Notions fondamentales sur la télégraphie
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- NOTIONS FONDAMENTALES
- SUR LA
- TÉLÉGRAPHIE
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- Bibliothèque de l’Elève-Ingénieur
- fédoc 1(1
- MI0N8 FONDAMENTALES
- SUR LA
- LEGRAPHIE
- ENVISAGEE DANS
- Son développement, son état actuel et ses derniers progrès
- (DU BRÉOUET AU POLLAK & VIRAQ & AUX TÉLÉPHOTOGRAPHES)
- PAR
- Albert turpain
- Professeur de Physique à la Faculté des Qriryrrr; dç,J,’Jlniv<"'‘!'i-t\ ii I ' ........*"r*'v
- B l B L l O T H t Q U '£ ^ %
- I DU CONSERVATOIRE NATIONAL imrMVTS. &
- GRENOBLE
- Jules Rey, éditeur (Succr de A. Gratier et J. Rey) 2], Grande-Rue, 27
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- JVÆA.FÜ’S..
- A-tri H'TttTV'^V ÎL LA R r Editeur
- Quai des Grands-Aiigustins, 55
- 1910
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- INTRODUCTION
- La télégraphie électrique est la plus ancienne application industrielle de Vélectricité. Son étude un peu approfondie fournirait aisément la matière d’un gros traité. Non seulement la description des premiers télégraphes, aujourd’hui désuets, ne serait pas sans intérêt en montrant la genèse d’idées fécondes chez les divers inventeurs, mais encore la description des perfectionnements incessants auxquels elle donne lieu tous les jours fournir eût ample matière et d’intéressants développements.
- E11 laissant de côté tout ce qui n’est pas la télégraphie électrique : les procédés nombreux et divers qtd, à l’origine des civilisations et chez les peuples anciens, servirent à la transmission de la pensée (clepsydre à signaux des Romains, feux colorés et intermittents qui servaient aux Gaulois comme signes de ralliement et qui constituèrent chez les Chinois tout un art très avancé cle communications à distance); en omettant même l’exposé de la si utile invention des fibres Chappe, qui ne se perfectionna et parvint à conquérir peu à peu tous les postes d’Europe, qu’au prix d’incessants et très nombreux travaux ; en ne commençant,
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- enfin, l’étude de la télégraphie qu’au moment où elle emprunte le courant de la pile de Volta, comme mode d’action et le solénoïde d’Ampère, comme âme de ses appareils, on pourrait consacrer plusieurs chapitres à l’exposé des nombreux types de télégraphes, les uns qui furent seulement décrits, d’autres qui fonctionnèrent et assurèrent meme le service pendant plusieurs années, dispositifs souvent très ingénieux et parmi lesquels nous découvririons l’origine de nombre d’inventions qui devinrent heureuses lorsqu elles furent transportées, plus tard, dans d’autres domaines des applications électriques ou même purement mécaniques.
- Quand on compulse les traités de télégraphie édités vers 1850, on est étonné du grand nombre d’appareils qui ont été imaginés et qui retinrent même Vattention des administrations et des savants.
- C’est d’abord toute la classe des télégraphes à aiguilles dont certains, tel le télégraphe à deux aiguilles, de Walker,fut alors considéré comme le plus parfait des télégraphes électriques. Ces télégraphes étaient à signaux. Celui imaginé par Bréguet et idilisé en France s’ingéniait ci répéter et à représenter au moyen de deux aiguilles les signaux adoptés par le télégraphe Chappe. Après avoir accumulé contre l’invention des Chappe toute une série d’obstacles ; lorsque l’ingénieuse idée de Claude Chappe, qui permit aux trois frères, pensionnaires dans des établissements différents, de communiquer, malgré la distance, ci l’aide de simples réglettes de bois ; lorsque cette idée eut été adoptée et fut devenue le mode officiel de communication télégra-
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- phique, on ne conçut plus qu’un téléqraplie, fût-il électrique, et employa-t-il le secours d’un fil de ligne pût se servir d’autres signaux que des signaux Chappe. Aussi, les premiers inventeurs, Bréguet, en particulier, se virent-ils obligés de concevoir des dispositifs électriques réalisant des signaux Chappe pour faire adopter leurs télégraphes par les administrations intéressées. Tellement puissante est,la routine et la force de l’habitude !
- Il eût été si simple, cependant, puisque les procédés de transmission étaient tout autres de se proposer de suite la désignation des lettres sur un cadran, comme le t'éalisa plus tard celui des appareils Bréguet, qui devait desservir, longtemps encore, les lignes télégraphiques des chemins de fer.
- Oa ne compte pas moins de six à huit télégraphes à aiguilles : Cooke, Wheatstone, Walke, Bréguet, Bain exercèrent leur ingéniosité à les combiner.
- Puis vient la classe des télégraphes à cadran, qui comprend encore des types de Wheatstone, de B régi/et, de Paul Garnier, de Pelchr^im, de Drescher, de Siemens et Hcdske, du Dl Kramer et de Froment.
- Enfin, les télégraphes écrivantsfont leur apparition : celui de Morse, les modifications de Stoehner, l’appareil de Froment, ceux de Dujardin, de Siemens, de Brett et, enfin, de Bain. C’est le dispositif de Morse cpd, par sa simplicité et sa robustesse, a seul subsisté.
- En même temps que ces divers télégraphes se perfectionnaient, bien des appareils, empruntant les dispositifs du télégraphe électrique, étaient imaginés : telles
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- sont les horloges électriques, celle de Bcdti, celle de Paul Garnier, celle de Weare, enfin, celle de Froment. Aux applications diverses de la télégraphie à la transmission du temps viennent se joindre des appareils propres a mesurer la vitesse des projectiles, celui, de Bréguet; Venregistreur électromagnétique des observations météorologiques de Wheatstone ; h anémomètre inscripteur Ahria ; l’appareil de Bond, pour noter électriquement V époque du passage des étoiles sous le fil du réticule d’une limette d’observation.
- Nous pourrions, on le voit, consacrer plusieurs pages rien qu’à la description sommaire des premiers types de télégraphes électriques.
- Mais, l’appareil télégraphique n’est pas le seul organe d’une communication électrique ; la ligne en constitue l’un des importants dispositifs.
- La ligne est-elle aérienne, son étude nous amène à, la description des fils de natures diverses successivement utilisés. Tout d’abord de fer, bientôt après de cuivre, le fil de ligne fat de nouveau choisi en fer, la rupture des fils de cuivre se produisant trop souvent. Aujourd’hui on utilise généralement le bronze. Quehjues fils de fer sont encore utilisés; ils présentent de 4 à 5 m/m de diamètre, offrant ainsi une résistance de 10w a 7W par hilomètre. On emploie encore, dans certains cas (climats spéciaux qui nécessitent desfils très résistants ci la rupture) le cuivrejrhosphoreux ou les fils bimétalliques dont l’âme est en acier et le revêtement en cuivre.
- L’étude de la ligne nous conduirait a la description
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- des divers systèmes d’attaches : poteaux de bois ou de fer de hauteur variant depuis 6 mètresjusqu'à 12 mètres, cloches, isolateurs divers en porcelaine, en, verre, protéyés ou non par des revêtements d'acier. Enfin, il a est pas jusqu aux procédés utilisés pour empêcher les vibrations desfis de produire des sons désagréables pour les habitants des maisons qui les supportent, qui n'aient à retenir quelque peu l'attention, en indiquant les sourdines dont on munit alors le conducteur.
- Après la ligne, l'appareillage des bureaux mériterait une description détaillée :
- 10 Parcifouclres à pointes ou àfil, destinés à protéger l’employé contre la chute accidentelle cle la foudre sur ligne ;
- 2° Commutateurs divers servant, d'une part, à relier les nombreuses lignes arrivant au bureau avec les appareils divers permettant, d'autre part, de munir de piles, plus ou moins puissantes, suivant la distance à franchir, tel ou tel appareil ;
- 3° Indicateurs d'appel ;
- 4° Piles de divers modèles, aujourd'hui remplacés quelques fois par des batteries cl' accumulateurs.
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- Les lignes souterraines et sous-marines pourraient encore nous retenir assez longtemps. La description des procédés différents utilisés pour constituer des câbles souterrains bien isolés, l’ingéniosité déployée pour constituer, sans avoir recours à la coûteuse gutta, des câbles
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- à fort isolement, ne laisserait pas de présenter un grand intérêt. Nous g verrions que, dans le but de remédier à la trop grande capacité électrique que présentent les cables télêgraphi<pies a la gutta ( capacité due au pouvoir inducteur spécifique élevé de la gutta qui égale 4, 2 fois celui de l’air), Fortin Hermann créa, vers 1882, un tgpe de cable de capacité trois fois moindre (pie ceux à la gutta. A cet effet, des chapelets de perles en bois étaient enfilés sur un fil de cuivre nu et l’on recouvrit le tout d’un tuyau de plomb. 1 J isolement était, assuré par l’air. On obturait à la paraffine les extrémités de chaque section de cable sitôt après fabrication.
- Il faut, évidemment, que l’air enfermé soit sec. L’isolement deviez d nul si de l’humidité pénètre dans le cable. Pendant lapose, le magasinage ou même durant la fabrication, le bois étant très hygrométrique, l’air interposé entre le fil de cuivre et le revêtement de plomb, peut devenir humide. C/est ainsi qu’il suffit que le revêtement de j)lomb soit mordu par les rats, ce qui a lieu parfois dans les égouts des grandes villes où sont disposés les cables d’entrée des lignes télégraphiques, pour (pie l’isolement- du cédtle disparaisse.
- L’ingénieur des télégraphes Jacquin eut l’idée de • régénérér les câbles Fortin par circulation d’air sec. Cette idée fut des plus utiles. C’est sur le principe de cette régénération par circulation d’air sec (pie fut basée la création de cables télégraphiques ou téléphoniques sous papier ci courant d’air sec. Tant par leurs qualités remarquables de faible capacité que par leur bon marché ces cables, dont la créa,lion date de 1893
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- et est due à M. Barbarat, sont, aujourd’hui adoptés d’une façon générale non seulement en France, mais dans tous les autres pays d’Europe.
- Ce simple exemple montre guet intérêt présenterait l’étude des câbles télégraphiques souterrains.
- Combien plus intéressante encore serait celle des câbles sous-marins. Leur fabrication ; les mille précautions prises pour leur assurer un isolement régulier et constant ; leur embarquement dans les soutes des navires qui doivent les poser ; le choix desfonds marins sur lesquels on les déposera et la description des procédés de pose ne manqueraient, certes pas, de nous retenir. Les précautions toutes spéciales que nécessitent les soudures successives des divers tronçons d’un câble, sa jonction avec les parties plus robustes qui constituent, de part et décadré, le câble d’atterrissage, les procédés permettant de reconnaître, en cas de rupture ou simplement d’endommagement, à quel endroit exactement le câble est rompu ou endommagé sont également des questions du plus haut, intérêt.
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- Cette rapide nomenclature des si jet s divers qui peuvent tous être compris dans une étude delà; télégraphie électrique, montre combien sont vastes et nombreuses les questions qu’elle j)ose. Au lieu d’esquisser, ici, chacune d’elles et de dresser comme une table des matières détaillée de tous les sujets intéressant la télégraphie électrique ou faisant partie de son-domaine, il m’aparuplus utile de me tenir ci un cadre plus restreint,
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- mais bien défini, et d’en approfondir un peu plus l’étude.
- Tous les dispositifs auxiliaires d’un télégraphe électrique : lignes, cables, fils, appareil de mesure, de recherches des défauts, de préservation ou déconnexion peuvent être considérés sinon comme connus, du moins comme aisés à imaginer. Aussi me bornerai-je à étudier, ici, les dispositifs télégraphiques eux-mêmes, les appareils qui, le plus usuellement employés et l’heure présente, permettent la transmission de la pensée. Parmi eux un choix est encore à, faire, car trop nombreux sont les procédés de communication électrique et trop variés les appareils qui les iredisent.
- La télégraphie par ligne terrestre,
- La télégraphie par ligne sous-marine,
- La téléphonie,
- La télégraphie dite sans fil, présentent déjà quatre procédés différents, partant quatre sortes d’appareils a décrire.
- Nous n’étudierons, ici, (pie les seuls télégraphes élec-t ri (pies utilisés sur les lignes terrestres. Nombreux sont-ils encore, et rien qu’en rappelant- tout à l’heure les types disparus, il m’est arrivé d’en citer plus de trente.
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- L’étude des appareils successivement utilisés en télégraphie peut se faire en suivant deux époques qui constituent deux phases bien nettes de la télégraphie électrique.
- Une première époque, durant laquelle on 11e se préoc-
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- cupuit nullement de faire vendre d la ligne tout ce qui et le pouvait fournir. Des appareils simples : le Bréguet. le Morse répondirent alors parfaitement par leur robustesse et leur simplicité môme aux besoins des transactions. Mais bientôt le public s’habitue à ce mode nouveau de correspondance; ses exigences s’aeerf/rent elle désir se fit jour, pour éviter des erreurs de lecture, d’obtenir les téléc; ranimes sous firmes typographiques. En même temps b encombre ment des fils s’accroît.
- Alors débute la seconde époque : celle des apoareils rapides. L'appareil imprimeur du professeur Hughes résolut le problème de b impression du télégramme en caractères typographiques. Mais le développement économique si rrtpide de notre Société actuelle ne pouvait se contenter longtemps de dispositifs écoulant 50 èi 60 télégrammes d l’heure en moyenne,fussent-ils imqiri-més.
- Ibère des transmissions rapides s’ouvre et avec elle la mise en, explodation, vraiment raisonnée d’un fd de ligne.
- Le fil cpd relie deux cités est b organe vraiment coûteux du télégraphe. Aussi, dès que la nouvelle invention passe du domaine du luxe dans celui, de b utile, aujourd’hui de l’indispensable, se préoccupe-t-on de tirer d’un fil tout ce qu’il peut rendre.
- Trois solutions furent apportées au problème :
- Une première par les Appareils à composition préalable : le Wheatstone automatique.
- Une deuxième par• les Appareils multiples qui présentent deux modes :
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- Les- mises en duplex et en quadruplex du
- Morse ou du Hughes.
- Les multiplex, dont le plus parfait est le Baudot.
- Une troisième solution est donnée par les Multicommunicateurs gui se rapportent à deux types généraux:
- 1° Les multicommunicateurs à courants vibrés ou a diapason, dont le principe fut indiqué, dés 1860, par l'abbé Laborde, et (pie réalisent le télégraphe de Paul Larour, rnis en pratiiyie en 1873, et plus récemment le duodécipleæ de M. Mercadier (1900) ; '
- 8° Les multicommunicateurs à ondes électriques, dont fai indiqué moi-même le jirincipe en 1898 (1).
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- C’est en suivant ces développements que nous étudierons successivement :
- Le télégraphe à cadran de B régu et.
- Le télégraphe ou système Morse, (pu nous amène a Y exposition des ajipareils utilisés en télégraphie militaire comme a celle dr la Réception d’un signal télégraphique.
- Nous pourrons, comprenant alors les raisons de leurs complications, étudier :
- Le télégraphe imprimeur de Hughes.
- Le télégraphe automatique à composition préalable de Wheatstone.
- (/) A. Turpain. C. R. de L’Académie des Sciences, 26 décembre 1898. — Recherches expérimentales sur les ondes électriques (Paris, A. Herman, 1899). — Les applications pratiques des ondes électriques CGauthier-Villars, 1902).
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- Les principes des méthodes de mise en duplex et en quadruplex du Morse, du Hughes, du Wheatstone.
- Le télégraphe Baudot, qui est la meilleure des solutions par multiples.
- La muliieommunication télégraphique, exposée dans ses principes et dans ceux de ses appareils qui commencent a être réalisés, ouvre une nouvelle ère pour la télégraphie, celle des télégraphes extrêmement rapides.
- Cette incursion dans le domaine de la future exploitation télégraphique nous amènera à décrire des appareils vraiment merveilleux et par le problème qu’ils • résolvent et par la répercussion d’ordre économique (péils vont produire.
- Je veux parler du 'Télégraphe Pollak et Virag qui mérite, malgi'é sa vites.se in(‘/‘ogable de 40.000 mots à l’heure, de prendre place dans une classe antérieure, celle des appareils à composition préidable. Je fois allusion aux téléphotographes et, en particulier, au Télautographe Carbonelle, qui réalise une vitesse de transmission aussi étonnante, presque double de la précédente, et cela en restauraid d’une manière bien ingénieuse le principe d’un télégraphe écrivant déjà ancien, Vappareil Casselli.
- Je fais allusion enfin a /’Electrotypographe (1), qui va bierdôt révolutionner une industrie, celle du livre, et un rouage tout récent de la vie moderne, le journal.
- (1) Voir Renie ijènèrale des Sciences, 30 oct. et 15 nov.1907. « De la Presse à bras à la Linoti/pe et à V FAeetrotijpcxjraphe.))
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- PREMIÈRE PARTIE
- TÉLÉGRAPHIE SIMPLE
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- 2. — Télégraphie
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- CHAPITRE PREMIER
- Principes du Télégraphe électrique
- Première époque : Appareils télégraphiques simples. — La description rapide, mais cependant complète des deux types :
- Télégraphe à cadran de Bréguet,
- Télégraphe de Morse,
- nous initiera aux conditions (rétablissement d'un télégraphe simple.
- Le Morse, en particulier, peut être considéré comme constituant le schéma, même, le principe, réduit à sa partie essentielle de tout télégraphe.
- C’est son extrême simplicité qui lit la fortune du télégraphe Morse, (pii l'impose encore et qui l’imposera toujours pour les échanges télégraphiques de peu d’intensité. Son dispositif est tellement simple qu’il est susceptible d’être compris même par ceux (pii ne possèdent aucune notion préalable de physique. Il met, en évidence, le principe de tout télégraphe, l’existence de l'électro-aimant, et par le seul jeu d’un levier, l’utilise à la transmission de la pensée.
- Tout télégraphe, en effet-, est réalisé, grâce à la mise en (ouvre du principe expérimental suivant :
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- Chaque fois qu’un couvant électrique continu parcourt les spires d’un solénoïde, il développe, à l’intérieur, un champ magnétique uniforme ou tout au moins constant. Le champ magnétique dure tant (pie le solénoïde est actif Dés que le courant cesse de traverser le solénoïde, le champ magnétique disparaît.
- Armez l'intérieur d’un solénoïde d’un cylindre de 1er doux, en augmentant par là même la perméabilité magnétique du milieu qu’entourent les spires du solénoïde, vous en augmentez la puissance magnétique. Vous avez réalisé alors rélectro-ainmnt, eet aimant qui ne garde la propriété d’attirer le fer et les métaux magnétiques que temporairement, que pendant le temps et rien que pendant le temps durant lequel- les spires conductrices qui l’entourent sont parcourues par le courant électrique.
- Par l’invention du solénoïde, Ampère mérite d’être considéré comme l’inventeur premier, comme le père de la télégraphie électrique, au môme titre (pie Faraday est le père de la machine dynamo.
- Une expérience simple montre l’activité magnétique qu’acquiert un simple solénoïde, dès qu’un courant électrique le parcourt. Les spires, inerles en face de la limaille, l’aspirent dès qu'elles sont le siège d'un courant. Ce n’était, dès lors, [dus qu’un pas aisé à franchir que celui que lit Arago et qui consistait à armer l’intérieur du solénoïde d’Ampère d’un cylindre de fer doux, pour en exagérer l'aimantation. Les relations journalières et fréquentes d’Ampère et d’Arago laissent difïieiles à déterminer qui des deux savants eut le premier l’idée de
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- ce perfectionnement, d’ailleurs, facile à imaginer, si on le compare surtout au solénoïde lui-même, qui constitue la véritable invention géniale et féconde.
- Comme le montre, d’ailleurs, une seconde expérience, un solénoïde peut su (lire à at tirer une palette de fer, pourvu qu’elle soit suspendue d’une manière sensible ; toutefois, la présence d’une àme de fer doux accroît cependant dans de très grandes proportions'la. puissance de cette attraction.
- I/électro-aimant, qui découle immédiatement du solénoïde, se présente bien comme le principe même de tout télégraphe, puisqu’il nous met à même de pouvoir, à volonté et à distance, attirer une palette de fer solidaire d’un ressort antagoniste et de faire durer l’attraction le temps qu’il nous plaît.
- Nous allons voir comment les divers inventeurs de télégraphes mirent à prolit cette possibilité :
- 1° De produire à distance, à un instant voulu, Vattraction d’une armature,
- 2° De produire à distance cette attraction pendant un intervalle de temps quelconque et limité, à la volonté de V'opérateur,
- pour réaliser divers types de télégraphes.
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- CHAPITRE II
- Télégraphe Bréguet
- Le problème qu'on se propose est l'arrêt d'une aiguille sur un cadran portant, sur son pourtour, à la manière des heures d’une horloge, les diverses lettres de l'alphabet.
- Deux cadrans, ainsi munis des lettres de l’alphabet, sont reliés par le fil de ligne. L'un d’eux, le manipulateur (fu/. î), porte en son centre une manivelle susceptible d’être amenée sur l'une quelconque des 26 lettres ou signes A, B, ... Z, +.
- La rotation' de cette manivelle entraîne un cercle de cuivre creusé d’une rainure sinueuse à 13 sinuosités qui impose au levier lof mobile, autour de o, autant d’allées et venues qui le portent alternativement en contact avec y/ et avec p. Chaque lois que la manivelle passe au-dessus d'une lettre de rang impair A, C, E,. . . le levier appuyant sur //, un courant est envoyé de la pile sur la ligne. Ce courant cesse dès que la manivelle du manipulateur est amenée sur une lettre de rang
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- pair B, I), F,... L'aiguille du cadran récepteur, représenté en pointillé (fuj. 2), est à l'extrémité d'un axe
- (tnttmnnieui " J)jf'eeli‘
- Fig. i. — Télégraphe Brèguet : Manipulateur.
- Le déplacement d’un levier (manivelle) autour d’un cadran présentant la suite de 26 signes (les 25 lettres de l’alphabet et la croix) produit, par le déplacement d’une rainure sinueuse circulaire à 13 sinuosités, le déplacement alternatif d’un levier a contre deux butoirs/» et p’. Lorsque la manivelle est en face d’une lettre de rang impair A, C, E,... le courant de la pile reliée à p' est envoyé sur la ligne. Ce courant cesse d’être envoyé lorsque la manivelle est sur une lettre de rang pair, B. D, K....
- sollicité à tourner par un train d’engrenage ; l’autre extrémité de cet axe porte une double roue à rockets, de 13 dents chacun, contre les dents desquelles bute un doigt P solidaire d’une palette A de fer doux, susceptible d’ètre attiré par l’électro-aimant E. Quand un courant envoyé sur la ligne traverse l’éleciro E, la palette A est attirée, le butoir B échappe à l’une des dents et vient arrêter la dent suivante. L’aiguille du
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- cadran récepteur tourne de 1/26 de circonférence. Dès que le courant cesse le ressort antagoniste ramène
- Fig. 2. — Télégraphe Bréguel: Récepteur.
- Les émissions et ruptures successives et alternées du courant parcourant l’électro-aimant E déterminent des attractions de la palette de fer doux A, suivies du retour de cette palette à sa position de repos (ressort antagoniste r). Le doigt P, solidaire des mouvements de cette palette, échappe dès lors à chaque mouvement à l'une des 26 dents d’une double roue à rochets de 13 dents chacune, qu’un train d’engrenage sollicite ainsi que l’aiguille du cadran dans le sens de rotation indiqué. Chaque mouvement de la palette A correspond ainsi à l’avancement de 1 aiguille de i/26e de circonférence sur son cadran. Si cette aiguille et la manivelle du manipulateur (fig. 1) sont originairement sur -)-, les mouvements de rotation déjà manivelle sont exactement suivis par l’aiguille.
- doigt P et palette A à la position de repos ; une nouvelle dent des roues R et R' échappe au doigt P et l’aiguille du cadran récepteur tourne encore de 1/26 de circonférence.
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- Si, à l’origine, aiguille du récepteur et la manivelle du manipulateur sont sur la-}-, aucun courant ne circule sur la ligne. Dès qu’on déplace la manivelle du manipulateur une suite d’émissions et d’interruptions du courant se produit, et dès lors l’aiguille du récepteur parcourt son cadran par sauts brusques de 1 /26 de circonférence, suivant ainsi d’une manière synchrone les mouvements de la manivelle du manipulateur qui, en parcourant son cadran, produit la série des émissions et interruptions de coura'nt. La manivelle s’arrète-t-elle un instant sur une des lettres du ‘Cadran manipulateur, l’aiguille s’arrête également sur la lettre correspondante du cadran récepteur.
- On conçoit, dès lors, comment on peut transmettre, par la manœuvre de ce télégraphe, les lettres-successives des mots d’une phrase. On convient de passer de la lecture de la série des lettres à la série des chiffres, par une double rotation complète de l’aiguille du cadran.
- Ce télégraphe présente l’avantage de transmettre les télégrammes en langage clair, mais la lenteur avec laquelle on doit mettre en rotation la manivelle du manipulateur pour permettre à l’aiguille du récepteur d’en suivre bien exactement tous les déplacements, ne permet pas de transmettre, en moyenne, plus de 15 à 20 télégrammes de 20 mots à l’heure.
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- CHAPITRE III •
- Télégraphe Morse
- On se propose, au moyen de cet appareil, (l'échanger des signaux suivant un code déterminé. L’appareil produit, à volonté, sur une bande, des traits ou des points
- Fig. 3. — Télégt afhe Morse: Manipulateur dit Clef de Morse.
- Au repos, la ligne liée à B’ communique, par b. avec le récepteur, L’abaissement du levier P réunit B’ à une pile B qui enti'etient un courant sur la ligne tant que dure le contact Pb\
- plus ou moins espacés, provenant d’émissions de courant longues ou brèves.
