au point de prise, on appuie sur l’arbre et l’ouvrier exerce un effort de traction sur la perche ; la courroie monte en redressant l’appareil.
- p.16 - vue 18/80
-
-
-
- APPAREILS DE SÉCURITÉ
- 9-J7
- Troisième cas {fig. 22). — La perclie est ouverte. La courroie, saisie par le doigt, est amenée au point de prise ; l’entraînement se fait et la perclie se plie sous son action.
- Fig. 22. — Troisième cas.
- Quatrième cas {fig. 23). — La perche est ouverte. La courroie, saisie par le doigt, est amenée au point de contact; l’entraînement a lieu et la perche se plie, comme dans le cas précédent.
- Monte-courroies pour cônes de transmission
- Lorsqu’il s’agit de faire passer une courroie de transmission d’un étage d’un cône sur un autre, les ouvriers emploient généralement la perche à crochet pour le cône supérieur et guident la courroie avec la main ou une petite tige en bois sur le cône inférieur.
- On a cherché depuis longtemps à remplacer cette manœuvre, qui peut être dangereuse, par l’emploi d’un appareil spécial permettant de faire passer aisément la courroie d’un étage à un autre. M. Duparque, alors inspecteur des ateliers de la Compagnie des chemins de fer du Nord, aux ateliers d’Hellemmes (Lille), avait conçu et installé dans ces ateliers un dispositif de cette nature. Plus tard, M. Rieger, fondeur-constructeur à Lure, a inventé et appliqué dans ses ateliers un appareil atteignant le même but.
- C’est dans le même ordre d’idées que figurait à l’Exposition de 1900 le monte-courroie pour cônes du système Hirsch, exposé par 1’ « Aktiebolaget Verktygsmaskiner » de Stockholm. Nous le décrivons sous sa forme actuelle.
- Une tige métallique T {fig. 24 à 30) est fixée, d’une part, au bâti de la machine-outil qui porte le cône inférieur et, d’autre part, à un point d’appui supérieur, dont le choix dépend des conditions locales. Cette tige peut tourner autour de son axe, par l’action d’une manette B, placée à portée de l’ouvrier, et maintenue par une vis de serrage.
- À la partie supérieure de la tige T est disposée une pièce D qui peut coulisser, par l’ouverture d, le long de cette tige, et se fixer dans la position voulue, au moyen d’une vis de pression. Cette pièce D porte deux, douilles A, dans lesquelles coulissent librement les deux tiges m et n qui portent l’anneau C. Le brin montant de la courroie passe dans cet anneau qui, dans le sens
- p.17 - vue 19/80
-
-
-
- 9-18
- LA MÉCANlyUE A LEXP0S1TI0X
- 1
- G'I
- tyçrrvnxxt
- pl.18 - vue 20/80
-
-
-
- est placé lln _U>p^Kas DE srn.
- P pIus ba« que le ffradin 1p ni »-19
- g pl"s grand du cône supérieur, La forme
- coû^rdt’n^radb ffrandes Anches
- t-, radin sur le gradin suivant.
- p.19 - vue 21/80
-
-
-
- 0-20
- LA MECANIQUE A L’EXPOSITION
- Pour effectuer soit la montée, soit la descente de la courroie, d’un gradin sur l’autre, il suffit, au moyen de la manette B, de faire tourner la tige T dans un sens ou dans l’autre; le
- Fig. 30, — Détail de 1 anneau et de la manette. — Vire d’ensemble.
- déplacement de la courroie se fait très aisément, sous l’action de la pression exercée sur elle par l’anneau, qui coulisse en même temps dans la pièce D.
- Protection des engrenages d’extrémité des tours
- Les engrenages dits « de tête de cheval » des tours, placés à l’extrémité des tours à fileter, peuvent être une cause d’accidents, surtout lorsqu’ils se trouvent sur un passage. Il est donc
- Tôle de 2%
- ~ 1
- Fig. 31. — Volets ouverts.
- Fig. 32. — Volets fermés.
- utile de les protéger. Mais, comme les divers filetages nécessitent des changements, parfois fréquents, de pignons dentés, il est impossible d’établir, pour la protection, des couvre-engre-nages à demeure. On emploie quelquefois une caisse vide, placée debout, et dans l’intérieur de laquelle sont abritées les roues dentées ; on la met de côté pour effectuer les changements de pignon et on la remet en place ensuite. L’inconvénient est que l'ouvrier oublie quelquefois de la replacer. Les figures ci-jointes représentent trois dispositifs de protecteurs en tôle, appliqués dans les ateliers de M. Delaunay-Belleville et qui ont donné de bons résultats.
- p.20 - vue 22/80
-
-
-
- APPAREILS DE SÉCURITÉ
- 9-21
- Premier dispositif. — Les roues dentées sont enfermées dans une enveloppe en tôle, supportée par deux tiges métalliques et fermée extérieurëment par deux volets [fig. 31 et 32), qu’il suffit d’ouvrir pour pouvoir effectuer les changements de pignons.
- Fig. 34. — Protecteur ouvert.
- Tib.de 2%
- Fig. 33. — Protecteur fermé.
- Deuxième dispositif. — La capote protectrice est à bascule {fig. 33 et 34). Elle pivote autour d’un axe et se rabat en s’écartant du tour, de manière à permettre le libre accès des roues dentées.
- Fig. 33. — Vue de face.
- Tôle .de ÿV
- Tôle de 2~aU
- , Çtffa 16 *16 « 4
- Fer rondie 22, _
- 777777777T7^^^7777777i
- Fig. 36. — Coupe transversale.
- Troisième DisrosiTiF. — La capote est à glissière {fig. 3o et 36). Deux tiges verticales, fixées au sol, la guident et lui permettent de s’élever et de dégager les roues dentées lorsqu’il est nécessaire.
- p.21 - vue 23/80
-
-
-
- MEULES
- Protection des meules en composition
- L’extension considérable que l’emploi des meules en composition a prise dans le travail industriel ne permet pas de rester indifférent aux risques d’accidents que présentent ces machines-outils. Ces risques sont de plusieurs sortes. Les uns proviennent de la projection, dans les yeux de l’ouvrier, de particules métalliques ou pierreuses détachées par le travail même ; d’autres résident dans l’inspiration ou l’ingestion des fines particules de même nature qui, pénétrant dans les poumons ou dans les voies digestives, peuvent amener l’éclosion do certaines affections, notamment de la phtisie pulmonaire ; d’autres, enfin, les plus effrayants par leurs conséquences immédiates, ont pour cause l’éclatement de la meule et la projection dans l’atelier, au milieu des ouvriers, des fragments de cette meule, animés d’une vitesse considérable.
- L’emploi des lunettes d’atelier, sur lesquelles nous reviendrons plus tard, permet de préserver les ouvriers des blessures aux yeux.
- Pour les soustraire à l’inspiration des fines particules produites par le travail, il est nécessaire de produire une aspiration de ces particules au point même où elles prennent naissance.
- Cette aspiration peut être déterminée à l’aide d’un ventilateur spécial ou bien elle peut résulter du mouvement de rotation de la meule.
- Enfin, pour éviter les conséquences dangereuses d’un éclatement, qui peut toujours se produire, il est nécessaire d’entourer la meule d’une solide capote de protection qui retienne les éclats et s’oppose à leur projection dans l’atelier.
- Nous décrivons, dans cet ordre d’idées, deux dispositifs protecteurs qui figuraient à l’Exposition. L’un est dû à M. Masson, directeur des anciens établissements Bailly, à Nancy ; l’autre est une machine à meuler, construite par M. Huré, constructeur à Paris.
- Pare-éclats de M. Ch. Masson
- Le pare-éclats pour meules en composition, créé par M. Ch. Masson, directeur de la Société des établissements Bailly, à Nancy, se compose {fig. 37) de deux pièces A et B, ayant la forme d’un fer en U, et qui sont assemblées au moyen d’une forte charnière. Elles enveloppent la meule sur une
- Fig. 37. — Pare-éclats Masson.
- p.22 - vue 24/80
-
-
-
- APPAREILS DE SÉCURITÉ
- 9-23
- partie de sa circonférence. La pièce A se prolonge inférieurement par une sorte de queue qui permet, au moyen d’une coulisse et de deux ou trois goujons ou boulons, de la fixer solidement au socle de la meule. Les deux pièces A et B sont reliées l’une à l’autre par l’entretoise en fer plat C et les goujons a, /, fixés dans l’une des ailes. Le goujon f peut se déplacer dans une coulisse de la pièce C, ce qui permet, au fur et à mesure de l’usure de la meule, de rapprocher les différentes pièces de l’appareil.
- Machine à meuler de M. P. Huré
- La machine à meuler construite par M. P. Huré, ingénieur mécanicien à Paris, présente des dispositions protectrices contre les éclats et contre les poussières.
- Fig. 39. — Vue de face.
- Elle se compose {fig. 38 à 41) d’un solide bâti en fonte, d’une seule pièce, portant deux paliers à coussinets en bronze, à longue portée, et dont le graissage se fait automatiquement.
- Ces coussinets sont complètement fermés et à l’abri des poussières. L’arbre qui porte la meule est en acier. Il comporte deux paires de plateaux en fonte: l’une, de grand diamètre, qui sert quand la meule est neuve ; l’autre, de plus petit diamètre, qu’on substitue à la première lorsque l’usure delà meule l’exige.
- Un protecteur en acier coulé recouvre la meule. Ce protecteur est renforcé par une nervure et fortement boulonné à l’arrière du bâti par un étrier en fer forgé, qui accroît sa résistance.
- A la partie antérieure, le bâti forme une cuvette qui reçoit les poussières produites par le meulage. Une vanne en tôle, que l'on peut approcher de la meule au fur et à mesure que cette dernière s’use, arrête les poussières et les oblige à passer dans un conduit en forme d’S placé
- p.23 - vue 25/80
-
-
-
- 9-24
- LA MÉCANIQUE A L’EXPOSITION
- derrière le bâti. Elles suivent la direction des flèches indiquées sur les figures 38 et 4L et sortent par l’orifice inférieur.
- Vue en plan,
- Fig. 41. — Vue d’ensemble.
- Là on peut les recueillir dans un bac rempli d’eau ou les aspirer dans une canalisation spéciale.
- Les poulies fixe et folle de la meule sont munies d’un embrayage de sûreté, qui s’oppose à une mise en route imprévue.
- p.24 - vue 26/80
-
-
-
- APPAREILS DE LEVAGE
- Cric à manivelle de sûreté Dubois
- On sait que, dans le cric ordinaire, la crémaillère qui porte le fardeau à soulever est actionnée par un jeu d’engrenages commandés par une manivelle. Pour s’opposer à la descente de la charge, on emploie un cliquet agissant sur une roue à rocliet fixée sur l’arbre de la manivelle. Tant que le cliquet est en contact avec cette roue, la charge est maintenue. Pour la faire descendre, il faut soulever le cliquet. C’est alors que peuvent se produire de graves accidents,
- Fig. 42. — Vue de face.
- Fig. 43. — Coupe.
- si la manivelle échappe à l’ouvrier. Elle se met à tourner avec une grande rapidité, sous l’action du poids du fardeau, et si, dans sa rotation, elle frappe un ouvrier, elle peut le blesser grièvement.
- Pour éviter cette cause d’accidents^_______________
- M. Dubois, ingénieur à la Compagnie des ~~ J~ jjj
- chemins de fer de l’Ouest, a inventé la ----------------—’ ' ^
- manivelle de sûreté qui porte son nom et dont l’application est déjà faite sur une grande échelle. Cet appareil est construit par la Société alsacienne de constructions mécaniques. Il joue le rôle d’un véritable frein, et sa construction simple, son efficacité absolue en font un excellent appareil de sécurité.
- Sur l’arbre de la manivelle du cric est fixée une douille A (flg. 42 à 44), qui porte un collet et une vis. La roue à rochet C est montée folle sur cette douille, et peut être serrée contre le collet par la manivelle. Celle-ci se visse sur la douille. Une rondelle E, fixée sur l’arbre, main-
- Fig. 44. — Vue perspective du cric à manivelle de sûreté.
- p.25 - vue 27/80
-
-
-
- 9-26 LA MÉCANIQUE A L’EXPOSITION
- tient la manivelle en place, tout en lui laissant un jeu extrêmement faible, d’une fraction de millimètre.
- Pour soulever le fardeau, on tourne la manivelle; elle se visse sur la douille, serre la roue à rochet entre elle et le collet, et cette roue devient solidaire du mouvement de l’arbre et tourne avec lui, comme dans un cric ordinaire.
- Pour faire descendre le fardeau, on tourne la manivelle en sens contraire. Elle se dévisse sur la douille A ; la roue à rochet, cessant d’être serrée contre le collet, redevient folle et ne s’oppose plus à la descente du fardeau. Mais, dès que cette descente commence à se produire, c’est l’arbre de la manivelle qui, à son tour, se visse dans le moyeu de celle-ci qui revient en avant, resserre la roue à rochet contre le collet et, la rendant solidaire de l’arbre, arrête la descente delà charge.
- Cette descente ne peut donc se produire que lorsqu’on détourne la manivelle, à la main.
- La bonne exécution de la manœuvre de cet appareil nécessite que l’on ne relève jamais le cliquet D et qu’il reste toujours en prise avec la roue à rochet. A cet effet, un arrêt F ne laisse à ce cliquet que le jeu strictement nécessaire au passage des dents de la roue pendant la montée de la charge.
- Dispositif protecteur pour monte-charges de la Compagnie générale des Conduites
- d’eau, aux Vennes
- Le dispositif de sécurité pour monte-charges de la Compagnie générale des Conduites d’eau, aux Yennes (Liège), était exposé par l’Association des Industriels de Belgique contre les accidents du travail.
