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Société aérostatique et météorologique de France établie à Paris et constituée par arrêté de M. le ministre de l'Instruction publique et des culte en date du 22 juillet 1852 : liste des membres : 1855
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- SOGIÉTÉ
- AÉR0STAT10UE ET IIÉTÊIIIIIILIMIII.IIf
- DE FRANCE
- Établie à Paris et constituée par arrêté de M. le Ministre de l’Instruction publique et des Cultes
- en date du 22 Juillet 1852
- 1855
- LISTE DES MEMBRES
- Toutes demandes, avis ou communications doivent être adressés franc de port
- a M. Dupüis-Delcourt, secrétaire perpétuel de la société
- AU SECRÉTARIAT: 85, RUE DU CHERCHE-MIDI
- PARIS
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- On trouve au Bureau
- les Écrits suivants, relatifs à la question aérostatique :
- Bulletins de la Société aérostatique et météorologique de France.
- Cahiers n“ ^ j 1852-1853.
- * n° îv î 11853-1854.
- Calùers in-8°, avec (Je nombreuses planches et figures.
- Jacques Ciarnerin. Voyage et captivité en Autriche, avec un appendice sur le parachute, in-8”.
- F.. LuzareUe. Nouveaux appareils pour la direction des aérostats, in-8° avec figures.
- F.ouis Duperron. Aperçu systématique sur la navigation dans l’air et sur la direction qu’il est désormais possible de donner aux aérostats, précédé d’une introduction par Dupuis-Delcourt, in-8°.
- Van Hecke. Mémoire et pièces authentiques à l’appui, pour la priorité d'invention de la navigation aérienne, in-4”.
- Georges ituscli. An account of ascents in the Nassau and Victoria Balloons, avec une planche représentant la descente du Nassau dans la Tamise, in-8°.
- Prosper Beller jeune. Notice sur les courants atmosphériques, in-4°.
- Dupuis-Delcourt. Du gaz hydrogène et de son emploi dans le nouveau système d’éclairage, in-8".
- — Mémoire sur l’aérostation et la direction aérostatique, in-4°.
- — Compte-rendu de l’Expérience de la Flotille aérostatique partie de Montjean, le 7 novembre 7824-, montée par MM. Dupuis-Delcourt et J.-M. Richard, in-8% avec une lithographie représentant l’appareil,
- — Essai sur la navigation dans l'air. Note présentée à l’Académie royale des Sciences de Paris, dans sa séance du 21 décembre 1829, avec cette épigraphe :
- « En tout ce qui est possible, la persévérance est un des leviers les plus puissants. »
- — Relation du voyage aérien de M Dupuis-Delcourt, fait à Paris, le 29 juillet 7831, lors des fêtes publiques destinées à célébrer l'anniversaire des trois jours, in-8°, avec une carte aérograpbique pour servir au voyage aérien de M. Dupuis-Delcourt.
- — Ballons de juillet (1834), Ascension de M. Dupuis-Delcourt ; Lettre écrite à M. Louis Duperron à ce sujet, in-4°.
- — De l’art aérostatique et de son application aux transports par air; Rapport présenté à S. Ex. le ministre de l'intérieur par M. Dupuis-Delcourt, ingénieur aéronaute, in-4°.
- — Manuet de Vaéronaute, ou Guide pour servir à l’histoire et à la pratique des ballons , in-32, avec de nombreuses planches.
- (Cet ouvrage fait partie de la collection des Maxkels-Roret.)
- — Navigation atmosphérique. Note sur le projet d’un premier voyage de circumnavigation par la voie de l’air, extrait du Mémoire lu par M. Dupuis-Delcourt à l’Académie des sciences de Paris dans sa séance publique du lundi 11 mars 1850, brochure in-12.
- POUR PARAITRE INCESSAMMENT :
- — Traité historique et pratique des aérostats, 2 vol. in-8° avec atlas in-folio.
- Et divers Tableaux, Plans et Figures lithographiés on gravés.
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- SOCIÉTÉ
- AÉROSTATIQUE ET MÉTÉOROLOGIQUE
- DE FRANCE.