- Le manipulateur, que représente la figure 3, est la classique clef de Morse, levier mobile autour d'un axe
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- conducteur L lié à la. ligne. Dans la position de repos le levier en contact avec le butoir R assure la communi-
- cation avec le récepteur. En abaissant la. poignée on amène le levier sur le butoir P, relié à une pile, et tant que dure le contact un courant est envoyé sur la ligne.
- Le récepteur consiste essentiellement en un levier (fia. I) muni à une extrémité d'une palette de fer doux
- disposée au voisinage des pièces polaires d’un électroaimant. Au repos, un ressort antagoniste maintient cette palette à quelques millimètres de l'élec-tro. Dès que ce dernier est parcouru par le courant la palette s'abaisse, l'extrémité opposée se relève et reste relevée tant
- Molette
- fArmaturei
- Couteau
- Fig. 4. — Récepteur Morse.
- Organe essentiel: Levier maintenu par un ressort à quelque distance d’un électro qui l'attire et le maintient attiré tant que durera le courant envoyé sur la ligne. Le papier entraîné frotte sur la molette encrée pendant tout le temps du contact.
- Fig. 5. - Récepteur Morse : rue J ensemble.
- Les mouvements du levier a provoquent le frottement d'une bande de papier mobile contre une molette encrée m. Il s’y inscrit une succession de traits et de points correspondant, suivant un code convenu, aux lettres de l'alphabet.
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- que dure le courant. On traduit ces mouvements du levier en traits tracés sur une bande, en faisant dérouler cette bande (fin. b) au moven d’un mouvement d’horlogerie
- Fig. 6.
- Dispositif d’encrage de la molette contre laquelle la bande de papier se trouve momentanément appuyée.
- entre cette extrémité du levier et une molette m garnie d’encre d'imprimerie. Quand le levier se lève il appuie la bande contre la molette et un trait, dont la longueur dépend de la durée du contact, se trouve tracé sur la bande. I ,e dispositif d’encrage de la molette est vu en détail (fiy. 6J. La ligure 5 montre l’en-
- semble des organes du récepteur assurant le cheminement de la bande, grâce
- Fig. 7. — Récepteur Morse.
- Vue du mouvement d’horlogerie assurant le déroulement de k bande de papier et la rotation de la molette.
- à la mise en marche d’un mouvement d’horlogerie, représenté (fuj. 1). Ce mouvement est entretenu par
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- le déroulement d’un fort ressort contenu dans un barillet dont la tension, lors du remontage, est limitée,
- Fig. 8. — Récefieur Morse.
- Barillet contenant le ressort moteur et muni de la croix de Malte, limitant la tension à donner au ressort.
- à la manière usuelle en horlogerie, par une croix de Malte (fig. S). La régularisation du mouvement est assurée par deux ailettes qu’on voit figure 9; ces ailettes s’éloignent plus ou moins de l’axe qui les met en rotation, elles sont sollicitées par deux ressorts qui tendent à les ramener vers l’axe. Un levier mobile L peut venir en contact ou libérer le doigt d porté par l’axe et permet ainsi la mise en marche ou l’arrêt du mécanisme.
- Quelques critiques peuvent être faites au mouvement d’horlogerie et au dispositif d’encrage.
- Ce dernier est, en effet, d’un
- eilCl aS.Sement tiop lapide. Quant Régulateur du mouvement , . avec levier L de mise en
- au mouvement d horlogerie, sa marche ou d’arrêt.
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- complication exige un ressort hors de proportion avec la force utilement développée. Le régulateur, en parti-culier, absorbe du travail moteur et est incapable de le rendre.
- Réduits à ses éléments essentiels, manipulateur réalisant une simple clef de contact, récepteur constitué par un électro-aimant pouvant attirer une palette, le télégraphe de Morse se présente comme le plus simple des télégraphes électriques. La ligure 10 donne le sliéma des
- Ligne
- Poste B
- Poste À
- Fig. io. —Schéma des communications entre deux postes télégraphiques équipés avec des Morse.
- connexions entre les appareils (manipulateur et récepteur) de deux postes A et B, équipés avec des Morse et reliés par une ligne à ül unique, le retour du courant se faisant par la terre. La figure représente l’état des circuits le poste A transmettant.
- On réduit très souvent le récepteur Morse au dispositif essentiel : électro-aimant et palette de fer doux aiti-rable. On supprime alors toute inscription et tout mouvement d’horlogerie. Les signaux brefs ou longs se lisent au son. Dans ces récepteurs, qu’on dénomme f)<<r/p(U‘ ou soundour, on fait en sorte que le bruit d’at-
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- — 31
- traction de la palette par Félectro soit très net et très perceptible. On concentre même souvent le son vers l’oreille du télégraphiste attentif, au moyen d’un pavillon. La ligure 11 représente un parleur Morse. L’électro-
- f
- Fig. ii. — Parleur Morse.
- Un électro-aimant à un seul enroulement (dit boiteux) agit sur une palette dont le bruit d'attraction est très net et très perceptible. La lecture des signaux se fait au son.
- aimant est dit boiteux, une seule des branches étant pourvu d’un solénoïde. Au bureau central de Copenhague on vient d’essayer un nouveau parleur, relais logé dans une capsule cylindrique munie d’une trompe. L’ensemble est mobile et constitue un écouteur que l’employé peut mettre à son oreille. Des machines à écrire mises entre les mains des employés, d’ailleurs dactylographes, leur permet de fournir un texte imprimé de la dépêche, au lieu de la transcrire à la main.
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- Relais. — Une seule pile (Tun grand nombre d’éléments ne suffit pas toujours à envoyer, sur une ligne très longue, un courant assez intense pour actionner l’électro-aimant d’un Morse ou d’un parleur. On utilise alors le dispositif dit du relais. Ce dispositif consiste à placer en un point de la ligne''par trop longue (à 200 kilomètres, par exemple, d’une extrémité et à 300 kilomètres de l’autre extrémité d’une ligne mesurant 500 kilomètres), un système d’éJectro-aimants reliés, comme le montre la ligure 12. Le courant venant du poste
- BureauB
- 200kil.
- 300 kil.
- Fig. 12. — Relais télégraphique. Dispositif dit de translation.
- Le courant venant de A, étant incapable d’arriver avec assez d’intensité au poste C, agit en B sur l’armature d’un électro b. La palette de b, abaissée envoie dès lors sur la ligne G. le courant de la pile du bureau B. De même, lorsque C transmet, la palette de b’ envoie sur la ligne de A le courant issu de la pile de B
- extrême A actionne au poste intermédiaire B l’électro b. Le levier que commande cet électro en s’abaissant met la ligne allant de B jusqu’au poste extrême C en relation avec une pile disposée en B et susceptible d’envoyer un courant intense jusqu’en C.
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- Tout appareil Morse ou tout parleur.peut ainsi être, équipé en relais. On met, à cet effet, à profit, les contacts que réalisent les vis-butoirs qui limitent les excursions du levier entre sa position de repos et sa position de travail. Ces butoirs sont alors «isolés l’un de l'autre. On voit (fig. 12) qu’à un Morse équipé en relais aboutissent cinq conducteurs : ligne Ibutoir de repos I, butoir de travail ou pile P, extrémité de l’enroulement de l’électro reliée à la terre!', extrémité du même enroulement reliée au butoir de repos de l’autre électroM. C’est pour assurer l’établissement de ces cinq connexions qu’on trouve autour du socle du parleur, représenté ligure 11, les cinq bornes L,T,I,P,M. Le dispositif réalisé (ftcj. 12) au moyen de deux récepteurs Morse, est dit dixposifif r/e translation.
- ?. — Télégraphie
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- CHAPITRE IV
- Télégraphie militaire
- A l’étude du télégraphe Morse se rattache immédiatement les procédés employés en télégraphie militaire. Trois procédés, dont deux électriques, sont actuellement utilisés en télégraphie militaire : 1° Le télégraphe Morse, par poste fixe ou par postes mobiles installés en voiture légère. On y utilise des Morses à bandes et des parleurs ;
- 2° Le télégraphe optique, dont nous dirons quelques mots, car il utilise les signaux Morse ;
- 3° Le téléphone employé comme dispositif de télégraphie légère, en particulier, dans [les régiments de cavalerie, l’équipement d’un poste téléphonique pouvant être complètement transporté, ligne comprise, par 2 ou 3 cavaliers, dont les chevaux portent chacun 2 sacoches. Le téléphone est encore employé comme mode de communication en montagne (chasseurs alpins).
- A ces procédés il y aurait lieu d’ajouter le fonctionnement des colombiers militaires et des télégraphes sans fil, que nous nous contenterons de signaler.
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- Télégraphe militaire Morsr. — Ponte de forteresse. — Le manipulateur et le récepteur ne présentent rien de particulier ; ils sont identiques à ceux du service civil. A signaler le mode d’attache de l’appareil à la table, dit borne Combette ( fa/. 13;, destiné à prévenir le desserrement
- . „ .. .. , . . , Horne-Combctte.
- du aux vibrations de la manipulation; ce mode d'attache est surtout utile dans les voitures-postes.
- 'Appareil* d<> rampaf///e. — La. ligure 11 représente le
- que le poste de forteresse, mais
- Fig. 14. •— Morse de campagne, ancien modèle. disposés .de Vue d’ensemble.
- manière a réduire au minimum le volume occupé. Le galvanomètre se trouve lixé sur le devant de l'appareil ; le manipulateur entre le rouet au papier et l’élec-tro-ainiant. Le papier se trouve alors guidé comme 1 ’indi-que la figure 15. l u tout est logé dans
- Fig. 15 — Morse de campagne, ancien modèle. Ulie Cantine repre- Déroulement du papier.
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- sautée ouverte dans la ligure 16. Le Morse de campagne, modèle 1898, est représenté dans les ligures 17 et suivantes. Le manipulateur (Jhj. 17) est un levier de 10 continu, suspendu au tiers de
- Fig. i6. 1
- Cantine contenant le Morse de campagne, an- SU lollglieUl’. LOS 1)0-cien modèle, représentée ouverte.
- bines de l’électro du utgp^> récepteur (fuj. 18; sont pro-
- 0
- gl
- 31
- dâli
- vS?
- Fig. 17. — Morse de campagne. Modèle i8ç8. Manipulateur.
- tégées par une gaine d’aluminium. Les plaques de la boîte du mouvement d’horlogerie "®~o1 sont formées de plaques d’alu-
- Fig. 18. — Morse de campagne, modèle 1898. Récepteur.
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- 37 —
- U f?\ J)
- O 0 0
- *0 O 0 U| 0
- MU • _ >
- minium fixées sur des cadres en cuivre. La boite de l’appareil est en deux parties : une première (Jig. 19; forme couvercle et est composée de fieux planchettes réunies à angle droit. Deux boulons à charnière servent à y fixer l’appareil. Un pinceau et porte-pinceau servent à alimenter l’encrage. La seconde partie de la boite (fig. 20J est formée par une caisse à laquelle il manque une face;
- sur le fond, des cales maintiennent le rouet au papier ; sur les parois latérales sont fixés un tournevis et deux étuis contenant, l’un des ressorts de rechange, l’autre une bouteille d’encre oléique.
- Une simplification du Morse
- Fig. iq.
- Boîte de l’appareil de campagne, modèle 1898 (i'“ partie).
- Fig. 20.
- Boîte de l’appareil de compagne, modèle 1898 (seconde partie).
- parleur-ronfleur que représente la figure 21'. Sur le couvercle du parleur se trouve fixé le manipulateur. La réception se fait au son.
- Lignes de compagne. — Le fil des lignes de télégraphie militaire est constitué par un câble, toron de 7 fils de 0mm 4 (ensemble lmm 2 de diamètre) qui peut supporter sans rupture une traction de 90 kilo-
- I’arleur ronfleur, sim-p’ifiant le Morse de campagne.
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- grammes. I ,e kilomètre pèse 28 kilogrammes. On emploie encore le câble léger (3 dis de 0mm 4, ensemble lmm de diamètre) cjui supporte sans rompre une traction de 40 kilogrammes et pèse 10 kilog. 800 au kilomètre.
- Les isolateurs en ébonite du modèle dit à simple
- Fig. 22.
- Isolateurs (a), pitons (!>) et perches (c) servant à la confection des supports de ligne de télégraphie militaire.
- cloche 22 a) se
- Crampon à manchon de caoutchouc pour support de câble de campagne.
- fixent soit- à des pitons à patte é//V/. 22 b), soit à des perches de bambou à tète, portant une fourrure en chêne (fuj. 22 c). On utilise encore des crampons avec tube de caoutchouc (fig. 23) servant, à supporter le câble de campagne.
- Les ligures 24 et 25 représen- ' (ont des dispositifs démontables
- servant à dérouler un câble de campagne dont la bobine f/è/. 21 b) fixée sur Taxe (////. 24 a) est supportée
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- soit par un loger chariot (fie/. 24;, soit par un cadre
- Fig. 24.
- Chariot léger et démontable servant à dérouler câble de campagne.
- matelassé (jîfj. 25; qui se porte 1 ,e commutateur de ligne (fît]. 26; permet d’intercaler rapidement un poste sur une ligne établie. A cet effet, les deux serre-ffls ffxés aux extrémités d’une solide pièce isolante permettent de fixer la ligne en deux tronçons isolés l’un de l’autre, l’appareil du poste intermédiaire communiquant d’un côté par la borne A, de l’autre côté par la borne A'.
- à dos d’homme.
- Fig. 25.
- Cadre matelassé permettant de porter à dos
- d’homme et de dérouler ou d’enrouler un câble de campagne.
- Fig. 26. -— Commutateur de ligne.
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- Télégraphe optique. — Principe. — On concentre la lumière du soleil ou à défaut celle d'une forte lampe en un faisceau parallèle de lumière ( fnj. 21). Un
- Fig. 2-j. — Piincipe de la télégraphie optique.
- La lumière du soleil ou à défaut celle d'une lampe est concentrée en un faisceau parallèle. Un écran D, manœuvré au moyen cl’un levier M, à la manière d’un manipulateur Morse, permet d’interrompre plus ou moins longtemps le faisceau lumineux, ce qui correspond à des signaux Morse pour le télégraphiste qui, au poste récepteur, l’observe à l'aide d'une lunette L.
- écran 1), manœuvré au moyen d'un levier en M, permet, de démasquer, pendant des intervalles de temps plus ou moins longs, le faisceau lumineux qu'au poste correspondant le télégraphiste qui reçoit les signaux observe au moyeu d’une limette 1,.
- Deux catégories d’appareils optiques sent utilisés : les appareils de campagne numérotés H), 14, 24 et 30 et les appareils do forteresse 40, 50 et 60. Ces numéros se rapportent au diamètre de l’objectif exprimé en centimètres. Ua ligure 28 représente l'appareil de 10. La partie cylindrique où se fixe, par une. monture à baïon-îici te, I’objèctif d’émission, est percée de quatre t rous qui, en assurant l'aération,empêchent le dépôt de buée de se
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- — 11 —
- produire sur la lentille. La ligure 29 représente l'appareil de 60 démontable, modèle de 1890. L’objectif comprend deux lentilles, lime biconvexe, l’autre convexe-concave, montées dans un barillet muni de portes permettant le nettoiement des surfaces intérieures des lentilles. Pour les communications à grande distance la lumière du pétrole n'a
- pas un éclat sullisant, on emploie l’arc électrique, ce (pii exige des'installations encombrantes et coûteuses.
- Appareil dit de i o, c'est-à-dire dont l'objectif mesure io centimètres de diamètre
- Fut. 2Q — Télégraphe optique.
- Appareil dit de 60 (objectif de 60 centimètres de diamètre), à arc électrique.
- (Modèle de 1890)
- 'roui un outillage spécial aussi réduit en volume que possible a été étudié à cet égard : un moteur à pétrole, les postes optiques étant le plus souvent placés dans des sites où l’eau est rare; une dvnaino à excitation
- dérivation ; un tableau de distribution et ses acces-
- soires.
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- — 12 —
- CHAPITRE V
- Propagation du courant
- sur une ligne télégraphique
- L’appareil Morse ne permet rechange de télégrammes entre deux postes qu’avec une rapidité modérée. C’est ainsi qu’en service courant, J’échange de 20 télégrammes de 15 mots à l’heure est un maximum. La rapidité du récepteur, celle môme de l’employé sont, en effet, limités. Que se passerait-il si nous supposons ces rapidités accrues à l’extrême ? Il nous faut alors regarder d’un peu plus près comment une émission de courant se propage.sur une ligne télégraphique. Cette étude est, en effet, la préface nécessaire de celle des appareils télégraphiques rapides.
- Considérons donc Cotât de la ligne sur laquelle on envoie des courants. En télégraphie il est surfout important de considérer l’état variable du courant à l’extrémité de la ligne. C’est, en ce point seulement, qu’il intéresse, en effet, le fonctionnement des appareils. Dans le cas d’une émission de courant, de durée illimitée, la ligne étant reliée à la terre, la ligure 30
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- donne la courbe du courant à l’arrivée. Si la pile a une force électromotrice E, l’intensité maxima limite est C,
- Intensité
- fnt max limité
- Temps
- Fi<;. 30. — Courbe du courant à l'arrivée; cas d une émission de durée illimitée.
- avec une pile de force électromotrice e l’intensité limite serait ô, toutes les ordonnées de la nouvelle courbe
- étant déduites de la précédente dans le rapport w.
- Jj
- La durée d’obtention de l’intensité limite maximum n’est pas diminuée, mais un appareil dont l’êlectro nécessitait pour fonctionner l’intensité f, qui .fonctionnait- avec E au bout du temps f, ne fonctionnera avec e qu’au bout du temps t ü.
- La durée T de l’état variable dépend de bien des causes : de la capacité, de là résistance, de la self-induction de la ligne, c’est-à-dire non seulement de ces quantités relatives au seul fil de ligne, mais aussi des résistances de la pile, de la terre et du récepteur, de la self-induction du récepteur que la présence d’électros rend très notable. Cette self-induction développe un courant de sens inverse qui diminue l’intensité I*.
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- — 44 —
- Enfin, les courants étrangers qui circulent dans le fil, courants d’induction, cotirants telluriques, ont également une action sur la durée d’établissement de b.
- On peut étudier expérimentalement ce phénomène, en disposant une série de galvanomètres sensibles étagés sur une ligne. Le plus rapproché de la pile dévie le premier, un instant après le deuxième dévie et c’est le plus éloigné de la pile qui entre le dernier en jeu.
- Pour ceux qui sont situés sur la première partie de la. ligne, les déviations augmentent rapidement ; pour ceux les plus éloignés les déviations croissent lentement d’une manière continue. Un galvanomètre sensible placé à l’extrémité de la ligne permet de construire la courbe précédente par points ; mais on obtient ainsi difficilement le moment précis où la courbe se sépare de l’axe des temps, ainsi que Je moment précis où l’intensité atteint sa valeur maximum.
- Rien d’étonnant à cela : la théorie n’indique-t-elle pas par un calcul simple que le temps nécessaire à l’établissement d'un courant constant est infini. Pratiquement, l'augmentation cesse d’être appréciable à partir d’un moment donné, qui varie avec la sensibilité de l’instrument. On peut considérer l’état stable établi à partir de ce moment.
- Le temps qui s’écoule, entre le moment où le contact est établi avec la pile au poste de départ et la production d'un signal au poste d’arrivée, varie avec l'appareil employé, avec la nature et la longueur de la ligne.
- èt 3
- On admet que T — seconde, pour un appa-
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- reil Hughes, avec une ligne aérienne de 500 kilom. en fil de fer de 4mm de diamètre, il est 30 fois plus long, égal à 9
- jqq de seconde, pour le même appareil, avec* une ligne
- souterraine ou sous-marine de même conductibilité.
- Cas d’un signal télégraphique. — Supposons maintenant que l’émission de courant n’ait duré qu’une fraction, notable toutefois, de la durée T d’établissement au régime constant 0, et qu’il soit ensuite interrompu, la courbe obtenue est alors celle de la ligure 31.
- Intensité
- ' /nt. max /imité
- Durée Q du signa! ; *-----------------
- Fig. 31. — Courbe du courant à l’arrivée : cas cl’un signal télégraphique.
- Comme la palette de l’électro est au début plus éloignée, le courant de fonctionnement est 4 > i ; la palette est, à la fin, plus près de l’armature, elle restera donc en contact jusqu’à une valeur de l’intensité is < /. La durée du signal de /c en u est 9.
- Cette durée constitue la vraie sensibilité de l’appareil plutôt que la sensibilité même de l’électro qui est marquée par *e. C’est, en effet, 9, qui influe sur la rapidité de la transmission.
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- On voit que la production du signal, au début, se fait avec netteté et précision, jusqu’en un point où la courbe monte avec rapidité. La lin du signal est beaucoup moins nette; F est un point d’une région où la courbe s’abaisse par degrés insensibles ; il se produit ce qu’on appelle une queue de courant. Dans certains appareils (Hughes) le point C seul est à considère]1.
- Lorsque les appareils fonctionnent entre deux limites de courant, il y a avantage à ce que les courbes aient une allure aussi raide que possible, tant dans la partie montante que dans la partie descendante. Cela atténue les effets de la queue de courant. A cet égard, la self-induction des lignes peut être utile I Vasehvù
- La ligure 32 montre l’inlluence de la self-induction sur la forme de la courbe d’arrivée.
- On croyait, avant Vascliy, que la self-induction des lignes était nuisible comme (*elle des appareils. Il est vraisemblable qu’on améliorerait les transmissions en embrochant, de distance en distance, sur les longues lignes, des bobines de self de faible résistance, convenablement choisies.
- M. Estaumié cite le cas d’une communication qui 11e pouvait excéder 96 kilom. et fut portée à 352 kilom., par l’emploi de self répartie sur la ligne.
- Mêrr.e hane avec self.
- .sans self.
- Fig. 32. — Influence de la self-induction
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- Cas d’émissions brèves faites à intervalles (série de points). — Le courant n’atteint pas à l’arrivée le régime permanent. Entre deux émissions la décharge du conducteur ne peut se faire complètement.
- I-.es sinuosités de la courbe (fu/. 33J, après les deux ou trois premiers points, sont d’autant plus accentuées que
- Fig. 33. — Cas de la transmission d’une série de points (très bon fonctionnement). La durée de l'émission égale la durée de l’intervalle.
- les émissions se succèdent à des intervalles plus éloignés, elles se rapprochent au contraire de la ligne médiane MM' en diffèrent très peu, si la manipulation est très rapide. Comme l’appareil nécessite pour fonctionner que l'intensité i soit supérieure à /c ail début, inférieure à u à la lin de chaque signal, si les émissions sont trop rapides, l’éiectro à l’arrivée n’y répondra pas. Plusieurs cas sont à considérer :
- 1° Les sinuosités sont comprises entre ic et û : pas de fonctionnement ;
- 2° ic au-dessus de MM', ?f au-dessous : bon fonctionnement ;
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- 3° ie et it au-dessous de MM' : longs traits séparés par des intervalles courts ; l’appareil est trop sensible ;
- 4° ia et i( au-dessus de MM' : petits traits séparés par de longs intervalles ; l’appareil n’est pas assez sensible.
- Cas d’émissions longues faites à intervalles égaux (séries de traits). — On a encore (fig. 34J des sinuosités régulières (on suppose que la
- Fig. 33. — Cas de la transmission d’une série de traits (très bon fonctionnement). La durée de l’émission est triple de la durée de l’intervalle.
- durée de l’émission est le triple de celle de l’intervalle), mais les parties ascendantes de la courbe sont plus longues que les parties descendantes. Si l’appareil est réglé pour transmettre des points, on aurait de longs traits séparés par des intervalles courts ou môme un trait continu, à moips que l’on n’espace davantage les émissions. On voit,/en particulier, qu’ici, les limites de la sensibilité pour/ une réception convenable doivent être toutes deux au-dessus de la ligne MM', condition contradictoire de la précédente.
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- — Il) —
- Si doue ou veut accroître. la rapidité des signaux, il faut se préoccuper des moyens d'atténuer les effets de la, période variable.
- Quatre méthodes ont été préconisées h cet effet :
- 1° La nuHhodo. d<> la di‘<‘har(jo directe de la ligne, (jui consiste à mettre la limite à la terre à ses deux extrémités, à latin de chaque émission (décharge Schwendler, l'arjou). rette méthode est, d’ailleurs, peu employée'.
- 2° La uaHhado, é/cs counaid.x d<> comjjrnsado/i, qui consiste' à sectionner les émissions longues on deux périodes, la première durant laquelle la ligne est reliée à une pile débitant un fort courant ; la seconde pendant laquelle la ligne est reliée à une pile débitant un-courant faible. On obtient ainsi une charge sensiblement constante do la ligne. Le transmetteur Wheatstone automatique (modèle ancien) réalise un dispositif de ce
- A
- genre.
- I hi dispositif simple, indiqué par M. ( iodfroy, consiste à placer une forte self-induction en dérivation sur la
- ligne (fa/, do h Au ______. Ligne
- commencement de l’émission la résistance apparente de A est très grande, par suite de la. variation notable d’intensité, la, .dérivation du courant, est
- I’ig. 35. — Atténuation des effets de la période variable. Emploi de courants de compensation (procédé (Iodfroy).
- presque nulle. Quand la période variable s'avance la résistance de- A diminue et la dérivation du courant
- |. — Télégraphie
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- — 50
- devient notable. On a là une compensation véritablement automatique.
- 3° La méthode des courants de décharge ou de repos. — Elle consiste à envoyer, après chaque émission, une émission de sens inverse et de durée appropriée. C’est le procédé le plus efficace. Aussi tous les
- appareils rapides en font usage.
- La ligure 36 donne la forme de la courbe représentant l’intensité du courant à l’arrivée dans le cas de courants in-V TenrpLT^ versés.
- 4° La méthode
- „ , T _ . . , , du condensateur
- riu. 30. — intluence des courants inverses sur la
- forme de la courbe du courant à l’arrivée. qui Consiste à COU-
- per la ligne au départ et à l’arrivée par des condensateurs
- Récepteur
- T
- Fig. 37. — Atténuation des effets delà périodevariable. Méthode du condensateur.
- (Jig. 37;. Les courants sur la ligne sont dus alors aux charges et décharges successives de condensateur.