- Il a été conçu pour répondre aux trois points suivants :
- 1° Impossibilité d’ouvrir la porte donnant accès à l’intérieur de l’ascenseur tant que la cage n’est pas arrêtée à l’étage ;
- 2° Impossibilité de mettre l’ascenseur en marche quand la porte n’est pas fermée ;
- 3° Arrêt automatique de la cage aux points extrêmes de la course ou aux étages intermédiaires, s’il y a lieu.
- Dans les figures 45 et 46, A représente la charpente de l’ascenseur, B la porte ou l’une des portes, s’il y a plusieurs étages, G et C* sont les pentures de cette porte, D son verrou mécanique, E la clenche de la porte, manœuvrée à la main, F la cage, G le mécanisme de commande du débrayage de la courroie actionnant le treuil ou bien le mécanisme commandant un moteur quelconque.
- Ce dernier mécanisme peut être manœuvré à la main de l’intérieur de la cage ou de l’extérieur de la charpente de l’ascenseur. Le dessin représente la cage au départ de sa course ascensionnelle et la porte complètement fermée.
- Quand la cage monte, le plan incliné a, qui est supposé représenter un premier taquet fixé à la cabine, rencontre le galet b monté sur la tige e et, par suite de l’effet de came, fait avancer cette tige vers la droite. Au moyen du balancier /*, la tige e repousse le verrou D vers la gauche, ce qui permet d’ouvrir la porte à la main.
- Aussitôt que le verrou D est sorti de sa gâche, la cage s’est arrêtée automatiquement.
- Pour atteindre ce résultat, la cabine porte un second taquets qui rencontre, soit que la cage monte, soit qu’elle descende, l’un ou l’autre des taquets de la tige G, et manœuvre ainsi le débrayage de la courroie.
- Par exemple, si, au lieu d’une transmission par courroie, c’est un moteur électrique qui actionne le treuil, la tige G commandera alors le rhéostat.
- Si l’ascenseur doit desservir plusieurs étages, et en supposant que la cage ne doive s’arrêter qu’au dernier, elle fera jouer le verrou D de chaque porte intermédiaire et, aussitôt qu’elle sera passée, le verrou rentrera dans sa gâche sous l’action du ressort à boudin.
- p.26 - vue 28/80
-
-
-
- APPAREILS DE SÉCURITÉ
- 9-27
- Le même effet se produira lorsque la cage descendra, la contre-pente a! faisant alors jouei chaque verrou.
- »§ÉÉ»lty
- La cage étant arrêtée, on ouvre à la main la porte B, soit pour entrer dans cette cage, soit
- ’ig. 45. Fig. 46.
- p.27 - vue 29/80
-
-
-
- 0-28
- LA MÉCANIQUE A L’EXPOSITION
- pour en sorlir. Cette manœuvre de la porte fait tourner le pivot g, solidaire de la demi-penture C1 fixée sur la porte. Le mouvement circulaire du pivot g imprime, par l’intermédiaire de roues dentées, un mouvement rectiligne vers la droite à la tige i. Celle-ci porte à son extrémité une partie saillante qui s’engage alors entre les lèvres de la pièce j et immobilise ainsi la tige G.
- 11 faut nécessairement pousser la porte tout à fait contre la charpente de l’ascenseur pour que le mouvement du débrayage soit de nouveau libre.
- Dispositif de sécurité pour ascenseurs du système Stigler
- Si l’on veut pouvoir compter sur le fonctionnement rapide et certain des appareils de sûreté, il est indispensable qu’ils soient entretenus en bon état.
- Ceci est particulièrement vrai en ce qui concerne les ascenseurs. C’est pourquoi M. A. Stigler, ingénieur-constructeur à Milan, a créé un dispositif destiné à immobiliser la cabine de
- l’ascenseur, si la vitesse de descente devient, pour une cause quelconque, trop considérable.
- L’arrêt se produit également si le dispositif protecteur n’est pas en bon état d’entretien.
- Sur la cabine F {fig. 47 et 48), en face de chaque guide, est fixé un petit pendule K. Le bras inférieur de ce pendule, étant le plus lourd, tend constamment à appuyer le bras supérieur, muni d’un petit galet, contre un rail ondulé S, que porte le guide. A côté de ce rail, le guide est taillé en crémaillère, présentant mue série de talons Y. Lorsque la vitesse de descente est normale, le galet du pendule suit sans interruption l’ondulation du rail et le bras inférieur n’est pas retenu par le talon Y. Mais, si la vitesse devient plus grande, le bras inférieur arrive dans l’écliancrure sans avoir eu le temps de s’en écarter, et la cabine s’arrête.
- L’arrêt se produit également, même à la vitesse normale de descente, si, l’axe du pendule se trouvant encrassé, celui-ci n’effectue pas ses mouvements en toute liberté. Prévenu ainsi du mauvais état d’entretien de cet organe, le voyageur regagne l’étage supérieur, ce à quoi rien ne s’oppose, et il suffit alors de nettoyer et graisser le pendule.
- En cas de vitesse très grande de descente, l’arrêt brusque produit par l’action de ce petit levier peut avoir des inconvénients. Pour les atténuer, M. Stigler a Combiné l’action du pendule avec celle des mâchoires d’arrêt dont la cabine est munie. L’axe du pendule peut se déplacer un peu, de bas en haut, au moment du choc, et déterminer, au moyen de tirants, la mise en jeu des mâchoires d’arrêt dont l’action, moins brusque, donne un arrêt plus doux.
- Dispositif de sécurité A. Gisclard pour tire-sacs
- Dans un certain nombre de locaux industriels, on élève, au moyen de tire-sacs, et généralement à un étage élevé, des fardeaux divers, tels que sacs, ballots, etc., pris dans une cour ou sur des voitures, wagons, bateaux, etc. Lorsque le fardeau, dans son mouvement d’ascension, est arrivé à la hauteur de la fenêtre de l’étage où il doit entrer, un ouvrier de service à cette fenêtre, se retenant d’une main à la feuillure de l’encadrement, se penche au dehors pour saisir et amener à lui la charge! Pour la facilité de la manœuvre, la fenêtre, ouverte sur toute sa hauteur à partir du ras du plancher, ne présente pas de garde-corps. L’ouvrier de service à cette fenêtre est donc exposé à une chute mortelle, soit qu’il soit pris d’un étourdissement, soit par suite d’une fausse manœuvre de sa part ou de celle des ouvriers qui actionnent le tire-sacs.
- p.28 - vue 30/80
-
-
-
- APPAREILS DE SÉCURITÉ
- 9-29
- Pour supprimer ce danger, M. A. Gisclard, chef de bataillon du Génie, a imaginé un dispositif de garde-corps oscillant, qui ne laisse béante l’ouverture de la fenêtre que juste pendant l’entrée du fardeau.
- Les figures 49 et 50 représentent ce dispositif.
- Un volet plein, en bois, Y, de 0m,90 de hauteur environ, peut tourner autour d’un axe horizontal placé à la partie inférieure de la fenêtre et se rabattre horizontalement à l’intérieur de la salle. Dans sa position verticale, il s’appuie soit contre la feuillure de la fenêtre, soit, si on veut le placer dans le plan du parement du mur, contre deux solides taquets d’arrêt fortement scellés dans le mur.
- Ce volet mobile, constituant un garde-corps, est équilibré par deux contrepoids en fonte, qui tendent constamment à le ramener à la position verticale, et permettent son déplacement sous un léger effort.
- Fig. 49. — Vue de face.
- Fig. 50. — Vue en coupe.
- La position et le poids de ces boules creuses en fonte doivent être déterminés en conséquence. Le meilleur résultat sera obtenu lorsque le centre de gravité du système (volet et contrepoids) se déplacera, comme positions extrêmes, sur un quart de cercle vertical dont le rayon médian sera horizontal. On se réservera, d’ailleurs, des moyens de réglage, en faisant mouvoir les contrepoids le long de tiges filetées, sur lesquelles on les fixera par écrou et contre-écrou.
- L’ouvrier préposé au service de la fenêtre se trouve placé derrière le volet, qui lui assure une protection efficace. Il peut s’appuyer sur lui sans crainte, pour attirer le fardeau. Celui-ci, venant presser sur le volet, le rabattra complètement, s’il le faut, pour se frayer passage ; puis le volet dégagé se relèvera de lui-même pour reprendre sa position verticale.
- Si, par suite d’une fausse manœuvre, la charge venait à être ramenée brusquement au dehors pendant que l’ouvrier l’attire à lui, le volet, se relevant de lui-même et accompagnant la charge dans son mouvement de retraite, s’interpose toujours entre l’ouvrier et l’extérieur.
- Le volet plein en bois pourrait être remplacé par un garde-corps à barreaux métalliques, qui devraient être assez rapprochés pour que l’homme ne pût glisser à travers. Le volet plein a l’avantage de s’opposer à la chute de tout objet, quel qu’il soit. Ce dispositif, qui a fonctionné à l’infirmerie vétérinaire du 12e régiment d’artillerie, à Vincennes, pour emmagasiner les fourrages dans un grenier, a donné d’excellents résultats. La simplicité de son mécanisme, son prix peu élevé, permettent d’espérer la généralisation rapide de son emploi.
- p.29 - vue 31/80
-
-
-
- INDUSTRIE DU BOIS
- Protection des machines à travailler le bois
- Les machines que l’industrie emploie pour le travail du bois agissent au moyen de lames tranchantes animées d’une grande vitesse. Les nombreux et graves accidents qu’elles ont occasionnés rendent nécessaire l’application de mesures protectrices spéciales. Un grand nombre ont été proposées, et l’on peut dire que, dans ces dernières années, des progrès très sérieux ont été réalisés dans cette voie.
- SCIE A RUBAN
- Les accidents qui se produisent à la scie à ruban proviennent généralement soit de la lame, soit des poulies-guides.
- Protecteur Kirchner
- Deux garde-lames en bois, à charnière, pouvant s’ouvrir pour permettre les changements de lame [fig. 51 et 52), protègent les deuxbrins du ruban au-dessus et au-dessous de la table de
- Fig. 51. — Protecteur Kirchner.
- travail. L’ouvrier est protégé, contre les conséquences d’une rupture delà lame et le fouettement de celle-ci dans l’atelier, par une bande de)fer large et cintrée, qui recouvre la poulie-guide supé-
- p.30 - vue 32/80
-
-
-
- APPAREILS DE SÉCURITÉ
- 9-31
- rieure. Cette poulie-guide supérieure est protégée par un capuchon en treillis de fil de fer ou en tôle perforée. Quant à la poulie-guide inférieure, Sa protection réside dans une double porte
- Fig. d'2. — Protecteur Kirchner.
- qui s’ouvre au milieu et se ferme par un verrou. Cette porte est également en treillis de fil de fer ou en tôle perforée.
- SCIE CIRCULAIRE
- La scie circulaire est l’une des machines les plus dangereuses de l’industrie. C’est aussi l’une des plus difficiles à protéger. Le danger qu’elle présente résulte de la nature même de l’outil et de la vitesse considérable dont il est animé. Relativement moindre lorsque la scie doit exécuter toujours le même travail, le danger augmente lorsqu’elle doit exécuter des travaux très variés, avec des bois dont la nature, la forme et la dimension varient elles-mêmes beaucoup. En même temps que les risques d’accident croissent, les difficultés de la protection s’augmentent aussi, car on se trouve en présence d’un plus grand nombre de conditions à satisfaire.
- Les conditions générales que doit remplir un appareil préventif pour scie circulaire sont diverses, en raison delà multiplicité des applications de cette machine-outil. La partie inférieure de la scie sous la table doit être protégée, afin que la main de l’ouvrier ne puisse se faire blesser s’il venait à passer la main sous la table pour faire tomber la sciure. Quant à la partie supérieure de la lame, celle qui se trouve au-dessus de la table, sa protection est assurée par deux organes qui se complètent mutuellement : le chapeau de sûreté ou couvre-scie et le couteau diviseur. Ces deux organes sont généralement associés dans un même appareil.
- 3
- p.31 - vue 33/80
-
-
-
- 9-32
- LA MÉCANIQUE A L'EXPOSITION
- Fig. 33. — Application à un petit plateau.
- Fig. 54. — Application à un grand plateau.
- Fig. 55. — Vue d’ensemble.
- pl.32 - vue 34/80
-
-
-
- APPAREILS DE SÉCURITÉ
- 0-33
- Couvre-scie Kirchner
- Le protecteur Kirchner pour scie circulaire se compose {fig. 53 à 55) d’un couteau diviseur et d’un chapeau de sûreté.
- Le couteau diviseur est formé d’une lame d’acier qui, du côté de la denture, est découpée suivant un arc de cercle à peu près concentrique au plus grand plateau qui peut se monter sur l’arbre. Elle est affûtée, pour faciliter le passage du bois, et peut se régler horizontalement et verticalement, au moyen de coulisses convenables, en raison du diamètre des plateaux de scie.
- Le chapeau de sûreté, construit en tôle perforée, est fixé au couteau diviseur au moyen d’un boulon et d’une coulisse, qui permettent de régler la position du chapeau, suivant les dimensions du plateau. Du côté de l’ouvrier scieur, les deux joues du chapeau ne sont pas réunies par une tôle pleine, de manière à permettre de voir le trait de scie.
- Couvre-scie système Marcy et Bance
- Cet appareil fonctionne dans les ateliers de Rennes de la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest.
- Une armature métallique est fixée à un support mobile, boulonné sur la table de la scie {fig. 56).
- Fig. 56. — Couvre-scie Marcy et Bance.
- Sur cette armature sont articulés deux papillons B à l’avant de la scie, deux papillons A à l’arrière. Ces quatre papillons, qui sont ajourés, enveloppent la scie sur ses deux faces.
- L’axe des papillons B peut se déplacer dans une coulisse c pratiquée dans l’armature, ce qui permet de régler longitudinalement ces deux secteurs suivant les diamètres des plateaux de scie. Ils présentent un certain écartement qui permet le passage d’une fourchette D protégeant le devant de la scie. Cette fourchette, évidée pour ne pas masquer le trait de sciage, se règle à volonté en coulissant sur l’armature et se fixe sur la vis Y.
