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Dictionnaire d'électricité comprenant les applications aux sciences, aux arts et à l'industrie
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- DICTIONNAIRE
- D’ÉLECTRICITÉ
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- CORBEIL.
- IMPRIMERIE ÉD. CRETE
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- Julien LEFÈVRE
- DOCTEUR ES SCIENCES PHYSIQUES PROFESSEUR A L’ÉCOLE DES SCIENCES DE NANTE
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- DICTIONNAIRE
- D’ÉLECTRICITÉ
- COMPRENANT
- LES APPLICATIONS AUX SCIENCES, AUX ARTS ET A L'INDUSTRIE
- A L’USAGE
- Des Électriciens, des Ingénieurs, des Industriels, etc.
- INTRODUCTION PAR M. E. BOUTY
- Professeur à la Faculté des Sciences de Paris
- DEUXIÈME ÉDITION
- Mise au courant des nouveautés électriques
- Avec 1250 figures intercalées
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- LIBRAIRIE J.-B. BAILLIÈRE et FILS
- 19, rue Hautefeuille, près du boulevard Saint-Germain
- 1895
- Tous droits réservés.
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- LES PROGRÈS DE L’ÉLECTRICITÉ
- Depuis l’Exposition universelle de 1889, l’Électricité a fait encore un pas en avant ; si elle n’a donné naissance depuis cette époque à aucun de ces appareils merveilleux qui, de temps en temps, viennent en quelque sorte ajouter à la science une branche nouvelle et mettre à la disposition de l’homme un nouvel agent ou un nouveau mode de communication, comme la machine de Gramme, le télégraphe ou le téléphone, les années qui viennent de s’écouler n’ont cependant pas été perdues, et elles ont enrichi d’un grand nombre d’applications intéressantes le domaine de la science électrique, dont certaines parties ont pris, pendant ce temps, un développement considérable.
- Si nous passons en revue cette période d’environ quatre années, nous trouvons tout d’abord, dans la partie théorique de l’électricité, quelques questions particulièrement importantes, comme l’étude des ondulations électromagnétiques, celle des courants de haute fréquence et la découverte des champs tournants.
- En 1889, Hertz, dans le but de vérifier si les phénomènes électriques ne seraient pas dus à des radiations d’une grande longueur d’onde, a produit, à l’aide d’une bobine de Ruhmkorff, des décharges oscillatoires extrêmement rapides entre les deux boules d’un excitateur de forme convenable. Ces ondulations se propagent dans l’éther ambiant et peuvent être mises en évidence au moyen de résonateurs circulaires. Hertz a constaté que les ondes électriques ainsi propagées peuvent être polarisées, réfléchies, diffusées, etc., comme les ondes lumineuses et a cru pouvoir conclure de là l’identité de la lumière, de la chaleur rayonnante et des mouvements électrodynamiques.
- Ce travail, dont il est facile de comprendre l’importance au point de vue de la théorie de l’électricité, a été, dans ces dernières années, vérifié et complété par un certain nombre de savants, MM. Joubert, Egoroff, Grégory. MM. Sarasin et de La Rive ont obtenu des résultats particulièrement intéressants et constaté notamment que la vitesse de propagation des ondes
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- électriques est la même dans l’air et le long des fils métalliques. Enfin M. Blondlot a mesuré, par une élégante méthode, la vitesse de propagation de ces ondes dans l’air et l’a trouvée égale au rapport des unités électromagnétique et électrostatique, c’est-à-dire à la vitesse de la lumière. Ces expériences, si elles ne permettent pas encore de conclure que les vibrations lumineuses sont un cas particulier des vibrations électromagnétiques, apportent néanmoins un argument sérieux à l’appui de cette hypothèse.
- Nous devons signaler aussi les intéressantes expériences réalisées en 1891 par M. Tesla, à l’aide de courants alternatifs possédant à la fois une tension extrêmement élevée et une très grande fréquence. Ainsi un globe de verre, vide, renfermant une seule électrode, s’illumine lorsqu’on le fait communiquer avec l’un des pôles de la source d’électricité. Un phénomène analogue se produit pour un tube de verre vide et dépourvu d’électrodes, qu’on relie avec l’un des pôles de la source par l’intermédiaire du corps de l’opérateur. Peut-être y a-t-il là, comme paraît le croire l’auteur, le germe d’applications industrielles importantes.
- Le phénomène le plus curieux que présentent ces courants à haute fréquence, c’est incontestablement leur parfaite innocuité par rapport au corps humain. Avec des oscillations suffisamment rapides, on peut faire passer à travers l’organisme, sans qu’il soit perçu, un courant qui serait foudroyant si l’on abaissait la fréquence.
- En 1888, M. Ferraris, de Turin, a indiqué un principe qui est devenu depuis le point de départ d’un grand nombre d’applications. Voici ce principe : lorsque deux courants alternatifs de même période, mais décalés l’un par rapport à l’autre d’un quart de période, c’est-à-dire réglés de telle sorte que les maxima de l’un correspondent aux minima de l’autre, traversent deux circuits disposés à angle droit, la résultante de chacun des deux champs magnétiques que produirait chaque circuit, s’il était seul, est un champ magnétique tournant d’intensité constante et de vitesse angulaire uniforme, faisant un tour complet pendant la durée d’une période. Si l’on place dans ce champ un circuit fermé, il devient le siège de courants de Foucault qui tendent à le faire tourner dans le sens même de la rotation du champ. Il convient, du reste, d’ajouter que des champs tournants analogues avaient été déjà réalisés dans l’expérience classique du magnétisme de rotation et dans l’électro-gyroscope de MM. Lontin et de Fonvielle. L’expérience de M. Ferraris
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- fournit le principe des courants diphasés ; en employant trois bobines disposées à angles égaux on obtiendrait des courants triphasés.
- Ces deux sortes de courants polyphasés possèdent des avantages sérieux sur les courants alternatifs ordinaires : ils n’exigent que des générateurs et des moteurs d’une construction très simple; aussi leur emploi s’est-il rapidement généralisé dans l’industrie. Les courants triphasés furent d’abord utilisés à l’Exposition de Francfort, en 1891, pour actionner la transmission d’énergie installée entre Francfort et Lauffen par la Société d’électricité de Berlin, en collaboration avec les ateliers d’OErlikon. A la suite du succès remporté par cette première expérience, un certain nombre de stations centrales, utilisant ces courants, ont déjà été organisées ; nous citerons la station d’Erding (courants triphasés) et l’installation du pavillon de Jonage à l’Exposition de Lyon (courants diphasés); la Compagnie de Fives-Lille construit des dynamos, des moteurs et des transformateurs pour courants triphasés ; les usines du Creusot fabriquent des machines pour courants diphasés. En Amérique les deux principales Compagnies, la General Electric C° et la Westinghouse Company emploient, la première les courants triphasés, la seconde les courants diphasés. La première transmission par courants triphasés, due à la General Electric C°, a commencé à fonctionner en septembre 1893; elle est destinée à distribuer simultanément la force motrice et l’éclairage à Redlands, en utilisant la plus grande partie de la chute d’eau de Mill Creek Canon, située à 15 kilomètres de cette ville, une des plus jeunes et des plus florissantes de la Californie. Deux installations analogues seront réalisées prochainement à Portland et à Concord. Enfin, c’est aux courants diphasés qu’on a résolu de s’adresser, après de longues hésitations, pour l’utilisation industrielle des chutes du Niagara.
- On sait en effet que ces merveilleuses cascades possèdent une puissance énorme, au moins huit à neuf millions de chevaux, que l’esprit pratique des Américains ne pouvait pas laisser inutilisée indéfiniment. Déjà, en 1873, une Compagnie portant le nom d’Hydraulic Canal entreprit d’alimenter une douzaine d’industries absorbant environ 6000 chevaux; mais la Niagara Fails Power C\ créée en 1886, a obtenu l’autorisation d’utiliser, sur la rive américaine, une puissance de 250000 chevaux. Cette Compagnie concéda, en 1889, à la Cataract Construction C° l’aménagement des chutes et leur exploitation, et cette dernière, après avoir pris l’avis d’une commission internationale, présidée par lord Kelvin, s’est décidée récemment à employer des turbines à axe vertical pour la'production de la force motrice et des alternateurs à cou-
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- rants diphasés pour celle de l’énergie électrique. On doit installer dix turbines de 5000 chevaux, dont trois sont déjà construites.
- La Westinghouse Company, qui est chargée de cette importante installation, a réalisé aussi l’éclairage de l’Exposition colombienne par lampes à incandescence.
- Si, pendant l’intervalle de temps qui nous occupe, l’éclairage électrique n’a pas fait de progrès bien sensibles, il en est tout autrement de la question du chauffage.
- Les nouveaux modèles de lampes et de régulateurs, les nouvelles dispositions d’appareillage inventés depuis peu ne diffèrent pas notablement de ceux qui les ont précédés ; mais, sans parler ici des tentatives de plus en plus nombreuses faites pour utiliser pratiquement la chaleur dégagée par le passage du courant, nous devons signaler l’ingénieuse disposition du four électrique employé par M. Moissan pour la reproduction du diamant.
- « Ce qui différencie ce four électrique de ceux qui ont été employés jusqu’ici, c’est que la matière à chauffer ne se trouve pas en contact avec l’arc électrique, c’est-à-dire avec la vapeur de carbone. L’appareil que vous avez sous les yeux est un véritable four à réverbère. C’est un four à réverbère avec électrodes mobiles. Ce dernier point a aussi son importance, car la mobilité des électrodes donne une très grande facilité pour établir l’arc, pour l’étendre ou le raccourcir à volonté; en un mot, elle simplifie beaucoup la conduite des expériences (1). »
- Ce four électrique, dans lequel la température s’élève, d’après les expériences de M. Violle, à 3500° environ, n’a pas seulement permis de reproduire le diamant. Grâce à cette haute température, limitée seulement par la vaporisation du carbone, on a pu « réaliser en quelques instants la cristallisation des oxydes métalliques, la réduction des oxydes regardés jusqu’ici comme irréductibles, la fusion des métaux réfractaires, la distillation de la silice et de la zircone, enfin la volatilisation des métaux tels que le platine, le cuivre, l’or, le fer et l’uranium (Moissan). » La construction de cet appareil si simple a donc ouvert une nouvelle voie à l’électrométallurgie, à laquelle il permettra sans doute encore de réaliser de précieuses découvertes.
- Au point de vue industriel proprement dit, les Expositions récentes de Chicago et de Lyon nous offrent deux manifestations imposantes de l’état
- (1) Le Diamant, conférence faite par M. Moissan à la Société des Amis des sciences.
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- actuel de l’industrie électrique. La première présente même cet intérêt particulier qu’elle nous renseigne exactement sur le développement extraordinaire acquis par cette industrie aux États-Unis depuis une dizaine d’années, développement que les relations ordinaires entre la France et l’Amérique n’auraient pas suffi à nous faire apprécier.
- Ainsi, d’après la Revue technique de cette Exposition, le nombre de lampes à incandescence vendues aux États-Unis par la seule Compagnie Edison, qui n’était que de 195 945 pour l’année 1882, s’est élevé pour 1890 au delà de 2 474080. La Compagnie Thomson-Houston a vendu 59 300 lampes en 1888 et 400500 en 1889. Si l’on fait le même calcul pour toutes les Compagnies d’électricité, on trouve un total de 4111635 lampes pour l’année 1890, et un chiffre supérieur à 12500000 pour l’année 1893.
- L’accroissement a été aussi considérable pour les lampes à arc. Au 1er janvier 1890, la Compagnie Edison avait installé 676 stations centrales, alimentant 79 387 régulateurs, et, moins de deux ans après, 873 stations avec 100293 lampes. Le nombre des stations installées par la Société Thomson-Houston était de 22 au 1er janvier 1890 et de 106 trois ans plus tard; le nombre des lampes en service était de 1653 dans le premier cas et de 13 227 dans le second. Actuellement le nombre total de régulateurs employés aux États-Unis dépasse 500000. On voit quel développement considérable a pris l’éclairage électrique, surtout dans ces dernières années.
- La traction électrique est aussi très employée en Amérique, où elle est beaucoup plus pépandue qu’on Europe. La plus importante des Sociétés s’occupant de cet objet, la Compagnie Thomson-Houston, qui avait, au 15 septembre 1889, installé seulement 37 lignes, représentant 336 kilomètres, et équipé 307 voitures, avait organisé, à la fin de 1893, plus de 400 lignes, représentant 9441 kilomètres et employant près de 9000 voitures.
- Le système Thomson-Houston, très en faveur en Amérique, commence à se répandre aussi en Europe. Ainsi, depuis sa formation, qui remonte au 1er mai 1893, la Compagnie française créée pour l’exploitation de ce procédé a déjà installé une extension de la ligne de Florence à Fiesole, une ligne de la place du Dôme à la porte Sempione à Milan, et plus récemment la ligne de Bordeaux-Bouscat au Yigean. Elle procède à l’installation du réseau complet de la ville du Havre (1), de la ligne de la place de la Charité à
- (1) Ce réseau vient d’être inauguré officiellement, le 25 septembre 1894.
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- Oullins et à Saint-Genis-Laval, à Lyon, de trois lignes à Belgrade, etc.
- La traction électrique semble donc destinée à se développer rapidement sur les deux continents. Elle est en effet très supérieure à la traction animale au point de vue de la rapidité et de la propreté ; elle a sur la vapeur l’avantage de ne dégager ni fumée, ni odeurs désagréables, de ne point semer d’escarbilles dangereuses et d’abaisser les frais d’exploitation et d’entretien ; elle l’emporte sur l’air comprimé au point de vue de l’entretien et du rendement. Ces avantages ont été si bien appréciés aux États-Unis que, au 1er janvier 1893, la traction électrique y représentait les 54,5 p. 100 du total des divers systèmes de traction et au 1er janvier 1894 les 62 p. 100.
- Parmi les divers modes de traction électrique, l’emploi d’un conducteur souterrain ou aerien est préférable pour gravir les fortes rampes ; mais le second procédé est plus économique, au double point de vue du premier établissement et de l’entretien. Le fil aérien l’emporte de même sur les accumulateurs. Parmi les lignes à accumulateurs récemment créées, nous citerons cependant les tramways de Paris et du département delà Seine, qui ont trouvé dans l’emploi de ce système une diminution des frais d’exploitation.
- C’est aussi à la traction électrique qu’on a eu recours pour transporter rapidement les visiteurs dans l’immense enceinte de l’Exposition colombienne. La Western Dummy Railway C° obtint la concession d’un chemin de fer électrique aérien, qui reçut le nom de Colombian lntramural Railway, et qui avait une longueur totale d’environ 5 kilomètres.
- Les deux voies, portées parla même charpente, étaient réunies aux extrémités par des courbes de 30,4 m. de rayon, de sorte que les trains passaient sans interruption d’une voie à l’autre sans aucune perte de temps et pouvaient se succéder à quelques minutes d’intervalle.
- A 457 millimètres en dehors de chacun des rails des deux voies, on avait placé un autre rail identique, isolé des traverses par des cales en bois de 228 millimètres de hauteur, distantes d’environ 2 mètres. Ces rails transmettaient le courant à des contacts mobiles ou sabots frotteurs, disposés sous la première voiture de chaque train, et de là aux moteurs électriques qui actionnaient les essieux. Le retour se faisait par les roues des voitures, les rails sur lesquels elles reposaient, et les poutres de fer qui supportaient les traverses de la voie.
- Les portions de la ligne les plus éloignées de l’usine d’électricité possédaient une troisième paire de rails servant de feeders. Ces rails, placés aussi sur des
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- cales de bois, se trouvaient à l’extérieur des premiers rails isolés, avec lesquels ils communiquaient par de gros fils de cuivre.
- Chaque train comprenait trois voitures ordinaires et une voiture automobile. Ces voitures étaient montées sur des trucks, analogues à ceux qu’on emploie ordinairement sur les chemins de fer aériens de Chicago et de New-York ; elles se distinguaient seulement par l’interposition, entre le truck et la caisse de la voiture, d’un système de rouleaux préconisés par la Jewet Supply C° et qui, dit-on, facilitaient beaucoup la circulation des trains dans les courbes d’un très petit rayon.
- Les voitures automobiles avaient quatre moteurs, un par essieu. Ces moteurs, du type Thomson-Houston, étaient construits par la General Electric C°; ils n’avaient que deux balais en charbon et commandaient les essieux par l’intermédiaire d’un seul train d’engrenages. Chaque moteur pesait 1814 kilogrammes et développait une puissance de 133 chevaux; les voitures pouvaient acquérir une vitesse maxima de 56 kilomètres.
- Chaque voiture automobile possédait quatre sabots frotteurs en fer, deux de chaque côté, soutenus par des madriers en chêne.
- Un commutateur, analogue à ceux des tramways, était placé tout à fait à l’avant de la voiture automobile et commandait la mise en marche et l’arrêt des moteurs, ainsi que les changements de vitesse. Les moteurs étaient d’abord, au départ, placés tous quatre en série, puis disposés par deux en série et par deux en batterie ; enfin, pour obtenir la vitesse maxima, on les réunissait tous quatre en batterie. Des résistances, placées sous le plancher de la voiture, préservaient des changements brusques de vitesse. La manœuvre du commutateur, formée de pièces très lourdes, était commandée mécaniquement au moyen de l’air comprimé.
- L’usine centrale, installée par la General Electric <7°, était située près des réservoirs d’huile minérale de l’Exposition, dont nous parlerons plus loin, position avantageuse au point de vue de l’alimentation des chaudières. Elle renfermait cinq machines à vapeur, de différents systèmes, actionnant cinq dynamos, dont trois de 500kilowatts, une de 200 et une de 1500. Cette dernière dynamo, construite par la General Electric C°, était du type T-H à 12 pôles. L’induit avait un diamètre de 3,40 m. Le noyau de fonte était renforcé par un cercle d’acier de 177 millimètres de largeur sur une épaisseur de 80 millimètres. Les bras étaient au nombre de six. La jante portait vingt-neuf barres prismatiques, parallèles à l’arbre, et comprenant des vides dans lesquels on avait inséré les appendices en forme de queue d’aronde, placés à la partie infé-
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- rieure des feuilles de tôle dont se compose le noyau. Ces feuilles étaient en forme de secteurs ; il en fallait neuf pour un tour entier, la dernière recouvrant en partie la première. La machine à vapeur qui commandait cette dynamo avait été montée à l’usine même, où ses différentes parties avaient été apportées séparément. Quelques-unes de ces parties étaient si lourdes qu’il fallut employer pour leur transport un wagon spécial, construit dans ce but par la Chicago and North Western liailway C°.
- Le second système de locomotion électrique employé dans l’intérieur de la World's Faïr est plus intéressant ; il a été désigné sous le nom de « trottoirs mobiles » ou Movable Sidewalk; il a été inventé par MM. J.-L. Silsbee et Max E. Schmidt et établi par la Multiple Speed and Traction C° sur la plus longue des deux jetées qui s’avançaient dans le lac Michigan et qui servaient de débarcadère aux bateaux à vapeur.
- Le système se compose de trois plates-formes : la première est fixe ; la seconde possède une vitesse de 3 milles (4827,9m.)et la dernière une vitesse de 6 milles (9655,8 m.). La seconde plate-forme, qui est très étroite, sert seulement à faciliter le passage delà première à la troisième, où sont placés les sièges, ou le passage inverse, lorsqu’on désire s’arrêter. L’expérience a montré qu’il est très facile de s’habituer à passer d’une plate-forme à l’autre par enjambement, et, en trois mois, cet appareil a transporté plus de 200 000 voyageurs sans qu’on ait eu à déplorer aucun accident.
- Pour que le rapport entre les vitesses des deux plates-formes reste bien constant, elles sont portées par une même série ininterrompue de trucks, circulant sans interruption et en sens inverse sur deux voies parallèles, réunies par une boucle à chacune de leurs extrémités. L’une repose sur les essieux ; l’autre s’appuie sur la partie supérieure des roues, par l’intermédiaire d’une bande d’acier sans fin, appelée rail mobile, qui prend, par son frottement sur le bandage des roues, une vitesse sensiblement double de celle des essieux.
- Les trucks avaient une longueur de 12 pieds 1/2 (3,812 m.); l’intervalle des essieux était de 5 pieds 9 pouces (1,75 m.). Les essieux étaient très légers, n’ayant qu’une faible chargea porter; les roues, au nombre de quatre, étaient en fonte et très robustes.
- L’appareil comprenait 360 trucks, dont 10 munis de moteurs électriques. Ces derniers étaient complètement construits en fer et portaient deux moteurs, un par essieu. Ces moteurs, construits par la General Electric C% étaient à 4 pôles et donnaient une puissance de 15 chevaux chacun; ils actionnaient les
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- essieux par l’intermédiaire d’un double train d’engrenages. Le courant, fourni par des génératrices installées dans le Palais des Machines, était transmis par un trolley de forme ordinaire, disposé à l’extrémité d’une tige qui était fixée elle-même à la partie inférieure de la plate-forme intermédiaire. Ce trolley glissait sur un conducteur placé au niveau de la voie et supporté par des isolateurs à huile. Le retour se faisait par les rails mobiles.
- Un interrupteur automatique, commandé par des boutons placés de 30 en 30 pieds, permettait au besoin d’arrêter la marche de l’appareil.
- Ce système original permet de transporter par unité de temps un nombre considérable de voyageurs. Ainsi, à Chicago, la plate-forme mobile portait des bancs distants de 3 pieds (915 millim.) et pouvant recevoir chacun trois personnes. Dans ces conditions, il passe par heure en un point donné 31680 voyageurs. Le matériel roulant est très léger, et, comme les charges se trouvent très bien réparties, les travaux d’art sont moins coûteux que dans les autres systèmes. En outre, l’imiformité et la continuité du mouvement, l’absence de chocs et la régularité de l’effort à demander aux machines motrices diminuent beaucoup les dépenses.
- Cette revue sommaire de l’état actuel des procédés de traction électrique nous amène tout naturellement à parler des locomotives électriques. Jusqu’à ces derniers temps, l’électricité n’avait été employée que sur les lignes de tramways ou sur de petits chemins de fer analogues ; mais elle paraît aujourd’hui sur le point d’être appliquée aux grandes lignes de chemins de fer. Plusieurs modèles destinés à cet usage ont été imaginés récemment : nous citerons en particulier la locomotive de M. J.-J. Heilmann, qui a été expérimentée sur la ligne de l’Ouest, le 2 février 1894, entre le Havre et Beuzeville, et depuis cette époque entre Paris et Mantes.
- Il faut observer que l’existence des voies ferrées actuelles est un obstacle au développement de la locomotive électrique et ne permet pas d’utiliser complètement tous les services qu’on serait en droit d’attendre de cette nouvelle machine. D’ailleurs, nous ne saurions mieux indiquer les termes du problème qu’il s’agissait de traiter qu’en citant les conclusions d’une savante étude de M. de Lapparent, ingénieur en chef des mines.
- « Si la question était absolument entière, écrit-il, c’est-à-dire si, en matière de transports, tout pouvait être créé à nouveau, il y aurait lieu d’organiser les choses de manière à ne rien sacrifier des espérances d’avenir qu’autorise la nature de l’électricité, et dont la principale est la possibilité d’atteindre des
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- vitesses extraordinaires. C’est ainsi qu’un ingénieur autrichien a pu proposer la construction, entre Vienne et Pesth, d’une ligne électrique où l’on ferait deux cent cinquante kilomètres par heure, soit le double du maximum qu’on peut atteindre aujourd’hui avec la vapeur. En pareil cas, la première condition est d’avoir un tracé qui, par ses pentes et ses courbes, se prête à de pareilles vitesses. Si l’on suppose ce tracé existant, alors il sera convenable de délibérer sur le meilleur mode de propulsion. Peut-être démontrera-t-on, à ce propos, que le mieux sera de prendre le courant, tout le long de la ligne, sur un conducteur mis en relation avec des usines fixes. »
- En réalité, il n’en est pas ainsi, et l’on comprend facilement que la traction électrique ne puisse se faire accepter qu’à la condition de s’adapter au matériel déjà existant et de se prêter à l’exigence de tracés qu’il n’est guère facile de modifier.
- « Tous nos chemins de fer sont construits. La plupart en sont arrivés à exploiter en perte, tant on a multiplié, pour la réalisation d’un plan fameux, les lignes improductives. Imaginer que, en pareille occurrence, on trouverait des milliards pour changer les tracés, serait la plus déplorable chimère. »
- Dans ces conditions, il y a certaines qualités, telles qu’une vitesse considérable, qu’on ne peut demander à la locomotive électrique ; cette machine l’emporte cependant encore sur la locomotive à vapeur à un grand nombre de points de vue. La stabilité, l’adhérence, la puissance et la souplesse sont beaucoup plus considérables. En outre, elle permet de proportionner à tout moment, de façon économique, la puissance déployée à l’effort nécessaire.
- « Quelque grands progrès que la locomotive à vapeur ait réalisés, il y demeure un vice inhérent à sa nature même, et impossible à corriger aussi longtemps qu’il faudra maintenir une liaison rigide entre le moteur et les essieux. Toutes choses demeurant égales, puisqu’à chaque coup de piston correspond un tour de roue, l’effort de la locomotive est proportionnel au nombre de coups de piston, c’est-à-dire de tours de roue, qu’elle peut fournir en un temps donné. S’agit-il de gravir une rampe, auquel cas le frottement du train se complique d’une partie de son poids qui le sollicite en arrière, c’est juste à ce moment qu’il faudrait déployer le maximum de puissance; mais justement aussi le train marche moins vite que jamais! Il n’v a donc plus qu’une ressource, c’est d’augmenter l’intensité de l’action exercée, ce qui oblige à changer le mode d’admission de la vapeur.
- «En effet, sur les locomotives actuelles, la pression de la vapeur est généralement comprise entre 10 et 15 atmosphères,et c’est la détente, c’est-
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- à-dire l’expansion naturelle de cette vapeur jusqu’à la tension normale de l’atmosphère où elle vient déboucher, qui engendre l’action motrice. Comme la tension de la vapeur d’eau croît incomparablement plus vite que la quantité de chaleur nécessaire pour opérer la vaporisation sous pression, on a ainsi trouvé grand avantage à procurer, moyennant un supplément de combustible, un notable excès de force. Seulement, pour que la vapeur puisse se détendre, il faut qu’une fois admise dans le cylindre elle soit rapidement privée de toute communication avec la chaudière. Ainsi, à une période très courte d'admission succède une phase plus longue de détente. Le rapport de durée de ces deux phases est absolument réglé pour chaque machine, et, si on le modifie dans un sens ou dans l’autre, c’est au détriment de l’utilisation économique de la vapeur, qui n’est satisfaisante que pour une seule vapeur du rapport.
- « C’est pourtant cette modification dans les circonstances de l’admission qui forme la seule ressource dont un mécanicien puisse user pour graduer la force de sa locomotive. Faut-il un plus grand effort, on allonge l’admission ; en faut-il un moindre, on la diminue. L’effet, sans doute, est obtenu; mais chaque fois c’est au prix d’une dépense supplémentaire de combustible.
- « Il en est tout autrement avec l’engin de M. Heilmann. Cet engin possède un avantage spécial, dû tout entier à l’introduction, dans le circuit, de la machine dite excitatrice (et qui, d’ailleurs, doit avoir aussi pour fonction de pourvoir à l’éclairage du train). Grâce à cette excitation séparée, il se trouve que rien n’est plus facile que de modifier comme on veut la vitesse de la dynamo génératrice, en augmentant le nombre de tours qu’exécute le moteur à vapeur, libre, comme on sait, de toute relation avec les essieux. Sur les rampes, on porte ce nombre de tours au maximum. Au contraire, pendant les fortes descentes, on peut arrêter complètement la machine, et alors, non seulement on ne dépense rien, mais on évite les mouvements désordonnés auxquels n’échappe pas une locomotive quia fermé son robinet d’admission; car le va-et-vient des pistons n’en continue pas moins de se faire et même de s’accélérer durant la descente. Grâce à cette facilité d’agir sur la vitesse du moteur, le mécanicien qui conduit l’engin électrique peut toujours, quelle que soit sa marche, maintenir une admission constante, et, de cette façon, il est permis de dire qu’en toute circonstance la locomotive Heilmann travaille dans les meilleures conditions d’économie. » (De Lapparent.)
- La locomotive Heilmann porte tous les organes nécessaires à la production et à l’utilisation du courant : chaudière, machine à vapeur, dynamo généra-
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- trice et moteur. La chaudière est placée seule à l’arrière; la machine à vapeur et la dynamo, qu’elle commande directement, sont installées à l’avant. Le pilote, par cette disposition, se trouve séparé de la chaufferie et n’a qu’à s’occuper de la conduite de sa machine et de l’observation des signaux et de la voie. Le châssis de la machine est porté par deux boggies à quatre essieux; chaque essieu est pourvu d’un moteur.
- La Compagnie du Nord a mis à l’étude une locomotive à accumulateurs, spécialement destinée à la traction en souterrain. La maison Siemens, de Londres, et la Compagnie Thomson-Houston ont également construit, dans ces derniers temps, des modèles de locomotives électriques.
- Depuis quelques années, les stations centrales d’énergie électrique se sont multipliées de plus en plus. Ainsi, enFrance, on comptait, au 1er janvier 1893, 272 stations, et, au 1er janvier 1894, le nombre de ces établissements s’élevait à 421, en comptant ceux qui étaient alors en cours d’exécution.
- Le service électrique de l’Exposition de Chicago peut être considéré comme l’une des stations les plus considérables qui aient encore existé : on peut d’ailleurs se faire une idée de son importance en remarquant qu’il disposait d’une puissance de 25000 chevaux-vapeur, tandis que le Syndicat d’électriciens chargé, en 1889, d’assurer l’éclairage du Champ de Mars et de l’Esplanade des Invalides employait environ 4 000 chevaux.
- Les diverses usines partielles dont se composait ce service renfermaient des dynamos et des alternateurs dont la puissance totale s’élevait à 15 000 kilowatts. Elles étaient, pour la plupart, réunies dans la travée sud du Palais des Machines (Machinery Hall) et faisaient partie de l’installation désignée communément par les Américains sous le nom de Power-Plant, ou usine d’énergie.
- T outes ces usines étaient indépendantes au point de vue électrique, mais non au point de vue mécanique : les chaudières, les machines à vapeur, les compresseurs d’air employés pour les distributions de force motrice, les pompes même, ne formaient qu’une seule et même usine.
- Toutes les chaudières, au nombre de 47, étaient multitubulaires, et l’ensemble pouvait fournir une puissance de 30 000 chevaux-vapeur. Bien que ce soit là une puissance considérable, il est bon de remarquer qu’il existe actuellement aux Etats-Unis plusieurs stations centrales qui ne sont pas inférieures, à ce point de vue, à l’installation de la World,'s F air.
- Pour l’entretien de ces chaudières, on avait préféré au charbon le pétrole,
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- très employé dans certaines parties des États-Uuis. Ce combustible a l’avantage de ne produire ni cendres ni fumée, et n’offre aucun danger dans une installation bien faite. Il ne soumet le chauffeur à aucun travail pénible et permet de tenir la salle de chauffe absolument propre. Enfin, il a procuré dans le cas actuel, d’après les rapports des ingénieurs, une économie d’environ 27 p. 100. Peut-être aussi le désir d’étonner les visiteurs européens ne fut-il pas complètement étranger à ce choix, car ceux-ci ne pouvaient considérer sans une certaine surprise Funiforme blanc des chauffeurs, ainsi que les écriteaux appendus aux murs de la salle de chauffe et portant cette inscription : « Il est défendu de cracher sur le parquet.».
- Le pétrole était renfermé dans douze réservoirs en tôle, ayant une capacité totale de plus de 500 000 litres; l’installation comprenait en outre des pompes spéciales et tout un système de canalisations. Un dispositif électrique, nouveau et original, avait été appliqué à la manœuvre des valves et des robinets, ainsi qu’au réglage de la marche des chaudières. L’arrivée de l’huile aux brûleurs était réglée automatiquement, suivant les variations de pression de la vapeur dans l’intérieur de chaque chaudière. Les valves et les robinets des conduits de pétrole, d’eau et de vapeur étaient en quelque sorte enclenchés électriquement, de façon à éviter toute fausse manœuvre provenant soit de la négligence des employés, soit même de la malveillance. On désignait sous le nom de Power-Plant, ainsi que nous Favons dit plus haut, l’ensemble des installations d’éclairage et de transmission de force réunies dans le Palais des Machines. Il y avait cependant dans ce dernier bâtiment une dizaine de petites stations centrales absolument distinctes et indépendantes au point de vue électrique, possédant chacune un tableau de distribution spécial et pouvant desservir isolément les parties de l’Exposition du service desquelles elle était chargée. Les groupes de dynamos et de machines à vapeur ainsi constitués étaient ordinairement désignés sous le nom de blocks, nom qu’on donne communément, dans les villes, aux pâtés de maisons compris entre quatre rues.
- Le block n° 1, en partant du côté Est du Palais des Machines, renfermait quatre dynamos Edison, d’une puissance de 200 chevaux-vapeur, et deux machines multipolaires du même inventeur, accouplées directement avec un grand moteur à vapeur de 1000 chevaux, à triple expansion, construit par la General Electric Company. Ces dernières machines possèdent un induit du type Gramme, formé de barres de cuivre en U ; le noyau est constitué par des tôles en fer doux. L’extrémité supérieure de chaque barre communique avec
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- l’extrémité inférieure de la suivante par des barres de cuivre faisant l’office de segments de commutateur. Les balais sont en nombre égal à celui des pôles et peuvent être réglés simultanément.
- Dans le block n° 2 se trouvaient quatre dynamos du système Eddy, d’une puissance de 250 chevaux chacune, et une dynamo multipolaire Westinghouse: cette dernière était directement accouplée avec un moteur horizontal compound à cylindres juxtaposés, à condensation, d’une puissance de 500 chevaux, construite par les grandes usines E. P. Allis, de Milwaukee (Wisconsin).
- Le block n° 3 comprenait quatre dynamos Mather et quatre moteurs de 100 chevaux de la C. and C. Company, commandés par des machines Idéal, construites par la Compagnie Ide and Sons de Springfield (Illinois). Les dynamos Mather sont très estimées aux Etats-Unis ; elles sont d’une construction très simple. L’induit est une modification du type Siemens; il est parfaitement équilibré et tourne presque sans bruit. Les inducteurs ont une forme circulaire et leurs pièces polaires viennent de fonte avec eux; l’ensemble offre l’aspect d’un anneau brisé, forme qui permet d’enrouler le maximum de spires inductrices sur un inducteur de longueur minimum. L’inducteur est complètement enveloppé par l’enroulement, et l’entrefer est aussi réduit que possible.
- Les moteurs de la C. and C. Company sont aussi très répandus, et présentent une construction originale. Les inducteurs, à pôles conséquents, sont de forme circulaire et rappellent l’aspect de deux lettres C, dont l’une serait placée dans la position ordinaire et l’autre renversée (3). De là le nom de cette Compagnie. Les pièces polaires placées au-dessous de l’induit sont venues de fonte avec le bâti et sont reliées aux inducteurs par des vis. Un anneau graisseur assure la lubrification.
- Toutes les dynamos des trois groupes précédents étaient destinées à transmettre l’énergie aux moteurs disséminés dans l’Exposition.
- Seize dynamos à arc, du système Brush, d’une capacité de 60 lampes chacune, formaient le block n° 4.
- Le block n° 5, situé exactement au milieu du Palais des Machines, occupait une grande surface, et les grandes dimensions des machines qu’il renfermait avaient obligé à surélever le plancher de 40 centimètres environ. Il contenait en effet une grande machine à vapeur Allis, de 2 000 chevaux, à quadruple expansion, du type horizontal, une machine Fraser et Chalmers,de 1000 chevaux, munie d’un volant de 9 mètres de diamètre, une machine Mac-Ewen, de 220 chevaux, et deux machines Westinghouse, Church et Kerr, de 330 che-
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- vaux. Toutes ces machines commandaient par courroies des dynamos ou des alternateurs' Westinghouse, sauf la machine Mac-Ewen, qui commandait deux dynamos à courant continu de la C. and C. C°, de 80 kilowatts chacune.
- Ces alternateurs, dont nous donnerons la description complète dans le cours de cet ouvrage, méritent d’être signalés dès à présent; leurs arbres portent deux induits, calés l’un à côté de l’autre, de manière adonner des courants différant d’un quart de période; chacun de ces induits est entouré d’une couronne d’inducteurs fixes. On obtient donc dans ces appareils des courants diphasés.
- Le blockn0 6 contenait quatre grands alternateurs Westinghouse, accouplés directement avec des machines verticales Westinghouse, Church et Kerr, de 1000 chevaux.
- Trois autres grands alternateurs du même système, commandés par des moteurs de 1000 chevaux, formaient le septième block; deux autres constituaient encore le block n° 8, qui reçut vers la fin de l’Exposition une machine Idéal actionnant par courroies quatre petites dynamos.
- Dans le block n° 9 se trouvaient quatorze dynamos pour lampes à arc, exposées par la Fort-Wayne Electric C°, de Fort-Wayne (Indiana), actionnées au moyen de courroies par cinq machines à vapeur horizontales, de la Buckeye Company. L’une de ces machines, d’une puissance de 300 chevaux, commandait à l’aide de poulies de renvoi six dynamos.
- Le block n° 10 renfermait vingt dynamos delà Standard Electric C°, actionnées par 3 machines à vapeur, au moyen de transmissions intermédiaires.
- Le block n° 11, placé tout à fait à l’extrémité ouest de la salle des Machines, était entièrement consacré au service de la transmission de force par l’air comprimé. Il renfermait six compresseurs d’air.
- Enfin le block n° 12, placé dans l’annexe du Palais des Machines, se composait de seize dynamos Thomson-Houston, commandées par trois moteurs Lane et Bodley, dont deux de 300 chevaux et du type compound, et deux de 200 chevaux, à un seulcylindre.
- On voit, par ce rapide résumé de l’installation électrique de la World's Pair, que les sources d’électricité qui y figuraient, si l’on excepte les machines à courants diphasés, se distinguaient plus par leurs grandes dimensions que par la nouveauté de leurs dispositions. C’est qu’en effet aucun progrès remarquable n’a été accompli depuis quelques années dans la construction de ces appareils.
- La question des accumulateurs n’a pas non plus fait de progrès sensible. Les modèles nouveaux diffèrent des anciens par quelques modifications de
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- détails, mais non par des perfectionnements importants. Il faut remarquer d’ailleurs que ces appareils ne sont pas également appréciés par tout. Tandis qu’en Europe on les emploie très souvent dans les installations d’éclairage électrique, il n’y a encore aux États-Unis qu’un très petit nombre de stations centrales qui en fassent usage. L’usine de Germantown (Pensylvanie) et celle de la 43e rue, à New-York, sont à peu près les seules qui possèdent des batteries complètes d’accumulateurs.
- Cependant une réaction commence à se produire actuellement et l’emploi de ces appareils paraît appelé à se généraliser rapidement. Ainsi l’importante usine de Y Edison Electric C°, de Boston, étudie en ce moment une installation d’éclairage électrique à l’aide d’accumulateurs Tudor, ayant une capa cité de 2000 ampères-heure.
- Plusieurs stations actuellement en cours de construction à New-York emploieront aussi des accumulateurs.
- Les Compagnies américaines qui vendent des accumulateurs se chargent en général de leur entretien pendant dix ans, à raison de 5 p. 100 du prix d’achat. Pour ceux de la43e rue, la dépense s’élève seulement à 3,5 p. 100.
- Une partie de l’Exposition coloniale de Chicago était éclairée par de s lampes à incandescence; ce service était assuré par la Compagnie Westinghouse au moyen de douze alternateurs à courants diphasés, de 750 kilowatts chacun, dont nous avons parlé plus haut, et de deux autres plus petits, à courants alternatifs simples, de 240 kilowatts chacun. Ces quatorze dynamos étaient excitées par trois machines à courant continu de 75 kilowatts chacune. Le tableau de distribution, chargé de répartir cette puissance dans toute l’Exposition, au moyen de 40 circuits différents, en constituait certainement une des curiosités les plus intéressantes. Les dynamos elles-mêmes formaient 26 circuits distincts, pouvant être branchés sur chacun des 40 circuits desservant l’Exposition, sans troubler en rien le service. Ce tableau, tout en marbre, était divisé en deux étages : l’étage supérieur, comprenant les points de départ des circuits de distribution, avait 2,85m. de hauteur sur 22,6 m. de longueur: l’étage inférieur, réservé aux dynamos, avait 3,6m. de hauteur sur 12 mètres de longueur.
- * Le tableau des dynamos était partagé verticalement en deux parties : celle de gauche recevait les fils des trois dynamos compound, de 75 kilowatts chacune, servant à l’excitation; à droite se trouvaient 13 panneaux verticaux, dont 12 pour les circuits doubles des alternateurs diphasés et le dernier pour
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- les deux alternateurs simples. Chaque panneau comportait, pour chacun des circuits, un rhéostat d’excitation, un interrupteur de sûreté, un coupe-circuit, un interrupteur de manoeuvre, un ampèremètre, un voltmètre. Ce dispositif permettait de régler individuellement chacun des 26 circuits.
- Pour relier les dynamos aux circuits de distribution, on faisait usage d’un système analogue à celui qu’on emploie en téléphonie pour relier deux abonnés ; mais, pour éviter toute erreur, les clefs correspondant aux deux extrémités d’un circuit étaient de forme et de grandeur différentes. Le tableau des feeders était divisé en deux parties égales, comprenant chacune 20 panneaux; chaque feeder pouvait être relié directement avec 6 des 26 circuits de dynamos et indirectement avec les 20 autres.
- Les lampes à incandescence alimentées par les machines de la Westinghouse Company étaient réparties dans le Palais des Beaux-Arts, le seul des bâtiments de l’Exposition colombienne qui dût être conservé. Ce bâtiment, construit en fer et en briques, n’a pas une seule fenêtre; toutes les salles sont éclairées par des plafonds vitrés. Le soir, l’éclairage n’exigeait pas moins de 1600 lampes de 16 bougies, alimentées par environ 80 transformateurs, qui recevaient le courant primaire, à 2000 volts, des machines Westinghouse. Ces transformateurs étaient logés dans des sortes de caveaux aménagés dans les fondations et dans les piliers qui supportaient le dôme.
- Le dôme était divisé en 86 panneaux, disposés suivant quatre rangées horizontales et contenant chacun une grande rosace, au centre de laquelle se trouvait une lampe. Des rangées de lampes accusaient également tous les détails d’architecture qui formaient la décoration intérieure du dôme.
- Les quatre galeries principales, destinées aux expositions de sculpture, étaient éclairées par des lustres. Dans les salles de peinture, au nombre de 78, les lampes étaient pourvues de réflecteurs qui renvoyaient la lumière sans gêner les yeux dés visiteurs.
- Les lampes employées, du système Sawyer et Man, perfectionné par la Compagnie Westinghouse, sont formées de deux parties réunies hermétiquement par un ciment spécial, l’ampoule et un bouchon de verre portant le filament; ces deux parties peuvent être séparées facilement, lorsque ce dernier est usé, et 1 ampoule peut être employée de nouveau.
- Signalons encore l’exposition du ministère de la marine des États-Unis, qu’on avait eu l’idée originale d installer dans une construction en briques et en bois, reproduisant dans ses moindres détails l’aménagement intérieur
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- d’un navire de guerre, du type Oregon. Ce bateau artificiel, qu’on avait baptisé du nom à'Illinois, possédait une petite usine électrique spéciale, formée de deux dynamos génératrices de 16 kilowatts, du type multipolaire, construites par la General Electric C°.
- Cette installation comprenait environ 350 lampes à incandescence, deux projecteurs et un appareil pour signaux, du système Ardois, formé de cinq fanaux, qu’on peut allumer on éteindre à l’aide d’un petit tableau de distribution placé dans la chambre du second capitaine. Cet appareil permet de transmettre tous les messages avec des lampes de deux couleurs, blanches et rouges.
- Les fontaines lumineuses, qui obtinrent une si grande faveur aux Expositions de Glasgow et de Paris, ont encore trouvé à Chicago un regain de succès. Deux fontaines lumineuses étaient installées à Jackson-Park, de chaque côté de la belle fontaine allégorique du sculpteur Mac-Monnie, sur le bord du grand bassin central, en face du Palais de l’Administration.
- En principe, la disposition était la même qu’en 1889, mais on pouvait constater cependant d’intéressantes particularités et de notables perfectionnements.
- Le sol étant très instable dans cette partie de Jackson-Park, les caves destinées à recevoir les projecteurs furent établies très solidement; leurs parois étaient constituées par une triple rangée de forts madriers de 7 mètres de longueur sur 30 centimètres de largeur et 8 d’épaisseur.
- Le courant électrique était fourni par quatre dynamos Edison à deux pôles, d’une puissance de 175 kilowatts, donnant un potentiel de 240 volts. La canalisation était à trois fils. Ces dynamos servaient aussi à charger des accumulateurs pour le service des chaloupes électriques.
- Chaque fontaine n’exigeait pas moins de 19 projecteurs à arc de 80 à 90 ampères. Ces appareils étaient du type Thomson-Houston, adopté par la marine des Etats-Unis, mais modifié pour cette application spéciale. Les lampes donnaient une quantité de lumière évaluée à 2 500 bougies. L’axe de leur réflecteur était vertical ou s’écartait très peu de cette direction : la lumière était ainsi renvoyée dans des boîtes en forme de troncs de cône, à la partie supérieure desquelles débouchaient les tuyaux d’eau sous pression. Le diamètre, la forme et la position des orifices avaient été calculés de manière à obtenir une foule d’aspects différents.
- Les changements de coloration étaient produits par des écrans de verre, divisés en secteurs de couleurs différentes et tournant autour d’un axe vertical. Trois volants à main commandaient toute la manœuvre.
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- Un chef opérateur, placé au sommet de la tour Nord du Machinery Hall, observait l’effet général et transmettait les ordres à l’employé placé dans les caves, au moyen d’une sorte de télégraphe très simple.
- Les brillantes décorations qu’on peut obtenir avec les fontaines lumineuses sont aussi fort goûtées en Europe. M. Trouvé propose déjà, pour l’Exposition de 1900, d’élever une fontaine gigantesque, de 250 à 300 mètres de hauteur, qui serait l’un des clous de cette Exposition, ou tout au moins, si ce projet rencontrait trop d’obstacles, d’établir une immense cascade lumineuse, dont la tour Eiffel fournirait l’assise. En attendant la réalisation de ces vastes projets, M. Trouvé a inauguré récemment, à Monte-Carlo, à l’occasion de la Damnation de Faust, le 18 février 1893, une cascade lumineuse ayant 8 mètres de hauteur et 8 de largeur. Un tuyau horizontal en fer, perforé de nombreux trous, laisse échapper la nappe d’eau verticale qui forme la cascade, et qui est reçue dans une cuve située sous le plancher. Le tuyau, qui traverse la scène, est masqué par un portant en T de 10 mètres de longueur, qui est garni, du côté delà cascade, par 24 lampes à incandescence de 50 bougies, munies de réflecteurs paraboliques. Entre les lampes et la cascade sont intercalés des écrans en verres de couleur, qui se manœuvrent tous simultanément, soit automatiquement, soit à la main. C'est pendant la scène de la Course à l’abîme qu’on admire cette magnifique cascade, tandis que Faust etMéphistophélès, représentés par MM. Jean de Reszké etMelchissédec, galopent sur Yortex et Giaour :
- ... ces deux noirs chevaux prompts comme la pensée,
- représentés pour la circonstance par deux mannequins articulés. Au fond de la scène se déroule une longue toile représentant successivement les paysages qui correspondent aux diverses phases de la course. Au moment où Faust s’écrie : « 11 pleut du sang ! », la cascade, qui était d’abord d’un beau vert d’eau, prend une coloration rouge sang, grâce à la manœuvre des verres de couleur.
- «
- Outre les fontaines lumineuses, la World s F air offrait encore de curieux exemples de décorations produites par l’éclairage électrique, en particulier les enseignes lumineuses de la Western Electric C°. L’une de ces enseignes avait 6,40m. de longueur sur 2 mètres de hauteur; les lettres qui la composaient apparaissaient successivement en rouge, vert et bleu. A l’intérieur, un cadre mobile, actionné par un moteur de 1/4 de cheval, portait quatre lampes à arc,
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- et produisait, par son continuel déplacement, uu remarquable effet de scintillement. D’un côté se trouvaient les portraits de Faraday, d’Ohm et d’Ampère, de l’autre ceux de Franklin, Yolta et Henry.
- A l’extrémité ouest de l’exposition de cette Compagnie, on voyait une autre enseigne, formée de prismes de verre de couleur rubis et éclairée par des lampes à arc. Une troisième semblait présenter au visiteur un anneau de lumière, qui paraissait s’élever le long d’une colonne et, en arrivant au sommet, se résoudre en quatre éclairs aboutissant aux quatre coins de l’emplacement de la Western Electric C°. Pour mieux obtenir l’illusion d’un éclair, on avait eu recours à un dispositif ingénieux, consistant à grouper les lampes à incandescence dans les bras qui s’écartaient delà colonne, de telle sorte qu’elles s’allumaient d’abord par groupes de six, puis par groupes de quatre et enfin par groupes de deux.
- Les quatre coins de cette exposition étaient occupés par des globes portant à leur surface de nombreuses lampes à incandescence de dix bougies, disposées suivant de très grands cercles et alternativement blanches, rouges et bleues. Le visiteur avait l’illusion de sphères lumineuses changeant constamment de couleur.
- Signalons encore la tour lumineuse, communément appelée tour Edison, construite parla General Electric C°.
- A l’Exposition de Lyon, l’Electricité a pris une place beaucoup plus considérable qu a aucune des expositions qui avaient eu lieu jusqu’ici en province.
- Les maisons Lombard-Gérin, de Lyon, Fichet et Heurtey, de Paris, la Société des accumulateurs Tudor et celle des moteurs Niel exposaient collectivement, sous le nom de station électrique rationnelle, un'ensemble de station électrique de mille lampes de dix bougies.
- Un des points originaux de cette station était la production de la force motrice par moteurs à gaz, dans des conditions d’économie exceptionnelle, avec une simplicité de fonctionnement qui permet de confier à un seul homme la surveillance d’installations importantes.
- Le gaz, produit dans un gazogène Fichet et Heurtey, à sole tournante Taylor, actionnait un moteur Niel de 30 chevaux.
- C’est un mélange de gaz pauvre et de gaz à l’eau (d’où son nom de gaz mixte) obtenu par le passage sous pression d’un courant de vapeur et d’air surchauffés à travers une couche de combustible incandescent.
- La partie électrique comprenait une dynamo Lombard-Gérin, de22 000 watts,
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- et une batterie d’accumulateurs Tudor pouvant débiter 150 ampères pendant quatre heures sous 115 volts (500 lampes de 10 bougies).
- Dans cet ensemble, le rôle de la batterie d’accumulateurs Tudor est multiple. En premier lieu, elle sert à alimenter les lampes qui restent allumées la nuit et le matin, étant reliée au réseau d’une manière permanente. Ensuite, elle permet de ne faire fonctionner le moteur qu’à heures fixes, réduisant la main d’œuvre au strict minimum. Enfin, elle contribue, par son mode de liaison à la dynamo génératrice, à donner à l’ensemble son rendement économique.
- La dynamo et la batterie Tudor sont reliées pendant le fonctionnement du moteur à gaz, sans que pour cela le service de l’éclairage soit interrompu. De cette manière, le moteur à gaz travaille à sa pleine puissance pendant toute la durée de son fonctionnement, condition pour laquelle la dépense de combustible par unité de travail est réduite au minimum. L’énergie produite se distribue spontanément entre la batterie Tudor et le réseau, tant que celui-ci ne demande qu’un courant inférieur à la puissance de la dynamo; dès que celle-ci devient insuffisante, la batterie d’accumulateurs lui vient en aide sans qu’aucune manœuvre soit nécessaire. Puis, lorsque la consommation sur le réseau diminue, on arrête le moteur à gaz, et la batterie Tudor continue à fournir le courant. Toutes ces manœuvres se font automatiquement. Un arrêt accidentel du moteur, par chute de courroie ou de toute autre façon, n’aurait aucune répercussion sur la lumière, car la batterie de Tudor est capable de supporter à elle seule le travail exigé par les 1000 lampes de la distribution.
- Le système Tudor est appliqué, depuis une dizaine d’années, dans une quarantaine de stations centrales. Un homme suffit pour la conduite de toute l’installation.
- Cet ensemble convient tout particulièrement aux stations électriques dans les villes non pourvues d’usine à gaz. La maison Lombard-Gérin a adopté une disposition semblable pour l’éclairage électrique de la ville de Moret. Par ce procédé, l’énergie électrique au tableau de distribution coûte de 5 à 6 centimes par kilowatt-heure, comme dépense de combustible.
- Une des plus grandes attractions de cette Exposition était, sans contredit, l’éclairage et l’illumination par l’électricité des palais et des jardins. L’entreprise complète de ces services, comprenant l’installation et l’exploitation avait été confiée à la Compagnie générale de travaux d’éclairage et de force
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- de Paris (anciens Établissements Clémançon). Les services ont été divisés en quatre groupes principaux, correspondant ensemble à une puissance de 2 000 chevaux.
- Le premier groupe, formé par l’usine centrale du palais principal, assurait le service de 400 lampes à arc de 10 et 20 ampères et de 6 000 lampes à incandescence ; il alimentait de plus la transmission de la force aux exposants, par l’intermédiaire d’une canalisation posée sur des portiques légers et élégants, qui remplaçaient avec avantage les lourds supports de transmissions mécaniques employés jusqu’ici dans les Expositions.
- Cette usine avec ses annexes fournissait l’éclairage au Palais principal, à la grande façade, aux jardins, aux pavillons de la presse et des postes, aux services de l’administration, aux exposants, aux restaurateurs.
- Au centre du dôme du palais principal, une colonne de 25 mètres de hauteur portait à sa partie supérieure une sphère dorée de 3 mètres de diamètre, formant un véritable soleil avec ses 16 lampes à arc de 20 ampères. Les autres lampes à arc étaient, pour la plupart, attachées aux fermes par des suspensions à contrepoids d’un modèle nouveau. Ces lampes, du système Eck, étaient alimentées par séries de 9 à 10 en tension. La répartition de la lumière était telle que nulle part on ne constatait d’ombres crues. Dès que la nuit tombait, l’intérieur de la coupole s’illuminait comme par enchantement. Les guirlandes de lampes à incandescence qui la décoraient couraient le long des fermes, dessinant dans leurs moindres détails les formes élégantes de la construction, et offraient un aspect féerique qui faisait l’admiration de tous les visiteurs. On se rendait compte alors, bien mieux que dans la journée, des dimensions colossales du monument. Tous les services étaient commandés par un tableau de distribution dont les appareils, d’une construction toute nouvelle, offraient un maniement sûr et facile. De ce tableau montaient en éventail, vers les fermes, les canalisations qui allaient distribuer partout la lumière.
- Le deuxième groupe fournissait l’éclairage aux galeries des Beaux-Arts, dont la lustrerie, spécialement établie à cet effet, permettait aux visiteurs d’admirer comme en plein jour les œuvres remarquables qui y étaient exposées. Les deux autres groupes assuraient le service de l’Exposition dite des Colonies, comprenant les avenues, les restaurants, le théâtre, le vélodrome, etc.
- Il faut ajouter encore qu’une dynamo de 80 000 watts, alimentée par une belle machine à vapeur de 150 chevaux, fournissait de la lumière aux exposants auxquels l’éclairage de la grande coupole ne suffisait pas.
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- On peut citer aussi, parmi les installations électriques les plus intéressantes, celle qui se trouvait dans le pavillon de Jonage.
- On sait que l’entreprise connue sous le nom de Canal de Jonage, déclarée d’utilité publique par les lois des 9 juillet et 23 décembre 1893, et dont la Société lyonnaise des Forces Motrices du Rhône est concessionnaire, a pour but la distribution, dans la ville de Lyon et sa banlieue, d’une force de 20000 chevaux, créée à Cusset-Villeurbanne, aux portes de la ville, par une dérivation du Rhône.
- Le courant était fourni par la station génératrice de MM. Lombard-Gérin et Cie, concessionnaires exclusifs de la vente en France des appareils électriques construits par MM. Schneider et Cie.
- Cette station, située sous le dôme central, comprenait un groupe générateur composé d’une machine à vapeur horizontale de 130 chevaux, construite au Creusot, commandant par courroies deux dynamos jumelées à courants alternatifs décalés.
- La machine à vapeur, d’un modèle nouveau, tourne à 200 tours; elle comporte toutes les dispositions qui caractérisent la distribution Corliss, à l’exception du déclic, qui est incompatible avec les grandes vitesses; les organes d’admission sont indépendants de ceux d’émission, les espaces morts sont réduits par l’adoption de tiroirs séparés pour chacune des extrémités du cylindre, à l’admission et à l’échappement; le drainage parfait du cylindre est assuré par la position à la partie inférieure des obturateurs d’émission ; enfin l’ouverture rapide de tous les organes est réalisée par les dispositions cinématiques spéciales adoptées pour leur commande.
- Le groupe générateur d’électricité, établi en vue de la production des courants biphasés, se composait de deux alternateurs du type Zipernowsky, Déri et Blathy, accrouplés mécaniquement sur l’arbre moteur de la machine à vapeur, en décalant d’un demi-intervalle de pôles leurs systèmes inducteurs, de façon à avoir aux bornes des deux dynamos des différences de potentiel présentant une différence de phase d’un quart de période.
- Le voltage est de 2 000 volts ; le courant alimentait directement sous ce voltage, et avec une entière sécurité, un électromoteur de 30 chevaux, placé près de la génératrice.
- Pour l’alimentation des réceptrices de l’Exposition de Jonage, le courant était transformé à son entrée dans le pavillon de 2000 à 100 volts par des transformateurs système Zipernowsky, Déri etBlathy.il était distribué sous ce dernier voltage à une série d’électromoteurs biphasés, de 1/2 à 3 chevaux,
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- qui mettaient en mouvement les diverses machines. D’autres électromoteurs du même système, de 1/4 et 1/8 de cheval, ont été, en outre, installés.
- D’autre part, la nécessité d’actionner les réceptrices à courant continu, faisant corps avec les métiers à tisser, a conduit à disposer également une source de courant continu, formée d’une dynamo Ganz, actionnée directement par un moteur Tesla de 20 chevaux.
- On comprend que la Société des Forces Motrices du Rhône ait choisi, pour la démonstration qu’elle voulait faire à Lyon, le système auquel la Cie des Chutes du Niagara a dû finalement avoir recours, malgré les préférences très marquées qu’on avait jusqu’ici aux États-Unis pour le courant continu.
- Sans entrer dans le détail des avantages qui, en suite d’un examen approfondi et d’une sorte de consultation internationale, ont fait attribuer la préférence à ce système, nous rappellerons qu’il fournit la solution jugée de beaucoup la plus pratique pour l’alimentation des moteurs, de puissances très différentes, placés sur un réseau très étendu et dépendant d’une station génératrice située à une grande distance. Il n’est pas sans intérêt de remarquer que le fractionnement de la génératrice en deux alternateurs monophasés permet le réglage individuel des deux circuits et se prête ainsi particulièrement bien et d’une façon très simple à l’utilisation de l’énergie électrique pour éclairage et transport de force simultanés.
- Les électromoteurs biphasés, qui constituaient les réceptrices, s’adaptent aux conditions de fonctionnement les plus variées; ils offrent le sérieux avantage de n’exiger ni balais, ni frotteurs, ce qui leur donne une sécurité de marche presque absolue et permet de les abandonner pour ainsi dire à eux-mêmes sans précautions spéciales. Ces électromoteurs sont à inducteur fixe, alimenté par le circuit extérieur, à haute tension pour les modèles à partir de 10 chevaux, et à basse tension pour les petits moteurs.
- L’Exposition de Lyon renfermait encore un grand nombre d’installations intéressantes, montrant que l’industrie électrique est aussi florissante et aussi avancée en France qu’en aucun autre pays. Ainsi, la Compagnie de Fives-Lille exposait des moteurs à courant continu, des génératrices et des moteurs à courants triphasés, semblables à ceux qui avaient été employés pour la transmission de force de Lauffen-Francfort, une voiture de tramway, un pont roulant électrique de 3 tonnes, etc. Tous ces appareils étaient alimentés par le courant continu fourni par l’Exposition.
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- Un tramway électrique circulait dans l’intérieur de l’Exposition et conduisait les visiteurs aux principales attractions.
- Ce tramway, à voie de 0,60 m., était exploité au moyen de voitures automobiles à accumulateurs. Ce sont des voitures d’été, ouvertes et à banquettes transversales. Un moteur électrique actionne l’un des deux essieux au moyen d’un simple renvoi d’engrenages.
- Leur poids est de 7 000 kilos, y compris la batterie d’accumulateurs et cinquante voyageurs. Elles sortaient des ateliers de M. Averly, constructeur à Lyon.
- Les accumulateurs, du système Laurent Célv, ont été construits par la Société pour le travail électrique des métaux. Ils sont identiques à ceux employés avec succès pour les tramways électriques de Paris (lignes de Saint-Denis à.la Madeleine, à l’Opéra et à Neuilly). La batterie se compose de 54 éléments, comportant chacun environ 18 kilogrammes de plaques, logés dans six caisses qui se placent sous* les banquettes de la voiture. Le poids total de cette batterie est de 1500 kilogrammes.
- L’usine électrique servant à la charge des accumulateurs était située à l’extrémité de l’Exposition coloniale. Elle contenait deux machines à vapeur Averly, l’une de 30, l’autre de 70 chevaux, actionnant chacune une machine dynamoélectrique.
- Les batteries étaient placées pour la charge sur des plates-formes, entre lesquelles venaient s’introduire les voitures, pour échanger leur batterie déchargée contre une batterie fraîche.
- Cette installation, outre le courant nécessaire pour le service* des douze voitures en circulation, fournissait, avec l’aide d’une grosse batterie d’accumulateurs Laurent Cély, l’éclairage électrique à plusieurs établissements du voisinage.
- Il faut compter encore, au nombre des progrès réalisés depuis quelques années, l’établissement définitif du théâtrophone. On connaît les essais d auditions théâtrales par téléphone qui eurent lieu d’abord à Paris en 1881, pnis dans un certain nombre d’autres villes, et dans toutes les Expositions qui se sont succédées depuis cette époque.
- On fit même, en 1888, des tentatives d’audition à longue distance entre Caris et Bruxelles, sous la direction de M. Mourlon. La cabine d’audition, renfermant des récepteurs perfectionnés qui communiquaient avec les transmetteurs disposés à Paris sur la scène de l’Opéra, était installée dans les souterrains du pavillon de droite de l’Exposition de 1880. Une première
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- séance d’essai donna de très bons résultats, et l’on put entendre les Huguenots avec une netteté de son parfaite. Quelques jours après, on convia un grand nombre d’invités à entendre Guillaume Tell, mais la transmission fut beaucoup moins bonne. On attribua cet insuccès à la curiosité d’un employé qui aurait détourné le courant à son profit.
- Dès 1881, on possédait les appareils nécessaires pour ce genre d’auditions, mais il fallait surmonter de nombreuses difficultés pratiques pour établir un bureau central spécialement destiné à cet usage et le mettre en communication avec les abonnés.
- « Nous souhaitons, disait M. de Parville, que le public soit bientôt mis à même d’assister, au bout d’un fil télégraphique, aux représentations de l’Opéra, de l’Opéra-Comique et de la Comédie-Française. Il est de règle en ce monde que toute chose nouvelle doit passer par une période d’évolution. On commencera par aller entendre l’opéra dans un local approprié, qui remplacera les salons de l’Exposition; puis, peu à peu, on tiendra à rester chez soi et à entendre ce qui se passe à la Comédie-Française, puis à la place Favart, et l’on réclamera un réseau théâtral. On s’abonnera aux téléphones de l’Opéra, de l’Opéra-Comique, etc., comme on s’abonne aujourd’hui aux téléphones de la Société générale. »
- Cette prévision s’est réalisée aujourd’hui, grâce à l’initiative de MM. Mari-novitch et Szarvady, et l’on peut entendre les représentations de nos principaux théâtres, non seulement de Paris, mais encore des principales villes de France, et même de Londres.
- En Amérique, une société spéciale, la Long Distance C°, exploite cette branche particulière de la téléphonie.
- « Lethéâtrophoneest partout aujourd’hui, non plus celui des débuts avec ses imperfections, mais le théâtrophone doué de toutes les commodités, mobile, transportable, traducteur sûr et impeccable de toutes les nuances de la voix, de tous les dessins de l’orchestre et des chœurs. Aussi le public lui fait-il bon accueil. Dans les restaurants à la mode, dans les cafés des boulevards, il a conquis sa place depuis quelque temps. Il y fait la joie des consommateurs, en leur permettant d’entendre, sans dérangement, l’opéra, l’opéra-comique, ou la pièce en vogue joués dans la soirée.
- « La chose au premier abord semblera un peu bizarre : c’est dans l’Opéra même qu’en a été faite I nstallation la plus récente. Dans une petite salle contiguë au couloir de dégagement des fauteuils d’orchestre, le théâtrophone, représenté par une série de dix récepteurs mis gracieusement à la disposition
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- des abonnés de l’Opéra, leur permet de se mettre en communication avec les autres théâtres de Paris. Lohengrin paraît-il indigeste à quelques-uns, Faust fade à quelques autres; la Favorite semble-t-elle surannée à celui-ci, Y Africaine somnifère à celui-là ? Le temps de descendre les dix marches qui séparent les fauteuils du couloir de dégagement et l’abonné blasé ou ennuyé pourra, à son gré, s’amuser aux lestes reparties de Mademoiselle Carabin ou aux cocasseries du dialogue de Mon Prince. Si la musique de M. Bruneau l’intéresse, il lui sera facile également de la troquer contre celle du compositeur classé depuis longtemps dans le répertoire de l’Opéra. Commodément assis sur une chaise ou sur un canapé, dans un petit salon tendu d’étoffes et au seuil duquel expirent tout les bruits du dehors, il n’aura qu’à approcher de ses oreilles les récepteurs acoustiques du théâtrophone pour changer instantanément de scène. L’appareil est simple et peu encombrant. Imaginez un fer à cheval de métal flexible, soudé par sa partie renflée à un manche de métal garni de bois ou d’ivoire. Chacune des deux extrémités du fer à cheval est garnie d’uii récepteur. L’auditeur saisit l’appareil par le manche et approche les deux récepteurs de ses oreilles. La flexibilité du demi-cercle de métal sur lequel ils sont montés les rend suffisamment adhérents pour qu’on puisse écouter, sans la moindre gêne, la musique la plus touffue ou la scène dialoguée la plus vive.
- « Ainsi perfectionné, le théâtrophone est devenu d’un usage sinon aussi répandu, du moins aussi facile que le téléphone. Nombre de gens du monde l’ont fait installer à côté de celui-ci. Et il nst de bon ton, après dîner, de convier ses invités à l’audition d’un fragment d’une pièce de leur choix, qui peut s’exercersur l’Opéra, l’Opéra-Comique, le Théâtre-Français, les Variétés, les Bouffes-Parisiens, les Nouveautés, le Concert-Parisien, etc. Cette audition, demandée au bureau téléphonique comme une communication quelconque, est établie par l’intermédiaire d’une station centrale du théâtrophone, sise au n° 23 de la rue Louis-le-Grand. Les soirs de première, les employés de la station centrale, cela va sans dire, sont littéralement sur les dents. C’est à qui, parmi les abonnés du théâtrophone, voudra assister de chez soi à la représentation. Quelques-uns d’entre eux ont fait installer les appareils récepteurs dans leur chambre à coucher ; chaque soir ils s’endorment après avoir écouté un acte ou deux de la pièce préférée et exercé leur critique aux dépens de ténors ou divas qui ne se doutaient guère qu’à trois ou quatre kilomètres de la rampe ils étaient applaudis ou sifflés. »
- L’examen que nous venons de faire des diverses branches de l’Électricité,
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- et en particulier notre rapide promenadeà travers les Expositions de Chicago et de Lyon, montrent bien que les dernières années n’ont pas été perdues, ni pour la science pure ni pour les applications industrielles. L’industrie électrique, qui ne compte guère plus de dix années d’existence, n’a pas cessé d’affirmer sa vitalité ; il y a tout lieu de croire que cette marche ascendante ne s’arrêtera pas, et que les années qui vont suivre apporteront à leur tour de nouveaux progrès et un ensemble de découvertes digne de figurer à l’Exposition de 1900. C’est le souhait que nous formons en terminant, et nous ne doutons pas qu’il se réalise.
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- DICTIONNAIRE
- D’ÉLECTRICITÉ ET DE MAGNÉTISME
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- ABONNEMENT. — I ^es abonnements aux réseaux téléphoniques urbains sont de deux sortes : l’abonnement principal, qui comporte l’usage d’un poste téléphonique complet et d’une ligne reliant l’abonné à un bureau central, et l’abonnement supplémentaire, qui comporte l’usage d’un poste téléphonique complet, desservi par la ligne de l’abonné principal, et établi dans les locaux reconnus par l’administration comme faisant partie du même immeuble. Le poste téléphonique complet se compose, outre les générateurs d’électricité, d’un appareil récepteur et transmetteur et d’un dispositif d’appel.
- Voici les principales clauses du règlement publié à ce sujet au mois de novembre 1889.
- Art. 5. — Le matériel de la ligne et les générateurs d’électricité sont fournis par l’État. Les divers appareils composant un poste téléphonique complet et les accessoires qui seraient demandés par l’abouné sont fournis par lui. Il est tenu de les choisir parmi les modèles types indiqués par l’Administration, et de pourvoir à leur renouvellement quand ils sont devenus impropres au service. Ces appareils, avant d’être mis en place, doivent avoir été vérifiés et acceptés par les agents de l’Administration.
- La ligne, les postes téléphoniques et les accessoires sont installés et entretenus par l’Administration et à ses frais.
- Toutes les détériorations qui seraient le résultat d’un fait extérieur ou d’un usage anormal de l’appareil resteront à la charge de l’abonné.
- Art. 9. — Le montant annuel de l’abonnement principal est fixé :
- A 400 francs à Paris;
- A 300 francs dans les villes des départements où existe un réseau souterrain ;
- A 200 francs dans toutes les autres villes de France.
- Il est réduit de 50 p. 100 pour les services publics de l’État et de 25 p. 100 pour les services publics des departements et des communes.
- Dans les villes où l’abonnement n’est que de ~00 francs, l’abonné doit, en outre, comme part dans les frais de premier établissement, une somme de 15 francs par 100 mètres ou fraction de 100 mères du fil simple. Le montant de cette redevance Peut, sur la demande de l'abonné, être réparti sur °ute la période de l’abonnement et perçu semes-nellement par parties égales.
- Dictionnaire d’électricité.
- Le montant annuel de l’abonnement supplémentaire, quand le poste est utilisé, soit par l’abonné principal pour les besoins de son commerce ou de son industrie, soit par ses cessionnaires, est fixé :
- A 160 francs à Paris;
- A 120 francs dans les départements.
- Quand le poste supplémentaire est utilisé par l’abonné principal pour ses besoins personnels, il est fixé à 50 francs à Paris et à 40 francs dans les départements.
- Les cercles et établissements ouverts au public acquittent un abonnement double de l’abonnement normal.
- Les accessoires installés sur la demande de l’abonné entraînent un supplément d’abonnement égal à 15 p. 100 de la valeur de ces accessoires mis en place, sans que ce supplément puisse être inférieur à 5 francs, toute fraction de franc étant d’ailleurs comptée pour 1 franc.
- Art. 10. — L’abonnement court à partir du jour où l’installation du poste permet la communication avec le réseau.
- Art. 11. — L’abonnement principal ne peut être consenti pour moins de trois années, calculées à partir du 1er janvier ou du 1er juillet qui suit ladite installation. Mais l’abonnement à des postes supplémentaires peut être consenti pour une période moindre, sans pouvoir êtrè inférieure à une année, calculée à partir du 1er janvier ou du 1er juillet qui suit l’installation du poste supplémentaire, ni supérieure à la période restant à courir sur l’abonnement principal.
- Art. 12. — Après la première période de trois ans, l’abonnement se renouvelle d’année en année par tacite reconduction, s’il n’a pas été dénoncé par l’abonné au moins un mois avant son expiration.
- Art. 13. — En cas de décès de l’abonné, la durée de son abonnement n’est pas interrompue, et ses héritiers sont solidairement tenus de son exécution.
- Art. 14. — L’Administration peut à toute époque mettre fin au contrat, à charge par elle de rembourser à l’abonné les sommes imputables sur la période restant à courir.
- Art. 15. — L’abonnement est versé entre les mains du receveur du bureau des postes et télégraphes de la localité desservie par le réseau.
- Il est payé d’avance en deux termes égaux, au 1er janvier et au 1er juillet de chaque année. Toutefois, le premier semestre est payé au moment de la signature du contrat [201 fr. 45]. En outre, la partie de l’abonnement correspondant à la période comprise entre la date où le poste peut être utilisé par l’abonné et le commencement du premier
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- ACCIDENTS DUS A L’ÉLECTRICITÉ.
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- semestre est versée au moment de la mise en service.
- Il convient d’ajouter que les lignes auxiliaires des réseaux téléphoniques urbains peuvent être mises, par voie d’abonnement, à la disposition des abonnés pour leur permettre de communiquer entre eux, deux par deux; les télégrammes téléphonés peuvent être l’objet d’un abonnement de 50 francs par an ; que les communications interurbaines peuvent être accordées moyennant une provision déposée au bureau de la Bourse, à Paris. Pour les communications interurbaines, les frais de constructions depuis les fortifications jusqu’au domicile extra muros sont à la charge de l’abonné; la direction des postes et télégraphes en fournit le devis, et le paiement de la dépense doit être effectué à la Recette centrale du département de la Seine.
- ACCIDENTS DUS A L’ÉLECTRICITÉ. — Depuis dix ans, les applications de l’électricité se sont multipliées, et les distributions d’énergie électrique deviennent chaque jour plus nombreuses. Il importe de se mettre en garde contre les accidents extrêmement graves que peuvent produire les appareils électriques, et surtout les câbles aériens ou souterrains qui conduisent l’électricité à travers les rues.
- En Europe, ces accidents sont relativement rares. Deux hommes furent tués à Paris, dans le Jardin des Tuileries, le 6 août 1882, pendant une fête de nuit donnée par l’Union française de la Jeunesse : voulant franchir le fossé de l’ancien jardin réservé, ils saisirent des conducteurs traversés par des courants alternatifs d’environ 500 volts.
- En Amérique, où l’usage de l’électricité est déjà très répandu, le nombre des accidents est considérable. Il y a six ou sept ans, un homme fut tué à Pittsburgpar le courant continu d’une machine Brush alimentant seize lampes en tension, et donnant par conséquent 800 à 900 volts. C’est surtout à New-York, où le nombre des fils qui sillonnent les rues est extrêmement considérable, et les courants qui les traversent d’une grande intensité, que les accidents sont le plus fréquents. En dix-huit mois, huit personnes ont été tuées, et dix-sept blessées grièvement par des fils de télégraphe qui s’étaient rompus. Plus de cent décès, dus à 1 électricité, ont été enregistrés en 1889. Il n’est pas de semaine qui n’ajoute son contingent à cette funèbre liste. Un ouvrier circule jiu cintre d’un théâtre; il touche un fil électrique : aussitôt il est foudroyé, et son cadavre se balance, en brûlant lentement, au-dessus de la
- foule terrifiée ; une spectatrice meurt d’épouvante. Un ouvrier disparaît. On le cherche : on le trouve mort sur un toit, foudroyé par un conducteur électrique.
- Le 12 octobre 1889. dans un quartier des plus fréquentés, un employé des télégraphes, qui était monté, muni de souliers à crochets, au haut d’un immense poteau, où s’enchevêtraient des fils innombrables, fut pris sans le vouloir par un fil traversé par un courant intense, dont il ne put se dégager, et fut brûlé vif, sans que la foule pût le secourir. Plusieurs personnes ont été également foudroyées par des fils rompus.
- Dans la nuit du 30 novembre 1889, deux employés étaient occupés à transporter une lourde pièce métallique du trottoir dans un magasin, sur la Huitième Avenue ; l’un d’eux mit le pied sur une grille de fer, et, au même instant, la pièce métallique vint à toucher une lampe à arc suspendue au-dessus de leurs têtes; le malheureux tomba immédiatement foudroyé.
- Dans la nuit du 3 décembre 1889, un train du chemin de fer surélevé de la Troisième Avenue accrocha un fil peu élevé et l’entraîna avec lui, de sorte que deux des voyageurs recevaient des secousses et les autres percevaient du côté de la toiture un bruit semblable à celui de la grêle.
- A la suite d’accidents si terribles et si fréquents, la municipalité de New-York a fait enlever plus de 110 000 kilomètres de fils aériens.
- Les canalisations souterraines elles-mêmes ne sont pas toujours exemptes de dangers : on a vu récemment à Paris les chevaux se cabrer sur les boulevards à la hauteur de la rue Louis-le-Grand, en passant au-dessus d’un fil souterrain mal isolé. Quelques-uns s’abattaient comme foudroyés.
- A New-York, on a vu des fils mal isolés produire l’explosion des conduits souterrains.
- Au coin de William-Street et de Wall-Street (New-York), la continuité des conducteurs souterrains s’étant trouvée interrompue, le courant a fondu les câbles et les tubes de fonte qui les enveloppaient, sur une longueur de plusieurs pieds, et même, dit-on, le pavé adjacent, sur une surface de 2 mètres carrés.
- D’après un article récemment publié par Edison, les courants alternatif^ de haute tension, transmis par des conducteurs souterrains, seraient beaucoup plus dangereux que les fils aériens; il serait, dit-il, tout aussi raisonnable d’enterrer des masses de nitroglycérine au cœur d’une ville. « Il n’v a pas, dit Édison, de procédé d’isolement connu qui
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- ACCOUDOIR. — ACCUMULATEUR.
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- puisse emprisonner, confiner ces courants à haute tension pour plus d’un temps limité ; et quand les fils,sont placés sous terre, avec le système actuel de conduite, le résultat est forcément une série de contacts terrestres, la fusion des fils, la formation d’arcs électriques puissants qui s’étendront à d’autres conducteurs métalliques dans le même conduit; toute une masse de fils recevra ces dangereux courants, et les conduira dans les maisons, les boutiques, etc. Il est ainsi évident que le danger de tels circuits n’est point borné aux fils qui conduisent les courants à haute tension, mais que d’autres fils conduisant des courants inoffensifs sont en danger de devenir aussi mortels dans leurs effets que les premiers. Et •quand bien même ces fils dangereux seraient placés dans des tubes séparés dans le même conduit que d’autres tubes, le risque n’en sera pas diminué. »
- Nous devons ajouter cependant que les dangers prévus par l’éminent électricien nous paraissent exagérés ; on sait d’aillours qu’Édison est l’auteur d’un système de distribution par courants continus.
- D’après M. Westinghouse, les lignes souterraines du système Édison subissent des fuites importantes, peu de temps après leur établissement.
- Les courants de haute tension sont en somme dangereux par eux-mêmes et aussi par les courants induits qu’ils peuvent faire naître dans d’autres conducteurs.
- Il serait donc indispensable d’étudier soigneusement les conditions auxquelles doivent être soumises les installations électriques.
- ACCOUDOIR POUR TÉLÉPHONE. — Accoudoir rembourré sur lequel on s’appuie pour maintenir sans fatigue le téléphone à l’oreille;
- Fig. 1. — Accoudoir pour téléphone.
- une série de crans d’élévation permet à chacun de le placer à sa hauteur (fig. 1).
- ACCOUPLEMENT. — Mot par lequel on dé-Sl&ne quelquefois les différentes manières de
- réunir ensemble les piles ou les machines d’induction. (Voy. Couplage).
- ACCUMULATEUR. — On désigne sous le nom d’accumulateurs les appareils dérivés de la pile secondaire de Planté, et qui, après avoir été chargés à l’aide d’une pile primaire, peuvent restituer sous forme de courant, immédiatement ou au bout d’un certain temps, la plus grande partie de l’énergie qu’ils ont reçue. Quand on fait passer un courant entre deux lames métalliques plongées dans un liquide, les éléments qui constituent ce liquide se portent fun sur l’électrode positive, l’autre sur la plaque négative. Si ces corps ne se dégagent pas immédiatement dans l’air, ils tendent à se recombiner et créent ainsi une force contre-électromotrice de polarisation. Tant que la force électromotrice de la pile primaire est supérieure à la force électromotrice de polarisation, la décomposition continue ; mais, si l’on supprime la pile, la force de polarisation agit seule et développe un courant de sens contraire au premier, qui dure jusqu’à ce que les éléments séparés se soient recombinés complètement. Tel est le principe des accumulateurs: en théorie, toute pile, surtout ne donnant pas de dégagement de gaz, peut être transformée en un accumulateur; mais les effets sont plus ou moins énergiques, suivant la nature du liquide et des électrodes, et la charge se conserve pendant un temps plus ou moins long, suivant la nature et l’état physique des plaques.
- Pile secondaire de Planté. — La pile à gaz de Grove peut être considérée comme un accumulateur ; mais ce fut Planté qui obtint les premiers résultats pratiques en 1860.
- Sa pile secondaire est une sorte de voltamètre, dont les électrodes sont deux lames de plomb de grandes dimensions. Pour qu’elles occupent moins de place, on les enroule toutes deux en spirale, en les séparant par deux bandes de caoutchouc pour les empêcher de se toucher. Si l’on fait communiquer les deux lames avec les pôles d’une pile, comme le montre la figure 2, l’oxvgène qui se porte sur la lame positive transforme le plomb en peroxyde, tandis que l’hydrogène se dégage sur l’autre lame. Deux éléments de Bunsen suffisent à charger une pile secondaire ; si l’on supprime ensuite la pile, on peut recueillir le courant secondaire et l’employer à rougir un fil de platine F ou à tout autre usage.
- Formation de la pile secondaire. — En réalité, après avoir chargé une seule fois la pile secondaire, on n’obtiendrait qu’un courant de
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- A
- ACCUMULATEUR.
- durée très faible : il faut d’abord former l’élément, c’est-à-dire y faire passer un grand nombre de fois dans les deux sens le courant
- d’une pile primaire ou d’une machine. A chaque opération, l’hydrogène réduitl’oxyde formé pendant la charge précédente, et cette série d’oxydations et de réductions produit à la surface du métal une couche poreuse, dont la profondeur va en augmentant, et qui est éminemment propre à condenser une grande quantité de gaz. Planté a montré d’ailleurs qu’on peut abréger cette formation de l’élément, ordinairement très longue, en plongeant d'abord les lames pendant vingt-quatre heures dans de l’acide azotique étendu de moitié de son volume d’eau. Il se produit un décapage qui agit favorablement, et l’on peut en quelques jours, après trois ou quatre interversions de courant, obtenir des effets que, sans cette précaution, on ne pourrait produire qu’après une formation de plusieurs mois.
- Effets de la pile secondaire. — En associant ensemble un grand nombre de piles secondaires, G. Planté a pu obtenir des effets très puissants ; nous indiquerons plus loin un certain nombre de ces expériences (voy. Aurore
- boréale, etc.). Les piles sont placées côte à côte, et un commutateur spécial permet de les grouper à volonté en tension ou en batterie (flg. 3). Ce commutateur se compose d’un axe isolant portant deux bandes de cuivre parallèles gg', et traversé par deux séries de fiches hh'. Quand le commutateur occupe la première position, la bande de cuivre g touche tous les ressorts tels que r correspondant aux pôles de même nom, et g' réunit de même tous les ressorts r' : l’appareil est monté en batterie. Si l’on tourne le commutateur de 90°,les fiches hh' mettent en communication les ressorts r et r' de deux éléments consécutifs : la pile est montée en tension. Pour charger la batterie, on la monte en quantité ; la résistance est alors très faible, et il suffit d’employer deux éléments Bunsen. Pour utiliser le courant secondaire, on dispose généralement la batterie en tension.
- On a imaginé depuis quelques années un certain nombre de dispositions qui permettent d’emmagasiner une quantité d’énergie plus grande qu’avec la pile de Planté, en augmentant la dimension des lames et en modifiant la nature ou l’état physique de leur surface. Dans ces générateurs, on a le plus souvent abandonné les plaques en spirale, dont la forme augmentait les difficultés de fabrication, pour les remplacer par des lames planes. Si l’on veut donner aux électrodes une grande surface, on met dans un même vase plusieurs lames qu’on réunit en batterie.
- Accumulateurs Reynier, de Montaud, de Ka-bath. — Dans l’accumulateur Reynier, les plaques positives et négatives sont en plomb et identiques, comme dans la pile de Planté. Chaque plaque se compose d’une partie plissée, enchâssée dans un cadre fondu qui lui sert de support; des crochets en cuivre, fixés à la partie supérieure, plongent dans des rigoles pleines de mercure, pour réunir ensemble toutes les plaques de même nom. Ces rigoles permettent aussi de coupler ensemble plusieurs accumulateurs, en tension ou en quantité, au moyen de ponts métalliques. La figure 4 montre un modèle de démonstration, avec vase de verre, et un modèle industriel, dans lequel ce vase est remplacé par une caisse de bois.
- La capacité de ces appareils est d’environ
- a’ a.
- Fig. 2. — Pile secondaire de Planté.
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- ACCUMULATEUR
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- 6 ampères-heure par kilogramme de plaques, l poids total. Il faut environ 260 kilogrammes ou 4 ampères - heure par kilogramme de | de plaques et 400 kilogrammes d’accumula-
- Fig. 3. — Batterie secondaire de Planté.
- teur pour fournir une puissance d’un cheval. 1 formés de plaques rectangulaires également en Les accumulateurs de Montaud (fig. 5) sont | plomb, traversées à un de leurs coins supé-
- Fig. 4. — Accumulateur Reynier.
- rieurs par une tige formée de plomb et d'un I réunit toutes les électrodes de même nom, et alliage spécial inattaquable par l’acide, qui I échancrées à l’autre coin pour laisser passer la
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- ACCUMULATEUR.
- tige de nom contraire. Les plaques sont disposées entre les dents de peignes en bois, reposant par le dos sur le fond de la cuve. Cette disposition assure un écartement très régulier des plaques, et empêche les débris qui tombent au fond de réunir les électrodes en court circuit.
- La capacité de ces appareils est d’environ 10 ampères-heure par kilogramme de plaques, ou 3,3 ampères-heure par kilogramme de poids total. Us sont donc supérieurs aux précédents seulement au point de vue des plaques. Il faut environ 103 kilogrammes de plaques et 300 kilogrammes d’accumulateur pour un cheval.
- Les plaques des accumulateurs de Kabath sont formées d’une série de lames de plomb alternativement plates et gaufrées, qui sont placées parallèlement, et réunies, au nombre de cent environ, par une lame de plomb percée de trous en quinconce, qui les entoure complètement, tout en permettant au liquide de circuler facilement dans l’intérieur. Chaque lame est munie d’une tige conductrice, qui sert à établir les communications.
- Accumulateurs Faure-Sellon-Volckmar. — M. Faure a cherché en 1881 à augmenter la capacité de la pile secondaire en recouvrant les lames d’oxyde de plomb. Cette disposition diminue beaucoup la durée de la formation, mais les plaques sont moins solides ; l’oxyde se détache et tombe au fond, où il peut former des courts circuits. Dans les premiers modèles, les deux électrodes, de forme spirale, étaient recouvertes uniformément de minium, qui se transformait par la charge en peroxyde sur l’électrode positive et en plomb métallique sur l’autre; pendant la décharge de l’appareil, les deux pla-
- Fig. 5. — Accumulateur de Montaud.
- ques reprenaient leur état initial. Actuellement, on recouvre de préférence la lame positive de minium et l’autre de litharge. On a aussi renoncé aux lames de forme spirale : on les remplace par des électrodes plates, en nombre quelconque, et l’on réunit en surface toutes celles du même élément.
- Il importe aussi de diminuer le plus possible le poids du support de plomb inactif qui porte la couche poreuse d’oxyde, tout en retenant énergiquement cet enduit à la surface.
- Les plaques contiennent deux tiers de support et un tiers d’oxyde. Elles sont formées, d’après le procédé Sellon (1882), par un alliage de plomb et d’antimoine très solide et inoxydable. Dans les modèles les plus récents (1888), les plaques se distinguent par unnouveau mode
- d’assemblage qui supprime complètement les contacts et collecteurs, du également à M. Sellon. Elles sont fabriquées par paires, qui se composent chacune d’une positive et d’une négative, réunies directement par un pont du même alliage. La figure 6 montre une paire de plaques toute préparée et l’aspect de ces plaques avant et après le dépôt d’oxyde.
- Ca figure 7 montre le mode d’assemblage des éléments.
- Pour monter une batterie, on place tous les récipients bout à bout. Le premier reçoit toutes les positives extrêmes, qu’on réunit par un collecteur formant le pôle positif, ainsi qu’on le voit à gauche de la figure 7. Entre ces plaques positives, on intercale les négatives d’un pareil nombre de plaques jumelles, dont les positives
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- se placent naturellement dans le second vase, et l’on continue ainsi jusqu’au dernier, dans lequel les négatives extrêmes sont reliées à leur tour par un conducteur unique qui constitue le pôle négatif.
- Les principaux avantages de ce système sont : l’indépendance des plaques, l’absence de toute soudure et de toutes jonctions, bornes, etc., hormis aux extrémités, la facilité d’inspection et de réparation. Quand on ne dispose pas d’un local assez long pour recevoir toute la batterie groupée en une seule ligne, on la divise en
- plusieurs batteries ayant chacune ses pôles montés comme il a été dit et couplées entre elles.
- Ces accumulateurs, construits par la «Electric Power Storage C° », sont généralement connus sous le nom d’accumulateurs E. P. S. Ils ont une capacité d’environ 10 ampères-heure par kilogramme de plaques et de 6,6 ampères-heure par kilogramme de poids total.
- Accumulateurs Julien et Paul Gadot. — Les accumulateurs Julien, qui ont été surtout appliqués à la traction des tramways, où ils don-
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- L.ANNE
- Fig. 6. — Nouvelle plaque jumelle E. P. S.
- nent de bons résultats, ne diffèrent guère des précédents que par Ja nature de la carcasse inactive, qui est constituée par un alliage inoxydable de 95 de plomb, 3,5 d’antimoine, et 1,5 de mercure.
- Chaque élément comprend 7 plaques positives et 6 plaques négatives de 9 centimètres de haut sur 11 de large et 25 millimètres d’épaisseur. Les supports, dont les alvéoles ont environ 6 millimètres de côté, sont remplis d’oxydes de plomb, minium et litharge, à raison de 80 grammes pour chaque plaque positive, et de 85 grammes pour chaque plaque négative.
- Les vases contenant les éléments sont en
- ébonite. Chaque récipient, pesant 0,765 kilogr., est divisé par une cloison en deux compartiments renfermant chacun un élément, et dans lesquels on verse 0,815 kilogramme d’eau acidulée à raison de 15 parties d’acide sulfurique marquant 1,84 au densimètre.
- Leur capacité est de 10 ampères-heure par kilogramme de plaques, et de 8 ampères-heure par kilogramme de poids total.
- Quand les plaques sont faites d’un seul morceau, chacune des alvéoles qui reçoivent l’oxyde doit nécessairement aller en s’élargissant de chaque côté depuis le milieu jusqu’au bord. La matière active peut alors se détacher facile-
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- ACCUMULATEUR.
- ment. Pour éviter cet inconvénient, chaque plaque de l’accumulateur P. Gadot forme deux parties rivées ou soudées ensemble d’une
- manière indestructible, qui constituent, une fois réunies, des alvéoles où l’oxyde de plomb est étroitement emprisonné. On est parvenu
- ainsi à faire les pastilles de matière active beaucoup plus grandes, tout en les empêchant de se détacher et de tomber, et à diminuer notablement le poids du support inactif : pour 10 plaques négatives et 9 positives, ces nouveaux modèles contiennent 7,925 kilogrammes de matière active et seulement 8,341 kilogrammes de matière inactive.
- La figure 8 montre les plaques employées
- Fig. 8. — Nouvelle plaque P. Gadot, modèle 1888.
- dans les modèles les plus récents; ces modèles ont une capacité de 10 à 12 ampères-heure par kilogramme de plaque.
- La courbe représentée par la figure 9 montre les résultats donnés par ces appareils, qui peuvent fournir facilement 15 heures de décharge utilisable; la différence de potentiel s’abaisse pendant ce temps de 2,04 volts à 1,75 et l’intensité de 15,9 à 13,8 ampères. La résistance intérieure n’a pas dépassé 0,03 ohm. On obtient donc un total de 225,7 ampères-heure utilisables, soit 13,88 ampères-heure par kilogramme de plaque. La courbe inférieure indique la différence de potentiel en volts, la seconde l’intensité en ampères et la plus élevée fait connaître le nombre de watts correspondant.
- Accumulateurs Fitz-Gérald. —M. Fitz-Gérald a cherché à supprimer complètement le support inactif de plomb, qui augmente sans aucune utilité le poids des plaques. Il fabrique ses plaques d’un mélange homogène, auquel il donne le nom de lithanode, et qui est formé de litharge à ^quelle on ajoute seulement 5 p. 100 de pierre ponce imbibée de sulfate d’ammoniaque, dont l’acide forme avec la litharge un sel à peu près insoluble. Le mélange, placé dans un moule, est soumis à l’action d’un jet de vapeur tenant en suspension un peu de glycérine, puis séché.
- D’après l’auteur, la capacité de ces appareils
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- ACCUMULATEUR.
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- serait d’environ 20 ampères-heure, c’est-à-dire | Accumulateurs de la Société pour le travail le^double de celle des précédents. ! électrique des métaux. — La Société pour le
- travail électrique des métaux construit des | des plaques est du plomb pour les électrodes accumulateurs dans lesquels la partie active | négatives, et du peroxyde de plomb pour les
- Fig. 10. Accumulateurs nos 4 et 6 et pastille de 10 millimètres de la Société pour le travail électrique des métaux.
- positives. Mais ces deux substances sont préparées par un procédé particulier qui les donne très poreuses et cristallisées. On se sert pour
- cela de chlorure de plomb qu’on fond avec une proportion variable de chlorure de zinc. Ce mélange est coulé en pastilles (fig. 10), qu’on lave
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- à l’acide chlorhydrique, pour enlever toute trace d’oxyde ou de chlorure de zinc. Les pastilles sont ensuite enchâssées dans des cadres de plomb, puis les plaques qui doivent servir d’électrodes négatives sont débarrassées du chlore en constituant, avec des plaques de zinc, une pile dans laquelle le chlore se porte sur le zinc. Les plaques qui doivent devenir positives sont lavées, puis chauffées dans une étuve à air chaud, pour transformer les pastilles en peroxyde. On obtient ainsi des substances entièrement poreuses : le plomb des plaques négatives a pour densité 2,75 environ, et la li-tharge des électrodes positives 3 environ. Avec un débit de d ampère par kilogramme, la capacité est de 8 à 10 ampères-heure par kilogramme de plomb utile.
- Accumulateur Tudor. — Dans cet accumulateur (fig. 11), les grandes surfaces actives des électrodes permettent d’obtenir des effets considérables dans un temps relativement restreint, sans modifier les conditions normales de fonctionnement ou de rendement. Ce modèle offre des conditions satisfaisantes de solidité, de rendement et de résistance aux traitements irréguliers.
- Accumulateurs au cuivre Gommelin-Desma-zures. — Nous avons dit que toute pile ne donnant pas de dégagement gazeux était réversible et pouvait donner naissance à un accumulateur. Ainsi l’accumulateur de MM. Commelin et Des-mazures n’est autre que la pile de MM. de Lalande et Chaperon rendue réversible. Il se compose d’une électrode positive en cuivre très poreux et d’une négative en zinc plongeant dans
- Fig. 11. — Accumulateur Tudor.
- une solution de zincate de potasse ou de soude, additionnée de chlorate de soude. Pendant la charge, l’oxygène dégagé sur le cuivre le transforme en oxyde, et le zinc se dépose sur la plaque négative; la potasse reste en dissolution. L’appareil fonctionne alors comme une pile de Lalande. Le cuivre poreux est obtenu en comprimant du cuivre pulvérulent sous une pression de 600 à 1200 kilogrammes par centimètre carré.
- Ces accumulateurs ont été appliqués en 1887 au canot électrique sous-marin de M. Zédé, expérimenté au Havre (Voy. Torpilleur). Ils ont donné seulement une force électro-motrice moyenne de 0,73 volt, mais leur capacité paraît très supérieure à celle des accumulateurs au plomb ; ceux à la lithanode pourraient seuls lutter avec eux.
- Il est cependant probable que les accumulateurs au plomb finiront par l’emporter, lorsqu’on aura perfectionné leur fabrication et fait disparaître la surcharge considérable produite
- par le support inactif de plomb. D’après les calculs de M. Reynier, il faut théoriquement 136,2 kilogrammes de matière active pour emmagasiner un cheval-heure avec les accumulateurs au cuivre et seulement 105,47 kilogrammes avec les accumulateurs au plomb. C’est donc àces derniers que resterasans doute l’avantage.
- Charge des accumulateurs. — On voit que les accumulateurs et les piles secondaires sont inactifs par eux-mêmes : ils doivent être chargés à l’aide d’une pile primaire ou d’une machine, et peuvent ensuite être employés immédiatement ou seulement au bout de quelque temps. Remarquons d’ailleurs que le nom d’ac-cumuiateurs est inexact; ces instruments n’accumulent pas l’électricité, comme le fait un condensateur; c’est sous la forme d’énergie chimique qu’ils emmagasinent l’énergie électrique qu’on leur fournit, et ils la restituent ensuite sous forme d’électricité.
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- Lorsqu'on veut charger simultanément un certain nombre d’accumulateurs, il est préférable de les réunirr,en batterie pour qu’ils offrent moins de résistance au courant primaire; pour la décharge, on les accouple le plus souvent en
- sérié.
- Pour un accumulateur bien chargé, la force électromotrice initiale est d’environ 2,5 volts, mais elle s’abaisse bientôt à 2 volts, pendant la durée du service ; la résistance est d’ailleurs très faible, elle varie de 1/5 à 4/T00 d’ohm. Il résulte de là que ces appareils peuvent fournir des courants très intenses. Pour les charger, on peut employer une pile ou une machine magnéto ou dynamo-électrique. Dans le premier cas, on ne peut donner évidemment à l’appareil qu’une force électromotrice inférieure à celle de la pile ; il faut donc prendre assez d’éléments pour que la force électromotrice totale dépasse 2,o volts, par exemple 2 Bunsen ou 3 Daniell. Si l’on se sert d’une machine, il faut éviter que la vitesse se ralentisse assez pour que la force électromotrice devienne inférieure à celle que possède déjà l’accumulateur; sans cette précaution, il se déchargerait à travers la machine.
- On reconnaît quela charge est terminée quand les gaz commencent à se dégager, mais ce procédé n’est pas très précis. Il vaut mieux mesurer de temps en temps la force électromotrice, jusqu’à ce qu’on s’assure qu’elle n’augmente plus. On peut se servir encore d’un appareil automatique qui établit ou interrompt la communication avec la source, suivant que la force électromotrice de celle-ci est supérieure ou inférieure à celle des accumulateurs (Voy. Con-JOncteür).
- Rendement des accumulateurs. — Les accumulateurs ne restituent jamais qu’une partie de l’énergie électrique qu’ils ont emmagasinée sous forme d’énergie chimique : le rapport de ces deux quantités est ce qu’on nomme mur rendement. Ce rendement peut varier beaucoup avec l’état des accumulateurs, qui doivent être nettoyés de temps en temps. Quand ils sont en parfait état, il peut s’élever à 90 p. ioo si on les emploie le jour même de Rur charge, à 80 p. 100 si l’on ne s’en sert qu au bout de quelques jours. Les plaques néga-hves peuvent servir à peu près indéfiniment : Us électrodes positives s’usent au contraire assez vite et doivent être remplacées au bout d un certain temps ; de là une dépense d’entre-hen qui s’élève à environ 20 p. 100 du prix des aPpareils, dépense assez importante par consé-
- quent, puisque ce prix d’achat est lui-même élevé.
- Utilité des accumulateurs. — Nous venons de voir que l’emploi des accumulateurs suppose nécessairement une certaine perte, et qu’ils ne rendent jamais d’une manière complète l’énergie qu’ils ont absorbée. Malgré ce défaut, ils peuvent rendre des services dans bien des cas, et surtout pour l’éclairage.
- Ils permettent d’abord de réduire les dimensions des machines qu’on aurait à employer sans leur secours, et diminuent ainsi les frais d’amortissement et la place occupée par l’installation. Un des principaux obstacles à l’extension de la lumière électrique, c’est la difficulté de trouver au sein d’une grande ville, à Paris par exemple, un emplacement assez grand pour installer des machines d’une force motrice suffisante : il faut en effet un cheval-vapeur pour un foyer Jablochkoff ou pour huit lampes à incandescence de vingt bougies. Il faut en outre compter avec les règlements qui régissent l’installation des chaudières à vapeur dans les immeubles habités.
- C’est ici que l’emploi des accumulateurs peut être utile. Supposons en effet qu’on veuille installer 100 lampes à incandescence de 20 bougies, devant fonctionner pendant quatre heures chaque jour. Il faudra un moteur de 13 chevaux marchant pendant la durée de l’éclairage. Si au contraire on emploie des accumulateurs, on pourra les charger à l’aide d’une machine fonctionnant pendant douze heures : il suffira donc d’employer, pour avoir le même résultat, une force trois fois moindre, soit 4,33 chevaux. En réalité ce calcul n’est pas tout à fait exact : il faut tenir compte du rendement des accumulateurs, qui ne dépasse guère 80/100, de sorte quela force nécessaire sera 4,33 X 100/80 ou 5,4 chevaux. Cette diminution permettra de remplacer la machine à vapeur par un moteur à gaz, beaucoup plus facile à installer. Il est vrai qu’avec ces moteurs le prix de revient de la force est un peu plus élevé, mais en revanche la simplicité de la mise en marche permet de se dispenser d’un chauffeur.
- Une seconde raison rend l’emploi des accumulateurs indispensable dans toute installation d’éclairage un peu importante : c’est la nécessité de régulariser la lumière et de parer aux extinctions subites. Ainsi, quand on se sert d’un moteur à gaz, les admissions de gaz dans le cylindre déterminent des variations brusques de vitesse que le volant ne suffit pas à pallier, et qui se traduisent par des variations d’inten-
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- ACIÉRATION. — ACTINOMÈTRE.
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- sité lumineuse. L’introduction de quelques accumulateurs dans le circuit donnera un écoulement régulier d’électricité, qui viendra compenser ces inégalités. De plus, si la machine dynamo vient à s’arrêter par le relâchement d’une courroie ou pour toute autre raison, les accumulateurs fourniront l’électricité nécessaire pour empêcher l’extinction et entretenir l’éclairage jusqu'à ce qu’on ait remédié à la cause d’arrêt.
- Enfin les accumulateurs peuvent servir comme source unique d’électricité dans certains cas, soit pour l’éclairage, soit pour la force motrice. Ainsi l’on peut employer utilement les accumulateurs pour la traction ou l’éclairage des voitures, des bateaux, des vélocipèdes : ils présentent alors sur les machines ou les piles l’avantage d’un poids généralement plus faible et d’une manœuvre beaucoup plus simple. On a même songé à les employer pour la distribution de l’électricité à domicile : on transporterait chaque semaine chez les abonnés les accumulateurs chargés dans une usine centrale, et l’on reprendrait ceux qui ont été déchargés en tout ou en partie; mais, pour rendre ce système pratique, il faudrait arriver encore à diminuer notablement le poids de ces appareils. On pourrait encore laisser les accumulateurs à poste fixe chez les abonnés, et les charger de l’usine centrale. La canalisation serait ainsi moins coûteuse à établir que pour une distribution directe, parce que les fils seraient moins gros, et la force motrice à installer à l’usine centrale serait beaucoup moins considérable.
- Ces systèmes n’ont pas donné jusqu’à présent d’excellents résultats pour une distribution permanente, mais ils conviennent parfaitement pour une installation temporaire : aussi les emploie-t-on couramment pour l’éclairage des bals et des fêtes, lorsqu’il n’y a pas dans les locaux d’installation permanente. Dans ce cas, la question de dépense devient tout à fait secondaire, et les compagnies d’éclairage peuvent trouver un bénéfice suffisant. La figure 12 représente une installation provisoire de ce genre : on apporte sur une voiture, disposée à cet effet, le nombre d’accumulateurs nécessaire pour éclairer les salons pendant environ dix heures, et l’on dispose les lampes à incandescence snr les lustres et les appliques destinés à l’éclairage ordinaire. Une telle installation coûte environ 5 francs par lampe de cinq bougies. Celle fiue représente notre dessin se composait de 108 lampes Swan de cette valeur disséminées dans cinq salons.
- Pour l’éclairage, les accumulateurs peuvent
- donc servir : 1° comme source d’électricité, surtout d’une façon temporaire ; 2° pour permettre de diminuer l’importance de l’installation des machines ; 3° pour régulariser l’éclairage et parer aux estimations. Ils jouent alors en quelque sorte le rôle de volant électrique. On peut dans ce cas les remplacer par des voltamètres régulateurs (Voy. ce mot).
- Les accumulateurs peuvent encore être employés utilement : à l’éclairage des wagons de chemin de fer, à la propulsion des bateaux, des voitures et des tramways.
- ACIÉRATION. — Opération ayant pour but de recouvrir d’un dépôt de fer galvanique les planches de cuivre gravées afin de les rendre plus résistantes et de leur permettre de se prêter à un tirage beaucoup plus abondant. Elle a été imaginée en 1831 par M. Garnier.
- On fait dissoudre du sel ammoniac dans dix fois son poids d’eau et l’on plonge dans ce bain, d’une part un fil relié au pôle négatif d’une pile, d’autre part une plaque de fer en communication avec le pôle positif, et destinée à servir d’électrode soluble. L’action du courant donne naissance à un chlorure de fer ammoniacal ; on enlève alors le fil négatif et on y suspend la planche de cuivre, préalablement décapée à la potasse, puis on la plonge dans le bain. La décomposition électrolytique du chlorure de fer ammoniacal, qui s’est formé d’abord, recouvre bientôt la plaque d’une couche de fer très dure et qui résiste très bien à l’action de la presse.
- Lorsque le dépôt d’acier commence à s’user, on le dissout dans l’acide nitrique étendu, et l’on acière à nouveau.
- ACTINOMÈTRE. — Appareil servant à mesurer l’intensité calorifique des rayons solaires. M. Morise a appliqué à cette détermination les propriétés du sélénium dont la résistance varie avec l’intensité de la lumière qui l’éclaire. Un fragment de sélénium, exposé à la lumière, est intercalé avec un galvanomètre dans le circuit d’une pile constante. Les déviations du galvanomètre font connaître, au moyen d’une graduation préalable, l’intensité des radiations.
- Actinomètre enregistreur.—Cet instrument, imaginé par M. Grova en 1886, permet de conserver la trace des observations. L’orgaue essentiel est une pile thermo-électrique, fer et maille-chort, ayant la forme d’une paire de disques très minces, qui constituent les soudures. Ces deux disques sont placés perpendiculairement à l’axe dans un tube en laiton ; l’un reçoit normalement sur sa surface noircie les radiations solaires transmises à travers une série de dia-
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- ACTIONS ÉLECTRIQUES (Lois des).
- phragmes minces en aluminium, percés d’ouvertures de grandeur décroissante jusqu’à la plus petite, qui a 4 millimètres et qui est en face du disque actinométrique ; l’autre disque est maintenu dans l’obscurité (flg. 13).
- Le tube B qui contient la pile thermo-électrique est monté équatorialement. Au moyen d’un engrenage conique et d’un axe vertical qui traverse le toit, il reçoit d’une horloge A un mouvement tel qu’il est toujours dirigé vers le soleil. Des conducteurs flexibles et isolés relient la pile thermo-électrique à un galvanomètre placé dans une chambre noire à l’intérieur de l’édifice. Ce galvanomètre est entouré d’une double cage en tôle munie d’ouvertures à travers lesquelles un faisceau lumineux émis par une lampe vient frapper le miroir de l’instrument. Le faisceau réfléchi rencontre un papier photographique extra-rapide, qui descend lentement d’un mouvement uniforme, sous l’action de l’horloge. La trace imprimée par ce faisceau se déplace à droite ou à gauche suivant que la radiation est plus ou moins intense. Une calorie est représentée par une ordonnée de 60 à 70 millimètres. Cet enregistreur est analogue à ceux qui servent pour l’électricité atmosphérique ou le magnétisme terrestre.
- ACTIONS ÉLECTRIQUES (Lois des). — Du
- Fay a constaté au siècle dernier que : Deux corps chargés de la même électricité se repoussent, et deux corps chargés d’électricités contraires s’attirent.
- Coulomb a montré en 1784 que ces actions obéissent à la loi suivante, qui porte son nom :
- Les attractions et répulsions électriques varient en raison inverse du carré de la distance.
- Pour vérifier la loi des distances, il a pris deux petites sphères électrisées, qui peuvent être comparées à deux points, car on démontre qu’elles agissent comme si leur charge était tout entière concentrée au centre. U s’est servi de la balance de torsion (Yoy. ce mot). On amène d’abord la boule mobile à la place de la boule fixe, le fil n’éprouvant aucune torsion; la boule mobile et l’index se trouvent alors au zéro des deux graduations. On introduit la boule fixe préalablement électrisée ; elle touche la boule mobile, qui prend une partie de sa charge et est aussitôt repoussée. En tordant le fil à la partie supérieure, on ramène la boule mobile vers la boule fixe et on la maintient en équilibre à une distance donnée, la répulsion électrique étant équilibrée par la force de torsion du fil métallique. La torsion du fil est égale dans ce cas à la distance angulaire des boules, plus l’angle dont on a tourné la pince à la partie supérieure.
- Coulomb cite l’expérience suivante : l’appareil ayant été électrisé, la boule mobile fut repoussée à 36° ; la torsion était donc 36°. En tournant la pince de 126°, on ramena la boule à 18° ; la torsion était 126-(-18 = 144°. En tournant de 567°, on la ramena à 8°,5, et la torsion totale était 567-1-8,5=575,5. Si cette dernière déviation eût été de 9°, on aurait eu pour des distances de 36°, 18°, 9°, des torsions de 36, 144 et 576 qui sont proportionnelles à l2, 22, et 42. La petite différence peut être attribuée à la déperdition. Ces résultats vérifient donc bien la loi du carré des distances.
- Pour les attractions, Coulomb opérait de la même manière, mais en tordant d’abord le fil pour éloigner les boules l’une de l’autre.
- Enfin les actions électriques sont proportionnelles au produit des deux masses électriques en
- Fig. 13. — Actinomètre enregistreur (Pel)in).
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- ACTIONS MAGNÉTIQUES (Lois des). — AÉROSTAT ÉLECTRIQUE.
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- présence m et m', d’après la définition même de la masse. Si donc on choisit convenablement les unités, l’action de ces deux masses sera
- f--
- Dans le cas des attractions, Coulomb s’est servi également de la méthode des oscillations (Voy. cemot) qui, dans ce cas, est plus commode.
- L’aiguille étant placée successivement à des distances D et D' de la sphère, les durées d’oscillation étaient t et t' ; appelons F et F' les valeurs de la force qui produisaient le mouvement dans chaque cas
- t /F'
- rVr'
- Si la loi de Coulomb est exacte, on doit avoir
- D'2
- ACTIONS MAGNÉTIQUES (Lois des). —
- Deux pôles de même nom se repoussent et deux pôles de nom contraire s'attirent.
- Même en considérant un aimant comme réduit à deux masses magnétiques égales et de signes contraires situées aux deux pôles, l’action mutuelle de deux aimants est représentée par quatre forces. Cependant, en employant des barreaux suffisamment longs, on peut négliger l’effet des deux pôles les plus éloignés et considérer l’action comme se réduisant à celle des deux pôles les plus voisins. C’est dans ces conditions que Coulomb a pu, à l’aide de sa balance de torsion, vérifier que les actions magnétiques obéissent à la même loi que les actions électriques.
- Les attractions et répulsions qui s’exercent entre deux pôles varient en raison inverse du carré de leur distance.
- L’action de deux pôles est donc encore représentée par
- mm'
- fz=z~pr'
- aérostat électrique. — mm. g. et a.Tis-
- sandier essayèrent les premiers, en 1883, d’appliquer l’électricité à la direction des ballons. La figure 14 représente leur aérostat, qui était fusiforme, et recevait le mouvement d’une hélice actionnée par une machine Siemens, excitée elle-même par une pile au bichromate de Potasse. Ils purent atteindre une vitesse propre
- de 3 mètres par seconde. Mais ils rencontrèrent des vents de vitesse supérieure, contre lesquels ils ne purent tenir. Le gouvernail n’était pas non plus assez parfait pour leur permettre de manœuvrer avec facilité.
- Les capitaines Ch. Renard et A. Krebs obtinrent bientôt après des résultats beaucoup plus satisfaisants, et, dans une ascension faite le 9 août 1884, par un temps calme, ils purent redescendre exactement au point de départ. L’aérostat s’éleva lentement de la pelouse des
- Fig. 14. — Aérostat de MM. Tissandier.
- ateliers militaires de Chalais et prit sous l’impulsion de l’hélice une vitesse d’environ 20 kilomètres à l’heure. Arrivé au-dessus de Villa-coublay, à 4 kilomètres du point de départ, le ballon décrivit un demi-tour sur la droite avec un rayon de 300 mètres, et revint atterrir sur la pelouse même du départ.
- L’aérostatde MM. Renard et Krebs (fig. 15) était fusiforme. Il avait 50,42 mètres de longueur, 8,40 mètres de diamètre, et cubait 1864 mètres. L’hélice était mue par une machine de Gramme, actionnée par des piles divisées en quatre sections, pouvant être groupées en surface ou en tension de trois manières différentes.
- Depuis cette époque, le capitaine Renard a fait connaître la nature de la pile employée, qui a l’avantage d’être extrêmement légère.Le liquide est constitué par une dissolution d’acide chromique dans l’acide chlorhydrique étendu à 11° B., qui se comporte comme une dissolution de chlore. L’électrode positive est un cylindre d’argent platiné et le crayon de zinc est au centre. Pour faire comprendre les qualités de cette pile, nous dirons qu’une pile de 36 élé-
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- AFFINAGE ÉLECTRIQUE
- ments de 30 millimètres de diamètre en tension peut alimenter pendant deux heures une lampe à arc Gramme de 30 carcels; le poids de la pile est de 13 kilogrammes, la dépense électrique 200 à 230 watts. 60 éléments de 40 millimètres en tension peuvent alimenter un lustre composé d’une lampe anglaise à incandescence de 200 bougies et de 12 lampes Gérard de 10 bou-gies.
- La disposition de la chemise de suspension, son mode de réunion avec le ballon, le volume du ballonnet, la construction de l’hélice, du gouvernail, du moteur électrique, la disposition ayant pour but d’assurer la stabilité longitudinale, tous les détails ont été étudiés avec le plus grand soin, et exécutés de manière à obtenir la plus grande légèreté possible.
- En somme, si MM. Renard et Krebs n’ont pas
- Fig. 15. — Ascension de MM. Renard et Krebs, le 9 août 1884.
- résolu complètementl’impbrtantproblème de la direction des ballons, ils ont cependant pu obtenir une vitesse capable de résister aux vents régnant le plus ordinairement dans notre pays, c’est-à-dire de près de 7 mètres par seconde. Cette solution est suffisante au point de vue militaire, car elle permet de communiquer avec une ville assiégée, en choisissant un temps favorable pour l’ascension.
- AFFINAGE ÉLECTRIQUE. - Purification des
- métaux par voie électrolytique. Brevetée par Elkington en 1866, cette méthode n’a encore été appliquée qu’au cuivre et au plomb.
- Affinage du cuivre. — La plaque de cuivre brut qu’on veut raffiner est suspendue comme anode soluble dans un bain semblable à ceux qui servent pour la galvanoplastie ; la cathode est constituée par une plaque mince de cuivre pur. Un dépôt de métal pur se forme peu à peu sur cette électrode, tandis que le cuivre de l’a-
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- AGOMÈTRE. — AIGRETTE LUMINEUSE.
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- node se dissout dans le liquide. Lorsque l’impureté dont on veut se débarrasser est du plomb, métal insoluble dans le bain, il tombe au fond s’il est en petite quantité, ou sinon, reste à l’état de carcasse solide à l’anode. Si l'impureté est constituée par l’argent, ce métal, soluble dans le liquide, ne peut en réalité se dissoudre tant qu’il reste du cuivre non attaqué, car on sait que le cuivre précipite les sels d’argent. Celui-ci tombe donc encore au fond du bain.
- Dans la Norddeutsche Affinerie de Hambourg, où l’on produit par jour 2500 kilogrammes de cuivre pur, les bains sont disposés en deux séries formées chacune de 120 cuves associées en tension ; la surface de chaque électrode est de 15 mètres carrés, et leur distance est d’environ 5 centimètres.
- Le métal obtenu par l'affinage électrique est parfaitement pur, très tenace et très ductile ; il convient parfaitement au laminage et à l’estampage et exige moins de recuit; il possède enfin une conductibilité très supérieure à celle du métal ordinaire, ce qui le rend précieux pour un grand nombre d’applications et surtout pour la construction des machines.
- Malgré ces qualités incontestables et le prix élevé du métal obtenu, le rendement de l’affinage électrique serait très mauvais, si les métaux précieux, or et argent, qu’on retire du métal impur, ne compensaient presque entièrement les frais. En 1880, on a recueilli ainsi à Hambourg 1200 kilogrammes d’or fin.
- Affinage du plomb. — Le procédé Keith est destiné à raffiner le plomb brut, qui contient environ 10 p. 100 d’argent, de cuivre, d’arsenic, d’antimoine, de fer et de zinc.
- On prend un bain de sulfate de plomb dissous dans l’acétate de soude, et l’on y plonge cinq cathodes de plomb pur, séparées par un nombre égal d’anodes formées du métal qu’on 'eut purifier, et placées dans des sacs de mousseline; ces deux séries de plaques sont reliées aux deux pôles d’une machine magnéto-élec-Rique. Le plomb se dépose sous l’influence du courant; l’or, l’argent, l’antimoine tombent dans les sacs de mousseline; le fer et le zinc se dissolvent avec le plomb, mais ils restent dans a liqueur ou se déposent seulement à l’état
- oxydes qu’on sépare facilement du plomb enle fondant.
- Le plomb raffiné n’est pas absolument pur :
- contient encore des traces de métaux étrangers, notamment de bismuth.
- AGOMÈTRE. — \oy. Diagomètre.
- Dictionnaire d’électricité.
- AIGRETTE LUMINEUSE. — Jet lumineux qu’on voit s’échapper des points saillants d’une machine électrique, lorsqu’elle fonctionne dans l’obscurité (fig. 16). Ces décharges, peu visibles,
- Fig. 16. — Aigrette lumineuse.
- sont accompagnées d’un bruissement sourd qui rappelle un peu celui d’un soufflet ou d’un jet de vapeur. Les aigrettes ont été observées pour la première fois vers 1755 par Gray, qui leur donna ce nom. On obtient de belles aigrettes en approchant de la machine un conducteur en communication avec le sol, et ayant une grande surface, comme un plateau ou une sphère. On voit alors l’aigrette partir des deux conducteurs opposés et s’élargir vers le milieu en une partie à peu près obscure. Les deux extrémités présentent des aspects différents ; près du conducteur positif, l’aigrette est formée d’un pédoncule rectiligne assez brillant, qui se subdivise en un grand nombre de branches d’une teinte violacée beaucoup moins vive; ces branches se ramifient à leur tour en traits de plus en plus pâles. Du côté du conducteur négatif, on voit une lueur plus courte, formée de traits parallèles rapprochés.
- La même différence d’aspect se retrouve aux pointes des peignes des machines électriques. Les aigrettes s’observent encore facilement entre les pôles d’une machine de Holtz dont on a enlevé les bouteilles ; en écartant les deux branches de l’excitateur, on obtient de belles aigrettes de forme variée ; si l’on rapproche les boules, on obtient, pour une distance d’un ou deux centimètres, un mélange de traits violacés et d’autresplus éclatants, c’est-à-dire d’aigrettes et d’étincelles.
- Les aigrettes, comme les étincelles, sont discontinues ; on peut le constater à l’aide d’un miroir tournant, ou en imprimant à l’œil des mouvements rapides adroite et à gauche.
- L’aigrette et l’étincelle peuvent s’obtenir pour une même différence de potentiel ; il suffit de
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- AIGUILLE AIMANTÉE. — AIMANT.
- faire varier la distance explosive ou le débit de la machine.
- Dans les gaz autres que l’air ou l’azote, les aigrettes présentent des aspects et des couleurs variables, mais l’aigrette positive est généralement moins développée, et la différence entre les deux espèces d’électricité disparaît quelquefois à peu près complètement.
- AIGUILLE AIMANTÉE. — On désigne sous ce nom une petite lame d’acier, ayant la forme d’un losange très allongé (fig. 17), à laquelle
- Fig. 17. — Aiguille aimantée.
- on a communiqué les propriétés magnétiques. On laisse ordinairement sur la moitié nord de l’aiguille, pour permettre de la reconnaître, la couche bleue d’oxyde qui s’est formée pendant le recuit. Le plus souvent, les aiguilles aimantées sont munies en leur milieu d’une chape d’agate qu’on pose sur la pointe d’un pivot vertical; une telle aiguille se tient en équilibre dans le méridien magnétique. D’autres aiguilles sont mobiles dans un plan vertical (Voy. Boussole d’inclinaison) ; d’autres enfin sont placées dans une chape suspendue à un fil de soie sans torsion et se placent d’elles-mêmes dans la direction des forces terrestres.
- AIGUILLE POUR GALVANOCAUSTIQUE. — Voy. Galvanocaustique.
- AIGUILLES ASTATIQUES. — Voy. Asiatiques (Aiguilles).
- AIGUILLE THERMO-ÉLECTRIQUE. — Élément de pile thermo-électrique destiné à servir de thermomètre et ayant la forme d’une aiguille (Voy. Thermomètre électrique).
- AIMANT. — Corps qui possède naturellement ou qui a reçu artificiellement la propriété magnétique.
- Aimant naturel. — On donne ce nom à un minéral assez répandu dans la nature, et qui se distingue par la propriété d’attirer le fer et quelques autres métaux. Ce composé est Y oxyde salin ou magnétique de fer, Fe304 ; c’est le meilleur minerai de fer. On le trouve notamment en Suède et en Norwège, où il forme des montagnes entières ; il s’y présente en masses compactes, noirâtres, douées de l’éclat métallique
- et ayant pour densité 5,09 ; on le trouve dans la nature amorphe ou cristallisé en octaèdres.
- Chauffé au rouge, l’aimant perd sa propriété magnétique. On trouve d’ailleurs des échantillons qui n’ont pas cette propriété ; il en est de même de ceux qu’on prépare artificiellement dans les laboratoires.
- Les aimants naturels ne sont pas employés dans les applications, parce que leur action magnétique, très faible, est répartie très irrégulièrement dans leur masse. La figure 64 montre un aimant naturel muni de son armature.
- Aimant artificiel. — On remplace d’ordinaire les aimants naturels par des barres d’acier auxquelles on communique la propriété magnétique. (Voy. Aimantation [Procédés d’]). On peut donner à ces barres différentes formes; on se sert le plus souvent, soit de parallélépipèdes allongés, soit d’une lame recourbée en forme d’U ou de fer à cheval (fig. 23). On fait usage aussi dans certains cas de petites aiguilles aimantées (Voy. ce mot) en forme de losanges très allongés.
- Pôles des aimants ; ligne neutre. — Si l’on plonge un barreau aimanté dans la limaille de fer, on constate, quelle que soit sa forme, que ses différents points exercent une attraction inégale ; la limaille s’attache d’ordinaire surtout aux deux extrémités (fig. 18, a) où elle forme
- a
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- b
- Fig. 18. — Action des aimants sur la limaille de fer.
- de grosses grappes, tandis qu’il y en a très peu sur les autres parties. Si l’aimant a la forme d’un fer à cheval, la limaille forme une masse compacte qui réunit les deux extrémités voisines. Il y a donc vers les extrémités d’un aimant des points qui attirent le fer plus fortement : ce sont les pôles de l’aimant. La partie médiane, où l’attraction est nulle, est appelée ligne neutre.
- Points conséquents. — Les aimants n’ont généralement que deux pôles, un à chaque bout; on peut cependant arriver à en obtenir un plus grand nombre; les pôles intermédiaires (fig. 18, b) prennent alors le nom de points conséquents.
- Ces points sont alternativement de signes
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- AIMANT.
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- contraires; les pôles extrêmes sont de signes contraires ou de même signe suivant que le nombre des points conséquents est pair ou impair.
- Distinction des pôles. — Considérons un aimant n’ayant que deux pôles, ce qui est le cas le plus ordinaire. Ces deux pôles ne jouissent pas de propriétés identiques. On constate en effet, si l’on dispose l’aimant sur un pivot, de manière à le rendre parfaitement mobile dans un plan horizontal, qu’il prend une direction fixe, peu différente de la ligne nord-sud, le pôle qui se tourne vers le nord étant toujours le même. Chaque aimant possède donc un pôle nord on positif et un pôlesitd ou négatif. D’après l’ancienne hypothèse de l’aimant terrestre (Yoy. Magnétisme terrestre), on donne encore quelquefois au pôle nord le nom de pôle austral et celui de pôle boréal au pôle sud.
- En faisant agir l’un sur l’autre deux aimants dont l’un est mobile, on constate que les pôles de noms contraires s’attirent, et les pôles de même nom se repoussent.
- Coulomb a donné les lois qui régissent la grandeur de ces actions (Yoy. Actions magnétiques).
- Bien que nous ignorions la nature du magnétisme, il est facile de délinir les quantités de magnétisme ou les masses magnétiques. En effet, on dira qu’une masse est double d’une autre lorsqu’elle exercera une action deux fois plus grande sur un même pôle placé à la même distance.
- Les masses magnétiques étant soumises aux mêmes lois que les masses électriques, on voit qu’on pourra toujours, dans les calculs, remplacer ces masses par des masses électriques de même valeur numérique. Le champ, le potentiel, etc., se définissent donc comme pour l’électricité. Mais il faut remarquer que l’identité existe seulement dans les calculs, le magnétisme et l’électricité étant sans doute des modifications d’un même milieu, mais des modifications absolument distinctes.
- Définition exacte des pôles. — Lorsqu’un aimant se trouve dans un champ uniforme, 1 action de celui-ci est représentée par une sene de forces parallèles appliquées à toutes les molécules de l’aimant ; celles qui sont appliquées aux masses positives sont toutes de meme sens, celles qui sont appliquées aux masses négatives sont de sens contraire. Ces deux troupes de forces donnent naissance à deux résultantes qui leur sont respectivement paral-e es> et sont par suite de sens contraires. Les Points d application de ces deux forces s’appel-
- lent les pôles. Tout se passe donc comme si les masses positives et négatives de l’aimant étaient concentrées à ses deux pôles, et, dans un champ uniforme, il est soumis à deux forces parallèles et de sens contraires, appliquées à ces deux pôles. On appelle axe magnétique ou ligne axiale la droite qui joint les deux pôles. On la compte positivement du pôle sud au pôle nord.
- Remarquons que, si le champ n’est pas uniforme, les forces ne sont plus parallèles, et les considérations précédentes ne s’appliquent plus.
- La masse magnétique d’un aimant est toujours nulle.— Nous venons de voir que l’action d’un champ uniforme, tel que le champ terrestre, sur un aimant se réduit à deux forces parallèles et de sens contraires. On sait de plus que cette action n’a ni composante horizontale ni composante verticale (Yoy. Magnétisme et Champ terrestre) ; ces deux forces sont donc égales et forment un couple ; par conséquent les deux masses positive et négative, qu’on peut supposer condensées aux pôles, sont égales, et, comme elles sont de signes contraires, leur somme algébrique est nulle.
- Rupture d’un barreau aimanté. — Si l’on coupe un aimant en deux parties, l’on constate que chaque moitié constitue un aimant complet : les deux pôles primitifs ont gardé leur signe, et il s’est formé, près de la section, des pôles de noms contraires. Si l’on continue à couper l’aimant en un nombre quelconque de fragments, chacun d’eux constitue toujours un aimant complet ; tous les pôles nord se sont formés d’un côté, tous les pôles sud du côté opposé. Cette expérience montre l’impossibilité de séparer les deux espèces de magnétisme, et d’obtenir une certaine quantité de magnétisme isolée, sans avoir en même temps une quantité de magnétisme contraire qui lui soit égale. Elle montre aussi que le magnétisme est un phénomène particulaire, et qu’un aimant doit être considéré comme formé d’une série de molécules aimantées ayant toutes leurs pôles
- C D
- Fig. 19. — Constitution élémentaire d’un aimant.
- orientés dans le même sens. La fîg. 19 montre cette disposition.
- Distribution du magnétisme dans un aimant.
- | — Il est impossible de déterminer par expérience
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- AIMANT.
- la distribution du magnétisme dans l’intérieur d’un aimant, de même que la distribution de l’électricité dans l’intérieur d’un corps isolant.
- Il est facile de voir en effet que les masses magnétiques contenues dansun’aimant équivalent, quelle que soit leur distribution, à deux couches superficielles égales et de signes contraires, qui seraient distribuées sur la surface suivant une certaine loi. En effet, nous pouvons, d’après ce que nous avons dit plus haut, supposer pour un instant les masses magnétiques remplacées par des masses électriques de même valeur, mais fixes, comme le sont les masses magnétiques elles-mêmes, et l’aimant recouvert d’une surface conductrice infiniment mince et en communication avec le sol. On sait (Yoy. Influence électrique) que cette surface se recouvrirait d’une couche électrique dont la masse serait égale et de signe contraire à la somme algébrique des masses intérieures, et qui exercerait sur tout point extérieur une action égale et contraire à celle des masses données. Donc on pourrait remplacer toutes les masses intérieures par une couche distribuée sur cette surface et dont la densité serait en chaque point égale et contraire à celle de la couche précédente. La même substitution peut se faire aussi pour les masses magnétiques, mais dans ce cas la couche ainsi imaginée devra avoir une masse totale nulle; elle sera donc formée de deux couches égales et de signes contraires, recouvrant l’une l’extrémité nord, l’autre l’extrémité sud, et séparées par une ligne neutre.
- L’étude des actions exercées par un aimant sur les points extérieurs ne peut donc pas nous faire connaître la distribution intérieure ; elle ne peut même fournir que des renseignements assez imparfaits sur la couche fictive que nous venons de définir, car elle fait connaître seulement la composante normale de l’action, et, la couche fictive n’étant pas en général une couche d’équilibre, cette composante n’est pas proportionnelle à la densité au point correspondant.
- Expériences de Coulomb et de Jamin. — Coulomb a essayé le premier de déterminer la distribution du magnétisme par la méthode des » oscillations. Une très petite aiguille aimantée, suspendue à un fil de soie sans torsion, se plaçait d’elle-même dans le méridien magnétique ; on la faisait osciller, d’abord sous l’action de la terre seule, puis sous l’action combinée de la terre et du barreau, à deux distances différentes (Yoy. Méthode des oscillations). Sin, N et N' sont les nombres d’oscillations par se-
- conde dans ces trois cas, F et F' les actions du barreau, on a
- F N2 _
- F — N'3 — n2’
- F
- Le rapport p- est celui des composantes normales aux deux points observés. Cependant une correction est nécessaire lorsqu’on arrive à l’extrémité du barreau, à cause du défaut de symétrie qui se produit alors : Coulomb doublait le nombre obtenu dans ce cas, mode de correction insuffisamment exact.
- Coulomb s’est également servi pour cette étude de la balance de torsion magnétique (Voy. ce mot); une longue aiguille aimantée étant suspendue à l’extrémité d’un fil métallique et en équilibre dans le méridien magnétique, on introduisait dans l’appareil un long barreau aimanté placé verticalement dans le méridien et qui repoussait l’aiguille; on mesurait dans chaque cas la torsion nécessaire pour ramener l’aiguille à une distance fixe et très petite de l’aimant. Ces expériences furent les seules exécutées jusqu’à ces dernières années.
- Jamin s’est servi d’une autre méthode, dans laquelle il mesurait l’effort nécessaire pour arracher un très petit contact de fer doux appliqué successivement sur les différentes sections du barreau; on peut admettre que ce contact prend par influence une aimantation proportionnelle à la composante normale cherchée ; l’effort mesuré est donc proportionnel au carré de cette composante. Le contact A (fig. 20)
- Fig. 20. — Contact d’épreuve pour la distribution du magnétisme.
- était suspendu à l’un des plateaux d’une balance et équilibré par un ressort à boudin DE attaché
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- à un fll F qui s’enroulait sur un treuil gradué KL. L’appareil étant au zéro, on applique le contact sur le barreau M, qu’on veut étudier, et l’on tourne le treuil KL jusqu’à ce qu’il se détache. On fait eusuite avancer le barreau M et l’on recommence les mêmes opérations.
- Signalons enfin la méthode de Van Rees, qui est fondée sur les propriétés des courants d’induction et donne la composante normale avec plus d’exactitude.
- Courbes des composantes normales. — En élevant en tous les points du barreau des ordonnées proportionnelles aux nombres obtenus, on obtient une courbe qui ne peut représenter, comme nous l’avons dit, que les composantes
- n
- avec le barreau NS un angle constant (fig. 22'a). Pour les aimants longs, la distribution est représentée par deux triangles ayant les mêmes dimensions que pour un aimant dont la longueur serait exactement égale à 50 diamètres ; leur base est donc égale à 25 fois le diamètre
- a
- Fig. 22. — Lignes de distribution d’après Coulomb.
- Fig. 21. — Courbe des composantes normales.
- normales. La fig. 21 montre l’aspect des courbes obtenues par Coulomb pour les aimants cylindriques. Biot a montré qu’elles peuvent être représentées par la formule
- (fig. 22, b). Dans l’espace intermédiaire, il n’y a qu’une quantité de magnétisme négligeable.
- Position des pôles. — Si les courbes précédentes représentaient exactement la distribution du magnétisme, il serait facile d’en déduire la position exacte des pôles. En effet, l’ac tion d’un champ uniforme sur chaque masse étant proportionnelle à la grandeur de cette masse, les ordonnées représenteraient l’action de ce champ. Il suffirait donc de composer des forces parallèles dont les grandeurs seraient figurées par ces ordonnées. Le point d’application de la résultante de ces forces ^obtiendrait en pro-
- y = A fir® — p/ x)
- l étant la longueur du barreau, A et pi deux constantes; les abscisses æ sont comptées à partir d’une des extrémités. La figure représente seulement la moitié de l’aimant; la distribution sur l’autre moitié serait figurée par une courbe égale, mais symétrique, le magnétisme étant de signe contraire.
- On peut obtenir unerepréseîitation approchée du phénomène en remplaçant la courbe par une droite. Coulomb divisait les aimants en deux catégories, les aimants longs, ayant une longueur supérieure à 50 fois leur diamètre, et les aimants courts, ayant une longueur inférieure a cette limite. Pour ces derniers, le magnétisme est tiguré sensiblement par une droite faisant
- jetant sur le barreau le centre de gravité de la courbe ou de l’aire triangulaire. D’après la fig. 22, les pôles seraient donc, pour les aimants courts, au sixième de la longueur à partir de l’extrémité; dans les aimants longs, ils seraient à une distance de l’extrémité fixe et égale à environ 8 fois le diamètre. Les courbes précédentes ne représentant que les composantes normales, on n’obtient ainsi qu’approxi-mativement la position des pôles.
- Intensité d’aimantation. — Voy. Aimantation.
- Hypothèses sur la constitution des aimants. — On a d’abord expliqué le magnétisme par l’existence de deux fluides coexistant en quantité égale et illimitée dans les barreaux d’acier; par suite l’aimantation pourrait augmenter sans limites.
- Ampère a été amené le premier par l’étude des solénoïdes et des actions électromagnétiques à assimiler les aimants à des courants. L’expérience de l’aimant brisé conduit à con-
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- AIMANT.
- sidérer les aimants comme formés par une série de petits aimants moléculaires. On peut admettre qu’à l’état neutre chaque molécule est entourée par un courant électrique infiniment petit et forme un aimant élémentaire; mais, dans ces conditions, tous ces petits aimants ont des directions quelconques. Sous l’action d’un champ magnétique, toutes ces particules tendent à s’orienter, et à placer leurs axes dans la direction de ce champ. L’aimantation est d’autant plus forte que le phénomène est plus complet, et elle est maximum lorsque les axes de toutes les molécules sont devenus parallèles. Il résulte en effet de toutes les expériences que l’aimantation doit avoir une limite. Weber et Maxwell ont développé cette théorie, qui indique sensiblement les résultats que nous trouverons plus loin pour les coefficients, d’aimantation.
- Jamin considère les aimants comme formés par des files de molécules magnétiques égales, et suppose l’aimantation uniforme sur toute la longueur d’un même filet. Les aimants élémentaires qui constituent un même filet se touchent par leurs pôles de noms contraires ; par suite les actions de ces pôles égaux se neutralisent sur toute la longueur, sauf aux extrémités. Les filets sont donc inactifs sur toute leur étendue, sauf aux deux bouts, où ils présentent des pôles de même intensité pour tous. Chaque filet forme ce qu’on appelle un aimant solénoïdal.
- Dans un barreau aimanté longitudinalement, tous les filets traversent parallèlement la section moyenne ou ligne neutre, qui les entoure comme un anneau; mais, à mesure qu’ils s’éloignent de ce point, ils s’épanouissent de plus en plus, par la répulsion mutuelle des pôles voisins, qui sont tous de même signe; l’ensemble des filets va donc en s’élargissant à chaque bout comme un double éventail. Pour un même acier, le nombre des solénoïdes contenus dans un aimant est proportionnel à cette section, et la surface nécessaire pour leur épanouissement à chaque bout ne peut être inférieure à une certaine limite. Jamin donne le nom d’aimants métripolaires à ceux qui présentent exactement cette longueur limite. Si la longueur de l’aimant est plus grande, le nombre des solénoïdes, et par suite la quantité totale de magnétisme, n’augmente pas ; mais le moment magnétique devient plus grand, puisque les pôles des solénoïdes sont plus éloignés du milieu. Ce sont les aimants mégapolaires.
- Si l’aimant est trop court, il offre une surface insuffisante pour l’épanouissement des
- pôles ; certains solénoïdes, voisins des bords, dont les pôles opposés se trouvent alors très rapprochés, se ferment sur eux-mêmes, par l’attraction mutuelle de leurs pôles et la répulsion des pôles voisins, et n’exercent plus alors aucune action. Ce sont les aimants brachypo-laires.
- Influence de l’épaisseur des aimants. —
- Jamin a étudié la pénétration du magnétisme dans l’intérieur des aimants, en usant la surface à la meule ou par l’action d’un acide. Pour les lames minces, il a trouvé que, si la lame est mégapolaire, la quantité de magnétisme qui reste est proportionnelle à la section conservée ; si la lame est brachypolaire, cette quantité décroît moins vite que la section, car on coupe un certain nombre de filets qui s’étaient fermés et qui peuvent alors s’épanouir librement.
- Il n’en est plus de même si l’aimant est épais : on constate alors que l’aimantation est principalement superficielle, et que les parties intérieures sont à peu près dépourvues de magnétisme. Il n’est donc pas utile d’augmenter beaucoup l’épaisseur des aimants.
- Faisceaux magnétiques. —Lorsqu’on aimante un barreau d’acier, l’influence s’exerce surtout sur les couches superficielles, et la partie centrale s’aimante peu ou pas. Aussi, pour obtenir des aimants puissants, a-t-on coutume d’ai-
- manter séparément un certain nombre de lames minces et de les superposer ensuite, en mettant du même côté tous les pôles de même nom-Souvent on fixe aux extrémités des plaques de fer doux qui s’aimantent par influence et
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- AIMANTATION.
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- forment les pôles de l’appareil. La ligure 64 montre un de ces faisceaux magnétiques en forme de parallélépipède. Jamin a indiqué une disposition dans laquelle l’aimant (fig. 23) se compose d’une série de lames aimantées dans le même sens et repliées sur elles-mêmes; les pôles de fer doux sont séparés par une plaque de laiton ; une lame de même substance recouvre l’aimant et le protège contre la rouille. Cette disposition est peu employée maintenant.
- Action démagnétisante. Aimantation à saturation. — Dans un faisceau magnétique, il est évident que chaque lame est soumise à l’influence des lames voisines et tend à s’aimanter en sens contraire ; si l’on démonte un faisceau au bout de quelque temps, on voit que le moment des lames a diminué, surtout pour les lames centrales.
- Il est évident qu’une action démagnétisante analogue se produit dans un barreau unique, chaque couche du barreau agissant sur les couches voisines. Aussi un barreau d’acier qu’on a fortement aimanté perd peu à peu pendant un certain temps une partie de son aimantation, et finit par conserver une aimantation fixe, qu’on ne peut augmenter par aucun procédé. On dit qu’il est aimanté à saturation.
- Influence de la trempe et du recuit. — La trempe et le recuit influent beaucoup sur la limite d’aimantation. La force coercitive est d’autant plus grande que l’acier a été porté à une température plus élevée et refroidi plus brusquement. L’acier trempé très raide s’aimante peu, mais retient forteme'nt l’aimantation.
- Au lieu de tremper l’acier par les procédés ordinaires, on peut aussi avoir recours à la compression, suivant le procédé de M. Clémandot ; l’acier est chauffé au rouge cerise et soumis aune pression de 20 à 30 kilogrammes par millimètre carré.
- Les aciers d’Allevard sont ceux qui conviennent le mieux à la fabrication des aimants ; ils possèdent une force coercitive considérable, On on attribue à la présence d’une petite quantité de tungstène.
- On a fait aussi des aimants en nickel et en cobalt, qui ont présenté une force coercitive égale à celle de l’acier.
- Usages des aimants. — Les aimants présentent un grand nombre d’applications. Ils entrent dans la construction des boussoles, des téléphones, des machines magnéto-électriques ; ils peuvent servir à constater la présence du fer dans les minerais, et à séparer les parcelles de fer des autres métaux. Enfin, l’on essaye depuis quelques années d’employer les aimants en thérapeutique.
- L’action des aimants n’a guère été essayée jusqu’ici que sur les hystériques.. Ils paraissent agir en provoquant des courants d’induction dans les nerfs et les centres nerveux, lorsqu’on leur fait subir des déplacements. Quand on les laisse fixes, il est probable qu’ils amènent une orientation des courants nerveux, encore peu étudiée et dans tous les cas fort obscure Aucune étude physiologique sérieuse de cette action n’a encore été faite jusqu’ici. L’application d’un aimant paraît apte à faire disparaître une douleur névralgique ou une paralysie locale en la faisant passer avec moins d’intensité dans la partie symétrique du corps. On peut ainsi la faire disparaître peu à peu. M. Charcot a pu ainsi faire disparaître la contracture de la main et du poignet gauche (fig. 24).
- M. Ochorowiez a employé l’action de l’aimant pour reconnaître les personnes hypnotisables (Voy. Hypnoscope).
- AIMANTATION. — Action d’aimanter.
- Aimantation par influence. — Un morceau de fer ou d’acier, placé dans un champ magnétique, se transforme en un véritable aimant et prend un pôle sud du côté d’où viennent les lignes de force, un pôle nord du côté opposé. Cette aimantation par influence se produit instantanément si le fer est complètement î doux, plus lentement pour le fer écroui ou
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- AIMANTATION.
- impur, la fonte et surtout l’acier trempé. Mais elle persiste dans ce cas, tandis que celle du fer doux cesse avec l’inlluence qui lui a donné naissance.
- On nomme force coercitive la propriété qui permet à l’acier de garder l’aimantation et l’empêche de revenir à l’état neutre.
- On appelle magnétisme temporaire celui qui existe seulement pendant la durée de l’influence, et magnétisme rémanent ou résiduel celui qui persiste après que l’influence a cessé.
- L’influence magnétique est absolument analogue à l’influence électrique. Un morceau de fer doux aimanté par influence peut à son tour en aimanter un autre; celui-ci peut agir de même sur un troisième, et ainsi de suite; on peut le vérifier à l’aide de cylindres de fer doux ou plus simplement de clous un peu longs.
- L’aimantation par influence joue un rôle important dans les attractions magnétiques; les parcelles de limaille qui se suspendent à l’extrémité d’un aimant sont aimantées par influence et tournent toutes vers le pôle de l’aimant leurs pôles de nom contraire. Il en est de même dans l’expérience des spectres magnétiques. C’est aussi grâce à l’aimantation par influence qu’on obtient les aimants artificiels.
- Coefficient d’aimantation. — Lorsqu’un barreau s’aimante par influence, l’intensité d’aimantation A qu’il acquiert dépend évidemment de la force magnétisante F ou de l’intensité du champ'qui agit sur lui, et aussi de la nature du barreau. Le rapport de l’intensité d’aimantation à la force magnétisante est ce qu’on appelle le coefficient d'aimantation ou la susceptibilité magnétique de la substance employée.
- On dit que ce coefficient est positif ou négatif, suivant qu’il s’agit d’un corps magnétique ou diamagnétique.
- Pour déterminer le coefficient d’aimantation, il faut donc mesurer À et F. Mais la mesure de A est très compliquée, l’intensité d’aimantation étant généralement variable d’un point à un autre. On cherche d’ordinaire à donner au corps une aimantation uniforme, afin de pouvoir obtenir A en divisant le moment magnétique du corps par son volume. Or l’expérience montre qu’il ne suffit pas pour cela de placer le barreau étudié dans un champ uniforme, car chaque point %e trouve alors soumis non seulement à l’action uniforme du champ, mais aussi à l’influence des masses magnétiques dévelop-
- pées par cette action en tous les autres points du barreau. Il faut donc en outre adopter une disposition qui puisse annuler ou tout au moins rendre constante cette influence.
- Le calcul montre que cette condition est satisfaite pour une sphère, ou pour un ellipsoïde dont un des axes est parallèle à la direction du champ, ou pour un anneau placé de telle sorte que cette direction soit toujours tangente à un cercle concentrique. Enfin, pour un cylindre dont la longueur est au moins 300 ou 400 fois plus grande que le diamètre, et dont l’axe est parallèle à la direction du champ, l’action se réduit, pour la plus grande partie de la longueur, à celle du champ, et l’aimantation est uniforme pour toute cette partie, mais non aux extrémités. Il suffit de diviser cette intensité par l’intensité du chapap pour avoir k.
- Pour les corps diamagnétiques ou faiblement magnétiques, le coefficient d’aimantation est constant quelle que soit la force magnétisante; l’intensité d’aimantation est donc proportionnelle à cette force. Mais il n’en est plus de même pour les corps fortement magnétiques, le fer, le nickel ou le cobalt. Pour ces substances, l’intensité d’aimantation est d’abord proportionnelle à la force magnétisante, puis elle augmente moins vite et finit par devenir constante. Le coefficient est donc d’abord constant, puis diminue jusqu’à zéro.
- A la température ordinaire, le maximum d’aimantation est d’environ 1,800 à 2,500 unités C. G. S. pour le fer doux, de 500 pour le nickel, de 800 pour le cobalt.
- Le coefficient d’aimantation varie avec la température. Pour le fer, il varie très peu de 0° à 680°; il diminue alors brusquement et devient nul vers 770°.
- Pour le nickel, ce coefficient augmente un peu jusqu’à 200°, puis décroît ensuite et»devient nul vers 340°. Pour le cobalt, il augmente jusqu’à 325°.
- Intensité d’aimantation. — On nomme intensité moyenne d'aimantation le quotient du moment magnétique d’un barreau par son volume. L’intensité d’aimantation en un point est le quotient du moment magnétique d’un petit élément de volume pris autour de ce point parle volume de cet. élément, ou, en d’autres termes, le moment magnétique de l’unité de volume autour de ce point.
- Si cette intensité est la même en grandeur et en direction en tous les points du barreau, on dit que l’aimantation est uniforme ; l’intensité
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- moyenne est alors égale à l’intensité en chaque point, et s’obtient en divisant le moment magnétique par le volume total.
- Dans les aimants d’acier ordinaires, l’intensité moyenne d’aimantation est comprise entre 200 et 400 unités C. G. S.; dans les aimants longs et minces, elle peut s’élever jusqu’à 800. L’intensité d’aimantation du fer doux peut atteindre le double de cette valeur ; c’est ce qui donne aux électro-aimants une grande force.
- Procédés d’aimantation. — Pour aimanter un barreau d’acier d’une manière un peu intense, il ne suffit pas de le placer dans un champ magnétique où il soit soumis à l’in-lluence d’un barreau déjà aimanté ; il faut lui communiquer des ébranlements qui puissent vaincre la force coercitive. On se sert quelque-
- fois encore des procédés anciens par friction, mais on a recours le plus souvent à l’action des courants.
- 10 Méthode de la simple touche. — Ce procédé très simple s’applique surtout à l’aimantation des petites aiguilles. Le barreau à aimanter est placé en ab sur une table où il est maintenu par une petite cale de bois (fig. 25), puis on le frotte toujours dans le même sens, par exemple de a en b, avec le même pôle d’un aimant. Si l’on a employé le pôle nord, il se forme un pôle nord au point a, qu’on a touché le premier. En changeant la direction du mouvement ou le pôle en contact avec le barreau, on renverserait l’aimantation obtenue.
- 2° Méthode de la touche séparée. — Cette méthode donne de meilleurs résultats. On place au
- Fig. 25. — Aimantation par simple touche. Fig. 26. — Aimantation par touches séparées.
- milieu du barreau à aimanter les pôles opposés de deux forts aimants (fig. 26) et on les fait glisser en sens inverse jusqu’aux extrémités; on les enlève, on les replace au milieu et on recommence un certain nombre de fois. Il se forme un pôle sud à l’extrémité qui a été frottée par le pôle nord, et réciproquement.
- 3° Méthode de la double touche. — Pour les gros barreaux, il vaut mieux séparer les deux aimants par une cale de bois et les faire glisser ensemble, d’abord jusqu’à l’une des extrémités, puis jusqu’à l’autre, et continuer à frotter un certain nombre de fois; on s’arrête au milieu, après avoir frotté un même nombre de fois chacune des moitiés. Dans ces deux procédés, °n augmente l’effet obtenu en plaçant chacune des extrémités du barreau sur un pôle de nom contraire à celui qui doit s’y former.
- 4° Aimantation par l’action de la terre. — Le champ magnétique terrestre produit sur l’acier des phénomènes d’influence ; aussi la plupart des objets en acier présentent-ils une légère aimantation, surtout lorsqu’ils ont été soumis à des chocs répétés. Un barreau d’acier, qu’on place parallèlement à l’aiguille d’inclinaison et °nt on frappe l'extrémité, prend un pôle nord a son extrémité inférieure et un pôle sud à
- l’extrémité supérieure. Un faisceau de fils de fer doux, placé dans cette direction et tordu sur lui-même, s’aimante aussi; mais le champ magnétique terrestre, étant peu intense, ne produit jamais qu’une faible aimantation.
- 5° Aimantation par les courants. — La présence d’un courant produit un champ magnétique qui ne diffère en rien de celui d’un aimant. Un barreau de fer ou d’acier placé dans ce champ doit donc s’y aimanter par influence. Arago a vu en effet, en 1820, qu’un fil de cuivre traversé par un courant attire la limaille de fer, et qu’une aiguille d’acier, placée perpendiculairement à ce fil, s’aimante de manière que son pôle nord soit à gauche du courant, la gauche et la droite du courant étant définies d’après la règle d’Ampère.
- On augmente considérablement l’intensité des effets obtenus en se servant d’un multiplicateur ou mieux d’un fil enroulé en spirale autour d’un tube de verre. La règle d’Ampère s’applique toujours. Ainsi le barreau NS (fig. 27) prendra un pôle nord vers la gauche, le sens du courant étant celui des flèches.
- Ce procédé donne rapidement le maximum d’aimantation. Il se prête aussi très facilement à la production des points conséquents. Il suffit
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- AIMANTER. — ALLUMAGE ÉLECTRIQUE.
- de changer brusquement le sens d’enroulement du fil : ainsi le barreau nn' prendra un pôle nord à chaque extrémité et un pôle sud en s.
- Le fer doux peut acquérir sous l’influence d’un courant une aimantation extrêmement puissante, qui cesse aussitôt qu’on interrompt ' celui-ci. On obtient ainsi des électro-aimants, qui sont utilisés dans un nombre considérable d’applications.
- Procédés industriels. — Dans l’industrie, on aimante les aimants droits en les plaçant dans une bobine parcourue par un fort courant. Pour les aimants en fer à cheval, on les applique sur les pôles de forts électro-aimants, dans lesquels on fait passer pendant quelques secondes le courant d’une dynamo à courant continu. On peut aussi faire glisser le fer à cheval sur les pôles de l’électro, depuis sa courbure jusqu’aux extrémités; on recommence un certain nombre de fois, puis on agit de même sur l’autre face en tirant en sens contraire.
- AIMANTER. — Communiquer au fer, à l’acier et à quelques métaux analogues, la propriété magnétique. (Voy. Aimantation.)
- AJUSTAGE ÉLECTRIQUE. — Procédé qui permet de ramener exactement au poids légal, par voie électrolytique, les flans ou rondelles d’or ou d’argent que la frappe doit transformer en monnaies. Si la pièce est trop lourde, on la prend pour anode soluble dans un bain de dorure ou d’argenture ; si elle est trop légère, on la suspend au contraire à la cathode. On réunit généralement ensemble plusieurs pièces ayant la même erreur pour les corriger d’un seul coup. On peut même placer simultanément aux deux électrodes deux groupes de pièces présentant toutes la même erreur, mais les unes en moins et les autres en plus. Une disposition automatique, semblable à celle de la balance argyrométrique (voy. ce mot), arrête l’opération lorsque les pièces ont pris exactement le poids légal.
- ALCOOLS (Rectification des). — Certains alcools mauvais goût ne peuvent pas être
- purifiés suffisamment par les procédés chimiques. MM. Naudin et Schneider ont montré que, dans certaines conditions, l’électrolyse peut amener la destruction ou la transformation des aldéhydes ou des alcools supérieurs qui produisent ce mauvais goût.
- Dans ce procédé, on soumet d’abord les flegmes à une action hydro-génante. Les électrodes sont des lames de zinc placées horizontalement et percées de trous pour le dégagement des gaz, mais elles doivent d’abord subir une préparation. Pour cela, on remplit la cuve d’une dissolution de sulfate de cuivre dans les flegmes, qu’on y laisse séjourner vingt-quatre heures, à une température de 20° à 25° ; le cuivre déposé par électrolyse forme bientôt sur les lames une couche brune adhérente. Après avoir répété cinq fois cette opération, on procède à la rectification des flegmes, qui séjournent dans la cuve de six à quarante-huit heures. L’action du couple zinc-cuivre produit de l’oxyde de cuivre et de l’hydrogène, qui paraît employé à transformer les aldéhydes. On ajoute de temps en temps un peu d’acide chlorhydrique pour dissoudre l’oxyde de cuivre. Les flegmes sont ensuite rectifiés.
- Cette première opération ne suffit pas toujours, notamment dans le cas des flegmes de betteraves, qui gardent encore un léger mauvais goût. On les additionne alors d’acide chlorhydrique et on leur fait traverser sous pression une série de voltamètres hermétiquement fermés et munis d’électrodes en cuivre. L’oxygène brûle les impuretés qui subsistent encore ; les flegmes sont ensuite rectifiés.
- ALLIANCE (Machine de l’). — Voy. Machines d’induction.
- ALLUMAGE ÉLECTRIQUE. — En dehors des appareils industriels servant à l’allumage, que nous décrirons plus loin (Voy. Allumoirs), on peut facilement appliquer l’électricité à l’allumage instantané d’un nombre quelconque de bougies ou de becs de gaz.
- Voici un premier procédé pour l’allumage des bougies, fondé sur l’emploi d’une spirale de platine rendue incandescente par le courant. On dispose, dans un coin de la pièce ou mieux dans un placard, de façon à la dissimuler, une pile dont on relie les pôles aux deux extrémités d’une spirale en platine suffisamment fine (fig. 28); le circuit comprend un bouton de sonnerie servant d’interrupteur. D’autre part,
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- on attache à la spirale de platine un fil de fulmi-coton qui va s’enrouler autour des mèches de toutes les bougies jusqu’à la dernière. L’expérience étant ainsi préparée, il suffit de presser
- sur le bouton pour produire l’allumage ; la spirale devient incandescente et met le feu au fulmi-coton, qui brûle comme une traînée de poudre et allume de proche en proche toutes les bougies presque instantanément.
- Un autre système, déjà ancien, consiste dans l’emploi de l’étincelle d’induction. En 1832, du Moncel et Liais proposèrent l’emploi de la bobine de Ruhmkorff, et leur système fut appliqué à l’allumage de la mire de l’Observatoire de Paris, qui est située, comme on le sait, à une certaine distance de l’Observatoire lui-même. Abandonnée à cette époque, cette méthode fut reprise en 1873 par Gaiffe et appliquée par lui à 1 allumage instantané des becs de gaz de la salle des séances de l’Assemblée nationale à Versailles, et de celle du Sénat en 1880.
- La salle de Versailles contenait 336 becs de &az, qui portaient chacun un inflammateur, formé de deux tiges de fer entre lesquelles oclatait l’étincelle. Ces inllammateurs étaient rsisés en 18 groupes, reliés séparément à une °bine d’induction pouvant donner des étin-
- celles de 13 centimètres. Les becs de chaque groupe s’allumaient simultanément. Un commutateur distributeur envoyait successivement le courant induit dans les 18 circuits, et l’allumage total ne durait pas plus de 14 secondes.
- Ce système, peu répandu en France, a reçu de nombreuses applications en Amérique, où des villes entières en font usage. Il est du reste très simple, et tout amateur peut l’installer facilement.
- ALLUMEUR - EXTINCTEUR. — Appareil servant à allumer et à éteindre une ou plusieurs lampes électriques par une manœuvre très simple et généralement identique dans les deux cas.
- Allumeur - extincteur Browett. — L’organe essentiel de cet appareil (fig. 29) est une tige qui peut tourner autour d’un axe horizontal, et porte à sa partie supérieure un prolongement triangulaire. Lorsqu’on tire l’anneau, une lame verticale, fixée au bout d’un ressort, vient exercer une pression sur cette pièce et, suivant le côté du triangle qu’elle rencontre, elle agit d’un côté ou de l’autre de l’axe et fait basculer la tige à gauche ou à droite. Dans le premier cas, les extrémités de cette tige viennent s’engager sous deux pièces métalliques reliées aux fils et ferment le circuit : la lampe s’allume. Dans le second cas, la tige prend Ja position que représente notre dessin, et le circuit est ouvert : il en résulte que la lampe s’éteint. Le ressort le plus long sert à maintenir le levier dans la position qu’on lui a fait prendre.
- Bouton allumeur-extincteur. — Le bouton allumeur-extincteur de Salomon permet d’obtenir le même effet avec une égale facilité. Il a extérieurement la forme d’un bouton de sonnerie. Dans l’intérieur se trouve une roue à rochet ayant huit dents et munie de quatre goupilles perpendiculaires à son plan. Le bouton lui-même porte une goupille qui vient toucher une des dents et faire avancer la roue d’un huitième de tour chaque fois qu’on appuie sur lui. A côté de la roue se trouve une lame de laiton formant ressort et que les goupilles de celle-ci viennent toucher pour fermer le circuit. Si le courant ne passe pas, une pression sur le bouton fait avancer la roue d'un huitième de tour
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- et produit le contact d’une des goupilles avec le ressort ; une nouvelle pression fait avancer ensuite d’une quantité égale et interrompt le courant. Un ressort à boudin fait relever le
- Fig. 29. — Allumeur-extincteur Browett.
- bouton après chaque pression. Il suffît donc d’appuyer sur le bouton pour allumer une ou plusieurs lampes, et d’appuyer de nouveau lorsqu’on veut produire l’extinction.
- La figure 30 montre cet appareil installé à
- Fig. 30. — Bouton allumeur-extincteur Salomon.
- droite dans un bouton d’appel, à gauche dans une poire, semblables l’un et l’autre extérieurement à ceux qu’on emploie pour les sonneries.
- Bouton-commutateur. — Malgré son nom très différent, le bouton-commutateur Gérard est
- un allumeur-extincteur. Il se rapproche beaucoup de l’appareil précédent, mais son mécanisme est un peu plus compliqué. Le bouton se prolonge par une tige munie à la partie inférieure d’un cliquet qui, à chaque pression du doigt, fait avancer d’une dent une roue à ro-chet. Cette roue entraîne dans son mouvement deux autres roues ayant chacune un nombre de dents moitié moindre. Ces dents viennent frotter sur deux ressorts communiquant avec le circuit qui contient la lampe : quand elles touchent les ressorts, elles ferment le circuit et la lampe est, allumée : elles l’interrompent au contraire lorsqu’elles cessent d’être en contact avec les ressorts. Mais, à cause du nombre des dents, il est évident que les pressions successives auront pour effet de produire et de faire cesser alternativement le contact. C’est donc un même mouvement qui servira à faire l’allumage et l’extinction. Un ressort à boudin relève le bouton chaque fois qu’on a appuyé.
- Allumeur-extincteur Radiguet. — Cet appareil ne sert pas tout à fait au même usage que
- Fig. 31. —- Allumeur-extincteur Radiguet.
- les précédents. Si les différentes parties d’un appartement ou d’une maison sont munies de cet allumeur extincteur (fîg. 31), il suffit de pousser un bouton lorsqu’on passe d’une pièce dans une autre pour éteindre la lampe qui se trouve dans la première et en allumer une se-
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- conde dans celle où l’on entre. On peut donc | ainsi, sans emporter à la main une lampe mobile et sans être exposé à se trouver un seul instant dans l’obscurité, monter depuis l’entrée
- I de la maison jusqu’à son appartement ou parcourir les différentes pièces de celui-ci.
- Ce petit appareil se compose de deux électroaimants boiteux (c’est-à-dire ne portant qu’une
- Fig. 32. — Applications de l’allumeur-extincteur Radiguet.
- bobine) disposés à angle droit. Si l’on fait passer un courant dans l’électro-aimant vertical, son armature est attirée et ferme le circuit de la lampe, qui se trouve allumée ; mais cette armature est maintenue dans sa nouvelle posi-Lon par celle du second électro ; par conséquent, elle y reste, même lorsqu’on a cessé
- d’appuyer sur le bouton et que l’électro vertical est redevenu inactif. Il n’en est plus de même si, à l’aide d’un second bouton, on actionne l’électro à bobine horizontale, qui attire alors son armature : celle-ci, en se déplaçant, rend libre celle du premier électro qui, sous l’influence d’un ressort, s’écarte et paend sa posi-
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- ALLUMEUR-SÜBSTITUTEUR. — ALLUMEE R TEMPORAIRE.
- tion de repos, interrompant ainsi le circuit de la lampe, qui s’éteint. Mais, en appuyant sur le second bouton, on a produit un double effet : en même temps qu’on envoyait le courant dans l’électro horizontal du premier appareil, on le faisait passer aussi dans l’électro vertical du second allumeur, et par suite on a allumé la seconde lampe en même temps qu’on éteignait la première.
- Supposons maintenant qu’on veuille éclairer quatre pièces d’une manière intermittente par ce système : en entrant dans la première, on rencontre à sa droite un premier bouton a qui envoie le courant dans l’électro vertical du premier allumeur A et par suite allume la première lampe. En passant dans la seconde pièce, on appuie sur un second bouton b également placé à droite, qui envoie le courant à la fois dans l’électro horizontal de A et dans l’électro vertical du second allumeur B, de sorte qu’on éteint la première lampe et qu’on allume la seconde. En continuant à avancer, on devra trouver encore à sa droite deux boutons c et d pour allumer la troisième et la quatrième lampe et éteindre la seconde et la troisième.
- En revenant sur ses pas, on rencontrera quatre autres boutons placés de l’autre côté, toujours à droite par conséquent, et qui produiront le même effet en sens inverse : en pressant sur le premier, on éteint la quatrième lampe et on allume la troisième, et de même pour les suivantes.
- Ce système présente en outre l’avantage de ne pas gêner l’allumage isolé des lampes lorsqu’on a besoin d’un éclairage de quelque durée. L’appareil porte pour ce cas une poire à double contact: si l’on appuie sur A (üg. 31) on excite l’électro vertical et l’on allume la lampe ; on l’éteint en pressant sur E. Les lampes peuvent être fixées sur les allumeurs ou à une certaine distance de ces appareils. Les fils de communication peuvent être longs et fins sans inconvénient : la grosseur des fils de sonnerie convient parfaitement, car ils ne transmettent que le courant destiné à exciter les électro-aimants et non celui qui doit actionner les lampes.
- La figure 32 montre les divers usages auxquels peut servir l’allumeur-extincteur ; elle représente une maison de trois étages dont toutes les parties sont munies de ces appareils. Une personne qui entre dans la maison trouve immédiatement à sa droite un premier bouton qui sert à éclairer le vestibule, puis d’autres qui éclairent successivement les divers étages de l’escalier, et ensuite les différentes pièces de
- l’appartement dans lequel elle pénètre : chaque fois qu’une nouvelle lampe s’allume, la précédente se trouve éteinte en même temps. La figure montre qu’au même moment où cette disposition est appliquée dans l’escalier, un certain nombre de lampes servent cependant à un éclairage continu dans la cave, la loge du concierge, une bibliothèque, une chambre à coucher et une chambre de bonne.
- ALLUMEUR-SÜBSTITUTEUR. — Petit appareil imaginé par M. Reynier, et servant à remplacer automatiquement une lampe électrique, éteinte accidentellement ou volontairement, soit par une autre lampe, soit par une résistance équivalente, afin d’empêcher l’extinction des autres lampes, si elles sont montées en série, on leur détérioration par un courant trop intense, si elles sont en dérivation.
- ALLUMEUR TEMPORAIRE. — L’appareil automatique d’Aboilard sert à maintenir une
- Fig. 33. — Allumeui* temporaire Aboilard.
- lampe électrique allumée pendant un temps-A'Oulu, variable du reste selon le réglage de l’appareil, et à l’éteindre ensuite automatiquement, sans qu’on ait à s’en préoccuper. Il est formé d’une petite horloge (fig. 33), qu’on intercale dans le circuit et qui le maintient fermé tant qu’elle est en marche, et l’ouvre lorsqu’elle
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- s’arrête. Un cadran muni d’une aiguille permet de régler l’appareil, c’est-à-dire de disposer un butoir qui arrêtera le mouvement au bout du temps voulu. Ceci fait, il suffit, pour allumer la lampe, de tirer à fond le cordon qui sert à remonter le mécanisme : le courant passe et la lampe fonctionne. Quand l’horloge s’arrête, le circuit s’ouvre et la lampe s’éteint d’elle-même.
- ALLUMOIR ÉLECTRIQUE. — Appareil servant à allumer une lampe ou un bec de gaz soit
- à l’aide d’une spirale de platine incandescente, soit par une étincelle d’induction, soit enfin au moyen d’une sorte de petite machine électrostatique.
- Allumoirs à spirale incandescente. — Les
- premiers allumoirs fondés sur l’incandescence d’un fil de platine étaient pour la plupart à l’usage des fumeurs. Tels sont ceux de Voisin et Dronier, Loiseau, Barbier, etc., le Luciphore
- Fig. 34. — Allumoirs à spirale incandescente.
- et le Fiat lux. Le briquet de Saturne est un des plus simples. Dans ces allumoirs, le fil de platine est généralement enroulé en spirale pour concentrer la chaleur dans un plus petit espace et permettre l’emploi d’un courant moins intense. 11 existe aujourd’hui un grand nombre d’appareils du même genre qui ne diffèrent les uns des autres que par de petits détails. En voici deux modèles qui peuvent donner une idée de tous les autres (fig. 34). Ils renferment des piles Leclanché, qui sont
- Fig. 35. — Allumoirs électriques à gaz (Arnould).
- êUdemment les plus convenables pour ce ^enre d applications : il suffit le plus souvent e Presser sur un bouton pour fermer le circuit
- et provoquer l’incandescence du fil et l’allumage de la lampe. Le second modèle de notre dessin est plus original: il est disposé de telle
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- sorte qu’il suffit de donner un petit mouvement de rotation à la lampe pour fermer le circuit et la voir s’allumer.
- Allume-gaz Arnould. — C’est surtout pour l’allumage du gaz que les spirales iucandes-centes peuvent être employées utilement. La figure 3o montre une série de modèles reposant sur le même principe, mais ayant des formes différentes suivant les usages auxquels ils sont destinés. Chacun de ces allumoirs est formé de deux parties, un manche et une tige. Le manche, en ébonite ou en porcelaine, renferme une pile au bichromate dont le zinc B, placé à la base, est le pôle négatif, tandis que le pôle positif est représenté par un crayon de charbon qui la traverse dans toute sa longueur. Quand l’appareil est renversé, comme on le voit sur la figure théorique, le zinc B n’est pas immergé et la pile ne fonctionne pas ; si l’on saisit l’appareil et qu’on le redresse pour s’en servir, la pile est immédiatement mise en marche. La tige de cet allumoir contient deux conducteurs isolés dont l’un est relié au charbon et l’autre communique avec le zinc par l’intermédiaire d’un cylindre métallique qui entoure le manche isolant. Les extrémités des conducteurs sont reliées par la spirale de platine. Notre figure montre le modèle ordinaire, puis un autre destiné à l’allumage des réverbères en temps de bourrasque, et un troisième pour l’allumage des rampes. Le second se termine par une petite cage cylindrique en laiton avec laquelle on coiffe le bec de gaz afin qu’il puisse s’allumer malgré le vent. Le dernier porte une sorte de gouttière métallique renversée qui recouvre plusieurs becs à la fois : cette gouttière se remplit d’un mélange détonant qui, en s’enflammant, allume tous les becs placés sous l’appareil.
- Allumoirs à étincelle d’induction. — Ce système a l’avantage de dispenser de l’emploi d’une spirale de platine qui, bien que ne brûlant pas à l’air, finit toujours par s’user et a besoin d’être remplacée au bout d’un certain temps. On a utilisé d’abord la bobine de Ruhm-korff ; mais on se sert le plus souvent de l’extra-courantqui se produit dans le circuit d’une pile au moment de la rupture et renforce assez le courant pour produire une étincelle. Il y a avantage à placer une bobine dans le circuit pour augmenter l’extra-courant et obtenir une étincelle plus forte.
- Telle est la disposition adoptée dans le bri-quet-allumoir de Radiguet (fig. 36) ; une petite lampe B à essence de pétrole repose dans un
- fourreau M, dont la partie F lui sert de bouchon et d’éteignoir. Pour obtenir de la lumière, il suffit de tirer doucement la lampe de haut en bas, de manière à la faire sortir du fourreau.
- Fig. 36. — Briquet-allumoir de Radiguet.
- Pendant ce mouvement, le balai E frotte contre la partie striée du porte-mèche de cuivre O ; une étincelle d’extra-courant se produit entre ces deux pièces et allume la lampe. Une fois allumée, celle-ci peut être fixée dans la bobèche A qui surmonte l’appareil. Pour éteindre, il est inutile de souffler; il suffit de replacer la lampe dans son fourreau, où elle se trouve éteinte par l’éteignoir F, qui lui sert en même temps de bouchon et empêche l’évaporation de l’essence. La première partie de la figure montre l’ensemble de l’appareil. Quatre éléments Le-clanché suffisent pour actionner ce petit instrument : la pile d’une sonneriepeut donc servir en même temps à cet usage; elle peut même alimenter plusieurs briquets placés dans son circuit, puisqu’il n’y en a jamais qu’un seul qui fonctionne à la fois.
- Allumoir électrique pour becs de gaz. — C’est encore une étincelle d’extra-courant qui sert à allumer le gaz dans la disposition imaginée par M. Ernest Né$ (fig. 37). Comme dans le cas précédent, une pile Leclanché destinée aux sonneries peut suffire parfaitement. Sur le côté droit du bec se voit un ressort d’acier isolé et relié au pôle positif d’une pile, tandis que la clef du robinet porte une tige mobile avec elle, et communique par le tuyau de plomb, tenant lieu de fil de retour, avec le pôle négatif. Quand on ouvre le robinet, cette tige vient rencontrer le ressort d’acier et ferme un instant le circuit,
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- mais elle l’abandonne presque aussitôt pour continuer son mouvement, et la rupture du circuit fait jaillir entre ces deux pièces une étin-
- Fig. 37. — Becs de gaz munis d’un allumoir électrique.
- celle d’induction, destinée à enflammer un petit jet de gaz latéral. Pour cela, la rotation du ro-
- Fig. 38. —Allume-gaz perpétuel.
- fcinet produit un autre effet : elle démasque, au Moment où la tige mobile touche le ressort a°ier, la base d’un petit tube qu’on voit à Dictionnaire d’électricité.
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- droite entre le bec et le ressort, et qui laisse échapper une petite quantité de gaz; ce gaz, qui sort en même temps que se produit l’étincelle d’induction, est immédiatement enflammé et vient en s’élevant allumer le jet principal, tandis que, pendant ce temps, le robinet, en achevant de s’ouvrir, a refermé le petit conduit latéral. Il est bon de placer dans le circuit une bobine destinée à augmenter l’étincelle ; une seule bobine suffit d’ailleurs, quel que soit le nombre de becs à allumer.
- Allume-gaz perpétuel. — Signalons enfin un allume-gaz électrique qui n’est fondé ni surl’in-
- Fig. 39. — Allume-gaz Woodhoause et Rawson.
- candescence ni sur l’induction : en réalité, il se rapproche beaucoup de ce dernier système, mais
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- ALLUMOIR-EXTJ ACTEUR.
- c’est le travail mécanique, et non plus l’énergie chimique, qui est transformé en électricité ; il est constitué par une petite machine statique contenue dans le manche et tout à fait analogue au petit appareil désigné par sir W. Thomson sous le nom de Re-plenisher (Voy. Électromètre). Le manche est un cylindre creux d’ébonite muni à l’intérieur de deux armatures d’étain occupant chacune environ un tiers de sa circonférence, et dans lequel peut tourner un autre cylindre isolant garni de six armatures d’étain sur son pourtour. Pour se servir de l’instrument, on presse un bouton (fig. 38) qui, au moyen d’un système d’engrenage, communique au cylindre intérieur un rapide mouvement de rotation : les six armatures d’étain viennent alors frotter successivement contre six ressorts disposés sur la base du cylindre extérieur, et dont les communications sont établies d’une manière convenable. Il résulte de là que, si les deux armatures du cylindre extérieur possèdent au commencement une différence de potentiel, si minime qu’elle soit, cette différence se trouve bientôt multipliée un certain nombre de fois par la manœuvre de l’appareil et devient suffisante pour produire une étincelle. On a donc ici une petite machine électrique du genre de celle de Holtz. Il est bon que le manche contienne une substance desséchante pour garantir de l’humidité les organes intérieurs. Cette ingénieuse disposition supprime les liquides nécessités par une pile et n’exige par suite aucun entretien.
- La figure 39 représente un modèle analogue construit par MM. Woodhouse et Rawson.
- ALLUMOIR-EXTINCTEUR. — Le nom d’allu-moir-extincteur s’applique ici à un instrument destiné à allumer une lampe et à l’éteindre automatiquement au bout de quelques instants, la durée de l’éclairage étant toujours la même. Il peut être utilisé dans bien des cas, notamment pour éclairer la nuit le vestibule d’une maison chaque fois que rentre une personne. On peut alors le mettre en communication avec le cordon qui sert à ouvrir la porte d’entrée : chaque fois que le concierge tire le cordon pour ouvrir, la lampe s’allume, brûle trois ou quatre minutes et s’éteint ensuite automatiquement.
- La figure 40 montre l’aspect général de l’appareil et sa disposition théorique. La partie principale est une sorte de bobine de Ruhm-korff destinée à fournir l’étincelle nécessaire
- pour allumer là lampe. Lorsqu’on ferme le circuit, le courant arrive par A et se- divise en deux dérivations. La première comprend la vis B, le trembleur C, le fil inducteur D de la bobine et vient aboutir en E pour retourner à la pile : la seconde suit le chemin GHIJ et vient rejoindre la première au ressort C, de sorte que le courant entier traverse la bobine D. Dès que le courant passe, le fer doux de la bobine attire le trembleur G, qui reste collé, et le premier circuit se trouve interrompu entre B etC; mais, grâce au second fil, le courant continue, à traverser la bobine, qui attire également l’armature K, située à l’autre extrémité. Cette pièce, en se déplaçant, agit sur l’éteignoir L, qui se relève et vient s’accrocher au taquet N, sa tige prenant la direction de la ligne ponctuée. Ce mouvement interrompt entre H et I le second circuit d’une manière permanente : le trembleur G, n’étant plus attiré, revient à sa première position et se met à osciller comme dans les bobines ordinaires : la bobine fonctionne donc et produit des étincelles d’induction qui jaillissent au niveau de la mèche et allument la lampe. Toutes ces opérations se produisent pendant le temps très court où le circuit total se trouve fermé par l’interrupteur, par exemple le cordon de tirage de la porte d’entrée. Pour produire l’extinction automati-
- Fig. 40. — Allumoir-eitiftcteur Arnould.
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- ALPHABET TÉLÉGRAPHIQUE. — AMORCE ÉLECTRIQUE.
- quement, on a disposé au-dessus de la lampe une lame métallique M formée de deux substances inégalement dilatables : l’action de la chaleur ne tarde pas à la courber, de sorte qu’elle laisse échapper l’éteignoir, qui vient s’appliquer sur la lampe et l’éteint. L’appareil est redevenu inactif jusqu’à ce qu’en tirant le cordon on fasse de nouveau passer le courant.
- ALPHABET TÉLÉGRAPHIQUE. — Voy. Télé-
- graphe .
- AMALGAMATEUR ÉLECTRIQUE. — Appareil de M. J. Mânes, servant à traiter les minerais d’or et d’argent. Le minerai pulvérisé tombe peu à peu dans des cônes d’acier dans lesquels passe sans cesse un courant d’eau et de mercure. Des brosses tournent à l’intérieur et mélangent le tout. Les cônes et les brosses sont reliés aux deux pôles d’une machine dynamo. L’amalgamation est plus complète que par les procédés ordinaires, et l’on obtient un meilleur rendement.
- AMALGAMATION. — Opéi ration qui consiste à:amalgamer les zincs de piles, c’est-à-dire à les combiner avec du mercure. Kemp a montré que le zinc amalgamé n’est pas attaqué par l’eau acidulée, et Sturgeon a proposé de l’employer dans les piles, où il se comporte comme du zinc chimiquement- pur. Sa surface étant homogène, il ne se forme pas de couples locaux à l’intérieur des éléments, et le zinc s’use seulement lorsque la pile fonctionne. Outre l’économie qui en résulte, les piles conservent beaucoup plus longtemps leur constance.
- Pour amalgamer les zincs, le procédé le plus simple consiste à les frotter avec du mercure, après les avoir plongés dans l’eau aiguisée d’acide sulfurique. On peut encore frotter les zincs avec un sel de mercure. M. Desruelles obtient de bons résultats en frottant les zincs avec un onguent formé de vaseline et de mercure et riche en mercure.
- ambre jaune. —• Résine fossile qui sélectrice facilement par frottement, et qui fit découvrir aux anciens la propriété électrique. Le mot électricité vient de viXüïvrpsv, nom grec de l’ambre.
- AME. — Partie centrale d’un câble électrique, formée d’un ou de plusieurs fils conducteurs.
- AMMÈTRE. — Nom donné à certains ampèremètres. (Voy. ce mot.)
- amorce électrique. — Les amorces électriques servent à produire à distance l’inflammation des mines. Tantôt l’inflammation est Produite par un petit fil de platine très fin qui
- est porté à l’incandescence par le courant d’une pile ; ce sont les amorces dites de quantité; tantôt au contraire la combustion est due à une étincelle d’induction qui éclate entre les extrémités des deux conducteurs ; on les nomme alors amopces de tension.
- L’emploi de l’électricité a ici de grands avantages : on peut produire l’explosion exactement au moment voulu, ce qui est d’une grande utilité en cas de guerre ; de plus, on peut enflammer un nombre considérable d’amorces absolument au même instant, et obtenir par cette simultanéité absolue des effets beaucoup plus puissants que si les explosions étaient séparées par un intervalle même très court.
- Les amorces de quantité sont formées de deux fils de cuivre bien isolés et tordus ensemble, dont les extrémités libres seront mises en communication avec le générateur d’électricité (fig. 41). Aux extrémités intérieures sont sou-
- Fig. 41. — Amorce de quantité.
- dés les deux bouts du petit fil de platine, ordinairement replié en hélice, afin que le rayonnement des spires les unes sur les autres augmente réchauffement; cette forme donne en outre au fil une élasticité qui l’empêche de se briser aussi facilement dans le transport. La spirale de platine est entourée de coton-poudre et le fond de l’amorce est rempli de fulminate de mercure, dont le poids varie de 0,5 gramme à 2 grammes. Le tout est logé dans un petit tube de métal très mince et long de 4 à 7 centimètres.
- La pile qui fournit le courant destiné à porter au rouge la spirale de platine peut être quelconque; l’opération ne devant durer qu’un instant, il est commode d’employer une pile au bichromate ou autre, dont tous les éléments, suspendus à une planchette, peuvent être plongés instantanément dans le liquide et retirés aussitôt après, au moyen d’un treuil ou de toute autre disposition.
- Comme application de ce système on peut citer l’explosion des mines de Hell-Gate, New-York, où l’on alluma à la fois 4,200 amorces. Les cartouches étaient groupées par vingt dans un même circuit ; huit circuits de même résistance étaient desservis par une même pile d’environ 40 éléments ; il y avait vingt-trois circuits semblables. On ferma tous les circuits
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- AMORCE ÉLECTRIQUE.
- au même instant, et toutes les mines éclatèrent à la fois.
- Les amorces de tension ne diffèrent pas exté-
- rieurement des précédentes, mais les extrémités intérieures des deux fils de cuivre sont séparées par un petit intervalle. Ces amorces
- Fig. 42. — Amorce Scola-Ruggieri, sa disposition dans le trou de mine.
- sont remplies le plus souvent par un mélange de charbon de cornue, de sulfure d’antimoine et de chlorate de potasse.
- Les amorces de MM. Scola et Ruggieri sont entourées d’une cartouche contenant une pâte fusante de chlorate de potasse, sulfure d’antimoine, nitre et charbon en poudre fine, et fixées à l’extrémité d’un tube conique en carton. Quand on excite l'étincelle, l’explosion de la cartouche allume une mèche placée dans le tube et la projette dans la mine. De cette manière, la mine s’enflamme instantanément ou pas du tout ; dans ce dernier cas, on est assuré que la mèche est éteinte, et l’on peut s’approcher sans danger.
- Les amorces Scola-Ruggieri, désignées aussi sous le nom d’amorces à projection, sont destinées à être employées avec l’exploseur des mêmes inventeurs. Elles sont formées d’un tube de carton légèrement conique, qu’on introduit dans un vide ménagé à l’épinglette dans le bourrage et qui renferme une petite amorce de tension et, en avant, un brin de mèche à étou-pille plié en forme de Y. Quand le feu est donné à l’amorce, elle chasse avec violence la mèche, qu’elle enflamme, et qui, projetée jusqu’au fond du trou de mine, vient enflammer la charge (flg. 42).
- Les amorces de tension peuvent être enflammées par l’étincelle d’une machine électrique ou d’une bobine d’induction. On a construit des machines électriques destinées spécialement à cet usage. Mais il est plus commode d’avoir re-
- cours aux exploseurs magnétiques (Voy. ce
- Fig. 43. — Appareil pour la vérification des amorces de tension-
- mot), qui sont bien plus robustes et ne nécessitent pas l’emploi d’une pile.
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- AMORTISSEMENT.
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- Comparaison des deux systèmes. — Les amorces de tension sont d’une construction plus simple et moins fragiles pelles s’enflamment sous l’influence d’exploseurs plus robustes et plus faciles à transporter qu’une pile; enfin elles assurent la simultanéité parfaite d’explosion de toutes les amorces d’un môme circuit. D’un autre côté, elles ont l’inconvénient d’exiger un très bon isolement.
- Les amorces de quantité, pouvant s’allumer par l’action de courants peu intenses, n’exigent pas un isolement aussi parfait; elles permettent
- de vérifier à chaque instant si le circuit ne présente pas d’interruption, en y faisant passer un courant trop faible pour provoquer l’incandescence du platine ; il est vrai que cette épreuve ne montre pas si l’amorce est chargée. Mais, les fils de platine pouvant offrir des résistances un peu différentes, on n’est pas aussi certain de produire l’inflammation de toutes les amorces rigoureusement au même instant.
- Vérification des amorces de tension. — M. Du-cretet a appliqué en 1886 le téléphone à la vérification des amorces de tension. Une pile P
- 100 lOOOohm,
- Fig. 44. — Appareil pour la vérification des amorces de quantité.
- de trois éléments Leclanché (fig.43) est en communication avec une bobine B à fil fin par l’intermédiaire d’un interrupteur à mouvement d’horlogerie R ; sur la bobine est établie une dérivation comprenant un téléphone T et deux godets de mercure H g et Idg’, dans lesquels on plonge les deux bouts de l’amorce à essayer, ce qui ferme le circuit dérivé. On met l’interrupteur en marche et l’on applique le téléphone à l’oreille. Si l’amorce est en bon état, on entend un léger bruit dû au passage à travers la matière fusante de petites étincelles, insuffisantes pour l’enflammer. Si l’amorce n’a pas été chargée, le courant ne passe pas et l’on n’entend rien. Enfin, si les deux fils métalliques se touchaient dans l’intérieur, le courant passerait facilement de l’un à l’autre et produirait dans le téléphone un bruit intense; l’amorce serait encore à rejeter dans ce cas, puisqu’il ne jail-irait pas d’étincelle à l’intérieur. On voit que^> cet appareil permet une vérification très rapide. A
- Vérification des amorces de quantité. —• On peut vérifier les amorces de quantité en mesu-rant leur résistance. M. Ducrelet a construit ré-
- cemment un appareil destiné à cet usage, et formé d’une boîte de résistances, avec pont de Wheatstone (fig. 44).
- Les branches a et b du pont sont formées par les deux parties d’un fil métallique, et la position du curseur S indique sur une règle graduée
- la valeur du rapport La résistance R s’obtient en enlevant une des fiches de la boîte. La résistance de l’amorce est
- „ a î=Rx 7.
- 0
- Il suffit donc de lire la position du curseur S, et de multiplier le chiffre correspondant par la résistance R introduite. L’amorce se place en A. Aux formes T T’ se fixent un téléphone T et un interrupteur L à mouvement d’horlogerie. Lorsque l’équilibre est établi, on n’entend aucun bruit dans le téléphone. -
- AMORTISSEMENT. — Action d’amortir les oscillations d’une aiguille aimantée pour la ramener plus vite à sa position d’équilibre. Dans les galvanomètres, on obtient l’amortissement soit en utilisant les courants d’induction
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- AMPÈRE.
- AMPÈREMÈTRE.
- produits par les oscillations de l’aiguille, et qui, d’après la loi de Lenz, s’opposent à son mouvement, soit en augmentant la résistance de l’air par l’addition d’une palette très légère qui oscille avec l’aiguille.
- Quand la résistance du circuit est faible, les courants induits qui prennent naissance dans le fil même du galvanomètre ou dans le cercle de cuivre divisé suffisent à l’amortissement. Dans les appareils à grande résistance, on entoure souvent l’aiguille d’un cadre de cuivre massif, qui forme Je noyau de la bobine (électrodynamomètre de Weber).
- Dans les électromètres, on fait usage d’une palette suspendue à la partie inférieure du fil qui porte l’aiguille et oscillant dans l’air ou dans un liquide. La potasse parait convenir mieux que l’acide sulfurique, qui, en s’hydratant, donne naissance à des courants liquides, qui peuvent agir sur la palette; la glycérine convient aussi, lorsqu’on ne veut pas employer le liquide et la palette pour charger l'aiguille mobile.
- Quel que soit le procédé employé, l’expérience montre que l’amplitude des oscillations amorties décroît en progression géométrique : les causes retardatrices sont donc toujours proportionnelles, à la vitesse de l’aiguille. Si l’on appelle a0, ch, a2;... an les amplitudes successives, on a
- 0,q ZZjl (1% ___ Un—1
- Uj <72 Z? 3 ün
- Si l’on désigne par e* la valeur constante du rapport ci-dessus, e étant la base des logarithmes népériens, la quantité X, qui est le logarithme népérien de ce rapport, s’appelle le décrément logarithmique des oscillations et peut servir à mesurer l’amortissement.
- Si l’on appelle T la durée de l’oscillation amortie et t celle de l’oscillation du même appareil sans amortissement, on a
- t='v/,+£
- AMPÈRE. — Unité pratique d’intensité. C’est l’intensité d’un courant produit par une force électromotrice égale à un volt dans un circuit dont larésistance totale serait un ohm.
- C’est encore l’intensité d’un courant qui envoie par seconde à travers chaque section du conducteur une unité pratique de quantité, c’est-à-dire un coulomb.
- Enfin, c’est aussi l’intensité d’un courant qui, en une seconde, décompose 0,0373 mgr. d’eau, ou
- qui dépose, dans le même temps, 1,1248 mgr. d’argent ou 0,6615 mgr. de cuivre.
- L’ampère vaut 10 —1 unités C. G. S. d’intensité.
- L’ampère est employé à la mesure des courants destinés à la lumière électrique, à la transmission de la force, etc. Parmi ses sous-multiples on utilise surtout le milliampère, ou millième partie d’un ampère, qui sert à la mesure des courants employés dans la télégraphie, dans les applications médicales, etc. Ainsi il faut un courant de 15 milliampères pour actionner un télégraphe de Morse (Voy. Unités).
- AMPÈRE-ÉTALON. — M. Pellat a donné ce nom à des appareils gradués par comparaison avec son électrodynamomètre absolu et pouvant servir à faire les mêmes déterminations avec la même précision. Ces appareils sont très pratiques, la constante étant déterminée une fois pour toutes. Ils peuvent également servir à graduer en valeur absolue les galvanomètres, ampèremètres, voltamètres (Voy. Électrodynamomètre).
- AMPÈRE-HEURE. — Quantité d’électricité qui traverse en une heure la section d’un conducteur parcouru par un courant d’intensité constante et égale à un ampère. Comme un courant d’un ampère débite un coulomb par seconde, on voit qu’un ampère-heure vaut 3 600 coulombs (Voy. Unités).
- AMPÈRE (Lois d’). — Lois relatives à l’action des courants sur les courants (Voy. Électrodynamique).
- AMPÈRE (Règle d’). — Voy. Électromagnétisme.
- AMPÈREMÈTRE. — Galvanomètre étalonné de manière que chacune des divisions corresponde exactement à une intensité d’un ampère ou à une fraction connue d’ampère. Dans les galvanomètres ordinaires, les déviations de l’aiguille ne sont proportionnelles aux intensités des, courants que si elles sont très faibles. En donnant à la bobine du multiplicateur une forme convenable, on peut obtenir la proportionnalité jusqu’à un angle de 50° ou 60°, et, en réglant la résistance, on peut s’arranger pour que chaque degré corresponde exactement à un ampère ou à une fraction d’ampère.
- Les ampèremètres peuvent être gradués soit par comparaison avec un instrument déjà étalonné, soit en mesurant en même temps le courant par une action chimique, soit enfin en faisant varier l’intensité d’un courant dans des proportions connues au moyen d’une boite de résistances.
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- AMPÈREMÈTRE.
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- La figure 43 représente un instrument de ce «enre destiné aux usages médicaux. L’aiguille unique est au centre d’un multiplicateur de
- Fig. 45. — Ampèremètre.
- forme ovoïde; un index I, fixé perpendiculairement à l’aiguille, se meut sur le cadran et 1 indique les intensités de 1 à 30 milliampères.
- Le même instrument peut servir cependant à mesurer des intensités beaucoup plus grandes.
- Il suffit de le placer en dérivation sur un shunt
- (Voy. ce mot) de résistance convenable. Il en est de même pour tous les ampèremètres.
- Les indications de cet appareil sont indépendantes du magnétisme de l’aiguille, puisque les deux forces qui agissent sur elle, l’action de la terre et celle du courant, sont toutes deux proportionnelles à cette quantité; mais elles dépendent de l’intensité du magnétisme terrestre au lieu où l’on opère.
- Ampèremètre Deprez. — L’ampèremètre de M. Deprez (fig. 46) est entouré par un fort aimant en fer à cheval qui crée entre ses branches un champ magnétique intense, de sorte que l’aiguille, placée dans ce champ, est soustraite à l’action de la terre. Entre les branches de l’aimant est placé le cadre rectangulaire sur lequel s’enroule le circuit que doit traverser le courant; il est formé de quatre tours d’une lame de cuivre de 10 mm. carrés de section. L’aiguille disposée à l’intérieur de ce cadre a la forme dite en arête de poisson : c’est une lame de fer doux, présentant un certain nombre de fentes transversales, de manière à figurer une série d’aiguilles parallèles. Elle s’aimante par influence sous l’action du champ
- Fig. 46. — Ampèremètre Deprez.
- et se place horizontalement; elle est portée par un couteau semblable à celui des balances. Lorsqu’on fait passer un courant, l’aiguille entraîne une poulie qui tourne autour du même axe; le mouvement est généralement transmis Par une corde sans fixa à une autre poulie de rayon cinq fois plus petit, qui porte une aiguille mobile sur un cadran divisé, et dont le déplacement se trouve ainsi amplifié dans le rapport e t à 3. Les déviations de l’aiguille aimantée etant toujours très petites, on peut admettre elles sont proportionnelles aux intensités.
- Notre dessin représente séparément l’aiguille en arête de poisson.
- Ampèremètre Thomson. — Sir W. Thomson a imaginé récemment un ampèremètre qui permet des vérifications faciles et peut servir dans des limites très étendues, tout en évitant l’emploi des shunts, qui ne donnent pas toujours une exactitude suffisante.
- Cet instrument comprend une bobine verticale en forme de couronne (fig. 47), sur laquelle est enroulée une bande de cuivre de résistance négligeable. Perpendiculairement à
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- AMPÈREMÈTRE.
- cette bobine, dans laquelle passe le courant, se meut une planchette horizontale, portant le système magnétique, qui comprend quatre petites aiguilles aimantées munies d’un index en
- aluminium. Le plan vertical des aiguilles passe par le centre de la bobine. Les divisions sont tracées sur un miroir plan, pour éviter les erreurs de parallaxe.
- Fig. 47. — Ampèremètre W. Thomson.
- Cet instrument est analogue à la boussole de Gaugain.La sensibilité diminue à mesure qu’on éloigne le système magnétique de la bobine. La graduation se fait empiriquement. L’appareil permet de mesurer jusqu’à 1000 ampères.
- Ampèremètre industriel Deprez et Carpentier. — Cet appareil, plus robuste que le précédent et destiné surtout aux usages industriels (fîg. 48),
- C*xrper£*&'
- Fig. 48. — Ampèremètre industriel Deprez et Carpentier.
- a cependant une construction analogue. Deux aimants circulaires, se touchant parleurs pôles de même nom, déterminent un champ intense dans lequel est placé la bobine, ayant ses spires verticales. A l’intérieur de celle-ci est une aiguille de fer doux, qui se polarise sous l’action du champ. Une aiguille d’aluminium, fixée au même axe et parallèle à la première, tourne avec elle et indique l’intensité sur un cadran divisé de 0 à 50 ampères. L’appareil peut contenir en outre un réducteur ou shunt qui permet de diminuer la sensibilité de l'instrument
- de façon à lui permettre d’atteindre jusqu’à 200 ampères. La graduation est tracée empiriquement.
- Ampèremètre Desruelles. — Cet instrument, destiné aux mêmes usages que le précédent, est très portatif. Un aimant en fer à cheval détermine encore un champ intense, sous l’action duquel l’aiguille de fer doux se polarise et se place suivant la ligne des pôles. Entre les deux branches de l’aimant se trouve aussi une bobine dans laquelle passe le courant et qui contient un noyau de fer doux. Ce noyau s’aimante sous l’infiuence du courant, et attire l’aiguille qui dévie plus ou moins fortement. En déplaçant une fiche située entre les deux bornes, on fait varier la sensibilité. La graduation se fait empiriquement.
- A.mmètre Ayrton et Verry. — Cet instrument diffère peu des précédents. Une petite aiguille aimantée est placée dans une bobine entourée elle-même par les pièces polaires d’un fort aimant en fer à cheval. A l’aiguille est lié un index qui tourne avec elle et indique les intensités sur un cadran divisé. Le fil qui s’enroule sur la bobine est formé de dix fils égaux isolés les uns des autres, et qu’on peut, à l’aide d’un commutateur, réunir à volonté en série ou en quantité. L’appareil peut ainsi mesurer des intensités très différentes.
- Ampèremètre Desruelles et Chauvin. — 11 est j formé d’une bobine hémi-circulaire entourée 1 de fil; à l’intérieur et le long du côté rectiligne
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- AMPÈREMÈTRE.
- Tl
- est appliquée une bande de fer doux extrêmement mince; une seconde plaque mince du même métal est fixée à un axe passant par le
- iTamperes-metre^
- Ampèremètre Desruelles et Chauvin.
- centre de la bobine, et peut tourner autour de ce point comme un feuillet de livre. Un ressort spiral maintient cette plaque légèrement appuyée
- contre la première, dont elle s’écarte plus ou moins lorsque le courant passe. Une aiguille, fixée à la plaque mobile se meut sur un cadran divisé (fig. 49). L’instrument est apériodique et peut servir pour les courants alternatifs.
- Ammètre Waterhouse. — Dans l’ammètre Wa-terhouse, on a supprimé, pour avoir des indications plus constantes, les ressorts et les aimants permanents. C’est la pesanteur qui ramène l’aiguille au zéro, et la déviation est due à la répulsion des pôles de même nom de deux électros excités par le courant à mesurer. Ce courant traverse un fil enroulé en spirale, qui entoure un noyau de fer doux fixe M, et une armature de même métal A, qui porte deux pièces polaires S et N, la dernière munie d’une aiguille (fig. 50). L’armature A, ses pièces polaires et l’aiguille peuvent tourner autour d’un axe horizontal. Sous l’action du courant, A et M prennent la même polarité; les pièces N et S s’écartent d’autant plus du centre du noyau M
- Fig. 50. — Ammètre Waterhouse.
- fiUe 1 intensité est plus grande, et l’aiguille Prend une position telle que celle indiquée en 0lntillé. Quand on interrompt le courant,
- l’aiguille revient au zéro par son propre poids.
- Ampèremètre de Lalande. — Cet appareil est un aréomètre métallique contenant un fais-
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- AMPÈREMÈTRE.
- ceau de fils de fer doux; on le place sur une éprouvette remplie d’eau jusqu’à un niveau fixe, et entourée d’une bobine dans laquelle on fait passer le courant. Le flotteur s’enfonce d’autant plus que l’intensité est plus grande ; l’extrémité supérieure de sa tige se déplace devant une
- graduation. Il y a sensiblement proportionnalité entre certaines limites.
- Ampèremètre à mercure. — Le galvanomètre à mercure de M. Lippmann peut servir également à mesurer les intensités en valeur absolue, car les déplacements de la colonne mercurielle
- Fig. ai. — Ampèremètre à mercure.
- sont proportionnels aux intensités. Il se compose d’un manomètre à air libre MM', disposé entre les branches de deux aimants réunis par les pôles de même nom, et munis de pièces polaires PP', ne laissant entre elles qu’une fente où passe la branche horizontale du manomètre, réduite en ce point à un petit tube rectangulaire (flg. ol). Le courant qu’on veut mesurer
- traverse verticalement cette branche entre les pièces PP’, et forme en ce point un élément de courant mobile, qui se déplace par l’action électromagnétique; il s’établit donc entre les deux branches une différence de niveau telle que la pression hydrostatique qui en résulte fasse équilibre à l’action électro-magnétique.
- Ampèremètres enregistreurs. — Pour étu-
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- Fig. 52. — Ampèremètre enregistreur de Montaud.
- Fig. 53. — Ampèremètre enregistreur Richard frères.
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- ANALOGUE.
- ANALYSE ÉLECTROLYTIQUE.
- dier la charge et la décharge de ses accumulateurs, M. de Montaud se sert d’un ampèremètre enregistreur (fig. 52), qui n’est autre que l’ampèremètre à arête de poisson de M. Deprez dont l’aiguille indicatrice porte, à son extrémité, une plume légère destinée à enregistrer les résultats sur un papier qui se déroule d’un mouvement uniforme.
- MM. Richard frères construisent pour l’industrie un ampèremètre enregistreur (fig. 53) formé d’un électro-aimant à deux bobines, dont les noyaux, aimantés par le passage du courant dans le fil qui les entoure, agissent sur une double palette de fer doux montée sur un axe parallèle à celui des bobines. La surface de cette palette est gauche et inclinée par rapport au plan qui passe par l’extrémité des noyaux. Les mouvements de la palette se transmettent à un style enregistreur (Yoy. Enregistreur).
- Les électrodynamomètres (voy. ce mot) peuvent également servir à la mesure absolue des intensités.
- Enfin les ampèremètres peuvent être disposés pour mesurer les forces électromotrices (Voy. Voltmètres) .
- ANALOGUE. — On donne ce nom au pôle d’un corps pyroélectrique qui devient positif par élévation de la température, et négatif par son abaissement. C’est l’opposé d'anti-logue.
- ANALYSE ÉLECTROLYTIQUE. - Les pro-
- ies procédés chimiques, et de séparer des métaux qu’on peut difficilement isoler par les réactifs ordinaires. La méthode consiste à dis-
- Fig. 54. — Dosage électrolylique du cuivre.
- cédés électrolytiques permettent, dans certains cas, de faire des dosages qplus rapides que par
- Fig. 55. — Appareil de Riche pour les dosages éleclrolytiques.
- soudre le métal dans un liquide convenable, et à faire passer un courant à l’aide de deux électrodes de platine. On pèse soigneusement la cathode avant et après l’opération : l’augmentation de poids donne le poids du métal déposé. On met le liquide dans un creuset ou une capsule de platine c (fig. 54), qu’on place sur un support isolant v et qu’on fait communiquer par l’intermédiaire d’une lame métallique p avec le pôle négatif d’une pile formée de quelques éléments Daniell. L’anoder est représentée par un fil de platine s. L’augmentation de poids du creuset donne le poids du métal.
- Dans certains cas, il est avantageux de chauffer l’électrolyte pour diminuer sa résistance. On peut alors se servir de l’appareil (fig. 55), formé de deux creusets de platine concentriques, portés par une tige isolante et placés dans un bain que chauffe un bec de Bunsen.
- Dosage du mercure. — M. Escosura a indiqué pour la détermination quantitative du mercure
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- ANALYSEUR. — ANÉMOMÈTRE ÉLECTRIQUE.
- un procédé électrolytique] très simple, qui est maintenant appliqué à Almaden et donne de bons résultats.
- On prend un poids connu de minerai, qui puisse contenir environ 20 milligrammes de mercure ; on le met dans une capsule de platine et on le délaye dans un mélange de 90 centimètres cubes d’eau, 10 d’acide chlorhydrique et de 20 de sulfite d’ammoniaque; ce dernier sel est destiné à précipiter le sélénium et le tellure qui, sans cette précaution, seraient entraînés par le courant avec le mercure et le noirciraient. On fait communiquer la capsule avec le pôle positif d’une pile de deux à trois éléments de Bunsen, et l’on fait plonger au milieu du liquide un disque d’or pesé avec soin et servant de cathode.
- Le chlore résultant de la décomposition électrolytique du liquide se porte sur la capsule, où il paraît attaquer le minerai en formant des chlorures de mercure et de soufre, qui sont ensuite décomposés. Le mercure se dépose sur l’or, auquel il adhère parfaitement; l’augmentation de poids du disque donne le poids du métal déposé. Quant au chlorure de soufre, il paraît se décomposer dans le liquide en acides chlorhydrique et sulfurique. L’opération doit être terminée dans les vingt-quatre heures.
- Séparation da cuivre, de l'or et de l'argent. — On suspend l’alliage à analyser dans des vases poreux remplis d’acide sulfurique étendu, placés dans une dissolution de sulfate de cuivre où plongent également des lames de cuivre. Ces lames communiquent avec le pôle négatif du générateur et l’alliage avec le pôle positif. Sous l’influence du courant, l’eau acidulée est décomposée ; l’hydrogène est absorbé par le sulfate de cuivre, comme dans la pile deDaniell, et du cuivre pur se dépose sur les cathodes où d peut être recueilli. L’oxygène et l’acide sul-turique se portent sur l’alliage et dissolvent le cuivre et l’argent, tandis que l’or tombe inat-taqué au fond des vases. Ce premier métal ainsi séparé,^ on prend la liqueur qui contient le cuivre et l’argent, on la sature et on précipite 1 argent par des lames de cuivre; ce dernier naétal reste à l’état de sulfate, qu’on peut décomposer ou employer sous cette forme. Ce procédé, indiqué par M. Atkins, a été récemment essayé dans l’industrie.
- Recherche de Varsenic. — Pour rechercher l’arsenic dans les empoisonnements, M. C.-H. Wolff ^ recours à l’électrolyse de l’hydrogène arsénié.
- suffit d’un cent-millième de gramme d’arsenic pour obtenir des taches caractéristiques.
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- En employant un courant constant, on peut comparer ces taches avec celles que donnent des liqueurs titrées du même corps, et arriver ainsi à un dosage rapide.
- ANALYSEUR. — Yoy. Réfraction électrique.
- ANÉLEGTRIQUE. — Nom qu’on donnait autrefois aux métaux et autres corps incapables de s’électriser par frottement, par opposition aux substances qui s’électrisaient de cette manière et qu’on nommait idio-éleclriques. Cette dénomination a été remplacée par celle de corps conducteurs.
- ANÉLECTROTONUS. — Yoy. Electrotonus.
- ANÉMO-CINÉMOGRAPHE. — Application de Yélectro-cinémographe (Voy. ce mot) à la mesure de la vitesse du vent.
- ANÉMOMÈTRE ÉLECTRIQUE. — Les anëmos-copes, anémomètres et anémométrographesfont connaître la vitesse et la direction du vent. Dans la plupart de ces appareils, on confie à l’électricité le soin d’enregistrer les indications.
- La direction du vent est donnée généralement par une girouette dont les changements de position se transmettent à un commutateur. Dans l’appareil de M. Hervé-Mangon, l’axe de la girouette porte à sa partie inférieure un ressort métallique qui tourne sur un plateau isolant, dans lequel sont encastrés quatre arcs de cercle également en métal ; ces arcs, qui ont leur centre sur l’axe de la girouette, sont isolés les uns des autres, et ont chacun leur milieu en face de l’un des quatre points cardinaux; de plus, ils communiquent respectivement avec quatre électro-aimants formant le récepteur. Le ressort métallique porté par la girouette frotte toujours au moins sur l’un de ces quatre arcs ; il est au milieu de l’un d’eux si le vent vient exactement d’un des quatre points cardinaux, et il reste sur le même ressort tant que la direction du vent ne varie pas d’au moins 45°. Si le vent est exactement à 45° d’un des points cardinaux, le frotteur s’appuie à la fois sur deux arcs voisins.
- Une horloge qui fait partie du récepteur lance dans l’appareil toutes les dix minutes un courant qui, suivant la position du ressort, passe dans l’un des quatre électro-aimants; celui-ci attire une armature fixée à un levier, qui se met à osciller comme dans une sonnerie; un style porté par l’autre extrémité de ce levier trace une marque sur une feuille de papier, qui se déroule d’un mouvement uniforme sous l’action du mécanisme d’horlogerie. Lorsque le vent est à 45° des points cardinaux, le courant traverse à la fois deux électro-aimants, et
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- ANÉMOMÈTRE ÉLECTRIQUE.
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- le papier reçoit deux marques simultanées.
- La partie de l’appareil destinée à enregistrer la vitesse est toujours un compteur de tours, commandé le plus souvent par un moulinet à
- ailettes hémisphériques de Robinson. Lorsque le moulinet a fait un certain nombre de tours, cent par exemple, un commutateur lance un courant dans l’appareil enregistreur. Dans
- Fig. 57. — Anémoscope enregistreur de Richard et son diagramme.
- anémométrographe de M. Hervé-Mangon, ce courant traverse un cinquième électro-aimant placé à côté des autres, et le style correspondant ait une marque sur la bande de papier mobile.
- Anémomètre-anémoscope enregistreur. — L’anémomètre enregistreur de Richard frères (fig. 56)
- donne à la fois la direction et la vitesse du vent.
- La direction du vent est enregistrée mécaniquement. Un axe vertical porte à sa partie supérieure une pièce de fer formant girouette, terminée par un moulinet en aluminium et
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- ANION.
- ANNEAUX ÉLECTRIQUES.
- équilibrée par deux palettes en angle aigu. Une tige verticale, fixée par son extrémité supérieure à la girouette, commande, par son extrémité inférieure, au moyen d’une transmission, un cylindre vertical couvert d’une feuille de papier, qui tourne autour de son axe et suit la girouette dans toutes ses orientations.
- L’inscription se fait par le moyen d’un mouvement d’horlogerie, qui descend par son propre poids le long d’une crémaillère placée parallèlement au cylindre, et porte un style muni d’une plume de forme spéciale. Tant que la girouette reste immobile, la plume trace une verticale ; lorsqu’elle tourne, la courbe est dirigée du côté correspondant.
- La vitesse du vent est au contraire enregistrée électriquement. Le moulinet est formé de six ailettes en aluminium, inclinées à 45°, et rivées sur des bras très légers en acier ; son diamètre est calculé pour qu’il fasse exactement un tour pour un mètre de vent. A chaque myriamètre de vent passé, l’appareil ferme un circuit qui comprend une pile et un petit électro-aimant monté sur le mouvement d’horlogerie qui indique la direction du vent. L’aij/ma-ture de cet électro porte une plume qui trace un trait sur une bande de papier parallèle au cylindre.
- La fermeture du circuit est obtenue de la manière suivante. L’axe du moulinet porte une vis sans fin qui engrène avec une série de roues dentées, dont les engrenages sont calculés de telle sorte que la dernière fasse un tour pour 10,000 tours du moulinet. La dernière roue porte un limaçon, qui soulève une goupille fixée à un bras de levier rappelé par un ressort. A mesure que le moulinet tourne, le limaçon soulève la goupille, armant ainsi le ressort. Aussitôt que le vent a fait le chemin voulu, la goupille tombe au fond du limaçon ; le ressort rappelant le levier, celui-ci, par une tige qui se déplace horizontalement, vient faire buter l’un sur l’autre deux contacts de platine fixés à l’extrémité de lames métalliques verticales formant ressorts. Le circuit se trouve ainsi fermé ; les fils qui vont à l’électro passent dans la tige creuse de la girouette. En même temps que l’armature de l’électro-aimant trace un trait transversal, elle ferme un second circuit passant par un second électro, placé à côté du premier contact, qui est resté établi. L’armature de cet électro fait sauter la tige horizontale qui maintenait fermé le premier circuit; le premier circuit rompu, le second se rompt également, et tout rentre au repos, jusqu’à ce
- que le moulinet ait fait encore 10,000 tours. U est évident qu’on pourrait enregistrer de même le kilomètre ou le demi-kilomètre de vent.
- Anémoscope enregistreur. — A l’inverse du précédent, cet appai'eil enregistre électriquement la direction du vent. La girouette est munie d’un bras vertical qui descend extérieurement à la hampe, et qui, par un contact de platine, vient frotter constamment sur un collier isolant fixé autour de la hampe, et portant autant de touches métalliques qu’on veut avoir de directions enregistrées. De chacune de ces touches part un fil qui se rend à une touche semblable placée sur un secteur isolant, qui fait partie de l’enregistreur proprement dit (fig. 37).
- Sur ce secteur passe, à intervalles égaux, et par le moyen d’un mouvement d’horlogerie produisant des déclenchements automatiques, un contact frotteur relié à un électro-aimant dont l’armature commande un style. Lorsque ce contact passe sur la touche correspondant à celle du collier sur laquelle s’appuie à ce moment le contact de la girouette, le circuit est fermé, et le style marque un point sur l’abscisse correspondant à l’orientation momentanée de la girouette. Le diagramme est donc formé par une série de points très rapprochés les uns des autres.
- ANION. — Corps qui, dans une décomposition électrolytique, se porte à l'électrode positive ou anode.
- ANNEAU. — On désigne sous ce nom, justifié par sa forme, l'induit de quelques machines dynamo-électriques, notamment de celle de Gramme. Yoy. Machines dynamo-électriques.
- ANNEAUX ÉLECTRIQUES. — On donne ce nom à certaines apparences produites par l’action de l’électricité et observées par Priestley et par Nobili. Les anneaux de Priestley s’obtiennent en faisant passer des décharges électriques à travers une plaque de métal ; ils sont concentriques et colorés. Leur formation est due à l’action calorifique de l’étincelle, car les métaux les plus fusibles donnent le plus grand nombre d’anneaux.
- Les anneaux de Nobili s’obtiennent en élec-trolysant une dissolution saline recouvrant une plaque métallique. Si l’on relie la plaque au pôle positif et qu’on promène à sa surface le fil négatif, les anneaux sont dus à l’altération de la surface par les acides qui s’y dégagent; dans le cas contraire, ils sont dus à un dépôt de métal ou d’oxyde. L’acétate de plomb et diverses matières organiques donnent ainsi de belles colorations.
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- APPAREILLAGE.
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- pjg. gg. — Appareils pour lampes à incandescence.
- Le modèle A est un pied mobile pouvant servir à l’éclairage d'un appartement (Aboilard). Les types B, G, D sont des lampes de travail (Compagnie continentale Édison) ; les deux premières sont mobiles, la dernière se fixe au plafond. E représente une applique, F une suspension et G un lustre (Deutsche Edison-Çfesellschaft, Berlin).
- Dictionnaire d’électricité. ^
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- ANNEAU DE GARDE. — APPAREILLAGE.
- ANNEAU DE GARDE. — Anneau qui entoure le plateau mobile de F électromètre absolu (Voy. ce mot) de sir William Thomson, et qui sert à maintenir constante la densité électrique sur toute la surface utile du plateau.
- ANNONCIATEUR. — Appareil servant à indiquer les appels dans les installations téléphoniques (Voy. Indicateur).
- ANODE. — Électrode positive dans les décompositions électrolytiques faites en dehors de la pile.
- Anode soluble. — Lame qu’on suspend à l’anode et qui est formée du métal contenu dans le bain ; cette lame, attaquée par les produits acides qui se rendent à l’électrode positive, se dissout peu à peu et entretient le bain au degré de concentration voulu. La surface de cette anode doit être égale à celle de la cathode placée en face d’elle et sur laquelle s’effectue le dépôt métallique.
- ANSE GALVANIQUE. — Appareil employé en chirurgie pour l’ablation des tumeurs, etc., et formé d’un fil de platine fin et recourbé en forme de boucle, qu’on porte à l’incandescence (Voy. Galvanocaus-tique).
- ANTIKLEPT. — Voy. Avertisseur de vol.
- ANTILOGUE. — Pôle qui, dans un corps pyroélectrique, devient négatif par l’élévation de la température, et positif par son abaissement.
- APÉRIODIQUE. — Qualité d’un appareil de mesure électrique muni d’une aiguille dont l’amortissement est assez complet pour supprimer absolument les oscillations. L’aiguille se met en marche avec une vitesse qui va d’abord en croissant, passe par un maximum, puis diminue et devient nulle au moment même où elle atteint sa position d’équilibre.
- APPAREIL D’INDUCTION. -- Voy. Bobine de Ruhmkorff, machine magnéto et dynamo-électrique.
- APPAREIL MÉDICAL. — Voy. Électricité
- MÉDICALE.
- APPAREIL DE MESURE. — Voy. Mesure.
- APPAREIL TÉLÉGRAPHIQUE ET TÉLÉPHONIQUE. — Voy. Télégraphe, téléphone et microphone.
- appareillage. — Par analogie avec ce qui se fait pour le gaz, on donne ce nom aux appareils accessoires qui sont nécessaires pour compléter une installation de lumière. Les ampes sont fixées sur des douilles qui permettent de les remplacer aisément lorsqu’elles sont usées.
- La forme de la douille varie un peu avec le système dont on a fait choix ; mais les douilles à leur tour sont fixées sur des supports qui conviennent à tous les systèmes, et dont la forme varie suivant l’usage auquel les lampes sont destinées. D’ailleurs les lampes à incandescence, pouvant se placer sans inconvénient dans toutes les directions, se prêtent merveilleusement à toutes les combinaisons et permettent non seulement de reproduire toutes les formes ordinaires des appareils à gaz, mais
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- APPARENCES ÉLECTRO-CHIMIQUES. — ARC VOLTAÏQUE.
- encore d’en créer un grand nombre de nouvelles. La figure 59 montre un certain nombre des dispositions adoptées.
- La figure 58 montre qu’on peut même, pour une installation provisoire, disposer les lampes sur les appareils qui servent d’ordinaire à l’éclairage par le gaz ou par les bougies et obtenir ainsi des décorations d’un très bon effet.
- La figure 59 représente un vase de fleurs artificielles dont les calices sont occupés par des lampes Édison.
- APPARENCES ÉLECTRO-CHIMIQUES. — Nom
- donné par Nobili aux anneaux électriques (Voy. ce mot) qu’il a obtenus par l’électrolyse.
- APPEL D’INCENDIE. — Voy. Avertisseur.
- APPEL PHONIQUE. — Petit appareil d'induction magnéto-électrique imaginé par M. Sieur et servant à appeler un poste téléphonique. Il se compose d’un aimant en fer à cheval placé horizontalement (fig. 60), dont les pôles sont
- Fig. 00. — Appel phonique Sieur.
- recourbés et munis de pièces de fer doux, disposées à angle droit et entourées par des bobines de fil fin. Entre les pôles voisins de ces deux pièces peut tourner une roue de cuivre dont la circonférence porte des entailles équidistantes, remplies par de petits barreaux de fer doux. En tournant la manivelle, on imprime à cette roue une rotation rapide : le passage de chaque barreau de fer doux entre les pôles de 1 appareil provoque dans les bobines deux courants induits de sens contraires. Tous ces courants alternatifs se succèdent à intervalles très rapprochés et communiquent aux membranes des téléphones récepteurs des vibrations rapides Produisant un son assez intense pour être perçu facilement.
- Im commutateur permet d’enlever du circuit en temps ordinaire les téléphones du poste
- transmetteur, afin qu’on puisse attaquer. Lorsque l’appel a été entendu, ce commutateur fait sortir du circuit l’appel phonique et y substitue les téléphones transmetteurs.
- ARAIGNÉE DE FRANKLIN. — Appareil servant à montrer, par des décharges successives, que les deux armatures d’une bouteille de Leyde sont chargées d’électricités contraires. Une araignée, formée de deux balles de sureau noircies et portant quelques bouts de fil de lin, oscille entre deux boules reliées à ces deux armatures et est successivement attirée et repoussée par chacune d’elles.
- ARC VOLTAÏQUE. — Arc lumineux qui se produit entre deux conducteurs reliés aux pôles d’un générateur puissant, lorsque, après les avoir mis en contact, on les écarte à une petite distance. Cette expérience fut réalisée par sic Humphry Davy en 1813 à l’aide de deux tiges de charbon de bois communiquant avec une pile de Volta de 2,000 éléments. Foucault remplaça
- hig. 61. — Arc \oUaïque.
- vers 1840 le charbon de bois par du charbon ne cornue qui est plus dur, plus conducteur et qui s’use moins vite ; on préfère aujourd’hui des charbons artificiels qui sont plus purs, plus homogènes et d’une forme plus régulière. Le phénomène est trop éclatant pour qu’on puisse l’examiner directement, à moins de se servir d’un verre noirci. On peut aussi projeter l’image
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- ARGENTURE GALVANIQUE.
- agrandie des charbons sur un écran au moyen d’une lentille ou d’un miroir concave. On voit alors que l’arc est bien moins lumineux que les pointes des charbons (fig. 61); le charbon positif est plus brillant que le négatif et sur une plus grande longueur; sa température doit donc être plus élevée. D’après M. Rossetti, la température de l’arc serait d’environ 4 800°, celle du charbon positif 4 000° et celle du charbon négatif 3 000°.
- Dans le vide, le charbon positif se creuse en forme de cratère, tandis que le charbon négatif prend la forme d’une pointe; cette différence est due à ce qu’il y a des particules de charbon transportées dans les deux sens, mais surtout dans le sens du courant, c’est-à-dire du charbon positif au négatif. Si l’on opère dans l’air, les deux charbons brûlent, mais le charbon positif se consume environ deux fois plus vite que l’autre.-Il est évident que si l’on prend comme générateur, au lieu d’une pile ou d’une machine dynamo-électrique à courants continus, une machine à courants alternatifs, les charbons s’useront également.
- La température de l’arc est assez élevée pour fondre la plupart des matières réfractaires, même le platine ; on ne peut donc obtenir un arc durable qu’avec des électrodes de charbon. Pour l’éclairage, il est préférable de relier le charbon supérieur au pôle positif. Si l’on veut au contraire fondre ou volatiliser un corps, on le place dans le charbon positif, qu’on met en bas et auquel on donne la forme d’une coupelle. On peut ainsi observer facilement les spectres des métaux.
- On attribue là formation de l’arc à des particules très fines, peut-être des vapeurs, qui sont entraînées par le courant et établissent une communication entre les deux électrodes. Au spectroscope, l’arc donne, comme tous les gaz incandescents, un spectre cannelé présentant les raies du charbon et celles des métaux qui peuvent se trouver dans les charbons. C’est à cause de sa nature gazeuse que l’arc est beaucoup moins brillant que les charbons, quoique sa température soit plus élevée. Les charbons donnent un spectre continu qui s’étend très loin du côté du violet. La lumière émise est donc riche en rayons très réfrangibles et paraît bleuâtre. Si l’on interrompt le courant pendant un instant, l’arc ne se rallume que si l'interruption a été extrêmement courte, par exemple inférieure à 0,05 seconde. Si elle dure plus longtemps, les charbons se refroidissent assez pour faire disparaître les conditions qui corres-
- pondent à la production de l’arc. Dans le cas d’une interruption très courte, l’arc se rallume même si le courant change de sens, ce qui permet l’emploi des machines à courants alternatifs. Lorsqu’on emploie ces machines, la lumière est aussi fixe qu’avec les courants continus, mais elle produit un bourdonnement dont la ! hauteur dépend du nombre des interruptions,
- | en général 160 environ par seconde. L’éclat des | charbons passe alors par des maxima et des mi-j nima, et chacun d’eux devient à son tour plus brillant quand il est positif.
- L’arc voltaïque, étant formé par une portion mobile du courant électrique, obéit à l’action d’un aimant ou d’un autre courant.
- Force électro-motrice de l’arc. — Edlund, et après lui plusieurs autres savants, ont constaté que la différence de potentiel entre les deux charbons n’est pas proportionnelle à l’intensité du courant et à la résistance de l’arc, comme cela a lieu dans un fil métallique traversé par un courant. Cette différence se compose au contraire de deux termes, dont l’un varie proportionnellement à ces quantités, tandis que l’autre reste constant. On a donc pour cette différence de potentiel
- E = E' + IR
- I étant l’intensité du courant et R la résistance de l’arc. L’arc crée donc une force contre-électromotrice E' en sens inverse de celle de la pile. Cette force est d’environ 30 volts, et la différence de potentiel E varie de 30 à 70 volts. Ce fait explique l’impossibilité d’obtenir l’arc voltaïque avec une pile de force électro-motrice trop faible, quelle que soit d’ailleurs l’intensité.
- Travail de l’arc. — Comme d’un autre côté il faut au moins une intensité de 5 ampères pour entretenir un arc voltaïque, on voit que le travail minimum nécessaire est de 30X^ — 150 watts. Pour avoir une intensité lumineuse d’environ 100 carcels, il faut une intensité de 15 ampères et une différence de potentiel de 50 volts, ce qui fait un travail de 15 X 50 = 750 watts, c’est-à-dire environ un cheval. La résistance de l’arc diminue à mesure que l’intensité du courant augmente; d’après M. Preece, elle serait de 2,77 ohms pour une intensité de 10 ampères, de 1,07 ohm pour une intensité de 21,5 ampères et de 0,54 ohm pour une intensité de 30,12 ampères. L’intensité lumineuse augmente beaucoup plus vite que l’énergie dépensée ; les foyers intenses sont donc relativement les plus économiques.
- ARGENTURE GALVANIQUE. — Opération
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- ARMATURE.
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- qui consiste à recouvrir les objets d’une couche d’argent par les procédés de la galvanoplastie. Le bain le plus employé est formé de
- Eau distillée................. 1 litre
- Cyanure de potassium.... 50 grammes — d’argent.................. 25 —
- Il est indispensable de n’employer que des produits de premier choix.
- L’opération se fait dans un appareil semblable à ceux qui servent pour la galvanoplastie. La figure 62 montre l’une des dispositions les plus employées : les couverts sont suspendus à l’électrode négative.
- On peut se servir aussi de l’appareil simple. On met alors dans le vase poreux une dissolution de 10 p. 100 de cyanure de potassium ou de sel marin, avec le cylindre de zinc. Des lames
- Fig. 62. — Argenture des couverts.
- de cuivre, fixées au zinc, supportent les pièces plongées dans le bain d’argent.
- Avant d’être plongées dans le bain, les pièces doivent subir les opérations préliminaires que nous indiquons plus loin (Yoy. Électro-chimie).
- L’argenture s’applique aux couverts, pièces d’orfèvrerie, statuettes, vases, objets d’art, etc. La balance argyrométrique (Voy. ce mot) permet de régler exactement le poids d’argent déposé.
- Vieil argent. — On peut déposer sur la couche d’argent une patine qui lui donne un aspect plus artistique par divers moyens que nous indiquerons sommairement, car ils n’ont rien de commun avec l’électrochimie.
- On peut enduire les objets d’une bouillie claire de plombagine, d’essence de térébenthine et d’un peu d’ocre rouge. On fait sécher et on brosse doucement, de façon à laisser seulement l’enduit dans les fonds.
- On peut aussi recouvrir l’objet d’une solution he chlorure de platine, qui donne une couche de chlorure d’argent, noircissant à l’air, d’une solution de sulfure d’ammonium ou de penta-
- sulfure de potassium, qui donnent une couche de sulfure d’argent, ou enfin l’enduire de soufre, ce qui produit le même effet. Quelquefois on produit une oxydation superficielle par l’emploi du nitrate d’argent.
- ARMATURE. — Pièce de fer doux qu’on met en contact avec les pôles des aimants pour diminuer les effets de l’action démagnétisante. La figure 63 montre diverses formes d’aimants
- Fig. 63. — Aimants divers avec leurs armatures.
- avec leurs armatures. Les aimants rectilignes sont réunis par deux et placés parallèlement en sens inverse ; on réunit les extrémités par des pièces de fer doux A et B en forme de parallé-lipipèdes, qui s’aimantent par influence, présentant des pôles nord en nn' et des pôles sud en ss'. Ces pièces réagissent sur les barreaux et les empêchent de se désaimanter. Dans le cas des aimants en fer à cheval, on réunit les deux pôles par une seule pièce de fer doux qui s’aimante encore par influence et joue le même rôle. Enfin une disposition semblable s’applique aux aimants naturels.
- L’expérience montre qu’on peut accroître la force d’un aimant en augmentant peu à peu la charge qu’il porte ; pour cela on suspend à l’armature un petit vase de cuivre dans lequel on ajoute peu à peu de la grenaille de plomb. C’est ce qu’on appelle nourrir un aimant. Si l’armature vient à se détacher sous une charge trop grande, on perd tout l’avantage acquis et la force de l’aimant retombe au-dessous de sa va-
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- ARMURE. — ASIATIQUE.
- leur primitive. On peut lui rendre cette valeur j en recommençant à le nourrir. ]
- Armature d’un électro-aimant. — Voy. Elec- j
- TRO-AIMANT. |
- Armature d’un condensateur. — Dans un condensateur, et en particulier dans la bou- \ teille de Leyde, on donne ce nom à chacune j des deux parties métalliques qui sont séparées j par la lame isolante. j
- ' Armature d’un câble. — Enveloppe métallique dont on entoure les câbles sous-marins pour leur donner la résistance mécanique nécessaire et les protéger contre les diverses causes de rupture.
- ARMURE. — Yoy. Armature. j
- ARROSOIR ÉLECTRIQUE. — Petit vase de j
- laiton rempli d’eau et muni d’ajutages capillaires, qu’on suspend à une machine électrique Quand la machine fonctionne, l’eau, qui tombait d’abord goutte à goutte, forme des jets continus et divergents, qui sont dus à la répulsion de l’eau électrisée.
- ASCENSEUR ÉLECTRIQUE. — M. Siemens a ] imaginé un ascenseur électrique fondé sur le principe de la transmission de la force et qui paraît donner de bons effets. La machine dynamo-électrique qui sert de générateur envoie son courant dans la machine réceptrice, qui est placée sur la plate-forme mobile. Celle-ci actionne, par l’intermédiaire d’une vis sans fin, deux roues dentées qui engrènent avec les barreaux très rapprochés d’une sorte d’échelle en acier fixée verticalement. Un commutateur à manette, disposé sur la plate-forme, permet d’arrêter l’appareil, et de le faire monter ou descendre. Tout le système est équilibré par un contre-poids, dont les cordes métalliques servent en même temps de conducteurs.
- ASSOCIATION DES PILES. — Yoy. Couplage. ASTATICITÉ. — Propriété des systèmes as- : tatiques. |
- ASTATIQUE. — Qui est soustrait à l’action i du magnétisme terrestre. |
- Aiguilles astatiques. — Dans certains cas, et ] en particulier dans la construction des galvano-mètres, on a avantage à construire un système i d’aiguilles aimantées qui soit soustrait à l’action ’ de la terre, tout en restant capable d’obéir à l’action d’un courant placé près de lui. On se sert le plus souvent de deux aiguilles aimantées de mêmes dimensions, qu’on fixe parallèlement l’une au-dessus de l’autre, mais les pôles de même nom tournés en sens contraire. Si les moments magnétiques des deux aiguilles sont rigoureusement égaux, les actions de la terre
- sont égales et contraires, et le système est eu équilibre indifférent dans toutes les positions.
- Remarquons qu’il est impossible de réaliser l’égalité parfaite que nous avons admise et qu’il n’y aurait d’ailleurs aucun intérêt à le faire, car un système parfaitement astatique serait dévié de 90° par un courant d’intensité quelconque, puisqu’aucune force ne s’opposerait à l’action électro-magnétique, et ne reviendrait jamais au zéro, l’action de la terre étant complètement supprimée.
- Les systèmes employés dans les galvanomètres sont seulement presque astatiques, ce qui vaut beaucoup mieux ; l’action de la terre, étant très faible, s’oppose peu à l’action électro-magnétique, et elle suffit à ramener ensuite le système à sa position d’équilibre, qui du reste n’est pas nécessairement le méridien magnétique.
- La figure 64 montre deux systèmes d’aiguilles
- Fig. 64. — Aiguilles astatiques.
- astatiques pour le galvanomètre de Weber; le second est formé de huit aiguilles parallèles : les quatre aiguilles supérieures ont leurs pôles nord du même côté, celles du bas du côté opposé.
- Courants astatiques. — Courants mobiles sous-traits à l'action de la terre, avec lesquels on vérifie facilement les lois d’Ampère relatives
- à l’électrodynamique. Ils sont formés de deux portions de surfaces égales entourées par des courants circulant en sens contraire. Les actions de la terre sur les deux moitiés de l’appareil se neutralisent. La figure 65 montre deux modèles de cadres astatiques rectangulaires.
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- ATMOSPHÈRE ÉLECTRIQUE. — AURORE BORÉALE.
- ATMOSPHÈRE ÉLECTRIQUE. — Syn. de
- Champ électrique.
- ATTAQUE. — Action d’attaquer, c’est-à-dire d’appeler un poste téléphonique ou télégraphique.
- ATTENTE. — Signal usité dans les télégraphes pour indiquer qu’on n’est pas prêt à recevoir une transmission.
- ATTRACTION ÉLECTRIQUE ou magnétique. — Yoy. Actions.
- ATTRACTION MÈTRE. — Sorte de balance romaine servant à mesurer la force attractive d’un électro-aimant. Le fléau a deux branches inégales : la plus petite, en fer doux, se trouve au-dessus de l’électro-aimant étudié, auquel elle tient lieu d’armature; la plus grande, qui est graduée, porte le poids mobile qu’on éloigne jusqu’à ce qu’il fasse équilibre à Faction de l’aimant et maintienne le fléau horizontal.
- AUDIOMËTRE. — Appareil permettant d’ap-
- 9 T à
- Fig. 66. — Audiomètre.
- précier l’acuité auditive. Celui du DrBoudet de Paris (fig. 66) est formé d’une bobine d’induction à noyau de fer doux qui porte trois fils : un fil induit communiquant avec un téléphone, et deux fils inducteurs partant des bornes a et b et s’enroulant en sens contraire ; l’un de ces circuits est formé par le fil R et l’autre contient une boîte de résistances r. Le courant de la pile P traverse un microphone M, qu’on fait vibrer par le contact d'une montre pour produire des interruptions rapides, et se divise ensuite entre les deux circuits inducteurs. Si ceux-ci ont exactement la même résistance, les courants dérivés qui les parcourent ont des intensités e&ales et leurs actions sur le circuit induit se neutralisent parfaitement ; on n’entendra donc aucun son dans le téléphone. Mais si l’on fait
- varier un peu la résistance d’un des circuits inducteurs au moyen de la boîte r, le circuit induit sera parcouru à chaque interruption par des courants qui feront parler le téléphone. Il est évident que la plus petite modification de résistance qui permettra à un sujet d’entendre un son pourra servir à mesurer l’acuité auditive de cette personne.
- AURORE BORÉALE ou AURORE POLAIRE. — On donne ce nom à des lueurs, assez rares dans nos pays, mais très fréquentes dans les régions polaires, et dont on attribue la production à des phénomènes électriques.
- « Le phénomène des aurores boréales, disait Pouillet en 1856, paraît être le plus magnifique, le plus imposant, le plus resplendissant de ceux qui puissent s’offrir à nos regards, et en même temps le plus compliqué, le plus inextricable, le plus insaisissable de ceux qui s’offrent à nos recherches. »
- Parmi les nombreuses descriptions d’aurores polaires contenues dans les récits des voyageurs, nous choisirons une observation faite par S. Lemstrôm en 1869.
- « Le 18 octobre 1868, le bateau à vapeur suédois Sophia, revenant du Spitzberg, se rapprochait des côtes de la Norvège par un vent qui devint contraire au dernier moment.
- « A l’ouest de l’horizon, nous remarquâmes alors deux couches de nuages, que séparait nettement une bande striée d’un jaune pâle. C’était le faible commencement d’unequrore boréale dont la splendeur devait bientôt surpasser tous les phénomènes du même genre que nous avions observés jusqu’alors pendant le voyage.
- « Les bords de la couche supérieure des
- nuages s’éclairèrent peu à peu, et bientôt nous en vîmes sortir des flammes isolées qui parfois
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- Fig. 68. — Exemples d’aurores boréales.
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- AUSTRAL.
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- montaient jusqu’au zénith. Subitement le phénomène embrassa tout l’horizon. Partout des flammes, partout des jets d’étineelante lumière, jaunes dans le bas, verts au milieu et rouge violet à l’extrémité supérieure. En un instant, tous les rayons se réunirent en une couronne régulière et éblouissante qui se dessina sur le ciel au sud du zénith.
- « Quand le phénomène fut arrivé à son maximum d’intensité, il nous fit l’effet de la voûte immense d’un temple au milieu de laquelle brillait un lustre splendide.
- « L’apparition ne dura que quelques minutes, mais, en s’effaçant, elle laissa encore après elle une zone lumineuse entre les couches de nuages. De la couche supérieure continuèrent à s’élancer, à de courts intervalles, des rayons isolés qui montaient jusqu’au zénith et y formaient les fragments d’une couronne. Les bords des couches de nuages restèrent lumineux alors même que les rayons eurent disparu. »
- La figure 67 donne une idée du beau phénomène que nous venons de décrire. Les aurores boréales ne sont pas toujours aussi complètes ; cependant elles offrent toujours à l’observateur un spectacle magnifique. La figure 68 montre
- trois aurores observées à Koutokeino, en 1882, par le Dr Tromholt.
- Les aurores polaires sont généralement accompagnées d’une déviation de l’aiguille aimantée et de véritables orages magnétiques produisant dans les lignes télégraphiques des courants d’induction très intenses.
- On ne sait presque rien sur l’origine de ces phénomènes. Us sont dus certainement à des décharges dans l’air raréfié, semblables à celles que l’on obtient dans les tubes de Geiss-ler. Ces décharges semblent se produire des régions élevées vers la surface, mais à des hauteurs très variables : il y en a qui s’élèvent à plus de 450 kilomètres, et d’autres qui ne dépassent pas une hauteur de 2 kilomètres. La lumière est due aux gaz rendus incandescents par la décharge; cependant le spectre de l’aurore diffère de celui des tubes pleins d’air raréfié par la présence d’une raie particulière entre le jaune et le vert (X = 5570).
- En étudiant les effets produits par la dé-, charge de l’électricité à haute tension (400 cou-, pies secondaires) à la surface des liquides, G. Planté a pu obtenir des phénomènes analogues à ceux des aurores boréales, comme les
- Fig. 69. — Décharge d’une batterie secondaire à la surface de l'eau.
- couronnes et les arcs lumineux à franges de rayons brillants, réguliers ou sinueux, et animés d’un rapide mouvement ondulatoire. La figure 69 montre quelques-unes de ces apparences. Planté croit pouvoir attribuer les aurores polaires à « la diffusion dans les couches supérieures de l’atmosphère, autour des pôles ^agnétiques, d’électricité positive émanant des régions polaires elles-mêmes. »
- AUSTRAL. — Nom donné au pôle d’un aidant qui se dirige vers le nord, parce que,
- dans l’hypothèse de l’aimant terrestre, on supposait ce pôle de même nature que le pôle de l’aimant terrestre placé au sud.
- AUTO-EXCITATRICE (Machine). — Machine dynamo-électrique dont les électro-aimants sont animés par le courant induit de la machine elle-même, ce courant étant redressé, si la machine est à courants aternatifs.
- AUTO-INDUCTION. — Yoy. Self-induction.
- AUTO-RÉGULATION. — Yoy. Machines d’induction.
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- AUXANOSCOPE. — AVERTISSEUR.
- AUXANOSCOPE. — Appareil à projection éclairé par des lampes à incandescence, imaginé par M. Trouvé. Une première lampe, mu-
- nie d’un réflecteur parabolique et placée à l’extrémité de l’appareil, sert à éclairer les corps transparents. Pour les objets opaques, deux autres réflecteurs paraboliques sont placés au fond de deux tubes, qui se rencontrent à peu près à angle droit et portent deux lampes à incandescence à leurs foyers. Les réflecteurs renvoient en faisceaux parallèles la lumière des lampes sur l’objet opaque, qui se place au point de rencontre des deux tubes : un objectif disposé en avant de cet objet sert à le projeter.
- La figure 70 représente un nouveau modèle d’auxanoscope extrêmement portatif, adopté récemment par la Ligue de l’enseignement; une batterie légère permet de l’alimenter pendant 2 ou 3 heures. Cet appareil donne un champ de quatre mètres carrés, et son éclairage est presque égal à celui de la lumière oxydrique.
- AVERTISSEUR. — Sorte d’appareil télégraphique simplifié servant à transmettre à distance certains signaux généralement conventionnels et peu nombreux, mais d’un usage fréquent. Nous indiquerons d’abord quelques avertisseurs destinés à l’exploitation des chemins de fer. On trouvera aux mots Block.-system, contrôleur,etc., d’autres appareils destinés également à éviter les accidents sur les voies ferrées.
- Avertisseur électrique des voyageurs. —
- Pour éviter les inconvénients résultant des appels inintelligibles qui se font à chaque station, M. Rogers dispose dans chaque wagon un cadran portant le nom des stations. Une aiguille s’arrête chaque fois sur la station correspondante; elle est mue par un mécanisme analogue à celui du télégraphe à cadran. Le courant est lancé dans l’électro-aimant par un taquet placé sur la voie et qui frappe un bras au moment où le train entre en gare.
- Avertisseur de passages à niveau. — Appareil imaginé par MM. Leblanc et Loiseau pour prévenir qu’un train va franchir le passage à niveau. A une certaine distance en avant, 2 ou 3 kilomètres par exemple, est disposée latéralement une pédale, qui est repoussée par la première roue de la locomotive, et fait mouvoir un mécanisme de déclenchement qui agit à son tour sur un commutateur. Celui-ci lance le courant dans un appareil placé au passage à niveau, où il produit un double effet : d’une part il l'ait tinter une sonnerie, et d’autre part il passe dans un électro-aimant dont l’armature relève un volet qui masquait l’écriteau : Défense de passer. Cet écriteau en caractères noirs sur fond blanc est éclairé le soir. L’écriteau est visible et la sonnerie se fait entendre jusqu’à ce que le train ait franchi la barrière. La locomotive agit alors sur une autre pédale qui rompt le circuit.
- M. de Baillehache a proposé une disposition analogue, pour éviter les accidents aux passages à niveau : elle consiste à disposer les barrières de sorte que leur fermeture ou leur ouverture ait pour conséquence inévitable l’apparition ou la disparition des disques de protection. Pour éviter en outre les retards dus à la négligence des gardes, on placerait, à 3 ou 4 kilomètres en avant des barrières, un appareil au moyen duquel le passage même du train ferait apparaître à la barrière un voyant dont la chute fermerait un circuit local contenant une forte sonnerie; le tintement de la sonnerie s’arrêterait seulement quand le garde aurait relevé le disque en venant fermer la barrière.
- Cet avertisseur est représenté (fig. 71) en plan horizontal, ainsi qu’en coupe longitudinale et transversale. Il se compose d’un contre-rail B, formé d’nne plaque de tôle d’acier de 4,5 mm., soigneusement isolée par des plaques de caoutchouc I, que supportent des longri-nes G et H ; la longrine G est assujettie par des tirefonds sur les traverses F F de la voie. Le rail voisin A, monté sur type à coussinet, est relié au sol par la plaque E, et le contre-rail B est en communication avec un fil de ligne par le câble CC.
- Chaque fois qu’un train passe sur le rail A, les roues réunissent le rail A et le contre-rail B, et, le circuit de l’avertisseur se trouvant fermé, la manœuvre de cet appareil s’accomplit automatiquement. Le contact est toujours excellent, car le train met toujours à nu la sur-
- Fig. 70. — Auxanoscope.
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- face du rail, même lorsqu’il est sali, oxydé ou recouvert de neige.
- La même disposition peut s’appliquer à un <rand nombre de manœuvres relatives à l’ex-
- ü
- ploitation des chemins de fer : actionnement de chronographes ou autres appareils enregistreurs de la vitesse des trains; verrouillement des aiguilles prises en pointe ; allumage momen-
- V s L >
- B 9
- Fig. 71. — Avertisseur des passages à niveau (système E. de Baillehache).
- ^ de lampes dans les tunnels ou autres points ; répétition du mouvement des trains sur on appareil à cadran, établissement de postes e sec°nrs pour les trains en détresse, etc.
- Les avertisseurs de Baillehache ont été employés avec succès pendant l’Exposition de 1889, sur le chemin de fer Decauville, où ils ont permis de transporter sans accident 6,500,000 voya-
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- geurs en 42,000 trains ; ils ont fourni dans ces conditions plus d’un million de contacts avec une parfaite régularité.
- Avertisseur de gare. — La plupart des compagnies françaises de chemins de fer prescrivent aux chefs de gare de mettre à l’arrêt le disque à distance, dès qu’il a été dépassé par un train se dirigeant vers la station. Comme le disque n’est pas toujours visible de la gare, la
- Compagnie du Nord a mis en expérience un appareil construit sur les indications de M. Sar-tiaux et destiné à prévenir la gare automatiquement, lorsqu’un train franchit le disque. Cet appareil figurait à l’Exposition de 1889.
- Devant le disque est installé un crocodile (Voy. ce mot), qui diffère du modèle ordinaire en ce qu’il est fendu transversalement et constitue deux contacts distincts. L’une des moitiés
- .L____________l____ZZ] - •-refais de h marche 3m tram-
- Plan du contact fixe
- Fig. 72. — Avertisseur de gare et commutateur de disque. (Chemin de fer du Nord.)
- sert à actionner le frein à vidé lorsque le disque est à l’arrêt, et l’autre à avertir la gare, chaque fois qu’une machine munie d’une brosse métallique T passe devant le disque (fîg. 72). Une grosse sonnerie à voyant, placée dans la gare, tinte jusqu’à ce qu’on replace le voyant à la main.
- Le commutateur de disque (Voy. Disque) est modifié pour permettre à l’avertisseur de fonctionner, que la voie soit ouverte ou fermée : la
- queue Q, soulevée par un doigt monté sur le mât du signal, déplace les quatre ressorts de contact et leur fait établir les communications nécessaires entre les huit surfaces métalliques isolées qui forment le commutateur.
- Quand la voie est ouverte, le commutateur occupe la première position; deux des ressorts réunissent, d’une part le pôle positif de la pile de la sonnerie de contrôle du disque avec le fil qui va à l’avertisseur et de là à la terre;
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- d’autre part le pôle négatif de cette pile avec le crocodile. Le train qui passe complète le circuit et fait fonctionner l’avertisseur, sans faire déclencher le frein, car ie courant qui traverse l’appareil de déclenchement est négatif.
- Lorsque la voie est fermée, les ressorts font communiquer : 1° le pôle positif d’une pile complémentaire avec le fil de la sonnerie de la
- Fig. 73. — Avertisseur à
- gare et la terre ; 2° le pôle négatif de cette pile avec la terre; 3° le pôle positif de la pile de disque avec le fil de l’avertisseur et la terre; 4° le pôle négatif de cette pile avec le contact fixe.
- Quand un train passe, la machine complète successivement les deux circuits : l’avertisseur de gare fonctionne, ainsi que le frein à vide, et la sonnerie de contrôle du disque tinte comme d’ordinaire.
- Avertisseur à lanterne mobile. — Appareil destiné à indiquer au personnel d’une gare importante qu’une voie est occupée, et qu’on ne peut envoyer de train dans cette direction, sans que ce signal puisse être confondu avec les disques ordinaires, qui s’adressent aux mécaniciens.
- La Compagnie du Nord emploie pour cet usage un appareil de communication électrique, construit sur les indications de M. E. Sartiaux, et qui se compose d’une lanterne tournante, montée sur l’axe d’un mouvement d’horlogerie et pouvant occuper deux positions dans lesquelles elle présente, sur les deux côtés
- mobile. (Chemin de fer du Nord.)
- diamétralement opposés de l’enveloppe en tôle, Une face qui a reçu une inscription en gros caractères ou une face sans inscription (fig. 73). Les caractères, en lettres rouges sur fond blanc dépoli, sont éclairés la nuit par une lampe à Pétrole placée dans la lanterne ; ils sont également visibles en plein jour.
- L appareil est actionné par deux commuta-
- teurs à manivelle en fonte, placés à la portée de l’agent chargé de la manœuvre, auquel ils permettent d’envoyer, l’un des courants positifs pour mettre l’appareil à voie occupée, l’autre des courants négatifs, pour le ramener à voie libre.
- Un courant, positif par exemple, étant lancé dans l’électro-aimant, l’armature A, repoussée par l’un des pôles et attirée par l’autre, oscille
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- et écarte les branches de ciseaux bb, dont les extrémités sont munies de goupilles g qui pénètrent dans des trous du disque D pour arrêter le mécanisme.
- Celui-ci se trouvant déclenché, les ciseaux se referment sous l’action d’un ressort r, l’appareil fait un quart de tour : les goupilles g rencontrent d’autres trous et arrêtent la rotation.
- Le mécanisme est mû par un puissant ressort à barillet, ou par un poids moteur que l’on remonte de l’extérieur. Quand la corde est presque complètement déroulée, un ressort, soulevé par une saillie placée sur le barillet, ferme le circuit d’une pile locale et fait tinter une sonnerie, pour avertir l’agent chargé de remonter l’appareil.
- Tout récemment, l’appareil a été doublé de dimensions et le mouvement d’horlogerie remplacé par un contrepoids monté sur un tambour, à la façon des treuils ou des mouvements de grosses sonneries d’annonces.
- Avertisseur à trompe. — Voy. Cloche
- ÉLECTRIQUE.
- Appel d’incendie de la ville de Paris.
- — Pour appeler les pompiers et leur faire savoir d’où provient l’appel, la ville de Paris a adopté la disposition suivante.
- Un récepteur formé d’un électro-aimant, et assez analogue à celui du télégraphe Bréguet, est placé au poste des pompiers; il commande une aiguille qui, lorsque le courant est lancé par un des transmetteurs, se déplace sur un cadran, et avance d’autant de cases que le transmetteur a produit d’émissions de courant. Chaque case correspond ainsi à l’un des transmetteurs et indique le lieu d’où provient l’appel. A l’appareil récepteur est associée une sonnerie, dans laquelle le courant continue à passer après que l’aiguille s’est arrêtée à la case voulue; le tintement se fait donc entendre jusqu’à ce qu’on vienne arrêter l’appel et interrompre le courant.
- A chaque poste d’appel se trouve un bouton sur lequel on appuie; cette opération déclenche un système qui lance le courant dans deux dérivations d’égale résistance. L’une de ces dérivations est locale et contient une sonnerie, placée au poste d’appel, et qui tinte jusqu’à ce qu’on ait interrompu le courant au poste de secours. La personne qui appelle est ainsi avertie, d’abord que la ligne est en bon état et que l’appareil fonctionne, et ensuite .que l’appel a été entendu au poste de secours. Laseconde dérivation comprend la ligne qui se rend au poste de secours et sur laquelle est intercalé le transmetteur, formé d’un treuil mû par un poids et portant une roue qui présente à chaque poste un nombre de dents différent. Quand on appuie sur le bouton, on dégage un doigt fixé au
- treuil, qui se met à tourner ; chaque dent vient à son tour appuyer sur un ressort et fermer le circuit. Il se produit donc autant d’émissions de courant qu’il y a de dents et l’aiguille avance d’un nombre de cases égal, indiquant ainsi le lieu d’où vient l’appel. L’appareil s’arrête sur la dernière dent, de sorte que le courant continue à passer dans les deux sonneries, l’aiguille restant immobile. Lorsqu’on interrompt le courant au
- Fig. 74.
- Plan, perspective et coupe de l’ap-pareil avertisseur.
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- poste de secours, les deux sonneries s’arrêtent, et tous les appareils reviennent à la position de repos.
- Avertisseur universel. — L’avertisseur universel de M. L. Digeon peut rendre de nombreux services : il permet notamment d’appeler instantanément et simultanément plusieurs postes de secours, et d’entrer en correspondance avec eux par voie téléphonique. Cet appareil peut donc être employé par les personnes les plus inexpérimentées; il est peu coûteux, et tout dérangement se constate instantanément.
- Nous décrirons seulement les parties principales de ce système; les appareils essentiels sont un avertisseur et un commutateur automatique.
- Avertisseur. — L’avertisseur (flg. 74) se compose d’un électro-aimant H traversé en temps
- ordinaire par le courant d’une pile; il est suspendu verticalement de façon que les pôles de l’électro soient à la partie inférieure. L’armature F est alors maintenue au contact des pôles ;
- | elle est fixée au milieu d’une tige N terminée en E par un bouton d’ébonite ; un ressort G tend à l’écarter de l’électro et deux tiges de cuivre mm', traversant les orifices o et o', la guident dans son mouvement.
- Si, en agissant au poste d’appel sur le commutateur, on rompt le circuit, l’armature retombe sous l’action de la pesanteur et du ressort G, et deux tiges ii', qu’elle porte à sa partie inférieure, venant rencontrer deux lames flexibles DD', ferment un circuit local passant par la borne S, les pièces D',i', i, D, le plot J, la manette Ii et la borne P et contenant une pile et une sonnerie dont le tintement se fait entendre.
- Le signal entendu, on peut arrêter la sonnerie en ouvrant la manette K, comme le représente la figure. Quand on a fini de correspondre, on pousse le bouton E pour remettre l’armature au contact et refermer la manette K.
- Commutateur automatique. — Le commutateur (flg. 75) floit être suspendu verticalement, les bornes P et S en haut. Il se compose d’un levier AG, à branches inégales, pouvant tourner autour de l’axe B ; l’extrémité A porte un crochet auquel on peut suspendre un téléphone. Quatre bornes métalliques E, G, H, I, sont disposées autour du levier; E et H sont munies de lames flexibles metn qui les mettent en communication avec G oui, suivant le sens dans le-fluel s’incline le levier. Les communications s établissent de diverses manières, suivant la nature du poste où doit être placé le commutateur.
- Installation du système avertisseur universel. — La figure 76 montre l’installation d’un poste principal ou poste de secours, qui doit comprendre : un avertisseur, avec un circuit local contenant une sonnerie, un commutateur automatique, un appareil téléphonique d’un système quelconque, et une pile. En temps ordinaire, le téléphone est suspendu au crochet À, et, par son poids, entraîne le levier, dont l’extrémité G vient s’appuyer sur la lame m et relier ensemble les bornes G et E. Le courant de la pile suit alors le circuit indiqué en traits pleins ; il passe par P, G,m,E, S, A, traverse l’électro-aimant, sort par TG, et se rend par le fil de ligne au poste d’appel, dont le téléphone est également suspendu au crochet; il traverse le commutateur de ce poste suivant le chemin S, E, m, G, C, B, L et revient au pôle négatif de la pile. La figure 77 représente l’installation du poste
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- d’appel, composé seulement d’un commutateur automatique et d’un téléphone.
- Au repos, l’armature F est attirée par l’é— lectro-aimant, et le circuit local de la sonnerie est interrompu. Mais si, au poste d’appel, on prend à la main le téléphone, le levier AG (fig. 77) bascule par son propre poids, l’extrémité C vient s’appuyer sur la tige flexible n, et ferme le circuit qui contient le téléphone et qui est marqué en pointillé S, T, H, n, I, C, B, L. En
- même temps, le circuit principal se trouve interrompu au même poste entre G et m; par suite, au poste de secours, l’armature F se détache de l’électro-aimant, et vient fermer le circuit local de la sonnerie, qui commence à tinter. L’observateur placé à ce poste arrête alors la' sonnerie à l’aide de la manette K, et saisit le téléphone suspendu au crochet A; le levier AC bascule par son poids, comme nous l’avons expliqué pour le poste d’appel, et vient, en ap-
- Pt '
- Fig. 76. —• Installation d’un poste de secours avec pite de ligne.
- puyant sur la tige flexible n, fermer le circuit pointillé D, I, n, H, T, TC, qui contient le téléphone. Par les manœuvres que nous venons d’indiquer, les téléphones se trouvent introduits dans le circuit de ligne, dont on fait sortir la pile et les résistances inutiles.
- Lorsqu’on a fini de correspondre, on replace les téléphones sur les crochets, et on appuie sur le bouton d’ébonite E pour remettre l’armature au contact de l’électro et refermer la manette K.
- On peut mettre dans le même circuit un nombre quelconque de postes d’appel et de secours, disposés en série ; une pile unique suffît. Pour les postes de secours qui n’ont pas de pile, les communications du commutateur doivent être légèrement modifiées. La pile de ligue devant fonctionner constamment, il convient d’employer des couples du genre Daniell.
- Avertisseur Mackenzie. — Petit appareil servant à faire connaître, lorsqu’on appuie sur un bouton de sonnerie, si le courant passe, et par
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- suite si la sonnerie fonctionne. Il peut être placé dans un bouton ou dans une poire d’appel ;
- Fig. 77. — Installation d’un poste d’appel.
- il peut aussi être employé seul à la place d’une sonnerie. La figure 78 montre les premiers cas.
- L’avertisseur est formé d’un électro-aimant, reposant sur un socle de fer doux et entouré d’une boîte de même substance, dont le cou-
- Avertisseur Mackenzie.
- Fig. 71
- vercle est très voisin de l’extrémité du noyau.
- Lorsque le courant passe dans la bobine, le noyau et le couvercle étant les pôles respectifs d’un aimant continu, se trouvent aimantés,
- ris acquièrent des polarités opposées, et émettent un son qui peut être augmenté à volonté et qui dure tant que le courant continue à passer. Cette action étant uniquement moléculaire, '1 n’est besoin d’aucune partie mobile, et par conséquent il n’y a rien qui puisse se détériorer.
- Ce petit appareil peut être utilisé dans bien ries cas, notamment :
- (®) Dans les circuits des téléphones, entre les Postes des bureaux et ceux des abonnés, ou bien Dictionnaire d’électricité.
- entre les postes des bureaux eux-mêmes, pour savoir, chaque fois que l’appel a été donné, si les sonneries fonctionnent et si par conséquent les circuits sont en bon état.
- (b) Dans les chemins de fer, pour les appareils à signaux, afin que l’employé puisse s’assurer si le signal qu’il a transmis a été reçu par l’autre poste.
- (c) Dans les appareils Morse, pour remplacer le petit galvanomètre avertisseur qui indique à l’opérateur que le circuit est fermé.
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- Fig. 80. — Avertisseur de vol (vue d'ensemble).
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- (d) Dans les signaux militaires, ce petit appareil est d’une valeur très grande, car il est excessivement simple et s’adapte à tous les équipements .
- (e) Enfin, pour certaines opérations électro-techniques, cet appareil possède des avantages sur la forme ordinaire des avertisseurs, car on peut le faire fonctionner avec certitude, même par les personnes qui n’ont aucune connaissance en matière d’électricité.
- Avertisseur de vol ou Antiklept. — Cet avertisseur, imaginé par MM. H. Royer et G. Benoist, peut servir à indiquer une élévation anormale de température, mais il sert surtout à prévenir de l’ouverture d’une porte, d’une fenêtre, d’un meuble, de l’escalade d’une clôture, en un mot à déceler la présence du voleur.
- On dispose un fil de telle sorte qu’on ne puisse ouvrir la porte ou franchir la clôture sans le couper ou le toucher, ces deux opérations ayant
- c s i JB :TF = B’ A
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- Fig. 81. — Contact de sûreté pour l’avertisseur de vol.
- pour effet d’actionner un contact spécial, que n°us décrirons plus loin, qui vient alors fermer circuit contenant l’avertisseur. Celui-ci est 0rmé d’un électro-aimantE horizontal (fig. 79), fiut attire, lorsque le courant passe, une arma-)lre A fixée au-dessous de lui sur une lame exible V, dont la course est limitée par la R. Cette armature porte une sorte de cliquet * lorsqu’elle est attirée, permet le déclen-ement de la pièce coudée HY, qui tourne au-our du point B, entraînée parle contre-poidsp. n Voyant, fixé en Q sur cette pièce à bascule,
- apparaît alors derrière l’ouverture correspondante, tandis que le contact Y vient buter contre le plotC, et ferme ainsi le circuit d’une sonnerie qui se fait entendre jusqu’à ce que l’on vienne rompre le circuit de l’électro et replacer la pièce H dans sa position première.
- La figure 80 montre l’aspect extérieur d’un appareil à quatre numéros, et la disposition des différentes pièces dans un appareil à deux numéros. Le fil positif vient s’attacher à la borne a, de laquelle part un fil qui se divise en b et vient aboutir aux interrupteurs à manette II'. Des
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- AVERTISSEUR AUTOMATIQUE D’INCENDIE.
- interrupteurs les fils vont à leurs électro-aimants respectifs, puis s’attachent aux bornes 1 et 2. De là partent les fils qui vont aux contacts de sûreté, puis se réunissent au pôle négatif de la pile. En c est une dérivation qui communique avec les plots fixes CC' et qui sert à actionner les sonneries intercalées entre les pièces à bascule et le pôle négatif. D est la poignée d’un axe portant des tiges qui servent à remettre en place les voyants, lorsqu’on a rompu le circuit de l’électro à l’aide d’un des interrupteurs II'.
- Pour lancer le courant dans l’avertisseur, on peut se servir du contact suivant. Un levier A, mobile autour de l’axe O (fig. 81), est sollicité par un ressort à s’incliner vers la gauche, mais un fil bien tendu, et attaché à l’anneau J le maintient dans la position verticale. Si ce fil, disposé devant l’ouverture ou au-dessus de la clôture qu’on veut protéger, subit une pression ou une traction en un point quelconque, il tire vers la droite le levier A, et la tige G, perpendiculaire à ce levier, rencontrant deux pièces métalliques BB', ferme le circuit de l’électro-aimant. Si les malfaiteurs coupent le fil, le levier A, obéissant à l’action du ressort, s’incline vers la gauche, et la tige C ferme encore le circuit en touchant deux autres pièces semblables à B et B'. Le tout est protégé par une enveloppe métallique. La figure montre le contact de face et de profil, et l’installation du fil protecteur au-dessus d’une clôture. Ce fil, fixé solidement par l’une de ses extrémités G, s’attache d’autre part à l'anneau du levier A et est soutenu par une série de tiges I qui lui permettent de jouer librement.
- Avertisseur de fuites de gaz. — M. de Bail-lehache a adapté aux compteurs à gaz un dispositif électrique, qui permet de constater les fuites, et d’estimer à distance la consommation, au moins d’une façon approximative.
- On sait que, dans ces appareils, le gaz dépensé soit par des fuites, soit par la consommation régulière, est mesuré par la rotation d’une roue horizontale, appelée roue des litres. M. de Baillehache encastre la roue des litres dans une roue isolante, d’un diamètre et d’une épaisseur plus grands, évidée de façon qu’on puisse y noyer une partie de l’épaisseur de la première. Sur la circonférence de la roue isolante sont fixées des goupilles en goutte de suif, régulièrement espacées, qui viennent, lorsque les roues tournent, frotter successivement sur un ressort et fermer un circuit qui contient une sonnerie, une pile et un bouton d’appel.
- Lorsqu’on appuie sur le bouton, on entend des tintements régulièrement espacés si la roue des litres tourne. Si, à ce moment, tous les robinets sont fermés, on est averti de l’existence d’une fuite. S’il y a des robinets ouverts, on peut mesurer approximativement la consommation par le temps qui s’écoule entre deux tintements successifs.
- Avertisseur de tension. — Voy. Indicateur. AVERTISSEUR AUTOMATIQUE D’INCENDIE.
- — Ces avertisseurs ne sont autre chose que des indicateurs de température, mais fonctionnant seulement lorsqu’elle dépasse le maximum fixé. Lorsque le feu se déclare dans leur voisinage, ils ferment automatiquement un circuit contenant la sonnerie destinée à avertir du danger. On peut obtenir la fermeture du circuit en utilisant les divers effets de l’élévation de température : dilatations, changements d’état, combustion.
- Avertisseurs fondés sur les dilatations. — Un certain nombre de ces apaareils sont fondés sur l’inégale dilatation des métaux. On soude
- Fig. 82. — Avertisseur d’incendie Gaulne et Mildé.
- ensemble sur toute leur longueur deux lames de métaux différents : quand la température s’élève, les deux métaux se dilatent inégale' ment et, par suite, la double lame se recourbe-
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- On peut régler la disposition pour qu’à une température voulue elle vienne toucher une autre pièce métallique et fermer un circuit contenant une sonnerie. Telle est à peu près ]a disposition de l’avertisseur Gaulne et Mildé (fig. 82), si ce n’est qu’il est .formé de deux lames thermométriques, composées chacune de trois métaux, zinc, cuivre, acier, et placées presque parallèlement sur un support isolant, le métal le plus dilatable, le zinc, étant en dehors. Ces lames, fixées par leur partie inférieure, se terminent à l’autre bout par des ressorts munis de contacts et communiquant avec la pile et avec la sonnerie, de sorte que, si les contacts viennent à se toucher, le circuit est fermé et la sonnerie se fait entendre. Mais, le métal le plus dilatable étant en dehors, les lames se recourbent de plus en plus vers l’intérieur lorsque la température s’élève, et, si leur distance a été bien calculée, les contacts arriveront à se toucher pour la température limite, qui est ordinairement 35° ou 40°.
- L’appareil sert en même temps de tirage pour sonnerie, afin de maintenir les contacts bien propres. Pour cela, en arrière des deux lames est placée une tige isolante, munie à la partie supérieure d’une goupille métallique qui fait saillie en avant, au-dessus des contacts. Cette tige est maintenue par un ressort à boudin et se termine à la partie inférieure par un anneau. Si l’on tire cet anneau, la goupille vient frotter contre les deux contacts et ferme
- le circuit; dès qu’on abandonne l’anneau, le ressort ramène la tige à sa position d’équilibre et interrompt le courant. L’appareil se place à la partie supérieure de la salle, et l’on attache à l’anneau un cordon de tirage. Le seul défaut de cet appareil est d’actionner la sonnerie aussi bien pour une dilatation lente provenant d’une élévation normale de la température ambiante que pour réchauffement brusque dû à un commencement d’incendie.
- L’appareil Brasseur échappe à cet inconvénient. Il est formé de deux cylindres de zinc verticaux placés sur un même socle, l’un vide, l’autre plein de suif, et supportant à leur sommet une tige de cuivre reliée à l’un des pôles de la pile. Au-dessus de cette tige est une vis qui communique avec l’autre pôle. Un échauffement brusque fait dilater également les deux cylindres de zinc, et la traverse de cuivre, soulevée, vient toucher la vis et fermer le circuit. S’il se produit, au contraire, une élévation lente de température, le suif entre en fusion et maintient pendant longtemps le cylindre qui le ren-ierme à 33° ; le cylindre vide se dilate seul, et la traverse, soulevée obliquement, ne vient pas toucher la vis. On règle la position de cette vis suivant la valeur qu’on veut donner 'à latempé-rature maximum. Cet instrument est spécialement destiné à servir d’avertisseur; il est vrai que les pièces servant au contact sont assez faciles à entretenir bien propres.
- Avertisseurs basés sur les changements d’état»
- Fig. 83. — Avertisseur Dupré.
- ~~ 11 existe d’autres avertisseurs, dans lesquels tas pièces destinées à établir le contact sont Réparées par une matière isolante facilement usible. La température vient-elle à s’élever? ette substance fond et laisse le contact s’éta-ta. L un des plus simples parmi les appareils e ce système est celui de Dupré, qui présente a forme d un bouton de sonnerie ordinaire et
- sert en effet au même usage (fig. 83). Le ressort supérieur A est libre et vient toucher le ressort B quand on presse le bouton ; mais la lame B est repliée par dessous en forme d’U, et maintenue appliquée sur le fond par une masse isolante G, que traverse une vis. Quand la température atteint la limite voulue, cette petite masse fond, et la lame B, abandonnée à elle-
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- même, se détend, va rencontrer la lame A et ferme le circuit. La seconde partie de la figure montre la même disposition appliquée à un tirage à cordon. Ce petit appareil a l’avantage d’être très simple et de n’exiger aucune dépense particulière.
- L’avertisseur de M. Gimé est aussi d’une construction très simple. La pièce métallique H, (fig. 84) isolée par le bouton de bois G, est
- Avertisseur Gimé.
- Fig. 84.
- reliée, par l’intermédiaire de la borne inférieure F, à l’un des pôles de la pile. L’autre pôle communique par la borne supérieure et le ressort I avec le piston B. Une cartouche de substance isolante D sépare B et H. Si la température vient à s’élever, cette substance fond et coule par les trous latéraux ; le piston B, poussé par le ressort, vient au contact de H, et le circuit est fermé. La cartouche D peut être en cire, suif, résine, goudron, gutta-percha, bitume, graisse, etc., suivant la température à laquelle on veut être averti.
- D’autres avertisseurs utilisent également la vaporisation. Ainsi l’on peut se servir d’un tube en U plein de mercure, dont l’une des branches est fermée et contient à la partie supérieure une petite quantité d’un liquide volatil. Quand la température s’élève, ce liquide se vaporise et refoule le mercure, qui s’élève de l’autre côté et vient, quand la limite voulue est atteinte, toucher deux fils de platine en communication avec une pile et une sonnerie : le circuit se trouve donc fermé, et la sonnerie se fait entendre.
- Avertisseurs fondés sur la combustion. — Il existe enfin des avertisseurs dans lesquels la
- destruction par le feu d’une pièce facilement combustible produit le déplacement qui doit fermer le circuit.
- Voici par exemple l’un des plus simples. Deux lames de cuivre A et B, séparées par une petite distance,. communiquent avec les deux pôles d’une pile. Un poids est suspendu au-dessus d’elles ; lorsque le fil qui le soutient vient à brûler*, il tombe et amène les deux lames au contact (fig. 83) ; une boite ou une
- Fig. 85. — Avertisseur fondé sur la combustion.
- cloche protège l’appareil contre la poussière.
- L’avertisseur Charpentier est formé de deux ressorts à peu près verticaux, qui se rapprochent vers leur partie supérieure, et qui sont reliés à la sonnerie et aux deux pôles de la pile. Entre ces ressorts est une tige cylindrique verticale entourée d’une bague de laiton. Un ressort à boudin tend à faire monter cette tige de manière à amener la bague au contact des deux ressorts et à fermer le circuit ; mais un poids suspendu à la tige par un cordon de soie s’oppose à l’action du ressort et maintient le courant interrompu. En cas d’incendie, le cordon brûle, le poids tombe ; il en résulte que la tige remonte et que la bague vient toucher les deux contacts. L’appareil sert en temps ordinaire de tirage pour sonnerie : on le place à la partie supérieure de la pièce et l’on attache un cordon à un levier disposé pour soulever la tige isolante.
- Fil avertisseur. — Nous signalerons encore la dispositiou intéressante de MM. Joly et Barbier qui consiste dans l’emploi d’un fil avertisseur. On évite ainsi l’inconvénient de n’avoir que des appareils plus ou moins dispersés, et l’on peut établir sans grande dépense un réseau protecteur passant par tous les points où l’on juge cette précaution nécessaire. Ce fil peut même remplacer les conducteurs ordinaires pour sonneries : il consiste en un câble formé de deux fils isolés par de la gutta-percha et serrés fortement l’un contre l’autre. L’un des fils est relie à l’un des pôles de la pile, l’autre à la sonnerie et à l’autre pôle. En cas d’incendie, Ja gutta fond et les deux fils, se trouvant au contact, ferment le circuit. On peut aussi placer entre les
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- AVERTISSEUR (Thermo-)
- fils isolés une petite bande d’alliage fusible qui servira à établir un meilleur contact. Ce système a l’avantage de pouvoir être employé concurremment avec un de ceux qui précèdent, de manière à augmenter les chances de pro-
- tection.
- Avantages et inconvénients des avertisseurs. — Ces instruments ne semblent pas, jusqu’à présent du moins, capables de rendre de bien grands services, et cela pour plusieurs raisons. D’abord il est assez difficile de déterminer la température à laquelle l’instrument doit fonctionner : si on la prend trop haute, le danger peut devenir très sérieux avant que l’on soit averti’; si au contraire on la choisit trop basse, parles fortes chaleurs de l’été, ou même en hiver, à la suite d’un chauffage exagéré, l’appareil pourra donner l’alarme sans motif. On a cherché à éviter cet inconvénient en construisant des avertisseurs qui fonctionnent seulement lorsque l’élévation de température est brusque, et non lorsqu’elle se produit lentement, par réchauffement progressif de l’air de la salle. Une seconde raison, c’est que, ces instruments n’ayant heureusement que des occasions fort rares de servir, les surfaces par lesquelles doit s’établir le contact finissent par s’oxyder ou se ternir à l’air, et le circuit ne peut plus se fermer lorsque c’est nécessaire. Il est du reste d’autant plus difficile d’entretenir ces surfaces dans l’état de propreté indispensable que les appareils sont généralement placés au haut des salles, là où l’air s’échauffe le plus facilement. Pour obvier à ce nouvel inconvénient, il est bon de choisir des avertisseurs pouvant servir en même temps à un autre usage, par exemple à remplacer les appels des sonneries électriques-De cette manière, un frottement fréquent entretient les surfaces bien propres, et, si l’un des appareils vient à se trouver hors de service pour une cause quelconque, on en est averti aussitôt par l’usage journalier.
- Il faut remarquer en outre que le feu peut très bien prendre naissance entre deux avertis-seurs, de sorte que ceux-ci fonctionneront seulement lorsque l’incendie sera déjà très déve-°ppé, et que d’autre part le feu peut quelque-ms naître et se développer longtemps sans élévation apparente de température, pour éclater misuite brusquement et d’une manière très t>ra\ e : c’est ce qui arrive par exemple lorsqu une poutre se consume lentement à l’abri e 1 air. Malgré ces défauts, les avertisseurs Peuvent rendre de réels services, et, si nous a'ons d abord insisté sur leurs inconvénients,
- c’est surtout pour bien faire comprendre les raisons qui doivent guider dans le choix de ces appareils.
- On voit qu’un avertisseur doit avoir en même temps une autre destination, afin de servir sans cesse; il doit de plus n’obéir qu’à un échauffement rapide. II faut aussi que les différents appareils soient suffisamment rapprochés les uns des autres, et il faut surtout qu’on se garde bien, par une confiance exagérée dans les avertisseurs, de négliger les autres précautions nécessaires.
- AVERTISSEUR (Thermo-). — Sorte de thermomètre à maxima d’un genre particulier, imaginé par M. Tommasi, et spécialement destiné à prévenir les accidents qui pourraient résulter d’une augmentation exagérée de l’intensité d’un courant : réchauffement des conducteurs qui en résulte met l’appareil en marche.
- Dans une boîte isolante sont disposés un fil de cuivre recourbé en U, qui fait partie du circuit principal, et une cuvette de métal qui renferme une matière isolante fusible, telle que stéarine, paraffine, etc.; cette matière est en contact avec le fil et l’isole de la cuvette. Dès qne l’intensité du courant dépasse la limite voulue, le fil en U s’échauffe, fond la stéarine et se trouve amené, par l’action d’un- ressort à boudin, au contact de la cuvette métallique ; ainsi se trouve fermé le circuit d’une pile locale destinée à faire fonctionner une sonnerie d’alarme. Un interrupteur, placé près de cette sonnerie, permet d’arrêter le tintement dès qu’on est averti et peut en même temps allumer une lampe à incandescence, placée en dérivation et munie d’un verre rouge pour fournir un nouveau signal d’alarme.
- On peut joindre à l’appareil un second interrupteur automatique destiné à ouvrir le circuit principal et à supprimer ainsi tout danger d’incendie ou de détoriation de machines, même en l’absence de tout personnel. Cet interrupteur se compose d’un électro-aimant de Hughes, intercalé dans le courant principal, qui attire son armature et ferme le circuit. Dès que le signal d’alarme fonctionne, le courant local passe dans l’électro et y neutralise l’effet du courant principal. L’armature cesse d’être attirée et son déplacement rompt le circuit principal.
- Ce petit appareil a l’avantage d’être très simple, de n’introduire dans le circuit aucune résistance appréciable, de signaler réchauffement sans rompre le circuit, et enfin de pouvoir se régler pour toutes les températures.
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- AXIAL. — BAIN ÉLECTRIQUE.
- AXIAL (Courant nerveux). — Courant résul- AXIALE (Ligne). — Droite qui joint les deux tant de la différence de potentiel qui s’établit pôles d’un aimant, entre deux sections transversales d’un nerf.
- B
- BAIN ÉLECTRIQUE. — Nom donné aux procédés électrothérapiques suivants.
- Fig. 86. — Bobine pour bain électrique.
- Bain électro-positif ou électro-négatif. — Le
- malade, assis sur un siège placé sur un tabouret
- isolant, est mis en communication avec une machine électrostatique puissante et porté au potentiel de cette machine. Il éprouve la sensation particulière dite de toile d'araignée. Ce bain produit, surtout chez les sujets à système nerveux excitable, une action énergique sur le sympathique, d’où résulte une diminution de la tension vasculaire, une accélération de la circulation périphérique, et une imbibition plus complète des tissus; de là une sensation de chaleur générale, perceptible pour l’observateur à la surface de la peau, surtout au visage et aux extrémités. Voy. Èlectrothérapie.
- Bain électrique. — Une bobine d’induction à très gros fil actionnée par une pile au bichromate (fig. 86 et 87) est placée dans une boîte fermée par une glace, et reliée par des électrodes de charbon D avec l’eau contenue dans une.bai-
- Fig. 87. — Bain électrique.
- gnoire de bois A. Cette disposition donne de bons résultats dans un certain nombre d’affec-
- tions. Des plaques de charbon B et un tampon E permettent de localiser l’excitation ; des
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- BALAI.
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- bornes numérotées I servent à faire passer le courant dans les plaques correspondantes. La bobine G est excitée par une pile au bichromate à insufflation d’air.
- BALAI. — Faisceau de fils métalliques qui
- frotte sur le collecteur d’une machine d’induction pour y recueillir le courant. La flg. 88 montre la disposition des balais dans les dynamos Edison.
- On emploie aussi depuis quelque temps des
- alais formés d’une toile métallique en fil de cuivre de la plus haute conductibilité, de >l2nim de diamètre, à tissu très serré. Cette j 01 u est enroulée sur elle-même un certain
- nombre de fois et soumise ensuite à un outil spécial qui lui donne la forme parallélipipé-dique. Ce balai a, comme ceux à fils fins, l’avantage d’être très souple et de n’exiger
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- BALAI
- qu’une faible pression pour donner un excellent contact ; il n’a pas comme eux l’inconvénient de se déformer très facilement.
- Angle de calage des balais d'une dynamo génératrice. — Considérons, pour simplifier, une machine magnéto-électrique dans laquelle le champ est dû à un seul aimant; la ligne de commutation doit être, par raison de symétrie, parallèle (machine de Clarke) ou perpendiculaire (machine de Gramme) à la ligne qui passe par les deux pôles. L’expérience montre qu’en réalité ce n’est pas suivant cette ligne qu’il faut placer les balais pour avoir le maximum d’effet,
- mais qu’il faut les en écarter d’un certain angle dans le sens de la rotation. Cet angle est appelé angle de calage. Pour une même machine, sa valeur dépend de la vitesse de rotation.
- On explique ce fait par un certain retard dans l’aimantation et la désaimantation des noyaux de fer doux, d’où leur action changerait de sens seulement un certain temps après l’inversion du champ magnétique. On peut faire intervenir aussi la réaction du courant induit sur les inducteurs et sur les noyaux de fer doux, réaction qui doit modifier le champ.
- Calage des balais d'une dynamo réceptrice. —
- Fig. 89. — Balance argyrométrique.
- La règle n’est pas la même que dans le cas précédent. Supposons en effet qu’on lance dans une dynamo un courant de même sens que celui qu’elle produirait comme génératrice : il n’y a rien de changé dans le raisonnement précédent, si ce n’est le sens de la rotation ; les balais conservent donc leur position, mais, le sens de la rotation ayant changé, ils se trouvent calés en retard sur leur position théorique, et non plus en avance. 11 est facile de voir qu’il en est de même, quel que soit le mode d’excitation de la dynamo.
- Comme dans les génératiûces, l’angle de calage varie avec le rapport des champs magnétiques de l’inducteur et de l’induit, et, dans ce cas, la variation est considérable comme celle du rapport des champs. Si le champ des inducteurs est peu intense par rapport à celui de l’induit, le décalage est très grand et varie avec la charge du moteur, c’est-à-dire avec le travail exécuté, la répartition des champs variant aussi avec cette charge. Il faut alors modifier sans cesse la position des balais, pour éviter la production des étincelles.
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- BALANCE ARGYROMÉTRIQUE. — BALANCE ÉLECTRIQUE.
- Le moteur Field, employé aux États-Unis, est muni d’une disposition particulière pour le réglage des balais. Les deux balais principaux sont fixés sur un cadre mobile avec deux petits balais placés à angle droit avec les premiers, et reliés avec un petit moteur qui commande le cadre mobile. Quand les balais principaux sont bien placés, les lames du collecteur situées à 90°, et sur lesquelles s’appuient les petits balais, sont au même potentiel; par suite le moteur ne reçoit aucun courant. Si les balais principaux se trouvent décalés, les balais secondaires ne sont plus au même potentiel, et le petit moteur reçoit un courant qui le fait tourner jusqu’à ce que le système ait atteint la nouvelle position de calage.
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- BALANCE ARGYROMÉTRIQUE. — Labalance est employée pour régler exactement le poids des dépôts galvaniques. Veut-on recouvrir des couverts d’un poids déterminé d’argent? On les suspend sous le plateau de droite (fig. 89), et l’on met dans celui de gauche d’abord une tare suffisante pour ramener l’équilibre, puis un poids égal à celui de l’argent qu’on veut déposer. Le fléau s’incline à gauche et porte un commutateur qui, dans cette position, ferme le circuit. A mesure que le dépôt s’effectue, le fléau se redresse, et, lorsque l’aiguille revient exactement au zéro, le courant se trouve interrompu; l’opération peut donc se faire en toute sécurité même la nuit et sans aucune surveillance.
- BALANCE ÉLECTRIQUE. — Plusieurs physi-
- Fig. 91. — Balance 'électrique de Lallemand.
- Fig. 90. — Balance électrique de Becquerel.
- ciens ont appliqué la balance à la mesure de l’intensité des courants. La balance de Becquerel est électromagnétique. Aux deux bras du fléau sont suspendus deux aimants (fig. 90) qui pénètrent dans deux bobines creuses que doit traverser le courant. Si le circuit est rompu, le fléau se tient horizontal; lorsqu’on lance le courant, le sens de l’enroulement du fil sur les bobines est tel que l’un des aimants est attiré et l’autre repoussé. On rétablit l’équilibre eu ajoutant des poids marqués, dont la somme est proportionnelle à l’intensité. Il est donc ucile de mesurer cette intensité, si l’appareil a été d’abord étalonné.
- M. de Baillehache transforme une balance quelconque en balance électrométrique, en fixant sous l’un des plateaux une lame de fer doux, qu’on équilibre en plaçant un contrepoids sous l’autre plateau. On dispose ensuite au-dessous de la lame, à une distance variable suivant la sensibilité qu’on veut obtenir, un électro-aimant dans lequel on fait passer le courant à mesurer. La même disposition s’applique aux balances romaines.
- La balance de M. Lallemand, que nous représentons fig. 91, est électrodynamique. Le fléau tourne autour d’un axe vertical : il est suspendu à un fil métallique et porte à ses extrémités
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- BALANCE D’INDUCTION STATIQUE.
- deux bobines plates, qui, dans la position d’équilibre, viennent se placer en regard de deux autres bobines semblables, mais fixes. Le courant à mesurer traverse les quatre bobines dans un sens tel qu’elles se repoussent deux à deux; on mesure l’intensité en tordant le fil à la partie supérieure, comme on le fait dans la balance de Coulomb, jusqu’à ce qu’ont ait ramené les bobines à leur première position.
- Il est évident' que le sens de l’action électrodynamique ne change pas si l’on renverse le courant dans les quatre bobines : l’appareil peut donc servir pour les courants alternatits.
- BALANCE D’INDUCTION STATIQUE. — Nom donné par M. J.-E.-H. Gordon à une sorte de condensateur employé par lui en 1879 pour la détermination de la capacité inductive spécifique des diélectriques. Nous donnons (fig. 92), le
- Fig. 92. — Diagramme de la balance d’induction.
- Coil pôles = Pôles de la bobine. — Sccondaty Reversing Engine = Inverseur secondaire.
- dessin original de cet appareil, qui était composé de cinq plateaux métalliques équidistants a,b,c,d,e, ayant 15 et 10 centimètres de diamètre. Tous ces plateaux sont isolés, mais les quatre derniers sont fixes, tandis que a peut être déplacé parallèlement à lui-même au moyen d’une vis. Les plateaux a et e d’une part et c d’autre part communiquent avec les deux pôles d’une bobine de Ruhmkorff, qui maintient entre eux une différence de potentiel constante, mais dont le signe change très fréquemment (environ 12 000 fois par seconde). Le plateau c est en outre relié à l’aiguille d’un électromètre
- Thomson à quadrants; les plateaux intermédiaires b et d, qui se chargent seulement par influence, sont réunis aux deux paires de secteurs de cet appareil. S’il n’y a pas de diélectrique, et que les plateaux soient équidistants, l’aiguille de l’électromètre n’est pas déviée. Mais si l’on introduit entre a et b une lame isolante ayant un pouvoir inducteur plus grand que l’air, l’effet est le même que si on avait rapproché le plateau a de b, l’influence de a sur b devient plus grande que celle de c, et l’aiguille sera déviée dans le même sens que si l’on avait rapproché a de b. On éloigne alors le
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- BALANCE D’INDUCTION VOLTAÏQUE. — BALANCE DE TORSION,
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- p] ateau a à l’aide de la vis, j usqu’à ce que l’aiguille soit revenue au zéro, et l’on mesure ce déplacement, soit b. Si e est l’épaisseur du diélectrique et k son pouvoir inducteur, il équivaut à une
- lame d’air d’épaisseur 7; son action équivaut k
- donc à un rapprochement égal à b— mais,
- puisqu’il a fallu, pour compenser cette action, éloigner le plateau a de 8, on a
- Les inversions du courant de la bobine avaient pour but d’empêcher la pénétration de l’électricité dans le diélectrique. Pour éviter plus sûrement ce grave inconvénient, on avait placé à la suite de la bobine un inverseur secondaire qui renversait le courant 30 fois par, seconde.
- BALANCE D’INDUCTION VOLTAÏQUE. —
- Appareil fondé sur les lois de l’induction et permettant de vérifier l’identité de poids, de composition, etc., de deux objets analogues. Elle a été imaginée par M. Hughes en 1879, et se compose de deux bobines plates aa' que traverse le courant de trois éléments Daniell (fïg. 93), interrompu à intervalles réguliers par un microphone excité par le tic-tac d’une horloge. Deux bobines bb', placées sur les premières, sont parcourues par des courants induits alternatifs à chaque interruption. Elles sont réunies ensemble et avec un téléphone, et le sens de l’enroulement des fils est tel que les courants induits de b et de b' soient à chaque instant de sens contraires. Si les deux appareils sont bien égaux, ces courants ont la même intensité et se neutralisent constamment, de sorte qu’on ne perçoit aucun bruit dans le téléphone. Si l’on met dans l’intérieur des doubles bobines deux morceaux de métal identiques, par exemple deux pièces de monnaie neuves, °n n’entend encore rien. Mais, s’il existe entre ces pièces la plus petite différence de poids ou de titre, le téléphone rend un son bruyant.
- Pour faire des mesures, on se sert du sonomètre représenté à la partie supérieure de la figure. Trois bobines c,d,e, sont disposées sur une règle horizontale ; celle du milieu d est Mobile et placée dans le circuit des bobines b' b et du téléphone ; les deux autres sont fixes, et peuvent, à l’aide d’un commutateur, être substituées aux bobines aa' dans le circuit primaire. Elles sont alors parcourues en sens inverse par le courant et, si la bobine d est
- exactement au milieu, elles y produisent à chaque instant des courants induits égaux et contraires, qui se neutralisent. On n’entend donc aucun son dans le téléphone; mais le téléphone se met à parler, si on déplace la bobine d à droite ou à gauche. Pour faire une mesure, on met les deux objets à comparer dans les doubles bobines, et l’on déplace d jusqu’à ce qu’en plaçant alternativement dans le circuit les bobines b b' et le sonomètre, on ne perçoive aucune différence entre les sons. Le déplacement de la bobine d sert de mesure à la différence de propriétés qui existe entre les deux objets considérés.
- L’appareil est fort sensible; malheureusement, les doubles bobines n’étant jamais identiques, il est extrêmement difficile d’amener le téléphone au silence complet. Entre autres applications, M. Hughes a proposé d’employer sa balance à la recherche des projectiles dans les blessures. Le téléphone étant silencieux, on approche l’une des doubles bobines de la blessure. Cette méthode a été essayée sans succès sur le président Garfield.
- BALANCE DE TORSION. — Appareil à l’aide duquel Coulomb a vérifié, vers 1784, les lois des attractions et des répulsions électriques et magnétiques.
- Pour mesurer les actions électriques, Coulomb se servait d’une balance, dont le fléau, mobile autour d’un axe vertical, était formé d’un fil de soie enduit de cire d’Espagne et terminé par un fil de gomme laque ; ce levier était suspendu par son milieu à un fil d’argent très bien recuit, de 0,033 millimètre de diamètre et d’environ 83 centimètres de longueur. Le fléau porte à l’extrémité du fil de gomme laque une petite balle de sureau et à l’autre bout un contrepoids. Le fil d’argent est saisi à la partie supérieure dans une pince qui permet de le tordre; un index ou un vernier, fixé à la pince, mesure la torsion sur un cercle gradué. Une boule fixe est portée par un support également terminé par un fil de gomme laque. Dans le modèle représenté (fig. 94), une division, gravée sur le couvercle de verre, permet de mesurer la distance angulaire des deux boules. Le fond est formé d’une glace étamée, qui évite les erreurs de parallaxe.
- Pour les actions magnétiques, Coulomb se servait d’une balance analogue, mais l’aiguille mobile était remplacée par un aimant, et la boule I fixe par l’un des pôles d’un aimant vertical assez long pour que l’action de l’autre pôle sur le barreau mobile fût négligeable.
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- BALANCE D’INDUCTION VOLTAÏQUE.
- BALANCE DE TORSION.
- S WITCH -KeY
- Fig. 93. — Balance d’induction voltaïque. Switch-Key = Interrupteur.
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- BARLOW (Roue de). —
- BARLOW (Roue de). — Petit appareil imaginé par Barlow en 1828, et qui montre la rotation d’un courant sous l’action d’un aimant.
- Il se compose d’une roue découpée D (fig. 95), qui plonge dans une rainure pleine de mercure ; le courant entre par cette rainure, monte suivant le rayon vertical et sort par le centre de
- BATEAU ÉLECTRIQUE.
- la roue et le support SC. Un aimant A entoure la rainure de ses pôles. Supposons le pôle nord en avant, et appliquons la règle d’Ampère; le courant repousserait le pôle nord vers la gauche; mais, l’aimant étant immobile, c’est le courant qui tournera vers la droite, c’est-à-dire de S sur D. De même le pôle sud chasse le cou-
- Fig. 94. — Balance de Coulomb.
- rant mobile vers la gauche, c’est-à-dire du meme côté, puisque l’observateur d’Ampère s’est retourné.
- La figure montre aussi un appareil de Faraday qui permet de faire la même expérience et d’obtenir une rotation plus rapide. Le dis-9ue D est plein et plus grand. L’aimant est Vertical et ses pôles entourent le courant mo-
- bile. Le courant monte par les branches de l’aimant et sort par la cuve M pleine de mercure.
- B ARROW (Cercle de). —• Voy. Cercle.
- BATEAU ÉLECTRIQUE. — Bateau mû par un moteur électrique, actionné lui-même par des piles ou des accumulateurs. Les bateaux électriques ont l’avantage de ne produire ni bruit, ni fumée, ni odeur; le moteur, moins em-
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- Fig. 95. — Roue de Barlow.
- barrassant qu’une machine à vapeur, laisse plus de place pour les passagers. En revanche, ils sont, jusqu’à présent, beaucoup plus coûteux; aussi l’électricité n’a-t-elle été encore essayée que pour les canots de plaisance, ou pour certaines applications de la marine militaire, torpilleurs ou bateaux sous-marins (Voy. Torpilleur).
- Pour les canots de plaisance, M. Trouvé a donné la préférence aux piles au bichromate à grand débit, qui sont actuellement plus légères que les accumulateurs, et permettent d’accomplir de plus longs trajets, en emportant avec soi une provision de sel chromique, que l’on fait dissoudre, au moment de s’en servir avec de l’eau puisée à la rivière. Les accumulateurs au contraire ne permettraient pas de s’éloigner beaucoup du point de départ à cause de la nécessité de les recharger.
- Le moteur est fixé sur la tète du gouvernail (fig. 96); il est réuni à la pile, placée à volonté à l’avant ou au milieu du bateau, à l’aide de deux conducteurs souples assez solides pour servir en même temps à manœuvrer le gouvernail. Le moteur actionne une hélice fixée à la partie inférieure du gouvernail. Il résulte de cette disposition que, dès qu’en tirant sur l’un des conducteurs souples on fait tourner un peu le gouvernail, l’hélice, se déplaçant de la même manière, agit latéralement sur le bateau et aide beaucoup à la rotation ; par suite le bateau peut virer très facilement dans un petit espace. L’emploi de ce gouvernail-moteur offre
- encore un autre avantage : c’est qu’on peut le
- Fig. 96. •— Gouvernail moteur-propulseur Trouvé, placer facilement sur un bateau quelconque
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- BATEAU ÉLECTRIQUE.
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- sans rien, modifier aux organes déjà existants; de même rien n’est plus simple que d’enlever complètement l’appareil électrique, si l’on veut rendre au bateau son' ancien système de locomotion, voile ou avirons. La figure 98 montre l’aspect d’un bateau muni du gouvernail-moteur-propulseur. Les piles au bichromate sont placées au milieu, devant le barreur.
- Depuis les premiers essais, qui datent de 1881, M. Trouvé a légèrement modifié son système et remplacé, pour les bateaux plus lourds, le moteur primitif par un petit moteur du genre Gramme, représenté au bas de la figure 97. La bobine
- induite de ce moteur est formée par un noyau de fer doux, composé d’un ruban très mince en tôle de fer, de 0,2 millimètre d’épaisseur, dont les spires sont séparées par du papier. Les deux électro-aimants constituant les inducteurs entourent concentriquement l’induit; l’espace libre entre les deux parties est aussi réduit que possible, afin de donner au champ magnétique son maximum d’intensité. Un moteur de ce genre pesant 8 kilogrammes donne une force d’un demi-cheval. Cette proportion s’accroît encore avec la puissance, car un moteur de 10 chevaux ne pèse que 100 kilogrammes.
- Fig. 97. — Coupe perspective du bateau Eupijza, muni du gouvernail et de la sirène Trouvé.
- A la droite du barreur est fixé un commuta-teur, qui permet d’arrêter le canot ou de le faire aller à volonté en avant ou en arrière. Ce petit appareil très simple est formé de six equerres métalliques fixées sur une plaque isolante : celles des extrémités sont reliées aux bornes du moteur et de la pile. Celles du milieu Supportent un levier mobile dont l’extrémité Pe,}t aller toucher à volonté les équerres d’a-vant ou d’arrière, ce qui ferme le courant et fait Marcher l’embarcation en avant ou en arrière.
- u voit que le maniement de la manette rap-Pu le celui du levier de mise en train des ma-fuines à vapeur.
- Dictionnaire d’électricité.
- Pour les rivières peu profondes et encombrées d’herbes pendant une grande partie de la belle saison, on peut se servir d’un propulseur (Voy. ce mot) à augets coniques.
- Les accumulateurs furent appliqués à la navigation en 1882 sur la Tamise. Deux machines Siemens, mues par 45 accumulateurs E. P. S., faisaient tourner l’hélice d’un bateau en fer de 7,62 m. de long; ce bateau, appelé Electricity, chargé de quatre personnes, atteignait une vitesse de 14480 m. à l’heure en descendant et de 12875 m. en remontant le courant. Un commutateur permettait de faire varier le nombre des accumulateurs en circuit ; la
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- 82 BATHOMÈTRE. — BATTERIE ÉLECTRIQUE.
- marche en avant et en arrière s’obtenait par l’emploi de deux paires de balais correspondant chacune à un sens du mouvement.
- La navigation électrique ferait actuellement, parait-il, de grands progrès en Angleterre, MM. Immish et Cie louent des bateaux électriques pouvant contenir jusqu’à trente passagers, et mus par des accumulateurs. Ils ont installé aussi des stations flottantes pour recharger les accumulateurs des embarcations particulières.
- BATHOMÈTRE. — Instrument imaginé par Siemens et servant à mesurer la profondeur de la mer.
- BATTERIE ÉLECTRIQUE. — Appareil formé par la réunion d’un certain nombre de jarres, c’est-à-dire de bouteilles de Leyde de grandes dimensions, ordinairement quatre ou neuf. Les armatures extérieures des jarres communiquent entre elles par l’intermédiaire d’une feuille d’étain qui tapisse l’intérieur de la boîte dans laquelle elles sont placées. Les armatures intérieures sont également reliées ensemble par des tiges de laiton. Une batterie se charge comme une bouteille de Leyde, en faisant communiquer l’armature intérieure avec la machine électrique et l’armature extérieure avec le sol, ou les deux armatures avec les deux pôles d’une machine électrique. Elle se décharge en faisant communiquer les deux armatures par une tige métallique soigneusement isolée (excitateur à manches de verre). Si l’on veut faire passer la décharge dans un appareil, on le réunit d’avance à l’armature extérieure de la batterie, et l’on établit ensuite, à l’aide de l’excitateur, la communication de l’autre extrémité avec l’armature intérieure.
- La décharge des batteries produit des effets très puissants : elle peut fondre un fil de fer, volatiliser une feuille d’or, percer une plaque de verre, etc.
- Capacité et énergie d'une batterie en surface. — Le mode de disposition précédent est le plus fréquent; la batterie est alors dite montée en surface. Il est évident que la capacité totale G est égale à la somme des capacités C^C^Cg..., de toutes les bouteilles. En effet, supposons qu’on charge séparément toutes les bouteilles à l’aide d’une môme machine au même potentiel Y ; elles auront des charges.
- CtV, C2V, CSV, .......
- Si on les réunit ensuite en surface, la charge totale n’aura pas changé, d’après le principe de la conservation de l’électricité.
- Elle sera donc
- M = CtV -f- C2V-f- C3V (Cj + C2 + C3 -f- .. .) V
- D’autre part, le potentiel Y n’a pas été mo difié par l’établissement des communications, puisqu’il était le même sur toutes les bouteilles. La capacité est donc représentée par le terme G, -f-Co-j-Cg-t—... —- G.
- En particulier, si on a n bouteilles identiques de capacité 0.
- C = ne.
- La batterie en surface équivaut donc à une bouteille de surface n fois plus grande. L’énergie du système a pour valeur
- et dans le dernier cas
- 1 M2
- w = - ncV2 = —__
- 2 2 ne
- Batterie en cascade. — Quelquefois on dispose les bouteilles d’une batterie d’une autre manière ; on réunit l’armature extérieure de chaque bouteille avec l’armature intérieure de la suivante. L’armature intérieure de la première est reliée à la machine, l’armature extérieure de la dernière au sol. D’après les propriétés des condensateurs fermés, si la première reçoit de la machine une charge-h m, elle attire par in fluence sur son armature extérieure une charge — m et repolisse -\~m sur l’armature intérieure de la seconde bouteille, et ainsi de suite.
- On démontre que la capacité de ce système est donnée par
- c
- d’où l’on tire, dans le cas de n bouteilles identiques de capacité c,
- et pour l’énergie
- r_ 1 CV2 nW “2 n ~ 2c '
- Cette disposition est désavantageuse quand on dispose d’une source à potentiel constant, car elle équivaut alors à une bouteille unique n fois plus petite. Elle est avantageuse seule-ment lorsqu’on dispose d’un potentiel élevé, que chaque bouteille ne supporterait pas isolément sans se briser; on le partage ainsi entre les bouteilles successives.
- Batterie secondaire ou voltaïque. — Réuni«n
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- BATTEUR DE MESURE. — BIFILAIRE (Suspension)
- d’un certain nombre d’éléments de piles secondaires ou de piles voltaïques.
- BATTEUR DE MESURE. — Appareil destiné à transmettre les indications relatives à la mesure aux exécutants qui ne peuvent voir le chef d’orchestre, par exemple aux chœurs placés dans les coulisses d’un théâtre. Les premiers essais furent faits vers 1855; mais ces instruments avaient l’inconvénient ou bien d’indiquer de la même manière tous les temps de la mesure, ou bien d’indiquer seulement le premier. Nous décrirons seulement deux batteurs plus récents.
- Celui de M. Samuel est formé d’une petite baguette qui peut se mouvoir à volonté en haut, en bas, à droite ou à gauche, suivant qu’elle est attirée par l’un des quatre électroaimants placés autour d’elle dans ces directions. Des ressorts antagonistes la ramènent aussitôt à sa position d’équilibre. Le chef d’orchestre, à l’aide d’un clavier à quatre touches placé sous sa main gauche, envoie alternativement le courant dans les électro-aimants convenables.
- L’appareil de M. Carpentier est recouvert d’une planchette noircie, dans laquelle on a pratiqué deux fentes inclinées formant un Y ; dans chacune de ces fentes est placée une règle carrée, blanche sur une face, noire sur une nuire, et pouvant tourner sous l’action du courant, de manière à présenter tantôt la face blanche, tantôt la face noire. Grâce à une illusion d’optique, on croit voir une baguette blanche battant la mesure d’une fente à l’autre. Chaque règle porte, vers le sommet du V, une poulie sur laquelle s’enroule une cordelette, fixée par l’un de ses bouts à un ressort, par l’autre à l’armature d’un électro-aimant. Quand le circuit est interrompu, l’une des règles présente la face blanche, l’autre la face noire. Quand le courant passe, l’armature de l’électro-aimant est attirée, et chaque règle fait un quart de tour, de sorte que la règle qui était blanche devient noire et réciproquement; lorsqu’il ne passe plus, les ressorts ramènent les règles à leur première position. Le chef d’orchestre produit les interruptions et les fermetures du circuit en appuyant sur une pédale; il a devant lui, au-essous de la partition, un appareil identique au premier, mais plus petit, et intercalé dans le flucnie circuit, pour vérifier les indications de ce ui qui est dans les coulisses.
- Bifilaire (Suspension). — Suspension for-0 ? deux fils de soie sans torsion, parallèles
- egèrement rapprochés vers le bas (fig. 98),
- et destinée à porter une aiguille électrisée (électromètre), une bobine (électro-dynamomètre)
- Fig. 98. — Suspension bifilaire.
- ou quelquefois un aimant (mesure des moments magnétiques). Lorsque l’appareil est en équilibre, les deux fils sont dans un même plan vertical; s’il s’agit d’un aimant, ce plan doit coïncider avec le méridien magnétique. Si l’on soumet l’appareil à une force électrique qui l’é-
- ... 1 • . '*Vï' ' L~L
- carte de sa position d’Aquilibre, les deux fils tournent autour des poirits)d’attache A et B ; l’aiguille A' B' se déplace d’un certain angle, en s’élevant d’une très petite quantité, et vient en A"B". La rotation s’arrête lorsque la force de torsion du bifilaire fait équilibre à l’action électrique ou magnétique. On démontre que cette force de torsion a pour expression
- ab .
- p -j- sm a,
- p étant le poids de l’aiguille, l, a et 6 les longueurs AA', AB et A "B'.
- On voit qu’une suspension bifilaire peut remplacer un fil métallique fin ; cette suspension a l’avantage de ramener toujours l’aiguille sensiblement au zéro quand elle n’est plus électrisée, tandis qu’avec les fils métalliques fins, la position d’équilibre change sans cesse. Mais ici la force de torsion est proportionnelle au sinus et non plus à l’angle lui-même, ce qui est moins commode; par suite on ne peut employer des torsions supérieures à 90°. Dans les électromètres, on se contente ordinairement de produire de très petites déviations, et l’on peut alors ad-
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- BIJOUX ÉLECTRIQUES.
- mettre que ia force de torsion est proportionnelle à l’angle lui-même.
- Les suspensions bifilaires sont faites d’un fil de cocon attaché à l’aiguille par ses deux bouts et passant à la partie supérieure sur une poulie; on peut aussi le fixer à la partie supérieure sur un treuil qui permet de faire varier la longueur; l’aiguille est munie d’un crochet qui s’attache à la boucle inférieure. On modifie facilement là sensibilité en faisant varier les distances a et b. L’électrodynamomètre de Weber
- (Voy.ee mot) présente une suspension bifilaire.
- BIJOUX ÉLECTRIQUES.
- Bijoux animés. — M. Trouvé a construit des bijoux dans lesquels l’électricité est employée pour produire à volonté certains mouvements périodiques. Un oiseau placé dans les cheveux se met à battre des ailes (fig. 99), une tête de mort servant d’épingle de cravate commence à grincer des dents et à rouler des yeux étincelants, lorsque la personne qui porte ces bijoux y fait passer le courant d’une petite pile placée dans la
- Fig. 99. — Bijoux animés.
- poche. La pile qui sert à cet usage est celle que nous décrivons ci-dessous.
- Bijoux lumineux. — Plusieurs inventeurs, notamment M. Trouvé, ont appliqué les lampes électriques à l’éclairage des bijoux. Une petite lampe à incandescence à filament de charbon, dont les dimensions peuvent être très réduites, est entourée de prismes de diverses couleurs, taillés à facettes, de manière à produire sur les rayons lumineux qui les traversent des jeux de lumière du plus bel effet.
- La figure 100 représente, en grandeur d’exécution, une épingle à cheveux lumineuse avec
- sa pile. De la petite lampe partent deux fils qui se dissimulent dans les cheveux et les y été-* ments, et vont rejoindre la pile destinée à'alimenter le petit appareil. Cette pile est- assez petite pour qu’on puisse la cacher facilement dans la poche. Elle est formée de très petits éléments au bichromate de potasse, contenus dans une auged’ébonite à trois compartiments, qui est remplie aux deux tiers de la solution. Les plaques de zinc et de charbon sont fixées au couvercle, qui est également en ébonite et constitue, avec une feuille de caoutchouc, une
- fermeture parfaitement étanche. Le tout est
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- BLANCHIMENT ÉLECTRIQUE'. Ôâ
- disposé dans une enveloppe double, en caout-chou durci, dont les deux parties rentrent Tune dans l’autre à la manière d’un porte-cigares. Deux boutons reçoivent les conducteurs.
- Un petit interrupteur placé dans le circuit permet d’illuminer à volonté les bijoux. Il est formé d’un bâtonnet en métal terminé par deux arrêts, et coupé en deux parties inégales par une section en ivoire. Les deux extrémités com-
- Fig. 100. — Epingle lumineuse et sa pile.
- muniquent avec les deux pôles. Un petit manchon métallique glisse sur le bâtonnet; lorsqu’il est à une extrémité, et qu’il laisse à découvert la rondelle d’ivoire, le circuit est ouvert. Si on le pousse vers l’autre bout, il cache la rondelle, réunit les deux parties métalliques et établit le courant. Ce commutateur, long dê quelques centimètres, n’est pas plus gros qlie l’une des branches d’une fourchette. '•
- t^cnnpQN. ~-*~—
- Fig. 101. — Danseuse parée de bijoux lumineux.