- Intensité
- Courant
- *' inverse
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- DEUXIÈME PARTIE
- TÉLÉGRAPHIE RAPIDE
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- CHAPITRE PREMIER
- PREMIÈRE SOLUTION :
- Télégraphe automatique à composition préalable de Wheatstone.
- Le premier des télégraphes rapides, le Wheatstone automatique met à profit l’étude que nous venons de faire de la propagation d’un courant. Les effets de la période variable se trouvent atténués ; les émissions peuvent se succéder avec une grande rapidité.
- Principe. — La transmission a lieu suivant les signaux du code Morse, mais on charge un mécanisme de transmettre avec une très grande rapidité la série des combinaisons de traits et de points traduisant les mots. Aucun employé ne pourrait, en effet, atteindre la vitesse de transmission que l’appareil procure. La transmission se fait, dès lors, au moyen d’une bande préalablement perforée de traits et de points. Pour fournir à un transmetteur, il faut donc toute une équipe d'em-ployés-pcrforateurs qui préparent, à l’avance, les bandes dont l’appareil transmettra les signaux. A l’arrivée, le
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- récepteur fournit une bande imprimée en signaux Morse, qui se déroule avec une telle vitesse que, là encore, une équipe iV employés-lecteurs est nécessaire pour traduire rapidement en langage clair le Ilot de signaux que fournit le récepteur.
- Perforateur. — Les bandes à [(réparer passent dans un appareil où elles sont perforées par la manoeuvre
- de trois touches (fig. 38 J. Ces touches correspondent à trois combinaisons de cinq perforations 1,2, 3, 4, 5, <pie représente la figure 39. Les perforations médianes, 2 et 4, de petit diamètre, sont destinées à assurer rentrainement de la bande ; aussi sont-elles produites d’une manière constante, quelle que soit la touche ahaissée. La touche de droite du
- i i i
- • - • •
- i> 4 -2 4 <-) 2
- • • • • ê •
- 3 -
- • • • i
- («) (b) trait (c) point (d) espace
- Fig. 39. — Perforations de la bande Weatstone.
- (a), ensemble des perforations : Combinaisons de perforations correspondant: (bj, au trait; (cj, au point: (d)\ à l'espacement.
- perforateur (Jig. 38) correspond à un trait ; elle produit la perforation figurée 39, b ; la touche de gauche correspond à un point, la perforation qui lui correspond est celle de la figure 39, < ; la touche médiane corres-
- l-'ic. 38. — Perforateur Wheatslone. Vue d'ensemble
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- pond à mi espacement et ne produit (pie la petite perforation 2 (fig. 39, (I). Ainsi, le mot « Paris )>, donnant lieu à la, combinaison de traits et points représentée
- o o o 5 o o o o ô o o o o o 1
- O O O O O o ooooooo oo o o o o O o o O o o o |
- O O OO O O O OO OO O O O ]
- P A R 1 S
- Fig. 40. — Bande pet forée dit télégraphe H heatslone.
- ligure 40, produira une bande présentant les perforations (pie montre la ligure.
- Voici par quel mécanisme ingénieux la manœuvre des trois leviers produit les perforations combinées ci-dessus indiquées : Les cinq perforations possibles sont assurées par cinq poinçons que Ton voit en Y, 2', 3',
- ji(j. -Uj; 'es touches b (trait), r
- Fig. 41.
- Perforateur du télégraphe Wheatstone. Mécanisme de perforation.
- commandent des talons //, c', d qui viennent appuyer chacun sur Tune des trois rangées de doigts qui actionnent un ou plusieurs poinçons. Si l'on considère les trois soldes de perforations de la ligure 39, correspondant. au trait, au point et à l’espace, on constate que la perforation 2 est partout , aussi, son,poinçon 2' se trouve-
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- i-il commandé par les (rois (alons, en ô par d\ en y pai1 r\ on fi par //. Quand le talon // (irait) s'abaisse il a «rit sur les doigts fi, fi (d fi', les perforations 1, 2, 1, b sont assurées par les poinçons i\ 2', ï, 5'. Fn elïet, fi entraîne F, fi" commandes. Quand le talon d (point) s'abaisse, ce sont les doigts /, y et y" (jni entrent en jeu et les poinçons \\2r et .‘V qui fonctionnent-, Enfin, le talon d’ (espace) n'agit que sur îe doigt o qui entraîne 2'.
- Il reste un détail à préciser : la perforation d’un trait intéresse une longueur de bande double (h', colle que demande la perforation d'un point ou d'un espace. Lors
- trait est faite la bande doit avancer doublement hors du perforateur. A cet etïef, les' trois touches sont munies de talons T|, 'IA T;< d d/. 12) qui, par l'intermédiaire de leviers II, IT commandent le cliquet F, lequel fait, tourner d'un pas la rom1 à molette /% dont les doigts, s'insérant dans les perforations médianes (b1. la bande, la fait avancer d un pas chaque fois. Fa course du levier II A est limitée par le butoir H, sauf lorsque la touche du trait est. actionné, alors lo talon T fait elTacer 11 o( c’est le butoir F qui limite la cours»*, du levier à cliquet F; la molette r tourne, d'un angle double et la bande lait
- donc (pie la perforation d'un
- _________________.
- —_M_L_______bande
- Perforateur Wheatstone.
- Mécanisme assurant la progression du papier.
- La limite de la course du cliquet K est en K, au lieu d'être en B, lorsqu'on perfore un trait. Cela assure alors un pas' double de la bande et dégage toute la perforation — trait, de largeur double des deux autres.
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- (leux pas, dégageant, par suite, toute la perforation correspondant au trait.
- Manipulateur ou transmetteur. — I u bande perforée, il faut la transmettre, en traduire les perforations en signaux Morse. C’est Je rôle qui incombe au transmetteur Wheatstone, dont, la ligure 13 donne une
- Fig. 43. — Transmetteur Wheatstone.
- Vue d'ensemble.
- La bande passe sous la roue Q et progresse au moyen de la roue à molette r.
- vue d'ensemble. La bande,'entraînée sous la roulette Q, progresse par l'cITet de la molette, r. L'organe essentiel do transmission est un balancier B (ji<j. 44),' pièce d’ébonite, munie de deux goupilles conductrices é, //. Lu mouvement, d’horlogerie imprime au balancier un mouvement de va et vient. Deux aiguilles A et A'solidaires de leviers /, /', que des ressorts h, // sollicitent à s'élever, tentent de pénétrer dans les perforations de la bande. C'est la pénétration des aiguilles dans les perforations qui produit les envois de courants. La ligure 44 représente une position neutre du balancier. Dans cette
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- position les branches horizontales C et L), des leviers / et laissent verticale la tige d’un levier inverseur //1, ih2 qui, lorsqu’il bascule, met, suivant le sens de
- Bande perforée
- Fig. — Transmission de la bande Wheatstone; Traduction des perforations
- en signaux Morse.
- Balancier B du transmetteur, position neutre, correspondant à aucune perforation de la bande. Les aiguilles A, A’ ne peuvent s’enfoncer dans aucune perforation de la bande perforée, le balancier B, mu par un mouvement d’horlogerie, oscille sans faire basculer le levier inverseur n.. Dès lors les pdles -f-, —, de la pile ne sont aucunement mis en relation, ni avec la ligne L, ni avec la terne T. Aucun courant n’est envoyé.
- son inclinaison, les goupilles c et <7 et par suile la, ligne L d’une part, la terre T d’autre part, en communication avec les deux pôles d’une pile, pèles communiquant avec les leviers et—. Dans la position neutre' du balancier les pèles de la pile restent isolés, aucune émission de courant n’est envoyé sur la ligne.
- Considérons ce qui se produit lorsque la perforation correspondant à un point se présente sous les aiguilles; alors, au cours d’une oscillation complète du balancier l’une des aiguilles A', puis après l'autre A, pénétreront successivement dans chaque perforation constituant le point. La première phase de l’oscillation du balancier déterminera donc les mouvements que représente la ti-
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- gure 15 (première pliai>v). Une émission de courant positif est envoyée sur Ja ligne par + caH/7éô/ôL, le pôle négatif étant relié à la. terre par —7/3 T. Lors de la seconde phase de l'oscillation du balancier, les
- Bande perforée
- b
- Fig. 45. — Transmission d’un point ( Première phase).
- Le point correspondant aux deux perforations (a), les aiguilles A’et A pénètrent dans la bande successivement. A la première oscillation (que représente la ligure) le circuit Lblhh’Vb’Wdc -j- pile — dT tout entier conducteur permet l'émission d’un courant positif sur la ligne.
- connexions deviennent ce qu’indique la ligure 46 et, alors, c’est une émission négative qui est envoyée sur la. ligne.
- Ainsi donc, la transmission d’un point donne lieu à l’envoi sur la ligne de deux émissions successives de courant : la première positive, la seconde négative.
- Dans le cas de la transmission d’un trait, l’émission demande deux oscillations successives du balancier. La première phase de la première oscillation détermine, comme précédemment, l’envoi d’un courant positif ; la, seconde phase n’étant pas suivie de la pénétration de l’aiguille A dans une perforation, que le trait ne comporte pas, les connexions deviennent ce que la ligure 47
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- les représente : le courant positif continue à être émis par la pile, puisque le mouvement du balancier ira pu
- Bande perforée-
- Fig. ^6. — Transmission d’un point (Seconde phase).
- A la seconde oscillation du balancier le levier inverseur s’incline comme le représente la figure. C’est alors une émission négative qui est envoyée sur la ligne.
- ramener le levier inverseur dans une position différente, mais ce courant n’est plus envoyé directement sur la ligne, mais passe à travers un rhéostat RA qui lui fait subir un notable affaiblissement. Le contact e-ntre b et l se trouve, en effet, rompu, et le courant de A à la ligne L doit emprunter la voie du rhéostat. Cet artifice a pour effet d’empêcher (pie la longueur de rémission de courant positif ne charge par trop la ligne et nuise pur suite à la rapidité des transmissions. Aussi désigne-t-on cette émission de courant sous le nom de courant, de compensation.
- A la première phase de la seconde oscillation du balancier, le levier inverseur reste toujours en place1, puisque l'aiguille A' ne trouve pas de perforation où pénétrer; c'est encore un courant positif atténué qui est envoyé sur la ligne, l'interruption se faisant cette fois-ci
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- — 01.
- entre // et I' et obligeant le circuit à se complète]1 par le rhéostat. La seconde phase de la seconde oscillation fait, enfin, pénétrer l’aiguille A dans une perforation,
- i
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- Fig. 47. — Transmission d’un trait : Courant de compensation.
- Le trait correspondant aux perforations fa), l’aiguille A’s’ enfonce dans la première perforation (d’où l’envoi d’un courant positif, voir figure 45) puis, à l’oscillation suivante l’aiguille A ne peut pénétrer dans la bande, l’émission positive se continue, mais son intensité est diminuée, le courant de /’ à la ligne L s’achevant comme le montre la figure par l’intermédiaire du rhéostat R h. Il en est de même à la troisième oscillation du balancier, A’ ne trouvant plus de perforation. La quatrième oscillation déterminant l’entrée de A dans la seconde perforation fa) une émission négative finit la transmission.
- Le trait se transmet donc comme le point, par une émission positive, suivie d’une émission négative, l’émission positive durant trois fois ce que dure celle d’un point, mais étant atténuée (courant de compensation), pendant les deux derniers tiers de sa durée.
- la dernière du trait ; le levier inverseur change de position, un courant négatif est envoyé directement sur la ligne. Ainsi donc la transmission du trait donne lieu à l’envoi d’un courant positif qui dure trois fois autant que pour le point, mais pendant les.deux derniers tiers de cet intervalle de temps, ce courant positif est atténué, puis il se produit un envoi de courant négatif. Grâce à l’atténuation produite, la ligne ne se trouve pas plus chargée que si l’émission avait duré le temps d’une demi-oscillation du balancier et, dès lors, la vitesse de
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- la transmission peut être très grande sans cesser d'ètre régulière.
- Dans un modèle nouveau de transmetteur Wlieats-tone, employé actuellement en Angleterre et représenté par la figure 48, on ne fait plus usage' de courant de
- Fig. 48. — Transmetteur Wheatstone, noui>eau modèle.
- Tout signal est produit par un courant de travail auquel succède un courant de repos qui dure l’intervalle de deux signaux. Tout courant de compensation est supprimé et la vitesse de transmission est triple.
- compensation."fout signal, bref ou long, est produit par un courant de travail auquel succède un courant de repos de sens inverse qui occupe la ligne pendant tout l’intervalle, entre deux signaux consécutifs. O11 produit les renversements de courants avec une rapidité plus grande encore qu’avec l’ancien modèle et telle qu’alors que la vitesse de transmission était de 180 mots à la minute, elle est portée dans le- nouvel appareil à 600 mots à la minute.-
- Récepteur Wheatstone. — L'organe actif du récepteur Wheatstone est un électro-aimant à armature polarisée. Cette armature, que la figure 49 représente, comporte deux doigts a, b (fig. 49, a), solidaires d'un môme axe, aimantés par l’aimant permanent- A
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- ( fi y 19, b) et qui se déplacent entre les pôles Ai BJ? A2 B2 de J’électro-aimant. Les actions magnétiques sont très rapides. L’axe qui porte ces deux doigts ou palettes cl, cl, supporte une molette m qui, bien que solidaire de l’axe, n’en est pas moins animée d’un mouvement de rotation. Un ressort antagoniste, mu par une chaîne sans lin et une vis micro-
- (b)
- Fig. 19. — Electro-aimant à annature polarisée du récepteur Wheatstone. (a) Coupe horizontale. — (Æ) Coupe verticale.
- I.a vis micrométrique V sert à agir sur le ressort antagoniste au moyen d’une
- chaîne sans tin.
- métrique ' V, permet de taire varier la sensibilité de l’armature. La ligure 50 comporte l’électro-aimant du récepteur, dont le bobinage, scindé en deux enroulements superposés, permet, par une association, soit en série, soit en dérivation, dé faire varier la résistance de 50" à 200“. L’aimant permanent A B, les doigts ou palettes ci, b, la molette M et la chaîne tendant le ressort-antagoniste Y s’aperçoivent nettement dans lu ligure en perspective 50. L’ensemble du récepteur si1 voit ligure 51. La molette m s’encre, sans frottement, par l’intermédiaire d’un disque encreur m' qui, mu par le mouvement d’horlogerie, se recouvre d’une couche
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- (il —
- d’encre suffisante pour garnir l'intervalle do llmn entre les deux disques. Le tout est préservé do la poussière par
- nu couvercle L et nue paroi /, / portant une fe-
- vis de réglage
- notre qui laisse juste passage à la molette ni lorsque les palettes de l’élee-tro-aimant la porte, par
- Fig. 50. —Molette encreuse M du récepteur Wheatstone et sa liaison à l’armature de Vélectro-récepteur.
- La molette M, solidaire clés palettes a, b, et mobile comme elles autour de l’axe, s’approche jusqu’au contact de la bande de papier réceptrice ou s’en éloigne, suivant le sens de l’attraction de l'électro-récepteur. c’est-à-dire suivant l'émission positive ou négative reçue.
- mouvements rapides, contre la bande de papier qui, guidée, se déroule suivant T U Q et S, entraînée pur les tambours Q,
- L’appareil automatique de Wheatstone, très employé encore sur les lignes télégraphiques anglaises, permet, d'accroître la rapidité de transmission dans dïmornies proportions. Alors que U*. Morse ne permet guère de dépasser 25 télégrammes moyens à l’heure, r*e qui correspond à 5 à 000 mots à l’heure, l'appareil Wheatstone
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- atteint, par l’emploi des courants de repos et du condensateur shunté, la vitesse de 600 mots à la minute, c'est-
- T'ig. 51. — Récepteur Wheatstone. Vue d>ensemble.
- La palette ni encrée, sans contact, par le voisinage du disque encreur m'. (par simple capillarité) est portée par-les mouvements de l'armature contre la bande entraînée de T vers S. par les tambours Q et ()'.
- à-dire une vitesse 60 fois plus grande. 11 est vrai de
- dire qu’avec le parleur on accroît des
- 3
- ;>
- la vitesse de
- transmission du Morse, qui passe à 10 télégrammes (800 à 1,000 mots). Il faut remarquer également que l'appareil Wheatstone nécessite une équipe de perforateurs au départ, une autre équipe de lecteurs à l’arrivée, mais l’économie de matériel (lignes surtout) est énorme.
- 5. — Télégraphie
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- CHAPITRE II
- Télégraphes imprimeurs :
- Télégraphe Hughes
- Principe. — Le télégraphe imprimant de Hughes se propose de fournir la réception du télégramme sous la forme d’une bande imprimée en caractères typographiques. Le principe en est simple : Imaginez deux roues
- ,G H I
- Fig. 52. — Principe du télégraphe imprimant Hughes.
- Deux roues des types, disposées aux postes extrêmes, sont animées de mouvements synchrones. Cela permet, en B, l’impression d’un caractère H, lorsqu’en A, ce caractère se présente sous la verticale.
- portant gravées sur leur jante les caractères de l’alphabet en relief (roues des types). Placées aux deux extrémités delà ligne, ces roues se trouvent animées l’une et l’autre de mouvements rigoureusement synchrones, si bien que lorsqu’en A (jly. 52J la lettre H passe par la
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- verticale, au poste B la même lettré se trouve également sur la verticale. Si par l'intermédiaire de la, ligne et d’électros-aimants les mouvements de frappe de bandes de papier contre chaque roue dos types sont rendues solidaires, lorsqu'on produira- un A le rapide contact de la bande contre la jante do la roue, d'ailleurs encrée, le môme contact se produisant au poste B déterminera sur la bande de 1] l'impression de la lettre II.
- •4
- 5}. — Télégraphe Hughes: vite d’ensemble.
- Ce principe posé, nous allons donner tout d’abord une description générale de l’appareil; puis, par une étude particulière du manipulateur et du récepteur, nous montrerons comment s’effectuent, les opérations
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- multiples, avancement du papier, maintien du synchronisme, etc..., que ce schéma descriptif suppose.
- Description générale. — La figure 53 donne une vue d’ensemble de l’appareil qui montre les organes du manipulateur (clavier à touches correspondant à chaque lettre ou signe, levier de contact produisant les émissions de courant, etc...), intimement liés aux organes
- récepteurs (élqctro, roue des types et arbre des cames mis en rotation par un train d’engrenage qui commande également certains organes transmetteurs). Le tout est disposé sur une table. Le train d’engrenage est mis en mouvement par la chute d’un poids de 60 à 70 kilogrammes, dont une pédale, agissant sur une chaîne G' C' 54) qui com-
- mande la roue dentée à cliquet R', permet le remontage ; l’action d’un petit contrepoids sur le levier d’un timbre t annonce que le poids est à bout de cou rse. 1 ) ans q u e 1 q u e s
- grands bureaux le remontage automatique est assuré par l’action d’un moteur électrique M (Jig. 55), dont un levier B commande la marche intermittente. Ce
- Fig. 54.
- Remontage mécanique du poids moteur du mécanisme de l'appareil Hughes.
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- levier, relevé par le poids P interrompt, par son propre poids, lorsqu’il remonte, le circuit du moteur.
- La figure 56 représente une coupe verticale de l’appareil Hughes qui montre bien la commande des arbres horizontaux successifs du mécanisme, munis de roues den-*? tées A, B, C, D, E, l’arbre de D agissant par roues d’angle sur un arbre vertical V qui entraîne un chariot W, dont le détail se voit au bas de la figure et qui balaie les ouvertures d’une boîte ronde dite botte de a <)oujons.U>x\e projection horizontale de cet.ensemble, ainsi ([lie du clavier, dont chaque touehe^commande un des goujons de la boite en question, est représentée ligure 57. On y voit comment le mouvement du train d’engrenage est régularisé : un fort ressort spirale lixé en III est excentriquement lié au volant G, que porte à l’arrière l’axe E ('voir fig. 56J. Une sphère de plomb 1 peut être graduellement déplacée le long de l’extrémité du ressort
- Fig. 55. — Moteur du mécanisme Hughes. Remontage électrique automatique.
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- et sert à faire varier la vitesse de rotation que Je ressort maintient constante, une lois ce réglage effectué.
- Fig. j(>. — Cnupelv erticale de l'appareil Hughes montrant la-lcommande'jdes arbres horizontaux successifs du mécanisme, ainsi que celle (par une roue d'angle) de l’arbre \ertical solidaire du chariot. Ce chariot se déplace sur une boîte ronde, dite boîte des goujons. Il y a 28 goujons correspondant aux 28 leviers liés aux 28 touches du clavier.
- I<a coupe de la figure 57 inet bien en relie! cet organe régulateur en même temps qu’elle montre la liaison des touches aux goujons et le rappel de ces goujons dans leurs logements au moyen des ressorts qui sollicitent chacun d'eux.
- Manipulateur, étude détaillée. — La manipulation du Hughes consisté à envoyer un courant sur la ligne au moment où la lot tri' qu'on désire transmettre
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- , — 71 —
- passe sous la verticale. Deux appareils Hughes avant été amenés, par le réglage convenable de leur régulateur, à présentei* des vitesses de rotation exactement syn-
- m
- IV
- Fig. 57. — Coupe horizontale de l'appareil Hughes montrant la relation des 28 touches du clavier aux 28 goujons ainsi que la régularisation du mouvement du train d’engrenage par un fort ressort spirale lié au volant G. Une sphère de plomb I qu’on éloigne plus ou moins sur la tige H permet de régler la vitesse.
- chrones, on voit que dans chacun des deux appareils la roue des types et le chariot qui se meut sur la boîte à goujon effectue un tour en un même intervalle de temps.
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- On profite de ce mouvement synchrone du chariot et de la roue des types, assuré, d’ailleurs, mécaniquement dans chaque appareil, pour envoyer le courant au moment convenable. Chaque touche se trouvant reliée à l’un des 28 goujons distribués régulièrement à la périphérie de la boite des goujons, on conçoit que l’abaisse-ment d’une touche levant un goujon provoquera par l’entremise du chariot une émission de courant sur la ligne. Mais cette émission se produira pour chaque goujon à une époque distincte de la durée d’une rotation du chariot, c’est-à-dire d’une rotation de la roue des types. Cette émission trouvera donc la roue des types de l'appareil d’arrivée dans une position différente pour chaque goujon, c’est-à-dire pour chaque lettre. On dispose ainsi très exactement de 28 moments régulièrement espacés dans la durée d’une rotation et qui correspondent aux 28 [tassages sous la verticale des caractères successifs de la roue des types.
- Voici comment les organes de cette émission sont liés : la touche noire T N (jhj. 58J ou blanche T B commande un goujon fvoir juj. 57) (pii se relève, dès lors, au-dessus du couvercle de la boite des goujons par la fenêtre qui lui est destinée et qui se voit ligure 55 (a); au passage du chariot \\f (f'uj. 58j le goujon force le levier a c, que porte ce chariot, à basculer. Dès lors, <> agit sur la bague /, dont est munie l’axe 1) laquelle entraîne, en s'abaissant, le levier DI/ en relation avec la ligne. Ce levier porte le contact de U sur le plol B, en relation avec la pile.
- On profite de l’intime liaison du manipulateur et du
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- récepteur Hughes pour agir eu même temps mécaniquement par le moyen du levier T sur le mécanisme imprimeur du poste manipulateur. On obtient ainsi l’impression à ce poste du caractère même que l’émission
- produite a fait imprimer à l’appareil du correspondant. Ceci constitue un contrôlé précieux de la manipulation.
- La vitesse de rotation du chariot du Hughes est assez rapide. Si donc l’employé^ 11e relève pas
- # b 0 ü ^
- OB LN
- Fig. 58. — Manipulateur Hugues.
- L'abaissement de la touche T B lève le goujon G, qui, au passage du chariot, fera basculer les leviers a. e, L, L’ par l’intermédiaire de la bague i. La ligne, reliée à L, est mise à cet instant en relation avec la pile (contact entre U et B). En même temps le levier T détermine l’impression de la lettre en* local (contrôle de la manipulation).
- assez tôt la touche ou encore s'il l'abandonne trop tôt, il faut assurer l’émission de courant et éviter qu’elle 11e se répète au retour du chariot. À cet effet le chariot, dès qu’il saisit un goujon tant soit peu relevé, le rejette en arrière comme le montrent les figures 59 a et 59 h, l’em-
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- péchant de revenir dans son logement, tant que l’émission n’a pas été produite. L’émission terminée, le goujon est, par la forme même qu’il présente et par colle qu’on donne à la plaque de sûreté (fig. 59) dont est
- du goujon.
- de iuretè
- Fig. 59.
- Forme particulière donnée au goujon (a), assurant l'émission dès lors qu'il est saisi parle chariot. La plaque desûreté Ce), en rejetant le goujçn hors de
- l'atteinte du chariot, évite une nouvelle émission si au retour du chariot le goujon n’a pas regagné son logement (a).
- muni le chariot, mis hors d’une nouvelle atteinte. 11 so loge, en ell’et, de manière que b s’appuie contre la paroi (l (fig. 59, b) en dehors du champ du chariot, jusqu’à ce que 'l’employé, ayant abandonné la touche, le ressort r ramène le goujon dans son logement.
- Récepteur, étude détaillée. — La réception des émissions de courants envoyés sur la ligne esh assurée par un électro-aimant polarisé (pie la ligure 60 représente, en coupe et prolil. Au repos cet électro maintient attirée une palette P que deux ressorts R R sollicitent, au contraire, à s’éloigner de l’électro. Cette attraction est assurée par l’action d’un fort aimant permanent. X S qui fait partager son aimantation aux âmes de fer doux des bobines de l’électro-. Le sens du courant, dans les bobines, est tel qu’il tend à diminuer le magnétisme do chaque pèle ; (lès lors, dès qu'une
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- émission de courant est produite, l’attraction de la palette P n’est plus assez énergique’ pour s'opposer a l'action des ressorts R, R1 qui prédominent et renvoient
- 1' ig. 6o. — Récepteur Hughes : Organes électriques.