- Le couteau diviseur sert de guide aux flasques d’arrière ; il est immobile lui-même pour qu'on puisse le régler toujours très près de la denture.
- Chapeau de sûreté Guilliet et fils
- Le chapeau de sûreté de MM. Guilliet et fils, constructeurs à Auxerre, est supporté {fig. 57 à 60) par une colonnette en fer A, munie d’un pied en fonte B. Une pièce C en fonte peut monter et descendre le long de la colonnette A et se fixer à volonté au moyen d’une vis de
- p.33 - vue 35/80
-
-
-
- 9-34
- LA MÉCANIQUE A L’EXPOSITION
- pression. Cette pièce est percée d’un trou horizontal, dans lequel glisse l’arbre D supportant une pièce E, en bronze. Dans celle-ci sont pratiquées deux mortaises parallèles F et G. La pièce E porte, d’une part, le couteau diviseur H, et, d’autre part, l’axe du couvre-scie I.
- Fig. '61. — Elévation longitudinale.
- Fig. 58.
- Vue en plan.
- Celui-ci se compose de deux joues parallèles, en tôle d’acier, entretoisées et rivées à l’arrière sur deux pièces de bronze, J et J', portant des mortaises K.
- Fig. 59. — Elévation de face.
- Fig. 60. — Couvre-scie Guilliet et fils.
- A l’extrémité avant du chapeau, un nez articulé L est destiné à se trouver, pendant le sciage, en contact permanent avec le bois et à masquer la denture avant du plateau, à la fin du sciage. Ce nez ce compose de deux plaques de tôle entretoisées, qui pivotent autour d’un axe fixé sur le chapeau.
- La pièce C permet de monter ou descendre, à volonté, l’ensemble de l’appareil. Au moyen des mortaises K, on peut modifier l’inclinaison du chapeau. Enfin, les mortaises F et G permettent d’éloigner ou de rapprocher de l’axe de la scie le couteau diviseur et le nez articulé, suivant les variations de diamètre des lames.
- p.34 - vue 36/80
-
-
-
- APPAREILS DE SÉCURITÉ
- 0-35
- Couvre-scie de M. E. Oberlin
- L’appareil de M. Oberlin, constructeur à Colmar, est représenté par les figures 61 à 66. Il peut "s’appliquer aussi bien aux scies circulaires à table fixe qu’à celles à table mobile ou chariot.
- Toutes les pièces de cet appareil prennent leur attache sur une équerre en fonte A, qui se monte par deux boulons contre la charpente de la scie et de telle façon que le couteau diviseur C se trouve exactement dans le plan de la lame S.
- Fig. 61. — Vue de face, l’appareil au repos.
- Cette é.querre porte le chapeau inférieur E, qui recouvre suffisamment la denture des différents plateaux pour qu’elle ne puisse être atteinte pendant l’enlèvement des sciures ou toute autre occupation sous la table. Ce chapeau se compose de deux demi-disques en tôle de 2 mm, solidement entretoisés par des chevilles rivées et une charnière portant deux trous, l’un servant d’articulation au chapeau, et l’autre, à l’aide d’une cheville à poignée F, de point d’arrêt. Quand on retire cette cheville, le chapeau se rabat en tournant sur le boulon fixe, et la scie est dégagée. La tôle de gauche est plus élevée que celle de droite et a ses bords supérieurs repliés en équerre pour servir d’appui aux pièces du chapeau supérieur quand le chariot se trouve refoulé au-delà du couteau diviseur.
- L’équerre en fonte A porte une rainure en queue d’hironde, dans laquelle glissent deux boulons et la contre-plaque D, qui servent à arrêter le couteau diviseur C dans ses différentes positions. A cet effet, la contre-plaque D porte trois nervures : l’une, au dos, s’engage
- p.35 - vue 37/80
-
-
-
- 9-36
- LA-MÉCANIQUE A L’EXPOSITION
- dans la rainure de l’équerre A et les deux autres, sur ses bords de face, maintiennent le couteau verticalement. Celui-ci ne peut ainsi pivoter et se trouve solidement fixé à l’équerre.
- Ce couteau doit être en tôle d’acier fondu; une plaque de fer à deux coulisses le renforce par le bas à l’endroit du serrage. Dans le haut, il porte deux coulisses et une bride d’arrêt pour les règles mobiles du chapeau supérieur.
- Fig. 62. — Vue de côté.
- L’épaisseur du couteau diviseur varie de 4 à 3 mm, la plus forte en bas, correspondant aux lames de grand diamètre pour lesquelles le couteau est entièrement sorti, la plus faible en haut pour les lames de petit diamètre et le couteau plus ou moins rentré. Le couteau
- H' I'
- Fig. 63. — Vue en plan.
- est large et rigide, afin de maintenir le mieux possible le chapeau latéralement; il se déplace facilement en longueur et en hauteur pour être fixé à l’écartement voulu de la denture des lames de diamètre variant entre 300 et 600 mm. Les deux règles biseautées G glissent, comme le montre le dessin, dans la tête du couteau diviseur; elles sont solidement entretoisées par des chevilles rivées, rapprochées de façon à permettre de voir la lame et pour arrêter les projections de sciure ou petits éclats pendant la marche. L’extrémité de ces règles forme deux larges charnières indépendantes l’une de l’autre et recevant les grandes ailes en tôle, H et H', du
- p.36 - vue 38/80
-
-
-
- APPAREILS DE SECURITE
- 9-37
- chapeau. Ces charnières sont assez larges pour assurer la position verticale des ailes H et H', et éviter leur dévers. Les règles G les guident également.
- ; (isos»
- Fig. 64. — Chapeau disposé pour une scie de petit diamètre.
- Ces grandes ailes H et H' en portent deux plus petites 1 et F, articulées en O et maintenues en plus par un piton à double talon P avec coulisse.
- Fig. 65. — Chapeau relevé pour permettre le changement de scie.
- Elles sont prolongées chacune par un bras incliné qui se soulève et les entraîne sous la poussée de la pièce en acier.
- Boulon,
- Chenille F
- Protection_du plateau de scie sous la table.
- Ces quatre ailes sont assemblées de telle façon qu’elles se maintiennent réciproquement tout en étant indépendantes et en pouvant se soulever séparément. Pendant l’arrêt, elles reposent soit sur une table de la scie, soit sur le chapeau inférieur, et couvrent ainsi complètement la denture des lames grandes ou petites. En soulevant celles de droite, le guide peut être entièrement rapproché de la scie pour permettre d’enlever une très faible épaisseur de bois.
- p.37 - vue 39/80
-
-
-
- 9-38
- LA MÉCANIQUE A L'EXPOSITION
- Pour changer la lame, après avoir arrêté la scie, on retire la poignée F, le chapeau inférieur E se rabat et dégage la lame. Celui-ci se retire alors facilement en soulevant un peu les ailes de gauche du chapeau supérieur. La nouvelle lame est alors placée; on rapproche le couteau diviseur à l’écartement qui convient et on le fixe, puis on relève et arrête le chapeau inférieur. Il ne reste plus alors qu’à glisser le chapeau supérieur dans la position qui convient au diamètre de la lame employée. Ce réglage peut être facilité par une graduation de 5 en 5 millimètres faite sur la règle G.
- En poussant la pièce à scier sous les bras inclinés des petites ailes 1, F, celles-ci sont soulevées, tandis que les grandes H et H' restent appuyées sur la table et ne recommencent à se soulever à leur tour que lorsque la pièce, continuant à avancer, vient rencontrer leur arête inclinée intérieure. Les ailes retombent l’une après l’autre, quand la pièce à scier est suffisamment avancée.
- Pour des lames de plus grand diamètre, l’appareil subira diverses modifications, suivant le genre de scie auquel il sera appliqué. Le point d’attache du chapeau supérieur, au lieu d’être pris sur le couteau diviseur, devra l’être sur un support spécial fixé soit sur le côté de la table, soit au-dessus
- Couvre-scie de M. Fleuret
- L’appareil Fleuret (fig. 67 à 69) se compose d’une armature C, formée de cornières rivées sur une douille à patte ; d’une seconde armature H, formée de fers plats rivés aussi sur douille à patte.
- Vue de face.
- Fig. 67 et 68. — Couvre-scie Fleuret.
- Les deux douilles s’appliquent l’une contre l’autre et reçoivent le boulon d’articulation O, fixé sur la partie S' à coulisse du support S, par l’écrou y.
- p.38 - vue 40/80
-
-
-
- APPAREILS DE SÉCURITÉ
- 9-39
- Cette partie à coulisse a pour but d’adapter le support à tous les bancs. Les deux armatures sont reliées par une tôle perforée couvrant leur partie supérieure et la partie du côté du guide, tout en permettant à ce dernier de pouvoir venir toucher la scie.
- Des pattes h, vissées, assurent la liaison des deux armatures.
- Une des cornières de l'armature G se relie en forme de bec vers B, et reçoit à son extrémité un axe servant d’articulation à une sorte de compas dont l’axe C vient passer dans une gâche qui lui sert de guide.
- La partie extrême K porte une coulisse dans laquelle s’engage la suspension du volet Y.
- Un premier écran D oscille autour de t comme centre et est guidé dans son mouvement par un axe a?, qui sert en même temps de point d’attache à un deuxième écran E, également guidé.
- La partie à coulisse S' du support porte une bande de fer plat m, sur laquelle est rivé le, couteau diviseur F. Ce couteau s’engage par sa partie inférieure dans la lumière de la scie. Des fourrures en laiton /*, fixées sur le couteau, s’opposent au ballottement de ce dernier.
- Une rainure q, dans le fer plat m, permet, dans les changements de lames, d’éloigner ou de rapprocher le couteau diviseur.
- Une vis à violon v sert à régler l’appareil à la mise en place, de telle façon que A soit à environ 4 millimètres de la table.
- Avec la douille qui porte l'armature, est venu un levier n, sur lequel un contrepoids P vient se fixer.
- Une coulisse r permet de déplacer l’appareil vers la droite ou vers la gauche, dans le cas où
- un même banc devrait recevoir des lames ayant des écarts très grands dans leurs diamètres.
- Une broche b sert à maintenir l’appareil dans une position presque verticale après l’avoir fait pivoter autour de l’axe o, cela afin de permettre un changement rapide des lames. Dans cette position, le levier n s’oppose au passage du bois. L’appareil ne peut donc pas être paralysé.
- En engageant le bois, on fait tourner le compas qui vient soulever le volet V, la dent de la scie reste toujours couverte par l’écran D, qui tourne autour de t au fur et à mesure que le bois s’engage, pour venir reposer sur la pièce en sciage. L’écran E se soulève ensuite.
- Avant que le bois ait été scié complètement, le volet V, qui reposait dessus, n’ayant plus de point d’appui, tombe par son propre poids, et oblige l’ouvrier à se servir du pistolet pour achever le sciage.
- Les écrans D et E tombent ensuite.
- Lorsque la pièce à scier est plus haute que la distance qui sépare l’armature G de la table, en l’engageant, elle oblige la partie A du compas à venir s’appliquer complètement sous le bec B ; à ce moment, l’armature se soulève en tournant autour de son axe O ; mais les écrans D et E continuent à s’appuyer sur la table et à masquer les dents, et ne sont soulevés que par le passage du bois.
- Aussitôt le sciage terminé, tout le système reprend la position primitive.
- Le plan de la scie étant complètement découvert du côté du scieur, ce dernier a toute facilité pour ligner du bois.
- p.39 - vue 41/80
-
-
-
- 0-40
- LA MECANIQUE A L’EXPOSITION
- Chapeau de sûreté pour scie circulaire. Système P. Lavaur
- La figure 70 en donne une vue de face, et la figure 71, une vue latérale.
- Ce couvre-scie se compose de deux papillons a et b, recouvrant chacun la moitié de la partie supérieure du plateau de scie.
- Fig. 70. — Vue de face,
- Fig. 71. — Vue de côté,
- Ces deux papillons sont articulés autour d’un axe supérieur, supporté par une chape /.
- Fig. 72. — Appareil prêt à fonctionner.
- Celle-ci est fixée soit, comme l’indique le dessin, au col-de-cygne d’une colonnetteg, boulonnée
- p.40 - vue 42/80
-
-
-
- APPAREILS DE SÉCURITÉ
- 9-41
- sur la table de scie d, soit à une poutrelle du plafond ou à un support latéral, si l’on veut que la table de travail soit entièrement dégagée.
- Le papillon d'avant, «, porte un crochet auquel se fixe une corde.
- Celle-ci, après avoir passé sur une série de galets, s'attache à l’extrémité d’un des bras du levier j, placé sous la table de la scie.
- Fig. 73. — Le bois s’engage dans la scie.
- Le second bras de ce levier a une forme spéciale, comme on le voit sur le dessin, et, sous l’action du papillon a, tend constamment à se relever. Il vient buter contre des molettes m,
- placées aux extrémités des bras n d’une étoile à trois branches, dont l’axe est placé sous la table et qui se meut supérieurement dans une rainure de 12 cm environ de longueur, pratiquée dans cette table en avant du plateau de scie. Chaque bras de l’étoile, lorsqu’il passe à travers cette rainure, dépasse un peu le plan supérieur de la table.
- L’axe du levier y et l’axe de l’étoile sont fixés à un support k.
- Le papillon a porte une pièce p en forme de Y. Une coulisse q, ménagée vers le sommet de cette pièce, reçoit l’axe qui la fixe au papillon «, tout en lui permettant un certain déplacement.
- p.41 - vue 43/80
-
-
-
- 9-42
- LA MECANIQUE A L’EXPOSITION
- Le bras supérieur r de la pièce p porte une goupille r', qui peut s’engager dans une encoche du papillon a. La pièce p est alors immobilisée. Son bras inférieur est muni d’une tôle u.