- La durée de l’éclairage varie avec les dimensions de la pile. Le modèle représenté peut Unctionner vingt ou vingt-cinq minutes consécutives ; un autre modèle, plus volumineux, peut donner de la lumière pendant une heure en-'lron- Nous n’avons pas besoin d’ajouter qu’on pourrait remplacer la pile par un petit accumulateur qu’on chargerait d’avance.
- Les bijoux lumineux peuvent recevoir les ormes les plus variées. C’est au théâtre que,
- jusqu’à présent, ils ont été le plus employés. La figure 101 représente une danseuse ornée de ces bijoux.
- BLANCHIMENT ÉLECTRIQUE. —M. Hermite a imaginé un procédé de blanchiment fondé sur l’électrolyse d’une solution de chlorure de magnésium; les électrodes, qui sont en zinc, restentinattaquées ; le chlorure est régénéré : la seule dépense est donc celle que nécessite le courant. La matière qu’on veut blanchir est
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- BLOCK-CIBLE.
- BLOCK-SYSTEM.
- placée dans le bain qu’on agite constamment.
- L’auteur explique la réaction de la manière suivante : l’électrolyse simultanée de l’eau et du chlorure de magnésium donne à l’électrode négative de l’hydrogène et du magnésium : ce dernier y décompose l’eau en formant de la magnésie et de l’hydrogène qui se dégage avec le premier. Le chlore et l’oxygène qui se portent à l’électrode positive se combinent en acide hypochlorique qui, en présence de la magnésie, forme du chlorite et du chlorate de magnésie. Ces deux sels sont électrolysés à leur tour, et leurs acides, mis en liberté, cèdent de l’oxygène à la matière organique et donnent de l’acide chlorhydrique, qui attaque la magnésie pour régénérer le chlorure de magnésium. Le liquide arrive dans chaque électrolyseur (fig. 102)
- par un tube percé de trous situé à la partie inférieure et sort par une gouttière qui l’entoure. Les électrodes négatives sont des disques de zinc réunis en quantité et montés sur deux arbres qui tournent lentement. Entre chaque paire de disques sont placées les anodes, formées par de la toile de platine tendue sur un cadre d’é-bonite, et reliées par des lames de plomb à une barre de cuivre, disposée au-dessus de la cuve. Une anode est représentée à part. La figure 103 montre l’installation du procédé Her-mite dans une papeterie; A est une cuve qui distribue le liquide aux électrolyseurs B, actionnés par une dynamo C. Le liquide se rend ensuite par le conduit D à la pile blanchisseuse E, d’où le tambour F l’envoie dans la cuve G; puis la pompe centrifuge H le remonte
- dans la cuve A. J et I représentent le presse-pâte et sa cuve; la pompe K ramène à la cuve A le liquide provenant de cet appareil.
- M. Stépanoff a imaginé récemment un procédé de blanchiment électrolytique un peu différent. Au lieu du chlorure de magnésium, très rare en Russie, il prend une solution de sel marin. Une pompe hydraulique refoule ce liquide dans des électrolyseurs, où il est soumis à l’action du courant d’une dynamo. L’électro-lyseur est formé d’une caisse partagée en dix compartiments, qui communiquent entre eux et qui renferment les électrodes en platine et en plomb. La dissolution peut être amenée à contenir 1,6 p. 100 de chlore; mais, en raison des conditions économiques, il est préférable de s’arrêter à 0,7 p. 100.
- BLOCK-CIBLE. — Appareil servant à préserver les marqueurs dans les tirs,commele block-
- system a pour effet de protéger les trains; de là son nom. Le marqueur est enfermé dans un abri, qu’il ne peut ouvrir que si le tir est interdit. Pour cela, il est en communication avec les tireurs par des sonneries indépendantes du block-cible, et n’exigeant qu’un seul fil d<é ligne. Lorsqu’il veut sortir, il avertit les tireurs par un double coup de sonnette : ceux-ci répondent par un seul coup, après avoir agi sur une boîte d’enclenchement qui fait apparaître un voyant rouge empêchant le tir, et dans l’abri un voyant blanc; le marqueur est ainsi doublement averti qu’il peut sortir; il n’a pîus qu’à agir sur la boîte d’enclenchement qui commande la porte de l’abri. S’il essayait d’ouvrir sa porte sans prévenir les tireurs, le mécanisme ne pourrait pas obéir.
- BLOCK-SYSTEM. — Système d’exploitation des chemins de fer qui consiste à diviser la voie
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- \ m-TiTiwT
- g
- Fig. 103. — Installation du procédé Hermite dans une papeterie.
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- BLOCK-SYSTEM.
- en un certain nombre de sections, et à ne lais- I ser entrer un train dans une section que lorsqu’on est sûr que le train précédent en est j sorti. Une section qui contient un train est dite ; bloquée. Le block-system a donc pour but de ! remplacer l’intervalle de temps qui sépare deux j trains par un intervalle de distance, ce qui per- ; met de faire passer un plus grand nombre de trains dans le même temps, tout en donnant la sécurité indispensable. Le block-system n’est appliqué que sur les lignes où La circulation est assez active; il n’existe donc pas en général sur les lignes à voie unique. Il a été imaginé par Cooke en 1842, et réalisé d’abord au moyen de j disques destinés à arrêter les trains, et de communications télégraphiques entre les agents chargés de manœuvrer ces disques. Le block-system peut être appliqué de deux manières différentes. En Angleterre on se sert surtout du système à voie fermée, et dans les autres pays on préfère ordinairement le système à voie ouverte.
- Block-system à voie fermée. — Dans ce système, la voie est normalement fermée par des signaux d’arrêt absolu, et chaque poste n’ouvre la section qu’il commande, pour laisser un train s’y engager, qu’après s’être assuré qu’elle est libre. Soient par exemple trois postes A, B, G, limitant deux sections consécutives de la voie. Lorsqu’un train pénètre en A dans la section AB, que nous supposons libre, le poste A avertit le poste B; celui-ci demande à G si la voie est libre. S’il reçoit une réponse affirmative, il ouvre la voie; puis, lorsqu’il a vu le train entrer dans la section BG, il la referme pour le couvrir et avertit le poste A que la section AB est redevenue libre. Celui-ci maintient cependant la voie fermée, et ne l’ouvre à l’approche d’un second train qu’après avoir de nouveau interrogé le poste B.
- Chaque poste doit donc posséder un signal d’arrêt absolu, et un appareil électrique lui permettant de communiquer avec le poste précédent et avec le suivant, et d’en recevoir une réponse.
- Block-system à voie ouverte. — Le système précédent peut évidemment être simplifié sans grand danger, en n’obligeant pas chaque poste à recevoir deux avis du poste suivant. En effet, lorsque le poste A a reçu de B l’avis que la section estlibre, le train qui vient de passers’étant engagé dans la section BC, il peut sans inconvénient rouvrir la voie, qui reste ainsi n ormale-ment libre. Un second train se présentant ensuite en A, ce poste le couvre en fermant la voie et avertit le poste précédent; en même temps il prévient généralement le poste B du passage
- prochain de ce train, mais cette condition n’est pas indispensable. De même, lorsque le train arrive en B, ce poste ferme la voie derrière lui, et débloque la section AB en prévenant A, qui rouvre la voie; en outre, il avertit généralement le poste G. On voit que ce système est plus simple et donne généralement une sécurité suffisante.
- Remarquons cependant que, dans ce système, la voie n’étant fermée que par exception, il importe que, si ce fait se présente, le mécanicien qui conduit un train en soit averti avec le plus grand soin. Aussi double-t-on le nombre des signaux d’arrêt. Chaque poste possède un signal d’arrêt absolu, disque ou électro-sémaphore, placé au poste même, et un disque avancé placé à une certaine distance en avant, et manœuvré du poste même. Le mécanicien est ainsi averti deux fois.
- De plus, il est évident que chaque poste doit posséder en double l’installation complète, d’une part pour les trains descendants, d’autre part pour les trains montants. Enfin les postes placés aux bifurcations, aux gares, en tout point où se croisent un certain nombre de lignes présentent des installations plus complètes que nous n’indiquerons pas.
- Divers modes de block-system. —En réalité, l’interdiction de pénétrer dans une section bloquée ne peut jamais être absolue, ce qui empêcherait même d’aller au secours d’un train en détresse. Il suffit qu’en laissant entrer un train dans cette section on l’avertisse qu’elle est bloquée. De là deux modes d’exploitation : dans l’un (block-system absolu) on ne laisse pénétrer le train dans la section bloquée que s’il s’est écoulé un certain temps depuis l’entrée du premier; dans l’autre (block-system permissif), l’entrée d’une section bloquée est toujours permise, et l’on se contente de prévenir le mécanicien par un signal conventionnel.
- A l’origine, les signaux optiques s’adressant au mécanicien étaient manœuvrés à la main, et les appareils électriques, analogues à des télégraphes très simples, permettaient seulement aux agents des postes voisins de se transmettre les renseignements relatifs au passage des trains ; c’est le block simple. MM. Siemens et Halske ont chei’ché les premiers à faire effectuer la manœuvre des signaux optiques par les appareils électriques, de manière à éviter les suites d’un oubli ou d’une négligence des gardes [block and interlocking-system). Enfin certains inventeurs cherchent à faire effectuer toutes les manœuvres par les trains au moment
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- BLOCK-SYSTEM.
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- où ils passent d’une section dans l’autre. Ce système de block automatique n’est pas encore entré sérieusement dans la pratique.
- Fig. 104. — Vue extérieure d’un indicateur Régnault.
- Appareil Régnault. —L’appareil Régnault, employé par la compagnie de l’Ouest, est un exemple de block simple; les signaux optiques
- étaient d’abord indépendants des appareils électriques.
- Dans ce système, chaque poste intermédiaire possède deux appareils semblables à celui de la figure 104, reliés l’un au poste de gauche, l’autre à celui de droite; le premier sert pour les deux voies de la section de gauche, l’autre pour les deux voies de celle de droite. Les postes terminus n’en ont qu’un. Chaque appareil porte deux aiguilles [A et B, verticales au repos, et pouvant s’incliner d’un angle notable dans le sens de la marche du train : l’une A annonce au poste qu’un train a pénétré dans la section précédente; c’est l'aiguille indicatrice; l’autre, qui est Y aiguille réceptrice, fait savoir que le signal envoyé au poste suivant a été reçu. L’appareil porte en outre deux boutons ou poussoirs PP' destinés, l’un à lancer le courant pour avertir le poste suivant qu’un train est entré dans la section intermédiaire, l’autre pour débloquer la section précédente en ramenant au zéro l’aiguille indicatrice de l’appareil et celle du poste précédent, et un bouton latéral K dont nous verrons plus loin l’usage.
- Considérons deux postes successifs (fig. 105),
- r~-
- nr—\
- Fig. i05. — Schéma de deux appareils Régnault en correspondance. (D’après un dessin communiqué par M. G. Dumont.)
- et voyons comment se fait cette transmission de signaux. CC, ZZ représentent les pôles posi-bfs et négatifs des piles, reliées à la terre d’au-tre part. Chaque aiguillez ou r est fixée à un pi-sRon denté, qui engrène avec un secteur placé a 1 extrémité d’une palette de fer doux p. Cette Palette est fixée par son pivot à un aimant af
- qui agit sur elle par influence ; cet aimant se relève verticalement et porte un électro-aimant E ou E', à deux bobines horizontales, et deux petites pièces as as', qui sont aimantées de signes contraires. Au repos, la palette s’appuie sur la pièce dont l’aimantation est contraire à la sienne.
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- àj 1 f 1
- HN i h ; ii
- ï i Ë
- Fig. 106. — Electro-sémaphore, système Lartigue. (D’après un dessin communiqué par M. G. Dumont.)
- Lorsqu’un train passe en A allant vers B, le poste A manœuvre les signaux optiques pour bloquer la section AB, puis il pousse Je bouton d qui met en contact la borne d'avec le levier V' et ferme le circuit de la pile n° 1, qui envoie un courant positif par le fil de ligne L suivant Cif'V'LVc/wnn. Là, il se divise entre la sonnerie S et l’électro-aimant E; en traversant cet électro, il change la polarité des pièces aimantées, de sorte que la palette p est attirée vers x' et l’aiguille indicatrice r s’incline vers la droite, c’est-à-dire dans le sens de la marche du train. Ce mouvement ferme le contact hm', qui permet au courant positif de la pile n° 4 du poste B de traverser Cm'hcYLY'd et d’arriver à l’électro E', dont la palette p est alors attirée par x', ce qui fait tourner vers la droite l’aiguille réceptrice r de A. L’agent du poste A est donc assuré automatiquement que celui de B est prévenu.
- Lorsque le train passe en B, le garde, après avoir bloqué la section suivante, débloque AB en appuyant sur le bouton A. Le courant négatif de z traverse alors zc'VLV'd et polarise l’armature de E' en sens contraire, ce qui ramène l’aiguille réceptrice au zéro ; une dérivation de ce courant, passant en sc'Yqn, et de là dans l’électro-aimant E, agit de même et ramène l’aiguille indicatrice au repos. Les deux aiguilles i servent à établir les communicatious analogues entre B et A pour un train allant en sens contraire.
- Le bouton K, placé sur le côté de l’appareil, permet d’informer le poste précédent que la voie est occupée, pour l’empêcher de laisser passer les trains. Si l’on pousse en effet ce bouton au poste B, on déplace directement la palette p, et l’on établit le contact hm', qui permet, comme plus haut, au courant positif de ce poste d’aller actionner l’aiguille réceptrice de A, qui est ainsi averti que la section AB est occupée.
- Ajoutons enfin que l’appareil Régnault a été modifié pour mettre les signaux optiques dans la dépendance des appareils électriques, comme on le fait dans le block and interlocking System-Nous ne décrirons pas cette nouvelle disposition, qui contient d’ailleurs les mêmes pièces essentielles.
- Électro - sémaphores Lartigue. — Les électro-sémaphores du système Lartigue appartiennent au block and interlocking System, c est-à-dire que les signaux optiques sont dans la dépendance des appa-reils électriques . Ils sont employés dans les compagnies du Nord et de l’Est; la
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- compagnie d’Orléans a également adopté ce système, mais après l’avoir modifié.
- Chaque poste intermédiaire possède un électro-sémaphore (flg. 106) formé d’un mât en fer de
- 6, 8 ou 12 mètres de hauteur, portant à la partie supérieure deux grandes ailes rouges al et a.2, et vers le milieu deux petites ailes jaunes 6t et &2. Les premières s’adressent aux trains circulant
- Fig. 107. — Vue intérieure de l'appareil n° 1, porte et croisillons enlevés : grande aile apparente ; appareil enclenché. (D’après un dessin communiqué par M. G. Dumont.)
- Sur les deux voies ; le mécanicien qui voit à la souche du poteau une aile rouge étendue horizontalement est averti que la voie est fermée. Pour eviter toute confusion, l’autre face de l’aile est Peinte en blanc; elle n’a aucune signification, es ailes jaunes servent seulement à avertir
- l’agent du poste qu’un train est entré dans la section précédente; il y en a une pour chaque voie. Une lanterne, munie de réflecteurs, sert à éclairer pendant la nuit les ailes a et b. L’arrêt est indiqué par un double feu rouge et vert.
- Lorsqu’un train franchit un poste, le garde
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- met à l’arrêt l’aile rouge correspondante, pour | bloquer la section. Cette opération se fait à j l’aide d’une série de leviers qui commandent les ! ailes u, sans que l’électricité intervienne ; mais la même manœuvre fait apparaître au poste j suivant l’aile jaune indiquant au garde qu’un j train est entré dans la section. Une fois l’aile j rouge mise à l’arrêt, le premier poste ne peut ' plus enlever ce signal; le deuxième poste seul j peut débloquer la section et faire tomber l’aile ' rouge du poste précédent ainsi que sa propre ; aile jaune, en lançant un courant lorsque le ; train a quitté la section considérée pour entrer ; dans la suivante.
- Pour faire ces manœuvres, chaque poste pos- | sède quatre appareils, dont deux nommés appareils n° d, servant à mouvoir les grandes ailes du poste et les petites des deux postes toisins, et les autres appelés appareils n° 2, servant à ramener au repos les petites ailes du poste et les grandes ailes des postes voisins.
- L’appareil n° 1 (fig. 107) se compose d’une boîte de fonte contenant une roue d’ébonite B, servant de commutateur, et portant sur sa circonférence des pièces métalliques ddd... qui peuvent venir au contact des frotteurs eee. Quand un train passe, le garde, pour bloquer la section, agit sur une bielle articulée avec la tringle de tirage de l’aile correspondante, et reliée à la manivelle F, qui se termine à l’axe G et commande le commutateur. En effectuant cette manœuvre, il fait faire à la bielle un peu plus d’un demi-tour. L’aile se trouve alors calée dans sa position horizontale par le doigt K, reposant sur le butoir M, qui reste vertical tant que le levier J à palette est retenu par l’électro-aimant Hughes I. L’appareil communique par un fll avec celui qui commande la petite aile du poste suivant; pendant la rotation précédente, le commutateur a envoyé un courant né-gatif destiné à faire apparaître cette aile. j
- Lorsque le train a quitté la section, le se- j cond poste envoie dans l’électro-aimant I un S courant qui affaiblit son aimantation. La ! tige MN bascule alors sous l’action d’un contre- ; poids, le doigt K s’échappe, là bielle active sa révolution, et l’aile est ramenée par la pe- j santeur à la position verticale. Pendant ce ' temps, une came en limaçon a ramené la palette J au contact de l’électro, et le butoir M, ayant repris sa position, est prêt à arrêter de nouveau le doigt K.
- Pendant la seconde partie de la rotation, le commutateur donne un courant positif qui vient renforcer l’électro-aimant Hughes U,
- dont l’attraction fait apparaître le voyant S et frapper un coup sur un timbre voisin.
- Les postes terminus n’ont qu’une grande aile e t une petite, et un seul appareil de chaque espèce.
- Les électro-sémaphores ont l’avantage de n’employer l’électricité que pour affaiblir un électro-aimant ; tous les mouvements se font sous l’action de contre-poids, ce qui donne au système une grande solidité.
- Nous ne décrirons pas l’appareil n° 2, qui diffère peu du premier.
- Ajoutons que la Compagnie d’Orléans, qui emploie le block-system absolu, a fait subir à ces appareils des modifications destinées à empêcher que le signal d’arrêt puisse être effacé par toute autre cause que la manœuvre réglementaire.
- La Compagnie P.-L.-M. employait les appareils Tyer, dans lesquels les signaux optiques étaient indépendants des appareils électriques ; ce système a été complété par MM. Jousselin, Chaperon et Rodary, en vue d’établir la solidarité des deux ordres d’appareils.
- Enclenchement des boîtes électro-sémaphoriques entre elles et avec le disque à distance. — La Compagnie du Nord a joint aux appareils Lartigue une disposition qui a pour but : 1° d’empêcher le garde d’un poste B de débloquer la section AB avant d’avoir bloqué la section suivante BC ; 2° de permettre aux gares de dépassement de supprimer la dépendance de la section qui précède et de celle qui suit, lorsque l’on a garé un train, et de la conserver pour les trains qui passent sans garage dans la station; 3° d’empêcher de faire cette suppression par le garde du poste, sans l’intervention d’un agent responsable, placé près du lieu de garage, et enfin de remettre les choses en l’état initial, lorsque le garage est effectué, en même temps qu’on débloque la section. Sur le réseau du Nord, chaque poste sémaphorique est pourvu d’un disque à distance : l’appareil doit donc maintenir ce disque à l’arrêt, tant que la grande aile est horizontale.
- La dépendance des sections est obtenue par l’addition, entre les boîtes de manœuvre de la grande et de la petite aile, d’une boîte contenant un enclenchement électrique qui établit ou supprime la solidarité entre les axes des deux manivelles, de manière qu’on ne peut tourner l’une si l’on n’a pas préalablement tourné l’autre.
- M. Eugène Sartiaux a réalisé la solidarité entre la grande aile du sémaphore, le petit bras et le disque à distance par l’addition d’une serrure
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- électrique K (fig. 108), reliée au levier L du disque, et d’un appareil supplémentaire ajouté dans l’appareil F d’enclenchement installé entre les boîtes de manoeuvre.
- [Jn train étant annoncé par la chute du petit bras, il est impossible de faire disparaître ce bras et de débloquer la section qui renferme le train, sans avoir d’abord bloqué la section suivante en rendant la grande aile horizontale, manœuvre qu’on ne peut effectuer sans avoir mis a l’arrêt le disque à distance.
- La mise à l’arrêt du disque fait fonctionner la serrure adaptée au levier et envoie un courant dans l’appareil d’enclenchement de la grande aile, qui peut alors être levée à l’arrêt. Tant qu’elle reste dans cette position, il est impossible au garde de remettre le disque à voie libre : c’est seulement quand la grande aile tombe, déclenchée par le poste suivant, que la serrure est dégagée et qu’il est possible de ramener le levier du disque à la position normale.
- Si le train ne doit pas dépasser le poste, soit pour s’arrêter, soit pour se garer dans une station, la dépendance est, supprimée, après que le garage est effectué, par l’agent qui commande cette opération.
- A cet effet, il envoie, à l’aide d’un commutateur, un courant dans l’électro-aimant de la boîte F, ce qui produit exactement les mêmes effets que la manœuvre de la grande aile, c’est-à-dire que le garde peut dès lors débloquer la
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- Fig. 108. — Enclenchement des boîtes entre elles et avec le disque à distance. (Chemin de fer du Nord.)
- section ; en. arrière, sans bloquer la section en avant.Les appareils sont en outre ramenés à leur position normale, avec dépendance des sections.
- Pendant qu’on manœuvre le commutateur de garage, une sonnerie tinte au poste sérna-phorique. L’appareil d’enclenchement F consent en outre un dispositif qui permet de le felier à un répétiteur d’électro-sémaphore.
- Répétiteurs d'électro-sémaphores. — Dans les titres d une certaine étendue, où l’électro-sé-^a-phore n’est pa.s à la portée de tous les agents fui ont besoin (l’être prévenus de l’arrivée des I UUi,s’ 0n Bqut installer un appareil qui répète es mdicalions du petit bras. La même disposi • j
- tion peut être installée aux passages à niveau qui n’ont pas de sémaphores.
- L’appareil consiste en une boîte de fonte renfermant deux électro-aimants Hughes, qui maintiennent chacun une palette portant un voyant légèrement incliné dans le sens de sa chute ; chaque électro correspond à une des deux directions. Lorsque le garde du poste précédent abaisse sa grande aile pour bloquer la section, il fait tomber lé petit bras de la station considérée et envoie en même temps un courant dans l’électro correspondant du répétiteur. Celui-ci s’affaiblit, sa palette tombe par son propre poids et le voyant apparaît. En tom-
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- bant, la tige du voyant ferme un circuit qui contient une pile locale et la sonnerie trem-bleuse de la direction. Cette sonnerie tinte jusqu'à ce qu’on relève le voyant. Les sonneries des diverses directions ont des timbres différents. En 1889, vingt répétiteurs étaient en service sur le réseau du Nord.
- Block-system automatique. — Certains inventeurs ont cherché à faire effectuer par les trains eux-mêmes toutes les manœuvres, ou au moins la plupart d’entre elles, de manière à rendre inutile la présence des gardes ou au moins à diminuer dans une grande proportion leur responsabilité.
- Le système Ducousso emploie des contacts fixes disposés sur la voie et qui actionnent des sifflets électromoteurs (Voy. ce mot) placés sur les locomotives.
- Nous citerons notamment la disposition imaginée par J.-P. Wirks, de New-York, dans laquelle les signaux sont placés sur la locomotive, au lieu d’être le long de la voie.
- Des piles, disposées de distance en distance le long de la voie, ont leurs pôles reliés à deux conducteurs fixés parallèlement aux rails. L’un de ces conducteurs est continu, et l’autre formé de pièces métalliques isolées ; les circuits de chaque pile sont donc généralement ouverts et se ferment seulement au passage de la locomotive. Les piles divisent la ligne en sections comme dans un Block-system.
- Chaque locomotive porte deux roulettes isolées l’une de l’autre, et respectivement en contact avec chacun des conducteurs.
- Lorsque le train passe d’une section dans une autre, les roulettes ferment le circuit de la pile correspondante, dont le courant met en branle un timbre puissant et démasque en outre un voyant, placés tous deux sur la locomotive. Si un deuxième train suit à quelque distance, le mécanicien qui le conduit est averti par ces deux signaux du voisinage du premier.
- M. E. de Baillehache a imaginé un block-system automatique très simple, qui consiste dans l’installation d’un fil unique placé au-dessus de la voie, à une hauteur de 2,33 m. et soutenu tous les 25 mètres en ligne droite, tous les 12 mètres en ligne courbe, par des isolateurs placés à l’extrémité de potences greffées sur les potelets. Chaque train est muni d’une brosse circulaire assez large, fixée à la partie latérale supérieure du fourgon du chef de train.
- Cette brosse est reliée à un appareil télégraphique placé dans le fourgon, et le retour se fait par la terre. Cette disposition permet d’éta-
- blir très facilement une communication télégraphique, soit entre deux trains en marche, soit entre un train et une station. Si l’on veut élever davantage le fil aux passages à niveau, pour éviter les ruptures, on place sur le train deux brosses assez écartées pour qu’il y en ait toujours au moins une en contact.
- Le fil ainsi établi au-dessus de la voie peut être divisé en un certain nombre de sections indépendantes, reliées aux différentes cases d’un tableau indicateur placé dans la gare principale la plus voisine. On pourra ainsi, de cette gare, connaître à un moment quelconque la position de tous les trains engagés sur les sections qui dépendent de cette gare (ce qui fait une longueur d’environ 60 kilomètres). On pourra aussi, à l’aide d’un commutateur bavarois, faire communiquer ensemble tous les trains circulant sur les diverses sections isolées. On pourra enfin, de ce poste envoyer un signal d’arrêt absolu à la fois sur toutes les sections. Ce signal peut être, formé d’un petit disque qui apparaît sur la locomotive même de chaque train, et qui, une fois enclenché, ne peut être effacé que par le poste central. Le système de M. de Baillehache, tout en étant fort simple, assure donc une sécurité complète.
- BLUTEUR ÉLECTRIQUE. — Le bluteur de Thomas, B. Osborne et Kingsland Smith présente une curieuse application de l’attraction des corps légers à la séparation du son et de la farine.
- La farine brute arrive à l’extrémité d’un tamis horizontal animé d’un mouvement de va-et-vient, au-dessus duquel sont disposés des cylindres en caoutchouc qui tournent d’une manière continue au tour de leurs axes, et s’électrisent en frottant sur des coussins de peau de mouton placés à leur partie supérieure. Le son est attiré par ces cylindres à cause de sa légèreté, tandis que la farine traverse le tamis ; il est arrêté par les coussins et retombe dans des gouttières parallèles aux cylindres et dans lesquelles il est recueilli.
- Un appareil muni de vingt-quatre cylindres, n’occupant pas plus de 2 mètres carrés et fonctionnant avec une force d’un demi-cheval, peut bluter, paraît-il, 200 à 300 kilogrammes de farine par heure, suivant la qualité. Cet ingénieux appareil évite les inconvénients des blutoirs ordinaires : perte dans l’atmosphère d’une partie du son ; production d’une atmosphère impure, sans doute nuisible aux ouvriers, et capable de détoner facilement au contact d’une I flamme.
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- BOBINE D’INDUCTION DE RUHMKORFF.
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- BOBINE D’INDUCTION DE RUHMKORFF. —
- La bobine de Ruhmkorfî est en quelque sorte le plus ancien des transformateurs, mais, à l’inverse des transformateurs actuels, elle donne naissance, par les interruptions d’un courant primaire de grande intensité et de force électromotrice faible, à des courants induits de faible intensité, mais de forme électromotrice assez élevée pour donner des étincelles et reproduire les effets ordinaires des machines électrostatiques.
- Principe de la bobine. — La première bobine de ce genre , construite par Masson et Bré-guet, a reçu depuis bien des perfectionnements. En principe, elle reproduit l’appareil à double bobine, qui sert à vérifier les lois de
- l’induction (voj. ce mot). Le courant primaire, fréquemment interrompu, traverse une bobine intérieure à fil gros et court, entourée d’une bobine induite B (flg. 109) dont le fil très fin a souvent plusieurs kilomètres de longueur; les différentes spires doivent être parfaitement isolées. Les extrémités de ce fil aboutissent à des bornes auxquelles on attache des rhéo-phores ii' destinés à recueillir le courant induit. Un noyau de fils de fer doux M, placé au centre de la bobine inductrice, en augmente les effets.
- Cloisonnement. — Dans les appareils d’une certaine dimension (fig. 110), Poggendorft a imaginé de cloisonner la bobine induite, c’est-à-dire de disposer le fil induit en une série de
- Fig. 109. — Bobine Ruhmkorfî de démonstration.
- bobines courtes, placées bout à bout, au lieu de l’enrouler par couches successives allant d’un bout à l’autre de l’appareil. On évite ainsi d avoir entre deux spires en contact une différence de potentiel trop forte, ce qui pourrait percer la couche isolante.
- Condensateur. — Fizeau a augmenté la puissance des bobines en reliant les deux extrémités du fil primaire aux deux armatures d’un c°ndensateur C, formé de feuilles d’étain isolées Par de la soie, et placé dans le socle de l’appa-red(flg. 109). L’extra-courant de rupture s’écoule dans ce condensateur, et l’on a l’avantage de iminuer ainsi la différence de potentiel entre es deux points où se fait la rupture.
- Interrupteur. — Enfin l’un des organes importants est T interrupteur, qui doit rompre le
- circuit primaire à intervalles très rapprochés.
- Pour les bobines de dimensions moyennes, on emploie généralement des dispositions dérivées du trembleur de Neet.
- Ce trembleur a été modifié avantageusement en 1879 par M. Ducretet et par M. Marcel Deprez. La figure 109 représente le modèle Ducretet. Une lame vibrante rr', fixée par ses deux extrémités, porte en son milieu une plaque de fer doux, qui est attirée par le noyau de la bobine dès que le courant passe. Mais il se produit aussitôt une interruption entre la pointe de la vis Y et la lame rr' ; celle-ci est donc ramenée à sa position par son élasticité.
- Pour les bobines plus fortes, on se sert de l’interrupteur à mercure de Foucault (fig. 110), qui est actionné par une pile spéciale formée
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- d’un ou deux éléments. 11 se compose d’un électro-aimant M dont l’armature I est fixée au bout d’une tige horizontale IL, portant à l’autre extrémité deux pointes verticales de platine qui pénètrent dans des godets P contenant du mercure. La tige IL est portée par une tige flexible R, dont la durée d’oscillation peut être rendue plus ou moins rapide à l’aide d’un contre-poids qu’on fixe à la hauteur convenable. Le courant de la pile locale est amené par les fils CD à un commutateur de Ruhmkorff ; il traverse le godet voisin de la tige R, les tiges L et R et l’élec-tro-aimant. A l’état de repos, les pointes de platine affleurent le mercure sans y pénétrer. Si l’on pose le doigt sur l’extrémité L, on ferme le courant local; l’armature I est attirée par
- l’électro-aimant, la tige R s’incline de ce côté et le circuit est rompu à la surface du mercure. Alors l’élasticité de la tige R ramène la pointe dans le mercure, et, tant que le courant passe, l’action de l’électro-aimant entretient les oscillations de cette tige et produit des interruptions fréquentes. Le courant primaire de la pile est amené à un second commutateur par les fils EF ; il traverse le second godet P et les tiges L et R ; il est donc interrompu en même temps que le courant local à chaque vibration double de la tige R.
- La bobine représentée figure 110 a un fil induit de 0,1 mm. de diamètre et de 100 kilomètres de longueur ; elle donne des étincelles de 50 centimètres dans l’air et de plus de 10 mètres
- dans l’air raréfié. La figure 109 permet de se rendre compte de la disposition des divers organes. Le courant de la pile P est amené aux bornes d’un commutateur I de Bertin; de là il passe par exemple aux bornes ci', traverse la bobine inductrice, en sort par les bornes a, se rend à l’interrupteur rr', à la vis Y et revient au commutateur I par une bande de cuivre que cache la bobine. Le condensateur G communique avec deux bandes métalliques qu’on fixe sous les bornes oo'.
- La figure 111 représente une bobine construite en Angleterre par Apps et qui appartenait à Spottiswoode ; c’est la plus grosse bobine qui existe. On voit qu’elle est à peu près de la hauteur d’un homme agenouillé. Son poids total est de 762 kilogrammes ; sa longueur 1,22 m., son diamètre extérieur 0,508 m. Le noyau de fer
- doux pèse 30,5 kgr. Le circuit primaire est long de 546 mètres avec un diamètre de 2,5 mm. Le fil induit à 450,5 km. de longueur et 0,25 mm. environ de diamètre, faisant 341850 tours. Excitée par 30 éléments de Grove, elle donne des étincelles de 1,08 m.
- Effets de la bobine. — La bobine de Ruhmkorff reproduit les effets des machines électrostatiques et des condensateurs : étincelles, inflammation, ruptures, combinaisons et décompositions chimiques.
- Lorsqu’on réunit les deux pôles induits par un fil, il est parcouru par des courants alternatifs ayant une action nulle sur un galvanomètre.
- Si on écarte les extrémités du fil pour avoir des étincelles, on constate que les courants directs traversent l’air plus facilement, et passent
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- même seuls, si la distance est assez grande. Le électrostatiques, par le temps nécessaire pour débit peut se mesurer, comme pour les machines charger un condensateur.
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- Nous signalerons encore une forme très pra-lique de la bobine d’induction due à Pyke et Barnett. L’axe de la bobine (fïg. 112) est vertical, Dictionnaire d’électricité.
- et l’interrupteur, dissimulé au centre, laissé voir à la partie supérieure ses parties mobiles, pour faciliter le réglage. Cet interrupteur, toii't
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- à fait nouveau, est formé d’un marteau mis en vibrations rapides par un électro-aimant faisant
- Fig. 112. — Bobine de Pjke et Barnett.
- partie d’un circuit dérivé. L’un des contacts du courant principal, monté sur un ressort, frappe le marteau au moment de son recul.
- Sous cette forme, la bobine est extrêmement transportable.
- La figure 109 représente une application fort intéressante : une lampe à incandescence est disposée sur le circuit inducteur, et le courant de la pile, qui ne parviendrait pas à l’allumer sans la bobine, y parvient grâce aux extra-courants qui se produisent à chaque interruption.
- Bobines d’induction médicales. — On emploie en thérapeutique, sous le nom d’appareils volta-faradiques, des modifications de la bobine de Ruhmkorfî, qui doivent être disposées pour qu’on puisse graduer à volonté l’intensité du courant induit. Certains de ces apparreils permettent aussi de recueillir l’extra-courant du circuit inducteur, soit avec le courant induit, soit séparément.
- La figure 113 montre le schéma des deux dispositions. Dans la première, on recueille le courant induit en attachant les poignées aux extrémités P'N' de la bobine B'B', ou l’extra-courant en les fixant en PN, de manière à fermer le circuit inducteur au moment de l’interrup-
- Fig. 113. Principe des appareils volta-faradiques.
- tion. Dans la seconde disposition, un fil métallique unit les extrémités P'N des deux circuits, et les poignées se placent en P et N'. Les fils forment alors un circuit unique, et tous les courants qui le parcourent au moment de 1a. rupture ont le même sens; cette direction est indiquée par les flèches.
- Les appareils médicaux sont très nombreux; nous avons décrit plus haut un modèle disposé pour les bains électriques (voy. ce mot) ; nous en ajouterons ici quelques autres, pour montrer les différentes dispositions adoptées.
- Appareil volta-faradiqae de Duchenne (de Boulogne). — Cet appareil a reçu, après diverses modifications, la forme représentée figure 114. La bobine inductrice, composée de 100 mètres de fil de 0,omm.cde diamètre, est recouverte par
- la bobine induite A, formée de 1,000 mètres de fil de 0,1 mm. d’épaisseur. Trois piles, logées dans le tiroir G, s’attachent aux bornes KL et excitent l’appareil; un trembleur, invisible sur lafigure, produit les interruptions. Un commutateur, commandé par le bouton H, permet d'intervertir rapidement le courant inducteur; un autre commutateur E, auquel aboutissent le fil induit et deux fils de dérivation du circnit inducteur, sert à lancer à volonté l’extra-courant et le courant induit, suivant qu’on amène l’aiguille F sur le chiffre 1 ou le chiffre 2.
- On peut augmenter l’action inductrice en enfonçant plus ou moins le faisceau de fils de fer doux, représenté à part en DD', et aussi en retirant plus ou moins le graduateur, formé de deux cylindres concentriques en cuivre, qui en-
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- veloppent, l’un B l’hélice induite, l’autre C le faisceau de fils de fer. A l’appareil est jointe une pédale destinée à produire avec le pied des interruptions moins rapides, et un modérateur à eau permettant d’affaiblir encore l’action.
- Bobine à chariot de Du-Bois-Reymond. — Dans cet appareil (flg. 115), on gradue le courant en faisant varier le diamètre du fil induit et la distance des deux bobines. La bobine inductrice B est fixe, et l’on a trois bobines induites telles
- Fig. 114. — Grand appareil yolta-faradique de Duchenne.
- que B' à fils de grosseurs et de longueurs différentes : on choisit celle qui convient et on l’enfonce plus ou moins sur la bobine B, suivant l’effet qu’on veut obtenir. Enfin on a adapté à cet appareil différents interrupteurs qui permettent généralement de faire varier le nombre
- des intermittences. Celui que représente la figure est formé d’un petit électro-aimant D, qui reçoit une partie du courant inducteur, et attire un trembleur E. Deux bornes, dont l’une se voit en I, permettent de recueillir l’extra-courant.
- Appareils portatifs. — Il existe des instruments
- Fig. 115. — Bobine à chariot.
- P «S légers pouvant être renfermés dans une rousse ou une très petile boîte. On produit a ors le réglage au moyen d’un cylindre de ^orvre.B, 9ui sert de graduateur et s’enfonce plus vU Iïl0*ns dans la bobine M (fig.116) et en faisant arierle nombre des intermittences à l’aide d’un
- ressort coudé P, qui appuie plus ou moins sur l’interrupteur. L’appareil doit comprendre sa pile : dans le modèle représenté, elle est formée de deux éléments au chlorure d’argent L et L' renfermés dans des étuis d’ébonite : les communications avec la bobine sont établies à poste
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- fixe. Enfin la troisième partie de la boîte reçoit J Le modèle représenté figure 07 est enfermé des électrodes de formes variées. I dans un portefeuille en cuir de petites dimen-
- sions. En A est la pile, en B les deux poignées, ! bine dans leur intérieur, en C un tube de verre rentrant l’une dans l’autre et renfermant la bo- 1 contenant une petite poignée de sulfate mercu-
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- rique; on voit au-dessous des excitateurs de formes diverses, et en H les rhéophores.
- BOBINE DE RÉSISTANCE. — Voy. Boite de résistance.
- BOITE DE JONCTION. — Disposition servant, dans les grandes installations électriques, à réunir bout à bout les conducteurs qui forment la ligne, ou à joindre au circuit principal les dérivations destinées à desservir chaque maison ou chaque étage (Voy. Cable et Conducteur).
- boite de résistance. —
- Boîte contenant une série de bobines de résistance croissante, et employée pour les mesures électriques. Le fil de ces bobines est généralement en maillechort ou en un alliage formé de 66,6 d'argent et de 33,4 de platine, parce que la résistance de ces deux alliages varie fort peu avec la température. Le fil est toujours enroulé en double, afin qu’on ait toujours à côté l’un de l’autre deux courants égaux et de sens contraire, ce qui empêche tout effet d’induction; ce mode d’enroulement est visible sur la figure représentant l’étalon de
- Dans les anciennes boîtes, les bandes successives sont séparées par de petits trous ronds que peuvent fermer exactement des chevilles de cuivre à manche isolant. Lorsque toutes les chevilles sont à leur place, le courant traverse seu-
- 0OOOQ
- Fig. 118. — Boîte de résistance (disposition intérieure).
- 1 ohm légal (Voy. Ohm). Les bobines sont contenues dans une boîte recouverte d’une pla-5Ue d ébonite, sur laquelle sont disposées des es de cuivre assez épaisses pour que leur j^sistance soit négligeable ; à chacujie de ces andes s attache la fin d’une bobine et le com-encement de la bobine suivante (fig. 118).
- Fig. 119. — Boîte disposée en décades et formant pont de Wheatstone.
- lement les bandes de cuivre, dont la résistance est nulle. Si l’on enlève une fiche, .le courant traverselabobine placée au-dessous.La figure 118 montre le principe de cette disposition qui n’est plus très employée. Les bobines ont des résistances qui croissent ordinairement suivant la même loi que les valeurs des poids marqués : 1,2,2,5,10,10,20,50,100,100,200,500,1000, etc., avec ces nombres, on peut obtenir toutes les résistances jusqu’à 2000.
- A la disposition précédente on préfère aujourd’hui les boîtes en décades, qui renferment un plus grand nombre de bobines, mais qui ont l’avantage de diminuer beaucoup le nombre des fiches à manipuler. Dans ces boîtes, on fait usage de 9 bobines d’1 ohm, 9 bobines de 10, 9 bobines de 100, etc. Les 9 bobines semblables sont reliées par des bandes de cuivre semblables à ab (fig. 120), disposées parallèlement à une bande pleine qui reçoit le courant; en joignant par une seule fiche la bande pleine à la bande marquée 1, 2, 3..., on intercale dans le circuit 1,2, 3..., bobines égales. La boîte représentée va jusqu’à 10 000; les unités sont à droite, puis les dizaines, les centaines et les mille. Les quatre fiches sont au zéro; la résistance intercalée est donc nulle. Nous expliquerons plus loin le rôle des bobines qui se voient en arrière (Voy. Pont de Wheatstone).
- Au lieu de placer les décades en lignes parallèles, on peut les disposer en couronnes autour de cercles de laiton. La figure 120 montre ce système, dont le principe ne diffère en rien de
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- BOLOMÈTRE.
- celui de l’appareil précédent. Le cadran des centaines montre l’arrangement des bobines ; on voit que le courant traverse à chaque décade un nombre de bobines égal au chiffre devant
- lequel on a mis la fiche. Si on la place au zéro le courant passe directement du secteur o au disque central; la résistance est nulle.
- Dans ces deux systèmes, la résistance totale
- looOîims each. 30 Ohm» each îOîim each
- Ohm mm
- Fig. 120. — Boite à cadrans, formant pont de Wheatstone.
- se lit facilement : elle est égale à la somme des résistances bouchée s.
- Les deux appareils précédents portent un certain nombre de bobines, en outre de celles dont nous avons parlé : c’est qu’elles permet-
- tent de réaliser la disposition connue sous le nom de pont de Wheatstone, qui sert à la mesure des résistances. Les bobines doivent se trouver alors divisées en trois groupes. La figure 121 montre le schéma de cette disposition
- 1000
- 5000
- 200 500 IOOO 1000
- 2000
- Fig. 121. — Schéma d'une boite formant pont de Wheatstone.
- avec les boîtes dans lesquelles toutes les bobines se suivent.
- BOLOMÈTRE. — Sorte de thermomètre électrique imaginé par Langley et fondé sur les variations de la résistance des métaux avec la température. Il se compose d’une pile dont le
- courant traverse un circuit formant pont de Wheatstone. Sur deux des branches opposées du pont on a placé des lames sensibles, formées d acier, de platine ou de palladium. Ces lames ont chacune 0,5 millimètre de largeur et 0,05 millimètre d’épaisseur; elles sont repliées un cer-
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- BORNE SERRE-FILS.
- BOUGIE ÉLECTRIQUE.
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- taiu nombre de fois sur elles-mêmes, de façon à occuper un très petit espace. L’une des lames 6 a ses replis partagésen deux faisceaux disposés de part et d’autre de la lame a, intercalée dans l'autre branche du pont; c’est cette dernière qui recevra le faisceau à étudier.
- L’ensemble des deux lames est placé dans un cylindre creux muni d’un diaphragme : à l’aide d’un rhéostat, on amène d’abord le galvanomètre au zéro. Il est évident que les variations lentes de la température ambiante ne feront pas dévier le galvanomètre, car elles influeront également sur les deux lames, mais si, ouvrant le diaphragme, on expose la lame a à l’action d’un faisceau lumineux, sa résistance changera,
- et, l’équilibre n’existant plus entre les deux branches du pont, le galvanomètre sera dévié. Bien qu’on ne puisse employer un courant énergique, afin d’éviter réchauffement des lames a et 6, l’instrument est très sensible. Il accuse, d’après l’auteur, une variation de 0°,00001.
- BORNE SERRE-FILS. — Petite pièce de métal disposée sur les appareils pour établir les communications. Tantôt le fil passe dans un trou où le serre la pointe d’une vis ; tantôt il est replié autour de la vis et serré à plat; on a peut-être ainsi un meilleur contact ; un autre écrou, comme on le voit sur le second modèle, permet souvent d’attacher un autre fil sans déranger le premier. Le troisième modèle permet aussi d’at-
- Fig. 122. — Borne serre-fils.
- tacher deux fils séparément, l’un pouvant être eserré à plat ou par la pointe de la vis (fig. 122) Enfin le dernier dessin représente un modèle très commode, fabriqué par MM. Woodhoun et Rawson; quel que soit son diamètre, le fil peut être introduit et serré très aisément, et tous les contacts sont faciles à nettoyer.
- bouée électrique. — Bouée éclairée par une lampe à incandescence. Cette lampe est généralement placée à 1 mètre au-dessus du ni-veau de l’eau et alimentée par des accumulateurs placés dans l’appareil, et qui assurent un éclairage durant au moins six heures.
- BOUGIE électrique. — Sorte de régulateur Produisant un petit arc voltaïque sans exiger aucun mécanisme; les charbons sont placés pa-J’u élément au lieu d’être sur le prolongement un de 1 autre, de sorte que leur usure n’aug-jnente pas la longueur de l’arc. Mais le point umineux s abaisse à mesure qu’ils se consu-^nt, comme dans une bougie ; de là le nom de ces appareils.
- Bougie Jablochkoff. — Les bougies ont été imaginées en 1876 par Jablochkoff. Celles de cet inventeur sont formées (fig. 123) de deux baguettes de charbon parallèles, séparées par une couche de matière isolante, qui est maintenant du colombin, mélange de plâtre et de sulfate de baryte, et reliées à la partie supérieure par un petit fil conducteur, qui est brûlé et remplacé par un petit arc voltaïque, dès qu’on fait passer le courant. On alimente les bougies électriques à l’aide de machines d’induction à courants alternatifs, afin d’éviter l’usure inégale des deux charbons.
- Le colombin sert à maintenir l’arc à la partie supérieure du charbon; en outre, il fond peu à peu et augmente ainsi l’intensité lumineuse; nfin, si l’arc vient à s’éteindre, il reste rouge pendant quelques instants et permet le rallumage automatique, si le courant reprend au bout d’un temps inférieur à deux secondes environ.
- Chaque bougie est ordinairement placée dans
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- BOUGIE ÉLECTRIQUE.
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- un chandelier formé de deux pinces en cuivre, dont l’une est fixe, l’autre mobile, et qui viennent serrer deux plaques métalliques fixées à la base des charbons. On dispose quatre ou six chandeliers dans un globe dépoli qui diffuse la
- Fig. 123. — Bougie et chandelier Jabloclikoff.
- lumière et masque la disposition intérieure. Les bougies ne durant qu’une heure et demie environ, il faut, à intervalles réguliers, faire passer le courant de la bougie usée dans une autre au moyen d’un commutateur.
- Chandeliers automatiques. — Le chandelier automatique Bobenrieth (fig. 124) rend cette manœuvre inutile. Une plaque isolante P est munie d’un cercle métallique m, qui porte les pinces extérieures des six chandeliers et les met en communication avec l’un des pôles. Les pinces intérieures sont fixées sur le disque isolant, au centre duquel est une rondelle de cuivre c, reliée au second fil du circuit, et portant des ressorts plats r qui peuvent être serrés contre les
- pinces intérieures à l’aide de petites bagues en plomb a.
- Les chandeliers étant garnis de bougies et les ressorts fixés aux branches intérieures, le courant traverse de préférence la bougie la moins
- Fig. 124. — Chandelier automatique Bobenrieth.
- résistante , y produit un arc voltaïque, meilleur conducteur que les amorces des autres bougies, et le courant continue à passer surtout par la bougie allumée. Lorsqu’elle arrive à sa fin, la chaleur de l’arc fait fondre l’anneau a; le ressort s’écarte et la dérivation se trouve rompue. Une autre bougie s’allume à son tour, et il en est de même jusqu’à la fin.
- Les grands magasins du Louvre emploient le chandelier Clariot, qui est disposé pour quatre
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- BOUGIE ÉLECTRIQUE.
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- bougies*. Les mâchoires intérieures des quatre pinces communiquent avec un disque central, qui est relié à l’un des pôles de la source. Chaque mâchoire extérieure communique avec une plaque isolée ; mais ces quatre plaques peuvent être reliées par des tampons coniques, qui établissent le contact sous l’action de ressorts à boudin. Chaque bougie porte, au milieu de la
- Fig. 125. — Bougie Wilde.
- ouille de cuivre, un petit fil métallique fixé par une g°utte qe soudure très fusible. Ces fils oc issent les ressorts à boudin et pâr suite la en place des bougies a pour effet de les complètement l’une de l’autre, l’u a^6 ^ un mlerTupteur à manette, on relie L^acIues ù l’autre pôle de la source ; la u0ie correspondante s’allume et brûle jusqu’à
- ce que la chaleur de l’arc fonde la goutte de soudure. Le fil métallique tombe, et le tampon conique correspondant établit la communication avec la bougie voisine. Le courant se partageant entre les deux bougies, la température de l’arc s’abaisse, sa résistance augmente, et il s’éteint très vite : la bougie voisine est alors seule dans le circuit et s’allume à son tour.
- Avantages et inconvénients des bougies. — La découverte des bougies a exercé une grande influence sur le développement de la lumière
- Fig. 120. — Bougie Jamin.
- électrique, car elles se prêtent très bien à l’éclairage des grands espaces. Elles ont cependant quelques défauts; elles peuvent s’éteindre quelquefois ; la lumière éprouve de brusques changements d’intensité ; enfin elle est accompagnée d’un bruit désagréable dû à l’emploi des courants alternatifs.
- Bougie Wilde. — Dans ce système (fig. 125), le colombin est supprimé ; les charbons sont maintenus par des pinces, dont Tune est mobile et, sous l’action d’un ressort, fait incliner le charbon correspondant jusqu’à ce qu’il vienne toucher le charbon fixe par son extrémité supérieure. Cette pince mobile est liée à
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- BOUSSOLE.
- une pièce de fer doux placée au-dessus d’un électro-aimant E qui fait partie du circuit. Dès que le courant passe, l’électro-aimant attire la pièce de fer doux, fait basculer la pince et écarte le charbon mobile du charbon fixe. On voit que cette disposition produit le rallumage automatique, si l’extinction vient à se faire pour une cause quelconque. Malgré l’absence de colombin, l’arc se maintient au sommet des charbons parce qu’ils vont en se rapprochant un peu à la partie supérieure, et que par conséquent la résistance est minimum en ce point.
- Bougie Jamin. — Dans la bougie Jamin (üg. 126), le colombin est encore supprimé et l’arc est maintenu au sommet des charbons par l’action électrodynamique d’un acdre qui entoure l’appareil et qui est parcouru par le courant. On peut, sans inconvénient, placer les charbons la pointe en bas ; cette disposition est même plus favorable, puisqu’elle supprime les ombres portées.
- Bougie Ignatiew. — Dans cette bougie, l’un des charbons est un cylindre creux fabriqué à la filière ; l’autre est une simple baguette placée au centre du premier et séparée de lui par une bague de kaolin ou par une couche d’air. En donnant au charbon creux une section cinq fois plus grande que celle de l’autre, l’usure est régulière, et l’on peut faire usage de courants continus : le crayon intérieur doit être négatif, et le cylindre creux positif.
- La bougie brûle sans bruit et dure six heures; les charbons ne se fendillent pas.
- M. Ignatiew indique les dimensions suivantes :
- à mesurer la déclinaison, c’est-à-dire* l’angle que fait le méridien magnétique avec le méridien astronomique. Cette détermination comporte donc deux parties : 1° la recherche du
- Diamètre du charbon négatif.. Epaisseur de l’espace annulaire — du charbon positif..
- Diamètre — __
- Longueur — _
- 0,42 cm 0,25 0,19 1,3 32,0
- Bougie Million. — Cette bougie est formée de deux charbons creux renfermant des mèches de coton ; elle allume par une amorce charbonneuse ou une bague de caoutchouc enduite de charbon, qu’on place sur les pointes et qui les protège pendant le transport. Ce système évite l’emploi du colombin et diminue la force électromotrice nécessaire.
- BOUSSOLE. — On donne ce nom à des instruments très différents servant à diverses mesures magnétiques et électriques.
- Boussole de déclinaison. — Appareil servant
- Fig. 127. — Boussole de déclinaison de Brunner.
- méridien astronomique ; 2° la mesure de l’angle que fait avec ce méridien une aiguille aimantée mobile dans un plan horizontal. Les meilleures boussoles de déclinaison sont celles de Gambey et de Brunner. Dans la boussole de Gambey, comme dans toutes celles de construction ancienne, la longueur de l’aimant entraîne beaucoup d’inconvénients, notamment la grande durée des oscillations.
- La boussole de Brunner, ou théodolite-boussole (fîg. 127), est celle qu’on emploie actuellement à l’observatoire de Montsouris. C’est un théodolite portant un aimant horizontal entouré d’une cage, que ferment deux glaces parallèles, et suspendu par un fil de soie sans torsion. Cet aimant, qui a la forme d’un prisme à base carrée, porte à chaque bout un disque d’argent sur lequel est tracée une division (Voy. Déclinaison)-
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- BOÜSSOLE.
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- Boussole d’inclinaison. — Appareil destiné à mesurer l’inclinaison, c’est-à-dire l’angle que fait avec l’horizon une aiguille aimantée mobile dans le plan du méridien magnétique. La boussole la plus employée est celle deBrunner, qui est formée d’une aiguille d’acier, en forme de losange très aigu, mobile devant un cercle divisé. Les lectures se font à l’aide d’une alidade qu’on déplace sur le cercle gradué, et qui porte aux extrémités deux petits miroirs concaves ayant leur centre dans le plan de l’aiguille : pour faire une lecture, on amène l’image renversée de chaque pointe à coïncider avec elle. Cet instrument diffère peu du cercle de Barrow, que nous décrirons plus loin, et à propos duquel nous indiquerons en détail la manière de procéder.
- Boussole marine. — Cette boussole, désignée aussi sous les noms de compas de mer et de compas de variation, est une sorte de boussole de déclinaison simplifiée. Elle permet de mesurer la déclinaison et de régler la marche du navire. Elle est placée à cet effet près du timonier, dans un récipient en cuivre, qu’on nomme l'habitacle, et renfermée dans une boîte cylindrique plate, lestée à la base par du plomb, et portée par une suspension à la Cardan, qui lui permet de rester toujours verticale, quelle que soit l’inclinaison du navire. Cette boîte contient* un pivot vertical, sur lequel repose l’aiguille aimantée, qui est ordinairement fixée sur un disque léger de mica ou de papier, portant la rose des vents. L’aiguille est sur la ligne NS. Quand on veut s’en servir pour déterminer la déclinaison, la boussole porte en outre deux pinnules qui remplacent la lunette des boussoles de déclinaison et servent à viser un astre, peu élevé au-dessus de l’horizon, pour déterminer le méridien astronomique. L’angle de ce méridien avec l’aiguille est la déclinaison.
- Pour orienter la marche du navire, la boussole porte une ligne fixe, parallèle à la quille, et qu’on nomme ligne de foi. On observe l’angle de la ligne de foi avec l’aiguille aimantée, et, en ajoutant ou retranchant la déclinaison, sui-'ant les cas, on connaît la direction suivie Par le navire, et on la rectifie, s’il y a lieu.
- La boussole circulaire de M. Duchemin diffère
- es modèles ordinaires en ce qu’elle est formée
- a deux aimants circulaires concentriques. Les Pôles, placés suivant un diamètre, sont réunis Par une lame de fer doux formant armature.
- as aimants circulaires présentent, à poids efea , une plus grande quantité de magnétisme; Ce te boussole est plus sensible que les bousso-
- les ordinaires, et en même temps plus stable. Elle a été essayée dans la marine française en 1874 et 1875 et adoptée depuis cette époque.
- L’emploi de la boussole est malheureusement soumis à de graves causes d’erreur, dues aux masses de fer, souvent fort importantes, du navire, et surtout à l’aimantation temporaire qu’elles prennent sous l’influence du globe. On remédie à ces perturbations, soit par l’emploi de compensateurs magnétiques qu’on déplace suivant l’orientation du navire, soit en calculant une table de correction. Quel que soit le procédé employé, il est indispensable de refaire très fréquemment la régulation du compas, l’état magnétique des masses de fer du navire changeant sans cesse suivant le lieu où il se trouve.
- Action des appareils d'éclairage sur les boussoles. — Dans les navires qui possèdent des installations électriques importantes, il y a lieu d’examiner si ces appareils n’exercent pas une action nuisible sur la boussole. L’action des conducteurs n’est pas à craindre dans le cas des courants alternatifs, qui sont du reste peu employés sur les navires. Si l’on fait usage de courants continus, on peut éviter cette action en plaçant constamment les deux conducteurs (aller et retour) l’un à côté de l’autre. Mais on préfère souvent n’employer qu’un fil et se servir de la carcasse métallique du navire comme retour commun. D’après M. A. Siemens, l’action des conducteurs serait négligeable, même dans ce cas ; mais des perturbations plus importantes pourraient être amenées par le magnétisme des dynamos. Il existe beaucoup de ces machines qui exercent une action magnétique assez considérable sur les objets environnants. M. Creak, commandant d’état-major, cite le cas du navire Northampton, dont les trois dynamos faisaient dévier la boussole normale, placée à 12 mètres, de 3° à 5°, et donnaient sur une autre boussole un écart de 11°. D’autres machines, notamment celles dont les électros sont disposés à l’intérieur d’un tambour en fonte, ne présentent qu’une très faible action. Dans certains cas, on a obtenu de bons résultats en entourant les dynamos d’une enveloppe spéciale en tôle ou en fonte.
- Boussole des variations. — Sorte de boussole de déclinaison ou d’inclinaison servant à enregistrer les variations de la déclinaison ou de l’inclinaison (Voy. Magnétomètre).
- Boussole des intensités. — On donne quelquefois ce nom à une aiguille de déclinaison suspendue à un fil de soie sans torsion et qu’on
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- BOUSSOLE.
- fait osciller pour mesurer la composante horizontale du champ terrestre.
- Boussole d’arpenteur. — Petite boussole de déclinaison servant à mesurer les angles, même lorsque leur sommet est inaccessible. Elle se compose d’une aiguille aimantée, mobile sur un cadran horizontal, et d’une lunette dont J’axe est parallèle à la ligne 0° — 180°. Cette lunette peut être remplacée par un système de deux pinnuJes permettant de viser un point. Si l’on veut mesurer un angle AOB (fig. 128), on
- Fig. 128. — Emploi de la boussole d’arpenteur.
- place l’appareil, monté sur un pied à trois branches, au-dessus d’un des côtés de l’angle, par exemple en C, et l’on vise le sommet O. La ligne 0° —180° est parallèle au côté OA, et l’on note l’angle qu’elle fait avec l’aiguille aimantée n s. On répète la même opération en D, sur l’autre côté, et l’on mesure l’angle de OB avec l’aiguille n' s'. La direction de l’aiguille n’ayant pas changé, on voit que l’angle cherché est égal à la différence des angles mesurés, car on a :
- AOB = B DE = BDA — AG«.
- D’une manière générale, en mesurant les angles que forment les côtés d’un polygone avec la direction fixe du méridien magnétique, on peut déterminer les angles de ce polygone.
- Il existe d’autres appareils encore moins précis, qui se tiennent à la main et se portent dans la poche; ils sont destinés aux levés expéditifs, par exemple dans les reconnaissances militaires. Telles sont les boussoles d’Hossard, de Kater, de Burnier. Cette dernière se compose d’une aiguille aimantée portant un disque mince, sur la tranche duquel sont inscrits les degrés. La ligne de visée est fournie par un crin qu’on tend dans un pian vertical au moment de s’en servir ; pendant qu’on vise, on observe par un petit trou le chiffre du limbe qui correspond à cette ligne; c’est l’angle qu’elle lait avec le méridien magnétique.
- Boussole de proportion. — Disposition ima-
- ginée par M. Carpentier pour la mesure des résistances électriques. (Voy. ce mot.)
- Boussole des tangentes. — On sait que la déviation d’un galvanomètre n’est pas en général proportionnelle à l’intensité du courant. Les boussoles des tangentes et des sinus permettent de mesurer les intensités en valeur absolue.
- Ces deux instruments, imaginés par Pouillet, se composent d’un cadre circulaire GH (fig. 131), recouvert de fil de cuivre et assez grand pour qu’on puisse supposer le champ uniforme dans la région centrale. Au centre est suspendue une aiguille aimantée horizontale, qui, pour la boussole des tangentes, est très courte. Comme elle serait trop petite pour qu’on pût lire facilement ses déviations, elle est munie d’un index léger qui se déplace sur le cercle gradué DE. L’axe étant rendu vertical au moyen des vis calantes, on tourne l’appareil jusqu’à ce que l’index soit au zéro; le cadre GH et l’aiguille sont alors dans le méridien magnétique. Si l’on fait passer le courant, l’aiguille est déviée ; soitO l’axe de rotation (fig. 129), NS le méridien.
- Fig. 129. — Principe de la boussole des tangentes.
- Le pôle b de l’aiguille étant dévié en A se trouve soumis à deux forces : l’intensité du champ terrestre AH, qui est constante et parallèle au méridien, et l’action électromagnétique du cadre. L’aiguille étant très courte, on peut négliger le déplacement b A du pôle et cette action est alors perpendiculaire au plan du cadre, soit AC. Sous l’action de ces deux forces, l’aiguille prend la direction de la résultante.
- Soit F l’intensité du champ électrique pour l’unité de courant, et par suite FI pour un courant d’intensité I ; soit H la composante horizontale du champ terrestre, M le moment de l’aiguille, et a l’angle AO b ; on aura :
- . CA MF1 IF tg “ ~ AH “ MH ~ H '
- D’où
- On peut donc comparer les intensités à l’aide des tangentes des angles de déviation. On peut
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- BOUSSOLE.
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- même avoir la valeur absolue de l’intensité, si
- JJ
- l’on connaît - ; nous indiquons ailleurs (Voy. Intensité) comment on mesure H, qui était égale à 0,19508 à Paris au 1er janvier 1889. On peut calculer F si l’on connaît le rayon des spires.
- Enfin on peut déterminer expérimentale-
- JJ
- ment ÿ- en faisant passer dans l’appareil un
- courant d’intensité connue.
- En réalité, le pôle de l’aiguille ne reste pas exactement dans le plan du cadre. M. Gaugain a montré qu’on obtient une proportionnalité beaucoup plus rigoureuse en plaçant l’aiguille en dehors du plan du cercle, à une distance égale à la moitié de son rayon ; on peut alors enrouler le fil sur un cadre conique dont le sommet coïncide avec le centre de l’aiguille, et tel que toutes les spires satisfassent à la condition précédente. Le plus souvent, on emploie deux cadres de ce genre placés symétriquement de chaque côté de l’aiguille (fig. 130). Le dessin représente à part la section d’un des cadres
- Fig. 130. — Boussole des tangentes.
- coniques. Ces cadres sont en bois, pour éviter les traces de fer que pourrait contenir le cuivre.
- Boussole des sinus. — La boussole des tangentes représentée par la figure 131 peut servir aussi comme boussole des sinus. Supposons qu’au lieu de fixer le cadre GH dans le méridien, on le fasse tourner en même temps que l’aiguille jusqu’à ce qu’il la rejoigne, de manière à être dirigé comme elle suivant la ligne OA. (fig. 131), l’action électromagnétique AC sera alors perpendiculaire à l’aiguille OA ; en écrivant que OA est dirigé suivant la résultante de ces deux forces, on a :
- MIF = MH sin a, ou
- r H •
- I = — sm a ;
- F ’
- d où le nom de l’instrument. Il n’est plus nécessaire que le champ soit uniforme, et l’on Peut employer une aiguille aimantée plus lon-Soe, ainsi que le montre la figure 131.
- Boussole des cosinus. —M. Ducretet a donné ce nom à une boussole des tangentes dont le cercle GH peut tourner autour de son diamètre
- horizontal. On peut ainsi faire varier rapidement la sensibilité de l’appareil, qui diminue
- Fig. 131. — Boussole des tangentes ou des sinus.
- à mesure qu’on incline le cadre : la composante horizontale de l’action du courant agit
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- BOUTEILLE DE LEYDE.
- seule et par suite, pour une même intensité, la tangente de la déviation est proportionnelle au cosinus de l’angle que fait le plan du cadre avec la verticale. D’où le nom de l’instrument.
- BOUTEILLE DE LEYDE. — Condensateur fréquemment employé, et formé d’une bouteille de verre revêtue à l’intérieur et à l’extérieur, sur la plus grande partie de sa hauteur, d’une couche de papier d’étain (fig. 132). La partie
- Fig. 132. — Bouteille de Leyde.
- supérieure est vernie à la gomme laque ; le bouchon est traversé par une tige de laiton qui communique avec la feuille d’étain intérieure au moyen de fils de même nature et d’une chaîne. On reconnaît dans cet appareil les différentes parties d’un condensateur ; la feuille d’étain intérieure, qu’on relie ordinairement à la machine, forme le collecteur; la feuille extérieure, qu’on tient à la main, est le condenseur ; enfin la bouteille forme la plaque isolante.
- La bouteille de Leyde tire son nom de l’expérience de Cunéus et Muschenbroeck, qui découvrirent la condensation à Leyde en 1746, en cherchant à électriser de l’eau contenue dans une bouteille de verre.
- A cause de sa forme, on peut appliquer à la bouteille de Leyde le théorème relatif aux condensateurs fermés, et sa capacité est
- en appelant S la surface d’une des feuilles d’étain et e la distance des deux feuilles. On voit qu’on accroît la capacité en augmentant S et en diminuant e. Ceci explique pourquoi il vaut mieux coller une feuille d’étain à l’intérieur du verre que de remplir la bouteille de
- feuilles d’or : la distance e se réduit à l’épaisseur du verre.
- L’énergie de la bouteille est
- W^CVâ^T-^-Vs.
- 2 2 47te
- L’énergie est donc proportionnelle à la surface, au carré du potentiel, et en raison inverse de l’épaisseur du verre. On ne peut ni augmenter indéfiniment le potentiel, ni diminuer beaucoup l’épaisseur e, ce qui expose la bouteille à être traversée par la décharge ; il faut donc, pour accroître l’énergie, augmenter la surface. De là l’utilité des jarres et des batte-' ries (Voy. ces mots).
- Bouteille de Leyde à armatures mobiles. —
- i Cette bouteille sert à démontrer qu’une partie | des charges des deux armatures d’un condensa-j teurs pénètre peu à peu dans la lame isolante, i et forme ensuite les résidus, en revenant peu à peu sur les armatures. Elle est formée (fig. 133)
- Fig. 133. — Bouteille de Leyde à armatures mobiles.
- d’un vase de verre conique et de deux gobelets de laiton, qui peuvent se séparer facilement. On charge la bouteille ; on sépare avec précaution ses trois parties ; on touche les deux armatures métalliques pour les décharger, puis on reconstitue la bouteille. On peut alors en tirer une étincelle presque aussi forte que si on ne l’avait pas démontée.
- Bouteille de Leyde étincelante. — Bouteille montrant les beaux effets de la décharge à la surface des corps mauvais conducteurs. Son armature extérieure est discontinue et formée par des grains de limaille collés par du vernis à la surface du verre (fig. 134). La tige de laiton i qui termine l’armature intérieure se recourbe et vient aboutir à une petite distance de la première. Lorsqu’on charge cette bouteille, on voit des étincelles bleuâtres sillonner sa surface ; à cause de la proximité des deux armatures, la bouteille se décharge d’elle-même périodique*
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- BOUTON D’APPEL. — BRONZAGE ÉLECTRIQUE.
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- nient, chaque l'ois que la différence de potentiel des armatures a acquis une valeur suffisante ; on voit alors de belles décharges à la surface.
- Bouteille électrométrique de Lane. — Cette bouteille sert à mesurer des charges assez «randes, comme celle d’une batterie. C’est une bouteille de Leyde dont l’armature extérieure communique avec une boule isolée placée à
- l’extrémité d’une vis micrométrique horizontale, qui permet de l’approcher à une distance connue de celle qui termine l’armature intérieure ; il jaillit une étincelle entre ces deux armatures chaque fois qu’elles atteignent une différence de potentiel constante pour la même distance.
- Pour mesurer la charge d’une batterie, on peut l’isoler, et faire communiquer son armature extérieure avec l’armature intérieure de la bouteille de Lane, dont l’armature extérieure est reliée au sol. Quand l’armature intérieure de la batterie a pris une charge + m, il s’est développé par influence — m sur son armature extérieure et par suite +- m sur l’armature intérieure de la bouteille de Lane, ce qui donne encore — m sur l’autre armature de cette bouteille, qui est reliée au sol. Quand
- Fig. 134. — Bouteille étincelante.
- Fig. 135. — Bouteille de Lane.
- cette charge est suffisante, une étincelle jaillit entre les deux boules de la bouteille. Le nombre d’étincelles observé pendant la charge de la batterie mesure donc cette charge en unités arbitraires.
- Il est bon de faire une première expérience a blanc, afin d’éliminer l’influence de la charge résiduelle, qui est sensiblement constante. On peut aussi intercaler la bouteille de Lane entre la machine et la batterie, cette dernière étant reliée au sol par son armature extérieure. BOUTON D’APPEL. — Voy. Sonnerie, bouton TÉLÉPHONE. — Téléphone destiné aux usages domestiques (Voy. Téléphone).
- BRIQUETTE-PILE. — Générateur imaginé Par M. Brard en 1882, et formé d’un noyau de S cuivre et d’un aggloméré de brai et de 1 e, sur l’une des faces sont creusées des ainures tapissées d’amiante et remplies d’un e ange de nitre et de cendres; des fils de
- cuivre sont fixés dans ce mélange pour prendre l’électricité. La combustion de ces briquettes donne naissance à un courant.
- BRONZAGE ÉLECTRIQUE. — Nom donné improprement à un procédé qui consiste à recouvrir d’oxyde magnétique de fer les objets en fer, fonte ou acier, pour les préserver de la rouille ; ce procédé a été imaginé par M. de Mé-ritens en 1886.
- Un objet d’acier est placé au pôle positif dans un bain d’eau distillée porté à "/O0 ou 80° et contenu dans un vase de fer ou de cuivre qui sert d’électrode négative. Il faut éviter l’emploi d’un courant trop énergique, qui donnerait un dépôt pulvérulent. Pour obtenir un bon enduit sur les objets de fer ou de fonte, il faut, après les avoir mis quelques instants au pôle positif, les placer à l’autre pôle jusqu’à réduction complète de l’oxyde, puis les remettre à leur première place.
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- BUREAU. — CABLE.
- BUREAU. — Bureau télégraphique. — Local qui renferme un poste télégraphique ; ce bureau contient notamment un ou plusieurs manipulateurs et récepteurs, les sonneries, galvanomètres, paratonnerres, piles, et autres appareils accessoires.
- Il existe en France un petit nombre de bureaux permanents, ouverts le jour et la nuit. Les autres bureaux sont à service complet ou à service limité. Les premiers sont ouverts de 7 heures du matin en été, de 8 heures en hiver, à 9 heures du soir. Les bureaux à service limité sont ordinairement municipaux, c’est-à-dire administrés par les agents des communes. Lorsque ces bureaux sont adjoints à un bureau de poste, ils sont ouverts aux mêmes heures, c’est-à-dire en général de 7 ou 8 heures du matin à midi et de 2 heures à 7 heures du soir. Dans les localités qui n’ont pas de bureau de poste, les bureaux à service limité sont généralement
- ouverts de 9 heures à midi et de 2 à 7 heures les jours ouvrables, et seulement de 8 heures à 9 heures du matin et de 1 heure à 2 heures du soir les dimanches et jours fériés.
- Bureau téléphonique. — Local renfermant un poste téléphonique : téléphones et microphones, piles, commutateurs, liste des abonnés, etc. Généralement les bureaux téléphoniques publics sont adjoints à un bureau télégraphique .
- Bureau d’intérêt privé. — Bureau appartenant à un particulier ou à une administration indépendante de l’État. Les lignes d’intérêt privé sont de deux espèces : les unes rattachent un bureau d’intérêt privé au réseau de l’État ; les autres relient deux ou plusieurs bureaux privés. Les premières sont construites et entretenues par l’État et restent sa propriété. Les autres peuvent être construites par l’État ou parles particuliers, suivant la décision du ministre.
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- CABESTAN ELECTRIQUE. — La Compagnie des chemins de fer du Nord a présenté à l’exposition de 1889 un cabestan électrique par lequel elle a remplacé avantageusement les appareils hydraulique? précédemment employés dans son exploitation.
- Cet appareil (üg. 136) se compose d’une machine dynamo-électrique à deux anneaux, dont) l’arbre porte, à l’une de( ses extrémités, un pignon qui engrène avec une grande roue dentée horizontale : sur l’axe de cette roue est montée la cloche du cabestan, autour de laquelle s’enroule le câble.
- L’appareil est mis en mouvement à l’aide d’une pédale agissant sur un commutateur spécial de groupement, auquel se relient les extrémités des fils des anneaux et des inducteurs de la dynamo, et qui permet de mettre graduellement en série ou en dérivation les diverses parties de la machine. On obtient ainsi différentes vitesses de rotation, et des efforts variant de 350 à 400 kilogrammes, sans avoir recours à des résistances variables, qu’il serait difficile de loger dans un espace aussi restreint. Depuis cette époque, la machine à deux anneaux a été remplacée par une dynamo multipolaire; cette modification permet de réduire
- les dimensions de l’ensemble, d’obtenir un meilleur rendement et des efforts plus considérables. Le commutateur spécial de groupement a été aussi abandonné et remplacé par un commutateur avec rhéostat qui donne des résultats plus satisfaisants.
- GABLE. — Conducteur isolé employé pour la construction des lignes de grand débit. Les câbles sont formés ordinairement d’un certain nombre de brins de cuivre isolés, puis réunis en faisceau, ou plus souvent groupés d’abord en toron, puis recouverts de matière isolante. Parfois enfin on tord ensemble un certain nombre de ces faisceaux isolés. Un câble se compose donc d’une âme conductrice et d’une enveloppe isolante, auxquels on ajoute fréquemment un revêtement destiné à le protéger contre les accidents et l’humidité. Qu’ils soient destinés à la télégraphie, à la téléphonie ou à l’éclairage, les câbles présentent toujours ces mêmes parties essentielles, mais le nombre et les dimensions de ces parties changent suivant les conditions auxquelles ils doivent être soumis.
- Fabrication des câbles. — Le nombre et le diamètre des brins qui forment l’âme conductrice varient suivant les cas. Lorsqu’on veut
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- laisser à de petits câbles une certaine souplesse, on prend des brins très fins et on les réunit en grand nombre. Certains fabricants font usage de brins d’un diamètre déterminé, de sorte qu’on peut facilement déduire de leur nombre la section totale du conducteur. La pratique a montré que l’âme conductrice doit présenter au moins 1 millimètre carré pour 2 ou 3 ampères d’intensité à transmettre.
- Les brins sont généralement enroulés sur des tambours différents, puis tordus ensemble
- à l’aide d’une machine à câbler analogue à celle des passementiers ; l’opération est conduite de manière à ne pas altérer la conductibilité normale des fils.
- Lorsque le câble doit être placé dans un endroit sec, il suffit de revêtir le toron de cuivre d’enveloppes de coton ou de soie, que l’on recouvre ensuite d’un ruban bitumé ; toutes ces enveloppes sont appliquées à l’aide de métiers du même genre.
- Lorsqu’au contraire le câble doit être exposé
- ____Mo___
- _____\-%r
- *120 dents
- Fig. 136. — Cabestan électrique.
- a ihumidité, les enduits isolants et protec-|furs doivent être beaucoup plus efficaces, onime substances isolantes, on emploie alors e chanvre, le jute, des tresses de coton, du caoutchouc, de la gutta-percha, etc. Les deux ernières sont les meilleures. Sauf la gutta-Percha, ces matières s’appliquent toutes à l’aide de métiers.
- Si V
- 1 on fait usage de caoutchouc, il est sou-dint Préférable de ne pas le mettre en contact etaGC^ aV6C cuivre '• on se sert alors de cuivre d* tn^’ ou 1 011 entoure d’abord le conducteur Un ruban de coton bitumé. Dans ce cas, le Dictionnaire d’électricité.
- même métier qui réunit les fils de cuivre en toron, les recouvre en même temps d’un ruban bitumé et d’un ruban de caoutchouc pur, non vulcanisé, enroulés en sens inverse, et pardessus lesquels il tresse en même temps une enveloppe de coton. On peut même appliquer successivement deux ou trois garnitures de ce genre, en changeant chaque fois le sens de l’enroulement.
- La gutta-percha est appliquée à chaud, au moyen d’une presse hydraulique : elle sort par un orifice circulaire, plus ou moins large, suivant l’épaisseur qu’on veut lui donner. Le
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- toron de cuivre est guidé de manière à former toujours l’axe de la matière isolante. On recouvre ensuite au métier la gutta-percha de coton ou d’une autre substance textile. Certains câbles portent plusieurs couches de gutta, cimentées ensemble à l’aide de composition Chatterton (voyez ce mot).
- Enfin les câbles peuvent être protégés par une armature de fer ou d’acier, ou par une
- garniture de plomb. Le fer et l’acier sont appliqués sans pression par des métiers de dimensions convenables.
- Le plomb est appliqué de deux manières différentes, soit par fusion, soit en introduisant le câble dans un tuyau de plomb un peu plus large et passant ensuite le tout à la filière pour faire adhérer le métal.
- La figure 137 montre divers genres de câbles:
- Fig. 137. — Câbles divers (Rattier).
- les trois premiers sont des câbles sous plomb pour signaux et sonneries; les deux suivants, destinés à la télégraphié, sont recouverts du même métal; les deux derniers, destinés aux torpilles, sont en cuivre étamé, et entourés d’une armature de torons de fils de fer galvanisé.
- Câbles Siemens. — Ces câbles sont à enveloppe de plomb entourée d’une gaine isolante,, qui est recouverte elle-même par deux rubans de fer à spires non jointives, enroulés simultanément et en hélice ; le tout est protégé par une enveloppe de jute goudronné. Le plomb est appliqué à froid à la presse hydraulique.
- Ces câbles servent surtout pour les lignes souterraines destinées à l’éclairage. Ils contiennent à l’intérieur un fil isolé qui sert pour le retour , lorsqu’on veut mesurer les tensions sur un câble en service
- Pour réunir deux câbles placés bout à bout, ou bien un conducteur principal et un conducteur secondaire, on dénude les extrémités de ces conducteurs, on les amène au contact, et on les serre, au moyen de quatre boulons, entre deux manchons de cuivre étamé. Le fil isolé, destiné au contrôle des tensions, passe en dehors de ce manchon. Le tout est placé dans une boîte de jonction en fonte, à double paroi, formée de deux coquilles réunies par des boulons. L’intérieur de la boîte et de la double paroi est rempli d’une matière isolante, et les joints sont protégés par des bourrelets en jute goudronné (Yoy. Canalisation).
- Câbles Broocks. — Dans ces câbles, les conducteurs sont séparés par une couche de jute bien sec; ils sont placés ensuite dans des tubes
- de fer qu’on réunit avec soin et qu’on remplit d’huile de pétrole. Ils servent surtout pour la télégraphie et la téléphonie : un tube de fer de 4 centimètres de diamètre intérieur peut recevoir facilement jusqu’à 50 fils télégraphiques : l’isolement n’est pas aussi bon que par les méthodes ordinaires.
- Câbles Berthoud et Borel (de Cortaillod). — Ces câbles, qui peuvent servir pour la télégraphie comme pour l’éclairage, sont très bien isolés. Les conducteurs, préalablement recouverts d’une ou plusieurs couches de matière textile, sont enroulés sur un tambour en fer percé d’un grand nombre de trous, que l’on plonge ensuite dans un bain à 200° ou 250°, formé d’huile de lin oxydée et de résine. On laisse se dégager complètement l’air et l’humidité, et, lorsque la surface du bain est devenue parfaitement calme, on enlève le tambour et on le place dans une caisse fermée, qu’on porte auprès de la presse destinée à faire le revêtement de plomb. De cette manière le câble n’a pas le temps de reprendre d’humidité. Pour éviter les inconvénients provenant de trous ou de défauts dans l’enveloppe de plomb, on peut en ajouter une seconde, qu’on sépare de la.pre-mière par une couche de brai gras, résultant de la distillation du goudron de houille. Enfin les deux extrémités du câble sont entourées d’un manchon d’ébonite, suivant l’axe duquel se prolonge l’âme conductrice. On coule dans ces manchons de la paraffine fondue, qui pr°' duit une fermeture parfaitement étanche.
- La figure 138 montre les principaux types de câbles Berthoud-Borel. On voit d’abord les différentes couches d’un câble sous double plomb,
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- pour sonneries et télégraphes, puis la coupe de divers câbles sous double plomb pour téléphone, télégraphe et lumière électrique.
- Pour réunir les deux bouts d’un même câble, la maison Berthoud-Borel se sert de la première boite (flg. 139); on voit que les divers
- Fig. 138. — Câbles Berthoud-Borel, de Cortaillod (Suisse).
- conducteurs des câbles sont séparés et réunis blir une dérivation par un procédé analogue, isolément. La seconde disposition sert à éta- Dans les deux cas, la boîte est ensuite remplie
- Fig. 139. — Boîtes de jonction Berthoud-Borel.
- *ttés ^n^n’ l°rsclue les câbles sont for-
- évite l111 ^ranc* nombre de conducteurs, pour r es mélanges, on sépare tous les fils, et
- Fig. 140. — Jonction des câbles Berthoud-Borel.
- on les raccorde séparément sur un bloc d’ébo-nite, comme le montre la figure 140. '
- Câbles Fortin-Hermann. — Dans ces câbles’,
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- les brins conducteurs sont enfilés dans une série de perles en bois assez rapprochées pour se toucher les unes les autres. Ils peuvent alors être réunis en faisceau et introduits dans un tuyau de plomb sans qu’il se produise aucun contact entre les divers brins.
- Mesure de l’isolement d’un câble ou d’un conducteur. — Cette mesure n’est autre chose qu’une mesure de résistance. Le câble est plongé dans beau acidulée, ses deux extrémités étant hors du liquide. L’une d’elles (1) est reliée à la pile, dont l’autre pôle communique avec une lame de cuivre (3) plongée dans le bain (fig. 141). On mesure ainsi la résistance
- Fig. 141. — Mesure de l’isolement d'un conducteur.
- de l’enveloppe isolante. On peut le faire par la méthode du pont de Wheatstone (Voy. Résistance) ; on peut se servir pour cela de la table que nous décrivons à l’article Mesures.
- Pose des câbles. — Voy. Canalisation.
- Câbles sous-marins. — Le premier câble sous-marin fonctionna entre Calais et Douvres en 1831; le premier câble transatlantique fut posé entre l’Irlande et Terre-Neuve en 1866. Les câbles destinés aux lignes télégraphiques sous-marines ne diffèrent pas en principe des précédents et sont composés des mêmes parties essentielles, mais ils doivent présenter évidemment des qualités d’isolement et de résistance mécanique toutes particulières, à cause de la traction considérable qu’ils subissent pendant la pose, et même une fois mis en place, et des dangers de toutes sortes qui les menacent au fond de la mer : destruction de l’isolement par les crustacés qui se logent dans le chanvre ou la gutta-percha, rupture ou usure par les animaux marins, les ancres et engins de pêche, les glaces flottantes, le frottement sur les rochers, etc... Ces causes d’accidents vont d’ailleurs en s’atténuant avec le temps, car il peut arriver que le câble s’enfonce peu à peu dans le sable ou dans la vase, ou se recouvre de dépôts et d’incrustations qui augmentent sa solidité.
- fabrication des câbles sous-marins. — Ces câbles sont formés d’un certain nombre de brins réunis en toron, généralement onze pour
- les câbles les plus gros ; le brin placé suivant Taxe possède ordinairement un diamètre supérieur à celui des autres. Le toron est fabriqué au moyen d’un métier analogue à celui des passementiers, ainsi que nous l’avons indiqué plus haut, par fragments de 1 ou 2 milles marins (le mille vaut 1833,28 m.); ces morceaux sont ensuite réunis bout à bout.
- On entoure ce toron d’une enveloppe de gutta-percha appliquée à chaud ; mais auparavant on enduit le cuivre de composition Chatterton, pour l’empêcher d’être mis à nu si la gutta venait à se fendiller. Par-dessus l’enveloppe de gutta-percha, on enroule successivement et en sens inverse deux couches de chanvre imprégné de tannin pour le rendre inaltérable par l’eau. Un certain nombre de ces câbles peuvent être réunis en toron et entourés d’une nouvelle couche isolante qui les maintient : on a alors autant de conducteurs distincts que le câble contient de parties.
- On entoure ensuite le câble d’une armature de fils de fer ou d’acier galvanisés, enroulés sans torsion et en spires jointives sur toute la longueur; cette armature est recouverte à son tour de deux enveloppes successives et enroulées en sens inverse, formées de chanvre imprégné de poix minérale ou d’un mélange d’asphalte et de silicate de chaux. Cette enveloppe, que l’on arrondit en faisant passer le câble à travers une plaque métallique percée d’un orifice de grosseur convenable, sert à protéger le fer contre la rouille. On l’enduit enfin de craie délayée dans l’eau, pour empêcher les spires de se coller les unes aux autres pendant la durée de la pose.
- L’armature de fer est formée d’un nombre de fils variable, suivant la résistance mécanique qu’on veut donner aux câbles. Cette résistance doit être d’autant plus grande que l’on se rap-oroche davantage des côtes, car c’est dans ces parages que les câbles sont le plus exposés à l’action des tempêtes et aux accidents produits par les ancres, engins de pêche, etc... Aussi les câbles d’atterrissement portent, par-dessus lu couche de chanvre extérieure, une seconde armature formée de gros fils de fer galvanisé, qui sont d’abord réunis en toron trois par trois; ces faisceaux sont ensuite enroulés en hélice autour du câble (fig. 142, n° 3).
- Les fils de fer qui doivent servir à faire les armatures, et les câbles eux-mêmes, après leur fabrication, sont soumis à des essais ayant pour but de constater qu’ils présentent bien la résis* tance mécanique indispensable.
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- La figure 142 représente divers échantillons de câbles sous-marins et sous-fluviaux. Le premier est à sept conducteurs, formés chacun de sept brins de 0,8 mm. de diamètre; l’épaisseur du diélectrique est 8 mm. ; l’armature est formée de 16 fils de fer galvanisés de 7 mm. Le second est un câble sous-marin formé d’un seul conducteur à sept brins; il est entouré par
- deux armatures de fils de fer galvanisé. Le troisième est un câble d’atterrissement à deux conducteurs formés de trois brins; la première armature est composée de treize fils de fer de 5 mm. ; la seconde comprend douze torons de trois fils de même grosseur. Le quatrième est au contraire destiné aux mers profondes: il est formé de sept brins de bronze silicieux, et en-
- Fig. 142. — Câbles sous-fluviaux et sous-marins (Rattier).
- touré d’une armature de douze fils de fer de 1,1 mm., couverts de filin à 4 mm. ; il est isolé ^ la gutta-percha.
- Enfin le dernier est un câble sous-fluvial à trois conducteurs, formés chacun de 7 brins ; dans deux de ces conducteurs les brins sont de
- 0,6 mm. ; dans le troisième, ils sont de 0,75 mm. ; ce câble possède deux armatures de dix-huit fils de fer de 3 et de 5 mm., et il est enfin recou-vert d’une composition asphaltique.
- Pose et entretien des câbles sous-marins. Avant de poser un câble, on fait des sondages nombreux pour déterminer la profondeur et la nature du fond, et l’on choisit le chemin le plus convenable. Le câble, enroulé sur de gros tambours, est embarqué sur des navires de forl tonnage, aménagés spécialement pour cet usage. et pouvant marcher à volonté en arrière et en
- avant. Le Faraday, le plus grand des navires destinés actuellement à la pose des câbles, a 360 pieds de long et jauge plus de 6000 tonneaux. Quoique à hélice, il a l’avant et l’arrière exactement semblables et munis chacun d’un gouvernail. Il peut porter 1 500 milles de câble.
- L’extrémité étant fixée à terre, le navire s’éloigne filant le câble derrière lui nuit et jour jusqu’à ce qu’il soit arrivé au terme de sa course. Des freins permettent de régler la vitesse d’immersion. On fait suivre au câble, autant que possible, la forme du fond; le navire reste constamment en communication électrique avec le point de départ par l’intermédiaire du câble, ce qui permet de constater à chaque instant si la partie immergée est en bon état. Lorsque le câble est très long, la pose se fait
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- CADRAN (Télégraphe a). — CANALISATION ÉLECTRIQUE.
- en plusieurs fois ; c’est ce qui a lieu pour les câbles transatlantiques.
- La transmission d’un courant électrique à travers les câbles sous-marins ne se fait pas aussi simplement que par un conducteur ordinaire. Ces câbles constituent en effet de véritables condensateurs, dont le collecteur est représenté par l’âme conductrice, le condenseur par l’armature de fer, et la lame diélectrique par l’enveloppe de gutta-percha. Lorsqu’un courant est lancé dans le câble, il charge ce condensateur avant d’arriver jusqu’à l’autre extrémité. Il faudra donc, pour envoyer un signal, un temps variable non seulement avec la longueur et la résistance du câble, mais aussi avec sa capacité électrostatique par mille marin. En général la vitesse de transmission est inversement proportionnelle à cette capacité, à la résistance et au carré de la longueur. La résistance est elle-même en raison inverse du diamètre de l’âme conductrice, et la capacité dépend du rapport des diamètres de l’âme et de l’enveloppe isolante. Il faut tenir compte aussi de la pénétration de l’électricité dans la substance diélectrique. Aucun récepteur ne transmet un signal d’Europe en Amérique en moins de 0,2 seconde. Le courant arrive graduellement, passe par un maximum, puis décroît jusqu’à zéro en un temps égal au premier. De là la nécessité d’employer pour la télégraphie sous-marine des récepteurs spéciaux (Voy. Télégraphie).
- Les réparations des câbles sous-marins nécessitent une série d’opérations extrêmement compliquées. Il faut d’abord déterminer par des procédés spéciaux dans quelle région exacte s’est produit le dérangement. Puis, afin que l’opération se fasse le plus promptement possible, des vaisseaux appartenant aux compagnies télégraphiques sous-marines et armés pour ce but spécial se tiennent constamment dans les parages où les accidents sont le plus fréquents.
- CADRAN (TÉLÉGRAPHE A). — Yoy. Télégraphe.
- CADRE GALVANOMÉTRIQUE. — Bobine qui porte le fil du galvanomètre et renferme l’aiguille; elle est le plus souvent rectangulaire, quelquefois ovale (galvanomètre Thomson). Dans certains instruments, le cadre est en cuivre; les courants induits qui s’y développent alors amortissent rapidement les oscillations.
- CAGE DE FARADAY. — Appareil imaginé par Faraday pour montrer que l’électricité se porte à la surface des corps conducteurs. C’est une
- cage en treillage métallique ou en bois recouvert d’étain; on peut la porter à un potentiel élevé sans que les corps placés à l’intérieur manifestent la moindre trace d’électrisation.
- CALORIE. — Unité de quantité de chaleur : c’est la chaleur nécessaire pour élever de 0° à 1° la température de I kilogramme d’eau. On fait souvent aussi usage de son sous-multiple la petite calorie ou calorie-gramme, qui est la quantité de chaleur nécessaire pour échauffer de 0° à 1° un gramme d’eau. La destruction ou la production d’une calorie-gramme correspond à la production ou à la destruction de 0,425 kilogrammètre. C’est l'équivalent mécanique de la chaleur. En unités absolues, cet équivalent est 0,425 X I05 X g ergs ou 0,425 X 10*2 X g watts = 4,17 watts (en prenant <7=981).
- CAME CORRECTRICE. — Organe des appareils télégraphiques de Hughes et de Baudot.
- CAISSE DE RÉSISTANCE. — Yoy. Boite de
- RÉSISTANCE.
- CALAGE DES BALAIS (ANGLE DE). — Voy.
- Balai.
- CANALISATION ÉLECTRIQUE. — Circuit réunissant une source d’électricité avec les appareils qu’elle doit actionner. Ce circuit peut être destiné à des courants de faible intensité (télégraphes et téléphones) ; il peut alors être aérien ou souterrain et formé de fils ou de câbles. Lorsqu’il doit transporter des courants de grande intensité (éclairage, transmission de l’énergie), il est le plus souvent souterrain et formé de câbles. Les conducteurs aériens sont généralement des fils, et leur ensemble est désigné sous le nom de ligne (voy. ces mots). Le nom de canalisation est plutôt réservé aux lignes souterraines, que nous traiterons seules ici. Le lecteur trouvera au mot Cable tout ce qui a rapport aux lignes sous-marines.
- Les canalisations souterraines sont quelquefois formées de fils, le plus souvent de câbles. Comme les conducteurs n’ont à supporter aucune traction, étant soutenus sur toute leur longueur, on les fait toujours en cuivre ou en bronze silicieux. Pour mieux protéger ces conducteurs, on les place ordinairement dans des conduites en fonte, en poterie ou en ciment; chaque conduite peut d’ailleurs recevoir un nombre variable de câbles. Les tuyaux présentent toujours de distance en distance des regards qui permettent de faire des essais en des points intermédiaires, de vérifier l’état des conducteurs et de les remplacer au besoin sur une partie de leur longueur. A chaque regard, les conducteurs doivent être numérotés, afin qu on
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- CANALISATION ÉLECTRIQUE.
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- puisse reconnaître facilement celui auquel on a affaire.
- Dans les tuyaux de fonte ou de poterie, le conducteur est introduit à une extrémité, et on le fait pénétrer par traction de regard en regard.
- Cette opération se fait à l’aide d’un treuil qu’on voit à gauche (fig. 143), et auquel est attaché par une ficelle un chariot de traction, formé de trois armatures contenant des galets en fonte d’un diamètre inférieur à celui des tuyaux, et disposés de telle sorte que le galet du milieu se trouve dans un plan perpendiculaire à celui qui contient les deux galets extrêmes. Ce chariot tire le câble, qui est attaché à son arrière par un grappin, et enroulé sur un tambour placé à droite de la figure. Le même procédé est utilisé pour les lignes militaires.
- Pour les conduites en ciment, on a proposé de les faire en deux parties : on place d’abord la partie inférieure, dans laquelle on étend le conducteur sans le soumettre à aucune traction, puis on place et on scelle par-dessus la partie supérieure du tuyau. Dans ce cas, la pose du câble se fait très simplement : il est commode de l’enrouler sur un tambour porté par des roues de voiture et traîné par des chevaux. On fait passer l’appareil le long de la rigole de ciment, dans laquelle le câble se place facilement.
- Dans les villes, on utilise ordinairement les égouts pour y placer les conducteurs souterrains, ce qui évite de creuser des tranchées et d’établir des conduits. On a en outre l’avantage de pouvoir examiner facilement les conducteurs
- Fig. 143. — Traction des câbles dans les conduites de fonte.
- sur toute leur longueur. Mais il est bon d’employer alors des câbles sous plomb, pour les préserver de l’action des gaz et des vapeurs qui se dégagent dans cette atmosphère viciée, ainsi que de la dent des rongeurs. Les canalisations en fonte sont employées en Angleterre, en Bel-gtque, et sur les grandes artères françaises. Souvent aussi, en Belgique, on fait usage d’une sorte de caniveau en briques dans lequel le oàble repose sur un lit de sable. Enfin, sur certaines lignes françaises, et en Allemagne, on n emploie aucun conduit protecteur : le câble est simplement déposé au fond d’une tranchée e * mètre de profondeur. La figure 144 montre a construction d’une ligne souterraine, au moment où l’on place une sorte de cuve en °nte formant la chambre terminale.
- - ous donnerons, pour terminer cet article, quelques indications sur les canalisations les pa^s Rentes, notamment sur celles établies à is en 1889 par les diverses compagnies con-ssionnaires de l’éclairage électrique. jro|a oc^té Édison a établi une canalisation à 9s, en circuits coniques, c’est-à-dire que
- les câbles vont en diminuant de section pour les uns et en augmentant pour les autres Ces câbles sont en bronze silicieux. Ils sont placés dans des caniveaux en sable aggloméré (fig. 145) ayant 10 centimètres d’épaisseur, 37 de hauteur et 55 de largeur. Des tra verses en fer, percées de 4 trous filetés, sont disposées de 2 mètres en 2 mètres pour supporter les isolateurs, qui sont des cloches doubles en porcelaine émaillée, fixées aux traverses par une vis et un écrou (fîg. 146). Sur chaque cloche est vissée une pièce en fer galvanisé, munie d’une gorge profonde, dans laquelle on place les câbles, qui sont en cuivre nu.
- Ces caniveaux sont établis à 15 centimètres de profondeur, sous les trottoirs. On a pratiqué au croisement des rues des puits de 6 ou 7 mètres de profondeur, reliés par une galerie de 1,5 m. de hauteur et 75 centimètres de largeur. Dans les petites rues, la compagnie, ne disposant que d’un emplacement beaucoup plus restreint, se sert de conduites rectangulaires en poterie.
- La Société pour la transmission de la force
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- CANALISATION ÉLECTRIQUE
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- par l’électricité emploie également des fils de et maintenus par des barrettes en fer galvanisé, cuivre nu, placés sur des cloches en porcelaine, serrées à l’aide de boulons.
- T pottoip
- Fig. 145. — Canalisation de [la compagnie continentale Edison,
- La Compagnie Y. Popp fait usage de tubes en fer de 20 centimètres de diamètre, semblables à
- ceux qu’elle emploie pour la distribution de l’air comprimé, et réunis par des bagues de caoutchouc et des colliers en fer à boulons. Les câbles reposent sur le fond de ces tuyaux (fig. 147).
- Enfin le service municipal à basse tension a établi des caniveaux en ciment dans lesquels sont fixés des cadres en bois portant des crochets en fer vitrifié. Les câbles, soigneusement isolés au caoutchouc, sont posés sur ces crochets. Pour la distribution à haute tension, les
- Fig. 147. — Canalisation de la compagnie V. Popp.
- instMl .S°n*' P^ac®s dans des moulures en bois a ées dans des caniveaux du même genre.
- En Amérique, où l’éclairage électrique est très développé, les canalisations souterraines
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- CANALISATION ÉLECTRIQUE.
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- sont généralement préférées aux fils aériens. A Chicago la canalisation, de forme cylindrique, comporte un grand nombre de trous au travers desquels passent les câbles. Des regards sont placés à tous les coins de rue pour envoyer les
- fils dans toutes les directions. A Brooklyn, on a examiné au bout de deux ans une ligne souterraine placée dans des tuyaux de bois enduit de créosote. Les garnitures de plomb étaient fortement attaquées par l’aide carbonique, lors-
- Fig. 148. — Canalisation Crompton avec supports mobiles.
- qu’elles étaient en plomb pur ; celles qui étaient mélangées d’étain étaient restées intactes.
- La Société américaine Edison fait usage des dispositions indiquées à l’article Conducteur. En Angleterre on se sert de systèmes parti-
- culiers. M. Crompton, qui a le premier employé des conducteurs nus dans des caniveaux, utilise des conducteurs à section carrée, qui se fabriquent par grandes longueurs et sont assez rigides pour qu’on puisse espacer les supports de
- Fig. 149. — Canalisation de la Saint-James Company, à Londres.
- 15 à 20 mètres. Ces supports sont des isolateurs en verre verni, reliés par des cordelettes à d’autres fixés sur des poutres transversales. Des trous d’homme sont placés de distance en distance.Les dérivations sont formées de câbles sous plomb.
- Pour les cas où les conducteurs fixes sont d’un emploi difficile, M. Crompton a imaginé un petit chariot (fig. 148), qui porte des isolateurs. Ceux-ci soutiennent une poulie, sur laquelle s’appuie la bande de cuivre. On peut ainsi
- Fig. 150. — Canalisation Siemens, à Berlin.
- introduire directement les câbles et leurs supports par l’une des extrémités de la conduite.
- La Saint-J âmes's and P ail Mail Electric Lighting Company se sert de lames minces et plates de cuivre nu, qu’on réunit en nombre convenable pour obtenir la section voulue, au moyen de
- petites pièces en bronze. Ces conducteurs sont placés sur champ dans des trous carrés pratiqués dans des supports en faïence vernie, qui sont disposés dans une conduite en fonte, fermée par un couvercle boulonné. Ce système est peu coûteux ; de plus, il tient peu de place et il est
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- CANDLE. — CAPACITÉ ÉLECTROSTATIQUE.
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- parfaitement étanche. Les différentes pièces de la conduite sont réunies par des colliers en fonte qu’on remplit de soudure à l’étain (flg. 149).
- En Allemagne, on emploie presque exclusivement le système Siemens. Les câbles (voy. ce mot) sont soigneusement isolés par une couche de jute imbibée de produits bitumineux, une enveloppe de plomb, une seconde couche de jute, et deux séries de lames de fer recouvertes d’un enduit protecteur. Ces câbles sont placés directement dans la terre, et réunis par des boîtes de jonction (flg. 150) qu’on remplit ensuite de goudron chaud et qu’on ferme au moyen d’une vis.
- CANDLE. — Bougie de blanc de baleine, qui sert en Angleterre d’unité d’intensité lumi-mineuse; l’unité française, qui est la bougie stéarique de l’Etoile, vaut environ l,t5 candie; l’étalon Carcel, de 23,5 mm. de diamètre, brûlant par heure 42 grammes d’huile de colza épurée, qui équivaut à 6,5 bougies françaises, vaut par conséquent à peu près 7,4 candies. Enfin la candie vaut environ 0,06 unité absolue; cette unité absolue étant l’intensité, dans la direction normale, d’un centimètre carré d’un bain de platine à la température de fusion.
- CANNE LUMINEUSE. — Canne dont la pomme, semblable aux bijoux lumineux (Voy. ce mot), renferme une petite lampe à incandescence qu’on peut actionner à l’aide d’une pile placée, ainsi que son commutateur, dans la canne elle-même.
- CANNE THERMOMÉTRIQUE EXPLORATRICE. — Voy. Thermomètre.
- CANOT ÉLECTRIQUE. — Voy. Bateau.
- CAOUTCHOUC. — Le caoutchouc ou gomme élastique est un carbure d’hydrogène qu’on retire d’un certain nombre de plantes équatoria-*es> notamment le ficus elastica (artocarpées), U siphonia cahuchu (euphorbiacées), et Yiatropha elastica.
- Le caoutchouc parfaitement pur est blanc, translucide. Celui du commeree est d’un brun jaune, flexible, sensiblement imperméable. \on élasticité diminue quand la température s abaisse.
- Un mélange de caoutchouc et de soufre, P°rté à 130°, éprouve une modification pro-ej c est le caoutchouc vulcanisé. 11 est extrêmement souple, nerveux et élastique. Il ne dur-
- la h&S ^ et ne se ramollit pas par
- CQC aeur; il offre une grande résistance à la Sol7ression; U n’est pas attaqué par les disse Ian!S 0r(Unaires du caoutchouc ; mais il ne Se soude pas à lui-même.
- Le caoutchouc est employé quelquefois comme isolant; il isole mieux que lagutta-per-cha; mais il n’adhère pas au métal et il est plus difficile à appliquer.
- CAP. — Angle que fait l’axe d’un navire avec l’aiguille de la boussole marine.
- CAPACITÉ ÉLECTROSTATIQUE. — Lorsqu’on met un conducteur isolé en communication avec une source d’électricité, la charge qu’il prend ne dépend pas seulement du potentiel de cette source ; elle varie encore avec la forme et les dimensions du conducteur; c’est ce qu’on définit par la capacité. Supposons qu’on donne d’abord une charge telle qu’il ait un potentiel V, puis qu’on ajoute une nouvelle quantité d’électricité égale à la première, il est évident que le potentiel sera devenu double également. La charge d’un conducteur M est donc proportionnelle à son potentiel V.
- M = CV.
- G est la capacité du conducteur.
- Si l’on suppose V = l, il reste M=:C; la capacité est donc la charge qu’il faut donner au conducteur pour lui faire acquérir un potentiel égal à l’unité.
- Nous avons supposé implicitement que le conducteur était assez éloigné de tout autre corps pour ne subir aucun phénomène d’influence. Nous montrerons (Voy. Condensateur) que le voisinage d’autres conducteurs a généralement pour effet d’augmenter la capacité. La définition qui précède doit donc être complétée ainsi : La capacité d'un conducteur est la charge qu'il faut lui donner pour lui faire prendre un potentiel égal à 1, tous les conducteurs qui l'entourent étant en communication avec le sol.
- Capacité d'une sphère. — Nous citerons comme exemple la capacité d’une sphère, qui est très facile à déterminer. Soit M sa charge et R son rayon. Le potentiel est le même en tous les
- M
- points intérieurs : or au centre il est^; on a donc
- V = H
- R
- ou
- M = RV.
- La capacité d'une sphère est égale à son rayon. — La capacité d’un conducteur est donc de l’ordre des longueurs et s’exprime, comme une longueur, en centimètres.
- Unités de capacité. — Dans le système électrostatique C. G. S., l’unité de capacité est la capacité d’une sphère d’un centimètre de rayon.
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- CAPACITÉ INDUCTIVE SPÉCIFIQUE. — CARACTÉRISTIQUE.
- On emploie surtout le farad, unité pratique du système électromagnétique, et son sous-multiple le microfarad (Voy. Farad).
- Capacité de la terre. — La capacité de la terre dans le système électrostatique est égale à son rayon en centimètres, c’est-à-dire à
- 4x 109
- 2u
- unités électrostatiques C.G.S., ou bien à 4.109
- -——— -T- = 708 microfarads.
- Ces différences peuvent s’expliquer par la réaction du courant induit sur l’inducteur, réaction qui a pour effet de diminuer l’intensité du champ d’autant plus que ce courant est plus intense. Pour tenir compte de cette influence, on peut admettre, comme première approximation, que l’affaiblissement du champ est proportionnel à l’intensité et remplacer F par
- F =F —AI,
- ce qui donne
- E = nv F — knvl.
- Remarque. — Le mot capacité indique une certaine analogie avec la capacité calorifique, mais tandis que cette dernière est une constante qui ne dépend que de la nature et du poids du corps, la capacité électrique d’un conducteur est indépendante de ces deux quantités, mais elle varie avec la forme et les dimensions et dépend même des corps voisins.
- Mesure de la capacité. — Voy. Condensateur.
- CAPACITÉ INDUCTIVE SPÉCIFIQUE. — Voy. Pouvoir inducteur.
- CARACTÉRISTIQUE. — Courbe construite en prenant pour abscisses les intensités et pour ordonnées les forces électromotrices d’une machine d’induction, qui tourne avec une vitesse constante; cette courbe indique l’allure de la machine et permet d’en étudier le fonctionnement d’une manière très simple.
- 1° Machines magnéto-électriques et machines à excitatrice. — Dans une machine d’induction, la force électromotrice E est proportionnelle au nombre des spires de la bobine induite n, à l’intensité du champ magnétique F et enfin à la vitesse de rotation V. On peut donc écrire, en choisissant convenablement les unités :
- E = ?u)F.
- La courbe qui représente cette équation en prenant les intensités pour abscisses et les forces électromotrices comme ordonnées est la caractéristique de la machine ; dans ce cas c’est une ligne droite qui s’abaisse régulièrement à partir de l’axe des y. Elle représente suffisamment les résultats de l’expérience, car elle est d’accord avec les valeurs trouvées par M. Silva-nus Thompson pour une machine magnéto de Gramme.
- D’autre part, en faisant varier la résistance de manière à maintenir l’intensité constante, M. Joubert a obtenu les résultats suivants :
- Nombre de tours E ea vo]ts. par minute.
- 500 103
- 720 145
- 1070 208
- Rapport f; • V
- 0,206
- 0,201
- 0,194
- On voit que dans ce cas la force électromotrice est presque proportionnelle à la vitesse.
- 2° Machines dynamo-électriques. — Les considérations précédentes ne peuvent évidemment pas s’appliquer aux machines dynamos, dans lesquelles le champ magnétique est produit par le courant induit lui-même ; la valeur du champ est donc une fonction de l’intensité.
- D’autre part, l’intensité du courant induit est donnée par
- E = IR,
- R étant la résistance totale du circuit.
- L’expérience montre cependant que ces formules ne sont pas exactes : si l’on fait varier la vitesse de rotation, la force électromotrice n’est pas proportionnelle à cette vitesse, mais augmente moins vite que ne l’indique la formule ; de plus, si l’on fait varier la résistance R, en modifiant le circuit extérieur, les valeurs de l’intensité ne sont pas en raison inverse de cette résistance, ce qui devrait être, puisque la force électromotrice doit être constante, d’après la première formule.
- et
- F = /'(!)•
- D’ailleurs on a toujours E —- nvY
- E = IR.
- On peut tirer delà, en éliminant E et F
- I __nv
- 7tï)~"k"
- Si l’on connaissait la forme de la fonction f{I), on pourraitrésoudre l’équation. Cette forme
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- CARACTÉRISTIQUE.
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- étant inconnue, supposons, comme première approximation, qu’on puisse mettre le premier membre sous la forme A +BI.
- pond à une vitesse v, obtenir facilement celle qui est relative à une autre quelconque v'. En effet, l’équation peut s’écrire
- nvl
- E A + Bl‘
- Les expériences de M. Frôlich sur une machine Gramme et sur une machine Siemens et Halske montrent que, entre certaines limites, cette formule est suffisamment exacte. Remplaçons enfin dans cette équation R par
- E • i _ ; il viendra
- nvl — E (A -f- BI).
- ou
- BEI — nvl -j- AE — 0.
- Si l’on porte l’intensité I en abscisse et E en ordonnée, cette équation représente une hyperbole équilatère EOE', passant par l’origine et ayant ses asymptotes parallèles aux axes et si-
- tiv
- tuées l’une à une distance au - dessus de
- JD
- A
- l’axe des x, l’autre à une distance g- à gauche de
- l’axe des y. La branche de cette courbe comprise dans l’axe XOY a été nommée par M. Marcel Deprez la caractéristique de la machine (fig. 151) ; il l’obtient expérimentalement en
- % 151.
- — Caractéristique d’une machine dynamo-électrique.
- faisant passer dans l’inducteur, séparé du cir-CUlt, le courant d’une source distincte dont on fait varier l’intensité, et déterminant dans
- *haque cas la force électromotrice correspondante.
- Influence de la vitesse. — L’étude de cette courbe permet de se rendre compte facilemen u fonctionnement de la machine. Ainsi l’on ’ a 1 a*de de la caractéristique qui corres-
- On voit que E est proportionnel à v, toutes choses égales d’ailleurs. Il suffit donc, pour avoir la nouvelle caractéristique, de faire va-
- V*
- rier toutes les ordonnées dans le rapport —
- PM' y'
- PM — v '
- Par conséquent, connaissant la caractéristique pour une vitesse v, on peut trouver ainsi la vitesse v' avec laquelle il faut faire tourner la machine pour obtenir une force électromotrice donnée E', connaissant soit la résistance totale, soit l’intensité. Si l’on connaît par exemple l’intensité I, on prend OP = I et l’on mesure PM=E. L’ordonnée de la caractéristique cherchée doit être E'. On a donc
- v' __ E' v E
- La vitesse actuelle doit donc être multipliée E'
- par —. On peut de même chercher la valeur de
- fci
- E' pour une vitesse donnée v', ou la valeur de I pour avoir une force électromotrice déterminée E' avec une vitesse donnée etc. Enfin, si le circuit contenait une force contre-électromotrice, il n’y aurait qu’à la retrancher de la force électromotrice.
- Influence du nombre des spires de Vinduit. — On obtiendrait de la même manière la caractéristique qui correspondrait à un autre nombre ni de tours de spires de l’induit, toutes choses égales d’ailleurs.
- Influence de la résistance. — Joignons maintenant l’origine O à un point quelconque M de la caractéristique (fig. 152). On a
- tgMOP = ^ = f = R.
- La tangente trigonométrique de l’angle MOP représente donc la résistance totale du circuit, lorsque l’intensité est figurée par la longueur OP. On voit que si cette résistance va en diminuant, l’intensité augmente d’une façon continue ; la force électromotrice croît d’abord très vite, puis devient à peu près cçnstante.
- Si l’on augmente au contraire cette résistance, la plus grande valeur pour laquelle on puisse obtenir un courant correspond évi-
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- CARACTÉRISTIQUE.
- demment à la tangente trigonométrique de l’angle XOT, formé par la droite OT, tangente à la courbe au point O. Si la résistance dépasse cette limite, la machine ne fournit plus de courant. Cependant, en augmentant la vitesse, on peut relever la caractéristique, et par suite augmenter la valeur de cette limite. On connaît donc ainsi la plus petite vitesse pour laquelle la machine donnera un courant dans un circuit de résistance connue. On nomme tours morts les tours effectués par l’induit avant d’avoir atteint cette vitesse.
- Si, pendant la marche, la vitesse se ralentit au-dessous de cette limite, la machine est désamorcée.
- Différence de potentiel entre deux, points. — La caractéristique permet encore de trouver la différence de potentiel e qui existe entre deux
- Fig. 132. — Mesure des différences de potentiel à l'aide de la caractéristique.
- points quelconques du circuit. Soit en effet r la résistance de la partie du circuit limitée par ces deux points et comprenant la machine, et R la résistance totale. On a, d’après les lois d’Ohm
- s R — r
- ~1T~'
- Menons une droite OX' telle que tg PON = r
- et la droite OM, qui correspond à la résistance totale R, de sorte que l’on ait
- Détermination expérimentale de la caractéristi-que. — Pour obtenir cette courbe expérimentalement, il suffit de faire varier la résistance extérieure et de mesurer l’intensité correspondante à l’aide d’un ampèremètre.
- Si la machine est excitée en dérivation, on fait encore de même, mais on excite les inducteurs par un courant indépendant et constant.
- Caractéristique externe. — Soit r la résistance de la machine et OX' la droite déterminée par
- tg PON = r.
- Si, après avoir construit la courbe OM, on la considère comme rapportée aux axes OX’ et OY, on voit que les ordonnées telles que MN indiqueront, non plus la force électromotrice, mais la différence de potentiel aux bornes. C’est pourquoi elle a été désignée par M. Sil-vanus Thompson sous le nom de caractéristique externe.
- Caractéristique d’une machine à double excitation. — Considérons maintenant une dynamo qui reçoit une double excitation, les inducteurs ayant deux fils, dont l’un est parcouru par le courant d’intensité i d’une excitatrice indépendante, l’autre étant monté en série sur la machine elle-même.
- Soient R la résistance extérieure, r celle de l’induit, p celle des inducteurs
- T =-----E_____
- R —P î1 t o
- D’autre part on peut admettre que la force électromotrice est sensiblement proportionnelle au champ magnétique ou à I-M, ce qui donne
- /cE = nv (I + i).
- Cette équation représente la caractéristique de la machine.
- Éliminons I; il vient
- E = rcm'(R-P r+ p)
- Æ(R-pr-pp) — nv
- tg POM = R.
- D’où
- r _ PN R — PM
- R — r PM — PN MN e R — PM ~ PM- Ë"
- Mais PM=E. Donc MN=s.
- On peut notamment trouver de cette manière la différence de potentiel aux bornes de la machine, en faisant r égale à la résistance même de la machine.
- Cherchons maintenant la différence de potentiel e aux bornes ; on a
- R
- E R-i-r -p p’
- d’où
- nv l'R
- k (R -p r -p p) — nv
- k +
- k (r -P p) — nv R
- Ce qui montre que la double excitation permet de rendre constante la différence de po;
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- CARILLON ÉLECTRIQUE. — CARREAU ÉTINCELANT. 127
- tentiei, quelle que soit la résistance R; il suffit qu’on ait
- k (r + p) — nv = 0.
- L’équation précédente se réduit alors à nvi
- On voit donc que s n’est constant que pour une même valeur de la vitesse.
- Supposons au contraire que le fil parcouru par le courant de la machine soit monté en dérivation; soit *' le courant qu’il reçoit, i" celui qui parcourt le circuit extérieur, et I le courant total.
- L’équation de la caractéristique est kE == nv (i -(- i'),
- et l’on a (Voy. Courants dérivés).
- I = i' -f- i" i' p == i"R l E(R + P)
- r (R + p) + Rp
- En éliminant E, I et i' entre ces quatre équations, on trouve
- nvi p
- krç> -j- R (kr + kç> — nv)
- L’intensité i" sera donc indépendante de r si l’on a
- kr -f- fcp — nv = 0,
- et l’on aura
- ï
- nvi
- kr
- Cette condition est la même que plus haut. Une même machine pourra donc satisfaire à lune quelconque des deux conditions, en changeant seulement, à l’aide d’un commutateur, les liaisons entre les différents fils.
- Le calcul se ferait de même pour une machine compound.
- carillon électrique. — Petit appareil
- Montrant les attractions et répulsions électriques. Trois timbres sont suspendus à la même auteur (fig. 153), les deux extrêmes par des chaînes qui les mettent en communication avec ^ue machine électrique, celui du milieu par un 1 de soie isolant. Ce dernier est relié au sol Par une chaîne. Deux petites balles métalliques ®°nt suspendues par des fils de soie à égale distance des timbres. Lorsque la machine fonc-nne, les timbres extrêmes sont par exemple ^*Sltifs, et celui du milieu se charge négative-ent par influence. Les balles métalliques
- viennent frapper l’un des timbres voisins et se charger à son contact : elles sont alors repoussées par celui-ci et attirées par l’autre, qu’elles
- Fig. 153. — Carillon électrique.
- vont frapper à son tour. Le mouvement alternatif continue tant qu’on fait marcher la machine.
- Bouteille à carillon. — La même expérience peut se faire avec une bouteille de Leyde, une balle métallique étant suspendue par un fil de soie entre deux timbres dont l’un est placé sur la tige qui termine l’armature intérieure et l’autre sur une tige qui communique avec l’armature extérieure. Les deux armatures ayant des charges contraires, la balle frappe alternativement les deux timbres, et la bouteille se décharge peu à peu; l’araignée de Franklin montre le même phénomène.
- CARREAU CONDENSATEUR, CARREAU DE FRANKLIN OU DE LEYDE. — Condensateur formé de deux feuilles d’étain collées sur les deux faces d’une lame de verre, dont les bords sont vernis à la gomme laque.
- CARREAU ÉTINCELANT ou TABLEAU MAGIQUE. — On donne quelquefois ce nom à un condensateur qui diffère du précédent seulement par la substitution de limaille métallique à l’une des feuilles d’étain ; on voit des étincelles pendant la charge et la décharge comme avec la bouteille de Leyde étincelante.
- Le plus souvent on désigne sous ce nom une lame de verre sur l’une des faces de laquelle on a collé des bandes d’étain horizontales et très étroites; chacune de ces bandes est reliée avec la suivante à une extrémité, mais la communication se fait alternativement à gauche et à droite, de sorte que l’ensemble forme un conducteur continu et en zigzag du haut en bas de la plaque de verre. On pose cette plaque sur un dessin quelconque, et l’on coupe les bandes d’étain en chaque point où elles rencontrent le dessin. L’appareil ainsi préparé, il suffit de relier le haut des bandes d’étain avec une machine électrique et le bas avec le sol : des étincelles jaillissent à toutes les interruptions et reproduisent le dessin.
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- CARTE MAGNÉTIQUE.
- CARTE MAGNÉTIQUE. — Voy. Magnétisme
- TERRESTRE et DÉCLINAISON*.
- CARTOUCHE ÉLECTROLYTIQUE. — M. Tom-ïïicisi R. imagine plusieurs sortes de cartouches, qui, au lieu de matières dangereuses à transporter, telles que poudre, dynamite, etc., renferment seulement des liquides inoffensifs. L’un des modèles est formé d’un tube de verre épais, rempli d’une solution concentrée de carbonate de potasse et traversé aux deux bouts par des fils de platine. Lorsqu’on fait passer un courant dans l’appareil, l’hydrogène et l’acide carbonique qui prennent naissance font éclater la cartouche, lorsqu’ils ont atteint une pression suffisante. Un autre modèle, qui contient une solution de chlorure d’ammonium, donne par l’électrolyse de l’acide chlorhydrique et du chlorure d’azote, corps très explosif.
- Ces cartouches peuvent être employées utilement dans les mines, les carrières, le percement des tunnels, etc.
- CASSE-FIL ÉLECTRIQUE.
- — Disposition destinée à avertir au moyen d’une sonnerie lorsque le fil d’un métier vient à casser ou même à arrêter le métier. Le casse-fil de M. Richard est extrêmement simple. Avant d’arriver au point où il doit être utilisé, le fil, maintenu horizontal, porte un petit cavalier de platine en forme d’U renversé.
- Au-dessous du cavalier est un vase de verre à deux compartiments contenant du mercure. Lorsque le fil casse, le cavalier tombe et ses deux branches, plongeant dans les deux compartiments, ferment un circuit qui contient une pile et une sonnerie, ou même un appareil destiné à arrêter le métier.
- Le casse-fil peut prévenir également lorsque le fil présente des rugosités trop considérables ; il suffit qu’il traverse une plaque métallique percée d’un trou de diamètre convenable. Si le fil est trop gros, il est arrêté par la plaque, casse, et le cavalier tombe.
- CATHION. — Élément qui, dans l’électrolyse
- CERCLE DE BARROW.
- d’un composé, suit le sens du courant et se porte à l’électrode négative, le bain étant dans le circuit extérieur.
- CATHODE. — Électrode négative d’un bain galvanique, sur laquelle se portent l’hydrogène et les métaux.
- CAUTÈRE CHIMIQUE, GALVANIQUE, THERMIQUE. — Voy. Galvanocautère.
- CAUTÉRISATION GALVANIQUE. — Voy. Gal-
- VA NO CAUSTIQUE.
- Fig. 154. — Cercle de Barrow.
- CERCLE DE BARROW. — Instrument servant à la mesure de l’inclinaison et de l’intensité totale du champ terrestre.
- La figure 154 représente l’instrument disposé pour les mesures d’inclinaison : l’aiguifie C est dans une sorte de boîte fermée en arrière par une feuille de verre taillé B, et terminée en avant parle cercle G, sur lequel tourne un bras mû par une vis tangente P, auquel est fixée une alidade portant des microscopes D et
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- CERCLE DE BARROW.
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- (jes verniers H munis de loupes. L’appareil peut tourner autour d’un axe vertical et la rotation est mesurée par un vernier sur le cercle E ; l’axe doit être d’abord rendu bien vertical à l’aide du niveau R et des vis calantes.
- On sait que trois méthodes peuvent être employées pour mesurer l’inclinaison (Voy. Champ terrestre et inclinaison) : on peut tourner l’appareil sur le cercle E jusqu’à ce que l’aiguille fasse l’angle minimum avec l’horizontale; elle est alors dans le méridien, et cet angle est l’inclinaison. On peut s’appuyer aussi sur ce que l’aiguille se place verticalement lorsqu’elle est dans un plan perpendiculaire au méridien.
- Enfin la meilleure méthode consiste à déterminer les angles ï et f'que fait l’aiguille avec l’horizon dans deux pians rectangulaires quelconques; on a l’inclinaison * par la formule
- cotg2 i = cotg21 -j- cotg2 i".
- Si l’on emploie la première méthode, qui est la moins précise, on agit sur la vis jusqu’à ce qu’on voie l’une des extrémités de l’aiguille au centre du champ d’un des microscopes, puis on tourne l’appareil, en agissant sur la vis P de manière à voir toujours la pointe de l’aiguille dans le microscope, et l’on s’arrête quand l’inclinaison est minimum.
- On note la position des deux verniers; si l’autre pointe de l’aiguille n est pas au centre du champ du second microscope, on l’y amène al aide de la vis, on lit de nouveau les verniers, et on prend la nioyenne.
- thode, ce qu’on fait le plus souvent, on mesure l’angle de l’aiguille dans un azimuth quelconque, en opérant comme nous l’avons dit, puis on tourne l’appareil sur le cercle E de 90° exactement, et l’on recommence la mesure. On a ainsi deux angles i' et i" qui permettent de calculer l’inclinaison par la formule ci-dessus.
- Quel que soit le procédé employé, pour avoir des résultats très exacts, on doit prendre encore quelques précautions. On refait toutes les lectures en retournant l’aiguille sur ses sup-
- Oans la seconde méthode, pour Fig- amener l’aiguille exactement dans e méridien magnétique, on s’appuie sur ce elle se tient verticale dans le plan perpen-mulaire au méridien. On fait coïncider les Zeros ^es verniers H avec la ligne 90°-270°, et tourne jusqu’à ce que les extrémités de fouille soient au centre du champ des micro-^ °Pes. On fait la même correction que plus deUqno^U*S °n ^ourne l’appareil sur le cercle E ridi exaclement : l’aiguille est dans le mé-nt-p611’ et ^ 0n détermine l’inclinaison avec les ^cautions indiquées ci-dessus.
- ln> si 1 on a recours à la troisième mé-
- blCTIONNAlRE D’ÉLECTRICITÉ.
- Cercle de Barrow disposé pour la mesure de la force totale.
- ports, de sorte que l’extrémité de son axe qui était d’abord dirigée vers la face de l’instrument soit tournée vers le fond; puis on refait les lectures de l’inclinaison en retournant laboîte de 180°; enfin on réaimante l’aiguille en sens contraire en la plaçant dans le support de bois K, où on l’assujettit par la pince L ; on recommence ensuite toutes les lectures. On corrige ainsi les erreurs dues à ce que l’aiguille n’est pas suspendue par son centre de gravité, à ce que l’axe de symétrie ne coïncide pas avec la ligne des pôles, et celles qui sont dues aux iné-
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- CERCLE DE FOX. — CHAINETTE ÉLECTRO-DYNAMIQUE.
- galités affectant l’équilibre de l’aiguille ou de son pivot. Cela fait trente-deux lectures pour l’inclinaison, et quatre pour déterminer le méridien.
- Le cercle de Barrow sert aussi à déterminer l’intensité totale du champ terrestre ; la figure 155 le montre disposé pour cette mesure. On se sert pour cela de deux aiguilles additionnelles 3 et 4. L’aiguille 3 est une aiguille d’inclinaison ordinaire; l’autre est munie d’un petit contrepoids fixe, agissant en sens contraire du champ terrestre. On place l’aiguille 3 dans l’appareil et l’on fixe l’aiguille 4 sur le bras DD, comme le montre le dessin ; puis on tourne la vis P jusqu’à ce que l’aiguille mobile 3 se trouve au centre du champ des microscopes, par conséquent perpendiculaire à l’aiguille 4, et l’on note la déviation, qui fait connaître le rapport de l’action terrestre au moment magnétique de l’aiguille 4. Ensuite on enlève l’aiguille 3 et on lui substitue l’aiguille 4, dont on note la position d’équilibre : elle donne le rapport du moment magnétique au moment du contre-poids. En multipliant les deux lectures, on élimine le moment magnétique, et l’on a le quotient de l’action terrestre par le moment du poids, qui est connu d’avance.
- CERCLE DE FOX. — Instrument employé à la mer pour les observations d’inclinaison et d’intensité magnétique. C’est une boussole d’inclinaison analogue au cercle de Barrow, dont l’aiguille est entre deux cercles gradués parallèles,^ cercle antérieur étant plus petit que l’autre. Ces deux cercles ont leurs zéros sur le diamètre horizontal, de sorte que les divisions se correspondent exactement. L’axe de l’aiguille se termine par des pivots cylindriques très courts, tournant dans des trous garnis de rubis. Cette disposition diminue un peu la sensibilité, mais elle garantit l’aiguille de l’influence du tangage ou du roulis. Le tout est renfermé dans une boîte cylindrique de laiton.
- Les mesures d’inclinaison se font en plaçant le limbe dans le méridien, et lisant les divisions placées en regard des deux pointes de l’aiguille. On retourne le limbe de 180° et l’on refait deux lectures. On prend la moyenne de ces quatre observations. L’emploi des deux cercles sert à empêcher les erreurs de parallaxe; en outre, les divisions extérieures servent de vernier.
- Pour les observations d’intensité, l’aiguille porte en son milieu une petite roue à gorge autour de laquelle passe un fil de cocon portant deux crochets à ses extrémités. Un même poids est suspendu successivement aux deux crochets,
- et l’on prend la demi-différence des deux lectures : elle donne le rapport du moment du poids au produit de la force terrestre par le moment magnétique de l’aiguille. On détermine ensuite ce moment magnétique en faisant agir l’aiguille sur une autre, et l’on peut connaître la force terrestre.
- CERF-VOLANT ÉLECTRIQUE. — Disposition-employée par Franklin (1752) pour se procurer l’électricité des nuages orageux. Il utilisa dans ce but les propriétés des pointes : un cerf-volant muni d’une pointe et attaché à une corde de chanvre fut lancé vers les nuages, et, la pluie ayant rendu la corde plus conductrice, on put en tirer des étincelles semblables à celles des machines électriques. De Romas répéta la même expérience l’année suivante en enroulant autour de la corde un fil de cuivre, qui conduisait mieux l’électricité.
- CHAINE GALVANIQUE. — Disposition donnée à la pile de Volta par Pulvermacher et employée quelquefois pour les usages médicaux. Chaque élément (fig. 156) est formé d’un fil de
- Fig. 136. — Chaîne galvanique de Pulvermacher.
- zinc et d’un fil de cuivre enroulés en spirale, sans se toucher, autour d’un petit cylindre de bois. Le tout forme une chaîne qu’il suffit de plonger dans du vinaigre pour obtenir un courant. Cette pile a l’avantage de n’occuper qu un petit volume ; mais en revanche elle a l’inconvénient de s’affaiblir très vite et de donner par suite des effets de grandeur incertaine.
- CHAINETTE ÉLECTRO - DYNAMIQUE. " M. Riecke désigne sous ce nom la courbe dessinée par un fil flexible, sans pesanteur, par' couru par un courant et placé dans un champ magnétique.
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- CHALEUR VOLTAÏQUE.
- En particulier, lorsque ce champ est uniforme et que la ligne qui joint les deux points d’attache est perpendiculaire à sa direction, la courbe est un arc de c'ercle.
- CHALEUR VOLTAÏQUE. — Chaleur produite dans un conducteur par le passage d’un courant. Ce phénomène est régi parla loi de Joule. (Voy. Échauffement).
- CHAMP ÉLECTRIQUE. — Portion de l’espace où se fait sentir l’action du système électrisé considéré. Il est ordinairement illimité ; il peut cependant être limité, par exemple lorsque le système est à l’intérieur d’un conducteur fermé communiquant avec le sol.
- Direction et intensité du champ. — On appelle direction et intensité du champ en chaque point la direction et l’intensité en ce point de la force électrique, c’est-à-dire de la résultante des actions exercées par toutes les masses considérées sur l’unité d’électricité positive placée en ce point. La direction est celle que prendrait, en se chargeant par influence, une très petite aiguille conductrice suspendue par son centre de gravité au point considéré. Le champ est nul à l’intérieur d'un conducteur en équilibre, puisque la force y est nulle. Il est ordinairement commode de substituer dans les calculs l’action du champ à celle des masses qui le produisent.
- Le champ est parfaitement déterminé lorsqu’on connaît la disposition des lignes de force et des surfaces équipotentielles.
- Champ uniforme. — On dit qu’un champ est uniforme, lorsque la force y est constante en grandeur et en direction en tous les points. Les lignes de force sont alors des droites, et les surfaces équipotentielles des plans perpendiculaires à ces droites.
- CHAMP MAGNÉTIQUE. — On nomme champ Magnétique la portion de l’espace où se fait sen-tlr l’action du système magnétique considéré. Le champ est généralement indéfini.
- ^ous indiquons plus haut (Voy. Actions) les 0ls auxquelles obéissent les actions magnéti-ques; on peut voir qu’elles sont identiques à Celles qui régissent les attractions et les répulsions électriques. Grâce au choix des unités e masse électrique et de masse magnétique, Peut, dans les calculs, assimiler absolument les masses magnétiques à des masses ec riques de même valeur; les conséquences e“ °n ^rera dans un cas relativement au champ tre^ P.oten^e^ s’appliqueront également à l’au-*^a*s ^ faut bien remarquer qu’il n’y aiden-entre les deux phénomènes que dans les
- CHAMP MAGNÉTIQUE. 131
- valeurs numériques, et que, s’ils sont tous deux, sans nul doute, des modifications d’un même milieu, ces modifications sont de nature absolument distincte; ainsi les masses magnétiques sont complètement fixes et ne tendent pas à passer d’un point à un autre, comme les masses électriques.
- Direction et intensité du champ. — On nomme direction et intensité du champ en un point la direction et l’intensité de la force magnétique qui agirait sur une masse positive égale à l’unité placée en ce point.
- Champ magnétique terrestre. — La terre agit sur les aimants et donne par suite naissance à un champ magnétique. On sait que, dans un espace relativement assez grand, par exemple dans une même salle, une aiguille aimantée prend une direction constante. Les lignes de force sont donc parallèles dans tout cet espace, et le champ terrestre est uniforme.
- La direction du champ terrestre est celle que prendrait une aiguille aimantée suspendue librement par son centre de gravité. Vu la difficulté d’obtenir un appareil de ce genre, on détermine d’abord la position du plan vertical qui contient la force (déclinaison), puis l’angle que fait cette force avec l’horizontale (inclinaison).
- Pour mesurer l’intensité (Voy. ce mot), on mesure seulement la composante horizontale et l’inclinaison.
- Composantes du champ terrestre. —Pour étudier ce champ, il y a avantage à décomposer la force en plusieurs composantes.
- A X ’ B
- Fig. 157. — Composantes du champ terrestre.
- Cette force est située dans un plan vertical qu’on appelle le méridien magnétique, et fait avec l’horizontale un angle i qu’on nomme inclinaison.
- Il est évident qu’on peut décomposer l’inten-
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- CHANDELIER. — CHARBON A LUMIERE.
- 4 3 °2
- sité totale T du champ (fîg. 157) en une composante horizontale
- Il = T cos i,
- et une composante verticale Z = T sin i.
- Une aiguille de déclinaison, mobile seulement dans un plan horizontal, n’est soumise qu’à la première.
- Mais il peut y avoir intérêt à décomposer encore la force H en deux autres. Prenons en effet un barreau assujetti à se mouvoir dans un plan vertical, par exemple une aiguille d’inclinaison : supposons que ce plan ABCD fasse un angle a avec le méridien magnétique AMND, et soit A l’un des pôles de l’aiguille, qui n’est pas figurée.
- La force horizontale H peut se décomposer en X = II cos a
- parallèle au plan ABCD et
- Y — H sin a
- perpendiculaire à ce plan.
- On a donc pour les trois composantes
- X = T cos i cos a Y = T cos i sin a Z — T sin i.
- Si l’aiguille considérée était libre, elle se placerait dans le méridien, dans la direction de la force T ; mais, comme elle est assujettie à rester dans le plan ABCD, elle ne peut obéir qu’aux forces X et Z, et se dirige suivant la résultante F de ces deux forces. Elle fait donc avec l’horizontale un angle ir (inclinaison apparente), tel que
- ou
- cotg i' = cotg £ cos a.
- Cette relation sert à déterminer l’inclinaison.
- Champ d’un courant. — Ampère a montré qu’un conducteur traversé par un courant fait naître autour de lui un véritable champ magnétique, identique à celui qu’on pourrait obtenir par l’action d’un aimant. L’identité est même beaucoup plus complète que celle que nous signalons ci-dessus entre le champ électrique et le champ magnétique : le champ d’un courant et celui d’un aimant doivent donc être dus à des modifications de mime espèce d’un même milieu. Aussi la forme du champ d’un courant
- peut être mise en évidence par l’expérience des fantômes magnétiques.
- Nous citerons quelques exemples : ainsi un courant rectiligne, assez long pour qu’on puisse le considérer comme indéfini, donne pour lignes de force des cercles concentriques, ayant leur plan perpendiculaire au fil et leur centre sur le fil. Pour l’observateur d’Ampère, regardant vers ses pieds, la force est dirigée sur ces lignes de droite à gauche. Les surfaces équipoten-tielles sont des plans équidistants passant par le fil. L’intensité du champ est en raison inverse de la distance au fil.
- Dans l’intérieur d’une longue bobine cylindrique à enroulement uniforme, le champ est uniforme, au moins lorsqu’on ne s’approche pas trop des extrémités. Si n est le nombre des spires par unité de longueur et I l’intensité du courant, l’intensité du champ est
- F — 4it n\.
- CHANDELIER. — Support servant à maintenir les bougies électriques et à faire communiquer les deux charbons avec le générateur. (Yoy. Bougie) .
- CHARBON A LUMIÈRE. — Davy, qui fit le
- premier l’expérience de l’arc voltaïque, se servait de baguettes de charbon de bois éteint dans l’eau ou le mercure, qui brûlaient régulièrement et avec un bel éclat. Ces baguettes s’usaient trop vite pour pouvoir servir à un usage industriel. Foucault réalisa un grand progrès en les remplaçant par des bâtons de charbon de cornue, beaucoup plus denses et s’usant bien moins vite. Cette substance, qui fut longtemps employée, présentait cependant encore de graves inconvénients. Sa composition n’étant pas homogène, il s’use souvent d’une façon irrégulière, en produisant des variations de lumière assez grandes, et peut même parfois éclater. Les variations d’éclat sont dues à la présence de matières étrangères et notamment de silice qui, moins fixes que le charbon, se vaporisent et forment une flamme qui entoure l’arc.
- On a cherché à purifier les charbons de cornue en plaçant d’abord les baguettes taillées dans un bain d’alcali qu’on porte au rouge, afin de transformer la silice en silicate fusible de potasse ou de soude. On les lave ensuite à l’eau1 bouillante, puis on les introduit dans des tubes de porcelaine chauffés au rouge, et dans lesquels on fait passer un courant de chlore qul transforme en chlorures volatils les oxydes de fer, de silicium, de sodium, de potassium, etc-
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- CHARGE. — CHAUFFAGE. 133
- Les résultats obtenus avec ces charbons étaient un peu meilleurs.
- Charbons de cornue artificiels. — M. Jacquelain a imaginé de fabriquer le charbon de cornue en partant de substances hydrocarburées bien pures, par exemple des goudrons purifiés par distillation ; on les fait passer dans un tube de io centimètres de diamètre porté à une haute température, et l’on obtient des plaques qu’on débite à la scie. Ces charbons donnent de très bons résultats : la lumière est fixe, blanche et supérieure d’environ 23 p. 100, dans les mêmes conditions, à celle que donnent les charbons ordinaires ; mais ils ont l’inconvénient d’être très difficiles à débiter et de donner beaucoup de déchets.
- Charbons agglomérés. — Les charbons les plus employés actuellement en Europe sont ceux de Carré et de Gauduin.
- M. Carré prépare une pâte formée de 30 parties de coke bien pur en poudre, 20 parties de noir de fumée calciné et 30 parties d’un sirop de sucre et de gomme. Ce mélange, comprimé à faide d’une presse, traverse une filière qui lui donne la forme cylindrique et le diamètre convenable ; puis on le coupe à la longueur voulue.
- Les baguettes sont alors placées horizontalement dans un creuset de fonte, sur un lit de coke en poudre ; on superpose ainsi plusieurs rangées, séparées par des feuilles de papier, et l’on recouvre d’un couvercle. On chauffe ensuite au rouge cerise pendant au moins quatre eu cinq heures, dans un four à plusieurs étages.
- Les charbons sont alors plongés dans 'un sirop bouillant de sucre ou de caramel, en laissant refroidir plusieurs fois, pour que le sirop pénètre dans les pores, puis ils sont sou-mis à un certain nombre de cuissons, séparées par autant d’immersions dans le sirop de sucre. -L chaque nouvelle cuisson, on les descend d un étage, le four ayant autant d’étages qu’on Neut faire de cuissons. Enfin les charbons sont séchés, d’abord lentement, puis dans une étuve ^°nt la température est élevée peu à peu ius-
- qu a 80°.
- 11 existe plusieurs autres procédés analogues. M. Gauduin obtient un charbon compact en écomposant par la chaleur des brais secs ; ce urbon est réduit en poudre impalpable, puis ae>gloméré à l’aide des carbures d’hydrogène 0 tenus dans la distillation du brai. du n 'Aérique, on fabrique les charbons avec ci1.C°^e Pétrole et on les comprime dans des p^sis plats, au lieu de les passer à la filière, mbons à mèche. — On rend l’arc plus fixe
- et plus régulier en employant, au pôle positif seulement, un charbon dans lequel on a pratiqué, en le passant à la filière, un trou axial, qu’on remplit avec une substance appelée mèche., plus conductrice que le charbon.
- Charbons cuivrés et nickelés. — En Amérique, on se sert beaucoup, pour l’éclairage public, de charbons recouverts d’un dépôt galvanique de cuivre ou de nickel, ce qui augmente leur conductibilité et leur durée. Mais l’éclat et la couleur sont moins fixes, ce qui leur fait préférer en Europe les charbons nus.
- CHARGE. — Synonym e de masse électrique et de quantité d’électricité. La charge M que prend un conducteur isolé mis en communication avec une source de potentiel Y est égale au produit de sa capacité G par ce potentiel
- M = CTV.
- Charge résiduelle. — Lorsqu’on a déchargé un condensateur à lame isolante en faisant communiquer les deux armatures, on peut cependant obtenir quelques instants après une nouvelle étincelle, suivie quelquefois de plusieurs autres. L’existence de ces résidus, découverts par Franklin, s’explique par la pénétration de l’électricité dans la lame isolante. On le montre par la bouteille de Leyde à armatures mobiles (Voy. ce mot).
- Il résulte de là que, si on laisse un condensateur en communication avec une machine pendant un temps de plus en plus long, sa charge maximum pourra augmenter avec le temps, jusqu’à ce que l’absorption par la plaque diélectrique devienne insensible.
- D’autre part, si l’on veut donner à un condensateur des charges égales dans des expériences successives, en les mesurant par exemple avec une bouteille de Lane, il faudra perdre inutilement la première charge : le résidu restant ensuite sensiblement constant, les décharges qu’on obtieudra après la première correspondront bien à des quantités égales d’électricité.
- CHARIOT. — Organe du transmetteur du télégraphe de Hughes (Voy. Télégraphe).
- CHATTERTON. — Nom donné à un mélange de 3 parties de gutta-percha, 1 de résine et 1 de goudron de Stockholm, employé comme isolant dans les câbles sous-marins par M. Chatterton, et appliqué depuis à l’isolement d’autres appareils.
- CHAUFFAGE. — Bien qu’on cite ordinairement comme l’un des principaux avantages de la lumière électrique celui de n’échauffer que
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- CHEMIN DE FER ÉLECTRIQUE.
- fort peu l’atmosphère, l’électricité peut cependant donner de la chaleur et même être employée dans certains cas comme procédé de chauffage. La Société des usines électriques de Berlin a mis récomment à profit cette propriété, et fournit à la fois à ses abonnés la lumière et le chauffage, le courant employé étant dans les deux cas mesuré de la même manière et payé au même tarif. Les appareils employés au chauffage sont spécialement disposés dans ce but, afin d’obtenir le meilleur rendement possible : ainsi, pour faire bouillir de l’eau, on se sert d’une bouillotte à deux enveloppes, entre lesquelles est placée une bobine de résistance, et qui permet de porter à l’ébullition en vingt minutes un volume de 85 centilitres d’eau avec 4 ampères et 100 volts. La même Société a disposé dans quelques théâtres des fourneaux électriques pour chauffer les fers à friser, etc., les becs de gaz et les lampes à alcool étant rigoureusement interdits pour éviter les incendies.
- Chauffage des wagons. — M. Courcelles a imaginé de chauffer les wagons au moyen de fils de fer que traverse le courant d’une machine dynamo. Ces fils tendus horizontalement sont serrés entre des plaques de cuivre et de plomb verticales, et le tout est disposé dans des récipients en métal semblables aux bouillottes ordinaires à eau chaude. Lorsqu’on fait passer le courant, les plaques s’échauffent au contact du fil, et l’appareil peut atteindre une température de 85°.
- Chauffage des tramways. — La Burton Electric C°, de Richmond (Virginie), chauffe les voitures de ses tramways à l’aide de la canalisation électrique qui sert pour la traction. Pour cela, une résistance en forme de gril est placée dans une boîte de 70 centimètres de longueur, 20 de largeur et 10 de hauteur, renfermant de la terre réfractaire. Quatre chaufferettes de ce genre, disposées en tension, sont montées sur une dérivation de la ligne ayant une différence de potentiel d'environ 450 volts. On fait passer un courant de 6 ampères pendant 15 à 20minutes ; nuis, les appareils ayant atteint la température voulue, on ne conserve qu’un courant de 3 ampères pour empêcher le refroidissement. Chaque chaufferette consomme donc, en marche normale, environ 330 watts.
- CHEMIN DE FER ÉLECTRIQUE. — Voy. Locomotive et Monorail.
- Chemin de fer électrique de table.— Petit appareil qui permet de faire facilement et rapidement tout le service d’un repas, sans
- qu’aucun domestique pénètre dans la salle à manger; le premier modèle a été installé dans l’hôtel de M. Gaston Menier, à Paris.
- Un train électrique, qui va de l’office à la salle en traversant un petit tunnel pratiqué dans la muraille, apporte et remporte les plats et les assiettes et fait le tour de la table en accomplissant rapidement et sans bruit, sous la direction du maître de la maison, toutes les manœuvres nécessaires au service.
- L’installation comprend deux parties essentielles, la voie et le train. Le véhicule se compose d’une plate-forme de 73 centimètres de longueur et de 22 centimètres de largeur pivotant sur deux boggies : l’un de ces boggies n’est qu’un truck à deux essieux servant de support, l’autre porte le petit moteur dynamoélectrique, qui est formé d’une double bobine en T du genre Siemens. L’appareil pèse 7 kilogrammes à vide et peut porter une charge totale de 25 kilogrammes.
- La voie se compose de quatre rails parallèles fixés sur des planchettes en chêne qu’on dispose bout à bout en nombre convenable suivant. la longueur de la table. Les deux rails extérieurs, qui supportent les roues du véhicule, sont isolés l’un de l’autre et en communication avec l’inducteur du moteur dynamoélectrique. Les rails intérieurs reçoivent de petits galets de contact à l’aide desquels ils font communiquer l’induit du moteur avec une batterie d’accumulateurs toujours chargée ; un commutateur, intercalé dans ce circuit et placé à la droite du maître de la maison, lui permet d’arrêter le train et même de changer le sens de sa marche par une simple inversion du courant dans l’induit. Le démarrage et l’arrêt se font très rapidement.
- Pour faire le tour de la table, le train doit parcourir successivement deux voies placées des deux côtés de la table, devant chaque rangée de convives. Vu les dimensions du train, d était difficile de réunir les deux voies, aux extrémités de la table, par une courbe en forme de demi-cercle, parce qu’on n’aurait pas pu lui donner un rayon suffisant : il a paru préférable de remplacer cette disposition par un aiguillage automatique à chaque bout. Les deux aiguillages sont maintenus dans une position donnée par des ressorts, et la voie est toujours faite d’un même côté. Lorsque Ie train arrive dans un sens, il appuie sur les rails et fait lui-même l’aiguillage. Lorsqu’il revient en sens contraire, il rencontre l’aiguillage en pointe et s’engage sur l’autre voie.
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- CHERCHE-BALLE.
- CHERCHEUR DE FUITES.
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- Les planchettes en chêne sur lesquelles sont fixés les rails reposent elles-mêmes sur des supports placés de distance en distance, et qui élèvent la voie à 10 centimètres environ au-dessus du niveau de la table. L’espace ainsi ménagé sous la voie sert à placer les menus objets du service : couverts, salières, etc.
- CHERCHE-BALLE. — Appareil servant à rechercher les projectiles métalliques dans une blessure. (Voy. Explorateur électrique). La balance d’induction voltaïque peut servir au même usage.
- CHERCHEUR. — Organe du télégraphe Baudot. (Voy. Télégraphe).
- CHERCHEUR DE FUITES. — Appareil qui décèle les fuites de gaz en actionnant une sonnerie ou en portant un fil de platine à l’incandescence.
- Certains appareils utilisent la facilité avec laquelle le gaz d’éclairage, vu sa faible densité, traverse les membranes poreuses. Celui d’Ansell, par exemple, est formé d’un tube en U qui contient du mercure. L’une des branches, élargie en entonnoir, est fermée par une plaque poreuse de plâtre; l’autre renferme deux fils de platine qui communiquent avec une pile et une sonnerie. D’ordinaire, le mercure ne s’élève pas jusqu’à ces fils, de sorte que le circuit est rompu et la sonnerie au repos. Mais, si l’on approche l’appareil d’une fuite, le gaz, pénétrant par endosmose à travers le plâtre, produit à l’intérieur un accroissement de pression, qui refoule le mercure dans l’autre branche, où il vient bientôt au contact des fils de platine : le circuit est alors fermé et la sonnerie fonctionne.
- Le chercheur Arnould est fondé au contraire sur l’expérience dite de la lampe sans flamme. On sait qu’une spirale de platine chauffée au rouge et portée dans un jet de gaz non allumé reste incandescente par la combustion lente de Ce gaz, et souvent même s’échauffe assez pour enflammer le jet. L’appareil est formé d’une spirale de platine B portée au rouge sombre par le courant d’une pile. Lorsqu’on rencontre une ftnte, la spirale s’échauffe jusqu’au rouge blanc Par la combustion lente du gaz, et l’on est averti aussitôt par le changement d’éclat. Une, toile métallique G entoure la spirale et empê-che 1 inflammation du jet de gaz. La figure 158 jûontre l’ensemble de l’appareil et la disposi-10n théorique. Le manche renferme une pile à renversement A au bichromate de potasse,
- ontique à celle de l’allumoir électrique du Rieme inventeur. Quand l’appareil est renversé,
- le zinc ne plonge pas dans le liquide ; lorsqu’on le place dans la position que représente le dessin, le zinc est immergé et la pile fonctionne. La partie qui surmonte le manche contient fa
- Fig. 158. — Chercheur de fuites (système Arnould).
- spirale B et deux résistances D et E, qu’on peut intercaler à volonté dans le circuit en faisant varier à l’aide d’un bouton la position du ressort qui établit le contact. Cette disposition sert à régler l’éclat de la spirale. On commence par abaisser complètement le bouton, de manière à donner le maximum de résistance ; puis on relève ce bouton, s’il est nécessaire, jusqu’à ce que le fil de platine ait atteint la température convenable. Il faut éviter qu’il soit trop chaud, car on ne verrait plus l’augmentation d’éclat.
- Le chercheur qui précède présente évidemment un petit défaut : c’est que, si l’on opère en plein jour, il peut être difficile de constater la variation d’éclat du fil de platine. Pour éviter cet inconvénient, l’inventeur a transformé son appareil et utilisé l’élévation de température de la spirale pour mettre en marche une sonnerie. La figure 159 montre cette nouvelle disposition. La pile est renfermée dans une boîte séparée et réunie à la spirale par deux conducteurs renfermés dans un câble souple. Le chercheur diffère seulement du précédent en ce que la spirale D est en partie recouverte par une lame A formée de plusieurs
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- CHERCHEUR SOUS-MARIN. — CHRONOGRAPHE ÉLECTRIQUE.
- métaux juxtaposés, et qui tend à se redresser par la dilatation. Lorsqu’au voisinage d’une fuite la spirale devient plus chaude, cette lame
- se redresse assez pour venir toucher la pointe de la vis B, et il s’établit alors par CABFGH un courant dérivé qui actionne la sonnerie G.
- Fig. 159. — Chercheur de fuites à pile indépendante et sonnerie.
- Ainsi disposé, l’appareil est parfaitement transportable et suffît à déceler les plus petites fuites.
- CHERCHEUR SOUS-MARIN. — Sous ce nom, M. Mac-Évoy a appliqué la balance d’induction voltaïque à la recherche des objets métalliques, torpilles, ancres, etc., au fond des mers. Les lampes à incandescence, comme celle de Trouvé, peuvent servir au même but.
- CHEVAL-VAPEUR. — Unité de puissance mécanique employée dans l’industrie et qui correspond à un travail de 75 kilogrammètres par seconde. Un cheval-vapeur correspond donc à 75 X 981 X 105=736 X 107 ergs ou à 736 watts par seconde.
- CHOC EN RETOUR. — On nomme ainsi le phénomène qui produit la mort d’un animal lorsque la foudre tombe dans son voisinage. On admet généralement que l’animal s’est chargé peu à peu jusqu’à un potentiel élevé par l’influence du nuage électrisé, et qu’il revient ensuite brusquement à l’état neutre, au moment même où le nuage se décharge. On peut expliquer aussi ce phénomène par un violent courant d’induction dû à la chute de la foudre.
- CHRONOGRAPHE ÉLECTRIQUE. — Enregistreur électrique inscrivant à la fois les phases successives d’un phénomène et les instants précis où elles se produisent. Dans certains cas, un electro-diapason (voy. ce mot) suffit à tracer presque directement la loi du mouvement; dans les cas plus compliqués, on se sert de chrono-
- graphes, dont l’électro-diapason forme encore le plus souvent la partie essentielle.
- On emploie surtout les chronographes à cylindre, formés d’un cylindre qui tourne autour de son axe, et dont la surface est enfumée ou recouverte d’un papier. Si le mouvement du cylindre est rigoureusement uniforme, on pourra déterminer une fois pour toutes l’angle dont il tourne en une seconde, et il suffira d’enregistrer sur le cylindre le mouvement qu’on veut étudier; en traçant ensuite des génératrices, dont la distance corresponde à une fraction connue de seconde, on déterminera facilement la durée de chaque phase du phénomène.
- Il est cependant préférable de ne pas chercher à rendre le mouvement de rotation parfaitement uniforme et de disposer, à côté du style qui enregistre le mouvement étudié, un électro-diapason qui inscrit une sinusoïde. Si le diapason fait par exemple 1000 vibrations par seconde, chaque sinuosité de la courbe correspond à 0,001 seconde. Le rapprochement des deux tracés permet d’étudier les diverses phases du phénomène et de déterminer leur durée.
- Si l’on veut prolonger l’inscription pendant un temps supérieur à une révolution du cylindre, il faut éviter que les tracés correspondant aux tours successifs se recouvrent les uns les autres. Le cylindre est alors monté sur un axe dont l’une des extrémités est filetée et s’engage dans un écrou fixe, tandis que l’autre est lisse et tourne librement dans un collier. Grâce a
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- CHRONOGRAPHE ÉLECTRIQUE.
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- cette disposition, le cylindre avance parallèlement à son axe en même temps qu’il tourne, et les divers points de sa .surface décrivent en réalité des hélices parallèles et de même pas. Les styles inscripteurs tracent donc des courbes hélicoïdales qui ne se superposeront pas, si le pas de la vis est assez grand. 11 est évident qu’on obtient le même résultat en faisant seulement tourner le cylindre autour de son axe et en plaçant l’électro-diapason et l’appareil enregistreur sur un chariot qui avance avec une vitesse convenable parallèlement à l’axe du cylindre. Cette disposition a même l’avantage de per-
- mettre de faire varier le pas des hélices, suivant les phénomènes qu’on veut étudier.
- La figure 160 représente un chronographe destiné aux observations astronomiques et notamment aux observations méridiennes. L’enregistrement se fait sur un disque tournant, ce qui permet de conserver les feuilles plus facilement. Un style, commandé par une horloge régulatrice, qui émet un courant toutes les secondes, inscrit le temps. Un autre enregistre les observations de l’opérateur. Ces deux séries de signaux sont tracées sur une même spire continue, décrite par les deux styles, le premier in-
- Fig. 160. — Chronographe à plateau circulaire.
- diquant la seconde par une déviation latérale à droite du trait, l’autre par une déviation à gauche.
- L’origine de la minute est marquée par une mterruption du courant. Les relevés se font avec ,la raPporteur en corne transparente. Grâce à 1 emploi d’une fusée pour la corde du moteur, les espaces parcourus en une seconde sont peu ifférents vers le bord et au centre.
- On peut employer aussi comme chronographe Un récepteur de télégraphe Morse ou un appa-Fei analogue, sur le papier duquel un style fait ane marque chaque fois que se produit le phé-^ mené étudié ; une horloge lance, à intervalles gn îers, un courant dans un autre électro-ai-ant dont le style inscrit le temps sur la même ban<le de papier.
- Dans les appareils précédents, les styles inscripteurs sont ordinairement commandés par des électro-aimants. 11 est nécessaire que les phénomènes à enregistrer ne se succèdent pas trop rapidement, car les pièces mobiles exigent pour se déplacer un temps qui dépend de leur masse et des forces auxquelles elles sont soumises, et de plus l’aimantation et la désaimantation du fer doux ne se font pas instantanément. Ces défauts n’ont pas d’inconvénients, si l’on se borne à comparer les indications d’un même appareil; mais il n’en est plus de même si l’on compare les résultats d’instruments différents, car les causes de retard varient de l’un l à l’autre. Si l’on veut enregistrer des phéno-| mènes très rapprochés, les mêmes causes peu-' vent introduire de la confusion dans les tracés.
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- CHRONOPHONE. — CIBLE ÉLECTRIQUE.
- M. Marcel Deprez a construit un appareil dans lequel ces retards sont rendus insignifiants, une aimantation très faible suffisant pour actionner le style (voy. Stgnal électro-magnétiqüe).
- On a cherché aussi à éviter les inconvénients des électro-aimants en construisant des chrono-graphes fondés sur d’autres phénomènes électriques, par exemple les actions chimiques. Un style appuie constamment sur une bande de papier préparé, qui se déroule d’un mouvement uniforme. Lorsque le courant passe, l’électro-lyse du composé qui imprègne le papier produit une coloration qui dépend de sa nature. Mais les traits ainsi obtenus ne sont pas toujours très nets, et de plus le papier doit présenter toujours le degré d’humidité convenable.
- On a fait aussi des chronographes à étincelle : tel est celui de Schultze. Le cylindre noirci est en métal argenté et communique avec l’un des pôles d’une bobine d’induction, dont l’autre pôle est relié avec un fil de platine entouré d’un tube de verre effilé. Chaque fois que le phénomène étudié provoque l’interruption du courant inducteur, une étincelle jaillit entre le cylindre et l’extrémité du fil de platine, qui est toujours à une petite distance de sa surface. L’étincelle forme sur le cylindre au point frappé une petite auréole au centre de laquelle on voit un petit point très brillant. Ces chronographes ont un grave défaut : c’est que le chemin le moins résistant n’est pas toujours le plus court, et par suite l’étincelle ne frappe pas toujours le point du cylindre le plus voisin du fil. Il résulte de là une incertitude sur les temps étudiés, dont la valeur dépend, pour un même écart, delà vitesse du cylindre, ainsi que l’a montré M. Deprez.
- Les chronographes sont fréquemment employés par les physiciens, les astronomes, les physiologistes, etc. Citons notamment les nombreux appareils de M. Marey, ceux de M. Cornu pour la vitesse de la lumière, de M. Lœwy pour la détermination des longitudes, etc.
- CHRONOPHONE. — Réveille-matin imaginé par M. H. Lévy. Il se compose d’une caisse formant porte-montre (fig. 161) et contenant une pile et une sonnerie. Elle porte un crochet auquel on suspend une montre, dont le verre est percé d’un petit trou. En faisant tourner ce verre, on amène sur l’heure voulue une tige mobile, qu’on fait communiquer avec l’un des pôles de la pile par l’intermédiaire de la flèche, tandis que l’autre pôle est relié au crochet et par conséquent aux rouages et aux aiguilles de la montre. Un commutateur, placé à la partie supérieure, permet d’introduire à volonté dans
- le circuit la sonnerie que renferme la boite ou une autre sonnerie, placée par exemple dans une chambre de domestique, ou même les deux à la fois. Lorsque l’aiguille des heures vient rencontrer la tige mobile, le circuit se trouve
- Fig. 161. — Chronophone.
- fermé, et les sonneries qu’il contient sont mises en branle.
- Deux boutons permettent de faire tinter, le premier la sonnerie placée dans l’appareil, pour appeler à petite distance, le second la sonnerie extérieure, qui peut être placée à une distance quelconque. Le chronophone peut donc servir de réveille-matin ou d’avertisseur à toute distance; il permet de réveiller simultanément deux personnes assez éloignées, par exemple le maitre et le domestique. Enfin la montre peut être portée dans la poche comme une montre ordinaire.
- CHRONOPHORE. — Sorte de réveille-matin, imaginé par M. Silas. C’est une pendule dont les aiguilles sont reliées à l’un des pôles d’une pile. L’autre pôle communique avec une sonnerie et une petite fiche métallique qu’on enfonce dans le cadran devant le chiffre indiquant l’heure à laquelle on veut être averti. Quand l’aiguille des heures rencontre cette fiche, elle ferme le circuit et la sonnerie se fait entendre.
- CHRONOSCOPE. — Sorte de chronographe imaginé par Wheatstone et sur lequel on pouvait pointer électriquement les millièmes de seconde.
- CHUTE DE POTENTIEL ou CHUTE ÉLECTRIQUE. — Différence de potentiel entre deux points.
- CIBLE ÉLECTRIQUE. —Cible munie d’un système d’avertissement électrique, qui fait connaître au tireur quelle est la région frappée par la balle. La cible est divisée en un certain nombre de carrés ou de rectangles égaux ; un tableau placé près du tireur est divisé de la même façon. Lorsque la balle frappe un des carrés, H s’établit un courant qui fait apparaître un signal sur la case correspondante du tableau. Le con-
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- CIRCONSCRIRE UN DÉRANGEMENT. — CLOCHE ÉLECTRIQUE.
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- tact qui produit ce courant est obtenu de deux manières différentes, suivant les appareils : dans ceux à percussion, une pièce métallique, placée derrière chaque carré, reçoit le choc de la balle et ferme le circuit; dans les autres, c’est le carré lui-mème qui bascule pour opérer cette fermeture.
- La cible en métal peut encore être formée de cinq anneaux concentriques qui ne se touchent pas. Derrière chaque anneau se trouve une petite lame métallique qu’il vient toucher lorsqu’il est frappé par une balle. Ce contact ferme un circuit comprenant une pile et un électro-aimant placé près du tireur, l’armature de cet électro, en se déplaçant, découvre le numéro correspondant à l’anneau touché.
- CIRCONSCRIRE UN DÉRANGEMENT. — Éliminer, par une série méthodique de recherches, toutes les parties du circuit qui ne contiennent pas le dérangement cherché.
- CIRCUIT ÉLECTRIQUE. — Ensemble des appareils traversés par uia courant. Un circuit comprend donc : la source d’électricité, les conducteurs et les appareils que doit actionner le courant. Lorsque le circuit ne présente aucune interruption, au point de vue électrique, on dit qu’il est fermé ; le courant passe. Dans le cas contraire, le circuit est ouvert.
- CIRE-BOTTES ÉLECTRIQUE. — Ce petit appareil (fig. 162), imaginé vers 1887, par M. Henry
- Fig. 1G2. — Cire-bottes électrique.
- É- Gardner de Boston, montre bien qu’il n’est aucune application à laquelle l’électricité ne Puisse convenir. Une boîte B, surmontée d’une Pédale A, contient un petit moteur électrique, °nt on peut modiüer la vitesse en intercalant ans circuit une résistance variable R. Le jeteur actionne une brosse E, placée au bout une tige flexible D ; la brosse tourne sur elle-leme, et elle est recouverte d’une capote h, ln^e a arrêter les éclaboussures de cirage, prend à la main la poignée b pour diriger Mouvement de la brosse.
- CLAVIER. — Manipulateur des télégraphes Hughes, Baudot, etc., qui présente la forme d’un clavier.
- CLEF. — Nom donné à un certain nombre d’interrupteurs.
- Clef de Morse. — Manipulateur du télégraphe Morse. Il est souvent employé comme interrupteur dans des expériences où il suffit de fermer un circuit pendant un temps très court.
- CLICHÉ GALVANOPLASTIQUE. — Reproduction par la galvanoplastie d’une gravure sur bois destinée à l’impression. On donne ensuite de la dureté aux clichés en les aciérant. Les clichés galvaniques sont beaucoup plus résistants que les bois, et, comme on peut les reproduire facilement, on peut obtenir ainsi un tirage illimité (voy. Électrotypie).
- CLOCHE ÉLECTRIQUE. — Type particulier de sonnerie électrique dans lequel le mécanisme est suspendu à l’intérieur d’une cloche de bronze, que vient frapper le marteau. (Voy. Sonnerie électrique).
- Cloches pour l’exploitation des chemins de fer. — Depuis quelques années, les compagnies de chemins de fer font usage de cloches électriques placées aux stations et le long de la voie, et destinées à compléter la protection des trains : ces cloches font entendre un nombre convenu de coups pour avertir du départ d’un train dans une certaine direction, et peuvent en outre servir à transmettre certains signaux conventionnels. L’emploi des cloches a été rendu obligatoire sur les lignes à voie unique où la circulation est un peu active, par une circulaire ministérielle du 13 septembre 1880.
- Les compagnies françaises font usage de trois systèmes principaux.
- 1° Les cloches Leopolder, actionnées par des courants continus, employées par la compagnie P.-L.-M.
- 2° Les cloches Siemens, à courants d’induction, adoptées par la compagnie du Nord.
- 3° Les cloches mixtes, présentant différentes combinaisons des deux premiers types, employées par les autres compagnies.
- Cloches Leopolder. — Les cloches sont munies d’un électro-aimant dans lequel circule constamment le courant d’une pile constante (pile Meidinger). Lorsqu’on interrompt ce courant, l’armature de I’électro-aimant met en liberté un mécanisme d’horlogerie commandant un marteau, qui frappe un coup sur la cloche. La ligure 163 montre la disposition du mécanisme. L’électro-aimant H, traversé en temps normal
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- CLOCHE ÉLECTRIQUE.
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- par le courant de la pile, maintient attirée l’armature a; par suite la pièce n et le doigt c maintiennent immobile le volant Rx et le mécanisme dont il fait partie.
- Si l’on interrompt le courant, l’armature a est rendue libre, la fourchette A oscille sous 1 ac-tion d’un ressort antagoniste, et le levier B, obéissant à son poids, tombe entre les deux branches de cette pièce. Ce mouvement du levier dégage le doigt c; le mécanisme d’horlogerie se met à tourner; l’une des chevilles M vient soulever le levier L, dont l’autre extrémité tire le fil de fer qui met en branle le marteau.
- Au bout d’un instant, la came D vient
- appuyer sur l’extrémité H2 du levier B et le lait relever ; lorsque le volant Rj a fait un tour, le doigt C est arrêté de nouveau.
- Les choses restent en cet état jusqu’à ce qu’une nouvelle interruption du courant soit produite.
- Les gares terminus d’une ligne possèdent une seule cloche, les gares intermédiaires en ont deux, placées à chaque extrémité et donnant les signaux relatifs à la direction correspondante. Enfin, entre deux stations successives, on place des cloches de distance en distance. Il y a une pile à l’extrémité de chaque section et chaque poste est muni d’un interrupteur à bouton, qui permet de faire les si-
- Fig. 163. — Mécanisme des cloches Leopolder (d’après Pollitzer).
- gnaux. Les gares intermédiaires ont deux boutons, un pour chaque direction ; un petit galvanomètre permet de constater, à chaque poste, si le courant passe normalement.
- Ce système a l’avantage de présenter un mécanisme très simple et de se prêter parfaitement à la production des signaux conventionnels, qui sont formés de plusieurs groupes eomprenant chacun un nombre déterminé de coups de cloche. Mais l’emploi d’un courant continu est une source de dépense et exige un certain entretien.
- Cloches Siemens. — Dans les cloches allemandes du système Siemens, le mécanisme d’horlogerie est au contraire embrayé à l’état de repos; le courant lancé par une petite machine d’induction mue à la main déclenche ce
- mécanisme, qui produit une série de cinq ou six coups simples ou doubles.
- La compagnie du Nord emploie trois modèles de ces cloches, peu différents d’ailleurs.
- Les appareils du premier modèle présentent à la partie supérieure deux timbres en fonte concentriques, de son différent: deux marteaux, destinés à frapper chacun sur l’un des timbres, sont reliés par des tirages en fil de fer à deux leviers disposés comme les leviers L sur la figure précédente. L’appareil comprend en outre un électro-aimant, dont l’armature maintient au repos le mécanisme d’horlogerie. Quand le courant passe, cette armature est attirée et déclenche le mécanisme, qui se met a tourner sous l’action du poids moteur. Ce mécanisme comprend une roue munie de cinq
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- CLOCHE ÉLECTRIQUE.
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- à six cames (leur nombre est égal au nombre de coups de timbre qu’on veut avoir par série). Qes cames, pendant la rotation de la roue, viennent appuyer successivement sur les deux marteaux, qui frappent alternativement les deux timbres. Quand la roue a fait un tour entier, le mécanisme est arrêté, et il faut lancer un nouveau courant, si l’on veut obtenir une seconde série de coups. L’appareil comprend en outre un paratonnerre ; le tout est renfermé dans un cylindre en tôle.
- Les cloches du second modèle diffèrent peu des premières; elles ont les mêmes organes principaux, mais la roue principale porte quinze cames, et avance seulement d’un tiers détour pour chaque série, qui est de cinq coups ; elle s’arrête ensuite. Un cadran muni d’une aiguille indique le nombre de séries frappées par l’appareil et le moment où il faut remonter le mécanisme.
- Le troisième modèle se rapproche des précédents, mais il est plus simple et plus résistant. Il porte un timbre unique, que le marteau frappe intérieurement.
- La chute du poids met en mouvement, quand l’appareil est déclenché par le passage du courant, une roue en fonte munie de neuf dents qui font osciller le marteau.
- On obtient six coups simples pour chaque passage du courant.
- Le système Siemens a l’avantage de ne pas exiger de piles ; on fait usage d’un petit appareil magnéto-électrique appelé inducteur (voy. ce mot).
- Cloches mixtes. — Les autres Compagnies font usage de cloches mixtes, dans lesquelles on a cherché à réunir les avantages des deux systèmes précédents. La Compagnie d’Orléans emploie des cloches Siemens, modifiées de telle sorte pelles donnent, comme les cloches Leopolder, des coups simples au lieu de volées de coups, et ?uelles peuvent être actionnées Pac des piles, au lieu de courants n dits. La compagnie de l’Est fait usage d’un ystème mixte donnant des coups simples et c^c^0nnant par des courants induits. Ces clo-par& S°n^ ac^onn®es» comme les précédentes, Une petite machine magnéto-électrique.
- Nous décrirons à l’article Inducteur le modèle-employé par la compagnie de l’Ouest.
- Enfin la compagnie de l’Ouest emploie depuis 1886 des cloches analogues à celles de la Gom-
- Fig. 164. — Cloche de la compagnie de l’Ouest avec inducteur Postel-Vinay.
- pagnie d’Orléans et munies de l’inducteur (Voy. ce mot) Postel-Vinay. Dans les postes terminus, où le courant ne doit être envoyé que dans une direction, et dans les postes de pleine voie intermédiaires, où le courant doit être en-
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- CLOU D'ÉPREUVE. — COFFERDAM.
- voyé sur la ligne à la fois dans les deux directions, il suffit, soit de relier l’inducteur à la ligne et à la terre, soit de l’introduire dans le circuit de la ligne. Il peut alors être placé dans la cloche même (fig. 164).
- Dans les postes à deux ou plusieurs directions, où le courant doit être dirigé sur l’une ou l’autre des lignes aboutissant au poste, l’inducteur est normalement hors du circuit; il y est introduit, au moment voulu, à l’aide d’un commutateur spécial appelé permuteur. Il existe en outre un certain nombre de postes de pleine voie, espacés de 3 kilomètres au plus, et dans lesquels la manivelle est maintenue à l’arrêt par un plomb de scellement. Cette disposition est représentée sur la figure.
- Avertisseurs à trompe. —- Dans les grandes gares, où se trouvent plusieurs cloches correspondant à des directions différentes, on est exposé à confondre les annonces de trains venant des diverses voies. La Compagnie du Nord évite ce danger en remplaçant le timbre de la cloche par une trompe à air, analogue à celle des tramways. L’appareil se compose d’un mécanisme d’horlogerie semblable à celui de la cloche, mais surmonté, au lieu de timbre, par un cylindre muni d’une trompe, et contenant un piston dont la tige à crémaillère engrène avec une roue montée sur l’axe principal du mécanisme, et dentée seulement sur trois arcs de sa circonférence équidistants. Dès que le mécanisme se met en marche pour annoncer un train, cette roue fait monter le piston, qui chasse l’air à travers la trompe, et produit un son puissant. Lorsque le secteur denté abandonne le piston, celui-ci retombe par son propre poids, et se trouve prêt à fonctionner de nouveau. L’appareil fait tomber en même temps un voyant monté sur un axe normalement enclenché par un ressort rigide. Quand le mécanisme commence à tourner, l’un des butoirs situés à la périphérie d’une roue parallèle à la première abaisse le ressort, et le voyant tombe par son propre poids. On le relève à la main.
- Répétiteurs de cloches. — Dans la plupart des cabines d’enclenchement, la même Compagnie a remplacé les cloches, qui seraient trop sonores ou trop coûteuses, par des répétiteurs optiques avec sonnerie trembleuse. L’appareil étudié, comme le précédent, par M. E. Sartiaux, se compose d’un électro-aimant dont les deux bobines sont enroulées en sens contraires. L’armature polarisée est attirée vers l’un ou l’autre des pôles, suivant le sens du courant que reçoit l’électro, c’est-à-dire suivant
- la direction du train; elle agit par suite sur l’un ou l’autre des relais, pour déclencher le voyant correspondant à la circulation du train. Au-dessous d’un écriteau fixe, « train venant de » apparaît le nom inscrit sur le voyant, et une sonnerie tinte. Quand le train a dépassé le poste, le signaleur appuie sur un bouton, pour arrêter la sonnerie et faire disparaître l’inscription.
- Signaux conventionnels. — Les Compagnies qui font usage de cloches frappant des coups séparés ont adopté un certain nombre de signaux conventionnels, correspondant aux cas qui se présentent le plus fréquemment; voici ces signaux, qui sont gravés sur toutes les boîtes renfermant les inducteurs.
- 1° 3 groupes de chacun 3 coups : annonce d’un train impair.
- 2° 3 groupes de 2 coups : annonce d’un train pair.
- 3° 6 groupes formés alternativement de 3 coups et d’un coup : annulation de l’annonce d’un train impair.
- 4° 6 groupes formés alternativement de 2 coups et d’un coup : annulation de l’annonce d’un train pair.
- 5° 6 groupes formés alternativement de 6 et de 3 coups : demande d’une machine de secours à envoyer dans le sens impair.
- (5° 6 groupes formés alternativement de 6 et de
- 2 coups : même demande dans le sens pair.
- 7° 6 groupes formés alternativement çle 7 et de
- 3 coups : demande d’une machine et d’un wagon de secours dans le sens impair.
- 8° 6 groupes de 7 et de 2 coups alternativement : même demande dans le sens pair.
- 9° G groupes de 3 et de 2 coups alternativement : arrêt général. Ce signal se répète trois fois.
- 10° 6 groupes de 4 et de 3 coups alternativement: wagons en dérive dans le sens impair.
- 11° 6 groupes de 4 et de 2 coups alternativement : même signal dans le sens pair.
- Les deux derniers signaux se répètent deux fois.
- CLOU D’ÉPREUVE. — Appareil employé par Jamin pour étudier la distribution du magnétisme. (Voy. Aimant).
- COEFFICIENT D’AIMANTATION. — Voy. Aimantation.
- COEFFICIENT DE CHARGE. — Charge électrique nécessaire pour produire sur l’unité de surface un potentiel égal à un.
- COEFFICIENT DE SELF-INDUCTION. — Voy.
- Self-induction.
- COERCITIVE (Force). — Propriété que possèdent l’acier, le nickel, le cobalt, etc., de garder l’aimantation qu’on leur a donnée. (Voy. Aimant). .
- COFFERDAM. — On donne assez improprement ce nom à deux substances extraites de la
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- COLLECTEUR A GOUTTES D’EAU.
- COMMUTATEUR.
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- noix de certains palmiers, originaires des îles Seychelles : l’une, qui provient de l’écorce centrale, à été appliquée dans la marine à la protection des navires, parM. Pallu de la Barrière ; l’autre s’extrait des libres extérieures et est qualifiée de sporique. C’est une poudre qui ressemble à la poudre de cacao, très légère et capable d’absorber un volume de liquide considérable. Sa densité est 0,08 ; son pouvoir absorbant est 15 pour l’eau et 20 pour l’acide sulfurique à 28° Baumé. A cause de cette propriété, M. Germain a proposé d’employer cette substance dans les piles humides (voy. Pile).
- COLLECTEUR A GOUTTES D’EAU. — Pour déterminer le potentiel en un point d’un champ électrique, le meilleur procédé consiste à placer en ce point une pointe faisant partie d’un conducteur isolé et relié avec un électromètre. L’équilibre ne peut avoir lieu tant que la pointe, et par suite le conducteur qui la porte, n’ont pas pris le potentiel des couches d’air les plus voisines. Vu la difficulté d’obtenir une pointe parfaite, on se sert d’un vase isolé laissant échapper un mince filet d’eau. On détermine ainsi le potenLiel au point où la veine liquide cesse d’être continue et se résout en gouttelettes.
- COLLECTEUR DES MACHINES D’INDUCTION. — Organe des machines d’induction sur lequel frottent les balais qui recueillent le courant induit.
- COLLECTEUR POUR PILES. - On donne ce nom à certains commutateurs qui permettent de faire varier rapidement le nombre d’éléments de piles intercalé dans un circuit. La plupart des piles médicales (Voy. ce mot) sont munies d’un appareil de ce genre.
- COLLECTEUR (Plateau). —
- Plateau d’un condensateur quon fait communiquer avec la source d’électricité, l’autre étant relié au sol.
- COMBINATEUR. — Org e certains appareils télégraphiques imprimeurs, qui tra-
- uit à l’arrivée le signal conventionnel envoyé par le poste transmetteur.
- Gombinateur de courants.
- par un animal qui est soumis à une variation de potentiel brusque et au moins égale à 2 volts.
- COMMUNICATION DIRECTE. — Action par laquelle un poste télégraphique intermédiaire se met hors du circuit et fait communiquer ensemble directement deux postes situés de part et d’autre.
- COMMUTATEUR. — Appareil permettant de changer brusquement le sens du courant qui traverse un circuit, sans enlever les communications, ou de faire passer à volonté le courant d’un circuit dans un autre. Ces appareils, imaginés par Ampère, sont fréquemment employés dans les expériences d’électrodynamique, dans les télégraphes, etc.
- Commutateurs inverseurs. — On peut désigner ainsi les appareils qui servent à faire passer, interrompre ou renverser le courant dans un circuit unique. Ce sont ceux qu’on emploie le plus souvent dans les expériences d’électro-dynamique. Nous décrirons à l’article Interrupteur les appareils qui servent seulement à interrompre le courant, mais non à le renverser.
- Commutateur de Ruhmkorff. — Il se compose d’un cylindre d’ivoire ou d’ébonite pouvant tourner autour de son axe, qui est en laiton, mais formé de deux parties séparées au milieu. Deux lames de laiton, reliées respectivement aux deux extrémités de l’axe par des vis qui traversent la matière isolante, sont fixées sur la périphérie du cylindre, aux extrémités opposées d’un même diamètre. Ces lames com-
- J?îan
- Ppareil d électricité médicale permettant d’a-oir à volonté le courant voltaïque, le courant uct'on> °u les deux à la fois.
- COMMOTION. - Effet physiologique ressenti
- jSlevauott,
- Fig. 16a. — Commutateur de Ruhmkorfï.
- muniquent, par l’intermédiaire des deux parties de l’axe et des montants, avec les deux pôles de la pile. Les deux extrémités du circuit s’attachent à deux bornes reliées à deux res-
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- COMMUTATEUR.
- sorts verticaux placés de chaque côté du cylin- | dre. Quand la manette qui commande le cylindre est verticale, celui-ci présente aux ressorts sa surface isolante, qui d’ailleurs n’est pas assez large pour les toucher : le circuit est ouvert. Si l’on tourne la manette de 90°, comme le représente le plan, les lames de laiton viennent toucher les ressorts et le courant passe.
- 11 est évident que ce courant traversera le circuit dans un sens ou dans l’autre, suivant que la manette sera à droite ou à gauche, ce changement ayant pour effet de permuter les lames de laiton, et par suite les pôles de la pile, qui sont en contact avec chaque ressort. La manette est souvent remplacée par un bouton. Avec ce petit appareil, les communications établies dans le cylindre isolant n’étant pas apparentes, il est généralement impossible de connaître le sens du courant dans le circuit, ce qui est parfois un grave inconvénient.
- Commutateur de Bertin. — Pour ces raisons, l’appareil précédent est souvent remplacé aujourd’hui dans les appareils d’électrodynamique par le commutateur de Bertin, formé d’un disque d’ébonite, qu’on peut faire tourner autour de son centre au moyen de la tige m (fig. 166). Sur ce disque sont Axées deux bandes de cuivre : l’une o, rectiligne, communique par l’axe de rotation et la borne P avec le pôle positif; l’autre ei, en forme d’U, communique avec un ressort placé sous le disque et qui, pendant la rotation, frotte toujours sur la bande de cuivre qui aboutit à la borne N, reliée au pôle négatif. Aux bornes 66', qui portent les ressorts rr , s’attachent les deux extrémités du circuit. Si l’on place la tige m à égale distance des deux butoirs ce, les bandes o et ei ne touchent pas les ressorts rr' et le circuit est ouvert. Si l’on pousse la tige m vers c', comme le montre la Agure , la bande o touche le
- Fig. 166, — Commutateur de Bertin.
- Fig. 167. — Commutateur à bandes parallèles.
- ressort r et l’extrémité i le ressort r' : le courant entre dans le circuit par r et en sort par r’. Il est évident que, si l’on pousse la tige m en sens contraire, la bande o viendra toucher r' et l’extrémité e de la bande en U touchera r : le courant entrera donc par r' et sortira par r. Dans cet appareil, toutes les communications sont apparentes, et des Aèches, gravées sur les bandes de cuivre, permettent de trouver à chaque instant le sens du courant, si les bornes P et N sont reliées respectivement aux pôles correspondants.
- Commutateur à bandes parallèles. — L’appareil suivant réalise une disposition inverse de la précédente. Deux tiges de cuivre, commandées par un bouton isolant, peuvent tourner autour de leurs extrémités E et F, en restant parallèles (Ag. i 67), et sont reliées par ces points avec les bornes A et B, où s’attachent les extrémités du circuit. En avant sont placés trois boutons métalliques en forme de gouttes de suif; celui du milieu c est en communication
- avec la borne C, les deux autres a et d'avec la borne D, ces bornes étant reliées aux deux pôles. Dans la position Agurée, les tiges mobiles ne touchent pas les boutons a, c, d': le circuit est ouvert. Suivant qu’on pousse ces tiges à gauche ou à droite, le courant passe dans un sens ou dans l’autre. Cet instrument est moins robuste que le précédent, et ne permet pas de suivre avec la même facilité le sens du courant.
- Commutateur rapide. — Il peut arriver qu’on ait besoin de produire des inversions fréquentes du courant. Le commutateur représenté Agure 168 s’y prête très bien. Quatre trous pleins de mercure, creusés dans un pla' teau d’ébonite, sont joints en diagonale, et chaque paire est reliée à l’un des bouts du circuit. Deux fils de cuivre recourbés, communiquant respectivement avec les deux pôles de la source, peuvent tourner autour d’un axe horizontal. Il est évident que le courant change de sens dans le circuit suivant qu’on fait plonger
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- COMMUTATEUR.
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- ces fils dans les godets placés à droite ou à
- gauche.
- Ainsi disposé, l’appareil peut remplacer les commutateurs précédénts. Si l’on veut au con-
- traire produire des inversions répétées, on donne à l’axe de rotation horizontal un mouvement oscillatoire, à l’aide d’une tige commandée par une manivelle placée sur l’axe d'un
- Petit
- est ,mateur magnéto-électrique. La vitesse par un frein à frottement, formé nio .TUt3an so^e qui passe sur une poulie le n ée sur 1 axe, et qui s’attache à une bande caoutchouc que l’on peut tendre en tournant Dictionnaire d’électricité.
- une poignée. Ce dispositif, qui peut donner trente inversions par seconde, est très commode. 11 a été employé par M. Gordon avec sa balance d’induction pour l’étude du pouvoir inducteur spécifique.
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- COMMUTATEUR.
- Commutatear à chevilles. — Dans un certain nombre d’appareils, les communications s é-lablissent au moyen de fiches semblables à celles des boites de résistances. La figure 169
- Plan
- 169.— Plan et élévation d’un commutateur à chevilles.
- — Cheville. Handles of the, removed.. — Tètes de chevilles enlevées.
- montre le plan et l’élévation d’un de ces appareils, formé de quatre secteurs isolés. Deux secteurs opposés sont reliés aux pôles de la pile, les deux autres aux extrémités du circuit. Les chevilles étant placées comme sur le plan, le courant suit le sens des flèches ; si on les enfonce dans les deux autres trous, comme on le voit sur l’élévation, le sens du courant est changé dans le circuit.
- Il existe beaucoup d'appareils analogues au
- Fig. 170. — Commutateur carré.
- précédent. L’un des plus simples est le commutateur carré de M. Bourseul, représenté à
- l’échelle - (fig. 170). Il est formé de quatre
- A
- pièces métalliques séparées par des fentes : les blocs G et Z communiquent avec les pôles, les blocs L et T avec les deux extrémités du circuit. On fait usage d’une cheville unique, représentée à part, et qui porte deux prismes triangulaires de laiton A et B, isolés par une pièce d’ébonite E. Si la cheville est placée comme sur la figure, le courant partant du pôle positif C entre dans la ligne par L et en revient par T. Si elle est disposée suivant l’autre diagonale, le courant est renversé. Enfin, si elle est enlevée, le circuit est rompu.
- Commutateurs à plusieurs directions. — Dans la plupart des applications industrleiles, télégra-graphes, téléphones, éclairage, etc., les commutateurs servent, non pas à renverser le courant dans un même circuit, mais à le lancer à volonté dans plusieurs circuits à la fois ou successivement.
- Commutateur à manette. — Lorsqu’on veut seulement faire passer le courant successivement d’un circuit dans un autre, on emploie un commutateur à manette, formé d’une tige métallique pouvant tourner autour d’un point
- Fig, 171. — Commutateur à six directions.
- fixe, par lequel arrive le courant : l’extrénnte libre glisse sur une série de pièces métallique communiquant avec les différents circuits. Le courant passe dans le circuit correspondant a la pièce sur laquelle repose la manette. Le modèle représenté figure 171 peut envoyer le courant à volonté dans six directions différentes»
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- COMMUTATEUR.
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- reliées avec les six pièces rangées en arc de cercle. La fiche placée près du point fixe pénètre dans une rainure séparant en deux la bande métallique qui reçoit le courant : il suffit donc de l’enlever pour interrompre à la fois tous les circuits. L’autre fiche sert à relier ensemble deux directions.
- Commutateur bavarois. — Le commutateur représenté figure 172 est formé d’une plaque de
- T
- rs
- B
- Fig. 172. —Commutateur bavarois.
- I
- cuivre allongée T et de deux plaques plus courtes L1 et L2; ces trois plaques, disposées sur un support isolant, sont séparées par des fentes étroites. En plaçant la fiche B dans les trous 1,2, 4, on fait communiquer deux à deux ces pièces et les fils qui y aboutissent. Les communications sont interrompues quand la fiche est placée en 3. Cet appareil est employé dans les postes télégraphiques intermédiaires pour établir la communication directe entre deux postes situés en deçà et au delà, ou relier la station successivement ou simultanément avec chacun de ces postes.
- Cette disposition peut être généralisée et appliquée à un plus grand nombre de directions.
- Commutateur alsacien. — Cet appareil, nommé commutateur universel en Allemagne et en Angleterre, permet de réaliser encore un plus grand nombre de dispositions et de faire communiquer un certain nombre de lignes, de °utes les façons possibles, avec des lignes ®oalement nombreuses, d’une autre direction. es figues du premier groupe aboutissent respectivement à des bandes métalliques A, B, C, de h ^1X^es Parallèlement sous une planchette ba a°*S’ ce^es ^e l’autre groupe à d’autres nièm68 ^ara^^es U 2, 3, 4,... disposées sur la e planchette perpendiculairement aux pre-
- band.eS' ^ tous ^es P°*nts croisement des trou 6S ^eux sys!èmes, sont pratiqués des qui traversent complètement la plan-
- chette et les bandes. Pour faire communiquer une ligne B du premier groupe avec une ligim 4 du second, il suffit d’enfoncer une fiche dans
- Fig. 173. — Commutateur alsacien. (Société alsacienne de constructions mécaniques, Belfort.)
- le trou placé au point de rencontre des deux bandes B et 4.
- Dans les bureaux centraux des téléphones et des télégraphes, où les fils sont très nombreux, on fait usage de rosaces fondées sur le même principe; mais les points de contact sont situés sur des cercles concentriques.
- Commutateur de démarrage. — Appareil imaginé par M. Marcel Deprez lors des expériences de transmission de la force entre Creil et Paris (1885-86), et destiné à amorcer l’excitatrice de la machine réceptrice, au commencement de chaque opération, par le courant même de la génératrice.
- L’anneau de la réceptrice et celui de son excitatrice étaient reliés par une courroie. Au commencement de l’opération, le commutateur mettait le circuit local de la réceptrice en communication avec la ligne, de sorte que le courant de la génératrice passait à la fois dans l’induit et dans l’inducteur de la réceptrice. Celle-ci se mettait à tourner et communiquait son mouvement à l’excitatrice. A mesure que la vitesse augmentait, l’excitatrice s’amorçait et son courant, passant dans l’inducteur de la réceptrice, augmentait l’intensité du champ.
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- C0MMUTÂTEUR-SUBST1TUTEUR — COMPTEUR D’ÉLECTRICITÉ.
- Lorsqu’il avait atteint sa valeur normale, on mettait, à l’aide du commutateur, le circuit local hors du circuit de ligne ; cette interruption se faisait d’une manière graduée, pour éviter l’extra-courant.
- COMMÜTATEUR-SUBSTITÜTEUR AUTOMATIQUE. — Petit appareil imaginé par M. Clerc, et destiné à remplacer automatiquement une lampe éteinte par une autre. Il a l’avantage d’être très simple et fort peu embarrassant : il convient particulièrement aux lampes à incandescence. C’est une bobine de 3 centimètres de diamètre sur 8 de hauteur, dans laquelle passe le courant qui alimente la lampe en service : dans ces conditions, la bobine attire et maintient soulevé un cylindre de tôle très léger placé dans son intérieur et muni de deux pointes à la partie inférieure. Si la lampe vient à s’éteindre, ce cylindre n’est plus attiré par la bobine ; il retombe, et les deux pointes, pénétrant dans deux godets de mercure, ferment un circuit qui contient la lampe de réserve et, par conséquent, celle-ci se trouve allumée. Il est évident que la lampe de réserve peut être remplacée au besoin par une résistance équivalente.
- COMPAS DE MER ou DE VARIATION. — Voy. Boussole marine.
- COMPENSATEUR DE BARLOW. — Barlow a
- imaginé, en 1823, de compenser l’action des masses de fer d’un navire sur l’aiguille aimantée de la boussole au moyen d’un disque de fer placé dans le voisinage de cet appareil. On commence par déterminer les positions qu’il faut donner à ce compensateur pour toutes les orientations du navire. Cette graduation doit évidemment être recommencée chaque fois qu’on change de latitude.
- COMPOUND (dynamo). — Machine dynamo dont l’inducteur possède deux circuits montés l’un en série, l’autre en dérivation. (Voy. Excitation.)
- COMPOUND (fil). — Fil télégraphique composé d’une âme d’acier entourée d’une couche de cuivre.
- COMPTEUR D’ÉLECTRICITÉ. — Les compteurs servent, dans les distributions d’électricité, à mesurer exactement la quantité d’énergie électrique consommée par l’abonné, et par suite à déterminer la somme qu’il doit payer ; ces appareils jouent donc un rôle analogue à celui des compteurs à gaz.
- La quantité d’électricité qui traverse un appareil en un temps t est
- Q = K
- si l’intensité est I pendant ce temps.
- On peut donc connaître Q en déterminant l’intensité à chaque instant; il suffira de recourir à un phénomène qui soit proportionnel à l’intensité du courant. Les compteurs sont donc des coulombmètres.
- On peut se servir des actions chimiques; un courant qui traverse un électrolyte dépose à l’électrode négative un poids de métal proportionnel à I et par conséquent à Q. (Voy. Intensité.)
- Une fraction connue, la centième ou la millième partie du courant, traverse une dissolution de sulfate de cuivre ou d’azotate d’argent dont le métal se dépose sur l’électrode négative. L’augmentation de poids de cette électrode donne le nombre de coulombs qui ont été dépensés pendant le temps de l’expérience. Cette manière d’opérer n’est pas exempte d’inconvénients. Si la pesée des lames peut être faite avec précision, c’est en somme une opération longue et délicdte, et, comme l’on utilise seulement une faible fi action du courant, la moindre erreur commise dans les mesures se trouve ensuite multipliée par 100 ou par 1000. Cette méthode exige en outre que le courant soit toujours de même sens.
- Compteur Edison. — La figure 174 représente le compteur Edison, fondé sur ce principe. Deux voltamètres hermétiquement fermés sont remplis d’une solution de sulfate de zinc de densité 1,286. Les électrodes de chaque flacon sont constituées par trois plaques de zinc amalgamées et entretoisées entre elles : celle du milieu, munie d’une tige en cuivre de section carrée, est reliée au fil positif; les deux autres, réunies métalliquement par une entretoise avec tige en cuivre ronde, forment l’électrode négative.
- Lorsque les plaques ont servi, il faut, avant de les peser, les laver soigneusement à l'eau pure, puis les frotter avec un linge fin pour enlever les sels de zinc qui adhèrent légèrement au métal. On fait ordinairement les mesures en déterminant la perte de poids des plaques positives.
- Edison a modifié son compteur en suspendant les deux électrodes aux extrémités d un fléau de balance, qui s’incline peu à peU sous l’influence de l’augmentation de poids de l’électrode négative et de la diminution de l’électrode positive. Lorsque la différence a atteint une certaine valeur, la balance change le sens du courant, et, par suite, le dépôt se fal sant en sens contraire, le fléau se redresse, puis s’incline de l’autre côté. Lorsque la diffe
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- COMPTEUR D’ÉLECTRICITÉ.
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- rence de poids a atteint de nouveau la même limite, mais en sens contraire, le courant est interverti de nouveau., Les mouvements du fléau commandent un système d’engrenages anologues à ceux des compteurs à eau et à gaz, et la quantité d’électricité s’enregistre sur des cadrans.
- Le même inventeur a construit un autre modèle dans lequel les gaz, oxygène et hydrogène, provenant de la décomposition de l’eau acidulée, se dégagent dans une cloche qu’ils soulèvent. Quand la cloche est remplie, une étin-
- celle enflamme le mélange détonant, et la cloche retombe : ses mouvements sont transmis à un compteur.
- Les compteurs Thomson et Ferranti, Sprague et Edison, etc., sont fondés sur le même principe.
- Compteur Lippmcmn. — Le compteur de M. Lippmann est fondé sur le même principe que son ampèremètre : il en diffère en ce que la lame mince de mercure communique, d’une part avec un réservoir rempli de ce liquide, et d’autre part avec un tube vertical qui se recourbe
- et vient s’ouvrir au-dessus du réservoir. Quand un c°urant traverse l’appareil, le mercure s’é-tève dans le tube et retombe dans le réservoir, poids de mercure écoulé est proportionnel
- a la quantité d’électricité qui a traversé l’appareil.
- 1 our enregistrer ce poids, le mercure ne re °!ïibe pas directement dans le réservoir : il c°ule dans un basculeur à augets, dont les os-1 ations commandent un mécanisme qui en-^egistre leur nombre sur des cadrans. On dé-ermine d’abord la quantité d’électricité qui c°rrespond à chaque division.
- 0rnpteur Cauderay. — Ce compteur enregistre
- à chaque instant les indications d'un ampèremètre. Voici son principe (fig. 175).
- Supposons qu’un cylindre R, tournant uniformément avec une vitesse d’un tour par seconde, ait sa surface divisée en cercles parallèles, munis de chevilles métalliques dont le -nombre va en augmentant régulièrement depuis le milieu jusqu’aux extrémités. Ainsi les cercles n portent chacun une cheville, les cercles o en ont deux, les cercles p en ont trois, etc., et le cercle m, placé au milieu, n’en a pas du tout. Devant ce cylindre se meut l’aiguille a d’un ampèremètre dont la pointe vient se placer devant les cercles n, o, p, suivant que l’inten-
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- COMPTEUR D’ÉLECTRICITÉ.
- sité indiquée est de 1, 2, 3..., ampères. Cette aiguille est terminée par une partie métallique qui peut frotter sur les chevilles, et 1 on voit immédiatement qu’il se produira 1,2, 3.., contacts par seconde, suivant que l’intensité sera 1, 2, 3... ampères. Il suffit donc que chaque contact de l’aiguille et d’une cheville soit relié mécaniquement ou mieux électriquement avec un mécanisme qui fasse avancer une aiguille d’une division sur un cadran, pour que ce cadran indique en coulombs la quantité d’électricité qui a traversé le circuit.
- En réalité le coulomb est une unité trop petite pour la pratique : aussi se contente-t-on de faire décrire au cylindre un tour par 100 secondes ; chaque contact indique alors qu’il a passé pendant 100 secondes un courant d’un ampère, ce qui fait 100 coulombs. L’unité industrielle la plus commode paraît être le myriacoulomb, qui vaut 10,000 coulombs.
- Enfin la disposition des dents n’est pas
- (f fi o 7i m ii o jl q
- aussi simple que nous l’avons supposé. Elles sont placées suivant une règle particulière, afin que, lorsque l’aiguille se trouve entre deux divisions, la pièce métallique qui la termine rencontre à la fois les chevilles de deux sections droites et enregistre un chiffre donnant la valeur intermédiaire.
- La figure 176 montre l’ensemble de l’appa-
- Fig. 175.— Principe du compteur Caudera
- Fig. 176. — Élévation principale du compteur Cauderav.
- reil. L’ampèremètre employé est un modèle de M. Deprez, ayant seulement une résistance de 0,01 ohm; on peut le régler d’après un étalon, en déplaçant les pièces polaires qui sont fixées à des vis. Il est placé à la partie supérieure de l’appareil; on voit en A son aimant en acier d’Allcvard.
- Le cylindre denté R est mû par le balancier circulaire H, réglé lui-même par le spiral I, et maintenu en mouvement par les électro-aimants K et les armatures de fer doux L. Ces électro-aimants, d’une résistance de 1000 ohms, sont montés en dérivation, d’après le système du régulateur de M. Hipp.
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- COMPTEUR D’ÉLECTRICITÉ.
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- Ce compteur est muni en outre d’un appareil déclencheur, dont la bobine se voit en Y, qui permet au mécanisme d’horlogerie de se'mettre en marche seulement pour une certaine valeur je ]a différence de potentiel, et l’arrête jès que cette différence devient inférieure à la limite fixée. Cette particularité présente une grande importance pour le consommateur. Ainsi les lampes Edison ne fonctionnent bien qu’avec une différence de potentiel de 100 volts : pour une valeur inférieure, elles ne brûlent qu'en veilleuse, et l’électricité dépensée ne profite pas à l’abonné. Si le compteur Cauderay est réglé pour 100 volts, il n'enregistrera rien tant que la différence de potentiel n’atteindra pas cette limite, et le consommateur, n’ayant pas joui d’un éclairage convenable, n’aura rien à payer.
- Tel que nous l’avons décrit, le compteur Cauderay est destiné aux courants continus. Pour les courants alternatifs, on remplace l’ampèremètre par un électrodynamomètre. Ce compteur a l’inconvénient, d’ètre compliqué, et de n’enregistrer que les unités, sans tenir compte des fractions.
- Compteur Aron. — On sait que les oscillations du pendule sont isochrones, pourvu qu’elles aient une faible amplitude ; mais la durée de l’oscillation dépend de la force qui produit le mouvement : elle est inversement proportionnelle à la racine carrée de son intensité.
- compteur Aron est formé de deux pendules (fig. 177) : celui de gauche est
- par un facteur constant déterminé à l’avance et inscrit sur l’appareil, pour connaître le nombre de coulombs consommés. L’appareil peut fonctionner un mois sans être remonté.
- I]n pendule ordinaire ; celui de droite P°rte à la partie inférieure un aimant au lieu d’un poids de laiton. Ces deux pendules sont actionnés chacun par un mouvement d horlogerie à ressort et commandent un mécanisme différentiel, qui indique la différence de leurs durées d’oscillation.
- Lorsqu’aucun courant ne traverse l’appareil, es deux pendules ont exactement la même uree d’oscillation; mais, lorsqu’on lance un courant dans la bobine placée au-dessous du Pendule de droite, le sens de l’action électro-^gnétique est tel que la vitesse de ce pendule r^Jroilve accélérée d’autant plus que ce cou-est plus intense. Le compteur enregistre au 6 ^^érence de marche et peut indiquer, j . nioyen de cinq cadrans, tous les chiffres de a 100000. Il suffît de multiplier le résultat
- Fig. 177. — Compteur d’électricitc de M. Aron.
- Compteurs pour courants alternatifs. — S’il existe déjà un certain nombre de compteurs pour les courants continus, on ne peut guère citer pour les courants alternatifs que l’appareil Cauderay modifié, le compteur Forbes et le compteur Borel. Il résulte des travaux récents (1888) de MM. Chappuis et Maneuvrier la possibilité d’employer les actions électrolytiques à la mesure de la quantité d’électricité, et, avec certaines restrictions, de l’énergie électrique correspondant à ces courants.
- Nous décrirons le compteur de M. Borel, qui est fondé sur les phénomènes suivants, étudiés par M. Ferrari.
- Considérons le champ produit par l’action de deux bobines perpendiculaires l’une à l’autre au
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- COMPTEUR D’ÉLECTRICITÉ.
- im
- point d’intersection de leurs axes. Ces deux bobines donneront deux composantes telles que O hx et O h,j (fig. 178). Si les deux courants ont
- Fig. 178. — Champ produit par deux bobines rectangulaires.
- même période, mais des phases différentes, les deux composantes seront de la forme
- Int T
- 2u(* + 6)
- hx = A sin hy — B sin
- Si la différence de phase 9 est nulle, ou égale à un nombre entier de demi-périodes, le champ résultant que l’on obtient en éliminant t entre les deux équations précédentes aura une direction constante et une intensité varient de 0 à un maximum, positif ou négatif; il sera donc représenté par une droite telle que OH.
- Dans tout autre cas, il est représenté par une ellipse de centre O, sur laquelle tourne le point tiguratif H. Si chaque bobine produit un champ uniforme autour du point 0, le champ résultant tournera aussi d’un mouvement uniforme. Tout corps métallique placé dans un pareil champ tournera dans le même sens, par la réaction des courants de Foucault qui y prennent naissance. Si de plus le corps est magnétique, les effets pourront être encore plus marqués.
- M. Ferrari a vérifié ces considérations à l’aide
- Fig. 179. — Rotation d'un disque de cuivre par les courants alternatifs.
- d’un cylindre creux en cuivre, avec fonds pleins, mobile autour d’un axe horizontal 0 (fig. 179) ;
- les bobines AA' étaient comprises dans le circuit primaire d’un transformateur Gaillard et Gibbs et formaient environ 200 tours; les bobines BB', intercalées dans le circuit secondaire avec une résistance sans induction, formaient 500 tours. Le transformateur marchait avec une 1
- période d’environ — de seconde. Le cylindre de j 40
- cuivre commençait à tourner avec 5ampères dans le circuit primaire et, en augmentant l’intensité, la vitesse montait jusqu’à 900 tours par minute.
- Le compteur Borel, représenté en perspective figure 180, et antérieur à la publication du tra-
- Fig. 180. — Compteur Borel (Cortaillod, Suisse).
- vail de M. Ferrari (1887), est fondé sur le principe qui précède. Il est formé d’un disque mince en fer d (fig. 181), porté par un axe vertical ar qui est relié par une vis sans fin avec un compteur de tours. Ce disque forme- en quelque sorte l’armature d’un électro-aimant à pôles conséquents, constitué par deux bobines bbv montées sur un cadre en fer, et se trouve également dans le champ de deux cadres galvano-métriques ggx dont les actions sont concordantes.
- On voit sur la figure 181 que l’appareil forme deux circuits comprenant chacun une bobine et un cadre, et reliés en quantité. Le flux d’induction de l’électro traverse le disque perpendiculairement au champ magnétique des deux cadres. Si l’appareil est traversé par des courants alternatifs, l’action des courants de Foucault dans le cadre et le disque et l’hystérésis pou-
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- COMPTEUR D’ÉLECTRICITÉ.
- vant se ramener à une différence de phase, le On peut encore relier en tension respective-disquese met à tourner. ment les deux cadres et les deux bobines, et
- Projection horizontale
- Fig. 181. — Principe du compteur Borel, de Cortaillod.
- monter ces deux circuits en quantité ; l’appareil se trouve alors dans les conditions indiquées par M. Ferrari, et le compteur marche parfaitement. Cet appareil est employé avec succès à la station centrale de Yevey-Montreux.
- Compteurs d’énergie. —Quand on connaît la quantité d’électricité qui a traversé un appareil en un temps donné, et par suite l’intensité, on peut calculer facilement l’énergie dépensée, car elle est égale à
- W = slt = RI2t,
- H étant la résistance de l’appareil et e la différence de potentiel entre ses deux extrémités. Remarquons cependant que •es compteurs qui enregistrent les indications d’un électrodynamomètre donnent directement I2 et par conséquent 1 énergie. Ces appareils sont donc des "'(ittrnètres. (Yoy. Electromètre.)
- ATous citerons en particulier l’appareil du Dr H. Aron (fig. 182) très répandu en Allemagne et fondé sur le même prin-C1pe que son compteur, mais dans lequel • aimant qui termine le pendule est remplacé par un solénoïde horizontal à fil -ln> qui, pendant les oscillations, se déplace librement à l’intérieur d’un solé-n°ïde fixe à gros fil. Celui-ci est traversé Par le courant principal, et le premier reçoit seulement une dérivation. La vacation de vitesse est donc proportion-(jf e d une part à l’intensité totale,
- ^ autre part à l’intensité dans la dérivation, ou a différence de potentiel entre les deux ex-
- trémités de cette dérivation. On mesure donc en watts-heures le travail dépensé.
- Fig. 182. — Wattmètre Aron.
- Les mesureurs d’énergie de MM. Marcel De-prez, Ayrton et Perry, Yernon-Boys, Gisbert
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- 154 COMPTEUR ÉLECTRO-CHRONOMÉTRIQUE. — COMPTEUR DE POINTS.
- Kapp, etc., sont fondés sur le même principe. ! — Horloge secondaire qui reçoit le mouvement COMPTEUR ÉLECTRO-CHRONOMÉTRIQUE. | d’une autre horloge, placée à une certaine dis-
- Fig. 183. — Compteurs électriques à courants alternés (Deschiens'.
- tance, par l’intermédiaire de courants électri- I COMPTEUR DE POINTS. — Dans certain* ques (Voy. Horlogerie électrique). ] métiers à broder, le mouvement que fait l’ap-
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- COMPTEUR DE TOURS.
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- pareil, à chaque point qu’il exécute, ferme un circuit électrique et actionne un compteur.
- COMPTEUR DE T0UR§. — Appareil enregistrant à distance le nombre de tours de l’arbre d’une machine. Il suffit de fixer sur l’arbre une
- plaque isolante au milieu de laquelle est une languette métallique. Deux ressorts frottent sur cette languette à chaque tour de l’arbre ; chaque contact ferme un circuit et actionne un récepteur. Celui-ci peut être analogue à un
- Fig. 184. — Compteur totalisateur (Deschiens).
- e ^graphe à cadran et faire avancer une ^'gmlle; on devra lui ajouter évidemment d’au-s cadrans pour compter les dizaines et les aines de tours. Le récepteur peut aussi, me celui de Morse, tracer un point ou un lr«‘sur un papier.
- es compteurs peuvent servir notamment à
- mesurer la vitesse de rotation de l’induit d’une machine magnéto ou dynamo-électrique.
- M. Deschiens a imaginé récemment des compteurs de tours dont les mouvements sont combinés par des émissions de courants électriques, et qui ne renferment aucun mécanisme d’horlogerie. On peut ainsi enregistrer à distance le
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- CONDENSATEUR.
- nombre des tours d’une machine en plaçant sur l’arbre un appareil produisant à chaque tour l’interruption d’un courant.
- Le premier système emploie des courants toujours de même sens et mesure jusqu’à 600 tours par minute; le second peut atteindre 1,500 tours, grâce à l’emploi de courants alternativement positifs ou négatifs. Un aimant permanent en fer à cheval (flg. 183) est mis en contact avec les armatures des deux bobines d’un électro-aimant entre lesquelles oscille, sous l’action des courants alternés, un levier qui commande une roue à rochet placée au-dessus. Cette roue actionne à son tour un compteur rotatif, par l’intermédiaire d’un système de roues dentées. On met l’appareil en marche et on l’arrête en fermant ou en ouvrant le circuit de la pile motrice, qui ne s’use pas inutilement.
- Si la machine vient à s’arrêter dans une posi-tiomtelle que le circuit de la pile se trouve fermé d’une manière permanente, un appareil à force centrifuge rompt ce circuit automatiquement et le rétablit dès que la machine se remet en marche.
- Compteurs totalisateurs. — L’interrupteur chargé de produire les émissions de courants peut être disposé à l’intérieur d’un autre compteur (fîg. 184) commandé par la machine elle-même, et composé d’un compteur cylindrique et d’un chronographe formé d’un cylindre tournant entraîné par un mouvement d’horlogerie. Une vis à deux filets croisés fait mouvoir dans les deux sens un chariot muni d’un crayon, qui prend une vitesse proportionnelle à celle de la machine. L’inclinaison de la courbe sur les génératrices mesure la vitesse ; ses interruptions indiquent les arrêts. On peut donc connaître tous les changements d’allure qui ont eu lieu, et les heures auxquelles ils se sont produits.
- M. Dumoulin-Froment a trouvé une solution ingénieuse pour'totaliser sur un seul compteur les tours exécutés simultanément par plusieurs arbres animés de vitesses différentes. La difficulté à éviter, c’est que, si les circuits de deux ou plusieurs arbres se ferment aù même instant, le compteur n’enregistrera qu’un tour.
- Pour éviter cet inconvénient, chaque récepteur se compose d’un électro-aimant attirant une palette de fer doux, faiblement retenue par un ressort antagoniste. Quand la palette a été attirée et s’écarte de l’électro-aimant, elle ferme un circuit local contenant un compteur dont l’aiguille avance d’une division. Pour empêcher les erreurs, les différentes palettes ne
- peuvent quitter leurs électro-aimants que successivement. A cet effet, un arbre horizontal portant des cames en nombre égal à celui des électro-aimants et placées dans des plans diamétraux angulairement équidistants, tourne notablement plus vite que les arbres dont on veut compter les tours. Chacune des cames rencontre en tournant une petite pièce liée à la palette correspondante, si celle-ci est en contact avec l’électro-aimant.
- Si une palette est attirée, grâce au magnétisme rémanent du noyau de l’électro-aimant et à la faiblesse du ressort antagoniste, elle reste appliquée contre l’électro, même après que le courant a cessé ; mais la came correspondante la rencontre bientôt, et la ramène à sa position d’équilibre, ce qui ferme le circuit local. Si deux ou .plusieurs palettes ont été attirées au même instant, les cames venant les dégager successivement, il ne peut se produire aucune confusion dans les signaux; d’ailleurs, l’arbre des cames tournant plus vite que les autre.s, chaque palette est revenue à sa position d’équilibre avant qu’un autre courant soit lancé dans son électro-aimant.
- CONDENSATEUR. — On nomme ainsi tout système de conducteurs disposé de façon à augmenter la capacité de l’un d’eux. Généralement un condensateur se compose de deux armatures métalliques dont l’une, isolée, est mise en communication avec une source d’électricité, l’autre avec le sol, et qui sont séparées par une lame isolante dont nous expliquerons plus loin l’utilité. La première armature s’appelle le collecteur de l’appareil, la seconde le condenseur.
- Diverses formes de condensateurs. — Pour expliquer la théorie de ces instruments, on se sert ordinairement du condensateur d’QEpinus (fîg. 185), formé de deux plateaux A et lî, pouvant s’éloigner ou se rapprocher .à volonté, et d’une lame de verre C. On emploie encore des condensateurs identiques, mais dont les poteaux sont horizontaux. Nous citerons enfin le carreau de Franklin et la bouteille de Leyde (voy. ces mots)
- Théorie des condensateurs. — Les pièces B et C étant enlevées, supposons qu’on mette le plateau A du condensateur d’OEpinus en communication avec une machine électrique par un fil assez long pour éviter tout phénomène d influence; il se chargera de la même électricité» positive par exemple, mais la charge qu’il peut prendre a une limite, qui est atteinte lorsque le plateau est au même potentiel Y que la ma'
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- CONDENSATEUR.
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- chine. Si C est la capacité du plateau, sa charge est alors
- e M = CV.
- ^ l’on approche alors le plateau B, mis en communication avec le sol, il prend par influence une charge négative, d’autant plus grande qu’on l’approche davantage de A. Cette charge négative réagit à son tour sur la charge positive de A, qu’elle attire sur la face intérieure de ce plateau. Par suite de ce changement de distribu-
- Fig. 185. — Condensateur d’OEpinus.
- tion, l’équilibre est rompu sur le plateau A qui peut recevoir de la machine une nouvelle quantité d’électricité.
- Le plateau A ne peut évidemment pas acquérir un potentiel supérieur à celui de la machine à laquelle il est relié; l’accroissement de charge provient donc d’une augmentation de la capacité qui devient C'; la charge est alors
- M' = C'V.
- Force condensante. — On appelle force condensante le rapport des charges que prend le plateau collecteur A en présence du condenseur B ou lors-m'd est seul.
- La force condensante est donc
- AF AI :
- G est donc aussi le rapport des capacités du c°Uecteur dans les deux cas.
- Supposons enfin qu’on approche le plateau B j*Pres avoir séparé le plateau A de la machine; a charge de A ne peut changer, puisqu’il est isolé ; sa capacité devient C' ; il prend donc un P°fentiel Y' plus petit que Y
- AI = C'Y'.
- On a donc
- CV = C'Y', ou
- Cf_V
- C — V ‘
- La force condensante est encore le rapport des potentiels qu’une même charge communique au collecteur, lorsqu’il est seul ou en présence du condenseur.
- Rôle de la lame isolante. — On interpose toujours entre les armatures d’un condensateur une lame isolante, le plus souvent en verre. Cette lame joue un double rôle : d’abord elle permet de rapprocher les plateaux à une très petite distance, sans qu’il jaillisse d’étincelles, comme cela aurait lieu dans l’air; de plus, elle augmente l’influence, grâce à son pouvoir inducteur (Voy. ce mot), et la force condensante est plus grande que si les plateaux étaient séparés par la même épaisseur d’air.
- Condensateurs sphériques. — La théorie est particulièrement simple et le résultat intéressant dans le cas d’un condensateur formé de deux sphères concentriques. La sphère intérieure ou le noyau servant de collecteur et prenant une charge + M', il résulte du théorème de Faraday (voy. Influence) que la sphère extérieure ou Y enveloppe, si elle communique avec le sol, prend par influence une charge — M' sur sa face intérieure. Si cette enveloppe était isolée, elle prendrait — M' sur sa face interne et -+- M' sur sa face externe.
- Supposons l’enveloppe en communication avec le sol. Si le noyau était seul, il prendrait une charge
- AI = RV.
- En présence de l’enveloppe, le potentiel est constant en tout point du noyau ; or au centre
- il est
- V =
- AF
- R
- AF lt'
- R et R' étant les rayons du noyau et de la face interne de l’enveloppe. On tire de Jà
- RR'
- AF
- R' —R
- V.
- RR'
- La capacité est donc devenue r-r—-, et R
- R —R
- R’
- force condensante est
- R—B*
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-
- 158
- CONDENSATEUR.
- Supposons R' très peu différent de R, et soit e = R' — R l’épaisseur de la couche isolante qui sépare les deux armatures. La capacité peut s’écrire
- R»
- e
- Mais la surface du noyau est S=4ttRL
- La capacité peut donc s’écrire :
- _S_
- Condensateurs fermés. — Le même raisonnement s’applique à tout condensateur dont les armatures sont équidistantes, et dont le con-
- Fig. 186. — Mesure de la capacité d’un condensateu .
- denseur enveloppe à peu près le collecteur, par exemple la bouteille de Leyde. Il s’étend même approximativement au condensateur plan, en négligeant les perturbations qui se produisent sur les bords.
- Décharge brusque. — Si l’on réunit par un arc métallique (excitateur à manches de verre) les deux armatures A et B d’un condensateur, il jaillit une forte étincelle, et l’appareil est déchargé. Il reste cependant une charge résiduelle (voy. ce mot) due à la lame isolante.
- Décharge lente. — On peut encore décharger un condensateur en mettant alternativement
- chaque armature en communication avec le sol. Considérons un condensateur fermé. Si l’on touche le collecteur, il ne garde qu’une charge Mj telle que son potentiel devienne nul. Or ce M M1
- potentiel est alors — A- . M' étant la charge H R'
- primitive de chaque armature.
- Donc
- D’où
- M, =~ M'.
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-
-
- CONDENSATEUR.
- 159
- Il a donc perdu une charge M' — Mt ou R' —R
- R'
- M' ou
- R7 M ’
- Le condenseur a alors la plus grande charge ; si on le touche, il ne garde que la quantité Mt et perd par conséquent autant d’électricité négative que le collecteur avait abandonné d’électricité positive.
- Un deuxième contact enlèvera de même à
- chaque armature une quantité Mj ou j M'; il restera donc
- M,
- *> -
- Les contacts successifs enlèvent donc
- R'
- M’,
- GO
- M',
- et il reste après chaque contact
- R'
- R\2
- M',
- or-
- L’appareil ne serait donc complètement déchargé qu’après un nombre infini de contacts.
- C’est sur la décharge lente que sont fondées les expériences de la bouteille à carillon, de l’araignée de Franklin, etc. (voy. ces mots).
- Énergie d'un condensateur. — L’énergie d’un
- Fig. 187. — Condensateur chantant.
- condensateur est égale, comme celle d’un conducteur, à
- 1 1 1 M3
- W = ‘, MV= CV2 = 7, ^
- 0u> en remplaçant C par —
- 47ie
- W= ~ V*. 2
- Applications des condensateurs. -— Les condensateurs sont employés dans la télégraphie et la téléphonie (voy. ces mots) pour faciliter la transmission des signaux, et dans l’électrothé-rapie pour la galvanisation par courants in-e^0mPus (Voy. Interrupteur), q esure de la capacité d’un condensateur. —
- se sert d’un condensateur étalon de capacité 1
- connue, et l’on mesure les charges qui ^ nent les deux condensateurs au même po-le • Pour cela, on les charge avec un même
- élément de pile, et on les décharge à travers un galvanomètre balistique. Les charges et par suite les capacités sont proportionnelles aux arcs d’impulsion.
- Cette mesure peut se faire facilement à l’aide de la table que nous décrivons plus loin (voy. Mesures électriques). La fig. 186 montre la disposition et le sens du courant.
- Les chevilles des commutateurs 5 et 5 bis sont dans les trous 2 et 2 bis, 4 et 4 bis.
- Le courant d’un élément Daniell arrive au commutateur 5, traverse la boîte de résistance 8, la pièce 9 bis qui est bouchée, charge le condensateur étalon attaché aux bornes p q (la pièce pq n’étant pas bouchée), passe par les chevilles 4 (commutateurs bis), o et l (pièce 11) et revient à la pile par 4 bis, ietk,2 bis et 1 bis. On réunit ensuite les bornes o et r, i et f des pièces 11 et 12, ce qui coupe le circuit des piles et permet de décharger le condensateur à travers le galvanomètre l.
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- CONDENSATION ÉLECTRIQUE. — CONDUCTEUR.
- 160
- Ceci fait, on recommence la même série d’opérations en remplaçant le condensateur 14,
- j
- dont la capacité est - de microfarad, par le condensateur étudié, qu’on attache aux bornes de la pièce 9 bis; pour faire la substitution, on débouche cette pièce et l’on bouche 14.
- Condensateur chantant et parlant. — On prend une bobine de Ruhmkorff, et l’on fait communiquer les deux bornes du fil inducteur d’une bobine avec une pile et un transmetteur téléphonique, puis l’on serre à fond la vis du trem-bleur, de sorte que le circuit soit fermé d’une manière continue et que le téléphone puisse seul produire des interruptions. On relie d’autre part les deux extrémités du fil induit avec un condensateur formé de deux séries de feuilles d’étain séparées par des lames isolantes, mica ou papier paraffiné (fig. 187). Si l’on chante devant le transmetteur, les variations d’intensité du courant inducteur produisent des courants induits, et les alternatives de charge et de décharge font parler le condensateur.
- On obtient encore de meilleurs résultats en intercalant une pile dans le circuit induit : il se produit seulement dans ce cas des augmentations et des diminutions de charge, mais sans changement de sens. On peut ainsi reproduire la parole, ce qui est impossible avec la première disposition.
- CONDENSATION ÉLECTRIQUE. — Augmentation de la capacité d’un conducteur produite par la présence d’autres conducteurs dans son voisinage (Voy. Condensateur).
- CONDENSATION DES FUMÉES. — M. Lodge a montré en 1884 que des décharges électriques de haute tension, par exemple celles d’une machine de Voss, produites dans un récipient rempli de fumées ou de poussières de toute nature, ont pour effet de condenser très rapidement ces fumées (Voy. Pointes).
- Ce procédé fut appliqué quelques mois après dans les usines de MM. Walker, Parker et C° pour provoquer la condensation rapide des fumées de plomb.
- CONDENSEUR (Plateau). — Plateau d’un condensateur qui communique avec le sol.
- CONDUCTEUR. — On désigne sous ce nom les corps faisant partie d’un circuit et servant à relier entre eux et avec les deux pôles de la source les différents appareils qu’elle doit actionner ; ils conduisent en quelque sorte le courant depuis un pôle jusqu’à l’autre.
- Ces corps doivent nécessairement être bons conducteurs de l’électricité; de là cette déno-
- mination. Dans quelques expériences, on se sert parfois de conducteurs liquides, mais le plus souvent les conducteurs sont en métal.
- On désigne sous le nom de fils les conducteurs qui servent à la fabrication des appareils et à la construction des lignes aériennes de faible
- débit; on nomme câbles des conducteurs formés
- de deux ou plusieurs fils réunis en un seul faisceau et employés, au lieu d’un conducteur unique de gros diamètre, pour les lignes de grand débit.
- Conducteurs rigides Edison. — On remplace quelquefois les câbles souples par des conducteurs rigides. Ainsi la Société Edison a fait usage pour les canalisations souterraines de tringles demi-cylindriques, deux de ces tringles tournant leur face plane l’une vers l’autre, et maintenues à l’écartement convenable par des disques de carton découpé, imprégnés de matière isolante; on introduisait ensuite le tout dans un tube de fer qu’on remplissait d’une composition isolante demi-liquide.
- La même Société emploie de préférence aujourd’hui des tiges cylindriques, au nombre de deux ou trois, qu’on sépare en enroulant autour de chacune d’elles, en spires très écartées, des cordes de chanvre; une autre corde sert à maintenir le faisceau, qu’on introduit ensuite dans un tube de fer. Ces tringles sont préparées par longueurs de six mètres. On les réunit bout à bout, en ayant soin d’employer des tiges de grosseur décroissante à mesure qu’on s’éloigne de la source. Les tubes de fer sont soudés à recouvrement et entourés d’un ruban goudronné, qui empêche l’oxydation. Quand une section de ligne est posée, on ferme les extrémités et l’on coule dans les tubes de fer un mélange de bitume et d’huiles lourdes, qu’on a chauffé pour le rendre suffisamment liquide, et qui reste visqueux à la température ordinaire : cet enduit a l’avantage de ne pas se fendiller comme les isolants solides, ce qui faciliterait l’introduction de l’humidité.
- Enfin l’on réunit les diverses sections entre elles et avec les embranchements au moyen de boites de jonction représentées fig. 188. Les extrémités des tuyaux en fer sont assemblées entre les deux coquilles d’une boîte en fonte, et les âmes sont reliées entre elles à l’aide d'étriers en cuivre solidement vissés avec les tringles. Quand le montage est terminé, on coule par un trou ménagé sur la boîte un mélange isolant de même nature que celui qui rempli les tubes.
- Le second modèle est destiné à prendre sur
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- CONDUCTEUR.
- 161
- les conducteurs généraux d’une maison la dérivation nécessaire au service d’un étage ou d’un appartement. L’un des fils secondaires est relié au conducteur principal par un coupe-circuit en plomb.
- Nature des conducteurs. — Les conducteurs rigides sont en cuivre ; il en est de même des câbles; lorsque ceux-ci doivent supporter une traction notable, on les entoure d’une armature en fer qui leur donne la résistance méca-
- Fig. 188. — Boîtes de jonction Compagnie continentale Edison.
- ,.u?Ue nécessaire. Les fils (voy. ce mot) sont ei rk„re’ en bronze phosphoreux, silicieux ot L0emé’ ou en fer.
- lors6 C?'Vre a l’avantage d’être très conducteur celle ^Ur’ 5a conductibilité est égale ;
- e 1 argent ; les impuretés la diminuent ^Actionnaire d’électricité.
- On obtient facilement aujourd’hui du cuivre dont la conductibilité est 0,90 de celle de l’argent et même davantage. Lorsqu’elle atteint 0,95, le cuivre est dit de haute conductibilité. La résistance du cuivre pur est 0,144 ohm par mètre pesant 1 gramme. On prend comme
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- 102
- CONDUCTIBILITÉ ÉLECTRIQUE.
- densité 8,89 dans les applications électriques; enfin sa charge de rupture est d’environ 28 à 29 kilogr. par millimètre carré.
- Le fer galvanisé est généralement préféré au cuivre pour les lignes télégraphiques aériennes, à cause de sa plus grande ténacité. On admet que sa résistance est à peu près 7 fois celle du cuivre pur, ce qui fait 10 ohms par kilomètre de fil de 4 millimètres de diamètre â 15°,S. Un kilomètre de ce fil pèse environ 100 kilogr., sa densité étant de 7,79.
- On emploie aussi pour le même usage des fils d’acier, dont la ténacité est encore plus grande, ce qui permet d’éloigner davantage les supports. La charge de rupture peut atteindre 110 à 120 kilogr. par millimètre carré ; la conductibilité est 0,5 de celle du fer.
- Depuis quelques années, on se sert beaucoup de fils de bronze phosphoreux et silicieux. Le bronze phosphoreux s’obtient de la manière suivante : on prépare un phosphure d’étain cristallin et fondant à 370° en chauffant avec du phosphore l’éponge d’étain, précipité résultant de l’action du zinc sur le bichlorure d’étain. On fond ensuite ce phosphure avec du cuivre en proportions convenables; on ajoute quelquefois un peu de plomb. Ce bronze contient de 0,25 à 2,5 p. 100 de phosphore et de 5 à 15 p. 100 d’étain. Sa résistance électrique est assez variable.
- Le bronze silicieux s’obtient en désoxydant le cuivre par le silicium et le sodium, qui réduisent les moindres parcelles de protoxyde et augmentent ainsi la conductibilité de l’alliage. Le silicium a sur le phosphore l’avantage d’être conducteur, de sorte que, s’il en reste un petit excès, cela n’augmente pas la résistance. On peut avoir ainsi du bronze aussi conducteur que le cuivre pur. La résistance mécanique dépasse celle du fer (46 kilogrammes par mm. carré) ; des fils de 2 mm. de diamètre peuvent remplacer des fils de fer galvanisé de 5 mm., ce qui donne un poids de 26 kilogr. par kilomètre, au lieu de 155 kilogr..
- Conducteurs des machines électrostatiques. — On désigne ainsi les pièces de cuivre isolées, souvent cylindriques, qui recueillent l’électricité produite par le frottement ou par les phénomènes d’influence.
- Conducteur (bon ou mauvais). — Les corps peuvent être divisés en bons conducteurs (métaux, charbon calciné, plombagine, acides, solutions salines, etc.) et mauvais conducteurs, appelés aussi isolants ou diélectriques (verre, résine, gomme laque, caoutchouc, soufre, etc.). Les premiers étaient appelés, avant la découverte de la con-
- ductibilité, corps anélectriques, parce qu’ils semblaient ne pas s’électriser par le frottement l’électricité produite s’écoulant en réalité dans le sol ; les autres étaient nommés idio-électrù ques. Aucun corps n’est complètement isolant.
- CONDUCTIBILITÉ ÉLECTRIQUE. — Propriété que possèdent les corps conducteurs de transmettre l’électricité. La conductibilité fut découverte en 1727 par Gray, qui, ayant frotté un tube de verre, s’aperçut qu’un bouchon placé au bout du tube attirait les corps légers. Des fils métalliques de plus en plus longs, plantés dans le bouchon, acquéraient cette propriété sur toute leur longueur, lorsqu’on frottait le tube.
- Nous indiquons à l’article précédent que tous les corps sont plus ou moins conducteurs. L’humidité augmente cette propriété (voy. Déperdition). La conductibilité augmente avec la température et varie avec l’état physique et la structure moléculaire.
- Tableau de la conductibilité' électrique des métaux et
- de leurs
- Argent pur....... 100 °/0
- Cuivre pur....... 100
- Bronze silicieux.. 98 Alliage cuivre et argent à 50 °/0. 86.65
- Or pur............. 78
- Siliciure de cuivre à 4 °/o de silicium ........... 75
- Siliciure de cuivre à 12 °/0 de silicium ........... 54.7
- Aluminium pur.. 54.2 Étain iodé à 12 %
- de sodium...... 46.9
- Bronze silicieux téléphonique... 42
- Cuivre plombifère à 10% de plomb 30
- Bronze phosphoreux téléphoni-
- que........... 29
- Zinc pur......... 29.9
- Laiton silicieux à 25 % de zinc... 26.49 Laiton à 35 o/0 de
- zinc.......... 21.5
- Phosphure d’étain 17.7
- alliages.
- Alliage or et argent à 50 %... 16.12
- Fer de Suède.... 16
- Étain pur de Ban ca 15.45 Cuivre antimo -
- nieux........... 12.7
- Bronze d’aluminium à 10 %.. 12.6
- Acier Siemens... 12
- Platine pur...... 10.6
- Cuivre nickeleux à 10 o/o nickel. 10.6 Amalgame de cadmium............... 10.2
- Bronze mercuriel
- Dromer........ 10.14
- Cuivre arsenical à 10 °/o arsenic.. 9.1
- Plomb pur........ 8.88
- Bronze à 20 %
- étain......... 8.4
- Nickel pur....... 7.89
- Bronze phospho-reuxàlÔ°/0étain 6.5 Phosphure de cuivre à 9 % de
- phosphore...... 4.9
- Antimoine........ 3.8'
- (Lazare Veiller.)
- Les corps placés dans le circuit d’un courant laissent passer plus ou moins facilement l’électricité, suivant qu’ils sont plus ou moins conducteurs. La conductibilité dépend de la nature du corps, de sa longueur et de sa section. Elle peut être représentée par
- s
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-
- CONDUCTION. — CONJONCTEUR-DISJONCTEUR. 163
- l étant la longueur, s la section, et c la conductibilité spécifique du corps. La conductibilité est l’inverse de la résistance; pour la mesurer, il suffit donc de mesurer la résistance (Voy. ce mot).
- Haute conductibilité (cuivre de). — On donne ce nom au cuivre du commerce dont la conductibilité atteint au moins 0,95 de celle de l’argent.
- CONDUCTION. — Syn. de Conductibilité.
- CONDUGTIVE (Décharge). — Voy. Décharge et Étincelle.
- CONGRÈS D’ÉLECTRICITÉ. — Le premier congrès international d’électricité s’est réuni à Paris le 15 septembre 1881, à l’occasion de la première exposition d’électricité.
- Le résultat le plus important de ses travaux est l’adoption du nouveau système d'unités absolues. Il a également appelé l’attention sur la nécessité : de déterminer exactement la valeur de l’ohm ; de fixer un étalon de lumière, et d’étudier avec soin diverses questions : électricité atmosphérique, paratonnerres, etc.
- Un nouveau Congrès s’est réuni au mois d’août 1889 et a sanctionné l’emploi d’un certain nombre d’unités et adopté les définitions suivantes :
- Le joule ou unité pratique de travail vaut 107 unités C.G.S.; c’est l’énergie équivalente à la chaleur dégagée pendant une seconde par un courant d’un ampère (ou par un coulomb) dans un circuit d’un ohm.
- Le watt ou unité pratique de Puissance vaut 107 unités C.G.S.; cest la puissance d’un joule par seconde.
- L’unité pratique d’intensité lumineuse, la bougie décimale, est la vingtième partie de l’étalon absolu de lumière défini par la conférence internationale de 1884. Elle est sensiblement égale à la bougie anglaise (candie standard) et au dixième de la lampe Carcel.
- Sur la proposition du conseil de Y American Institute of Engineers, un nouveau Congrès international d’électricité aura lieu à New-York, en 1892, à propos de l’Exposition fixée à cette date.
- CONJONCTEUR-DISJONCTEUR. — Appareil
- Fig. 189. — Conjoncteur-disjoncteur.
- L’unité pratique pour les coefficients d’induction se nomme le quadrant; e^e Vaut 10® centimètres.
- La fréquence d’un courant alternatif est le
- nombre de périodes par seconde.
- L intensité efficace de ce courant est la carrée du carré moyen des intensités.
- a force électromotrice efficace est la tfic^6 Carr® m°yen des forces éiect
- le^n n°mme résistance apparente d’un circuit
- oai^m^en^ f°rce électromotrice efficace
- mtensité efficace.
- destiné à réunir des accumulateurs avec la source qui doit les charger, et à les séparer automatiquement, lorsque, la force électro-motrice de celle-ci devenant insuffisante, les accumulateurs poiîrraient se décharger à travers le circuit. Il en existe plusieurs modèles, dont l’un est dû à M. Hospitalier; celui que nous décrivons est extrêmement simple et s’applique aux dynamos.
- Il se compose d’un électro-aimant droit, articulé à charnière sur l’une des pièces polaires de la machine, et pouvant s’appuyer par l’autre
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- 164
- CONNECTEUR. — CONTROLEUR ÉLECTRIQUE.
- extrémité sur une saillie de cette pièce (fig. 189). La pièce en saillie et l’extrémité libre de 1 é-lectro sont polarisées dans le même sens et se repoussent; mais la répulsion est insuffisante pour soulever l’électro-aimant, et les extrémités des fils de celui-ci ne plongent pas dans les godets de mercure placés au-dessous. Le courant ne parcourt donc d’abord que les inducteurs. Quand la machine fonctionne, la polarité augmente, l’électro est repoussé, comme le montre la figure, et les fils viennent plonger dans les godets. Le circuit des accumulateurs se trouve fermé et la charge s’opère. Si la machine vient à faiblir, la polarité diminue, l’élec-tro-aimant retombe, et le circuit est rompu jusqu’à ce que la machine ait repris sa marche normale.
- CONNECTEUR. — Condensateur d’un demi-microfarad placé par M. Yan Rysselberghe dans un poste intermédiaire, entre l’entrée et la sortie d’un fil télégraphique servant en même temps à la téléphonie (voy. Téléphonie à grande distance).
- CONSÉQUENT (Point). — Pôle supplémentaire d’un aimant non situé à l’une des extrémités. (Voy. Aimant.)
- CONSERVATION DE L’ÉLECTRICITÉ (Principe de la). —• « Toutes les fois qu’un système de corps, soustrait à toute communication extérieure, est le siège d’un phénomène électrique quelconque, la quantité totale d’électricité qu’il possède reste invariable. Ce principe se vérifie dans toutes les expériences, et il est une conséquence des vues émises par Maxwell sur la constitution des milieux qui servent à propager les forces électriques. Sans être en mesure d’affirmer que la quantité totale d’électricité qui existe dans la nature est rigoureusement nulle, on doit admettre au moins que les phénomènes physiques actuels n’y apportent aucun changement, et qu’elle reste constante au même titre que la quantité totale d’énergie ou de matière. En d’autres termes une quantité d’électricité peut être considérée comme indestructible par toute autre cause que par une quantité égale d’électricité de signe contraire. M. Lippmann a montré que ce principe conduit à des conséquences analogues à celles du théorème de Carnot; quand on l’associe avec le principe de la conservation de l’énergie, on peut en déduire l’explication d’un certain nombre de phénomènes connus, et, en outre, faire prévoir d’autres phénomènes non encore observés. » (Mascart et Joubert.)
- CONSTANTE DIÉLECTRIQUE. — Voy. Pouvoir INDUCTEUR.
- CONSTANTE D’UN GALVANOMÈTRE. ___
- Intensité du champ, supposé uniforme, dans lequel se trouve l’aiguille, lorsque l’instru-ment est traversé par l’unité de courant.
- Pour une spire de rayon r, l’action au centre
- est s’il yan spires, l’action est
- CONSTANTE DE VERDET. — Rotation du plan de polarisation de la lumière produite par une différence de potentiel égale à l’unité. ( Voy. Pouvoir rottoire magnétique.)
- CONSTANTES D’UNE SOURCE D’ÉLECTRICITÉ. — On nomme constantes d’une pile sa force électromotrice et sa résistance. La connaissance de ces deux coefficients, qui caractérisent un élément, permet de calculer l’intensité du courant pour un circuit déterminé et de résoudre tous les problèmes du même genre.
- CONTACT (Loi du) ou PRINCIPE DE VOLTA. — Voy. Électricité.
- CONTROLEUR ÉLECTRIQUE. — Appareil dans lequel l’électricité est employée à assurer le contrôle; ces contrôleurs sont très employés dans l’exploitation des chemins de fer.
- Contrôleur des aiguilles manœuvrées à distance. — Lorsqu’une aiguille est manœuvrée à distance par un système de leviers, il est bon de s’assurer si elle a bien pris exactement la position voulue, afin d’éviter les accidents qui pourraient résulter d’une mauvaise direction. Il existe plusieurs appareils électriques destinés à ce contrôle.
- Le contrôleur Chaperon se compose d’un secteur isolant G portant une pièce métallique K' K', sur laquelle peuvent frotter simultanément deux ressorts R reliés l’un à la terre, l’autre à la pile et à la sonnerie (fig. 190). Au repos, les frotteurs ne touchent pas la pièce métallique et le circuit est ouvert. Quand le rail mobile vient s’appliquer contre le rail fixe, il repousse une tige T, qui agit par une manivelle sur l’arbre horizontal X portant la pièce isolante, et le fait tourner; les ressorts frottent alors sur la piece métallique et la sonnerie avertit que l’aiguil' lage est bien fait. Quand on ramène l’aiguille a sa position première, un contre-poids P monte sur l’arbre le fait tourner en sens inverse et le circuit est rompu.
- Le contrôleur Lartigue consiste en une boite d’ébonite qui peut tourner autour d’un axe horizontal et qui est divisée en deux compartiment6 communiquant par un petit orifice (fig- 19 '* Dans le compartiment A opposé à l’axe de r0*a tion aboutissent deux fils de platine termina**
- un circuit qui renferme une sonnerie; la ho
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- CONTROLEUR
- contient du mercure. Lorsque l’appareil est horizontal, le mercure baigne les deux fils de platine ; le circuit est fermé et la sonnerie tinte. Si la boîte s’incline, le mercure passe en plus grande partie dans le compartiment M voisin de l’axe de rotation, et abandonne l’un des fils : le circuit est interrompu. Mais, comme l’orifice de communication est petit, le mercure met un certain temps à s’écouler, et par suite la sonnerie continue à se faire entendre pendant un instant.
- Ordinairement on dispose deux appareils identiques de chaque côté de la voie à l’exté-
- ÉLECTRIQUE. 165
- rieur des deux rails. Ceux-ci sont traversés chacun par une tige horizontale qui pousse la boîte d’ébonite et lui fait prendre la position inclinée, lorsque l’aiguille vient s’appliquer sur le rail. Les deux appareils sont d’ailleurs montés en série dans le même circuit.
- Lorsque les aiguilles orcupent exactement l’une des positions extrêmes qu’elles peuvent avoir, l’une d’elles étant en contact avec le rail correspondant, la boîte placée de ce côté est inclinée et interrompt le circuit.
- Si l’on passe à l’autre position, la première boîte redevient horizontale, et la seconde s’in-
- Fig. 190. — Contrôleur d’aiguilles (système Chaperon), d’après un dessin communiqué par M. G. Dumont.
- cline; le circuit est donc encore interrompu, -'lais, entre ces deux positions, le circuit restera
- ermé un instant, à cause de la lenteur avec quelle s’écoule le mercure ; la sonnerie tin-ra donc pendant ce temps et avertira que le jugement s’est bien fait.
- Pour une cause quelconque, les deux ai-
- sUilles
- diai res^aient dans une position intermé-re’ ^es deux boîtes resteraient horizontales ^Produiraient un tintement continu. Enfin, mm ^ avait aucun tintement, on serait averti
- I1* li 0" *
- Sanes.
- Lo
- existe un dérangement dans l’un des or-
- rS(ïu un poste commande plusieurs ai-
- guilles, on peut n’avoir qu’une sonnerie, à condition que chaque circuit contienne un galvanomètre pour faire savoir quelle est l’aiguille qui a produit le tintement.
- La compagnie du Nord emploie un appareil formé d’un secteur A, mobile autour de l’axe B et arrêté par la vis G (fig. 192). Un ressort très énergique D maintient le secteur dans la position du dessin, c’est-à-dire en contact avec les frotteurs R. En Y est articulée sur le secteur une tige M en bronze dur, qui traverse l’éclisse R et l’àme du rail contre-aiguille. L’écrou N, maintenu par une goupille, règle la saillie de cette tige.
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- 166 CONTROLEUR ÉLECTRIQUE.
- L’éclisse R, qui porte l’enveloppe de fonte aa, est fixée au côté extérieur du rail, à environ 0,25 m. de la pointe, de manière que la tige M
- fasse une légère saillie entre le contre-rail et la lame de l’aiguille. Lorsque la lame d’aiguifie s’applique contre le rail, elle repousse cette
- Fig. 191. — Contrôleur Lartigue, d’après un dessin communiqué par M. G. Dumont.
- tige, et le secteur se relève ; il retombe par son poids et par l’action du ressort D, lorsque la lame est écartée.
- Fig.192. — Contrôleur d'aiguilles de la Compagnie du chemin de fer du Nord.
- deux secteurs A sont, comme le montre la figure, en contact avec les frotteurs R. Dans l’état normal, il y a toujours une lame appliquée contre le rail et l’autre écartée : le circuit est donc toujours ouvert, mais, dans le passage de l’une à l’autre des positions, les deux lames se trouvent écartées à la fois pendant un instant, le circuit se ferme et la sonnerie tinte.
- Quand un même poste commande plusieurs aiguilles, il suffit d’employer une seule sonnerie, mais on établit autant de dérivations qu’il y a d’aiguilles, et sur chacune d’elles on place une boussole numérotée. Quand on manœuvre une aiguille, la sonnerie tinte et la boussole correspondante doit
- Les contrôleurs placés des deux côtés d’une même aiguille sont intercalés en série dans un même circuit, qui se trouve fermé lorsque les
- être déviée.
- Contrôleur des disques. — Les disques ronds ou carrés qui protègent les gares et certaines sections de la voie peuvent occuper deux p051
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- CONTROLEUR ÉLECTRIQUE.
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- lions ; quand ils sont ouverts, c’est-à-dire parallèles à la voie, le train peut passer; quand ils sont fermés ou perpendiculaires à la voie, le train doit s’arrêter ou tout au moins ralentir sa marche. Ces disques sont souvent manœuvres à distance au moyen de fils de fer ou de tiges métalliques dont la longueur dépasse quelquefois 1,200 mètres. Il importe qu’on soit assuré que la manœuvre voulue a été bien exécutée et que le disque a tourné de l’angle convenable. Pour cela, on installe au point où se fait la manœuvre une pile dont l’un des pôles communique avec la terre et l’autre avec une sonnerie et un fil isolé qui vient se terminer par un ressort frottant sur un cercle placé à la base du disque et tournant avec lui. Quand le disque est ouvert, la partie du disque en contact avec le ressort est en matière isolante ; le
- circuit est rompu. Quand le disque est fermé, la partie du cercle qui vient rencontrer le ressort est en métal et communique avec le sol ; la sonnerie tinte tant qu’il reste dans cette position.
- Contrôleur de l’éclairage des disques ou pho-toscope. — La nuit, les disques sont munis d’une lanterne, qui présente au train un feu blanc lorsque la voie est ouverte et un feu rouge lorsqu’elle est fermée. Il existe un certain nombre d’appareils permettant à la gare de constater que la lanterne est bien allumée, lorsque la distance ou la courbure de la voie ne permettent pas de le voir directement.
- Le photoscope de M. Coupan, employé par la compagnie P.-L.-M., se compose d’une spirale a (fig. 193), formée d’un ruban de cuivre et d’un ruban d’acier soudés sur toute leur longueur,
- Ressorts de'coiitnct
- Cuivre
- Cheminée delà, fancerm
- Fig. 193. — Photoscope, d'après un dessin communiqué par M. G. Dumont.
- €t placée au-dessus de la cheminée de la lan-terne. L’extrémité centrale est fixe ; l’autre Vlent se terminer auprès des ressorts bc qui constituent les deux bouts d’un circuit conte-nant une pile et une sonnerie. Lorsque la Umpe n’est pas allumée, les différentes pièces 0ccuPent les positions représentées par la figure, et le circuit est ouvert. Quand la lampe ^ a6umée, la spirale a s’échauffe, et l’extré-^ùé libre, se recourbant par suite de la dilata-.tl0n, aPPuie l’un contre l’autre les ressorts bc : e circuit est fermé.
- fi aPpareil utilise ordinairement le fil et la -onnerie qui servent pendant le jour à con-r er position du disque (Voy. Controleur disques) ; on obtient ce résultat à l’aide du joncteur, représenté à part. Le fil de la son-
- fixeVSt *nterromPu a hauteur où doit se
- er a lanterne et les deux bouts sont reliés
- par deux ressorts p p' qui sont en contact; l’appareil fonctionne comme nous l’avons expliqué plus haut, et le photoscope et le disjoncteur sont hors du circuit. Lorsqu’on monte la lanterne, une pièce de bois K, en forme de coin, portant sur ses deux faces des plaques de cuivre PP', isolées l’une de l’autre, mais reliées par des fils ff aux ressorts bc du photoscope, pénètre entre les deux ressorts supérieurs pp', et intercale le photoscope dans le circuit.
- Contrôleur du fonctionnement des appareils désengageurs. — Quand il existe à l’extrémité d’une gare un poste muni de signaux d’arrêt absolu, qui doivent être normalement fermés, les manœuvres qui se font au centre de la gare sont généralement couvertes par des appareils spéciaux, qui permettent aux agents du poste f central de couper à distance ou de désengager
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- CONTROLEUR ÉLECTRIQUE.
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- IIRECTION 12
- 421 DESSOUS
- llVcülUN À^3’i
- Fig. 105. — Contrôleur de rondes avec avertisseur d’incendie.
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- CONVECTION. — COUCHE MAGNÉTIQUE.
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- la transmission des signaux d’arrêt manœuvres par le poste extrême. Il faut alors que l’agent du poste central sache si 1 appareil dé-sengageur a fonctionné régulièrement, que Gagent du poste extrême soit averti lorsque la transmission est désengagée, pour qu’il ne cherche pas à manœuvrer les signaux, enfin que l’agent du poste central soit prévenu lorsque le signal d’arrêt est effacé pour la réception d’un train, afin qu’il ne coupe pas à ce moment la transmission.
- Pour remplir ces conditions multiples, la Compagnie du Nord emploie des commutateurs analogues aux contrôleurs de disques, et dont la disposition a été étudiée par M. E. Sartiaux. Quand, au poste extrême, on efface le signal pour laisser passer un train, le commutateur B, soulevé par la rotation du gril G, relève le levier Q et fait communiquer les deux fils DD', dont l’un vient d’une pile et l’autre va au poste central : le circuit est ainsi fermé et le courant fait mouvoir à ce poste un appareil qui indique que le signal est effacé.
- L’appareil désengageur porte un autre commutateur D. Quand le contrepoids R, manœuvré du poste désengageur, retombe et soulève la barre supérieure, de manière à couper la transmission, ce commutateur ferme le circuit d’une pile, dont le courant passe à la fois dans une sonnerie de contrôle placée au poste désengageur et dans une boussole, représentée sur la figure, qui est placée au poste extrême. Sous l’influence de ce courant, l’aiguille portant le petit disque R s’incline et vient couvrir le disque fixe V. L’inscription Disque enclenché apparaît donc au guichet à la place des mots Disque libre. Le signaleur du poste extrême est averti du désengagement, non seulement par cette inscription, mais aussipar le tintement sourd et continu du trembleur a. La boîte de cette boussole porte le numéro correspondant au levier désengageur.
- Contrôleur de rondes. — Ces appareils sont destinés à vérifier si les rondes instituées dans un établissement ont eu lieu régulièrement, et si elles ont bien été faites aux heures régle-glementaires. Parmi les nombreux appareils destinés à cet usage, il en est un certain nombre qui fonctionnent à l’aide d’un courant électrique. Nous citerons notamment celui de MM. Dumont et Cabaret, qui est employé à la gare de l’Est, et celui de M. Napoli.
- Dans ce dernier appareil, chaque poste se compose simplement d’un bouton de sonnerie monté en dérivation sur un circuit contenant
- une pile et un électro-aimant. Quand on appUie sur un bouton, l’électro-aimant attire son armature, qui déclenche une roue isolante, entraînée par un rouage d’horlogerie, et portant sur son axe un cylindre métallique relié à l’élec-tro-aimant, et sur la surface duquel sont tracés des lettres ou des numéros qui correspondent aux différents postes. La roue continuant à tourner, le courant est interrompu presque im_ médiatement et se rétablit un instant api’ès, au moment où le numéro correspondant au bouton touché passe au point le plus bas du cylindre. Ce numéro s’imprime alors sur un papier, qui avance d’un mouvement uniforme au-dessous du cylindre et vient s’appliquer à ce moment contre sa surface. Ce papier porte des indications d’heure qui font connaître à quel moment la ronde a été faite.
- Le contrôleur de rondes de Collin n’emploie l’électricité que pour faire mouvoir un avertisseur d’incendie qui lui est adjoint. Le contrôleur (fig. 19o) se compose d’un chronomètre qui fait tourner un cadran de papier. Chaque boîte de contrôle porte un poinçon qui, à travers une fente du chronomètre, imprime une lettre sur le cadran, lorsque le veilleur passe.
- L’avertisseur d’incendie se compose d’un récepteur.à cadran relié par un seul fil avec les différents postes de contrôle. A chaque poste se trouve un rouage placé au-dessus de la boîte de contrôle. En cas d’alarme, le veilleur pousse un bouton qui déclenche le rouage ; celui-ci se met à tourner et produit le nombre de contacts nécessaire pour faire avancer l’aiguille du récepteur jusqu’à la case correspondant au poste qui a appelé. Le courant actionne en même temps deux sonneries, l’une au récepteur, l’autre au poste d’appel. L’appareil d’alarme est relié à un régulateur, qui trace un trait sur un cadran de papier pour indiquer l’heure à laquelle l’alarme a été donnée.
- CONVECTION. — Nom que l’on donne quelquefois à la transmission de l’électricité par un milieu en vibration.
- COUCHE MAGNÉTIQUE. — « Si une mince couche de matière magnétique est aimantée dans une direction partout normale à sa surface, le produit de l’intensité de l’aimantation en un point par l’épaisseur de la couché en ce point est appelé l’intensité de la couche magnétique à ce point. Si l’intensité de la couche est la même partout, on l’appelle une couche magnétique simple; si elle varie d’un point à l’autre, on peut considérer la couche comme formée d’un certain nombre de couches simples (d aires
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- COULOMB. — COUPE-CIRCUIT.
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- différentes) superposées et se recouvrant l’une l'autre. On l’appelle alors une couche magnétique complexe « (Maxwell).
- On démontre que le potentiel développé en un point par une couche magnétique est le produit de l’intensité de cette couche par l’angle solide sous lequel son contour est vu du point donné.
- COULOMB. — Unité pratique de quantité d’électricité dans le système électromagnétique. C’est la quantité d’électricité qui traverse en une seconde la section d’un conducteur parcouru par un courant d’un ampère. Le coulomb vaut 10 unités C. G. S. de quantité. (Voy. Unités.)
- COULOMBMÈTRE. — Voy. Compteur d’élec-
- tricité.
- COUP DE POING. — Voy. Exploseur.
- COUP DE SOLEIL ÉLECTRIQUE. — Qn emploie aisément, à l’heure actuelle, pour la soudure électrique des métaux par exemple (procédé de Benardos), un courant de 110 volts et 750 ampères, produit par 500 accumulateurs Planté. L’arc voltaïque qui en résulte fait pâlir le soleil et lui donne l’aspect d’une vieille lune; la température dégagée est de 3,000 à 6,000 degrés centigrades. L’homme qui s’y expose, par science ou par profession, reçoit le coup de soleil électrique avec tuméfaction de la peau, chémosis des paupières, œdème et finalement desquammation comme dans l’érysipèle.
- Le docteur Maklakoff attribue tous ces accidents à l’action chimique des rayons électriques. Il conseille pour y remédier l’emploi d’un yoile jaune en taffetas gommé, fixé sur un cercle entourant la tête et muni, comme un casque, d une visière garnie d’une plaque de verre gris (mélange de rouge et de vert.) Cet appareil pa-mît léger, pratique et pas ridicule au point d empêcher les ouvriers de s’en servir. Quant aux mains, il faut les protéger par de gros gants si Ion veut éviter la destruction rapide de l’épiderme.
- de^0üPE"CIRGÜIT 011 CUT-OFF. — Appareil es mé à couper automatiquement un circuit ^csque 1 intensité devient trop forte ; ils évitent ja^acc^en!s tels que détérioration des fils, des |pes ou autres appareils placés dans le cir-jb incendies, etc.
- ^ unVi0Upe~CirCU^s SOn^ 8®n®ralemenl formés ^ens'1 °U ^ une lame de plomb, dont les di-*eCou°nS S°nt ca*cu^es P°ur qu’il fonde quand f°ndTantatteintune intensité voulue : le plomb verse °^Ue densité du courant qui le tra-de Sec^- te^nt ^ ampères par millimètre carré 1Qn. La figure 196 représente deux des
- modèles les plus simples. Le premier est destiné aux faibles débits; il est formé d’un fil de plomb; le second, qui se compose d’une lame
- Fig. 196. — Coupe-circuit avec fil ou lame de plomb.
- de même métal, est destiné aux courants plus intenses ; ils sont tous deux sur plaque isolante et peuvent être protégés par un couvercle bronzé ou nickelé. En cas de fusion, le fil ou la lame se remplacent facilement.
- Certains coupe-circuit sont formés d’un interrupteur que le courant ouvre lui-même quand l’intensité devient trop forte.
- Les uns sont analogues à l’interrupteur à mercure de Foucault. L’armature d’un électroaimant peut osciller autour d’un axe et porte deux lames qui ferment le circuit en plongeant dans un godet de mercure. Quand l’intensité dépasse la limite fixée, l’armature est attirée; les lames sortent du mercure et le courant est rompu.
- Enfin le coupe-circuit magnétique de MM. Woodliouse et Rawson (fig. 197) se compose d’un électro-aimant placé dans le circuit et dont l’armature, mobile autour d’un axe horizontal, porte deux tiges de cuivre qui plongent dans des godets de mercure auxquels aboutissent les deux bouts du fil de ligne. Le poids de l’armature maintient les tiges dans cette position, qui est celle représentée par la figure, et le circuit se trouve fermé. Si l’intensité du courant devient trop forte, l’aimantation du noyau de l’électro acquiert une valeur assez grande pour qu’il attire son armature, malgré l’action contraire de la pesanteur. Les tiges de cuivre sortant du mercure, le courant est interrompu, et il continue à l’être, malgré la désaimantation de
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- COUPLAGE.
- l’électro, parce que l’armature, entraînée par son propre poids, tombe complètement de l’autre côté. On peut disposer sur le côté gauche de l’armature deux autres tiges de cuivre sem-
- Fig. 197. — Coupe-circuit magnétique.
- blables aux premières et qui, en tombant dans d’autres godets de mercure, introduisent dans le circuit une résistance, ou mettent en mardi une sonnerie, ou produisent tout autre effet. Un petit écrou permet de régler l’instrument pour tous les courants que le diamètre du fil de la bobine lui permet de supporter. La communication peut se rétablir à la main ou par une disposition automatique quelconque agissant quelques moments après l’interruption. Il faut seulement avoir soin, en installant l’appareil, de le mettre parfaitement de niveau. La figure représente le modèle le plus récent de ce coupe-circuit. Il est recouvert d’une glace ronde, dont la position est indiquée par des traits ponctués, et qui se fixe par une monture à baïonnette, de sorte qu’on peut l’enlever facilement pour replacer l’armature dans les godets.
- Les coupe-circuits peuvent être joints à un interrupteur ou à un autre appareil (voy. Interrupteur).
- COUPLAGE. — Différentes manières de réunir ensemble un certain nombre d’élé-
- ments de piles ou de machines d’induction.
- Couplage des piles. — Lorsqu’on se sert à la fois de plusieurs éléments de piles, il peut v avoir avantage, suivant les cas, à les réunir de différentes manières.
- Couplage en série ou en tension. — Souvent on réunit les couples par les pôles de noms contraires, le pôle négatif de chaque élément étant joint au pôle positif du suivant (fig. 198). Le courant traverse alors successivement les différents couples, et par conséquent la force électromotrice totale est égale à la somme des forces électromotrices de tous les éléments, la résistance totale à la somme des résistances. Si E est la force électromotrice d’un quelconque des éléments, r sa résistance et R celle du circuit extérieur, l’intensité est, d’après la loi d’Ohm,
- Si tous les éléments sont identiques, et qu’il y en ait n,
- Couplage en batterie ou en quantité. — Un autre mode d’assemblage consiste à disposer les couples en batterie ou en surface, c’est-à-dire à réunir ensemble d’une part tous les pôles positifs, d’autre part tous les pôles négatifs (fig. 199).
- L’appareil équivaut alors à un seul élément dont le premier point d’attache représente le pôle positif, le second le pôle négatif, et la force électromotrice est la même qu’avec un élément unique. En effet, tous les zincs communiquant
- Fig. 198. — Couplage des piles en série.
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- COUPLAGE.
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- ensemble sont nécessairement au même potentiel; les liquides prennent tous à leur contact le même excès de potentiel et le transmettent à tous les pôles positifs. Cétte disposition n’offre donc aucun avantage au point de vue de la force
- Fig. 199. — Couplage des piles en batterie.
- éiectromotrice, mais en revanche elle diminue [a résistance, car le courant traverse tous les couples à la fois : une pile formée de n éléments équivaut à un couple unique dont la surface serait égale à la somme des surfaces. Donc, si les
- r
- éléments sont égaux, la résistance sera - et l’intensité
- (2) I=-i-=...nE .
- 1 j „ , r nR + r
- h H--
- n
- Dispositions mixtes. — Il est bien rare qu’on monte en batterie tous les éléments qu’on veut employer, surtout s’ils sont un peu nombreux ; on a plus souvent recours à une disposition mixte (fig. 200) : on forme à l’aide de ces cou-
- % 200.
- Groupement de six couples en deux séries de trois et en trois séries de deux.
- pies un certain nombre de batteries, m par exemple, composées chacune de p éléments. La
- ^stance de chaque batterie est - , la résistance
- P
- totale mr
- ~ffi et la force électromotrice mE,
- (3) ^ __ mE _ E
- p m p
- De plus, si n est le nombre total des couples, on a
- (4) n = mp.
- Comparaison des différents modes de couplage. — Aucune de ces dispositions ne l’emporte sur les autres : chacune d’elles présente certains avantages, et l’on doit chercher dans chaque cas particulier, à l’aide des formules précédentes, quelle est celle qu’il convient d’employer. Nous pouvons cependant donner quelques indications générales.
- Dans le cas où la résistance extérieure R est très grande, il est préférable de monter les piles en série ; si au contraire elle est très faible, il vaut mieux adopter la disposition en batterie. En effet, supposons d’abord la résistance R très grande : dans la formule (1) nous pouvons, sans erreur sensible, négliger la résistance delà pile, ce qui donne
- L’intensité est donc proportionnelle au nombre des éléments. Si au contraire nous négligeons r dans la formule (2) il vient
- __nE E
- = Tî ‘
- Donc si, dans ce cas, on montait les piles en batterie, l’intensité serait à peu près indépendante du nombre des éléments ; c’est donc la disposition en série qu’il faut adopter.
- Si la résistance extérieure est très faible, c’est au contraire R qu’on peut négliger : la formule (1 ) donne
- j nE E nr r
- et la formule (2)
- j nE r
- C’est donc la disposition en batterie qu’il faut choisir, puisque c’est celle qui donne une intensité proportionnelle au nombre des couples.
- On peut aussi chercher quel nombre n d’éléments il faut employer, soit en tension, soit en batterie, pour obtenir une intensité déterminée I ; la formule (1) ou la formule (2) donnent la valeur de n.
- Enfin, si l’on n’a à sa disposition qu’un certain nombre n d’éléments, il est utile de connaître l’intensité maximum qu’on pourra obtenir, avec un circuit extérieur de résistance donnée R, et comment il faudra les grouper. Supposons qu’on forme une batterie de p élé-
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- COUPLAGE.
- ments, il faudra se servir des équations (3) et (4), et l’on démontre que pour rendre maximum l’expression
- m p
- ou, ce qui revient au même, rendre minimum son dénominateur, il faut qu’on ait
- (»)
- R __r
- nt p'
- (6) R = y
- Il faut donc, si l’on dispose d’un nombre donné n d’éléments, les assembler de telle sorte que la résistance totale de la pile soit autant que possible égale à celle du circuit extérieur. On calculera m et p par les formules (5) et (6).
- Couplage des machines. — Les machines d’induction étant comparables à des éléments de piles, on peut leur appliquer les raisonnements qui précèdent, et les grouper aussi en série ou en quantité. Il y a cependant quelques précautions à prendre. Il faut tenir compte de la nature de la machine et de son mode d’enroulement. Enfin il faut avoir soin de faire passer des courants égaux dans les inducteurs de toutes les machines, afin qu’elles aient des champs magnétiques égaux.
- Couplage des dynamos à courant continu. — Pour ces machines, le couplage en série ne présente pas de difficultés. S’il s’agit de machines excitées en série, on réunit la borne positive de l’une à la négative de l’autre, et l’on attache le circuit extérieur aux deux autres bornes (fig. 201,1). On choisit ordinairement des machines à peu près de même puissance, afin de ne pas brûler la plus faible.
- Si les machines sont excitées en dérivation, on peut les grouper en série de la même façon, mais en outre on relie ensemble les deux inducteurs, de manière qu’ils forment une seule dérivation partant de la borne négative d’une machine pour aboutir à la borne positive de l’autre (fig. 201, II).
- Enfin, si les machines sont excitées en com-pound, on relie les gros fils comme dans le premier cas, et les fils fins comme dans le second (fig. 201, III). On grouperait de même un nombre quelconque de machines, mais, dans la pratique, on n’en accouple jamais plus de trois ou quatre.
- Dans le couplage en quantité, il faut éviter
- que l’inducteur de la machine la plus faible se trouve parcouru en sens inverse par le courant
- Fig. 201. — Couplage en série des dynamos à courant continu.
- de l’autre, ce qui rendrait son champ magnétique encore plus faible.
- m
- Fig. 202. — Couplage en quantité des dynamos à courant continu-
- Si les machines sont excitées en série, °n relie d’une part les bornes positives, d’autre part les négatives, puis on réunit le comnaen'
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- COUPLE. - COURANT.
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- cernent des inducteurs par un fil fin appelé fil je Gramme ou fil d'équilibre (fig. 202,1).
- Si elles sont excitées en dérivation, on réunit ensemble respectivement' toutes les bornes et les extrémités des inducteurs de même nom
- (fig- 202, II)-
- Enfin, si elles sont excitées en compound, on opère comme pour les machines excitées en série, mais de plus on relie les fils fins d’une part au fil de Gramme, d’autre part aux balais négatifs (fig. 202, III).
- Couplage des dynamos à courants alternatifs. — Ces machines, comme l’a montré M. J. Hopkin-son, ne se prêtent pas au groupement en série, parce qu’elles adoptent des phases opposées d’alternativités et les courants se produisent successivement. Le groupement en quantité leur convient au contraire beaucoup mieux, parce, que les courants se produisent simultanément et s’ajoutent. Il est cependant nécessaire de prendre quelques précautions pour obtenir un bon fonctionnement des appareils.
- COUPLE. — Syn.d'élément de pile. (Voy. Pile.) COUPLE TERRESTRE. — On appelle couple, en mécanique, le système formé par deux forces égales, parallèles et de sens contraires, mais non directement opposées. Un couple n’a pas de résultante; appliqué à un corps, il le fait tourner jusqu’à ce que les deux forces se trouvent directement opposées : il y a alors équilibre.
- Le champ magnétique terrestre pouvant être regardé comme constant en un même lieu, une aiguille aimantée est soumise à deux forces égales, parallèles et de sens contraires, appliquées à ses deux pôles. C’est le couple directeur terrestre. (Voy. Magnétisme et Champ terrestre.)
- COUPLEUR. —Voy. Conjoncteur-disjoncteur. COUPURE. — Pièce de cuivre qui reçoit les extrémités de deux sections consécutives d’une igue télégraphique, et qui permet de localiser P us facilement les dérangements produits sur ces ligues.
- Coupure permanente. — Poste télégraphique P°u\ant communiquer en tout temps avec les Postes situés de chaque côté.
- ^ oupure facultative. — Poste qui ne sert que ei^ae man^re exceptionnelle, les postes situés m G*a .°u au delà étant ordinairement en
- jüuiunication directe.
- Un ANT. — Flux d’électricité qui traverse Rai Conducteur dont les extrémités sont à des P°tentiels différents.
- 1 on réunit par un fil métallique deux
- conducteurs isolés et possédant des potentiels inégaux, la différence tend à disparaître ; les conducteurs prennent bientôt un même potentiel et l’équilibre est rétabli. Le système étant isolé n’a pu recevoir d’électricité de l’extérieur : il faut donc qu’une partie de celle qui était sur le conducteur au potentiel le plus élevé ait passé sur l’autre. C’est ce qu’on nomme un courant. Si les deux conducteurs sont les deux pôles d’une pile, la force électromotrice de celle-ci tend à rétablir sans cesse entre eux une différence de potentiel constante, et le courant peut continuer j usqu’à l’épuisement des substances qui constituent la pile.
- On dit que le courant est dirigé, dans le conducteur interpolaire, du pôle (pôle positif) qui a le potentiel le plus élevé à l’autre (pôle négatif). Dans l’intérieur de la pile, l’expérience montre qu’il va du pôle négatif au pôle positif, de façon à constituer un circuit complet.
- Ainsi, dans un élément de pile (fig. 203), le
- Sens du courant.
- Fig. 203.
- sens du courant est PEN dans le circuit extérieur, et NLC dans l’élément.
- On constate aussi que l’intensité, c’est-à-dire la quantité qui traverse par seconde une section quelconque du circuit, est la même en tous les points. La gauche et la droite d’un courant se définissent d’après la règle d’Ampère.
- On imagine un observateur placé sur le conducteur, recevant le courant par les pieds et regardant l’aimant ou le courant étudié. La droite et la gauche de cet observateur sont la droite et la gauche du courant.
- L’intensité du courant dépend de la force électromotrice de la pile et de la résistance du circuit.
- Elle est donnée par les lois suivantes :
- Lois d’Ohm. — La propagation d’un courant dans un conducteur offre une certaine analogie avec celle de la chaleur à travers un mur. En s’appuyant sur cette analogie, Ohm a pu établir les lois relatives àla propagation des courants ;
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- COURANT.
- elles ont été vérifiées expérimentalement par plusieurs physiciens, notamment par Pouillet.
- Si l’on maintient entre deux points A et B une différence constante de potentiel e, et qu’on réunisse ces deux points par un fil métallique de résistance r, l’intensité du courant qui traverse ce fil est
- Elle est donc en raison directe de cette différence de potentiel et en raison inverse de la résistance.
- Si un même circuit comprend différents conducteurs de résistance f1( r3, r3, etc., et que ey, e2, etc., soient les différences de potentiel qui existent entre les extrémités de chaque conducteur, l’intensité étant toujours la même en tous les points du circuit, nous aurons
- J _£3 _ el + e2 + £3 + • • •
- 7-x r*2 ' ry + r2 + r3 + ....
- Appliquons cette équation au circuit tout entier, c’est-à-dire à la pile et aux conducteurs, quels qu’ils soient, qui réunissent les deux pôles. Le dénominateur représente la somme des résistances de la pile et des conducteurs : soit r la première et R la somme des autres ; on aura R H- r. D’un autre côté, le numérateur comprend la somme des différences de potentiel qui se produisent dans tout le circuit : cette somme est constante et égale à ce qu’on appelle la force électromotrice de la pile; appelons la E. L’équation devient
- R + r
- Si, dans celte formule, le numérateur est exprimé en volts et le dénominateur en ohms, l’intensité sera déterminée en ampères.
- Pour tout élément de pile d’un même type le numérateur est constant : l’intensité ne dépend donc que de la résistance de l’élément lui-même et de celle du circuit extérieur.
- Lorsqu’on emploie simultanément plusieurs éléments de piles, les formules d’Ohm permettent encore de calculer l’intensité. (Voy. COUPLAGE DES PILES.)
- Courants dérivés. — Si, au lieu d’un conducteur unique, on réunit deux points du circuit par plusieurs fils aboutissant aux mêmes points, le courant se partage entre ces différents bras, qu’on nomme des dérivations.
- L’intensité de ces courants dérivés est donnée par les lois de Kirchhoff.
- Lois de Kirchhoff. — Etant donné un circuit qui contient une dérivation (fig. 204) on admet
- Fig. 204. —• Courants dérivés.
- que tout se passe comme si les fils placés entre A et B étaient remplacés par un fil unique de conductibilité égale à la somme de leurs conductibilités. On démontre alors les deux lois suivantes :
- 1° En tout point tel que A ou B, auquel aboutissent plusieurs fils, la somme des intensités est nulle
- (1) Zi = 0.
- Il faut pour cela tenir compte du sens de chaque courant. Ainsi, en A, on aurait, en appelant q i2 les intensités des courants dé rivés
- ô + H + ?3 — i — O-
- 2° Si l’on parcourt un circuit complet, on a
- (2) Zir = ZE.
- Dans le cas particulier où ce circuit ne renferme aucune force électromotrice, on a
- Zir = 0.
- Ainsi le circuit PA)q BNP donne ir -j- iy = E.
- Le circuit Aiq Br2A donne
- *V*i — hr.2 = 0.
- Cette dernière relation montre que chaque dérivation est parcourue par un courant inversement proportionnel à sa résistance.
- Les formules (1) et (2) permettent de résoudre tous les problèmes. Nous donnerons comme exemple les résultats relatifs au cas ou il n’y aurait entre A et B que deux fils de résistance rq et r2.
- On a
- (1) i — ij -+- i2
- ir + qrx = E
- — hr2 = 0.
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- COURBE MAGNÉTIQUE. — CROCODILE. 177
- D’où l’on tire h
- H
- i
- _______Er2______
- r(ri +/a) + rir2 Ert
- r [ri + ra) + ?V2 E(rt + r2)
- r (rl + rï) + rlr2
- maintenir la température parfaitement constante. Ce régulateur est constitué par un thermomètre T dont la boule communique avec l’un des pôles de la pile; l’autre est relié par l’intermédiaire d’un électro-aimant E à un fil de platine, qui pénètre dans l’instrument jusqu’au point
- Courant faradique. — Courant produit par un appareil d’induction. Terme d’électricité médicale.
- Courant galvanique. — Courant de pile.
- Intensité des courants. — Voy. Intensité.
- Effets physiques, physiologiques, chimiques. — Yoy. Effets et Électrolyse.
- Action sur les courants et les aimants. — Yoy. Électrodynamique et Électromagnétisme.
- Courants terrestres. — Yoy. Magnétisme terrestre.
- Courants telluriques. — Une ligne télégraphique dont les deux bouts sont au sol est généralement parcourue par des courants très variables, quelquefois assez intenses pour arrêter le service. Pour une même direction, la force élec-tromotrice est proportionnelle à la distance des points extrêmes. Elle est la même pour deux fils, l’un souterrain, l’autre aérien, ayant mêmes extrémités. Ces courants paraissent être des courants induits ; les courants inducteurs auraient leurs sièges dans les parties supérieures de l’atmosphère.
- Courants de Foucault. — Yoy. Induction.
- COURBE MAGNÉTIQUE, — Courbes magnétiques d'un aimant. Voy. Force (Lignes de).
- Courbes magnétiques du globe. — Yoy. Magnétisme terrestre.
- COURT-CIRCUIT. — On dit qu’un appareil ou une source d’électricité, placé dans un cir-ouit, est mis en court-circuit, lorsque ses deux extrémités sont réunies par un conducteur de résistance négligeable. C’est ce qui arrive si les deux extrémités de l’appareil viennent à se trouver par hasard en contact.
- COUTEAU. — Organe du télégraphe Morse
- estiné à soulever le papier, lorsque le cou-rant passe, pour l’appuyer contre la molette en°rée (Voy. Télégraphe). e COUVEUSE ÉLECTRIQUE. — Les couveuses doanUfîées Par l’électricité ont l’avantage de tan7*/ne température parfaitement cons-ganfi L appareil est f°rmé d’un panier (fig. 205) telas11 ^ part*e mférieure d’une sorte de ma-gl lil^a!1'dessous duquel s’enroule en spirale un mètre 6 ^^^hort d’une longueur de 8 à 10 de ia S’..(fu^ s échauffe sous l’action du courant P1 e ’r. Une disposition particulière sert à
- blCTIONNAIRE D’ÉLECTRICITÉ.
- vbe
- Fig. 205. — Couveuse électrique.
- voulu, 31 degrés par exemple. Le premier circuit, qui contient la spirale de maillechort, comprend en outre l’armature de l’électro-ai-mant. Lorsque la température atteint la limite fixée, le mercure du thermomètre touche le fil de platine et ferme le second circuit ; l’électro-aimant attire son armature, et rompt la première dérivation, de sorte que la spirale ne s’échauffe plus. Si la température s’abaisse au dessous de 31 degrés, le mercure descend; l’électro-aimant n’attire plus l’armature, qui reprend sa position première, et la spirale reçoit de nouveau le courant.
- CRAMPE TÉLÉGRAPHIQUE. — Affection nerveuse analogue à la crampe des écrivains, et qui empêche de transmettre les dépêches.
- CREUSET ÉLECTRIQUE. — Voy. Électrométallurgie.
- CRIBLE ÉLECTRIQUE. — Yoy. Bluteur électrique.
- CROCODILE. — Contact fixe placé sur une voie de chemin de fer et destiné à arrêter un train qui franchirait par inadvertance un signal d’arrêt. Ce contact peut être relié au pôle positif d’une pile dont le pôle négatif est à la terre. Quand on met le signal à l’arrêt, un commutateur relie le crocodile à la pile. Si un train vient à passer, une brosse métallique fixée à la machine touche le crocodile et par suite lance le courant dans un éiectro-aimant Hughes, placé sur la machine et relié d’autre part à la terre. La désaimantation de l’électro sous l’influence du courant ouvre la valve d’admission
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- CRYPTOTÉLÉGRAPHIE. — CURR-SENDER.
- de la vapeur dans l’éjecteur du frein à vide, et le train s’arrête automatiquement. A l’origine, le même mécanisme faisait manœuvrer un sifflet électro-automoteur (voy. ce mot), placé sur la machine.
- CRYPTOTÉLÉGRAPHIE. — Communication télégraphique à l’aide de signaux particuliers, compréhensibles seulement pour l’expéditeur et le destinataire. (Voy. Télégraphie.)
- CUIVRAGE ÉLECTROLYTIQUE. — Opération qui consiste à recouvrir les objets, et notamment la fonte de fer, d’un dépôt de cuivre par les procédés de la galvanoplastie. On cuivre également les objets en zinc et autres avant de les dorer, de les argenter, de les nickeler, ou même de les recouvrir d’un bronzage chimique, ces différents enduits s’appliquant beaucoup mieux sur la couche de cuivre. On appelle lailo-nisage le dépôt galvanique de cuivre jaune.
- Nous n’insisterons pas sur le cuivrage au trempé, qui n’a aucun rapport avec l’électricité, et qui consiste à tremper l’objet en fer ou en zinc dans une solution de sulfate de cuivre. On n’obtient ainsi qu’un dépôt de cuivre mince et peu adhérent. Aussi ce procédé est-il à peu près abandonné.
- Le cuivrage galvanique se fait dans des appareils semblables à ceux de la galvanoplastie. Un grand nombre de formules sont employées pour la composition des bains. Voici une de celles indiquées par M. Roseleur.
- Bain à froid ou à chaud pour l’étain, la fonte ou les gros objets de zinc.
- Bisulfite de soude........ 300 grammes.
- Cyanure de potassium...... 500 —
- Acétate de cuivre.......... 550 —
- Ammoniaque................ 200 —
- Eau ordinaire................ 25 litres.
- « On fait dissoudre dans 5 litres d’eau l’acétate de cuivre et l’ammoniaque, puis les autres sels dans le reste de l’eau, et l’on mélange les deux dissolutions. Si la décoloration n’était pas complète, on ajouterait un peu de cyanure.
- « Les bains au cyanure ont l’inconvénient d’exiger un décapage parfait, souvent difficile à obtenir. Ils sont d’une application défectueuse avec le fer ordinaire, et surtout avec la fonte, qui contiennent des pailles, des trous, des impuretés. La couche de cuivre est alors rugueuse et discontinue; la rouille apparaît aux points découverts et gagne par-dessous avec une grande rapidité. De plus, le cyanure de potassium du commerce renferme souvent des quantités notables de carbonate; de là des irrégularités dans la composition des bains et aussi dans les
- résultats obtenus. Enfin les cyanures sont d’un prix élevé et exigent un fort courant pour être décomposés, et ils ont le défaut d’être très vénéneux. Aussi un grand nombre de travaux ont-ils été dirigés vers la recherche des bains sans cyanures.
- « M. Weil se sert d’un tartrate double de cuivre et de potasse, avec un excès de potasse ou de soude, qui rend le sel plus soluble et augmente la conductibilité du bain. En outre, la liqueur, étant alcaline, protège le fer de toute attaque qui rendrait impossible l’adhérence du cuivre. » (Bouant, la Galvanoplastie).
- Voici la composition de ce bain :
- Eau............................ 10 litres.
- Sulfate de cuivre.............. 350 gr.
- Tartrate double de soude et de potasse...................... 1500 gr.
- Soude caustique................ 800 gr.
- On utilise également un certain nombre d’autres formules.
- CUIVRE (POLE). — Nom donné quelquefois au pôle positif d'une pile, qui n’est cependant formé d’une lame de cuivre que dans un petit nombre de piles.
- CURB-SENDER. — Dans les lignes télégraphiques sous-marines, on produit les deux espèces de signaux par des courants de sens contraires; malgré cette précaution, la ligne ne se décharge pas complètement, ce qui produit
- Fig. 206. — Cylindre de Faraday.
- des difficultés de lecture, surtout après Ténus-sion de plusieurs courants de même sens.
- On facilite la lecture en recourbant (curb
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- CUT-OFF. — DÉBIT.
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- sending) les signaux, c’est-à-dire en faisant suivre chaque courant d’un courant de sens contraire, mais de durée plus courte. Le curb-sender automatique de Thomson et Jenkin produit oette inversion automatiquement. Il est analogue au transmetteur automatique de Wheatstone ; il perfore une bande de papier sur deux lignes parallèles, chaque ligne correspondant l’une aux courants d’un certain sens, l’autre aux courants de sens contraire. Si les perforations se succèdent dans un ordre et à des distances convenables, chaque courant correspondant à un signal sera suivi
- d’un courant plus court et de sens contraire.
- CUT-OFF ou GUT-OUT. — Voy. Coupe-circuit.
- CYLINDRE DE FARADAY. — Si l’on introduit un corps électrisé ayant une charge -+-m dans un cylindre métallique isolé Y (flg. 206), celui-ci prend, d’après le théorème de Faraday (Voy. Influence), des charges — m et H- m sur ses faces intérieures et extérieures. Si le cylindre V est en communication avec un électromètre de Gaugain ou mieux de Thomson, l’instrument fera connaître, par le nombre des décharges ou par la déviation, la charge du corps électrisé.
- D
- DAMASQUÏNURE ÉLECTRIQUE. — La damas-quinure est l’art d’incruster dans un dessin gravé en creux sur métal un autre métal d’une couleur différente. Les procédés électrochimiques ont permis de remplacer l’emploi toujours difficile du burin par l’action du courant électrique .
- On trace le dessin à la gouache, on recouvre tout le reste de la surface d’un vernis à épargnes (Voy. Électrochimie), et l’on met la pièce comme anode dans un bain d’acide sulfurique très étendu : la gouache, qui est formée d’un *el de plomb, se dissout bientôt, et le métal est ensuite attaqué. Lorsqu’on trouve les traits assez profonds, on porte l’objet en guise de cathode dans un bain faible du métal à déposer, °r ou argent ; on l’y laisse jusqu’à ce que les ereux soient complètement remplis. On enlève ^lors le vernis et l’on polit à la main, pour enlever toute différence de niveau.
- On peut encore opérer d’une manière inverse, épargner le dessin et creuser tout le fond, qu’on recouvre ensuite d’or ou d’argent ; le dessin se détache sur ce fond.
- danse électrique. — Mouvements éprou-
- es par des pantins en moelle de sureau qui ‘Mirés alternativement par des plateaux ^rgés d’électricités contraires, loi - ÉLECTRIQUE. — Application des
- est* G ^ électr°dynamique. La danseuse (flg. 207) qui ravers^e Par un Al métallique vertical T, f0rnSe rePlie ensuite en hélice de manière à ûj61]Un so^®n°ï(ie ’• l’extrémité inférieure de P onge dans un godet de mercure G. Lors-
- qu’un courant, entrant par le mercure, traverse le solénoïde, les spires de celui-ci s’attirent l’une l’autre, et la danseuse se soulève. Mais le fil cesse alors de plonger dans le mercure ; le
- Fig. 207. — Danseuse électrique.
- courant est interrompu et la danseuse retombe par son poids. Un aimant cylindrique, introduit en sens convenable dans le solénoïde, augmente l’action et rend le mouvement plus rapide : les rideaux dissimulent le solénoïde et l’aimant.
- DÉBIT. — On appelle débit d’une source
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- DÉCHARGE — DÉCLENCHEMENT ÉLECTRIQUE.
- d’électricité, par analogie avec ce qui a lieu pour un courant d’eau, le nombre de coulombs qui traverse une section du conducteur interpolaire en un temps donné, par exemple en une seconde.
- Pour les machines électrostatiques et les bobines d’induction, le débit peut s’évaluer par le temps nécessaire pour charger un condensateur à un potentiel donné. On peut se servir pour cela de la bouteille de Lane. Dans les machines à frottement, il est proportionnel à la surface frottée ou à la longueur des frottoirs, et, dans des limites assez grandes, à la vitesse de rotation; il est indépendant de la capacité des conducteurs. Dans les machines à induction (machine de Holtz, etc.) le débit est beaucoup plus grand; il est encore proportionnel à la vitesse et indépendant de la capacité des conducteurs.
- DÉCHARGE. — Action de ramener à l’état neutre un corps électrisé, en le faisant communiquer avec le sol, ou un condensateur en reliant ensemble ses deux armartures. La décharge d’un condensateur ou d’une bouteille de Leyde (voy. ces mots) peut être lente ou instantanée.
- Le conducteur qui sert à la décharge est traversé par un véritable courant. La décharge est toujours accompagnée d’une étincelle. Si la plus grande partie de l’énergie disponible est dépensée dans les conducteurs qui servent à la décharge, celle-ci est dite conductive; elle est disruptive, si cette énergie est absorbée surtout par l’étincelle.
- Décharge conductive. — Dans la décharge conductive, si aucun travail extérieur n’est accompli, toute l’énergie est employée à échauffer le
- 1 1 M2
- conducteur. Cette énergie est - CV2 ou -
- Z 2 L
- Si Q est le nombre de calories dégagé et J l’équivalent de la chaleur 4,17, on a
- En prenant un circuit formé de très gros conducteurs, et en y intercalant un seul fil très fin, placé dans un thermomètre de Riess, ce dernier fil absorbe toute la chaleur, et l’on constate qu’il prend une température
- p étant son poids et c sa chaleur spécifique.
- Les métaux peuvent être ainsi fondus ou volatilisés. Si le circuit contient un corps mau-
- vais conducteur, la plus grande partie de l’énergie est dépensée sous forme de travail mécanique pour percer ou briser ce corps.
- Décharge disruptive. — La décharge disruptive offre des formes très variées qui peuvent cependant se diviser en trois espèces : l'étincelle, l'aigrette, la lueur (voy. ces mots).
- En étudiant ces trois formes avec un miroir tournant, on remarque que, malgré leur courte durée, elles sont toujours formées d’un grand nombre de décharges successives.
- DÉCLENCHEMENT ÉLECTRIQUE DE MISE DE FEU POUR TUBES LANCE-TORPILLES.—Dans les tubes lance-torpilles du système Canet, l’électricité est utilisée de la manière suivante.
- « On sait que la gargousse de lancement, d’une forme particulière, est fabriquée avec une poudre spéciale. Elle se place dans une chambre ménagée sur la face antérieure de la porte, et dont la disposition est telle que les gaz vont frapper les parois du tube avant d’atteindre la torpille.
- « De plus, dans le tube lance-torpilles système Canet, les gaz, se distribuant sur le pourtour delà torpille, ne viennent pas, comme cela se produit dans la plupart des tubes de lancement à la poudre, détériorer et encrasser le mécanisme de lancement de la torpille. On peut, grâce aux dimensions de la chambre, renforcer la charge en plaçant plusieurs gargousses, ce qui est nécessaire quand le tube est plein d’eau, ou quand on veut une plus grande vitesse initiale.
- « L’inflammation de la charge se fait au moyen d’une étoupille obturatrice à percussion qui se place dans un logement ménagé à cet effet au centre de la porte ; cette étoupille s’enlève à l’aide d’un extracteur coup-de-poing.
- « Ces détails étant donnés, voici comment l’électricité apporte son concours à la mise de feu.
- « Un verrou, glissant dans une rainure verticale de la culasse, porte un marteau qui peut tourner autour d’un axe monté sur un verrou ; ce marteau est muni d’une queue dentée engrenant avec une crémaillère fixée sur la porte. Quand le verrou remonte, la crémaillère agit sur la queue du chien et abat ce dernier sur le percuteur, qui se trouve à ce moment placé sur l’étoupille.
- « Le levier de mise de feu qui vient agir sur le verrou pour le faire remonter est actionne par un fort ressort bandé à l’avance. Une détente le maintient en place jusqu’à ce que le déclenchement du système se produise au moyen d’un électro-aimant.
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- DÉCLINAISON.
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- « Pour armer le mécanisme de mise de feu, on bande les ressorts au moyen d’un levier s’engageant dans une, douille, et on enclenche le linguet de détente. Une goupille de sûreté s’oppose à tout déclenchement accidentel tant qu’on ne veut pas faire le lancement.
- « La pile est renfermée dans une boite en bois munie de poignées; elle contient neuf éléments Leclanché disposés d’une façon particulière.
- « Un ferme-circuit permet à l’officier torpilleur de mettre le feu à distance. Une sonnerie à fils indépendants avertit du bon ou du mauvais
- fonctionnement de la pile. » (Colonel Gux, L'Électricité appliquée à l’art militaire.)
- DÉCLINAISON. — Angle que fait le mériden magnétique avec le méridien astronomique ; c’est aussi l’angle que fait une aiguille aimantée, mobile dans un plan horizontal, avec la ligne nord-sud. La déclinaison est dite orientale ou occidentale suivant que le pôle nord de l’aiguille est à l’est ou à l’ouest de la méridienne.
- Mesure de la déclinaison. — Pour mesurer la déclinaison, il faut déterminer d’abord le méridien astronomique, puis le méridien magnétique. On se sert pour cela d’une boussole de déclinaison, par exemple celle de Brunner.
- On rend d’abord le cercle inférieur bien horizontal à l’aide des vis calantes, puis on cherche le méridien astronomique, par l’une des méthodes ordinaires : la plus simple consiste à viser un astre avec la lunette du théo-dolite, quelque temps avant son passage au ^Qéridien; on note exactement, sur le cercle orizontal, l’azimut qui contient la lunette. On 'ise l’astre de nouveau quelque temps après, et note encore l’azimut de la lunette quand ^astre se trouve à la même hauteur au-dessus el horizon, après avoir traversé le méridien,
- c’est-à-dire quand on le voit au centre du champ, la lunette n’ayant pas été déplacée sur le cercle vertical. Le méridien est le plan bissecteur des deux positions du théodolite.
- Quand on a déterminé le méridien géographique, on fait tourner l’appareil sur le cercle gradué horizontal jusqu’à ce que le trait médian de l’une des extrémités de l’aimant fasse son image sur le réticule du microscope. Si l’on a tourné l’appareil d’un angle j3 à partir du méridien astronomique, la déclinaison est égale à l’angle [3.
- Il est nécessaire de prendre quelques précautions : il faut lire à chaque observation les deux verniers du cercle horizontal pour remédier aux erreurs de centrage.
- De plus, on vise successivement les deux pointes de l’aiguille en faisant passer le microscope au-dessous de la cage, puis on retourne l’aiguille de manière à diriger vers le haut la face qui regardait d’abord vers le bas, et on recommence les lectures, afin d’éviter les effets de la non-coïncidence de la ligne des pôles avec l’axe de symétrie de l’aimant.
- Dans les observatoires, on se sert encore, pour mesurer la déclinaison, d’instruments appelés magnétomètres, et, en voyage, on peut employer
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- DÉCLINOMÈTRE. — DENSITÉ ÉLECTRIQUE.
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- le théodolite magnétique de Lamont (voy. ces mots), qui est facile à transporter.
- Variations de la déclinaison. — La déclinaison subit des variations diurnes, séculaires et accidentelles.
- En un même lieu, la déclinaison éprouve une oscillation diurne bien nette, avec deux maxima et deux minima; l’amplitude est plus grande le jour que la nuit.
- A Paris, la déclinaison, lorsqu’on commença à l’observer, était orientale et allait en décroissant. Elle devint nulle en 1666, puis orientale, et augmenta jusqu’en 1824; elle était alors de 24».
- Depuis cette époque, elle diminue et redeviendra nulle vers 2114. Ces changements peuvent être représentés par une rotation uniforme de l’axe magnétique du globe autour de la ligne des pôles, se faisant dans le sens des aiguilles d’une montre, pour un observateur placé au pôle nord, et dans une période d’environ 900 ans.
- Les variations accidentelles ou orages magnétiques paraissent en rapport avec les aurores polaires.
- Les variations de la déclinaison sont étudiées à l’aide de magnétomètres enregistreurs (voy. ce mot).
- 15° •
- ÏBruxelî
- Paris
- ^ U I
- ÎTurJn
- Fig. 209. — Carte de la déclinaison en France.
- La figure 209 montre la disposition des lignes d’égale déclinaison en France.
- DÉCLINOMÈTRE. — Syn. de Magnéto-mètre.
- DÉCRÉMENT LOGARITHMIQUE. — Logarithme népérien du rapport de deux amplitudes consécutives d’un système oscillant, qui peut être pris comme mesure de l’amortissement (voy. ce mot).
- DENSITÉ D’UN COURANT. — Intensité par unité de surface du conducteur ou nombre d’ampères qui traverse un millimètre carré du conducteur.
- Dans le cas des courants alternatifs à courte période, sir W. Thomson a remarqué que la
- densité du courant, au lieu d’être uniforme dans toute la surface, va en diminuant à partir de la périphérie. Pour des conducteurs de plus d’un centimètre carré, il y a donc avantage à prendre des tubes creux n’ayant pas plus de 3 millimètres d’épaisseur.
- DENSITÉ ÉLECTRIQUE. — On nomme densité électrique en un point la charge électrique par unité de surface dans le voisinage de ce point, ou plus exactement, si q est la charge répandue sur une très petite surface S autour de
- ce point, la limite du rapport ^ lorsque S tend
- O
- vers zéro.
- La densité électrique est généralement varia-
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- DÉPÊCHE TÉLÉGRAPHIQUE. — DÉRANGEMENT. 183
- ble à la surface d’un corps électrisé. (Yoy. Distribution.)
- Densité magnétique...— Elle se définit comme la densité électrique.
- DÉPÊCHE TÉLÉGRAPHIQUE. — Synonyme de
- TÉLÉGRAMME.
- DÉPERDITION DE L’ÉLECTRICITÉ. — Un
- corps électrisé et isolé ne tarde pas à revenir à l'état neutre. On attribue cette déperdition de l'électricité à l’action de l’air et à celle des sup-
- ports.
- Déperdition par les supports. — Il n’y a pas de corps qui soit véritablement isolant : tous les supports conduisent donc plus ou moins l’électricité, soit par leur substance même, soit par la petite couche d’humidité dont dis sont ordinairement recouverts.
- Coulomb a étudié l’influence des supports à l’aide de la balance de torsion. Il considérait un support comme parfaitement isolant lorsque la déperdition était la même, la boule fixe étant soutenue par plusieurs supports identiques ou par un seul. La gomme laque est un bon isolant quand elle a été conservée dans l’air sec ; exposée longtemps à l’air humide, elle devient conductrice.
- Déperdition par Vair. — L’action de l’air peut résulter soit d’une conductibilité propre analogue à celle des solides et des liquides; soit d’une sorte de convection, les molécules d’air voisines du corps électrisé se chargeant à son contact de la même électricité ; elles sont alors repoussées et remplacées par d’autres qui s’électrisent à leur tour.
- Coulomb a étudié ce phénomène avec la balance de torsion, en déterminant la diminution de la torsion pendant chaque unité de temps. U a trouvé que le rapport de la diminution de torsion dans l’unité de temps à la torsion moyenne est constant dans une même série d’expériences. Ce rapport constant s’appelle le coefficient de déperdition. Il en résulte que la charge décroît en progression géométrique lorsque le temps augmente en progression arithmétique.
- Coulomb a vérifié que, dans l’air sec, et pour des charges peu considérables, le coefficient de déperdition est indépendant des dimensions, de a forme et même de la nature du corps ; il est aussi indépendant de la nature de l’électricité ;
- mais ü varie avec les conditions atmosphériques.
- -L Matteucci a constaté que la dépi ^iminue par l’agitation de l’air, qu’elle au Vec la température e que, pour d<
- charges, elle est plus rapide pour l’électricité négative, etc.
- DÉPERDITION MAGNÉTIQUE. — Diminution de la quantité de magnétisme qui se produit sous l’influence du temps dans un aimant aimanté à saturation.
- DÉPOLARISATION. — Action de dépolariser une pile, c’est-à-dire de faire disparaître la couche d’hydrogène qui tend à s’accumuler sur le pôle positif, ce qui augmente la résistance et diminue la force électromotrice (voy. Polarisation). On dépolarise une pile : 1° le plus souvent en absorbant l’hydrogène par un corps dépolarisant, c’est-à-dire oxydant (sulfate de cuivre, acide azotique, bichromate de potasse, etc.) ; 2° en recouvrant le pôle positif de platine pulvérulent et rugueux (pile de Smee) ; 3° en agitant le liquide par un courant d’air.
- DÉPÔT GALVANIQUE. — Dépôt métallique effectué sous l’action d’un courant électrique. (Voy. Électrolyse, Galvanoplastie, Électrochimie, Dorure, Argenture, etc.)
- DÉRAILLEMENT. — Dérangement d’un appareil télégraphique imprimeur dû à ce que le transmetteur et le récepteur ne sont pas synchrones.
- DÉRANGEMENT. — On nomme ainsi toute irrégularité dans les relations d’un poste télégraphique avec les postes correspondants.
- Dès qu’un dérangement se produit, il importe de le circonscrire et d’y rémédier.
- On cherche d’abord si le dérangement provient d’un des appareils du poste ou bien de la ligne. Plusieurs cas peuvent se présenter.
- a. Si l’on reçoit des postes correspondants des contacts intermittents, on sait immédiatement qu’il y a un mélange (contact) sur la ligne.
- b. Si l’on en reçoit un contact permanent, on consulte le galvanomètre. S’il est immobile, le dérangement est dans le poste. S’il donne une déviation constante, on détache le fil de ligne : si le contact cesse, le dérangement est dû à la ligne; s’il persiste, il est dû au poste et produit par un contact de la pile avec un des conducteurs.
- c. Si le poste correspondant appelle continuel-lemenr, ce qui indique qu’il ne reçoit pas la réponse, le plus souvent le dérangement est dans la ligne ou dans l’autre poste.
- d. Enfin, si l’on ne peut recevoir aucun signal du poste correspondant, on détache le fil de ligne et l’on ferme le poste par un circuit Jn-cal, en réunissant ses deux extrémités par un fil métallique. Si le récepteur fonctionne dans ces conditions, le dérangement est dans la
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- DÉRANGEMENT.
- ligne; s’il ne fonctionne pas, on essaye successivement les divers appareils du poste.
- Recherche d’un dérangement dans un poste.
- — Supposons qu’on ait vérifié que le dérangement est dans le poste. On essaye alors successivement chacun des appareils dont ce poste est composé.
- Pour cela, on opère de la manière suivante : Supposons par exemple qu’il s’agisse d’un télégraphe Morse. On réunit par un fil ou un objet métallique quelconque les deux bornes P' et P du manipulateur qui communiquent l’une à la pile, l’autre au récepteur (voy. Télégraphe) ; le courant de la pile locale passe alors directement dans le récepteur, qui doit être actionné. S’il en est ainsi, la pile et le récepteur sont en bon état.
- Pile. — Si cette opération ne réussit pas, on met la pile en communication avec un galvanomètre, pour voir si elle fonctionne ; si elle ne donne qu’un courant insuffisant, on essaye les divers couples séparément, et l’on remonte les éléments qui en ont besoin. On vérifie aussi la propreté et le bon état des contacts.
- Récepteur. — Si la pile marche bien, le dérangement est dans le récepteur. Il ne peut consister qu’en une rupture du fil, que l’on constate en y faisant passer un courant, ou en un défaut de réglage, auquel on remédie facilement.
- Manipulateur. — Après la vérification précédente, on vérifie le bon état du manipulateur en reliant sa borne de ligne à celle du récepteur et transmettant ainsi en local. Si la transmission se fait bien, le manipulateur est en bon état.
- Vérification du poste entier. — Enfin on vérifie d’une manière analogue la boussole, le paratonnerre, la sonnerie et tous les appareils du poste. Quand on a fini, il est J/' bon de vérifier le poste entier en supprimant la ligne et reliant directement la borne de ligne à la pile locale. On doit pouvoir alors faire en local toutes les opérations d’une bonne transmission et actionner à volonté le récepteur ou la sonnerie.
- Recherche d’un dérangement dans la ligne.
- — Les dérangements qui se produisent le plus ordinairement sur une ligne sont : un isolement, total par rupture du fil, ou partiel par mauvaise jonction; une perte à la terre, totale ou partielle, selon la manière dont s’estétabli ce
- contact; enfin un mélange ou contact de deux fils.
- Ces dérangements peuvent être trouvés facilement par une étude attentive de la ligne; mais on préfère ordinairement les chercher sans sortir du poste, en mesurant la résistance de la ligne, et vérifiant si elle présente sa valeur normale. Cette mesure se fait par la mé-thede du pont de Wheatstone, que nous indiquons plus loin (voy. ce mot).
- Pour cela, on met l’extrémité de la ligne à la terre au poste B (fig. 210) et, au poste A, on fixe
- l’autre extrémité à la borne b du pont de Wheas-stone.
- La borne c est mise à la terre, et a relié au pôle positif d’une pile, dont l’autre pôle est également à la terre ; la branche cd contient une boîte de résistances -R. En amenant le galvanomètre au zéro, on détermine la résistance du fil f ; connaissant sa longueur, on juge si cette résistance présente sa valeur normale.
- On détermine ensuite le point de la ligne où se trouve le dérangement. Supposons la ligne formée d’un seul fil (fig. 211), et soitD le dérangement; soit R la résistance de AD, R' celle de DB, et r celle du dérangement. On isole l’une
- -Ri.
- Fig. 21t. — Recherche de la distance du dérangement.
- des extrémités à la station B, et l’on mesure au poste A la résistance du fil R1? qui se composé de R et de r.
- Ri — R H- r.
- On isole , ensuite l’extrémité A et l’on mesure en B la résistance, qui est
- Ro — R’ -f- r.
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- DÉRIVATEUR. — DÉSINFECTION ÉLECTROLYTIQUE. 185
- On connaît de plus la résistance totale de la ligne AB, qui est
- R" = R + R'.
- Entre ces trois équations, on peut éliminer r et calculer R et R'; l’une de ces quantités suffit pour donner la distance du dérangement D à l'un des postes A ou B.
- Nous avons indiqué seulement les dérangements les plus fréquents; il peut s’en présenter un certain nombre d’autres auxquels on remédie d’une manière analogue.
- DÉRIVATEUR. — Appareil servant à empêcher les courants télégraphiques d’être entendus dans le téléphone (téléphonie par les lignes télégraphiques, procédé Van Rysselberghe).
- DÉRIVATION. — Lorsque deux points d’un circuit électrique sont reliés par deux ou plusieurs conducteurs, on dit qu’on a établi entre ces points une ou plusieurs dérivations. (Voy. Courant dérivé.)
- Beaucoup d’appareils, lampes, sonneries, etc., se placent souvent en dérivation.
- DÉSAIMANTATION. — Action de désaimanter un aimant, c’est-à-dire de le ramener à l’état neutre.
- DÉSAMORÇAGE. — Il peut arriver qu’une machine dynamo, continuant à tourner, cesse tout à coup de produire un courant. Le désamorçage peut être dû à une augmentation de la résistance du circuit, qui devient supérieur à la tangente trigonométrique de la tangente à la caractéristique à l’origine (voy. Caractéristique) ; il peut résulter aussi d’une diminution de vitesse de la machine, ce qui change la caractéristique, laquelle peut alors ne plus couper la droite qui représente la résistance.
- DÉSENGAGEUR oACOULISSE ÉLECTRIQUE. — Appareil électrique servant à empêcher la manœuvre intempestive des signaux dans les appareils de Tyer et Farmer, pour le Block-system.
- DÉSINFECTION ÉLECTROLYTIQUE. —M. E.
- Hermite a appliqué à la désinfection des vidanges et des eaux d’égout et à la purification des eaux d’alimentation ou des eaux indus-
- Fig. 212. — Appareil pour désinfection électrolytique.
- es une méthode analogue au procédé de crit (\lrnen^ électrolytique que nous avons dé-Co ^ uf haut. Cette méthode repose sur la déposition électrolytique des chlorures de
- potassium, sodium, calcium, magnésium ou aluminium en présence de l’eau; il se forme, dans ces conditions, d’après l’auteur, au pôle positif des composés oxygénés du chlore, très
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- DÉTERMINANTE. — DIAGOMÈTRE.
- instables et doués d’un grand pouvoir d’oxydation et de désinfection ; au pôle négatif, on obtient un oxyde capable de précipiter certaines matières organiques.
- On se procure donc ainsi un liquide qui a les propriétés suivantes :
- 1° De détruire complètement les matières organiques résultant de la putréfaction, et aussi les gaz tels que l’hydrogène sulfuré, le sulfure d’ammonium, les carbures d’hydrogène et aussi les germes ou microbes.
- 2° De précipiter certaines matières telles que les matières albuminoïdes, etc., et par conséquent de clarifier les eaux.
- Ce procédé peut être appliqué de deux manières différentes. On peut mélanger une faible proportion d’un des sels précédents avec le liquide à désinfecter, et faire circuler le mélange dans VÉlectrolyseur décrit ci-dessous (action directe). On peut au contraire prendre une dissolution d’un chlorure, ou de l’eau de mer, de l’eau provenant des marais salants ou même de certaines usines de produits chimiques, et faire circuler ce liquide dans les électrolyseurs autant de fois qu’il est nécessaire pour lui donner le titre voulu en composés chlorés ; on le mélange ensuite avec le liquide à désinfecter ou on l’emploie pour le lavage des égouts ou des ruisseaux.
- La figure 212 représente l’électrolyseur employé par M. Hermite.il consiste en une cuve de fonte galvanisée, ayant à la partie inférieure un tube perforé d’un grand nombre de trous et muni d’un robinet en zinc par lequel arrive le liquide. Le haut de la cuve est muni d’un rebord formant canal ; le liquide déborde dans ce canal et sort par un tuyau. On a ainsi une circulation continuelle.
- Les électrodes négatives sont formées par un certain nombre de disques en zinc montés sur deux arbres qui tournent lentement. Entre chaque paire de disques sont placées les électrodes positives, formées de toile de platine maintenue par un cadre en ébonite. Des couteaux flexibles en ébonite, fixés sur les plaques positives, pressent contre les disques en zinc et détachent immédiatement les dépôts qui pourraient se former. Toutes les électrodes de même nom d’un appareil sont réunies en batterie. Si l’on emploie plusieurs électrolyseurs, on les monte en tension.