- 1/émission est reçue pur un éleclro polarisé. Au repos, la palette P est maintenue au contact de Péleetro malgré l’action des ressorts R R’. Une arrivée de courant diminuant le magnétisme des pôles, produit le brusque choc de la palette P contre le levier E J.
- brusquement; la palette contre la tète Y du levier E J, mobile autour de l’axe A A .
- Voyons comment cette action va déterminer l’impression de la lettre et les opérations multiples qui doivent raccompagner pour permettre une impression ultérieure.
- Alors que le chariot, organe manipulateur, participe d’une manière constante au mouvement de rotation qui anime tout le mécanisme du Hughes, les organes qui servent à l'impression du caractère, à l'avancement du papier, ne sont que momentanément mis en rotation. Ils participent pendant un tour seulement à la rotation, puis reviennent an repos ; ou bien encore, tout en par-
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- ticipant au mouvement (le rotation (lu mécanisme ils peuvent, par la rencontre de pièces appropriées, être légèrement décalées soit en avant, soit en arrière de leur position première.
- L’embrayage momentané, et pendant un seul tour, d’un arbre O' au repos, par un arbre O en mouvement, est sliématisépar la ligure 61 (a) : un cliquet Iv est maintenu par l’obstacle p au-dessus de la roue à rocket /\ Que l’obstacle II s’efface, le cliquet K tombe sur la
- 'A \
- Fig. 6i. — Schéma de. Vembrayage.
- (a) L’arbre O communique son mouvement à l’arbre O’ dès que le cliquet k ayant échappé à l’obstacle touche la roue à rochet r. Le cliquet est maintenu au sommet d’un plan incliné fixe/) (b). Le ressort assure l’embrayage lorsque k échappe ap (c). Au bout d’un tour, k remonte le plan /> et l’axe solidaire de A B revient au repos (d).
- roue /* et, dès lors, l’arbre O' participe au mouvement de O et cela durant un tour, c’est-à-dire jusqu’à ce que le cliquet ayant retrouvé l’obstacle, p soit à nouveau séparé de la roue r.
- Les ligures 61, b, c et (/indiquent nettement comment la roue à rochet/’, en mouvement, entraîne l’arbre des cames lié à A B, dès que le cliquet K placé au repos au sommet d’un plan incliné lixe p vient à échapper à ce plan et, cédant au ressort a, à embrayer la roue r. Alors (Ji<). 61, b), l’arbre des cames fait corps avec la roue r et tourne avec elle (Jîy. 61, c) jusqu’à ce que le cliquet, retrouvant le plan incliné p sur lequel il s'élève, échappe à cette roue / et revienne au repos.
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- --- il --
- La ligure 62 montre en détails comment le choc de la palette P contre le levier E J' produit l’embrayage dès l’arrivée d’un courant. Le cliquet C, au repos (fie/. 62, a) sur l’extrémité élevée du levier J', échappe à ce levier dès que la détente de la palette P se produit (Ju/. 62, b) ; dès lors, le ressort R produit l’embrayage. La ligure 62, c montre comment les deux axes A5, moteur et A6, axe des (‘unies ou imprimeur, bien que dans le prolongement
- l’un de l’autre, sont indépendants et ne deviennent soli-
- tfappel de I armature
- Fig. 62. — Embrayage et rappel de Varmature.
- Au repos (a), l’arbre des cames est immobile, le cliquet C étant maintenu au-dessus de la roue à rochet R par le levier d'embrayage J' J’. Le choc de la palette P contre ce levier détermine l’embrayage (bj. Dès lors, l’axe A5 moteur et l’axe des cames A6, indépendants au repos, deviennent solidaires (c). Au bout d’une révolution, le cliquet revient au repos, le débrayage s’effectuant par la montée du colimaçon C en même temps que le levier J ramène la palette P au contact de l’électro (d).
- daires qu'à la chute du cliquet- C. D’ailleurs, dès que l’axe des cames a fait un tour le cliquet, remontant le j>1 an incliné en colimaçon du levier J', l’embrayage cesse. U11 peu avant que ce mouvement d’ascension se produise, un ressort F, solidaire de l’axe des cames, appuyant sur le bec c du levier J J', oblige ce levier à ramener la palette P au contact des pièces polaires de
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- l’électro (juj. 62, d). Comme l’émission (le courant a cessé, l’électro garde attirée la palette P et les choses reviennent en l’état de repos (jï<j, 62, a).
- Avant de détailler plus avant le mécanisme d’impression, situons bien nettement la position respective de tous ces axes et marquons, sans ambiguité, ceux qui s’embrayent momentanément. La ligure 63 donne un
- shéma de ces arbres successifs. Le train d’engrenage que nous avons représenté, ligure 56, comporte l’axe 1) sur lequel se trouve la roue des types Rt et l’axe E qui porte le volant et que nous nommerons axe moteur. C’est dans le prolongement de cet arbre que se trouve Taxe des cames V6. On y trouve quatre cames: Cc(came de correction), CA(cctme de dégagement), Ci (came d’impression), Cp (came d'avancement du papier). L’axe A6 s’embraye pare et pour un tour seulement chaque fois, avec l’axe moteur E.
- La roue des ti/pes Rt est solidaire d’une roue à dents profondes, la roue correctrice Rcet toutes deux forment un manchon au centre duquel l’axe D peut tourner sans les entraîner. Un embrayage e rend, roue des types R,
- Fig. 63. — Situation res-pective des axes moteurs, des cames et de la roue des types.
- L’axe des cames s’embraye par e, pour un seul tour chaque fois,avec l’axe moteur.
- La roue des types Rt, solidaire de la roue correctrice Rc. s’embraye par e’ avec l’axe D pour plusieurs révolutions, mais l’ensemble bien qu’embrayé peut-être légèrement décalé sur l’axe grâce à la roue Rf à frottement sur l’axe D qui assure l’embrayage avec cet axe.
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- et roue correctrice R,, solidaires de l'axe D, mais col
- embrayage, une fois produit, se conserve pendant plusieurs révolutions. Par contre, alors meme que cet embrayage est produit, l’ensemble-Rt et Rf n’est pas absolument fixe sur l’axe D, mais peut s'y décaler légè-
- rement, en avance ou en retard. A cet effet, la roue à cliquet Rf, sur laquelle se produit l’embrayage, n’est pas absolument fixée à l’axe 1), mais y est seulement maintenue à frottement dur, de là son nom de roua (l<> frottamaui. Les figures 64 et 65 montrent les détails qui assurent cette indépendance relative des roues des types, correctrice et de frottement, par rapport à l’axe D, alors même que
- Fig. 64. —- Axe de la roue des types.
- Roue des types RT et roue correctrice RC en poulie folle sur Taxe A par rapport auquel la roue de frottement RF peut aussi glisser. C. cliquet d’embrayage de l’ensemble RC, RT avec RF.
- FxF RF
- l’embrayage avec cet axe est effectué.
- 1 /arbre des cames doit, en une seule révolution,
- RF
- Fig. 65. — Détails de la roue de frottement et de sa fixation sur l'axe.
- produire les trois opérations suivantes
- 1° Assurer la position exacte du caractère à imprimer
- et, au besoin, corriger cette position de manière à pro-
- duire une impression nette ;
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- 80
- Fie. 66.— Forme de l'axe des cames et des cames.
- Ensemble du dispositif d’impression. Jeu successif des trois cames CC, CI, CP.
- 2° Lancer le papier contre le caractère ainsi placé ; 3° Faire progresser le papier.
- Ce sont les cames C(., Ci, Cp qui se chargent- de
- cette série d’opérations. Le profil de l'arbre des cames se voit ligure 06, ainsi que la forme des cames qui nous intéressent : came de correction CC, came d’impression CI, came d’avancement du papier CP.
- La came de correction pénètre au cours de la révolution de l’arbre des cames entre deux dents dx (h de la roue de correction RC (jlfj. 67) et s’y loge exactement. Si le caractère à imprimer est bien sous la verticale, ce logement se fait sans effort. Si la roue des types est en retard, la came frappant la dent supérieure d\ de RC, fait avancer l’ensemble des roues sur leur axe et leur rend ainsi l’avance voulue. Si la roue des types est en avance, la came arrête la dent postérieure d* de RC, les roues s’arrêtent un instant et l’avance est
- Fig. 67. —Jeu de la came de correction Ce.
- La came C,- en se logeant entre dt et dt, retarde ou avance la roue Rc, et en même temps la roue des types sur leur axe. Elle restaure par suite le synchronisme.
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- annulée. De toutes manières, à chaque tour de l’arbre des cames, la correction du synchronisme est assurée.
- La came d’impression agit syr le levier d’impression L (ftcj. 68), qui porte le tambour sur lequel est tendue la bande de papier prête pour l’impression. Lorsque l’arête de cette came balaie
- la partie supérieure de la p , , , „
- fourchette D du levier L, le Proj.ette brusquement le tambour à
- 7 papier n contre la roue des types.
- papier se trouve brusquement projeté contre la roue des types.
- La came d’avancement du papier agit sur le levier L2 (fie/. 69/ Ce levier porte un cliquet Cc qui, sollicité par
- un ressort, engrène avec une roue à rochet dont est muni le tambour de la bande de papier. Quand, par le jeu de la came, le levier L2 se relève, le cliquet Ce avance d’une dent, quand il s’abaisse le cliquet entraîne le tambour R et, par suite, la bande de papier qui avance de la quantité nécessaire.
- Voici dans quel ordre se produisent ces diverses opérations au cours d’une rotation de l’arbre des cames,
- 3
- laquelle ne dure pas plus de de seconde :
- Par son profil, la came: i° permet au cliquet de remonter d’une dent sur le tambour R; maintient un instant l’ensemble de L, en repos; 30 abaisse progressivement Ce et fait par suite avancer le papier.
- 6. — Télégraphie
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- ier quart de tour : l’extrémité du levier L.2 parcourt la partie plane de la came CP, le cliquet Ce avance d’une dent, préparant la progression du papier.
- 2° quart de tour : L2 ne bouge plus, la partie circulaire de CP roulant sur l’extrémité de L2. A la tin de ce 2e quart de tour, la came d’impression CI atteint brusquement l’arête vive de la fourchette de L,, d’où lancement brusque du papier contre la roue des types. C’est le moment où la came de correction CC est engagée au fond d’un creux de la roue correctrice et la maintient ainsi que la roue des types, momentanément immobile et dans sa position corrigée.
- 3e quart de tour : L4 retombe ramenant le papier à quelque distance de la roue des types ; L2 parcourant la partie excentrique de la came d’avancement du papier C P s’abaisse progressivement.
- 4e quart de tour: L2 continue à s’abaisser progressivement, entraîne par l’action du cliquet Ce la roue R et par suite le papier et le déplace de la longueur voulue.
- Il est une dernière came sur le jeu duquel nous n’avons rien dit, celle de dégagement CD (fuj. 63 et66J. Sa fonction est'liée au départ de la roue des types. L'ensemble des roues des types et correctrice n’est pas toujours en mouvement. Lorsqu’on abaisse un levier dit levier de rappel au blanc B (Jlcj. 10), le cliquet qui embraye les roues à la roue de frottement trouve sur son chemin un plan incliné qui, le remontant légèrement, débraye le système des deux roues RT et RC qui, dès lors, demeurent immobiles. C’est l’opération (pie l’on effectue au début de toute communication,
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- entre deux appareils Hughes, en appuyant le doigt sur le bouton b du levier B.
- Les roues des types des deux appareils se trouvant ainsi arrêtées au même point, la touche que tout d’abord le manipulant doit abaisser, est le blanc des lettres (pii
- («) (b)
- Fig. 70. — Levier de rappel au blanc.
- (a) L’abaissement du levier B par pression en b engage un obstacle entre RF et RC, RT et au passage soulève, par Bs, le cliquet d’embrayage p. RC et RT se fixent. A l’abaissement de la touche, blanc des lettres, la came de dégagement renvoie le levier B à gauche (b)\ l’embrayage se produit et demeure.
- détermine, mécaniquement au poste manipulateur (voir fig. 58, levier T), électriquement au poste récepteur, le départ simultané des deux roues dans des positions identiques, par rapport à l’axe autour duquel elles se trouvent fixées par l’embrayage avec RF. La came de dégagement a pour fonction, lorsque le plan incliné dont est muni le levier de rappel au blanc s’est elïacé, pour permettre l’embrayage, de renvoyer tout ce système de rappel au blanc, bien en dehors du champ du cliquet d’embravage, afin qu’au cours des révolutions suivantes aucun désembrayage ne se produise.
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- •Enfin, une roue des types d’appareil Hughes permet non seulement l’impression d’une série de 27 lettres (28 places en comptant le blanc des lettres, d’où 28 touches et 28 goujons), mais aussi celle de 27 chiffres ou signes de ponctuation, dont la série se trouve, d’ailleurs, alterner à la jante de la roue des types où l’on trouve les caractères gravés dans l’ordre suivant : blanc
- des lettres A, 1, B, 2, C, 3, D, 4, etc.......C’est la
- came de correction qui permet de passer de la série des lettres à la série des chiffres et inversement. Pour cela les deux roues des types RT et correctrice RC ne sont pas absolument immuables l’une par rapport à l’autre. La roue des types fait bloc avec le levier M N (fig. Il) qui est fixé dans l’une des deux encoches a, b que porte la pièce B qui fait bloc avec la roue correctrice. Quand M N passe de l’une des encoches à l’autre, la roue des types se déplace par rapport à la roue de correction
- de
- 4
- 2 X 28
- ou
- 1
- 56
- de circonférence, substituant ainsi
- pour l’impression la série des chiffres à la série des lettres ou vice versa. Or, ce déplacement angulaire 1
- de —— de circonférence des deux roues RT et RC, l’une 5b
- par rapport à l’autre, s’obtient par la rotation de la la pièce A A' (fig. 71 ), munie en A et en A' de protubérances qui viennent masquer soit l’un, soit l’autre de deux creux à la périphérie de la roue correctrice dentée. La situation étant celle de la figure et la série des lettres s’imprimant, vient-on à abaisser la touche « Blanc des chiffres », on détermine ainsi l’embrayage de l’arbre des
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- cames, de manière que la came correctrice vienne s’engager entre les deux dents de RC que masque A ; A est démasqué, A' masque un entredent de RC, mais en même temps MN passe de l’encoche a à l’encoche b, la roue des types se trouve, dès 1
- lors, décalée de
- 56
- de circon-
- Fig. 71. — Impression des lettres ou des chiffres à volonté.
- férence, par rapport à RC, c’est la série des chiffres qui se substitue pour l’impression à la série des lettres. L’abaissement de la touche a Blanc des lettres » provoquant la pUçUTpiSeTaASA pénétration de la came correc- ty% pâî0?ap^”t\ u
- . . , ., « i - correctrice et substitue la série
- trice, de maniéré a démasquer des chiffres à ia série des îet-
- très ou inversement, chiffres et A' et à masquer A, restitue- letlies alternant sur le pourtour
- de la roue des types.
- rait la position dessinée sur la
- ligure et, par suite, la série des lettres.
- Communications électriques du Hughes.
- HUGHES
- OEtectfo polarisé récepteur-
- Ligne
- Levier minipulateun
- T
- MORSE
- Eleetro
- récepteur
- Ligne
- Lt
- Manipulateur
- Fig. 72.
- Schéma comparatif des connexions électriques du Morse et du Hughes
- — En principe, ainsi que le montre le schéma comparatif de la figure 72, les connexions du Morse et du
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- Hughes sont semblables, la clef du Morse étant remplacée par le levier d’émission et, l’électro du récepteur Morse, par un électro polarisé. Il est utile, pour atténuer les effets de désaimantation du courant qui parcourt les bobinages de l’électro polarisé, que ce courant n’y passe
- que le temps strictement nécessaire au déclanchement. A cet effet, on charge l’une des cames de produire un contact entre deux ressorts r (Jig. 73) connectés de telle sorte que,
- 1
- aussitôt que l’armature est
- * IG. 73. , 1
- Mise automatique de la ligne déclaiicllée, elle met automa-au sol dès que le déclanchement
- de la palette est produit. tiquement la ligne au sol.
- Ce contact supplémentaire, la nécessité de rendre l’électro polarisé du Hughes sensible soit aux courants
- Fig. 74.
- Communications électriques de l’appareil Hugues.
- positifs, soit aux courants négatifs, la liaison momentanée de la ligne au sol, avant l’électro, pour permettre de vérifier le degré de synchronisme réalisé, constituent
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- autant (le complications aux connexions du Hughes qui deviennent, dès lors, celles représentées ligure 74. Dans le but d’assurer un meilleur isolement, on constitue le levier d’émission de deux parties isolées l’une de l’autre ; l’extrémité du levier est alors reliée à la ligne, alors que le corps de ce levier est, ainsi que le massif de l’appareil, réuni à la terre. Les connexions deviennent alors telles que la figure 75 les représente.
- A +L
- Communications électriques de l’appareil Hughes avec isolement du levier d’émission.
- Critique de l’appareil Hughes. — Ce qui
- caractérise le mécanisme du Hughes, c’est que toutes les actions s’y produisent par choc : embrayages, correction, fonctions diverses des cames ; de là une rapide usure des pièces qui entrent ainsi en contact, animées de vitesses notables. Au point de vue de l’embrayage on a substitué au cliquet portant quelques dents qui agissent à la périphérie de la roue à embrayer deux coquilles B, D, munies de dents qui, venant au contact, provoquent l’embrayage de l’arbre C par l’arbre A. Ce dispo-
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- sitif d’embrayage, que représente la ligure 76, est moins sujet à usure. C’est celui que présentent les appareils Hughes de l’Administration hongroise.
- Fig. 76. — Embrayage par coquilles des Hughes de l’administration hongroise.
- L’action par choc nécessite la réalisation de grandes vitesses. C’est ainsi que l’arbre des cames tourne sept fois plus vite que l’axe de la roue des types qui elle-
- 1
- même fait 120 tours à la minute. C’est donc en ——- de
- 14
- seconde que les quatre cames accomplissent toutes leurs fonctions. Il faut donc espacer les émissions successives 1
- d au moins de seconde pour laisser aux cames le
- temps de procéder à l’impression d’une lettre et aux opérations subséquentes qui l’accompagne avant de leur
- 1
- demander l’impression d’une seconde lettre. En-yy
- de seconde la roue des types avance de -i- de tour :
- quatre lettres défilent donc sous la verticale, pendant la durée d’une révolution de la roue des types. L’impression se produit à la lin du premier demi-tour de l’axe des cames, alors que deux lettres ont défilé sous la verticale. On doit donc décaler de ~- de circonférence ou
- I i
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- de deux lettres, la roue des types par rapport au chariot ; au moment où le goujon correspondant à la lêttre C est saisi par le chariot et où, par suite, l’émission de courant destinée à imprimer C est produite, c’est la lettre A de la roue des types qui doit passer sous la verticale, puisque l’impression ne se produira que
- -i- de seconde après l’émission, temps pendant lequel
- la roue des types se sera déplacée par rapport à la ver-
- 1
- ticale de ——- de tour ou de A en C.
- 14
- Cette obligation d’espacer, de^-de seconde au moins,
- deux émissions successives, oblige d’espacer de quatre intervalles les lettres successives susceptibles d’être imprimées pendant un même tour de chariot, c’est-à-dire en une révolution de la roue des types. Cette obligation limite la vitesse de transmission, en même temps qu’elle constitue la difficulté de l’apprentissage du Hughes. L’employé doit, en effet, ne jamais laisser passer l’occasion d’émettre, dans un seul tour de chariot, deux lettres ou deux signes espacés d’au moins quatre autres signes et ne jamais tenter d’envoyer, en un même tour, deux signaux qui ne présenteraient pas cette distance. De là la nécessité d’une connaissance approfondie du clavier que .les doigts doivent posséder pour ainsi dire d’instinct. Cette connaissance ne s’acquiert qu’à la longue, et il est rare qu’on devienne bon hughiste avant plusieurs mois d’exercice, près d’un an en moyenne. Par contre, l’habitude, aidée d’une grande
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- dextérité,- permet à certains employés d’accomplir au Hughes de véritables tours de force. C’est ainsi qu’il nous est arrivé de constater, à l’époque où nous appartenions à l’Administration des Postes et Télégraphes, au cours d’un essai de vitesse fait, sur le fil Paris-Bordeaux, qu’en sept heures la transmission de 500 télégrammes fut faite par un hughiste hors de pair, sans une erreur et sans qu’au cours de cette longue séance il ait pu voir un seul instant le clavier qui était soustrait à ses regards par une feuille de papier étendue sur les mains.
- Cette restriction de ne combiner l’envoi de deux ou plusieurs lettres dans un tour de chariot qu’autant qu’elles comprennent entre elles un intervalle de quatre lettres, permet le calcul de la vitesse de transmission. Ayant émis la lettre de rang /?, on 11e peut émettre comme plus prochaine lettre que la lettre de rang 11 + 5 ; quant à la plus éloignée, c’est celle de rang n + 4, qui 11e pourra venir qu’après un intervalle de n +28 + 4 ou 11 + 32.
- L’intervalle moyen entre une lettre de rang n et celle <pii la suit sera donc
- o + 32 -10-
- 11 + ——------ ou 11 —\- 18,0
- La distance moyenne entre les lettres successives est par suite de 18,5 rangs. O11 peu 1 donc, par tour, trans-
- mettre
- 28
- 18,5
- 1,54 lettres soit, à 1a vitesse de 120 tours
- à la minute, 180 lettres à la minute, ce (pii correspond à 00 à 70 télégrammes de 15 à 20 mots à l’heure.
- I /obligation de quatre intervalles entre chacune des
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- lettres susceptibles d’être transmises en un seul tour de chariot nécessite quatre tours de chariot pour transmettre le nom, cependant court, de l’opticien Ahbe ; par contre, le nom Ejotychouzo, malgré trois fois plus de caractères, ne demande que deux tours de chariot par la disposition même de ses lettres choisies sur le clavier exactement de cinq en cinq, les unes des autres. Ainsi s’explique l’invocation à un saint imaginaire du nom d'Ejoft/choiue, qu’un visiteur curieux pourrait s’étonner de trouver inscrite, parfois, sur les pupitres des Hughes.
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- CHAPITRE III
- Télégraphie rapide, 2me solution . Télégraphie multiple
- La rapidité que présentait déjà le télégraphe automatique à composition préalable de Wheatstone, la commodité et la sécurité que vint apporter à l’échange des dépêches l’appareil imprimant de Hughes, déterminèrent bientôt un tel accroissement des échanges télégraphiques qu’on dut se préoccuper d’accroître le rendement des lignes. .On y parvint tout d’abord en réalisant avec les appareils en usage des systèmes de transmissions duplex, diplex, -quadruplex et, enfin, multiplex.
- Définitions. — Le problème de la transmission duplex consiste à envoyer deux télégrammes à la fois, par un mêmelil, en sens inverse. Deux postes A, B sont reliés par un fil unique : A transmet à B et reçoit de B simultanément.
- La transmission diplex est la réalisation de la transmission simultanée de deux télégrammes dans le même sens : A transmet à B deux télégrammes à la fois.
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- La transmission quadruplex réalise la combinaison du duplex et du diplex : A transmet simultanément deux télégrammes à B et reçoit en même temps de B deux télégrammes.
- La transmission multipleæ consiste dans l’envoi simultané de plusieurs télégrammes dans un même sens. On réserve le nom de multicommunicateur au dispositif qui permet de transmettre et de recevoir simultanément plusieurs télégrammes par un même lil.
- Principe du duplex. — Deux solutions simples et classiques du problème du duplex nous permettent de saisir, dans ce qu’il a d’essentiel, le procédé qui permet deux relations simultanées entre deux postes X et Y.
- Fig. 77. — Système duplex différentiel.
- Chaque manipulateur abaissé isolément n’actionne que l’électro-récepteur du poste correspondant. Lorsque les deux manipulateurs sont simultanément abaissés, les piles de chaque poste déterminent la mise en action des électrorécepteurs de leur poste même.
- 1° Le système différentiel que représente la figure 77 montre comment se résoud le problème. L’axe de
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- chaque manipulateur au lieu (.Vôtre directement lié à la ligne, est réuni à l’armature de l’électro-récepteur. L’une des extrémités de chaque hohinage de cet électro est également relié à cette armature. Les deux extrémités libres sont réunies l’une à la ligne, l’autre à la terre, par l’intermédiaire d’une résistance calculée de manière que les deux circuits bifurqués, à partir de O, aient la même résistance.
- Ceci étant, supposons que le poste X transmette; le manipulateur étant abaissé, le courant de la pile P se partage en O et traverse les deux bobines B et B' du récepteur de A, en sens inverse et avec une même intensité, de telle manière que le magnétisme développé dans la bobine B étant identique à celui développé dans la bobine B, la palette de A demeure non attirée. Au poste Z le courant parcourt la bobine B, se rend au sol par L et R : une partie se dérive en O vers B' et le sol à travers X', traversant la bobine B' dans le même sens que B. La palette du récepteur Z sera donc attirée.
- De même, lorsqu’en Z et en Z seulement le manipulateur est abaissé, il détermine l’attraction de la palette du récepteur de Y et nullement celle de son propre poste.
- Supposons, enlin, que les deux manipulateurs soient simultanément .abaissés ; aucun courant ne parcourt alors la ligne, les deux piles se trouvant disposées en 'opposition par la ligne même et les bobines B de Z et B' de y. Par contre, à chaque poste le courant de chacune des piles se dérive à la terre à travers l’enroulement de l’une des bobines du récepteur. Ainsi, pendant l’abaissement simultané du manipulateur, chaque pile
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- détermine l’attraction de la palette du récepteur de son propre poste.
- Les deux manipulateurs peuvent donc être actionnés simultanément et chaque récepteur traduira par les attractions de sa palette les mouvements, même imprimés, au manipulateur, du poste correspondant. La transmission duplex est donc.assurée.
- 2° Le système du pont cle Wheatstone, dans lequel on met en complète indépendance le manipulateur M
- B C
- Fig. 78. — Principe du pont de Wheatstone.
