- Accueil
- > Catalogue général
- > Blanchard, Jean-Pierre (1753-1809) - Relation du quinzieme voyage aërien de Mr. Blanchard,...
Relation du quinzieme voyage aërien de Mr. Blanchard, fait à Francfort sur le Meyn, le 3 octobre 1785
-
-
- fc&L SI-
- DU QUINZIEME
- VOYAGE AÉRIEN
- D E
- Fait à Francfort fur UMeyn^le 3 Octobre ij8$j
- DÉDIÉ
- A SON ALTESSE SÉRÉNISSIME MONSEIGNEUR
- CHARLES,
- PRINCE PALATIN, DUC DE DEUX-PONTS.
- A FRANCFORT SUR LE MEYN, 1785,
- Page de titre n.n. - vue 1/12
-
-
-
- p.n.n. - vue 2/12
-
-
-
- 3£02VSJ£2CG2Yj£ ITM,
- JljE vif intérêt que Votre Alt esse^Serenis** si me a daigné prendre à ma quinzième Expérience} a prouvé à tome VAllemagne combien Elle aime à protéger les Arts.
- Combien de découvertes intérejfantes Jortiroîent du néant y fi tous les Artifles avaient, comme moi 9 le bonheur d'être protégés par un grand Prince; lé pouvoir dé Ihomme , quoique très-étendu ? ne peut avoir,
- /
- tout Jon ejfor, s'ilnejl développé pari appui à9 un aufft grand Seigneur.
- p.n.n. - vue 3/12
-
-
-
- Il me refiel Monseigneur , l’efpoir de répondre à Vos bontés par de plus grands fiuccès.
- DE YOTRE ALTESSE SERENISSIMË »
- Francfort furie Meyn , en fô
- Le plus humble & le plus .ohélffant Serviteur*
- * . . Blanchard , Citoyen d©»
- ' T‘ r * Calais, Pçnfionnaire
- du Roi,
- p.n.n. - vue 4/12
-
-
-
- ÏjEs fréquens Voyages aeriens n’avarîceroient pas cet art fublime, fi l’Artifle qui s’en occupe ne faifoit des tentatives iur la dire&ion ou fur les nouvelles connoiffances que l’aéroftation peut procurer à l’homme : plein de cette intention, e’eft toujours avec un nouveau plaifir que j abandonne le féjotir terreftre pour parcourir i’immenfîté des deux. Toutes les fois que mon corps s’élève dans le vafte fluide, mon ame femble aufïi prendre un nouvel effor & mille idées enchanterefTes eïi fe fuccédant me fontoublier les revers que l’homme éprouve quelquefois.
- Ici-bas la mufique 8c les artsles plus enchanteurs qui égayent lecœur, Scqui, quelquefois guériffent l’ame de cette trifteffe & de cette affreufe mélancolie dont elle eft fi fouvent accablée, ne font qu’un foible remède en comparaifon de celui qu’éprouve l’homme ifolé dans la nature en planant dans les airs: c’eftlà, qu’éloigné des humains, errant dans cette vafte folitade, l’Aëronaute femble oublier la terre pour fe rapprocher de la Divinité. Mais, hélas 1 il fe voit bientôt forcé d’y reprendre fa place.
