Régates : embarcations de sauvetage à hélice
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- RÉGATES
- EMBARCATIONS DE SAUVETAGE A HÉLICE.
- L’été ramène les promenades sur l’eau et les régates. Il est donc opportun de recommander les moyens qui peuvent éviter les dangers nautiques. Les malheurs que nous avons si souvent à déplorer prouvent qu’il est indispensable de perfectionner les embarcations. C’est dans ce but que je reproduis le résumé suivant d’une lettre imprimée que j’ai adressée, à la date du 10 mai \856, aux bateliers, aux constructeurs d’embarcations et aux marins :
- « Vous réaliserez promptement de modestes bénéfices, si vous transformez vos embarcations en véritables bateaux de plaisance.
- » N’oubliez pas que le principal agrément est de n’avoir rien à craindre : se noyer n’est pas un plaisir. Vous devinez déjà que je veux vous engager à rendre vos bateaux insubmersibles et inchavirables. Vous réaliserez cette amélioration de plusieurs manières.
- » Vous aurez une embarcation insubmersible en fermant l’espace libre au-dessous des bancs, de manière que si l’embarcation s’ouvre ou se brise par suite d’un abordage, d’un choc ou d’un accident quelconque, elle se soutiendra sur l’eau par l’effet de cette véritable ceinture de sauvetage, qui serait formée, je le dis encore, par la fermeture de l’espace vide au-dessous des bancs, autour de la carène.
- » Pour plus de sécurité, ces compartiments étanches doivent être en tôle et divisés par des cloisons, de manière qu’en supposant que l’eau envahisse un des compartiments et même rem-
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- plisse l’embarcation, les autres sections, étant vides, s’opposeraient à la submersion.
- » Réunissez d’abord la solidité, la sécurité, l’élégance, la commodité des formes et l’harmonie des couleurs. Occupez-vous ensuite des moyens de locomotion.
- » Je ne dirai rien des voiles, je m’en rapporte à cet égard à votre expérience et à vos connaissances spéciales; mais j’appellerai votre attention sur un progrès facile à réaliser.
- » Depuis l’origine de la navigation, on s’est toujours servi des rames ou avirons. Bien qu’avec le temps tout passe, tout se modifie, tout se transforme, Xaviron a résisté. Or, l’aviron est un abus que vous devez réformer, et qui ne devrait servir que rarement.
- » Avec une roue à aubes ou une petite hélice, un seul homme obtiendrait, avec moins de fatigue, une vitesse supérieure à celle que donne l’impulsion des rames. Le mécanisme devrait être solide et simple, afin qu’un seul batelier suffise pour faire marcher le bateau et le gouverner. Il gouvernerait avec ses pieds en les plaçant dans des étriers correspondant à la barre du gouvernail par des lignes qui passeraient, au besoin, dans des poulies de rappel.
- » La roue ou l’hélice se placerait avec avantage à la poupe, à l’arrière de l’embarcation. Le propulseur fonctionnerait facultativement par l’action des pieds ou des mains. Au besoin, le poids du batelier servirait de force motrice. Le mécanisme et le propulseur devraient pouvoir s’adapter à l’arrière de toutes les embarcations ; les premières expériences n’occasionneraient ainsi qu’une faible dépense. Les nouvelles embarcations pourraient être très-longues.
- » La nouveauté serait le mérite des embarcations proposées. Ce mérite serait précieux, s’il suffisait, comme on peut l’espérer, pour exciter et satisfaire la curiosité du bon public, qui a la qualité de payer. Le public paie surtout ce qui lui plaît : la nouveauté a un attrait irrésistible.
- » Quant aux embarcations de sauvetage (avecou sans hélice), elles doivent pouvoir supporter sans danger les pressions et les chocs les plus violents. L’expérience montre que le bois et le
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- fer n’offrent pas une résistance suffisante : beaucoup d’embarcations, en bois ou en fer, ont été promptement submergées; elles ne l’auraient pas été si elles avaient été doublées avec une matière forte et imperméable, telle, par exemple, que le carton hydraulique ou le caoutchouc durci. Avec ce doublage, qui conviendrait aussi pour les navires, les voies d’eau ne seraient plus à craindre, car si la carène vient à s’ouvrir, la doublure empêcherait la submersion en s’opposant à l’entrée de l’eau, de manière que l’embarcation, même brisée, continuerait à flotter.
- » Il serait bien avantageux d’avoir des embarcations en caoutchouc durci maintenu par une quille et d’autres parties en fer. Les bateaux en caoutchouc seraient solides et très-légers; ils résisteraient aux chocs sans s’ouvrir, et par conséquent sans être submergés, surtout s’ils sont à compartiments; ils conviendraient donc pour les armées, pour les sauvetages, pour les régates.
- « Prosper MELLER jeune. »
- Pour éviter toute réclamation de priorité, je dois ajouter que j’ai proposé des embarcations et des nacelles aérosîatiques insubmersibles en cuir verni, en caoutchouc, ou en toute autre matière forte et imperméable, dans plusieurs publications, par exemple : en 1850, dans mon ouvrage principal; en 1853, dans le bulletin de la Société aétostatique ; en J.854, dans ma brochure intitulée : Phare aérostatique, Loch-compteur, etc.
- Bordeaux. — Typ. G. GOUNOUILHOU, place Puy-Paulin, 1.
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