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Description de deux machines propres à la navigation aérienne
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- DESCRIPTION
- De deux Machines propres à la Navigation
- aérienne , avec figures / par M. B...
- Prix , 12 fols.
- X L refaite des expériences faîtes du ballon aéroffa-tique, que le ga£ concentré & ifolé dans une capfule s’élève dans l’atmofphère avec une force relative à fa îégéreté, 8c que dans fon afcenfion il enlève un poids plus ou moins confidérable.
- On peut donc dire, fans paroître enthoufiaffe de cette nouveauté, que la navigation aérienne eft ma-nifeflement praticable , 8c qu’elle offre les avantages les plus précieux pour la Société, (r)
- Il n’eff perfonne qui n’apperçoive dans cette merveille de l’efprit humain, un moyen fûr d’étendre 2c perfe&ionner le commerce, de veiller efficacement aux intérêts refpedifs des différens peuples, d’en découvrir probablement de nouveaux, peut-être même d’approcher, malgré l’impoffibiîité apparente , de ces affres fafpendus far nos têtes, par des routes praticables, que nous ne préfumons pas, parce que nous fommes dans une parfaite ignorance fur ce qui le paffe au-deffus de nous, 8c fur les véritables qualités de Fatmofphère dans fa haute région.
- D’après une perfpective ff flatteufe , on a fans doute un droit évident à rendre publiques fes idées far la perfedion 8c Futilité de cette découverte. Que dis-je ? c’eft un tribut que tout être penfant doit à la Société.
- (i) On fuppofe lega% inaltérable, conservant toujours fa farce d’afcenfion.
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- C’eff principalement dans ces vues que j’ai fait imprimer cette brochure* & moins dans l’intention de m’affocier à la gloire de cette découvere, qui eff due en entier à M. Montgolfier, que pour fatisfaire réellement à ce jufie tribut : trop flatté, fi j’étois affez heureux que d’avoir bien rencontré.
- J’ai divifé en trois parties la defcription de la Machine ci-contre.
- Dans la première, je traite de la perfeâion du globe & de fa folidité.
- Dans la deuxième, des moyens propres à le faire defeendre & monter à volonté, ainfi que de ceux qui font fufceptibles de le fixer à telle ou telle hauteur dans l’atmofphère.
- Dans la troifième, je traite de la maifon du navigateur , des voiles, Sc des agrès propres aux manœuvres.
- PREMIÈRE PARTIE.
- On ne fauroit trop s’aflurer des moyens propres à conferver le globe dans fon état d’intégrité, puifque c’eA de fa folidité & de fa perfeôion que doit dépendre le fuccès du voyage, & la fûreté du navigateur.
- Je propofe en conféquence de former un ballon de quatre enveloppes différentes ; la première & la plus intérieure, celle qui fera en contaâ avec le ga^> fera d’un taffetas enduit de gomme fur une feule face ; la deuxième, de papier brouillard dont on fefert pour papilloter les dames ; la troijîème, d’une toile de Rouen très-fine ; la quatrième, de cuirs de veaux bien tannés, ôc foigneufement choifîs.
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- Manière Remployer tes Enveloppes,
- On fera confiruire en planches un moule plus ou moins arrondi, fufceptible d’être démonté par l’intérieur. On y appliquera le taffetas par bandes, figurées en côte de melon, & de manière qu’elles croifent de trois ou quatre travers de doigts l’une fur l’autre , afin de pouvoir les coller enfemble. Après quoi, par def-fus toute fa circonférence, on collera la fécondé enveloppe, fur la fécondé la troifième, fur la troifième la quatrième, avec cette différence qu’on réunira d’abord plufieurs cuirs enfemble, de manière â figurer des côtes de melon. On les laiffera dépaffer l’une fur l’autre comme celles du taffetas, c’eff-à-dire , que les bords fe croiferont de même, mais fans être collés. On les coudra auffi près des autres tuniques que faire fe pourra, mais fans les comprendre dans la couture. Après cette première on en fera une fécondé , tant pour la renforcer, que pour la garantir du frottement d’une corde ifolée que je deftine à gliffer fur chaque côte, tant pour affermir, le ballon, que pour fervir d’attache à la maifon du navigateur.. Cette corde fera fixée par une troifième couture,, enforte qu’au moyen de cela elle fe trouvera logée, dans une gaine folide, qui l’affermira fans porter di-ledement fur le corps du ballon.