- La Société est entrée, au mois de mai 1855, dans la troisième année de son existence officielle. Indépendamment des programmes divers, de notes-circulaires, de sa correspondance imprimée, elle a rendu'Compte de ses travaux pendant 1852 et 1853-54 , dans les cahiers accompagnés de planches et gravures qui ont paru dans le cours de ces deux années (Bulletins nos 1, 2, 3 et 4). Le cahier sous presse en ce moment résume les actes de la Société pendant l’année 1854-55. — L’extrait étendu que nous donnons des procès-verbaux des séances initiera à ces utiles travaux ceux des membres français et étrangers qui n’ont pu assister aux réunions.
- Nous avons public, en 1853, une première liste des membres de la société. A cette époque, le nombre en était de soixante-douze. Nous avons naïvemont exposé alors combien avait été simple, mais entouré de vigilance le berceau de cette institution qu’on avait voulu déjà, dès ce moment, détourner du but sérieux qu’elle se propose d’atteindre Nous ne l’avons pas souffert.
- Depuis longtemps, en 1834, à l’époque où le docteur Leberrier et le comte de Lennox cherchaient à organiser à Paris et à Londres une Société aéronautique, société d’expérimentation,'ayant pour objet la mise à flot d’un premier navire aérien (l’Aigle), j’avais, moi, pensé que dans l’intérêt de l’art, en raison de son état peu avancé, il 'allait procéder autrement, et fonder d’abord une société purement scientifique, toute de recherches, d’études, de travaux théoriques; société qui s’efforcerait d’éclairer la matière, de grouper, de réunir les idées éparses; de ramener surtout la question aérostatique dans la voie des saines doctrines et de la science acquise. C’est, à compter de ce moment que j’ai procédé
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- avec un soin dont l'avenir me tiendra compte sans doute, à former les collections que je possède aujourd'hui, et tant de fois citées dans les publications faites en France et à l’étranger.
- Quinze années s'écoulèrent. Le temps, cette étoffe précieuse dont la vie de l'homme est faite, cet ingrédient indispensable à toutes choses, sans lequel rien n’est possible, a répandu et propagé peu à peu les idées de navigation aérienne. On croit aujourd’hui à la conquête de l’air. En 1842 et 1850, après quelques réunions préliminaires, j'ai repris avec une ardeur nouvelle la suite de mes anciennes idées. Et ici, que M. le comte Du Roy, M. Emile de Girardin, M- P. Millaud, M. Edouard de Yerneuil, M. Geo. Cayley, M. Dupont-Maurv, M. Mondot de Lagorce, me permettent de rappeler ce que je dois à leur bienveillante et généreuse coopération. Pourquoi ne puis-je que citer et honorer seulement la mémoire de M. le comte d'Orsay, dont l’esprit éminent avait si bien compris la grandeur de l'œuvre que j’entreprenais !
- J’ouvrais dans les derniers jours de mars 1852 une liste d'adhésions des meqibres de la société future. Tout édifice commence par une première pierre : j’avais inscrit mon nom en tête de la liste. Voici cette feuille, contenant un petit nombre de noms, bientôt suivi d'un nombre plus grand, et qui s’étendra largement dans un prochain avenir, car la question est immense : elle intéresse le monde.
- Nous publierons dans son entier le Rapport sur les Concours ouverts, lu et approuvé en assemblée générale le 7 mai 1854. Nous publierons également la suite des beaux travaux de M. G. Cayley, et notamment ses intéressantes recherches sur le vol d’imitation. Nous appelons de nouveau l’attention des membres de la Société sur l’importante délibération relative à un Voyage de Long-cours. Par suite de décision prise antérieurement, il a été adressé aux membres éloignés ou absents de Paris, un feuillet double, contenant le programme du projet arrêté et une case blanche destinée à recueillir l’avis plus ou moins motivé de tous sur, pour ou contre cette expérience, dont la réalisation constituerait, à notre point de vue, un progrès réel, en inaugurant enfin l’ère de la grande aérostation; en substituant de véritables voyages aériens à ces éphémères et oiseuses ascensions, au moyen desquelles nousavons jusqu’ici tant de fois et si vainement égratigné l’air en passant. Pour sonder, pour étudier l’atmosphère, il faut s’établir dans son sein, y faire un séjour prolongé. Au 1er janvier 1855, il nous était parvenu sur ce sujet vingt-deux avis motivés. Nous prions instamment ceux des membres en retard, de faire parvenir cette pièce au secrétariat pour le 1er mai 1856.