- Ce procédé convient particulièrement aux villes voisines de la mer ou à celles qui peuvent d’une manière quelconque se procurer à bas prix le chlorure nécessaire.
- La Stanley Electric Company, de Philadelphie étudie actuellement un procédé différent de purification des eaux, fondé sur la réduction des matières organiques par l’oxyde de fer. L’eau est accumulée dans un réservoir, d’où une pompe l’envoie d’une façon continue dans un électrolyseur, contenant des électrodes négatives en charbon et des anodes en fer. Une petite quantité d’eau est décomposée; l’oxygène qui se porte au pôle positif attaque le fer. L’oxyde se détache, réduit les matières organiques, et vient flotter à la surface. Il est entraîné par un tuyau de déversement situé à la partie supérieure. L’eau s’écoule dans un filtre où on la laisse séjourner quelque temps, pour permettre à la petite quantité d’oxyde restée en suspension de se déposer. Les résultats paraissent satisfaisants.
- Enfin l’on essaye en Angleterre le procédé Webster, qui fait usage de plaques positives en charbon et d’électrodes négatives en fer, séparées par une cloison poreuse. On obtient d’après l’auteur, au pôle positif une solution de chlore et d’acide hypochloreux, grâce aux chlorures qui se trouvent toujours dans les eaux d’égout, au pôle négatif, de l’ammoniaque, de la soude et de la potasse qui, à leur tour, précipitent les sels de chaux et de magnésie, tandis que les premiers composés oxydent et détruisent rapidement les matières organiques.
- DÉTERMINANTE. — Intensité maximum que puisse subir une machine dynamo sans éehauf-fenient sensible.
- DÉVIATION (Méthode de). — Voy. Méthode.
- DIAGOMÈTRE. — Sorte d’électroscope imaginé par Rousseau, en 1823, pour reconnaître la falsification des huiles d’olive, en s’appuyant sur ce que la propagation de l’électricité, très lente dans certains liquides, est notablement changée par la présence d’une petite quantité d’un autre liquide.
- Le diagomètre se compose de deux disques de clinquant verticaux (fig. 213) : l’un L est porté par une tige métallique qui traverse Ie disque métallique PP et peut recevoir à l’autre extrémité L' un godet G, également en métal. L’autre disque est fixé à l’extrémité d’une aiguille aimantée très légère M, placée sur un p1' vot d’acier qui termine une colonne métallique placée au centre du plateau PP. Le godet G étant rempli du liquide à essayer, jusqu’à un niveau constant, on tourne l’appareil jusqu’à ce que Ie disque d’épreuve L vienne toucher exactement le disque mobile, qui se place de lui-même dans le méridien magnétique, puis on amène au con
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- DIAMAGNÉTIQUE. — DISQUE ÉLECTRIQUE
- tact de la surface du liquide une tige métallique isolée et mue par une crémaillère, et l’on fait
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- communiquer cette tige, avec l’un des pôles m d’une pile sèche dont l’autre pôle m est au sol. p suffît alors d’observer, à l’aide d’un chrono-juètre, le temps que met l’aiguille à atteindre son maximum d’écart, à partir du moment où la communication est établie.
- Fig. 213. — Diagomètre de Rousseau.
- Un cercle d’ivoire divisé E, fixé sur le plateau PP, permet d’observer les écarts.
- Rousseau a reconnu ainsique l’huile d’olive possède une conductibilité de beaucoup inférieure à celle de toutes les autres huiles végétales ou animales, et qu’on peut apprécier facilement par ce procédé le degré de pureté des huiles d’olive du commerce.
- DIAMAGNÉTIQUE (Corps). — Corps repoussé par l’aimant. (Voy. Magnétique.)
- DIAMAGNÉTISME. — Propriété que possèdent certains corps d’être repoussés par les aimants. (Voy. Magnétique.)
- DIAMAGNÉTOMÈTRé. —- Appareil servant à étudier le diamagnétisme.
- DIAPHRAGME. — Cloison poreuse servant à séparer les liquides d’ une pile.
- DIÉLECTRIQUE. — Syn. de corps isolant ou mauvais conducteur. Faraday leur a donné ce nonb parce que ce sont les seuls dans lesquels Us forces électriques puissent exister ou se propager.
- différentiel (Galvanomètre). — Voy. Gal-'"-'nomktre .
- ^dilatation électrique du verre. —
- j)° a constaté que le volume intérieur d’une deLeyde augmente lorsqu’onla charge, sieurs physiciens ont constaté le même phé-n°mène.
- dimensions des unités. — voy. unités.
- LEX. — Voy. Télégraphie.
- DISJONCTEUR. — Voy. CONJONCTEUR.
- DISPERSION ÉLECTRIQUE. — Syn. de Déperdition.
- DISQUE ÉLECTRIQUE. — I .orsqu’un disque d’arrêt est placé à plus de 1500 ou 1800 mètres du poste qui doit le manœuvrer, l’emploi des dispositions mécaniques ordinaires devient difficile, surtout par un grand vent, car l’effort nécessaire peut alors dépasser la résistance des fils de fer de 3 ou 4 millimètres, employés d’ordinaire, et déterminer leur rupture. On a essayé dans ce cas d’avoir recours à l’électricité, notamment sur les chemins de fer d’Autriche, de Suisse, des États-Unis. Les disques électriques sont peu employés en France, parce qu’ils sont plus coûteux et plus délicats que les appareils ordinaires : ils ont été cependant mis à l’essai, notamment par la Compagnie de l’Est.
- System,e Teirich et Léopolder. — Ce système est l’un des plus employés en Autriche. L’axe vertical I qui porte le disque est commandé parmi mécanisme d’horlogerie, qui, dans la position ordinaire,.est arrêté en trois pointsE, Fet G (fîg. 214). Pour manœuvrer l’appareil, on
- Fig. 214. — Mécanisme du disque Teirich et 'Léopolder (d’après un dessin communiqué par M. G. Dumont).
- se sert d’une petite machine magnéto-électrique, à l’aide de laquelle on envoie dans les bobines BB’ une série de courants alternatis. L’armature polarisée A est alors attirée alternati-
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- 188 DISRUPT1YE (Décharge). — DISTRIBUTION DE L ELECTRICITE.
- vement par ces deux bobines et exécute une série d’oscillations qui dégagent l’ancre d’échappement C. Le levier CC bascule et soulève la pièce D, qui libère le mécanisme en E, F et G. Celui-ci se met à tourner et entraîne, au moyen de la bielle L et des roues d’angle supérieures, l’arbre I, qui fait un quart de tour et met le disque à l’arrêt. En même temps, le doigt N met en contact les deux ressorts U et Y, ce qui ferme le circuit de la sonnerie de contrôle.
- Les cames de la roue M ramènent ensuite à leur position initiale le levier CG et la pièce D, et arrêtent le mouvement.
- Pour rouvrir le disque, on lance de nouveau les courants alternatifs.
- L’emploi des courants alternatifs a l’avantage de soustraire les appareils à l’influence des orages, l’échappement C ne pouvant être déclenché que par une série d’oscillations de l’armature A.
- Système Sehœffler, etc. — Il existe beaucoup d’autres systèmes de disques électriques. La Compagnie de l’Est a expérimenté les disques Sehœffler, qui sont mus par un mouvement d’horlogerie analogue à celui des cloches Léo-polder, contenu dans une boîte formant le socle de l’appareil, et actionné par un poids.
- Quand le disque est ouvert, le courant continu d’une pile Meidinger traverse un électroaimant, qui attire une armature et arrête le mouvement d’horlogerie. Lorsqu’on interrompt le courant au moyen d’un commutateur placé au poste de manœuvre, l’armature s’incline et laisse échapper le mécanisme, qui entraîne l’arbre du disque et le fait tourner de 90° ; une came vient alors arrêter le mouvement. Si on lance de nouveau le courant dans l’électro-aimant, la disposition est telle qu’on obtient une rotation de sens contraire à la première, et le disque s’efface.
- La Compagnie de l’Est a remplacé, depuis le mois d’aoùt 1886, le disque Sehœffler, dont les rouages s’usent assez rapidement sous l’influence de la poussière, par le disque de MM. Dumont et Postel-Vinay, dont les organes sont très robustes, et qui est également actionné par le courant continu d’une pile au sulfate de cuivre.
- DISRUPTIVE (Décharge). — Voy. Décharge et Étincelle.
- DISSIMULÉE (Électricité). — Voy. Électricité.
- DISTANCE EXPLOSIVE. — La distance explosive entre deux conducteurs, ou la longueur maxima de l’étincelle, dépend de la différence
- de potentiel de ces conducteurs; elle croît plUs vite que cette différence. En outre, elle diffère un peu avec la forme des conducteurs : ainsi elle est plus grande avec deux sphères qu’avec deux plateaux.
- Dans l’air, la distance explosive est la même pour l’aigrette et pour l’étincelle. Si l’on diminue la pression, la distance correspondant à une certaine différence de potentiel augmente jusqu’à une certaine limite, et diminue ensuite rapidement. Cette limite dépend d’ailleurs de la nature du gaz et des dimensions du tube. Enfin, au-dessous d’une certaine pression, la décharge ne passe plus, quelle que soit la différence de potentiel. Il semble donc que l’électricité se transmette par les molécules du milieu isolant.
- DISTRIBUTEUR. — Organe du télégraphe Baudot servant à transmettre les combinaisons du manipulateur.
- DISTRIBUTION DE L’ÉLECTRICITÉ. — Se dit
- de la distribution de l’électricité dans les corps électrisés, et aussi de l’action de répartir l’énergie électrique sur divers points où elle doit être utilisée d’une manière quelconque.
- I. Distribution de l’électricité dans les corps électrisés. — Distribution sur les conducteurs électrisés.— L’expérience montre que : dans un conducteur en équilibre, toute Vélectricitè est sur la surface extérieure.
- On démontre cette loi par un grand nombre
- d’expériences. Ainsi, en touchant successif' ment avec un plan d’épreuve les surfaces int®j rieure et extérieure d’une sphère électrisee isolée (fig. 215), et portant ensuite le plan de preuve, en guise de boule fixe, dans une balance
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- DISTRIBUTION DE L’ÉLECTRICITÉ.
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- de Coulomb, on trouve qu’il ne s’est électrisé qu’au contact de la surface extérieure. De même, si l’on recouvre un instanrt une sphère électrisée
- Fig. 216. — Sphère de Cavendish et hémisphères mobiles.
- avec deux hémisphères isolés (fig. 216) en contact avec elle, elle leur cède toute son électricité et n’en garde aucune trace.
- Faraday électrisait un cône d’une étoffe légère et conductrice (fig. 217), et montrait à l’aide du plan d’épreuve que toute l’électricité était sur la surface extérieure ; puis il retournait rapidement l’étoffe en tirant le fil de soie intérieur et montrait de la même façon que l’électricité avait passé entièrement sur la nouvelle surface extérieure.
- La surface du conducteur, au lieu d’être continue, peut même présenter des ouvertures assez grandes ou être constituée par de larges mailles, sans que le théorème précédent cesse d’être vrai. Faraday l’a montré en s’enfermant avec des instruments très sensibles dans une grande cage isolée à parois conductrices. La cage fut chargée avec une machine très puissante, sans qu’on pût constater la moindre trace d’électricité à l’intérieur.
- Distribution de la couche superficielle. —- La distribution de la couche électrique sur la surface d’un conducteur n’est jamais uniforme, si ce n’est dans dans le cas d’une sphère; pour tout autre conducteur, la densité varie d’un point à un autre. Coulomb a étudié cette distribution à l’aide d’un plan d’épreuve (voy. ce
- Fig. 217. —Sac de Faraday.
- m°t), qu’il mettait en contact successivement avec les divers points de la surface ; puis il le portait, en guise de boule fixe, dans la balance de torsion, dont taboulé mobile avait une charge constante. La torsion nécessaire pour maintenir ^es deux houles à une distance fixe est évidemment proportionnelle à la charge du plan d’é-Preuve, et par suite à la densité du point touché. On pourrait encore porter le plan d’épreuve ans le cylindre de Faraday, sans le toucher ;
- cjlindre communiquant avec un électromètre, a déviation de cet instrument ferait connaître a charge du plan d’épreuve.
- Coulomb a constaté que la distribution n’est uniforme que sur la sphère. Sur un ellipsoïde, la couche électrique, si on la regarde comme homogène et d’épaisseur variable, serait limitée par un ellipsoïde semblable au premier et semblablement placé. D’une manière générale, l’électricité se porte surtout aux points où le rayon de courbure est le plus petit, c’est-à-dire sur les parties les plus pointues. Ainsi, sur un disque, la densité, faible et sensiblement uniforme sur toute la partie centrale, augmente rapidement vers les bords. De là résultent les propriétés des pointes.
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- DISTRIBUTION DE L’ÉLECTRICITÉ.
- Distribution dans les corps isolants. — Les résultats qui précèdent ne s’appliquent pas aux diélectriques. Remarquons d’abord qu on peut déposer une couche électrique sur une partie delà surface sans qu’elle se répande sur le reste : on peut le vérifier facilement avec un gâteau de résine, qu’on touche en un point avec un corps électrisé, et sur lequel on projette une poudre, qui s’attache seulement à la partie électrisée. De plus, l’électricité pénètre à l’intérieur de ces corps : si l’on met un bâton de résine en contact avec une machine de Ramsden, puis qu’on le frotte avec une peau de chat, la couche négative ainsi développée disparaît bientôt et est remplacée par la première couche positive, qui revient à la surface; on le reconnaît en projetant un mélange de soufre et de minium. (Yoy. Figures de Lichtenberg.)
- II. Distribution de l’énergie électrique. — du lieu Reproduire l’électricité en chaque point où elle doit être utilisée, il est plus économique de le faire dans une station centrale, qui la distribue à tous les abonnés, suivant leurs besoins. Cette distribution peut se faire de plusieurs manières.
- Le plus souvent, on emploie une distribution directe : de la station partent des conducteurs, qui portent le courant aux divers appareils destinés à l’utiliser, et que nous appellerons d’une manière générale les récepteurs ; le tout forme un circuit fermé. Chacun des récepteurs doit recevoir pour fonctionner une certaine quantité d’énergie, représentée par le produit de l’intensité du courant par la différence de potentiel aux bornes du récepteur. L’intensité et la différence de potentiel varient d’ailleurs en général d’un récepteur à un autre, de sorte que le problème est fort compliqué. Pour le simplifier, on s’arrange souvent de manière que tous les appareils qui doivent être excités par un même générateur fonctionnent soit avec la même intensité, soit avec la même différence de potentiel. De là deux procédés relativement simples de distribution.
- Distribution en série ou en tension. — Supposons d’abord que tous les récepteurs exigent la même intensité : il suffit alors de les disposer en série, c’est-à-dire à la suite les uns des autres sur un circuit unique aboutissant aux deux pôles de la dynamo. Mais ce système n’est pas sans inconvénients. Si l’un des récepteurs ne fonctionne pas, il semble naturel de le remplacer par une résistance équivalente; l’intensité reste constante et le fonctionnement des autres récepteurs n’est pas altéré; mais il en résulte que la dynamo doit toujours marcher à la même
- vitesse, et par suite absorber le même travail moteur, quel que soit le nombre des appareils en service, ce nombre fut-il zéro. Il est clair que, dans cette disposition, le rendement est d’autant plus faible qu’il y a un plus petit nombre de récepteurs fonctionnant, ce qui est évidemment défavorable au point de vue économique.
- Les résistances équivalentes aux récepteurs peuvent être disposées près de la machine; on les introduit à la main, aucune disposition automatique n’ayant réussi jusqu’à présent. Ces résistances doivent être placées dans le circuit même des inducteurs, si la machine est excitée en série ou parune excitatrice, en dérivation sur ce circuit si la machine est elle-même excitée en dérivation.
- Une autre solution consiste à mettre simplement en court circuit le récepteur qui n’est pas en service, en le remplaçant par une résistance négligeable, mais faire en même temps décroître la force électromotrice de la dynamo de manière à compenser la diminution de résistance et à empêcher l’intensité d’augmenter, au moins d’une manière sensible.
- Cette variation de force électromotrice est obtenue de différentes manières, par exemple en faisant varier le calage des balais, comme dans la machine Thomson-Houston. M. Maxim emploie une machine à excitatrice, et agit sur les bàlais de l’excitatrice. Ces balais sont montés sur une armature mobile, commandée par un levier, qu’un ressort écarte d’un électro-aimant parcouru par le courant induit. Lorsque le courant vient à augmenter, l’électro attire le levier malgré le ressort, et les balais s’écartent de leur position normale, ce qui affaiblit le courant excitateur.
- M. Marcel Deprez excite la génératrice à la fois par une dérivation et par une machine excitatrice.
- Enfin, M. Cabanellas se servait de plusieurs machines identiques, tournant à la même vitesse, et montées en série. Un commutateur automatique réglait le nombre des machines en circuit, de manière à maintenir l’intensite constante.
- Le système de distribution en série a l’avantage d’être très simple et de n’employer que des courants peu intenses, et par suite de ne pas nécessiter de très gros conducteurs; il esl donc assez économique, surtout lorsque leS récepteurs sont éloignés de la station. Il a lin' convénient de ne pas assurer l’indépendance des récepteurs.
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- DISTRIBUTION DE L’ÉLECTRICITÉ.
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- Distribution en dérivation ou en quantité ou à différence de potentiel constante. — Dans ce système» l’intensité est variable, mais la différence (je potentiel aux bornes de la dynamo reste constante. De ces bornes partent des circuits en nombre égal à celui des récepteurs, de sorte que chacun d’eux ne contient qu’un appareil. La différence de potentiel est donc la même aux deux bouts de chaque circuit, mais l’intensité peut être différente dans chacun d’eux, suivant leur résistance. Dans la génératrice, l’intensité est égale à la somme des intensités dans toutes les dérivations. Les récepteurs doivent être disposés pour marcher sous la même différence de potentiel, en tenant compte cependant de la chute qui se produit dans les conducteurs de chaque circuit.
- Dans ce système, les récepteurs sont indépendants. Si l’on met l’un deux au repos en le remplaçant par une résistance équivalente, rien n’est changé dans les autres circuits ; mais il y a à faire les mêmes remarques que pour la distribution en série. Si, en arrêtant un récepteur, on coupe le circuit correspondant, il en résultera une diminution dans l’intensité totale et un accroissement dans celle de chaque dérivation. L’effet inverse se produira si on met l’appareil non en service en court circuit, en le remplaçant par une résistance négligeable. Dans tous les cas, il faut, comme dans la distribution en série, remédier aux changements produits par la suppression d’un ou de plusieurs récepteurs, mais de manière à maintenir constante la différence de potentiel aux bornes de la machine. On y arrive par des procédés analogues à ceux décrits pour la distribution en série.
- M. Edison a appliqué le premier la distribution en quantité dans l’usine de Pearl Street à New-
- Tork. La dynamo est excitée en dérivation, et cette dérivation contient aussi un rhéostat circulaire manœuvré à la main, et qui permet d’introduire jusqu’à 180,000 ohms. Une autre déri-vation du circuit principal contient un galva-Thomson et une batterie étalon de 'olts, disposée de manière que son courant ^ans Ie galvanomètre, opposé à celui de du ^1,aino’ L’ouvrier chargé de la manœuvre qu’T ^°Stat surveille le galvanomètre : tant pote aU z^ro’ c est ffue la différence de rï°nn®e Pai*la machine est exactement PéchaitS’ est dévié, la graduation de
- fauj. e.e connaître le nombre d’ohms qu’il
- imm^°Uter ou retrancher dans le circuit des nducteurs.
- ns la distribution en quantité, il n’est pas
- indispensable que tous les circuits partent des bornes mêmes de la machine ; en général la division ne commence qu’au voisinage des récepteurs, et le courant total est amené jusqu’en ce point par un conducteur principal, de diamètre convenable. On comprend que, l’intensité dans ce conducteur étant égale à la somme des intensités dans toutes les dérivations, les conducteurs principaux doivent être de fort diamètre, ce qui augmente beaucoup la dépense. En outre, on est forcé de limiter beaucoup leur longueur; sinon leur résistance absorbe une énergie considérable ; dans la pratique, on ne peut guère dépasser un rayon de 500 à 600 mètres autour de l’usine.
- Pour diminuer la dépense des conducteurs, M. Edison a proposé un système de distribution à trois fils, que nous décrirons plus loin (voy. Montage des lampes). Il a indiqué en outre une combinaison qui.permet d’étendre sans inconvénient la distribution à une plus grande distance.
- Distributions diverses. — Il existe bien d’autres modes de distribution, qui sont généralement des modifications du précédent. Nous en donnerons un certain nombre d’exemples à l’article Montage des lampes.
- Distributions indirectes. — Dans les distributions indirectes, l’énergie est répartie par l’intermédiaire d’accumulateurs ou de transformateurs.
- Un premier procédé consiste à charger à la station centrale des accumulateurs qu’on porte ensuite chez les abonnés. Ce système est peu pratique, à cause du poids des accumulateurs, et d’autant plus coûteux que ces appareils, fréquemment transportés, s’usent très vite. Il ne convient donc qu’à des installations provisoires, ainsi que nous l’avons indiqué plus haut (voy. Accumulateur).
- On peut au contraire obtenir de bons résultats en laissant les accumulateurs à poste fixe ; on les emploie alors de deux manières, qui rentrent toutes deux dans les distributions en quantité. On peut disposer des batteries d’accumulateurs sur le circuit partant de l’usine, de manière à former pour ainsi dire autant de stations secondaires, de chacune desquelles part un circuit contenant un certain nombre de récepteurs. Chacune de ces stations possède deux batteries qui sont alternativement en service : l’une alimente les récepteurs de son circuit, tandis que l’autre se charge par un courant de haute tension venant de l’usine centrale. Cette méthode a l’inconvénient de doubler le nombre
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- 192 DISTRIBUTION DU MAGNÉTISME. — DORURE GALVANIQUE.
- des accumulateurs et de perdre beaucoup d’énergie, toute celle qui est consommée par les récepteurs passant d’abord par les batteries. Le système Edmunds, usité en Angleterre, est fondé sur le principe précédent.
- Il est plus avantageux de mettre les récepteurs et les batteries en dérivation sur le circuit principal (fïg. 218). Lorsque les récepteurs
- Fig. 218. — Distribution par accumulateurs.
- ne consomment que peu d’énergie, une partie du courant de la dynamo traverse les accumulateurs, qui se chargent. Si le nombre des récepteurs en service augmente, les accumulateurs se joignent à la machine pour alimenter le réseau. La machine fournit donc toujours aux récepteurs au moins une partie du courant directement, et la perte d’énergie est plus faible ; en outre le nombre d’accumulateurs est plus petit. Ce système a été adopté par M. Crompton, M. Monnier et M. de Khotinsky.
- Tout récemment, M. de Montaud, prenant pour base le cahier des charges imposé par la ville de Paris pour la distribution de l’électricité, a étudié la distribution dans un secteur entier, en utilisant les accumulateurs comme transformateurs distributeurs. Ce système se rapproche du précédent.
- D’après le calcul de M. de Montaud, le système qu’il propose réduirait les frais d’installation de près de 50 p. 100.
- Nous signalerons enfin les distributions indirectes par l’intermédiaire de transformateurs secondaires. Les transformateurs (voy. ce mot), placés en divers points du réseau, reçoivent un courant de haute tension, de sorte que la perte d’énergie est faible, et le transforment en courants de basse tension et de grande intensité, susceptibles d’être envoyés avantageusement dans les récepteurs.
- DISTRIBUTION DU MAGNÉTISME DANS LES AIMANTS. — Voy. Aimant.
- DORURE GALVANIQUE. — De la Rive parvint le premier, en 1840, à dorer le cuivre, le laiton et l’argent en décomposant par un courant très faible une dissolution très étendue de chlorure d’or; les procédés presque identiques découverts par Elkington (septembre 1840) et par Ruolz (1841) remplacèrent bientôt cette première méthode.
- La dorure galvanique se fait dans les appareils ordinaires (voy. Argenture et Galvanoplastie).
- La pièce est d’abord décapée avec soin parles procédés ordinaires (voy. Électrochimie) puis portée dans le bain.
- Les bains sont ordinairement formés par du cyanure d’or dissous dans un excès de cyanure de potassium. Voici deux formules qui conviennent parfaitement.
- Bain Roseleur, pour la dorure à froid des grandes pièces :
- Eau distillée.................... 10 litres.
- Cyanure de potassium pur.... 200 gr.
- (ou cyanure à 75 % : 300 gr.)
- Or vierge transformé en chlorure neutre..................... 100 gr.
- Bain Bmeleur, pour la dorure à chaud des petites pièces :
- Eau distillée.................... 10 litres.
- Bisulfite de soude.............. 100 gr.
- Cyanure de potassium pur.... 10 gr.
- Phosphate de soude cristallisé. 600 gr.
- Or vierge transformé en chlorure neutre...................... 10 gr.
- Cette formule convient bien à la dorure rapide de l’argent, du cuivre et de ses alliages. Pour dorer la fonte, le fer, l’acier directement, sans cuivrage préalable, il vaut mieux pren-
- dre :
- Eau distillée................... 10 litres.
- Bisulfite de soude............. 125 gr.
- Cyauure de potassium pur.... 5 gr.
- Phosphate de soude............ ,500 gr.
- Or vierge transformé en chlorure neutre................... 10 gr.
- « On peut dorer directement le cuivre et ses alliages, l’argent, le zinc, le fer, la fonte et 1 a-cier. Cependant il est préférable de recouvrir d’abord l’argent et les autres métaux d’une couche de cuivre.
- « Le dépôt se produit à chaud ou à froid. La difficulté de chauffer des bains de quelque mi' portance fait préférer la dorure à froid pour les gros objets, tels que pendules et candélabres, mais la dorure à chaud prend une couleur pluS vive et, à égale quantité d’or, elle est plus solide.
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- DOSOMËTRE ÉLECTROLYTIQUE. — DUPLICATEUR.
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- « On fait usage d’une anode d’or vierge, soutenue par des fils de platine. Comme cela se produit pour un grand^ nombre de dépôts, l’anode ne peut se dissoudre assez rapidement pour entretenir la richessedubain.il faut ajouter de temps en temps soit de l’oxyde d’or, soit du chlorure d’or, et même un peu de cyanure Je potassium. On doit retirer l’anode quand le bain ne fonctionne pas, car elle continuerait à se dissoudre.
- « La dorure à froid doit se faire aussi lentement que possible, à l’aide d’un courant faible. Un courant trop fort donne une teinte rouge ou même noire ; un courant convenable, une dorure jaune.
- « Quand on opère à chaud, on porte le bain à une température comprise entre 30° et 80° C. On prend une anode insoluble, en platine, et on suspend les objets à un crochet que l’on tient à la main et que l’on agite. La dorure s’effectue très rapidement; elle est suffisante après quelques minutes. Le courant doit être faible. On emploie le bain jusqu’à ce qu’il soit épuisé, puis on en fait un autre, sans le remonter.
- « La dorure, surtout celle à chaud, peut présenter, avec un même bain, plusieurs colorations différentes dues à des agrégations différentes de la couche. Ainsi on modifie la nuance en faisant plonger dans le bain une plus ou moins grande quantité de l’anode de platine. Avec une petite surface d’anode, on a une couleur pâle ; une anode de plus grande surface donne une couleur de plus en plus foncée.
- « Quand la dorure est terminée, on donne à 1 objet une belle couleur d’or au moyen d’une bouillie appelée or moulé et composée de :
- Alun............................. 30 parties.
- Azotate de potasse............... 30 —
- Ocre rouge....................... 30 —
- Sulfate de zinc................... 8 —
- Sel marin......................... 1 —
- Sulfate de fer.................... 1 —
- j, '' ^ette pâte est appliquée sur la dorure à ai(le d’une brosse, puis on chauffe l’objet sur Uûe Plac[ue de fer jusqu’à ce qu’il devienne
- cèdS^Ue n°^r’ on ^ave a l’eau froide. On pro-® enfin au brunissage. » (Bouant, La Galva-noPlastie.)
- desiS ^e c°uleur. — En ajoutant aux bains d’or diver° U^°ns cuivre ou d’argent, faites dans VarianfS ^roP°rlaons> OEL obtient des colorations qu'à? ^ePu^s la nuance rouge de cuivrejus-s°Us les^n^G ^anc^e l’argent et désignées noms d’or jaune, or rouge, or vierge,
- OlCïIOSNAIRE D’ÉLECTRICITÉ.
- or rose, or nouveau, or défleuri, or vert, or blanc, etc.
- On procède souvent par tâtonnement. Pour les dépôts d’or vert, on place dans un bon bain d’or une anode soluble d’argent pur; on fait passer le courant et l’on attend que le métal déposé au pôle négatif ait la couleur cherchée. On remplace alors la lame d’argent par une plaque d’or vert, et le bain est prêt à être employé.
- Pour l’or rouge, on peut opérer de même en prenant d’abord une anode de cuivre pur, et la remplaçant ensuite par une plaque d’or rouge. On peut aussi mélanger en proportions convenables un bain de cuivrage rouge à un bain d’or ordinaire ; mais ce procédé est inférieur au premier.
- Enfin le dépôt d’or rose exige trois couches successives, obtenues avec des bains de composition différente.
- DOSOMÈTRE ÉLECTROLYTIQUE. — Instrument destiné à indiquer l’intensité d’un courant dans les applications médicales.
- DOUBLE EXCITATION. — Mode d’excitation d’une machine dont les inducteurs sont munis de deux circuits, dont l’un reçoit le courant de la machine elle-même, l’autre celui d’une excitatrice.
- DR0M0SC0PE. — Instrument inventé par M. le commandant Fournier, et destiné à corriger les indications de la boussole marine.
- DUEL ÉLECTRIQUE.—Application de l’électricité aux jeux de théâtre. Deux adversaires croisent le fer (fig. 219); il sont en, rapport avec une pile Trouvé; chaque combattant porte une cuirasse qui forme, avec l’épée, les deux pôles de la pile.
- Lorsque les deux épées se rencontrent, il jaillit du fer de chaque adversaire une myriade d’étincelles d’un pittoresque effet, et, quand l’une des lames touche la cuirasse de l’adversaire, une puissante lumière projette des rayons éclatants pendant toute la durée du contact.
- DUPLEX. — Mode d’installation permettant à deux postes télégraphiques d’échanger en même temps des dépêches dans les deux sens à l’aide d’un seul fil de ligne. (Yoy. Transmission
- SIMULTANÉE.)
- DUPLICATEUR. — Appareil permettant de doubler un certain nombre de fois la charge primitivement donnée à un plateau métallique par l’influence d’autres plateaux qu’on déplace et qu’on fait communiquer alternativement avec le sol. Bennet, puis Darwin et Nicholson (1787-1788), inventèrent successivement des
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- DYNAMIQUE (Électricité). — ÉBONITE.
- duplicateurs. Ces instruments sont fondés sur le même principe que l’électrophore, le reple-nishcr de sir "W. Thomson et les machines électrostatiques à influence de Holtz, Carré, Wims-hurst, etc.
- DYNAMIQUE (Électricité). — Partie de l’élec-
- tricité où l’on étudie les effets des courants DYNAMO. — Abréviation souvent empl0yée pour désigner les machines dynamo-électriques.
- DYNAMO-ÉLECTRIQUE (Machine). —
- ' chine d’induction dans laquelle le champ ma_
- Fig. 219. — Duel électrique.
- gnétique est produit par des électro-aimants. (Yoy. Machines d’induction.)
- DYNAMOGRAPHE ÉLECTRIQUE. — Dynamomètre muni d’un enregistreur électrique qui inscrit ses indications sur une bande de papier se déroulant d’un mouvement uniforme.
- DYNAMOMÈTRE. — Appareil servant à mesurer l’intensité d’une force ou le travail d’une
- machine. Les dynamomètres sont souvent employés pour mesurer le rendement des machines d’induction.
- DYNE. — Unité C.G.S. de force. C’est l’intensité d’une force constante, capable d’imprimer à l’unité de masse une accélération de 1 centimètre en une seconde.
- E
- ÉBONITE. — L'ébonite ou caoutchouc durci se prépare en ajoutant au caoutchouc une proportion de soufre plus grande que pour le vulcaniser.
- On plonge pendant quarante-huit heures du caoutchouc de qualité inférieure dans de l’eau à 50°, on le lamine et on le réduit en pulpe, pendant qu’un courant d’eau entraîne les matières étrangères. La pâte est séchée, puis mélangée intimement avec 50 p. 100 de soufre en canon finement pulvérisé. On réduit en lames d’épaisseur variable et l’on place dans un cylindre en tôle qu’on porte graduellement, par une
- circulation de vapeur surchauffée, jusqu’à l3oh on maintient cette température pendant sept a huit heures, puis on laisse refroidir.
- L’ébonite a une couleur d’un noir plus ou moins foncé, une dureté et une élasticité comparables à celle de la corne et de la baleine’ elle se laisse travailler au tour et prend un beaU poli.
- Elle est très employée comme isolant. le temps le soufre s’oxyde à l’air; elle devien^ cassante, poreuse, retient les poussières isole beaucoup moins bien.
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- ËCHAUFFEMENT DES CONDUCTEURS. — ÉCLAIR.
- additionnée de matières colorantes, telles que je vermillon ouïe sulfure d’antimoine, elle prend je nom de vulcanite.
- ÉCHAUFFEMENT DES CONDUCTEURS. —
- jo par les courants. — Un conducteur traversé par un courant s’échauffe jusqu’à ce que la chaleur perdue par rayonnement en chaque seconde soit égale à la chaleur fournie par le courant. En admettant que la loi de Newton représente le refroidissement, la chaleur perdue par seconde est 2^ r l e 9, en appelant r le rayon du fil, l sa longueur, e son pouvoir émissif, et 9 l’excès de sa température sur celle du milieu ambiant. D’autre part, si ? est la résistance spécifique du fil, I l’intensité du courant, et J l’équivalent mécanique de la chaleur, 4,17, la chaleur absorbée est, d’après la loi de Joule,
- -li-P. On a donc
- .1 r.r'1
- 27tr/e0=7^ U-Jur2
- d’où
- On peut donc calculer facilement l’excès de température que prendra le fil sous l’action du courant.
- Loi de Joule. — Joule a trouvé expérimentalement que : L’énergie calorifique dégagée sur un conducteur dans l'unité de temps est égale au produit du carré de l’intensité par la résistance du condenseur.
- L’énergie dégagée est donc rl2 ou el, dans un conducteur de résistance r et traversé par un courant d’intensité I, la différence de potentiel aux extrémités de ce conducteur étant e. Par suite le nombre Q de calories dégagé est
- JQ — ri2 = el.
- Par les décharges. — Un fil traversé par la décharge d’une machine s’échauffe. La quan-fité de chaleur correspondant à une décharge est constante, quel que soit le conducteur qu’elle traverse. Si celui-ci se compose de deux parties, a chaleur totale se divise proportionnellement aux rdsistances de ces deux parties. Si M est la Quantité d’électricité et Y la différence de po-
- enfiel, 1 énergie dépensée est^MV et le nom-re de calories Q est donné par
- JQ^-my,
- tant 1 équivalent mécanique 4,17.
- L’échauffement 0 du fil sera
- 0 = Q=_Q_
- pc stdc
- p étant le poids du fil, c sa chaleur spécifique, d sa densité, l sa longueur, s sa section.
- La chaleur dégagée dans les décharges a été mesurée à l’aide du thermomètre de Riess (Voy. ce mot).
- ECLAIR. — Décharge lumineuse qui se produit entre deux nuages électrisés. Arago (Notice sur le tonnerre) a divisé les éclairs en trois classes. Les premiers sont constitués par des traits de feu à bords bien nets, généralement en zigzag, rappelant, aux dimensions près, les décharges de nos machines électriques; ils sont accompagnés d’un bruit qu’on appelle le tonnerre. La seconde classe contient des éclairs vagues, des lueurs dues à des éclairs cachés par des nuages ou à des décharges partielles entre les nuages. Ils ne sont accompagnés d’aucun bruit. Tels sont les éclairs de chaleur. Enfin la troisième classe comprend les éclairs en boule, phénomène assez rare et mal connu. A l’aide de sa batterie secondaire, Planté a obtenu des décharges à haute tension qui rappellent le tonnerre en boule.
- La distance d’un éclair à l’observateur peut se calculer facilement en multipliant le temps qui s’écoule entre l’apparition de la lueur et le bruit du tonnerre par la vitesse du son dans l’air : 340 mètres environ. Si l’on mesure en même temps le diamètre apparent de l’éclair, on pourra obtenir sa vraie longueur. On trouve ainsi que les éclairs de la première classe peuvent atteindre 12 à 15 kilomètres de longueur. On peut s’expliquer cette dimension extraordinaire en remarquant que ces éclairs sont dus généralement à une série d’étincelles se produisant à la fois entre un certain nombre de nuages électrisés, comme cela a lieu dans les tubes étincelants. D’ailleurs la raréfaction de l’air à cette hauteur doit augmenter la distance explosive, etl’on sait qu’à partir d’une certaine limite cette distance croît beaucoup plus vite que la différence de potentiel.
- L’existence de la foudre globulaire est contestée encore par un grand nombre d’électriciens. G. Planté pense qu’elle est due à des décharges de haute tension, et par suite qu’elle se produit seulement dans les grands orages.
- | Les globes observés seraient formés « d’air ra-I réfié incandescent et des gaz résultant de la décomposition de la vapeur d’eau, également à l’état de raréfaction et d’incandescence. » Il a
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- pu, en effet, à l’aide de puissantes batteries formées de 800 couples secondaires, reproduire des globules analogues à la surface de l’eau ou même d’une plaque de métal. La figure 220 mon-
- tre l’aspect de ces expériences. L’électrode positive était plongée d’avance dans l’eau distillée ; on approchait le fil négatif de la surface et, le relevant aussitôt, on observait une flamme
- Fig. 220. —• Expériences de G. Planté sur les éclairs en boule.
- jaune, presque sphérique, de 2 centimètres environ de diamètre. Des points lumineux bleus, disposés en cercles concentriques, des rayons de même couleur, apparaissaient à la surface de l’eau et prenaient un mouvement giratoire dans un sens ou dans l’autre. Des anneaux concentriques étaient ordinairement le dernier terme de ces curieuses transformations, que l’auteur compare à un véritable kaléidoscope électrique.
- Quelle que soit leur forme, les éclairs paraissent avoir toujours une durée appréciable; mais ce n’est là qu’une illusion d’optique due à la persistance des impressions sur la rétine. Wheatstone a constaté que cette durée est toujours inférieure à un millième de seconde. Il en est de même pour les étincelles des machines et des batteries.
- ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE. — Bien que l’arc voltaïque ait été produit par Davy dès le commencement de ce siècle, c’est seulement depuis un petit nombre d’années que l’éclairage électrique a pris un certain développement. Les appareils servant actuellement à l’éclairage électrique sont les lampes à arc, les bougies et les lampes à incandescence. Le lecteur trouvera aux articles bougie et lampe la description de ces divers appareils et aux articles Arc voltaïque, Incandescence, Lumière, l’explication de ces modes d’éclairage et un certain nombre de généralités.
- Inconvénients et avantages de l’éclairage électrique. — Les seuls inconvénients sérieux sont la difficulté de produire la lumière électrique et, dans certains cas, son prix de revient fort élevé. Ils disparaîtront complètement, lorsque nous aurons des usines centrales distribuant l’électricité à domicile comme on le fait pour
- l’eau et le gaz, et qu’il suffira de presser sur un bouton ou de tourner un commutateur pour voir les lampes s’allumer.
- La lumière électrique possède de nombreux avantages : il en est tout d’abord un qu’on ne peut nier, c’est l’intensité. Lorqu’on a besoin de foyers lumineux d’une très grande puissance, l’arc voltaïque fournit incontestablement le mode d’éclairage le plus économique. Il est même bien des cas où aucune source ne pourrait le remplacer et donner une intensité aussi grande. De plus l’éclairage électrique est celui qui, à lumière égale, dégage le moins de chaleur : il l’emporte de beaucoup à ce point de vue sur l’éclairage au gaz ; c’est là une qualité précieuse dans un grand nombre d’applications. Ajoutons aussi que les lampes à incandescence, grâce au globe qui les entoure, ne consomment aucune portion de l’oxygène de l’air ambiant.
- Elles ont donc l’avantage inappréciable de ne pas vicier l’atmosphère, même lorsqu’elles sont en très grand nombre, et de n’y répandre ni fumée ni odeur désagréable, conditions très importantes au point de vue de l’hygiène, et aussi de ne pas salir les mobiliers et les tentures, comme le font souvent l’huile ou la bougie-L’éclairage électrique supprime aussi presque complètement les dangers d’incendie, d’explosion et d’accidents de toute sorte, qui sont si fréquents avec l’emploi des allumettes, du gaz» du pétrole, de l’essence minérale.
- Ces précieuses qualités permettent de Tm®' taller dans une foule de cas où l’on n’oserait pas recourir au gaz ou aux boffgies, et de joum d’une belle lumière en n’ayajït qu’à presser un bouton.
- On a souvent reproché à l’arc voltaïque couleur blafarde. En réalité c’est là un simp
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- effet de contraste: cette lumière se rapproche beaucoup plus que les autres de la lumière solaire et altère beaucoup moins les couleurs des objets. D’ailleurs les lampes à incandescence actuellement employées présentent une teinte plus jaune et parfaitement agréable à l’œil.
- Les avantages que nous venons d’énumérer sont assez sérieux pour compenser dans bien des cas l'augmentation des dépenses. Ainsi que le disait, en 1886, M. Preece, dans une conférence faite à la Société des Arts de Londres : « Si nous mettons en regard de ce supplément de dépense la valeur d’une lumière fixe, de la pureté de l’air, de la suppression de la chaleur, des allumettes, de la bougie et de l’huile, le bien-être des gens, la conservation des peintures, des motifs de décoration et des livres, la propreté, la gaieté, la santé, la prolongation de l’existence, il n’y a pas à chercher de quel côté doit pencher la balance. »
- Prix de revient de l’éclairage électrique. — Le prix de revient de l’éclairage électrique varie énormément d’une installation à l’autre; nous ne pouvons donner ici que quelques renseignements généraux.
- Avec les piles, la dépense est très grande. Il en est encore de même lorsqu’on installe un moteur et une dynamo pour alimenter un très petit nombre de lampes. Mais plus le nombre des foyers est considérable, plus il y a d’avantage, et les grandes installations de lumière électrique sont beaucoup plus économiques que l’emploi du gaz. On retrouve encore la même économie dans les usines où l’on dispose d’avance d’un moteur hydraulique ou à vapeur; il ne coûte alors presque rien de prendre sur l’arbre de transmission quelques chevaux pour 1 éclairage. Il est évident que tout le monde .louira des mêmes avantages le jour où la distribution de l’électricité à domicile sera réalisée.
- Nous citerons encore les chiffres donnés par ^L Decker, à.la suite d’une étude sérieuse sur les dépenses de toute nature occasionnées par l’éclairage électrique; voici le prix par heure, tous rais Payés, d’un éclairage de 16 bougies fourni Par une lampe à incandescence.
- Avec un moteur hydraulique :
- 3000 heures d’éclairage par an.... 0fr,016
- A^ec un moteur à vapeur déjà installé :
- L00 ^CUres d’éclairage par an.... 0fr,051
- 3000 ~~ — .... 0 ,03»
- — — .... 0 ,023
- ecun m°teur à vapeur installé exprès :
- 500 heures d’éclairage par au.... 0fr,lll 1200 — — .... 0 ,064
- 3000 — — .... 0 ,037
- Avec un moteur à gaz :
- 500 heures d’éclairage par an.... 0fr,128
- 1200 — — .... 0 ,091
- 3000 — — .... 0 ,051
- Nous devons faire remarquer que ces prix sont établis pour une installation de ISO lampes et qu’ils devraient être réduits de 30 p. 100 pour une installation qui dépassserait 500 lampes.
- Dans une conférence faite le 15 octobre 1889, au palais du Trocadéro, M. Ilippolyte Fontaine, président du syndicat international des électriciens, a donné les renseignements suivants. A Paris, la puissance d’un cheval-vapeur coûte environ 0 fr. 40 par heure avec une machine à vapeur pour les petites installations. Cette puissance pouvant alimenter 8 lampes de 16 bougies, on trouve, en doublant cette somme pour l’entretien et l’amortissement, que la lampe de 16 bougies coûte environ 0 fr. 10 par heure. Avec un moteur à gaz, il faudrait doubler ce prix. D’autre part, les dépenses de premier éta_ blissement .sont en général d’environ 100 fr par lampe, dont moitié pour l’usine proprement dite et moitié pour la canalisation et les accessoires. Ces prix peuvent descendre à 80 fr. pour l’installation et 0 fr. 03 ou 0 fr. 02 pour la dépense horaire. Avec les lampes à arc, la dépense est encore plus faible.
- A Paris, le prix de revient de l’éclairage au gaz serait un peu plus élevé : une lumière de 16 bougies exige 200 litres de gaz à l’heure et coûte 0 fr. 06.
- Cependant, d’après M. Fontaine, l’éclairage au gaz serait généralement un peu moins cher. « Les compagnies gazières, établies depuis de longues années dans toutes les grandes cités françaises, ont amorti tout ou presque tout leur matériel, de sorte que le gaz ne leur revient guère qu’à quelques centimes le mètre cube; on prétend même que, dans quelques localités, il ne coûte absolument rien. Dans ces conditions, les électriciens qui veulent faire la concurrence à égalité de prix courent à un échec certain, car, dès qu’ils sont installés, avant même qu’ils aient des abonnés, les sociétés gazières baissent notablement le prix du gaz.
- « La lumière électrique, dans les habitations privées, est une lumière de luxe, extrêmement commode à employer, très hygiénique, offrant * au consommateur des avantages de premier
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- ordre moyennant un léger supplément de prix ; voilà le vrai terrain où doit se placer la nouvelle industrie si elle veut se développer et prospérer. »
- Éclairage électrique des appartements et des maisons particulières. — L’éclairage des appartements et des petites installations est celui qui présente actuellement le plus de difficultés.
- La seule solution pratique dans ce cas est la création de stations centrales fournissant l’électricité à domicile, comme on nous fournit aujourd’hui l’eau et le gaz. Ce système, assez répandu en Amérique, l’est encore bien peu en France. Nous en donnerons cependant plus loin quelques exemples. Mais, dans la plupart des cas, on est réduit à produire soi-même l’électricité. Examinons donc quelles sont les sources qui conviennent le mieux.
- Les piles ne fournissent qu’une solution assez défectueuse, car elles présentent toujours quelque inconvénient. Celles du genre Leclanché, qui ont l’immense avantage de ne pas s’user à circuit ouvert, ont le défaut de se polariser très vite ; elles ne peuvent donc servir qu’à un éclairage de quelques minutes, par exemple pendant le temps nécessaire pour se procurer de la lumière, chercher un livre, etc. ; mais au bout d’un quart d’heure elles se polarisent sensiblement, et la lampe faiblit; elles ne conviennent donc qu’à un éclairage tout à fait intermittent.
- Les piles au bichromate peuvent donner pendant quelques heures un débit abondant et à peu près constant : elles peuvent donc servir à alimenter quelques lampes pendant toute la soirée ; mais la nécessité de les recharger chaque jour et l’ennui de manipuler les acides les rendent peu commodes.
- Quant aux piles de Daniell et aux piles à écoulement, qui s’usent à circuit ouvert, le seul moyen de s’en servir avec économie, c’est de les employer, en dehors des heures d’éclairage, à charger des accumulateurs, dont le courant s’ajoutera ensuite à celui de la pile pour actionner les lampes. Ce système mixte est du reste le meilleur pour une installation domestique : si l’on veut se servir des lampes pendant quatre heures chaque jour, on emploie la pile, pendant les vingt heures qui restent, à charger les accumulateurs, et l’on utilise à la fois, pendant les quatre heures de service, le courant de la pile et l’énergie qu’on a emmagasinée dans les accumulateurs. Nous n’avons pas besoin d’ajouter que cette disposition diminue sensiblement le nombre des éléments de pile nécessaires et
- qu'il n’y a aucune perte; en outre, il suffit de tourner un commutateur pour avoir de la lumière, sans qu’on ait besoin d’aller mettre la pile en marche à ce moment. Les accumulateurs, n’étant jamais déplacés, ne subissent pas de chocs et s’usent très lentement. C’est donc, nous le répétons, l’emploi simultané des piles et des accumulateurs qui peut fournir actuellement la meilleure solution pour l’emploi d’un petit nombre de lampes à incandescence. Malheureusement ces installations, qui peuvent être réalisées facilement, ont le défaut d’ètre fort coûteuses.
- M. Salomon a imaginé une disposition intéressante dans le but d’obtenir un éclairage continu avec des piles Leclanché. On emploie six séries de piles qui fonctionnent à tour de rôle pendant trente secondes chacune et restent ensuite inactives pendant cent cinquante secondes, ce qui leur donne le temps de se dépolariser. Un mécanisme d’horlogerie produit toutes les trente secondes un déclenchement qui fait tourner un axe d’un sixième de tour et change les communications d’une manière convenable.
- Lorsqu’on veut installer un grand nombre de lampes pour éclairer un vaste local, les piles ne peuvent plus convenir ; leur emploi est trop coûteux; c’est aux machines magnéto ou dynamo-électriques qu’il faut s’adresser. Mais, dans ce cas encore, il y a avantage à se servir d’accumulateurs qu’on charge pendant la journée et qu’on décharge le soir dans les lampes, soit seuls, soit en y joignant le courant direct de la machine, si c’est nécessaire. Cette disposition mixte offre encore un autre avantage ; en effet, si l’on emploie une machine seule, il faut faire marcher le moteur pendant toute la durée de l’éclairage, que l’on allume toutes les lampes ou seulement un petit nombre; si l’on se sert d’accumulateurs, il est facile de calculer chaque jour la charge qu’on a dépensée la veille, d’après le nombre des lampes qui ont été allumées et la durée de l’éclairage, puis on fait marcher la machine pendant le temps nécessaire pour rendre aux accumulateurs une charge un peu supérieure à celle qu’ils ont perdue, afin de compenser les pertes et les erreurs pos' sibles de calcul. L’emploi des accumulateurs permet encore souvent (Voy. Accumulateur)t de remplacer la machine à vapeur par un moteur à gaz, qui est beaucoup plus commode et souvent plus économique, si l’on n’a pas besoin d’une grande force. Enfin, lorsque l’on empl°ie simultanément la machine et les accumula' teurs pour alimenter les lampes, ceux-ci jouen
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- en quelque sorte le rôle de volant électrique, et empêchent les variations d’intensité lumineuse qui résulteraient de la marche irrégulière delà machine, du défaut de la transmission, des variations du travail résistant.
- Enfin, les accumulateurs peuvent être employés comme source d’électricité dans quelques cas, d’ailleurs très restreints. Nous en
- avons donné des exemples (Voy. Accumulateur).
- Quant aux lampes qui conviennent à l’éclairage privé, ce sont le plus souvent les lampes à incandescence, car ce sont celles qui se prêtent le mieux à la division de la lumière. Nous avons indiqué au mot Appareillage diverses dispositions destinées à l’éclairage des appartements.
- Ajoutons enfin que l’on construit, pourl’éclai-
- Fig 22 i. — Installation électrique du laboratoire municipal de Paris.
- des appartements, des lampes portatives • ce mot), qui ne paraissent pas donner jus-Ru ici des résultats satisfaisants.
- 1 ^heureusement, ces installations privées 0Ont encore actuellement fort coûteuses, ce qui i a> Jusqu’à présent, réduit considérablement inenti11^16* ^our renseigner plus compléterai^ 6 ^ecteur> nous citerons encore quelques ré r,es*,^"ri sav^nt électricien a.ngla.is, M. Preece, ionV^ ^ans sa niaison vers 1884 une installa-res Russie, et qu’il a cherché à rendre
- aussi complète que possible. Cette installation comprend plus de 50 lampes, desservies par une petite machine Gramme et par 47 accumulateurs au plomb, et fonctionnant d’ordinaire environ par 12. La dépense totale a été d’environ 10,000 francs, ce qui fait plus de 800 francs par lampe en activité.
- M. Gramme dépense environ 1,200 francs par an pour une installation comprenant à peu près 8 lampes allumées à la fois. L’entretien et le remplacement des accumula-
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- teurs causent plus de la moitié de la dépense.
- Éclairage des laboratoires. — L’éclairage électrique convient admirablement aux laboratoires, pour lesquels la dépense (malheureusement cette condition est trop rarement réalisée), ne devrait être qu’une question secondaire.
- Nous citerons comme exemple la disposition adoptée au laboratoire municipal de Paris, et qui est représentée par la fîg. 221. Un moteur à gaz, système Otto, de la force de 4 chevaux, actionne une machine magnéto-électrique de Meritens et une petite machine dynamo du même constructeur ; cette dernière est munie de deux anneaux de rechange, l’un pour la lumière, l’autre pour la galvanoplastie et les applications analogues. La grande machine peut alimenter trois foyers Jablochkoff ; elle peut se grouper en quantité ou en tension, suivant qu’on veut actionner des bougies ou des lampes à incandescence. De chaque machine partent deux fils qui aboutissent à deux distributeurs placés sur la table de droite et qui permettent de travailler sur cette table ou d’envoyer le courant dans les autres salles. Sur les pieds de cette table est fixé un rhéostat formé d’un fil de fer étamé de 180 mètres de longueur, qui permet de faire varier la résistance du circuit; pour cela l’un des pôles est en communication permanente avec l’une des extrémités du fil de fer étamé, tandis que l’autre pôle peut s’accrocher à volonté à l’un des clous placés plus ou moins haut, afin d’intercaler dans le circuit une longueur plus ou moins grande de fil étamé.
- Les salles de travail sont éclairées par des bougies Jablochkoff placées sur le circuit de la machine magnéto-électrique, qui est à courants alternatifs,les bureauxpar des lampes à incandescence montées en dérivation. Ces dernières sont assez résistantes et exigent par suite une notable différence de potentiel entre les deux pôles : on a donc dû intercaler entre les bornes une résistance supplémentaire, qui s’obtient au moyen d’un rhéostat à baguettes de charbon. On peut intercaler à volonté autant de baguettes qu’on le désire et faire varier l’éclat des lampes du rouge sombre au blanc éblouissant. Des bornes sont disposées sur le circuit partout où l’électricité peut être nécessaire et reliées par des ponts en cuivre : en attachant des fils aux deux bornes qui terminent un pont, on peut prendre le courant total, si on supprime ce pont, ou seulement une dérivation, si on le laisse ou qu’on le remplace par une résistance. Dans tous les points où les conducteurs passent sur du bois ou sur d’autres matières facilement com-
- bustibles, ils sont entourés d’un tube métallique qui écarte tout danger d’incendie, dans ]e cas où l’enveloppe de gutta-percha viendrait à fondre ou à s’enflammer.
- Outre l’éclairage général du laboratoire, l’électricité peut encore alimenter utilement de petits appareils destinés à faciliter les recherches scientifiques. Nous avons déjà décrit Vauxanos-cope, qui sert aux projections, et nous indiquerons plus loin le photophore, destiné à l’éclairage du microscope. Nous signalerons ici un appareil imaginé par M. Trouvé et qui peut servir à éclaii’er les objets animés ou inanimés placés en suspension dans un liquide. Il se compose d’un réflecteur parabolique, argenté à l’intérieur (fig. 222), et portant à son foyer une lampe
- Fig. 222. — Appareil pour l’éclairage des liquides.
- à incandescence que deux conducteurs, renfermés dans un câble souple, mettent en communication avec une pile. Le réflecteur se pla°e au-dessus d’un vase cylindrique dont le f°n^ est formé par un miroir plan de verre argente. Si la pile fonctionne, on comprend facilement que les rayons lumineux sont renvoyés verti calement d’un miroir à l’autre, et éclairent par faitement le liquide qui remplit le vase ei -corps solides de toute nature qui peuvent s J
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- trouver [en suspension. On peut ainsi étudier clans|leurs moindres détails les animaux les plus délicats et suivre avec facilité tous]leurs mouvements. Les animalcules transparents qui
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- flottent à la surface de la mer, les algues les plus ténues, se prêtent merveilleusement a ces observations. 11 en est encore de même pour les phénomènes de la physique et de la chimie : on
- Fig. 223. — Appareil pour l’étude des ferments.
- obtienî un effet saisissant en versant dans une colonne d’eau bien pure quelques gouttes de fluorescéine qui s’y mélange peu à peu en figurant des arborescences étranges et d’un coloris
- indescriptible, ou bien en ajoutant dans un liquide une trace d’un réactif qui donne naissance à une foule de cristaux microscopiques. Dans d’autres cas, l’appareil précédent doit
- Fig. 224. — Batterie automatique au repos et en fonction.
- fep6 Un Peu m°diûé. Ainsi, pour l’étude des flan1611^^0118 réflecteur est vissé
- bord i*ne §arn*ture métallique mastiquée au u vase, afin de garantir les préparations
- du contact de l’air; des tiges métalliques préservent le cylindre des chocs.
- Pour alimenter la lampe à incandescence, on peut se servir, comme l’indique l’auteur, de la
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- batterie automatique (fig. 224) au bichromate de potasse. Quand on la suspend par la poignée supérieure, les éléments sont hors du liquide, et Ja pile ne fonctionne pas; lorsqu’on la pose sur une table, la pesanteur fait enfoncer le couvercle, et les éléments plongent dans le liquide.
- M. Van Heurck d’Anvers a étudié d’une manière spéciale l’application de l’éclairage électrique à la micrographie et à la microphotographie. Il recommande pour la micrographie des lampes Stearn (fig. 225) d’un modèle spécial, ayant environ 3 centimètres de diamètre et n’exigeant
- Fig.. 225. — Éclairage électrique du microscope (Van Heurck).
- qu’une différence de potentiel de 6 à 7 volts. On peut même employer des lampes plus petites n’exigeant que 3, 5 volts. La figure représente ces lampes Stearn, un pied porte-lampe articulé, et un microscope disposé par MM. Mawson et Swan. Une première lampe Stearn A, placée au-dessus de la platine, sert à éclairer les corps opaques. La lampe B sert à
- l’éclairage oblique. La lampe C, plus puissante que les premières, est fixée à la place du mirou pour photographier les préparations ou les éclairer vivement pour les forts grossissements. La bobine D sert de rhéostat, et un commutateur permet d’envoyer le courant à volonté dans chacune des trois lampes. Ce système d’éclairage peu* d’ailleurs s’adaptera un microscope quelconque-
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- Éclairage des magasins. — La lumière électrique a été adoptée par la plupart des grands magasins de nouveautés. Outre qu’elle con-serve aux couleurs leurs nuances les plus délicates, elle a le grand avantage de supprimer presque complètement les risques d’incendie. >'ous citerons d’après Hippolyte Fontaine (Éclairage à VÉlectricité) les dispositions adoptées par ces magasins.
- Les magasins du Louvre ont reçu les premiers l’éclairage électrique en 1878; les bougies Jablochkoff y sont employées presque exclusivement; leur nombre est actuellement supérieur à 200 : elles sont portées par des chandeliers Clariot. La force motrice, qui est d’environ 250 cheveaux, est fournie par des machines à vapeur, installées dans les sous-sols, et qui actionnent une série de machines Gramme et Méritens. Depuis cette époque, on a installé en outre un petit nombre de lampes à incandescence, alimentées par une dynamo Édison, pour l’éclairage des bureaux. Dans cette installation, le prix d’une bougie Jablochkoff est, tous frais compris, de 0fr,40 par heure, et celui d’une lampe Édison de 16 bougies est de 0fr,05, ce qui donne sur le prix du gaz employé auparavant une économie de plus de 30 p. 100.
- Les magasins du Printemps, reconstruits en 1882, ont aussi adopté presque complètement la bougie Jablochkoff. Ils comprennent 265 bougies et 255 lampes à incandescence. Les frais de premier établissement, très élevés a cause de l’appareillage luxeux et de la nécessité d’établir des fondations extrêmement coûteuses, ont atteint la somme de 684,000 francs, ce qui fait environ 2,280 francs par bougie. Le pnx du matériel électrique a été d’environ MO francs par bougie.
- L installation des magasins du Gagne-Petit ne contient pas de bougies ; elle se compose de 400 lampes à incandescence Édison et 10 régulateurs Gance, alimentés par 4 dynamos Édi-seu. La force motrice est fournie par une ma-c !ne Boudier de 100 chevaux et 2 chaudières ^ultitubulaires Collet. Ces magasins étaient ec airés auparavant, afin d’éviter les dangers du par de fortes lampes à huile, j ma8asins du Bon-Marché possèdent une sip a at*0n considérable, produisant une inten-29o t?ta^e 19188 carcels, et composée de et ^^Bulateurs Cance, 96 bougies Jablochkoff' aj0 lampes à incandescence, auxquels on la^e e es jours de fête ou d’exposition 4 régu-Urs ^ra®me de 500 carcels chacun.
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- Ces lampes sont alimentées par 41 dynamos Édison et Gramme, dont 8 à courants alternatifs pour les bougies, représentant une puissance électrique d’environ 900 000 watts ou 1200 chevaux. Parmi ces machines, la série la plus importante est formée de 24 dynamos Gramme du type supérieur, divisées en quatre groupes de 6, actionnés chacun par une machine à vapeur horizontale de 200 chevaux. Trois de ces groupes sont en service normal; le quatrième sert de rechange ou de secours.
- Vingt tableaux de distribution servent à envoyer le courant dans les brûleurs. Toutes les manœuvres relatives à l’allumage et à l’extinction se font de la machinerie même, à laquelle on transmet par téléphone, de tous les étages, les ordres nécessaires. De cette manière, aucun appareil n’est à la portée du public ou du personnel étranger au service de l’éclairage.
- Cette magnifique installation est encore trop récente pour qu’on puisse se rendre compte du prix de revient.
- Éclairage des théâtres. — Dans un rapport présenté à la Commission des théâtres subventionnés, M. Mascart a parfaitement mis en évidence les avantages et les inconvénients des deux systèmes d’éclairage, le gaz et l’électricité. Les principaux inconvénients évités par l’éclairage électrique sont : les dangers d’incendie, l’altération de l’air respirable, réchauffement de la salle, les dégâts occasionnés par la fumée, et qui peuvent devenir incalculables lorsqu’il s’agit d’œuvres d’art pouvant être compromises ou perdues à tout jamais.
- L’Hippodrome de Paris adopta la lumière électrique en 1878 ; c’est le premier théâtre qui fut éclairé complètement à l’électricité. Un grand nombre de théâtres ont suivi cet exemple, sutout depuis les catastrophes de l’Opéra-Comique de Paris et du théâtre d’Exe-ter en Angleterre.
- Éclairage de l’Hippodrome de Paris. — L’Hippodrome a la forme d’un rectangle terminé par deux demi-circonférences ; il présente une longueur totale de 105 mètres, une largeur de 70 mètres et une hauteur maxima de 25 mètres. La piste est éclairée par 20 régulateurs Gramme, pourvus de réflecteurs puissants, la salle par 133 bougies; enfin 1500 lampes à incandescence complètent l’installation ; l’intensité totale est d’environ 15 000 carcels. Ces brûleurs sont alimentés par 24 dynamos, qui sont surtout des machines Gramme du type ! normal.
- j Éclairage de l’Opéra de Paris. — L’Opéra était
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- éclairé autrefois par 7 455 becs de gaz qui ont été remplacés par 6 131 lampes à incandescence Edison, dont' 5 023 de 10 bougies et 1108 de 16 bougies, 22 bougies Jablochkolf pour le péristyle et le plafond du grand escalier, et 8 régulateurs pour la loggia.
- Ces brûleurs sont alimentés par 13 dynamos Edison à courant continu et une à courants
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- alternatifs. Parmi les premières se trouvent * dynamos de 800 ampères et 125 volts; ce modèle, étudié spécialement pour l’Opéra en 1886, est représenté plus loin (Yoy. Machines d induction). On voit ces machines (fîg. 226).
- Le courant arrive à un tableau de distribution de 4 mètres de largeur sur 1 mètre de îauteur, relié par quatre barres de cuivre à
- ^dess^8 tableaux de 3’50 m. sur MC les d Ut l6S Circuits du théâtre, leurs tub?n™°S S°nt actionnées par 6 gér 8ramme, f1™8’ pouvant produire 10 350 ] qui d0lî 6 Vapeilr> et alimentant 8 mote nale de q~n ensemble une puissance 11( 1 â°o ch' Clevaux, pouvant môme atteii entier. &UX quand on utilise Péclai]
- chaudieres, du système Belleville, d
- nent la vapeur sous une pression de 12 kilogrammes. Elles sont placées à 60 mètres des machines, auxquelles les relie une canalisation spéciale. La cheminée a 30 mètres de hauteur et 1,30 m. de diamètre. Placée dans une cour intérieure, elle est tout à fait invisible.
- Éclairage du Gymnase. — Cet éclairage, installé par M. Clémançon, a été inauguré le 15 décembre 1887. La machinerie fut installée, faute espace, dans une sorte de cave, creusée dans
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- une cour voisine, et recevant le jour par en haut. Elle se compose (fig. 227) de deux générateurs Belleville, deux moteurs pilons et deux dynamos système Thury. Les dynamos sont reliées directement aux moteurs par un manchon. Cet ensemble sert à charger deux batteries de chacune 56 accumulateurs système Schenck-Farbaky, pouvant fournir chacun 320 ampères pendant huit heures. Un conjoncteur-disjonc-
- teur empêche les accumulateurs de se décharger dans les machines.
- L’éclairage comprend 883 lampes Khotinsky savoir 221 lampes de 10 bougies pour la salle dont 180 groupées sur le lustre (fig. 228), 469 pour la scène et 193 pour les loges d’artistes et l’administration.
- Éclairage de la scène. — L’éclairage électrique est aussi précieux pour la scène que pour la
- salle, car les dangers d’incendie y sont encore beaucoup plus nombreux. La terrible catastrophe de l’Opéra-Gomique, encore présente à tous les esprits, aurait été certainement évitée par une bonne installation d’éclairage électrique.
- L’éclairage de la scène comprend principalement la rampe, les portants et les herses.
- La rampe est destinée, comme on sait, à éclairer la partie antérieure de la scène où se tiennent ordinairement les acteurs; elle est for-
- mée de lampes à incandescence. La figure 229 représentelarampeinstallée en 1889 auThéàtre-Français : elle se compose de deux parties, pL' cées de chaque côté du souffleur ; chaque partie est commandée par une vis à mouvement tre» doux, manceuvrée par un volant, et supportée par une colonne en fonte. On y a ménagé deux jeux de feux, l’un blanc, l’autre rouge ou bien pour les effets de scène.
- On donne le nom de herses à des lignes
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- foyers placées horizontalement au-dessus de la scène pour éclairer les ciels et le haut des dé-
- cors. L’emploi des herses à gaz est très dangereux, car il y a toujours un certain nombre de
- Fig. 229. — Rampe électrique du Théâtre-Français.
- toiles de fond qui sont suspendues dans la par-
- Fig. 230. — Coupe d’une herse.
- sc®ne> et TuL oscillant len-sous l’action des courants ascendants
- d’air chaud, viennent parfois fort près des herses. L’électricité offre encore ici une sécurité parfaite, car dans ce cas, les lampes à incandescence ne sont pas seulemept protégées par leur enveloppe de verre; on place en avant, du côté des décors qu’elles doivent éclairer, un grillage en ûl de fer, en arrière une enveloppe en tôle et au-dessus des plaques de verre. Les figures 230 et 231 montrent le dispositif adopté au Gymnase. Des enveloppes transparentes diversement colorées peuvent donner une lumière blanche, bleue ou rouge. De distance en distance sont placées des glissières T, dans lesquelles se meuvent ces panneaux colorés, que commande un axe horizontal au moyen de deux pignons d’angle et d’une vis sans fin G; celle-ci porte deux poulies autour desquelles s’enroulent en sens inverse des cordes qui supportent un contre-poids. En tirant dans un sens ou dans l’autre, on fait monter l’un des panneaux colorés et descendre l’autre. Les lampes sont du système Khotinsky.
- La figure 232 montre comment, au même théâtre, sont disposées les lampes placées derrière les portants, de chaque côté de la scène, à
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- diverses hauteurs pour éclairer les décors latéraux et les coulisses. On voit que ces lampes sont entourées d’une cage en fil de fer.
- Effets de scène. — C’est par un rôle beaucoup plus modeste que l’électricité a débuté sur le théâtre, et pendant longtemps on l’employa seulement à produire quelques effets de scène qu’on ne pouvait obtenir autrement. Pendant
- longtemps, l’Opéra n’eut pas d’autre source d’électricité qu’une pile de 50 éléments Bunsen • des ouvriers habiles la montaient en une demi-heure, quand on en avait besoin. La source lumineuse est dans tous les cas un régulateur à arc, en général du système Foucault-Duboscq. Lorsqu’on veut éclairer un grand espace, on place cette source dans une lanterne en bois,
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- Fig. 231. — Mécanisme d’une herse.
- Fig. 232. — Disposition des lampes sur les portants-
- munie d’un réflecteur en verre argenté et d’un jeu de lentilles qui rend les rayons parallèles ou divergents. On peut même se servir d’un simple réflecteur monté sur un châssis et mobile dans tous les sens. Pour suivre un personnage qui se déplace sur la scène, comme le spectre d'Hamlet, on fait usage du même appareil, ou d’une lanterne plus petite que la première et pouvant tourner facilement dans toute les directions (fig. 233).
- Le miroir (fig. 234) peut remplir aussi le
- même but, mais il sert plutôt à imiter les éclairs. C’est un miroir plan devant lequel sont disposés deux charbons pour l’arc voltaïque; Ie charbon supérieur est fixe ; l’autre est porté par une tige de fer doux, qui peut plonger dans une bobine. Quand le courant ne passe pas, un ressort maintient ce charbon au contact du premier-Yient-on à fermer le circuit, le fer doux attire pénètre dans la bobine, et l’arc jaillit. Dès que le circuit se trouve rompu, l’arc s’éteint et le ressort ramène le charbon mobile au contact-
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- Fig. 233.
- Appareils pour les effets de scène : Lanterne à projections. Appareil pour suivre un personnage. Support articulé avec réflecteur.
- aPP^ca^on de lumière électri-u faite en 1846, dans le Prophète, pour Dictionnaire d’électricité.
- figurer le soleil levant. La lampe était munie d’un réflecteur (fig. 235), qui projetait un faisceau
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- cylindrique sur un écran de soie. L’appareil, convenablement masqué par les décors, s’élevait graduellement, de sorte que le disque lumi-
- neux parût monter peu à peu au-dessus de l’horizon.
- Enfin, lors de la reprise de Moïse, vers 1860,
- on remplaça les bandes de papier qui représentaient primitivement l’arc-en-ciel par un effet de lumière électrique. Un appareil à projection placé sur un échafaudage de hauteur convenable, à o mètres du rideau, envoyait vers la toile
- de fond un faisceau de lumière parallèle. Ce faisceau rencontrait d’abord une plaque métallique percée d’une fente en forme d’arc, puis une lentille biconvexe et un prisme, qui donnaient un spectre très étalé et en forme d’arc de cercle (lig. 236).
- Nous avons décrit plus haut les bijoux lumineux et le duel électrique, qui peuvent être utilement employés au théâtre.
- Éclairage des usines. —C’est dans les usines que l’éclairage électrique s’est développé le plus rapidement, car l’existence préalable de moteurs à vapeur ou à eau diminue alors généralement les frais d’installation. La lumière électrique présente encore ici ses avantages ordinaires : économie, possibilité de travailler la nuit, suppression presque complète des risques d’incendie, etc. L’arc voltaïque peut être
- employé seul ou concurremment
- avec l’incandescence. Il a l’avantage d’être plus économique.
- Éclairage des ateliers du dépôt central de rartillerie à Paris. — L’ateber de précision est éclairé par 2 régulateurs Gramme de 300 bougies et 82 lampes à incandescence Swan» nouveau modèle, dont 2 de 23 bon gies et les autres de 10. Chaque ouvrier dispose en outre d’une lampe de 10 bougies sur un support mobile, qu’il peut déplacer suivant se-besoins.
- Ces lampes sont alimentées par deux dyn^ mos Gramme auto-régulatrices, de 30 amperes
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- 70volts chacune, pouvant au besoin être montées en quantité. Un moteur horizontal fixe, qui commande l'atelier, actionne en même temps ces machines, qui exigent chacune 6 chevaux. Les bureaux et les autres ateliers sont éclairés par 3 régulateurs Gramme et 52 lampes Swan dé 10 bougies, alimentés par une machine du même type.
- Nous citerons encore l’installation de la gare de Strasbourg, qui comprend 60 régulateurs et 1,400 lampes à incandescence, actionnés par 18 dynamos, exigeant chacune une force de 22 chevaux environ. L’économie sur l’éclairage au gaz est d’environ un tiers.
- Éclairage des gares et des trains de chemin de fer. — La gare du Nord fut éclairée la première en 1876. Dans les gares de voyageurs, on masque souvent les régulateurs, et l’on fait réfléchir la lumière sur les plafonds pour obtenir un éclairage plus doux. Dans les gares de marchandises, on suspend les lampes à l’aide de pylônes à une certaine hauteur, pour éviter de gêner la vue.
- L’éclairage des trains comprend l’éclairage extérieur, destiné à faciliter au mécanicien l’exploration de la voie, et l’éclairage intérieur des wagons. Le premier s’obtient par un régulateur placé en avant de la locomotive. On a constaté que les trépidations de la machine provoquaientbientôt l’extinction. Pour remédier à ce défaut, MM. Sedlaczek et Wikulille ont imaginé une lampe spéciale, qui résiste bien à la vitesse ordinaire des express. Le mouvement des charbons (fig. 237) est produit par un liquide, de la glycérine, qui remplit deux tubes verticaux dont les sections sont dans le rapport de 1 à 2. Ces tubes communiquent par un °rifice «, que commande un piston P percé d’un conduit coudé. Ce piston est fixé à l’armature 1 d un électro-aimant embroché dans le circuit général. Quand les charbons sont en contact, circuit est fermé et, le piston occupant la Position figurée, l’orifice a est libre : l’arc s’al-P me’ et un peu de liquide passe dans le tube yj ?0ur Perrnettre aux charbons de s’écarter. (n^aUSS^^ P^ette M est attirée, et le pis-
- (jy r rc augmente, la palette M cède à l’action chantSS°rt anta^on^ste R et> le piston P débou-perrn un Peu de liquide passe en D pour a const ^ ^ raPProchemenf des charbons. On la visityqé 5u.e l’éclairage électrique n’altère ni v°'e5 et* ^ ^ ^ ccd°rati°n des signaux de la n incommode nullement les mécani-
- dé 1 ’ entramé vers la droite, subit un pe1
- P acement fit.'ffirmo /-/• lo T.âa.‘o + r.Ti,
- ciens ; il gêne seulement les agents placés sur la voie, qui passent subitement d’une lumière intense à l’obscurité complète. La principale raison qui en a retardé jusqu’ici l’adoption, c’est évidemment les frais élevés de premier établissement.
- La question de l’éclairage intérieur des wagons est encore moins avancée, et cet éclairage
- Fig. 237. — Lampe Sedlaczek et Wikulille.
- n’est employé qu’en Angleterre et surtout en Amérique.
- Les essais tentés à l’aide des piles ne paraissent pas avoir donné de bons résultats, et diverses compagnies essayent actuellement l’emploi des accumulateurs.
- Les wagons-salons du Pensylvania Railroau sont éclairés à l’aide des accumulateurs seuls : chaque wagon renferme deux boîtes d’accumulateurs, que l’on charge à poste fixe par une dynamo à incandescence, et qui alimentent des lampes Edison de 23 volts. Ges accumulateurs
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- fonctionnent depuis trois ans (1890) sans avaries sérieuses.
- Un cerlain nombre de trains du Boston and Albany Railroad sont éclairés par des accumulateurs Julien alimentant des lampes Edison; chaque wagon renferme 60 accumulateurs, dont 6 en réserve, et 22 lampes de 16 bougies. Le chargement se fait sur une voie de garage ; la dépense est de 5 à 6 cent, par lampe-heure.
- La Compagnie du Nord français éclaire les wagons-lits du club-train circulant entre Paris
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- et Calais avec des lampes Cruto de 25 volts et 0,6 à 0,7 ampère (6 bougies), avec réflecteurs en opale, alimentées par les accumulateurs de la Société pour le travail électrique des métaux. Chaque wagon renferme 21 lampes et 16 éléments d’accumulateurs. La disposition des lampes, des récipients et des connexions, a été étudiée par M. E. Sartiaux. La dépense paraît être de 1,9 cent, par lampe-heure, mais l’installation est encore trop récente pour qu’on puisse donner un chiffre définitit.
- Fig. 238. — Éclairage électrique des voitures (Aboilard).
- Enfin diverses compagnies essayent l’emploi des accumulateurs combinés avec une dynamo commandée par l’essieu d’un des véhicules du train. Le London Brighton and South Coast Rail-way éclaire ainsi trois trains de grande ligne et treize trains locaux. La dynamo produit 50 à 80 volts et 35 à 80 ampères. Les trains locaux ont 40 lampes de 12 candies et 22 accumulateurs, les trains de grandes lignes ont 70 lampes de 10 candies et 32 accumulateurs.
- Le Great Northern Railway et le Midland Bail-way emploient des dispositions analogues.
- Enfin l’express de New-York à Chicago est
- éclairé par des accumulateurs et une dynamo commandée par une machine à vapeur alimentée par la locomotive. La dynamo, du système Eckemeyer,est actionnée par une machine Bro-therood à 3 cylindres, de 10 chevaux, placée dans un fourgon à bagages.
- Le Connecticut River Railroad é claire de même» depuis 1888, les trains de Spingfield àNortbamp' ton. La dépense serait de 34,5 cent, par lampe heure.
- Le train impérial de Russie, installé sou= direction de M. Werchowsky, a une disposition analogue.
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- MM. Sartiaux et Weissenbruch, à qui nous empruntons ces renseignements (Bull, de la Comm. intern. du Congrèé des chemins de fer) pensent que le meilleur système est l'emploi d’accumulateurs chargés dans des usines fixes.
- Signalons encore une combinaison nouvelle et d’un genre tout différent, qui fonctionne dans tous les trains de nuit de la compagnie du Great-Eastem. En laissant tomber dix centimes dans une fente disposée à cet effet, on déclen-
- che un mécanisme qui envoie le courant d’un accumulateur dans une lampe de la puissance de a bougies, et l’éteint au bout d’une demi-heure.
- Éclairage des voitures, des bateaux, des vélocipèdes. — La figure 238 montre la disposition adoptée parM. Aboilard pour l’éclairage des voitures : la partie essentielle de cet éclairage comprend trois lampes àincandescence,deux dans les lanternes et l’autre dans la voiture; les premiè-
- Flg. -39. _ Bougie et aigrette Fig. 240. — Lampes à arc pour l’éclairage public (Woodhouse et Rawsouj.
- Pour voitures (Aboilard).
- res sont allumées constamment, la dernière •1 une façon intermittente. Quatre petits accumulateurs placés dans une boite sous le siège cocher et capables d’actionner une lampe cinq bougies pendant environ six heures mientent les lanternes ; d’autres accumulais, placés dans le coffre de la voiture, sont més à. la lampe intérieure. Les lanternes Port;lennen^ ^es bougies de bois creuses (fig.239), laiûan^ à- la partie supérieure un support de Pe à incandescence et à la partie inférieure
- deux bornes auxquelles on attache les conducteurs, et que deux fils relient à la lampe. Le ressort à boudin qui maintient d’ordinaire la bougie est conservé, de sorte qu’on peut, en cas d’accident, revenir instantanément à l’éclairage habituel. Enfin on peut obtenir un effet encore plus éclatant en plaçant des aigrettes, allumées d’une manière intermittente (fig. 239), sur la tête des chevaux et sur le chapeau des domestiques. Les premières sont reliées aux accumulateurs placés dans le coffre par des con-
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- ducteurs cachés sous les harnais, les autres sont alimentées par des piles de poche semblables à celles que nous indiquons à propos des bijoux.
- Pour les canots et les vélocipèdes, l’éclairage ne doit pas être disposé absolument de la même manière : il n’y a aucune utilité à disséminer la lumière, et il est préférable de placer à l’avant un foyer unique, mais assez intense. Dans la disposition adoptée par M. Trouvé, une forte lampe munie d’un réflecteur parabolique est
- installée à l’avant du canot : elle est alimentée par une pile du même inventeur, qu’on peut dissimuler sous une banquette, et qui peut fournir facilement plusieurs heures d’éclairage. On obtient ainsi un vaste champ lumineux, ce qui permet au barreur d’éviter les accidents et donne à la navigation de nuit toute la sécurité désirable, en lui ajoutant un charme de plus.
- C’est un éclairage du même genre qui convient aux vélocipèdes : un fanal placé en avant
- Fig. 241. Mode de suspension des lampes. Fig. 242. —- Mode de suspension des conducteurs. (Woodliouse ctRawson).
- du conducteur et qui lui montre les détails de la route en même temps qu’il signale aux passants le voisinage de l’appareil. Cette lanterne peut être alimentée par une pile ou un accumulateur : ce dernier mode convient peut-être mieux, à cause du peu de place dont on dispose. Nous donnons plus loin une figure qui montre l’application de l’électricité à l’éclairage et à la traction des vélocipèdes (Yoy. Tricycle).
- Éclairage des rues et des places publiques. — Les appareils employés pour cet éclairage
- sont surtout les régulateurs et les bougies. On les fixe généralement au haut de colonnes en fonte ressemblant plus ou moins aux candélabres à gaz ; les régulateurs peuvent aussi être suspendus.
- La figure 240 montre un modèle de régulateur employé en Angleterre par. la Grosvenor district electncal Supply. Ces lampes sont suspendues, isolément ou par deux, à l’extrémite de pylônes en fonte (fîg. 241). Enfin, la figure 242 représente le mode de suspension des conduc-
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- teurs aériens, qui sont arrêtés sur les gorges d’isolateurs aa fixés aux poteaux par des colliers boulonnés. '
- Les conducteurs lourds sont en outre suspendus à des fils d’acier qui s’attachent eux-mêmes aux appuis. Le conducteur passe alors dans des bagues en ébonite CC, soutenues par Un étrier W en fil de fer galvanisé, et un anneau brisé en acier R, qui entoure le câble de soutien SS.
- Nous prendrons pour exemple l’éclairage de la ville de Paris. Le 15 février 1878, la Société Jablochkoff fut autorisée à installer des bougies sur la place de l’Opéra, puis sur l’avenue du même nom et la place du Théâtre-Français. Les essais durèrent jusqu’au 1er avril 1882. De nouvelles tentatives furent faites aux Halles (15 mars 1879) et sur la place de la Bastille (23 février 1879). Au mois de novembre 1881, des régulateurs de Mersanne furent installés place du Carrousel, puis dans la cour du Louvre; ils furent remplacés ensuite par des foyers Brush. Après quelques autres essais, une usine fut installée pour l’éclairage électrique du nouvel Hôtel-de-Ville.
- Enfin, le 30 mars 1888, le conseil municipal décida que l’administration pourrait accorder aux sociétés qui en feraient la demande l’autorisation de distribuer l’électricité dans la ville, en se conformant au cahier des charges établi à cet effet, et dont nous citerons seulement les prescriptions les plus intéressantes.
- Art. 1er. — Aucune concession ne pourra être accordée qu’à des Français ou à des sociétés françaises, ayant leur siège social en France.
- Art. 2. — Les fils ou câbles ne pourront être places dans les galeries d’égout ou de carrières sou-erraines sous Paris. Ils seront placés sous les rottoirs dans des conduites en poterie, en maçon-nerie, en métal ou en toute autre matière suffisamment résistante...
- Les fils ou câbles ne seront établis sous chaussées »ue pour la traversée des voies. Ces traversées se
- ront à une profondeur d’au moins un mètre....
- es regards seront établis de distance en distance cjur Permettre la visite de la canalisation, et celle-o^sera disposée de manière que, en cas d’avarie, rem^lsse’ en se servant des regards, retirer et Lift3,061" les fils, sans ouverture de fouille.
- Bonn [,aversae clés égouts n’est autorisée qu’excep-dnii 6 eroent; en thèse générale la canalisation ARfSSer au~dessus.
- qu'à ^ ^ ^es ou eâbles ne peuvent être placés des m 1‘6 ^^s^ance minima de un mètre des façades seau aiso.ns> cel emplacement étant réservé au ré-aa mumcipai d’électricité...
- seront ét ni- ^6S Pénétrant dans les immeubles dans de^ ^ e?^re Ie câble principal et la façade c*Pal. S ConduiteS reliées à celles du câble prin-
- Toutes les installations autres que les fils de branchement, telles que coupe-circuits, etc., seront placées en dehors des limites de la voie publique.
- Art. 5. — S’il est fait usage de transformateurs, iis seront installés en dehors de la voie publique.
- La durée des concessions est fixée à 18 ans.
- Art. 13. — Le permissionnaire restera absolument maître de ses tarifs, sous réserve de ne pas dépasser un maximum de 0 fr. 45 pour une carcel-heure, ou de 0 fr. 45 pour une quantité d’énergie électrique livrée aux abonnés et équivalente à un cheval-vapeur pendant une heure.
- La ville de Paris se réserve la faculté d’abaisser les prix maxima ci-dessus fixés, tous les cinq ans.
- Les abaissements de tarifs profiteront à tous les consommateurs, quelles que- soient les conditions de leur police d’abonnement.
- Tous les abaissements de tarifs consentis par le permissionnaire à ses abonnés seront considérés comme acquis jusqu’à l’expiration de l’autorisation et les tarifs ne pourront plus être relevés.
- Tout permissionnaire, dans l’étendue du réseau à lui concédé, fournira sur la demande de la ville, 'pour l’éclairage public, de la lumière électrique par arc voltaïque au tarif maximum de 0 fr. 25 la carcel-heure.
- Usine municipale des Halles. — Une usine municipale a été installée aux Halles ; elle occupe une superficie de 1,900 mètres carrés et alimente actuellement 3,000 lampes, sur un développement de 10 kilomètres.
- L’installation comprend deux parties : la première, destinée à fournir des courants continus, à basse tension, est formée de six dynamos Edison, actionnées par des machines Weyher et Richemond, du type vertical à pilon, du système à triple expansion et à condensation. Ces dynamos sont montées en vue de l’emploi du système de distribution à trois fils. (Voy. Montage.)
- La seconde partie de l’installation donne des courants alternatifs à haute tension. Elle comprend trois machines Ferranti, alimentées par des moteurs Lecouteux et Garnier.
- L’éclairage des Halles comprend 168 lampes à arc dans les pavillons, et 512 lampes à incandescence dans les sous-sols.
- Le réseau privé se compose de trois circuits :
- 1° Rue des Halles;
- 2° Rue Berger, rue du Pont-Neuf et numéros pairs avoisinants de la rue de Rivoli ;
- 3° Numéros impairs de la rue de Turbigo,du boulevard de Sébastopol et des grands boulevards jusqu’à la rue Montmartre.
- Sur ce dernier circuit, qui a 2,000 mètres de longueur, on emploie des transformateurs de distance en distance.
- Cette usine est dans des conditions toutes spéciales, car, dans les Halles, c’est seulement
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- à 2 heures du matin qu’on allume toutes les lampes, alors qu’on les éteint ailleurs.
- Concessions diverses. — Outre la compagnie Edison, qui a établi une usine sous la cour d’honneur du Palais-Royal, pour éclairer le Théâtre-Français, le théâtre du Palais-Royal, les galeries du Palais-Royal et l’administration des Beaux-Arts, six compagnies ont accepté les conditions posées par la Ville et ont entrepris l’éclairage de secteurs allant en s’élargissant du centre jusqu’aux fortifications. Ces sociétés doivent éclairer, dans un délai de deux ans, les rues centrales de leur secteur et les voies principales qui les limitent jusqu’aux fortifications. Voici les quartiers concédés à ces Sociétés :
- Réseau Gaston-Censier. — Avenue de la Grande-Armée, avenue des Champs-Élysées, rues de Rivoli, du Louvre, Montmartre, du Faubourg-xVlontmartre, de Chàteaudun, de Londres, de Constantinople, de Rome, Cardinet et de Tocqueville.
- Réseau de la Société anonyme du secteur de la place Clichy. — Boulevard Pereire, rue de Rome, boulevard Haussmann, les rues du Havre et d’Amsterdam, et les avenues de Clichy et de Saint-Ouen jusqu’aux fortifications.
- Réseau de la Compagnie Victor Popp. — Rue de Belleville, faubourg du Temple, place de la République, les grands boulevards, rues Royale et de Rivoli, place de la Concorde et les quais de la rive droite jusqu’aux fortifications.
- Réseau de la Compagnie Surry-Montaud. — Boulevards Ornano et Barbés, faubourg Poissonnière, rues Poissonnière, des Petits-Carreaux, Montor-gueil, Baltard et du Pont-Neuf, quai des Orfèvres et du Pont-Neuf, rue de la Cité, parvis Notre-Dame, pont d’Arcole, rue du Temple, rues de l’Entrepôt, de Lancry, des Récollets, faubourg Saint-Martin et rue de Flandre.
- Société Edison. — Avenues de Saint-Ouen et de Clichy, rues de Clichy et de la Chaussée-d’Antin, les grands boulevards jusqu’à la rue Richelieu, la place de la Bourse, les rues Joquelet, Montmartre, les grands boulevards jusqu’à la rue du Faubourg-Saint-Denis, le commencement de la rue du Faubourg-Saint-Denis, le faubourg Poissonnière jusqu’à la rue d’Enghien, la rue Bergère, la rue du Faubourg-Montmartre, rue Grange-Batelière, rue Geoffroy-Marie, cité Trévise, rue Bleue, rue Lafayette, place Cadet, rue Rochechouart, boulevard Roche-chouart, les rues Clignancourt, Ordener et du Mont-Cenis.
- Société Marcel Deprez. — Les boulevards Ornano et Barbés, le boulevard Magenta, la place de Roubaix. la rue Dunkerque, le boulevard Denain, la rue du Faubourg-Saint-Denis, la rue d’Aboukir, la rue du Caire, le boulevard de Sébastopol, le boulevard Saint-Martin, la place de la République, la rue de la Douane, le quai de Valmy et la rue d’Allemagne.
- Quant à la rive gauche, le boulevard Saint-Michel et le boulevard Saint-Germain seront prochainement éclairés par la Compagnie Victor Popp.
- On peut remarquer que les divers réseaux empiètent les uns sur les autres, les compagnies n’ayant pas reçu un monopole, mais seulement le droit d’établir une canalisation.
- Nous citerons comme exemple l’installation de la Société pour la transmission de la force par l’électricité (Société Marcel Deprez).
- Cette compagnie, en vue de pouvoir alimenter simultanément par son réseau général le service des lampes à incandescence et celui des régulateurs à arc, tant de l’éclairage privé que de l’éclairage public, a adopté 120 volts comme tension uniforme de distribution aux bornes des lampes, ce qui permet de desservir indistinctement des lampes à incandescence étalonnées à 120 volts ou des arcs montés deux à deux en tension.
- La canalisation de distribution de tout le secteur est reliée en ses différents points, de façon à présenter un réseau continu, alimenté par des feeders ou câbles nourrisseurs, partant des diverses usines ou postes distributeurs établis dans le périmètre concédé.
- Un certain nombre de stations sont réparties dans l’étendue du secteur, de façon à venir en aide les unes aux autres, en cas d’avarie ou d’interruption dans le service survenue à l’une d’elles. Toutes les parties de la canalisation de distribution peuvent d’ailleurs être isolées, de façon à permettre toute réparation ou modification dans le reste de l’installation, sans interrompre le service d’une zone déplus de lOOmè-tres de façade. La canalisation est toujours en charge et la tension aux points de contact des feeders avec la distribution, maintenue à un point déterminé, grâce au contrôle de fils de retour aboutissant de ces points de contact aux tableaux de distribution et de réglage situés dans les diverses stations de distribution. Cette tension varie de 121 à 122 volts suivant les états de charge. La canalisation de distribution est calculée avec une perte de charge maxima de 1,5 volt pour l’intensité du régime complet.
- La perte de charge extrême sur les feeders, qui correspond au maximum d’utilisation et au meilleur rendement économique de ces conducteurs, étant de 12 volts, la tension aux diverses stations peut être réglée suivant la consommation, entre 122 et 134 volts. A cet effet, ces stations sont pourvues d’importantes batteries d’accumulateurs, destinées à servir de régulateur et de réservoir d’énergie, qui, au m° ment de la période de plein allumage, viennen compléter le courant fourni directement par leS dynamos. Dans la journée, ces machines ren
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- jent aux accumulateurs l’énergie qu’ils ont dépensée pour l’éclairage.
- Les stations que"la Société a installées dans le périmètre qui lui a été concédé sont de deux ordres différents ; les unes sont des stations transformatrices, recevant le courant à haute tension d’une usine primaire, placée à Saint-Ouen, et restituant cette énergie, grâce à l’emploi des réceptrices transformateurs, système Marcel Deprez, à la tension de distribution (134 volts au moment du fort allumage); les autres sont des usines productrices de courant à basse tension, avec installation complète de machines à vapeur et dynamos actionnées par ces moteurs. L’emploi de ces deux modes de production du courant nécessaire à la distribution pour l’éclairage a pour but, de même que le chevauchement des feeders des différentes usines, d’assurer d’une façon absolument parfaite le service général. L’usine primaire de Saint-Ouen, productrice du courant à haute tension, peut développer une énergie de 1500 chevaux électriques, répartis entre les stations de transformation du secteur de Paris et des communes de la banlieue où la Société est concessionnaire de l’éclairage électrique. Cette usine pourra être développée rapidement, de façon à atteindre une puissance de 10,000 chevaux électriques. La Société a fait établir encore deux importantes usines à vapeur, l’une rue de Bondy et l’autre rue des Filles-Dieu, pour desservir immédiatement la partie de son secteur avoisinant la ligne des boulevards, depuis la gare de l’Est jusqu’à la rue du Caire, en comprenant la ligne des boulevards Magenta, de Strasbourg, Sébastopol, Bonne-Nouvelle (côté nord), place de la République, rues et faubourgs Saint-Denis et Saint-Martin, c’est-à-dire de la zone où la densité d’éclairage est la plus grande.
- Ces deux usines peuvent assurer le fonctionnaient de 20,000 lampes, sans compter les M00 lampes des théâtres de la Renaissance, de
- a Porte-Saint-Martin, deT’Ambigu et des Folies-Pcamatiques.
- Dans le secteur de cette Société se trouve l’é-^a*rage des boulevards entre la porte Saint-nis et la place de la République, qui com-^te actuellement 27 arcs de 10 ampères à titre ^essai, nous signalerons spécialement l’éclai-Mart'rï6 ^ Par^e sduée entre la porte Saint-dis m et théâtre de l’Ambigu, où les arcs, bouréS a *a sur *es côtés et dans l’axe du s^tiSf>ar<^ Sa^nt~Martin, donnent une idée très ^èclaî1San^e qu’011 peut obtenir pour
- lrage public des boulevards de la grande
- ville, effet de beaucoup supérieur à celui résultant d’une simple file de régulateurs établis dans l’axe de la voie, qui laisse les bas-côtés dans une pénombre d’autant moins satisfaisante que la chaussée est plus éclairée. D’autre part la disposition adoptée pour les globes et lanternes de cet éclairage, par suite de la position du point lumineux, donne le maximum d’éclairement.
- L’éclairage électrique en province et à l’étranger. — Un certain nombre de villes de France possèdent déjà l’éclairage électrique. Tours, Saint-Étienne, Nice possédaient déjà en 1887 des stations centrales; Reims, Angers, Dijon ont suivi cet exemple. A Tours on fait usage de transformateurs; c’est peut-être la première application importante de ces appareils en France. De petites villes telles que Bellegarde-sur-Valserine, Bourganeuf, la Roche-sur-Foron, Saint-Jean-de-Maurienne, Domfront, Château-lin, etc., possèdent également l’éclairage électrique.
- Berlin, Munich, Leipzig, Cologne, Londres, etc., et un grand nombre de villes américaines possèdent aussi des installations plus ou moins complètes d’éclairage électrique.
- Éclairage de la ville de Genève. — La ville de Genève a utilisé pour son élairage les forces naturelles dont elle dispose. Un barrage à vannes mobiles, élevé dans le Rhône à la sortie du Léman, pour régulariser le niveau du lac, donne une chute qui produit une force motrice de plusieurs milliers de chevaux. Cette chute fait marcher des turbines qui actionnent des pompes. Un premier jeu de pompes distribue de l’eau à basse pression pour l’alimentation des habitations particulières et le service municipal. Un second jeu refoule l’eau dans un réservoir situé à 135 mètres au-dessus du lac, duquel part une canalisation à haute pression (13 atmosphères) qui distribue la force motrice. C’est cette eau à haute pression qui est utilisée par la station centrale d’électricité.
- L’eau actionne des turbines horizontales, qui sont reliées directement aux dynamos par des manchons élastiques Raffard. Les dynamos sont du système Thury, à 6 pôles, de 100 volts chacune. Le collecteur porte quatre paires de balais, ce qui permet d’enlever, de changer, de régler une ou deux paires pendant la marche. Il n’y a pas trace d’étincelles aux brosses, même en pleine charge; chaque machine est munie d’un léger ventilateur, qui insuffle de l’air entre l’inducteur et l’induit et aussi à travers l’induit, ce qui permet d’augmenter beaucoup le débit, sans échauffement dangereux.
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- On a adopté le système de distribution directe du courant continu à trois conducteurs. Les câbles de distribution sont du système Siemens et Halske décrit plus haut. Cette distribution est faite par la Société d’appareillage électrique.
- Éclairage de la ville d'Anvers. — L’éclairage de la ville d’Anvers, réalisé par la Compagnie générale d’électricité, comprend deux machines à vapeur du système Compound, de 400 chevaux chacune, alimentées par quatre chaudières mul-titubulaires inexplosibles, système de Naeyer, dont trois sont en activité à la fois.
- Les dynamos sont du système Gulcher, à grand débit et à faible tension. La station étant assez éloignée, le courant est d’abord amené aux quartiers qu’on doit éclairer par un conducteur principal, long de 410 mètres, et formé de cinq câbles positifs et cinq négatifs. Chaque câble est formé de dix-neuf 111s en toron ayant chacun 4,88 millimètres de diamètre. La section totale du groupe de câbles est 1775 millimètres carrés; l’intensité totale du courant est 1500 ampères. La perte en volts pour le débit total est de 12,30 ; la perte en chevaux de 28,73. La résistance totale à 15° est de 0,0082 ohms. La chute de potentiel aux extrémités du conducteur principal est constante et égale à 70 volts. La distribution secondaire constitue à peu près un rectangle dont on aurait rejoint le milieu des côtés; elle a été calculée pour une perte de 4 volts. Le reste de la distribution se fait par fils aériens en bronze phosphoreux. Les régulateurs à arc sont du système Gulcher, les lampes à incandescence du système Siemens et du système Lane-Fox. Chaque installation particulière est pourvue d’un compteur Ferranti.
- Éclairage de l’Exposition universelle. — L’éclairage de l’Exposition de 1889 fut confié en partie à l’électricité et en partie au gaz. Les parties éclairées à la lumière électrique comprenaient :
- 1° Espaces couverts : galerie des machines; galerie de 30 mètres reliant le Palais des machines au Dôme central ; Dôme central ; galerie Rapp et galerie Desaix;
- 2° Espaces découverts : cours et avenues intérieures; jardin supérieur; jardin central; jardin inférieur; abords de la Seine.
- INous citerons en particulier l’éclairage du Palais des machines, qui constituait la partie la plus importante de 1 installation ; il comprenait : 1° une nef ayant 383 mètres de longueur, 114 mètres de largeur, 45 mètres de hauteur maximum et 43,662 mètres de surface; 2° une
- galerie de 18 mètres de largeur, et 8 mètres de hauteur, régnant tout autour de la nef et pré sentant une surface de 16,675 mètres carrés • 3° une galerie au premier étage, couvrant là précédente et ayant absolument les mêmes dimensions. La surface totale du palais est d’environ 77,000 mètres carrés, près de 8 hectares et son volume de 2 millions de mètres cubes.
- L’éclairage de la nef était dû à deux séries d’appareils fonctionnant séparément ou simultanément. La première série comprenait 4 lustres, formés chacun de 12 régulateurs de 60 ampères brûlant à feu nu, et placés sur l’axe du palais, à 40 mètres de hauteur. Ces lustres étaient manœuvres à l’aide de treuils fixés sur les fermes de la charpente, à la hauteur du premier étage. Ces régulateurs étaient groupés par 3; leur réseau comprenait donc 16 circuits de 60 ampères sous 200 volts.
- La seconde série comprenait 86 régulateurs de 25 ampères, munis de globes clairs, et placés à 15 mètres du sol, sur 5 rangs longitudinaux et 18 rangs transversaux. Enfin les deux galeries du rez-de-chaussée et du premier étage ont reçu 276 régulateurs de 8 ampères, placés à 5 mètres du plancher.
- L’escalier placé sur l’axe transversal du palais, du côté de l’École militaire, était éclairé par 200 lampes Woodhouse et Rawson de 8 bougies, et les bureaux placés sous cet escalier par 10 lampes de 250 bougies, installées par M. Garnot. L’escalier situé du côté de l’avenue Suffren a reçu 300 lampes à incandescence de 8 bougies de la maison Jarriant, et l’escalier opposé, placé près de l’avenue de Labourdon-nais, 160 lampes de 8 bougies de MM. Cronip-ton et Cie.
- Éclairage de la tour Eiffel. — L’éclairage électrique de la tour Eiffel comprenait : à la partie supérieure, un phare dont la lampe électrique avait une intensité de 10,000 carcels; invisible jusqu’à 1,500 mètres du pied de la Tour, ce feu envoyait ses rayons à une distance de 80 kilomètres. Cet appareil tournant portait trois systèmes de lentilles, bleu, blanc, rouge-La lampe recevait un courant de 100 ampères. La partie tournante du phare était mise en mouvement par un courant accessoire de 0,5 ampère. Sur la cinquième plate-forme, de 5,75 mètres de côté, placée un peu au-dessous du phare, à 290 mètres de hauteur, étaient installés 2 projecteurs Mangin, ayant chacun un foyer de 10,000 carcels et un miroir conca'O convexe, en verre argenté sur la face p°ste rieure, de 0,90 m. de diamètre. Chaque pr0
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- jeteur était posé sur une sorte de truc et ouvait se mouvoir tout autour de la plateforme, sur une petite voie Decauville ; ils pouvaient en outre tourner dans tous les sens. Un moteur de 35 chevaux actionnait 3 dynamos placées dans le pied sud-ouest de la Tour et dont les courants étaient portés aux 3 lampes par six câbles en fil de cuivre tressé non recouvert, soutenus par des isolateurs.
- Éclairage des chantiers de construction, des exploitations agricoles, etc. — L’une des premières applications des régulateurs électriques a été l’éclairage des chantiers de construction, pendant la nuit, lorsqu’on veut faire avancer rapidement les travaux : citons notamment la reconstruction du Louvre, des magasins du Printemps, les travaux du pont Notre-Dame, etc. Le plus souvent on place la lampe
- Fig. 243. — Voiture avec matériel mobile d’éclairage.
- Sojïlniet d’un échafaudage en bois, C0ie’ ^ l’aide d’un réflecteur, les loc lneUX sur Partie qu’on veut éclaire ^mobile alimente la machine générât $é!V Um*ère électrique peut rendre les ] ;ou;ces ^ans les exploitations agricol pf.j. 16nt un retard de quelques heures pet j^re une récolte.
- cet Us ^PPareils spéciaux sont construit
- a'ricot°el notf mment par la Société de n: e «e Yierzon (flg. 243).
- Un chariot à quatre roues porte une machine à vapeur horizontale avec chaudière à foyer amovible et retour de flamme, qui actionne par l’intermédiaire d’une courroie une dynamo placée à l’avant, et séparée de la chaudière par une cloison pleine, pour la préserver des radiations calorifiques. Un autre compartiment reçoit des accumulateurs; au-dessus sont placés tous les accessoires, câbles, fils, lampes, etc. A côté de la dynamo est placé le tableau des communications, qui porte un am-
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- pèremètre, un voltmètre, une lampe témoin, et trois commutateurs à manette, qui permettent d’établir toutes les communications entre la machine, les accumulateurs et les lampes. Le modèle le plus ordinaire alimente 2 régulateurs de 80 carcels, et environ 50 lampes à incandescence de 16 bougies.
- La figure 245 montre une disposition un peu différente. La machine à vapeur est verticale,
- avec chaudière à tubes pendentifs système Field Tout le mouvement est placé sur le devant de la chaudière, sous la main du mécanicien. La caisse du matériel électrique est divisée en trois compartiments séparés par des cloisons pleines-celui de gauche à la partie inférieure reçoit les accumulateurs ; à l’étage supérieur sont placés tous les accessoires du service d’éclairage • câbles, fils, lampes, etc. ; celui de droite con-
- Fig. 244. — Locomobile avec machine à vapeur verticale.
- tient la dynamo, qui est généralement du type Gramme, et le tableau des communications. Ce compartiment est fermé par un panneau mobile qu’on enlève pendant le fonctionnement pour surveiller la marche. Ce modèle est généralement construit pour alimenter 5 régulateurs de 80 carcels, ou bien 40 à 50 lampes à incandescence de 16 bougies, ou un éclairage équivalent formé avec les deux systèmes.
- La figure 245 représente un appareil analogue construit par la maison Woodhouse et Rawson.
- Les lampes se placent sur des trépieds mobile (fig. 246).
- La lumière électrique est appliquée, depuu 1883, à l’éclairage des bassins de radoub du port d’Anvers ; on peut ainsi travailler jour nuit, et diminuer beaucoup les frais de statiou nement supportés par les armateurs dont navires sont en réparation. Dans le même D ^ et en raison de l’insuffisance des formes radoub existant à cette époque, la ville ^ Havre a fait installer, en avril 1884, un éc a
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- raae électrique fixe par la maison Sautter, Lernonnier et Cie, sous la direction de MM. Caza-van et Bricard et de l’administration des ponts t faussées du Havre. Ces formes sont au
- nombre de quatre, dont trois situées au bassin de la Citadelle et la quatrième au bassin de l’Eure. Nous décrirons l’installation de cette dernière.
- Fig. 245. — Locomobiie électrique pour exploitations agricoles.
- La longueur totale de cette forme est de 160 mètres, sa largeur de 30 mètres et sa pro-
- Fig. 246. — Support mobile pour lampe.
- Sllj>f>eUr f^e mètres. L’éclairage devait] être SortiesH ^°Ur PerrneLtre : 1° les entrées et les es navires pendant la nuit ; 2° les manu-
- tentions et approches des matériaux autour de la forme ; 3° tous les travaux de visite et les réparations de toutes les parties de la coque du navire.
- L’éclairage nécessaire pour les deux premières séries d’opérations est obtenu à l’aide de 6 lampes Gramme, de 500 carcels chacune, placées à 12 mètres au-dessus du sol, pour permettre d’éclairer un grand espace sans fatiguer la vue. Ces lampes sont enfermées dans des lanternes avec globe en verre, pour les protéger du vent et de la pluie. Elles sont supportées par des pylônes de 13 mètres d’élévation, sur lesquels on peut les hisser à toute hauteur, depuis le fond de la cale jusqu’à 12 mètres au-dessus du sol. On peut ainsi éclairer facilement l’intérieur de la forme pour visiter et réparer les navires : il suffit de faire descendre les lampes dans la cale et de les maintenir, à l’aide d’amarres, dans les positions les plus avantageuses.
- Les pylônes (fig. 247) sont des colonnes creuses en fonte, surmontées d’un bras en treillis de fer portant un grand abat-jour en tôle galvanisée. Ils portent à l’extérieur les attaches des circuits et à l’intérieur un tambour en fonte sur lequel s’enroule un câble à double
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- conducteur, qui amène le courant jusqu’aux lampes» et sert aussi à les soutenir; en tournant ce treuil, on déroule le câble et on amène les lampes à la hauteur voulue. Au-dessous du tambour et abrités par un toit en zinc se trouvent un interrupteur automatique et une résistance équivalente à celle de la lampe, que le commutateur lui substitue lorsqu’elle s’éteint accidentellement ou volontairement. Deux autres commutateurs permettent, l’un de changer les charbons, l’autre d’enlever la lampe du circuit quand on ne veut pas l’allumer.
- Ces régulateurs sont alimentés par deux dynamos Gramme de 24 ampères et 250 volts à la vitesse de 1,200 tours. En portant la vitesse à 1,500 tours, on peut alimenter 4 des foyers avec une seule machine. Normalement les lampes, montées en tension, sont divisées en deux circuits, dont chacun est commandé par l’une des machines.
- Grâce à cette installation, les cuivrages et les travaux de carène peuvent se faire aussi bien de nuit que de jour. La fixité des lumières est remarquable ; elle persiste même pendant qu’on abaisse ou qu’on relève la lampe.
- Éclairage des navires. — Les principaux avantages de la lumière électrique pour les navires sont la lumière plus abondante et plus agréable, la facilité de service, la suppression des risques d’incendie, l’augmentation de bien-être pour les passagers et l’équipage, la puissance des feux déroute augmentée, les signaux de nuit d’une transmission plus sûre et plus rapide, enfin l’économie. Les conditions essentielles sont à peu près les mêmes pour les grands paquebots des compagnies de transports et pour les grands bâtiments de guerre, si ce nest que dans les navires marchands l’appareillage est un peu plus luxueux, et dans les navires de guerre la complication des circuits est un peu plus grande.
- Le nombre des lampes nécessaires dépend des imensions du bâtiment : il peut varier de 25 P°nr les torpilleurs de haute mer à 500 pour les grands transatlantiques.
- ^ ^c/a<rafl'e du cuirassé le « Richelieu ». — Cet c airage, installé en 1884, comprend 227 lam-j6* a incandescence Edison dont 211 de 8 bou-3^! P°^r ^éclairage proprement dit et 16 de tion°U^S ^our ^es Leux de route, feux de posi-circ ^ S^naux‘ Ces lampes sont divisées en 7 et n 1 S> r®Pon^anL chacun à un besoin spécial ûrèoaf*ian*: ^un Lnbleau de distribution placé
- presde la machine:
- 1° Circuit de jour ;
- 2° Circuit de nuit;
- 3° Circuit de combat;
- 4° Circuit de la machine ;
- 5° Circuit de mer;
- 6° Circuit des feux de route.
- 7° Circuit des feux de signaux.
- Dans chaque circuit, un certain nombre de lampes, dont on n’a besoin qu’à certains moments, sont munies de commutateurs individuels. Les commutateurs des lampes placées dans les locaux habités par l’équipage sont munis de clefs, de façon que la manœuvre ne puisse en être faite que par celui qui en est chargé.
- Les lampes destinées à l’éclairage sont fixées à des appareils dont la forme et la disposition varient avec les endroits à éclairer. Le fanal (fig. 248) est employé surtout dans les batteries
- et autres postes de couchage. La lanterne-wagon (fig. 249) convient très bien à l’éclairage des
- Fig. 249. — Lanterne-wagon.
- coursives, des soutes, de certaines parties des machines, etc.
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- Il y a avantage en certains points à munir appareils d’un anneau et à les suspendre moyen de trois chaînettes (fîg. 250). Dans
- Fig. 250. — Lantcme-wagou suspendue.
- chambres d’officiers, carrés et appartement de l’amiral, les supports ont la forme de bras, de suspensions droites (fîg. 251), de lustres ou d’ap-
- pliques, se rapprochant beaucoup des formes ordinaires employées avec les bougies. Tous ces
- appareils sont nickelés, étamés, et les lampes munies d’abat-jour opales. Les chambres des maîtres, les machines, possèdent des appareils de même forme, mais plus simples. L’éclairage du manomètre et du niveau d’eau de chaque chaudière est assuré par une lampe placée dans une lanterne (flg. 252).
- Pour les soutes à poudre et à projectiles, on a utilisé les guérites des anciens porte-bougies;
- Fig. 251. — Bras et suspension.
- la lampe est fixée à un petit socle en bois qui vient occuper la place du porte-bougie en face
- Fig. 252. — Lanterne de niveau d’eau.
- du réflecteur. Un petit câble souple relie la lampe à deux bornes de prise de courant, de sorte qu’on peut les substituer facilement à la bougie, et vice-versa. Une disposition semblable a été adoptée pour les fanaux de route et les
- lampes de signaux; mais les prises de courant, étant placées à l’extérieur du navire, se font dans des boîtes étanches spéciales.
- Partout des précautions particulières ont été prises pour soustraire les lampes aux vibrations dues aux mouvements des machines et aux secousses causées par le tir du canon. Dans ce but on a : 1° interposé entre les parois du bateau et le point d’attache de chaque support une rondelle en feutre de 10 à 15 mm. d’épaisseur; 2° relié chaque lampe à son support par l’intermédiaire de deux petits socles en bois et d’un ressort à boudin, qui amortit les chocs.
- Les fils conducteurs, parfaitement isolés, °n^ été partout posés sur des planches en bois, fixées aux parois du navire ou passés dans des tuyaux en métal, et, l’installation faite, on a assuré leur conservation en les recouvrant de bois; 48 coupe-circuits sont intercalés dans linS' tallation.
- On peut éteindre un nombre quelconque lampes sans altérer l’intensité de celles dul
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- restent, et sans qu’il soit nécessaire d’introduire des résistances équivalentes. La machine règle elle-même automatiquement le débit; les variations du travail moteur qu’elle absorbe sont proportionnelles aux variations du nombre des lampes allumées. Malgré ces variations, la vitesse du moteur reste constante; elle est réglée par un régulateur différentiel spécial du système Mégy, agissant sur la détente de la vapeur.
- La dynamo est une machine Gramme du type ID donnant 200 ampères et 50 volts environ ; les électro-aimants sont excités en dérivation. Cette machine exige une puissance de 20 à 25 chevaux ; elle est commandée par un moteur Mégy à grande vitesse.
- Éclairage du paquebot-poste V « Océanien ». — Nous joindrons à l’exemple précédent celui d’un paquebot de la compagnie des Messageries maritimes, installé par les mêmes constructeurs en 1886. Cette installation comprend 200 lampes à incandescence Edison de 10 bougies pour l’éclairage des salons, des cabines et des couloirs, 2 lampes de 20 bougies pour les soutes, et 3 lampes de 40 bougies pour les feux de route. Ces 5 dernières sont du type Woodhouse et Rawson. Un régulateur a arc de 150 carcels peut être hissé rapidement à l’extrémité d’une vergue pour l’embarquement ou pour toute autre opération exigeant un éclairage extérieur très intense.
- Ces lampes sont alimentées par deux dyna-m°s Gramme donnant chacune 118 ampères. Lorsque le nombre des lampes allumées devient assez faible, par exemple vers onze heures du SOlr, on ne laisse en fonction qu’une seule dy-namo. Les dynamos sont compound, de sorte que l’intensité des lampes allumées reste consente, quel que soit leur nombre.
- Chaque dynamo est actionnée directement, sans, aucun intermédiaire, par un moteur Mégy a grande vitesse, muni d’un régulateur différentiel.
- Éclairage du cuirassé V « Indomptable ». — L’ Perience a montré qu’il est bon de ne pas don les* IÛ°.teurs fl11* actionnent les dynamos d ^navires une vitesse supérieure à 350 to ^^ie. Malgré les qualités remarquai Cj_,Jïl0teur Mégy, employé sur les navires c qui essus> les machines à très grande vite; acceC°n^ennent l’ar^ailement pour des servi pr0p^S°lres d’nne faible durée, semblent langue^ UU serv*ce aussi constant et d’ai ^-'LsLh^t que l’éclairage d’un navire. Ai L^féren^ ^em0nn^ere1; ^ onl,_^s adopté Uce P°ur le croiseur japonais VUn biCTIONNAIRE D’ÉLECTRICITÉ.
- puis pour le cuirassé l'indomptable, installé en 1887, une machine faisant 350 tours par minute, et actionnant directement la dynamo.
- Ce moteur, du type pilon (fig. 253) est à deux cylindres compound, fonctionnant à volonté, avec échappement à air libre ou à condensation. Il a une puissance nominale de 20 chevaux effectifs à 3 kilogr. de pression. Afin de réduire le poids au minimum, les cylindres et le bâti seuls sont en fonte, tous les autres organes en bronze ou en acier. L’examen du dessin montre que tous les organes sont bien en vue et facilement accessibles même pendant la marche; tous les coussinets, en bronze phosphoreux ou garnis de métal antifriction, sont à rattrapage de jeu.
- La distribution est faite dans le grand cylindre par un seul tiroir et dans le petit cylindre par un tiroir double à détente variable; on peut ainsi, avec un réglage convenable, fonctionner toujours dans les conditions les plus économiques de consommation de vapeur, soit à condensation, soit à échappement libre.
- Le régulateur de vitesse est particulièrement sensible ; il est de plus disposé de telle sorte que pendant la marche on peut faire varier l’allure normale du moteur.
- Le moteur et la dynamo sont montés dans le prolongement l’un de l’autre sur un châssis commun en fer à double T, qui sert en même temps de bâti aux organes de la dynamo. L’accouplement est fait par un manchon flexible à ressorts, entièrement métallique, dispensant de prendre au montage à bord les précautions minutieuses qu’exigerait un accouplement rigide.
- L’essai de consommation des moteurs à vapeur a indiqué en moyenne 9,5 kilogr. d’eau par heure et par cheval effectif mesuré au frein. Pression de vapeur 3 kilogr. ; condensation 0,60.
- La dynamo Gramme est du genre duplex, c’est-à-dire à deux paires de pôles. L’induit a ses sections couplées deux à deux en quantité. Les électro-aimants sont à excitation compound. Toute la partie supérieure de la dynamo peut s’enlever, de manière à permettre en quelques instants le remplacement de l’arbre et de sa bobine. Cette machine peut donner de 1 à 150 ampères avec une différence de potentiel aux bornes de 66 volts.
- L’éclairage de VIndomptable comprend deux ensembles identiques, dont l’un peut alimenter" 8 projecteurs de 500 becs et de 0,40 m. de diamètre avec 45° de divergence, c’est-à-dire éclairer tout l’horizon, pendant que l’autre illumine les 225 lampes à incandescence de 10 bougies
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- destinées à l’éclairage intérieur; en raison de leur identité, l’un de ces ensembles peut se substituer à l’autre, dans l’un quelconque de ces deux services différents.
- Éclairage des croiseurs le « Davout »etle « Suchet». — Les dispositions employées pour Y Indomptable ne pouvaient convenir à ces croiseurs, car, dans ce cas, les ensembles devaient être installés sous le pont cuirassé, contre le bor-dage, et la hauteur disponible était seulement de 1 mètre au point ou le pont rencontre la
- Fig. 253. — Moteur pilon et dynamo Duplex de Y Indomptable.
- paroi ; cette condition excluait l’emploi de m0 teurs pilons. D’ailleurs le programme tracé par la Marine limitait à 350 tours la vitesse de rotation, et demandait une consommation de vapeur aussi économique que celle des moteurs pilons compound.
- Pour réaliser ce programme, MM. Sautter, Le-monnier et Cie, ont fait usage d’un moteur Wool} tandem. Les deux cylindres sont sur le prolongement l’un de l’autre, le cylindre postérieur en porte-à-faux. Le cylindre antérieur est porté
- par un bâti en fonte qui reçoit à l’autre extrémité l’arbre de couche. Les cylindres ont tous deux des enveloppes de vapeur; le plus petit est à détente variable. Les dimensions d’encombrement sont : 2,40 m. en longueur, 1,60 m. en largeur, 0,90 m. en hauteur.
- La dynamo, du type Gramme, est à deux pôles. L’induit est monté sur l’arbre même du moteur, prolongé à cet effet. Les électroaimants sont portés par un bâti en fonte boulonné contre celui du moteur. L’accès étant impossible du côté du bordage, on a pris toutes les précautions nécessaires pour pouvoir faire
- les manœuvres et même démonter toutes pièces du côté de la dynamo, sans déplacer l’ensemble.
- La dynamo peut fournir 200 ampères e "70 volts à la vitesse de 350 tours par nnnute' La consommation de vapeur est de 10 grammes par cheval-heure.
- Éclairage du a Hoche ». — Le cuirasse premier rang le Hoche, qui vient d’êtrë acbe' à Lorient, est muni d’un éclairage électm comprenant :
- 1° 6 projecteurs de 60 centimètres, ^ chacun d’une lampe à arc prenant de
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- 75 ampères, et dont la puissance lumineuse est de 3 000 becs;
- L’éclairage extérieur formé de : 14 lampes à incandescence de 50 bougies. 65 volts : 93 lampes à incandescence de 32 bougies, 65 volts :
- 3» L’éclairage intérieur obtenu par : 35O lampes à incandescence de 10 bougies, 65 volts.
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- Quatre groupes de dynamos Desroziers fournissent le courant électrique nécessaire à l’alimentation de ces foyers. Chacun des groupes peut donner 200 ampères et 70 volts à la vitesse de 350 tours. Les moteurs, construits par la maison Breguet, sont compounds, du type dit pilon.
- Ils sont réunis aux dynamos par l’intermédiaire de l’accouplement élastique, système
- Fig. 254. — Dynamo Desroziers accouplée avec un moteur pilon.
- ard, qui est formé essentiellement de chou ^ateaux réunis par des bagues en cabut-5en!bl' ^Ure rePrésente un de ces en-
- if‘butf°C^e mun* de deux tableaux de dis-'ionnep0’t0US ^eux identiques et prêts à fonc-^wira a Un moment quelconque. L’un d’eux meut Seu^einent en cas d’avarie au comparti-v°Rmètre ^fn^erme i’uutre. Chacun porte : un fies Cap6 reSuet sans aimant ; 4 ampèremè-Pentier avec fiches de court circuit ;
- 17 commutateurs à quatre directions correspondant aux quatre dynamos; 17 coupe-circuit doubles principaux.
- La canalisation est faite presque entièrement sous bois. Les caissons facilitent les recherches et les réparations en cas d’avarie.
- L’éclairage extérieur comprend :
- 1° Les Signaux: lampes de 32 bougies fixées le long d’un galhauban qu’on bisse au moment voulu au haut d’un des grands mâts. Le courant, pour arriver aux lampes, passe par le ma-
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- nipulateur, appareil destiné à préparer, exécuter, lire et éteindre le signal.
- 2° Les Feux de route, position, mouillage, remorquage : lampes de 32 bougies, enfermées dans des fanaux réglementaires. Le courant qui alimente ces lampes passe par l’avertisseur, appareil qui prévient le bord de l’extinction anormale de l’un de ces feux.
- . 3° Les Réflecteurs, destinés à éclairer vivement le pont pendant une manœuvre de nuit. Le Hoche a deux réflecteurs, composés chacun d’un foyer de 7 lampes de 50 bougies. Ces appareils peuvent être fixés en un point quelconque du pont principal.
- Éclairage des canaux de navigation. —
- Un exemple intéressant nous est fourni par l’installation effectuée par la Compagnie du canal de Suez pour permettre la traversée du canal pendant la nuit (fîg. 255). Après deux ans d’études, la Compagnie put, à la fin de l’année 1885, autoriser les bâtiments remplissant certaines conditions de navigabilité et d’éclairage électrique à naviguer de nuit entre Port-Saïd et le kilomètre 54. Un règlement relatif à la marche de nuit prescrivit les conditions nécessaires; voici les principales.
- « Art. 1er. — A partir du le>- décembre 1885, et jusqu’à nouvel ordre, les bâtiments de guerre et les navires postaux pourront être autorisés à marcher de nuit dans le Canal entre Port-Saïd et le kilomètre 54 (mille 29,5) dans les mêmes conditions que celles établies pour la navigation de jour et en se soumettant aux dispositions ci-après :
- Art. 2. — Les bâtiments de guerre et les navires postaux, qui auraient l’intention de transiter de nuit de Port-Saïd au kilomètre 54 et vice versa, devront avoir fait constater à Port-Saïd, à Ismaïlia ou à Port-Tewfik, par les agents de la Compagnie, qu’ils sont munis des appareils suivants :
- 1° A l’avant : Un projecteur électrique d’une‘ portée de 1,200 mètres ;
- 2J A l’arrière : Une lampe électrique capable d’éclairer un champ circulaire de 200 à 300 mètres de diamètre ;
- 3 Sur chaque flanc une lampe électrique avec réflecteur. »
- Dans le courant du mois d’avril 1886, plusieurs bateaux, convenablement disposés, ont transité de nuit de Port-Saïd à Ismaïlia avec un plein succès, et ont passé en seize à dix-huit heures d’une mer à l’autre, gagnant ainsi dix-huit à vingt heures sur le temps moyen nécessaire au trajet.
- Pour fournir aux pilotes des points de repère qui leur permettent de maintenir le bâtiment dans l’axe du canal, on a disposé le Ion" de celui-ci des signaux lumineux, consistant en feux et en bouées. En face de chacune des
- gares, c’est-à-dire à des distances de 5 à 6 mil les, sont placés des feux de direction, blancs qui se voient de chaque côté jusqu’à une dis' tance de 7 à 8 milles. De cette façon un navire arrivant à 1 mille de distance du feu Je piUj rapproché, aperçoit le feu suivant, sur lequel il prend dès lors sa direction. Ces feux de direction, formés d’une lampe à pétrole munie d’un appareil optique, sont portés par des pylônes en fer, qui peuvent recevoir aussi des feux destinés aux signaux. Les bouées à gaz Pintsch sont des bouées ordinaires, chargées de gaz carburé et comprimé, et surmontées d’un appareil optique de Fresnel, dans lequel brûle ce gaz. Les feux sont rouges sur l’un des bords du chenal et verts sur l’autre. Nous n’insisterons pas sur ces appareils, qui n’ont rien de commun avec l’électricité.
- Quant à l’éclairage électrique que doivent posséder les navires, d’après le règlement cité plus haut, la plupart des bâtiments postaui et des navires de guerre sont pourvus de projecteurs, ou d’une installation d’éclairage électrique intérieur, pouvant s’approprier facilement au passage du canal.
- La Compagnie péninsulaire Orientale emploie un matériel affecté exclusivement à cet usage, et formé d’appareils amovibles, que le navire embarque à son arrivée à Port-Saïd ou à Suez et débarque avant de quitter Suez ou Port-Saïd. Ce matériel, construit par MM. Sautter, Le-monnier et Cie, comprend d’abord une dynamo Gramme à enroulement compound donnant 70 volts et 75 ampères dont 45 pour le pro-jecteur d’avant, 14 pour le feu d’arrière et 8 pour chaque feu de côté. Un moteur Bro-therhood commande directement cette dynamo* Le courant se divise en quatre dérivations, affectées chacune à l’un des foyers ; les conducteurs sont enroulés sur des tambours, enfermé dans une caisse qu’on installe à bord avec les moteurs.
- Le projecteur d’avant est du système Man' gin; il a 0,40 m. de diamètre. Il se place à3 mf' très au-dessus du niveau de l’eau, sur un cher mobile que l’on installe au devant l’étrave ; sur ce plancher se tient une personnf en communication téléphonique avec le pi*ote' et chargée de rapprocher à la main les bons de l’arc voltaïque et de faire varier direction du faisceau lorsque, c’est nécessai** Le feu d’arrière est formé d’une lampe élec^ que rustique enfermée dans une lanterne lallique, portant une disposition optiflue t donne la divergence convenable; le tout
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- sUSpendu à 3 mètres au-dessus de l’eau, et l’on peut, du pont, faire varier la direction du fais-
- ceau. Les feux de côté présentent une disposition analogue. Ils sont placés au milieu du
- vent. ’ ’ln Peu en avant de la passerelle, et ser-1 a eclairer les navires que l’on croise dans 5 gares.
- Éclairage des phares. — Voy. Phares électriques.
- Éclairage sous-marin. — La lumière électrî-
- Fig. 2î>t>. — Navire traversant uendant la nuit le canal de Suez, au moyen de l’éclairage électrique (Fig. communiquée par MM. Saut ter
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- que, n’étant pas due à une combustion, et n’ayant par suite aucun besoin d’oxygène, se prête parfaitement à l’exploration des profondeurs de la mer. La lampe sous-marine de M. Trouvé est une forte lampe à incandescence, enfermée dans un manchon en verre hermétiquement clos (fîg. 256) et eommuni-
- Fig. 256. — Lampe sous-marine.
- quant par deux conducteurs avec une pile au bichromate placée dans l’embarcation qui porte les pompes destinées à envoyer de l’air res-pirable au plongeur.
- Éclairage des champs de bataille et des opérations militaires. — Malgré quelques essais tentés en 1859 lors de la guerre d’Italie, on peut dire que les premières applications pratiques de l’éclairage électrique à l’art de la guerre datent du siège de Paris en 1870. Mais les moyens de produire la lumière (piles et machines de l’Alliance) et de la projeter au loin étaient alors hors de proportion avec la portée des engins d’artillerie, et d’ailleurs les attaques de vive force furent extrêmement rares. Depuis cette époque, on a perfectionné les premiers appareils et l’on possède aujourd’hui des dispositions capables de rendre de grands services en cas de guerre.
- L’appareil électrique ordinairement employé à la guerre est le projecteur. Le modèle en usage dans l’armée française est le projecteur Mangin (Voy. ce mot) ; mais cet appareil, qUj peut être installé à poste fixe dans certains cas, pour la défense des places et des côtes doit souvent au contraire être rendu mobile. Le projecteur est alimenté par une dynamo Gramme, à électro-aimants plats, qui peut donner 2 500 carcels, lorsqu’elle est couplée en tension, et 4 500 quand elle est couplée en quantité. Cette dynamo peut être disposée sur un chariot en fer à quatre roues (fig. 257), qui porte également un moteur Brotherood et une chaudière Field. Le projecteur, qui a 0,60 m. de diamètre, est monté sur un chariot à deux roues, qui porte aussi le câble conducteur. Pour le service, le projecteur peut être descendu et placé sur un socle léger en treillis; quatre hommes peuvent alors le transporter facilement.
- MM. Sautter, Lemonnier et Cie ont présenté à la Conférence internationale des Sociétés de secours aux blessés militaires, en 1884, un appareil dans lequel tout le matériel nécessaire à l’exploration du champ de bataille est placé sur un seul chariot à quatre roues (fig. 258). Ce matériel se compose d’une chaudière Field, timbréeà 6 kilogr., d’une dynamo Gramme pouvant donner une lumière de 60 carcels, commandée directement par un moteur Brotherhood à trois cylindres, qui tourne aussi vite qu’elle, à une vitesse de 900 tours par minute; cette disposition, sans aucun intermédiaire entre le moteur et la machine dynamo, a l’avantage d’être extrêmement rustique, insensible aux influences atmosphériques, et de fonctionner aussi bien par les temps de pluie et de brume que parles temps secs, sécurité que l’on ne saurait atteindre avec une transmission par courroie; elle constitue de plus, sous un petit volume, un ensemble léger et puissant.
- Un tachymètre indique à chaque instant D vitesse de la machine, et établit pour le chauffeur un guide parfaitement sur de l’allure de l’appareil; devant cet ensemble de la machine a vapeur et de la dynamo, se dresse l’appareil de
- projection, posé sur le chariot pour le transport»
- il est, pour sa mise en œuvre, porté à bra-d’homme sur le terrain à 50 ou 100 mètres e l’appareil générateur d’électricité; on le place sur un socle en treillis très léger, qu’un homme détache de l’avant de la voiture et emporte sou» son bras jusqu’au poste choisi. , ^
- Le chariot porte encore à l’avant, enroule s
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- un tambour mobile, le câble à double conducteur qui doit être étendu sur le sol pour établir la connexion entre la maèhine électrique et sa lampe.
- Cet ensemble pèse 2,000 kilos; il peut être traîné par deux chevaux.
- Des expériences fort intéressantes, instituées
- la 1 er^0ur8 et à Toulon, ont montré l’utilité de ^ ^ra*ère électrique pour la défense des côtes. tt,oO()U °'n’ °n une portée maximum de
- Nôtres. En étalant le faisceau par un sys-
- tème divergent, on obtint, à 3,000 et 3,500 mètres un champ de plus de 200 mètres de longueur, suffisamment éclairé pour rendre faciles toutes les opérations de l’artillerie.
- Locomoliilo à lumière.
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- Éclairage des carrières, des mines et des milieux explosifs. — Dès 1863, les ardoisières d’Angers reçurent un éclairage électrique alimenté par des machines de l’Alliance; on remplaça ensuite ces machines par une dynamo Gramme, alimentant deux régulateurs Serrin, qui fonctionnent nuit et jour.
- Pour les mines et les milieux explosifs, de nombreux accidents ont montré l’insuffisance de la lampe Davy. La lumière électrique possède seule dans ce cas l’avantage inestimable d’écarter les risques d'explosion et d’incendie. On a essayé récemment en Angleterre d’établir dans les mines une installation complète d’é-
- Fig. 258. — Appareil pour l’éclairage des champs de bataille.
- clairage par l’incandescence ; mais ces tentatives ne sont encore qu’à l’état d’essai. Il existe un certain nombre de lampes électriques portatives destinées à cet usage. G. Planté, dès 1881, yavaitadapté ses accumulateurs. Deux éléments placés dans des vases d’ébonite (on les a figurés en verre pour laisser voir l’intérieur) alimentent une petite lampe Swan qu’on peut entourer d’une toile métallique ou d’une éprouvette pleine d’eau, pour éviter les accidents en cas de
- rupture (fig. 259). Pour charger les accunnda' teurs, on serre les boutons GG' qui les associent en quantité, et l’on pousse les boutons BB' qul 1 appuient sur les ressorts 66' représentés à part, et communiquant avec les pôles du générateur. Pour allumer la lampe, on desserre ces boutons et on serre DD'; le premier réunit les élément’ en tension ; le second établit la communication avec la lampe.
- M. Edison a imaginé aussi une lampe à incan-
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- descence qui peut se suspendre aux parois des quatre accumulateurs, groupés dans un bloc de galeries. Dans le modèle de M. Swan (fig. 260), gutta-percha, peuvent fournir 1,3 bougie pen-
- Fig. 259. — Lanterne électrique de Planté.
- dant 10 heures. Les éléments sont formés de très employé dans les mines d’Angleterre. Les cylindres en peroxyde de plomb. Ce modèle est lampes des inspecteurs portent en outre un in-
- Fig. 260,
- Lampe Swan pour mineur avec son accumulateur.
- Fig. 261. — Lampe pour mineur (Woodhouse^ et Rawson).
- dicat
- v°lum
- 6Ur gGsou, fondé sur la réduction d
- e que subit en se combinant un mélang<
- d’air et de grisou. On laisse pénétrer le gaz’dans un petit tube, qu’on ferme par un robinet et
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- qui contient un petit fil de platine, qu'on fait rougir ensuite par le courant. Un liquide coloré vient combler le vide, et son niveau indique la proportion de grisou contenue dans l’air.
- La lampe de MM. Woodhouse et Rawson est encore alimentée par un accumulateur, placé dans une boîte en chêne (fîg. 261), et peut éclairer pendant seize heures.
- Fig. 26î. — Lampe électrique pour pénétrer dans les milieux explosifs.
- MM. Schanschieff, Walker, Pitkin, Waugh-son, etc., ont construit des lampes analogues alimentées par des piles.
- M. Trouvé a imaginé plusieurs lampes portatives (Voy. ce mot) qui peuvent servir pour les mines. Citons notamment le 'photophore, que nous décrivons plus loin, et qui est alimenté par une
- petite pile portée en sautoir. Il peut être tenu a la main ou se fixer sur le front (fîg. 262). Ce petÜ instrument est employé à l’Observatoire de Paris pour relever la nuit les indications de^ instruments, sur les navires de guerre pour un usage analogue, par la Compagnie du gaz pour visiter les gazomètres, etc. Il peut servir de
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- ÉCRAN ÉLECTRIQUE. — EFFET THOMSON.
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- même à pénétrer dans tous les lieux qui peuvent renfermer un mélange explosif.
- Nous indiquerons enfin des dispositions électriques destinées à assurer la fermeture absolue de la petite lampe de Davy, employée ordinairement dans les mines. En d 874, M. Yilliers avait imaginé l’emploi d’un verrou solidaire d’une armature de fer doux en forme de fer à cheval. La lampe ne pouvait s’ouvrir qu’avec un aimant; on la plaçait pour cela sur un électro-aimant excité par une machine magnéto-électrique de Gramme.
- M. Raffard a rendu La manœuvre beaucoup plus rapide en se servant d’un aimant ordinaire. Un ouvrier peut alors ouvrir facilement 30 lampes par minute, au lieu de 3 ou 4.
- ÉCRAN ÉLECTRIQUE. — Il résulte de la manière dont se distribue l’électricité à la surface d’un conducteur qu’il n’y a à l’intérieur ni électricité ni action électrique; l’électricité, répandue uniquement sur la surface extérieure, forme une couche en équilibre, sans action sur les points intérieurs. Un corps placé à l’intérieur d’un conducteur est donc entouré d’une sorte d’écran qui le soustrait à toute action extérieure. C’est pour cette raison qu’on entoure les galvanomètres et les électromètres de cages métalliques.
- On donne aussi quelquefois le nom d’écran aux diaphragmes qui entourent le noyau de fer doux des bobines d’induction médicales et servent à graduer l’intensité du courant.
- ÉCRAN MAGNÉTIQUE. — Les actions magnétiques s’exercent à travers tous les corps; elles sont arrêtées seulement par le fer doux, lorsqu’il a une épaisseur suffisante. Le galvanomètre marin de Thomson est protégé contre le roagnétisme terrestre et l’action des pièces de 1er du navire par une cage de fer doux épais.
- ÉCRITURE électrique. — Yoy. Plume électrique.
- ÉCRITURE MAGIQUE. — A l’aide d’un pôle aimant, on trace des caractères sur une plaque l^ac*er trempé. Il suffit de saupoudrer ensuite a plaque de limaille de fer pour voir apparaître es caractères, la limaille s’attachant aux points aunantés par le contact du pôle. On- rend les caractères plus apparents en étamant la plaque U a rec°uvrant d’une feuille de papier, fois v ' ^OULE. — On désigne ainsi quelque-ra \ /c^au^ement des conducteurs par un cou-rÉcuauffement).
- P°*nM^ ^^TTER. — Effet qui se produit au taux pe ,con^act ou à la soudure de deux mé-Tfîérents, lorsqu’on y fait passer un cou-
- rant. Si l’intensité du courant est I et qu’il se produise une différence de potentiel s entre les deux métaux, il y a production d’une quantité de chaleur 4-si, si le courant est dirigé dans le sens de la chute de potentiel, et une absorption — si, si le courant est en sens contraire. Par suite, si l’on mesure la chaleur dégagée entre deux points A et B, situés de chaque côté de la soudure, et comprenant une résistance r, la chaleur dégagée est dans le premier cas
- IV + si
- et dans le second
- IV —si.
- Pour rendre sensible l’effet Peltier, il faut donc diminuer l’effet Joule IV, c’est-à-dire employer une intensité très faible. On montre facilement l’effet Peltier de la manière suivante. Quand le courant passe du fer au cuivre, il y a dégagement de chaleur. Si donc on soude un fil de fer entre deux fils de cuivre, et qu’on entoure la première soudure d’eau liquide à 0°, la seconde de glace à la même température, le passage d’un.faible, courant produit autant de glace autour de la première soudure qu’il en fond autour de la seconde.
- EFFET THOMSON. — Un courant, traversant un conducteur métallique dont tous les points ne sont pas à la même température, transporte delà chaleur;dans un sens variable. Gela résulte de ce que, même à l’état d’équilibre électrique, les divers points ne sont pas au même potentiel. Ainsi, si l’on fait passer un courant un peu intense dans une barre métallique homogène dont les deux extrémités sont maintenues à 0° et le milieu à 100°, les températures devraient décroître symétriquement de chaque côté à partir du milieu. En réali té le plomb est le seul métal pour lequel il en soit ainsi : pour l’argent, l’antimoine, le cuivre, le zinc, le cadmium, la température est plus élevée en chaque point de la seconde moitié qu’au point correspondant de la première, parce que, dans ces métaux, le potentiel allant en croissant avec la température, il y a absorption de chaleur dans la première moitié et dégagement dans la seconde. Ces métaux sont dits positifs. On appelle négatifs ceux pour lesquels le potentiel varie en sens inverse de la température et par conséquent la température est plus basse en chaque point de la seconde moitié : tels sont le platine, l’aluminium, l’étain, le bismuth. Le plomb est neutre. Pour les métaux positifs, il y a transport de chaleur dans le sens du courant, pour les métaux négatifs en sens contraire.
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- EFFETS CHIMIQUES. — ÉLECTRICITÉ.
- EFFETS CHIMIQUES, PHYSIQUES ET PHYSIOLOGIQUES. --- Voy. Électricité.
- EFFLUVE. — Décharge électrique invisible ou peu lumineuse qui se produit entre deux lames de verre placées en regard et portant sur leurs faces extérieures des feuilles d’étain communiquant avec les deux pôles d’une bobine de Ruhmkorff ou d’une machine électrique. L’effluve produit beaucoup plus d’ozone que l’étincelle ; aussi est-elle utilisée dans les appareils à ozone de M. Berthelot, de M. Houzeau, etc.
- EFFLUVOGRAPHIE. — Production de l’image photographique dans l’obscurité par l’effluve électrique. (Expériences de M. Boudet de Paris et de M. Tommasi.)
- ÉGALISEUR DE POTENTIEL. — Appareil servant à faire prendre à un conducteur le même potentiel qu’à un point déterminé de l’atmosphère.
- On peut employer une petite boule isolée qu’on place au point considéré en la mettant un instant en communication avec le sol par un fil fin. Si V est le potentiel en ce point, la sphère prend une charge q, telle que le potentiel soit nul en un point intérieur quelconque, par exemple au centre. Si r est son rayon, on aura donc
- On détermine alors la charge q et l’on en déduit V.
- Il est plus simple de placer au point considéré une pointe formant l’extrémité d’un conducteur isolé. Si la pointe était parfaite, il n’y aurait équilibre que lorsque la pointe et le conducteur auraient pris le potentiel de l’air en contact avec la pointe. Les meilleures pointes sont une flamme ou un écoulement d’eau (Voy. Collecteur).
- ELECTRICITE. — Mot tiré du grec sXejtrpov (ambre jaune) première substance sur laquelle les anciens observèrent la propriété électrique, c’est-à-dire la propriété de pouvoir, après avoir été frotté, attirer les corps légers.
- On désigne aujourd’hui sous le nom d'électricité un agent impondérable, de nature inconnue, capable de communiquer aux corps qui en sont chargés un certain nombre de propriétés très diverses. On donne le même nom à la partie de la physique qui étudie les effets de cet agent.
- Les phénomènes présentés par les cox-ps soumis à cet agent peuvent être divisés en deux parties : ceux qui se produisent lorsqu’ils ont atteint un état d’équilibre électrique, et ceux qui
- prennent naissance pendant la période plus ou moins longue qui sépare deux états d’équilibre La première partie est l'électricité statique, la seconde l'électricité dynamique. En réalité, cette division n’est pas rigoureusement observée, et l’on place d’ordinaire dans la première partie les effets dus aux machines électrostatiques, dans la seconde ceux qui sont dus aux piles.
- Hypothèses sur la nature de T électricité. — Deux théories, imaginées au siècle dernier, vers la même époque, ont survécu jusqu’ici. Symmer expliquait les phénomènes électriques par l’existence de deux fluides existant en quantités égales et illimitées sur les corps non électrisés ou à l'état neutre. Cette théorie, se prêtant facilement aux explications élémentaires, est encore employée quelquefois. De là viennent les mots électricité positive, électricité négative, encore en usage aujourd’hui. Franklin admettait au contraire un seul fluide, répandu en quantité normale sur les corps neutres; un excès de ce fluide produisait une électrisation positive, une diminution de fluide se traduisait par une charge négative.
- Les idées qui ont cours actuellement dans la science tendent à faire restreindre autant que possible le nombre de ces fluides, qu’on créait si facilement autrefois.
- Les relations déjà observées entre l’électricité et la lumière font penser que les phénomènes électriques seraient probablement des manifestations des propriétés de l'éther, fluide auquel on attribue déjà la production des vibrations lumineuses et calorifiques.
- Al’appuide cette hypothèse, M. Hertz a publié, en 1889, d’intéressantes expériences que nous essayerons de résumer. Désirant vérifier si les phénomènes électriques ne seraient pas dus a des radiations d’une grande longueur d’onde, il a réalisé des oscillations électriques très rapides, à l’aide d’une bobine de Ruhmkorff communiquant avec un excitateur terminé par deux petites sphères en laiton. Il se produit alors dans tout le milieu environnant des mouvements complexes participant à la fois des actions électrostatiques et électromagnétiques, que M. Hertz a mis en évidence à l’aide d un résonnateur électrique, formé d’un circuit circulaire presque fermé, terminé par deux boules de laiton très voisines. Placé dans le champ électrique, même à 20 ou23 mètres de la bobine, ce résonnateur donne des étincelles. M. Her^ a constaté que les rayons électriques ainsi o tenus peuvent être polarisés, réfléchis, di
- sés, etc., comme les rayons calorifiques
- et lu-
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- ÉLECTRICITÉ.
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- ruineux. « Pour moi, dit-il, les faits observés jne paraissent mettre hors de doute l’identité de la lumière, de lp. chaleur rayonnante et des mouvements électrodynamiques. »
- Lois des attractions et des répulsions électriques. — Voy. Actions électriques.
- Production de l’électricité. — L’électricité peut être produite par différents procédés que nous allons passer rapidement en revue.
- 1° Électricité de contact. — Yolta a découvert que le simple contact de deux corps, sans action chimique, suffit pour produire de l’électricité. Il a donné sous la forme suivante le résultat de ses observations.
- Loi des contacts. — Le contact de deux corps hétérogènes quelconques, à la même température, établit entre ces deux corps une différence de potentiel qui ne dépend que de leur nature, mais nullement de leur forme, de leurs dimensions, de l'étendue des surfaces de contact, ni de la valeur absolue du potentiel sur chacun d’eux.
- Cette différence de potentiel est souvent appelée force électromotrice de contact.
- Loi des contacts successifs ou loi des tensions. — Si l’on fait une chaîne continue avec un certain nombre de métaux, la différence de potentiel des métaux extrêmes est la même que s’ils étaient directement en contact.
- Cette loi, découverte par Volta, est une conséquence du principe de la conservation de l’énergie. En effet, soient des métaux A,B,C... N et désignons par A | B la force électromotrice de contact de A avec B; d’après ce principe
- A | B + B | C4-....+ M | N = A | N.
- Si l’on ferme la chaîne, on voit que A | B + B | C +.......+ M | N + N | A = 0.
- La chute de potentiel étant la même de chaque côté du métal N, il n’y a de courant ni dans un sens ni dans l’autre.
- Or il ne peut en être autrement, car, s’il y avait un courant, il serait produit sans rien dépenser, ce qui serait contraire au principe de la conservation de l’énergie.
- ^°lta a remarqué que certains corps, tels que les liquides, ne suivent pas cette loi. Aussi °htient-on un courant en intercalant des liquides dans la chaîne précédente.
- G est cette remarque qui lui a permis de cons-j,„Ulre sa pile. Mais, bien que la production de
- dectricité par contact soit hors de doute, on considère généralement l’action chimique ^onmie étant la source même de l’électricité, unmoins, le rôle de l’électricité de contact
- dans la pile n’est pas suffisamment éclairci. Plusieurs physisiens, notamment MM. Ayrton et Perry, et M. Pellat, ont étudié récemment l’électricité de contact. ^
- 2° Électricité produite par le frottement, la pression, etc. — Toutes les circonstances qui rendent le contact meilleur favorisent la production de l’électricité. Si l’on frotte l’un sur l’autre deux corps isolés, ils prennent des charges égales et contraires. Si l’un des corps communique avec le sol, il lui cède son électricité. Tous les corps, même les liquides et les gaz, s’électrisent par frottement. On peut même électriser deux morceaux d’un même corps en les frottant l’un sur l’autre, pourvu qu’ils présentent une certaine dissymétrie.
- Deux corps pressés l’un contre l’autre prennent également des électricités contraires. La plupart des cristaux s’électrisent quand on les presse dans la main, et conservent longtemps cette électricité. Toutes les actions mécaniques qui tendent à ébranler les molécules des corps peuvent donner de l’électricité : ainsi le clivage des cristaux.
- 3° Électricité produite par les actions chimiques. — Les actions chimiques sont généralement accompagnées d’un dégagement d'électricité. Au contact d’un liquide et d’un métal attaqué par lui se produit toujours une différence de potentiel constante, qui ne dépend que de la nature des deux corps. C’est à cette cause que la plupart des électriciens attribuent la production de l’électricité dans les piles.
- 4° Électricité produite par la chaleur. — Voy. Thermo-électricité et Pyro-électricité.
- o° Électricité produite par les actions mécaniques. On peut produire de l’électricité en déplaçant un circuit fermé dans le voisinage d’un courant ou d’un aimant (voy. Induction). C’est le principe des machines d’induction.
- 6° Électricité produite par les êtres vivants. — Le corps des animaux est le siège d’actions chimiques continuelles, qui doivent produire sans cesse de l’électricité. Galvani en a obtenu en mettant en contact direct les muscles et les nerfs d’une patte de grenouille. M.Du Bois-Reymond en a trouvé dans le corps humain.
- Citons enfin les poissons électriques, dont les propriétés sont bien connues (Voy. Électrogène).
- Effets de l’électricité. — Ils sont extrêmement nombreux et, en réalité, leur description remplit tout cet ouvrage. On peut les diviser en effets physiques, chimiques et physiologiques.
- Effets physiques. — Les effets physiques de
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- ÉLECTRICITÉ ATMOSPHÉRIQUE.
- l’électricité comprennent : 1° des phénomènes mécaniques qui seront décrits à leur place (Voy. Électrodynamique, Électromagnétisme, etc.); 2° des phénomènes calorifiques et lumineux (Voy. ÉCHAUFFEMENT, LUMIÈRE, DÉCHARGE, etc.).
- Effets chimiques. — 1° Des courants (Voy. Ëlectrolyse).
- 2° Des décharges. — Les décharges électriques produisent des combinaisons et des décompositions chimiques. Une étincelle provoque dans l’eudiomètre ou dans le pistolet de Volta la combinaison d’un mélange détonant (oxygène et hydrogène, etc.). Une succession d’étincelles décompose en leurs éléments le gaz ammoniac, le cyanogène, l’acide chlorhydrique, etc.
- Les aigrettes ou effluves électriques transforment l’oxygène en ozone.
- Effets physiologiques. — Voy. Électro-physiologie.
- ÉLECTRICITÉ ATMOSPHÉRIQUE. — L’atmosphère contient de l’électricité, non seulement pendant les orages, mais aussi lorsque le ciel est pur. C’est l’étude des orages qui attira tout d’abord l’attention, et l’on avait remarqué depuis bien longtemps les analogies qui existent entre les effets de la foudre et ceux de l’électricité, lorsque Franklin chercha le premier (1752) à vérifier l’identité présumée de ces deux agents en recueillant l’électricité des nuages orageux.
- Électricité par un ciel serein. — On peut déterminer le potentiel en un point de l’air en plaçant en ce point un égaliseur de potentiel (Voy. ce mot). On se sert le plus souvent d’un collecteur à gouttes d’eau porté par des pieds isolants, et relié avec l’aiguille d’un éleetromè-
- Fig. 263. — Variations de l’électricité atmosphérique.
- tre enregistreur (Voy. Electromètre). La déviation des aiguilles mesure le potentiel au point où la veine liquide se sépare en gouttelettes.
- Par un temps serein, le potentiel de l’air est toujours positif et augmente à peu près proportionnellement à la distance au-dessus du sol.
- Les résultats sont du reste très variables : dans un lieu découvert, cette variation est généralement comprise entre 10 et 1000 volts par mètre-quelquefois elle est beaucoup plus grande. En un même lieu, il se produit parfois des variations considérables et très rapides. La ligure 263 qui donne un exemple des indications enregistrées au parc Saint-Maur en vingt-quatre heures, montre ces variations brusques.
- Dans un lieu découvert les surfaces de niveau sont des plans horizontaux équidistants. Sur un sol irrégulier, les surfaces les plus voisines en suivent les contours, en se rapprochant les unes des autres au-dessus des aspérités, et d’autant plus que celles-ci sont plus élevées et plus pointues: ainsi, autour d’une maison, elles sont d’abord verticales, puis suivent la forme du toit.
- Tout se passe donc comme si la terre était chargée d’une couche d’électricité négative en équilibre.
- Il arrive cependant, surtout par la pluie, et même quelquefois par un temps serein, que l’air est négatif et le sol positif.
- L’étude du potentiel dans le voisinage du sol ne nous permet pas de déterminer quelle est la situation des masses agissantes, et si l’électrisation du sol est due à une charge propre ou à l’influence de l’air électrisé positivement. L’expérience semble montrer que c’est l’air qui est électrisé : les changements de potentiel en un point seraient dus alors au déplacement des masses d’air électrisées.
- Electrisation des nuages. —Franklin a montré le premier que les orages sont dus à des phénomènes électriques, en lançant vers les nuages un cerf-volant muni d’une pointe métallique et porté par une corde de chanvre; la pluie ayant rendu la corde plus conductrice, on put en tirer des étincelles. L’expérience fut répétée en France par de Romas, en enroulant un fil de cuivre autour de la corde. D’un autre côté, Dalibard ayant placé sur une maison, à Marfy-la-Ville, une pointe métallique, put tirer des étincelles du conducteur placé au bas de cette pointe.
- Franklin remarqua que les nuages orageux sont tantôt positifs, tantôt négatifs. Les nuages positifs empruntent surtout leur électricité à l’air ambiant. Quant aux nuages négatifs, on ne voit guère d’où peut provenir leur charge, si ce n’est quelquefois d’un contact avec le sol.
- On ne sait pas non plus si les nuages sont seulement électrisés à la surface ou s’ils con-
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- ÉLECTRICITÉ DISSIMULÉE.
- tiennent un certain nombre de masses électriques isolées.
- Yoy. Éclair, Tonnerre, Aurore boréale. Origine de l'électricité atmosphérique. — Nous ignorons actuellement l’origine de l’électricité atmosphérique. On l’a attribuée à l’évaporation de l’eau, la vapeur se chargeant positivement, Veau et par suite le sol négativement. Mais la pluie est généralement négative, ce qui est contraire à cette hypothèse; de plus, les expériences entreprises pour la vérifier n’ont donné aucun résultat satisfaisant. On a attribué aussi l’électricité atmosphérique à des courants d’induction produits par la rotation de la terre dans les couches supérieures de l’atmosphère.
- Étude de l'électricité atmosphérique. — On employait autrefois pour l’étude de l’électricité atmosphérique un électroscope à feuilles d’or surmonté d’une tige terminée en pointe. On emploie aujourd’hui un électromètre enregistreur (Yoy. ce mot).
- ÉLECTRICITÉ DISSIMULÉE. — On désignait ainsi les charges relativement très grandes situées sur les deux faces en regard des armatures des condensateurs, pour exprimer que la résultante des actions sur un point extérieur est la même que si ces couches n’existaient pas, et que le collecteur eût seulement la charge qu’il prendrait s’il était seul. Cette expression n’a pas de sens, car si l’on considère un point électrisé placé entre les deux plateaux, leurs actions sont de même sens et s’ajoutent.
- ÉLECTRICITÉ DYNAMIQUE. — Étude des courants et de leurs effets (Yoy. Électricité).
- ÉLECTRICITÉ MÉDICALE. — On désigne sous ce nom l’ensemble des applications, déjà nombreuses, de l’électricité à la médecine et à la chirurgie. Quelques tentatives effectuées au siècle dernier furent bientôt abandonnées; c’est seulement à notre époque que l’on obtint des résultats sérieux.
- b électricité peut être employée à l’électrisa-hon directe des malades, ou seulement à produire la chaleur, la lumière, le mouvement nécessaires pour certaines opérations ou même P°ur le : diagnostic. Les appareils servant à la Première application seront décrits aux mots uixe, Machine électrique, Machine d’induction, ile, les autres aux mots Galvanocaustique, Explorateur, Sonde, Stéthoscope, Myophone, etc. . ln nous placerons aux mots Électricité, ^lectrophysiologie, et Électrothérapie les no-^ons générales sur la production d’électricité uns ies êtres vivants et l’application de l’élec-lriClté à la thérapeutique.
- ËLECTRISEUR AUTOMATIQUE.
- ÉLECTRICITÉ POSITIVE ET NÉGATIVE. —
- Yoy. Électricité.
- ÉLECTRICITÉ SOLAIRE. — W. Siemens explique le magnétisme terrestre et la plupart des phénomènes de l’électricité atmosphérique par l’hypothèse d’une couche d’électricité solaire.
- ÉLECTRICITÉ STATIQUE. — Étude des propriétés des corps en état d’équilibre électrique (Voy. Électricité).
- ÉLECTRIQUE. — Qui a rapport à l’électricité.
- Électrique (Propriété).—Propriété des corps qui s’électrisent par le frottement, ou qui acquièrent par le frottement la faculté d’attirer les corps légers.
- ÉLECTRISATION. — Action d’électriser un corps. Se dit aussi de l’état d’un corps électrisé. On trouvera au mot Électricité les différentes manières d’électriser un corps.
- Électrisation par influence. — Voy. Influence.
- ÉLECTRISATION (terme médical). — Traitement qui consiste à soumettre le malade à l’action d’une source d’électricité. On nomme quelquefois franklinisation Je traitement par F électricité statique. On appelle galvanisation le traitement par les courants continus, et faradisation le traitement par les courants d’induction. Duchenne (de Boulogne) a donné le nom d'électrisation localisée aux procédés qu’il a indiqués pour électriser individuellement les divers organes. Il appliquait surtout ce terme à la faradisation, voulant indiquer par là que l’électrisation par les machines électrostatiques et par les piles ne pouvait produire qu’une action générale. Cette distinction n’est pas absolument justifiée (Voy. Électrothérapie).
- ÉLECTRISÉ. —- Chargé d’électricité.
- ÉLECTRISER. — Charger d’ électricité.
- ÉLECTRISEUR AUTOMATIQUE. — Nous donnerons ce nom aux appareils placés depuis quelque temps dans les rues de Paris, et qui permettent de se donner des secousses moyennant 10 centimes.
- On voit sortir d’une colonne de fer deux fortes poignées en cuivre arrêtées par une clef cachée, que l’on fait tomber en abandonnant à elle-même une pièce de 10 centimes dans une fente de grandeur convenable. En tirant alors sur les deux poignées, qui sont encore maintenues en place par deux ressorts antagonistes, on les amène à une distance plus ou moins grande de leur stationnement, suivant l’effort auquel on les soumet. Pendant tout le temps
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- ÉLECTRO. — ÉLECTRO-AIMANT.
- que l’on exerce cette traction, on reçoit des secousses dont l’énergie est proportionnée à l’effort qu’on développe. Aussitôt qu’on les abandonne, les poignées rentrent dans l’intérieur et reprennent leur fonction primitive. En même temps la bobine d’induction cesse d’agir. Si l’on veut recevoir une nouvelle secousse, il faut laisser tomber une seconde pièce de 10 centimes dans la fente.
- ÉLECTRO. — Abréviation pour Électro-aimant.
- ÉLECTRO-ACCROCHEUR. — Organe du manipulateur du télégraphe multiple de Baudot qui maintient les touches abaissées pendant que le frotteur parcourt les contacts du distributeur.
- ÉLECTRO-ACOUMÈTRE. — Appareil imaginé récemment par le Dr Cheval pour mesurer l’acuité auditive de manière à rendre toute fraude impossible.
- Sur une règle sont placées trois bobines plates : celle du milieu, qui est fixe, communique avec une pile et un microphone ; les deux autres, qui sont mobiles, sont reliées avec deux téléphones qu’on place devant les deux oreilles du sujet. Lorsqu’on produit un bruit déterminé devant le microphone, on peut, selon l’acuité auditive, éloigner plus ou moins les bobines induites, sans que le sujet cesse de percevoir ce bruit. La distance maxima ainsi obtenue peut servir à mesurer l’acuité auditive. Un commutateur permet d’isoler à volonté l'une ou l’autre des bobines induites, pour éviter les fraudes.
- L’instrument peut servir aussi à comparer les différents systèmes de téléphones et de microphones.
- ÉLECTRO-AIGUILLEUR. — Organe du télégraphe Baudot.
- ÉLECTRO-AIMANT. —Noyau d’une substance magnétique entouré d’un fil conducteur isolé enroulé en spirale. Le plus souvent le noyau est en fer doux, et le fil est enroulé de manière à produire, lorsque le courant passe, des pôles de noms contraires aux deux bouts; lorsqu’on interrompt le courant, le fer doux perd immédiatement son aimantation. Le noyau peut recevoir différentes formes : il est parfois rectiligne, mais le plus souvent en forme de fer à cheval, de sorte que, les deux pôles se trouvant rapprochés, leurs attractions s’ajoutent; on supprime alors le fil sur la partie courbe (fig. 264). On obtient le même avantage en employant deux noyaux parallèles, entourés de fils, et réunis par une culasse rectiligne ; cette forme équivaut absolument à la précédente. Dans les deux cas
- le fil est disposé sur les deux branches comme si l’électro avait été recourbé après l’enroulement ; pour un observateur placé devant les deux pôles, l’enroulement est donc en sens contraire sur les deux noyaux. On a, d’après la règle d’Am-
- Fig. 264. — Électro-aimant.
- père, un pôle nord à la gauche du courant, un pôle sud à l’autre bout. Le plus souvent, on dispose devant les pôles une armature de fer doux, qui s’aimante par influence et est attirée lorsque le courant passe. Les électro-aimants présentent sur les aimants permanents le double avantage d’avoir, à poids égal, une force portante beaucoup plus considérable, et surtout de pouvoir s’aimanter et se désaimanter instantanément. C’est là le principe d’une foule d’applications importantes : sonneries, télégraphes, etc.
- La force portante d’un électro-aimant ne dépend pas de la longueur des branches ' elle augmente proportionnellement au diamètre du cylindre enveloppé par le fil. On emploie un fil assez gros pour les effets dynamiques, et un fil fin pour transmettre à distance une action peu intense. La puissance magnétique paraît être proportionnelle au nombre des spires du fil, au moins jusqu’à une certaine limite.
- Électro-aimant boiteux. — On appelle ainsi un électro-aimant à culasse, dont une branche seulement est entourée de fil, l’autre étant nue. L’effet est le même que si le fil de la bobine unique était réparti autour des deux noyaux.
- Électro-aimant de Hughes. — Électro-aimant en fer à cheval dont le noyau, qui est en acier, a reçu d’avance une aimantation permanente» le fil est enroulé de manière à lui communiquer une aimantation de sens contraire. Il en résulte que, lorsqu’on lance le courant dans le sens convenable, l’appareil se désaimante au moins en partie. Si l’électro est muni d’une armature, elle est attirée à l’état normal, et s e carte sous l’influence d’un ressort antagoniste» lorsqu’on fait passer le courant. Ces apparei
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- ÉLECTRO-CAPILLAIRES (Phénomènes). — ÉLECTROCHIMIE. 241
- sont employés notamment dans les électro-sémaphores de Lartigue (Voy. Block-system).
- Électro-aimant de Ruhmkorff. — Électro-aimant servant à étudier les corps magnétiques et diamagnétiques (Voy. Magnétique). Les deux bobines ont leurs pôles en regard et leurs axes sur la même ligne droite ; elles sont portées par un châssis en fer doux, qui permet de les fixer à une distance variable.
- Électro-aimant extracteur de Trouvé. — Voy. Explorateur.
- Électro-aimant vapeur. — Appareil imaginé par M. Tommasi et formé d’un noyau de fer doux, autour duquel s’enroule un tube creux et assez fin de cuivre sans soudure. Si l’on fait passer dans ce tube un courant de vapeur à la pression de 4 ou 5 atmosphères, le fer doux reste aimanté pendant toute la durée de ce courant.
- ÉLECTRO-CAPILLAIRES (Phénomènes). — M. Lippmann a mis en évidence en 1873 les relations qui existent entre les phénomènes électriques et capillaires (fig. 265). Considérons un
- Fig. 265. — Phénomènes électro-capillaires.
- na"e A Prolongé par un tube de verre ( ^ du mercure, qui se termine en M niv(|1S(*Ue convexe nn peu moins élev fe^11 A (dépression capillaire) ; la vas Une autre masse de mercure su Dictionnaire d’électricité.
- d’eau acidulée, et le même liquide remplit complètement le tube GH jusqu’à la surface M du mercure. Si l’on réunit ensemble les fils a et P, qui plongent dans les masses de mercure A et B, le ménisque M prend une position d’équilibre parfaitement fixe. Mais, si l’on fait communiquer a avec le pôle négatif d’un élément Daniell, et P avec le pôle positif, la surface M s’abaisse brusquement et prend une nouvelle position d’équilibre telle que la dépression capillaire, corrigée de la pression de l’acide, ait augmenté de 0,35 de sa valeur. Voici l’explication de ce fait : il existait d’abord en M au contact du mercure et de l’eau acidulée la différence normale de potentiel qui correspond à ces deux substances. En faisant communiquer les deux liquides avec l’élément Daniell, la force électro-motrice de polarisation s’est ajoutée à la différence initiale. La tension superficielle se trouve modifiée, et par suite la dépression capillaire doit varier jusqu’à ce que l’équilibre soit rétabli entre les forces qui agissent sur le système. Le travail produit par ces forces dans le déplacement du ménisque correspond exactement à la variation d’énergie électrique. C’est là le principe de l'électromètre capillaire de M. Lippmann.
- ÉLECTRO-CAUSTIQUE. — Voy. Galvanocaus-
- I TIQUE.
- ÉLECTROCHIMIE. — On désigne sous le I nom d'électrochimie l’ensemble des procédés galvaniques qui servent à recouvrir la surface des corps d’un dépôt adhérent, assez mince pour ne pas altérer la forme et masquer les détails, et destiné à les protéger contre les intempéries ou à leur donner un aspect plus agréable à ! l’œil. L’électrochimie est donc une branche de j la galvanoplastie ; elle comprend un grand i nombre d’opérations, notamment la dorure,
- | l’argenture, le cuivrage et le nickelage.
- L’électrochimie fut découverte peu de temps après la galvanoplastie. De la Rive parvint le premier en 1840 à dorer le cuivre, le laiton et l’argent en décomposant par un courant très faible une dissolution très étendue de chlorure d’or. Elsner, Bœttger, Perrot, Smée, perfectionnèrent ce procédé, qui fut bientôt remplacé par une nouvelle méthode, due aux travaux d’Elkington (sept. 1840) et de Ruolz (1841). Le cuivrage et le nickelage, d’invention plus récente, sont aujourd’hui fort répandus.
- L’électrochimie est plus importante encore que la galvanoplastie proprement dite. L’orfèvrerie et la bijouterie lui doivent la possibilité de remplacer l’or et l’argent massif par des
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- ÉLECTROCHIMIE.
- pièces en cuivre doré ou argenté, ayant à la fois la solidité du métal intérieur et l’éclat et l’inaltérabilité du métal précieux qui les recouvre.
- « Les chiffres fournis par la maison Christofle et Cie nous donneront une idée de l’importance des procédés électro-chimiques.
- « La seule usine Christofle et Cie de Paris dépose annuellement plus de 6,000 kilogrammes d’argent. Fondée en 1842, elle avait déposé, en 1886, plus de 200,000 kilogrammes d’argent, soit une moyenne de 4,500 kilogrammes par année. Si l’on évalue l’épaisseur moyenne du dépôt à 3 grammes par décimètre carré de surface, on trouve que la surface couverte d’argent à cette date par la maison Christofle est d’environ 66 hectares.
- « D’après M. Bouilhet, la quantité d’argent déposée annuellement par l’électrolyse peut être évaluée pour le monde entier à 125,000 kilogrammes, ce qui représente une valeur d’environ 25 millions de francs.
- « Tandis que l’argenture, qui exige une immobilisation de capital considérable, est comme monopolisée par quelques maisons puissantes, le nickelage s’est, dans ces dernières années, répandu partout. Cette industrie, relativement nouvelle, n’est pas seulement pratiquée par les nickeleurs de profession ; on la trouve dans un grand nombre d’ateliers de construction où elle sert à revêtir de nickel les pièces des machines.
- « Le cuivrage du fer et de la fonte est devenu fort en usage depuis quelques années. Les candélabres de la ville de Paris, les fontaines de la place Louvois et de la place de la Concorde sont en fonte cuivrée. Les ateliers du Val-d’Osne produisent, depuis de longues années déjà, pour l’ornementation des monuments, des parcs et des jardins, des animaux en fonte cuivrée dont l’effet artistique est très satisfaisant. » (E. Bouant, la Galvanoplastie.)
- Les procédés relatifs à chacune des méthodes électrochimiques et la composition des bains seront indiqués à chaque article spécial (Voy. Dorure, Argenture, etc.). Nous donnerons seulement ici les renseignements relatifs aux dépôts qui n’ont pas reçu de noms particuliers, et nous décrirons d’abord les opérations communes à tous les procédés.
- Quel que soit le métal qu’on veuille déposer, la pièce à recouvrir doit être parfaitement exempte de toute matière étrangère, lorsqu’on la met dans le bain. Ce nettoyage parfait nécessite un certain nombre d’opérations, qui varient d’ailleurs un peu suivant la nature de la matière
- à recouvrir. Le cuivre et ses alliages sont les substances qui reçoivent le plus fréquemment les dépôts électrolytiques ; c’est aussi pour ces corps que les procédés de nettoyage sont les plus parfaits, car ils peuvent s’effectuer avec le concours des divers composés chimiques.
- On commence par chauffer les pièces à feu doux, afin d’enlever les corps gras provenant de la fabrication ou du contact des mains ; c’est le dégraissage. Pour les objets qui ne peuvent être chauffés, on remplace cette opération par l’ébullition dans une dissolution de potasse ou de soude caustique, qui saponifie les corps gras.
- On procède ensuite au dérochage, en plon-
- Fig. 266. — Gratte-bosse.
- géant les pièces bien lavées dans de l’eau acidulée au ^ par l’acide sulfurique, jusqu’à dissolution complète de la touche d’oxyde nou formée pendant le dégraissage.
- On soumet ensuite l’objet au décapage, en le passant rapidement dans un bain de
- Acide nitrique à 36°......... 100 parties.
- Chlorure de sodium............. 2 —
- Noir de fumée.................. 2 —
- puis dans un autre composé de
- Acide nitrique à 36°.......... 15 parties.
- Acide sulfurique à 66°........ 20 —
- Chlorure de sodium............. 1 —
- Le nettoyage est alors complet, et le cuRre présente une teinte claire et un aspect bru
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- ÉLECTRO-CINÉMOGRAPHE.
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- Chacune des opérations précédentes doit être suivie d’un lavage à grande eau.
- On peut enfin faciliter l’adhérence du dépôt par Y amalgamation, qui consiste à passer rapidement les pièces dans
- Eau ordinaire.. ............ 1000 parties.
- Bioxyde de mercure.......... 1 —
- Acide sulfurique à 66°...... 1 —
- On lave ensuite, et l’on porte au bain.
- Pour les substances autres que le cuivre, le nettoyage se fait surtout par voie mécanique; l'opération principale est le gratte-bossage, ou friction énergique à l’aide d’un faisceau de fils de laiton bien écrouis (fig. 266), qu’on mouille dans de l’eau vinaigrée, une solution d’alun ou une décoction d’écorce de bois de Panama.
- Dépôt d’aluminium. — Les résultats obtenus laissent encore beaucoup à désirer. M. Bertrand emploie une dissolution de chlorure double d’aluminium et d’ammonium. M. Urquhart se sert du sulfate d’aluminium concentré et acidulé avec un peu d’acide sulfurique.,
- Dépôt de plomb. — On dissout 100 grammes de potasse caustique dans 2 litres d’eau distillée, et l’on ajoute 10 grammes de litharge. On fait usage d’une anode en plomb, et l’on ajoute de temps en temps un peu de litharge. En Amérique on se sert d’acétate ou d’azotate de plomb.
- Épargnes. — Quand on veut obtenir sur un même objet métallique des parties recouvertes de différents dépôts électrochimiques, on procède par épargnes. Avant de plonger l’objet dans chaque bain, on enduit d’un vernis inattaquable toutes les parties qui ne doivent pas recevoir de dépôt dans ce bain. Les vernis pour épargnes sont fournis par des dissolutions de diverses résines (copal, élémi, galipot) dans l’huile de lin cuite et dans l’essence de térébenthine; il est bon de les colorer; au sortir du bain, on enlève le vernis par un lavage à la benzine.
- ÉLECTRO-CINÉMOGRAPHE. — Appareil électrique indiquant à distance la vitesse de rotation d’une ou de plusieurs machines. MM. Richard frères ont imaginé récemment et exposé en 1889
- Fig. 267. — Principe de l’électro-cinémograplie.
- un electro-cinémographe dont voici le principe.
- ne tige R porte une roulette Q et une vis ^ns fln g (fig. 267) . cefqe dernière engrène ^ec une roue T qui reçoit le mouvement de la c lne à étudier, de sorte que cette action la d 1 en^ramer vers la droite. D’autre part, tea^u^ette Q est comprimée entre deux pla-qu^t ^°nt *un est en^eva sur dessin, et nient0Ument Gn Sens con*'raares d’un mouve-lar ,UlU^ormei ce mouvement tend à ramener t^nt i6 VerS ^a §auche avec une vitesse d’au-centf1 Up,^ranc^e fiu’elle se trouve plus loin du entre6] ^u^re s’établit donc immédiatement es deux mouvements.
- Voici, d’après les inventeurs, comment on obtient, la vitesse.
- Si la roulette est à une distance a du centre O, elle tend à parcourir en un temps très court t une longueur proportionnelle à a t par suite de la rotation des plateaux. D’autre part la rotation de la roue T tend à l’entraîner vers la droite d’une longueur proportionnelle à vt, v étant la vitesse. Ces deux quantités étant égales, on voit que l’écart a est proportionnel à v, et fera connaître cette quantité, si l’appareil a été préalablement taré. Les déplacements de la roulette sont indiqués par une aiguille ou un style enregistreur.
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- ÉLECTRO-CINÉMOGRAPHE
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- Fig. 208. — Électro-cinémographe disposé pour enregistrer la vitesse moyenne du vent (Richard frères).
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- ÉLECTRO-CINÉTIQUE. — ÉLECTRODE.
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- Dans ce cas, l’appareil n’est nullement électrique; il le devient lorsqu’on veut l’employer à faire connaître à distance la vitesse d’une ou je plusieurs machines. Il peut donner de même la vitesse de rotation d’un moulinet placé au sommet d’un édifice, c’est-à-dire la vitesse du vent : il prend alors le nom d’ anémo-cinèmo-graphe.
- Il est alors composé d’un mouvement d’horlogerie muni de deux rouages, dont l’un fait tourner les deux plateaux uniformément, au moyen d’un régulateur Foucault, si l’on veut un mouvement rapide, d’un pendule conique si on désire un mouvement lent. Le second rouage pourrait défiler librement, s’il n’était arrêté par un échappement commandé par un électro-aimant : ce dernier est mis en communication avec les contacts placés sur l’arbre delà machine ou du moulinet, et qui ferment par exemple le circuit pendant un demi-tour et le rompent pendant le demi-tour suivant. Le second rouage défile donc proportionnellement au nombre des contacts, c’est-à-dire à la vitesse de la machine ou du vent. Un des mobiles de ce rouage porte la roue tangentielle T qui mène la vis sans fin S. Si l’on veut avoir seulement la vitesse moyenne, on établit des contacts moins fréquents.
- La figure 268 montre l’appareil disposé en anémo-einémographe pour enregistrer la vitesse moyenne du vent.
- Lorsqu’on veut contrôler à distance la vitesse d’une ou plusieurs machines, on place sur chacune d’elles deux contacts qui ferment, à chaque tour de l’arbre, le circuit d’une pile. De chaque contact partent deux fils dont l’un ®e rend à un commutateur, et 1 autre se rattache à un fil de retour commun à toutes les machines. Tous les commutateurs sont réunis sur un tableau Pkcé auprès de l’appareil.
- Quand on veut vérifier la vitesse
- une machine, on ferme le Clrcuit correspondant, et l’ap-Pareil enregistre le nombre de °urs de l’arbre par minute. s ELECTRO - CINÉTIQUE. —
- dans une substance à électrolyser, sont des; électrodes. Le même nom s’applique aux lames qu’on suspend aux bouts de ces rhéophores pour le même usage ou à celles qui sont disposées d’avance dans un voltamètre.
- On nomme électrode positive ou anode celle
- Fig. 269. — Électrodes impolarisables de Du Bois-Reymond.
- qui est reliée au pôle positif, électrode négative ou cathode celle qui communique avec le pôle négatif. On appelle électrode soluble l’anode qu’on suspend dans un bain galvanique pour l’empêcher de s’appauvrir.
- En médecine, on désigne également sous le nom d’électrodes ou d’excitateurs les appareils qui servent à l’application des courants (Yoy. Excitateur).
- Électrodes impolarisables. — Soit qu’on
- de Électricité 0u dynamique
- CINETIQUE
- Fig. 270.
- TPuchtt
- Électrodes impolarisables pour les courants musculaires ou nerveux.
- tout
- ÉLECTRODE. — Faraday a donné ce nom à
- Le„ 0r§ane qui amène le courant dans un corps. extréniités des rhéophores, qu’on plonge
- étudie l’action du courant sur un muscle ou sur un nerf, soit qu’on veuille observer les courants produits par ces organes, il est utile
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- ÉLECTRO-DIAGNOSTIC. — ÉLECTRO-DIAPASON.
- d’éviter la polarisation des électrodes, qui pourrait masquer en partie ou même annuler complètement ces effets. La disposition suivante, due à Du Bois-Reymond, peut être utilisée pour faire agir un courant sur un nerf. Deux électrodes de zinc amalgamé Z et Z' (fig. 269) plongent dans des tubes de verre remplis de sulfate de zinc et portant à l’autre bout des tampons E et E' d’argile imbibée d’eau salée : on donne aux extrémités de ces tampons la forme la plus commode et on les met en contact avec le nerf étudié. Les supports isolants qui portent les tubes T et T' peuvent s’incliner dans tous les sens.
- Pour étudier les courants produits dans les nerfs ou les muscles, on peut employer une disposition analogue qui est représentée figure 270. Dans deux vases Y contenant une solution saturée de sulfate de zinc plongent deux lames de zinc amalgamés, qui sont reliées au galvanomètre. Dans les vases sont disposés aussi deux supports p formés par des bandes de
- papier buvard imbibées de liquide, et sur lesquels on dépose l’organe à étudier, soit directement, soit par l’intermédiaire de petites masses de terre glaise imprégnées d’eau salée. Malgré toutes ces précautions, on ne parvient pas à éviter complètement la polarisation.
- ÉLECTRO-DIAGNOSTIC. — Diagnostic des affections par les modifications morbides des réactions électriques.
- Un certain nombre d’appareils électriques servent au diagnostic : audiomètre, explorateur, myophone, sphygmoplione, etc. Ils seront décrits à leur ordre alphabétique.
- ÉLECTRO-DIAPASON. — Diapason dont le mouvement vibratoire est entretenu par un appareil électrique, ordinairement un électroaimant.
- L’électro-diapason peut être employé comme
- 271. — Electro-diapason disposé pour la ehronograpliie.
- Fig. 272. — Détails de la sinusoïde.
- appareil chronographique (Voy. Chronographe) ou comme interrupteur Dans le premier cas, M. Mercadier emploie la disposition suivante (fig. 271). Le diapason porte deux styles S et S', fixés avec des vis; le premier S, qui sert à enregistrer les vibrations, est un fil d’acier ou un triangle aigu en clinquant; le style S', qui sert à interrompre le courant, est un fil de platine ou d’acier. L’électro-aimant E, d’une résistance de 10 à 20 ohms,
- communique d’une part avec la tige du diapason, et à l’autre bout avec l’un des pôles de la pile P; les extrémités du noyau de fer doux sont à 2 ou 3 millimètres du diapason. L’autre pôle de la pile communique avec une vis 9ul porte une plaque I de platine ou d’acier. Qua ^ cette plaque touche le fil S', le courant passe l’électro attire les deux branches du diapason* Aussitôt le courant s’interrompt en 1, etléla-ticité ramène l’appareil à sa première position
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- ÉLECTRO-DYNAMIE. — ÉLECTRO-DYNAMIQUE. 247
- Le cylindre C, couvert d’un papier enfumé, reçoit un mouvement hélicoïdal, et la pointe du style S décrit une., sinusoïde telle que céda... (fig. 272); les points tels que c et e comprenant une vibration simple, et les points c et ci une vibration double. Si l’on connaît d’avance la durée des vibrations du diapason, on peut déterminer le temps écoulé pendant une certaine rotation du cylindre, en comptant le nombre de sinuosités compris entre deux points correspondants : si chaque vibration dure 0,001 seconde, et qu’il y en ait 25, le temps écoulé est 0,025 seconde. Réciproquement, si le cylindre tourne d’un mouvement uniforme et avec une vitesse connue, on peut déterminer la durée des vibrations du diapason.
- L’électro-diapason a l’avantage de fournir un mouvement continu, tant que la pile conserve une énergie suffisante, et parfaitement isochrone.
- L’électro-diapason constitue en outre un interrupteur et un distributeur de courants d’une régularité parfaite. La figure 273 montre la pro-
- j e [
- — Electro-diapason interrupteur.
- verti°n ^0r^zon^e une partie de la projec l'n 1Ca e ^ un diapason disposé pour cet us; conr°^et de mercure, communi
- lnueHement d’une part avec l’élec
- aimant E, d’autre part avec le ressort S", dont l’autre extrémité ferme le circuit de la pile locale P' lorsqu’elle vient toucher le butoir r". Ce système entretient le mouvement vibratoire du diapason.
- Deux styles rigides en argent SS', fixés aux bouts des deux branches, se trouvent, à l’état de repos, à une petite distance de deux ressorts en acier platiné r r' fixés à deux équerres métalliques cc'. Quand le diapason est en mouvement, les styles SS' viennent presser alternativement contre les ressorts correspondants pendant une oscillation simple. Si le diapason fait 50 vibrations simples par seconde, chaque ressort reçoit 25 contacts, qui durent chacun un 1
- peu moins de — seconde. Les pièces cc' peuvent servir facilement à produire des interruptions rythmées dans deux circuits distincts. Si on relie ces deux pièces aux deux pôles d’une pile dont le milieu est à la terre, et qu’on fasse communiquer la tige du diapason avec un circuit mis à la terre par l’autre extrémité, chaque vibration changera le sens du courant dans ce circuit.
- ÉLECTRO-DYNAMIE. — On désigne quelquefois sous ce nom l’intensité d’un courant.
- ÉLECTRO-DYNAMIQUE. — Étude des actions mécaniques exercées par les courants les uns sur les autres.
- A la suite des expériences d’QErstedt, Ampère fut amené à penser que le courant électrique, qui dévie l’aiguille aimantée, doit exercer aussi une action mécanique analogue sur un autre courant. Pour le vérifier, il construisit des courants mobiles, pouvant tourner autour d’un axe vertical. La disposition que représente la figure 274 est beaucoup plus commode que celle d’Ampère : elle est due à Bertin. La cuvette de cuivre Y et la colonne S, qui sont isolées l’une de l’autre, communiquent par des bandes de cuivre avec les deux pôles d’une pile. Le fil H se termine d’une part à une aiguille d’acier implantée au centre d’un petit disque isolant, d’autre part à un petit cercle métallique qui entoure ce disque et supporte par trois tiges de même nature le cercle de cuivre A. L’aiguille repose sur le fond d’une coupelle pleine de mercure qui termine la tige t, et supporte tout l’équipage mobile; le cercle A plonge dans l’eau acidulée qui remplit la cuvette Y. L’appareil mobile s’appuie donc uniquement sur la pointe de l’aiguille et peut tourner librement, sous la moindre impulsion, autour de la verticale qui passe par cette pointe. Telle est la partie essen-
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- ÉLECTRO-DYNAMIQUE.
- tielle de l’instrument; il permet de vérifier facilement les lois suivantes, indiquées par Ampère :
- 1° Deux courants parallèles s’attirent s'ils sont de même sens et se repoussent s'ils sont de sens contraires.
- 2° Deux courants qui font un angle s'attirent s'ils s'approchent ou s'éloignent tous deux du sommet de l'angle ; ils se repoussent si l'un s'approche du sommet et que l'autre s'en éloigne.
- On démontre la première loi en approchant d’une des branches verticales du fil H un autre fil traversé par un courant ou mieux un multiplicateur M qui produit une action plus énergique : c’est le cas représenté par la figure. Le
- même courant traverse successivement le multiplicateur et le fil H; un commutateur permet d’intervertir le courant dans ce dernier sans le modifier dans le multiplicateur, ce qui chancre le sens de l’action. Pour vérifier la seconde loi on fait agir le multiplicateur sur la partie horizontal du fil H.
- 3° Deux courants égaux et de sens contraires produisent des actions égales et de sens contraires.
- On démontre cette loi en remplaçant le multiplicateur M par le fil D, qui n’exerce aucune action sur le cadre mobile H.
- 4° L’action d'un courant sinueux est identique à celle d’un courant rectiligne ayant les mêmes extrémités, pourvu qu'il s'en éloigne peu.
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- Fig. 274. — Table d’Ampère, modèle de Bertin.
- On remplace le multiplicateur M par l’appareil S : le courant entre par le fil rectiligne et redescend par le fil sinueux qui est enroulé autour de lui; les deux fils étant parcourus en sens inverse, l’action sur le rectangle H est nulle.
- Dans les expériences précédentes, il est avantageux de remplacer le rectangle H par le courant mobile H' qui est asiatique (Voy. ce mot).
- 5° Deux parties consécutives d'un même courant se repoussent.
- En effet, si l’on replie un fil traversé par un courant, l’une des parties du fil s’approche du sommet de l’angle, l’autre s’en éloigne : il y a donc répulsion. A la limite, lorsque l’on redresse le fil, il doit en être encore de même. On le montre ordinairement avec la cuve (fig. 273),
- dont les deux moitiés, remplies de mercure parfaitement propre, communiquent parles bornes BB' avec les deux pôles d’une pile. Un fil de cuivre F, très léger et bien propre, est replie en forme de pont et relie les deux parties de la cuve. Dès qu’on lance le courant, le fil F, place près des bornes BB', glisse jusqu’à l’autre extrémité. On peut reprocher à cette expérience que le fil et le mercure forment aussi des courants angulaires, dont l’action n’est pas négh-geable.
- En s’appuyant sur les lois précédentes, °n peut expliquer facilement les actions plus com pliquées, telles que la rotation d’un courant mobile sous l’influence d’un courant fixe.
- Expériences de M. E. Thomson. — M. Elihu Thomson a imaginé en 1884 et développé de-
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- puis cette époque d’intéressantes expériences pour vérifier les lois de l’électrodynamique à l’aide des courants alternatifs. Ces expériences
- dirigée suivant la droite qui joint leurs milieux, Ampère a trouvé que cette action peut être re-. présentée par
- Fig. 275. — Cuve d'Ampère.
- figuraient à l’Exposition de 1889 (galerie des I Arts libéraux).
- Une dynamo à courants alternatifs communiquait avec une bobine verticale de fil isolé, enroulée -autour d’un noyau de fer doux. Si l’on pose sur le haut de cette bobine un anneau de cuivre dont le plan est parallèle aux spires magnétisantes, ce courant est traversé par des courants induits, qui sont tour à tour de sens contraire au courant de la dynamo et de même sens et par suite alternatifs. Il semble donc que l’action électrodynamique doive se composer d’une série de répulsions et d’attractions se succédant assez vite pour ne produire aucun effet mécanique. Mais en réalité, grâce au phénomène de self-induction, les répulsions l’emportent sur les attractions, et l’anneau s’élève à une certaine hauteur et s’y maintient, l’action électrodynamique étant équilibrée parla pesanteur. Si l’on maintient l’anneau sur la bobine avec la main, il s’échauffe notablement. Il en est de même si l’on enfonce d’abord l’anneau autour de la bobine.
- Si l’on produit une certaine dissymétrie du champ, par exemple en couvrant la moitié de la bobine avec un demi-disque de cuivre formant écran, on peut produire des rotations : ainsi un disque de cuivre porté sur un pivot s’incline et tourne rapidement.
- Enfin, si l’on place au-dessus de l’appareil, ans un vase plein d’eau, une petite bobine an-nolaire dont les extrémités sont fixées à une Petite lampe à incandescence, la bobine s’élève ans 1 eau et la lampe s’illumine sous l’action ^courants induits.
- met ^Ucre^ a inaagmé un dispositif qui per-DeFt^6 r®P®ter ces belles expériences avec une effets rQac^1^ne mue h bras. Pour obtenir des * Pies sensibles, les disques ou les anneaux un «.°lvent être repoussés sont suspendus à l'ea".de bal^oe.
- récipr^dnieil^a’re' — h'0 admettant que l’action r°que de deux éléments de courants est
- cos e — g cos 6 cos 6'^
- en appelant ds et ds'les longueurs des deux éléments, i et ï leurs intensités, r la distance de leurs milieux, s l’angle des deux éléments, 6 et 0' les angles qu’ils font avec la droite qui joint leurs milieux, n une constante dont la valeur dépend de l’unité choisie pour l’intensité.
- Ampère a déduit de cette loi que deux éléments consécutifs d’un même courant se repoussent.
- A l’aide de ses courants mobiles, Ampère a également étudié l’action de la terre sur les courants (Voy. Solénoïde).
- Équivalence d’un courant fermé et d’un feuillet magnétique. — Ampère a conclu de ses expériences sur les solénoïdes que les aimants peuvent être assimilés à des courants électriques (Voy. Aimant); mais il est ordinairement plus commode dans les calculs de remplacer les courants par des aimants, ce qui donne des expressions plus simples. Le théorème d’Ampère permet de faire cette substitution.
- L'action d’an courant fermé est identique à celle d’un feuillet magnétique de même contour et dont la puissance magnétique est égale à l’intensité électromagnétique du courant.
- La face positive du feuillet est à la gauche du courant.
- ÉLECTRODYNAMOMÈTRE. — Appareil servant à mesurer l’intensité d’un courant par son action sur un autre courant. Il a été imaginé par Weber, et se compose d’une bobine mobile suspendue à l’intérieur d’une bobine fixe à l’aide d’une suspension bifilaire (fig. 276), dont les deux fils lui amènent le courant. L’action est proportionnelle au produit des intensités des courants qui traversent les deux bobines; si l’un de ces courants a une intensité connue, la déviation donne celle de l’autre. Le plus souvent, on fait passer le courant à mesurer dans les deux bobines : l’action est alors proportionnelle au carré de l'intensité, et son sens ne change pas quand on intervertit le courant.
- L’appareil est en quelque sorte un galvanomètre dont l’aiguille est remplacée par la bobine mobile. On tourne la suspension jusqu’à ce que les axes des deux bobines soient perpendiculaires, et que l’axe de la bobine mobile soit dans le méridien magnétique, pour diminuer
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- ÉLECTRODYNAMOMÈTRE.
- autant que possible l’action de la terre. Quand on lance le courant, les bobines tendent à se placer parallèlement; un miroir fixé à la bobine mobile permet de mesurer la déviation a.
- Soit C le coefficient de torsion du bifilaire, S la surface totale des spires du cadre et G l’intensité du champ pour l’intensité 1, que nous sup-
- posons constante pour toute la bobine mobile on a
- SGI2 cos a = C sin a.
- D’où
- Les électrodynamomètres ne sont pas aussi
- Fig. 276. — Électrodynamomètre de Weber.
- sensibles que les galvanomètres, mais ils ont l’avantage de donner des indications indépendantes de l’intensité du champ terrestre, et aussi des changements de sens du courant, s’il passe dansles deuxbobines ; l’appareil peut alors servir à là mesure des courants alternatifs.
- Électrodynamomètre de l'Association britanni-.que. — L’Association britannique a fait construire un grand électrodynamomètre (fig. 277), actuellement déposé au laboratoire Cavendish,
- i Cambridge. Il est fondé sur le même principe jue le précédent, et peut servir, soit à mesurer es intensités, soit à déterminer les constantes i’un galvanomètre. Il est formé de deux bobines placées parallèlement à 0,5 m. de distance et ayant un rayon moyen de 0,25 m. Chacune d’elles contient 15 couches, composées chacune de 15 tours de fil isolé. La figure montre len semble et le plan de l’instrument, ainsi que les détails de la suspension bifilaire. La bobine W<>
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- Grand électrodynamomètre de l’Association britannique
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- ÉLECTRODYNAMOMÈTRE.
- bile, représentée sur le plan, se suspend en A. « L’égalité de tension des fils de suspension est assurée en les attachant aux extrémités d’un fil de soie qui passe sur une roue, et leur distance est réglée par deux poulies-guides placées elles-mêmes à la distance convenable. On peut donner à la bobine suspendue un mouvement vertical au moyen d’une vis agissant sur la roue de suspension, et un mouvement horizontal dans
- Fig. £78. — Electrodynamomètre Siemens et Halske (Berlin).
- les deux sens à l’aide de deux pièces à coulisse que montre la figure de détail. » (Maxwell Electricity.) Une vis tangente fait tourner la suspension pour amener la bobine au zéro; les déviations se mesurent à l’aide d’un miroir.
- Êlectrodynamomètrede Siemens. — Dans cet appareil (fig. 278), le cadre mobile, composé d’un seul fil, est suspendu par un ressort à boudin, muniàla partie supérieure d’unindexqui tourne sur un cadran divisé. A l’aide d’un bouton moleté, on fait tourner d’abord le ressort et le cadre mobile, jusqu’à ce que ce dernier soit bien perpendiculaire à la bobine fixe. Quand le courant
- Fig. 279. — Éleclrodynamomètre Carpentier.
- passe, le cadre est dévié; on le ramène à sa position première en tournant le bouton moleté. Le déplacement de l’index sur le cadran divisé fait connaître l’intensité, l’appareil ayant été gradué préalablement.
- Êlectrodynamomètre Carpentier. — Cet instrument (fîg. 279) est formé d’un cadre extérieur fixe, qui est une lame de cuivre rouge de grande section, parcouru par la totalité du courant; dans l’intérieur se déplace un cadre à fil fin, placé en dérivation, et qui reçoit le courant par les fils de suspension. Les lectures se font en
- tordant le fil pour ramener les deux cadres à angle droit. L’angle de torsion se lit à la partie supérieure. Le bouton supérieur est recouvert d’une pièce d’ébonite qui protège l’opérateur.
- Électrodynamomètre à mercure. — M. Lippmanu a imaginé un électrodynamomètre à mercure fondé sur le même principe que l’ampèremètre décrit plus haut (fig. 51). Il en diffère seulement en ce que l’aimant est remplacé par une bobine dont le fil est traversé, ainsi que la colonne de mercure, par le courant à mesurer-Sauf le mercure, toutes les pièces sont invaria
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- ÉLECTRODYNAMOMÈTRE.
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- blés, ce qui rend les indications exactement proportionnelles aux carrés des intensités.
- Cet appareil peut donner, une fois gradué, des mesures absolues. Dans un modèle présenté à la Société des Électriciens, un courant d’intensité 1 C.G.S. (10 ampères) donnait une pression de 650 dynes par centimètre carré.
- Électrodynamomètre absolu. — Les électrodynamomètres, grâce aux avantages indiqués plus haut, peuvent être employés de préférence pour obtenir des mesures absolues. MM. Joule, Cazin, Masc-art, Helmholtz, etc., ont fait construire dans
- ce but des électrodynamomètres-balances, ''îous décrirons l’instrument imaginé par M. Pellit en 1888.
- Il se compose de deux bobines concentrques à axes rectangulaires, parcourues toutes leux par le courant à mesurer (flg. 280).
- L’une, longue et grosse, a son axe horizoïtal; l’autre, qui a son axe vertical, est placée à Intérieur de la première, dans le champ à peuprès uniforme produit par celle-ci, et se trouv< par conséquent soumise à un couple qui tend ; dévier son axe de la verticale. Cette bobine Jant
- Fig. 280. — Électrodynamomëtre absolu de M. l’ellal.
- fixée à l’une des extrémités d’un véritable fléau de balance, il suffit, pour équilibrer ce couple e ectrodynamique, d’ajouter des poids converties dans le plateau suspendu à l’autre extré-Le couple étant évidemment proportion-nel au carré de l’intensité du courant, cette •densité est. obtenue en unités électromagnéti-qUes fi'-G.S. par la formule
- i — A V P,
- je^étantle poids qu’il faut ajouter dans le pla-P°ur équilibrer le couple électrodynamique.
- L’instrument ayant été construit avec leplus grand soin et la constante A calculée très <xac-tement, l’erreur faite sur l’intensité d’uncou-rant ne dépasse pas 1/2000.
- On peut éliminer l’action du magnétisim terrestre en renversant, après la première meure, le sens du courant dans la bobine fixe sais le changer dans la bobine mobile; les poids qu’il | faut ôter ou ajouter sont précisément 2p, puis-; que l’action de la bobine fixe a changé de sens, I celle de la terre n’ayant pas changé. Dans cer-! tains cas, il est plus simple de supprimerl’ac-
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- ÉLECTRO-ENDOSCOPE. — ÉLECTROGÈNE.
- tion de la terre en disposant le fléau dans le plan vertical perpendiculaire au méridien magnétique. Il faut remarquer que la constante A varie d’un lieu à un autre, car elle dépend de l’intensité de la pesanteur.
- M. Pellat a fait construire, sous le nom d’am-pères-étalons, des instruments analogues, mais
- moins coûteux, gradués par comparaison avec le précédent et pouvant servir à faire les mêmes déterminations avec la même précision (flg, 281). Ces appareils peuvent encore être employés pour graduer en valeur absolue les galvanomètres, ampèremètres, voltmètres.
- ÉLECTRO-ENDOSCOPE. — Endoscope éclairé
- Fig. 281. — Ampère-étalon.
- par l’électricité. Vendoscope ou urétroscope, imaginé par le Dr Desormeaux, sert à examinerl’in-térieur de la vessie et des autres cavités du corps.
- L’endoscope a été perfectionné par plusieurs inventeurs. Nous citerons en particulier l’appareil de MM. Nitze et Leiter, de Vienne, qui est formé d’une petite lampe à incandescence de Swan, fixée au bout d’une sonde creuse (flg. 282) ; on regarde par l’ouverture du pavillon M, qui est munie d’une petite lunette, sur laquelle un petit prisme à réflexion totale, placé à la courbure de la sonde, renvoie les rayons émis par les parois vésicales éclairées.
- La première sonde sert pour examiner les deux tiers des parois (parties supérieures et latérales), la seconde pour le tiers postérieur. La lampe est actionnée par une batterie de quatre ou six éléments au bichromate, figurée à part. On introduit la sonde dans la vessie avant d’allumer la lampe, puis l’on règle l’intensité lumineuse à l’aide du rhéostat fixé devant la pile. Il faut introduire dans la vessie 200 à 300 grammes d’un liquide bien transparent (eau tiède), pour éviter l’action de la chaleur de la lampe.
- ÉLECTRO-ENDOSCOPIE. — Examen des cavités par l’électro-endoscope.
- ÉLECTRO-FREIN. — Organe du traducteur du télégraphe multiple de Baudot, qui établit la concordance entre la marche du traducteur et celle du distributeur. (Voy. Télégraphe.)
- ÉLECTROGÈNE. — Qui produit de l’électricité.
- Appareil électrogéne des poissons. — Quelques poissons, notamment la torpille, le gymnote et le malaptérure possèdent des appareils électriques assez puissants pour donner des secousses comparables à celles d’une bouteille de Leyde. Cet appareil est disposé chez la torpille de chaque côté de la tête, entre les nageoires pectorales et les branchies, et présente la forme d’un croissant épais aux cornes arrondies (flg. 283). Il est constitué par une série de disques d’une substance transparente, homogener que Ch. Robin a nommée tissu électrique. CeS disques sont séparés par de petites couches d’un liquide albumineux, et réunis en gran nombre de manière à former une certaine quan tité de petites colonnes (flg. 284), qui rappellen assez bien la disposition d’une pile de \olta-
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- ÉLECTROGÈNE
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- \ussi a-t-on tout d’abord comparé l’appareil j était ainsi, cet appareil devrait fonctionner électrique des poissons à une pile. Mais, s’il en ! d’une manière continue, ce qui n’a pas lieu.
- Endoscope et sonde Nitze et Leiter.
- C'est seulement lorsque l’animal est irrité qu’il un organe de protection et de défense. Il paraît lance des décharges : l’appareil électrique est donc plus naturel de le comparer à ce qui se
- phénomènes électro-capil- Il suffit qu’entre deux corps en présence les
- surfaces changent de rapport, pour qu’il se pro-
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- ÉLECTROGENÈSE
- ÉLECTROLECTEUR.
- duise aussitôt une différence de potentiel. Or l’appareil électrique de la torpille et du gymnote est contractile et musculaire; chaque fois qu’il se contracte, les piles de disques diminuent
- Fig. 284. — Appareil électrique de la torpille.
- de longueur et par suite leur section augmente. De là doit résulter une petite différence de potentiel entre chaque élément contractile et le liquide voisin et, comme le nombre des éléments est considérable, la somme des différences de potentiel peut être assez grande.
- L’appareil électrique de la torpille, placé de chaque côté du corps, comprend plus de 500 co-lonnettes disposées verticalement et formées chacune d’environ 1500 ou 2000 disques.
- Le pôle positif est du côté du ventre. L’appareil est sous la dépendance des nerfs pneumogastriques. Il peut donner des secousses assez fortes pour, engourdir le bras. L’animal se sert de ce moyen pour s’emparer de sa proie.
- Les colonnettes de l’appareil électrogène sont séparées les unes des autres par des cloisons du tissu lamineux dans lesquelles arrivent les vaisseaux et les nerfs. Ces derniers viennent des racines antérieures des paires nerveuses, de celles qui correspondent aux nerfs moteurs; leurs tubes se terminent à la surface des prismes ou disques par des extrémités libres très effilées, après s’être subdivisés chacun en branches très nombreuses. Ces nerfs se distribuent à l’une d s faces du disque, laquelle ne reçoit pas de vaisseaux. Ces capillaires ne se ramifient pas dans le disque, mais s’enfoncent en décrivant des flexuosités dans les excavations ou alvéoles creusés dans ces disques. L’ensemble de l’appareil est enveloppé par une couche de tissu lamineux. Rien de plus caractérisé que l’élément sui generis qui compose les disques, que la configuration de ceux-ci et que leur juxtaposition en piles par l’intermédiaire de cloisons riches en vaisseaux et en nerfs; rien de plus constant que la distribution des nerfs à l’exclusion des vaisseaux sur la face du disque qui regarde le pôle positif, tandis que les vaisseaux, à l’exclusion des nerfs, occupent la face tournée vers le pôle négatif; rien de plus net que le mode de terminaison des nombreux tubes nerveux volontaires
- et régulateurs des actes de l'appareil qui aboutissent à chacun de ses disques.
- Chez le gymnote, qui présente la forme d’une anguille, les piles de disques sont beaucoup plus longues : elles sont dirigées de la tête à la queue, de chaque côté de la ligne médiane, et peuvent atteindre une longueur de 0,60 m. Les piles de disques sont au nombre d’environ 50, formées de 4,000 disques. Le pôle positif est du côté de la queue.
- Plusieurs autres poissons possèdent des appareils analogues.
- Électrogène Hannay. — Disposition très simple, indiquée par M. Hannay, ingénieur à Glas-cow, pour éviter les incrustations dans les chaudières. Il suffit d’y placer une masse de zinc, en forme de sphère ou de cylindre, traversée par une tige de cuivre portant à ses deux extrémités des fils de même nature qu’on soude aux parois de la chaudière. On ajoute enfin au liquide du sel marin, dans la proportion de 4 kilogrammes par mètre cube. Quand on chauffe, il se forme une véritable pile; l’oxygène se porte sur le zinc et l’hydrogène sur le fer de la chaudière. L’hydrogène fait bientôt détacher les incrustations qui existent sur la chaudière et empêche qu’il s’en produise de nouvelles.
- L’appareil peut fonctionner six mois; il est employé par a marine anglaise et expérimenté en France.
- ÉLECTROGENÈSE ou ÉLECTROGÉNIE. — Béraud et Charles Robin, qui ont fait beaucoup d’expériences sur ce sujet, ont donné ce nom à la production de l’électricité par les tissus vivants.
- ÉLECTROGRAPHIE. — On donne quelquefois ce nom à la télégraphie, lorsqu’elle est effectuée par des appareils qui enregistrent les de-pêches.
- Le plus souvent, on nomme électrographie la gravure en creux ou en relief produite parle-lectricité, à l’aide des procédés gal-vanoplas-tiques (V. Électrotypie et Photogravure).
- ÉLECTROHARMONIQUE (Appareil). — Appareil télégraphique qui reproduit les sons en leur conservant leur hauteur, mais non leur timbre-
- ÉLECTROLECTEUR. — Sorte de télégraphe autographique inventé par M. Recordon en HL > perfectionné en 1874 par MM. Recordon et rettini et destiné à la lecture des aveugles-reproduit en relief les caractères imprimes manuscrits. On remplace ainsi les impression en relief employées dans les établissenie d’aveugles et qui sont très coûteuses.
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- ÉLECTROLYSABLE. — ÉLECTROLYSATION.
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- ÉLECTROLYSABLE. — Qui peut être électrode,^ c’est-à-dire décomposé par un courant électrique.
- ÉLECTROLYSATION ou ÉLECTROLYSE. —
- Décomposition d’un corps par un courant électrique.
- Si l’on plonge dans un liquide composé les extrémités de deux fils attachés aux deux pôles d’une pile, la colonne de liquide interposée ne se conduit jamais comme un simple conducteur. Deux cas se présentent : ou bien le liquide se comporte comme un isolant parfait, et le courant ne passe pas, ou bien le courant passe et le liquide est décomposé. Seuls les corps simples (mercure, métaux fondus) agissent seulement comme des conducteurs. On appelle électrolyte la substance qu’on décompose, et électrodes les fils ou lames qui terminent les rhéophores et plongent dans le composé. L’électrode qui est réunie au pôle positif s’appelle électrode positive, l’autre électrode négative.
- Électrolyse des composés minéraux. — Les composés résultant de l’union de l’hydrogène ou d'un métal avec un radical simple ou composé sont décomposés par le courant : l’hydrogène ou le métal suit le sens du courant, et par conséquent se dégage à l’électrode négative si Vé-lectrolyse se fait dans le circuit extérieur de la pile. Le radical, simple ou composé, se porte à l’autre électrode.
- Cette propriété du courant fut découverte en 1800 par Carlisle et Nicholson, qui décomposèrent l’eau acidulée par l’acide sulfurique. On répète cette expérience à l’aide du voltamètre (fig. 285) : c’est un vase de verre dont le fond
- Fig. 285. — Électrolyse de l’eau acidulée.
- traversé par deux petits fils ou lames de !|hne qu’on relie aux deux pôles d’une pile. n ‘e'ase étant plein d’eau acidulée, il se décédé 1 oxygène sur l’électrode positive et de ydrogène sur l’autre : ce dernier gaz a un CesUnie double de celui du premier. On recueille nL ^ ^ans deux petites éprouvettes graduées Cee& sur les électrodes.
- Dictionnaire d’électricité.
- L’eau pure n’étant pas décomposée par le courant, on doit admettre que le véritable électrolyte est l’acide étendu S04H2, qui donne de l’hydrogène à l’électrode négative, tandis que le radical SO4, se rendant à l’électrode positive, y décompose l’eau en reproduisant l’acide sulfurique et dégageant de l’oxygène.
- Davy, en 1807, a décomposé la potasse parla pile et découvert le potassium : un morceau de potasse solide était posé sur une plaque métallique reliée au pôle positif ; l’électrode négative plongeait dans une cavité pleine de mercure, creusée àla partie supérieure. On voyait le mercure s’épaissir et l’on obtenait un amalgame dont on pouvait extraire le potassium en vaporisant le mercure dans un gaz inerte.
- Tous les oxydes, chlorures et sulfures métalliques se décomposent de même, le métal se portant seul au pôle négatif.
- L’électrolyse des sels oxygénés se fait ordinairement dans un tube où plongent deux lames de platine (fig. 286). Si le tube contient
- R S
- Fig. 286. — Électrolyse des sels.
- du sulfate de cuivre S04Cu, l’électrode négative B se couvre aussitôt d’une couche de cuivre rouge, tandis que SO4 se porte au pôle positif. On obtient des résultats analogues avec tous les sels, sauf les sels alcalins, comme nous l’indiquons ci-dessous.
- Les électrolytes doivent toujours être fondus ou dissous. Lorsqu’on les emploie fondus, on se sert d’un tube en métal au fond duquel est soudée l’une des électrodes, l’autre plongeant à la surface de la substance en fusion (fig. 288).
- Hypothèse de Grotthus. — Dans toute électrolyse, par exemple dans celle de l’eau, il est à remarquer que, comme dans toutes les expériences du même genre, les corps mis en liberté se dégagent seulement sur les deux électrodes, et nullement dans l’espace intermédiaire, qui est
- il
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- ÉLECTROLYSE.
- cependant aussi parcouru par le courant électrique. Grotthus, en 1805, a donné de ce fait l’explication suivante.
- Dès que le courant traverse le liquide, les éléments combinés dans chacune des molécules s’orientent de la même manière, l’hydrogène se tournant toujours vers l’électrode négative et le radical SO4 vers le pôle positif (fig. 287), puis
- "'N
- +
- 4 2
- SO H
- *Q
- 4 2
- SO H
- #o
- 4 2 SO H
- ®o
- SO H
- #0
- r
- SO
- H SO
- H SO
- H SO
- Fig. 287. — Hypothèse de Grotthus.
- chacun de ces éléments se dirige vers le pôle correspondant; mais, dans ce mouvement, chaque molécule du radical rencontre l’hydrogène de la molécule voisine, qui chemine en sens contraire, et se recombine avec lui. Seules les molécules les plus rapprochées des pôles ne trouvent pas l’autre élément, mis en liberté, et par suite se dégagent sur les électrodes.
- On peut supposer en outre que les molécules des deux éléments ou radicaux qui se séparent sont les seuls véhicules de l’électricité, celui qui va au pôle positif étant électrisé négativement, l’autre positivement. C’est pourquoi l’on nomme électro-négatif l’élément qui va au pôle positif, et électro-positif celui qui se dirige vers l’électrode négative.
- Électrolyse dans l'intérieur des piles. — Comme nous l’avons dit plus haut, en réalité l’hydrogène et les métaux suivent le sens du courant; par conséquent, dans les réactions chimiques qui se produisent à l’intérieur des piles, l’hydrogène et les métaux se portent au pôle positif, tandis que les corps combinés avec eux se rendent au pôle négatif.
- Actions secondaires. — Si les éléments mis en liberté aux deux pôles sont capables d’attaquer soit le liquide, soit les électrodes, ils réagissent au lieu de se dégager, et l’on n’obtient que les produits de ces actions secondaires. Ainsi, quand on décompose le sulfate de cuivre, le radical SO4, se portant au pôle positif, y décompose l’eau en reformant de l’acide sulfurique S04H2, et l’oxygène est mis en liberté. Si, dans cette opération, l’anode est formée d’une substance attaquable, telle qu’une lame de cuivre, elle se transforme peu à peu en sulfate sous l’action de
- O
- ce radical : par suite, le liquide ne s’appauvrit pas, et l’anode subit une perte de poids exactement égale à l’augmentation de la cathode. C’est ainsi que dans la galvanoplastie on se sert d’anodes solubles pour empêcher l’affaiblissement des bains.
- L’électrolyse des sels alcalins offre un exemple remarquable d’actions secondaires. Si l’on décompose du sulfate de soude, le métal qui se rend à l’électrode négative y décompose l’eau et donne de la soude et de l’hydrogène : le sodium n’est donc pas mis en liberté. D’un autre côté le radical SO4 donne à l’électrode positive de l’acide sulfurique et de l’oxygène. On voit donc un dégagement de gaz aux deux pôles, et du sirop de violettes ajouté au liquide verdit au pôle négatif par l’action de la soude, et rougit au pôle positif sous l’influence de l’acide sulfurique.
- Si l’on décompose l’eau en prenant pour électrode négative une lame de platine recouverte de peroxyde de plomb, l’hydrogène ne se dégage pas, mais décompose le peroxyde. Si l’on décompose un chlorure ou un cyanure en prenant pour électrode positive une lame d’or ou d’argent, le chlore ou le cyanogène ne se dégage pas, mais il attaque l’anode et la dissout.
- Électrolyse des sels organiques. — Les sels des acides organiques sont décomposés par le courant, comme les sels minéraux : le métal se porte donc au pôle négatif, l’oxygène et les éléments de l’acide anhydre au pôle positif, mais ces derniers donnent en général des actions secondaires. Ainsi, les benzoates donnent au pôle positif de l’oxygène et de llacide benzoïque, qui cristallise. Au contraire, dans l’électrolyse d’un acétate alcalin, le métal se rend à l’électrode négative et y décompose l’eau avec dégagement d’hydrogène, tandis que l’oxygène et l’acide anhydre se rendent à l’autre pôle.
- Pôle —
- Pôle -
- C4H3K04 = K + C4H303 + 0 [2-&2H3K-9^ = 2K + -E4H64b3 + -9-].
- Là, ils réagissent l’un sur l’autre en donnant de l’acide carbonique et de l’hydrure d’éth}' lène
- 2C4H303 + 0 = 2C204 + C4H<5 [-G4H6-tL3 -+- -Q- = 2-C-0-2 + -E2H6].
- M. Kolbe a obtenu de même le dibutyle et Ie butylène à l’aide des valérates.
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- ËLECTROLYSE.
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- Le succinate de soude donne de l’éthylène, les j sels des acides fumarique et maléique donnent de l’acétylène. L’acide formique et les formiates donnent uniquement de l’acide carbonique au pôle -j- et de l’hydrogène au pôle —.
- Lois de Faraday. — Les décompositions électrolytiques obéissentàdesloisquantitatives, qui
- ont été établies par Faraday, et qui peuvent se résumer ainsi :
- Lorsqu'un courant traverse un électrolyte quel-
- \
- conque, chaque coulomb décompose toujours gggQQ
- ou 0,00001035 de son équivalent en poids.
- Cette loi est absolument générale; elle s’ap-
- Fig. 288. — Vérification de la loi de Faraday.
- plique également aux électrolytes placés dans le circuit extérieur ou à l’intérieur de la pile. On la vérifie en intercalant dans un même circuit un voltamètre à eau et des tubes contenant différents sels, par exemple en T du protochlorure d’étain fondu, et en v, v', v", v'" du sulfate de cuivre, de l’acétate de plomb, du nitrate d’argent, du sulfate de cadmium (fîg. 288). Toutes les électrodes sont en platine pour éviter les actions secondaires.
- Les équivalents qui satisfont à cette loi sont dits équivalents élec-ü'whimiques : ce sont 1 pour l’hydrogène, 8 pour l’oxygène, etc.
- Pour les oxydes et chlorures supérieurs, il faut, pour que la loi s°it applicable, écrire leur équivalent de façon qu’il renferme un Seul équivalent du radical asso-2 2
- Cle au métal : Fe1 CI,SO*Fe®, etc.
- ^ Si le courant se bifurque, il est évident que action chimique dans chaque dérivation est erieure à l’action totale, et en raison inverse Aa résistance de cette dérivation. Si l’on ins-e deux voltamètres Y et Y' sur le circuit gé-^ ‘“g- 289) et deux autres v et v' en dériva-
- jg entre les premiers, les quantités d’eau au^^P°sées sont égales en Y et V' ; elles sont égalés en v et v’, les deux dérivations ayant
- même résistance, mais elles sont moiti é moindres que dans les deux premiers vases.
- Ces lois permettent de mesurer l’intensité des courants en valeur absolue à l’aide des actions électrolytiques (Voy. Intensité).
- Travail de l'èlectrolyse. — Il résulte des lois
- 3l n'
- Fig. 289. — Vérification de la loi de Faraday.
- précédentes,qu’une quantité déterminée d’électricité, par exemple un coulomb, traversant divers électrolytes, en décomposera des quantités équivalentes. Ainsi un coulomb décompose
- 1
- toujours, quel que soit l’électrolyte, - ou
- 0,000 010 35 de son équivalent en poids. Soit a cette fraction et e l’équivalent en poids. Un coulomb décompose donc toujours un poids ae d’é-
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- ÉLECTROLYTE. — ÉLECTROMAGNÉTISME.
- lectrolyte. Or, cette décomposition exige une quantité de chaleur variable suivant la nature des composés; le travail fourni par un coulomb varie donc aussi en même temps. Mais le travail électrique étant toujours le produit d’une différence de potentiel par une quantité, il doit nécessairement se produire entre les deux électrodes d’un voltamètre une chute de potentiel s telle que, en la multipliant par un coulomb, on obtienne, en watts, le travail correspondant à la décomposition d’un poids ae du composé.
- Si Q est le nombre de calories-grammes dégagé par la formation d’un équivalent e de la substance, à partir des éléments que met en liberté l’électrolyse, la quantité dégagée pour un coulomb est a Q, et le travail correspondant JaQ, J étant l’équivalent mécanique 4,17. On a donc :
- £ = JaQ = 4,17 X 0,00001035 Q = 0,0432 Q ,
- équation qui donne la chute de potentiel e pour un électrolyte déterminé.
- Prenons l’eau pour exemple; on sait que Q = 34 600 calories : on en tire s = 1,49 volt, ce qui explique pourquoi il est impossible de décomposer l’eau avec un seul élément de Yolta ou de’ Daniell, la force éléctromotrice de ces couples étant inférieure à 1,49.
- Applications de Vélectrolyse. — Il est peu de phénomènes électriques qui présentent des applications aussi nombreuses que l’électrolyse. Nous citerons en premier lieu la mesure de l’intensité des courants (Yoy. Intensité), puis la galvanoplastie, l’électrochimie et leurs diverses branches, l’électro-métallurgie, l’affinage des métaux, la purification des phlegmes et alcools de mauvais goût (Yoy. Alcools), le blanchiment et la désinfection, l’ajustage des pièces de monnaie, l’analyse électrolytique, etc. Enfin, non seulement l’électrolyse a permis de découvrir certains métaux (potassium, sodium, etc.), mais elle est encore pour certains autres le seul mode de préparation, ou au moins le procédé le plus avantageux.
- ÉLECTROLYTE. — Composé susceptible d’être décomposé par un courant électrique. Les électrolytes doivent être liquides; les corps solides doivent donc être fondus ou dissous.
- ÉLECTROLYTIQUE. — Qui a le caractère d’un électrolyte ou qui a rapport à l’électro-lyse.
- ÉLECTROMAGNÉTIQUE. — Qui a rapport aux phénomènes de l’électromagnétisme,
- ÉLECTROMAGNÉTISME. — Action des courants sur les aimants et des aimants sur les
- courants. Quelquefois on comprend aussi sous ce nom les actions réciproques des courants que nous avons décrites au mot Électrodynamique.
- Action des courants sur les aimants. — QErsted a constaté en 1820 qu’une aiguille aimantée peut être déviée de sa position d’équilibre par l’action d’un courant. Une aiguille aimantée mobile dans un plan horizontal étant en équilibre dans le méridien magnétique (fig. 290), on tend dans
- Fig. 290. — Expérience d’OErsted.
- ce plan, au-dessus ou au-dessous d’elle, un fil de cuivre dans lequel on lance un courant. L’aiguille est déviée immédiatement d’un angle d’autant plus grand que le courant est plus intense.
- QErsted a déterminé le sens de la déviation dans les différents cas, et Ampère a résumé ces résultats dans un énoncé unique. Pour cela, il supposait placé sur le fil de cuivre un observateur recevant le courant des pieds vers la tête et tourné constamment de manière à regarder l’aiguille aimantée. On appelle gauche et droite du courant la gauche et la droite de cet observateur.
- Dans ces conditions, le pôle nord de l’aiguille est toujours dévié vers la gauche du courant.
- La déviation augmentant avec l’intensité du courant, l’expérience d’OErsted fournit un moyen de mesurer les intensités ; tel est en effet le principe du galvanomètre et d’un certain nombre d’instruments analogues (ampèremètres, boussoles).
- Dans l’expérience d’OErsted, l’aiguille tend a se placer perpendiculairement au courant, et elle y arriverait toujours, quelle que soit 1 intensité, si l’action de la terre ne tendait à la ramener dans le méridien. Pour s’en assurer, on répète l’expérience avec une aiguille dont le pivot est parallèle à l’aiguille d’inclinaison, et qui tourne par suite dans un plan perpendiculaire à cette direction.
- Expériences de Biot et Savart. — Un courant rectiligne indéfini donne évidemment P°u^ surfaces de niveau des plans équidistants passan par son axe, et pour lignes de force des cercles concentriques ayant leurs centres sur l’axe
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- ÉLECTRO-MÉDICAL (Appareil).
- conducteur. La force est la même en tous les points d’une même circonférence ; Biot et Sa-vart ont montré qu’elle varie en raison inverse de la distance.
- Une très petite aiguille aimantée étant suspendue à un fil de soie, on la fait osciller d’abord sous la seule action de la terre, et l’on détermine le nombre d’oscillations n qu’elle fait en une seconde. On a, d’après la formule du pendule (Voy. Méthode des oscillations),
- n% — KH,
- H étant l’intensité horizontale du champ terrestre, et K une constante qui dépend du moment d’inertie de l’aiguille et de son aimantation.
- On place ensuite un fil de cuivre vertical à une distance a dans le plan vertical mené par le milieu de l’aiguille perpendiculairement au méridien, et l’on fait passer un courant dans ce fil. L’aiguille oscille alors sous l’action simultanée H -{-F de la terre et du courant, et l’on a
- N* = K(H + F).
- Transportant ensuite le courant à une distance a' dans le même plan, on a
- N'2= K(H -f- F').
- D’où
- F N2 — tz2 F~N'2— n*'
- Si l’on calcule le second membre, on trouve
- at
- qu il est égal à — . Donc a
- F _ a_
- F'~a'
- On vérifie d’ailleurs que l’action est proportionnelle à l’intensité. Donc
- la constante k dépendant de l’unité choisie pour l’intensité.
- Loi élémentaire de Laplace. — Laplace a cal-Ct|lé, en partant de l’expérience précédente, action réciproque d’un pôle et d’un élément de courant. Il a trouvé
- f__j mids sin a
- ' ~ rï ’
- ^ masse du pôle, ds la longueur de ement de courant, r la distance du pôle au leu de 1 élément, et a l’angle de l’élément avec la distance r. L’action de l’élément sur
- — ÉLECTRO-MÉGALOSCOPE. 261
- le pôle est appliquée au milieu de l’élément et de la droite r ; elle est dirigée vers la gauche du courant, l’observateur qui la personnifie regardant le pôle. L’action du pôle sur l’élément est évidemment une force égale et directement opposée à la première; elle est donc appliquée au milieu de l’élément et non au pôle. Cependant, si, au lieu d’un élément, on considère un courant fermé tout entier, la résultante des actions d’un pôle sur ce courant passe par le pôle.
- En transformant la valeur de f, on peut donner à la loi de Laplace la forme suivante :
- L’action qui s’exerce sur un élément de courant placé dans un champ magnétique est égale au produit de l’intensité électromagnétique du courant par l’aire du parallélogramme construit sur l’élément et l’intensité du champ. Elle est dirigée normalement au plan du parallélogramme, vers la gauche du courant, si celui-ci regarde dans la direction du champ.
- Action des aimants sur les courants. — La loi de Laplace fait connaître à la fois l’action d’un courant sur un aimant et l’action réciproque, mais nous n'avons vérifié expérimentalement que lapremère. Pour vérifier la seconde, il suffit défaire agir un aimant fixe sur un courant mobile, ce qui peut se faire à l’aide de l’appareil décrit à l’article Électrodynamique. Ces actions peuvent encore se manifester par un certain nombre d’expériences qu’on trouvera soit au mot Rotation, soit à leur ordre alphabétique.
- ÉLECTRO-MÉDICAL (Appareil). — -(Voy. Électricité médicale, Bobine, Machine d’induction.)
- ÉLECTRO-MÉGALOSCOPE. — Appareil imaginé par le Dr Boisseau du Rocher, et qui sert à éclairer les cavités intérieures du corps pour en faciliter l’observation. Une petite lampe à incandescence, de 4 mm. de diamètre, alimentée par une pile à insufflation du même inventeur, est fixée à l’extrémité d’une sonde droite ou courbe et éclaire l’organe dans lequel on l’introduit. Un petit prisme reçoit les rayons émis par l’organe éclairé et les dirige suivant l’axe de l’instrument; ils traversent ensuite un système de deux lentilles convergentes à court foyer, qui donnent une image réelle et très petite de la partie éclairée. Cette image est observée à l’aide d’une lunette qui termine la sonde, et qui donne le grossissement qu’on désire. Cet appareil diffère de l’électro-endoscope, du po-lyscope, etc., par la disposition du système optique, qui permet d’observer un champ considérable sans déformation, en grandeur naturelle
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- ÉLECTROMÉTALLURGIE.
- Fig. 29). — Électro-mégaloscope de Boisseau du Rocher.
- ou avec le grossissement voulu et d’avoir une vue d’ensemble de l’organe.
- Les dispositions mécaniques offrent en outre les avantages suivants : 1° lavage de la cavité à examiner avec l’endoscope lui-même, pour que l’on puisse renouveler le lavage s’il en est besoin, en retirant la partie optique seule ; 2° possibilité d’entretenir la limpidité du liquide tout en faisant l’examen (fait important pour la vessie par exemple) ; 3° faculté de pratiquer avec l’instrument diverses opérations sur l’organe que l’on examine; 4° asepticité complète de l’instrument, grâce à un montage spécial des lentilles, qui permet de passer l’instrument à l’étuve et aux acides.
- La figure 291 montre l’électro-mégaloscope vésical; l’extrémité de la sonde est représentée séparément :
- L lanterne et lampe à incandescence. O ouverture pour le passage de la partie optique P. C C' sonde à double courant pour lavage, cathétérisme des uretères, etc. B, B' contacts. D bouton repère. M, m, m’ mandrins fermant les ouvertures O, C, C' pour permettre l’introduction dans l’organe. R, R' robinets. A partie optique munie de ses occulaires 1, 2. S sonde. P objectif faisant saillie dans l’organe par l’ouverture O.
- ÉLECTROMÉTALLURGIE. — L’électrométallurgie a pour but soit de séparer les métaux de leurs minerais par l’électrolyse, soit de les purifier par le même procédé. Le cuivre et le plomb ont seuls été jusqu’à présent raffinés dans l’industrie par voie électrolytique; on a l’avantage de les obtenir ainsi chimiquement purs et d’en extraire en même temps les petites quantités de métaux précieux qu’ils peuvent contenir. Les méthodes employées dans ce but sont décrites aux mots Affinage et Analyse. Nous n’y reviendrons pas, et nous indiquerons ici seulement les procédés qui servent au traitement des minerais.
- L’origine de l’électrométallurgie est l’expe-rience par laquelle Davy en 1807 a découvert le potassium. Les premiers essais industriels ont été faits par Becquerel en 1835 dans une usine située à Grenelle. Du minerai d’argent pulvérisé était d’abord chloruré, puis dissous
- dans l’eau salée. 900 mètres cubes de cette solution furent soumis en une seule fois àl’électro-lyse et donnèrent en vingt-quatre heures 500 kilogrammes d’argent. Après dix ans d’essais, Becquerel reconnut que le procédé électrolyb' que donnait de bons résultats, mais qu’il était plus coûteux que le procédé métallurgique or-
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- ÉLECTROMÉTALLURGIE.
- 263
- dinaire. Il en est encore malheureusement de même aujourd’hui dans la plupart des cas.
- préparation électrolytique des métaux. — Les procédés électrolytiques sont cependant employés dans quelques usines. Ainsi M. Lé-trange, dans ses usines de Saint-Denis et de Romilly, extrait le zinc de son sulfure, la blende. Une certaine quantité de blende est grillée à une température modérée dans un four à réverbère, puis traitée par l’eau qui dissout le sulfate formé. La dissolution est ensuite électro-lysée et laisse déposer une partie du zinc. Le résidu liquide, devenu plus riche en acide sulfurique, est versé sur du minerai, et reforme du sulfate qu’on électrolyse de nouveau. En utilisant ainsi l’acide sulfurique des bains, il suffit de griller un peu de minerai pour compenser les pertes. Les cathodes, qui doivent être insolubles, sont en plomb, les anodes en zinc. Le courant est fourni par une machine de Gramme et un moteur à vapeur.
- MM. Blas et Miest ont fait breveter en Belgique en 1881 un procédé plus avantageux. Le minerai est broyé et aggloméré par une forte pression, sous l’influence de la chaleur, en plaques que l’on utilise comme anodes solubles dans une dissolution de sulfate de zinc. Les cathodes sont en zinc. L’électrolyse donne un dépôt de zinc et de l’acide sulfurique, qui attaque la blende en régénérant le sulfate avec dépôt de soufre. L’énergie à fournir est 2,5 fois plus faible que dans la méthode précédente.
- Ce procédé n’a pas été utilisé industriellement, mais il a été appliqué par M. Marchese aux minerais de cuivre. La Societa anonimaita-dana di minière di reame e di electrometalurgia el la Société anonyme de Stolberg et de Westpha-Üe (1885) exploitent ce procédé.
- ^ Fusion des minerais. — Une autre branche de lélectrométallurgie n’a rien de commun avec électrolyse : elle consiste à fondre les mine-rais Par la chaleur de l’arc voltaïque : on obtient ainsi une température supérieure à celle que onne la combustion du charbon ou même de hydrogène.
- ^1- W. Siemens se sert d’un creuset ordinaire G P acé dans une enveloppe métallique (fig. 292),
- santé machine, traverse le fond du creuset, et un charbon F, en communication avec le pôle négatif, traverse le couvercle. Un régulateur APA'B règle automatiquement l’arc élec-
- dont il
- est séparé par une matière D infusible
- conduisant mal la chaleur, par exemple du de^0-1 Pulvérisé. Une tige de fer ou
- P atine E, reliée au pôle positif d’une puis-
- trique et remédie à l’usure du charbon négatif.
- Le fourneau électrique présente les avantages suivants : température théoriquement illimitée, atmosphère complètement neutre, exécution facile; en outre, la température de la masse est supérieure à celle du creuset, contrairement à ce qui a lieu dans les procédés ordinaires.
- Préparation électrique de l'aluminium. — L’aluminium est l’un des métaux qu’il y aurait le plus d’avantages à obtenir par l’électricité. « Il semble en effet posséder à lui seul toutes les qualités qui font rechercher les différents métaux. Il est à la fois aussi ductile et aussi malléable que le cuivre, aussi tenace que le fer, aussi inaltérable à l’air que l’or et l’argent, excellent conducteur de la chaleur et de l’électricité, plus fusible que le cuivre et l’argent, et par conséquent très facile à couler et à travailler au marteau. En outre, il possède une légèreté extraordinaire qui le rendrait plus précieux encore dans maintes circonstances. Sa densité est trois fois moins grande que celle du fer, quatre fois moins grande que celle du cuivre; elle est égale seulement à 2,56.
- « En outre, l’aluminium s’allie avec un grand nombre de métaux, et leur donne une série de
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- ÉLECTROMÈTRE.
- propriétés nouvelles et précieuses. C’est ce qui arrive avec le cuivre quand on l’y ajoute dans une proportion variant de 2 à 10 p. 100; il le rend plus inaltérable, plus dur, plus tenace, tout en lui laissant sa ductilité et sa malléabilité.
- « Au prix où est actuellement l’aluminium (plus de 100 francs le kilogramme), il n’est guère employé à l’état pur que pour la confection d’instruments d’optique et de chirurgie. Allié au cuivre et constituant le bronze d’aluminium, il sert en orfèvrerie ; on en fait des coussinets de tour, des navettes de tisserand, des casques, des fourreaux de sabre, des objets d’art. Mais si l’on pouvait le livrer à 5 ou 6 francs le kilogramme, on le verrait se substituer très avantageusement, dans une infinité de circonstance, aux métaux précieux, au fer et au cuivre lui-même. » (Bouant, la Galvanoplastie.)
- Cette production économique de l’aluminium, c’est à l’électricité qu’on la demande aujourd’hui, et il semble qu’on soit sur la voie d’une solution prochaine. Deux procédés sont employés.
- La méthode de M. Cowles, appliquée régulièrement dans les ateliers de la Cowle’ s electric smelting and aluminium, Company, de Cleveland (Ohio), est fondée sur l’emploi du creuset électrique. Le minerai (corindon) est concassé, mélangé avec du cuivre et du charbon et introduit dans le fourneau, qui est formé d un cylindre en briques garni de charbon en poudre, ayant 1,50 m. de longueur. Deux électrodes de charbon amènent le courant au milieu de la masse. On recouvre d’une couche de charbon et d’un couvercle en tôle garni de briques; on laisse quelques ouvertures pour l’échappement des gaz. Le corindon est réduit par le charbon, en donnant de l’aluminium et de l’oxyde de carbone. L’aluminium s’allie au cuivre qui sert à l’empêcher de s’unir au carbone, et se transporte au pôle négatif.
- Le courant est produit par des machines Brush fournissant 1300 ampères et 50 volts, soit 85 chevaux. Un rhéostat de maillechort règle le courant. L’opération dure cinq heures : au commencement on ne lance qu’un faible courant; après dix minutes le cuivre est fondu; on éearte les électrodes et l’on supprime la résistance pour donner l’intensité maximum.
- Dans une nouvelle usine, située à Lockport, près de New-York, et pour laquelle M. Brush a construit une dynamo de 500 chevaux, on espère arriver à obtenir l’aluminium pur, et non allié. Des usines analogues viennent d’être
- achevées, notamment à Anvers et à Schaffouse D’après M. Cowles, son procédé pourrait servir à extraire également l’aluminium de ses autres minerais, cryolithe, argile, etc., et aussi à préparer d’autres corps, magnésium, manganèse calcium, silicium, bore, etc. De plus les scories formées dans la préparation du bronze d’aluminium renferment des rubis et des saphirs enchâssés dans la masse.
- Le Dr Kleiner, de Zurich, est arrivé à obtenir l’aluminium pur en traitant la cryolithe (fluorure double d’aluminium et de sodium) par un procédé analogue. Le minerai pulvérisé est placé dans des creusets en plombagine, traversés par des électrodes de charbon. On emploie un courant, de 80 à 100 volts et de 60 à 80 ampères. L’opération dure de deux à trois heures. La masse incandescente fond ; l’arc cesse alors de se produire, et il y a une véritable electrolyse. On obtient le métal en lingots.
- Outre les procédés qui précèdent, nous devons signaler aussi un procédé électrolytique récemment imaginé par M. T. Senet, et qui permet de déposer l’aluminium aussi facilement que l’or et l’argent. Il consiste à faire passer le courant dans une dissolution saturée de sulfate d’alumine et dans une dissolution de sel marin, les deux liquides étant séparés par une cloison poreuse. Il se forme d’abord un chlorure double d’aluminium et de sodium qui se décompose ensuite, et l’aluminium se porte sur l’objet à recouvrir qui est placé à l’électrode négative. Un courant de 6 à 7 volts et 4 ampères convient parfaitement.
- Les exemples précédents suffisent pour faire comprendre les avantages que l’on pourra retirer de l’électrométallurgie, lorsque les procédés seront devenus plus économiques.
- ÉLECTROMÈTRE. — Instrument servant à mesurer des quantités d’électricité ou des différences de potentiel. On a essayé autrefois de transformer en électromètre l’électroscope a. feuilles d’or, le pendule, etc.
- Le pendule représenté figure 293 a gardé le nom d'électromètre de Henley, bien qu’il ne serve plus qu’à constater si une machine ou une batterie fonctionne convenablement. Il est forme d’une balle de sureau portée par une tige rigide A, suffisamment conductrice, et qui tourne autour du point B ; un cadran divisé mesure déviation. Sans insister davantage sur les apP refis anciens, nous décrirons seulement électromètres usités actuellement.
- Balance de Coulomb. — Cet appareil, décri^ plus haut, peut servir à mesurer une charg
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- ÉLECTROMÈTRE.
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- électrique en va eur absolue. En effet, supposons qu’on donne aux deux boules des charges égales g; si l’angle d’écart a ne dépasse pas 20°,
- Fig. 293. — Électromètre de Henley.
- on peut admettre que la distance des boules est ra, r étant la longueur de l’aiguille ; la force est donc
- f=?L.
- ' a2
- D’autre part, si l’on a tordu le micromètre supérieur de T, la torsion est T + a, et, en égalant les moments, on a
- fr = C(T + a) ou
- g2 =Cr(T + <x) a2.
- Électromètre à quadrants.— Cet instrument, imaginé par sir W. Thomson vers 1872, se compose essentiellement d’une aiguille d’aluminium NN en forme de 8 (fîg. 294), supportée
- Si l’on porte l’aiguille à un potentiel Y et les deux paires de quadrants à des potentiels Vt et Vâ, on démontre que la déviation a est donnée par la formule
- « = A(V1-VÎ)[V-Ï1±^].
- De là résultent plusieurs manières d’employer l’instrument. On peut charger les deux paires de secteurs à des potentiels constants en les reliant aux deux pôles d’une pile de 50 ou 100 éléments très petits, dont le milieu communique avec le sol. On a V2= — Y1? et, si l’on relie l’aiguille au corps dont on veut connaître le potentiel V, on a
- a = 2AYiY.
- La déviation est donc proportionnelle au po-| tentiel cherché.
- Si au contraire on relie l’une des paires de quadrants au sol, et l’autre avec l’aiguille, on a VjirzV et Y2=0, et par suite
- La déviation est proportionnelle au carré du potentiel, et toujours de même sens, quel que soit le signe de V.
- Enfin, si l’on veut mesurer la différence de potentiel Vt—V2 entre deux corps ou entre un corps et le sol, on peut les relier aux deux paires de secteurs, et communiquer à l’aiguille une charge fixe. En négligeant le dernier terme de la parenthèse, ce qui peut se faire si V est
- très grand par rapport a -—-, on a sensi-
- blement
- a = A(V1—Va)V.
- Fig- 294. — Principe de l’électromètre à quadrants.
- Par une suspension bifilaire au centre d’ s°rte de boîte cylindrique plate en métal, ^sée en quatre quadrants isolés, que l’on i 1 deux à deux en croix. Chaque paire de
- teufo Aof 1
- reiiee avec une petite tige isolée qi ^Pelle son électrode, et qui sert à la mettr< sonf111111^09^011 avec Intérieur. Les déviât la *°uj°urs très petites et on les mesure Méthode du miroir.
- Cette dernière disposition est celle qu’avait adoptée sir W. Thomson. Yu l’importance de cet appareil, nous décrirons d’abord le modèle primitif, malgré sa complication.
- Les figures 295 et 296 montrent la coupe et l’ensemble de l’électromètre sous sa forme la plus soignée, tel qu’il est construit par White, de Glasgow. Les dimensions sont indiquées en pieds et pouces anglais.
- Les quadrants et l’aiguille sont placés dans un globe de verre renversé porté par trois pieds à vis calantes. Outre ces pièces principales, le globe contient un certain nombre de parties accessoires, que nous allons décrire successivement, et qui sont destinées à vérifier si la charge de l’appareil est parfaitement constante, et à lui rendre sa valeur exacte, si elle s’en est un peu écartée.
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- ÉLECTROMÈTRE.
- TO LAMP AND SCALE «<-
- QUADRANTS
- SU L P H U R1C —;
- Fig. 295. — Coupe de l’électromètre à quadrants de Thomson.
- Ckarging rod, tige de charge; Gauge, jauge; Lens, lentille; H air and dots, cheveux et points; Attracting plate, attirante; Gloss Stem, tige de verre; Induction plate électrode, électrode de la plaque d’induction; Mirror miroir; To lamp and s£,? el!a.ïa *am.f.e ^écheile ï Circulai* level, niveau circulaire ; Main Cover, couvercle principal ; End of Needle bout de raigu^e* in- oi , euille d etain; Platinum Weight, masse de platine ; Leydenjar, bouteille de Leyde; Leg with screwfoot, support ave« vis calante. Emprunté a J. E. H. Gordon, Traité d’électricité et de magnétisme, t. I, planche III.
- Un couvercle principal, métallique, ferme i laiton, fermée antérieurement par une glace le globe de verre, et supporte une lanterne de | plane. Cette lanterne renferme le fil de sus-
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- ÉLECTROMËTRE.
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- ension. Un fil de platine, terminé par un J tie inférieure de l’aiguille et plonge dans une ^oids de même nature, est suspendu à la par- 1 couche d’acide sulfurique qui remplit le fond
- INDUCTION PLATE
- Fig. 296. — Électromètre à quadrants de Thomson.
- et J aPPare^* Ce fil sert à charger l’aiguille, bu G< ^r°^ement du poids dans l’acide contri-a arrêter les oscillations. En outre, l’acide
- sulfurique sert à dessécher l’air et constitue, avec des bandes d’étain collées à l’extérieur du verre, une sorte de bouteille de Leyde dont
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- ÉLECTROMÈTRE.
- nous verrons plus loin l’utilité. Un tube de métal entoure et protège le ül de platine sur une partie de sa longueur. Les trois électrodes font saillie au-dessus du couvercle ; en les
- soulevant, on peut rompre leur communication avec l’intérieur : celle de gauche est représentée soulevée sur la vue d’ensemble. La figure 297 montre le couvercle vu par-dessous
- Fig. 297. — Couvercle principal de l’électromètre.
- Au centre sont les quadrants, avec le tube qui protège le fil ; le rechargeur r est à gauche, et la plaque d’induction i au-dessus d’un des quadrants de droite.
- L’aiguille est toujours reliée à la bouteille
- de Leyde formée par l’acide et les feuilles d’étain. La jauge est une sorte de petit électromètre destiné à vérifier si ce système conserve bien un potentiel constant. Elle se compose d’une plaque métallique placée près du som-
- REPLENISHER
- Fig. 298. Jauge. Fig. 299. — Rechargeur.
- Fig. 300. — Détails de la pWuf
- d’induction.
- met de la lanterne (voy. la coupe); cette plaque est isolée et reliée seulement à l’aiguille et à l’acide sulfurique. Elle se charge ainsi et attire une petite feuille carrée d’aluminium (fig. 298),
- placée au-dessus d’elle à l’extrémité d’un pe 1 fléau de balance, dont l’autre bout se ternn par une fourchette horizontale, entre les d de laquelle est tendu un cheveu. Une p 9
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- ÉLECTROMÈTRE. 269
- émaillée blanche, marquée de deux points fait saillie entre les dents de la fourche. On noirs, est fixée au massif de l’instrument et observe à l’aide d’une lentille (lens); si l’ai-
- Fig. 30 i. — Électromètre de M. Alascart.
- ffuille n i « r
- raît a enarge convenable, le cheveu appa- I croît, l’attraction augmente, et le cheveu s’élève. exactement entre les repères; si la charge j Il descend dans le cas contraire.
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- ÉLECTROMÈTRE.
- Si la charge a varié, on la ramène à sa valeur normale à l’aide du rechargeur {replenis-her), sorte de petite machine électrique (fig. 299) : un arbre, portant deux pièces métalliques, peut tourner dans l’intérieur «d’un cylindre portant deux plaques de métal fixes, reliées respectivement à l’aiguille et à la terre. Quand on fait tourner l’arbre, les pièces qu’il porte s’électrisent sous l’influence des plaques fixes et cèdent leur charge à des ressorts qu’elles viennent toucher au moment convenable. Suivant le sens dans lequel on tourne, on augmente ou on diminue la charge de l’aiguille, et on la ramène à sa valeur normale.
- Enfin on peut diminuer la sensibilité, lorsqu’on veut mesurer des potentiels un peu élevés, en reliant le corps électrisé, non plus à une paire de quadrants, mais à une petite plaque d'induction e (fig. 300), située au-dessus de l’un d’eux. Les quadrants ne se chargent plus que par influence, et l’on peut diminuer la sensibilité en éloignant la plaque ; c représente l’un des quadrants, i la tige de verre qui porte la plaque, et a son électrode.
- Électrométre de M. Mascart. — M. Mascart a modifié l’électromètre de Thomson en y introduisant quelques simplifications. C’est l’aiguille qui est reliée au corps dont on veut mesurer le potentiel. Les quadrants reçoivent une charge fixe, chaque paire communiquant respectivement avec l’un des pôles d’une pile constante, par exemple 40 éléments zinc, cuivre et eau, pour des essais de courte durée, ou des éléments au chlorure d’argent, pour des essais prolongés. Cette pile est isolée avec soin, et son milieu communique avec le sol, de sorte que les deux paires de quadrants reçoivent des charges égales et contraires.
- L’aiguille est portée par une suspension bifilaire (fig. 301) et supporte un fil de platine, terminé par de petits fils transversaux, qui plonge dans un vase rempli d’acide sulfurique concentré ; cette disposition sert à charger l’aiguille et à amortir les oscillations. Les quadrants sont fixés au couvercle métallique de l’appareil par des tiges de verre ; l’un d’eux peut être déplacé, en poussant la tête de vis Y, pour permettre d’introduire l’aiguille. Leurs électrodes BB' portent de petits chapeaux CC', qui glissent à frottement doux sur la tige. En relevant l’un de ces chapeaux, on isole la paire de quadrants correspondante ; en l’abaissant on la fait communiquer avec la cage et par suite avec le sol. L’électrode A sert à charger l’aiguille, au moyen d’un fil de platine P qui
- plonge dans l’acide sulfurique. Le tube de verre supérieur est commandé par une vis tangente, qui permet de le faire tourner lentement pour amener l’aiguille dans la position d’équi. libre. On peut élever ou abaisser la suspension en tournant le bouton H.
- La cage de l’appareil est en métal et doit être reliée au sol par l’intermédiaire d’une conduite d’eau ou de gaz ; elle sert alors d’écran et protège les organes contre toute influence électrique extérieure. Elle est percée de plusieurs ouvertures, une porte S, et huit fenêtres fermées par des verres cylindriques, qui laissent voir les quadrants et l’aiguille. Un miroir plan M, fixé au fil de platine porté par l’aiguille, sert à observer les déviations ; une lentille placée en face de lui rend les images plus nettes.
- Électrométre de M. Branly. — M. Branly a donné à l’électromètre de Thomson une forme encore plus simple (fig. 302). Les secteurs creux
- Fig. 302. — Électromètre de M. Branly.
- sont remplacés par quatre secteurs plats, f°r' més par un disque de cuivre coupé en quatre. Ces secteurs sont portés par quatre tiges de cuivre qui traversent le couvercle d’ébonite sont reliées en croix par des fils de même me tal. L’aiguille, qui a toujours la forme d tm »
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- ÉLECTROMÈTRE.
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- est suspendue au-dessus des secteurs par un fd d’argent fin, et porte au-dessous d’elle un miroir pour les lectures. L’aiguille se charge par l’intermédiaire du fil d’argent, et l’on fait varier la sensibilité en l’élevant ou l’abaissant plus ou moins. La cage est en verre ou en métal. 11 est préférable de remplacer le fil d’argent par une suspension bifilaire, semblable à celle du modèle précédent.
- Électrométre de MM. Blondlot et Curie. — MM. Blondlot et Curie ont remplacé l’aiguille en forme de 8 de l’électromètre Thomson par deux demi-cercles isolés, mais réunis par une petite pièce d’ébonite. Ces deux demi-cercles sont ondulés, comme les tambours des baromètres anéroïdes, afin de leur donner une rigidité suffisante. Cette aiguille est supportée par deux fils
- Fig. 303. — Électrométre Blondlot et Curie.
- d Argent /^(ftg. 303), qui servent en outre à cl §er les deux demi-cercles à des potentiels di reiUs Vt et V,. Les quadrants sont rempli
- par quatre demi-cercles fixes, placés deux au-dessus et deux au-dessous de l’aiguille. Dans la position d’équilibre, la ligne de séparation des demi-cercles mobiles est perpendiculaire à celle des demi-cercles fixes. Si ces derniers, réunis deux par deux, sont chargés à des potentiels Y3 et V4, la déviation est
- a = k (Yj — V2) (V3 — V',).
- Cet instrument peut servir comme wattmè-tre, en réunissant les deux moitiés de l’aiguille avec les deux points entre lesquels on veut mesurer l’énergie, et les deux paires de demi-cercles fixes avec les extrémités d’une résistance connue, placée dans le circuit général; la différence de potentiel entre les deux extrémités de cette résistance fera connaître l’intensité.
- Électromètres enregistreurs. — M. Mascart a transformé l’électromètre décrit plus haut en un enregistreur photographique pour l’étude de l’électricité atmosphérique. L’électromètre B (fig. 304), chargé par la pile C, est placé dans une chambre obscure et relié par un fil isolé à un collecteur D à écoulement d’eau, placé au dehors, à une certaine hauteur au-dessus du sol. Le miroir de l’électromètre reçoit la lumière d’une lampe placée dans une lanterne et renvoie les rayons réfléchis sur une feuille de papier photographique placée dans la caisse A. avec une horloge qui la fait descendre d’un centimètre par heure. Souvent la ligne tracée diffère peu d’une ligne verticale ; quelquefois elle présente une forme plus compliquée, comme le montre la figure 263.
- Électromètres absolus. — Sir W. Thomson a construit un électromètre qui donne le potentiel en unités absolues. Il se compose essentiellement de deux disques horizontaux A et B, dont l’un A est suspendu par un ressort R et l’autre B peut être déplacé parallèlement à l’aide d’une vis (fig. 305). Le premier est à un potentiel constant '\\; le second est porté au potentiel Y que l’on veut mesurer. On déplace le second plateau jusqu’à ce que son attraction sur le premier le fasse descendre, malgré l’action antagoniste du ressort, jusqu’à une position déterminée. L’attraction du plateau B est alors égale au poids P qu’il faudrait mettre sur le premier pour l’amener à la même position. Calculons cette attraction.
- Si l’on fait abstraction des perturbations qui se produisent sur les bords, le champ est uniforme entre les deux plateaux parallèles; les surfaces de niveau sont des plans parallèles et les lignes de force des perpendiculaires aux
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- ËLECTROMÈTRE.
- plateaux. Par suite la densité o est égale et de signe contraire sur les deux faces en regard. La force est
- V,-V
- F =
- U
- D étant la distance des deux plateaux ; comme F = 4ircr, on a
- Vt —V <7“ 4t:D \
- On démontre que l’action d’un plan indéfini
- Fig. 304. — Électromètre enregistreur de M. Mascart.
- sur l’unité d’électricité placée dans le voisinage est constante et égale à 2tt<ï; si S est la surface du disque porté par le ressort, sa charge est Sc et l’attraction de l’autre plateau est
- 27ra2S
- s /v,-vy
- 8 7i \ D /
- Cette attraction produisant le même effet que le poids P, on a
- D’où
- =<y_
- Vi — Y
- 8ttP
- S
- Nous avons supposé qu’on négligeait les perturbations qui se produisent sur les bords du plateau. Pour qu’il puisse en être ainsi, le plateau mobile A est taillé dans une plaque plus large A', qu’on appelle le plateau ou Vanneau de garde, avec laquelle il reste toujours en communication, par l’intermédiaire d’un couvercle fermé, qui le protège contre les actions élec-
- triques extérieures. Quand le plateau A prend sa position d’équilibre, il est exactement dans le plan de l’anneau A' et ne forme avec lui qu’un seul disque, la fente qui les sépare étant très étroite. De cette manière on n’utilise que la partie du plateau AA' où la densité est constante.
- B
- U
- Fig. 305. — Anneau de garde.
- En réalité, il est difficile de mesurer la d15 tance D des plateaux A et B. Pour éviter cet e difficulté, on fait deux expériences successive-Le disque A étant toujours au potentiel cons tant Yj, on fait d’abord communiquer le p a teau B avec le corps au potentiel V, ce <ïu
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- ÉLECTROMÈTRE.
- donne l’équation précédente, puis avec le sol,
- ce qui donne
- D’où en retranchant,
- V = (D'-D) y
- 'S-P S
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- Fig. 306. — Electromètre absolu de sir W. Thomson.
- 'ler' rechargeur ; Gauge, jauge ; Lens, lentille-, Half cover suspended dise, moitié du couvercle du disque suspendu.
- donc, en opérant ainsi, de mesurer le I est porté par une vis micrométrique qui traverse
- bernent tv n — r. j- i--------:î - la base de l’appareil(fig. 306),et le déplacement
- se mesure, à l’aide d’une loupe, sur une échelle
- ItePlenishe
- îment D' — D du plateau B de la première a Seconde expérience. Pour cela, le plateau B
- blCTlONNAIRE D’ÉLECTRICITÉ.
- 18
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- ,274
- ÉLECTROMÈTRE.
- verticale. Le plateau mobile A est muni d une disposition à cheveu et à points de repère analogue à celle décrite plus haut (Voy. page 268).
- Pour assurer la constance du potentiel de ce plateau, on le relie avec une jauge identique à celle décrite plus haut et une sorte de bouteille de Leyde formée par des feuilles d’étain collées sur le vase de verre; un rechargeur semblable
- à -celui de l’électromètre à quadrants sert à modifier la charge, s’il y a lieu. Le couvercle qui protège le disque A est fait de deux pièces égales, que l’on voit écartées sur le côté de l’instrument. Un lil replié en spirale sert à établir la communication avec le plateau intérieur Sir W. Thomson a inventé aussi un électromètre portatif (fig. 307), qui n’est qu’une réduc-
- Fig. 307. — Électromètre portatif.
- tion du précédent. Dans ce modèle, le disque mobile f, de forme carrée, et son plateau de garde h se trouvent à la partie inférieure de l’instrument ; le tout forme un ensemble identique à la jauge du modèle précédent. Ce disque f est attiré vers le haut par l’autre plateau g, situé au-dessus de lui.
- On opère comme dans l’électromètre absolu, et l’on fait encore deux lectures. Une sorte de bouteille de Leyde formée de feuilles d’étain entretient encore la charge des plateaux f et h;
- mais, aün de supprimer la jauge et le rechargeuri on change un peu la manière d’opérer. On ^ une première lecture, le plateau g relié au j une seconde en le reliant au corps de poten V, et une troisième en le reliant de nouveau sol. Si la première et la troisième sont peu férentes, on en prend la moyenne. L’instruiu® est gradué par comparaison avec un eie mètre absolu. Le dessin montre en oU^re^(,e détails d’un chapeau (fig. 3) qui garantit la ^ du plateau g de toute influence extérieure-
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- ËLECTRO MÈTRE.
- ja pierre ponce (pumice), imbibée d’acide sulfurique sert à dessécher l’air.
- Cet instrument pst surtout employé pour l’électricité atmosphérique ; il apprécie les différences de 2 ou 3 volts, ou de 0,5 volt en opérant avec soin, tandis que l’électromètre à 1 ' „ 1
- quadrants mesure — et jusqu a — volt.
- Électromètres à décharges. — Pour mesurer des charges un peu grandes, telles que celle d’une batterie, on peut se servir d’un électromètre à décharges, par exemple la bouteille de Lane (Voy. ce mot).
- L’électromètre de Gaugain est plus sensible. C’est un électroscope à feuilles d’or (fig. 308),
- Fig. 308. — Électromètre à décharges de Gaugain.
- peu différent du modèle ordinaire ; l’une des tiges F peut être enlevée ; la tige T est mise en communication avec le sol, et la boule B avec le corps étudié. Chaque fois que la charge atteint une valeur déterminée, la feuille d’or vient toucher la boule voisine, et décharge l’ap-pareil. La boule de la tige T est légèrement oxydée, pour empêcher la feuille d’or d’y adhérer : dans ces conditions les décharges sont identiques.
- En joignant à cet instrument un cylindre de araday (Voy. ce mot), on peut mesurer facile-?ent ies masses électriques qu’on introduit daas le cylindre.
- Dans les deux appareils précédents, il reste Oralement sur les conducteurs une petite duir^ d’électricité, insuffisante pour pro-oiesu Une d^°harge et que par suite on ne
- q^ectromètres capillaires. — Électromètre de
- Plhhi ^ann’ — Eippmann a appliqué les „p,L^nes électrocapillaires (Voy. Electro-extrè AIRES) a construction d’un électromètre difhj116111611^ sensible, qui peut mesurer les LQRnEes de potentiel de 0 à 0,9 volt.
- e de verre A, de 1 mètre de hauteur et
- 2TÔ
- 1 millimètres de diamètre, est fixé verticalement et rempli de mercure (fig. 309). L’extrémité inférieure, terminée en pointe très fine (quelques millièmes de millimètre de diamètre), plonge
- Fig. 309. — Électromètre capillaire de M.. Lippmann.
- dans un vase rempli d’acide sulfurique et contenant au fond une couche de mercure B. On vise la pointe capillaire avec le microscope M, qui grossit 250 fois, et qui est muni d’un micromètre oculaire.
- Si l’on établit entre les deux masses de mercure A et B une certaine différence de potentiel, le niveau doit se déplacer dans la pointe capillaire ; mais, au lieu de mesurer ce déplacement, on ramène le plus souvent le mercure au niveau primitif en exerçant une pression suffisante au haut du tube A. Ce tube communique donc par un tuyau de caoutchouc avec une presse à vis que commande la manivelle V; un petit manomètre à air libre mesure la pression.
- On réunit d’abord ensemble les fils a et P, qui aboutissent aux deux masses de mercure, et l’on établit la pression atmosphérique au-dessus de A ; le mercure prend un niveau fixe dans la pointe, et l’on déplace le microscope jusqu’à ce qu’il vise exactement ce niveau. Puis on fait communiquer avec a et pies deux corps dont on veutmesurer la différence de poten-
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- ÉLECTROMOTEUR.
- tiel, celui qui a le potentiel le plus élevé étant relié avec p; le niveau s’élève, et l’on tourne la vis V jusqu’à ce qu’il ait repris exactement sa première valeur. 11 ne reste plus qu’à lire au manomètre la valeur de la pression ; une graduation préalable fait connaître la différence de potentiel.
- Cet appareil est extrêmement commode pour les mesures de force électromotrice par réduction à zéro.
- Graduation de Vélectromètre capillaire. — Pour se servir d’un électromètre capillaire, il faut d’abord construire une table ou une courbe qui donne les forces électromotrices en fonction de la pression. On fait un circuit comprenant une pile Daniell de résistance p, une résistance fixe R très considérable et une résistance variable r. On attache les fils a et P aux deux extrémités du fil r, a étant fixé au point le plus près du pôle négatif, et l’on mesure la pression correspondant à la différence de potentiel entre ces deux points. Il est facile de calculer cette différence e. Supposons la forme électromotrice de la pile égale à 1. On a
- et
- I
- 1
- R + r+p
- Donc
- e = I»\
- r
- R + r -f- p
- En faisant varier r, on donne à e des valeurs différentes, et l’on mesure les pressions correspondantes. M. Lippmann a trouvé ainsi les nombres suivants :
- en fraction Pression en e en fraction Pression en
- le Daniell. mm. de mercure. de Daniell. mm, de mercure.
- 0,016 15 0,500 288
- 0,024 21,5 0,588 314
- 0,040 40 0,833 356,5
- 0,109 89 0,900 358,5
- 0,140 111 1,000 353
- 0,170 131 1,261 301
- 0,197 148 1,333 279
- 0,269 188,5 1,444 239
- 0,364 235 1,833 110
- 0,450 270,5 2,000 94
- Ce tableau s’applique à tous les instruments ayant une colonne de mercure de 750 milli-
- \
- mètres, et montés à l’eau acidulée au - en vo-
- 6
- lume. Il donne e en Daniells ; pour l’exprimer en volts, il suffit de multiplier par la force électromotrice exacte du Daniell. Sous la pression
- atmosphérique, le mercure se déplace d’uae
- 1
- division du micromètre pour Daniel!.
- Èlectromètre capillaire de M. Debrun. — brun a construit un électromètre capillaire dans lequel le microscope est supprimé : on peut augmenter ou diminuer la sensibilité en inclinant plus ou moins le tube capillaire. Cette sensibilité 1
- peut atteindre volt. Les tubes C et D (fig. 310)
- Fig. 310. — Èlectromètre capillaire de M. Debrun.
- ont environ 7 millimètres de diamètre et le tube capillaire 1 millimètre. Le fil p doit être relié au corps de potentiel le plus élevé. Le tube AB est muni d’une graduation en millimètres ; il a environ 0,1 mètre de longueur. L’appareil est placé sur un support articulé qui permet de faire varier l’inclinaison de AB.
- ÉLECTROMOTEUR. — Syn. de moteur électrique.
- Électromoteur capillaire. — M. Lippmann a signalé un exemple intéressant de courant en-
- Fig. 311. — Électromoteur capillaire de M. LipPm
- Tin
- tretenu par l’action de la pesanteur, u üj noir effilé contient du mercure A (fî§*
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- ÉLECTROMOTOGRAPHE. — ÉLECTRO-PHYSIOLOGIE. 277
- ouïe dans un vase contenant de l’eau acidulée et une couche de mercure B. Si l’on attache les fils a et P aux bornes d’un galvanomètre, on voit que l'appareil est traversé par un courant allant de A en B à travers l’eau acidulée. Quand 0n ouvre le circuit, s’il n’y a pas trop de mercure en A, le liquide s’arrête dans la pointe, où dest soutenu par un effet de capillarité ; a est alors négatif, et (J positif.
- M. Debrun a construit un appareil analogue, dans lequel le mercure passe de A en B dans un tube capillaire conique, en formant un chapelet de globules séparés par de l’eau acidulée.
- ÉLECTROMOTOGRAPHE. — Petit instrument imaginé par Édison pour renforcer les sons du
- téléphone.
- Si l’on place une feuille de papier un peu rugueuse, imbibée de potasse, sur une plaque de métal platinée, reliée au pôle positif d’une pile, et qu’on fasse glisser à sa surface une lame de platine ou mieux de plomb, reliée au pôle négatif, le passage du courant produit un certain lissage du papier, qui diminue beaucoup le frottement.
- Supposons maintenant la feuille de papier enroulée sur un cylindre horizontal tournant, et la lame métallique portée par un ressort qui fait équilibre au frottement quand le courant ne passe pas ; la lame reste alors immobile. Si l’on fait passer le courant, le frottement diminue, et la lame, obéissant au ressort, se déplace en sens contraire de la rotation. Quand on interrompt, elle revient à sa position première. Si la tige est reliée à une membrane de
- mica montée sur une caisse de résonnance, et que le tout soit placé dans le circuit d’un téléphone à pile, les sons du téléphone seront reproduits par les vibrations de la membrane. Ou a donc un récepteur téléphonique très sen-S1hle, sans organe magnétique.
- Le cyanoferrure de potassium et la plupart ^es alcalis donnent le même résultat. Avec acide pyrogallique et l’azotate de soude il mut intervertir les pôles.
- ELECTROMOTRICE (Force). — Voy.' Force Electromotrice.
- ceUeECTR?"MUSCÜLAIRE' ~ 0n aPPli(Iue ^ epithète aux phénomènes de sensibilité et
- contractilité produits par les courants dans les muscles.
- portLeECTRo-NÉGATIF (Corps). — Corps qui se éiec, Eju P^e positif dans une décomposition le s ° ^que 5 on lui donne ce nom parce qu’on ÉLPr'p6 négativement.
- RO-OPTIQUE. — Qui se rapporte aux
- relations entre la lumière et l’électricité. (Voy. Pouvoir électro-optique.)
- ÉLECTROPHONE. — Nom donné à quelques récepteurs microphoniques. L’un est dû à M. Maiche (Voy. Microphone). L’électrophone d’Ader est muni d’électro-aimants, et s’associe avec un transmetteur à charbon très simple. Les sons s’entendent à o ou 6 mètres, mais le réglage est très délicat et l’appareil craint la chaleur et l’humidité.
- ÉLECTROPHORE. — L’électrophore, imaginé par Volta, est formé d’un disque de résine H, maintenu par un moule en bois A, et d’un plateau métallique P muni d’un manche isolant (fig. 312). Pour s’en servir, on charge négative-
- Fig. 312. — Électrophore.
- ment la résine H en la frappant vivement avec une peau de chat, et on la recouvre du plateau métallique, qu’on touche avec le doigt. Ce plateau s’électrise positivement par influence et, si on le soulève par le manche isolant, après avoir enlevé le doigt, la charge positive se distribue régulièrement sur toute sa surface; on peut alors en tirer une étincelle. En posant de nouveau le disque P sur la résine et recommençant la même série d’opérations, on obtient chaque fois une nouvelle étincelle. Le plateau H étant isolant, l’électricité pénètre dans son intérieur, de sorte que sa charge persiste longtemps, et qu’on peut tirer du plateau P un grand nombre d’étincelles.
- Il faut remarquer que, dans cet appareil, la charge de H restant constante, la production d’électricité sur P est due à l’énergie dépensée par l’opérateur pour manœuvrer ce plateau. Le travail nécessaire est plus grand que s’il était à l’état neutre, à cause de l’attraction mutuelle des deux charges électriques.
- L’électrophore est le type des duplicateurs et des machines électrostatiques fondées sur l’influence.
- ÉLECTRO-PHYSIOLOGIE. — L’électro-phy-
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- ÉLECTRO-PHYSIOLOGIE.
- siologie comprend les effets de l’électricité sur j les nerfs et les muscles, et la production d’élec- ; tri cité chez les êtres vivants. I
- Effets de l'électricité sur les muscles et les nerfs. ; — La première expérience d’électro-physiologie j est l’expérience classique de Galvani. Le cou- ; rant agit d’une manière différente sur les nerfs moteurs, les nerfs sensitifs et les nerfs mixtes. Sur les nerfs moteurs, on n’observe aucune action pendant le passage du courant, mais seulement des contractions à l’ouverture et à la fermeture. Les courants interrompus et les courants induits donnent également des contractions dues aux interruptions ou aux variations brusques du potentiel.
- Les nerfs sensitifs donnent à la fois douleur et mouvement, le dernier phénomène provenant d’un réflexe. L’action sur la sensibilité augmente avec la chute de potentiel et avec la fréquence des interruptions, tandis que les contractions réflexes s’obtiennent plus facilement avec des courants de quantité. L’action sur les nerfs mixtes participe des deux actions précédentes.
- L’effet sur les muscles consiste également en contractions à l’ouverture et à la fermeture.
- Il peut se produire pendant le passage un certain raccourcissement des muscles. Avec des interruptions rapides ou des courants induits, il peut se produire la tétanisation du muscle.
- Les effets de l’électricité sur les hommes et les animaux se rapprochent de ceux que nous venons d’indiquer; nous allons les décrire rapidement.
- Effets de Vélectricité statique sur l'homme et les animaux. — Les personnes placées dans le voisinage d’une machine électrique en train de fonctionner sont soumises à des phénomènes d’influence, et amenées par suite à un potentiel élevé. Elles éprouvent alors une impression particulière,^souvent désagréable, accompagnée de hérissement des cheveux et d’une sensation de toile d’araignée sur les points où la peau est nue. Ces phénomènes s’exagèrent si la personne est placée sur le tabouret isolant et en communication directe avec la machine. On remarque souvent aussi une excitation de la circulation dans les parties périphériques et une sensation de chaleur aux extrémités.
- Si l’on approche de la personne électrisée une pointe communiquant avec le sol, il se produit sur les parties voisines, de cette pointe une sensation de vent due, comme celle dite de toile d’araignée, au déplacement de l’air électrisé. Enfin, si Ton tire des étincelles du sujet élec-
- trisé, on observe des contractions musculaires plus ou moins énergiques. Ces effets paraissent dépendre de l’énergie mise enjeu.
- La foudre produit des effets analogues à ceux des batteries électriques, mais beaucoup plUs puissants. L’électricité atmosphérique, même sans qu’il y ait chute de foudre, paraît avoir aussi une influence marquée sur l’organisme.
- Effets des courants. — Des phénomènes particuliers se manifestent au moment de la fermeture et de la rupture du circuit : le sujet éprouve alors des secousses et des douleurs quelquefois assez vives. Une série d’interruptions très rapides peut même amener des phénomènes tétaniques. Ces effets sont dus à la brusque variation de potentiel qui se produit, et paraissent augmenter plus que proportionnellement à l’intensité du courant : ils dépendent donc probablement de l’énergie.
- Les courants d’induction, n’ayant qu’une durée très courte, agissent aussi en provoquant des contractions musculaires et des chocs nerveux sensibles. En augmentant la grosseur du fil induit, on augmente la quantité d’électricité et l’on accroît, les contractions sans accroître l’action sensible. Au contraire les bobines à fd fin augmentent la force électromotrice et l’impression sur la sensibilité.
- Pour étudier l’action des courants continus, il importe d’avoir une intensité bien constante, et par conséquent de laisser les électrodes bien fixes, car, en les déplaçant, on changerait la résistance des parties intercalées, et l’on produirait des effets analogues à ceux que donnent des variations de potentiel. Les courants continus occasionnent dans les tissus qu’ils traversent des décompositions chimiques sur tout leur parcours, mais les résultats n’apparaissent qu’aux deux pôles sous forme d’acides au pèle positif et d’alcalis au négatif, la théorie de Grot' thus s’appliquant parfaitement à ce cas. C’est a ces actions chimiques qu’il faut attribuer G sensation particulière de cuisson plus ou moins forte qu’on ressent au contact des électrodes, et qui se transforme en une véritable brûlure si le courant atteint une certaine intensité.
- Il faut remarquer aussi que l’action chinn<ïue ne se limite pas à la partie directement inter calée entre les électrodes, mais que des cou rants dérivés s’établissent dans toutes les P^ ties voisines et y produisent les mêmes et •
- Si l’on fait agir un courant sur un nerf paré, on provoque des contractions daIlS muscle correspondant au moment de la ture et de la rupture du circuit. On Pe
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- ÉLECTRO-POLAIRE.
- ÉLECTROSCOPE.
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- vérifier sur une grenouille préparée comme pour l’expérience de Galvani. L’action du courant continu doit.-consister encore en une décomposition chimique.
- Production d'électricité chez les êtres vivants. — On ne sait presque rien sur la production d’électricité par les êtres vivants ; leurs organes paraissent être le siège de phénomènes électriques, qui sont sans doute une conséquence de leur fonctionnement. Ainsi, sur un muscle coupé, on observe un courant dirigé, dans le circuit extérieur, de la surface intacte à la partie coupée. Il en est de même pour un nerf. Nous n’insisterons pas sur ces phénomènes, encore assez mal connus.
- ÉLECTRO-POLAIRE. — Propriété d’un conducteur qui a un pôle positif et un pôle négatif.
- ÉLECTRO-POSITIF (Corps). — Corps qui se porte au pôle négatif dans une décomposition électrolytique. On leur donne ce nom parce qu’on suppose qu’ils s’électrisent négativement.
- ÉLECTROPSEUDOLYSE. — Nom donné par M. Tommasi à l’électrolyse lorsqu’elle sépare les « seuls produits de la dissociation » de l’électro-lyse. Ainsi, en électrolysantle chlorure d’ammonium avec un courant faible, on ne le décompose pas complètement : on observe seulement un transport sensible d’ammoniaque au pôle négatif et d’acide chlorhydrique au pôle positif.
- ÉLECTROPUNCTURE. — Cautérisation produite par l’action chimique d’un courant. (Yoy. Galvanocaustique chimique.)
- ÉLECTROSCOPE. — Instrument servant à reconnaître la présence et le signe d’une certaine quantité d’électricité.
- L’un des plus anciens électroscopes est le pendule électrique (fig. 313). Il se compose ordi-
- Fig. 313. — Pendule électrique.
- jurement d’une balle de sureau portée par un fie soie et un support isolant. Lorsqu’on en ^Pproehe un corps électrisé, la balle de sureau yc*ise Par influence et est attirée, il f1 ^0I! VeUt connaître nature de la charge, aut fi abord électriser la boule en lui faisant
- toucher un corps chargé d’une électricité connue. Laboule estd’abord attirée, puis repoussée. On approche alors le corps de signe inconnu ; s’il repousse la boule, son électricité est de même nom que celle du bâton qui a servi à charger; s’il l’attire, son électricité est de signe contraire.
- On se sert souvent aussi d’aiguilles mobiles sur un pivot vertical comme une aiguille aimantée. Si l’aiguille est isolée, on peut la charger et s’en servir comme nous l’avons fait du pendule.
- Ëlectroscope à feuilles d’or. — Le pendule électrique a subi bien des changements avant d’arriver à la forme actuelle, imaginée par Bennet, et qui est Y ëlectroscope à feuilles d’or. Cet instrument est formé de deux feuilles d’or très minces suspendues parallèlement à la base d’une tige de cuivre^ terminée par une boule à la partie supérieure. Une garniture isolante entoure la tige, et une cage de verre, dont le haut est verni à la gomme laque, protège les feuilles contre les courants d’air et l’humidité (fig. 314).
- Fig. 314. —Ëlectroscope à feuilles d’or.
- La cloche repose sur un plateau métallique qui communique avec le sol et porte deux petites boules de laiton en face des deux feuilles.
- Pour reconnaître si un corps est électrisé, on l’approche de la boule ; il agit par influence sur l’appareil, et les feuilles, chargées toutes deux de la même électricité que lui, se repoussent et divergent. Si l’on veut déterminer le signe de la charge, on commence par électriser l’instrument par influence ; en approchant par exemple un bâton de résine chargé négativement, la boule devient positive et les feuilles négatives. On touche la boule avec le doigt, la charge négative disparaît et les feuilles retombent; on enlève le doigt, puis le bâton de résine : l’électroscope reste chargé positivement et les feuilles divergent. Si l’on approche alors un corps positif, il agit par influence de manière à augmenter la charge positive des feuilles d’or, qui divergént davantage : si l’on pré-:
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- ÉLECTROSCOPE.
- sente au contraire à l’instrument un corps chargé négativement, il attire l’électricité vers la boule et les feuilles se rapprochent. Si le corps est très chargé, il peut même arriver que ces feuilles, après s’être rapprochées jusqu’au contact, divergent de nouveau. C’est que l’influence augmente à mesure que le corps s’approche, et, tandis que la charge positive de la boule continue à s’accroître, les feuilles redeviennent neutres, puis négatives. Enfin, si l’on approchait de l’électroscope un corps neutre communiquant avec le sol, il se chargerait par influence d’électricité contraire et réagirait à son tour sur l’instrument : il produirait donc un léger rapprochement des feuilles d’or, mais
- qui n’irait pas jusqu’au contact. Les petites boules intérieures servent à décharger lesfeufl. les quand elles divergent trop et à les empêcher de se coller à la cage ; au contraire, si la déviation est trop faible, elles tendent à l’au». menter en agissant sur elles par influence.
- Pour l’étude de l’électricité atmosphérique on employait autrefois un électroscope à feuilles d’or dont la boule était remplacée par une tige pointue. La déviation mesurait le potentiel au sommet de la pointe. On se sert aujourd’hui d’électromètres enregistreurs.
- Electroscope de Bohnenberger. — Cet instrument indique, par une seule lecture, la présence d’une charge électrique et son signe. Il diffère
- c
- GUERRE UNGEO.S
- Fig. 315. — Electroscope de Bohnenberger.
- Fig. 316. — Électroscope condensateur.
- du précédent en ce qu’il n’a qu’une seule feuille d’or. Cette feuille est suspendue à égale distance entre deux plateaux métalliques pp' portés à des potentiels égaux et contraires, car ils sont reliés aux deux pôles d’une pile sèche P, dont le milieu est au sol (fig. 315).
- Si l’on approche un corps positif, le plateau C se charge négativement par influence et la feuille d’or positivement; elle est donc attirée par le pôle négatif et repoussée par l’autre. La plaque E indique le signe de la charge, sans qu’on ait besoin de connaître la nature des pôles BBC Les tiges bb' permettent de déplacer les plateaux pp' pour régler la sensibilité. Un œilleton se place en avant de la cage de verre pour observer la feuille d’or.
- Électroscope condensateur. — Cet instrument, imaginé par Volta, est un électroscope à feuilles d’or (fig. 316) dont la boule a été remplacée par un condensateur, formé de deux plateaux, vernis à la gomme laque sur les faces en contact. Cette couche de vernis forme la lame isolante du condensateur. Cet instrument doit être employé lorsqu’il s’agit, non pas d un corps électrisé, mais d’une source d'électricite trop faible pour dévier les feuilles d’or de 1e' lectroscope ordinaire.
- On fait communiquer le plateau inférieur avec la source, l’autre avec le sol. On supprlIIie la seconde communication, puis la première, et l’on soulève le plateau supérieur par son manche isolant. La charge du plateau inférieur
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- ÉLECTEOSCOPIE. — ÉLECTRO-TRIEUSE.
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- se répand dans les feuilles, qui divergent. L’emploi d’un condensateur a évidemment pour effet d’augmenter la charge du plateau inférieur dans le rapport de la force condensante.
- ÉLECTROSCOPIE. — Détermination de la nature de la charge d’un corps par l’électroscope.
- ÉLECTRO-SÉMAPHORE — Appareil électrique servant à l’application du block-stjstem (Yoy. ce mot) sur les lignes de chemins de fer.
- ÉLECTRO-SÉMAPHORIQUE. — Se dit de signaux électriques servant à communiquer âvec les navires en mer.
- ÉLECTROSTATIQUE. — Syn. d’ÉLECTRICITÉ statique. || Adj. Qui se rapporte à l’électricité statique.
- ELECTRO-SUBSTRACTEUR. — Instrument destiné à empêcher la formation de la grêle.
- ÉLECTRO-TÉLÉGRAPHIQUE. — Qui concerne la télégraphie électrique.
- ÉLECTRO-THÉRAPEUTIQUE. — Syn. de ÉLECTROTHÉRAPIE. j| Adj. Qui concerne l’électro-thérapie.
- electrothérapie. — Application de ré-
- tricité à la thérapeutique. L’électricité peut venir en aide à la médecine et à la chirurgie, elle peut également servir au diagnostic. Ses applications chirurgicales sont décrites au mot Galvanocaüstique ; les appareils destinés au diagnostic sont à leur ordre alphabétique. Nous nous bornerons à donner ici quelques indications sur l’électrothérapie générale, renvoyant aux traités spéciaux pour ce qui est relatif à l’électrothérapie particulière.
- La médecine utilise les machines électrostatiques et les piles; mais, si toutes ces sources fournissent le même agent, elles offrent cha-
- cune des avantages spéciaux qui les font préférer dans certains cas. Nous avons indiqué au root Electrophysiologie les effets de ces diverses sources.
- L électricité statique se prête à une application à tout l’individu. Elle est donc surtout employée comme une sorte de bain, pour obtenir j*ne a°tion générale :1e malade est placé sur un a ouret isolant et relié à la machine par un conducteur, de sorte qu’il est amené au même Potentiel que cette machine; l’électricité s’é-c°nle lentement par l’air et par le support. On cePendant localiser l’action de l’électricité ique, et produire au point voulu un écoule-ent d électricité plus ou moins abondant, en m^ant de ce point des excitateurs de for-/y Variées, mis en communication avec le sol Echine et Excitateur).
- Les
- courants se prêtent au contraire à uni
- action localisée. Les courants continus agissent surtout par leurs effets chimiques, et déterminent un processus profond, qui paraît favorable à la nutrition générale. L’action prolongée peut cautériser et même brûler les points mis en contact avec les électrodes (Voy. Galvano-caustique). La forme des excitateurs doit varier suivant l’effet qu’on veut obtenir (Voy. Excitateur) .
- Enfin l’action des courants interrompus et des courants induits est due surtout aux variations brusques de potentiel qui accompagnent l’ouverture et la fermeture du circuit. Leur emploi convient donc pour provoquer des contractions. Le lecteur trouvera aux mots Bobine et Machine la description des appareils d’induction médicaux, et au mot Interrupteur celle des instruments qui servent à produire des interruptions avec les piles. Lorsqu’on veut, à l’aide des courants induits, agir par révulsion et excitation de la sensibilité, on doit employer des courants de haute tension, c’est-à-dire faire usage d’une bobine à fil long et fin. Si l’on veut seulement obtenir des contractions, sans provoquer des douleurs, on emploiera des bobines à tîl long et plus gros, donnant par conséquent des courants de tension beaucoup moins forte. (Voy. Faradisation, Franklinisation, Galvanisation.)
- ÉLECTROTONUS ou état électrotonique. — Nom donné par Du Bois-Reymond à l’état électrique d’un nerf parcouru dans une partie de sa longueur par un courant constant. La partie qui se trouve près du pôle négatif devient plus irritable, tandis que la partie voisine du pôle positif devient moins irritable. C’est ce dernier état qu’on a appelé état ané-lectrotonique ou anéleclrotonus.
- ÉLECTRO-TRIEUSE. — Les aimants peuvent servir à séparer les poussières magnétiques mélangées avec d’autres substances ; on peut ainsi enlever facilement le fer mélangé au cuivre, dont il diminue la valeur, dans les déchets des ateliers, ou séparer les minerais de ces deux métaux. On peut de même enlever le fer dans tous les mélanges où sa présence est nuisible, par exemple dans la pâte à porcelaine, où il produirait des taches.
- Les trieuses magnétiques (Voy. ce mot) font usage d’aimants permanents, tandis que les électro-trieuses sont munies d’électro-aimants.
- Dans l’appareil de M. Chenot, les électro-aimants tournent autour d’un axe; ils reçoivent le courant et attirent le fer pendant la moitié de la rotation ; pendant le reste du mouvement, ils sont inactifs, et laissent tomber les pous-
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- 282
- ÉLECTROTYPE. — ÉLECTRO-YITAL.
- sières dont ils sont chargés dans un récipient spécial.
- Dans les appareils de M. Vavin et de M. Siemens, les électro-aimants sont actifs pendant toute la rotation, mais, après s’être chargés de matières magnétiques, ils rencontrent des brosses tournant en sens inverse, qui détachent ces matières et les font tomber dans le récipient destiné à les recevoir.
- Le séparateur magnétique d’Edison rentre, malgré son nom, dans les électro-trieuses. Le mélange de poussières, placé dans une trieuse, s’écoule par une fente en une mince lame verticale qui passe devant les pôles de forts électro-aimants. Les particules magnétiques sont seulement déviées de leur direction par l’influence des aimants et forment une seconde nappe à côté de la première, de sorte que les deux sortes de poussières sont reçues dans des récipients différents.
- Pour l’épuration de la pâte à porcelaine, on fait usage d’un fort électro-aimant, dont les pôles sont en regard, comme ceux de l’appareil pour le diamagnétisme. La pâte, très liquide, passe dans une boîte étanche qui entoure ces deux pôles, et sort à la partie inférieure. Les poussières magnétiques adhèrent aux électroaimants.
- ÉLECTROTYPE. — Moulage galvanoplaslique produisant une composition ou une gravure typographique. Le même nom a été donné improprement à un appareil galvanoplas-tique.
- ÉLECTROTYPIE. — Application de la galvanoplastie à la reproduction des gravures.
- Les planches gravées sur cuivre ou sur acier, et surtout sur bois, ne peuvent servir qu’à un tirage limité, car elles s’écrasent peu à peu sous la presse. Aussi a-t-on coutume aujourd’hui de remplacer la planche elle-même par un certain nombre de reproductions galvaniques ; ces copies sont identiques à l’original, et, comme on peut en obtenir un nombre quelconque, le tirage est à peu près illimité.
- Pour le clichage des bois, on fait d’abord un moule, de préférence en gutta-percha, par pression. Onle métallisé comme pour la galvanoplastie, et on le suspend dans un bain de sulfate de cuivre, bien parallèlement à l’anode soluble et à environ 1 centimètre de celle-ci. A.u bout de quelques heures, le dépôt a une épaisseur suffisante; on l’enlève, on le nettoie (étamage) à l’esprit de sel, puis on le renforce en coulant par derrière une couche de 4 à 10 millimètres d’épaisseur formée d’un alliage fusible de
- Plomb................... 91 parties.
- Antimoine................ 5 —
- Étain.................... 4 —
- On opère de même pour les planches de cuivre et d’acier, sauf que le moule, au lieu d’être en gutta, s’obtient aussi par la galvanoplastie Dans ce cas, il faut laisser le dépôt s’épaissir beaucoup plus ; l’action du courant doit être quelquefois prolongée pendant plus de quinze iours.
- Ce procédé de clichage est appliqué notamment aux billets de banque, aux timbres-poste et à l’illustration des livres. La plupart des figures de cet ouvrage ont été tirées avec des clichés galvaniques. Dans certains cas, on augmente la résistance des clichés par l'aciérage ( Voy. ce mol). MM. Christofle et Cie déposent d’abord dans le moule en gutta une légère couche de nickel, et par-dessus un dépôt de cuivre. La planche est ensuite renforcée et clouée sur bois.
- La galvanoplastie peut servir également à graver en creux ou en relief. Pour graver en creux, on suspend la planche de cuivre, recouverte de vernis (4 parties d’asphalte, 4 de cire et 2 de poix noire) sur tous les points qui ne doivent pas être attaqués, au pôle positif, de sorte qu’elle serve d’électrode soluble. Pour graver en relief, il suffit de la placer au contraire à l’électrode négative.
- Un procédé analogue permet de faire des corrections sur les planches gravées. On enlève au grattoir les parties à corriger, on couvre le reste de vernis, et l’on suspend au pôle négatif. Le dépôt obtenu est plané avec soin, et, sur les parties ainsi refaites, on grave de nouveau.
- Enfin l’électrotypie sert au clichage des livres. Cette opération s’applique aux ouvrages dont le texte ne doit pas être modifié aux éditions successives. Souvent on fait un moulage en plâtre des planches destinées au tirage de la première édition, et l’on coule dans ce moule un alliage métallique. Ces clichés servent au tirage des éditions suivantes : on évite ainsi soit d’immobiliser pendant longtemps un grand nombre de caractères ordinaires, soit de faire comp°( ser l’ouvrage à chaque édition. Ce procède laisse à désirer sous le rapport de la netteté. H est préférable de faire un moule en gutta al d’y déposer un cliché galvanique, ce qui n’est pas beaucoup plus coûteux.
- ÉLECTROTYPIQUE. — Qui concerne l’élee-trotypie.
- ÉLECTRO-VITAL. — S’applique aux phéno-
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- ÉLECTRO-VITALISME. — ÉNERGIE.
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- mènes électriques qui accompagnent les phénomènes vitaux.
- ÉLECTRO-VITALISME. — Système qui attribue à l’électricité les phénomènes de la vie animale.
- ÉLÉMENT DE PILE. — Une pile est composée généralement d’un certain nombre de parties identiques, contenues chacune dans un vase distinct, et qu’on peut associer entre elles de différentes manières. Ces parties se nomment couples ou éléments (Voy. Pile).
- ÉMAILLAGE ÉLECTRIQUE. — On recouvre l’objet d’une couche conductrice d’azotate d’argent ou de chlorure de platine; après une première cuisson, on le décore à l’aide d’émail; on cuit de nouveau, et l’on couvre d’un dépôt galvanique qui s’attache seulement aux parties non recouvertes d’émail. Cette dénomination est impropre, le dépôt d’émail n’étant pas dû à l’électricité.
- EMBROCHAGE. — Syn. de montage en série
- OU EN TENSION.
- ENCARTEUSE ÉLECTRIQUE. — Appareil servant à fixer les boutons de bottines sur des cartons pour les livrer au commerce.
- Les boutons sont jetés sur un plan incliné en forme d’éventail, muni de rainures qui vont en se rétrécissant jusqu’à la partie inférieure où elles n’ont plus que la largeur d’un bouton. Arrivés en cet endroit, les boutons sont retenus par un petit grillage. D’un autre côté, les cartons sont fixés par des crochets sur deux fils de cuivre passant sur des poulies comme des courroies sans fin. A des intervalles réguliers, une rotation des poulies fait avancer les cartons de la quantité nécessaire ; le grillage s’ouvre un instant et chaque rainure laisse tomber un bouton. Mais au-dessous du carton se trouve un électro-aimant, animé par une dynamo et dont le pôle supérieur présente la forme d’un peigne, chaque dent se trouvant au-dessous de l’une des rainures. La queue en fer de chaque bouton, attirée par la dent correspondante de l’électro, se place vers le bas, et une traverse métallique, commandée par un excentrique, venant à ce moment appuyer sur toutes les têtes, les queues des boutons traversent le carton et y restent fixées. Le courant est alors interrompu et les cartons avancent P°ur recevoir une nouvelle rangée de boutons.
- ENCLENCHEMENT électrique. — Disposition mécanique commandée par l’électricité
- ayant pour but de rendre solidaires différents ."pareils fieu doivent fonctionner dans un or-
- re déterminé ; tels sont les disques et aiguil-
- les d’un croisement ou d’une bifurcation. On munit alors ces appareils de verrous ou de serrures électriques. (Voy. Block-system, Disque, etc.)
- ENDOSMOSE ÉLECTRIQUE. — Transport d’un liquide à travers une cloison poreuse sous l’action et dans le sens d’un courant.
- ÉNERGIE. — L’énergie est la propriété que possède un corps de pouvoir produire du travail. Une pierre qui tombe, un boulet lancé par un canon, l’eau d’un fleuve, possèdent de l’énergie, car la pierre en tombant, le boulet en frappant un obstacle, l’eau en faisant tourner un moulin, peuvent produire un certain travail. Dans les exemples précédents, l’énergie est parfaitement apparente ; on la nomme énergie actuelle. L’énergie actuelle d’un corps est égale à sa force vive. Mais il peut se présenter un autre cas : un poids suspendu à une certaine hauteur possède de l’énergie, car, si l’on vient à couper la corde qui le retient, il pourra en tombant effectuer un travail. Il en est de même d’un ressort tendu, qui. se met en mouvement dès qu’on l’abandonne à lui-même, ou de la poudre à canon, qui peut, si on l’allume, lancer un projectile. L’énergie de ces corps, qui est en quelque sorte latente ou en réserve, et qui dépend de leur nature, de leur forme ou de leur position, pourra, si l’occasion se présente, se transformer en énergie actuelle : pour la distinguer de celle-ci, on lui donne le nom d'énergie potentielle.
- L’observation attentive des faits montre que l’énergie actuelle et l’énergie potentielle d’un même corps varient toujours en sens inverse l’une de l’autre, de sorte que leur somme reste constante. Ainsi, lorsqu’on lance une pierre en l’air, sa vitesse va en décroissant, et son énergie actuelle diminue ; mais, à mesure qu’elle s’élève, elle peut, en retombant sur le sol, fournir un travail de plus en plus grand : son énergie potentielle va donc en augmentant.
- Il semble quelquefois que l’énergie actuelle et l’énergie potentielle d’un corps diminuent en même temps ; mais, en observant de plus près les phénomènes, on voit toujours apparaître dans ce cas une propriété nouvelle, chaleur, lumière, électricité, qui remplace l’énergie disparue et n’est en quelque sorte qu’une manifestation particulière, une manière d’être nouvelle de cette énergie. Ainsi une même quantité d’énergie peut être remplacée par une quantité fixe de chaleur, qui lui est équivalente. La quantité d’énergie disponible dans l’univers est donc constante ; nous ne pouvons ni en dé-
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- truire une partie ni en créer une nouvelle quantité, mais seulement la transformer. Conservation de la matière, conservation de 1 é-nergie, tels sont les deux grands principes de la science moderne.
- L’énergie se mesure à l’aide de la même unité que le travail, c’est-à-dire Yerg.
- Énergie électrique. — Pour électriser un conducteur isolé ou un condensateur, il faut dépenser un certain travail, qui doit se retrouver tout entier dans le corps électrisé, si l’on n’a pas eu à vaincre d’autres résistances que les forces électriques. Ce conducteur peut en effet, en se déchargeant, fournir, sous diverses formes, une quantité d’énergie représentée par
- M étant la charge du conducteur, Y son potentiel et C sa capacité (Voy. Conducteur, Condensateur, Bouteille, Batterie).
- Ces résultats ont été vérifiés par M. Riess, à l’aide de son thermomètre. L’énergie électrique peut s’exprimer en ergs; on se sert plus souvent de l’unité pratique appelée watt ou volt-ampère.
- Energie d'une source d’électricité. — Si une source a une force électromotrice E et donne un courant d’intensité I, la force électromotrice soulève pour ainsi dire, à chaque seconde, une quantité d’électricité I à la hauteur E, et fournit par suite une quantité d’énergie El ; c’est la puissance mécanique de la pile. En t secondes, l’énergie développée est EIL Les mêmes considérations s’appliquent à une machine électrostatique, I étant son débit et E la différence de potentiel entre ses deux pôles ou entre la machine et le sol.
- L’énergie produite par une source est transportée dans le circuit, où elle peut être dépensée sous forme de chaleur, d’action chimique, de travail mécanique. L’énergie dépensée en une seconde dans un conducteur de résistance p est
- m — pi2 == £I
- e étant la différence de potentiel aux deux extrémités de ce conducteur. Dans le circuit extérieur total, de résistance R, l’énergie dépensée est de même
- w = (p + p' + p” + ....) I2 = RI2.
- Dans la pile, de résistance r, on a de même w' = ri2.
- L’énergie dépensée dans tout le circuit est donc
- W = w + w’ = (R + r) I2 = El.
- Ces lois ont été vérifiées par Joule. ENREGISTREUR ÉLECTRIQUE. —On nomme enregistreurs les appareils qui servent à inscrire d’une manière continue les variations d’un phénomène. Nous n’avons à citer ici que ceux dont les organes sont mus par l’électricité et ceux qui enregistrent les phénomènes électriques. Dans la première série se placent les électro-diapasons et les chronographes (voy. ces mots). Quant aux enregistreurs des phénomènes électriques, nous les indiquons, soit à leur ordre alphabétique, soit à propos des phénomènes dont ils sont chargés de garder la trace. (Voy. Ampèremètre,Électromètre, Fluviographe, etc.) Nous ne placerons ici que ceux qui n’ont pas reçu de noms spéciaux.
- Enregistreur de la charge et de la décharge des accumulateurs. — Nous avons indiqué plus haut (Voy. Ampèremètre) comment on peut disposer un ampèremètre pour obtenir des indications continues. M. de Montaud a fait usage également, pour suivre la charge et la décharge de ses accumulateurs, de la balance enregistrante de MM. Richard frères. Les résultats ont été parfaits, et le diagramme montre exactement tous les crochets que peut produire la variation de marche de la source électrique.
- Les plaques de l’accumulateur (fîg. 317) sont suspendues à l’un des plateaux d’une balance ; une tare estplacée dans l’autre plateau, de sorte que le premier soit exactement au bas de sa course au commencement de l’observation. Les déplacements du fléau sont transmis à un style enregistreur.
- Pendant la charge, l’accumulateur éprouve, par suite de la désulfatation des plaques, une perte de poids, qui est de 373 grammes pour 100 ampères-heure. Quand la charge est complète, le poids devient constant; enfin, pendant la décharge, la réaction inverse fait augmenter le poids de la même quantité. A l’aide du contrepoids fixé sur le fléau, on peut régler la sensibilité pour que l’aiguille s’élève ou s’abaisse exactement d’un millimètre pour une variation de poids de 3,73 gr., c’est-à-dire pour un ampère-heure. Le diagramme ci-dessous correspond à la charge; il montre qu’en continuant à charger pendant 4 heures après avoir obtenu l’horizontalité on n’a produit aucun résultat, mais 1 accumulateur n’a nullement souffert.
- Enregistreurs de la vitesse des trains de
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- Fig. 3i7. — Enregistreur de ta charge des accumulateurs.
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- chemins de fer. — La compagnie P.-L.-M. emploie un enregistreur formé de six électro-aimants, montés sur un bâti vertical, et commandant chacun un style muni d’une plume. Les six plumes, placées sur la même ligne, écrivent à 10 millimètres l’une de l’autre sur une même feuille de papier, qui avance de 5 millimètres par minute. Chacun des électroaimants communique avec une pédale placée sur la voie. Quand un train passe sur la pédale, il ferme un circuit qui contient une pile et l’électro correspondant, et la plume trace un trait. Si l’on connaît la distance des pédales, la
- distance des traits tracés par les six plumes fait connaître la vitesse.
- La compagnie d’Orléans emploie un enregis-reur construit par MM. Richard frères sur les indications de M. Sabouré. Il se compose d’une roue finement dentée faisant un tour en deux minutes et demie, et d’un petit électro-aimant portant un style qui vient s’enclencher sur la roue, lorsque l’électro est traversé par un courant. Tant que le courant passe, le style, entraîné par la roue, trace une ordonnée sur un cylindre enregistreur. Deux pédales sont disposées sur la voie; un système électrique à double
- Fig. 318.— Enregistrement à distance des indications d’un thermomètre (transmetteur et récepteur).
- électro-aimant ferme le circuit dès qu’un train passe sur la première pédale, et le rompt quand le train rencontre la seconde. La longueur de l’ordonnée fait connaître le temps employé par le train pour passer d’une pédale à l’autre.
- Enregistreurs météorologiques. — MM. Richard frères ont imaginé plusieurs dispositions qui permettent de transmettre électriquement, à une distance quelconque, les indications d’un thermomètre, baromètre, etc. L’appareil transmetteur est alors disposé de façon à mener une aiguille indicatrice communiquant avec une pile et sur laquelle est placé à cheval un cavalier métallique dont les deux branches sont isolées l’une de l’autre (fig. 318). Le récepteur comprend
- deux électro-aimants reliés à ces deux branches et qui commandent chacun un rouage d’horlogerie : les électros agissent ainsi sur l’une des roues d’un engrenage différentiel dont le pignon commande le style enregistreur.
- Lorsque l’aiguille, en se déplaçant, touche une des branches du cavalier, elle lance un courant dans l’électro correspondant; celui-ci déclenche le rouage qu’il commande, et le style se déplace d’une division. En même temps, ce rouage fait plonger un doigt métallique dans un godet de mercure et ferme un circuit contenant une autre pile. Ce courant retourne au transmetteur et agit sur un électro qui déplace le cavalier et remet ses deux branches à égale distance
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- ENTRÉE DES POSTES. — ÉQUIPOTENTIEL.
- je l’aiguille. Deux électro-aimants servent à cet usage; ils communiquent chacun avec l’un des rouages du récepteur.
- Six fils sont nécessaires pour relier les deux appareils. Quand la distance est grande, on modifie la construction des instruments pour n’employer qu’un ou deux fils.
- A l’Exposition de 1889, les instruments placés sur la tour Eiffel étaient reliés par une disposition de ce genre aux récepteurs placés dans le palais des Arts libéraux; ils sont reliés maintenant au Bureau central météorologique.
- ENTRÉE DES POSTES. — Disposition des fils télégraphiques ou téléphoniques à l’entrée d’un bureau.
- ENTREFER. — Partie comprise entre les faces intérieures des inducteurs et les faces extérieures du noyau de fer de l’induit. Si celui-ci n’a pas de noyau, l’entrefer est la partie comprise entre les faces intérieures des inducteurs.
- ÉPAISSEUR ÉLECTRIQUE. — Syn. de Densité électrique. Ces deux expressions viennent de ce que l’on comparait autrefois la charge électrique d’un corps à une couche de fluide ayant soit une épaisseur constante et une densité variable, soit une épaisseur variable et une densité uniforme.
- ÉQUATEURMAGNÉTIQUE.
- — Ligne passant par tous les points de la terre où Tincli-naison est nulle.
- ÉQUATORIALE (Ligne). —
- Droite perpendiculaire à la ligne des pôles d’un aimant.
- ÉQUILIBRE ÉLECTRIQUE.
- — Un ou plusieurs conducteurs, isolés ou non, sont, en équilibre, lorsque la force électrique est nulle en un point quelconque de chacun d'eux.
- L électricité que possède chaque conducteur exerce alors en chaque point de son étendue une action égale et contraire à celle des masses extérieures.
- Si 1 on met en communi-cation plusieurs conducteurs ri ia somme des masses reste inva-
- e- Si G,G',G" sont les capacités de ces con-pgC ears’ V”, leurs potentiels, ils prennent, par*11 un potentiel commun donné
- (c T C1 + C" -f- ....) x _ CV + C:V' + C'Y' -+-....
- ÉQUIPAGE GALVANIQUE. — Disposition de courant mobile imaginée par de la Rive pour l’étude de l’électrodynamique. Les extrémités du fil s’attachaient à deux lames zinc-cuivre fixées dans un bouchon, et l’on plaçait le tout sur une cuve pleine d’eau acidulée. Dans
- Fig. 319. — Équipage galvanique.
- les modèles actuels (flg. 319) le cuivre est remplacé par une lame de charbon, et le bouchon ferme un vase de verre, lesté par un peu de mercure, qu’on remplit d’une solution acidulée de bichromate de potasse. L’appareil entier est alors posé sur l’eau.
- ÉQUIPOTENTIEL. — Se dit des surfaces,
- lignes ou points pour lesquels le potentiel est le même. Les surfaces équipotentielles sont aussi appelées surfaces de niveau. Elles sont toujours perpendiculaires aux lignes de force. Deux surfaces équipotentielles ne peuvent se couper; mais une même surface peut se cou-
- Fig. 320. — Appareil de M. W. G. Adams.
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- ÉQUIPOTENTIEL.
- per elle-même et donner lieu à des points et lignes d’équilibre. La surface d’un conducteur en équilibre est une surface équipotentielle.
- Toute ligne tracée sur une surface équipo. tentielle est une ligne équipotentielle.
- M. Guébhard a déterminé les lignes équi.
- potentielles au moyen des anneaux mobiles. M. W. G. Adams a tracé les lignes équipoten-
- tielles sur des conducteurs traversés courant, en s’appuyant sur ce fait que,
- par un si l’on
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- ËQUIPOTÊNTIEL. 289
- relie les deux bornes d’un galvanomètre à deux tielle, l’aiguille ne dévie pas, quelle que soit points pris sur une même surface équipoten- l’intensité du courant.
- Fig. 322. — Ligues équipotentielles.
- a_figure 320 représente la disposition em-rebé^6 ®a^vanomè*'re de Thomson était a une pointe qui établissait un contact
- biCTIOXNAIRE D’ÉLECTRICITÉ.
- fixe avec une feuille d’étain et avec un petit tube qu’on promenait à la surface de la feuille. Quand le galvanomètre restait immobile, on
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- marquait la position de l’électrode mobile en appuyant sur une aiguille retenue par un ressort dans l’intérieur de cette électrode.
- Les figures 321 et 322 montrent quelques-uns des résultats. Sur une feuille d’étain de 31 cm. de côté, les pôles de la pile étant en AB à 12,6 cm. l’un de l’autre, et à la même distance du centre O, on obtient la première ligure. Le second cas correspond à une feuille de 45,72 cm. de côté : le courant entrait au centre en A et sortait par quatre électrodes BCDE. Sur le troisième dessin, l’électrode positive est en A; B et C sont deux électrodes négatives, distantes de la première de 7,6 cm. chacune. Le dernier représente un disque circulaire où le courant entre par le bord et sort parle centre.
- Cette méthode a été ensuite appliquée à la détermination des surfaces équipotentielles dans l’espace.
- ÉQUIVALENT ÉLECTRO-CHIMIQUE. — « L’équivalent électro-chimique d’une substance est la quantité de cette substance qui est électro-lysée par le passage d’une unité d’électricité. Les équivalents électro-chimiques des différentes substances sont proportionnels à leurs équivalents chimiques ordinaires. Mais ces derniers représentent simplement les rapports numériques suivant lesquels les substances se combinent, tandis que les équivalents électrochimiques sont des quantités déterminées de matière, dont la grandeur dépend de la définition de l’unité d’électricité. » (Maxwell, Elec-Iricity.) Si l’on exprime l’intensité en ampères, l’équivalent électro-chimique de l’hydrogène, c’est-à-dire la quantité mise en liberté par un coulomb, est 0,01041 mg. ; celui de l’argent est 1,1248 mg. Ces nombres permettent de calculer ceux des autres corps.
- ÉQUIVALENT MÉCANIQUE DE LA CHALEUR. — On donne ce nom à la quantité d’énergie que peut produire une calorie, ou au travail qui peut en se détruisant donner naissance à une calorie. C’est 425 kilogrammètres.
- Rapporté à une calorie-gramme, cet équivalent serait 0,425 kilogrammètre, ou 0,425 X 981 X 105 ergs ou 4,17 X 107 ergs, car un kilogrammètre vaut 981 X t0s ergs. Si l’énergie est exprimée en ergs, l’équivalent mécanique est donc 4,17 X 107; si elle est calculée en watts, cet équivalent devient 4,17, car un watt vaut 107 ergs. C’est cette dernière valeur que nous employons habituellement dans cet ouvrage. Inversement un erg correspond à 2,4 X10 8 calories et un watt à 0,24 calorie-gramme.
- ERG. — Unité absolue C.G.S. de travail. C’est
- ÉTALON ÉLECTRIQUE.
- le travail fourni par l’unité de force (dyne) quand son point d’application se déplace d'un centimètre. Le kilogrammètre vaut 981 X 105 ergs (Voy. Unités).
- ERGMÈTRE. —Appareil imaginé par M. Wes-ton pour mesurer le travail électrique. Il est fondé sur le principe de la roue de Barlow et de l’appareil analogue de Faraday. Un disque de cuivre, traversé par un courant, peut tourner dans un champ uniforme et très intense, produit par les pôles très rapprochés d’un électro-aimant analogue à celui d’une dynamo. Les extrémités du fil de cet électro communiquent avec les points entre lesquels on veut mesurer le travail. L’action électromagnétique met le disque en mouvement ; un compteur indique le nombre des tours et par suite l’énergie correspondante.
- ESPACE NEUTRE. — Syn. de Ligne neutre. ESSAYEUR ÉLECTRIQUE DES TAPURES DES MÉTAUX. — On nomme tapures des fentes intérieures qui se forment surtout dans l’acier trempé dur, comme l’est l’acier chromé des projectiles de rupture employés par la marine pour percer les plaques des cuirassés. Elles se produisent surtout à l’ogive de ces projectiles. Les projectiles tapés se brisent sur les plaques sans pénétrer ; ils peuvent même éclater en magasin.
