Considérations sur le globe aérostatique
-
-
- TABLE
- 1 : Considérations sûr le globe aérostatique, par M. D. ' ;
- 2 : Description de deux machines propres à la naviga- ..ftr
- tion aérienne, par M. B. -
- 3 : Essai sur la nautique aérienne, par M. Carra.
- 4 : Projet d’un moyen pour diriger le Globe aérostatique,
- avec des observations sur les moyens diascension, et sp la déperdition du gaz inflammable, par A. Mathieu. ; *
- 5 : Essai sur la construction des ballons aérostatiques e
- sur la manière de les diriger, par M. Guyot.
- 6 : Mémoire sur les expériences aérostatiques, faites par
- MM. Robert Frères.
- 7 : Relation du quinzième voyage aérien de M. Blanchard,*.
- 8 : Relation du seizième voyage aérien de M. Blanchard,.^.
- 9 : Mémoire sur la direction des aérostats,... par F. Hej|ih^
- 10 : Essai sur la navigation dans l’air,*par M. Dupuis-
- Delcourt.
- 11 : Projet pour la direction de l’aérostat, par les oppof- ^
- sitions utilisées, par M. Ferrand.
- !" ';;
- 12 : L’automa aerio o sviluppo délia soluzione del problème
- direzione degli aérostat!,... par Vittorio Angius.
- 0>-C, f"
- 13 : Notice aéronautique. Actualités. Recueuil de pièces,’,^
- de septembre 1856 à janvier 1857. Extraits reraémoratifs de travaux antérieurs. Illustrations spéciales, par le/-Vte T. de la G.
- p.n.n. - vue 1/22
-
-
-
- p.n.n. - vue 2/22
-
-
-
- , Fâ /gF-
- CONSIDERATIONS
- SUR
- LE GLOBE
- JLÂ'M.O SÏÏtA
- P A R M. D******
- Prix 12 fols, avec la Figure* .
- rA PARIS,
- Chez Le J a y, Libraire, rue Neuve des Petits-Champs, près celle de Richelieu s au Grand Corneille ;
- Et chez les Marchands de Nouveautés,
- «=---«g-! a&tefeSSS5rtafaagggga« SSS3SSS»
- M. DCC, LXXXIII.
- Page de titre n.n. - vue 3/22
-
-
-
- p.n.n. - vue 4/22
-
-
-
- SUR
- ’ t * • r -
- LE GLOBE
- A É R O S T AT IQ V E.
- p.n.n. - vue 5/22
-
-
-
- Le même Libraire tient Magaftn de Librairie » fait des Âbonnemens pont toutes fortes de Livres anciens & nouveaux. Le prix eft de 24 livres par an, 15 livres pour Gx mois, 5 livres par mois, & 11 livres de nantifTement. Il tient auffi chez lui un Cabinet de Lefture où fe trouvent les Journaux François & Etrangers. Cet Abonnement eft au même prix que celui des Livres. La féance eft de Gx fols pour les perfonnes qui ne veulent^ pas s’abonner. Il fournit des Bibliothèques & en acheté. 1
- p.n.n. - vue 6/22
-
-
-
- CONSIDÉRATIONS
- SUR
- LE GLOBE AÉEOSTATIQÜEo
- .=======>>
- Copie de la Lettre écrite par £ Auteur à M, C***.
- o u s m’avez fait, mon cher Ami, îe plus grand plaifîr, en me faifant part du détail de Inexpérience qui s5eft faite au Champ de Mars le mois dernier, à la grande fatisfadion de tout le monde. Le Ballon , me marquez vous, s’eft élevé à perte de vue dans Pefpace de moins de trois minutes, mais que l’expérience avoir été imparfaite, en ce que ce Ballon, que l’on efli-moit devoir relier dans l’air vingt quatre heures , étoit retombé fraduré après trois qoarts-d’heure. Vous me demandez , mon Ami, à quoi peut conduire cette expérience ; s’il n’y auroit pas moyen de la perfectionner ; en un
- A
- p.1 - vue 7/22
-
-
-
- mot, fi elle peut faire efpérer dans la fuite quelques objets d'utilité. Je fuis bien fenfible à la confiance que vous me témoignez ; je vous avoue à cet égard l’infufïifancede mes lumières, & combien il feroit embarraffant de réfoudre un problème qui tient aux Elémens variables à l’infini j & dont le réfultat dépend de nombre de circonftances. Cependant je vous envoie un Précis de mes rêveries à ce fujet, fans autre ambition que celle de vous fournir matière à étendre vos idées, pouvant mieux que moi, Sc de vous prouver feulement combien vous eft fournis ôc attaché votre ferviteur &C ami, Signé D * * * *.