- Ont adhéré
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- Ont adhéré aux Status et sont devenu Membres
- DE LA
- SOCIÉTÉ AÉROSTATIQUE ET MÉTÉOROLOGIQUE
- DE FRANCE.
- (ordre de réception.)
- MM. Dupuis Delcourt. ^
- Dr Z. Amussat.
- Comte Du Roy.
- Vte T. de la Garenne.
- Comte Ch. de Bose.
- P. Millaud.
- Ch. H. Brown.
- Montgolfier.
- Comte d’Orsay.
- Ed. de Yerneuil.
- Hocquart.
- Tastet. ^ ^'*7^
- Guérard.
- Ysabeau.
- Y. Bohain.
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- MM. Tiffereau.
- Leullier.
- Em. Gire. ïhérouanne.
- Arago (Jacques).;?''
- Ernest Bazin.
- Aimé Mariage.
- Pinetti.
- Troyaux.
- Jules de Kovère.
- Gh. Weil.
- Émile de Girardin.
- Tabarié.
- Comte Gama da Machado. Comtesse de Bose.
- Comtesse du Boy.
- Hiellard.
- Chiarini-Lange.
- Franchot.
- Clairian.
- Fleureau. . .
- Triât.
- E. Audouit.
- Leydecker.
- H. Pijon.
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- MM. Docteur Le Couteulz. Jules Michel.
- Prosper Meller. • Vaussin -Chardanne. Richard, ingr civil. Gaudin.
- Delachapelle.
- Nardin.
- ïessié du Motay. Salaville.
- Lanteigne.
- Aristide Lienne. Rabiot.
- Guiraudet.
- Gaugler de Gempen. Geo. Gayley, baronnet. Toutain.
- Mondot de Lagorce. Clément Chardon. Dupont-Maury. Andraud.
- Boisseau.
- P. Sterbini.
- Treille.
- Gormond.
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- MM. Tremel.
- Victor Meunier.
- A. Bègue.
- Marquis de Selve.
- John Luntley. Prévost - Brouillet. Simon Weill. Blondeau.
- Ducros. / * *
- Henry Giffard.
- Baron du Tremblay. Hyppolite Walbin. Marin.
- Docteur Roux. Charlet.
- Acklin.
- H. Cornillon. Barbier.
- Gonzalve Frémin. Schacherer aîné. Marquis Du Planty. Léon Krafft.
- Fouché - Lepelletier. E. Royon.
- Cari ElschœcL
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- MM. J. Lesguillon.
- Henri Saquet.
- J. B. Nicolas.
- Docteur Alph. Amussat.
- F. Bourdonnay.
- Guilbert.
- Louis Panafieu.
- Gautier.
- Dessale.
- Ad. Beville.
- Docteur Guibert.
- Perrot.
- Maurel.
- Plazanet.
- Mangin.
- Armengaud aîné.
- Yétault.
- P. Pradel.
- E. Vériot.
- Comte Ph. de Diesbach. Nivelle fils.
- Comte Gaston de Nicolaï. Frantz.
- Bouvenat.
- Am. Brisson.
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- MM. Lemoine.
- Baron van Aerssen.
- L’abbé Yolle.
- Comte Charles de Nicolaï. Ch. Cabrow.
- H. Planavergne.
- Baron de l^a Grange. Gabriel de Saint-Yictor. Comte de Chateauvillard. Lafontaine.
- Dominique de Boissieu.
- Bon de Selle de Beauchamp. Dalichoux.
- Chalret du Rieu.
- Comte de Yilledeuil. Docteur Mertens.
- A. Meyer.
- Baron de Brives.
- L. Besozzy.
- Madame Aricie d’Arcy. Luciano Martinez.
- F. La Gleize.
- Bichel.
- Madame Dupuis Delcourt. E. Provenat.