- Le capitaine L. de Place a imaginé d’appliquer le téléphone à la vérification des projectiles. Un petit marteau mû par un ressort ou par l’électricité frappe sur le métal à éprouver. Un microphone spécial, placé à une distance fixe du frappeur, est intercalé dans un circuit contenant en outre une pile et une bobine inductrice placée au zéro d’une règle divisée, sur laquelle glisse une bobine induite, reliée à un téléphone. On éloigne cette bobine de la première jusqu’à ce qu’on n’entende plus rien dans le téléphone. La division de la règle à laquelle s’arrête la bobine induite n’est pas la même pour deux blocs de même métal, de même poids et de même forme, si l’un est tape et que l’autre ne le soit pas.
- La même méthode a été appliquée à la vérification d’arbres de couche de très grandes dimensions, destinés à l’Exposition de 1889.
- Cette méthode élégante a reçu depuis peu de» perfectionnements qui seront indiqués à 1 ai' ticle Schiséophone.
- ÉTALON ÉLECTRIQUE. — On donne ce nom aux modèles types des diverses unités électn ques (Voy. Unités).
- Pile étalon. — Voy. Pile.
- ÉQUIVALENT ÉLECTRO-CHIMIQUE. —
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- ÉTALONNAGE. — ÉTAT SENSITIF.
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- ÉTALONNAGE. — Étalonner un galvanomètre ou un instrument analogue, c’est déterminer en ampèçes la valeur de chaque division de la graduation. Si l’on possède déjà un instrument étalonné, il est facile d’en étalonner d’autres par comparaison. Dans le cas contraire, on fait passer dans l'appareil un courant constant et d’intensité connue. Pour les instruments dans lesquels la déviation est une fonction connue de l’intensité, comme les boussoles, il suffît d’une opération; pour les galvanomètres ordinaires, il faut en faire un grand nombre. Pour le galvanomètre de Thomson, une seule opération suffit, car les déviations sont proportionnelles aux intensités ; mais il faut recommencer chaque fois qu’on déplace l’aimant correcteur, car la sensibilité dépend de sa position. Pour connaître l'intensité du courant qu'on fait passer dans l’appareil, le plus simple est d’intercaler en même temps dans le circuit un électrolyte (Voy. Intensité). On peut aussi intercaler une résistance connue R et mesurer parun voltmètre la différence de potentiel s aux deux extrémités de cette résistance, l’intensité est
- On peut enfin étalonner un galvanomètre à l’aide d’une bobine étalon ; l’électrodynamo-mètre de l’Association britannique, décrit plus haut, peut servir à cet usage.
- ÉTAT ÉLECTRIQUE. — État d’un corps électrisé.
- État permanent. — État d’un conducteur parcouru par un courant constant.
- Etat variable. — État d’un conducteur parcouru par un courant d’intensité variable. Il y a toujours, même avec une source constante,
- un état variable au moment de la fermeture et de l’ouverture du circuit. L’étàt permanent est donc précédé et suivi d’un état variable. On admet que l’intensité pendant cette période est représentée par
- I étant l’intensité finale, % l’intensité au temps f, e la base des logarithmes népériens, R la résistance totale, L le coefficient de self-induction. Cette formule ne s’applique plus lorsque le circuit renferme un électro-aimant. On peut se servir alors de la formule suivante, établie par M. Leduc:
- (E — Ri)dt—dz>
- o étant le flux de force total qui traverse le circuit au temps t.
- M. Guillemin à étudié expérimentalement l’état variable. Pour un fil télégraphique de 570 km. et une pile de Bunsen de 60 éléments, la durée de cette période est 0,02 seconde. Près de la pile, les intensités* vont en diminuant ; elles croissent au contraire dans la partie du circuit voisine de la terre.
- ÉTAT SENSITIF. — MM. W. Spattiswoode et J.-F. Moultonont étudié en 1879 « l’état sensitif des décharges électriques à travers les gaz très raréfiés.
- « La colonne lumineuse produite dans les tubes à vide par la décharge électrique manifeste quelquefois une grande sensibilité quand on approche du tube le doigt ou un autre corps conducteur. L’effet exact de ce rapprochement varie beaucoup avec les circonstances de la décharge. Dans bien des cas, la colonne lumineuse est repoussée (fig. 323) ; dans d’autres, et surtout quand on touche le tube avec le doigt, la
- Fig. 323. — État sensitif des décharges dans les gaz raréfiés.
- •o onne est coupée; dans ce dernier cas, outre 6clat lumineux qui existait auparavant, on voit uvent saillir de l’intérieur du tube, au point 0. reP°sele doigt, la lueur bleue qui caractérise ^éralement le bout négatif d’une décharge. ans quelques cas, l’action de la décharge est
- si énergique que l’on voit apparaître sur le côté du tube opposé au point touché la fluorescence bleue ou verte bien connue.
- « Le degré de sensibilité varie entre des limites écartées. Cet état sensitif ne semble pas appartenir en propre à un milieu gazeux particu-
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- ÉTHER. — ECDIOMÈTRE.
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- lier, ou à une forme de tube spéciale, et il est très probable, en réalité, qu’avec des précautions convenables, on peut produire des décharges sensitives dans presque tous les tubes. Cet état peut se manifester dans des décharges stratifiées, mais plus généralement il accompagne les décharges où l’on «| ne voit pas de traces bien nettes de stra- Ijjjr* tification. Toutefois, il ne se présente pas constamment dans ce genre de décharge. » Le lecteur trouvera des renseignements très complets sur ce sujet, que nous ne pouvons développer ici, dans le Traité d’électricité de Gordon, dont nous avons extrait les passages qui précèdent. Nous citerons aussi les travaux de M. Desruelles sur le même sujet.
- ÉTHER. — Milieu élastique, extrêmement raréfié, que l'on suppose répandu partout, même dans le vide, et par les vibrations duquel on explique la propagation de la lumière et de la chaleur. On tend à regarder aujourd’hui les phénomènes magnétiques et électriques comme étant aussi des manifestations des propriétés de l’éther. « Les différents phénomènes d’électricité et de magnétisme sont favorables à la conception de Faraday, qui consiste à abandonner l’idée des actions à distance, et à considérer les forces comme transmises par les réactions élastiques d’un milieu intermédiaire. C’est une hypothèse analogue à celle qui sert de base aujourd’hui à la théorie physique de la lumière; mais il serait contraire à l’esprit scientifique d’imaginer ainsi autant de milieux différents qu’il y a de phénomènes à expliquer, comme on le faisait autrefois par les hypothèses distinctes du fluide calorifique, des fluides électriques et des fluides magnétiques.
- « Le grand problème que soulève la philosophie de la science est donc de connaître la constitution d’un milieu unique qui permette d’expliquer en même temps tous les phénomènes physiques. » (Joubert et Mascart.)
- ÉTINCELLE ÉLECTRIQUE. — Trait de feu se produisant entre deux corps chargés d’électricités contraires ou entre un corps électrisé et le sol. C’est une des formes de la décharge dis-ruptive. Sa forme varie avec sa longueur. Quand elle est courte, c’est un trait rectiligne très lumineux et dont l’épaisseur augmente avec la quantité d’électricité mise en jeu. Si l’on augmente la distance ou qu’on diminue la capacité du conducteur, le trait devient plus grêle, moins lumineux et se replie en zigzag (fig. 324), puis se ramifie de plus en plus et se transforme enfin
- en aigrette (voy. ce mot). Dans les gaz raréfiés l’étincelle se transforme en lueur (voy. ce mot).
- La couleur de l’étincelle varie avec la nature du gaz : elle est violacée dans l’air, l'oxygène,
- Fig, 324. — Étincelle ramifiée.
- l’azote, rouge dans l’hydrogène, verte dans l’acide carbonique, etc. La longueur de l’étincelle dépend de la différence de potentiel entre les deux électrodes (voy. Distance explosive).
- Les tubes et globes étincelants augmentent considérablement la longueur de l’étincelle : une série de losanges métalliques sont collés les uns à la suite des autres, et se chargent tous par influence quand on relie l’une des extrémités de l’appareil à la machine, l’autre au sol ; l’étincelle éclate à la fois dans tous les intervalles.
- L’étincelle est toujours accompagnée d’un bruit sec produit par l’ébranlement du milieu. On le montre avec le thermomètre de Kinners-ley (voy. ce mot). Elle peut traverser les isolants solides et liquides : elle perce une carte, une lame de verre; quand elle passe dans l’eau, l’ébranlement casse le tube qui renferme le liquide.
- L’étincelle produit des effets physiques, chimiques et physiologiques. Sa chaleur fond ou volatilise les fils ou lames de métal très fins (portrait de Franklin). Elle provoque les combinaisons et les décompositions chimiques (pistolet de Yolta) ; mais, là encore, c’est généralement à sa chaleur qu’on attribue les effets produits. Elle donne des commotions variant, suivant son énergie, depuis une simple piqûre jusqu’à un choc formidable. La commotion de la bouteille de Leyde peut être ressentie en même temps par un grand nombre de personnes faisant la chaîne; elle est plus forte aux extrémités qu’au milieu. L’effet physiologique semble proportionnel à l’énergie ; on supporte plus facilement des étincelles de 20 ou 30 centimètres provenant d’une machine ordinaire que des étincelles de quelques millime" très produites par une batterie de grande capacité.
- EÜDIOMÈTRE. — Appareil destiné à produire la combinaison ou la décomposition des gaZ sous l’influence de l’étincelle électrique. Les
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- EUDIOMÈTRE.-
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- anciens eudiomètres, dont la figure 323 montre deux spécimens, se composaient d’un tube de verre épais, traversé par deux tiges métalliques BG soigneusement isolées, entre lesquelles on fait passer une étincelle, à l’aide d’un élec-
- trophore ou mieux d’une bobine de Ruhmkorff. Une plaque de métal empêche les gaz de sortir pendant la détonation. Le second modèle s’emploie sur l’eau. L’étincelle jaillit entre la tige isolée et la monture métallique. Un tube étroit et
- Fig. 325. — Eudiomètre à mercure et eudiomètre à eau.
- gradué sertàmesurer le résidu gazeux. Une jauge, représentée à part, sert à introduire les gaz.
- Eudiomètre d’Hofmann. — Les instruments précédents sont incommodes et ont l’inconvénient d’exiger de nombreux transvasements, pendant lesquels on peut perdre du gaz. Il existe un certain nombre d’appareils plus récents dans lesquels on a évité ce défaut. L’eudiomètre d’Hofmann (fig. 326) est composé d’un tube de verre en forme d’U, dont la branche fermée est traversée en A par deux fils de platine destinés à exciter l’étincelle, et muni de deux robinets de verre R et P; ce dernier, qui a un conduit coudé, est représenté à part. Pour introduire un gaz, en commence par remplir l’appareil de mercure, puis on adapte à la tubulure T un caoutchouc en eommunication avec l’appareil producteur de ce gaz, et l’on tourne la clef P de manière que le conduit coudé aille de T en V. On laisse dégager le gaz pendant quelques instants, de ma-Iîlere à chasser l’air du caoutchouc et du con-
- Ult TV, pUis on fuit faire à P un demi-tour, P°ur faire arriver le gaz dans le tube AB; en ’ûême temps, on ouvre le robinet R pour laisser €c°uler le mercure. Quand on a introduit la quantité de gaz nécessaire, on ferme les deux
- robinets, et on amène le gaz à la pression vou-
- Q____~~V«»
- Fig. 326. — Eudiomètre d’Hofmann.
- lue en faisant écouler du mercure ou en en ajoutant par C.
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- EUDIOMÉTRIE.
- EXCITATEUR.
- Endiomètre de M. Riban. — Dans l’appareil de M. Riban, on a évité les longs fils de platine ou de cuivre des instruments précédents, qui peuvent se casser facilement et retiennent des bulles gazeuses au moment des transvasements. Il se compose d’un tube de verre (fig. 321) traversé par
- 1
- Fig. 327. — Eudiomètre de M. Riban.
- deux fils de platine A« et B b, fondus en boule en A et B, et dépassant à peine le verre en a et b, mais placés assezprèsl’un de l’autre pour laisser passer l’étincelle. Le bouchon est en liège et traversé par un tube capillaire, qui laisse sortir puis rentrer le mercure au moment de l’explosion, et diminue ainsi le choc supporté par le verre.
- Nous avons décrit les modèles les plus usités parmi les eudiomètres récents ; il en existe un certain nombre d’autres pour la description desquels nous renvoyons aux ouvrages de chimie.
- EUDIOMÉTRIE. — Ensemble des procédés d’analyse fondés sur l’emploi de l’eudiomètre.
- EUDIOMÉTRIQUE (Analyse). — Analyse des gaz par l’eudiomètre.
- EXCITABILITÉ ÉLECTRIQUE. — Sensibilité des organes à l’électricité.
- EXCITATEUR. — Instrument qu’on relie aux pôles d’une source électrique pour recueillir l’électricité.
- Excitateur à manches de verre. — Arc métallique muni de deux manches de verre MM' et formé de deux parties BB' réunies par une charnière A (fig. 328). Il sert à charger et à décharger
- les conducteurs, notamment les batteries, en les faisant communiquer avec une machine ou avec le sol.
- Excitateur universel. — Appareil formé de deux tiges métalliques, portées par des pieds-isolants, et pouvant s’incliner à volonté et glisser dans leurs montures (fig. 329). Les extrémités peuvent recevoir des accessoires de formes variées (pointes,boules, serre-fils, etc.); une vis micrométrique G mesure la distance de ces deux pièces. Les deux montures 00' peuvent être reliées aux pôles d’une pile, d’une bobine ou d’une machine électrostatique, ou aux armatures d’une batterie. On peut observer les étincelles entre EE' ou placer en ce point l’appareil (fil métallique, portrait de Franklin, etc.), que doit traverser la décharge.
- Excitateurs médicaux. — Dans les applications médicales, on nomme excitateurs ou électrodes les pièces métalliques de diverses formes qui établissent la communication avec le malade.
- Pour l’électricité statique, il suffit d’un petit nombre d’excitateurs : 1° un excitateur à pointe simple, formé d’une tige de laiton pointue; 2° un excitateur à boule; 3° un excitateur à pointes multiples, petit cylindre de laiton terminé par une plate-forme hérissée de pointes ; 4° un excitateur en bois, tige de bois dont l’extrémité est arrondie en boule. Le premier sert à produire un souffle assez rude, et le troisième un souffle plus doux. Le second donne des étincelles; enfin le dernier, étant peu conducteur, produit des étincelles faibles et nombreuses donnant une assez vive révulsion; il sert notamment à électriser la tète.
- Pour l’application des courants, il est commode d’avoir un manche isolant (fig. 330), sur lequel on fixe en Y un excitateur déformé quelconque, et en B les rhéophores ; un bouton I sert d’interrupteur.
- Lorsqu’on fait usage des courants continus seulement pour utiliser leur effet sur la nutrition générale, mais non l’action produite au contact de l’électrode, il est avantageux, p°ul diminuer la résistance au contact de la peau et éviter l’action chimique en ce point, d employer de larges plaques de métal ou de chai bon recouvertes de peau ou d’amadou, etquon imbibe d’eau salée au moment de s’en servir-Ces plaques (fig. 331) peuvent être tenues à la main ou appliquées par des courroies. On employé aussi, dans le même but, un rouleau qu’on déplaçait à la surface de la peau; & disposition est moins bonne, parce que le
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- EXCITATEUR
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- placement est toujours accompagné d’intermittences. On peut encore se servir de terre glaise, également imbibée d’eau salée. Dans tous les
- cas, la peau doit être bien nettoyée au savon ou à l’alcool pour diminuer la résistance.
- Si l’on veut utiliser l’effet chimique produit
- seulement à l’un des pôles (galvanocaustique chimique), on y dispose un excitateur plus étroit, tandis que l’autre reçoit encore une large
- plaque. Ainsi, pour le traitement des anévrysmes, le pôle positif est constitué par une aiguille mince (fig. 332), qu’on enfonce dans l’artère,
- Fig. 33i. — Plaques et rouleaux recouverts de peau. (Modèles Charles Chardin et Gaifïe.)
- 1 1S 9ue l’électrode négative appliqué Peau est une large plaque (Yoy. Gal aostiqüe chimique).
- La forme des excitateurs (fig. 333) varie
- le point où ils doivent être appliqués. Pour les courants induits notamment, il n’est besoin que d’une petite surface. Les excitateurs olivaires servent surtout pour la galvanisation des par-
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- EXCITATEUR.
- ties profondes; le second et le troisième modèles sont destinés au rectum. L’excitateur double, formé de deux parties recourbées, montées à
- Fig. 332. — Aiguille pour électropuncture.
- charnière, et pouvant s’écarter d’un angle variable, permet d’électriser à la fois deux points
- rapprochés. Pour la révulsion par les courants induits, on se sert souvent d’un petit balai métallique, que l’on promène à la surface de la peau.
- Pour éviter les dérivations, dangereuses dans certaines régions, et pour localiser l’action en un point déterminé, on se sert d’un appareil portant à la fois les deux électrodes. Ainsi M. Boudet de Paris emploie dans ce but des excitateurs concentriques (fig. 334) : le manche,
- Fig. 333. — Excitateurs divers. Fig. 334. — Excitateurs concentriques du Dr Boudet
- de Paris.
- à bouton interrupteur, porte un anneau recouvert de peau, qui forme l’un des pôles ; le pôle actif est représenté par un bras droit ou coudé, isolé de l’anneau et portant, soit un tampon de charbon recouvert de peau, soit une aiguille d’acier couverte en partie d’un vernis isolant, ou une pointe conique en cuivre nickelé. Le premier est destiné à la galvanisation des nerfs ou des muscles de la face, le second à l’électrolyse des tumeurs érectiles et ganglionnaires, et le troisième aux petites tumeurs superficielles des
- téguments. Un autre modèle, formé d’un disque séparé de l’anneau seulement par une fente
- très étroite, sert à produire une action chimique capable d’amener la rubéfaction ou même la vésication; le disque central est généralement relié au pôle négatif.
- Nous indiquerons encore quelques excitateurs particuliers. La sonde du Dr Boudet de Paris sert à galvaniser la vessie, dans la paralysie vésicale : une sphère de cuivre creuse reliée au pôle négatif (fig. 335) est munie de trois
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- Fig. 336.
- Fig. 335. — Excitateur vésical avec manomètre du Dr Boudet de Paris. (Gaiffe.)
- Fig. 336. — Excitateurs divers.
- *’ ^ Exc'ta
- ^P°stoli. ÎJ*®r'n simple et double du Dr Tripier. (Gaiffe.) — 3, 4. Excitateur utérin double concentrique à disque du
- E*citateu Excitateur utérin double annulaire du Dr Apostoli. —6. Excitateur vaginal du Dr Apostoli. (Chardin.) —
- our a trompe d Eustache. — 8. Excitateur spécial pour la paupière. (Chardin.)
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- EXCITATION.
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- embouts : l’un S s’implante dans une sonde en gomme, qui renferme 1 électrode métallique , A sert à vider la vessie ou à y injecter de 1 eau à l’aide d’une seringue, comme le montre la figure; B peut communiquer avec un manomètre M.
- Les- quatre premiers modèles (fîg. 336) sont des excitateurs utérins : le premier est simple et enfermé dans une sonde tantôt droite, tantôt recourbée à son extrémité. On lui adjoint un bouton ou une plaque de charbon sur les parois abdominales. Les trois autres renferment les deux conducteurs, et servent à la faradisation isolée de la cavité. Le premier est celui du Dr Tripier; le second, dû au Dr Apostoli, se termine par deux cercles concentriques. Les modèles 6, 7, 8 sont destinés au col de la matrice, aux yeux, à la trompe d’Eustache.
- EXCITATION. — On donne ce nom, dans les machines dynamos, aux différentes manières de produire le champ magnétique ou d’aimanter les inducteurs. Le courant qui passe dans ceux-ci peut être fourni en effet soit par une machine séparée (excitation indépendante), soit par la dynamo elle-même, qui est dite alors auto-excitatrice. Dans ce cas, les inducteurs peuvent recevoir soit le courant total (excitation en série), soit une partie seulement de ce courant {excitation en dérivation); ils peuvent même être entourés d’un double circuit, l’un en série, l’autre en dérivation (excitation compound ou en double circuit).
- On peut encore employer bien d’autres modes d’excitation, par exemple faire usage à la fois d’une excitatrice et d’une dérivation, ou, s’il y a plusieurs inducteurs, monter les uns en série et les autres en dérivation, etc. Nous insisterons seulement sur les modes d’enroulement principaux.
- Lorsqu’une machine auto-excitatrice commence à tourner, les inducteurs ne sont parcourus par aucun courant; le magnétisme rémanent gardé par les noyaux, dont le fer n’est jamais absolument doux, suffît ordinairement pour amorcer la machine.
- Excitation indépendante. — Ce système a l’inconvénient d’exiger une machine spéciale, mais il permet de varier facilement l’intensité du courant inducteur en changeant la force électromotrice de l’excitatrice ou la résistance du circuit; en outre la force électromotrice de la dynamo est indépendante de la résistance du circuit extérieur. Ce mode d’excitation s’impose dans les machines à courants alternatifs, à moins de redresser par un commutateur
- la partie du courant qu’on lance dans les élec tros.
- Excitation en série (tig. 337). — La construc-
- Fig. 337. — Excitation en série.
- tion est plus simple que dans les systèmes suivants. Les électros recevant le courant total, il y a avantage à les former d’un ül gros et fin, afin de diminuer leur résistance, ce qui, pour un même circuit extérieur, rendra le courant plus intense. Il faut observer cependant qu’en agissant ainsi on risquerait d’augmenter beaucoup le prix de revient de 1a, machine, car le prix du fîl augmente avec sa section, et ce prix forme une partie notable du coût total. Aussi calcule-t-on ordinairement la section du fil d âpre* réchauffement que doit produire le passage du courant ; on peut admettre 2 à 4 ampères par millimètre carré, suivant que l’épaisseur de» spires permet un refroidissement plus ou nioim lent.
- L’excitation en série présente un grave convénient. Si le circuit extérieur contient^ appareil qui puisse, à un certain moment,
- velopper une force contre-électromotrice
- périeure à la force de la machine, le c0U
- olarité d«
- s’intervertit et peut renverser la p champ magnétique, de sorte qu’aux opéra1*' suivantes le changement de sens du cour
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- EXCITATION.
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- persistera, ce qui peut être très grave, par exemple s’il s’agit de charger des accumulateurs ou de faire de la galvanoplastie. On peut obvier à cet inconvénient par l’emploi d’un conjoncteur-disjoncteur.
- Si l’on emploie cette disposition, il est avantageux de placer les appareils extérieurs en quantité, de sorte que l’addition de chacun d’eux diminue la résistance ; l’intensité augmente avec le travail à effectuer.
- Excitation en dérivation (flg. 338). — Dans ce
- I cas, le fil des électros doit être long et fin, pour ne pas absorber une trop grande partie de l’intensité. On calcule sa résistance d’après celle du circuit extérieur. Le courant principal peut s’intervertir sans influer sur la polarité des inducteurs : ces machines conviennent donc au cas où il peut se produire une force contre-électromotrice. Les appareils extérieurs doivent être montés de préférence en série.
- Influence du mode d'excitation sur le débit. — Soit une machine excitée en série, R la résis-
- Fig. 338. — Excitation en dérivation. Fig. 339. — Excitation compound.
- Figures empruntées à M. MontiLlot, La lumière électrique.
- nee extérieure, r celle de l’induit jeteurs.
- ^intensité est
- et j celle des
- R -j- r + p
- fui m év^ent que, si la résistance extérieure R, autr^ 0r^na^reiïient très supérieure aux deux Par co Vl6nt à augmenter, l’intensité diminue ; aussi n?éqUent c^amP magnétique diminue iu°tri’ce 1\ 6n GS^ m^me de la force électro-e> G est donc au moment où le travail à
- effectuer augmente que l’énergie produite devient plus faible.
- Au contraire, dans une machine excitée en dérivation, si la résistance extérieure augmente, une plus grande partie du courant passe dans les inducteurs ; le champ magnétique augmente, et la force électromotrice croît relativement plus vite que R, de sorte que l’intensité totale augmente.
- Excitation compound (fig. 339). — On voit que, dans aucun des deux modes d’excitation précédents, la force électromotrice, ou la différence
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- 300 EXCITATRICE (Machine). — EXPLORATEUR.
- de potentiel aux bornes, qui lui est proportionnelle, ne reste constante quand on fait varier la résistance extérieure, mais qu’elle augmente dans un cas et qu’elle diminue dans l’autre : on comprend qu’en associant les deux modes d’enroulement on puisse rendre cette différence constante, ou tout au moins peu variable, quelle que soit la résistance. C’est le but de l’excitation compound; les électros sont entourés de deux fils, dont l’un, gros et court, est monté en série et reçoit le courant total, tandis que l’autre, long et fin, est placé en dérivation. Ces fils peuvent être superposés dans un ordre quelconque.
- L’enroulement compound n’est pas sans inconvénients : la compensation n a lieu que pour une vitesse de rotation déterminée ; si on change cette vitesse, ou si le mouvement est irrégulier, la constance n’existe plus, et en outre il se produit des étincelles qui usent rapidement les collecteurs. Le prix de revient est plus élevé que pour les autres machines, et la dépense d’énergie nécessitée par l’excitation est plus grande. Mais, comme ce système a J’avantage de ne pas détruire rapidement les lampes et de permettre d’éteindre un nombre quelconque de foyers sans influencer les autres, son emploi a pris dans les dernières années une grande extension.
- Nous indiquerons, dans la description des diverses machines dynamo-électriques et à l’article Régulateur, d’autres moyens de rendre constante la différence de potentiel.
- EXCITATRICE (Machine). — Petite machine destinée à exciter les inducteurs d’une dynamo. Tantôt l’excitatrice est fixée sur la machine principale (machine auto-excitatrice de Gramme), tantôt elle est complètement séparée.
- EXÉCUTIONS CAPITALES PAR L’ÉLECTRICITÉ. — L’assemblée législative de l’État de New-York a voté, en 1888, une loi d’après laquelle tous les condamnés à mort seraient exécutés par l’électricité. Une commission fut chargée de rechercher la méthode la plus pratique pour l’application de la nouvelle peine capitale.
- Conformément aux conclusions de cette commission, on vient de commencer à construire à New-York un bâtiment destiné aux exécutions par l’électricité, qui sera attenant aux cellules d’isolement de la prison de Sing-Sing et dépendra de cet établissement. La dynamo sera à courants alternatifs et à excitation indépendante, donnant 1000 volts et 1800 alternances par minute à la vitesse de 1630 tours. Un câble
- d’environ 300 mètres de longueur amènera le courant à la salle d’exécution, qui renfermera comme accessoires : un voltmètre placé en dérivation sur les fils principaux, un ampèremètre, deux commutateurs placés sur les deux conducteurs principaux, pour éviter les accidents. La chaise d’exécution est massive et en bois dur : le condamné y sera assujetti par des courroies qui immobiliseront tout le corps; la tète seule pourra faire un léger mouvement qui n’entravera pas l’action du courant. L'extrémité de l’un des conducteurs se visse dans un trou fileté pratiqué au sommet d’une sorte de calotte métallique renfermant un disque de bronze de 1,5 mm. d’épaisseur et de 50 mm. de diamètre, auquel est fixé un fil de cuivre de 3 miïi. disposé en spirale et s’adaptant à la forme de la tète. Une couche de toile ou de coton spongieux séparera le métal de la tête, et le tout sera recouvert d’un bonnet de caoutchouc rempli d’un liquide conducteur.
- L’autre rhéophore se divise en deux cordons flexibles se rendant aux électrodes des pieds. Chacune de ces électrodes est formée d’une plaque métallique de 3 mm. d’épaisseur, 350 mm. de hauteur et 50 mm. de largeur. L’extrémité antérieure se termine par une pièce plus épaisse, percée d’un trou fileté qui reçoit l’extrémité du conducteur souple. Le contact est encore assuré par une substance spongieuse et un liquide. On mesurera d’abord, d’après les journaux scientifiques américains, la résistance du condamné à l’aide d’un pont de Wheatstone, afin de connaître le nombre minimum de volts nécessaire pour produire la mort. Des lampes à incandescence, placées dans la chambre d’exécution, indiqueront le moment où la machine fonctionnera. Un bouton d’appel placé dans cette chambre actionnera une sonnerie placée près de la dynamo, pour renseï gnerl’ingénieur exécuteur (engineer execution&)•
- EXPLORATEUR. — On donne ce nom à plusieurs appareils servant à des recherches di verses.
- Explorateur du champ magnétique. —
- Aimant et Inductomètre.
- Explorateur de fil. — Sorte de petit app^ reil téléphonique excité par un aimant en à cheval qu’on place sur un fil télégraphia^’ et qui sert à vérifier s’il s’y produit des e d’induction par le voisinage des autres fds-
- Explorateur-extracteur. — Appareil par M. Trouvé pour constater l’existence ^ corps étranger dans l’intérieur d’une plaie reconnaître la nature de ce corps.
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- EXPLORATEUR.
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- Une sonde contient deux fils métalliques j isolés et terminés à l’extérieur par deux pointes I
- Fig- 341. —Sonde microtêléphonique.
- duri
- Unepiled^neS ’ C6S SOn*’ re^®s ^
- e petites dimensions qu’on peut porter
- en bandoulière, et le circuit comprend un petit trembleur à électroaimant, qui forme en quelque sorte une sonnerie sans timbre. Si l’extrémité de la sonde vient à rencontrer un corps dur, mais peu conducteur, comme un os, le courant ne passe pas ; mais, si elle rencontre un objet métallique, les deux pointes se trouvent réunies et le circuit se ferme : on en est averti par le mouvement du trembleur et le léger bruit qui l’accompagne. Si cet objet est mou, du plomb par exemple, les pointes s’y enfoncent, et on peut retirer la sonde d’une petite quantité sans faire cesser le courant ; s’il est en métal plus dur (fer ou cuivre), le courant n’est établi que par contact et il s’interrompt dès qu’on retire un peu la sonde. Le même trembleur peut s’appliquer aux pinces destinées à l’extraction des fragments métalliques. Les deux branches sont alors isolées l’une de l’autre au pivot et communiquent avec les deux bornes du trembleur. Celui-ci fonctionne lorsque les deux mors saisissent un objet métallique, mais non lorsque l’appareil est ouvert ou qu’il se ferme sur un os. La figure montre en outre une tarière qui sert à prélever quelques parcelles du corps étranger, lorsqu’il est mou, pour en déterminer la nature.
- Sonde microtéléphonique. — M.Chardin construit pour les mêmes usages un appareil(fig. 341) fondé sur l’emploi du microphone : il sert notamment à reconnaître l’existence d’un calcul ou d’un autre corps dur dans la vessie. Une sonde rigide ordinaire se termine par une poignée cylindrique renfermant un microphone. On relie cette sonde à un téléphone et à une pile qui se voit à droite de la figure. Tout choc contre un corps dur produit dans le téléphone un bruit sec très différent du frôlement dû au contact de la muqueuse.
- EXPLOSEUR. — Petit appareil spécialement destiné à l’inflammation des amorces pour les mines.
- On peut employer pour cela de petites machines d’électricité statique. Tel est l’appareil d’Ebner (fig. 342), en usage dans le
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- EXPLOSEUR.
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- génie autrichien. Il est formé d un ou deux plateaux de verre ou de caoutchouc, qui tournent entre des plateaux garnis d’or mussif, et char-
- gent une|bouteille de Leyde. Deux poupées reçoivent les fils qui aboutissent à l’amorce. La
- bouteille chargée, on établit les communications.
- L’exploseur de Bréguet, ordinairement appelé coup de poing, est un petit appareil magnéto-électrique (fîg. 343). Un aimant en U est formé de plusieurs lames d’acier superposées ; autour des deux pôles sont fixées des bobines, enroulées de telle sorte que leurs effets s’ajoutent et reliées au circuit qui contient les amorces. Une armature de fer doux, appliquée sur les pôles peut tourner autour d’une charnière parallèle à la ligne des pôles; elle est commandée par un levier coudé terminé par un bouton, qu’on frappe fortement avec le poing. L’armature s’écarte brusquement, produisant dans les bobines un courant induit. Mais un ressort porté par le levier coudé vient toucher une vis de butée et maintient les bobines en court circuit pendant
- Fig. 343. — Coup de poing Bréguet.
- la première partie de la rotation; c’est seulement à la fin, lorsque l’extra-courant s’ajoute au courant induit, que le ressort abandonne la vis, lançant le courant total dans le circuit des amorces. Un verrou immobilise l’armature pour empêcher les accidents.
- M. Marcel Deprez a construit plusieurs modèles d’exploseurs. Dans l’un, la bobine est fixée sur une pièce de fer doux, placée entre les branches de l’aimant et mobile autour d’un axe parallèle à ces branches. On fait tourner la pièce de fer doux et la bobine au moyen d’une manette.
- Dans un autre modèle, la bobine est encore placée entre les branches de l’aimant, mais elle est fixée à une armature qui s’applique sur les pôles, comme dans l’appareil de Bréguet. Le courant produit par le déplacement de l’ar-
- mature est lancé dans le fil inducteur d une bobine de Ruhmkorff, et le courant induit de cette bobine est envoyé dans le circuit des amorces.
- MM. Siemens et Halske construisent desexplo seurs dynamo-électriques. L’armature, action née par une manivelle, fait d’abord quatre tours pour amorcer la machine : le courant est alors lancé dans les amorces.
- Le génie allemand emploie l’exploseur Mai eus (fîg. 344) ; il est contenu dans une longu® boîte dont le fond et deux des côtés forine1^ un aimant en fer à cheval; les deux aU^. côtés sont en ébonite et l’un d’eux pofte deux bornes.
- Une armature de fer doux, sur laquelle s roule une bobine à fil très fin, peut tourI^ autour d’un axe vertical, à l’aide de la P
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- EXPLOSEUR-VÉRIFICATEUR.
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- aaée extérieure. Si on lui fait faire quelques tours un arrêt la maintient dans sa position; niais dès qu’on a'ppuie sur le bouton qu’on
- Fig. 344. — Exploseur Marcus.
- voit à gauche du premier dessin, un ressort puissant la ramène rapidement à. sa position
- première. A ce moment, une lame métallique intérieure s’écarte momentanément de l’axe et lance le courant dans le circuit extérieur.
- EXPLOSEUR-VÉRIFICATEUR DE PLACE. — Le capitaine de Place a imaginé un appareil qui sert à vérifier et à faire exploser les amorces de quantité et de tension.
- Une pile de trois éléments Germain •*, montés en tension (fig. 345), peutcommuniquer à volonté avec une bobine de Ruhmkorff AB. Le couvercle de l’appareil porte trois boutons commutateurs, deux bornes d’attache et un téléphone. Au repos, les points b et c se touchent ainsi que les points b' c'. Les amorces sont reliées aux bornes CD. A l’aide du bouton 3, on relie a" b" et ,1e courant peut traverser le téléphone en dérivation. Quand le téléphone est sur son support, il presse un petit levier à ressort qui met en contacta et U; lorsqu’on le saisit, cette communication se trouve supprimée automatiquement.
- Lorsqu’on appuie sur le bouton 2, on envoie
- Fig. 345. — Exploseur-vérificateur de M. le capitaine de Place.
- !ans circuit extérieur le courant primaire de ^ Pde, qui est suffisant pour faire détoner plu-aeurs amorces à fil de platine. En pressant le et°0.on É on lance ce courant dans la bobine, e courant induit fait exploser les amorces a efincelle.
- Ploi°U[ V^r^ler ^es amorces de quantité, on em-Phon 6 C°Uran^ ^e Püe; on enlève le télé-le cjr ’ Ce 1ui introduit automatiquement dans coumT1 Une ras*stance suffisante pour que le ne puisse pas enflammer l’amorce. Si
- l’on appuie vivement plusieurs fois de suite sur le bouton 3, le téléphone parle très fort, si le fil de platine est intact; il reste muet si le fil est interrompu.
- Les amorces de tension se placent en dériva tion sur l’induit de la bobine, ce qui a lieu par le seul fait d’enlever le téléphone. Si l’on appuie rapidement plusieurs fois sur le bouton, le courant de la pile est lancé dans cet induit à chaque contact, puis, au moment de la rupture, T extra-courant ne trouve plus à passer que par
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- EXPOSITIONS D’ÉLECTRICITÉ. — EXTRACTEUR.
- l’amorce et le téléphone, et fait parler celui-ci de différentes façons, suivant l’état de l’amorce.
- Si l’amorce est bonne, la faible conductibilité de la substance explosive donne deux sons faibles, qui s'entendent seulement près de l’oreille. Si les extrémités des fils se touchent, on a deux sons bruyants qui s’entendent à distance. Si l’amorce est trop résistante par suite de la mauvaise composition de la matière explosive, on n’a qu’un seul son faible. Enfin si elle ne renferme pas de composition fusante, le téléphone reste muet.
- Ce petit appareil est très pratique, peu encombrant, d’un prix peu élevé et très portatif ; il pèse seulement deux kilogrammes.
- EXPOSITIONS D’ÉLECTRICITÉ. — La première exposition internationale d’électricité a eu lieu à Paris du 1er août au 15 novembre 1881. Les objets exposés étaient partagés en 6 groupes et 16 classes :
- Les six groupes étaient ainsi distribués :
- I. Production de l’électricité ;
- II. Transmission de l’électricité ;
- III. Électrométrie ;
- IV. Applications ;
- V. Mécanique générale ;
- YI. Bibliographie, histoire.
- Après cette Exposition, qui obtint un succès très vif, d’autres furent organisées successivement à
- Londres, Munich, 1882.
- Vienne, 1883.
- Philadelphie, Turin, Tœplitz, Nice, 1884.
- Paris (Observatoire), Anvers, Steyr (Autriche), 1885.
- Bruxelles, 1887.
- De plus, l’électricité a joué un rôle important à l’Exposition internationale de 1889. La classe 62 (groupe YI), consacrée spécialement à l’électricité, comptait plus de 500 exposants. En dehors de cette classe, de nombreux exposants étaient encore disséminés dans les classes 6, 7, 8 (enseignement technique), 13 (instruments de musique), 15 (instruments de précision), et enfin 48, 61, 65 et 66 (matériel et exploitation des mines, métallurgie, matériel des chemins de fer, de la navigation et de l’art militaire). Il serait trop long de donner ici un aperçu, même très rapide, des appareils exposés les plus intéressants. Nous décrirons chacun d’eux à son ordre alphabétique. Le lecteur trouvera à l’article Éclairage des renseignements sur l’éclairage électrique de l’Exposition.
- Enfin une Exposition internationale du génie
- électrique et des inventions et des industries générales s’est ouverte à Édimbourg dans les premiers jours du mois de mai 1890.
- La division I, spécialement consacrée à le lectricité, est partagée en six sections :
- Section I. — Production d’électricité.
- — II. — Conducteurs électriques.
- — III. — Mesures.
- — IV. — Applications.
- — Y. — Bibliographie.
- — VI. — Histoire.
- EXTINCTEUR D’ÉTINCELLES A JET D’AIR.
- — M. E. Thomson empêche la production des étincelles qui se forment toujours aux collecteurs des dynamos, les échauffent et brûlent souvent les balais, en lançant un jet d’air d’une grande violence contre les bouts des balais qui portent sur les segments du collecteur (fig. 346).
- Fig. 346. — Extincteur d’étincelles à jet d'air. (Thomson-Houston Electric Company.)
- Ce jet interrompt toute traînée de poussières qui tendrait à réunir les segments du collecteur, et l’on peut obtenir des forces électromo-trices supérieures à 2,000 volts avec des différences de potentiel considérables d’un segment à l’autre, en se servant d’un seul commutateur, relativement très étroit, et sans échauffement ni détérioration.
- L’appareil se compose d’un petit ventilateur rotatif placé sur l’axe de la machine. L’air est aspiré par des ouvertures munies d’une toile métallique très fine, pour éviter les poussières, et refoulé par des orifices communiquant acides ajutages à jets plats. On a six jets par tour, trois dans chaque tuyau.
- EXTRA-COURANT. — Courant induit qui prend naissance dans un conducteur travers® déjà par un courant de pile ou de machine, moment de la fermeture et de l’ouverture circuit (Yoy. Induction).
- EXTRACTEUR. — Yoy. Explorateur.
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- FAISCEAU MAGNÉTIQUE. — FARAD.
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- FAISCEAU MAGNÉTIQUE. — L’aimantation des barreaux d’acier ne dépassant guère les couches superficielles, il est préférable, pour obtenir des aimants puissants, de réunir un certain nombre de lames minces, aimantées séparément. Tous les pôles de même nom sont juxtaposés et réunis par une armature de fer doux, qui présente à son extrémité un pôle de même nom (Yoy. fig. 63).
- FANAL ÉLECTRIQUE. — Les navires munis d’une installation électrique semblable à celles que nous avons décrites plus haut (Yoy. Eclairage) peuvent s’en servir pour alimenter les fanaux réglementaires. Pour plus de sûreté, chaque feu est formé de deux lampes à incandescence placées l’une au-dessus de l’autre et munies chacune d’un système optique. Chaque lampe est placée sur un circuit particulier, dans lequel est intercalé un avertisseur d’extinction pouvant mettre en marche une sonnerie. Une dynamo spéciale alimente ces fanaux, et maintient chargée une batterie d’accumulateurs pouvant, en cas d’accident, entretenir l’éclairage des feux pendant huit ou dix heures.
- FANFARE ADER. — Appareil microtélépho-idque présenté par M. Ader à l’Exposition de 1881, et qui tire son nom de ce qu’il se prête surtout à la transmission des fanfares et des airs de chasse, tandis qu’il donne d’assez mau-'ais résultats pour la transmission de la parole ; eet instrument a figuré de nouveau à l’Expo-sition de 1889 (pavillon des téléphones), où il était installé de la manière suivante.
- Quatre personnes fredonnaient chacune leur Partie dans un nombre égal de transmet-eurs microphoniques, à peu près comme on le ad dans un mirliton. Chaque transmetteur se ^°mpose d’une plaque disposée au fond d’une ouchure et qui vibre à l’unisson du son
- des8 ^ mus*caen> ^es vibrations produisent 1 s interruptions plus ou moins rapides entre
- elle a<^Ue P°^n^e d’une vis placée derrière q! et ^ont Ie contact se règle par un bouton, en jjac*ue récepteur se compose d’un aimant û0 a’ P0rtant entre ses branches deux petits ^ineU^^e ^0ux munis chacun d’une bo-comprenant un intervalle de quelques Uictiosnaire d’électricité.
- millimètres. En face de ce vide est placée une petite pièce rectangulaire de fer doux, fixée sur une lame vibrante en sapin de 10 centimètres environ de longueur. Le courant qui passe dans les bobines subit les interruptions périodiques du transmetteur ; l’aimantation des noyaux de fer doux varie, et ces changements font vibrer fortement la lame de sapin ; un pavillon de laiton, en forme de trompette, renforce le son émis. Chaque transmetteur était placé dans un circuit spécial, comprenant une batterie d’accumulateurs et cinq récepteurs ; il y avait donc en tout vingt récepteurs pour les quatre parties.
- FANTOME MAGNÉTIQUE. — On nomme fantômes ou spectres magnétiques les figures qu’on obtient en saupoudrant de fine limaille de fer une plaque de verre ou de carton placée dans un champ magnétique. Les parcelles de limaille s’aimantent par influence et se disposent en files suivant les lignes de forces.
- On se sert de ce procédé pour étudier le champ produit par un aimant. Pour cela, on recouvre l’aimant d’une feuille de carton ou d’une lame de verre, qu’on saupoudre de limaille de fer à l’aide d’un tamis. Les grains de limaille s’aimantent par influence et se disposent suivant les lignes de force. La figure 347 montre les spectres obtenus dans les cas les plus importants^ l’aide soit d’un pôle unique, soit d’un ou de deux aimants.
- On peut facilement conserver ces courbes, en couvrant d’avance la lame de verre soit d’un mastic transparent qu’on fond ensuite, pour y faire pénétrer la limaille, soit de gomme qu’on ramollit ensuite en l’exposant à la vapeur d’eau ou bien en projetant à sa surface de l’eau réduite en fine poussière par un vaporisateur.
- FARAD. — Unité pratique de capacité du système électromagnétique G.G.S.; c’est la capacité qu’un coulomb peut charger au potentiel d’un volt. Le farad vaut 10-9 unités électromagnétiques et 32 X 1020 X 10"9 = 32 X 1011 unités électrostatiques G.G.S. de capacité. Le farad étant extrêmement grand, on emploie le plus souvent son sous-multiple, le microfarad, qui en est la millionième partie. Voy. Unités.
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- FARADISATION. — FEEDER.
- FARADISATION. — Électrisation par les courants induits (Voy. Électrothérapie, Excitateur, Machine, etc.).
- FEEDER. — On entend par feeder une canalisation spéciale partant de l’usine de production et alimentant chaque centre de distribution
- Fig. 347. — Lignes de force magnétique.
- A l’aide de rhéostats, on fait varier la près- de façon à obtenir une différence de potentie1
- sion d'émission dans cette canalisation spéciale, constante sur les divers points du réseau.
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- FER A SOUDER ÉLECTRIQUE
- FER A SOUDER ÉLECTRIQUE. — Instrument compos® d’une sorte de coin en platine ayant à peu près la forme d’un fer à souder. U est porté par deux tiges de cuivre dissimulées dans un manche de bois et qui sont reliées aux deux pôles d’une source puissante. Quand on ferme l'interrupteur placé sur une de ces tiges, le fer rougit assez pour permettre de souder des métaux quelconques. Procédé imaginé par M. Boll, de Philadelphie. Nous indiquons plus loin (voy. Soudure) d’autres méthodes.
- fer doux. — Fer pur et non écroui qui s’ai-niante et se désaimante instantanément. I
- . — FERRURE ÉLECTRIQUE.
- FERMER (un circuit). — Établir dans un circuit les communications métalliques nécessaires pour qu’un courant puisse le parcourir.
- FERMETURE. — Action de fermer (un circuit).
- FERRO-MAGNÉTIQUE (Corps). — Corps atti-rable par l’aimant. Synonyme de magnétique et de paramagnétique.
- FERRURE ÉLECTRIQUE. — Une des applications les plus curieuses de l’électricité est certainement son emploi pour ferrer les chevaux rétifs. Le capitaine de Place se sert pour cela I d’une petite bobine de Ruhmkorff, dont on fait
- Fig. 348. — Bridon électrique.
- passer le courant dans la bouche de l’animal, et <101 est alimentée par une petite pile au bichromate de potasse dont on enfonce le zinc plus 011 moins profondément, pour graduer l’intensité d après l’effet produit : pour cela l’aide qui tlent la pile observe la physionomie du cheval, <tmsi qu on vo^ sur]a figUre 349. On relie les ,eux Pèles du fil induit.au mors brisé du bri-,( 0on Pia°é dans la bouche du cheval. Ce mors <j1°’ est aménagé de la façon suivante : les un^ COn<^uc*'eurs> dénudés à leur extrémité sur cés °n®ueur d’environ 3 centimètres, sont pla-U Que*j re8ard sur les deux brisures du filet à <iu fil Cen^mai;res l’un de l’autre. Les canons bout S°n^ P^^blement renfermés dans un aueur 6 tU^e caoutchouc, fendu dans sa lon-Ce tu^ ^°ur * introduire et fixé sur les canons. c°uduct,a ^°Ur ^-jet d’isoler les extrémités des gature° eUrs’ 5U* P°rtent chacune, sous une li-Clrculaire terminale de laiton, une petite
- éponge humide qui, faisant le tour du canon, assure un contact parfait de chaque rhéophore avec la bouche du cheval.
- Cette méthode donne d’excellents résultats : elle est simple et facile à mettre en pratique; la terreur que font naître chez les animaux les décharges électriques est si grande et leur souvenir si vivace qu’en une seule séance le cheval se trouve corrigé à tout jamais, sans qu’il puisse en résulter d’accident pour lui. Que la rébellion au ferrage provienne de la maladresse et de la brutalité des gens qui les mènent à la forge, de la frayeur ou de toute autre cause, les chevaux les plus difficiles sont bientôt vaincus par l’électricité, et la plus énergique volonté doublée du plus bel entêtement cèdent bien vite à quelques rapides inversions de courant.
- Avec un cheval qui se défend parce qu’il est irritable par tempérament, nerveux, impressionnable, ce qui arrive aux chevaux de pur sang, il
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- FERRURE ÉLECTRIQUE.
- faut donner la secousse très faible et graduelle avant de chercher à prendre le pied. Le cheval fait alors un bond violent et cherche à se renverser. 11 faut suivre le bond pendant qu’un
- aide maintient le cheval au caveçon, et cesser ensuite l’action du courant. Il n’y a ensuite qu'à prendre le pied; le cheval ne se défend plus. Avec certains chevaux gros et lourds, d’un
- Fig. 349. — Ferrure électrique. Le cheval reçoit l’action du courant (d’après une photographie).
- naturel brutal, il faut donner le courant en l’augmentant peu à peu et prendre le pied pendant que l’action se produit. Le plus souvent le passage du courant sur ces chevaux, dont les
- muqueuses sont moins sensibles, ne donne qu’une position légèrement stupéfiée et contractée de la tête, accompagnée d’un léger frémissement. C’est une jument de cette nature qui
- Fig. 350. — Le cheval a cessé de recevoir le courant et se laisse ferrer (d’après une photographie).
- est représentée par les dessins ci-joints, exécutés d'après des photographies représentant les expériences du capitaine de Place : cette jument ayant été amenée se défendit d’abord avec
- rage tant qu’on chercha à lui lever les pieds la méthode ordinaire; mais à peine le coU1 s eut-il agi pendant une quinzaine de secon qu’on put lever les pieds, frapper les fers
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- FEU SAINT-ELME OU SAINT-NICOLAS. — FIL.
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- lebrochoir, etc. La figure 349 montre le cheval «ouniis à l’action du courant : l’opérateur tient la bobine devant la tète de l’animal et un aide chargé de la pile gradue l’intensité. La figure 330 montre le même cheval qui, après avoir subi pendant quelques secondes l’action du courant, se laisse ferrer avec docilité, sans même être tenu parle bridon : il s’agissait dans ce cas d’un cheval qu’on ne pouvait ferrer auparavant qu’à la plate-longe en lui entravant les pieds, avec mille chances d’accidents pour les hommes et pour lui-même; il fut cependant guéri radicalement par une seule expérience. L’action de la bobine était très faible, peu douloureuse et cependant très désagréable dans la bouche et donnant des sensations de lueurs devant les yeux.
- FEU SAINT-ELME OÙ SAINT-NICOLAS. — Aigrettes lumineuses qui apparaissent quelquefois en temps d’orage sur les objets terminés en pointe, tels que le sommet d’un clocher ou les mâts d’un navire.
- FEUILLET MAGNÉTIQUE. — On donne ce nom au système formé d’une lame infiniment mince, ayant sur ses deux faces des couches uniformes et de même densité, l’une de magnétisme nord, l’autre de magnétisme sud.
- On nomme puissance d’un feuillet le produit de son épaisseur par la densité superficielle.
- On démontre que le potentiel d’un feuillet en un point extérieur est égal au produit de sa puissance par l’angle solide sous lequel on voit de ee point le contour terminal.
- Les propriétés des feuillets magnétiques sont importantes, car on peut toujours assimiler un courant fermé à un feuillet (voy. Électrodyna-miqcé).
- fibre vulcanisée. — Substance isolante lormée de fibres végétales, moulues, traitées par des agents très puissants et comprimées à une pression énorme; elle se présente sous la forme plaques ou feuilles de 1,06 m. sur 1,70 m., dans tou tes les épaisseurs à partir d’un 1/10 mil-miètre jusqu’à 32 millimètres ; les couleurs sont rouge, gris et noir.
- 1 SuWaHt l’empi0i auquel elle est destinée, on a ait dure comme l’ébène ou le caoutchouc Çh^Cl’ ou flexible comme le cuir ou le caout-Uc souple; il n’entre pas de caoutchouc dans * composition.
- isol 'ari^t® dure remplace l’ébonite comme Üs^an^’ "variété flexible est spécialement uti-Plac r|anS *6S aPP^ca^ons hydrauliques à la Pour .U-CaoutcW ou du cuir, et notamment defPets de pompe, de navigation, de mines, Sensation et autres.
- FICHE. — Bouchon métallique servant à faire communiquer les bandes de cuivre qu’on voit sur les boîtes de résistances et sur certains commutateurs (voy. ces mots).
- FIGURES DE LICHTENBERG. — Dessins obtenus en projetant à l’aide d’un petit soufflet un mélange de minium et de soufre en fleur sur un plateau de résine, dont la surface présente des parties électrisées positivement et négativement. En s’échappant du soufflet, le soufre et le minium s’électrisent : le soufre devient négatif et se porte sur les dessins positifs; le minium se charge positivement et va sur les dessins négatifs. Le soufre s’étale généralement en arborescences jaunes finement découpées, tandis que le minium se dispose en traînées rouges, rectilignes, épaisses et présentant souvent l’aspect de gouttes.
- Ces figures servent à montrer que les deux armatures d’une bouteille de Leyde ont des électricités contraires : on trace des dessins sur la résine avec les deux armatures, et on projette le mélange de soufre et de minium. La même expérience permet d’étudier les effets des décharges, la propagation de l’électricité à la surface des diélectriques, etc. La figure 351 montre deux apparences obtenues en plaçant à la surface de la résine les deux pôles de la machine rhéostatique de G. Planté. Dans le premier cas, la distance entre les pointes de l’excitateur était trop grande pour que l’étincelle pût éclater; le minium ne s’étend pas jusqu’au pôle négatif, et le pôle positif est entouré d’une couronne de soufre continue à rayons divergents. Lorsque l’étincelle a éclaté, cette couronne est ouverte et le minium s’étend jusqu’au pôle positif lui-même; c’est le cas du second dessin.
- FIGURES MAGNÉTIQUES. — Apparences analogues aux fantômes magnétiques, obtenues en promenant le pôle d’un aimant à la surface d’une plaque d’acier, qu’on saupoudre ensuite de limaille de fer. La limaille s’attache aux points qui ont été touchés par l’aimant.
- FIGURES RORIQUES. — On donne ce nom aux dessins produits à la surface du verre par le passage des étincelles, et qu’on peut faire apparaître en soufflant sur la surface de façon à la couvrir de buée.
- FIL. — On nomme fils, par opposition aux câbles, les conducteurs de petit diamètre qui servent à la construction des dynamos et autres appareils, ou à l’établissement des lignes de faible débit, généralement aériennes (voy. Ligne et Canalisation). Le fil des lignes aériennes
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- Fig. 351. — Figures de Lichtenberg produites par la machine riiéostatique.
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- FIL DE SUSPENSION. — FILET SOLÉNOIDAL. 311
- est généralement nu et supporté par des isolateurs en porcelaine disposés sur des poteaux de k0js ou de fer. Il est en fer galvanisé, ou en bronze phosphoreux, silicieux ou chromé, ou formé d'une cime d’acier entourée d’une couche (]e cuivre (fil compound).
- Les fils recouverts servent à la construction des appareils, aux installations de lignes intérieures (appartements, postes télégraphiques et téléphoniques). Pour les lignes intérieures, on emploie surtout le fil recouvert d’une enveloppe de gutta-percha et d’une couche de coton; les fils de petit diamètre qui servent à la construction des boussoles, appareils télégraphiques, etc., sont généralement couverts seulement d’un guipage de soie ; les gros fils servant à la construction des dynamos n’ont qu’un simple guipage de coton. L’enduit de gutta-percha est appliqué à chaud par une presse hydraulique. Les guipages de coton et de soie sont tissés à l’aide d’un métier analogue aux métiers à passementerie. Suivant le degré d’isolement désiré, on peut appliquer successivement deux ou trois couches de fil isolant, en alternant chaque fois le sens de l’enroulement. Deux couches de soie ainsi disposées forment, même sans gutta-percha, un très bon isolant. Le fil ainsi recouvert est souvent passé ensuite dans un bain liquide de bitume de Judée ou de gomme laque pour le préserver de l’humidité (Yoy. Gable et Conducteur).
- Pour les boîtes de résistances, on emploie, au lieu de cuivre, des fils de maillechort ou d’un alliage argent et platine, dont la résistance varie très peu avec la température.
- Au lieu de désigner les fils par le diamètre du cuivre nu, on emploie dans le commerce dhers procédés de numérotage (Voy. Jauge).
- Fil direct, semi-direct, omnibus. — Dans les télégraphes, on nomme fil direct celui qui relie seulement des postes très éloignés les uns des autres, fil semi-direct celui qui fait communiquer des postes moins éloignés, et fil omnibus ce ui qui dessert à peu près tous les postes. c * J*n‘ ~~ ordinairement en fer, qui, dans est aiUS moc^es paratonnerres (voy. ce mot), et entre les appareils télégraphiques
- viol 1^ne' Pendant un orage, un courant aPPan^arC°Ur^a ^ne’ ^ est frrûlé> et les fpAtarei,s’ m*s hors de circuit, ne risquent pas
- fletre détériorés.
- nés retour‘ — Fil qui réunit l’une des bor-^ePuM a^are^ au P^e négatif de la source, es expériences de Steinheil (1838), le fil
- de retour, dans les télégraphes, est supprimé et remplacé par la terre.
- Fil de terre. — Fil qui fait communiquer avec la terre l’un des pôles d’une pile ou l’une des extrémités d’un circuit. Cette communication avec la terre doit être parfaitement établie. Dans les laboratoires, on se sert des conduites d’eau ou de gaz.
- Dans l’industrie, il est bon de terminer ce fil par une large plaque métallique plongée dans un puits intarissable (et non dans une citerne). Nous reviendrons sur ces précautions en parlant des paratonnerres.
- FIL DE SUSPENSION. — Dans les appareils très sensibles (galvanomètres, etc.), on suspend l’aiguille par un fil de soie non travaillé, tel qu’il sort du cocon. Ces fils de cocon ne présentent à la torsion qu’une résistance négligeable, de sorte qu’on peut les tordre de plusieurs circonférences sans qu’ils reviennent sur eux-mêmes. L’aiguille peut donc tourner librement sans que l’action du fil contribue à la ramener au zéro.
- Si le fil doit au contraire développer une force antagoniste de torsion, qui tende à ramener l’aiguille au zéro lorsqu’elle s’en écarte (balance de Coulomb, électromètres, etc.), on se sert d’un fil fin d’argent ou mieux d’une suspension bifilaire (Yoy. Bifilaire), formée de fil de cocon ou de fil d’argent. Les suspensions formées d’un seul fil d’argent ont l’inconvénient de changer sans cesse de structure moléculaire, de sorte que le zéro se déplace constamment. On peut employer aussi des fils de verre.
- FILAMENT. — Brin de charbon long et fin qui, dans les lampes à incandescence, est porté à une haute température et devient lumineux.
- FILET SOLËNOIDAL.— On donne ce nom à une série d’éléments magnétiques, disposés en file, leurs axes formant une ligne continue de forme quelconque, et le pôle nord de chacun étant en contact avec le pôle sud du suivant. Les faces en contact ayant des masses égales et contraires, le système peut être considéré comme neutre dans toute son étendue, sauf sur les deux extrémités, qui ont des masses égales et contraires. L’action du filet ne dépend que de la grandeur et de la position de ces deux masses; elle est donc indépendante de sa forme et de sa longueur; elle est nulle si le filet se ferme sur lui-même.
- La puissance P d’un filet est le produit de sa section par son intensité d’aimantation. Le po-
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- FILTRAGE. — FLAMBEAU ÉLECTRIQUE.
- tentiel du filet en un point situé à des distances r et r' des deux extrémités est
- FILTRAGE. — Lorsqu’on filtre du mercure à travers une peau de chamois, le liquide s’électrise positivement, et le filtre négativement. Les effets sont d’autant plus énergiques que les pores de la peau sont plus fins.
- FILTRE ÉLECTRIQUE. — Plusieurs inventeurs ont construit des filtres dans lesquels on détruit les germes malsains par l’oxygène que dégage le courant d’une pile. L’eau traverse des vases dans lesquels plongent des électrodes de charbon reliées à la source d’électricité.
- FLACON ÉLECTRIQUE. — Syn. de Bouteille
- DE LEYDE.
- FLAMBEAU ÉLECTRIQUE. — Pour le ballet d'Ascanio, représenté à l’Opéra de Paris le
- 21 mars 1890, M. Trouvé a construit un flambeau électrique analogue à ses bijoux lumineux. Les directeurs de l’Opéra désiraient un flambeau léger, de dimensions restreintes, s’alimentant par lui-même pendant 12 à 15 minutes, de façon à supprimer les fils conducteurs, qu’il eût été difficile de dissimuler dans les vêtements de la danseuse représentant Phœbus.
- La source employée est une lampe à incan-
- descence (fig. 352), dont les rayons se tamisent à travers des pierreries de diverses couleurs, et qui est alimentée par six petits accumula teurs en plomb, du genre Planté, disposés dans le flambeau lui-même, trois à la partie supe rieure, les trois autres à la partie inférieure» dans le fût. Chaque élément complet pese 70 grammes, fsoit en tout 420 grammes. Les éléctrodes ont)5 centimètres de hauteur sur 7 de longueur.
- et sont enroulées en spi
- raie ;
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- FLUIDE ÉLECTRIQUE. — FLUVIOGRAPHE OU MARÉGRAPHI5.
- leur distance est, dans chaque élément, de 1 o mm. ; chaque couple forme un cylindre de 7 centimètres de hauteur et de 2 centimètres de diamètre.
- Le pôle positif est à la partie inférieure du flambeau, le pôle négatif à la partie supérieure. La lampe est reliée d’une façon permanente à ce dernier pôle, et au premier par un bouton commutateur, sur lequel on appuie pour produire l’incandescence.
- M. Trouvé a construit en outre un autre flambeau alimenté par des piles au bichromate à renversement. En le tenant la tête en bas, les éléments sont hors du liquide ; pour produire le courant, il faut d’abord le redresser, puis appuyer sur le bouton.
- FLUIDE ÉLECTRIQUE. — On expliquait au siècle dernier les phénomènes électriques par l’existence d’un (théorie de Franklin) ou même de deux fluides particuliers (théorie de Symmer), le fluide positif et le fluide négatif. On tend à penser aujourd’hui que ces phénomènes sont dus à l’éther, fluide auquel on attribue également les vibrations calorifiques et lumineuses (Voy. Éther, Électricité).
- FLUIDE MAGNÉTIQUE. — On attribuait également les phénomènes magnétiques à deux fluides distincts, le fluide austral et le fluide boréal. Les relations nombreuses qui ont été découvertes entre le magnétisme et l’électricité permettent de rattacher l’un à l’autre, et de les attribuer à des manifestations diverses des propriétés de l’éther.
- fluorescence électrique. — Fluorescence produite par la lumière de l’arc électrique ou des tubes de Geissler. Exposés à cette lumière, les sulfures alcalins, le verre d’urane, le sulfate de quinine, etc., deviennent lumineux dans l’obscurité.
- FLUVIOGRAPHE ou MARÉGRAPHE. — Appareil enregistreur destiné à indiquer le niveau de 1 eau dans un fleuve ou une rivière ou à ins-Crire les changements de hauteur dus xne marées. Les mêmes appareils peuvent servir aux deux usages. Dans les fluviographes, l’é— c ricité ne sert souvent qu’à mettre en mar-c e une sonnerie, lorsque le niveau tend à s°rtirde certaines limites tracées d’avance. v ans fluviographe de M. Cheysson, les ni-Ux sont inscrits sur un disque circulaire
- Ilg ^
- qm tourne autour de son centre en ^ b 'filtre heures par l’action d’un mouve-prj^^0r^0nerie. Sur chaque disque sont im-- rayons équidistants, qui corres-6n aux heures; des cercles concentriques
- Fig. 353. — Fluviogiaphe à cadran.
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- FLUVIOGRAPHE OU MARÉGRAPHE.
- indiquent les hauteurs d’eau. Un flotteur, installé dans un puits vertical en communication avec la rivière, est suspendu à un fil qui passe sur une poulie et porte à l’autre extrémité un crayon, qui se déplace suivant le rayon vertical du disque, lorsque le niveau change. Deux contacts mobiles, se fixant à volonté,
- Fig. 354. — Fluviographe à cylindre vertical.
- sont rencontrés par le chariot qui porte le crayon, lorsque le niveau de retenue est dépassé, soit en crue, soit en baisse. Ce contact ferme un circuit qui comprend une sonnerie.
- La maison Collin construit encore un modèle qui diffère seulement du précédent en ce que l’inscription se fait sur un cylindre vertical recouvert d’une feuille de papier qui fait un tour
- sur lui-même en sept jours (fig. 354). Des génératrices équidistantes représentent les jours et les heures, et des lignes horizontales correspondent aux hauteurs d’eau. Le crayon est encore fixé à un fil qui passe sur une poulie et porte un flotteur à l’autre extrémité. Des contacts mobiles servent encore à actionner une sonnerie lorsque le niveau sort des limites fixées. Cette sonnerie, qu’on a figurée auprès de l’appareil, est placée en réalité dans la chambre du surveillant.
- Lorsque l’appareil sert de marégraphe, le cylindre fait un tour en vingt-quatre heures. U s’applique à tous contrôles de niveau, et enregistre avec précision tous les mouvements d’eau, coups de mer, houle, passage de bateaux, etc. Le crayon, qui a l’inconvénient de s’user, peut être remplacé par une plume, qui, une fois chargée d’encre, peut fonctionner pendant un mois.
- Les appareils précédents fonctionnent notamment à Suresnes, Bougival, Bezons, Boulogne, Calais, Panama, Corinthe, la Réunion, etc.
- Dans le fluviographe de MM. Lepaute, le cylindre a son axe horizontal. Le flotteur est suspendu à un fil qui passe sur des poulies de renvoi et porte à l’autre extrémité un curseur se déplaçant parallèlement à l’axe du cylindre, et muni d’un électro-aimant dans lequel le mouvement d’horlogerie lance un courant toutes les 5 minutes.
- L’électro agit alors sur une pointe qui fait une piqûre dans le papier du cylindre. En joignant les piqûres par une ligne continue, on a la courbe des niveaux. Deux contacts mobiles peuvent glisser sur une règle parallèle à celle qui porte le curseur; lorsque celui-ci vient les toucher, une sonnerie est mise en branle; ces contacts portent chacun un crayon qui indique sur le cylindre les limites qu’on a fixées.
- Dans le fluviographe de M. Macquery, c’est l’électricité qui enregistre les variations de niveau. Le fil du flotteur s’enroule sur une roue dont la circonférence est creusée d’une rainure hélicoïdale : le nombre de tours de la rainure doit être tel que la longueur du fil suffise à tous les changements possibles de niveau. Une double roue isolante, montée sur le même axe que la première, et munie de contacts métallique lance un courant dans un premier circuit chaque fois que le niveau a monté de 5 centimètres, et dans un second, chaque fois qu’il a descendu de la même quantité. L’appareil enregistreur est une sorte de récepteur Morse (Yoy. Télégraphe), ayant deux électro-aimante
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- FLUX DE FORCE. — FONTAINE LUMINEUSE.
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- auxquels aboutissent les deux circuits précédents. Ces deux électros ont leurs armatures fixées à deux leviers dont les extrémités peuvent appuyer sur une même bande de papier. Mais les molettes correspondantes sont garnies, l’une d’encre bleue, l’autre d’encre rouge. Lorsque le niveau baisse de 5 centimètres, un courant traverse le premier circuit ; un point bleu s’imprime sur la bande ; une hausse de 5 centimètres envoie le courant dans l’autre circuit et. produit un point rouge. L’un des cylindres qui entraînent le papier est muni de pointes qui, toutes les dix minutes, percent la bande. On connaît ainsi les intervalles de temps qui séparent les points bleus ou rouges, et il est facile de construire la courbe des variations.
- Deux contacts, qui peuvent se fixer sur l’axe du transmetteur, actionnent des sonneries lorsque le niveau tend à sortir des limites déterminées d’avance. Le principal avantage de cet appareil consiste en ce que le récepteur peut être placé à une distance quelconque de la rivière. On peut aussi, en augmentant le nombre des électro-aimants, construire un récepteur qui donnera sur une même bande de papier les indications relatives à plusieurs postes’i FLUX DE FORCE. — Si l’on considère un élément d’une surface quelconque placée dans un champ électrique, on nomme flux de force le produit de la surface de cet élément par la composante normale de la force.
- Si ds est' l’élément considéré, F la force et a l’angle qu’elle fait avec la normale à l’élément, le flux de force est
- F .ds. cos. a.
- Le flux total relatif à une surface quelconque est la somme algébrique des flux relatifs à tous ses éléments.
- Théorème de Gauss ou de Green. — Le flux total de force qui traverse une surface fermée quelconque, placée dans un champ électrique, est égal à la quantité d'électricité comprise dans cette surface multipliée par 4 ir.
- FLUX D’INDUCTION. — On donne ce nom produit du flux de force par le pouvoir in-ucteur k du milieu ambiant. Si un tube de 0rce passe d’un diélectrique dans un autre, le d induction reste constant.
- nantNTAINE LUMINEUSE- — Appareil don-un jet d’eau éclairé intérieurement par la lumière électrique. Le principe des fontaines do^111611863 GS^ Expérience suivante de Colla-uercé^n réservo*r plein d’eau (fig. 355) est en R d’un orifice d’écoulement et en A
- d’un orifice plus grand, fermé par une plaque de verre. Les rayons d’une lampe électrique, rendus parallèles par un jeu de lentilles, traversent le réservoir et viennent éclairer le
- Fig. 355. — Fontaine lumineuse.
- commencement de la veine liquide. La réflexion totale les empêche de sortir de l’eau et les force à suivre le jet parabolique, qui paraît illuminé sur une grande partie de sa longueur.
- Des applications de ce principe ont été faites souvent pour le théâtre, et une fontaine lumineuse importante, construite par MM. Galloway and sons, de Glascow, obtint un grand succès aux Expositions de Londres, de Manchester et de Glascow en 1886, 1887 et 1888.
- C’est ce qui donna l’idée d’installer une fontaine analogue à l’Exposition universelle de 1889. La fontaine Galloway ayant paru insuffisante, on imagina une disposition beaucoup plus importante, que nous allons décrire rapidement.
- Un premier bassin contenait une fontaine monumentale représentant le navire de la ville de Paris ; des dauphins, des cornes d’abondance et des urnes y donnaient quatorze jets paraboliques ou horizontaux ; il y avait en outre deux jets verticaux. De ce bassin l’eau tombait, par une cascade de 40 mètres de largeur, dans une vasque inférieure communiquant avec un bassin rectangulaire de 40 mètres de longueur formant la seconde partie de la pièce d’eau. Cette partie renfermait quatorze gerbes, formées chacune de dix-sept jets verticaux. Enfin l’eau arrivait dans un troisième bassin, de forme octogonale, au centre
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- FONTAINE LUMINEUSE.
- duquel était placée la fontaine Galloway, formée de seize gerbes verticales, disposées en deux cercles concentriques autour d’une immense gerbe à double jet.
- L’éclairage comprenait dix-sept régulateurs de 60 ampères pour ce dernier bassin et 30 de 40 ampères pour la partie française, ce qui donnait une intensité totale de 35,000 carcels.
- Il y avait donc un régulateur pour chaque jet L’éclairage des fontaines anglaises s’obtenait très simplement. Le tuyau qui amenait l’eau formait deux coudes, de sorte que l’aiuta«e d’écoulement se trouvait placé au-dessus d’une dalle de verre de 0,60 m. de côté, disposée elle-même un peu au-dessus de la surface de l’eau du bassin. Au-dessous de cette dalle était
- Fig. 336. •— Éclairage des fontaines lumineuses.
- placé un régulateur à charbons horizontaux, muni d’un réflecteur parabolique en étain, qui était percé d’un petit trou central, pour laisser tomber les cendres, et qui renvoyait les rayons, rendus parallèles, sur la dalle de verre. La pointe du charbon positif était au-dessous de celle du charbon négatif, de sorte qu’en se creusant il réfléchissait la lumière vers le haut. Le réglage des charbons se faisait à la main.
- Dans la partie française, les jets verticaux
- étaient éclairés par un système un peu différent, installé par MM. Sautter, Lemonnier etCie-Le régulateur, à charbons verticaux (fig- 3a0)> était à réglage automatique. Un réflecteur sphérique F renvoyait les rayons horizontalement sur un miroir plan M, incliné à 45°, qui les rendait verticaux et les projetait sur la dalle de verre.
- Enfin l’éclairage des jets horizontaux était réalisé par un système analogue à l’expérience de Colladon ; mais, les jets étant beaucoup pluS
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- FORCE COERCITIVE. — FORCE ÉLECTROMOTRICE. 317
- <>ros, on avait trouvé avantage à les rendre creux : l’eau s’échappait donc par des orifices annulaires elliptiques. L’éclairage était fourni par un régulateur placé horizontalement, comme dans le système Galloway. Un réflecteur parabolique renvoyait la lumière verticalement sur un miroir plan M, incliné à 43°, qui la dirigeait suivant l’axe de la veine creuse AH.
- Les changements de couleur s’obtenaient très simplement, en interposant sous les dalles transparentes des lames de verre placées dans des châssis et commandées par des leviers analogues à ceux des aiguilles en usage sur les chemins de fer. Un chef d’équipe, placé dans un kiosque à 30 mètres de distance, surveillait l’effet général et commandait les changements de couleur électriquement à l’aide d’une série de boutons en communication avec des tableaux placés dans les chambres souterraines.
- FORCE COERCITIVE. — On donne ce nom à la cause inconnue qui fait que l’acier, le nickel, le cobalt s’aimantent plus lentement que le fer doux, mais gardent ensuite l’aimantation qu’ils ont acquise.
- FORCE CONTRE-ÉLECTROMOTRICE. — Force électromotrice qui se développe dans certains appareils traversés par un courant en sens contraire de celle de la source ; elle s’oppose à celle-ci et diminue ses effets. Ainsi l’arc voltaïque, les actions chimiques présentent toujours des forces contre-électromotrices.
- La source employée pour actionner un appareil doit toujours avoir une force électromotrice supérieure à la force contre-électromotrice que peut développer cet appareil. Ainsi, quelle que soit l’intensité d’un courant, on ne pourra obtenir un arc électrique, si la différence de potentiel ne surpasse pas la force contre-électromotrice de l’arc. C’est ce qui explique pourquoi °n ne peut décomposer l’eau avec un seul élément Daniell, la force contre-électromotrice étant 1,49 volt.
- Lorsqu’on charge une batterie d’accumulateurs, si la force contre-électromotrice vient à dépasser la force de la dynamo, le courant change de sens et les accumulateurs se déchar-8ent à travers la machine. Il en est de même ?uand on actionne un moteur ou une dynamo servant de réceptrice.
- J°RCE ÉLECTRIQUE. — On nomme force
- ,c n?we ou intensité du champ en un point la Résultante des actions qu’exerceraient toutes
- les placée
- masses agissantes sur une masse égale à 1 en ce point.
- La force électrique est la dérivée, prise en signe contraire, du potentiel par rapport à la normale à la surface de niveau qui passe par le point considéré. Si le potentiel est constant dans une portion de l’espace, la force y est nulle. C’est ce qui a lieu dans l’intérieur d’un conducteur en équilibre.
- Lignes de force. — On nomme ligne de force une ligne tangente en chaque point à la direction de la force. La force étant nulle dans les conducteurs, les lignes de force s’arrêtent normalement à leur surface. Ces lignes sont perpendiculaires aux surfaces équipotentielles (Voy. Éqüipotentiel). Quand les lignes de force sont des droites parallèles, les surfaces équipotentielles sont des plans ; la force est constante en grandeur et en direction, et le champ est uniforme.
- Tubes de force. — On appelle tube de force une sorte de canal, de très petite section, dont la surface latérale est formée par des lignes de force.
- Théorème de Coulomb. — En un point infiniment voisin de la surface d'un conducteur électrisé en équilibre, la force électrique est égale à la densité électrique au voisinage de ce point multipliée par 4 77.
- La direction de la force est d’ailleurs normale à la surface.
- FORCE ÉLECTROMOTRICE. — Lorsqu’on réunit par un fil métallique deux conducteurs à des potentiels différents, un courant traverse le fil, allant du conducteur qui a le potentiel le plus élevé à l’autre ; ce courant persiste aussi longtemps qu’une cause quelconque tend à rétablir entre les deux corps la différence de potentiel primitive. Cette différence de potentiel, qui produit le courant, est souvent appelée force électromotrice.
- Dans une pile, la force électromotrice est égale à la différence de potentiel entre les deux pôles de la pile ouverte. Il n’en est plus de même lorsqu’on réunit les deux pôles par un fil ; la différence de potentiel aux pôles diminue, et d’autant plus que le circuit extérieur est moins résistant. On peut facilement s’en rendre compte par une construction graphique. Il en est de même pour les machines d’induction.
- Dans le système électromagnétique C. G. S, l’unité de force électromotrice est la force qu’il faudrait maintenir entre les extrémités d’un circuit pour que l’unité de quantité d’électricité développât une unité de travail en passant dans le circuit. Cette unité est à peu près la cent-
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- FORCE ÉLECTROMOTRICE.
- millionième partie de la force d’un Daniell. On se sert généralement de l’unité pratique, le volt, qui vaut 108 unités absolues; c’est la différence de potentiel qui donne un courant d’un ampère dans un circuit dont la résistance égale un ohm.
- Force électromotrice de polarisation. — Voy.
- Polarisation.
- Mesure des forces électromotrices. — Le
- procédé le plus simple consiste dans l’emploi des voltmètres (Voy. ce mot) qui donnent la force électromotrice en valeur absolue. Mais ces instruments conviennent surtout aux usages industriels.
- Méthode de l'égale déviation. — La table de mesures de M. Desruelles, décrite plus loin (Voy. Pont de Wheatstone et Résistance), peut servir à mesurer rapidement la force électro-motrice d’une pile. On prend un couple étalon Desruelles, dont la force électromotrice est, d’après l’auteur, exactement égale à 1 volt, et l’on achève le circuit avec un galvanomètre et un nombre de bobines convenable pour que la résistance totale soit exactement 1000 ohms. L’intensité est, eu ampères :
- i = -L-.
- 1000
- On remplace la pile étalon par l’élément étudié dont la force électromotrice est 1-px. Pour ramener la déviation à la même valeur, il faut ajouter une résistance égale à 1000 X. Donc le nombre d’ohms introduit indique le nombre de millièmes qu’il faut ajouter à 1 pour avoir la force électromotrice cherchée. On opérera de même si cette force est plus petite que 1.
- Méthode de M. Latimer-Clark. — La méthode suivante, due à M. Latimer-Clark, donne plus
- Fig. 357. — Méthode de M. Latimer-Clark.
- de précision. La pile P, dont on cherche la force électromotrice, est reliée à une boussole des tangentes B et à un galvanomètre G (fig. 357).
- Une pile auxiliaire P' est placée de façon qUe son courant traverse la boussole dans le même sens que le premier et le galvanomètre en sens contraire. A l’aide du rhéostat R, on fait varier l’intensité de la seconde pile jusqu’à ce que ]e galvanomètre G soit au zéro, et l’on note l’in. tensité I donnée par la boussole B. L’intensité est nulle dans toute la portion APGC. Si R est la résistance de la boussole et E la force électromotrice cherchée, on a, en appliquant au circuit PABCG l’une des lois des courants dérivés (Voy. ce mot).
- E = IR.
- Si I et R sont exprimées en unités absolues, E le sera également. Le fil qui contient la pile P n’étant parcouru par aucun courant, cette pile ne s’use pas et ne risque pas de s’affaiblir ; le seul inconvénient est la nécessité d’étalonner exactement la boussole.
- Méthodes d'opposition. — Une méthode souvent employée consiste à opposer la pile considérée à un étalon de force électromotrice connue, de sorte que leurs courants traversent en sens contraire un circuit contenant un galvanomètre; on amène cet instrument au zéro en modifiant la résistance d’une manière convenable.
- On a donné à cette méthode différentes dispositions ; la plus commode est celle de Pog-gendorff, modifiée par M. Bosscha. Soient P et P' (fig. 358) la pile et l’étalon, montés en
- P P
- Fig. 358. — Méthode d’opposition.
- opposition, G un galvanomètre. On place en A une dérivation contenant un rhéostat R et un rhéocorde de Pouillet T ; un autre rhéocorde est en T'. Au point de croisement M est une clef de Morse, sur laquelle on appuie pour faire passer le courant et voir si le galvanomètre est dévié. On règle le rhéostat R pour amener Ie galvanomètre au zéro. Soient R et r les résis tances de AP'GM et de la dérivation AR^ E et E' les forces électromotrices des piles
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- FORCE ÉLECTROMOTRICE.
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- et p'; on a, en appliquant les lois des courants dérivés aux circuits P'ARMP' et PARMGP.
- ’ E' = (R + ») I
- car, pour ce dernier, l’intensité est nulle dans la portion MGPA. D’où
- E _ r
- M E' ~ R + r '
- Supposons maintenant qu’on ajoute en T et T', à l’aide des rhéocordes, des résistances a et b, telles que le galvanomètre soit encore au zéro ; on aura de même
- et
- D’où
- E' = (R + r + a + 6)P
- E = (r + «) 1'.
- E _ r + a E' R -+- r + a b '
- En combinant avec l’équation (1), il vient
- E = E'
- a
- a -p b
- Il suffît donc de lire, sur les rhéocordes, les résistances a et b. Remarquons que E doit être inférieure à la’force E' de l’étalon ; on emploie, s’il le faut, plusieurs éléments de ce dernier montés en série.
- E’étalon employé d’ordinaire est la pile La-timer Clark (Voy. |Piiæ Étalon), dont la force ost parfaitement constante et varie peu avec la température. Le galvanomètre G doit être très sensible ; on emploie ordinairement un galvanomètre Thomson à réflexion, non astatique, dont la règle divisée est placée en face de l’observateur.
- Mesure par Vélectromètre. — Dans toutes les méthodes de réduction au zéro, comme la précédente, on peut remplacer le galvanomètre Par un électromètre, sensible, par exemple l’é— lectromètre capillaire. L’intensité étant nulle dans le ftl qui contient l’instrument, il est clair fîu on ne change rien en coupant ce fil pour y Produire l’électromètre ; on amène le ménis-fîUe mercuriel à être tangent au fil horizontal du réticule.
- ^ électromètre capillaire peut même servir ^ déterminer directement les forces électromo-nces- Si la force à déterminer est inférieure
- à ^ Daniell,on attache le pôle négatif au fil a,
- le pôle positif au fil p, et l’on observe le déplacement du ménisque. S’il est de n divisions, la
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- force électromotrice est - — Daniell, car cha-
- looO
- 1
- que division correspond à Daniell.
- 1
- Si la force à mesurer est comprise entre —
- et 1 Daniell, on opère de même, mais on ramène le ménisque au zéro à l’aide de la manivelle V ; on lit au manomètre la valeur de la pression et l’on cherche dans la table la force électromotrice correspondante (Voy. Électromètre capillaire).
- Enfin si la force électromotriée est supérieure à t Daniell, il convient de lui opposer un ou plusieurs éléments étalons, de façon à n’avoir
- 1
- à mesurer qu’une force inférieure à - Daniell.
- En effet, au-dessus de 0,9 Daniell, la sensibilité de l’électromètre va en décroissant.
- Mesure à l'aide des condensateurs. — On peut encore mesurer la force électromotrice d’une pile en s’en servant pour charger un condensateur, puis répétant la même opération avec un couple étalon. La table de mesures décrite plus loin (Voy. Mesures) peut servir à cette détermination. On charge le condensateur avec la pile étudiée de force électromotrice E, puis on la décharge à travers le galvanomètre qui indique une déviation *. On opère de même avec la pile étalon de force E', qui donne une déviation a!
- sm a E_ _ 2
- E' — sin a'
- "2"
- Si les angles sont très petits, on peut écrire
- £ _ a E' a'
- La disposition est celle de la figure 186, et l’on agit comme pour la mesure des capacités; mais on attache successivement les deux piles à comparer aux bornes a et b du commutateur multiple. Si les déviations a et a' sont trop grandes, on peut les réduire en shuntant le galvanomètre.
- Enfin nous décrivons plus loin d’autres appareils (Voy. Potentiomètre), qui peuvent servir à mesurer les forces électromotrices.
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- FORCE MAGNÉTIQUE. — FOUDRE.
- Forces électromotrices des principaux éléments de piles.
- :u20
- N OMS. POLE — LIQUIDE EXCITATEUR. POLE + CORPS DÉPOLARISANT. force électromotriCe en volts.
- Daniell Grove. Zinc amalgamé. Ac. sulfurique 1 au —-12 Cuivre. Platine. Charbon S04Cu Az03H 0.978 1.810 1.964 2.028 2.000 1.524 1.059 1.481 0.916 1.850 2.20 à 2.80 0.036
- Bunsen
- Poggendorff Bichromate.
- Cloris-Baudet
- Marié-Davy S04Hg2 AgCl MnOa
- Warren de la Rue Leclanché AzH4Cl Argent. Charbon.
- Gai ffe ZnCl2 NaOH
- Reynier w Cuivre. S04Cu
- Accumulateur de Planté
- Pile thermo-électrique deClamond.
- FORCE MAGNÉTIQUE. — Action qui s’excerce entre les masses magnétiques. D’une manière plus précise, on nomme force magnétique en un point la résultante des actions de toutes les masses en présence sur une masse positive égale à 1 située en ce point.
- Lignes de force. — Lignes continues, tangentes en tous les points du champ à la direction de la force magnétique.
- Gomme pour l'électricité, ces lignes partent toujours d’une région positive pour aboutir à une région négative, mais, la distribution n’étant plus seulement superficielle, comme sur les conducteurs électrisés en équilibre, elles ne sont pas normales à la surface.
- Lorsque les lignes de force sont parallèles, on dit que le champ est uniforme. On peut rendre visible la direction du champ et des lignes de force par l’expérience des spectres ou des fantômes magnétiques (Voy. Fantôme).
- FORCE MAGNÉTIQUE TERRESTRE. — Action de la terre sur un pôle magnétique. Le champ terrestre est uniforme en un même lieu, mais il varie de direction et d’intensité avec le temps, et aussi d’un lieu à un autre. On fixe sa direction en déterminant la déclinaison et l’inclinaison. Nous donnerons plus loin la mesure de l’intensité (Voy. Intensité).
- FORCE PORTATIVE. — La force portative d’un aimant s’évalue par la charge que peut porter son armature. Celle d’un aimant en fer à cheval peut atteindre 20 kilogrammes par centimètre carré.
- FOREUSE ÉLECTRIQUE. — Appareil employé pour le percement des mines et dans lequel l’électricité sert à transmettre la force qui fait mouvoir le foret.
- FORMULE DE MÉRITE D’UN GALVANOMÈTRE. — On donne ce nom à la résistance du circuit dans lequel il faut faire passer le courant d’un couple Daniell pour produire sur l’échelle du galvanomètre une déviation d’une division.
- FOUCAULT (Courants de). — Voy. Induction.
- FOUDRE. — Décharge électrique entre deux nuages chargés d’électricités contraires (Voy. Electricité atmosphérique). On donne plus spécialement le nom de tonnerre au bruit que produit la décharge et celui d'éclair (voy. ces mots) à la lu eur qui l’accompagne. Lorsque la décharge jaillit entre un nuage et le sol ou un objet terrestre, on dit que la foudre tombe. Franklin montra le premier, en 17o2, la nature électrique des décharges qui se produisent pendant les orages.
- Effets de la foudre. — Les effets de la foudre sont analogues à ceux de nos machines, mais incomparablement plus puissants. Ainsi elle fond et volatilise les conducteurs qu’elle traverse, transporte à distance des masses d’un grand poids, aimante des barreaux d’acier et affole les aiguilles aimantées. Elle enflamme les corps combustibles, provoque la formation d’ozone et d’azotate d’ammoniaque. Enfin elle agit sur les êtres vivants, et peut produire des désordres graves, la paralysie entière ou partielle du corps, et même la mort. Dans ce cas, il peut se produire des lésions apparentes, mais il peut se faire aussi qu’on n’en obsene
- aucune.
- Foudre globulaire. — On donne le nom
- de
- foudre globulaire ou d’éclair en boule à la f°u' dre qui se présente sous la forme d’un globe de feu, de grosseur variable, traverse l’atmo
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- FOUDRE.
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- sphère avec une vitesse variable, rebondit sur la terre comme une balle élastique, se promène parfois sur des matières combustibles sans les enflammer, et disparaît subitement, tantôt sans bruit, tantôt avec une forte détonation, en produisant sur les corps voisins les effets ordinaires de la foudre. Ce phénomène, assez rarement observé, est encore contesté par beaucoup d’électriciens. Les relations qu’on en trouve dans les livres se rapportent le plus souvent à des observations fort anciennes. Nous en citerons quelques exemples plus récents.
- « Le 1er juin 1886, à Moha (Belgique), le chef de gare vit, au moment de la décharge, une boule de feu monter le long du poteau d’arrêt, muni d’un paratonnerre, situé en face de la gare, suivre le fil des sonneries vers le bâtiment et disparaître au moment où elle atteignait la sonnerie de station vers Huccorgne, sonnerie qui n’a pas été endommagée.
- « Le 24 avril 1887, à Mortrée (Orne), éclata entre 3 et 7 heures du soir un- orage d’ouest-sud-ouest d’une extrême violence. La foudre pénétra dans une maison par la cheminée et sortit dans la rue en perçant un mur en briques de trois trous, au ras du sol.
- « Derrière cette habitation, une personne était dans une étable, et se disposait à traire une vache. Une boule de feu entre par la porte, passe entre les jambes de l’animal et disparait sans laisser de traces et sans causer de dégâts.
- « Pendant cet orage, les coups de tonnerre n’étaient pas précédés des roulements habituels : ils éclataient brusquement comme des décharges de mousqueterie et se succédaient à de courts intervalles.
- « Le 5 juillet 1832, M. Buchwalder, ingénieur suisse, occupé avec un aide à établir un signal geodésique sur le sommet du Sentis, dans le canton d’Appenzell, à 2,304 mètres au-dessus du niveau de la mer, observa vers 6 heures un 0rage violent.
- (< En ce moment, dit-il, un globe de feu apparut aux pieds de mon compagnon, et je me sentis frappé à la jambe gauche d’une violente commotion qui était un choc électrique. Il avait Poussé un cri plaintif : Ah ! mon Dieu ! Je me ^ournai vers lui et je vis sur son visage l’effet ëtait°lfl3 ^0U(^re- Ee gauche de sa figure chev S1^°nn® laches brunes ou rouges. Ses brûlé UX> SeS C^S’ SGS sourc^s’ étaient crispés et brun S6S ^vres> ses narines étaient d’un enc V1°^et : sa poitrine semblait se soulever lares6 ^ns*;anbs> mais bientôt le bruit de sPiration cessa. Je l’appelai, il ne me ré-
- ÙICTIONNAIRE D’ÉLECTRICITÉ.
- pondit pas. Son œil droit était ouvert et brillant ; il me semblait qu’il s’en échappait un rayon d’intelligence; mais l’œil gauche demeurait fermé, et, en soulevant la paupière, je vis qu’il était terne. Je portai la main sur le cœur, il ne battait plus; je piquai ses membres, le corps, les lèvres, avec un compas : tout était immobile : c’était la mort.
- « La douleur physique m’arracha à cette fatale contemplation. Ma jambe gauche était paralysée, et j’y sentais un frémissement extraordinaire. J’éprouvais en outre un tremblement général, de l’oppression, des battements de cœur désordonnés.
- Fig. 359. •— Jet d’eau produit par la foudre.
- « J’atteignis avec la plus grande peine le village d’Alt S. Johann. Les instruments avaient été pareillement foudroyés. »
- G. Planté, à qui nous empruntons les relations qui précèdent, attribue la foudre globulaire à des décharges de haute tension; il a obtenu, à l’aide d’une batterie de 800 couples secondaires, des effets analogues (voy. Éclair).
- Coups de foudre extraordinaires. — La foudre est accompagnée quelquefois d’effets singuliers, dont nous citerons quelques exemples.
- « Le 30 juillet 1884, à Ribnitz (Mecklembourg-Schwerin), la foudre étant tombée sur une
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- FOUR OU FOURNEAU ÉLECTRIQUE. — FREIN ÉLECTRIQUE.
- habitation, l’une dés vitres de la fenêtre d’une pièce située au premier étage fut percée d’un trou étoilé, et, au moment de l’apparition de l’éclair, on constata l’irruption brusque d’une grande masse d’eau qui parut provenir de la surface du sol, s’éleva sous forme de jet vers le plafond et inonda toute la pièce (fig. 359.). Ce fait, observé par plusieurs témoins, paraît hors de doute.
- « En 1884, Mme Aucher, qui habitait près de
- Fig. 360. — Bélier hydro-électrique.
- Blois le château de la Sistière, muni de cinq paratonnerres, qui subissent de fréquentes visites de la foudre, a vu de son perron, au moment où un orage éclatait, se produire un éclair accompagné d’un violent coup de tonnerre. La foudre parut tomber sur le paratonnerre de l’une des tourelles et, en même temps, Mmc Aucher vit jaillir, à la surface d’un étang situé à une certaine distance, mais en communication avec les chaînes des paratonnerres, un jet d’eau très fin qui s’éleva à une assez grande hauteur. » (G. Planté, loc. cit.)
- G. Planté a obtenu, au moyen de sa machine rhéostatique, des effets mécaniques tout à fait analogues. Ainsi, en faisant arriver les deux électrodes de la machine rhéostatique de quantité dans l’eau salée, il vit se former un véri-tablejet d’eau continu (fig, 360), formé de gouttelettes extrêmement fines, qui s’élevaient à plus de 1 mètre de hauteur.
- FOUR OU FOURNEAU ÉLECTRIQUE. — Voy. Électro-métallurgie (préparation de l’aluminium).
- FRANKLINISATION. — Nom par lequel on désigne parfois, en médecine, l’électrisation par l’électricité statique. (Voy. Électrothérapie.)
- Les machines employées à la franklinisation doivent posséder une certaine puissance. On se sert ordinairement de la machine Carré, qui craint peu l’humidité; la machine Winschurst nous paraît supérieure à ce point de vue.
- Les accessoires nécessaires sont un bon tabouret isolant et quelques excitateurs (Voy. ce mot).
- Il est bon de commencer l’application parle bain électrique, et de recourir ensuite à remploi des autres procédés, souffle, étincelle, seulement après avoir.essayé la sensibilité du sujet.
- FRAPPEUR DE CADENCE. — Organe du manipulateur du télégraphe à transmission multiple de Baudot.
- FREIN ÉLECTRIQUE. — Frein dont la manœuvre se fait, au moins en partie, par l’électricité. On peut diviser les freins électriques en freins exclusivement électriques, et freins aéro-électriques. Les premiers n’utilisent d’ordinaire l’électricité que pour produire le déclenchement de certains organes ; on a essayé dans quelques modèles d’emprunter au courant au moins une partie de l’énergie nécessaire pour enrayer les roues ; ces systèmes, que nous décrivons à la fin de cet article, ne sont pas encore entrés dans la pratique.
- Nous empruntons la description des principaux systèmes à un rapport de MM. Sartiaux et Weissenbruch au Congrès international des chemins de fer en 1889.
- Freins électriques à embrayage. — M. Achar a fait expérimenter, en 1869, un frein dans le quel l’attraction d’un électro-aimant met en mouvement les chaînes destinées à produire ^ serrage. Cet appareil, modifié plusieurs f01~ par l’auteur, se compose aujourd’hui d’un élec tro-aimant cylindrique AA (fig. 361), pouinn tourner autour de son axe et suspendu cor°^g un pendule en face de l’essieu du véhicule, surfaces polaires mn débordent la bobine
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- frein Electrique.
- chaque extrémité, et, lorsque le courant passe, viennent s’appuyer comme des poulies de friction contre une frette annulaire calée sur l’essieu et servant d’armature. Le milieu du noyau sert de treuil à la chaîne B du frein. L’appareil est commandé par une dynamo Gramme placée sur la locomotive et actionnée directement par un moteur Brotherood. Quand on lance le cou-
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- rant, les pièces polaires mn viennent se coller sur l’essieu, qui les entraîne dans sa rotation; la chaîne B s’enroule et soulève le levier C, qui commande le frein.
- La chaîne qui actionne le levier C passant sur deux poulies de renvoi indépendantes des bielles de suspension, celles-ci reviennent d’elles-mêmes dans leur position verticale et le frein
- 0:'0 Vj)
- Fig. 361. — Frein Achard, dernier modèle.
- ^ desserre, dès que le courant cesse de passer ^ ^Ue îes P*aces polaires cessent d’être aiman-es- Si on diminue seulement l’intensité du ^urant, en ouvrant plus ou moins le robinet pem-riSe vaPeur du moteur Brotherood, on Po Iïl0<^®rer le serrage, qui est presque pro-aimantnel ^ ^a^rac^on magnétique de l’électro-
- fran ^re*n Achard, essayé sur le réseau de l’État • > a été placé le premier sous le rapport
- de l’instantanéité de l’arrêt, de la rapidité du desserrage, et de la modérabilité. L’usure des frettes de friction serait seulement de 1,25 millimètre par an.
- Pour avertir le mécanicien de tout dérangement dans la transmission électrique, M. Achard a imaginé un avertisseur qui fonctionne par l’interruption du courant parcourant un troisième fil et mettant en action soit une sonnerie spéciale, soit le sifflet du mécanicien. Le cou-
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- 324 FREIN ELI
- rant permanent du circuit des avertisseurs est emprunté à la dynamo, qu’on fait tourner constamment à quarante ou cinquante tours par minute.
- Les autres freins électriques sont encore, pour ainsi dire, dans la période d essai. Le frein Park est formé d’une bielle mise en mouvement par un excentrique monté sur l’essieu d’un véhicule, et dont l’extrémité peut, au moyen d’un cliquet, s’engager entre les dents d’un ro-chet, sur le pourtour d’un tambour en fonte placé sur le côté inférieur de la solive du milieu du véhicule, et qui sert de treuil aux chaînes du frein. Le courant agit sur le cliquet de la bielle et produit l’embrayage du tambour. Un second cliquet empêche le tambour de tourner en sens contraire quand le premier, mû par la bielle d’excentrique, retourne en arrière dans son mouvement alternatif. Quand le courant est interrompu, le premier cliquet cesse d’agir, mais le second maintient le frein serré. Pour le desserrer, on envoie un courant dans un second circuit, afin que le second cliquet cesse d’être en prise avec les dents du rochet.
- Le frein Card et le frein Waldumer sont fondés sur le principe suivant. On lance un courant électrique qui, sous chaque véhicule, force deux tambours à embrayer l’un avec l’autre. L’un de ces tambours reçoit d’un des essieux, par une chaîne sans fin, un mouvement de rotation continu ; l’autre porte la chaîne du frein. Quand l’embrayage se produit, ce dernier se met à tourner, et la chaîne s’enroule et applique le frein. Le frein Gard est mû par deux accumulateurs placés en opposition, l’un en tète du train, l’autre en queue. Le frein Waldumer est excité par une dynamo en série à anneau Gramme, placée sur la machine et mise en marche par un moteur à trois cylindres, alimenté par la vapeur de la locomotive.
- Le frein Widdifield et Bowman est encore un frein exclusivement électrique.
- Freins aéro-électriques. — M. Westinghouse avait ajouté à son frein ordinaire trois valves électriques permettant à l’air comprimé de la conduite générale de s’échapper plus rapidement que lorsqu’il n’a d’autre issue que le robinet du mécanicien. Ce système, qui s’est montré supérieur à la disposition ordinaire pour l’arrêt des trains longs, a été abandonné par son auteur, qui est revenu aux procédés non électriques.
- M. Eamesa également modifié son frein ordinaire en appliquant à chaque véhicule un orifice qui s’ouvre électriquement, et par lequel l’air rentre dans la conduite générale pour produire
- le serrage, au lieu de rentrer uniquement par la valve de la machine.
- Enfin, dans le frein Carpenter, chacun des distributeurs est actionné directement par l’électricité. Chaque distributeur se compose de deux valves : l’une, manœuvrée à volonté par l’électricité ou par l’air de la conduite générale, serre les freins en admettant l’air comprimé du réservoir auxiliaire au cylindre du frein ; l’autre manœuvrée uniquement par l’électricité, desserre les freins. La valve de serrage n’entre en jeu d’elle-même que dans le cas d’un accident ou d’une rupture d’attelage. Le courant est fourni par un petit accumulateur Julien, placé sur la machine. Le conducteur est à deux fils isolés et le retour se fait par le métal de la conduite générale.
- Déclenchement électro-automatique du frein continu à vide. — Nous signalerons enfin la disposition employée par la Compagnie du Nord pour déclencher automatiquement le frein continu à vide, lorsqu’un train vient à franchir sans s’arrêter, par inadvertance ou en temps de brouillard ou pour toute autre cause, un disque mis à l’arrêt absolu.
- Ce système a remplacé le sifflet électro-automoteur. L’appareil, qui figurait à l’Exposition de 1889, était installé à cette époque sur 789 machines; 1000 disques environ étaient munis du contact fixe servant à actionner l’appareil, et qu’on nomme crocodile.
- L’appareil de déclenchement, étudié par MM. E. Delebecque, Lartigue et Bandérali, comprend un électro-aimant Hughes, maintenant en contact une armature de fer, qu’un puissant ressort antagoniste tend à séparer de ses pôles. Si un courant de sens convenable désaimante l’électro, l’armature, devenue libre, obéit au ressort. Cette armature est fixée à l’extrémité d’un levier repoussé en son milieu par un ressort antagoniste, et articulé à une tige dont l’extrémité sort de la boîte et accomplit, au moment du passage du courant, un parcours de 1 centimètre avec une force de 4 kilogrammes environ.
- L’appareil mécanique du déclenchement se compose d’une fourchette portant un plan incliné, qui soutient le levier de la valve d’entree de la vapeur dans l’éjecteur du frein à vide; la fourchette est maintenue par une tige horizontale appuyée, à l’autre extrémité, contre on buttoir. Le mouvement vertical de la tige de la boîte de déclenchement entraîne la tige horizon taie au-delà de son buttoir et permet à la f°ur chette de déclencher le levier de la valve à,a peur, qui s’ouvre alors et serre le frein.
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- FREIN ÉLECTRIQUE.
- Les deux sorties du fil de l’électro-aimant sont reliées, l’une à la terre par les pièces mé-taiüques de la m'achine, les roues et les rails, et l’autre à une brosse métallique isolée, formée d’un faisceau de fils de bronze et placée sous la machine, dans l’axe de la voie, à quelques centimètres au-dessus du niveau des rails. Lorsque le train franchit un disque mis à l’arrêt, le cro-
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- codile communique avec le pôle positif d’une pile, dont l’autre pôle est au sol; la brosse, en frottant sur le crocodile., ferme le circuit, et le courant passe dans l’électro-aimant.
- L’appareil de déclenchement permet aussi de mettre le frein sous la dépendance du chef do train. Dans ce but, on a prolongé jusqu’à la machine la communication électrique Prud-
- Fig. 362. — Frein Siemens et Bootby.
- °mme existant sur le train (Yoy. Intercommuni ation), et on a installé, dans chaque fourgon, ui nimutateur spécial permettant d’envoyer dan
- étect^'10 a*mant ^aPPare^ de déclenchemen s ricIue un courant de sens convenable pri p a Püe des sonneries du train. aPpaCmS ®*ectla<Iues à action directe. — Le faibirei^S Praccdents utilisent un courant d< ment lntens^ et de faible voltage, qui a seule P°ur but le déclenchement de certain
- organes. Quelques inventeurs ont cherché à appliquer aux freins le principe de la transmission électrique de l’énergie, en empruntant à un courant de haute tension tout ou partie de l’énergie nécessaire pour enrayer les roues. On a même tenté sans succès d’employer des électro-aimants dont les pôles adhéreraient aux bandages ouiaux rails.
- Le frein Sigmund von Sawiczeski, qui produit le freinage par l’action directe d’électro-
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- 326 FRICTION ÉLECTRIQUE.
- aimants sur les bandages des roues, ne donne qu’un serrage très insuffisant, comme il résulte des essais faits en 1884.
- Le frein W. Siemens et Bootby a été essayé en Écosse et a donné, dit-on, de bons résultats. Sous chaque voiture est placée une dynamo réceptrice B (fig. 362) qui actionne par une vis sans fin C un secteur D calé sur l’arbre A des leviers EE' des freins. Ces leviers sont calés sur un manchon d’embrayage FF ou sur l’arbre tant qu’il n’est pas embrayé par la griffe G. Le levier E' est relié par son prolongement au ressort I qui tend à serrer les freins. Si la corde d’intercommunication M, qui règne sur toute la longueur du train, vient à se tendre, par exemple par une rupture d’attelage, elle agit par l’intermédiaire du mouflage NK'N sur le levier L, qui débraye le manchon F, et le ressort commence à serrer les freins. La dynamo achève le serrage automatiquement ou à volonté, dès qu’en serrant la corde on laisse l’embrayage G se refaire. Pour desserrer, on fait tourner les dynamos réceptrices en sens contraire, sans
- — FUSIL ÉLECTRIQUE. -
- changer le sens de la génératrice, grâce à une distribution convenable du courant.
- M. Sartiaux, ingénieur du chemin de fer du Nord, a proposé d’installer sur chaque wagon une petite dynamo servant de serre-frein et actionnée par un moteur placé sur la locomotive.
- M. Marcel Deprez a étudié deux systèmes de freins, qui n’ont pas encore fait l’objet d’essais industriels. L’un est basé sur l’emploi d’un solé-noïde commandant une bielle qui agit sur deux sabots. L’autre est formé par de puissants électro-aimants dont les pôles s’épanouissent en regard d’un fort disque de cuivre calé sur l’essieu du wagon. Quand on lance un courant dans l’électro, les courants de Foucault, qui prennent naissance dans le disque de cuivre, tendent à arrêter le véhicule.
- FRICTION ÉLECTRIQUE. — Franklinisation produite en promenant un corps électrisé à petite distance de la peau, couverte de flanelle.
- FUSIL ÉLECTRIQUE. — Bazin songea le premier, il y a plus de vingt-cinq ans, à employer
- l’électricité à la déflagration de la poudre dans les armes à feu. La source d’électricité était une petite pile, qui ne pouvait fournir qu’un petit nombre de décharges, à cause de sa polarisation rapide.
- M. Trouvé a imaginé aussi en 1861 un fusil dont la crosse contient deux couples hermétiques au sulfate mercurique (fig. 363). Le liquide ne baigne pas les éléments lorsque le fusil est vertical, mais seulement lorsqu’on met en joue. En pressant la détente, on relie ces piles à un fiJ fin de platine placé à l’avant de la cartouche et qui devient incandescent, pro-
- voquant ainsi l’inflammation de la poudre. Ce système donne un tir assez rapide.
- Enfin M. Pieper a présenté à l’Exposition de Vienne (1883) un fusil électrique alimenté par un petit acumulateur, qui se place dans la poche et peut rester chargé pendant quinz6 jours.
- L’un des pôles est relié directement avec Ie mécanisme de fermeture du canon et de la avec l’enveloppe métallique et une cloison egalement métallique de la cartouche. L’autre communique avec une baguette isolée placée dans la, crosse (fig. 364) par l’intermédiaire d un
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- FUSION PAR L ÉLECTRICITÉ. — GALVANATYPIE.
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- tissu métallique qui recouvre l’épaule du tireur.
- L’autre extrémité de cette baguette touche une seconde tige pouvant, au moyen de la détente, être mise en communication avec une broche mé-taiiique, qui remplace l’amorce dans l’étui de
- la cartouche, traverse la poudre et vient aboutir assez près de la cloison métallique pour que l’étincelle jaillisse, la communication étant établie d’autre part. L’accumulateur peut fournir dix mille coups sans être rechargé.
- Fig. 364. — Fusil électrique Pieper.
- Ce fusil présente néanmoins quelques inconvénients : le mode d’inflammation en avant de la poudre, qui n’est pas complètement brûlée avant la sortie du projectile, la complication du mécanisme et la nécessité de recharger l’accumulateur. Il a l’avantage de ne pouvoir partir accidentellement, puisqu’il faut épauler pour faire feu.
- FUSION PAR L’ÉLECTRICITÉ. — La décharge d’une batterie peut fondre un fil de métal fin, mais la chaleur de l’arc voltaïque peut fond>re des masses métalliques plus considérables. Davy l’a constaté le premier. On essaye aujourd’hui d’appliquer ce procédé à la métallurgie et à la soudure directe des métaux (Voy. Électrométallurgie et Soudure).
- G
- GALVANATYPIE. — Mot qui signifie galvanoplastie faite sans moule. Procédé imaginé
- par M. Juncker fils, et dont les détails sont en grande partie tenus secrets.
- Fig. 365. — Galvanatypie.
- feuill °^e^s du’on veut reproduire, statuettes, dis eS’ ^ru^s’ branchages, insectes, etc., sont Posés de manière à produire l’effet désiré,
- puis on métallisé leur surface, soit à la plombagine, soit, pour les objets plus délicats, par une solution de nitrate d’argent qu’on réduit
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- GALVANIQUE. — GALVANOCAUSTIQUE CHIMIQUE.
- ensuite par l’action de la lumière ou de l’acide sulfhydrique. On recouvre alors d’un mince dépôt de cuivre galvanique toutes les parties qui doivent être vues, et l’on enlève ensuite avec précaution les objets ainsi recouverts, soit par fragments, soit plutôt en les brûlant, puis on coule à leur place, pour renforcer la pellicule de cuivre, un métal ou un alliage suf-
- fisamment fusible. Il est évident que les parties très minces, comme les feuilles, doivent être disposées de façon à n’être vues que d’un côté, afin qu’on puisse les renforcer par derrière. On obtient ainsi des pièces rigides, sonores comme le bronze, qui conservent toutes les puretés et les finesses du modèle, n’exigent aucune retouche, et peuvent se river et se sou-
- Fig. 366. — Galvanatypie.
- der facilement, ce qui permet de les employer à toute espèce de décoration. Les figures 365 et 366 montrent les beaux effets qu’on peut obtenir par ce procédé.
- GALVANIQUE. — Qui a rapport au galvanisme ou à la galvanoplastie.
- GALVANISATION. — Électrisation par les courants continus. (Voy. Électrothérapie.)
- GALVANISER. — Electriser par les courants continus.
- GALVANISME. — Syn. d’électricité dynamique.
- GALVANO. — Abréviation par laquelle on désigne les objets en cuivre obtenus par la gai' vanoplastie, notamment les reproductions gai' vaniques des bois employés pour l’illustration des livres. Voy. Electrotypie.
- GALVANOCAUSTIQUE CHIMIQUE. - 0n nomme galvanocaustique chimique, galvanopunC ture, électropuncture ou électrolyse la cautérisa
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- GALVANOCAUSTIQUE CHIMIQUE.
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- tion produite par l’action chimique du courant. Le dénomination d’électropuncture est moins uste que la première, car on ne fait pas toujours usage d’aiguilles dans cette opération. Pendant la galvanisation, les acides et les bases qui se déposent, les premiers au pôle positif, les secondes au pôle négatif, peuvent produire des eschares tout à fait semblables à celles que
- donnerait l’action directe des acides sulfurique ou azotique d’une part, de la potasse ou de la chaux d’autre part. L’action de l’électricité a de plus l’avantage d’être très rapide et de supprimer l’emploi de médicaments d’un dosage toujours difficile. Les eschares obtenues au pôle négatif sont molles et donnent une cicatrice généralement préférable ; celles du pôle positif
- Fig. 367. — Anses galvaniques (Trouvé et Chardin).
- sont sèches, dures et rétractiles. L’action des liquides dégagés à ce dernier pôle fait coaguler la fibrine et l’albumine : de là l’application de l’électropuncture au traitement des anévrysmes.
- Toute pile peut servir à l’électropuncture. La résistance dans ce cas atteint rarement 500 ohms ;
- on peut donc obtenir un courant de 60 milliampères avec 18 éléments au bisulfate de mercure. Par conséquent les piles médicales disposées pour la galvanisation peuvent parfaitement servir pour l’électropuncture, sans qu’il y ait besoin d’ajouter de nouveaux éléments.
- Cependant on fait usage quelquefois d'inten-
- Fig. 368. — Petite anse galvanique (Chardin).
- sités plus élevées, qui peuvent aller jusqu’à 0 milliampères: il faut alors 125 éléments au Sulfate de mercure.
- bans la galvanisation, on emploie ordinaire-^ ^es électrodes construites de manière à la r ^Ue ^ac^on chimique se produise dans re(feaU’ au contraire, il est préférable de Uti^Urirj> Tau moins pour le pôle dont on veut Ser ^ action, à des électrodes métalliques
- nues, pour concentrer l’àction électrolytique sur le point qu’ou veut cautériser. Ces électrodes sont le plus souvent des aiguilles d’acier ou d’or ; pour les anévrysmes, elles doivent être enfoncées profondément, et par conséquent, il est bon de les vernir sur la plus grande partie de leur longueur, sauf à l’extrémité. Quant au pôle dont on ne veut pas utiliser l’action, il doit être constitué par une large
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- GALVANOCAUSTIQUE thermique.
- plaque métallique recouverte d’amadou et de peau humide pour éviter les effets de l’électro-lyse, ou par une large couche de terre glaise humide. Nous indiquons au mot Excitateur
- les différentes formes d’appareils usitées pour l’électropuncture.
- La galvanocaustique chimique présente de nombreuses applications. Nous avons déjà cité le traitement des anévrysmes. Nous indiquerons encore le procédé désigné par le Dr Tripier sous le nom de cautérisation tubulaire, et qui permet de pénétrer dans une cavité sans employer les instruments tranchants. Elle s’effectue avec une tige implantée dans les tissus ou introduite par la canule d’un trocart dans leur profondeur.
- GALVANOCAUSTIQUE THERMIQUE. — Cautérisation produite par un fil de platine porté au rouge par un courant.
- On emploie des cautères de différentes formes, suivant l’opération à effectuer et le point où l’on doit les appliquer (Voy. Galvano-cautère). Ces cautères sont ordinairement alimentés par une pile à grand débit, par exemple une pile au bichromate; un rhéostat permet de maintenir l’appareil exactement à la température voulue. La nécessité d’employer une pile
- Fig. 369. — Cautères divers.
- est le plus grand inconvénient de cette méthode ; encore est-il possible, dans les installations hospitalières, de remplacer la pile par une petite machine magnéto-électrique.
- Le cautère électrique offre en revanche de nombreux avantages ; il peut prendre les formes les plus variées et se réduire même à
- un simple fil plus ou moins long ; il peu1 ®tre introduit froid au point qu’on veut cautériser,' et porté ensuite à la température voulue sans danger de brûler les parties voisines ; on Pe^ enfin arrêter son action instantanément et retirer froid comme il est entré. Sa température peut du reste être graduée à volonté en iutr°
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- GALVANOCAUSTIQUE THERMIQUE.
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- duisant dans le circuit une résistance convenable. Enfin l’emploi d’instruments chauffés au
- rouge supprime les hémorrhagies inévitables avec les intruments tranchants.
- Fig. 370. — Manche'isolant et cautères divers.
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- GALVANOCAUTÈRE.
- GALVANOGAUTÈRE. — Cautère porté au pratiquer la galvanocaustique thermique (Voy. rouge par un courant électrique et servant à ce mot).
- G.CHARDIN
- CHARDIN
- Cautères pour le pharynx.
- Fig. 371. — Cautères divers.
- Les cautères galvaniques prennent des formes différentes, suivant les opérations auxquelles
- *i p fixent
- ils sont destinés. Le plus souvent, us se ^ sur un manche isolant, aux extrémités de
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- GALVANOCËRAME. — GALVANO-MAGNÉTIQUE. 333
- fils de cuivre qui traversent le manche dans toute sa longueur et reçoivent les rhéophores à l’autre bout: un interrupteur, placé sur le trajet d’un de ces fils, permet de faire passer le courant au moment voulu.
- L’anse galvanique (fig. 367) sert à l’ablation des polypes, tumeurs, etc., dont la base peut être entourée par un fil de platine. On serre d’abord le fil jusqu’à entourer étroitement la base de la tumeur, puis on appuie d’instant en instant sur l’interrupteur pour faire rougir le fil, et l’on diminue à chaque cautérisation le contour de la boucle. Avec l’anse de M. Chardin, on tourne le bouton D qui attire la pièce P, à laquelle sont fixés les deux bouts du fil de pla-
- tine.
- Dans celle de M. Trouvé, on enroule le fil autour du treuil E ; dans ce modèle, on peut remplacer le fil G par l’anse coupante L, l’aiguille O ou le cautère ponctué P.
- La petite anse (fig. 368) peut remplacer la précédente dans les petites opérations : elle se manœuvre d’une façon analogue, mais avec une seule main. On tire le fil avec l’index par l'intermédiaire du chariot B et l’on fait passer le courant au moyen de la pédale F.
- La figure 369 montre divers cautères qui se fixent sur un même manche. Les deux premiers servent à cautériser le larynx, l’arrière-bouche ou le col utérin. Le troisième est un cautère très
- effilé pouvant servir à l’épilation des cils et à 1 opération des tumeurs érectiles de petit volume. Le quatrième est destiné à l’application des pointes de feu, et le cinquième à l’ou-'erture de petits abcès ou à la cautérisation de cavités étroites et profondes (fistules par exemple). Enfin le dernier est un petit couteau destiné à ouvrir les collections purulentes ou à Pratiquer la cautérisation transcurrente.
- La figure 370 représente un manche isolant dans lequel une petite ouverture, fermée par
- Un guichet d’ivoire G, laisse voir l’interrupteur,
- e! permet au besoin de le nettoyer : la pédale D
- commande cet interrupteur, et V on peut, en
- Poussant le verrou C, fermer le circuit pour un
- eiups quelconque, sans avoir besoin de main-
- ^lr doigt sur la pédale. On voit au-dessous
- erents cautères pour le larynx et les amyg-
- a es. Le figure 371 montre des cautères pour
- e Pharynx, la bouche, les oreilles, le nez et les
- et*x. Notons enfin, et c’est là un des avantages fie . .
- m cautérisation galvanique, que chaque r!^ateur Peut fabriquer instantanément, à bel 6 rï Un ^ platine, les cautères dont il a ln> s il ne les trouve pas dans le commerce.
- GALVANOCÉRAME. — Objets céramiques sur le fond desquels on dépose une couche de cuivre galvanique.
- GALVANOGRAPHIE. — Procédé imaginé par M. Kobell, de Munich, pour transformer un dessin en une planche de gravure, en la recouvrant d’un dépôt de cuivre.
- Le dessin est fait au pinceau sur une feuille de cuivre plaquée d’argent, à l’aide de colco-thar mélangé avec une solution de cire et d’un peu de résine de Damara ou de gomme laque. La surface de l’argent représente les clairs. Les ombres très intenses sont renforcées avec de la couleur à l’huile, qu’on saupoudre de graphite en fine poussière.
- La plaque est ensuite posée sur une autre plaque de cuivre dans un bain de sulfate de cuivre additionné de sulfate de soude, et l’on constitue une pile en plaçant par dessus une plaque de zinc laminé plongée dans l’eau légèrement acidulée. Ce liquide est séparé du premier par une feuille de parchemin. On réunit les lames de zinc et de cuivre ; le cuivre se dépose d’abord sur les parties conductrices de l’image, puis on voit apparaître sur la couleur de petites protubérances qui augmentent peu à peu et finissent par recouvrir l’image tout entière. Il faut de trois à huit jours pour achever l’opération : on nettoie le zinc et l’on change l’eau acidulée tous les jours. Les planches ainsi obtenues ne peuvent pas donner plus de 300 à 600 épreuves ; mais on peut augmenter le tirage à volonté en en faisant des copies par la galvanoplastie.
- On peut également obtenir une planche gal-vanographique à l’aide d’une épreuve sur papier. On applique cette épreuve, encore fraîche, sur une plaque de cuivre qu’on a d’abord trempée dans l’eau forte. On soumet le tout à la presse, ce qui transporte l’encre de l’épreuve sur la plaque de cuivre, puis on plonge celle-ci pendant une demi-minute dans un bain de dorure galvanique. L’or se dépose seulement sur les parties non recouvertes d’encre. On enlève l’encre grasse par l’essence de térébenthine et l’on creuse les parties non dorées en employant la planche comme électrode soluble. On a alors une planche bonne pour la gravure. Les mêmes procédés ont été appliqués aux images daguerriennes, mais ils sont sans intérêt aujourd’hui, puisqu’il existe de meilleurs procédés d’héliogravure. (Voy. Julien Lefèvre, La photographie et ses applications.)
- GALVANO-MAGNÉTIQUE. — Syn. d’ÉLECTRO-
- MAGNÉTIQUE.
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- . GALVANOMAGNÉTISME. — GALVANOMÈTRE.
- GALVANO-MAGNÉTISME. — Syn. (I’Électro-
- MAGNÉTISME.
- GALVANOMÈTRE. — Appareil servant à mesurer l’intensité des courants par leur action sur une aiguille aimantée. Le galvanomètre est fondé sur l’expérience d’OErsted (Voy. Électromagnétisme). La déviation augmente avec l’intensité du courant, mais elle ne lui est pas proportionnelle ; l’expérience montre qu’elle est indépendante du degré d’aimantation de l’aiguille, ce qui prouve que l’action de la terre et celle du courant varient toutes deux proportionnellement à la masse magnétique du pôle considéré.
- De plus, la disposition d’OErsted ne pourrait servir que pour des courants très intenses ; on a donc dû chercher à augmenter la sensibilité.
- Multiplicateur de Schweigger. — On place l’aiguille au centre d’un cadre rectangulaire, sur lequel on enroule un grand nombre de fois dans le même sens le fil bien isolé qui doit traverser le courant. Il est facile de voir que l’on augmente ainsi son action sur l’aiguille aimantée. Considérons en effet l’aiguille AB placée au centre du cadre, et l’un des tours du fil
- mot). Les aiguilles des galvanomètres sont trop longues pour que la formule de ces boussoles soit applicable. On cherche donc seulement à augmenter la sensibilité.
- Il faut pour cela augmenter le plus possible l’action du courant et diminuer l’action de la terre.
- Pour augmenter l’action du courant, il faut toutes choses égales d’ailleurs, donner à la bobine la forme la plus favorable. Cette bobine est souvent rectangulaire, comme dans le galvanomètre de Nobili ; dans d’autres instruments on a cherché une meilleure disposition.
- La forme la plus avantageuse est donnée par la condition que l’action de l’unité de longueur du fil, ou action spécifique, soit la même en tous les points de la surface extérieure, car, s’il n’en était pas ainsi, il y aurait avantage à transporter les parties dont l’action spécifique serait plus faible en des points où elle deviendrait plus grande.
- On démontre que le contour le plus avantageux est représenté en coordonnées polaires par
- p2 = a2 sin 6,
- Fig. 372. — Multiplicateur de Sch weigger.
- FGHIJ (fig. 372) : le sens du courant étant indiqué parles flèches, il a, dans les quatre parties du rectangle, sa gauche en arrière du dessin, et par conséquent les actions de ces quatre portions de fil s’accordent pour dévier le pôle nord A en amère de la figure. Il en est de même évidemment pour les autres tours du fil. Remarquons cependant qu’il n’y aurait pas avantage à augmenter indéfiniment le nombre des tours de fil, parce que les spires successives, s’éloignant de plus en plus de l’aiguille, exercent sur elles une action de plus en plus faible, et aussi parce qu’en augmentant la longueur du fil, et par suite la résistance de l’instrument, on diminue l’intensité du courant qui le traverse.
- Influence de la forme de la bobine. — Dans les galvanomètres ordinaires, les intensités des courants ne sont proportionnelles ni aux déviations, ni même aux tangentes des déviations, comme dans la boussole des tangentes (Voy. ce
- ou, en le rapportant aux axes XX' et YY' par
- (æ2 -+• y2)3 = a4 y2.
- La figure 373 montre la forme qui correspond à cette équation. On supprime les parties ponc-
- Fig. 373. — Forme de la bobine donnant e maximum d effectuées pour placer l’aiguille aimantée, qui collée sur un petit miroir, comme dans galvanomètre de Thomson, et placée en O per pendiculairement au plan du dessin.
- Pour utiliser le mieux possible les positif les plus avantageuses, on forme souvent
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- premières couches de fil très fin, puis on augmente progressivement le diamètre pour n’avoir pas une trop grande résistance.
- La bobine est formée de fil recouvert de soie blanche, la matière colorante verte pouvant renfermer des substances magnétiques, et chaque courbe, aussitôt après son enroulement, est plongée dans la paraffine fondue ; la couche extérieure est recouverte de gomme laque pour éviter l’humidité.
- Aimant compensateur ou correcteur. — Pour diminuer l’action de la terre, on peut faire usage d’un aimant compensateur ou d’un système d’aiguilles astatiques. Ces deux procédés peuvent être employés ensemble ou séparément. L’aimant compensateur est fixé sur une tige verticale placée au-dessus de l’instrument et qui peut tourner sur elle-même ; une vis de serrage permet de le fixer à une hauteur variable. On peut ainsi le mettre dans une position telle qu’il produise un champ à peu près égal et de sens contraire au champ terrestre. L’aiguille se place suivant la résultante des deux champs, et, s’ils sont presque égaux, il suffit d’une action très faible pour la faire dévier. On donne ordinairement à cet aimant la forme d’un arc de cercle, pour permettre au besoin de placer ses deux pôles suivant la direction même de l’aiguille (Voy. Galvanomètre de Thomson).
- Aiguilles astatiques. —On augmente souvent la sensibilité en remplaçant l’aiguille AB par un système asiatique, qui a le double avantage d’être
- 3" A'
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- -i B
- Fig. 374. — Aiguilles astatiques.
- •nsensible à l’action de la terre et plus sensible ce^e courant. Ce système est formé de eux ^guilles semblables, parallèles et égale-^ftt aimantées, mais ayant leurs pôles dirigés j^Sens contraire. Les actions de la terre sur ^s deux aiguilles sont égales et opposées, de ^ e fine l’appareil est complètement soustrait CoS°n ^fluence. D’un autre côté l’action du es^ augmentée. En effet les quatre par-u rectangle FGHIJ tendent à envoyer le
- pôle nord À en arrière (fig. 374). On voit que la partie GH tend de même à envoyer en arrière le pôle sud B', placé au-dessus de A, car, pour cette partie, la droite de l’observateur est en arrière lorsqu’il regarde A'B'.
- Cette action concorde donc avec les premières. Il n’en est pas de même des actions des trois côtés FG, HI et IJ sur l’aiguille A'B' ; mais, comme ces parties sont beaucoup plus éloignées de cette aiguille que la première, c’est l’action de celle-ci qui l’emporte, et l’effet total est augmenté par la présence de l’aiguille A'B'.
- Pour ces deux raisons la sensibilité du galvanomètre est augmentée. Il faut observer que les aiguilles ne sont jamais complètement astatiques; elles subissent toujours de la part de la terre une faible action, qui suffit pour les ramener à leur position d’équilibre lorsque le courant ne passe plus. Une astaticité parfaite serait d’ailleurs très nuisible, car le système serait dévié à 90° par tous les courants, quelle que soit leur intensité, et l’on ne pourrait faire aucune mesure. De plus, ce système ne reviendrait jamais au zéro.
- Les aiguilles astatiques augmentent donc la sensibilité ; elles ont cependant un grave inconvénient : le degré d’aimantation des deux aiguilles varie généralement d’une manière inégale et l’instrument ne reste pas comparable à lui-même.
- On augmente encore davantage l’action du courant en plaçant chacune des deux aiguilles dans une bobine distincte, comme on peut le voir sur le galvanomètre de Thomson décrit plus loin. Si les deux bobines sont parcourues en sens contraires par le courant, les actions sur les deux aiguilles sont complètement concordantes.
- Galvanomètre différentiel. — Pour comparer l’intensité de deux courants, on emploie quelquefois des galvanomètres formés de deux bobines parfaitement égales de fil de cuivre, dans lesquelles on fait passer les deux courants en sens opposés. On amène l’aiguille au zéro en introduisant dans l’un des circuits des résistances convenables. Les deux courants ont alors même intensité. Ces appareils peuvent servir également pour un seul courant : on le fait passer dans une seule bobine ou dans les deux réunies en tension.
- Galvanomètre de Nobili. — Le galvanomètre de Nobili, employé par Melloni et Nobili dans l’étude de la chaleur rayonnante, convient surtout à la mesure des courants faibles; il est muni d’aiguilles astatiques. Le multiplicateur
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- (flg. 373) entoure seulement l’aiguille inférieure, dont on aperçoit l’un des pôles ; l’ai-
- Fig. 375. — Galvanomètre de Nobili (Carpentier).]
- guille supérieure tourne sur un cadran de cuivre divisé, qui sert en outre à amortir les
- oscillations. Les aiguilles sont portées par un fil de cocon, qui n’oppose aucune résistance à la rotation. Après avoir réglé l’horizontalité du support au moyen des vis calantes, on fait tourner, à l’aide d’une vis sans fin, le plateau qui porte tout l’appareil, jusqu’à ce que le multiplicateur et par suite le zéro du cercle se trouvent à la position d’équilibre de l’aiguille, position qui n’est pas nécessairement dans le méridien ; on fixe alors l’appareil et l’on attache aux deux bornes les fils qui amènent le courant.
- A cause de la longueur des aiguilles, les déviations ne sont proportionnelles aux intensités que jusqu’à 20° environ ; si l’on doit dépasser cette limite, il faut graduer l’instrument.
- Le fil de suspension porte souvent, au-dessus de l’aiguille supérieure, un petit miroir servant à la lecture des déviations. (Voy. Méthode du miroir.)
- Galvanomètre à projection. — On peut montrer à un grand nombre de personnes à la fois les déviations du galvanomètre en employant un modèle dont le cadran et le fond sont en verre (fig. 376); on le place sur un appareil pour la projection des corps horizontaux, et l’on voit les divisions se peindre sur l’écran. Le mul-
- Fig. 376. — Galvanomètre à projection.
- tiplicateur, qui est seul opaque, forme au centre une ombre rectangulaire, qui n’empêche en rien de suivre les mouvements de l’aiguille.
- Galvanomètres verticaux. —- On peut enipl°5e dans le même but des galvanomètres vertlC telsjque celui de M. Bourbouze (fig- 377)- L
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- (ruille est un barreau aimanté mobile dans un plan vertical et supporté par un couteau d’acier, à la manière des fléaux de balance.
- Fig. 377. —Galvanomètre Bourbouze.
- Ce barreau est au centre d’une bobine plate ; il porte un index en aluminium dont la pointe se meut devant un cadran divisé. Trois écrous mobiles permettent de rendre le barreau horizontal pour toutes les orientations de l’appareil et de faire varier sa sensibilité. Cet instrument porte une double bobine pour servir de galvanomètre différentiel.
- Galvanomètres à réflexion de Thomson. — Sir ^ > Thomson a imaginé des galvanomètres qui sont extrêmement répandus aujourd’hui. Le modèle le plus simple n’est pas astatique (%• 318). Sa bobine présente la forme indiquée Plus haut (fig. 374). L’aiguille est formée généralement de plusieurs petites lames d’acier, d’en-'iron 8 millimètres de longueur, collées der-riere un petit miroir qui sert à observer les (lé\iations (Voy. Méthode do miroir) ; ces aiguilles multipies donnent, à poids égal, un plus grand fument magnétique, et l’aiguille revient plus v‘te au repos.
- ^ aPpareil est muni d’un aimant correcteur Placé dans une cage de métal fermée par eax glaces à faces parallèles.
- ^ e Modèle le plus employé est astatique : les Ux systèmes d’aiguilles sont placés dans deux Dictionnaire d'électricité.
- bobines distinctes et suspendus par un fil de cocon (fig. 379). L’un des systèmes d’aiguilles, celui du haut, est collé sur le petit miroir. Les deux bobines peuvent s’enlever facilement et se remplacerpar d’autres, de résistance différente. L’appareil est muni aussi d’un aimant correcteur, porté par une tige verticale, que l’on fait
- Fig. 378. — Galvanomètre Thomson.
- tourner au moyen d’une vis tangente, placée sur le couvercle ; il est renfermé dans une cage de verre ou de métal, à base carrée ou circulaire, munie de vis calantes. On adapte quelquefois à l’aiguille inférieure, qui ne porte pas le miroir, un disque de mica ou d’aluminium pour amortir les oscillations. L’instrument est alors suffisamment apériodique; d’où le nom de galvanomètre dead-beat (battements amortis), qui lui a été donné par sir W. Thomson.
- On peut transformer cet appareil en galvanomètre différentiel en faisant passer les courants séparément et dans le même sens dans les deux bobines.
- Galvanomètre apériodique Beprez et d’Arsonval. — Dans cet appareil l’aimant est fixe et c’est le cadre du multiplicateur qui est mobile. Entre les branches d’un aimant en fer à cheval (fig. 380) est fixé un cylindre de fer doux qui s’aimante par influence. Autour de ce cylindre peut tourner un cadre, suspendu par deux fils qui servent en outre à amener le courant. Ce cadre est formé d’une lame en cuivre rouge pour les instruments à faible résistance, et d’un certain nombre de tours de fil fin pour les autres. Le fil supérieur porte un miroir pour la lecture des déviations. Le cadre mobile est placé dans un champ très puissant et soustrait par suite à toute action magnétique. L’instrument peut être placé dans une cage de verre, ou renfermé dans une boîte de bois qu’on suspend au mur. Une lentille convergente sert à augmenter la netteté des images.
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- GALVANOMÈTRE
- Ce galvanomètre peut être construit différentiel; il est sensible et complètement apériodique. Ces qualités le font employer de préfé-
- rence pour toutes les mesures courantes des laboratoires et des ateliers.
- Galvanomètres industriels. — Pour les besoins
- Fig. 379. — Galvanomètre astatique de sir W. Thomson.
- industriels, on construit des galvanomètres moins sensibles, mais plus faciles à transporter. Le modèle représenté (fig. 381) possède deux
- lii.
- bobines, l’une très résistante, l’autre à gr0S Pour substituer l’une à l’autre, il suffit d en'e! la glace et le cadran, et d’introduire la bo n
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- dans la boite, où les communications s’établissent automatiquement. Ses petites dimensions le rendent très facile à transporter.
- Le galvanomètre de torsion de MM. Siemens Halske (fig. 382) sert à la fois d’ampèremètre
- et de voltmètre. Il est formé de deux bobines entre lesquelles peut osciller un aimant, qui a la forme d’un long dé à coudre fendu longitudinalement. Cet aimant est suspendu à un fil de soie, fixé lui-même à l’une des extrémités d’un petit ressort à boudin. Le ressort peut être tordu au moyen du bouton moleté qu’on voit à la partie supérieure de l’appareil; ce bouton porte une aiguille qui se déplace au-dessous du cadran de verre divisé qui forme le couvercle de l’appareil; l’aimant porte un index qui tourne devant le même limbe divisé. Un amortisseur, composé de deux palettes de mica fixées sur l’axe de rotation de l’aimant, arrête rapidement les oscillations.
- Pour se servir de l’instrument, on amène au zéro l’aiguille du ressort, puis l’on tourne toute
- Fig. 380. — Galvanomètre apériodique Deprez et d’Arsonval.
- Fig. 38 t. — Galvanomètre astatique.
- la cage jusqu’à ce que l’index de l’aimant s’arrête aussi au zéro. Si l’on fait passer un cou-ant, l’aimant est dévié ; on le ramène à sa première position en tordant le ressort. L’angle de torsion est, d’après les auteurs, proportionnel à l’intensité.
- La résistance de l’appareil étant exactement 1 ohm, et chaque degré du ressort correspondant à une intensité de 0,01 ampère, on voit rpie la différence de potentiel aux bornes est de 0,01 volt par degré de torsion. A l’appareil est joint une boîte contenant trois bobines de résistances de 9,99 et 999 ohms, qui permettent de modifier la sensibilité. On monte cette caisse tension avec le galvanomètre; si l’on place la lche sur la bobine de 9 ohms, la résistance to-tele de l’appareil devient 10 ohms, et, pour une I?leQle différence de potentiel aux bornes, la e'iation est 10 fois plus faible. On peut donc rendre la sensibilité 10,100,1000 fois plus faible. n aivanomètre marin. — A bord des navires, o ammentpour l’immersion des câbles télégra-l(lues, on se sert d’un galvanomètre (fig. 383)
- dont l’aiguille est supportée par un fil fixé en haut et en bas, comme le cadre de l’appareil Deprez. Un grand aimant permanent, fixé dans la cage, donne à l’aiguille une position d’équilibre sensiblement constante. On achève le réglage à l’aide de deux aimants mobiles, représentés à part, qui tournent vers l’aiguille leurs pôles opposés et sont munis de deux crémaillères qui engrènent avec les deux côtés d’une roue dentée. Quand les pôles contraires sont équidistants de l’aiguille, ils ne produisent aucun effet : en tournant dans un sens ou dans l’autre, on fait prédominer l’action de l’un d’eux. Ces aimants sont placés dans le tube qu’on voit sur la figure. La cage est en fer, pour garantir l’appareil des influences magnétiques extérieures; elle est percée d’une petite fenêtre pour observer l’aiguille.
- Galvanomètre balistique. — Si l’on fait passer dans un galvanomètre un courant instantané, c’est-à-dire de très courte durée, l’aiguille n’a pas le temps de prendre une position d’équilibre fixe, et l’on est forcé de déduire l’intensité de la
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- GALVANOMÈTRE.
- première impulsion. On démontre que la quan- | portionnelle au sinus de la moitié de l’impulsiom
- tité d’électricité qui traverse l’appareil est pro- j
- Fig. 382. r— Galvanomètre de torsion (Siemens et Halskc, Berlin).
- sistanee de l’air négligeable. On a donc cherché à construire des instruments dans lesquels cette résistance soit très petite. MM. Ayrton et
- HMD
- fliimi _ - - j
- Fig. 383. — Galvanomètre marin.
- Perry remplacent l’équipage astatique d’un galvanomètre Thomson par deux sphères aimantées, formées chacune d’une vingtaine de petites aiguilles, aimantées à saturation, disposées
- dans le même sens et entourées de plomb ou de cire de manière à constituer une masse sphérique ; les deux sphères sont réunies par un fil rigide, leurs pôles tournés en sens inverse. Avec cette disposition la résistance de l’air est très faible.
- Galvanomètres étalonnés. — Certains galvanomètres sont disposés pour donner des mesures absolues ; on nomme ampèremètres ceux MU1 servent à la mesure des intensités et voltmètres ceux qui donnent les forces électromotrices.
- (Voy. ces mots.)
- Emploi du galvanomètre en dérivation. ^
- galvanomètre sensible peut être employé a
- mesure de courants intenses, à condition de ne
- faire passer dans l’instrument qu’une fractio11
- connue du courant. Il suffit de le placer
- dérivation avec une bobine de résistance con
- 'cl
- nue r; soit g celle de l’instrument. D’apre ^ ^ lois des courants dérivés, les intensités i dans le galvanomètre et dans la bobine en raison inverse de leurs résistances
- ig — i r.
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- GALVANOMËTRIQUE. — GALVANOPLASTIE.
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- De plus, si I est l’intensité totale, I = i -(- ï.
- On tire de là
- On peut donc, en diminuant r, faire décroître j à volonté l’intensité de la portion du courant | qui traverse l’appareil.
- On se sert généralement pour cela d’unshunt fVoy. ce mot), contenant trois bobines dont les
- i i i
- résistances sont - , — et — de celle du galvanomètre, ce qui permet de faire passer dans cet 111
- instrument —, ou du courant total.
- Choix d’un galvanomètre. — L’emploi du galvanomètre donne lieu à quelques remarques importantes. Si l’appareil présente une résistance notable et qu’on l’introduise dans le circuit seulement pour mesurer l’intensité, sa présence changera la valeur du résultat. En effet, l’intensité cherchée est
- •en appelant E la force électromotrice totale et R la résistance de tout le reste du circuit ; or l’instrument donne
- Si l’on veut avoir I exactement, on peut faire nne nouvelle lecture en introduisant une autre résistance r, ce qui donne
- (3)
- I'
- ' R + r + g '
- En éliminant E et R, on obtient
- i=______ni______
- !" {r + g) — i g
- Au lieu d’ajouter une résistance r, on p shunter le galvanomètre à l’aide d’uni Ovation de résistance r. L’équation (3) s al°rs remplacée par
- Er
- D’où
- R (r + 9) + r9 '
- le auss* de choisir dans chaq
- Manomètre qui donnera la plus i
- sensibilité. On démontre qu’il y a avantage à employer un galvanomètre dont la résistance soit, autant que possible, égale à celle du circuit extérieur. On prendra donc un galvanomètre à gros fil pour les circuits peu résistants, et à fil fin pour les circuits très résistants.
- GALVANOMÉTRIQUE. — Qui se rapporte au galvanomètre.
- GALVANOPLASTIE. — On donne quelquefois ce nom à l’ensemble des arts qui ont pour but de produire des dépôts métalliques par l’élec-trolyse.
- Il est préférable de diviser la galvanoplastie en deux parties : Y électro-chimie, qui est la formation à la surface d’un objet métallique d’un dépôt adhérent d’un autre métal, destiné à lui donner un aspect plus agréable à l’œil ou à le rendre inaltérable, et la galvanoplastie proprement dite, qui a pour but la reproduction des objets d’art par le dépôt dans un moule d’une couche de cuivre non adhérente.
- Nous indiquons à l’article Électro-Chimie les notions générales relatives à cette opération, et aux mots Aciérage, Argenture, Dorure, etc., ce qui a trait à chacune de ces industries en particulier. Il nous reste donc seulement à décrire ici les procédés relatifs à la galvanoplastie proprement dite.
- Après quelques essais de Daniell, de De la Rive et de Delarue, Jacobi (février 1837) et Spencer (septembre 1837) découvrirent à peu près simultanément le moyen d’obtenir un dépôt galvanoplastique. Jacobi imagina en 1849 l’emploi d’une électrode soluble.
- Moulage. — Le dépôt de cuivre doit être uniforme, très cohérent, absolument exempt de lacunes, et capable de se détacher facilement du moule. La fabrication de ce moule est la première opération à effectuer : un grand nombre de substances peuvent servir à cet usage" mais il est préférable de choisir dans chaque cas celle qui convient le mieux. Les moules en métal se prêtent surtout à la reproduction des médailles, car ils sont d’une extrême finesse; mais ils exigent un outillage spécial et une grande habileté. On obtient de très bons moules avec l’alliage fusible de Darcet (bismuth 250 gr., plomb 160 gr., étain 125 gr., antimoine 30 gr.). On le fond à consistance pâteuse et l’on y applique l’objet à reproduire, que l’on frappe d’un coup léger et bien d’aplomb.
- Le plâtre convient bien au surmoulage du plâtre, du stuc, du marbre, de l’albâtre, du bois et des métaux; la cire blanche et la stéarine servent à la reproduction des médailles et des
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- clichés; la gélatine sert à mouler les objets fragiles et les pièces de difficile dépouille; son élasticité lui permet d’abandonner les parties rentrantes des modèles et de reprendre ensuite la forme voulue.
- Enfin la gutta-percha est la substance la plus employée ; elle sert surtout pour les objets qui peuvent supporter la pression sans inconvénient. Elle a l’avantage de pouvoir se transformer en lames minces ou en plaques épaisses, de se prêter à toutes les exigences du modelage, en un mot de se laisser travailler de toutes les façons. Très résistante à la température ordinaire, elle se ramollit par une immersion de quelques instants dans l’eau chaude, et devient
- Fig. 384. — Moule en gutta-percha.
- susceptible de prendre les empreintes les plus délicates. Enfin elle est inattaquable par les alcools, les acides et les dissolutions salines.
- La gutta est ramollie dans l’eau bouillante et pétrie avec soin, de façon à la réunir en une boule bien homogène qu’on applique sur le modèle, préalablement frotté de savon; puis on soumet le tout à la presse, jusqu’à ce que la température se soit notablement abaissée. On doit cependant démouler avant le refroidissement complet. On lave ensuite le moule (fig. 384), on le sèche et on le métallisé.
- Procédé Peliecat. — M. Pellecat a imaginé en 1884 de chauffer la gutta-percha jusqu’à complète fusion, et de la couler ensuite sur le modèle, sans aucune pression. On obtient ainsi
- une très grande finesse de détails, sans risquer de briser ni de déformer le modèle, même le plus fragile. Ce procédé se prête très bien aussi à la reproduction en terre perdue qui ne diffère du procédé dit en cire perdue que par la substitution de la terre glaise à la cire. On fait disparaître ensuite le modèle en terre par l’eau froide, qui délaye la terre rapidement, sans altérer la gutta-percha. Le procédé Pellecat donne d’excellents résultats, ainsi que le montre la figure 385.
- Métallisation des moules. — Les moules faits d’une substance isolante doivent être enduits, en tous les points où l’on veut obtenir un dépôt d’une couche conductrice continue, mais assez mince pour ne pas altérer les plus petits détails.
- On fait quelquefois un enduit de sulfure d’argent en enduisant le moule, au pinceau, d’une solution de 9 parties de nitrate d’argent dans 100 parties d’alcool. On préfère ordinairement déposer à la surface d’un moule une couche mince de plombagine bien pure. On humecte d’abord légèrement avec un peu d’eau et l’on frotte rapidement avec un pinceau trempé dans la plombagine jusqu’à ce que la surface présente un aspect brillant et uniforme.
- Quand le moule est en métal, il convient encore de l’enduire de plombagine pour pouvoir enlever plus facilement le dépôt; on recouvre de cire les parties où le cuivre ne doit pas se déposer.
- Enfin les moules en plâtre doivent être rendus imperméables en les plongeant dans la stéarine fondue jusqu’à ce qu’il ne s’en dégage plus de bulles d’air ni de vapeur d’eau. On saupoudre ensuite de plombagine, on laisse refroidir, et l’on frotte vivement avec une brosse enduite de cette substance.
- Disposition des bains. — Le moule est ensuite introduit dans le bain, qui est ordinairement une dissolution de sulfate de cuivre. Le plus souvent, ce bain est disposé dans une cuve de verre, de porcelaine, ou de bois enduit intérieurement de gutta-percha ou de glu marine (fig. 386). Deux tiges métalliques TT', reliée» aux deux pôles de la source, supportent l’une les moules m, l’autre une ou plusieurs plaques de cuivre C, servant d’anode soluble (voy. ee mot). On peut se dispenser d’employer une anode soluble, et remplacer les plaques de cuivre par une électrode de plomb ou de platine, 0,1 entretient alors la saturation en ajoutant de-cristaux de sulfate de cuivre. Ce procède e-moins avantageux, et n’est guère employé qlie pour les rondes-bosses.
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- GALVANOPLASTIE.
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- On peut aussi placer le bain dans un appareil simple (fig. 387), qui constitue une grande pile de Daniell. Le sulfate de cuivre est dans une cuve de bois doublée de gutta-percha, au centre de laquelle on place un ou plusieurs vases poreux, contenant de l’eau acidulée et des zincs amalgamés Z,Z,Z. Tous les zincs communiquent avec une tringle isolée AA ; d’autres
- tringles isolées BB, B'B' supportent les moules PP, qui représentent ainsi le pôle positif de la pile. Enfin, pour fermer le circuit, des tiges métalliques réunissent la tringle AA aux tringles BB et B'B'. Comme cette disposition ne permet pas l’emploi d’une anode soluble, il faut maintenir le degré de concentration par l’addition de cristaux de sulfate de cuivre.
- Fig. 383. — Objets reproduits par le procédé Pellecat.
- On ajoute souvent aux bains de sulfate de <jui\re un peu d’acide sulfurique, qui rend le * Pôt moins cristallin et moins cassant, surtout ^'ec ^es courants très faibles et de grandes sur-ces polaires. Lorsqu’on doit faire usage d’une s ^tr°de soluble, on verse 8 à 9 parties d’acide urique dans 100 parties d’eau, et l’on ajoute ^ors8à9parties de sulfate de cuivre cristallisé, dut donne une dissolution à peu près saturée.
- Lorsqu’on ne doit pas se servir d’une anode soluble, on réduit la proportion d’acide sulfurique à 1 ou 2 p. 100, la décomposition électro-lytique tendant à rendre le bain de plus en plus acide. M. H. Bouilhet a montré que le dépôt est plus tenace et plus dur si l’on ajoute au bain des traces de gélatine.
- Pour les médailles, les bas-reliefs et en général tous les objets à dépouille, on les retire
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- GALVANOPLASTIE.
- facilement du moule. On peut ensuite les recuire, pour enlever les impuretés ou les débris du moule qui adhèrent à la surface; si l’on craint d’altérer les détails par le recuit, on lave avec de l’alcool, de l’essence de térébenthine ou mieux de la benzine.
- Reproduction des pièces rondes-bosses. —
- La reproduction de ces pièces offre des difficultés particulières. On emploie ordinairement le procédé indiqué par M. Lenoir.
- On fait le moule de gutta-percha en plu-
- sieurs morceaux qu’on enduit soigneusement de plombagine à l’intérieur et qu’on réunit en enfermant dans l’intérieur une carcasse métallique, reproduisant grossièrement la forme de l’objet. Cette carcasse était primitivement en fils de platine ; G. Planté a remplacé ce métal
- Fig. 386. — Appareil composé pour la galvanoplastie.
- Fig. 387. — Appareil simple pour la galvanoplastie
- par du plomb. On suspend ensuite ce moule dans le bain (fig. 388), la carcasse métallique étant reliée au pôle positif de la source, et le
- Fig. 388. — Reproduction d’une ronde-bosse.
- moule au pôle négatif. On ménage une ou deux ouvertures au bas du moule pour que le liquide se renouvelle plus facilement dans l’intérieur, et l’on suspend dans le bain des sacs de crin remplis de cristaux.
- Quand l’opération est terminée, on enlève le moule en gutta en le ramollissant par la chaleur, et l’on fait sortir l’anode de plomb de la ronde-bosse en la tirant fortement par l’orifice supérieur.
- Galvanoplastie massive. — Si l’on veut donner
- au dépôt galvanique une épaisseur suffisante pour lui assurer la résistance nécessaire, il faut le laisser très longtemps dans le bain, ce qui augmente beaucoup le prix de revient. On a tourné cette difficulté en coulant à l’intérieur de la couche galvanique de l’étain ou un alliage fusible qui lui donne la solidité nécessaire. Dans la maison Christofle, on garnit d’abord l’extérieur du galvano d’une épaisse couche de plâtre, qu’on fait sécher à l'étuve et qui l’empêche de se déformer; puis on chauffe au rouge et l’on introduit ensuite dans l’intérieur des fragments de laiton aussi fusibles que possible, avec un peu de borax en poudre, et l’on fond ces fragments à l’aide d’un chalumeau.
- Applications de la galvanoplastie. — Les reproductions galvanoplastiques offrent les memes avantages que présentent, dans les arts du dessin, les reproductions photographiques. Elles rendent l’œuvre du sculpteur avec la fidelité la plus parfaite, avec ses plus petits détails-On sait que les objets obtenus par fusion sont coulés dans un moule en sable plus ou moins rugueux : leur surface présente donc une foule de défauts et d’aspérités, qui nécessitent, avant de les livrer au commerce, un travail de cise lure souvent fort long et qui en augmente con sidérablement le prix de revient; ce travail a en outre le défaut de ne pas traduire toujours avec exactitude la pensée de l’artiste. On n a pas à craindre cet inconvénient avec les repro ductions galvanoplastiques, qui n’exigent à PeU ! près aucune retouche.
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- GALVANOPL ASTIQUE.
- Aussi la statuaire et l’architecture utilisent-^lles fréquemment les procédés galvanoplastiques pour la reproduction d’un grand nombre d’œuvres d’art importantes. Nous citerons notamment les portes de l’église Saint-Augustin, à Paris (flg. 389), les statues colossales de 5 à £ mètres de hauteur qui ornent la façade de
- Fig. 389. — Porte de l’église Saint-Augustin à Paris.
- Opéra, et qui représentent la Musique, la Poé-pf’ Apollon et les Muses (fig. 390), deux grands ^gases, enfin les bustes des grands maîtres et nombreux chapiteaux destinés au môme Monument.
- ^ Oràce à la parfaite fidélité de ses reproduc-^ ns> la galvanoplastie se prête admirablement le a vul§arisation des cbefs-d ’œuvre de toutes s époques, qui, sans son secours, resteraient
- - GEISSLER (Tube de).
- cachés dans quelques musées. C’est dans ce but que le musée gallo-romain de Saint-Germain en Laye a fait reproduire les bas-reliefs de l’arc de triomphe de Constantin et ceux de la colonne Trajane : ces derniers sont au nombre de six cents et présentent chacun une surface moyenne de 1 mètre carré.
- C’est encore pour le même motif que l’Administration du musée de Kensington, à Londres, a fait mouler, en 1833, les objets les plus remarquables du musée de Cluny et du musée d’artillerie. Cette remarquable colleclion s’est enrichie, depuis cette époque, de nombreux moulages galvaniques faits dans les principales collections d’Europe. Le musée artistique et industriel de Vienne a suivi cet exemple. La maison Christofle a reproduit également cinquante-deux vases ou ustensiles en argent, d’origine romaine, trouvés en 1868 près de Hildesheim (fig. 391).
- La bijouterie emprunte aussi le secours de la galvanoplastie pour produire facilement sur l’acier les nielles et les damasquinures les plus compliquées. Enfin, outre l’électro-chimie, que nous avons déjà signalée, la galvanoplastie présente de nombreuses applications, parmi lesquelles nous citerons en première ligne V Electrotypie (Voy. ce mot) ; en facilitant la reproduction des clichés typographiques sur bois et des planches en taille-douce sur métal, elle a puissamment contribué au développement des livres et des journaux illustrés.
- GALVANOPL ASTIQUE. — Qui se rapporte à la galvanoplastie.
- GALVANOPUNCTURE. — Syn. d’électropunc-ture. (Voy. Gavalnocaustiqoe chimique.)
- GALVANOSGOPE. —Appareil servant à reconnaître la production d’un courant. On emploie généralement pour cela un galvanomètre peu sensible. Le téléphone peut servir aussi de gal-vanoscope, pourvu qu’on produise des interruptions dans le circuit.
- GALVANOSCOPIQUE. — Qui se rapporte aux galvanoscopes.
- GALVANOTHÉRAPIE. — Syn. d’ÉLECTROTHÉ-RAPIE.
- GALVANOTROPISME. — Phénomène présenté par la racine des plantes plongées dans l’eau, qui s’incline d’un côté ou de l’autre lorsqu’on fait passer dans cette eau un courant électrique.
- GASTÉROSCOPE. — Accessoire du polyscope servant à l’examen de l’estomac.
- GEISSLER (Tube de). — Tube contenant un gaz raréfié qui s’illumine par le passage de l’étincelle électrique (fig. 392). Ils ont été imaginés
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- ’ig. 390. — Groupe de couronnement de l’un des pavillons de la façade de l'Opéra (5 mètres de hauteur).
- Fig. 391. — Tasse à feuilles d'acanthe du trésor de Hildesheim.
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- GÉNÉRATEUR PYROMAGNÉTIQUE.
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- par Geissler, mécanicien et physicien allemand. Lorsque la pression de l’air devient inférieure à 38 centimètres, de mercure, l’aspect de la dé-charge change beaucoup. Tout le gaz devient lumineux et l’on peut voir au spectroscope le spectre caractéristique de ce gaz. Si l’on fait le vide jusqu’à ce que la pression ne soit plus qu’une faible fraction de millimètre, le tube se remplit d’une lumière brillante dont la couleur varie avec la nature du gaz qui se trouve dans le tube. Ainsi la lumière est violacée dans l’air, d’un beau rouge dans l’hydrogène, etc. Si l’on entoure le gaz d’un solide ou d’un liquide
- fluorescent, verre d’urane, solution d’azotate d’urane, de sulfate de quinine, etc., cette substance s’illumine et présente des couleurs caractéristiques.
- Aux deux bouts du tube sont scellées des électrodes d’aluminium ou de platine ; ce der-
- Fig. 392. — Tubes de Geissler.
- Fin-, 393. — Tube de Geissler tournant.
- mer métal convient mieux, parce que, sa dilatation étant la même que celle du verre, il ne s en détache pas en se refroidissent. On fait le Gde dans le tube à l’aide d’une trompe de j prengel, par un petit tube capillaire qu’on eime ensuite au chalumeau.
- En général le courant induit direct traverse le tube vide, et l’on constate que les pô-es n, °ffrent pas le même aspect. La boule qui contient 1 électrode négative est tout entière il-mée; l’autre est obscure et présente seule-lent un point brillant à l’extrémité du fil positif, imposant un tube de Geissler sur un mo-qui le fait tourner, pendant qu’on l’ïllu-f'Hc aU mo^en ^’une bobine de RuhmkorfT, Ce à la persistance des impressions sur la
- rétine, chaque point du tube paraît transformé en un cercle lumineux et l’oeil croit voir une série de cercles concentriques de couleurs variées. Le modèle représenté figure 393 renferme sous un petit volume le moteur et la bobine nécessaires à l’expérience. C’est le fer doux de la bobine qui, en s’aimantant et se désaimantant, fait tourner le moteur à palettes placé à la partie supérieure.
- GÉNÉRATEUR PYROMAGNÉTIQUE. — Appareil imaginé par M. Edison en 1887, et dans* lequel les variations du champ magnétique destinées à produire les courants d’induction sont dues à des changements de température.
- Ce générateur est fondé sur le même principe que le moteur pyromagnétique (Voy. ce mot)
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- GÉNÉRATEUR PYROMAGNÉTIQUE.
- •du même inventeur. II est composé de huit éléments identiques entre eux et formés chacun •d’un électro-aimant à branches horizontales, devant les pôles duquel est disposé un cylindre de tôle ondulée entouré par une bobine de fil. Les huit bobines sont reliées en série et forment un circuit fermé, comme celui de l’anneau de Gramme ; les huit tubes ondulés qui leur servent de noyaux traversent à leurs extrémités deux disques de fer horizontaux formant les pièces polaires communes des huit électroaimants.
- Au centre de ces disques fixes passe un arbre creux vertical, entraînant dans sa rotation une plaque semi-circulaire en argile réfractaire, qui masque à chaque instant quatre
- des huit tubes verticaux. L’appareil est placé sur un fourneau muni d’une soufflerie, et les produits de la combustion, s’échappant par les tubes qui ne sont pas obturés, les portent au rouge.
- Il y a donc à chaque instant quatre des tubes creux qui s’échauffent et quatre qui se refroidissent ; les quatre premiers sont le siège d’un
- Fig. 394. — Détails et vue d’ensemble du générateur pyromaguélique.
- courant d’un certain sens, et les autres d’un courant de sens opposé, la ligne de commutation étant parallèle au bord rectiligne de l’obturateur. Pour recueillir ce courant, l’arbre porte un disque isolant, entouré par deux segments métalliques opposés, dont la ligne de séparation est également parallèle au bord de l’obturateur. Sur ces segments frottent huit ressorts fixés sur le circuit fermé de l’induit, à égale distance entre deux bobines consécu-
- tives. Chacun de ces segments communique donc toujours avec les quatre bobines où le courant est de même sens, et ils représentent en quelque sorte les deux pôles de l’induit, dont les deux moitiés sont pour ainsi dire assemblées en batterie. Les deux segments métalliques communiquent respectivement avec deux colliers de laiton, isolés de l’arbre, sut lesquels deux balais viennent recueillir le cou rant. On voit que la disposition de l’induit offre
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- GÉNÉRATEUR SECONDAIRE.
- GRAPHOPHONE.
- UW
- une certaine analogie avec celle de l’anneau de Gramme.
- générateur secondaire. — Nom donné
- par MM. Gaulard et Gibbs à leur transformateur (Voy. ce mot).
- GLYPHOGRAPHIE. — Procédé électrotypique pour obtenir des planches gravées en relief pour l’impression. Il consiste à graver d’abord une planche en creux, puis à l’employer en auise de moule galvanoplastique pour avoir la planche en relief.
- GODILLE. — Organe du manipulateur du télégraphe à cadran.
- GOUTTE DE SUIF. — Petit bouton plat et arrondi sur les bords, sur lequel vient s’ap-payer la manette à ressort de certains commutateurs pour établir le courant. (Voy. Plot.)
- GOUVERNAIL ÉLECTRIQUE. — Gouvernail mù par l’électricité. Il en existe plusieurs modèles.
- GOUVERNAIL-MOTEUR-PROPULSEUR. —
- Gouvernail portant le moteur électrique qui met en marche le bateau (système Trouvé). (Voy. Bateau.)
- GRADUATEUR ou DÉRIVATEUR. — Appareil employé dans la téléphonie à grande distance (système van Rysselberghe) pour empêcher d’entendre les courants télégraphiques.
- En médecine, on donne ce nom aux appareils qui servent à graduer l’action de l’électricité,, notamment au cylindre de cuivre que, dans certaines bobines, on enfonce plus ou moins profondément autour du noyau central de fer doux pour diminuer l’intensité du courant induit.
- GRAMME (machine de). — Voy. Machines d’induction.
- GRAPHOPHONE. — Sorte de phonographe dù à MM. Bell, Chichester et Simmer Tainter.
- L’enregistrement des sons se faisait d’abord
- Fig. 395. — Graphoplione.
- en spirale sur un disque de papier enduit d’un j^élange de 2 parties de paraffine et une de cire anche; ce papier est fixé, pour cela, sur un isque métallique qui tourne autour de son axe, avec une vitesse de 180 à 190 tours par minute, andis que cet axe avance parallèlement à lui-meme avec une vitesse d’environ 25 millimètres Par minute.
- qe^ne ^ame Coupante, fixée à une feuille mince e aiica, décrit à la surface du disque une fine
- spirale et découpe un copeau de cire plus fin qu’un cheveu.
- Le disque de paraffine est ensuite plombagine et employé comme moule dans un bain galvanoplastique, ce qui donne une plaque de cuivre présentant en saillie l’empreinte du sillon qui se trouvait en creux sur la paraffine. A l’aide de ce galvano, on grave mécaniquement le tracé phonographique primitif sur un disque de fer.
- Enfin, pour reproduire les sons, on place
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- GRAVURE SUR VERRE PAR L’ÉLECTRICITÉ. — GRÊLE.
- devant ce disque un aimant, dont Pun des pôles porte une bobine ayant pour axe une aiguille de fer doux, qui affleure le disque sans le toucher; cette bobine communique avec un téléphone.
- Si l’on fait décrire au disque de fer un mouvement hélicoïdal identique au premier, les paroles se reproduisent dans le téléphone.
- La figure 395, dont nous devons la communication à M. Brault, montre la forme la plus récente du graphophone. Le disque est remplacé par un cylindre formé d’une série de bandes de papier léger et résistant enroulé sur un mandrin, puis recouvert de cire. Le tout est passé plusieurs fois dans un moule chauffé vers 100° au bain-marie pour chasser les bulles d’air; enfin, comme dans le phonographe, la surface de la cire est rendue parfaitement lisse et cylindrique par une plane disposée en avant du style inscripteur.
- Le cylindre ainsi préparé est placé sur les deux manchons c; il est mis en mouvement par •une pédale, à l’aide du régulateur a et de la poulie b. On arrête le mouvement en appuyant sur le bouton d, qui soustrait le rochet b’ à l’entraînement de la poulie b.
- L’appareil inscripteur est un large disque de mica g, portant en son centre une pointe fine, qui trace sur la cire un sillon d’environ 0,025 millimètres de profondeur. Il est monté sur une vis f, •commandée de b par un train d’engrenage, et qui le fait mouvoir le long du cylindre enregistreur; il est équilibré par un contre-poids.
- Le parleur, qui se voit en i, présente une forme très originale : il est constitué par une petite membrane de mica ou de papier, à laquelle le style s’attache par un fil de soie passant au travers d’un petit tube. Il se fixe à la place du récepteur sur la gaine de la vis f à l’aide d’un petit chariot à griffes. L’enveloppe de la membrane est munie d’un tube acoustique bifurqué, dont on introduit les extrémités dans les deux oreilles.
- I! existe actuellement aux États-Unis plus de 30 sociétés ayant un capital total d’environ -100 millions, et destinées à exploiter le phonographe et le graphophone.
- GRAVURE SUR VERRE PAR L’ÉLECTRICITÉ. — Dans ses recherches sur les phénomènes présentés par les décharges à haute tension, G. Planté fut amené à indiquer le procédé suivant de gravure sur verre.
- « On couvre la surface d’une lame de verre avec une solution concentrée de nitrate de potasse, en versant simplement le liquide sur
- la plaque posée horizontalement dans une cuvette peu profonde. D’autre part, on fait plonger dans la couche liquide qui recouvre le verre, et le long des bords de la lame, un fil de platine horizontal communiquant avec le pôle positif d’une batterie secondaire de 50 à 60 éléments ; puis, tenant à la main l’autre électrode, formée d’un fil de platine entouré sauf à son extrémité, d’un étui isolant, on touche le verre, recouvert de la couche mince de solution saline, aux points où l’on veut graver des caractères ou un dessin.
- « Un sillon lumineux se produit partout où touche l’électrode, et, quelle que soit la rapidité avec laquelle on écrive ou on dessine, les traits que l’on a faits se trouvent nettement gravés sur le verre. Si l’on écrit ou si l’on dessine lentement, les traits sont gravés profondément; leur largeur dépend du diamètre du fil de platine servant d’électrode; s’il est taillé en pointe, ces traits peuvent être extrêmement déliés. On peut graver avec l’une ou l’autre électrode ; il faut toutefois un courant moins fort pour graver avec l’électrode négative, et la gravure est plus nette. » (G. Planté, Recherches sur T électricité.)
- GRÊLE. — Volta a fait intervenir le premier l’électricité dans la formation de la grêle, en supposant que les grêlons, renvoyés d'un nuage à un autre, comme les balles de la grêle électrique, se couvrent chaque fois d’une nouvelle couche de glace. Plus récemment. M. Paye, M. Luvini et G. Planté ont proposé d’autres théories électriques de la grêle, mais aucune n’est parfaitement satisfaisante.
- G. Planté considère la grêle comme « résultant de la congélation, dans les hautes et froides régions de l’atmosphère, de l’eau des nuages pulvérisée et vaporisée par les décharges électriques. »
- Par ses expériences sur les décharges électriques de haute tension, il a été amené à penser qu’il peut se produire une gerbe de globules aqueux, lorsqu’un nuage ou un courant aérien électrisé pénètre dans une autre masse nuageuse à l’état neutre ou moins fortement électrisee.
- « De plus, en raison de la basse température de l’ensemble du nuage lui-même ou des régions élevées dans lesquelles le phénomène se produit, ces globules peuvent être congelés instantanément et donner naissance à des grêlons.
- « L’intensité des phénomènes électriques que présentent généralement les orages à grêle, pendant lesquels les éclairs se succèdent d une manière incessante et forment comme la de
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- GRÊLE ÉLECTRIQUE. — GRUE ÉLECTRIQUE.
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- ehaIoe continue d’un puissant courant d’électricité dynamique à haute tension, montre l'importance du- rôle que doivent jouer les e(fets mécaniques et calorifiques dont il s’agit dans la production de la grêle.
- « Lors des violents orages de grêle qui sévi-rent, en Suisse et en France, du 7 au 8 juillet 1875, 8 à 10,000 éclairs se succédaient par heure, en formant comme un immense incendie.
- « Les mouvements violents qui se produisent au milieu des nuages d’où tombe la grêle, la transformation rapide des cirrus en nimbus, s’expliquent aussi par l’action calorifique des décharges électriques ; car les nimbus apparus subitement ne peuvent provenir que de la vaporisation rapide et de l’eau condensée d’une partie des cirrus.
- « Les déchirures multipliées des nuages à grêle, leurs formes déchiquetées, doivent éga-ment résulter de l’effet des décharges électriques.
- « La forme ovoïde ou en pointe des grêlons, leurs aspérités ou protubérances, peuvent être attribuées à leur origine électrique, car, dans l’expérience ci-dessus, les globules ont aussi une forme ovoïde, et l’étincelle d’où ils jaillissent a l’aspect d’une couronne à pointes de flamme. »
- A l’appui de cette théorie, l’auteur a fait un certain nombre d’expériences. Nous citerons la suivante.
- « Si on plonge d’avance l’électrode négative d’une batterie de 400 couples secondaires environ dans un vase contenant de l’eau salée, si on fait toucher l’électrode positive à la surface du liquide, il se produit une gerbe d’innombrables globules ovoïdes qui se succèdent avec une extrême rapidité, et sont projetés à plus de 1 mètre de distance du vase où se fait
- 1 expérience.
- <( L étincelle se présente, dans ce cas, à la surface du liquide sous la forme de couronne 0u ^ auréole à pointes multiples d’où jaillissent les globules aqueux. La métallité de l’élec-®de n est pas nécessaire pour obtenir cet e et ; un fragment de papier à filtrer, hu-^ecté d eau salée, en communication avec le
- e positif, produit également le phénomène h- 396).
- duifif CG^e expérience de la gerbe était fpro-1 eau aV6C Une *ens*on plus élevée sur de teniU „0r<^na*re> dans une enceinte à très basse évidJera*'Ure’ ^GS 80URelettes projetées seraient uiment solidifiées, et on aurait une repro-
- duction artificielle plus complète du phénomène naturel (1). »
- Pour éviter la difficulté d’employer une vaste enceinte refroidie, G. Planté s’est servi d’une solution concentrée de nitrate de potasse, chauffée près du point d’ébullition, de manière à ce que les gouttelettes projetées par la dé-
- Fig. 396. — Production artificielle de la grêle.
- charge électrique pussent se solidifier rapidement par le refroidissement à la température ambiante. En plaçant le vase à 2 mètres de hauteur, il obtint une grêle artificielle de nitrate de potasse (fig. 396).
- GRÊLE ÉLECTRIQUE. — Expérience servant à montrer les attractions et répulsions électriques. Des balles de sureau, placées entre deux plateaux métalliques reliés aux deux pôles d’une machine électrostatique ou bien à la machine et au sol, se chargent par influence et sont successivement attirées et repoussées par chacun d’eux.
- GRISOU (Indicateur de). — Yoy. Indicateur.
- GRUE ÉLECTRIQUE. — Grue mise en mouvement par un moteur électrique. Ce moteur est généralement une dynamo qui reçoit le courant d’une autre dynamo, placée à une certaine distance. C’est une application de la transmission électrique de l’énergie.
- La fonderie de canons de Bourges possède depuis 1882 une. grue électrique d’une force portante de 20 tonnes, dont tous les mécanismes sont actionnés, séparément ou simultanément, par une machine Gramme pouvant développer 12 chevaux. La génératrice, placée à 300 mètres environ de la grue, est commandée par la transmission générale de l’usine, et absorbe au maximum environ 20 chevaux. Cette grue rend
- (1) G. Planté, Les phénomènes électriques de l'atmosphère•
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- GUIDON ÉLECTRIQUE LUMINEUX. — GYMNOTE.
- de tels services qu’on en a installé une seconde de 40 tonnes.
- L’usine Farcot, à Saint-Denis, possède une grue électrique de 30 tonnes. La réceptrice est sur la grue; la génératrice, située à 90 mètres, donne 350 volts et 15 ampères. Avant qu’on employât l’électricité, la manœuvre exigeait 10 hommes pour les grosses pièces ; un seul ouvrier suffit .aujourd’hui et la vitesse d.’ascen-sion est plus que doublée: Le rendement entre le travail absorbé et celui qui résulte de l’élévation de la charge est de 38 p. 100.
- Les magasins généraux de Roubaix emploient une grue électrique pour élever des balles de laine formant une charge de 500 à 600 kilogr. à 9 mètres de hauteur, et les mettre en place
- dans un rayon de 3,20 m. Elle est actionnée par deux machines Gramme ; la génératrice absorbe 6,5 chevaux et donne 250 volts et 15 ampères. Le rendement industriel est de 61 p.100. Les résultats sont excellents.
- GUIDON ÉLECTRIQUE LUMINEUX. — Petit appareil imaginé par M. Trouvé, qui permet aux chasseurs de viser avec autant de précision au milieu de la nuit que pendant le jour. Il consiste en un petit fil de platine, disposé sur la ligne de mire, et qu’on porte à l’incandescence au moyen d’une pile. Ce fil est placé dans un petit tube de verre, entouré lui-même d’un Atui métallique ; cet étui est percé d’une fenêtre du côté du chasseur, qui peut seul apercevoir le guidon incandescent. Une petite pile à
- Fig. 397. — Guidon électrique lumineux.
- renversement, de la grosseur du petit doigt, s’adapte au canon de l’arme, parallèlement à ce dernier, au moyen de deux bracelets en caoutchouc. Quand on abaisse le canon pour viser, le liquide vient baigner le zinc : la pile fonctionne, et le guidon s’éclaire. Dès qu’on relève l’arme, les pôles sortent du \iquide, et la pile cesse de s’user. La figure 39l^mûxrtre le mode d’emploi de ce petit appareil.
- GUIPAGE. — Couche de coton, de soie, ou d’une autre substance isolante, tissée au métier autour d’un fil ou d’un câble électrique.
- GUTTA-PERCHA. — Cette substance, appelée aussi gomme plastique, gomme de Sumatra, gomme gettania, s’extrait de deux arbres de la famille des Sapotées, Vlsonandra percha et le Sapota Mulleri, qui croissent à Bornéo, dans l’île de Singapore, etc.
- La gutta-percha brute, obtenue par évaporation à l’air du latex de ces arbres, nous arrive en poires ou pains de couleur rouge ou grisâtre. Bien épurée, elle est à peu près incolore. Elle est, comme le caoutchouc, insensible à l’action de l’air, de l’humidité, de l’eau froide, mais elle n’est pas extensible comme lui-Malheureusement, elle éprouve avec le tempSr au contact de l’air et de la lumière, une oxydation superficielle qui la durcit, la fendille : et lui fait perdre une partie de ses qualités.
- La gutta est un bon isolant ; elle est très employée dans la fabrication des câbles (voy.ce mot)-
- GYMNOTE. — Poisson possédant derrière les branchies un appareil électrique. Q°U Électrogène.)
- Nom donné à un torpilleur électrique. (' °J ' Torpilleur.)
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- GYROSCOPE.
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- GYROSCOPE. — Le gyroscope de Foucault est destiné à mettre en évidence la rotation de la terre, par suite de l’immobilité, dans l’espace, du plan de rotation d’un tore animé d’un mouvement suffisamment rapide. M. Trouvé a construit, en 1865, un gyroscope électrique.
- Le tore A, représenté séparément en coupe (fig. 398), renferme un électromoteur du même constructeur, recouvert d’une couche de cuivre galvanique. Ce tore est mobile autour d’un axe d’acier, terminé par des pointes de rubis, qui pénètrent dans des cavités creusées dans
- le cercle de cuivre C. Celui-ci est fixé de même dans un cercle de fer B, qui participe au mouvement de la terre, et le tout est suspendu par un fil inextensible au centre d’un cercle divisé DE. Le tore reçoit le courant par deux pointes de platine GH plongeant dans deux godets de mercure. Une aiguille indicatrice, fixée au cercle C, et par suite immobile dans l’espace, montre le mouvement de la terre par son déplacement apparent sur le cercle DE, qui participe à ce mouvement.
- Cet appareil présente sur les gyroscopes or-
- Fig. 398. — Gyroscope électrique.
- inaires cet avantage que la rotation peut êtri ° seryée pendant un temps beaucoup plus
- n8 > le résultat est donc beaucoup plus Précis.
- tr de Fon vielle a construit également ui ^roscope électrique.
- M T r
- rrouve a modifié récemment son gyros-^ans Ie Lut de l’employer à la vérificatioi dèle ,°USS0^es marines. Dans ce nouveau mo été masse et la vitesse du tore on
- ajjn9|?crues dans une proportion considérable Pert e, rendre insensible l’influence des causes seconqeatr^CeS’ v^esse atteint 400 tours pai
- Dictionnaire d’électricité.
- Le nouvel instrument se compose des mêmes organes que l’ancien; seules leurs formes et leurs dispositions ont été légèrement modifiées.
- Le tore électromoteur, d’un poids de plusieurs kilogrammes, est constitué intérieurement par un anneau induit assez aplati pour occuper la partie médiane même du tore.
- Ainsi construit et muni de son axe et de son commutateur, cet anneau est, comme précédemment, noyé dans un ciment spécial, passé au tour, équilibré, plongé dans un bain de cuivre pendant plusieurs jours et, quand le dépôt de métal atteint une épaisseur suffisante, de
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- GYROSCOPE.
- nouveau il est passé au tour et exactement équilibré.
- L’inducteur est un anneau de fer à pôles conséquents dans lequel tourne concentriquement le tore électromoteur. Sur cet anneau, qui porte l’aiguille indicatrice des déplacements de l’appareil (en réalité l’appareil est immobile dans l’espace absolu et ce sont les
- objets terrestres qui tournent autour de lui) sont fixés deux montants de cuivre formant une cage rectangulaire qui sert de point d’appui à l’axe du tore. L’inducteur et l’induit sont montés en série.
- Tout le système est supporté par une suspension à la Cardan, au moyen d’un axe vertical terminé par des pointes qui pivotent dans
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- Fig. 399. — Gyroscope marin.
- des crapaudines d’agate, nomme l’axe du tore lui-même.
- A la suspension de Cardan est adjoint un pendule à tige rigide qui est sur le prolongement de l’axe du système et lui donne une verticalité parfaite, malgré les oscillations continuelles du bâtiment. On conçoit en effet que les faibles inclinaisons subies par l’appareil sont d’autant plus petites que le pendule est plus
- long, puisqu’elles se trouvent réduites dans rapport de la longueur du pendule au rayon tore. Comme le montre le pointillé de la ’ ce pendule peut être prolongé au-dessous ni du plan d’appui de l’instrument.
- Quant au courant, il est envoyé dansl e e ^ moteur comme dans le gyroscope élec précédent, au moyen de deux petites tl®e*aOÎ platine isolées de l’ensemble et plongeon
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- GYROTROPE. — HÉLICE MAGNÉTISANTE.
- deux petites cuves, circulaires et concentriques, remplies de mercure.
- Ainsi constitué, le nouveau gyroscope n’a plus à redouter ni le tangage, ni le roulis du navire et se trouve disposé pour corriger la boussole avec sûreté; en de nombreuses conjonctures, en effet, l’aiguille aimantée s’affole : pendant la manoevre des canons, les temps ora-<?eux, les aurores polaires et surtout à la suite d’une chute de la foudre sur le bâtiment.
- L’axe de rotation du gyroscope électrique, au
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- contraire, est absolument invariable dans l’espace, et, si on a eu soin de l’orienter, une fois pour toutes, dans une position connue, celle-ci devient un point de repère parfaitement stable.
- GYROTROPE. — Ampère a donné ce nom à un commutateur formé d’une sorte de bascule qui plonge alternativement dans quatre godets de mercure, reliés d’une manière convenable aux deux pôles de la source. Nous avons décrit plus haut un appareil analogue (Voy. Commutateur).
- H
- HALL (Phénomène de). —Voy. Phénomène de Hall.
- HAMEÇON ÉLECTRIQUE. — Appareil assez compliqué dans lequel la ligne est fixée à un flotteur qu’on lance, à l’aide d’un rouage, à une distance quelconque. Le poisson, en mordant l’appât, ferme un circuit contenant un petit appareil électro-magnétique qui tire immédiatement la ligne hors de l’eau, et une sonnerie qui avertit le pêcheur de retirer le système.
- HAVEUSE ÉLECTRIQUE. — Machine servant à abattre le charbon dans les mines et mue par un moteur électrique, ordinairement une machine Gramme (application de la transmission de l’énergie).
- La « Sperry Electric mining machine C° » a exposé en 1889 une haveuse inventée par Sperry et qui donne de très bons résultats. Nous empruntons à la Revue internationale d'é-ketricitê la description de cet instrument.
- « Une manivelle agissant sur une tige sert à serrer ou à détendre un ressort très puissant, j, e n est pas fixée d’nne manière rigide sur arbre moteur, mais disposée de façon à ne aire corps avec lui que lorsque l’effort exercé
- tion^6 eS^ con^raare a direction de la rota-en. Lorsque cette force est renversée et coïn-
- eswp'60 ^ SenS r®vo^u^on! la manivelle âgagée de l’arbre et permet à l’outil d’être ^°Jcté en avant. La tige est munie d’une fente, Vad°rte ^Ue> S* est arrêté dans son tra-
- rajsj^,ant Lln de sa course, la manivelle, en Point1 ^ Sa ^orce aC(îuise, dépassera l’autre hait Dl°rt Permedbra un mouvement de re-Proportionnel à la longueur de la tige ; à
- ce moment, elle fait instantanément corps avec l’arbre moteur en rotation et est obligée de faire immédiatement le reste de sa course. Lorsque ce mouvement est terminé, l’outil est dégagé automatiquement et il se produit un nouveau choc très énergique. Ce système convient parfaitement pour les argiles dures ou la houille et a résisté aux plus forts travaux qu’on lui ait imposés.
- « Cet appareil a l’avantage de diminuer considérablement les frais d’installation par rapport aux machines à air. Une dynamo coûtant 4000 francs, installée sur le sol de la halle des machines, remplace une forte machine à air comprimé revenant à 18 000 francs et exigeant des fondations lourdes et dispendieuses. Toute machine à vapeur peut actionner la dynamo ; l’eau serait également une force avantageuse et économique.
- « Voici quelques renseignements intéressants fournis par l’inventeur, M. Elmer Sperry.
- Force absorbée par la dynamo génératrice pour chaque haveuse. 2,55 chevaux. Watts fournis par la génératrice.. 1579 watts.
- Watts transmis au moteur....... 1532 —
- Longueur du circuit............ 1000 mètres.
- Puissance de l’outil........... 1,73 cheval.
- Perte dans la transmission..... 2,25 volts.
- Intensité du courant (courant constant).......................... 20 ampères.
- Différence de potentiel........ 80 volts.
- Rendement du moteur............ 80 p. 100.
- HÉLICE MAGNÉTISANTE. — Fil isolé en-
- roulé en spirale et parcouru par un courant électrique, de sorte qu’un barreau placé à l’intérieur s’aimante, temporairement s’il est en fer doux, et d’une façon permanente s’il est
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- HÉLIOGRAVURE. — HORLOGE ÉLECTRIQUE.
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- en acier. Suivant son sens d’enroulement, l hé-lice est dite dextrorsum ou sinistrorsum. HÉLIOGRAVURE. — Voy. Photogravure. HÉMOPHONE. — Appareil électrique qui s’applique à un malade et avertit automatiquement s’il se produit une hémorrhagie.
- HOLTZ (Machine de). — Voy. Machines électrostatiques.
- HOLTZ (Tube de). — Tube analogue à ceux de Geissler, montrant l’influence des pointe-sur la direction des courants dans ces appareils Ce tube (fig. 400) contient des soupapes électriques, formées de petits entonnoirs en verre dont les pointes sont tournées en sens contraires dans les deux branches. En reliant les deux électrodes avec une bobine d’induction
- Fig. 400. — Tube de Holtz.
- on constate que la décharge ne traverse qu’un des deux tubes, ou au moins les traverse tous deux très inégalement. Elle passe de préférence du pôle positif au pôle négatif en pénétrant dans les entonnoirs par la pointe.
- HOMOLOGUE. — Se dit du pôle qui, dans un corps pyro-électrique, devient positif par une élévation de température et négatif par un refroidissement. L’autre pôle est appelé antilogue.
- HORLOGE ÉLECTRIQUE. — Horloge dont le mouvement est produit ou régularisé par l’électricité. L’électricité peut agir dans ces appareils de plusieurs manières différentes.
- Horloges mues par l’électricité. —- Dans les horloges les plus simples, le moteur mécanique, poids ou ressort, est complètement supprimé : c’est l’énergie fournie par la pile elle-même qui entretient le mouvement du balancier et par suite celui du mécanisme entier. On obtient ainsi des appareils relativement simples et fonctionnant d’une manière continue, sans avoir besoin d’être remontés, jusqu’à l’épuisement de la pile.
- Dans certains modèles, le mouvement du pendule lance, puis interrompt, à intervalles réguliers, un courant qui fait monter un petit contre-poids d’une hauteur déterminée. Ce poids, retombant chaque fois de la même hauteur, communique au mécanisme une impulsion toujours identique. Dans d’autres systèmes, l’action du courant est utilisée pour bander un ressort d’une quantité toujours la même.
- Enfin, dans le modèle représenté par la figure 401, un électro-aimant, placé à gauche du balancier, qui porte à la partie inférieure une
- traverse de fer doux, l’attire de ce côté quand il est animé par le courant; lorsqu’au contraire le circuit est interrompu, le pendule, entraîné par la pesanteur, fait une oscillation vers la
- Fig. 40i. — Horloge électrique à demi-secondes.
- droite. Le balancier lui-même commande aU moment convenable le mouvement de 1 inter rupteur qu’on voit auprès de l’électro-ainia^ Les dispositions de ce genre servent sur ^ à construire des appareils simplifiés : elle» ^ l’inconvénient d’utiliser sans cesse l’énergie la pile, qui par suite s’use assez rapidement-Nous citerons cependant le régulateur
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- HORLOGE ÉLECTRIQUE. 357
- >1. Lombard qui se fait remarquer par une con- i struction très simple; il est fondé sur un prin- I
- Fig 402. — Régulateur Lombard.
- ll^eana^0®Ue ser*i à la distribution de l’heure, compose d’un pendule, d’environ 1 mètre
- de longueur, monté sur couteaux en acier (fîg. 402), dont le mouvement est entretenu par un petit électro-aimant, et qui distribue l’heure à des cadrans en nombre quelconque, en lançant des courants toutes les 20 secondes.
- Pour entretenir le mouvement, le pendule porte, vers le haut de sa tige, une petite cuvette g, percée à jour, et renfermant une armature de fer doux p.
- Le courant d’une pile de deux éléments au sulfate de cuivre passe par le fil -|-1, traverse l’électro-aimant, file le long de la tige du balancier et vient à l’interrupteur c, pour passer en d et retourner par — 1 à la pile.
- Le pendule étant lancé, le courant ne passe que juste au moment où l’électro-aimant est à 2 millimètres environ de l’armature, lorsque le petit doigt c est en contact avec la partie inférieure du plan incliné d. Cette attraction rend au pendule, à chaque oscillation, la force vive qu’il a perdue à l’oscillation précédente.
- L’appareil pour la distribution de l’heure se voit à droite de la figure. Un doigt mobile b actionne un rochet de 10 dents portant une touche qui, à chaque tour du rochet, c’est-à-dire toutes les 20 secondes, fait communiquer les bornes +2 et — 2 et lance le courant de piles Leclanché dans tou s 1 es cadrans récepteurs. L’aiguille de ces appareils, analogues à des récepteurs de télégraphes, avance alors d’un tiers de minute.
- Enfin la remise à l’heure peut se faire très simplement à une heure quelconque de la journée, en lançant un courant électrique qui actionne un doigt b venant arrêter, à tous les cadrans,l’aiguille des minutes juste sur l’heure. Quand on interrompt le courant, les aiguilles repartent toutes ensemble.
- Horloges régularisées par l’électricité. — Dans les horloges de précision, on se contente d’ordinaire d’employer l’électricité à régulariser le mouvement, les plus petites différences de durée d’oscillation étant appréciables dans ces instruments. On obtient une régularité très satisfaisante par le procédé suivant : les oscillations du balancier allant, comme on sait, en diminuant d’amplitude, lorsqu’elles ont atteint une valeur minimum fixée d’avance, le balancier lui-même lance un courant dans un électro-aimant qui l’attire et lui fait reprendre sa déviation primitive.
- Tel est le principe de l’horloge de M. Hipp. Le pendule porte à sa partie inférieure une traverse horizontale de fer doux et au-dessous une petite languette, mobile autour d’un axe
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- horizontal qui la traverse à la partie supérieure.
- Sur le socle est placé, en dehors du plan de symétrie, un électro-aimant dont les deux bobines sont verticales. Entre ces deux bobines est placée une lame de ressort horizontale, fixée à l’une de ses extrémités. L’autre extrémité est ! libre : à l’état normal elle se relève légèrement et s’appuie sur la pointe d’une vis isolée; lorsqu’elle s’abaisse un peu sous l’action du pendule, elle vient toucher le sommet d’une tige métallique et ferme un circuit qui contient une pile et l’électro-aimant.
- Pour que ce contact se produise, le ressort porte sur sa face supérieure une pièce de métal présentant deux encoches.
- A chaque oscillation, la languette qui termine le pendule touche cette pièce métallique; mais, tant que l’amplitude est assez grande pour que le pendule la dépasse, la languette s’infléchit et glisse sur elle sans appuyer. L’amplitude diminuant, il arrive un moment où l’oscillation se termine au-dessus de cette pièce métallique ; l’extrémité de la languette s’arrête dans une des encoches, et cette languette, se redressant au moment où le mouvement du pendule change de sens, appuie sur le ressort et ferme le circuit. L’électro-aimant attire alors la traverse de fer doux du balancier et donne à celui-ci une nouvelle impulsion.
- Transmission de l'heure par l'électricité. — Il se présente souvent dans la pratique un problème plus compliqué ; au lieu d’une seule horloge indépendante, on a un certain nombre d’horloges qui doivent marquer la même heure. Plusieurs systèmes peuvent être employés pour obtenir ce résultat. Ainsi l’on peut disposer en un point une horloge dont la marche est aussi parfaite que possible, qui sert de régulateur et envoie automatiquement, par exemple toutes les secondes ou toutes les minutes, un courant dans un ou plusieurs circuits. Ces courants traversent un ou plusieurs appareils, ressemblant plus ou moins à un récepteur de télégraphe à cadran, et font avancer dans chaque appareil l’aiguille des minutes de l’angle voulu. Une minuterie ordinaire entraîne l’aiguille des heures.
- Tel est l’appareil représenté figure 403, qui peut s’appliquer dans un socle de pendule ordinaire ou se fixer, comme on le voit ici, sur
- une plaque de verre qui permet de l’éclairer par derrière pendant la nuit. Le courant, lancé toutes les minutes par une horloge régulatrice passe dans les électro-aimants E, qui attirent alternativement l’armature A, mobile autour d’un axe horizontal. L’extrémité inférieure de
- Fig. 403.
- Horloge répétitrice à minutes.
- cette armature se termine par une fourchette t, qui, pendant ce mouvement, agit, par l’intermédiaire d’une ancre ii’, sur une roue à rochet placée au centre du cadran et qui commande la minuterie. Cet appareil est en usage à Lyon, où chaque cadran est fixé sur l’une des vitres d’une lanterne à gaz.
- Dans les horloges de M. Thomas, l’horloge régulatrice envoie, toutes les demi-minutes, des courants alternativement de sens contraires dans les récepteurs. Chacun de ces récepteurs est formé d’un électro-aimant, dont les deux branches, placées horizontalement sur le Pr0 longement l’une de l’autre, ont leurs pôle» en regard.
- Entre ces pôles peut tourner un aimant ei forme de S, qui commande la minuterie. Lo^ que le transmetteur lance un courant, les p ^ de l’aimant viennent se placer devant ceux ^ l’électro, de sorte que les pôles contraires soi ^ en présence, et l’aimant, reste dans cette P° tion. Au bout d’une demi-minute, un cour
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- de sens contraire est lancé dans l’électro, dont les pôles changent de signes. L’aimant est alors repoussé et fait une demi-révolution. Une demi-ininute après, un nouveau courant rendant à l’électro sa première polarité, l’aimant fait un demi-tour en sens contraire. Des buttoirs limitent, dans chaque cas, l’excursion de l’aimant, dont les oscillations font marcher la minuterie.
- Remise à l'heure par Vélectricité. — Le plus souvent, au lieu d’un récepteur mû uniquement par l’électricité, et qui risque de s’arrêter, si quelque contact ne s’établit pas régulièrement, on préfère placer à chaque station une horloge ordinaire qui pourrait à elle seule donner l’heure avec une exactitude suffisante, même si la distribution électrique venait à se trouver interrompue. L’électricité n’est plus employée dans ce cas que pour ramener, à intervalles égaux et plus ou moins longs, une concordance exacte entre les diverses horloges et le régulateur principal. Cette disposition donne ordinairement des résultats un peu moins exacts, mais on n’est pas exposé à se voir privé de toute indication, si l’oxydation d’un contact ou la présence de quelques grains de poussière vient à arrêter le courant.
- L’Administration municipale a fait établir dans la ville de Paris des horloges, actuellement au nombre de 15, qui sont reliées électriquement à une horloge de précision placée à l’Observatoire, de manière à marcher synchroniquement avec elle.
- Cette distribution possède à la fois les avantages du système de transmission que no'us venons de décrire, et ceux du système de remise à l’heure que nous allons exposer, car les récepteurs sont des horloges ordinaires, qui pourraient continuer à marcher sans le secours de l’électricité, et, d’autre part, la remise à 1 heure se faisant toutes les secondes, les indications sont aussi exactes qu’avec les appa-reils précédents.
- La marche de l’horloge régulatrice est chaque Jour mise d’accord avec les observations astro-ü°niiqUes, en plaçant de petits poids dans une
- oite fixée à la tige du pendule ou en les enle-^unt, suivant que l’horloge avance ou retarde. deaUtre Part ^ pendule porte, de chaque côté jj Sa ^8e> qui est conductrice, un bras métal-lat^ C^acun(de ces bras vient, à chaque oscil-Jrj.011’ t°u<îher, pendant un instant très court, jlQls ^arnes de platine, fixées à une traverse voieZ°nta*e ’ CG contoct ferme un circuit et en-Un courant dans les horloges réceptrices.
- Une seule lame suffirait pour établir le contact; il y en a trois par précaution, et pour qu’on puisse au besoin nettoyer chacune d’elles, sans arrêter la marche de l’appareil.
- Les horloges réceptrices sont disposées pour
- 1
- avancer d’une très petite quantité, — — - de seconde par oscillation, sur l’horloge principale. Leur balancier se termine par une traverse de fer doux, au-dessous de laquelle sont disposés deux électro-aimants verticaux, placés de part et d’autre du plan de symétrie. Cette horloge reçoit du régulateur un courant à chaque seconde ; ce courant est lancé alternativement dans chacun des deux électro-aimants, qui attirent la traverse de fer doux et retardent légèrement le mouvement du pendule, de manière à le remettre en parfait accord avec l’horloge type.
- Souvent on ne recherche pas une précision aussi grande. Dans certains appareils, le courant, lancé à midi précis par le régulateur, a pour effet de soustraire, dans toutes les horloges, les deux aiguilles à l’action du mécanisme pendant un instant très court, et de les ramener toutes deux sur la verticale, quel que soit le sens de la différence, avance ou retard. Dans d’autres dispositions au contraire, les balanciers de toutes les horloges sont un peu plus courts que celui du régulateur, de sorte qu’elles sont toutes un peu en avance, mais d’une quantité variable. Ces horloges sont reliées au régulateur par un circuit sur lequel elles sont montées en dérivation: chacune de ces dérivations est ouverte, et le circuit principal l’est aussi au régulateur. Quelques miuutes avant midi, celui-ci ferme le circuit principal, ce qui n’a aucun effet sur les horloges, puisque les dérivations restent ouvertes. Mais, à mesure que chacune d’elles arrive à midi, elle ferme sa propre dérivation, et le courant qui la traverse arrête son mécanisme tout en laissant le balancier battre librement. Toutes les horloges s’arrêtent donc successivement, suivant qu’elles ont plus ou moins d’avance sur le régulateur. Quand le régulateur marque midi à son tour, il ouvre le circuit principal et interrompt le courant ; toutes les horloges repartent au même instant et indiquent alors exactement la même heure que l’horloge type.
- La figure 404 montre les parties essentielles de ce mode de remise à l’heure, à droite le régulateur avec sa pile et à gauche une des horloges auxiliaires montée en dérivation sur le circuit principal. Lorsqu’une de ces horloges
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- arrive à midi, elle ferme sa dérivation en amenant au contact les deux pièces d’un commutateur, et, comme le circuit principal est déjà fermé par le régulateur, le courant traverse
- l’électro-aimant placé au haut de la figure; celui-ci attire son armature, qui porte un levier muni à l’extrémité inférieure d’une goupille qui vient s’engager dans une roue dentée et arrête le mécanisme, le balancier continuant à osciller. Quand le régulateur marque midi, il ouvre le circuit principal; les électros abandonnent leurs armatures et toutes les horloges repartent.
- Il existe aussi des dispositions du même genre qui empruntent pour quelques instants, au moment du réglage, les fils d’une ligne télégraphique déjà existante et rétablissent automatiquement les communications dès qu’il est terminé. On peut même utiliser encore le réseau pour l’envoi d’un signal d’alerte en cas d’incendie.
- Les horloges des chemins de fer de l’Est sont remises à l’heure par un système analogue, étudié par MM. G. Dumont et Henry Lepaute, et qui utilise les fils télégraphiques pendant cinq minutes toutes les douze heures, ce qui ne peut gêner en rien le service des dépêches.
- Il faut pour cela isoler les appareils télégraphiques au moment voulu et relier en même temps les horloges avec la ligne. Dans ce but, chaque horloge de gare est munie d’un commutateur formé d’un électro-aimant, dont l’armature porte deux ressorts isolés, communiquant avec les fils de ligne. En temps normal, les ressorts touchent deux buttoirs reliés au poste télégraphique, et l’échange des dépêches peut s’effectuer. À douze heures moins trois minutes, un organe mû par l’horloge et décrit plus loin ferme le circuit d’une pile locale sur
- l’électro, qui attire son armature ; les deux ressorts quittent les premiers butoirs p0ur venir au contact de deux autres ; le poste télégraphique se trouve ainsi isolé tant que dure le courant local, c’est-à-dire pendant cinq minutes.
- C’est une horloge spéciale, placée à Paris et parfaitement régularisée qui remet à l’heure les horloges du réseau, au moyen de la disposition représentée (fig. 405). La roue R( commandée par cette horloge, fait un tour en une heure ; la goupille g agit donc toutes les heures sur les leviers a et b destinés à fermer le circuit de la pile P sur la ligne télégraphique. Ces deux leviers forment un commutateur système Madeleine, qui permet de fermer et d’ouvrir un circuit au moment voulu, et pendant une durée très précise. La goupille g soulève d’abord les deux leviers, qui ont une longueur un peu différente ; la roue R continuant son mouvement, le levier b, dont le bras est le plus court, échappe le premier et tombe sur le but-toir B, ce qui le met en contact avec le ressort r; une minute après, le levier a échappe à son tour et, comme son extrémité est garnie d’une matière isolante i et que sa longueur est un peu plus grande, il écarte le ressort r du levier b et interrompt le courant.
- Mais il faut remarquer que la fermeture produite par ce commutateur n’est utile que si l’armature A est au contact du buttoir h, ou si cette armature A est attirée par l’électro-aimant E. Or cette attraction n’a lieu que toutes les douze heures, lorsque le commutateur cd, identique à ab, ferme le circuit de la pile locale P', sous l’action du limaçon formé par la roue S, qui fait un tour en 12 heures. La fermeture ainsi réalisée dure cinq minutes, ainsi que nous l’avons dit plus haut.
- Les horloges réceptrices sont munies du commutateur décrit plus haut, qui est actionne par une pile locale de la même façon que celui de l’horloge distributrice. A 11 h. 59 minutes cette pile envoie, comme nous l’avons vu, un courant de 60 secondes qui traverse l’électro (fig. 406), et tend à attirer l’armature placée au-dessus; mais celle-ci ne peut obéir à lat^ traction que lorsque l'extrémité du levier tombe dans l’encoche du limaçon C, c est-a dire lorsque l’horloge réceptrice marque 12 heU res juste. Elle entraîne alors le levier B, 9ul retient par son crochet la goupille g üxe
- Fig. 404. — Remise à l'heure par l’électricité.
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- r fourchette F ; cette dernière se trouve arrêtée et l’horloge reste à 12 heures jusqu’à ce que, le courant cessant de passer dans l'électro E, le ressort relève l’armature et dégage la goupille g. A ce moment précis, l’hor-
- loge distributrice et les réceptrices marquent toutes 12 heures exactement et ces dernières se remettent en marche.
- On ne peut corriger ainsi qu’une avance de 2 minutes par jour; les régulateurs qui varie-
- Fig. 405. — Mécanisme de l’horloge distributrice.
- (Figures communiquées par MM.
- Fig. 406. — Mécanisme d’une horloge réceptrice. G. Dumont et Henry Lepaute.)
- raient davantage seraient retirés du service.
- En réalité, la ligne est reliée à l’armature A non pas directement, comme le suppose le schéma de la figure 403, mais par l’intermédiaire d’un commutateur de sûreté (fig. 407), destiné à assurer les communications dans le
- ® © © ©^
- .'CD, =^-e
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- Fig. 407. — Commutateur de sûreté.
- q?S ^ arrèt ou de dérangement de l’horl CQes^Un disque isolant R, portant sur sa érence des lames métalliques qui font c En I|1^Uer ^es frotteurs qui appuient sur e' aveci*11^8 normad’ les lignes communiqi e Posfr télégraphique par le commuta
- P ésenté ci-dessus ; mais si l’on fait faire ;
- tour à la roue R, les lignes sont reliées directement à ce poste et le commutateur de l’horloge est hors circuit.
- La figure 408 montre le schéma général des communications électriques établies pour la remise à l’heure entre les gares de Paris, Troyes et Vesoul. Ce système fonctionne depuis 1887 sans interruption.
- La figure 409 représente une horloge destinée à l’Hôtel de Ville de Paris, et offerte à la Ville par Ja maison Henry Lepaute. Elle a 3 mètres de longueur et 2,70 m. de hauteur. Son mouvement est réglé par un pendule compensateur qui fait 3,000 oscillations par heure. La remise à l’heure est due à un système automatique, imaginé par MM. llédier et G. Tresca, qui corrige également l’avance et le retard.
- Ce système se compose d’un pendule additionnel oscillant en même temps que le premier, mais suspendu par une corde enroulée autour d’une poulie P (fig. 410), qui peut tourner dans un sens ou dans l’autre, suivant qu’elle est actionnée par l’un ou l’autre des deux rouages à ressort RR' placés de chaque côté, et terminés par les volants VV'.
- Un électro-aimant E, placé au-dessus de la cage de l’appareil, porte une palette terminée par une pièce qui, au repos, arrête les deux
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- HORLOGE ÉLECTRIQUE.
- volants, et les abandonne lorsqu’un courant traverse l’électro.
- Autour d’un axe, placé un peu au-dessous de
- celui de la poulie, peut osciller un levier L terminé à la partie supérieure par une pièce en forme de T, sur laquelle viennent butter les
- 4*
- A.
- *>£:
- pi
- -s
- o* §
- deux volants VV', lorsque le levier L est parfaitement vertical. Ce levier vient s’appuyer par son extrémité inférieure sur une roue A munie d’une entaille, et qui fait exactement un tour par heure, lorsque l’horloge est bien réglée.
- Toutes les heures, l’horloge type envoie dans l’électro E un courant qui dure 30 se condes : il commence à 51,3 minutes et cesse 58 minutes. A ce moment l’entaille de la roue -rencontre l’extrémité du levier L, dont la piece
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- horticulture électrique.
- •__t-AH on s
- v- ^nune l’un des rouages,
- X s’incline et^ a a ndes# Au bout de
- qui t““rne,PCt“l remontant sur la roue A
- «temps’ Lr le volant en mouvement et
- vient arrêter le 1S secondes sut
- dégage Vautre liPe6p tourne donc pendant 13 se-Tondes dans un sens, et pendant les 15 seoonde
- a Aii-v • ^
- . c; le pfBïïU^
- suivantes en sens pendule addi-
- mouvement a fait 4e tité> le second Ta
- tionnel d'une eerta égale, et l’horloge
- fait remonter d une q
- n'est pas déréglée. VentaiUe de Aren-
- Si l’horloge est en reta .n aprés ,e-
- contie le levier L un
- mission du courant; Vun plus longtemps que l’autre, e endi ce qui
- tionnel remonte plus qui produit
- lait avancer l’horloge. L’effet inverse se pro
- si l’horloge avance. pourvue en
- L’horloge de l’Hôtel de Vll)e eSl P • enVoie outre d’un distributeur electriqu fi ^ cer_ toutes les 30 secondes un couran , és à
- tain nombre de cadrans récep eur toutes distance ; un autre distributeur env
- . ripstiné à remettre a les heures un couran phorloge trans-
- l’heure d'.»- «^ de l’Hôtel de
- TTquHaR connaUrTrlieure d’un point quelcon-
- que de la terre. ^rioUE. - M. W- Sie'
- HORTlCin.«BEÉWOTW0re électriqlie est
- mens a reconnu qu chlorophylle dans
- efficace pour produire ne
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- HORLOGE ÉLECTRIQUE
- 3 (H
- Fig. 410. — Détails du mécanisme de l'horloge de l'Hôlel de Ville (Henry Lepaute)
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- HYDRO-ÉLECTRIQUE ((Phénomène). — HYSTËROMÈTRE. 365
- jeS feuilles des plantes et avancer leur croissance. Il y aurait donc avantage à soumettre les plantes pendant le jour à la lumière solaire, pendant la nuit à la lumière électrique. En utilisant des sources naturelles d’énergie, les frais pourraient être modérés. Des expériences analogues ont été faites à l’exposition de 1881.
- HYDRO-ÉLECTRIQUE (Phénomène). — Imitation des principaux phénomènes électriques et magnétiques, faite par M. Bjerkness et par M. Decharme à l’aide de l’eau.
- Hydro-électrique (Pile). — Pile dans laquelle l’électricité est due à l’action chimique d’un liquide sur un métal.
- HYDROGÈNE ÉLECTROLYTIQUE. — Hydrogène obtenu par l’électrolyse de l’eau.
- HYDROMÉTROGRAPHE. — Appareil indiquant les variations du niveau d’eau. Il se compose d’un flotteur dont les mouvements sont transmis à un cylindre isolant qui tourne autour de son axe, et porte sur sa circonférence de petites saillies métalliques de différentes longueurs. Pendant la rotation, ces saillies rencontrent succsssivement une pointe métalliques; ce contact envoie dans un récepteur télégraphique de Morse un courant dont la durée est proportionnelle à la longueur des saillies métalliques. On obtient ainsi des points pour indiquer les centimètres, de petits traits pour les décimètres et des traits plus longs pour les mètres.
- HYDROPHONE. — Appareil téléphonique appliqué par M. Pares d’Altona à la recherche des fuites dans les conduites d’eau. On promène au-dessus de la conduite un cylindre vertical, formé d’une substance élastique, conduisant bien le son, et sur le haut duquel est fixé un microphone. Le circuit comprend en outre une pile sèche, un récepteur téléphonique et un interrupteur analogue à un bouton de sonnerie.
- HYDROSTATIMÈTRE. — Indicateur de niveau d’eau. L’eau produit un courant positif en montant et négatif en descendant ; ces courants font mouvoir une aiguille dans un sens ou dans l’autre.
- HYPNOSCOPE. — Aimant ayant la forme d’un tube cylindrique fendu suivant une génératrice, et employé par le Dr Ochorowicz pour mesurer la sensibilité hypnotique (flg. 411). D’après
- Fig. 411.— Hypnoscope.
- M. Ochorowicz, cette sensibilité serait en quelque sorte proportionnelle à l’action de l’aimant. Le sujet place le doigt pendant deux minutes dans l’aimant, de manière à toucher à la fois les deux pôles. Environ 30 personnes sur cent éprouvent des effets plus au moins intenses.
- HYPNOTISME. — En faisant passer des courants voltaïques ou faradiques d’une main à l’autre chez un sujet hypnotisé, on peut quelquefois faire cesser immédiatement le sommeil et la catalepsie.
- Par l’action d’un aimant, le Dr Charcot a pu faire passer d’un côté du corps à l’autre un état d’hypnose unilatéral ou d’hypnose bilatérale de caractère différent pour chaque côté.
- HYSTÉRÉSIS. — Nom donné par M. Eving à la propriété du fer doux par suite de laquelle l’aimantation ne dépend pas seulement de la valeur actuelle du champ, mais aussi des actions magnétisantes subies antérieurement.
- HYSTËROMÈTRE . — Excitateur employé
- Fig. 412. — Hystéromètre.
- par le Dr Apostoli pour l’électrolyse de l’utérus, '.*§• 412) et qui se compose d’une tige de pla-hne, protégée sur une partie de sa longueur Par un manchon isolant et destinée à être in-r°duite dans la cavité utérine. Cette tige communique le plus souvent avec le pôle positif de Pde. Le pôle négatif est relié avec une large
- plaque de terre glaise appliquée sur les parois abdominales. Ces deux électrodes étant en place, on fait passer sans secousse un courant assez fort, pouvant s’élever à 100, 200 et même 250 milliampères. Cette méthode a été appliquée en particulier au traitement des fibromes utérins.
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- IDIOÉLECTRIQUE. — INCANDESCENCE.
- I
- 1DI0ÉLECTRIQUE. — Nom sous lequel on désignait autrefois les corps qui s’électrisent par le frottement, et qu’on nomme aujourd’hui isolants ou diélectriques.
- IDIOSTATIQUE. — Se dit de la méthode de mesure des potentiels par l’électromètre absolu.
- IMAGE ÉLECTRIQUE. — Syn. de figure électrique. (Voy. Figures de Lichtenberg et Figures roriques.)
- IMPRESSION PAR L’ÉLECTRICITÉ. — M.
- Boudet de Paris place sur une feuille d’étain une lame de verre, puis une médaille enduite de plombagine; on peut aussi interposer entre le verre et la pièce un morceau de toile ou de bois. En chargeant ce petit condensateur avec une machine de Yoss et le déchargeant ensuite, on constate que la plombagine a été transportée par le courant sur l’étoffe ou sur le bois et y produit une image très fine de l’objet métallique. En remplaçant la plaque de verre par une glace au gélatino-bromure d’argent et en supprimant l’étoffe, on obtient de la même manière la photographie de la médaille.
- INCANDESCENCE. — Éclairage par un filament de substance réfractaire et de grande résistance porté à une température élevée. Si R est la résistance du filament, 1 l’intensité du courant, l’énergie absorbée par ce conducteur en un temps t est
- RPf
- et la quantité de chaleur dégagée est
- (O
- v ' j
- J étant l’équivalent mécanique 4,17. En appelant e la différence de potentiel entre les deux bouts du filament, on peut écrire encore
- car
- Enfin on sait qu’un courant d’intensité I débite I coulombs par seconde; If représente
- donc le nombre G de coulombs qui ont traversé l’appareil en ce temps et l’on a
- En une seconde, la quantité de chaleur dégagée est
- 11 est évident que l’on obtiendra, toutes choses égales d’ailleurs, une élévation de température et par suite un pouvoir éclairant d'autant plus considérable que la chaleur dégagée en une seconde sera plus grande : il y aura donc intérêt à augmenter le produit Is. C’est pourquoi l’on appelle puissance d’une lampe à incandescence le produit de la différence de potentiel en volts aux deux extrémités du filament par l’intensité du courant en ampères. Cette puissance est exprimée en volt-ampères ou watts. .
- 'Il résulte de là qu’on connaît la puissance d’une lampe électrique lorsqu’on a déterminé l’intensité du courant qui lui convient, et la différence de potentiel qui existe entre ses extrémités lorsqu’elle est parcourue par ce courant. Remarquons du reste que la connaissance de l’intensité et de la résistance de la lampe permettent de calculer facilement la différence de potentiel.
- Les équations (1) et (2) permettent de calculer la température atteinte par un filament de résistance connue dans des conditions déterminées. Il y a d’ailleurs avantage à élever autant que possible cette température, car, en passant par exemple de 1000 à 1200° C., le pouvoir éclairant augmente dans le rapport de 1 à 40.
- Influence de la nature du conducteur. — P°ur qu’un conducteur présente une résistance suffisante et qu’il s’échauffe facilement, il convient évidemment qu’il soit d’un faible diamètre. Les métaux et le charbon sont les conducteurs em ployés d’ordinaire, -et peuvent se prêter à cette condition : on a construit tout d’abord des lampes à incandescence à filament de charbon o u de platine, mais ce dernier n’a pas tarde a être abandonné, car le charbon présente sur
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- INCANDESCENCE.
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- lui de nombreux avantages. Il est infusible, tandis que le platine en fil fin fond assez facile-ment. Il est moins conducteur, de sorte qu’à égalité de dimensions et d’intensité il dégage une plus grande quantité de chaleur. Il a une plus faible chaleur spécifique et par conséquent s’échauffe davantage pour une même quantité de chaleur. Enfin, à la même température, il a un plus grand pouvoir rayonnant et par suite il est plus lumineux que le platine. L’iridium et le platine-iridium ont aussi été essayés sans plus de succès que le premier métal.
- Les charbons employés aujourd’hui sont généralement d’origine végétale : ondes porte dans des moules à une haute température pour les rendre plus solides et moins combustibles. Nous indiquerons, à l’article Lampe, les parties principales de cette fabrication.
- Dimensions des filaments de charbon. — Le diamètre des filaments de charbon employés varie d’un système à l’autre : il doit dépendre en effet de la résistance du filament, qui varie elle-même avec sa nature, et de l’éclat lumineux qu’on veut obtenir pour une intensité de courant donnée. La forme ronde est généralement préférée à la forme carrée, parce qu’à égalité de surface extérieure elle offre une plus grande résistance. Quant à la longueur, elle augmente évidemment avec l’intensité lumineuse que doit donner la lampe.
- Les filaments des lampes Edison présentent une section de 0,3 mm, sur 0,1 mm. et une longueur de 110 millimètres pour une intensité de 10 bougies et de 125 millimètres pour une intensité de 16 bougies. Ceux des lampes Maxim de 16 bougies ont une longueur de H3 millimètres et une section de 0,5 mm. sur 1 millimètre. On peut conserver le même éclairement en faisant varier la longueur et la sec-6°n, pourvu que la surface extérieure reste constante. Les charbons minces et longs sont èndemment plus exposés à la rupture. Ordinairement il est préférable, à égalité mtensité lumineuse, de diminuer l’intensité et d augmenter la différence de potentiel, car, orsqu’on double l’intensité, il faut quadrupler a section rïeg conciucteurs> Les équations (1) et / moiltrent qu’il faut alors augmenter la ré-stance des lampes.
- t Les lampes à faible résistance ne sont avan-aîorUS6S <lue montées en série; mais il faut nneS î11.6^6 en dérivation sur chaque lampe résistance équivalente qui entre automati-il ^ent ^ans cmomt quand la lampe s’éteint; existe actuellement qu’un très petit nom-
- bre de systèmes de lampes à faible résistance, notamment les systèmes Bernstein et Heisler.
- Incandescence dans l'air et dans le vide. — Seule parmi toutes les lumières artificielles, la lumière électrique n’est pas due à une combustion, mais seulement à une forte élévation de température ; elle n’a donc aucun besoin de contact de l’air et peut se produire aussi bien dans un gaz inerte et même dans le vide. On a fait cependant des lampes à incandescence dans l’air libre. Mais dans ce cas le charbon, porté à une haute température, brûle rapidement, et il devient indispensable, si l’on veut avoir de la lumière pendant quelques heures, d’employer des baguettes d’une assez grande longueur et d’un diamètre assez fort. De là la nécessité de se servir d’appareils compliqués et de renouveler souvent les charbons. Ces difficultés ont fait abandonner complètement l’incandescence à l’air libre.
- On a essayé aussi d’enfermer de petites baguettes de charbon dans un gaz inerte, mais il est aussi simple et plus avantageux de les placer dans le vide : c’est ce qu’on fait toujours actuellement. La pression de l’air qui reste
- 1
- dans ces lampes est inférieure à de milli-
- 100
- 1
- mètre de mercure à froid et ne dépasse pas —
- de millimètre à chaud.
- Couleur de la lumière par incandescence. — La lumière émise par les filaments de charbon est riche en radiations rouges et jaunes ; elle est cependant moins rouge que la lumière du gaz, mais elle s’en rapproche beaucoup plus que celle de l’arc voltaïque.
- Rendement optique des lampes à incandescence. — Nous avons donné plus haut la mesure de l’énergie dépensée dans une lampe sous forme de chaleur, mais la plus grande partie de cette énergie ne donne naissance qu’à des rayons calorifiques obscurs, et l’effet lumineux n’est du qu’à la plus petite portion. On appelle rendement optique le rapport entre la quantité d’énergie transformée en radiations lumineuses et la quantité totale dépensée dans la lampe. Ce rendement varie évidemment avec la nature et la préparation du filament : il est du reste toujours très faible et compris entre 4 et 6 p. 100. Malgré sa faible valeur, il est encore plus grand que celui des autres sources artificielles : ainsi le rendement d’une flamme de gaz est de 4 p. 100, celui d’une lampe à huile 3 p. 100. L’arc voltaïque est la source qui donne le rendement le plus élevé, car il est égal à 10 p. 100.
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- INCENDIES PAR L’ÉLECTRICITÉ.
- INCLINAISON.
- Durée des lampes à incandescence. — La durée moyenne des lampes dans l’état actuel de leur fabrication est d’environ mille heures, pourvu que la marche soit bien régulière et qu’on ne dépasse pas le nombre de volts indiqué. Si l’on n’observe pas ces conditions, la limite peut se trouver abaissée dans une proportion plus ou moins considérable. Il est évident que la durée dépend aussi de la nature du filament et de son mode de préparation.
- Nous décrirons à l’article Lampe les divers systèmes d’éclairage fondés sur l’incandescence.
- INCENDIES PAR L’ÉLECTRICITÉ. — Puisque l’électricité peut être employée utilement comme procédé de chauffage, il est évident qu’elle peut dans certains cas occasionner des incendies et qu’on doit toujours, lorsqu’on s’en sert comme force motrice ou comme source de lumière, prendre toutes les précautions indispensables pour empêcher les accidents qui pourraient résulter, soit des lampes elles-mêmes, soit de réchauffement exagéré des conducteurs.
- M. Mascart a fait récemment à ce sujet d’intéressantes expériences devant la Société de physique. Il a constaté qu’un fil nu de 1,2 mm. appliqué sur une planche, et qui peut conduire normalement un courant de 4 ampères, enflamme le bois seulement lorsqu’il est traversé par un courant très supérieur à 40 ampères. Le globe d’une lampe Cance peut être entouré par une étoffe légère sans y mettre le feu. Mais un vieux décor, contre lequel on avait appliqué une lampe de 300 bougies, se carbonisait au contact du verre et commençait à brûler sans flamme au bout d’une minute et demie. Deux lampes de 32 bougies couvertes de deux couches d’ouate gommée, blanche ou noire, ont éclaté au bout de deux minutes en enflammant l’enveloppe, après distillation et carbonisation préalable des couches d’ouate. On voit par ces expériences que la chaleur transportée par le courant électrique n’est pas une quantité négligeable et qu’on doit dans toutes les installations prendre les précautions nécessaires pour éviter les incendies.
- INCLINAISON. — Angle que fait la force terrestre avec sa projection sur le plan horizontal; c’est donc l’angle que fait avec l’horizontale une aiguille aimantée mobile dans le plan du méridien magnétique. La mesure de l’inclinaison, associée avec celle de la déclinaison, fait connaître la direction du champ terrestre.
- Mesure de Vinclinaison. — Cette mesure se fait
- au moyen des boussoles d'inclinaison (vov Ce mot), qui consistent essentiellement en une ai guille aimantée, mobile devant un cercle verti cal gradué, qui peut tourner lui-même autour de son diamètre vertical, pour se placer dan’ différents azimuts. Mais, comme on ne sait pas a priori si le cercle est dans le méridien magnétique, on a recours à l’une des méthodes suivantes.
- Nous avons démontré plus haut (voy. Chuip terrestre) que, si le cercle de la boussole fait un angle a avec le méridien magnétique, l’aiguille fait avec l’horizon un angle i' tel que
- cotg F = cotg i cos a,
- i étant l’inclinaison ; i' est l'inclinaison apparente pour l’azimut a. Si a = 0, l’inclinaison apparente i’ devient évidemment égale à i; c’est sa valeur minimum ; elle augmente avec l’angle a, et, pour a = 90°, elle devient égale à 90° ; l’aiguille est verticale. De là trois méthodes pour déterminer l’inclinaison.
- 1° On tourne le cercle divisé jusqu’à ce que l’angle i' soit minimum; c’est l’inclinaison. Cette méthode est peu sensible; l’inclinaison variant peu dans le voisinage du minimum, il est difficile de trouver exactement cette position.
- 2° On tourne le limbe jusqu’à ce que l’aiguille soit verticale ; il suffit de le tourner ensuite de 90° pour le placer exactement dans le méridien.
- 3° On détermine l’inclinaison apparente dans un azimut quelconque ; on a
- cotg i' — eotg i cos a.
- On tourne ensuite le cercle de 90 °: on a une nouvelle valeur
- cotg i” — cotg i cos (a ± 90) ou
- cotg i" = ± cotg i sin a.
- D’où
- cotg2 i' -f- cotg2 i" — cotg2 i.
- Cette dernière méthode est la plus précise.
- Quelle que soit la méthode choisie, cette détermination se fait à l’aide de la boussole dm clinaison de Brunner, ou du cercle de Barrot (voy. ces mots). Le cercle de Fox sert pour Inobservations en mer. Enfin les magnétomètre-servent à étudier les variations de l’inclinaison-
- Variations de l'inclinaison. — Lorsqu’on a con^ mencé à observer l’inclinaison, elle était a ris (1671) de 73°; depuis cette époque, o e toujours diminué régulièrement ; le 1er Jal1'
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- INCLINOMÈTRE. — INDICATEUR ÉLECTRIQUE. 369
- jgg9 elle était de 65°13',7. A Londres, où elle était de 71°50' en 1576, elle a d’abord augmenté, puis diminué régulièrement.
- Il résulte de ces données que l’équateur magnétique doit se déplacer d’une façon continue ; niais on ne possède pas d’observations assez nombreuses pour étudier ce déplacement. L’inclinaison subit également des variations annuelles et diurnes. Chaque jour, l’inclinaison est maximum vers huit heures du matin ; elle devient minimum dans la journée et éprouve la nuit une oscillation analogue. L’amplitude de l’oscillation diurne ne dépasse guère 4' ou 5'. Les variations qui se produisent d’un mois à un autre sont moins régulières.
- Il peut se produire enfin des variations accidentelles. On se sert maintenant, pour étudier toutes ces variations, de magnétomètres enregistreurs (voy. ce mot).
- INCLINOMÈTRE. — Appareil imaginé par Weber pour déterminer l’inclinaison. Il se compose d’une bobine plate, recouverte de fil isolé et pouvant tourner autour d’un axe généralement horizontal. Si la bobine a une surface S et unerésistance R, et qu’on la fasse tourner de 180° dans un champ uniforme d’intensité F, la quan-
- 2SF
- tité d’électricité mise en mouvement est —-.
- li
- Si l’on effectue d’abord la rotation autour d’un axe vertical, la bobine étant perpendicu-
- laire au méridien, la composante horizontale H du champ terrestre agit seule et l’on a
- 2SH ? = -R-
- Si l’on fait une seconde rotation autour d’un axe horizontal, la bobine étant d’abord horizontale, on a
- Z étant la composante verticale du champ terrestre.
- D’où
- en appelant i l’inclinaison.
- INDICATEUR ÉLECTRIQUE. — Appareil électrique servant à indiquer les variations d’un phénomène. Les résultats sont tantôt inscrits sur un cylindre, tantôt transmis sur un cadran. Dans le premier cas, l’appareil est un véritable enregistreur. Beaucoup d’indicateurs portent des noms particuliers ; ainsi les appareils que nous avons décrits aux articles Avertisseur, Block-system, Enregistreur, etc. Nous en indiquerons quelques autres, en commençant par ceux qui sont destinés aux installations électriques.
- Indicateur de pôle. — L’indicateur de pôle de M. Berghausen est destiné à faire connaître le sens d’un courant. C’est un tube de]verre
- Fig. 413. — Indicateur de pôle.
- ( ig- 413), renfermant un liquide blanc et transparent. Si on l’intercale dans le courant, le fil e Patine qui correspond au pôle négatif se Rouvre aussitôt d’une teinte pourpre, par l’élec-yse du liquide. La substance décomposée se e issout ensuite rapidement, et le liquide refond sa couleur blanche. La résistance de l’ap-in(fil eSt ^ env^r0îJ 30,000 ohms ; il donne des >Caü0ns Parfaitement apparentes pour une
- Intf1106 Poten^e^ ^ volts, uicateur de courants alternatifs. — M. Elihn
- Dictionnaire d’électricité.
- Thomson a imaginé, d’après les expériences que nous décrivons plus haut (voy. Électrodynamique) un indicateur de courants alternatifs, formé d’un anneau de cuivre, entouré d’une bobine plate de même hauteur, et pouvant tourner autour d’un de ses diamètres. Un ressort ou un poids tend à le ramener à sa position d’équilibre. Lorsqu’on lance dans la bobine des courants alternatifs, l’anneau tend à se mettre perpendiculairement à la bobine ; il tourne donc jusqu’à ce que l’action du poids ou du ressort
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- INDICATEUR ÉLECTRIQUE.
- fasse équilibre à l’action électrodynamique.
- Indicateur de marche. — Sorte de galvanos-cope qui permet au conducteur de l’éclairage de se rendre compte du fonctionnement des lampes sans s’éloigner du tableau. Cet appareil s’emploie lorsque la salle des machines, dans laquelle on place généralement le tableau, se trouve loin des locaux à éclairer.
- L’indicateur Cance est formé d’un électroaimant intercalé dans le circuit, au-dessus duquel est suspendue une aiguille verticale portant à la partie inférieure deux petits cylindres, l’un de fer doux, l’autre de cuivre. Quand le courant ne passe pas, l’index fixé au fléau se tient au zéro du cadran. Quand le courant passe, l’attraction de l’électro sur le cylindre de fer doux fait incliner le fléau de l’index (fig. 414).
- Fig. 414. — Indicateur de marche (Cance).
- Chaque indicateur porte le numéro de la lampe correspondante.
- M. Bardon emploie dans ses installations d’éclairage électrique un indicateur formé d’un cadre galvanométrique placé dans le circuit (fig. 415); à l’intérieur est un petit barreau ai-
- Fig. 415. — Indicateur de marche (Bardoni.
- manté, mobile sur pivots, et muni d’un index qui s’arrête devant le mot Éteint quand le circuit est rompu et devant le mot Allumé lorsque le courant passe.
- Indicateur de potentiel. — Lorsque le Sur_ veillant de la dynamo remplit en même temps d’autres fonctions et qu’il ne peut suivre constamment les indications des voltmètres, il est bon d’employer un appareil qui lui indique par un signal visible ou perceptible à l’ouïe toutes les variations du potentiel.
- L’appareil suivant (fig. 416) est d’une cons-
- Fig. 416. — Indicateur de potentiel avec signal (Allegemeim Elektricitats Gesellschaft, Berlin).
- traction robuste, d’un fonctionnement sur, t'1^ dépendant des variations de température, consomme une quantité d’énergie très petite, donne des signaux perceptibles à grande di»
- tance. U est formé d’un électrodynamoniètre
- deux bobines fixes : la bobine mobile, qul ^ perpendiculaire aux autres, est recoure comme elles d’un petit nombre de tours de
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- INDICATEUR ÉLECTRIQUE.
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- je nickeline. Elle porte d’un côté un index long et très fin, oscillant devant un arc de cercle divisé, et en outre deux ressorts minces avec contacts de platine. Lorsque la force électromotrice possède sa valeur normale, les deux ressorts ne touchent à aucun des deux contacts; mais, si elle vient à augmenter ou à diminuer, la rotation de la bobine mobile produit le contact d’un côté ou de l’autre; ce contact ferme un circuit qui contient la sonnette placée du même côté, et celle-ci se met à tinter. Les sonneries ont des timbres différents. La lampe à incandescence placée au-dessus de l’échelle est reliée avec les sonnettes de façon que celles-ci sont enlevées du circuit au moment où l’on en retire la lampe. 1
- La fusion et le collage des contacts sont évités par l’arrangement d’une bobine de grande résistance, placée en dérivation, ,j j par laquelle l’extra-courant nuisible se dé- j charge sans étincelle lorsqu’on sépare les i contacts. Un amortisseur à air énergique empêche la mobilité de la bobine de pro- i (luire des oscillations nuisibles. ' j
- Indicateur ou avertisseur de tension. — IJ Cet appareil sert au même usage que le ! précédent; il produit un signal acoustique j j lorsque la différence de potentiel tend à dépasser les limites fixées. Il est formé .j d’un électro-aimant à fil fin (fîg. 417), !
- monté en dérivation sur le circuit à contrôler, et qui attire plus ou moins forte- i ment une armature sollicitée en sens con- j traire par l’action d’un ressort ; cette j armature prend, lorsque la tension est j normale, une position d’équilibre entre 'llj deuxcontacts de platine ; mais, lorsque 1a. tension est trop faible, elle incline soit du eèté de l’électro-aimant, soit du côté du ‘essort, et vient toucher l’un ou l’autre des eux contacts ; elle établit ainsi le passage u courant dans l’une ou l’autre de deux sonneries montées à la partie inférieure aPPareiL Ces sonneries rendent des sons 1 érents et l’on est ainsi averti, par le fonc-onnenient de l’une ou de l’autre, d’un excé-? 0u ^ un manque de tension, la 1^ Con^ac^s en platine entre lesquels oscille
- hmHu6 S°nt SUr ^es v*s’ faǰn a rendre Cne^ 6 ^ vo*ont® sensibilité de l’appareil. ^sseuf111^6 ^ *ncandescence montée sur l’aver-^ineus *)erme*: juSer Par son intensité lu-trôlep1 V^e Ce^e ^es larnpes qu’on désire con-nfm un petit interrupteur fixé sur
- l’enveloppe de l’appareil permet de le brancher sur le circuit ou d’arrêter son fonctionnement.
- Indicateur téléphonique. — Appareil indiquant aux employés du téléphone le numéro de l’abonné qui a appelé.
- Il en existe plusieurs systèmes. Celui de la Société des Téléphones est formé d’un électro-
- Fig. 417. — Indicateur de tension (Société de Belfort).
- aimant A à deux bobines. L’armature, qui peu tourner autour d’un axe horizontal 0 (fîg. 418), porte de l’autre côté de l’axe un crochet qui retient une plaque verticale P, appelée volet, dans la position figurée en pointillé. Quand l’abonné appelle, il lance un courant dans l’éleclro, l’armature est attirée; son extrémité postérieure s’abaisse, et le crochet antérieur se relève, abandonnant le volet, qui bascule autour d’un axe horizontal et tombe, démasquant le numéro de l’abonné. En tombant, ce volet vient toucher
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- INDICATEUR ÉLECTRIQUE.
- de dispositions ont été proposées pour employer l’électricité à avertir des dangers résultant d’un dégagement de grisou dans les mines.
- Les chercheurs de fuites décrits plus haut pourraient être utilisés dans ce but. M. Somzée a proposé de transformer la lampe de mineur en une sorte de photoscope (contrôleur de l’éclairage des disques), en s’appuyant sur ce que la combustion d’une petite quantité de grisou dans cette lampe suffit pour en élever la température. On place alors dans cette lampe une lame bimétallique, qui change de forme par suite de cette élévation de température et ferme un circuit comprenant une petite pile et une petite sonnerie placées dans la base de la lampe.
- MM. W. Emmot et W. Ackroyd ont proposé d’employer deux lampes à incandescence, l’une blanche, l’autre rouge, alimentées par une même pile. Un tube contenant un ménisque de mercure sert de commutateur.
- Quand la poussée du gaz fait monter le ménisque dans le tube, ce liquide interrompt la communication avec la lampe blanche qui s’é-
- Fig. 419. — Indicateur de niveau de M. Parenthou (transmetteur).
- une pointe métallique G : ce contact ferme le circuit d’une pile locale sur la sonnerie (l’appel.
- Fig. 418. — Indicateur téléphonique.
- Indicateurs de grisou. — Un certain nombre
- teint, et fait entrer dans le circuit la lampe | Indicateurs de niveau d’eau. — L’indicateur rouge, qui s’allume. | de M. Parenthou, qui est employé dans les re
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- servoirs de la ville de Paris, donne un signal chaque fois qù’il s’est produit une variation de niveau déterminée, par exemple S centimètres, dans un sens ou dans l’autre.
- Le transmetteur (fig. 419) comprend un flotteur porté par une corde métallique qui passe sur une poulie. La poulie est dentée et engrène avec un pignon, sur lequel est creusée une rainure en forme de quart de cercle. Un bascu-leur, portant un tube de verre qui contient du mercure, est ordinairement vertical : il porte une cheville qui pénètre dans la rainure du pignon. Si le mouvement du flotteur et de la
- poulie entraîne le pignon dans le sens des aiguilles d’une montre, il peut d’abord tourner de 90° environ sans faire mouvoir la cheville ; mais, s’il tourne un peu plus, il l’entraîne avec lui. Lorsque le pignon a tourné d’environ 180°, le basculeur a fait un peu plus d’un quart de tour, et la cheville se trouve un peu au-dessus du diamètre horizontal du pignon : le mercure passe alors brusquement dans l’autre bout du tube de verre, et l’appareil, entraîné par la pesanteur, fait un autre quart de tour et atteint la position verticale. Si la poulie se meut en sens inverse, le basculeur tourne aussi dans
- Fig. 420. — Indicateur de M. Parenthou (récepteur).
- 1 autre sens. A chaque demi-rotation, cette pièce envoie un courant dans le récepteur en faisant plonger deux pointes de platine reliées à la '‘8ne et à la terre dans deux godets de mercure communiquant avec les pôles d’une pile; mais Le C0Urant est positif ou négatif suivant que la enn-rotation s’est faite dans un sens ou dans ' autre.
- Le récepteur (fig. 420) reçoit le courant d’une fî e ^ocale par l’intermédiaire d’un relais dou-j. eiûent polarisé ; ce courant est envoyé dans dep-°U *autre de deux électro-aimants placés est^1)6 l’appareil ; l’armature de ces électros solidaire d’un levier portant un doigt qui au iSSe a c^a(Iue indication une roue munie de e ques chevilles ; les doigts sont guidés de
- façon à ne pousser qu’une cheville à la fois et à empêcher la roue de continuer à tourner. Un petit cône engagé entre deux chevilles, et qui s’éloigne à chaque mouvement, maintient au repos toutes les pièces dans une position d’attente convenable.
- Sur l’axe de la roue chevillée sont montés des pignons qui conduisent, dans le rapport voulu, l’aiguille du cadran et un style, portant une plume qui trace sur un cylindre entraîné par un mouvement d’horlogerie une courbe des variations de niveau.
- Enfin une disposition basée sur la différence de résistance des relais et sur la durée des émissions de courant permet d’utiliser le fil unique à plusieurs usages, soit à la transmission
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- INDICATEUR ÉLECTRIQUE.
- Fig. 421. — Indicateur de la Société des téléphones de Zurich. Plan et élévation du transmetteur.
- des niveaux de plusieurs réservoirs soit à la correspondance télégraphique ou téléphonique, sans interrompre les indications de niveau et sans nécessiter de nouvelles manipulations de la part des téléphonistes ou télégraphistes.
- Dans l’indicateur de MM. Siemens et Halske, la poulie, qui porte le flotteur suspendu à une chaîne, bande un ressort contenu dans un barillet; mais, suivant le sens de la rotation, elle fait tourner l’axe ou la boîte du barillet. Lorsque la variation de niveau produite est égale à celle qu’on veut mesurer, le ressort se trouve bandé et se déroule, entraînant la bobine d’un petit inducteur. Suivant le sens dans lequel s’est faite la rotation, le courant ainsi produit est lancé dans l’un ou l’autre des deux fils qui composent les lignes. Ces deux fils aboutissent à deux électro-aimants, qui, au moyen d’un moteur à roue satellite, font tourner l’aiguille d’une même quantité dans un sens ou dans l’autre. Ce système a l’avantage de ne pas employer de pile.
- La Société des téléphones de Zurich construit depuis peu de temps un indicateur destiné aussi à lancer un courant chaque fois qu’il s’est produit une égale variation de niveau, et qui a le double avantage d’être d’une construction simple, d’un réglage facile, et de ne pas employer de pile, les courants étant fournis par une petite machine magnéto-électrique analogue à celles qu’on emploie ordinairement dans les stations téléphoniques.
- Le transmetteur (fig. 421) se compose d’un tambour T sur lequel s’enroulent deux cordes portant a gauche un flotteur creux en fer blanc, à droite un contre-poids, a l’extrémité de l’axe du tamboui est fixée une roue dentée Z fiul tourne avec lui. Quand le flotteur descend, il entraîne de droite a gauche le tambour et la roue Z, don une dent, appuyant sur le petit cro chet du levier Klt le soulève peu a peu jusqu’à la position horizonta c-
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-
- INDICATEUR
- I e'secteur denté 0A participe à ce mouvement et, par l’intermédiaire d’un pignon denté, fait tourner aussi l’armature de l’inducteur ; cette rotation est d’ailleurs trop lente pour donner naissance à un courant induit. Mais, dès que le levier Kj est devenu horizontal, la dent de la roue Z l’abandonne ; il retombe brusquement par son propre poids, entraînant l’armature de U
- ÉLECTRIQUE. 375
- en sens inverse, et assez rapidement pour qu’un courant soit lancé dans le fil de ligne correspondant. Si le flotteur descend encore d’une même quantité, un second courant est lancé dans le même fil. Si le flotteur remonte, les pièces K2, W2 et J2, identiques aux premières, mais placées de l’autre côté, sont actionnées par la roue Z, et lancent un courant dans le second
- Fig. 422. — Indicateur de la Société des téléphones de Zurich. Récepteur.
- jb de ligne. Il est évident qu’on peut modifier fusibilité de l’appareil en faisant varier le uunètre du tambour T, de la roue Z, ou le u°nibre des dents de celle-ci. in^ ^®ne es*' f°rmée de deux fils partant des tr uÇteurs Ji et J2 et se rendant aux deux élec-rel a*man^s mi et m2 du récepteur (fig. 422) ; le Ur se fait par la terre. Lorsque l’induc-
- teur J j lance un courant dans l’électro-ai-mant ml, l’armature ai est attirée et le cliquet ht fait avancer d’une dent la roue à rochet Si ; ce mouvement est transmis à l’aiguille. L’inducteur J2 communique de même avec l’élec-tro m2, dont l’armature a2 peut faire avancer en sens contraire la roue s2 par l’intermédiaire du cliquet h2. A la partie inférieure sont
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- INDICATEUR ÉLECTRIQUE.
- fixés trois ressorts e, destinés à avertir lorsque le niveau de l’eau dépasse le maximum ou le minimum fixé. Deux goupilles d viennent appuyer le ressort central sur l’un des deux ressorts latéraux et ferment un circuit contenant une pile locale et une sonnerie; il y a deux sonneries de timbres différents.
- On voit que cet appareil se prête parfaitement, à la transmission à distance. II! permet donc de comparer facilement d’un point central les hauteurs d’eau à des stations différentes et plus ou moins éloignées, et par suite de prendre en temps voulu toutes les précautions nécessaires.
- D’autres indicateurs lancent au contraire un courant à intervalles égaux, pour indiquer soit la variation qui s’est produite, soit la valeur absolue du niveau, par rapport à un repère fixe, ce qui a l’avantage de rendre les observations indépendantes les unes des autres.
- MM. Siemens etHalske ont imaginé aussi un autre appareil, qui fait connaître le niveau chaque fois que l'on appuie sur un bouton.
- Enfin il arrive souvent qu’on n’a pas besoin de connaître toutes les variations de niveau, mais seulement de savoir si le niveau ne sort pas de certaines limites. Il suffit alors d’employer un flotteur dont la tige, guidée dans son mouvement vertical, se termine par une traverse métallique qui vient toucher un contact horizontal lorsque le niveau atteint le maximum ou le minimum fixé. Ces contacts servent à fermer deux circuits contenant deux sonneries de timbres différents. M. Achard a essayé d’utiliser les courants ainsi obtenus, dans le cas d’une chaudière à vapeur, pour assurer l’alimentation automatique.
- Indicateurs de pression. — Les pressions peuvent être indiquées de la même manière que les niveaux d’eau. On peut faire usage d’un manomètre à mercure et transmettre comme plus haut les variations de la colonne liquide.
- Si l’on veut seulement être averti lorsque la pression tend à dépasser certaines limites fixées d’avance, on peut actionner des sonneries par l’intermédiaire de la colonne liquide : il suffit de donner au manomètre la forme d’un tube en U, et de fixer dans les deux branches deux contacts de platine correspondant au maximum et au minimum; ces contacts sont reliés avec le pôle positif d’une pile et avec deux sonneries différentes. Le mercure étant relié au pôle négatif, l’une des sonneries tinte dès que ce li-
- quide touche le contact correspondant. On peut encore se servir d’un manomètre métalliqUe dont l’aiguille vient toucher deux contacts correspondant au maximum et au minimum. La disposition est semblable à celle que nous indiquons plus haut pour la température (Voy. Enregistreur) .
- L’indication continue de la pression dans la chaudière des machines à vapeur fournit des résultats précieux; mais les appareils ordinaires sont soumis à des causes d’erreur provenant surtout de l’inertie des pièces mobiles qui enregistrent les courbes. Pour éviter ces erreurs, la Compagnie du Nord a employé un indicateur électrique, imaginé par M. Marcel Deprez, et qu’elle a présenté à l’Exposition de Vienne en 1883.
- Cet indicateur se compose de deux enregistreurs électriques, actionnés chacun par un groupe de deux explorateurs de pression. Les quatre explorateurs communiquent chacun
- üuyau allaUtaux|| -xjaJoratciu's
- chappem ent'Ja ns J'auJiospJia-e
- Vapeur vsnant di la cha-udicvt
- Fig. 423. — Valve auto-régulatrice.
- avec l’un des fonds des cylindres, et tous avec une valve réductrice ou auto-régulatrice. Chaque style enregistreur trace un point lorsqu®
- la pression dans le cylindre correspondan passe par une valeur déterminée.
- La valve régulatrice est représentée fig- ’ Les enregistreurs sont portés par un bâti f°r mant l’écrou de la vis M, qui reçoit le mou'e ment d’une manivelle P, tournée à la main, l’intermédiaire du train d’engrenage O'OTS. même temps, la vis V détend ou comprirne
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- INDICATEUR ÉLECTRIQUE.
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- ressort H, qui appuie sur la tige T' du piston de la valve régulatrice A. Cette valve est munie de deux orifices e*) et glisse dans un cylindre ercé vers le haut de deux orifices e' pourl’ad-niission de la vapeur, et plus bas de deux orifices e qui communiquent librement avec l’atmosphère.
- Dès que la pression sous le piston A devient inférieure à celle du ressort H, le piston s’abaisse, bouche les ouvertures e et ouvre les ouvertures e', de sorte que la pression dans
- l’intérieur de la valve est égale, à chaque instant, à celle que donne une graduation de la vis V, établie une fois pour toutes.
- Les explorateurs sont formés chacun d’un disque en aluminium d (fig. 424), dont l’une des faces est toujours en rapport avec l’intérieur de la valve A, et l’autre avec la vapeur d’un des cylindres. Les deux explorateurs restent en contact avec les parois métalliques c ou c' du cylindre qui les renferme, et complètent le circuit d’une pile reliée aux électro-aimants de
- E’
- Fig. 424. — Explorateurs de la pression.
- l’enregistreur, tant que la pression dans la valve diffère de la pression dans le cylindre. Dès que l’équilibre entre les pressions dans le cylindre de la machine et dans la capacité A cesse d’exister sur l’un des disques d, le courant est interrompu et cesse d’animer les électro-aimants de l’enregistreur.
- Chaque enregistreur (Agi 425) se compose de
- Fig. 42o. — Enregistreur.
- fixé* ^ec^ro‘a^man*;s EE', et d’une armature a Tant a Un ressorf; r’ Pr°longé par un style i. l’ar ^Ue couranl passe dans un des électros, a droite ou à gauche; au PrendT ^ courant est interrompu, le style sur u a P°s^l°n médiane i et trace un point papier.
- série de points tracée fait connaître à
- quel moment de la course du piston la vapeur a atteint une pression égale à celle marquée par la graduation de l’appareil, et donne le diagramme moyen du travail de la vapeur sur les faces du piston, pendant le nombre plus ou moins grand de courses soumis à l’expérience.
- Le tambour recouvert de papier de chaque enregistreur reçoit un mouvement circulaire alternatif du piston de la machine avec lequel il est relié.
- Indicateurs de température et d’incendie.
- — Ce qu’on demande le plus souvent à ces indicateurs, c’est d’avertir lors que la température tend à sortir de certaines limites, déterminées d’avance, et à franchir le maximum ou le minimum qu’on lui a imposé. Dans chacun de ces cas, l’appareil doit fermer un circuit qui contient une sonnerie : il y- a évidemment deux | sonneries et deux circuits distincts, afin qu’on ! puisse reconnaître si c’est le maximum ou le minimum qui est atteint.
- Une disposition très simple consiste dans l’emploi d’un thermomètre à alcool horizontal contenant, à la suite de ce liquide, un index de mercure : un fil de platine, disposé suivant l’axe de l’appareil, est relié d’une manière per-i manente au pôle positif d’une pile. Deux autres fils de même métal, communiquant chacun avec le pôle négatif et avec une sonnerie différente, pénètrent dans le tube aux points qui correspondent aux températures limites, mais-
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- INDICATEUR ÉLECTRIQUE.
- :\ï$
- «ans toucher le premier. Lorsque, par suite de l’abaissement ou de l’élévation de température, l’index de mercure vient à toucher l’ün de ces «deux fils, il ferme l’un des circuits ; la sonnerie correspondante commence à tinter et lait connaître celle des deux limites qui est atteinte.
- Un système analogue a été imaginé récemment par M. Albert E. Morisson de la Anglo American Telegraph C° à Charlottetown. Un thermomètre porte à la partie supérieure un fil de platine H, fixé à une vis S (fig. 426), qui permet de l’enfoncer plus ou moins dans le tube. Cette vis est reliée à une sonnerie Q et à une pile n, dont l’autre pôle communique
- S ,
- avec le réservoir M du thermomètre. LorsqUe le mercure s’élève assez pour venir toucher le fil de platine, le circuit est fermé et la sonnerie Q se fait entendre.
- La sonnerie O est destinée à faire connaître le minimum. Pour cela un contact est soudé dans le tube thermométrique au point convenable B et communique avec un relais R et une pile m, dont l’autre pôle est relié par K au réservoir M. Ce circuit est ordinairement fermé, et l’armature du relais reste constamment attirée. Mais, si le mercure s’abaisse au-dessous du point B, le circuit se trouve rompu, l’armature du relais se redresse et vient fermer un circuit
- Fig. 426. — Indicateur de température de M. Morrisson.
- local, contenant une pile l et une sonnerie O, dont le tintement avertit que le minimum est atteint.
- Souvent aussi on se sert de thermomètres, solides ou liquides, munis d’une aiguille qu’on relie d’une manière permanente au pôle positif d’une pile, et l’on place sur le cadran, aux deux températures limites, deux index communiquant chacun avec une sonnerie et avec le pôle négatif. Dès que l’aiguille vient toucher un de ces index, elle ferme l’un des deux circuits et actionne la sonnerie correspondante.
- Telle est la disposition de l’indicateur représenté fig. 427 : un long tube de métal aplati, rempli de liquide, se termine par une partie
- mince enroulée en cercle; la dilatation du liquide étant plus grande que celle du métal, h tube se tord ou se détord, suivant que la température s’abaisse ou s’élève. Le tube est relie à l’un des pôles de la pile; l’autre pôle communique avec deux index qu’on peut déplacé à volonté : ces communications sont indique^ en pointillé.
- On peut utiliser également la dilatation de^ solides : il suffit de prendre une lame himéta lique, qui se courbe d’un côté ou de ^ autr^’ suivant les variations de température, et pe ainsi toucher deux vis placées de part et d a« tre ; ces contacts ferment les deux circuits coi respondant au maximum et au minimum-
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- INDICATEUR ÉLECTRIQUE.
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- I,a lame bimétallique peut être droite, ou enroulée en spirale comme dans le photoscope Yoy. CONTROLEUR DE L’ÉCLAIRAGE DES DISQUES).
- yous donnerons à l’article Thermomètre d’au-
- Kig
- iu27. — Indicateur électrique de température (Pulsferl).
- très dispositions pouvant servir également d’indicateur.
- On peut employer aussi le système de transmission électrique décrit au mot Enregistreur. Enfin les avertisseurs d’incendie (Voy. ce mot) sont encore des indicateurs de température, mais disposés seulement pour faire connaître le maximum.
- Indicateurs de vitesse.. — Il existe un certain nombre d’indicateurs de vitesse mus par
- l’électricité.
- M. Marcel Deprez a construit un appareil tondé sur l’expérience des courants de Foucault. Un aimant en U horizontal peut tourner autour de son axe : il reçoit, par l’intermédiaire dune poulie et d’une courroie de transmission, !o mouvement de l’appareil dont on cherche la 'desse. Entre les branches de cet aimant peut tourner un cylindre creux de cuivre, supporté aux deux extrémités par deux couteaux, domine un fléau de balance.
- Quand l’aimant tourne, les courants induits dveloppés dans le cylindre de cuivre tendent a e toire tourner dans le même sens; mais un mntre-poids, placé au-dessous de l’axe, à une stance variable avec la sensibilité qu’on veut
- obtenir, s’oppose à ce mouvement. Sous l’influence de ces deux forces antagonistes, le cylindre s’incline d’un certain angle et reste en équilibre. Il porte une aiguille qui indique sur un cadran divisé la vitesse cherchée. L’appareil peut être gradué facilement, car la force tan-gentielle due à l’action magnétique est proportionnelle à la vitesse de l’aimant, et l’action du contre-poids est proportionnelle au sinus de l’angle d’écart, ou à cet angle lui-même, s’il est petit. On peut augmenter la sensibilité en plaçant un noyau de fer doux dans le cylindre creux.
- M. Horn a imaginé un appareil analogue, mais qui donne des indications indépendantes du magnétisme de l’aimant. Cet appareil est composé aussi d’un aimant en forme d’U, mais fixe ; c’est le cylindre de cuivre placé entre ses pôles qui reçoit de la machine étudiée un mouvement de rotation. L’aiguille indicatrice est portée par un fer doux dont la section a la forme d’un double T, et qui est suspendu sur des couteaux dans l’intérieur de ce cylindre. Ce fer doux s’incline et prend une position d’équilibre sous la double influence des courants de Foucault et de l’attraction de l’aimant permanent. Or l’intensité des courants induits et l’aimantation du fer doux sont proportionnelles à l’intensité du champ magnétique ; l’action du cylindre de cuivre est donc proportionnelle au carré de cette intensité. D’autre part, l’action de l’aimant permanent est proportionnelle à l’intensité du champ et à l’aimantion du fer doux, donc au carré de l’intensité du champ. L’écart est donc indépendant de cette intensité.
- Dans ces deux appareils, les déviations sont sensiblement proportionnelles aux vitesses de rotation.
- L’électro - cinémographe (Voy. ce mot) de MM. Richard frères peut servir aussi d’indicateur de vitesse. La roue T est alors mise en mouvement par une poulie reliée à la machine. La vis sans fin peut commander une aiguille mobile sur un cadran divisé. L’appareil n’a alors rien d’électrique.
- Il peut au contraire être rendu enregistreur, et même être disposé pour permettre à une seule personne de contrôler à distance, sans quitter son bureau, la marche d’un nombre quelconque de machines. Pour cela, on place sur chaque machine un dispositif très simple fermant un circuit électrique à chaque révolution de l’arbre. De chaque contact partent deux fils, dont l’un est relié à un fil commun de retour et dont l’autre aboutit dans le bureau de
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- INDICATIF. — INDUCTEUR.
- l’ingénieur à un commutateur. On dispose les commutateurs sur un tableau, devant lequel une console supporte l’électro-cinémographe. Celui-ci étant relié aux commutateurs ainsi qu’au fil de retour commun et une pile étant placée dans le circuit, lorsque l’ingénieur veut contrôler la marche d’une machine, il lui suffît de manœuvrer le commutateur qui correspond à cette machine ; immédiatement l’électro-ciné-mographe se met en marche et enregistre sur un papier le nombre de contacts émis dans l’unité de temps par l’arbre, c’est-à-dire son nombre de tours par minute.
- Indicateur (Tableau). — Voy. Tableau indicateur.
- INDICATIF. — Signal télégraphique abréviatif servant à faire connaître le poste appelé et celui qui appelle.
- INDUCTEUR. — Qui produit des courants induits.
- Par extension, on a donné ce nom à un certain nombre de petits appareils magnéto-électriques, tels que ceux employés dans l’indicateur de niveau d’eau de la Société des téléphones de Zurich et ceux qui servent à actionner les cloches allemandes, modèle Siemens, et les cloches mixtes.
- L’inducteur Siemens est formé de douze aimants en fer à cheval superposés, entre lesquels tourne la bobine induite, du genre Siemens : il suffît de faire effectuer un demi-tour à la manivelle de cette bobine pour produire un courant qui met en branle toutes les cloches correspondantes.
- ~'T“
- Fig. 428. — Inducteur Siemens de la Compagnie de l’Est.
- La figure 428 représente l’inducteur employé par la Compagnie de l’Est pour actionner ses cloches mixtes.
- Il se compose, comme le précédent, de 12 ai mants en fer à cheval A, entre lesquels tourne la bobine induite. La manivelle M commande cette bobine par l’intermédiaire d’ün cliquet et d’un rochet. Quand on veut lancer un courant on fait faire à la manivelle un demi-tour de gauche à droite, ce qui suffît5 pour actionner les cloches; elle est alors arrêtée par un butoir Lorsqu’on veut produire une autre émission de courant, on fait revenir la manivelle en arrière ce qui laisse la bobine immobile, car le cliquet glisse sur les dents du rochet, puis on fait un demi-tour vers la droite, ce qui donne le courant nécessaire. Les postes intermédiaires ont deux fils de ligne, et la machine peut être mise en relation par un commutateur avec l’une ou l’autre des lignes. Les postes intermédiaires de pleine voie sont également munis d’un inducteur, mais, comme ils n’ont que rarement à faire des signaux, la manivelle est ordinairement fixée dans la position qui limite sa course en avant; pour s’en servir, il faut enlever d’abord une goupille. On évite ainsi que l’appareil soit mis en marche sans nécessité.
- L’inducteur Postel-Vinay, employé dans le même but parla Compagnie de l’Ouest (fig. 429) se compose d’un électro-aimant mobile autour d’un axe horizontal entre les deux branches d’un fort aimant en U. Au repos, cet électro présente ses deux pôles en face de ceux de l’aimant fixe auquel il sert d’armature. Un des bouts a du fil induit est soudé à la masse métallique b de la bobine c, qui communique constamment avec la masse générale de l’appareil; son autre extrémité d aboutit au disque de cuivre isolé f sur lequel frotte le ressort de ligne m.
- Pour se servir de l’appareil, on fait faire a la manivelle un demi-tour de droite à gauche; celle-ci entraîne dans le même sens la bobine induite c par l’intermédiaire de son cliquet g, et le ressort h se trouve bandé en même temps-La manivelle, qui fait partie de la masse de l’appareil, communique par le cliquet g au disque isolé f et par suite à l’extrémité d du fil induit, qui se trouve fermé sur lui-nienie-Lorsqu’elle est arrivée au bout de sa course, la cliquet g vient s’appuyer sur un butoir J, 130 de la masse de la bobine, et son ressort k, en fle chissant, lui fait abandonner la dent l du disque isolé. Le ressort h se détend alors et ramène bobine et le disque de gauche à droite en eta blissant le courant seulement pendant la dur®® de sa détente. On ramène ensuite la mann au point de départ et le cliquet vient de non veau prendre la dent du disque isolé-
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- INDUCTEUR.
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- inducteur différentiel. — Appareil imaginé >1. Dove pour comparer l’influence exercée sur les décharges induites par l’introduction de divers métaux dans les bobines. Il se compose je deux hélices faites de deux gros fils de cuivre enroulés sur deux tubes de verre de 33 centimètres de longueur et de 2,5 centim.
- de diamètre, et placées dans l’intérieur de deux hélices plus grandes, enroulées autour d’un tube de carton et parfaitement identiques (fig. 430). Les deux bobines intérieures sont reliées par une extrémité, et les bobines extérieures aussi ; mais ces communications sont établies de telle sorte qu’en faisant passer dans les bobines
- ,C
- Fig. 429. — Inducteur Postel-Vinay.
- extérieures la décharge d’une batterie de bou-ei les de Leyde ou le courant d’une pile, inter-ornpu par un rhéotome, on provoque dans les . Ux bobines intérieures des courants induits
- lena^ S6nS con^ra^res* Un observateur,
- bQ- a main des poignées reliées à ces p0n1Iles’ ne reÇoit pas de commotions. Mais, si 11 place dans l’une des bobines induites un
- morceau de métal, on ressent des commotions plus ou moins intenses, suivant la nature et la forme du métal introduit.
- La balance d’induction de Hughes, décrite plus haut, n’est que la reproduction de cet appareil, mais en remplaçant les commotions parle téléphone, découvert depuis cette époque.
- Inducteurs des machines d’induction. —Dans
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- INDUCTION.
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- les machines d’induction, on donne ce nom à l’ensemble des aimants ou des électro-aimants qui servent à produire le champ magnétique dans lequel tourne l’induit. La machine est dite magnéto-électrique, lorsque l’inducteur
- de la terre. L’induction a été découverte par Faraday en 1832. On désigne parfois sous le nom d'induction électrostatique l’action exercée par un corps électrisé sur un autre corps à l’état neutre (Voy. Influence).
- Voici en quoi consistent les phénomènes découverts par Faraday Induction par les courants. — Con-sidérons un fil AB relié aux deux pôles d’une pile (fig. 431); soit I un interrupteur et CD un autre fil relié aux deux bornes d’un galvanomètre G, de manière à constituer avec celui-ci un circuit fermé. L’interrupteur I étant fermé, le fil AB est parcouru par un courant dirigé de A vers B ; si l’on approche alors ce fil du conducteur CD ou inversement, le galvanomètre montre que ce dernier est traversé par un courant allant de D en C et qui ne dure qu’un instant. Ce courant est appelé courant induit, et le courant AB est dit courant inducteur. On dit encore dans ce cas que le courant induit est inverse, parce qu’il est dirigé en sens contraire du courant inducteur.
- Supposons maintenant qu’après avoir laissé revenir au zéro l’aiguille du galvanomètre on éloigne l’un de l’autre les deux fils : on verra aussitôt que le conducteur CD est parcouru par un courant induit
- est formé d’aimants. Pour rendre maximum la variation du champ magnétique, il faut disposer des pôles alternés le plus près possible du trajet de l’induit: on peut se servir d’aimants en U (machine Méritens! ou d’aimants rectilignes dont on fait alterner les pôles (machine Méritens, type d’atelier).
- La machine est appelée dynamo-électrique lorsque le champ est produit par des électro-aimants. Nous avons indiqué au mot Excitation les divers moyens d’animer ces électro-aimants. Le noyau de fer doux des électros n’est pas indispensable : sa suppression diminue seulement l’intensité du champ. Ici encore les pôles doivent alterner.
- Dans les deux cas, il est avantageux d’adapter aux pôles des pièces de fer doux qui emboîtent exactement l’induit mobile. (Machines Gramme, Méritens, etc.)
- INDUCTION. — Production de courants sous l’influence d’un autre courant, d’un aimant ou
- direct, c’est-à-dire dirigé de G en D. Comme le précédent, ce courant n’aura qu’une durée tre> courte.
- P
- Fig. 431. — Principe de l’induction.
- Enfin les mêmes effets s’obtiendront s*^ fait varier le champ électrique, non phls
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- INDUCTION.
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- approchant le courant inducteur, mais en augmentant ou diminuant son intensité. A plus forte raison, il en .sera encore de même si, les deux fils étant voisins, on fait passer le courant inducteur ou on l’interrompt en fermant ou en ouvrant l’interrupteur I.
- Par conséquent un courant qui s'approche, qui commence ou qui augmente d'intensité produit dans un circuit fermé voisin un courant induit inverse ; un courant qui s’éloigne, qui finit ou qui diminue d’intensité provoque un courant induit direct.
- La disposition de la figure 431 se prête mal à une vérification expérimentale : il faut, pour avoir un effet suffisant, donner aux fils AB et CD une très grande longueur. Il est plus commode alors de les enrouler sur deux bobines (flg. 432) : la bobine intérieure AB, couverte d’un fil gros et court, communique avec la pile et l'interrupteur, et sert de bobine inductrice. La bobine extérieure CD, à fil long et fin, est reliée au galvanomètre ; c’est la bobine induite. La bobine intérieure peut être approchée et introduite brusquement dans l’autre, puis enlevée, pour réaliser le premier cas dont nous avons parlé. Pour montrer l’action d’un courant qui commence ou qui finit, on place d’avance les deux bobines l’une dans l’autre et on agit sur l’interrupteur. Enfin, pour produire à volonté une augmentation ou une diminution d’intensité, on remplace l’interrupteur I par une petite bobine de fil assez résistante, et on laisse le courant s’établir ; on produit alors au même point une dérivation très peu résistante ; c’est, comme si l’on diminuait la résistance de la bobine. Les lois des courants dérivés permettent de vérifier ce résultat.
- Induction par les aimants. — Nous savons que 'es aimants peuvent être assimilés à des solé-aoïdes : il est donc évident qu’on obtiendra encore des courants d’induction en remplaçant 'a bobine intérieure par un aimant, qu’on approche ou qu’on éloigne. Les deux courants ‘nduits seront le premier inverse, le second lrecL par rapport au solénoïde qui équivau-.ra^ a 1 aimant employé. On montre ce résultat aide de l’appareil représenté fig. 432 ; on j)uPprime la bobine intérieure et l’on introduit fanant à sa place. Pour constater l’action d’un lan^nt fiui commence ou qui finit, on remplace dou °^ne ^bérieure par un cylindre de fer vol X' ?U °n a'man^e 011 firi’on désaimante à 6 fn aPProchant ou éloignant un aimant. dont j.r?Sum®’ un aimant qui s’approche, ou duit aimantat^on commence ou augmente pro-Un C0llrant induit inverse par rapport au
- solénoïde qui le remplacerait ; un aimant qui s’éloigne, ou dont l’aimantation cesse ou diminue, fait naître un courant induit direct.
- Fig. 432. — Double bobine pour l’induction (Carpentier).
- Induction par la terre. — Enfin l’action de la terre peut également provoquer des courants’ d’induction, puisqu’elle produit un champ magnétique, dont nous ne pouvons, il est vrai, faire varier à volonté l’intensité, mais dans lequel on peut déplacer le circuit inducteur. Pour le constater, on dispose ordinairement une bobine plate perpendiculairement à l’aiguille d’inclinaison, position qui donne l’effet maximum, puis on la fait tourner rapidement ^ il s’y produit des courants induits qu’on peut recueillir.
- Loi de Lenz. — Peu de temps après la découverte de Faraday, Lenz donna la loi suivante-qui permet de prévoir dans un grand nombre-de cas le sens des courants induits qui prennent naissance.
- Tout courant induit par déplacement a un sens' tel qu’il s'oppose à ce déplacement.
- Prenons un exemple : lorsqu’on approcher l’un de l’autre les deux fils AB et CD (fig. 431), il se produit un courant inverse. Mais nous-savons que deux courants parallèles et de sens contraire se repoussent : donc l’action mutuelle-des deux courants AB et CD tend à écarter les-deux fils ; elle s’oppose donc au rapprochement qui a fait naître le courant induit.
- Induction de divers ordres. — Un courant induit peut servir à son tour de courant induc-
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- INDUCTION.
- teur et faire naître un courant induit dans un circuit voisin. Supposons qu’on relie la bobine extérieure d’un appareil analogue à celui de la figure 432, non plus à un galvanomètre, mais à la bobine intérieure d’un second appareil semblable ; la bobine extérieure du second appareil sera le siège de courants induits dits de second ordre: chaque fois qu’un courant induit de premier ordre traversera la bobine extérieure du premier appareil et la bobine intérieure du second, la bobine induite de ce dernier sera parcourue successivement par deux courants induits de second ordre, le premier inverse de celui de premier ordre, le second direct. Les courants de second ordre peuvent de même en induire d’autres, et ainsi de suite : mais on conçoit que le phénomène deviendra de plus en plus compliqué.
- Diaphragmes ou écrans. — Supposons qu’au centre de la bobine intérieure (fîg. 432) on ait ménagé une cavité dans laquelle on place un cylindre de cuivre, creux ou plein, et examinons l’effet de ce cylindre sur la bobine induite. Si l’on ferme le circuit inducteur, l’établissement du courant fait naître un courant inverse dans le cylindre comme dans la bobine extérieure : ces deux courants induits provoqués par le courant inducteur sont donc de même sens. Mais le courant induit du cylindre agit aussi sur la bobine extérieure et y produit un courant, inverse par rapport aux deux premiers et par conséquent direct par rapport au courant inducteur. Donc la bobine extérieure est le siège de deux courants simultanés et de sens contraires. L’effet du cylindre est donc de diminuer l’intensité des courants induits. On donne souvent à ce cylindre le nom de diaphragme : la même disposition est employée dans plusieurs appareils médicaux (.Voy. Bobine) sous le nom d’écran, de modérateur, de graduateur. En fendant le cylindre dans toute sa longueur suivant une génératrice, il se comporte comme un circuit ouvert : il ne peut plus s’y produire de courants, et son effet est annulé.
- Action du fer doux. — Nous avons supposé le diaphragme en cuivre : il est évident qu’il agira à peu près de même s’il est formé d’un autre métal non magnétique. Mais l’action sera plus complexe si le cylindre est en fer doux : d’un côté il agit comme un diaphragme métallique, mais d’autre part il s’aimante au passage du courant et par suite augmente l’induction. Il joue donc un double rôle, l’un nuisible, l’autre utile. Pour supprimer le premier effet et conserver le second, il suffit de fendre le fer
- doux dans sa longueur, ce qui empêche la pro duction des courants induits sans empêcher l’aimantation. En réalité, le noyau de fer doux est constitué par une série de fils de fer, quj sont vernis pour les isoler et supprimer les courants : on voit cette disposition sur Ja figure 432.
- Propriétés des courants induits. — Les courants induits ne diffèrent des courants hydroélectriques par aucune propriété importante si ce n’est par leur durée extrêmement courte Les deux courants induits, inverse et direct qui se produisent dans les mêmes conditions par exemple par la fermeture et la rupture d’un même courant inducteur, mettent en mouvement des quantités égales d’électricité, mais, comme la durée du courant direct est plus courte que celle du courant inverse, il possède une intensité et une énergie plus grandes. Il en résulte que les courants directs et inverses ont des actions absolument égales et contraires dans tous les cas où l’effet produit ne dépend que de la quantité d’électricité mise en jeu : galvanomètre, voltamètre, etc. Au contraire, l’action des courants directs l’emporte dans tous les effets qui dépendent de l’énergie : c’est ainsi qu’ils donnent plus facilement des étincelles, aimantent plus fortement les aiguilles, etc. Quand on interrompt le circuit induit, généralement le courant direct passe seul sous forme d’étincelle ou de lueur (tubes de Geissler).
- L’expérience montre en outre que la lorce électromotrice d’un courant induit est proportionnelle à l’intensité du courant inducteur; c’est pour cette raison qu’on prend le fil inducteur gros et court. Elle est aussi proportionnelle à la longueur du fil induit soumise à l’induction (c’est pourquoi ce fil est ordinairement long et fin) et en raison inverse de la résistance
- totale du circuit induit.
- Extra-courants. — Un courant qui commence • ou qui finit peut également produire des courants induits dans le fil même qu’il parcourt, c’est ce que Faraday a nommé extra-courants (Voy. Self-induction). Il doit se produire lorsque le courant commence un extra-courant inv erse ou de fermeture qui en affaiblit l’effet et, le courant cesse, un extra-courant direct ou rupture qui le renforce. Un courant n’acqui donc jamais instantanément toute son inten sité. Elle va d’abord en croissant pendant ui temps très court, puis atteint sa valeur norm et reste constante tant que le circuit est ferme
- Au moment de la rupture, l’extra-courantdire
- produit une brusque augmentation d inten
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- INDUCTION.
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- montre que cette force est égale à la dérivée du flux de force magnétique par rapport au temps, et dont le signe dépend du sens de la variation du flux. L’expérience montre qu’il en
- Fig. 433. — Expérience d’Arago (Ducretet).
- C’est à ce dernier effet qu’est due l’étincelle qui se manifeste lorsqu’on interrompt un courant. Faraday a montré par des expériences directes l’existence des extra-courants.
- Ces courants possèdent toutes les propriétés des autres courants induits.
- loi générale de l'induction. — Cette loi a été déduite par M. Helmholtz et par sir W. Thomson du principe de la conservation de l’énergie. Soit un circuit de résistance R, traversé par un courant, c’est-à-dire contenant une force électromotrice E ; supposons qu’on fasse varier d’une manière quelconque le flux qui traverse ce circuit : il en résulte un certain travail des forces électromagnétiques, et, comme ce travail doit être fourni par la pile, l’intensité doit changer. On démontre qu’elle prend la forme
- C’est donc comme si l’on avait introduit dans le circuit une force électromotrice e. On dé-
- est encore de même lorsque E = 0, c’est-à-dire quand le circuit fermé ne renferme pas de pile.
- On déduit de là que : la quantité totale d'électricité mise en mouvement par l'induction est égale au quotient de la variation totale du flux par la résistance du circuit.
- Induction dans les masses métalliques ; courants de Foucault. — Les courants induits peuvent se
- Fig. 434. — Appareil c e Foucault (Ducretet).
- dan U^e ^ans une m&sse métallique comme °r(jinU.n fil- C’est pour cette raison qu’on fait Van airement en cuivre les cadrans des gal-0lnètres : les oscillations de l’aiguille y pro-
- RlCTIOiX\A[RE D’ÉLECTRICITÉ.
- duisent des courants induits qui, d’après la loi de Leuz, s’opposent au mouvement et la ramènent plus vite au repos.
- On explique de la même manière l’expérience
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- < 38G
- INDUCTION SOLAIRE. — INDUCTOMÈTRE.
- d’Arago qui consiste à faire tourner rapidement un disque de cuivre au-dessous d’un petit aimant mobile dans un plan horizontal (fig. 433) ; une plaque dè verre, interposée entre le disque et l’aimant, empêche l’influence des courants d’air. Les courants induits qui prennent naissance dans la masse de cuivre s’opposent au déplacement relatif du disque et de l’aimant : le premier étant forcé de tourner, l’aimant se met aussi à tourner dans le même sens. Réciproquement, si l’on fait tourner un aimant en fer à cheval au-dessous d’un disque de cuivre, le disque se met en marche dans le même sens. Dans ces deux expériences, le mouvement ne se produit pas avec un disque formé d’une substance isolahte, ou même si l’on a pratiqué dans le disque de cuivre un certain nombre de fentes suivant les rayons ; dans ce dernier cas, le disque est comparable à un circuit ouvert, et les courants ne peuvent plus s’y propager.
- On explique de la même manière l’expérience bien connue de Foucault (flg. 434). Un disque de cuivre peut tourner entre les deux pôles d’un fort électro-aimant : quand le courant ne passe pas, il suffît d’un faible effort pour mettre le disque en mouvement. Dès qu’on fait passer le courant, le disque s’arrête ; si l’on essaye de le remettre en marche, on constate qu’il faut faire un effort beaucoup plus considérable, et qu’il s’échauffe rapidement : le surcroît d’énergie dépensé dans ce cas est donc transformé en une quantité équivalente de chaleur.
- M. Violle a pu déterminer par ce procédé l’équivalent mécanique de la chaleur. M. Tyn-dall a remplacé le disque de Foucault par un disque creux, rempli d’éther : la chaleur développée par la rotation vaporise l’éther, et le bouchon est projeté. C’est à cause de l’expérience précédente qu’on donne souvent le nom de courants de Foucault aux courants d’induction développés dans les masses métalliques.
- INDUCTION SOLAIRE. —Explication des variations du magnétisme terrestre par des effets d’induction dus à l’action directe du soleil. Quet a publié divers mémoires à ce sujet. Il a trouvé, pour les principales forces élémentaires d’induction, une période d’un jour solaire moyen, une inégalité horaire de douze mois, une variation annuelle et une période dont la durée est égale à celle de la rotation apparente du soleil autour de son axe. Il a examiné également l’influence des orages électriques du soleil sur la terre.
- INDUCTOMÈTRE. — Appareil imaginé pUl. M. Miot pour l’exploration des champs ma»né tiques, et fondé sur le même principe que ]e galvanomètre à mercure. Il est formé d’un tube horizontal plein de mercure (flg. 43o), au milieu
- Fig. 43o. — Inductomètre Miot.
- îquel est soudé un tube vertical ; aux tîeUÏ drémités plongent deux électrodes fixées dans
- ;s bouchons de caoutchouc. Si le tube iQ eur est placé normalement aux lignes rce magnétique, dans un champ d’intensite
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- INDUCTOPHONE. — INFLUENCE ÉLECTRIQUE.
- que Ie mercure soit parcouru par un cou- ! rant d’intensité i, ce liquide exerce sur les pa-rois une pression proportionnelle à H et à i, et j s’élève par suite dans le tube du milieu jusqu’à ! yne hauteur a. On a donc
- a = /cHû
- i
- De là un moyen de déterminer H. La cons- j tante k peut être déterminée expérimentalement, j ou calculée en écrivant que l’action électro- dynamique est équilibrée par le poids du j liquide soulevé. L’action électrodynamique est
- >. H f,
- i étant la plus grande longueur de la section j de raccordement des deux tubes. Si s est la j section du tube vertical, et d la densité du mer- ; cure, le poids est
- s a. u.
- On a donc
- = sad,
- et par suite
- La partie inférieure de l’instrument, qui constitue l’explorateur, est formée, sur une longueur de 5 à 6 centimètres, par un tube très aplati, de 0,7 à 0,8 millimètre d’épaisseur, qui est relié à l’appareil par des tubes de caoutchouc, de sorte qu’on peut lui donner toutes les inclinaisons, et le placer dans les intervalles les plus réduits, sans changer la constante de l’appareil.
- Pour augmenter les variations de niveau, le tube du milieu porte une ampoule et le mercure est surmonté d’une couche d’alcool. Un faible déplacement du mercure suffit pour faire caonter rapidement l’alcool. Les hauteurs d’alcool sont encore proportionnelles à l’intensité du champ et à celle du courant. Pour soustraire Ie mercure et le liquide à l’air extérieur, les boules latérales sont surmontées de prolongeants qui viennent se réunir à la partie supé-r‘eure du tube central.
- ho mot inductomètre est encore employé C?mnie synonyme de Sonomètre. (Voy. Balance ^ INDUCTION.)
- «OOCTOPHONE. — M. Dunand a donné ce la T ^ Un aPPare^ qn’il n imaginé en 1882 pour ^ ransmission de la parole. Sur deux disques de pap*'on parallèles sont collées l’une vis-à-vis notre deux spirales en fil de cuivre fin et
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- isolé ; ces deux disques sont séparés par un anneau de bois de 1 millimètre d’épaisseur et placés au fond d’une embouchure. On relie la première spirale aux deux pôles d’une pile, la seconde à un récepteur téléphonique : si l’on parle devant l’embouchure, les paroles sont perçues directement dans le téléphone.
- INDUIT. — Qui est le siège de courants d’induction.
- Induit d’une machine magnéto ou dynamoélectrique. — Partie de la machine dans laquelle prennent naissance les courants induits qu’on se propose d’utiliser.
- La disposition de l’induit varie d’une machine à l’autre. Il peut être formé de deux ou de plusieurs bobines. (Voy. Machines d’induction.)
- INERTIE ÉLECTRO-MAGNÉTIQUE. — Pro-I priété qui se manifeste dans les métaux parcourus par un courant électrique et qui retarde les transmissions télégraphiques ou téléphoniques. Le coefficient d’inertie est sensiblement nul dans le cuivre, mais il a une valeur*notable dans le fer.
- INFLUENCE ÉLECTRIQUE. — Tout corps placé dans un champ électrique devient lui-même électrisé. On dit qu’il est chargé par influence.
- Théorème de Faraday. — Lorsqu'un corps électrisé A est entouré complètement par un conducteur B, il se produit par influence sur la face interne de B une charge égale et de signe contraire à celle du corps A.
- Soit en effet m la charge du corps A et m’ celle de la surface intérieure de B. Traçons une surface G comprise dans l’épaisseur de B (fig. 436),
- Fig. 436. — Théorème de Faraday.
- et appliquons-lui le théorème de Gauss (voy. Flux de force). Le conducteur étant en équilibre, le flux de force qui traverse la surface G est nul; d’ailleurs, il est égal au produit de 4tt par la
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- INFLUENCE ÉLECTRIQUE.
- somme algébrique des masses intérieures, qui est égale à Donc
- Cette démonstration, que nous empruntons à MM. Bichat et Blondlot, peut se répéter identiquement, quel que soit le nombre des corps tels que A, renfermés dans le conducteur.
- Remarquons de plus que, si le conducteur B est isolé, sa surface extérieure prendra nécessairement une charge -4-m, puisqu’il n’a été mis en contact avec aucun' corps électrisé.
- Entin la couche — m prend sur la surface intérieure une distribution qui dépend de la position relative de la masse ou des masses À ; au contraire, la couche extérieure se distribue d’une manière indépendante de la position de A, comme le ferait une couche en équilibre d’elle-même. L’action du système sur un point extérieur e§t la même que si cette couche existait seule.
- Si l’on fait communiquer le conducteur B avec le sol, la couche extérieure disparaît; mais rien n’est changé pour les autres.
- On vérifie ces résultats à l’aide du cylindre de Faraday (voy. ce mot) qu’on relie avec un élec-troscope. Si l’on introduit dans ce cylindre une petite sphère électrisée et isolée, dès qu’elle se trouve à une petite distance de l’orifice, on constate, bien que l’appareil ne soit pas complètement fermé, que la déviation reste invariable quand on déplace la sphère dans tous les sens, et même lorsqu’on lui fait toucher la surface intérieure du cylindre. Ce contact n’a pas d’autre effet que d’annuler les deux charges -\-m et —m qui se trouvaient sur la sphère et sur la surface intérieure; la charge -\-m située sur la face extérieure et sur l’électroscope n’a pas changé.
- Si l’on retire la sphère sans avoir touché le cylindre, les feuilles d’or retombent, ce qui prouve que les deux surfaces du cylindre avaient des charges égales et de signes contraires.
- Si l’on touche le cylindre avec le doigt pendant que la sphère est dans l’intérieur, les feuilles d’or retombent, et la surface extérieure est seule déchargée. Si l’on amène ensuite la sphère au contact, toute trace d’électricité disparaît. Si au contraire on retire la boule, la couche — m, qui était sur la surface intérieure, passe à l’extérieur, et les feuilles divergent.
- Il résulte du théorème de Faraday que, lorsqu’un corps électrisé est placé dans une salle à
- parois conductrices, ces parois prennent par influence une charge égale et contraire à celle du corps.
- Supposons maintenant que, dans l’intérieur du conducteur B (fig. 436), on introduise un corps D en communication avec ce conducteur-il prendra une charge de signe contraire à celle de A, mais plus petite, puisqu’il ne forme qu’une partie de la surface intérieure de B. Si le corps D est isolé, sa charge totale doit rester nulle. Il prend donc une charge de signe contraire à celle de A sur la partie la plus rapprochée de ce corps, une charge égale, mais de même signe que celle de A, sur la partie la plus éloignée. Ces deux charges sont séparées par une ligne neutre.
- C
- Fig. 437. — Influence électrique.
- Ce dernier cas se présente lorsqu’on approche d’un corps électrisé un conducteur isolé, les deux corps étant dans une salle B. On le 'e rifle ordinairement à l’aide d’une sphère élec trisée B (fig. 437), dont on approche un cylindre à l’état neutre CD. Si la sphère est positi'e* l’extrémité D se charge négativement et 1 autre positivement ; la ligne neutre est placée vers milieu, mais plus près du point D, par exeIyon en A. Ces deux charges sont égales, car, S1 ^ décharge ou si l’on éloigne la sphère, le c) dre redevient neutre. Enfin, si l’on place doubles pendules sur toute la longueui cylindre, on voit la divergence augmenter puis la ligne neutre jusqu’aux extrémité-^ qui prouve que la densité va en augnren ^ Si l’on touche le cylindre avec le doigt en
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- INHALATEUR.
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- point quelconque, il reste chargé négativement. I qui est une application de celui de Faraday. iXous citerons encore le théorème suivant, I Théorème de Poisson. — Des masses électriques
- Fig. 438. — Inhalateur du Dr Huguet (de Vars).
- ^nées exercent, à l’extérieur d'une surface fer- i celle d’une couche de même masse distribuée sur " r{Uelconque qui les entoure, une action égale à | cette surface suivant une certaine loi.
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- INHALATEUR.
- Influence sur un corps déjà électrisé. — Si le corps soumis à l’influence possède déjà une certaine charge électrique, la charge due à l’influence se superpose à la première, de sorte que la densité en chaque point est la somme algébrique des deux densités.
- Influence sur les corps diélectriques. — Les phénomènes d’influence se produisent de même avec les isolants, mais moins nettement. Sir W. Thomson a montré que ces corps se comportent, dans un champ électrique, comme si chaque molécule prenait à chacune de ses extrémités deux masses égales et contraires, ce qui revient à admettre, les charges intérieures se détruisant de proche en proche, qu’il se forme à la surface deux couches de signes contraires, à peu près comme sur un conducteur, mais
- I avec des densités moindres. Si l’influence dure un temps appréciable, la pénétration de l’élec-; tricité altère les résultats, j Applications de Vinfluence. — L’influence joue i un rôle dans tous les phénomènes d’électricité statique : elle explique l’attraction des corps légers, la condensation, etc. Lorsqu’on approche un conducteur isolé d’une machine électrique, il se charge d’abord par influence, puis, lorsqu’il a acquis une densité suffisante, une étincelle jaillit.
- INHALATEUR. — Cet appareil, exposé par le Dr Huguet (de Yars) en 1889, présente une curieuse application de l’électricité. Il sert à introduire directement dans les voies respiratoires de l’air purifié, débarrassé des corpuscules en suspension dans l’atmosphère, et chargé d’ozone
- Fig. 439. — Appareil ozoniseur du Ur Huguet (de Vars).
- et de principes médicamenteux appropriés à l'affection qu’on veut combattre, en même temps qu’il chasse au dehors les produits de l’expiration pulmonaire et les miasmes de la salle.
- L’air, pris au dehors, traverse un filtre A (fîg. 438), dans lequel une couche de coton, placée sur une toile métallique, arrête les corpuscules en ,suspension. Il traverse ensuite un li-
- quide antiseptique, puis il est aspiré par un ventilateur R', qui le refoule par le tube G dans U petite cloche D, située au haut de l’appareil, et qui contient l’appareil ozoniseur. De là il s’accumuler dans la grande cloche G, d’où il eS ' distribué, par les valves H, dans des récipient? contenant chacun une subsistance médicanien teuse différente. En ouvrant plusieurs values.
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- INJECTION DES POTEAUX TÉLÉGRAPHIQUES. — INTENSITÉ ÉLECTRIQUE. 391 .
- on P611*' associer plusieurs substances. Après avoir barboté dans ces récipients, l’air, médicamenté ou non, se rend dans l’une des rampes J, puis dans une des sphères K contenant un système de chauffage destiné à le porter à la température voulue. Il arrive enfin dans les tubes inhalateurs I, terminés par des pièces mobiles à rotule, qui permettent de les tourner dans tous les sens.
- [Jn second ventilateur B, actionné par le même moteur que le premier, aspire les gaz provenant de l’expiration des malades, et les rejette au dehors par la tubulure L.
- L’appareil ozoniseur (fig. 439) se compose d’un cylindre de verre A, recouvert d’étain intérieurement, et d’une clocle B, garnie d’étain à l’extérieur ; le tout est recouvert d’une cloche D et repose sur un socle en ébonite E. Les feuilles d’étain sont reliées par les bornes PN aux deux pôles d’une bobine d’induction F, actionnée par une pile E.
- INJECTION DES POTEAUX TÉLÉGRAPHIQUES. — Opération ayant pour but de préserver les poteaux de l’action destructive de l’humidité. On a essayé successivement divers antiseptiques, tels que le goudron, l’huile de lin, la créosote, le chlorure de zinc. On les injecte ordinairement de sulfate de cuivre par le procédé Boucherie. La solution, contenant 1 kilogramme de sulfate pour 100 litres d’eau, est placée dans un réservoir un peu élevé, communiquant par des tuyaux avec la base de tous les poteaux, qui sont rangés parallèlement, la pointe sur le sol, et la base élevée d’environ 1 mètre. Le liquide antiseptique pénètre dans les vaisseaux, en chassant la sève, qui sort par la pointe. Quand le sulfate sort à son tour par l’extré-mité inférieure, l’injection est terminée. On ecorce ensuite les poteaux, on les polit à la piane, et on les empile dans un endroit bien aéré.
- insecte électrique. — D’après l'Êlectri-
- ftun, on aurait observé deux cas d’insectes capables de donner des secousses analogues à ceUes des torpilles.
- INSTALLATION. — 1° D’an poste télégraphiât ou téléphonique. (Voy. Montage.)
- Dune ligne télégraphique ou téléphonique. On nomme installation fixe celle d’un con-c eur qui est arrêté à tous les poteaux, et ^tion lâche celle dans laquelle le con-a eur s’appuie sur les isolateurs sans être . tous les poteaux.
- serv ÉGRATEUR ÉLECTRIQUE- — Instrument 'ant à indiquer l’intensité d’un courant.
- | INTENSITÉ D’AIMANTATION. — L’intensité
- I d’aimantation en un point d’un aimant est le rapport du moment magnétique d’un élément de volume pris autour de ce point au volume. de l’élément, ou le moment magnétique de l’unité de volume autour de ce point. Si 21 est la longueur de l’élément, v son volume et m la > masse de chacune de ses extrémités, l’intensité d’aimantation est
- %lm
- v
- Lorsqu’elle est constante de grandeur et de direction, l’aimantation est uniforme, et le moment total est égal au produit du volume de l’aimant par cette intensité. (Voy. Aimant.)
- INTENSITÉ DE CHAMP ÉLECTRIQUE OU MAGNÉTIQUE. — On nomme intensité du champ en un point l’intensité de. la force qui agirait sur l’unité d’électricité positive ou sur l’unité de pôle magnétique placée en ce point.
- L’unité d’intensité de champ est l’intensité du champ qui agit avec l’unité de force sur l’imité d’électricité ou sur l’unité de pôle magnétique.
- Mesure de l’intensité du champ magnétique terrestre. — En un même lieu, l’action de la terre produit un champ magnétique uniforme (Voy. Champ). Pour mesurer l’intensité de ce champ, on se borne ordinairement à déterminer la composante horizontale H : connaissant d’ailleurs l’inclinaison i, on a pour l’intensité totale
- T H cos i
- Dans les appareils enregistreurs, on mesure H et Z et l’on en tire i. Pour obtenir H, on prend un barreau aimanté, dont le moment magnétique est M, et l’on mesure, comme nous allons
- M
- l’indiquer, le produit MH et le quotient —. Le
- H
- rapport de ces deux quantités fait connaître H2.
- Le produit MH se détermine par la méthode des oscillations ou par la méthode de torsion (Voy. Moment magnétique).
- M
- Pouravoir le quotient -g-, on observe, d’après
- la méthode de Gauss, l’action du barreau sur une très petite aiguille aimantée, pouvant tourner dans un plan horizontal. Le barreau est placé perpendiculairement au méridien, à une distance d du centre de la petite aiguille; il peut d’ailleurs occuper deux positions princi-
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- INTENSITÉ DE COURANT.
- pales : il peut être dirigé suivant la perpendiculaire au méridien passant par le centre de l’aiguille, ou bien au contraire avoir son milieu dans le méridien, sur le prolongement de la position d’équilibre de l’aiguille. Dans les deux cas, l’aiguille est déviée. On démontre que, dans la première position, son action sur l’aiguille est
- Mw d3 ’
- Nous décrirons plus loin (Voy. Magnétomè-tre) les appareils qui servent à mesurer \ru
- M M
- et H .
- A Paris, l’intensité totale et ses composantes étaient au lfcr janvier 1889 : S
- T = 0,46559 H = 0,19508 Z = 0,42275.
- m étant la masse d’un des pôles de cette aiguille. Si le petit barreau est dévié d’un angle * sous l’influence de cette force’ et de l’action de la terre, on a
- M m „ .
- —tt cos a = ma. sin a. d3
- D’où
- M ,, .
- Si l’on choisit la seconde position, on démontre que l’action du barreau est
- 2Mw
- d'i
- et l’on a par suite
- M
- 2 ÿ; = d* tg a.
- Dans les deux cas, on obtient donc une valeur de soit H
- Si l’on a d’autre part
- MH = A',
- on en tire
- h=V/t-
- Les formules précédentes ne donnent qu’un résultat approché. On obtient une plus grande approximation en répétant l’expérience pour deux distances différentes d et d'.
- On a pour la première position
- M d'3 tg a' — d3 tg a
- H ~ d'2 — d*
- On obtient les meilleures conditions en prenant
- d__ 3 of' 4*
- INTENSITÉ DE COURANT. — Un courant a la même intensité qu’un autre lorsqu’il produit les mêmes effets dans des conditions identiques. Il a une intensité double s’il produit le même effet que deux courants égaux au premier. Tous les effets des courants peuvent donc servir à mesurer leur intensité, mais ces effets ne sont pas toujours proportionnels à l’intensité : lorsque cette proportionnalité n’existe pas, il faut faire une graduation. On a choisi parmi les effets des courants ceux qui se prêtent le mieux aux mesures ; ce sont les actions chimiques, électromagnétiques et électrodynamiques.
- Unité d’intensité. — Dans le système électromagnétique C. G. S., l’unité d’intensité se définit de la manière suivante. Considérons un petit circuit plan AB, en forme d’arc de cercle, ayant 1 centimètre de longueur et 1 centimètre de rayon, et plaçons à son centre un pôle magnétique P égal à l’unité de pôle ; l’action électromagnétique d’un courant traversant AB tend à déplacer ce pôle suivant une perpendiculaire au plan PAB. L’unité d’intensité est 1 intensité du courant qui, passant dans le petit circuit ÀB, exercera sur le pôle P une action égale à d dyne.
- D’ailleurs, l’intensité d’un courant est définie par la quantité d’électricité qui traverse le conducteur en 1 seconde. Si l’intensité du courant est 1, la quantité d’électricité qui traverse chaque section en une seconde est donc égale à l’unité de quantité.
- Mais ces deux unités sont beaucoup trop grandes pour la pratique : on se sert donc habituellement d’une unité pratique appelée ampère, qui vaut 10-1 unités C.G.S. C’est l’intensité produite par une force électromotrice d’un volt dans un circuit ayant d ohm de résistance.
- Lorsque l’intensité est 1 ampère, il passe en 1 seconde une quantité d’électricité égale à 1 coulomb (unité pratique).
- Le coulomb vaut K)-1 unités C.G.S. de. quantité.
- Mesure des intensités. — 1° Par les actions
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- INTENSITÉ DE COURANT.
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- chimiques. — D’après la loi de Faraday, le poids d’un électrolyse décomposé en une seconde est proportionnel à la quantité d’électricité qui traverse la solution. La quantité décomposée en une seconde peut donc servir à mesurer l’intensité du courant en valeur absolue.
- Parmi les effets chimiques, la décomposition de l’eau acidulée a l’inconvénient d’exiger des mesures de volumes gazeux toujours difficiles à effectuer avec précision ; cependant Bertin adonné au voltamètre une forme très commode, et cette méthode a l’avantage de dispenser de l’emploi d’une balance; une simple lecture suffit. L’électrode négative P' (Voy. Voltamètre) est seule recouverte d’une éprouvette dans laquelle on recueille l’hydrogène jusqu’à ce que le niveau soit le même dans l’éprouvette et dans le vase extérieur; le gaz recueilli est alors à la pression atmosphérique. On mesure son volume V en centimètres Cubes, son poids est en milligrammes
- P = 1,S93.VX0,06 »H~F1H!at.
- H et F étant la pression atmosphérique et la tension maxima de la vapeur d’eau (exprimées en centimètres), t la température et a le coefficient de dilatation des gaz.
- Or un courant d’un ampère donne 0,01041 milligramme d’hydrogène par seconde. Si l’expérience a duré t secondes, l’intensité est
- 1 =....P—
- ü,0104t t
- Le manchon M peut être rempli d’eau froide pour mieux connaître la température du gaz. On recueille l’hydrogène plutôt que l’oxygène, parce que, le volume étant plus grand et la densité plus petite, on a plus de précision : en outre les actions secondaires influent moins sur le volume de l’hydrogène.
- On se sert plus souvent encore de l’électro-tyse d’un sel métallique tel que le nitrate d’ar-f?ent. L’équivalent élevé de l’argent, qui est 108, °nne à ces mesures une grande précision. On ,Qtercale dans le circuit un tube contenant du odrate d’argent, dans lequel plongent deux ^ octrodes de ce métal; on détermine au bout rUn certain temps, t secondes par exemple, augmentation de poids de l’électrode négative aperte de l’électrode positive, et l’on prend la ^ojenne de ces deux nombres, soit p mg. C’est Poids déposé en t secondes. En une seconde
- Poids déposé serait^.Pour avoir l’intensité,
- il suffit de connaître le poids d’argent que déposerait dans le même temps un courant d’un ampère : c’est 1,1248 mg. Les intensités étant proportionnelles aux poids d’argent, on a
- 1 = —2------
- 1,1248 C
- 2° Par les actions électromagnétiques. — La méthode précédente a l’inconvénient de demander un certain temps, pendant lequel l’intensité peut varier : elle ne permet pas alors de constater ces variations, et donne seulement l’intensité moyenne. Elle exige en outre que le courant soit capable de décomposer l’eau ou les sels. Aussi emploie-t-on plus souvent l’action sur l’aiguille aimantée.
- Les boussoles des tangentes et des sinus donnent également des indications absolues, à condition qu’on les ait tarées une fois pour toutes.
- Avec le premier instrument, on a
- 1 = G tg“’
- H étant la composante horizontale du champ terrestre et G la constante de l’instrument, c’est-à-dire l’action qu’il exercerait sur un pôle d’aiguille de masse 1, étant parcouru par un courant d’intensité 1. H est connue; on peut déduire G des dimensions du cadre. On peut encore tarer l’instrument en y faisant passer un courant d’intensité connue, ce qui détermine le rapport
- IJ
- Les mêmes remarques s’appliquent à la boussole des sinus, pour laquelle on a
- T H •
- I — — sm a.
- (j
- Les galvanomètres servent surtout à comparer les intensités relatives des courants, lorsqu’on n’a pas besoin de mesures absolues : lorsque les déviations sont un peu grandes, on est obligé de graduer l’instrument. Cependant les galvanomètres étalonnés (ampèremètres) donnent l’intensité en valeur absolue.
- On peut même obtenir des indications absolues avec un galvanomètre ordinaire, si on l’a préalablement taré par comparaison avec une boussole des tangentes, ou en y faisant passer le courant d’une pile de force électromotrice connue et en mesurant la résistance totale du circuit.
- 3° Par les actions électrodynamiques. — On peut employer enfin les électrodynamomèlres;
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- :îm INTENSITÉ D’ÉLECTRISATION. — intercommumcation électrique.
- ils ne sont pas généralement aussi sensibles que les galvanomètres, mais ils ont l’avantage de se prêter à la mesure des courants alternatifs, d’être indépendants du champ magnétique extérieur et enfin de donner facilement des mesures absolues : nous signalerons notamment les ampèrés étalons décrits plus haut (Voy. Electrodvnamomètres).
- 4° Mesure indirecte. — On peut encore déduire l’intensité de la loi d’Ohm, connaissant la différence de poteniiel e aux deux extrémités d’une résistance connue R intercalée dans le circuit.
- La Compagnie Edison-Swan construit des 1 1 1
- bobines étalons de 1, T7-> -7-^7 7—^ ohm, des-10 100 1000
- tinées à cette mesure.
- La différence de potentiel est mesurée en volts par un volmètre Edison-Swan, à lecture rapide : il suffît de multiplier la lecture par i, 10,100, 1000 pour avoir l’intensité en ampères. Le fil est en argent allemand, capable de supporter le courant sans trop s’échauffer : il est renfermé dans une boite ronde en métal portant les bornes nécessaires pour les communications. Le voltmètre est disposé pour servir aussi avec les courants alternatifs. Une lame de cuivre permet de mettre l’appareil en court circuit.
- INTENSITÉ D’ÉLECTRISATION.— D’après la théorie de W. Thomson, un diélectrique, placé dans un champ électrique, prend à sa surface une couche développée par polarisation, et dont la densité g. est en chaque point proportionnelle à la composante normale du champ en ce point
- jj.= *’/’ cos a,
- f étant l’intensité du champ en ce point dans le diélectrique, et a. l’angle de la direction du champ avec la normale à la surface : i est le coefficient à'électrisation. Cette quantité est liée à la constante diélectrique k par la relation
- 4 = 1 + 471*.
- Enfin le produit if est appelé intensité d'électrisation, par analogie avec l’intensité d’aimantation.
- INTERCOMMUNICATION ÉLECTRIQUE. —
- On donne le nom d’intercommunication aux systèmes imaginés pour permettre aux voyageurs d’un train en marche d’appeler les employés. On donne encore ce nom aux systèmes
- qui ont été essayés pour mettre les employés d’un train en marche en communication avec les agents des gares.
- Le système électrique employé pour permettre aux voyageurs d’appeler le conducteur pendant la marche du train est généralement celui de M. Prudhomme. Nous prendrons pour exemple la disposition adoptée par la Compagnie du Nord, qui a été complétée par le Service du Matériel et par le Service télégraphique de cette Compagnie.
- Deux fils isolés vont d’une extrémité à l’autre du train, et aboutissent, dans chacun des fourgons extrêmes, à une pile et une sonnerie. Le tout constitue un circuit normalement fermé; mais, les deux piles étant montées en opposition, aucun courant ne le traverse, et les sonneries restent muettes. Si l’on établit au contraire, dans un des wagons, une communication entre les fils de ligne en tirant le signal d’alarme, l’équilibre est rompu, et les sonneries tintent d’une manière continue.
- De chaque côté du wagon, sous la caisse même de la voiture, est fixé un câble isolé. L’un des câbles relie deux buttoirs placés aux extrémités du wagon, et se prolonge d’un bout à l’autre des trains au moyen des barres d’attelage avec lesquelles il communique pour prendre la terre ; afin de suppléer au défaut de communication de ces barres entre elles, ou les relie encore par les plaques de garde aux essieux et par suite aux rails. L’autre câble se bifurque en arrivant à l’arrière et à l’avant du véhicule: une des branches, constituée sur une certaine longueur par une corde en cuivre souple bien isolée, porte un fort anneau en bronze ou en fonte malléable ; l’autre branche aboutit à une tige à crochet qui, sous l’action d’un ressort énergique, tend à venir au contact du butloir correspondant.
- Lorsqu’on accroche un des anneaux en fonte sur une des tiges à ressort, en le faisant pénétrer jusque vers l’axe de cette tige, il s’engage dans une gorge cylindrique qui l'empêche de remonter et, dans cette position, il maintient la tige du crochet isolée du buttoir. Le crochet et l’anneau sont d’ailleurs disposés à droite et à gauche de la barre d’attelage, de manière que» lorsqu’on relie deux voitures, chaque crochet ait en face de lui l’anneau qui doit y être engage-Quant aux anneaux placés à l’avant de la pre mière voiture et à l’arrière de la dernière, on les engage dans les crochets fixés sur la même paroi. t
- Dans un train ainsi organisé, on a donc 0
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- INTERRUPTEUR.
- ti|s isolés qui vont d’une extrémité à l’autre : l’un relie les buttoirs, les barres d’attelage et |es rails en un conducteur unique ; l'autre passe d une voiture à l’autre au moyen du contact ,jui existe entre les tiges à crochet et les anneaux qui y sont engagés.
- Dans chaque compartiment est disposé un anneau suspendu à une chaînette ; en tirant cet anneau, on fait communiquer les deux fils, et en même temps on fait saillir perpendiculairement à la voie, à l’extérieur et de chaque côté du wagon, un voyant blanc qui indique le compartiment d’où est parti l’appel.
- Si, par défaut d’attelage ou pour tout autre raison, une ou plusieurs voitures se détachaient du train, les anneaux en fonte se trouveraient retirés, au point de rupture, des tiges à crochet; ces tiges retomberaient brusquement sur les buttoirs, réuniraient les fils et feraient tinter les deux sonneries.
- I.es piles sont formées de vases en ébonite contenant un véritable élément Leclanché : le zinc est logé dans un angle du vase et séparé de la matière active par une cloison en bois paraffinée et percée de trous.
- Chaque fourgon contient en outre un commutateur d’appel qui permet, en tournant une manette, de faire marcher les deux sonneries.
- Pour que les trépidations et les oscillations du train ne fassent pas tinter les sonneries, on substitue à l’électro-aimant en fer à cheval deux électro-aimants droits, et l’on fait butter la partie supérieure de l’armature contre la branche horizontale d’un levier coudé, en fer
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- doux et cuivre, mobile autour de son axe, l’autre branche étant placée devant les pôles libres des éleclros. Lorsque ceux-ci agissent, ils attirent la branche verticale du levier, qui s’incline et dégage le marteau, qui peut venir frapper sur le timbre ; lorsque les électros sont inactifs, le levier revient, en vertu de son poids, à sa position première et s’oppose de nouveau au mouvement du marteau.
- On vérifie rapidement l’état des piles et des sonneries à l’aide d'une poignée de résistance. C’est une bobine en forme de poignée, dont le fil a une résistance au moins égale à celle du circuit d’un train entier dans les conditions les moins favorables ; ce fil se termine par deux pièces métalliques à l’aide desquelles on ferme rapidement le circuit d’une pile et d’une sonnerie.
- La Compagnie P.-L.-M. emploie un système analogue, mais le signal d’alarme ressemble aux boutons de sonnerie ordinaires.
- Dans le système de la Compagnie de l’Est, étudié par M. Napoli, on a supprimé l’automaticité, qui est inutile, les trains étant munis de freins automatiques système Westinghouse.
- Enfin divers systèmes ont été essayés pour établir l’intercommunication entre les trains et les gares. On a essayé notamment de relier l’appareil télégraphique placé dans le fourgon à la station par l’intermédiaire d’une brosse métallique frottant sur un rail isolé ; mais il est fort difficile de maintenir l’isolement du rail.
- INTERRUPTEUR. — Appareil servant à fermer et à rompre un circuit. T.e plus souvent, les
- Fig. 440. — Interrupteurs à fiche (Bréguet).
- ^terrupteurs permettent en même tem] Ranger le sens du courant : ils prennent n°m de commutateurs (Voy. ce mot) généralement les interrupteurs emp lens ^es laboratoires. Nous indiquerons ent ici les interrupteurs proprement
- Les interrupteurs servent surtout dans les installations d’éclairage ou dans les distributions d’énergie électrique. Il existe une foule de modèles : les unes sont formés d’une simple fiche métallique qui s’enfonce entre deux lames de cuivre et les réunit ; la figure 440 en
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- INTERRUPTEUR.
- montre deux modèles dont l’un est muni ! manette qui tourne autour de son centre et d’un coupe-circuit. D’autres sont formés d’une I vient fermer le circuit en s’appuyant sur une
- Fig. 441. — Interrupteurs Woodliouse et Rawson.
- lame métallique : tels sont ceux qu’on emploie souvent sur les lignes télégraphiques ; nous en donnons une figure au mot Paratonnerre.
- La figure 441 en représente d’autres types, destinés à des courants plus intenses, et fabriqués par MM. Woodhouse et Rawson. Dans ces appareils, la manette est composée d’un certain nombre de minces bandes de laiton, qui sont réunies seulement au centre, et forment autant de ressorts indépendants qui pressent de champ sur les contacts. Le second modèle est spécialement destiné aux accumulateurs. Pour éviter de mettre la source en court circuit, on a placé sous le socle d’ardoise une bobine de résistance convenable, montée sur un cadre de fibre vulcanisée. Le tout est vissé sur un socle creux en fonte, percé de trous pour laisser passer l’air et empêcher réchauffement.
- Pour les courants intenses, la tige métallique est souvent double et rompt le circuit en
- deux points à la fois, afin d’éviter les étincelles
- Fig. 442. — Interrupteur Edison.
- d’extra-courant, qui détériorent rapidement
- Hg. 443. — Interrupteur Bréguet.
- les surfaces ; tels sont les modèles de la Société I Dans d’autres modèles, la tige isolante qui ^ Edison (fig. 442), de la maison Bréguet (fig. 443). | à manœuvrer l’interrupteur présente la f°rl
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- INTERRUPTEUR.
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- d’une clef de robinet, de sorte que la manœuvre à faire pour allumer ou éteindre les lampes commandées par l’appareil est la même que pour ouvrir ou fermer un bec de gaz : tels
- sont ceux de la figure 444 construits par MM. Woodhouse et Ravson. L’usage de ces appareils se comprend à l’inspection du dessin : ils sont formés de plusieurs ressorts superposés.
- Fig. 444. — Intel rupteurs Woodhouse et Rawson.
- reunis seulement au centre, et exerçant un< Passion énergique sur les contacts. Le premiei muni d’un coupe-circuit à lame de ploml dun couvercle métallique, indiqué en trait:
- Ponctués.
- ^nfîn la figure 443 montre des interrupteur:
- destinés à des circuits [importants. Le premier est muni d’un coupe-circuit magnétique (Voy. ce mot). Le second est un interrupteur double avec coupe-circuit fusibles.
- Interrupteurs automatiques. — On fait souvent usage dans les laboratoires d’instruments des-
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- INTERRUPTEUR.
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- tinés à produire dans un circuit des interrup- Tel est l’interrupteur à mercure de Foucault tions régulières et plus ou moins fréquentes. que nous avons décrit et figuré à propos de là
- Fig. 445. — Interrupteurs Woodliousc et U a w son.
- bobine de Ruhmkorff. Spottiswoode a fait cons-truire un interrupteur analogue, formé d’une
- Fig. 446. — Interrupteur rapide de Spottiswoode.
- pointe métallique qui reçoit d’un mécanisme d’horlogerie un mouvement alternatif de bas en
- I haut (fig. 446), et vient ainsi plonger à iuter-I valles égaux dans le mercure placé au fond d’un vase de verre. La fréquence des interruptions se règle au moyen d’ailettes, que l’on peut tourner de façon qu’elles présentent à l’air plus ou moins de résistance. Une couche d’alcool recouvre le mercure, comme dans l’interrupteur de Foucault, pour empêcher les étincelles.