- Du Château de F......ce z Septembre 1783,
- L'Élément dans lequel nous vivons, & que nous nommons l’Atmofphère, efl: un compofé d’air qui pèfe fur nous, & qui fe trouve plongé comme nous : les portions dont il efl formé font donc un mouvement prefque continuel, puifqu’elles s’élèvent, s’abaiffent, agitent d’autres corps, & que la température les étend ou les refferre alternativement, félon les circonftances & la pofition des lieux. Indépendamment de toutes ces cbofes que la Phyfique nous fait çonnoître % nous confidérons
- p.2 - vue 8/22
-
-
-
- C 5 3
- Paimofphère fous deux points de vue différens : le premier comme Au de agité*, dont les mou-vemens font variés; le deuxième comme fluide tranquille, qui pèfe également fur la Terre, qui reçoit d’elle des matières de différente nature, qui les foutienî pendant un temps , qui les Iaiffe retomber; qui paroît, en un mot, envelopper le Globe que nous habitons. L’on en doit lî peu douter que tout ce qui femble fortir de la Terre (tel que le feu lorfqu’il dé** compofe un mixte ), nous fait appercevoir les parties les plus fubtiles s’élever en fumée, & entrer aufli-tôt dans cet élément. Arrêtons-nous à cette dernière partie.
- La matière du feu que nous connoiffons, qui confifte dans un mouvement de vibration imprimé aux parties du corps qu’il confume; la flamme, pour mieux dire, quifediflipe fous la forme d’un fluide qui tend à fe répandre toujours uniformément à la manière des autres fluides, paflè delà terre dans Pair; & emporte avec elle les parties les plus fubtiles des corps quelle détache & qu’elle anime par fon mouvement ; ce qui, fe joignant à une infinité de phénomènes étonnqns, fait que 1*Atmofphère le plus voifin de la Terre reçoit une plus grande quantité de ces parties évaporées.
- A 2
- p.3 - vue 9/22
-
-
-
- € 4 3
- , De*Ià nous concevrons aifément de la nature du feu, ces effets très-remarquables qu’il produit dans une maffe d’air : le premier, c’eft qu’une même quantité d’air occupe plus ou moins de place, quand elle eft plus ou moins échauffée. Le fécond effet de la chaleur de l’air eft d’augmenter Ton reffort à proportion de la prefîion dont il eft chargé ; en forte qu’un même degré de chaleur, appliqué à un même air doublement çondenfé, lui donne un yeffort double pour fe mouvoir & s’élever.
- Cette preffipn de l’air & fa pefanteur étant une fois connues, on ne doit pas être furpris par quelle caufe ce Ballon s’eft éleyé dans l’air, & comment il a pu s’y foutenir ; s’il eft vrai qu’il règne dans notre Globe une certaine chaleur qui entretient en mouvement les parties infenfibles de tous les corps, & que ce mouvement détermine celles des parties qui font les plus fubtiles, telles que les matières inflammables, l’évaporation occafionnée par l’aâion du feu.
- Il eft aifé de comprendre que ce Ballon a pu s’élever comme il a pu fe foutenir dans l’air; fi l’on confidère de plus que ces particules divifées par le feu deviennent plus déliées que celles de lVûr qui les environne; , & pefant
- p.4 - vue 10/22
-
-
-
- t 5 3
- beaucoup moins que l’air, elles s’élèvent dans l’atmofphère comme la fumée ; & que montant ainfi dans la moyenne région, elles fe fubtilifent au point que leurs corpufcules échappent à nos regards.