- Indépendance complète entre le manipulateur M et le récepteur R d’un même
- poste.
- et le récepteur R d’un même poste. Si, en elïet (juj. 78), a, e, b, d, sont les résistances des branches
- Fig. 79. — Système duplex par pont de Wheatsthone.
- Le manipulateur M actionne le récepteur R’, en même temps que le manipulateur M’ actionne le récepteur R, et d’une manière indépendante.
- A H, \) G, A 1), DG aucun courant ne passera en H 1) par le récepteur M R si l’on a -j~— et cela que le manipulateur M ferme ou non le courant de la pile. Le
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- schéma de la ligure 79 montre, dès lors, comment on applique cette propriété du pont de Wheatstone à la mise en relation duplex des appareils M et R', M' et R.
- Principe du diplex. — Supposons que deux manipulateurs m, m soient susceptibles d’être actionnés simultanément à un même poste, quatre combinaisons correspondent aux positions respectives de ces manipulateurs, on utilise ces quatre combinaisons à mettre la ligne en relation avec l’un des pôles d’une pile faible P ou d’une pile à plus grand nombre d’éléments P + Q. Ainsi, les deux manipulateurs sont-ils au repos, le pôle — de P est à la ligne ; sont-ils tous les deux actionnés, le pôle -f- de P est à la ligne ; l’un des manipulateurs m est-il au repos, l’autre m' étant actionné, le pôle + de P + Q est à la ligne, alors que si ni' est au repos et en est actionné, c’est le pôle — de P + Q qui est mis à la ligne. Ces courants positifs ou négatifs, faibles ou forts, traversent à l’arrivée deux relais polarisés qu’ils actionnent, soit l’un, soit l’autre, soit tous les deux ensemble. Les relais commandent deux récepteurs et la transmission diplex est aussi assurée.
- Principe du quadruplex. — Quel que soit le dispositif employé pour la transmission diplex, on peut combiner ce dispositif avec un système de transmission duplex assuré, soit par la méthode différentielle, soit par la méthode du pont de Wheatstone. On réalise ainsi une transmission quadruplex. De même que la transmission duplex, la transmission quadruplex nécessite l’établissement d’une ligne factice plus ou moins coûteuse.
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- Principe des Télégraphes multiples Etude du Baudot
- Distributeur. — Le principe des -télégraphes multiples dont nous allons maintenant, étudier l’un des plus parfaits, le Baudot, réside dans l’emploi du distributeur qui fut imaginé par Rouvier, en 1860.
- Supposez qu’un certain nombre de secteurs conducteurs isolés les uns des autres, six, par exemple, soient balayés par un organe mobile, un balai conducteur relié à la ligne L (fig. 80J. Plaçons, à chaque poste, un dispositif de ce genre, qu’on nomme disti'ibutpw* et animons les balais de mouvements rigoureusement isochrones, nous avons par là le moyen de réunir entre eux, à chaque tour du balai distributeur, les quatre couples d’appareils reliés, de part et d’autre, aux quatre sections, chacun d’eux travaillant dans une complète indépendance.
- Soient a\, ciz, a-6, a6, les six secteurs du poste A ;
- /ii, ni, /?3, ru, ih, ceux du poste N. En A, trois mani-
- 7. — Télégraphie
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- récepteurs; aux secteurs pairs «>, cq, a&. Eu N, au contraire, ce sont les secteurs pairs iu, nl} n% qui sont réunis
- révolution.
- pulateurs sont reliés aux secteurs impairs a.\, a3, a&, trois
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- a?:
- C/5
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- *0 <D JC "O CJ
- 'O <y
- à trois manipulateurs et les secteurs impairs/?*, /?;!, /?5qui communiquent avec trois récepteurs. Les balais frottant au même instant sur deux secteurs affectés du même numéro d’ordre, les trois manipulateurs du poste A seront, une fois par tour, reliés aux trois récepteurs du poste N ; il en sera de même pour les trois manipulateurs de N, qui seront réunis aux récepteurs de A, chacun une fois par tour.
- Si les signaux qui émanent de chaque manipulateur sont émis au moment propice, on conçoit que grâce au synchronisme des distributeurs, les six groupes d’appareils associés puissent échanger des signaux. Bien que six télégrammes puissent ainsi être échangés simultanément entre A et N, il n’y a pas, à vrai dire, communications simultanées entre les divers appareils qui les échangent. Les deux distributeurs permettent simplement de rapprocher les communications successives entre les divers manipulateurs et récepteurs reliés par
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- — 100 —
- la môme ligne. Ils suppléent à la lenteur de la transmission manipulée, en utilisant le temps perdu entre deux signaux consécutifs, pour utiliser la ligne, en la distribuant à d’autres couples d’appareils.
- On conçoit qu’on puisse, à l’aide de distributeurs, faire communiquer entre eux et avec A et N des postes échelonnés sur la ligne A N. Ainsi, des distributeurs à quatre secteurs permettent les relations, deux à deux, entre trois postes échelonnés A, B, N, ainsi que l’indique le schéma de la figure 81.
- ÉTUDE DU TÉLÉGRAPHE MULTIPLE BAUDOT
- Principe du Baudot. — Baudot s’est proposé de réaliser un télégraphe multiple qui fournisse la dépêche en caractères typographiés. Une discussion approfondie et détaillée des divers codes de signaux l’amena à choisir, pour produire l’impression de chacun des trente-deux caractères distribués sur le pourtour d’une roue des types, trente-deux combinaisons de cinq signaux successifs.
- Si l’on se reporte à l’étude que nous avons faite de la propagation du courant sur une ligne télégraphique, on conçoit aisément qu’un signal aura d’autant plus de chance d’arriver sans perturbation que le dispositif de réception (électro, relais polarisés, par exemple) sera tel qu’il demande pour fonctionner le minimum d’effort. Toutefois, ce dispositif devra, malgré sa sensibilité, être rendu insensible à l’action des courants parasites traversant la ligne. Un moyen simple et très pratique
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- est d’envoyer, d’une manière constante, dans le dispositif de réception, un courant de sens contraire à celui qui est destiné au signal. Ce courant est dit courant de repos, par opposition au courant de travail qui est celui réservé à la production du signal.
- La ligure 82 donne le code de signaux employés avec usage d’un courant de repos dans le télégraphe Baudot. La réalisation de ces combinaisons de signaux se fait au moyen de cinq touches abaissées : trois, 1, 2 et 3, au moyen de l'index, du médium et de l'annulaire de la main droite ; deux, 4 et 5, au moyen du médium et de l’annulaire de la main gauche. La ligure donne un tableau des trente-deux lettres ou chiffres et de leur réalisation par la manipulation.
- Ceci étant, voici comment le système réalise, dans ses lignes essentielles, la transmission de ces groupes de signaux, tout en permettant la mu lti j >1 ici té des communications. Au départ, un distributeur 1 83,
- roir p. 104 et 105) permet, de mettre successivement un grand nombre de secteurs ou plots en relation avec la ligne ; à l’arrivée un second distributeur synchrone 11 identique assure, au même instant, la relation avec la ligne des plots de même numéro d’ordre. La transmission d’une lettre est obtenue, au départ, par l'abaissement d’un certain nombre de touches, par exemple L* et L3, correspondant à la lettre J. Chacun des cinq leviers transmetteurs se trouve relié aux cinq plots 1, 2, 3, 4 et 5 du distributeur I. Dans leur position de repos les leviers envoient.sur la ligne le courant négatif d’une pile P lorsque le balai du distributeur passe sur
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- TABLEAU DE MANIPULATION
- ,Hain gauche t S3 Main droite Combinaisons transmise»
- £ 1 î Z | I ! (Sens des courants)
- L IV I II III I 2 3 4 5 [
- A ! X + - — — —
- X B 8 X - - 4- 4- —
- X c y X X 4- - 4- 4" —
- X D 0 X X X 4- -1- 4- 4- —
- K X - 4-’ - — —
- IJ & X X 4- V - — —
- X r : X ' X - -+- + 4- —
- X G 7' X - + - 4-
- X H 5 X X - + —
- I 2 X X - 4- - -
- X .1 6 X 4- - - 4- -
- !x X K ( X 4- - - 4- 4-
- ! x X L = X X 4- 4- - 4- 4-
- i x X M ) X - 4- - 4- -h
- 1 X X N N» X X - 4- 4- . 4- 4-
- 0 h X X X 4“ 4- 4- -
- X X Ÿ % X X X + 4- -r 4” +-
- X X Q / X x +- - 4- 4- +-
- X X It - X - - ~h 4- 4-
- X S . X - - + - t-
- x T •f X X -4- - 4- - 4-
- U 4 X X 4- - 4- - -
- 1 X V X X X + 4- 4- - 4-
- X w y X X - 4- V- - 4-
- X X X - 4- - - 4-
- Y 3 X - - 4- - -
- X Z X X + 4- - - 4-
- X t X + - - - 4-
- X X ♦ * - - - 4- 4-
- X Blanc des chiffres. - - - 4- -
- X Blanc des lettres. — — — — 4-
- l e signe x indique les louehes qu’il faut abaisser.
- Fig. 82. — Code de signaux Baudot.
- Combinaison des cinq courants transmis correspondant à chacune des 32 lettres ou chiffres. Les émissions de courants négatifs correspondent au courant de repos.
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- les plots réunis aux leviers. A l'arrivée, les cinq plots V, 2', 3', 4' et 5' du distributeur I I sont réunis aux organes récepteurs qui sont cinq électros-aimants polarisés, dont les palettes demeurent sur le butoir de repos, tant qu’un courant négatif vient de la ligne dans les électros et se porte, au contraire, sur le butoir opposé ou de travail, lorsqu’une émission positive est apportée par la ligne dans les électros.
- Ainsi donc, une combinaison des leviers manipulateurs étant réalisée au départ, le distributeur I en cueille les émissions au passage des plots 1 à 5 et, par la ligne et les plots V à 5', la transporte aux organes récepteurs qui se trouvent, dès lors, après le passage du balai du distributeur 11 sur le dernier plot 5', présenter à l’arrivée la combinaison réalisée au départ. Voici comment cette combinaison transportée ainsi au poste d’arrivée va être traduite en l’impression d’une lettre déterminée, dans le cas représenté, de la lettre J.
- A l’arrivée cinq leviers /,, /2, /3, /4, /3 dits chprdwunt, mobiles entre butoirs de repos et de travail, sont liés entre eux et avec les butoirs des organes récepteurs, comme le représente la figure et de telle manière que le courant d’une pile locale P ne peut traverser l’électro d’impression E et projeter le papier contre la roue des types qu’autant que la combinaison des leviers chercheurs répète exactement la combinaison des leviers récepteurs. Or, la roue des types, a mesure qu’elle effectue son tour, fait déplacer alternativement chaque levier chercheur d’un de ses butoirs sur l’autre, de telle manière que ces cinq leviers chercheurs présentent
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- Distributeur I
- ' 16 \
- Fil de Ligi
- Terre
- I'Tg. 83. — Principe du télégraphe Baudot.
- La combinaison des cinq leviers transmetteurs est transmise par le distributeur I. reçue par le distributeur II et copiée par les électro-: écepteurs. Lorsque
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- Encreur
- Distributeur II
- Fil de Lig
- la combinaison des cinq leviers chercheurs devient identique à la combinaison des cinq leviers récepteurs — ce qui correspond au passage de la lettre combinée sous la verticale — la pile P actionne l’électro-imprimeur.
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- successivement la série des' trente-deux combinaisons correspondant aux trente-deux lettres. A chaque combinaison produite, d’ailleurs, la lettre correspondante de la roue des types passe sous la verticale. C’est donc lorsque la combinaison correspondant à la lettre J (/* et /3 sur butoir de travail) sera réalisée par les leviers chercheurs que cette lettre J se trouvera en lace du papier bande. Etant donnée la combinaison présentée par les leviers récepteurs («2et^3 sur butoir de travail), c’est pour cette seule combinaison des leviers chercheurs ({lie la pile P peut, actionnant l’électro E, projeter la bande contre la roue des types. L'impression se produira donc au moment même où J sera sous la. verticale.
- Comme on n’utilise que cinq des secteurs ou plots de chaque distributeur, on voit qu’il sera aisé de multiplier le nombre de dispositifs identiques à celui que nous venons de décrire. Il suffit d'affecter les plots 6, 7, 8, 9 et 10, ainsi que 6', 7', 8', 9' et 10' à desservir les combinaisons d’une deuxième roue des types. On conçoit qu’on puisse étager ainsi autour de chaque distributeur un certain nombre dégroupés de cinq leviers transmetteurs, de cinq leviers récepteurs et de cinq leviers chercheurs.
- Remarquons, d’ailleurs, que le signal à transmettre peut être préparé à l’avance. A .chaque manipulateur, qui n’est que la réunion de 5 leviers t ransmetteurs, on a pour effectuer cette préparation tout le temps que met le balai du distributeur pour passer du plot 6 au plot 1,
- c’est-à-dire dans le cas de la ligure, plus des -J-de la
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- durée d’une révolution du distributeur. De même, à l’arrivée, les cinq électros-récepteurs peuvent garder*, pendant le même temps, la combinaison qu’ils ont reçue et qui copie celle des leviers transmetteurs ; aussi, leur - donne-t-on le nom d’o/y/o/ms d’attente. Pendant ce temps les leviers chercheurs peuvent développer leurs trente-deux combinaisons successives dans la série desquelles la pile saisit celle qui calque la combinaison des organes d’attente pour actionner l’électro d’impression. Il faut, évidemment, qu’au moment où les distributions reviennent simultanément balayer le plot 1 et 1' tous les leviers récepteurs et chercheurs soient revenus sur leurs boutoirs de repos. Ceci se produit, d’ailleurs, par l’envoi d’un courant convenable envoyé par le plot 28, qui prépare ainsi la réception.
- Cette description générale nous fait saisir l’esprit du système Baudot ; pénétrons-en, maintenant, le mécanisme, par une étude plus détaillée des divers organes que, d’ailleurs, la connaissance du Hughes nous aidera, en partie, à comprendre.
- Manipulateur Baudot. — Un clavier à cinq touches commande cinq contacts qui substituent l’envoi de cinq courants positifsàl’émission négative qu’assurent les touches à leur position de repos. Deux détails à signaler : la cadence et \’accrochage. La cadence n’est autre qu’une sorte de parleur qui reçoit un courant au moment où le balai distributeur quitte le plot 5 et indique ainsi à 1’employé attentif au toc de l’électro de cadence que le signal à combiner peut être émis. Le transmetteur règle donc l’abaissement des touches sur
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- le rythme que bat la cadence. La figure 84 représente un
- Img. 84. •— Manipulateur Baudot à cinq touches avec sa cadence^à gauche du
- pupitre. ,
- clavier de Baudot sur lequel se trouve l’électro de
- cadence et sa palette.
- Actuellement 011 transmet la cadence par le toc (Lun téléphone 85j. Cela présente davantage d’atténuer le bruit fastidieux des cadences qui
- Fig. 85. — Clavier du manipulateur Baudot,
- modèle. 1896. ' ldoilt beSOlU (dè-
- La cadence est assurée par le toc d’un téléphone fixé à la hauteur de l’oreille du manipulant. ’ ire perÇUCS que
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- par chacun des employés manipulateurs qu'elles intéressent. Il peut arriver que le manipulant abandonne la touche abaissée avant que le balai distributeur ait atteint le plot correspondant à cette touche. Pour assurer rémission du courant positif pour toute touche abaissée, celle-ci se trouve accrochée et maintenue abaissée par un électro polarisé E placé, comme l'indique la coupe que représente la ligure 86, en dessous
- Fig. 86. — Coupe d’un davier Baudot.
- On y voit le dispositif d’accrochage qui maintient la touche abaissée tant que le balai distributeur n'a pas atteint le plot correspondant à la touche abaissée.
- de la touche, laquelle porte une pièce de fer doux o que l'électro retient lorsqu’elle est arrivée au contact de l'armature. A la fin du tour un courant local envoyé par le distributeur désaimante l'électro qui lâche la touche accrochée.
- Synchronisme. — Les distributeurs sont munis de régulateurs à force centrifuge. Le synchronisme est assuré par une correction électrique. La ligure 87 donne le schéma de cette correction qui nécessite un plot spécial p êur le distributeur-correcteur F et deux plots
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- pi et p2 sur le distributeur corrigé F'. Les vitesses sont réglées de manière que le distributeur à corriger avance
- légèrement sur le distributeur-correcteur. Tant que le
- Fig. 87. — Synchronisme. Principe de la correction électrique.
- Le distributeur correcteur F envoie un courant de correction qui, dans le cas d’une avance du distributeur à corriger F’, traverse l’électro E, lequel agit pour retarder F’. On règle les vitesses de façon que F’ tende à avancer sur F.
- synchronisme se maintient, le courant de la pile de correction P parcourt, à chaque tour, la ligne sans produire aucun effet ; mais, dès que F' avance le balai de F' attei-
- plectrû-accroeheur
- \ \ frappeur de cadence
- fig. 88. — Schéma de la distribution au départ.
- Deux bras porte-balais parcourent les couronnes et assurent (couronnes II et V) la relation des plots de correction et de transmission avec la ligne ainsi que l'envoi (couronnes III et VI) d’un courant local pour la cadence et l’accrochage.
- gnant le plot p2, alors que le balai de F est encore sur le plot p, le courant de P traverse Télectro de correction E
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- qui agit sur le distributeur à corriger pour en diminuer la vitesse. En pratique, le distributeur-correcteur porte deux plots de correction, l'un émettant un courant positif, le second un courant négatif. Le courant de correction est ainsi immédiatement suivi d'un courant de repos qui a pour but de décharger la ligne, mais qui n'intervient pas pour la correction proprement dite. La ligure 88 représente, dès lors, le scliémades communications du distributeur. Quatre couronnes balayées par deux bras porte-balais assurent les émissions sur la ligne et l'envoi d'un courant local pour la cadence et raccrochage. Les plots de correction précèdent immédiatement ceux de transmission, la correction devant être effectuée avant celle-ci.
- Récepteur Baudot. — La réception comporte les trois opérations suivantes :
- 1° Réception des signaux envoyés dans cinq récepteurs ;
- 2° Traduction de la combinaison ainsi formée par les armatures des récepteurs ;
- 3° Impression du caractère traduit.
- Le récepteur comprend un distributeur synchrone de celui du poste d’émission et cinq électros récepteurs.
- Au lieu d’être directement relié à la ligne, le distributeur de réception est lié à l'armature d'un relais polarisé qui, lui, reçoit les courants de la ligne et est actionné par les courants de travail. Cela réalise un double but : L'organe de réception placé sur la ligne est rendu plus sensible et en même temps plus sûr ; les organes de traduction, commandés par le relais, entretenus par des
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- courants locaux, toujours .semblables à eux-mêmes se trouvent soustraits aux variations qui affectent la ligne. D’où une parfaite régularité de fonctionnement.
- Ligne
- Fig..89. — Récepteur Baudot, (a) Relais polarisé.
- La ligne aboutit à un relais polarisé Baudot (a) dont la palette B est connectée à la couronne « ligne )) du distributeur d'arrivée. Elle établit, grâce au courant d’une pile locale, les palettes des 5 électro-récepteurs r suivant la combinaison transmise.
- 1 ,e récepteur proprement répondre au schéma de la figure 89.
- Electros récepteurs Electro correcteur
- dit se trouve, dès lors, Le relais polarisé Baudot, d’une extrême sensibilité, est f représenté, en dé-jj tails, sur le côté de 13 Un ha ligure (fig. 89 a). Le distributeur de réception est alors disposé comme le montre la ligure 90.
- Traducteur.— Les électros-aimants récepteurs (fig. 91 ), au nombre de cinq, ont pour objet de
- r
- Fig. 90. — Schéma de la distribution à Varrivée.
- Tous les courants émis sur la ligne sont reçus par le relais polarisé qui les transmet sous forme d’un courant local au distributeur. Le plot C3 de correction est disposé avant les 5 plots de réceptions. C3 et l’ensemble des plots 1 à 5 sont montés sur secteurs isolants qui permettent de leur donner de légers déplacements par rapport au bras porte-balais ^3. Cela permet un décalage nécessité par le retard dû à la présence du relais.
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- /
- /
- mettre en position tle travail des leviers coudés dit^' aûjuiUeur*. Il y a cinq électros-récepteurs ou électrés-aiguilleurs, commandant cinq aiguilleurs.
- Ces cinq aiguilleurs • ayant; été placés dans la position qui correspond à la combinaison à traduire, il s’agit de s’en servii* pour produire l’impression sur la bande de papier, au moment où la lettre
- Fig. 91. — Electro-aimant rêce-pteur.
- Chaque électro récepteur, dit encore électro-aiguilleur, agit sur un levier coudé dit aiguilleur. Les cinq aiguilleurs préparent la traduction au moyen des chercheurs
- qui correspond à cette qulls dingent-combinaison passe sous la verticale. C’est là l’opération qui constitue la traduction et qui est, en fait, la partie véritablement originale du système Baudot.
- Cette traduction, qui se fait actuellement mécaniquement, est réalisée :
- 1° Au moyen de cinq leviers dits chercheur* ;
- 2° Au moyen de cinq couronnes tournant en regard des leviers chercheurs et comportant une série de creux et de pleins disposés de telle sorte que les trente-deux combinaisons possibles des cinq émissions se trouvent toutes réparties et représentées par le pourtour de ces cinq couronnes.
- A côté de chaque couronne se trouve une couronne complémentaire, couronne qui est divisée comme la couronne principale qu’elle complète, à cela près qu’elle présente des saillies à la place des creux et inversement.
- Le tambour du traducteur comporterait donc, en fait,
- 8. — Télégraphie
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- — H4 —
- dix couronnes juxtaposées 11', 22', 33', 44', 55', formant
- cinq bandes circulaires 11', 22'., 55', formée chacune
- d’une couronne principale et de sa complémentaire, et de telle sorte que les cinq couronnes 1, 2, 3, 4, 5 reproduisent, au cours d’un tour complet, les trente-deux combinaisons par leurs creux associés ou encore que les cinq couronnes complémentaires 1', 2', 3', 4', 5' reproduisent, au cours d’un tour complet, les mêmes combinaisons tracées par leurs saillies.
- La figure 92 représente ce combinateur primitif à dix couronnes formant cinq travées ayant chacune deux voies : la voie de repos ou couronne principale, la voie de travail ou couronne complémentaire.
- Ce plateau combinateur fait corps avec la roue des types. Au passage du secteur neutre les chercheurs suivent les impulsions que leur donnent les aiguilleurs et s’engagent soit dans leur voie de travail, soit dans leur voie de repos, suivant la combinaison même qu’ils répètent. Si, par exemple, le deuxième, le troisième et le cinquième chercheurs se sont engagés seuls dans les voies de travail, les deux autres étant restés dans leur voie de repos, ce qui correspond à rabaissement des touches 2, 3 et 5, c'est-à-dire à la lettre W, on voit que les cinq pieds des chercheurs représentés par cinq points noirs sur la ligure, ne trouveront, tous ensemble, un vide au-dessous d'eux, que lorsque le plateau combinateur leur présentera le secteur \V. A ce moment aucun des chercheurs ne trouve son pied appuyé à une saillie, leur ensemble bascule et, guidé par une couronne dentée, permet la chute du cadre que soutient la tète des
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- chercheurs, lequel met eu œuvre l'organe imprimeur.
- Fig. 92.— Combinateur Baudot (modèle primitif).
- Il s’agit, à l’arrivée, de choquer la bande de papier contre la roue des types au moment où la lettre W qui correspond à la combinaison des touches abaissées au manipulateur arrive sous la verticale (W: 2e, 3e et 5e touches abaissées). Chacun des cinq chercheurs peut s’engager dans la travée du combi-nateur qu’il parcourt, soit sur une voie de repos, soit sur une voie de travail. Pour l’émission de W, les seuls 2e, 3e et 5e chercheurs auront leurs pieds engagés sur la voie de travail; les icr et .je restant sur la voie de repos. Or, c’est seulement lorsque l’ensemble des chercheurs est sur le 28e secteur du combinateur, secteur qui porte gravé la lettre W, qu’aucun pied de chercheur n’appuie plus sur un plein des travées. Les cinq chercheurs se trouvent tous en face de creux des travées (position que la figure indique, les points noirs, pieds des chercheurs, étant sur les parties ombrées des travées) l’ensemble bascule donc et agit sur l’organe d’impression qui projette alors la bande de papier contre le type W.
- Simplification du combinateur. — En rangeant dans un ordre convenable les trente-deux combinaisons du code Baudot, on peut réduire, ainsi qu’on va
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- le voir, à deux couronnes (une principale et une complémentaire) les dix couronnes du combinateur.
- Considérons les cinq chercheurs placés côte à côte et appuyant, chacun sur sa couronne principale, que nous représenterons (fig. 93J par le tableau rectifié des envois de courant correspondants aux diverses combinaisons.
- Au cours d’un tour les combinaisons se trouvent réalisées chacune une fois. Si au lieu de placer les chercheurs tous côte à côte nous les plaçons à la suite les uns des autres, nous allons, par là môme, pouvoir réduire les cinq couronnes principales à une seule. Il subit, pour cela, de ranger les trente-deux combinaisons dans un ordre convenable.
- Parmi les millions de milliards de permutations possibles auxquelles trente-deux objets peuvent donner lieu: (1x2
- X 3..... X 31 X 32 - de 8 à 9 X 103*
- ou 8 à 900 nonillions) il y avait avantage, au point de vue de la construction, à trouver un ordre qui permît de répartir les saillies et les vides de la môme façon dans chacune des cinq voies circulaires d’un combinateur.
- seule. Il suffit de
- ranger pour cela les 32 combinaisons dans un ordre convenable tel que celui réalisé ici. On y voit en effet que la colonne 2, décalée d'un rang, reproduit la même suite de signes, c’est-à-dire d’envois, que la colonne 1. De même pour la colonne 3 décalée de deux rangs, pour la colonne 4 décalée de trois rangs, la colonne 5 décalée de quatre rangs.