- SECONDE PARTIE.
- Le ballon a une afcenfion naturelle ; mais cette afcenfion doit être néceffairement bornée, & même ménagée de manière à pouvoir être gouvernée. Pour cet effet, il faut néceffairement un contre-poids-
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- fufceptible de variation , & de telle modification qu’on puiffe le diminuer ou l’augmenter, félon le befoin & la volonté. ^
- Ce contre-poids eft facile à imaginer, il ne faut point un grand effort de raifon pour le trouver ; & puifqu’on a le moyen de s’élever dans l’atmofphère par un air léger , il ne s’agit, pour defcendre, que d’emprifonner un air plus pefant, tel que celui qui nous environne. 11 eft donc queftion d’attacher au ballon galeux, un autre ballon conftruit en cuir feulement* dans lequel on puiffe loger le poids convenable d’air atmofphérique pour procéder aux diverfes évolutions*
- Il faut encore que ne ballon puiffe être vidé & rempli à volonté par le navigateur,. ce qui fe pratiquera aifément par le moyen d’un foufflet à foupape, & par un robinet qui feront contigus à la maifon, & qui communiqueront au globe pefant par un double conduit.
- Au moyen du foufHet à foupape, le navigateur chargera le ballon, Scdefcendra à volonté ; au moyen du robinet, il videra & montera de même. Enfin , il aura toujours la matière convenable à fes côtés* pour fe lefter à telle ou telle hauteur dans l’atmof-phère, & n’aura pas à craindre d’être élevé trop haut.
- Ainfi donc les moyens de monter, defcendre & fe lefter à volonté dans l’atmofphère, font évidens ; il ne s’agit plus que de donner une direftion à la Machine.
- TROISIÈME PARTIE.
- Il efi: effentiel de loger fûrement & commodément le navigateur, afin qu’il puifle librement, & avec -
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- confiance , exercer les manœuvres néceflaires, fait pour monter ou defcendre, foit pour faire route.
- Cette maifon doit répondre au refie de l’appareil, c’eft-à-dire, qu’elle doit avoir l’avantage de la légèreté 8c 4e la folidité.
- Sa grandeur fera proportionnée à la force du ballon , 8c aux befoins du navigateur pour l’exécution des manœuvres. Elle fera confiruite en cuir, foutenue de difiance en diftance par de fortes couroies : on la montera 8c on lui donnera une certaine confiftance au moyen de l’air atmofphérique qu’on introduira avec force le foufllet à foupape, enforte que cette maifon fera pofitivement une maifon pneumatique. Elle aura la forme d’une nacelle ; & c’eft de fon centre que le navigateur, étant aflis, exécutera commodément les manœuvres néceflaires à la conduite de la Machine.
- Un double tuyau partira d’un point fixe de cette maifon , 8c comnluniquera avec le ballon d’air atmofphérique : l’un fera joint au foufllet, 8c fera le conduâeur de l’air dans le ballon , l’autre fera joint à un robinet, 8c fervira à fa fortie.
- 11 y aura deux voiles, l’une pour prendre le vent, l’autre pour gouverner. La première \fera fituée fur l’avant de la maifon , 8c fixée à une certaine difiance de fa pointe , par une corde que le navigateur aura la liberté de mettre au point qu’il voudra. Inférieurement elle fera fixée au ballon d’air atmofphérique par le moyen de deux cordes paf-fées dans des anneaux , 8c que le navigateur fixera encore à volonté. Cette voile pourra fe ferrer 8c s’étendre par le moyen de ces deux dernières cordes.
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- La fécondé voile , fituée poftérieurement, fer-vira à gouverner, & fera infiniment plus petite que Fautre ; elle aura la figure d’une voile latine : la pointe en haut, fixée à une barre , la bafe en bas, fixée à la calle dé la maifon par plufieurs attaches & par une corde fixée au ballon d’air atmofphérique.
- Il ne faut pas s’attendre de gouverner cette Machine auffi bien & avec la même aifance qu’un vaif-feau. Tant qu’on fuivra la direâion du vent, les chofes iront bien; mais quand on aura une route oblique à faire, il en fera un peu différemïîj^çt. Le vent produira alors à l’égard de la Machine, te îque les cou* rans produifent à l’égard des vaififeaux, e’efi-à-dire, qu’il la fera plus ou moins dériver.