- En vain dira-1-on, comment les parties évaporées de ces matières inflammables peu-* vent-ellês ( ralliées & concentrées qu’elles font dans ce Ballon ) acquérir cette légèreté refpec-* tive, capable non-feulement de les élever au-defliis de l’air , mais encore de vaincre la ré-fiftance du frottement qui s’oppofe continuellement à fon afcenfion, & à la fuperficie qu’elles préfentent réunies? car le frottement qui les foutient leur fait obftacle quand elles ont à monter, & cet obftacle eft d’autant plus grand qu’elles oppofent d’étendue ou de capacité.
- Réponfe. Si l’on en croit la plupart de nos Phyficiens a les parties qui s’exhalent des corps changent d’état en quittant la maffe, oit l’air qui les entoure emploie pour les enlever un autre moyen que fa pefanteur. On pourroit dire que chacune des particules renfermées dans le Ballon rempli d’un air fubtil dilaté par le feu a étant plus légère què le volume d’air auquel elles répondent dans l’atmofphère, cet excès de légèreté peut être tel qu’il furpaffe
- A j
- p.5 - vue 11/22
-
-
-
- CO
- encore la réfiflance du frottement. Si l’on con» fidère en effet les parties comme autant de molécules dont les pores agrandis par l’a&ion du feu augmentent leur volume autant & plus que leur première denfité n’excédoit celle de i’air; alors fi ces molécules réduites en vapeurs font fauit cent fois plus grandes qu’elles n’étoient 5 elles répondront à un. volume d’air plus que fuffilant pour les foutever.
- Cette dilatation des vapeurs efi appuyée fur des expériences trop connues pour s’y arrêter davantage : pîufieurs Phyficiens prétendent encore que i’atmofphère fait en même temps l’office du diffolvant, à l’égard des corps qu’il touche.
- L’on paroît étonné de ce que ce Ballon n’a réfifté à l’air extérieur que l’efpace de trois quarts-d’heure. Il y a lieu de croire à cet égard que les parties des vapeurs interceptées dans le Ballon, comprimées par l’air extérieur, auront diminué à mefure qu’il a approché de fa raréfa&ion, ou d’une moindre denfité ; ou encore mieux, la maffe d’air qui l’a environné a contribué à fon évaporation avec d’autant plus d aéfion, qu’il aura touché ces corpufcules dans une plus haute élcvation ; ou bien ces corpufi cilles tenoient par moins d’endroits à la maffe commune.
- p.6 - vue 12/22
-
-
-
- t 7.2
- On ne fauroit étendre ici fes idées autant qu’il le faudroit pour leur donner toute la vrai-femblanee dont elles font fufceptibîes ; cette dî-greflion nous éloigne trop de notre objet : revenons à notre expérience.
- Si-l’on-a pu , par le fecours de l’Art, donner au Ballon une détermination direffe dans l’at-mofphère, on pourrait également lui en donner une horizontale. Il'faudroit, avant tout, s’af-furer de deux circonftances : i®. donner au Ballon une confifiance qui le rende capable d’élever & foutenir un poids quelconque, & qui puiffe mettre à l’abri d’une explofion ou d’une détente trop fubite ( malgré l’attention qu’on aiiroit de ne faire entrer dans ce Ballon qu’une quantité proportionnée de matières inflammables , je le couvrirons d’une forte toile bien enduite ) ; 2°. trouver le moyen de le fixer pour un temps que l’on jugeroit convenable dans la ligne direâe qu’il a à parcourir ; & pour cet effet il faudroit pouvoir renouveî-îer la matière inflammable au befoin, pour l’entretenir dans cette direction. D’après cela, on va démontrer qu’il eft poffible de le diriger convenablement!