- Le Lundi 3 oâobre 17S5 5 Je remplis d’air inflammable le Ballon de Calais 3 mais ayant confommé toutes les matières îiéceffiiires la journée du 27 Septembre précédent, 8c n’ayant pu m’en procurer d’autres , j.e ne pus le remplir qu’aux deux tiers , ce qui priva M\r Schcwciier, Officier au Service de France, de m’accompagiïer. A 10 h. 3$ m le vent étoit N. E., le Ciel couvert par tout exaâement * 8c le baromètre à une ligne au deffiis du variable , je m’élevai de la plaine immenfe, fameufe par la viéioire de Berghen'. Parvenu à une Certaine élévation, je lançai mon paiachute charge dun chien. La Machine fe déploya à l’inflant, & l’animal planant dans l’atmofphère i fut tout doucement fe repofer à un quart de lieue de Francfort. Me-
- p.5 - vue 5/12
-
-
-
- (ê)
- tant débarraflfé de ce left, je fus à l’inftant porté à plus de 4000 pieds plus haut. J’entendis peu après 3 coups de canon, que S. A. S. Mgr. le Landgrave de Hombourg. avoit ordonne qu’on tirât à mon paflage fur îa Ville de Hombourg ès-Mons, diftante de 4 lieues de Francfort. J’y répondis par le falut de mon drapeau, 8c j’eus même envie de terminer là mon voyage ; mais appercevant une chaîne de montagnes garnie de forêts , je m’élevai dans rintention de faire une expérience en les francbiffant. Le baromètre étoit à p. Il baiffa fenfiblement à mefure que j’en approchois, 8c il reprit fon même degré d’élévation après que je les eus paffees. Comme le Ciel étoit exaâement couvert, je n’éprouvai ni dilatation , ni condenfation ,, ce qui me coi>firma dans l’idée que j’avois d’avoir régulièrement fuivi le profil de la montagne. Le Ciel s’obfcurcit davantage , 8c ma fphère fe trouva plongée dans les nuages jufqu’à l’équateur 3 je voyageai ainfi dans une douce température, pouffé par un vent. S. E, A cette élévation, ( félon mon baromètre ) qui étoit de 6^00 pieds de terre, les courans étoient différens. Je ne voulois point entrer plus avant dans les nuages, afin de ne pas me dérober à la vue des hommes. J’enten-dois très-diftinélementle fon des cloches, l’aboiement des chiens, 8c.des coups defufil ; je diftinguois aufii fort bien avec mon télefcope, les Villes 8c les Villages , par-deffus lefquels je paffois. A n h. 5 m. j’entendis un bruit fourd, dont l’écho étoit épouventable; il reffembloit à celui de ces cafcades formées par la nature ? que j’ai vues dans le Dau-.phiné,8c doht le bruit défagréable fe fait certainement entendre j ufqu’aux mies. A 11 h. $ m. j’apperçus dans Je lointain une Ville, qui me parut affez bien fituée. j’examinai ma boûffole 8c ma carte, 8c je crus -reconnaître la Ville de Naffau Veilbourg. Je m’abaiffai à j 1 h. 10 m. dans une Vallée , au milieu de laquelle coule la rivière de Lahne.-— Arrivé fur une belle Prairie, je jettai l’ancre. Il étoit nh. 15 m. Tous les habitans attirés par la curiofité açcouroient, lorfqu’un enfant qui me crut arrêté par accident, fauta à l’ancre , la dégagea 8Ç enabandonna le cordeau. Je me relevai comme un éclair en murmurant contre l’officieux indifcret,& j’allai m’ancrer plus loin ; mais un malheureux berger vint de nouveau à toutes jambes dégager mon ancres malgré les fignes preffans que je lui faifois de me retenir 8ç de me conduire dans fa Ville, il m’abandonna. J’aurois certainement pu éviter ces défagrémens, fi j’avois voulu ouvrir ma foupape , mais je ne jugeai pas à propos de perdre l’air inflammable , afin de pouvoir y entrer par deffus les maifons.Je fus porté vers la rivière, au milieu de
- p.6 - vue 6/12
-
-
-
- _ ( 7 )
- laquelle je jettai l’âncrô, certain qu’on rie poürroÎÉ plus trie contrarier» Le rivage fut à l’inflant couvert d’un Peuple immenfe. Je demandai fi le Prince étoit à fon Palais, perfonne ne put me répondre; enfin les Confeillers 8c les Bourgeois arrivèrent, 8c après m’avoir aidé à ployer mon Ballon, ils me eonduifirent en triomphé à la Ville, ou je reçus beau-, coup de complimens, 8c l’on me pria d’accepter un fplenàidefouper.Le lendemain je partis dans une des voitures du Prince pour retourner à Francfort. — Arrivé à la Salle de fpedtacles, je fus reçu au fort de la mufiqueSc aux acclamations générales; tous les Aéleurs parurent fur le Théâtre , 8c deux charmantes Aôtrices,repréfentant