- Masson et Bréguet ont employé, dans leurs expériences sur l’induction, un interrupteur qu’on désigne souvent sous le nom de rhéotrope. C’est une roue de verre dont la circonférence est recouverte d’une bande de cuivre, continue sur une moitié de sa largeur et formée sur l’autre moitié de dents métalliques, séparées par des espaces vides qui laissent voir le verre. Deux ressorts, placés de part et d’autre de la roue, amènent le courant ; ils frottent l’un sur la bande continue, l’autre sur les dents. Lorsqu on tourne la roue, ce dernier rencontre alternativement les dents métallique et le verre ; le circuit est fermé dans Ie premier cas, ouvert dans le second. ^et appareil, adapté aux premières bobines de Ruhmkorff, est encore utilisé quelquefois-M. Gordon a employé, pour ses expérience^ sur la constante diélectrique, un interrupteur
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- INTERRUPTEUR
- à .rrande vitesse (fig. 447), fondé sur le même principe et formé d’une petite machine électromagnétique, dont le volant a environ ü centi-
- mètres de diamèti’e. Soixante fentes sont pratiquées sur la circonférence de ce volant et remplies d’ébonite : un ressort léger appuie sur
- To drioing battery = à la pile du moteur ; To coil battery = à la pile de la bobine ; To coil = à la bobine ; To condenser = au condensateur.
- la circonférence et le courant doit passer du ressort au volant. Il y a donc 60 fermetures et 60 ruptures par tour. La machine faisait exactement 100 tours par seconde ; le courant
- était donc établi et rompu 6,000 fois par seconde.
- La figure 448 montre un interrupteur automatique industriel, destiné aux installations qui
- rig. 448. — Interrupteur automatique (Société alsacienne de constructions niécaniqnes de Belfort).
- '^ploient plusieurs dynamos. On relie les deux es de toutes les machines à deux rails com-Uns sur lesquels sont branchés tous les cir-
- rqjtç. i
- > ue sorte que l’on n’a que le seul contrôle
- de la tension aux rails à faire et que la charge totale se répartit sur les différentes dynamos, dans une proportion facilement réglable, au moyen de rhéostats placés dans le circuit in-
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- INTERRUPTEUR.
- ducteur; l’effet des variations dans un branchement quelconque (fait sur les rails) se répartit alors proportionnellement sur toutes les dynamos et devient bien moins sensible.
- L’interrupteur automatique sert alors à empêcher que, si la force électromotrice d’une machine vient à décroître, par exemple par diminution de la vitesse, les autres dynamos n’envoient leur courant dans celle dont la force électromotrice a diminué.
- L’appareil se compose d’un interrupteur qu’un ressort tend constamment à ouvrir, de deux bobines à gros fil et d’une languette en acier, qui est polarisée par une bobine à fil fin et qui porte un petit crochet. La languette peut osciller entre les pôles des deux bobines à gros fil, qui sont enroulées de telle façon qu’elles s’aimantent contrairement et que l’une repousse la languette tandis que l’autre l’attire. La bobine à fil fin est placée en dérivation sur le circuit ; le courant principal de la dynamo traverse, avant d’arriver au rail, l’interrupteur et les bobines à gros fil ; lorsque le courant a une intensité normale, l’une des bobines à gros fil repousse et l’autre attire la languette, sollicitée en sens contraire par un ressort, de telle façon que son crochet retienne une tige verticale, qui elle-même maintient l’interrupteur fermé.
- Mais, si le courant décroît d’une façon considérable, l’aimantation des bobines à gros fil diminue, le crochet de la languette abandonne la tige verticale ; cette tige dégage l’interrupteur, qui s’ouvre et interrompt la communication de la dynamo avec le rail.
- L’appareil se règle de telle façon que le déclic se produise lorsque l’intensité du courant se réduit au 1/7 environ de sa valeur normale. Il évite les accidents qui se produisent si fréquemment avec les dynamos montées en quantité, soit au moment de l’accouplement, soit pendant le fonctionnement.
- Interrupteurs médicaux. —• On fait encore usage d’interrupteurs automatiques soit pour les bobines d’induction médicale, soit pour produire à l’aide d’une pile des courants interrompus, soit enfin pour certaines expériences de physiologie.
- M. Chauveau et M. Boudet de Paris ont employé pour la galvanisation par courants interrompus un interrupteur à lame vibrante associé avec un condensateur (fig. 449). Le condensateur C se charge et se décharge alternativement au moyen de l’interrupteur E, que commande une petite pile spéciale p. P est une
- pile de force électromotrice connue, dont ]e pôle positif est relié à l’une des armatures du condensateur C; le pôle négatif communiqué avec l’autre armature par l’intermédiaire de la pointe a et du levier L. Ce levier, mobile autour de son autre extrémité, ferme également le circuit composé de la pile p et de l’électro-aimant E. Les deux excitateurs sont reliés, pun à la première armature directement, l’autre
- sil
- -Vv
- r
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- / J
- du
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- "x
- y
- es ci
- Fig. 449. — Dispositif pour la galvanisation par couranfs interrompus.
- à la seconde au moyen du levier L et de la pointe b. Les interruptions du courant qui traverse l’électro-aimant font osciller le levier L entre a et b. Quand il touche a, le condensateur C communique avec les deux pôles de P et se charge; quand il touche b, le condensateur se décharge à travers les parties qu’on veut exciter. Cette méthode fournit d’excellents résultats et se prête de plus à des mesures très précises.
- M. Trouvé a construit un interrupteur dans lequel un mécanisme d'horlogerie fait tourner uniformément un cylindre E, sur lequel on» tracé vingt circonférences parallèles et équidi»' tantes. Chacune de ces circonférences porte un nombre différent et de plus en plus grand de chevilles également espacées : la première n e» a qu’une, la seconde en a deux, la vingtième en a vingt. Un stylet F se meut parallèlement à l’axe du cylindre et peut être placé au-dessus-d’une quelconque des vingt circonférences, il porte à sa partie inférieure une came qu ressort appuie sur le cylindre. Chaque f01*
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- INTERRUPTEUR.
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- ’une des chevilles soulève cette came, une
- Interruption se produit. Un régulateur à ailettes
- ‘ ermet de modifier la vitesse du cylindre et de fui faire exécuter 1,2, 3 tours par seconde. En
- se servant de ce réglage et en déplaçant le stylet F, on peut faire varier dans une large mesure le nombre des interruptions par seconde. La durée des interruptions est cons-
- Fig. 450. — Interrupteur Trouvé.
- tante, quel que soit leur nombre, mais seulement pour une même vitesse du cylindre.
- Le stylet communique par sa base avec l’un des pôles de la pile ; son extrémité libre se trouve entre deux pièces métalliques et touche
- l’une ou l’autre, suivant que la pointe repose sur le cylindre ou se trouve soulevée. En faisant communiquer l’autre pôle de la pile avec l’une ou l’autre de ces pièces, on peut faire que le courant passe lorsque le stylet s’appuie
- Fig. 45 i. — Interrupteur Chardin.
- ;Ve cylindre, comme nous l’avons supposé . > ou au contraire lorsqu’il est soulevé,
- interrupteur de M. Chardin (fig. 431 ) se com-d un plateau métallique B, qui reçoit du ecanisme A un mouvement uniforme, et d’un Dictionvair^ t>’électricité.
- galet C, qui frotte sur le plateau et tourne plus ou moins vite, suivant qu’il est plus ou moins éloigné du centre. L’axe de ce galet porte une pièce métallique, en forme de Y allongé, communiquant avec l’un des pôles de la pile, et sur
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- INTERRUPTION. — ISOLATEUR.
- laquelle vient frotter un ressort qui est relié à l’autre pôle. Quand ce ressort frotte sur la base du V, qui occupe tout le diamètre de l’axe du galet, le courant est continu ; mais à mesure qu’on le pousse vers la pointe, on diminue la durée du contact et l’on produit des intermittences de plus en plus longues.
- Interrupteur d’aiguille. — Lorsque, dans une gare, une voie principale est reliée par une aiguille avec une voie de garage, il importe que la voie principale soit fermée tant que la communication avec la voie de garage est établie. On peut obtenir automatiquement cette protection, en couvrant la voie principale par un disque électrique, relié à un .interrupteur que commande la manœuvre de l’aiguille de la voie de garage. Lorsqu’on ouvre cette voie, l’appareil ouvre le circuit et le disque se met à l’arrêt; quand on ferme la voie de garage, le courant est rétabli, et le disque ouvre la voie principale.
- INTERRUPTION. — Action d’ouvrir ou de rompre un circuit.
- INVERSEUR. — Appareil servant à changer le sens d’un courant. (Voy. Commutateur et Ren-
- VERSEUR.)
- INVERSION. — Action de changer le sens d’un courant.
- ION. — Nom par lequel on désigne les corps qui, dans une décomposition électrolytique, se rendent à l’un des pôles (d’un mot grec qui veut dire allant). On appelle anions les ions qui se rendent à l’anode (électrode positive) et cathions ceux qui vont à la cathode (électrode négative).
- ISOCLINE (Ligne). — Ligne passant par tous les points de la surface terrestre où l’inclinaison magnétique est la même. L’équateur magnétique est une de ces lignes.
- ISODYNAMIQUE (Ligne). — Ligne passant par tous les points où l’intensité du champ terrestre est la même. Ces lignes présentent une certaine analogie avec les isothermes.
- ISOGONIQUE (Ligne). — Ligne passant par tous les points de la terre où la déclinaison est la même.
- ISOLANT. — Les corps mauvais conducteurs sont aussi nommés isolants, parce qu’ils servent à empêéher la déperdition de l’électricité statique ou dynamique. Les plus employés sont le caoutchouc, l’ébonite, la gomme-laque, la gutta-percha, la paraffine, la soie, le coton, etc.
- ISOLATEUR ou ISOLOIR. — Support servant à isoler les conducteurs chargés d’électricité ou traversés par un courant.
- Pour les corps électrisés, on emploie généralement l’isoloir de M. Mascart (fig. 452). C’est
- Fig. 452. — Isoloir de M. Mascart.
- une sorte de carafe en verre, dont le fond se prolonge à l’intérieur en une tige qui vient sortir à travers le goulot, et supporte un plateau métallique. Cette tige est maintenue constamment sèche par une couche d’acide sulfurique concentré, placée dans le flacon. Un coulant, qui glisse le long de la tige, permet de fermer presque complètement la carafe, mais sans établir de communication avec la surface extérieure du verre.
- Isolateurs pour sonneries. — Pour les installations de sonneries, d’avertisseurs, et de tous les appareils analogues, on emploie souvent des isolateurs en os, petits cylindres creux fixés au mur par des clous à tête arrondie, et des crochets émaillés destinés surtout aux encoignures
- Fig. 453. — Isoloirs en os et en fer émaillé»
- (fig. 453). Ces précautions ne nous paraissent utiles que pour les lieux humides ; dans les en droits secs, il suffit d’employer des fils bien ise lés par une enveloppe de gutta et une couche coton.
- Isolateurs téléphoniques. — Pour fixer des i -
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- ISOLATEUR.
- isolés le long des murs à l’intérieur des maisons, | cédents ou de tasseaux en bois, qui les isolent on fait usage d’isolateurs semblables aux pré- | mieux des murs, séparent les différents fils et
- Fig. 455. — Isolateuis en porcelaine (Bréguet).
- jUaintiennent entre eux un écartement cons-
- n (fig. 454). La même disposition sert aussi P°ur des câbles.
- Isolateurs télégraphiques. — Les fils de fer ga) vanisé, qui forment les lignes aériennes des télégraphes et des téléphones, sont généralement
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- ISOLATEUR.
- soutenus par des isolateurs en porcelaine vernissée ; cette substance, moins isolante que certaines autres, l’ébonite, par exemple, est celle qui résiste le mieux aux influences atmosphériques ; elle se mouille moins uniformément par la pluie et sa surface ne s’altère pas avec le temps; celle de l’ébonite, au contraire, devient rugueuse et retient facilement la poussière. Ces appareils ne sont jamais complètement isolants ; il y a donc avantage à diminuer autant que possible le nombre des supports, pour diminuer en même temps les pertes d’électricité. Les fils de bronze silicieux sont avantageux à ce point de vue : ils permettent d’obtenir une
- portée de plus de 250 mètres, tandis qu’avec les fils de fer, qui sont plus lourds, on ne peut pas dépasser 80 ou 100 mètres. La diminution du nombre des poteaux produit en outre une certaine économie.
- La figure 455 montre les isolateurs les plus employés. Les deux modèles de cloches simples ainsi que la cloche double, représentée en coupe et en perspective, servent à soutenir les fils. Le premier ne peut se fixer que sur un poteau; le second, qui est scellé au plâtre sur une tige de fer galvanisé, peut aussi bien s’implanter dans un mur; la cloche double est vissée sur une tige qui se visse elle-même dans le bois; elle donne un meilleur isolement, puisqu’elle interpose entre le fil et son appui une surface de porcelaine plus considérable. Les anneaux ouvert et fermé se placent dans les angles. La poulie, d’ailleurs peu employée, sé fixe le long d’un mur; elle peut supporter une assez
- forte traction, mais n’isole pas très bien. Enfin la double cloche est employée lorsqu’on veut faire entrer le fil dans un poste intermédiaire. On voit qu’un certain nombre de ces modèles se fixent par des vis à tête carrée qu’on enfonce au moyen d’une sorte de clef à écrous qu’on appelle clef à vis tête carrée.
- Dans l’intérieur des postes, l’Administration des télégraphes emploie des cloches simples analogues au second modèle, mais plus petites.
- La forme des isolateurs, leur substance et le mode d’attache des fils peuvent varier d’un pays à l’autre. On les fait parfois en verre. La figure 456 montre des isolateurs allemands. La console de l’un est formée de deux pièces distinctes; l’autre ressemble beaucoup à la double cloche de la figure précédente. Le fil est placé dans une rainure pratiquée au sommet du support et assujetti par une clavette ou maintenu par du fil à ligatures, comme le montre le troisième dessin.
- Isolateurs pour la télégraphie militaire. — En France, la télégraphie militaire fait usage le plus souvent de câbles isolés; néanmoins elle se sert d’isolateurs en ébonite (fig. 457), qui ont
- Fig. 457. — Isolateur en ébonite.
- dans tous les cas l’avantage de fixer le câble plus vite et plus solidement; ils portent une rainure courbe qui l’empêche de glisser. Ces isolateurs se placent sur trois espèces de consoles; des consoles droites, qui s’emphnent' pour les perches, des consoles en U pour Ie* pièces de bois, et des consoles à angle drot pour les murs.
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- ISOLATION. — JACK-KNIFE.
- Essai des isolateurs. — Voy. Cable (Essai de l’isolement d’un).
- ISOLATION. -t- Action d’isoler un corps conducteur.
- ISOLÉ. — Qui est séparé par un support
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- isolant du sol ou de tout autre conducteur. ISOLEMENT. — État d’un corps isolé. ISOLER. — Séparer du sol ou de tout autre conducteur par l’intermédiaire d’un isolant.
- J
- JACK. — On donne ce nom à des commutateurs à cheville, analogues a-ux. jack-knives, mais n’ayant pas de ressort, et qui servent, dans un même bureau, à réunir les lignes d'abonnés, lorsqu’on veut mettre en communication deux abonnés appartenant à des tableaux différents.
- Le jack diffère du jack-knife en ce qu’il n’a qu’un seul trou et pas de ressort. On réunit deux jacks à l’aide d’un conducteur souple terminé par deux chevilles qu’on enfonce dans les trous. Les jacks sont numérotés suivant la place qu’ils occupent dans le panneau,. et tous ceux de mêmes numéros communiquent entre eux par des fils placés derrière les cloisons; ils permettent ainsi de réunir deux commutateurs éloignés, sans avoir recours à de trop longs cordons. (Voy.
- Téléphonie.)
- JACK-KNIFE. — On appelle ainsi un commutateur à ressort employé dans les bureaux centraux des téléphones pour relier les différentes lignes et faire communiquer les abonnés, notamment à Paris et en Amérique. Il doit son nom à ce que le ressort présentait à l’origine la forme d’une lame de couteau, et à ce qu’il a été imaginé par un Français du Canada, appelé lack. Sa forme varie un peu suivant que les lignes sont formées d’un ou de deux fils.
- Le jack-knife pour simple fil se compose d une bande de cuivre percée de deux trous (üg- 458), et surmontée d’un ressort qui porte une goupille pénétrant par sa pointe dans le trou 2 et un contact fixé à l’extrémité de droite Çui vient s’appuyer sur une pièce isolée, reliée Pur I à l’indicateur correspondant. Au repos, cet indicateur se trouve donc en communica-h°n avec la ligne L par l’intermédiaire du res-
- sort, et peut fonctionner si l’abonné appelle. Pour établir la communication entre deux abonnés, on réunit leurs jack-knives par un conducteur souple, terminé par deux chevilles de laiton, fendues dans toute leur longueur pour faire ressort. L’une des chevilles est placée dans le trou 1 d’un des jack-knives, l’autre dans le trou 2 de l’autre. Celle-ci soulève la goupille correspondante et par suite rompt le con-
- Fig. 458. — Jack-knife pour simple fil (Société des téléphones).
- tact qui existait à droite avec l’indicateur. Cet indicateur se trouve donc supprimé, tandis que le premier reste en dérivation, ce qui permet aux deux abonnés, la conversation terminée, de prévenir le bureau en appuyant sur le bouton d’appel, pour faire tomber cet indicateur. Le second indicateur doit être mis hors circuit, parce que l’existence de deux dérivations nuirait à la correspondance.
- On sait que les lignes à deux fils sont beaucoup plus employées en téléphonie, parce qu’elles évitent les courants d’induction.
- On fait alors usage de jack-knives plus compliqués, dont la figure 459 montre le plan horizontal et la disposition théorique. Ils sont formés de deux plaques de laiton 1 et 2 fixées parallèment sur les deux faces d’une lame isolante, et munies à leur partie inférieure de ressorts analogues à celui de la figure 458, mais
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- JACK-KNIFE.
- fixés l’an à droite, l’autre à gauche ; ces plaques sont représentées l’une au-dessous de l’autre pour faciliter la démonstration, mais en réalité la plaque 1 est devant la plaque 2. Ces deux plaques sont reliées d’une part aux fils de ligne LL d’un abonné et d’autre part à l’indicateur (Voy. ce mot) du même abonné.
- Chacune des plaques est percée de deux trous : mais ceux D et E de la plaque 1 sont plus
- Fig 459. — Jack-knife pour double fil (Société des téléphones).
- larges que ceux de de la plaque 2. De plus d est entouré d’un anneau métallique entouré lui-même d’un étui isolant, mais relié à la plaque par la vis v, qu’un fil relie d’une part à l’indicateur, d’autre part à une tige isolée munie d’un contact que vient toucher au repos l’extrémité l du ressort de la plaque 1. Dans ces conditions, si l’abonné appuie sur son bouton d’appel, il lance un courant qui arrive à la plaque 2 par L +, traverse son ressort f l, l’indicateur, passe par la pièce isolée au ressort
- de la plaque 1, puis à cette plaque elle-même et retourne à la pile par L —. Ce courant fait tinter une sonnerie et apparaître à l’indicateur le numéro de l’abonné.
- Pour correspondre avec la personne qui appelle, et pour la mettre en communication avec la personne appelée, l’employée se sert de chevilles (fig. 460), formées de deux cylindres de laiton concentriques A et B, isolés l’un de l’autre; ces deux cylindres sont fendus, pour faire ressort, et le cylindre A dépasse l’extrémité du cylindre extérieur B. Ces cylindres sont reliés à deux fils renfermés dans un conducteur souple, à l’autre bout duquel est fixé, soit une autre cheville semblable, soit un appareil microtéléphonique destiné à l’employée.
- Ceci posé, lorsque l’appel d’un abonné se fait entendre, l’employée relève le drapeau de l’indicateur et introduit en Ee la cheville reliée à son appareil microtéléphonique, ce qui isole l’indicateur et met cet appareil à sa place dans le circuit. Elle envoie alors un courant qui fait tinter la sonnerie de l’abonné; celui-ci, prévenu, décroche son téléphone, qui se trouve intercalé automatiquement
- dans le circuit, et indique la personne avec laquelle il désire communiquer.
- L’employée enlève alors la cheville de son appareil et prend un cordon souple terminé par deux chevilles, qu’elle introduit l’une dans l’ouverture Dd du jack-knife de la personne qui appelle, l’autre dans le trou Ee du commutateur de la personne appelée. Dans le premier appareil, la cheville a poussé la goupille isolante qui pénètre en D et rompu le contact établi à gauche avec la tige isolée; dans le second commutateur, la cheville a rompu, à droite de la plaque 2, le contact avec l’indicateur, qui se trouve ainsi hors du circuit-Le courant arrive par L-h au premier jack-knife et se divise en deux dérivations don
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- JARRE ÉLECTRIQUE. — JOULE.
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- l'une va à l’indicateur par le ressort fl et relent ensuite en d, le contact l de la plaque 1 étant interrompu ; en d ce courant rejoint l’autre dérivation qui a traversé directement la vis u. Le courant total passe alors dans un des lils du conducteur souple et se rend en e au jack-knife de la personne appelée. Le contact du ressort fl étant écarté, il passe par la plaque 2 et la ligne dans l’appareil téléphonique, d’où il revient à la plaque 1 par la ligne L —, passe par E dans l’autre fil du câble souple,
- qui le ramène en D à la plaque 1 du premier jack-knife, d’où il retourne à l’appareil téléphonique de la personne appelant.
- Le disque isolé et relié à la vis v qui entoure d sert à déterminer le rapport des deux courants dérivés qui traversent l’un cette vis, l’autre l’indicateur.
- Nous avons supposé les jack-knives des deux abonnés placés dans un même tableau. S’ils ! sont dans des tableaux différents (Voy. Télé-! phonie), on les joint respectivement à des com-
- Fig. 460. — Cheville pour jack-knife.
- imitateurs auxiliaires, qu’on appelle des jacks. Enfin, si les lignes d’abonnés n’appartiennent pas au même bureau, on les réunit à l’aide de lignes auxiliaires, qui joignent les différents bureaux.
- JARRE ÉLECTRIQUE. — Bouteille de Leyde de grandes dimensions; la réunion de plusieurs jarres forme une batterie (Voy. Batterie, Bou-eille et Condensateur).
- JAUGE ÉLECTROMÉTRIQUE. — Organe de l'électromètre absolu de Thomson (Voy. ce mot). La jauge est elle-même un petit électromètre absolu qui communique avec le plateau supérieur de l’appareil et permet de vérifier la constance de sa charge. La jauge s’applique également à l’électromètre à quadrants.
- JAUGE DES FILS CONDUCTEURS. — On donne ce nom dans le commerce à une série de numéros servant à désigner la grosseur des fils. On se sert en France de la jauge carcasse pour les fils fins et de la jauge décimale pour Us plus gros ; la jauge de Limoges est employée exclusivement pour les fils de fer. La jauge usitee officiellement en Angleterre a reçu le Noin de Standard Wire Bauge.
- Jauge Carcasse ou du commerce.
- (Diamètres approximatifs en centièmes de millimètre.)
- sEMÊHO, diamètre. I NUMÉRO. DIAMÈTRE. NUMÉRO. DIAMÈTRE.
- P 50 24 29 38 11
- 47 26 26 40 10
- 14 16 18 20 22 44 28 22 42 9
- 40 30 20 44 8
- 37 32 17 46 7
- 34 34 14 48 6
- 32 36 12 50 5
- Standard wire gauge (S. W. G.)
- NUMÉROS. DIAMÈTRES en mils ou millièmes de pouce. DIAMÈTRE en millimètres. NUMÉROS. DIAMÈTRES en mils ou millièmes de pouce. DIAMÈTRE en millimètres.
- 0000000 500 12,5 14 80 2,0
- 000000 464 11,6 15 72 1,8
- 00000 432 10,8 16 64 1,6
- 0000 400 10,0 17 56 1,4
- 000 372 9,3 18 48 1,2
- 00 348 8,7 19 40 1,0
- 0 324 8,1 20 36 0,9
- 1 300 7,5 21 32 0,8
- 2 276 6,9 22 28 0,7
- 3 252 6,3 23 24 0,6
- 4 232 5,8 24 22 0,55
- 5 212 5,3 25 20 0,50
- 6 192 4,8 26 18 0,45
- 7 176 4,4 27 16,4 0,41
- 8 160 4,0 28 14,8 0,37
- 9 144 3,8 29 13,6 0,34
- 10 128 3,2 30 12,4 0,31
- 11 116 2,9 31 11,6 0,29
- 12 104 2,6 32 10,8 0,27
- 13 92 2,3 33 10,0 0,25
- Il y aurait évidemment avantage à abandonner toutes ces jauges et à désigner tous les fils par la valeur de leur diamètre.
- JOCKEY. — Partie vibrante d’un appareil d’appel téléphonique appelé vibrateur.
- JOINT. — Réunion de deux conducteurs.
- JOULE. — Nom proposé par \V. Siemens, et adopté définitivement par le Congrès des Électriciens de 1889, pour représenter l’unité pratique de puissance mécanique, c’est-à-dire la puissance d’une machine capable de fournir un
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- JUTE. — LABOURAGE ÉLECTRIQUE.
- travail égal à 1 watt (unité pratique de travail) par seconde. C’est le travail que peut donner en une seconde un courant d’un ampère avec une différence de potentiel de 1 volt, d’où le nom de volt-ampère, qu’on donne quelquefois au joule. Cette unité est encore désignée sous le nom de watt-seconde ; le watt valant 107 ergs,
- le joule vaut 107 ergs-seconde (unité absolu^ de puissance). Le cheval-vapeur vaut 75x981 X 105=736X 107 ergs-seconde ou 736 joules Joule (Lois de). — Voy. Échauffement des
- CONDUCTEURS.
- JUTE. —Chanvre des Indes, employé parfois comme isolant dans la fabrication des câbles
- K
- KATÊLECTROTONUS. — État de la partie d’un nerf qui devient le plus irritable sous l’action d’un courant constant. (Yoy. Électrotonus.)
- KÊRITE. — Mélange du produit de l’oxydation des huiles avec du caoutchouc vulcanisé et un certain nombre d’autres matières, cire, ozokérite, silice, etc. La kérite isole beaucoup moins bien que la gutta-percha, mais elle a l’avantage de pouvoir être employée à température élevée.
- KERR (Phénomène de). — Voy. Phénomène de Kerr.
- KIESSELGHUR. — Poudre siliceuse formée en grande partie de carapaces de diatomées et employée pour immobiliser les liquides dans certaines piles humides.
- KINNERSLEY (Thermomètre de). —Voy. Thermomètre.
- KIRCHHOFF (Lois de). — Voy. Courants
- DÉRIVÉS.
- KR0T0PH0NE. — Appareil téléphonique imaginé par M. Spaulding, de New-York. Il est formé d’un crayon de charbon dont la pointe s’appuie sur une plaque de même substance; une vis permet de régler la pression au point de contact. L’appareil est réversible. Il suffit donc d’en installer deux modèles dans un circuit comprenant une pile : lorsqu’on parle devant l’un, il se produit dans l’autre une série de petits crépitements (d’où le nom de l’appareil) qui reproduisent les sons.
- L
- LABORATOIRE CENTRAL D’ÉLECTRICITÉ.
- — Laboratoire créé à Paris à la suite de l’Exposition d’électricité, pour employer une somme de 323 000 francs, représentant les produits nets de l’Exposition, et installé provisoirement à Grenelle, place Saint-Charles. Une fois installé, ce laboratoire devra pouvoir fournir tous les renseignements désirables, étalonner, essayer et vérifier tous les appareils. Il contiendra également salles de travail, bibliothèque, salles de conférences, etc.
- LABOURAGE ÉLECTRIQUE. — Des expériences publiques faites en 1879 à Sermaize (Marne) à la ferme-sucrerie de M. Félix ont montré qu’on pouvait utiliser les machines Gramme pour remplacer les locomotives routières dans le labourage mécanique.
- La charrue était une charrue double à renversement, ayant trois socs de chaque côte, comme celles qu’on emploie dans le labourage à vapeur. Une machine à vapeur et deux machines Gramme étaient placées dans ja ferme. Des chariots à quatre roues, place? aux deux bouts du sillon, portaient chacun deux machines Gramme réceptrices, faisant tourner un treuil, sur lequel s’enroulait le câble d’acier entraînant la charrue. Quand le sillon est achevé dans un sens, en lance, à l’aide d un commutateur, le courant dans les machines du second chariot : le câble s’enroule dans lautie sens, entraînant la charrue en sens inverse.
- Des essais analogues ont été faits réceniinen chez MM. Dumont, à Chassart, près Fleurir (Hainaut).
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- LAINE MINÉRALE. — LAMPE ÉLECTRIQUE.
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- LAINE MINÉRALE. — Scorie légère et isolante employée en Allemagne pour isoler les conducteurs souterrains.
- LAITONISAGE. — Action de recouvrir d'un dépôt galvanique de laiton. Ce dépôt est plus souvent employé que celui de cuivre rouge pour les menus objets en fer ou en zinc. Cette opération se Lait comme le cuivrage, mais la composition des bains est différente.
- Bain de laitonisage à froid pour tous métaux.
- Carbonate de cuivre (récemment préparé 100 gr. Carbonate de zinc (récemment préparé). 100 —
- Carbonate de soude.................. 200 —
- Bisulfite de soude................... 200 —
- Cyanure de potassium pur............. 200 —
- Acide arsénieux....................... 2 —
- Eau ordinaire......................... 10 litres.
- Bien qu’on se serve d’anodes en laiton, la composition du bain ne reste pas constante ; il faut l’additionner de temps en temps de sel de cuivre, de sel de zinc et d’acide arsénieux dissous dans le cyanure de potassium. Il a du reste une marche d’autant plus régulière qu’il est plus vieux et qu’il a été plus souvent remonté en sels.
- LAMPE ÉLECTRIQUE. — Appareil servant à produire de la lumière électrique. On peut diviser ces lampes en lampes à arc voltaïque et lampes à incandescence. Les bougies électriques (Voy. ce mot) sont des lampes donnant un petit arc et dépourvues de tout mécanisme.
- Lampes à arc ou Régulateurs. — Ce sont les plus anciennes. Nous avons indiqué plus haut comment se produit l’arc électrique (Voy. ce mot). Abandonné à lui-même, l’arc ne tarderait pas à s’éteindre, la combustion des charbons augmentant rapidement sa longueur et par suite sa résistance. Les régulateurs ont pour but de rapprocher automatiquement ces charbons et de les maintenir à une distance convenable, suivant l’intensité du courant, ce qui Permet d’assurer l’éclairage pendant un temps notable ; certains modèles remédient aussi à 1 usure inégale des charbons et maintiennent Ie Point lumineux à une hauteur fixe.
- Un bon régulateur doit satisfaire aux condi-tions suivantes : les charbons restent au con-ct quand le circuit est ouvert, s’écartent à la ‘stance voulue dès que le courant passe, se j^Pprochent ou s’éloignent suivant les variais d’intensité, et reviennent au contact pour retablir le courant s’il se trouve par hasard mterrompu.
- ^ U existe actuellement une telle quantité de esulateurs qu’il nous est impossible d’essayer
- de les décrire tous. Il est même difficile d’établir une classification de tous ces modèles. Cependant on les divise ordinairement en régulateurs monophotes et polyphotes. Les premiers sont ceux dont le système d’éclairage est tel qu’on ne peut placer qu’un seul appareil en tension sur un circuit électrique. Les régulateurs polyphotes permettent au contraire de placer plusieurs foyers en tension sur un même circuit. On appelle lampes différentielles celles dont les charbons sont commandés par deux électro-aimants, l’un à gros fil, placé dans le circuit principal, l’autre à fil fin, monté en dérivation. Le premier maintient les charbons écartés. Lorsque la résistance de l’arc augmente, l’intensité croît dans la dérivation, et l’électro-ai-mant à fil fin produit le rapprochement des charbons. Nous décrirons un certain nombre de modèles choisis parmi les plus employés, les plus intéressants ou les plus nouveaux.
- Régulateur Foucault et Duboscq. — Foucault inventa en 1849 le premier régulateur, qui fut depuis perfectionné par Duboscq. Les deux charbons sont fixés à deux crémaillères qui engrènent en sens inverses avec deux roues dentées montées sur le même axe, mais dont l’une a un nombre de dents double de celui de l’autre. Lorsque les roues tournent dans un sens ou dans l’autre, les deux crémaillères se meuvent en sens contraires et les deux charbons s’éloi -gnent ou se rapprochent à la fois. De plus le charbon positif, qui s’use le plus vite, est monté sur la crémaillère qui engrène avec la plus grande roue, de sorte qu’il se déplace deux fois plus vite que l’autre. Grâce à cette disposition, le point lumineux reste fixe.
- Le système des deux roues est commandé par deux mouvements d’horlogerie, placés dans une boîte cubique (fig. 461), qui tendent à les faire tourner dans les deux sens. A la partie inférieure se trouve un électro-aimant embroché dans le circuit et dont 1 ar-
- Fis
- . 461. — Régulateur Foucault-Duboscq.
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- LAMPE ÉLECTRIQUE.
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- mature est fixée à une tige qui, lorsqu’elle est verticale, arrête à la fois les deux mouvements : c’est ce qui a lieu lorsque les charbons sont à la distance voulue. Si, pour une raison quelconque, l’intensité vient à diminuer, l’armature s’écarte de l’électro, et la tige verticale, s’inclinant vers la gauche, désembraye le moulinet de l’un des mouvements, qui fait rapprocher les charbons. En s’inclinant vers la droite, cette même tige laisse libre l’autre mouvement, et les charbons s’écartent. Foucault est parvenu à réaliser l’indépendance de ces deux moteurs et à les faire agir en sens inverse sur les deux roues dentées par l’emploi d’une roue à satellites.
- Cette lampe permet en outre d’élever ou d’abaisser le point lumineux pendant la marche, en faisant tourner à la main une des roues dentées du barillet principal. Cette propriété est du reste inutile pour l’éclairage industriel.
- Le régulateur Foucault peut en outre fonctionner dans toutes les positions. Il est encore employé fréquemment dans les théâtres et dans les laboratoires. Mais, comme il est assez délicat et un peu susceptible de dérangement, il est à peu près abandonné pour les autres usages.
- Régulateur Serrin. — Cet appareil est le premier qui ait fonctionné avec une parfaite régularité ; il a été adopté dans les premiers phares électriques.
- Le charbon supérieur B (fig. 462) est positif. Il est soutenu par deux traverses horizontales : la traverse supérieure permet de le déplacer dans le plan de la figure, et l’autre de le mouvoir dans un plan vertical perpendiculaire au premier; ces deux mouvements permettent de le placer exactement sur le prolongement du charbon négatif D.
- La tige massive du charbon positif passe dans une colonne creuse A et se termine par une crémaillère qui engrène avec une roue dentée ; cette tige tend à descendre par son poids et à mettre en mouvement, par l’intermédiaire de celte roue, le mécanisme figuré. Lorsque ce mouvement se produit, le charbon négatif subit, de bas en haut, un déplacement moitié moindre, par l’action d’une poulie, fixée sur l’axe de la première roue dentée, et ayant un diamètre moitié plus petit. Cette poulie porte une chaîne de Vaucanson, qui passe sur une poulie de renvoi, visible à droite du dessin, et va s’attacher à la pièce F, qui dépend du porte-charbon négatif. Cette disposition a pour but de maintenir le point lumineux à une hauteur fixe, indiquée par la petite gorge circulaire qu’on voit sur la colonne creuse A.
- Régulateur Serrin.
- Fig. 462.
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- Lorsque le courant ne passe pas, la tige mas-.• ,e 4 descend par son poids, et entraîne le Mécanisme, qui fait' remonter le charbon né-atjf jusqu’à ce que les deux pointes se tou-\ent. Les deux charbons continuent alors à descendre ensemble pendant un instant, car le porte-charbon négatif est fixé à l’un des côtés K d’un parallélogramme articulé dont trois côtés I,K,L sont mobiles ; le quatrième côté qui est vertical et placé près de la tige A, est seul fixe. Ce mouvement est bientôt arrêté par une équerre fixée au porte-charbon négatif, et dont la pointe vient s’engager dans un petit volant étoilé qu’on voit au bas du mécanisme. Le rouage se trouve ainsi immobilisé et les charbons conservent une position fixe.
- Lorsqu’on veut allumer la lampe, le courant arrive par le charbon B et passe ensuite du charbon négatif à l’électro-aimant G; celui-ci attire alors l’armature en fer doux H, fixée à l’un des angles inférieurs du parallélogramme articulé. Par suite, le côté K s’abaisse, entraînant le porte-charbon D, et l’arc jaillit. Deux ressorts à boudin tendent à faire remonter l'armature et à rapprocher les charbons lorsque l’intensité diminue; au contraire, lorsque l’intensité est trop grande, l’attraction de l’électro-aimant tend à les écarter. Ces deux actions antagonistes maintiennent un écart convenable des charbons pendant le fonctionnement. Quant au charbon positif, il descend seulement lorsqu’il devient trop court, et que le charbon négatif monte d’une quantité suffisante pour que le volant étoilé se trouve dégagé.
- Un bouton, que l’on voit à gauche du mécanisme, en dehors de la boîte, commande un levier coudé qui permet, au moyen d’un ressort, régler, au moment de l’allumage, la position te parallélogramme et la distance de l’arma-ture H à l’électro-aimant, pour avoir le rnaxi-fflum d’éclat, de l’arc.
- La lampe Serrin n’a que de petites imperfec-b°ns: lorsque les charbons contiennent des ‘^puretés, il en résulte des variations de résis-^nce qui font osciller l’armature H et donnent a la lumière une instabilité désagréable. De P Us> les organes sont un peu délicats, et l’ap-Pareil, mû par ja chute de la tige A, ne peut
- donner que dans une position à peu près verticale.
- ^joutons que M. Berjot a modifié cet instru-ent en utilisant des effets différentiels pour qui U^e raPProchenient des charbons, ce 1 Permet de le faire fonctionner dans toutes es Positions.
- La lampe Serrin est employée par les ministères de la guerre et de la marine.
- Régulateur Gramme. — M. Gramme a imaginé en 1861 un régulateur dont les organes sont d’une simplicité et d’une rusticité remarquables. La figure 463 représente une coupe schématique de la disposition actuelle.
- C’est un régulateur à action différentielle. Un électro-aimant AA, à fil gros et court, sert à éloigner les charbons; l’électro-aimant B, à fil long et fin, sert à les rapprocher. Le premier est embroché dans le circuit principal, le second est en dérivation. L’armature C du premier supporte un cadre EGE, qui porte le charbon inférieur. Deux ressorts antagonistes RR, fixés d’une part à la culasse de l’électro-aimant, d’autre part aux tiges EE en XY, soulèvent le cadre et l’armature et maintiennent les charbons en contact lorsque le courant ne passe pas.
- Lorsque le courant traverse l’appareil, l’élec-tro AA attire l’armature C, les charbons s’écartent et l’arc jaillit. Quand l’écart devient trop grand, l’intensité diminue dans le circuit principal ; mais la résistance de l’arc augmentant, l’électro-aimant B à fil fin, qui ne recevait d’abord qu’une dérivation insignifiante, reçoit une fraction du courant de plus en plus grande et devient capable d’attirer l’armature I, qui est supportée par le levier L, mobile autour de l’axe Y. Ce levier bascule et son extrémité S abandonne un petit volant étoilé, qu’elle maintenait immobile. Ce volant dépend d’un rouage, dont la première roue engrène, comme dans la lampe Serrin, avec la tige D du charbon supérieur, taillée en crémaillère. Le volant étant libre, cette tige descend par son poids, en faisant défiler le rouage.
- Mais, pour assurer la stabilité de l’arc, il ne faut pas que le charbon supérieur descende trop vite. Pour cela, l’électro-aimant B communique avec un ressort N, sur lequel appuie une vis M, portée par le levier L. C’est par ces pièces que l’électro reçoit le courant, qui sort ensuite par le point P. Or, dès que cet électro attire l’armature I, la vis M se soulève, tandis que le ressort N est arrêté bientôt par la butté qu’on voit à droite au-dessus de lui. La dérivation est alors ouverte, le levier L retombe et arrête de nouveau le volant étoilé; le charbon supérieur cesse de descendre.
- Si l’écart est encore trop grand, les mêmes faits se reproduisent ; mais l’équilibre n’est jamais rompu pendant plus d’une seconde, et le foyer est d’une régularité parfaite.
- Les régulateurs Gramme sont polyphotes.
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- U en existe trois numéros, donnant un éclairage de 25 à 500 carcels.
- Pour éviter le bruit de l’encliquetage,
- Fig. 463. — Régulateur Gramme.
- M. Gramme a remplacé, pour l’éclairage intérieur, le volant étoilé et la lame d’embrayage S par un petit frein agissant sur une roue lisse. Lampe Cance. — Cette lampe utilise encore la
- pesanteur pour rapprocher ou écarter les char bons. Le mécanisme est remarquablement sim pie. L’organe essentiel est une vis AA' a ' peut tourner autour de son axe, mais sans avan cer, et porte deux écrous (fig. 464). L’un de ce' écrous B est placé vers la partie supérieure-son mouvement est limité vers le bas par un petit plateau fixé sur la vis. L’autre écrou C porte le charbon supérieur ou positif par l’in termédiaire de deux tiges ce' qui traversent la platine MM'. Le charbon inférieur est porté par les tiges FF' reliées aux précédentes par un double palan fn, f'n’. Les fils, fixés en c et c’ passent sur les poulies n et ri, puis sur f et f, et reviennent s’attacher au centre de n et ri. Les poulies n et ri ayant un diamètre double de celui des poulies ff', on voit facilement que tout déplacement de l’écrou C et du charbon supérieur produira un déplacement de sens contraire et moitié plus petit du charbon négatif. Le point lumineux restera donc fixe.
- Le déplacement de l’écrou C et des charbons est obtenu par l’action des solénoïdes EE', embrochés sur le circuit général, qui renferment des noyaux de fer doux formés de deux pièces distinctes. La partie supérieure e est un tube de fer doux creux et fixe. La partie inférieure g est un cylindre de fer doux mobile, qu’un ressort R tire vers le bas, et qui est surmonté d’un cylindre de laiton h.
- Quand le courant ne passe pas, l’écrou C, entraîné par son poids, descend, mais sans tourner, guidé par les tiges ce'. Les charbons arrivent au contact et restent dans cette position ; ce mouvement fait tourner la vis AA' de droite à gauche.
- Dès que le courant passe, les cylindres de fer doux g se soulèvent, attirés par les solénoïdes et par les pièces fixes ee' ; les cylindres h soulèvent le plateau HH', qui vient à son tour frotter sur la base de l’écrou B et l’entraîne dans son ascension ; ce mouvement imprime a la vis une rotation de gauche à droite, qul a pour effet de faire remonter l’écrou C, et par conséquent de faire écarter l’un de l’autre le* deux charbons; l’arc jaillit immédiatement" mais ce mouvement s’arrête bientôt, parce que le plateau HH' vient frotter contre le petit P a teau fixe, qui limite son Ascension. Si 1 iiden sité devient trop faible, les cylindres gg re cendent, sous l’action des ressorts RR' i ' AA' redevient libre, l’écrou C redescend P son poids, et les charbons se rapprochent.
- Le réglage se fait en réalité par une très ble variation de l’adhérence du plateau
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- avec l’écrou B, et les charbons vont en se reprochant d’un mouvement extrêmement lent, niais à peu près continu, ce qui donne à la lumière une fixité remarquable.
- Pour diminuer les frottements, les écrous ne
- Fig. 464. — Lampe Cance.
- 1^ ^as ^araudés à l’intérieur ; ils portent s< nsjf tr(ds goujons légèrement coniques, i
- Laîentdanslesflletsdelavis-dériv f.mPe ^ance se monte généralement 10n> ^ rend les foyers indépenda
- riaet d intercaler dans le réseau des la
- pes à incandescence. Elle est très répandue à Paris, notamment dans les magasins du Bon Marché, à l’Administration des postes et télégraphes, au Conservatoire des arts et métiers, à la gare de l’Est, à l’Eldorado, etc.
- Ces lampes donnent, avec le globe diffusant, une intensité de 40 à 45 carcels; la durée des charbons est de 8 à 9 heures.
- Régulateur de Ferranti. — Cette lampe ne comprend ni engrenage ni mouvement d’horlogerie. Un axe horizontal a porte une poulie à gorge b ;
- Fig. 465. — Lampe Ferranti.
- sur les extrémités cd de l’axe passent deux cordes ef, soutenant les deux porte-charbons gh, de telle façon que l’un s’élève quand l’autre s’abaisse ; comme on le voit dans la figure, cette disposition assure le fonctionnement à point lumineux fixe (fig. 465).
- Le réglage et l’allumage sont produits par une armature i qui est attirée par un solénoïde l.
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- LAMPE ÉLECTRIQUE.
- Cette armature est suspendue par deux ressorts rs et réagit sur la corde m passant sur la poulie 6 et fixée à un ressort n. Si l’armature entre à l’intérieur du solénoïde, la corde m agit sur la poulie à gorge et produit une rotation de l’axe dans le sens de la flèche : les deux porte-charbons s’écartent; si l’armature remonte, elle diminue la pression de la corde sur la poulie b et les charbons se rapprochent.
- On voit que l’allumage et le réglage sont produits par la même action, tout en se réglant d’une façon indépendante, ce qui permet d’employer la lampe sans modification sous toute force électromotrice. L’appareil peut servir avec les courants alternatifs comme avec les courants continus.
- Avec les courants alternatifs, le type de 8 ampères absorbe 336 watts et donne 600 bougies, soit environ 2 bougies par watt, ce qui constitue un rendement très élevé.
- Régulateur A. Gérard. — La partie originale de cette lampe est le frein, qui est formé de deux pièces croisées en X, portant deux goupilles qui serrent le porte-charbon supérieur, et reliées par deux petites bielles à une entretoise que supportent les noyaux des deux solé-noïdes (fig. 466) placés en dérivation. Ces noyaux sont attachés à desressorts à boudin. Le charbon inférieur est fixe.
- Lorsqu’on lance le courant, si les charbons ne sont pas en contact, il traverse les solé-noïdes, qui attirent leurs noyaux; ceux-ci en descendant appuient sur l’entretoise, et ouvrent l’X. Le porte-charbon supérieur, rendu libre, descend jusqu’au contact. Le courant traversant alors les charbons, la dérivation s’affaiblit; les ressorts font remonter les noyaux, qui entraînent le frein, et par suite le porte-charbon supérieur; les charbons se séparent, et l’arc s’établit.
- Lorsque l’écart des charbons devient trop grand, la résistance de l’arc augmente, et par suite l’intensité croît dans la dérivation : le frein s'ouvre de nouveau et laisse retomber le porte-charbon supérieur, jusqu’à ce que, l’intensité ayant repris sa valeur normale, les ressorts fassent refermer l’X.
- Le porte-charbon supérieur forme la tige d’un piston qui se meut dans le tube central : l’air se raréfiant peu à peu au-dessus de lui, la descente se fait très lentement. Le mouvement du charbon est à peu près continu, et par suite la lumière est très fixe.
- M. Gérard a établi sur le même principe un régulateur différentiel, en plaçant des solénoï-
- des à gros fil sur le prolongement des s0lé noïdes en dérivation.
- Régulateur de Mersanne. — Les lampes de Mersanne fonctionnent depuis longtemps sur la place du Carrousel à Paris. Les charbons
- Fig. 466. — Régulateur A. Gérard.
- sont horizontaux et peuvent recevoir une grande longueur sans augmenter la résistance^ car les pièces qui leur amènent le courant e^ saisissent près du point où se forme ^arC'un mouvement des charbons est commandé mécanisme d’horlogerie, que l’on remonte
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- jes jours. Deux électro-aimants produisent l’un le rapprochement ^es charbons, l’autre le recul* *
- Régulateur Bar don. — Dans cette lampe, le mouvement des charbons est produit par un électro-aimant embroché sur le circuit prin-
- Fig. 467, — Régulateur Bardon.
- JPM, renferme un noyau fixe et creux, et l’i au.tre noyau mobile, pouvant glisser dans rieur du premier ; un ressort antagoniste R ce noyau vers le bas (fig. 467). eti Partie supérieure se trouvent un volant Y e Pouliep, calés sur le même axe. Au-des-
- sous du volant sont disposés horizontalement deux leviers, l’un A servant de frein, l’autre C destiné à l’allumage. Le porte-charbon supérieur ou positif est fixé à un cordeau de soie qui passe sur la pouliep,puis sous une autrep', dont la chape fait partie d’un cadre qui supporte le charbon négatif, et vient s’attacher au levier d’allumage. Au repos, le poids du porte-charbon
- Fig. 468. — Lampe différentielle Bardon.
- supérieur entraîne le système jusqu’à ce que les deux pointes soient en contact.
- Dès que le courant passe, le noyau mobile, attiré violemment, s’élève dans le solénoïde ; son extrémité supérieure rencontre le frein, et l’appuie contre le volant, qui se trouve immobilisé, ainsi que le porte-charbon supérieur. Mais en même temps, par le même mouvement vertical du noyau mobile, l’extrémité du levier d’allumage s’abaisse d’une petite quantité, en_
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- Ut)
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- linférieur: I trop grandi ^ _________-, x
- l’arc s’établit. Lorsque la résistance devient I fortement, redescend un peuple^ freïn"l’écarte
- traînant le cadre^qui porte le charbon inférieur : | trop grande, le noyau de fer doux, attiré moins
- du volant et le poids du porte-charbon supé- I chement se fait d’une façon continue et si lente rieur fait rapprocher les charbons. Ce rappro- I qu’on ne voit pas tourner le volant.
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- Cette lampe ne peut être montée qu’en dérivation. M. Bardon construit un modèle difïé-rentiel(fig- 468), qui peut se placer en tension, en enroulant un fil fin par-dessus le gros fil et en sens contraire. Il conseille un montage mixte, par séries de deux lampes, sur un circuit de 100 à 110 volts. Deux foyers ainsi disposés, et donnant chacun 80 carcels, dépensent 735 watts.
- Régulateur Pilsen. — Dans cet instrument le point lumineux est fixe. Aux deux extrémités d’un fil passant sur une poulie sont suspendus deux tubes creux de laiton qui passent libres ment dans des solénoïdes et contiennent chacun une armature de fer doux taillée en cône à la partie supérieure (fig.469) ; ces tubes soutiennent les deux porte-charbons. La forme conique
- Fig. 470. — Régulateur Létang.
- île
- armatures rend l’action constante dans u.es ies positions. Le charbon supérieur ou Positif est plus gros que l’autre, afin de rendre ^P^t'lomineuxfîxe. Le solénoïde qui entoure
- ^ P^te-eharbon positif est à gros fil et placé jr(^S^e circuit principal, ainsi qu’un petit élec-interrupteur. L’autre solénoïde a un déri-*• t^ans circuit principal et un fil fin en
- Ovation.
- Dictionnaire d’électricité.
- Si les charbons ne se touchent pas, le courant traverse seulement le gros fil du dernier solénoïde, et une résistance équivalente à celle de l’arc : le porte-charbon négatif est attiré et s’élève jusqu’au contact. Le courant traverse alors les charbons, l’autre solénoïde et l’électro-in-terrupteur, qui attire son armature et rompt le courant qui traversait le premier solénoïde, dont le fil fin reste seul en dérivation. Le porte-,
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- charbon positif est attiré et remonte : l’arc se produit. Quand l’intensité diminue, le solé-noïde à fil fin agit sur le porte-charbon négatif et produit le rapprochement.
- Quand les charbons sont usés, le courant est ramené dans le gros fil du premier solénoïde et dans la résistance équivalente ; l’appareil est en court circuit et n’influence pas la marche des autres.
- La lampe Pilsen est un très bon appareil industriel .
- Régulateur Létang. — Le régulateur Lé-tang (fig. 470), étudié spécialement pour être monté en tension, est d’une construction très simple et d’un bon fonctionnement. Il peut donner des intensités comprises entre 30 et 250 car-cels. Le charbon inférieur est immobile : l’autre glisse librement dans un tube vertical D, fixé à l’extrémité d’une armature dont l’autre bout est attiré par un électro-aimant I que traverse le courant principal. Quandl’intensité devient trop forte, cette armature est attirée et soulève le tube D. L’extrémité conique de ce tube vient alors serrer deux ressorts verticaux placés dans l’intérieur et terminés par deux sabots qui coincent le charbon mobile et le soulèvent. Quand l’intensité diminue par l’usure des charbons, un second électro-aimant H, monté en dérivation, reçoit un courant plus intense et devient capable d’attirer une armature disposée pour vibrer comme celle d’une sonnerie. A chaque vibration, le marteau qui termine cette armature frappe sur le levier qui porte les deux ressorts : ceux-ci se soulèvent un instant et abandonnent le charbon qui redescend un peu.
- Lorsque, après un nombre suffisant d’oscillations, le charbon a repris sa place, le courant dérivé qui traverse l’électro-aimant H est redescendu à sa valeur normale, et cet électroaimant n’a plus la force d’attirer l’armature vibrante : le charbon reste donc immobile, pincé par les sabots des deux ressorts.
- Régulateur de Puydt. — Dans cette lampe, le point lumineux est fixe. Le porte-charbon supérieur engrène avec la première roue A d’un mécanisme monté sur châssis qui.peut osciller autour de l’axe de cette roue (fig. 471). Le porte-charbon inférieur ou négatif engrène avec un pignon calé sur le même axe et de diamètre convenable pour remédier à l’usure inégale des deux charbons. L’électro-aimant P, à gros fil, placé dans le circuit principal, attire, lorsque ce courant prend une intensité suffisante, l’armature oblique P', reliée au châssis du rouage, et fait ainsi tourner la roue A et le pignon d’un
- petit angle, dans un sens tel que les charbons s’écartent l’un de l’autre. C’est ainsi que se produit l’allumage.
- Lorsque la résistance de l’arc devient trop
- Fig. 471. — Régulateur de Puydt (de Liège).
- grande, l’intensité augmente dans 1 électr^ aimant à fil fin Q, placé en dérivation. Celu1 attire l’armature Q', fixée à un levier en L> ^ oscille autour de l’axe de la roue A et p° ^ son extrémité de droite un doigt a qui a
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- le mécanisme. Quand l’armature Q' est attirée, le mécanisme défile et rapproche les charbons, niais seulement pendant un instant, car le courant dérivé s’interrompt aussitôt et un ressort ramène le levier à sa position primitive. Quand les charbons sont usés, le porte-charbon négatif
- Fig. 472. — Lampe de Puydt, petit modèle.
- Vlent butter contre la traverse b, qui arrête le mouvement.
- Let appareil est d’une construction simple e1 donne de bons résultats dans l’industrie.
- La figure 472 représente le petit modèle de
- ïalampe de Puydt, qui comporte un mouvement d horlogerie actionné par le poids du porte-barbon positif, qui se termine par une crémaillère à sa partie supérieure.
- Cette crémaillère engrène avec un pignon calé sur l’arbre du premier mobile; cet arbre sert également à supporter tout le mouvement d’horlogerie, qui peut ainsi pivoter autour de son axe. Le dernier mobile porte des ailettes, qui sont embrayées ou débrayées en temps utile par un doigt d’arrêt fixé à l’armature d’un électro ! à fil fin placé contre le plateau inférieur de la lampe. Un autre électro à gros fil, visible contre le plateau supérieur, est actionné par le courant de l’arc et, en attirant une armature fixée au mouvement d’horlogerie, fait osciller celui-ci et par suite le pignon engrenant avec la crémaillère.
- Ce£ appareil produit donc deux actions bien distinctes :
- 1° L’écartement des charbons, lors de l’allumage, par l’action de l’électro-aimant à gros fil, qui fait décrire un certain angle au mouvement d’horlogerie, ainsi qu’aux deux pignons qui commandent les porte-charbons.
- 2° Un écartement fixe des charbons, à l’aide de l’électro-aimant à fil fin, qui désembraye les engrenages dès que la différence de potentiel aux bornes a dépassé la limite convenable.
- Détail important à remarquer, l’armature de l’électro inférieur à fil fin, ainsi que l’em-brayeur, sont supportés par l’arbre d’origine du mouvement, de telle sorte qu’en tournant lentement, aussitôt le déclenchement produit, cet arbre ramène l’embrayeur dans la position d’enclenchement.
- Par suite, les charbons ne se rapprochent que de quantités très petites à la fois et à de très courts intervalles de temps. Une vis sert à régler l’écart d’allumage et une autre, servant à tendre plus ou moins le ressort antagoniste de l’armature de l’électro à fil fin, permet de maintenir l’arc à la longueur voulue.
- Cette lampe fournit une lumière très blanche et d’une fixité parfaite.
- Régulateur Pieper. — M. Pieper a construit ! plusieurs modèles de lampes à arc. La figure 473 représente un modèle à point lumineux mobile. Le charbon négatif descend légèrement au moment de l’allumage, puis reste immobile. Pour cela, il est commandé par un électro-aimant DD,
- . à gros fil, embroché sur le circuit principal. Son armature F, qui soutient le porte-charbon négatif G', est maintenue écartée par un ressort à boudin.
- Le porte-charbon positif est fixé à une tige T, qui glisse dans un tube cylindrique parfaitement alésé, et dont le mouvement est réglé par un frein que commande l’électro-aimant
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- g. 473. — Régulateur Pieper à point lumineux mobile.
- horizontal EE, monté en dérivation. L’armature M de cet électro, mobile autour d’un axe horizontal, agit sur un ressort garni de deux sabots, qui s’appuient sur la tige T et l’immobilisent. Lorsque l’armature est attirée, cette tige peut glisser légèrement. L’armature entraîne un contact horizontal qui rompt le courant dérivé dès qu’elle est attirée et le rétablit lorsqu’elle ne l’est plus; l’électro n’agit donc jamais que pendant un instant assez court. Les ressorts RR' règlent la sensibilité de l’armature.
- Si, lorsqu’on lance le courant, les charbons ne sont pas en contact, il passe tout entier dans l’électro-aimant EE; l’armature M produit des interruptions rapides, et, pendant chaque passage, la tige T descend un peu. Le charbon positif arrive ainsi, par une série de petits glissements, au contact du charbon négatif; le circuit principal se trouve fermé, et, l’électro-aimant DD attirant l’armature F, le charbon négatif s’écarte un peu de l’autre : l’arc s’établit.
- Ce modèle est économique et fonctionne bien, lorsqu’il est bien entretenu; il donne une intensité de 40 carcels avec 5 ampères et 43 à 45 volts; il peut être placé dans un circuit contenant des lampes à incandescence.
- Le modèle à point lumineux fixe est représenté tig. 474. Le charbon supérieur ou positif tend à descendre sous l’action d’un poids que porte la traverse supérieure. Ce mouvement produit l’ascension du charbon négatif, par l’intermédiaire d’une chaîne sans fin qui passe dans les montants latéraux et vient s’enrouler vers le haut sur un tambour, muni d’un engrenage commandé par un pignon denté a ailettes.
- Un électro-aimant embroché sur le circuit principal attire, dès que le courant passe, un cadre de fer doux qui agit sur la chaîne de suspension et produit l’écart nécessaire pour l’allumage.
- Un second électro, monté en dérivation, commande l’autre partie du cadre, munie d un doigt en laiton destiné à arrêter les ailettes du pignon. Quand la résistance de l’arc augmente, cet électro attire le cadre et produit le déclenchement de l’ailette ; les deux charbons se rapprochent jusqu’à ce que, l’équilibre rétabli, le doigt arrête de nouveau les ailettes.
- Régulateur à chaînes. — La Allgemeine EleM11 citiits-Gesellschaft, de Berlin, construit des lampe-à arc différentielles (fig. 475), dont le mécanisme consiste en deux rouages commandés par deu* électro-aimants, dont l’un est actionné par poids du porte-charbon supérieur, 1 autre P
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- n ressort; et, selon que Tare a ou non sa lon°ueur normale, les rouages sont arrêtés par des encliquetages, soit ensemble, soit séparément.
- Quand aucun courant ne parcourt la lampe, rtque les charbons sont séparés, l’armature des
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- électro-aimants est dans une position telle que l’un des encliquetages libère le rouage qui lui correspond, l’autre étant arrêté par le second encliquetage. Donc le poids du porte-charbon supérieur met en mouvement le premier rouage et, à l’aide d’une chaîne sans fin qui passe sur
- Fig. 474. — Régulateur Pieper à point lumineux fixe.
- Poulies, les deux porte-charbons s’appro-1 un de l’autre, jusqu’à ce que les char-us soient en contact. Aussitôt que le courant ^ubli, il passe sans aucune perte à travers ^ °bine à gros fîl de l’électro-aimant, et l’ar-
- bohUre 6St att*r®e vers n0Yau de fer de la lne- conséquence le mouvement du pre-
- mier
- rouage est arrêté, tandis que l’autre est
- libéré, ce qui produit la séparation des charbons et la formation de l’arc. Aussitôt que l’arc atteint sa longueur normale, l’intensité du courant dans la bobine à gros fil est affaiblie, tandis qu’elle augmente dans la bobine à fil fin, de sorte que l’armature commune tend à prendre une position moyenne, et arrête les deux rouages, jusqu’à ce que l’usure des char-
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- bons ait produit un allongement de Tare et un accroissement de résistance dans le circuit principal. Ces changements auront pour suite une nouvelle augmentation de courant dans la bobine à ül fin, de sorte que celle-ci l’emportera sur la bobine à gros fil; à ce moment l’armature sera attirée de ce côté et le rouage correspondant arrêté, tandis que l’autre sera libéré, et les charbons s’approcheront l’un de
- l’autre, jusqu’à ce que la longueur normale et la position moyenne de l’armature soient de nouveau atteintes.
- Régulateur Brush. — Dans cet appareil, ]e charbon inférieur est fixe ; le porte-charbon supérieur est commandé par un électro-aimant qui porte deux enroulements en sens contraires, un gros fil embroché sur le circuit, et un fil fin monté en dérivation. L’action différentielle
- Fig. 475. — Régulateur à chaînes (Allgemeine Elektricilats Gesellscliaft, Berlin).
- Fig. 476. — Régulateur Brush.
- de ces deux bobines fait monter ou descendre un noyau de fer doux placé dans l’intérieur. Quand il monte, il soulève d’un seul côté une bague qui entoure le porte-charbon, de sorte qu’elle coince et s’oppose à sa descente, jusqu’à ce que le noyau redescende un peu.
- La partie supérieure du porte-charbon forme un cylindre rempli de glycérine, dans lequel se trouve un piston percé de trous et soutenu par une tige fixe. L’écoulement du liquide à tra-
- vers ces trous régularise la descente du charbon-Pour les éclairages de longue durée, M. Bru^ construit des lampes ayant deux paires charbons et deux mécanismes semblables, deuxième paire de charbons s’allume quand a première est complètement usée. On peut avon ainsi un éclairage de 16 heures. C’est le m°
- représenté par la fig. 476.
- Ce régulateur est très employé en Angle er ^ et surtout en Amérique; il convient à 1 eC
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- ra„e public et aux cas où la parfaite fixité de la lumière n’est pas indispensable.
- Régulateur Weston. — Les lampes Weston (fi». 477) sont des régulateurs différentiels, dont
- Pig. 477. — Régulateur Weston.
- c&arbon négatif est fixe et le charbon positif taché au piston d’une pompe à air pour adoucir Mouvement de descente. Dans les deux solé-
- jjtades, dont l’un est à gros fil et l’autre à fil n’ Se Peuvent deux tubes de fer doux, guidés ar des tiges rigides. Un balancier, qui s’incline
- dans un sens ou dans l’autre, suivant que l’un ou l’autre des solénoïdes devient prépondérant, commande le coincement du porte-charbon, par l’intermédiaire d’un système de leviers articulés.
- Quand les charbons sont en contact, la bobine à gros fil l’emporte ; son noyau s’élève, entraînant le balancier et soulevant le porte-charbon; l’arc jaillit. Lorsque la résistance augmente, le balancier s’incline de gauche à droite et abaisse le porte-charbon. Cette lampe est construite pour des courants à faible tension.
- Régulateur Thomson-Houston. — Cette lampe se compose encore d’un porte-charbon négatif fixe et d’un porte-charbon positif qui tend à descendre par son poids, mais qui peut être coincé par un frein F (fig. 478). L’électro-aimant E, à gros fil, est dans le circuit principal, l’électro E', à fil fin, est en dérivation. Leurs armatures sont formées par un levier aa , qui peut tourner autour d’un axe central et porte un bras L, articulé avec une pompe à air, pour amortir les mouvements. Le bras L supporte aussi le frein F, qui peut serrer le porte-charbon ou le laisser tomber librement. Lorsque l’électro-aimant E agit, son armature est attirée, le frein soulève et maintient le porte-charbon; lorsque la résistance augmente et que l’électro-aimant E' devient prédominant, le frein se desserre et le porte-charbon s’abaisse.
- Il peut arriver que la descente du porte-charbon soit arrêtée par des frottements anormaux : l’intensité augmente alors clans la dérivation E' et l’armature correspondante vient au contact. L’extrémité a porte un ressort qui vient alors appuyer sur le contact i et lance le courant dans un électro-aimant auxiliaire (représenté sur le dessin par la résistance R'), dont l’armature commande un système qui fait dés-cendre le porte-charbon.
- Quand la lampe s’éteint, elle se trouve mise automatiquement en court circuit.
- Régulateur Sperry. — Dans la lampe Sperry (fig. 479), très employée en Amérique, l’allumage est produit par un électro à gros fil parcouru par le courant total, tandis qu’un solé-noïde à fil fin, placé en dérivation, produit la descente progressive du charbon supérieur. Enfin un troisième électro-aimant, n’ayant que quelques tours de gros fil, sert à mettre les charbons en court circuit lorsqu’ils sont usés.
- Le mécanisme est un peu compliqué, mais fonctionne bien. Douze de ces lampes figuraient à l’Exposition de 1889. Elles exigent 50 à 55 volts et 10 ampères. La durée des charbons est de quatre heures.
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- Régulateur Siemens. — La maison Siemens et Halske construit plusieurs modèles de régulateurs. Celui que représente la figure 480 est différentiel. La tige SS sert d’armature à la fois au solénoïde à gros fil RR placé dans le circuit principal, et au solénoïde TT mis en dérivation. Cette armature descend ou monte suivant
- que l’action de l’une ou l’autre des bobines devient prédominante. Elle entraîne une tige AA qui arrête ou laisse défiler un mécanisme dont l’une des roues engrène avec la crémaillère du porte-charbon positif Z. Le charbon négatif est fixe.
- Si on lance le courant, les charbons étant en
- Fig. 478. — Régulateur Thomson-Houston.
- contact, l’armature SS s’enfonce rapidement, la tige AA est soulevée par le levier cc' et l’arc jaillit. Quand la résistance de l’arc augmente, le noyau SS s’enfonce dans la bobine TT, la tige AA s’abaisse, le mouvement défile et les charbons se rapprochent.
- Lampe Alioth. — Ce régulateur est du type différentiel. Le rapprochement des charbons est
- déterminé par le poids du porte-charbon supérieur. Le charbon positif est plus gros, de sorte que les deux porte-charbons doivent se dépla cer de la même quantité. Ces deux tiges,tal lées en crémaillère, engrènent avec des pig1100* isolés montés sur l’axe de la roue d’écbapp® ment placée au bas du mécanisme (fig
- Cette roue est entourée par un cadre
- niobd
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- r des couteaux, qui porte à gauche un cliquet destiné à arrêter la roue d’échappement, à droite un étrier^vertical relié à un noyau de fer doux formant, comme dans l’appareil précédent, l’armature commune des deux solé-noïdes placés à droite. La bobine inférieure, à
- tros fil, est embrochée dans le circuit princi-Pal’ l&utre, qui est à fil fin, est en dérivation.
- es charbons étant en contact, si le courant P^sse,l électro aimant inférieur attire le noyau ; le1 p6r S a^a^sse’ entraînant le cadre mobile ; fait 1C*Ue*' embraye la roue d’échappement et la 1 tourner de gauche à droite, ce qui écarte s charbons et produit l’allumage. Si la résis-
- tance devient trop grande, le solinoïde à fil fin fait remonter le noyau et le cadre s’incline en sens contraire. Pendant ce mouvement, un levier écarte le cliquet et l’empêche d’engrener : la roue d’échappement est donc libre et tourne sous l’action du porte-charbon supérieur. Les charbons se rapprochent.
- L’électro-aimant à gros fil placé à gauche est
- Fig. 480. — Régulateur Siemens.
- dans le circuit principal. Il sert à produire un champ intense dans lequel tourne un disque de cuivre calé sur le même axe avec un pignon denté qui engrène avec la roue d’échappement. Les courants de Foucault qtfi prennent naissance dans ce disque arrêtent le mouvement, et ne laissent échapper qu’une seule dent de la roue à chaque rapprochement. Les porte-charbons et le noyau sont guidés par des galets. Les charbons sont fixés dans des pinces à ressort.
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- Régulateur dynamo Bréguet. — MM. Edison, Gray, Tchikoleff, etc., ont construit des lampes dans lesquelles une petite dynamo sert de mo-
- teur pour produire le déplacement des charbons.
- La maison Bréguet construit également une
- Fig. 481. — Lampe Alioth (de Bâle).
- lampe dont le charbon inférieur est fixe, et le . machine de Gramme (fig. 482). L’axe de la b0' charbon supérieur commandé par une petite | bine porte un pignon denté qui engrène avec
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- la crémaillère du charbon supérieur ; celle-ci par son poids tend à faire tourner l’anneau
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- mobile dans un 'certain sens, tandis que les communications sont établies de manière à faire tourner l’anneau en sens contraire lors-
- qu’il est traversé par le courant. On conçoit donc la possibilité d’obtenir une position d’équilibre du système pour un certain écart des charbons ; c’est la position pour laquelle l’effort développé par l’anneau est égal au poids de la cré-
- Fiar. 482. — Régulateur dynamo Bréguet.
- ^adlère. Si les charbons s’écartent, l’intensité COllrant diminue ; le poids de la crémaillère ^mporte et fait tourner l’anneau de manière aai^^r°C^er ^eS c^ar^ons* ^ l’intensité deve-él t^ar ^asar<i lroP grande, ce serait l’action ec r0(iynamique qui l’emporterait et la bo-
- bine tournerait en sens contraire, de manière à faire remonter la crémaillère. Ces appareils sont généralement construits pour un fontion-nement ininterrompu de sept à huit heures. On obtient des durées plus longues avec des appareils disposés spécialement dans ce but
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- et portant plusieurs paires de charbons placées parallèlement et montées en dérivation. L’arc passe successivement de l’une à l’autre aussitôt que l’augmentation d’écart, résultant de l’usure des charbons, détermine une résistance plus grande dans la paire en fonction. Ce régulateur est d’une construction éminemment simple et robuste. U peut s’employer en dérivation et donne des intensités variant de 10 à 250 carcels.
- Régulateur Thury. — Cette lampe est mue, comme la précédente, par une petite dynamo : l’axe de l’induit porte un pignon, qui engrène avec une roue dentée sur l’axe de laquelle sont disposés deux pignons égaux, commandant des crémaillères adaptées aux deux porte-charbons; celles-ci, étant disposées de part et d’autre de l’axe, se meuvent toujours en sens contraires, mais de quantités égales. Pour com-
- penser cet inconvénient, et rendre le point lu mineux fixe, on emploie des charbons de diamètres différents.
- La dynamo, excitée en série, est en dérivation sur le circuit principal. Au repos, le poids du porte-charbon négatif entraîne le système et les charbons sont écartés. Le courant passe donc d’abord seulement dans la dynamo, quj agit sur les charbons et les fait rapprocher jusqu’au contact. Le courant se divise alors, son intensité diminue dans la dynamo, ce qui permet au poids du porte-charbon négatif de l’emporter, et l’arc s’établit. Sa production augmente la résistance du circuit principal et l’action du moteur devient assez forte pour maintenir l’équilibre. Le réglage se fait ensuite par ces deux actions antagonistes.
- Lampe Soleil. — Cette lampe, imaginée par
- Fig. 483. — Lampe Soleil.
- MM. Clerc et Bureau, formait en quelque sorte le passage des bougies aux lampes à incandescence. Les inventeurs l’ont transformée depuis en un véritable régulateur.
- Elle était formée à l’origine d’un bloc de carbonate de chaux, évidé à la partie inférieure. Deux charbons glissaient librement dans des ouvertures obliques, de sorte que leurs pointes se trouvaient en regard dans l’évidement inférieur, où elles étaient arrêtées par un rebord extérieur. L’allumage se faisait à l’aide d’un charbon qu’on présentait entre les deux pointes. Le carbonate se changeait en chaux vive, et devenait incandescent, ce qui augmentait beaucoup l’intensité et donnait à la lumière une grande fixité et une belle couleur légèrement dorée.
- L’appareil avait l’inconvénient de ne pas se
- rallumer automatiquement en cas d’extinction: les inventeurs l’ont modifié pour faire disparaître ce défaut. Un bloc de marbre blanc A (fig. 483), évidé au centre, est fixé dans une cornière de fer circulaire qui reçoit le globe de verre. Les charbons BB', placés horizontalement, traversent deux tubes de fer qui les guident, ils sont poussés vers l’intérieur, à mesure qu ds s’usent, par deux leviers coudés DL, D'L, sur lesquels agissent les ressorts RR' ; quand l’usure est complète, ces leviers rencontrent en DD des contacts qui mettent la lampe en court circuit* L’allumage automatique se produit au moyeu d’un charbon mince, qui traverse suivant son axe le charbon B' ; ce charbon mince est fixe une tige E, qui termine l’armature F de la bo bine G, placée dans le circuit. Au repos, la^ tion du contre-poids P appuie constamment
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- barbon mince contre le charbon B ; dès que le courant passe, le solénoïde attire l’armature F, le charbon mince s’écarte et l’arc jaillit. Le bloc de marbre dure environ dix à quinze heures ; les charbons, longs de 10 centimètres, durent cinquante heures ; mais cet appareil ne donne pas une lumière aussi régulière que les lampes à charbons verticaux, et il absorbe une force motrice double.
- Lampes à incandescence. — Dans ces lampes, la lumière est fournie par un filament porté à une température élevée. Nous avons donné plus haut les notions générales relatives à l’incandescence (Yoy. ce mot); il nous reste seulement à faire connaître les principaux modèles
- de lampes, leur fabrication et leur mode de montage. Ces modèles ne diffèrent guère que par des détails, le principe étant toujours le même.
- Les lampes à incandescence se composent d’un filament de charbon placé dans une ampoule où l’on a fait un vide presque absolu : il en existe du reste bien des systèmes qui diffèrent par l’origine du filament, sa forme et son mode de préparation. Quelles que soient d’ailleurs ces conditions, le filament doit être très homogène et élargi vers les bouts pour être plus solide. Il doit aussi être en parfaite communication avec les conducteurs qui amènent le courant. La forme rectiligne ne lui
- Fig. 484. — Lampes Edison.
- convient pas, parce qu’elle ne laisserait pas une élasticité suffisante pour résister aux chocs et aux variations de longueur : on rapproche ordinairement les deux extrémités de manière a lui donner une forme courbe, qui est aussi plus avantageuse au point de vue de l’éclairage 9U un point ou un trait lumineux très fin.
- Lampe Edison; sa fabrication. — La lampe Edison est la première lampe à incandescence ?ui ait satisfait aux besoins de l’industrie ; elle uln de 1880. Le filament a la forme d’un U inversé ; il est placé dans une ampoule presque vide d’air. Nous croyons intéressant de °nner quelques détails sur la fabrication de Ce!te lampe.
- Eus filaments de charbon proviennent de la Clnation de certaines espèces de bambous
- du Japon. Cette substance a été choisie par Edison après de nombreux essais portant sur les matières les plus diverses. On prend des fragments d’environ 20 centimètres de longueur, choisis à la surface de la tige, et, après les avoir amenés à l’épaisseur voulue, on les découpe en filaments renflés aux deux bouts. Ces filaments sont ensuite placés dans des moules plats en nickel, qui leur donnent la forme qu’ils doivent conserver, et qu’on porte à une température suffisante pour carboniser le bambou au degré convenable. Le filament est alors fixé à la pièce qui doit le porter : cette pièce est formée d'un tube de verre qu’on voit dans l’intérieur de la lampe et qui renferme deux fils métalliques. Ces fils traversent le haut du tube, qui est fermé ; en ce point, ils sont formés de platine,
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- qui a la même dilatation que le verre ; au-dessus et au-dessous, ils sont en cuivre. On fixe donc le filament de charbon à la partie supérieure des fils de cuivre, et, pour assurer le contact, on recouvre d’un dépôt de cuivre galvanique les points d’attache du charbon et du métal.
- Cette opération terminée, on introduit le tout dans l’ampoule de verre qu’on ferme àla partie inférieure en la soudant au chalumeau. Il reste à la partie supérieure de l’appareil un tube cylindrique par lequel on fait le vide en le faisant communiquer avec une pompe à mercure de Sprengel. Lorsque le vide est presque fait, on fait passer dans la lampe un courant dont on augmente peu à peu l’intensité jusqu’à ce que le filament ait atteint l’éclat qu’il devra avoir en fonctionnement régulier ; cette opération chasse les gaz condensés par le charbon et dont le dégagement ultérieur aurait pu augmenter inutilement la pression intérieure. Quand on a atteint un vide suffisant, on ferme l’ampoule au chalumeau et on introduit sa base dans une monture en cuivre où on la scelle avec du plâtre ; les fils de cuivre aboutissent à des pièces métalliques destinées à prendre le courant. On laisse généralement dans les lampes une pression un peu inférieure à froid à 1/100 de millimètre de mercure. Il n’y a pas à pousser la raréfaction au delà de cette limite, car l’opération deviendrait plus coûteuse, et un vide trop parfait a l’inconvénient d’accélérer la désagrégation du filament, dont les parti-
- Fig. 485. — Douille à clef Edison (détails) (Compagnie continentale Edison).
- cules enlevées vont noircir l’ampoule, en même temps que la durée de la lampe se trouve abrégée.
- La Compagnie Edison a mis récemment en circulation un certain nombre de nouveaux types de lampes, qui sont destinés à fournir des intensités plus considérables, et dans lesquels
- on a modifié en conséquence la forme, le nombre et la disposition des filaments. La figure -*8-* montre deux de ces nouveaux modèles.
- Montage des lampes Edison. — Les lampes que nous venons de décrire doivent être disposée^ pour pouvoir se placer et s’enlever facileme » afin qu’on puisse les remplacer quand elles so
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- usées. Pour obtenir ce résultat, les supports destinés aux lampes se terminent par une douille en bois M (fig. 485), dont la cavité intérieure porte au fond une plaque de cuivre C communiquant avec l’un des conducteurs ; une monture en cuivre filetée F garnit l’intérieur de la cavité : elle est reliée à l’autre conducteur et isolée de la plaque précédente : d’un autre côté, la lampe est mastiquée à l’aide de plâtre dans un manchon en cuivre E fileté extérieurement, ainsi qu’on le voit sur la figure précédente : la surface latérale de ce manchon communique avec l’une des extrémités du filament, tandis que l’autre bout du charbon est fixé à une rondelle de même métal D scellée au milieu du plâtre, et qui fait saillie à la partie inférieure. Il suffit de visser la lampe jusqu’au fond de la douille pour mettre ces deux pièces métalliques en communication avec les deux parties correspondantes de celle-ci et par suite avec les conducteurs. Lorsque la lampe est usée, il n’y a qu’à l’enlever et en visser une autre à la place.
- Si la douille ne contient pas d’autres pièces, les deux extrémités du filament sont en com-
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- munication permanente avec les conducteurs : il est donc nécessaire d’installer en un point du circuit un interrupteur qui permette d’allumer ou d’éteindre la lampe à volonté, soit seule, soit en même temps qu’un certain nombre d’autres. La douille elle-même peut porter cet interrupteur. Telle est la douille à clef des figures 485 et 486. L’un des conducteurs est
- coupé en un point, et ses deux sections aboutissent à deux pièces isolées et formant une sorte d’entonnoir interrompu. La clef se ter-
- Fig. 487. — Lampe Woodhouse et Rawson.
- par un tronc de cône fendu dont les deux Parties sont maintenues séparées par un res-
- ti°L ' est enfermée dans un
- e contenant un ressort spirale et muni d’une aiIUire hélicoïdale dans laquelle se meut la
- tète d’une vis fixée à la tige de la clef; cette rainure est terminée par un cran d’arrêt. En tournant la vis de gauche à droite, on attire le tronc, de cône, qui vient toucher les deux pièces isolées et fermer le circuit. Quand on tourne de,
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- droite à gauche, le ressort repousse le tronc de cône et le circuit est rompu. La manœuvre est donc identique à celle qu’on fait pour ouvrir ou fermer un robinet de gaz. La Compagnie Édi-son construit aussi des modèles plus récents dont le principe est le même, mais qui sont moins volumineux.
- Lampe Woodhouse et Raivson. — Nous avons cru devoir décrire avec quelques détails la fabrication et la disposition des lampes Édison, qui forment un des types les plus employés. Il existe beaucoup d’autres systèmes qui réalisent aussi les conditions nécessaires à un fonctionnement régulier et qui diffèrent du précédent par l’origine du filament et par certains détails de fabrication qui sont parfois tenus secrets. Nous ne pouvons songer même à énumérer tous ces modèles, mais nous allons indiquer quelques-uns des principaux.
- Les lampes Woodhouse et Rawson, qui sont d’un emploi fréquent en Angleterre, présentent un filament à peu près de même forme que celui des lampes Édison, mais dont l’origine et le mode de préparation sont tenus secrets (fig. 487). Le montage se fait au moyen d’une substance particulière, la vitrite, dont la composition est également inconnue, et qui constitue un isolant dur et inattaquable, fusible à une température élevée.
- L’extrémité inférieure du globe est fixée au moyen d’un ciment spécial dans une capsule cylindrique en vitrite, qui entre à baïonnette dans une douille en laiton et y pénètre jusqu’au fond, au-dessous de la déchirure figurée sur le dessin. Dans la capsule sont encastrées deux pièces en laiton percées chacune d’un trou où s’engage un des fils de platine de la lampe, le contact étant assuré au moyen d’un amalgame particulier. La douille en laiton est montée elle-même sur une embase en vitrite que traversent deux conducteurs aboutissant aux colonnettes A et B. Celles-ci font ressort et assurent, lorsque la capsule est introduite dans la douille, un excellent contact avec les pièces métalliques, auxquelles aboutissent les fils de platine.
- Quelquefois le mouvement à baïonnette est disposé de façon qu’on puisse engager la goupille d’arrêt à droite ou à gauche. Dans l’un des cas, les colonnettes A et B rencontrent les pièces métalliques et le courant passe; dans l’autre, elles touchent le fond en vitrite de la capsule et le courant est interrompu. Cette manœuvre très simple permet donc d’allumer ou d’éteindre la lampe à volonté. La figure montre en outre deux formes de supports à baïonnettes desti-
- j nés à cette lampe. Toutes les parties isolantes I sont en ardoise.
- Lampe Swan. — Les filaments des lampes Swan sont formés de fils de coton tressés et enroulés en un renflement aux extrémités. Après une longue immersion dans l’acide sulfurique étendu, on les recourbe en forme de boucle et on les chauffe à blanc dans un creuset en terre réfractaire rempli de poussier de charbon très fin. Ils sont ensuite fixés à des fils de platine qui se terminent par deux anneaux dans lesquels on engage deux crochets fixés au support. Un ressort à boudin fait pression sur la lampe et empêche les crochets de se dégager (fig. 489).
- Fig. 488. — Lampe Swan (brevets Edison et Swan).
- La figure 488 représente un modèle de lampe Swan.
- Depuis deux ou trois ans ce mode de montage, qui exposait beaucoup à casser les fils de platine, a été abandonné pour la lampe Swan et remplacé par les supports à baïonnette de la figure 489. Celui de droite est muni d’un inter rupteur.
- Les lampes Swan sont fabriquées avec soin
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- et économie, car elles exigent peu de watts pour une intensité donnée.
- Fig. 489. — Douilles pour lampes Swan (Grivolas).
- Les lampes Siemens et Halske utilisent également les fils de coton tressés.
- Lampes Lane-Fox et Maxim. — Dans la lampe
- Fig. 490. — Lampe Lane-Fox.
- ^e^'^0x (flg* 490), le filament est constitué par ces f v!nS c^endent ou de bouleau carbonisé :
- 1 res, nettoyées à la potasse, sont tendues Dictionnaire d’électricité.
- sur un moule en graphite et carbonisées dans un creuset de même substance. On les chauffe ensuite au moyen d’un courant énergique, après les avoir placées dans des globes remplis de benzole; le charbon provenant de la décomposition du carbure vient renforcer les parties les plus minces, qui sont en même temps les plus
- Fig. 491. — Lampe Gérard.
- chaudes. Les filaments, qui ont à peu près la même forme que ceux d’Édison, sont ensuite fixés par leurs extrémités dans de petits cylindres creux de graphite ce, dans lesquels pénètrent par l’autre bout des fils de platine, se terminant dans des renflements en verre aa, pleins de mercure. Au-dessus de ce liquide se trouvent des tampons d’ouate fortement pres-
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- sée, surmontés d’un bloc de plâtre qui clôt la lampe. Ce système n’est pas appliqué en France.
- Il en est de même du système Maxim, qui donne cependant des résultats satisfaisants. Le filament n’est pas recourbé : on le découpe à l’emporte-pièce dans un papier bristol en lui donnant la forme d’un M. On le carbonise légèrement entre deux plaques de fonte, et on l’introduit dans l’ampoule, qu’on remplit de vapeur de gazoline. On fait un vide partiel et l’on chauffe le filament au moyen d’un courant électrique, de manière à décomposer lentement la gazoline, dont le charbon se dépose sur le filament et le renforce. Cette manière de nourrir le charbon, que nous avons déjà indiquée dans le procédé Lane-Fox, est due à M. Maxim et employée par beaucoup de constructeurs. Elle donne aux fils une grande élasticité.
- Lampe Gérard. — Les filaments des lampes Gérard sont formés de coke en poudre mélangé de matières gommeuses, qu’on a comprimé et passé à la filière. On calcine ensuite à l’abri de l’air et l’on soude deux filaments rectilignes par leur partie supérieure, de manière à former unVrenversé (flg. 491). Ces lampes n’ont qu’une résistance assez faible, et exigent par conséquent une intensité assez grande et une faible différence de potentiel. La douille est simple, donne un bon contact et permet de remplacer très facilement les lampes usées.
- Lampe Cruio. — Le filament des lampes Cruto (flg. 492) est formé d’un fil de platine à
- Fig. 492. — Lampe Cruto.
- la Wollaston, qu’on entoure d’une gaine de charbon en le fixant dans une ampoule où circule lentement du bicarbure d’hydrogène. Le
- platine étant alors porté au rouge par un cou rant électrique, il se forme, par une suite de décompositions chimiques, une série de couches concentriques de charbon, formant un filament sensiblement homogène. Un système ingénieux de vérifications électriques permet d’arrêter l’opération au moment précis où le filament a le diamètre voulu. Le charbon est ensuite fixé sur des supports de platine par une soudure due également à la décomposition de l’éthylène
- Lampes Thomson-Houston. — La Thomson-Houston Electric C° a imaginé plusieurs systèmes de lampes à incandescence, pouvant être intercalées dans un même circuit avec des lampes à arc. Nous indiquons plus loin comment se fait le montage (voy. ce mot). Le premier modèle (fig. 493) se fixe au plafond par une rosace portant deux bornes destinées aux fils du circuit et un commutateur pour dériver le courant de la lampe. Les fils traversent la tige pour aller au coupe-circuit destiné à protéger automatiquement la ligne, lorsque le filament se brise par accident, lorsqu’on a oublié de fixer la lampe à son attache ou lorsque le commutateur du plafond n’est pas fermé. Cette dernière manœuvre doit toujours être faite avant de visser la lampe sur la garniture.
- Le second modèle est muni d’un distributeur individuel, consistant en une boîte de laiton qui renferme un électro-aimant placé dans le circuit de la lampe et une bobine de résistance, qui est automatiquement substituée à la lampe dans le cas où le filament vient à se briser. Il faut un distributeur pour chaque lampe. Le modèle ordinaire absorbe 1,25 ampère et donne 20 à 25 bougies. Dans les circuits pour arcs de 1200 bougies (6,8 ampères), ces distributeurs sont placés par groupes de cinq. On porte leur nombre à huit dans les circuits pour arcs de 2000 bougies (10 ampères) (voy. Montage). Chaque distributeur peut être muni d’un commutateur permettant de retirer la lampe du circuit sans affecter le fonctionnement des autres.
- Un modèle spécial peut même être placé directement en tension sur des circuits de lampes à arc. Ce modèle reçoit une monture particulière représentée fig. 494, et qui sert à fermer le circuit automatiquement, soit que la lampe soit enlevée, soit que le filament soit brisé, afin d’éviter l’extinction des autres lampes à arc ou à incandescence placées sur le circuit. P°ur cela, les deux extrémités du filament sont re liées respectivement à la garniture taraudee placée au centre de la base, et à un collier en cuivre qui entoure le bas de l’ampoule. D un
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- autre côté, les conducteurs aboutissent l’un au j massif du support, l’autre à une plaque isolée |
- Fig. 493. —
- raudée de la lampe et un bras A, sur lequel
- — Monture des lampes Thomson-Houston.
- sort^6’ .^0rS(lu ^ n’y a Pas de lb.mpe, le res-relié au massif. Le circuit est ainsi fermé
- au mica, qui surmonte le support. Cette plaque porte une vis qui pénètre dans la garniture ta-
- Thomson-Houston.
- quand il n’y a pas de lampe. Si l’on visse une lampe, le ressort S s’abaisse, le contact avec A est rompu et la lampe peut s’allumer. La plaque isolée porte enfin une équerre B qui s’appuie sur le massif du support, mais en est séparée par une feuille de papier isolant. Si le filament se brise, la différence de potentiel en B est suffisante pour percer le papier et le circuit se trouve rétabli.
- Lampe Heisler. — D’autres inventeurs, notamment MM. Heisler, de Saint-Louis (Missouri), et Bernstein, se fondant sur les dangers résultant des hautes tensions, préconisent l’emploi de lampes peu résistantes, alimentées par des courants de grande intensité et de faible force électromotrice.
- La lampe Heisler (fig. 495), très employée en Amérique, est formée d’un filament en forme de boucle, de faible résistance, donnant une lumière blanche, se rapprochant par sa couleur de celle de l’arc voltaïque. Ces lampes sont
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- très économiques et faciles à installer. M. Heis-ler emploie des courants de 5 ampères ; il suffît donc de prendre un fil de 2 millimètres de diamètre pour l’intérieur et de 3,4 millimètres pour l’extérieur, de sorte que la perte est très faible. Le diamètre des conducteurs est le même quel que soit le nombre des lampes, ce qui simplifie beaucoup l’installation. Toutes les lampes sont montées en série. La figure représente une lampe Heisler disposée pour l’éclairage public. Le support en fer se fixe dans un poteau de bois; les fils qui partent de la lampe passent sur des isolateurs et vont aboutir au conducteur principal, qui est aérien et sou-
- tenu par des isolateurs placés un peu plus haut sur le même poteau.
- Un ferme-circuit automatique est joint à chaque lampe pour l’isoler en cas d’extinction
- Ces lampes donnent une intensité de 13 à 200 bougies.
- Lampe Bernstein. — Cette lampe est aussi à faible résistance (0,7 à 1,4 ohm), et se monte également en série. Le filament est obtenu par la carbonisation d’un ruban creux en soie blanche. Il est fixé à des fils de platine par l’intermédiaire de petites masses d’émail. La figure 496 montre le dernier modèle, renfermant un gros fil de charbon horizontal a.
- Fig. 493. — Lampe Heisler.
- Toutes les lampes étant en série, il faut que, si un filament vient à se rompre, la lampe soit mise immédiatement en court circuit. Pour cela les deux fils qui supportent le filament sont très rapprochés en un point c; en d ils sont entourés d’une matière isolante et reliés par un ressort e, qui tend à les faire. toucher en c. La résistance mécanique du filament a s’oppose à ce mouvement et empêche le contact, tant qu’il est en bon état. A mesure qu’il s’use, l’action du ressort fait rapprocher les deux fils, et le contact se produit dès que le charbon est consumé, mettant la lampe en court circuit.
- Le support est construit de telle façon qu’il faut établir un contact direct avant d’enlever la lampe, et que le contact ne peut pas être rompu ensuite avant qu’on ait replacé une nouvelle
- lampe. Une plaque isolante porte deux douilles métalliques i et ix de section carrée, destinées à recevoir les fils conducteurs de la lampe. Les parois antérieures de ces douilles sont remplacées par des ressorts plats kki. Quand la lampe est dans la douille, elle est maintenue par la pièce m, dont l’extrémité pénètre dans la tige f-Pour enlever la lampe, il faut tourner la pièce m de 90° avec une clef ; cette pièce établit le contact entre les deux douilles et se trouve solidement maintenue par les deux ressorts qn on voit de chaque côté. Ces deux ressorts se trouvent soulevés lorsqu’on introduit une autre lampe, et l’on peut alors ramener la pièce }}i dans sa première position.
- Lampes à incandescence à grande intensité-Les lampes les plus employées sont ce dont l’intensité varie entre 1 et 20 bougies, en
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- particulier les modèles de 8, de 10, de 16 et de 20 bougies. Toutes les autres sont moins usitées. Les lampes à grande intensité, outre qu’elles sont beaucoup plus rarement utiles, ont présenté pendant longtemps l’inconvénient de s’user beaucoup plus vite. On est cependant
- parvenu, depuis quelque temps, à fabriquer des modèles dont l’intensité peut s’élever jusqu’à 100 bougies et qui peuvent par suite rivaliser avec l’arc électrique, sans qu’elles présentent une durée inférieure à celle des lampes ordinaires. Telles sont les lampes Clarke, Chapman
- et Parsons, actuellement employées au théâtre u Châtelet et la <<• Sunbeam Lamp « de MM. °odhouse et Rawson (fig. 497), qui peut don-Qer 200 à 1500 bougies.
- Lampes portatives. — Pour compléter l’énu-e^i°n des divers types d’éclairage électri-e> d nous faut signaler encore des appareils Prenant une lampe à incandescence de
- puissance variable et une source capable de l’actionner pendant un certain temps ; cette source peut être d’ailleurs une pile ou un accumulateur. Ces lampes portatives affectent des formes différentes suivant les divers usages auxquels elles sont destinées.
- Quelques constructeurs fabriquent des lampes de ce genre destinées à l’éclairage des ap-
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- parlements ; elles affectent la forme d’une lampe ordinaire (fig. 498), dont le pied contient la source d’électricité, pile ou accumulateur ; le plus souvent c’est une pile au bichromate. Le socle contient huit compartiments isolés renfermant le liquide : à la partie supérieure est suspendue une plaque isolante portant les zincs et les charbons reliés en tension. Il suffît de faire faire à la clef un certain nombre de tours pour allumer la lampe en plongeant les lames dans le liquide ; on les enfonce plus ou
- moins, afin d’avoir l’intensité voulue. Ces appareils contiennent d’ordinaire 2 à 3 litres de liquide et peuvent servir 4 ou 5 heures. Nous devons déclarer cependant que, malgré leur simplicité apparente, ils ne nous semblent pas fournir une solution pratique de l’éclairage privé, car ils présentent un assez grand nombre d’inconvénients : outre leur prix élevé, la nécessité de changer le liquide tous les jours, le poids des appareils, le danger résultant d’une chute ou d’un renversement, nous pa-
- raissent de trop graves défauts pour qu’on puisse songer à éclairer un appartement par ce procédé.
- Lampes portatives de sûreté. — Si les lampes portatives nous paraissent absolument impropres à un éclairage régulier, il faut ajouter qu’elles conviennent au contraire très bien dans quelques cas particuliers, lorsqu’on n’a besoin de lumière que pendant un temps assez court ou lorsque l’éclairage électrique présente des avantages particuliers. Il se présente chaque jour, même dans les usages domestiques, une foule de cas où il est précieux d’avoir une source de lumière qui n’expose à aucun dan-
- ger d’incendie. Tel est l’avantage des lampes de sûreté de M. Trouvé. La figure 499 représente une lampe qui s’allume spontanément quand on la prend par la poignée. La boîte D contient une pile au bichromate de potasse dont le» plaques de zinc et de charbon sont suspendues au couvercle. Dans la position actuelle, le> plaques plongent dans le liquide et la pile aÇ' tionne la lampe à incandescence, qui est fixee au couvercle G. Le couvercle de la boîte porte une tige verticale qui traverse celle-ci dans toute sa hauteur et se termine au bas par une plaque ronde G. Dès qu’on pose la lampe une table, elle vient s’appuyer sur la plaque *
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- la tige verticale repousse le couvercle, qui remonte jusqu’au haut de l’appareil et fait sortir en même temps les zincs et les charbons du liquide. Dès qu’on saisit l’appareil par la poignée et qu’on le soulève, la plaque G devient libre, le couvercle s’abaisse et les éléments redescendent. Une double enveloppe de cristal et une sorte de lanterne métallique protègent la
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- lampe à incandescence. Une série de tiges métalliques pendent librement autour du cylindre D ; si le vase s’incline d’un côté, il y a toujours une de ces tiges qui vient s’appuyer sur la table et l’empêche de tomber.
- Le modèle représenté par la figure 500 s’allume au contraire quand on le pose sur sa base ou qu’on le suspend à l’aide de la poignée J ou
- la courroie AB, attachées toutes deux sur la ande C, qui forme le haut de la caisse content1 les piles ; si l’on saisit l’appareil ou qu’on accroche par la poignée F qui est fixée au couvercle, celui -ci remonte, les éléments sor-ent ^u liquide et la lampe s’éteint. Cette disposition permet de porter la lampe à la main Pédant un certain temps sans qu’elle s’allume, dè]^Ul n es^ Pas possible avec le premier mo-e- D ailleurs, ce dernier convient plutôt aux
- besoins industriels ; c’est celui qui a été adopté par les sapeurs-pompiers de Paris. Le premier se prête parfaitement aux usages domestiques: il peut remplacer avec avantage les bc/bgeoirs, les lanternes et les petites lampes à essence minérale dont l’emploi est si dangereux : la lampe électrique, au contraire, éclaire beaucoup mieux et donne toute sécurité. Elle est donc d’une utilité incontestable pour la recherche des fuites de gaz et chaque fois qu’on veut
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- LAMPE-TÉMOIN. — LANTERNE MAGIQUE AUTOMATIQUE.
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- pénétrer dans une cave, un grenier ou tout autre lieu pouvant contenir des matières inflammables. Ces lampes peuvent fournir 15 bougies-heure, c’est-à-dire l’intensité de d bougie pendant 15 heures ou de 3 bougies pendant 5 heures.
- La pile au bichromate convient bien aux appareils précédents, qui ne doivent pas fournir de la lumière pendant un temps bien long et dont
- la disposition permet de retirer facilement les éléments du liquide. On peut cependant employer aussi dans les intruments de ce genre des accumulateurs ; la lumière s’obtient alors facilement en touchant un bouton au un commutateur, mais il ne nous semble pas très coin-mode d’avoir à charger des accumulateurs pour un appareil qu’on n’utilise que rarement. La figure 501 représente une lampe de ce genre
- Fig. 500. —- Lampe universelle Trouvé.
- elle est fixée à une courroie que suivent les conducteurs, et alimentée par des accumulateurs contenus dans une sacoche qu’on peut facilement porter en bandoulière.
- Enfin nous indiquons à l’article Éclairage un certain nombre de modèles de lampes destinés à des cas particuliers.
- LAMPE-TÉMOIN. — Lampe à incandescence placée près de la machine ou du tableau de distribution et indiquant par son fonctionne-
- Fig. SOI. — Lanterne électrique portative.
- ment les manœuvres à effectuer pour régulariser le courant.
- LANTERNE ÉLECTRIQUE. — Voy. LampE
- PORTATIVE.
- LANTERNE MAGIQUE AUTOMATIQUE. "
- On donne ce nom à des appareils installés dan? les rues de Paris et dans lesquels on voit de? dessins éclairés à la lumière électrique, l°rs que l’on met dix centimes dans une fente de» tinée à cet usage.
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- LANE (Électrgscope de). — LIGNE.
- Ces colonnes portent, à la partie antérieure, une vitre permettant de regarder ce qui se nasse en dedans? Dans l’état ordinaire on ne voit rien, tant l’intérieur est obscur. Mais, aussitôt que la pièce règlementaire est lancée, un mécanisme fort simple joue, et une lampe à in-candence alimentée par un accumulateur s’allume.
- Si on regarde de nouveau, on voit se dérouler automatiquement une série de photographies éclairées à la lumière électrique et représentant les événements ou les hommes du jour.
- LANE (Électromètre de). — Voy. Bouteille
- de Lane.
- LAPIN. — Terme technique populaire par lequel on désigne une plaque métallique ou voyant qui, dans certaines sonneries, est déclenchée au moment où l’électro-aimant attire son armature et fournit une trace visible de l’appel.
- LARYNGOSCOPE ÉLECTRIQUE. — Le laryngoscope est formé d’un miroir plan, incliné de façon à donner une image virtuelle du larynx, située en face de l’observateur. Pour que cette image soit visible, il faut, à l’aide du même miroir, éclairer fortement l’organe étudié. Dans le laryngoscope électrique de M. Chardin, cet éclairage est produit par une petite lampe à incandescence, placée à une distance variable en avant du miroir (fig. 502).
- LENZ (Loi de). — Voy. Induction. LEVIER-AIGUILLEUR. — Organe du télégraphe multiple de Baudot (Voy. Télégraphe). LICHTENBERG (Figures de). — Voy. Figures, ligature. — Mode de raccordement de deux fils (Voy. Ligne et Conducteur).
- ligne. — Conducteur isolé d’une grande longueur, reliant deux appareils électriques éloignés, par exemple deux postes télégraphiques ou téléphoniques, deux dynamos servant lune de génératrice, l’autre de réceptrice, etc. Les lignes sont aériennes, souterraines ou sous-marines; mais on donne plus plus spécia-euaent ce nom aux conducteurs aériens. Le ecteur trouvera au mot Canalisation ce qui est relatif aux lignes souterraines, au mot Cable concerne les lignes sous-marines, enfin ^Ux ^uots Fil et Conducteur un certain nombre Renseignements généraux.
- -es lignes aériennes sont formées générale-.en fil de fer galvanisé ou de bronze sili-^ont* 0u phosphoreux. Ces derniers métaux P^us conducteurs et permettent de dimi-va T ^ ^^am®tre des fils et aussi d’écarter da-age les supports, ce qui est préférable au
- point de vue de l’économie et de l’isolement. Lorsqu’on fait usage de fils de fer, on emploie des fils de 3 ou 4 millimètres de diamètre pour les petites lignes, et de 5 millimètres pour les lignes plus longues. Dans les montagnes, on se
- Fig. 502. — Laryngoscope électrique de M. Chardin.
- sert de fils d’acier de 5 à 6 millimètres, qui ne suffisent même pas toujours pour empêcher les ruptures occasionnées par la neige. Les fils de 4 millimètres peuvent être remplacés par des fils en bronze silicieux de 2 millimètres.
- Le piquetage de la ligne consiste à déterminer la nature et l’emplacement des divers ap-
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- LIGNE.
- puis. Quand le tracé est arrêté, un des agents principaux se rend sur le terrain, fait mesurer la distance à laisser entre les appuis, et creuser un trou à la place exacte de chacun d’eux. On expédie ensuite le matériel, par chemin de fer, si l’on doit suivre une voie ferrée, par voitures si l’on suit une route. Après ces opérations préliminaires, on plante les poteaux (Voy. ce mot). Les lignes suivent généralement une route ou une voie ferrée. Lorsque la route fait de nombreux lacets, la ligne peut couper en ligne droite, mais cette disposition rend la surveillance et l’entretien plus difficiles. Sous les ponts, les isolateurs se fixent directement à la voûte de pierre. Lorsqu’une voie ferrée
- traverse un tunnel humide, on peut remplacer le fil par un câble ; mais il vaut mieux faire passer le fil à l’extérieur. Sur les voies ferrées les poteaux se plantent à 1,50 m. au moins des rails, sur les talus latéraux, et les fils se fixent à une hauteur minimum de 2 mètres. Cette hauteur est élevée à 3 mètres le long des routes, à 4,50 m. mètres pour la traversée des routes, et à 5 ou 6 mètres dans les villes.
- Les fils de fer sont livrés par l’industrie en couronnes de 60 centimètres de diamètre intérieur, contenant une longueur de fil qui varie, suivant le diamètre du conducteur, entre 160 et 270 mètres. Les couronnes destinées à former une même ligne doivent être raccordées
- soigneusement, de façon que les joints soient solides et n’augmentent pas la résistance électrique. On se sert pour cela, en France, de manchons en fer galvanisé, dont la grosseur est appropriée au diamètre du fil. Les extrémités des deux fils sont introduites dans le manchon, recourbées de part et d’autre à angle droit, et noyées dans la soudure. Ce procédé a l’inconvénient d’exiger un matériel assez encombrant, mais il donne des joints très supérieurs pour la conductibilité à ceux des anciens procédés.
- On fait cependant encore usage,| dans certains pays, delà ligature française, dans laquelle les deux conducteurs sont juxtaposés, puis serrés fortement avec du fil plus fin, appelé fil à ligatures (fig. 503), ou de la torsade, qui consiste à enrouler plusieurs fois chacun des conducteurs autour de l’autre (fig. 504). Ces procédés ne servent plus en France que pour la télégraphie militaire, qui doit naturellement éviter tout matériel encombrant.
- On doit se préoccuper aussi de donner à la
- ligne une tension convenable. En France, on employait autrefois pour cet usage des tendeurs, analogues aux petits treuils employés sous le nom de raidisseurs pour tendre les fils le long des clôtures ou des espaliers. Cette disposition avait l’inconvénient de faire écailler la couche de zinc qui protège le fer, et par suite, de faciliter la production de la rouille, ce qui pouvait donner un mauvais contact. Il a paru préférable de renoncer à ces appareils et d’obtenir la tension directement, soit à la main, soit avec des mâchoires à tendre. On opère ce réglage à peu près tous les 400 m., et, dès qu’il est terminé, on fixe le fil aux isolateurs à l’aide de fil
- à ligatures. On emploie encore les tendeurs dans certains pays ; on en met un par kilomètre.
- Remarquons enfin qu’on doit donner à une série de fils parallèles un'écart suffisant pour qu’ils ne puissent se toucher, et qu’on doit les régler à une tension moyenne, telle qu’ils pulS sent se dilater librement en été et se contracter en hiver.
- MM. Lazare Weiller et Cie, d’Angoulême, lûen connus pour la fabrication du bronze silicieuï, ont exposé en 1889 un matériel très comnro e pour la construction des lignes. Nous citerons un certain nombre des outils qui le compose^
- La pince universelle de M. J.-B. Grief,
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- LIGNE.
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- Vienne, peut servir à une foule d’usages, car elle travaille en
- comme pincé ordinaire à joues lisses.
- 5 comme tenaille pour fils faibles ;
- c comme pince tranchante pour gros fils ;
- d comme pince pour tendre le fil à l’aide de l'anneau ;
- e comme clef servant à visser et dévisser les tiges d’isolateurs, comme clef à écrous.
- g, comme tourne-vis (deux grandeurs) ;
- h, comme lime (face et côtés).
- La figure 505 montre cette pince dans ses divers usages : dans le premier dessin, un fil est maintenu parla tenaille b; sur le second, un fil est serré dans la clef e et un écrou dans la clef f; l’anneau est au-dessous ; sur le troisième, le fil est coupé en c. On voit ensuite un fil serré en d, et fixé par une corde qu’on passe autour de lui et de l’anneau de tension, et que l’on tend en l’enroulant autour d’un support. La figure 506 montre une pince tranchante à cou raccourci, imaginée par M. Pacher, et qui permet de couper sans effort des fils très gros.
- Fig. 505. — Pince universelle de Grief.
- La première pince est représentée au 1/3 et la seconde au 1/5 de la grandeur naturelle.
- Le tendeur dynamométrique Hœnigshmidt (%. 307) sert à donner exactement aux fils le degré de tension nécessaire pour la pose. Le Ll, serré entre deux mâchoires qu’on voit en c°upe sur la gauche, est tendu par la corde ab, Çui passe sur une petite poulie placée près de a poignée. Les articulations de la branche mo-lle sont disposées de sorte que le fil se trouve Seiréde plus en plus, à mesure que la tension ^gnaente. La figure montre encore deux modi-lcations l’appareil ; dans la dernière la ten-P0n est produite par une courroie à boucle. . ln> si l’on veut mesurer exactement la ten-u°ü donnée au fil, tension qui ne doit pas dé-
- passer le cinquième ouïe quart de la charge de rupture, on emploie le modèle (fig. 508;, qui est muni d’une graduation.
- L’appareil suivant, imaginé aussi par M. Grief (fig. 509), permet de raccorder facilement deux fils; c’est une fourche à ressort dont chaque branche est munie d’une pince s’ouvrant parallèlement à l’aide d’une vis à oreilles, représentée à part. Cette fourche se fixe sur un poteau ou sur un arbre, avec une corde et une pièce de bois triangulaire. Elle maintient fixes les deux fils pendant qu’on les raccorde; elle évite toute flexion et torsion nuisibles, et permet d’obtenir un joint très solide. La figure 510 montre le mode d’emploi de ce petit appareil, pendant la confection des joints.
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- LIGNE.
- Les fils sont raccordés par torsion ou à l’aide d’un manchon suivant leur grosseur.
- Lignes télégraphiques militaires. — Ces lignes
- doivent être construites vite et économique, ment. On les établit en ligne droite et en choisissant le terrain qui offre le plus de sup-
- ports naturels. Le conducteur pouvant être parfois abandonné sur le sol, on se sert ordinairement de câbles à sept brins de cuivre de 0,4 mm., tordus ensemble et noyés dans la
- gutta-percha; le tout est recouvert d’une enveloppe formée de cordelettes trempées dans le goudron. Ce câble est enroulé sur des bobines à joues de tôle, qu’on place par deux sur un
- Fig. 508. — Tendeur dynamométrique.
- axe en fer à l’arrière des voitures de service télégraphique militaire. Le câble se déroule par son poids. Dans les endroits impraticables aux voitures, on se sert d’une brouette en fer pesant 60 kilogr. (fig. olf).
- Quand on ne rencontre pas de supports na turels, on se sert de perches doubles ou tripleS’ formées de tubes en fer rentrant les uns dan» les autres, et se fixant au moyen de collier5 de vis de serrage. L’extrémité supérieure p°
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- Fig. 510. — Emploi de la fourche à ressort.
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- 446 LIGNE AGONIQUE. — LOCOMOTIVE ÉLECTRIQUE.
- un isolateur (Voy. ce mot) en ébonite, qui n’est pas indispensable [si l’on se sert de câbles isolés, mais qui permet de les fixer plus rapidement et d’une façon plus solide.
- La télégraphie militaire fait aussi usage de lignes souterraines construites d’avance. \ l’exemple de l’Allemagne, un certain nombre de ces lignes ont été établies depuis 1880 (V0y.
- a cf
- aj
- Fig. 511. — Brouette à dérouler les câbles.
- colonel Gnn,YÉlectricité appliquée à Vart militaire).
- LIGNE AGONIQUE, ISOCLINE, IS0G0NI-QUE, etc. — Voy. Agonique, Isocline, etc.
- LIGNE DE FOI. — Droite tracée sur une boussole (Voy. ce mot) et indiquant la direction de l’axe du navire.
- LIGNE DE FORCE. — Voy. Champ et Force.
- LIGNE NEUTRE. — Voy. Aimant et Influence
- ÉLECTRIQUE.
- LIGNE TÉLÉGRAPHIQUE ou TÉLÉPHONIQUE. — Voy. Ligne, Télégraphe et Téléphone.
- LOBE ÉLECTRIQUE. — Matteucci désigne ainsi, chez les poissons électriques, le lobe postérieur du cerveau, dont l’excitation produit des décharges.
- LOCAL. — Cet adjectif sert à désigner un circuit de petites dimensions ou une pile placés en un point, par opposition à un circuit beaucoup plus étendu ou à la pile qui envoie un courant dans ce circuit. En télégraphie, transmettre ou recevoir en local, signifie relier directement le récepteur, le manipulateur et la pile du même poste, en les séparant de la ligne, et en transmettant du manipulateur au récepteur de ce même poste ; cette disposition sert à rechercher les dérangements.
- LOCH ÉLECTRIQUE. — Les lochs électriques sont des compteurs de tours actionnés par une hélice ou un moulinet. Le loch deM. Le Goarant de Tromelin est formé d’une hélice dont l’axe porte une languette de cuivre, qui vient, à chaque révolution, rencontrer un fil métallique, et fermer un circuit contenant une pile et un
- compteur analogue au récepteur des télégraphes à cadran. Les deux fils isolés qui constituent le circuit sont contenus dans le câble qui soutient l’appareil. Il n’est pas nécessaire que l’interrupteur soit enfermé dans une boîte parfaitement étanche ; lorsqu’il est au contact de l’eau, il existe encore, suivant que le circuit est fermé par l’eau ou par les pièces métalliques, une différence d’intensité suffisante pour assurer le fonctionnement de l’appareil.
- Dans le loch de M. Fleuriais, l’hélice est remplacée par un moulinet analogue à celui de Robinson.
- On détermine par des expériences préliminaires la relation entre le nombre de tours et la vitesse du navire.
- LOCOMOBILE A LUMIÈRE. — Appareil servant à l’éclairage (Voy. ce mot) des opérations militaires, agricoles, etc., et à la production des signaux de télégraphie optique.
- LOCOMOTIVE ÉLECTRIQUE. — Il est évident qu’on peut actionner une locomotive a l’aide d’un moteur électrique, qui recevra le courant, soit d’accumulateurs placés sur la locomotive elle-même, soit d’une dynamo placée en un point de la ligne ; dans ce dernier cas, les conducteurs qui amènent le courant peuvent être disposés de diverses manières. En réalité, les locomotives électriques actuellement service ne desservent que des lignes de qu quès kilomètres ; ce sont plutôt des tramua} que des chemins de fer ; nous les renverrons donc au mot Tramway.
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- LOIS ÉLECTRIQUES ET MAGNÉTIQUES. — LUMIÈRE (Théorie de la).
- Marcel Deprez et Maurice Leblanc ont combiné, pour le chemin de fer métropolitain paris, un projet de locomotive électrique devant donner une vitesse de 30 kilomètres à l'heure (arrêts et démarrage compris), la ligne pouvant comporter des courbes de 150 m. de rayon et des rampes de 0,02 m. par mètre. Le moteur pèse 13 tonnes et communique directement son mouvement aux roues par une bielle. Des roues électro-magnétiques augmentent l’adhérence sur les rails. Le courant serait produit par des dynamos de 5000 volts et envoyé aux locomotives par des conducteurs de 13,2 millimètres carrés de section. En supposant une distance maxima de 15 kilomètres, le rendement serait de 50 p. 100.
- Les Rhode Island Locomotive Works ont construit en 1887 une locomotive électrique à six roues de 1,75 m. de diamètre, munie de deux moteurs accouplés d’une puissance de 670 chevaux. Elle est établie pour la même largeur de voie que les locomotives ordinaires. C’est la plus grande locomotive électrique existant actuellement.
- LOIS ÉLECTRIQUES ET MAGNÉTIQUES. —
- Les énoncés des principales lois de l’électricité et du magnétisme sont joints à l’étude des phé-nonomènes auxquels elles se rapportent. Ainsi le lecteur trouvera les lois de Coulomb au mot Actions, celles d’Ohm au mot Courant, celles de Kirchhoff au mot Courants dérivés, celle de Faraday au mot Électrolyse, etc.
- LONGUEUR RÉDUITE. — On nomme longueur réduite d’un conducteur, homogène ou non, la longueur d’un fil type, de nature et de section bien déterminées, qui aurait exactement la même résistance que ce conducteur. On prend souvent le fil type de section 1. Si k est sa résistance spécifique, la longueur réduite l dun conducteur hétérogène comprenant des fils de longueur l2, l3, ayant des sections su $o, s3, et des résistances spécifiques Aq, A2, A2 sera donné par
- k^k^-L + k./j- + A3- + U% Ss
- LUEUR électrique. — On donne ce nom a 1 une des formes de la décharge disruptive, ^elle qui se produit dans les gaz raréfiés. La eur semble toujours partir du pôle positif ; le Pdle négatif est entouré d’une auréole violette,
- suivie d’un espace plus obscur. Dans l’hydro-gène et les gaz combustibles, les lueurs présentent des stratifications (Yoy. ce mot). Au spec-troscope, les lueurs présentent seulement les raies du gaz porté à l’incandescence et non celles du métal ou des métaux qui forment les électrodes, comme cela a lieu pour l’étincelle.
- LUMIÈRE ÉLECTRIQUE. — La lumière électrique peut être produite par un conducteur de petit diamètre porté à une haute température (incandescence) ou par l’arc voltaïque. On trouvera à ces deux mots les notions générales, au mot Lampe la description des principaux modèles de lampes à arc et de lampes à incandescence, et au mot Éclairage les principales applications. Les autres se trouvent à leur ordre alphabétique.
- LUMIÈRE (Théorie électro-magnétique de la). — Théorie imaginée par Clerk Maxwell et d’après laquelle :
- L’induction électro-magnétique se propage à travers l’espace par les déformations ou vibrations du même éther qui transmet les vibrations lumineuses : en d’autres termes, la lumière n’est qu’un ébranlement électro-magnétique.
- Différentes vérifications expérimentales appuient cette théorie. Ainsi les vitesses dans l’air de la lumière et de l’induction électro-magnétique sont sensiblement égales. Une autre vérification consisterait dans ce fait que l’indice de réfraction d’un milieu transparent serait égal à la racine carrée de son pouvoir inducteur spécifique. Sur ce point, l’accord n’est pas encore parfaitement satisfaisant, ce qui tient peut-être à ce que les valeurs des pouvoirs inducteurs ne sont pas déterminées avec une précision suffisante.
- « L’accord observé est assez complet pour nous donner bon espoir que, quelque jour, les discordances seront expliquées et éliminées ; en attendant, l’accord complet des vitesses de la lumière et de l’induction électro-magnétique dans l’air et dans les gaz, et les nombreuses relations directes qui existent entre la lumière et l’électricité ne nous laissent guère douter qu’il n’y ait entre ces agents un lien étroit, et que leurs effets ne soient que deux formes de cette énergie commune, de nature inconnue, qui se retrouve certainement sous tous les phénomènes physiques. » (Gordon, Traité d’électricité.)
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- 448 MACHINE A BATTRE ÉLECTRIQUE. — MACHINE A COUDRE ÉLECTRIQUE.
- M
- MACHINE A BATTRE ÉLECTRIQUE. — Application de la transmission de l’énergie, faite à Chassart, près Fleurus (Hainaut) en 1889, chez MM. Dumont. La source d’électricité consistait en une dynamo placée dans l’un des vastes bâtiments de l’usine agricole de Chassart, qui comprend sucrerie, distillerie, etc., et commandée par une machine horizontale du système Hoyos. Un fil de cuivre de 6 millimètres de diamètre, recouvert d’un enduit isolant et placé sur des poteaux, amenait le courant à la
- dynamo réceptrice, située en pleine campagne, à 800 mètres des bâtiments, et qui actionnait une machine à battre à grand travail de Ran-somes et Cie, à laquelle elle était reliée par une courroie sans fin. La génératrice absorbait environ 16 chevaux-vapeur et en transmettait 10 à la réceptrice.
- MACHINE A COUDRE ÉLECTRIQUE. — Machine à coudre mue par un moteur électrique (application de la transmission de l’énergie). Le modèle représenté (fig. 512) est formé
- Fig. 512. — Machine à coudre électrique.
- d’une machine à coudre ordinaire, d’un système quelconque, actionnée par un petit moteur électrique, placé au-dessous de la table, de manière à ne pas gêner la mécanicienne. Ce moteur, qui est relié avec la source électrique,
- transmet le mouvement, par une courroie en cuir, à l’axe de la machine. Un régulateur, assujetti également sous la table, et enferme, comme l’électromoteur, dans une caisse en bois, permet d’adapter la machine aux divers
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- oenres de travaux, et lui donne une rapidité nier veilleuse. C’est la pédale qui sert d’interrupteur : la mécanicienne tient le pied appuyé sur cette pièce, et met la machine en marche ou l’arrête instantanément en enfonçant un peu la pointe du pied ou en abaissant le talon. Comme nous l’avons dit, cette disposition peut s’adapter à une machine quelconque sans lui faire subir aucun changement.
- MACHINE D’INDUCTION. — Machine produisant des courants induits par le déplacement de bobines dans un champ magnétique. Les appareils qui produisent ces courants par variation du champ magnétique sont appelés
- bobines d’induction (Voy. ce mot). Les machines d’induction transforment en électricité l’énergie dépensée pour faire tourner l’induit malgré les forces électriques ; elles sont réversibles.
- Les machines d’induction comprennent toujours un inducteur, destiné à produire le champ magnétique, un induit, qui tourne dans ce champ et dans lequel se produit le courant utilisé, un collecteur, qui recueille les courants induits, et les redresse si c’est nécessaire. Les unes donnent des courants alternatifs,les autres un courant continu.
- On nomme machines magnéto-électriques celles
- Fig. 513. — Machine de Clarke.
- dont le champ est produit par des aimants permanents, machines dynamo-électriques celles dans lesquelles il est dû à un ou plusieurs électro-aimants.
- Machines magnéto-électriques. — La pre-miere machine magnéto-électrique, imaginée Par Pixii en 1832, fut bientôt remplacée par Celle de Saxton, qui en diffère en ce que l’aidant est fixe et la bobine mobile, contraire-nient à ce qui avait lieu dans la première, et 1Ul fut bientôt perfectionnée par Clarke. ^lachine de Clarke. — La machine de Clarke &• o 13) se compose d’un aimant en forme d’U ^ ac® verticalement, devant les pôles duquel Ux bobines accouplées tournent autour d’un axe horizontal.
- Dictionnaire d’électricité.
- Considérons l’une des deux bobines B (flg. 514) pendant une rotation entière. Quand elle est devant le pôle a, son noyau de fer doux est aimanté et présente un pôle sud du côté de l’aimant; il peut donc être assimilé à un solénoïde dont le courant tournerait de droite à gauche. Si la bobine s’éloigne de a, l’intensité magnétique de son noyau diminue, ce qui produit dans le fil un courant induit direct et tournant par conséquent de droite à gauche.
- La rotation continuant, le noyau de fer doux se désaimante lorsqu’il est à égale distance des pôles a et b, et s’aimante ensuite en sens contraire ; mais, l’intensité magnétique allant en croissant, le courant induit est inverse ; il n’a
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- donc pas changé de sens (seconde position). Quand la bobine B passe devant le pôle b, son aimantation devient maximum et diminue en-
- Fig. 514. — Théorie de la machine de Clarke.
- suite ; le courant induit change donc de sens, comme le montre le troisième dessin, et il conserve ce sens (quatrième position) jusqu’en a. On verrait de même qu’il change de sens en ce point.
- Le courant change donc de sens à chaque demi-tour, lorsque la bobine traverse la ligne ab. Mais l’appareil porte deux bobines qui tournent ensemble autour du centre, de sorte qu’il s’en trouve toujours une au-dessus de la ligne cib et l’autre au-dessous : elles sont donc toujours le siège de deux courants contraires.
- Pour recueillir ces courants, leurs fils sont enroulés en sens contraires et réunis par leurs extrémités : on peut donc comparer les bobines à deux éléments de pile associés par les pôles de même nom, mais chaque pôle changeant de signe à chaque demi-révolution.
- La machine de Clarke fournit donc des courants alternatifs. Il est souvent utile de les redresser, ce qui se fait à l’aide d’un commutateur (fig. 51 a) : l’axe de rotation des bobines porte sur son prolongement un cylindre isolant J
- entouré par deux demi-anneaux oo' communiquant chacun avec l’un des pôles des bobines Chacun de ces demi-anneaux représente donc successivement le pôle positif pendant un demi-tour et le pôle négatif pendant le même temps. De chaque côté sont fixés deux ressorts bc (fig. 513), qui s’appuient sur les demi-anneaux et communiquent alternativement avec chacun d’eux pendant une demi-révolution. Les demi-anneaux sont disposés de telle sorte que chacun d’eux abandonne un ressort pour venir toucher l’autre au moment même où le courant change de sens : il en résulte que chacun des ressorts garde toujours le même signe et qu’il suffit de les réunir par des rhéophores pour obtenir un courant redressé et continu. Le ressort b représentera par exemple le pôle positif et e le pôle négatif. Les rhéophores se fixent à l’extrémité des plaques de cuivre mn.
- On peut recueillir en même temps l’extra-courant au moyen de deux pièces métalliques i communiquant avec les deux demi-viroles, et placées sur un même diamètre du commutateur. L’une de ces pièces se voit (fig. 515). Un troisième ressort a (fig. 513) est rencontré successivement
- Fig. 515. — Commutateur.
- par chacune de ces pièces au moment où Ie courant induit a son maximum d’inten Il se forme alors un court circuit méta t? ^ o'bianco, et l’observateur qui tient les p gnées PP reçoit l’extra-courant de rupture-
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- Pour les effets calorifiques et lumineux, on remplace la bobine à fil long par une autre à fil gros et court-
- Machine de l'Alliance. — La machine de Clarke n’a jamais eu d’applications industrielles, mais on a construit sur le même principe un certain nombre de machines plus puissantes. Telle est la machine de l’Alliance, imaginée par Nollet en 1850, et perfectionnée par Yan Malderen. Huit faisceaux aimantés sont disposés en un cercle vertical, les pôles vers le centre (fig. 516) ; entre ces pôles tourne un plateau portant à sa circonférence huit couples de bobines analogues à celles, de la machine de Clarke. On
- peut augmenter la puissance en plaçant parallèlement un certain nombre de couronnes d’aimants, et en employant un nombre égal de plateaux garnis de bobines. Les bobines d’un même plateau sont montées en série ; celles des différents plateaux peuvent être réunies en série ou en quantité. Le courant change de sens chaque fois qu’une bobine passe devant un pôle, c’est-à-dire seize fois par tour, ce qui, à raison de 400 tours par minute, fait plus de 100 inversions par seconde. A l’origine un commutateur redressait tous ces courants; comme il s’usait rapidement par les étincelles, on le supprima.
- Fig. 516. — Machine de l’Alliance.
- La machine de l’Alliance a été employée la première à l’éclairage des phares ; les premiers Phares électriques furent ceux de la Hève (1863) ; Hle fat appliquée également au cap Gris-Nez, ailx phares de Cronstadt, d’Odessa, etc. Elle ne Se construit plus -aujourd’hui.
- La machine de Holmes, employée au phare he South-Foreland, est analogue à celle de 1 Alliance.
- Machine de Siemens. — En 1854, M. Siemens °nna à l’induit des machines magnéto-électri-lues une forme qui permet d’obtenir des effets s intenses et qui a été appliquée depuis à un ^rand nombre de machines.
- e noyau de l’induit est un cylindre de fei - > evide parallèlement à l’axe, de sorte que
- la section présente la forme d’un double T (fig. 517). Le fil est enroulé longitudinalement dans ces deux gorges, et recouvert de feuilles de laiton. Le tout forme un cylindre qui tourne entre les pôles d’une série d’aimants en U placés parallèlement. Ces pôles sont fixés à une série de pièces de fer doux SN, alésées de manière à embrasser très étroitement la bobine. Celle-ci se. trouve donc placée dans un champ magnétique très intense, et les fils coupent les lignes de force à angle droit sur une grande partie de leur parcours, ce qui donne le maximum d’effet. Les portions cylindriques de fer doux forment deux pôles longitudinaux qui changent de signe à chaque demi-révolution. Le courant change de sens chaque fois que ces pièces
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- passent devant les pôles NS. La machine donne donc, comme celle de Clarke, des courants
- Fig. 517. — Armature de Siemens.
- alternatifs. On peut les recueillir à l’aide de deux ressorts frottant l’un sur l’axe O, auquel est soudée l’une des extrémités du fil, l’autre
- sur une bague métallique isolée et reliée à l’autre extrémité. On peut aussi les redresser à l’aide d’un commutateur analogue à celui de la machine de Clarke.
- Machine de Gramme. —M. Gramme a imaginé en 1870 une forme de bobine qui est appliquée également dans ses machines dynamo-électriques. Supposons qu’on place entre les pôles AB d’un aimant (flg. 518) un anneau de fer doux immobile, il s’aimantera par influence et prendra un pôle sud en d et un pôle nord en o. Il est donc assimilable à deux solénoïdes demi-circulaires réunis en a et d par leurs pôles de même nom.
- Supposons de plus qu’on enroule autour de cet anneau une petite bobine et qu’on la fasse glisser dans le sens des flèches. Quand elle va de a en d, elle parcourt une moitié de l’anneau, dans laquelle le sens de l’aimantation ne change pas; mais, dans la première moitié de ce trajet, elle s’éloigne d’un pôle et donne par conséquent un courant direct; dans la seconde moitié, elle s’approche de l’autre pôle et donne par suite un courant inverse. Le courant induit s’annule donc et change de sens quand la bobine est à égale distance de a et de d. Au contraire, il n’y a pas de changement quand la bobine passe en d : en effet, le courant induit, qui était inverse, devient direct, mais l’aimantation a changé de sens : le courant garde donc la même direction. Dans l’anneau de Gramme, la ligne de commutation est donc perpendiculaire à la ligne AB.
- En réalité, l’anneau de fer doux tourne lui-
- Fig. 518. — Théorie de l’anneau de Gramme. Fig. 519. — Construction de l'anneau de Gramme.
- même autour de son axe, ce qui ne change rien à l’explication, car les pôles a et d se déplacent dans l’anneau et restent fixes dans l’espace. Au lieu d’une seule bobine, il y en a un nombre suffisant pour recouvrir complètement l’anneau
- (fig. 519 et 521 ) : elles forment un circuit continu et fermé, que le diamiètre vertical partage chaque instant en deux moitiés parcourues P des courants de sens contraires. L’anneau donc assimilable à deux éléments de pile re
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- par les pôles de même nom ; il suffit de fixer les rhéophores suivant le diamètre vertical pour obtenir un courant continu.
- Pour recueillir ce courant, on a disposé sur l'axe de rotation, qui est isolant, une enveloppe métallique, partagée, suivant des génératrices, en autant de touches séparées qu’il y a de bobines. A chaque touche aboutissent la fin d’une bobine et le commencement de la suivante. Sur ce collecteur (fig. 520) frottent, suivant le diamètre vertical, deux balais horizontaux qui prennent le courant. En réalité, ces balais doivent être inclinés d’un certain angle dans le sens de la rotation. Voy. Balais (Calage des). La figure 519 montre une bobine inachevée avec son collecteur R. L’anneau est formé de cercles en fil de fer isolés, pour éviter les courants de Foucault.
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- Dans la machine magnéto-électrique de
- Fig. 520. — Collecteur de la machine Gramme.
- Gramme (fig. 521), l’anneau que nous venons
- Fig. 321. — Machine magnéto-électrique de Gramme.
- ^ décrire tourne entre deux pièces de fer doux j formant les pôles d’un aimant en U. Les bobines ees manière à l’entourer exactement, et | de l’anneau sont recouvertes alternativement
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- de coton clair et foncé. Il y en a trente en général. On emploie un anneau à gros fil pour les effets de quantité et un anneau à fil fin pour les effets de tension : on obtient une rotation très rapide à l’aide de deux roues dentées de diamètres très différents : il vaut mieux encore se servir d’un petit moteur à pédale. La force électromotrice est sensiblement proportionnelle à la vitesse. Cette machine équivaut à 6 ou 8 éléments Bunsen : elle est surtout employée dans les la-
- boratoires, où elle permet d’exécuter toutes les expériences de cours, sauf l’arc voltaïque.
- Machine de Méritens. — La machine magnéto-électrique de M. de Méritens est la seule qu; soit encore employée dans l’industrie. Extérieurement, elle ressemble à la machine de l’Alliance, mais les faisceaux aimantés, au lieu d’agir par leurs faces latérales sur les noyaux des bobines, exercent leur action directement en bout, sur le fer et sur le fil de ces bobines.
- Fig. 522. — Machine de Méritens (modèle des phares).
- 40 aimants permanents sont divisés en 5 séries ; les 8 aimants de chaque série sont disposés en cercle, présentant à l’intérieur des pôles alternativement de noms contraires (fîg. 522). A l’intérieur de chaque cercle tourne un anneau portant 16 bobines, qui se suivent comme celles de l’anneau Gramme, mais sont séparées par des prolongements polaires de forme trapézoïde. Elles sont groupées de la manière suivante : la fin de la première bobine est reliée à la fin de la seconde, le commencement de la seconde au commencement de la troisième,
- la fin de celle-ci à la fin de la quatrième, etc. Lorsqu’une bobine s’approche d’un pôle sud, a suivante s’approche d’un pôle nord : les cou rants produits dans ces deux bobines sont donc de sens contraires, mais ils s’ajoutent grâce mode de jonction que nous venons de décrire-D’ailleurs le courant change de sens dan» cha que bobine lorsqu’elle passe devant un P ’
- la machine donne donc des courants alterna Les 80 bobines dont se compose 1 arma e entière sont partagées en deux circuits, to chacun de 10 groupes réunis en quantité.
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- jeux circuits peuvent être accouplés en quantité 0u en tension. Chaque anneau est composé d’une roue en bronze portant les bobines à sa périphérie. Les noyaux sont formés de lames de fer doux, découpées à l’emporte-pièce. Le collecteur est formé de deux bagues en bronze, montées sur une douille d’ébonite, et sur lesquelles frottent les balais.
- Grâce à la constance du champ magnétique, cette machine donne un courant bien régulier; elle est économique au point de vue de la force
- motrice. Enfin sa construction simple permet de faire très facilement les réparations qui peuvent être nécessaires. Ces raisons la font employer dans les phares de préférence aux dynamos.
- M. de Méritens construit une autre machine plus petite, pour les ateliers et les petites installations industrielles. Cette machine (fig. 523) n’a qu’un seul anneau, et les aimants,rectilignes ou en fer à cheval, sont placés parallèlement à l’axe de rotation, ce qui rend l’appareil moins
- Fig. 523. — Machine de Méritens (petit modèle).
- embarrassant. L’induit tourne en face de la par-he latérale des pôles, qui sont alternés.
- Le même constructeur fabrique aussi des machines magnétos à courant continu, dans lesquelles le champ est produit par des aimants rectilignes, disposés de façon à former un cy-mdre creux, divisé en quatre groupes dont les Pôles alternent (fîg. 524). L’anneau tourne à mtérieur en face des pôles; il est analogue à cÇbh des machines précédentes, mais se rapproche davantage de celui de Gramme. Comme y a deux lignes de commutation rectangu-res>le courant est recueilli par quatre balais, ^ es 6ntre eux faÇ0^ à envoyer le courant
- Sun seul circuit ou dans deux circuits dis-
- nircts.
- Machines magnéto-électriques médicales ou appareils magnéto-faradiques. — Les courants d’induction . employés dans les usages médicaux sont dus à des appareils volta-faradiques (voy. Bobine) ou à de petites machines magnéto-électriques.
- Dans l’appareil de Duchenne (de Boulogne) (fig. 525), comme dans les appareils plus anciens de Dujardin et de Breton, le courant est produit par la rotation d’une armature de fer doux devant les pôles d’un aimant. Les branches de cet aimant sont entourées par deux bobines EE portant chacune deux fils, l’un de 0,5 millimètre de diamètre et de 24 mètres de longueur, l’autre de 1 /6 de millimètre d’épaisseur et de 600 mètres de longueur. L’armature est
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- mise en mouvement par la manivelle M et deux roues reliées par une chaîne sans lin. Les rhéophores se fixent aux bornes P et P', entre
- lesquelles se trouve un commutateur U, quiper. met de recueillir Je courant du gros fil ou du fil f]n suivant le sens dans lequel on tourne le bouton t'
- Fig. 524. — Machine de Méritens à courant continu.
- Dans le circuit du gros fil est intercalé un rhéotome, qui permet de le rompre deux ou quatre fois par tour. C’est un cylindre de bois B
- monté sur l’arbre qui porte l’armature et tournant avec elle; il est entouré d’une virole de cuivre portant quatre dents également espacées,
- Fig. 525. — Appareil magnéto-faradique de Duchenne (de Boulogne).
- dont deux plus courtes que les autres. Les extrémités du fil sont reliées à deux ressorts, dont l’un s’appuie sur la partie pleine de la virole et l’autre sur les dents. En déplaçant ce
- dernier, on peut faire qu’il rencontre les <Iua^ dents ou seulement les deux plus longues dispositif spécial permet en outre de reçue les extra-courants.
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- Quant, au fil fin, le courant qui y prend naissance est dû aux variations d’intensité magnétique de l’aimant' et aux interruptions qui se produisent dans le gros fil.
- On peut graduer les effets en éloignant de ]?aimant la plaque G qui porte l’armature, au moyen d’une vis de rappel, ou bien en faisant hisser à l’aide de la tige R les manchons en cuivre HH, qui peuvent recouvrir les bobines sur une longueur plus ou moins grande.
- Cet appareil est un peu compliqué, mais il est remarquable par les moyens qu’il fournit à l’opérateur pour faire varier la grandeur des effets produits.
- On fait souvent usage d’appareils portatifs. Xous citerons l’appareil Gaiffe (fig. 526), qui ajoute aux organes essentiels de la machine
- de Clarke une disposition analogue à celle des appareils précédents : outre les bobines mobiles, à noyaux de fer doux, que l’opérateur fait tourner devant l’aimant, d’autres bobines entourent les pôles de celui-ci. Les courants qui prennent naissance dans ces quatre bobines sont recueillis et redressés par un commutateur qui les envoie, toujours dirigés dans le même sens, à des pièces sur lesquelles on fixe les rhéophores. On règle l’intensité des courants en rapprochant plus ou moins l’aimant des bobines mobiles à l’aide d’une vis dont la tête se voit à l’extérieur de la boîte, entre les points d’attache des deux rhéophores.
- Machines dynamo-électriques. — Ces machines diffèrent des magnétos en ce que le champ magnétique est dû à des électro-aimants.
- Ce procédé a l’avantage de pouvoir fournir un champ beaucoup plus puissant.
- Excitation. — Les dynamos peuvent différer parle mode d’excitation des électros. Lorsque ceux-ci reçoivent le courant d’une petite machine séparée, la dynamo est dite à excitation indépendante. Cette disposition est surtout utilisée dans les machines à courants alternatifs. Lorsque la machine fournit elle-même le courant aux électros, elle est dite auto-excitatrice. Dans cas l’excitation peut se faire en série ou en Ovation. Les avantages de ces différents sys-“tes sont exposés au mot Excitation. Les Machines auto-excitatrices ne pourraient pas * amorcer si le fer des électros était absolument Ux : le magnétisme rémanent suffit pour com-eHcer l’excitation.
- üinision des machines au point de vue du COU-ram n r
- • ~~ Certaines machines, par exemple
- celles qui sont munies d’un anneau Gramme, donnent un courant dont le sens ne change pas et dont l’intensité ne subit pas de grandes variations, à cause de la parfaite symétrie de l’induit. Ce sont les dynamos à courant continu.
- D’autres machines portent au contraire un certain nombre de bobines distinctes, dans lesquelles le courant change de sens, en s’annulant, un certain nombre de fois par tour, comme nous l’avons vu dans la machine de Clarke. Tantôt on fait usage d’un commutateur qui recueille tous ces courants et les dirige dans Je même sens (machines à courants redressés) ; tantôt au contraire on utilise ces courants tels qu’ils se produisent (machines à courants alternatifs). Il peut y avoir dans ces machines jusqu’à 30,000 inversions par seconde.
- Machines à inducteurs mobiles. — Il existe un certain nombre de machines dans lesquelles
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- l’induit est fixe et l’inducteur mobile. On évite ainsi l’emploi des collecteurs et des balais ; mais la disposition paraît moins commode. On pourrait encore donner à l’induit et à l’inducteur des rotations de sens contraires, ce qui permettrait de diminuer la vitesse. Enfin l’on a essayé aussi de faire tourner seulement le noyau de l’induit, la bobine et l’inducteur restant fixes, ce qui supprime encore lés balais et les collecteurs.
- Force électromotrice des dynamos. — La force électromotrice des machines d’induction est
- Fig. 527. -- Armature en anneau (type Gramme).
- cher que les aimants ordinaires, et ils n’ont pas besoin, comme ceux-ci, d’être réaimantés de temps en temps.
- Le noyau des électro-aimants doit être en fer aussi doux que possible. La fonte peut servir aussi : elle subit moins que le fer les effets des petites variations de vitesse de la machine, mais, comme elle est moins magnétique, il faut donner aux électros un plus grand volume.
- Les pôles doivent entourer l’induit aussi complètement que possible, pour donner un champ plus uniforme. Ils doivent être formés de lames superposées et isolées les unes des autres, afin d’éviter les courants de Foucault.
- Sir W. Thomson a calculé la résistance qu’il
- proportionnelle à l’intensité du champ ma»né tique et à la longueur du fil induit; elle augmente avec la vitesse.
- Construction des inducteurs. — Les électroaimants ont l’inconvénient d’absorber une partie du courant, mais ce défaut est compensé par plusieurs avantages. Ils permettent d’augmenter l’intensité du champ et par suite la force électromotrice, et de faire varier cette intensité, de sorte qu’on peut proportionner le courant à la puissance nécessaire sur le circuit extérieur En outre ils coûtent, à puissance égale, moins
- O
- Fig. 528. — Armature en cylindre (type Siemens).
- convient de donner aux bobines des électros. Dans les dynamos excitées en série, la résistance de l’inducteur doit être un peu inférieure à celle de l’induit ; le rapport 2/3 convient bien. D’ailleurs ces deux résistances doivent être faibles par rapport à celle du circuit extérieur. Au contraire, dans les machines excitées en dérivation, la résistance des électros doit être au moins 324 fois plus grande que celle de 1 in^ duit, et le produit de ces deux résistances-doit être égal au carré de la résistance exte rieure. .
- Construction de l'induit. — Le fil induit doi être long, pour augmenter la force électro^ motrice; mais, pour qu’il n’occupe pas trop
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- place, il faut aussi qu’il soit fin, ce qui a l’inconvénient d’augmenter sa résistance. On y remédie en se servant de cuivre aussi pur que possible. On doit éviter qu’il y ait des parties du fil non soumises à l’action du champ et formant des résistances inutiles. Il faut aussi laisser circuler l’air autour de l’induit, pour l'empêcher de s’échauffer outre mesure. On doit enfin composer le noyau de lames ou de fils isolés, parallèles à la direction du mouvement, afin d’éviter les courants de Foucault.
- Les armatures des dynamos peuvent être divisées en quatre classes :
- 1° Les armatures en anneau, dont les bobines sont enroulées sur un anneau mobile autour de son axe (machines Gramme, Schückert,
- Brush, etc.); le fil entoure alors le noyau à l’intérieur et à l’extérieur (fig. 527).
- 2° Les armatures en cylindre, dont les bobines sont enroulées longitudinalement sur un cylindre tournant autour de son axe (machines Siemens, Edison, Weston, etc.); dans cette disposition, le fil n’entoure que la partie extérieure du noyau (fig. 528).
- 3° Les armatures à pôles, dont les bobines sont enroulées sur des pôles séparés et disposés en cercle (machines Loutin, Niaudet, Wallace Farmer, Gérard, etc.).
- 4° Les armatures à disque (machines Fer-ranti, Desroziers).
- Influence de la vitesse. — Lorsque le champ magnétique est constant, comme dans une ma-
- Fig. 529. — Réversibilité des machines d’induction.
- gnéto ou dans une dynamo à excitation indépendante, la force électromotrice est sensiblement proportionnelle à la vitesse ; cette proportionalité a été en effet vérifiée jusqu’à 3000 tours. Dans les machines auto-excitatrices, toute augmentation de vitesse accroît l’intensité du
- champ magnétique, ce qui produit une nouvelle egmentation de force électromotrice. Celle-ci evrait donc être sensiblement proportionnelle au carré de la vitesse. Cette proportionnalité , Peut exister que si le fer doux des électros est pas trop voisin de son point de satura-n i d autres actions perturbatrices contri-Uent aussi à l’altérer.
- p a Vltesse doit être absolument uniforme, si fai avo*r un cournnt constant. On doit qufe £rande attention à cette nécessité, lors-enfin emp^e ^es moteurs à gaz. Remarquons fin il existe une vitesse minimum au-
- dessous de laquelle la machine ne s’amorce pas (Voy. Caractéristique).
- Machines multipolaires. — Ces machines permettent d’obtenir les mêmes effets, tout en diminuant la vitesse. Au lieu de deux pôles magnétiques, on en emploie un plus grand nombre, et on les dispose deux par deux aux extrémités d’un même diamètre. A chaque tour, les bobines subissent l’action des divers champs ainsi produits. Mais il faut employer autant de balais qu’il y a de champs différents, et la perte d’énergie produite à chaque balai compense en partie les avantages résultant de l’accroissement du nombre des pôles.
- Réversibilité des machines d'induction. — Sauf quelques dynamos à courants alternatifs, les machines d’induction sont réversibles, c’est-à-dire qu’elles transforment indifféremment le travail mécanique en énergie électrique ou
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- celle-ci en travail mécanique. Si l’on fait tourner l’anneau d’une machine Gramme, on obtient un courant; si on lance au contraire un courant dans cet anneau, il se mettra à tourner spontanément. La figure 529 montre cette expérience faite avec une petite machine magnéto de Gramme ; en tournant la machine, on charge un accumulateur; celui-ci donne ensuite un courant qui fait tourner la machine. Cette rotation est une conséquence très simple des lois de l’électrodynamique. Le courant lancé dans la machine d’induction peut être dû à une
- autre dynamo, qui prend le nom de génératrice-la première est appelée réceptrice. C’est là le principe de la transmission de l’énergie à distance.
- Perte d'énergie dans les machines. — Il y a dans toutes les machines une certaine perte d’énergie : elle peut être due en partie aux courants de Foucault, mais surtout aux étincelles qui se produisent toujours au collecteur Les balais touchent toujours plusieurs lames de cet organe, pour éviter les interruptions : il y a donc toujours en ce point au moins une bo-
- Fig. 530. — Machine Gramme (type d'atelier).
- bine mise en court circuit par le balai. Au moment où le court circuit se ferme, les extrémités de la bobine ont une certaine différence de potentiel, d’où résulte une perte d’énergie; la rupture du circuit produit une étincelle. C’est pour cette raison qu’il est. désavantageux d’augmenter le nombre des balais. Dans la pratique on place les balais au point où l’on remarque les étincelles les plus faibles. (Voy. Calage.)
- La perte est plus faible dans les grandes machines, qui permettent de fractionner davantage l’anneau.
- Rendement des machines d'induction. — Voy. Rendement.
- Mesure de la résistance. — Pour connaître la résistance d’une machine, on mesure la résis-
- tance des inducteurs et celle de l’induit parla méthode du pont de Wheatstone. Si l’on veut avoir cette résistance à froid, on opère sur la machine au repos ; pour la mesurer à chaud,, on opère au moment où la machine vient de s ar rêter, avant qu’elle ait eu le temps de se re froidir.
- Mesure de l'intensité et de la force électromoti me-— Pour les machines à courant continu, on -sert d’un ampèremètre, ou l’on mesure la d1 rence de potentiel entre les deux extrénutes d’une résistance connue, intercalée dans le C1 cuit (Voy. Intensité). La force électroin otricej^ calcule en mesurant avec un voltmètre ou électromètre la différence de potentiel aux 0 ^ nés ; connaissant de plus l’intensité et la re»
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- tance R de la machine, on en déduit la force électromotrice, comme nous l’avons indiqué plus haut.
- Les méthodes précédentes ne peuvent s’appliquer aux machines à courants alternatifs. On détermine alors l’intensité en reliant les deux extrémités d’une résistance connue, intercalée dans le circuit, aux deux paires de quadrants d’un électromètre. La déviation étant proportionnelle au carré de la différence de potentiel des deux points choisis, l’appareil n’est pas influencé par les changements de sens du courant. La loi d’Ohm donne ensuite l’intensité.
- La force électromotrice s’obtient par la même méthode.
- Comparaison des machines d'induction avec les piles. — Il est facile de calculer le nombre d’éléments de piles qui équivalent à une machine d’induction, c’est-à-dire qui peuvent donner la même quantité d’énergie. Soient E et R la force électromotrice et la résistance de la machine, e et r celles d’un élément de pile, n leur nombre
- E2 e2 R = n7-
- M. Deprez a trouvé ainsi pour une machine
- Fig. 531. — Machine Gramme (type supérieur).
- Gramme, type d’atelier, faisant 1225 tours par n)mute, et des piles de Bunsen, modèle plat de Guhmkorff
- n = 272.
- Choix, installation et entretien des machines induction. — Tous les modèles de dynamos °nt leurs avantages et leurs inconvénients, qui S0T1t plus ou moins sensibles suivant les cir-
- Cotlstances; on doit donc choisir celle qui con-'lerit le mieux aux applications qu’on se pro-j*05.6- 0n doit prendre en outre un type cons-pour l’usage auquel on le destine. i es machines doivent être installées dans un a frais ou bien ventilé, pour diminuer ré-
- chauffement, et sec, pour éviter les pertes d’électricité. Il faut éviter le voisinage des poussières inflammables et des matières explosives. Il faut les fixer sur une base solide, pour éviter les trépidations, et interposer une couche isolante de bois entre la machine et le massif de fondation.
- La courroie doit être, autant que possible, horizontale ou oblique, avec le brin tirant en dessous. Le sens du mouvement de rotation dépend du calage des balais : la vitesse doit être maintenue constante. Quand la machine s’échauffe, il faut diminuer la vitesse ou introduire une résistance dans le circuit.
- Les machines doivent être entretenues par-
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- faitement propres. Les matières étrangères, les poussières, l’humidité peuvent, sur les parties isolantes, produire une dérivation ; sur le collecteur, elles peuvent, au contraire, empêcher la communication. Il faut s’assurer aussi que les balais appuient sur le collecteur, et les faire avancer à mesure qu’ils s’usent. On les nettoie avec de l’alcool ou du pétrole, mais on ne les replace que parfaitement secs. Quand la surface de contact devient trop large, on les taille en coupant la pointe avec un ciseau à froid. Enfin il faut avoir soin de ne jamais
- détacher les conducteurs pendant que la ma chine est en marche, pour éviter d’endomma ger le fil induit. Il est bon de ne pas se servir de burettes en fer pour le graissage, qui être abondant sans excès.
- Dangers des machines d'induction ; moyens de ‘préservation. — Les accidents dus aux machines et aux conducteurs doivent être attribués surtout au passage de l’extra-courant de rupture à travers le corps; les effets du courant lui-même sont rarement mortels. Pour éviter l’extra-courant, M. Daussin, puis M. d’Arson-
- Fig. 532. — Machine Gramme (type octogonal).
- val ont proposé de placer en dérivation sur les bornes de la machine une série de voltamètres à lames de plomb et à eau acidulée, dont la force électromotrice de polarisation soit supérieure à la force électromotrice maxima de la machine. Le courant ne peut franchir cet appareil, mais l’extra-courant le traverse facilement. J. Raynaud a proposé l’emploi de paratonnerres semblables à ceux qu’on emploie en télégraphie.
- Machines à courant continu. — Dynamos Gramme. — Les divers modèles de machines Gramme sont pourvus de l’anneau décrit plus haut, et qui donne de très bons résultats : on
- peut seulement lui reprocher que les parties du fil placées à l’intérieur de l’anneau forment des résistances inutiles; mais il est d’une construction simple et robuste, et sa division en bobines distinctes permet de remplacer facilement les parties usées.
- La machine dite type normal ou d'atelier est une des plus répandues. Elle exige une force de 3 chevaux pour une vitesse de 900 tours, donne 25 ampères et 73 volls. Elle se comp°se de deux électro-aimants (fig. 530) dont les cu lasses, placées verticalement, sont constituées par les flasques de la machine : les P°*eSont même nom sont en regard. Les deux pôles s
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- munis de pièces polaires en fonte, qui enveloppa Presclue complètement l’induit. Cette machine convient aux petites installations de lumière.
- M. Gramme a créé depuis plusieurs autres types destinés à la lumière électrique, et désignés sous les noms de machine à cinq lumières, machine carrée, machine cylindrique, machine octogonale. Il s’est arrêté au type supérieur,
- ainsi nommé parce que l’anneau est à la partie supérieure de la machine (fig. 531). La plaque de fondation, les noyaux des électro-aimants, leurs pièces polaires, ayant la forme de mâchoires qui enveloppent l’induit presque entièrement, les supports de l’arbre central, viennent de fonte en un seul morceau, ce qui rend l’appareil très robuste. L’anneau de la bobine est en fer doux. Le modèle le plus récent de ce type
- Fig. 533. — Dynamo type C-D.
- donne 600 ampères et 110 volts à 450 tours par minute et pèse 4 000 kilogrammes.
- Los machines de Gramme destinées à la transmission de l’énergie ne diffèrent des machines ^ lumière que par les dimensions des fils. Les ers modèles peuvent servir à cet usage. Le
- étlT,0ck°§onal 332) est un de ceux qui ont
- io plus employés dans ces dernières an-|*ees’ surtout pour les installations de quelque Portance. Elle a servi notamment aux expé-nces de labourage électrique (voy. ce mot) e Sermaise en 1879.
- C’est une machine multipolaire : quatre électro-aimants à double noyau produisent quatre champs magnétiques, que traverse successivement l’anneau dans sa rotation. Des pièces polaires en fonte entourent l’induit. Quatre balais recueillent le courant.
- Les machines destinées à la galvanoplastie offrent encore la même disposition, mais elles doivent avoir une faible résistance intérieure, pour donner une grande intensité avec une faible force électromotrice : aussi l’inducteur est-il formé d’une seule lame de cuivre, dont
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- la largeur occupe toute la hauteur du noyau, et qui fait plusieurs tours.
- L’anneau prend ici la forme d’un cylindre creux, et le fil est remplacé par des barres de cuivre disposées parallèlement aux génératrices à l’intérieur et à l’extérieur et réunies aux extrémités par des traverses rayonnantes, de manière à former un conducteur sans fin, comme dans les autres modèles.
- Le type n° 1, très employé pour la dorure et l’argenture, dépose de 0,6 à 1 kilogramme d’argent par heure et absorbe au maximum un cheval. Dans l’affinage du cuivre, il précipite
- 250 kilogrammes de métal par jour, avec une force de 5 chevaux. Il débite 300 ampères et 10 volts avec 1,000 tours.
- Muchines dérivées de la dynamo Gramme. _ Beaucoup de maisons construisent, surtout depuis que les premiers brevets de M. Gramme sont tombés dans le domaine public, des machines fondées sur le même principe que la machine Gramme et qui n’en diffèrent que par des détails.
- La maison Bréguet construit plusieurs types de machines, appropriés aux différentes applications. Dans le type C-D (fig. 533), les deux
- Fig. 534. — Dynamo Sautter Lemonnier.
- électro-aimants sont superposés par leurs pôles de même nom ; l’anneau, du système Gramme, est enveloppé par les pièces polaires. Chaque type peut être monté en série, en dérivation ou en double enroulement. Ces machines sont portées par des rails ou glissières à vis, qui permettent de les déplacer pour corriger la tension de la courroie, même pendant la marche.
- Les dynamos de la maison Sautter Lemonnier sont aussi à anneau Gramme (fig. 534) ; de larges pièces polaires entourent l’induit. Ces machines sont montées sur une plaque de base munie de glissières, sur laquelle elles se fixent par un écrou spécial, afin de maintenir la courroie tendue. Un rhéostat à commutateur per-
- met de régler la tension du courant produit, lorsque l’allure du moteur subit de légères variations. Les machines destinées à l’incandescence sont compound.
- La machine représentée par la figure 535 est encore à anneau Gramme. L’inducteur est forme de quatre bobines pour deux pôles. L’induit est composé de feuilles de tôle de 0,5 mm., sePa rées par des feuilles de papier de 0,1 mm- Ces tôles, dans lesquelles on pratique trois entaille-’ sont enfilées et serrées sur une pièce de bronze en forme de triangle clavetée sur l’arbre ; 1 en^ semble des tôles est isolé de ce triangle, qu1 e; lui-même fendu par une série de traits de scie perpendiculaires à l’axe.
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- Fig. 535. — Dynamo Postel-Vinay.
- La dynamo Schuckert, très employée en Aile- [ chine Gramme d’atelier. Les électros sont dispo-magne, présente à peu près l’aspect de la ma- | sés de la même façon; mais l’anneau, identique
- Fig. 536. — Dynamo F. Henrion pour arcs en tension.
- très016 enroulement> a f°rme d’un disque aplati ; il est constitué par des couronnes
- Dictionnaire d’électricité.
- en tôle mince juxtaposées et isolées. Le collecteur est identique. Les flasques sont évidées
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- Fig. 537. — Machine compound Fabius Henrion, modèle moyen.
- Fig. 538. — Machine compound Fabius Henrion, à six pôles.
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- d'un côté, ce qui permet d'enlever facilement panneau et son arbre, en cas de réparation.
- Dynamos F. Henrion. — Les dynamos Fabius Henrion sont du système Schuclcert modifié : jes plus petites sont à deux pôles (fig. 536). Le socle, les paliers et les supports des inducteurs sont fondus d’une seule pièce. Les inducteurs sont inclinés à 45°, ce qui rend l’ensemble plus commode et rend plus facile l’accès des balais et des autres organes. L’armature est, comme dans la précédente, un anneau Gramme aplati en forme de disque. Le noyau est formé de fils de fer séparés par du papier paraffiné, puis recouverts de ruban isolant.
- Les modèles plus grands (fig. 537) sont à quatre pôles. Les bobines de l’induit diamétralement opposées, étant au même potentiel, sont reliées par le mode ordinaire de croisement des connexions. Il en résulte que les balais peuvent être placés à 90° l’un de l’autre, et qu’il n’y en a que deux séries, montées sur un même châssis mobile. Chaque série, formée de deux balais, peut en outre se régler séparément quant à la pression sur le commutateur.
- La figure 538 montre un modèle plus grand à six pôles, dont la disposition est d’ailleurs analogue, à celle du précédent. Les trois types figurés servent à l’éclairage par incandescence
- Fig. 539. — Dynamo Phoenix.
- 0U Par incandescence et arc combinés. Les paliers sont venus de fonte avec le socle; ils sont a double graissage, l’un se substituant de lui-^eme à l’autre. Le dispositif des balais permet de maintenir l’intensité constante, sans inter-caler de résistances dans le circuit, en faisant ^aner seulement leur position sur le collecteur. es dynamos à deux pôles donnent de 10 à 12 ampères, celles à quatre pôles de 150 à 110 aiïll^res sous une différence de potentiel de p, v°lts. Celles qui sont construites pour éclairage à arc donnent généralement 8 am-feres avec une différence de potentiel allant Jusqu a l 000 volts.
- la -n ln’ P°ur compenser les effets des irrégu-1 es de vitesse provenant du moteur, M. F.
- Henrion adjoint aux machines compound un régulateur (voy. ce mot) de potentiel qui introduit une résistance convenable dans la dérivation des inducteurs ou l’en retire suivant les besoins.
- Dynamos anglaises. — Nous signalerons encore quelques machines anglaises, dérivées aussi de la machine de Gramme.
- La dynamo Phoenix (fig. 539) construite par MM. Patersom et Cooper est analogue à la machine de Gramme,type supérieur.Lesinducteurs sont forgés d’une seule pièce : leurs bobines, de forme rectangulaire, sont enroulées sur un corps en tôle avec des joues en cuivre. L’induit est un anneau de Gramme, dont le noyau est composé de tôles de fer, séparées par dupa-
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- pier verni à la gomme laque, et réunies par des boulons isolés. Le rendement serait, dit-on, de 94 p. 100.
- La machine Norwich (fig. 540) est remarquable par sa légèreté; le modèle pour 200 lumières ne pèse que 1268 livres, et fournit presque 10 watts par livre. D’après les constructeurs, elle possède tous les avantages des machines du type Gramme, sans avoir le défaut de s’échauffer. Elle tourne silencieusement et avec une faible vitesse, et ne donne pas d’étincelles aux balais. Les inducteurs sont en fonte : le dessin montre suffisamment leur disposition.
- La machine Victoria, imaginée par M. Mordey et employée par la Anglo-American Electric Light Corporation, la dynamo Manchester, construite par MM. Mather et Platt, se rattachent encore au type Gramme.
- Dynamo Dulait. — Cette machine, analogue à la dynamo Victoria, est construite par la Société « Électricité et Hydraulique » de Charleroi. Elle est tétrapolaire, à excitation compound, et présente un anneau Gramme aplati, de grand diamètre (fig. 541).
- Les inducteurs sont formés de gros cylindres en fer de Suède excessivement doux, courts
- Fig. 540. — Dynamo Norwicli.
- par rapport à leur diamètre, et boulonnés sur 1 deux culasses en fonte qui servent de bâti. Ils sont reliés deux à deux par quatre masses polaires en fonte, soudées aux noyaux et se terminant au centre par des épanouissements qui entourent l’induit. Le bobinage est séparé des novaux par un carton d’amiante, pour éviter les" courts circuits. Le fil fin de la dérivation est à l’extérieur, pour empêcher réchauffement.
- L’armature comprend un enroulement de fil de fer doux, isolé par un guipage de coton, et enroulé sur une gorge formée par la réunion de deux disques de tôle mince recourbés, à section demi-circulaire, et évidés. Sur cet anneau, isolé à l’amiante, est enroulé l’induit, composé de bo-
- bines partielles, séparées par des vides de largeur des bobines, pour éviter l’échauffemen • Le fil de cuivre, de haute conductibilité, es section rectangulaire, pour faciliter 1 enrou ment; il est isolé par trois couches de coton un enduit extérieur de gomme laque. Les bines diamétralement opposées sont gr0UP en quantité. Le collecteur est allongé, ce qui P met l’emploi de doubles balais. Il y a deux Pa_ de balais, calées à 90°. Les segments du c0 teur sont isolés par des feuilles de ml<(a.\ ^ne
- liers sont graissés automatiquement à 1 ai ^
- bague excentrique, qui est entraînée par ^ et remonte à sa partie supérieure 1 “U1 eïlt. récipient dans lequel elle plonge cons a
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- Dyyiamo Brown. — Cette machine, construite proche des précédentes. L’inducteur est formé par les ateliers d’QErlikon (près Zurich), se rap- de deux noyaux cylindriques, gros et courts, et
- Fig. 541. — Dynamo Dulait.
- de deux traverses horizontales en fonte, de large La poulie se trouve entre le palier et l’induit, section, portant les surfaces polaires (flg. 542). Cette machine est très robuste et présente un
- Fig. 542. — Dynamo Brown.
- rendement électrique élevé (96,5 p. 100 d’après i Dynamo Sperry. — M. Sperry a modifié ré-es fabricants). (Voy. Transmission de l’énergie.) | comment l’anneau Gramme d’une façon très
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- ingénieuse. L’induit de cette machine (fig. 543) est un anneau Gramme, qui est creux par derrière et monté en porte-à-faux sur l’arbre. L’inducteur est un électro-aimant à quatre branches horizontales, dont les pièces polaires pénètrent dans l’anneau et l’embrassent inté-
- rieurement et extérieurement. On utilise ainsi presque tout le fil induit. M. Sperry a du reste vérifié sur une machine, dont les pièces polaires 28
- se démontaient, que les — de la force électro-motrice proviennent de la partie intérieure du
- Fig. 543. — Anneau de la machine Sperry (Electric Company, Chicago).
- fil. Le noyau de l’induit est formé de rondelles de tôle mince, recuites, isolées par du papier d’amiante et reliées par des boulons isolés, qui servent à le fixer sur une araignée de bronze, calée sur l’arbre. Le fil induit est recouvert d’un isolant incombustible à base d’amiante et
- retenu par un frettage. Le collecteur est isolé par du mica. Les balais sont montés à ressort. La figure 544 montre l’ensemble de cette machine : elle est disposée pour l’alimentation des foyers à arc en série, et en général pour les distributions à intensité constante. Pour obtenir
- une force électromotrice un peu élevée, on groupe généralement plusieurs de ces machines en série. La force électromotrice est ainsi plus constante, l’isolement plus parfait, et l’installation plus économique.
- Un régulateur (voy. ce mot) très original sert
- à régler la position des balais pour avoir une intensité constante. Il est commandé par l’arbre de la dynamo.
- Dynamo Belfort multipolaire. — La Société a sacienne de constructions mécaniques fabrique une dynamo multipolaire (fig. 545), qui donne
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- (jes courants continus et à basse tension ; elle eSt destinée à tourner avec une faible vitesse et à se monter directement sur l’arbre du moteur.
- Les inducteurs forment une sorte d’étoile fixée sur le bâti de la machine à vapeur; la partie centrale est en fonte, les noyaux et les pièces polaires en fer. L’arbre de la machine à vapeur traverse cette partie centrale et s’appuie sur un fort support. Sur cet arbre est fixé l’induit, qui est un anneau Gramme, et qui re-
- Fig. 545. — Dynamo multipolaire à anneau
- couvre entièrement les pièces polaires. Cet anneau est tourné très exactement afin de laisser le moins de jeu possible entre la face intérieure et les pièces polaires.
- L’anneau lui-même sert de collecteur, ce qui simplifie beaucoup les connexions. Deux croisillons servent, l’un à soutenir l’anneau, l’autre à porter les tourillons porte-balais. Les balais se manœuvrent tous ensemble à l’aide de deux leviers, dont l’un sert à faire tourner tous les tourillons et à lever ou abaisser tous les balais
- directement avec un moteur Armington compound.
- en même temps ; l’autre sert à changer l’angle de calage suivant les besoins.
- Dynamos Siemens. — Les machines que nous avons décrites jusqu’ici ont toutes pour armait1'6 un anneau plus ou moins semblable à celui ^ Gramme. Les machines imaginées par Hefner-Alteneck, ingénieur de la maison ^emens, de Berlin, ont au contraire un induit de l’armature Siemens, imaginée en ob> et décrite plus haut. Il se compose d’un n°yau cylindrique en fer, sur lequel le fil est nr°ulé longitudinalement et seulement à l’ex-
- térieur. Cette disposition évite la perte due à la résistance inutile des parties intérieures du fil, qui est le défaut des anneaux Gramme ; cependant les parties situées sur les bases du cylindre sont encore inutiles. Cette armature a le défaut de ne pouvoir se construire en plusieurs parties et d’être compliquée, ce qui rend les réparations difficiles. Ce mode d’enroulement est représenté d’une façon schématique (fig. 528), il est divisé en 8 bobines; mais, en réalité, le fil qui passe de l’une d’elles à la suivante sur la base supérieure est interrompu
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- Fig. 54G. — Machine Siemens (de Berlin), premier type.
- et ses deux bouts se rattachent à l’une des lames du collecteur, qui est d’ailleurs identique
- à celui des machines précédentes. Les deux parties de l’induit, situées de chaque côté des
- balais, donnent, comme dans la machine de Gramme, des courants qui s’ajoutent en quantité dans le circuit extérieur.
- L’inducteur est formé de deux électr . niants réunis par les pôles de même n0^’ée3 sont formés de lames de fer légèrement ci
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- au milieu. Dans les premiers modèles, les élec- ! ment ou horizontalement (fig. 546). Depuis 1887, tros, de forme allongée, étaient placés verticale- ! la maison Siemens a adopté de nouveaux types,
- ^°nt l’un ressemble beaucoup par l’aspect exté- I est un modèle vertical à électro-aimants doubles rieur au modèle supérieur de Gramme; l’autre I (fig. 547). Ce modèle porte sur les côtés des ta-
- Fig. 548. — Dynamo Edison (modèle de l’Usine municipale des Halles).
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- blettes munies de bornes auxquelles aboutissent Jes fils des circuits inducteur et induit, ce qui permet de coupler d’une manière différente les
- divers éléments de la machine, suivant le but qu’on se propose.
- Dynamos Edison. — Les machines Edison
- (fig. 548) sont spécialement destinées à l’éclairage par incandescence, et doivent être employées avec des lampes montées en quantité; elles ont une faible résistance intérieure. L’armature est un cylindre, formé de disques de
- tôle, sur lequel le 111 s’enroule comme dans a machine de Siemens. Lorsqu’on veut diminuer encore la résistance, on remplace le fil in
- par des bandes de cuivre isolées, réunies
- de la
- même manière. Les bobines de l’armature so
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- Fig. 550. — Dynamo Edison, à excitation compound.
- mettre qu’une à la fois en court circuit. Le collecteur est semblable à celui de la machine Gramme.
- L’inducteur est formé d’un électro-aimant de
- grandes dimensions, terminé par des pièces polaires de fer doux qui entourent l’armature. Ces machines sont généralement excitées en dérivation.
- Fig. 551. — Dynamo Woodliouse et Rawson.
- ^COu> directeur des ateliers Edison àlvry, saïuf" construire en 1886 un modèle très puis-j-, ’ d111 a été appliqué pour la première fois à c airage de l’Opéra (fig. 549). L’armature est Cee entre quatre électro-aimants de forme
- plus ramassée. Cette machine pèse 10 tonnes, et débite, avec une vitesse de 350 tours par minute, 800 ampères sous 125 volts; elle peut alimenter 1000 lampes de 16 bougies.
- Enfin la même Société a mis en circulation
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- en 1889 une machine du type supérieur (fig. 550) dont l’inducteur est encore plus court et présente une forme analogue à celle des machines décrites plus haut; ce modèle diffère des précédents en ce qu’il est à excitation compound.
- Dynamo Woodhouse et Rawson. — Cette machine (fig. 551) est également pourvue d’une armature cylindrique. Elle présente extérieurement la forme de la machine supérieure de Gramme. Elle est plus spécialement destinée à
- l’électro-métallurgie, mais elle se prête égale ment à l’éclairage par incandescence et par arc et à toutes les autres applications. Elle est d’un maniement facile et peut être confiée à des per sonnes inexpérimentées. Les inducteurs sont excités en dérivation. La puissance peut varier, de 10 à 200 volts.
- Dynamo Weston. — L’induit de cette machine (fig. 552) est encore du genre Siemens-il est formé d’une série de disques de tôle'
- Fig. 552. — Dynamo Weston (détails de l’induit).
- munis chacun de seize dents, et percés de trous pour la ventilation : ces disques sont calés sur l’axe, à une petite distance les uns des autres, et isolés. Le fil est enroulé dans les intervalles des dents et forme par suite seize bobines. Dans les machines à haute tension, l’enroulement est double, et forme deux séries | de bobines qui sont représentées sur la figure les unes par des traits noirs, les autres par des traits blancs ; les bouts libres sont réunis aux lames du collecteur. L’inducteur est formé de deux électro-aimants montés en dérivation et réunis par les pôles de même nom (fig. 553). Les noyaux sont formés de plaques munies
- d’une série de fentes pour faciliter la ventilation et éviter les courants de Foucault. Les bobines, montées en dérivalion, sont très résistantes.
- Cette machine, construite par la. United-States Electric Lighting Company, de New-York, est | surtout employée pour l’éclairage par les regu lateurs Weston et par les lampes à incandes cence Maxim. Elle a, d’après l’auteur, l’avantage de donner une force électromotrice parfaite^ ment constante et indépendante de l’intensi du courant.
- Dynamos allemandes. — La dynamo (fig-construite parla Allgemeine Elektricitâts Gese s
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- chaft, de Berlin, est surtout destinée aux petites installations de lumière. Elle se rapproche des machines Edison. Le bâti, fondu d’une seule pièce, est extrêmement solide. L’inducteur est formé d’un seul électro-aimant, dont les bo-
- bines sont placées soit sur une même dérivation, soit sur deux dérivations parallèles, suivant qu’on veut obtenir une différence de potentiel plus ou moins forte (110 ou 60 volts).
- Le tambour est analogue à celui des machines
- ison, mais les spires de fil sont enfoncées ans des rainures étroites et profondes, pra-4Uees dans les plaques de fer qui constituent n°yau ; on réduit ainsi au minimum l’échauf-eiïlent produit par les courants de Foucault
- et l’espace vide entre l’armature et les pièces polaires, sans nuire à l’efficacité de la ventilation, et tout en concentrant les masses de fer à la périphérie.
- Cette machine fonctionne sans étincelles et
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- avec une différence de potentiel assez constante pour qu’on n’ait presque pas besoin de déplacer les balais. Enfin elle est munie de glissières, de balais et d’appareils de graissage perfectionnés qui assurent un bon fonctionnement.
- Pour les grandes installations, et en particu-
- lier pour les stations centrales, la même Société construit des machines multipolaires s’accou plant directement avec le moteur. Les inducteurs de cette machine (fig. 555) sont fixés suivant les rayons d’un grand anneau de fonte. Ils entourent l’induit, formé d’un tambour dont l’enroulement se compose de barres de cuivre
- Fig. 554. — Dynamo, modèle G. (AUgemeine Elektricitats Gesellschaft, Berlin).
- disposées d’une manière spéciale, pour permettre de démonter rapidement le tambour et son collecteur. Le noyau est formé de disques en tôle de fer doux, et l’enroulement est logé dans des rainures latérales. Le collecteur, excessivement robuste, est formé de 480 secteurs*. L’induit est calé sur l’arbre même du moteur, ce qui supprime un support spécial et rend le col-
- lecteur facilement accessible. Pour éviter es étincelles au collecteur, les surfaces polaires des électro-aimants sont muuies d’un anneau cylindrique enfer, d’une épaisseurdéternunee’ sectionné en plusieurs parties, et qui fait due les changements de polarité dans le fer s e tuent d’une façon très régulière et sans variatio brusque.
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- Fig. 555. — Machine multipolaire. (AUgemeine Elektricitats Gesellscliaft, Berlin).
- Dynamo Thury. — La dynamo Thury est grandes dimensions; le fil est enroulé sur un
- multipolaire. La bobine est cylindrique et de tambour en fer. Elle diffère par quelques détails
- Fig. 556. — Dynamo Thury, type H. (Cuénod, Saulter et Gie, Genève).
- de p
- est
- armature Siemens. L’inducteur (fig. 556)
- formé d’un bâti en fer ayant la forme d’un
- hexagone régulier. Sur les côtés sont enroulées six bobines. Aux angles intérieurs sont dis-
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- posées six masses polaires, qui entourent l’induit.
- Dans un autre modèle, type C (fig. 557) l’inducteur est formé de quatre électros qui entourent complètement l’induit. L’enroulement est compound. Un volant régularise le mouvement, et sert de ventilateur pour empêcher réchauffement des différences pièces.
- Les machines Thury se distinguent par une très faible résistance intérieure, une vitesse très petite, l’absence complète d’étincelles aux balais. Il résulte de la faible vitesse que ces
- machines peuvent être accouplées directement avec le moteur par un manchon d’accouple, ment élastique, ou commandées à l’aide d’une poulie. Dans ce cas, la tension peut être réglée comme dans les machines précédentes, par lé déplacement des châssis.
- Dynamo Pieper. — Cette machine est à six pôles : les bobines inductrices sont enroulées en dérivation. Leurs noyaux viennent de fonte avec la culasse, le socle et les supports des paliers (fig. 558). L’armature est du genre Siemens mais l’enroulement, qui se rapproche beaucoup
- Fig. 557. — Dynamo Thury, type C. (Cuénod, Sautter et Cie, Genève).
- de celui de la machine Thury, est modifié, comme dans celle-ci, pour s’accorder avec l’excitation multipolaire. Le fil est enroulé en zigzag; chaque fois qu’il passe sur le fond portant le collecteur, il est mis en contact avec une lame de ce dernier. Le noyau de l’induit, formé de disques en tôle de 0,5 mm. d’épaisseur, est garni de barres de cuivre de 5,5 mm. sur 4,4 mm., isolées et séparées par les dents de plateaux en fibre. Les barres se raccordent au collecteur par des arcs de développante de cercle, seule forme géométrique qni permette de maintenir les conducteurs également séparés. Le rendement électrique est d’environ 95 p. 100.
- Dynamo Belfort. — Cette machine, fabriquée par la Société alsacienne de constructions iue caniques, est du type supérieur (fig. 559). L ai mature est du système Siemens. Les noyau* des électro-aimants sont en fer ou en fonte sui vant l’importance de la question du rendenaen La matière isolante du collecteur est supprimee les barres, disposées à jour, sont isolées Pa^ l’air, ce qui évite absolument les courts cuits, et permet de graisser cette pièce à 1 U1 Sur les barres fixes de cet organe sont un nombre égal de barres d’acier, sur lesqu frottent les balais. Cette disposition augnaen^ le prix de revient, mais assure une duree p
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- grande et facilite le remplacement des barres. Le socle, très massif, est venu de fonte avec les supports des paliers. Le mode d’excitation peut être modifié très facilement. Ces machines se construisent le plus souvent pour 65 et 110 volts. Les petits modèles donnent un rendement
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- électrique de 90 à 94 p. 100 ; il s’élèverait dans les modèles moyens à 96 et dans les grandes machines à 98,5 p. 100.
- Dynamos Eelvetia. — La maison Alioth de Bàle, qui construisait dès 1879 une machine très originale, mais qui n’est plus employée
- Fig. 558. — Machine Pieper.
- Aujourd’hui, celle de Burgin, a combiné depuis 1884 un nouveau type, connu sous le nom e djnamo Helvetia. A l’Exposition de 1889, un Aiodèle de cette dynamo, donnant 1500 volts ® ^ à 9 ampères avec une vitesse de 600 tours, deTenta^ ^ lampes à arc servant à l’éclairage a S^erie des machines. Un autre modèle, Dictionnaire d’électricité.
- donnant 120 volts et 240 ampères avec une vitesse de 400 tours, alimentait 100 lampes Edison-Swan de 16 bougies et 4 lampes à arc disposées par deux en tension.
- Les inducteurs de cette machine, disposés radialement à l’intérieur d’une enveloppe en fonte (fig. 560), présentent quatre pôles al-
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- ternativement de noms contraires. Au centre tourne l’induit, qui est un tambour du genre Siemens, muni d’un enroulement spécial, suivant qu’on veut obtenir de basses ou de hautes tensions, pour l’incandescence ou pour l’éclairage par arcs en série. Pour l’incandescence, c’est l’enroulement polygonal ordinaire, avec connexions intérieures au collecteur, de sorte que deux balais, placés à 90°, suffisent pour recueillir le courant. Pour l’arc, l’enroulement
- Fig. 559. — Dynamo Belfort (Société
- çst modifié de sorte que les bobines ne forment que deux circuits différents, la moitié d’entre elles étant en série.
- Dans le type courant, les inducteurs et le corps de la machine sont constitués par deux pièces en fonte, formant une enveloppe pseudosphérique. Les paliers et la plaque de fondation viennent de fonte avec la pièce inférieure. Les noyaux des électro-aimants, également en fonte, sont placés à 45° de la verticale et fixés à fen-
- de constructions mécaniques).
- veloppe par des vis extérieures ; le fil inducteur est enroulé diversement sur ces bobines. Dans les machines d’une puissance inférieure à 10 000 watts, l’enveloppe extérieure est d’une seule pièce, et les paliers sont rapportés, pour permettre de placer l’induit. La machine est fermée des deux côtés par des plaques en tôle ajourée.
- La figure 561 représente une dynamo com-pound d’un type un peu différent. Le fil fin des inducteurs est enroulé sur les culasses mêmes
- des électros, qui portent deux évidements a faces parallèles; le gros fil recouvre seul l®5 pièces rapportées.
- Dans toutes ces machines, l’induit a son noyau formé de disques de tôle de 1,5 min1' mètre d’épaisseur, rivés ensemble par groupe de dix et isolés. Ces groupes sont séparés par des intervalles de 3 millimètres. Ces tôles son rivées à des pièces de fer fixées sur 6 barre» de même métal formant un cylindre creu*? pour permettre la circulation de l’air. Les
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- bines sont constituées par des cadres en fil ou par des barres de section rectangulaire, forées sur un moule, et isolées avec une sorte je papier de soie. Les parties latérales sont en développantes de cercle, pour éviter les croisements. Le collecteur n’offre rien de remarquable, si ce n’est qu’on emploie le papier comme isolant, mêiïie avec des tensions de 4700 volts. Les balais sont des bandes de toile
- métallique. Le rendement électrique est de 92 p. 100 pour les machines destinées à l’incandescence.
- Dynamos Rechniewski. —La Société l’Éclairage électrique construit depuis quelque temps plusieurs machines imaginées par M. Rechniewski.
- La machine bipolaire (fig. 362) est du type supérieur; l’induit est un tambour de Siemens.
- es noyaux de l’inducteur et de l’induit sont rmés de tôles de fer doux, découpées suivant aforme représentée (fig. 363), isolées par du PaPier enduit de gomme laque ; aa est le noyau e 1 inducteur, et b celui de l’induit. Pour l’in-c e(Ir> les lames de tôle reçoivent des bobines ois recouvertes de fil de cuivre. Les ron-en ^ sont assujetties à un manchon
- . ronze> calé sur l’arbre et évidé pour em-ec er 1 échauffement. L’aération est d’ailleurs
- produite par des ailettes disposées en hélice, et formant pour ainsi dire une turbine qui aspire l’air et le répartit à travers les cavités ménagées dans l’induit. Les bobines de l’armature s’enroulent dans les interstices des dents de tôle. Ces machines vont de 130 à 26 000 watts.
- La figure 364 montre la forme adoptée pour les lames de tôle de l’inducteur aa et de l’induit b pour les machines à quatre pôles allant jusqu’à 36 000 watts. Enfin la figure 563 repré-
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- sente la forme de ces lames et la disposition I vont jusqu’à 120 000 watts. Ces machines sont des bobines dans les machines à huit pôles, qui | montées sur glissières. L’enroulement de l’an-
- Fig. 561. — Dynamo compound Helvetia (Aliotli et Cic, Bâle).
- neau est analogue à celui des machines Gramme; il est formé de ruban de cuivre.
- Les machines bipolaires marchent ordinai-
- rement à 1 200 tours ; elles ont un rendement électrique de 88 à 9o p. 100. Les machines à 8 pôles ne font que 300 tours.
- Fig. 562. — Machine bipolaire Rechniewski.
- Dynamo multipolaire üesroziers. — Dans cette I par la maison Bréguet, M. Desroziers a cherche
- machine, inventée en 1888 et exposée en 1889 I à obtenir un courant sensiblement continu a''ec
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- une armature en forme de disque, disposition qui n’a été, jusqu’à présent, appliquée qu’aux machines à courants alternatifs.
- L’inducteur (fig. 566) est formé de deux rangées d’électro-aimants, en général six de chaque côté, placés en regard, et présentant au disque
- Fig. 563. — Lames de tôle de l’inducteur et de l’induit.
- Fig. 5G4. — Lames de tôle des machines de 36 000 watts.
- des pôles alternativement de noms contraires.
- Entre ces deux séries d’électros tourne l’induit, qui est constitué par deux plateaux non
- magnétiques (fig. 567) sur lesquels le fil est disposé suivant un tracé composé de rayons et de développantes. Les éléments partant des di-
- Fig. 56a. — Machine multipolaire Rccliuiewski.
- Vlsions impaires de la circonférence sont tous antiques entre eux ; il en est de même des ^ents partant des divisions paires. Les uns
- et les autres peuvent donc être classés ensemble et placés par séries d’éléments orientés convenablement dans des plans parallèles sur
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- les deux plateaux. Les deux couronnes sont I parties radiales soient juxtaposées, pour qu'on alors réunies face à face, de manière que les J puisse faire les ligatures à la circonférence aux
- points t et fermer le circuit induit. Les cou- I sage des raccords. Le collecteur est analogue à ronnes sont percées de trous destinés au pas- I celui des machines Gramme. Deux balais suffi-
- Enroulement de l'induit.
- sent pour recueillir le courant. Dans les petites machines, où la variation du flux est très ra-
- pide, l’enroulement a été légèrement modifie pour éviter la production d’étincelles.
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- La légèreté de l’induit permet d’arriver à des vitesses doubles de celles employées d’ordinaire.
- Dynamo Lahmeyer. — Cette machine est caractérisée surtout par la forme du circuit inducteur. Elle est constituée par une carcasse rec-
- Fig. 568. — Dynamo Lahmeyer.
- tangulaire en fonte, à l’intérieur de laquelle font saillie deux appendices polaires horizontaux, venus de fonte avec la carcasse. Ces appendices, sur lesquels s’enroulent les bobines inductrices, entourent l’induit chacun sur un angle de 90°. Cette disposition réduit au minimum la perte résultant de la dispersion extérieure des lignes de force, et la machine n’exerce aucune influence sur les appareils de mesure qui l’avoisinent (fig. 568).
- L’induit est un tambour denté, dont le noyau est formé de rondelles de tôle mince, séparées par du papier, et maintenues par des boulons isolés. Il ne porte, autant que possible, qu’une seule couche de fil, pour diminuer l’é-ehauffemenl. Des ouvertures pratiquées dans le bâti assurent la circulation de l’air. Deux tôles perforées ferment la Machine et garantissent l’induit.
- Ces machines sont surtout employées pour les distributions à deux fils en dérivation. Un Procédé de réglage automatique, fondé sur 1 emploi d’une machine supplémentaire, permet de faire varier la différence de potentiel à 1 origine des feeders,suivant la consommation, de façon à la maintenir constante au point de
- eonsommation.
- Machines à courants redressés. — Dynamo Brush. — L’inducteur (fig. 569) est formé de
- eux électro-aimants plats, à pôles épanouis, excités en dérivation, comme dans la machine
- Siemens ; les pôles placés en regard sont de même nom.
- Le noyau de l’induit est formé d’un long ruban de tôle de 1 mm. enroulé en spirale ; entre les différentes couches de ce ruban sont intercalées de petites lames de fer, qui dépassent de part et d’autre. Les bobines induites sont logées entre ces plaques. Cette division de la masse métallique diminue les courants de Foucault.
- Cet anneau n’est pas semblable à celui de Gramme. H y a huit ou dix bobines, qui sont enroulées dans le même sens et groupées deux à deux, les bobines diamétralement opposées étant réunies par leurs extrémités intérieures ; les bouts extérieurs traversent l’arbre et vont s’attacher au commutateur.
- Celui-ci est formé, suivant le nombçe de bobines, de quatre ou six anneaux plats isolés, communiquant chacun avec une paire de bobines, et disposés en groupes de deux, chaque groupe correspondant à deux paires de bobines disposées sur des diamètres rectangulaires. Enfin chaque anneau est muni d’un balai.
- Chaque anneau est formé de trois secteurs distincts : aux deux plus grands s’attachent les fils des deux bobines. Le troisième est isolé;
- Fig. 569. — Dynamo Brush.
- quand il touche le balai, les deux bobines sont mises en court circuit, ce qui a lieu au moment où elles ne donnent pas de courant, et ne for ment qu’une résistance inutile.
- Les deux anneaux d’un même groupe correspondent aux deux paires de bobines placées à angle droit, et les deux secteurs isolés sont eux-mêmes à angle droit. Chaque paire de bobines donne d’ailleurs un courant maximum quand elle passe devant les pôles, et nul quand elle se trouve à 90° de cette position. Il y a donc pour un groupe huit périodes successives,
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- MACHINE D’INDUCTION
- pendant lesquelles la première paire agit seule, sent ensemble ; la seconde paire agit seule en-
- puis les deux paires, réunies en quantité, agis- suite, puis les deux ensemble, etc.
- Fig. 570. — Dynamo Thomson-Houston pour lampes à arc.
- Les quatre ou six paires de bobines forment en somme quatre ou six machines séparées, donnant chacune des courants alternatifs. Le
- commutateur redresse ces courants et les transforme en un courant continu.
- Dynamos Thomson-Houston. — La dynamo
- Fig. 571. — Dynamo Thomson-Houston (coupe).
- Thomson-Houston pour lampes à arc (flg. 570), imaginée en 1880, est très répandue en Amérique, mais elle n’a été introduite en Europe que récemment.
- L’inducteur est formé de deux électro-aimants placés sur le prolongement l’un de l’autre. Ces électros se composent d'un cylin<lre I creux en fer, terminé vers l’intérieur par une
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- face concave et hémisphérique, et sur lequel s’enroule le fil(flg. 571). L’intervalle des deux électros laisse le passage nécessaire pour l’axe de l’induit, qui est à peu près sphérique et entouré par les faces concaves des noyaux. Des
- barres de fer longitudinales maintiennent et protègent les bobines et mettent le champ à l’abri des influences extérieures. Les électros sont excités en série.
- L’induit (fig. 572) est composé d’une carcasse
- J B
- Fig. 572. — Induit de la machine Thomson-Houston.
- en fonte, dont les deux moitiés SS sont réunies par de petites barres de fer cld, et sur laquelle s’enroule le fil de fer W qui forme le noyau. Celui-ci est recouvert de papier isolant, puis on enroule le fil de cuivre, qui est maintenu par
- les chevilles de bois JJ, et divisé en trois bobines, inclinées l’une sur l’autre de 120°, et maintenues par de gros fils de laiton gg. Pour placer ces bobines dans des conditions parfaitement symétriques, on enroule d’abord la
- Fig. 5"3. — Diagramme du commutateur Thomson-Houston.
- jttoitié de la première bobine, puis la moitié de seconde, toute la troisième, la dernière Moitié de la seconde, et enfin le reste de Ja Dernière. Les entrées des trois fils sont sou-ees en h, et les trois sorties 1, 2, 3 se rendent au c°mniutateur.
- Les trois bobines représentent trois anneaux circulaires, inclinés de 120°, et donnent naissance chacune à un courant qui change de sens deux fois par tour, au moment où la bobine traverse le plan perpendiculaire à l’axe de l’inducteur.
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- MACHINE D’INDUCTION
- Le commutateur (ûg. 573), destiné à recueillir et à redresser ces courants, est très simple; il
- se compose d’un anneau métallique divisé en trois segments égaux et isolés ; chacun de ces
- Fig. 574. — Soufflerie des dynamos Thomson-Houston.
- segments est relié à l’extrémité d’une des bobines 1, 2, 3. Sur cet appareil frottent quatre balais, divisés en deux paires, placées chacune
- aux extrémités d’un même diamètre. Ces deux diamètres forment un angle de 60°. Chaque balai de la première paire est relié au balai le
- Fig. 575. — Dynamo Thomson-Houston pour l'incandescence.
- plus voisin de la seconde, de sorte qu’il y a deux balais positifs distants de 60° et deux balais négatifs, séparés par une distance égale.
- De cette manière, il y a toujours deux des 0 bines réunies en quantité et reliées en tensio avec la troisième.
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- Lorsque la force électromotrice devient trop forte, par exemple par l’extinction d’un certain nombre de foyers, on la ramène à sa valeur nor- • male en déplaçant les deux paires de balais en sens inverse l’une de l’autre, de sorte que la distance des deux balais de même signe devient supérieure à 60° ; les trois bobines se trouvent en court circuit, et la production d’électricité cesse pendant un temps d’autant plus long que le
- i décalage des balais a été plus grand. Pendant ce temps, l’inducteur se désaimante un peu et donne un courant qui prolonge celui des bobines.
- Ce décalage des balais est produit automatiquement par un régulateur (voy. ce mot) qu’on voit à gauche (fig. 570) et que nous décrivons plus loin.
- Pour empêcher l’usure du collecteur par les
- Fig. 576. — Machine Thomson-Houslon pour l'incandescence.
- étincelles, M. Thomson projette un mince a*r d’une grande violence sur les fentes
- commutateur, chaque fois qu’elles passent de-'ant les balais, c’est-à-dire six fois par tour Doy. Extincteur d’étincelles). On peut alors baisser le collecteur sans craindre que les Poussières métalliques viennent à relier les %naents. La fig. 574 représente la petite souf-e^le destinée à cet usage. utéette machine, qui est d’une grande origina-’ est employée à alimenter des lampes à
- arc en série; grâce au régulateur,elle donne un courant dont l’intensité est indépendante du nombre des foyers, et, entre certaines limites, de la vitesse de rotation. Ces machines donnent jusqu’à 2500 volts et 9,6 ampères avec une vitesse de 820 tours.
- La machine Thomson-Houston pour lampes à incandescence (fig. 575) ressemble beaucoup à la précédente par l’aspect extérieur, mais elle en diffère par beaucoup de points. L’excitation est compound. L’induit est du système Siemens,
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- et son noyan est formé de disques de tôle douce superposés. Enfin le régulateur et le ventilateur sont supprimés.
- Ces machines donnent des différences de potentiel de 75, 110 et 150 volts.
- La figure 576 représente un autre modèle de dynamo, du type supérieur, également destiné à l’incandescence. Elle se règle automatiquement, sans qu’il y ait besoin d’intercaler aucune résistance dans le circuit, lorsqu’on éteint un certain nombre de lampes. La marche est régulière et l’on n’a pas d’étincelles aux balais.
- Le levier qu’on voit au bas de la machine sert à tendre la courroie lorsque c’est nécessaire Machines à courants alternatifs. — Dynamo Gramme. — Dans la machine Gramme à courants alternatifs, l’induit est fixe et l’inducteur mobile (fig. 577). Le premier a la forme d’un cylindre creux; il est divisé en bobines, comme l’anneau de la machine à courant continu. L’inducteur est formé de huit électro-aimants disposés radialement, de façon que les pôles extérieurs soient alternativement de noms contraires; il tourne à l’intérieur de l’armature et
- reçoit le courant excitateur par deux anneaux isolés fixés sur son arbre et sur lesquels frottent deux balais.
- A l’origine, ce courant était fourni par une machine séparée. La machine actuelle (fig. 578) est auto-excitatrice ; elle forme en réalité deux machines distinctes, montées sur le même axe, et dont l’une, à courant continu, sert d’excitatrice. La position fixe de l’induit supprime le collecteur.
- Cette machine est employée par la Société l’Éclairage électrique pour alimenter les foyers Jablochkoff, Elle consomme un cheval par bougie.
- Dynamo Zipernoivsky. — Cette machine, qui
- sert à alimenter les transformateurs secondaires de MM. Zipernowsky, Déri et Blathy, a, comme la précédente, l’inducteur mobile et l’armature fixe. L’inducteur est encore formé de bobines disposées radialement. L induit (fig. 579) est un cylindre formé de bandes en fer plat maintenues par des anneaux de bois. A l’intérieur de ce cylindre sont pD cées des bobines, en nombre égal à celui des inducteurs, et dont les noyaux, constitués par un fer plat forgé en zigzag, sont parallèles au-génératrices. On fait usage avec ces machines d’une excitatrice indépendante.
- Dynamo Heisler. — La dynamo Heisler est tre» employée en Amérique pour des distribution
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- MACHINE D’INDUCTION.
- Fig. 578. — Machine Gramme auto-excitatrice.
- à intensité constante. Elle ressemble beaucoup 1 comme elle des courants alternatifs. Elle se à la machine Gramme (fig. 578), et donne | compose aussi de deux machines montées sur
- Fig. 579. — Machine Zipernovsky (Compagnie continentale Edison).
- le même axe, et dont l’une sert d’excitatrice. I avec son collecteur, tournant entre d®s Celle-ci est formée d’un anneau Gramme | teurs fixes. Sur 1 arbre qui porte
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- sont calés un ventilateur, puis un pignon portant des inducteurs rayonnants, dont les fils sont divisés en deux parties montées en quantité. Ces inducteurs sont ceux de la machine principale : ils tournent au milieu des induits, qui sont fixes. Le courant d’excitation produit par l’anneau sort par une borne, traverse l’électro, revient à une bague métallique fixée sur l’axe et sur laquelle frotte un balai, traverse un fil extérieur, et de là arrive aux inducteurs à pignon. L’anneau et les inducteurs sont tous montés en tension. Une enveloppe
- protectrice recouvre toute la machine (fig. ggQ) L’intensité est toujours maintenue à 5 ampères; le voltage seul varie avec le nombre des lampes. Pour le type H, la différence de potentiel atteint 3 500 volts.
- Dynamo Siemens. — La machine Siemens à courants alternatifs (fig. 581) est multipolaire.
- L’inducteur est composé de deux rangées d’électro-aimants horizontaux placés en regard et dont les pôles alternent. L’armature, en forme de disque, est constituée par deux flasques métalliques, maintenues écartées par des
- Fig. 580. — Dynamo Heisler (Saint-Louis, Missouri).
- entretoises en bois, servant de noyaux aux bobines. Cette armature est très légère et ne s’échauffe pas vite, à cause de l’absence de fer. Les extrémités du fil induit aboutissent à deux bagues métalliques, calées sur l’arbre, et sur lesquelles frottent deux balais. Les bobines de l’induit peuvent être groupées-de manière à donner un courant de tension ou de quantité. Cette machine est excitée par une dynamo à courant continu de la même maison.
- Dynamo Westinghouse. — La Compagnie américaine Westinghouse emploie, pour alimenter des transformateurs secondaires, des machines
- étudiées par un de ses ingénieurs, M. Stanley. Ces machines ont comme inducteurs seize bobines disposées à l’intérieur d’un tambour et présentant alternativement des pôles de noms contraires (fig. 582) ; l’une de ces bobines se voit en f sur la coupe, où l’armature est seule représentée en perspective. Celle-ci est formée de disques en fer superposés et séparés par du papier isolant; ces disques sont percés de trou» pour les alléger et pour permettre l’aération-Ce cylindre, revêtu d’une enveloppe isolante, reçoit sur son pourtour des lames non meta ques sur lesquelles les bobines sont enrou
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- lées à plat et maintenues par deux bandes de I à celui des inducteurs, et le sens de l’enroule-laitonjS f- Ces bobines sont en nombre égal I ment change de l’une à l’autre, de sorte que les
- Fig. 381. — Dynamo Siemens à courants alternatifs.
- courants qui y prennent naissance s’ajoutent les uns aux autres. Ces courants changent d'ailleurs de sens chaque fois que les bobines pas-
- sent d’un champ magnétique dans le suivant, c’est-à-dire seize fois par tour. Enfin ces bobines sont groupées en deux circuits paral-
- Fig. 582. — Machine Westinghouse.
- èIes’ ^0nt les extrémités communes aboutissenl Ux ^eux bagues du collecteur.
- Ces machines sont ordinairement à excita tion indépendante; mais elles se font aussi auto
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- Fig. 583. — Machine Mordey.
- Fig. 584. — Machine Ferranii.
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- MACHINE ÉLECTRIQUE OU ÉLECTROSTATIQUE.
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- excitatrices en ajoutant au collecteur un commutateur qui redresse la portion du courant destinée à l’excitation.
- Dynamo Mordey. — Dans cette machine /fK 583), inventée en 1888, l’inducteur est enroulé sur un noyau en fer forgé, que traverse l'axe de rotation. Ce noyau porte des prolongements, en forme de crochets, disposés par paires au nombre de neuf autour de la bobine inductrice. Ces prolongements, dont on voit les extrémités polaires sur la figure, sont recouverts par des calottes sphériques en laiton qui suppriment le bruit et diminuent la résistance de l’air pendant la rotation.
- L’induit est logé dans un espace ménagé entre les pièces polaires appartenant à une même paire. Il se compose de dix-huit bobines formées
- L
- Fig. 585. — Armature de
- par des noyaux en porcelaine, sur lesquels on enroule des bandes de cuivre dans des rainures. Toutes ces bobines, montées en série, sont ajustées sur un anneau en bronze. Cette machine, qui donne des courants de haute tension, tourne à raison de 650 tours par minute.
- Dynamo Ferranti. — Cette machine, imaginée en collaboration avec sir W. Thomson, est surtout destinée à l’éclairage par incandescence. Elle est remarquable par son originalité et sa légèreté, qui permet de donner à l’induit une vitesse de 1 900 tours. En outre, cet organe offre une résistance très faible, 0,0265 ohm.
- Deux séries de seize électro-aimants à section ovoïde (flg. 584), placés en regard, forment l’inducteur; les pôles sont alternativement de noms contraires. Les noyaux des électros sont venus
- la machine Ferranti.
- de fonte avec les deux flasques. Dans les modèles nouveaux, le nombre des électros est doublé; de plus, pour diminuer la résistance, le fil des inducteurs est remplacé par des barres de cuivre ondulées qui passent alternativement au-dessus et au-dessous du noyau de chaque électro. Ces barres sont au nombre de neuf, et reliées en tension.
- L armature ne contient pas de fer : elle est urinée d’un ruban de cuivre de 36 mètres de °ngueur, 12 millimètres de largeur et 2 millimétrés d’épaisseur. Ce ruban est contourné de ^Çon à former huit boucles par tour (flg. 585) et 1 fait douze tours successifs, isolés par des ban-es de caoutchouc. Ses deux extrémités sont s°udées aux deux bagues du collecteur.
- ursqu’une branche ab de l’induit s’approche Dictionnaire d’électricité.
- d’un pôle nord N, la branche suivante cd s’approche d’un pôle sud S ; ces deux branches donnent donc naissance à des courants de sens contraire, qui s’ajoutent, grâce à la forme de l’armature. Ce courant charge d’ailleurs de sens seize fois par tour, comme dans la machine précédente.
- Ces machines peuvent alimenter jusqu’à 3 000 lampes de 16 bougies.
- Applications des machines d'induction. — Ces machines servent le plus souvent à produire des courants, ou encore comme moteurs. Leurs principales applications sont indiquées aux mots Éclairage, Transmission de l’énergie, etc.
- MACHINE ÉLECTRIQUE OU ÉLECTROSTATIQUE. — Appareil destiné à produire de l’électricité par frottement ou par influence, et à
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- MACHINE ÉLECTRIQUE OU ÉLECTROSTATIQUE.
- établir une certaine différence de potentiel entre deux conducteurs isolés, ou bien entre un conducteur isolé et le sol.
- Une machine comprend trois parties essentielles : le producteur d’électricité, le transmetteur et le collecteur. L’énergie potentielle fournie au collecteur correspond au travail effectué lorsqu’on transporte le transmetteur en sens contraire des forces électriques, depuis le producteur, chargé d’électricité contraire, qui l’at-
- tire, jusqu’au collecteur, qui est chargé de la même électricité et qui le repousse.
- En théorie, la différence de potentiel, et par suite la charge du collecteur, peuvent augmenter indéfiniment; en pratique, il y a une limite qui est atteinte lorsque l’augmentation de charge par seconde est égale à la perte produite, soit par des étincelles jaillissant entre le collecteur et les autres pièces, soit par l’action de l’air et des supports.
- Fig. 586. — Machine électrique de Ramsden.
- Le débit est la quantité d’électricité mise en mouvement dans chaque unité de temps, lorsque le régime permanent est atteint. Dans toutes les machines, le débit est sensiblement proportionnel à la vitesse de rotation. L’énergie d’une machine est égale au produit El de son débit par la différence de potentiel des deux pôles.
- On divise les machines électriques en machines à frottement et machines à induction, suivant la nature du producteur. Dans les premières, le transmetteur apportant à chaque opération la
- même quantité d’électricité, la charge croît en progression arithmétique. Dans les machines a induction, on peut s’arranger pour qu’elle au^ mente en progression géométrique ; on acc-oup pour cela deux machines de sorte qu’elles don nent des électricités contraires, et que 1 *nc^e teur de chacune soit relié avec le collecteur l’autre. .
- Machines à frottement. — Ces machines son^ les plus anciennes. La plus connue est ce^6ette Ramsden, qui est encore employée. Dans c machine (fig. 586), l’électricité est dé\elopp
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- MACHINE ÉLECTRIQUE OU ÉLECTROSTATIQUE.
- le frottement d’un plateau de verre P contre jjeS coussins de cuir K, entre lesquels il tourne. £eS coussins sont enduits, pour augmenter le rendement, d’une substance métallique, or mus-sif (bisulfure d’étain) ou amalgame de zinc, et doivent communiquer avec le sol à l’aide d’une chaîne. Le frottement produit des charges égales et contraires d’électricité positive sur le plateau, et d’électricité négative sur les coussins : cette dernière s’écoule dans le sol. Le plateau électrisé, continuant à tourner, passe dans des pièces métalliques en forme d’U, garnies de pointes à l’intérieur, et portées par deux conducteurs cylindriques isolés, réunis par un troi-
- sième cylindre plus petit. Il agit par influence sur ces conducteurs, et, grâce aux pointes métalliques, le verre est ramené à l’état neutre et le conducteur isolé se charge positivement. Les secteurs en taffetas G, qui entourent deux des quadrants du plateau, empêchent celui-ci de perdre sa charge par le contact de l’air avant d’agir sur les conducteurs.
- Les machines de Nairne, de Van Marum, de Le Roy, ne sont que des modifications de la précédente et ne sont plus employées depuis longtemps. Leur description est donc sans intérêt. Il en est de même de la machine d’Armstrong, dans laquelle l’électricité est due au frotte-
- Fie. 587. — Machine de Holtz.
- ment de la vapeur d’eau humide sur des ajutages en buis.
- Machines électrostatiques à induction. —
- Ces machines sont fondées sur le même prin-ClPe que l’électrophore. Un corps médiocrement c°nducteur reçoit une certaine charge, que l’on jmRtipüe ensuite par la rotation du transmet-fjUr* Le replenisher de sir W. Thomson, décrit Us haut (voy. Ëlectromètre), est une machine üe ce genre.
- invGS macLtnes de Tœpler et de Holtz furent entées à peu près simultanément. La maj. uc lœpier, quoique très ingénieuse, a qj^0nv^n^ent d’être très fragile et très compli-’ aussi fut-elle bientôt abandonnée en pré-
- sence des beaux résultats que donnait la machine de Holtz.
- Machine de Holtz. — La machine de Holtz ordinaire se compose de deux plateaux de verre, dont l’un, visible en avant de la figure 587, est un peu plus petit et peut tourner autour d’un axe horizontal. Le plateau fixe, placé en arrière, est percé de deux fenêtres en forme dé secteurs, sur le bord desquelles sont collées deux armatures de papier, munies de languettes de même substance. Deux conducteurs PN, terminés par des boules, aboutissent d’autre part à des peignes disposés devant le plateau mobile.
- Pour amorcer la "machine, on pousse, par son
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- MACHINE ÉLECTRIQUE OU ÉLECTROSTATIQUE.
- manche isolant, la lige qui traverse la boule N jusqu’à ce qu’elle vienne toucher l’extrémité du conducteur P, on fait tourner le plateau mo-
- Tliéorie de la machine de Holtz.
- Fig. 588.
- bile, et l’on touche une des armatures de papier avec un corps électrisé. Au bout d’un instant la machine fonctionne : on enlève le corps électrisé et on écarte les deux conducteurs.
- Pour expliquer la théorie de cette machine,
- il est plus commode de supposer les plateaux remplacés par deux cylindres concentriques le cylindre intérieur étant mobile, et renfermant les conducteurs. Pour simplifier, on a, sur la figure 588, supposé le cylindre extérieur enlevé et laissé subsister seulement les armatures de papier. Cette forme a du reste été réalisée, mais elle est très incommode.
- Supposons l’armature A chargée négativement, le cylindre mobile en mouvement dans le sens des flèches et les boules PN en contact. L’armure A agit par influence sur le conducteur A’B' qui laisse échapper de l’électricité positive en A', de la négative en B'; ces électricités se fixent sur la surface intérieure du cylindre mobile, et il en est de même pendant la première demi-révolution. En ce moment, la surface intérieure sera divisée par un plan à peu près horizontal en deux parties ayanl des charges de signes contraires. Mais ces deux couches agissent à leur tour par influence sur les deux armures. Sous cette action, l’armure B
- Fig. 589. — Machine de Holtz à 24 plateaux.
- laisse échapper par la pointe b de l'électricité négative, qui se fixe sur la surface extérieure du cylindre mobile, et reste elle-même chargée positivement. De même l’armure A laissera échapper de l’électricité positive et sa charge négative augmentera. Au bout d’un tour entier, la distribution sera conforme à la figure. Par suite des réactions réciproques des différentes
- couches d’électricité, la production d’électricite va en augmentant, et la différence de potentie croît en progression géométrique. Les couche, d’électricité réparties sur la surface intérieur® du cylindre sont séparées par le plan couches extérieures par le plan a'(3' ; ces P^an^uX séparation ne sont pas horizontaux, car^le qui s’échappe par exemple du peigne A', a
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- MACHINE ÉLECTRIQUE
- par la couche de signe contraire, remonte à sa
- rencontre.
- La dimension des armures est indifférente ; elles doivent être médiocrement conductrices, et se borner à réparer leurs pertes : le papier convient parfaitement. Les fenêtres paraissent servir surtout au dégagement de l’ozone.
- On emploie souvent, pour augmenter le débit, une machine double. Cette disposition a été imaginée par M. Poggendorff et perfectionnée par Ruhmkorff; c’est cette dernière forme que représente la figure 587. Les deux plateaux fixes sont placés entre les plateaux mobiles; les conducteurs se terminent par des pièces en
- OU ÉLECTROSTATIQUE.
- forme d’U, qui sont garnies de pointes à l’intérieur et qui entourent les plateaux mobiles.
- On suspend ordinairement aux conducteurs, pour augmenter leur capacité, des bouteilles de Leyde HK, réunies par leurs armatures extérieures ; cette disposition n’augmente pas sensiblement la distance explosive, mais elle accroît la quantité d’électricité qui passe à chaque décharge. Sans cette précaution, on n’obtiendrait entre les deux pôles que des aigrettes au lieu d’étincelles.
- La figure 589 représente une machine de Holtz à 24 plateaux d’ébonite, 12 fixes et 12 mobiles, de 60 centimètres de diamètre, cons-
- Fig. 590. — Machine de Holtz à deux rotations.
- truite par M. Ladd, et qui donne de très beaux effets.
- La machine de Holtz a le double inconvénient ne pas s’amorcer seule et d’être très sensi-
- ble à l’humidité. On remédie au premier défaut €n lui ajoutant un petit disque de verre qui s électrise constamment en frottant sur deux Petits coussins de cuir et qui, passant sans cesse e'ant l’une des armures de papier, entretient ^°n électrisation, et au second en recouvrant ^nt 1 appareil d’une cage de verre, contenant de a chaux vive, comme sur la figure précédente. Machine de Holtz à deux rotations. — M. Holtz 1Tnaginé une autre machine dans laquelle il a
- supprimé les plateaux fixes et les armures de papier (fig. 590).
- Elle se compose de deux plateaux de verre horizontaux tournant en sens inverse et de quatre tiges métalliques munies de peignes. Deux de ces peignes sont disposés au-dessus des plateaux suivant un même diamètre ; les deux autres sont au-dessous et disposés suivant le diamètre perpendiculaire au premier. Les tiges sont reliées deux à deux à la partie inférieure, et portées par des pieds d’ébonite; deux d’entre elles portent des tiges mobiles qu’on peut amener en contact.
- Pour amener la machine, on fait toucher ces
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- MACHINE ÉLECTRIQUE OU ÉLECTROSTATIQUE.
- deux tiges, et l’on met les plateaux en mouvement. Le plateau inférieur tourne dans le sens
- Fig. 591. — Machine de Carré disposée pour les usages médicaux
- des aiguilles d’une montre, l’autre en sens con- ] traire. Il suffit de placer un instant en face d’un |
- des peignes un objet électrisé pour que la ma-cliine fonctionne. La théorie est analogue a celle de la machine précédente. L’excitateur ne donne que des aigrettes continues à moins qu’on ne mette les conducteurs en communication avec les armatures d’une sorte de bouteille de Leyde.
- Machines de Bertsch et de Carré. — La machine de Bertsch se rapproche de celle de Holtz, mais elle est à plateaux d’ébonite; elle a, comme elle, l’inconvénient de ne pas s’amorcer seule. M. Carré l’a modifiée et a fait disparaître ce défaut.
- La machine de Carré (fig. 591) se compose d’un disque en ébonite A mobile au-; tour d’un axe horizontal. L’armature estj constituée par un petit plateau d’ébonite ou de verre C, qui est monté sur l’axe de la manivelle et qui frotte sur deux coussins de cuir E. Deux peignes sont disposés suivant le diamètre vertical du grand plateau, l’un en face du disque de verre, l’autre en face d’une armure d’ébonite fixe,| terminée par des pointes. Ces deux peignes communiquent respectivement avec' deux conducteurs isolés, dont l’un présente| une branche mobile, qui sert d’excitateur.; On voit que cette machine est analogue à' celle de Holtz, le plateau de verre et la feuille d’ébonite fixe jouant le rôle des deux armures de papier. ;On peut augmenter l’énergie des étincelles en suspendant au gros
- Fig. 592. — Machine de Voss.
- conducteur une bouteille de Leyde dont l’ar- I inférieur. Les plateaux d’ébonite ont lincoQ^ mature externe vient toucher le conducteur ! vénient de s’altérer peu à peu au contact
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- MACHINE ÉLECTRIQUE OU ÉLECTROSTATIQUE.
- l’air : il faut alors renouveler les surfaces en les frottant avec du papier d’émeri.
- Machine .de Voss. — D’autres machines fondées sur l’influence ont été imaginées par M. Varley, M. Tœpler, M.Yoss, etc. Cette dernière se compose d’un plateau fixe G' portant sur sa
- face postérieure deux inducteurs aa' de grandes dimensions (flg. 592), et d’un plateau G, tournant dans le sens de la flèche, et portant six disques métalliques munis d’un bouton au centre. Des conducteurs munis d’un excitateur portent deux peignes horizontaux II'; ils sont en
- Fig. 593. — Grande machine de Wimshurst.
- contact avec les armatures intérieures de deux | bouteilles de LeydeBÈ', réunies par leurs armatures extérieures. Un conducteur diamétral TT" se termine par deux peignes et deux balais qui rencontrent les disques. Deux autres balais AA' communiquent avec les inducteurs.
- Supposons que l’inducteur a ait reçu une petite charge négative. Chaque disque qui passe
- devant lui se charge par influence, et, en touchant le balai I", cède son électricité négative au conducteur diamétral et garde la positive. En arrivant au balai A', ce disque cède une partie de sa charge à l’inducteur a' ; passant ensuite devant le peigne I', il agit par influence, attire de l’électricité négative, et repousse la positive. Il est ainsi neutralisé ; il se charge de
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- Fur. 600. - Mas®»** ' de Kew.
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- 506 MACHINE ÉLECTRIQUE
- nouveau sous l’influence de l’armure a , cédant de l’électricité positive au conducteur diamétral, et gardant la négative. Il donne ensuite, par l’intermédiaire du balai A, une partie de cette charge à l’inducteur a, qui s’électrise de plus en plus, et les mêmes phénomènes se reproduisent sans cesse, à chaque tour, devant les deux inducteurs. Le conducteur diamétral reçoit toujours, de deux disques opposés, des électricités contraires à ses deux extrémités; les deux peignes II' laissant écouler les deux électricités, on peut bientôt séparer les deux boules de l’excitateur et obtenir des étincelles.
- En réalité, il est inutile de donner une charge initiale aux inducteurs ; la machine
- OU ÉLECTROSTATIQUE.
- s’amorce seule,sans doute parle frottement des balais sur les disques.
- Machine de Wimshurst. — La machine de Wimshurst est l’une des plus récentes ; elle est encore peu répandue, mais ses qualités ne tarderont certainement pas à lui assurer de nombreuses applications.
- Elle est formée de deux plateaux de verre ou d’ébonite DD’ tournant en sens contraire (flg. 594) et garnis de secteurs en étain sur leurs faces extérieures. Les conducteurs communiquent, comme dans les machines précédentes, avec des bouteilles de Leyde CC' et un excitateur EE' et portent des pièces en U, garnies de pointes PP' à l’intérieur, qui entourent les deux
- plateaux suivant le diamètre horizontal. Deux conducteurs diamétraux, terminés par des balais pp', sont placés à angle droit de part et d’autre des plateaux. La figure 594 montre les deux faces de cette machine. Chaque plateau doit tourner dans un sens tel que les secteurs aillent d’un peigne vers le pinceau le plus voisin.
- La théorie de cette machine est analogue à celle de la machine de Voss. Les secteurs de chaque plateau servent à la fois d’inducteurs et d’induits, et les peignes recueillent l’électricité des deux séries de secteurs. Cette machine s’amorce seule.
- La figure 593 montre une grande machine de Wimshurst à douze plateaux construite par
- M. Ducretet et qui figurait à l’Exposition de 1889, où la beauté de ses décharges et la régularité de sa marche, même par les temps les plus humides, faisaient l’admiration des visiteurs.
- Machine de Lisser et Benecke. — MM. Lisser et Benecke, de Berlin, construisent depuis peu une machine qui ressemble beaucoup à la précédente. Deux plateaux de verre munis de secteurs d’étain tournent encore en sens contraire. Les conducteurs munis de peignes sont dis posés de la même manière, mais les deux conducteurs diamétraux, placés de part e d’autre des plateaux de verre, sont à 23° en\i ron l’un de l’autre. La machine s’amorce seu e. Une machine ayant des plateaux de 2o cen i
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- MACHINE-OUTIL ÉLECTRIQUE. — MACHINE RHÉOSTATIQUE. 307
- mètres donne, dit-on, des étincelles de 9 à 11 centimètres.
- Machines électriques médicales. — Pour les uaaaes médicaux, la première condition, c’est évidemment d’avoir une machine qui ne craigne pas l’humidité et qui puisse fonctionner par tous les temps. La machine de Carré est celle qu’on emploie le plus souvent ; le modèle représenté par la figure 591 est disposé à cet effet; une tige métallique met le gros conducteur en communication avec le tabouret isolant. A côté de la machine sont figurés les divers excitateurs nécessaires. La machine de Wimshurst nous paraît appelée à remplacer celle de Carré dans les applications médicales,
- car elle donne des décharges plus énergiques, et elle est encore plus insensible à l’action de l’humidité.
- Couplage des machines électriques. — Ces
- machines peuvent être réunies, comme les autres sources d’électricité, en série ou en quantité. Dans le premier cas, on augmente la différence de potentiel et par suite la distance explosive; dans le second, on augmente le débit sans accroître le potentiel.
- Réversibilité des machines électriques. — Les machines électriques sont réversibles, comme les machines d’induction. Si l’on porte les deux pôles d’une machine à induction à une différence de potentiel suffisante, elle se mettra à
- Fig. 595.— Machine rhéostatique de Planté.
- tourner. C’est là un procédé pour la transmission de l’énergie. La figure 594 montre deux machines de Wimshurst accouplées pour montrer cette expérience. Les excitateurs sont ou-'erts pour empêcher les étincelles. Lorsqu’on fait tourner l’une des machines, l’autre se met en mouvement.
- MACHINE-OUTIL ÉLECTRIQUE. — Machine-0utü mue par un moteur électrique. M. Rowan a construit des riveuses et des perceuses électriques employées en Angleterre.
- MACHINE RHÉOSTATIQUE. — Machine irna-ténee par G. Planté et composée d’un grand nombre de condensateurs, formés chacun d’une me mince de mica, sur les deux faces 'fll ^ue^e on a collé des feuilles d’étain d qi commuf;at;eiir formé d’un cylindre
- °mte portant des plaques de cuivre et sem-
- blable à celui décrit plus haut (Yoy. Accumulateur) permet de grouper les condensateurs en quantité pour la charge et en tension pour la décharge. L’appareil pouvant être chargé très rapidement, il suffit de faire tourner le cylindre d’ébonite à l’aide de la manivelle pour obtenir des étincelles presque continues. Le commutateur en tournant établit au moment voulu les communications, soit avec la pile qui sert à charger la machine, soit avec l’appareil qui doit utiliser la décharge. Une machine de 80 condensateurs, chargée par une batterie de 800 piles secondaires, donne des étincelles de 12 centimètres de longueur. Le cylindre d’ébonite fait 15 tours par seconde.
- A l’aide de cette machine, G. Planté a obtenu des résultats fort intéressants. L’étineelle et l’aigrette présentent une forme en crochet,
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- 508
- MACHINE UNIPOLAIRE. — MAGNÉTIQUE.
- qu’on n’observe pas, avec le même degré de netteté, dans celles des machines électriques ou des bobines d’induction. Nous avons figuré plus haut (Voy. Figubes de Lichtenberg) les belles apparences obtenues avec cette machine.
- MACHINE UNIPOLAIRE. — Machine d’induc-tian dont l’armature est formée par un disque de cuivre tournant dans un champ magnétique,
- Équateur magnétique. — Lieu des points du globe où l’inclinaison magnétique est nulle Fluides magnétiques. — Fluides hypothétiques par lesquels on expliquait les propriétés des corps magnétiques.
- Méridien magnétique. — Plan vertical ayant pour trace la direction de l’aiguille aimantée Pôles magnétiques. — Points du globe où concourent les divers méridiens magnétiques Substances magnétiques et diamagnétiques. — On appelle substances magnétiques ou paramagnétiques celles qui' sont attirées par l’aimant. Outre le fer, qui possède cette propriété au plus haut degré, beaucoup d’autres substances sont plus ou moins magnétiques. Pour le constater, on suspend un petit cylindre de la substance étudiée entre les deux pôles d’un puissant électro-aimant. Faraday se servait d’un électro dont les deux bobines étaient placées sur une même ligne horizontale, les pôles tournés l’un vers l’autre, comme dans celui qui est figuré à l’article Pouvoir rotatoire magnétique. Un bâti en fer, soutenant les bobines, forme la culasse de l’électro. Les bobines de l’électro-aimant peuvent aussi être verticales (fig. 596) ; dans tous les cas, on peut visser sur les deux pôles des pièces polaires en fer doux de forme variée. Les pôles allongés donnent un champ plus intense, et les pièces plates un champ plus uniforme. Les bobines peuvent aussi s’écarter ou se rapprocher, de façon à donner aux pôles un écartement variable.
- On peut constater ainsi la propriété magnétique dans un grand nombre de substances, notamment dans les suivantes :
- Fer,
- Nickel,
- Cobalt,
- Manganèse,
- Chrome,
- Cérium,
- Titane,
- Palladium,
- Platine,
- Osmium.
- dit
- ou par un cylindre du même métal tournant autour d’un pôle d’aimant ou d’électro.
- MAGNÉTIMÈTRE. — Instrument destiné à mesurer l’intensité magnétique des aimants et de la terre (Voy. Magnétomëtre).
- MAGNÉTIQUE. — Qui a rapport au magnétisme.
- Azimut magnétique. — Angle de déclinaison.
- Barreau magnétique. — Syn. d’aimant.
- D’autres substances au contraire placées entre les deux pôles de l’électro aimant, s’orientent perpendiculaire ment à la ligne des pôles : °n qu’elles sont diamagnétiques. Cette propriété s’observe notamment dans les substances suivantes :
- Bismuth, Cuivre,
- Antimoine, Or,
- Zinc, Arsenic,
- Cadmium, Urane,
- Sodium, Rhodium,
- Mercure, Iridium,
- Plomb, Tungstène.
- Argent,
- Le magnétisme est dû à l’aimantation par m
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- MAGNÉTISME TERRESTRE. — MAGNÉTO-DYNAMOMÈTRE.
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- fluence ; le diamagnétisme est attribué à une caUse analogue, mais les pôles se forment en sens inverse; il-tend alors à se former un pôle nord en face du pôle nord de l’électro-aimant et un pèle sud en face du pôle sud.
- magnétisme. — On désigne sous ce nom l’étude des propriétés des aimants. Ce mot vient du mot magnes, par lequel les anciens désignaient les aimants, parce qu’on trouva les premiers aimants naturels près de la ville de Magnésie. La théorie du magnétisme est analogue à celle de l’électricité; on en trouvera les principales parties aux mots Aimant, Force, Flux, Feuillet, etc.
- Magnétisme de rotation. — Voy. Induction dans les masses métalliques.
- Magnétisme rémanent. — Aimantation qui persiste dans un morceau de fer doux qui a été aimanté par influence. C’est le magnétisme rémanent qui sert à amorcer les dynamos autoexcitatrices.
- MAGNÉTISME TERRESTRE. — Action du globe terrestre sur les aimants. La direction de cette action est indiquée par la mesure de la déclinaison et de l’inclinaison (Voy. ces mots). Son intensité (Voy. Champ terrestre) se détermine à l’aide d’instruments tels que le cercle de Barrow et les magnétomètres (Voy. ces mots). La valeur de ces divers éléments à Paris était, au 1er janvier 1889 :
- Déclinaison..................] 15°47'4
- Inclinaison................... 65°13'7
- Composante horizontale....... 0,19508
- Composante verticale.......... 0,42275
- Champ total................... 0,46559
- Les éléments du magnétisme terrestre varient d’un lieu à un autre suivant une loi compliquée.
- La variation dans l’année 1888 a présenté pour chacun d’eux les valeurs suivantes :
- Déclinaison................ —4',7
- Inclinaison................ —1 ' ,0
- Composante horizontale.... + 0,00028
- Composante verticale....... + 0,00030
- Champ total................ + 0,00039
- On peut, dans une première approximation, assimiler la distribution du magnétisme à celle îue produirait un aimant infiniment petit placé au centre de la terre et qui ferait un angle d’en-Dron lo° avec la ligne des pôles. Cette hypo-thèse peut être remplacée par celle de deux couches de glissement, c’est-à-dire de deuxeou-riies sphériques uniformes ayant des densités e?ales, mais de signes contraires, et qui, d’abord Superposées, se sépareraient en glissant d’une
- petite quantité, l’une vers le nord, l’autre vers le sud, ou encore par l’hypothèse d’une aimantation uniforme dirigée suivant L’axe du petit aimant.
- Gauss a démontré que, en supposant les masses magnétiques qui produisent le champ terrestre distribuées d’une manière quelconque, les lignes de niveau ou parallèles magnétiques sont représentées par des formules à 24 coefficients. Il suffit donc de faire 24 observations pour déterminer ces formules, et l’on pourra connaître ensuite facilement les éléments d’un point quelconque du globe.
- Variations du magnétisme terrestre. — Les éléments du magnétisme terrestre en un lieu subissent des variations périodiques et des variations accidentelles.
- Les variations séculaires peuvent s’expliquer par une rotation uniforme de l’axe magnétique autour de l’axe géographique, qui se ferait pour le pôle nord dans le sens des aiguilles d’une montre, et dans une période d’environ 900 ans.
- Les variations diurnes paraissent en relation avec le mouvement apparent du soleil, de la lune, etc. ; leurs lois sont peu connues; elles portent surtout sur la déclinaison.
- Les variations accidentelles, appelées orages magnétiques, affectent à la fois une grande partie de la surface terrestre, et paraissent en rapport avec les aurores boréales et les taches solaires. Ces variations sont étudiées à l’aide des magnétomètres.
- La terre exerce sur un courant mobile une action directrice analogue à celle qu’elle produit sur un aimant. Cette action sera indiquée à l’article Solènoïde.
- MAGNÉTO-DYNAMOMÈTRE. — Appareil inventé par M. E. Gérard, de Liège, et servant, comme l’inductomèlre décrit plus haut, à l’exploration d’un champ magnétique.
- Il se compose d’un conducteur A, (flg. 597) mobile autour d’un axe O, équilibré par un contre-poids P et traversé sur une partie de sa longueur par un courant d’intensité connue i. Ce courant est mesuré par un ampèremètre et amené par les fils flexibles ff. Si h est la composante de l’intensité du champ normale au plan de déplacement du conducteur, la force électromagnétique exercée sur ce dernier est :
- f = il h
- On fait équilibre à cette force par un ressort R fixé au conducteur mobile, et sur lequel agit la vis micrométrique Y. On fait la tare de cette
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- 510 MAGNÉTO-ÉLECTRIQUE. — MAGNÉTOMÈTRE.
- vis en mesurant les poids qu’il faut appliquer r tiges A et B au parallélisme dans les divers au milieu du conducteur l pour ramener les | états de tension du ressort.
- Fig. 597. — Magnéto-dynamomètre. (Evic Gérard, de Liège.
- MAGNÉTO-ÉLECTRIQUE. — Se dit- des appareils qui comprennent des aimants et des fils traversés par des courants.
- Machine magnéto-électrique. — Voy. Machine d’induction.
- MAGNÉTOGÈNE. — Qui produit des effets magnétiques.
- MAGNÉTOGRAPHE. — Voy. Magnétomètre
- ENREGISTREUR.
- MAGNÉTOIDE. — Se dit des effets qui sont
- Fig. 598. — Magnétomètre unifilaire de Kew, disposé pour la méthode de déviation.
- analogues à ceux du magnétisme, quoique provenant d’une cause différente.
- MAGNÉTOMÈTRE. — Appareil servant à mesurer le moment magnétique d’un aimant, l’intensité du champ terrestre et les variations de cette intensité. Les niagnétomètres peuvent même donner la déclinaison, mais cette quantité se mesure le plus souvent, ainsi que l’in-
- clinaison, à l’aide des boussoles décrites plUs haut.
- Les magnétomètres ont été imaginés Par Gauss ; ils ont été perfectionnés depuis cette époque. Nous décrirons le modèle en usage à l’Observatoire de Kew.
- Cet, instrument peut être disposé pour la me thode de déviation ou pour celle des oscillation-
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- MAGNÉTOMÈTRE.
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- ,y0y. ces mois). Dans le premier cas, il est constitué comme le représente la figure 598. L’aimant est suspendu par un faisceau de fils de cocon C, portant un étrier ; on a d’abord tendu les fils en plaçant pendant un certain temps dans l’étrier, au lieu de l’aimant, une masse circulaire en laiton E (fig. 598). On remplace ensuite celte pièce par l’aimant; une tête de torsion, qui peut être élevée ou abaissée à l’aide d’une crémaillère F, supporte les fils de cocon. L'aiguille porte un miroir, dans lequel on vise avec la lunette A l’image de l’échelle B.
- L’aimant étant dans le méridien, et l’image du zéro de l’échelle étant en coïncidence avec le réticule vertical de la lunette A, on place sur le chariot L, porté par la règle de laiton graduée D, l’aimant déviant K, et l’on tourne la lunette A de façon à mesurer sur le cercle gradué horizontal N, muni de verniers, la déviation a de l’aimant mobile. Si d est la distance du centre des barreaux, M le moment du barreau K, et H la composante horizontale du champ terrestre.
- d3 tg a = 2 ^ •
- On peut recommencer la mesure en retournant l’aimant K, en le faisant passer de l’autre côté de l’aimant mobile, et enfin en faisant varier la distance d.
- La figure 599 représente le magnéto-mètre disposé pour la méthode des oscillations.
- La lunette, l’échelle, la règle de déviation et l’appareil de torsion sont enlevés et remplacés par une autre lunette B, un appareil de torsion DPH et une boîte à aimant A. Dans cette boîte, on suspend l’aimant K, qui servait dans 1 autre disposition à dévier l’aimant mobile. Cet aimant K est formé d’un tube b acier aimanté portant à l’une de ses extrémités une graduation photographiée verre et à l’autre un collimateur. ar cette disposition, l’image de la graduation Se fait au foyer de la lunette.
- ^ On tourne d’abord la lunette jusqu’à ce que lnia8e de la division coïncide avec le réticule, Pnis on compte, à l’aide d’une horloge battant seconde, le nombre d’oscillations produites ans un temps déterminé.
- On a alors, A étant le moment d’inertie du barreau.
- Ces deux méthodes permettent donc de déterminer M et H.
- Dans la méthode des oscillations, une correction doit être faite, si l’horloge avance ou retarde. Dans la méthode de déviation, il faut tenir compte de la dilatation et des erreurs de graduation de la règle D, de la distribution du magnétisme sur les deux aimants, de l’altération de cette distribution par l’induction mutuelle des aimants, delà variation de la distance et de la direction avec l’angle de déviation.
- Fig.
- MH =
- tc2A
- 599. — Magnétomètre unifilaire de Kew, disposé pour les observations d’oscillation.
- Dans les deux méthodes, il faut tenir compte de l’influence de la température sur le moment magnétique et de la force de torsion du fil.
- La dernière disposition peut servir aussi à déterminer la déclinaison; on ajoute seulement un petit miroir plan N, appelé miroir des passages.
- Trois réglages sont nécessaires pour ce miroir : 1° rendre son axe de rotation horizontal à l’aide du niveau O qui le surmonte; 2° rendre le miroir parallèle à l’axe géométrique de la
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- MAGNÉTOMÈTRE
- tige cylindrique à laquelle il est fixé, ce qui se I coupé en deux parties égales par le réticule ver fait en visant un objet, de sorte qu’il semble | tical, puis retournant l’axe bout pour bout
- l’objet n’est plus coupé en deux parties égales, on change l’inclinaison du miroir à l’aide de la vis de réglage ; 3° rendre l’axe optique de la lu-
- nette perpendiculaire à l’axe du miroir, ce du se fait au moyen d’un oculaire collimateur. Ces réglages faits, on soulève l’aimant à a
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- MAGNÉTOMÈTRE.
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- de la crémaillère, de manière qu’on puisse viser le miroir des passages. On vise le soleil par réflexion dans ce miroir, et l’on note au chronomètre le moment où chaque bord de l’astre passe au réticule. Pour éliminer toute erreur dans le réglage du miroir, on le retourne sur ses supports et l’on recommence la mesure. De ces observations et de la connaissance de l’heure, de la latitude et de la longitude, ou déduit la direction du méridien astronomique. On abaisse ensuite l’aimant, et l’on détermine le méridien magnétique comme avec une boussole.
- Magnétomètres bifilaires. — On fait aussi des magnétomètres dans lesquels l’aimant est supporté par une suspension bifilaire. On les emploie surtout pour mesurer les variations de l’intensité. On tord les fils à la partie supérieure jusqu’à ce que la torsion maintienne le barreau dans un plan perpendiculaire au méridien magnétique. Si la composante horizontale du champ vient à diminuer, la torsion l’emporte, et la déviation augmente. Si la composante horizontale augmente, la déviation diminue. Celte disposition est employée dans le magnétomètre enregistreur de Kew, décrit plus loin.
- Magnétomètres balances. — Ces instruments, qui servent à mesurer les variations de la composante verticale, sont formés d’un barreau supporté, comme un fléau de balance, par un couteau reposant sur un plan d’agate, et lesté par des pièces non magnétiques, pour rendre l’équilibre stable; un contre-poids est appliqué sur le côté sud du barreau pour le ramener à l’horizontalité.
- Si la composante verticale du champ vient à varier, le fléau s’incline dans un sens ou dans l’autre.
- Magnétomètres enregistreurs. — Ces appareils servent à inscrire les variations diurnes et horaires des éléments magnéti-(lUes. Cn miroir, fixé à l’aimant mobile, Envoie un rayon de lumière venant d’une lampe sur une bande de papier photographi-<lUe> mue par un mouvement d’horlogerie.
- On observe ordinairement la déclinaison, la imposante horizontale et la composante 'articule.
- Les figures 600 et 601 représentent l’appa-red employé à l’observatoire de Kew. Le remuement d’horlogerie (4) est placé dans une
- 01 e de bois au centre de l’appareil ; deux cy-vn res horizontaux, dont la surface est recou-
- r e de papier sensible, reçoivent, par des Dictionnaire d’électricité.
- tubes de bois, la lumière réfléchie par les miroirs des aimants qui enregistrent la déclinaison (1) et la force horizontale (2). Le premier
- de ces aimants est suspendu par un seul fil de cocon. Il est placé sur un bloc de pierre massif. Le miroir est coupé en deux moitiés, dont l’une
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- Fig. 602. — Spécimen des variations de la composante horizontale.
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- MAGNÉTO-PARLEUR.
- est suspendue à l’aimant et l’autre fixée au-dessous. Cette dernière moitié donne un rayon réfléchi de direction fixe, dont l’angle avec le méridien est connu, et qui sert de repère. Un écran, mû par l’horloge, intercepte la lumière du miroir fixe pendant une ou deux minutes toutes les deux heures. On a ainsi une vérification de la marche de l’horloge.
- Les variations de la composante horizontale sont enregistrées par l’aimant (2), que supporte une suspension bifilaire. Cette suspension est formée par un fil d’acier dont les deux bouts sont fixés à une vis horizontale perpendiculaire au méridien. Ce fil supporte une poulie à laquelle est attaché l’aimant.
- Quand la composante horizontale varie, l’aimant tourne dans un sens ou dans l’autre. La valeur de cette composante, pour une position donnée de l’aimant, se détermine par des expériences d’oscillation. Les mouvements sont enregistrés sur l’autre cylindre tournant. Un demi-miroir fixe fournit encore une ligne de repère. Les distances de la courbe à cette ligne peuvent être considérées comme proportionnelles à la force pour de petites variations.
- La figure 602 montre les variations de la composante horizontale pour deux jours consécutifs, le premier ayant donné des changements ordinaires et le second une violente tempête magnétique. Pour deux jours à variations ordinaires, les tracés ne se coupent pas. On n’a pas figuré les interruptions de la ligne des repères qui ont lieu toutes les deux heures.
- Enfin la composante verticale est indiquée par un barreau (3), monté sur un axe garni de couteaux et reposant sur des plans d'agate (Voy. Magnétomètre balance), et ramené par un poids de laiton dans une position presque horizontale. Si la composante verticale augmente, l’aimant se rapproche de la verticale. L’enregistrement se fait comme pour les autres pièces, mais sur un cylindre à axe vertical (fig. 601, 4).
- .Pour éviter les courants d’air, les trois aimants sont placés dans le vide. Chaque aimant est muni d’une lunette et d’une échelle divisée
- y
- qui permettent l’observation directe. Les valeurs mesurées sur les courbes doivent être corrigées pour la température. Aussi les variations de la température sont-elles enregistrées d’une manière continue. Un thermomètre est fixé dans une fente d’un écran, d’un côté duquel est une lumière, et de l’autre un tambour couvert de papier sensible. La lumière est arrêtée par le mercure, mais elle traverse le haut du tube et impressioune le papier.
- MAGNÉTO-PARLEUR. — Petit appareil de télégraphie militaire, imaginé par. M. Weissen-bruck, et transmettant des signaux de deux espèces, comme le télégraphe Morse. Le trans-
- Fig. 603. — Manomètre avertisseur de la pression.
- metteur est analogue au téléphone Gower, e récepteur est un téléphone ordinaire. La pja que du transmetteur est bombée; on peut la baisser à l’aide d’une clef Morse ou lui lalS
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- MAGNÉTOPHONE. — MASSAGE ÉLECTRIQUE. 515
- ser reprendre sa position. Ces deux mouvements produisent dans le récepteur deux sons distincts. 11 suffit d’un fil de ligne ; le retour se fait par la terre, au moyen d’un sabre qu’on enfonce dans le sol.
- MAGNÉTOPHONE. — Appareil formé d’un disque de fer percé de deux rangées de trous ; l’une des rangées a, par exemple, deux fois plus dé trous que l’autre. On intercale ce disque entre un aimant et deux bobines placées dans un circuit avec un téléphone. En tournant le disque, on entend dans le téléphone un accord d’octave.
- MAILLECHORT. — Alliage formé de 50 p. de cuivre, 25 de nickel et 25 de zinc. Il est souvent employé pour la fabrication des bobines de résistance, parce que sa résistance varie très peu avec la température.
- MANCHON. — Petit tube servant à réunir les extrémités de deux fils de ligne (Yoy. ce mot).
- MANIPULATEUR. — Organe transmetteur d’un télégraphe (Voy. Télégraphe).
- MANIPULATION. — Action de transmettre à l’aide du manipulateur. Désigne aussi la manière de transmettre ; ainsi on dit : avoir une bonne ou une mauvaise manipulation.
- MANIPULER. — Transmettre à l’aide du manipulateur.
- MANOMÈTRE-AVERTISSEUR DE LA PRESSION DU GAZ. — Indicateur imaginé par M. L. fiiroud pour avertir lorsque la pression du gaz d’éclairage tend à sortir des limites fixées. Cet indicateur est formé d’un petit gazomètre qu’on
- intercale sous la conduite, au point où l’on veut mesurer les changements de pression (fig. 603). La cloche du gazomètre est suspendue à une corde qui passe sur une poulie ; elle est soutenue par un contre-poids. L’axe de la poulie porte deux aiguilles folles sur cet axe, mais qui sont soutenues par deux goupilles fixées à la poulie. Lorsque la pression sort des limites voulues, le mouvement de la poulie fait descendre l’une des aiguilles qui vient plonger dans un godet de mercure. L’une des aiguilles envoie des courants positifs, l’au tre des courants négatifs, qui agissent sur un récepteur analogue à un galvanomètre. En même temps une sonnerie appelle l’attention de la personne chargée du contrôle.
- MARÉGRAPHE. — Appareil enregistrant les hauteurs des marées. Voy. Floviographe.
- MARTEAU-PILON ÉLECTRIQUE. — Appareil dont le marteau glisse dans l’intérieur d’une série de bobines superposées, dont les extrémités sont reliées aux touches d’un collecteur circulaire. Les deux pôles de la source sont reliés à deux ressorts qui frottent sur ces touches, quand on tourne une double manivelle; on peut donner à ces deux ressorts un angle variable, de manière à intercaler dans le circuit un nombre plus ou moins grand de bobines. En donnant à la manivelle un courant circulaire alternatif, on fait monter et descendre le marteau. Un courant de 43 ampères peut développer un effort de 70 kilogrammes.
- MASCARET ÉLECTRIQUE. — Nom donné par
- Fig. 604. — Mascaret électrique.
- *• Planté à une expérience dans laquelle il ^PPuie l’électrode positive d’une puissante bat-^ *e secondaire contre les parois d’un vase plein eau salée, dont le liquide communique avec le e négatif. On observe alors, outre des sillons lneux et des jets abondants de vapeur, un
- violent remous de liquide qui élève l’eau à 1,5 centimètre au-dessus de son niveau. Si le flux rencontre sur certains points des inégalités de résistance, il peut se diviser et faire naître deux ou trois monticules aqueux (fig. 604).
- MASSAGE ÉLECTRIQUE. — Massage effectué
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- MASSE. — MATIÈRE RADIANTE.
- à l’aide d’un rouleau qui sert d’électrode à un appareil magnéto-faradique, dont l’autre électrode est appliquée en un point convenable du corps.
- MASSE. — Quantité de matière d’un corps. L’unité de masse est la masse du gramme.
- Masse d’un appareil. — Ensemble des pièces métalliques non isolées d’un appareil. Perte à la masse signifie qu’un conducteur est en communication avec la masse de l’appareil et par-suite avec le sol.
- MASSE ÉLECTRIQUE. — Charge d’un corps électrisé. On dit que la masse électrique d’un corps devient 2, 3, 4 fois plus grande lorsque, dans des conditions identiques, son action mécanique devient 2, 3, 4 fois pi as grande. L’unité de masse, dans le système électro-statique, est la masse que doit posséder une petite sphère pour que, agissant sur une sphère égale, également chargée et placée à 1 centimètre, elle
- la repousse avec une force de 1 dyne. L’unité pratique de masse dans le système électro-magnétique est le coulomb, qui est 3 X 109 fois plus grande.
- Il résulte de cette définition et de la loi de Coulomb que l’action qui s’exerce entre deux masses m et m' à la distance d, est
- mm'
- MASSE MAGNÉTIQUE. — Si un pôle d’aimant A agit sur un autre C, dans des conditions identiques, avec une force 2, 3, 4 fois plus grande qu’un pôle B, on dit que A a une masse magnétique 2, 3, 4 fois plus grande que B. La loi des actions des masses magnétiques est la même que celle des masses électriques.
- MASSIF D’UN APPAREIL. — Syn. de Masse d’un appareil.
- MATIÈRE RADIANTE. — D’après M. Crookes,
- lorsque la raréfaction dans un tube à vide est poussée bien au delà du degré où les effets lumineux se produisent le mieux, le résidu gazeux se montre doué de tant de propriétés nouvelles qu’il croit pouvoir dire que le gaz est alors dans un quatrième état ou état ultra-gazeux. Il donne à cette matière Je nom de matière radiante. Les différences entre cet état et l’état gazeux seraient plus grandes qu’entre l’état liquide et l’état solide. La pression à laquelle ces phénomènes se manifestent le mieux est d’environ un millionième d’atmosphère. Dans ce cas, les molécules gazeuses peuvent parcourir en ligne droite des longueurs comparables aux dimensions du récipient sans rencontrer d’autres molécules.
- M. Crookes a constaté les propriétés suivantes.
- Lorsque le vide est poussé assez loin, l’espace obscur qui environne le pôle négatif augmente
- notablement. La figure 603 représente un tube qui contient au milieu un disque métallique en communication avec le pôle négatif et à chaque bout une électrode positive; l’espace obscur s’étend à 2,3 millimètres de chaque côté du disque négatif.
- La matière radiante produit de la lumière lorsqu’elle rencontre un corps quelconque. Un grand nombre de corps deviennent ainsi phosphorescents et présentent des couleurs très variées.
- La matière radiante se meut en ligne droite. Si l’on prend un tube en forme de V, ayant les électrodes aux deux extrémités, la branc qui contient l’électrode négative est tout entière inondée de lumière verte ; mais cette lunuere s’arrête brusquement à la partie inférieure ne pénètre pas dans l’autre branche, j01 deux boules A et B (fig. 606), la preniièro a>an
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- MATIÈRE RADIANTE
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- un vide de quelques millimètres de mercure, i chacune d’elles on attache le pôle négatif en a, et la seconde un millionième d’atmosphère. A | où se trouve une petite coupelle un peu con-
- cave, puis on attache successivement le pôle I lumière violette qui joint les deux pôles se dépositif en [b, c, d. Dans la boule A, la ligne de I place aussi et choisit le chemin le plus court
- Fig. 607. — Ombres produites par la matière radiante.
- P°ur aller de l’un à l’autre. Il n’en est pas I toujours frapper la paroi opposée en y pro-e même dans la houle B; les rayons vont | duisant une plaque circulaire de lumière
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- MÉGALOSCOPE. — MÉLANGE.
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- verte, et le reste de la boule est obscur.
- La matière radiante est arrêtée lorsqu’elle rencontre un corps solide, et une ombre se trouve projetée en arrière. Ainsi, le pôle négatif étant en N (fig. 607), et une croix découpée dans une feuille d’aluminium se trouvant en b, on voit l’ombre noire de la croix se dessiner sur le fond lumineux du tube. De plus, les parties du tube qui ont été frappées par la matière radiante sont devenues moins sensibles à son action, de sorte que, si l’on fait tomber la croix, qui est montée à charnière, l’ombre cd se change brusquement en une croix lumineuse ef,
- parce que le reste du tube ne peut plus donner qu’une faible phosphorescence. Après un certain temps de repos, le verre recouvre en partie sa propriété, mais il ne redevient jamais aussi sensible.
- La matière radiante exerce une forte action mécanique sur les corps qu’elle frappe; si ce corps est facile à mettre en mouvement, il obéira à cette impulsion. Le tube représenté fig. 608 contient un petit moulinet à larges palettes de mica, qui peut se mouvoir sur deux rails de verre. Ce moulinet se met en marche dès qu’on relie les électrodes à la bobine d’in-
- Fig. 609. — Déviation de la matière radiante par un aimant. Fig. 610. — Chaleur produite par la matière
- radiante.
- duction, et va du pôle négatif au pôle positif; si l’on change le sens du courant, le moulinet s’arrête et repart en sens inverse.
- La matière radiante est déviée par les aimants; on le constate facilement avec un tube (fig. 609) qui a le pôle négatif à l'une de ses extrémités, et est garni d’un écran phosphorescent sur la plus grande partie de sa longueur. Il suffit de placer sous le tube un aimant ou un électro-aimant assez puissant, et l’on voit la ligne lumineuse tracée sur l’écran se courber, et onduler comme une baguette flexible, quand on fait varier la position de l’aimant.
- Enfin la matière radiante échauffe fortement les corps qu’elle frappe. M. Crookes le démontre à l’aide d’une boule de verre (fig. 610)
- dans laquelle le pôle négatif est concave. Les rayons convergent sur l’extrémité d’un morceau de platine-iridium qui acquiert un éclat presque impossible à soutenir et finit meme par fondre. En approchant un aimant, les rayons sont déviés, et le platine cesse d’être rouge.
- MÉGALOSCOPE. — Voy. Électro-Mégalos-COPE.
- MÉGASCOPE ÉLECTRIQUE. — Voy. Auxa-
- NOSCOPE.
- MÉGAVOLT. — Multiple du volt valant un million de fois cette unité.
- MÉGOHM. — Multiple valant un million d’ohms.
- MÉLANGE. — Dérangement produit par le
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- MÉLOGRAPHE. — MESURES ÉLECTRIQUES. 519
- contact de deux ou plusieurs fils (Voy. Dérangement).
- MÉLOGRAPHE. — Instrument imaginé par M Carpentier pour enregistrer un morceau de musique exécuté sur un piano.
- Le mélographe peut s’adapter à tous les pianos sans les détériorer, car il constitue un appareil à peu près indépendant, dont la pièce principale est une sorte de récepteur Morse ayant autant de leviers qu’on veut utiliser de touches, par exemple 37 pour 3 octaves. Ce récepteur est commandé par un transmetteur, qu’on introduit dans le petit espace vide qui se trouve sous les touches, et qui est formé d’une planchette portant une série de ressorts dont chacun se place sous une touche. Lorsqu’on joue, chaque ressort s’abaisse et se relève avec la touche correspondante, établissant un contact d’autant plus prolongé que la touche reste elle-même plus longtemps enfoncée.
- L’enregistrement se fait sur une bande de papier entraînée uniformément par un petit moteur électrique, commandé par six accumulateurs; le mouvement de ce moteur est rendu absolument régulier par un volant et un appareil à force centrifuge; la vitesse du papier est d’environ 3 mètres par minute.
- Le papier passe sous un cylindre à gorges,, qui forme comme une série de molettes sans cesse enduites d’encre oléique par un rouleau placé à la partie supérieure. Au-dessous du papier se trouvent, sous chacune des molettes, une série de styles commandés chacun par un petit électro-aimant. Ces électros sont réunis séparément aux ressorts de contact par un petit câble à trente-huit conducteurs, le dernier servant de retour commun. Chaque fois qu’on appuie sur une note, l’électro-aimant correspondant attire son armature et le style appuie le papier sur la molette, produisant un trait plus ou moins long. La largeur du papier est de 12 centimètres, ce qui fait 3 millimètres pour chaque note. Chaque note est donc représentée Par un trait dont la position par rapport aux hords du papier correspond à sa hauteur, tandis que la longueur correspond à sa durée.
- Carpentier a complété cette invention par celle d’un perforateur et d’un mélotrope qui permettent de reproduire automatiquement les morceaux enregistrés par le mélographe. Nous
- n msisterons Pas sur ces aPPareils qui n’ont
- cmn d électrique ; le lecteur pourra en trouver la
- e^r^Pli°n dans la Nature (n° 734, 23 juin 1887).
- EMBRANE. — Plaque vibrante d’un télé-P °ne ou d’un microphone.
- MÉRIDIEN MAGNÉTIQUE. — Plan vertical ayant pour trace la ligne des pôles d’une aiguille aimantée mobile dans un plan horizontal. L’angle que fait ce plan avec le méridien astronomique est la déclinaison; il se mesure à l’aide des boussoles (Voy. ces mots).
- MESURES ÉLECTRIQUES. — Les mesures électriques peuvent se faire directement ou indirectement; dans le premier cas, on mesure la quantité cherchée elle-même; dans le second, on déduit sa valeur de la mesure de quantités auxquelles elle est liée par des formules connues.
- Les principales mesures qu’on a à faire en électricité sont les mesures d’intensité, de force électromotrice, de capacité, de résistance, etc. On trouvera à chacun de ces mots les méthodes qui s’y rapportent. Nous donnerons seulement ici quelques indications générales.
- Lorsqu’on a souvent à effectuer des mesures électriques, il est commode d’avoir une installation permanente qui, avec quelques petits changements, se prête à tous les besoins. Tel est le but de la table de mesures (fig. 611), construite par la maison Bréguet, et qui permet de mesurer la résistance des conducteurs et des piles, la capacité des câbles et des condensateurs, l’isolement des conducteurs, la force électromotrice des sources d’électricité, l’intensité des courants. Cette table comprend
- A. Un galvanomètre Thomson (1), avec son échelle de réflexion (2), et son shunt (10) per-
- , 1
- mettant de diviser jusqu à Jqqq- le courant qui doit le traverser.
- B. Une caisse de résistances avec pont de Wheatstone (6).
- C. Deux autres caisses simples de résistances (7 et 8), dont l’une (8) de 100,000 ohms.
- D. Un condensateur (14), dont la capacité
- est de ^ de microfarad.
- O
- E. Divers appareils accessoires, tels que commutateur multiple (3), inverseur de courant (4), commutateurs d’expériences (3 et 5 bis), clef à double contact successif (13), clef de décharge (12), clef de court circuit (11), prises de courant (9 et 9 bis), etc. Tout est disposé de sorte qu’on puisse, par une simple manœuvre de chevilles, réaliser toutes les combinaisons nécessaires.
- Lespiles sontsupposées montées en dehors de la table, et leurs fils aboutissent aux diverses touches du commutateur multiple, qui permet de prendre à volonté de 1 à 8 éléments en ten-
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- MESURES ÉLECTRIQUES.
- Tak’lo <lo
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- MESUREUR D’ÉNERGIE. — MÉTËOROGRAPHE.
- 521
- «ion. Le courant passe ensuite dans l’inverseur, puis dans le commutateur d’expérience, qui l’envoie, suivant la position des chevilles, dans le pont de Wheatstone ou dans le circuit direct.
- Dans le premier cas, on fixe sur la prise de courant (9) la résistance que l’on a à introduire (Voy. Résistance) ; le courant va ensuite au galvanomètre par la clef à double contact (13), le commutateur d’expérience spécial (5 bis), le shunt (10) et la clef de court circuit (11). La clef (13) sert à envoyer d’abord le courant dans le seul circuit du pont, et rend ainsi plus juste la première lecture au galvanomètre.
- MESUREUR D’ÉNERGIE OU VOLTAMPÈRE-MÈTRE. — Voy. Compteur d’électricité.
- MÉTALLISATION. — Opération ayant pour but de rendre les corps non métalliques assez conducteurs pour recevoir un dépôt métallique. On métallisé quelquefois avec une solution de nitrate d’argent, mais le plus souvent avec de la plombagine (Voy. Galvanoplastie et Électrochimie).
- MÉTALLOCHROMIE. — Production de colorations variées sur les métaux à l’aide des anneaux de Nobili.
- MÉTALLOSCOPIE. — Exploration de l’état nerveux des malades par l’application de divers métaux ; méthode imaginée en 1848 par le Dr Burq.
- MÉTALLOTHÉRAPIE. — Méthode curative fondée sur l’application des métaux. Ce procédé, imaginé par le Dr Burq, a été étudié par MM. Charcot, Luys, Dumontpallier.Les rapports de cette méthode avec l’électricité ne sont pas assez connus pour que nous puissions insister.
- métallurgie électrique. — Voy. Électro-métallurgie.
- météorographe. —• Appareil enregistrant les indications relatives aux principaux phénomènes météorologiques. Il existe un certain nombre de météorographes.
- Celui de MM. Van Rysselberghe et Schubart, qui fonctionne entre Ostende et Bruxelles, se compose de divers appareils météorologiques Auxquels est appliqué, avec de légères modi-mations, le même système de transmission.
- a Pression atmosphérique est enregistrée Pnr un baromètre à siphon dont les deux bran-fit^’011*' le même diamètre, de sorte qu’il suf-j , enregistrer les variations de niveau dans To janc^e °uverte et de les multiplier par deux, çp U.es les dix minutes, par exemple, une sonde
- ncier verticale descend dans la branche ou-
- verte d’une quantité constante et suffisante pour qu’elle rencontre sûrement le mercure. Ce ' contact ferme un circuit dont Je courant actionne un crayon qui trace un trait continu pendant toute la fermeture.
- Voici comment s’obtient ce résultat. Au moment fixé, une horloge fait faire un tour entier, d’un mouvement uniforme, à un cylindre enregistreur vertical, dont l’axe porte deux demi-roues dentées, placées de chaque côté et à des hauteurs différentes, de façon qu’elles puissent engrener successivement avec le haut et le bas d’une roue dentée verticale. Une seconde roue dentée verticale, calée sur le même axe que la première, engrène avec une crémaillère qui commande la sonde d’acier. Cette sonde communique avec le pôle positif d’une pile, dont le pôle négatif est relié au mercure du baromètre par l’intermédiaire de l’électro-aimant qui commande le crayon.
- Lorsque le cylindre commence à tourner, la première roue dentée engrène avec l’une des demi-roues et tourne de manière à faire descendre la sonde ; au bout d’un instant, celle-ci rencontre le mercure et ferme le circuit; l’élec-tro-aimant attire son armature, et le crayon qui est fixé au bout de celle-ci, de l’autre côté de son axe de rotation, vient toucher le cylindre et trace un trait.
- Quand le cylindre a fait un demi-tour, un interrupteur, placé sur son axe, ouvre le circuit; la première roue dentée, engrenant avec la seconde demi-roue, fait remonter la sonde, et le crayon est écarté du cylindre enregistreur par un ressort.
- Lorsque le cylindre est revenu au repos, l’é-lectro-aimant et le crayon, qui sont fixés à un écrou mobile sur une vis verticale, descendent d’une petite quantité, pour que les traits successifs ne se recouvrent pas. Enfin, pour éviter que l’appareil donne des traits d’autant plus longs que la pression est plus faible, les communications sont établies en réalité d’une manière un peu différente : le courant établi par le contact delà sonde et du mercure agit sur un relais qui rompt le circuit d’une pile locale quand le courant général s’établit, et inversement.
- Une disposition analogue est appliquée à deux thermomètres dont l’un est maintenu humide ; les indications du premier font connaître la température ; comparées avec celles du second, elles donnent l’état hygrométrique.
- La pluie est recueillie dans un udomètre formé d’un entonnoir amenant l’eau au-dessus
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- 522 MÉTÉOROLOGIE TÉLÉGRAPHIQUE. — MÉTHODE DES OSCILLATIONS.
- d’une bascule à augets, qui incline alternativement dans un sens ou dans l’autre, chaque fois qu’il est tombé un millimètre d’eau. Chaque oscillation de la bascule ferme un circuit qui actionne un système enregistreur analogue au précédent.
- Dans le météorographe de Théorell, on emploie encore des sondes métalliques, mais leur mouvement est lié à celui de roues portant sur leur circonférence des chiffres en relief. Lorsque la sonde rencontre le mercure du baromètre ou du thermomètre, elle ferme un courant qui arrête sa descente ; puis le chiffre qui se trouve au point le plus bas de la roue, et qui correspond précisément à l’observation, s’imprime sur un papier. L’impression se fait à la fois pour toutes les roues.
- Dans le météorographe d’Olland, chaque appareil, baromètre à poids, thermomètre métallique, etc., est muni d’une aiguille mobile sur un cadran. Ce cadran porte une série de dents en relief et fait partie du circuit. Au moment des observations, un index parcourt le cadran et vient butter contre l’aiguille mobile. Dans ce moment, l’index touche successivement chacune des dents et envoie autant de courants dans un récepteur analogue à celui du télégraphe à cadran, dont l’aiguille vient par suite prendre la même position que celle du transmetteur.
- Nous avons indiqué plus haut (Yoy. Enregistreur météorologique), d’autres instruments servant à enregistrer les phénomènes météorologiques.
- MÉTÉOROLOGIE TÉLÉGRAPHIQUE. - Yoy.
- Télégraphie.
- MÉTHANOMÈTRE ÉLECTRIQUE. — Instrument imaginé par M. Monnier pour faire à distance et automatiquement l’analyse du grisou ou méthane.
- MÉTHODE DE DÉVIATION. — Méthode servant à déterminer la composante horizontale H du champ magnétique terrestre et le moment magnétique d’un aimant. On place un barreau de moment magnétique M perpendiculairement au méridien, son centre étant dans ce plan, devant une très petite aiguille, qui est déviée d’un angle a. Si l’aiguille est suffisamment petite, elle peut être considérée comme placée dans un champ uniforme. M' étant le moment de l’aiguille, le moment du couple qui tend à
- l’écarter de sa position d’équilibre est
- MM'
- R*
- à la distance R. On a donc
- MM'
- R3'
- cos a — M'H sin a,
- OU
- M
- H
- = R3 tg a.
- Cette méthode, due à Gauss, permet donc de M
- déterminer le rapport jj. On peut aussi placer le barreau dans un plan perpendiculaire au méridien et passant par le centre de l’aiguille.
- Le moment du couple est alors 2
- R3
- Si le barreau et l’aiguille ne sont pas infiniment petits, le moment du couple n’est pas
- , . MM' , .
- exactement . L expenence montre qu on a une approximation suffisante en prenant
- On élimine k en opérant successivement à deux distances R et R', et l’on a
- M__R3 tg a R'3 tg a' R'5 tga—RS tga
- H Æ2 ~ i h* R'2 —R2
- l+iU 1+ir5
- La discussion montre qu’il est avantageux de prendre
- On détermine ensuite le produit MH par la méthode des oscillations, et l’on peut calculer séparément M et H.
- MÉTHODE DES OSCILLATIONS. — Cette méthode est fondée sur les lois du pendule : elle consiste à mesurer la durée d’oscillation d’un petit barreau aimanté ou d’une petite aiguille électrique, placés dans un champ sensiblement uniforme.
- En faisant osciller un barreau aimanté suspendu par un faisceau de fils de cocon sous la seule action de la terre, on détermine le produit du moment magnétique M de l’aimant par la composante horizontale H du champ terrestre. On a
- A étant le moment d’inertie du barreau pai rapport à son axe d’oscillation, et t la durée d’une
- oscillation. On mesure ensuite ^ par la nie-
- ri
- thode de déviation, et l’on en tire M et H.
- Cette méthode a été appliquée aussi par Coulomb à la vérification de la loi des actions électriques. Une petite balle de sureau est fixée au bout d’une très petite aiguille isolante suspen
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- MÉTHODE DU MIROIR.
- 523
- due a
- un fil de cocon ; l’appareil est placé de-
- ant une sphère électrisée. L’aiguille attirée la sphère se met à osciller; la balle de sureau n’éprouvant qu’un très petit déplacement, 0n peut considérer la force qui agit sur elle comme constante en grandeur et en direction, et le mouvement obéit aux mêmes lois que celui d’un pendule. On a donc, si la durée d’oscillation est t et F la force qui produit le mouvement
- reil est bien disposé. Si l’aiguille tourne d’un angle «, les rayons lumineux envoyés par la fente sur le miroir n’ayant pas changé de direction, les rayons réfléchis tournent d’un angle 2a. L’image passe de la division « à la
- t:
- :Vlr
- l étant la longueur de l’aiguille et A son moment d’inertie par rapport au fil de suspension.
- MÉTHODE DE TORSION. — Méthode qui consiste à mesurer les forces électriques ou magnétiques par la torsion d’un fil métallique ou d’une suspension bifilaire (Voy. Bifilaire). La balance de torsion (Voy. ce mot) est une application de cette méthode.
- La méthode de torsion sert également à déterminer le produit du moment M d’un aimant par la composante horizontale H du champ terrestre. On suspend un barreau aimanté par un fil métallique, de sorte qu’il soit dans le méridien lorsque le fil est sans torsion, et l’on tord ensuite le fil à la partie supérieure pour faire tourner le barreau de 90°. On a (Voy. Moment magnétique) :
- MH = K0,
- étant l’angle de torsion.
- Si l’on remplace le fil métallique par une suspension bifilaire, on a
- MH = K' sin 0.
- MÉTHODE DU MIROIR. — Méthode attribuée a Poggendorfî, et qui sert à mesurer la déviation d’une aiguille tournant dans un plan hori-2ontal, comme celle des électromètres, galvanomètres, etc.
- Le fil de suspension de l’aiguille porte un petit miroir concave qui tourne avec elle, et 1 °n dispose en face de ce miroir, à la distance
- du
- centre de courbure et de part et d’autre de
- Ce point, dans le plan vertical, une fente Jumi-1Jeuse et une échelle divisée en millimètres, r°ite ou courbée en arc de cercle. L’aiguille
- étant
- nu repos, le tairoir donne sur l’échelle
- Une image de la fente en vraie grandeur, géné-enient au-dessus de celle-ci, lorsque l’appa-
- Fig. 612. — Appareil pour la méthode du miroir.
- division b. miroir
- Soit d la distance de la fente au
- tg 2a =
- Les angles qu’on mesure par cette méthode
- étant toujours très petits, on peut confondre la tangente avec l’arc, et l’on a
- b — a
- Une des meilleures dispositions consiste dans l’emploi d’une fente très large, au milieu de
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- MÉTHODE POLAIRE. — MICRO-GRAPHOPHONE.
- laquelle est tendu un fil vertical opaque, et d’une règle en verre dépoli qu’on observe par derrière (fig. 612). Au lieu de placer une lampe immédiatement derrière la fente, on la dispose latéralement dans une lanterne et l’on dirige la lumière sur la fente à l’aide d’un miroir plan pouvant s’incliner dans tous les sens. L’image du fil se détache en noir sur l’image éclairée de la fente et celle-ci facilite la lecture des divisions.
- La même méthode peut être appliquée d’une façon un peu différente. L’aiguille porte un miroir plan, devant lequel on dispose, à une distance quelconque, une petite lunette astronomique L (fig. 613), munie d’une règle divisée E. On règle la lunette pour voir nettement l’image des divisions de la règle. Dans ce cas, c’est le rayon réfléchi qui reste fixe, tandis que le rayon incident tourne d’un angle 2a pour une rotation a du miroir, et l’on a encore
- b — a 2d
- Cette dispositisn permet d’augmenter la sensibilité; plus l’appareil est loin du miroir, plus le déplacement b — a est grand pour un même angle a.
- Le modèle représenté permet un réglage très rapide.
- MÉTHODE POLAIRE. — On nomme parfois méthode polaire ou unipolaire (électrophysiologie et électrothérapie) la méthode d’électro-lyse dans laquelle on emploie deux électrodes de surface très différente, l’une formée d’une large plaque recouverte de peau, l’autre d’une plaque très petite, d’une aiguille, etc. De cette façon, on rend à peu près insensibles les effets chimiques qui se produisent au premier pôle en laissant subsister seulement ceux qui prennent naissance au second (Voy. Galvanocausti-
- QUE CHIMIQUE).
- MÈTRE-AMPÈRE. — Unité employée quelquefois pour mesurer l’effort exercé normalement aux lignes de force d’un champ magnétique par un conducteur de longueur l parcouru par un courant d’intensité i ; cet effort est hli en mètres-ampères, k étant l’effort lorsque l et i sont égales à 1.
- MÉTRONOME ÉLECTRIQUE. — Voy. Batteur
- DE MESURE.
- MHO. — Anagramme de ohm, proposé par sir W. Thomson pour représenter l’inverse de l’ohm, c’est-à-dire l’unité de conductibilité. Cette locution n’est pas encore adoptée.
- METTRE SUR BOIS. — Tourner la manette
- d’un commutateur de sorte qu’elle repose sur le bois, et non sur le plot de contact, afin d’interrompre le courant.
- MICRO-ÉLECTROMÈTRE. — Appareil destiné à mesurer de très faibles quantités d’électricité
- MICROFARAD. — Unité auxiliaire de capacité, égale à un millionième de farad.
- MICRO-GRAPHOPHONE. — Appareil analogue au phonographe et au graphophone, imaginé récemment par M. Gianni Bettini. Cet instrument (fig. 614) possède à peu près les mêmes organes que le phonographe. Un axe, mû par un moteur électrique, tourne uniformément et avance en même temps. Il porte un cylindre de cire sur lequel un style enregistre les sons ; ce cylindre agit ensuite sur un autre style, qui fait reproduire par une membrane vibrante les sons qu’il a enregistrés.
- Les modifications qui caractérisent ce nouvel appareil portent surtout sur les diaphragmes destinés à agir sur le style ou à vibrer sous son influence. En effet, dans le'phonographe, les sons reproduits présentent toujours un timbre métallique et, grâce à la faible amplitude du mouvement vibratoire, ils sont très peu intenses. Dans les derniers modèles, le premier défaut a été éliminé dans une certaine mesure, mais le second est devenu si exagéré qu’il est nécessaire de faire usage de tuyaux acoustiques. Ce sont ces deux inconvénients que M. Bettini a cherché à faire disparaître par une disposition convenable de la membrane et du style. Or les mouvements vibratoires d’une membrane de phonographe sont assez complexes. Le style fixé au centre ne recueille que les vibrations de ce point, et celles-ci sont en outre influencées par les ondes de retour des autres points mis en mouvement.
- Pour éviter ce défaut, M. Bettini emploie des diaphragmes de très petit diamètre, de sorte que les premières vibrations n’aient pour ainsi dire pas à subir l’influence de celles qui proviennent d’une seconde zone active. Mais une membrane aussi petite ne donnerait pas une intensité suffisante ; l’inventeur y a remédié en faisant usage de plusieurs membranes de ce genre, et le style est relié par une griffe métal lique au centre de toutes ces membranes, connue le montre le premier dessin (fig. 615). M. Bettini a essayé plusieurs dispositions analogues, <Iul toutes ont parfaitement réussi. Dans le seC^ dessin, les membranes sont de dimensions férentes et réglées pour reproduire chacune l’un des tons de la voix humaine; le style e. encore réuni aux centres de toutes les mem
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- MICRO-GRAPHOPHONE.
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- branes. Les sons divers sont reproduits avec leur timbre exact, et l’intensité est suffisante pour qu’on puisse les entendre en tous les
- points d’une pièce assez vaste. La figure montre encore deux autres dispositions dans lesquelles on s’est servi d’une seule membrane.
- Fig. 614. — Micro-graphophone.
- Dans la première, on a relié le style à plusieurs I la plus grande amplitude ; sur l’autre, on a choisi points du cercle sur lequel les vibrations ont I les différentes zones vibrantes séparées par les
- Fig. 615. — Membranes employées dans le micro-graphophone.
- j*®üds, et chacune de ces zones reçoit l’une des ranches de la griffe métallique qui porte le " ' e> Toutes ces membranes reproduisent les
- sons avec la même clarté : les unes conviennent mieux pour la voix humaine, les autres pour les sons musicaux.
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- MLCROHM. — MICROPHONE.
- MICROHM. — Sous-multiple de l’ohm, valant un millionième de cette unité.
- MICROHMMÈTRE. — Appareil imaginé par M. Maiche pour mesurer de très faibles résistances et composé d’une aiguille aimantée hori-
- zontale, placée entre deux bobines parallèles et identiques, parcourues en sens inverses par le courant d’un élément Daniell (tig. 616). On règle les distances des bobines pour que l’ai guille reste immobile, puis on intercale la
- Fig. 616. — Microhmmètre.
- résistance à mesurer dans le circuit d’une des bobines et l’on éloigne la seconde jusqu’à ce que l’aiguille soit revenue au zéro. La valeur de ce déplacement fait connaître la résistance cherchée.
- Pour cela, les bobines sont montées sur des vis micrométriques dont le pas est de 1 millimètre. La tète est divisée en 100 parties égales, \
- ce qui donne le —— de millimètre. On tare l’ap-100
- pareil avec des résistances connues. Le microhm-mètre est très sensible et accuse facilement
- MICROPHONE. — Instrument imaginé en 1877 par M. Hughes et servant à transmettre la parole. Tandis que le téléphone ne transmet les sons qu’en les affaiblissant, à cause du peu d’intensité des courants induits qui le traversent, le microphone permet d’utiliser un courant de pile et d’obtenir une intensité beaucoup plus grande.
- Il est formé d’un petit crayon de charbon C (fîg. 617) placé entre deux blocs A et B de la même substance. Ce système est intercalé dans un circuit comprenant une pile P et un téléphone T servant de récepteur. Si l’appareil est immobile, le courant est continu, et l’on n’entend aucun bruit dans le téléphone. Mais, si le charbon C subit le plus petit déplacement, la
- résistance varie à ses points de contact avec AB, et l’on entend un son. Les paroles prononcées devant l’instrument, le plus petit bruit produit sur la table de résonnance qui le supporte, par exemple le tic-tac d’une montre, le bruit d’une
- Fig. 6i7. — Microphone de Hughes.
- mouche qui se promène sur cette table, son transmis avec une parfaite netteté.
- D’après M. Preece, l’effet produit par le J01 crophone doit être attribué surtout aux e calorifiques provoqués par le passage du cou
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- rant entre des points imparfaits de contact dont la distance relative est variable suivant le jerrré de pression exercé sur eux. Le charbon est le corps qui convient le mieux parce qu’il est médiocre conducteur, qu’il est inoxydable et infusible, et que sa résistance diminue à mesure que la température s’élève.
- Le microphone a reçu un certain nombre de formes différentes. Nous citerons seulement le modèle construit par M. Carpentier, et qui est formé d’une petite caisse de résonnance verticale, portant sur ses deux faces deux microphones à charbons verticaux montés en tension ; le pied de l’appareil contient une petite pile sèche, reliée aux microphones. Il suffit de mettre
- cet appareil en communication avec un téléphone. On a ainsi une grande sensibilité.
- Transmetteurs microphoniques. — Le microphone de Hughes a donné naissance à un grand nombre-d’appareils analogues, employés comme transmetteurs dans les communications téléphoniques.
- Le microphone de M. Crossley est formé de quatre blocs de charbon fixés aux sommets d’un carré et réunis par quatre crayons de même substance, montés en deux séries parallèles. Le tout est fixé sur une planchette de sapin formant pupitre, devant laquelle on émet les sons. Sur le côté est fixé un commutateur en forme de crochet, au-dessous duquel est ménagée une petite ouverture pour les conducteurs.
- Le microphone de M. Crossley est employé avec un téléphone Bell et une pile Leclanché.En Angleterre et aux colonies, on emploie beaucoup aussi cet appareil combiné avec un téléphone Gower. Cette
- Fig. 61 S. — Principe du microphone Ader.
- disposition ne paraît pas donner d’excellents résultats.
- Microphone Ader. — Cet appareil est formé de dix crayons de-charbon A, disposés entre trois baguettes de même substance BCD, de Manière à former deux séries comprenant chacune cinq crayons montés en quantité (hg- 618). Le tout est fixé à la partie inférieure d une planchette de sapin, formant le couvercle récliné d’un pupitre (fig. 619). L’appareil rentrée une bobine d’induction dont nous ver-r°ns plus loin l’usage (Voy. Téléphone). Des créchets commutateurs soutiennent les téléphones.
- Le microphone Ader est employé par l’Ad-^réistration des Téléphones de Paris avec celui
- Fig. 619. — Poste microtéléplionique système Ader.
- de M. Berthon, et par la Compagnie internationale des Téléphones, dont le siège est à Bruxelles, mais dont les réseaux sont en Italie et à Malte, concurremment avec celui de Crossley. L’Administration des télégraphes belges l’a également adopté en 1883, avec quelques légères modifications.
- Électro-phone Maiche. — M. Maiche a indiqué avant MM. Crossley et Ader les dispositions généralement adoptées aujourd’hui dans les appareils téléphoniques. Il a donné à son transmetteur le nom d'électrophone. Cet appareil était formé primitivement d’une cloche de verre, sur laquelle étaient placés des contacts en charbon le plus près possible du bord. Il a subi depuis différentes modifications et il
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- est formé aujourd’hui de pastilles en charbon, fixées sur des lames minces de liège, et de sphères de charbon qui appuient sur ces pas-
- Fig. 620. — Électrophone Maiche.
- tilles. Les sphères sont suspendues à une règle métallique, qui peut s’élever ou s’abaisser pour régler la pression aux points de contact. La
- figure 620 montre l’aspect de l’électrophone qui est actionné*, par des piles du même inventeur. ^
- Microphone Theiler. — Ce microphone, qui est un des plus anciens, est surtout employé en Suisse, dans les réseaux téléphoniques urbains Il est formé de trois charbons, dont deux sont cylindriques et collés parallèlement sur une lame de sapin ou de liège. Le troisième est un demi-cylindre, suspendu par un fil; il appuie sur les autres par son poids, augmenté encore par une tige de cuivre fixée sur sa partie plane.
- Microphone Dejongh. — L’instrument imaginé par M. Dejongh présente une grande simplicité de construction. Derrière une planchette de sapin (flg. 621), qui forme le couvercle d’une boîte rectangulaire, sont fixées verticalement quatre rangées de pastilles de charbon p, de forme bombée. De minces goupilles soutiennent des cylindres de charbon C, qui s’appuient sur les pastilles. On a ainsi de bons contacts, qui sont en même temps légers, de façon à éviter les crachements, c’est-à-dire des bruissements de toute espèce. Il y a 16 cylindres, par conséquent 32 contacts.
- La figure 622 montre un poste microtéléphonique complet pour grandes distances. Il comprend un microphone Dejongh, un récepteur Bell
- en ébonite, une sonnerie magnétique fonction nant à travers 10000 ohms, une boite contenan^ les piles pour le microphone et servant de pu
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- itre pour écrire. Ce poste a été adopté pour les lignes les plus longues qui existent : Paris à Bruxelles, Porto à Lisbonne, etc.
- Microphone de Bciillehache. — Ce microphone
- est constitué par des charbons creux a, dans l’intérieur desquels sont placés des corps légers quelconques f (boules de liège, barbes de plume, duvet, grains de plomb, graines oléa-
- Fig. 623. — Disposition d’un charbon creux du microphone de Bailleliache.
- gineuses, etc.) susceptibles de se déplacer sous l’influence de la voix et des courants inducteurs (flg. 623). Les extrémités de ces tubes creux sont fermées par des bouchons de char-
- bon 66, munis de prolongements cc, qui viennent s’encastrer dans des règles de même substance dd. Ces règles peuvent être reliées directement avec les conducteurs, ou reposer
- Fig. 624. — Poste microtéléphonique de Bailleliache.
- Sur des pastilles de charbon e, autour desquelles ^Prend les contacts.
- on GXlS^e d’autres dispositions, dans lesquelles uhlise quatre charbons en croix, ou trois Dictionnaire d’électricité.
- en T, ou deux charbons creux et deux supports en forme de parallélogramme.
- La figure 624 montre l’ensemble d’un poste ; le récepteur sera décrit à l’article Téléphone.
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- La figure 623 représente un autre modèle de l’appareil précédent muni de commutateurs à manette, qui ont l’avantage de donner toujours un excellent contact. On a représenté à part les différentes positions des commutateurs. La première position correspond à l’attente, la troisième à l’appel; enfin la seconde montre les communications établies.
- Microphone Journaux. — Dans cet appareil, la disposition des charbons diffère de celle adoptée généralement. La lame vibrante est
- une planchette de sapin verticale de 2 milli mètres et demi d’épaisseur, portant quatre petites lames de charbon plat, de 6 millimètres sur 3, fixées au moyen de boulons. Deux blocs de charbon, de 24 millimètres sur 12, reliés séparément aux deux pôles, sont percés chacun de huit trous cylindriques, disposés sur deux rangs, et dans chacun desquels se loge librement un crayon de 6 millimètres taillé en pointe, et s’appuyant sur l’une des lames. Le courant entre par l’un des blocs, et
- Plot n
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- il de pile du
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- Fig. 625. — Poste microtéléphonique de Baillehaehe
- sort par le second, après avoir traversé les quatre lames et les crayons. D’après l’auteur, on obtient ainsi une grande sensibilité, et l’on évite les crachements.
- Les figures 626 et 627 montrent deux postes munis de microphones et de récepteurs du système Journaux. Le premier est pourvu d’une sonnerie à pile; le bouton d’appel se voit au bas. Le second possède une sonnerie magnéto, dont on voit le mécanisme à côté de la pile. Chacun d’eux possède deux récepteurs (Yoy. Téléphone).
- Microphone van Rysselberghe. — M. van R}s' selberghe, dont nous décrivons plus loin Ie système anti-inducteur (Yoy. Téléphonie), are connu que les variations de la résistance des contacts du microphone ont d’autant pins valeur relative et produisent des variations courant d’autant plus considérables que résistance totale du circuit est plus faible. Par suite il recommande d’employer des piles tre-peu résistantes et de monter tous les charbon-du microphone en quantité. La figure 628 reP^e sente cette disposition. P est une pile à 8ran
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- surface ou un accumulateur; ABCD est le microphone, et E une bobine d’induction dont le circuit primaire n’a qu’une faible résistance. \ e circuit secondaire de cette bobine doit avoir également une très petite résistance, l’expérience ayant montré que, pour franchir de grandes distances, il faut produire des courants de quantité, et non des courants de tension. La
- résistance totale du circuit primaire ne dépasse pas 2 ohms, tandis qu’elle est d’environ 16 ohms dans la plupart des appareils. Ce système permet de transmettre facilement à plus de 200 kilomètres.
- La figure 629 montre un poste complet du système Van Rysselberghe. Il se compose d’une boîte en noyer contenant un inducteur qui,
- 626. Poste microphonique Journaux Fig. 627. — Poste Journaux avec sonnerie magnéto,
- avec sonnerie a pile.
- jüis en mouvement par la manivelle placée sur e cèté, actionne les sonneries des deux postes ; <-es sonneries sont indépendantes du transmet-r> ce qui permet de les placer dans une ^Utre saUe, si on le préfère. Les charbons du b^°Ph°ne sont disposés à l’intérieur de la v 1 inducteur sous le couvercle. Ce cou-aub 6 eS^ encas^r® dans un cadre métallique. Un ^ ^ ^tre co^®> comme dans l’appareil Ader. u e cylindrique en ébonite recueille les 'l0ns sonores et les dirige perpendiculai-
- vihrati
- rement sur la planchette ; l’adaptation de ce tube donne d’excellents résultats au point de vue de la transmission de la parole. Le récepteur est un téléphone Bell ordinaire.
- Le poste représenté fig. 630 a été créé plus récemment pour les communications interurbaines. La sonnerie magnéto, le microphone et les autres pièces sont réunis et montés sur une même planchette, ce qui rend l’installation très facile.
- Microphone Berthon. — Ce microphone est
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- employé, concurremment avec l'appareil Ader,
- Fig. 628. — Schéma du microphone van Rysselberghe.
- par l’Administration des téléphones de Paris.
- Fig. 629. — Poste microtêléphonique Van Rysselberghe.
- Il est formé de deux disques en charbon de
- cornue PP' (fig. 631), fixés dans une boîte circulaire en ébonite A par un anneau de métal D et une bague de caoutchouc e. Le fond est percé de trous TT pour que la plaque inférieure puisse vibrer plus librement. Un anneau d’ébonite c fixé sur la plaque inférieure, est rempli de charbon de cornue en grenaille. Le courant passe d’un disque à l’autre à travers la grenaille.
- Fig. 630. — Poste microtéléphoniqne Van Rysselberghe pour les communications interurbaines.
- Le microphone Berthon est très léger et ne se dérègle pas, ce qui l’a fait substituer aux appareils Edison pour le service des bureaux centraux. La figure 632 représente la disposition adoptée dans ces bureaux : le transmetteur Berthon est relié avec un récepteur téléphonique Ader par une poignée métallique qui maintient le récepteur àl’oreille, pendant qu’on applique la bouche au transmetteur; l’appareil est muni en outre d’une fiche à quatre lames, pour le service du commutateur à quatre contacts.
- L’Administration des téléphones a donne aux postes Berthon un certain nombre de dispositions différentes; nous indiquerons plus loin les principales (Voy. Téléphonie).
- Microphone Ochorowicz.— Ce microphone, que la figure 633 montre associé avec un téléphone du même inventeur, renferme, comme le Pre' cèdent, du charbon en grenaille ; dans cet instrument, la chaleur développée par le couran paraît jouer un certain rôle.
- Microphone Draiobaugh. — Nous signalons en fin une disposition du microphone spécialenie destinée aux applications militaires. Un micro phone à contacts de charbon FEG, protégé pu
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- une gaine d’ébonite D (fig. 634), est renfermé dans une sorte de tire-bouchon, qu’on enfonce dans le sol. Un certain nombre de ces appareils
- peuvent être installés dans le'sol, tout autour d’un poste central d’observation, où se trouvent les piles et les récepteurs, reliés aux bornes
- Fig. 031. — Microphone Berthon.
- Fig. 632. — Transmetteur Berthon pour bureaux centraux.
- 1 et 2. Les microphones sont influencés par tous les bruits produits dans leur voisinage et qui font vibrer le sol, et permettent ainsi de surveiller facilement les abords du poste.
- Transmetteurs microphoniques à courant direct. — Il existe un certain nombre de trans-uietteurs qui fonctionnent sans bobine d’induction, et qui sont spécialement destinés aux petites distances, par exemple pour les applications domestiques.
- Microphone d’Argy et Mildé. — Cet appareil, imaginé par M. d’Argy en 1883, a été perfectionné par M. Mildé. Ce transmetteur (fig. 635) est formé d’une boite ronde et plate dont les
- Fig. 633. — Poste microtéléphonique Ochorowicz.
- deux faces sont des lames de laiton ondulé, semblables à celles qu’on voit sur les baromètres anéroïdes. Cette boîte est incomplètement remplie de coke en grains, et ses deux faces sont traversées au centre par deux cylindres de charbon isolés du métal par une gaine de papier. Pour passer d’un cylindre à l’autre, le courant traverse le coke en grains et rencontre une résistance variable, à cause des vibrations transmises aux deux lames métalliques. Ce système est appliqué derrière une planchette de noyer qu’on voit à la partie supérieure du poste. Le récepteur, qui est un téléphone Mildé, de forme ronde et à enveloppe métallique, se
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- Fig. 634. — Microphone de campagne Dra-wbaugh.
- Fig. 635. — Poste microtéléphonique dit porte-montre (Mildé).
- suspend au repos à un crochet commutateur I de porte-montre donné à l’appareil. Cette par-placé au-dessus du microphone ; de là le nom | tie du poste peut se placer à volonté sur un
- P
- Fig. 636. — Poste microtéléphonique Abdank-Abakanowicz.
- meuble quelconque, table, bureau, etc., ou sur I quelle sont fixées les bornes d’attache, la console représentée par la figure, et sur la- ' sonnerie ronde nickelée et au-dessous une
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- «ace de prise de courant en noyer. De cette rosace part un câble souple se rendant à l’appareil-
- Microphone Abdank-Abakanowicz. — La fi-
- Fig. 637. — Poste Abdank avec sonnerie.
- gure 636 représente en grandeur naturelle un poste microtéléphonique complet, pour petites distances, qui fonctionne sans bobine d’induction.
- Le microphone, qu’on voit derrière le téléphone, est formé de quatre pastilles de charbon qui tendent à glisser dans quatre fentes obliques pratiquées au centre du socle, mais qui sont retenues parleur frottement, d’une part sur une lamelle de charbon fixée à la membrane, et d’autre part sur deux autres lamelles fixées au socle. On a ainsi huit contacts. Les pastilles roulent dans leurs alvéoles et les points de contact changent sans cesse et se maintiennent parfaitement propres.
- Le bouton d’appel se voit à droite en B. En décrochant le téléphone, on rompt en S la communication avec la sonnerie, et l’on établit en P le contact avec la pile.
- Le téléphone récepteur est à aimant circulaire et à deux bobines centrales.
- La figure 637 montre un autre modèle du même appareil qui porte sa sonnerie.
- Télémicrophone de Baillehache. — M. de Baillehache a appliqué le principe de son microphone à un petit appareil très simple, à courant direct (fig. 638), qui peut se placer sur toutes les installations de sonneries. Quand on décroche le récepteur, la sonnerie est mise hors circuit, et le téléphone lui est substitué. A ce moment, la sonnerie du poste correspondant est actionnée. Aussitôt que le correspondant prend son récepteur, la communication téléphonique est établie. Quand on a fini de converser, on raccroche le télé-
- phone, le correspondant entend dans son ré-Cepteur la sonnerie tinter, et il est averti. Ce Peht instrument, très pratique, est usité dans grand nombre d’administrations.
- Applications du microphone. — Du Moncel a proposé en 1878 d’employer le microphone à la construction derelais téléphoniques, analogues aux relais télégraphiques. M. Hughes a con-
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- 536 .MICROSISMOGRAPHE. — MOLÉCULES ORIENTÉES.
- struit un relai de ce genre. Le microphone qui perçoit les vibrations sonores est reJié avec une pile et un autre microphone ; celui-ci est placé devant un troisième qui est relié avec une autre pile et avec le téléphone récepteur. MM. Thomson et Houston ont construit un appareil du même genre ; ce procédé de transmission a été abandonné. Nous reviendrons à l’article Téléphone sur la description des postes microtéléphoniques et sur divers appareils destinés à des usages spéciaux.
- Le microphone est employé à la recherche des fuites dans les conduites d’eau (voy. Hydrophone) et à celle des bruits sous-marins (voy. Téléphone).
- Il est employé, ainsi que le téléphone, comme galvanoscope. Ainsi, en le plaçant sur un pont de Wheatstone, et le reliant à un téléphone, on n’entend plus aucun son dans celui-ci lorsque l’équilibre des résistances est établi.
- Le microphone est aussi employé en physiologie (voy. Audiomètre, Myophone, Sphygmophone, Stéthoscope, Sonde microphonique). M. Trouvé a construit pour l’étude des bruits musculaires un petit microphone ne pesant pas plus d’un gramme, et qui peut s’appliquer sur le muscle et s’y fixer par une aiguille ou par un fil de caouchouc. La figure 639 représente un appa-
- f G .TROUVE. Paris
- PER0T
- Fig. 639. — Microphone de MM. Trouvé et de Boyer pour les applications physiologiques.
- reil imaginé par MM. Trouvé et de Boyer pour l’étude de la contraction musculaire. Le microphone C, très sensible, est porté sur une tige AB, dont la partie supérieure B peut s’élever au
- moyen d’une crémaillère et d’un pignon p. Le muscle m est tendu par une petite boule munie d’un crochet et d’une pointe de platine qui plonge dans un godet de mercure. Cette disposition permet de faire passer aussi un courant dans le muscle.
- Enfin le microphone est appliqué à la recherche des très petits changements de pression (voy. Microtasimètre) et à l’étude des mouvements du sol. Le microphone sismique, destiné à cet usage, doit être disposé pour transmettre nettement des battements ou des coups précipités. Celui de l’observatoire de Forli est constitué par un cône de cuivre, supporté par un fil de même substance, et qui s’appuie dans l’intérieur d’une cavité également conique, creusée dans un bloc de charbon de cornue ; on règle la pression du contact. L’appareil est disposé au fond d’un puits en maçonnerie.
- MICROSISMOGRAPHE. — Enregistreur des très petits mouvements du sol.
- MICROTÉLÉPHONE. — Appareil dont le transmetteur est un microphone et le récepteur un téléphone (voy. ces mots).
- Edison a donné le même nom à son téléphone à charbon, pour le distinguer des téléphones magnétiques. Nous décrirons cet appareil et ceux qui en dérivent à l’article Téléphone. La nécessité d’un réglage très délicat les a fait abandonner pour les transmetteurs micropho-niques.
- MICROVOLT. — Sous-multiple du volt égal à un millionième de cette unité.
- MODÉRATEUR. — Appareil imaginé par M. Roussy pour modérer l’usure des lampes a incandescence neuves, introduites dans un circuit qui contient des lampes ayant déjà fonctionné un certain temps. La douille de la lampe contient une petite colonne de charbon de cornue en poudre, intercalée sur le trajet d’un des conducteurs et formant rhéostat. A l’aide d’une vis, on fait varier la pression du charbon, pour donner à la lampe l’intensite voulue.
- MODULE. — On appelle module de rupture d’un câble la longueur qu’il faudrait donner à ce câble, suspendu verticalement dans 1 eau de mer, pour qu’il se rompît sous son propre poids. On nomme module pratique lp. longueur maxima qu’on pourrait donner au câble dans les mêmes conditions, sans danger de rupture^ On admet ordinairement que ce module est tiers du premier.
- MOLÉCULES ORIENTÉES. — Disques non magnétiques portant des fils de fer doux Pa
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- MOLETTE. — MONOCORDE ÉLECTRIQUE.
- rallèles et qui s’orientent sous l’action d’un courant; cette disposition est employée dans le oalvanomètre à' molécules orientées de M. Gra-
- o
- vier.
- MOLETTE. — Organe du télégraphe Morse : petit disque tournant dont la circonférence est constamment garnie d’encre et qui sert à imprimer les traits et les points.
- MOMENT MAGNÉTIQUE. — Supposons un aimant réduit à deux masses magnétiques égales à m et concentrées aux pôles, et désignons par 21 la distance de ces deux points. Le produit lira = M est le moment magnétique de l’aimant. Si cet aimant était placé dans un champ uniforme d’intensité 1, l’action du champ serait représentée par deux forces égales à m, parallèles et de sens contraire, appliquées aux deux pôles. Supposons de plus que l’axe magnétique de l’aimant soit perpendiculaire à la direction du champ : ces deux forces formeront un couple dont le moment sera précisément roX 2Z, c’est-à-dire le moment magnétique du couple. Dans un champ d’intensité H, le moment du couple serait MH.
- Si l’on brise un aimant en plusieurs morceaux, la somme de leurs moments magnétiques est égale au moment du barreau total.
- Détermination du moment magnétique. — 1° Méthode de la torsion. — Dans un champ magnétique uniforme d’intensité H, par exemple le champ terrestre, on peut déterminer facilement le produit MH et par conséquent le moment magnétique M du barreau, si l’on connaît l’intensité H du champ.
- On suspend un aimant par un fil métallique dans la balance de torsion, de sorte que le fil soit sans torsion lorsque l’aimant est en équilibre dans le méridien magnétique; on s’assure que cette condition est remplie en remplaçant 1 aimant par un barreau de cuivre de même dimension, qui doit prendre exactement la même position. On tord ensuite le fil de métal a sa partie supérieure jusqu’à ce l’aimant soit Perpendiculaire au méridien; le moment de 1 action de la terre est alors MH. D’autre part, la torsion du fil a produit un couple dont le Moment est proportionnel à l’angle a dont on a tordu le fil, a étant compté à partir de la nou-velle position du barreau ; on a donc
- MH = ka,
- k étant le coefficient de torsion du fil.
- On pourrait remplacer le fil métallique par Une suspension bifilaire ; on aurait
- MH = k' sin a.
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- 2° Méthode des oscillations. —Une seconde méthode consiste à faire osciller le barreau, suspendu à un faisceau de fils de soie sans torsion, sous l’action delà terre. Il est soumis aune force constante, et par conséquent son mouvement est soumis aux lois du pendule. La durée d’une oscillation est donc donnée par la formule
- A étant son moment d’inertie. On tire de là
- En opérant de même pour un autre barreau de momentM’,on déterminera le produit M’H et
- M
- l’on en déduira le rapport ^7. On peut aussi M
- calculer M en mesurant = par la méthode de H
- déviation. (Voy. Méthode).
- Moment d'un système d'aimants. — Soient plusieurs aimants liés ensemble invariablement et placés dans le champ terrestre ; chacun d’eux est soumis à un couple. Si l’on représente chaque aimant par une droite dirigée suivant son axe et de longueur proportionnelle à son moment, on obtiendra la direction et le moment de l’aimant résultant par la règle du polygone des forces.
- Influence de la température. — Le moment magnétique d’un barreau décroît à mesure que la température s’élève, et ne reprend par refroidissement qu’une partie de sa valeur primitive. On peut cependant rendre un aimant insensible dans une certaine limite aux variations de température en le recuisant plusieurs fois à une température supérieure et l’aimantant à saturation entre chaque opération.
- A la température ambiante, les variations du moment magnétique sont proportionnelles aux changements de température. En appelant M0 le moment à 0°, le moment à t° est donné par la formule
- M = M0 (1 — kt),
- k étant un coefficient qui dépend de la nature de l’acier employé et qui est toujours inférieur . 1 a 1000*
- MONOCORDE ÉLECTRIQUE. — Appareil imaginé par M. Blyth et dans lequel les vibrations d’une corde sont entretenues par un électro-aimant. La corde métallique est traversée par un courant, interrompu 128 fois par seconde par un électro-diapason. Un électro-aimant a
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- MONORAIL ÉLECTRIQUE.
- ses pôles placés perpendiculairement à la corde ; en le déplaçant, on fait rendre à la corde ses divers harmoniques.
- M. Schwedoff a imaginé un appareil analogue.
- MONORAIL ÉLECTRIQUE. —Petit chemin de fer présenté par M. Lartigue au Concours agricole du Palais de l’Industrie en 1884. Cet appareil est surtout destiné à l’agriculture et peut
- par conséquent trouver son emploi dans une ferme ou une maison de campagne. C’est un chemin de fer à rail surélevé, qui peut être traîné à volonté par des bêtes de somme ou mis en mouvement par l’électricité. C’est ce dernier cas qui est représenté par la figure 640.
- La voie est formée par un rail unique divisé en tronçons de 3 mètres de longueur, que des chevalets soutiennent à 80 centimètres au-dessus
- Fig. 640. — Monorail électrique.
- du sol. Ces tronçons se raccordent très facilement l’un à l’autre, sans boulons ni traverses, à l’aide de deux fentes verticales qui s’appliquent sur des goupilles de même dimension. Si on le juge nécessaire, on peut donner aux chevalets plus de solidité en les clouant pour ainsi dire sur le sol à l’aide de fiches de 30 centimètres de longueur. On voit que ce matériel est fort simple et qu’il n’exige ni pour la pose ni pour l’entretien le secours d’aucun ouvrier spécial.
- Une équipe de six hommes peut facilement poser 1 kilomètre de rail par jour. On peut facilement incliner la voie à droite ou à gauche pour éviter ou contourner toute espèce d obstacles, un arbre, un trou, un puits, etc., et Ion peut de même suivre les ondulations du ter rain sans remblais ni tranchées. Si l’on ne poS sède qu’une faible longueur de rails, on pe reporter rapidement en avant ceux qui ont déjà servi.
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- MONORAIL ÉLECTRIQUE. 539
- L’appareil mobile se compose d’une série de i dises ou même des personnes, et reposant cha-cacolets pouvant servir à porter des marchan- | cun sur le rail par deux poulies (fig. 641); le
- Fig. 641. — Cacolet pour le transport des liquides.
- centre de gravité se trouve ainsi au-dessous du
- Fig. 642. — Détails du frein.
- P°mt de suspension, ce qui assure une grande habilité.
- Le premier cacolet porte un moteur Siemens. Le courant est produit à l’une des extrémités ou même en un point quelconque de la ligne, en utilisant les forces dont on peut disposer. Dans les expériences représentées par la figure, la source était une machine Siemens, alimentée par un moteur Hermann-Lachapelle. Le courant est transmis facilement au moteur au moyen du rail et des chevalets. On voit sur le devant de la, figure 640 les fils qui servent à établir les communications avec le générateur. Le wagonnet porte un homme qui dirige tout le convoi et fait l’office de conducteur et de serre-frein. Un cadran indique à chaque instant la résistance et permet de régler la vitesse en conséquence. Un frein consistant en une série de petits sabots de bois S (fig. 642) peut actionner en même temps la partie supérieure de la roue à gorge de chacun des véhicules. Chaque sabot est fixé à une plaquette métallique glissant sur deux guides ss'. Des ressorts, qui ont leur point d’appui sur l’arcade D tendent à relever le système, que l’on abaisse brusquement, lorsque c’est nécessaire, au moyen d’une corde MN glissant sur la plaquette, puis rappelée sur les deux tiges cylindriques g, qui réunissent les longerons du châssis ce’ avant l’attelage, pour remonter sur la plaquette du véhicule suivant, et ainsi de suite.
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- MONOTÉLÉPHONE. — MONTAGE.
- MONOTÉLÉPHONE. — M. Mercadier donne ce nom à tout téléphone dont le diaphragme peut vibrer transversalement en produisant les lignes nodales qui correspondent à un son déterminé. L’instrument ne reproduit plus alors tous les sons indifféremment; il ne vibre d’une façon appréciable que pour le son auquel il est adapté.
- MONTAGE. — Manière de réunir ensemble des appareils électriques, pour obtenir les meilleurs effets dans des conditions données. Les différents modes de montage des piles, des accumulateurs et des dynamos sont indiqués au mot Couplage ; ceux des postes télégraphiques et téléphoniques et des sonneries aux mots Télégraphe, Téléphone, Sonnerie.
- Montage des foyers lumineux. — 1° Montage des lampes à arc. — Les lampes à arc peuvent être disposées soit en série, soit en dérivation, soit d’une manière mixte, c’est-à-dire en plusieurs dérivations comprenant chacune un certain nombre de foyers en série.
- Dans le montage en série (fig. 643), on relie la borne positive de la dynamo à la borne positive du premier régulateur, la borne négative de celui-ci à la borne positive du second, et ainsi de suite ; enfin la borne du dernier est reliée à la borne négative de la dynamo.
- Dans ce système, l’intensité doit évidemment être constante, et la différence de potentiel aux bornes de la machine égale à la somme des différences de potentiel nécessaires pour chaque foyer, plus la perte dans le conducteur. Il suffit donc d’établir un conducteur unique, faisant le tour de l’installation, et dont le diamètre est indépendant du nombre des foyers ; on peut réaliser une grande économie'sur l’installation de ce conducteur. De plus, la différence de potentiel nécessaire à chaque foyer, qui est d’environ 70 volts en dérivation, est ici un peu plus faible. La résistance du câble suffit souvent pour maintenir l’arc et assurer la marche régulière. Mais la disposition en série a l’inconvénient d’exiger des forces électromotrices très élevées; de plus, les foyers étant tous sur un circuit unique, il faut remplacer ceux qui ne fonctionnent pas par des résistances équivalentes.
- On parvient cependant à éviter ce dernier inconvénient en rendant la force électromotrice proportionnelle au nombre des foyers, én di-
- minuant la vitesse ou l’intensité du courant d’excitation.
- Le montage en dérivation (fig. 644) se compose de deux conducteurs parallèles partant des bornes de la dynamo et allant jusqu’au
- Fig. 643. — Montage en série.
- (Figure empruntée à M. Montillot.)
- bout de l’installation : chaque foyer est placé sur un fil secondaire reliant les deux conducteurs principaux. Une disposition analogue consiste à placer chaque foyer sur une dérivation spéciale partant des bornes de la djmamo. Les
- Fig. 644. — Montage en dérivation.
- (Figure empruntée à M. Moutillot.)
- foyers sont alors complètement indépendants et peuvent avoir une intensité différente, niais l’installation des conducteurs est très dispen dieuse. Dans ce cas, la différence de poten i aux bornes de la dynamo doit être constan e
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- MONTAGE.
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- t égale à environ 70 volts. Des rhéostats sont in* tercalés dans les circuits pour régler la résistance.
- Le montage mixte est une combinaison des deux premiers; il peut être réalisé de bien des
- Fig. 645. — Montage mixte. (Figure empruntée à M. Montillot.)
- façons; la figure 645 montre une des dispositions les plus simples. Les dérivations peuvent partir toutes des bornes de la dynamo ou être branchées sur deux conducteurs partant des
- bornes et allant jusqu’au bout de l’installation, comme le montre la figure.
- 2° Montage des lampes à incandescence. — Les trois procédés de montage indiqués pour les régulateurs s’appliquent aussi aux lampes à incandescence, mais on y a introduit dans ce cas une foule de variantes.
- Le montage en dérivation (fig. 644) est le plus employé quand on n’utilise que des lampes de même résistance et de même intensité lumineuse. Il donne des résultats très satisfaisants, mais il entraîne, comme nous l’avons dit, une grande dépense de conducteurs. Il exige aussi que toutes les lampes soient identiques; mais on peut faire disparaître cet inconvénient en plaçant sur chaque dérivation un nombre de lampes différent. Ainsi l’on peut mettre sur les unes une seule lampe exigeant une différence de potentiel de 100 volts, et sur d’autres deux lampes de 50 volts. Remarquons cependant que, si une lampe de 50 volts vient à s’éteindre, elle cause en même temps l’extinction de la lampe de même intensité placée dans la même dérivation. On peut supprimer cette difficulté en faisant usage d’un fil intermédiaire qui relie les lampes de 50 volts en tension (fig. 646). La même figure montre une disposition qui a l’avantage de relier chaque foyer à la machine par des conducteurs dont la longueur totale est fixe, ce qui égalise les résistances sur chaque circuit, mais augmente la dépense d’installation.
- Le montage en série (fig. 643) a été appliqué
- 6
- Fig. 646. — Modifications du montage en dérivation.
- aux lampes à incandescence par M. Lodyguine.
- Bernstein a imaginé en 1883 des lampes de faible résistance destinées à être montées en ^erie avec une distribution à intensité constante. es lampes de M. Heisler, de Saint-Louis (Mis-s°an), très répandues en Amérique, sont dans le ^me cas. MM. Siemens et Halske ont étudié un
- système analogue. Ce montage, très économique, exige que chaque lampe soit mise en court circuit dès qu’elle s’éteint. De plus, il exigerait, dans les grandes installations, des différences de potentiel énormes. Il est préférable alors d’avoir recours à un montage mixte (fig. 646).
- M. Edison a imaginé un système de distribu-
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- 542
- MONTE-ESCALIER ÉLECTRIQUE.
- tion à trois conducleurs (fig. 647), qui permet souvent de diminuer le prix des câbles. On fait usage de deux dynamos identiques, couplées en tension, et l’on monte les lampes en dérivation, en les réunissant par un fil intermédiaire, par-
- tant du point de jonction des deux machines de sorte qu’il y ait le même nombre de foyers de chaque côté de ce conducteur.
- Il est facile de voir que ce système équivaut à deux groupes séparés, alimentés chacun par
- H M H { f
- ÏhïiVh
- Fig. 647. — Montage à trois conducteurs.
- une des machines, et dont on supprimerait un des quatre fils.
- En effet, lorsque toutes les lampes sont allumées, le conducteur central ne reçoit aucun courant; si l’un des groupes est éteint, il ne reçoit que le courant d’une seule machine, et c’est là l’intensité maximum qu’il puisse recevoir. On fait donc une économie de 25 p. 100 sur le prix des conducteurs qui seraient nécessaires dans le cas de deux groupes distincts. En outre, la perte d’énergie étant la même que dans un circuit simple, et le nombre des lampes alimentées étant double, cette perte est moitié moindre que si l’on employait le système ordinaire à deux fils. On peut généraliser ce système, mais on n’emploie pas ordinairement plus de quatre machines et cinq conducteurs.
- Ce système a l’inconvénient d’user plus vite les lampes et de produire des irrégularités d’éclairage. En effet, si l’on éteint plus de lampes dans un groupe que dans l’autre, l’un se trouve trop poussé et l’autre pas assez.
- 3° Montage mixte de régulateurs et de lampes à incandescence. — Il existe dans ce cas une foule de dispositions, qui varient suivant la disposition des locaux à éclairer et les besoins du service exigé.