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- — Il —
- MM. Ü’Hiauville.
- Henri Pécoyl.
- Louis Egly.
- Théophile Mauramh Jules Séguin.
- Hélénus. 9l1 Henry Mars.
- Cormier.
- Paul Séguin.
- *
- Adolphe Dupuy.
- Pégot - Ogier,
- Tardieu.
- Il faut ajouter à cette Liste les noms de
- MM. Marquis Gustave de la Grange,
- Lord Aldoboroug, de Monfort,
- qui nous ont fait parvenir le montant de leur cotisation , mais dont les adhésions signées nous manquent encore.
- FORMATION DU BUREAU DE LA SOCIÉTÉ.
- Ont été successivement élus membres du Bureau, Président honoraire :
- M. Comte d’Orsay.
- Présidents :
- MM. Comte Du Roy,
- Comte Gaston de Nicolaï.
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- Vice - Présidents :
- MM. Jacques Arago,
- Vte T. de la Garenne, Mondot de Lagorce, A. Ysabeau,
- Maurel.
- Secrétaire perpétuel :
- M. Dupuis Delcourt.
- En dehors des notes et des travaux déposés, lus en séance, ou insérés dans les cahiers du Bulletin de la société, bon nombre de membres ont publié séparément des ouvrages, mémoires ou plans, pour le perfectionnement et ravancement de Part aérostatique. Beaucoup d'en-tr’eux ont eu l’occasion de faire une ou plusieurs ascensions en ballon; et quelques-uns, en diverses circonstances, ont résolument et bravement payé de leur personne, dans ces luttes soutenues contre l'atmosphère par le génie humain.
- Parmi ceux dont les expériences sont venues' à notre connaissance, nous citerons particulièrement :
- MM. Ch. A. Brown,
- Edouard de Yerneuil,
- 'Jacques Arago,
- Comte Gaston de Nicolaï,
- Jules de Rovère,
- Toutain,
- Hiellard,
- Plazanet,
- Comte Ph. de Diesbach,
- Rouvenat,
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- MM. Lafontaine,
- Henry Giffard,
- Clément Chardon,
- Baron de Selle de Beauehamp, Dupuis Delcourt.
- L'article IV des Statuts est ainsi conçu :
- Art. 4. «. . . . Sont également membres de droit de la Société,
- et sur leur demande, les anciens aérostiers ou fonctionnaires ayant fait partie de l'école de Meudon, ou des deux compagnies aérostatiques organisées près des armées françaises. »
- Afin de rattacher le passé au présent, et de continuer l’œuvre commencée en 1794, par*Guyton-Morveau, Conté, et Prieur (de la Côte-d’Or), j'avais ainsi d'avance marqué une place dans la jeune Institution aux membres de l’école de Meudon. — Mes prévisions se sont réalisées.
- La Société, au nombre des membres qui la composent, compte encore aujourd'hui,
- MM. Plazanet, lieutenant-colonel du génie en retraite, ancien lieute-naut en premier de la lre compagnie des aérostiers; il commandait à Wurtzbourg, quand fut pris, par les autrichiens, le ballon qui figure comme trophée dans le Musée impérial d’artillerie, à Vienne (1).
- (I) «AM. Dupuis-Delcourt,
- secrétaire perpétuel de la Société aérostatique et météorologique de France. »
- « 17 décembre 1853.
- » Il est très-vrai, Monsieur, que les Autrichiens nous ont pris un ballon, non pas au passage du Rhin, mais lors de la retraite de Jourdan, à Wurtzbourg, capitale de la Franconie.
- * » Nous étions dans cette ville, faisant les préparatifs d’un nouveau remplissage p ur aller ensuite rejoindre l’armée do Sambre-et-Meuse, qu’on disait victorieuse non loin de Ratis-bonne, lorsqu par un revers bien inattendu, l’ennemi arriva aux portes de Wurtzbourg, y pénét a sans résistance, car la garnison étai très-faible, et engagea le combat dans les rues contre nos soldats et les aérostiers, qui n’eurent que le temps d’accourir vers la citadelle, en abandonnant le ballon et ses accessoires. Après une résistance de quelques jours dans celte citadelle dépourvue de vivres, nous fûmes obligés de capituler, et faits prisonniers de guerre, jusqu’au moment de notre délivrance par les victoires de Moreau, général en chef de l’armée du Rhin.