les Grâces, après quelques couplets faits à cette occafîori , couronnèrent mon bulle, qui s’éleva au milieu du Théâtre. — Je me rendis enfuite chez M. le Comte de Rômanzow, Ambaffadeur de Ruffie : ce Minillre tenant deux bougies à la main , eut l’honnêteté de me préfenter fur un balcon au Public, qUi me demandoit à grands cris. — Le lendemain , quelle fut ma furprife , lorfqu’entrant dans mon caroiïè j’apperçùs qu’une quantité d’hommes avoient pris la place des chevaux, 8c me traînèrent ainfi malgré moi au Speélacle, où je fus conduit dans la loge des Princes. Il efl inutile de dire combien les bravo 8c les applaudiflemens me furent prodigués ; je me vis forcé d’aller de loge en loge, où je reçus les complimens les plus flatteurs. Après îa Comédie je me rendis à l’Hôtel de l’Empereur , pour y fou per avec les principaux habitans de Francfort : cette aimable Société mit le comble à fes politeffes par un très-honnête cadeau'. — Le lendemain 6 9 je me renais au Sénat aflemblé, où j’eus l’honneur de préfenter mon Drapeau, aux Armes delà Ville, à MM. les Magiflrats. Après des complimens agréables , ils m’honorèrent dé Ç© Médailles d-or,? frappées à l’occafîon du Couronnement dit Grand Joseph II. — J’annonçai mon départ de Francfort pour le Lundi io. Le Théâtre voulut fe fignaler le Samedi 8, en me faifant les adieux les plus pompeux. Après la première pièce, le Théâtre fe changea en un fuperbe Palaisy mon bulle s’éleva fous un Trône magnifique ; le fond repréfentoit le Temple de Mémoire & les neufMufes erigardoient l’entrée , les trois Grâces richement décorées 8c ornées de guirlandes de fleurs, ainfi que de petits Amours , m’adrefferent quelques couplets , 8c vinrent enfuite a la loge que j’ocCupois , où j’avois l’honneur d’être accompagné par fon Excellence M. f Ambaffadeur de Ruffie. Ces charmantes A&rices , bien faites pour repréfenter les Grâces, me décorèrent d’une Couronne de Lauriers 8c de Guirlandes de fleurs 3 d’une telle
- p.7 - vue 7/12
-
-
-
- (8)
- manière^ que je lie pus m’en débarraffer que très~difKcilemêftt,p0tt£ me préfenter au Public 8c le, remercier de fes applaudiffemtns. Signé Blanchard , Citoyen de Calais, 8c Penfionnaire du Roi,
- Procès-verbal deVAfcenjion du îÇe.Voyage deM. Blan chard. Citoyen'de Calais & Penfionnaire du Roi; fait à Francfort fur le Mcyn j le 3 Octobre iy8$.
- L’an 178^ , cejourd’hui 3 Octobre , Nous foufïignés déclarons? avoir été témoin de la 15e Expérience aréoftatique de M,' Blanchard , qu’il a faite avec le Ballon de Calais , celui du 27 Septembre ayant été déchiré par la tempête , 8c mis hors d’état de fervir. Cet Aéronaute ayant pris des précautions contre le vent, s’eft élevé dans les airs devant la plus brillante affemblée, emportant avec lui fon parachute pour faire une expérience fur la chûte des corps graves. Lors de fon afeenfion , il étoit 10 h. 36 minutes , le vent Nord-Oueft. Le Baromètre à 27 pouces 7 lignes. Le Ciel tout-à-fait couvert. Signés, Louis, Prince héréditaire de Heffë-Darmftadt. Princeffe de Furftemberg, néç Comteffe de Sternberg. Charles, Prince de Heffe-Darmftadt. Le Comte de Trautmanusdorf. Charles, Prince Palatin, Duc de Deux-Ponts. Elifabeth , Princeffe de la Tour 8c Taxis, Frédéric, Landgrave de Heffe-Hombourg, Comteffe de Baffenheim , née Comteffe de Neffelrod. F. C. de Frankenftein. Amélie, Princeffe Palatine, Ducheffe de Deux-Ponts. Louife, Princeffe héréditaire de Heffe-Darmftadt. Frédéric-Augufte, Prince de Heffe-Darmftadt. La Comteffe de Metterniçh, née Comteffe de Kageneck. La Princeffe de Hohenlohe, née Princeffe de Reus. LeComte de Baffenheim. Le Comte de Romanzouv. La Princeffe de Furftenberg. Caroline, Princeffe héréditaire de Heffe, née Princeffe de Dannemark. Caroline Marg. de Brandeb. Bareith , Princeffe de RruyiffV. Lüneb. H. Marquife du Chaftelet. La Princeffe Douairière de Heffe-Darmftadt. Jofeph, Princeffe de la Tour & Taxis. Augufte Princeffe Palatine , née Princeffe de Heffe-Darmftadt. Magdeleine, Princeffe d’Anhalt Bernbourg. Frede-rique, Princeffe de Heffe. Caroline, Princeffe de Naflau. Caroline % Princeffe de Heffe. Le Prince Palatin de Deux-Ponts. Louis-Georges,-. Charles, Prince de Heffe. Le Comte de Goertz.