- Lorsque l’ouvrier pousse la pièce de bois en travail vers la scie, ce bois rencontre d’abord l’extrémité supérieure d’un des bras de l’étoile ; il le pousse en avant et l’oblige à descendre au-dessous du plan supérieur de la table, en pivotant autour de l’axe de l’étoile. La molette m du bras suivant de l’étoile agit alors sur le levier y en appuyant sur lui, abaissant son bras de gauche et élevant son bras de droite. Celui-ci, par l’intermédiaire de la corde, soulève le papil Ion a et découvre la denture de la scie. La pièce p et la tôle 'u se soulèvent en même temps, solidaires qu’elles sont alors du papillon a.
- Fig. 75. — Protecteur mis de côté pour changer la lame.
- Mais, lorsque la pièce de bois, .continuant son mouvement en avant, rencontre l’angle de la pièce p, elle soulève celle-ci et la pousse vers le bout, grâce à la coulisse q. La goupille r sort alors de l’encoche où elle était logée; la pièce p devient libre, prend la position indiquée en pointillé, et tend à tomber vers l’avant ; la tôle u repose alors sur le bois en travail.
- Aussitôt que l’extrémité arrière de la pièce de bois a dépassé la tôle protectrice w, celle-ci tombe sur la table, séparant ainsi la main de l'ouvrier de la denture de la scie. Le papillon a retombe à son tour, un instant après, et, sous l’action du levier j\ l’étoile prend une position telle qu’un de ses bras, dans la situation du repos, dépasse légèrement la table à travers la rainure. L’appareil est prêt à fonctionner.
- Couvre-scie Bruliard
- Ce couvre-scie a été créé par M. Bruliard, contremaître-mécanicien à la manufacture d’allumettes de l’Etat, à Saintines (Oise), où l’appareil fonctionne depuis 1889.
- Il se compose {fig. 76 à 81) de deux colonnettes en fonte A, A fixées au bord de la table, à l’avant et à l’arrière de la scie. Elles supportent deux traverses horizontales entretoisées, B, B, disposées au-dessus du plateau de scie et qui servent de supports et de glissières à trois papillons ou volets C,C, C. Ces papillons oscillants masquent la denture de la scie et ne découvrent la partie travaillante qu’en présence du bois à scier.
- Un avertisseur, formé d’une pièce articulée D, en forme de virgule, prévient l’ouvrier vers la fin du sciage, en frappant légèrement sur ses doigts, que sa main approche de la scie et
- p.42 - vue 44/80
-
-
-
- 9-43
- APPAREILS DE SÉCURITÉ
- pourrait etre blessée. La pointe inférieure de cet avertisseur empêche le recul du bois et permet aussi de suivre le sciage.
- Si, au cours du travail, 1 ouvrier est obligé de dégager la pièce de bois, il y parvient aisément en relevant la pièce D au moyen d’une poignée qu’elle porte dans ce but.
- >
- G
- ‘05
- fi
- 05
- O
- cô
- Ü
- G
- 05
- X/3
- S
- fi
- 05
- *o
- m
- 05
- S-i
- >
- G
- O
- O
- O
- oo
- M. Bruliard a cherché un moyen d’assurer d’une manière plus certaine le fonctionnement des papillons. Il a pensé y parvenir en les équilibrant au moyen de lames de ressorts destinés à rendre moins brusque leur chute sur la table. Mais ces ressorts nécessitent un entretien journalier, dont l’inconvénient paraît supérieur à l’avantage désiré. Aussi vaudrait-il mieux, selon nous, supprimer ces ressorts. ^
- p.43 - vue 45/80
-
-
-
- 9-44
- LA MECANIQUE A L'EXPOSITION
- Le couvre-scte Bruliard a donné de bons résultats à la manufacture de Saintines, où il est appliqué sur une scie qui équarrii des grumes de 0,20 m à 0,45 m, les réduit en planches de
- Fig. 81. — Couvre-scie Bruliard.
- 12 mm d’épaisseur et transforme en tasseaux de 5 à 6 cm de largeur les chutes provenant des billes équarries.
- TOUPIE
- Le travail à la toupie est dangereux en raison de la vitesse considérable de l’arbre, qui tourne de 3 à 4 000 tours, en raison aussi de la multiplicité et de la variété des travaux que l’on exécute avec cette machine.
- Le mode de travail dit « au champignon » est le plus dangereux; il est presque impossible de le protéger efficacement.
- Le travail à la table, au contraire, soit qu’il s’exécute au guide, soit qu’il s’exécute à l’arbre, peut facilement être protégé. Plusieurs dispositifs, que nous allons décrire, existent dans ce but.
- Protecteur Kirchner
- Le protecteur pour toupies du système Kirchner se fixe sur la table de la machine: Il consiste en un cylindre ou anneau en tôle perforée ou en bronze (fi g. 82), mobile verticalement et
- Fig. 82.
- horizontalement, au moyen de deux tiges à douille, selon la hauteur et le diamètre de l’outil et du bois à toupiller. Le cylindre dépasse un peu l’outil et protège la main de l’ouvrier.
- p.44 - vue 46/80
-
-
-
- APPAREILS DE SÉCURITÉ
- 9-4»
- Protecteur Fleuret
- Cet appareil est représenté par les figures 83 à 93.
- 11 se compose, pour le travail au guide et à contre-guide, d'une forte équerre double A, en bois de hêtre (fig. 83 à 93), dont la partie horizontale, plane, repose sur la table T de la toupie et s y fixe au moyen de boulons C, C, qui peuvent se déplacer dans des rainures ménagées dans cette table.
- La partie horizontale et la partie verticale de l’équerre double A sont percées d’ouvertures elliptiques O, qui permettent le passage de l’arbre B de la toupie de l’un ou de l’autre côté de la partie verticale, suivant que l’on veut travailler au guide ou à contre-guide.
- Fig. 83. — Travail à contre-guide. — Vue en plan.
- La partie verticale est percée de deux coulisses horizontales qui servent à la fixation de deux plaques amovibles D, D. Ces plaques sont destinées à étrangler l’ouverture de la partie verticale suivant la longueur des fers, lorsqu’on travaille au guide, ou à obturer complètement cette ouverture, pour le travail à contre-guide. Ces deux plaques D portent chacune une coulisse verticale qui sert à la fixation du presseur C [fig. 84), percé lui-même de deux coulisses horizontales en vue de compenser le déplacement latéral des plaques D.
- Ce presseur vertical, qui sert soit pour le travail au guide, soit pour le travail à contre-guide, est muni d’un dispositif spécial qui, aussitôt que le bois est passé, ferme automatiquement l’ouverture laissée libre pour le passage du fer. Un levier coudé en forme de Z [fig. 87) est formé par une cornière u reliée à une lame droite Y par un arc à feuillure-a?. Celui-ci est fixé par un axe w,, qui lui sert d’articulation, à l’extrémité inférieure droite du presseur c. Une petite équerre dont le bec coudé s’applique sur la feuillure de l’arc a?, est fixée en un point déterminé du presseur ; elle assure la rigidité de l’arc en le maintenant appliqué, pendant son trajet circulaire, contre la face externe du presseur. Sur ce bec repose un goujon V.,, rivé à la partie supérieure de l’arc a?, dont il limite la course.
- L’écran rectangulaire E, en tôle ajourée, glisse librement dans deux coulisseaux z, z, fixés vers l’axe du presseur. Cet écran porte un bouton que rencontre dans son mouvement la
- p.45 - vue 47/80
-
-
-
- 9-46
- LA MÉCANIQUE A L’EXPOSITION
- branche Y du levier coudé. Lorsque le bois, en s’avançant, aborde l’aile horizontale de la cornière u, il presse sur elle et actionne la branche Y qui, par l’intermédiaire du bouton, soulève l’écran E.
- Un papillon en tôle y est articulé à un axe z, fixé à l’extrémité inférieure de l’arc x ; il est guidé, en outré, par un autre axe xK, qui passe dans une coulisse concentrique y{. Lorsque le
- bois a dépassé l’extrémité inférieure de la cornière m, celle-ci retombe immédiatement sur la table ; le papillon y s’infléchit d’abord en arrière et retombe ensuite ; enfin l’écran E retombe le dernier lorsque le bois l’a dépassé. L’ouverture du passage du fer est obturée.
- '^4/
- ^l a:
- Fig. 85. — Travail à l’arbre.
- Fig. 86. — Travail au guide.
- Une vis à violon o, taraudée à l’extrémité supérieure de l’arc x et se vissant à volonté dans une plaque o', fixée à la partie supérieure dupresseur C, permet de suspendre tout le système et de l’immobiliser, soit dans le travail à contre-guide où il est inutile, soit dans le travail au guide, pour le cas spécial de moulures arrêtées, que l’on doit présenter de face au fer, au lieu de les présenter debout.
- Du côté destiné au travail à contre-guide, sont fixés deux presseurs horizontaux F, F, en bois dur, dont la rigidité est assurée par des butoirs en fer G, G, ou des coins de bois.
- p.46 - vue 48/80
-
-
-
- APPAREILS DE SÉCURITÉ O-it
- 13u coté destiné au travail au guide, la pression horizontale est fournie par un presseur unique II, analogue au presseur vertical C, que l’on fait passer de côté eh même temps que les plaques amovibles D.
- Ce dispositif est complété par l’adjonction d’un panier métallique PP1 (fig. 88), ayant, en plan, la forme d’un fer à cheval. Ce panier est formé :
- 1° D une armature fixe P, en cornière et bandelette, garnie, sauf du côté opposé à la partie
- Fig. 87. — Travail au guide.
- Fig. 88. — Vue du panier, dans le travail à l’arbre.
- circulaire, qui reste ouvert, de fers demi-ronds, espacés suffisamment pour que l’œil puisse suivre facilement le travail de l’outil ; le côté rond des fers est à l’intérieur du panier, pour faciliter la sortie des copeaux ;
- 2° D’une seconde armature métallique mobile P1, qui s'emboîte exactement sur la précédente du côté ouvert et qui peut, au moyen d’une combinaison de coulisses à angle droit, se déplacer verticalement et horizontalement sur le panier P, de manière à permettre le passage du bois à travailler sous la partie P', tout en maintenant l’armature P très voisine de la table.
- Fig. 89. — Presseur vertical.
- T table' de la> toufnc \ j j
- Fig. 90. — Vue latérale.
- La seconde armature P1 peut recevoir à volonté un presseur métallique S (fig. 80) à barreaux verticaux qui, tout en constituant une enveloppe ininterrompue autour de l’arbre de la toupie, pendant le travail à l’arbre (le plus dangereux), permet cependant de suivre facilement les évolutions de l’outil.
- Le presseur S est fixé à l’armature mobile P1 au moyen de boulons à tète rectangulaire qui, s’engageant dans des encoches ouvertes, permettent la réunion rapide de ces deux pièces.
- Le mode de fixation du panier est le suivant:
- Un support en fonte I {fig. 85), muni d’une vis de serrage R, est fixé à 1 arrière et un peu à gauche de l’axe de la table T de la toupie ; ce support reçoit une forte lige cylindrique J, en fer, qui porte une rainure longitudinale j. Dans cette rainure vient s’engager 1 extrémité de la vis arrêtoire J1 d’une douille K, en fonte, qui doit glisser à frottement doux sur la tige J. Un
- 4
- p.47 - vue 49/80
-
-
-
- 9-48
- LA MÉCANIQUE A L’EXPOSITION
- secteur à coulisse L, venu de fonte sur la douille K, sert de guide et d’attaclie à un support d’allonge M, également en fonte. Ce support est fixé au secteur L par un axe d’articulation M1 et par un goujon d’arrêt M2 ; il est muni d’une vis arrêtoire d’allonge N.
- L’allonge Q se termine, du côté opposé à la douille, par une partie carrée qui coulisse à volonté dans le support M, auquel elle est fixée par la vis N. La douille de l’allonge porte un trou carré dans lequel passe la tige Q' reliée à la partie supérieure du panier P. Une vis q maintient ce panier à la hauteur convenable.
- L’extrémité de la tige Q1, opposée au panier, se termine par un épaulement taraudé qui porte une rondelle et un écrou, pouvant servir éventuellement à la fixation d’une cloche métal-
- Vue en plan.
- Fig. 91.
- Fig. 93. — Appareil relevé.
- lique à couronne annulaire interrompue, protégeant l’ouvrier dans l’emploi des molettes ou des scies circulaires, d’un diamètre supérieur à celui du panier P.
- Pour le démontage, le montage et le réglage des fers, on desserre l’écrou à oreilles du goujon d’arrêt, et l’on rejette le tout en arrière en faisant pivoter le support d’allonge sur son axe d’articulation, comme l’indique la figure 85.
- Pour le travail au guide et à contre-guide, on démonte le presseur S du panier P, et la partie ouverte vient s’appliquer contre le presseur ou sur la face verticale de l’équerre double, formant un rempart autour de l’outil.
- Pour le travail à l’arbre, on fixe le presseur S au panier PP1, et, si le bois à travailler a été tiré d’épaisseur, ce presseur assure à la pièce à travailler une application parfaite sur la table, T.
- Si le bois n’a pas été préalablement d’épaisseur, on peut également se servir de la pression en desserrant l’écrou à oreilles du goujon d’arrêt, et en plaçant un poids convenable sur la tige QU On pourrait éviter l’usage d’un contrepoids, en construisant le panier en fonte malléable et en faisant venir de fonte, à la partie supérieure, au point de fixation de la tige Q*, une masse-
- p.48 - vue 50/80
-
-
-
- APPAREILS DE SÉCURITÉ »-49
- lotte assez pesante pour assurer la pression, déjà puissante, en raison de la distance du panier P au point d’articulation.
- Si 1 on ne veut pas se servir de la pression, on laisse le presseur S fixé au panier PP1 ; mais on retourne celui-ci, de façon à présenter la partie circulaire du panier en avant de l’arbre ; le presseur ne sert alors qu’à obstruer la partie ouverte et à empêcher tout contact avec l’outil à l’arrière de la machine.
- Enfin, M. Fleuret a prévu le cas où l’on monterait sur la toupie des molettes ou des scies circulaires de grand diamètre, et il a créé un dispositif protecteur approprié.