- « C. Plazanet.
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- MM. Le baron de Selle de Beavchamp, lieutenant en second de la 2e compagnie des aérostiers; l’un de ceux qui manœuvraient à Fleurusle ballon mis en œuvre à la bataille de ce nom.
- Rouvenat, ancien fourrier à l’école de Meudon, l’élève particulier de Conté. Depuis, l’un des inspecteurs principaux de l’octroi de Paris, actuellement en retraite.
- le général de division en retraite Barrois, ancien aérostier, n’a point donné son adiiésion à cause de son grand âge (il est, en effet, le doyen des aérostiers survivants) ; mais nous avons de lui la lettre honorable par laquelle il exprime ses regrets de ne pouvoir accepter, et motive sa non-acceptatiou.
- Dans le cours rapide de ses trois premières années, la Société a éprouvé de. vives et douloureuses pertes. Dès le mois d’octobre 1852, nous avions à déplorer la mort de M. le comte d’Orsay, enlevé trop tôt à la carrière brillante et libérale qui venait de s’élargir encore devant lui (Y. Bulletin, n°.l, p. 10). Sont morts depuis: M Leydcker, habile constructeur d’instruments de physique et de chimie; M. le docteur Le Couteülz, aide de chimie honoraire de la Faculté, à l’hôpital de la Charité, médecin de la Société de secours mutuels de Saint-Louis, trésorier de la Société phrénologique de Paris, membre de la Société centrale d’horticulture, etc.; et nous sommes sans nouvelles de M. Pinetti, parti de France il y a deux ans, pour la Nouvelle-Orléans; et de M. Jacques Arago, dont les journaux français (y. la Presse du 18 janvier 1855) ont annoncé la mort au Brésil, dans les derniers mois de l’année 1854, quand il se rendait de nouveau en Californie.
- L’impression des derniers cahiers a été retardée par des circonstances fortuites, indépendantes de notre volonté, et dont nous avons eu à subir les conséquences assez tristes pour nos affections et nos intérêts personnels. Nos convictions n’en ont point été ébranlées; nous avons supporté, sans nous plaindre, une infortune imméritée. Fidèle à notre constante pensée, pénétré du sentiment de nos devoirs, nous avons continué à entretenir en France et à l’étranger une correspondance d’autant plus active, qu’elle devait momentanément suppléer à la publicité de nos actes. La pensée sympathique de quelques hommes d’élite, que ne repoussait pas un moment de détresse, nous a consolé de l’oubli ou de l’abandon de quelques autres. Plein d’espérance en l’avenir, nous avons opposé le calme de notre énergie à l’indifférence et au mauvais vouloir. La grande question qui nous occupe, n’aura point à souffrir du moment de brume qui est venu obscurcir notre horizon. Qu’il nous soit permis seulement de rappeler à
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- eux de nos collègues auxquels s'adressait notre supplique, alors toute confidentielle, du 28 juin 1854, les lignes suivantes que nous en extrayons :
- « Mon amour et mon dévouement pour la cause aérostatique sont « grands; ils n’auront pour bornes que la mesure de mes forces. En ma « double qualité de fondateur et de secrétaire perpétuel de la Société, j’ai « pu, avec le concours de quelques membres zélés, et au prix de nom-« breux sacrifices personnels, en développer les bases. Nous avons encore « besoin de la plus bienveillante exactitude dans le paiement des cotisa-« tions, qui constituent, quant à présent, notre principale ressource. « L’union fait la force; une cotisation isolée n’est rien : l’ensemble consti-« tue mes moyens d’action.