- Nous foufïignés, déclarons avoir vu paffer M. Blanchard à 11 h. 3<^ ro,, 8c il nous a paru vouloir defeendre dans notre Villej en effet il nous a dit depuis, avoir jétté fon ancre à la Ferme de wVnrholz ,
- |OU|
- p.8 - vue 8/12
-
-
-
- ( § )
- tout procîiè de notre Ville, ÔC qu’il s’y feroît arrêté, fi uir enfant, qui n’entendoit pas fa langue, ne l’avoir délancré ; qu’il s’étoit porté à quelques pas plus loin dans la même intention, Sc qu’après avoir jette fon ancre dans un buifion, il avoir éprouvé encore le même défagré-ment par un berger, qui ne l’entendoit pas non plus; qu’il étoit allé à environ un quart de lieue de-là ; Sc bien certain qu’onnele défaiicre-roit pas cette fois, il s’étoit porté à l’autre bord de la rivière de Lahne^ où perfonne n’avoit pu contrarier fon intention, --- En effet, il s’eft repofé fort tranquillement fur la terre au lieu marqué, à 11 h. 24 m. L’ayant fuiyi de loin, nous nous fommes tranfportés au lieu où il étoit* nous lui avons aidé à ployer fon Ballon Sc l’avons mené avec plaifir dans notre Ville au milieu de Nous. — En foi de quoi nous avons figné ces préfentes. Donné à Weilbourg ce 3 d’Oétobre 178 V Textor, Lieutenant au Service de Nafiau-Weilbourg , le premier qui a été fur le lieu, Sc qui s’efi fait un plaifir d’aider M. Blanchard à ployer Ton Ballon. — Le Baron de Keller, LieUtenant 4u Régiment de Nalfau-Weübourg du Cercle du haut-Rhin. — Guillaume-Louis Médicus , Confeiller de la Régence. — O. Ç. Volk, Affeffeur de la Régence Sc Prévôt de la Ville. — J. H. Stricker. Stouz. J. C. Leidner de Ban-court. De Grefs, Secrétaire de la Chambre de Wetzlat. —- Rondio ^ Révifeur des Comptes de la Chambre des Finances»
- LETTRE d'UJîngue , du 3 Octobre. A 10 h. 40 min. avant midi, nous avons eu le plaifir d’obferver au^défiais de nous, M. Blanchard avec fon Ballon, à la hauteur d’environ 600 toiles, le vent étant Sud-Eft, il fembloit fe diriger vers le Nord-Ouefl. Le Ballon nous a paru avoir un pied de diamètre.
- •
- Autre de Rombourg-ï s-monts, du 3 Octobre. Ce matinà 10 h. 43 m. nous avons eu le plaifir de voir M. Blanchard, planant bien haut dans: latmofphère, au-deffus de notre Ville Sc Château, d’où il a été falué de 3 coups de canon , auxquels il a répondu avec fou drapeau, Il pa?* roifloit diriger fa route vers le Wfefterwald.
- Autre de Reiffenberg du 3 Octobre. Vers les 11 h. M. Blanchard % paffé avec fa machine aréoftatique au - deffùs Sc derrière la grande Montagne , dite leFeidberg, Sc c. Il fe dirîgeoit vers Cologne, Noii| l’ayoïis obfervé pendant un quart-d’heure.
- B
- p.9 - vue 9/12
-
-
-
- LE T TRM de M. Blanchard à S. A. S. Mgr. te Prince de Naflàu Weil-bourg , à Kirch -Heim Polandem, en date de Francfort % le £ Octobre 2jS$.