- Quant à la première circonftance, l’on fait que l’air renfermé dans ce Ballon, qui fe trouve
- A $
- p.7 - vue 13/22
-
-
-
- raréfié par l’aéfion du feu, en eft d’autant plus af-foibii que le point effentiel eft de maintenir un équilibre proportionnel à la différence qu’il y a entre la denfiîé de l’air qui preffe extérieurement , & celle de l’air qui réfifte en dedans ; car Ton doit remarquer que plus cet air dilatéeflréduit, & plus la colonne d’air extérieur prefle; ce qui doit être en proportion d’une colonne de 1’atmofphère fur un efpace circulaire de trois pouces de diamètre , dont la prefiion efi de douze livres.
- Quant à la deuxième cireoftffance pour trouver le moyen de fixer ce Ballon, c’eft de chercher à vaincre fon élévation par la réfif-tance, en lui appliquant une puiffance qui le maintienne dans une hauteur convenable; & voici à cet égard ce qu’on pourroit effayer pour remplir le defir des Curieux, 8c même pratiquer avec fuccès : ce feroit d’ajufier au Ballon projetîé une hémifphère dont la capacité, plus la pefanteur d’un homme, plus l’air qui y feroit ienfermé & qui ferviroit de complément , puiffent faire effort fuffifant pour tenir en équilibre, à une certaine hauteur, deux puifiancesde même valeur; & il ne faudroiî,pour maintenir cet équi'ibre,qu’adapter à l’hémifphère une petite pompe afpiraate & foulante qui, par foa
- p.8 - vue 14/22
-
-
-
- € 9 3
- a&îon 8c réa&ion, augmenteront, détendront ; diminueroit la tnaffe d’air qui feroit comprimé dans cet hémifphère jufqu’à ce qu’il faffe équilibre : ce qui (ainfi tenu par des liens mutuels & correfporidans ) s’ôppoferoit à la fuite du Ballon, le contiendroit à une certaine hauteur.
- Mais pour le maintenir dans cet équilibre tout le temps qu’on le defireroit, il faudroit renouveller la matière inflammable, & voici le moyen qu’il feroit poflible d’employer.
- Réduit à fimpoflibilité de faire ufage, dans l’air , de cette matière qui exige des foins, des préparations, on y fuppléeroit, en brûlant par intervalles de la poudre à canon, dont l’évaporation fe commiiniqueroit au Ballon ; ce qui donneroit à la matière renfermée i’aâivité, 6c fcutiendroit ce Ballon dans fon état d’équilibre, autant de temps^qùe l’on jugeroiî à propos.
- L’homme qui feroit dans la Machine hémif-phérique, fe précautionneroit donc de quelque livres de poudre, qu’il emploieroit de cette manière. II auroit un barillet de neuf pouces d£ diamètre, en bois, doublé en dedans d’une feuille de tôle. Ce barillet bien fermé auroit , par le haut, un jour pour donner ifîiie à la vapeur, qui communiqueroiî au Ballon par ie
- p.9 - vue 15/22
-
-
-
- E io 3
- moyen d’un ajutage & d’un tuyau de pompe. Il auroit également dans fon côté une ouverture qui fe boucheroit à volonté, par laquelle il feroit aifé de faire entrer autant de matière qu’il en faudroit pour tenir le Ballon en aâivité, & cela par le fecours d’un piftolet de moyenne grandeur, dans lequel on auroit foin de ne brûler qu’une certaine quantité de poudre , qui ne pro-duiroit qu’une légère expîofion dans le barillet, & une flamme très-foible qui périroit dans l’inftant. Cette opération pourroit fe répéter dix fois par minute; & en donnant une réadion aux matières inflammables dans le Ballon, elle les entretiendroit dans fon état d’équilibre.
- Il n’efl: pas plus pofllble de douter de i’effi-cacité de cette expérience que de l’autre,--fi l'on confidère que le foufre & le falpêtre brûlés produifent dans le récipient de Pair, ou dans lin fluide qui efi: élafiique comme lui, l’effet des matières employées dans le Ballon.
- Il ne s’agiroit plus maintenant que de lui imprimer un mouvement horizontal, mutuel & correfpondant.