- 1 2 3 4 5
- A + - — —
- E — + — —
- Y — - + - -
- J + - - + —
- X — + - - +
- U + - + - -
- G — + - + —
- T + - + - +
- H + + - + -
- W - + + - +
- C + - + + -
- NI - + - + +
- S - - + - +
- - - - + -
- t + - - - +
- t + + - - -
- I - + + - —
- B - - + + -
- K + - - + +
- Z + + - - +
- 0 + + + - -
- D + + + + —
- P + + + + +
- N — + + + +
- 9 + - + + +
- L + + — + +
- V + + + - +
- F - + + +
- R — - +1 + +
- * - - - +!+
- a — -| +
- Fig. 93.— Simplification du combinateur (combinateur à deux voies).
- En plaçant les chercheurs, non plus côte à côte, mais à la suite les uns des autres, on peut réduire les cinq couronnes du combinateurà une
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- Considérons justement le code Baudot de la ligure 93, on constate que chacune des rangées est identique à sa voisine, au point de vue de la répartition des signes (lisons de la, répartition des creux et des vides),mais que leurs points d'origine sont échelonnés à une division les uns des autres, c’est-à-dire décalés d'une division en arrière.
- Supposons les cinq chercheurs à la suite les uns des autres dans la colonne 5 : le chercheur 4 parcourant cette colonne à partir'de E et revenant en E traversera tous les creux et toutes les saillies qu'il aurait trouvés, en partant de A dans sa colonne 4. De même pour 3, pour 2 et pour 1, supposés débutant respectivement sur .la colonne 5 en Y, en J et en X.
- Considérons donc le combinateur réduit à deux couronnes, une principale et sa complémentaire, où les saillies et les creux se trouvent rangés comme le montre la figure 94 (a), qui correspond à la colonne 1 du code de signaux précédent: On voit que si les cinq chercheurs restent sur la voie de repos, c’est-à-dire si aucune émission n’a été faite au manipulateur, jamais, au cours d’un tour des deux disques combinateurs, les cinq pieds des chercheurs ne trouveront, tous ensemble, un vide au-dessous d’eux et jamais, par suite, leur ensemble ne pourra basculer et mettre en œuvre l’organe imprimeur.
- Si, au contraire, une combinaison a été réalisée, celle
- correspondant à la lettre E :--1-------par exemple,
- seul, le deuxième chercheur sera passé de la voie de repos sur celle de travail. A ce moment, grâce à la forme même des tètes des chercheurs (jiy. 94, b), aucun
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- mouvement de bascule de leur ensemble ne pourra avoir lieu, mais lorsque le secteur compris entre a et b (fig. 94, a) du disque combinateur sera venu sous
- Eisgues
- eom.binaie.uri
- rtctifuis
- le jeu des chercheurs, aucun d'eux ne trouvant son pied appuyé à une saillie, tout leur ensemble basculera et mettra en oeuvre le mécanisme d'impression qui consiste à projeter brusquement le tambour muni de la bande de papier sur la roue des types.
- Or, la roue des types est solidaire du disque combinateur et c'est lorsque le secteur ah (fig- 94, a) est sous l’ensemble des chercheurs que la lettre E gravée au pourtour de la roue des types passe sous la verticale.
- La ligure 95 montre comment les leviers aiguilleurs g, de chacun des cinq électros-aiguilleurs ("voir fig. 91 ) actionnent les chercheurs et les font passer de
- la voie de repos à la voie de travail et comment ils
- (a) (b)
- Fig. 94.— Combinateur Baudot. Modèleactuelsupposérectifïé.
- Le combinateur est réduit à 2 couronnes ou disques supposés rectifiés (a), disque principal ou normal et disque complémentaire offrant les creux du précédent en reliefs et inversement les reliefs en creux. Une combinaison E, par exemple (------1-----), trouvera par suite,
- au cours d’une révolution complète, une position, celle entre a et b, pour laquelle les cinq pieds des chercheurs seront tous en face de creux; leur ensemble (b) basculera et projettera dès lors le papier sur le type E qui passe à ce moment sur la verticale.
- sont, ramenés, au bout d'un tour du combi nateur à la position de repos.. La
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- 119
- figure 96 montre comment l'ensemble des chercheurs, en basculant, met en œuvre l'organe d'impression.
- x ü
- Fig. 95. — Relation des aiguilleurs et des chercheurs.
- Chaque aiguilleur g, s’il est actionné par un courant positif reçu par son électro, appuie contre la butée M et, au passage de la came-navette C, pousse le chercheur correspondant l dans la voie de travail F. Le levier g est renvoyé à sa position de repos par le retour de came c. De même, à la fin du tour de combinateur, la came H ramène tous les chercheurs sur la voie de repos E.
- Fig. 96. — Déclanchement des organes d'impression par le mouvement de bascule des chercheurs.
- Lorsque les 5 chercheurs d perdent simultanément pied, le levier propulseur b, obéissant au ressort R, fait basculer l’ensemble autour des axes a. Le levier de déclaiy;hement L, solidaire de B, lève la pédale D qui revient brusquement frapper •M et déclancher la came F, dès que le mouvement de bascule des chercheurs s’achève, par le passage d’une nouvelle combinaison du combinateur. La came F, déclanchée, projette le tambour au papier contre la roue des types.
- Enfin, la permutation de la série des lettres à la série des chiffres se fait d'une manière analogue à celle du Hughes, ainsi que l'indique la figure 97. L'effacement de la pièce d, produit par la came d'impression, au passage de la combinaison « Blanc des chiffres », décale
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- de -gj- de circonférence la, roue des types par rapport
- au plateau combinateur. La combinaison « Blanc des lettres » en délogeant d et restituant d'dans la position
- Fig. 97. — Passage de l'impression des lettres à celle des chiffres.
- Dispositif analogue à celui employé dans l’appareil Hughes. L’introduction d'une came en dt démasque d, et masque d’et par là décale de i/8oc de circonférence par rapport à la roue d’impression la roue des types liée au levier inverseur. Ccfmme sur la partie gravée du pourtour de la roue des types les lettres alternent avec les chiffres et signes, la série des chiffres et signes se substitue, quant à l’impression, à celle des lettres. Le démasquage de d concordant avec le masquage de d’substitue inversement l’impression des lettres à celle des chiffres et signes.
- dobi figure, déterminera un nouveau décalage de — de
- n 64
- circonférence en sens inverse et restituera la série des lettres.
- Synchronisme entre le distributeur et le combinateur. — La traduction de la combinaison reçue par le distributeur d’arrivée au moyen du traduc-
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- teur, nécessite qu’un synchronisme- existe entre le mouvement des balais du distributeur et le mouvement de rotation du traducteur. Toutefois, ce synchronisme peut être approximatif; il suffit, en effet, que le combinateur ait achevé sa fonction à la tin de chaque tour du distributeur. Le synchronisme est assuré par un système de correction électrique identique à celui déjà décrit pour le synchronisme entre les deux distributeurs de départ et d’arrivée.
- La ligure 98 (a) en indique schématiquement le dispositif.
- Le traducteur est supposé en avance sur le distributeur et reçoit la correction. Lorsque cette avance s’exagère, le courant d’une pile locale traverse rélectro-correcteur qui agit pour retarder le mouvement du moteur du traducteur. Dans la pratique on ne munit pas le traducteur d’un distributeur, mais d’un simple contact commandé par une came (Jb). 98, b) et fermant, une fois par tour, le circuit de l’électro-correcteur. Quant au distributeur d’arrivée il doit comprendre, en supplément,
- Fig. g 8. — Synchronisme entre le distributeur et le traducteur.
- Le principe de la correction est rappelé (a), le distributeur envoyant la correction lorsque l’avance du traducteur s’exagère. En pratique, au distributeur, le traducteur ne comporte qu’un contact a b (b) commandé par une came K.
- pour envoyer la correction au traducteur, deux nouvelles couronnes (fit/. 99,), l’une reliée à une pile locale, l’autre au traducteur.
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- Si Ton disposait à chaque poste Baudot deux distributeurs, l'un d'arrivée, l'autre de départ, l'installation serait extrêmement complexe, étant donnée la réunion sur chaque distributeur de la série des contacts relatifs
- Fig. gg. — Distributeur d'arrivée avec envoi de correction au traducteur.
- Le synchronisme à maintenir entre traducteur et distributeur d’arrivée oblige de munir ce dernier de deux couronnes supplémentaires et d’un second porte-balais P».
- à chacune des unités travaillant en multiple. On simplifie beaucoup les choses en réunissant en un seul les deux distributeurs. La ligure 100 représente un secteur complet de distributeurs avec toutes ses communications schématisées.
- On peut, évidemment, garnir tout le pourtour des couronnes de distributeur dégroupés de cinq plots, afin d'utiliser tous les instants de la rotation du distributeur. C’est môme là le but du distributeur et du système Baudot. Aussi a-t-on réalisé des Baudot double, qua-
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- druple et même sextuple, dont les distributeurs assurent l'échange de six lettres par tour, lettres empruntées, d’ailleurs, à six télégrammes différents.
- Ilectros aiguilleurs Zlectro correcteur Electro frein
- Pile locale 1
- Pile locale 2 j
- fflekis d'arrivée
- Accrocheurs
- Correction
- Fig. ioo. — Ensemble des communications d'un secteur de distributeur Baudot [défart et arrivée).
- Rendement. — A la vitesse de 180 tours à la minute, pour le distributeur, un secteur Baudot transmet 180 lettres à la minute ; un Baudot double 360 ; un Baudot quadruple échange 720 lettres et un Baudot sextuple 1.080. Une installation quadruple fournit pratiquement 7.060 mots à l’heure et une installation sextuple 10.590.
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- CHAPITRE V
- Télégraphie rapide, 3mc solution: Multicommunicateurs
- Lesmulticommutateurs permettent la communication réellement simultanée de plusieurs appareils par un même fil. Deux solutions ont été proposées au problème de la multicommunication télégraphique, l’un emprunte l'usage de courants vibrés, l'autre les ondes hertziennes.
- 1° Multicommunicateurs à courants vitrés. — Principe. — Le principe de ces appareils repose sur une remarquable expérience signalée à l’Académie des Sciences, en 1860, par l’abbé Labordc. Une lame métallique faisant 40 à 50 vibrations à la seconde, porte une pointe métallique plongeant dans le mercure. Ce vibrateur électrique commande les émissions et'interruptions d'un courant dans un électro-aimant, en face des pôles duquel est disposée une tige vibrante. Quand cette tige est accordée sur la lame métallique formant vibrateur, elle vibre ; si l’accord n’est pas réalisé, aucune vibration ne se produit. Ce fait
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- contient, ainsi que le signale l’abbé Laborde, tout l’intérêt et toute la nouveauté de l'expérience. C’est ce fait qui est utilisé dans les dispositifs de M. ÎVlercadier, comme dans ceux de Paul Lacour qui, le premier, utilisa le phénomène découvert par l’abbé Laborde, pour l’utiliser télégraphiquement.
- L’abbé Laborde s’assura de la constance du phénomène qu’il avait découvert en fixant sur un même support six lames interruptrices donnant les‘notes ut* vô, mi, fa, sol, la, et en accordant sur elles six tiges de fer doux fixées également sur un même support et présentées aux pôles d’un électro-aimant courbé en fer à cheval. Si l’on fait vibrer successivement les lames interruptrices, on entend vibrer successivement les tiges de fer doux, chacune d’elles répondant exactement à la lame avec laquelle elle s’accorde. On peut entremêler les notes de mille manières comme dans un morceau de musique, sans que les tiges de fer doux correspondantes fassent jamais défaut.
- On pourrait, évidemment, ajoute l’abbé Laborde, fonder sur cette expérience an nouveau système de télé-y rapide, puisque chaque lame du transmetteur choisit au récepteur la lame correspondante et la fait vibrer de préférence à toutes les.autres.
- On doit donc bien considérer l'expérience de l’abbé Laborde comme réalisant le premier multiplex à courants vibrés ; c’est un sextuplex (pie constitue l’expérience imaginée et réalisée pour la première fois par l’abbé Laborde. Comme nous le verrons, M. Mercadier a repris l’expérience de 1860 et, l’appliquant aux pro-
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- cédés actuels de télégraphie, il l’a répétée en utilisant toutes les facilités que les progrès de la technique ont créées depuis cinquante ans. Il est ainsi arrivé à baser, sur le principe expérimental découvert par l’abbé Laborde, un dispositif télégraphique qui semble des plus pratiques et des plus rapides.
- Multicommunicateur de P. Lacour. — C’est sur Je principe, indiqué par l’abbé Laborde, que Paul Lacouî, de Copenhague, réalisa plus tard, en 1873, un télégraphe multicommunicateur. Les différents courants intermittents produits par des diapasons à la station de départ cheminaient ensemble, venaient impressionner à la station d’arrivée, au moyen d’électros-aimants, une-série de diapasons qui étaient des copies exactes de ceux disposés au départ. Le triage des transmissions se trouvait ainsi assuré, les diapasons communiquant entre eux par couple et indépendamment les uns des autres.
- En 1878, Paul Lacour uiilisa les courants Vibrés à
- l’entretien d’un dispositif particulier, dite roue phonique (jt<j. 101 ), qui lui permettait la réalisation d’un parfait synchronisme entre les mouvements de-deux appareils éloignés.
- « On conçoit —
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- dit-il, en parlant des courants vibrés — que cet arrangement pourra servir (le base à plusieurs genres de télégraphies, surtout aux systèmes télégraphiques imprimeurs et à transmission multiple. » Il prévoit donc ainsi l’utilisation que vient de réaliser M. Merca-dier, en mettant en œuvre, avec beaucoup de persévérance, des procédés vieux de près de cinquante ans.
- Dispositifs de M. Mercadier. — Voici quelles sont les particularités des dispositifs de M. Mercadier qui, en principe, ne diffèrent pas de ceux réalisés, en 1860, par l’abbé Laborde, et se trouvent seulement réalisés au moyen d’appareils faciles à régler et offrant toutes les garanties de sûr et continu fonctionnement qu’on doit exiger d’un appareil télégraphique pour qu’il soit pratique.
- Producteur des courants vibrés : Electrodiapason. — Pour produire les courants vibrés, M. Mercadier emploie un électro-diapason que la figure 102 représente. Le diapason, solidement fixé en A, contient entre ses branches un électro-aimant E. Chaque branche du diapason porte un petit style, fait d’un fil d’aeier de 0,45 m/m de diamètre, qui, lors de l’élongation maxima des branches vibrantes, vient toucher des plaques de platine A dont le réglage est assuré au moyen de vis V à contre-écrou C et de ressorts de rappel. Les connexions avec les pôles P'+, P—, d’une pile étant celles delà ligure, on voit que le mouvement vibratoire du diapason sera entretenu par l’attraction qu’exerce l’électro E sur les branches d’acier du dia-
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- pason, attraction qui, par le jeu môme des styles, se trouve produite au moment, convenable.
- Fig. io2.— Electro-diapason de M. Mercadier pour produire des courants vibrés.
- Le courant vibré, réglé par le mouvement du diapason et qui possède sa période, se trouve parcourir une dérivation formée par le primaire d’un transformateur dont les extrémités viennent prendre contact en TT.
- Récepteur des courants vibrés : Monoté-téléphone. — Comme récepteur sélectif de courants vibrés d’une période déterminée, M. Mercadier utilise, au lieu des lames vibrantes de l’abbé Laborde, des plaques vibrantes circulaires soutenues en des points qui appar-
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- tiennent à des sections nodales de la plaque en état de vibration. Ces plaques, ayant leurs centres disposés au-dessus et à peu de distance d’un électro-aimant, entrent en vibration lorsque l’électro-aimant se trouve parcouru par des courants vibrés de période identique à la leur.
- Appareil multiplex à courants vibrés. —
- La figure 103 donne les détails d’un dispositif de production et de réception de courants vibrés. On a représenté le cas de trois transmetteurs et de trois récepteurs utilisant des courants vibrés de périodes correspondantes aux notes sok, Ich, si*.
- Chaque électro-diapason E envoie un courant vibré de période déterminée par la note qu’il émet dans le primaire 1 de transformateurs T. Les secondaires 2 de tous ces transformateurs sont branchés en dérivation sur un circuit C f. Les électros-diapasons vibrant tous d’une manière continue, l’émission de courants vibrés de chaque tonalité se fait par la fermeture de manipulateurs /?i„, m„, mn, qui ferment les circuits 2 des transformateurs sur le circuit de transmission Ct. Ce circuit comprend le primaire à gros fil d’un transformateur B le à deux secondaires à lils longs et fins et à circuit magnétique fermé. L’un des secondaires est en série avec les deux fils de lignes 1 et 2 et avec le secondaire /1 d’un transformateur à trois enroulements, dit transformateur différentiel T d. Le second fil secondaire fait partie d’un circuit, dit d’extinction Ce, qui comprend le 2e secondaire f e du transformateur T d. Des condensateurs à capacités réglables Ke, Le permettent de régler la
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- 9. — Télégraphie.
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- phase des courants vibrés induits circulant dans les secondaires des transformateurs.
- Le transformateur différentiel Td a son enroulement
- Fig. 103. — Schéma d’un appareil multiplex à courants vibrés.
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- primaire//- en relation avec la série des monotélé-pliones sélectifs étagés dans le circuit de réception C r.
- Tout courant vibré parcourant le primaire de B le induit dans les deux secondaires identiques des courants induits identiques, dont l’un parcourt la ligne ainsi que l’enroulement / l, l’autre, l’enroulement fe. On règle les capacités intercalées sur le circuit de />, de manière que le courant induit parcourant fe présente un décalage d’une demi-période sur le courant induit qui parcourt/7. De cette manière, les effets d’induction de fl et de/c sur/V s’annulent complètement et le circuit récepteur ne se trouve nullement parcouru par les courants vibrés émis en C i. Par contre, si la ligne reçoit du poste en correspondance des courants vibrés, ces courants traversant l’enroulement fl déterminent des courants induits en f r, lesquels sont susceptibles, pourvu que leur tonalité soit de période convenable, de faire vibrer les monotélépliones de mêmes périodes étagés dans le circuit C r.
- Pour régler les capacités Ke, L e et Kl, qui doivent être tels que les deux courants induits en fl et f e se trouvent exactement décalés, l’un par rapport à l’autre, d’une demi-période, on effectue une transmission continue de courants vibrés, telle que celle correspondant à l’électro-diapason sol par exemple. 11 est à remarquer que le réglage effectué pour le courant vibré sol est le même pour tout autre courant vibré compris dans l’intervalle employé qui va du xo/ au fa dièse.
- Grâce à l’extinction produite dans un dispositif récep-. teur bien réglé pour les courants émis par le transmet-
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- teur du même poste, on voit qu’il est possible d’eiïectuer entre deux postes autant de réceptions et de transmissions simultanées qu’il y a de transmetteurs et de récepteurs différents installés.
- Relais monotéléphonique. — Jusqu'à ces derniers temps les dispositifs à courants vibres, établis par M. Mercadier, n’avaient permis que l’échange des signaux longs et brefs du code Morse, reçus au téléphone, mais ne semblaient pas susceptibles de permettre l’usage des divers appareils télégraphiques rapides. Grâce à la construction d’un relais monotéléphonique, M. Mercadier est parvenu à pouvoir résoudre d’une manière plus générale le problème de la multicommunication.
- Le relais est constitué par une plaque monotéléphonique circulaire suspendue en trois points de la circonférence de la première ligne nodale au moyen de tiges telles que 5. (firj. \0i). Au centre de la plaque vibrante on a soudé une petite rondelle d’argent vierge sur laquelle vient prendre contact l’extrémité, en argent vierge également, d’un levier 8 très bien suspendu et équilibré en 11. Le contrepoids 11 est réglé de manière que la période du levier soit plus grande que celle de la plaque 4 et que la pression supportée par cette plaque n’altère en rien sa monophonie. Chaque membrane de relais étant exactement accordée avec un électro-diapason E, lorsque la bobine 3 est traversée par le courant vibré capable de faire vibrer la plaque, le levier 8 ne pouvant suivre la plaque, le contact entre les deux pièces devient imparfait. Pour assurer le contact lorsque la plaque est silencieuse, un léger ressort 26, réglé
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- par une vis micrométricjue 24, exerce, par l’intermédiaire
- d’une rondelle de feutre 23, une pression excessivement légère sur le levier 8.
- Fig. 104. — Relais monotéléphonique de M. Mercadier
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- L’interruption du contact entre le levier 8 et la pastille d’argent 9 sert à actionner l’appareil disposé' sur le relais à la manière dont l’indique la ligure 105 qui représente deux relais monotéléplioniques disposés en déri-
- t>— • -o
- Fig. 105. — Schéma de deux relais monotéléphoniques disposés en dérivation sur un circuit de réception de courants vibrés Cr.
- vation sur un circuit de réception de courants vibrés C r. Entre la plaque 1 et le levier 8 est disposé le circuit d’un relais Baudot dont les enroulements d’électros 13 et 11 sont connectés par rapport à la source 12, à la manière dont le représente la ligure. Lors donc que le relais monotéléphonique est silencieux, le courant de la pile se partageant également entre les deux enroulements du relais Baudot, la palette dudit relais reste sur le butoir de repos. Dès que le relais monotéléphonique fonctionne, l’interruption produite entre 4 et 8 a pour
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- effet de faire attirer la palette du relais Baudot par l’enroulement 13 ; la palette se porte sur le butoir de travail et y demeure tant que le relais monotéléphonique vibre. Alors un circuit local, 16, 17, se ferme à travers l’élec-tro-aimant de l’appareil télégraphique desservi par les courants vibrés.
- La figure 106 montre schématiquement comment l’entretien d’un appareil Hughes peut être assuré, à la transmission comme à la réception, par courants vibrés. La manœuvre d’une touche, actionnant, par l’intermédiaire d’un goujon, le levier manipulateur, a pour effet de fermer sur la ligne L|, L2, le secondaire s du transformateur F dans le primaire p duquel circule d’une manière continue les courants vibrés engendrés par l’électro-diapason E.
- A l’arrivée, ces courants vibrés traversent la bobine du relais monotéléphonique R accordé sur l’électro-diapason E. Le contact argent vierge de ce relais devient imparfait par suite de la mise en vibration de la plaque et, dès lors, la palette 15 du relais Baudot 13 est attirée sur le butoir de travail et la pile 16 se trouve fermée à travers l’électro-aimant du récepteur Hughes 17.
- C’est à l’aide de dispositifs ainsi combinés que M. Mer-cadier a fait fonctionner, récemment, entre Paris et Le Havre, cinq appareils Hughes, travaillant simultanément à chaque extrémité.
- En utilisant concurremment aux courants vibrés du courant continu, on peut mettre en action, indépendamment de six appareils Hughes, un Baudot sextuple et
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- accroître, par suite, dans des proportions énormes, le rendement d’une ligne.
- Fig. 106. — Entretien d’un appareil Hughes par courants vibrés.
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- II0 Multicommunicateurs à ondes électriques. — Nous avons indiqué, à la fin de 1898, un certain nombre de principes expérimentaux à partir desquels il parait possible de solutionner le problème de la multicommunication de la manière la plus générale.
- Ce problème doit être ainsi posé :
- Un fil conducteur unique relie deux postes extrêmes A et N et passe par une série d'autres postes intermédiaires B, C, D,...L. Trouver un dispositif qui
- permette /’échun(je de communications télégraphiques simultanées (communications pouvant être assurées au moyen d’appareils télégraphiques divers : Morse,
- Hughes,....) entre A et B, A et C,..A et N et
- aussi entre B et C, B et D,.B et N et ainsi de
- suite jusqu’à la communication entre L et N ; en un mot, entre tous les (groupes que lion peut former en combinant, deux à deux, de toutes les manières possibles, les postes que relie le fil unique.
- 1/exposé de nos expériences qui utilisent les ondes électriques sort du cadre de cette étude. Nous nous bornerons à en indiquer brièvement l’économie par une comparaison empruntée au domaine de l’acoustique. Qu'on suppose un tube acoustique reliant les divers
- postes A, B,.....N et muni à l’arrivée et au départ de
- plusieurs embouchures. Les embouchures au départ concentrent les mouvements sonores qu’émettent différents tuyaux sonores que, pour plus de simplicité, nous supposerons au nombre de deux seulement, l’un donnant le la, l’autre le sol. A l’arrivée, en face des embouchures, se trouvent des résonnateurs acoustiques de
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- Helmholtz, l’un capable de renforcer le la et sourd au sol, l’autre capable de renforcer le sol et sourd au la. Les transmissions faites au départ sur le sol et sur le la ont cheminé de concert : à l’arrivée le partage se fait grâce à la présence des résonnateurs acoustiques.
- Il se passe un phénomène analogue dans le dispositif à ondes électriques que nous avons préconisé. Un cortège d’oscillations électriques de périodes différentes se propage sur la ligne de A en N. Le triage de ces oscillations électriques se fait à chaque résonnateur électrique qui garde et renforce celles de ces oscillations correspondant à sa période et laisse cheminer toutes les autres ; ces dernières, à leur tour, sont reçues chacune par le résonnateur qui lui est propre.
- Ce rapprochement d’expériences empruntées à deux domaines différents de la Physique, n’a d’autre hut. que de faciliter l’exposé des faits sans rien inférer en ce qui concerne l’explication des phénomènes électriques qui se produisent.
- Les dispositifs auxquels je fais allusion ont été expérimentés sur une ligne de 170 mètres, avec trois postes échelonnés. Ces expériences ont parfaitement mis en évidence les principes expérimentaux sur lesquelles elles s’appuient et montré la possibilité du triage des oscillations. Le jour où l’engouement pour l’unique emploi des ondes électriques en télégraphie sans fil cessera et où on se bornera à utiliser sans fil ces ondes, — non à des communications intermondiales forcément précaires, mais aux seuls cas particuliers auxquels elles s’appliquent
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- avec utilité — ce jour-là, on songera à l’application des ondes électriques à la télégraphie avec conducteur. Nous sommes persuadé que les télégraphistes pourront alors — en partant des principes que nous avons découverts et établis par l’expérience, grâce au triage possible des ondes électriques de périodes différentes:— appliquer ces principes à la solution totale et complète du problème de la multicommunication télégraphique et peut-être même de la multicommunication téléphonique.