- Monseigneur ;
- Guidé par l’efpoir flatteur de trouver Votre A. S. dans fou Palais, à Weilbourg; j’ai defeendu des airs pour lui rendre mon relpedtteux hommage ; mais ayant appris qu’Elle n’y étoit pas dans ce moment, j’allois planer de nouveau $C continuer ma route, lorfque vos em-prefles Sujets me prièrent de defeendre au milieu d’eux ; je me rendis à leurs inftances, j’ancrai à quelques pas de votre Ville, où je fus conduit en triomphe par les Confeillers de Votre Altefle, qui me prodiguèrent les applaudiflemens & les fêtes; mais je remarquai au milieu de cette joie générale , que chacun regrettoit de ne pas pof-féderfon Souverain. Je prends la liberté, Monfeigneur, d’envoyer à V o-tre Altefle un des drapeaux de ce voyage aérien , en la fuppliant très-humblement de vouloir bien l’accepter, comme le tribut de mon hommage, & du profond refpedt avec lequel je fuis, Monfeigneur deV. A. S,
- Le très-humble & très-obéijfant ferviteur Blanchard , Citoyen de Calais $£ Penfionnaire du Roi.
- Le Prince de Najfau IVeilhourg, a reçu avec bonté le drapeau de M. Blanchard, des mains de M. de Bancourt. S. A* S. a daigné faire dire à l’Aéronaute qu’Elle le verroit avec plaifir à Kirch-Heim Polandem , pour le remercier de fon attention, 8c Elle remit aufli-tôt le drapeau entre les mains de la Prinçefle.
- Le 13, M. Blanchard fe rendit à l’invitation du Prince, qui lui fi£ préfent d’une fuperbe boîte d or^, & lui fit part du depot de fon drapeau dans fes^ Archives. Apres le fouper , la Prinçefle demanda à l’Aéronaute quelle heure il etoit lors de fa defeente à W eilbourg , & fur Ce qu’il répondit qu il étoit n h. 1*5 m. Eh bien ! lui dit la Prinçefle , voila une montre qui marque exaâement cette meme heure , je vous prie de la garder. M. Blanchard lafliira que cette fuperbe montre lui ferviroit dans tous fes Voyages aeriens ; ce qui pa-Tut faire plaifir a la Prinçefle.
- Tous les Princes & Prîncefles d’Allemagne qui étoient à Francfort
- p.10 - vue 10/12
-
-
-
- (' î I )
- - . _ N ' * . * $
- m nombre de 122, ouï été tellement flattés de l'expérience de Vif Blanchard y qu’ils ont formé un grand projet auquel il vient de fouf-crire. Il s’agît de conftruîre ( fi le couronnement du Roi des Romains a lieu ) une machine aéroftatique capable d’enlever perfonnes. M. Blanchard fera le Conftruédeur & le Pilote de cet énorme Aéroftat. Ce fera alors qu’il pourra tenter efficacement quelques moyens de direction : en attendant, il va en tenter de nouveaux dans les Pays-Bas, ’ à Hambourg, à Vienne, à Warfovie, à St. Pétersbourg, à Rome, à Milan, à Naples, en Efpagne 8c dans plufieurs autres Royaumes où ileft demandé.
- Avtre Procès-verbal.
- L’an 178*5, le 17e. jour d’OCtobre, Nous fouffignés déclarons nous être trarifportés fur les 11 h. du matin, au lieu où M. Blanchard avoir dépofé foij Ballon que nous avons vu avec plaifir ; nous avons aufîi examiné le parachute de l’invention de cet Aéronaute, 8c fur ce que nous avons paru en defirer une expérience. M. Blanchard eft monté vers le midi au haut de l’Eglife Paroiffiale, 8c a répété deux fois i’ex-përience • le chien quiétoit dans un filet appendu au parachute, eft defcendu fi doucemenVqu’il eft impoffible qu’il en ait reçu la moindre incommodité. Nous déclarons que cette expérience qui a réuffi parfaitement, nous a fait un plaifir infini. En foi dë quoi nous avons (igné, à Coblentz ,'le jour 8c an que deffus. Clément , Eleéteur de Trêves. CuNEGONDÉ, Princeffe, AbbèfTe d’Eflfen 8e de'Thorn. Le Comte DE MetTernich Vinnebourg. ComtefTe de Metter-KICH, née Comteffe DE.Kagenecx. Hugel, Confeiller intime de S. A S. E. de Trêves. Le Baron de Duminique. Weckbecker , Confeiller de la Cour de Juftice de l’Eleéteur de Trêves. '
- B E RN I E R P RO C È S - V E R B A Z.