- Je fuppofe donc un Ballon dont la capacité puifTe faire équilibre avec un poids de trois cents livres ;yau bas de fa ligne perpendiculaire A ferait un ajutage B percé par le bas pour
- p.10 - vue 16/22
-
-
-
- C lï 3
- enviffer le tuyau, qui communiqueront-au Baîîoa l’évaporation de la poudre, & qui feroit garni d’un côté d’un robinet C, pour laitier fortir,à volonté , la matière contenue dans ce Ballon par des courroies qui pafferoient dans deux boucles mobiles. Au point D feroit foutenu l’hémitphère E , à qui l’on donneroit la force & la cordifhmce pour réfitier à la pefanteur de l’homme, plus au poids de l’air comprimé dans fonintérieur, & autres acceffoires dont il a été parlé chdeffus. Au centre de cet hémifphère j’ajufterois d’abord avec folidité la place de l’homme, & je me ménagerons dans un côté en F, l’emplacement de la petite pompe afpirante & foulante. La capacité de cet hémifphère feroit correfpondante par le haut au Ballon , en décrivant feulement une circonférence un peu ovale; & par le bas , fon diamètre pins refferré, capable feulement de contenir en dedans une quantité d’air réfiftibîe, & qui maintienne l’équilibre entre les deux puiffances. Cet hémifphère feroit conditionné de façon à foutenir le poids, à réfiffer au mouvement de l’homme, & à l’effort de l’air comprefïible & extérieur (il eft inutile de dire qu’au lieu de taffetas qu’on emploie pour le Ballon, on peut taire ufage de la toile de quatre fils, de la peau, enfin d autres
- p.11 - vue 17/22
-
-
-
- matières, félon les circonftances). En F de cet hémifphère feroit affujettie la petite pompe, par îe moyen de laquelle l’air entreroit & fortiroit* Cette pompe recevroit l’air par un trou pratiqué en I, au-déffus duquel on éleveroit le pifton ; & en le faifant defcendre , il forceroit l’air de paffer par un autre trou pratiqué ail fond, & fur lequel ferôit mife une foupape en dehors, pour empêcher que l’air ne revînt dans la pompe quand on éleveroit de nouveau lepiftôn. La quantité d’air ainfi comprimée feroit alors chaffée par le canal ouvert avec d’autant plus de vîteffe, qu’il y a de différence entre la denlité de l’air renfermé dans le globe & celle de l’air extérieur. Tout cela eft poffible; & il ne faut que bien prendre fes dimenlions pour pratiquer avec fuccès.
- Le Ballon étant incapable du moindre effort de bas en haut, 8c ne pouvant ainfi s’élever par fes propres forces, fans diminuer la pefan-teur de l’atmofphère, il feroit facile de lui communiquer un mouvement horizontal. Rien ne peut être mû fans être pouffé i rien ne peut être pouffé fans qu’on le touche : voilà le grand principe. Ainfi fur mer les voiles communiquent aux vaiffeaux îe mouvement quelles reçoivent du vent qui les fait avancer : de même
- p.12 - vue 18/22
-
-
-
- t 13 J
- use légère voiture adaptée à l’hémifphère, peut produire le même effet fur notre, expérience *, avec cet avantage que l’effet en feroit moins grand, par la raifon des différences des réfif-tances & des efforts de l’eau avec l’air extérieur.
- Notre Ballon étant en équilibre dans l’air, n’exigeroit donc que la communication du moindre choc, pour être chaffé avec autant de force, que le feroit un vaiffeau à pleines voiles f fi l’on confiait e le rapport que l’air & l’eau ont entr’eux de 800 à 1. Or, cette communication peut s’obtenir, ou par le moindre effort du vent fur une voile adaptée à l’hémifphère , qui fervira plutôt à diriger & contenir le Ballon qu’à accélérer fa marche (fi l’on confidère que fa capacité préfentera toujours au vent une furface fuffifanîe pour le chaffer avec affez de force ), ou bien par le mouvement que l’homme peut lui feul acquérir ea frappant une portion fufîifante d’air.