- C’est une cloche métallique [fig. 90 et 91), formée d’une couronne annulaire en fer cornière z, réunie par quatre branches en fer plat, E, à une bague D à épaulement. Une tige Q<, vissée dans la bague D, maintient la cloche au-dessus de l’arbre. La couronne annulaire a sa partie verticale antérieure supprimée, pour laisser passer le bois à moulurer ; mais deux segments extensibles à coulisse, y, y, permettent de réduire l’ouverture au minimum strictement nécessaire.
- Protecteur Weber et Mathon
- Cet appareil, conçu par MM. Weber et Mathon, contremaîtres chez M. Rabanit, fabricant de moulures à Paris, est exploité aujourd’hui par M. Henri Goudard.
- i
- Fig. 94 et 95. — Protecteur Weber et Mathon pour toupies.
- Il se compose d’un cylindre vertical A {fig. 94 à 101) supporté, vers sa partie supérieure, par un collier B logé dans une rainure c ménagée dans le cylindre. Cette disposition permet à celui-ci de tourner librement sur le collier ; on peut le fixer à volonté au moyen d’une vis de pression d.
- Ce cylindre présente trois ouvertures, partant de la base même et s’élevant presque jusqu’au
- p.49 - vue 51/80
-
-
-
- 9-50 LA MÉCANIQUE A L'EXPOSITION
- collier. L’ouverture antérieure est assez grande, les deux autres, latérales,,;' et/, sont moins larges.
- Fig. 96 et 97. — Protecteur Weber et Mathon pour toupies.
- Une porte intérieure e coulissant verticalement dans deux feuillures du cylindre permet de fermer plus ou moins, dans le sens de la hauteur, l’ouverture antérieure. Cette même porte
- sert aussi de presseur pour les travaux où l’emploi de cet organe est nécessaire. La vis /“permet de la fixer dans la position voulue.
- Dans le sens de la largeur, l’ouverture antérieure peut également être diminuée au moyen d'une porte circulaire extérieure g, se mouvant concentriquement au cylindre et se fixant à volonté par la vis h.
- Quant aux deux fenêtres latérales, j et/, elles sont destinées à la sortie des copeaux. On se sert de l’une ou de l’autre, suivant que l’ouvrier travaille en se plaçant à droite ou à gauche de la toupie. Une porte circulaire intérieure f, concentrique au cylindre, permet d’ouvrir l’ouverture qui doit être utilisée, en même temps qu’elle ferme l’autre.
- p.50 - vue 52/80
-
-
-
- APPAREILS RE SÉCL'RITÉ
- 9-51
- Un couvercle horizontal, largement ajouré et mobile autour de son centre, ferme supérieurement le cylindre et s’oppose à ce qu’on puisse introduire la main dans l’appareil.
- Le collier qui supporte le cylindre est fixé à un bras horizontal K, relié à une colonne boulonnée sur le côté de la table de la toupie. Une double douille M relie le bras et la colonne. Elle
- Fig. 99. — Appareil pendant le travail. Fig. 100. — Travail des bois cintrés verticalement.
- permet de déplacer le cylindre soit horizontalement, soit verticalement, suivant le diamètre des fers et la hauteur du bois en travail.
- Le bras K est articulé vers le milieu de sa longueur. Un manchon L, coulissant le long de ce bras, permet à volonté d’immobiliser l’articulation pour le travail, ou de la rendre libre pour le changement ou le réglage des fers.
- Fig. 101; — Appareil relevé, découvrant l’arbre.
- Il suffit, à cet effet, de relever la partie du bras qui porte le cylindre, et l’arbre porte-fers s devient libre.
- Pour travailler avec ce protecteur, on règle la position du cylindre de manière que l’ouverture antérieure, qui est l’ouverture de travail, soit très peu en avant du fer. On règle la porte e de façon qu’elle laisse passer le bois à moulurer et, au besoin, presse sur lui. Au moyen de la porte g, on règle enfin la largeur de l’ouverture de manière que les deux bords de cette ouverture touchent la pièce de bois, qui s’appuiera sur ces bords comme sur un guide.
- p.51 - vue 53/80
-
-
-
- 9-52
- LA MÉCANIQUE A L’EXPOSITION
- Lorsqu’on doit toupiller des pièces de bois cintrées dans un plan vertical {fig. 100), on fixe, à la partie inférieure de la porte e, un petit presseur {fig. 98), dont la base est courbe et peut ainsi s’appuyer efficacement sur le bois en travail.
- Protecteur pour toupie système Daussin
- M. Daussin, contremaître aux ateliers de la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest, à Paris, a créé un système de protecteur pour toupie à axe vertical, qui fonctionne avec succès dans les ateliers de la Compagnie, à Paris.
- A 1 r
- ___U
- Fig. 103.
- La grande vitesse (3000 à 4000 tours), avec laquelle tourne le fer de la toupie, rend cette machine-outil particulièrement dangereuse. C’est pourquoi l’Association des Industriels de France contre les accidents a ouvert, en 1898, un concours pour la protection de cet appareil. Le rapport sur les résultats de ce concours a paru dans le bulletin n° 11 de f Association.
- Le protecteur Daussin se compose {fig. 102 à 104) d’une double lame flexible en acier, A, fixée par l’une de ses extrémités à la branche B d’un compas horizontal D, et dont l’autre extrémité, munie d’une poignée, peut coulisser sur la seconde branche c du même compas. La lame A est double, afin qu’en cas de rupture de l’une des bandes qui la composent la protection subsiste toujours.
- Une vis E, à deux filetages, l’un à droite, l’autre à gauche, permet d’écarter ou de rapprocher à volonté les deux branches du compas. Cette vis est manœuvrée par un volant à main. On peut ainsi envelopper complètement l’outil, quel que soit son diamètre, du côté où l’ouvrier tra-
- p.52 - vue 54/80
-
-
-
- APPAREILS DE SÉCURITÉ
- 9-53
- vaille. La vis d’arrêt G, placée sur la branche C du compas, permet de fixer la lame d’acier dans la position voulue.
- —-WF"
- Fig. 104.
- Suivant l’épaisseur de la pièce de bois à toupiller, on règle à volonté l’appareil en hauteur. Il est d’ailleurs possible, avec ce protecteur, de travailler soit au guide, soit à l’arbre.
- DÉGAUCHISSEUSE
- Les accidents qui se produisent aux dégauchisseuses sont dus tantôt au soulèvement ou au rejet de la pièce de bois, ce qui peut engager la main de l’ouvrier dans les couteaux, tantôt à la maladresse de cet ouvrier, qui laisse ses doigts déborder sur le côté de la pièce de bois qu’il pousse contre le rabot.
- On a proposé et employé plusieurs dispositifs pour éviter, dans la mesure du possible, ces accidents.
- Protecteur Davreux-Collard
- Cet appareil, représenté par les figures 105 à 109, se compose d’un support A fixé au bâti de la machine au moyen de deux boulons, d'un axe B serré dans ce support par un écrou, d’un balancier C, tournant autour de l’axe B comme charnière, et d’un clapet D, en tôle, pivotant également autour du même axe.
- 1 2 3
- Fig. 108.
- Fig. 109.
- Lorsque l’appareil est au repos, le balancier C occupe une position verticale (fîcj. 105 et 108) masquant la fente de la table, et le clapet D est horizontal.
- p.53 - vue 55/80
-
-
-
- 0-54
- UA MECANIQUE A [/EXPOSITION
- La pièce de bois à dégauchir, s’avançant, rencontre et pousse le balancier C. Aussitôt que celui-ci s’est avancé de quelques centimètres, le clapet D tombe sur la pièce de bois ijlg. 106 et 109). Quand l’extrémité de celle-ci approche de la lumière, le clapet tombe jusque sur la table,empêchant la main d’arriver aux couteaux [fig. 107).
- En faisant varier à volonté, au moyen de la coulisse du support, la hauteur de l’axe B au-dessus de la table, on peut passer des pièces de bois d’épaisseurs variables.
- Protecteur Kirchner
- Le protecteur Kirchner se compose (fig. 110) de plusieurs pièces de tôle cintrées s’emboîtant l’une dans l’autre, comme les tubes d’un télescope. Cet ensemble est porté par une pièce de fer forgé coulissant verticalement dans un support fixé au bâti. Une vis de pression permet de régler la position en hauteur.
- Fig. 110. — Protecteur Kirchner pour dégauchisseuse.
- Pour travailler, on déplace à la main les segments en tôle, de façon à permettre à la pièce de bois de passer entre la règle parallèle et l'extrémité du couvercle protecteur. Un contrepoids qui équilibre tout le système en facilite la manœuvre.
- p.54 - vue 56/80
-
-
-
- INDUSTRIE TEXTILE
- TISSAGE MÉCANIQUE
- Protection des ouvriers contre les sauts de navettes
- Les navettes employées dansle tissage mécanique sont projetées assez souvent hors de leur chemin et sautent dans l’atelier. Leurs extrémités effilées et généralement métalliques peuvent, si elles rencontrent dans leur trajectoire un ouvrier, le blesser assez sérieusement, surtout si elles l’atteignent au visage, particulièrement aux yeux. On a donc dû chercher à protéger le personnel contre cette nature d’accidents, et l'on a recouru, à cet elîet, à deux sortes d’appareils.
- Les uns, dits pare-naveltes, ne s’opposent pas au saut de la navette, mais l’arrêtent dans son mouvement avant qu’elle ne puisse atteindre un ouvrier. Ce sont des Cadres rectangulaires, en cordage ou en treillis métallique, dans les mailles desquels la navette vient s’implanter. Tantôt les cadres sont supportés par une tige verticale reposant sur le sol, tantôt ils sont maintenus par un support fixé au bâti même du métier, tantôt enfin ils sont suspendus à une tige oscillante articulée autour d’un axe supérieur.
- L'avantage des pare-navettes est qu’ils occupent peu de place et sont peu coûteux. Leur inconvénient est que la trajectoire de la navette peut ne pas rencontrer l'appareil, qui devient alors inutile.
- La sécurité obtenue par son emploi est incomplète, à moins qu’on ne donne à cet appareil des dimensions considérables, qui peuvent alors constituer une gêne pour le travail.
- fies autres appareils, dits garde-navette, ont pour but d’empêcher la navette de sauter hors de son chemin. Ce sont eux qui donnent la sécurité la plus complète, bien que leur emploi n’aille pas toujours sans certains inconvénients pour le tissu lui-même. 11 en existe un assez grand nombre, et leur usage ne s’est pas encore généralisé, en raison de la gêne qu’ils apportent parfois dans le travail. Cependant, dans ces dernières années, ils se sont perfectionnés d’une manière notable, et ceux que nous allons décrire ont donné des résultats satisfaisants.
- Garde-navette de M. L. Sconfietti
- Le garde-navette de M. L. Sconfietti a l’avantage d’être d’une construction simple, cpii laisse toujours découverts le peigne et la chaîne, et de ne gêner en aucune façon l'ouvrier dans son travail.
- Son principe est non plus d’arrêter la navette une fois qu’elle a sauté, mais d’empêcher le saut même, et de forcer la navette à ne pas s’écarter de sa route, si une cause quelconque tendait à l’en éloigner. Cet appareil, qui peut être construit en fonte malléable et en acier, est représenté par les figures lit à 117.
- La figure 111 montre la vue de face, en élévation, d'un battant muni du garde-navette.
- p.55 - vue 57/80
-
-
-
- 9-o 6
- LA MÉCANIQUE A L’EXPOSITION
- La figure 112 en montre la coupe au moment où la chaîne est ouverte et le garde-navette relevé dans sa position d’équilibre.
- Enfin, la figure 113 représente le battant dans la même situation que précédemment, mais le garde-navette rabattu dans sa position de marche.
- Les guides «, «... sont fixés sur la règle b à des intervalles s un peu inférieurs à une demi-longueur de la navette (soit environ à 13o mm l’un de l’autre) et en nombre suffisant pour que
- A
- UË
- IF!
- m
- P
- O
- ---4
- ¥---*
- Fig. 111.
- l’intervalle s{ entre les guides extrêmes et les oreillettes des boîtes soit également inférieur à cette demi-longueur.
- La règle b est retenue par des supports f fixés au chapeau du peigne. Des vis t servent à l’arrêter dans les supports et permettent de la déplacer dans le sens de la largeur du métier, afin que, pendant la marche, aucun des guides «, a ne rencontre les vis surélevées des tem-plets.
- — o
- Fig. 112.
- Fig. 113.
- Les supports f peuvent, d’autre part, glisser verticalement dans les coulisses g de leurs plaques d’appui, de manière à régler la hauteur des guides et à faire en sorte qu’au moment où le peigne vient serrer le tissu, ces guides soient encore à quelques millimètres au-dessus des templets et ne touchent pas l’étoffe.
- Les plaques d’appui g sont encastrées dans le bois du chapeau A et retenues par des vis qui se fixent à peu près au milieu du chapeau, pour que la règle b ne descende jamais au-dessous du bord inférieur du chapeau.
- Le guide a se compose d’une sorte d’anneau ce', mobile autour d’un axe d.
- Ce dernier est porté par le bras e, fixé lui-même à la règle b.
- Le guide mobile ce'peut avoir des profils différents de celui indiqué sur les figures 112 et 113 ; mais, quelle que soit sa formera paroi y tournée du côté de la chasse (fig. 113) doit être découpée suivant un arc de cercle dont le centre correspond au pivot d.
- p.56 - vue 58/80
-
-
-
- APPAREILS DE SÉCURITÉ
- 9-57
- C'est cette partie y qui constitue le véritable guide et empêche le saut de la navette. La partie mobile ce' peut pivoter d’avant en arrière, comme on le voit dans la figure 112, mais non dans l’autre sens, car elle est retenue dans un taquet r contre lequel elle vient buter quand elle est complètement baissée à la position de sûreté {fig. 113).
- Fig. 114.