- On a essayé d’établir des dérivations de 100 volts, contenant soit une seule lampe à incandescence, soit deux régulateurs en tension, mais la faible différence, de potentiel attribuée à chaque arc produit un mauvais fonctionnement. Il vaut mieux établir des dérivations de 70 volts et y placer un régulateur ou une lampe à incandescence de résistance convenable; la dépense est un peu plus grande, mais Jes résultats sont meilleurs. Il vaut mieux encore établir deux circuits distincts, l’un pour les arcs, l’autre pour l’incandescence.
- Nous signalerons enfin deux dispositions employées par la Société américaine Thomson-
- Houston. La première (fig. 649) est un montage en série, alimenté par une dynamo à arc donnant une intensité constante de 8 ampères et une différence de potentiel variable. L’installation comprend quatre régulateurs de 1200 bougies chacun, trois lampes à incandescence de 125 bougies, une de 55 et une de 32. L’intensité étant constante, les lampes ne sont jamais surmenées et s’usent d’une façon normale.
- L’autre disposition (fig. 650) est plus compli-
- Fig. 648. — Montage mixte pour arcs et incandescence, (Figure empruntée à M. Montillot.)
- quée, mais elle permet d’employer des lampes a incandescence normales de 50 volts. La machine donne encore un courant à intensité constante, mais de 10 ampères. Le circuit comprend 6 régulateurs de 2000 bougies, puis deux groupes de 8 lampes à incandescence de 16 bougies en dérivation, absorbant chacune 1,25 ampère, i se divise ensuite en deux dérivations d’égale re sistance qui reçoivent par suite chacune 5 am pères et comprennent deux groupes de 4lampeS de 16 bougies.
- MONTE-ESCALIER ÉLECTRIQUE. — Cet appareil, imaginé par M. J. Alain Amiot, est p simple qu’un ascenseur. Deux rails plats et rallèles suivent, à quelques centimètres d eca
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- MONTRES (Influence des machines d’ind. sur les). — MONTRE TÉLÉGRAPHIQUE. 543
- la rampe de l’escalier. Sur ces rails roule un chariot vertical muni d’un siège mobile, qui se relève automatiquement lorsqu’il est inoccupé. Ce chariot peut être entraîné par un moteur électrique, hydraulique ou autre.
- Le modèle qui figurait à l’Exposition de 1889
- était mû par une machine dynamo-électrique du système Miot, qui commandait, par l’intermédiaire d’une vis sans fin, un arbre portant une noix sur laquelle s’enroulait la chaîne de traction. La montée, la descente ou l’arrêt étaient produits, à l’aide d’un commutateur, par la per-
- ARC DYNAMO
- 1200 or 2000C.2?
- CURREMT O. B OR W AMPERES
- J2Q0 ÜR203QC.P.
- 1200. ÜS 20QU. G J*,
- IZ5GJL
- Fig. 649. — Montage Thomson-Houston.
- sonne placée sur le siège mobile. Le courant otait amené par deux fils aériens provenant de mstallation des ponts roulants.
- montres (influence des machines d’in-
- ^UCTION SUR LES). — Lorsqu’on s’approche une dynamo avec une montre, il arrive souvent 9ye le ressort spiral s’aimante sous l’influence u champ magnétique de la machine, et la Contre s’arrête. L’aimantation du ressort mo-
- teur et des axes paraît sans importance. On peut éviter cet accident en ôtant sa montre, ou en ayant une montre dont le spiral soit en métal non magnétique. M. Webster a employé à cet usage le palladium. D’autres métaux ou alliages ont été aussi employés avec succès. On peut enfin avoir une montre entourée d’une boîte de fer formant écran magnétique.
- MONTRE TÉLÉGRAPHIQUE. — Petit appareil
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- MORS ÉLECTRIQUE. — MORT PAR L’ÉLECTRICITÉ.
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- de télégraphie militaire imaginé par M. Trouvé (Yoy. Télégraphe).
- MORS ÉLECTRIQUE. — Ce mors, inventé par le capitaine de Place, est formé de deux parties métalliques isolées, communiquant avec les deux pôles d’une bobine d’induction et pouvant servir à arrêter un cheval emporté ou à corriger
- certains animaux atteints de tics rongeurs. Une disposition analogue sert à ferrer les chevaux rétifs (Voy. Ferrure).
- MORT PAR L’ÉLECTRICITÉ. — L’électricité a causé, surtout depuis que son emploi tend à se généraliser, de nombreux cas de mort ; ces accidents sont fréquents en Amérique, où les con-
- ARC DYNAMO CAPAC/TY MO/UESS.
- 2000. cp.Affcimrs.
- CUfffîSftrW AMPÈRES.
- Fig. 650. — Montage Thomson-Houston.
- ducteurs qui sillonnent les rues sont très nombreux et où les précautions destinées à garantir la vie des passants sont absolument insuffisantes. Nous avons cité plus haut (Yoy. Accidents) un certain nombre de cas de mort récents.
- On sait que la question des exécutions capitales par l’électricité a été récemment expérimentée en Amérique.
- Mort par la foudre. — On sait que les per sonnes frappées par la foudre ou même celles qui se trouvent dans le voisinage d’un o J frappé par la foudre (Voy. Choc en retour) PeU vent être tuées. .
- M. Poey a indiqué, pour ramener à la ^e ^ personnes frappées par la foudre, un u10^ extrêmement simple qui consiste à verser
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- MORTIER ÉLECTRIQUE.
- lïiédiatement sur tout le corps de ces personnes je nombreux seaux d’eau froide.
- mortier électrique. — Petit appareil
- dans lequel on verse un peu de poudre ou une goutte d’éther : en faisant passer une décharge électrique, la combustion de la poudre ou la vaporisation de l’éther projette une bille d’ivoire qui ferme le mortier.
- moteur électrique. — Appareil transformant l’énergie électrique en travail mécanique. Les premiers moteurs étaient fondés sur l’attraction produite parles électro-aimants; nous citerons ceux de Page, de Froment, etc. Ces moteurs n’ont pas donné de bons résultats et sont complètement abandonnés. Ceux qu’on emploie actuellement sont fondés sur la réversibilité des machines d’induction. Toutes les machines décrites plus haut sont réversibles et peuvent servir de moteurs. On n’emploie cependant que les dynamos à courant continu ou à courants redressés. De plus, les conditions à remplir par une machine ne sont pas les mêmes suivant qu’elle fonctionne comme génératrice ou comme réceptrice : ainsi, dans le premier cas, elle doit fonctionner d’une manière continue, sans s’échauffer outre mesure, et supporter sans inconvénient toutes les variations du courant ou celles de la production extérieure. Le moteur, qui travaille d’une façon intermittente, n’exige pas les mêmes qualités, mais il doit en posséder d’autres, par exemple, dans certains cas, la légèreté. Aussi n’emploie-t-on que rarement au-jourdhui des génératrices et des réceptrices identiques, et seulement dans les installations fixes. En général, le moteur a une forme spéciale, combinée en vue de son application; nous allons donc décrire plus loin les principaux types de moteurs, mais nous examinerons d’abord les conditions générales dé leur emploi.
- Sens de la rotation. — Lorsqu’une dynamo est employée comme réceptrice, le sens de sarota-bon change avec son mode d’excitation. Remarquons d’abord que, dans une machine employée c°mme génératrice, l’action électro-dynamique qui s’exerce entre les inducteurs et l’armature *°Ppose au mouvement de celle-ci, d’après la loi de Lenz.
- Supposons maintenant que la même machine employée comme réceptrice, et reçoive un durant qui ait, dans l’anneau, le même sens ^_Ue celui qu’elle produisait comme génératrice.
- Cette machine est excitée en série ou par une le ° , e ^dépendante, le courant ayant gardé
- Iïleine sens dans les deux pièces, la réaction Dictionnaire d’électricité.
- MOTEUR ÉLECTRIQUE. 545
- électro-dynamiqne fait tourner l’anneau en sens contraire.
- Si la machine est excitée en dérivation, le courant a changé de sens dans les électros; il en est de même de Faction électro-dynamique, et l’anneau tourne dans le même sens. Enfin dans une machine compound, la rotation se fera dans un sens ou dans l’autre,-suivant la proportion relative des deux fils inducteurs.
- Calage des balais. — Quand une dynamo fonctionne comme réceptrice, les balais doivent être calés en retard (.Voy. Balai).
- Mise en marche. — Si on lance le courant directement dans l’armature d’un moteur au repos, la force contre-électromotrice étant nulle, et l’armature présentant alors une résistance très faible par rapport à l’électro, on risque de brûler le fil ; de plus l’appareil reste immobile s’il est excité en série, et se met à tourner en sens inverse du mouvement normal, s’il est à double enroulement. On évite cet inconvénient à l’aide d’un commutateur de mise en marche ou de démarrage, qui introduit dans le circuit une résistance qu’on diminue ensuite progressivement. L’inverse se produit lorsqu’on ouvre le circuit.
- Renversement de marche. — Il est souvent nécessaire, dans certaines applications, de pouvoir renverser la marche du moteur. Dans les moteurs magnéto-électriques ou dans ceux à excitation indépendante, il suffit de changer le sens du courant.
- Mais il n’en est plus de même dans les machines auto-excitatrices; le courant changerait de sens à la fois dans l’inducteur et dans l’induit, et le sens de la rotation ne serait pas changé. Il faut donc renverser le sens seulement dans l’une des deux parties.
- Pour le renverser dans l’armature, il suffit de déplacer les balais. Si ceux-ci occupaient leur position théorique, il faudrait les tourner de 180° ; si a est l’angle de calage, il faut les tourner seulement de 180° — 2a. Mais, si l’on adopte cette solution, les balais sont rencontrés à l’envers par le collecteur dans une des deux positions, et l’on est forcé d’employer des balais en toile métallique.
- Il est donc préférable d’avoir deux jeux de balais, qui appuient alternativement sur le collecteur, suivant le sens de la rotation. Cette disposition a été adoptée par M. Reckenzaun sur le bateau Electricity. Le levier de manœuvre commandait les porte-balais par l’intermédiaire de deux galets en ébonite.
- Au lieu de renverser le courant dans l’armature, on peut le renverser dans les électros,
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- MOTEUR ÉLECTRIQUE.
- mais il faut en même temps déplacer les balais d’un angle 2a. La machine peut être chargée d’assurer le calage automatiquement; il suffit alors d’ajouter, en un point quelconque du circuit, un commutateur pour les électros.
- Rendement industriel et électrique. — Voy. Rendement.
- Choix du mode d'excitation. — Certaines applications exigent des moteurs fonctionnant avec une vitesse variable; ainsi, dans les chemins de fer, la vitesse doit augmenter progressivement au moment du démarrage, à mesure que l’effort diminue. Il convient alors d’employer un moteur excité en série, sous différence de potentiel constante. En effet, si la charge du moteur augmente, la vitesse diminue, et avec elle la
- la force contre-électromotrice et par conséquent le champ. On peut produire cette variation du champ magnétique avec un régulateur automatique ou manœuvré à la main, qui modifie la résistance de l’électro, mais il est préférable d’employer un double enroulement, le fil monté en série ayant un effet contraire à celui de la dérivation et tendant à désaimanter l’électro.
- Si la charge augmente, la vitesse tend à diminuer ainsi que la force contre-électromotrice; l’intensité augmente dans l’anneau et dans le fil en série. L’action de ce fil diminue le champ, ce qui ramène la vitesse à sa valeur première.
- Moteur de la Société alsacienne. — Ce moteur (fig. 651), destiné à la petite industrie, se compose d’un anneau Gramme porté par un seul palier d’une longueur considérable, assurant une marche parfaite, même à des vitesses dépassant de beaucoup la vitesse normale. L’anneau tourne dans un champ magnétique intense, créé par une seule bobine inductrice, qui est placée en dérivation ou en tension avec l’anneau, suivant que le moteur est destiné à être alimenté par des circuits à potentiel constant ou à intensité constante.
- Le collecteur est en bronze; les balais, en cuivre, sont portés par un porte-balais d’une construction fort pratique permettant un réglage et un entre-
- Fig. 6S1. — Moteur type (Société alsacienne de constructions mécaniques, Belfort).
- force contre-électromotrice. Il en résulte une augmentation de l’intensité, puisque la différence de potentiel est constante; le champ magnétique augmente aussi, et par suite l’effort produit.
- Au contraire, il résulte de là que l’excitation en série ne convient nullement pour les applications qui exigent une vitesse constante, treuils, machines-outils, etc. Il faut recourir à une machine montée en dérivation, ou plutôt à double enroulement. En effet, si la charge augmente, il faut augmenter aussi l’effort, ce qui peut se faire en augmentant soit le champ magnétique, soit l’intensité dans l’anneau. La première solution augmente aussi la force contre-électromotrice, et par suite diminue la vitesse. Il faut donc augmenter l’intensité en diminuant
- tien facile de ces parties. Nous indiquons plus loin l’application de cet appareil à un ventilateur.
- Moteur Deprez. — Ce moteur est magnéto-électrique. La bobine est du genre Siemens. Les aimants inducteurs (fig. 652) sont placés à plat, afin d’utiliser la plus grande partie du magnétisme de l’aimant et non pas seu lement celui des parties voisines des pôles. Deux balais en fil de laiton amènent le couran à la bobine. Ils peuvent être déplacés de ma nière à s’incliner plus ou moins et à écarter volonté leurs points de contact de la fente zontale du commutateur, ce qui permet^ graduer la vitesse engendrée par un m courant. On peut même changer le sens rotation sans toucher aux rhéophores : ü sU^g d’incliner assez le support mobile qui porte
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- moteur Electrique.
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- balais pour alterner leurs contacts avec les coquilles du commutateur. ,
- Ce moteur peut servir à des petits travaux de toute espèce : actionner une machine à coudre 0u un outil quelconque, remonter les poids de certains appareils télégraphiques, etc. Il porte en outre un régulateur qui rend sa vitesse assez constante pour qu’on puisse même l’employer à des travaux de précision, par exemple à faire mouvoir des machines à diviser ou des cylindres enregistreurs. Ce régulateur se compose d’un petit ressort en communication constante avec l’une des extrémités du fil de la bobine, et qui se termine par une vis dont la pointe, par
- son contact avec le commutateur, ferme le circuit. Ce ressort participe au mouvement de rotation de la bobine, et, dès que la vitesse devient trop grande, il s’écarte de l’axe sous l’influence de la force centrifuge, et le courant se trouve interrompu jusqu’à ce que la bobine ait repris sa vitesse normale.
- La manivelle qu’on voit à gauche sert à faire tourner l’armature, lorsqu’on veut employer l’appareil comme machine magnéto-électrique. Il faut alors serrer à fond la vis du régulateur, afin de le fixer. Les courants produits sont alternatifs : on peut les recueillir directement ou les transformer en un courant continu suivant
- Fig. 652. — Moteur Deprez.
- la position des balais sur le commutateur. Le petit modèle, qui possède un aimant de 1,7 kilogramme et une bobine pesant 0,4 kilogramme, donne une force électromotrice de 5 volts : il peut donc remplacer facilement deux éléments Bunsen. Employé comme moteur, et actionné par cinq éléments Bunsen grand modèle, il produit 1,1 kilogrammètre par seconde.
- Moteur Trouvé. —- Pour les expériences de navigation électrique décrites plus haut, Trouvé s’est servi d’un petit moteur, que nous avons représenté (Voy. Bateau), et dont 1 armature est un anneau Gramme ; le noyau est formé de rondelles de fer doux, taillées dans une feuille de tôle de 2 millimètres d épaisseur et séparées par des feuilles de Papier. Sur ce noyau s’enroule un petit nombre e tours de fil. Les électro-aimants inducteurs ^ntourent concentriquement cet anneau, à une ls ance aussi petite que possible, pour aug-jàenter la puissance à poids égal. Pour d’au-re& applications, M. Trouvé construit un mo-e°r dont la bobine f (fîg. 653) est du genre elle tourne entre deux pièces polaires «, Musées en forme d’ellipsoïde, et animées par
- un électro-aimant placé à la partie inférieure de l’appareil. La figure 653 montre le moteur
- Fig. 653. — Moteur Trouvé.
- disposé sur un pied en fonte indépendant qu’on peut enlever à volonté. Le moteur a 25 centimètres de longueur sur 15 de largeur et 20 de
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- MOTEUR ÉLECTRIQUE
- hauteur : il peut produire 3 kilogrammètres. Il peut servir à actionner une machine à coudre ou tout, autre petit appareil du même genre. On l’emploie souvent pour mettre en marche les
- machines d’électricité statique destinées aux usages médicaux.
- Moteur Siemens. — Ce moteur, très répandu en Allemagne, se compose d’un anneau Gramme
- tournant entre des pièces polaires animées par unélectro placé latéralement. Il est surtout destiné à fournir des forces de 0,1 à 1 cheval. Le mode d’enroulement varie suivant les applications.
- Moteur Thomson-Houston. — Dans le rnoteu Thomson-Houston (fîg. 654), les pièces polaire-5 de l’électro-aimant, dont les noyaux sont c}^ indriques, enveloppent presque complètem
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- MOTEUR ÉLECTRIQUE.
- l’induit, dont le noyau a une section presque carrée; son enroulement est du système Siemens modifié,*'et l’électro est placé en dérivation. La disposition particulière du noyau de l’armature et la faible résistance de ses bobines diminuent beaucoup la perte due aux courants de Foucault et à la résistance intérieure. Il en résulte que réchauffement de la machine est évité.
- Ces moteurs sont destinés à fonctionner sur des circuits à différence de potentiel constante,
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- le plus souvent de 110, 220, 400 et 600 volts. Les balais ne donnent pas d’étincelles et leur position reste invariable, quelles que soient les variations du travail. Les types construits actuellement sont compris entre un et quinze chevaux.
- La disposition des organes est telle que toutes les parties sont faciles à inspecter et à entretenir. La poulie est disposée pour permettre l’entraînement de la courroie dans tous les sens. M. E. Thomson fait construire aussi des mo-
- Fig. 655. — Coupe et vue d’ensemble du moteur pyromagnétique.
- Lmrs à courants alternatifs. L’armature comprend six bobines radiales, enroulées sur des n°yaux de fer doux et montées en série. Les extrémités du fil aboutissent à deux lames d’un c°mmutateur à six touches reliées entre elles ^eux à deux. Une paire de balais, calés à 180° un de l’autre, est montée en dérivation sur le Clrcuit de la génératrice. Les inducteurs présentent six pôles, disposés radialement en face es bobines induites. Us sont enroulés en séiie urontés directement sur le circuit de la génératrice. Chaque fois qu’une bobine induite ange de champ magnétique, le courant est
- inversé et l’action électro-magnétique garde le même signe : la rotation continue donc.
- Moteur Sprague (de Chicago). — L’armature a un enroulement Siemens modifié ; le noyau est formé de couches alternatives de disques de papier et de fer. Ce moteur, qui est toujours à double enroulement, possède une disposition spéciale pour la mise en marche : l’action de l’enroulement en série est d’abord renversée pour produire l’excitation du champ, puis il reprend son sens ordinaire, dès que la force contre-électromotrice commence à se développer.
- Applications des moteurs, — Les petits moteurs,
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- ooO
- MOTEUR GÉNÉRATEUR. — MYOGRAPHE.
- comme ceux de M. Trouvé et de M. Deprez, servent, comme nous l’avons indiqué déjà, à faire mouvoir de petits appareils, machines à coudre, etc. Les modèles plus puissants que nous avons indiqués servent, ainsi que les machines dynamos de Gramme et de Siemens, aux applications de la transmission de l’énergie. Enfin MM. Dumont et Postel-Vinay ont combiné un petit moteur spécialement destiné à la manœuvre des signaux de chemins de fer.
- MOTEUR GÉNÉRATEUR. — On donne ce nom en Angleterre à des transformateurs à courants continus, permettant d’utiliser des courants continus de haute tension pour des distributions à basse tension. Nous citerons ceux de M. Edison, de MM. Jehl et Rupp, de MM. Paris et Scott (Voy. Transformateur).
- MOTEUR PYROMAGNÉTIQUE. — Moteur imaginé par M. Edison en 1887 et dans lequel une armature de fer doit son mouvement aux variations de son état magnétique produites par des changements brusques de température.
- Entre les deux pôles d’un électro-aimant horizontal (fig. 655) peut tourner, autour d’un axe vertical, un faisceau de petits tubes de fer mince, dans lesquels on peut lancer un courant d’air chaud pour les porter au rouge. Un écran plat est disposé sur l’axe de rotation, au-dessous des tubes, de sorte que l’une de ses extrémités soit plus rapprochée de l'un des pôles et l’autre plus rapprochée de l’autre. A chaque instant, les tubes masqués par l’écran ne reçoivent pas d’air chaud et s’aimantent par influence, tandis que les autres ne peuvent s’aimanter à cause de leur température élevée. L’échauffement des tubes produit une dissymétrie du champ d’où résulte la rotation. L’air destiné à la combustion du foyer traverse d’abord les tubes masqués par l’écran, afin de les refroidir, et par suite possède déjà une température assez haute quand il arrive dans le foyer. Un moteur de ce système pesant environ 679 kg. développe environ trois chevaux. M. Edison a construit sur le même principe une machine dynamo (V. Générateur pyromagnétique).
- MOTOGRAPHE OU MOTOPHONE. — Appareil imaginé par M. Edison et servant de relais télégraphique et de récepteur téléphonique.
- MOU D’UN GABLE. — Longueur supplémentaire qu’on donne à un câble sous-marin pour qu’il puisse reposer librement sur le fond de la mer. Cette longueur varie généralement entre o et 10 p. 100 de la longueur nécessaire.
- MOUSE-MILL. — Petite machine électrostatique servant à électriser l’encre dans le
- siphon recorder (Voy. ce mot) de Thomson
- MOUSTIQUAIRE ÉLECTRIQUE. — Disposition imaginée par M. Scherer pour se défaire des moustiques, si gênants dans les pays chauds. C’est une enceinte grillagée dont les barreaux communiquent alternativement avec les deux pôles d’une bobine d’induction. Au centre est une lampe à incandescence, dont la lumière attire les moustiques : quand ils veulent traverser le grillage, ils sont tués par la décharge électrique.
- MOXA ÉLECTRIQUE. — Cautérisation produite par l’étincelle électrique.
- MULTIPLE (Télégraphe). — Télégraphe permettant de transmettre plusieurs dépêches soit dans le même sens, soit en sens contraires, à l’aide d’un seul fil (Voy. Télégraphe).
- MULTIPLEX. — Syn. de multiple.
- MULTIPLICATEUR. — Organe du galvanomètre (Voy. ce mot) qui augmente l’action du courant sur l’aiguille aimantée.
- MULTIPOLAIRE (Machine). — Dynamo dont les inducteurs présentent plus de deux pôles (Voy. Machine d’induction).
- MUSCLE ÉLECTRO-MAGNÉTIQUE. — Appareil imaginé par M. Trouvé pour mettre en évidence le mode de la contraction musculaire. U est formé d’une série d’électro-aimants, s’attirant mutuellement par leurs pôles contraires, et réunis par des parallélogrammes articulés, de manière à totaliser les efforts. Sans rien préjuger de la forme du muscle et sans prétendre en rappeler tous les effets, ce petit appareil en explique cependant toutes les propriétés et montre que la puissance d’un muscle est la résultante de toutes les actions moléculaires. Il explique très bien la contraction totale d’un muscle par l’électrisation localisée, sans avoir recours à des actions réflexes ou à la propagation de l’ébranlement moléculaire.
- MYOGRAPHE. — Appareil imaginé par
- Fig. 656. — Myophone.
- M. Marey pour enregistrer les mouvemen musculaires, et dont le style, pour atténuer
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- MYOPHONE. — NICKELAGE.
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- frottement, ne touche le papier que par intermittences ; pour cela le style est commandé par un électro-aimânt.
- MYOPHONE. — Microphone employé par q goudet de Paris pour l’étude des bruits des muscles. On applique l’embouchure de l’appareil (fig. 656) sur le muscle, de sorte que celui-ci soit en contact avec le bouton explorateur B. Ce bouton traverse une membrane de parchemin
- bien tendue et porte à son extrémité le charbon inférieur H du microphone. Le second charbon D est suspendu par son milieu, et un morceau de papier I, formant ressort, l’appuie contre le charbon H. Enfin la vis Y permet d’abaisser ce dernier et de régler la sensibilité de l’appareil. L’état normal des muscles est caractérisé par un bruit rotatoire dont la hauteur et l’intensité augmentent par la contraction volontaire.
- N
- NAVIGATION ÉLECTRIQUE. — Navigation
- dans laquelle on fait usage d’un moteur électrique. Dès 1838, Jacobi essaya de faire marcher sur la Néva un bateau mû par l’électricité; cette tentative n’eut aucun succès. Les résultats obtenus depuis quelques années s’appl iquent surtout aux bateaux de plaisance et aux petites embarcations de guerre (Voy. Bateau et Torpilleur).
- NÉGATIF. — Qui est chargé d’électricité négative (Yoy. Électricité).
- Pôle négatif. — Pôle qui a le potentiel le plus faible.
- NÉGATIF (Électro-). — Se dit des corps qui, dans l’électrolyse, vont en sens contraire du courant, parce qu’on les suppose électrisés négativement.
- NEUTRE. — Se dit des corps qui ne sont pas électrisés.
- Ligne neutre. — Ligne qui, dans un corps chargé d’électricité ou de magnétisme, sépare les parties positives des négatives.
- NICKELAGE. — Opération qui consiste à recouvrir, par voie électrolyti-gue, un objet métallique d’une couche de nickel, soit pour empêcher l’oxyda-hon, soit pour préserver les métaux ttwus de l’usure mécanique. Imaginé Par Bottger en 1846, le nickelage a été fendu pratique par J. Adams, Jacobi, ftemington et Gaifîe.
- Les bains de nickel se font avec de
- Les deux formules suivantes sont choisies parmi les plus usitées.
- Bain Gaiffe.
- Eau distillée................ 10 parties.
- Sulfate double de nickel et
- d’ammoniaque.............. 1 —
- On dissout le sel dans l’eau chaude et l’on filtre après refroidissement.
- Bain Roseleur.
- Eau distillée................ 100 parties.
- Sulfate double de nickel et
- d’ammoniaque................. 4 —
- Carbonate d’ammoniaque.... 3 —
- Fig. 657. — Nickelage des petits objets.
- eau distillée ou au moins de l’eau de pluie; ils ne doivent pas être trop froids; ils °)vent avoir au début une réaction légèrement acide, et être maintenus soigneusement neutres Pendant l’opération; sinon le dépôt devient gris et cassant.
- On dissout séparément les deux sels dans l’eau chaude et l’on verse le carbonate dans le sulfate double, en ayant soin de ne pas dépasser la neutralisation, puis on ajoute le reste de l’eau.
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- oo2
- NICKELINE. — OEUF ÉLECTRIQUE.
- Avant d’être plongés dans le bain, les objets doivent subir un polissage d’autant plus soigné qu’on veut obtenir un plus beau dépôt, puis dégraissés et décapés (Yoy. Électrochimie). Le polissage est supprimé pour les objets grossiers. Pour ces trois opérations, les procédés varient avec la nature du métal. Le zinc doit être d’abord recouvert d’une forte couche de cuivre, sinon il se dissoudrait dans le bain.
- Les bains tendent à s’appauvrir au voisinage des objets immergés; on évite cet appauvrissement en remuant fréquemment les objets.
- Pour nickeler de très petits objets, on peut les placer dans une passoire en grès (flg. 657) • au fond de laquelle on dispose en spirale un ! fil mince de laiton en communication avec le pôle négatif. La passoire est tenue à la main et agitée pendant toute l’immersion. L’anode, tenue de la main gauche, est plongée au milieu de la passoire, sans toucher les objets. On fait alors usage d’un bain chaud. Dans le nickelage, on peut se servir soit d’une anode soluble, soit d’une anode insoluble en platine ou en charbon; mais l’opération doit toujours être conduite avec beaucoup de précaution (Yoy. Bouant, la Galvanoplastie).
- NICKELINE. — Alliage de nickel qui remplace souvent le maillechort dans les boîtes de résistances, sa résistance spécifique variant encore moins avec la température.
- NIELLURE ÉLECTRIQUE. — La niellure est l’art d’incruster des sulfures métalliques dans des traits gravés en creux sur métal. Cette opération peut se faire facilement par les procédés électrochimiques.
- On opère d’abord comme pour une damasqui-nure (Voy, ce mot), mais on laisse un peu plUs longtemps dans le bain d’acide sulfurique, de manière à avoir des traits un peu plus creux On applique alors le sulfure à la spatule, et l’on chauffe assez fortement pour fondre ce dépôt On laisse refroidir et on polit jusqu’à ce que la gravure soit seule couverte de sulfure.
- NIGRITE. — Mélange isolant formé de caoutchouc et de cire noire (produit de la distillation partielle de l’ozokérite).
- NIVEAU ÉLECTRIQUE. — Syn. de potentiel éleclrique.
- Lignes de niveau. — Syn. de lignes équipo-! tentielles (Yov. Équipotentiel).
- NIVEAU D’EAU ÉLECTRIQUE. — Appareil servant à avertir lorsque le niveau de l’eau d’une chaudière s’abaisse assez pour qu’il soit nécessaire d’en ajouter. Les deux pôles d’une pile sont reliés l’un à une tige métallique verticale dont l’extrémité inférieure indique la limite au-dessous de laquelle l’eau ne doit pas descendre, l’autre à une bague isolée placée au bas de cette tige. Une sonnerie à grande résistance est placée en dérivation. Quand il y a assez d’eau, le liquide ferme le circuit, et la sonnerie ne reçoit qu’une dérivation insuffisante pour la faire marcher; quand le niveau tombe au-dessous de la limite fixée, la sonnerie reçoit tout le courant et se met à tinter.
- NOYAU. —Cylindre, lame ou fils de fer doux placés dans une bobine ou dans les inducteurs d’une machine d’induction, d’un transformateur, etc.
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- OBTURATEUR ÉLECTRIQUE.—Plusieurs in-
- venteurs ont construit pour les chambres noires photographiques des obturateurs mus par l’électricité. Celui de M. Mauduit est formé d’une guillotine, retenue par une tige de cuivre horizontale qui pénètre dans une dent pratiquée sur le bord de la lame d’acier. Cette tige est fixée à un disque de fer doux, qui est attiré par un électro-aimant, lorsqu’on y lance le courant d’une petite pile. Quand le disque est attiré, la tige abandonne la guillotine, qui tombe immédiatement.
- M. Démarest s’est servi aussi d’un obturateur électrique dans une ascension aérostatique faite à Rouen en 1880.
- ODEUR ÉLECTRIQUE. — Odeur qui accompagne les décharges électriques, et qui est due à la formation d’ozone et d’acide azotique.
- ŒUF ÉLECTRIQUE. — Appareil servant a produire des décharges électriques dans les gaz de nature différente et sous diverses pr®s sions. C’est un vase de verre, de forme o\oïde’ dans lequel pénètrent deux tiges de cunre, ' dont l’une est fixe, tandis que l’autre peut être
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- ŒUF-SOUPAPE. — OHM.
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- enfoncée plus ou moins profondément, pour faire varier l’écartement. Ces deux tiges étant niises en communication avec les deux pôles d'une bobine d’induction ou d’une machine
- Fig. 658. — Œuf électrique (Daloz, Gillet et A. Guyet-Sionnest).
- électrostatique, la décharge se produit (fig. 658).
- Œuf de De La Rive. — Appareil montrant la rotation d’un courant autour d’un aimant, sous forme de gerbe lumineuse. C’est un vase de
- Œuf de De La Rive.
- 'erre ovoïde (fig. 659) dans lequel on fait le '1(le, comme dans un tube de Geissler. Il ren-eroieune tige de fer doux A, qui s’aimante par
- influence, lorsqu’on la place sur un électroaimant E, et deux électrodes cia', dont la première se termine par un cercle qui entoure la tige A. Ces deux électrodes étant reliées aux deux bornes d’une machine d’induction, on voit se produire entre a et a' une lueur qui tourne autour de A. Le sens de la rotation change quand on intervertit le courant dans l’œuf ou dans i’électro-aimant.
- ŒUF-SOUPAPE. — Appareil imaginé par Gaugain et muni de soupapes analogues à celles des tubes de Holtz.
- OHM. — Unité pratique de résistance électrique qui vaut 109 unités C.G. S. de résistance. Les meilleures méthodes employées pour déterminer la valeur de l’ohm ont montré qu’elle est égale à la résistance d’une colonne de mercure de 1 millimètre carré de section, et dont la longueur est comprise entre 106,2 et 106,3 cm. La commission internationale a adopté 106 cm., et a donné à l’unité ainsi définie le nom d'ohm légal. C’est l’unité ordinairement adoptée dans les boîtes de résistances.
- Étalons de Vohm légal. — Pour la mesure des résistances, on construit des résistances ayant exactement la valeur de l’ohm légal. Ces résis-
- Fig. 660. — Étalon secondaire de l’ohm légal.
- tances sont quelquefois la copie exacte des prototypes : deux petites fioles de verre contenant du mercure sont réunies par un tube de verre
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- OHMMÈTRE. — ONDULEUR.
- rempli du même liquide. On règle la longueur et le diamètre du tube pour avoir exactement la résistance voulue. Cette disposition encombrante est souvent remplacée par celle de la figure 660, dans laquelle le tube est recourbé. Le vase de verre peut être rempli d’eau à la température pour laquelle la résistance est con-
- Fig. 0>6i . — Étalon do 1’ohm légal.
- nue avec exactitude. Cette forme est désignée sous le nom d’étalon secondaire.
- Enfin on emploie souvent des bobines formées, comme toutes les bobines de résistance, d’un fil de maillechort ou d’un alliage d’argent et de platine, enroulé en double pour éviter les effets d’induction (fig. 661). Les extrémités de ce fil sont soudées à deux tiges de cuivre re-
- courbées, de résistance négligeable, qu’on peut faire plonger dans du mercure pour établir les communications. Cette bobine est placée dans une enveloppe de cuivre mince, remplie de paraffine, ce qui permet de plonger le tout dans l’eau pour porter le fil à la température pour laquelle sa résistance est exactement connue.
- La compagnie Edison-Swan construit des étalons analogues, mais la bobine a la forme d’un anneau plat ; le fil est en alliage argent-platine. Ces bobines sont étalonnées par comparaison avec des étalons qui ont été eux-mêmes comparés avec l’étalon original de l’Association britannique au laboratoire Cavendish, à Cambridge.
- OHMMÈTRE. — Appareil imaginé par MM. Ayrton et Perry, et servant à mesurer les
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- résistances à l’aide du rapport y = R. Il permet de mesurer la résistance d’un conducteur tandis qu’il est traversé par un courant. Cet appareil est formé d’une aiguille aimantée soumise à l’action de deux bobines placées à angle droit. L’une des bobines, à gros fil, est dans le circuit principal; l’autre, à fil fin, est mise en dérivation entre les extrémités de la résistance à mesurer. Si les bobines et l’aiguille sont bien proportionnées, les déviations sont proportionnelles aux résistances.
- OKONITE. — Isolant employé en Amérique et formé de 38 parties de caoutchouc et 62 d’hydrocarbure s naturels, d’oxydes et de silicates.
- OMBRE ÉLECTRIQUE. — Phénomène observé par M. Holtz en 1881. L’une des électrodes de la machine de Holtz étant terminée en pointe, et l’autre munie d’une grande calotte concave, garnie à l’intérieur d’un morceau de soie maintenu par l’attraction électrique, on voit apparaître un point brillant à l’extrémité de la pointe et un cercle lumineux sur la calotte concave. Si l’on interpose alors un corps conducteur ou demi-conducteur, isolé ou communiquant avec le sol, on observe une ombre sur l’électrode concave. Les corps isolants ne donnent pas d’ombre s’ils sont petits ; lorsqu’ils sont un peu grands, ils peuvent produire une ombre, mais elle s’efface peu à peu.
- ONDULATEUR. — Appareil imaginé par M. Lauritzen, pour remplacer le siphon recorder dans la télégraphie sous-marine. La partie principale du récepteur est un aimant en forme de X qui oscille entre les 8 pôles des 4 électroaimants et entraîne avec lui un petit tube plein d’encre.
- ONDULEUR. — M. Solignac a donné ce
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- OPHTALMOSCOPE ÉLECTRIQUE. — OSMOSE ÉLECTRIQUE.
- nom à un appareil destiné à faciliter l’emploi (jes transformateurs avec des courants continus, ce qui permet d’avoir à la fois les avantages des deux systèmes et d’éviter les inconvénients des distributions par courants alternatifs-
- L’usine centrale envoyant dans la ligne un courant continu à haute tension, on coupe cette ligne à chaque station et l’on intercale deux transformateurs ordinaires. En dérivation de chaque transformateur, on met un onduleur, et dans la branche du transformateur un inverseur de courant.
- Chaque onduleur intercale successivement en dérivation de son transformateur une série de résistances qui vont du court circuit à l’ouverture complète, puis il les enlève peu à peu, de sorte que l’intensité augmente d’abord dans celui-ci de zéro à un certain maximum, puis redescend à zéro. A ce moment, les pôles du transformateur se trouvent intervertis, ce qui peut se faire sans étincelles, et le sens du courant secondaire est changé pendant l’ondulation suivante.
- L’onduleur est toujours double, de sorte que, l’un des transformateurs se trouvant en court circuit, l’autre soit sans dérivation, afin d’équilibrer le travail sur la machine.
- Cet appareil permet d’obtenir facilement une distribution à haute tension et à courant continu. 11 donne encore le moyen de brancher sur des courants continus des appareils qui sont essentiellement à courants alternatifs, comme la bougie Jablochkoff.
- OPHTALMOSCOPE ÉLECTRIQUE. — L’ophtal-moscope sert à éclairer le fond de l’œil pour faciliter l’examen de la rétine. Le modèle ordinaire est formé d’un petit miroir concave, qui renvoie dans l’œil observé la lumière d’une lampe, et qui est percé d’un petit trou, à travers lequel on observe. M. Giraud-Teulon a nuaginé un ophtalmoscope binoculaire, dans lequel le faisceau lumineux, provenant de la rétine observée, est divisé par des prismes à réflexion totale et pénètre dans les deux yeux de l’observateur, pour produire le relief stéréoscopique.
- Dans cet appareil, l’éclairage est obtenu par Une lampe Edison, alimentée par 3 éléments Trouvé, et placée entre les prismes à réflexion l°tale, par conséquent devant l’observateur et en face du sujet.
- opposition (méthode d’). — Voy. Méthode. OPPOSITION (Montage en). — Syn. de mon-a8e en batterie. (Voy. Montage.)
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- OPTO-GALVANIQUE (Réaction). — Sensations lumineuses qui se produisent à chaque interruption lorsqu’on électrise la tête avec un courant d’intensité moyenne en plaçant l’une des électrodes près de l’œil. L’intensité de cette réaction permet de mesurer l’état d’atrophie du nerf optique.
- ORAGE. — Voy. Électricité atmosphérique, Foudre, Magnétisme terrestre.
- ORAGE MAGNÉTIQUE. — On désigne ainsi les variations brusques et accidentelles des éléments magnétiques. Ces orages coïncident souvent avec l’apparition des aurores boréales.
- ORGUE ÉLECTRIQUE. — Orgue dans lequel, en appuyant sur chaque touche, on ferme un circuit comprenant un petit électro-aimant qui commande l’ouverture du tuyau correspondant. Deux ou trois éléments de pile suffisent à cet usage.
- L’application de l’électricité aux orgues simplifie beaucoup le mécanisme et permet de placer le clavier à une- distance quelconque des tuyaux.
- ORTHORHÉONOME. — Appareil imaginé par M. Fleischl pour étudier l’action de l’électricité sur les nerfs.
- OSCILLATIONS ÉLECTRIQUES. — Les courants induits sont généralement accompagnés d’oscillations rapides du potentiel. Ainsi, si l’on met l’une des extrémités du fil induit en communication avec la terre, et si l’on interrompt le circuit inducteur, l’autre extrémité du fil induit subit des inversions rapides de potentiel.
- Méthode des oscillations. — Voy. Méthode.
- OSCILLATION NÉGATIVE. — Phénomène découvert par Du Bois-Reymond, et qui consiste en ce que le courant naturel d’un nerf ou d’un muscle est plus faible dans la période d’activité fonctionnelle qu’au repos. L’oscillation négative, se produit encore, mais moins fortement, lorsque l’excitation du nerf est mécanique, chimique ou thermique. Ce phénomène n’est sans doute pas continu et résulte de modifications périodiques tFès rapprochées dans la tension du courant primitif.
- OSCILLOGRAPHE. — Appareil servant à étudier l’action du roulis sur un navire et à déterminer ses conditions de stabilité.
- OSMOSE ÉLECTRIQUE. — Passage d’un liquide à travers une cloison poreuse sous l’action d’un courant. M. Porret, puis M. Gore, ont constaté que ce transport se fait généralement dans le sens du courant. U y a exception pour la solution alcoolique saturée de bromure de baryum, qui se déplace en sens inverse.
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- OZOKERITE. — PARAFFINE.
- OZOKÉRITE.— L’ozokérite, ou cire fossile de Moldavie, est une substance bitumineuse qu’on a trouvée près de la houille, en Moldavie. Elle est d’un jaune brunâtre, avec reflet verdâtre, translucide en lames minces, d’une odeur assez forte, analogue à celle du pétrole. Elle paraît formée de plusieurs principes pyrogénés dis-
- tincts, et se présente en masses irrégulières formées de couches fibreuses et contournées' Les propriétés isolantes de l’ozokérite la font employer quelquefois à la place de la gutta-percha dans les appareils électriques. Elle sert surtout à préparer la cire minérale et la paraffine.
- P
- PACHYTROPE. — Commutateur inverseur imaginé par M. Stœhrer.
- PACINOTTI (Anneau de). — Induit dont l’enroulement est analogue à celui de l’anneau Gramme.
- PALETTE. — On donne quelquefois ce nom à l’armature d’un électro-aimant, surtout lorsqu’elle est plate et rectangulaire.
- PANTÉLÉGRAPHE. — Télégraphe reproduisant l’écriture ou les dessins. (Voy. Télégraphe.)
- PANTÉLÉPHONE. — Sorte de microphone imaginé par M. de Locht-Labye, et formé d’une pastille de charbon et d’une lame métallique.
- PANTINS ÉLECTRIQUES. — Voy. Danse.
- PAPIER ÉLECTRIQUE. — Le papier bien sec
- Fig. 662. —Étincelle obtenue à l’aide d’un papier électrisé.
- s’électrise facilement par frottement et peut | servir à montrer les attractions et les répulsions |
- électriques. On peut même en tirer des étincelles : il suffit de frotter vigoureusement la feuille, de la soulever par un coin et d’en appro-cherle doigt (fig. 662). Le papier écolier, lepapier à lettres peuvent servir à cet usage. On obtient de très bons résultats avec du papier trempé dans un mélange à volumes égaux d’acide nitrique et d’acide sulfuriqufe, puis lavé à grande eau et séché.
- PAPIER BANDE TÉLÉGRAPHIQUE. — Le
- papier bande employé dans les appareils Morse. Hughes, Baudot, est bleu pâle, uni, exempt de grain, bien collé, et large de 10 millimètres. Il est en rouleaux de 160 mètres, pesant 80 grammes chacun. Le papier bande huilé, employé dans l’appareil Wheatstone, est blanc, large de 12 millimètres ; il est livré en rouleaux de 300 mètres pesant environ 400 grammes.
- PARACHUTE ÉLECTRIQUE. — Disposition électique appliquée par M. Rive en 1881 aux parachutes des bennes de mines. Le déclenchement est maintenu par un courant continu, qui se trouve interrompu lorsque le câble de suspension vient a casser, et le parachute s’ouvre immédiatement.
- PARADOXE MAGNÉTIQUE. — Si un
- pôle d’aimant supporte une armature et qu’on mette en contact avec lui un pùle de nom contraire et de même intensité, l’armature se détache, parce que les ligneS de force vont directement d’un pôle a l’autre.
- PARAFFINE. — Mélange de divers carbures forméniques très condensés, fiul constitue le résidu de la distillation 10 complète du pétrole. On en extrait encoie du bitume, des goudrons, de l’ozoken (cire minérale). Ses propriétés varient un peU avec son origine.
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- PARAFOUDRE. — PARATONNERRE.
- purifiée, la paraffine est solide, blanche, inod-ore, insipide, un peu grasse au toucher. Elle est employée en télégraphie pour isoler les conducteurs aux points de jonction. Ôn emploie aussi des fils entourés de coton paraffiné. Le papier paraffiné est employé dans les condensateurs et les paratonnerres à plaques.
- PARAFOUDRE. — Syn. de Paratonnerre.
- parallèle magnétique. — Lieu des
- points où le champ terrestre a même grandeur et même direction.
- PARAMAGNÉTIQUE. — Syn. de Magnétique.
- PARATONNERRE. — Appareil servant à protéger un édifice ou un appareil électrique contre les effets' de la foudre.
- Paratonnerres pour les édifices. — On doit à Franklin l’idée d’élever sur les édifices de hautes tiges métalliques, en parfaite commu-
- Fig. 663. — Pointes de paratonnerres.
- üication avec le sol, pour les protéger contre la foudre. Si un nuage électrisé passe au-dessus 1 édifice, la pointe laisse écouler de l’électri-c'té contraire, qui pourra, si l’air est calme, a|lor neutraliser le nuage ; sinon cette électri-Clté pourra au moins se répandre dans l’air au~dessus de l’édifice et neutraliser l’action
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- des nuages. Si la foudre vient à tomber, elle frappe la tige de préférence aux parties voisines de l’édifice, et s’écoule dans le sol par le conducteur, sans causer aucun dommage. Mais il faut pour cela que le paratonnerre soit en parfaite communication avec le sol; sinon il devient plus dangereux qu’utile.
- Les paratonnerres sont formés le plus souvent d’une tige en fer ayant 3 à 5 mètres de longueur, et 2 centimètres de diamètre. La pointe du paratonnerre doit être bien conductrice, afin qu’elle ne soit pas fondue par l’action de la décharge : aussi la forme-t-on généralement d’un cône de cuivre de 30 degrés environ d’ouverture, que l’on fixe solidement à la partie supérieure de la tige de fer.
- La figure 663 représente deux formes très employées; l’une est un tronc de cône terminé par une olive, puis par une pointe très aiguë ; l’autre est un cylindre terminé par un cône assez évasé pour éviter la fusion de la pointe.
- M. Buchin a fait breveter en 1877 des pointes
- A A /
- Cüllpollf
- Fig. 664. — Pointes de paratonnerres, système Buchin.
- de paratonnerres à section angulaire (fig. 664), qui se terminent au sommet par une pyramide ; cette disposition facilite l’écoulement de l’élec-j tricité. Dans l’autre modèle figuré, les arêtes
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- PARATONNERRE.
- sont divisées en un grand nombre de pointes ou de pyramides, qui augmentent encore l’ac-
- Fig. 665. — Montage des paratonnerres Buchin.
- tion préventive. Ce système a été adopté à l’Observatoire du Pic du Midi.
- La communication avec le sol est établie par
- un câble en fil de fer ou plutôt une série de barres de fer, et, pour éviter toute solution de continuité, l’on recouvre soigneusement tous les joints de soudure. Des barres en fer de 15 à. 20 millimètres d’épaisseur conviennent parfaitement. Toutes les masses métalliques importantes placées à l’extérieur ou à l’intérieur de l’édifice, toitures, chêneaux, gouttières, charpentes en fer, conduites d’eau et de gaz, doivent être rattachées soigneusement au conducteur pour éviter qu’il jaillisse des étincelles entre ces pièces et le conducteur lors des chutes de foudre.
- M. Buchin a rendu le montage des paratonnerres extrêmement facile. La tige- conique est en fer creux. Elle porte à sa partie supérieure la pointe décrite plus haut, et sa base est fdetée sur une certaine longueur et reçoit trois écrous (fig. 665). Deux brides forgées à la demande du poinçon, disposées en croix sur ce dernier et fixées par des boulons, sont percées d’un trou laissant passer la tige ; ces brides sont fortement serrées entre deux des écrous de la tige pour la maintenir. Le troisième est destiné au serrage du conducteur. La partie inférieure du conducteur, ou perd-fluide, doit présenter une bonne surface de contact; c’est généralement une plaque métallique d’environ 1 mètre carré, ou une tige munie d’un certain nombre de pointes, comme on le voit figure 666. Le premier modèle est le perd-fluide Callaud, en fer forgé, qui est adopté par le génie militaire ; le second est celui du Pic du Midi; il est en fonte.
- Le perd-fluide doit être constamment en bonne communication avec le sol,’ au moyen d’une nappe d’eau qui ne tarisse jamais, ou bien, à défaut de ce procédé, en remplissant de charbon de bois ou de braise un trou creusé dans un sol humide. Il n’est pas inutile de remarquer qu’une citerne, même si elle ne tarit jamais, constitue, à cause de ses parois imperméables, un conducteur insuffisant : il faut que le paratonnerre soit en contact avec le sol entier.
- Il est utile de vérifier de temps en temps le bon état des communications.
- Zone de protection. — Il est de la plus grande importance de savoir quelle est exactement la surface protégée par un paratonnerre. On a ad mis pendant longtemps qu’elle était limitée par un cercle ayant pour centre le pied du paraton^ nerre et un rayon double de la hauteur. ^ tend à penser aujourd’hui que cette limite trop forte. La Commission chargée d étu ieI" l’établissement des paratonnerres des édi i°
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- PARATONNERRE.
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- municipaux de Paris a admis que, dans une construction ordinaire, le paratonnerre protège efficacement le volume d’un cône vertical de révolution ayant la pointe pour sommet, et la hauteur de la tige, mesurée à partir du faîtage et multipliée par 1,75 pour rayon du cercle de base. Au Congrès des électriciens tenu à Raris en 1881, M. W. H. Preece, ingénieur électricien du Post-Office de Londres, a déclaré que, d’après les documents qui lui étaient parvenus, un paratonnerre paraît protéger absolument un espace solide limité par une surface de révolution dont la demi-courbe méridienne est constituée par un quart de cercle, de rayon égal à la
- Fig. 666. — Perd-fluide.
- hauteur du paratonnerre et tangent à celui-ci à son extrémité supérieure et aussi à l’horizontale passant par sa base. Cette dernière limite est la plus petite et par conséquent celle qu’il est le plus prudent d’accepter.
- Vérification des paratonnerres. — Les paratonnerres pouvant devenir fort dangereux lors-fiu il se produit une solution de continuité dans e circuit métallique, il est indispensable de verifier de temps en temps le bon état des communications. Pour cela, on mesure la résis-ance de l’appareil par les méthodes ordinaires, n peut encore attacher à la pointe du para-nerre un fil relié avec une sonnerie et une P1 e dont l’autre extrémité est en parfaite communication avec la terre. Si la sonnerie tinte, e Clrcuit est en bon état.
- Paratonnerre Melsens. — Un autre système a été appliqué par Melsens à l’Hôtel de Ville de Bruxelles et adopté depuis par divers constructeurs (fig. 667).
- Paratonnerre Melsens.
- Fig. 667.
- Ce procédé consiste à disposer sur toutes les parties saillantes de l’édifice des pointes ou des bouquets de pointes courtes, et à les relier au sol par une série de conducteurs enveloppant la maison d’une sorte de réseau métallique à très larges mailles, qui suffit cependant pour constituer un écran électrique et soustraire l’édifice qu’il enveloppe à toutes les manifestations électriques extérieures.
- Fig. 668. — Paratonnerre Grenel.
- La figure 668 montre les paratonnerres du système Grenet, qui est analogue à celui de Melsens. Dans ce système on emploie comme conducteurs des rubans de cuivre rouge ayant 3 centimètres de largeur et 2 millimètres d’épaisseur, et pesant 500 grammes par mètre. Ce ruban a le même pouvoir conducteur que les barres de fer de 2 centimètres d’épaisseur exigées par la Commission municipale, qui pèsent 3 kilogrammes par mètre.
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- PARATONNERRE.
- Grâce à leur légèreté, ces conducteurs ne
- un BHiiinunmniiiiiinnnnin;iiiiiiii
- Fig. 669. •— Perd-fluide (système Grenet).
- surchargent pas les toitures; par suite ils n’exi-
- gent aucune précaution spéciale dans la construction et peuvent être appliqués sur des édifices déjà existants. A cause de leur forme, îls peuvent s’appliquer facilement sur toutes les surfaces du bâtiment en en suivant tous les contours; ils offrent plus de surface de contact et se soudent plus sûrement avec les parties métalliques des faîtages, de la couverture, des chéneaux, gouttières, tuyaux de descente, etc.
- Enfin la forme de ruban permet de remplacer avantageusement l’ancien perd-fluide par une spirale d’environ 15 mètres de longueur, fixée sur un croisillon spécial, et qui occcupe,au fond du puits, une hauteur inférieure à 8 centimètres (fig. 669), de sorte qu’il suffit d’une très petite hauteur d’eau pour établir une excellente communication.
- Paratonnerres pour appareils électriques.
- — Les appareils électriques reliés à une ligne d’une certaine longueur, notamment les postes télégraphiques et téléphoniques, sont munis de paratonnerres destinés à éviter que les appareils ne soient détériorés et que les opérateurs ne soient atteints parles courants intenses qui peuvent circuler dans les lignes pendant les orages.
- Les paratonnerres employés à cet usage sont très nombreux, mais peuvent se ramener à un petit nombre de types différents; les uns utilisent la chaleur dégagée par les courants intenses, les autres leur grande différence de potentiel. Les paratonnerres à pointes appartiennent au dernier groupe, ceux à fil fin au premier.
- Les paratonnerres à fil sont formés d’un fil fin recouvert de soie, reposant sur une pièce métallique reliée au sol. Les courants dus aux orages brûlent la soie, et le fil se trouve en communication avec la terre.
- Fig. 670. — Paratonnerre à fil fin et à pointes (Bréguet).
- Dans d’autres appareils, deux plaques métalliques, dont l’une est à la terre et l’autre inter-
- calée sur la ligne, sont séparées par une feuille mince de papier paraffiné, de mica ou de gutta
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- PARATONNERRE.
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- ercha. Les courants intenses percent la lame isolante et vont à la terre, tandis que les courants télégraphiques sont sans action.
- Le modèle (fig. 670) possède les deux systèmes. La ligne est reliée aux appareils par un fil de fer très fin, protégé par un petit tube de
- Fig. 671. — Paratonnerre à 25 directions.
- bois creux, et qui fond lorsqu’un courant énergique traverse la ligne. D’autre part la borne qui limite la ligne est fixée sur une plaque de mé- . tal munie de dents, en face de laquelle se trouve une autre plaque, située à très petite distance, également munie de dents et communiquant avec la terre. Pendant les orages l’électricité s’écoule à la terre par les pointes. Enfin une manette permet de relier la ligne directement aux appareils ou à la terre, en la plaçant sur l’un ou l’autre des deux plots métalliques situés ~ de part et d’autre.
- L’Administration des Téléphones de Paris fait usage de paratonnerres à pointes et aussi de paratonnerres à lames (fig. 671). Ces derniers s’emploient pour postes de 1 à 50 directions. Le socle en fonte est strié ; les lames placées au-dessus le sont également. En cas de décharge, le courant passe d’une lame au socle et de là à la terre.
- On adjoint souvent à ce paratonnerre un cylindre d’ébonite, dont la moitié est recouverte d’une lame de cuivre reliée au sol. Quand l’orage commence, on fait faire un demi-tour à ce cylindre, et toutes les lames sont mises à la terre. On peut enfin ajouter à chaque lame un
- Van Rysselberghe a imaginé un paratonnerre formé de deux disques de cuivre séparés Pur une mince feuille de papier ayant la forme représentée (fig. 672), qui produit un écarte-roent de 0,05 à 0,06 millimètre. Ce paratonnerre est très sensible : il devient conducteur P°ur le courant de 200 éléments Leclanché. Il Peut d’ailleurs supporter des étincelles de ' cm. de longueur sans être détérioré; les deux
- ces s°nt seulement brunies légèrement. Tous Dictionnaire d’électricité.
- les postes du système Van Rysselberghe et les appareils munis du système anti-inducteur du
- Fig. 672. — Paratonnerre Van Rysselberghe.
- même inventeur ont des parafoudres de cette espèce.
- La télégraphie militaire fait usage d’un paratonnerre à stries (fig. 673) analogue aux para-
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- 562 PARËLECTRONOMIQUE. — PATE A PAPIER (Fabrication de la).
- tonnerres à pointes. Deux planchettes de cuivre, séparées par une distance d’environ un demi-
- millimètre, portent des rainures profondes de 2 millimètres et formant des arêtes bien vives. Ces rainures sont longitudinales sur la planchette inférieure et transversales sur l’autre. Les nombreux points de croisement des deux systèmes d’arêtes rectangulaires forment autant de points d’écoulement à la terre. La plaque inférieure est maintenue dans un plateau en ébonite ; elle communique d’une part avec la ligne, de l’autre avec les appareils du poste. La plaque supérieure glisse dans des rainures pratiquées dans le plateau d’ébonite, et peut être poussée plus ou moins loin vers la droite. Si on la pousse incomplètement, elle se trouve en contact avec les pièces marquées : Terre; on fonctionne avec paratonnerre. En cas d’orage,
- Fig. 674. — Parafoudre E. Thomson.
- on pousse complètement la plaque supérieure vers la droite, ce qui a pour effet de réunir les appareils avec cette plaque et par suite avec le sol.
- La Société Thomson-Houston, ayant constaté plusieurs fois des détériorations d’appareils par suite de décharges d’électricité atmosphérique,
- intercale des paratonnerres sur ses lignes d’éclairage électrique. Le modèle représenté (fig. 674) est destiné aux circuits à arc II est formé de deux plaques courbées qui vont en s’écartant vers le sommet mais sont séparées à la base par une
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- distance inférieure de pouce (1,7
- mm.). La partie inférieure de ces plaques est entourée par les pôles aplatis d’un gros électro-aimant, de résistance négligeable, intercalé dans le circuit. L’une des plaques, marquée Earth, est réunie à une bonne terre, conduite d’eau ou de gaz; l’autre, marquée Line, avec la ligne à préserver. Un appareil de ce genre est disposé sur chaque fil, l’un à l’aller, l’autre au retour.
- S’il se produit une décharge, elle trouve la terre aux plaques de l’appareil; mais il s’établit par suite, à la base des plaques, un arc qui persisterait et formerait un court circuit nuisible, s’il n’était repoussé par l’action des pôles de l’électro vers la partie supérieure des plaques, où il se trouve rompu, l’écart étant trop grand. Des appareils analogues sont disposés sur les lignes à incandescence.
- PARËLECTRONOMIQUE. — Du Bois-Raymond appelle ainsi la partie du tissu qui entoure un muscle et dont la force électromotrice, de sens contraire à celle du muscle, l’annule complètement.
- PARKÉSINE. —Substance isolante formée de fulmi-coton et d’huile de ricin, et inventée par M. Parkes.
- PARLEUR ou SOUNDER. —Appareil recevant les dépêches télégraphiques au son. Ce système est très employé en Italie et en Amérique (Voy. Télégraphe).
- PATE A PAPIER (Fabrication de la). — M. Ch. Kellner a inventé récemment un nouveau procédé dans lequel la pâte de bois est décolorée par l’électricité.
- Le bois découpé est trempé dans une solution de sel gemme, puis le mélange est soumis à l’électrolyse, qui donne de la soude au péle négatif et du chlore au pôle positif. Ces deux substances agissent comme dissolvants et blanchissants. On renverse le courant de temps en temps pour mélanger la soude et le chlore-Sous l’action de ces agents, le bois subit une désagrégation et un blanchiment complets’ tandis que le sel marin se reforme sans cesse. Cette nouvelle application de l’électricité se rapproche de celle décrite plus haut'(Voy. Bla> chiment).
- Fig. 673. •— Paratonnerre à stries.
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- PATTE GALVANOSCOPIQUE. — PERMÉABILITÉ MAGNÉTIQUE. 563
- PATTE GALVANOSCOPIQUE. — Patte de ^enouille préparée à la manière de Galvani pour servir de galvanoscope. On coupe la grenouille en deux, on dépouille les membres inférieurs, et l’on garde seulement une jambe avec le nerf de la cuisse correspondante. On place cette patte dans un tube de verre, le nerf sortant à l’extrémité. On a ainsi un galvanoscope 1
- qui accuse facilement de volt et dont les in-
- dications sont visibles de loin.
- PÊCHE ÉLECTRIQUE. — Procédés de pêche faisant usage de l’électricité. On peut introduire dans l’eau une lampe à incandescence dont l’éclat attire les poissons, ou produire dans l’eau l’explosion d’une cartouche de dynamite, pour tuer les poissons qui se trouvent dans le voisinage. Ces procédés sont interdits en France.
- On donne le même nom à une petite récréation qui consiste à pêcher des poissons de papier à l’aide d’une ligne ayant pour amorce un petit morceau de cire à cacheter qu’on frotte légèrement avec de la laine.
- PÉCITÉ. — Substance isolante formée de deux tiers en poids de poix grecque et d’un tiers de plâtre calciné. Ce mélange, peu coûteux, isole mieux que l’ébonite. Il est très employé enltalie et tire son nom de l’italien pece (poix).
- PÉDALE. — Commutateur utilisé dans certains avertisseurs destinés aux chemins de fer et dans certains modes de block-system. La pédale est établie sur la voie et actionnée par le passage des trains. Ce système ne semble pas donner de bons résultats.
- On donne encore le nom de pédale aux appareils d’appel pour sonnerie (Voy. ce mot) qui se manœuvrent avec le pied.
- PEIGNE. — Pièce métallique garnie de pointes parallèles ; organe des machines électrosta-t‘ques et des paratonnerres télégraphiques.
- PENDULE ÉLECTRIQUE. - Électroscope (^°y. ce mot) formé d’une balle de sureau suspendue à un fll de soie.
- On donne le même nom aux pendules qui Servent à régulariser les horloges et dont le gouvernent est entretenu électriquement. °y- Horloge.
- PERCE-CARTE. — Appareil portant deux une^GS m®^ia^^(Iues entre lesquelles on place carte pour la percer par la décharge d’une u eille de Leyde. Le trou percé dans la carte (je Sente des bavures des deux côtés, et, si les estUX|^°^eS SOn^ a ^es Hauteurs différentes, il P us près de la pointe négative.
- PERCE-VERRE. — Appareil muni de deux pointes (fig. 675) entre lesquelles on dispose
- Fig. 675. — Perce-verre.
- une plaque de verre pour la percer par la décharge d’une bouteille de Leyde ou mieux d’une batterie. 11 est bon de noyer la pointe supérieure dans une goutte d’huile ou de pétrole, pour empêcher la décharge de contourner le verre.
- Avec de fortes batteries, on peut percer une plaque de plusieurs centimètres d’épaisseur; mais il faut alors que les deux pointes soient complètement noyées dans une substance isolante, par exemple un mélange de cire et de résine.
- PERD-FLUIDE. — Partie d’un paratonnerre (Voy. ce mot) qui établit la communication avec le sol.
- PERFORATEUR ÉLECTRIQUE. — On donne ce nom à divers appareils : perce-carte et perce-verre, outils employés dans les mines (Voy. Perforatrice), organe du télégraphe de Wheatstone, appareil servant à perforer les bandes du mélographe de Carpentier pour les préparer à être employées dans le mélotrope.
- PERFORATRICE ÉLECTRIQUE. — Outil servant à perforer et actionné par un moteur électrique. (Voy. Haveuse.)
- PÉRIODE VARIABLE. — Voy. État variable.
- PERMÉABILITÉ MAGNÉTIQUE. — Soit, dans un champ uniforme, un corps capable de prendre une aimantation uniforme, par exemple
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- PERMISSIF. — PHARE ÉLECTRIQUE.
- une sphère homogène. Son état peut être regardé comme provenant d’une modification du milieu qui la compose, analogue à celle qui existait antérieurement dans le milieu dont elle a pris la place, mais le flux de force par unité de surface ayant été multiplié par un certain coefficient qu’on appelle la perméabilité magnétique. Ce coefficient est plus grand que 1 pour les corps magnétiques, et plus petit que 1 pour les substances diamagnétiques. Il dépend à la fois de la nature du corps, de son état et de la valeur de la force magnétisante.
- PERMISSIF. — Se dit du blok-system dans lequel un train peut être autorisé, sous certaines conditions, à pénétrer dans une section bloquée (Voy. Block-systeh).
- PERMUTATEUR. — Syn. de Commutateur.
- PERTE A LA TERRE. — Dérangement qui provient d’une communication fortuite avec la terre.
- PERTE DE CHARGE. — On donne ce nom à la perte d’énergie, due principalement à réchauffement, qui se produit dans toute canalisation. Elle est en moyenne d’environ 6 p. 100 dans les conducteurs principaux, 2 p. 100 dans les câbles intermédiaires et 2 p. 100 dans les dérivations, total 10 p. 100.
- PERTE DE COURANT. — Dérangement produit par le contact d’un fil avec un autre conducteur ou avec la terre.
- PERTURBATION MAGNÉTIQUE. — Syn.
- d’ORAGE MAGNÉTIQUE.
- PÉTROLE (Essai du) PAR L’ÉLECTRICITÉ. —
- L’appareil Seybold, fort employé en Amérique, sert à essayer l’inflammabilité du pétrole par une étincelle d’induction. Le pétrole est chauffé dans une petite chaudière munie d’un thermomètre. A chaque degré ou demi-degré, on fait passer une étincelle, jusqu’à ce que l’inflammation se produise.
- PHARE ÉLECTRIQUE. — Phare éclairé par un ou plusieurs régulateurs électriques. Après quelques essais infructueux, tentés en Angleterre, la lumière électrique fut installée pour la première fois aux deux phares de la Hève, près du Havre, en 1863 et 1865; les lampes étaient alimentées par des machines de l’Alliance.
- Depuis cette époque, l’arc voltaïque fut installé à Odessa en 1866, à Souter-Point en 1871, aux caps Gris-Nez et Lézard en 1878, puis à Calais, Planier, Dunkerque, La Canche en France, South-Foreland, Sainte-Catherine en Angleterre, etc.
- Les machines de J’Alliance ont été abandonnées depuis longtemps, mais, après quelques essais, on a laissé également de côté en géné-
- ral les dynamos pour revenir aux machines magnéto-électriques. C’est qu’en effet, malgré leurs qualités de volume et de prix de revient plus réduits, les dynamos sont délicates et plus sujettes aux avaries. Les machines magnéto-électriques sont plus robustes, et les petites réparations indispensables (changement du collecteur ou d’une bobine) peuvent être faites sur place et instantanément par le gardien. La machine employée le plus souvent est la machine magnéto de Méritens à courants alternatifs (Voy. Machine d’induction). On se sert aussi quelquefois de la dynamo Gramme à courant continu, semblable à celle qui alimente les projecteurs des navires de guerre.
- Comme source lumineuse, on fait usage soit de la lampe Serrin, modifiée parM. Berjot, afin d’empêcher réchauffement exagéré del’électro-aimant par les courants alternatifs, soit du régulateur Gramme, plus constant et d’un réglage plus parfait. Cet appareil, placé au foyer de l'optique, glisse sur des rails, et peut être, en cas d’accident, remplacé instantanément par une lampe de rechange.
- La surveillance du gardien est rendue très facile par l’adjonction d’une petite lentille qui projette sur un écran l’image du foyer lumineux. Une lampe à huile à quatre mèches est toujours prête à remplacer les foyers électriques, s’ils étaient tous deux hors de service.
- On sait que le foyer d’un phare est entouré d’un système de lentilles et de miroirs, appelé optique, qui sert à concentrer la lumière en un faisceau horizontal (fig. 676). Le foyer en service est au centre de la cage; il est entouré par une série de lentilles à échelons; au-dessus et au-dessous sont disposées des couronnes de prismes à réflexion totale, qui renvoient horizontalement les rayons les plus divergents.
- Dans certains appareils, l’optique est fixe ; le feu n’éclaire alors qu’une partie de l’horizon,
- celle qui regarde la mer : ce sont les feux fixe»-Les feux scintillants s’obtiennent à l’aide d un appareil optique qui n’éclaire qu’un certain nombre de secteurs de l’horizon, et qui tourne autour du foyer. Dans ces derniers appareils» tous les éclats peuvent être blancs, ou un cer tain nombre peuvent être rouges, ce qui s tient par la coloration du système optique Dans les phares à feux blancs séparés par des éclipses, la durée d’un éclat est de deu* tiers de seconde, celle d’une éclipse est r de la durée d’un éclat ou d’un groupe d éc a ^ Dans les appareils à feux blancs séparés P^ des feux rouges, la durée d’un éclat blanc
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- PHARE ÉLECTRIQUE.
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- de trois quarts de seconde, la durée d’un éclat rouge d’une demi-seconde. La durée des éclip-ses qui séparent les éclats blancs d’un groupe est triple de la durée de ces éclats ; la durée deS éclipses qui séparent les groupes rouges
- Fig. 676. — Optique d'un phare.
- des groupes blancs est double de celle des ^lipses précédentes.
- L Administration française a adopté les huit caractères suivants, réprésentés par la figure 677, ans laquelle les traits pleins indiquent les eclats blancs, et les traits pointillés les éclats r°uges.
- IU Feux Feux 3° Feux i° Feux °° Feux Feux par
- à éclats blancs uniformément séparés, à éclats blancs par groupes de deux, à éclats blancs par groupes de trois, à éclats blancs par groupes de quatre, à éclats alternativement blancs et rouges, à groupes de deux éclats blancs séparés un éclat rouge.
- 7° Feux à groupes de trois éclats blancs séparés par un éclat rouge.
- 8° Feux à quatre éclats blancs séparés par un éclat rouge.
- Fig. 677. — Différents caractères des phares français.
- On avait craint tout d’abord que la lumière électrique, moins riche en rayons jaunes et verts que les autres lumières, traversât moins facilement le brouillard. Des expériences instituées en 1883 à South-Foreland par la Commission anglaise des phares (Corporation of the Tri-nity House), et dans lesquelles on avait installé une lampe électrique, une lampe à gaz et une lampe à huile sur trois tours voisines, ont montré que la lumière électrique est la plus puissante par tous les temps et celle qui pénètre le plus loin dans le brouillard.
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- PHÉNOMÈNES ÉLECTRO-CAPILLAIRES. — PHONOGRAPHE.
- M. Allard, inspecteur général des phares [ français, a fait une série d’expériences et de j calculs, d’où il résulte que la portée des phares > croît beaucoup moins vite que leur intensité ; il n’y a donc pas un très grand avantage à augmenter beaucoup cette dernière.
- Ainsi un phare de 6 250 carcels porte à 53 kilomètres par une transparence moyenne de l’atmosphère, à 24 kilomètres par un état moins transparent et à 3,7 kilomètres seulement par un brouillard intense qui règne envi- i ron dix nuits par an. Un phare d’intensité vingt j fois plus grande (125000 carcels) aura dans les mêmes conditions une portée de 75,4 kilom., 32 km. et 4,6 kilom. La portée est donc augmentée dans le rapport de 1,42 pour le premier cas, 1,34 pour le second et 1,24 pour le dernier; le gain est donc d’autant plus faible que le brouil- j lard est plus épais. j
- PHÉNOMÈNES ÉLECTRO-CAPILLAIRES. — j Yoy. Électro-capillaires (phénomènes).
- PHÉNOMÈNE DE HALL. — Supposons qu’on fixe aux deux extrémités opposées d’une lame métallique mince les deux électrodes A et B d’une pile. La lame est traversée par le courant.
- Si on prend deux fils reliés par un galvanomètre et qu’on applique leurs extrémités a et 6 sur les deux faces opposées de la lame, on trouve facilement une position telle que le galvanomètre ne soit pas dévié : il suffit que les deux extrémités a et 6 soient sur une même surface équipotentielle. Si la lame est homogène et d’égale épaisseur, les surfaces équipotentielles sont des plans perpendiculaires à la ligne AB; il suffit donc que les points a et b soient dans un de ces plans.
- Si l’on détermine alors un champ magnétique intense, de sorte que la lame soit perpendiculaire aux lignes de force de ce champ, une partie du courant traverse le galvanomètre. Le courant va de a à b à travers le galvanomètre pour le fer, le cobalt, le zinc, en sens inverse pour le nickel, l’or, l’argent, le bismuth; il est nul pour le plomb et le platine.
- Si e est l’épaisseur de la lame, I l’intensité du courant total, F celle du champ, et k une constante qui varie avec la nature du métal, la dif-
- ÈIF
- férence de potentiel entre a et b est ——.
- Ce phénomène est dû à une déviation des lignes de flux et des lignes équipotentielles sous l’action du champ magnétique.
- PHÉNOMÈNE DE KERR. — On désigne sous ce nom les résultats suivants observés par
- M. Kerr. Lorsqu’un faisceau de lumière polarisée se réfléchit sur l’un des pôles d’un électro-aimant, le plan depolarisation tourne d’un certain angle en sens contraire de la rotation du courant. Ainsi le pôle nord d’un électro-aimant fait tourner le plan de polarisation vers la droite.
- Pour le vérifier, on place en L une source de lumière (fîg. 678) et l’on tourne le nicol A de façon à polariser la lumière soit dans le plan d’incidence, soit perpendiculairement à ce plan ;
- Fig. 678. —Phénomène de Kerr.
- puis on amène le nicol B à l’extinction. L’observateur se place en E. On ajoute ordinairement en C un coin de fer doux qui paraît servir à concentrer la force magnétique.
- Le phénomène est plus net sous l’incidence normale, parce qu’on évite l’effet dû à la réflexion métallique.
- M. Kerr a observé aussi la rotation du plan de polarisation lorsque la réflexion se fait sur le côté d’un aimant.
- On trouvera à l’article pouvoir électro-optique d’autres faits observés par M. Kerr.
- PHÉNOMÈNE PELTIER. — Yoy. Effet Pel-
- T1ER.
- PHÉNOMÈNE THOMSON. — Voy. Effet Thomson.
- PHONE. — Récepteur téléphonique du pho-noplex d’Édison.
- Le phone est formé d’un aimant en fer à cheval, dont chaque branche porte une bobine. Le diaphragme qui vibre devant ces bobines porte une tige filetée, munie d’un écrou, qui vient a chaque vibration frapper sur un anneau d’acier fendu en produisant un bruit particulier. L aimant et les bobines sont renfermés dans un étui de laiton.
- PH0N0ÉLECTR0SC0PE. — Cet appareil imaginé par M. Edwin Smith est formé de deux cordes à l’unisson tendues sur une caisse sonore-En faisant passer un courant dans l’une des cordes, le son s’abaisse plus ou moins; ce changement permet de calculer la quantité d élec tricité qui a traversé le fil en un temps donne ou l’intensité du courant.
- PHONOGRAPHE. — Appareil imaginé par Edi-
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- PHONOGRAPHE.
- ç0n et destiné à reproduire la parole humaine. 4 l’origine, le phonographe n’empruntait rien à l'électricité.--!! se composait d’un cylindre mé-
- tallique P dont l’axe AA est fileté (fig. 679), de façon que la manivelle le fait tourner et avancer en même temps. La surface du cylindre
- Fig. 679. — Phonographe (modèle primitif).
- porte une rainure hélicoïdale de même pas, et doit être recouverte pour chaque expérience d’une feuille d’étain. Au fond d’un cornet E est
- disposée une membrane vibrante dont les mouvements peuvent se transmettre à un style ins-cripteur en contact avec la feuille d’étain. Si
- Fig. 680. — Phonographe (nouveau modèle). (La lumière électrique, 4 février 1888.)
- °n fait mouvoir le cylindre, la pointe suit la ^ainure hélicoïdale ; si l’on parle en même • Ps devant l’embouchure E, les vibrations se ransmettent par l’intermédiaire de la
- mem-
- brane jusqu’au style, qui, sous cette impulsion, s’enfonce plus ou moins profondément dans l’étain et y imprime un tracé qui correspond exactement aux sons émis. Si l’on ramène en-
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- PHONOGRAPHE.
- suite le cylindre à son point de départ et qu’on recommence à le faire mouvoir dans le même sens et avec la même vitesse, la pointe du style s’engage dans le tracé et en suit exactement les moindres sinuosités; elle communique son mouvement à la membrane, qui reproduit les paroles qu’on a prononcées avec leur hauteur et leur timbre. Un cornet de carton se place dans l’embouchure E pour renforcer les sons émis.
- Après de longs essais, M. Edison a donné récemment au phonographe une nouvelle forme, qui produit de meilleurs résultats, et qui a été brevetée en Angleterre le 14 décembre 1887. L’axe principal du nouveau phonographe tourne dans deux paliers, mais sans avancer; c’est l’embouchure et le style qui se déplacent. L’axe reçoit le mouvement d’un petit moteur magnéto-électrique placé dans le socle de l’appareil ; il est fileté et porte à l’une de ses extrémités un cylindre de cuivre recouvert d’une couche de cire durcie sur laquelle doivent s’inscrire les vibrations sonores. Une tige horizontale, placée parallèlement au premier axe, porte un chariot auquel sont fixés l’embouchure, la membrane et le style. Ce chariot est commandé parle bras que l’on voit à gauche et qui porte une pièce taillée en forme de peigne, de manière à s’appliquer sur le pas de vis de l’axe principal en formant écrou. Lorsque le moteur est en mouvement, l’axe tourne ainsi que le cylindre de cire; la pièce écrou avance lentement, entraînant le style qui décrit une hélice sur la surface du cylindre.
- Le bras articulé qui porte l’embouchure peut recevoir deux diaphragmes, l’un pour l’inscription, l’autre pour la reproduction de la parole; il est également muni d’un outil servant à égaliser la surface du cylindre de cire avant l’inscription. On fait d’abord manœuvrer l’instrument à vide, afin de préparer la surface par le passage de cet outil. On ramène ensuite le chariot au point de départ et l’on met en place le diaphragme inscripteur : le style ou aiguille qui produit le tracé est fixé au centre de ce diaphragme, et il est relié par un pivot à un ressort fixé sur le cadre du diaphragme. On fait alors marcher le moteur et l’on procède à l’inscription.
- Quand le tracé est fini, on ramène encore le chariot au zéro et l’on remplace le premier diaphragme par celui qui sert à reproduire la parole; c’est un diaphragme en baudruche au centre duquel se trouve une goupille reliée à un ressort délié en acier, dont l’une des extrémités est attachée au cadre du diaphragme, et dont l’autre appuie sur le cylindre de cire.
- L’appareil ainsi disposé est prêt à reproduire les sons qu’il a enregistrés.
- Dans ce nouvel appareil, l’inventeur a sacrifié l’intensité pour obtenir une articulation distincte et une intonation parfaite; aussi est-il nécessaire, pour percevoir les sons, d’employer de petits tuyaux acoustiques qu’on adapte aux oreilles.
- La couche de cire est cylindrique : elle a 3 mm. d’épaisseur, 50 mm. de diamètre et d 00 mm. de longueur. Le cylindre fait 50 tours par minute et peut recevoir 100 lignes par 25 mm.
- Le moteur est formé de quatre électro-aimants, entre lesquels tourne un volant horizontal en bronze, garni d’armatures de fer doux qui sont successivement attirées par les électros. Le mouvement est transmis à l’axe fileté par une paire de roues coniques de friction. Un ou deux éléments de pile suffisent à actionner ce moteur, qui est pourvu d’un régulateur très sensible, destiné à maintenir la vitesse constante. Ce régulateur consiste en une masse centrifuge placée sur l’un des rayons du volant et qui rompt le circuit lorsque la vitesse tend à augmenter.
- Les deux diaphragmes sont placés dans une pièce métallique percée de deux trous, ce qui
- Fig. 681. — Récepteur.
- (Figure communiquée par M. Julien Brault.)
- permet de les substituer rapidement l’un à l’autre en tournant la pièce de l’angle convenable. Le diaphragme devant lequel on a parlé (récep-
- Fig. 682. — Parleur.
- (Figure communiquée par M. Julien Brault.
- teur) diffère de celui qui les reproduit (parleur). Le premier (fig. 681 ) porte une pointe p2, forniee
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- PHONOPHORE. — PHOTO-ÉLECTROGRAPHE.
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- d’une petite lame d’acier tranchante, fixée par de la cire au milieu d’une pastille de caoutchouc p5 et assujettie par une vis p4 au centre du levier p3, qui tourne autour de l’axe p6. Le bloc de caoutchouc q, réglé par la vis micro-niétrique q2, limite les mouvements du levier et de la pointe. La membrane est maintenue tendue par le ressort qs ; elle ne peut donc exé-
- cuter que les mouvements permis par l’élasticité de la buttée q. La pastille de caoutchouc emmagasine une énergie suffisante pour renvoyer vivement la membrane et amortir les vibrations parasites.
- Le parleur (lig. 682) est formé d’une membrane en baudruche, tendue entre l’anneau et le fond fileté. La pointe du style est arrondie, pour ne
- Fig. 683. — Diaphragmes du récepteur et du parleur (dernier modèle). (Figure communiquée par M. Julien Brault.)
- pas érailler les tracés des phonogrammes ; elle est beaucoup moins large que les sillons et peut s’y mouvoir librement. Dans la disposition la plus récente (fig. 683), le diaphragme du récepteur est en verre et celui du parleur en soie ; la disposition est du reste analogue à la précédente.
- PHONOPHORE. — Sorte de microphone composé de deux charbons, l’un fixe, l’autre suspendu à l’extrémité d’un levier muni d’un contre-poids.
- PHONOPLEX ou WAY-DÜPLEX. — Disposition imaginée par Édison pour pouvoir transmettre en duplex sur les lignes télégraphiques des chemins de fer, sans avoir besoin de donner aux diverses parties de la ligne les mêmes qualités de résistance, de capacité et d’isolement. Ce système est analogue à celui de M. Van Rysselberghe pour la télégraphie et la téléphonie simultanées. On fait usage d’un récepteur téléphonique spécial, appelé phone.
- PHONOPORE. —Système imaginé parM. Lang-don Davies pour la télégraphie et la téléphonie simultanées, et qui se compose de deux fils isolés parallèles enroulés ensemble.
- phonoscope. — Terme désignant tous les appareils destinés à l’étude de la voix, et qui utilisent l’électricité.
- PHONO-SIGNAL. — Système inventé par M- Ader pour entendre les signaux transmis par câble sous-marin.
- Dans une transmission ordinaire, où l’on emploie l’alphabet Morse, on entendra un son en remplaçant le récepteur par un téléphone. Mais, a\ec Un câble sous-marin, la transmission se-J^it lr°P lente pour donner naissance à un son faudrait intercaler un interrupteur à mouve-jüent d’horlogerie, qui produise un grand nom-re d interruptions par seconde.
- Cette disposition serait applicable avec l’alphabet Morse, mais, en réalité, on se sert dans la télégraphie sous-marine de courants positifs et négatifs, qui correspondent aux points et aux traits, et ces courants ne donneraient aucune différence dans le téléphone.
- Pour éviter cet inconvénient, l’interrupteur envoie chaque signal dans deux téléphones destinés aux deux oreilles et qui sont reliés à la terre par l’intermédiaire de deux piles montées en sens contraire. Suivant le sens du courant transmis, il est renforcé par l’une des piles et affaibli par l’autre, de sorte qu’un des téléphones fait entendre les courants positifs seulement, l’autre les courants négatifs.
- PHOSPHORESCENCE. — Propriété que possèdent certains corps de devenir lumineux dans l’obscurité, lorsqu’on les a exposés au soleil ou à la lumière électrique. Beaucoup de substances deviennent phosphorescentes dans les tubes de Geissler.
- PHOTOCHROMOSCOPIE. — Méthode consistant à éclairer par des étincelles d’induction des corps en mouvement, qui paraissent immobiles à cause de la faible durée de l’étincelle. On peut ainsi mesurer la vitesse de certains mouvements rapides et simples, tels que vibration, rotation, etc.
- M. Izarn a proposé de remplacer l’étincelle d’induction par la lueur des tubes de Geissler.
- PHOTO-ÉLECTRIQUE. — Qui fournit de la lumière électrique, ou qui utilise cette lumière.
- PHOTO-ÉLECTROGRAPHE. — Électroscope à enregistrement photographique employé à Kiew (Russie). Les feuilles d’or, fortement éclairées, réfléchissent la lumière sur une bande de papier sensible qui se déroule d’un mouvement uniforme. Leurs mouvements produisent deux
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- PHOTOGALVANOGRAPHIE. — PHOTOGRAPHIE ÉLECTRIQUE.
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- courbes dont l’écartement indique l’état électrique de l’atmosphère. L’électroscope est relié avec un paratonnerre.
- PHOTOGALVANOGRAPHIE. — Méthode photographique donnant sur une plaque, couverte de glu mélangée de substances impressionnables, un dessin en creux ou en relief, qui est ensuite cliché par l’électrotypie pour avoir les planches nécessaires à l’impression.
- PHOTOGRAPHIE ÉLECTRIQUE. — Photographie obtenue à l’aide de la lumière électrique remplaçant la lumière solaire. La lumière solaire ne brille que pendant une partie du jour et son intensité varie d’une heure à l’autre, de sorte qu’on ne peut jamais compter sur un effet certain et qu’on est arrêté souvent dans les opérations photographiques par les changements d’éclat ou même par la disparition complète de la lumière. C’est pourquoi l’on a cherché depuis longtemps à utiliser les lumières artificielles, et notamment la lumière électrique, qui est la plus intense.
- Les propriétés photogéniques de cette lumière sont connues depuis longtemps : une brochure publiée en 1689 raconte que la foudre tombant sur une église « imprima le canon de la messe sur une nappe d’autel ». L’emploi de la lumière électrique a été cependant fort restreint jusqu’ici par son prix de revient élevé et la difficulté de se la procurer et aussi de lui faire produire un éclairage aussi agréable et d’un effet aussi artistique que celui de la lumière solaire. C’est que cette dernière, tombant en larges faisceaux parallèles, vient baigner le modèle de tous côtés en produisant des clairs et des ombres, mais aussi des pénombres et des demi-teintes qui adoucissent le passage de la pleine lumière à l’obscurité complète, et donnent aux objets un modelé agréable. Cette qualité manque absolument à la lumière électrique, dont les rayons, partant sensiblement d’un même point, se répandent en faisceaux divergents et forment à la surface du sujet des clairs et des ombres heurtés et sans transitibn, qui donnent aux visages une apparence rigide et cadavérique.
- Pour éviter cet inconvénient, M. Lié-bert emploie un procédé très ingénieux.
- La source de lumière est une lampe à arc, formée de deux charbons à angle droit, dont l’un est fixe, l’autre mobile à l’aide d’un pas de vis. Le point lumineux, qui se trouve au sommet de l’angle droit, est disposé au centre d’une demi-sphère en métal de
- 2 mètres de diamètre, suspendue à une monture solide, et qu’on peut déplacer et orienter à volonté. Un disque métallique cache la source du côté du modèle, qui ne reçoit que la lumière renvoyée par le réflecteur. On obtient ainsi un éclairage beaucoup plus doux plus analogue à celui du soleil, et ne fatiguant pas les yeux des personnes qu’on veut faire poser. On peut en outre opérer par tous les temps et à toutes les heures du jour et même de la nuit. La lumière électrique convient à la photographie, non seulement par son intensiîé, mais aussi par sa richesse en rayons photogéniques.
- La lumière électrique rend encore d’autres services à la photographie : elle permet d’obtenir des reproductions photographiques dans certaines conditions particulières et sans chambre noire. Ainsi le docteur Boudet de Paris a reproduit des médailles, monnaies, cachets, etc., en les appliquant sur la face sensible d’une plaque au gélatino-bromure d’argent, posée elle-même sur une feuille d’étain. En chargeant à refus le condensateur ainsi constitué, au moyen d’une petite machine de Voss, et le déchargeant ensuite, on obtenait de belles images. M. Ducretet a obtenu de même de belles photographies d’étincelles ou d’effluves en provoquant la décharge dans l’obscurité, à une petite distance d’une plaque au gélatinobromure, dans l’intérieur d’une petite cage en verre rouge.
- Enfin M. Londe a employé la lumière électrique pour mesurer la vitesse des obturateurs : il a montré ainsi que la lumière électrique n’agit pas réellement sur la plaque pendant tout le temps que l’obturateur est démasqué
- (Voy. J. Lefèvre, La Photographie et ses appli' cations).
- Enregistrement par la photographie. — Parmi les applications de la photographie, nous cite-
- Fig. 684. — Enregistrement par la photographie (méthode de M. Eric Gérard)-
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- PHOTOGRAVURE.
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- rons son emploi pour l’enregistrement des phénomènes électriques. Nous en avons déjà donné exemples (Voy. Actinomètre, Électromètre, etc.). Nous citerons encore une méthode
- Fig. 685. — Disposition des expériences du Dr Mach.
- très simple, employée avec succès par M. Eric Gérard, de Liège, pour enregistrer des mouvements rapides, tels que les oscillations d’un galvanomètre à miroir, m est ce miroir (flg. 684),
- Fig. 686. — Photographie des projectiles en mouvement.
- qui est éclairé par des étincelles d’induction, éclatant entre une pointe de charbon l et un fil épais de magnésium h. Les interruptions du
- - Schéma des zones d’air comprimée et raréfiée par un projectile.
- ^rcuit primaire sont produites par un électro-^laPason P, ayant une période de vibration bien nue< Le faisceau réfléchi tombe sur une
- lentille et vient former une image de l’étincelle sur une feuille de papier sensibilisé, tendue sur un cylindre tournant ou sur une planchette verticale animée d’un mouvement de descente. On obtient au développement une courbe pointillée ; en traçant par les points suc-J cessifs des traits perpendiculaires à la di-
- _ rection du mouvement, on obtient des in-
- tervalles correspondant à des temps égaux et bien connus. Pour avoir une étincelle bien nette, on place une bouteille de Leyde en dérivation sur le circuit secondaire.
- Photographie des projectiles en mouvement. — Nous citerons enfin, comme dernière application de l’électricité à la photographie, la belle expérience du docteur Mach, qui est parvenu à photographier les projectiles en mouvement. Une forte batterie électrique F (fîg. 683) est placée dans un circuit contenant deux interrupteurs m et n, placés en ligne droite avec la lentille L et la chambre noire P. Le fusil est placé à quatre \ mètres de n, de sorte que le projectile vient rencontrer cet interrupteur dans la m direction de la flèche. Au moment où il / franchit ce point, une forte étincelle jaillit en m et l’éclaire vivement, ce qui donne une image sur la plaque sensible.
- La figure 686 montre quelques-uns des résultats obtenus. Les deux premiers dessins montrent que l’air est comprimé en avant du projectile, et le dernier qu’il est raréfié en arrière, comme on pouvait s’y attendre. L’examen des nombreuses épreuves obtenues montre que, à l’avant, la couche qui limite la zone comprimée est une hyperbole, et à l’arrière, les droites qui limitent la zone raréfiée sont parallèles aux asymptotes de cette hyperbole (flg. 687).
- PHOTOGRAVURE. — La gravure en creux utilise seule l’électricité, dont le rôle se borne généralement à donner par la galvanoplastie des reproductions fidèles des moules. Dès 1841, M. Fizeau, puis MM. Berres, Donné, etc., songèrent à placer les plaques daguerriennes dans un bain galvanique, soit pour creuser certains points, soit au contraire pour produire des saillies ; on transformait ainsi l’épreuve daguer-rienne en une plaque propre à la gravure. Ces procédés furent bientôt abandonnés avec le daguerréotype lui-même.
- Le rôle de l’électricité dans la photogravure étant aujourd’hui extrêmement restreint, nous indiquerons seulement la marche du procédé Rousselon, employé par la maison Goupil ; nous renvoyons pour les autres méthodes à l’ou-
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- PHOTOMÈTRE ÉLECTRIQUE. — PHOTOMÉTRIE.
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- vrage auquel nous empruntons ces détails j (J. Lefèvre, La Photographie et ses applications). Dans le procédé Rousselon, on tire, sous le négatif, une épreuve positive sur gélatine biehromatée ; le développement à l’eau tiède donne des reliefs qui figurent les ombres. On place la couche impressionnée sur une planche d’un métal mou, et l’on soumet à une forte pression, ce qui donne sur le métal une image ayant les ombres en creux. Cette planche n’étant pas assez résistante, on en fait par la galvanoplastie un moule, dans lequel on obtient ensuite par le même procédé autant de copies de la première planche métallique qu’on en désire. L'électricité joue un rôle analogue dans plusieurs autres procédés de photogravure.
- PHOTOMÈTRE ÉLECTRIQUE. — Instrument imaginé par Masson et destiné à mesurer l’intensité lumineuse des étincelles électriques.
- Il existe aussi plusieurs photomètres , destinés à comparer des sources lumineuses quelconques, en utilisant les variations de résistance électrique du sélénium sous l’action de la lumière. Le photomètre de W. Siemens est formé d’un tube de cuivre noirci à l’intérieur, portant à l’une de ses extrémités un diaphragme, et à l’autre une plaque de sélénium, reliée avec une pile et un galvanomètre Thomson. On place d’abord l’étalon à une distance connue D de la plaque de sélénium, et l’on observe la déviation du galvanomètre ; on place ensuite la source à une distance D', telle que la déviation soit la même. Si I et I' sont les éclats intrinsèques de l’étalon et de la source, on a, d’après la règle ordinaire de la photométrie :
- I' “ D'2'
- M. Gimé a imaginé également plusieurs dispositions fondées sur les propriétés du sélénium ; mais la précédente est la plus simple et la plus précise.
- PHOTOMÈTRE MAGNÉTIQUE. — Appareil servant à mesurer les intensités lumineuses et imaginé par M. Raimond Goulon. C’est une sorte de radiomètre, formé d’un globe de verre dans lequel on a fait le vide, et qui renferme une aiguille aimantée, mobile sur un pivot et portant à ses extrémités deux disques de mica noircis sur une face. Lorsqu’un rayon lumineux vient frapper les deux disques, l’aiguille s’écarte de sa position d’équilibre. On gradue empiriquement. M. Coulon a donné à son photomètre plusieurs formes un peu différentes.
- PHOTOMÉTRIE. — La photométrie est l’en-
- semble des méthodes qui permettent de comparer les éclats intrinsèques des foyers lumineux. Nous ne pouvons traiter en détail cette question, qui est à peu près complètement étrangère à l’électricité. On trouvera dans les deux articles précédents la description des méthodes photométriques qui emploient des appareils électriques ou magnétiques.
- Unités et étalons photomètriques. — M. Violle a fait adopter par la Conférence internationale de 1884 les unités suivantes :
- Fig. 688. — Lampe-étalon au pentane (Woodhouse et Rawsoiij-
- L’unité de chaque lumière simple est la quantité de cette lumière émise normalement par un centimètre carré de platine à la température de fusion.
- L’unité pratique de lumière blanche est quantité de lumière blanche émise dans les mêmes conditions.
- Cette unité pratique n’est pas d’un empl01 commode et ne peut servir qu’à étalonner des brûleurs qui seront ensuite employés pour comparer les différentes sources.
- Divers étalons de lumière ont été proposes pour les applications industrielles. M. Hefner Àlteneck se sert de la flamme produite Par une mèche saturée d’acétate d’amyle. Ce corP se prépare en distillant deux parties d ace
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- PHOTOPHONE. — PHOTOPHORE ÉLECTRIQUE.
- potasse avec une partie d’alcool amylique et une partie d’acide sulfurique.
- ^L Vernon-Harcourt emploie une lampe (ji«. 688), dans laquelle on brûle des vapeurs je pentane, carbure d’hydrogène extrait du pétrole. Cette substance donne, dit-on, une lumière d’une fixité et d’une constance exceptionnelles.
- PHOTOPHONE. — Appareil destiné à transmettre les sons en faisant agir un rayon lumineux sur un fragment de sélénium pour faire varier sa résistance (Voy. Sélénium).
- Le photophone a été imaginé par MM. Bell et Tainter. Il se compose d’une embouchure A (flg. 689), fermée à la partie supérieure par un miroir métallique mince, ou une plaque de verre formant miroir, monté à la façon des diaphragmes de téléphone. Un faisceau lumi-
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- neux, concentré sur ce miroir par la lentille B, est ensuite rendu parallèle par la lentille C et. vient tomber sur le récepteur de sélénium E, placé au foyer du réflecteur D, et intercalé dans un circuit qui contient une pile F et un téléphone G. Lorsqu’on parle en A, le miroir vibre : il en résulte en E des changements d’intensité lumineuse, qui font varier rapidement la résistance du sélénium. Ces variations correspondent exactement aux vibrations du transmetteur et la parole est reproduite par le téléphone G.
- Le récepteur de sélénium doit avoir une surface aussi grande que possible, tout en présentant une résistance électrique assez faible. MM. Bell et Tainter ont adopté la forme plane ou cylindrique. Les récepteurs plans sont formés de deux plaques de cuivre séparées par du mica : la plaque supérieure est criblée de trous
- Fig. 689. — Photophone. (La lumière électrique.)
- coniques et la plaque inférieure porte des pointes qui pénètrent dans ces trous sans toucher les bords. Tous les espaces annulaires compris entre les pointes et les bords des trous sont remplis de sélénium. Le courant passe de la plaque inférieure à la plaque supérieure en traversant tous les anneaux de sélénium.
- La résistance de cet appareil est 300 ohms dans l’obscurité et 150 à la lumière.
- Les récepteurs cylindriques se composent d une pile de disques de cuivre séparés par des disques de mica un peu plus petits.
- Les sillons annulaires produits par le mica s°nt remplis de sélénium. Les disques pairs de cuivre communiquent avec l’un des pôles de a Pile, les disques impairs avec l’autre. Les c°uches de sélénium se trouvent ainsi toutes j-n dérivation. La résistance est 1200 ohms dans obscurité et 600 à la lumière. Les récepteurs
- plans s’emploient quand le faisceau lumineux est bien cylindrique, les autres, quand il est très large ou un peu dispersé, ce qui est le cas le plus ordinaire. On fait alors usage du réflecteur D, qui est inutile dans le premier cas.
- M. Siemens a employé des récepteurs en forme de grille et de spirale.
- PHOTOPHONIE. — Production du son par l’action des rayons lumineux. Les premiers travaux sur ce sujet furent publiés en 1880 par MM. G. Bell et Tainter. M. Mercadier a montré que cette production est due en réalité à l’action calorifique des rayons, et il a proposé de désigner ces phénomènes sous le nom de radiophonie, qui est adopté maintenant.
- PHOTOPHORE ÉLECTRIQUE. — Petit appareil imaginé par MM. Hélot et Trouvé, pour servir à l’éclairage du microscope, à la photographie microscopique, ou encore pour éclairer
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- PHOTOSCOPE. — PHOTOTHERMOMÈTRE.
- un bocal contenant de très petits animaux, à mesure qu’on les étudie à la loupe.
- Le photophore (fig. 690) est formé d’une petite lampe à incandescence, placée dans un
- tube cylindrique fermé au fond .par un miroir concave et en avant par une lentille convergente.
- La lumière réfractée par la lentille forme un
- Fig. 690. — Photophore Hélot et Trouvé.
- faisceau parallèle à l’aide duquel on peut illuminer très vivement la préparation qu’on veut examiner ou disséquer. Le petit volume de cet appareil et la facilité avec laquelle on peut le
- Fig. 69J. — Photophore frontal (Trouvé).
- fixer à différentes hauteurs A, A' A" sur son support et l’orienter dans toutes les directions le rendent extrêmement commode.
- Photophore frontal. — On utilise en médecine
- le même appareil (fig. 691), fixé sur le front à l’aide d’un bandeau et articulé pour pouvoir se tourner dans toutes les directions. De cette manière, les deux mains de l’opérateur restent libres. On peut aussi fixer l’instrument sur un manche.
- La figure 692 représente un instrument analogue construit par M. Chardin, et qui peut également être placé sur le front ou fixé sur un manche.
- PHOTOSCOPE. — Voy. Contrôleur de l’éclairage des disques.
- PHOTOTÉLÉGRAPHE. — Télégraphe qui imprime par l’action de la lumière.
- PHOTOTHERMOMÈTRE ÉLECTRIQUE-— Thermomètrê enregistreur mù par l’e-lectricité et dans lequel les indications sont fournies par une lampe à incandescence qui éclaire un thermomètre place devant un cylindre recouvert de papier sensible. Le papier est protégé sur une partie de sa hauteur par l’ombre du mercure, ce qui indique la température.
- Cet instrument a été appliqué à la détermination de la température de la mer à de gran des profondeurs. Il est alors enfermé dans uae boîte de fonte contenant au fond du mercure dans lequel plonge le réservoir du thermomètre.
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- PIANO ÉLECTRIQUE. — PIANO-SIRÈNE.
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- L'axe du cylindre porte une roue 'dentée qui engrène avec un cliquet fixé à l’armature d’un électro-aimant. On descend la boite à l’aide rï’irn câble à la profondeur voulue, on laisse l'appareil prendre la température de l’eau, puis on lance le courant d’une pile, au moyen d’un commutateur, dans la lampe à incandescence et dans l’électro-aimant. Celui-ci attire son armature et le cliquet fait avancer un peu la roue dentée, de sorte que la lumière agit sur une partie du papier non encore impressionnée. On ouvre alors le circuit, et l’appareil est prêt pour une nouvelle expérience.
- PIANO ÉLECTRIQUE. — On donne quelquefois ce nom aux instruments tels que le mélo-graphe (Voy. ce mot) de M. Carpentier. Mais il convient mieux à un instrument récemment maginé par le capitaine L. de Place et dans lequel les sons persistent tant qu’on appuie sur les touches. Nous ne pouvons indiquer que le principe de cet appareil, la construction n’étant pas encore terminée. Au-dessus des cordes de chaque note est disposé un petit électro-aimant vertical auquel les cordes servent d’arma-
- ture. La touche correspondante sert d’interrupteur, et le tout fonctionne comme une sonnerie trembleuse.
- Les touches ordinaires ne sont pas modifiées, mais au-dessous de chacune d’elles est fixé un petit fil de platine, qui vient, lorsqu’on appuie, plonger dans un godet de mercure relié au pôle positif d’une pile. Au-dessous de chaque corde
- Fig. 692. — Photophore frontal (Chardin).
- Se trouve un petit contact formé d’un ressort sPiral en platine en communication avec l’in-^rrupteur correspondant; l’autre extrémité de a corde est reliée au fil de l’électro-aimant et °Us ^es électros communiquent par un fil de re-^ Ur commun avec le pôle négatif. Les cordes cuivre sont munies d’un manchon de fer '-°udé au droit de l’électro-aimant.
- orsqu’on appuie sur une touche, le courant 1Ve aux trois ressorts de platine correspon-
- dants, passe dans les cordes, dans l’électro et revient à la pile. Mais, l’électro attirant les cordes, le courant est interrompu au contact des ressorts. Les cordes sont ainsi mises en vibration comme l’armature d’une sonnerie trembleuse, et la vibration persiste tant qu’on appuie sur la touche interrupteur. Les sons obtenus sont ceux de la contrebasse, du violoncelle et du violon, suivant les cordes.
- PIANO-SIRÈNE. — Yoy. Sirène.
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- PIÊZO-ÉLECTRICITÊ. — PILE ÉLECTRIQUE.
- PIÉZO-ÉLECTRIGITÉ. — Production d’électricité dans certains cristaux, tels que le quartz, lorsqu’on exerce sur eux une pression plus ou moins forte. Cette propriété est utilisée pour la construction d’une pile-étalon.
- PILE ÉLECTRIQUE. — Appareil produisant de l’électricité à l’aide des actions chimiques, calorifiques ou lumineuses, d’où les dénominations de piles hydro-électriques, thermo-électriques et photo-électriques. Les piles secondaires ou accumulateurs (Yoy. ce mot) restituent sous forme de courant l’énergie chimique que leur a fournie un courant primaire. Le mot pile provient de la forme donnée par Volta au premier appareil de ce genre.
- Nous avons rejeté à la fin de cet article la description des piles qui, sans différer des autres par leur principe, présentent des dispositions particulières, appropriées aux usages auxquels on les destine.
- Piles hydro-électriques.
- Conservation de Vénergie dans les piles. — Gal-vani ayant observé accidentellement en 1786 qu’une grenouille, préparée comme pour les expériences de physiologie, éprouve des commotions lorsqu’on réunit ses muscles et ses nerfs par un arc de deux métaux différents (fer et cuivre), attribua ces commotions à un dégagement d’électricité produit dans l’organisme de la grenouille par les phénomènes vitaux. Yolta au contraire attribua l’électricité au contact des métaux, et fut amené à formuler les lois importantes que le lecteur trouvera à l’article Électricité de contact.
- II reconnut l’impossibilité d’obtenir un dégagement continu d’électricité par le simple contact des métaux, ce qui est conforme au principe de la conservation de l’énergie. C’est en effet un principe admis aujourd’hui qu’on ne peut jamais créer une certaine quantité d’énergie sans en dépenser une quantité équivalente. Volta ne pouvait connaître ce principe : il remarqua cependant qu’une chaîne continue de métaux ne donnait pas d’électricité, et fut amené par là à intercaler dans cette chaîne des lames de drap imbibées d’eau acidulée. Il constitua ainsi un appareil désigné, à cause de sa forme, sous le nom de pile de Volta.
- Piles à un liquide. —Pile de Volta; théorie chimique de la pile. — La pile de Volta se compose d’une série de disques de zinc et de cuivre qu’on soude généralement deux à deux pour faciliter le montage de l’appareil. Pour s’en ser-
- vir, on superpose ces disques en les plaçant tous dans le même sens sur un support isolant (fig. 693)„et les séparant par des rondelles de drap imbibé d’eau acidulée : trois colonnes de verre maintiennent la pile en équilibre. Une
- Pile de Volta.
- série zinc, drap mouillé et cuivre, forme ce qu’on appelle un couple ou un élément. Les deux extrémités se nomment les pôles de la pile.
- Quoique Yolta ait expliqué par la théorie du contact la production de l’électricité dans la pile, en considérant l’eau acidulée comme servant seulement de conducteur pour relier l’un à l’autre les différents couples,le principe delà conservation de l’énergie conduit, comme nous venons de le voir, à rejeter cette explication pour adopter de préférence celle qui fut proposée vers la même époque parFabroni et qui attribue à l’action chimique de l’acide sur les métaux l’origine de la force électromotrice.
- Dans cette hypothèse, l’action de l’eau acidulée sur le zinc, qui transforme peu à peU celui-ci en sulfate avec dégagement d’hydrogène, fait naître, entre le métal attaqué et le liquide, une force électromotrice ou une différence de potentiel qui, d’après le principe de Volta, ne dépend que de la nature des deux corps et nullement de leur état électrique m de leurs dimensions. Le liquide prend le poten tiel le plus élevé.
- Appliquons cette théorie à la pile de Volta-Prenons par exemple trois éléments et supp0 sons que le premier zinc, placé à la partie m rieure, communique avec le sol. Au contact
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- PILE ELECTRIQUE. 577
- chaque zinc avec l’eau acidulée se produit une différence de potentiel constante, soit a, tandis ue le contact du liquide avec le cuivre ne donne aucune différence, puisqu’il n’y a pas d’action chimique. L’état de la pile peut donc se représenter comme il suit :
- 1er couple. 2e couple. 3e couple.
- Zn Ean acid. Ou Zn Eau acid. Cu Zn Eau acid. Cu
- Potentiels. 0 a a a la la 2a 3a 3a
- Le même raisonnement peut s’appliquer à un nombre quelconque d’éléments et montre que la différence de potentiel des deux pôles est proportionnelle au nombre des éléments.
- Il en serait de même si la pile était restée parfaitement isolée au lieu de communiquer avec le sol, puisque cette différence est indépendante de l’état électrique du premier zinc; mais il est évident, par raison de symétrie, que
- les deux pôles doivent prendre alors des potentiels égaux et contraires. Le pôle cuivre, qui a le potentiel le plus élevé, est appelé pôle positif, le zinc pôle négatif.
- Autres piles à un liquide. — Outre les inconvénients communs à toutes les piles à un liquide, et que nous signalerons plus loin, la pile de Yolta en présentait d’autres qui proviennent de sa forme. Elle était longue à monter; on ne pouvait donner aux disques une grande surface, ce qui augmentait leur résistance ; enfin le poids des disques exprimait le liquide, qui coulait le long de la pile et mettait en communication les différents couples, ce qui diminuait la somme des forces électromotrices. Ces défauts firent remplacer bientôt, la pile de Yolta par d’autres dispositions, dont voici les principales :
- Lupile à auge (fîg. 694) n’est autre que la pile de Yolta renversée. Les doubles lames zinc et
- Fig. 694. — Pile à auge.
- cuivre, verticales, sont disposées parallèlement dans une auge rectangulaire et mastiquées dans les parois de manière à laisser entre elles de petits compartiments séparés. Il suffit de remplir d’eau acidulée toutes ces petites cases lorsqu’on veut se servir de l’appareil.
- Là pile à couronne ou à tasses (fig. 696) est une
- Fig. 695. — Pile à couronne.
- ^es f°rines les plus simples. Chaque élément trer0rm®. ^eux lames, l’une de cuivre, l’au-re de zinc, plongeant dans un vase plein d’eau ^idulée. Chaque lame se recourbe pour se
- er à la lame de nom contraire de l’élément 'oisin.
- Dictionnaire d’électricité.
- Dans la pile de Wollaston (fig. 696) le cuivre de chaque couple entoure complètement les deux faces du zinc, ce qui double pour ainsi dire la surface de l’élément et par suite diminue sa résistance. Toutes les lames sont suspendues à une traverse de bois qui permet de les plonger en même temps dans les bocaux et de les retirer instantanément quand on ne se sert plus de l’appareil.
- La pile de Wollaston a été modifiée par Miinch, qui a disposé tous les couples horizontalement sur un cadre de bois rectangulaire : on immerge le tout à la fois dans une seule auge, et l’on a un courant énergique, mais qui s’affaiblit très vite.
- Une modification de la pile de Yolta, la pile de Pulvermacher (Voy. Chaîne galvanique) est encore employée en médecine, mais fort rarement.
- Emploi du zinc amalgamé. — Les modèles précédents ne sont plus employés depuis longtemps, à cause de leur rapide polarisation ( Voy. ce mot), qui a pour résultat d’affaiblir très vite 1 l’intensité du courant qu’elles produisent. Avant
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- PILE ÉLECTRIQUE.
- de décrire les modèles en usage aujourd’hui, remarquons qu’un premier perfectionnement consiste dans l’emploi du zinc amalgamé. Si l’on monte une pile avec du zinc pur, le métal n’est attaqué que lorsqu’on réunit les pôles pour
- obtenir un courant; mais, lorsque l’appareil ne fonctionne pas, l’action continue seulement jusqu’à ce que les deux pôles aient acquis une différence constante de potentiel, et s’arrête ensuite tant qu’on laisse le circuit ouvert. Il
- Fig. 696. — Pile de Wollaston.
- n’en est pas de même avec le zinc du commerce : les impuretés et notamment le plomb qu’il contient forment avec lui de petits couples locaux qui sont toujours fermés, même lorsque le circuit est ouvert : les courants produits par
- ces petits éléments ne profitent en rien au courant principal, et l’action chimique qui leur donne naissance a le double inconvénient d’user le zinc très rapidement et de transformer l’eau acidulée en sulfate, ce qui altère très vite la
- Fig. 697. — Pile Maiclic.
- constance de l’appareil. D’autre part, le zinc pur n’est pas assez commun pour être employé dans les piles : mais on obtient le même résultat en se servant de zinc amalgamé, qui reste également inattaqué lorsque la pile est ouverte.
- Cette modification s’applique également à tous les modèles de piles.
- Piles à électrodes positives platinées. —• se sert encore aujourd’hui d’un certain noml>re de modèles analogues à la pile de Volta, niais
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- PILE ÉLECTRIQUE.
- dans lesquels l’électrode positive est recouverte de noir de platine pulvérulent, ce qui facilite le dégagement de l’hydrogène et diminue beaucoup la polarisation.
- pile Smée. — Cette pile est formée d’une lame d’argent platiné (pôle —t—), suspendue entre deux plaques de zinc (pôle—) dans l’eau acidulée. Elle est employée en Angleterre pour la galvanoplastie.
- Pile Tyer. — L’électrode positive est encore en argent platiné ; le pôle négatif est formé de débris de zinc, plongeant dans une petite quantité de mercure, qui les maintient amalgamés. Une tige de cuivre entourée de gutta-percha est terminée par une boule de zinc nue qui plonge dans le mercure pour servir d’électrode.
- Pile Ebner. — Ce modèle diffère du précédent par la substitution d’une lame de plomb platiné a la lame d’argent.
- Pile Walker. — La pile Walker est formée d’une lame de zinc amalgamé suspendue entre deux lames de charbon de cornue platiné. Le zinc plonge par la base dans une petite cuvette de gutta contenant quelques gouttes de mercure.
- Pile Maiche. —Cette pile a pour électrode positive des morceaux de coke platiné, placés à la partie supérieure dans un vase poreux percé de larges trous et reliés à l’une des bornes par un fil de platine (fîg. 697). Une tige d’ébonite traverse ce vase et porte une soucoupe de porcelaine contenant un peu de mercure et des débris de zinc : c’est l’électrode négative. Un fil de platine, passant dans l’intérieur du tube d’ébo-
- uite, relie le zinc à l’autre borne. Le liquide excitateur est une solution presque saturée de chlorhydrate d’ammoniaque. La figure montre en outre un autre modèle de cette pile, qui est rauni d’un crayon de zinc ; le vase poreux descend jusqu’au fond. Cette pile est très consente et ne demande pas d’entretien. Elle est lféquemment employée dans les télégraphes.
- Piles à deux liquides. — Le meilleur procédé Pour empêcher la polarisation et rendre le cou-rant constant consiste dans l’interposition d’un second liquide, capable d’absorber l’hydrogène.
- Daniell. — Daniell a obtenu la première P- e parfaitement constante par l’emploi du sul-e de cuivre. On dispose ordinairement la 1 e de Daniell de la manière suivante. Un vase verpe ou ^ gpkg.j-flg. 698) renferme l’eau 1 dans laquelle plonge un cylindre de centamalgamé T'd forme le pôle négatif. Au lut' ^ eS^ Un vase Poreux rempli d’une disso-l0n saLirée de sulfate de cuivre; on y place
- une lame de cuivre : c’est le pôle positif. Le courant décompose le sulfate de cuivre : le cuivre se dépose sur la lame positive, et le radical SO4 se dirige vers le pôle négatif ; il rencontre l’hydrogène provenant de l’eau acidulée et
- Fig. 698. — Pile de Daniell.
- reforme avec lui de l’acide sulfurique. Le vase poreux permet une communication suffisante entre les liquides sans les laisser se mélanger. La dissolution de sulfate de cuivre s’épuise rapidement : pourla maintenir saturée, on ajoute
- Fig. 699. — Pile de Daniell (modèle primitif).
- de temps en temps dans le vase poreux des cristaux de ce sel.
- On voit que cette disposition évite le dégagement d’hydrogène et supprime par conséquent la polarisation des électrodes.
- A l’origine, Daniell plaçait le zinc et l’eau acidulée dans le vase poreux, qui était en parche-
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- min. Le sulfate de zinc formé tombait au fond et s’écoulait par le siphon de verre qu’on voit à gauche (fig. 699). L’acide frais était versé goutte à goutte par le haut à 1 aide d un entonnoir. Le vase extérieur, qui était en cuivre, recevait le sulfate de cuivre. Une petite coupe à mercure, qu’on voit à droite, tenait lieu de vis d’attache pour le pôle positif. Cette figure a été dessinée d’après les modèles originaux conservés à King’s College, où Daniell fut professeur de 1831 à 1845.
- La figure 700 représente un autre modèle dont le vase poreux est surmonté d’un ballon renversé, rempli de cristaux de sulfate de cuivre. Quand la dissolution de sulfate s’appauvrit, elle devient plus légère et s’élève dans le bal-
- Fig. 700. — Pile Daniell à ballon.
- diminue beaucoup la résistance de l’appareil.
- Telle est par exemple la pile de Callaud, très employée dans les télégraphes. La figure 701 représente le modèle en usage à la Compagnie du chemin de fer d’Orléans. La partie inférieure d’un vase de verre est remplie d’une solution saturée de sulfate de cuivre, au-dessus de laquelle on a versé avec précaution de l’eau acidulée. Un anneau de cuivre, placé au fond du vase, forme le pôle positif et communique avec l’extérieur par un fil de même métal, qu’un tube de verre isole de l’eau acidulée. Le cylindre de zinc qui plonge dans cette eau est suspendu au bord du vase par des crochets.
- Pile Meidinger. — C’est une modification de la pile de Callaud, formée de deux vases de verre A et d (fig. 702). Le second renferme la solution de sulfate de cuivre, maintenue saturée par les cristaux placés dans l’entonnoir b,
- Ion, tandis que le liquide saturé vient prendre sa place.
- La pile de Daniell n’a qu’une force électromotrice peu élevée; de plus elle ne peut rester montée à circuit ouvert ; les liquides se mélangent à travers le vase poreux et du cuivre se dépose sur le zinc. Malgré ces défauts, cette pile est souvent employée, ainsi que ses diverses modifications, à cause de sa parfaite constance.
- On obtient encore de meilleurs résultats, au point de vue de la constance, en remplaçant l’eau acidulée par du sulfate de zinc ; mais on augmente un peu la résistance.
- Pile Callaud. — La pile de Daniell peut recevoir encore bien d’autres formes : les plus intéressantes et les meilleures sont les piles de densité, dans lesquelles on a supprimé le vase poreux et superposé les deux liquides par ordre de densité; la suppression du vase poreux
- Fig. 701. — Pile de Callaud.
- et la lame de cuivre e, qui se termine par une tige g, entourée de gutta-percha. Le vase extérieur est rempli d’eau pure ; il contient le zinc Z, qui s’appuie directement sur le vase de verre A, au point où il se rétrécit.
- Pile Cabaret. — C’est encore une modification de la pile Callaud, d’un entretien très facile-Le pôle positif (fig. 703) est un cylindre de plomb, verni dans sa partie supérieure ; on le remplit de cristaux de sulfate de cuivre, qu 011 peut renouveler facilement. Ce cylindre est fendu à la base. On peut charger l'appareil en versant de l’eau pure jusque vers le haut. La solution de sulfate de cuivre qui se forme reste au fond et le zinc se trouve entouré d’eau pure, au lieu d’eau acidulée. On peut aussi mettre de l’eau acidulée, comme dans la pile Callaud-Cette pile est employée dans le service télegi a phique des chemins de fer de l'Est.
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- pile Thomson. — L’une des meilleures formes est la pile de sir W. Thomson (flg. 704). Une ulaque de cuivre ou de plomb est placée hori-
- Fig. 702. — Pile Meidinger.
- zontalement au fond d’une cuve de verre ou de porcelaine, et recouverte d’une solution de sulfate de cuivre, dans laquelle on place des cris-
- taux du même sel. On verse l’eau acidulée pardessus ; le zinc, en forme de grille, est porté par quatre cubes en porcelaine, fixés aux qua-
- Fig. 703. — Pile Cabaret.
- tre coins de la cuve. On peut superposer facilement un certain nombre d’éléments ; chaque plaque positive porte une queue recourbée qui
- Vlent s’appuyer par pression sur le zinc de l’élément placé au-dessous.
- Le second élément est un modèle de démonstration. Le zinc est suspendu par des crochets. Un siphon enlève le sulfate de zinc ; on ajoute de l’eau acidulée par le haut. Un tube central est maintenu garni de cristaux de sulfate de cuivre. Avec cette disposition, le sulfate de cui-'re parvient difficilement jusqu’au zinc.
- Pile Minotto. — Elle est analogue à la précédente, mais l’eau acidulée est remplacée par de 1 eau pure. On recouvre la plaque de cuivre d une couche épaisse de cristaux de sulfate de cuivre, puis de sable fin, sur lequel on pose Une plaque de zinc assez épaisse. Enfin on verse
- de l’eau en quantité suffisante pour imbiber la face inférieure du zinc.
- Pile Siemens etHalshe. — Elle est^nalogue aux piles de densité qui précèdent, mais un diaphragme est introduit entre les deux liquides, ce qui augmente beaucoup la résistance. Au fond du vase A (fig. 705) est une solution de sulfate de cuivre, maintenue saturée par des cristaux qu’on ajoute dans le tube de verre ce. Le pôle positif est une spirale de cuivre k. En /f, un disque de pâte de papier comprimée et soigneusement lavée à l’acide sulfurique sert de diaphragme. Le zinc Z, terminé par une tige de cuivre b, repose sur ce diaphragme.
- Pile Reynier. — L’eau acidulée est remplacée
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- par une solution de soude caustique. On diminue la résistance de cette solution et celle du
- Fig. 705. — Pile Siemens et Halske (de Berlin).
- sulfate de cuivre par l’addition de sels convenablement choisis, par exemple en ajoutant à
- la solution de soude du sulfate de fer et du per-chlorure de fer.
- D’autre part, on réduit notablement la résistance de la cloison poreuse en employant du papier parcheminé, dont on peut d’ailleurs superposer plusieurs feuilles, si l’on veut modérer sa perméabilité. Ces vases sont prismatiques : on peut les obtenir, sans collage ni couture, en pliant la feuille suivant le tracé (fig. 706) ; les traits forts représentent les plis creux, et les traits fins les plis saillants; les chiffres indiquent les quatre faces latérales. Les plis sont ensuite appliqués et agrafés sur les faces qui doivent être peu ou point perméables. Le zinc et le cuivre avec leurs queues sont découpés dans des feuilles laminées du commerce. Le cuivre est à l’intérieur (fig. 707).
- Cette pile a une force électromotrice égale à 1,35 volt environ : elle donne des effets énergiques.
- Pile Mariê-Davy. — C’est une pile de Daniell dont le sulfate de cuivre est remplacé par du
- Fig. 706. — Construction des vases poreux.
- sulfate mercurique, et le pôle cuivre par une plaque de charbon de cornue (fig. 708).
- Le sulfate mercurique, étant peu soluble, dépolarise moins bien : il donne de l’oxygène, un sous-sulfate et du mercure.
- Pile Grove. — On a cherché depuis longtemps à réaliser des piles ayant une plus grande force électromotrice que celle de Daniell avec une dépolarisation presque aussi parfaite. Grove y est parvenu en remplaçant le sulfate de cuivre par de l’acide azotique; il a fallu supprimer aussi le pôle cuivre qui eût été attaqué. Grove
- lui substitua une lame de platine. Cette pile est donc constituée ainsi : zinc, eau acidulée, acide azotique, platine. Le courant décompose l’acide azotique en oxygène, qui se combine aved’hy' drogène, et vapeurs nitreuses, qui se dégagen-Pile Bunsen. — Bunsen a remplacé la lame de platine par un pôle en charbon de cornue C (fig. 709), ce qui a rendu cette pile extrêmement pratique. Bien montée, elle reste constante assez longtemps. Le modèle que nous représentons est d’un entretien commode. Le zinc, dépourvu de queue, s’amalgame facilement. Les
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- contacts sont établis par des presses mobiles, et par suite faciles à nettoyer.
- pile Desruelles. —Un certain nombre d’inventeurs ont remplacé dans la pile de Bunsen
- l’acide azotique par diverses solutions renfermant du bichromate de potasse ou de soude. On évite ainsi l’odeur désagréable et nuisible des vapeurs nitreuses; la force électro-
- motrice de ces éléments est d’environ 2 volts, et la résistance est assez faible.
- Telles sont les piles employées par M. Desruelles en 1886 pour l’éclairage des wagons-
- restaurants des trains de Paris à Bruxelles. Le vase extérieur, de forme cubique, est en ébo-nite et garni sur ses parois intérieures de lames de charbon de cornue rainées.
- Fig. 708. — Pile Marié-Davv.
- Il contient un mélange de
- Eau............................. 1000 gr.
- Bichromate de soude............... 400
- Acide sulfurique à 66°........... 400
- Acide azotique à 36°............ 200
- Ee vase est fermé par un couvercle qui main-lçnt le vase poreux.
- Eelui-ci renferme quatre lames de zinc, amal-eamées et frottées d’un mélange de graisse
- w +
- Fig. 709. — Pile Bunsen.
- minérale et de mercure, et un liquide formé de
- Eau............................ 1000 gr.
- Acide sulfurique à 66° traité par
- l’huile (vov. Entretien des piles). 380 Sulfate mercuriquc............ 10
- Pile Fuller. — Le mélange de bichromate et d’acide sulfurique est placé dans le vase extérieur avec une plaque de charbon pourvue d’une tête métallique (fig. 710).
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- Le vase poreux renferme de l’eau et un crayon de zinc terminé par une] base élargie plongeant dans une petite quantité de mercure,
- qui maintient le zinc bien amalgamé, augmente la constance et diminue la résistance.
- Cette pile est employée par le General Post
- Office de Londres, par plusieurs voies ferrées anglaises et plusieurs lignes sous-marines notamment celle de Brest à Saint-Pierre et Miquelon. Sa force électromotrice est d’environ 2 volts.
- Piles Radiguet. — M. Radiguet a imaginé plusieurs modèles de piles au bichromate.
- Dans l’un (flg. 711) les charbons restent dans le bichromate quand la pile est au repos, mais les zincs peuvent être soulevés. Pour la pile de quatre éléments, les zincs sont fixés à un support glissant le long d’un montant vertical à crémaillère. Pour les batteries formées d’un plus grand nombre d’éléments, on fixe les zincs à un treuil.
- L’auteur indique pour la charge de chaque élément de 15 centimètres de hauteur :
- Vase extérieur- {
- Bichromate de potasse..
- lre mesure d’eau......
- Acide sulfurique......
- 2e mesure d’eau........
- Vase poreux.,
- Eau......................
- Acide sulfuriq. au soufre.
- 75 gr. 265 cc. 175 -265 -
- 150 -265 -
- Fig. 711. — Pile Radiguet au bichromate de potasse.
- Un autre modèle (fig. 712), destiné surtout à un emploi intermittent, sonneries, allumeur-extincteur, etc., contient dans le vase extérieur du bichromate de soude et un cylindre creux de charbon formant le pôle positif. Le vase poreux central renferme l’eau acidulée et le zinc.
- La partie originale de cette pile consiste en ce que le zinc peut être employé d’une manière
- quelconque, sous forme de billes ou même de déchets quelconques. Ces morceaux de zinc sont placés sur un support métallique, communiquant avec une cuvette placée au-dessous et qui contient un amalgame destiné à entretenir le zinc en bon état. Notre figure repre sente à part ce support à amalgamer, d0 on voit d’ailleurs l’extrémité au centre de
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- pile. Le zinc dans ces conditions n'est pas attaqué à circuit ouvert, ce qui fait une économie notable et en même temps assure beaucoup plus
- Fig. 712. —Pile domestique Radiguet.
- quatre vases BCDE ; B et R sont percés de trous et remplis de cristaux de bichromate; C et E sont poreux et servent de réservoir à acide.
- Pile à déversement de Radiguet. — Enfin M. Radiguet a cherché à assurer la constance
- Fig. 713. —Pile Delaurier (Guérot).
- longtemps la constance de l’appareil. Aussi peut-elle fournir un assez long service sans être rechargée. Lorsque l’intensité baisse, on change l’eau acidulée à l’aide d’un siphon; la charge de bichromate peut servir trois ou quatre fois plus longtemps.
- Pile Delaurier. — La solution de bichromate ordinaire est remplacée par
- Eau................................ 1000 gr.
- Bichromate de potasse............ 112,5 gr.
- Acide sulfurique à 66°.............. 225 gr.
- Sulfate de soude.................... 100 —
- Sulfate ferreux..................... 100 —
- Ce liquide est placé dans le vase poreux, qui contient deux plaques de charbon réunies en quantité (fig. 713). Le vase extérieur reçoit un fine non amalgamé et de l’eau ordinaire, qu’on acidulé avec une petite quantité du liquide Précédent. Cette pile est employée depuis plusieurs années, à la place de la pile Bunsen, dans les arsenaux, les écoles d’artillerie, les fonderies de canons; elle est appliquée d’une façon générale aux moteurs Lenoir et aux or-
- &ues électriques.
- Tfie Cloris-Baudei. — Ce modèle est monté au bichromate de potasse. Le vase poreux, qui est rectangulaire, reçoit un zinc plat (fig. 714). Le 'ase extérieur renferme deux lames de charma11) placées de chaque côté du vase poreux, et
- des piles au bichromate en séparant complètement les liquides lorsqu’elles sont au repos, afin d’empêcher leur diffusion à travers le vase poreux. Pour cela l’eau acidulée est contenue
- Fig. 714. — Pile Gloris-Baudet.
- dans un vase FF' de forme compliquée, dont une moitié F' est vernie et l’autre F poreuse ; dans cette dernière est fixé le zinc (fig. 715). Quand la pile fonctionne, le vase poreux F est
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- Fig. 7ia. — Pile à diversement de Radiguet.
- rempli d’eau acidulée et plonge dans le bicbro-
- T
- Fig. 716. —Pile bouteille de Grenet.
- mate. Lorsqu’on ne s’en sert plus, on fait bas-
- culer à la fois tous les vases poreux autour de leur axe commun : l’eau acidulée tombe dans la partie F' ; elle n’attaque donc plus le zinc et ne risque pas de se mélanger avec le bichromate à travers le vase poreux.
- Piles dépolarisées à un seul liquide. — I* existe des piles dans lesquelles le dépolarisant est mélangé avec le liquide excitateur, s’il est lui-même liquide, ou fixé sur la surface de l’électrode positive, s’il est solide.
- Piles au bichromate. — Telles sont les piles au | bichromate de potasse ou de soude dans lesquelles, à l’inverse de celles déjà décrites, le bichromate est mélangé avec l’eau acidulée. Ces piles ont l’avantage de rester montées très longtemps, si l’on s’en sert peu, ou de fournn un grand débit pendant quelques heures, avec une intensité qui décroît faiblement et avec régularité.
- ® i ljj
- L’une des formes les plus répandues est pile bouteille (fig. 716) de Grenet.
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- L'n flacon de verre contient une dissolution je bichromate de potasse additionnée d’acide sUlfurique ; deux lames de charbon reliées en-
- semble et formant le pôle positif plongent constamment dans le liquide; une lame de zinc Z, placée entre les deux charbons CC, peut
- être immergée à volonté en appuyant sur la tige centrale.
- 718. — Pile Leclanclié à vase poreux.
- je^Ur les laboratoires, il est commode de fixer ames zinc et charbon à une traverse de
- bois que fait mouvoir un treuil à rochet (fig. 717), ce qui permet de les plonger plus ou moins dans le bichromate contenu dans les vases de grès et de les retirer instantanément quand on ne se sert plus de l’appareil.
- Pile Leclanché. — Le liquide actif de cette pile est une dissolution de sel ammoniac; le zinc sert encore de pôle négatif et le charbon de pôle positif. La substance dépolarisante est du bioxyde de manganèse mélangé avec de petits fragments de coke. Le vase poreux, qu’on se procure tout préparé, est complètement rempli par le charbon positif et par ce mélange solide. Le zinc a la forme d’un bâton cylindrique qu’on place dans un des coins du vase de verre disposé à cet effet (fig. 718). On verse au j fond la quantité nécessaire' de chlorhydrate ! d’ammoniaque solide et l’on achève de remplir avec de l’eau. 11 se forme d’abord du chlorure de zinc, du gaz ammoniac et de l’hydrogène, puis le chlorure de zinc lui-même est décom-| posé et la réaction devient plus complexe. L’hy-| drogène agit sur le bioxyde de manganèse pour ! donner de l’eau et du sesquioxyde.
- | Dans d’au très modèles (fig. 719), le vase poreux
- est supprimé et l’on dispose, de chaque côté de la plaque de charbon, des briquettes agglomérées formées d’un mélange de bioxyde de manganèse, de charbon, de bisulfate de potasse et
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- de résine-gomme laque. Une cale de bois empêche le zinc de venir toucher cet assemblage, et deux anneaux de caoutchouc maintiennent le tout en place.
- La pile Leclanché présente de grands avantages, notamment celui de ne pas s’user à circuit ouvert et de se dépolariser pendant le repos. Elle convient parfaitement à toutes les applications qui ne demandent qu’un emploi intermittent. Mais son faible débit et la rapidité avec laquelle elle se polarise la rendent impropre à tout service continu.
- La figure 720 montre la dernière forme don-
- Fig. 719. — Pile Leclancliê à plaques agglomérées.
- née à la pile Leclanché par M. Barbier. Le pôle positif est constitué par un charbon aggloméré en forme de cylindre creux, qui sert en même temps de dépolarisant. La composition et la fabrication de ces agglomérés a été modifiée, de façon à les rendre plus durables et aussi plUs conducteurs, ce qui permet de supprimer la plaque de charbon. Le crayon de zinc est placé au centre de la pile et maintenu séparé du charbon par un bouchon de bois circulaire ; il est muni au bas d’un petit tube isolant de caoutchouc. Le charbon est entouré d’un joint en caoutchouc qui achève de fermer le vase assez hermétiquement pour éviter l’évaporation et par suite les ennuis des sels grimpants. La position centrale du zinc permet une meilleure utilisation du dépolarisant : la figure montre séparément le charbon et le zinc de ce nouvel élément.
- La pile Lacombe (fig. 721) possède également un zinc Z et un charbon AB concentriques:
- Fig. 720. — Pile Leclancké-Barbier (nouveau modèle).
- mais la disposition du charbon est différente, j A est un cylindre de charbon et B un cylindre ! poreux percé de trous : ils sont réunis par des | entretoises en verre G. Le mélange dépolarisant M est placé entre A et B et peut être changé facilement. Un collier métallique N entoure le charbon et porte l’électrode positive.
- Pile Leclanché-Goodwin. — La pile Leclanché a reçu encore diverses formes. La plus intéressante est celle imaginée par M. Goodwin, qui a remplacé le vase poreux ou les plaques agglomérées, par un vase cylindrique en charbon, dont les parois sont rendues très poreuses, et qui est rempli d’un mélange de charbon et de bioxyde de manganèse (fig. 722). On peut augmenter encore la surface en adoptant la forme que représente le second modèle de notre figure, j
- Avec ces vases, la résistance de la pile est rendue très faible et l’on peut s’en servir pour une production de lumière intermittente, par exemple pour faire fonctionner des lampes à incandescence de huit à dix bougies pendant quinze ou vingt minutes.
- Les constantes de la pile Leclanché sont ordinairement :
- Force électromotrice. ....... 1,48
- Résistance.................... 1,30-10®
- Avec les vases poreux Goodwin, elles devieo nent :
- Force électromotrice Résistance..........
- 1,46
- o,n-od2
- Pile Roberts. — Elle est composée
- de chlorby
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- jrate d’ammoniaque ou d’acide sulfurique éten-ju d’un zinc amalgamé et d’un aggloméré (mé-lan^e de permanganate de potasse ou de soude et d’oxyde de plomb) muni d’une tige de charbon de cornue. La force électromotrice est 2 volts.
- pile JSiaudet. — Elle diffère de la pile Leclan-ché par substitution du chlorure de chaux
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- au peroxyde de manganèse et celle de l’eau salée au sel ammoniac.
- Pile Pollah. — Ce modèle, expérimenté à Berlin en 1889, se compose d’un vase B en verre ou en ébonite (fîg. 123}., renfermant un cylindre de zinc Z réuni à la borne R, et un cylindre de charbon très poreux C, dont la partie inférieure
- Fig. 721. — Pile Lacombc.
- estrecouverte d’un dépôt de cuivre galvanique. On charge avec du chlorhydrate d’ammoniaque, 1ub sous l’action du courant, donne du chlo-î.Ure de cuivre. Ce sel est ensuite attaqué par jdrogène et reforme du chlorhydrate d’am-Ul°niaque. Ce produit se régénère donc sans Cesse, et la pile peut servir jusqu’à épuisement du zinc.
- On peut encore supprimer le cuivrage du
- Fig. 722. — Vases poreux Goodwiu.
- charbon, et charger la pile au brome et à l’oxy-chloride de fer. 11 se forme du chlorure de fer, qui s’oxyde de suite et repasse à l’état d’oxy-chloride. Ces piles sont très constantes. La force électromotrice est 0,955 volt.
- Piles au chlorure d'argent. — Dans la pile Warren de la Rue, le dépolarisant est une couche de chlorure d’argent fondu, qui entoure un fil d’argent représentant l’électrode positive.
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- Le liquide excitateur est encore une solution de chlorhydrate d’ammoniaque. Le cylindre de zinc n’est pas amalgamé, parce que le mercure amalgamerait et finirait par couper le fil d’argent. Le tout est placé dans un tube de verre, fermé par un bouchon de paraffine percé de deux trous, l’un pour laisser passer le zinc, l'autre pour introduire le liquide. Un cylindre de parchemin végétal Vp entoure le zinc pour empêcher les contacts accidentels avec le chlorure d’argent. Le chlorure d’argent absorbe l’hydrogène en donnant de l’argent et de l’acide chlorhydrique. La figure 724 montre une pile de 10 éléments; les divers organes sont représentés à part. SW est le fil d’argent. L’auteur a obtenu des effets remarquables en employant 2a 400 éléments de ce genre.
- Dans la pile Skrivanow, l’électrode positive est une lame d’argent, entourée de chlorure d’argent, qui est lui-même protégé par une enveloppe de parchemin. Deux plaques de zinc sont disposées de chaque côté. Le liquide est une dissolution de potasse caustique.
- La pile Marié-Davy est une pile Warren de la Rue dans laquelle le chlorure d’argent est remplacé par du chlorure de plomb fondu.
- Pile de Lalande et Chaperon. — Le liquide actif est une dissolution de potasse caustique à 30 ou 40 p. 100. Le pôle négatif est une lame de zinc, le pôle positif une plaque de fer ou de
- cuivre au contact de laquelle on place une certaine quantité de bioxyde de cuivre, destiné à servir de dépolarisant. Le zinc s’oxyde aux dépens de l’hydrate de potasse et met en liberté de l’hydrogène, qui va reformer de l’eau en
- Fig. 723. — Pile Pollak.
- présence de l’oxyde de cuivre. L’oxyde de zinc se combine lui-même avec la potasse pour donner du zincate de potasse. La figure 725 montre un élément de cette pile pouvant servir aux applications qui ne demandent qu’un courant
- Fig. 724. — Pile Warren de la Rue.
- peu intense, comme le téléphone ou les sonneries. Le zinc D est replié en une spirale horizontale; le pôle positif est constitué par une boîte de fer A. qui contient l’oxyde de cuivre. Cette boîte sert à renfermer la potasse solide pendant le transport. Cet élément a 18 centi-
- mètres de hauteur et peut fournir 55 ampere5' heure, avec un débit maximum d’un denn-ampère.
- On obtient un débit beaucoup pl»s gran avec la forme d’élément à grande surface repr^ sentée fig. 726. Une caisse en fer sert à la f°K
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- je récipient et de pôle positif. On verse au fond une couche d’oxyde de cuivre. La lame de zinc repose sur quatre supports en ciment placés aux quatre angles. Une couche de pétrole versée
- par dessus la potasse la préserve du contact de l’air. Un modèle de 40 centimètres de longueur, 20 centimètres de largeur et 10 centimètres de hauteur peut donner 500 ampères-heure, par conséquent 1 800000 coulombs. Les modèles à grand débit conviennent surtout pour l’éclairage.
- On construit aussi de nouveaux modèles à fermeture hermétique! (lig. 727) qui sont préférables aux précédents. Le pôle positif est formé par une bouteille de fer qui sert en même temps d’enveloppe, et qui est paraffinée à l’extérieur
- Fi". 715. — Pile de Lalande et Chaperon pour sonnerie ou téléphone.
- Fig. 716. — Pile de Lalande à grand débit.
- pour la préserver de l’oxydation. Le goulot est fermé par un bouchon de caoutchouc que traverse une tige de laiton supportant le cylindre de zinc, qui est plein. Un tube métallique, fermé
- par un tube de caoutchouc fendu et formant soupape, traverse aussi le bouchon. On construit dans ce modèle des éléments à grand et à petit débit, représentés par la figure.
- Fig. 717. — Piles hermétiques de Lalande.
- Les piles à oxyde de cuivre ont l’avantage de Pas s user à circuit ouvert; elles peuvent nc sans inconvénient rester montées d’une *0n continue jusqu’à ce que les corps qui les °nstituent soient usés. Elles ne donnent ni va-
- peur nuisible, ni odeur désagréable, ne produisent ni évaporation, ni sels grimpants. Les produits sont faciles à régénérer. Ces piles conviennent parfaitement aux usages domestiques.
- Elles ont l’inconvénient d’employer une soki-
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- tion très caustique qui peut occasionner des accidents si un élément vient à être renversé; d’ailleurs ce défaut se trouve bien diminué par l’emploi d’éléments hermétiques. On peut aussi leur reprocher la faiblesse de leur force électromotrice, qui est inférieure à celle des couples Daniell ; elle est égale à 0,85 volt. On est alors forcé de prendre un plus grand nombre d’éléments en tension pour obtenir une certaine force électromotrice.
- Pile Dun. — Cette pile, qui se construit à
- Fig. 728. — Pile Dun.
- Francfort-sur-le-Mein, est, comme la précédente, à la potasse, mais le dépolarisant est du permanganate de potasse, contenu dans un vase cylindrique en charbon de cornue A (fig. 728), bouché à son extrémité inférieure et servant d’électrode positive. Le vase de verre C reçoit la potasse et un zinc circulaire B, soutenu par des crochets EE'.
- Cette pile est inodore et ne s’use pas à circuit ouvert. La force électromotrice, qui est 1,8 voit au début, tombe ensuite à 1,2 volt. Au bout de quelques heures de service, il est utile de la laisser reposer.
- Pile Borchers. — Cette pile, qui porte aussi le nom d'élément fer-zinc (fig. 729), est d’une construction très simple. Le vase extérieur G est un tube de fer forgé portant aux deux bouts un culot C et un manchon N de même métal. Un couvercle V en ébonite, séparé du fer par un bourrelet de caoutchouc b, supporte un fort crayon de zinc Z. Les prises de courant sont en B et M. Le liquide employé est un mélange de soude caustique, d’azotate et de chlorure de sodium.
- Pile à électrodes de charbon. — MM. Tom-masi etRadiguet ont imaginé une pile sans métaux ; l’électrode positive est un bâton de char bon reco uvert d’une couche de peroxyde de plomb et renfermé dans un sac en toile. L’électrode négative est un tube cylindrique de charbon percé de trous (fig. 730), qui entoure l’autre pôle ; le tout est mis dans un vase en verre rem-
- Fig. 729. — Pile Borchers.
- pli de fragments de charbon de cornue, et l’on verse, jusqu’au milieu de la hauteur, une solution concentrée de chlorure de sodium.
- D’après M. Tommasi, le charbon décompose l’eau en circuit fermé, en donnant de l’hydrogène et de l’acide carbonique, mélangés sans doute d’oxyde de carbone. L’hydrogène réduit le peroxyde de plomb, en formant de l’eau et du plomb.
- Cette pile, qui possède une force électrorno-trice de 0,6 à 0,7 volt, se polarise rapidement, elle ne convient donc qu’aux usages intermittents, mais elle peut fonctionner pendant un temps extrêmement long, sans autre précaution que de»remplacer l’eau qui s’évapore.
- Montage et entretien des piles hydro-électri ques. — Quelle que soit la pile dont on al usage, qu’elle doive être fréquemment nettoyee ou qu’elle puisse fonctionner longtemps, ilfaU dra toujours la remonter au bout d’un certain temps, et cette opération, qui se représen e
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- ériodiquement, ne saurait être faite avec trop je soin. Les précautions nécessaires étant à peu près les mêmes, nous avons jugé préférable de les réunir ici.
- Entretien des zincs malgamés. — La question la. pins importante, c’est de maintenir les zincs bien amalgamés. L’expérience montre en effet que le zinc amalgamé n’est attaqué par l’eau acidulée que pendant le passage du courant, tandis que le zinc du commerce se dissout même à circuit ouvert. L’amalgamation est donc d’une importance capitale : elle doit être faite avec soin sur les zincs neufs, que l’on achète
- presque toujours insuffisamment amalgamés, et recommencée chaque fois qu’on démonte la pile.
- Pour faire cette opération, on passe d’abord chaque zinc dans l’eau acidulée par 1/16 d’acide sulfurique en volume, puis on le trempe dans le mercure, que l’on fait adhérer en frottant avec un chiffon ou une brosse en fil de laiton. Enfin on le laisse égoutter pour recueillir les gouttelettes qui coulent de la surface. Pour employer peu de mercure à l’amalgamation, on peut se servir, si le zinc est cylindrique, d’une cuvette en bois dur en forme de gouttière; si
- Fig. 7B0. — Pile sans métaux Tommasi et Radiguet.
- le zinc est plat, on prend un vase de grandeur suffisante. On peut aussi amalgamer avec une solution de chlorure de mercure, ou même avec du sulfate ; mais le premier procédé nous paraît meilleur.
- On peut encore, surtout dans les piles qui doivent fonctionner longtemps, mettre un peu de mercure au fond des vases, de sorte que ^amalgamation s’entretienne d’elle-même sous * influence du courant; mais ce procédé n’est Pas sans inconvénient : l’amalgamation se fait Parfois mal dans le haut, tandis que dans le 1 excès du mercure ronge le zinc plus vite. Préparation du liquide excitateur. — L’eau acidulée employée comme liquide excitateur P^ut contenir 1/10 de son volume d’acide sul-rique : cependant nous croyons que de l’eau acidulée au 1/20 et même au 1 /40 peut souvent Dictionnaire o’électricité.
- suffire. Cela dépend d’ailleurs du temps pendant lequel la pile doit rester en fonction. Pour purifier l’acide sulfurique préparé par les pyrites, M. d’Arsonval conseille d’ajouter environ 5 centigrammes d’huile à brûler par litre. Il se forme ainsi de l’acide sulfoglycérique et des savons insolubles qui, en se précipitant, entraînent les métaux étrangers, fer, plomb, arsenic.
- L’eau acidulée peut être remplacée dans toutes les piles en général par une solution de sulfate de zinc : on obtient ainsi une force électromotrice un peu plus faible, mais une constance plus grande. Quelquefois aussi on emploie l’eau pure comme liquide excitateur; nous en avons vu un exemple dans la pile Cabaret ; cette disposition augmente beaucoup la résistance et par suite diminue l’intensité.
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- Piles au bichromate. — Pour le mélange qui doit remplir les piles au bichromate à un seul liquide, on indique généralement la composition suivante :
- Eau............................. 1000 gr.
- Bichromate de potasse........... 5-10 —
- Acide sulfurique............... 10-20 —
- Dans les piles bouteilles, où le liquide n’est pas renouvelé automatiquement, il vaut mieux ne pas mettre beaucoup d’acide, ce qui augmente le débit, mais au détriment de la constance du courant. On en ajoute un peu quand l’intensité commence à baisser. On dissout d’abord le bichromate, et l’on ajoute ensuite l’acide peu à peu.
- On peut éviter le maniement de l’acide au moyen d’une combinaison de bichromate et d’acide sulfurique qu’on trouve en cristaux dans le commerce : pour monter la pile, il suffit de dissoudre ce sel chromique dans l’eau, à raison de deux cents grammes par litre.
- Nous avons indiqué plus haut les formules relatives à la pile aubichromate à deuxliquides.
- Vases poreux. — Les vases poreux, dans les piles qui en contiennent, doivent être de bonne qualité : pour s’en assurer, on peut les remplir d’eau et les abandonner pendant une heure environ ; au bout de ce temps, le liquide doit se montrer en gouttelettes sur la surface extérieure, mais sans couler. On vernit souvent le haut de ces vases pour empêcher la formation des sels grimpants. Pour la même raison on les enduit.aussi de paraffine, et l’on fait de même pour la partie supérieure des vases de verre de la pile Leclanché.
- Presses et contacts. — Il importe d’employer pour les communications des pinces d’une forme commode, et de bien nettoyer les contacts à l’émeri ou avec une lime fine : les extrémités des fils conducteurs doivent aussi être bien propres. Ces précautions peuvent influer beaucoup sur l’intensité du courant, surtout lorsque la résistance du circuit est faible : un contact oxydé ou malpropre suffit alors à augmenter beaucoup la résistance et à diminuer l’intensité dans une proportion notable.
- Il est bon d’employer des zincs absolument dépourvus de queue ou d’attache en cuivre, quand on doit les amalgamer souvent ; cette opération se fait alors plus commodément, et l’entretien des contacts est plus facile. Dans les piles Leclanché ou analogues, les contacts sont généralement soudés aux deux pôles, comme le montrent nos figures : cette disposition n’a
- pas d’inconvénients, ces modèles restant très longtemps sans être nettoyés.
- Piles à écoulement.
- Certains inventeurs ont cherché à assurer la constance du courant pendant un long temps et à supprimer en même temps les opérations désagréables que nécessite l’entretien en renouvelant les liquides automatiquement; dans ce cas, il n’est plus nécessaire de démonter la pile que pour remplacer les zincs lorsqu’ils sont usés. Une pile de cette espèce qui serait parfaitement constante et suffisamment énergique rendrait de grands services pour les applications d’une certaine durée. Nous allons indiquer quelques-unes des solutions proposées.
- Pile O'Keenan. — M. O’Keenan a appliqué cette méthode à la pile de Daniell. Les éléments sont contenus dans des compartiments distincts en bois paraffiné : chacun d’eux contient un zinc de très grande dimension, entouré d’une gaine de papier parchemin ouverte en haut et en bas, qui remplace le vase poreux. De chaque côté sont fixées deux lames de plomb accouplées qui forment le pôle positif. Tous les éléments portent d’ailleurs une fente verticale qui les met en communication avec un compartiment ménagé à la partie antérieure et fermé par une glace (fig. 731). A droite se trouve une caisse percée de petits trous et remplie de cristaux de sulfate de cuivre. On fait arriver sans cesse de l’eau goutte à goutte au haut du compartiment antérieur, de manière à le maintenir plein : cette eau, pénétrant à travers les petits trous placés à droite, rencontre le sulfate de cuivre et se transforme en une dissolution saturée, qui, par les fentes verticales, pénètre dans tous les éléments autour des vases de parchemin. Chaque élément contient donc trois couches superposées : à la partie supérieure, une couche d’eau de quelques centimètres qui descend aussi dans l’intérieur des vases poreux, au-dessous une couche bleue de sulfate de cuivre qui entoure les vases poreux sur toute leur hauteur et baigne les lames de plomb, enfin, a la partie inférieure des éléments, une solution saturée de sulfate de zinc provenant de l’usure du métal attaqué. Cette couche de sulfate de zinc garde une épaisseur constante : dès qu elle tend à la dépasser, l’excédent se déverse au dehors par un trop-plein, que l’on voit à droite au bas de l’appareil.
- Les manipulations nécessaires à l’entretien de cette pile se bornent donc à régler une o -pour toutes l’écoulement de l’eau et à ajou
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- chaque jour clans la trémie placée à la partie supérieure la quantité de sulfate de cuivre nécessaire pour maintenir pleine la boîte située au-dessous. La partie inférieure de l’appareil contient une réserve de sulfate. Sur la planchette du milieu, l’on peut disposer des accumulateurs pour les charger, ainsi que le représente la figure. Cette pile présente évidemment
- des dispositions intéressantes ; remarquons cependant que la communication établie entre tous les éléments par le compartiment antérieur doit produire des dérivations et diminuer la force électromotrice totale, et que la substitution de l’eau pure à l’eau acidulée augmente la résistance. *
- Piles à écoulement au bichromate de potasse.
- Fig. 731. — Pile O'Keenan.
- " Des dispositions analogues ont été adaptées 8urtout aux piles à bichromate, à un ou à deux Équidés ; la figure 732 représente un de ces Appareils, formé de quatre éléments à un seul daide. Chaque couple se compose d’un vase de te*re contenant un vase poreux percé de trous assez grands, qui sert seulement à empêcher
- tout
- celui
- contact entre le charbon et le zinc, quand ci se déplace en s’usant. Le pôle positif
- est constitué par trois ou quatre plaques de charbon disposées autour du vase poreux et réunies par des pinces à un cercle de cuivre. Le pôle négatif est formé d’une longue baguette de zinc qui s’enfonce dans le vase poreux à mesure qu’elle s'use. Un peu de mercure, placé au fond de ce vase, maintient le zinc toujours amalgamé, condition nécessaire pour qu’il ne s’use pas en circuit ouvert.Le mélangede bichro-
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- mate et d’acide sulfurique coule goutte à goutte d’un réservoir supérieur dans le premier élément et de là dans tous les autres successivement, puis il est rejeté au dehors. Il est préférable que ce liquide arrive au haut de chaque couple et sorte par la partie inférieure : on évite ainsi l’engorgement par des amas de cristaux. Notre figure représente la pile en train de charger des accumulateurs.
- Pile Camacho. — Les vases sont rectangulaires (fig. 733) ; les pôles positifs sont formés par des vases poreux contenant une lame decharbon de cornue, autour de laquelle on a tassé des fragments de la même substance. Les zincs entourent ces vases poreux. Les éléments sont placés sur des gradins, et reliés par des siphons en caoutchouc, qui partent du fond de chaque vase pour s’ouvrir à la surface du suivant. La
- Fig. 732. — Pile à écoulement au bichromate de potasse (Aboilard).
- solution de bichromate peut être utilisée plusieurs fois.
- Pile Chuteauæ. — Chaque élément de cette pile est formé d’un vase de grès percé à la partie inférieure, que l’on remplit d’un côté de fragments de charbon de cornue parmi lesquels une plaque de charbon servant d’électrode, de l’autre de sable siliceux avec une plaque de zinc. Ces deux mélanges sont séparés par un plan vertical passant par l’axe du cylindre. Deux éléments de ce genre sont superposés. Au-dessus est un vase poreux muni d’un ballon
- renversé, comme la pile de Daniell ou de Mei-dinger, et qui laisse couler lentement le me lange de bichromate, d’acide sulfurique et de sulfate mercurique. Le liquide est recueilli a a sortie de l’élément inférieur, et peut servir en^ core deux fois. Quand il a traversé trois fois pile, il est épuisé. Cette pile est assez constante, mais elle possède une très grande résistance^ Elle a été employée pendant le siège de Pan pour produire de la lumière électrique.
- Pile siphoïde Cloris-Baudet. — La figuie 1 ^ montre l’ensemble et les détails principal'
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- Fig. 733. — Pile Camaclio.
- d’une pile à écoulement au bichromate, mais à deux liquides. Les éléments, au nombre de douze, sont disposés sur une même planchette
- horizontale. Les charbons et les zincs ont la forme de plaques : ces derniers sont épais et suspendus à une traverse L, commandée par un
- Pile siplioïde Cloris-Baudet.
- Siphons des Vases poreux
- Siphons des Vases extérieurs
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- treuil à manivelle M, ce qui permet de les sortir des vases poreux lorsque la pile ne fonctionne pas. Du fond de chaque vase poreux v part un siphon qui vient s’ouvrir au haut du vase suivant; une disposition identique relie tous les vases extérieurs Y. Les réservoirs R et r, placés au-dessus de l’appareil, sont remplis, le premier de bichromate, le second d’eau acidulée, et bien bouchés; ils sont munis de tuyaux A et a qui aboutissent à la partie supérieure des deux vases du premier élément, celui de gauche; ces tuyaux sont également pleins de liquides. La pile étant ainsi disposée, il suffit, pour renouveler les solutions, d’ouvrir légèrement les deux tubes de déversement T et t
- Fig. 735. — Pile Upward.
- qu’on voit à droite de la figure d’ensemble : chacun des liquides du dernier élément s’écoule lentement au dehors, mais l’abaissement du niveau détermine l’appel du liquide de l’élément précédent, et de même jusqu’au premier. Enfin, la baisse du niveau produite dans le premier élément à gauche débouche l’orifice du tuyau A ou a : une bulle d’air monte dans le réservoir correspondant et une quantité de liquide égale descend dans Ja pile et referme l’orifice du tuyau. Les réservoirs R' et r" reçoivent les liquides épuisés. On voit que cette pile peut servir à volonté avec ou sans écoulement, qu’on peut retirer facilement les zincs des vases poreux et qu’elle occupe peu de hauteur, les éléments étant tous au même niveau.
- Pile au chlore de R. Upward. — Cette pile,
- imaginée en 1886, est très originale. Chaque élément se compose d’un vase de grès rectangulaire Y, renfermant un vase poreux plat R (fig. 735) qui contient un zinc plat Z et de l’eau pure. Le vase extérieur, rempli par deux charbons PP' et des fragments delà même substance est fermé hermétiquement par un bouchon paraffiné. On prépare du chlore par le procédé de Scheele (bioxyde de manganèse et acide chlorhydrique) ou par toute autre méthode dans une cornue de grès chauffée au bain de sable ; le courant de gaz passe successivement, par des tubulures ménagées à cet effet, dans tous les vases extérieurs, et va s’emmagasiner dans un gazomètre. La dépolarisation est rapide et complète, à cause de la grande affinité du chlore pour l’hydrogène. La manipulation est extrêmement simple : il suffit de changer les zincs tous les six mois et d’ajouter de l’eau tous les huit jours ; l’eau saturée de chlore sort par un robinet au bas de chaque couple.
- Cette pile a une force électromotrice de 2,1 volts, mais sa résistance est un peu grande. Néanmoins MM. Woodhouse et Rawson, qui la construisent, l’emploient à l’éclairage de leurs bureaux, où elle alimente 24 lampes à incandescence de 10 bougies. Elle est installée dans les caves et ne donne d’autre embarras que de recharger tous les jours l’appareil à chlore.
- Piles sèches ou piles humides.
- On a d’abord donné improprement le nom de piles sèches à des générateurs d’électricité uniquement formés de subtances solides. En réalité, ces substances sont toujours humides, et l’électricité est encore due ici à une action chimique. Ce sont donc plutôt des piles humides. On place habituellement sous le même titre un certain nombre d’appareils dans lesquels le liquide est immobilisé en le mélangeant avec une substance solide ou spongieuse inactive; on peut alors les transporter et même les retourner sans répandre le liquide, ce qui est utile dans certaines applications (télégraphie militaire, etc.). Ce système a l’inconvénient de diminuer la quantité de liquide actif et d’augmenter la résistance sans aucun profit ; en outre, le liquide épuisé au contact des électrodes n’est que dif ficilement remplacé parle liquide frais, la substance inactive s’opposant à la circulation.
- Piles anciennes. — La pile de Behrens (1805) est formée de disques zinc, cuivre et papier doré, superposés comme dans la pile de Vo^ > celle de Deluc (1810) de disques fer étame e-papier doré.
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- La pile de Zamboni (18J2) est formée de disques de papier recouverts d’argent ou d’étain sur l’une des faces, et de bioxyde de manganèse sur l’autre. Ces disques sont empilés comme dans la pile de Volta, les faces identiques étant toutes du même côté. Le peroxyde de manganèse représente le pôle positif. Cette pile est généralement entourée d’une enveloppe isolante, qui conserve presque indéfiniment l’humidité intérieure, et les deux pôles sont reliés à des boutons métalliques. Elle est employée dans l’électroscope de Bohnenberger.
- La pile de Watkins (1828) est formée de disques de zinc polis sur une seule face et séparés par une couche d’air, qui attaque la face non polie.
- Pile Palmieri. — M. Palmieri emploie, pour charger un électromètre destiné à l’étude de l’électricité atmosphérique, une pile semblable à celle de Zamboni, mais disposée dans l’intérieur d’un tube de verre plus large, de sorte qu’elle en est séparée par une couche d’air. Les rondelles qui composent la pile sont serrées entre deux disques de cuivre qui forment les pôles. Grâce à la couche d’air interposée, les rondelles ne sont pas influencées par les changements d’état hygrométrique de l’air, et la pile reste constante pendant fort longtemps.
- Pile humide Trouvé. — La disposition que nous signalons plus haut, et qui consiste à immobiliser le liquide actif à l’aide d’une matière inactive, plus ou moins solide, a été appliquée aux divers genres de piles.
- M. Trouvé a appliqué ce système à la pile de Daniell. Chaque élément est formé de deux disques, l’un de cuivre, l’autre de zinc (fîg. 736),
- t'ig. 736. — Pile humide Trouvé. !
- *eparés par une rondelle de papier buvard im-ee de sulfate de cuivre sur la face en contact eC le cuivre, de sulfate de zinc sur celle qui °uche le zinc. Cette pile est très constante, ^ais elle a une résistance considérable.
- Pile Desruelles. — C’est une pile au bichromate de potasse, dont le liquide est solidifié par de l’amiante; mais on laisse la pâte assez fluide pour ne pas augmenter beaucoup la résistance, et l’on ajoute des substances qui la rendent hygrométrique et par suite l’empêchent de se dessécher.
- Ce liquide est formé de :
- Eau bouillante................. 1000 gr.
- Bichromate de potasse.......... 100 —
- Après refroidissement, on ajoute 200 gr. d’acide sulfurique ordinaire, puis on laisse refroidir de nouveau et l’on ajoute 60 gr. de glycérine et 10 gr. de soude caustique. Ce liquide est introduit dans un vase d’ébonite, au fond duquel est fixée l’électrode de charbon; le zinc est suspendu au couvercle. Le zinc peut être soulevé quand la pile ne sert pas.
- Cette pile a été notamment utilisée pour l’inflammation des torpilles et des fourneaux de mines. La même disposition a été appliquée à la pile Leclanché pour l’intercommunication des trains.
- Pile Renault-Desvernay. — Le vase extérieur A est en charbon aggloméré (fig. 737). Le compartiment inférieur B est rempli d’un mélange de silice gélatineuse, d’acide chromique et d’acide sulfurique, qui forme le dépolarisant. Un disque en terre poreuse C supporte le zinc Z, qui est en forme de spirale, et plongé dans un mélange de silice et d’eau pure ou de chlorure de zinc.
- Cette pile a une force électromotrice d’environ 2 volts ; la grande surface des électrodes diminue sa résistance. Elle convient très bien aux usages domestiques. Le modèle représenté a 1 cm. de hauteur et actionne une sonnerie pour table de salle à manger. On peut la renverser sans danger, à cause de la consistance épaisse des mélanges intérieurs.
- Pile T/iiébault. — Ce modèle est une modification de la pile Leclanché : le chlorhydrate d’ammoniaque est mélangé avec du plâtre et gâché avec de l’eau; ce mélange est placé dans un vase de zinc qui sert à la fois d’enveloppe et de pôle négatif. Le charbon aggloméré est introduit au centre.
- Pile Gassner. — Elle diffère de la précédente par la composition du mélange qui est formé de chlorhydrate d’ammoniaque, d’oxyde de zinc et de plâtre.
- Pile Guérin. — Dans cette pile, le chlorhydrate d’ammoniaque est mélangé à chaud avec une algue nommée agar-agar. Le mélange se solidifie par refroidissement. La pile est légère, peu
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- coûteuse, et peut être renversée sans inconvénient. Pour s’en servir, il suffit d’ajouter avec une pipette environ une cuillerée d’une solution de sel ammoniac.
- Pile P. Germain. — Le sel ammoniac est im-
- mobilisé par la substance improprement appe_ lée cofferdam (Voy. ce mot). Les deux électrodes (fig. 738) sont reliées à deux bornes extérieures; la pile est enfermée dans une boîte de bois que ferme un couvercle maintenu par des
- Fig. 737. — Pile sèche B. Renault-Desvernay.
- vis; des ressorts appuient sur l’électrode supérieure. Cette pile est extrêmement transportable et peut prendre toutes les formes. Elle ne nécessite aucun entretien et paraît donner de très bons résultats.
- Pile de Place. —Le capitaine de Place a imaginé récemment une pile sèche renfermant une substance absorbante noire, appelée mélasine, dont la composition est tenue secrète. Cette matière reste toujours humide, car elle ne se
- Fig. 738. — Pile P- Germain.
- dessèche même pas à l’étuve ; elle évite les sels grimpants et maintient les zincs toujours parfaitement décapés.
- Piles à gaz.
- Ce sont des appareils qui produisent l’électricité au moyen de l’énergie fournie par la com-
- binaison de deux gaz, généralement l’ox)gene et l’hydrogène.
- Pile de Grove. — C’est un véritable voltamè re dont les électrodes sont en platine platiné, éprouvettes étant pleines de gaz, la combln^ son se produit dès qu’on ferme le circuit, l’on obtient un courant qui dure jusqu à ce qu
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- l’un des gaz au moins soit épuisé. Les gaz hy-jroaène et oxygène peuvent être recueillis par les procédés Chimiques; ils peuvent s’obtenir aussi en se servant de la pile comme d’un voltamètre. Cette pile est donc le plus ancien des
- accumulateurs.
- pile de Kendall. —- Cet appareil emprunte de l’oxygène à l’air ambiant. Il est formé de deux tubes de platine concentriques, fermés à la partie inférieure, et dont l’espace annulaire est rempli de verre en fusion. On fait passer dans le tube central un courant d’hydrogène, ou de gaz contenant de l’hydrogène. Celui-ci est absorbé, ainsi que l’oxygène extérieur, par le platine porté à une haute température. La force électromotrice est d’environ 0,7 volt.
- Piles secondaires.
- Yoy. Accumulateur.
- Piles thermo-électriques.
- Ces appareils, fondés sur les phénomènes exposés à l’article Thermoélectricité, transforment en électricité l’énergie calorifique.
- Pile de Melloni et Nobili. — La figure 739 représente trois éléments de cette pile, qui sont formés chacun d’un barreau de bismuth soudé avec un barreau d’antimoine; l’antimoine est marqué en noir. Si l’on chauffe les soudures de deux en deux, par exemple 1, 3, 5,, les cou-
- A
- Fig. 739. — Principe de la pile de Melloni.
- rants produits dans ces trois soudures sont de même sens et s’ajoutent. Ces courants vont de B vers A à travers la pile ; l’antimoine est donc U pôle positif. La force électromotrice est donc proportionnelle au nombre des couples, comme dans les piles hydro-électriques; elle est de Plus, entre des limites assez étendues, propor-honnelle à la différence de température des Beux séries de soudures.
- Les couples de la pile de Melloni sont ordinairement disposés en plusieurs rangées paral-e es, formant un cube qui est entouré d’une substance isolante et protégé par un tube mé-aBique O (fig. 740); les deux pôles sont reliés aux bornes p et r. Les soudures paires apparais-
- sent d’un, côté, les soudures impaires de l’autre; il suffît donc de chauffer l’une des faces pour produire un courant. Deux tubes métalli-
- Fig. 740. — Pile de Melioni.
- ques de garantissent la pile des causes d’échauf-fement accidentelles.
- La pile de Melloni est extrêmement sensible. En l’associant avec un galvanomètre très peu résistant, il suffit d’ouvrir l’écran H et d’approcher la main pour faire dévier l’aiguille de 90°. A cause de cette propriété, elle est employée comme thermomètre différentiel dans l’étude de la chaleur rayonnante (Voy. Thermo-multiplicateur). Un certain nombre de thermomètres électriques (Voy. ce mot) sont fondés sur le même principe. Mais cette pile ne peut être employée comme générateur d’électricité. Les piles qui suivent sont au contraire destinées à cet usage.
- Pile Marcus. — Cette pile est composée de barreaux formés de 10 de cuivre, 6 de nickel et 6 de zinc, et de barreaux contenant 1*2 d’antimoine, 3 de zinc et 1 de bismuth. Les premiers sont positifs, les seconds négatifs.
- Pile Becquerel. — Ce modèle est formé de cuivre ou de maillechort et de sulfure de cuivre artificiel.
- Pile Clamond. — Les éléments sont formés de fer et d’un alliage zinc-antimoine (à équivalents égaux). 10 de ces éléments, sont montés en série de manière à former une couronne circulaire : les soudures sont de deux en deux au centre, les autres à la périphérie. L’alliage forme de gros barreaux qui sont reliés par des lames de fer très minces, présentant une forte saillie à l’extérieur, de façon à offrir une grande surface de refroidissement. On superpose un certain nombre de ces couronnes, qui peuvent être réunies en tension ou en quantité (fig. 741). Suivant l’axe de l’appareil est un tuyau en terre réfractaire, percé de petits trous, qui amène du gaz d’éclairage et permet de chauffer énergiquement les soudures intérieures. 12 couronnes de 10 petits éléments donnent 8 volts et 3,2 ohms.
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- M. Clamond a construit un grand modèle destiné à l’éclairage électrique et comprenant 60 séries de 100 éléments, chauffées par un
- Fig. 741, — Pile Clamond.
- fourneau au coke. Ce modèle a 2,50 m. de hauteur et 1 mètre de diamètre. Il équivaut à 121 éléments Bunsen.
- Pile Chaudron. — Ce modèle diffère du précédent par quelques perfectionnements de détails, qui le rendent d’une constance absolue et peu sujet à se détériorer. La force électromotrice de chaque couple est 0,06 volt.
- Pile Noê. — Cette pile (fig. 742) est formée de maillechortet d’un alliage à base d’antimoine. Cet alliage forme de gros barreaux, au nombre de 12 ou 20; quatre fils de maillechort sont soudés d’une part à l’extrémité centrale d’un barreau, d’autre parta l’extrémité périphérique du barreau voisin. Les éléments sont disposés en couronnes, les soudures de deux en deux au centre; mais ces soudures ne sont pas chauffées directement, elles sont placées chacune dans une calotte de laiton, à laquelle aboutissent les fils de maillechort et un cylindre de cuivre qui prolonge le barreau d’alliage et se termine par un cône placé au-dessus de la flamme. Les soudures extérieures sont fixées à des lames métalliques verticales qui forment une grande surface de refroidissement.
- Pile Riatti. — Les deux pôles de cette pile sont formés d’une dissolution de sulfate de cuivre à des températures différentes. Un vase étroit, rempli de ce liquide, est traversé par deux tuyaux de cuivre horizontaux ; le tuyau inférieur est parcouru par un courant d’eau froide, l’autre par un courant de vapeur d’eau
- Fig. 742. — Pile de Noë.
- surchauffée à 5 atmosphères. Cet appareil fonctionne comme une pile et fournit un courant sous l’influence duquel le cuivre de l’un des tuyaux se dissout, tandis qu’il se forme un dépôt du même métal sur l’autre. Cette pile est,
- dit-on, constante et d’un entretien très facile-Avantages et inconvénients des files thermo électriques.— Ces piles, formées uniquement e pièces métalliques , ont une résistance très faible, et le courant qu’elles produisent est par
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- faitement constant. Malheureusement leur force électromotrice est très peu élevée, de sorte qu’il faut toujours employer un grand nombre d’éléments. De plus, le courant qu’elles donnent s’affaiblit considérablement avec le temps ; cet effet est dû sans doute à ce que les soudures s’altèrent sous l’influence de la chaleur, et qu’il se produit de légères couches d’oxyde, d’où une grande augmentation de résistance. La pile se détruit ainsi peu à peu. A cause de ces inconvénients, ces piles ne sont pas encore entrées dans la pratique; elles ne servent guère que comme thermomètres.
- Piles photo-électriques ou actino-électri-^ues> — Plusieurs inventeurs, notamment MM. W. Siemens, Fritts et Hopkinson, ont construit des piles au sélénium, fondées sur ce qu’un fragment de cette substance produit généralement un courant, lorsqu’il est frappé par la lumière. Ces piles n’ont reçu jusqu’à présent aucune application; M. Fritts a proposé d’employer la sienne comme photomètre.
- La pile de M. Borgmann est formée de deux lames d’argent recouvertes d’iode plongeant dans les deux branches d’un tube en U rempli d’acide sulfurique étendu. Lorsqu’on éclaire une des branches, il se produit un courant. Il est fort possible que ce courant soit dû à une action chimique.
- La pile de M. Minchin est constituée par un tube de verre mince rempli d’alcool, renfermant deux lames métalliques, dont l’une seulement est recouverte d’une couche de substance sensible à la lumière. Si l’on fait tomber la lumière du jour sur la plaque sensible, on obtient une force électromotrice d’environ un demi-volt. La sensibilité de la plaque diminue peu à peu et le courant finit par s’annuler. On rend à l’appareil ses premières propriétés en lui donnant de légères secousses.
- Piles étalons.
- Four mesurer la- force électromotrice d’une pile, on la compare ordinairement avec une pile de force électromotrice connue et parfaitement c°nstante. Un certain nombre de piles, destines à cet usage, sont appelées piles étalons.
- On s’est.servi longtemps d’un élément Daniell monté aux deux sulfates, qui vaut 0,955 volt; mais on a reconnu que sa force électromotrice Peut varier de 5 à 7 p. 100 sans cause appré-mable et qu’il subit très irrégulièrement l'ac-°n de la température. Aussi emploie-t-on généralement l’élément Latimer-Glark, qui n’a pas
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- ces inconvénients. Nous décrirons d’abord quelques autres étalons.
- Pile Ayrton et Perry. — Elle est formée de plaques, l’une de cuivre pur, et l’autre de zinc pur, plongeant dans une dissolution saturée de sulfate de zinc pur. D’après les auteurs, la force électromotrice serait exactement 1 volt.
- Pile du Post-Office. —C’est un couple Daniell, monté de la manière suivante : cuivre dans une solution saturée de sulfate de cuivre; zinc amalgamé dans une solution demi-saturée de sulfate de zinc. Force électromotrice : 1,07 volt.
- Pile Reynier. — Cet élément est formé d’un crayon de zinc amalgamé plongé dans une solution saturée de chlorure de sodium avec une large électrode de cuivre. Force électro-motrice : 0,82 volt.
- Pile Debrun. — Deux vases contenant, l’un un amalgame de zinc dans le sulfate de zinc saturé, l’autre un amalgame de cadmium dans le sulfate de cadmium saturé, sont réunis par un siphon capillaire ; deux électrodes de platine prennent le courant.
- Pile Latimer-Clarlî. — Cet étalon est le plus employé aujourd’hui. Le pôle positif est formé par une couche de mercure, sur laquelle on verse une pâte épaisse formée de sulfate mer-cureux mélangé à l’ébullition avec une dissolution complètement saturée de sulfate de zinc. Le pôle négatif est formé par une. plaque de zinc chimiquement pur, qui repose sur cette pâte. Le tout est placé dans un vasé de verre qu’on bouche avec une couche épaisse de paraffine, et qu’on place dans un vase de métal bien fermé. Un thermomètre donne la température de l’élément. Cette pile ne doit jamais rester en circuit fermé. A 13°,5 la force électromotrice est 1,457 volt à 1/1000 près; elle varie de 0,006 volt par degré.
- Piles médicales.
- Toutes les piles peuvent servir en médecine, pourvu cependant qu’elles satisfassent à certaines conditions. La première est évidemment d’être suffisamment constante : les piles de Daniell, de Gallaud, de Marié-Davy, de Leclanché, les piles au bisulfate de mercure,, au chlorure de zinc ou d’argent, et même au bichromate de potasse, peuvent donc servir. La pile de Bunsen doit être généralement proscrite à cause des vapeurs qu’elle répand et de l’ennui du montage. Les piles thermo-électriques seraient commodes, à cause de leur constance et de la suppression de tout entretien, mais nous ne croyons pas qu’il en existe encore actuellement de mo-
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- dèle satisfaisant. Enfin l’on pourra aussi faire usage d’accumulateurs, mais surtout dans le cas où l’on posséderait, par exemple dans un hôpital, une machine dynamo-électrique pour les charger.
- Outre la constance, qui est évidemment une qualité indispensable, les piles médicales doivent être d’un entretien très simple et le plus souvent d’un transport facile.
- On doit enfin chercher à se procurer une pile qui, sous le plus faible volume et le plus petit poids possible, puisse satisfaire à toutes les exigences des applications médicales.
- Pour ces raisons, on emploie surtout en médecine les piles au sulfate de cuivre, au bichromate de potasse ou de soude, au sulfate de mercure, aux chlorures d’ammonium, de zinc, d’argent.
- Piles au sulfate de cuivre. — Les piles deDa-niell, de Callaud, etc., conviennent bien aux usages médicaux par leur parfaite constance, mais elles sont peu employées à cause de leur force électromotrice peu élevée, de leur détérioration rapide en circuit ouvert et de la difficulté de les transporter.
- Nous signalerons cependant le modèle de M. Chardin, dans lequel le dépôt de cuivre qui se forme ordinairement dans l’épaisseur même du vase poreux est évité par un artifice ingénieux dû à Boulay. Le zinc est placé au centre et entouré de fleur de soufre fortement tassée, maintenue par un vase poreux en papier à filtrer très épais. La lame de cuivre entoure exactement le vase poreux, et l’on verse tout autour des cristaux de sulfate de cuivre, puis de l’eau. Le dépôt de cuivre se forme dans le soufre, qui le transforme en sulfure et l’empêche de se porter sur le zinc. La pile ne s’use donc pas à circuit ouvert et peut rester montée pendant deux ans. Chaque couple est bouché hermétiquement.
- Nous signalerons encore la pile Callaud, modifiée par M. Trouvé, et la pile humide de M. Trouvé, décrite plus haut, qui est très facile à transporter, mais très résistante.
- Piles au bichromate. — Il n’existe qu’un petit nombre de piles médicales au bichromate.
- Pile Chardin à renversement. — Cette pile est destinée à alimenter une bobine d’induction. Elle est formée d’un vase de porcelaine (fig. 743) séparé en deux compartiments A et B par une cloison percée de trous. Au repos, le liquide occupe le compartiment B et ne touche pas les électrodes zinc et charbon, qui sont suspendues à droite dans le compartiment supérieur. Il
- suffit de poser le vase sur le côté FG pour mettre la pile en marche. Une cloison C forme un petit compartiment muni de deux orifices
- H G
- Fig. 743. — Pile Chardin à renversement.
- l’un E, fermé par un bouchon de caoutchouc, sert à introduire le liquide ; l’autre D est destiné à laisser échapper les gaz.
- Le modèle précédent, qui présente des difficultés pour la fermeture et pour le remplacement du zinc, est remplacé généralement par le suivant (fig. 744), formé d’un vase divisé en
- deux compartiments étanches; l’un D contient le charbon C et le liquide excitateur. Le zinc Z est plongé dans ce compartiment seulement quand la pile est en service; au repos, il est placé dans le compartiment vide A, et l’on ferme hermétiquement l’oriflce avec un bouchon de caoutchouc.
- Pile hermétique Trouvé. — M. Trouvé emplois, pour alimenter ses bobines médicales, ainsi que pour les bijoux lumineux, etc., une petite pile à renversement, contenant du bichromate ou du sulfate de mercure, et que le liquide remplit seulement à moitié. Le zinc et le charbon, qui lui est concentrique, sont suspendus au couvercle (fig. 745). Tant que la pile reste verticale, le liquide ne baigne pas le zinc, et le courant ne passe pas ; il suffit de la renverser pour la mettre en marche. L’enveloppe en ébonite ferme hermétiquement.
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- pile Trouvé pour galvanocaustique. — Les piles au bichromate sont plutôt employées comme éléments à grand débit pour illuminer la lampe d’un appareil médical ou porter au rouge le fil de platine d’un cautère galvanique.
- La pde à treuil décrite plus haut peut servir
- à cet usage. Le modèle de M. Trouvé (fig. 746) est commode et peu embarrassant. Le liquide est contenu dans des auges plates en ébonite ; les plaques de zinc et de charbon sont suspendues à un treuil qui permet de les plonger dans le liquide ou de les en retirer instantanément.
- On peut faire varier la résistance et la surface attaquée en enfonçant plus ou moins les laines, ce qui permet de régler le débit. En les descendant peu à peu, on peut obtenir un courant constant pendant plusieurs heures. Cette pile est capable de donner pendant ce temps des ef-
- fets énergiques : elle convient bien à la production de la lumière. L’arrêt X empêche les éléments de sortir du vase.
- M. Trouvé construit un autre modèle (fig. 747), qui donne des effets très énergiques et qui est facile à transporter. Les éléments sont encadrés
- Fig. 746. — Pile à treuil de Trouvé.
- dans trois plaques d’ébonite reliées par une poi-8n^e. Les plaques zinc et charbon sont maintenues écartées par des jarretières de caout-chouc, et les éléments sont assemblés par des c°ntacts mobiles. On immerge le tout ensemble dans une cuvette de caoutchouc remplie de ifiuide. Un tube de caoutchouc permet d’insuf-er de l’air pour activer la dépolarisation.
- Pile Chardin pour galvanocaustique. — Dans ce modèle, une tablette de bois soutient les éléments F et porte les accessoires nécessaires : collecteur, ampèremètre, etc. Il y a de chaque côté trois zincs et quatre charbons ; les plaques de même espèce sont réunies en quantité. Pour se servir de la pile, on fait monter la tablette de bois à l’aide de la roue centrale D (fig. 748),
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- GOG
- qui commande une vis placée dans la colonne
- Fig. 747. — Batterie portative à grande surface (Trouvé).
- médiane taraudée. Les deux cylindres H servent
- de guides. On soulève ainsi les éléments, et r0ll introduit au-dessous les auges d’ébonite L, 4 moitié remplies du liquide. On manœuvre ensuite la visD en sens contraire, de façon àfaire plonger les éléments de la quantité voulue Quand on ne se sert plus delà pile, on soulève de nouveau les éléments, et l’on permute les auges d’ébonite L et M ; les premières se trouvent fermées hermétiquement par les plaques de caoutchouc I, quand on redescend la tablette; les autres reçoivent les gouttes de liquide qui tombent des éléments. La boîte ne peut se fermer tant que la pile est en fonction-on est ainsi assuré de ne pas abandonner les éléments dans le liquide. Cette pile est souvent remplacée par la pile Boisseau du Rocher.
- Pile Aubry pour galvanocaustique thermique. — Cette pile (fig. 749) est formée de deux auges remplies de bichromate de potasse. Les éléments, réunis en quantité, peuvent être immergés plus ou moins complètement.
- Pile Boisseau du Rocher. — Le principe de cette pile est représenté par la figure 750. Au repos, le liquide est dans le compartiment B, et les éléments (non figurés) sont suspendus dans le compartiment C. On fait monter le liquide par le tube central en insufflant de l’air par la
- poire L; on ferme ensuite le robinet M. Quand tout le liquide est monté, on peut continuer à insuffler de l’air pour dépolariser. Quand on emploie plusieurs éléments , les tubes de caoutchouc sont reliés à une même poire, pour
- obtenir une répartition uniforme de 1 air. A cet effet, le Dr Boisseau du Hocher a fixé devant les auges un réservoir à air, portant des amorce-en nombre égal aux auges, et reliées a cei par des tubes en caoutchouc. L’appareil à insu.
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- ilation et le robinet de vidange sont eux-jnèmes fixés sur ce réservoir de répartition de l’air.
- piles au sulfate de mercure. — Ces piles sont celles qui conviennent le mieux pour l’application des courants continus, parce que leur cons-
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- tance et leur force électromotrice assez élevée permettent de diminuer un peu le nombre des éléments nécessaires.
- Pile Trouvé. — Le modèle de M. Trouvé (fig. 751) comprend 20, 30 ou 40 éléments au sulfate acide de mercure, placés dans une boîte
- Fig. 749. — Pile Aubry.
- très portative. Les électrodes sont formées de lrois crayons, dont deux de charbon taillés dans Un bloc, et un en zinc. La caisse à comparti-ments qui renferme le liquide peut être soule-Vee plus ou moins pour faire varier le débit. La Planchette supérieure porte un collecteur qui Permet de prendre, sans interruption et sans
- secousses, un nombre quelconque d’éléments, un ampèremètre gradué de 0 à 350 milliampères, un inverseur de courant, etc. L’ampèremètre porte, aux deux bouts de l’aiguille, deux graduations, l’une en milliampères, l’autre en degrés. Cette double graduation permet de faire l’étalonnage avec plus de précision.
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- Pile Chardin. — La batterie au bisulfate de
- Fig. 750. —Pile Boisseau du Rocher.
- mercure (flg. 752) peut suffire parfaitement à
- la plupart des usages médicaux. Elle est formée d’éléments zinc-charbon, dont l’un est repré senté à part, et qui contiennent chacun un flotteur de liège L. Quand la pile est au repos les éléments sont soulevés, et les flotteurs remontant à la surface du liquide, ferment les vases d’une façon suffisante pour qu’on puisse transporter l’appareil sans renverser le bisulfate. Lorsqu’on abaisse les éléments pour se servir de la pile, ils poussent les flotteurs, qui s’enfoncent et font remonter le liquide à la partie supérieure des vases. La boîte qui renferme la batterie ne peut d’ailleurs se fermer que si l’on a mis d’abord les piles au repos : on est donc à l’abri des suites d’une négligence.
- Pile Gaiffe. —Les appareils portatifs d’induction de M. Gaiffe sont actionnés par deux petits
- Fig. 751. — pila Trouvé.
- éléments au sulfate mercurique (fig. 753). Les I cuvette d’ébonite. Un peu d’eau et une pincee charbons CG' sont fixés au fond de la double I de sulfate, qu’on puise avec une petite mesure
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- dans un Ilacon joint à l’appareil, forment la charge nécessaire. Les zincs ZZ' sont maintenus à une petite distance des charbons : les com-
- munications sont établies par des ressorts. Ces petits couples peuvent servir vingt à trente minutes (Voy. Bobines médicales).
- Fig. 752. — Batterie au bisulfate de mercure à flotteurs (Chardin).
- Piles aux chlorures d’ammonium, de zinc, d’argent. — La pile Leclanché et ses diverses modifications peuvent servir aux usages médicaux, si l’on ne se propose qu’un emploi intermittent. Nous signalerons la pile de Gaiffe, dans laquelle le chlorhydrate d’ammoniaque est remplacé par du chlorure de zinc, qui est déliquescent et par suite empêche la formation des sels grimpants. Le charbon a la forme d’un cylindre creux G (fig. 754), que l’on remplit de
- Fig. 753. — Petite pile au sulfate de mercure (Gaiffe).
- couches alternatives de peroxyde de manganèse de charbon. Un crayon de zinc Z complète cet élément.
- M. Gaiffe construit aussi des batteries porta-*Ues au chlorure d’argent. Elles sont formées couples analogues à ceux de la pile Warren e ta RUe, décrite plus haut, mais le liquide excitateur est formé de chlorure de zinc. Le Jenc amalgamé Z et la lame d'argent, entourée chlorure d’argent fondu Y enfermé dans un c de toile, sont fixés au couvercle GH d’un Dictionnaire d’électricité.
- étui d’ébonite ST contenant le liquide, qui est
- Fig. 754. — Pile au chlorure de zinc (Gaiffe).
- libre ou maintenu dans les pores d’un coussin de papier buvard (fig, 755).
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- La figure 756 montre une batterie formée de 36 de ces couples, répartis dans six casiers ou tiroirs superposés; les pôles de chaque couple s’appuient sur des ressorts disposés sur les parois opposées des tiroirs, et qui établissent automatiquement les communications. Les manettes MM' permettent d’intercaler dans le circuit un nombre quelconque de couples, afin de mieux répartir l’usure. Un galvanomètre est placé dans le couvercle.
- Collecteurs pour piles médicales. — Les batteries destinées aux usages médicaux sont munies d’un certain nombre d’accessoires dont quelques-uns ont été décrits à leur place alphabétique (ampèremètres, renverseurs de courant, etc.). Nous parlerons ici des collecteurs.
- Il est indispensable, dans l’emploi des cou-
- rants continus, d’éviter d’interrompre ou de faire passer brusquement le courant, ou même de faire varier trop rapidement son intensité • on produirait ainsi une variation brusque de potentiel accompagnée de sensations désagréables ou même douloureuses pour le malade.
- D’autre part, il est indispensable de pouvoir faire varier à volonté la grandeur des effets obtenus. Deux dispositions peuvent être employées : l’une consiste à se servir toujours de tous les éléments et à intercaler dans le circuit une résistance variable pour produire des changements d’intensité ; la seconde consiste à faire varier le nombre des éléments employés.
- Dans le premier cas, on peut placer dans le circuit un rhéostat solide ou liquide, ce qui a l’avantage d’user tous les couples également.
- L’emploi des collecteurs est plus simple et moins embarrassant.
- L’expérience a montré qu’une variation de 2 ou 3 volts se fait à peine sentir : on peut donc introduire les éléments ou les supprimer soit un par un, soit deux par deux.
- Le collecteur de M. Gaiffe est très simple. Le pôle négatif de la pile est fixé au trou N dans lequel on place l’un dès rhéophores (fig. 757) ; les pôles positifs sont reliés de deux en deux à des boutons isolés, derrière lesquels on voit une règle métallique qui porte les chiffres correspondant à chacun d’eux. Cette règle reçoit le second rhéophore et porte un curseur C, qu’on fait glisser jusqu’au chiffre indiquant le nombre d’éléments qu’on veut employer. L’extrémité de ce curseur qui frotte sur les boutons isolés est élargie, de sorte qu’elle peut en tou-
- cher deux à la fois : grâce à cette disposition, le courant n’est jamais interrompu quand on fait glisser le curseur.
- L’appareil précédent a le défaut de ne pas user également tous les couples : ce sont tou jours les mêmes qu’on prend d’abord quand on ne veut qu’une faible intensité; ils s’usent donc plus vite et doivent être remplacés avant es autres. Aussi n’emploie-t-on cette disposition qu’avec un petit nombre d’éléments.
- Le collecteur suivant n’a pas le même dé au ^ La figure 758 montre son principe et sa dispo^ position Un certain nombre d’éléments, par exemple, sont disposés en tension de so que le pôle positif est en P et le pôle en N. Une double rangée de boutons me ques, 12, 11, 10..., 0, reliés deux à deux par ^ fils conducteurs, communiquent en ou r ,
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- douze premiers avec les douze pôles positifs, le dernier avec le pôle négatif N.
- Deux ressoçts A et B mobiles sur les rainures ija, bb, communiquent avec les rhéophores. Dans la position figurée, on utilise 9 — 3, c’est-à-dire 6 éléments à partir du quatrième ; le pôle
- positif de ces éléments est en A et le pôle négatif en B. Si l’on amenait le ressort A sur le bouton 3 et B sur le bouton 9, les mêmes éléments seraient employés, mais le courant changerait de sens, B devenant le pôle positif et A le pôle négatif. On voit que le nombre des cou-
- Fig. 756. —Batterie au chlorure d’argent.
- pIes utilisés est toujours égal à la différence es chiffres sur lesquels on place les deux res-b0rts : sur la figure, le pôle positif corres-P°nd au chiffre le plus fort. On dispose ordi-^airement les deux séries de boutons sur deux ^ercles : les ressorts A et B sont remplacés par es manettes M et M', mobiles autour de leurs
- centres et élargies à l’extrémité, afin qu’on puisse passer d’un bouton au suivant sans interruption. Les bornes RR' représentent les deux pôles. On peut avec cet appareil prendre successivement tous les couples, et par suite les user régulièrement. En I et C se trouvent un interrupteur et un commutateur. Un galvano-
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- mètre, non figuré, mesure Lintensité en ampères. Enfin, si l’appareil fonctionne mal, il est toujours facile de trouver quel est le couple en mauvais état : pour cela on ferme le circuit en
- plaçant en RR' les deux bouts d’un même rhéo-phore et l’on prend sucessivement et séparément chacun des éléments.
- Emploi des piles médicales. — Dans les appli
- Fig. 757. — Collecteur simple.
- cations médicales, il est nécessaire d’obtenir dans chaque cas une certaine intensité. Il est donc intéressant de chercher quel nombre d’éléments il faut avoir à sa disposition pour pro-
- duire l’intensité maxima dont on puisse avoir besoin. Calculons ce nombre en prenant comme intensité maxima 30 milliampères, ce qui est le cas le plus fréquent.
- Les piles qui nous occupent peuvent être divisées en quatre types principaux. Celles au bisulfate de mercure possèdent une force électromotrice de 1,33 volt et une résistance faible, environ 1 ohm. Les piles de Leclanché et celles au chlorure de zinc ont une force électromotrice de 1,33 volt avec une résistance de 2-6 ohms. Enfin les piles au sulfate de cuivre S Daniell, Callaud, Callaud-Trouvé, ne représen-
- COlLÏCIEBi: D0DB1E. DE A.GAIFFE
- Fig. 758. — Collecteur double.
- tent qu’une force électromotrice d’environ 1 volt : leur résistance, qui varie de 6 à 13 ohms dans les modèles ordinaires, atteint 100 et 150 ohms dans certains dispositifs, comme la pile à rondelles de papier de Trouvé.
- Examinons successivement les résultats que peuvent donner ces différents types. L’intensité est donnée par la formule
- d’où l’on tire
- IR
- E —Ir
- Prenons d’abord le premier groupe dont D résistance r est 1 et la force électromotrice L^-Pour avoir une intensité de 0,030, avec un circuit extérieur de résistance 2000 ohms, il laU" dra prendre
- 0,03 X 2000
- 1,5 — 0,03
- == 40, É
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- PILE ÉLECTRIQUE. 613
- ]1 faudra donc 41 éléments de ce modèle. Pour le second type, prenons E = l,35 et la résistance la plus grande, 6 ohms.
- n —
- 0,03 X 2000 1,35 — 0,03x6
- Il faudrait donc 52 couples pour obtenir la même intensité ; on trouverait seulement 47 pour les modèles les moins résistants (r = 2ohms). Considérons maintenant les piles au sulfate de cuivre. Faisons E=i et r —15, ce qui donne
- 0,03 X 2000 1 —0,03 X 15
- 109,09.
- Il faut donc 110 de ces éléments.
- Enfin si nous considérons les piles du même genre à très forte résistance (r —150 ohms), nous aurons
- 0,03 X 2000 60
- n ~~ 1 —0,03 X 150 — 1 - 4,50*
- On voit donc que dans ce cas le problème est insoluble, puisque le dénominateur de la fraction est négatif, ce qui veut dire que, quel que soit le nombre de ces éléments employés, on ne pourra jamais obtenir une intensité de 30 milliampères.
- Pour vérifier ce résultat, cherchons quelle intensité maximum on peut avoir en associant en tension un nombre quelconque d’éléments. On a
- Gomme E et r sont fixes, la condition la plus favorable est évidemment d’avoir R = 0, ce qui donne
- _»E___E
- nr r
- Dans le cas que nous étudions, cette équation donne
- Ainsi, dans les conditions les plus favorables, cest-à-dire avec un circuit extérieur de résistes nulle ou négligeable, ces piles ne pour-mnt fournir, quel que soit le nombre des éléments associés en tension, qu’une intensité maximum de 60 milliampères.
- Le médecin doit donc choisir de préférence une püe a faible résistance. Avec les piles au ^sulfate de mercure, 40 éléments environ suf-ûfont aux besoins ordinaires, tandis qu’avec CeHes du second groupe il en faudra environ 50, et HO avec celles au sulfate de cuivre les moins
- résistantes. Enfin, les piles très résistantes, loin d’être avantageuses, comme on l’a prétendu quelquefois, doivent être rejetées, car elles sont insuffisantes dans la plupart des cas et ne peuvent servir que pour des intensités extrêmement faibles.
- Piles militaires.
- L’art militaire fait usage de piles pour la mise de fea des mines, forages, puits, etc., la télégraphiera téléphonie, etc. La plupart des piles décrites plus haut (piles Bunsen, Daniell, Cal-laud, Leclanché, de Lalande, pile au bichromate, etc.) peuvent servir à ces usages. Nous signalerons cependant quelques modèles disposés plus spécialement pour les applications militaires.
- Une seule pile est réglementaire en France pour le service des explosions; elle porte le nom de pile des pares. Un cylindre d’ébonite (fig. 759) est rempli jusqu’au tiers par 120 gram-
- Fig. 759. — Pile des parcs.
- mes d’eau dans laquelle on ajoute, à l’aide de petites mesures, 3 grammes de chlorochromate et 10 grammes de sulfate de potasse. Un plongeur en gutta-percha est percé de quatre trous cylindriques parallèles, revêtus intérieurement d’une feuille de zinc, èt contenant quatre cylindres de charbon; ces quatre éléments sont assemblés en série et aboutissent à des bornes, fixées sur le plongeur, et auxquelles on attache les extrémités du circuit. Pour faire passer le courant, il suffit d’enfoncer le plongeur dans le vase d’ébonite.
- La télégraphie et la téléphonie militaires font
- Fig. 760. — Pile hermétique Leclanché pour télégraphie militaire.
- usage de piles hermétiques et facilement transportables.
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- 614 PINCE EXPLORATRICE.
- La figure 760 représente un modèle hermétique de pile Leclanché, destiné spécialement à cette application, et dont l’intérieur ne présente du reste aucune modification.
- La pile humide de Trouvé, décrite plus haut, peut servir au même usage. Le modèle destiné à la télégraphie militaire (fig. 761) est formé de
- Fig. 761. — Pile humide Trouvé pour télégraphie militaire.
- trois boîtes en ébonite superposées, renfermant chacune trois couples. Une courroie rend le transport facile.
- En Italie, la téléphonie militaire emploie la pile Trouvé à renversement (fig. 745).
- La télégraphie militaire espagnole se sert depuis peu de temps d’une pile imaginée par MM. Siemens frères, de Londres, et qui a rem-
- Fig. 762. — Pile Siemens (télégrapme militaire espagnole).
- placé la pile Siemens et Halske, de Berlin. Elle dérive du système Marié-Davy. Des jarretières de caoutchouc maintiennent ensemble une plaque
- - PISTOLET DE VOLTA.
- de charbon C, une plaque de zinc Z, une éponge humide E et une masse M formée de sulfate mercureux aggloméré par pression. Un vase solide en ébonite Y reçoit le tout (fig. 762)-12 éléments ne pèsent pas plus de 3 kilogrammes. Cette pile est donc légère, peu embarrassante, assez énergique et ne renferme pas de liquide libre.
- Accouplement des piles. — Yoy. Couplage.
- Effets des piles. — Yoy. Effets et Électro-lyse.
- Pile secondaire. — Yoy. Accumulateur.
- Pile locale. — Pile placée au point considéré et dont le courant doit traverser, au moment voulu, un circuit de petite longueur et purement local. En télégraphie, ce circuit comprend un relais ou tout autre appareil auxiliaire.
- PINCE EXPLORATRICE. — Voy. Explorateur.
- PINCE GALVANO-CAUSTIQUE. — Syn. de
- Anse galvanique.
- PINCE THERMO-ÉLECTRIQUE. - Sorte de thermomètre électrique (voy. ce mot) formé de deux éléments thermo-électriques montés en série. Le corps chaud est placé en contact avec les deux soudures. Cette disposition a été employée notamment par Wiedemann et Franz pour étudier la conductibilité calorifique des solides.
- PISTOLET MAGNÉTIQUE. — Appareil servant à vérifier les lois des aimants tubulaires, et imaginé par du Moncel. C’est un électroaimant dont le noyau est un cylindre creux, dans l’intérieur duquel on place, près d’une extrémité, un bouchon de fer pouvant glisser librement. Lorsqu’on fait passer le courant, ce bouchon prend la même aimantation que le pôle voisin, et la répulsion de celui-ci le projette à plusieurs mètres.
- PISTOLET DE VOLTA. — Petit vase métalli-
- Fig. 763. — Pistolet de Volta.
- que D traversé en un point par une tige de cuivre isolée A qui se termine intérieurement à une pe tite distance de la paroi opposée. On remp
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- PLAN D’ÉPREUVE. — PLATINAGE.
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- cet appareil d’un mélange détonant d’oxygène t d’hydrogène ou même de gaz d’éclairage et d'air, et l’on fait passer une étincelle en approchant la tige isolée d’une machine électrostatique, le vase lui-même étant relié au sol. Le mélange détone et le bouchon est projeté (fig. 163).
- PLAN D’ÉPREUVE. — Petit appareil imaginé par Coulomb pour étudier la distribution de l’électricité à la surface d’un conducteur en équilibre. Le plan d’épreuve est formé d’un très petit disque conducteur fixé à l’extrémité d’un fil de verre verni à la gomme laque et terminé par un fil de gomme laque, pour mieux isoler le disque.
- En appuyant ce disque sur la surface du conducteur étudié, il se substitue à l’élément de surface qu’il recouvre, et prend la charge de cet élément. On pourra donc connaître cette charge en enlevant le plan d’épreuve bien normalement et le portant, en guise de boule fixe, dans la balance de torsion, dont la boule mobile recevra une charge constante. On détermine la torsion nécessaire pour maintenir la boule mobile à une distance donnée. Si l’on répète cette opération en touchant avec le plan d’épreuve différents points de la surface, les torsions observées sont proportionnelles aux charges de ces points. Le cylindre de Faraday offre une méthode plus simple et plus commode.
- PLANTE ÉLECTRIQUE. — Un journal de Madras contient la description suivante d’une plante électrique qui aurait été découverte dans l’Inde :
- A une distance de 6 mètres, l’aiguille aimantée est impressionnée; elle est entièrement affolée si on l’approche près de la plante. L’énergie de cette singulière influence varie avec l’heure du jour. Toute-puissante à 2 heures après midi, elle est absolument nulle pendant la nuit. Dans un temps d’orage, son intensité augmente dans une remarquable-proportion. Quand il pleut, la plante semble succomber et incline la tête sans force, même si elle est protégée contre la pluie. A ce moment, on ne ressent aucun choc en irisant ses feuilles et en outre l’aiguille ai-oiantée demeure immobile. Personne n’a vu d oiseau ni d’insecte se poser sur la plante électrique ; un instinct semble les avertir qu’ils trouveraient là une mort certaine.
- PLAQUE DE GARDE. — Syn. d’AXNEAU DE UAftDE.
- PLAQUE DE TERRE. — Plaque métallique '•lui termine un fil de terre et s’enfonce dans un
- terrain humide pour établir la communication avec le sol.
- PLATEAU ÉLECTRIQUE. — Plateau de verre ou de résine qu’on électrise par frottement.
- PLATINAGE. — Opération ayant pour but de recouvrir un objet métallique d’un dépôt de platine par l’électrochimie. Roseleur fait dissoudre à chaud 10 grammes de platine laminé ou mieux de mousse de platine dans un mélange de 150 grammes d’acide chlorhydrique et de 100 grammes d’acide azotique à 40°. Quand la dissolution est assez épaisse, on laisse refroidir, on ajoute 500 grammes d’eau distillée et on filtre. On dissout d’autre part 100 grammes de phosphate d’ammoniaque dans 500 grammes d’eau. On mélange : il se forme un précipité abondant de phosphate ammoniaco-platinique, et la liqueur est orangée. On ajoute peu à peu, en agitant, 500 grammes de phosphate de soude dissous dans un litre d’eau. On fait bouillir jusqu’à ce que la solution devienne acide et incolore. Cebaindoit être employé chaud, avec un courant assez énergique. On l’entretient au degré convenable par l’addition du précipité de phosphate ammoniaco-platinique.
- M. W. H. Wahl, de Philadelphie, a proposé récemment l’emploi de bains alcalins, formés de
- Hydrate de platine.... 12,48 grammes
- Potasse caustique..... 50 grammes.
- Eau distillée......... 1000 —
- On dissout la moitié de la potasse dans 250 grammes d’eau, on ajoute l’hydrate de platine en agitant, puis, on dissout le reste de la potasse dans une égale quantité d’eau et l’on mélange. Si l’on veut un dépôt épais, on ajoute quelques goutttes d’acide acétique. L’anode peut être en platine ou en charbon. La température ne doit pas dépasser 40°. On emploie une force électromotrice de 2 volts et le dépôt se fait rapidement.
- Le même auteur emploie aussi des bains à l’acide oxalique et à l’acide phosphorique ; ces derniers contiennent :
- Acide phosphorique sirupeux (D = l,7). 50 gr.
- Hydrate de platiue...................... 12 à 15
- Eau distillée........................... 1000
- On étend l’acide d’un peu d’eau et l’on dissout l’hydrate à l’ébullition, en remplaçant l’eau qui s’évapore, puis on réduit à 1 litre. Ce bain s’emploie à chaud ou à froid, avec un courant un peu plus fort que le précédent.
- Le platinage s’est beaucoup développé dans ces dernières années. Le dépôt de platine, mat
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- PLATINOIDE
- — PLUME ÉLECTRIQUE.
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- et d’un gris perlé, est très dur et doit être bruni en frottant fortement avec des brosses en fer. Pour avoir un dépôt très mince, on brunit la pièce avant de la mettre dans le bain; il suffit ensuite de frotter le dépôt à la peau et au rouge d’Angleterre.
- PLATINOIDE. — Alliage imaginé par M. Mar-tino, de Sheffield, et formé de maillechort mélangé avec 1 à 2 p. 100 de tungstène. Les constructeurs anglais l’ont substitué au maillechort dans la construction des bobines de résistance, parce que sa résistance varie encore moins
- avec la température. Sa résistance spécifiqUe est 1,5 fois celle du maillechort, laquelle est 21,7 microhms. La variation par degré centigrade estj 0,000208 microhm, d’après M. Bot-tomley, tandis qu’elle est 0,00044 pour le mail-lechort.
- PLATYMÈTRE. — Condensateur double imaginé par sir W. Thomson et formé d’un cylindre cc autour duquel sont disposés deux anneaux p et p', de même longueur et de même rayon, concentriques au cylindre, et parfaitement isolés (fig. 764). Ces deux anneaux sont
- Longitudinal Section o£ Ëlatymetei* j
- Section Üu-oaglb AJ3.
- Fig. 7(54. — Platymètre (coupe longitudinale et transversale).
- assez éloignés pour ne pas s’influencer réciproquement. Le cylindre cc communique avec un électromètre.
- Le platymètre sert à mesurer les capacités. Si l’on porte l’un des anneaux p à un potentiel Y et qu’on le mette en communication avec
- Y
- l’anneau p', le potentiel devient — par le partagé des charges, et le potentiel du cylindre reste nul. On relie alors les deux anneaux pp' aux deux capacités que l’on veut comparer. Si le potentiel du cylindre cc reste encore nul, ces deux capacités sont égales.
- Si les anneaux pp' n’avaient pas la même capacité, tout se passerait encore de même, mais, dans la seconde expérience, les capacités comparées, au lieu d’être égales, seraient dans le même rapport que celles des anneaux.
- PLOMB DE SÛRETÉ. — On donne ce nom à des dispositions semblables à celles du coupe-circuit: un fil ou une lame fusible de plomb ou d’étain interposé sur un conducteur pour éviter les accidents provenant d’une augmentation anormale de l’intensité.
- PLOT. — Le plot ou goutte de suif est une
- petite pièce métallique, en forme de calotte sphérique très aplatie, sur laquelle vient s’appuyer la manette de certains commutateurs ou interrupteurs pour établir les contacts (voy. fig. 167). On donne encore le nom de plots aux bandes métalliques disposées sur les boîtes de résistances et sur certains commutateurs à fiches.
- PLUIE DE FEU. — Expérience imaginée par du Moncel. Deux plaques de verre parallèles sont recouvertes extérieurement de feuilles d’étain communiquant avec les deux pôles d’une bobine d’induction. On observe entre les lames de verre une véritable pluie de feu.
- PLUME ÉLECTRIQUE. — Plusieurs inventeurs ont imaginé des dispositions permettant de reproduire les dessins ou l’écriture en perçant le papier d’une foule de petits trous.
- M. Martin de Brettes pose le dessin, imprègne de cyanure jaune, sur une feuille de cuivre en communication avec le pôle positif d’une bobine de Ruhmkorff, et promène à sa surface un fil de platine en communication avec l’autre pôle ; les étincelles percent le papier en suivant le dessin. Ce procédé a été applique à U
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- PLUVIOGRAPHE OU PLUVIOMÈTRE ENREGISTREUR.
- reproduction des dessins sur les étoffes à J M. Bellet remplace le fil de platine par un broder. I crayon à la mine de plomb, de sorte que le
- Fig. 76o. — Plume électrique Edison.
- dessin est perforé pendant qu’on le trace.
- La plume électrique d’Edison consiste en un petit moteur mû par une pile et fixé au sommet d’un tube terminé en pointe, qui présente les dimensions d’un porte-plume ordinaire (flg. 765). Le moteur commande un arbre qui tourne sur lui-même et communique, à l’aide d’une came triangulaire, un mouvement de va-et-vient très rapide à une aiguille placée dans l’intérieur du tube. L’aiguille se trouve ainsi projetée hors du tube 9 000 à 10 000 fois par minute. Si on promène la plume sur une feuille de papier reposant sur du papier buvard, on peut écrire aussi vite qu’avec une plume ordinaire; mais les caractères sont formés d’une série de petits trous extrêmement rapprochés. Le patron ainsi obtenu est tendu sur un châssis et l’on passe sur sa surface un] rouleau imprégné d’encre. L’encre traverse les trous et imprime les caractères sur une feuille blanche placée au-dessous. Un seul patron peut donner 2000 copies à raison de 300 à 400 par heure. On peut faire deux patrons à la fois, en écrivant sur deux feuilles superposées.
- PLUVIOGRAPHE OU PLUVIOMÈTRE ENRE-
- GISTREUR. — Appareil inscrivant la hauteur d’eau tombée. Le modèle représenté figure 766 renferme à gauche le cylindre destiné à rece-'0ir l’eau de pluie, qui est relié, comme d’ordinaire, à un entonnoir de même diamètre disposé au haut de l’édifice. Le tracé des abs-Clsses et des ordonnées se fait sur l’appareil ’ttèine. Pour cela, on dispose d’abord la feuille papier sur le cylindre de droite, et on la divise en abscisses et ordonnées au moyen du CraJ'on porté par les glissières divisées placées
- à sa gauche. Toutes les semaines, on substitue
- Fig. 76G. — Pluviographe.
- le cylindre ainsi divisé à celui du milieu, pour qu’il serve à l’enregistrement. Il est alors mû
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- 618 POINT CONSÉQUENT. —
- par l’horloge, qui lui fait faire un tour en vingt-quatre heures. L’enregistrement est fait par un crayon suspendu à un fil qui passe sur deux poulies et soutient un flotteur placé dans le cylindre de gauche. Le porte-crayon est muni d’un électro-aimant, disposé en trembleur électrique, et qui permet d’enregistrer en même temps un autre phénomène météorologique. Le tracé interrompu et pointillé donne aux endroits de la courbe où il se produit les diverses indications dont on a besoin. Nous avons décrit à l’article Enregistreur des dispositions qui s’appliquent à ces appareils.
- POISSON ÉLECTRIQUE.
- POINT CONSÉQUENT. — Pôle supplémer.-
- taire d’un aimant, non situé à l’une des extrémités. (Voy. Aimant et Aimantation.)
- POINT D’ÉLECTION OU POINT MOTEUR. -Point où il convient d’appliquer une électrode pour exciter un muscle ou un nerf.
- Duchenne (de Boulogne), puis Ziemssen ont montré que, pour les muscles, les points moteurs se trouvent à l’entrée du principal rameau moteur dans le muscle.
- POINT NEUTRE. — Voy. Ligne neutre.
- POINTES (Pouvoir des). — Si un conducteur électrisé est muni d’une pointe, la densité tend
- Fig. 767. — Poisson lumineux.
- à devenir infinie sur cette pointe ; il en est de même de la pression électrostatique, et par suite l’électricité passe du conducteur sur les masses d’air qui l’entourent. L’équilibre ne peut exister tant que la pointe n’est pas ramenée à l’état neutre. Un conducteur muni d’une pointe se décharge donc rapidement. Il en est de même si l’on approche d’un conducteur électrisé une pointe reliée au sol, qui se charge par influence et par suite envoie sur le corps de l'électricité contraire à celle qu’il possède.
- Cette propriété des pointes explique la con-
- densation des fumées par l’électricité. Les poussières ou les fumées électrisées au contact d’une des pointes sont attirées par l’autre et se précipitent sur elle. (Voy. Condensation des fumées.)
- POINTEUR ÉLECTRO - MAGNÉTIQUE. "
- Appareil imaginé par M. Noël pour étudier la durée physiologique des réflexes tendineux pour les membres supérieurs et pelviens.
- POISSON ÉLECTRIQUE. — Poisson muni d’un appareil électrique capable de donner des secousses. (Voy. Électrogène.)
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- POISSON LUMINEUX. — POLYSCOPE.
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- POISSON LUMINEUX. — Expérience imaginée par Trouvé. On fait avaler à un brochet (fi®. 767) ou à un autre poisson une petite lampe à incandescence, fixée au bout de deux conducteurs suffisamment solides. La lampe aI-rive bientôt dans l’estomac de l’animal : lorsqu’on fait passer le courant, la. lumière électrique rend le corps du poisson d’une transparence suffisante pour permettre d’apercevoir la plupart des organes.
- POLARISATION DES BOBINES DE RÉSISTANCE. — Phénomène découvert par M. Men-denhail en 1887, et qui consiste en ce que ces bobines prolongent pendant quelques instants le courant de la source après que l’action de celle-ci a cessé.
- POLARISATION DES DIÉLECTRIQUES. —
- Mossotti, puis Faraday ont montré qu’on peut expliquer le rôle des milieux diélectriques en leur appliquant une hypothèse imaginée par Poisson pour le magnétisme. Sir W. Thomson a développé cette théorie, d’après laquelle un diélectrique, primitivementàl’étatneutre, placé dans un champ électrique, subit une polarisation analogue à celle qu’éprouve un corps magnétique sous l’action d’un champ magnétique, chaque élément prenant à sa surface une charge négative dans la région par laquelle pénètre le champ, et dans l’autre une charge positive égale à la première. Les masses électriques intérieures se neutralisent de proche en proche, et l’hypothèse précédente revient à admettre que le diélectrique s’électrise seulement à la surface, négativement en tous les points par lesquels pénètre le champ, positivement en tous les autres, ces deux charges étant égales.
- Il faut remarquer que cette couche de polarisation apparaît et disparaît instantanément. Elle ne doit pas être confondue avec l’électrisation qui pénètre peu à peu dans l’intérieur du diélectrique, lorsque l’influence du champ Persiste pendant un temps appréciable.
- POLARISATION DES ÉLECTRODES OU DES PILES. — On donne ce nom au dépôt d’hydro-§ene qui se forme sur les électrodes. Dans la pile de Yolta et les piles analogues à un seul Dqiaide, la polarisation affaiblit rapidement le c°urant, d’abord intense; c’est ce qui a fait aEandonner ces modèles de piles.
- ^oici en quoi consiste la polarisation. L’eau acidulée contenue dans chaque couple attaque 2inc en donnant du sulfate de zinc et de Jdrogène. L’hydrogène, qui suit le sens du jurant, se rend au pôle positif, mais il ne se 8age qu’en partie, et il en reste sur la lame
- de cuivre une certaine quantité qui la recouvre d’une sorte de gaine. Ce dépôt d’hydi'ogène, qui est beaucoup moins conducteur que le liquide, forme évidemment un obstacle au passage du courant et augmente ce qu’on appelle la résistance du couple. En outre, et c’est là un inconvénient encore plus grave, l’hydrogène ainsi déposé tend à s’oxyder de nouveau et à reformer de l’eau acidulée : de là résulte une nouvelle force électromotrice qui agit en sens contraire de la première et par conséquent la diminue; on l’appelle force électromolrice de polarisation, et l’on dit que les électrodes se polarisent quand l’hydrogène s’accumule ainsi sur le pôle positif.
- POLARISATION DE LA LUMIÈRE (Rotation
- MAGNÉTIQUE DU PLAN DE). — Voy. POUVOIR ROTATOIRE MAGNÉTIQUE.
- POLARISATION DES TISSUS. — On a pensé que les tissus du corps humain se polarisent à la manière des électrodes pendant la galvanisation. Ce fait n’est pas prouvé.
- POLARITÉ MAGNÉTIQUE ET DIAMAGNÉTI-QUE. — Yoy. Ma gnétique (Corps).
- POLE D’UN AIMANT. — Point d’un aimant (Yoy. ce mot) qui attire le plus fortement la limaille de fer.
- POLE D’UNE PILE. — On donne ce nom aux deux extrémités d’une pile.
- Le pôle négatif correspond au métal attaqué (généralement le zinc), le pôle positif au corps non attaqué. Le pôle positif est encore celui qui a le potentiel le plus élevé. (Yoy. Pile.)
- Chercheur ou indicateur de pôle. — Voy. Indicateur.
- POLE MAGNÉTIQUE TERRESTRE. — On
- donne ce nom aux points du globe pour lesquels l’inclinaison est de 90°. Le pôle boréal est au nord de l’Amérique, par 70° 10' de latitude nord et 100° 40' de longitude ouest. Le pôle austral est au sud de la Nouvelle-Hollande par 75° de latitude sud et 136° de longitude est.
- P0LYGRAPHE. — Enregistreur destiné aux phénomènes physiologiques et dans lequel le tracé est produit par l’action d’un courant sur un papier imprégné d’iodure de potassium et d’amidon. Le polygraphe a été imaginé par M. Ragosine.
- P0LYPH0TE (Lampe). — Régulateur pouvant être monté avec plusieurs autres dans un même circuit. (Yoy. Lampe.)
- P0LYRHÉ0LYSEUR. —Rhéolyseuràplusieurs branches destiné à envoyer des dérivations dans plusieurs circuits.
- POLYSCOPE. — Appareil imaginé par
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- 620 POMPE ÉLECTRIQUE. — POMPE VOLTAÏQUE.
- M. Trouvé et destiné à l’éclairage des’ cavités intérieures. Un manche isolant, muni d’un interrupteur, reçoit de petites lampes à incandescence, ayant des réflecteurs émaillés de orme variable (fig. 768), qui concentrent la
- Fig. 768. — Polyscope de Trouvé.
- lumière dans la direction voulue et empêchent réchauffement des parties voisines. Pour les cavités profondes, la lampe est renfermée dans une sonde creuse munie d’un prisme à réflexion totale et d’un système optique qui fournit à l’observateur une image légèrement agrandie. La lampe est placée quelquefois dans un réservoir en verre plein d’eau, pour empêcher réchauffement.
- Ces lampes sont alimentées par un petit accumulateur en plomb, genre Planté, qu’on charge à l’aide de deux éléments Bunsen ou de quatre éléments Callaud. Un petit galvanomètre reçoit en sens contraire le courant de la pile et celui de l’accumulateur, ce qui permet de suivre la marche de la charge. L’accumulateur est muni d’un rhéostat très simple (Voy. Rhéostat). Pour éviter de brûler les filaments des lampes, on donne d’abord au rhéostat la résistance maximum, puis on la diminue peu à peu jusqu’à ce que la lampe ait atteint l’éclat voulu.
- POMPE ÉLECTRIQUE. — La Compagnie de la pompe électrique de Hall, à Plainfîeld (N.-J.) a étudié une pompe munie d’un moteur électrique, et destinée à maintenir constamment pleins
- des réservoirs placés près des toits pour servir à éteindre les incendies, la pression de l’eau dans les conduites étant trop faible pour cet usage. Un flotteur placé dans les réservoirs ouvre le circuit qui contient le moteur, lorsque ceux-ci se vident, et l’interrompt lorsque l’eau a repris le niveau voulu. L’appareil est donc automatique et pourrait être appliqué utilement dans beaucoup d’usines qui possèdent des installations de lumière électrique ne fonctionnant que le soir.
- POMPE VOLTAÏQUE. — Expérience faite par G. Planté avec la décharge d’une forte batterie secondaire ou d’une machine rhéostatique.
- Le fil négatif plongeant dans l’eau salée, on introduit le fil positif dans un tube capillaire, en laissant toutefois un intervalle libre d’environ un demi-centimètre à son extrémité ; aussitôt qu’on plonge le tube dans l’eau, on voit le liquide s’élever très rapidement à une hauteur de 25 à 30 centimètres et retomber en nappe sillonnée de traits brillants et de jets de vapeur (fig. 769). L’ascension est si rapide, mal-
- gré la résistance opposée par l’exiguïté du canal, qu’on aperçoit une gouttelette lumineuse à l’extrémité supérieure du tube, aussitôt que partie inférieure touche le liquide.
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- PONT DIFFÉRENTIEL. — PONT ROULANT ÉLECTRIQUE.
- pont DIFFÉRENTIEL. — On donne parfois ce nom à l’appareil décrit plus haut sous le nom
- d’ACDlOMÈTRB. .
- PONT D’INDUCTION. — Disposition appliquée par M. Hughes à la mesure de la self-induction, et composée d’un pont de Wheatstone et d’une balance d’induction. Le pont sert à mesurer la résistance du fil et la balance à mesurer la self-induction en l’annulant par des courants induits de sens contraire.
- PONT ROULANT ÉLECTRIQUE. — Les ponts roulants sont une application récente des appareils de levage. Ceux de petite dimension sont généralement mus à la main au moyen d’en-
- grenages, les plus grands par une machine à vapeur placée sur le pont et servant aussi à élever les fardeaux.
- Le Palais des machines, à l’Exposition de 1889, contenait deux ponts roulants électriques, qui s’appuyaient sur les quatre files de poutres de transmission, et qui, après avoir servi à l’installation des machines, furent employés à transporter les visiteurs d’un bout de la galerie à l’autre.
- Le premier de ces appareils, construit par MM. Bon et Lustremant, reçoit le courant d’une dynamo Gramme, actionnée par une machine à vapeur Westinghouse à grande vitesse, de vingt-
- Fig. Ï70. — Pont roulant Mégy, Echeverria et Bazan (élévation par bout).
- cinq chevaux. Ces machines étaient placées en dehors du Palais, et deux câbles, portés par des crochets isolateurs, amenaient le courant à la dynamo réceptrice, placée sur le pont. Celle-ci transmet le mouvement aux divers organes par friction plate. Ces organes sont disposés pour Produire le levage du fardeau, son déplacement transversal par un chariot porte-crochet mo-1 e> enfin son déplacement longitudinal par le gouvernent total du pont sur les rails. Le poids °tal était d’environ 22 tonnes, et le pont pou-Vait recevoir 90 à 100 personnes-^ autre pont, établi par MM. Mégy, Echeverria Q tlazan, était mû par une dynamo réceptrice du système Miot (fig. 770), recevant le mou-eiïient d’une génératrice installée dans un bâ-
- timent voisin. Cette dynamo transmet le mouvement à un arbre général de transmission B, en diminuant la vitesse par l’intermédiaire d’une série d’engrenages. Cet arbre porte trois groupes d’appareils de manœuvre (fig. 771), sur lesquels nous n’avons pas à insister ici, et dont les organes principaux sont des embrayages Mégy, représentés en détail (fig. 772).
- Le système 1 sert à transmettre le mouvement de l’arbre B à l’appareil de déplacement transversal de la charge perpendiculairement à la grande voie de déplacement du pont. Le système 2 sert à lever et abaisser la charge, et donne par suite le mouvement à un treuil muni d’un régulateur système Mégy. Enfin le système 3 déplace le pont tout entier sur sa voie.
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- PONT ROULANT ÉLECTRIQUE.
- Le mouvement est communiqué à l’arbre I, sur lequel est calé un embrayage M à dents, qui
- actionne une des roues N ou O, et produit par suite une vitesse de translation différente, ces
- Fig. 771. — Pont roulant (ensemble des trois mouvements d’embrayage).
- roues commandant soit la roue P, soit la roue P', calées sur l’arbre des roues du pont. La manœuvre de l’embrayage M est faite par la tringle Q,
- qui actionne un levier calé sur l’axe b et donnant le mouvement par des pignons d’angle à la tige c, sur laquelle est calé le levier actionnant
- Fig. 772. — Pont roulant (détail de l’un des mouvements d’embrayage).
- l’embrayage M. Sur la figure 771, le levier R actionne le système 1, le levier T le système 2, et S le système 3.
- La figure 773 montre la disposition ingénieuse
- par laquelle tous les mouvements peuvent e r commandés facilement d’un seul endroit p sur le pont, ou du sol à l’aide de chaînes P® dant jusqu’à terre. Les leviers RST se terrmn
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- PONT TOURNANT ÉLECTRIQUE.
- mu
- par des crémaillères R'S'T' engrenant avec des pignons rst calés sur des arbres dont les deux premiers sont creux; l’arbre du pignon t, qui
- seul est plein, se trouve contenu dans celui de s, qui est à son tour enfermé dans celui de r. Sur chacun de ces arbres est calée une des
- i S
- Fig. 773. — Manœuvre du pont.
- roues U, Y, X, avec lesquelles engrènent les pignons sur les axes desquels sont calés des volants u, v, x, munis de gorges sur lesquelles peuvent passer des chaînes. Chacun de ces vo-
- lants commande donc un des mouvements, et la direction de tout l’appareil se trouve centralisée en un seul point.
- PONT TOURNANT ÉLECTRIQUE. — Applica-
- ll°n de la transmission de l’énergie à la ma- i plusieurs installations de ce genre, notamment ^oeuvre des ponts tournants. Le moteur 1 à Bridgeport, Conn., par la Neio England Electric honison-Houston a été récemment utilisé pour ! Supply C° (fîg. 774 et77o). Ce pont, qui a 180 pieds
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- PONT TOURNANT ÉLECTRIQUE.
- de long et 60 de large, et qui pèse 320 tonnes, était, avant l’emploi de l’électricité, manœuvré par trois hommes ; l’opération exigeait au moins six minutes, ce qui, vu la circulation très active qui a lieu en ce point, causait un embarras des deux côtés et gênait fortement le trafic.
- Avec l’électricité, la manœuvre se fait en deux minutes et ne demande qu’un seul homme, ce qui fait une économie notable de temps et d’ar-
- gent. Le moteur, placé sous le tablier du pont reçoit le courant par deux câbles sous-marins qu’un commutateur rattache au circuit général d’éclairage de la ville. Ce commutateur sert à renverser le sens de la marche; un rhéostat régularise la vitesse du moteur. Le commutateur le rhéostat, le coupe-circuit sont enfermés dans une boîte complètement étanche, située dans la charpente du pont, et sont facilement accessi-
- bles. L’homme chargé de la manœuvre a toute l’installation sous la main et peut régler facilement la vitesse et le sens de la rotation.
- Le moteur a une puissance de 7,5 chevaux. Son arbre se termine par un pignon, qui mène un train d’engrenages, dont le dernier organe est l’arbre de rotation du pont, qui était manœuvré autrefois à bras d’homme.
- PONT DE WHEATSTONE. — Disposition indiquée par Wheatstone et employée très sou-
- vent pour mesurer les résistances. On donne le même nom aux appareils qui servent à réaliser cette disposition.
- Supposons qu’entre deux points A et (fig. 776), le courant d’une pile se divise en deux dérivations ACB et ADB, et qu’on joigne deux points tels que B etD par un fil. Cherchons la condition pour que ce fil ne soit traversé par aucun courant.
- Soient r15 r2, r3, r4 les résistances des quatre
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- PONT DE WHEATSTONE.
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- fils, ? celle du pont, ilf U, i3, %k et % les intensités correspondantes. En appliquant les lois des
- Fig. 776. — Pont de Wheatstone.
- courants dérivés au circuit ACDA, qui ne renferme pas de pile, on a
- H rl “P 7p — 7*3 7*3 = 0.
- Le circuit CBDG donne de même
- 72 7*2 — — ip = 0.
- Aux points G et I), on a
- i = 2 J — i.2 = i3 —
- Supposons '« = 0, il vient
- 7*1 7*1 = 73 7’3 72 7*2 = H 7*4,
- et
- 7*1 — *2
- 73 = h;
- d’où l’on tire
- 7À = r-l
- 7*2 7-4
- Si l’on donne au rapport ~ une valeur déter-
- minée, 10, 100, 1000,... et que r, soit une résistance connue, par exemple 1 ohm, on aura facilement la valeur de r1.
- Le pont de Wheatstone n’exige pas une pile constante, le résultat étant indépendant de l’intensité totale. Un élément Daniell ou Le-clanché suffit.
- Le galvanomètre du pont peut être remplacé par un électromètre ou par un téléphone, de préférence à fil gros et court.
- Dans la méthode du pont de Wheatstone, il est bon de lancer le courant dans les branches du pont un peu avant de le faire passer dans le galvanomètre, afin d’éviter l’extra-courant de fermeture. On se sert pour cela d’une clef à
- Fig. 777. — Clef à double contact successif.
- double contact successif (fig. 777). Lorsqu’on appuie sur la clef, les contacts 1 et 2 se tou-
- POJET
- Galva noifleter
- Fig. 778. — Pont à curseur.
- C^ent d’abord et ferment le circuit des bran-
- Cu0O • O 1. r .
- > o et 4 se touchent seulement un instant P^es et ferment le pont.
- 11 certain nombre d’appareils ont été imagi-
- blCTlONNAIRE D’ÉLECTRICITÉ.
- nés pour réaliser le pont de Wheatstone. On se sert souvent du pont à fil divisé ou à curseur (fig. 778), imaginé par M. Forster, dans lequel les deux branches rt et sont figurées par deux
- 40
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- PONT DE WHEATSTONE.
- bandes de cuivre CB et CD de résistance négligeable. Ces deux branches sont coupées en leur milieu et reçoivent, l’une en x la résistance à mesurer, l’autre en R une résistance connue, par exemple une bobine étalon de l’ohm légal. Les contacts de ces deux résistances sont établis à l’aide de godets pleins de mercure. Les deux bras r3 etr4 sont figurés par les deux parties S et s d’un lîl de maillechort, tendu devant une règle divisée en millimètres, et sur lequel glisse un contact mobile A, muni d’un vernier au 1/20 et d’un poussoir, qui permet de lui faire toucher le fil pendant un instant très court. La pile s’attache en A et C, le pont, qui
- contient un galvanomètre, en B et D. En C est un commutateur à mercure qui permet, p0Ur une vérification, d’intervertir les résistances R et x. On déplace le curseur A jusqu’à ce qu’en appuyant sur le poussoir, on ne fasse pas dévier le galvanomètre, et l’on a alors
- x — r i.
- S
- g
- Le rapport - est donné par la règle divisée.
- Au lieu du pont à curseur, on peut employer des boîtes de résistances (fig. 119, 120 et 121) formant pont de Wheatstone ; c’est une forme
- Fig. 779. — Mesure des résistances par le pont de Wheatstone.
- peut-être moins commode, mais plus rigoureuse, car le premier modèle suppose que le fil de maillechort a une résistance uniforme dans toute sa longueur. Or cette condition est rarement réalisée, à cause des éraillures faites par le curseur.
- La figure 779 montre une installation complète pour la mesure rapide des résistances par le pont de Wheatstone. Le galvanomètre Deprez-d’Arsonval est muni de la règle divisée décrite plus haut (voy. Méthode du miroir) ; un élément Daniell à ballon produit le courant; les quatre branches du pont sont formées par la caisse placée en avant de la figure.
- La table de mesures décrite plus haut
- (voy. Mesures) est disposée pour former un pont de Wheatstone. Les communications sont alors établies comme sur la figure 780. Les par-ties AB, AD et BC de la caisse forment trois des branches du pont; la quatrième est constituée par la résistance inconnue, placée en9.Al’aide de la clef 13 à double contact successif, on fad passer le courant d’abord dans les branches du pont, puis dans le galvanomètre, convenablement shunté. On fait varier la résistance ^ jusqu’à ce que le galvanomètre soit au zéro-La figure 781 montre un pont de Wheatstone d’une forme très pratique, destiné aux mesures industrielles. L’appareil contient tous les or ganes nécessaires, et les connexions sont éta
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- PONT DE WHEATSTONE.
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- blies d’avance. On voit à gauche les deux bornes auxquelles s’attache la pile, et entre elles le foouton de la clef à deux contacts successifs. La résistance s’attache aux deux bornes qu’on voit en avant, un peu à gauche du galvanomètre, qui occupe le centre de la table. Le cadran de ce galvanomètre peut tourner de manière à ame-ner le zéro sous l’extrémité de l’aiguille. La table renferme en outre un pont de Wheatstone et un shunt à l’aide duquel on peut donner aux
- bobines du pont une valeur plus ou moins grande.
- MM. Woodhouseet Rawson construisent pour les mesures industrielles un pont de Wheatstone très portatif (fig. 782). Les deux branches de proportion sont formées par deux fils en alliage de platine et d’argent, enroulés sur deux pas de vis pratiqués sur la surface d’un cylindre en ébonite, et reliés avec les deux autres branches l’un par son extrémité infé-
- B 8
- Fig. 780. — Table de mesures disposée en pont de Wheatstone.
- |,'eure, l’autre par l’extrémité supérieure. Sur e cyhndre fileté se meut un anneau à l’inté-|jleur duquel se trouvent un ressort et un galet contact, destinés à faire communiquer les Uï dis d’argent. Quand on tourne cet anneau^ ^allonge l’un des fils d’argent et l’on raccour-
- 1 autre : le rapport g est donné par une gradation qui entoure l’appareil. Le cylindre ren-j 1116 filtre bobines de résistance .0,1 — 1 — int ^ °dnis, que l’on peut à l’aide d’une fiche ercaler sur l’un des bras du pont. On voit
- encore sur l’appareil les bornes servant à établir les communications avec la pile, le galvanomètre, la résistance inconnue et la résistance étalon.
- On emploie avantageusement avec cet appareil le galvanomètre astatique décrit plus haut (fig. 381), dans la base duquel on peut installer une résistance en charbon d’un mégohm pour servir d’étalon. Le tout est placé dans une boîte facile à transporter.
- Pont double de Thomson. — Les appareils décrits plus haut sont destinés les premiers à
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- PONT DE WHEATSTONE.
- la mesure des résistances moyennes, les derniers à celle des grandes résistances. Pour les résistances très faibles, on peut employer une modification imaginée par sir W. Thomson et
- qui est très sensible. Le fil de proportion est remplacé par deux fils (fig. 783) : l’un PQ p0rte comme dans le pont simple un curseur G relié au galvanomètre ; mais les deux bouts de ce fil
- Fig. 781. — Table de mesures linéaires (Desruelles).
- communiquent avec deux curseurs isolés AjB^ qui se déplacent sur un autre fil AB en restant à la même distance l’un de l’autre. Les extrémités du second fi] sont reliées d’une part avec
- la pile E, de l’autre avec l’extrémité fixe D du pont, par l’intermédiaire de la résistance inconnue a' et de la bobine étalon b'.
- Si la résistance de la portion du fil AB com-
- prise entre les deux curseurs A1B1 est exactement égale à la résistance totale de PQ, on a
- a/_
- b'
- a + l
- Sir W. Thomson et M. Yarley ont donné au pont double la forme représentée par la d' gure 784. Chaque fil est remplacé par une série de bobines égales, disposées en tension. La première série comprend 101 bobines de 1000 ohms chacune, la deuxième 100 bobines de 20 ohms. Elles sont disposées en cercle dan»
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- PONT DE WHEATSTONE.
- 621)
- deux boîtes identiques; sur la première tourne | prennent toujours entre eux deux bobines de un double curseur dont les deux contacts com- I 1000 ohms, c’est-à-dire une résistance égale à
- 1000 100 10 10 100
- 1000 luo 10 10 100
- Fig. 785. — Pont de MM. Siemens et Halske (principe).
- la '
- dei>reS'^ance de seconde boîte.
- niere Porte un contact simple.
- La manette du second cadran étant sur le bouton, on tourne celle du premier jusqu’à ce
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- 630
- PONT DE WHEATSTONE.
- que l’équilibre soit à peu près établi, puis on déplace l’autre jusqu’au contact qui donne l’équilibre le plus approché. Si le premier contact s’est arrêté sur la bobine d’ordre M, et le second sur celle d’ordre M', on a
- a = 1000 M b = (101 - M — 2) 1000 a1 = 20M' bt— 100 —M';
- d’où l’on tire
- b' 1000 1
- a' ~ 100 M + M'
- Lorsque M est voisin de 50, c’est-à-dire lorsque
- le rapport cherché est peu éloigné de l’unité une erreur d’une bobine sur le second cadran
- ne donne qu’une erreur de pour le rap-
- port ^ ; l’approximation est moindre lorsque le
- premier contact s’arrête près d’une des extrémités, mais on peut encore obtenir une valeur très exacte en prenant successivement les deux nombres M et M-f-1 qui comprennent le résultat cherché.
- MM. Siemens et Halske construisent pour les résistances très faibles un appareil qui est une modification du pont de Thomson. On met en série une pile B de grande intensité (fig. 785), une clef de contact C, un fil D étalonné et gradué, sur lequel glisse un curseur e, enfin la pièce W, dont on veut mesurer la résistance X entre les points bb. Aux points o et e du fil gradué, ainsi qu’aux extrémités bb de la résistance à mesurer, s’attachent les branches du pont mnop, entre lesquelles sont disposés le galvanomètre à miroir g g et la clef c.
- Fig. 78C. — Pont de MM. Siemens et Halske.
- La clef G étant fermée, on choisit convenablement les résistances m,n,o,p, et l’on fait glisser le curseur e jusqu’à ce que le galvanomètre s’arrête exactement au zéro.
- Soit N la longueur de fil à intercaler entre o et e. Si l’on fait m—n et p = o, l’équilibre est établi pour N=X. Si l’on règle les branches pour avoir
- n o
- m p
- 'équilibre aura lieu pour
- X = N — = N - m p
- I est commode de faire — égal à 10, 1> pf
- p
- 100
- , etc.
- La figure 786 montre la disposition ommunications et l’aspect de l’appareil- e
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- PORTE-MONTRE (Poste). -
- bines qui forment les quatre branches m, n,o,p, «ont placées dans une boîte circulaire, entoure parle 111 étalonné D, sur lequel glisse le curseur e. N est la résistance de la partie oe. Les bornes g g reçoivent le galvanomètre, xx la résistance inconnue, et les bornes HK (Haupt-stromkreis) les pôles de la batterie B (2 à 4 éléments Bunsen), dont l’un par l’intermédiaire de la résistance W. Le dessin en perspective montre les différents organes, notamment le fil gradué et le cercle divisé qui l’accompagne, le curseur e à gauche de la figure, les bornes et les clefs de contact G et c.
- Applications. — Le pont de Wheatstone sert à faire toutes les mesures qui se ramènent à une détermination de résistance, notamment à rechercher les dérangements, à mesurer l’isolement d’un câble, etc.
- PORTE-MONTRE (Poste) et PORTE-VOIX ÉLECTRIQUE. — Noms donnés par M. Mildé à des postes microtéléphoniques domestiques ; le second est destiné à remplacer les tuyaux acoustiques.
- POSITIF. — Voir Électricité et Pile.
- POSTE AUX LETTRES ÉLECTRIQUE. —
- M. Werner Siemens a proposé de transporter les lettres à l’aide d’une petite locomotive électrique roulant sur des rails dans un tube carré en tôle de fer de 50 cm. de côté, servant aussi de conducteur. Le retour se ferait par la terre, de sorte que la résistance ne dépasserait pas 0,02 ohm par kilomètre. Une seule machine génératrice suffirait pour 20 kilom. de ligne. La voiture boîte à lettres poussée par le moteur étant très légère, celui-ci pourrrait faire 1000 tours par minute, et atteindrait 60 kilom. à l’heure. On produirait les arrêts en rompant le circuit.
- POSTE MICROTÉLÉPHONIQUE. — Poste télégraphique dont les transmetteurs sont des microphones et les récepteurs des téléphones. voy. ces mots.
- POSTE TÉLÉGRAPHIQUE. — Ensemble des aPpareils servant à recevoir ou à transmettre une dépêche. Le mot poste est pris souvent comme synonyme de bureau. On dit encore sta-Üon télégraphique.
- Voici les abréviations employées par l’Admi-nistration française des postes et télégraphes Pour désigner les différentes sortes de postes ^graphiques.
- ^’/lt Service permanent (de jour et de nuit).
- ' ' Service de jour prolongé jusqu’à 11 heures du soir (cette abréviation n’est employée que dans la nomenclature des bureaux de Paris).
- POSTE TÉLÉGRAPHIQUE. 631
- N/12. Service de jour prolongé jusqu’à minuit.
- N/9. Service de 7 heures ou 8 heures du matin, suivant la saison, à 9 heures du soir, sans aucune interruption.
- MC. Service de jour complet. Les bureaux à service de jour complet sont ouverts tous les jours sans exception de 7 heures du matin en été, et de 8 heures en hiver, à 9 heures du soir.
- L. Service limité (c’est-à-dire ouvert pendant
- un nombre d’heures moindre que les bureaux à service de jour complet). Les bureaux à service limité sont ouverts de
- 7 heures du matin en été, et de 8 heures en hiver, à midi et de 1 heure à 7 heures du soir, pendant la semaine; de 7 heures du matin en été, et de 8 heures en hiver, à (0 heures du matin, et de midi à 3 heures du soir, les dimanches et jours fériés.
- ML. Service municipal limité. 1° Dans les localités où le service des postes n’est pas installé, les bureaux municipaux sont ouverts : les jours ouvrables, de 9 heures du matin à midi et de 2 heures à 7 heures du soir; les dimanches et jours fériés, de
- 8 heures à 9heures du matin et de 1 heure à2 heures du soir. —2° Dans les bureaux de poste auxquels a été réuni le service télégraphique municipal, les heures d’ouverture pour les opérations télégraphiques sont identiques à celles du serviee postal qui, les jours ouvrables, sont en général fixées de 7 ou 8 heures du matin, suivant la saison, à midi, et de 2 heures à 7 heures du soir. — 3° Dans les localités où U existe un bureau de poste et un bureau télégraphique municipal géré par un agent de la commune, cet agent doit fournir des vacations identiques à celles du bureau de poste. — 4° Dans les localités où il existe un bureau ‘te poste et un bureau télégraphique non fusionnés, la durée du service dans les deux bureaux est la même et réglée d’après les heures de vacation du service le plus étendu.
- BC. Bureau ouvert pendant la saison des bains ou la saison d’été ; service complet.
- BL. Bureau ouvert pendant la saison des bains ou la saison d’été; service limité.
- BML. Bureau ouvert pendant la saison des bains ou la saison d’été; service municipal limité.
- L/BC. Service complet pendant la saison des bains ou la saison d’été, et limité le reste de l’année.
- M/BL. Service limité pendant la saison des bains ou la saison d’été, et service municipal limité le reste de l’année.
- Mre. Bureau militaire.
- Ecl. ou Bar. Bureau établi aux écluses et aux bar-
- rages des canaux et rivières canalisées, admettant au départ toutes les dépêches et n’admettant à l’arrivée que les dépêches « Télégraphe restant ».
- FMal. Service de la distribution extérieure, as-
- suré dans les bureaux d’Écluses, Barrages ou Gares, par un facteur municipal.
- S. Bureau sémaphorique. Ces bureaux re-
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- POSTE TÉLÉPHONIQUE. — POTEAU.
- 632
- çoivent non seulement les dépêches de ou pour les localités voisines, mais encore celles à destination ou provenant des bâtiments en mer.
- IP. (Nom du bureau) (Noms des concession-
- naires), pour : bureau d’intérêt privé relié à celui de... pour la correspondance spéciale de...
- Kil. Les expressions composées à l’aide de cet indice: 1 kil., 2kil., 3 kil., etc., indiquent le nombre de fois qu’il y a lieu de percevoir l’unité de la taxe d’exprès, 50 centimes, à titre de frais fixes.
- «aeg 1 kil. ou 2 kil., etc. — Gare chargée de la distribution à domicile.
- «ad D. Gare qui admet au départ tous les té-légr. et n’accepte à l’arrivée que ceux à distribuer dans l’enceinte de la gare ou adressés « Télégraphe restant ».
- V. Gare qui n'est ouverte que pour le service des voyageurs et des personnes résidant dans la gare. Les gares V ne sont en mesure de faire aucun service de distribution en dehors de l’enceinte des gares elles-mêmes; elles ne peuvent par suite accepter à l'arrivée que les seuls télégrammes adressés soit aux agents des compagnies ou au personnel des buffets, soit « Télégraphe restant ».
- ÈÜ VD. Gare qui admet au départ les dépêches des voyageurs et du personnel résidant à la gare, et n’admet à l’arrivée aucune dépêche.
- Kl Bureau ouvert au service des mandats té-
- légraphiques.
- Bureau projeté ou provisoirement fermé.
- Au point de vue de leur disposition, l’Administration française divise les postes en : 1° poste à bifurcation placé au point ou plusieurs lignes se croisent; 2° poste à embro-chage, ayant ses électro-aimants intercalés dans la ligne qui joint deux postes situés de part et d’autre; 3° poste point de coupure, dans lequel les fils allant aux postes situés de part et d’autre sont coupés et réunis par des bandes de cuivre, pour permettre de faire facilement toutes les vérifications utiles.
- Poste central. — Les grandes villes, telles que Paris, Londres, etc., ont un poste central relié d’une part à tous les postes de quartier, d’autre part à tous ceux de province, et qui centralise toutes les dépêches.
- Poste portatif. — Yoy. Télégraphe.
- Poste télégraphique et téléphonique simultané. — Poste permettant de télégraphier et de téléphoner par un même fil. (Yoy. Téléphonie).
- POSTE TÉLÉPHONIQUE. — Ensemble des appareils servant à la correspondance téléphonique. Le poste est contenu dans un bureau, avec lequel on le confond souvent.
- Ces postes se divisent en postes ou cabines
- ( publics, ouverts au public moyennant une certaine taxe, et aux abonnés sur la présentation de leur carte, et en postes d’intérêt privé On a imaginé plusieurs dispositions destinées à supprimer l’agent préposé aux cabines publiques ; mais aucune n’est encore entrée dans la pratique. (Yoy. Abonnement et Taxe.)
- POTEAU. — Support muni d’isolateurs qui soutiennent les lignes aériennes.
- Poteaux en bois. — On se sert le plus souvent de poteaux en bois de pin ou de sapin, ayant ordinairement 6 mètres de hauteur, quelquefois 8 et même 10 ou 12 mètres, pour la traversée des voies de chemin de fer, de certains chemins, etc. On les enfonce dans le sol d’environ 1,50 à 2 mètres.
- Dans les courbes, il est nécessaire de consolider les poteaux pour s’opposer à la traction opposée par les conducteurs. Les haubans constituent le procédé le plus économique; ce sont des câbles en fil de fer galvanisé, fixés à la partie supérieure du poteau et attachés d’autre part à un mur ou à un fort piquet planté dans le sol. On les place dans la direction opposée à l’action des conducteurs.
- Les poteaux couplés (fig. 787, C) offrent plus de solidité. Le poteau incliné fait l’office de jambe de force ; il se place dans la même direction que les haubans, mais dans le sens opposé. La résistance est la même que si l'intervalle qui sépare les deux poteaux était plein. La réunion des deux poteaux se fait souvent à l’aide de boulons ou de colliers en fer : il est bon de les joindre de distance en distance par des entretoises boulonnées. La tension des fils tend à enfoncer le poteau incliné; c’est pourquoi l’on place ordinairement sous le pied de ce poteau une pierre plate ou une pièce de bois qui augmente la surface d’appui.
- Les poteaux en bois sont injectés à l’aide d’une substance destinée à empêcher la fermentation de la sève et des liquides intérieurs, ainsi que l’action des insectes. En France, on se sert de sulfate de cuivre (Voy. Injection); dans quelques pays, notamment en Belgique> on fait usage de créosote, qui a l’inconvénient de brûler les mains et les vêtements des ouvriers.
- Poteaux en métal. — Les poteaux en bois sont lourds et disgracieux et peuvent finir par pourrir au bout d’un certain temps. Aussi a t-on essayé de les remplacer par des poteaux en fer ou en fonte. ^ g
- Nous citerons notamment les. poteaux > masson (fig. 787, A et B), à plantation rapi e>
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- POTELET. — POTENTIEL ÉLECTRIQUE.
- 0n voit en B comment les consoles sont rivées sur le poteau.
- Les poteaux.de MM. L. Clark, Muirhead and C° (flg. 188) sont composés d’une partie souterraine en fonte à nervures, et d’une partie aérienne, qui est un tube de fer conique, renforcé intérieurement par des feuilles d’acier. Les
- 633
- isolateurs sont portés par deux bras reliés par un anneau central, qui s’engage sur le poteau et s’y trouve retenu grâce à la forme conique de celui-ci.
- MM. Lazare Weiller et Cie construisent des poteaux formés de quatre cornières en acier, qui se réunissent vers le sommet en s’adossant
- Fig. 787. — Poteau en fer Lemasson et poteaux couplés.
- Actuellement, et sont maintenues par des en-Uetoises de distance en distance. Le tout forme Une Pyramide à base carrée.
- On a utilisé pour la construction des poteaux Métalliques la tôle et les différentes sortes de er du commerce, fer cornière, fer à T, fer ZOrès, etc. Les poteaux métalliques sont plus ec°nomiques, quand ils doivent supporter un ^nd nombre de fils ; ils sont plus faciles à
- transporter et à monter, plus durables, et peuvent recevoir des formes plus élégantes.
- POTELET. — Petit poteau fixé à un mur par des consoles à scellement. Les potelets servent notamment pour l’entrée des fils dans les bureaux.
- POTENTIEL ÉLECTRIQUE. — Propriété des corps électrisés qui se définit de la manière suivante. Sur un conducteur électrisé, la dis-
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- 634
- POTENTIEL ÉLECTRIQUE.
- tribution n’est pas en général uniforme, et la densité varie d’un point à un autre. Cependant,
- 1055t. 1059t.
- Fig. 788. — Poteaux Latimer Clark, Muirliead and C°.
- si l’on relie un point quelconque de ce conducteur par un fil long et fin avec un électromètre placé assez loin pour éviter tout phénomène d’influence, la déviation de l’aiguille ou des feuilles d’or reste la même, quel que soit le point touché de la surface ou de l’intérieur du conducteur. Si l’on double la charge totale, la déviation devient deux fois plus grande.
- S’il s’agit d’un corps isolé chargé par influence, la déviation est la même, que le point touché appartienne à la région positive, à la région négative ou même à la ligne neutre. Elle est de même signe que celle produite par le corps influençant, mais plus petite.
- Enfin la déviation est nulle pour tout corps
- en communication avec le sol, qu’il soit chargé positivement ou négativement.
- Il y a donc une propriété qui est constante en tout point d’un corps électrisé, bien que la densité soit variable; c’est ce qu’on nomme le potentiel. Le potentiel caractérise l’état électrique d’un corps, comme la température définit l’état calorifique. Le potentiel du sol est pris arbitrairement comme zéro; on ne considère donc que les potentiels relatifs. On les compte positivement lorsqu’ils donnent une déviation positive, négativement dans le cas contraire. L’échelle des potentiels est arbitraire. Le potentiel d’un corps varie proportionnellement à sa charge.
- Lorsqu’on réunit deux corps électrisés par un fil long et fin, s’il ne passe pas d’électricité de l’un sur l’autre, c’est qu’ils ont le même potentiel; sinon il passe de l’électricité du corps qui a le potentiel le plus élevé sur l’autre.
- Autres définitions. — Le sol étant conducteur, le travail nécessaire pour transporter une masse d’électricité positive égale à 1 d’un point déterminé jusqu’à un point quelconque du sol est constant (Voy. Travail). Ce travail varie seulement avec la position du point considéré. Pour la même raison, il est encore constant pour un point quelconque d’un conducteur. Si, au lieu d’une unité d’électricité, on veut transporter une masse m, le travail est évidemment multiplié par m. Le travail considéré définit donc aussi l’état électrique du corps et peut être pris comme mesure du potentiel. Cette définition a l’avantage de s’appliquer à un point quelconque du champ et de se prêtera des mesures absolues.
- Le potentiel en un point est donc mesuré par le nombre d’unités de travail nécessaires pour transporter une unité d’électricité positive de ce point jusqu’au sol par un chemin quelconque.
- Le potentiel a le même signe que le travail des forces électriques.
- On démontre que :
- La valeur de la force électrique en un point est égale à la dérivée, changée de signe, du potentiel par rapport à la normale à la surface de niveau passant par ce point.
- Si, dans un certain espace, le potentiel est constant, la force est nulle, et réciproquement.
- Le potentiel en un point est égal à la somme algébrique des quotients obtenus en divisant chacune des masses agissantes par sa distance au point considéré.
- Il résulte de là que le potentiel d’une sphère est égal au quotient de sa masse par son rayon-
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- POTENTIEL MAGNÉTIQUE. — POUVOIR ÉLECTRO-OPTIQUE.
- 635
- gu effet, c’est la valeur qu’on trouve pour le centre, et il est constant dans tout l’intérieur.
- Théorème de Poisson. — La somme en un point des trois dérivés secondes partielles du potentiel par rapport à trois axes rectangulaires est égale au produit changé de signe de 4* par la densité de la masse agissante en ce point.
- Il résulte de là que cette somme est nulle, s’il n’y a pas d’électricité au point considéré. Cette forme moins générale du théorème a été indiquée d’abord par Laplace.
- Les potentiels se mesurent d’ordinaire à l’aide des électromètres.
- POTENTIEL MAGNÉTIQUE. — La loi élémentaire étant la même pour les masses magnétiques et pour les masses électriques, le potentiel magnétique se définit comme le potentiel électrique. C’est le travail nécessaire pour amener depuis l’inüni jusqu’au point considéré une masse magnétique positive égale à l’unité, ou bien la somme algébrique des quotients obtenus en divisant chacune des masses magnétique en présence par sa distance au point considéré.
- POTENTIOMÈTRE. — Appareil destiné à la mesure des différences de potentiel ou des forces électromotrices.
- Dans le potentiomètre de Clark (fig. 789), les
- qu’à ce que le galvanomètre G' soit au zéro. On a de même alors
- E' = nJ.
- D’où
- E(
- E
- n
- 1000*
- POUSSIÈRES (Précipitation des). —Voy. Condensation des fumées et Pointes.
- POUVOIR CONDENSANT. — Syn. de Force condensante.
- POUVOIR ÉLECTRO-OPTIQUE. — Propriété que possèdent certains diélectriques de devenir biréfringents lorsqu’ils sont soumis à une déformation électrique intense. Cette propriété a été découverte par M. Kerr en 1875.
- deux piles à comparer sont placées en E et E'. Aux deux bornes A et B sont reliées : 10 une pile Auxiliaire P et un rhéostat N ; 2° la pile la plus forte E et un galvanomètre G ; 3° un fil S bien calibré et placé au-dessus d’une règle divisée en 1000 parties égales.
- On règle la résistance du rhéostat N de façon a amener le galvanomètre G au zéro.
- Si l’intensité dans le fil divisé est I, on a :
- E = 1000 x I.
- relie ensuite l’autre pile E' à la borne A et a un curseur H, qu’on déplace sur le fil S jus-
- Fig. 790. — Expérience de Kerr.
- Une plaque de verre (fig. 790) est creusée de deux trous parallèles à la plus grande face, dans lesquels on introduit deux tiges communiquant avec une bobine d’induction. Si l’on fait tomber perpendiculairement sur la plaque un faisceau de lumière polarisé rectilignement à 45° de la ligne des fils aa, par exemple suivant bb ou b'b', ce faisceau se comporte à la sortie comme le fait la lumière polarisée elliptiquement.
- Le sulfure de carbone, la benzine, les huiles de paraffine, de kérosène, de térébenthine, d’olives, manifestent la même propriété.
- M. Rôntgen a répété les expériences de Kerr sur une plus grande échelle et a observé des effets magnifiques. Les liquides étaient contenus dans une grande cuve de verre de 12 centimètres de hauteur, contenant deux électrodes reliées l’une au sol, l’autre à une machine électrique. Les niçois étant à l’extinction, la lumière reparaissait, dès qu’on faisait marcher la machine, et avec tant d’intensité que l’œil ne pouvait en soutenir l’éclat.
- A la suite d’une série de mesures quantitatives, M. Kerr a donné en 1880 la loi suivante :
- L'intensité de l’action électro-optique d'un diélectrique, ou la différence de marche du rayon ordinaire et du rayon extraordinaire, pur unité d'é-
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- 636 POUVOIR INDUCTEUR SPÉCIFIQUE. — POUVOIR ROTATOIRE MAGNÉTIQUE
- paisseur du diélectrique, varie en raison directe du carré de la force électrique.
- POUVOIR INDUCTEUR SPÉCIFIQUE. — Si> dans un condensateur, on remplace la lame d’air par une lame d’un isolant ayant exactement la même épaisseur, la capacité de l’appareil augmente. On appelle pouvoir inducteur spécifique de la substance isolante le rapport de la capacité du condensateur muni de la lame isolante à celle qu’il avait avec la lame d’air de même épaisseur. Cette quantité s’appelle aussi capacité inductive spécifique et constante diélectrique.
- Le pouvoir inducteur est aussi le rapport des épaisseurs des lames d’air et du diélectrique qui donnent au conducteur la même capacité.
- Mesure du pouvoir inducteur. — De nombreuses mesures de la capacité inductive ont été faites, mais la plupart sont entachées d’une grave cause d’erreur; pendant la charge du condensateur, l’électricité pénètre dans la lame isolante, et cette absorption augmente notablement les résultats. M. Gordon a repris cette détermination à l’aide de sa Balance d’induction statique (Voy. ce mot), et il a évité l’absorption en chargeant le condensateur avec une bobine de Ruhmkorff.
- Voici quelques-uns des nombres trouvés par M. Gordon.
- Verre...................... 3,243
- Paraffine................. 1,9936
- Soufre.................... 2,58
- Ébonite.................... 2,284
- Chatterton................. 2,547
- Sulfure de carbone........ 1,81
- Pour les gaz, MM. Ayrton et Perry ont trouvé :
- Hydrogène................. 0,9998
- Acide carbonique.......... 1,<008
- Gaz d’éclairage........... 1,0004
- Acide sulfureux........... 1,0037
- La détermination du pouvoir inducteur présente un grand intérêt : les câbles sous-marins transmettent d’autant plus vite que l’enveloppe isolante a une capacité inductive plus faible. D’autre part, au point de vue théorique, « si l’action électrique était une action directe à distance, il faudrait s’attendre à ce qu’elle se transmette également à travers tous les isolants. Un des arguments les plus puissants en faveur de l’hypothèse qu’elle est une déformation des molécules de l’isolant résulte de ce fait que les divers isolants la transmettent avec des énergies très différentes. » (Gordon.)
- POUVOIR MULTIPLICATEUR. — On nomme pouvoir multiplicateur d’un shunt le rapport
- O | §
- —-—par lequel il faut multiplier l’intensité ob-
- O
- servée pour avoir celle du courant principal. Les trois bobines du shunt ont généralement des pouvoirs multiplicateurs égaux à 10, 100, 1000.
- POUVOIR ROTATOIRE MAGNÉTIQUE. —Propriété que possèdent diverses substances de faire tourner d’un certain angle le plan de polarisation de la lumière, lorsqu’elles sont placées dans un champ magnétique.
- Ce pouvoir a été découvert par Faraday sur le verre pesant (borosilicate de plomb). Il est
- Fig. 791. — Expérience de Faraday (Carpentier).
- également très développé dans le sulfure de ; toutes les substances transparentes, solides, carbone et il existe à un degré moindre dans j liquides ou gazeuzes. L’effet est maximum
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- POUVOIR THERMO-ÉLECTRIQUE.
- PRÉAMBULE.
- 637
- quand la direction du rayon coïncide avec celle des lignes de force; il est nul quand ces deux directions sont rectangulaires. L’effet est plus marqué avec les substances monoréfringentes qu’avec les corps biréfringents.
- On montre ce pouvoir à l’aide d’un électro-aimant de Ruhmkorff, semblable à ceux qui servent pour l’étude du diamagnétisme (fig. 791 ). La substance étudiée est placée en c, entre les deux pôles de l’électro-aimant, qui est percé d’un trou suivant son axe ab. Deux niçois sont placés en a et b et tournés à l’extinction. Si l’on fait alors passer le courant à l’aide du commutateur H, la lumière reparaît aussitôt. Si l’on a employé de la lumière homogène, on rétablit l’extinction en tournant l’analyseur d’un certain angle, qu on lit sur le cercle P.
- Le pouvoir rotatoire magnétique est indépendant du sens dans lequel le rayon se propage. Il en résulte que si l’on fait revenir le rayon sur lui-même, en plaçant un miroir derrière la substance, la rotation est doublée, tandis qu’elle serait annulée dans le cas de la rotation naturelle. De même si, en argentant les deux faces extrêmes du corps, on fait réfléchir le rayon 2, 3, 4... fois (üg. 792), la rotation est multipliée
- Fig. 792. — Effet des réflexions successives.
- par 3, 4, 5..., tandis que la rotation naturelle serait nulle ou égale à la rotation initiale, suivant que la lumière traverserait la substance an nombre pair ou impair de fois.
- Pour les substances diamagnétiques, la rotation est dite positive; elle est de même sens que le courant qui produit le champ. Elle est négative pour la plupart des substances magnétiques.
- MM. Ed. Becquerel, Matteucci, Bertin, Ed-iund, de la Rive, Wertheim, Verdet et plus récemment M. H. Becquerel ont étudié le pou-voir rotatoire magnétique.
- Verdet a donné en 1832 la loi suivante :
- ha rotation du plan de polarisation entre deux Points est proportionnelle à la différence du poten-tiel magnétique entre ces deux points.
- M. H. Becquerel a montré que, pour un même groupe de substances, l’expression
- R
- «2 — 1)
- est à peu près constante, R étant le pouvoir rotatoire magnétique et n l’indice de réfraction ; mais la valeur de cette constante est différente pour les différents groupes.
- Pour une même substance, la rotation des diverses radiations peut être représentée assez, exactement par
- X étant la longueur d’onide.
- Mesurede l’intensité des courants. — La rotation magnétique du plan de polarisation constitue une sorte de galvanomètre optique, qui permet de mesurer l’intensité d’un courant en valeur absolue.
- Soit a la constante de Verdet, c’est-à-dire la rotation que produit la substance considérée pour une différence de potentiel égale à l’unité. Supposons que la substance forme un long cylindre ou soit placée, si elle est liquide, dans un long tube, qu’on entoure en scfn milieu d’une bobine formant n spires de grandeur et de forme quelconques. Le tube étant assez long pour que l’action de la bobine soit négligeable aux extrémités, le rayon polarisé traverse n fois le circuit et le potentiel varie chaque fois de 4ttI. La rotation est donc 4reanl. D’où l’on tire I en valeur absolue.
- Action du magnétisme terrestre. — M. H. Becquerel a pu mesurer la rotation magnétique produite dans un tube plein de sulfure de carbone par le magnétisme terrestre. MM. Kündt et Rôntgen ont calculé quelle serait la rotation produite dans l’air atmosphérique par l’action du magnétisme terrestre. Ils ont trouvé que la lumière, allant du nord au sud, devait traverser 233 kilomètres pour tourner d’un degré. D’après les expériences de M. H. Becquerel, il faudrait 300 kilomètres. M. Becquerel a pu observer une rotation causée par l’action du magnétisme terrestre sur l’atmosphère.
- POUVOIR THERMO-ÉLECTRIQUE. — Force électromotrice d’un élément thermo-électrique dont les soudures ont une différence de température de 1°. Ce pouvoir varie avec la température moyenne des soudures (Voy. Thermoélectricité).
- PRÉAMBULE. — La transmission de tout télégramme est précédée d’un ensemble de ren-
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- PRESSE-PAPIER ÉLECTRIQUE. — PRESSION ÉLECTROSTATIQUE.
- seignements de service qui, propres à ce télégramme. dont ils constituent en quelque sorte le signalement, sont transmis gratuitement et en forment le préambule.
- Ce préambule est composé des éléments suivants qui doivent être inscrits sur la minute et transmis obligatoirement dans l’ordre indiqué ci après :
- a. Nature du télégramme ;
- b. Bureau de destination, tel qu’il figure dans la nomenclature : faire suivre ce nom du mot « limité » lorsque le télégramme a été déposé à la dernière heure ;
- c. Bureau d'origine;
- d. Numéro du télégramme ;
- e. Nombre de mots (dans les télégrammes chiffrés, on indique : 1° le nombre total des mots, qui sert de base à la taxe; 2° le nombre des mots écrits en langage ordinaire; 3° s’il y a lieu, le nombre des groupes de chiffres ou de lettres);
- f. Dépôt du télégramme (par trois nombres, date, heure et minute, avec l’indication m. ou s., matin ou soir);
- Dans la transmission par l’appareil Hughes, la date est donnée sous la forme d’une f'râction, dont le numérateur indique le jour et le dénominateur le mois;
- g. Pour les télégrammes internationaux, voie à suivre (quand l’expéditeur l’a indiquée par écrit dans son télégramme); voie suivie pour les télégrammes venant de l’étranger et pour lesquels la voie a été indiquée au premier bureau français ;
- h. Indications éventuelles que l’expéditeur n’est pas tenu de comprendre] dans texte taxé, telles que :
- Dans le service , intérieur.
- Télégramme d’Etat ou
- officiel............
- Dépêche de service de
- chemin de fer.......
- Observations météorologiques..............
- Télégramme ou avis de service...............
- Dans le service
- international.
- Off. S.
- Service fer. ».
- Obs. Obs.
- A A.
- Télégramme ( officiel. Off. Sémaph. S. Sémaph. sémaphorique \ privé.. P. Sémaph. P. Sémaph.
- Télégramme privé ordinaire..............
- Télégramme privé urgent international...
- P.
- P.
- D.
- PRESSE-PAPIER ÉLECTRIQUE. — Petit appareil imaginé par M. Trouvé et fondé sur le même principe que ses bijoux animés (fig. 793).
- Un socle contient une pile dont les pôles dépassent légèrement la face supérieure. Le
- le
- « Nombre des adresses »
- ou (
- « Plusieurs adresses avec arrhes »
- Dans les
- télégrammes multiples.
- Taxes à percevoir.....francs.......cen-
- times dans les télégrammes à faire suivre ; ampliation, si le télégramme est transmis par ampliation, ou les indications spéciales qui, dans les télégrammes-mandats, peuvent suivre et compléter le préambule.
- En ce qui concerne la nature du télégramme, on la spécifie par les signes abréviatifs suivants :
- Fig. 793. — Presse-papier électrique.
- presse-papier proprement dit renferme un petit électro-moteur destiné à animer un insecte, un papillon, un oiseau, qu’on aperçoit à travers une lentille plan-convexe. Dès qu’on pose le presse-papier sur son socle, les pôles du moteur se trouvent en contact avec ceux de la pile et l’animal emprisonné se met à battre des ailes. Le bruit produit par l’électro-moteur, la déformation des rayons lumineux par la lentille aident à l’illusion et l’on croit voir un papillon se débattant sous un globe pour recouvrer sa liberté.
- PRESSE A PILE. — Petite borne de métal se fixant sur les électrodes de la pile pour y attacher les rhéophores. La figure 794 montre deux modèles destinés l’un au pôle positif, l’autre au pôle négatif.
- PRESSION ÉLECTROSTATIQUE. — La répulsion naturelle des particules électrisées fait comprendre que, sur un conducteur, toute 1 e-
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- PRINCIPE DE CARNOT. — PROJECTEUR ÉLECTRIQUE.
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- jectricité doit être à la surface. De plus, elle doit y être distribuée de telle sorte que la force électrique en chaque point soit normale et dirigée vers l'extérieur. La couche d'électricité fait 'donc effort vers l’extérieur, comme pour
- cherchera occuper un volume plus grand. L’air, qui est isolant, s’oppose à cette expansion ; mais l’électricité exerce sur lui une pression appelée pression électrostatique.
- Cette pression est indépendante du signe de
- Fig. 794. — Presses à pile (Ducretel).
- la charge et proportionnelle en chaque point an carré de la densité. Si la densité est a, on démontre que la pression électrostatique est 2<ï(72.
- PRINCIPE DE CARNOT. — Le second principe de la thermodynamique a été indiqué par Carnot et porte son nom. Voici l’énoncé donné par Carnot (Réflexions sur la puissance motrice du feu, 1824) :
- La puissance motrice (rendement) de la chaleur est indépendante des agents mis en œuvre pour la réaliser; sa quantité est fixée par la température des corps entre lesquels se fait en dernier résultat le transport du calorique.
- Le rendement, c’est-à-dire le rapport de la chaleur absorbée ou travail produit, est donc indépendant de la nature du corps et ne dépend que des températures extrêmes.
- Sir W. Thomson a montré qu’on peut déduire du principe de Carnot et du principe de la conservation de l’énergie un certain nombre de conséquences importantes relativement aux phénomènes magnétiques et électriques.
- « 1° Si l’on opère à une température inférieure au rouge, mais assez élevée pour que le coefficient d’aimantation du fer soit décroissant, un morceau de fer doux doit s'échauffer huand on l’approche d’un aimant et se refroidir quand on l’éloigne. On suppose les mouvements assez lents pour éviter les courants d induction.
- « L’inverse aurait lieu aux températures or naires, si le coefficient d’aimantation, com d semble probable, croît avec la températu: w 2° Le cobalt doit se comporter comme
- fer : se refroidir quand on l’approche d’un aimant à la température ordinaire, et s’échauffer au contraire quand on opère à une température supérieure à celle du maximum d’aimantation.
- « 3° Pour le nickel, il n’y a pas de maximun d’aimantation : à toute température, ce métal doit s’échauffer quand on l’approche et se refroidir quand on l’éloigne d’un aimant;
- « 4° Dans un champ magnétique, un cristal se refroidit quand son axe de plus grande induction magnétique, ou de plus petite induction diamagnétique, passe d’une direction parallèle à une direction perpendiculaire à celle du champ.
- « Les phénomènes pyroélectriques donnent lieu à des considérations analogues. » (Mascart et Joubert, Leçons sur l’électricité- et le magnétisme) .
- PROJECTEUR ÉLECTRIQUE. — Appareil d’éclairage employé depuis quelques années pour la télégraphie optique et pour l’éclairage des manœuvres militaires ou des navires.
- On emploie en France le projecteur du colonel Mangin, qui est formé d’une lampe à arc placée au foyer d’un miroir aplanétique (fig. 79o). Les charbons peuvent être réglés à la main au moyen du volant M et des vis VV'. Ce mode de réglage, qui semble grossier à première vue, a été préféré parce que l’appareil est ainsi plus robuste et plus capable de résister aux chocs que les régulateurs; il est parfaitement suffisant, parce qu’on n’a besoin en guerre que de périodes d’éclairage fort courtes,
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- 640 PROJECTEUR
- pour ne pas donner à l’ennemi le temps de repérer la position. Cette lampe est disposée dans un tambour cylindrique, fermé au fond par un miroir formé d’un ménisque divergent dont la face postérieure est argentée. Les rayons de courbure des deux faces sont calculés pour donner au faisceau lumineux un parallélisme parfait, bien que l’ouverture du miroir soit presque égale à sa distance focale. Ce faisceau peut être rendu à volonté convergent ou divergent soit en déplaçant le foyer, soit en fermant l’ouverture du cylindre par des portes munies de lentilles convenables.
- Fig. 795. — Projecteur Mangin.
- Le projecteur Mangin est alimenté par une dynamo Gramme, du type DQ, pouvant donner 4000 carcels, commandée directement par un moteur Brotherood, muni d’une chaudière Field donnant une vaporisation très rapide.
- L’appareil destiné aux côtes et aux places fortes porte à 7 ou 8 kilomètres. Il est muni d’un miroir de 0,90 m. d’ouverture. Il exige deux chariots : l’un, de 5000 kilogr., traîné par six chevaux, porte la chaudière, le moteur et la dynamo; l’autre, de 750 kilogr., portant le projecteur monté sur un pivot, est traîné par un seul cheval. Un câble double, enroulé sur un
- ÉLECTRIQUE.
- tambour, établit les communications. Le projecteur peut être descendu du chariot et placé sur un socle en treillis, appelé crinoline; deux hommes suffisent pour ce transport.
- Il existe un modèle de campagne, dit appareil secondaire, comportant les mêmes éléments, mais d’une puissance moindre. Le miroir est de 0,60 m. ; la machine est de 2500 carcels. La portée utile est de 4 kilomètres. Cet appa-
- Fig. 796. — Projecteur anglais (Woodliouse et Rawson).
- reil tend à remplacer le premier, dont le pnx est trop élevé.
- Un troisième modèle, dit de campagne, est destiné aux forts d’arrêt pour éclairer les points à battre au canon. Il peut servir aussi pour les les signaux optiques. Il aune puissance de 600 carcels. La voiture à deux roues peut être trai née par un seul cheval.
- Le projecteur de l’armée allemande diffère peu des précédents. Il est muni d’un mir°ir eI1
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- PROJECTILES (Recherche des). — PROTECTION DES TRAINS. 641
- verre, qu’on prétend parabolique, et qui rend parallèles les rayons d’une lampe à charbons horizontaux. Cette lampe est réglée à la main 0u automatiquement. Les deux porte-charbons sont mobiles sur des rails. Le charbon positif est plus gros que le négatif, de sorte qu’il s’use de la même quantité ; il tourne son cratère vers le miroir, pour éviter les pertes de lumière.
- Le réglage automatique se fait parle système Krizik-Piette, qui fonctionne dans toutes les positions. Les charbons sont fixés à deux noyaux de fer doux coniques qui pénètrent plus ou moins profondément dans deux solénoïdes. Le tout est renfermé dans une boîte métallique et les porte-charbons émergent seuls. Un jeu de lentilles permet de rendre le faisceau divergent. La portée est de 3500 mètres.
- Une voiture porte le projecteur, 100 mètres de câble, deux appareils télégraphiques de campagne, système Buckholtz, avec leur bobine à dérouler le câble, enfin une série d’outils; une autre est chargée de la chaudière, du moteur et de deux dynamos Siemens. Ce projecteur est aussi employé en Italie, en Belgique et en Chine.
- La marine anglaise emploie le projecteur (fig. 796), qui ne diffère des précédents que par des modifications de détail. La lampe est légèrement inclinée, et la manœuvre est rendue très sensible par des transmissions de mouvement qui permettent à l’opérateur de diriger à son gré le faisceau lumineux.
- PROJECTILES (Recherche des). — Yoy. Explorateur et Balance d’induction voltaïque.
- PROPULSEUR ÉLECTRIQUE. — Organe mécanique commandé par un moteur électrique et servant à faire marcher l’appareil auquel il est adapté. Ces propulseurs ont été appliqués à la navigation aquatique et aérienne.
- Pour les bateaux (Yoy. ce mot), on fait généralement usage d’hélices. Cependant, dans le cas des rivières peu profondes ou encombrées herbes, M. Trouvé emploie le propulseur à ^ugets coniques de M. Dupassieux (fig. 797). anscet appareil, les augets se comportent tout ^Uement que ies aubes ordinaires, à l’entrée a la sortie du liquide. La résistance à ces eux moments est tellement atténuée qu’elle reuJ ^tre considérée comme nulle ; par suite le n ement est très élevé. Le point d’appui du qui*)U*SeUr résu^te du coincement du liquide, entre par la grande ouverture de l’auget et
- Sor^Par la petite.
- de l ^Ure ^98 montre un bateau de 9 mètres °ngueur, sur lequel s’adaptent à volonté en Dictionnaire d’électricité.
- quelques minutes, soit le propulseur précédent, soi! le gouvernail-moteur propulseur décrit plus haut (Yoy. Bateau). Le moteur est mû par les piles Trouvé, placées à l’avant.
- Fig. 797. — Propulseur à augets coniques.
- Les propulseurs électriques à hélice ont été également appliqués à la navigation aérienne (Voy. Aérostat).
- PROTECTION ÉLECTRO-AUTOMATIQUE DES TRAINS. — On donne ce nom à tout système de dispositions électriques permettant aux trains de chemins de fer de manœuvrer automatiquement les appareils destinés à les protéger et de fournir à distance des indications sur la position qu’ils occupent. Un tel système donnerait évidemment une sécurité absolue, si l’on pouvait compter sur le fonctionnement certain des appareils ; on éviterait ainsi tous les accidents provenant d’erreurs ou d’omissions de la part des employés.
- En principe il suffit que le train, lorsqu’il passe en des points déterminés, ferme un circuit contenant le disque ou l’appareil quelconque qu’il s’agit d’actionner. Mais, dans la pratique, la' réalisation de cette idée .est loin d’être simple.
- On a essayé de disposer le long d’un des rails une pédale sur laquelle appuie en passant la roue de la locomotive ; ce mouvement produit la fermeture du circuit. Mais la pédale, frappée successivement par toutes les roues du train, peut être mise assez rapidement hors de service. Pour éviter cet inconvénient, on l’a associée à un soufffet qui laisse pénétrer librement l’air extérieur, au moment où la pédale est abaissée par la locomotive, et qui se ferme dès qu’elle tend à reprendre sa position. L’air s’échappe alors par un petit orifice assez lente-
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- PHOTOSISMOGRAPHE. — PYLONE HYDRO-ÉLECTRIQUE.
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- ment pour que la pédale ne se relève complètement qu’après le passage du train. Malgré ce perfectionnement, les pédales et toutes les pièces mobiles sont trop susceptibles de subir des dérangements pour inspirer une sécurité absolue.
- Une solution beaucoup plus simple a été indiquée par M. de Baillehache : elle consiste dans l’emploi d’une pièce de fer isolée, fixée parallè-ment au rail et que la locomotive touche en passant. Cette disposition ne paraît sujette à aucun dérangement : elle a été expérimentée avec succès pendant l’Exposition de 1889, et
- adoptée depuis par plusieurs Compagnies de chemins de fer. (Voy. Rail isolé, Avertisseur Block-system automatique).
- PROTOSISMOGRAPHE. —Appareil transmettant à un enregistreur les mouvements du sol (Voy. Sismographe.)
- PUISSANCE. — La puissance d’un courant électrique a pour mesure le produit de la différence de potentiel par la quantité d’électricité débitée en une seconde ou par l’intensité.
- Le Congrès de 1889 a adopté pour unité pratique de puissance le watt, appelé quelquefois
- Fig. 798. — Bateau muni d’une hélice et d'un propulseur à augets.
- volt-ampère. C’est la puissance correspondant au produit d’un volt par un ampère. Le watt vaut 107 unités C.G.S.
- PULVÉRISATEUR ÉLECTRIQUE. — Cet appareil, exposé en 1889 par le Dr Huguet (de Yars), présente une application intéressante de l'électricité. Il sert à pulvériser, par une série de décharges, les liquides hygiéniques et antiseptiques destinés aux inhalations.
- Il se compose d’une sphère de verre A, percée de quatre orifices B, Br, B", Bw (fig. 799) : les deux premiers portent deux tubes CCr, munis | de réservoirs DDr, dans lesquels on verse le ! liquide à pulvériser, et se terminant à l’intérieur I
- par des tubes capillaires ce', qui aboutissent a un centimètre l’un de l’autre. D’autre part, un ventilateur projette par Bw de l’air purifié. On met les deux tubes CC' en communication avec les deux pôles d’une machine de Wimshurst, dès qu’elle fonctionne, le liquide se divise en poussière extrêmement fine, et se mélange a l’air que le malade respire par l’ouverture B •
- PYLONE HYDRO-ÉLECTRIQUE. — Pylône construit par la société Électricité et HydrauM111 (de Liège) et contenant une installation com plète d’éclairage électrique (fig. 800).
- Les pylônes se composent d’un socle, mât élevé et d’une flèche en fer forgé supp01
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- PYLONE HYDRO-ÉLECTRIQUE.
- tant un ou plusieurs foyers électriques, d’intensité variable selon la hauteur du mât et les surfaces à éclairer.
- F*g- 799. — Pulvérisateur du Dr Huguet (de Vars).
- îeu de craindre de le voir s’emporter en fonc-L°nnant à vide, ce qui pourrait conduire à sa estruction et à celle de la dynamo.
- Le moteur est muni d’un régulateur destiné a lui conserver une vitesse absolument cons-
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- Le socle renferme un appareil dit dynamohydromoteur, consistant en une turbine, qui travaille par la pression des eaux de la ville, et une dynamo dont l’armature mobile est directement, montée sur l’arbre du moteur. Deux atmosphères suffisent à la marche du moteur, et le rendement est de 72 à 74 p. 100. Chaque pylône peut alimenter un ou plusieurs foyers à arc voltaïque, ou bien un lustre de lampes à incandescence. Chaque foyer est muni d’un dé-rivateur automatique qui intercale, au lieu et place du régulateur, un rhéostat d’égale résistance, lorsque, par une cause quelconque, le courant vient à être interrompu dans la lampe. Si la machine faisait défaut, un déclencheur agirait automatiquement et fermerait instantanément l’admission d’eau. Le moteur n’est donc jamais abandonné à lui-même, et il n’y a pas
- Fig. 800. — Pylône hydro-électrique.
- tante, quelles que soient les variations du travail électrique et celles de la pression d’eau.
- A Liège, plusieurs de ces pylônes sont installés au parc d’Avroy. Ils sont de 3500 bougies; les dynamos donnent 27 ampères et la durée
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- PYROÉLECTRICITÉ. — QUANTITÉ D’ÉLECTRICITÉ.
- des lampes est de 16 heures; la pression hydro-motrice est de 4 1/2 atmosphères.
- PYROÉLECTRIGITÉ. — Électricité produite par un cristal de tourmaline que l’on chauffe. Ce cristal se comporte alors comme un élément de pile ayant une très grande force électromotrice et une très grande résistance intérieure. En reliant les deux bouts par un fil conducteur, on obtient un courant.
- La force électromotrice de différentes parties d’un même cristal est proportionnelle à la longueur, et les courants produits varient avec la section transversale moyenne, c’est-à-dire en raison inverse de la résistance. Ces propriétés ont été étudiées par M. Gaugain.
- La polarité de la tourmaline ne dépend pas de la température, mais de sa variation. Supposons qu’en chauffant un cristal l’ùne des extrémités A devienne positive et l’autre B négative. Si on décharge ce cristal en le touchant avec les doigts, et qu’on le laisse refroidir, en revenant à sa température initiale, l’extrémité B devient positive et A négative. Le pôle A est dit analogue et B antilogue.
- La tourmaline n’est pas le seul cristal pyroélectrique. La topaze, l’émeraude du Brésil, la horacite, l’oxyde de zinc, le spath calcaire, le béryl, le spath fluor, le quartz, etc., possèdent la même propriété, mais à un degré moindre. Haüy a remarqué le premier que les cristaux pyroélectriques dérogent àlaloide symétrie; ils présentent ordinairement l’hémiédrie à faces inclinées ou tétraédrique. Il paraît exister une relation constante entre ce genre d’hémiédrie et la pyroélectricité.
- PYROÉLECTRIQUE. — Se dit des cristaux qui s’électrisent sous l’influence des variations de température.
- PYROGRAVURE. — Procédé employé pour décorer le bois, le cuir, le verre, en gravant ces substances à l’aide d’une pointe de métal rou-gie au feu, ou d’un fil de platine traversé par un courant électrique.
- PYROMAGNËTIQUE ( Générateur et Moteur). — Voy. Générateur et Moteur.
- PYROMÈNITE. — Avertisseur d’incendie imaginé par M. Forgeot : un ressort, maintenu d’ordinaire par une goupille en alliage fusible, devient libre par la fusion de cette goupille et vient fermer un circuit contenant une sonnerie.
- PYROMÈTRE ÉLECTRIQUE. — M. Siemens et plusieurs autres inventeurs ont imaginé des pyromètres fondés sur la variation de la résistance électrique du platine avec la température. Ces appareils ne donnent pas de bons résultats, parce qu’il se produit des changements d’état moléculaire, qui influent sur la valeur de la résistance.
- PYROPHONE. — Le pyrophone de M. Kastner est formé d’une série de tuyaux sonores en verre mis en vibration par de petites flammes de gaz, comme dans l’expérience de l’harmo-nica chimique. Chaque tube renferme deux flammes de gaz mobiles; pour faire parler le tuyau, il faut séparer ces flammes. L’électricité intervient pour produire l’écartement des becs; chaque système de becs est commandé par l’armature d’un électro-aimant.
- Q
- QUADRANT. — On donne ordinairement ce nom à l’unité pratique de coefficient de self-induction, qui vaut 10® unités G.G.S. La même unité reçoit parfois en Angleterre le nom de secohrn et en Amérique celui de henry.
- QUADRUPLEX. — Système de transmission télégraphique permettant de transmettre quatre dépêches à la fois, deux dans un sens et deux dans l’autre.
- QUANTITÉ D’ÉLECTRICITÉ. — Syn. de masse et de charge électrique.
- L’unité de quantité d’électricité dans le système électrostatique est la quantité d’électricité
- positive qui, agissant sur une quantité égale placée à un centimètre, la repousse avec une force égale à une dyne.
- L’unité pratique employée le plus souvent es le coulomb.
- Quantité d'électricité mise en mouvement JP® Vinduction. — La quantité totale d’électricij® mise en mouvement par l’induction est eg au quotient de la variation totale du flux PaI/^ résistance du circuit. Elle ne dépend ni ^ temps qu’a duré la variation, ni de la nian dont elle s’est faite.
- Mesure des quantités d’électricité. — Ces qi
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- QUANTITÉ (Montage en). —
- tités peuvent se mesurer d’une part à l’aide la balance de Coulomb et des électromètres, j’autre part-à l’aide d’un galvanomètre balistique. Dans le cas des courants, on peut déduire cette mesure de celle de l’intensité. Les compteurs d’électricité servent aussi à mesurer les quantités d’électricité.
- QUANTITÉ (Montage en). — Voy. Couplage et Montace.
- RADIOMÈTRE ÉLECTRIQUE. 645
- QUANTITÉ DE MAGNÉTISME. — Syn. de
- masse magnétique. (Voy. Aimant.)
- L’unité de quantité de magnétisme ou unité de pôle est la quantité qui agit sur une quantité égale placée à un centimètre avec une force d’une dyne.
- QUARTZ. — Le quartz s’électrise quand on le comprime. (Voy. Piézo-électricité . )
- R
- RADIATIONS CALORIFIQUES (Mesure res).
- — Voy. Thermomètre.
- RADIOMÈTRE ÉLECTRIQUE. — Le radio-mètre, imaginé par M. Crookes, se compose d’un récipient en verre dans lequel on a fait un vide très parfait, et qui contient un petit moulinet formé de quatre palettes en aluminium, noircies sur une de leurs faces, et pouvant tourner autour d’un axe vertical. Il suffit qu’un faisceau lumineux ou calorifique vienne frapper les palettes pour produire la rotation.
- Fig, 801. — Radiomètre électrique.
- Le] radiomètre électrique (fig. 801) sert à ?°ntrer ^es propriétés de la matière radiante ' °U ce mot) ; il a des palettes en aluminium, re'êtues de mica sur une de leurs faces. La
- chape sur laquelle porte l’axe de rotation est en acier dur au lieu d’être en verre, et la pointe sur laquelle il pivote est reliée par un fil métallique avec une électrode de platine scellée dans le verre. Au sommet de l’appareil est fixée une seconde électrode : ces deux électrodes communiquent avec une bobine d’induction, de manière que l’arbre mobile représente le pôle négatif.
- « La pression la plus convenable est un peu supérieure à celle pour laquelle l’espace sombre qui entoure le pôle négatif s’étend jusqu’aux parois de la boule de verre. Lorsque la pression n’est plus que de quelques millimètres de mercure, le courant d’induction produit sur la face métallique des disques un halo de lumière violette veloutée, tandis que la face couverte de mica reste obscure. A mesure que la pression diminue, on voit un espace sombre séparer le halo du métal. A la pression d’un demi-millimètre, cet espace sombre s’étend jusqu’au verre et la rotation commence. En continuant à faire le vide, l’espace sombre s’élargit encore et semble s’aplatir contre le verre, et la rotation devient très rapide.
- « L’appareil (fig. 802) sert à montrer la force mécanique de la matière radiante lancée du pôle négatif. Le moulinet bb est formé de quatre palettes carrées de mica mince et transparent, portées par de légers bras d’aluminium, fixés à une petite chape de verre qui repose sur une pointe d’aiguille terminant la tige a. Les palettes sont inclinées à 45°. Au-dessous du moulinet est fixé un anneau en fil de platine très fin cc, dont les extrémités traversent le verre en dd. Une électrode d’aluminium e est scellée au haut de l’ampoule, dans laquelle le vide a été poussé très loin. Si l’on relie l’anneau c au
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- RADIOMICROMÈTRE. — RADIOPHONIE.
- pôle négatif d’une bobine d’induction et le fil e au pôle positif, les palettes se mettent à tourner très vite.
- « Ce radiomètre permet de faire une autre
- Fig. 802. — Radiomètre à palettes inclinées.
- expérience. On enlève la bobine d’induction et l’on attache les deux bouts dd du fil de platine aux pôles d’une pile suffisante pour faire rougir l’anneau. Le moulinet se met à tourner aussi vite que sous l’influence de la bobine.
- « Dans un vide presque parfait, la matière radiante est donc non seulement excitée par le pôle négatif d’une bobine d’induction, mais un fîl porté au rouge la met en mouvement avec une force suffisante pour faire tourner les palettes inclinées. » (Gordon, Traité d’électricité.)
- M. Baur a donné le nom de radiomètre à un thermomètre formé de deux bandes d’étain, enroulées en spirale sur les deux faces d’un cylindre de bois. Ces deux feuilles formant les deux branches d’un pont de Wheatstone, la résistance de l’une d’elles varie si elle est frappée par des radiations calorifiques : cette variation de résistance permet de mesurer réchauffement. Nous décrivons à l’article Thermomètre une disposition analogue.
- RADIOMICROMÈTRE. — Thermomètre électrique imaginé par M. Vernon-Boys et destiné à mesurer de très faibles variations de température. Il est formé d’une croix dont le centre est en antimoine et les bras en bismuth. Quatre fils de cuivre, partant des extrémités de ces bras, vont aboutir à un anneau de même métal,
- parallèle au plan de la croix. Ce petit circuit thermo-électrique est placé sur un pivot entre les deux pôles d’un aimant. Quand une des branches de la croix s’échauffe, l’appareil se met à tourner. M. Vernon-Boys a construit sur ce principe un galvanomètre, composé d’un élément thermo-électrique, formé de deux fds soudés et suspendu dans un champ magnétique. Cet instrument peut remplacer le bolo-mètre; d’après l’auteur, il accuserait un quatre-vingt-dix millionième de degré, ce qui correspond à une force électromotrice d’environ un dix millionième de microvolt.
- RADIOPHONE. — Appareil qui produit un son lorsqu’il est frappé par des radiations calorifiques, lumineuses ou chimiques. Suivant la nature des radiations employées, M. Cornu divise les radiophones en thermophones, photophones et actinophones. Les premiers peuvent être constitués par la plupart des gaz ou des vapeurs ; la vapeur d’iode et le peroxyde d’azote sont surtout sensibles aux radiations lumineuses. Enfin on ne connaît pas d’actinophones.
- Il existe d’autres appareils dans lesquels la transformation se fait indirectement : tel est le photophone à sélénium de Bell, décrit plus haut (Voy. Photophone).
- RADIOPHONIE. — M. Mercadier a donné ce nom à un phénomène qui peut s’énoncer ainsi : un rayon lumineux, rendu intermittent, qui tombe sur une plaque mince appliquée contre l’oreille, soit directement, soit par l’intermédiaire d’un tube en caoutchouc et d’un cornet acoustique, produit un son dont le nombre de vibrations est égal à celui des intermittences du rayon lumineux dans une seconde.
- Un faisceau de lumière parallèle (fig. 803) est
- Fig. 803. — Radiophonie.
- concentré par la lentille L" sur le bord d une roue D percée d’orifices disposés en cercle , 1 est ensuite envoyé sur une plaque T d’ébonite, de zinc ou de toute autre substance, ferman l’orifice d’un tube dont l’autre extrémité es maintenue contre l’oreille de l’observateur Si l’on fait tourner la roue D, le faisceau luin^ neux tombe sur la plaque T chaque fois <ïu^ rencontre un des orifices de cette roue, U e~
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- RAIL ISOLÉ (Contre-).
- intercepté dans l’intervalle. Le son perçu est ] plus faible que dans l’expérience analogue faite avec le sélénium (Voy. ce mot). On peut même recevoir directement dans l’oreille le rayon lumineux intermittent, et on entend encore un son. Les rayons calorifiques donnent aussi naissance à un son faible.
- Au lieu d’un disque métallique perforé, il est préférable d’employer un disque de verre plein, recouvert d’une feuille de papier opaque, dans laquelle on découpe des ouvertures pour le passage des rayons. On évite ainsi le bruit produit par le frottement de l’air contre les ouvertures, qui pourrait empêcher d’entendre le son.
- On peut aussi faire usage d’un disque ayant plusieurs séries d’ouvertures, placées sur des circonférences concentriques : on obtient ainsi des sons de hauteur différente, si la lumière traverse successivement les diverses séries de trous, et des accords si elle les traverse simultanément. Le récepteur le plus commode est un cornet en bois, formé de deux parties qui entrent l’une dans l’autre à frottement et qui maintiennent entre elles la lame en expérience.
- Un tube de caoutchouc relie ce cornet à un cornet acoustique en bois, qu’on place contre l’oreille.
- M. Mercadier résume ainsi ses recherches :
- 1° La radiophonie ne paraît pas être un effet produit pur la masse de la lame réceptrice vibrant transversalement dans son ensemble, comme une plaque vibrante ordinaire, car une lame quelconque reproduit également bien tous les sons successifs, des plus graves aux plus aigus, et les accords dans tous les tons possibles.
- 2° La nature des molécules du récepteur ne paraît pas avoir un rôle prédominant, car, à épaisseur et surface égales, tous les récepteurs donnent des sons de même hauteur et de même timbre.
- 3° Le phénomène semble résulter principalement d’une action exercée à la surface du récepteur, car toute opération qui diminue le Pouvoir réflecteur et augmente le pouvoir absorbant accroît l’intensité du son.
- Le phénomène dépend directement de la quantité de radiations reçues par le récepteur, ûo diminue en effet l’intensité du son en dimi-nuant la quantité de radiations à l’aide de diaphragmes.
- °° Les sons radiophoniques sont produits Pnncipalement Par les radiations de grande 0ngueur d’onde, dites calorifiques.
- Ce serait donc, comme dans le radiomètre, !
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- ! une transformation de l’énergie thermique des radiations.
- RAIL ISOLÉ (Contre-). —Disposition imaginée par M. E. de Baillehache pour assurer la sécurité des trains de chemins de fer, et qui peut s’appliquer dans un grand nombre de cas. Cet appareil est d’une simplicité extrême : il consiste en une plaque de tôle d’acier de 4,5 millimètres d’épaisseur, isolée par des plaques de caoutchouc, qui est fixée parallèlement au rail et à une très petite distance, de sorte que les roues de la locomotive en passant établissent un contact métallique entre les deux pièces. Le contre-rail est relié par un fil avec l’appareil de protection (sonnerie, etc.) et avec une pile dont l’autre pôle est à la terre : le passage du train ferme donc le circuit. Le contact ainsi établi est toujours bon, car le frottement des roues met toujours à nu les surfaces des rails, même lorsqu’elles sont salies, oxydées ou couvertes de neige. En réalité, il peut se faire que souvent le contre-rail ne soit pas parfaitement isolé et qu’un courant continu traverse le circuit; mais il suffit de disposer l’appareil de protection pour que ce courant, beaucoup plus faible que celui qui est établi par le contact métallique des roues, ne le fasse pas fonctionner.
- La figure 71 montre en détail la disposition d’un contre-rail isolé; nous nous bornerons donc à indiquer ici les principales applications de cette ingénieuse invention. Nous avons déjà signalé son emploi pour les passages à niveau; voici une disposition nouvelle, perfectionnée tout récemment par l’inventeur (fig. 804). Deux sonneries de timbre différent sont placées au gardiennage du passage ; chacune d’elles est reliée avec trois contre-rails, placés à des distances connues. On voit en outre deux fils de ligne, partant de la gare la plus voisine, où sont placés un téléphone, un interrupteur, un bouton de sonnerie et deux piles, mises à la terre par un de leurs pôles. Cette disposition est surtout utile pour les lignes à une seule voie. Le garde-barrière saura si le train vient de A ou de B, suivant qu’il entendra d’abord la sonnerie à timbre circulaire ou la sonnerie conique; de plus, il sera averti trois fois. Cette disposition peut servir aussi à contrôler la marche du train et à mesurer sa vitesse, ou bien à lui permettre d’actionner d’autres appareils de protection, par exemple à faire apparaître au passage à niveau un écriteau : Défense de passer, et à effacer ce signal lorsqu’il a
- I franchi la barrière.
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- RAIL ISOLÉ (Contre-).
- Le téléphone peut être mis dans le circuit à l’aide de l’interrupteur. Il permet à la gare A de suivre la marche du train ; car les vibrations des sonneries se répercutent dans le téléphone lorsque le train franchit les contre-rails. On entend donc passer le train dans le téléphone,
- et l’on peut même, avec un peu d’habitude compter le nombre des wagons et savoir si lé train est composé uniquement de wagons ordinaires, ou s’il renferme des voitures montées à grand écartement sur quatre paires de roues.
- La seconde pile qu’on voit à la gare A est une
- Fil de ligne des signaux.
- Niveau
- Les sonneries SetS’ont des timbres differents
- magnéticji
- Voie ferrée
- Terre
- Fi^- 804. — Application du rail isolé aux passages à niveau.
- pile de secours, qui peut renforcer la pile ordinaire s’il en est besoin. On utilise alors le fil de ligne marqué en pointillé.
- Si un accident est à craindre, une collision par exemple sur voie unique, on peut, de la gare A, en pressant sur le bouton de sonnerie figuré à la gauche du dessin, fermer un circuit complètement métallique. Le courant part de la pile,
- passe dans le bouton, suit le fil pointillé, entre dans la sonnerie du côté du marteau, passe ensuite sur le fil plein, de là dans l’interrupteur en contact avec l’autre pôle de la pile. Dans ce cas, le contre-rail n’est pas utilisé, et le circuit est complètement métallique. En prolongeant le fil pointillé jusqu’au dernier passage à niveau, et par un montage analogue, on arriverait à
- -E Me
- A
- Terre
- Fig. 80o. — Application du rail isolé au block-svstem.
- commander, de la gare A, toutes les sonneries à timbre circulaire ou conique de la section, ou, ce qui serait préférable, des cloches d’alarme placées, suivant la déclivité du terrain, en des points variables ; la mise en branle de ces cloches serait, pour les mécaniciens, un signal d’arrêt absolu. On aurait ainsi une sécurité complète.
- Le même système peut s’adapter au block-system; la figure 805 montre la disposition d’une section ; A et B sont les postes qui limitent cette section. On a supposé qu’elle renferme deux passages à niveau, munis chacun de deux sonneries ayant des timbres différents, comme dans le cas précédent.
- Le contact des roues avec les contre-rails ac-
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- RAIL ISOLÉ (Contre-).
- tionne l’une des sonneries du passage à niveau, et les sonneries des postes A et B ; ceux-ci peuvent donc contrôler facilement la marche du train. Les piles se trouvent supprimées aux pas-gages à niveau, et l’on peut même supprimer le gardiennage de ces passages, en faisant mouvoir les barrières automatiquement par les contre-rails. Les postes A et B sont munis de téléphones qu’ils peuvent introduire à volonté dans le circuit, au moyen des commutateurs à manette KK'. CC' sont des fiches métalliques servant au même usage, lorsqu’on remplace les commutateurs à manette par des commutateurs bavarois.
- Enfin l’on voit, au milieu de la section, un poteau avec deux fils verticaux, dont l’un est soudé au fil de ligne et terminé par une borne, et l’autre en relation avec le rail, c’est-à-dire avec la terre, et également terminé par une
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- borne. Cette disposition permet de créer des postes de secours très économiques, et par conséquent de les multiplier. En cas de détresse, le chef de train n’a qu’à réunir les deux bornes par un interrupteur, pour avertir les postes A et B par des appels de sonnerie distincts et conventionnels. Il peut également adapter aux deux bornes un appareil téléphonique, et se mettre en relation avec ces postes, ou avec la gare la plus voisine.
- . Ce système peut être adapté aux poteaux télégraphiques; il évite au chef de train de se déplacer, ou d’envoyer son garde-frein demander du secours à un poste éloigné, lorsque le train se trouve arrêté, par exemple dans la neige.
- La figure 806 montre la disposition du contre-rail isolé dans le cas d’une bifurcation. Ce rail est placé à 1200 mètres environ du disque
- Fil de L rgne
- Câble de jonction. ^ 3]Contre rail isolé.
- Terre
- Voie Ferrée
- Fig. 806. — Application du rail isolé aux bifurcations.
- avancé. En admettant que le train ait une vitesse de 60 kilomètres à l’heure, l’aiguilleur aura donc 1 min. 20 sec. pour faire son disque avancé. Ce temps suffit parfaitement pour assurer un bon service d’exploitation.
- Il arrive aussi parfois qu’un mécanicien brûle un signal, c’est-à-dire ne voit pas que le disque est fermé, et continue sa marche. Afin d’ap-peler l’attention du mécanicien, les disques avancés sont munis de pétards. C’est là une tonne précaution, mais elle ne suffit pas toujours; et il serait intéressant pour la sécurité de placer, à 20 mètres du disque avancé, un second avertisseur, qui actionnerait soit la uieme sonnerie que le premier contre-rail isolé, s°d de préférence une sonnerie d’un timbre différent. On pourrait même facilement pren-re une disposition électrique qui permettrait, Sl °n le préférait, de ne faire tinter cette se-c°nde sonnerie, dite d’alarme, que si, le disque efant à l’arrêt, le mécanicien avait passé outre.
- Dans ce cas, il ne serait pas superflu que la sonnerie d’alarme du poste de l’aiguilleur fût remplacée par un relai, qui actionnerait en même temps, lorsque le voyant tomberait, une cloche placée sur le quai des voyageurs, à la gare où une collision pourrait être à redouter.
- L’espace compris entre le disque avancé et le poste de l’aiguilleur est environ de 1800 mètres. Admettons que ce poste d’aiguilleur soit à 300 mètres de la gare : le chef de gare serait donc prévenu 2 minutes au moins avant qu’une collision soit à redouter, dans l’hypothèse où le mécanicien qui aurait brûlé le signal marcherait avec une vitesse de 60 kilomètres à l’heure.
- Le contre-rail a été appliqué avec le plus grand succès au chemin de fer Decauville, pendant l’EKposition de 1889. L’exploitation de ce chemin de fer était des plus difficiles. Dans l’après-midi, les trains partaient sans heure réglée, dès qu’ils étaient remplis. En certains
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- RANGE.
- RAPPEL.
- points, les courbes et la faible largeur de la voie ne permettaient aux mécaniciens d’apercevoir les disques qu’à une distance de 25 mètres. Dans ces conditions exceptionnellement dangereuses, l’emploi du contre-rail isolé a permis d’avertir régulièrement les gares et les passages à niveau, et l’on a pu faire passer jusqu’à deux cent cinquante trains en douze heures, sans avoir aucun accident à déplorer. A la suite d’une expérience aussi concluante, cet appareil a été adopté par les chemins de fer d’Orléans at de l’Etat.
- RANGE. — Mot tiré de l’anglais. Soit i l’intensité minima qui est nécessaire pour actionner un récepteur électro-magnétique, et I l’intensité maxima qu’il peut supporter sans inconvénient ; le range de cet appareil est j.
- RAPPEL. — Appareil permettant d’attaquer un poste avec lequel on n’est pas en communi-
- cation permanente. Soient trois postes successifs A, B, C; un rappel est embroché sur la ligne en B. Si A envoie, par exemple, un courant posi-
- Fig. 807. — Rappel par inversion de courant.
- tif, ce courant traverse le rappel sans produire aucune action, et se rend au poste C qu’il attaque. Si le courant envoyé par A est négatif, le rappel de B agit sur la sonnerie de ce poste, et
- Fig. 808. — Rappel sans aimant de M. G. Dumont.
- l’avertit qu’il est attaqué. Le poste G pourra attaquer de même A ou B, en envoyant un courant négatif s’il s’adresse à A, positif s’il veut agir sur le rappel placé en B. Les rappels fonctionnent donc par inversion de courant.
- Les bureaux municipaux de l’État emploient un rappel formé d’un électro-aimant et d’un aimant permanent (flg. 807); celui-ci, qui est recourbé, porte à l’une de ses extrémités une palette de fer doux, s’aimantant sous l’action du pôle voisin. Cette palette peut osciller entre les deux pôles très rapprochés de l’électro-aimant, qui est embroché sur la ligne réunissant les deux postes considérés. Tant que
- l’électro reçoit des courants d’un certain sens, la palette est attirée vers l’un des pôles ; quand il reçoit des courants de sens contraire, elle se précipite vers l’autre pôle. Dans l’un des cas seulement, elle vient toucher un buttoir, et ferme un circuit local contenant une sonnerie.
- Les aimants sont exposés à perdre leur magnétisme sous l’influence d’un orage, ou p°ur toute autre cause. Aussi a-t-on essayé de faire des rappels sans aimant. MM. Grassi et Beux ont exposé, en 1881, un rappel dont l’aimant était remplacé par un électro-aimant, actionné par une pile locale.
- M. G. Dumont a perfectionné cet appareil, e
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- RÉACTION ÉLECTRIQUE. — RÈGLEMENT.
- jui a donné la forme représentée par la figure gOg. Deux électro-aimants droits, parallèles, sont embrochés sur la ligne; ils sont enroulés en sens contraire, de sorte que le passage d’un courant donne aux noyaux des polarités opposées. A gauche de ces électros se trouve une armature ordinaire. A droite, entre les deux pôles contraires, qui sont très rapprochés, oscille une languette de fer doux, articulée à l’extrémité du noyau d’un électro-aimant local, qui reçoit un courant toujours de même sens, et agit comme l’aimant fixe de l’appareil précédent.
- Lorsqu’un courant est lancé dans la ligne, l’armature de gauche est attirée par les pôles voisins, ferme le circuit d’une pile locale sur le troisième électro-aimant, et donne à la languette mobile une polarité qui est toujours la même, quel que soit le sens du courant de ligne. Cette languette, suivant le sens du courant, se précipite vers l’un ou l’autre des pôles voisins; dans un cas, elle n’agit pas; dans l’autre, elle actionne la sonnerie du poste. Dans ce dernier cas, un ressort antagoniste l’écarte du pôle, dès que le courant cesse de passer. Cet appareil est employé avec succès par la Compagnie de l’Est depuis plusieurs années.
- RÉACTION ÉLECTRIQUE. — On nomme réaction, en médecine, les actes physiologiques par lesquels un organe répond à une excitation quelconque. Tout état pathologique d’un organe peut modifier sa réaction. Les réactions peuvent donc servir utilement au diagnostic. Nous n’avons à signaler ici que les réactions électriques, qui sont d’ailleurs les plus connues. Les plus intéressantes sont celles des nerfs et des muscles; on peut les exciter à l’aide du courant galvanique ou du courant faradique.
- RECENSEUR ÉLECTRIQUE. - Appareil des-hné à additionner et classer rapidement les indications recueillies dans un recensement. Ces renseignements sont relevés sur des cartes de format uniforme. Les cartes sont introduites une a une dans l’appareil, qui a l’apparence d’un c°ruposteur à levier de grandes dimensions, après avoir été percées avec des épingles aux Points correspondant aux indications relevées. Quand une carte est mise dans le recenseur, chaque épingle plonge dans un godet de mer-''Ure> et ferme un circuit qui contient un récep-feur du genre Morse. Dans chaque récepteur actionné, une aiguille avance d’une division sur Un cadran. Les renseignements sont donc re-Cueillis et totalisés automatiquement à chaque c°up de levier. En même temps, le levier rabat, au moyen d’un électro-aimant, le couvercle d’un
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- compartiment formant classeur, de sorte que toutes les cartes ayant des indications communes, l’âge par exemple, sont réunies en un même paquet. Chaque compartiment porte un cadran indiquant automatiquement le nombre des cartes qu’il contient.