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- TROISIÈME PARTIE
- V
- L’AVENIR
- DE LA TÉLÉGRAPHIE
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- CHAPITRÉ PREMIER
- Les Télégraphes extra rapides
- Télégraphe Pollak et Virag. — Ce système, imaginé par M. Antoine Pollak et par M. Virag (décédé en 1902), a figuré à l’Exposition de,1900, mais depuis a été notablement perfectionné et simplifié.
- Son rendement est incomparable ; il permet, en effet, de transmettre près de 50.000 mots, c’est-à-dire 300.000 lettres à l’heure. Décuplant presque le Baudot, avec ses 5.000 mots, il est quarante fois plus actif que le Hughes, avec 1.000 à 1.200 mots, et il centuple le Morse, avec ses 500 mots à l’heure.
- Ce télégraphe écrit directement, comme à la main, les lettres de l’alphabet. Les télégrammes doivent être préparés. Cette préparation est réalisée, au départ, par la perforation d’une bande de papier. L’expéditeur peut préparer lui-même ou par des intermédiaires munis de perforateurs, la bande perforée, si bien que le télégramme peut être apporté, si on le veut, au guichet tout perforé. Ce serait le cas des grands services, banques,
- maisons de commerce, etc....., qui rédigeraient leurs
- télégrammes sous forme débandés perforées.
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- Le perforateur représenté par la figure 107 est une machine à écrire dont les touches font avancer un certain nombre de barrettes j?ur lesquelles les aiguilles per-
- I'ir,. 107. — Télégraphe Pollak et Vira g. Perforateur.
- C’est une machine à écrire dont les touches perforent une bande de papier : chaque touche perfore la bande d’une manière particulière. La vitesse de perforation atteint 2,000 mots à l’heure.
- forâtrices s’appuient. La bande reçoit donc mitant de trous à chaque mouvement de touches que le nombre de barrettes avancées et bloquées par la, touche l'indiquent. A chaque lettre à imprimer correspond, d’ailleurs, une disposition particulière des trous. On peut perforer 2.000 mots à l’heure.
- Le transmetteur à rotation rapide est animé par un moteur électrique qui entraîne un tambour métallique R (fitj. 108) sur lequel se déroule la bande perforée. La bande passe ainsi entre six bagues méta lliques isolées les unes des autres, a, b, r, d, c, /" et six balais réunis
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- ensemble par trois B,, B->. Les bagues sont reliées à des sources de courants à potentiels divers, constituées par des batteries d’accumulateurs. Un système de capacités
- Fig. 108. — Télégraphe Pollak el Virag. Transmetteur : vue d'ensemble.
- La bande perforée passe sur le tambour à six bagues et produit une suite d’émission de courants d’intensités différentes.
- h\, k2, Kt et .(le résistances W1? Wj, \V2, convenablement disposées, est intercalé entre le transmetteur et le récepteur qui se trouvent reliés au moyen de deux lils de ligne lh k. La rapidité du passage de la bande sur le tambour du transmetteur et la fréquence des perforations sont telles qu’on peut envoyer 400 émissions par seconde.
- Le récepteur se compose de deux téléphones accouplés dont les membranes sont liées à un petit miroir, de
- io. — Télégraphie.
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- telle sorte que les mouvements de la membrane du premier téléphone C (fig. 109J déplacent le miroir autour d’un axe horizontal. Un rayon lumineux réfléchi par le miroir décrit alors un trajet vertical. La mem-
- Fig. 109. — Télégraphe Pollak et Vira g. Récepteur.
- Les rayons lumineux émis par une lampe / se réfléchissent sur un miroir W solidaire des deux membranes téléphoniques t, et t.?. Le rayon réfléchi frappe une bande photographique mobile pety trace les lettres mêmes correspondant aux perforations de la bande. En {a) se voit la liaison du miroir avec les membranes téléphoniques; t, le déplace autour d’un axe horizontal, <4, autour d’un axe vertical.
- brane du second téléphone U déplace le miroir autour d’un axe vertical faisant alors décrire un trajet horizontal au rayon lumineux réfléchi. Ces deux mouvements peuvent se composer comme dans la méthode classique de Lissajous et le rayon réfléchi peut ainsi décrire toute courbe, si compliquée soit-elle. On étage justement les perforations de la bande et on y t'ait correspondre les voltages différents des six bagues du tambour du transmetteur, de manière à ce que le rayon lumineux réfléchi trace, sur une bande de papier photo-
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- graphique sensibilisé, les lettres même qui correspon dent à ces perforations. Le papier photographique est automatiquement développé, séché et coupé.
- * La ligure 110 représente une portion de bande perforée et le texte photographié qui y correspond.
- Les ligures 111 et 112 représentent l’ensemble du transmetteur et du récepteur du télégraphe Pollak et Virag.
- Ce télégraphe a été essayé en Hongrie, entre Budapest et Pozsony, sur une ligne constituée par deux 111s de cuivre, offrant une résistance de 2w 5 par kilomètre, soit 1.360^ pour 218 kilomètres. L’appareil fonctionna du 24 octobre au 15 décembre 1902 et permit de transmettre 45.000 mots à l’heure.
- Le fonctionnement de l’appareil fut très aisé durant tous les essais, bien idf°î°^wlS que les conditions atmosphériques aient été très variées
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- Fig. i io. — Télégraphe Pollak et Virag,
- Fac-similé d’une dépêche et de la bande perforée correspondante.
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- La machine à perforer fit normalement 2.000 mots à l’heure. L’appareil ne fut pas adopté par le gouvernement hongrois, par la seule raison qu’il n’existe pas dans le pays deux bureaux ayant entre eux un trafic suffisant pour justifier l’installation d’un télégraphe aussi rapide.
- Fig. iii. — Télégraphe Pollak et Virag. Transmettew.
- La bande penorée, passant entre six bagues métalliques isolées les unes des autres et deux groupes de trois balais B,, B2, détermine l’envoi sur la ligne de nombreux courants d’intensités différentes.
- En Allemagne, des essais ont été faits, du 24 février jusqu’au 14 mars 1903, sur deux lignes en fil de bronze (Berlin-Kœnigsberg : 710 kilomètres). On obtint 40.000 mots à l’heure. Il n’y eut pas de trouble pour les lignes voisines, mais des troubles furent apportés aux transmissions téléphoniques par le Pollak et Virag.
- Sur la seconde ligne de 600 kilomètres, l’écriture fut très nette, malgré que les autres fils télégraphiques,
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- soutenus par les mêmes poteaux, fussent en service. L’appareil fonctionna une fois pendant cinq minutes sans interruption et transmit une dépêche de 2.800 mots, dont
- Fig. i i 2. — Télégraphe Pollak et Virag. Récepteur ; vue d’ensemble.
- Le mouvement du rayon réfléchi par le miroir que commandent les téléphones accouplés écrit la dépêche sur la feuille de papier photographique qui sort de l’appareil développée, séchée et coupée.
- quelques rares endroits seulement étaient illisibles, ce qui doit être rapporté au moteur qui étant usagé tournait trop lentement. La vitesse atteignit 32.000 mots à l’heure. On ne constata pas d’induction dans les üls télégraphiques voisins.
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- En 1905, des essais faits entre Paris et Lyon, sur deux lignes de 522 kilomètres et 519 kilomètres, ont fourni 40.000 mots par heure, sans trouble sur aucune ligne voisine.
- Ce télégraphe n’est pas utilisable sur une ligne en fil de fer, car les courants s’y produisent à la fréquence des courants téléphoniques, c’est-à-dire à raison de 300 à 400 par seconde. Il faut donc recourir au fil de cuivre ou de bronze silicieux. Par contre, il n’est pas nécessaire de se prémunir contre les phénomènes d’induction, les effets d’induction s’éliminant dans les téléphones du Pollak et Virag, par suite de la disposition même des circuits.
- ’Le principal intérêt que présente ce nouveau télégraphe réside dans ce qu’indépendamment de l’économie de conducteur que son emploi assure, il comporte une réduction considérable de main-d’œuvre et de personnel. Le trafic qu’assurent les deux conducteurs nécessaires pour le service d’un télégraphe Pollak et Virag nécessiterait vingt fils avec des Hughes.
- Le tableau suivant compare, au point de vue de l’économie, le Pollak et Virag aux systèmes précédemment étudiés :
- Systèmes Mots par heure 6.000 mots à l’heure exigent :
- — — Entretien
- oo *« *3
- g, H 3 Lignes Personnel Totaux
- Morse 500 à 2.000 20 40 6 120.000 f. 105.000f.' 225.000 f
- Hughes 1.000 à 1.200 10 20 6 60.000 57.000 117.000
- Baudot 5.000 à 6.000 2 20 6 12.000 57.000 59.000
- Pollak-Virag. 40.000 à 45.000 2 2 13 12.000 24.300 35.300
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- Comparaison des divers télégraphes. —
- Nous réunissons, dans le tableau suivant, sous une forme abrégée, divers renseignements concernant l’état de la télégraphie en Europe, en 1905, qui permettent de se rendre compte comment les différents télégraphes sont répandus dans les divers pays :
- Morse Parleur Hughes Wliealstone Baudot Divers Nature des Lignes
- Allemagne... — — — Fergalv. 3, 4, 5 et 6 ">/“> bronze
- Angleterre... —, 4 — 2 ? 2 — cuivre durci
- Autriche — — Pollak-Yirag — 3 à 5 br. phx. 3 à 4
- Bade — — - , 4 Estienne — 3, 4 et 5
- Bavière 2 2 — 4 à 5 br. 3
- Belgique — — 2 — — 4, 5 br. ph. 1. 4 à 5
- Danemark... — — . — 4,5 acier 3 "7m br. 3
- Espagne — — - , 4 — 3, 4 à 5 br. sil. 2 à 3
- France.. —,câî)le —, 6 — 3 à i cuivre 2,5 à 3 br. hi-
- métallique (acier-cuivre)
- Hongrie — —, 2 Fer non g. br. suif, et phos.
- Italie — — — -, 4 Rowland Fer galvanisé 3, 4 et 5
- Norwège — — — ,2,4 — 3 à 5
- Portugal 2 — - , 4 Bréguet — 4 br. sil. 2, 3
- Roumanie ... — — — 3, 4, 5 br. 3
- Suède .-. —, 2,4 — ,2,4 — 4, 4, 5 cuivre 3
- Suisse — — - , 4 — 3, 5
- Wurtemberg — — — 4, 5
- Les chiffres placés à côté des traits indiquent que l'installation de l'appareil ÿ existe en duplex, 2, quadruplex, 4,... Dans les colonnes relatives aux lignes, les chiffres indiquent les diamètres des fils en millimètres.
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- CHAPITRE II
- La Téléphotographie
- Les procédés de transport de l’image photographique à distance, cherchés depuis près de trente ans, sans succès pratique, viennent de s’enrichir de trois ou quatre dispositifs nouveaux dont certains semblent pouvoir constituer des télégraphes extra rapides. C’est d’ahord le téléphotographe de M. Korn qui, après tant d’autres, utilise 1 a curiéuse propriété du sélénium de graduer sa résistance sur son éclairement et en fait une si judicieuse application que les caprices que cette substance présente dans les variations de résistance que l’éclairement lui fait subir paraissent définitivement annulés. Ce ne sont plus, en effet, des essais faits en laboratoire qui viennent assurer le succès du dispositif de M. Korn, mais des expériences répétées dans les conditions même de la pratique courante et dont le résultat est tel qu’un grand journal, Y Illustration, tente l’application du procédé de M. Korn, au service de la Presse. C’est encore le téléautograveur de M. Carhonelle qui, rajeunissant le pan-télégraphe de Caselli et, le faisant profiter des progrès
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- énormes qu’a fait depuis la technique du synchronisme, assure avec rapidité et sans se servir du sélénium, le transport de l’image à distance et du même coup promet, en appliquant son appareil à la télégraphie, de doubler la rapidité déjà si étonnante du télégraphe Pollak et Virag. Ce sont, enfin, trois autres téléphotographes : le télestéréographe Belin, le photo télégraphe Berjon-neau et le téléphotographe Senlecq-Tival qui, sans le secours du sélénium et par des procédés aussi ingénieux les uns que les autres, résolvent le problème de telle manière qu’il semble bien, d’après tous les résultats acquis, que la photographie est sur le point de conquérir le domaine télégraphique, et que si la reproduction à distance d’une image animée est encore à trouver, du moins, celle d’un cliché photographique est définitivement entrée dans le domaine pratique.
- Exposons brièvement l’économie de ces divers télé-photographes en nous arrêtant un instant à ceux qui ont déjà été l’objet d’expériences à grande distance et qui paraissent pouvoir être appliqués comme télégraphes extra rapides.
- Téléphotogra-phe de M. Korn. —
- La partie essentielle est une cellule de sélénium dont M. Korn paraît avoir, enfin, vaincu la décevante inertie. Sur une petite plaquette à faces légè-
- Fig. ii 3. — Cellule de sélénium du téléphotographe de M. Korn.
- Deux fils de cuivre ou de platine enroulés parallèlement sont recouverts de sélénium. L’éclairement double la conductibilité de la cellule qui mesure 20 cm(l.
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- rement bombées deux üls tins de cuivre ou de platine sont enroulés parallèlement très près l’un de l’autre, mais sans contact (fuj. 113J. La plaquette est ensuite enduite de sélénium, par un tour de main gardé secret, qui permet d’obtenir une conductibilité qui varie du simple au double, quand on passe de l’obscurité à la lumière. La surface d’une cellule est de 15c,nq à 20clllq.
- N
- ce ;
- La reproduction photographique se fait élément par élément. Une pellicule photographique transparente porte l’image à transmettre. Elle est enroulée sur un cylindre de verre animé d’un mouvement de rotation lent et uniforme ; de plus, le cylindre monte ou descend en tournant, porté qu’il est par une vis micrométrique.
- La figure 113 montre comment un faisceau de lumière est concentré sur le cylindre, en balaie tous les éléments et est reçu par la cellule de sélénium après avoir traversé la pellicule et avoir été plus ou moins- absorbé par elle, suivant le degré de transparence du point frappé. L’intensité d’un courant envoyé sur la ligne et qui doit traverser la cellule de sélénium éprouvera donc des variations différentes suivant la résistance de la cellule, c’est-à-dire suivant
- Fig. ii.f.— Schéma du transmetteur Korn.
- La pellicule photographique transparente à transmettre est enroulée sur le cylindre de verre C. Un faisceau de lumière issu de N est envoyé sur la cellule de sélénium S après avoir traversé une région de la pellicule photographique. La rotation hélicoïdale du cylindre C permet au faisceau de lumière de balayer toute la surface de la photographie à transmettre.
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- son degré d’éclairement qui dépend de l’opacité de la pellicule photographique au point frappé.
- Voici comment ce phénomène est utilisé à la reproduction de l’image à distance.
- Le récepteur de M. Korn se compose d’un moteur M' (fig. 115; tournant en synchronisme avec le moteur M du cylindre de verre du transmetteur.
- trensmeLur Po5te récepteur
- Fig. i 15. — Dispositif téléphotographique de M. Korn.
- Alors que le faisceau de lumière du poste transmetteur balaie d’un mouvement hélicoïdal la pellicule photographique à transmettre, au récepteur un faisceau lumineux balaie d’un mouvement hélicoïdal synchrone la surface d’un cylindre porteur d’un papier photographique. L’éclairage du récepteur est gradué sur les variations de résistance du sélénium.
- Ce moteur M'imprime, dès lors, à un tambour P, un mouvement de rotation synchrone de celui dont est animé le cylindre de verre du transmetteur. Le cylindre P 11’est pas animé d’un mouvement suivant son axe. C’est une source de lumière placée en T qui se transporté d’un mouvement de translation parallèle à l’axe du cylindre récepteur. Quoi qu’il en soit, alors que le faisceau de lumière du poste transmetteur balaie d’un mouvement hélicoïdal toute la surface du cylindre de verre portant la pellicule, au récepteur un faisceau de lumière balaie d’un mouvement hélicoïdal synchrone la surface du
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- cylindre récepteur P, lequel porte une feuille de papier ou une pellicule photographique sensible.
- Comment l’éclairage de la lampe électrique du récepteur est-il gradué sur les variations de résistance du sélénium ? C’est ici que le dispositif de M. Korn présente une originalité vraiment nouvelle. Le courant est reçu, à l’arrivée, dans le cadre mobile d’un galvanomètre sensible (type des galvanomètres à cadre mobile) dont le système mobile est muni d’un index très léger en verre portant à ses extrémités deux petits bouts de 111 métallique parallèles à l’axe de rotation du cadre. Lorsque l’aiguille de verre de ce galvanomètre se déplace, chaque petit bout de fil se meut en regard d'une paire de collecteurs formés de lames de cuivre isolées par des feuilles de mica. Entre chaque lame de cuivre se trouve insérées des résistances graduées et qui se placent ainsi sur le circuit du courant local qui entretient la lampe. Afin que le galvanomètre conserve sa sensibilité et traduise bien, par des déplacements notables de son aiguille, les variations de résistance de la cellule de sélénium, il est essentiel que l’organe mobile ne frotte aucunement sur les plots du rhéostat d’un nouveau genre, imaginé par M. Korn. Très ingénieusement, M. Korn utilise les courants de liante fréquence pour alimenter la lampe. Ces courants s’accommodent d’un circuit présentant quelque .solution de continuité. Comme ici, d’ailleurs, ces solutions de continuité n’intéressent que des fractions de millimètre, les courants de haute fréquence passent, sans dérivation perturbatrice, sous forme de deux petites étincelles,'d’un plot du rhéostat inférieur au fil
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- porté par l’aiguille (le verre (lu galvanomètre, puis de cé fil au plot correspondant du rhéostat supérieur et cela pour chaque paire, de collecteur. La figure 116 montre nettement comment le courant de haute fréquence est engendré et mené à la lampe réceptrice par l’intermédiaire de l’aiguille du galvanomètre qui gradue les résistances interposées. Ces résistances varient de quelques ohms à 300.GOG'0 ou 400,000“. Elles doivent être dépourvues de self-induction et de capacité. Aussi M.
- Korn les a-t-il constitués par des ruhans ondulés en constantan présentant des résistances allant jusqu’il 600“ par mètre. Ces ruhans sont enroulés sur des feuilles de mica, alin que la surface embrassée par les spires soit pratiquement nulle.
- Tel quel, le dispositif Korn permit d’exécuter des expériences de laboratoire, mais ne put constituer un dispositif vraiment pratique. L’inertie du sélénium, réchauffement graduel de la cellule par les courants qui
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- nsmmv
- Fig. i i6. — L’éclairement du récepteur Korn par une lampe A à courants de haute fréquence est gradué sur la résistance de la cellule de sélénium, c’est-à-dire sur l’intensité du courant qui parcoure la ligne. A cet effet, l’aiguille a b d’un galvanomètre placé sur la ligne fait varier, en se déplaçant, la résistance du circuit de la lampe à courants de haute fréquence. Ce procédé permet d’utiliser un rhéostat R R, R’ R’, dont la manette a b est sans frottement.
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- — m —
- la parcourent et aussi les modifications que subissent les ampoules cathodiques servant à éclairer le récepteur constituent autant de causes qui s’opposent à un fonctionnement convenable du dispositif pendant des séances un peu longues.
- Compensation de l’inertie du sélénium. —
- La conductibilité du sélénium soumis à l’action de la lumière dépend non seulement de l’éclairement actuel, mais de l’éclairement antérieur. Pour s’affranchir des actions antérieures susceptibles de produire un traînage du galvanomètre et plus généralement de l’organe sensible aux variations de résistance du sélénium, M. Korn imagina d’utiliser deux cellules de sélénium et de les associer de manière que les actions antérieures soient égales et s’opposent. Comme dans ce cas, le galvanomètre mesure la différence des variations de résistance des deux cellules, il doit être choisi extrêmement sensible. L’ingénieux professeur fit choix du galvanomètre à corde. Deux fils très fins, parallèles, disposés dans un champ magnétique, sont parcourus dans la même direction par le courant, leur déviation sont donc de même sens. Ce dispositif est très sensible, d’indications très rapides, il a permis, de plus, d’abandonner 'Complètement l’usage des courants de haute fréquence au récepteur. Une lamelle d’aluminium disposée sur les deux fils, en leur milieu, joue le rôle d’obturateur, et suivant le degré d’inclinaison des fils, intercepte plus ou moins un faisceau lumineux concentré sur la pellicule sensible du cylindre récepteur. On donne, à l’obturateur, une forme telle que la quantité de lumière interceptée
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- suive une loi déterminée à l’avance, de manière à parfaire la compensation.
- Le nouveau dispositif est représenté par la figure 117 et le schéma des connexions est donné au-dessous
- (fig. 117, a). Au transmetteur rien n’est changé. Au récepteur le courant traverse deux galvanomètres à
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- 3, 92
- ---------L_|i|i|i|i|i
- Fig. i i 7. — Nouveau dispositif téléphotographique Korn avec compensation de l’inertie du sélénium.
- (a) Vue d’ensemble;
- (b) Schéma des connexions.
- Pour s’affranchir de l’influence des actions antérieures (inertie du sélénium) deux cellules Se,, Se, sont associées de manière à opposer leur inertie. Le galvanomètre à corde g,, déplace plus ou moins un obturateur placé sur le trajet du faisceau destiné au papier récepteur. Le galvanomètre gt agit de même sur un faisceau frappant la cellule de sélénium Set de compensation ; gî et S4 constituent les organes de compensation.
- corde gif /y2, disposés eu série, et la seconde cellule de sélénium Sc2. Les cordes du galvanomètre <jx portent un obturateur d’aluminium qui intercepte plus ou
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- moins le faisceau envoyé par la lampe Nernst N' (fig. 116) sur la pellicule ou le papier sensible du cylindre récepteur. L’obturateur que portent les cordes du galvanomètre g2 intercepte un faisceau lumineux envoyé sur la cellule de compensation &m. Ce galvanomètre gt, associé à la cellule S(k2 constitue donc le dispositif de compensation. Dans ce dispositif, les deux cellules de sélénium et les deux batteries de pile de force électromotrice identiques, forment les quatre côtés d’un losange dont les galvanomètres relient deux sommets et sont disposés sur le pont. Si l’on fait abstraction des autres résistances du circuit, négligeables devant celles /*, et/*2 des deux cellules, on voit qu’aucun courant ne traversera le pont si t\ = r2. Au contraire, si t\ /*2 l’intensité du courant qui traverse le pont est proportionnelle
- 1 1
- à la différence des conductibilités des cellules--- —
- /* 1 /*2
- Synchronisme. — Le synchronisme des deux moteurs M et M' est assuré par le procédé qui consiste à donner à l’un d’eux M' une très légère avance sur l’autre et à provoquer son arrêt à chaque tour, la remise en marche étant commandée par le moteur M au moment où il vient d’achever une rotation complète. Le synchronisme se trouve ainsi restauré au début de chaque rotation et les retards ne peuvent s’accumuler.
- Les interrupteurs /q et /q> sont destinés à permettre le jeu du synchronisme sans inconvénient pour les galvanomètres. /q s’ouvre à chaque tour par le jeu d’une came, pendant un instant très court, pendant lequel le svnchronisme se rétablit. Au moment où /q s’ouvre
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- l’armature de l’électro de correction est libérée et le tambour C' est libéré. La clef s'ouvre pendant la correction pour éviter que le courant de correction ne détériore les galvanomètres.
- Grâce à la compensation, le dispositif de M. Korn semble vraiment pratique. La durée de reproduction d’une épreuve 13™ X 24cm est de 12 minutes, mais peut être abaissé à 6 minutes. Dans ces conditions l’appareil ne parait pas susceptible de jouer le rôle de télégraphe extra rapide, même si l’on utilisait au départ la photographie réduite d’un grand nombre de télégrammes disposés côte à côte sur un tableau et à l’arrivée l’agrandissement du cliché transmis, toutes opérations qui accroîtraient la durée de transmission. Par contre, il semble propre à être utilisé avec avantage par la presse illustrée, pour permettre la transmission télégraphique des photographies des scènes intéressantes du jour.
- Télautographe de M. Carbonelle. — Dans le télautographe de M. Carbonelle il n’est plus question de sélénium. C’est le principe déjà ancien du pantélé-graphe Caselli qui, vers 1860, eut son heure de célébrité, que M. Carbonnelle a repris, en y* adaptant tous tous les progrès de la technique actuelle, en fait de synchronisme et d’enregistrement de courants. De telle sorte que l’inventeur est parvenu à faire de l’ancien pantélégraphe, aux mouvements si lents qu’il réclamait plusieurs minutes pour- reproduire une signature, un appareil tellement rapide, qu’il laisse derrière lui le télégraphe Pollak et Virag lui-même, dont il doublerait le rendement.
- il. — Télégraphie.
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- Le télautographe de M. Carbonelle donne du cliché à transmettre (qui peut être un cliché photographique aux sels métalliques, au charbon, à la gélatine bichro-matée, une image tramée ou striée, une feuille d’étain sur laquelle on a imprimé ou écrit la dépêchera transmettre) un cliché typographique immédiatement gravé et qui permet, au besoin, de reproduire à distance l’original en milliers d’exemplaires.
- Au transmetteur une pointe en communication avec la ligne télégraphique s’appuie sur un cylindre métallique relié au pôle d’une pile, dont l’autre pôle est à la terre (fi g. 118 J. La pointe se déplace par rapport à la surface du cylindre, en traçant une hélice à pas serré. Le cylindre supporte le dessin, le télégramme ou le cliché photographique à transmettre.
- Le récepteur comprend un cylindre recouvert d’une feuille d’une substance plastique ou d’un métal mou comme le plomb, le régule ou encore de quelques feuilles de papier carbone séparées par des feuilles de papier blanc.