- Le talon c, qui est renforcé, forme contrepoids pour que le guide garde toujours sa position normale de sûreté et la reprenne, s’il a été déplacé. Le guide ce' peut, quand on l’a relevé complètement dans la position d’arrêt [fig. 112),rester dans cette situation. Mais la forme et le poids
- Fig. 115.
- de l’anneau sont déterminés, de telle sorte qu’au premier coup de battant cet anneau retombe de lui-même à sa position de sûreté.
- Une fois les guides ainsi replacés dans leur position normale, ils n’en bougent plus, quelles
- p.57 - vue 59/80
-
-
-
- 0-58
- LA MÉCANIQUE A 1/EX POSITION
- que soient les vibrations du métier, grâce au contrepoids et aussi à la petite saillie angulaire i (fig. 112) de la pièce mobile e, qui pénètre dans la cavité u du bras e.
- Avec ce garde-navette, l’ouvrier peut, ainsi que nous allons le voir, faire toutes les manipulations que nécessite le travail, sans aucune gêne et sans danger.
- En;. 116.
- 1° Pour enlever la navette. — L’ouvrier agit comme à l’ordinaire. Si la navette est engagée sous un guide, il peut soulever ce guide, qui laisse alors passer la navette ;
- Fio. in.
- 2° Pour introduire la navette. — L’ouvrier n’a qu’à pousser la navette comme s'il n’y avait pas de guides, car, si elle en heurte un ou plusieurs, ceux-ci se soulèvent seulement et retombent aussitôt après dans leur position normale ;
- 3° Pour le rentrage des fils. — Rien de particulier quand les fils à rentrer sont dans un passage libre entre deux guides, Si le fil se trouve cassé au droit d’un guide, l'ouvrier soulève ce
- p.58 - vue 60/80
-
-
-
- APPAREILS DE SÉCURITÉ
- 9-39
- guide avec la main par le mouvement même qu’il fait pour remettre le fil. Ce guide reste soulevé dans sa position d équilibre tout le temps que dure l'opération et, au premier coup de battant, il retombe de lui-même ;
- 4° Pour enlever les Huiles du tissu. — Comme dans l’opération précédente, l’ouvrier soulève les guides, sans précaution spéciale, et ceux-ci retombent ensuite dès que le métier est remis en route ;
- 5° Pendant le travail, l’ouvrier peut librement nettoyer le tissu avec les ciseaux et faire toutes les manœuvres ordinaires sans se blesser, à cause de la forme circulaire et de la grande mobilité des guides. La paroi de ces guides est, déplus, arrondie ;
- 0° La navette, quel que soit l’obstacle qui tend à la faire sauter, est toujours maintenue sur le seuillet de la châsse et forcée de rentrer dans les boîtes.
- En effet, si, par suite de fils rompus ou pour toute autre cause, la navette tend à être projetée hors du métier, elle vient buter contre un des guides et ceux-ci la forcent à suivre sa route le long du peigme et à rentrer dans les boîtes.
- En heurtant les guides, la navette est rejetée assez violemment contre le peigne, qui, s’il est mobile, s’écarte et arrête le métier. S’il est fixe, la navette, qui, par suite de ces chocs, a perdu de sa vitesse, entre en retard dans la boîte et le métier s’arrête également.
- Dans tous les cas, lorsque le métier s’arrête, la navette a toujours été maintenue parallèle au peigne sans casser aucun fil de la chaîne et sans endommager ni le tissu, ni le peigne, ni les guides eux-mêmes, en raison de l'écartement des guides, inférieur à une demi-longueur de navette.
- Garde-navette système Hurst
- Ce garde-navette a été créé par M. Hurst, directeur du tissage de la Petite-Raon, de la maison Vincent, Ponnier et Cie. 11 est simple, ne gêne pas le travail, et son prix est peu élevé.
- T!
- Fig. 118. — Vue de face pendant la marche du métier.
- Fig. 119. Fin. 120.
- Support D pendant la marche. Support D’ pendant la marche.
- Il se compose ifiQ- 118 à 123) de deux tringles horizontales A, A, de 6 mm de diamètre, qui sont montées sur les leviers L. Ces leviers sont articulés, par des axes de rotation, sur les supports D et D', et leur extrémité supérieure forme butoir, pour limiter l’amplitude de leur mouvement. La tringle supérieure, plus longue que la tringle inférieure, passe au-dessus des vis des templets. Un ressort à lame R, disposé contre le support médian, sert à maintenir l’appareil dans la position convenable.
- p.59 - vue 61/80
-
-
-
- 9-60
- LA MÉCANIQUE A L’EXPOSITION
- Le garde-navette se fixe au chapeau du battant. Les supports sont à coulisse, pour permettre le réglage du garde-navette.
- L’ouvrier, en plaçant la main sur le chapeau du battant, exerce une légère pression avec le pouce sur l’une des tringles, et l’appareil se rabat sous le chapeau du battant comme l’indiquent les figures 121 à 123. Il reste dans cette position pendant tout l’arrêt du métier.
- R
- Fig. 121. — Vue de face pendant le rentrage au peigne.
- Fig. 122. Fig. 123.
- Support D pendant le rentrage au peigne. Support D' pendant le rentrage au peigne.
- L’ouvrier n’est donc gêné par rien, pour changer la navette, rentrer des fils, détisser, etc. Aussitôt que le métier se remet en marche, au premier coup de battant, le garde-navette reprend de lui-même sa position première et se maintient dans une immobilité absolue pendant la marche du métier.
- Nouveau garde-navette système Geo. Kraemer
- Le garde-navette Kraemer se compose [fig. 124 à 127) de deux supports en fonte A, A, fixés par des vis au chapeau du peigne. Ces supports présentent intérieurement une coulisse incli-
- née B, à la partie supérieure de laquelle est ménagé un palier horizontal C. Une règle plate en bois D, d’environ 40 mm de largeur et 8 mm d’épaisseur, se termine à ses deux extré-
- Fig. 126. — Garde-navette pendant la marche.
- Fig. 127. — Vue en coupe,
- mités par des parties métalliques moins larges MM, qui s’engagent dans les coulisses des deux supports.
- p.60 - vue 62/80
-
-
-
- APPAREILS DE SÉCURITÉ
- 9-61
- Lorsque le métier est en marche, la règle protectrice repose sur la partie inférieure des coulisses et s’oppose à la sortie de la navette. Lorsque l’ouvrier a besoin de changer la navette, rentrer des fils, etc., il soulève la règle D, la fait reposer sur des piliers d’arrêt c (fig. 125) et exécute, sans être gêné, l’opération qu’il doit faire.
- Au premier coup de battant, la règle reprend elle-même sa position première au bas de la coulisse {fig. 127), et la protection de la navette est assurée de nouveau.
- Cet appareil est simple, efficace et peu coûteux. Il revient à 2 fr. 25 environ par métier.
- p.61 - vue 63/80
-
-
-
- INDUSTRIE AGRICOLE
- Protecteur H. Lanz pour machine à battre
- Le protecteur de M. Heinrich Lanz, constructeur de machines agricoles à Mannheim, est représenté par les figures 128 et 129.
- L’enveloppe est à double usage : elle sert à protéger l’ouvrier et à faciliter l’introduction de la gerbe. La figure 128 la montre dans la position de travail; dans la figure 129, elle est
- rabattue pour le transport de la machine. L’ouverture du batteur se trouve limitée de tous côtés par une sorte d’entonnoir; l’ouvrier occupe une position commode, et il est moins gêné
- Trommel
- Fig. 130. — Appareil en travail. Fig. 131. — Appareil disposé pour le transport.
- par la poussière et par les projections. Toutes les planches d’entourage sont articulées à charnière et peuvent se dresser ou se rabattre comme des volets.
- Dans certaines granges très basses, où l’ouvrier ne pourrait se tenir debout sur la batteuse, on emploie une disposition un peu différente. On monte la trappe circulaire dans l’autre sens {fig. 130 et 131) et on rabat dans la direction du batteur le couvercle du siège de l’engraineur.
- p.62 - vue 64/80
-
-
-
- APPAREILS DE SÉCURITÉ
- 9-63
- L’ouvrier se trouve ainsi placé dans un logement de profondeur convenable, où il peut s’asseoir à volonté.
- Les parois latérales de l’appareil sont montées à demeure et ne peuvent s’enlever.
- Dans la figure 130, l’appareil est disposé pour le travail, et, dans la figure 131, pour le transport.
- Protecteur système Guichard-Dozier pour batteuse
- Ce protecteur, construit par M. Guichard-Dozier, constructeur-mécanicien à Troyes, est représenté par la figure 132.
- Une tôle F, fixée aux armatures /*, /*,, est suspendue par les pièces m, m' en avant et un peu au-dessus de l’entrée du batteur.
- Fig. 132. — Protecteur Guichard-Dozier pour machine à battre.
- Une plaque protectrice AB est montée sur le même axe de rotation qu’un levier CD. Celui-ci est sollicité, au moyen de la tringle crf, par le ressort à boudin R logé dans un tube T. Un chien E, lorsqu’il est logé dans son cran d’arrêt, maintient le levier CD dans la position du dessin. Ce chien est relié aux armatures f, fK par les tringles nn', nn'{, qui se confondent en projection, et le ressort R' le maintient engagé.
- La table à engrainer se termine par une tôle A^B,, articulée sur le même axe que AB, et soutenue par des ressorts r. Un levier coudé G actionne le chien E pour le déclencher sous l’influence d’un taquet g solidaire de la tôle A,BH. Un ferrement abce est fixé sur le côté de la capote, et un système dé leviers LlVV'æy permet de faire varier à volonté la hauteur pq du débouché.
- Sous l’influence d’une pression exercée soit dans le sens de la flèche P sur la tôle F, soit dans le sens de la flèche P'E sur la tôle A^B^, la plaque protectrice AB se relève en A'B, fermant l’entrée du batteur. Le chien E s’engage alors dans un autre cran d’arrêt du levier CD et empêche tout retour en arrière de la plaque AB.
- 5
- p.63 - vue 65/80
-
-
-
- PROTECTION DES OUVRIERS CONTRE LES ÉCLATS
- Nous avons signalé, en parlant des meules en composition, les éclats de particules métalliques ou pierreuses qui, détachés par le travail, peuvent venir frapper les yeux des ouvriers et les blesser. Ce n’est pas seulement dans le travail du meulage que ces accidents sont à redouter. Dans un assez grand nombre d’industries, les ouvriers sont exposés à recevoir dans les yeux des projections de corps étrangers, qui peuvent entraîner la cécité monolatérale et, parfois même, la cécité totale.
- Ces projections sont de diverses natures. Tantôt elles produisent des brûlures. C’est le cas des flammes, des corps incandescents, des produits caustiques ou acides : chaux, potasse, soude, acides divers. Tantôt ce sont des éclats solides, lancés avec force et qui viennent s’implanter dans la cornée. C’est à quoi sont exposés les meuleurs, les piqueurs de meules, les ébar-beurs, les casseurs de pierres, burineurs, ajusteurs, etc... Il arrive souvent que l’éclat piqué dans l’œil peut être enlevé par un camarade complaisant et adroit ou par un médecin, et qu’il n’en résulte aucune suite fâcheuse; mais parfois aussi la parcelle a pénétré trop profondément et l’œil est perdu. Pour donner une idée de l’importance numérique de ces accidents, il suffit de rappeler qu’en 1887, en Allemagne, sur 45.971 accidents ayant entraîné une incapacité de travail de plus de treize semaines, les blessures aux yeux figurent pour 2.985, soit une proportion de 63 pour mille.
- Il est d’autant plus nécessaire de se prémunir contre ce danger qu’on n’est jamais certain, lorsqu’un œil seulement a été atteint et perdu, sans même que le second œil ait été effleuré, que l’on ne perdra pas également ce second œil par le fait d’une ophtalmie sympathique qui peut se déclarer ultérieurement.
- Il est donc indispensable de munir tous les ouvriers qui sont exposés à recevoir des projections dans les yeux, de lunettes de sûreté leur assurant une protection efficace.
- Il existe aujourd’hui un certain nombre de types de ces lunettes, qui donnent entière satisfaction.
- Lunettes pour gros travaux
- Certains travaux, tels que ceux des casseurs de pierres, des cantonniers, n’exigent pas une attention minutieuse, en même temps que les éclats projetés sont de dimensions relativement assez fortes. Pour protéger l’ouvrier dans ces travaux, on peut employer des lunettes entièrement métalliques, dont les mailles, sans être trop larges, ne doivent pas non plus être trop serrées. Le type créé par la Société des Lunetiers de Paris et représenté par la figure 133 donne entière satisfaction. Bordé par une garniture en cuir et fixé à la tête par deux cordonnets, il est d’un faible poids et d’un prix peu élevé.
- p.64 - vue 66/80
-
-
-
- APPAREILS DE SÉCURITÉ
- 0-65
- Un autre type de lunettes, également créé par la Société des Lunetiers, s’adresse aux travaux qui demandent une application assez sérieuse et pour lesquels il est nécessaire que la vue soit nette et puisse suivre facilement les détails du travail.
- Il ne convient plus d’employer ici des lunettes entièrement métalliques. Le treillis nécessaire devrait avoir des mailles très serrées, en raison des faibles dimensions des particules pro-
- Fig. 133. — Lunettes pour cantonniers, tailleurs de pierres, etc.
- jetées, et l’expérience a prouvé que ce fin réseau métallique détermine rapidement un trouble de la vue, produit une sorte de brouillard d’autant plus intense que la toile métallique est plus serrée.
- Plan.
- Fig. 134 et 135. — Lunettes contre les éclats, de la Société des Lunetiers de Paris.
- Aussi les lunettes créées pour ces travaux par la Société des Lunetiers présentent des verres elliptiques assez grands pour que le champ de vision soit suffisant et entouré (ftg. 134-135), sur les côtés seulement, par un grillage métallique. De plus, ces verres sont assez éloignés des yeux, ce qui donne une chambre d’air assez spacieuse et permet aux ouvriers myopes ou presbytes de porter un lorgnon sous leurs lunettes. Ces lunettes, avec des verres de 2 mm d’épaisseur, pèsent 64 gr environ.