- RÉCEPTEUR. — Partie d’un appareil télégraphique servant à recevoir les dépêches.
- RÉCEPTION. — Action de recevoir une dépêche ou de la traduire en langage ordinaire, lorsqu’elle est écrite en signes conventionnels.
- RÉCEPTRICE. — Machine dynamo-électrique qui reçoit un courant électrique et fonctionne comme moteur (Voy. Machine, Moteur, Transmission de l’énergie).
- RECHARGEUR. — Sir W. Thomson a nommé replenisher ou rechargeur une sorte de petite machine électrostatique disposée à l’intérieur de son électromètre absolu (Voy. ce mot), et destinée à maintenir constant le potentiel du plateau A (fig. 305); une jauge permet de vérifier cette constance.
- RECTIFICATION DES ALCOOLS. — Application de l’électrolyse à la désinfection des phlegmes et des alcools de mauvais goût (Voy. Alcools).
- RÉFRACTION DE L’ÉLECTRICITÉ. — M. Tribe a constaté, en 1881, que l’électricité se réfracte comme la lumière, le son et la chaleur. Au milieu d’une cuve contenant un électrolyte, il intercalait un autre liquide limité par deux cloisons poreuses, faisant un angle variable avec les parois de la cuve. Il étudiait la direction du mouvement électrique, en suspendant des plaques métalliques entre les électrodes.
- RÈGLEMENT. — On trouvera aux mots Abonnement, Taxe, etc., des extraits de différents règlements intéressant l’électricité. Nous citerons ici un règlement publié en juin 1888 et relatif à l’établissement des conducteurs pour l’éclairage et le transport de la force.
- Art. 1er. — Les conducteurs électriques destinés au transport de la force ou à la production de la lumière ne peuvent être établis qu’après une déclaration adressée deux mois à l’avance au préfet du département ou au préfet de police dans le ressort de sa juridiction. Cette déclaration est enregistrée à sa date; il en est donné récépissé. Elle est communiquée sans délai au chef du service local des postes et télégraphes ; elle est transmise par ses soins à l’Administration centrale chargée d’assurer l’exécution du décret du 27 décembre 1851.
- En cas d’urgence, et en particulier dans le cas d’installation temporaire, le délai de deux mois prévu au paragraphe précédent peut être abrégé par le préfet, sur la proposition du chef du service des postes et télégraphes.
- Art. 2. — Sont exemptées de la formalité de la
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- RÈGLEMENT.
- déclaration préalable les installations faites à l’intérieur d’une même propriété, lorsque la force électromotrice des générateurs ne dépasse pas 60 volts pour les courants alternatifs de 500 volts pour les courants non alternatifs.
- Art. 3. — La déclaration prévue à l’article 1er doit être accompagnée d’un projet détaillé de l’installation indiquant la nature du générateur d’électricité, le maximum de la différence de potentiel aux bornes de la machine, le maximum de l’inten-sité à distribuer dans chaque branche de circuit, la spécification des conducteurs employés et les précautions prises pour les isoler et les mettre hors de portée du public. Elle est également accompagnée d’un tracé de la ligne et, s’il y a lieu, d’un tracé du dispositif de la distribution ; les parties distinctes de la ligne et de la distribution sont désignées par une série régulière de lettres et de numéros d’ordre.
- Toute modification d’une installation déclarée donne lieu à une nouvelle déclaration dans les conditions prévues à l’article 1er.
- Art. 4. — Les machines génératrices doivent être placées dans un local où les conducteurs soient bien en vue; elles doivent être convenablement isolées.
- Si les courants émis sont de nature à créer des dangers pour les personnes admises dans ce local, les conducteurs sont placés hors de la portée de la main ; dans les parties où cette condition ne peut être réalisée, ils sont garnis d’enveloppes isolantes. Dans les cas où, à raison de la nature des courants et de l’importance des forces électromotrices obtenues, ces dangers seraient particulièrement graves, il doit être prescrit par le règlement intérieur de l’exploitation, pour les ouvriers de service, des précautions particulières, telles que l’emploi de gants en caoutchouc.
- Une affiche, apposée d’une manière très apparente dans la salle des machines, indique les consignes qui doivent être observées par les ouvriers en vue d’assurer leur sécurité.
- Art. 5. — L’usage de la terre et l’emploi des conduites d’eau ou de gaz pour compléter le circuit sont interdits.
- Art. 6. — Dans chacune des sections du circuit, le diamètre des conducteurs doit être en rapport avec l’intensité des courants transportés, de telle sorte qu’il ne puisse se produire, en aucun point, un échauffement dangereux pour l’isolement des conducteurs ou pour les objets voisins. Les raccords doivent être établis de façon à ne pas introduire dans le circuit des points faibles au point de vue mécanique ou présentant une résistance électrique dangereuse.
- Art. 7. — Les fils doivent être suffisamment éloignés des masses conductrices, en particulier des tuyaux d’eau ou de gaz, pour qu’il ne puisse se produire de phénomènes dangereux d’induction.
- Les fils employés peuvent être nus ou recouverts d’une enveloppe isolante ; dans le cas où les fils sont nus, ils ne doivent jamais être à la portée de la main, même sur les toits.
- Aux points d’attache qui, par leur position, présentent quelque danger, les fils doivent être revêtus d’une enveloppe isolante. L’emploi de fils recouverts est également obligatoire toutes les fois que les conducteurs sont posés sur des appuis supportant des communications télégraphiques ou téléphoniques à fil nu. Il en est de même dans toutes
- les parties du tracé où les conducteurs croisent une ligne télégraphique ou téléphonique, ou passent à une distance de moins de deux mètres d’une de ces lignes, ou enfin passent à une distance de moins d’un mètre des masses conductrices, telles qUe tuyaux d’eau ou de gaz.
- Art. 8. — A l’intérieur des maisons, les conducteurs sont soumis aux dispositions suivantes : s’ils ne sont pas recouverts d’une enveloppe isolante ils doivent être placés d’une façon bien apparente’ hors de la portée de la main, et posés sur des isolateurs ; au passage» des toits, planchers, murs et cloisons ou dans le voisinage de masses métalliques ils sont toujours recouverts ; ils doivent, en outre’ être encastrés dans une matière dure sur les points où ils sont exposés à des détériorations par le frottement ou toute autre cause destructive. Dans la partie de leur trajet où ils sont invisibles, ils doivent être disposés de façon a être à l’abri de toute détérioration; leur position est repérée exactement.
- Art. 9. — Les appareils générateurs d’électricité doivent être munis d’organes permettant de les isoler du réseau général, soit par la mise en court circuit de leur conducteur propre, soit par l’introduction de résistances progressives ou par tout autre procédé agissant promptement. Les machines réceptrices ou les groupes d’appareils récepteurs doivent être pourvus d’organes analogues permettant de les séparer rapidement du centre de production.
- Au siège des apppareils générateurs, un indicateur placé d’une façon très apparente permet de connaître à tout instant la différence de potentiel aux bornes. Lorsqu’un appareil récepteur absorbe plus de dix chevaux-vapeur, il doit être pourvu d’indicateurs analogues.
- Art. 10. — Les lettres et numéros d’ordre prévus au premier paragraphe de l’article 3 sont reproduits sur les diverses parties de la distribution et, en particulier, aux points intéressants, tels qu’em-branchements, commutateurs, instruments de mesure, coupe-circuits, etc.
- Art. 11. — Des arrêtés préfectoraux spéciaux pourront prescrire qu’il soit périodiquement procédé, par les soins des exploitants, à des vérifications de l’état des conducteurs et des machines, et que les résultats en soient consignés sur des registres dûment cotés et paraphés par l’administration.
- Art. 12. — En sus des attributions qui leur sont conférées par le titre V du décret du 27 décembre 1851, les ingénieurs et agents des postes et télégraphes sont chargés, sous l’autorité des préfets, de la surveillance des conducteurs électriques.
- Art. 13. — Ces ingénieurs et agents donnent leur avis sur les déclarations prévues aux articles 1 e^du présent décret. Us s’assurent de la conformité de» installations réalisées et de leur exploitation avec les déclarations déposées à la préfecture.
- Art. 14. — Us s’assurent au moins une fois Par an, et plus souvent lorsqu’ils en reçoivent 1 or r du préfet, si toutes les conditions de sûreté Pre^ crites par le présent règlement sont exacteme observées. .
- Art. 15. — Les registres prévus à l’article 1 dessus sont présentés à toute réquisition aux w0 nieurs et agents ; ils les revêtent de leur visa.
- Les mêmes ingénieurs et agents peuvent -crire que des expériences et épreuves de con soient effectuées en leur présence.
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- RÉGULATEUR ÉLECTRIQUE.
- régulateur ÉLECTRIQUE. — Appareil dans lequel l’électricité est employée à rendre uniforme la lumière d’une lampe, l’intensité d’un courant, la température, etc. Le nom de régulateur s’applique donc à un grand nombre d’instruments différents. Les régulateurs destinés à
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- l’éclairage électrique sont décrits à l’article Lampe.
- Nous indiquerons seulement ici le régulateur photo-électrique, imaginé parM. Tommasi pour rendre fixe le point lumineux d’une bougie Ja-blochkoff. La bougie est placée dans un tube
- Régulateur de l’éclairage de la scène (Allgemeine Elektricitâts Gesellscliaft, Berlin).
- Fig. 809. —
- de fer au fond duquel est un ressort qui la fait sortir peu à peu. Deux galets isolés, fixés au leaut du tube, dirigent la bougie et lui amènent c°urant. Entre la bougie etle ressort est dis-Posé un petit électro-aimant à fil fin, dont les es) en forme de demi-cylindre, glissent à ^ eiûent doux sur les parois intérieures du e> quand l’électro n’est excité par aucun ant. Si au contraire le courant passe, l’at-c 1Qn du tube arrête l’électro-aimant et la
- bougie cesse de monter. L’électro doit donc agir tant que le point lumineux est à la hauteur voulue et devenir inactif lorsque ce point commence à descendre.
- Pour cela, on fixe à cette hauteur un petit régulateur formé d’un tube horizontal contenant une lentille convergente et une résistance de sélénium, intercalée dans un circuit qui contient l’électro-aimant, et qui reçoit une dérivation delà machine ou bien le courant d’une pile
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- locale. Quand le point lumineux est à la hauteur du tube, la lumière, concentrée sur le sélénium, diminue sa résistance, et l’électro reçoit un courant suffisant pour arrêter l’action du ressort. Dès que le point lumineux s’abaisse, le sélénium n’étant plus éclairé devient plus résistant et l’électro-aimant n’agit plus; la bougie peut donc monter jusqu’à ce que ce point ait repris sa première position. Le courant peut actionner l’électro directement ou par l’intermédiaire d’un reiais.
- Régulateur de l’éclairage de la scène. — Cet
- appareil, construit par la Allgemeine Elektrici-tiits Gesellschafft, est installé au théâtre royal de Berlin et dans un grand nombre d’autres théâtres. Il se compose (fig. 809) de 66 rhéostats,
- dont 6 simples et 60 doubles, permettant de faire varier l’éclairage de la scène dans les limites nécessaires et d’obtenir toutes les gradations possibles dans cet éclairage. Cet appareil occupe fort peu de place : les rhéostats avec le mécanisme qui en dépend, les leviers, les clefs le mécanisme pour l’éclairage rapide, sont contenus dans dix châssis en fer forgé, portés par un socle en fonte très solide et n’occupant que 2,8 m. de hauteur sur 1,75 m. de largeur et 0,6 m. de profondeur. Une ingénieuse disposition permet d’accoupler rapidement les résistances de manière à avoir toutes les combinaisons possibles.
- Régulateurs de courant.—Ces appareils servent à maintenir constante l'intensité d’un cou-
- Fig. 810. — Régulateur Edison.
- rant malgré les variations provenant de la source ou des récepteurs placés dans le circuit.
- L’enroulement compound permet seul d’obtenir ce réglage automatiquement, lorsqu’on fait varier le nombre des récepteurs en circuit; mais la régulation n’a lieu que pour une valeur déterminée de la vitesse. Il arrive souvent que cette vitesse ne peut pas être maintenue constamment, par exemple lorsqu’il s’agit d’une dynamo entraînée par un moteur ou un arbre de transmission qui actionne en même temps les diverses machines d’une usine.
- Avec les autres modes d’excitation, que l’on rencontre plus fréquemment dans la pratique, il faut modifier la production de la machine suivant le nombre des récepteurs en service. Dans ce dernier cas, il semble qu’on pourrait
- se contenter de faire varier la vitesse de rotation. Mais c’est bien difficile dans la pratique, surtout lorsque la force est empruntée à un moteur général, actionnant toute une usine. Il faut donc dans tous les cas avoir recours a un régulateur, qui a pour fonction d’introduire des résistances auxiliaires dans le circuit ou de les en retirer suivant les besoins.
- Lorsque la machine est excitée en dérivation ou munie d’une excitatrice indépendante, on place ces résistances dans le circuit inducteur, de façon à agir sur la force électromotrice de machine et à maintenir constante la différence de potentiel aux bornes, en modifiant 1 inten sité du champ magnétique.
- On emploie alors des régulateurs du chanip magnétique, qui introduisent ces résistances s
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- à ]a main, soit automatiquement. Tels sont ceux de MM. Brush, Postel-Vinay, Edison. Ce dernier est extrêmement simple : il se compose d’une série de bobines en fil de maillechort disposées en cercle comme dans la boîte de résistances (fig. 120); la première est reliée à l’une des bornes; l’autre borne communique avec l’axe d’une manette que l’on peut amener sur des segments métalliques reliant chaque bobine à la suivante (fig. 810). On introduit donc
- facilement le nombre de bobines nécessaire.
- M. Fabius Henrion joint à ses dynamos com-pound, que nous avons décrites plus haut, un régulateur destiné à remédier aux irrégularités de vitesse, si difficiles à éviter, en introduisant des résistances dans le circuit en dérivation des inducteurs. Cet appareil, qui fonctionnait à l’Exposition de 1889, est représenté figure811.
- Une poulie, placée à la partie inférieure, reçoit un mouvement de rotation de l’arbre de la
- Fig-. 8iJ. — Régulateur Fabius Henrion, de Nancy.
- Machine, soit directement, soit par une cour-roie. Une goupille, placée excentriquement sur cette poulie, glisse dans une rainure pratiquée a U partie inférieure d’un levier, auquel elle communique ains* un mouvement oscillatoire. ^ sa partie supérieure, ce levier porte deux cli-fiuets RR, qUi peuvent pivoter librement au-tour son extrémité, et sont placés respecti-eraent au-dessus des deux roues à rochet DD', sont solidaires l’une de l’autre, et dont les nts ont des directions opposées. Ces roues
- peuvent tourner librement dans les deux sens, et sont indépendantes du levier : elles portent un contact à ressort, qui fait corps avec elles et suit leur rotation. Quand l’intensité varie, les cliquets RR entraînent les roues dans un sens ou dans l’autre, et le contact se déplace sur une série de plots portant les chiffres 1, 2, 3, 4, 5, 6, introduisant ainsi des résistances variables.
- Pour obtenir ce résultat, les deux bornes de la machine sont reliées avec le solénoïde A, à fil fin, contenant un noyau de fer doux mobile \ ,
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- qui est attiré, et occupe une certaine position dans la bobine, lorsque le courant possède son intensité normale. Si le potentiel augmente, le noyau est attiré vers le haut et vient fermer un contact en T, au sommet, avec le solénoïde de droite S, qui se trouve ainsi en communication avec les deux bornes et reçoit une dérivation du courant. Le solénoïde S, dont le pôle infé-
- Fig. 812. — Régulateur de la Société alsacienne de constructions mécaniques de Belfort.
- rieur a une forme correspondante à celle du cliquet R, placé au-dessous de lui, attire ce cliquet. Cette attraction force l’autre cliquet à s’engager dans les dents de l’une des roues à rochet; le levier continuant d’ailleurs à osciller, les roues sont entraînées, avançant d’une dent à chaque oscillation, et le contact à ressort se déplace avec elles, introduisant des résistances
- croissantes dans le circuit de dérivation des inducteurs, ce qui amène une diminution du potentiel.
- Si au contraire le potentiel diminue, le noyau du solénoïde A retombe et vient établir à sa partie inférieure un contact qui fait passer le courant dans le solénoïde de gauche S'. Le cliquet correspondant est attiré, l’autre engrène avec le rochet correspondant et fait mouvoir le contact à ressort en sens inverse, diminuant la résistance.
- La Société alsacienne de constructions mécaniques emploie un régulateur extrêmement simple (fîg. 812). 11 est formé d’un solénoïde à fil fin, renfermant un noyau de forme spéciale, qui est suspendu à l’extrémité d’un levier supportant à l’autre bout un godet à mercure. Le côté du noyau est plus lourd que l’autre d’une quantité facile à régler. Lorsque le courant ne passe pas, le noyau occupe la position la plus basse; il se relève d’autant plus que le courant est plus intense, et en même temps le godet à mercure s’abaisse. Au-dessus de ce godet sont fixées une série de tiges de longueurs différentes, en contact avec des spirales de maillechort. Lorsque la cuvette de mercure est dans sa position la plus élevée, toutes les tiges plongent dans ce liquide; elles en sortent successivement lorsque le godet descend.
- Les spirales sont placées dans le circuit inducteur et les connexions sont établies de telle sorte que le courant excitateur traverse une, deux, trois... résistances, suivant qu’une, deux trois.... tiges sont hors du mercure. Lorsque le courant présente sa valeur normale, le levier occupe une position moyenne; la moitié des tiges sont hors du mercure et par suite la moitié des résistances sont intercalées. Si la tension augmente, le noyau s’élève, le godet s’abaisse et un certain nombre de tiges sortent du mercure. Si elle devient trop faible, le noyau descend et le mercure vient baigner un plus grand nombre de tiges, ce qui diminue la résistance intercalée. Un petit frein sert à régler la sensibilité de l’appareil.
- M. Elihu Thomson maintient la force électromotrice constante dans les dynamos compoun et en dérivation, employées pour l’éclairage a l’incandescence, en utilisant réchauffement d’une résistance par le passage du courant. Cette résistance R, en platine ou en fer, e ^ placée sur un support conique, formé de lame» de mica, de façon que les spires successives puissent se toucher. Elle est disposée dans une
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- cheminée T, recouverte d’une substance non conductrice de la chaleur, et percée à la base de trous donnant passage à un courant d’air (fîg. 813). Une valve V peut fermer plus ou moins complètement l’orifîce supérieur. La résistance R, qui est intercalée dans la dérivation des inducteurs F de la dynamo et forme même la plus grande partie de la résistance totale de cette dérivation, s’échauffe au passage du courant; la valve V, commandée par ce courant, règle le courant d’air de manière à refroidir plus ou moins énergiquement la spirale R et à
- faire varier sa résistance dans le sens convenable.
- La valve Y est fixée à l’extrémité d’un levier L', qui porte l’armature d’un électro-aimant M, monté en dérivation sur les conducteurs principaux ab, et qu’un ressort écarte de cet électro. Quand la différence de potentiel augmente, l’é-lectro-aimant M attire son armature, et la valve Y vient fermer plus ou moins complètement la cheminée T. La spirale R s’échauffe, sa résistance augmente et diminue l’intensité du champ magnétique de la machine. Si la dif—
- L' P’
- Fig. 813. —Régulateur E. Thomson.
- férence de potentiel diminue, un électro-ai-mant de contrôle G, également monté en dérivation sur les conducteurs principaux ab, rompt la dérivation de l’électro-aimant M, qui cesse dattirer son armature; le levier U obéit alors au ressort antagoniste, et la valve V ouvre largement la cheminée T, ce qui permet un refroidissement énergique de la résistance R.
- Pour cela la dérivation de l’électro-aimant M c°mprend un contact fixe D et une vis S fixée ^ 1 extrémité du levier L, qui porte l'armature e 1 électro-aimant C et qui est équilibré par an Poids variable W, suspendu à son autre ex-emité, et par un curseur mobile W' ; on obtient ainsi Un réglage très délicat. Lorsque la diffé-
- blCTIONNAIRE D’ÉLECTRICITÉ.
- rence de potentiel faiblit, l’attraction de l’élec-tro-aimant G diminue, et, sous l’action des poids W et W', la vis S s’écarte de D, mais d’une très petite quantité. La dérivation de l’électro M étant rompue, celui-ci cesse d’attirer son armature, et la valve V s’ouvre complètement. Un condensateur G empêche la production d’étincelles en D, lorsqu’on interrompt la dérivation de M.
- M. Lahmeyer, d’Aix-la-Chapelle, a donné le nom de régulateur de tension à distance (Ferns-pannungsregidator) à un appareil qui sert à plusieurs usages, notamment à intercaler des résistances dans le circuit inducteur ou dans le circuit induit d’une dynamo.
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- Il se compose d’un tube de cuivre rempli à sa partie inférieure de mercure, dans lequel flotte un noyau de fer doux. Ce tube est à l’intérieur d’un solénoïde parcouru par le courant principal; il est surmonté d’une série de disques de cuivre isolés, entre lesquels sont intercalées les résistances régulatrices. Le mercure sert à relier ces disques. Le noyau est entouré à la partie supérieure d’un tube de verre qui porte une graduation empirique en ampères et un appareil d’arrêt (fig. 814).
- Fig. 814. — Régulateur Lahmever (Hartmann et Braun, Bockenheim, Francfort-sur-le-Mein).
- L’appareil sert d’abord, étant donnés une force électromotrice constante de la machine
- et un travail variable à fournir par le conduc teur, à maintenir une tension constante aux extrémités de ce conducteur en intercalant ou retirant des résistances régulatrices. Il permet aussi d’insérer, au lieu de résistances, des accumulateurs dont la force électromotrice soit dirigée, suivant les cas, dans le même sens que celle de la machine ou en sens contraire. Il peut enfin servir à intercaler les résistances de réglage dans le circuit inducteur des machines excitées en dérivation. Le courant dérivé passe alors dans le mercure, et le courant principal traverse seulement le solénoïde. Ainsi modifié ce régulateur est employé avec les machines à tension constante pour charger les accumulateurs et pour régler des moteurs à un nombre de tours exactement constant.
- Nous signalerons enfin la disposition appliquée par MM. Clarke, Chapman, Parsons et Cie, à leurs installations de machines commandées par une turbine à vapeur, et qui consiste à rendre constante la différence de potentiel en agissant sur la valve d’admission de vapeur de la turbine. Pour cela, au-dessus de la pièce polaire supérieure des électro-aimants est placée une pointe métallique, qui attire une pièce de fer doux mobile autour d’un pivot. L’attraction augmente avec la force électromotrice, et cette pièce tourne d’un angle variable, entraînant une fourchette qui vient fermer plus ou moins complètement l’ouverture d’un tuyau à l’entrée duquel est placé un soufflet, et dont l’air est aspiré par une petite pompe calée sur l’arbre de la machine à vapeur. Quand l’orifice se ferme, l’air n’arrivant plus dans le tuyau, le vide se fait dans une capsule, qui s’aplatit. Ce mouvement commande une tige qui diminue l’admission de la vapeur.
- Lorsque la machine est excitée en série, les résistances se placent de préférence sur le circuit induit. C’est généralement dans le circuit extérieur qu’on les introduit : les rhéostats peuvent servir à cet usage, ainsi que les régulateurs décrits dans le paragraphe précédent. M. Wartmann a fait usage d’un rhéostat qu’entraînait un mouvement d’horlogerie commandé par l’armature d’un électro-aimant. Quand le courant s’affaiblit, l’armature laisse aller le mécanisme, et le rhéostat s’enroule, diminuant la résistance. Quand l’intensite a repris sa valeur normale, l’armature est attirée de nouveau, et le mouvement est enclenche. Cet appareil à l’inconvénient de ne compenser que les affaiblissements du courant. ,
- M. Edison se sert pour les faibles intensité5
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- d'un régulateur à poudre de charbon, dont on fait varier la résistance en la comprimant plus ou moins fortement.
- plusieurs inventeurs ont utilisé la décomposition de l’eau par le courant pour faire enfoncer plus ou moins profondément dans le liquide deux lames de platine dont la résistance varie avec la hauteur immergée. Mais l’électrolyse produit une perte d’énergie inutile.
- Le régulateur de M. Siemens se compose d'une lame mince de platine qui s’échauffe par le passage du courant, et dont la dilatation plus
- ou moins grande introduit ou supprime un certain nombre de spires de fil de platine. Cet appareil a été modifié par M. Hospitalier.
- Au lieu d’introduire des résistances dans J’un des deux circuits, on peut modifier la force électromotrice en déplaçant les balais : on sait en effet qu’en les faisant tourner de 90° on peut faire décroître la différence de potentiel depuis son maximum jusqu’à zéro. Certains modèles de dynamos sont pourvus de régulateurs destinés à modifier automatiquement l’angle de calage des balais.
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- Fig. 815. — Diagramme du régulateur Thomson-Houston.
- Les dynamos à arc Thomson-Houston sont Munies d’un régulateur de ce genre qui se voit à gauche (fig. 570, page 488). La figure 815 Contre le principe de cet appareil et le schéma ^es communications. CC représentent les inducteurs, A le collecteur et BB les balais. Le régulateur est constitué par l’électro-aimaint-^l, de jaible résistance, dont le pôle inférieur K est de °rme parabolique. Cet électro-aimant est fixé au kàti de la machine par un cadre eu forme d’U Renversé, dont la branche de gauche est seule j ®Uree> et intercalé dans le circuit principal, ^armature L est montée sur pivots entre les anches du cadre, et construite de manière
- que ses extrémités puissent se mouvoir à des distances égales par rapport au cadre et tournent facilement autour des pivots; elle est percée d’une ouverture circulaire assez large pour qu’elle puisse se mouvoir sans toucher le pôle. L’attraction de l’électro-aimant agit sur le levier M et modifie automatiquement la position des balais. La forme parabolique du pôle Iv sert à produire une attraction plus régulière dans les différentes positions de l’armature. Pour empêcher un mouvement trop brusque du levier M, on l’a fixé au cylindre d’uné pompe à glycérine, dont le piston reste fixe (fig. 816).
- Mais, si le courant passait directement par
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- Fig. 816. — Régulateur Thomson-Houston. Fig. 817. — Électro-aimant de contrôle.
- T électro-aimant H, l’appareil ne serait pas assez I appareil de contrôle (fig. 815), formé de deux sensible. Aussi on intercale dans le circuit un I solénoïdes EE, dont les noyaux FF sont réunis
- par une culasse et suspendus à un ressort susceptible d’être réglé.
- La culasse porte à sa partie inférieure un
- contact en argent placé au-dessus d’un buttoir fixe D. Si le courant a son intensité normale, régulateur H est placé en court circuit pat
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- contact D. Si l’intensité augmente, les noyaux FF sont attirés et le contact D se trouve rompu : le courant traverse H et la tige M agit sur les balais. Une résistance de charbon N, placée en dérivation, empêche les étincelles quand on
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- rompt le contact D. Les figures 816 et 817 représentent séparément le régulateur avec sa pompe et l’électro-aimant de contrôle.
- Les dynamos Sperry, décrites plus haut, sont munies d’un régulateur très original, qui em-
- prunte à l’arbre de la dynamo l’énergie méca-Qlciue nécessaire à son fonctionnement et qui commandé par une palette de fer mobile rant l’un des inducteurs, qui sont montés en Serie. Le réglage s’obtient donc par les variais du
- ^lectri
- courant, sans l’emploi d’aucun organe
- nque intermédiaire.
- Ce régulateur est représenté en perspective (fig. 818); la figure 819 en montre les détails en projection verticale et horizontale.
- L’arbre de la machine commande, à l’aide d’une corde, une poulie P dont l’axe porte un excentrique E, destiné à imprimer, par l’intermédiaire d’une petite bielle B, un mouvement
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- de va-et-vient continu à une pièce N, montée sur une glissière G. Cette pièce porte deux cliquets GG', reliés par une tige articulée a et pouvant engrener avec la crémaillère M, qui porte deux dentures opposées. Quand le courant possède son intensité normale, les cliquets gardent une position intermédiaire et n’engrènent -ni l’un ni l’autre.
- Si l’intensité augmente, la palette de fer doux F, placée devant l’inducteur I, est attirée plus fortement par celui-ci ; elle tourne autour de son axe en entraînant le levier de buttée L, qui fait corps avec elle. Ce levier appuie sur le cliquet G' et le fait engrener avec la crémaillère inférieure, qui produit le déplacement des balais dans le sens des potentiels décroissants. Si l’intensité diminue, l’attraction de l’inducteur I devient plus faible, et la palette F s’en écarte sous l’action du ressort R. Le ressort r fait abaisser le système CaC' ; le cliquet C engrène avec la crémaillère supérieure, et les balais sont déplacés dans le sens des potentiels croissants. Lorsque le courant a repris sa valeur normale, le système CaC' reprend une position intermédiaire sous l’action de l’inducteur I et des ressorts R et r, et la crémaillère n’engrène plus.
- Régulateurs de pression. — Appareil électrique servant à régulariser le pression du gaz d’éclairage.
- L’un des premiers est celui de MM. Giroud et Bréguet (1835), qui se compose d’un manomètre à mercure, à air libre, placé au point où l’on veut produire la régularisation, et muni d’un flotteur qui vient fermer deux circuits distincts, suivant que le manomètre atteint l’une ou l’autre des deux limites fixées. Les deux courants ainsi produits se rendent à un moteur à poids placé près de la vanne de distribution, et le font tourner chacun dans un sens différent, ce qui augmente ou diminue l’ouverture traversée par le gaz.
- Dans l’appareil de MM. Chardin et Prayer, le transmetteur est analogue au précédent, mais le régulateur actionné par les deux circuits est différent. Il est formé d’un mécanisme d’horloge-rie commandé par un électro-aimant et disposé de manière à se remonter automatiquement.
- Le régulateur de M. Servier est plutôt un indicateur de pression ; les contacts établis par le flotteur ferment un courant qui actionne un avertisseur placé à l’usine; la régulation se fait à la main. (Voy. Manomètre avertisseur.)
- Régulateurs de température. — L’organe principal de ces appareils est généralement un réservoir à air ou à liquide, placé dans l’enceinte dont on veut maintenir la température
- constante, et communiquant avec un tube en U placé au dehors et contenant une certaine quantité de mercure. Un fil de platine communique sans cesse avec le mercure ; un autre est placé dans la branche ouverte, un peu au-dessus du niveau du liquide. Quand la température dépasse la limite fixée, le mercure en s’élevant vient toucher le second fil et ferme un circuit comprenant une pile et l’appareil électrique chargé de produire les variations de température, appareil qui varie suivant les systèmes.
- Dans le régulateur de M. d’Arsonval, cet appareil est un électro-aimant vertical, placé dans une boîte cylindrique dont la base supérieure est une membrane élastique, portant au centre une plaque de fer doux. Le nuyau de cet électro est un tube creux par lequel arrive à la partie inférieure le gaz d’éclairage, qui se répand ensuite dans la boîte cylindrique et se rend au brûleur par un tuyau latéral. Lorsque la température dépasse la limite fixée, un contact est établi, comme nous l’avons expliqué plus haut, et le courant traverse l’électro-aimant, qui attire la plaque de fer doux; la membrane élastique vient fermer en partie le tube creux de l’électro, ce qui force le courant de gaz à se ralentir, et diminue la quantité de chaleur fournie.
- M. d’Arsonval a combiné un autre régulateur analogue pour le cas où l’on emploie, au lieu de gaz, une lampe à alcool ou à essence. Un levier, mobile autour de son centre, porte à l’une de ses extrémités l’armature d’un électro-aimant vertical, à l’autre un tube qui entoure le porte-mèche de la lampe. Lorsque le courant ne passe pas, ce tube occupe la position la plus basse, la mèche est à découvert et la flamme est au maximum. Lorsque la température s’élève trop, le courant passe dans l’électro-aimant, qui attire son armature; le tube s’élève, recouvre la flamme en partie et diminue la combustion.
- Nous avons décrit, à l’article Couveuse, un régulateur qui s’applique au cas où la chaleur est fournie par un courant électrique.
- Les dispositions qui précèdent conviennent surtout à des appareils de laboratoire; dans l’industrie, elles seraient généralement insuffisantes pour maintenir la température constante dans une grande pièce ou dans un atelier. Dan» ce cas, on fait agir le courant plutôt sur ^ orifices d’admission de l’air chaud venant calorifère que sur la source de chaleur e même. Du Moncel a employé la disposition sui vante. Le fil positif d’une pile plonge ^ans^e réservoir d’un thermomètre à mercure ; le P ^ négatif communique avec deux circuits term
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- RELAIS.
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- nés par des fils qui plongent dans la tige à des hauteurs un peu différentes. Quand la température dépasse’ la limite fixée, le mercure vient toucher le premier fil négatif, et le courant produit ferme la bouche de chaleur. Si cela ne suffit pas et que la température continue à monter, le mercure s’élève encore un peu et ferme le second circuit, contenant un appareil qui ouvre une bouche d’air froid.
- Régulateurs de vitesse. — Appareils servant à régulariser la marche d’un moteur quelconque. Il en existe un grand nombre. Nous avons décrit plus haut le régulateur très simple adapté par M. Marcel Deprez à son moteur électrique.
- Le régulateur de M. Napoli est destiné aux machines à vapeur. La valve d’admission de la vapeur est commandée par une vis sans fin, qui reste immobile tant que. la vitesse conserve une valeur normale, et tourne dans un sens ou dans l’autre quand elle vient à augmenter ou à diminuer; suivant le sens de son mouvement, la vis sans fin ouvre à la vapeur un passage plus ou moins grand. Pour cela, deux électro-aimants tubulaires sont fixés aux deux extrémités de l’arbre de la vis, devant deux poulies, folles sur cet axe, et tournant en sens contraire. Le régulateur à force centrifuge agit sur un ressort placé entre deux boutons, qu’il vient toucher lorsque la vitesse tend à sortir des limites fixées. Le contact avec chacun de ces boutons lance un courant dans l’un des électro-aimants : la poulie correspondante y adhère et entraîne la vis sans fin dans sa rotation.
- Le régulateur de M. Brown est destiné aux navires à vapeur; il remédie aux accroissements de vitesse qui se pro-
- principale. On peut même placer plusieurs contacts à des hauteurs différentes, pour régler le jeu de la soupape suivant que l’hélice est plongée plus ou moins complètement.
- Le nom de régulateur de vitesse est appliqué aussi à l’un des organes du télégraphe Baudot (Voy. ce mot).
- RELAIS. — Appareil employé en télégraphie pour envoyer dans le récepteur le courant d’une pile locale, lorsque le courant de ligne qui parvient à la station est trop faible pour actionner directement ce récepteur. Ainsi, lorsqu’une station A est en communication directe avec une autre station B, située à une grande distance, on serait obligé d’employer en A une pile d’un grand nombre d’éléments ; sinon les courants envoyés par le transmetteur de cette station ne seraient plus assez forts pour faire mouvoir le récepteur de B. On remédie à cet inconvénient en plaçant en B un relais, qui fonctionne sous l’influence de ces courants très faibles, pour envoyer dans le récepteur le courant d’une pile locale, d’intensité suffisante pour actionner cet organe. Les passages et les inter-
- Fig. 820. — Relais Morse.
- duisent lorsque d’hélice vient à sortir de l’eau par suite du tangage. Un contact S1tué au bas de la coque est toujours immergé, tandis qu’un autre, placé, près de l’axe de l’hé-fice, sort de l’eau en même temps que cet axe. Lorsque les deux contacts sont plongés, l’eau ferme un circuit contenant une petite dynamo et un électro-aimant, dont l’armature est attirée. Lorsque le second contact sort de l’eau, le cou-rant est interrompu ; l’armature, entraînée par Uîl ressort antagoniste, agit sur des organes qui Mettent en marche une petite machine à vapeur destinée à fermer la soupape de la machine
- ruptions du courant local doivent être absolument synchrones de ceux du courant de ligne.
- Le relais peut aussi être placé, non en B, mais dans une station intermédiaire C; il reçoit alors le courant de la ligne AG et envoie dans le récepteur de B celui de la ligne CB. On lui donne souvent, dans ce cas, le nom de translateur (Voy. ce mot).
- On se sert fréquemment d’une sorte de récepteur Morse, simplifié (fig. 820). Un électroaimant E communique d’une part avec la ligne, de l’autre avec la terre. Le levier II', mobile au-
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- 664 RELEVER. —
- tour d’un axe horizontal, porte l’armature A et peut osciller entre deux buttoirs isolés pp': quand le courant ne passe pas, il est maintenu en contact avec le buttoir p par la tension du ressort r, que règle la vis B. Le buttoir p' est relié au pôle positif de la pile locale, dont l’autre pôle est à la terre ; le levier II' commnnique par la colonne S avec le récepteur, dont l’autre extrémité est aussi à la terre. Quand le courant de la ligne traverse l’électro-aimant E, l’armature A est attirée, le levier W vient toucher la vis p' et le courant local traverse le récepteur ; lorsque le courant de ligne est interrompu, le levier U’, ramené par le ressort r, vient toucher la vis p et interrompt le courant local.
- Ce relais peut être employé comme translateur (Voy. ce mot).
- On se sert aussi de relais polarisés, dans lesquels l’armature reçoit une aimantation permanente. Tel est le relais Siemens, composé d’un électro-aimant à deux bobines verticales, dont les pôles font saillie et sont assez rapprochés. Entre ces pôles oscille une tige de fer doux horizontale, dont l’autre extrémité s’appuie sur un aimant fixe et peut tourner autour du point d’attache. La tige ainsi polarisée est attirée par l’un ou l’autre des pôles de l’électro, suivant le sens du courant qui traverse celui-ci. Dans ce mouvement, elle vient toucher l’un ou l’autre de deux buttoirs placés de part et d’autre et ferme le circuit positif ou négatif d’une pile locale. Dans cet appareil, l’armature n’est pas ramenée à la position médiane.
- Dans le relais de M. Ducousso, l’armature est ramenée à la position centrale par l’attraction de l’autre pôle de l’aimant, qui est taillé en biseau et se trouve placé en face de son extrémité libre.
- Les rappels par inversion de courant décrits plus haut peuvent aussi être considérés comme des relais polarisés ; il en est de même des relais de M. Tommasi, de M. Ebel et de M. Marcillac pour les lignes sous-marines. Ce dernier est formé d’une bobine très légère, placée dans un champ magnétique très intense, et qui se déplace vers la gauche ou vers la droite, suivant le sens du courant qui la traverse. Elle entraîne dans ce mouvement une lame métallique, qui ferme le circuit local dans un sens ou dans l’autre.
- Les rappels galvanométriques utilisent la déviation d’une aiguille ou d’un cadre mobile qui tournent comme ceux des galvanomètres. Le plus sensible est celui de M. Claude, qui se compose d’un cadre mobile autour d’un axe vertical entre les deux branches d’un aimant en U;
- RENDEMENT.
- un cylindre fixe de fer doux, placé dans l’intérieur du cadre, renforce le champ magnétique L’appareil présente donc à peu près la disposition du galvanomètre Deprez et d’Arsonval L’axe vertical d’acier qui supporte la bobine est muni à sa partie inférieure d’une tige horizontale, qui vient rencontrer un contact fixe et fermer le circuit local, lorsque la bobine est traversée par un courant d’un certain sens. Le relais de M. Claude comprend deux appareils semblables qui servent l’un pour les courants positifs, l’autre pour les courants négatifs.
- RELEVER (un dérangement). — Faire disparaître la cause qui produit un dérangement (terme employé en télégraphie).
- RÉMANENT (Magnétisme). — Voy. Magnétisme. REMISE A L’HEURE PAR L’ÉLECTRICITÉ. — Voy. Horloge électrique.
- RENDEMENT. — D’une manière générale, on appelle rendement d’un appareil le rapport de la quantité d’énergie qu’il fournit à celle qu’il absorbe.
- Rendement d’une machine d’induction. —
- C’est le rapport entre le travail mécanique absorbé par cette machine et l’énergie électrique qu’elle produit. Outre cette quantité, qu’on appelle d’ordinaire le rendement industriel, on considère encore le rendement électrique.
- Rendement industriel. On donne ce nom au rapport du travail électrique disponible aux bornes de la machine au travail mécanique total dépensé sur l’arbre.
- Pour connaître le rendement industriel, on peut mesurer le travail dépensé en plaçant un dynamomètre de transmission entre le moteur et la dynamo. On a le travail utile en mesurant l’intensité I du courant et la différence de po-
- EI
- tentiel E aux bornes. Le produit — donne ce
- travail en kilogrammètres (Voy. Unités).
- Rendement électrique. — On nomme ainsi le rapport du travail utile disponible aux bornes au travail électrique total développé dans la machine. Le premier se mesure comme nous
- . ET
- venons de l’indiquer; le second est égal à
- E' étant la force électromotrice de la machine. Mais cette force électromotrice ne peut pas ici se mesurer directement : elle est égale a E'=E-fIR>
- R étant la résistance intérieure de la machine, le rendement électrique est donc
- El E
- El 4- RU E + IR*
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-
-
-
- RENDEMENT.
- 663
- D’ailleurs la résistance R prend différentes valeurs suivant le mode d’excitation de la machine. Dans une magnéto ou une dynamo à excitation indépendante, R est égale à la résistance Ri de l’armature. Dans une dynamo en série, R est la somme des résistances de l’induit et de l’inducteur.
- R = Ri -J- R2.
- Dans une dynamo en dérivation, R et I2 étant les intensités dans ces deux parties de la machine,
- IR = RRj + I2R2.
- Enfin, dans une machine compound,
- IR = R (Ri + R?) + R R-2 •
- R2 et Rg étant les résistances respectives des bobines de l’électro montées en série et en dérivation.
- Ces définitions s’appliquent seulement aux machines employées comme génératrices ; nous donnerons plus loin celles qui sont relatives aux réceptrices.
- Le rendement industriel est le seul qui soit vraiment important à considérer, puisqu’il tient compte de toutes les pertes survenues dans la transformation de l’énergie mécanique en énergie électrique, tandis que le rendement électrique ne dépend que de la résistance des électro-aimants et de l’armature. D’ailleurs, ces deux rendements sont en général proportionnels dans les bonnes machines ; cette condition n’est cependant pas indispensable, car on peut être conduit à augmenter la résistance intérieure, sans pour cela diminuer le rendement industriel.
- Des mesures sérieuses ont été faites aux Expositions d’électricité de Paris (1881), de Munich et d’Anvers sur le rendement industriel des principales machines à courant continu.
- Voici quelques-uns des résultats obtenus :
- Gramme, n? 1 0,58
- — n° 2 0,58
- — n° 3 0,67
- Siemens, n° 1 0,62
- — n° 2 0,62
- — n° 3 0,75
- Maxim 0,66
- Weston 0,84
- Brush, n° 1 0,76
- — n° 2 0,74
- — n° 3
- Schuckert 0,70
- Edison, Z 0,58
- — E. 0,52
- Crompton 0,81
- Gülcher... 0,70
- On a remarqué à l’Exposition de 1881 que les machines qui avaient le plus faible rendement (Gramme et Siemens) avaient aussi la marche la plus régulière, tandis qu’une dynamo Weston n’a pu faire qu’un service très défectueux et pendant peu de temps. D’ailleurs la construction des dynamos a été beaucoup perfectionnée dans les dernières années : les machines ordinaires donnent au moins 0,63 et 0,70, et les machines soignées peuvent atteindre 0,80 à 0,83 quand les inducteurs sont en fonte, 0,90 quand Ils sont en fer, parfois môme 0,93.
- Rendement des lignes. — Le rendement de la ligne qui relie les dynamos aux appareils d’éclairage ou autres varie avec la nature et la section des conducteurs employés. On emploie généralement du cuivre de haute conductibilité ou bien du bronze phosphoreux ou silicieux (Voy. Conducteur), et l’on choisit la section suivant l’intensité des courants à transmettre.
- Dans les grandes installations industrielles, les lignes sont généralement établies de manière à n’absoi’ber que 8 à 10 p. 100 de l’énergie électrique. Dans les stations centrales, afin de diminuer les dépenses de première installation, on augmente souvent la perte par la canalisation, de sorte qu’elle péut atteindre jusqu’à
- 20 p. 100.
- Les transformateurs offrent un moyen de diminuer cette perte. On doit chercher la solution qui est la plus avantageuse dans chaque cas, en tenant compte de ces trois facteurs.
- Rendement des moteurs. — Rendement industriel. — C’est le rapport du travail mécanique recueilli sur l’arbre à l’énergie électrique absorbée par le moteur. On obtient sa valeur en mesurant le travail mécanique avec le frein de Prony et calculant l’énergie absorbée à l’aide du produit de l’intensité par la différence de potentiel aux bornes; on divise ce produit par l’intensité de la pesanteur, comme nous l’avons vu pour les machines génératrices.
- Rendement électrique. — C’est le quotient obtenu en divisant la différence entre l’énergie électrique fournie aux bornes et celle absorbée par la résistance intérieure de la machine par l’énergie électrique fournie aux bornes.
- Soit E la différence de potentiel aux bornes, I l’intensité, R! la résistance de l’armature et R2 celle des électros, le rendement est, pour une machine excitée en série,
- El —(R, + R2)I E —(Ri-f-R,)
- El E
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-
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- RENDEMENT.
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- Pour une machine excitée en dérivation, on a
- El — (R Ri + RRa)
- El
- R et I2 étant les intensités dans l’armature et dans l'inducteur. Enfin, dans une machine compound, le rendement électrique est
- El —R (Ri + r;)-i2r;’
- El
- R'2 étant la résistance du fil inducteur placé en série, R", celle du fil qui est monté en dérivation.
- Rendement des transformateurs. — On nomme rendement d’nn transformateur le rapport de l’énergie électrique qu’il produit à celle que lui fournit le courant inducteur. Soient E et I les nombres de volts et d’ampères correspondant au courant primaire, E’ et I' ceux qui correspondent au courant secondaire ; le rendement
- est -gj- (Voy. Transformateur).
- Rendement d’une transmission d’énergie. —
- On appelle rendement électrique d’une transmission le rapport de l’énergie électrique fournie par la génératrice à celle qu’elle absorbe.
- On nomme rendement mécanique le rapport du travail mécanique fourni par la réceptrice à celui qu’absorbe la génératrice (Voy. Transmission ÉLECTRIQUE DE L’ÉNERGIE).
- Rendement des foyers lumineux. — D’après M. H. Fontaine, à qui nous empruntons ces renseignements, il y a lieu de chercher la quantité de lumière produite pour une dépense donnée de travail électrique, et le rapport existant entre la puissance utilisée en radiations lumineuses et la puissance totale consommée. M. Fontaine donne à ce dernier rapport le nom de rendement optique : il est d’environ 5 p. 100 pour les lampes à incandescence et 10 p. 100 pour l’arc voltaïque. D’ailleurs, les expériences qui ont donné ces nombres ne sont ni assez nombreuses, ni assez concluantes pour mériter une confiance absolue.
- Ce qu’on peut déterminer avec précision, c’est le rendement lumineux d’un brûleur, ramené à la consommation d’un watt.
- Rendement lumineux de Varc voltaïque. — De nombreuses expériences ont été faites par M. Fontaine, MM. Sautter et Lemonnier, MM. Siemens et Halske, par les Commissions des Expositions de Paris, Munich. Vienne, Philadelphie et Anvers. On mesure l’intensité du courant et la différence de potentiel aux bornes de la lampe, ce qui donne l’énergie absorbée,
- puis on mesure l’intensité lumineuse par ps méthodes photométriques ordinaires.
- Le rendement dépend de la qualité et du diamètre des crayons, de l’intensité et de la na ture des courants employés, etc. Les courants continus sont beaucoup plus avantageux que les courants alternatifs ; les premiers donnent environ 100 carcels par cheval électrique, les autres 50 seulement.
- Rendement lumineux des lampes à incamles-cence. — Ces lampes ont été expérimentées également dans plusieurs Expositions, notamment à Paris et à Munich. Depuis cette époque, on a perfectionné leur fabrication, de façon à augmenter la durée et le rendement. On fait aujourd’hui des lampes qui ne dépensent que 2 watts par bougie, mais ce rendement avantageux n’est atteint qu’aux dépens de la durée. Pour les lampes capables de durer 1000 heures, il faut compter 4. à 4,8 watts par bougie, ce qui fait 20 carcels par cheval.
- Rendement de la houille en lumière électrique. — L’effet utile de la houille transformée en lumière électrique s’obtiendra en faisant le produit des rendements de tous les organes intermédiaires : machine à vapeur, dynamo, ligne, brûleur (rendement optique). On trouve ainsi un rendement compris entre 0,0034 et 0,0080 pour les lampes à incandescence et entre 0,0068 et 0,0160 pour l’arc voltaïque.
- L’emploi d’accumulateurs diminuerait encore ce rendement dans la proportion de 20, 30 et même 50 p. 100. L’électricité transforme donc en lumière 0,010 au plus de l’énergie fournie par la houille ; malgré ce faible rendement, c’est encore l’éclairage électrique qui possède le plus grand rendement optique.
- Rendement des appareils télégraphiques. — On appelle ainsi le nombre des mots, supposes formés de cinq lettres, qu’un appareil peut transmettre en une minute, ou le nombre de dépêches, supposées formées de 20 mots plus le préambule, qu’il peut transmettre en une heure.
- Voici le rendement des principaux appareil* télégraphiques.
- Appareil à cadran : 10 mots par minute, 1° a 20 dépêches à l’heure.
- Morse : 15 mots ou 25 dépêches.
- Hughes : 45 à 50 dépêches.
- Baudot (simple) : 50 dépêches.
- Baudot (multiple) : 40 à 50 dépêches.
- Caselli : 33 dépêches de -30 centimètres carres.
- Meyer (autographique) : 25 à 30 dépêches 24 centimètres carrés.
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- RENVERSEUR DE COURANT. — REPRODUCTEUR DE CHARGE.
- 667
- Wheatstone (automatique) ; 25 dépêches par employé-
- Le système duplex diminue un peu le rendement de l’appareil auquel on l’applique.
- RENVERSEUR DE COURANT. — Appareil servant à changer le sens d’un courant (Vov. Commutateur).
- Le renverseur joint aux piles médicales de jL Chardin se prête à toutes les combinaisons. Il se compose d’une pièce métallique A (fig. 821),
- Fig. 821. — Renverseur de courant.
- mobile autour de son milieu, et maintenue en contact avec la borne D par un ressort énergique. Si l’on veut renverser le courant seulement pour un instant, il suffit d’appuyer sur l’extrémité A, pour l’amener au contact des bornes C. Si l’on veut maintenir l’inversion pendant un certain temps, on pousse en outre le verrou B, dont l’extrémité pénètre dans la pièce A, et la maintient en contact avec C. Enfin, si l’on veut produire seulement des interruptions, on pousse d’abord le verrou B au-dessous de A, de sorte qu’en appuyant sur cette extrémité, on lui fait quitter D sans qu’elle vienne toucher C : le courant est donc interrompu, mais non renversé.
- RÉPARTITEUR. — Disposition mécanique servant à rendre uniforme la force attractive des électro-aimants, qui varie avec la distance, ou à augmenter dans une certaine mesure la force de l’armature. Cet organe, imaginé par Kobert-Houdin, a été appliqué par Foucault à son régulateur; voici en quels termes il indique f importance de cette modification.
- « Le défaut commun aux divers modèles de régulateurs usités jusqu’ici est que l’armature disposée en regard de l’électro-aimant se trouve, a l’égard des forces qui la sollicitent (magnétisme de l’électro-aimant et action du ressort antagoniste), dans un état d’équilibre instable, et par suite obligée de se précipiter sur l’un ou sur l’autre des arrêts qui limitent sa course. Cet inconvénient, déjà très grave dans les antres appareils, aurait encore davantage compromis la fonction de celui -ci, car il eût été s°umis à une oscillation perpétuelle.
- (< Le ressort antagoniste n’agit plus sur l’armature, mais il est appliqué à l’extrémité d’une Pmce articulée en un point fixe, dont le bord,
- façonné suivant une ligne courbe particulière, presse enroulant sur le prolongement du levier, qui forme ainsi un levier de longueur variable. L’armature doit donc toujours rester flottante entre les deux positions limites, car, à chaque instant, la force antagoniste du ressort est compensée' par l'effet de levier ainsi produit. La position de l’armature est, autrement dit, à chaque instant l’expression de l’intensité du courant de la source électrique. »
- RÉPÉTITEUR. — M. Preece a donné ce nom à un- appareil télégraphique qui remplace deux transmetteurs et deux récepteurs, ce qui augmente beaucoup le rendement des appareils Wheatstone.
- Répétiteur de cloches. — Voy. Cloche électrique.
- Répétiteur d’électro-sémaphores. — Voy.
- Block-system.
- Répétiteur optique. — Appareil employé dans l’exploitation des chemins de fer pour contrôler la manœuvre des disques à distance. En fermant le disque, on lance un courant dans un électro-aimant dont l’armature oscille et fait apparaître devant un guichet la partie d’un voyant qui est peinte en rouge. Quand le courant ne passe pas, on voit l’autre moitié du voyant, qui est peinte en blanc. Le même contrôle se fait aussi à l’aide d’une sonnerie (Voy.
- CONTROLEUR DES DISQUES).
- Répétiteur phonique. — Système de bobines d’induction employé par M. Van Rysselberghe pour la télégraphie et la téléphonie simultanées (Voy. Téléphonie).
- RÉPÉTITION DES HEURES PAR L’ÉLECTRICITÉ. — On peut facilement, avec une seule pendule ordinaire à sonnerie, placée dans une chambre, faire sonner les heures dans toutes les pièces d’un appartement. Il suffit de disposer dans toutes ces pièces des sonneries électriques ou des timbres quelconques munis d’un électro-aimant et placés tous dans un même circuit comprenant une pile. L’une des extrémités du fil est attachée à l’une quelconque des parties du mécanisme d’horlogerie de la pendule, et J’autre bout est fixé au-dessus du marteau, qui vient le toucher et fermer le circuit chaque fois qu’il se soulève pour frapper le timbre. A chacun de ces contacts, toutes les sonneries répètent le coup. Un petit nombre d’éléments Le-clanché suffisent parfaitement pour cette application.
- REPLENISHER. — Voy. Électromètre.
- REPRODUCTEUR DE CHARGE. — Voy. Duplicateur et Replenisher.
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- 668 RÉPULSION ÉLECTRIQUE.
- RÉPULSION ÉLECTRIQUE. — Propriété que possède un corps électrisé de repousser les corps légers qu’il a d’abord attirés, parce que ces corps se chargent à son contact de la même électricité (Voy. Actions électkiques).
- Répulsion des courants. — Voy. Électro-dynamique.
- RÉPULSION MAGNÉTIQUE. — Propriété que possède un pôle magnétique de repousser un pôle de- même nom (Voy. Actions magnétiques et Aimant).
- RÉSEAU TÉLÉGRAPHIQUE. — Ensemble d’un certain nombre de lignes aériennes, souterraines ou sous-marines, qui sont reliées les unes aux autres.
- Le réseau intérieur d’un pays est l’ensemble des communications de ce pays, un réseau international l’ensemble des communications qui relient plusieurs pays entre eux.
- En Europe, les réseaux télégraphiques sont, à part quelques exceptions, exploités directement par les États auxquels ils appartiennent; ceux des États-Unis sont exploités par des Compagnies particulières. Il en est de même des lignes sous-marines.
- Dans le réseau français, tous les bureaux d’un arrondissement sont reliés au bureau principal du chef-lieu, tous les bureaux des chefs-lieux d’arrondissement au bureau du chef-lieu de département. Parmi ces derniers, ceux d’une même région communiquent avec le centre régional, tous les centres régionaux avec Paris et avec les centres les plus voisins. Les fils qui établissent cette communication sont appelés fils principaux de grande communication; ceux qui relient les chefs-lieux aux centres régionaux sont les fils principaux de moyenne communication. Les fils auxiliaires de grande communication servent à réunir un centre régional avec un bureau qui n’est pas au chef-lieu de dépar-ment, ceux de moyenne communication à relier un bureau de chef-lieu avec un bureau principal d’un autre département, ou deux bureaux principaux de départements différents, les fils auxiliaires secondaires à joindre deux bureaux municipaux de départements différents ou bieu un bureau municipal avec un poste de dépôt.
- Les fils départementaux unissent deux bureaux d’un même département; ils sont dits de grande communication s’il s’agit de deux bureaux principaux, du réseau secondaire, s’ils réunissent un bureau municipal avec son poste de dépôt.
- Les fils de jonction relient un bureau de gare avec le bureau de l’État situé dans la même localité.
- - RÉSEAU TÉLÉPHONIQUE.
- RÉSEAU TÉLÉMÉTÉOROGRAPHIQUE. — Ré.
- seau spécial destiné à l’échange quotidien des observations faites dans les divers observatoires météorologiques. Actuellement ce réseau emprunte encore en grande partie les fils du service ordinaire.
- RÉSEAU TÉLÉPHONIQUE. — Ensemble de lignes téléphoniques reliées entre elles. Ces réseaux ne comprennent que des lignes aériennes ou souterraines, les communications téléphoniques n’ayant pas pu encore être établies par les câbles sous-marins, à cause de la condensation. Les réseaux urbains comprennent l’ensemble des communications d’une même localité, les réseaux interurbains celles des localités différentes; les réseaux internationaux comprennent des bureaux situés dans des pays différents.
- Le réseau de Paris est divisé en quartiers qui possèdent chacun un bureau central auxiliaire. Ces bureaux sont tous reliés à un bureau central, ce qui permet d’établir les liaisons suivant la fréquence des communications. La plupart des lignes sont souterraines et placées dans les égouts.
- La Société générale des téléphones avait obtenu aux conditions suivantes l’autorisation d’organiser des réseaux suburbains autour des réseaux exploités par elle et de relier ces réseaux entre eux. Pour communiquer avec un réseau urbain, l’abonné du réseau suburbain devait payer le montant de l’abonnement à ce réseau urbain, plus une redevance supplémentaire de 600 francs; quand les deux réseaux étaient distants de plus de quatre kilomètres, il devait paver en outre une taxe de 100 francs par kilomètre. Si la ligne qui reliait les deux réseaux était construite en câbles souterrains, cette taxe était majorée de 50 pour 100. Les abonnements ne pouvaient être souscrits pour une période inférieure à cinq ans. Un tarif aussi élevé prit un caractère prohibitif, et il ne se forma aucun réseau suburbain autour des réseaux urbains exploités par la Société.
- Sur les réseaux créés par l’État et faisant l’objet d’une exploitation parallèle, un système différent a été appliqué. Ce système consiste a relier à un réseau urbain, dit principal, toutes les petites localités qui les entourent et en sont comme les annexes, puis à relier ces reseaux principaux entre eux, de façon à former un groupe téléphonique. Chaque habitant de mandant à être relié à un centre placé en de hors de l’agglomération dont il fait partie dm payer, en sus de l’abonnement urbain, 10 r'
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- RÉSISTANCE ÉLECTRIQUE.
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- par kilomètre de fil simple reliant entre eux le bureau du réseau annexe a celui du réseau principal. De. plus, tous les abonnés des réseaux annexes ou principaux peuvent communiquer entre eux dans l’intérieur du groupe, moyennant le payement d’une surtaxe en déduction de laquelle figure la somme déjà payée pour relier le bureau annexe au bureau principal-
- Depuis la reprise par l’État de l’exploitation des réseaux établis par la Société générale des téléphones, les demandes affluent de tous les points de la banlieue de beaucoup de villes, et spécialement de la ville de Paris, en vue d’obtenir des communications téléphoniques suburbaines, aux conditions jusqu’à présent admises sur les réseaux de l’État.
- C’est en vue de donner satisfaction à ces demandes que le ministre du commerce a fait signer le décret suivant :
- Art. 1er. En vue de permettre l’échange des communications téléphoniques entre les abonnés des réseaux urbains appartenant à une même région, des réseaux téléphoniques urbains peuvent être constitués en groupes téléphoniques.
- Les groupes téléphoniques sont élémentaires ou composés.
- Art. 2. Le groupe téléphonique élémentaire est formé par la réunion d’un réseau principal et d’un ou plusieurs réseaux annexes reliés au réseau principal par une ou plusieurs lignes téléphoniques directes établies et entretenues aux frais de l’État.
- Art. 3. Les abonnés des réseaux annexes faisant partie d’un même groupe téléphonique élémentaire peuvent obtenir la communication avec tous les abonnés du groupe, à charge par eux de contracter un abonnement supplémentaire.
- La taxe que comporte cet abonnement est de 10 fr. par kilomètre ou fraction de kilomètre de fil simple reliant le bureau du réseau annexe par lequel l’abonné est desservi au bureau central du réseau principal.
- Art. 4. Un réseau ne peut être déclaré réseau annexe que si cinq abonnés de ce réseau au moins ont pris l’engagement de contracter l’abonnement supplémentaire.
- Art. 5. Les abonnés du réseau principal peuvent obtenir gratuitement la communication avec les abonnés de tous les réseaux annexes qui ont contracté l’abonnement supplémentaire.
- Art. 6. Le groupe téléphonique composé est formé Parla réunion de groupes téléphoniques élémentaires dont les réseaux principaux sont reliés entre eux Par une ou plusieurs lignes téléphoniques directes établies et entretenues aux frais de l’État.
- Art. 7. Les abonnés des différents réseaux faisant Partie d’un même groupe téléphonique composé Peuvent obtenir la communication avec tous les abonnés du groupe, à charge par eux de contracter bu abonnement supplémentaire dont la taxe minima est de îâo francs par an.
- ‘-1 le taux de l’abonnement à fun des réseaux du groupe est plus élevé que celui des autres réseaux,
- la taxe comprend en outre la différence entre les taux des deux abonnements.
- Art. 8. Le montant de l’abonnement fixé par l’article 3 vient en déduction du montant de l’abonnement fixé par l’article précédent.
- Art. 9. Les abonnements supplémentaires aux groupes téléphoniques élémentaires ou composés sont soumis aux règles établies pour les abonnements aux réseaux urbains par le décret du 21 septembre dernier, en tant qu’elles ne sont pas contraires aux dispositions du présent décret,à l’exception toutefois des dispositions relatives aux cercles et établissements ouverts au public, contenues dans les artilces 2 et 9 dudit décret.
- Art. 10. Le caractère légal du réseau annexe ou principal et du groupe téléphonique élémentaire ou composé est déclaré par décret rendu en conseil d’État.
- Ce décret détermine la taxe à percevoir par application de l’article 7.
- Art. 11. Jusqu’au jour où le réseau de la ville de Paris sera entièrement reconstitué, les abonnés des réseaux qui seront déclarés annexes à celui de Paris ne pourront pas exiger la mise en communication de ces réseaux annexes entre eux.
- RÉSISTANCE ÉLECTRIQUE. — Tous les conducteurs offrent au passage du courant une certaine résistance, qui est d’autant plus grande qu’ils sont moins conducteurs. La résistance est l’inverse de la conductibilité ; son emploi est beaucoup plus commode dans les calculs.
- On nomme résistance spécifique d’un corps la résistance d’un fil dont la longueur et la section sont égales à l’unité. Soit p cette quantité. La résistance d’un fil de longueur l et de section s est
- l
- r = p - • s
- Elle est donc proportionnelle à la longueur et en raison inverse de la section, et de plus elle varie avec la nature de la substance.
- Si l’on place plusieurs conducteurs bout à bout, la résistance totale est la somme des résistances
- R = )' + »’1 + r-2 + r3 +...
- Si ces conducteurs sont au contraire placés en dérivation entre deux points d’un circuit, l’intensité est la même que si on les remplaçait par un conducteur unique, dont la conductibilité serait égale à la somme des conductibilités. La résistance R est donc donnée par la formule
- D’où
- r ' i\ ’ ?
- 1
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- RÉSISTANCE ÉLECTRIQUE.
- S’il n’y a que deux dérivations, on a
- Unité de résistance. — On se sert le plus souvent de l’unité pratique du système électromagnétique C.G.S., qui est Yohm (Voy. ce mot) et qui vaut 109 unités absolues : c’est la résistance d’une colonne de mercure à 0° de 1 mm. carré de section et d’environ 106 cm. de longueur.
- Mesure des résistances. — La méthode la plus simple, mais non la plus précise, consiste à intercaler la résistance inconnue avec un galvanomètre dans le circuit d’une pile. On note la déviation de l’aiguille, puis on remplace la résistance par une autre, dont on puisse faire varier la grandeur à volonté, et l’on ramène la déviation à la même valeur. Cette résistance variable s’obtient soit avec un fil dont on con-
- naît la résistance par unité de longueur, soit avec une boîte de résistances.
- Au lieu de substituer à la résistance inconnue une résistance variable, on peut la remplacer successivement par deux résistances fixes et connues. On mesure dans les trois cas l’intensité en valeur absolue, et l’on a trois équations entre lesquelles on élimine la force électromotrice et la résistance de la pile. Il reste une équation qui donne la résistance cherchée.
- Ces méthodes, simples mais peu précises sont généralement remplacées par des appareils qui donnent une meilleure approximation.
- MM. Woodhouse et Rawson construisent un appareil très simple, qui permet aux fabricants d’apprécier rapidement les qualités d’un fil de cuivre ou d’autre métal avant de l’employer.
- Sur un support d’acajou sont fixées parallèlement deux paires de ciseaux d’une construction particulière, placées exactement à un mètre de
- Fig. S22. — Appareil pour l’essai des fils métalliques.
- distance, et une bobine étalon de résistance convenable (fig. 822). Le fil à essayer est attaché par un bout à l’extrémité de la bobine, puis tendu soigneusement entre les deux paires de ciseaux qui le serrent sans le couper. Le fil et la bobine sont alors disposés en série dans le circuit d’une pile bien constante, et l’on compare, avec un galvanomètre à réflexion, les différences de potentiel entre les deux bouts de la bobine étalon et entre les deux points du fil serrés par les ciseaux. De là, on déduit facilement la résistance de cette partie du fil. On coupe alors le fil en ces deux points, et on le pèse. Connaissant le poids, la longueur et la résistance, on peut apprécier facilement les qualités du fil. Cette disposition permet de comparer rapidement un grand nombre d’échantillons.
- Nous avons décrit plus haut l’ohmmètre de MM. Ayrton et Perry, destiné à mesurer la résistance d’un conducteur traversé par un courant.
- La méthode la plus employée est celle du pontde Wheatstone, que nous avons décrite plus haut (Voy. ce mot), et qui convient très bien
- dans le cas des résistances moyennes; mais elle est moins bonne pour les résistances très grandes ou très petites.
- Les difficultés qu’on rencontre dans la mesure des résistances très faibles sont dues surtout à l’importance relative que prennent les résistances des points de jonction, et à ce que le conducteur ne peut plus être assimilé à un fil linéaire, ayant deux dimensions négligeables par rapport à la troisième. Parmi les dispositions qui conviennent à ce cas, nous signalerons Je pont double de sir W. Thomson et celui de MM. Siemens et Halske (Voy. Pont de Wheats-tone) et le microhmmètre (Voy. ce mot).
- M. Tait s’est servi avec avantage d’un galvanomètre différentiel pour comparer les résistances de grosses barres métalliques. Les deux barres étant placées en tension dans le circuit d une pile, on relie l’une des bobines du galvanomètre à deux points de la première, l’autre à deux points de la seconde, et l’on règle la distance de ces points de façon à maintenir l’aiguille au
- zéro. .ffi_
- Pour les résistances très grandes, lu di 1
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- RÉSISTANCE
- culté consiste à les équilibrer avec les résistances étalonnées dont on dispose ordinairement. On peut encore employer le pont de Wheatstone, surtout si l’on n’a pas besoin d’une très grande précision.
- On peut aussi se servir d’un galvanomètre différentiel, en plaçant un shunt sur la bobine qui correspond à la résistance la plus faible R. Soient m le pouvoir multiplicateur du shunt, i et q les intensités, g et gy les résistances des deux bobines, k et Æq deux facteurs proportionnels aux constantes galvanométriques des deux cadres ; on a
- kt — Æj ij
- iix-t-g) — mil (R + —)•
- \ m J
- D’où l’on tire
- k (mR + gf) = kx (x + g).
- Si le galvanomètre est réglé, on démontre qu’on doit avoir k = k1 et g—g1. D’où il reste. mR = x.
- Nous avons compris dans les résistances des deux circuits x et R la résistance intérieure de la pile, qu’il faudra retrancher. Si le shunt ne suffit pas, on fait passer dans les deux bobines et les deux résistances deux courants distincts, produits dans R par un seul couple et le shunt, dans æ par p éléments. On a alors x — mpR.
- Une autre méthode consiste à mettre en série une pile composée d’un grand nombre d’éléments identiques montés en tension et les deux résistances R et m à comparer. Un pont contenant un galvanomètre est attaché d’une part au point de jonction des deux résistances, de l’autre en un point de la pile. On déplace le second point d’attache jusqu’à ce que le galvanomètre soit au zéro. Si la pile contient n-\-p éléments et qu’il y en ait n du côté de la résistance étalon R, p du côté de x, d’après les lois des courants dérivés, le courant étant nul dans le pont, l’intensité est constante dans tout le reste du circuit; on a donc
- nE = I (nr + R) pE = I (pr + x),
- en appelant E et r la force électromotrice et la resistance intérieure de chaque élément.
- On tire de là
- La mesure de la résistance des diélectriques ^ celle de l’isolement des câbles (Voy. Cable) rent des exemples de grandes résistances.
- ÉLECTRIQUE. 671
- Influence de la température. — Généralement la résistance des conducteurs augmente avec la température. Si r0 est la résistance à0°, on admet généralement que la résistance à 1° est
- r = r0{t+at).
- Pour les métaux purs, a, est à peu près égal au coefficient de dilatation des gaz ; il varie entre 0,0036 et 0,0038. Pour les alliages, il est beaucoup plus faible.
- M. Matthiesen a indiqué la formule
- r = r0 (1 + at -f- b&),
- dans laquelle on aurait, pour la plupart des métaux purs,
- a = 0,003 824 6 = 4-0,00000126;
- pour le mercure
- a = 0,000 748 5 b = — 0,000000398 ; pour le maillechort ou argent allemand a = 0,000443 3 b = + 0,000000 152.
- Enfin M. W. Siemens considère comme applicable à tous les cas la formule
- r = A + BT*-fCT,
- dans laquelle T représente la température absolue, c’est-à-dire 273 +G
- Résistance spécifique des métaux et des alliages à 0° (en unités électro-magnétiques).
- RÉSISTANCE spécifique. VALEUR p. 100 de la variation par degré à 20° C.
- Argent recuit 1.521 0,377
- — écroui 1.652 ))
- Cuivre recuit 1.615 0,388
- — écroui 1.652 »
- Or recuit 2.081 0,365
- — écroui 2.118 »
- Alumiuium recuit 2.946 »
- Zinc comprimé 5.690 0,365
- Platine recuit 9.158 »
- Fer recuit 9.827 »
- Nickel recuit 12.600 »
- Etain comprimé 18.360 0,365
- Plomb comprimé 19.850 0,387
- Antimoine comprimé 35.900 0,389
- Bismuth comprimé 132.650 0,354
- Mercure liquide 96.190 0,072
- Alliage, 2 parties d’argent, 1 partie platine, en poids, écroui ou recuit 24.660 0,031
- Maillechort (argent allemand) écroui ou recuit.. 21.170 0,044
- Alliage, 2 parties or, 1 ar-
- gent, en poids, écroui ou recuit 10.990 0,063
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- RÉSISTANCE ÉLECTRIQUE.
- Résistance des liquides. — Elle se détermine comme celle des solides ; on place ordinairement le liquide dans un vase cylindrique, et l’on y introduit deux disques en métal, portés par des fils recouverts d’une enveloppe isolante. La distance de ces électrodes est mesurée avec soin.
- Résistance des électrolytes. — Quand un liquide est décomposé par le courant, la mesure de sa résistance devient plus difficile, à cause de la polarisation des électrodes, qui augmente la valeur de la différence de potentiel observée entre les électrodes métalliques.
- On peut cependant éliminer cette cause d’erreur en employant des électrodes de nature convenable, par exemple des électrodes de zinc dans du sulfate de zinc. En leur donnant une surface très grande par rapport à la longueur de la colonne liquide, et en renversant fréquemment le seus du courant, on peut arriver à faire les mesures avant qu’il se soit produit une polarisation notable.
- On peut encore faire deux expériences avec des colonnes de liquide de longueur très différente, mais en laissant au courant à peu près la même intensité et la même durée ; on peut alors éliminer facilement l’influence de la polarisation.
- MM. Kohlrausch et Nippoldt ont étudié la résistance des mélanges d’acide sulfurique et d’eau. Us se servaient de courants magnéto-électriques alternatifs, dont la force électro-1 1
- motrice variait de - à — d’élément Grove, et, au 2 74
- moyen d’un couple thermo-électrique cuivre-
- 1
- fer, ils réduisaient cette force à de
- 00Ü
- Grove. Ils ont trouvé que la loi d’Ohm s’applique à cet électrolyte, entre ces limites de force électromotrice. La résistance présente un minimum quand le mélange contient ^ d’acide
- sulfurique. Elle diminue quand la température s’élève.
- M. Lippmann a fait des mesures en plaçant dans le circuit d’une pile l’électrolyte et une boîte de résistances. Un commutateur à mercure permet de relier aux deux fils aff d’un électro-mètre capillaire les deux extrémités de la colonne liquide ou celles de la boîte de résistances. On règle la résistance de la boîte pour que la différence de potentiel entre ses deux extrémités soit la même qu’entre celles de la colonne liquide. La résistance de la caisse est alors égale à celle de l’électrolyte. Le liquide
- est placé dans un tube de verre terminé par deux disques métalliques perpendiculaires à son axe. Les parois du tube sont percées de deux trous fins, p et p', destinés à établir la communication avec l’électromètre, par l’intermédiaire d’ajutages latéraux, mastiqués sur le tube et remplis du même liquide. La polarisation n’intervient pas, la colonnepp'ne contenant aucune électrode traversée par le courant.
- Résistance des gaz. — Sous les pressions ordinaires, la résistance des gaz est tellement grande, qu’ils peuvent être considérés comme absolument isolants.
- MM. W. de la Rue et Hugo W. Muller, puis M. Varley, ont étudié la résistance des gaz raréfiés dans les tubes destinés à faire passer des décharges. Gette résistance dépend beaucoup plus du diamètre que de la longueur. Étant donnés deux tubes sensiblement de même longueur et de même diamètre, mais présentant, au milieu de leur longueur, une partie capillaire dans l’un, et un diaphragme en verre percé d’un trou dans l’autre, le rapport de la différence des potentiels n’était que 4,31, bien que l’étranglement, dans le premier tube, fût cent vingt-cinq fois plus long que dans l’autre. La résistance était mesurée par un pont de Wheatstone.
- M. Varley donne les résultats suivants : « 1° Chaque tube exige un certain potentiel pour être amorcé ; 2° une fois ce potentiel minimum P établi, si l’on donne au potentiel les valeurs P + l,P+2,....P-l-/i, l’intensité varie comme les nombres 1, 2, 3,......n. Il sem-
- ble qu’un certain effort soit nécessaire pour traverser le gaz raréfié ; après quoi, ce gaz se comporte comme un conducteur ordinaire, pourvu que l’on retranche de la pile réelle le nombre d’éléments capable de produire le potentiel P. »
- « Il semble résulter de ces expériences, dit Maxwell, qu’il y a une sorte de polarisation des électrodes, dont la force électromotrice est d’un certain nombre n de Daniells, et qu au-dessous de cette force la pile n’a d’autre effet que d’établir cet état de polarisation. Quand la polarisation a atteint son maximum, l’excès de la force électromotrice au-dessus de n éléments fait passer le courant conformément à la l°l d’Ohm.
- « La loi du courant à travers un gaz rare^ présente donc une grande analogie avec celle 1 courant à travers un électrolyte, où il fant e compte de la polarisation des électrodes. »
- MM. de la Rue et Millier ont cherché si, e
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- RÉSISTANCE ÉLECTRIQUE.
- 673
- coupant les communications d’un tube à gaz raréfié après la décharge, les électrodes de ce tube sont polarisées chimiquement, comme le seraient celles d’un voltamètre. Le courant obtenu a paru résulter d’une charge statique, et non d’une polarisation chimique.
- Résistance des diélectriques. — Nous avons donné plus haut (Yoy. Cable) un exemple de mesure de la résistance des diélectriques. Comme cette résistance augmente avec la durée de l’électrisation, on la mesure généralement au bout d’une minute de charge.
- Si on calcule la résistance R d’un condensateur à diélectrique solide, on trouve qu’elle est liée à sa capacité C par la relation
- CR — 4- pk,
- An
- p étant la résistance spécifique et k la constante diélectrique. Ainsi, pour une couche cylindrique de gutta-percha de longueur l, comprise entre deux cylindres métalliques de diamètres d et D (enveloppe isolante d’un câble sous-marin), on a
- R=àihlog’nép = 0,366 /log' j
- D’où l’on tire
- 70
- p = 2,729 ------
- °° d
- Pour la bonne gutta-percha, la résistance spécifique, rapportée au centimètre cube, à 24° C. et après une minute de charge, varie de 389 x 106 à 450 XlO6 mégohms, ou de 3,89 X DP3 à 4,5 xlO23 unités absolues électromagnétiques.
- La résistance de la gutta-percha décroît rapidement lorsque la température augmente. L après MM. Clark et Bright, la formule suivante indique la résistance R à t° en fonction de ^ résistance Rft à 0°
- R = RoX 0,8944k
- Sous une pression p, exprimée en kilogrammes, la résistance est
- Rp — R (1 + 0,00327 p),
- R 't
- e^ant la résistance à la pression ordinaire.
- • Siemens mesure de la manière suivante la ja ls ance des diélectriques : on forme avec ^tance un condensateur à grande sur-j> j,’ une armature est portée au potentiel
- ’ au^re étant reliée à la terre, et l’on mesure
- blCTIONNAIUE D'ÉLECTRICITÉ.
- le temps t nécessaire pour que ce potentiel tombe à la valeur p. On a
- d’où
- t
- p = pe“cR
- G log. nép. -
- 0,4343 t C log. —
- p
- En particulier, si l’on prend p =
- P
- -, on a
- R = 1,443 ~ •
- La
- Un câble construit avec de la gutta-percha, dont la résistance spécifique est 389 X 10® mégohms, met cent secondes à perdre la moitié de sa charge.
- APRÈS QUELQUES MINUTES d’électrisation. RÉSISTANCE spécifique. TEMPÉRATURE centigrade. RÉFÉRENCES.
- Mica 8,4X1022 20 Ayrton et Perry.
- Gutta-percha.. 4,5 X 102a 24 Etalon adopté pr Latimer Clark.
- Gomme laque. 9,0xl02* 28 Ayrton etPerrv.
- Matière de Hoo-per 1,5X1025 24 Essais récents de câbles.
- Ébonite 2,8x1025 3,4x1025 46 Ayrton et Perry.
- Paraffine 46 Id.
- Yerre Pas encore mesurée avec précision, mais plus grande que les précédentes.
- Air Pratiquement infinie, quand il est froid.
- M. Foussereau a étudié la résistance des diélectriques. Il a trouvé que :
- 1° Leur résistance diminue quand la température s’élève ;
- 2° Elle augmente considérablement en passant de l’état liquide à l’état solide. Le changement est cependant moins marqué pour les corps qui passent par l’état pâteux;
- 3° La structure moléculaire des solides influe beaucoup sur leur résistance ; la forme cristalline l’augmente généralement;
- 4° La trempe diminue la résistance du verre et du soufre;
- 5° Toutes les modifications allotropiques des liquides modifient la résistance.
- La Compagnie des téléphones de Londres a fait faire récemment quelques mesures relatives à la résistance des différentes espèces de bois qui peuvent être utilisées par les électriciens.
- Ces mesures ont été prises au moyen de bornes placées de 2 en 2 pouces (51 mm.) dans
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- RÉSISTANCE ÉLECTRIQUE.
- des pièces de bois des essences suivantes, chaque pièce ayant à peu près 80 millimètres de largeur et 18 millimètres d’épaisseur :
- Résistance en Mo.
- Acaj ou.................... 48
- Sapin....................... 214
- Palissandre.................. 291
- Gaïac........................ 397
- Noyer....................... 478
- Teck......................... 734
- Ces résultats prouvent que le teck est le meilleur isolant. Il convient mieux pour les appareils électriques que l’acajou, qui est le plus mauvais isolant. On l’emploie beaucoup pour la construction des câbles artificiels.
- Ces échantillons avaient été placés dans un endroit chaud et sec quelque temps avant l’époque de l’essai, car la conductibilité de la surface joue un grand rôle dans ces mesures.
- Tous ces essais ont été faits dans le sens des fibres du bois. D’autres expériences ont démontré que le même morceau de bois donne une résistance de 50 à 100 p. 100 plus élevée, si l’on opère normalement aux fibres.
- Résistance des substances organisées. — Elle est généralement très grande, et quelques-unes peuvent même être considérées comme parfaitement isolantes. Elle est, de plus, extrêmement difficile à mesurer, car le moindre changement produit des différences notables.
- La résistance du corps humain, qui présente un grand intérêt au point de vue des applications médicales, est également impossible à mesurer avec précision. Elle est certainement de plusieurs milliers d’ohms. D’ailleurs, une notable partie de la résistance présentée par le corps au passage du courant est due au contact de la peau avec les électrodes; cette résistance varie énormément, suivant que la peau est sèche ou humide, enduite de matière grasse ou imbibée d’eau acidulée. Pour la diminuer, on a coutume de laver la peau à l’alcool ou à l’eau de savon, afin d’enlever les matières grasses, avant d’appliquer les électrodes.
- Résistance de deux corps en contact. — Lorsque les surfaces de contact de deux corps solides sont bien propres et pressées l’une contre l’autre avec une certaine force, la résistance est à peu près la même que s’il y avait continuité. Mais elle est considérablement augmentée si l’une de ces conditions n’est pas remplie ; aussi doit-on avoir soin, surtout dans les expériences de mesures, que tous les contacts soient toujours en parfait état.
- Résistance des foyers lumineux. — La résistance de l’arc voltaïque diminue lorsque l’intensité du courant augmente. Ainsi, d’après M. Preece, pour un courant de 10 webers (une unité absolue éiectro-magnétique C. G. S.) donnant 440 bougies anglaises, la résistance de l’arc serait 2,77 ohms; pour un courant de 21,5 webers et une lumière de 900 bougies, elle serait 1,07 ohm, et enfin, pour 30,12 webers et 1 230 bougies, elle ne serait plus que 0,54 ohm.
- La résistance des lampes à incandescence diminue aussi à mesure que la température augmente. Cette diminution persiste d’abord en partie après le refroidissement. La résistance diminue donc ordinairement pendant les deux ou trois cents premières heures de fonctionnement; elle recommence ensuite à augmenter.
- Résistance de compensation. — Voy. Shunt.
- Résistance fictive. — L’extra-courant qui prend naissance à la fermeture d’un circuit diminue d’abord l’intensité du courant primaire. C’est comme si la résistance du circuit éprouvait une augmentation d’abord notable, et qui irait ensuite en diminuant. L’extra-courant de rupture équivaut à une diminution de résistance. Cette variation fictive de la résistance peut être très considérable pour de grandes valeurs du coefficient de self-induction, ou pour une variation très rapide de l’intensité.
- Résistance d’un galvanomètre. — La résistance d’un galvanomètre peut se mesurer comme celle d’un conducteur; mais il faut alors employer un autre galvanomètre pour faire les lectures. Il est possible d’éviter cette complication et de lire les déviations à l’aide du galvanomètre même que l’on étudie. Voici deux méthodes très simples.
- Méthode de l'égale déviation. — On fait un circuit avec une pile P, dont nous supposerons la résistance négligeable, une boîte de résistances et le galvanomètre étudié, sur les bornes duquel on place d’abord un shunt en dérivation. Soient g et s les résistances du galvanomètre et du shunt, R celle de la boîte.
- L’intensité totale est
- I =
- R +
- 9S
- 9 + s
- Dans le galvanomètre (Voy. Courants dérivés,»
- l’intensité est
- ._______Es
- R(g + s) + gs
- On lit la déviation, puis on enlève le shu ^ La déviation augmente : on la ramène
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- RÉSISTANCE ÉLECTRIQUE.
- valeur primitive en augmentant la résistance je la boîte ; soit R' cette nouvelle valeur. L’intensité totale est i, et l’on a
- E
- *~R' + .?*
- î ___ s
- R' + g ~ î% + s) + gs
- Cette méthode est simple, mais elle exige que la résistance de la pile soit assez faible pour qu’on puisse la négliger.
- Méthode de sir \Vr. Thomson. — Lorsque l’intensité est nulle dans une dérivation, les intensités dans les autres branches sont indépendantes de la résistance de la première; on peut donc, sans rien changer, modifier la résistance de cette dérivation et même la couper. C’est ce qui permet de remplacer le galvanomètre du pont de Wheatstone par un électromètre.
- La méthode de Thomson est fondée sur cette remarque. L’une des branches CD du pont (fîg. 823) est formée uniquement par le galva-
- Mesure de la résistance d’un galvanomètre.
- D’où
- et
- nomètre x dont on cherche la résistance. Sur k Pont BD on place, au lieu d’un galvanomètre, un interrupteur (Key) O. Les autres branches sont disposées comme d’ordinaire. L’équilibre est établi, lorsqu’on peut ouvrir ou fermer l’interrupteur sans faire varier la déviation du Galvanomètre. On a alors
- , = r|.
- Mesure de la résistance intérieure des piles.
- Le liquide de la pile présente une certaine distance au courant, comme les autres conducteurs placés dans le circuit. Cette résis-nce varie avec la distance et la surface des
- électrodes, la nature et la concentration des liquides, etc. Lorsque la pile est formée de plusieurs éléments, sa résistance totale varie suivant le mode d’arrangement (Voy. Couplage).
- Méthode d'opposition. — La méthode indiquée plus haut (p. 318) pour la mesure des forces électromotrices donne aussi la résistance des piles.
- Supposons que la résistance R de AGM (fîg. 358) se réduise à celle de la pile, celle des conducteurs étant négligeable; soit r la résistance de la dérivation ARM, c’est-à-dire du rhéostat R; nous avons trouvé
- E _ r _ a E R —}— r a J- b
- a et h étant les résistances ajoutées aux rhéo-cordes dans la seconde expérience. On tire de la deuxième équation
- On aura donc facilement R si l’on connaît exactement r.
- Méthode de la demi-déviation. — On forme un circuit avec la pile et un galvanomètre ; soit x la résistance de la pile, g celle du galvanomètre et du circuit. On note la déviation. L’intensité est
- — x + g‘
- On introduit ensuite une résistance R telle que
- l’intensité devienne et l’on a 2
- 1 — E
- 2 ”” x -h g -f- R
- D’où l’on tire, en éliminant 1 et E x R — g.
- Le galvanomètre peut être muni d’un shunt. On doit n’employer que de petites déviations, ou faire usage d’un appareil étalonné, afin que les déviations soient proportionnelles aux intensités.
- Méthode de Wheatstone. — On forme un circuit avec la pile de résistance x, une boîte de résistances à laquelle on donne d’abord une résistance R et un galvanomètre de résistance g. L’intensité est
- Après avoir lu la déviation, on attache aux deux bornes du galvanomètre une déviation
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- RÉSISTANCE ÉLECTRIQUE.
- de même résistance g. L’intensité totale devient
- X + R-j-|
- Le courant se partage également entre les deux dérivations, et par suite l’intensité dans le galvanomètre est
- . r e
- 2 '2x —}— 2R —P g
- La déviation a donc diminué. On la ramène à sa première valeur en enlevant de la caisse une résistance r. L’intensité totale devient
- r + R —r-f-| et dans le galvanomètre
- (2) I ---------®-------
- v 2{x R — r) g
- De (1) et (2) on tire
- x — 2r + R.
- Méthode de sir W. Thomson. — Cette méthode est une des plus employées. On fait un circuit avec la pile P, une boîte de résistances R à laquelle on donne d’abord une résistance r et un galvanomètre G (flg. 824).
- :p
- Fig. 824. — Méthode de Thomson.
- On attache d’abord aux deux pôles de la pile une dérivation S, de résistance s. On lit la déviation, puis on supprime la dérivation S. L’intensité augmente; on la ramène à sa première valeur en augmentant la résistance de la boîte, qui devient R.
- L’intensité est d’abord, dans la dérivation G R,
- x(g + » + «) + s(g + r) '
- Dans le second cas, l’intensité totale est
- 1 =-----S------
- X + CJ-t-R
- D’où l’on tire
- La dérivation S peut être formée d’une boîte de résistances : il suffît de 5 ohms. La résistance des conducteurs doit être négligeable. On peut prendre pour R un rhéocorde de 1 mètre de longueur, formé de fil assez résistant, par
- 1
- exemple du fil d’acier de - de millimètre.
- La table de mesures décrite plus haut (Voy. Mesures) permet d’appliquer cette méthode. La pile est reliée au commutateur multiple 3 (Voy. flg. 611 et 780) d’où le courant passe par 5 dans la caisse 6 : il traverse la branche A dü pont (la branche AD étant coupée), puis la résistance BC, la prise de courant 9, fermée par une cheville, revient au point D et de là au commutateur 3.bis, dont la cheville 3 est en place. Il est dirigé dans le galvanomètre à travers le shunt 10 et la clef de court-circuit 11, et revient au commutateur 5 bis, où la cheville 4 bis l’envoie dans la seconde moitié de la table. Le circuit se ferme en effet par la clef de décharge 12 et la fiche 2 bis du commutateur S. La dérivation S s’obtient en mettant la lame de contact entre les deux bornes de la caisse 7, qui se trouve ainsi placée en dérivation à partir de l’inverseur de courant 4.
- Méthode de Mance. — On dispose un pont de Wheatstone semblable à celui de la figure 823 mais on met la pile à la place du galvanomètre x et réciproquement. Le principe est le même que celui de la méthode de Thomson (p. 675); lorsque le pont BD n’est parcouru par aucun courant, on peut ouvrir l’interrupteur O sans changer l’intensité dans les autres branches, et par conséquent sans changer la déviation du galvanomètre. La résistance x de la pile est alors donnée par
- *=§R-
- La méthode de Mance est très simple ; mais Je courant est trop énergique et imprime a l’aiguille aimantée des oscillations trop grandes pour qu’on puisse employer un galvanomètie sensible. Ainsi, avec l’appareil à réflexion de Thomson, il est difficile de maintenir l’image lumineuse dans les limites de l’échelle.
- M. Lodge a supprimé cet inconvénient en coupant la dérivation qui contient le gaRa nomètre pour y intercaler un condensateur.
- La table de mesures linéaires décrite p ^ haut (Voy. Pont de Wheatstone, flg- '81) ^les | servir à mesurer la résistance intérieure
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-
- RÉSISTANCE ÉLECTRIQUE.
- 677
- mies à l’aide de la méthode de Mance, modifiée I qui est disposée de façon que sa clef à double par M. d’Infreville. La pile est reliée à la table, | contact fasse office de clef de court circuit; le
- c°urant, se divisant dans les deux branches du P°nL au lieu de déverser ses deux portions rectement dans le galvanomètre, les envoie
- dans le circuit primaire d’une petite bobine d’induction dont le circuit secondaire passe par le galvanomètre. On a ainsi des déviations
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- RÉSISTANCE MAGNÉTIQUE. — RÉTENTIVITÉ MAGNÉTIQUE.
- plus petites et l’image lumineuse ne sort pas de l’échelle divisée. Dans cette opération, le galvanomètre ordinaire de la table est remplacé par un galvanomètre à réflexion plus sensible. Cet appareil (flg. 825) se compose d’un aimant enfer à cheval vertical; les pôles, placés à la partie supérieure, sont reliés par des traverses d’ivoire à une forte armature de fer doux. Dans l’espace compris entre les pôles et l’armature tourne un équipage mobile formé de deux petites bobines de fil très fin, reliées l’une à l’autre par une pièce légère en ivoire, et placées chacune au-dessus de l’un des pôles de l’aimant. Ces deux bobines sont réunies en tension. Elles reçoivent le courant par les deux fils d’argent verticaux qui supportent l’équipage mobile; au bas du fil supérieur est placé le miroir. Ce fil est fixé à un bouton qui peut tourner et se déplacer verticalement au sommet de l’appareil pour le réglage.
- Méthode de Munro. — Cette méthode repose sur l’emploi des condensateurs; la pile ne fonctionne que pendant un temps extrêmement court et par suite n’a pas le temps de se polariser.
- On met en circuit la pile P de résistance æ, un galvanomètre à réflexion de Thomson G, un condensateur C et un interrupteur. Soit R la résistance du circuit intérieur.
- Si l’on ferme l’interrupteur, le condensateur se charge à travers le galvanomètre, qui subit une déviation instantanée a. Si Q est la quantité d’électricité qui a traversé l’appareil, on a
- E étant la différence de potentiel entre les pôles de la pile, ou, puisque le circuit est ouvert au condensateur, la force électromotrice. Si les déviations sont petites, a. est proportionnelle à Q
- Pour éliminer k et R, le circuit restant fermé, on établit, à l’aide d’un autre interrupteur, une dérivation de résistance s sur les bornes de la pile. Par suite, la différence de potentiel entre les pôles diminue et devient Y ; le condensateur se décharge donc en partie, et le galvanomètre est traversé par une quantité d’électricité
- Il indique donc une déviation a' de sens contraire à la première
- D’où
- a' = k
- E — V . R
- a' E —V a E
- Dans le circuit fermé, constitué par la pile et la dérivation s, le potentiel décroît uniformément, suivant la règle ordinaire. Donc
- Y___ s
- E x + s
- D’où l’on tire
- X =------- s.
- a — a
- RÉSISTANCE MAGNÉTIQUE. — Par analogie avec l’électricilé, on appelle résistance magnétique une quantité
- 1 l ? s
- qui varie en raison directe de la longueur et en raison inverse de la section. Le coefficient -
- y.
- représente la résistance spécifique. C’est l’inverse de la conductibilité ou perméabilité magnétique g..
- L’analogie avec la résistance électrique existe surtout dans les formules, car la résistance électrique ne dépend ni de la force électromo-trice ni du flux d’électricité, tandis que la résistance magnétique est une fonction des deux quantités correspondantes.
- RÉSISTANCE (Robine et Boite de). — Voy. Bobine et Boite.
- RETARD D’AIMANTATION. — L’intensité d’aimantation n’est pas constante pour une même valeur de la force magnétisante : elle dépend des états antérieurs. Ainsi, lorsqu on fait croître la force magnétisante jusqu’à un certain maximum, puis décroître jusqu’à zéro, l’intensité est plus grande dans la période descendante que dans la période ascendante. H J a retard de l’aimenlation par rapport à la force magnétisante. Ce retard est un effet de la force coercitive : il est plus grand pour 1 acier que pour le fer doux.
- RÉTENTIVITÉ MAGNÉTIQUE. — M. Hop-kinson propose de donner ce nom à la qui ramène une substance magnétique à 1 e a
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- RETOUR (Courant de). — RÉVEILLE-MATIN ÉLECTRIQUE.
- neutre, malgré la force coercitive, après l’application d’une force magnétisante intense.
- RETOUR (Courant de). — Courant observé sur une ligne télégraphique bien isolée, lorsqu’on la met rapidement en communication avec le récepteur après l’avoir fait communiquer avec la pile.
- RETOUR (Fil de). — Conducteur qui revient des appareils au pôle négatif. Dans les télégraphes, le retour se fait généralement par la terre.
- RÉVEILLE-MATIN ÉLECTRIQUE. — Réveille-matin dont la sonnerie est actionnée par un courant électrique. Il en existe un grand nombre de modèles. Quelques-uns se composent d’une
- montre qu’on peut porter dans la poche pendant la journée, et qu’on place le soir sur un support spécial; tel est le chronophone, décrit plus haut.
- M. Burmann a imaginé un appareil analogue. Une sonnerie trembleuse et sa pile sont placées dans une petite boîte, recouverte par le timbre et surmontée d’un petit support qui reçoit la montre ; le verre de celle-ci peut tourner et porte une petite languette métallique qu’on amène ainsi à l’heure à laquelle on veut être réveillé. Les communications sont établies d’avance de telle sorte que l’aiguille des heures, lorsqu’elle vient toucher la languette, ferme le circuit et mette en marche la sonnerie, qui s’ar-
- Fig. 826. — Cadran du réveille-matin (système Gorges).
- Fete seulement lorsque l’aiguille abandonne la languette. En donnant à cette pièce une largeur Plus ou moins grande, on peut prolonger la sonnerie à volonté.
- Hans le système Gorges, une pendule ordinaire sert de réveille-matin : la disposition est Uès simple et les pièces ajoutées au mécanisme 0rdinaire sont complètement cachées. La figure 826 montre l’aspect extérieur et intérieur fiu cadran ; la figure 827 représente les détails u mécanisme. Le cadran est entouré d’un cercle de cuivre D, percé de trous en face des différentes divisions. Si l’on veut par exemple etre réveillé à 2 h. 50 m., on enfonce une che-jffle dans le trou o, qui correspond à cette leure. Le cercle D et la cheville, complète-
- ment cachés par la couronne qui entoure le verre, communiquent avec la sonnerie et avec J’un des pôles de la pile. L’autre pôle est relié à une goupille i placée sur la roue des heures R, par l’intermédiaire des pièces du mécanisme. La roue R porte une pièce en cuivre a dont elle est isolée par une rondelle en ébonite, et qui est munie d’un prolongement E parallèle à l’aiguille des heures. Sur la pièce a est fixé un ressort bb’, qui peut tourner librement autour de la vis c ; un autre ressort d appuie la branche b’ contre la goupille i.
- Lorsque l’aiguille des heures passe devant la cheville o, l’extrémité du ressort b vient toucher cette cheville et ferme, le circuit. La sonnerie tinte, mais seulement pendant un instant, car,
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- REVEILLE-MATIN ÉLECTRIQUE.
- Taiguille continuant à avancer, la pression de la cheville fait basculer le ressort 66', malgré l’action du ressort d, et écarte l’extrémité 6' de la goupille i, ce qui rompt le circuit.
- On peut placer autant de chevilles que le disque D porte de trous ; la sonnerie fonctionnera à chaque contact.
- Enfin, si l’on veut être réveillé tous les jours à la même heure, il est commode de laisser la cheville en place, mais il est inutile que la sonnerie tinte deux fois en vingt-quatre heures. On pourrait éviter cet inconvénient avec un interrupteur ; maison a jugé préférable d’ajouter
- à l’appareil un interrupteur automatique 4. (fig. 826).
- Cet interrupteur se compose d’une roue à ro-chet munie de huit dents, qui portent de deux en deux des chevilles fixes, disposées de manière à pouvoir appuyer sur un ressort, isolé des pièces du mouvement et en communication directe avec la pile. La roue à rochet étant reliée au disque D, celui-ci ne communique avec la pile que si le ressort est pressé par l’une des chevilles du rochet.-Supposons que l’aiguille E vienne d’échapper la cheville en o, et . que la sonnei’ie ait fonctionné ; c’est que le ressort de
- l’interrupteur A était pressé par l’une des chevilles du rochet . La pièce E continuant à tourner, une buttée m, fixée au-dessous de a, rencontre le rochet et le fait avancer d’une dent. Lorsque l’aiguille E rencontre la cheville o douze heures plus tard, cette cheville est isolée et le circuit ne se ferme pas. La buttée ne rencontrant le rochet que toutes les douze heures, le cercle D est alternativement isolé ou relié à la pile pendant chacune de ces périodes.
- Cet appareil est simple et solide; il permet de placer la sonnerie à une distance quelconque de la pendule ; il peut fonctionner successivement à plusieurs heures et peut servir dans les Compagnies de chemins de fer, bateaux, etc., à avertir de l’heure des départs.
- On peut encore transformer facilement en
- réveille-matin une pendule quelconque. On relie la sonnerie et l’un des pôles de la pile au mouvement d’horlogerie et l’autre pôle à une tige recourbée, qu’on place devant le cadran a l’heure voulue, de sorte que la grande aiguille passe par-dessus le crochet de la tige sans le
- toucher, mais que l’aiguille des heures vienne fermer le circuit au moment où la sonnerie doit se faire entendre.
- On obtient le même résultat en plaçant les deux extrémités des conducteurs à une petit® distance l’une de l’autre devant le cadran, de façon que l’aiguille des heures vienne toucher les deux piles à la fois.
- M. Lamon fixe, sur la chaîne d’un pendule a poids dit coucou, une boule métallique qui; Par la descente des poids, vient toucher à 1 heur
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- RÉVERSIBILITÉ DES MACHINES D’INDUCTION. — RHÉOSTAT.
- voulue deux contacts isolés et fermer le circuit je la sonnerie. Toutes ces dispositions très «impies permettent de mettre en marche simultanément un nombre quelconque de sonneries, placées à une distance quelconque.
- réversibilité des machines dtnduc-
- TION. — Voy. Machine.
- RHÉÉLECTROMÈTRE. — Appareil imaginé en 1833 par Marianini pour indiquer le sens et l’intensité des courants, et notamment de ceux produits par la foudre. Lerhéélectromètre a été perfectionné par M. Melsens. Il se compose d’une bobine renfermant des tiges de fer ou mieux d’acier complètement exemptes de magnétisme : au-dessus est disposée une grosse boussole dont l’aiguille aimantée est perpendiculaire aces tiges. Si l’on fait passer un courant dans ia bobine, les tiges s’aimantent et dévient l’aiguille de la boussole. Les tiges d’acier sont portées au rouge entre chaque expérience pour
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- les désaimanter. Pour étudier les courants produits par la foudre, on relie la bobine à deux points de [la tige d’un paratonnerre, ou, pour éviter la fusion du fil, à deux points d’un conducteur parallèle au paratonnerre; la bobine est alors parcourue par des courants induits. Le rhéélectromètre est employé dans ce but à l’observatoire du mont Ventoux; il est également en usage sur le réseau télégraphique belge.
- RHÉOCORDE. — Forme particulière de rhéostat imaginée par Pouillet. Le rhéocorde est formé d’un fil métallique bien calibré, dont une extrémité est reliée au circuit : l’autre bout du circuit communique avec un curseur qui se déplace sur le fil; une division indique la longueur de fil et par conséquent la résistance intercalée dans le circuit.
- Il estplus commode d’employer deux fils ff’ parallèles (fig. 828), qu’on maintient bien tendus à
- Fig. 828. — Rhéocorde de Pouillet.
- l’aide d’une poulie T, commandée par la vis r. Les deux bornes BB' communiquent avec le circuit. Un curseur m plein de mercure glisse sur les fils : sa résistance étant négligeable, la résistance intercalée est égale à deux fois sa distance aux bornes. La cheville F permet de mettre l’appareil en court circuit. Le rhéocorde est d’un emploi commode. On peut lui reprocher que les points de contact du fil avec le mercure sont souvent mal connus.
- RHÉOLYSEUR. — Sorte de pont de Wheats-tone imaginé par M. Wartmann et qui permet de graduer l’intensité d’un courant depuis zéro jusqu’à un certain maximum.
- RHÉOMÈTRE. — Nom donné par Schweigger aux premiers galvanomètres, formés d’uné Seule aiguille placée dans un multiplicateur rectangulaire. Se dit souvent du galvanomètre.
- Rhéophore. — Nom donné aux fils qui réunissent les pôles d’une pile avec les appareils destinés à utiliser le courant.
- RHÉOSTAT. — Appareil servant à introduire dans un circuit une résistance variable, de ma-niere à ramener l’intensité à la valeur qu’on désire.
- Le rhéostat de Wheatstone (fig. 829) est formé de deux cylindres parallèles, sur les-
- quels s’enroule un fil de laiton ou mieux de maillechort. L’un des cylindres A est en laiton; l’autre B, en bois ou en ébonite, est creusé d’une rainure dans laquelle s’enroule le fil, qui passe ensuite sur le cylindre métallique. Une manivelle M permet de faire tourner les deux cylindres à la fois, dans le même sens et avec la même vitesse. On peut ainsi faire varier les longueurs du fil enroulées sur chacun des cylindres.
- Si l’appareil est placé dans un circuit, l’interrupteur O fermé, sa résistance est égale à celle de la portion du fil enroulée sur le cylindre isolant, celle du cylindre métallique étant négligeable. On peut donc augmenter ou diminuer cette résistance en tournant la manivelle dans un sens ou dans l’autre. Le courant entre par a, suit le cylindre de laiton, puis le fil eneoulé sur B, et revient à la borne c. La résistance du fil commence au point où il se détache tangentielllement du cylindre métallique ; elle est donnée par le nombre de tours, entier ou fractionnaire, qu’il fait sur le cylindre isolant. Les tours entiers sont indiqués par une règle divisée placée entre les deux cylindres, la fraction par - une aiguille fixée au cylindre isolant et tournant sur un cadran.
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- RHÉOSTAT.
- Ce rhéostat peut servir à faire varier l’intensité d’un courant ou à mesurer une résistance par substitution. Dans ce dernier cas, on place cette résistance en K et l’on tourne le rhéostat jusqu’à ce que l’intensité ne change plus quand on ouvre ou qu’on ferme l’interrupteur O.
- Cet instrument est moins commode que le
- rhéocorde : si les cjdindres ne tournent pas exactement ensemble, il peut arriver que le fil de maillechort ne soit plus bien tendu, et la résistance n’est plus connue exactement. Sir W. Thomson a perfectionné le rhéostat de Wheatstone pour faire disparaître cet inconvénient.
- Plusieurs modèles de rhéostats utilisent les
- variations de la résistance du charbon avec la pression. Le rhéostat de M. Edison est formé de disques de soie enduits de graphite et placés dans un cylindre où on les comprime avec une plaque métallique mue par une vis micro-métrique. La pression est indiquée sur un cadran ; la résistance peut varier de 400 à 6 000 ohms. Le rhéostat de M. Engelmann est constitué par dix plaques formées d’un mélange de graphite et de gélatine que l’on comprime à l’aide d’une vis. L’élasticité de la gélatine permet de faire varier la résistance entre des limites très étendues, malgré le petit volume de l’appareil.
- Rhéostats pour distributions d’électricité. —
- Dans les installations de lumière, les distributions d’énergie, etc., on emploie souvent des rhéostats pour maintenir constante l’intensité du courant en intercalant des résistances dans le circuit extérieur ou dans le circuit inducteur de la dynamo. Lorsque ces résistances sont introduites automatiquement, l’appareil prend le nom de régulateur (Voy. ce mot) : lorsqu’elles sont introduites à la main, c’est un rhéostat. 11 y a même des régulateurs, comme celui d’Edison, décrit plus haut, qui, étant mus à la main, ne sont pas autre chose que des rhéostats.
- Ces rhéostats ne diffèrent guère que par des détails de construction. L’un des plus simples est celui qu’emploie la Société des lampes Cance (fig. 830) : un fil nu en maillechort est enroulé en hélice, de manière que les différentes spires ne se touchent pas, sur un
- cylindre en fonte émaillée, garni de bandes d’amiante. Les deux extrémités du circuit communiquent d’une part avec l’un des bouts du
- Fig. 830. — Rhéostat Cance.
- rhéostat, d’autre part avec un curseur mobile sur une règle verticale, et qui porte un pignon dont les dents sont séparées par une distance égale au pas de la spirale. Quand on fait glisser ce curseur, on change la résistance sans interrompre le courant, car il y a toujours deux dents en contact avec l’hélice.
- Toutes les lampes sont montées en dénia tion, et chacune d’elles a dans son circuit un rhéostat, de façon qu’on puisse amener la re sistance et par suite l’intensité à être la même dans toutes les dérivations.
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- RHÉOSTAT.
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- Le rhéostat Bardon (fig. 831) est constitué aussi par un fil nu de maillechort dont les différentes spires sont isolées les unes des autres par de l’amiante. Un curseur mobile sur une règle verticale permet de faire varier la résistance. Son extrémité est assez large pour tou-cLer en même temps deux spires consécutives, afin d’empêcher les interruptions.
- Le rhéostat Wirt (fig. 832), très employé en Angleterre, est construit de la manière suivante. On prend du fil recouvert d’une gaine isolante et on l’enroule sur un tube de papier porté par un mandrin. On recouvre d’une couche de vernis, pour faire adhérer le fil au papier, on enlève le mandrin et, avant que Je
- vernis soit complètement sec, on aplatit le tube en le comprimant fortement, puis on l’enroule sur la surface d’un cylindre métallique, mobile autour d’un axe vertical. Enfin, après avoir donné une nouvelle couche de vernis, on met le fil à nu sur toute la circonférence médiane, afin de permettre le contact avec un balai horizontal, fixé à ses deux bouts. Le circuit communique d’une part avec le fil du rhéostat par le cylindre de cuivre, auquel il est soudé, d’autre part avec l’une des extrémités du balai. Les spires du fil sont verticales et l’on fait varier la résistance en faisant tourner le cylindre à l’aide du bouton moleté supérieur; chaque déplacement du contact
- Fig. 831. — Rhéostat pour lampe (Bardon). Fig. 832. Rhéostat Wirt.
- introduit ou supprime une longueur de fil égale à la circonférence du tube de papier. La résistance peut être indiquée par le déplacement d’un index sur un cadran. Cet appareil est très compact ; le modèle le plus employé, dans lequel ie cylindre n’a que 8 centimètres de hau-teur, peut donner une résistance de 43 à 1200 ohms.
- Souvent aussi on emploie des rhéostats for-mes d’un certain nombre de spirales de maille-chort ou de baguettes de charbon placées verti-calement. Les extrémités de ces résistances a °utissent à des plots rangés en ligne droite °U en cercle et l’on peut en prendre un nombre friable à l’aide de chevilles ou d’une manette
- Urnant autour du centre. Le modèle repré-
- senté (fig. 833) est employé par la Société Edison dans le circuit inducteur des dynamos pour maintenir la force électromotrice constante. Il est muni de deux cadrans dont l’un, pris en entier, présente une résistance égale à celle intercalée entre deux touches consécutives de l’autre. Le réglage peut se faire ainsi très exactement.
- Rhéostats médicaux. — On emploie des rhéostats dans les applications médicales, soit pour faire des mesures rapides, soit pour graduer l’intensité des courants. Ils doivent donc être très résistants. M. Gaiffe construit pour cet usage un rhéostat (fig. 834), qui a la forme d’une boîte de résistances, et qui, sous un petit volume, donne une résistance totale de plus
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- RHÉOSTATIQUE (Machine). — RHÉOTROPE.
- de 40000 ohms. On intercale les bobines en desserrant les écrous correspondants. Ces bobines sont en fil de maillechort.
- Lorsqu’on ne se propose pas de faire des mesures, mais seulement de graduer l’intensité,
- il est plus simple d’employer un rhéostat à liquide ; l’une des électrodes se déplace par une vis de rappel et l’on peut faire varier la résistance de 10 à 150 ohms.
- Le rhéostat appliqué par M. Trouvé à son polyscope se compose d’un fil de maillechort enroulé en spirale, et d’une tige métallique fendue à la partie inférieure pour faire ressort et qui glisse dans l’intérieur de la spirale. Les spires successives de celles-ci ne se touchent pas et sont isolées par une enveloppe de carton du tube métallique qui sert d’enveloppe. Le courant entre par le bas du ressort et sort par la tige, dont la résistance est négligeable. Lorsque la tige est poussée à fond, la résistance est minima. A mesure qu’on la soulève on augmente le nombre des spires intercalées;
- Fig. 833. — Rhéostat Edison.
- Fig. 834. — Rhéostat médical.
- ce nombre est donné par une graduation tracée sur la tige.
- RHÉOSTATIQUE (MACHINE). — Voy. Machine RHÉOSTATIQUE.
- RHÉ0T0ME. — Syn. d’iNTERRUPTEUR. Se dit surtout des interrupteurs destinés à rompre le circuit d’une manière périodique et régulière.
- Rhéotome liquide. — G. Planté a remarqué que, si l’on interpose dans un circuit un voltamètre à eau acidulée muni d’une électrode de platine et d’une électrode d’aluminium, le courant passe très bien lorsque l’électrode positive est formée par le platine, mais il est arrêté presque complètement lorsque cette électrode est constituée par l’aluminium, parce que l’alumine formée est insoluble et conduit mal. Ce fait a été appliqué par M. Ducretet à la construction d’un rhéotome à direction constante qui peut être utile dans certains cas. M. Caël a montré qu’on arrête mieux le courant en remplaçant l’eau acidulée par le bichromate de potasse et surtout par le bicarbonate de soude.
- Rhéotome de Bell. — M. Bell a donné le même nom à une sorte de phonographe fondé sur cette observation qu’un jet d’air projeté sur une flamme lui fait rendre un son.
- Un petit faisceau lumineux vient tomber par une fente étroite sur une plaque photographique qui tourne en spirale derrière cet orifice. En parlant dans un téléphone dont la membrane est percée d’un petit trou, et qui communique avec un réservoir d’air sous faible pression, on envoie sur le faisceau lumineux un jet de gaz qui fait varier son intensité.
- Si l’on développe ensuite la plaque photogia-phique, on obtient une spirale dont l’épaisseur varie d’un point à un autre, comme l’intensite du faisceau qui l’a produite. On fait subir e
- nouveau à la plaque le même mouvement en spirale en la mettant en circuit avec une pi é> un microphone et un téléphone récepteur, pression des charbons du microphone varie avec l’épaisseur du tracé et le téléphone repro duit les sons enregistrés. T
- RHÉOTROPE OU ROUE DE MASSON. — ln'
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- RIVURE ÉLECTRIQUE. — ROTATIONS ÉLECTRODYNAMIQUES.
- terrupteur imaginé par Masson et formé d’une roUe de verre dont la circonférence porte une fcande de cuivre présentant des dents également espacées. Deux ressorts, placés de chaque c5té de la roue, communiquent avec le circuit. Lorsqu’on tourne l’appareil, l’un des ressorts frotte sur la bande de cuivre continue, l’autre rencontre alternativement les dents métalliques et la surface du verre, ce qui produit les interruptions. Ce rhéotome a été appliqué au premier modèle de la bobine d’induction, dû à Masson et Bréguet. Ces expérimentateurs ont également fait usage d’un rhéotrope à trois roues, montées sur le même axe, pour interrompre le courant inducteur et recueillir séparément les courants induits directs et inverses.
- RIVURE ÉLECTRIQUE. — M. Rowan a employé un moteur électrique d’un demi-cheval pour actionner une machine à river. Cette machine donne environ un coup de marteau par seconde. Pour la construction ou la réparation des navires, la machine est maintenue sur les flancs du bâtiment par de forts électro-aimants.
- ROBINET ÉLECTRIQUE. — M. Cabanellas a donné ce nom à deux machines d’induction
- montées sur un même axe, parce que, si l’une reçoit un courant constant, elle fait tourner la seconde, qui produit un courant dont l’intensité est sans doute proportionnelle à celle du premier, mais peut varier cependant avec les dimensions des conducteurs. Il y a donc une analogie, assez lointaine à notre avis, avec les robinets hydrauliques branchés sur une conduite mère. (Yoy. Transformateur.)
- ROBINET ALLUME-GAZ. — Disposition électrique imaginée par M. Née pour l’allumage des becs de gaz (Voy. Allumoir). MM. Woodhouse et Rawson construisent des robinets analogues.
- ROTATIONS ÉLECTRODYNAMIQUES ET ÉLECTROMAGNÉTIQUES. — Rotation d’un aimant sous l’action d’un courant, ou d’un courant sous l’action d’un autre courant ou d’un aimant.
- Rotation d'un courant par un courant. — Deux courants ou un courant et un aimant exercent toujours l’un sur l’autre une action mécanique (Yoy. Électrodynamique et Électromagnétisme), qui peut, à l’aide de dispositions convenables, produire une rotation continue de l’un des appareils.
- 6
- a
- Fig
- . 835. — Courants mobiles horizontaux.
- Fig. 836. — Rotation électrodynamique.
- La rotation électrodynamique se montre par 1 appareil représenté (fig. 274). On enlève le Multiplicateur M et l’on fait passer le courant daus la bobine B en fermant l’interrupteur I ; puis l’on remplace le courant mobile H par ^un des courants F ou F' (fig. 835). La règle ^es courants angulaires permet de prévoir le Sens de la rotation. Si le courant mobile est centripète et que le courant fixe delà bobine B ^uurne dans le sens des aiguilles d’une montre, cotation se fera dans le même sens.
- Pour montrer la rotation d’un courant ver-
- tical, on enlève la tige t et on la remplace par une colonne t’ portant une seconde cuve V', également remplie d’eau acidulée, et un godet de mercure G' (fig. 836). On se sert d’un équipage mobile formé d’un fil vertical I, qui reçoit le courant par les deux cuves d’eau acidulée et, en fermant l’interrupteur I (fig. 274), on fait passer encore le courant dans la bobine annulaire B. L’équipage mobile I peut être remplacé par I', qui est formé de deux courants parallèles et de même sens et est par suite astatique. Si le courant mobile est ascendant et que le cou-
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- ROTATIONS ÉLECTRODYNAMIQUES ET ÉLECTROMAGNÉTIQUES.
- rant fixe B tourne dans le sens des aiguilles d’une montre, la rotation se fera dans le même sens.
- Rotation d'un courant par l'action de la terre. — Les mêmes appareils servent à montrer la rotation des courants sous Faction de la terre. On fait passer le courant seulement dans l’équipage mobile et l’on supprime le courant fixe en enlevant le fil positif de la borne 1 pour l’attacher à la borne 3. Le courant horizontal F' tourne encore dans le sens des aiguilles d’une montre s’il est centripète, en sens contraire s’il est centrifuge.
- Rotation d’un courant par un aimant. — La
- rotation d’un courant sous l’action d’un aimant s’explique de la même manière, puisque les aimants équivalent à des solénoïdes.
- Dans l’appareil (fig. 837), imaginé par Jamin le circuit mobile EF tourne autour de l’ai-mant AB : le courant monte par l’aimant et redescend par les deux branches EF jusqu’à une gouttière, remplie de mercure, qui communique par la borne a avec le pôle négatif. Si A est le pôle nord, la rotation se fera dans le sens des aiguilles d'une montre. L’aimant AB peut être remqlacé par un solénoïde S, représenté à part.
- Rotation d'un aimant par un courant. — Réciproquement un aimant peut tourner sous Faction d’un courant. Ampère l’a montré avec l’appareil suivant : une éprouvette à pied pleine de mercure communique par toute sa circonférence avec l’un des pôles d’une pile, dont l’autre est relié à une pointe de laiton plongeant au centre du liquide. Un aimant droit, lesté par un cylindre de platine, placé dans le mercure, se met à tourner lentement
- Fig. 837. — Appareil de Jamin.
- Fig. 838. — Rotation des liquides.
- autour de la pointe. En appliquant la règle des courants angulaires au solénoïde qui équivaut à l’aimant et aux courants qui rayonnent de la pointe vers la circonférence de l’éprouvette, on trouve facilement le sens de la rotation. La pointe centrale peut encore être plongée dans une petite cavité creusée au sommet de l’aimant et qu’on remplit de mercure : l’aimant tourne alors sur lui-même.
- Il existe beaucoup d’autres appareils montrant les rotations des,courants et des aimants, et qu’il serait trop long de décrire ici ; nous citerons seulement la roue de Barlow et le disque de Paraday (Voy Barlow).
- Rotation électromagnétique des liquides et des
- gaz. — Un liquide traversé par un courant se comporte comme un courant mobile et obéit aux actions électromagnétiques. L’appareil (fig. 838), dû à Bertin, permet de répéter une expérience très simple due à Davy. La cuve de gauche, remplie de mercure ou d’eau, est placée sur l’électro-aimant E ; le courant, qui arrive aux bornes aa', est amené par deux fils isoles ee un peu au-dessous de la surface du liquide. Celui-ci se soulève un peu au-dessus des deux électrodes et se met à tourner en sens con traires, comme le montrent les petits flotteurs. On peut aussi, comme on le voit sur la figure, placer sur l’électro-aimant uue cuve annulaire remplie d’eau acidulée, qui prend une rotation
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- ROTATION MAGNÉTIQUE DE LA LUMIÈRE. — SCHISÉOPHONE.
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- droite ou gauche, suivant la direction centripète ou centrifuge du courant qui la traverse et le sens de l’aimantation de l’électro.
- L’œuf de de La Rive, décrit plus haut (Voy. OEcf), montre la rotation électrique des gaz.
- >1. Antoine Bréguet a réalisé une série d’appareils de rotation conduisant à la théorie de diverses machines,notamment celles de Gramme et de Siemens. Ces expériences, qui ont été publiées dans les Annales de chimie et de physique (janvier 1879), sont résumées dans le tome II du Traité d’Èlectricité de Gordon.
- rotation magnétique de la lumière.
- — Rotation du plan de polarisation de la lumière sous l’action d’un champ magnétique (Voy. Pouvoir rotatoire magnétique).
- Rotation magnétique de la lumière réfléchie sur un aimant. — Voy. Phénomène de Kerr.
- ROUE CORRECTRICE. — Organe du télégraphe Hughes qui corrige à chaque émission de courant le synchronisme du mouvement des roues des types des deux appareils en communication.
- ROUE DE BARLOW. — Voy. Barlow (Roue de).
- ROUE DE MASSON. — Voy. Rhéotrope.
- ROUE DE NEEF. — Interrupteur imaginé par Neef et formé d’une roue munie de dents
- ROUE DES TYPES. — Organe des télégraphes imprimeurs formé d’une roue, dont la circonférence porte des types ou caractères en relief servant à imprimer les dépêches.
- ROUE ÉLECTRIQUE MUSICALE. — Appareil imaginé parM. Carhart en 1883 et formé d’une roue en fer, percée de trous disposés en cercle, qui tourne entre un aimant en fer à cheval et deux bobines placées en face des pôles, de l’autre côté de la roue. Si l’une des bobines est reliée avec un téléphone, on entend un son d’autant plus intense que la roue tourne plus vite.
- ROUE PHONIQUE. — Appareil imaginé par M. La Cour et employé dans le télégraphe multiple de M. Delany et dans le sténo-télégraphe pour maintenir le synchronisme des appareils en communication. (Voy. Sténo-télégraphe.)
- RUHMKORFF (Bobine de). — Voy. Bobine d’induction.
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- SAINT-ELME (Feu). — Voy. Feu Saint-Elme.
- SATURATION MAGNÉTIQUE. — L’intensité d’aimantation n’augmente pas indéfiniment avec la force magnétisante. Elle tend vers une limite qu’elle ne peut dépasser : le.barreau est alors aimanté à saturation.
- En employant des forces magnétisantes très énergiques, on peut sursaturer un aimant; mais il perd son excès de magnétisme, d’abord assez vite, puis de plus en plus lentement, et revient peu à peu à son degré de saturation normal.
- SCHISÉOPHONE. — Nous avons décrit plus haut (Voy. Essayeur des tapures) une méthode imaginée par le capitaine de Place pour la recherche des tapures des létaux; l’inventeur a depuis peu perfectionné son appareil et lui a donné le nom deschiséophone (oyjci;, fissure ; œuvr,, voix).
- Les obus de rupture par exemple, qui sont eii acier chromé, trempé raide, présen-tent à l’intérieur des centres de tension c°nsidérables ; par suite les molécules tendent a Se séparer et à laisser entre elles des vides
- appelés tapures. Des défauts analogues peuvent se présenter dans les arbres de couche
- Fig. 839. — Transmetteur du schiséophone.
- des navires, les rails de chemins de fer, etc. Dans tous les cas, ces défauts peuvent déter-
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- SCIE ÉLECTRIQUE.
- miner la rupture de la pièce et causer non seulement la perte de la pièce tapée, mais des retards ou des accidents graves. Le schiséophone
- Fig. 840. — Scliiséophone.
- permet de reconnaître et de rejeter les pièces qui présentent des tapures.
- Le sctiiséophone destiné aux obus se compose essentiellement d’un microphone circulaire, de construction et de forme spéciales, au centre duquel est un frappeur, animé par un mécanisme très simple, non figuré, d’un mouvement alternatif de va-et-vient (fig. 839). Ce microphone est en circuit avec une pile et une bobine inductrice, placées dans un autre local. La bobine est au zéro d’une règle divisée, sur laquelle glisse une bobine induite, communiquant avec deux téléphones munis d’une jugulaire-têtière, qui permet de les fixer sur la tête. Un aide promène le téléphone et son frappeur à la surface de l’obus. L’officier chargé de la vérification se place dans le local qui contient les bobines et prend les téléphones, puis il éloigne peu à peu la bobine induite du zéro jusqu’à ce que le son devienne très faible. L’intensité reste sensiblement constante tant que le frappeur rencontre des parties pleines ; mais, s’il vient à frapper sur une partie creuse, la cavité intérieure forme caisse de résonance et le son perçu devient plus intense.
- La figure 840 montre les divers organes du schiséophone, la règle divisée et ses bobines, les téléphones. La pile est formée de six éléments de Place à la mélasine, montés par trois en tension ; chacun des deux groupes sert alter-
- nativement pendant un quart d’heure, pour éviter la polarisation.
- Des expériences récentes faites sur des rails à Ermont, au dépôt du matériel de la Compagnie du chemin de fer du Nord, ont parfaitement réussi. En brisant au mouton les rails indiqués comme défectueux par l’appareil, on a trouvé en tous les points marqués des fissures plus ou moins importantes.
- SCIE ÉLECTRIQUE. — L'Électro-Dynamo-Company de Philadelphie a construit, pour les usages de la chirurgie, une scie circulaire mue par l’électricité, et qui coupe en trente secondes les os les plus gros.
- Elle se compose d’un manche métallique portant un très petit moteur dynamo Griscom, à électro-aimant cylindrique (fig. 841).
- Ce moteur, lorsqu’il reçoit un courant, met en mouvement une scie circulaire S dont la partie supérieure est enveloppée d’un tambour T, qui protège les
- Fig. 841, — Scie chirurgicale.
- doigts de l’opérateur. L’appareil se prête égale ment bien à la trépanation, en remplaçant la scie par un trépan.
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- SECOHMMÈTRE. — SELF-INDUCTION.
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- SECOHMMÈTRE. — Instrument employé par tlM. Àyrton et Perry pour mesurer le coeffi-cjent de self-induction.
- SECONDAIRE (Pile). — Voy. Pile et ACCUMULATEUR.
- SECOUSSE ÉLECTRIQUE. — Effet produit sur l’homme et sur les animaux par une brusque variation de potentiel.
- SECTION RÉDUITE. — On peut rapporter les résistances de divers conducteurs à celle d’un fjl type, formé d’une substance déterminée, de longueur 1. La section » qu’il faut donner à ce jj] pour qu’il ait la même résistance que le conducteur donné est la section réduite de celui-ci. Si ]i est le rapport des résistances des deux fils, l et s la longueur et la section du fll donné, ou a :
- *U=1
- S tù
- SÉLÉNIUM (Variation de résistance du). — Le sélénium est très mauvais conducteur. Sa résistance est environ 3,8 X 1010 fois plus grande que celle du cuivre. Elle décroît jusqu’au point de fusion, puis augmente brusquement lorsqu’il passe à l’état liquide.
- MM. W. Smith et May constatèrent, en 1873, que la résistance du sélénium était plus faible à la lumière que dans l’obscurité. M. Adams a trouvé, en 1876, que le changement dans la résistance du sélénium est proportionnel à la racine carrée du pouvoir éclairant. MM. Adams et Day ont indiqué la même année les résultats suivants.
- La résistance d’un barreau de sélénium n’est pas la même dans toutes les directions; elle diminue quand la puissance de la pile augmente. .Si le premier courant lancé dans le sélénium est énergique, il provoque un arrangement permanent des molécules, de sorte que, dans les expériences suivantes, le barreau est plus résistant pour les courants de même sens que pour ceux de sens contraire. Le passage du courant semble donc produire dans le sélénium une polarisation analogue à celle des électrolytes ; et, en eüet, en enlevant la pile et reliant ensuite le sélénium seul avec un galvanomètre, on obtient une déviation.
- Le sélénium recuit est généralement sensible ala lumière, dont l’action établit entre les inocules une différence de potentiel qui peut, ans certaines conditions, produire un courant électrique. Sa sensibilité est variable aux divers Points d’un même fragment. En général, le cou-[ant va de la partie la moins éclairée à la partie a Plus éclairée.
- Dictionnaire d’électricité.
- Si l’on fait passer un courant faible dans un morceau de sélénium peu résistant, placé dans l’obscurité, et qu’on projette la lumière sur ce corps, elle contrarie le passage du courant si elle tombe près de l’électrode positive, elle favorise son passage si elle éclaire la partie voisine de l’électrode négative.
- Avec des fragments de sélénium très résistants, la lumière favorise toujours le passage du courant.
- Il semble résulter des expériences précédentes que la lumière agit en favorisant la cristallisation lente du sélénium. Ce corps est en effet plus conducteur à l’état cristallin qu’à l’état amorphe.
- MM. Bell et Tainter ont étudié les propriétés du sélénium à l’aide du téléphone. Un rayon lumineux, intercepté un grand nombre de fois par seconde, tombe sur un crayon de sélénium S (fig. 842) placé dans le circuit d’une pile P et
- Fig. 842. — Expériences de MM. Bell et Tainter.
- d’un téléphone A. Chaque rayon qui vient frapper le sélénium diminue sa résistance et augmente l’intensité du courant. S’il y a par exemple 435 interruptions par seconde, le téléphone exécutera 433 vibrations doubles et l’observateur A entendra le /anormal. On peut donc transmettre ainsi les sons musicaux. La lumière solaire, réfléchie par le miroir M d’un héliostat, est concentrée par la lentille L" sur la roue DD, représentée à part, qui est percée de trous disposés en cercle. Une autre lentille L' rend le faisceau lumineux parallèle, afin de le projeter, avec le moins de perte possible, sur la lentille L, placée à la station d’arrivée. Cette lentille le projette à son tour sur le sélénium S. On peut employer aussi l’arc voltaïque :1e miroir M est alors remplacé par un miroir parabolique. Avec la lumière solaire, M. Bell a pu transmettre à plus de 2 kilomètres. C’est là le principe du photophone (Voy. ce mot), à l’aide duquel MM. Bell et Tainter ont pu transmettre la parole sans l’emploi de fils conducteurs.
- SELF-INDUCTION. — Induction produite par un courant dans son propre circuit au moment de la fermeture ou de l’ouverture, ou lorsqu’il subit une brusque variation d’intensité. Les
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- SÉMAPHORE.
- SERRE-FIL.
- courants induits qui prennent naissance dans ces conditions sont appelés extra-courants (Voy. Induction). L’effet est surtout marqué dans les circuits qui renferment des électro-aimants ou des bobines.
- Coefficient de self-induction. — On donne ce nom à la valeur du flux qui traverse le circuit lorsque l’intensité du courant est égale à l’unité.
- Mesure du coefficient de self-induction. — On peut se servir du pont de Wheatstone. Soient a, a', b, b' les quatre branches du pont. On place les deux bobines à comparer dans les branches a et a'. Si L et L' sont leurs coefficients, les autres branches étant supposées sans induction, on a :
- L _ a___b
- L' ~~ a' 6'
- On place deux boîtes de résistances, sans induction l’une sur l’une des branches a a', l’autre sur l’une des branches 6 6'. On réalise d’abord l’équilibre pour les courants permanents, puis on annule l’effet des extra-courants, Comme les deux phénomènes ne sont pas indépendants, il faut un certain nombre de tâtonnements pour arriver à l’équilibre final.
- Self-induction propre d'un métal. — Syir.
- d’iNERTIE ÉLECTRO-MAGNÉTIQUE.
- SÉMAPHORE. — Appareil servant à transmettre des signaux optiques.
- Électro-sémaphore. — Appareil servant à l’application du block-system (Voy ce mot).
- SENSIBILITÉ. — La sensibilité d’un appareil est une qualité variable et difficile à définir nettement. Dans les galvanomètres et les boussoles, la déviation a. est fonction de l’intensité i. Lorsque l’intensité subit une petité variation di, la déviation varie de da. La sensibilité
- doc
- augmente avec d* ou bien avec —’ On doit
- ° di
- donc cherchera rendre maximum la dérivée de a par rapport à i. C’est là la sensibilité absolue.
- Ainsi, dans la boussole des tangentes, on a
- . H, Ha ! = Gtg“="ta‘g“
- H étant la composante horizontale du champ terrestre, n le nombre des spires du fil, a le rayon du cercle. La sensibilité est
- da. 2k n -P = —— cos2a ai H a
- Il faut donc, pour l’augmenter, accroître n et diminuer a; mais la première condition augmente la résistance, et la seconde change la théorie de l’instrument. On voit de plus que,
- parmi toutes les valeurs de a, c’est la valeur a = 0 qui donne la sensibilité maximum. Cette condition est également vraie pour tous les galvanomètres. De là l’avantage des méthodes de mesure par réduction au zéro.
- La sensibilité relative est d’autant plus grande que doc est plus considérable pour une valeur
- donnée de Elle est donc égale à i~. p0ur
- la boussole des tangentes, c’est tgacos2*
- 1 .
- ou - sm 2a.
- 9
- SENSITIF (État). — Yoy. État sensitif. SENSOPHONE. — Appareil télégraphique usité en Amérique, servant de sounder ou de récepteur phonique.
- SÉPARATEUR MAGNÉTIQUE. — Voy. Élec-
- tro-trieuse.
- SÉRIE (Montage en). — Mode d’accouplement des piles et des machines. (Voy. Couplage.)
- SÉRIE DYNAMO. — Machine dynamo-électrique dont les inducteurs sont excités en série.
- SÉRIE THERMO-ÉLECTRIQUE. — Liste de métaux placés dans un ordre tel que, si l’on forme un couple thermo-électrique avec deux d’entre eux, celui qui est le premier sur la liste soit le pôle négatif, et le second le pôle positif. Chaque métal de cette liste est donc positif par rapport à ceux qui le suivent, et négatif par rapport à ceux qui le précèdent.
- Bismuth,
- Nickel,
- Platine,
- Palladium,
- Cobalt,
- Manganèse,
- Argent,
- Étain,
- Plomb,
- Cuivre,
- Or,
- Zinc,
- Fer,
- Arsenic,
- Antimoine.
- SERRE-FIL. — Petite pièce métallique servant à réunir ensemble les extrémités de deux fils conducteurs. Les fils sont introduits soit dans un trou percé de part en part, soit dans deux trous distincts, et serrés par des '1S
- (fig. 843); la seconde disposition permet enco de les fixer sous la tête des vis.
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- SERRE-NOEUD. — SIFFLET ÉLECTRO-AUTOMOTEUR.
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- serre-nœud. — Cautère galvanique servant à l'ablation de certaines tumeurs, etc.
- SERRURE ÉLECTRIQUE. — Serrure dont le pêne ou la gâche sont commandés par un électro-aimant. Le plus souvent, c’est la gâche qu’on rend électro-magnétique, car cette disposition n’exige pas un effort aussi grand. L’électro-aimant agit par l’intermédiaire d’un ressort spiral. Quand la porte se referme, un buttoir adapté au montant réenclenche le ressort sur l’armature.
- SHUNT. — Mot anglais employé fréquem-
- ment comme synonyme de dérivation. En particulier, on donne ce nom à un appareil qui sert à établir une dérivation sur les bornes d’un galvanomètre (Voy. ce mot), afin de faire varier sa sensibilité. C’est une sorte de boîte de résistances renfermant trois bobines, dont les résis-
- 11 1
- tances sont respectivement — ’ —— de celle
- y yy yyy
- du galvanomètre. La figure 844 montre l’aspect extérieur et la disposition schématique de cet appareil. Les bandes a et d représentent les deux blocs qui portent les bornes d’attache de
- JS
- To Galvccri ometer
- Fig. 844. — Shunt.
- la pile et du galvanomètre. Les trois bobines sont reliées d’une part au bloc d, de l’autre à trois blocs isolés bA,b2, b3. En réunissant par une fiche l’un de ces trois blocs à la bande a, on met en dérivation la bobine correspondante
- 1 1 1
- et le galvanomètre ne reçoit que —’ ~
- *1U 100 1000
- du courant total. Si l’on place la fiche devant le
- plot ôt, l’instrument est mis en court circuit ;
- il reçoit au contraire le courant tout entier, si
- I on débouche tous les trous.
- SHUNT-DYNAMO. — Machine dynamo-élec- i trique dont les inducteurs sont excités en dérivation.
- SHUNTER. — Établir un shunt ou dérivation entre les bornes d’un galvanomètre ou d’un aPpareil quelconque. On peut même shunter Une source d’électricité, afin d’envoyer dans les appareils seulement une partie du courant.
- SHUNTMETER. — Appareil en usage dans les usuies de câbles sous-marins et formé de deux regles graduées, dont la manœuvre donne, sans Cfdcul, les résultats des formules relatives aux c°urants dérivés.
- SIUÉROMAGNÉTIQUE. — Syn. de Magnétique 0u Paramagnétique.
- SIDÉROSCOPE. — Appareil imaginé en 1828 bar Lebaillif pour l’étude des corps magnéti-
- ques. Il est formé d’une aiguille aimantée portée par un brin de paille suspendu à l’extrémité d’un fil de cocon.
- SIFFLEMENT DE L’ARG VOLTAÏQUE. — Lorsqu’un circuit renferme un seul arc voltaïque, il ne se produit aucun bruit ; mais si l’on allume ensuite, dans ce circuit, un ou plusieurs autres régulateurs, chaque nouvel allumage est accompagné d’un sifflement qui dure quelques instants, mais dont l’intensité va en décroissant avec le nombre des lampes déjà allumées. M. Gimé a reconnu que ce sifflement est dû à la diminution brusque de la différence de potentiel ; son intensité est proportionnelle à cette diminution, et il dure jusqu’à ce que la force élecLromotrice ait repris sa première valeur.
- SIFFLET ÉLECTRO-AUTOMOTEUR. — Appareil imaginé par MM. Lartigue, Forest et Digney, pour avertir automatiquement un train de chemin de fer qui franchit sans s’en apercevoir, par exemple en temps de brouillard, un disque mis à l’arrêt.
- C’est un sifflet placé sur la machine, et dont la valve V est fixée au levier A, mobile autour du point O, de sorte qu’elle s’ouvre par l’abaissement de ce levier, qui est articulé avec une tige BC portant une palette D (fig. 845). En
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- G92
- SIGNAL ÉLECTRO-MAGNÉTIQUE.
- temps normal, cette palette adhère, malgré l’action du ressort antagoniste R, à l’électro-ai-mant de Hughes E qui n’est parcouru par aucun courant. Mais, si le train franchit un disque à l’arrêt, un courant de sens convenable est lancé dans l’électro-aimant, qu’il ramène à l’état neutre : la palette D retombe sous l’action du ressort R, entraînant le levier A, et la valve V s’ouvre. Le sifflet se fait entendre jusqu’à ce que le
- mécanicien, en appuyant sur le levier F, ait ramené les pièces A et D à leur première position Pour obtenir ce résultat, le fil de l’électro-ai-mant E communique d’une part avec la terre par la masse de la locomotive, de l’autre avec une brosse métallique isolée, fixée à la partie inférieure du cendrier. Un contact fixe ou crocodile (voy. ce mot) est placé dans l’axe de la
- voie. En mettant le disque à l’arrêt, on fait tour-
- Fig. 845. — Sifflet électro-automoteur.
- ner un commutateur, qui relie le crocodile avec le pôle positif d’une pile dont l’autre pôle est à la terre. Si un train vient à passer, le contact de la brosse métallique avec le crocodile ferme le circuit et le sifflet se fait entendre.
- Le sifflet électro-automoteur, étant placé sur la locomotive, peut fonctionner à une distance quelconque en avant du disque à protéger. De plus il n’est pas sujet, comme d’autres appareils destinés au même but, à être mis hors de service par les chocs répétés, le contact s’établissant seulement par le frottement de la brosse métallique sur le crocodile.
- Le sifflet électro-automoteur a été employé par le chemin de fer du Nord, mais, cette Compagnie ayant adopté dans la suite le frein continu à vide, il a été remplacé sur toutes les machines munies d’un injecteur par un appareil de déclenchement, appliqué à la manœuvre du frein à vide avec ou sans la participation des agents du train.
- Enfin la disposition précédente a été per-
- fectionnée par M. Sartiaux, dans le but d’avertir le chef d’une gare de fermer le disque qui la couvre, lorsqu’il vient d’être franchi par un train. Voy. Avertisseur de gare.
- SIGNAL ÉLECTRO - MAGNÉTIQUE. - 0n
- donne ce nom à un certain nombre de chrono-graphes électriques.
- Le signal de M. Marcel Deprez est formé d un électro-aimant en U qui, au moment où le courant passe, attire une palette de fer doux portant le style inscripteur (fig. 846). Dès que le circuit est rompu, un ressort antagoniste relève la palette.
- M. Deprez a perfectionné ce petit apparei pour faire disparaître les influences qui s opp° sent à l’instantanéité de la transmission. Le nouveau dispositif se compose de deux électro^ aimants droits et verticaux, mais non sur prolongement l’un de l’autre. Entre les élec tros est placée une lame de fer plate, flu leur sert d’armature et peut tourner aU^g d’un axe horizontal, auquel est fixé le s )
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- SIGNAUX ÉLECTRIQUES.
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- inscripteur. L’armature est maintenue hori-z0ntale par un ressort. Quand le courant passe dans les électros, elle se précipite vers les pôles, entraînant le style, qui vient s’appuyer
- sur le cylindre tournant. Les noyaux des électro-aimants sont des lames de fer méplates d’une faible masse, et le fil ne fait qu’un petit nombre de tours. Il suffit de fermer le courant
- Fig. 846. — Signal électrique Marcel Dopi-ez.
- 1
- pendant ^ôôô de seconde Pour actionner le style, et l’effet se produit avec un retard qui ne 1
- dépasse pas de seconde. Ce petit instrument est donc très sensible ; on voit de plus qu’il est disposé de manière à éviter les inconvénients qui résultent du retard inégal de l’aimantation et de la désaimantation et qu’on trouve dans la plupart des électro-aimants. Cet appareil a reçu plusieurs formes différentes.
- SIGNAUX ÉLECTRIQUES. — La lumière électrique peut être employée avantageusement pour les signaux de toute espèce. Nous en citerons quelques exemples.
- Signaux par ballons captifs. — M. Bruce a imaginé un système de signaux optiques pour la télégraphie, qui a été expérimenté en Belgique en 1887. Un ballon captif, d’une étoffe suffisamment translucide, contenait 6 lampes à incandescence de 20 bougies, disposées sur une tringle qui le traversait de haut en bas. Ces lampes pouvaient recevoir le courant d’une batterie d’accumulateurs par deux fils de cuivre contenus dans le câble qui retenait le ballon. A l’aide de cette disposition, on reproduisait les signaux de l’alphabet Morse en lançant le courant plus ou moins longtemps dans les lampes ; °n se servait pour cela d’une clef de Morse. On fit une autre série d’expériences en suspendant les lampes en cercle au-dessous du ballon. Hans les deux séries, les signaux étaient parfaitement compréhensibles à 3 kilomètres.
- Signaux électriques de nuit pour la marine. ~~ Les navires pourvus d’une installation d’éclairage électrique emploient également cette lumière pour produire les signaux réglementes de nuit.
- Ces signaux s’obtiennent dans la marine runçaise à l’aide de dix fanaux, hissés sur une ergue, presque parallèlement à la mâture, et 1Vlsés en deux groupes,l’un supérieur, l’autre
- inférieur. La plupart des autres pays emploient un système de télégraphie optique, formé de signaux analogues à ceux de Morse et obtenus à l’aide d’un fanal, qu’on démasque pendant un temps plus ou moins long. Le système français est plus rapide et plus facile à contrôler.
- Sur le Richelieu, dont nous avons décrit page 223 l’installation, 10 lampes de. 30 bougies, semblables à celles des feux de route, se placent dans des fanaux ordinaires et sont mises en communication avec le manipulateur, placé dans le kiosque de la Majorité. Ce manipulateur est formé d’une boîte de bois portant 10 commutateurs à bouton, correspondant à chacune des lampes, et autant d’orifices garnis de verres dépolis. Un commutateur général sert à ouvrir et fermer le circuit total. On prépare d’abord le signal en tournant les boutons relatifs aux lampes qu’on veut allumer, puis on ferme le circuit à l’aide du commutateur général, et le signal apparaît. En même temps une disposition ingénieuse reproduit le schéma du signal sur le manipulateur même, afin d’éviter les erreurs. Ce résultat est obtenu par une lampe à incandescence qui reste toujours allumée dans l’intérieur de la boîte et qui éclaire les verres dépolis correspondant aux commutateurs individuels que l’on a tournés. Il suffit d’ouvrir ensuite le commutateur général pour effacer complètement le signal et remettre en place tous les commutateurs individuels.
- Le Hoche, dont l’installation est toute récente, possède une disposition analogue. Les commutateurs individuels se composent de touches que l’on abaisse pour former le signal. Le commutateur général ferme le circuit par un mouvement en arrière ; un mouvement en avant sert à le rompre et relève toutes les touches primitivement abaissées. Des ampoules à filament de platine, intercalées sur les circuits des lampes, donnent le schéma du signal. Un avertisseur d’extinction est joint à ce dispositif : le
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- SILURE OU MALAPTÉRURE. — SIPHON POUR PILES.
- circuit de chaque lampe comprend un électro-aimant, qui, si elle vient à s’éteindre, abandonne son armature. Celle-ci ferme une dérivation, dont le courant allume une lampe de 32 bougies et fait tinter une sonnerie. La lampe et la sonnerie sont les mêmes pour toutes les lampes, mais l’ampoule éteinte indique le feu dont le circuit est rompu.
- M. de Méritens a combiné un système qui permet d’employer les signaux électriques soit sur un navire à voiles, soit sur un vapeur en station qui n’a pas un générateur en pression. Pour cela, le courant est produit par une petite machine magnéto-électrique, réduction du modèle des phares. Cette machine est munie d’un plateau perrriutateur portant huit bouchons à vis, que l’on peut placer de manière à grouper à
- volonté toutes les bobines de l’anneau en quantité pour les signaux français, ou bien moitié en tension et moitié en quantité pour les signaux Morse. Quatre hommes, agissant sur deux manivelles, donnent facilement la vitesse normale, qui est de 50 tours par minute.
- Le manipulateur (fîg. 847) est analogue aux précédents. Il porte 12 bornes et 12 touches La première borne à droite reçoit le courant de la machine ; les dix suivantes vont aux dix lampes et la dernière reçoit le fil commun de retour des lampes et celui de la machine. Les dix boutons du milieu sont les commutateurs individuels des lampes, et servent à composer le signal, qu’on allume ensuite à l’aide du bouton de droite et qu’on éteint avec celui de gauche. Pour le système Morse, on fait usage d’un inter-
- Fig. 847. — Manipulateur pour signaux optiques.
- rupteur semblable à un gros bouton de sonnerie. Cet appareil, essayé en 1882, est en usage aujourd’hui dans la marine française.
- SILURE OU MALAPTÉRURE. —Voy. Poisson
- ÉLECTRIQUE et ÉLECTROGÈNE.
- SIMILITUDES (THÉORÈME DES). — Proposition indiquée par M. Marcel Deprez et dont voici l’énoncé.
- Si deux systèmes électro-dynamiques géométriquement semblables, et dont le rapport de similitude est m, sont parcourus par des courants de même densité, les forces en deux points homologues sont dans le rapport m4.
- Cette proposition résulte immédiatement de la formule élémentaire d’Ampère, indiquée page 249.
- SINUS (BOUSSOLE DES). — Voy. Boussole.
- SIPHON POUR PILES. — L’emploi du siphon
- peut être commode pour vider et entretenir les éléments de piles sans avoir besoin de les déplacer. M. Radiguet a imaginé pour cet usage un siphon très simple (fig. 848). La petite branche de cet appareil est entourée d’un tube plu* large avec lequel elle communique librement a la partie inférieure. Le haut du tube large reçoit un caoutchouc se terminant par une poire à deux soupapes. Pour amorcer le siphon, on plonge la petite branche dans le liquide, qui s > élève jusqu’au niveau extérieur, ainsi que dans le tube large. On souffle alors doucement dans celui-ci : le liquide estrefoulé dans le vaseexte rieur; mais l’orifice inférieur, étant très étroit» lui livre un passage insuffisant ; une partie s’élève donc dans la petite branche et aniorc^ le siphon. Pour le désamorcer, on souffle raP^ dement trois ou quatre fois : l’air, ne troma
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- SIPHON RECORDER.
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- pas une issue suffisante à la base, s’élève dans je siphon et le désamorce. L’appareil se fait en cuivre pour l’eau acidulée et le bichromate, en ébonite pour les acides plus concentrés. On peut régler la longueur des branches pour vider les vases seulement en partie.
- Fig. 848. — Siphon Radiguet.
- Nous avons employé avantageusement pour le même usage une disposition bien connue et que chacun peut installer facilement. Une éprouvette à gaz un peu grande est munie d’un bon bouchon traversé par deux tubes. L’un de % ces tubes, assez court, forme la petite branche du siphon : il se termine dans l’intérieur par une pointe un peu étroite qui s’avance jusqu’au mdieu de l’éprouvette. L’autre tube au contraire affleure le bouchon à l’intérieur; il est assez long et porte un robinet à la sortie du bouchon ; c’est la grande branche. L’éprouvette étant aux deux tiers remplie d’eau ou du liquide a transvaser, on plonge la petite branche dans H- pile qu’on veut vider, et l’on ouvre le robi-llet : le siphon est amorcé. Si l’on veut vider Plusieurs éléments de suite, on ferme le robi- , Qet dès qu’un vase est vide et l’on plonge la Pehte branche dans le suivant. En prenant cette Précaution, le siphon ne se désamorce pas et
- peut servir pour cinq ou six couples, ou même davantage, suivant la grandeur de l’éprouvette.
- Enfin certaines piles sont munies de siphons permanents, qui font passer le liquide d’un couple dans le suivant (Yoy. Piles a écoulement).
- SIPHON RECORDER. — Récepteur pour la télégraphie sous-marine inventé par sir W. Thomson pour remplacer le galvanomètre à miroir.
- Le siphon recorder a l’avantage d’enregistrer les dépêches en signes analogues à ceux de l’alphabet Morse et de ne pas fatiguer la vue des employés.
- Il était à craindre que le frottement d’un style sur le papier gênât la transmission ou l’arrêtât, même complètement. Sir Thomson a évité cet inconvénient en employant, au lieu de style, un petit siphon capillaire qui lance sur la bande de papier un filet d’encre très fin.
- Cet appareil se compose de deux électro-aimants EE très puissants, entre lesquels est suspendu, par deux fils de cocon parallèles, un cadre très léger analogue à un cadre de galvanomètre, et recouvert d’un grand nombre de tours de fil très fin. Dans l’intérieur est placé un noyau de fer doux fixe, qui renforce le champ ; le cadre peut tourner librement sans toucher le noyau ni les électros (fig. 849).
- La suspension bifilaire maintient le cadre parallèle à la ligne des pôles des électros lorsqu’il n’est parcouru par aucun courant. Lorsqu’il reçoit au contraire un courant, positif ou négatif, il est dévié d’un côté ou de l’autre et il entraîne un petit siphon, qui est fixé sur lui et sert à enregistrer les signaux. Ce siphon est formé cl’un petit tube de verre deux fois recourbé, dont la petite branche plonge dans un réservoir rempli d'une encre très fluide, tandis que l’autre, étirée en pointe fine, se déplace au-dessus d’une bande de papier, perpendiculairement à sa longueur. L’encre est électrisée, et le papier communique avec le sol; il jaillit sans cesse à la pointe du siphon de petites étincelles qui entraînent l’encre et forment un trait continu sur le papier. Si le cadre est immobile, le trait est une droite qui coïncide avec l’axe de la bande; les déviations à droite ou à gauche produisent des sinuosités d’un côté ou de l’autre, qui correspondent les unes aux points, les autres aux traits de l’alphabet Morse.
- L’électrisation de l’encre est due à une petite machine électrique analogue au Replenisher (Voy. Électromètre), représentée en M, et qui
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- SIRÈNE ÉLECTRIQUE.
- reçoit le mouvement d’un petit moteur électrique servant aussi à entraîner la bande de papier enroulée sur le rouet R. La machine électrique est désignée en France sous le nom de moulin électrique, en Angleterre sous le nom de mouse-mill. Le nombre des induits de cette machine
- est plus grand que dans le replenisher ; ce sont dix armatures de fer doux disposées sur la surface latérale d’un disque d’ébonite.
- Le siphon recorder donne un rendement de 25 mots à la minute.
- Sur les lignes franco-algériennes, le moulin
- Fig. 849. — Siphoa recorder.
- électrique est remplacé par un moteur à poids, et l’on a adopté un système de transmission automatique, en utilisant comme dans le Wheat-stone des bandes perforées traversées par des aiguilles.
- SIRÈNE ÉLECTRIQUE. — On donne ce nom à divers appareils électriques destinés à produire des sons. La sirène deM. Trouvé (fig.850)
- est destinée à être placée sur les bateaux électriques pour servir de signal.
- Ce petit appareil se compose d’un électro-moteur D à quatre palettes, placé à l’intérieur d’une armature circulaire de fer doux A portant quatre saillies. Les palettes ssnt attirées par ces quatre saillies, lorsque le courant passe, et con tinuent leur mouvement par suite de la vitesse
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- SISMOGRAPHE ÉLECTRIQUE.
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- acquise quand le courant est interrompu. Le courant arrive par le balai F et l’interrupteurE, placé à la partie inférieure de l’axe de rotation. Le moteur entraîne dans son mouvement un disque mobile C percé de trous et surmonté d'un disque fixe B dont les ouvertures sont pratiquées en sens contraire. L’appareil tout entier est logé au fond d’un pavillon destiné à renforcer le son, et qui est monté sur un pied articulé. Dès qu’on fait passer le courant, la rotation du disque mobile produit un son rauque, qui s’élève rapidement et se maintient à une note aiguë, stridente et très forte, facile à distinguer de tout autre signal.
- La sirène de Froment est un petit appareil composé d’un électro-aimant dont l’armature
- vibre comme celle d’une sonnerie : le mouvement de cette armature produit un son dont on règle la hauteur et l’intensité à l’aide d’une vis.
- La sirène de Weber est associée avec un téléphone. Un ressort frotte sur une roue dentée en cuivre, dont l’axe communique avec un téléphone et une pile, dont l’autre pôle est relié au ressort. Lorsqu’on tourne la roue, les interruptions produisent dans le téléphone un son dont la hauteur dépend du nombre des dents et de la vitesse. Si la résistance du circuit est grande, on peut employer une bobine d’induction comme avec les microphones. Le fil primaire de la bobine est intercalé dans le circuit de la pile à la place du téléphone, qui est placé dans le circuit induit.
- Fig. 850. — Sirène électrique : 1° Vue en cou
- Piano-sirène. — M. Weber a construit sur le même principe un appareil qu’il nomme piano-sirène, et dont voici la description sommaire.
- L’axe de la sirène porte des roues correspondant à tous les sons musicaux compris dans un intervalle de 6 à 7 octaves; l’appareil tourne d’une manière uniforme. Ces roues sont reliées respectivement aux touches d’un clavier, qui sert d’interrupteur. Lorsqu’on appuie sur une touche, le son correspondant est entendu dans le téléphone. Les sons produits par cet instrument peuvent donc être entendus à une distance quelconque ; mais l’instrument est silen-Cleux, et le pianiste lui-mème ne peut les entendre qu’en faisant usage de téléphones.
- SISMOGRAPHE ÉLECTRIQUE. — Enregistreur électrique inscrivant les secousses des tremblements de terre. Dans le sismographe de
- ; 2° Plan de l’électromoteur ; 3° Vue d'ensemble.
- M. Palmieri, les mouvements verticaux du sol établissent un contact électrique; les mouvements horizontaux font incliner des tubes en U pleins de mercure et placés dans la direction des points cardinaux. Les mouvements du liquide ferment d’autres circuits servant à produire l’enregistrement.
- Les sismographes très sensibles sont désignés sous le nom de microsismographes. Le microsismographe de Rossi se compose de cinq pendules d’inégale longueur, reliés par de petits fils de soie, au milieu desquels est suspendu un petit poids soutenu au centre d'une cupule de mercure. Lorsqu’un choc se produit, le poids touche le mercure et établit un contact électrique, qui fait tracer un point sur un papier se déplaçant d’un mouvement continu. Cet appareil est très sensible, mais d’un réglage très
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- délicat. Lors du tremblement de terre du 23 fé- | vrier 1887, deux de ces instruments établis
- l’un à l’Observatoire de San Luca, près de Bo- j logne, l’autre à Rome, à l’Observatoire
- de
- Principe de l’appareil enregistreur de MM. Fouqué et Auguste Michel Lévy.
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- SOLÉNOIDE ÉLECTRO-MAGNÉTIQUE.
- q de Rossi, ont signalé la secousse principale, quoique le phénomène soit passé complètement inaperçu de la population à Rome.
- Pour étudier la vitesse de propagation des mouvements du sol, MM. Fouqué et Michel Lévy ont employé un enregistreur photographique très simple. Une lampe à incandescence S, à filament rectiligne et vertical, alimentée par la
- pile est placée derrière un diaphragme (fig. 851). Les rayons lumineux qui traversent cet orifice tombent sur une lentille L, qui les concentre sur un bain de mercure M, placé dans un vase de fer. Les rayons réfléchis vont frapper à travers un petit orifice circulaire une plaque photographique P, placée dans une chambre noire et fixée sur un disque D, qu’un mouve-
- ________il
- Fig. 852. — Schéma de l'image produite par une secousse.
- ment d’horlogerie fait tourner uniformément autour de l’axe horizontal a. Lorsque le sol est immobile, on trouve sur la plaque, au développement, un cercle d’épaisseur et d’intensité constante. Lorsqu’une secousse parvient à l’appareil, la surface du mercure se ride, et l’image s’élargit en une large pénombre, comme le montre la figure 852. Dans des expériences faites au Creusot, la secousse produite par le marteau pilon de 100 tonnes a pu être observée jusqu’à 1050 mètres.
- SOLÉNOIDE ÉLECTRO-MAGNÉTIQUE. — On
- appelle solénoïde ou cylindre électro-magné-hque un système de courants circulaires égaux, parallèles et équidistants. Chacun de ces courants peut être remplacé par le feuillet de nrème contour (Voy.- Feuillet et Électro-dyna-MiQüe), et par suite le système équivaut à un cylindre aimanté uniformément, ayant sur ses deux bases une densité magnétique ni, et ayant pour moment nIS, I étant l’intensité du c°urant et n le nombre des cercles par unité de
- langueur.
- Pour réaliser un solénoïde, on enroule un fil en spirale sur un cylindre. D’après le principe des courants sinueux, chaque spire équivaut à
- Fig. 853. — Solénoïdes.
- un courant ayant les mêmes extrémités, par exemple un cercle et une partie rectiligne. On annule l’action des parties rectilignes en recourbant le fil aux deux bouts et le faisant re-
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- SON ÉLECTROLYTIQUE. — SONNERIE ÉLECTRIQUE.
- venir sur lui-même parallèlement à l’axe du système (fig. 853).
- Un solénoïde ainsi constitué se comporte comme un véritable aimant. Ainsi le solénoïde mobile, placé sur le support de la figure 274, s’oriente suivant le méridien magnétique, de sorte que le courant ait le pôle nord à sa gauche. Si l’on remplace le multiplicateur M par le solénoïde fixe, on voit que les pôles de nom contraire s’attirent et que les pôles de même nom se repoussent. Il en est encore de même si l’on fait agir un aimant sur le solénoïde mobile ou le solénoïde fixe sur une aiguille aimantée. L’appareil a donc bien toutes les propriétés d’un aimant.
- Il y a cependant une différence essentielle : les pôles d’un solénoïde sont exactement sur les faces terminales, tandis que ceux d’un aimant sont à une certaine distance des extrémités.
- On donne encore le nom de solénoïde à un système formé par des courants infiniment petits, ayant même surface et même intensité, et placés à des distances égales et infiniment petites, sur une courbe de forme quelconque, appelée directrice (Voy. Filet so-lénoïdal).
- SON ÉLECTROLYTIQUE. — Sorte de bourdonnement qui accompagne l’électrolyse de certains liquides, lorsqu’on emploie des électrodes de mercure. La précipitation de certains métaux, et notamment de l’antimoine, donne un son analogue.
- SON (LIRE AU). —- Comprendre une dépêche Morse sans lire les caractères tracés sur le papier, en entendant seulement le son produit par le fonctionnement du récepteur. Dans certains pays, on n’emploie que des récepteurs simplifiés, appelés sounders, et on lit les dépêches au son, sans les imprimer. (Voy. Télégraphie MILITAIRE.)
- SONDE ÉLECTRIQUE ET MICROTÉLÉPHONIQUE. - Voy. Explorateur.
- SONDE MARINE. — Appareil électrique destiné à remplacer le plomb de sonde. La sonde de M. Irish est formée d’un cylindre vertical, contenant du mercure, et porté par une corde renfermant un double conducteur souple. Les deux extrémités des fils viennent se terminer dans la boîte cylindrique. Le circuit contient une pile et une sonnerie. Tant que la sonde descend, le mercure ne mouille pas les fils, le circuit est ouvert. Lorsqu’elle touche le fond, le cylindre s’incline, le mercure ferme le circuit, et la sonnerie tinte. Une aiguille, mobile sur un cadran, indique la longueur de
- corde déroulée. M. de la Croix a imaginé un autre appareil analogue.
- SONNERIE ÉLECTRIQUE. — Sonnerie actionnée par un courant électrique. Ce courant peut être fourni par une pile on par une petite machine magnéto-électrique ; il y en a même qui empruntent l’énergie nécessaire aux courants induits engendrés par le fonctionnement du bouton d’appel.
- Sonneries pour les usages domestiques.
- Avantages des sonneries électriques. —Les sonneries forment certainement l’application domestique la plus répandue aujourd’hui de l’électricité; c’est en effet la plus simple à installer, la moins coûteuse et celle qui donne jusqu’à présent les meilleurs résultats. Les sonneries électriques sont à tous les points de vue préférables aux anciens systèmes à tirage, que leur installation difficile et leur entretien dispendieux tendent à faire abandonner de plus en plus. Avec les sonneries électriques au contraire, aucun ennui de ce genre : avec un peu de soin, chacun peut les installer soi-même, quel que soit le nombre des détours que doivent faire les conducteurs; l’entretien est insignifiant et, une fois posées, rien n’entrave leur fonctionnement.
- Sonneries trembleuses. — Les sonneries électriques se composent d’ordinaire d’un électroaimant E en fer à cheval (fig. 854) et d’une ar-
- Fig. 854. — Sonnerie trembleuse, forme pendante.
- mature de fer doux a, dont la tige fait ressort et la maintient écartée de l’électro et en contac avec un ressort C. Le courant qui arrive Pa^ la borne m traverse l’électro-aimant, 1 arma
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- tare, et retourne à la pile par le ressort C et la borne n. Mais le fer doux de l’électro attire immédiatement l’armature, ce qui interrompt le circuit au contact du ressort ; le courant cessant de passer, l’armature revientàsa première
- Fig. 835. — Sonnerie trernbieuse sur plaque de métal.
- position et rétablit le contact avec C. L’armature continuera donc à osciller ainsi entre le ressort et l’électro, aussi longtemps qu’on enverra le courant dans l’appareil, et. chaque fois qu’elle s’approchera de l’électro-aimant, le marteau P viendra frapper le timbre T.
- La figure 8oo montre un modèle un peu différent. Le ressort que nous avons appelé C est fixé
- Fig. 856. — Sonnerie losange.
- à l’armature, et vient toucher la pointe d’une vis placée latéralement et qui communique
- Fig. 857. — Sonnerie ronde, système de Redon.
- j^eC le ^ retour. C’est entre le ressort et j tion chaque fois que l’armature s’approche pointe de la vis que se produit l’interrup- | de l’électro. La vis doit être enfoncée jusqu’à
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- ce qu’elle appuie suffisamment sur le ressort.
- Dans les modèles soignés, on a coutume de monter aujourd’hui tous les organes sur une même plaque de métal, et la vis est maintenue fortement serrée par un contre-écrou ; de cette manière les différents organes ne peuvent se déplacer et l’appareil est à peu près indéréglable. C’est la disposition que représente la figure précédente. La sonnerie se pend au mur à l’aide de deux clous à crochet, et une boîte de bois recouvre le mécanisme, à l’exception du timbre et du marteau, pour le préserver de la poussière. Le timbre peut prendre des dimensions et des formes très variées pour permettre de distinguer les appels de plusieurs sonneries voisines. Il peut avoir la forme d’une clochette ou d’un grelot; le bronze peut aussi être remplacé par du bois de gaïac, qui donne un son mat très distinct, mais beaucoup moins bruyant, ou même par du cristal.
- Sonnerie losange. — On a cherché à donner aux sonneries un certain nombre de formes plus commodes ou plus gracieuses que la précédente. Le principe est toujours le même, mais la disposition des organes varie avec la forme.
- Telle est la sonnerie losange (fig. 856), construite par MM. Woodhouse et Rawson. Un losange d’ardoise, qui se fixe au mur par deux vis, porte en haut un électro-aimant droit, et en bas le timbre. L’armature, fixée au sommet de l’électro-aimant, est attirée par le pôle infé-îieur; l’interruption se produit au contact d’une vis qu’on voit à gauche de l’armature.
- Sonnerie ronde. — La sonnerie de forme ronde, imaginée par M. de Redon (fig. 857), a l’avantage de fonctionner également bien dans toutes les positions. L’électro-aimant est fixé à plat sur le socle; l’armature, que l’on voit en avant, oscille autour de son bord inférieur; elle porte une tige recourbée en demi-cercle et munie d’un marteau qui frappe sur le timbre. Celui-ci recouvre complètement tous les organes. Une petite colonne porte la vis qui produit les interruptions.
- Sonnerie ovoïde. — M. L. Borel a exposé en 1889 des sonneries d’une forme nouvelle et très élégante (fig. 858). Le timbre, de forme arrondie, recouvre la partie supérieure ; une calotte métallique maintenue par un écrou achève d’envelopper les organes.
- La disposition intérieure présente quelques modifications : le marteau est distinct de l’armature, dont il se sépare à chaque attraction pour frapper un coup; il sert en même temps
- à interrompre le circuit, et la force de l’électro-aimant est utilisée d’une manière plus complète la rupture ayant lieu seulement quand l’armature a touché les noyaux. L’ armature, une fois réglée, fonctionne également bien avec des courants d’intensité double ou triple. Le marteau
- Fig. 858. — Sonneries ovoïdes.
- n’a pas de vibration latérale; à cause de son
- indépendance, il a un mouvement parfaitement
- isochrone, et plusieurs sonneries, mises en dérivation dans le même circuit, vibrent synchroniquement. L’appareil se suspend à une volute en fer, directement ou par l’intermédiaire d’un conducteur souple. Les fils qui amènent le courant suivent le contour intérieur de la volute.
- Cloches électriques. — Plusieurs inventeurs, notamment M. Jensen, ont remplacé le timbre par une cloche, qui protège les organes intérieurs, de sorte qu’on peut les placer au grand air, et qui a l’avantage de donner un son pluâ
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- musical. L’électro-aimant est fixé verticale-
- Fig. 839. — Cloche électrique, système Jensen.
- ment à l’intérieur delà cloche (fig. 859) et reçoit le courant par les points d’attache de celle-
- ci. Les pôles de l’électro, placés à la partie inférieure, forment une petite saillie vers la droite, et attirent l’armature, qu’on voit du même côté ; cette armature peut tourner autour d’un axe horizontal, placé à la partie supérieure de la cloche, et elle entraîne le marteau, situé de l’autre côté de l’électro-aimant. L’inspection de la figure permet de comprendre le fonctionnement, qui est le même que dans les sonneries.
- Dans d’autres modèles, les pôles se terminent en biseau et l’armature est disposée au-dessous dans une position inclinée, de sorte que le marteau vienne frapper le bord de la cloche lorsque cette armature oscille autour de son arête horizontale. Les cloches se placent d’ordinaire à l’extrémité d’une potence, qui sert en même temps à établir les communications.
- Trompette et sirène Zigang. — La trompette Zigang, destinée à remplacer les sonneries d’appartement, se rapproche beaucoup des appareils classiques connus sous le nom de sirène de Froment. Le marteau et le timbre sont supprimés et le son est produit par la vibration de l’armature. Un électro-aimant boiteux est disposé dans un tube de laiton (fig. 860), parallèlement à l’axe; en regard de ses extrémités, qui sont tournées vers l'ouverture, se trouve une plaque vibrante sur laquelle est fixée une petite lame de fer doux. Une vis, terminée par une pointe de platine, vient toucher cette lame, et le courant qui a traversé l’électro passe par la plaque vibrante et par la vis pour retourner à la pile. Cette disposition ressemble
- Fig. 860._— Trompette et sirène Zigang.
- donc beaucoup à celle d’une sonnerie : les in-terruptions se produisent de même au conlact
- de la vis et de la plaque. On peut faire varier le son entre certaines limites en enfonçant plus
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- ou moins la vis de réglage. Le tube de laiton sert à protéger les organes intérieurs et aussi à renforcer le son. Cet appareil a l'avantage de fonctionner dans toutes les positions; on peut l’employer concurremment avec une sonnerie : les deux sons se distingueront facilement sans qu’il soit nécessaire d’avoir recours à un tableau indicateur. Le second modèle renferme un appareil semblable, mais plus puissant, auquel l’auteur a donné le nom de sirène : il sert à produire des signaux sonores très intenses et s’applique aux grandes usines, chantiers, gares de marchandises, bateaux, tramways, etc. Il exige 8 éléments Leclanché, tandis que le premier fonctionne facilement avec deux, comme une sonnerie ordinaire.
- Tableaux indicateurs. — Dans les grands appartements, les hôtels, etc., il serait impossible de distinguer les sons de diverses sonneries et de reconnaître d’où viennent les appels. On fait alors usage de tableaux indicateurs (Voy. ce mot).
- Boutons d’appel. — Pour lancer le courant dans une sonnerie, on emploie généralement des interrupteurs particuliers. Le plus simple
- et le plus employé est certainement le bouton d’appel (fîg. 861). Sur un disque de bois sont fixés deux ressorts recourbés, dont les extrémités libres viennent aboutir l’une au-dessus de l’autre. On dénude soigneusement les bouts des deux conducteurs qui viennent l’un de la pile l’autre de la sonnerie ; on les fait passer par un petit trou pratiqué dans le disque de bois, et on les serre sous les vis qui retiennent les deux ressorts : l’appareil est alors fixé au mur à l’aide de deux vis, et l’on recouvre le tout d’un couvercle de bois tourné, au centre duquel on a placé un bouton d’ivoire. En appuyant le doigt sur ce bouton, on amène au contact les extrémités des deux ressorts et le circuit est fermé. Lorsqu’on cesse d’appuyer, l’élasticité du ressort antérieur ramène le bouton à sa position première et rompt le contact : la sonne-
- Fig. 861. — Bouton d’appel.
- Fig. 862. — Poire à plusieurs contacts.
- rie cesse de se faire entendre. Nous avons décrit plus haut des boutons du même genre qui servent en même temps d'avertisseurs d'in-cenclie (Voy. ce mot).
- L’interrupteur précédent convient seulement lorsqu’on doit le fixer sur un mur : il a alors l’avantage d’être peu coûteux, facile à poser et à dissimuler si on le désire. Mais il y a bien des cas où il est préférable d’avoir à portée de sa main un cordon plus ou moins analogue à celui des anciennes sonnettes : ainsi au-dessus d’une table de travail, dans une salle à manger ou dans une chambre à coucher. On fait souvent alors usage d’une poire en bois dont la disposition intérieure est la même que celle du
- bouton précédent. Vers l’extrémité inférieure, la poire est coupée perpendiculairement a son axe, et sa coupe présente l’aspect de la figure 861 : elle porte deux ressorts semblables, qu’on peut amener au contact de la même manière, en pressant un bouton situé au bas de l’appareil. Les conducteurs pénètrent à la partie supérieure de la poire et arrivent jusqu aux ressorts au moyen d’un trou pratiqué suivant l’axe.
- Ces conducteurs sont ordinairement souple et réunis en un seul cordon, qu’on peut fixei au plafond par une rosace en bois, ou prolonger jusqu’au mur, ou il se relie avec les fils °r naires.
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- Dans les bureaux, on peut faire usage de poires plus grosses, autour desquelles sont disposés plusieurs boutons identiques, mais qui correspondent à des circuits différents (fig. 862).
- Fi0'. 863. — Contacts multiples pour bureaux (Mildé).
- Le câble souple doit contenir le nombre de fils nécessaire : cette disposition permet de faire, à l’aide d’un seul appareil, des appels dans plusieurs directions.
- Fig. 804. — Tirages pour cordons (Grivolas). Fig.
- On peut encore réunir plusieurs boutons sur une même planchette ou faire usage de touches analogues à celles d’un piano (fig. 863) et qui agissent comme les appareils précédents.
- Tirages et pédales. — D’autres interrupteurs présentent une disposition extérieure tout à fait semblable à celle des anciennes sonnettes; au lieu d’appujer sur un bouton, on tire un cordon. Les conducteurs peuvent ainsi se dissimuler plus facilement, puisqu’il suffît de les disposer au niveau du plafond, sans les faire descendre jusqu’à la portée de la main. La figure 864 montre deux de ces appareils. Dans le premier, on voit deux ressorts verticaux qui se relèvent à la partie inférieure et communiquent par le haut avec les deux conducteurs; entre ces ressorts est disposée une tige qui peut glisser verticalement et porte une traverse métallique horizontale. Lorsqu’on tire le cordon suspendu à cette tige, elle descend jusqu’à
- 865. — Pédales pour bureaux et salles à manger (Grivolas).
- ce que la traverse vienne toucher les deux ressorts latéraux et fermer le circuit; si l’on cesse de tirer, un ressort à boudin fait remonter la tige jusqu’à sa position première, et le contact est rompu.
- Dans le second modèle, la tige mobile, au lieu de se mouvoir en ligne droite, tourne autour d’un point fixe ; en tirant le cordon placé a gauche, on fait remonter le côté droit de cette tige, qui vient toucher les deux ressorts reliés à la pile et à la sonnerie et établir le contact ; un ressort à barillet ramène la tige à sa position d’équilibre lorsqu’on cesse d’agir Sur le cordon. Ces deux modèles et surtout le dernier sont très faciles à dissimuler en enrou-ant en forme de boucle ou de nœud la partie supérieure du cordon.
- emploie encore dans les bureaux et les "aDes à manger des pédales (fig. 865) que l’on achonne avec le pied. L’appareil porte à sa Partie inférieure deux ressorts semblables à Ceuxdesboutons ordinaires (fig. 861)et qui sont Dictionnaire d’électricité.
- en communication avec les deux conducteurs. En appuyant sur la tige, on amène ces deux ressorts au contact et l’on ferme le circuit. Un ressort à boudin relève la tige quand on cesse d’appuyer le pied. Dans le second modèle, on agit sur la tige par l’intermédiaire d’une pédale inclinée à charnière, qui peut se rabattre et se dissimuler dans le plancher quand on ne veut pas s’en servir. Les pédales ont l’avantage de n’être pas apparentes, mais elles exigent qu’on fasse passer les conducteurs sous le parquet, ce qui est fort incommode.
- Contacts pour portes extérieures. — Aux portes des appartements, on se contente souvent des boutons usités à l’intérieur; mais il est souvent préférable, surtout pour les portes extérieures, d’employer des appareils plus solides. On se sert alors de deux sortes de contacts qu’on actionne, les uns en tirant comme une sonnette, les autres en poussant comme un bouton ordinaire. Dans les deux cas, le contact s’obtient de la même façon : les extrémités des conduc-
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- teurs sont repliées de manière qu’ils se rapprochent en un point ; le bouton forme l’extrémité d’une tige qui se termine à l’autre bout par un tronc de cône en métal. En tirant ou en poussant le bouton, on amène ce tronc de cône à
- Fig. 866. — Bouton pour porte extérieure.
- toucher les conducteurs au point où ils sont rapprochés et dénudés, et le circuit se trouve fermé ; un ressort ramène le bouton à sa position d’équilibre. La figure 866 représente un bouton de ce genre sur lequel on agit par tirage.
- Contacts de sûreté. — Il nous faut encore indiquer d’autres interrupteurs qui ont pour but d’actionner une sonnerie automatiquement chaque fois qu’on ouvre ou qu’on ferme une porte ou une croisée. Ils servent souvent à annoncer l’entrée d’un visiteur dans les magasins ou les bureaux; ils peuvent s’appliquer si on le veut, à un meuble ou à un coffre-fort et avertir son propriétaire des tentatives d’effraction. Parmi ces contacts, il y en a qui font tinter la sonnerie aussi longtemps que la porte reste ouverte; d’autres, au contraire, ne produisent qu’un son très court à l’ouverture et à la fermeture ; d’autres ne font sonner que pour l’ouverture seule.
- Les contacts de feuillure (fig. 867) appartiennent au premier groupe : ils se composent d’une petite équerre de cuivre et d’un ressort de même substance, communiquant avec les deux
- pôles de la pile, et disposés sur un petit morceau de bois qu’on fixe au-dessus de la porte ou dans la charnière verticale, de sorte que l’équerre reste en dehors de la feuillure. Le ressort au contraire se trouve aplati tant que la porte est fermée, et par suite le circuit est interrompu; mais ce ressort se redresse dès que la porte s’ouvre et, venant au contact de l’équerre, ferme le circuit; la sonnerie se fait donc entendre jusqu’à ce qu’en refermant la porte on aplatisse de nouveau le petit ressort. Si le tintement continu est parfois gênant, on dispose en un point du circuit un commutateur à l’aide duquel on interrompt le courant à volonté.
- Pour obtenir un appel à l’ouverture et à la fermeture de la porte, on peut fixer au-dessus
- le second appareil de la figure 867 : il est forme de deux ressorts placés à une petite distance l’un au-dessus de l’autre et reliés aux deux pôles. En s’ouvrant et en se refermant, U porte soulève un petit galet qui pousse à son tour le ressort inférieur et lui fait touchei l’autre : dans les deux cas, le circuit se trouve donc fermé pendant un instant seulement.
- L’appareil représenté figure 868 produit le même effet au moyen de deux pièces nickelees, fixées transversalement au-dessus de la porte, et d’une autre pièce métallique fixée à la porte elle-même. Pendant l’ouverture et la fermeture, cette pièce frotte un instant contre les deux autres et ferme le circuit. Le frottement des pièces métalliques a l’avantage de les entretenir parfaitement propres. Plus robuste que le Pre
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- cèdent, ce contact convient surtout aux grandes portes.
- Enfin, pour actionner la sonnerie seulement au moment de l’ouverture, on emploie ordinairement un contact pied de biche (fig. 869). Les
- Fig. 869. — Contact pied de biche (Grivolas).
- conducteurs aboutissent, l’un à un ressort, l’autre à une monture métallique portant à son extrémité une pièce recourbée qui peut basculer autour d’un axe horizontal : le tout est fixé sur une petite planchette, qu’on dispose au-dessus de la porte. Quand on ouvre la porte, elle pousse le bas de la pièce mobile dont la partie supérieure, s’inclinant en sens inverse, vient toucher le ressort et fermer le circuit. Il n’en est plus de même en refermant, car la porte pousse le pied de biche en sens contraire, et sa partie supérieure s’éloigne du ressort au lieu de s’en rapprocher.
- Installation des sonneries domestiques. —
- Une installation de sonneries comprend quatre parties : la sonnerie, l’interrupteur ou bouton d’appel, la pile et la ligne. Nous avons décrit les deux premières. Pour la pile, on emploie généralement des éléments Leclanché. Deux éléments en série suffisent pour une seule sonnerie, lorsque le circuit ne dépasse pas 50 mètres. Au delà de cette limite, on ajoute un élément par 25 mètres. 11 vaut mieux mettre plutôt un élément en excès, surtout si deux sonneries doivent fonctionner ensemble. Il faut placer ces piles dans un endroit dont la température ne soit jamais très élevée. Les sonneries d’appartement doivent du reste, contrairement à ce qui a lieu pour les lignes télégraphiques, être peu résistantes, comme le cirait lui-même.
- La ligne est constituée généralement par du
- dl de cuivre de de millimètre, recouvert de 1U
- gutta et de coton.
- Aux points de raccordement des fils, on doit ^.°lr soin que le contact soit parfaitement éta-• on dénude les deux fils sur une longueur
- bli de 12
- pier"' a ^ ^i^nrotres, on les frotte avec du pa-j enieri, pour les bien décaper et enlever les rrtièies traces de gutta, et on les tord ensem-
- ble à la main ou avec une pince, de manière à les mettre en contact par toute la partie découverte. On recouvre ensuite le joint avec une feuille très mince de gutta, qui se soude facilement au contact des doigts et protège le cuivre* contre l’action oxydante de l’air. On peut même recouvrir ensuite le joint de coton, mais c’est généralement inutile. Si deux fils cheminent ensemble, ce qui a lieu le plus souvent, il faut éviter de faire deux joints à la même place, parce que si les fils venaient à se découvrir et à se toucher, le circuit se trouverait fermé et la pile s’userait inutilement.
- Pour soutenir les conducteurs, on recommande souvent l’emploi d’isolateurs en os; cette précaution nous paraît inutile à l’intérieur des appartements. Lorsque la ligne est exposée à l’air, on la dispose comme une ligne de télégraphe ou de téléphone.
- La disposition des sonneries et des boutons d’appel varie à l’infini suivant les effets qu’on veut obtenir. Pour éviter toute erreur dans l’agencement des fils, on a adopté la règle suivante : on relie par un fil le pôle négatif à toutes les sonneries, par un autre fil le pôle positif à tous les bontons, puis on fait partir de chaque appel un fil se rendant à toutes les sonneries qu’il doit actionner. Voici quelques exemples.
- Le cas le plus simple est celui d’une sonnerie commandée par un bouton unique, ou même par plusieurs boutons. Les deux premiers dessins de la figure 870 montrent qu’il suffit d’appliquer la règle précédente, et qu’en appuyant sur un bouton on ferme toujours un circuit comprenant la pile et la sonnerie. Dans cette figure, on a supposé la pile renfermée dans une boîte qu’on voit à droite.
- On peut aussi utiliser une même pile pour desservir plusieurs circuits comprenant chacun une ou plusieurs sonneries ou même d’autres appareils électriques, par exemple des allu-moirs ou des lampes à incandescence pour un éclairage intermittent. Du pôle positif partent alors autant de circuits distincts allant aux boutons, puis aux sonneries, et revenant à la pile. Cette disposition est celle que l’on utiliserait dans une maison à plusieurs étages, les piles étant placées dans la cave et chaque appartement ayant une série de boutons et une sonnerie. En la combinant avec les autres, il est facile d’obtenir les indications correspondant au cas où la distribution de chaque appartement comprendrait un plus grand nombre d’appareils.
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- Pose de deux sonneries permettant de répondre. — Le troisième dessin de la figure 870 montre l'installation de deux sonneries pouvant s’appeler et se répondre mutuellement. De la pile partent deux circuits comprenant chacun un bouton et une sonnerie; une partie du fil est commune aux deux circuits. Dans l’un, le courant va de la pile au bouton, puis à la sonnerie ; dans l’autre le courant suit l’ordre inverse.
- Pose d’une sonnerie donnant à volonté un tintement ou un seul coup. — On préfère dans cer-
- 10 Pose d’une sonnerie et d'un bouton.
- tains cas remplacer le tintement prolongé de la sonnerie ordinaire par un coup unique. Il est facile d’obtenir ce résultat : il suffit que les deux extrémités de l’électro-aimant soient reliées aux deux pôles de la pile, sans que le courant traverse l’armature ni le ressort C ou la vis. On peut même transformer une sonnerie ordinaire en sonnerie à un seul coup en reliant directement par un fil la borne n au point d’attache de l’armature a (fig. 854) ; si la sonnerie est montée sur plaque de métal, il n’y a qu’à
- 2° Pose d’une sonnerie et de trois boulons sonnant sur cette même sonnerie.
- Pose de deux sonneries se répondant.
- tFig. 870. — Installations diverses de sonneries. Fig. 871. — Sonnerie à trois bornes, donnant
- à volonté un seul coup ou un tintement.
- attacher un fil à la borne de droite (fig. 855) et à la plaque de métal, par exemple en le serrant sous la vis qu’on voit à la partie supérieure de cette plaque. Enfin, si l’on relie la plaque métallique, non plus à l’une des deux bornes primitives, mais à une troisième qu’on peut fixer facilement soi-même sur la planchette (fig. 871), la sonnerie conserve la faculté de produire à volonté le tintement ordinaire ou un seul coup.
- Si l’on ne veut employer ïa sonnerie qu’à frapper un seul coup, les communications s’établissent comme pour une sonnerie ordinaire,
- en laissant de côté la borne de droite (fig- 871)» l’on veut produire à volonté l’un ou l’autre des deux effets, il faut relier la borne de gauche au pôle négatif d’une manière permanente ; d’autre part on fait aboutir comme d’ordinaire le 1 positif aux deux boutons. Enfin on joint le bou ton 1, qui doit produire un seul coup, à la borne du milieu, et l’autre à la borne de droite. Lin® pection de la figure suffit à montrer qu on o tient ainsi à volonté l’un ou l’autre des deux effets. ’
- Pose d’une sonnerie continue. — 0n Peut a
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- contraire obtenir par une légère modification qUe la sonnerie se fasse entendre d’une façon continue, lors même qu’on a cessé d’appuyer sur le bouton d’appel, jusqu’à ce que l’on agisse sur un commutateur pour arrêter le tintement. Pour cela, on se sert d’une sonnerie à trois bornes, disposée comme nous venons de l’indiquer, mais en ayant soin que le ressort ne touche pas au repos la pointe de la vis. Les fils doivent alors être disposés comme dans le cas précédent, le bouton 2 seulement étant supprimé et remplacé par un interrupteur.
- Lorsqu’on presse sur le bouton, on ferme le premier circuit : l’armature attirée par l’électro-aimant reste collée, et le marteau frappe une seule fois le timbre. Dès qu’on abandonne le bouton, le circuit est rompu, et l’armature s’éloigne de l’électro; mais, en vertu de la vitesse acquise, elle dépasse sa position d’équilibre et vient toucher la pointe de la vis, de manière à fermer le second circuit. Elle est alors attirée de nouveau par l’électro et, à partir de ce moment, elle continue à osciller comme une sonnerie ordinaire, qui serait reliée d’une façon permanente aux deux pôles d’une pile, sans l’intermédiaire d’aucun bouton ou interrupteur. 11 faut, pour la ramener au silence, interrompre un instant le second circuit : l’armature cesse de vibrer et reprend sa position d’équilibre : on referme aussitôt l’interrupteur, afin que l’appareil soit prêt à fonctionner lorsqu’on appuiera de nouveau sur le bouton.
- Le même effet pourra être obtenu, au moyen d’une sonnerie dont le marteau serait mis en mouvement par un mécanisme d’horlogerie, le courant servant uniquement à produire le déclenchement, mais cette disposition serait beaucoup plus coûteuse.
- Sonneries pour télégraphes et téléphones.
- Tous les postes télégraphiques renferment une sonnerie, destinée à appeler l’attention des employés lorsqu’un autre poste demande à cor-Tespondre. Dans les téléphones, les sonneries servent de même à avertir le bureau central qu’un abonné demande la communication, ou que la communication entre deux abonnés est terminée. Le poste central s’en sert aussi pour ufiaquer les abonnés.
- L’Administration des postes et télégraphes emploie ordinairement la sonnerie trembleuse, ^te cubique (fig. 872), dans laquelle on retrouve es mêmes organes que dans la forme pendante, écrite plus haut.
- L électro-aimant E communique d’une part
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- avec la borne C, de l’autre avec l’armature A ; le ressort R est relié à la borne Z ; l’interruption se fait entre A et R.
- Les sonneries des télégraphes et des téléphones sont généralement à grande résistance.
- Dans la sonnerie à rouage, le marteau est commandé par un mouvement d’horlogerie. Le courant de la ligne passe dans un électro-
- Fig. 872. — Sonnerie trembleuse, dite cubique.
- aimant, dont l’armature est attirée et déclenche le mécanisme. Le marteau frappe un certain nombre de coups, et le rouage est ensuite réenclenché par l’un des mobiles; le système reste immobile jusqu’à ce qu’un nouvel appel se produise. En même temps qu’il agit sur le marteau, le mécanisme fait décrire un quart de tour à un disque portant le mot « Répondez >>, qui vient apparaître devant un guichet. En cas d’absence, l’employé est ainsi averti à son retour que le poste a été attaqué.
- Il ramène alors le voyant à sa position première en tournant une petite clef. La sonnerie à rouage ne sert que pour une direction; elle est peu employée.
- Les sonneries à relais sont formées d’un relais et d’une sonnerie trembleuse. Le courant de ligne traverse le relais, dont l’électro-aimant attire son armature. Celle-ci déclenche un levier qui fait apparaître un voyant et ferme en même temps un circuit local contenant la sonnerie ; celle-ci tinte jusqu’à ce qu’on relève le voyant. Il existe plusieurs modèles de sonneries à relais.
- La sonnerie Faure se construit pour une ou deux directions. Dans le premier cas, le relais
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- est formé d’un électro-aimant horizontal, dont l’armature est verticale et se termine par un crocheta la partie supérieure. Ce crochet maintient horizontal un levier pouvant tourner autour de son autre extrémité. Quand le courant passe, le levier bascule et vient fermer le circuit local en touchant un contact métallique. Pour arrêter le tintement, on appuie sur un bouton qui redresse le levier.
- Dans le modèle à deux directions ('fîg. 873), qui est le plus répandu, il y a deux relais identiques EE communiquant chacun avec une des
- deux lignes et actionnant la même sonnerie-chacune des armatures A est mobile autour d’un axe horizontal, et se termine par une tige t sur le sommet de laquelle s’appuie un buttoir t appartenant à un levier horizontal mobile autour de l’axe o. Lorsque l’armature A est attirée, la tige t s’écarte et abandonne le levier horizontal, qui vient tomber sur une goupille g et ferme le circuit local de la sonnerie. Chaque levier mobile porte un petit voyant D, qui se présente derrière un guichet lorsque le levier est déclenché, et fait connaître quelle est la ligne
- Fig. 873. — Sonnerie Faure à deux directions.
- qui a attaqué. Un seul bouton ô sert à réenclencher les deux leviers en appuyant sur l’extrémité opposée à D.
- Pour les postes de moyenne et de petite importance, la Compagnie des chemins de fer de l’Est emploie des sonneries à relais qui peuvent donner deux effets différents, au moyen d’un commutateur placé dans le socle. L’armature se termine par un crochet qui maintient le voyant (fîg. 874). Dans les petits postes, le voyant, en tombant, vient butter contre la pointe d’une vis et ferme le circuit local sur la sonnerie. C’est ce que montre la première partie de la fignre. Le tintement continue jusqu’à ce qu’on relève le voyant. Les agents qui desser-
- vent ces postes étant parfois obligés de s’éloigner, on comprend que le tintement continu offre plus de chances de rappel au bureau. Dans les postes de moyenne importance, dont les employés ne s’absentent jamais, on fait entrer dans le circuit local, à l’aide du commutateur, l’armature et le noyau du relais, de sorte que ce circuit se ferme seulement lorsque l’armature vient au contact du noyau. La sonnerie tinte donc seulement pendant que l’employé du poste qlU attaque appuie sur son manipulateur. Ces appels intermittents suffisent dans ce cas.
- Sous le nom de sonneries d'urgence, la Compagnie du Nord emploie des sonneries dont le relais est remplacé par un rappel par inversion
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- je courant. Ce rappel est formé par un électro-aimant boiteux N, dont l’armature M, qui est. polarisée, se termine par un crochet servant à retenir le voyant R, peint en rouge.
- En temps normal, cette armature reste collée au noyau de F électro-aimant. Si celui-ci reçoit nn courant positif, l’attraction est augmentée, et la palette ne bouge pas. S’il est traversé par
- un courant négatif, l’attraction se change en répulsion; l’armature se soulève et abandonne le voyant qui, en tombant, ferme le circuit local de la sonnerie. Cette sonnerie est placée sur le fil qui relie à la terre les récepteurs et les sonneries ordinaires du poste. Pour les communications ordinaires, on se sert de courants positifs, et la sonnerie d’urgence ne tinte pas. En
- Fig. 874. — Sonnerie du chemin de fer de l’Est.
- Fig. 875. — Sonnerie d’urgence du chemin de fer du Nord.
- cas d’urgence, l’expéditeur renverse le courant par un commutateur, et l’employé est averti par U sonnerie d’alarme qu’il doit répondre toute affaire cessante.
- Sonneries pour l’exploitation des chemins de fer.
- Outre les communications télégraphiques et téléphoniques, les Compagnies de chemins de ter utilisent encore les sonneries pour un grand Nombre de services relatifs à l’exploitation. Les Modèles qui précèdent, et notamment les songeries trembleuses, sont employés à cet usage. ^°us avons déjà cité un certain nombre d’appli-cations aux articles Avertisseur, Block-system,
- Controleur, etc., notamment les sonneries de contrôle des disques.
- Les sonneries de disques sont souvent placées au dehors; elles sont munies alors d’un paratonnerre, pour éviter les effets de la foudre.
- Nous indiquerons encore les sonnettes d’essai pour piles, qui servent à vérifier rapidement l’état d’une pile. Ce sont des sonneries réglées pour fonctionner avec un seul élément en bon état, mais qui ne tintent plus lorsque l’élément a perdu une partie notable de sa force. Pour procéder à un essai, on touche successivement avec les deux fils de la sonnerie les deux pôles de chaque couple de la pile. Le modèle de
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- M. Postel-Vinay est formé d’une sonnerie sans timbre, renfermée dans un étui en cuivre de 7 centim. de longueur; le marteau frappe sur l’étui. Celui de M. Desruelles est muni d’une aiguille aimantée, qui indique si le courant passe.
- Sonneries magnéto-électriques.
- Ce sont des sonneries actionnées par une petite machine magnéto-électrique. Elles sont
- surtout employées en téléphonie, pour éviter l’emploi des piles, lorsque l’on fait usage des téléphones magnétiques; elles ont l’avantage de supprimer l’entretien des piles. Ces sonneries ont reçu en Amérique le nom de magneto-call.
- Dans certains modèles, le transmetteur est une petite machine magnéto-électrique du genre Siemens, formée d’une bobine qui tourne entre les pôles de trois aimants parallèles. Il suffit de faire faire quelques tours à la mani-
- Fig. 877. — Sonnerie Abdank (récepteur).
- velle pour lancer dans le récepteur des courants alternatifs, qui le font tinter. Ce récepteur est formé en général d’un électro-aimant vertical suspendu par un ressort entre les pôles d’un aimant en U. Quand l’appareil reçoit des courants alternatifs, l’électro-aimant oscille entre les deux pôles, et le marteau, fixé à son extré-
- nité inférieure, frappe sur un timbre, ou sur leux timbres placés de part et d’autre. Nous igurerons à l’article Téléphone des postes téléphoniques munis de ce genre de sonneries.
- M. Abdank-Abakanowicz a imaginé une son aerie magnétique plus simple. Le transmetteur fig. 876) se compose d’une bobine plate sus
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- SONOMÈTRE OU AUDIOMÈTRE. — SOUDURE ÉLECTRIQUE.
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- pendue par un ressort entre les branches d’un 0ti de deux aimants permanents. Lorsqu’on sai-sjt le bouton inférieur et qu’on l’écarte brusquement de sa position d’équilibre, la bobine continue à osciller pendant quelques instants. Ce mouvement donne naissance à des courants alternatifs, que deux fils très flexibles transmettent aux fils de ligne. L’appareil est muni d’une disposition spéciale, qui ferme le circuit seulement lorsqu’on agit sur le transmetteur.
- Le récepteur (fîg. 877) consiste d’ordinaire en une bobine reliée à la ligne et suspendue entre deux aimants fixes. Cette bobine est enroulée sur une plaque de tôle portée par un ressort et terminée par le marteau. Dès qu’elle est traversée par les courants alternatifs résultant des oscillations du récepteur, son noyau s’aimante et prend alternativement des polarités opposées. Ces changements d’aimantation lui communiquent un mouvement vibratoire, et le marteau qui la termine frappe les timbres à chaque oscillation.
- SONOMÈTRE ou AUDIOMÈTRE. — Appareil imaginé par M. Hughes pour étudier l’acuité auditive. Deux bobines fixes, placées aux deux extrémités d’une règle divisée, reçoivent le courant d’une pile, interrompu à intervalles réguliers par un microphone, surle socle duquel est placée une montre. Ces bobines sont enroulées de manière à induire des courants de sens contraire dans une troisième bobine, qui se meut le long de la règle et communique avec un téléphone. Il y a une position pour laquelle les courants se détruisent, et letéléphone est muet. C’est le zéro. L’acuité auditive se mesure par la longueur dont on peut déplacer la bobine induite avant que le sujet perçoive le son.
- Le sonomètre forme l’appareil de mesures de la balance d’induction voltaïque (Voy. ce mot) du même auteur. Il a été appliqué dans l’élec-tro-acoumètre, le schiséophone, etc.
- SOUDURE ÉLECTRIQUE. — M. E. Thomson
- M. de Benardos ont appliqué l’électricité à la soudure directe des métaux.
- Le procédé Thomson consiste à appuyer fortement l’une contre l’autre les deux pièces à souder et à y faire passer un courant très intense. Les deux pièces métalliques rougissent sous l’action du courant, se ramollissent et se soudent intimement. A l’origine, on faisait Usage de transformateurs spéciaux, dont le cir-Cuit secondaire n’offrait qu’une résistance négligeable. La disposition des appareils ayant eté modifiée depuis, nous décrirons seulement ^eüx qui figuraient à l’Exposition de 1889.
- L’auteur emploie actuellement deux méthodes : dans la méthode directe, qui sert surtout pour les petits objets, les pièces à souder reçoivent le courant même de la dynamo ; dans la méthode indirecte, qui s’applique aux travaux plus importants, les pièces sont reliées à un transformateur, qui transforme le courant de la dynamo en un courant de force électromotrice plus faible, mais de grande intensité.
- Pour la méthode directe, on emploie une dynamo bipolaire à courants alternatifs du type supérieur (fîg. 878). L’induit porte deux enroulements distincts : l’un donne les courants alternatifs destinés à la soudure; les courants de l’autre sont redressés et servent à exciter les inducteurs. Avec 2500 tours par minute, cette , dynamo donne 20 volts et 4000 à 6000 ampères. Une table à souder placée au-dessus de la dynamo porte deux mâchoires à ressort, reliées respectivement aux deux balais, et qui reçoivent les fils ou les petites tiges à souder. Pour les fils très fins, on se sert de petites mâchoires qui s’adaptent dans les grandes. Un rhéostat, placé sur le circuit inducteur, permet de faire varier l’intensité. Cette disposition permet de souder des fils dont le diamètre varie de 0,5 millimètre jusqu’à un centimètre.
- Trois autres installations servent pour la méthode indirecte. L’une comprend une dynamo auto-excitatrice à courants alternatifs et une table à souder qui en est séparée. La dynamo (fîg. 879) est à quatre pôles et peut donner 60 ampères et 300 volts à la vitesse de 1500 tours par minute. L’armature porte deux enroulements, comme dans la machine précédente : le courant destiné à l’excitation est transmis à un commutateur à quatre sections, monté sur l’arbre en avant du palier ; il est conduit par deux fils placés dans l’intérieur de l’arbre, qui est creux, et aboutissant l’un aux sections paires du commutateur, l’autre aux sections impaires.
- Les courants redressés sont recueillis par deux balais reliés aux inducteurs. Les noyaux des inducteurs sont formés par des lames de fonte et de fer alternées et séparées par du papier. Celui de l’induit est formé de lames de fer isolées par du papier. L’enroulement des inducteurs et de l’induit est calculé pour que le champ magnétique prenne très vite son intensité maxima.
- La table à souder (fig. 880) est formée d’une cage métallique renfermant un transformateur, et sur laquelle sont disposées les mâchoires à levier, dont l’une est fixe et l’autre mobile à l’aide d’une roue à main commandant un engre-
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- nage à vis sans fin. Le transformateur est composé d’un noyau creux, formé par des rondelles de fer doux serrées par des boulons ; le circuit primaire comprend plusieurs tours de fil enroulés sur ce noyau parallèlement aux génératrices, et le circuit secondaire est consti-
- tué par un tube de cuivre placé dans l’intérieur du noyau et relié aux mâchoires par deux barres de même métal.
- M. E. Thomson avait exposé encore deux autres installations, dont une était analogue à la précédente, mais plus puissante; la dynamo,
- Fig. 878. — Soudure électrique par la méthode directe.
- à six pôles et à excitation indépendante, peut donner 120 ampères et 300 volts avec 1000 tours par minute. Le transformateur donne 30 000 à 40 000 ampères avec environ 1 volt, et permet de souder des barres de fer de 23 à 50 millim. de diamètre.
- La dernière installation, destinée aussi à U méthode indirecte, comprenait une bobine de réduction, qui permet de graduer l’intensité du courant secondaire, et un commutateur auto matique destiné à rompre le circuit dès que soudure est achevée. Pour cela, un levier fixe
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- la mâchoire mobile vient butter sur la tige d’un interrupteur, lorsque cette mâchoire est arrivée au bout de sa course ; il pousse la tige et ouvre
- le circuit.
- La soudure électrique convient à de nombreuses applications. L’opération est si rapide gue la perte de chaleur est très faible. On peut même souder des fils recouverts, sans que l’en-
- duit isolant soit fondu sur plus de 1 ou 2 centimètres de chaque côté. Cette méthode s’applique aux ouvrages délicats de l’orfèvrerie comme aux travaux de grosse mécanique. Les métaux les plus divers, et même ceux qui résistent le plus aux méthodes ordinaires, fonte, laiton, bronze, maillechort, zinc, étain, plomb, aluminium, peuvent être soudés facilement. Citons,
- Fig. 879. — Dynamo pour la soudure par la méthode indirecte.
- parmi les applications, le raccordement des fils dans la construction des dynamos, celui des tubes, la fabrication de longs rubans sans fin, scies, bandages de roues, cercles de tonneaux, etc.
- Dans le procédé de Benardos, c’est la chaleur de l’arc voltaïque qui est utilisée. Les objets à souder sont placés sur une enclume électrique, table de fonte reliée au pôle négatif de la source. De pôle positif communique par un conducteur s°uple avec un crayon de charbon à lumière, dUe l’on tient à la main et qu’on promène sur es surfaces à souder. La pièce étant libre, on
- peut facilement la déplacer dans tous les sens. Il est nécessaire de protéger la figure et surtout les yeux contre les effets de l’arc électrique (Voy. Coup de soleil électrique).
- M. de Benardos emploie comme source une batterie d’accumulateurs du genre Planté, maintenue chargée par une dynamo. Cette batterie est divisée en plusieurs groupes, réunis en quantité. Un commutateur permet de prendre le nombre de groupes nécessaire, et un rhéostat à charbon sert à régler exactement l’intensité.
- Ce procédé sert à fabriquer des réservoirs métalliques, des tonneaux étanches pour le
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- SOUNDER OU PARLEUR. — SPECTRO-TÉLËGRAPH1E.
- transport des liquides dangereux. Il est employé I des soufflures et au chemin de fer du Nord pour au Creusot pour réparer les pièces présentant ! un usage analogue.
- Fig. 880. — Table à souder.
- SOUNDER OU PARLEUR.—Récepteur télégraphique dans lequel on lit la dépêche au son (Voy. Télégraphie militaire).
- SOUPAPE ÉLECTRIQUE. — Appareil imaginé par M. Gaugain pour montrer que l’électricité passe d’une électrode en partie couverte d’un enduit isolant à une électrode nue, mais non en sens inverse. Voy. aussi Holtz (Tube de).
- Dans la franklinisation, on emploie sous ce nom une pointe reliée au sol, qu’on place à une distance fixe du sujet, pour diminuer le potentiel auquel il est porté.
- SOURDINE. — Disposition employée pour atténuer le bruit produit par le vent sur les fils télégraphiques ou téléphoniques ; ce bruit est dû aux vibrations longitudinales des fils et à leur frottement sur les supports. Le plus souvent, on coupe le fil en face de l’isolateur et l’on arrête chaque bout sur un anneau en porcelaine B, au centre duquel il s’engage à travers une plaque de caoutchouc (fig. 881); un câble solide A en fil de cuivre, recouvert d ’un tube de caoutchouc, est fixé sur la gorge de l’anneau et rat-
- taché à l’isolateur voisin. Un petit fil de cuivre C, recouvert de gutta-percha et non tendu, est
- Fig. 881.
- Sourdine.
- soudé aux deux sections du fil de ligne pour établir la communication.
- SOUTIRER L’ÉLECTRICITÉ. — Faire écouler l’électricité par une ou plusieurs pointes. SPECTRE MAGNÉTIQUE. — Voy. Fantôme
- MAGNÉTIQUE.
- SPECTRO-TÉLÉGRAPHIE. — Méthode de télégraphie optique imaginée par M. La Coui (Voy. Télégraphie).
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- SPHYGMOPHONE.
- STATION CENTRALE.
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- SPHYGMOPHONE. — Appareil imaginé par je pr Boudet de Paris pour appliquer le microphone à l’étude du pouls et des bruits de la circulation. Le microphone (fig. 882) est formé de deux charbons HD. Le charbon inférieur H
- Fig. 882. — Sphygmophone.
- est fixé à l’extrémité d’un ressort E, qui se trouve en contact avec la partie supérieure d’un bouton explorateur K, réglé par l’écrou G. Le charbon supérieur D, suspendu par son centre de gravité, est appuyé sur le charbon H par un papier I plié en deux et faisant ressort. Le bouton 'C permet de régler la position des charbons. L’appareil se fixe sur le bras par un cordon.
- SPIRALE DE ROGET. — Appareil montrant les attractions des courants parallèles et de même sens.
- SPIROGRAPHE. — Appareil électrique imaginé par M. Holmgrem et servant à enregistrer les mouvements respiratoires.
- SPOT. — Image donnée sur un écran par le ïïuroir du récepteur sous-marin de Thomson.
- SPRING-JACK. — Syn. de Jacr-Knife.
- STATION CENTRALE. — Usine produisant 1 électricité et la distribuant aux abonnés pour 1 éclairage, la force motrice, etc.
- Aous avons indiqué plus haut les différentes solutions proposées jusqu’à ce jour pour realiser cette distribution (voy. ce mot). Il nous reste donc seulement à décrire sommairement lnstallation de ces stations. Nous choisirons Quelques exemples parmi les plus récents.
- La composition d’une station centrale varie
- avec les circonstances locales auxquelles on doit se plier; il est donc impossible d’indiquer des règles fixes. Remarquons cependant que l’éclairage ne peut être interrompu pour aucun motif : on doit donc toujours avoir un matériel de réserve suffisant pour parer à tous les accidents et assurer le service dans tous les cas. La consommation variant suivant les heures, il faut pouvoir régler la marche des machines suivant les besoins. Il est bon de disposer ces machines de sorte que chacune d’elles puisse alimenter l’un quelconque des circuits ou plusieurs à la fois ; on peut ainsi ne mettre en marche que le nombre de machines nécessaire, suivant l’accroissement ou le ralentissement de la consommation. Dans ce but, la station comprend, outre les dynamos et les moteurs qui les actionnent, un tableau de distribution (Yoy. ce mot) qui permet d’effectuer toutes les combinaisons possibles entre les dynamos et les circuits et qui renferme en outre les instruments de mesure nécessaires pour assurer la régularité du service.
- Les stations centrales ont été d’abord établies aux États-Unis, où elles se sont multipliés assez rapidement, le prix du gaz étant généralement très élevé. En Europe, elles ont fait leur apparition beaucoup plus tard et se sont peu répandues jusqu’à présent : on n’en trouve guère qu’en France, en Allemagne et en Italie. Elles sont très coûteuses à établir, parce qu’elles exigent un local assez vaste, qui doit être ordinairement situé dans un quartier assez central, où le terrain est cher. En outre, l’établissement de la canalisation est onéreux ; la station est généralement établie à l’origine pour un nombre de lampes plus grand que celui dont on a besoin, et les appareils ne fonclion-nent d’ordinaire que pendant un petit nombre d’heures chaque jour. Déplus l’exploitation en Europe est souvent défectueuse, les frais généraux sont exagérés, des extinctions se produi-duisent encore quelquefois. Enfin les électriciens ont le tort de rester trop exclusivement sur le terrain économique et de ne pas faire valoir suffisamment les avantages nombreux de leur système d’éclairage. Comme nous l’avons dit plus haut (Yoy. Éclairage), la lumière électrique ne peut pas actuellement se vendre au même prix que le gaz. C’est une lumière de luxe, très supérieure aux autres au point de vue de l’éclairage, de l'hygiène et du confort ; mais ces avantages doivent se payer. Il est d’ailleurs impossible de fixer le prix de revient de l’éclairage par stations centrales,
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- 718 STATIQUE (Électricité).
- car il dépend de circonstances multiples : importance de la station, étendue du réseau, système de distribution adopté, nature de la force motrice, durée moyenne de l’éclairage, cahier des charges, etc.
- Station de Saint-Étienne. — Cette station, établie à la fin de 1885, et comprenant actuellement environ 5 500 lampes à incandescence, est une application du système Edison. L’usine, placée au centre de la ville, renferme 4 chaudières genre Farcot et 4 moteurs compound, à détente, pouvant développer 70 à 75 chevaux à la pression de 6 kilogrammes. Ces machines peuvent marcher ensemble ou séparément et commandent un arbre unique qui reçoit les transmissions de 7 dynamos Edison, de 120 volts , et 375 ampères, dont une sert de rechange.
- La canalisation est à trois fils (Yoy. Montage) sous une tension de 225 à 230 volts. Les dérivations des lampes sont établies sur les conducteurs principaux ou feeders, qui partent du tableau de distribution. Il y a actuellement deux circuits de feeders disposés de façon que la différence de potentiel soit à peu près la même pour toutes les lampes.
- Le premier circuit contient en dérivation, à l’usine, un électro-aimant à grande résistance dont l’armature est maintenue par un ressort. Lorsque la différence de potentiel aux extrémités du groupe de feeders tend à s’écarter de 100 volts dans un sens ou dans l’autre, l’armature vient rencontrer l’un des deux contacts placés de chaque côté, et ferme un circuit qui renferme une sonnerie et une lampe bleue ou rouge. La sonnerie avertit le mécanicien et la couleur de la lampe lui indique dans quel sens il doit faire le réglage. L’autre circuit est muni d’un voltmètre, que le mécanicien surveille constamment. Le réglage se fait en intercalant des résistances de maille-chort entre les feeders et la machine ; on le termine en agissant sur la résistance du circuit inducteur.
- Les lampes sont du type Edison de 16 bougies. Les abonnés payent 6 centimes par lampe-heure.
- Station de Tours. — Fondée en 1886, cette station, qui comporte environ 2,000 lampes à incandescence, est une application des transformateurs Gaulard et Gibbs. Elle comprend 2 machines Weyher et Richemond d’une puissance nominale de 100 et 150 chevaux et 3 dynamos Siemens à courants alternatifs, dont une sert de rechange, excitées par 3 machines Siemens à courant continu.
- 11 y a deux circuits primaires, d'environ
- — STÉNOTÉLÉGRAPHIE.
- 1 700 mètres chacun, sur lesquels les transformateurs sont disposés en quantité : la tension aux bornes des machines est 850 volts. Les lampes sont des systèmes Swan et Woodhouse et Rawson ; elles absorbent 48 volts et donnent 10 ou 16 bougies, suivant qu’elles consomment 0,6 ou 1 ampère.
- Les abonnés payent 5 centimes par lampe-heure de 16 bougies, avec un minimum de 4 heures d’éclairage par lampe et par jour. L’usine ne fonctionne que depuis la tombée de la nuit jusqu’à minuit et demi ; hors de ces limites, il est impossible d’allumer les lampes ou d’employer le courant à un autre usage. Il faudrait pour cela maintenir constamment une machine en marche, ce qui augmente beaucoup les frais, ou employer des accumulateurs, ce qui est impossible avec les courants alternatifs exigés par les transformateurs.
- Nous avons donné plus haut (Voy. Éclairage) quelques détails sur les stations centrales récemment établies à Paris.
- Pour terminer cet article, nous croyons utile de rappeler que le conseil d’hygiène et de salubrité de la Seine s’est préoccupé récemment de savoir s’il ne conviendrait pas de classer les stations d’electricité parmi les établissements insalubres ou incommodes, à cause des inconvénients qu’elles présentent. Le conseil a conclu, sur un rapport de M. Michel Lévy, qu’il y avait lieu de classer les grandes usines d’électricité, qui sont devenues assez nombreuses dans le département de la Seine pour mettre en jeu une force totale de 10 000 chevaux-vapeur ; la même décision a été prise pour les grandes usines de production de force motrice.
- Station centrale télégraphique ou téléphonique. — Syn. de poste ou de bureau central télégraphique ou téléphonique. (Voy. Télégraphie et Téléphonie).
- STATIQUE (Électricité). — Voy. Électricité.
- STEARN (Système). — Système de transmission télégraphique duplex, imaginé par Stearn. (Voy. Transmission télégraphique simultanée.’]
- STÉGANOTÉLÉGRAPHIE ou STÉNOTÉLÉGRAPHIE. — Système télégraphique imaginé par M. Cassagnes, en 1886, pour l’expédition rapide des dépêches météorologiques ou autres, et dans lequel la dépêche est reproduite en signes sténotélégraphiques. La sténotélégraphie est basée sur la combinaison de lasténographie mécanique et de la télégraphie. Elle peut s appliquer à toute machine sténographique à clavier, mais elle a été surtout disposée pour la machine Michela, qui représente tous les son»
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- STÉNOTÉLÉGRAPHIE.
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- ^une langue quelconque à l’aide de vingt siones et de leurs combinaisons, imprimés en petites lignes distinctes sur une bande de papier. Ces lignes se lisent de gaucbe à droite.
- L’appareil de M. Cassagnes permet d’obtenir, à une station éloignée et avec la même vitesse, la bande sténographique que la machine MicheJa produit sur place. Le clavier de la machine est placé au départ, les poinçons à l’arrivée, et les deux pièces sont réunies par la ligne.
- Le poste transmetteur (fig. 883) est muni d’un clavier de vingt touches, portant des contacts électriques reliés alternativement aux pôles positif et négatif de deux piles PP', mises à
- la terre par leurs autres pôles. Ces touches communiquent respectivement avec les vingt segments isolés d’un distributeur circulaire D, sur lequel tourne uniformément un frotteur F relié avec la ligne, et qui la met en rapport successivement avec les différents segments.
- A l’arrivée, la ligne aboutit à un second frotteur F', qui tourne sur un distributeur D' semblable au premier, et dont les segments sont en connexion avec les relais polarisés Rf, R2, R3,... R20(fîg. 884). Pour les petites distances, les deux postes peuvent être réunis par un câble de 20 fils, dont le prix est possible pratiquement jusqu’à une distance de 2 à 3 kilom.
- X, Ligne
- Clavier
- Courants correcteurs
- Fig. 883. — Poste de transmission.
- Si les deux appareils sont parfaitement synchrones, le courant émis au départ par Rabaissement d’une touche est reçu à l’arrivée dans le relais correspondant. L’armature de ce re-lais est attirée et ferme le circuit d’une pile locale P'3, qui actionne les poinçons de l’appa-red imprimeur. Pendant un tour du frotteur, l°us les signes sténographiques correspondant aux touches abaissées s’impriment sur une jüeme ligne. La bande de papier avance alors Ulm petite quantité, ce qui lui permet de rece-'0lr Une nouvelle ligne de caractères, et ainsi he suite.
- ^0rgane imprimeur I se compose de vingt Poinçons, portant les mêmes signes sténogra-
- phiques que les touches du manipulateur. Chacun des poinçons p est commandé par l’armature d’un des électro-aimants e, intercalé avec la pile P'3 dans un circuit aboutissant d’une part à la borne V, de l’autre à l’un des buttoirs V1} V2, V3, etc. Quand l’armature du relais R correspondant se trouve attirée, c’est-à-dire lorsque, à l’autre poste, on appuie sur la touche portant le même signe, ce circuit se trouve fermé, et le poinçon s’appuie sur la bande de papier, qui est enroulée autour de G et passe au-dessus des poinçons.
- Après l’impression, les relais sont rappelés à l’aide de courants locaux. Quand le dernier des relais de la combinaison est rappelé, aucun
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- STÉNOTÉLÉGRAPHIE.
- courant ne traverse plus le circuit de P'3; l’armature de l’électro-aimant M, placé dans le même circuit, est alors abandonnée, et le papier avance d’un interligne. L’appareil est prêt à recevoir une nouvelle combinaison de signaux. Après chaque émission, la ligne se trouve mise à la terre automatiquement.
- Nous avons supposé les deux frotteurs parfaitement synchrones ; ce synchronisme est obtenu au moyen de la roue phonique de M. La Cour.
- Le frotteur F est calé sur l’axe d’une roue dentée A en fer doux, qui porte une cuvette pleine de mercure destinée à servir de volant.
- L’électro-aimant E, placé en regard de cette roue, reçoit de la pile Pi un courant périodiquement interrompu par l’électro-diapason B-le mouvement du diapason est entretenu par lâ pile Pi et l’électro H. Les bobines de résistance SS empêchent les étincelles de rupture. La roue A est d’abord lancée à la main, puis epe continue à tourner régulièrement, grâce aux attractions successives que les dents subissent en passant devant l’électro-aimant E, qui est tour à tour aimanté et désaimanté.
- Le poste récepteur est muni d’un système absolument identique, servant à enti'aîner le
- Di"
- Imprimeur
- dis correcteur
- Pile locale
- Terre
- Fig. 884. — Poste de réception.
- frotteur F'. Un système de correction remédie aux petites inégalités de vitesse qui peuvent se produire.
- Les modèles les plus nouveaux sont munis d’un récepteur un peu différent, qui est destiné à fournir des bandes portant non plus des signes sténographiques conventionnels, mais des lettres en caractères typographiques. Comme le transmetteur n’est pas modifié, le récepteur ne donne pas l’orthographe usuelle; toutes les lettres inutiles sont passées.
- Ce nouveau récepteur (fig. 885) comprend quatre roues des types r, i\, r2, r3, montées à frottement sur l’arbre A : la première, affectée
- à la première consonne de chaque syllabe, porte 26 caractères ; la seconde est destinée a la deuxième consonne de chaque syllabe et la troisième aux voyelles ; elles portent chacune 11 caractères ; enfin la dernière, qui est munie de 26 caractères ; imprime la dernière consonne de chaque syllabe. Chacune de ces roues est munie d’un limaçon S, portant des dents en nombre égal à celui des caractères de la rou correspondante.
- Le distributeur communique, comme dans les anciens modèles, avec les 20 électros » E1} E2)... munis d’armatures a, a{, 02— ^ cune de ces armatures porte une tige t, ti, h,—
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- STËNOTÉLÉGRAPHIE.
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- qu’un ressort maintient engagée, au repos, dans une encoche, e, el5 e2,... d’une glissière horizontale G, G1? G2... Un ressort à boudin R tend à entraîner les glissières vers la gauche.
- L’arbre A, qui porte les roues des types, est placé devant ce jeu de 20 glissières. Chaque limaçon S est calé par rapport à la roue correspondante de telle sorte que, si une dent quelconque de la spirale est arrêtée par une des «lissières horizontales, la lettre qui correspond à cette dent se trouve en ce moment précis sous le tampon d’impression T. Par conséquent, si l’on abaisse une touche du clavier, l’armature
- de l’électro correspondant est attirée, la tige verticale déclenche la glissière, que le ressort à boudin entraîne vers la gauche. A ce moment, l’extrémité de la glissière se trouve à une distance de l’axe A déterminée par les vis de réglage Y, Vi, V2... Si l’on déclenche alors le système des roues des types, l’extrémité de la glissière arrêtera la dent de la spirale située à la même distance qu’elle-même de l’axe de rotation. L’appareil est réglé pour que la lettre correspondante se trouve alors sous le tampon T.
- Si l’on transmet une syllabe, les quatre glis-
- Eig. 885. — Schéma du récepteur Cassagnes (nouveau modèle).
- sières correspondantes s’avancent vers les roues des types ; chacune d’elles arrête une dent d’une des spirales, et les quatre lettres s’impriment snnultanément ; c’est l’arbre A', muni de ca-mes G convenablement disposées, qui donne le coup d’impression; d’autres cames, fixées sur le même arbre, repoussent ensuite les glis-^leres, qui reprennent leur position de repos. es roues des types, entraînées par l’arbre A, Achèvent leur rotation et sont arrêtées au blanc Par un taquet M, qui les maintient dans cette P°sition, tandis que l’arbre tourne fou. En même uips une came spéciale fait avancer le papier ( Un interligne.
- Dictiokxaire d’électricité.
- Si une roue des types n’est pas employée dans une syllabe, elle fait un tour sans s’arrêter. Si deux ou trois touches doivent être frappées simultanément pour produire une certaine lettre, les déplacements individuels des glissières s’ajoutent les uns aux autres, et permettent d’arrêter la dent convenable.
- La figure 886 montre l’ensemble de ce récepteur.
- Enfin, M. Cassagnes a introduit diverses modifications permettant d’accroître encore le rendement. On peut transmettre ainsi jusqu’à 200 mots par minute, ce qui permet de suivre la parole d’un orateur quelconque, le débit
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- STRATES, stratifications.
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- fermé par une vessie T micropfione.
- aui porte l’un des ctia^rner autour d’un axe
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- horizontal : Pour.re* aimantée sur laquelle
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- SURFACE ÉQUIPOTENTIELLE. — SUSPENSION BIFILAIRE.
- trique renferme de l’hydrogène ou un autre „az combustible, la lueur observée se compose de couches parallèles alternativement bril-
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- lantes et obscures, qu’on appelle stratifications. Ce phénomène paraît dû à l’intermittence de la décharge. Si on l’examine avec un miroir tour-
- Fig. 887. — Stéthoscope microphonique du Dr Boudet de Paris.
- nant, les stries semblent partir alternativement des deux pôles. Chaque décharge n’est pas un phénomène continu, elle est due à une série d’oscillations alternativement de sens contraire.
- Les stratifications ont été étudiées par MM. Gas-siot, Spottiswoode, Warren de la Rue et Muller. La figure 889 montre quelques-unes des apparences obtenues par M. W. de la Rue.
- T*
- Fig. 888. — Stéthoscope de M. Ducretct.
- SURFACE ÉQUIPOTENTIELLE ou de NIVEAU.
- ~~ Surface dont tous les points sont au même P°lentiel(Voy. Équipotentiel).
- SURFACE (Montage en). — Voy. Montage et CABLAGE.
- SURSATURATION MAGNÉTIQUE. — État
- d’un aimant auquel on a donné une aimantation plus grande que celle qu'il peut conserver normalement. (Voy. Saturation.)
- SUSCEPTIBILITÉ MAGNÉTIQUE. — Syn. de
- coefficient d’aimantation. (Voy. Aimantation.)
- SUSPENSION BIFILAIRE. — Voy. Bifilaire.
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- 724 SYNCHRONISATION DES HORLOGES. — SYNCHRONISATION DES MOUVEMENTS
- SYNCHRONISATION DES HORLOGES. —
- Voy. Horloge.
- SYNCHRONISATION DES MOUVEMENTS. -
- M. Deprez a pu résoudre ce problème pour deux
- mouvements de rotation, dont la vitesse ne i sert d'un transmetteur et d'un récepteur. Le dépasse pas quarante tours par seconde. Il se | premier est formé de deux commutateurs A
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- TABLE D’AMPÈRE. — TABLEAU DE DISTRIBUTION.
- et B, tournant sur le même axe et croisés à anale droit, qui renversent le courant chacun deux fois par tour; les positions de l’axe qui correspondent à ces inversions se suivent ainsi à des intervalles d’un quart de tour, et les deux fils qui partent de l’appareil sont parcourus par ^es courants a et b, dont les alternances forment à chaque tour les quatre combinaisons suivantes :
- -\-a-\-b + a — b —a — b —a -f b
- Le récepteur est formé de deux bobines Siemens A’B', fixées aussi à angle droit sur un même axe, se confondant avec l’axe d’un aimant permanent, entre les branches duquel tournent les bobines. Quand elles sont traversées par des
- courants de même intensité, mais de signe quelconque, elles se placent dans une position telle que l’angle droit de leurs noyaux soit bis-séqué par la ligne des pôles, et à chaque combinaison de courants correspond une seule position d’équilibre. Par suite, l’axe du récepteur suit tous les mouvements de celui du transmetteur, à un quart de tour près et dans les deux sens. Un mouvement quelconque pouvant être regardé comme la résultante de deux mouvements de rotation, on peut, grâce à l’adjonction d’un mécanisme simple, transmettre à distance un mouvement de grandeur et de direction quelconque, et par suite le dessin ou l’écriture.
- T
- TABLE D’AMPÈRE. — Appareil servant à répéter les expériences d’Ampère sur l’électrodynamique (Voy. ce mot).
- TABLE D’ÈLECTROTHÉRAPIE. — Table portant tous les appareils nécessaires pour la galvanisation et la faradisation et permettant de faire toutes les mesures nécessaires en électro-thérapie, telles que celles de l’intensité et de la différence de potentiel du courant qui traverse le malade. La maison Bréguet a construit pour la Salpêtrière une table de ce genre dont la disposition rappelle celle de la table de mesures décrite plus haut.
- TABLE DE MESURES. — Yoy. Mesures et Pont de Wheatstone.
- TABLEAU DE DISTRIBUTION. — Tableau placé près des dynamos et portant tous les instruments de contrôle et de mesures nécessaires pour assurer la régularité du service dans une ‘installation d’éclairage ou une distribution d’énergie électrique. La composition de ce tableau varie avec le nombre des dynamos et des droits, la nature des brûleurs, le mode de montage, les heures d’allumage et d’extinction, etc. Le tableau de distribution renseigne le mécanicien sur la marche de l’éclairage et lui permet de fermer et d’ouvrir les différents circuits *t d’introduire les résistances nécessaires. Il doit être disposé pour qu’on puisse envoyer le gourant d’une quelconque des dynamos dans un quelconque des circuits, condition essen-Lielle en cas d’accident.
- Comme exemple, nous donnons d’abord le tableau employé dans les installations de la Société Cance (fig. 890). Un ampèremètre donne l’intensité du courant; un voltmètre fait connaître la différence de potentiel aux bornes, lorsqu’on appuie sur le bouton placé au-dessous. Dans le montage en dérivation, chaque circuit de lampes contient un rhéostat, ce qui permet d’avoir avec un seul générateur des lampes d’intensité différente, et fin indicateur de marche (Yoy. ces mots). Le rhéostat peut aussi être placé dans le circuit d’excitation. Des coupe-circuit et des interrupteurs complètent ce tableau.
- Le tableau de distribution de M. Bardon (fig. 891) diffère un peu du précédent. La ligne est à trois fils, comme dans le système de distribution Edison. Un ampèremètre donne l’intensité. Deux voltmètres permettent de prendre la différence de potentiel sur l’un ou l’autre pont, en appuyant sur les boutons placés au-dessous. On pourrait n’employer qu’un seul voltmètre, qu’on placerait à volonté en dérivation sur chacun des deux ponts. Les commutateurs placés en bas au milieu permettent de placer les lampes à arc sur l’un ou l’autre pont, et d’intercaler l’ampèremètre dans chaque circuit. Enfin chaque circuit contient un indicateur de marche et un rhéostat. Les rhéostats Bardon sont formés d’un fil de maillechort enroulé sur un cadre muni de traverses isolées par une couche d’amiante, et disposé de manière que les diffé-
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- TABLEAU DE DISTRIBUTION
- rentes spires ne puissent se toucher. Au-dessous est un curseur, mobile sur une règle horizontale, et qu’on déplace pour faire varier la résis-
- tance. Le réglage obtenu, on fixe le curseur à l’aide d’un écrou.
- La figure 892 représente un tableau de dis-
- Fig. 890. — Tableau de distribution, système Calice.
- tribution pour laboratoires : toutes les communications sont visibles. Quand on veut utiliser directement le courant de la dynamo, on place les fiches ff dans les trous de I", et l’on tourne la manette de I"" sur le circuit qu’on veut alimenter; le fil de retour commun revient à gau-
- che. Les rhéostats RR', placés dans le circuit d’excitation et dans le circuit extérieur, permettent de régler l’intensité, qui est donnée par l’ampèremètre A. Le voltmètre V fait connaître la différence de potentiel aux bornes de la machine, quand on agit sur le poussoir I'. Enfin le
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- TABLEAU INDICATEUR.
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- commutateur I'* sert a charger une batterie ^'accumulateurs, et à lancer le courant de ces appareils, soit dans les circuits extérieurs, soit dans la machine pour l’employer comme moteur.
- TABLEAU INDICATEUR. — Appareil destiné, dans les installations de sonneries électriques
- d’une certaine importance, à faire connaître d’où vient l’appel.
- Ce tableau contient autant de guichets qu’il y a de pièces à desservir; une sonnerie unique, jointe à l’appareil, sert à appeler l’attention, et le numéro ou le mot qui apparaît à l’un des guichets indique le lieu d’ou provient l’appel.
- Fig. 891. — Tableau de distribution, système Bardon.
- U est formé d’une plaque opaque percée d’un certain nombre d’orifices. Derrière chacun de ces guichets (fig. 893) se trouvent deux petits électro-aimants, entre lesquels est suspendue Ulle armature de fer doux, mobile autour d’un axe horizontal, et portant à sa partie supérieure Une carte munie de l’indication nécessaire.
- La figure 894 montre le mode d’installation.
- La pile est supposée renfermée dans une boîte. Le fil positif, figuré en pointillé, se divise pour aller aboutir à chaque bouton : de chacun de ces boutons part un fil de jonction qui va à la borne correspondante du tableau, et de là à i’é-lectro-aimant situé à gauche du numéro correspondant; un fil unique relie au pôle négatif la borne T à laquelle s’attachent les autres ex-
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- TABLEAU UNIVERSEL.
- trémités de tous ces électro-aimants. Enfin deux autres fils partant des pôles viennent s’attacher aux bornes C et Z du tableau et ferment le circuit nécessaire pour la disparition électrique des numéros après chaque appel. Ce circuit comprend tous les électro-aimants situés à
- la droite des guichets et un bouton interrupteur placé au bas du tableau.
- Lorsqu’on appuie sur le bouton d’appel qui correspond au numéro 1, le courant passe dans la sonnerie et dans l’électro qui est à gauche de ce chiffre; celui-ci attire l’armature, qui bas-
- J\tcu,muÂatcwr..\
- Fig. 892. — Tableau de distribution pour laboratoires.
- cule autour de son axe et amène le numéro devant son guichet. Quand on a constaté de quel point provient l’appel, on appuie sur le bouton placé à la partie inférieure du tableau, de manière à mettre en contact deux pièces métalliques qu’on voit au bas de la figure 893; cette opération ferme le circuit dérivé qui comprend
- tous les électros de droite sans la sonnerie, et, par suite, toutes les armatures étant attirées vers la droite, celles qui s’étaient déplacées reprennent leur position normale : l’appareil est prêt pour un nouvel appel.
- TABLEAU UNIVERSEL. — Tableau indicateur imaginé par M. E. Michel, et qui, n’utili-
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- TABLEAU UNIVERSEL.
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- «ant pas la pesanteur, peut fonctionner dans toutes les positions et servir dans tous les cas ; (je là son nom.
- Chaque numéro est formé de deux bobines (flg. 895), entre lesquelles peut tourner un axe vertical, portant à sa partie supérieure un petit
- Fig. 893. — Tableau indicateur à deux numéros (Jarriant).
- aimant horizontal et au-dessus une pince qui porte l’étiquette imprimée.
- Les noyaux des deux bobines sont réunis par
- une culasse de fer doux comme dans un électro-aimant; mais les fils des bobines sont indépendants l’un de l’autre. L’une des bobines,
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- Fig. 894. — Installation d’un tableau indicateur à 6 numéros (Société des Téléphones).
- ^elle de gauche par exemple, communiq e bouton d’appel, l’autre avec le bon lsparition. Au repos, l’étiquette montre Qon imprimée (fig. 896). Lorsqu’on app
- lance le courant dans la bobine de gauche. Les noyaux prennent une polarité telle que l’aimant mobile est repoussé et fait presque un tour entier, jusqu’à ce qu’il vienne butter con-
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- TABOURET ISOLANT. — TACHYSCOPE.
- tre l’une des bobines : l’étiquette montre la face imprimée. Pour effacer l’appel, on lance le courant dans la bobine de droite : les noyaux prennent une polarité opposée à la première
- et l’aimant tourne en sens contraire. On voit sur la figure 895 que le mécanisme est entièrement visible ; les étiquettes, fixées dans une pince, se remplacent facilement.
- Fig. 895. — Tableau universel (E. Michel).
- TABOURET ISOLANT. — Tabouret à pieds de verre sur lequel on place les personnes qu’on veut soumettre à la franklinisation.
- TACHYGRAPHE. — Appareil télégraphique imprimeur rapide.
- TACHYMÈTRE. — Appareil électrique imaginé par M. Horn pour mesurer la vitesse d’une machine. Dans le plan d’un fort aimant en fera cheval tourne une capsule de cuivre renfermant une armature de fer doux. Sous l’action
- Fig. 896. — Disposition d'un numéro (E. Michel).
- des courants de Foucault, l’armature se déplace d’un angle qui est, au moins entre certaines limites, proportionnel à la vitesse. L’appareil est gradué empiriquement.
- TACHYSCOPE. — Sorte de phénakisticope imaginé par M. Anschuetz, et dans lequel les images sont éclairées par un tube de Geissler. Les dessins sont tracés sur des disques, qu’on
- dispose à la périphérie d’une roue en fer p°u" vant tourner autour de son axe à l’aide d une manivelle, et montée de plus sur un chariot a roulettes. Cette roue porte encore une série de taquets placés un peu au-dessous et au mibeU de chaque image. Quand on tourne la roue, un ressort frotte sur ces taquets, et ce système constitue l’interrupteur d’une bobine de Ruhm
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- TANNAGE ÉLECTROLYTIQUE.
- kofff» dont le courant induit est lancé, à chaque contact, dans un tube de Geissler en spirale, placé derrière l’image, de façon à l’éclairer complètement. L’image est donc éclairée seulement au moment où elle passe devant [eS yeux des spectateurs, et la succession rapide de ces éclairages intermittents produit sur l’œil ane impression plus vive qu’une lumière continue.
- tannage électrolytiqüe. — Malgré les
- efforts tentés pour réduire la durée du contact des peaux avec les matières tannantes, les opérations du tannage demandent encore aujourd’hui un minimum de six mois. Il y a longtemps qu’on a songé à faire intervenir l’électricité pour obtenir des résultats plus rapides. M. Crosse en 1850, M. Ward en 1860, puis M. Rehn firent des tentatives infructueuses.
- En 1874, M. de Méritens imagina un dispositif, encore appliqué aujourd’hui dans une tannerie des environs de Saint-Pétersbourg, et qui permet, paraît-il, d’effectuer le tannage en trente-cinq jours. Dans le fond de la cuve, on place une plaque de charbon communiquant avec le pôle positif d’une dynamo, puis on empile des peaux recouvertes de tan, et à la partie supérieure on place une plaque de zinc formant le pôle négatif.
- A la même époque, un autre procédé électrique fut imaginé par MM. Gaulard et Kresser. Puis, en 1887, deux Suédois appliquent les courants alternatifs aux peaux immergées dans une fosse contenant des jus tanniques et garnie de grandes électrodes en cuivre : la durée du tannage est réduite à quarante-cinq jours.
- Un procédé plus récent donne encore de meilleurs résultats et permet d’obtenir un tannage complet en quelques jours, grâce à l’agitation des peaux dans le liquide tannique et à la circulation d’un courant électrique au sein de ce liquide.
- Les opérations préliminaires ne sont pas modifiées. Elles comportent d’abord un lavage à l’eau pure pour enlever le sang et les saletés dont les peaux sont ordinairement souillées. C’est le dessaignage, qui dure deux ou trois Jours pour les peaux fraîches, plus longtemps Pour les peaux sèches ou salées. Le pelanage consiste dans l’action d’un lait de chaux qui diminue énormément l’adhérence de l’épiderme et des poils avec la peau, et permet de les enlever ensuite facilement à l’aide d’un rouleau d ardoise (débourt'age). On lave ensuite, puis on €charne, c’est-à-dire on enlève la chair et les ^puretés qui adhèrent encore à la surface in-
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- terne de la peau; vient ensuite le lavage proprement dit.
- Dans le procédé électrique, les peaux sont placées dans une solution tannique, obtenue au moyen d’extraits d’écorce de chêne ou de châtaignier, dans un tambour cylindrique qui tourne autour d’un axe horizontal. Chaque tambour reçoit de 500 à 700 kilogrammes de peaux et 1 200 à 1 500 litres de liquide tannant, auquel on ajoute une petite quantité d’essence de térébenthine.
- Le tambour est mis en rotation. En même temps on fait passer, dans un faisceau de huit fils de cuivre, disposés suivant les génératrices du cylindre et constamment baignés par le liquide tannique, le courant produit par une dynamo d’une intensité de 10 ampères et d’une force électromotrice de 100 volts.
- Il résulte d’un rapport de M. Miintz que :
- 1° Dans les cuirs tannés par ce procédé, le tannin est bien combiné au cuir, de la même manière qu’il l’est avec le tannage ordinaire, et, par suite, on a bien affaire à du cuir réel jouissant de toutes ses propriétés ;
- 2° Malgré la courte durée du contact de la peau avec la matière tannante, presque tous les cuirs examinés sont tannés à fond, autant qu’ils le sont par les procédés de tannage ordinaires ;
- 3° Si quelques-uns des échantillons ont un tannage insuffisant, cela n’est attribuable qu’à ce que le temps du tannage a été par trop écourté ; quelques heures de séjour de plus dans les appareils eussent complété le tannage ;
- 4° Les peaux de diverse nature peuvent être tannées par ce procédé, avec la seule différence d’une durée plus ou moins longue ;
- 5° Le degré hygrométrique des cuirs tannés par ce nouveau procédé est sensiblement le même que dans les cuirs ordinaires.
- En conséquence, il semble que ce procédé constitue un progrès considérable par la rapidité avec laquelle il transforme la peau en cuir. Ajoutons que cette méthode, utilisée dans une tannerie de Paris depuis quelques mois, fonctionne déjà également dans des tanneries de Londres et de Lisbonne et fonctionnera sous peu de jours à New-York.
- Le capitaine de Place a imaginé un autre procédé électrique employé à la préparation et au gonflement des peaux. Après le travail de rivière, les peaux sont placées dans des cuves ovales à agitateurs, analogues à celles qui servent à donner delà couleur et du grain aux veaux. Le fond des cuves porte une série de conducteurs en forme de peignes. On y place 20 à 25 peaux de vaches, on remplit de jus à 20° centigrades et à 0°,6 Baumé, et l’on ferme par un couvercle. On fait ensuite mouvoir les agitateurs et l’on fait
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- TAPER. — TAXE TÉLÉGRAPHIQUE.
- passer le courant. Une intensité de 20 ampères suffit largement. Les peaux se colorent et se gonflent rapidement sous l’action de l’acide tannique mis en liberté par l’électrolyse. L’opération dure de deux à huit heures. On achève ensuite le tannage dans des cuves analogues, mais sans électrolyse, en renforçant sans cesse le jus chaud par de l’extrait décoloré. L’opération totale dure quarante heures pour les veaux, soixante-cinq à soixante-dixheurespourles vaches, quatre-vingt-dix à cent heures pour les mâles.
- TAPER. — Mot anglais désignant une clef de court circuit placée entre les bornes d’un galvanomètre pour éviter le passage de courants trop énergiques.
- TASIMÈTRE.— Syn. de Microtasimètre. (Voy. Supplément.)
- TAXATION. — Action de taxer.
- TAXE TÉLÉGRAPHIQUE. —Les télégrammes sont, en ce qui concerne l’application des tarifs, soumis à deux régimes différents : 1° le régime intérieur ; 2° le régime international, celui-ci se subdivisant d’ailleurs en régime européen et en régime extra-européen.
- C’est en général l’itinéraire ou la voie admise pour la transmission du télégramme qui décide du régime au quel ce télégramme doit être soumis.
- Dans tous les régimes on admet une taxe principale, celle à laquelle sont soumis tous les télégrammes simples, et des taxes accessoires, dont, indépendamment de la taxe principale, sont frappés les télégrammes spéciaux.
- Dans le service intérieur, qui comprend la France, la Corse et l’Algérie, ainsi que les bureaux en Tunisie et dans la principauté de Monaco, toutes les correspondances sont soumises au même régime.
- Le régime européen comprend toute l’Europe, l’Algérie, la Tunisie, la Turquie d’Asie et Tripoli.
- Le régime extra-européen comprend :
- En Afrique : l’Égypte, Zanzibar, Mozambique, Saint-Laurenço-Marquès, les colonies anglaises de Natal et du Cap, et la colonie française du Sénégal, les îles de Madère et de Saint-Vincent ;
- En Asie : l’Arabie (Aden, Djedda et la Mecque), la Perse et le golfe Persique, la Russie d’Asie, le Béloutchistan, l’Afghanistan, l’Indous-tan, la Birmanie, la presqu’île de Malacca, Pe-nang, Singapore, la Cochinchine française, la Chine, le Japon, Siam et l’île de Ceylan;
- En Océanie : l’Australie (provinces de l’Ouest et du Sud, Queensland, Nouvelles-Galles du Sud, Victoria), la Tasmanie, la Nouvelle-Zélande et les Indes néerlandaises:
- En Amérique : l’île de Saint-Pierre et Mique-
- lon, les États de l’Amérique britannique, les États-Unis, le Mexique, les Antilles, Panama la Guyane anglaise, Salvador, Guatémala, Honduras, Nicaragua et Costa-Rica, le Brésil, l'Uruguay la République Argentine, le Chili et le Pérou la Colombie, l’Équateur, la Bolivie et le Vénézuéla
- Les correspondances échangées entre deux
- pays du régime européen par l’intermédiaire de
- lignes du régime extra-européen, ainsi que les correspondances échangées entre un pays du régime européen et un pays du régime extraeuropéen, suivent, sur tout leur parcours, les règles du régime extra-européen.
- Ainsi, un télégramme expédié de France pour l’île de Chypre est taxé d’après les tarifs du régime européen, lorsqu’il emprunte les lignes d’Italie, de Grèce et de Turquie, et d’après les tarifs du régime extra-européen, s’il suit la voie de Malte et d’Alexandrie,
- Dans tous les régimes, c’est le mot qui sert de base au tarif et qui est l’unité de taxe, qu’il s’agisse de télégrammes simples aussi bien que de télégrammes spéciaux.
- Dans tous les régimes, la perception des taxes s’effectue au départ, c’est-à-dire au moment du dépôt du télégramme, sauf les exceptions prévues pour les télégrammes à faire suivre, pour les télégrammes sémaphoriques, pour l’excédent de taxe des réponses payées (service intérieur) dans le cas indiqué plus loin, et enfin pour les télégrammes avec exprès, si l’envoi de l’exprès a été demandé par le destinataire, et lorsqu’il s’agit d’une dépêche internationale avec exprès dont l’expéditeur n’a pas payé l’accusé de réception.
- Toutefois, dans le cas même où le règlement autorise la perception à l’arrivée, si le destinataire refuse d’acquitter les taxes à percevoir, celles-ci doivent être recouvrées sur l’expéditeur,
- et elles font alors l’objetd’un complément de taxe.
- Le mot étant la seule unité de taxe et le nombre de mots constituant avec le taux du tarif l’élément essentiel dans le calcul des taxes, fl est d’une extrême importance que le compte des
- mots soit établi avec une rigoureuse exactitude.
- Tout ce que l'expéditeur a écrit sur la minute de son télégramme, pour être transmis, doit enhei dans le calcul de la taxe et être compris à cette fin dans le nombre de mots, sauf les signes de ponctuation, traits d’union, apostrophes, guillemets, parenthèses, alinéas et indication de la voie. Le nom du bureau de départ, la date,l’heure et la nu nute du dépôt n’entrent dans le compte des mo s
- que si l’expéditeur a inséré ces indications,en o
- ou en partie, dans le texte de son télégramme.
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- TAXE TÉLÉGRAPHIQUE.
- Le compte des mots s’établit de la manière
- suivante :
- (a) Dans le service intérieur :
- Pour les dépêches en langage clair, toutes les expressions françaises ne sont comptées que pour un seul mot lorsqu’elles sont comprises au Dictionnaire de l’Académie, y formant le titre majuscule d’un article spécial.
- A défaut du Dictionnaire de l’Académie, le compte des mots se fait d’après les dictionnaires en usage dans les bureaux. En cas de désaccord entre les documents consultés, ce sont toujours les indications contenues dans la dernière édition du Dictionnaire de l’Académie qui font foi.
- En conséquence, doivent être comptées pour un seul mot :
- 1° Les expressions françaises même composées servant de titre à un article spécial au Dictionnaire de l’Académie ;
- 2° Les dénominations qui, s’appliquant à un seul et même objet, ont été établies par actes officiels pour désigner : les circonscriptions administratives (départements), les localités (villes, communes, hameaux, bourgs), les voies publiques (rues, avenues, boulevards, quais, cours, places, passages, ruelles, carrefours), et les numéros des habitations, toutes les fois que les termes employés pour les indiquer sont écrits dans le langage usité en France.
- En cas de doute, pour les locutions françaises, et, en règle générale, pour les télégrammes rédigés en langue étrangère on en langage convenu, le maximum de longueur d’un mot est fixé à quinze caractères selon l’alphabet Morse ; l’excédent, toujours jusqu’à concurrence de quinze caractères, est compté pour un mot.
- (b) Dans le service international :
- 1° Européen,
- Le maximum de longueur d’un mot est fixé à quinze caractères selon l’alphabet Morse ; l’excédent, toujours jusqu’à concurrence de quinze caractères, est compté pour un mot.
- 2° Extra-européen,
- Ce maximum est fixé à dix caractères.
- Dans ces deux régimes, les expressions réu-nies par un trait d’union sont comptées pour le nombre de mots qui servent à les former.
- Les mots séparés par une apostrophe sont c°mptés comme autant de mots isolés.
- Dans le service intérieur et le service internatio-nal européen, les réunions ou altérations de mots contraires à l'usage de la langue ne sont point admises, Toutefois, les noms propres de villes et personnes, les noms de lieux, places, boule-
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- vards, etc., les prénoms, ainsi que les nombres écrits en toutes lettres, sont comptés, jusqu’à quinze lettres, pour le nombre de mots employés par l’expéditeur à les exprimer.
- Tout caractère isolé, lettre ou chiffre, est compté pour un mot; il en est de même du souligné.
- Les signes de ponctuation, traits d’union, apostrophes, guillemets, parenthèses, alinéas ne sont pas comptés.
- Sur les lignes extra-européennes, la transmission de ces signes n’est pas obligatoire.
- Le Ch, qui est représenté dans l’alphabet Morse par un signe spécial, ne compte que pour une lettre dans les correspondances en langage clair ou en langage convenu, mais il compte pour deux lettres dans les télégrammes chiffrés.
- Les exemples suivants indiquent la manière de compter les mots dans les télégrammes en langage clair ou convenu et font ressortir les seules différences que comporte désormais le compte des mots dans le service intérieur ou dans le service international.
- COR EXTÉ- RIEURE. RESPOND^ INTERNA européenne. lNCE TIONALE eilra- européenne.
- Responsabilité (14 caractères).. Kriegsgeschicîiten (15 carac- 1 mot. 1 mot. 2 mots.
- tères Inconstitutionnalité (20 carac- 1 mot. 1 mot. 2 mots.
- tères) StaatswissenschaftJich (20 ca- 1 mot. 2 mots. 2 mots.
- ractères) 2 mots. 2 mots. 2 mots.
- A-t-il 3 mots. 3 mots. 3 mots.
- Aujourd'hui Aujourdhui (écrit sans apos- 1 mot. 2 mots. 2 mots.
- trophe) 1 mot. 1 mot. 1 mot.
- C’est-à-dire 4 mots. 4 mots. 4 mots.
- Seine-et-Marne 1 mot. 3 mots. 3 mots.
- Seineetmarue 1 mot. 1 mot. 2 mots.
- Arc-lès-Grav 1 mot. 3 mots. 3 mots.
- ArclèsGrav Des-Lavandières-Ste-Opportune 1 mot. 1 mot. 1 mot.
- (nom de rué) Deslavandièressteopportune (n. 1 mot. 4 mots. 5 mots.
- de rue) 1 mot. 2 mots. 3 mots.
- 33 ter (numéro de rue) 1 mot. 2 mots. 2 mots.
- Frankfurt ani Main 3 mots. 3 mots. 3 mots.
- Frankfurt a/M 2 mots. 2 mots. 2 mots.
- INevv South Wales 3 mots. 3 mots. 3 mots.
- Newsouthwales (13 caractères). 1 mot. 1 mot. 2 mots.
- Hyde Park 2 mots. 2 mots. 2 mots.
- Deux cent trente-quatre Deuxcenttrentequatre (20 carac- 4 mots. 4 mots. 4 mots.
- tères) 2 mots. 2 mots. 2 mots.
- T\vo hundred and tliirty four.. Twohundredandthirtvfour (23 a mots. 5 mots. 5 mots.
- caractères) 2 mots. 2 mots. 3 mots.
- De suite 2 mots. 2 mots. 2 mots.
- Deux-cent-quatre yingts 3 mots. 4 mots. 4 mots.
- Compagnie P. D. M 4 mots. 4 mots. 4 mots.
- Compagnie PLM S. V. P. (signifiant s’il vous plaît) 4 mots. 4 mots. 4 mots.
- 3 mots.
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- TAXE TÉLÉGRAPHIQUE.
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- Dans le service intérieur et dans le service international, régime européen, les nombres écrits en chiffres sont comptés chacun pour autant de mots qu’ils contiennent de fois cinq chiffres, plus un mot pour l’excédent. La même règle est applicable au calcul des groupes de lettres.
- Pour la correspondance extra-européenne, le nombre de mots auquel correspond un groupe de chiffres ou de lettres s’obtient en divisant les chiffres par trois et ajoutant, s’il y a lieu, un mot pour le reste.
- Sont comptés pour un chiffre : les points et les virgules qui entrent dans la formation des nombres, ainsi que les barres de division.
- Les lettres ajoutées aux chiffres pour désigner les nombres ordinaux sont comptées chacune pour un chiffre.
- Dans les télégrammes qui contiennent un langage convenu ou un langage chiffré, les mots clairs sont comptés conformément aux règles indiquées ci-dessus pour le langage ordinaire. Les mots en langage convenu admis sont comptés d’après les mêmes règles. Enfin, les groupes de chiffres ou de lettres, ainsi que les mots, noms ou assemblages de lettres, non admis dans le langage clair ou convenu, sont comptés comme les nombres écrits en chiffres.
- Les exemples ci-dessous déterminent plus particulièrement la manière de compter les chiffres. Ils s’appliquent également aux expressions du langage chiffré.
- CORRESP intérieure ou internationale européenne. ONDANCE extra- européenne.
- 44 1/2 (5 chiffres et signes) 1 mot. 2 mots.
- 444 1/2 ;6 — ) 2 mots. 2 mots.
- 444,5 (5 — )..... 1 mol. 2 mots.
- 444,55 (6 — ) 2 mots. 2 mots.
- 10 francs 50 centimes ou 10 fr. 50 c. 4 mots. 4 mots.
- lOfr. 50 3 mots. 3 mots.
- Fr. 10,50 2 mots. 3 mots.
- llh,30 3 mots. 3 mots.
- 11,30 1 mot. 2 mots.
- Le 17me 2 mots. 3 mots.
- Le 1529“' 3 mots. 3 mots.
- 44/2 1 mot. 2 mots.
- 44/ 1 mot. 1 mot.
- 2 0/0 1 mot. 2 mots.
- 2 p. 0/0 ... 3 mots. 3 mots.
- Huit/10 2 mots. 2 mots.
- 5/douzièmes 2 mots. 3 mots.
- 320 1 mot. 1 mot.
- 3250 1 mot. 2 mots.
- 3256480917 2 mots. 4 mots.
- Amb 1 mot. 1 mot.
- Ambr * 1 mot. 2 mots.
- Ambrdfg 2 mots. 3 mots.
- Pour les marques de commerce, les chiffres et les lettres doivent être comptés séparément-les barres de division ont la même valeur qué les chiffres ou que les lettres, suivant qu’elles entrent dans la composition d’un groupe de chiffres ou d’un groupe de lettres; enfin les lettres séparées par des points sont considérées comme autant de caractères isolés et comptées chacune pour un mot, les points étant, dans ce cas, traités comme des signes de ponctuation et transmis gratuitement.
- Les exemples suivants complètent les indications relatives au compte des mots dans les marques de commerce :
- CORRESPONDANCE
- » -
- intérieure
- ou interna- extra-
- tionale européenne.
- européenne.
- E <
- E. M 2 mots. 2 mots.
- Emvthf 2 mots. 2 mots.
- tmrlz , 1 mot. 2 mots.
- CH23 2 mots. 2 mots.
- ADVGMY 2 mots. 2 mots.
- AP
- M 1 mot. 2 mots.
- 3 M 2 mots. 2 mots.
- C. H. F. 45 4 mots. 4 mots.
- Dans le service intérieur, la taxe télégraphique est fixée :
- 1° Par la loi du 21 mars 1878, pour les correspondances circulant entre les divers bureaux de la France continentale et de la Corse ou entre les bureaux d’Algérie (ou de Tunisie) et, par assimilation, pour les correspondances échangées entre les bureaux français et les bureaux de la principauté de Monaco, ou entre ces derniers :
- A 5 centimes par mot, quelle que soit la destination, sans que le prix de la dépêche puisse être moindre que 50 centimes ;
- 2° Par décret du 25 août 1879, approuvé par la loi de finances du 28 décembre 1880, article 5, pour les dépêches télégraphiques privées échangées entre l’Algérie (ou la Tunisie) et la France :
- A 10 centimes par mot, parcours sous-maim compris, sans que le prix de la dépêche puisse être moindre que 1 franc;
- 3° Par décret du 22 mai 1880, approuvé par la loi de finances du 28 décembre 1880, arti cle 5, pour les dépêches télégraphiques circu lant par la voie des tubes pneumatiques, et re digées sur des formules spéciales affranchies.
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- TAXE TÉLÉGRAPHIQUE.
- A 30 centimes pour les dépêches ouvertes, et à 50 centimes pour les dépêches fermées;
- A 00 centimes pour les dépêches ouvertes avec réponse payée.
- Il suit de là que la taxe des télégrammes simples est, dans la correspondance intérieure, calculée comme suit :
- \° Entre les bureaux de la France continentale et de la Corse, ou entre les bureaux d’Algérie (ou de Tunisie) et, par assimilation, entre les bureaux français et les bureaux de la principauté de Monaco, ou entre ces derniers :
- De un mot à dix mots......................... 0f,50
- Au delà de dix mots, et sans limites, par mot.......................................... 0f,05
- 2° Entre les bureaux de la France continentale et de la Corse et, par assimilation, les bureaux de la principauté de Monaco, d’une part, et les bureaux de l'Algérie (ou de la Tunisie) d’autre part :
- De un à dix mots............................. lf,00
- Au delà de dix mots, et sans limites, par mot.......................................... 0f,10
- Taxe des télégrammes échangés par l’intermédiaire des tubes pneumatiques, à l’intérienr de Paris, sur des formules spéciales affranchies :
- Dépêche ouverte...................... (F,30
- Dépêche fermée....................... 0f,50
- Dépêche ouverte avec réponse payée.... 0f,60
- Taxe maritime des télégrammes sémaphori-ques (1) applicable au trajet entre le sémaphore et le navire en mer :
- Par télégramme de vingt mots........... lf,00
- Par chaque série indivisible de dix mots au-dessus de vingt mots............... 0f,50
- Dans le service international, le tarif applicable aux correspondances est fixé conformément aux tableaux dressés par la Conférence de Londres, sauf les modifications du taux ou des bases d’application des tarifs arrêtés entre États intéressés.
- La taxe est établie par mot sur tout le parcours.
- Dans la correspondance européenne, à défaut arrangements particuliers entre États intéresses, la taxe s’établit sans condition de minimum pour le nombre de mots; il est ajouté à la taxe résultant du nombre effectif des mots une taxe ecrale à celle de cinq mots par télégramme.
- L La taxe est calculée d’après la voie la plus
- Voi'^ i-axe s’ajoute à la taxe du télégramme.
- tni.r 8 mai 18.69, P- 23; instruction, n° 160,
- Paragraphe 310.
- 735
- directe et la moins coûteuse entre le point de départ du télégramme et son point de destination, à moins que l’expéditeur n’ait indiqué une autre voie ou que la voie la plus directe, qui s’appelle voie normale, ne soit momentanément interrompue.
- Dans ce dernier cas, le télégramme est taxé et dirigé par la moins coûteuse des autres voies portées au tableau général du tarif. (Ce tableau général des taxes est imprimé dans le volume des lois, décrets, conventions, etc., de janvier 1883.)
- Si l’expéditeur indique spécialement la voie qu’il veut faire suivre à son télégramme, en mentionnant cette voie soit au bas, soit en marge de la minute du télégramme, la taxe applicable est alors calculée d’après cette voie et suivant les indications du tableau général des tarifs internationaux. Une taxe additionnelle égale au prix de cinq mots doit, lorsque le télégramme est taxé par une voie autre que la voie normale, être ajoutée au produit de la taxe du mot par le nombre de mots contenus dans la dépêche.
- IL Le tableau ci-après indique les taxes à percevoir en France par les voies normales, pour la correspondance soumise au régime européen.
- PAYS CORRESPONDANTS. TAXE PAR MOT. PAYS CORRESPONDANTS. CS g x S < H «
- Allemagne ' 0f 20e Luxembourg :
- Autriche 0 30 a. Keiations Iron-
- Belgique : tières 0f 05c
- a. Correspondance b. Relations gêné-
- frontière 0 10 raîos . n
- b. Correspondance Malte (ile de) 0 55
- générale 0 15 Manche (îles de la).. 0 25
- Bosnie-Herzégovine.. 0 40 Monténégro 0 40
- Bulgarie
- Chypre (île de)...... 1 10 Pays- Ras..
- Danemark 0 35 Portugal . n 9^
- Espagne 0 20 0 35
- Gibraltar 0 25
- Grande-Bretagne... . 0 25 a.. fl’Enropp
- Grèce : b. du Caucase 0 85
- 1° Grèce continentale. Serbie 0 40
- 2° Iles : 0 55 Suède 0 45
- a. Corfou Suisse :
- b. Céphalonie, ltha- a. Relations fron-
- que, Sle-Maure, tières 0 10
- Zante, Hydra, b. Relations géné-
- Spezzia, Andros, raies 0 15
- Tynos, Kythnos, Tripoli 1 35
- Kea, Kvthia (Ce- Turquie :
- rigo), Skiathos et a. d’Europe 0 60
- Syra 0 70 b. d’Asie (ports de
- lléligoland (ile de!... 0 50 mer) 0 85
- Herzégovine (et Éos- c. d’Asie (in-1 lre réçj. 0 95
- nie) 0 40 térieure). |2C rég. 1 05
- Hongrie 0 35 0 70
- Italie 0 20
- Sam os et Rhodes. 1 00
- f. Ile de Candie 1 10
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- TAXE TÉLÉGRAPHIQUE.
- Le Tableau général des taxes, qui est à consulter, le cas échéant, contient, pour chaque pays, la taxe par mot par la voie normale ou par les autres voies les plus fréquemment employées, plus la taxe additionnelle et diverses autres indications nécessaires pour l’application régulière des tarifs.
- III. Dans le régime extra-européen, le tarif est également établi par mot; il ne comporte pas de taxe additionnelle.
- Le tarif général comprend, avec indication des voies normales et de toutes les autres voies par lesquelles les télégrammes peuvent être dirigés sur leurs destinations respectives :
- 1° Un tableau général, par ordre alphabétique ;
- 2° Six tableaux annexes correspondant à de grandes divisions territoriales desservies par les mêmes voies.
- A la suite de chacun de ces tableaux sont rappelées les règles particulières à appliquer aux télégrammes empruntant la voie des lignes sous-marines et généralement toutes les indications nécessaires pour taxer et diriger les dépêches.
- Le montant de la taxe appliquée en vertu des règles qui viennent d’être exposées constitue ce qu’on peut qualifier le principal de la taxe. A ce principal s’ajoutent nécessairement des taxes complémentaires, dites taxes accessoires, toutes les fois que l’expéditeur inscrit sur sa minute certaines indications éventuelles spéciales auxquelles les correspondances de cette catégorie doivent leur nom de télégrammes spéciaux. Ceux-ci, au point de vue de leur rédaction, comme aussi de leur taxation, sont soumis à des règles complémentaires spéciales qui sont formulées ci-après :
- Télégrammes officiels. —Les télégrammes officiels sont transmis en franchise, ainsi que les télégrammes de service.
- Télé grammes de presse. — Les télégrammes de presse bénéficient d’une réduction de 50 p. 100, mais aux conditions suivantes :
- La taxe de tout télégramme de presse contenant un nombre de mots impair doit être arrondie de manière à produire un total correspondant à un multiple de 3. Ainsi, une dépêche de presse de 21 mots, par exemple, dont la taxe normale fl,05) réduite de 50 p. 100 s’élèverait strictement au chiffre de 0 fr. 525, doit être taxée de 0 fr. 55.
- Le minimum de la taxe à percevoir ne peut jamais être inférieur à 0 fr. 50, minimum fixé par la loi du 21 mars 1878.
- On ne doit admettre comme télégramme de presse, ni faire bénéficier de la réduction de 50 p. 100, aucun télégramme, ni aucune partie de télégramme contenant des informations qui ne seraient pas destinées à la publicité. Si le télégramme tout entier, bien que présenté comme dépêche de presse, est en réalité une correspondance non destinée à la publicité, il doit être traité comme télégramme ordinaire et taxé à plein tarif. Si un télégramme de presse renferme un ou plusieurs passages d'informations non destinées à la publicité, les mots formant ces passages doivent être taxés à plein tarif, sans que le montant de la taxe applicable à ces passages puisse en aucun cas être inférieur au minimum légal de 0 fr. 50.
- Pour pouvoir être accepté comme télégramme de presse, un télégramme doit nécessairement porter en signature le nom du correspondant inscrit sur la carte de l’expéditeur et être adressé à l'agence ou au journal désigné dans cette carte (Circulaire n° 63, du 13 octobre 1887).
- Télégrammes-mandats. — Les taxes à percevoir sur les télégrammes-mandats se composent:
- 1° D’un droit fixe de 1 p. 100 sur le montant du mandat, comme pour les autres mandats d’articles d’argent français.
- Il est loisible à l’envoyeur d’acquitter le droit de 1 p. 100 en sus de la somme à transmettre, ou de la faire prélever sur la somme déposée;
- 2° De la taxe télégraphique ordinaire;
- 3° D’un droit de 50 centimes pour l’avis à remettre au destinataire des fonds ;
- 4° Des frais accessoires de la taxe télégra-graphique afférents aux indications éventuelles qui intéressent soit la remise à domicile, soit les opérations accessoires autorisées (TC), (CR), (CR postal), (TR), Télégramme personnel.
- Télégrammes sémaphoriques. — La taxe des télégrammes à échanger avec les navires en mer par l’intermédiaire des sémaphores est fivée pour la transmission sèmaphorique :
- 1° Pour le service intérieur, par le décret du 3 mai 1888, à 5 centimes (0f,05) par mot, avec minimum de perception de 50 centimes (0f,50).
- Par suite, la taxe des télégrammes sémapho-riques originaires ou à destination d’un bureau télégraphique de la France continentale et de la Corse, et échangés avec les navires en mer par l’intermédiaire d’un sémaphore français, devra être calculée à raison de 10 centimes (0f,10) par mot (soit 5 centimes pour la taxe te légraphique ordinaire, et 5 centimes pour a taxe maritime), sans que le prix du télégramme puisse être inférieur à 1 franc (1 fr.).
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- 2° Et, pour le service international, par le rèslement de Londres, article 58, § 6, ainsi conçu :
- « La taxe des télégrammes à échanger avec les navires en mer, par l’intermédiaire des sémaphores, est fixée à 2 francs par télégramme. » Les taxes à percevoir pour le parcours maritime des télégrammes sémaphoriques sont donc
- de
- Eu France
- pour l’intérieur, j pour l’étranger. De l’étranger pour la France.
- 1 fr.
- 2 — 2 —
- Ces taxes s’ajoutent au prix du parcours électrique et aux frais accessoires de remise à domicile, s’il y a lieu, calculés d’après les règles générales. La totalité est perçue sur l’expéditeur pour les télégrammes adressés aux navires en mer, et sur le destinataire pour les télégrammes provenant des bâtiments.
- Dans le service intérieur, les télégrammes sémaphoriques émanant d’un bâtiment en mer peuvent être expédiés par la poste, aux conditions des télégrammes ordinaires.
- Dans ce cas, le montant de la taxe à percevoir sur le destinataire est recouvré par les soins du bureau de poste d’arrivée.
- Dans le cas de perception sur le destinataire, le préambule doit contenir l’indication : « taxe
- à percevoir... francs... centimes ». Si cette
- taxe ne peut pas être perçue, le bureau d’arrivée signale ce non-recouvrement par correspondance spéciale adressée à l’administration centrale.
- Les télégrammes sémaphoriques rédigés en langage secret sont, bien entendu, soumis aux dispositions générales admises pour les télégrammes de même nature.
- Toutefois la taxe du collationnement et de 1 accusé deréception, obligatoire pour les télégrammes secrets dans le service intérieur, n’est perçue que pour le parcours terrestre.
- En effet, la taxe fixe de la transmission entre le sémaphore et le navire en mer s’applique de plein droit à un langage chiffré, attendu que le seul mode de correspondance possible entre ces deux points consiste en signaux du code c°mmercial ou pavillons du télégraphe marin.
- Télégrammes collationnés. — La taxe d’un té-gramnie collationné, c’est-à-dire répété intégra-ement de bureau à bureau, est égale dans le Service intérieur à la moitié, et dans le régime lnternational au quart de celle d’un télégramme 0rdinaire de même longueur pour le même Parcours. Cette taxe ne concerne que le colla-
- 0T1nement et s’ajoute à la taxe du télégramme Dictionnaire d’électricité.
- lui-même, calculée d’après les règles ci-dessus.
- Télégrammes avec accusé de réception. — La taxe de l’accusé de réception est égale à celle d’un télégramme simple de dix mots par la même voie.
- Télégrammes recommandés. — La taxe du télégramme recommandé est celle du télégramme collationné, avec accusé de réception.
- Cette taxe est formée des éléments suivants : taxe principale ordinaire; en outre, la moitié de la taxe principale due pour droit de collationnement; enfin, un droit fixe égal à la taxe d’un télégramme ordinaire de dix mots transmis par la même voie.
- Télégrammes à faire suivre. — La taxe apercevoir au départ pour les télégrammes à faire suivre est simplement la taxe afférente au premier parcours, l’adresse complète entrant dans le nombre des mo*ts. La taxe complémentaire est perçue sur le destinataire, par le bureau d’arrivée qui effectue la remise du télégramme.
- A partir du premier bureau indiqué dans l’adresse, les taxes à percevoir sur le destinataire pour les parcours ultérieurs doivent, à chaque réexpédition, être indiquées d’office dans le préambule.
- Ces taxes sont calculées d'après le tarif de la voie normale, à moins d’indications contraires données par l’expéditeur au moment du dépôt du télégramme.
- Télégrammes avec réponse payée. — Pour les télégrammes avec réponse payée, le droit d’affranchissement de la réponse est illimité dans le service intérieur; dans le service international, il ne peut dépasser la taxe d’un télégramme ordinaire de trente mots pour le même parcours.
- Si l’expéditeur n’a pas indiqué le nombre de mots payés pour la réponse, on considère celle-ci comme devant être limitée à dix mots et la taxe est perçue en conséquence. La taxe de la réponse est établie au même taux que celle de la dépêche. Le prix de la réponse est donc au minimum :
- 1° De 50 centimes, lorsqu’il s’agit d’une dépêche échangée entre les divers bureaux de la France continentale et de la Corse, et, par assimilation, delà principauté de Monaco, ou entre les bureaux d’Algérie (ou de Tunisie);
- 2° De 1 franc, lorsqu’il s’agit d’une dépêche échangée entre l’Algérie (ou la Tunisie) et la France.
- La seule exception à cette règle est relative aux télégrammes ouverts circulant par la voie des tubes pneumatiques dans Paris. La dépêche
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- ouverte étant taxée à raison de 30 centimes, la réponse peut être également payée pour le même prix.
- Lorsque le télégramme portant l’indication (RP) est déposé dans un bureau-gare, où doit être adressé le télégramme affranchi, la taxe à percevoir doit comprendre, outre le montant de la réponse, les frais fixes d’exprès, à moins qu’il ne soit spécifié que la réponse sera adressée « télégraphe restant ».
- Exemple : Un télégramme de 23 mots, avec (RP) simple, de Raillargues pour Montpellier sera taxé comme suit :
- Taxe principale................ lf,15
- ,pp. j dix mots................ 0 50
- ' x ' i un kilomètre............ 0 50
- Total................ 2 15
- Pour les télégrammes internationaux, si la dépêche à laquelle se rapporte la réponse payée a été taxée par la voie normale, la réponse est également taxée par la voie normale et pour le même parcours. Si, au contraire, l’expéditeur a désigné pour la dépêche une voie autre que la voie normale, et si le tarif appliqué à cette dépêche comporte une taxe additionnelle, cette même taxe additionnelle est perçue pour la réponse.
- Le nombre minimum de mots pour lequel on peut percevoir le prix de cette réponse n’est pas déterminé par le règlement de Londres. Toutefois, le télégramme, quelque réduit qu’il soit, devant avoir nécessairement trois mots au moins, on ne percevra pas de réponse de moins de trois mots.
- Quant à la limite supérieure du nombre de mots, elle est fixée à trente. Mais cette limite peut être dépassée lorsqu’un expéditeur ou un destinataire demande, par dépêche à un bureau télégraphique, la répétition intégrale d’un télégramme précédemment transmis.
- Dans ce cas, la réponse doit être payée pour le nombre exact de mots contenus dans la dépêche dont la répétition est demandée.
- En l’absence de toute indication du nombre de mots, la réponse est perçue pour dix mots.
- La taxe d’un télégramme à destination d’un pays étranger, avec réponse payée, devra être établie, dans tous les cas, suivant le nombre des mots du télégramme, par la voie indiquée, et celle de la réponse, d’après le nombre des mots payés par la même voie, quelle que soit d’ailleurs la ville où l’expéditeur demande que la réponse soit adressée. Ainsi, un télégramme de quinze mots de Paris pour Rruxelles, avec
- réponse payée de trente mots pour Yerviers, devra être taxé comme suit :
- 15 mots de Paris à Bruxelles (voie nor-
- male)................................. 2f,25
- 30 mots de la réponse de Bruxelles àVer-viers (comme si la réponse devait être transmise à Paris).................. 4 50
- Taxe totale à percevoir........... 6 75
- Il est à remarquer que, dans le cas où un télégramme serait expédié d’un bureau français à un bureau également français, avec réponse payée pour une ville étrangère, par exemple de Paris à Lyon, quinze mots, avec réponse payée de vingt mots pour Genève, la taxe devrait être établie comme suit :
- 15 mots de Paris à Lyon (taxe intérieure). Or,75 20 mots de Lyon à Genève (taxe inter-
- nationale) ............................ 3 00
- Taxe totale à percevoir......... 3 75
- Si le télégramme international portant (RP) est urgent et que la réponse demandée doive être transmise par urgence, le maximum de longueur de cette réponse doit être admis pour dix mots, dont la taxe simple est multipliée par 3.
- Le Bon que le bureau d’arrivée est tenu de remettre au destinataire du télégramme portant l’indication (RP) confère au titulaire la faculté d’expédier gratuitement, et dans les limites de taxe indiquées sur le bon, un télégramme à une destination quelconque, en France ou à l’étranger.
- Ce bon n’est valable que : 1° pendant huit jours, dans le service intérieur; 2° pendant six semaines dans le service international, à partir du jour où il a été établi. Passé ce délai, il est considéré comme nul et non avenu, et la taxe perçue reste acquise à l’Administration.
- Le bon ne peut servir qu'à l'affranchissement d’un seul télégramme. Il ne pourrait être utilise pour plusieurs dépêches, même dans le cas ou le total des taxes de ces télégrammes n’atteindrait pas la somme versée au départ pour affranchir la réponse. Plusieurs bons ne peuvent pas servir non plus à Vaffranchissement d'un télégramme unique.
- Les bons délivrés ne peuvent être utilisés que par la personne au profit de laquelle ils sont émis, ou par son délégué. En cas de doute à ce sujet, le bureau peut exiger que la personne qui les donne en payement justifie de son identité.
- Ils ne sont pas acceptés s’ils ne portent paS
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- toutes les indications nécessaires, s’ils ne sont pas frappés du timbre à date du bureau d’émission et s'ils ne sont pas signés par l’agent de service qui les a établis. Il en est de même s’ils paraissent altérés ou faux.
- Dans ces différents cas, la personne qui les présente est invitée par le receveur à justifier de son identité. Il est pris note de son nom et de sa demeure et le bon est retenu. Le télégramme présenté est alors payé en numéraire, il en est donné un récépissé gratuit et l’expéditeur est avisé que, si la vérification du bon démontre qu’il est valable, le montant lui en sera remboursé. Le bon est immédiatement transmis, sous pli recommandé, au receveur du bureau d’origine, avec demande de le rapprocher de la souche d’émission et de faire connaître s’il est véritable. En cas d’affimative, celui-ci renvoiele bon, également sous pli recommandé, au bureau qui le lui a transmis. En cas de négative, le receveur du bureau d’émission adresse, par l’intermédiaire du directeur, le bon à l’Administration, en y joignant un rapport circonstancié.
- Les bons ainsi délivrés sont acceptés dans tous les bureaux de France pour Vaffranchissement, par le titulaire, d'un télégramme adressé à une personne et à une destination quelconques, en France ou à l'étranger.
- a. Si la taxe à acquitter pour le télégramme « réponse » est égale à la valeur du bon, l’opération est simple;
- b. Si le bon est présenté pour l’acquittement d’une taxe inférieure à sa valeur, l’expéditeur doit être prévenu qu'il n’a aucun droit au remboursement de la différence. Cette observation faite, le bon est accepté pour l’affranchissement de la taxe du télégramme déposé, si l’expéditeur persiste à le donner en payement.
- C- Si la taxe exigible est supérieure, le bon peut être pris comme acompte de la somme à Percevoir, à la condition que la taxe complémentaire soit immédiatement payée en numéraire.
- H n’est fait d’exception à cette règle que dans fe service intérieur, sur la demande expresse de 1 expéditeur, lorsque la réponse payée esta proprement parler une Réponse, c’est-à-dire lors-Welle est adressée à l'expéditeur même du télé-Warnme primitif. Dans ce cas, l’excédent peut être perçu soit au départ, soit à l’arrivée, au ehoix de la personne qui répond ; mais cette
- ernière doit, lorsqu’elle ne paye pas l’excédent au départ, inscrire de sa main, sur la mi-nute du télégramme et immédiatement avant
- l’adresse, l’indication « complément à percevoir X mots. »
- Cette indication est comprise dans le nombre des mots taxés.
- Le bon est frappé du timbre du bureau à la date du jour où il est remis en payement, à la place laissée libre à cet effet à la droite de la signature de l’agent qui l’a établi; la date est mise à la main dans le timbre du bureau s’il ne porte pas cette indication.
- Lorsqu’un expéditeur qui affranchit un télégramme par bon envoie ce télégramme à l’expéditeur même de la dépêche portant « réponse payée », s’il ne connaît pas l’adresse de son correspondant, il doit être prévenu que, pour assurer la remise certaine de sa correspondance, il peut comprendre dans le libellé de l’adresse soumise à la taxe une mention qui lui est indiquée ou bien écrire avant l’adresse les mots :
- « réponse au n°....du..... » qui sont obligatoi-
- rement compris dans le compte des mots taxés.
- Télégrammes multiples. — Les télégrammes adressés dans une même localité à plusieurs destinataires ou à un même destinataire à plusieurs domiciles, avec ou sans réexpédition par la poste ou par exprès, sont taxés comme un seul télégramme; mais il est perçu, à titre de droit de copie, autant de fois 50 centimes, par télégramme ne dépassant pas cent mots, qu’il y a de destinations, moins une. Au delà de cent mots, ce droit est augmenté de 50 centimes par série ou fraction de série de cent mots. Dans ce compte figure la totalité des mots à taxer, y compris les adresses.
- Si un télégramme multiple doit être expédié par poste ou par exprès, ou bien s’il comporte l’une ou l’autre des indications suivantes : (RP) (T C) (G R) (T R) (avec reçu), on inscrit dans le préambule le nombre des adresses ; mais l’expéditeur est tenu de répéter avant chaque adresse, pour être comprises duns le nombre des mots taxés, toutes les indications éventuelles ; il doit, en outre, formuler les diverses adresses de telle sorte que les expéditions à faire à l’arrivée ne prêtent à aucune ambiguïté. Les taxes accessoires ou complémentaires sont perçues autant de fois qu’il y a d’adresses différentes, à moins que l’expéditeur n’ait formulé clairement sa volonté contraire dans le télégramme même.
- Si l’adresse est libellée comme suit, par exemple : « Mercadier hôtel Europe ou hôtel Empereurs Toulouse », on perçoit, en sus de la taxe principale, une fois le droit de copie,' soit 50 centimes.
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- Si l’adresse du télégramme multiple, ne précisant pas le nombre des hôtels, est conçue de la manière suivante : « Gaillard voyageur voir dans principaux hôtels Castres », on doit insérer dans le préambule la mention de service : « plusieurs adresses avec arrhes » et l’on perçoit à titre d’arrhes, en sus de la taxe principale, une somme d’au moins 5 francs correspondant à 10 copies supplémentaires. On liquide ultérieurement cette perception d’arrhes soit par remboursement, soit par un complément de taxe, sur le vu de la feuille M que le bureau d’arrivée est tenu de dresser d’office et d’envoyer à bref délai au bureau d'origine.
- Télégrammes par exprès. — La taxe d’exprès se calcule de la manière suivante :
- Bans le service intérieur : Si la distance est connue, il est perçu une somme fixe de 50 centimes par kilomètre ou fraction de kilomètre.
- La taxe d’exprès est calculée d’après la distance réelle, et cette distance se compte, pour les habitations agglomérées, du bureau d’arrivée au centre de l’agglomération, et, pour les habitations isolées, du bureau d’arrivée au lieu même de destination.
- Le montant de la somme à percevoir à titre d’arrhes ne peut être délerminé; il appartient au bureau expéditeur d’apprécier, selon les circonstances, quelle doit être l’importance de ce dépôt.
- La perception des frais fixes d’exprès correspondant à la distance kilométrique indiquée à la suite du nom d’un bureau-gare est obligatoire, si le télégramme adressé à cette gare doit être mis à la poste, et si les indications de l’adresse ne prescrivent pas de remettre ce télégramme au courrier-convoyeur ou de le jeter dans la boîte mobile, ce que ferait connaître la formule (poste en gare).
- Dans le service international, les indications suivantes serviront à fixer le montant des arrhes à percevoir et à donner aux expéditeurs les explications qu’ils demanderaient sur le mode de remise par exprès ou par estafette, dans les divers pays.
- En Allemagne, on emploie soit un messager spécial, soit une estafette contre remboursement des frais effectifs. Le messager spécial (exprès) est payé à raison de 15 pfennigs, environ 18 centimes, par kilomètre, avec minimum de perception de 75 pfennigs (90 centimes). L’estafette est payée à raison de 5 francs jusqu’à 5 kilomètres, avec augmentation de 2 fr. 50 par o kilomètres, ou fraction de 5 kilomètres en sus des premiers.
- En Autriche, les taxes d’exprès sont d’environ 60 centimes par kilomètre, dans un rayon de 30 à 40 kilomètres ; au delà de ce rayon, on peut employer aussi l’estafette contre le payement des frais effectifs, qui sont d’environ 2 fr. 50 par myriamètre et par cheval.
- En Belgique, l’exprès à pied coûte généralement 1 franc pour les cinq premiers kilomètres avec addition de 20 centimes pour chaque kilomètre en plus. Pour les transports à faire de nuit ou qui sont particulièrement difficiles à effectuer, ces prix peuvent être augmentés de 50 p. 100.
- Sur la demande de l’expéditeur, ou pour les distances de plus de 15 kilomètres, on peut employer un messager à cheval ou en voiture, Le prix du transport est alors réglé d’après la distance, l’heure du jour ou de la nuit, l’état des chemins, etc.
- L’Office danois emploie l’exprès ou l’estafette. Le prix de l’exprès est d’environ 50 centimes par quart de mille (environ 1800 mètres).
- D’après les dispositions admises par le Post-Office anglais, l’exprès à pied coûte 60 centimes par mille (1600 mètres) et l’exprès à cheval 1 fr. 25 cent.
- En Hongrie, les taxes d’exprès et d’estafette postale sont calculées sur les mêmes bases qu’en Autriche.
- En Italie, on emploie l’exprès, qui coûte environ 20 centimes par kilomètre. L’Administration italienne admet également un service d’estafette pour tous télégrammes, mais sans le garantir, et elle recourt à l’exprès toutes les fois qu on ne trouve pas d’estafette.
- Dans le Luxembourg, l’exprès est taxé à raison de 1 franc pour les 5 premiers kilomètres et de 50 centimes par 2 kilomètres et lien sus.
- En Norvège, on peut employer l’exprès jusqu’à une distance de 17 kilomètres, moyennant une taxe de 42 centimes par kilomètre.
- L’Office néerlandais emploie l’exprès ou 1 estafette contre recouvrement des frais effectifs* du transport, qu’il faut calculer sur la base de 50 centimes par kilomètre pour l’un et l’autie de ces modes d’envoi.
- L’Administration portugaise a un service d’exprès dont le prix est fixé chaque année, sui vant la moyenne des dépenses du même service pendant l’exercice précédent.
- La Russie n’emploie que des estafettes don le prix est calculé sur la base de 32 centinre-environ par kilomètre, avec taxe fixe addition nelle de 28 centimes par télégramme.
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- En Serbie, on emploie des messagers spéciaux 0u des estafettes, contre remboursement des frais effectifs du transport.
- En Suède, on emploie l’exprès ou l’estafette.
- Les frais de transport sont fixés ainsi qu’il sait : par exprès (messager à pied) : 28 centimes par kilomètre; par estafette (messager à cheval) : 56 centimes par kilomètre. L’exprès à pied n’est employé que dans les limites d’une distance maxima de 15 kilomètres. Au delà de cette limite, il n’est fait usage que du messager à cheval.
- En Suisse, la distribution est gratuite dans un rayon d’un kilomètre du bureau. Au delà d’un kilomètre, la taxe de l’exprès est de 25 centimes pour chacun des deux premiers kilomètres, et de 30 centimes pour chaque kilomètre en sus, jusqu’à 10 kilomètres; au delà de 10 kilomètres, l’envoi peut avoir lieu par estafette, contre remboursement des frais effectifs du transport.
- La Bulgarie, l’Espagne, la Grèce, le Monténégro, la Roumanie et la Turquie n’ont organisé aucun service d'exprès ou d’estafette.
- Dans le régime extra-européen, l’Administration française, en Cochinchine, assure la remise des télégrammes par exprès dans les limites du territoire de la colonie, à raison de o0 centimes par kilomètre, lorsque le trajet a lieu sur terre, et de 1 franc par kilomètre, lorsqu’il a lieu par eau. Mais on ne peut bénéficier de cette disposition qu’autant que les distances à parcourir ne dépassent pas 15 kilomètres.
- La Russie d’Asie est desservie par estafette dans les mêmes conditions que la Russie d’Europe.
- Les télégrammes pour la Chine peuvent être expédiés de Kiatchta (Russie d’Asie, lre région), soit par poste, les 5,12,19 et 26 de chaque mois, soit par estafette. Les frais de poste à percevoir sur l’expéditeur sont de 40 centimes par télégramme pour Ourga et Kalgand et de 1 fr. 20 pour Pékin et Tien-Tsin,
- Les frais d’estafette à percevoir sur l’expédi-'our d’un télégramme à destination de Pékin el de Tien-Tsin sont de 392 francs pour un che-'àl, et de 588 francs pour deux chevaux.
- La Compagnie « Méditerranean extension », Oui dessert l’île de Malte par le câble de Mo-dioa, emploie des messagers à pied ou des mes-sàgers rapides. Les exprès à pied coûtent 60 centimes jusqu’à 2400 mètres; 1 fr. 25 jus-0u à 4 kilomètres; 2 fr. 50 jusqu’à 7800 mè-hes, 5 francs jusqu’à 13600 mètres. Le prix des exprès rapides est le double de celui des mes-Sagers à pied.
- Pour l’Amérique, les trois compagnies se chargent du transport par exprès à raison de 15 fr. 65 pour chaque parcours de 8 kilomètres, ou fraction de ce parcours, mais cette taxe doit être recouvrée sur le destinataire.
- Dans les Indes néerlandaises, il existe un service d’exprès et d’estafettes pour le transport des télégrammes à destination des localités non desservies par le télégraphe. Les prix de ce transport sont perçus d’après un tableau de taxes d’exprès calculées pour les localités avoisinant chacun des bureaux.
- L’Office Australien (du Sud) fait remettre les télégrammes gratuitement dans un rayon d’un demi-mille. Au delà de ce rayon la remise peut être faite par une estafette (messager à cheval), à raison de 2 fr. 50 par mille (1600 mètres), tant à l’aller qu’au retour.
- Enfin, l’Office indo-européen du Gouvernement britannique transporte, à partir de Jask (Béloutchistan) :
- 1° Les télégrammes à destination de Bassi-dore, Bunder-Abbas ou Lingah, moyennant une taxe fixe d’exprès de 40 francs pour’ Bunder-Abbas et de 60 francs pour Lingah et Bas-sidore ;
- 2° Les télégrammes à destination de Mascate, moyennant une taxe fixe d’exprès de 90 francs.
- L’adresse de ces télégrammes devra porter la mention : « Exprès payé Iask. »
- Aucun service d’exprès n’a été organisé par les Offices des Indes britanniques, des colonies anglaises du Gap et de Natal, et par l’Administration japonaise.
- La liquidation des arrhes s’opère, dans le service international, à l’aide des renseignements fournis par l’accusé de réception; dans le service intérieur, à l’aide des renseignements que le bureau destinataire transmet au bureau d’ori-gine.
- Lorsque l’expéditeur désire que la liquidation soit effectuée dans un plus bref délai, il .peut obtenir, en payant une réponse de dix mots, que les renseignements sur la distance parcourue par exprès soient transmis par le télégraphe. Il inscrit, à cette fin, avant l’adresse, l’indication réglementaire « exprès arrhes télégraphe », laquelle signifie que le bureau d’origine a perçu des arrhes et que le bureau destinataire doit transmettre télégraphiquement la distance de l’exprès par un avis de service de retour.
- Le receveur taxe le télégramme comme à l’ordinaire ; il perçoit en sus une somme fixe de 50 centimes pour affranchissement de l’avis de service de retour.
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- Dès la réception de Paris de service de retour qui lui fait connaître la distance parcourue, il en avise par écrit l’expéditeur et procède à la liquidation dans les formes habituelles.
- L’avis télégraphique de retour doit toujours être annexé à l’original du télégramme qu’il concerne.
- Télégrammes par poste. — Lorsque l’expéditeur a inséré avant l’adresse une indication éventuelle en vertu de laquelle son télégramme doit être acheminé sur le lieu de destination par voie postale, à partir du bureau d’arrivée (1), il n’j a pas de taxe postale à percevoir au départ, hormis les cas suivants :
- « (a) Lorsque le télégramme doit être envoyé à destination non par lettre ordinaire, mais par lettre recommandée : l’expéditeur doit, en ce cas, écrire avant l’adresse l’indication (Poste recommandée) ou (PR) et payer la taxe de la recommandation postale.
- « (6) Lorsqu’un télégramme intérieur est adressé à un bureau télégraphique français, pour être expédié de là par poste dans une localité ou un pays étranger quelconque, la recommandation postale est obligatoire, l’adresse doit être précédée de l’indication réglementaire (Poste recommandée) ou (PR), et les frais de recommandation sont perçus d’après le larif postal en vigueur.
- « (c) Lorsqu’un télégramme international est adressé par un bureau français à un bureau télégraphique étranger pour être, par les soins de ce dernier, mis à la poste et envoyé au delà des mers, l’indication éventuelle (Poste) doit être inscrite avant l’adresse et la- taxe postale être perçue conformément aux indications du tarif télégraphique (pages 18 et 32).
- « Il est interdit d’accepter un télégramme portant, avant l’adresse, l’indication (Poste) ou Poste recommandée (PR) ou (Poste restante), si le bureau télégraphique destinataire est un sémaphore, un bureau écluse ou barrage. Il est de même interdit d’accepter un télégramme avec l’indication (Poste recommandée) ou (Poste restante), si le bureau télégraphique est une gare D, ou V, ou VD. Dans ce dernier cas, la seule indication autorisée est celle de Poste ou bien Poste en gare, laquelle oblige le bureau gare d’arrivée à jeter le télégramme, préalablement affranchi, à la boîte mobile de la gare. Si, au
- (1)11 est interdit d’accepter, à destination d’un bureau sémaphorique ou d’un bureau écluse ou barrage, un télégramme portant, avant l’adresse, l’indication éventuelle (P P) ou poste recommandée, ou poste restante.
- contraire, le bureau gare d’arrivée est ouvert au service télégraphique sans restriction comme le télégramme à mettre à la poste doit être remis au bureau de poste de la localité les frais fixes d'exprès doivent toujours être perçus, à moins que l’expéditeur n’inscrive avant l’adresse l’indication réglementaire (Poste en gare).
- « (d) Les télégrammes internationaux qui doivent traverser la mer, par voie postale, sont soumis à une taxe variable, à percevoir parle bureau d’origine. Le montant de cette taxe est fixé par l’Administration qui se charge de l’expédition et notifié à toutes les autres administrations. »
- Les taxes à percevoir, pour transport par la poste des télégrammes destinés à traverser la mer, sont les suivantes :
- En France, on perçoit pour toutes les destinations une taxe de 1 franc.
- Pour les autres offices européens, on perçoit à partir de :
- r Pour toutes les destinations ap-AllemagneJ partenant à l’Union postale. 0f,50 ( Pour les autres destinations... 1 00
- Autriche..
- A partir de Trieste (seul bureau autrichien d’où se fassent les expéditions dont il s’agit), pour toutes les destinations. 1 00
- , A partir de Fiume et des autres j bureaux du littoral hon-
- i grois :
- i (a) Pour les côtes et les îles de la Méditerranée, pour la Tur-
- Iquie et l’Égypte, avec la Nubie et le Soudan.................
- (b) Pour les côtes occidentales et orientales de l’Afrique, sauf Port-Natal, voie Brin-disi; l’Asie, sauf les pays Hongrie .../ indiqués sous d ; et pour les colonies françaises, néer-
- I landaises et espagnoles de
- l’Océanie..................
- (c) Pour Port-Natal, voie Brin-
- disi.....................; •
- (d) Pour Annam, la Birmanie indépendante, Siam et l’île
- ! de Bornéo.....................
- j (e) Pour l’Austalie, la Tasina-I manie et la Nouvelle-Zé-
- \ lande......................
- Belgique... Pour toutes les destinations...
- 0 25
- 0 50 1 35
- 1 10
- 1 00 1 00
- / Pour les îles Canaries, les po?-1 sessions espagnoles d’outre-„ 1 mer, la côte septentrionale
- Espagne .. • \ d’Afrique et la côte du Maroc.
- f Pour toutes les autres destina-
- v ................................
- Gde Bretagne. Pour toutes les destination» • •
- 0 1»
- 1 00 ] 00
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- ; Pour les correspondances à des-rîhraltar .. ' tination de Tanger et du b { Maroc........................ 0 10
- ! Pour les télégrammes destinés ! à être mis à la poste à Cor-
- V fou et adressés à des locali-
- * tés situées : en Europe...... 1 00
- I Hors d’Europe............. 2 00
- f A partir des autres bureaux de \ la Grèce.................... • 0 50
- ( Pour Alexandrie d’Égypte, la ) Goulette, Sousa, Tunis et ( Tripoli de Barbarie.......... 0 50
- Pour toutes les autres destina-1 fions (y compris la Corse, a quand les lignes télégraphi-
- Italie
- f ques sous-marines ne sont \ pas interrompues) (1) 1 00
- Malte . Pour toutes les destinations... 2 00
- Portugal.. . Pour toutes les destinations... 1 00
- Turquie .. Pour toutes les destinations... 2 00
- Pour les offices extra- européens :
- A partir des Indes néerlandaises et des îles Madère et Saint-Vincent, pour toutes les destinations............................... 1 00
- D’Amérique, pour toutes les destinations.. 1 25
- D’Aden, d’Australie, d’Égypte, des Indes anglaises ou de Birmanie, de Malacca, de Penang, du golfe Persique et de Singa-pore, pour toutes les destinations........ 2 00
- D’Arnoy pour Foochow..................... 2 00
- Du Japon pour toutes les destinations.... 1 00
- De kiatchta.j pour pékin et Tien-Tsin....... 1 20
- Les départs de Riatchta ont lieu les 5, 12, 19 et 2t! de chaque mois.
- La Suède, la Norvège, le Danemark, les Pays-Bas, la Bulgarie, la Roumanie etlaRussie, bien que confinant à la mer, n’ont indiqué aucune taxe applicable aux correspondances destinées à traverser la mer.
- Télégrammes spéciaux divers. — Aucune taxe spéciale ne doit être réclamée de l’expéditeur qui inscrit avant l’adresse l’une des indications suivantes : (télégraphe restant), (télégramme personnel), (adresse intégrale à reproduire sur chaque copie), où toute autre mention dont l’expéditeur prendrait l’initiative.
- Télégrammes avec reçu. — Mais il doit payer 10 centimes pour tout télégramme dont il demande le récépissé de dépôt, à la condition d’inscrire avant l’adresse les mots : (avec reçu)
- (É Quand les lignes télégraphiques sous-marines entre l’Italie et la Corse sont interrompues, l’envoi des télégrammes par la poste est effectué sans frais pour l’expéditeur et pour le destinataire.
- qui sont compris dans le nombre de mots taxés.
- Pour les télégrammes internationaux, l’expéditeur a le droit d’obtenir, en outre, sur le récépissé de dépôt, la mention de la taxe perçue.
- Les taxes perçues en moins par erreur et les taxes et frais non perçus sur le destinataire, par suite de refus ou de l’impossibilité de le trouver, doivent être complétés par l’expéditeur.
- Les taxes perçues en plus par erreur sont de même remboursées aux intéressés.
- Les opérations relatives aux compléments de taxe ou aux remboursements sont toujours régularisées, soit par le registre à souche, soit par le registre des remboursements.
- Adresse convenue. — La faculté pour un destinataire de se faire remettre à domicile un télégramme dont l’adresse est rédigée sous une forme convenue ou abrégée est subordonnée à un arrangement préalable avec le bureau d’arrivée. En France, la taxe d’abonnement est fixée pour chaque adresse à 40 francs par an, à partir du 1er janvier de chaque année, ou à 20 francs par semestre indivisible, courant du 1er janvier ou du 1er juillet de chaque année.
- L’abonnement est dû par chaque destinataire autant de fois qu’il désigne d’adresses différentes se rapportant à sa personne.
- La même adresse peut servir à une société financière et à ses succursales, mais la taxe d'abonnement doit être versée dans chacun des bureaux appelés,à desservir ces succursales.
- Les règles générales sur le compte des mots s'appliquent aux adresses convenues ou abrégées, qui ne peuvent par suite contenir aucune combinaison contraire à l’usage de la langue employée. C’est ainsi qu’elles ne peuvent être formées par la réunion en un seul mot du nom du destinataire au nom de la rue où il a son domicile, ni à son prénom, à son titre, à sa qualité, etc.
- Les mandats télégraphiques ne comprennent pas d’adresse abrégée ou convenue.
- Taxes diverses. — Pour compléter les renseignements qui précèdent, nous indiquerons encore un certain nombre de modifications plus récentes.
- Télégrammes pour la Suisse. — Une convention conclue le II mai 1887 a réglé ainsi qu’il suit les relations télégraphiques avec la Suisse :
- La taxe des télégrammes ordinaires échangés directement entre la France et la Suisse est fixée uniformément et par mot à 15 centimes
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- (0 fr. 15) pour la correspondance générale, et à 10 centimes (0 fr. 10) pour toutes les correspondances échangées entre un bureau quelconque de l'un des cantons suisses situés sur la frontière de la France et un bureau quelconque d’un département français limitrophe de ce même canton, le territoire de Belfort étant traité comme un département.
- Télégrammes pour Obock et le canal de Suez.— Conformément aux renseignements contenus dans la circulaire télégraphique n° 36209 du 2 août 1889, des télégrammes peuvent être échangés directement avec notre colonie d’Obock, qui a été reliée au réseau général par un câble posé entre Obock et Périm.
- La taxe à percevoir pour ces télégrammes, qui sont soumis aux règles du régime extraeuropéen, est celle d’Aden ou de Périm augmentée de 0 fr. 15 par mot.
- L’Administration des chemins de fer, des télégraphes et du port d’Alexandrie a fait connaître (avril 1890) qu’elle a conclu un arrangement avec la Compagnie universelle du canal maritime de Suez pour la livraison aux passagers en transit dans ledit canal des télégrammes qui leur sont destinés.
- Les télégrammes doivent être adressés :
- « 1° A Suez pour les passagers allant vers l’ouest ;
- 2° A Port-Saïd pour les passagers allant vers l’est ;
- 3° Alsmaïlia pour les passagers à bord des bateaux qui y seraient en station.
- Outre le nom du destinataire, l’adresse doit aussi
- contenir le nom du bateau, ainsi: « bateau.» et
- les mots: « faire suivre ».
- Si les mots « bateau..» et « faire suivre » ne
- sont pas insérés dans l’adresse, il sera perçu un droit de factage de 50 millièmes (environ 1 fr. 30).
- Les passagers dans le canal peuvent expédier des télégrammes dans toutes les parties du monde, de chacun des garages sur le parcours du canal de Suez. »
- Convention entre la France, l'Angleterre et la Belgique. — Dans le but de faciliter l’échange des télégrammes entre laFrance, l’Angleterre et la Belgique, les gouvernements de ces trois pays ont adopté en 1889 la convention suivante, relative aux cas d’interruption complète ou partielle des communications télégraphiques directes.
- Art. 1er. — Dans les cas d’interruption des lignes directes reliant deux des États contractants, les taxes de transit seront les suivantes pour les télégrammes ordinaires :
- Les télégrammes échangés entre la Grande-Bretagne et la France, en passant par le réseau télégraphique de la Belgique, seront soumis à une taxe de transit terrestre de 2 centimes par mot à porter au crédit de ce dernier pays.
- Les télégrammes qui seront transmis entre la Grande-Bretagne et la Belgique, par la voie de France, seront soumis à une taxe de transit terrestre de 2 centimes 75 par mot à bonifier à ce dernier pays.
- Pour les télégrammes qui seront échangés entre la France et la Belgique, par la voie anglaise j[ sera attribué à la Grande-Bretagne une taxe de transit terrestre de 2 centimes 75 par mot.
- Dans les différents cas énumérés ci-dessus, la taxe du transit sous-marin par les câbles anglo-français ou anglo-belges sera de 4 centimes par mot, à répartir en parts égales entre les administrations propriétaires des câbles.
- Art. 4.— La présente convention sortira ses effets à partir du Ier avril 1889 et restera en vigueur jusqu’à l’expiration d’une année à compter du jour où elle aura été dénoncée par une des parties contractantes.
- Conférence télégraphique de 1890. —- Nous ajouterons enfin que la conférence télégraphique internationale de 1890 a proposé un certain nombre de modifications qui seront applicables à partir du 1er juillet 1891, si elles reçoivent l’approbation des gouvernements intéressés.
- Le délégué de l’Allemagne a proposé l’unification des taxes, mais l’adoption de ce projet a été renvoyée à la prochaine conférence, qui aura lieu en 1895 à Budapesth.
- Il a été voté cependant des réductions de taxe partielles : par exemple les dépêches pour l’Allemagne ne payeront plus que 15 centimes au lieu de 20 centimes par mot ; pour la Belgique et la Suisse 12 centimes 1/2 au lieu de 15: pour la Russie 40 centimes au lieu de 50 centimes. Le minimum de 1 franc par dépêche a été établi pour tous les Etats, excepté pour l’Allemagne qui n’en impose aucun.
- Désormais, aussi, les mots composés tels que sous-lieutenant, porte-monnaie, chef-d’œuvre, etc., ne compteront plus que pour un mot lorsqu’on les assemblera comme suit : sousheu-tenant, portemonnaie, chefdœuvre, etc. Cependant, il ne faut pas que le mot ainsi compose excède quinze lettres pour les destinations européennes et dix lettres pour les destinations extra-européennes.
- On pourra, sur un télégramme, ajouter les lettres M. P., qui signifient en mains propres, c’est-à-dire qu’avec cette mention la dépêche, comme une lettre chargée, ne sera remise a son destinataire que moyennant reçu.
- Remboursements de taxes. — Toute réclamation en remboursement de taxe doit être formée, sous peine de déchéance, dans les deux mois de la perception. Ce délai est porté à six mois pour les télégrammes extra-européens.
- Toutefois ce délai n’est que de huit jours
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- TAXE TÉLÉGRAPHIQUE.
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- dans le service intérieur, et de quarante-deux jours dans le service international, si le détenteur d’un bon de réponse payée demande, au profit de l’expéditeur, le remboursement de la valeur de ce bon non utilisé par le titulaire dans les délais rappelés ci-dessus.
- Pour la liquidation des arrhes d’exprès, il n’est pas stipulé de délai de prescription.
- Toute réclamation doit être accompagnée des pièces probantes (décret du 16 avril 1881, article 31), savoir : une déclaration écrite du bureau de destination ou du destinataire, si le télégramme n’est point parvenu, et la copie qui a été remise, s’il s’agit d’erreur ou de retard.
- Lorsqu’une réclamation a été reconnue fondée parles administrations intéressées, le remboursement est effectué par l'office d’origine.
- L’expéditeur qui ne réside pas dans le pays où il a déposé son télégramme peut faire présenter sa réclamation à l’office d’origine par l’intermédiaire d’un autre office. Dans ce cas, l’office qui l’a reçue est, s’il y a lieu, chargé d’effectuer le remboursement.
- Sont remboursées de droit à l’expéditeur qui en fait la demande, mais en vertu d’une autorisation spéciale de l’Administration centrale, les taxes suivantes :
- () La taxe intégrale d’un télégramme-mandat qui, adressé à un bureau non ouvert au service des mandats télégraphiques, n’a pas pu remplir son objet et est resté impayé.
- () La taxe intégrale de tout télégramme international qui a éprouvé un retard notable ou qui n’est pas parvenu à destination par le fait du service télégraphique.
- En cas de retard, le droit au remboursement est absolu, pour les correspondances internationales, lorsque le télégramme n’est point arrivé à destination plus, tôt qu’il n’y serait parvenu par la poste ou lorsque le retard dépasse deux fois vingt-quatre heures pour un télégramme européen et six fois vingt-quatre heures pour un télégramme sortant des limitas de l’Europe.
- Le remboursement intégral de la taxe est effectué aux frais des offices par le fait desquels retard s’est produit et dans la proportion 'les retards imputables à chaque office.
- (c) La taxe intégrale de tout télégramme collationné (dans le service international), de tout télégramme collationné ou recommandé (dans le service intérieur), qui, par suite d’erreurs de transmission, n’a pu manifestement remplir s°n objet; qui n’est point arrivé à destination Plus tôt qu’il n’y serait parvenu par la poste, ou
- qui n’est pas parvenu du tout à destination par le fait du service télégraphique.
- Les erreurs ou omissions sont imputablos :
- 1° Aux deux bureaux : lorsque des mots, nombres ou caractères ayant été omis ou ajoutés, le bureau qui a reçu n’a pas vérifié le compte des mots; lorsque le collationnement payé a été omis ou incomplet ; lorsqu’à l’appareil Hughes, il y a eu un défaut non rectifié;
- 2° Au bureau qui a reçu : lorsqu'il n’a pas tenu compte de la rectification faite à son collationnement par son correspondant; lorsqu’en cas de répétition d’office, il n’a pas rectifié la première transmission d’après cette répétition ;
- 3° Au bureau qui a transmis : dans tous les autres cas.
- La transmission inexacte d’un télégramme ne donne lieu à rembouroement que lorsque le collationnement a été payé, et encore faut-il que l’erreur commise soit de nature à rendre la dépêche incompréhensible pour le destinataire, ou à empêcher ce dernier de se conformer aux intentions de l’expéditeur. Dans le service intérieur, le retard qui donne ouverture au droit au remboursement est celui qui a manifestement fait manquer le but du télégramme. On peut admettre, en général, que le retard ne justifie le remboursement que lorsque la dépêche a employé, pour parvenir à destination, plus de deux jours danslerégime européen, plus de six dans le régime extra-européen ; à moins, toutefois, que ce retard n’ait été occasionné par une interruption de communications. Dans ce dernier cas, les administrations n’encourent aucune responsabilité.
- Dans les cas prévus ci-dessus, le remboursement ne peut s’appliquer qu’aux laxes des télégrammes mêmes qui ont été omis, retardés ou dénaturés, y compris les taxes accessoires, mais non aux correspondances qui auraient été motivées ou rendues inutiles par l’omission, l’erreur ou le retard.