- Sur la fécondé Machine.
- La deuxième machine que je propofe, aura la forme d’une Barque , & fera conftruite à tous égards félon les mêmes principes que la première. Le gar fera logé dans cette Barque, 8c en occupera la partie fupérieure la plus évafée. A-peu-près dans le milieu du corps de cette deuxième Barque, fera une cloi-fon qui la divifera en deux ., enforte que le defious fera une vraie calle où l’on logera l’air atmofphérique propre à lefler la nacelle & à former le contre-poids néceffaire pour monter ou defcendre à volonté. Les moyens pour la charger & la vider feront les mêmes.
- Le navigateur fera placé dans une petite loge fituée fur l’arrière ; & de - là il exécutera toutes les manœuvres convenables. La mâture fera auffi légère que faire fe pourra, n’ayant d’ailleurs befoin que de porter une petite voile. Le gouvernail fera plus grand
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- que celui delà première Machine, proportionnément à la voile de cette fécondé.
- OBSERVATIONS.
- Je crois la première Machine plus navigable & moins fufceptible a’inconvéniens : le vent, en portant fur la voile de l’avant, fituée très-inférieurement par rapport au globe volant, fera lui-même un point d’appui qui tendra à le tirer en bas , & par conféquent à Faire effort fur l’air de l’atmofphère. Il fera encore un point d’appui dans fa direâion horizontale , par la raifon que la figure fphérique des deux ballons offrira une réfifiance au courant d’air, qui néceffairement les rendra moins vacillans. *
- La maifon du navigateur* ayant la forme d’une nacelle , n’offrira aucune réfifiance au vent , excepte quand il viendra par le côté ; mais alors même elle fera d’une reffource évidente en faifant à-peu-près la fonction d’une troifième voile quifavoriferafingulièrement les effets du gouvernail.
- En fuppofant qu’on ne veuille s’élever qu’à cinquante toifes, & qu’à cette hauteur le Ballon vînt à tomber par quelque accident, le navigateur ne fe feroit probablement aucun mal. i°. Parce que dans toutes les circonffances on doit s’attendre, qu’à cette hauteur le ballon fe videroit lentement , ce qui adoucirait fa chûte. 2°. Parce que le navigateur pouvant auflitôt lâcher le robinet & vider l’air atmofplié-nque , le contre-poids étant réduit, la chûte en feroit encore ralentie. 30. Enfin, parce que le navigateur étant dans une enveloppe très-élaffique, puifque fa
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- maifon doit fa confiftance à l’air qu’elle renferme dans? fes parois, feroit d’autant plus ménagé dans fa chute, qu’il ne toucheroit à aucun corps dur ; il efi: probable qu’il n’éprouveroit d’autre mal qu’un étourdiffement peu confidérable, auquel la crainte du danger contri-bueroit fans doute plus que le coup.
- On voit des enfans fe jeter du haut d’un pont très-dlevé dans la rivière, ôcfans affurément fe faire aucun mal, puifqu’ils font cela par partie de plaifir. Hé bien l la circonftance efl: encore plus avantageufe pour le navigateur aérien ; il tomberoit doucement', enveloppé d1 un corps mou, élaftique, qui amortiroit évidemment le coup.
- La chute du Ballon à Gonefle, celle de Verfailles, où le mouton 8c le canard n’ont eu aucun mai, malgré qu’ils ne fuflfent point dans une maifon molle êc élaitique, confirment ce que je. viens d’avancer.
- Je n’entrerai point dans de plus longs détails fur ces Machines. Mon but n’étoit que de donner une idée fur la poffibilité delà navigation aérienne. L’ai-je rempli? C’eftau public à le dire, & à l’expérience à méjuger. Je dis à l’expérience ; car tous les grands calculs mathématiques ne fauroient établir que des probabilités j & quoique cette fcience foit celle de toutes les fcien-ces abfiraites la moins fujette à l’erreur , j’ai fouvent vu l’expérience n’être pas tout-à-fait d’accord avec elle : voilà pourquoi je la prends pour mon juge.
- Lu& approuvé , ce 27 feptembre 1783. Di SawignY.
- Vu l’Approbation, permis d’imprimer, le 28 feptembre 1783.
- LE NOIR.
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