- p.65 - vue 67/80
-
-
-
- 9-66
- LA MÉCANIQUE A L’EXPOSITION
- Lunettes Simmelbauer
- Ces lunettes sont bien conçues et d’une construction bien appropriée au but à atteindre Leur monture est en fer-blanc ou en aluminium. Elles portent en saillie de larges verres trapézoïdaux dont l’épaisseur peut varier de 2 à 6 mm {ftg. 136).
- Deux larges conduits rectangulaires disposés latéralement et plusieurs ouvertures ménagées supérieurement et inférieurement sur la monture permettent à l’air de circuler facilement autour des yeux et s’opposent ainsi à réchauffement de ces derniers..
- Fig. 136. — Lunettes Simmelbauer.
- La monture s’emboîte bien sur le front et sur le nez, qui se trouve protégé par un cuir doux. Quant aux verres, ils peuvent s’enlever à volonté. Ils sont logés dans des rainures de la monture et maintenus par un petit crochet en tôle qui peut se redresser et permet ainsi l’enlèvement des verres.
- Le champ visuel est suffisamment étendu ; le port est facile et le poids n’est pas trop lourd; il est d’environ 64 gr avec des verres de 3 mm et 57 gr avec des verres de 2 mm d’épaisseur.
- Lunettes Détourbe
- Destinées aux mêmes travaux, les lunettes du Dr Détourbe sont caractérisées par une base d’application très bien étudiée. Elle a été moulée sur le type moyen des visages, et sa mobilité lui permet de s’adapter facilement sur toutes les figures. Les points d’appui sont pris au-dessus
- Fig. 137.
- des sourcils ; la forme de la base est telle [fig. 137 à 139) qu’elle assure la stabilité et l’étanchéité sans compression sur les muscles des yeux.
- Une vaste chambre à air permet une ventilation facile. On évite ainsi réchauffement des yeux et la condensation, si gênante, de buée sur les verres. Les ouvriers myopes ou presbytes peuvent également conserver les lorgnons dont ils font usage.
- p.66 - vue 68/80
-
-
-
- APPAREILS DE SÉCURITÉ
- 9-67
- Les verres sont ovales ; ils ont 50 mm de grand axe et 40 mm de petit axe. Leur épaisseur peut varier de 2 à o mm. 4 crochets extérieurs et 8 crochets intérieurs les maintiennent et permettent, en se redressant, de changer les verres lorsqu’il en est besoin.
- Fig. 138. Fig. 139.
- La base d’application est bordée de cuir ; le nez est logé dans une échancrure également garnie de cuir et qui peut se rétrécir ou s’élargir à volonté. Les parois sont en toile de fer galvanisé, bleuie pour éviter les reflets lumineux qui seraient gênants pour le travail.
- Masque pour forgerons
- Les forgerons et les fondeurs, exposés à des projections de parcelles incandescentes, doivent avoir non seulement les yeux, mais le visage tout entier protégé. Le masque Simmelbauer, des-
- «
- Fig. 140. — Masque Simmelbauer, pour forgerons.
- tiné à cet usage, se compose {ftg. 140) d’une toile métallique cintrée, de mailles convenables et que trois lames en tôle fixent à une monture de lunettes du même inventeur. Un intervalle de 6 cm environ existe entre la monture et la toile cintrée. Le masque pèse environ 100 gr; il est fixé à la tête de l’ouvrier au moyen d’un cordonnet en cuir.
- Pare-bavures Solviche
- Ce pare-bavures a été inventé, en 1895, par M. Solviche, ouvrier mécanicien au Creusot.il a pour but de protéger l’ouvrier ébarbeur et ses voisins de travail contre les bavures qui se produisent lorsqu’on ébarbe des rivets à la gouge. Ces bavures, détachées par le choc de la masse
- p.67 - vue 69/80
-
-
-
- 9-68
- LA MÉCANIQUE A L’EXPOSITION
- sur la gouge, sont projetées quelquefois violemment et blessent les ouvriers au visage ou aux mains.
- Le manche de la gouge G [fig. 141 à 143) s’engage dans un anneau de caoutchouc A réglé à une hauteur convenable et qui supporte un crochet métallique B. Le pare-bavures D est muni d’une boucle C, qui s’agrafe à ce crochet. Ce pare-bavures est constitué par une lame métallique portant à sa base un épanouissement D', dont les bords sont repliés de manière à venir
- Flan Coupemn.
- E
- Fig. 143.
- Pare-bavures Solviche.
- presque en contact avec la gouge. Entre celle-ci et l’épanouissement D', une petite lame dentée E est fixée au pare-bavures. Elle agit comme entretoise et retient, en mêms temps, les éclats détachés par l’outil. Deux branches F, F, fixées au pare-bavures, se replient l’une sur l’autre en formant une sorte de ceinture autour de la gouge.
- On règle la hauteur de l’anneau de caoutchouc de telle sorte que le bord inférieur du protecteur dépasse légèrement la tranche de la gouge. La boucle C possède un certain jeu sur le crochet B, ce qui permet l’action de la gouge sur les bavures. Les éclats détachés par le choc de la masse se trouvent pressés ou enveloppés parle pare-bavures; ils sont ainsi retenus et ne peuvent être projetés dans l’atelier.
- p.68 - vue 70/80
-
-
-
- APPAREILS DE SÉCURITÉ
- »-G9
- Pare-éclats Lebrun
- Ce petit appareil est dû à M. A. Lebrun, inspecteur départemental du travail dans l’industrie, qui lui a donné le nom de « pare-éclats ». Il est destiné à protéger les ouvriers contre la projection des éclats de métal détachés par les burins, becs-d’âne, ciseaux, etc.
- Fig. 144.
- Fig. 145.
- Fig. 146,. 147 et 148. — Pare-éclats, système Lebrun.'
- Le pare-éclats Lebrun se compose [fig. 144 à ISO) d’une chape métallique A dont la face supérieure se prolonge d'un côté par une tige étroite et mince a, qui forme comme le manche
- p.69 - vue 71/80
-
-
-
- 9-70
- LA MÉCANIQUE A L’EXPOSITION
- de l’appareil, et d’un écran B articulé sur les bords de la chape. Sous le manche de cette chape est fixée une sorte de gaine ou embrasse C, en cuir, ou en caoutchouc, qui enveloppe l’outil. Une ou deux pattes en lanières D, qui passent en dessous, s’agrafent sur la tige au moyen d’un bouton à pression c et fixent solidement le protecteur sur l’outil.
- L’écran B est garni latéralement de toile métallique et supérieurement d’une plaque de verre ou de mica b qui, tout en permettant de suivre facilement le travail, empêche la projection des éclats. Cette plaque est retenue dans une coulisse qui permet delà nettoyer ou de la remplacer à volonté.
- Eig. 149 et 150. —- Pare-éclats Lebrun.
- Deux petits pivots ou crochets p' et p- maintiennent l’écran sur les flancs a1 et a2 de la chape. Sur ces pivots s’articulent les branches b{ et 62 de cet écran. Ce dernier peut ainsi se relever en arrière, dans la position exigée par l’inclinaison de l’outil.
- Les formes de cet écran peuvent varier, d’ailleurs, selon le genre de travail et l’outil.
- Un arc à crémaillère E est disposé sur la face aK de la chape; il engrène sur une petite goupille e fixée à la branche bK de l’écran, de sorte que celui-ci se tient automatiquement dans l’inclinaison que lui donne l’ouvrier ou qui provient de la seule résistance des saillies de la pièce sur le bec de l’appareil.
- L’écran masque ainsi constamment le taillant de l’outil ; les éclats formés pendant le travail sont arrêtés aussitôt que détachés et retombent sur la pièce ou à terre, sans gêne pour le travail. Le poids de l’appareil est faible et la mobilité de l’écran permet raffûtage des outils sans démontage de la gaine.
- Pour monter le pare-éclats sur un outil, il suffit de déboutonner la patte D, d’introduire l’outil dans l’intérieur de la gaine, en plaçant le taillant à peu près au milieu de l’écran, puis de resserrer fortement la patte D et de l’agrafer sur le bouton e dans l’œillère convenable.
- p.70 - vue 72/80
-
-
-
- HYGIÈNE INDUSTRIELLE
- Protection contre les poussières
- Dans un certain nombre d’industries, les ouvriers se trouvent exposés, par le fait du travail lui-même, à l’action des poussières plus ou moins ténues. Les unes, d’origine minérale, sont tantôt pierreuses (grès, silex, quartz, émeri, verre), tantôt métalliques (fer, plomb, cuivre, zinc, mercure, etc.). Les autres, d’originè organique, sont végétales (lin, coton, chanvre, amidon, farine) ou animales (soie, cuir, poil, corne, etc.). Mais, quelle que soit leur nature, on peut dire que toutes, à des degrés divers, sont dangereuses pour les ouvriers. Elles vicient l’atmosphère de l’atelier, et depuis longtemps leur action nocive a été constatée et signalée. 11 en est qui sont toxiques par elles-mêmes, comme celles de plomb, d’arsenic, de mercure. Il en est d’autres qui servent de véhicule aux germes infectieux ; c’est le cas des poussières provenant des chiffons, des peaux, des tapis. Il en est, enfin, telles qu’un grand nombre de poussières minérales, qui agissent en raison de leur dureté, par leurs arêtes coupantes, leurs pointes aiguës. Elles percent ou rayent les muqueuses qui tapissent les organes digestifs ou respiratoires, ulcèrent ces muqueuses et ouvrent ainsi la porte aux germes pathogènes, qui envahissent l’organisme. Trop souvent la tuberculose pulmonaire est l’aboutissant fatal de cette funeste action.
- Il faut donc, par tous les moyens possibles, chercher à soustraire les ouvriers à l’absorption de ces poussières.
- De nombreux procédés ont été essayés déjà. Lorsqu’il est possible d’exécuter les travaux parla voie humide, comme dans certaines opérations d’aiguisage et dépolissage, comme dans le broyage de la céruse tel qu’il s’effectue aujourd’hui, les résultats sont excellents. Mais, lorsque l’intervention d’une substance liquide n’est pas possible, la poussière se produit nécessairement, et il convient d’en débarrasser l’atmosphère de l’atelier.
- La ventilation est le meilleur procédé à employer dans ce but. Non pas la ventilation générale de l’atelier qui, excellente lorsqu’il s’agit seulement de combattre les causes normales de viciation de l’air provenant de la respiration des ouvriers, des appareils de chauffage et d’éclairage, devient tout à fait insuffisante lorsqu’on doit s’opposer à un dégagement de poussières plus ou moins abondant, se produisant en un point donné. Peut-être même serait-elle alors plus nuisible qu’utile, en soulevant et disséminant ces poussières dans l’atelier, et les mêlant intimement à l’air respiré par les ouvriers.
- Il est bien préférable, et c'est de beaucoup la meilleure solution, d’aspirer, par une ventilation locale, les poussières au point même où elles se produisent et de les entraîner dans une conduite étanche, pour les recueillir ou pour les détruire.
- Lorsque cette mesure générale, qu’il faut désirer voir employée le plus possible, n’est pas encore appliquée ou n’est pas applicable, pour un motif quelconque, il faut, tout au moins, recourir aux moyens de protection individuels.
- Ces moyens résident dans l’emploi des masques-respirateurs contre les poussières.
- Pendant longtemps, les ouvriers se sont contentés soit d’une éponge humide, appliquée
- p.71 - vue 73/80
-
-
-
- 9-72
- LA MÉCANIQUE A L’EXPOSITION
- sur la bouche et sur le nez et maintenue par un cordonnet, soit même, simplement, d’un mouchoir attaché devant la bouche et le nez, et beaucoup plus gênant qu’efficace.
- On dispose aujourd’hui de masques-respirateurs suffisamment pratiques pour que les ouvriers puissent les porter sans gêne, et dont l’efficacité est très réelle.
- Masque-respirateur Détroye
- Le masque-respirateur dû à M. Détroye, médecin-vétérinaire de la ville de Limoges, se compose de deux parties séparées : le respirateur nasal et le respirateur buccal.
- Fig. 152. — Coupe du respirateur nasal Détroye.
- Le respirateur nasal se compose {fig. loi et 152) d’un logement disposé pour emboîter le nez, et dont les parois horizontales et latérales sont percées d’un grand nombre de
- ^Ouate hydrophile Partie mobile.
- _ ûgMe hydrophile Partie mobilç
- Plan.
- Vue de côté.
- Fig. 153 à 155. — Respirateur buccal Détroye.
- petits trous. Une seconde enveloppe concentrique, également perforée, entoure la première et s’y fixe au moyen de deux petites clefs. Entre les deux enveloppes se trouve un espace libre, dans lequel on dispose une couche d’ouate non hydrophile. C’est la matière filtrante destinée à arrêter les poussières. Lorsqu’elle est suffisamment chargée de celles-ci et qu’il est nécessaire de la changer, il suffit de retirer la paroi extérieure, en tournant les clefs.
- Le poids moyen de ce respirateur, qui est en aluminium, est d’environ 15 gr; un cordonnet en caoutchouc permet de le fixer derrière la tête, et une petite bordure en caoutchouc pneumatique assure son application facile et étanche sur le visage. Une petite
- p.72 - vue 74/80
-
-
-
- 9-73
- APPAREILS DE SÉCURITÉ
- soupape à charnière, disposée sur la partie haute du masque, permet l’évacuation de l’air vicié.
- Quant au respirateur-buccal, il est basé sur les mêmes idées et se compose aussi de deux parties en aluminium [fig. 153 à 155), l’une intérieure, l’autre extérieure, percées toutes deux d’un grand nombre de petits trous. Ces deux parties, réunies par de petites clefs de serrage, laissent entre elles un espace vide, occupé par la couche filtrante d’ouate non hydrophile. La forme de ce respirateur est celle d’un rectangle à bords arrondis, présentant en avant la convexité nécessaire au logement de la bouche, et bordé d’une garniture en caoutchouc pneumatique, pour l’application sur le visage. Comme le précédent, il pèse 15 gr environ.