- Pour employer ces deux moyens, il faudroit fixer en G & H de notre figure un léger levier qui fe mut librement fur ces deux points fixes, dont le bras du côté de la puifîance, c’eft-à-dire , au centre de l’héffîifphère oit feroit placé l’homme, furpafferoit en longueur la réfiftance de l’air, A chaque bout de ce levier feroient
- p.13 - vue 19/22
-
-
-
- € J4 3
- deux traverfes CD mifes^perpendiculairement, formant, avec le levier, deux triangles ifocèîes ; 8c à l’extrémité de ces traverfes feroient orientées des voiles d’une confiftance 8c d’une étendue combinées 8c difpofées de façon à réfifter à l’impulfion du vent & à l’effort de la colonne d’air qu’elles embrafferoient (en ,ne perdant jamais de vue que le moindre choc doit opérer le plus grand mouvement) , de façon que fi l’on vouioit fe îervir du vent, Kon pût orienter fur ce lévier les voiles qui lui communique-roient leur effort ; ou autrement, fi l’on vouioit faire mouvoir ce levier par main d’hommes, pour trouver dans l’air la réfiftance qui convient au mouvement, on adapterait au lévier line manivelle aux points G R, qui s’enleveroit ou fe mettrait à commandement. Il ferait poffible encore de diriger fa route , en oppofant moins d’efforts au vent 8c à l’air d’un côté que de l’autre , ou plus de furface à frapper ; ce qui peut aifément fe pratiquer en orientant les voiles d’une manière convenable.
- Préparation.
- Aux points 6 8c $ ferait affujettie une petite verge ou traverfe horizontalement, à l’extrémité de laquelle , aux points j 8c 8 , pafferoit une
- p.14 - vue 20/22
-
-
-
- È i; 3
- tringle perpendiculaire, fur chacune defquelles feroient orientées deux petites voiles triangulaires, qui fe lèveroient ou baifferoient à volonté du point 2 au point 3, par le fecours de bagues qui entreroient dans la tringle. Au bout de cette tringle, au point 2 , feroit pofée une petite poulie double, ainfi qu’au point 4, pour répondre au point commun y, où l’écoute de chaque voile feroit arretée, & où feroit fixé un va & vient , qui ferreroic d’un côté.la petite voile, en faifant defcendre de ce point commun les bagues du point 2 au point 3, du point 4 à 3 également, & qui détendroit de l’autre côte, en faifant remonter du point commun 3 aux points 2 & 4 ( obfervant qu’au point 3, chaque emplanture des deux voiles y doit être attachée). Il en feroit de même de l’autre côté du lévier, de façon que ce lévier ou ligne îranfverfale, qui feroit placé au centre de rotation de l’hémifphère, tandis que l’homme occuperont le centre de gravité , fe troitveroit fous fa main ; il pourroit aifément manœuvrer fes quatre petites voiles , les augmenter ou diminuer , fuivant les circonftances.
- Au point P feroit frappée une petite cheville de fer, par où entreroit & feroit mue à volonté une petite verge, à l’extrémité de la-f
- p.15 - vue 21/22
-
-
-
- î i« 3
- quelle feroit ajufiëe une tringle ïi & 13 ? formant également deux triangles ifocèles, fur chacun defquels deux voiles feroient adaptées & orientées de la même manière que les autres pour donner la dire&ion. Leur efiort fe termi-neroit en P, ayant toujours foin de proportionner ces voiles, de façon que le plus grand effet du vent puiffe faire équilibre avec le bras du levier, depuis le point P jufqu’à n. Tout fe trouvera alors fous la main de l’homme, & il pourra diriger fa route , fans fe fatiguer beaucoup.
- Lu & approuvé ce 15 Sept. 1785. DE S AU VIGNY.' J^u V Approbation, permis (£imprimer* Ce 17 eptcmbrs 1783. LENOIR.
- De rimpritnene de Demoêj ville, rue Chriftine.
- p.16 - vue 22/22
-
-