- «Monsieur et cher collègue,» disais-je encore dans cette même lettre-circulaire du 28 juin 1854, « vous ne vous serez pas étonné, j’en suis contt vaincu, des lenteurs inséparables de la fondation d’une institution « comme la nôtre. En toutes^choses. les commencements sont difficiles ; « aidez-moi; continuez à patronner de votre nom, à aider de vos travaux, « une œuvre dont l’importance et la grandeur futures n’auront point « échappé à votre appréciation. »
- Il en est, en effet, des sociétés comme des hommes. Pour sortir victorieux des langes de leur enfance, pour grandir et se fortifier, tous deux ont besoin d’appui. Nous n’en aurons point appelé vainement à la protection du gouvernement, en faveur d’une question qui n’est point, certes, sans intérêt ni sans gloire pour la France. Le libre parcours de l’air est un progrès dont la solution appartient à notre époque. Nos intentions sont droites et pures; nous continuerons à marcher avec la persévérance et la foi qui nous ont soutenus jusqu’ici dans nos rudes labeurs.
- L’arrêté de M. le ministre de l’instruction publique et des cultes, qui constitue la Société, est en date du 22 juillet 1852. Depuis, nous avons reçu et communiqué, en son temps, au bureau de la Société, la pièce suivante :
- » Paris , le 12 août 1853.
- « Monsieur,
- « J’ai reçu la lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire le 20 juin dernier, en m’adressant deux exemplaires du 3' Bulletin trimestriel de la Société aérostatique et météorologique de France, et divers renseignements sur cette Société.
- « Je vous remercie de l’envoi du Bulletin, qui a été déposé dans la bibliothèque des Sociétés savantes de mon département.
- « J’ai fait prendre note de la demande de subvention que vous avez formée au nom de la Société. Cette demande me sera représentée lorsqu’il y aura lieu de procéder à une répartition des fonds destinés aux compagnies savantes.
- « Recevez, monsieur, l’assurance de ma considération distinguée.
- « Le ministre de l’instrm tion publique et des cultes, « H. Fortoul. »
- « A M. Dupuis-Delcourt, secrétaire perpétuel de la Société aérostatique et météorologique de France, »
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- Généralement, on ne connaît l’aérostation dans le public et dans le monde officiel, que par les ballons de fêtes, les essais de direction, ou les prétendues ascensions scientifiques, dont les résultats ont été parfois si étranges et si pauvres, que ces expériences ont plutôt déconsidéré l’art qu’elles ne l’ont fait avancer.
- L’art aérostatique a rendu déjà de grands services à la sciênce, et il ouvre dans l’avenir un bien plus vaste champ à ses investigations. Il a été appliqué utilement à la guerre; il est destiné à devenir — bientôt peut-être, — le point de départ, la base assurée de transports réguliers par air. L’aéronautique, dans sa grande et pure acception, ne saurait accepter la solidarité d’expériences dangereuses, trop souvent offertes en spectacle à la curiosité, et qui n’ont, en quelque sorte, rien de commun avec l’aérostation que le nom.
- Cependant, l’aérostation pratique, il est juste de le reconnaître ici, £ cela de bon qu’elle a propagé et vulgarisé l’idée des ballons. On s’est accoutumé à voir l’homme flotter dans les airs. Les aéronautes de nos jours peuvent être comparés à ces pionniers courageux, aveugles, mais hardis et persévérants, qui ont défriché les forêts américaines, déblayé et préparé le sol pour la civilisation et les voies du progrès.
- L’établissement d’un institut spécial était nécessaire. Il fallait à l’art aérostatique une tribune, un organe officiel. Il fallait que cette question, ignorée, pour ainsi dire, et à cause de cela même, dédaignée par les uns, repoussée par les autres, mal appréciée par le plus grand nombre, prît enfin dans la hiérarchie des sciences reconnues, enseignées, le rang que lui assigne son importance réelle, son utilité future.
- Avant de fonder la Société, j’ai longtemps cherché, regardé autour de moi : je n’ai vu personne qui voulût faire abnégation de ses idées personnelles, de ses intérêts privés en faveur d’une œuvre centrale et commune. A défaut d’un plus digne ou d’un plus capable, je me suis dévoué. J’aurais voulu faire mieux et plus : mon zèle, au moins, ne faillira ni à la question, ni à aucun de mes collègues.
- DUPUiS-DELGOURT,
- Secrétaire perpétuel de la Société.
- IMPRIMERIE ERNEST MEYKR . 3, HEE DE L’ABBAYE, A
- PARIS.
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