- Un téléphone, dont la membrane porte une pointe
- Transmetteur ftèreptrur-
- A Cylimlre«lransmetteur ;
- “T A' — récepteur;
- C Stylet métallique ;
- C' Burin graveur:
- M Membrane vibrante ; I
- N‘ ' R Récepteur téléphonique ;
- E Electro-Aimant du récepteur.
- Fig. iiB. — Schéma du télé auto graveur de M. Carbonelle.
- Deux cylindres sont animés de mouvements synchrones. Sur le transmetteur est disposée une pellicule photographique que le -style transmetteur C balaie. Au récepteur, un téléphone porte une membraneM munied’un burin graveur qui grave la surface du cylindre récepteur chaque fois que le courant cesse de passer sur la ligne. Cette interruption se produit au départ, par l’interception d’une partie non conductrice du cliché entre le style et le cylindre.
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- d’acier, est disposé au voisinage du cylindre et de telle sorte que la pointe appuie sur le cylindre. Le déplacement du cylindre récepteur, par rapport à la pointe-d’acier du téléphone, est synchrone de celui du style, par rapport au cylindre transmetteur.
- Un contact se produit-il entre le style du transmetteur et son cylindre, un courant traverse le téléphone, la . membrane est attirée et la pointe burin n’appuie plus sur le cylindre récepteur. Lorsqu’au transmetteur le style passe sur une région isolante du cliché ou de l’image à transmettre, la membrane du téléphone n’est plus attirée et presse la pointe burin sur le cylindre..
- On obtient, suivant la nature du burin employé et de la surface du cylindre récepteur, soit une gravure du dessin, soit une reproduction en noir sur blanc, à un nombre d’exemplaire égal au nombre de feuilles de papier carbone interposées.
- On peut se servir de la feuille gravée elle-même pour un fort tirage, en prenant un métal plus dur que le plomb : le zinc, le cuivre, par exemple. M. Carbonelle a pu, non seulement graver des feuilles de zinc ou de cuivre, mais même la surface de fonte dure du cylindre récepteur ; aussi, se croit-il fondé à admettre la possibilité de la gravure directe sur acier, en employant comme burin une pointe de diamant. Dans ce cas, d’ailleurs, on peut envoyer un courant plus intense dans le téléphone en se „ servant de l’intermédiaire d’un relais.
- L’appareil permet de reproduire les dégradés ou demi-teintes. L’inventeur qui garde à ce sujet une réserve très compréhensible indique quelques principes spéciaux per-
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- mettant la reproduction des dégradés. Par réticulation spéciale des gommes ou gélatines bichromatées, le support reste couvert de points ou de taches de gomme ou de gélatine bichromatée de dimensions relatives et proportionnelles aux ombres et aux noirs du sujet photographié. Un autre procédé consiste à former une couche de gélatine uniforme, au sein de laquelle les quantités de métal' réduit rendent les différents points de la couche plus ou moins conducteurs.
- D’après des essais officiels faits le 1er mars 1907, sur la ligne Bruxelles-Anvers et retour (90kilom.) une photographie 9cm X 18 m peut être transmise en 80 secondes, vitesse bien supérieure (six à huit fois plus grande, toutes choses égales, d’ailleurs) à celle obtenue par M. Korn. Pour la transmission téléphotographique des télégrammes, M. Carbonelle estime obtenir, par réduction de l’original, une vitesse de 500.000 lettres à l’heure, soit 90.000 mots, c’est-à-dire une vitesse double de celle réalisée dans les cas les plus favorables, avec l’appareil Pollak et Virag.
- Télestéréographe de M. Belin. — Mettant à profit les creux et reliefs que présente un cliché photographique tiré à la gélatine bichromatée, M. Belin amplifie par un simple levier les mouvements d’une pointe de saphir qui balaie le cliché disposé comme toujours sur un cylindre. L’extrémité du levier (fig. 119) balaie, dans ses déplacements amplifiés, les divers plots d’un rhéostat formé de vingt lames d’argent isolées au mica. La longueur totale des vingt plots est de 3m/m 5. Les résistances interposées entre chaque lame
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- — Schéma du téléstéréographe de M. Belin.
- Au départ le relief d’un cliché à la gélatine bichro-(10 . . t. matée, balayé par un style D, détermine les mouve-
- ’1’1* ments d’une molette qui se déplace sur les vingt
- plots d’un rhéostat. A l’arrivée, le courant est reçu dans un galvanomètre d’oscillographe Blondel dont le miroir occupe l’un des points conjugués d’une lentille dont l’autre point conjugué est à l’orifice d’une chambre noire contenant le cylindre récepteur. Le miroir envoie un faisceau qui doit traverser un écran à vingt nuances dégradées du noir au clair, écran appuyé contre la lentille et que le faisceau frappe en un point d’autant plus éloigné de la page claire que le courant envoyé est plus intense.
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- Fig. . 120.
- Ecran formant la gamme des teintes dans le récepteur du télestéréographe de M. Belin.
- Tout, contre la lentille L un écran transparent de même largeur présente vingt régions contiguës de transparences graduées 120). Le faisceau lumineux
- balaie ces vingt régions et passe de l’une à l’autre lorsque, au départ, le levier amplificateur du rhéostat passe d’un plot d’argent à l’autre.
- Lorsqu’il s’agit de transmettre, non plus des clichés à demi-teintes, mais des documents au trait, écriture, dessins, etc..., on peut simplifier les choses. Au départ, le courant est émis à chaque relief seulement du dessin ou à chaque passage du style sur la région écrite ou inversement. A l’arrivée, le faisceau lumineux dirigé à travers en diaphragme sur l’orifice T se trouve dévié et n’insole plus le papier récepteur à l’arrivée du courant. On peut, d’ailleurs, à volonté, disposer les choses à l’inverse ; on obtient alors, soit un positif, soit un négatif du dessin reçu.
- M. Belin a pu transmettre sur un circuit téléphonique de L700 kilomètres une photographie 13<:m X 18cm et a obtenu une épreuve formée d’environ 850.000 points en trente minutes.
- Plus récemment M. Belin a utilisé le fait que les reliefs d’une photographie sur papier carbone sont proportionnels aux intensités des teintes de cette photographie
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- pour la transmettre à distance par son procédé, utilisant au récepteur l’écran aux transparences graduées.
- Il va sans dire que si le principe du procédé de M. Belin est des plus simples, sa mise au point a demandé une très grande habileté et un travail énorme. Les derniers essais, faits sur upe ligne de 1.200 kilomètres, ont donné des résultats très satisfaisants ; les reproductions sont, paraît-il, beaucoup plus fines que celles que donne l’appareil de M. Korn.
- Le phototélégraphe de M. Berjonneau. — Ce dispositif très simple ne permet que le transport d’une photogravure qui, on le sait, est constituée par un groupement de points plus ou moins rapprochés les uns des autres, pour figurer les parties sombres et claires de la photographie. Il nécessite donc la confection préalable d’une photogravure de l’image à transmettre. Cette photogravure disposée à la surface du cylindre C (fifj. 121 ) détermine, au moyen d’un style de platine P et à la manière dont cela est réalisé dans le téléautograveur de M. Carbonelle, l’envoi de courant sur la ligne.
- Suivant qu’un point ou une partie non pointillée du cliché passe sous le style, un courant est ou non émis sur la ligne. Ce courant reçu par l’électro E R actionne une armature G, qui ferme un circuit local, lequel actionne, par l’électro K, un obturateur qui démasque l’ouverture S d’une chambre noire, ouverture derrière laquelle, comme dans le récepteur de M. Belin, se déplace le cylindre récepteur. Chaque fois qu’un point de la photogravure passe sous le style transmetteur, l’obturateur se démasque un instant et la source de lumière V, par la
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- lcnfille T, trappe lo ]>n.]»ier récepteur comme une pointe car,'à, chaque point, Indurée du mouvement de l’obturateur est très brève.
- Ligne
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- G___T
- Fig. 12 i. — Schéma du phototélégraphe Derjonneau.
- Le cliché à transmettre est une photogravure. Le style transmetteur envoie un courant sur la ligne chaque fois qu’il passe sur l’un des pointillés de la photogravure. A l’arrivée le courant démasque, pendant un court instant, un obturateur qui permet à un faisceau lumineux de frapper comme une pointe le papier sensible.
- L’appareil de M. Berjonneau se prête également à la transmission de dessins ou même de l’écriture tracée à l’aide d’une encre isolante sur un papier conducteur. Il n’a d’ailleurs été, jusqu’à présent, l’objet que d’expériences d’essais.
- Phototélégraphe de MM. Senlecqet Tival.
- — Dans ce dispositif (fiy. 122) le transmetteur ne diffère pas du transmetteur du téléautographe de M. Carbonelle ou de celui de M. Belin. Quant au récepteur, il emploie le galvanomètre à corde déjà utilisé par M. Korn et qui, ici, actionne, au moyen d’un levier amplificateur, une mince lamelle de verre analogue à
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- celle qui joue le rôle de gamme des teintes dans l’appareil de M. Belin. La partie originale du dispositif consiste en ce que les variations d’intensité du courant émis ne sont pas directement utilisés au transmetteur,
- Fig. 122. — Schéma du phototélégraphe de MM. Senlecq et Tival.
- Un cylindre transmetteur A porte la photographie à la gélat'ne métalisée à transmettre. Les courants émis, reçus dans l’électro D, donnent sur le ruban magnétique du cylindre C une image magnétique du cliché qui, en passant sous l’électro D’, détermine, sur la ligne, des variations de courants. A l’arrivée, le courant est reçu par un galvanomètre à corde qui actionne et déplace une lamelle à régions variant du noir au clair, laquelle se déplace sur le trajet du faisceau lumineux frappant le cylindre récepteur.
- mais servent, comme dans le télégraphone de M. Poul-sen, à impressionner un cylindre d’acier qui se trouve ainsi dépositaire d’une sorte d’image magnétique du cliché à transmettre. Le déplacement du ruban cylindrique aimanté devant un électro-aimant envoie dans le galvanomètre des courants variables. La lamelle à teintes dégradées obéissant aux variations du galvanomètre se laisse traverser par un faisceau de lumière en des points plus ou moins transparents, suivant l’impression magnétique plus ou moins intense déposée sur le ruban d’acier qui, elle-même, correspond à un partie plus ou moins ombrée du cliché à transmettre.
- L’usage d’une semblable transmission en deux temps
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- permettrait d’accroître la rapidité de la transmission téléphotographique.
- On peut non seulement impressionner une pellicule photographique et reproduire l’image originale, mais étant donnée la rapidité de la transmission, en recevant sur un écran les rayons qui traversent la lamelle, apercevoir directement sur un écran, sinon toute l’image transmise, du moins les diverses parties successives, cela sans être obligé de reproduire l’épreuve photographique. Le dispositif de MM. Senlecq et Tival se présenterait donc comme un essai de téléphotie.
- Toutefois, ce dispositif très ingénieusement combiné, mais qui paraît fort délicat, n’a pas encore été, à notre connaissance du moins, l’objet d’essais faits dans les conditions qu’impose la pratique.
- L’Electrotypographe.. — Nous devons, pour terminer cette étude, rappeler le problème que résoud l’éleetrotypographe, appareil que nous avons décrit, en détails, dans une étude sur l’Imprimerie (1) et qui, par certains côtés, doit être rapprochée des télégraphes. Cet appareil permet la composition typographique, qu’il réalise en caractères mobiles fondus et rangés en ligne justifiée, avec un soin tel que, même les travaux en conscience peuvent être faits au moyen de cette nouvelle machine à composer.
- L’électrotypographe comporte deux parties dis-
- (1) Voir Reçue générale des Sciences, 30 octobre et 15 novembre 1907 et aussi : De la Presse à bras à la Linotype et à l’Electrotgpograhe, Esquisse de l’Histoire technique et sociale de l’Imprimerie, L. Mare-theux, Paris 1908 et chez l’auteur.
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- tinctes : une machine à composer qui, par la mise en action des divers leviers d’une machine à écrire fournit une bande perforée, véritable épreuve avant la fonte qui joue, en quelque sorte, le rôle de cliché et permet, sans nouvelle composition, de proportionner les tirages aux demandes ; une machine à fondre le caractère qui, par le passage de la bande perforée, fournit la composition justifiée et prête à l’impression. L’électrotypographe intéresse le télégraphiste, en ce qu’il est possible, au moyen d’un dispositif analogue à celui du télégraphe Baudot, de transmettre télégraphiquement la bande perforée. Une bande unique, composée à la machine à écrire, pourra donc être reproduite à distance et fournir ainsi, par télégraphe, une bande identique qui, disposée sur une machine à fondre, fournira immédiatement le texte composé prêt à être mis sous presse.
- Ainsi, un article de journal expédié de Paris sous cette forme sera reproduit prêt à être imprimé dans différentes villes à Bordeaux, à Lyon, à Marseille......
- C’est la possibilité, pour les grands journaux, d’avoir des éditions de province, sans majoration de frais et sans retards ; c’est une profonde modification, par suite, dans les procédés actuels du journal.
- Conclusions. — En terminant le programme /pie nous nous étions tracé pour cette étude, nous attirerons l’attention sur le progrès continu qu’ont fait les pacifiques ouvriers de l’intercommunication, à tous les' degrés, répondant aux exigences que le développement social détermine en même temps qu’il se produit et dans la mesure même où il s’impose. Nous signalons
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- aussi la place importante et brillante que tient à ce point de vue l’Administration française. Bien qui’l soit dans notre tempérament de Français de critiquer surtout les nôtres, nous ne les déprécions pas et nous avons raison. Les étrangers savent reconnaître les mérites de notre Administration des télégraphes qui, quoi qu’on en dise, progresse avec prudence. Et ce n’est pas sans plaisir qu’il y a quelques années nous l’entendions louer par un notable administrateur anglais, et que nous apprenions en quelle estime nos voisins allemands la tiennent. En signalant les progrès de cette importante application de l'électricité qu’est la télégraphie, en marquant son état actuel, ses espoirs et les voies nouvelles qui lui sont ouvertes, nous tenons à signaler le rôle important que la Science et l’Administration française ont su y tenir avec les Vascliy et les Baudot et aussi avec le secours d’un personnel d’élite auquel bien souvent les administrations étrangères et, en particulier les Compagnies de cables, ont recours, personnel dont on ne saurait suspecter, dans aucun des degrés de la hiérarchie, la bonne volonté digne et intelligente.
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- TABLE DES FIGURES
- Fig. Pages
- 1 Télégraphe Bréguet: Manipulateur......................... 23
- 2 — — Récepteur ............................. 24
- 3 Télégraphe Morse: Manipulateur.......................... 26
- 4 Récepteur Morse : Organe essentiel ................... 27
- 5 — — Vue d’ensemble......................... 27
- 6 — — dispositif d’encrage .................. 28
- 7 — — mouvement d’horlogerie ................ 28
- 8 — — barillet et croix de Malte............. 29
- 9 — — régulateur............................. 29
- 10 Télégraphe Morse: Schéma des connexions.................. 30
- 11 Parleur Morse............................................ 31
- 12 Relais télégraphique: dispositif de translation.......... 32
- 13 Télégraphie militaire : Borne Combette................... 35
- 14 — Morse de campagne, ancien modèle............... 35
- 15 — — — déroulement du papier. . . 35
- 16 — — — cantine . 36
- 17 — — — modèle 1898. Manipulateur 36
- 18 — — — — Récepteur... 36
- 19 — — — — boîte de l’appareil 37
- 20 — — — — — 37
- 21 — — — Parleur ronfleur. 37
- 22 Télégraphie militaire: Isolateurs....................... 38
- 23 — — Crampons ........................... 38
- 24 — — Chariot léger....................... 39
- 25 — — Cadre à dérouler ................... 39
- 26 — — Commutateur de ligne ............. 39
- 27 Principe de la Télégraphie optique.................... 40
- 28 Télégraphie optique. Appareil de 10................. 41
- 29 — — Appareil de 60................. 41
- 30 Courbe du courant à l’arrivée......................... 43
- 31 — — cas d’un signal télégraphique .... 45
- 32 — — influence de la self induction.... 46
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- Fig. Pages
- 33 Courbe du'courant: Transmission d’une série de points 47
- 34 -- — — — de traits. 48
- 35 Courants de compensation (Godfroy)..................... 49
- 36 Influence des courants inversés........................ 50
- 37 Atténuation de la période variable. Condensateur..... 50
- 38 Perforateur Wheatstone................................. 54
- 39 Perforations de la bande Wheatstone ................... 54
- 40 Bande perforée Wheatstone.............................. 55
- 41 Mécanisme de perforation ............................ 55
- 42 — progression du papier .................. 56
- 43 Transmetteur Wheatstone: Vue d’ensemble................. 57
- 44 Transmission de la bande Wheatstone.................. 58
- 45 Transmission d’un point (première phase)............. 59
- 46 — — (seconde phase) .................... 60
- 47 — d’un trait ..................................... 61
- 48 Transmetteur Wheatstone, nouveau modèle................. 62
- 49 Electro-aimant du récepteur Wheatstone.................. 63
- 50 Molette encreuse — — .............. 64
- 51 Récepteur Wheatstone: Vue d’ensemble................... 65
- 52 Principe du télégraphe Hughes.......................... 66
- 53 Télégraphe Hughes: Vue d’ensemble ..................... 67
- 54 Remontage du poids moteur.............................. 68
- 55 Remontage électrique automatique....................... 69
- 56 Coupe verticale de l’appareil Hughes................. 70
- 57 Coupe horizontale — — ................. 71
- 58 Manipulateur Hughes ................................... 73
- 59 Goujon et plaque de sûreté............................. 74
- 60 Récepteur Hughes: Organes électriques.................. 75
- 61 Schéma de l’embrayage.................................. 76
- 62 Embrayage et rappel de l’armature...................... 77
- 63 Situation respective des axes et des cames............. 78
- 64 Axe de la roue des types............................... 79
- 65 Roue de frottement et sa fixation...................... 79
- 66 Forme de l’axe des cames et des cames.................. 80
- 67 Jeu de la came de correction........................... 80
- 68 — — d’impression ........................... 81
- 69 — — de progression du papier................ 81
- 70‘ Levier de rappel au blanc............................. 83
- 71 Impression des lettres et des chiffres................ 85
- 72 Morse et Hughes: Connexions ........................ 85
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- Fig. Pages
- 73 Mise automatique de la ligne au sol. . .............. 86
- 74 Communications électriques du Hughes................. 86
- 75 — Isolement du levier d’émission................... 87
- 76 Embrayage hongrois...................................... 88
- 77 Système duplex différentiel ............................ 93
- 78 Principe du pont de Wheatstone.......................... 95
- 79 Système duplex par pont de Wheatstone................... 95
- 80 Principe des télégraphes multiples .................... 98
- 81 Schéma de connexions entre trois postes échelonnés. . 99
- 82 Code de signaux Baudot ............................... 102
- 83 Principe du télégraphe Baudot..................... 104-105
- 84 Manipulateur Baudot................................... 108
- 85 Clavier Baudot à cadence téléphonique................. 108
- 86 Coupe d’un clavier Baudot............................. 109
- 87 Synchronisme. Correction électrique................... 110
- 88 Schéma de la distribution au départ................... 110
- 89 Récepteur Baudot: relais polarisé .................... 112
- 90 Schéma de la distribution à l’arrivée................. 112
- 91 Electro aimant récepteur ............................. 113
- 92 Coinbinateur Baudot (modèle primitif)................. 115
- 93 Simplification du combinateur ........................ 116
- 94 Combinateur Baudot (modèle actuel) ................... 118
- 95 Relation des aiguilleurs et des chercheurs............ 119
- 96 Déclanchement des organes d’impression................ 119
- 97 Passage des lettres aux chiffrés...................... 120
- 98 Synchronisme entre le distributeur et le traducteur. . 121
- 99 Distributeur d’arrivée.............................. 122
- 100 Ensemble des communications d’un secteur Baudot. ... 123
- 101 Roue phonique de Paul Lacour..................... 126
- 102 Electro-diapason de M. Mercadier...................... 128
- 103 Schéma d'un multiplex à courants vibrés............. 130
- 104 Relais monotéléphonique de M. Mercadier............... 133
- 105 Relais monotéléphoniques sur circuit de réception.... 134
- 106 Entretien d’un Hughes par courants vibrés............. 136
- 107 Télégraphe Pollak et Virag : Perforateur ............. 144
- 108 — — Transmetteur............... 145
- 109 — — Récepteur ................. 146
- 110 — — Fac-similé d’une dépêche. . 147
- 111 — — Transmetf, vue d’ensemble 148
- 112 — — Récepteur, vue d’ensemble. 149
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- 113 Cellule de sélénium (Téléphotographe Korn)........... 153
- 114 Schéma du transmetteur Korn.......................... 154
- 115 Dispositif téléphotographique de M. Korn............. 155
- 11 ô Eclairement par lampe à haute fréquence.............. 157
- 117 Compensation de l’inertie du sélénium................ 159
- 118 Schéma du téléautograveur de M. Carbonelle........... 162
- 119 Schéma du téléstéréographe de M. Belin............... 165
- 120 Ecran à gamme de teintes ............................ 166
- 121 Schéma du phototélégraphe de M. Berjonneau........... 168
- 122 — — de MM. Senlecq et Tival 169
- . ERRATUM
- La figure numérotée 108, à la page 145 (Télégraphe Pollak et Virag. Transmetteur : vue d’ensemble), est la figure 111. Elle doit être considérée comme reportée avec sa légende à la page 148.
- Inversement, la figure numérotée 111, à la page 148 (Télégraphe Pollak et Virag. Transmetteur), est la figure 108, appelée avec sa légende à la page 145.
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- TABLE DES MATIÈRES
- Pages
- Introduction .........'.............................. 5
- Plan de l’ouvrage.................................... 12
- Première partie: TÉLÉGRAPHIE SIMPLE
- CHAPITRE PREMIER Principes du Télégraphe électrique Première époque: Appareils télégraphiques simples.... 19
- CHAPITRE II Télégraphe Breguet
- Problème qu’on se propose............................... 22
- Manipulateur.......................................... 23
- Récepteur............................................... 24
- CHAPITRE III Télégraphe Morse
- Télégraphe Morse : Manipulateur........................ 26
- — — Récepteur.............................. 27
- — — Mouvement d’horlogerie ................ 28
- — — Communications entre deux postes.... 30
- Parleur Morse........................................... 31
- Relais.................................................. 32
- Dispositif de translation .............................. 33
- CHAPITRE IV Télégraphie militaire
- Télégraphe militaire Morse. — Poste de forteresse....... 35
- Appareils de campagne................................... 35
- 12. — Télégraphie.
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- Pages
- Lignes de campagne .................................. 37
- Télégraphe optique. Principe ......................... 40
- — — Appareils.............................. 41
- CHAPITRE V
- Propagation du courant sur une ligne télégraphique
- Cas d’une émission de durée illimitée................. 43*
- Cas d’un signal télégraphique......................... 45
- Cas d’émissions brèves (série de points).............. 47
- Cas d’émissions longues (série de traits)............. 48
- Méthode de la décharge directe.....................:. 49
- Méthode des courants de compensation.................. 49
- Méthode des courants de décharge ou de repos............. 50,
- Méthode du condensateur ...........•.................. 50
- Deuxième partie: TÉLÉGRAPHIE RAPIDE CHAPITRE PREMIER
- Première solution. — Télégraphe automatique a
- COMPOSITION PRÉALABLE DE WHEATSTONE.
- Principe du Wheastone ................................ 53
- Perforateur .......................................... 54
- Manipulateur ou Transmetteur.......................... 57
- Récepteur Wheatstone ................................. 62
- CHAPITRE II
- Télégraphes imprimeurs: Télégraphe Hughes
- Principe du Hughes........................................ 66
- Description générale...................................... 68
- Manipulateur, étude détaillée......................... 70
- Récepteur, étude détaillée ........................... 74
- Communications électriques du Hughes.................. 85
- Critique de l’appareil Hughes...........••............ 87
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- CHAPITRE III
- Télégraphie rapide : Deuxième solution. — Télégraphie multiple.
- Pages
- Définitions ............................................. 92
- Principe du duplex..................................... 93
- Principe du diplex..................................... 96
- Principe du quadruplex................................... 96
- CHAPITRE IV
- Principe des télégraphes multiples. — Etude du Baudot.
- Distributeur ............................................ 97
- Etude du télégraphe multiple Baudot..................... 100
- Principe du Baudot..................................... 100
- Manipulateur Baudot ................................... 107
- Synchronisme ........................................... 109
- Récepteur Baudot....................................... 111
- Traducteur. Combinateur ................................ 112
- Simplification du combinateur........................... 115
- Synchronisme entre le distributeur et le combinateur. 120
- Rendement............................................... 123
- CHAPITRE V
- Télégraphie rapide: Troisième solution. — Multi-
- COMMUNICATEURS
- 1° Multicommunicateurs à courants vibrés. — Principe. . 124
- Multicommmunicateur de P. Lacour.,................. 126
- Dispositifs de M. Mercadier........................ 127 .
- Producteur des courants vibrés: Electrodiapason.... 127
- Récepteur des courants vibrés: Monotéléphone.... 128
- Appareil multiplex à courants vibrés............... 129
- Relais monotéléphonique ......................... 132
- II0 Multicommmunicateurs à ondes électriques............ 137
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- Troisième partie: L’AVENIR DE LA TÉLÉGRAPHIE
- CHAPITRE PREMIER Les Télégraphes extra-rapides
- Pages
- Télégraphe Pollak et Virag............................ 143
- Comparaison des divers télégraphes.................... 151
- CHAPITRE II La Téléphotographie
- Téléphotographe de M. Korn................................ 153
- Compensation de l’inertie du sélénium..................... 158
- Synchronisme ............................................. 160
- Télautographe de M. Carbonelle............................ 161
- Téléstéréographe de M. Beîin.............................. 164
- Phototélégraphe de M. Berjonneau.......................... 167
- Phototélégraphe de MM. Senlecq et Tival................... 168
- L’éiectrotypographe ...................................... 170
- Conclusions............................................. 171
- •ale, Grenoble. — J. Besson, Directeur.
- Grands Etablissements de l’Imprimerie'
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