- Masque-respirateur Bellot
- M. Jules Bellot, constructeur à Champeix (Puy-de-Dôme) et fabricant du respirateur Détroye, a eu la pensée de réunir les deux parties de cet appareil en une pièce unique, comprenant à la fois le respirateur nasal et le respirateur buccal.
- Masque-respirateur Détourbe
- M. le Dr Détourbe a construit un masque-respirateur en une seule pièce, protégeant à la fois la bouche et le nez.
- Fig. 136. — Masque Détourbe, non garni et ouvert. Fig. 137. — Masque Détourbe, adapté au visage.
- Ce masque, en aluminium, est formé de deux parties articulées à leur partie supérieure au moyen d’une charnière. Ce qui le caractérise surtout, c’est sa ligne d’application sur le visage, très heureusement étudiée et résultant d’un examen comparatif fait sur un très grand nombre de sujets. Cette ligne d’application forme la base de la partie intérieure du masque. Elle se compose [fig. 156 à 158), à la partie supérieure, de la courbe naso-maxillo-frontale, qui est horizontale et a la forme d’une demi-circonférence. A droite et à gauche se trouvent les courbes latérales, qui regardent en arrière, un peu en haut et en dehors, et
- p.73 - vue 75/80
-
-
-
- 9-74
- LA MECANIQUE A L’EXPOSITION
- présentent une légère concavité en dedans. Viennent ensuite deux petits bords droits, dirigés verticalement et qui sont réunis par la courbe sous-labiale, qui achève inférieurement le profil de la base du masque. Celte dernière courbe décrit un peu moins d’un demi-cercle et son plan est relevé de lo° sur l’horizontale. Une bande de feutre assure l’appli-
- LÉGENDE
- a. Angle supérieur, b, Angle inférieur
- 1. Hauteur, ab. Hauteur faciale (bouche ouverte de 5 millimètres) et hauteur de la partie métallique du masque, cd. Hauteur du masque (feutre compris).
- 2. Profondeur. 3. Chambre à air. 4 Chambre filtrante, et ouate. 5. Porte treillissée. 6. Treillis postérieur. 7. Intervalle vide de l millimètres entre le pourtour de la porte treillissée et le masque. 8. Levier. 9. Anneau. 10. Charnière.
- Fig. 158. — Coupe médiane verticale du masque Détourbe.
- Les parois de la partie intérieure du masque sont pleines. Elles s’écartent du visage, afin de laisser en avant de la bouche et du nez une chambre d’air suffisante. Cette chambre est limitée antérieurement par une sorte de triangle isocèle, dont le sommet est en haut, et qui est formé de trois plans se raccordant à angles obtus. C’est l’orifice d’aspiration de l’air. Il est fermé par un treillis en fil élastique, à larges mailles, destiné à servir de support à la couche filtrante d’ouate non hydrophile.
- La partie extérieure du masque, placée à 5 mm en avant de la première, s’emboîte sur elle et s’y fixe, en outre de la charnière supérieure, par un petit ressort inférieur. Elle présente, en avant, un large orifice correspondant à celui de la partie intérieure et qui est occupé par un treillis en aluminium, limitant supérieurement la couche filtrante, qui se trouve fixée et pincée dans un vide de 2 mm existant entre les bords des deux moitiés du masque.
- cation géométrique du masque sur le visage.
- p.74 - vue 76/80
-
-
-
- APPAREILS DE SÉCURITÉ
- 9-75
- Une étoffe de laine caoutchoutée garnit la partie pleine intérieure du masque, de façon à éviter la condensation de la vapeur d’eau au contact du métal.
- Pour changer la couche filtrante, il suffit de décrocher et de relever la partie supérieure du masque, en la faisant pivoter autour de la charnière supérieure.
- Le masque se fixe sur le visage au moyen de deux bandes élastiques. L’une prend son point d’appui sur un ressort placé dans l’axe et en prolongement du masque; elle contourne la tête au-dessus des oreilles et s’attache à une agrafe fixée au ressort.
- L’autre, fixée à l’un des bords inférieurs du masque, passe au-dessous des oreilles, contourne la nuque et s’agrafe au second bord inférieur.
- L’appareil est construit en trois grandeurs différentes, afin de pouvoir s’adapter à tous les visages. Son poids moyen est de 75 gr.
- Émaillage métallique sans dégagement de poussières, procédé A. Dormoy
- Les ouvriers qui manient le plomb ou ses composés, soit qu’ils travaillent à leur fabrication, soit qu’ils les utilisent industriellement, sont exposés à l’empoisonnement saturnin et à ses graves conséquences. Le dangereux métal exerce insidieusement et progressivement son
- Fig. 159 et 160-. — Elévation de la machine à émailier, système Dormoy.
- action destructrice ; il s’infiltre dans tout l’organisme, détermine l’amaigrissement, l’épuisement des forces, la décoloration de la peau, qui prend bientôt une teinte jaunâtre; les gencives se bordent du liséré gris bleuâtre de Burton ; les coliques de plomb torturent le malade. Celui-ci, profondément anémié, est atteint de troubles fonctionnels nombreux. Souvent la paralysie se déclare, bientôt suivie de la mort.
- L’émaillage de la fonte est une des opérations qui exposent les ouvriers à l’intoxication saturnine. Le procédé généralement employé jusqu’ici, en effet, tant à cause de sa facilité d’application que de la beauté des produits qu’il donne, consiste à pulvériser des émaux à base de plomb et à les tamiser sur les pièces de fonte chauffées au rouge. Les ouvriers sont donc soumis à l’absorption des poussières plombiques. Les masques-respirateurs, dont on a essayé l’emploi, n’ont pas donné des résultats suffisants.
- D’une part, en effet, les ouvriers, exposés à la chaleur qui se dégage des fours et des
- p.75 - vue 77/80
-
-
-
- 9-76
- LA MÉCANIQUE A L’EXPOSITION
- Fig. 163.
- Fig. 164.
- pièces en traitement, ne peuvent supporter que très difficilement l’application d'un masque sur le visage; d’autre part, le masque ne protège que la bouche et le nez, tandis que l’absorption des poussières de plomb se fait surtout par les pores de la peau.
- M. A. Dormoy, directeur des forges et fonderies de Sougland (Aisne), a créé tout récemment un sysème d’émaillage mécanique sans dégagement de poussière, qui fonctionne avec succès aux usines de Sougland et que le Jury de l’Exposition universelle de 1900 a récompensé par un grand prix. Cet appareil réalise, au point de vue de l’hygiène industrielle, une importante amélioration sur les procédés actuels, et il faut souhaiter de le voir se généraliser dans l'industrie de l’émaillage de la fonte.
- L’appareil créé par M. Dormoy pour la mise en œuvre de son procédé se compose (fig. 159, 160 et 169) d’une cage en deux parties a et ô, séparées l’une de l’autre par une plate-forme c qui entoure le plateau tournant d (fig. 161 et 162), dont nous parlerons^plus loin.
- Sur deux faces opposées de la partie supérieure a de cette cage à émailler, sont disposées deux portes à coulisse c; ces portes sont réunies par deux
- Fig. 166. — Coupe XY.
- Fig. 167. — Coupe YY’.
- chaînes Galle passant sur quatre galets f ; elles s’équilibrent et glissent sur quatre grandes consoles ; les joints sont rendus hermétiques par un dressage très soigné des surfaces en contact et par une nervure latérale des portes.
- La cage ainsi constituée, et dans laquelle s’effectueront les opérations de l’émaillage, présente donc deux faces latérales verticales et deux faces latérales inclinées. Sur les deux faces verticales sont pratiquées des portes de visite. Toute cette partie supérieure est largement vitrée, de manière qu’on voie bien tout l’intérieur de laçage. Le plafond de celle-ci présente deux ouvertures circulaires. De l’une d’elles part une cheminée d’appel i destinée à l’aspiration des poussières d’émail ; dans l’autre passe un réservoir distributeur j, dont la partie inférieure, en forme de cône, est fermée par un clapet s’ouvrant extérieurement. La partie inférieure b de la cage se termine par une trémie m, en forme d’entonnoir, dans laquelle tombe l’émail qui ne reste pas sur la pièce en traitement. De la partie inférieure de cette trémie part un tube t de petit diamètre, par lequel un ventilateur aspire l’émail tombé dans la trémie et le ramène dans le réservoir supérieur j. La brusque détente résultant de la très grande différence de section du tube et du réservoir fait tomber à la partie inférieure de ce dernier les petits cristaux d’émail, tandis que la fine poussière est entraînée par le tuyau d’aspiration, puis recueillie au dehors.
- Au-dessous du clapet disposé à la partie inférieure du réservoir se trouve placé un tamis distributeur l [fig. 165 à 168), sur lequelle clapet, en s’ouvrant, laisse tomber l’émail.
- Ce tamis n’est pas composé d’une toile unique à fines ouvertures ; l’émail, ainsi que l’a
- p.76 - vue 78/80
-
-
-
- APPAREILS DE SÉCURITÉ
- 9-71
- prouvé l’expérience, se tasserait sur cette toile et ne passerait pas convenablement à travers, malgré les chocs que l’on imprimerait au tamis. Il est composé de plusieurs toiles métalliques superposées q, à larges mailles, serrées entre deux armatures u ; celles-ci sont formées par des
- Fig. 168. — Plan du tamis distributeur.
- couronnes concentriques, réunies par des entretoises radiales, qui s’opposent à la flexion des toiles et leur maintiennent une rigidité suffisante. Quant aux chocs nécessaires au tamisage, ils sont obtenus au moyen de quatre frappeurs électriques v, actionnés par un courant de 40 watts.
- Fig. 169. — Machine à émailler, système Dormoy.
- Les marteaux frappent sur des tiges aboutissant à deux couronnes de l’armature inférieure, dont l’une est voisine du centre.
- On obtient ainsi une répartition plus uniforme de l’émail qu’en frappant seulement à la périphérie du tamis. Un rhéostat permet de faire varier l’intensité des chocs. L’ouvrier met en mouvement les frappeurs en appuyant avec le pied sur une pédale.
- A l’intérieur de la cage, au-dessous du tamis et à la hauteur de la couronne c, se trouve disposé le plateau mobile a (fig. 161 à 163), qui doit recevoir les pièces àémailler. Ce plateau en
- p.77 - vue 79/80
-
-
-
- 9-78
- LA MÉCANIQUE A L'EXPOSITION
- fonte, d’une seule pièce, ajouré, est supporté par un pivot central p reposant dans une crapau-dine pratiquée dans le balancier 0. Il présente à sa partie supérieure un certain nombre de nervures parallèles, laissant entre elles des rainures dont l’espacement est celui des dents des fourches en fer qui servent à déposer les pièces sur le plateau et à les retirer après l’émaillage.
- Le plateau peut recevoir un double mouvement relatif oscillant. Le tourillon 2 du balancier 0 reçoit un arbre 3, qui porte un petit pignon 1. Les dents de ce pignon engrènent avec des broches radiales disposées à la circonférence du plateau p. On peut ainsi, par l’intermédiaire de la manivelle xy imprimer au plateau un mouvement de rotation autour de son axe.
- Le mouvement oscillant est obtenu en agissant sur un levier 5 calé sur un tourillon 2. Ce levier porte un frein à ressort appuyant sur un secteur demi-circulaire, dentelé, fixé aubàti. En
- Fig. 170. — Emaillage à la main, suivant la méthode ordinaire.
- exerçant une traction sur le levier, le frein glisse le long des rampes de la dentelure, le ressort se comprimant et se détendant alternativement; son arrêt dans l’une des dépressions de la dentelure permet à l’ensemble formé par le plateau, le balancier et la pièce à émailler, de rester à toute inclinaison pendant le travail. Grâce à ce double mouvement du plateau, la pièce peut ainsi présenter successivement tous ses points à l’émail tombant du tamis distributeur.
- Le dispositif adopté pour maintenir la pièce sur le plateau est très ingénieux.
- Les nervures du plateau présentent de distance en distance des bossages, au centre de chacun desquels une couverture tronconique laisse passer à l’extrémité une tige en fer 4, émergeant de 12 à 15 mm (fîg. 163). Cette tige est vissée à l’extrémité du petit levier 5, portant un léger contrepoids 6. Lorsqu’on pose une pièce sur le plateau, toutes les tiges placées sous cette pièce s’abaissent au niveau des nervures, tandis que les autres continuent à faire saillie au-dessus du plateau et enserrent la pièce qu’elles maintiennent ainsi, quelle que soit l’inclinaison du plateau. Comme l’indique la figure 169, la machine est placée entre deux fours de manière à pouvoir desservir alternativement l’un et l’autre. L’opération se fait très simplement. Pendant qu’un aide soulève la porte de la cage qui se trouve du côté du four en travail, un autre aide saisit dans ce four, avec une longue fourche en fer, la pièce à émailler chauffée au rouge et l’introduit dans la cage en la déposant sur le plateau. On referme aussitôt la porte de laçage. L’ouvrier émailleur, appuyant le pied sur la pédale qui commande les frappeurs électriques, saisit d’une main le levier s et, de l’autre main, la manivelle x (fig. 160, 162 et 169). Il imprime alors au plateau un mouvement de rotation et d’oscillation, pendant que, sous l’action des frappeurs, l’émail tombe des tamis sur la pièce. L’émaillage rapidement terminé, l’ouvrier cesse d'appuyer sur la pédale et amène le plateau dans une position commode pour que les dents de la fourche puissent facilement pénétrer dans les rainures afin d’enlever la pièce. On soulève la porte de la cage et on retire la pièce émaillée.
- Tours. — Imprimerie Deslis Frères, rue Gambetta, 6.
- p.78 - vue 80/80
-
-