- >} L’an mil fept cent quatre-vingt-cinq, le 27 Septembre, Nous fouffignés, certifions que la journée du 2ç de ce mois, a été fi terrible, que M. Blanchard y qui avoit annoncé fa 15 e. Expérience aéroftatique pour ce jour la, fut obligé de la remettre au lendemain dans l’efpérance que le temps fe calmeroit; mais au contraire, la pluie & la tempête augmentèrent à un tel point, que les tentes qui avoientété renverfées la veille, furent déchirées, 8c une partie de l’enceinte qui avoit fubi le même fort, fouffritçonfidérablement, de forte qu’il auroit
- p.11 - vue 11/12
-
-
-
- été impoffible à notre Àéronaute de tenter [Expérience. Mous Peng^ geâmes même à la remettre à un autre temps que celui de l’Equinoxe en lui repréfentant combien nous nous intéreffions à fes jours ;. mais par le defir quavoit M. Blanchard de fatisfaire toute la Ville, qui étoie remplie de Princes , de Seigneurs & ^Etrangers arrivés exprès de toutes parts , il réfolut de la tenter le 2.7. Comme le temps paroiffoit le bien difpofer, nous 11e nous oppofâmes pas à fon zèle; à 9 heures du matin, quoique le vent parut s’élever, on commença Po-pérationmais il augmenta tellement qu’on eut toutes les peines du monde à introduire l’air inflammable dans le Ballon , les bourrafques de vent, qui fe fuccédoient, étoient fi violentes que le Ballon, qui fe déchiroit de place en place , par le pôle inférieur, entraînoit plus de çept hommes qui vouloient le retenir; cependant, malgré la tempête 011 parvint à le remplir autant qu’il le falloir pour enlever trois per-fonnes. A une heure S. A. S- Mgr. le Prince Louis-Frédéric de. ÈeJJl Parmfiadty qui depuis long-temps defiroit faire un Voyage aérien avec yi. Blanchard^t ntra dans la nacelle, malgré les repréfentations qu’ont fit à S. A. furies dangers que la tempête pouvoir occafionner :rien ne fut capable d’ébranler ce Prince courageux , il fe plaça tranquillement jdans le char à côté de M.Schwiet%er, Officier au Régiment de Schom-berg, Dragon, qui étoitauffi du Voyage. Au moment que M. Blanchard .calculoip fon lelt& fe difpofoit à partir, recevant tous nos vœux, il furvint un ouragan fi terrible , que le Ballon qui préfentoit un coup d’œil fuperbe, fut déchiré du haut en bas , l’air inflammable qui s’é-chappoit avec abondance, fut auffi-tôt remplacé par l’air atmofphé-rique ; il fallut promptement redoubler de force pour tout retenir. Quoique M. Blanchard, plus d’une heure auparavant, lions eut fait part de fes craintes fur ce fâcheux événement; il en fut très-ému| on l’enleva de la nacelle , & on le porta au milieu de nous, nous lui rendîmes tous lgs fecours qui étoient en notre pouvoir , & après l’avoir raffiné fur cet accident, ou il efl: clair qu’il n’a aucun tort, mous l’avons amené dans notre voiture, dans laquelle il nous a déclaré avoir apporté à Francfort fe Ballon de Calais en fort bon état, aveq lequel il fe propofe de refaire l’expérience Lundi prochain 3 d’Oétobre. En foi de quoi, nous avons ligné le préfent Procès-verbal les jour Sc an que deffiïs. A Francfort fur le Mein. Signés, .Charles , Prince Palatin, Duc de Deux - Ponts , m-ppria. Louife , Princelfe Héréditaire de Helfe-Darmfiadt. Amélie, Princelfe Palatine, Duchelîè de Deux-Ponts m-ppria. Louis, Prince Héréditaire de Helfp Darmftadç. FQi&f covie conforme à l'original, n
- p.12 - vue 12/12
-
-