- (d) Dans le service soit intérieur soit international (d), la taxe des dépêches rectificatives ou
- (1) Dans le service international même, la taxe des télégrammes rectificatifs ou complétifs n’est remboursée que sur autorisation de l’Administration centrale, lorsque les communications ont été échangées entre deux bureaux et s’il est bien constaté qu'elles ont été motivées par une faute du service télégraphique.
- Il suit de là que les demandes en remboursement de cette catégorie doivent être adressées, le jour de leur dépôt, par les receveurs à la direction départementale, qui les instruit d’urgence et les fait suivre, avec tous les documents probants à l’appui, à l’Administration centrale, qui statue dans le plus bref délai.
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- TAXE TÉLÉPHONIQUE.
- complétives échangées entre deux bureaux, à la demande de l’expéditeur ou du destinataire, à l’occasion d’un télégramme transmis ou en cours de transmission, laquelle taxe n’est remboursée que lorsqu’il est constaté qu’une erreur de service a été commise; et cette constatation résulte de la comparaison du texte de l’original avec celui de la copie délivrée à l’arrivée. En cas de rectification d’erreurs de service dans des télégrammes non collationnés, les taxes des télégrammes rectificatifs sont seules remboursées; le droit au remboursement ne pouvant, en aucun cas, s’étendre aux taxes des correspondances motivées ou rendues inutiles par les erreurs de transmission ainsi rectifiées.
- (e) La somme versée pour la réponse est remboursable à l’expéditeur, lorsque le destinataire n’a pas fait usage du droit de répondre en franchise.
- A cet effet, le destinataire doit, dans le service intérieur, avant le délai de huit jours, fixé par le paragraphe 4 de l’article 18 du décret du 16 avril 1881, et, dans le service international, avant, l’expiration du délai de six semaines, déposer le bon au bureau qui l’a délivré, en l’accompagnant d’une demande de remboursement au profit de l’expéditeur. La demande de remboursementpeutd’ailleursêtre déposée dans un bureau autre que celui où le bon a été émis.
- Il est procédé alors comme en matière de remboursement de taxe.
- (f) Les arrhes déposées en vue du transport d’un télégramme par exprès, dans le cas où il n’a pas été fait emploi, en totalité ou en partie, des sommes perçues, si la liquidation doit en être effectuée par un bureau autre que le bureau d’origine, ou si la liquidation a été précédée d’une enquête administrative.
- (g) En cas de perte de télégramme collationné ou non, les taxes accessoires non utilisées, telles que : arrhes déposées pour exprès, poste, réponse payée, accusé de réception, etc., lorsque cette perte de télégramme est imputable au service télégraphique.
- (h) En cas d’interruption d’une ligne sous-marine, l’expéditeur de tout télégramme a droit au remboursement de la partie de la taxe afférente au parcours télégraphique non effectué, déduction faite des frais déboursés, le cas échéant, pour remplacer la voie télégraphique par un mode de transport quelconque.
- Ces dispositions ne sont pas applicables aux télégrammes empruntant les lignes d’un office non adhérent qui refuserait de se soumettre à l’obligation du remboursement.
- Sont remboursées d’office par les comptables sans qu’il soit nécessaire de recourir, au préalable, à l’intervention de l’Administration centrale :
- (k) Partie ou totalité des arrhes perçues pour frais d’exprès et remboursables au bureau qui les a encaissées ; la liquidation des arrhes étant d’ailleurs opérée conformément aux prescriptions du paragraphe 56 (3 et 4).
- (l) La taxe intégrale ou partielle des télégrammes arrêtés par l’autorité administrative par application de l’article 3 de la loi du 29 novembre 1850, ou bien en vertu des articles 7 et 8 de la convention de Londres.
- (m) La taxe principale et les taxes accessoires, sous déduction d’un droit fixe de 50 centimes, d’un télégramme retiré ou annulé avant que la transcription en ait été commencée.
- Si le télégramme a été transmis et que l’expéditeur en demande l’annulation par un télégramme privé et taxé avec (R P), le bureau d’origine, dès qu’il a reçu la réponse annonçant l’annulation effectuée, rembourse à l’expéditeur les taxes du télégramme primitif et du télégramme d’annulation, en raison du parcours non effectué.
- (n) Les taxes indûment perçues par le comptable par suite d’erreurs de taxation.
- (o) Les taxes enregistrées en prévision 'd’un recouvrement à opérer ultérieurement, par exemple : les compléments de taxe à percevoir pour les (R P), pour les (F S), lorsqu’elles n’ont pu être recouvrées sur le destinataire.
- Ces sortes de remboursement sont à proprement parler des annulations d’écritures en recette non suivies de recette effective. Toutes les fois qu’une taxe à recouvrer n’a pu être encaissée, le comptable en donne avis au bureau d’origine, qui transmet ultérieurement le dossier à l’Administration centrale, avec le compte rendu exact des opérations faites.
- TAXE TÉLÉPHONIQUE. — Dans la plupart
- des cas, les communications téléphoniques sont soumises, non à une taxe proprement dite, mais à un abonnement (voyez ce mot), moyennant le payement duquel l’abonné peut correspondre à toute heure avec les autres abonnes. Nous avons indiqué plus haut les conditions de l’abonnement en France. Il y a lieu à la percep lion d’une taxe lorsqu’une personne non abon née fait usage d’une cabine téléphonique PoU^ correspondre avec un abonné. Cette taxe es réglée par les deux décrets suivants, publies en
- octobre 1889.
- Le premier a pour objet de fixer la taxe des
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- TEINTURE ÉLECTROLYTIQUE.
- conversations téléphoniques sur les réseaux urbains et interurbains, quand elles ne sont pas soumises au régime de l’abonnement. Voici le texte de ce décret :
- Art. 1er-— La taxe à payer à l’entrée d’une cabine téléphonique publique, pour obtenir la communication avec un réseau urbain, est fixée à 50 centimes à Paris, à 25 centimes dans toutes les autres villes de France.
- Art. 2. — La taxe élémentaire à payer par conversation téléphonique interurbaine est fixée à 50 centimes par 100 kilomètres ou fraction de 100 kilomètres de distance entre les points reliés par la ligne téléphonique.
- La distance est calculée d’après le parcours réel de chaque ligne.
- Art. 3. — Pour l’application des taxes ci-dessus indiquées, la durée normale de la conversation téléphonique est fixée à cinq minutes.
- Cette durée peut être réduite à trois minutes sur les lignes et dans les conditions déterminées par arrêté ministériel.
- Si les besoins du service l’exigent, une conversation ne peut pas être prolongée au delà d’une durée double de sa durée normale.
- Art. 4. — Sont abrogées toutes les dispositions contraires au présent décret, sauf celles du décret du 28 décembre 1886 fixant la taxe à percevoir pour les communications téléphoniques échangées entre Paris et Bruxelles.
- Art. 5. — Les taxes ci-dessus fixées seront appliquées à partir du 1er novembre prochain.
- Nous rappelons que, d’après les décrets antérieurs la taxe était fixée à 1 franc sur les communications entre Paris et Reims, Paris et le Havre, Paris et Rouen et Paris et Lille, qui ont toutes plus de 100 kilomètres. La taxe sur les communications échangées par la ligne de Paris à Bruxelles (340 kilomètres) a été fixée à 3 francs, la taxe sur les communications entre Paris et Lyon (531 kilomètres) avait été fixée à 2 francs, et celle sur les communications entre Paris et Marseille (888 kilomètres) à 3 francs.
- Le second décret a pour objet d’autoriser et de réglementer la transmission téléphonique des télégrammes. En voici le texte :
- Art. 1er. — Les abonnés aux réseaux téléphoniques urbains peuvent expédier et recevoir des télégrammes parla ligne qui les rattache à ces réseaux.
- La transmission de ces télégrammes est effectuée gratuitement, sauf l’exception visée ci-après ; mais eHe est subordonnée au dépôt préalable d'une pro-vision destinée à garantir le remboursement de la taxe télégraphique.
- bans les villes comportant un réseau souterrain,
- aÇ>onné qui se propose d’user de la disposition qui Précédé est tenu de verser annuellement, et d’a-'ance, unft redevance de 50 francs.
- Art. 2. — Les localités autres que les chefs-lieux we canton peuvent être reliées à un bureau télégraphique au moyen d’un fil téléphonique.
- e fil et le bureau téléphonique qui le dessert sont
- établis avec la participation des communes intéressées.
- La part contributive de ces communes aux frais de premier établissement est fixée à 100 francs par kilomètre de ligne neuve à construire, ou à 50 francs par kilomètre de fil à établir sur appuis déjà existants, et à 300 francs pour fournitures d’appareils et installation du poste téléphonique.
- Art. 3. — Dans les localités possédant une recette des postes, le service téléphonique est confié au receveur.
- Pour toutes les autres, le gérant des bureaux téléphoniques et son suppléant sont désignés par le maire, après avoir été agréés par le directeur départemental.
- Us devront être remplacés sur la demande de l’Administration.
- Ils bénéficient sur la transmission des télégrammes des mêmes remises que les gérants des bureaux télégraphiques municipaux.
- Us prêtent le même serment professionnel.
- Art. 4. — Toute personne peut expédier et recevoir des télégrammes par une ligne téléphonique municipale.
- La transmission de ces télégrammes est effectuée gratuitement, mais elle est subordonnéeaupayement de la taxe télégraphique.
- Le payement de cette taxe est effectué entre les mains du gérant du bureau téléphonique. Si ce gérant n’est pas en même temps receveur des postes, ses recettes et ses dépenses sont comprises dans la comptabilité du bureau télégraphique avec lequel il communique.
- Art. 5. — Tout télégramme destiné à être distribué par un bureau téléphonique municipal est soumis à des frais d’exprès, à moins que la municipalité n’ait pris ses dispositions pour que cette distribution puisse s’effectuer gratuitement.
- Art. 6. — Un télégramme ne peut être téléphoné, soit par une ligne urbaine, soit par une ligne municipale, que s’il est écrit en français, en langue claire, et si son texte n’excède pas cinquante mots.
- Jusqu’à ce jour, cette transmission s’est effectuée gratuitement sur les réseaux de l’État ; mais la Société générale des téléphones ne l’avait autorisée sur ses réseaux que moyennant le payement d’une prime d’abonnement de 50 francs.
- Aujourd’hui que l’État exploite directement tous les réseaux urbains, il supprime cette dualité de régime et il fait bénéficier de la gratuité les anciens abonnés de la société.
- Toutefois, une exception a été admise ainsi qu’on l’a vu. Elle porte sur les villes où existe un réseau souterrain. Elle a pour but de prévenir l’encombrement des milieux où l’espace réservé aux fils est limité par la canalisation dont ils doivent suivre le tracé.
- Un décret du 28 décembre 1886 a fixé à 3 francs par cinq minutes de conversation la taxe à percevoir pour les communications téléphoniques entre Paris et Bruxelles.
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- TÉLAUTOGRAPHE. — TÉLÉGRAMME.
- rœder a préparé certaines matières tinctoriales par l’électrolyse ; il a pu aussi appliquer cette action à la teinture elle-même. Il attribue la production des matières colorantes, non à l’action directe du courant, mais aux actions secondaires dues à l’oxygène et à l’hydrogène naissant. Il faut éviter que les substances ainsi produites ne se mélangent par diffusion : pour cela on sépare les deux électrodes par une cloison ou un vase poreux.
- M. Goppelsrœder a obtenu ainsi le noir d’aniline par l’électrolyse d’une solution de chlorhydrate d’aniline additionnée d’un peu d’acide sulfurique, des bleus d’aniline au moyen des chlorhydrates de méthylaniline, de diphényla-mine et de méthyldiphénylamine, etc.
- Il a même réussi à teindre directement les étoffes ou le papier. L’étoffe imprégnée du liquide à décomposer est étendue sur une plaque métallique communiquant avec l’un des pôles de la dynamo, et l’on pose dessus une autre plaque portant en relief le dessin à imprimer et reliée à l’autre pôle.
- Pour teindre toute l’étoffe, on y produit d’abord un dépôt très mince de métal qui la rend conductrice, puis on la plonge dans le bain, en la reliant au pôle positif.
- L’auteur a appliqué le même procédé à la fabrication de la cuve d’indigo. On remplit deux vases concentriques, le vase central étant poreux, d’une dissolution d’indigo dans la potasse caustique, et l’on fait passer le courant pendant trois ou quatre heures. L’hydrogène se dégage en abondance et l’indigo bleu est transformé en indigo blanc. Le coton, trempé dans la cuve, puis abandonné à l’air, se teint en bleu.
- TÉLAUTOGRAPHE. — Appareil télégraphique imaginé par M. Elisha Gray et reproduisant l’écriture de l’expéditeur. Le principe est analogue à celui du téléphone : la membrane du tr ansmetteur, sur laquelle on pose le papier, vibre sous la pression du style, qui est quelconque; celle du récepteur fait mouvoir une plume ou un crayon.
- TÉLECTROSCOPE. — Appareil imaginé par M. Senlecq d’Ardres en 1877, pour reproduire les images, et fondé sur les propriétés du sélénium (Voy. Téléphote).
- TÉLÉGONIOMÈTRE ÉLECTRIQUE. — Appareil électrique expérimenté récemment en Italie et qui permet à une batterie d’artillerie de tirer sur un point qu’elle ne voit pas et dont elle n’est pas vue. La batterie était située au fond d’une vallée et séparée par une chaîne de montagnes de la côte qu’elle devait défendre.
- Deux observateurs, cachés dans les montagnes à un kilomètre environ de chaque côté de là batterie, observent le navire ennemi avec des lunettes munies d’un appareil électrique spécial, qui enregistre tous les mouvements de ce navire et les transmet à la batterie. Là, les déplacements angulaires des lunettes sont indiqués sur un plan par deux aiguilles dont l’intersection représente la position du navire. Ce système ingénieux de défense présente une certaine analogie avec le procédé Maury (Vov. Torpille). Les expériences ont également bien réussi, le navire étant immobile ou en mouvement.
- TÉLÉGRAMME. — Communication transmise par le télégraphe.
- Le libellé des télégrammes simples ou ordinaires comprend nécessairement et successivement :
- 1° En tête, l’adresse; 2° le texte; 3° le nom, c’est-à-dire la signature de l’expéditeur; dans la correspondance internationale la signature peut être omise (Voy. Préambule).
- Les télégrammes spéciaux sont ceux qui comportent une rédaction spéciale, à raison soit de leur objet même, ou bien de leur mode de remise, soit des recommandations particulières ou des précautions qui les entourent ou du but qu’ils ont en vue.
- Sont considérés comme télégrammes spéciaux, les télégrammes-mandats, les télégrammes avec réponse payée, les télégrammes urgents, recommandés, collationnés, multiples, sémaphoriques. avec accusé de réception, à faire suivre, par exprès, par poste, télégraphe restant, avec reçu.
- D’une manière générale, les télégrammes spéciaux se distinguent des télégrammes simples ou ordinaires par certaines formules réglementaires, qui prennent le nom d’indications éventuelles, et qui doivent toujours prendre place immédiatement avant l’adresse, place obligatoire et caractéristique, où l’expéditeui est tenu de les écrire et où l’employé télégraphiste est également tenu de les maintenir en les transmettant. Par suite le libellé des télégrammes spéciaux comporte nécessairement et successivement :
- 1° En tête, les indications éventuelles. 2° l’adresse; 3° le texte; 4° la signature.
- A l’exception des télégrammes pneumatique*» (cartes-télégrammes et télégrammes fermes;, qui sont jetés dans les boîtes spéciales placées
- à cet effet à l’entrée des bureaux télégraphiques,
- les dépêches doivent être déposées au guicie des bureaux télégraphiques par l’expéditeur
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- TÉLÉGRAMME.
- par son mandataire aux heures où ces bureaux sont ouverts au public. L’expéditeur a le droit j’en demander reçu contre payement d’une taxe uniforme de 10 centimes.
- Les indications éventuelles qui caractérisent les télégrammes spéciaux doivent être écrites par l’expéditeur, sur la minute, entre parenthèses-, immédiatement avant Vadresse, soit in extenso, soit sous la forme abrégée réglementaire ; elles doivent être formulées en français.
- Les principales locutions et les signes conventionnels correspondants sont les suivants :
- LOCUTIONS. SIGNES CONX en u dans le intérieur. fENTIONNELS sage service international.
- 1° Dans le service intérieur ou international.
- Télégramme privé urgent » (D)
- Télégramme collationné........ (T C) (T C)
- Accusé de réception télégraphique (C R) (C R)
- Accusé de réception postal (C R postal.) »
- Télégramme recommandé (T R) »
- Télégramme à faire suivre (F S) (F S)
- Réponse payée (HP (R P)
- Télégramme remis ouvert (R°) (R 0)
- Exprès (Exprès).
- Exprès payé (XP) (X P)
- Exprès arrhes télégraphe (Exprès arrhes
- Poste télégraphe.) (P P) (P P)
- Poste recommandée (Poste recom- (Poste recom-
- mandée.) mandée.)
- Poste restante (Poste (Poste
- restante.) restante.)
- Complément à percevoir.. .mots. (Complément ( Complément
- à percevoir à percevoir
- mots.) mots.)
- 2° Dans le service intérieur seulement et sans emploi de signes conventionnels.
- Poste en £rare ... . Télégraphe restant
- Avec reçu
- télégramme personnel ou Re-)
- mettre en mains propres i " Adresse intégrale à reproduire)
- sur chaque copie à chacun des u
- domiciles
- Nota. Les signes conventionnels abrégés ci -dessus sont
- comptés chacun pour un seul mot.
- — _
- Dans les télégrammes-mandats, les indications éventuelles doivent être inscrites immédiatement après le nom et l’adresse du destinataire du mandat. Elles sont comprises dans le texte soumis à la taxe. Elles sont en outre ^produites dans le préambule pour être transmises gratuitement.
- L adresse d’un télégramme peut être écrite soit 1» sous une forme abrégée ou convenue, soit en langage ordinaire.
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- Sous la forme convenue ou abrégée, elle doit contenir au moins deux mots : le premier représentant le nom et l’adresse du destinataire, le second indiquant le nom du bureau télégraphique de destination.
- Les dépêches dont l’adresse est écrite sous une forme abrégée ou convenue ne sont acceptées qu’aux risques et périls de l’expéditeur.
- Dans un télégramme adressé « télégraphe restant » ou « poste restante », le nom du destinataire peut être remplacé par des lettres, des chiffres ou des signes conventionnels; mais le receveur du bureau d’arrivée doit, au moment de la remise du télégramme, constater l’identité du destinataire, en faisant apposer, sur une feuille spéciale, la signature de ce destinataire, suivie de son adresse.
- Une adresse ainsi formulée ne doit pas être admise si le télégramme doit être remis au destinataire à son domicile ou dans un hôtel.
- L’adresse d’un télégramme doit comprendre toutes les indications nécessaires pour en assurer la remise au destinataire, sans recherches ni demandes de renseignements. Ces indications, à l’exclusion des noms de personnes, doivent être écrites en français ou dans la langue du pays de destination.
- Les éléments essentiels de l’adresse sont :
- () Le nom du destinataire écrit en toutes lettres, accompagné ou suivi, le cas échéant, du prénom, de la qualité, de la profession ou de telle autre indication nécessaire pour distinguer le véritable destinataire de ses homonymes.
- La qualité du destinataire tient lieu de son nom toutes les fois qu’elle précise, sans doute possible pour le bureau d’arrivée, la personne à qui la dépêche est adressée. Par exemple : Syndic des agents de change, Paris ; — Général de division, Dijon; — Préfet, Marseille, etc. Mais elle serait évidemment insuffisante dans les cas suivants : Agent de change, Lyon; — Commissaire de police, Paris, etc. ;
- () L’indication précise du lieu d’arrivée, sans confusion possible.
- Si le lieu d’arrivée est pourvu d’un bureau télégraphique, il doit être désigné sous sa dénomination officielle, rigoureusement conforme à celle qu’il porte dans la nomenclature des bureaux télégraphiques. Lorsque celte dénomination est commune à plusieurs localités, on doit la compléter par l’indication du pays ou du département.
- Si le lieu d’arrivée n’est pas pourvu d’un bureau télégraphique, il est nécessaire de le
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- TÉLÉGRAMME.
- désigner assez clairement pour prévenir toute confusion, en le complétant par la désignation de la commune ou du canton, lorsqu’il s’agit, par exemple, d’un hameau, d’un château ou d’une habitation isolée.
- A la suite du lieu d’arrivée ainsi désigné, on doit toujours écrire le nom du bureau télégraphique destinataire.
- Toutefois les télégrammes présentés pour une destination ou un bureau dont le nom ne ligure pas dans la nomenclature des bureaux télégraphiques doivent être acceptés aux risques et périls de l’expéditeur, si celui-ci affirme que le lieu de destination est pourvu d’un bureau télégraphique. La déclaration reçue à ce sujet de l’expéditeur doit être formulée par écrit sur la minute du télégramme et signée par l’expéditeur ou par le mandataire de ce dernier. Dans ce cas, l’expéditeur est d’ailleurs tenu de préciser le lieu d’arrivée, d’une manière d’autant plus complète que ce nom n’est pas mentionné dans la nomenclature des bureaux télégraphiques.
- Les adresses sommaires sont généralement insuffisantes, notamment pour les télégrammes à destination des grandes villes. On ne peut le plus souvent y assurer, sans recherches, la remise d’un télégramme, qu’en faisant suivre le nom du destinataire de sa qualité ou profession, ou bien du nom de la rue et du numéro de l’habitation.
- Ces divers éléments, joints au nom du lieu d’arrivée, constituent l’adresse complète.
- Divers télégrammes spéciaux comportent, dans le libellé de leur adresse, une formule spéciale qui doit être uniformément la même dans tous les cas analogues, ainsi :
- (a) Dans les télégrammes sémaphoriques à destination des navires en mer, les nom et qualité du destinataire doivent être complétés par l’indication du nom ou du numéro officiel ainsi que de la nationalité du bâtiment destinataire;
- (b) Dans un télégramme affranchi par bon,
- lorsqu’il est envoyé à l’expéditeur même du télégramme portant réponse payée et que l’on ne connaît pas l'adresse de cet expéditeur : il est interdit d’ajouter en préambule la mention « réponse payée àN° », à moins de com-
- prendre cette mention dans le nombre des mots taxés.
- 11 est préférable de faire suivre le nom du destinataire, dont l’adresse est inconnue, des
- mots : « expéditeur du télégramme ...........
- du ....... » Ex. : Caron expéditeur télé-
- gramme 470 du lo Limoges ;
- (c) Dans un télégramme à remettre dans le bureau d'arrivée, il est rigoureusement interdit de se servir de cette locution « bureau restant » qui, étant vague et peu précise, ne permet pas de distinguer le service postal du service télégraphique.
- L’expression « poste restante » doit seule être employée pour désigner le guichet de la poste comme lieu de remise.
- L’expression « télégraphe restant » est, de même, seule admise pour désigner comme lieu de remise le bureau télégraphique destinataire.
- Le texte peut être rédigé en langage clair, ou en langage secret, c’est-à-dire convenu ou chiffré toutes les fois que l’État où se trouve le lieu de destination admet ce dernier mode de correspondance.
- Les télégrammes en langage clair sont ceux qui offrent un sens compréhensible en l’une quelconque des vingt-neuf langues admises pour la correspondance internationale.
- Les télégrammes ne sont pas considérés comme rédigés en langage clair, s’ils renferment des mots isolés ou des suites de mots dénaturés ou détournés de leur signification habituelle.
- Les séries de mots, de chiffres ou de lettres, réunis de manière à former un sens intelligible, constituent le langage clair. Il appartient d’ailleurs au bureau de départ d’apprécier si un télégramme peut être considéré comme rédigé en langage clair.
- Les langues admises pour la correspondance internationale en langage clair sont au nombre de vingt-neuf, savoir : le français, l’anglais, l’allemand, l’arménien, le bohème, le bulgare, le croate, le danois, l’espagnol, le flamand, le grec, l’hébreu, le hollandais, le hongrois, l’illy-rique, l’italien, le japonais, le norvégien, le polonais, le portugais, le roumain, le routhène, le russe, le serbe, le slovaque, le slovène, le suédois, le turc et le latin.
- Dans tous les cas, les télégrammes doivent être écrits en caractères romains, quelle que soit la langue employée.
- Lorsqu’ils sont destinés au service intérieur et qu’ils ne sont pas rédigés en français, 1 expéditeur peut être tenu d’en donner la traduction par écrit. Cette traduction est obligatoire pour les dépêches qui ne sont pas remises directement aux guichets des bureaux télégraphi ques. (Décret du 16 avril 1881, article 2, § 20
- Les télégrammes sémaphoriques doivent être rédigés, soit dans la langue du pays ou e^ situé le sémaphore chargé de les signaler, so
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- en signaux du Code commercial universel. Dans ce dernier cas, ils sont considérés comme jestélégrammes chiffrés.
- Le langage secret, qui comprend les télégrammes rédigés en langage convenu et les télégrammes rédigés en langage chiffré, est admis pour les correspondances à destination de la France et de l’Algérie et pour la correspondance internationale avec l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, le Danemark, l’Espagne, la Grande-Bretagne et Gibraltar, la Grèce, la Hongrie, l’Italie, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas, le Portugal, la Russie, la Suède, la Suisse et les îles de Corfou, d’Héligoland et de Malte.
- Il est admis, dans le régime extra-européen, sans aucune restriction :
- Pour les relations avec l’Égypte par les voies de terre (El-Arich et Baioum) et la Russie d’Asie ;
- Avec restriction aux groupes de chiffres et exclusion des groupes de lettres, pour toutes les autres relations, sauf pour la Perse, qui n’accepte pas le langage secret.
- Pour Cuba, la correspondance secrète est admise, mais le gouvernement cubain se réserve d’exiger la traduction des télégrammes au départ ou à l’arrivée.
- La correspondance secrète n’est acceptée en Europe sous aucune forme :
- Par la Bosnie et l’Herzégovine, la Bulgarie, le Monténégro, la Roumanie, la Serbie et la Turquie.
- a. Langage convenu. On entend par langage convenu l’emploi de mots qui, tout en présentant chacun un sens intrinsèque, ne forment point des phrases compréhensibles pour les bureaux ou les offices en correspondance.
- Dans le service intérieur et le régime européen, les télégrammes en langage convenu ne doivent contenir que des mots appartenant à l’une des langues admises par les États de l’Union pour la correspondance internationale en langage clair.
- Tout télégramme en langage convenu ne doit contenir que des mots puisés dans une même langue etprésentantchacunun sens intrinsèque.
- Dans le régime extra-européen, les télégrammes en langage convenu ne peuvent contenir que des mots appartenant aux langues allemande, anglaise, espagnole, française, italienne, néerlandaise, portugaise et latine. Tout télégramme peut contenir des mots puisés dans toutes les langues susmentionnées.
- Les noms propres ne sont admis dans la rédaction des télégrammes en langage convenu fia avec leur signification en langage clair.
- Le bureau d’origine peut demander la production du vocabulaire qui a servi à la composition des télégrammes en langage convenu, afin de contrôler l’exécution des dispositions qui précèdent.
- b. Langage chiffré. Sont considérés comme télégrammes en langage chiffré :
- () Ceux qui contiennent un texte chiffré ou en lettres secrètes ;
- () Ceux qui renferment soit des séries ou des groupes de chiffres ou de lettres dont la signification ne serait pas connue du bureau d’origine, soit des mots, des noms, ou des assemblages de lettres ne remplissant pas les conditions exigées pour le langage.
- Le texte des télégrammes chiffrés peut être soit entièrement secret, soit en partie secret et en partie clair. Dans ce dernier cas, les passages secrets doivent être placés entre deux parenthèses, les séparant du texte ordinaire qui précède ou qui suit. Le texte chiffré doit être composé exclusivement de lettres de l’alphabet ou exclusivement de chiffres arabes.
- Les télégrammes sémaphoriques rédigés en signaux du code commercial universel sont considérés comme des télégrammes chiffrés.
- Les signaux du code commercial se composent de dix-huit pavillons, représentant les consonnes B, C, D, F, G, H, J, K, L, M, N, P, Q, R, S, T, Y, W.
- Pour la correspondance intérieurs, tout télégramme doit être signé par Vexpéditeur, qui est en outre tenu d’inscrire, d’une manière complète, son nom et son adresse sur la minute. Cette dernière indication n’entre dans le compte des mots soumis à la taxe que si l’expéditeur en a demandé la transmission.
- Pour la correspondance internationale, la signature peut revêtir la forme abrégée ou être omise. L’expéditeur doit néanmoins indiquer, au bas de la minute, son nom et son domicile, mais ces indications ne sont pas soumises à la taxe.
- La signature, toutes les fois qu'elle figure dans les mots à taxer et à transmettre, doit être placée après le texte.
- Télégrammes spéciaux. — Télégrammes portant certaines indications éventuelles spéciales et soumis, pour ce fait, à une taxe particulière.
- Télégrammes officiels. — Ce sont les télégrammes qui, intéressant le service de l’État, sont expédiés par des fonctionnaires publics auxquels le droit de franchise télégraphique a été accordé par arrêté ministériel.
- Le droit de franchise télégraphique implique, pour la correspondance des personnes qui en
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- sont investies, d’une part, la priorité de la transmission et, d’autre part, l’exonération de la taxe.
- Dans le service intérieur, les expressions extrême urgence et urgence sont réservées exclusivement aux dépêches officielles. Toutefois l’expression « P. urgent » peut précéder la transmission d’un télégramme taxé, lorsqu’un télégramme est signé par un fonctionnaire public et qu’il traite d’affaires administratives urgentes.
- La mention P. urgent implique un droit de priorité. Elle ne doit être accordée qu’avec réserve, sous la responsabilité du receveur et après un examen attentif du texte du télégramme.
- La franchise télégraphique est « directe » ou « indirecte ».
- La franchise « directe » appartient aux seuls fonctionnaires ou agents auxquels elle a été conférée par décision ministérielle et dans les limites fixées par cette décision.
- L’état général des franchises contient la désignation de toutes les personnes qui sont investies de la franchise directe et précise pour chacune d’elles l’étendue de leur droit. Tout fonctionnaire ou agent possédant le droit de franchise ne le conserve que dans le ressort même où il exerce ses fonctions.
- Hors de ce ressort, il perd tout droit à la franchise, excepté dans le cas où, faute de bureau télégraphique sur les lieux mêmes, il est amené à déposer ses dépêches dans un bureau établi dans quelque localité voisine.
- La franchise indirecte est conférée par le visa qu’appose sur un télégramme qui traite d’affaires de service un fonctionnaire ou agent investi lui-même de la franchise directe. Le visa doit être demandé par l’agent signataire de la dépêche à son chef hiérarchique. A défaut du chef hiérarchique, le visa peut être demandé à une autre autorité compétente.
- Doit être considéré comme nul et non avenu tout « visa » délivré par un fonctionnaire ou agent auquel n’appartient pas le droit de correspondre en franchise avec le destinataire de la dépêche.
- Le droit de franchise ou de visa peut être délégué par tout fonctionnaire ou agent à son substitut, suppléant ou intérimaire régulier.
- Les noms et signatures des délégués doivent toujours être régulièrement accrédités auprès du receveur, par l’intermédiaire du directeur départemental.
- Lorsqu’un télégramme « officiel » demande
- une réponse et renferme explicitement l’ordre de répondre par télégraphe, le destinataire est admis, sur la présentation de ce télégramme officiel, à user du droit de franchise pour la transmission de cette réponse avec dispense du visa.
- L’exercice du droit de franchise donne lieu à « contravention » ou à « abus ».
- Il y a <c contravention » toutes les fois que l’expéditeur du télégramme présenté comme officiel :
- N’est pas: investi du droit de franchise directe, soit qu’il ne figure pas sur l’état général des franchises, soit qu’au moment où il prétend user de ce droit, il ne se trouve pas dans la circonscription du ressort où il exerce ses fonctions ;
- Ou bien n’adresse pas le télégramme à l’un des fonctionnaires avec lesquels il est autorisé à correspondre en franchise, suivant les désignations précises de l’état général des franchises ;
- Ou enfin se prévaut d’un visa délivré par un fonctionnaire qui outrepasse lui-même les limites de son droit.
- Ainsi un préfet ne peut user de la franchise hors de son département ; de même un sous-préfet ou un procureur de la République, hors de son arrondissement ; de même un général, en dehors des limites de son commandement. Le maire d’une commune située dans un arrondissement de sous-préfecture n’a pas la franchise avec le préfet du département.
- Un receveur des domaines, dans un chef-lieu de canton, ne peut pas correspondre en franchise avec son directeur, que sa dépêche soit visée ou non par le maire de la commune, le visa n’étant pas valable. Un ingénieur en chef chargé du canal de l’Est ne peut pas requérir la franchise à Paris, ni ailleurs que dans les limites de sa circonscription administrative.
- Tout télégramme présenté « en contravention » doit, quel qu’en soit l’objet, être rigoureusement refusé comme « officiel ». Il ne peut être transmis qu’après avoir été soumis à la taxe. Toutefois, si l’expéditeur en fait la de mande, ce télégramme est admis à jouir dun droit de priorité et le préambule est, dans ce cas, précédé de la formule P. urgent.
- L’incident auquel donnent lieu le dépôt et a taxation des télégrammes de cette catégorie es signalé immédiatement, par rapport spécia , au directeur du département.
- Tout télégramme présente en « contrat en
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- tion » qui aurait été, malgré l’interdiction ci-dessus, accepté et transmis comme « officiel », devra être- signalé par le receveur du bureau destinataire à son directeur départemental. Ce fonctionnaire en communiquera une copie au bureau compétent de l’administration centrale. Celle-ci taxera d’office le télégramme « en contravention » au compte des receveurs des bureaux d’origine, qui seront tenus de verser à leur caisse le montant des taxes, sauf recours contre les expéditeurs.
- Lorsqu’un gérant de bureau municipal ou un chef de gare a accepté et transmis comme officiel un télégramme en « contravention », le premier bureau principal qui reçoit ce télégramme ou, à son défaut, le bureau chef-lieu doit, par un avis de service, appeler l’attention du bureau expéditeur sur l’irrégularité de la transmission et l’inviter à réclamer la taxe. En cas de refus, on donnera néanmoins cours à la correspondance, mais en la signalant au bureau compétent de l’administration centrale.
- 11 y a « abus » toutes les fois que le télégramme expédié comme « officiel » a trait à des affaires d’intérêt privé ;
- Ou ne présente pas un caractère suffisant d’urgence pour justifier la transmission par télégraphe, alors que l’emploi de la voie postale aurait permis aux correspondances d’arriver en temps utile ;
- Ou, enfin, n’a pas ou ne paraît pas avoir de rapport avec l’objet spécial en vue duquel la franchise a été accordée.
- Sont, entre autres, « abusifs » : les télégrammes qui sont relatifs à des demandes de congé; les demandes en autorisation ou les autorisations de transport de corps ; les télégrammes d’un ingénieur (autorisé dans l’intérêt du service des crues des cours d’eau) traitant une question du service ordinaire ; les télégrammes d’un commissaire de surveillauce administrative n’ayant pas pour objet direct de Slgnaler des accidents survenus sur les voies ferrées ; les télégrammes qui traitent d’affaires Ue paraissant avoir aucun caractère urgent ou fi111» semble-t-il, auraient pu et dû être expédiés Par voie postale.
- ^Toutes les fois que le receveur du bureau ^°rigine juge qu’il y a « abus », il en fait observation à l’expéditeur et l’avise de l’obli-?ation qui lui incombe de signaler le télé-pnmuie abusif au ministère. Si l’expéditeur ls*e> télégramme est accepté et transmis mtement. Mais le receveur en transmet Dictionnaire d’électricité.
- immédiatement une copie, avec des explications convenables, au directeur du département.
- Les télégrammes officiels peuvent être rédigés en langage ordinaire ou bien en langage conventionnel ou en chiffres, au choix des expéditeurs. Ils sont admis dans toutes les relations, soit intérieures, soit internationales. Ils peuvent être adressés à tout bureau télégraphique ou même à une gare située sur un réseau quelconque :
- « Dans toutes les stations où il n’existe pas d’appareil de l’État, les compagnies seront tenues de faire transmettre et recevoir par leurs agents toutes les dépêches du gouvernement. »
- Cette obligation est imposée à toutes les gares, ouvertes ou non à la télégraphie privée. Elle doit être appliquée dans tous les cas, hormis celui où une gare, quoique pourvue d’appareils télégraphiques, ne se trouverait pas d’une manière permanente dans le circuit d’un conducteur électrique.
- Les indications inutiles, les formules de politesse et surtout les titres inscrits dans l’adresse par l’expéditeur, sont supprimés d’office par l’agent télégraphiste.
- Exemple :
- Adresse originale.
- Le Maire de la ville de Ligny À Monsieur le Préfet de la Meuse,
- A Bar-le-Duc.
- Adresse télégraphique.
- Maire à Préfet, Bar-le-Duc.
- Il importe toutefois, dans la rédaction simplifiée de l’adresse, de ne pas éliminer certains renseignements indispensables pour assurer la remise du télégramme à son véritable destinataire.
- En général, la signature de l’expéditeur, hormis dans quelques cas très rares qui sont laissés à l’appréciation du receveur, et les formules de politesse qui peuvent terminer un télégramme officiel sont biffées avant transmission.
- Au moment du dépôt d’un télégramme officiel, le receveur ou, à son défaut, le commis principal ou même le commis responsable, examine tout d’abord si l’expéditeur a droit à la franchise et si l’objet du télégramme ne constitue pas un abus.
- Si l’agent juge qu’il y a, soit « contravention », soit « abus », on procède ainsi qu’il est prescrit aux paragraphes précédents.
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- Télégrammes et avis de service. — Les télégrammes relatifs au service des télégraphes intérieurs ou internationaux sont transmis en franchise.
- Les avis de service émanant des divers bureaux et relatifs aux accidents de transmission circulent sur le réseau intérieur et sur le réseau international également en franchise.
- Les télégrammes de service sont rédigés en français.
- Cette disposition est applicable aux indications du préambule et aux avis de service ou d’office qui accompagnent la transmission des correspondances.
- La signature n’est pas transmise dans les télégrammes de service : quand il s’agit d’avis de service échangés entre bureaux, au sujet des incidents de la transmission, on transmet simplement le numéro et le texte du télégramme, sans adresse ni signature.
- Les télégrammes de service se distinguent en télégrammes de service proprement dits, et en avis de service.
- Les télégrammes de service proprement dits sont ceux qui,émanant soit de l’administration centrale, soit des fonctionnaires dûment autorisés, ont trait à des questions d’administration, de personnel, de construction. Tels sont, entre autres, les télégrammes échangés entre les directeurs départementaux et leurs subordonnés pour régler des questions d’exploitation postale, de comptabilité ou de locaux, pour prescrire dés mouvements de personnel ou des mesures d’organisation, — les télégrammes échangés entre les directeurs départementaux et les ingénieurs, entre les ingénieurs et leurs subordonnés,, en vue des travaux ou des opérations à concerter ou à exécuter.
- Sont toutefois considérés comme de simples avis de service les dépêches échangées par les directeurs ou inspecteurs, — ingénieurs, les directeurs ou inspecteurs de l’exploitation, entre eux et avec leurs subordonnés, à l’occasion des dérangements de lignes ou de bureaux ou bien en vue de donner suite soit à des remplacements urgents de matériel de poste, soit à des agents de surveillance à envoyer sur les lignes (service des dérangements).
- Les télégrammes de service prennent rang immédiatement après les télégrammes officiels; ils peuvent être transmis par urgence et précédés, dans le préambule, de l’indice « off ». La taxe en est calculée et comprise dans les relevés statistiques mensuels au compte du ministère des postes et des télégraphes.
- Les télégrammes de service doivent être limités aux cas qui présentent un caractère d’urgence.
- Ils peuvent être émis en langage secret dans toutes les relations.
- Les renseignements qui ne présentent point un caractère d’urgence sont demandés ou donnés par la poste.
- Les télégrammes de service qui seraient jugés non urgents ou abusifs doivent être signalés comme tels au bureau compétent de l’administration centrale.
- Les avis de service sont échangés de bureau à bureau, sur l’initiative d’un bureau, jamais à la demande du public. Ils ont trait soit au fonctionnement des lignes, des fils ou des appareils en exploitation, soit au service des transmissions proprement dites.
- Ils ne peuvent être rédigés et émis que par le receveur ou son délégué, qui. sont tenus de les signer. Ce délégué du receveur est un commis principal ou un employé responsable, dûment autorisé en vertu de dispositions spéciales qui sont notifiées au personnel par la voie du livre d’ordres.
- Le fonctionnaire qui a signé un avis de service en demeure responsable.
- Il est rigoureusement interdit, sous peine de répélition de taxe et sans préjudice de telle autre mesure disciplinaire que l’administration jugerait devoir infliger, à tout agent, quel qu il soit, de mettre en transmission un avis de service non signé par le receveur ou son délégué.
- Télégrammes de presse. — Ce sont les télégrammes expédiés aux journaux par leurs correspondants attitrés, et qui ne contiennent aucune correspondance personnelle (V. Taxe,).
- Télégrammes-mandats. — L’émission des télégrammes-mandats est confiée aux guichets télégraphiques qui sont considérés, au point de vue de ces opérations spéciales, comme guichets succursales du service de la poste.
- Les télégrammes-mandats peuvent être émis pour être payés par tout bureau de poste e^ télégraphe figurant à la nomenclature avec
- signe Kl.
- Ils ne peuvent dépasser la somme 5000 francs.
- Aucun dépôt excédant
- de
- de
- _______— cette somme
- 5000 francs ne devra être accepté. Si 1 expédi^ teur demande à expédier une somme SÛP^ sieure, en prenant plusieurs mandats, le re veur doit lui faire remarquer que le maxim^ de 5000 francs a été établi d’après les resso ^ ces dont, en général, peuvent disposer la p llP
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- jes bureaux de poste, et que dépasser ce maximum, en expédiant plusieurs mandats, serait s’exposer à voir retarder le payement au lieu de destination. Si l’expéditeur persiste, il est fait droit à sa demande.
- Lorsqu’une personne se présente pour expédier un mandat, on doit l’inviter à remplir toutes les indications de la formule (modèle n° 16 quinquiès) et s’assurer que le lieu de destination est autorisé à recevoir et à payer des mandats télégraphiques. Les noms de l’envoyeur et du destinataire ne peuvent être remplacés par des initiales. Toutefois, au lieu et place d’un nom propre, on peut designer le bénéficiaire par une raison sociale ou par une fonction nettement et complètement formulée.
- A la suite du nom du bénéficiaire, doivent être inscrites les indications éventuelles qui peuvent être utiles, le cas échéant, pour préciser le mode de remise, telles que : exprès payé, poste restante, poste recommandée, télégraphe restant.
- On peut, en outre, faire suivre l’adresse des indications éventuelles suivantes : collationné, accusé de réception, accusé de réception postal, télégramme recommandé, télégramme personnel ou remettre en mains propres.
- Toutes les autres mentions sont formellement interdites.
- Télégrammes urgents. — En payant une taxe spéciale, on peut assurer à un télégramme privé la priorité de transmission sur tous les autres
- télégrammes privés.
- Ces télégrammes sont désignés par le mot urgent ou par le signe (D), inscrit avant l’adresse, et qui doit être transmis avant le préambule. Ces télégrammes sont admis seulement dans le service international, mais ils doivent, même en France, être transmis par priorité sur les autres télégrammes privés, et leur priorité entre eux est réglée par l’ordre de leur dépôt ou de leur réception.
- Télégrammes sémaphoriques. — Les télégrammes sémaphoriques proprement dits sont les télégrammes échangés avec les navires en mer par Intermédiaire des sémaphores établis sur 1e dtoral. Ils doivent être rédigés, soit dans la ^ngue du pays où est situé le sémaphore chargt e les signaler, soit en signaux du code com-ercial universel.
- Dans ce dernier cas, ils sont considérés comme es télégrammes chiffrés, toutefois, dans la correspondance entre les du j1116^3 guerre français et les sémaphores erritoire, l’usage des dix chiffres arabes 1,
- 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 0 est autorisé; mais il est interdit de combiner les chiffres avec les lettres. Le nombre des signaux dont chaque groupe peut se composer est de quatre.
- Quand les télégrammes sémaphoriques sont à destination des navires en mer, l’adresse doit comprendre, outre les indications ordinaires, le nom ou le numéro officiel du bâtiment destinataire et sa nationalité.
- Tout télégramme sémaphorique doit porter dans le préambule l’indication « sémaphorique ».
- Les télégrammes provenant d’un navire en mer sont transmis à destination en signaux du code commercial, lorsque le navire expéditeur l’a demandé. Dans le cas où cette demande n'a pas été faite, ils sont traduits en langage ordinaire par le préposé du poste sémaphorique et transmis à destination.
- Télégrammes collationnés.— Le collationnement d’un télégramme est la répétition intégrale de ce télégramme de bureau à bureau. L’indication éventuelle est le mot collationné ou le signe (TC), inscrit avant l’adresse. Le texte du collationnement n’est pas remis à l’expéditeur. Les télégrammes officiels sont toujours collationnés.
- Télégrammes avec accusé de réception. — L’accusé de réception d’un télégramme est la transmission, par le bureau d’arrivée, de la date et de l’heure de remise de ce télégramme au domicile du destinataire.
- L’expéditeur qui demande que l’accusé de réception d’un télégramme lui soit notifié aussitôt après la remise de celui-ci, inscrit avant l’adresse l’indication (accusé de réception) ou le signe conventionnel (CR).
- L’accusé de réception est annoncé par l’abréviation « CR » et transmis dans la forme suivante :
- CR. Paris de..... Télégramme n°..... remis
- à... (adresse du destinataire), le..... (date,
- heure et minute), ou (motif de non-remise).
- Télégrammes recommandés. — Le télégramme recommandé n’est admis que dans le régime intérieur.
- Tout expéditeur a la faculté de recommander son télégramme en inscrivant avant l’adresse l’indication (recommandé) ou le signe (TR), à comprendre dans le nombre de mots taxés.
- Le télégramme recommandé donne lieu au collationnement intégral et à l’accusé de réception prévus par les paragraphes ci-dessus.
- Les télégrammes en langage secret ou convenu sont obligatoirement soumis à la recommandation.
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- Télégrammes à faire suivre. — Tout expéditeur peut, en inscrivant avant l’adresse l’indication {faire suivre) ou le signe (FS), demander que le bureau d’arrivée fasse suivre son télégramme dans les limites adoptées pour le service international du régime européen, les télégrammes à faire suivre n’étant pas acceptés en dehors de l’Europe.
- Le télégramme peut renfermer des adresses successives, si l’expéditeur indique, par la rédaction de l’indication du faire suivre, que le télégramme doit être transmis successivement à chacune des destinations, jusqu’à la dernière inclusivement, s’il y a lieu (Yoy Taxe).
- Télégrammes multiples. — Un télégramme multiple peut être adressé soit à plusieurs destinataires dans une même localité, soit à un même destinataire, à plusieurs domiciles, dans la même localité.
- En transmettant un télégramme adressé, dans une même localité ou dans des localités différentes, mais desservies par un même bureau télégraphique, à plusieurs destinataires ou à un même destinataire à plusieurs domiciles, avec ou sans réexpédition par la poste ou par exprès, il faut indiquer dans le préambule le nombre des adresses.
- Il est interdit d'accepter et de traiter comme télégramme multiple un télégramme qui serait adressé à plusieurs localités télégraphiques différentes.
- Si, dans un télégramme multiple , chaque exemplaire envoyé par le bureau d’arrivée à chacun des destinataires doit porter la totalité des adresses, l’expéditeur est tenu de le faire connaître par une mention explicite qui doit entrer dans le corps de l’adresse et, par suite, dans le nombre des mots taxés.
- Les télégrammes multiples ne sont pas acceptés par les compagnies « Anglo-American », « Direct-Cable » et « Brazilian submarine ». La Compagnie « Française » les accepte en principe ; mais les compagnies américaines ne les recevant pas, on ne devra pas expédier de télégrammes multiples en Amérique. Toutes les autres compagnies et les offices extra-européens qui suivent les règles de la Convention, e’est-à-dire l’Australie, les Indes britanniques, le Japon, la Perse, la Russie, l’Asie, la Nouvelle-Zélande, etc., les acceptent.
- Télégrammes remis ouverts. — Le télégramme entremis ouvert lorsque l’expéditeur l’a demandé par une indication insérée dans sa dépêche, immédiatement avant l’adresse.
- Les dépêches d’arrivée qui portent la mention « remis ouvert » ou « RO » sont portées
- aux destinataires dans les mêmes conditions que les télégrammes ordinaires ; seulement les plis ou enveloppes ne sont pas cachetés. La seule modification aux dispositions habituelles consiste donc à ne pas clore l’envoi. En outre, l’indication ouvert doit être portée sur l’adresse soit à la main, soit au moyen d’un timbre, afin que le destinataire n’attribue pas ce défaut de clôture à un oubli, et que les personnes auxquelles la dépêche serait remise en l’absence du destinataire ne se fassent pas scrupule d’en prendre connaissance.
- Au départ, on doit accepter les télégrammes à remettre ouverts pour toutes les destinations comprises dans le service intérieur, ainsi que pour l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, la Bosnie-Herzégovine, le Danemark, l’Espagne, la Grèce, la Hongrie, l’Italie, la Norwège, les Pays-Bas, le Portugal, la Roumanie et la Suisse, l’île d’Héligoland et l’île de Malte, par Marseille ou Bône.
- Dans le régime extra-européen, on peut les accepter également pour les îles Madère et Saint-Vincent, par la voie du câble direct de Lisbonne, pour Aden, les Indes néerlandaises, le Japon, la Gochinchine française et la Nouvelle-Zélande.
- Les télégrammes à remettre ouverts ne son pas admis, au départ, pour les destinations suivantes :
- Dans le régime européen, la Bulgarie, la Grande-Bretagne, le Luxembourg, le Monténégro, la Russie, la Serbie, la Suède et la Turquie ;
- Dans le régime extra-européen, l’Australie du Sud, les Indes-Britanniques, l’Amérique (Nord et Sud), l’Afrique (Est et Sud), les colonies anglaises du Cap et de Natal, l’Office Indo-Européen (Afghanistan, Béloutchistan, Birma' nie), la Chine, l’Égypte, la presqu’île de Malacca, Penang et Singapore, la Perse et le golfe Per sique.
- Télégrammes personnels. — Le bureau d arn vée se conforme exactement aux indications suivantes, qui seraient formulées avant 1 dresse : Télégramme personnel ou bien remette lui-même ou en mains propres. Le facteur a devoir de ne délivrer les télégrammes dont a^ dresse serait ainsi formulée qu’à la PerS même dont le nom figure dans l’adresse.
- On fait signer un reçu par le destinatair^ l’expéditeur étant tenu de payer, en ce ^as’ge taxe du récépissé, et d’inscrire avant 1 a r les mots : (avec reçu). ^ oS(g
- Télégrammes adressés télégraphe restant e
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- TÉLÉGRAPHE
- restante. — L’indication télégraphe restant signifie que le télégramme doit être conservé au bu-reau du télégraphe pour être remis, au guichet, au destinataire dont l’identité a été constatée préalablement.
- Si l’adresse d’un télégramme « télégraphe restant » est convenue, ou abrégée, ou formulée en chiffres ou bien en lettres, le destinataire doit être invité à apposer sur le reçu réglementaire sa signature, suivie de l’indication de son domicile.
- U est rigoureusement interdit d’employer l’expression bureau restant, qui ne permet pas de distinguer le service postal du service télégraphique.
- De même, l’expression poste restante doit seule être employée pour désigner le guichet de la poste comme lieu de remise.
- Télégrammes avec réponse payée.— L’expéditeur d’un télégramme peut payer l’affranchissement de la réponse. Il écrit avant l’adresse et entre parenthèses (Réponse payée) ou (RP), qu’il fait suivre du nombre de mots payés pour la réponse. Si ces indications figurent ailleurs qu’avant l’adresse, ou si elles ne sont pas formulées en langue française, elles sont considérées comme nulles et non avenues.
- Le nombre de mots de la réponse est illimité dans le service intérieur; dans le service international, on ne peut excéder la taxe de trente mots, pour le même parcours.
- Télégrammes par exprès. — Lorsqu’un télégramme doit être, à partir du bureau d’arrivée, envoyé par exprès au destinataire, on doit, dans le service intérieur, inscrire avant l’adresse les mots Exprès payé ou (XP), et faire suivre dans l’adresse le nom de la localité destinataire du nom du bureau télégraphique le plus voisin.
- Il est interdit, dans le service intérieur, de se borner à inscrire avant l’adresse le seul mot Exprès.
- Si l’expéditeur ou le bureau d’origine ne connaissent pas le nom du bureau télégraphique le plus rapproché de la localité du destinataire, on se borne à inscrire dans l’adresse, après le Heu de destination, le nom du bureau chef-lieu d arrondissement ou de département auquel appartient ce lieu.
- Pans le service international, l’envoi par exprès ne peut être demandé que pour les États qui ont organisé, pour la remise des télégram-mes, un mode de transport plus rapide que la Poste (Voy. Taxe télégraphique).
- Si l’expéditeur n’a pas payé d’avance les frais
- exprès, la mention à inscrire par lui, avant
- ÉLECTRIQUE. 757
- l’adresse, se compose du seul mot exprès.
- Si l’expéditeur affranchit le transport au delà du bureau d’arrivée, il doit payer non seulement les frais d’exprès, mais encore un accusé de réception. Dans ce cas, il doit inscrire avant l’adresse la double indication éventuelle :
- (XP) ou (exprès payé) et (CR).
- Télégrammes par poste. — Lorsque l’expéditeur demande que son télégramme soit envoyé parla poste au lieu de destination, par les soins du bureau télégraphique d’arrivée, il le fait savoir en inscrivant avant l’adresse du télégramme l’indication éventuelle (Poste) ou (PP), si l’envoi doit avoir lieu par lettre ordinaire, ou (Poste recommandée), si l’expéditeur verse la taxe de la recommandation postale (Yoy. Taxe).
- Télégrammes avec reçu. — Yoy. Taxe.
- TÉLÉGRAPHE ÉLECTRIQUE. —Appareil électrique permettant de correspondre à distance. Le premier télégraphe électrique, proposé par Ampère vers 1820, se composait de galvanomètres, aussi nombreux que les lettres de l’alphabet; une sorte de clavier permettait d’envoyer le courant à volonté dans les divers appareils. Le premier télégraphe à cadran fut construit par Romalds en 1823 ; le télégraphe de Morse fut imaginé en 1838.
- Tout appareil télégraphique comprend deux parties essentielles : le récepteur, qui reproduit les signaux servant à la correspondance, et un interrupteur, qui sert à envoyer le courant dans le récepteur ou à l’interrompre : c’est le manipulateur.
- Le système d’Ampère avait l’inconvénient d’exiger un trop grand nombre de fils. Il a été simplifié à plusieurs reprises et a donné naissance à un certain nombre d’appareils à aiguille aimantée. Le plus simple est celui de Cooke et Wheatstone, qui comprend seulement une ou deux aiguilles, dont les oscillations sont limitées par de petits buttoirs. Le manipulateur est formé d’une ou deux manettes permettant d’envoyer des courants positifs ou négatifs dans les cadres des deux aiguilles. Celles-ci reproduisent les mouvements des manettes. On combine le nombre et le sens des oscillations des aiguilles pour représenter les différentes lettres. L'appareil à deux, aiguilles exige deux fils de ligne.
- Télégraphes à cadran.
- Télégraphe de Bréguet. — L’un des systèmes les plus anciens consiste dans l’emploi d’un cadran récepteur qui porte les lettres de l’alphabet. Une aiguille, mue par le courant, par-
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- 758 TÉLÉGRAPHE ÉLECTRIQUE.
- court le cadran en s’arrêtant un instant sur chacune des lettres transmises. Ce système a l’inconvénient de donner des signaux fugitifs, dont il ne reste aucune trace.
- Récepteur. — Le récepteur du télégraphe Bré-guet (flg. 897) présente un cadran portant les vingt-cinq lettres de l’alphabet et une croix qui indique la position de repos. Sur ce cadran
- Fig. 897. — Récepteur à cadran de Bréguet.
- tourne, de gauche à droite, une aiguille calée sur un même axe horizontal avec deux roues à rochet parallèles, munies chacune de treize dents, et disposées de telle sorte que les dents
- de la seconde soient placées dans les vides laissés par celles de la première. On voit quelques-unes de ces dents au centre de la figure 898. Un mécanisme d’horlogerie commande l’axe
- Fig. 898. — Mécanisme du récepteur de Bréguet.
- horizontal et tend à entraîner rapidement l’aiguille et les roues à rochet; mais l’appareil est arrêté par une tige saillante qui, dans la position de repos, est en prise avec l’une des dents
- de la roue postérieure ; cette tige est fixee a l’arbre MN, qui peut tourner autour de son axe. Cet arbre porte encore une fourchette, dans laquelle s’engage le doigt horizontal qul
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- T KLÉGUAPUE ÉLECTR1Q UE.
- termine une tige t, fixée à l'armature A de l’é-lectro-aimant EE. Cette armature peut tourner autour de l’axe vv, et se trouve, au repos, écartée de l’électro-aimant par le ressort R, fixé à la tige coudée II', qui s’appuie sur une pièce L, découpée en forme d’hélice, de sorte qu’en tournant le bouton, qu’on voit à droite sur un petit cadran (fig. 897), on tend plus ou moins fortement le ressort R.
- Supposons l’aiguille du cadran placée sur la croix. Si on lance un courant dans l’électro-ai-mant EE, la palette A est attirée; la tige t bascule en arrière; son doigt agit sur la fourchette, et la tige saillante, se déplaçant d’arrière en
- 7a9
- avant, abandonne la roue postérieure et vient se placer dans le plan de la roue antérieure. Pendant ce déplacement, le système des deux roues est rendu libre et le mécanisme les entraîne ainsi que l’aiguille. Mais la tige saillante arrête bientôt la première dent de la roue antérieure qui se présente. L’aiguille a donc avancé
- j
- seulement de — de tour ; si elle était d’abord 26
- sur la croix, elle est passée sur la lettre A, et elle reste dans cette position tant que dure l’émission de courant. Si le courant est interrompu, la palette est ramenée à sa première position par le ressort antagoniste R ; la tige
- Me
- Fig. 899. — Manipulateur Bréguet à deux directions.
- saillante passe de la roue antérieure à la roue postérieure, et, pendant ce déplacement, elle laisse échapper l’aiguille, qui avance encore de 1 ,
- 5g de tour et arrive à la lettre R. Chaque émision ou interruption de courant fait donc avan-cer l’aiguille d’une lettre.
- Manipulateur. — Le manipulateur est disposé (le telle sorte que la personne chargée de transmettre connaisse à chaque instant la position l’aiguille du récepteur. Il est formé pour cela d’une roue métallique pleine, dont la face mférieure porte une gorge sinueuse présentant treize parties convexes et treize parties concaves %• 899). Cette roue est cachée par un cadran
- fixe, portant les mêmes signes que celui du récepteur; elle est munie d’une manivelle, ayant un doigt qui peut s’engager dans des crans disposés en regard des chiffres sur le pourtour du cadran. Un levier ol, mobile autour du point o, se termine par un appendice muni d’un galet, qui s’engage dans la rainure sinueuse de la roue, de sorte que celle-ci, en tournant, communique au levier un mouvement de va-et-vient, pendant lequel l’extrémité l vient butter alternativement contre les vis p et p', suivant que le galet se trouve dans une partie concave ou dans une partie convexe. La vis p' est reliée par la borne G avec le pôle positif de la pile du poste, et le point o avec la ligne. On fait donc
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- TÉLÉGRAPHE ÉLECTRIQUE.
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- passer le courant en plaçant la manivelle sur l’une des lettres A, C, E, etc., et on l’interrompt en la plaçant sur les lettres B, D,F, etc., ou sur la croix. Chaque passage ou interruption du courant fait avancer d’une lettre l’aiguille du récepteur. Il en résulte que, si les appareils sont bien en concordance, l’aiguille du récepteur suivra tous les mouvements de la manivelle du manipulateur.
- En réalité, les manipulateurs employés le plus souvent sont, comme celui de la ligure 899, à deux directions, et permettent de correspondre à volonté avec deux lignes différentes. Ces lignes communiquent respectivement avec les deux bornes LL', autour desquelles tournent deux interrupteurs à manette, et le point o est relié avec deux bornes EF. En mettant les manettes sur l’une ou l’autre de ces bornes, on correspond avec l’une ou l’autre ligne. Dans la position d’attente, on met les interrupteurs sur les bornes SS, reliées aux sonneries des deux lignes. Pour recevoir une dépêche, on met la manette correspondante sur l’une des bornes EF. Le courant de la ligne arrive au récepteur par L'EoZpR ou par LFoZpR, car la borne R met la visp en relation avec le récepteur du poste. Enfin, on peut isoler le poste et relier directement ensemble les deux lignes, en plaçant les deux manettes sur la plaque de cuivre qui porte l’incription : Communication directe. On voit qu’un seul fil permet de communiquer entre deux stations, le retour se faisant par la terre.
- Rappel à la croix. — Nous avons supposé le manipulateur et le récepteur en concordance parfaite, condition réalisée d’ordinaire, car, au repos, les deux appareils sont sur la croix et le récepteur reproduit tous les mouvements du manipulateur, pourvu qu’on tourne toujours la manivelle de celui-ci dans le même sens. Il peut arriver cependant que cette concordance soit détruite : il faut qu’on puisse alors ramener les deux appareils à la croix. Pour le manipulateur, il suffit de tourner la manivelle. Le récepteur porte une disposition spéciale. Le levier MN peut osciller autour de la vis M ; un ressort à boudin U maintient l’autre extrémité K appuyée contre la pointe de la pédale H, dont la tête fait saillie au-dessus de la boîte de l’appareil. Pour ramener l’aiguille à la croix, on appuie sur cette pédale. Le levier MN s’incline et met en liberté les roues à rochet, qui tournent jusqu’à ce qu’une goupille implantée dans la roue antérieure vienne rencontrer un crochet fixé au levier MN, L’aiguille est alors
- sur la lettre Z. On abandonne la pédale H, et le ressort U ramène le levier MN à la position horizontale. Pendant ce déplacement, les roues à rochet avancent d’une dent, et, lorsque la tige saillante les arrête, l’aiguille se trouve sur la croix.
- Manipulation. — La manipulation de l’appareil à cadran ne présente aucune difficulté • il suffit de tourner la manivelle régulièrement de gauche à droite. Après la dernière lettre de chaque mot, on achève le tour commencé et l’on s’arrête sur la croix, pour marquer la séparation. Le cadran porte toujours deux séries de signes, des lettres et des chiffres : pour passer des lettres aux chiffres, on fait deux tours entiers en s’arrêtant chaque fois à la croix. Pour revenir aux lettres, on fait un tour entier. Si plusieurs groupes de chiffres se suivent, chacun d’eux doit être précédé de deux tours de manivelle. A cause de sa grande simplicité, l’appareil à cadran est encore employé assez fréquemment, surtout dans les gares de chemins de fer.
- Autres télégraphes à cadran. — Il existe d’autres modèles de télégraphes à cadran. Dans un certain nombre de ces modèles, on a supprimé le ressort de rappel de la palette du récepteur, et l’on évite le réglage de cet organe en changeant le sens du courant à chaque lettre. C’est ce qui a lieu notamment dans le télégraphe de Digney. Le levier mobile du manipulateur porte un bras supplémentaire, perpendiculaire au premier, et qui communique à contre-temps et en sens inverse avec les pôles de la pile. Grâce à cette disposition, chaque lettre impaire envoie un courant positif, chaque lettre paire un courant négatif. Il n'est plus besoin de réglage, si ce n’est pour modifier la sensibilité de l’appareil; mais il faut employer un nombre double de courants.
- Le télégraphe de Lippens, en usage sur les chemins de fer belges, emploie aussi des inversions de courant.
- Dans d’autres appareils, tels que celui de Froment, la roue interruptrice du manipulateur tourne uniformément sous l’action d’un mécanisme d’horlogerie ; l’aiguille du récepteur suit ce mouvement, grâce aux émissions et aux ruptures alternatives du courant. Pour transmettre, on appuie sur les touches d’un clavier qui portent les lettres de l’alphabet. Chaque touche commande un levier qui arrête un ms tant la roue interruptrice sur la lettre corre. pondante, au moyen d’une tige implantée s l’arbre de cette roue. Des appareils analogue
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- TÉLÉGRAPHE ÉLECTRIQUE.
- sont employés en Amérique, mais la roue in-terruptrice est mue à bras d’homme.
- Télégraphes à induction. — Il existe aussi des télégraphes à cadran qui utilisent les courants d’une petite machine magnéto-électrique. Dans le télégraphe de Wheatstone (4860), appliqué à Londres pour la télégraphie domestique, on tourne une roue qui actionne en même temps la machine d’induction et un manipulateur analogue à celui de Bréguet. Chaque fois qu’on passe d’une lettre à la suivante, on envoie un courant sur la ligne; l’aiguille du récepteur suit celle du manipulateur.
- Le manipulateur Guillot (flg. 900) présente une disposition analogue. Sur le cadran qui porte les lettres tourne une manivelle M semblable à celle des appareils ordinaires, mais dont l’axe commande l’appareil magnéto-électrique par l’intermédiaire de la roue D, qui porte 130 dents, et d’un pignon de 20 dents.
- Cet appareil se compose d’un fort aimant en fer à cheval dont les pôles portent quatre noyaux disposés en carré et entourés de bobines NN\ La rotation du pignon entraîne une armature AA, dont le mouvement produit dans les bobines] des courants alternatifs. Lorsque la
- Pig. 900. — Manipulateur Guillot.
- manivelle avance d’une lettre (1/26 de tour),
- 1 armature fait 1/4 de tour. Chaque lettre donne donc une émission.
- L’axe de la manivelle porte, en outre, une sorte de bobine abc, mobile à frottement doux, reliée avec la ligne.
- Lorsque la manivelle se soulève pour passer dune lettre à une autre, le ressort U pousse cette bobine, dont la rondelle inférieure vient ,0ucher la vis v, reliée au fil des bobines : le c°urant est lancé dans la ligne. Lorsque la ma-nivelie M s’arrête sur une lettre, la goupille gg aPpuie sur la rondelle supérieure de la bobine, a lait descendre et met la rondelle inférieure eri communication par le ressort a? avec le récepteur du poste et la terre. On peut donc re-cevoir sur toutes les lettres. j
- Le récepteur est modifié pour fonctionner j
- avec des courants alternatifs : une armature aimantée, en forme de fer à cheval, oscille entre deux électro-aimants à pôles opposés. Il n’y a donc pas de ressort et par suite de réglage.
- Le télégraphe de Siemens, qui fait usage d’une petite machine du même inventeur, transmet facilement à 500 kilomètres.
- Télégraphes imprimant des signaux conventionnels.
- Télégraphe Morse. — L’appareil Morse traduit les lettres de l’alphabet, les chiffres et les signes de ponctuation à l’aide de deux signaux élémentaires, un point et un trait. Le trait doit avoir trois fois la longueur du point. Les signaux d’une même lettre, traits ou points, sont séparés par un intervalle égal à un point ; les
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- TELEGRAPHE ÉLECTRIQUE.
- lettres sont séparées par la longueur de trois points et les mots par un intervalle égal à cinq points.
- ALPHABET
- LETTRES SIGNAUX
- LETTRES SIGNAUX
- n
- n
- O
- O
- P
- g
- r
- s
- t
- U
- ü
- V
- CHIFFRES
- CHIFFRES SIGNAUX CHIFFRES SIGMAUX
- /
- 2
- 3
- 4
- 5------------- /
- SIGNES DE PONCTUATION ET INDICATIONS DE SERVICE
- PONCTUATION ET INDICATIONS SIGNAUX
- Point................. (.) ______
- Point et virgule...... (;) _„ _ __ __ __ ^
- Virgule............... (,) __ mmmm m —__ _
- Guillemets avant et après le
- passage............. (« ») __ __ ___
- Deux points......... (:) ________ J
- Point d’interrogation ou demande de répétition d'une
- transmission non comprise (?) ________
- Point d’exclamation. (!) ___. _ _____
- Apostrophe.......... (’)_________
- Alinéa...................... __ __ __ __
- Trait d'union......... (-) ________
- Parenthèse avant et après les
- mots.............. (... _______
- Souligné avant et après les mots
- ou le membre de phrase.... ___ __ _ __
- Signal séparant le préambule des indications éventuelles, les indications éventuelles de l’adresse, l'adresse du texte,
- le texte de la signature. _ _ _ __
- Appel préliminaire de toute
- transmission............. __ __ ___ __ __
- Compris ou réception........ _ _ _ __ _
- Erreur...................... , ,
- Fin de la transmission...... __ __ —_________ _
- Attente..................... _ __ _ _ „
- Invitation à transmettre.... .............. _
- Réception terminée.......... _ _ __ ___ ^
- Aux personnes désireuses d’apprendre l’alphabet Morse, nous conseillerons de grouper les lettres méthodiquement, en étudiant d’abord celles composées uniquement de points, puis celles ne contenant que des traits ; la lettre É est la seule formée de cinq caractères ; quant aux autres, elles ont tontes un inverse, c’est-à-dire qu’en remplaçant dans une de ces lettres les traits par des points et réciproquement, on obtient une autre lettre ; ainsi N est l’inverse de A, W est l’inverse de D, P est l’inverse de X et ainsi de suite.
- Récepteur. — Le récepteur chargé d’enregistrer ces signaux se compose d’un électro-aimant vertical, qui attire une armature rectangulaire P, fixée à l’extrémité d’un levier AB (lig. 901). Ce levier, mobile autour de l’axe 0, est maintenu par un ressort antagoniste R, dont on règle la tension à l’aide de l’écrou E. Sa course est limitée par les deux buttoirs VV\ L’extrémité A porte une lame d’acier recourbée C, appelée couteau, soumise à l’action d’une vis de réglage U. Au-dessus du couteau se déplace d’un mouvement uniforme une bande de papier entraînée par un mécanisme d’horlogerie. Cette bande est emmagasinée sur un rouet placé au-dessus de l’appareil (fig. 902) ; elle s’engage entre les branches d’une fourchette F et passe sous la gorge d’une poulie G à joues mobiles; ce sont les guide-papier. Elle passe ensuite entre le couteau et la molette M, enduite d’encre grasse, puis elle s’engage dans une sorte de laminoir formé par les deux cylindres d'entraînement NN'. Le cylindre N est mû
- par le mécanisme : la rotation de N' est due à sa pression contre N, pression qui est produite par le ressort S, sur lequel s’appuie la pointe de la vis H ; une manette permet de soulever le cylindre N' et de dégager la bande de papier, qui n’est plus entraînée. La molette M est mue, comme le cylindre N, par le mouvement d’horlogerie; au-dessus d’elle se trouve un tampon en drap T, imbibé d’encre oléique,
- que le frottement sur la molette fait tourner en sens inverse et qui maintient la circonférence de celle-ci constamment encrée. Le levier -sert à arrêter le mécanisme. La bande se de roule d’environ 1,5 m. par minute. La fig- ^ montre l’ensemble du récepteur Morse.
- T ’ûlûntrn.îiimîmf nef -rnlin H’ililB PcLPt ^
- ligne, de l’autre à la terre. Lorsqu’il est traverse par un courant, il attire l’armature P; le e vier AB s’incline et le couteau C appuie le Pa pier contre la moletteM, qui trace un trait continu tant que le courant passe. Quand le courant e
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- TÉLÉGRAPHE ELECTRIQUE.
- interrompu, le couteau s’abaisse, et le papier ne reçoit plps de tracé. Pour obtenir les signaux de l’alphabet Morse, il suffit donc de produire
- des passages et des interruptions de courant parfaitement réguliers.
- Manipulateur. — Le manipulateur destiné à
- Fig. 90i. — Récepteur Morse (détails du mécanisme).
- cet usage est extrêmement simple. Il se com- 1 vis de réglage Y, l’extrémité l un bouton de pose d’un levier horizontal II' tournant autour bois ou de corne. Au repos, la pression du de son milieu (fig. 903); l’extrémité l porte une I ressort R appuie la vis Y sur la pièce p, qui
- Fig. 902. — Vue d'ensemble du récepteur Morse.
- estreliée au récepteur du poste. L’axe de rota-|,0li étant en communication permanente avec hgne, l’appareil se trouve disposé pour la ré-tePtion. Lorsqu’on veut transmettre, on appuie
- le doigt sur le bouton de bois, de [façon à faire communiquer l’extrémité 1' avec la borne p', qui est reliée au pôle positif d’une pile, unie à la terre par l’autre pôle. Le courant passe alors
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- TÉLÉGRAPHE ÉLECTRIQUE.
- par p' l', suit la ligne jusqu’à? Fautre poste et passe par pl au récepteur. Dès qu’on cesse d’appuyer sur le bouton, le courant est inter-
- rompu et la molette du récepteur cesse de tracer un trait.
- Appareils allemands. — Le télégraphe Morse
- Fig. 903. —Manipulateur Morse.
- a reçu bien des modifications. On emploie en- j pointe sèche. C’est la disposition primitive ima-core quelquefois en Allemagne des récepteurs à ! ginée par Morse.
- L’extrémité du couteau, appuyant fortement sur la bande de papier, produit un gaufrage, dont la lecture est souvent assez pénible, soit
- parce qu’il n’est pas très accentué, soit parce que la bande est mal éclairée. .
- Dans les manipulateurs allemands (lig-
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- TÉLÉGRAPHE ÉLECTRIQUE.
- je réglage se fait par le contact T de l’enclume antérieure, qui termine une vis u munie d’un contre-écrou. Le contact de l’enclume postérieure R est fixe. Le ressort F, en forme de spirale, est placé en arrière du massif central et agit par traction ; on règle sa tension à l’aide de la vis ul.
- La maison Siemens et Halske construit des récepteurs à encre (fig. 905), dans lesquels le barillet T du mouvement d’horlogerie est placé sur la platine antérieure de l’instrument. Le levier de la palette est au contraire enfermé presque entièrement dans l’intérieur de la cage ; lorsque le courant passe, le levier soulève la
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- molette, dont la partie inférieure plonge sans cesse dans un réservoir rempli d’encre oléique, et la presse contre le rouleau 02, sur lequel passe la bande de papier. Le rouet est placé dans un tiroir disposé sous le socle de l’instrument.
- Télégraphe Estienne. — Plusieurs inventeurs ont modifié le télégraphe Morse dans le but : 1° d’augmenter le rendement en produisant les traits par des émissions de courant aussi brèves que pour les points ; 2° de faciliter la lecture des signaux en les produisant transversalement à l’aide de deux styles différents, donnant des traits de longueur inégale, ce qui évite beau-
- Fig. 90o. — Récepteur Morse (modèle Siemens et Halske, de Berlin).
- coup d’erreurs ; 3° d’adapter l’appareil Morse aux lignes souterraines ou sous-marines à longue distance, les courants ayant tous une durée égale et très courte, ce qui permet de décharger la ligne plus facilement.
- Dans l’appareil Estienne, les points et les traits de l’alphabet Morse sont remplacés par deux traits d’inégale longueur, le premier étant moitié plus court que le second (Voy. page 766, fig. 906). Ces deux espèces de signaux sont en-registrés perpendiculairement à la bande de Papier. Les deux sortes de traits étant tracées Par deux styles différents, leur longueur est absolument invariable. La cadence, si difficile a obtenir dans la manipulation du télégraphe -'lorse, n’a plus besoin d’être observée. Le rendement est augmenté, la formation du trait
- n’exigeant pas plus de temps que celle du point. Enfin la lecture est rendue plus rapide par la concentration des signaux sur un plus petit espace.
- M. Estienne a imaginé de plus une sorte de sténographie qu’il applique à des abréviations, et qui consiste à donner aux deux espèces de signaux une épaisseur double ou triple, en prolongeant plus ou moins longtemps le contact du manipulateur.
- Récepteur. — Le récepteur Estienne comprend, comme le Morse, un mouvement d’horlogerie et un organe électrique. Le mouvement d’horlogerie, protégé par une cage métallique, entraîne la bande de papier, qui est enroulée sur un rouet, fixé lui-même sur la table de l’appareil. La bande de papier passe d’abord dans une chape, où elle est légèrement pressée par
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- TÉLÉGRAPHE ÉLECTRIQUE.
- Al pliaL et Oiiffres
- a, il 1 1! s lit 1 mi
- b lin j il t 1 2 ..m
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- ch 1111 1 ilii V ml 4 m.!
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- f n li pt.ll. 8 III»
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- b un r ili 0 iiiii
- Fig. 906.
- un petit ressort; elle est guidée ensuite par les rouleaux en laiton p1 etp2, puis par le rouleau d’acier v, fous sur leurs axes (fig. 907), et passe entre les rouleaux DD', qui produisent l’entraînement. Le premier de ces rouleaux est mû par le mécanisme d’horlogerie; le second est fou sur son axe d2, qui est fixé à l’extrémité d’un levier E. Un ressort c2, soumis à l’action de la vis de pression E2, maintient le rouleau D' en contact avec D. Le papier passe ensuite sur une tablette d’ébonite P', fixée latéralement sur la platine de l’appareil. En abaissant la manette E', terminée par un excentrique e', qui agit sur la goupille e, implantée latéralement sur le levier E, on relève ce levier et le rouleau D', et l’on arrête la marche de la bande de papier.
- Le mécanisme est mis en marche ou arrêté par un levier placé sur la table de l’appareil, comme dans le Morse.
- Les signaux sont enregistrés par deux plumes donnant l’une le trait, l’autre le demi-trait, et qui ne diffèrent que par la longueur des becs. Ces plumes JJ' sont formées chacune d’une sorte de petite palette se prolongeant par une queue, et portant vers le bas, à chaque extrémité, une charnière dans laquelle passe un petit axe rivé aux deux bouts sur une autre palette ou couvercle, qui est évidé vers le bas et porte une sorte de fenêtre laissant passer une lame de cuir placée entre les deux palettes. L’encre s’élève ainsi par capillarité jusqu’au bec de la plume, à partir du réservoir demi-cylin-
- drique M, dans lequel plonge la partie inférieure des plum es à l’état de repos.
- Les plumes sont montées au bout des leviers K, tournant autour des axes ft2. Deux tiges k' portent des goupilles &2, qui empêchent les porte-plume K de sortir de leurs axes. Ces porte-plume sont munis de goujons k3, contre lesquels peuvent butter les branches de la fourchette N, dont la course est limitée par les vis de réglage n2. Cette fourchette tourne autour de J’axe n, qui traverse complètement l’appareil et porte, du côté de la platine postérieure, une longue palette en fer doux qui sert d’armature à l’électro-aimant et s’incline d’un côté ou de l’autre, suivant que l’électro reçoit un courant positif ou négatif. La fourchette tourne alors et vient butter contre l’un des goujons ks; la plume correspondante se soulève et presse le papier contre le rouleau v; un trait ou un demi-trait se trouve marqué, suivant le sens du courant.
- L’électro-aimant, fixé sur la platine postérieure, est formé de deux bobines verticales, réunies en haut par une culasse. Les noyaux se prolongent vers le bas et portent des plaques polaires, qu’on peut, à l’aide de vis, éloigner plus ou moins de la palette oscillante. Les fils des bobines sont enroulés de telle sorte que la palette est attirée par la plaque de gauche et repoussée par celle de droite lorsqu’on lance un courant positif; elle est déviée en sens contraire par un courant négatif.
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- TÉLÉGRAPHE ÉLECTR1QUE.
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- La palette est toujours ramenée dans sa position médiane par l’attraction d’un aimant en fer à cheyal placé au-dessous du socle. L’un des pôles de cet aimant porte un curseur en fer terminé par un biseau ; on fait glisser cette pièce jusqu’à ce que ce biseau se trouve exactement en regard de la partie inférieure de la palette, qui se termine elle-même en biseau.
- Lorsqu’on ne se sert plus de l’instrument, une
- armature de fer doux, commandée par le levier d’arrêt du mécanisme, réunit les deux pôles de l’aimant et supprime son action.
- Le levier d’arrêt sert encore à réunir la ligne soit avec la sonnerie, soit avec le récepteur. Au repos, l’appareil est sur sonnerie ; en déclenchant le mécanisme, on le met sur récepteur.
- Réglaye. — Le réglage du récepteur corn-
- Fig. 907.
- Mécanisme du récepteur Estienne. (Figure empruntée à la Publication industrielle des mackmes, outils et appareils de M. Armengaud aîné.)
- prend trois opérations : 1° obtenir la ligne de coïncidence, c’est-à-dire déplacer le rouleau v jusqu’à ce que, le papier étant immobile, un Hait et un demi-trait, tracés par les deux pluies, se superposent exactement ; 2° amener la Palette dans une position bien verticale en déplaçant le curseur de l’aimant de réglage ; 3° régler H position des vis de buttée n2, pour empêcher plumes d'arrêter le papier, dans le cas d’un
- courant trop fort, et limiter le jeu de la fourchette N.
- Manipulateur. — Le manipulateur Estienne est un inverseur à deux leviers, qui permet d’envoyer sur la ligne des courants positifs ou négatifs, suivant qu’on abaisse l’un ou l’autre levier. Les deux leviers en laiton AA' (fig. 908) peuvent tourner autour d’axes en acier, fixés sur le support B. Chaque levier est divisé en deux par-
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- TÉLÉGRAPHE ÉLECTRIQUE.
- ties par une pièce isolante t. Au-dessus des extrémités isolées aa' se trouvent des lames d’acier très flexibles dd', fixées au support D, et qu’on peut abaisser plus ou moins à l’aide des vis de réglage d3. A l’autre extrémité, les leviers AA' portent des touches en ébonite EE', séparées par un intervalle de 1 millimètre. Au repos, les leviers, sous l’action de leur poids et des ressorts ft, s’appuient sur les enclumes FF' par la pointe des vis de réglage ff.
- Fig. 908. — Manipulateur Estienue. (Figure empruntée à M. Armengaud aîné.)
- Entre les deux leviers se trouve une lame H tournant également autour du support, et reposant par l’autre extrémité sur un plot H'. Quand on appuie sur l’une des touches EE', la lame H se trouve soulevée par un des goujons hh', et vient butter contre un bourrelet platiné appartenant à une lame I, fixée également sur le support D et dont on règle la position par la vis ï.
- La tablette B' porte encore cinq bornes L, C, Z, T, R, reliées respectivement avec la ligne, les deux pôles de la pile, la terre et le récepteur. La borne L communique en outre avec le pont B, les bornes C et Z avec les enclumes G et G', la borne T avec le support D et la borne R avec le plot H'. Enfin les parties isolées aa' des leviers portent des fils enroulés en spirale et aboutissant aux deux bornes G et Z.
- Si l’on presse la touche E, la lame H est soulevée par le goujon h, et la ligne se décharge à la terre par LBAHIDT. Cette lame dépasse ensuite le bourrelet du ressort I et interrompt le circuit précédent. Le levier A butte ensuite com tre l’enclume G, la partie isolée a vient toucher la lame d, et un courant négatif passe par ZGABL et la ligne au récepteur de l’autre poste,
- puis revient par la terre en TDdaG au pôle positif. Si l’on abandonne ensuite la touche E, la lame H, retombant avec le levier A, rencontre encore le bourrelet I, et la ligne se décharge de nouveau.
- Lorsqu’on agit sur la touche E', on lance de même un courant positif.
- La décharge à la terre n’est utile que pour les lignes souterraines ou sous-marines : pour les lignes aériennes, on peut supprimer la lame I.
- Rendement et avantages de ce système. — L’appareil Estienne supprime les erreurs de lecture, les fausses interprétations de signaux dues à une manipulation défectueuse ou à un mauvais réglage du récepteur, erreurs qui, lorsqu’elles ne causent pas de graves préjudices, peuvent au moins retarder la remise à domicile des télégrammes. Avec le manipulateur Morse, on peut, si les points et les traits ne sont pas parfaitement réguliers, confondre les uns avec les autres; tout le monde connaît l’exemple cité par nombre d’auteurs du mot décédé substitué au mot décoré, erreur assez fréquente pour avoir motivé, il y a quelques années, une circulaire administrative.
- D’après l’auteur, tout télégraphiste connaissant l’appareil Morse peut, en quelques heures, apprendre à manipuler cet appareil. La production du travail étant plus grande et donnant lieu à moins de fatigue et à moins d’erreurs, le télégraphe Estienne convient parfaitement aux bureaux secondaires. La portée télégraphique, c’est-à-dire la marche en ligne sans relais intermédiaires, dépasserait de plus de moitié celle des autres systèmes.
- Enfin la manipulation ordinaire pourrait être supprimée par l’application de la transmission automatique. Dans le système Wheatstone, le point s’obtient avec deux courants alternés et le trait avec quatre courants, dont deux de compensation. Un seul courant bref étant nécessaire pour reproduire l’un ou l’autre signal de la nouvelle écriture, le nombre des émissions de courants serait, avec le nouveau système, réduit de près des deux tiers dans la transmis sion automatique. Le rendement serait donc augmenté. En outre, le collage des bandes sur les copies rendrait le système Beaucoup pluS pratique, d’abord par la suppression de la tra duction des télégrammes de transit, ensuite par la facilité donnée à la traduction des autres. (Montillot, la Télégraphie actuelle.)
- Télégraphe Morse à deux styles, s^en^ Hérodote. — Le système exposé par M. er0
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- dote en 1889 diffère du précédent et des modèles analogues en ce qu’il utilise les récepteurs Morse déjà existants. La dépense d’installation se trouve ainsi diminuée et l’appareil peut transmettre à volonté soit des signaux Morse ordinaires, soit des caractères transversaux.
- Récepteur. — Pour transformer un récepteur Morse en un appareil à deux styles, il faut ajouter aux organes ordinaires un aimant A, un électro-aimant E1, une armature polarisée ci1 mobile autour d’un axe d1, et un couteau supplémentaire Z1 fixé au même axe (fig. 909). La partie antérieure de l’axe d1 est en laiton; la partie postérieure est en fer doux, comme l’armature al ; ces deux pièces reçoivent une ai-
- mantation permanente par la vis Y1 et l’aimant A. Le couteau l et l’armature a ordinaires tournent autour de l’axe d. L’oscillation des leviers est limitée par les vis vv, vl v1, qui se règlent au moyen des ressorts r et rl.
- L’impression est produite par cinq molettes m semblables à la molette ordinaire. L’électro-aimant supplémentaire E1 est enroulé de manière à n’attirer l’armature polarisée que lorsqu’il est parcouru par un courant négatif. Si donc on lance des courants toujours positifs, l’armature a est seule attirée, et l’on imprime des caractères ordinaires. Il faut alors produire des émissions d’inégale longueur pour les points et les traits. Si l’on envoie, au contraire, des courants tous de même durée, mais
- Fig. 909. — Récepteur Morse-Hérodote.
- de signe variable, les courants positifs agissent seulement sur l’armature a; les courants négatifs soulèvent les deux couteaux II1 et produisent cinq petits signaux parallèles qui représentent un trait transversal.
- Manipulateur. — Le manipulateur doit être disposé pour donner à volonté des courants positifs ou négatifs. Il est formé de deux lames flexibles L1 L2 (fig. 910), communiquant avec la Agne et ja terre, et d’une troisième lame R c°nrununiquant avec L* par la pièce métallique rn% Les lames LHA portent deux doigts DD1, le Premier en métal, le second isolant, qui s’a-^ncent au-dessus du ressort R, sans le toucher ^is la position de repos. Trois ponts, termi-n®s par des vis R1, B2, B2, seules figurées, li-^ffent la course des trois lames, au-dessous Dictionnaire d’électricité.
- desquelles se trouvent trois plots G1, C2, C3. Le pôle positif de la pile est relié aux bornes C1 C3, le pôle négatif à la borne C2 et à la vis B3. La vis B2 est en communication avec le récepteur du poste. Quand on appuie sur la lame L1, on lance dans la ligne un courant positif; le doigt D abaisse le ressort R, sans lui faire toucher C2 : le récepteur est donc isolé; enfin le pôle négatif reste en communication avec la terre par BsL2. Si l’on appuie sur le ressort L2, on envoie à la terre le courant positif, tandis que la ligne est reliée au pôle négatif par G2 et par le ressort R, qu’abaisse la tige D1.
- Manipulation et avantages. — Pour transmettre des signaux Morse ordinaires, on se sert seulement de la lame L1. Avec les traits transversaux, le rendement dépasse de huit ou dix
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- télégrammes à l’heure celui des appareils ordinaires. Avec une installation en duplex, le bénéfice serait double.
- De plus, on sait qu’en France les bureaux municipaux sont associés deux à deux et reliés par un même fil au bureau principal. Pour appeler l’un ou l’autre à volonté, on fait usage d’un rappel (Voy. ce mot). L’appareil Hérodote permettrait de supprimer ces instruments, qui sont toujours fort délicats.
- Enfin ce télégraphe est tellement simple que tous les opérateurs morsistes peuvent le régler et le lire sans aucune étude préalable, et qu’il
- leur suffit de quelques jours d’exercice pour acquérir une bonne manipulation.
- Télégraphes électro-chimiques.
- Certains modèles de télégraphes utilisent les décompositions électrolytiques pour tracer les signaux Morse sur la bande de papier. On rend le papier conducteur en le trempant dans une solution concentrée de nitrate d’ammoniaque. La substance électrolysée est généralement le cyanure de potassium, qui, sous l’influence du courant, donne du bleu de Prusse en présence d’une pointe de fer, et du cyanure rouge de po-
- TERREL
- RECEPTEUR
- Fig. 910. — Manipulateur Morse-Hérodote.
- tassium et du cuivre avec une pointe de cuivre.
- L’appareil de M. Bain diffère peu d’un Morse ordinaire. Il faut environ quinze éléments Da-niell pour la décomposition.
- Les télégraphes de M. Goodspeed et de MM. Chauvassaigne et Lambrigot, décrits au paragraphe suivant, sont aussi des appareils électro-chimiques.
- Télégraphes automatiques.
- Appareil rapide. — On a essayé d’augmenter le rendement du Morse en confiant la transmission des dépêches, préalablement imprimées en local avec des signaux ordinaires, à un appareil automatique fonctionnant avec une grande rapidité. Tel est le principe de l'appareil rapide, imaginé par MM. Chauvassaigne et Lambrigot et essayé au bureau central de Paris vers 1867.
- La dépêche est d’abord composée en local sur une bande de papier métallique, à l’aide d’un vernis isolant. On emploie pour cela un appareil Morse dont la molette est remplacée par un réservoir rempli de résine maintenue a une température convenable.
- La bande ainsi préparée est placée sous un mécanisme à déroulement, réglé à la vitesse convenable. Un stylet qui appuie sur le papier envoie le courant à la terre, quand il touche la partie conductrice, et sur la ligne, quand i est en contact avec les signaux isolants.
- A l’arrivée, la dépêche est tracée chimique
- ment.
- Télégraphe Goodspeed. — Dans l’appareil de M. Goodspeed, un perforateur perce la bande de papier de manière à produire les signaux Morse ordinaires, mais les points et les traits, produits par deux poinçons différents, son p
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- cés sur deux lignes parallèles. Cette bande est Anse dans un transmetteur, où elle passe entre un cylindre relié au sol et deux ressorts communiquant l’un avec le pôle positif d’une pile, l’autre avec le pôle négatif d’une autre pile, les autres pôles de ces piles étant reliés à la terre. Les points envoient donc des courants d’un certain sens, les traits des courants de sens contraire. Le récepteur porte une bande de papier électro-chimique passant sous deux pointes de fer très voisines, dont l’une ou l’autre produit un tracé, suivant le sens du courant. Les points et les traits sont donc imprimés, non en ligne droite, mais sur deux lignes parallèles.
- Télégraphe Wheatstone. — La dépêche est d’abord composée à l’aide de trous pratiqués dans une bande de papier par le perforateur. Cette bande est ensuite placée dans le transmetteur ; les trous sont traversés, suivant l’ordre dans lequel ils se présentent, par des ai-
- guilles qui envoient sur la ligne les courants nécessaires à la reproduction des signes dans
- Fig. 911. — Perforateur du télégraphe Wheatstone.
- le récepteur, qui est approprié à ce genre de transmission.
- -j- Emission positive de compensation
- —j— Emission positive de compensation
- -f- Emission positive directe
- | Emission négative de compensation
- • | Emission négative de compensation.
- | Emission négative - directe
- § —{- Emission positive directe
- | Emission négative directe
- • • -j- Emission positive de compensation
- © #
- | Emission négative directe
- -|- Einission positive de compensation,
- + _ Emission .positive directe_____________
- | Emission, négative directe
- “1" fimission positive directe
- | Emission négative de compensation.
- j Emission négative de compensation
- | Emission négaiive directe
- -j” Emission positive de c o mpensation
- 4- Emission, positive de covpoeu sâétvn
- -f* En/iss/on positive directe
- j Emission. négative directe
- —j- Emission positive directe
- [ Emission négative directe
- I
- plac
- Fig. 912. — Vue d’une bande perforée et des signaux Morse correspondants.
- Perforateur. — La dépêche à composer est i le perforateur (fig. 911) formé d’une boite en
- ee sur un pupitre, devant lequel se trouve j cuivre dans laquelle se meuvent trois pistons
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- agissant sur autant de leviers disposés en face d’emporte-pièce, qui donnent des trous de deux dimensions. Ces poinçons percent la bande suivant trois lignes parallèles à sa longueur. Le piston de gauche donne les points, représentés par trois trous placés sur une même ligne transversale, celui du milieu étant plus petit que les deux extrêmes. Le piston de droite traduit les traits à l’aide de quatre trous, deux petits
- sur la ligne médiane et deux plus -------
- grands en diagonale. Enfin le piston central donne un petit trou sur la ligne médiane, ce qui représente un blanc.
- Quelles que soient les combinaisons de signaux transmises, on voit que la ligne médiane présente une série continue de petits trous équidistants, les plus grands trous étant disposés irrégulièrement de part et d’autre. La figure 912 montre l’aspect d’une bande perforée portant le mot art, ce mot commençant à la partie inférieure. Les trous de faible diamètre situés sur la ligne centrale servent seulement, dans le perforateur et dans le transmetteur, à faire avancer la bande de papier. A cet effet, une petite roue dentée, commandée par un cliquet soumis à l’action des pistons par l’intermédiaire d’un système de leviers coudés, s’engage dans ces trous et fait avancer la bande. Des guides la dirigent.
- Pour composer les dépêches, le télégraphiste tient dans chaque main un petit maillet et frappe sur les pistons. Dans les bureaux possédant des tubes pneumatiques, on a supprimé cette manœuvre, qui est très pénible, en utilisant les réservoirs d’air comprimé. On adapte alors aux perforateurs des claviers à trois touches. Quand on abaisse une des touches, l’air comprimé agit sur le piston correspondant.
- Transmetteur. — Les bandes perforées sont ensuite placées sur le transmetteur, qui est mû par un mouvement d’horlogerie à poids. Une roue dentée, commandée par ce mécanisme, pénètre dans les perforations médianes de la bande et la fait avancer.
- Le même mécanisme communique, par l’intermédiaire d’un excentrique et d’une bielle, un mouvement continu de va-et-vient à un balancier d’ébonite EE (fig. 913), muni de deux goupilles métalliques ff, qui font saillie en avant de la platine antérieure par des ouvertures disposées à cet effet. Ces deux goupilles communiquent toutes deux avec la ligne, la
- première directement, la seconde à travers une résistance considérable. Deux leviers coudés AB, CD, mobiles autour des vis UY , sont maintenus appuyés contre ces goupilles par les ressorts RR', et portent deux aiguilles FF' qui vont en s’écartant et ont leurs pointes au-des-
- T J
- 1--— Jiesista.nce
- Fi?. 913. — Mécanisme du transmetteur.
- sous des deux lignes de gros trous de la bande perforée qui passe en aa. Les deux leviers coudés portent en outre en B et D' deux tiges munies de manchons mm, qui pénètrent dans les ouvertures d’une pièce MM', fixée à un cercle G, partagé en deux parties égales par une bande isolante.
- Le disque G, qui sert d’inverseur, participe au mouvement d’oscillation du balancier EE.En effet, si le balancier s’abaisse vers la gauche, comme le montre la figure, la goupille f appuie sur la branche AU du levier correspondant, et le manchon m est attiré vers la gauche. En même temps, les ressorts RR' attirent de même la branche YD vers la gauche, la branche YD s'incline vers la droite, et le manchon m pousse du même côté la pièce M et par suite le cercle G. Lorsque le balancier s’incline vers la droite, l’effet inverse se produit : le manchon m est attiré vers la gauche, et le manchon m' pousse la pièce M' vers la droite. Le disque G reçoit donc un mouvement d’oscillation.
- Les deux segments isolés du disque portent des goupilles gg', sur lesquelles appuient les leviers coudés GH, IJ, mobiles autour des vis 0 et P, et maintenus en contact par les ressorts ST. Les deux axes O et P communiquent avec les deux pôles d’une pile, et les deux segments du cercle G, l’un avec la terre, l’autre avec la ligne. Les oscillations du disque mettent les goupilles gg' en contact alternativement a^ec chacun des leviers GH, IJ, et par suite a\ec chacun des pôles, ce qui produit les inversions. Sur la figure, le pôle négatif est relié à la terre, le pôle positif à la ligne, d’une part à travers
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- résistance, de l’autre par f, CD, R'R, BA et f. 5i le disque bascule, c’est le contraire qui a lieu.
- D’un autre côté, le mouvement oscillatoire du balancier est transmis aux aiguilles FF', placées au-dessous de la bande de papier. Si l’une d’elles, F' par exemple, rencontre une perforation, elle la traverse, et le levier CD ne cesse pas d’appuyer sur la goupille f'. Si, au contraire, l’aiguille F' se trouve en regard d’une partie non perforée, elle est arrêtée dans son mouvement d’ascension, et, le balancier continuant à osciller, le levier CD ne touche plus la goupille f ; le contact est rompu en ce point.
- On voit que six cas peuvent se présenter. Si les goupilles f et f touchent les leviers AB et CD, le courant va à la ligne en même temps par la résistance et par les leviers AB et CD. C’est une émission directe. Elle est positive ou négative, suivant la position du disque commutateur. L’émission positive directe commence tous les signaux.
- Si l’une des goupilles ff ne touche pas le levier correspondant, le courant ne se rend à la ligne qu’à travers la résistance : on obtient un courant dit de compensation, destiné à prolonger l’action d’un courant précédemment émis ; il est positif ou négatif suivant la position du commutateur. Les courants de compensation ne produisent aucun effet sur le récepteur, car ils sont trop faibles pour déplacer la molette. Les émissions directes ont lieu quand les aiguilles traversent les perforations; lorsqu’au contraire elles rencontrent la bande de papier, on obtient des courants de compensation.
- Récepteur. — Le récepteur est un Morse modifié, dont l’organe électromagnétique est un double électro-aimant à armature polarisée, fonctionnant à peu près comme les rappels avec aimant. Cet organe est formé de deux bobines verticales AB dont les noyaux portent aux deux extrémités des pièces polaires P1? P2, P* très rapprochées (fîg. 913). L’enroulement est tel que les pôles voisins Pt et P2, P3 et Pv soient de signe contraire. En regard de cet électro-aimant est placé un aimant E en forme d U, dont les pôles sont traversés par un axe H qui porte deux palettes de fer doux FG, aimantées par influence. Lorsque le récepteur ne reçoit aucun courant, ces palettes restent également éloignées des deux pôles. Lorsqu’un cou-rant traverse l’appareil, les palettes s’inclinent a droite ou à gauche, suivant que ce courant est positif ou négatif.
- Ces oscillations des palettes produisent l’im-
- pression. Pour cela, un mécanisme d’horlogerie fait tourner une molette et un disque encreur qui trempe constamment dans un godet rempli d’encre oléique ; ces deux pièces roulent l’une sur l’autre, de sorte que la molette soit
- Fig. 914. — Organe électro-magnétique du récepteur.
- toujours imbibée d’encre. L’axe de cette dernière est d’ailleurs pincé par un levier qui dépend de l’axe H des palettes, de sorte que les oscillations de celles-ci sont transmises à la molette sans qu’elle cesse de tourner. Le mouvement des palettes provoqué par un courant positif appuie la molette sur une bande de papier, qui se déroule comme dans les récepteurs Morse ordinaires, et fait imprimer un signal; le mouvement dû à un courant négatif éloigne la molette de la bande et produit un blanc.
- L’appareil est réglé de sorte qu’une émission positive directe commence tous les signaux. Une perforation transversale, figurant un point, laisse passer un courant positif, puis un négatif, tous deux directs ; la molette s’approche un instant du papier et trace un point. Une perforation en diagonale correspond à trois inversions complètes. La première émission, qui est directe, commence le tracé ; les autres ne donnent que des courants de compensation, qui n’agissent pas sur la molette; enfin la troisième émission négative, correspondant à un trou, éloigne la molette et termine le trait. Les blancs correspondent également à trois inversions complètes, mais comme les aiguilles rencontrent constamment le papier, la molette reste éloignée et ne trace rien. On peut suivre les détails de l’opération sur la figure 912.
- Manipidateur. — L’appareil Wheatstone peut servir aussi à transmettre directement, sans faire usage du perforateur. On met alors le transmetteur hors circuit, et on le remplace par un manipulateur inverseur, permettant
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- d’envoyer sur la ligne des courants positifs ou négatifs. Une manette permet de mettre l’appareil sur transmission, sur réception ou à la terre, pour décharger la ligne quand on passe de la transmission à la réception.
- Télégraphes imprimeurs.
- On a cherché depuis longtemps à imprimer sur a bande de papier du récepteur, au lieu des signaux conventionnels de Morse, les lettres memes de l’alphabet. Dans les télégraphes à échappement, la roue des types, qui porte sur sa
- circonférence les caractères de l’alphabet mise en mouvement par des émissions de co, rant successives, comme dans le télégraphe * cadran de Bréguet. Les appareils à mouvements synchrones ont, au manipulateur et au récep teur, deux roues qui tournent avec la mèml vitesse, de sorte que les caractères soient constamment disposés d’une manière semblable • i» courant appuie le papier sur la roue des types au moment précis où passe la lettre qu’on vent imprimer. 1
- Télégraphes à échappement. — On a d’abord cherche a modifier les appareils à cadran ordi-
- Flg. 915. ~ Vue d’ensemble du télégraphe Hughes.
- naires. M. Wheatstone (1840) employait un m nipulateur a cadran. Les émissions successiv aisaient mouvoir la roue des types. Lorsqu’c s arrêtait sur une lettre, le courant, lancé dai un second fil, appuyait le papier sur cet roue. L appareil a été ensuite modifié poi éviter 1 emploi des deux fils.
- Les appareils de du Moncel et de Dirnie sont fondés sur un principe analogue. D’autre
- reposent sur l’accroissement de l’aimantatio
- avec le temps. Dans l’appareil Siemens, le courants très rapides émis par le manipulateu suffisent pour actionner un petit électro-aiman qui fait tourner la roue des types, mais le gro; électro qui appuie le papier ne s’aimante qU<
- si Ion s’arrête un instant sur une lettre. L’appareil Bréguet comporte un seul électro-aimant, qui se déplace d’une petite quantité pour faire tourner la roue des types, et d’une quantité
- P us grande pour produire la pression sur le papier.
- Dans l’appareil de M. de Baiilehache, le manipulateur est analogue à celui du télégraphe a cadran. En tournant la manette, on envoie sur la ligne des courants alternatifs qui se succèdent sans interruption sensible. Ces courants passent dans un électro-aimant dont l’armature polarisée oscille et fait avancer la roue des types. Une autre armature, non polarisée, reste adhérente à l’électro pendant la rotation du
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- manipulateur, mais elle s’en détache dès que l’on rompt le circuit en s’arrêtant sur une lettre. Ce mouvement déclenche le mécanisme imprimeur.
- L’appareil Hayetest analogue, mais un second fd enroulé sur l’électro et formant un circuit fermé est parcouru par des courants induits, qui empêchent la seconde armature de se détacher intempestivement entre deux courants
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- consécutifs et d’imprimer des lettres inutiles.
- Les appareils à échappement ne peuvent donner qu’un faible rendement, à cause du grand nombre de courants qu’il faut employer pour chaque signal et de la masse de la roue des types. MM. Gaussain et Mouilleron ont tenté d’augmenter la vitesse en répartissant les caractères sur cinq roues moins massives ; mais l’appareil devient extrêmement compliqué.
- Fig. 916. — Disposition des leviers du manipulateur.
- Les appareils de Siemens, de d’Àrlincourt emploient des récepteurs à trembleur. Dans ce dernier, il y a deux mouvements d’horlogerie : l’un commande l’impression, l’autre mène une roue interruptrice, la roue des types et une aiguiile indicatrice.
- Télégraphe imprimeur de Hughes. — Tous tas appareils qui précèdent arrêtent la roue des types à chaque transmission, ce qui ralentit la vitesse des communications. M. Hughes a imaginé en 1855 le premier télégraphe à transmis-
- sion continue, dans lequel les lettres s’impriment instantanément, sans aucun arrêt.
- Principe. — Le récepteur et le manipulateur, réunis sur une même table, sont commandés par un même mouvement d’horlogerie. Une bande de papier se déroule d’un mouvement uniforme et passe sur la roue des types T, dont la circonférence porte les caractères enduits d’encre grasse. Sous l’action du courant, le papier est pressé contre la roue, qui imprime la lettre placée à ce moment au point le plus bas-
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- Le manipulateur a la forme d’un clavier, qu’on voit en avant de l’appareil.
- Manipulateur. — Ce manipulateur se compose de vingt-huit touches, alternativement blanches et noires. Toutes les touches noires et douze des touches blanches portent chacune deux signes, soit une lettre et un chiffre, soit une lettre et un signe de ponctuation. Ces signes sont disposés de la manière suivante :
- Touches blanches.
- i 234-567 890 , ; :
- ABCDEFGHIJKLMN
- Blanc
- des lettres.
- Z
- Touches noires.
- &
- Y X
- (
- É
- Blanc
- des chiffres.
- V
- / §--------h ’ ! ?
- ü T S R Q P O
- Les deux blancs servent l’un à passer des
- lettres aux chiffres et à séparer les groupes de chiffres, l’autre à passer des chiffres aux lettres et à séparer les mots.
- Chaque touche est surmontée d’un levier qui bascule autour de son axe lorsqu’on appuie sur elle. Les vingt-huit leviers se recourbent et viennent aboutir à une boîte cylindrique, appelée boîte à goujons, autour de laquelle leurs extrémités se rangent régulièrement (fig. 916). Chacun de ces leviers T est surmonté d’un petit goujon d’acier S, qu’un ressort f maintient au contact (fig. 917). Lorsqu’on appuie sur une des touches, le goujon correspondant est soulevé par l’une des tiges T et fait saillie au-dessus d’une des ouvertures c, pratiquées, au nombre de vingt-huit, dans la paroi supérieure de la boîte (fig. 918). Dès qu’on cesse d’appuyer sur
- la touche, le goujon soulevé s’abaisse et rentre dans la boîte, sous l’action du ressort f et du chariot.
- Chariot. — Le chariot forme la partie essentielle de l’appareil. Il sert à répartir, à des moments précis, les émissions de courant. La figure 918 montre la dernière forme adoptée en France pour les lignes aériennes. Ce chariot tourne au-dessus de la boîte à goujons avec une vitesse de cent vingt à cent cinquante tours par minute. Il est muni d’une lèvre Y et d’un appendice gi, terminé par un galet qui s’engage dans le collier B, en face d’un autre galet appartenant au levier HER; le tout est mobile autour des vis rrl. Le collier B peut se déplacer sur l’arbre vertical W, entre la pièce G et le bourrelet qu’on voit un peu au-dessus, et ne gêne en rien la rotation du chariot et de l’arbre W sous l’action du mouvement d’horlogerie, qui com-
- mande ce dernier par l’intermédiaire de la roue d’angle R6.
- Le levier HER, mobile autour de l’axe ait se termine par un ressort Fj, qui oscille entre deux vis ct et c2, reliées, la première à l’un des pôles de la pile, la seconde au contact de lu1' terrupteur, au support de la palette et au ressort sur lequel s’appuie la came de correction-Le ressort F1? isolé par une plaque d’ébonite du reste du levier HIR, est en communication avec un plot n, fixé sur la table de l’appareil, au repos, il s’appuie sur la vis c2.
- Lorsqu’on appuie sur une touche, le chariot, en tournant, rencontre bientôt le goujon sou levé; la pièce RRt le saisit,l’appuie sur la lèvre et le rejette ensuite pour le laisser retombei en arrière, lorsque la lèvre du chariot est pus sée. Pendant cette opération, le goujon a sou levé la lèvre C ; l’appendice g± s’est abaisse,
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- entraînant le collier B. Le levier HH* bascule, et le ressort Ft vient toucher la vis Ci, envoyant un courant dans la ligne. Dès que le goujon est retombé, les divers organes reprennent la position figurée, et le courant se trouve interrompu. Le courant ainsi produit arrive au récepteur, dont il met en mouvement le mécanisme imprimeur, Si les deux appareils concordent bien,
- le papier est soulevé et pressé contre la roue des types au moment où le caractère qu’on veut imprimer passe au point le plus bas.
- Mécanisme imprimeur. — Pour cela, le chariot commande en même temps la roue des types, de façon qu’elle tourne avec la même vitesse que lui. L’appareil est réglé pour que chaque caractère se trouve au point le plus bas au mo-
- Fig. 918. — Plan et élévation du chariot.
- ment où le chariot passe au-dessus du goujon correspondant. Si de plus les chariots des deux Postes sont parfaitement synchrones, on conçoit Çoe l’émission du courant due au soulèvement des goujons, dans le premier poste, se Produira exactement lorsque le caractère correspondant de l’autre poste sera au point le plus et ce caractère s’imprimera sur le papier.
- La roue des types, qui doit être commandée
- par le chariot, est fixée sur un axe, appelé axe des types, qui engrène avec celui-ci de la manière suivante. La partie supérieure du chariot porte, comme nous l’avons vu plus huut, une roue d’angle R6 horizontale ; cette roue engrène avec une autre roue verticale R5 de même grandeur, ayant le même nombre de dents (fig. 919), et fixée à l’arbre des types wiwi, qui tourne avec elle. Cet arbre porte divers organes importants : d’abord un manchon B2B2, fixé à l’arbre
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- par la vis Rt, et entouré par une sorte d’anneau mobile BjBj, en acier fortement trempé, maintenu à frottement dur par le ressort MM; cet anneau, appelé roue de frottement, ne peut se déplacer que sous l’influence d’un effort énergique. En avant de cette roue se trouve un double manchon a2a2, hifq, dont la partie intérieure porte la roue des types A, sur la circonférence de laquelle sont tracés en relief les mêmes
- signes que sur le clavier du manipulateur, mais les deux séries de signaux alternent dans l’ordre suivant :
- Blanc des lettres. A 1 B 2 C 3 D 4 E 5 P à • q 7 H 8 I 9 J OK.L , M ; N :0?p, Q’R-j-S — T§U / V = Blanc des chiffres. É ( X ) Y & Z «
- Roue de correction. — En arrière de la roue des types, la partie extérieure 6161 du manchon
- Fig. 919. — Axe des types (coupe).
- porte une seconde roue BB qu’on appelle roue de correction, servant à maintenir le synchronisme et à passer des lettres aux chiffres et réciproquement. Cette roue, en acier trempé, a sa circonférence divisée en cinquante-six parties égales, dont vingt-huit portent des dents aiguës également espacées. La roue des types portant cinquante-six signaux, on voit que, si l’une des lettres de cette roue coïncide avec un des creux de la roue de correction, toutes les autres lettres correspondent exactement aux autres creux. De même, si l’un des chiffres se trouve
- en regard de l’un des creux, les autres chiffre» correspondent tous aux autres creux.
- Le changement se fait à l’aide de l’ancre °u levier inverseur v\v2 et de la pièce Mi, qui ser^a établir la liaison entre la roue des types et la roue de correction (ftg. 920). Elle est placée derrière cette dernière roue et fixée au manchon de lu roue des types. Le doigt/q pénètre dajis l’un des crans du cliquet k, pressé par le -ressort:A» l’autre extrémité h s’engage dans la partie, me diane du levier inverseur, qui tourne à frotte ment dur autour de la vis s. Lorsque le doigt »
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- est, comme le montre la figure, dans le premier cran du cliquet k, l’extrémité iq fait saillie en dehors de la roue et bouche l’un des creux. Si le doigt hi pénètre dans le second cran, le doigt h fait tourner l’ancre et c’est l’extrémité
- Fig. 920. — Roue de correction et levier inverseur.
- v2 qui fait saillie. Les deux creux alternativement obstrués par l’ancre doivent concorder, dans le montage général, avec le blanc des lettres et le blanc des chiffres.
- Fig. 921. — Levier de rappel au blanc.
- Levier de rappel au blanc. — Derrière la roue de correction, un axe fixe, adhérant à la platine antérieure de l’appareil, porte un levier (fig. 921), aPpelé levier de rappel au blanc, qui ramène la r°ue des types à sa position de repos, lorsque a concordance cesse d’exister entre les deux
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- récepteurs. Ce levier est formé de trois branches, dont deux Ui et U;î dans un même plan; la troisième U2 est en arrière et se meut dans un plan parallèle. La branche Ut sert de manette pour agir sur les deux autres. En regard de ce levier est placé un ressort-lame qui remplit, par rapport au cliquet kt de la roue correctrice, le même rôle que le plan incliné dont nous parlerons plus loin à propos du levier d’échappement et de l’embrayage de l’axe du volant avec l’axe imprimeur. On voit l’extrémité de ce ressort figure 926, au-dessous et à droite du tampon O.
- Lorsque le levier de rappel au blanc est
- Fig. 922. — Électro-aimant Hughes.
- abaissé, l’appendice k de la branche U2 pousse le ressort-lame sous le cliquet de la roue correctrice; ce ressort soulève le cliquet; la roue de frottement tourne librement, tandis que la roue de correction et la roue des types sont arrêtées. En même temps, le crochet S, de la branche U3 s’engage dans une encoche pratiquée dans le manchon qui supporte la roue de correction.
- Organe électro-magnétique. — L’organe électro-magnétique du récepteur est un électroaimant polarisé d’une forme particulière, appelé électro-aimant de Hughes. Le noyau est constitué par un fort aimant en fer à cheval MM (fig. 922), fixé par une équerre de laiton NN sous la table de l’appareil. Les deux pôles de cet aimant portent des pièces polaires mm, entou»-
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- rées par des bobines EE. Le fil est enroulé de maniéré à produire deux pôles contraires aux deux extrémités. Au-dessus de ces bobines se trouve une palette de fer doux EiE2, ayant à peu près la forme d’un double T. Cette palette
- est mobile entre les pointes de deux vis $$ et tend à s’écarter de l’électro-aimant, sous l’action des deux ressorts ee, réglés par les vis bib.2.
- A l’état de repos, la palette reste appliquée
- Fig. 923. — Levier d'échappemenl.
- contre les pôles de l’électro-aimant; mais, si l’appareil reçoit un courant de sens convenable, l’aimantation diminue, et la palette bascule sous l’influence des lames ee. Le mécanisme du récepteur se trouve ainsi mis en marche et fonctionne d’une manière purement mécanique. Le même effet se produit chaque fois que, l’un des goujons du manipulateur se trouvant sou-
- levé, le passage du chariot provoque une émision de courant.
- Levier d'échappement. — Examinons maintenant le fonctionnement de ce mécanisme. Au-dessus de la palette EiE2 se trouve un levier GG, appelé levier d'échappement (flg. 923), qui, dans la position de repos, arrête une pièce FF, mnr»e d’une saillie F, et d’un cliquet nnu mobile autour
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- Son axe. Le ressort f, porté par la pièce FF, tend à appuyer ce cliquet sur la roue dentée Z, et [eS dents de ces deux organes sont disposées de telle sorte que le mouvement de droite à gauche détermine l’embrayage. La ligure représente la position de ces pièces pendant le mouvement normal de l’appareil, lorsqu’il est en marche sans être traversé par le courant. La pièce F2 est alors arrêtée sur le cran du levier G ; le cliquet est soulevé et son appendice n1 s’appuie sur un petit plan incliné m, fixé en p par deux vis sur le bâti de l’appareil. La roue Z, qui est montée sur l’axe du volant, tourne alors librement avec lui.
- Axe imprimeur. — L’arbre du volant qui porte la roue Z s’emboîte dans la pièce F, qui est supportée elle-même par un axe qu’on appelle ar-
- bre imprimeur ou arbre des cames. Cet arbre sert de coussinet à l’arbre du volant. Les deux
- Fig. 924. — Embrayage de Taxe du volant et de l’arbre imprimeur.
- arbres sont dans le prolongement l’un de l’autre, mais ils restent indépendants tant que la
- Fig. 925. — Axe [imprimeur.
- pièce F2 est arrêtée par le levier d’échappement,.
- Embrayage de Vaxe du volant et de Vaxe imprimeur. — A chaque émission de courant, la palette EtE2, en se soulevant, vient frapper la vis et fait basculer le levier d’échappement de gauche à droite: la pièce F2 tombe; le cliquet passe par-dessus le plan incliné m et, sous l’ac- j hon du ressort f, vient s’appuyer sur la roue Z, | comme le montre la figure 924. Les dents sont ; alors en prise et la roue Z entraîne le cliquet, j a Pièce F et l’arbre sur lequel elle est montée ; j les deux arbres embrayent l’un avec l’autre, et j Se mettent à tourner avec la même vitesse. Le j Mouvement ne dure d’ailleurs qu’un seul tour: 'ers le milieu de la révolution des deux axes, ; Ulle came en forme de croissant Ft passe sous
- la face inférieure G2 du levier d’échappement et le fait basculer de droite à gauche; la vis G4 appuie sur la palette et la ramène au contact des plaques polaires de l’électro-aimant. Le levier GG revient à sa position première et arrête de nouveau la pièce F2 ; les choses restent ainsi jusqu’à ce qu’il se produise une autre émission de courant.
- Cames de Vaxe imprimeur. — Nous venons de voir comment l’axe imprimeur embraye l’axe au volant. Cet axe imprimeur (flg. 925) porte à la partie antérieure quatre cames de forme différente, la came de dégagement, la came de correction, la came de progression du papier, et la came d'impression.
- La came de dégagement sert à repousser le levier de rappel au blanc et à dégager la roue
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- de correction et la roue des types. Elle est formée d'un doigt s qui passe sous la branche U2 de ce levier, la rejette en arrière et laisse le ressort-lame se rapprocher de la platine de l’appareil : le cliquet de la roue de correction se trouve ainsi dégagé et peut tomber sur la roue de frottement. La roue de correction et la roue des types embrayent avec le mouvement d’horlogerie, et la roue des types tourne avec une vitesse égale à celle du chariot, les roues d’angle
- qui unissent ces pièces ayant le même diamètre et le même nombre de dents.
- Correction. — La came de correction sert à corriger l’avance ou le retard de la roue des types, par l’intermédiaire de la roue de correction. Elle est formée d’un petit coin en acier trempé, encastré dans une chape d3 et maintenu par une ou deux vis.
- Si les deux appareils sont bien synchrones, cette came, à chaque tour de l’axe imprimeur,
- passe exactement entre deux dents de la roue de correction. Si au contraire le récepteur du poste considéré est en retard, la came correctrice vient frapper la dent antérieure, la pousse en avant, et par suite fait avancer le manchon qui porte la roue des types en faisant sauter le cliquet par-dessus quelques dents de la roue de frottement. Si l’appareil est en avance, la came vient heurter la dent postérieure, qui se présente trop tôt ; le choc est amorti par les deux coussinets qui entourent la roue de frottement et dont l’un fait ressort; cette roue glisse entre ces coussinets et l’ensemble de la roue des types et de la roue de correction s’arrête, jusqu’à ce
- que le synchronisme soit rétabli. La correction s’effectuant à chaque tour de l’axe imprimeur, le synchronisme se maintient parfaitement, pourvu qu’il ait été établi au début.
- Passage des lettres aux chiffres. — La came de correction sert encore à passer des lettres aux chiffres et réciproquement. Le clavier n’ayant que vingt-huit touches, tandis que la roue des types porte cinquante-six caractères, il semble que ceux-ci ne puissent se présenter à l’impres sion que de deux en deux, de sorte qu’on pour rait transmettre seulement soit des lettres, soit des chiffres, suivant le réglage initial. La came de correction remédie à cet inconvénient. Sup
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- posons par exemple qu’on transmette des lettres et qu’on veuille passer aux chiffres : on appuie sur la touche du blanc des chiffres : pendant l’évolution de l’axe imprimeur, la came correctrice s’engage entre les dents de la roue de correction, rencontre la partie saillante du levier inverseur r1v2 et la repousse. Ce mouvement fait basculer la pièce et fait tourner la 1
- roue des types de de circonférence, de sorte
- que ce sont les chiffres, et non plus les lettres, qui se présentent à l’impression. En appuyant au contraire sur la touche du blanc des lettres, on produit le même mouvement en sens inverse et l’on peut de nouveau transmettre des lettres.
- Impression. — Les deux dernières cames servent à l’impression. A droite de la roue des types et un peu au-dessous, la platine de l’appareil porte un axe S (fig. 926), autour duquel tournent deux leviers. Le premier, appelé levier
- Fig. 927. — Levier d’impression.
- d’impression (fig. 926 et 927), porte deux guides P et R que traverse d’abord la bande de papier; cette bande passe ensuite sur le rouleau D2, contre lequel elle est appuyée par la fourchette mm et le ressort f, enroulé autour de l’axe Da. La partie antérieure du rouleau D2 est dentelée pour l’entraînement du papier; la parlie médiane, sur laquelle se fait l’impression, est couverte d’une couche bien unie de gutta-percha; la partie postérieure porte un rochet. La came dimpression, formée d’un petit prisme triangulaire à arête vive d,, fixé sur l’axe imprimeur, Passe au moment convenable sous le crochet D1} qui termine le levier d’impression, le soulève et aPPuie pendant un instant le rouleau D2 et la Lande de papier contre la roue des types A ; mapression se produit et le rouleau retombe au °ut d’un instant. Les caractères sont encrés, comme dans l’appareil Morse, par un tampon en rap O, enduit d’encre oléique, qui repose sur ^a tranche de la roue des types et, entraîné par e frottement, tourne en sens inverse. Le papier
- est emmagasiné sur un rouet fixé à la droite du massif de l’appareil (fig. 91 o).
- Lorsqu’un caractère vient d’être imprimé, il est nécessaire de faire avancer la bande de papier. Ce résultat s’obtient de la manière sui-
- Fig. 928. — Moteur de l’appareil Hughes.
- vante. Le second levier porté par l’axe S, ou levier d’entraînement du papier, est articulé avec le levier d’impression au moyen du crochet K4, qui s’applique sur la roue à rochet de rouleau D2. La tête du levier d’entraînement se voit en K2. La dernière came portée par l’arbre imprimeur
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- ou came d’entraînement est une sorte de limaçon di qui, au repos, presse sur l’extrémité libre K2 du levier d’entraînement. Dans la rotation de l’arbre imprimeur, la surface excentrique de cette came abaisse peu à peu le levier; le crochet K4, fixé au levier, tire de haut en bas la dent du rochet avec laquelle il est en prise, et la rotation du tambour D2 entraîne le papier. Au
- bout d’un instant, la came d’entraînement ne présente plus au levier sa partie renflée, et ce levier est ramené à sa position première par un ressort : le crochet K4 saute quelques dents du rochet et se met en prise avec celle qui se trouve en face de lui lorsqu’il est en haut de sa course. Le papier avance ainsi d’une même quantité après l’impression de chaque signe.
- F
- Contrôle des transmissions. —En même temps que la dépêche est transmise au bureau récepteur, l’appareil Hughes l’imprime également au poste de départ, ce qui permet d’en conserver le texte et facilite le contrôle des transmissions. Dans les anciens appareils, une partie du courant de ligne traversait l’électro-aimant du poste de départ pour produire cette impression locale : aujourd’hui le même résultat s’obtient automatiquement à l’aide de la pièce S, articulée par un ressort avec le chariot (fig. 918). Cette pièce s’appuie sur l’axe A du levier d’échappement, de sorte que, chaque fois que la lèvre du chariot est soulevée par un des goujons et que le ressort Fi vient s’appuyer sur la vis Ci, elle entraîne le levier d’échappement et le fait basculer. Dans les appareils français, la pièce S est reliée au levier HH4 et au levier d’échappement d’une part par une sorte de charnière, de l’autre par une vis à contre-écrou.
- Les bandes imprimées à l’arrivée sont coupées, collées sur les formules imprimées bien connues, et remises aux destinataires. Les dépêches imprimées en local au départ et les col-lationnements sont recueillis sur des rouleaux et conservés dans les archives.
- Moteur. — L’appareil Hughes est mû par un poids P (fig. 928), formé de six rondelles de plomb superposées, pesant chacune environ 10 kilogrammes, et supportées par une petite plate-forme surmontée d’une tige à crochet. Ce poids P est suspendu à une poulie Ai, dont la gorge repose sur une chaîne de Gall. Cette chaîne passe ensuite sur les dents de la roue A, qui fait partie du mécanisme d’horlogerie, puis sur les poulies de renvoi ks et A4 ; elle supporte ensuite la poulie k3 et le contre-poids Q, et s’applique enfin sur les dents de la roue A2, fixée sous la table de l’appareil.
- La descente du poids P entraîne la chaîne
- Fig. 929. — Remontoir de l’appareil Hughes.
- sans fin et la roue k. Le contre-poids Q remonte en même temps, et, lorsqu’il est au bout de sa course, la fourchette n soulève le levier h, qul frappe le timbre L, et avertit le télégraphiste qu’il est temps de remonter le poids.
- Cette opération se fait en abaissant avec Ie pied la pédale Z (fig. 929), qui est surmontée d’une tringle fixée à un tronçon de chaîne sans fin, dont l’extrémité est accrochée à un fort ressort F, fixé lui-même par l’autre bout a la table de l’appareil. Cette chaîne passe sur une roue dentée munie d’un bras de levier A4. terminé par un cliquet mobile autour de son
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- axe et appuyé par un ressort Pa sur le rochet S, calé sur le même axe que la roue dentée k2 (fig. 928).
- Quand on abaisse la pédale, la pièce A. s’abaisse aussi; la roue S est entraînée de gauche
- à droite par le cliquet et le poids remonte. Quand on cesse d’appuyer, le ressort F fait remonter la pédale et ramène le levier Ai à sa position normale, le cliquet glissant sur les dents de la roue à rochet. En même temps, un
- second cliquet, caché par la platine At et solli-Clté de haut en bas par un ressort, s’engage dans la roue S et l’empêche de retourner en ar-riere, ce qui empêche le poids de redescendre.
- Régulateur. — Le dernier arbre du mécanisme d horlogerie porte un volant Y (fig. 915), des-hné à régulariser son mouvement. Ce volant Dictionnaire d’électricité.
- est formé d’un disque entouré d’un anneau plus épais W (fig. 930) ; il est calé sur son axe, à frottement dur, entre deux plaques qui lui permettent de continuer un peu sa course en cas d’arrêt brusque. Son axe est supporté par un pont qq.
- L’appareil porte, en outre, un régulateur et
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- un frein. Le régulateur est formé d’une lame vibrante, munie d’une boule de laiton, qu’on peut écarter plus ou moins du volant. La lame offre d’autant plus de résistance que la boule est plus rapprochée du volant. Quand l’appareil est arrêté, la pointe de la lame repose sur la partie plane de la pièce VV^, qui dépend du frein. Lorsqu’il est en marche, la lame s’écarte de cette pièce, et décrit des vibrations coniques dont l’amplitude augmente avec la vitesse du volant; la résistance de la lame augmente en même temps.
- La lame agit en outre sur un frein (fig. 930 et 931) formé de trois parties : 1° une tige en laiton VV,, serrée parla vis r sur l’axe du vo-
- lant et participant à son mouvement de rotation ; 2° une tige V2, terminée d’une part par
- r
- Fig. 93 i. — Frein de l’appareil Hughes.
- un anneau dans lequel s’engage l’extrémité de la lame, de l’autre par un excentrique d et ar-
- Fig. 932. — Commutateur allemand (face supérieure et face inférieure).
- ticulée avec la pièce YY1 ; 3° un ressort ii, fixé à la tige Wj par la vis rl, s’appuyant sur l’excentrique d et se terminant par un frotteur K. Cet appareil tourne dans l’intérieur d’un collier métallique QQ ; lorsque la vitesse augmente, la lame agit sur l’excentrique d et appuie le frotteur K plus ou moins fortement contre la surface intérieure du collier Q.
- Levier d'arrêt. — Le levier Wj (fîg. 930) sert à mettre l’appareil en marche ou à l’arrêter. Ce levier, mobile autour de son axe, se termine par un excentrique qui agit sur le ressort recourbé Ws, terminé en I par une sorte de sabot,
- qui appuie sur le volant et l’arrête, lorsque le levier est horizontal. Lorsqu’il est vertical, le sabot s’écarte du volant W, qui peut tourner librement.
- Commutateur. — L’appareil Hughes est muni ordinairement d’un interrupteur à manette et d’un commutateur suisse, rond ou carré.
- Les appareils allemands sont pourvus d un commutateur original, qui permet d’envoyer a volonté sur la ligne un courant positif ou négatif et de changer en même temps le sens du courant dans l’électro-aimant. Pour cela, face supérieure porte deux pièces articulées K
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- reliées, la première au pôle positif d’une pile dont le pôle négatif est à la terre, la seconde au pôle négatif d’une pile reliée au sol d’autre part. La vis Kj (fig. 932) communiquant avec le contact c, du manipulateur, on envoie dans la ligne des courants positifs ou négatifs, suivant que la manette centrale est placée sur la pièce K ou sur la pièce Z. D’un autre côté, la partie inférieure de l’axe de la manette se compose de deux demi-circonférences métalliques isolées l’une de l’autre par une rondelle d’ébonite. La face inférieure de l’appareil porte quatre tiges métalliques mi, to2, m3, mk, articulées en i, i, h h <ïue des ressorts pressent contre les deux demi-circonférences. Ces tiges sont respectivement reliées aux vis 6±, R2, 62, R1} qui communiquent : ôj avec la ligne, b2 avec la terre, Rt et R3 avec l’entrée et la sortie du fil de l’électro-aimant. Si l’on fait usage d’un courant positif, mi communique avec mk, et m2 avec mz, donc fq avec Ri et b2 avec R2. Si l’on prend, au contraire, un courant négatif, comme le représente la figure, on relie et m2, mz et mk, ïq et R2, b2 et Rl5
- Les appareils munis de ce commutateur portent cinq bornes : pile 4-, pile —, sonnerie, ligne, terre ; les communications intérieures sont du reste les mêmes que sur le modèle français : on peut donc suivre facilement la marche du courant. (Voy. Télégraphie.)
- Réglage. — Le réglage de l’appareil Hughes est une opération délicate et compliquée. Nous insisterons seulement sur le réglage du synchronisme et de l’aimantation : ce sont les deux parties que les télégraphistes ont à effectuer le plus souvent. Nous décrirons ces opérations d’après le livre de M. L. Montillot, la Télégraphie actuelle, auquel nous avons emprunté également une grande partie des renseignements contenus dans cet article.
- Dès l’ouverture du bureau, le télégraphiste met l’appareil en marche à l’aide du levier W„ appelle son correspondant et lui demande de faire des blancs, ce qui consiste à répéter le Slgnal à chaque tour de chariot pour faciliter le réglage du synchronisme. Cette demande se feit à l’aide du signal « Blanc I T » que le correspondant doit lire au son, si les deux appa-reils ne sont pas d’accord. L’employé sollicité a faire des blancs produit un certain nombre ô émissions de courant régulièrement espacées, en appuyant sur une même touche, ordinairement le blanc des lettres. Si le correspondant '0lt a chaque tour s’imprimer une lettre diffé-rente, c’est que les appareils ne sont pas syn-
- chrones. Si la lettre qui s’imprime est la même pendant un grand nombre de tours, il suffit d’amener l’appareil à donner des blancs. Il ne suffit pas du reste que la même lettre s’imprime pendant deux ou trois tours de chariot pour qu’on soit assuré du synchronisme : l’erreur peut être assez petite pour que la came correctrice y remédie. Il faut empêcher la correction de se faire pendant un certain nombre de tours en coupant la communication avec la ligne, c’est-à-dire en isolant pendant ce temps la manette de l’interrupteur. Si la même lettre reparaît ensuite, les deux appareils sont bien synchrones. S’il n’en est pas ainsi, on déplace la boule de laiton portée par la lame vibrante jusqu’à ce que, par tâtonnement, on soit arrivé, après un isolement de huit ou dix tours de chariot, à obtenir toujours la même lettre. Les deux appareils sont alors bien réglés au point de vue de la vitesse : reste l’aimantation.
- Le réglage de l’aimantation s’obtient par la tension du ressort antagoniste de la palette et par l’interposition d’une pièce de fer doux en forme de coin entre les pôles de l’aimant. La force antagoniste doit être proportionnée à l’énergie du courant de la pile.
- Pour faire ce réglage, on transmet à chaque tour la combinaison « Diane INT. » Le correspondant agit sur la vis de réglage de la palette ou sur le coin mobile de l’aimant jusqu’à ce que le signal s’imprime très nettement. Le second appareil se règle de même en intervertissant les rôles.
- Applications. — L’appareil Hughes a été adopté en France en 1861, puis en Italie, en Angleterre (1862), en Russie (1865), en modifiant la roue des types pour l’alphabet russe. Il a été mis en service en Prusse en 1865, en Autriche en 1866, et dans l’Amérique du Sud en 1871. Il fonctionne entre la France et F Angleterre depuis 1872, et il assure aujourd’hui les relations internationales presque partout en Europe.
- Télégraphes imprimeurs d’Olsen et de Rou-vier. — M. Olsen a cherché à augmenter le rendement en diminuant de moitié le nombre des dents de la roue de correction. L’intervalle de deux dents correspond à deux lettres qui s’impriment par des courants de sens contraire. Les touches paires envoient un courant positif, les impaires un courant négatif.
- L’appareil Rouvier est fondé sur un principe analogue. Malgré leur rendement supérieur, la complication des organes les a fait abandonner.
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- Télégraphes autographiques.
- Au lieu de transcrire la dépêche en caractères typographiques, ces appareils transmettent des signaux quelconques, par exemple un dessin ou l’écriture même de la personne qui envoie le télégramme. Ce résultat est généralement obtenu par une décomposition électrolytique. M. Bain a le premier appliqué ce principe.
- Dans le télégraphe Backwell, le manipulateur et le récepteur sont formés essentiellement de deux pointes de fer parfaitement synchrones. La première décrit des lignes parallèles très rapprochées sur une feuille de papier métallique, où la dépêche est écrite avec une encre isolante : la seconde se déplace de même sur une feuille de papier imprégnée de cyanure de potassium. Tant que la première pointe rencontre le papier métallique, la seconde trace des hachures bleues parallèles et très rapprochées; mais, lorsque la première passe sur le dessin isolant, le courant est interrompu; le dessin est donc reproduit en blanc sur fond bleu.
- Pantélégraphe Caselli. — Cet appareil, exposé à Londres en 1862 et à Paris en 1867, est fondé sur le même principe que le précédent. Les deux tiges de fer du manipulateur et du récepteur sont remplacées par deux pendules longs d’environ 2 mètres et dont les mouvements sont bien synchrones. Chacun de ces pendules se termine par une masse de fer très lourde et oscille entre deux iélectro-aimants qui attirent alternativement cette masse. Le passage du courant dans les électros est réglé par un chronomètre indépendant du télégraphe. Le pendule de chaque poste sert alternativement de manipulateur et de récepteur. Pour cela, chaque pendule commande, par l’intermédiaire d’un système de leviers articulés, un style auquel il communique un mouvement circulaire alternatif ; à chaque demi-oscillation, le style se déplace d’une petite quantité, de manière que les traits successifs ne soient pas superposés. Le papier est fixé sur un pupitre bombé sur lequel se meut le style.
- La dépêche est écrite sur une feuille d’étain collée sur d.u gros papier, avec une encre isolante et siccative, par exemple de l’encre ordinaire additionnée d’un peu de gomme. Elle est reçue sur un papier glacé imprégné de cyano-ferrure de potassium.
- Le dessin est encore reproduit en blanc sur fond bleu; mais on pourrait l’obtenir au contraire en bleu sur fond blanc, en plaçant le
- style du récepteur dans un circuit local, qu’un relais fermerait lorsque le circuit de ligne se trouverait ouvert.
- Le rendement moyen est d’inviron 35 dépêches de 20 mots par heure. Le télégraphe Caselli a été essayé avec succès entre Paris et Amiens, puis entre Paris et Lille ; l’exploitation, suspendue en 1870, n’a pas été reprise depuis cette époque.
- Autres télégraphes autographiques. —
- M. Meyer a imaginé un appareil moins compliqué et dans lequel l’impression se fait à l’encre ordinaire, au moyen d’une hélice reproductrice en filet de vis triangulaire, sur le pourtour d’un cylindre. Le synchronisme est obtenu par un pendule conique à tige élastique. C’est en perfectionnant ce premier appareil que l’auteur fut amené à construire le télégraphe à transmissions multiples que nous décrivons plus loin.
- M. Edison a exposé en 1881 un appareil dans lequel les dépêches sont écrites avec un crayon dur sur un papier ordinaire assez épais. Ce papier est ensuite enroulé sur un cylindre vertical qui tourne régulièrement : sur ce cylindre frotte une pointe qui pénètre dans les dépressions produites par le crayon. Ce déplacement est suffisant pour fermer un circuit et lancer un courant dans la ligne. Au poste d’arrivée est un cylindre synchrone du premier, sur lequel est enroulé un papier imprégné d’une solution métallique. Une pointe synchrone de la première se meut sur ce papier et y reproduit la dépêche lorsqu’elle reçoit le courant.
- MM. Lenoir, d’Arlincourt, Cowper ont imaginé également des appareils autographiques.
- Appareils typo-télégraphiques.
- Dans les appareils autographiques, tout le temps employé par le style pour parcourir les espaces blancs est perdu. Si l’on veut transmettre l’écriture et non un dessin, il serait avantageux d’enfermer les caractères entre deux lignes parallèles, comme dans l’imprimerie. Les appareils destinés à ce mode de transmission sont appelés typo-télégraphiques : ils n’ont pas donné jusqu’à présent de résultats bien sérieux.
- M. Bonelli a fait usage de peignes traçant cinq lignes à la fois ; mais il fallait cinq fRs ligne.
- M. Edison a exposé en 1881 un appareil dans lequel la dépêche est composée à l’aide d un perforateur à clavier : il suffît d’appnyer ~ur une touche pour produire la perforation respondant à la lettre inscrite sur cette touc
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- Les perforations se trouvent sur cinq lignes parallèles. Le rendement serait, dit-on, de deux cents mots par heure, mais seulement sur les lignes de faibles longueur.
- Nous citerons encore les appareils de MM. Va-vin et Fribourg, et de MM. Passaquay et André.
- Télégraphes à transmissions multiples.
- Lorsqu’on transmet une dépêche à l’aide d’un appareil quelconque, on produit une série de passages et d’interruptions du courant : or, pendant chaque interruption, la ligne reste libre, et le temps ainsi perdu pourrait être employé utilement à transmettre un autre signal, appartenant à une autre dépêche. Les appareils à transmissions multiples ont pour but d’éviter ces pertes de temps en envoyant sur un même fil plusieurs dépêches dont les signaux se succèdent alternativement. Deux
- commutateurs synchrones sont disposés au départ et à l’arrivée : le premier recueille dans l’ordre voulu les signaux des divers manipulateurs ; le second les répartit entre les différents récepteurs. Ce principe a été appliqué pour la première fois par M. Rouvier en 1858, en faisant usage de deux pendules synchrones.
- Télégraphe multiple de Meyer. — M. Meyer a construit, en 1872, un appareil multiple faisant usage de l’alphabet Morse. Les modèles les plus simples sont quadruples; ils comportent à chaque poste quatre manipulateurs, quatre récepteurs et un diviseur ou distributeur. Le diviseur et les récepteurs sont mus par un mouvement d’horlogerie, commandé par un poids et régularisé par un pendule conique.
- Distributeur. — Le distributeur de l’appareil quadruple est un disque d’ébonite partagé en quatre secteurs, sur lesquels sont incrustées des lames métalliques. Chaque secteur commu-
- M 1
- Fig. 933. — Diagramme du distributeur Meyer.
- nique avec l’un des manipulateurs. Au centre de l’appareil tourne, d’un mouvement uniforme, un chariot portant un frotteur en fils de Laiton (fig. 933), qui appuie successivement sur les quatre secteurs.
- Les chariots RR' des deux postes correspondants sont en communication permanente avec la ligne. Un système de correction maintient un synchronisme parfait entre les deux appareils, de sorte que les deux chariots passent en même temps sur A et sur A', sur B et sur B', etc. Chacun des quatre manipulateurs se trouve donc relié au récepteur correspondant pendant «n quart de tour : il se trouve ensuite isolé Pendant trois quarts de tour, et ainsi de suite. La durée de la rotation est telle qu’un quart de t°ur suffise exactement à la transmission de la lettre la plus longue ; pendant l’interruption fiui suit, le télégraphiste doit préparer la lettre suivante, qui doit être toute formée sur le ma-nipulateur, au moment où le chariot refasse SUr le secteur correspondant.
- Manipulateur. — Chaque manipulateur se
- compose d’un clavier à huit touches, alternativement blanches et noires. Au repos, chaque touche blanche communique avec la terre et avec le distributeur; chaque touche noire communique seulement avec le diviseur, mais se trouve en outre réunie à la touche blanche placée à sa gauche par un fil de dérivation (fig. 934) ; en appuyant sur une touche, on la met en rapport avec la pile.
- D’autre part, chacun des quatre secteurs du distributeur est divisé en quatre groupes, formés chacun de trois lames, dont voici l’usage : la première communique avec une touche noire et correspond à un point, la seconde est reliée avec une touche blanche, et, jointe à la première, représente un trait; la troisième sert à décharger la ligne. Pour transmettre un point, Remployé appuie sur une touche noire, ce qui donne une émission brève, correspondant à une seule lame du distributeur. En pressant une louche blanche, le courant arrive au diviseur non seulement par cette touche, mais aussi par la dérivation de la touche noire voisine : on a
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- une émission deux fois plus longue, ce qui donne un trait. Pour transmettre une lettre, le télégraphiste appuie simultanément sur le nombre de touches noires ou blanches néces-
- Fig. 934. — Communications électriques du manipulateur le distributeur.
- quadrant du distributeur, et ainsi de suite.
- Dans chaque récepteur, la bande de papier est soutenue par un petit châssis rectangulaire, mobile entre les pointes de deux vis, et qui porte un petit électro-aimant placé en regard des pôles d’un aimant fixe en fer à cheval. Au repos, un courant local traverse le petit électro et y produit une polarité opposée à celle de l’aimant. Il y a répulsion, et le papier reste éloigné de l’hélice. Le courant de ligne a pour effet de rompre le circuit local ; le petit électro se désaimante, et son noyau est attiré par l’aimant fixe, entraînant le châssis rectangulaire. Ce mouvement appuie le papier sur la tranche de l’hélice, qui imprime un point ou un trait, suivant la durée du courant. En réalité la disposition est un peu plus compliquée : les courants de ligne agissent sur le récepteur par l’intermédiaire de deux relais, appelés relais de transmission et relais de réception. Le circuit local de chaque récepteur est fermé lorsque le chariot du diviseur passe au-dessus du secteur correspondant.
- L’appareil Meyer se construit aussi pour six ou huit transmissions simultanées. Il suffit de changer le nombre des manipulateurs et des récepteurs, celui des secteurs du diviseur et des tronçons de l’hélice, j Alphabet. — Nous avons vu que chaque
- __ ' manipulateur permet de composer à la fois
- tous les signaux de la plupart des lettres de l’alphabet Morse. Cependant, pour quelques lettres et pour les chiffres, le nombre des signaux est trop grand. On a donc dû modifier l’appareil Morse pour la transmission par le Meyer. Voici les caractères qui ont dû être changés.
- ï — — —
- saires pour produire les signaux qui composent cette lettre. Le chariot, passant successivement sur toutes les lames du secteur correspondant, produit les émissions de courant convenables.
- Récepteur. — A l’arrivée, les signaux s’impriment transversalement sur une large bande, où ils se lisent de bas en haut. L’organe imprimeur est, comme dans le télégraphe autographique du même inventeur, une hélice imbibée d’encre oléique et tracée sur un cylindre dont la hauteur est égale à son pas. Dans l’appareil quadruple, l’hélice est divisée en quatre parties dont chacune appartient à l’un des quatre récepteurs : la première dépend du récepteur qui communique avec le premier
- 4
- 2
- 3
- 4
- 5
- 6
- 7
- 8 9 0
- 0/0
- Erreur
- Alinéa j Attente
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- Aucune confusion ne peut se produire dans la lecture, les caractères étant imprimés transversalement et se trouvant différenciés au besoin par leur position relativement à la largeur de la bande.
- Rendement. — L’appareil Meyer, dù à un employé des télégraphes français, a été d’abord appliqué pour la transmission quadruple sur la ligne de Paris à Lyon, puis pour la transmission sextuple de Paris à Marseille (1874). On obtint dans le premier cas un rendement de 22 à 25 mots par minute et par employé, dans le second environ 60 mots. 11 est à peu près abandonné en France, mais employé en Autriche-Hongrie, en Suisse, en Allemagne, en Italie et dans les Pays-Bas.
- Télégraphe imprimeur multiple de Baudot.
- — M. Baudot est parvenu en 1874 à combiner le principe de la transmission multiple avec l’impression en caractères ordinaires. Son appareil a été essayé en 1875 sur une ligne allant de Paris au Havre, revenant par Lisieux et prenant terre à Versailles. Il a reçu depuis de son auteur de nombreux perfectionnements, et il est en usage sur un grand nombre de lignes. Sur
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- les grandes lignes, on emploie l’appareil quadruple, qui permet d’envoyer quatre dépêches à la fois par un même fil, quel que soit leur sens. Pour les lignes moins chargées, l’auteur a étudié un appareil double qui permet d’expédier deux dépêches dans le même sens ou en sens opposé.
- L’appareil quadruple, que nous décrirons d’abord, comprend à chaque poste :
- 1 distributeur quadruple,
- 4 manipulateurs,
- 4 groupes de cinq relais récepteurs,
- 4 traducteurs.
- L’ensembJe des deux derniers organes constitue les récepteurs. Un poste Morse est adjoint à l’installation pour l’échange des communications de service.
- Principe. — Dans l’appareil Baudot, chaque caractère est produit par cinq courants successifs, tous de même durée, mais les uns positifs, les autres négatifs. En arrangeant ces émissions de toutes les manières possibles, on obtient trente-deux combinaisons, reproduites ci-dessous.
- Flepos
- Erreur
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- B tarie j • de ; ehlïïr. 1 =+= Blanc 1 des tsttr. i — '“•J0*
- Chaque combinaison représente deux signaux différents et fait imprimer, comme dans l’ap-Pareil Hughes, soit une lettre, soit un chiffre, suivant qu’on a produit d’abord la combinaison donnant le blanc des lettres ou celle qui fait Apparaître le blanc des chiffres.
- Le manipulateur est un clavier à cinq touches, qui sert à produire les combinaisons précédentes.
- Le récepteur se compose de deux parties distinctes : un système de cinq relais polarisés, qui reçoivent les cinq courants produits par le
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- manipulateur, et un traducteur purement mécanique, qui, suivant la combinaison recueillie, fait imprimer la lettre correspondante.
- Manipulateur. — Chaque manipulateur est un clavier à cinq touches (fig. 935), divisé en deux
- groupes : le premier, formé de deux touches est manœuvré par le médius et l’index de la main gauche, l’autre, qui en comprend trois par l’index, le médius et l’annulaire de la main droite. L’employé abaisse simultanément toutes
- Fig. 935. — Manipulateur Baudot.
- les touches qui doivent être frappées ; il est averti que la combinaison va se distribuer sur la ligne par un petit frappeur de cadence, placé sur l’appareil ou dans l’intérieur ; il sait alors
- qu’il est temps de combiner la lettre suivante. Un pupitre reçoit les dépêches à composer.
- Un commutateur à manette, placé entre les deux groupes de touches, sert à mettre l’appa-
- Fig. 936. — Distributeur Baudot.
- reil sur transmission ou sur réception. Dans ce dernier cas, un verrou s’engage sous la première touche de droite et l’immobilise.
- Chaque touche est munie de deux buttoirs, placés l’un en avant, l’autre en arrière. Les buttoirs postérieurs, ou buttoirs de repos, sont tous
- reliés au pôle négatif d’une pile, mise àla terre d’autre part.
- Les buttoirs antérieurs, appelés buttoirs de travail, communiquent tous avec le pôle positi d’une autre pile, reliée au sol par son pô|e négatif. Les touches sur lesquelles on appuie
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- viennent toucher les buttoirs de travail et envoient sur la ligne des courants positifs ; les autres restent en contact avec les buttoirs.de repos et lancent des courants négatifs.
- Une autre paire de battoirs assure l’impression en local en lançant dans le récepteur le courant d’une pile particulière, pour faciliter le contrôle des transmissions.
- Distributeur. — Cet organe (fîg. 936) se compose d’un disque d’ébonite divisé en cinq sec-teurs, un pour chaque appareil, plus un secteur he correction, destiné à maintenir le synchro-nisnae entre les deux appareils. Les quatre
- premiers secteurs étant identiques, il suffit d’en examiner un.
- Chacun de ces secteurs comprend un certain nombre de plaques métalliques, isolées les unes des autres et disposées sur neuf cercles concen-
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- triques. Au-dessus tourne un bras horizontal isolant, portant dix balais métalliques, qui frottent sur les cercles précédents. Neuf de ces balais sont placés en ligne droite sur le bras mobile ; le dixième est porté par un appendice fixé en avant de ce bras. Le premier balai, en partant de la périphérie, communique par une lame métallique avec le second, le troisième avec le quatrième, le cinquième avec le huitième, le sixième avec le septième, enfin le neuvième avec celui qui se trouve placé en avant, sur le même cercle que le quatrième.
- Les quatre premiers cercles, en partant de la périphérie, sont divisés, dans chaque secteur, en cinq parties égales. Dans le premier, les cinq fragments sont réunis tous ensemble et avec le plot de transmission : ce cercle est donc relié à la ligne, lorsque la manette du manipulateur est placée sur ce plot. Les cinq fragments du second cercle sont en rapport avec les cinq touches du manipulateur. Les deux premiers balais frottent sur ces deux cercles et font communiquer successivement la ligne avec chacune des touches du manipulateur. Celles-ci envoient tour à tour des courants positifs ou négatifs, suivant qu’elles sont abaissées ou qu’elles ne le sont pas.
- Les deux cercles suivants, ainsi que les balais correspondants, servent à assurer l’impression locale. Pour cela, les segments du troisième cercle sont reliés au manipulateur, et ceux du quatrième aux relais récepteurs du poste.
- La troisième paire de balais n’est pas utilisée dans la transmission. La quatrième et la cinquième actionnent divers organes, tels que frappeur de cadence, électro-frein, électroaiguilleurs.
- Lorsque la manette du manipulateur est mise sur réception, c’est encore le distributeur qui envoie les courants reçus dans les relais. Dans ce cas, la première paire de balais n’est plus utilisée. La ligne se trouve reliée, par l’intermédiaire des touches du manipulateur, avec les segments du troisième cercle; ceux du quatrième étant toujours en rapport avec les relais récepteurs, c’est la seconde paire de balais qui envoie dans ceux-ci les courants positifs ou négatifs émis par l’autre poste. La troisième paire établit une communication intermittente entre la ligne et la terre. Les deux dernières jouent le même rôle que précédemment.
- Il est à peine nécessaire d’ajouter que les distributeurs des deux postes correspondants doivent être parfaitement synchrones. S’il y a
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- une petite différence, elle est corrigée automatiquement par l’envoi de courants dans un relais polarisé, qui agit à son tour sur Vélectro-aimant correcteur. L’armature de celui-ci pousse une tige qui s’engage entre les dents d’une roue dentée reliée au bras mobile du distributeur et l’arrête pendant le temps nécessaire pour rétablir la concordance. Si le synchronisme est parfait au moment où se trouve lancé le courant de correction, ce courant se rend directement à la terre sans passer par le relais correcteur.
- Le distributeur peut être mû par un poids, par un moteur hydraulique tel que la turbine Humblot, ou par un moteur électrique analogue à celui de M. Deprez. Il reçoit le mouvement par une courroie passant sur la gorge d’une poulie fixée sur un arbre horizontal (fig. 936) ; cet arbre se termine par un pignon qui engrène avec une roue dentée calée sur l’arbre vertical qui porte le bras mobile. Un frotteur excentrique sert à arrêter le mécanisme.
- Le régulateur de vitesse se compose d’une tige vibrante munie d’un curseur assez lourd, qu’une crémaillère permet de déplacer dans un sens ou dans l’autre pour faire varier la vitesse. On emploie souvent aussi le régulateur décrit plus loin à propos de l’appareil double.
- Relais récepteurs. — Nous avons vu que les courants émis par un poste parviennent au distributeur du poste correspondant, qui les envoie aux relais récepteurs. Ces relais, au nombre de cinq pour chaque appareil, sont formés chacun d’un aimant permanent dont les pôles NS portent des pointes PP', qui servent de pivots à l’axe XX', autour duquel tourne la palette A (fig. 937). Cette palette, suspendue comme un fléau de balance, se termine par une tige T placée entre deux vis de contact VV , que nous appellerons buttoir de travail et but-toir de repos. Elle est polarisée au contact de l’aimant, et ses deux pôles sont placés au-dessus des deux bobines B°B° de U électro-aimant, qui reçoit le courant de la ligne. Ces bobines sont commandées par les tiges yy, qui permet tent de les élever ou de les abaisser. On obtien ainsi une très grande sensibilité. La palette étant polarisée s’incline d’un côté ou de 1 a.utre, suivant le sens du courant qui traverse 1 élec tro; la tige T suit ce mouvement et vient tou cher l’une des vis YY'. . ,
- Il en est de même pour les [cinq relais l’appareil: les tiges s’inclinent à droite pour es relais qui reçoivent [un courant positif, à gau
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- che pour ceux qui reçoivent un courant négatif, Pllis e^es resfeilt dans cette position jusqu’à l’arrivée du signal suivant. Les cinq tiges reproduisent donc la combinaison figurée parle manipulateur correspondant : ainsi, si l’on a transmis la lettre U,
- -+ — -f- — —
- la première et la troisième tige s’inclinent à droite, les autres à gauche (fig. 938).
- Traducteur. — La combinaison lancée par le manipulateur et répétée par les relais polarisés doit être transmise jusqu’à l’organe imprimeur, et traduite en un caractère imprimé : c’est là le rôle du traducteur. Cet organe est placé dans l’intérieur du récepteur, dont l’ensemble est représenté figure 939. On voit en avant le rouet, la roue des types et la bande de papier.
- Le traducteur ou combinateur est formé d’une roue T (fig. 940), calée sur l’axe A, qui porte à
- son extrémité la roue des types, et dont la circonférence est munie de deux voies, voie de travail et voie de repos. Ces voies portent des creux et des reliefs, non figurés, disposés dans un ordre déterminé ; elles sont séparées par un bourrelet saillant dd, interrompu en face de la came F. L’axe A est mis en mouvement par un rouage ou un petit moteur électrique, à l’aide d’un pignon engrenant avec la roue Q.
- Sur la circonférence de la roue T s’appuient
- cinq leviers ou chercheurs, tels que piçfi commandés par cinq électro-aimants imprimeurs, tels que E, appelés aussi électro-aiguilleurs. Le distributeur peut faire communiquer, à chaque tour, les électro-aiguilleurs avec une pile locale, mais par l’intermédiaire des armatures des relais et de leurs buttoirs de travail. Le courant local ne traverse donc un électro-aiguilleur que si le relais correspondant a reçu de la ligne un courant positif. Ceux dont les relais ont reçu
- Fig. 939. — Récepteur Baudot.
- des courants négatifs restent inactifs. Cette disposition de relais a l’avantage de donner à 1 appareil une plus grande puissance mécani-(îue : les électro-aimants imprimeurs, action-nes par une pile locale, attirent leurs arma-fttfes plus fortement que ne peuvent le faire relais, qui reçoivent seulement le courant de ligne.
- Chaque électro-aiguilleur E est muni d’une armature a, fixée à un ressort terminé par un erochet, qui s’appuie sur l’extrémité 1 d’un le-
- vier coudé IM', mobile autour de l’axe h. Au repos, la branche 1 pénètre dans la première encoche c d’un ressort vissé sur la culasse de l’électro. En regard de la branche 1' se trouve une tiget ou levier aiguilleur, qui peut se déplacer horizontalemént et qui commande l’un des chercheurs, par exemple pl g1, le faisant passer sur la voie de travail lorsqu’elle est elle-même poussée vers la droite.
- Si l’une des touches du manipulateur envoie un courant négatif, l’armature du relais cor-
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- respondant reste sur son buttoir de repos, l’é-lectro-aiguilleur ne reçoit pas de courant : la branche 1 reste dans la première encoche, la tige t ne se déplace pas et le chercheur reste sur la voie de repos.
- Si, au contraire, une touche du manipulateur envoie un courant positif, l’armature a de l’électro-aiguilleur correspondant est attirée, le crochet appuie sur le levier h, qui tourne et prend la position 2A2', indiquée en pointillé, la
- x
- «V
- Fig. 940. — Electro-aiguilleurs et mécanisme du traducteur.
- branche 2 se trouvant dans l’encoche c'. L’extrémité 2' presse alors légèrement contre la tringle f, mais sans la déplacer.
- C’est alors qu’intervient la navette N, qui participe à la rotation de l’arbre A. Cet organe porte une rainure dans laquelle s’engagent successivement tous les leviers occupant la position 2' ; ils sont ainsi amenés dans la position plus inclinée 3A3' et appuient fortement sur la tringle t correspondante, ce qui fait passer le chercheur dans la voie de travail. A chaque tour de l’appareil, les chercheurs correspondant aux courants positifs passent donc dans la voie de travail, tandis que ceux dont les relais ont reçu des courants négatifs restent dans la voie de repos. Les chercheurs ainsi disposés, l’impression se produit au moment convenable, puis la navette N, qui n’a pas abandonné les leviers h, les rejette en arrière par la forme de sa rainure; tous les leviers coudés reviennent se fixer dans les encoches c et l’appareil est prêta recevoir une nouvelle lettre.
- Examinons maintenant le rôle des chercheurs. Nous avons déjà vu qu’ils peuvent se déplacer sous l’action des tiges t de manière à se placer les uns dans la voie de travail, les autres dans la voie de repos. Ils répètent ainsi la combinaison transmise par le manipulateur et
- forment pour chaque signal une disposition caractéristique. On voit de plus (fig. 941) que ces
- U >
- Fig. 941. — Disposition des chercheurs.
- organes ont la forme de petits marteaux s’appuyant par leur tête q les uns sur les autres, tandis que les pointes p sont en contact avec la circonférence du traducteur. q° est une tête supplémentaire articulée avec la pièce yy, Ç[u' est liée elle-même à la tringle net peut lafaire mouvoir de haut en bas, par l’intermédiaire d’un ressort-lame commandé par la vis x. C’est au moment où la tige n s’abaisse que se produit I l’impression ; mais, pour que ce mouvement de j n se produise, il faut que tous les chercheurs
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- se trouvent dans des creux du traducteur et occupent les positions figurées en traits pleins, ce qui ne peut avoir lieu que pour une seule position de cette pièce, celle qui correspond à la lettre dont les chercheurs reproduisent la combinaison. Le mouvement de haut en bas de la tige n appuie alors le papier sur la roue des types, et la lettre s’imprime. Pendant tout le reste de la rotation du traducteur, il y a toujours au moins un des chercheurs qui ne repose pas dans un creux de cet organe. Toutes les têtes s’appuyant les unes sur les autres, il suffit qu’un des marteaux se trouve ainsi incliné pour obliger tous les autres à prendre la même position, celle qui est figurée en pointillé : la tête q° s’incline aussi vers la gauche, la tige n est retenue au haut de sa course et l’impression ne peut se produire. Dès que la lettre est imprimée, la came F ramène dans la voie de repos tous les chercheurs qui se trouvent dans la voie de travail.
- Mécanisme imprimeur. — Il nous faut décrire enfin le mécanisme par l’intermédiaire duquel le mouvement de haut en bas de la tige n produit l’impression.
- Ce mécanisme comprend une roue des types, dont la circonférence porte des caractères en relief, les lettres et les chiffres étant alternés, et une roue d'impression, analogue à la roue de correction de l’appareil Hughes. La roue d’impression est en arrière de la roue des types, et ces deux organes sont solidaires, sans que leur liaison soit invariable. Elles sont, en effet, calées sur un double manchon. Celui qui porte la roue d’impression (fig. 942) est lié à l’axe par un doigt t, appartenant à cet arbre ; à la roue est fixé un ressort z, dont l’extrémité s’engage dans une encoche pratiquée à la partie supérieure du doigt t. En cas d’arrêt brusque, la roue est dégagée et ne suit plus la rotation de l’arbre.
- La roue des types, qui est supposée enlevée sur la figure, est portée par un manchon terminé par un levier à trois branches sss, également espacées. La plus longue branche x s’engage entre deux buttoirs rs fixés sur la roue dimpression; le ressortit appuie sur son extrémité et l’empêche de passer d’un buttoirà l’au-Ge* si ce n’est sous l’action d’une force énergique. Les deux autres branches pénètrent dans des griffes mn, mobiles autour de vis à portée, et calées de telle sorte que l’un des renflements 14 ou 31 bouche toujours un des creux de la r°ue d’impression. Le creux 14, correspondant au blanc des lettres, est obstrué lorsque la tige x
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- s’appuie sur le buttoir s, le creux 31 (blanc des chiffres), lorsque a? repose sur le buttoir r. L’appareil imprime des lettres dans le premier cas, des chiffres dans le second. Ce mouvement de bascule est produit par le passage de la came B à travers le creux obstrué par la griffe.
- La tige, que nous avons appelée précédemment n, et dont le mouvement de haut en bas produit l’impression, est représentée en pointillé en bb (fig. 942). En s’abaissant, cette tige
- Fig. 942. — Roue d’impression.
- entraîne la pièce p, mobile autour de la vis qui lui sert d’axe. L’extrémité de cette pièce appuie sur le levier coudé hh, terminé par un crochet qui maintient la came B. Ce levier bascule également et abandonne la came, qui se trouve poussée vers la gauche par le ressort R : sa pointe pénètre dans les dents de la roue d’impression H, qui l’entraîne jusqu’à ce qu’elle ait atteint la position verticale, figurée en pointillé. Dans ce mouvement, la came B entraîne le levier LL et la roue à rochet montée sur son axe A et qui lui est unie par le cliquet c. Pendant ce déplacement, le cliquet c' saute quelques dents du rochet. La roue d’impression, dont les dents ont abandonné la came B, continue sa rotation, et l’appareil est automatiquement remis en place par le galet G, qui repousse le levier LL et par suite fait basculer vers la droite
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- la came B, dont le doigt a est de nouveau maintenu par le crochet du levier hh.
- Impression et progression du papier. — L’impression est produite par la rotation de gauche à droite de la came B, qui appuie le papier sur la roue des types, représentée figure 943. La
- Fig. 943. — Roue des types et organes de progression du ' papier.
- bande de papier, emmagasinée sur un rouet, passe sur les guides gg', puis'sur une garniture de liège maintenue horizontalement sur la pièce B par la vis I, et s’applique enfin sur le tambour d, solidaire du rochet décrit plus haut, et dont la surface est finement striée pour mieux entraîner la bande, qui est appuyée par le compresseur r. Le mouvement de droite à gauche de la pièce B produit l'impression et fait avancer le papier sur les guides gg' ; la rotation du rochet, entraîné par le cliquet c, fait passer le papier entre d et r et le maintient tendu. L’encrage est produit, comme dans l’appareil Morse, par un tampon imbibé d’encre oléique et frottant sur la roue des types. Ce tampon se voit à gauche, au haut de la figure 943.
- Organes accessoires. — Nous avons déjà indiqué en passant un certain nombre de ces organes. On nomme chambre des communications un compartiment ménagé dans la table qui porte le distributeur, et dans lequel sont placées les
- bornes fixées à chacun des contacts et les flls souples qui les rattachent aux diverses parties de l’appareil.
- Le moteur qui met en marche le traducteur est muni d’un organe appelé électro-frein, qui sert à maintenir un accord suffisant entre la marche de cet appareil et celle du distributeur. Pour cela, le moteur du traducteur possède une vitesse un peu plus grande que celle du distri-b uteur, et l’électro-frein le ralentit à chaque tour de la quantité nécessaire. C’est un électro-aimant dans lequel le distributeur envoie une fois par tour un courant local, d’intensité constante, dont la durée est réglée automatiquement par l’appareil lui-même. La communication momentanée entre le distributeur et l’électro-frein s’établit à l’aide du fermeur de circuit.
- Appareil Baudot double. — M. Baudot a étudié, pour les lignes moins chargées, un appareil plus simple que le précédent.
- Le distributeur sè compose seulement de trois secteurs, deux pour la transmission, un pour la correction. Il porte cinq cercles métalliques, dont les quatre premiers sont formés de segments isolés et le cinquième d’une bande continue. Le premier communique avec les électro-aimants récepteurs, le second et le troisième avec les divers organes des manipulateurs, le quatrième avec la pile locale, et le dernier avec la ligne.
- Le chariot, qui tourne dans un plan vertical, est formé de trois bras portant chacun une paire de frotteurs. La première paire s’appuie sur les cercles 1 et 2, la seconde sur les cercles 3 et 5 ; la dernière est formée de deux balais disposés à la suite l’un de l’autre et frottant sur le quatrième cercle, en laissant toujours entre eux l’intervalle d’un contact.
- Électro-aimants accrocheurs. — La transmission se fait ici plus lentement qu’avec l’appareil quadruple, si le chariot tourne avec la même vitesse. Pour diminuer la fatigue de la manipulation et éviter les erreurs de transmission, M. Baudot a imaginé d'accrocher les trois dernières touches du manipulateur jusqu’à la fiu de la transmission du signal. Pour cela, chacune de ces touches se termine par une languette de fer doux F, au-dessus de laquelle se trouve un électro-aimant boiteux N polarisé (%• 9L*)-Lorsque la touche est au repos, la languette F est trop loin de l’aimant pour qu’il puisse 1 attirer; mais, lorsqu’on a appuyé sur cette touche, il la maintient abaissée jusqu’à ce qu’on lance dans la bobine E un courant de sens convenab e
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- pour affaiblir l’aimantation du noyau. Ce courant est lancé automatiquement par le distributeur dès que les balais de cet organe ont passé sur le contact relié à la touche considérée.
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- Régulateur de vitesse. — M. Baudot a aussi combiné pour l’appareil double un régulateur de vitesse moins encombrant que celui décrit plus haut, et qui du reste est souvent appliqué
- B
- Fig. 944. — Manipulateur Baudot avec électro-aimants accrocheurs.
- à l’appareil quadruple. Cet organe est formé d’une masse métallique M (fîg. 945), tournant autour de l'axe H, dans une boîte cylindrique fermée par deux platines parallèles pp, p'p'. Cette masse est traversée par deux guides tt,
- t't', et soutenue par deux forts ressorts 66', fixés par l’autre extrémité ; elle porte deux ressorts ff, dont les extrémités libres, entourées de filasse, s’appuient sur les platines pp, p'p'. Quand la vitesse augmente, la masse M s’écarte
- Fig. 945. — Régulateur de vitesse (élévation et plan).
- plus en plus de l’axe H, à cause de la force centrifuge ; les ressorts ff décrivent sur les Platines des cercles de plus en plus grands, et 1 augmentation de frottement qui en résulte ne larde pas à rendre le mouvement uniforme.
- réglage se fait en tendant plus ou moins les ress°rts 66' à l’aide de la vis V, et en vissant
- plus ou moins la platine p'p' ; le collier nsert à l’immobiliser ensuite.
- Rendement. — L’appareil double donne un rendement de 3 300 mots à l’heure. Il est employé en France sur les lignes qui relient Paris aux villes de Caen, Clermont et Nantes, entre Marseille et Nice, Marseille et Bordeau x, Bor-
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- deaux et Toulouse. Dans le service international, il fontionne entre Paris et Rome, avec relais à Turin.
- Dans l’appareil quadruple, la vitesse de rotation du distributeur est d’environ 165 tours par minute, ce qui donne 1 500 mots par heure et par récepteur, soit 6 000 mots pour un appareil quadruple. Cet appareil est employé entre Paris et les villes de Bordeaux, Brest, le Havre, Lille, Lyon, Marseille, Toulouse.
- Télégraphe multiple Delany. — M. Delany a construit en 1886 un télégraphe multiple qui est muni, comme le précédent, d’un distributeur circulaire. Ce distributeur est mis en marche par un système analogue à la roue phonique décrite plus haut (Voy. Sténo-télégraphie). Les courants de ligne arrivent à des relais qui actionnent des récepteurs composés, selon l’usage américain, de simples parleurs. On fait usage de manipulateurs ordinaires.
- Le distributeur met l’appareil à la terre entre chaque secteur pour décharger la ligne. Le synchronisme, qui est maintenu par des courants de correction, est excellent. L’appareil sextuple fait 3 tours et donne 257 contacts par seconde.
- Télégraphe sextuple Field. — Le système de M. Field repose sur ce fait que des courants d’espèce différente peuvent circuler ensemble dans un même fil sans se gêner et se répartir à l’arrivée dans des récepteurs appropriés à chacun d’eux. M. Field lance donc dans le fil : 1° un courant continu, d’intensité variable, qui actionne un relais ordinaire ; 2° un courant alternatif qui agit sur un relais polarisé; 3° un courant à ondulations rapides, qui actionne un téléphone. Chaque appareil fonctionne en duplex : on peut donc envoyer six dépêches simultanées.
- Les courants sont fournis par deux petites dynamos.
- Télégraphe harmonique Gray. — Le télégraphe de M. Élisha Gray, imaginé en 1874, repose sur le principe suivant. Supposons au poste de réception un certain nombre d’électro-aimants, disposés en série, et ayant pour armatures un nombre égal de tiges d’acier, pouvant rendre des sons bien différents, au poste de départ une pile divisée en autant de tronçons qu’il y a d’électros. Sur chaque fraction de la pile on place une dérivation, contenant une lame vibrante et une vis de contact qu’elle vient frapper à chaque vibration, la dérivation se trouvant interrompue entre la vis et la lame, lorsque celle-ci est immobile. Supposons de
- plus que chacune des lames vibrantes, dont le mouvement est entretenu électriquement, donne respectivement le même nombre de vibrations que l’armature de l’un des électros. Chaque lame produit dans le courant des variations très rapides : chaque récepteur choisit en quelque sorte à l’arrivée les ondulations qui lui conviennent et les armatures se mettent à vibrer. Si l’on arrête une des lames, l’armature correspondante revient au repos. A l’aide d’interruptions courtes et longues, on peut faire une sorte d’alphabet Morse et transmettre autant de dépêches qu’il y a de lames vibrantes et de récepteurs.
- En Amérique, on emploie, dit-on, sur un certain nombre de lignes de chemins de fer un système de ce genre fonctionnant en duplex.
- On trouvera à l’article suivant la description des appareils télégraphiques appropriés à des usages spéciaux (télégraphie militaire, sous-marine, etc.) et ce qui concerne l’installation des postes.
- TÉLÉGRAPHIE ÉLECTRIQUE. — Art de construire les télégraphes ou de s’en servir pour communiquer à distance. L’installation des appareils précédents varie avec les conditions dans lesquelles on veut les utiliser; leur forme même peut être modifiée suivant l’usage auquel on les destine.
- Installation d’un poste télégraphique. — Un
- poste télégraphique contient toujours un manipulateur, un récepteur, une pile et un certain nombre d’appareils accessoires, destinés à assurer l’exploitation. Une sonnerie électrique (Voy. ce mot) avertit l’employé qu’un autre poste désire correspondre avec lui : cette sonnerie n’est pas montée en tension avec le récepteur, mais elle est placée dans une dérivation spéciale, afin qu’on puisse, lorsque l’appel a été entendu, la mettre hors circuit pendant la réception. Un commutateur sert à ouvrir et a fermer ces deux circuits, c’est-à-dire à mettre le poste sur sonnerie ou sur réception.
- Un petit galvanomètre permet de constater de visu le passage du courant à travers les différents appareils du poste : il permet de constater et de rechercher les dérangements. On emploie pour cela de petits modèles spéciaux. Les uns sont verticaux (fig. 946) : un aimant plat et circulaire est suspendu comme un fléau de balance dans l’intérieur d’une bobine de même forme; il porte un index léger, qui se déplace devant un cadran vertical.
- D’autres modèles sont horizontaux (fig- ^0 ‘ une aiguille aimantée horizontale, munie d une
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- chape d’agate, repose sur un pivot au centre d’un multiplicateur vertical ; un cadran horizontal indique la déviation.
- Enfin, un paratonnerre (Voy. ce mot) préserve les appareils des accidents que pourraient occasionner les orages.
- Les appareils doivent être disposés de manière que la communication entre deux postes n’exige qu’un seul fil. Nous allons donner quelques exemples de l’installation d’un poste avec
- les divers systèmes d’appareils télégraphiques.
- La figure 948 montre le plan d’un poste Morse. La pile est mise à la terre par son pôle négatif, et communique par le pôle positif avec la borne pile du manipulateur. La borne réception de celui-ci est reliée à la borne L du récepteur, dont l’autre borne est à la terre. Enfin, de la borne ligne du manipulateur part un fil qui se rend à un commutateur rond ou bavarois C, puis se bifurque : l’une des branches va à la sonnerie S, et de là au sol; l’autre traverse un paratonnerre à fil fin Pf, puis un paratonnerre à pointes Pp, et se rend enfin à la ligne.
- Le rouet I emmagasine les bandes de papier qui ont servi ; on remet ensuite ces bandes en rouleaux; on les cachète, on inscrit sur le pourtour le numéro du fil, l’indication du poste, le jour et l’heure de la mise en service et de la clôture, et la signature de l’employé qui l’a terminé. Ces rouleaux sont conservés dans les archives, pour faciliter les recherches.
- Quand on transmet, le courant suit le chemin MCG, Vf, Pp et la ligne. Lorsque le poste est attaqué, le courant de ligne arrive par Pp, Vf, GCS et va à la terre ; on tourne alors le commutateur, et, à partir de ce moment, le courant suit la direction CMR et se rend au sol.
- Fig. 946. — Galvanomètre télégraphique vertical.
- Fig. 947. — Boussole télégraphique horizontale.
- La disposition qui précède est celle d’un poste extrême ; celle des postes intermédiaires est un peu différente. Ce poste peut être embro-°hé sur la ligne, mais on préfère ordinairement le mettre en dérivation.
- Dans les postes embrochés, la borne T du ré-*)epteur communique avec la seconde section e la ligne par l’intermédiaire d’un paratonnerre. En général, tous les récepteurs fonc-°nnent en même temps, sauf celui du poste T11 transmet. Pour simplifier le réglage, il c°nvient d’employer à tous les postes des ré-
- DlCTIONNAlRE d’ÉLECTMCITÉ.
- cepteurs de même résistance, ainsi que des piles de même nature et en nombre égal.
- Courant continu. — Le système du courant continu est très employé en Amérique et en Allemagne ; on ne l’emploie en France que pour les usages militaires. Il consiste à faire passer dans la ligne un courant permanent : le poste qui veut transmettre interrompt ce courant, puis le rétablit en manipulant. On a l'avantage qu’une seule pile suffit pour les deux postes ; mais elle s’épuise très rapidement.
- La transmission par courant continu néces-
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- site les changements suivants dans les communications. Au poste qui contient la pile, le fil de ligne est relié à la borne T du récepteur, les bornes ligne et réception du manipulateur sont
- Fig. 948. — Poste télégraphique Morse.
- réunies par un fil volant. Au poste dépourvu de pile, la ligne arrive à la borne pile du manipulateur, dont les deux autres bornes sont reliées comme dans l’autre poste. De plus, les
- vis de réglage des manipulateurs sont toujours serrées à fond, pour établir la continuité du circuit. Le poste qui veut transmettre desserre la vis de son manipulateur pour ouvrir le circuit, puis il transmet comme d’ordinaire. L’opération terminée, la vis de réglage est serrée de nouveau. Il est évident que les deux récepteurs fonctionnent à la fois, ce qui fournit un moyen de contrôle.
- Les rappels (Voy. ce mot) permettent d’attaquer à volonté deux postes différents à l’aide d’un même fil. Les relais (Voy. ce mot) permettent de transmettre à une plus grande distance; les relais peuvent aussi être montés en translation (Voy. ce mot).
- Les dispositions qui précèdent s’appliquent aussi bien au télégraphe à cadran; nous avons indiqué, en décrivant cet appareil, le rôle des différentes bornes.
- Poste Wheatstone automatique. — Ce poste comprend comme accessoires une sonnerie, un galvanomètre, une résistance additionnelle ou de compensation et un paratonnerre à bobine sans pointes.
- La ligne arrive à la borne L du paratonnerre p (fig. 948), passe par la borne A au galvanomètre g et de là à la borne V du transniet-
- Fig. 949. — Installation d’un poste Wheatstone.
- teur. Celui-ci est relié à la résistance par les bornes RR', à la pile par les bornes CZ, au manipulateur par les bornes L, C',Z', qui communiquent respectivement avec les bornes L, C, Z de ce dernier. Le manipulateur à son tour est en rapport par sa borne R avec la borne L du récepteur, relié lui-même à la sonnerie V par les bornes SS'. Enfin, les bornes T du manipulateur, du récepteur, du transmetteur et du paratonnerre sont reliées au sol.
- Lorsque le transmetteur est ouvert, le naam pulateur et le récepteur se trouvent hors circuit) et la pile est mise en rapport avec la ligne par les organes du transmetteur. Lorsqu il fermé, la pile communique avec les bornes du manipulateur.
- Dans la transmission automatique, les cou^ rants passent par h'gp et la ligne. Quan 0 manipule à la main, le courant va de la ^or^g_ du manipulateur à la borne L du r
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- metteur et prend ensuite le même chemin.
- Le récepteur est sur sonnerie quand son mouvement est arrêté. En le mettant en marche, ou appuie la manette du commutateur sur la borne a : la sonnerie est isolée, et la borne L en communication avec les bobines de l’électro-aimant. Le courant de ligne passe par pg, L' et L du transmetteur, L et R du manipulateur, L du récepteur, a, l’électro-aimant et la terre.
- Poste du télégraphe Hughes. — L’appareil Hughes est muni de trois bornes, P, L, T. La première communique avec la vis de contact a, la seconde avec le plot c, la troisième avec la manette M de l’interrupteur, la lame 2 du commutateur et l’axe du levier d’échappement l. La vis b communique avec le contact w de la manette, avec le support de la palette, le ressort interrupteur d, sur lequel s’appuie la came de
- Fig. 950. —
- correction, et avec la lame 4 du commutateur ; la lame 1 de celui-ci est en rapport avec l’entrée du fil des bobines, la lame 3 avec la sortie.
- Des deux postes qui correspondent, l’un A erSploie des courants positifs, l’autre B des courants négatifs (fig. 950).
- Lorsque B transmet, la lèvre du chariot en se soulevant fait basculer le levier e'f et met le ressort f en contact avec la vis a . Le courant de P' passe sur la ligne par f’c’L'. En même temps, la tige g’ fait déclencher le levier d’échappement V, et produit l’impression de contrôle.
- Au poste A, le courant suit Lcfbd, les lames 4 et 1 du commutateur, l’électro-aimant, les lames 3 et 2, la borne T et la terre. La palette se soulève, et met en jeu le mécanisme imprimeur. Aussitôt que le levier d’échappement est déclenché, la came de correction abandonne le
- de deux postes Hughes.
- ressort d; le circuit se trouve rompu en d et le courant, abandonnant les bobines, passe entièrement par la dérivation qui comprend lavis b, le support de la palette soulevée, le levier d’échappement et la borne T.
- Lorsque c’est A qui transmet, les courants émis suivent une marche analogue- (Montillot, La Télégraphie actuelle.)
- Pour les télégraphes multiples, tels que celui de Baudot, l’ensemble des communications devient extrêmement compliqué, et nous nous bornerons aux indications contenues dans l’ar-ticle précédent.
- Pour ce qui concerne l’installation des lignes, trouvera les détails nécessaires aux mots able, Conducteur, Fil et Ligne.
- Télégraphie domestique. — En réalité, les e§raphes ont été remplacés aujourd’hui dans usages domestiques par les sonneries et les
- téléphones. Si l’on veut cependant faire usage de télégraphes, on emploie des postes Morse ou des appareils à cadran, soit les modèles de l’Administration, soit d’autres un peu plus petits et un peu plus simples, fabriqués spécialement pour ces applications. La composition des postes et les communications sont telles que nous l’avons indiqué plus haut.
- Télégraphie municipale ou de quartier. — On emploie dans certaines villes des appareils télégraphiques simplifiés, donnant seulement des indications peu nombreuses, mais d’un usage fréquent : ces appareils servent notamment à appeler les pompiers ou les agents de police lorsque c’est nécessaire. Nous avons décrit à l’article Avertisseur des appareils de ce genre.
- En Amérique, on a employé, surtout avant l’invention du téléphone, des appareils formés d’une petite boîte ronde dont le cadran porte les
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- indications utiles : médecin, pompiers, police, voiture, etc. Une aiguille peut tourner sur ce cadran. Pour appeler, on appuie d’abord sur un levier, qui fait tinter la sonnerie du poste de secours; on est averti par une sonnerie que l’appel a été entendu. On tourne alors l’aiguille pour la placer sur l’indication convenable. Le récepteur peut être analogue à celui du télégraphe Bréguet : son aiguille suit alors les mouvements de celle du manipulateur. Le manipulateur peut aussi contenir une roue dentée tournant sous l’action d’un mécanisme d’horlogerie : les dents trottent successivement sur un ressort, et chacun des contacts lance un courant, qui, au poste d’arrivée, fait tracer un trait sur une bande de papier. On peut disposer les dents de manière à obtenir une combinaison déterminée de traits, qui indique le lieu d’origine et l’inscription sur laquelle s’est arrêtée l’aiguille du manipulateur. Chaque poste de police est ainsi relié à un certain nombre de postes de quartier.
- Télégraphie pneumatique. — Dans les villes importantes, où les lignes sont très encombrées, on a adjoint aux télégraphes électriques des appareils pneumatiques permettant d’expédier un grand nombre de dépêches à la fois. Ce système a été appliqué à Londres en 1858, à Paris et à Berlin en 1866. Un grand nombre de dépêches sont mises en même temps dans un piston creux, placé dans un long tube qui relie les deux postes. On fait le vide devant ce piston et l’on introduit de l’air comprimé en arrière pour le faire avancer. En réalité, ce système relève plutôt de la poste que des télégraphes, puisqu’il expédie aux destinataires les originaux mêmes des dépêches; comme, d’autre part, il n’emprunte rien à l’électricité, nous n’insisterons pas davantage.
- Télégraphie urbaine et interurbaine. — L’application la plus importante des télégraphes consiste à relier ensemble les quartiers des grandes villes et surtout les différentes villes d’une même contrée ou même de contrées différentes.
- L’ensemble des communications d’une même contrée constitue un réseau. Théoriquement, chaque poste d’un réseau devrait être relié directement à tous les autres postes : une dépêche quelconque n’exigerait alors qu’une seule transmission. Mais les fils deviendraient ainsi extrêmement nombreux, leur installation et leur entretien seraient très coûteux : on a donc dû se borner à relier les postes les moins importants aux stations principales, d’après des règles dé-
- terminées, qu’on trouvera à l’article Réseau. Malgré cette restriction, le réseau français, qui était formé en 1851 de 2 000 kilomètres de fils en comprend aujourd’hui plus de 223 300 kilomètres, desservant plus de 7 000 bureaux.
- Dans les grandes capitales, les dépêches sont d’abord concentrées dans un bureau central, d’où on les expédie ensuite en province ou à l’étranger; réciproquement, les dépêches venant de province ou de l’étranger arrivent au bureau central, qui les répartit entre les divers quartiers.
- A Paris, le bureau central est situé rue de Grenelle, et se compose d’un sous-sol, d’un rez-de-chaussée et d’un premier étage. Le sous-sol renferme les piles, composées d’environ 8 000 éléments Callaud, les turbines Humblot, qui commandent les distributeurs Meyer et Baudot, et les dynamos servant à l’éclairage du local. Le service spécial de Paris occupe à lui seul 200 piles, formant 12 groupes de 15 éléments en surface; ces groupes sont réunis en tension entre eux et avec 20 éléments supplémentaires. Les grandes lignes exigent 6 groupes d’éléments disposés par 3, 5 ou 6 en quantité et 80 ou 90 en tension. Les appareils automatiques Wheatstone demandent 70 couples, les Baudot multiples deux piles de ligne de 100 éléments chacune et 200 autres couples pour les piles locales.
- Le rez-de-chaussée comprend les bureaux, magasins, vestiaires, etc. L’entresol renferme une grande salle où se trouvent 196 Morse et 30 Hughes pour le service de Paris, de la banlieue et de certaines parties de la province. Ces appareils sont manœuvrés par des femmes.
- Enfin le premier étage se compose d’une grande salle contenant les appareils Hughes, un Meyer quadruple, un Wheatstone automatique relié directement avec Fredericia (Danemark, 277 kilomètres), avec relais à Calais. A l’extrémité de cette salle se trouvent les rosaces (Yoy. Téléphonie) des fils de ligne et de pile, les appareils de mesures pour la recherche des de-rangements, etc.
- Les ponts de Wheatstone sont dans une salle particulière.
- Les figures 951 et 952 représentent, d’après des photographies, l’intérieur de deux des grandes salles du poste central de Paris. Sur la première, on voit les appareils Hughes specia lement affectés au service de la presse et aux relations avec l’étranger. La seconde montre des appareils Hughes et des appareils multip e de Baudot qui sont en communication avec e3 différentes villes de provinces. On voit aupre
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- Fig. 931. -- Bureau central de Paris. Salle des appareils Hughes, service de la presse et de l’étranger (d’après une photographie communiquée par M. Schiltz).
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- de chaque appareil une pancarte indiquant la ville à laquelle il est relié.
- Une autre salle, semblable aux deux premières, renferme des Hughes et des Morse manœuvrés par des dames ; qes appareils reçoivent un certain nombre de fils de province, mais ils sont principalement destinés au service de Paris et de la banlieue.
- Télégraphie sous-marine. — Sur les lignes sous-marines de faible longueur, la transmission ne présente pas de difficultés spéciales. Ainsi, sur le câble de Calais à Douvres, les appareils Morse donnaient à l’origine le même rendement que sur le réseau intérieur. Les premiers appareils Hughes, essayés sur cette ligne, étant plus sensibles, donnèrent des phénomènes de charge et de décharge et ne purent être employés. On a donc dû modifier leurs organes, mais l’appareil nouveau, tel que nous l’avons décrit à l’article précédent, fonctionne maintenant très régulièrement entre la France et l’Angleterre.
- Sur les câbles transatlantiques, la question est rendue plus compliquée par la nature du câble, qui se comporte comme un condensateur, le collecteur étant représenté par l’âme conductrice, le condenseur par l’armature de fer, et la lame isolante par l’enveloppe de gutta-percha. Un courant lancé dans le câble charge d’abord ce condensateur avant d’arriver jusqu’à l’extrémité. Il faut donc, pour envoyer un signal, un temps variable non seulement avec la longueur et la résistance du câble, mais encore avec sa capacité électrostatique par mille marin. Dans ces conditions, l’arrivée du courant au récepteur et son extinction ne sont pas instantanées : le courant se manifeste avec une intensité qui est d’abord extrêmement faible, augmente ensuite lentement, passe par un maximum et décroît enfin peu à peu jusqu’à zéro. Chaque récepteur ne peut d’ailleurs fonctionner que pour une certaine intensité, d’autant plus faible qu’il est plus sensible.il résulte de là qu’un signal pourra commencer avant que le précédent soit terminé, et la confusion sera généralement plus grande pour les appareils les plus sensibles. Pour corriger cette lenteur, on fait suivre ordinairement chaque émission principale d’une émission de compensation, plus courte et de sens contraire, destinée à ramener l’appareil au zéro.
- La transmission est souvent troublée par des courants naturels d’origine peu connue. M. Var-ley a imaginé, pour faire disparaître cet inconvénient, de placer un condensateur à l’une des
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- extrémités de la ligne, ou même un à chaque bout.
- Pour diminuer les effets de la condensation, on a songé à faire usage de courants faibles, mais il a fallu alors recourir à des récepteurs très sensibles. On a employé d’abord un galvanomètre à réflexion de W. Thompson ; l’aiguille, formée d’un ou de plusieurs petits morceaux de tôle aimantée, est collée derrière un petit miroir concave; on observait les déviations de l’image lumineuse projetée sur une règle divisée (Voy. Méthode du miroir). Le point de l’alphabet Morse était représenté par une déviation d’un certain sens, le trait par une déviation plus grande et de même sens. Le manipulateur était une clef de Morse. Ce système fut appliqué sur le câble transatlantique de 1858.
- Avec cette méthode, il était nécessaire de laisser l’aiguille revenir exactement au zéro après chaque signal, afin de pouvoir distinguer les traits des points. Steinhell a imaginé d’employer des émissions positives pour les points et négatives pour les traits. De cette manière, on ne tient .compte que du sens des déviations, et non de leur grandeur; il n’est donc pas besoin de laisser l’aiguille revenir complètement au zéro, et, le trait n’exigeant pas plus de temps que le point, le rendement se trouve augmenté. Le manipulateur est une clef à deux leviers, analogue aux appareils Estienne ou Hérodote, qui permet, en abaissant l’un ou l’autre, d’envoyer des courants positifs ou négatifs. Cette méthode fut appliquée sur le câble transatlantique de 1866.
- Siphon-recorder. — La méthode de Thomson et celle de Steinhell rendent la réception très pénible, l’employé devant suivre constamment des yeux le déplacement de l’image lumineuse ou spot. Sir W. Thomson a évité cet inconvénient en enregistrant les déviations de l’aiguille : l’appareil ainsi transformé porte le nom de siphon-recorder (Voy. ce mot), et donne un rendement de vingt-cinq mots par minute.
- Manipulateur automatique de M. Maiche. — M. Maiche a imaginé, en 1886, un appareil de transmission destiné à faire disparaître le principal inconvénient que présentent actuellement les systèmes télégraphiques sous-marins.
- Par suite de la capacité électro-statique des câbles, les signaux donnés par le siphon recorder ne sont pas aussi lisibles qu’on pourrait le désirer. Supposons, en effet, l’envoi dune lettre formée par quatre émissions successive» d’un courant de même sens, H par exemp La première émission fera dévier le siphon d’une certaine quantité, la deuxième un PeU
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- Fig. t)">2. —
- Bureau central de Paris. Salle des appareils Hughes et des appareils lîamlol, service de la province (d'après une photographie communiquée par M. Sehiltz).
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- plus et ainsi de suite ; mais, dans l’intervalle de deux émissions, l’extrémité du siphon ne revient pas à la ligne médiane, considérée comme le zéro de l’appareil. Il en résulte qu’un courant de sens contraire, au lieu de faire passer le siphon de l’autre côté du zéro, ne suffît même pas toujours pour l’y ramener, ce qui rend difficile l’interprétation des signaux. M. Varley avait déjà essayé de remédier à cet inconvénient; puis MM. Thomson et Jenkin imaginèrent dans le même but un appareil décrit dans le Journal de la Société des Télégraphes. Enfin, M. Maiche a proposé d’intercaler
- entre le manipulateur ordinaire et le câble un manipulateur automatique de son invention.
- Cet appareil (fig. 953) se compose essentiellement d’un mouvement d’horlogerie dont la vitesse de déroulement est parfaitement réglée* l’axe du dernier mobile porte deux excentriques métalliques disposés sur l’axe à frottement doux. Un déclenchement électrique composé d’un électro-aimant et d’une armature à levier correspond à chaque excentrique et permet de l’arrêter ou de le laisser tourner. Chacun des électros est relié à l’une des lames d’un manipulateur inverseur ordinaire.
- Fig. 953. —Manipulateur Maiche.
- Chaque émission de courant venant du manipulateur détermine le déclenchement de l’un ou de l’autre des excentriques, lesquels correspondent respectivement au passage à droite ou au passage à gauche du siphon recorder, c’est-à-dire aux signaux qui représentent les traits et les points de l’alphabet Morse.
- On obtient ainsi, soit dans un sens, soit dans l’autre, des émissions de courant qui ont toujours la même durée.
- Au-dessus et au-dessous de chaque excentrique se trouvent deux lames de ressorts communiquant chacune avec l’un des pôles de la pile ; il en résulte qu’à chaque tour de l’excen-
- trique, deux courants de sens inverse sont envoyés sur la ligne : le premier est le courant de transmission, l’autre le courant de neutralisation de la charge : celui-ci est toujours d’une durée un peu moindre que le premier. Cette disposition laisse constamment la ligne a l’état neutre entre chaque signal, quelle que soit la rapidité de la transmission.
- Le système des quatre ressorts de contact est réglable, soit isolément pour chaque lame, soit, pour l’ensemble, au moyen d’une visunicrome-trique permettant le réglage même en marche. Les signaux transmis sont reçus avec une regu larité qui se rapproche beaucoup de celle que
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- l’on peut obtenir en local, et la lecture en devient aussi peu pénible que celle d’une bande Morse ordinaire.
- Ce manipulateur automatique a été longuement expérimenté sur les câbles de la Commercial Cable Company, entre le Havre, Waterville et New-York, et son usage aurait permis de transmettre, soit en simplex, soit en duplex, avec une vitesse double de celle qu’on atteint sans son secours. La figure 954 représente la vue perspective de l’appareil et en fait suffisamment comprendre les dispositions. (Communiqué par M. Maiche.)
- Autres appareils sous-marins. — Un certain nombre d’inventeurs ont modifié les appareils télégraphiques dans le but de les approprier aux lignes sous-marines : tels sont les télégraphes de M. Estienne et de M. Hérodote, décrits plus haut, qui dérivent du Morse. M. Ailhaud, puis M. Mandroux ont modifié le récepteur Hughes pour obtenir une décharge complète après chaque émission. Ces derniers appareils ont été essayés avec succès entre Marseille et Alger.
- M. Ebel a construit aussi un enregistreur, dans lequel une armature composée, très légère, met, pendant le passage du courant, une bande de papier mobile en contact avec un galet constamment garni d’encre, et qui produit des signaux Morse. L’armature peut aussi porter, si on le préfère, un siphon analogue à celui de sir W. Thomson, et enregistrant des signaux de même nature.
- Dans l’appareil Chameroy, les mouvements de l’aiguille aimantée font déplacer une image lumineuse sur un papier photographique mobile.
- Enfin M. Maiche fait tomber la lumière réfléchie par le miroir d’un galvanomètre Thomson sur les palettes d’un radiomètre, qui tourne plus ou moins vite. La rotation est utilisée pour fermer un circuit local contenant un récepteur.
- Télégraphie commerciale. — En Angleterre et aux Etats-Unis, on a songé à établir dans les vdles importantes des réseaux particuliers seront à transmettre les cours de la Bourse aux abonnés. Aux États-Unis, la télégraphie commerciale a pris une grande extension : il existe de grandes compagnies s’occupant exclusivement de cette application.
- L’appareil Wiley, destiné à cet usage, est muni d’une série de roues des types montées SUr un même arbre, et dont chacune est réser-Vee à l’impression des cours d’une valeur spé-male. L’impression se fait sur une large bande, °u les cotes de chaque valeur apparaissent, à la Un de la séance, en longues colonnes juxtapo-
- sées avec les noms des valeurs en tête. Des services analogues peuvent être affectés à la presse, aux courses, etc. On peut aussi faire usage de la sténo-télégraphie ou du téléphone.
- Un système analogue, établi en 1814 par M. de Piccioto, a fonctionné à Paris pendant dix ans; il s’est arrêté en 1884, l’administration ayant refusé de renouveler le contrat aux mêmes conditions.
- Télégraphie des chemins de fer. — Dès l’origine, les compagnies de chemins de fer ont appliqué le télégraphe aux divers besoins de l’exploitation et notamment à la protection des trains. Avant l’emploi du télégraphe, lorsqu’un train avait acquis un retard déterminé, les locomotives de secours de toutes les gares qu’il aurait dû traverser devaient se mettre à sa recherche.
- Le télégraphe permet de savoir immédiatement entre quelles stations il se trouve, quel est son retard, et, grâce aux postes de secours, les trains en détresse peuvent avertir rapidement les gares voisines. Ce n’est là qu’un exemple des nombreux services rendus par le télégraphe dans l’exploitation des chemins de fer.
- Toutes les stations possèdent un poste télégraphique, desservi par les employés ordinaires dans les petites gares, par des employés spéciaux dans les grandes. Toutes les stations sont reliées par un fil appelé fil omnibus ; en outre, un fil direct relie seulement les grandes gares. Sur les grandes lignes, on ajoute souvent un fil semi-direct, passant par les gares de moyenne importance. Pendant longtemps les postes de chemins de fer étaient composés d’appareils Bréguet, plus faciles à lire. Sur l’exemple des compagnies du Nord et de l’Est, on a généralement adopté maintenant le Morse, afin de conserver la trace écrite des dépêches et de déterminer plus facilement les responsabilités en cas d’accident.
- Sur les lignes à voie unique, on s’assure généralement par télégraphe, avant de laisser partir un train, que la voie est libre jusqu’à la prochaine station, et l’on avertit ainsi le chef de cette station, qui ne laisse aucun train s’engager en sens contraire.
- En Amérique, le rôle du télégraphe est encore bien plus important. La ligne est divisée en sections, longues de 100 à 200 kilomètres. Un agent télégraphique spécial, nommé dis-patcher, installé à la gare la plus importante de la section, concentre tous les renseignements télégraphiques sur la marche des trains et lance tous les ordres nécessaires à leur sécurité. Tous les récepteurs de la section sont montés en
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- série. Le dispatcher transmet le nom de la gare à laquelle il s’adresse ; celle-ci répond, et il envoie alors la dépêche, qui n’est pas lue par les autres gares.
- Outre les postes télégraphiques des stations, les compagnies de chemins de fer emploient aussi des postes auxiliaires de secours, qui peuvent être installés en divers points de la voie ou même placés sur les trains, et qui servent à prévenir les gares voisines en cas d'accident.
- M. de Baillehache a proposé l’emploi d’un système fort simple, dont on trouvera la description à l’article Rail isolé.
- La compagnie du Nord place les postes de secours dans les maisons de garde-ligne, de façon que le conducteur d’un train en détresse ait à faire au plus deux kilomètres pour en trouver un. Le sens dans lequel il faut marcher pour arriver au poste le plus voisin est indiqué par des flèches, généralement placées sur les poteaux télégraphiques. Le mot Télégraphe est en outre inscrit sur les maisons qui renferment ces postes. L’appareil, placé tout près de la porte d’entrée, se compose d’un récepteur et d’un manipulateur Bréguet, à deux directions, fixés sur une petite armoire qui sert en même temps d’abri pour la pile. L’appareil est embranché sur la ligne, et les deux manipulateurs sont, au repos, sur Communication directe, pour que la ligne ne soit pas interrompue. Devant chacune de ces manettes, une étiquette indique le nom de la station qu’elle peut relier à l’appareil. Quand on referme la boîte, deux oreilles, fixées extérieurement aux manettes, les repoussent automatiquement sur leur position de repos, pour éviter que la ligne reste interrompue à ce poste.
- Les piles de ces postes sont montées en sens inverse de celles des stations, de sorte que les appels provoquent le déclenchement d’une sonnerie d’urgence (voy. ce mot), pourvue d’un indicateur optique. Cette sonnerie ne fonctionne .que sous l’action des courants négatifs et tinte jusqu’à ce que l’indicateur ait été relevé. Les agents des gares doivent répondre aux appels des sonneries d’urgence, toute affaire cessante.
- On construit aussi des postes mobiles, qui se placent sur chaque train ; tel est le modèle (flg. 954), construit par la maison Bréguet, et formé d’une boîte qui renferme un récepteur et un manipulateur à cadran, et une pile placée dans la base B. En France, ce système n’est plus employé que par la Compagnie du Midi : un fil spécial est installé pour cet usage le long de la voie ; l’appareil est mis en communication,
- d’une part avec un fil par une tige métallique de l’autre avec la terre.
- La compagnie de l’Est emploie un poste Morse portatif, disposé par MM. Dumont et Cabaret, et destiné à l’organisation d’un service temporaire dans une section ordinairement dépourvue de télégraphe, à l’exploitation provisoire d’une ballastière, au sectionnement mo-
- Fig. 954. — Poste portatif Bréguet.
- mentané d’une ligne à voie unique sur laquelle on veut assurer une circulation exceptionnelle, etc. Dans tous ces cas, il serait trop long d’expédier sur les lieux et de monter un poste complet. Le poste portatif de MM. Dumont et Cabaret comprend deux boîtes, dont l’une renferme un récepteur et un manipulateur Morse, un rouet, un commutateur de ligne à deux <h rections, un commutateur de pile, un galvano mètre vertical, un paratonnerre à papier, nn relais annonciateur à deux directions, système Sieur, un porte-encrier, un encrier, un h notes. Le manipulateur et le récepteur son
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- d’un modèle courant, de sorte qu’on puisse au besoin les remplacer facilement.
- L’autre caisse renferme vingt-quatre éléments de pile en série et divers accessoires. Les piles sont du système Leclanché légèrement modifié : elles se composent d’un vase d’ébo-nite renfermant un mélange de coke, de pétrole et de chlorhydrate d’ammoniaque, un crayon de charbon plongeant dans ce mélange et un zinc entouré d’une gaine de toile. Au moment de s’en servir, on introduit dans chaque couple une certaine quantité d’eau au moyen d’une mesure et d’un entonnoir qui sont placés dans la caisse, ainsi que quatre conducteurs souples, un serre-rail pour établir le contact à la terre, une lime de ciseleur pour décaper le rail, divers outils, une bobine de fil recouvert, deux flacons d’encre oléique, dix-huit rouleaux de papier et divers accessoires de rechange. Pour se servir du poste, on place la première caisse sur un support quelconque ou même sur le sol, on l’ouvre de façon qu’elle' serve de table, et l’on établit les communications avec la terre et avec le fil de ligne.
- Les appareils destinés à l’exploitation des chemins de fer et décrits aux mots Block-sys-tem, Intercommunication, etc., peuvent être considérés comme faisant partie de la télégraphie des chemins de fer.
- Télégraphie météorologique. — Le Verrier a institué le premier en France un service régulier d’observations météorologiques. Chaque jour, les observations faites en tous les points du territoire et dans les principales villes de l’étranger sont concentrées par le télégraphe à l’Observatoire de Paris et servent à dresser une carte qui donne l’état général de l’atmosphère, et qui est expédiée immédiatement sur tous les points intéressés. On peut observer ainsi la naissance des bourrasques et des cyclones et prévoir, dans une certaine mesure, la marche probable de ces dangereux météores. Cette tâche est facilitée par les renseignements reçus chaque jour d’Amérique. Nos côtes ont été divisées en quatre régions, celles des Iles Britanniques en six. Deux fois par jour, tous nos ports echangent leurs observations, qui sont com-niuniquées aussi aux ports anglais. Les renseignements ainsi recueillis rendent de grands services aux navires qui sont sur le point de quitter les ports, et d’une manière générale à joutes les personnes qui ont intérêt à connaître e temps probable.
- Les États-Unis d’Amérique ont installé des Premiers un service d’avertissements météoro-
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- logiques. L’Angleterre, l’Allemagne, la Prusse, l’Italie, la Russie ont suivi cet exemple.
- Télégraphie militaire. — Il est inutile d’insister sur les services que peut rendre la télégraphie dans les opérations militaires. Néanmoins, pendant les guerres de Crimée et d’Italie, nous dûmes recourir à des télégraphistes civils ; et, même en 1870, notre organisation était encore trop imparfaite pour fonctionner régulièrement, tandis que les Allemands purent construire plus de 300 milles de ligne, en réparer plus de 1 000 et exploiter plus de six cents stations télégraphiques.
- L’organisation de la télégraphie militaire française a été réglée par le décret de novembre 1874. Modifiée par le décret du 23 juillet 1884, puis par celui du 27 septembre 1889 actuellement en vigueur, elle se compose de :
- Directions ;
- Sections de première ligne;
- Sections de deuxième ligne;
- Parcs télégraphiques ;
- Service du territoire.
- Le tout est complété par le service de télégraphie légère fait par la cavalerie et par celui qui est organisé dans les autres corps de troupes pour leurs besoins particuliers.
- Le matériel employé dans l’armée française est installé dans des voitures, attelées par les soins du train des équipages. Les voitures réglementaires sont actuellement au nombre de cinq :
- La voiture-poste, modèle 1884;
- Le chariot;
- La dérouleuse ;
- La voiture légère ;
- Le chariot à perches.
- A ces modèles vient s’ajouter le fourgon 1874 du modèle général de l’armée.
- Les anciennes voitures 1874 ont été modifiées et sont utilisées dans les Directions pour le transport des archives, etc.
- Chaque pile est formée de douze petits éléments Leclanché montés en tension et renfermés dans une boîte munie de bornes extérieures.
- Les appareils portatifs sont du système Morse et comprennent sous un très petit volume : un récepteur, un manipulateur, un commutateur placé au milieu (fig. 936), un paratonnerre à stries (voy. ce mot) situé à gauche, un galvanomètre vertical, à droite un encrier contenant d’un côté de l’encre ordinaire et de l’autre de l’encre oléique pour le tampon.
- Le manipulateur diffère des modèles ordinaires par une disposition qui permet de constater l’état des piles et des communications, en
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- faisant passer directement le courant dans les électro-aimants du récepteur. Les noyaux de ces électro-aimants peuvent être légèrement élevés ou abaissés à l’aide d’un bouton moleté,
- afin de régler la sensibilité. Les appareils récents sont à culasse scindée et portent une pièce supplémentaire qui permet de les installer en courant continu.
- L’aiguille du galvanomètre est immobilisée pendant les transports au moyen d’une fourchette qui se manœuvre par un bouton extérieur.
- Afin de simplifier l’installation de postes volants avec ces appareils on les renfermes dans des cantines à deux compartiments, celui du bas contenant la pile. La partie antérieure se rabat et forme une table sur laquelle le télégraphiste peut écrire.
- Les parleurs sont des relais Morse simplifiés et formés seulement d’un électro-aimant boiteux et d’une armature. L’extrémité de l’électro-ai-mant, dépourvue de bobines, porte un manchon en ébonite c (fig. 956), sur lequel est fixé le support de la palette. Un ressort-lamé R permet de régler la position de la palette qui, au repos, vient butter contre une vis I se réglant de l’extérieur. Quand le courant passe, la palette frappe le noyau de l’électro-aimant avec un bruit assez fort pour que l’on paisse lire les dépêches au son. L’appareil est monté sur une caisse sonore pour renforcer le son. La base supérieure porte un manipulateur disposé pour pouvoir travailler en courant continu. La borne ligne communique avec le massif du manipulateur, la borne pile avec le plot de travail du manipulateur dont le plot de repos est relié au fil de l’électro-aimant communiquant d’autre part avec la terre. La borne pile est également réunie à la culasse de l’électro-aimant, la
- borne I avec la vis I, la borne M avec la vis de réglage V du ressort antagoniste, et par suite
- Fig. 956. — Parleur de campagne.
- avec le massif de l’appareil. Telles étaient du moins les communications des anciens parleurs qui pouvaient fonctionner en translation. Dans les parleurs nouveau modèle la translation est supprimée; elle est remplacée par un disposi tif qui transforme à volonté les signaux sonores en une sorte de ronflement qui facilite beau coup la lecture. Les traits sont figurés par un ronflement prolongé, les points par un ron
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- jnent bref, tandis que dans le système ordinaire chaque signal est limité par un double bruit sec qui en annonce le commencement et la fin, et c’est l’intervalle entre ces bruits qui détermine la valeur des signaux.
- La sonnerie et les commutateurs bavarois sont semblables à ceux de la télégraphie civile.
- La voiture-poste modèle 1884 est attelée de deux chevaux. On entre par l’arrière. Le bureau est disposé longitudinalement sur le côté droit de la voiture. A gauche est une banquette pouvant se transformer en lit. Le fond est occupé par des casiers. La table porte deux appareils
- de campagne et deux parleurs (fig. 957); au-dessous se trouvent trois piles, deux bobines de câble léger, deux piquets de terre, un axe et une manivelle de déroulement, un pied d’appareil optique. L’armoire du fond contient en outre un appareil de déroulement se plaçant sur le dos d’un homme. Sous le siège du conducteur se trouvent une caisse pleine d’eau, un appareil optique et une provision de pétrole.
- Le chariot de travail est une sorte de grande fourragère dont les côtés sont à claire-voie. Il renferme à l’avant des piquets de haubans, des cordages, des bobines de câble et de fil nu,
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- Fig. 957. — Installation électrique de la voiture-poste.
- une brouette dérouleuse avec son axe de déroulement (une pour deux chariots) ; à l’arrière, quatre coffres contenant des isolateurs, des crampons, un parleur, une pile, des outils, etc. ; a l’extérieur, des échelles, un réservoir d’eau, des pelles, pioches, etc. Enfin sous la coquille du siège est placée une cantine à appareil contenant son appareil Morse, une pile portative et un assortiment d’imprimés. Le cha-riot est recouvert d’une bâche.
- On se sert souvent aussi d’un modèle plus léger traîné par un cheval et appelé dérou-kwse. Cette voiture contient huit bobines de câble, une pelle, une pioche, un perforateur, Une masse et une manivelle : sur le devant, un
- piquet de terre, un tourne-à-gauche et une caisse à eau.
- Il faut ajouter à cette nomenclature les voitures de réserve, d’archives, d’approvisionnement, etc., dont le chargement est analogue et sur lesquelles nous n’insisterons pas.
- La cavalerie chargée de la télégraphie légère possède aussi deux types de voitures l’une plate et couverte contenant des piles, des outils et 10 kilomètres de câble est affectée à la réserve d’une division, l’autre transportant le matériel de chaque brigade.
- Télégraphe portatif Trouvé. — M. Trouvé a imaginé un système de télégraphie légère, destiné aux avant-postes, et permettant de cor-
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- respondre à 1 kilomètre, ou même plus loin en augmentant la longueur du câble. Ce poste se compose d’un petit parleur (fig. 958), de la grandeur d’une montre, qui fait assez de bruit pour qu’on l’entende facilement, et qui porte son manipulateur à la partie supérieure. L’appareil est alimenté par des piles humides du système Trouvé (Voy. Pile), placées dans une boîte fixée sur un crochet qu’un soldat porte sur le dos. Au haut de ce crochet (fig. 959) se trouve une bobine portant 1 000 mètres de fil télégraphique isolé double, pourl’al-
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- 1er et le retour, ce qui évite la difficulté de chercher une bonne terre. Le soldat qui porte ce crochet s’éloigne du poste central en déroulant le câble, qui repose à terre (fig. 960). Des fils numérotés et de différentes couleurs permettent de raccorder, sans erreur possible, les deux lignes et la pile. Ce télégraphe n’a pas reçu d’application pratique; il ne fait pas partie de l’armement des sections.
- M. Trouvé a encore imaginé un autre appareil télégraphique très ingénieux, la montre télégraphique, qui se compose d’un petit appareil
- Bréguet, représenté en grandeur naturelle (fig. 961), et pouvant se placer facilement dans la poche.
- Nous avons indiqué aux articles Ligne, Isolateur, Pile, etc., ce qui est relatif à ces parties du matériel de télégraphie militaire. Dans ce matériel figurent encore les appareils de télégraphie optique que nous décrivons un peu plus loin. Enfin les téléphones tiennent aussi maintenant une large place dans la télégraphie militaire.
- Nous donnerons pour terminer quelques renseignements sur l’organisation de la télégra-
- phie militaire chez les puissances étrangères, d’après le livre du colonel Gun (L'Electricité appliquée à l'art militaire), auquel nous empruntons une grande partie des renseignements contenus dans cet article.
- Allemagne. — L’armée allemande emphne quatre voitures télégraphiques : la voiture-poste, la voiture de matériel, la fourragère et la voiture de transport des employés.
- La voiture-poste diffère peu de notre voiture légère. Sur le côté droit sont placés deux ap pareils Morse et à gauche une banquette ser vant de lit de camp. Les piles sont du système
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- >larié-Davy modifié : le vase extérieur est en charbon de cornue, entouré par une gaine de caoutchouc; il renferme une pâte de sulfate mercureux, dans laquelle est enfoncé un crayon de zinc, maintenu par deux tasseaux de bois et par un couvercle en caoutchouc, qui ferme la pii e.
- La voiture de matériel correspond à notre chariot : elle est divisée en trois compartiments, contenant, celui du milieu des perches et les autres des bobines. Elle contient en outre la brouette dérouleuse et ses roues. Des ferrures
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- extérieures portent une échelle spéciale, qui est double et peut recevoir deux roues : cette disposition en rend le transport plus facile et permet de l’employer comme dérouleuse.
- La voiture fourragère porte le fourrage, les bagages des télégraphistes et le matériel de rechange.
- La voiture des employés ressemble à un han-some cab et porte deux employés, deux appareils Morse et deux piles.
- Les câbles de campagne sont à trois fils en
- Fig. 960. — Mode d'emploi du télégraphe Trouvé.
- cuivre étamé, plus gros que les nôtres, entourés d’une triple couche de caoutchouc et d’une armature en ruban de fer. On emploie en outre du fil nu, en cuivre pour les lignes d’avant-postes et en fer pour les lignes d’étapes. Les câbles ne sont employés que lorsqu’ils sont indispensables.
- Les perches ont 3,75 m. de hauteur et sont simples ou doubles.
- Les appareils de transmission sont des Morse ordinaires, mais montés en courant continu. Ce système, décrit plus haut, a l’inconvénient d user les piles très vite, mais il offre en temps de guerre beaucoup plus de sécurité. Si l’en-nemi coupe un fil, les deux postes voisins en sont avertis immédiatement, et non pas seulement lorsqu’on a besoin de transmettre. Il est à remarquer cependant que le poste pourvu % PÜe n’est pas averti si le télégraphiste qui
- coupe la ligne a le soin de la mettre à la terre. Mais le poste sans pile s’aperçoit à coup sûr que la ligne est interrompue.
- Pour les avant-postes, l’armée allemande fait usage d’un matériel léger, porté à dos d’homme, et dont l’invention est due au capitaine Buckholtz’
- Chaque appareil se compose d’une petite boîte contenant un appareil Morse réduit à sa plus simple expression, muni d’un galvanomètre et d’une sonnerie.
- Si le courant, qui est continu, vient à se trouver interrompu, on en est averti aussitôt par l’arrêt de la sonnerie. Le câble est porté à dos d’homme dans un havre-sac traversé par un axe de déroulement, muni d’une manivelle pour l’enroulement. Chaque bobine contient 500 mètres de câble, pesant environ 6 kilogrammes. Le câble est à double conducteur pour l’aller et le retour.
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- Angleterre. — On emploie trois sortes de voitures : la voiture-poste, la voiture du câble et la voiture du matériel.
- La voiture-poste, plus lourde que notre nouveau type, est attelée à quatre chevaux. L’aménagement rappelle celui des nôtres. Elle contient sept groupes de dix éléments Leclanché hermétiques.
- Les voitures de câbles, attelées à six chevaux, sont divisées dans la longueur en trois compartiments : celui du milieu renferme des perches en fer creux, les deux autres trois bobines
- Fig. 961. Montre télégraphique.
- portant un demi-mille de câble. L’enroulement de ce câble, quand on relève la ligne, se fait automatiquement, grâce à des poulies calées sur les roues de derrière et tournant avec elles. Cette voiture contient en outre une brouette dérouleuse, et, dans des coffres placés à l’avant, des crampons, isolateurs, clous, etc.
- Les voitures de matériel portent des perches, des échelles et une réserve de câble.
- Les lignes sont construites, suivant les cas, en fil de cuivre ou en fil d’acier de 1,65 mm. On emploie en outre un câble à sept brins, garni d’une couche très épaisse de gutta-percha, et un
- câble compound, formé de six fils de cuivre enroulés autour d’un fil d’acier.
- Les Anglais font usage de perches en bambou, de perches en fer creux, se montant à baïonnette, et quelquefois aussi de perches coniques en sapin.
- Ils possèdent aussi un matériel de montagne très léger : le câble est déroulé par une civière dérouleuse, portée par deux hommes et portant au centre la bobine à dérouler.
- Autriche. — La voiture-poste est analogue aux précédentes. Les appareils sont du type Morse à gaufrage, ce qui nécessite l’emploi d’un relais. Les parleurs sont à deux bobines horizontales. Les piles sont du système Marié-Davy modifié : chaque élément cylindrique est cloisonné par un diaphragme fermé et contient d’un côté le zinc dans de la sciure de bois humide, de l’autre le charbon trempé dans la pâte de sulfate mercureux.
- Le chariot de travail est divisé en trois compartiments horizontaux et superposés. Les perches sont en bambou. La brouette-dérouleuse peut être portée par trois hommes ou roulée par deux. L’axe de déroulement reçoit trois bobines. Les isolateurs sont analogues au modèle allemand. Le câble renferme six fils de cuivre enroulés avec un fil d’acier central.
- Belgique. — Le matériel belge, très confortable, se compose de quatre voitures : une voiture-poste, une voiture de fil, une voiture de poteaux, une voiture de matériel ou voiture-atelier.
- La voiture-poste est plus grande que notre ancien modèle. Le coupé renferme deux appareils Morse ordinaires, pouvant recevoir chacun deux lignes. A l’arrière, six bobines de fil portent chacune 1 kilomètre de câble, qui peut se dérouler et s’enrouler aisément. Sous la voiture se trouve suspendu et démonté une sorte de camion dérouleur qui peut porter trois bobines, un appareil Morse et une pile. Ce dérouleur peut être traîné par un cheval ou à bras d’hommes. Les piles Leclanché sont calées avec de l’étoupe.
- La voiture de fil renferme 24 kilomètres de fil nu en huit bobines, et une brouette en fer plus légère que la nôtre. La voiture des perches contient 200 poteaux de 5,50 m. de hauteur.
- La télégraphie légère emploie l’appareil Buckholtz.
- Espagne. — Le matériel est disposé en vue de la guerre de montagne; aussi emploie-t-on beaucoup de postes optiques.
- Une voiture comprend un poste central léger-
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- Les parleurs, les postes optiques, les bobines, les outils voyagent à dos de mulet. Tous les eàbles sont à double fil. Les piles sont du système Siemens (Voy. Piles militaires).
- Italie. — Le matériel italien est analogue au nôtre, mais on tend à substituer le téléphone aux parleurs. Le téléphone reçoit alors des bruits longs et courts correspondant aux traits et aux points de l’alphabet Morse.
- Russie. — La Russie a modifié tout récemment son matériel. La voiture-poste a son entrée sur le côté, et renferme deux appareils Morse à gaufrage avec relais. Les piles sont du système Daniell modifié. Les appareils d’avant-postes sont construits par la maison Siemens et Halske.
- On emploie en outre une voiture d’instruments, une voiture de perches qui en contient 150, une voiture de matériel portant le fil et le câble, une voiture de provisions. Le câble est du système anglais compound. La dérouleuse est une civière portée par trois hommes. Les autres accessoires sont semblables à ceux du matériel allemand.
- Suède. — Ce matériel diffère des précédents ; il n’y a pas de voiture-poste. Le poste s’installe dans une maison ou sous une tente. Il y a néanmoins quatre voitures : la voiture de matériel de poste, la voiture de fil, la voiture de perches et la fourragère.
- Les deux premières sont des voitures à deux roues, fixées l’une derrière l’autre et agencées à tournant restreint au moyen d’une cheville ouvrière, comme une pièce et son avant-train. Cette disposition est nécessitée par les mauvais chemins. Les piles sont des Leclanché fermées par un couvercle enduit de glu marine.
- H n’y a pas de brouette. Le fil est déroulé ou enroulé par la voiture. Dans les terrains inaccessibles à la voiture, deux télégraphistes portent sur le dos, à l’aide d’un harnais spécial, les deux extrémités de la bobine.
- Etats-Unis• — Le matériel est très simple et très léger. La voiture de piles contient en même temps quatre postes, composés uniquement dun manipulateur et d’un parleur à deux bobines, suivant l’usage américain. Les piles sont des Daniell modifiées et travaillent à courant c°ntinu.
- On emploie en outre une voiture de perches et une voiture de fils, qui porte un appareil spécial et automatique de déroulement.
- Le corps chargé de ce service est appelé corps signaux. 11 est recruté par engagements vo-
- ntaires pour cinq ans, et nous ne pouvons Dictionnaire d’électricité.
- nous figurer que difficilement la grande importance qu’il présente chez les Américains. En temps de paix, les hommes qui le composent desservent des observatoires météorologiques et transmettent télégraphiquement, d’un côté à l’autre du continent, les prévisions du temps si utiles à l’existence maritime des États-Unis. Le corps des signaux exploite également les stations frontières, dont l’état habituel est souvent plus voisin de la guerre que de la paix. Ce corps, très rompu aux exigences de son métier, est bien supérieur, comme dextérité et promptitude d’installation, à tous les corps similaires institués parles puissances européennes.
- « On voit, par ce court exposé de l’organisation télégraphique militaire dans tous les différents États, combien chacun tient à se trouver prêt pour les événements et sent la nécessité d’adjoindre à son armée cet élément de succès facilitant la transmission des ordres, lançant avec la rapidité de la foudre les indications du général en chef, qui peuvent ainsi être réalisées instantanément. On voit quel est le chemin parcouru depuis le commencement du siècle, où le télégraphe ne servait qu’à apporter à Paris les nouvelles de nos victoires. Espérons que, ces temps héroïques revenant, l’utile personnel des lignes militaires françaises aura encore à télégraphier les hauts faits de nos soldats. y> (Colonel Gijn, L’Électricité appliquée à l'art militaire.)
- Télégraphie navale. —Les sémaphores situés sur le littoral sont reliés aux stations intérieures par un réseau spécial, qui sert à transmettre chaque jour l’état de la mer et les renseignements utiles à la navigation. Les navires voisins des côtes peuvent échanger par la même voie des communications avec l’intérieur du continent, mais il faut d’abord que les dépêches arrivent aux sémaphores. On se sert généralement pour cela de procédés qui n’ont rien de commun avec l’électricité, par exemple de pavillons dont la couleur et la position concourent à la formation des signaux. Le premier code de signaux maritimes a été imaginé par le capitaine anglais Marryatt : toutes les phrases correspondaient à des nombres, et ces nombres étaient représentés par le jeu de dix pavillons de couleur différente. On pouvait faire ainsi 5 860 combinaisons. Un système plus complet, donnant 18 000 mots, fut inventé par le capitaine Reynold de Ghauvancy et adopté en 1855 par la France et l’Angleterre. Ce système a été simplifié en 1865 et réduit à 8 000 mots, qui suffisent parfaitement à tous les besoins.
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- La nuit, on remplace d’ordinaire les pavillons par des lanternes. On a essayé aussi en France et en Allemague de produire les signaux Morse a l’aide de lampes à incandescence. Les lampes sont fixées à un mât et l’on ouvre ou l’on ferme le circuit à l’aide d’une clef Morse. Il est bon d’intercaler dans ce circuit un récepteur ordinaire , qui garde la trace des dépêches envoyées. La marine française a adopté en 1882 un système de télégraphie électrique imaginé par M. de Méritens et qu’on trouvera au mot Signaux.
- La télégraphie permet encore aux navires de se régler sur l’heure exacte d’un méridien particulier, par exemple celui de Greenwich.
- La marine fait également usage des appareils de télégraphie optique.
- Télégraphie optique. — Dans les opérations militaires, on emploie souvent un système de
- signaux télégraphiques lumineux, qui a l’avantage de n’exiger l’établissement d’aucun fil entre les deux postes, ce qui permet dans cer-
- Fig. 962. — Appareil optique de campagne à lentille de 14 cent.
- tains cas de correspondre à travers les lignes ennemies.
- Bien qu’on ait fait quelques essais avec la lumière électrique, on produit généralement les
- Fig. 963. — Appareil télescopique (service des forteresses).
- signaux à l’aide du soleil ou d’une lampe à pétrole, et l’électricité n’intervient que pour l’enregistrement.
- En France, les armées en campagne emploient des appareils dioptriques, tandis que les places fortes font usage d’instruments ca-toptriques d’une plus grande portée. Parmi les premiers, le plus usité a 14 centimètres d’ouverture : il est formé d’une boîte en tôle divisée par une cloison verticale E en deux parties un peu inégales (fig. 962). En arrière est placée une lampe à pétrole P à mèche plate, donnant une flamme de 2 centimètres de hauteur, protégée par une boîte cubique en fer munie de verres plans et surmontée d’une cheminée en tôle. Un petit miroir concave M est placé derrière la lampe. Les rayons lumineux traversent un trou pratiqué au centre de l’écran E, et muni d’un obturateur qu’on actionne du dehors pour produire les éclats courts ou longs qui représentent les signaux Morse; ils tombent
- ensuite sur une lentille convergente, qui les transforme en un faisceau sensiblement parallèle. Une vis Y, manœuvrée du dehors, sert à régler la position de la lampe. Pour se servir du soleil, on repousse la lampe P sur le côté, et l’on place dans l’oriflce a un jeu de lentilles capable de faire converger les rayons à la place même de la lampe. Ces lentilles reçoivent la lumière solaire d’un héliostat qu’on pose sur la boîte. Un abat-jour protège la lentille contre les rayons directs du soleil et la lumière diffuse.
- Une lunette, dont l’axe est parallèle à celui de l’appareil d’émission, sert à recevoir les signaux envoyés par le poste correspondant. La correspondance terminée, on pousse un verrou qui maintient le manipulateur et par suite l’écran obturateur dans la position du feu fixe-
- L’appareil de forteresse est plus puissant. Une lampe L (fig. 963), placée dans une boîte séparée, envoie ses rayons, réfléchis dabor par le miroir concave M, sur un jeu de len
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- TÉLÉGRAPHIE ÉLECTRIQUE.
- tilles M' qui forme une image réelle un peu au delà de l’obturateur E. La lumière, qui diverge à partir de ce point, tombe sur le petit miroir convexe M'", qui la renvoie sur le grand miroir concave aplanétique M". Celui-ci donne un
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- faisceau parallèle qui sort par l’ouverture placée à droite. L’obturateur E se manœuvre du dehors et sert à produire les éclats longs et courts. Une lunette placée sur la boîte sert de récepteur. M. Ducretet est parvenu à obtenir un enre-
- V_____>- H. ÛMfïf.
- Fig. 964. — Enregistreur automatique des signaux (E. Ducretet).
- Sûrement régulier en supprimant tous les or-eanes électriques du récepteur Morse, dont les autres rouages sont conservés. L’enregistremenl s donc purement mécanique. Ce récepteur esl ^Xe latéralement sur l’appareil optique. Au eP°s, le verrou Y (flg. 964) immobilise la pédale
- manipulateur p, le rouage Ho du récepteur, et maintient soulevé l’obturateur E ; c’est la position du feu fixe. En même temps, la tige t appuyant sur t', le tampon encreur est écarté de la molette Mo, qui par suite ne peut tracer aucun signe sur la bande de papier pci; celle-
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- 820 TÉLÉGRAPHIE
- ci est d’ailleurs immobilisée par le rouage.
- Au signal convenu par les deux postes correspondants, on tire le verrou V ; ce seul mouvement supprime le feu fixe, en laissant
- Fig. 965. — Enregistreur dans la position du repos ou du feu fixe.
- retomber l’écran E, qui intercepte le faisceau lumineux XX, dégage le rouage Ho, qui laisse défiler le papier, replace le tampon encreur sur la molette Mo, et rend libre la pédale p. On peut alors manipuler à l’aide de cette pédale; tous les mouvements, brefs ou longs, qu’elle communique à l’écran E, sont transmis mécaniquement, par une série de leviers, au couteau du récepteur. La correspondance terminée, on pousse de nouveau le verrou Y, qui immobilise tous les organes dans la position du feu fixe. Le plan montre la lampe La, l’écran E, le jeu de lentilles, la lunette réceptrice Lu. La figure 965 montre l’appareil dans la position du feu fixe : on voit l’écran E soulevé et l’action du verrou Y sur les divers organes. Tout l’appareil est protégé par la boîte : la partie imprimée du papier sort peu à peu. A la lecture de cette bande, on peut s’apercevoir d’une erreur commise et la corriger immédiatement.
- Il serait évidemment à désirer que la dépêche pût être reçue imprimée à l’arrivée. Les essais faits à l’aide du gélatino-bromure d’argent n’ont donné aucun résultat, le faisceau lumineux reçu étant trop faible. Vu l’importance des dépêches transmises en temps de guerre, le poste qui reçoit pourrait répéter la dépêche reçue, pour que le correspondant sache s’il a été bien compris. De cette manière, on obtiendrait l’enregistrement aux deux stations.
- Mais il en résulterait un retard notable dans l’acheminement delà correspondance. La transmission par les télégraphes optiques est, en effet, très lente, et comme souvent une dépêche succède immédiatement à une autre, la répétition de la première retarderait l’expédition de
- ÉLECTRIQUE.
- la seconde. Pour éviter ces pertes de temps, on se contente habituellement de répéter les chiffres les noms propres et les passages douteux.
- On ne saurait déterminer à priori, d’une façon précise, l’emplacement des postes optiques sur le terrain. Les cartes topographiques fournissent évidemment des indications, mais rien que des indications ; car, même en reconstituant le profil du terrain, on ne serait pas absolument certain, dans bien des cas, que la ligne de visée n’est pas interceptée par un obstacle dont la hauteur n’a pu être consignée sur la carte. A moins qu’il s’agisse de points soigneusement repérés, il est donc très rare que les deux correspondants entrent en relation du premier coup ; ils doivent tâtonner pour trouver leur ligne de visée commune. A cet effet, chacun d’eux balaie de son feu les positions qu’il suppose occupées par son correspondant, puis, par intermittences, il fouille le terrain en observant dans sa lunette. Dès que l’un des deux postes a aperçu l’autre, il immobilise son appareil dans cette direction et fait des appels, en envoyant des émissions de lumière alternativement longues et brèves. L’autre poste ne tarde pas à percevoir ces appels, et la communication est établie.
- Spectro-télégraphie. — Système de télégraphie optique imaginé par M. Paul Lacour. La lunette réceptrice est munie d’un prisme, de sorte que le faisceau provenant du poste transmetteur donne un spectre complet. Si, à ce poste, on intercepte certains rayons lumineux déterminés, le spectre reçu est incomplet, et les parties lumineuses qui restent peuvent représenter un signal Morse déterminé. L’auteur a proposé d’appliquer ce système pour remplacer la nuit les pavillons employés par les navires (Voy. Télégraphie navale).
- Télégraphie sténographique. — Voy. Steno-télégraphie.
- Cryptotélègraphie. — Télégraphie dont les
- signaux sont incompréhensibles pour tous ceux qui n’en ont pas la clef. On a fait des vocabulaires de ce genre pour les opérations militaireS et navales et les relations diplomatiques. DaIlS la télégraphie électrique, il suffit de changer l’interprétation des caractères au moyen d une clef. Wheatstone, puis MM. Gaussain et \inav. ont construit des cryptographes mécaniques qu permettent d’obtenir facilement la traduction ou même l’impression d’une dépêche en carac tères secrets ou réciproquement.
- Statistique télégraphique. (Voy. ci-con
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- TÉLÉGRAPHIE ÉLECTRIQUE.
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- Statistique télégraphique comparative en 1888.
- ÉTATS. LONGUEUR DES LIGNES du réseau entier en kilomètres. LONGUEUR des FILS CONDUCTEURS en kilomètres. POPULATION de i.’état. SUPERFICIE DE L’ÉTAT en kilomètres carrés.
- Allemagne 92 382,790 1 11 329 563,400 i 46 855 692 2 539 475,88 3
- Belgique 6 402 4 30 347 4 5 974 743» 29456
- Bosnie- Herzégovine 2 007,562 6 4 585,748 6 1 336 091 51 100,08O
- Bulgarie 4 402 7 6 602 7 3 153 269 « 97 329
- Danemark 4318 9 11 687 9 1 980 675i° 39375
- EgyPte 5 526 u 10 404 il
- fiVaneP J Continent et Corse. 88 046,669 12 27 5 5 2 7,486 1 2 38 218 903 528572
- * rance.... f A]gérie 10 036,840 13 19 981,no « 3 817 465 595308
- Grèce 6 979 8 100 1 953 792 63 606
- Hongrie 18 299,624 14 46 675,068 14 15 642 102 322350
- Indes Britanniques 54 200 '5 160 683 is 253 891 821 i« 3553630
- Indes Néerlandaises 7 4 52,660 1 7 9 639,980 i7 28 852 95818 1664616
- Indo-Chine française.. 2 293,063 3 292,952 2604 324 136513
- Italie 33 391 19 92 653 i9 29 699 785 296323
- Luxembourg 3 7 2.492 20 666,590 20 21328321 2587,450
- Norvège 7 486 ‘22 14 012 22 1 970 000 332968
- Pays-Bas 4 982 23 17 5 1 4,500 23 4 505 932 33009
- Roumanie 5 234,442 24 12 934,907 24 5 040 000 160159
- Sénégal 4 795,479 5 531.479 197 232 2» 329000 25
- Serbie 2 907,760 26 4 907,740 26 2 007 646 48680
- Suède 8 190 27 21 354 27 4 748 257 442126 28
- Suisse 7 1 1 4,600 29 17 3 40,600 29 2917 819 41 418
- Tunisie 3 280 30 4 862 30 130000
- OBSERVATIONS
- 1. Non compris 24958,78 kilom. de lignes de chemin de fer ayant un développement de fils de 72 067,30 kilom.
- 2. Recensement de 1885.
- 3. Non compris dans ce chiffre la surface occupée par les eaux (5455,81 kilom.).
- 4. Non compris 377 kil. de lignes (2 029 kil. de fils conducteurs) établies le long des cours d’eaux, 1163 kil. de fils établis aux frais des concessionnaires de chemins de fer ; 50 kil. de fils établis de Bruxelles à Anvers (maison hanséatique) pour le service horaire, ainsi que les fils Blocks, boussoles Siemens, etc. Ces fils et les appareils qui les desservent sont, pour la plus grande partie, utilisés aux correspondances privées.
- 5. Recensement du 31 décembre 1887.
- 6. Non compris 603,120 kil. de lignes de chemins de fer ayant un développement de fils de 1 133 920 kil.
- 7. Non compris 642 kil. de lignes de chemins de fer ayant un développement de fils de 1 326 kil.
- 8. Recensement de 1888.
- 9. Non compris 1 560 kil. de lignes de chemins de fer ayant un développement de fils de 4 763 kil.
- 10. Recensement de 1880.
- 11. Y compris les lignes et fils de la compagnie Eastern Telegraph et de celle du Canal de Suez.
- 12. Non compris 16 790 kil. de lignes de chemins de fer, de compagnies privées et de particuliers ayant un développement de fils de 111 522 kilom.
- 13. Non compris 1114 kil. de lignes de chemins de fer, de compagnies privées et de particuliers ayant un développement de fils de 5627 kilom.
- 14. Non compris 611,960 kil. de lignes de chemins de fer ayant un développement de fils de 23964,716 kil. et 346 376 kil. de lignes de compagnies privées ayant un développement de fils de 593,519 kil.
- 15. Non compris 3472 kilom. de lignes ayant un développement de fils de 11 076 kilom. appartenant à des compagnies de chemins de fer ; ces totaux ne comprennent également pas les réseaux des compagnies téléphoniques privées, au sujet desquelles les informations font défaut.
- 16 . Territoire et population des Etats indigènes, mais non compris les possessions françaises et portugaises, ni la Haute-Birmanie, pour lesquels les renseignements font défaut.
- 17. Non compris 932 kilom. de lignes de chemins de fer de l’État et des compagnies privées.
- 18. Dont 52 324 européens.
- 19. Non compris 2 336 kilom. de lignes au service exclusif des chemins de fer ayant un développement de fils de 27 830 kilom.
- 20. Non compris 91 213 kilom. de chemins de fer ayant un développement de fils de 735 568 kilom.
- 21. Recensement de 1885.
- 22. Non compris 1 585 kilom. de lignes de chemins de fer ayant un développement de fils de 2532 kilom.
- 23. Non compris 2971 900 kilom. de lignes des compagnies privées ayant un développement de fils de 8217 kilom.
- 24. Dont 2713,018 kilom. de lignes des chemins de fer de l’État ayant un développement de fils de 6 134,036 kilom.
- 25. Non compris les pays protégés.
- riz i ^ compris 201 kilom. de lignes de chemins de fer de l’État et 190 kilom. de lignes de chemins de fer privés ayant un veloppemcnt de fils de 414 kilom., rep. 354 kil.
- de ' ‘^°u comPris 3 543 kilom. de lignes de chemins de fer ^ ayant un développement de fils de 12 593 kilom., ainsi que sous-marins, reliant la Suède avec le Danemark et l’Allemagne, en tout d’une longueur de 118 800 kilom. gq ,OIlllIlent et îles 399 500; lacs et fleuves 42 626 kilom. carrés.
- “ • Non compris 988 700 kilom. de lignes privées et de chemins de fer ayant un développement de fils de 5946,200.
- • Non compris 268 kilom. de lignes privées et de chemins de fer ayant un développement de fils de 485 kilom.
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- TÉLÉGRAPHIE ÉLECTRIQUE.
- Longueur du réseau télégraphique sous-marin des principaux États.
- NOMBRE DE CABLES. LONG! (en milles DES CABLES. JEUR nautiques) du DÉVELOPPEMENT des fils conducteurs.
- Administrations gouvernement Allemagne aies. 43 1579,328 2 8 76,627
- Autriche 31 97,70 54,25 106,19 278,50 568,998
- Belgique 2
- Danemark 47 192,372
- Espagne 3 135,53 3 697,143 5 0 71,941
- France 51 3 269,t43 1488,818
- Grande-Bretagne et Irlande 103
- Grèce 46 459,71 459,71
- Italie 38 1027,io 230,62 1 091 8o
- Norvège 236 230,62
- Pays-Bas 20 59,02 212,68 79,97 236,24
- Russie d'Europe et du Caucase 8
- Suède 11 88,17 331,66 149,28 334,66
- Turquie d’Europe et d’Asie.. 10
- Sénégal 1 3 3
- Russie d’Asie 1 70,on 70,on 103,368 795
- Japon 11
- Cochinchine 2 795
- Indes britanniques 89 1714 1714
- Indes néerlandaises 1 31,31 31,31
- Australie méridionale 5 49,90 49,90
- Queensland 13 162,35 165,05
- Nouvelle-Calédonie 1 1 1
- Nouvelle-Zélande 3 196,315 284,945
- Amérique britannique 3 200 200
- Brésil. 19 19,288 36,oi9 !
- Totaux 798 12523,779 1.8 770,318
- Compagnies privées. I. Compagnie fur Legung und Unterhaltung des deutsch-
- norvegischen Kabels — — .
- II. Direct Spanish Telegraph Company 4 707,73 707,73
- III. Spanish National Submarine Telegraph 5 1172,51 1172,51
- IV. India Rubber, Gutta Percha, and Telegraph Works Com- 122,149
- pany 2 122,149
- Y. West Âfrican Telegraph Company 12 3 015,42 346 3015,42
- VI. Black-Sea Telegraph Company 1 346
- Vil. lndo-European Telegraph Company... 2 14.5 50
- VIII. Great Northern Telegraph Company 22 6110 6336
- IX. Eastern Telegraph Company 70 21 859,536 21 860,536
- X. Eastern and South African Telegraph Company 9 6571 6 5 i 1
- XI. Eastern Extension Australasia and China Telegraph Com- 12958
- pany 22 12958
- XII. Anglo-American Telegraph Company 13 10196,45 10196,45
- XIII. Direct United States Cable Company 2 3101,33 3 101,33
- XIV. Compagnie française du télégraphe de Paris à New-York. 4 3409,34 3 409,34
- XV. Western Union Telegraph Company 4 5 537 5537
- XVI. Commercial Cable Company 6 6937,61 6937,61
- XVII. Brazilian Submarine Telegraph Company 6 7 326 7 326
- XVIII. African Direct Telegraph Company 7 2 743 2 743
- XIX. Cuba Submarine Telegraph Companv 3 940 940
- XX. West India and Panama Telegraph Company 20 4119 4 119
- XXI. Société française des télégraphes sous-marins 5 980 980
- XXII. Western and Brazilian Telegraph Company 9 3 762 3 162
- XXIII. River Plate Telegraph Company 1 32 64 709
- XXIV. Mexican Telegraph Company 2 709
- XXV. Central and South American Telegraph Company 9 3178,n 3 178,n
- XXVI. West Coast of America Telegraph Company 7 1 698,72 1 698,72
- Totaux 247 107 546,405 107845,905
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- TÉLÉGRAPHIER. — TÉLÉPHONE.
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- télégraphier. — Transmettre par télégraphe.
- TÉLÉGRAPHIQUE. — Q ai a rapport à la télégraphie. Se dit aussi d’une dépêche expédiée par télégraphe.
- TÉLÉGRAPHISTE. — Employé chargé de la manœuvre d’un télégraphe.
- TÉLÉKAL. —Appareil imaginé parle colonel W. Jacobi, $t composé d’un manipulateur du genre Morse et d’un téléphone récepteur. En appuyant plus ou moins longtemps sur le manipulateur, on lance dans le téléphone des bruits courts et longs analogues aux signaux Morse; on produit de la même manière des coups de sonnerie pour appeler et pour indiquer la fin de la correspondance. Un seul fil de ligne suffit, et l’appareil fonctionne à des distances considérables.
- TÉLÉMARÉOGRAPHE. — Appareil indiquant à distance les mouvements de la marée.
- Le télémaréographe de M. Gimé a pour récepteur un solénoïde, qui attire un noyau de fer doux suspendu au fléau d’une balance. L’autre bras du fléau porte un style qui inscrit les variations de niveau sur un cylindre tournant vertical. Le solénoïde est relié d’une part à la terre, de l’autre, parle fil de ligne, avec un rhéostat placé au poste de transmission et isolé par son autre extrémité. Une pile est dans le circuit. Au rhéostat est joint une sorte de baromètre à mercure dont la cuvette a son niveau à la hauteur des plus basses marées. Dans la partie supérieure du tube sont soudés, le long d’une génératrice, de millimètre en millimètre, des fils de platine reliés aux différentes divisions du rhéostat. Quand la mer monte, le mercure s’élève dans le tube et baigne un nombre de plus en plus grand de fils de platine, mettant en court circuit un certain nombre de divisions du rhéostat. L’intensité augmente, le noyau de fer doux est attiré plus fortement, et le style s élèves ur le tambour. (Yoy. Fluviographe, En-
- registreur, Indicateur.)
- TÉLÉMÉTÉOROGRAPHE. — Appareil enre-gistrant à distance les observations météorologues. (Yoy. Météorographe et Enregistreur.)
- TÉLÉMÈTRE. — Appareil indiquant la distance de deux points inaccessibles, à l’aide d un levé à la planchette fait avec deux postes d observation dont la distance est connue. L électricité ne sert qu’à assurer le mouvement ^es alidades. M. Le Goarant de Tromelin et ^L Siemens et Halske ont inventé des télémètres.
- télémicrophone. — M. Mercadier a donné
- ce nom à un appareil qui réunit les effets du microphone et du téléphone, et qui est réversible. Il a fait construire en 1885 deux modèles, qui donnent de bons résultats.
- Dans l’un les organes téléphonique et microphonique sont superposés, dans l’autre ils sont combinés.
- M. de Baillehache a donné le même nom à un appareil de téléphonie domestique. (Voy. Microphone.)
- téléphone. — Appareil transmettant la parole à distance. Un grand nombre de travaux ont été faits pour arriver à cette transmission. En 1837, Henry et Page découvrirent qu’une tige magnétique soumise à un courant intermittent rend un son en rapport avec le nombre des intermittences du courant. Nous citerons encore les travaux de MM. Froment et Pétrina en 1847 et 1852, de MM. Macaulay, Wagner, Neef, de M. Bourseul (1854), l’invention du phonau-tographe par Scott (1855). Enfin, en 1860, M. Reis imagina un appareil qui permet de transmettre à distance les sons musicaux.
- Mais le premier téléphone qui ait permis de transmettre la parole a été inventé par M. Graham Bell en 1876; il a été introduit en Europe en novembre 1877. Le téléphone de Bell est réversible, le même instrument pouvant servir successivement de transmetteur et de récepteur.
- Il est formé d’un aimant droit (fig. 966) entouré à l’une de ses extrémités d’une bobine de fil de cuivre isolé. Devant ce pôle est disposée une plaque de tôle, fixée par son pourtour au fond d’une embouchure devant laquelle on parle. Une vis sert à régler l’instrument, en approchant ou éloignant l’aimant de la membrane. Les deux bouts de la bobine sont reliés par les fils de ligne avec ceux d'un autre appareil identique.
- On a expliqué de la manière suivante le fonctionnement du téléphone : les vibrations sonores se transmettent à la plaque de tôle, qui vibre à son tour et produit par ses déplacements des variations dans l’état magnétique du barreau. Ces changements d’intensité font naître dans la bobine des courants induits dont l’ordre de succession, l’intensité et la durée sont en relation intime avec les sons produits devant l’embouchure. Ces courants d’induction se propagent jusqu’à la bobine du récepteur et produisent dans l’aimant de celui-ci des variations d’intensité magnétique, et par suite dans la plaque de tôle des vibrations exactement semblables à celles du son émis. Il en résulte que la voix est
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- TÉLÉPHONE.
- reproduite avec son timbre et sa hauteur; mais I évident qu’on peut remplacer l’un des fds de l’intensité estconsidérablement diminuée. Il est | ligne par la terre.
- Fig. 966. — Téléphone Bell.
- L’explication qui précède est au moins insuffisante. De nombreuses expériences ont montré
- Fig. 967. — Téléphone Journaux.
- que la plaque de tôle n’a qu’un rôle secondaire et ne sert qu’à renforcer le son, car on peut transmettre encore la parole en la supprimant.
- La transmission du son serait donc due surtout à des vibrations déterminées dans l’aimant du récepteur par les variations de son état magnétique.
- Le téléphone Bell a reçu de nombreuses modifications destinées à augmenter l’intensité des sons transmis.
- Téléphone montre. — On donne souvent au téléphone une forme ronde et aplatie. L’aimant prend alors la forme d’une spirale dont le pôle
- CoupeA.B.de l'aimant.
- Fig. 968. — Récepteur Phelps.
- central est muni d’un noyau de fer doux ~lU lequel s’enroule la bobine. La lame vibrante e l’embouchure sont placées sur le comerC e*
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- TÉLÉPHONE.
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- Téléphone Journaux. — Ce modèle présente aussi un aimant en spirale A, dont le pôle central est entouré par la bobine B (fig. 967), que maintiennent les deux griffes G; Y est une vis en fer doux servant à régler le téléphone ; T est un tube disposé de façon à éviter la fatigue du cordon. Le tout est renfermé dans une cuvette en bois, en ébonite ou en métal nickelé, derrière laquelle est fixé un manche ou un gros bouton servant à saisir l’appareil. Dans ce dernier cas, le téléphone est très léger, couvre bien l’oreille et peut tenir facilement dans le creux de la main (tig. 626 et 627).
- Récepteur Phelps. — M. Phelps a construit un appareil analogue (fig. 968), fréquemment employé en Amérique comme récepteur avec le transmetteur à charbon d’Edison. L’aimant a la forme d’un anneau circulaire ; sur l’un des pôles se visse un petit noyau de fer doux G, entouré par la bobine B. La plaque vibrante P et l’embouchure en ébonite E complètent le système. La partie extérieure de l’aimant sert de poignée.
- Fig. 970. —
- Téléphone Mildé. — Afin d’éviter le déréglage, résultant souvent de la dilatation ou de la
- Fig. 969. — Téléphone Mildé.
- déformation de l’enveloppe de bois, M. Mildé monte ses téléphones dans une cuvette en métal ;
- Maiche.
- a plaque vibrante est soudée à l’extrémité de cette cuvette ; l’aimant, qui est droit comme le téléphone Bell, se visse sur la face
- opposée, de sorte que la bobine soit dans l’intérieur de la cuvette. L’appareil ainsi construit est réglé, puis introduit dans l’enveloppe de
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- TÉLÉPHONE.
- bois, dont la dilatation n’a plus aucun effet. Dans un autre modèle, l’aimant est en hélice, et la bobine entoure le pôle central ; le manche
- est placé latéralement (fig. 969) sur l’enveloppe métallique.
- Téléphone Maiche. — La bobine est renfermée
- dans une cuvette en cuivre fondu et nickelé, sur laquelle l’aimant est assujetti par une partie filetée qui permet un bon réglage et élimine
- Fig. 972. —
- usage presque universel en Allemagne, est formé d’un aimant en U, dont les deux pôles portent des bobines voisines de la membrane. Pour
- l’effet des déformations du manche. Cet appareil donne les meilleurs résultats (fig. 970). Téléphone Siemens. — Cet instrument, d’un
- Téléphone Fein.
- appeler, on souffle dans une sorte de sifflet adapté au pavillon et le son s’entend à quelque distance du récepteur. Les résultats ne sont
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- TÉLÉPHONE.
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- pas supérieurs à ceux du téléphone de Bell.
- Téléphone Gower. — Ici encore, on cherche à augmenter l’intensité du son en rapprochant les deux pôles de l’aimant de la plaque de fer doux, afin de lui communiquer des vibrations plus énergiques. L’aimant O (flg. 971) a la forme d’un demi-cercle, dont les pôles nord et sud sont recourbés suivant le diamètre qui le termine , et portent à leurs extrémités deux bo-
- bines de fil. Ces pôles viennent aboutir près de la plaque vibrante, qui forme l’une des bases d’une boîte circulaire renfermant l’aimant et les bobines. L’embouchure est placée au bout d’un tuyau flexible. L’appareil porte en outre une disposition qui sert de signal d’appel et dispense d’avoir recours à une sonnerie. En soufflant dans le tube, on fait vibrer une anche métallique A, placée près du diaphragme : le
- Fig. 973. — Téléphone Ader.
- Mouvement oscillatoire se transmet à celui-ci, qui vibre assez énergiquement pour produire dans le récepteur un son très intense.
- Téléphone Fein. — M. Fein, constructeur à Stuttgart, a imaginé un téléphone ingénieux. L aimant M en fer à cheval (fîg. 972) peut ser-'lr de support. AA sont des noyaux formés de ^ames ou de fils de fer isolés, ce qui augmente les effets d’induction produits par les vibra-b°ns de la plaque m. Ces noyaux sont entourés Par des bobines semi-circulaires. L’embouchure
- D est ordinairement en ébonite, la boîte H en bois ou en métal.
- Le réglage se fait par un levier en cuivre O, dont une extrémité est maintenue par la vis S, l’autre ajustée et mobile entre deux vis; on rapproche ou on éloigne les noyaux du diaphragme avec un tourne-vis. Les conducteurs s’attachent en P et P'. L’appel se fait au moyen d’un petit tuyau à anche qui se fixe dans l’embouchure.
- Téléphone Ader. — Cet appareil, adopté par
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- l'Administration française des Téléphones, diffère des appareils qui précèdent par l'addition d’un anneau de fer doux AA placé en avant de la membrane vibrante (fig. 973). L’aimant a la forme d’un cercle et sert de poignée : les deux pôles sont entourés par les bobines BB. L’anneau AA s’aimante par influence et change la distribution des lignes de force. La plaque se trouve alors placée dans un champ beaucoup plus intense. Cet appareil donne une prononciation très nette et très distincte.
- Le téléphone Ader est aussi employé fréquemment en Belgique.
- Téléphone d’Arsonval. — Un des pôles n de l’aimant, placé au centre de la membrane pf porte la bobine B (fig. 974); l’autre porte un anneau T de fer doux, qui entoure complètement cette bobine, laquelle se trouve ainsi tout entière placée dans un champ très énergique. L’aimant sert de poignée. La boîte D est simplement serrée entre l’aimant et son noyau, représenté à part en N.
- Cet appareil possède une parfaite netteté et une telle intensité qu’en lui ajoutant un pavillon on peut facilement entendre dans toute une salle.
- Téléphone Colson. — Voy. Téléphonie militaire.
- Téléphone Ochorowicz. — L’aimant a la forme d’un cylindre creux, fendu suivant une génératrice, et portant deux noyaux de fer doux pa-
- Fig. 974. — Téléphone d’Arsonval.
- Fig. 975. — Téléphone Ochorowicz.
- rallèles, de 3 ou 4 millimètres de diamètre, qui servent de pôles et reçoivent les bobines (fig. 975). Ces bobines sont renfermées dans une sorte de boîte plate dont les deux faces sont formées par des plaques de tôle,l’une placée en face des noyaux, à la manière ordinaire, l’autre située en arrière des noyaux et vissée sur l’aimant par son milieu. Cette dernière est percée de deux trous qui laissent passer librement les noyaux.
- Cet appareil se distingue par l’emploi de deux plaques vibrantes soumises à l’influence du même aimant, et par le mode d’attache de la boîte téléphonique, qui peut vibrer tout en-
- tière, étant fixée seulement par le milieu de la seconde plaque de tôle.
- Le transmetteur se fait un peu plus grand que le récepteur. Le son transmis peut être entendu dans une salle entière.
- Hcmmer-telephone. — M. de Locht-Labye a donné le nom de Hammer-telephone ou téléphoné à marteau à un instrument très original. Un aimant en fera cheval CC (fig. 97G), fixé sur un support de bois AA, porte à ses pôles deux petits noyaux de fer doux d, sur lesquels s enroulent des bobines DD. Devant ces noyaux se trouve une armature rigide de fer doux ns, fixee au levier fg, qui oscille autour de l’axe oo, dis
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- posé sur un petit pilier pp en laiton ou en toute autre matière. Le levier fg porte à l’extrémité g un marteau H, d’une substance quelconque, fixé au bout d’une vis régulatrice Y.
- I; i -
- 'v-
- Fig. 976. — Plan et coupe du
- Au repos, le marteau H s’appuie sur une pièce MM, épaisse, rigide, inflexible, en matière quelconque, placée au fond de l’embouchure PP, qui est fixée au bâti par les trois colonnes
- JL,
- Hammer-telephone.
- RR.
- qui
- La caisse sonore peut être supprimée, ce évite les échos et résonances. La position
- du levier armature est déterminée à chaque instant par l’attraction magnétique de l’aimant et par la réaction de l’obstacle fixe. L’inventeur a donné dans la Revue universelle des Mines (1884) la théorie complète de cet ingénieux appareil.
- Nous donnerons à l’article Téléphonie la description d’un certain nombre d’appareils destinés à des usages spéciaux.
- Téléphones à charbon. — On donne encore
- Fig. 977. — Transmetteur Edison et sa bobine d’induction.
- 0rdinairement le nom de téléphone à des appa- j et qui reposent sur le même principe que le reils dont le premier a été imaginé par Edison, i microphone, inventé postérieurement par Bell.
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- Comme le microphone, ces appareils servent seulement de transmetteurs, etnécessitentl’em-ploi d’une pile. Ils sont fondés sur les variations de résistance produites par les changements de pression.
- Le téléphone d’Edison, breveté en 1877, se compose d’une boîte en fonte communiquant avec l’un des pôles d’une pile (fig. 977) ; dans le fond de cette boîte s’engage une vis métallique, dont la tête très large supporte une pastille de charbon, maintenue par un anneau isolant et recouverte d’une rondelle de platine. Cetle rondelle est surmontée d’un bouton d’ivoire hémisphérique, sur lequel s’appuie la membrane vibrante. La rondelle de platine est reliée à l’autre pôle de la pile en passant par le fil primaire AB d’une bobine d’induction. Lorsqu’on parle devant l’embouchure, les vibrations de la membrane appuient plus ou moins fortement la rondelle de platine contre la pastille de charbon ; il en résulte des changements de résistance qui font varier l’intensité du courant.
- , © ©
- Fig. 978. — Installation des téléphones Edison.
- central en faisant tomber le volet du signal A' par exemple. En prenant le téléphone à la main, on établit automatiquement les communications indiquées sur la figure. Lorsqu’on parle dans le transmetteur P', les courants induits qui prennent naissance dans la bobine I' traversent la ligne, le signal A', qu’ils sont trop faibles pour influencer et, si l’on place une cheville en 1, arrivent au récepteur T du poste central ; si l’on met la cheville en 2, le poste central communique avec le poste de droite ; si on la met en 3, les deux abonnés communiquent directement. Enfin, en ajoutant une cheville en 1 ou 2, le poste central participe à la communication. Quand la conversation est terminée, l’un des abonnés envoie le courant de
- Ces variations déterminent dans le fil secondaire aô, relié par la ligne au téléphone récepteur, des courants induits qui font vibrer la membrane de cet appareil.
- En Amérique, le transmetteur Edison est employé avec le récepteur Phelps, décrit plus haut. La figure 978 montre les liaisons de deux postes Edison C'C" entre eux et avec le poste central C, au moment où la conversation est engagée. Au repos, chaque abonné a sa sonnerie sur la ligne, et le circuit de sa pile est ouvert; il est donc prêt à recevoir un appel. S’il veut appeler, il appuie sur un bouton qui envoie le courant de la pile sur la ligne et avertit le poste
- Fig. 979. — Transmetteur Blake.
- sa pile, qui agit sur les deux signaux A'A'' et prévient le poste central.
- Transmetteur Berliner. —• Cet appareil est intermédiaire entre les téléphones à charbon et les microphones. Une pastille de charbon ou enclume est vissée au centre de la plaque vibrante et reliée à l’un des pôles de la pile. Un petit cylindre de graphite arrondi, suspendu librement par une charnière en laiton dore, vient s’appuyer sur l’enclume, et communique avec l’autre pôle et avec la bobine d’induction.
- Transmetteur Blake. — Dans cet appareil, les deux pièces en contact sont portées par des ressorts mobiles, et aucune d’elles n’est fixee a la membrane, ce qui soustrait l’appareil aux actions physiques extérieures. Un petit res
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- sortcc porte une pointe de platine (fig. 979), qui se trouve pressée entre la membrane et une pastille de charbon h, fixée dans un petit disque de cuivre g, porté par le ressort d’acier d. Les deux ressorts c et d, isolés l’un de l’autre, sont fixés à un levier en fonte F, sur la partie inférieure duquel appuie la vis G, destinée au réglage. Le courant primaire traverse le ressort d, la pastille h, la pointe c et la bobine d’induction I.
- Le transmetteur Blake est très employé en Amérique et en Belgique, associé avec le récepteur Bell et une sonnerie magnétique. Le tout est fixé sur un même plancher, avec une boîte qui contient la pile et qui sert de pupitre pour écrire.
- Pantéléphone de Locht-Labye. — Dans cet appa-
- reil, une plaque de liège rectangulaire, suspendue verticalement par deux petits ressorts, porte encastré vers la partie inférieure un disque de charbon qui se trouve en contact avec une arête en platine fixée à l’extrémité d’une petite tige métallique. On règle la pression du charbon sur l’arête de platine, en poussant plus ou moins la tige par l’articulation à genouillère qui la termine à la partie inférieure. On fait en sorte que le contact se produise sur toute la longueur de l’arête de platine. La membrane est constituée par une pièce de drap tendue sur un cadre, qui ferme l’appareil, en avant de la tige métallique qui porte l’arête.
- Applications du téléphone. — L’installation des communications téléphoniques et leur emploi dans divers cas particuliers seront décrits
- Fig. 980. — Transmetteurs microphoniques placés sur la scène de l'Opéra.
- à l'article suivant. Nous signalerons rapidement ici les autres applications, très nombreuses d’ailleurs, que présente le téléphone.
- Citons en première ligne les auditions téléphoniques. Le système Ader a été employé dès l’Exposition de 1881 pour l’audition des représentations théâtrales de l’Opéra, de l’Opéra-Comique et du Théâtre-Français. Douze microphones Ader, semblables à ceux qu’on emploie pour les communications ordinaires, étaient disposés au bord de la scène, de chaque côté du trou du souffleur (fig. 980), et reliés par des dis souterrains avec les récepteurs placés au Palais de l’Industrie, dans une salle aménagée de manière à amortir les bruits extérieurs. On entendait parfaitement les chants et même les divers bruits de la salle. Des expériences analogues ont été répétées bien souvent à Berlin, a Bordeaux et à Oldham, près de Manchester,
- en 1881, à Charleroi en 1884. La même année, le chalet royal d’Ostende, puis le château de Laëken, furent reliés par un téléphone au théâtre de la Monnaie de Bruxelles.
- A Monsfield, Brooklyn, Hartford, et dans plusieurs autres villes d’Amérique, le téléphone permet à un grand nombre d’abonnés de suivre l’office religieux sans quitter leur domicile.
- En mars 1880, une partie d’échecs eut lieu entre les cercles d’échecs des villes de Brighton et de Clichester, au moyen du téléphone. La même expérience a été répétée plusieurs fois depuis cette époque.
- A l’hôpital de Birmingham, les amis ou parents des malades leur parlent par téléphone, pour éviter les risques d’infection.
- A Scranton (Pensylvanie), le bureau central téléphonique est muni d’un fort sifflet à vapeur, que l’on peut entendre à une distance de
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- 3 milles, et que tout abonné peut mettre en marche dès qu'il aperçoit un incendie.
- En Californie, une siation téléphonique a été installée à la cime de la montagne Rouge pour signaler les incendies qui peuvent éclater dans les neige-abris ; les guetteurs, dès qu’ils aperçoivent un incendie, l’annoncent à Cisco par téléphone.
- Le téléphone présente encore de nombreuses applications dans les laboratoires : il constitue le plus sensible des galvanoscopes, lorsque le courant subit des interruptions régulières ; aussi peut-il être employé utilement dans les méthodes de mesure par réduction au zéro. Associé avec le microphone, il a reçu de nombreuses applications médicales. (Voy. Balance d’induction , Électro-acoumètre , Myophone, Sphygmophone, Explorateur, etc.)
- Nous signalerons seulement une disposition originale qui utilise pour la recherche des projectiles les courants fournis par le malade lui-même. Deux conducteurs sont fixés au téléphone ; l’un se termine par un cylindre creux d’acier qu’on place dans la bouche du blessé ; l’autre aboutit à une sonde, qu’on introduit dans la plaie. Lorsqu’on touche un corps métallique, on entend dans l’appareil un crépitement caractéristique.
- TÉLÉPHONIE. — Action de transmettre la parole à distance au moyen du téléphone.
- Les téléphones magnétiques ne conviennent guère qu’aux petites distances, et leur usage se borne à peu près à la téléphonie domestique. Pour les grandes distances, on les emploie seulement comme récepteurs, le transmetteur étant un microphone.
- Téléphonie domestique. — Les téléphones magnétiques décrits à l’article précédent conviennent parfaitement à cette application.
- Postes téléphoniques domestiques. — A chaque extrémité de la ligne, on réunit généralement ensemble les appareils destinés à la réception et à la transmission, la sonnerie et le bouton d’appel; le plus souvent, on dispose toutes ces pièces sur un même support, qui porte aussi des bornes pour rattacher les fils : c’est là ce qu’on appelle un poste.
- Les téléphones magnétiques ne conviennent que pour de très petites distances : ils ont l’avantage de fonctionner sans pile, mais il en faut une pour actionner la sonnerie d’appel, à moins cependant qu’on ne fasse usage de sonneries magnéto-électriques : dans ce cas, l’installation tout entière n’exigera aucune pile. Remarquons cependant que, les sonneries élec-
- triques étant aujourd’hui extrêmement répandues, il n’est presque personne qui ne possède une pile de quelques éléments Leclanché pouvant actionner en même temps la sonnerie d’une installation téléphonique.
- Même dans le cas très simple où l’on peut se contenter de téléphones magnétiques, il existe une foule de manières de disposer les postes et les lignes qui doivent les réunir. Quelquefois, par exemple lorsque l’un des postes doit servir seulement à des domestiques ou à des personnes inexpérimentées, il vaut mieux ne pas employer de commutateur, et mettre un plus grand nombre de fils pour établir les communications : quatre suffisent toujours, ou même trois en remplaçant le fil de retour par la terre. Dans la plupart des cas, on peut diminuer le nombre des fils en les employant successivement à transmettre le signal de la sonnerie et à réunir les deux appareils téléphoniques : il suffit de faire usage d’un commutateur. Lorsqu’on a entendu l’appel de la sonnerie et qu’on lui a répondu, il faut disposer le commutateur de manière à introduire les téléphones dans le circuit et à en faire sortir les piles et les sonneries ; puis, la conversation terminée, on remet les commutateurs sur les sonneries. Cette manœuvre s’effectue aujourd’hui automatiquement, de sorte qu’un oubli ou une négligence d’un des interlocuteurs ne peut empêcher le fonctionnement des appareils. Dans ce but, les téléphones se suspendent généralement à des crochets ou se posent sur des lyres, qui servent de commutateurs. Quand ils sont au repos, leur poids fait incliner les crochets, qui se trouvent disposés sur sonnerie : quand on les prend à la main, les crochets se redressent et mettent les téléphones en communication. Il existe même des systèmes où les crochets sont supprimés, ce qui évite la peine de suspendre les téléphones quand la conversation est finie. Il suffit de prendre les appareils à la main ou de les laisser pendre au bout du conducteur pour les introduire dans le circuit ou les en retirer.
- La figure 981 représente deux modèles un peu différents de postes téléphoniques, destinés tous deux aux usages domestiques, et appartenant au système Ader. Dans le premier, un boîtier, qu’on peut fixer au mur, porte au centre un bouton d’appel de sonnerie ordinaire, six bornes d’attache pour les fils de pile, de sonnerie et de ligne, et un double crochet formant com mutateur. On suspend à ce crochet, lorsque 1 aP pareil est au repos, un téléphone double, forme
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- d’un récepteur et d’un transmetteur magnétiques réunis par une poignée métallique. Un câble souple relie les téléphones au boîtier : j] contient les conducteurs nécessaires pour établir les communications avec la ligne. Le second modèle diffère du premier en ce que le boîtier renferme un trembleur faisant office
- Fig. 981. — Postes
- installation de deux postes téléphoniques domestiques. — Les postes téléphoniques, que l’on se Serve de ceux que nous avons décrits ou d’au-^res Modèles, peuvent être installés de bien des Manières, suivant le mode de communication 0n veut établir et la longueur que doit par-c°urir la ligne.
- e cas le plus simple est évidemment celui Dictionnaire d’électricité.
- de sonnerie : il n’est donc plus besoin que de quatre bornes d’attache. Le téléphone qu’on voit suspendu au crochet commutateur est également du système Ader, mais à manche droit : les deux téléphones de cette figure peuvent être remplacés du reste par celui que nous avons décrit plus haut (fig. 973).
- domestiques, système Ader.
- de deux postes pouvant s’appeler l’un l’autre, de manière à permettre aux deux interlocuteurs de converser ensemble. C’est celui qui se présente lorsqu’on veut établir une communication téléphonique entre deux pièces d’un appartement ou d’une maison de campagne, entre deux bureaux ou deux services quelconques. Dans ce cas, la communication peut être établie
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- à l’aide de deux fils, mais à condition de faire usage d’une pile à chaque poste. C’est ce que représente la figure 982, sur laquelle on voit deux postes, l’un ayant un téléphone double et l’autre un téléphone simple à anneau, tous deux du système Ader. Les bornes de chaque boîtier sont numérotées de droite à gauche. Les deux premières de chaque poste communiquent avec les pôles de la pile correspondante, les deux suivantes avec les deux fils de ligne et les deux dernières avec la sonnerie du même poste. Quand les téléphones sont suspendus aux crochets, les sonneries communiquent avec les fils de ligne, et il suffit de presser sur l’un des boutons pour fermer le circuit et appeler l’autre
- poste : quand on les prend à la main, ils se trouvent reliés à la ligne, grâce au mouvement de bascule des crochets. Il est bon d’avoir à chaque poste deux téléphones installés sur la. même ligne; chaque personne ayant un téléphone à l’oreille et l’autre à la bouche peut causer et écouter en même temps comme dans une conversation directe ; s’il s’agit seulement d’écouter, on met simultanément les deux appareils aux deux oreilles, ce qui est plus avantageux.
- La disposition pi-écédente peut être réalisée à l’aide d’une seule pile, placéeàl’un quelconque des deux postes, mais il faut alors ajouter un troisième fil de ligne. On adoptera donc l’une ou
- Dexmgme Kl d» Ufna ott de gctoar
- Fil às hgfixe
- POSE
- Ans bornes 1, s’attache le fil allant an pôle charbon de chaque pile.
- Âns bornes 2, s’attache le fil aUant an pôle sine de chaque pile.
- A la berne 8, de chaque poste, s’attache le fil de la ligne.
- A la borne 4, de chaque poste, s’attache le deuxième fil de la ligne on fil de retour.
- Les bornes A et fi, de ohaque poste, sont reliées aux deux bornes de leur sonnerie respective.
- Aroir soin de bien dénuder les fils avant de"les rattacher aux bornes
- Maintenir, de distance en distance, sans trop le serrer, le fil avec de petits crochets dits « cavaliers »
- Vont mettre la pile en état de fonctionner, il suffit de verser un des paquets de sel dans chacun des vases en Terre, pois verser de l’ean jusqu’aux deux tiers environ de la hauteur.
- Fig. 982. — Pose de deux téléphones domestiques avec deux fils et deux piles. (Société des téléphones.)
- l’autre des combinaisons suivant la distance à franchir: si elle est très petite, il y aura avantage à ajouter un fil et à supprimer une pile, d’autant plus qu’on se débarrassera en même temps de l’ennui de l’entretien. Dans d’autres cas, on pourra aussi se déterminer d’après les appareils électriques, par exemple les sonneries, qu’on possède déjà. La figure 983 montre cette disposition de deux téléphones avec une seule pile et trois fils de ligne. Le poste de droite, où se trouve la pile, est installé comme précédemment, si ce n’est que le troisième fil, le fil rouge sur la figure, s’attache à la première borne de droite, qui communique encore avec le pôle positif. L’autre extrémité de ce fil supplémentaire va s’attacher à la première borne du poste de gauche; la seconde borne de ce-
- lui-ci reste vide, et les quatre dernières sont, comme dans la première combinaison, reliées aux deux fils de ligne blanc et bleu, et à la sonnerie. (Voy J. Lefèvre, l'Électricité à la maison)-Installation d'un poste central et de plusieurs postes simples. — Au lieu d’avoir seulement deux postes à installer, il peut se faire qu’on en ait un plus grand nombre. Il arrive souvent alors que tous les postes ne jouent pas le même rôle, de sorte qu’on a avantage à établir en un point un poste central, communiquant avec les autres d’une manière variable suivant le but qu on se propose, et pouvant au besoin mettre en conx munication deux postes simples l’un avec 1 aa tre. Ainsi l’on peut réunir toutes les Pie^s d’un appartement ou d’une maison avec 1° ^ fice, ou les différents bureaux d’une adminlS
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- tration avec un poste central desservi par les garçons de bureau. Dans le premier cas, chaque poste simple doit pouvoir appeler Je central, mais la réciproque n’est pas nécessaire : avertis par la sonnerie, les domestiques reçoivent les ordres qu’on leur transmet, ce qui évite les allées et venues. Dans le second cas, il peut être nécessaire que le central puisse à son tour appeler chacun des postes simples. Si, au contraire, le directeur d’une administration ou d’une usine veut réunir son cabinet avec les différents services placés sous ses ordres, c’est le central qui doit pouvoir appeler chacun des postes simples sans réciprocité : il n’aura donc besoin ni de tableau indicateur, ni même de
- sonnerie, à moins qu’on ne veuille que le poste appelé puisse répondre par sonnerie et par téléphone.
- Parmi les nombreuses combinaisons qui peuvent se présenter, nous en prendrons encore deux exemples, d’abord la dernière que nous avons citée : un poste central pouvant appeler trois postes simples sans réciprocité, mais le poste appelé pouvant répondre par sonnerie et téléphone. Le central est alors composé, par exemple, d’un double appareil Ader, l’un pour transmettre, l’autre pour recevoir ; d’une sonnerie, qui est ici renfermée dans l’intérieur du boîtier, et d’un commutateur à manette qui permet de se mettre en communication avec
- Rmgù-
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- Avoir soin, en posant les appareils, de relier les trois fils de ligne à chaque poste, comme l’indique le croquis, de façon à ce que le conducteur d’une même couleur relie les bornes correspondantes des deux postes
- Avoir soin de bien dénuder les fils avant de les rattacher aux bornes.
- Maintenii', de distance en distance, sans trop le serrer, le fil, avec de petits crochets dits • cavaliers »
- Dans le poste où -est placée la pile, la dernière borne P de droite reçoit deux fils : dans l’autre poste, la cinquième borne est sans emploi
- Pont mettre la pilé en état de fonctionner, il suffit de verser an des paquets de sel dans chacun des vases en verre, puis verser de l’eau jusqu’aux deux tiers environ de la hauteur On maintiendra le niveau de l’eau a cette hauteui
- Fig. 9S3. — Pose de deux téléphones avec trois fils et une seule pile. (Société des téléphones.)
- celui des postes simples que l’on veut appeler. Ceux-ci peuvent recevoir à volonté des téléphones doubles ou simples, des sonneries intérieures ou extérieures. La figure 984 montre la disposition des appareils et la manière d’attacher les fils dans le cas qui nous occupe : elle se comprend facilement à la seule inspection.
- La figure 985 montre, au contraire, un poste central pouvant appeler les postes simples et réciproquement. Les postes simples se composent chacun d’un boîtier à deux poussoirs contenant une sonnerie intérieure et d’un téléphone Ader. Le central comprend un tableau avec annonciateurs à voyants, des conjoncteurs eL des cordons à deux fiches, qui lui permettent de relier directement entre eux deux postes Slnaples, des boutons de mise en communica-h°n avec les postes simples, un bouton commun
- pour l’appel, une sonnerie et six éléments Le-clanché.
- Bouton-téléphone. — Il existe quelques téléphones créés spécialement pour les usages domestiques. Nous citerons notamment le bouton-téléphone, imaginé par M. Barbier, qui sert à établir une communication téléphonique en utilisant les fils d’une installation ordinaire de sonneries, de sorte qu’on peut, en même temps qu’on sonne quelqu’un, entrer en conversation avec cette personne.
- Le bouton-téléphone se compose d’une partie mobile, ayant la grandeur et l’aspect d’un bouton d’appel ordinaire, et d’un socle métallique P, se fixant au mur par deux vis (fig. 986). La plaque P porte quatre griffes G, qui maintiennent la partie mobile, lorsque l’appareil est au repos. Sur sa face postérieure Pt sont fixées
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- deux bornes ab, qui reçoivent les deux fds de ligne, et une touche métallique m. La borne a est reliée avec une lame élastique n portant à l’extrémité inférieure une goupille S, qui traverse la plaque P et fait saillie en avant (fig. 987). Lorsque la partie mobile est enlevée, la lame n
- vient s’appuyer sur la touche m; lorsque cette partie est remise en place, elle repousse la goupille S et supprime le contact de m et n. Des trois pièces a, 6, m partent trois fils 1,2 et t qui se réunissent en un cordon souple aboutissant à la partie mobile du bouton.
- Poste central H avec trenxbleur/yv intérieur!
- double
- Ader-Ader
- Tiîe d'appel
- éléments Lelanc
- Fig. 984. — Installation d’un poste central pouvant appeler trois postes simples sans réciprocité.
- Cette partie mobile comprend un petit téléphone Bell, de forme circulaire, qui sert alternativement de récepteur et de transmetteur. M est la membrane de ce téléphone, T sa bobine, h une lame élastique reliée à la masse de l’appareil, et placée en regard d’un contact g, isolé de cette même masse; g et h forment le
- bouton d’appel. La masse de l’appareil est naise en communication avec le fil 1, le contact g avec le fil 2, et la bobine d’une part avec le fi » de l’autre avec la masse de l’appareil.
- Lorsqu’on appuie sur le bouton C, °n toucher g et h et l’on ferme le circuit de ^ ligne sur la sonnerie. Lorsqu’on saisit la pa
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- mobile, la bobine du téléphone est mise dans I et le fil t, et de l’autre par les lames met n et le circuit d’un côté par la masse de l’appareil I le fil 2. (Voy. J. Brault,Histoire de la téléphonie.)
- Fig. 985. — Installation d’un réseau téléphonique local.
- Installation des boutons-téléphones. — Ces appareils se montent comme les sonneries. Il suf-
- fit de remplacer les boutons ordinaires par des boutons-téléphones et d’ajouter au poste de
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- service, qui n’a pas en général besoin d’appeler les autres, un bouton téléphonique particulier, différant des autres par l’absence de bouton d’appel gh, et par la présence dans le socle d’un
- commutateur spécial, qui met la sonnerie dans le circuit lorsqu’il est au repos et la remplace par le téléphone lorsqu’on prend le bouton à la main. La figure 988 représente une installation
- Fig. 986. — Vue intérieure d'un bouton-téléphone. (Figure communiquée par M. Brault
- de ce genre, dans laquelle les postes ordinaires peuvent appeler le poste de service sans réciprocité.
- Il est utile de convenir d’un signal différent, selon qu’on veut faire venir la personne appe-
- lée ou lui parler. Dans le dernier cas, la personne qui appelle met immédiatement son téléphone à l’oreille : la personne appelée prend le téléphone de service et parle.
- Il peut arriver que le poste de service soit
- 88. — Installation de boutons-téléphones pouv appeler le poste de service sans réciprocité.
- muni d’un tableau indicateur. Cela ne change rien aux dispositions précédentes : on monte le tableau comme d’ordinaire, mais le poste de service sait alors d’où proviennent les appels, ce qu’il ignorait dans le premier cas.
- Enfin on peut désirer qu’il y ait réciprocité et que le poste de service puisse attaquer les autres, ce qui rend l’installation un peu plus compliquée. On peut se servir alors du télé phone lui-même comme appareil avertisseur.
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- Pour cela on place au poste de service une bobine d’induction avec trembleur, dont le fil induit communique avec la ligne. Des boutons spéciaux permettent de fermer, au moment voulu, le circuit inducteur sur la pile, et d’envoyer en même temps les courants induits dans le téléphone du poste qu’on veut interpeller; ils y produisent des bruits assez intenses pour qu’on les entende dans toute une chambre.
- Il est nécessaire dans ce cas que le circuit soit constamment fermé sur les boutons-télé-phones pour que le poste de service puisse les appeler à volonté ; mais d’autre part la pile doit être également dans le circuit afin que chaque poste puisse sonner au besoin : il faudrait donc ou bien laisser travailler la pile sans interruption, ce qui l’userait très vite, ou bien se
- Fig. 989.
- Installation d’un tableau indicateur et de.boutons-
- téléphones pouvant appeler le poste de service sans réciprocité.
- servir d’un plus grand nombre de fils, ce qui compliquerait l’installation.
- On évite ce double inconvénient en se serrant des coupe-circuit électrolytiques de M. d’Ar-sonval. Chacun de ces appareils se compose de quatre petits éléments secondaires fermés hermétiquement et formés de deux lames de fer plongeant dans une pâte humide à base de potasse. Ces petits couples, dissimulés dans le socle des boutons téléphoniques et intercalés dans le circuit, se chargent rapidement sous 1 action du courant qui les traverse et, leur force électromotrice faisant bientôt équilibre à celle de la pile, il ne passe plus de courant, bien que le circuit soit fermé. Cela n’empêche Pas du reste le passage des courants très énergiques de la bobine d’induction. La figure 989
- Contre la disposition des fils dans ce dernier cas.
- Poire-téléphone. — La figure 990 montre une modification du téléphone précédent, qui est installé dans un appareil peu différent des poires d’appel ordinaires ; on voit seulement que le bouton K est placé latéralement, la partie inférieure étant occupée par l’embouchure du téléphone. L’aimant A du téléphone a la forme d’un V renversé : il porte les bobines bb, au-dessous desquelles se trouve la membrane;
- Fig. 990. — Poire téléphone.
- le tout est fixé, par l’intermédiaire de quatre vis v et de deux lames de laiton, à la bague filetée F qui s’enlève facilement, lorsqu’on a dévissé le couvercle E.
- Le bouton K est fixé sur un ressort H, relié à la masse, en face duquel se trouve un contact isolé G. Le cylindre d’ébonite M renferme un coupe-circuit électrolytique, formé de quatre petits éléments.
- Le câble souple S renferme trois fils : le fil 1, venant du poste de service, s’attache à l’une
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- des bornes r du coupe-circuit et au contact isolé G; le fil 2 relie directement le poste de service à la masse du téléphone. Enfin le fil 3
- part de la seconde borne r’ du coupe-circuit pour se rendre à l’une des extrémités des bobines b, l’autre extrémité communiquant avec
- Fig. 991. — Home-téléphone.
- la masse. Le téléphone et les accumulateurs a sont toujours en circuit; le bouton d’appel est en dérivation sur les bornes rr'.
- Home-téléphone. — Le home-téléphone, représenté fig. 991, est destiné, comme les deux modèles précédents, aux usages domestiques.
- Fig. 992. — Postes microtéléphoniques domestiques.
- Il peut également se placer sur une installation de sonneries déjà existante. Il est simple, d’une construction solide et ne se dérègle pas. La figure montre l’appareil au repos et en fonction.
- Postes microtéléphoniques domestiques. — peut être utile, même dans la téléphonie do mestique, de remplacer le transmetteur nia gnétique par un microphone; c’est ce qui a lieu
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- lorsque la distance dépasse 100 mètres. On peut dans ce cas employer les postes microphoniques décrits plus loin (Téléphonie urbaine) ; nous indiquerons seulement ici les dispositions les plus simples.
- La figure 992 montre deux postes qui sont commodes et peu embarrassants, et conviennent particulièrement aux usages domestiques. Le premier est unposte mobile ou simplifié du système Ader. Le transmetteur est fixé sur la face inférieure d’une planchette formant pupitre, et disposée au sommet d’une colonne mobile. On peut ainsi placer l’appareil à volonté sur une table, sur un bureau, partout où l’on en a besoin. Deux téléphones du même in-
- venteur, destinés à utiliser les deux oreilles, sont suspendus à des crochets dont l’un sert de commutateur automatique. Le bouton d’appel se voit en avant. Un cordon souple composé de sept conducteurs recouverts de soie raccorde le poste avec les fils de ligne, de sonnerie et de pile, au moyen d’une planchette à quatorze bornes que l’on fixe au mur au point de jonction des fils.
- Le second modèle est du système Berthon-Ader. Le transmetteur Berthon est disposé sur une applique ronde qu’on fixe au mur, et qui est munie d’un bouton d’appel et de bornes d’attache. Un crochet formant commutateur automatique supporte un récepteur Ader.
- Paroiéme fil Ae li^ne ou de eetocr
- Jü
- POSTÉ 1:
- A la borne. 1, s’attache le fil vônasrt «ta pôle charbon on positif de la pile.
- A la borne 2, s’attache le fil Tenant, du pôle charbon da microphone.
- A la borne 3, s’attachent le fil Tenant du pôle zinc on négatif de la pile et le fil de ligue.
- POSTE K° 2:
- A la borne 1, s'attache le fil venant da pôle zinc on négatif de la pile.
- A la borne 2, s’attache le fil Tenant da pôle zinc microphone.
- A la borne 3, s'attachent le fil venant da pôle charbon on négatif et le fil aô ligne.
- AUI DEUX POSTES :
- Aux bornes 4, s’attache le 2e fil de ligne au fil de retour.
- Aux bornes 5, s’attache l’un des fils allant à la sonnerie.
- Aux bornes 6, s’attache le fil allant à la 2e borne de la sonnerie.
- Avoir soin de bien dénuder les fils avant de les rattacher aux bornes.
- -MatatLèir de. distance en distance, sans trop le serrer, le fil avec crochets dits c cavaliers ».
- Fig. 093. — Installation de deux postes microtéléphoniques avec deux fils de ligne et deux piles.
- Nous avons décrit à l’article Microphone d’autres postes microphoniques destinés aux usages domestiques.
- Installation de deux postes microtéléphoniques. ~~ U faut avoir soin de ne pas mettre trop d’élé-uients de piles sur le microphone : trois couples Leclanché suffisent toujours largement, tandis que le nombre nécessaire pour les sonneries augmente avec la distance. Nous supposerons d’abord, comme pour les téléphones, qu’on veuille installer deux postes microtéléphoniques complets, permettant chacun d’appeler, de parler et d’entendre. Ici, comme dans le cas des téléphones magnétiques, l’installation peut se faire de deux manières différentes, soit avec deux fils de ligne et deux piles distinctes, une a chaque poste, soit avec une seule pile et trois
- fils de ligne. Quelle que soit la combinaison adoptée, il ne faut pas mettre dans ce cas plus de deux éléments sur le microphone, ainsi que le montrent les figures 993 et 994. La première représente l’installation réalisée avec deux piles distinctes. Le poste n° 2, c’est-à-dire celui de droite, est semblable à celui de la figure 992 ; le poste n° 1 porte le téléphone et le microphone suspendus au crochet automatique et réunis l’un à l’autre par une poignée métallique garnie. Les deux appareils ainsi montés s’appliquent facilement i’un devant la bouche, l’autre à l’oreille, et la main droite peut rester libre, ce qui permet d’écrire en même temps. Chaque pile se compose de trois éléments Leclanché dont deux seulement servent pour le microphone et les trois pour la sonnerie. Les
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- quatre dernières bornes de chaque poste communiquent avec les fds de ligne et les sonneries. La borne 3 reçoit aussi à gauche le pôle négatif, à droite le positif ; la borne 1 est reliée à l’autre pôle. Enfin aux bornes 2 s’attachent à droite le pôle positif, à gauche le négatif des deux piles destinées aux microphones (1).
- La figure 994 représente la même installation, mais faite avec une seule pile. Le n° 2 est disposé de la même manière, si ce n’est que le troisième fil de ligne, le fil rouge, s’attache à la borne 1, qui reçoit aussi le pôle positif de la pile totale destinée aux sonneries. Dans le poste
- n° 1, les bornes 2 et 3 sont réunies par un petit bout de fil de cuivre.
- Installation d’un poste central et de plusieurs postes simples. — Les divers cas qui peuvent se présenter dans l’installation des postes microphoniques sont les mêmes que nous avons déjà rencontrés à propos des téléphones : il est donc inutile de les énumérer de nouveau. Nous choisirons encore ici un autre exemple, soit le cas de postes simples pouvant appeler le central sans réciprocité. C’est celui qui se présente lorsqu’on veut réunir toutes les pièces d’un appartement ou d’une maison avec l’office. C’est
- XJ
- POSE
- Fils de ligne. — Aux bornes 1 s’attache le fil rouge da fil à 3 conducteur* allant d’un poste à l’autre
- Aux bornes S s’attacha ie fil blanc du fil à 8 conducteurs
- Aux bornes 4 s’attache le fil bleu do fil à 3 conducteurs.
- Fils de sonnerie. — Les bornes 5 et 6 dà chaque poste sont reliées aux deux borries de leur sonnerie respective
- Aa poste n® 1, les bornes 3 et 2 sont reli es entre elles par an petit fil de cuivre.
- Pilé unique au poste n° 2. — La borne n° 1, à laquelle est déjà relié le 61 ronge, est reliée en entre an pôle charbon ou positif da la pile. La borne 2 est reliée au pôle charbon du microphone et la borne 3, & laquelle aboutit déjà le fil rouge, csfcreliée encore au pôle zinc ou négatif delà pile
- ipadurV-^\
- Pile unique
- Fig. 994. — Installation de deux postes microtéléphoniques avec une seule pile et trois fils.
- en quelque sorte le complément d’une installation ordinaire de sonneries électriques, et l’on peut le plus souvent utiliser pour faire cette installation les fils, tableaux indicateurs, sonneries et piles déjà existants.
- Le poste central doit avoir ici un tableau indicateur semblable à ceux des sonneries, pour savoir d’où vient l’appel entendu, une sonnerie, un appareil double, récepteur et transmetteur, et enfin une planchette munie de bornes pour les fils de ligne, de conjoncteurs et d’un cordon à une fiche pour établir la communication avec le poste appelant. Les conjoncteurs spéciaux employés à cet effet portent le nom de Jack-Knives. Les postes simples, composés ici d’appliques avec appareils Berthon-Ader, n’ont
- (1) Sur la légende et la figure 993 on a inscrit : Pôle charbon du microphone au lieu de pôle zinc, et réciproquement.
- pas besoin de sonneries. Une seule pile de quatre à six éléments, dont deux seulement pour les microphones, suffit pour tous les postes. La figure 995 représente la communication établie avec le poste n° 1 ; elle montre la disposition des fils, qui se comprend facilement.
- La figure 996 montre un poste central mobile, formé d’un pupitre sur lequel sont établis les leviers commutateurs, et dont la face antérieure porte des annonciateurs à disque petit modèle; à l’intérieur est la bobine d’induction. L’appareil comprend en outre un tableau à disparition automatique, une sonnerie et un crochet commutateur supportant l’appareil Berthon-Ader. Ce poste peut être établi pour sonneries magnétiques. Cette disposition a été adoptée dans les bureaux de la Compagnie transatlantique, de la Banque franco-égyptienne, etc.
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- Lorsqu’on fait usage d’un transmetteur microphonique, il est indispensable de l’actionner par une pile ; si même on se sert d’un simple téléphone magnétique, on a encore besoin le
- plus souvent d’une pile pour la sonnerie d’appel. Il est à peine nécessaire d’ajouter que la pile Leclanché est celle qui convient le mieux ici, de même que dans toutes les applications
- Poste simple 11 avec applique v et appareil combiné' Berthon Ader
- Sonnerie du poste central
- au indicateur >< >ste central.
- Planchette à JacK Kmves
- 'Tç Poste central avec app 1 1| et récepteur Àder N: ;
- f il e tôt al 3 d‘a pp el 4 oi 6 elé n< uita
- Fig. 995. — Installation de postes microphoniques simples pouvant appeler le central sans réciprocité.
- Tu n’exigent qu’un service intermittent. Le Nombre d’éléments nécessaire pour la sonnerie augmente un peu avec la distance : il ne dé-Passe pas en général quatre à six éléments.
- °ur le microphone au contraire, il est indé-Pendant de la distance : deux ou trois éléments
- au maximum suffisent toujours, mais l’on se sert au besoin d’une bobine d’induction, comme pour la téléphonie urbaine.
- Téléphonie urbaine. — Dans la téléphonie urbaine, on fait toujours usage de postes microtéléphoniques. Ceux qui ont été décrits à l’article
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- Microphone et dans le paragraphe précédent, en particulier le premier modèle de la figure 992, conviennent parfaitement.
- La figure 997 représente un autre poste mobile, système Berthon-Ader ; le socle, en acajou ou en bois noir, contient une bobine d’in-
- Fig. 996. — Poste central mobile. Fig. 997. — Poste mobile Berthon-Ader.
- teur qui porte le téléphone et d’un bouton d’appel; le microphone se voit à la partie supé-
- rieure. Cet appareil est indéréglable : il peut se poser sur une table, un bureau ou un meuble quelconque.
- Le poste de la figure 998 se compose au contraire d’un microphone Ader, en forme de pupitre, renfermant la bobine d’induction. Il est muni en outre d’une clef d’appel, d’un paratonnerre, d’un crochet commutateur et de bornes nickelées pour les communications.
- Enfin la figure 999 représente un poste Berthon-Ader muni d’une sonnerie magnéto-électrique. On voit la sonnerie, la petite machine magnéto, la bobine d’induction, le crochet commutateur, qui porte le téléphone et le a11' crophone, enfin une boîte en forme de pupitre renfermant un grand élément Leclanché qui aC' tionne le microphone. Un second téléphone peut être suspendu à droite.
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- Quelle que soit la distance à parcourir, les microphones sont toujours actionnés par un petit nombre de piles, parce que le microphone ne communique jamais directement avec le récepteur.
- Si l’on se contentait en effet d’établir un circuit contenant la pile, le transmetteur micro-phonique et le téléphone récepteur, la résistance de ce circuit augmentant avec la distance, l’intensité du courant diminuerait, ainsi que les variations d’intensité qui mettent le récep-
- Fig. 999. — Poste avec sonnerie
- teur en action, et les sons transmis deviendraient de moins en moins distincts.
- Pour remédier à cet inconvénient, on fait généralement usage d’une bobine d’induction servant d’intermédiaire et placée généralement dans le support même des postes, comme on le voit sur la figure précédente. Le fil primaire de cette bobine est seul mis en circuit avec la pile et le microphone. Les variations du courant primaire produites par le téléphone font naître des courants induits dans le fil fin, qui
- magnétique. (Société des téléphones.)
- est relié au récepteur. Ce sont ces courants qui font parler le téléphone.
- Les lignes téléphoniques qui relient entre enx les abonnés d’une même ligne peuvent etre composées d’un seul fil avec retour par la terre, comme les lignes télégraphiques.
- Mais ce système ne manque pas d’inconvé-nients, surtout lorsqu’il existe dans le voisinage du fil unique d’autres conducteurs servant à des transmissions télégraphiques ou téléphoniques ; fi peut se produire alors des courants d induction tout à fait gênants. On sait en effet
- que, pour envoyer une dépêche, il faut lancer dans le fil télégraphique une série de courants interrompus, dont chacun produira dans tout til voisin deux courants induits de sens contraires. Si l’on applique à ce moment l’oreille au téléphone récepteur, on percevra, par suite de ces phénomènes d’induction , une série de bruits sans suite, qui pourront, s’ils sont assez intenses, empêcher d’entendre la parole de l’interlocuteur. Il en sera à peu près de même si le fil est placé près d’un autre conducteur té-I léphonique : on percevra alors la conversation
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- transmise dans le conducteur voisin, en même temps que celle qu’on doit entendre, mais avec une intensité moindre ; dans certains cas, ce sera même un simple bruissement, mais ce sera toujours fort incommode.
- Bien des systèmes ont été essayés pour remédier à cet inconvénient. M. Hughes a proposé de croiser les deux fils, de sorte qu’ils soient alternativement l’un au-dessus de l’autre, ou l’un à côté de l’autre. Un procédé plus simple consiste à employer toujours deux fils réunis en un même câble, comme le fait la Société des téléphones de Paris. Si un autre conducteur se trouve dans le voisinage des deux fils, il produit à tout instant dans chacun d’eux des courants d’induction égaux et de même sens. Mais, comme les deux fils sont parcourus en sens contraire par les courants qui servent à transmettre la conversation téléphonique, en réalité les courants induits s’ajoutent au courant normal dans l’un des fils et s’en retranchent dans l’autre : comme ils sont égaux, les deux effets se compensent. Il y a donc intérêt à placer les deux fils téléphoniques aussi près que possible l’un de l’autre, par exemple dans un même câble.
- Bureaux centraux. — Lorsque le téléphone doit relier un nombre plus ou moins considérable d’abonnés, il serait impossible de placer assez de fils pour mettre chacun d’eux en communication directe avec tous les autres. On établit alors un ou plusieurs bureaux centraux, dont chacun reçoit les fils des abonnés d’un même quartier. Lorsqu’un abonné désire parler à une autre personne, le bureau auquel il est relié établit directement la communication avec cette personne, si elle dépend de ce même bureau; sinon, elle établit la communication avec le bureau auquel est reliée la personne appelée, et ce bureau à son tour met en communication les deux abonnés.
- Pour obtenir ce résultat, le bureau central doit contenir les commutateurs nécessaires à l’établissement des communications et les appareils servant à faire connaître les abonnés qui appellent. En France et en Amérique, on emploie les commutateurs appelés jack-hnives. Nous avons indiqué à ce mot et à l’article Indicateur comment se font les appels et comment s’établissent les communications : il nous reste donc seulement à décrire l’installation des bureaux centraux.
- Cette installation est plus ou moins compliquée suivant le nombre des abonnés. Celle qui est représentée (fig. 1000) est disposée pour vingt-
- cinq abonnés. Les annonciateurs et les jack-knives sont fixés sur un panneau à charnière ce qui permet de les visiter facilement. Ce panneau porte également l’appareil microtélépho-
- Fig. 1000. — Bureau central avec rosace pour 25 abonnés.
- nique destiné à l’employé, les commutateurs de sonneries, de changement de piles, les crochets de suspension des cordons, etc. A la partie supe rieure est une rosace à laquelle aboutissent les lignes des abonnés; les fils se rendent ensuite
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- parallèlement aux annonciateurs et aux jack-knives. Ce poste se construit pour simple fil et pour double fil. Dans le premier cas, les contacts de rosace forment paratonnerre. Ici les abonnés étant tous réunis sur un même tableau, les communications s’établissent facilement à l’aide de conducteurs souples à deux fiches (Voy. Jack-knife).
- Lorsqu’on a plus de cinquante abonnés à réunir, il devient difficile de les placer sur un
- même tableau ; on les répartit alors sur un nombre de tableaux plus ou moins grand. Ces tableaux sont souvent groupés par deux; chaque groupe porte un numéro; celui de la figure 1001 a le numéro 3. Mais, lorsque deux abonnés appartiennent à des tableaux un peu éloignés, il faudrait, pour les réunir directement, des conducteurs fort longs et d’un maniement incommode; lorsque ces conducteurs seraient nombreux, ils s’emmêlei'aient et souvent on déta-
- cherait l’un par accident en détachant l’autre.
- Pour éviter cet inconvénient, on a placé, sous chaque groupe de tableaux, une série de con-joncteurs ou de jacks, n’ayant qu’un seul trou et pas de ressort. Ces appareils sont divisés en six rangées verticales, désignés par les lettres
- B, C, D, E, F, et en rangées horizontales, dont k nombre peut s'élever jusqu’à quinze. Les quatre premières rangées horizontales sont destinées aux lignes auxiliaires, c’est-à-dire à celles qui vont aux autres bureaux; les suivantes ser-
- vent pour les lignes d'abonnés aboutissant aux autres tableaux du même bureau. Leur nombre est égal à celui des groupes du bureau. Ces jacks sont reliés ensemble de la manière suivante : tous les A d’une même ligne horizontale communiquent par un fil continu, de même tous les B, etc. Les liaisons n’existent donc que dans une même rangée. Chaque ligne horizontale est réservée aux communications avec le groupe dont elle porte le numéro. Enfin, au bureau central de l’avenue de l’Opéra, qui
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- est double et muni de quinze rangées horizon- J lignes locales, c’est-à-dire à celles qui aboutis-tales, les trois dernières sont destinées aux 1 sent au bureau jumeau.
- Fig. 1002. — Tableau pour 49 abonnés (vue extérieure).
- Pour relier deux abonnés d’un même groupe, ; un cordon souple ; c’est ce que montre la liguait suffit encore de réunir leurs jack-knives par I Pour relier deux abonnés appartenant à deux
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- aroupes différents du même bureau, en utilise les jacks situés au bas du tableau. L’abonné appelant est relié avec l’un des jacks de la li^ne portant le numéro du groupe de l’abonné appelé ; on choisit le premier qui est libre. Si
- le jack A est déjà occupé, on place la cheville dans le jack B. L’employée se rend ensuite au groupe de la personne appelée, et fait communiquer cet abonné avec le jack B de la même ligne de ce groupe. Les communications avec
- Fig. 1003. — Tableau pour 49 abonnés (vue intérieure).
- les abonnés du bureau jumeau ou des autres bureaux s’établissent de même.
- Dans d’autres bureaux, les abonnés sont groupés par tableaux de 49 cases. Les figures 1002 1003 montrent la vue extérieure et intérieure d’un de ces tableaux, avec les indicateurs et Dictionnaire d’électricité.
- la disposition des fils. La figure 1004 représente la perspective du bureau C, récemment installé à la Villette. La partie représentée comprend 4 tableaux de 49 cases et peut desservir par suite environ 200 abonnés.
- Nous représentons enfin (fig. 1003) un type
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- de panneau créé tout récemment par l’Administration des téléphones, et dont l’emploi tend à se généraliser. Ce système a été adopté notamment en Espagne et dans les colonies espa-
- gnoles, où les réseaux téléphoniques ont pris un grand développement; il permet de créer une installation pour un petit nombre d’abonnés et de la développer peu à peu, suivant les
- Fig. 1005. — Panneau pour 25 abonnés (type des réseaux espagnols) (Société générale des téléphones).
- esoins, sans employer dès l’origine un matériel °rs de proportion avec le nombre des abonnés, ès qu’on a un petit nombre de demandes, J311 établit un panneau semblable à celui de ^ figure et comportant vingt-cinq numéros. aPpareil reste ainsi disposé tant que le nom-
- bre des abonnés ne dépasse pas vingt-cinq. Dès qu’il s’en présente un vingt-sixième, on ajoute un second panneau de vingt-cinq numéros, et ainsi de suite, chaque fois que le nombre croissant des abonnés l’exige. Ces panneaux se juxtaposent facilement, et leur ensemble forme
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- un tout homogène, identique aux bureaux centraux de Paris.
- Comme à Paris, les abonnés sont reliés par un double fil ; toutes les communications inté-
- rieures et les organes du panneau sont aussi montés au double fil.
- A Paris, les bureaux centraux sont désignés parles lettres majuscules : A, B, G, etc. Chaque
- bureau possède un nombre variable de lignes auxiliaires. Ainsi le bureau G, du boulevard Saint-Germain a, par exemple, 12 lignes auxiliaires avec le bureau A, de l’avenue de l’Opéra, 6 avec le bureau O, de la rue d’Anjou,
- 4 avec le bureau E, de la rue de Lyon, 10 avec le bureau M, de la rue Étienne-Marcel, etc.
- La Société générale des Téléphones a adopté un système très ingénieux pour accélérer les opérations de mise en communication des abon-
- Détail d’une rosace.
- Fig. 1007.
- nés entre eux ; elle a placé un numéro d’ordre devant chaque nom d’abonné et elle a laissé, pour chaque bureau, 2 000 numéros. Les abonnés reliés au bureau A, par exemple, porteront des numéros pris dans la série de 1 à 2000;
- ceux du bureau B, dans celle de 2 001 à 4000, e c.
- Dans chaque bureau, les annonciateurs étan tous numérotés par ordre, et ces numéros cor respondant tous aux jack-knives des abonnes^ il s’ensuit que, pour obtenir promptement un
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- communication, il suffit de désigner, au bureau central, l’abonné avec lequel on veut parler par le numéro d’ordre placé avant son nom dans la liste des abonnés (Brault, Histoire de la téléphonie).
- L’entrée des câbles dans les bureaux centraux doit être faite avec le plus grand soin, à cause du nombre considérable des conducteurs. Au bureau cenlra.1 de l’avenue de l’Opéra, l’égout, qui est placé sous le trottoir voisin, est
- relié au mur par un branchement particulier : une plaque métallique, percée de 365 trous, laisse passer autant de câbles formés chacun de 14 fils simples. Un regard pratiqué sur le trottoir donne accès au branchement. A leur sortie de l’égout, les câbles sont réunis en faisceaux et conduits, par des caniveaux en bois, au s. chambres à rosaces (fxg. 1006), placées au-dessous du bureau central.
- Ces chambres sont des constructions car
- Fig. 1008. — Cage en fer pour fils téléphoniques.
- rées en planches, dans l’intérieur desquelles les câbles se dépouillent de leur enveloppe de plomb, se divisent et se distribuent en rosaces autour d’ouvertures circulaires pratiquées sur les quatre faces des chambres. De chaque câble sortent sept lignes à deux fils, qu’on isole l’un de l’autre sur le bord de l’ouverture par des boules en caoutchouc (fig. 1007), et qui aboutissent à des serre-fils doubles fixés alternativement suivant deux circonférences concentriques. Les sept lignes d’un même câble ont des
- couleurs différentes. Cette disposition facilite la recherche des dérangements et permet de grouper ensemble les abonnés qui ont de fréquentes communications, sans changer les fils qui vont au tableau.
- Chaque circuit de deux fils se prolonge ensuite jusqu’aux commutateurs par des fils isolés, appelés fils paraffinés, qui passent dans un caniveau en bois placé entre le plancher de la pièce et un faux plancher placé au-dessus. Ce caniveau longe le corridor formé par les deux
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- panneaux qui portent les tableaux. Les fils se distribuent, à mesure qu’on avance, aux divers commutateurs.
- La chambre des piles est généralement placée à côté de la chambre des rosaces. On emploie à Paris des éléments Leclanché et Lalande. Pour éviter la polarisation, on change les piles en service toutes les demi-heures à l’aide de com-
- mutateurs à manette; ce changement s’effectue automatiquement.
- La téléphonie à l’étranger. — En Suisse et en Belgique, notamment au bureau central de Mons, on emploie un système de commutateurs un peu différent, et qui a l’avantage d’occuper assez peu de place.
- Dans certains pays, les bureaux centraux com-
- Fig. 1009. — Les fils aériens à Philadelphie. (Figure communiquée par M. Brault.)
- portent un nombre d’abonnés beaucoup plus considérable, de sorte qu’il suffît souvent d’un seul bureau pour une ville entière.
- En Angleterre, la téléphonie s’est rapidement •développée; mais, à Londres, l’exploitation du réseau présente des difficultés considérables à cause de l’immense étendue de la ville, de l’irrégularité de construction des rues, des maisons et des toitures. La canalisation est aérienne : les fils sont soutenus par des poteaux en fer placés sur les toits. Près des bureaux centraux, les poteaux sont remplacés par des constructions spéciales en fer forgé, appelées cages
- (fig. 1008). Cette sorte de tour est fixée sur une forte charpente métallique, supportée elle-même par les murs du bâtiment. Elle comporte plusieurs étages, avec des plate-formes à 1 intérieur, d’où l’on peut manipuler les fils sans danger. Ceux-ci sont fixés d’ordinaire à des iso lateurs en porcelaine; une cage peut supporter
- 1200 à 1500 fils.
- Le bureau central de Stockholm est sur monté d’une cage analogue, portant 8000 isola teurs en porcelaine.
- C’est en Amérique que le téléphone a prls_ naissance ; aussi le premier réseau fut-il e a
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- à New-York en 1877. C'est en Amérique que les installations téléphoniques sont le plus nombreuses. Lafigure 1009 montre l1 enchevêtrement des fils électriques aériens à Philadelphie, à l’angle de Chestnut Street et de Third Street. (Yoy. J. Brault, Histoire de la téléphonie.)
- Téléphonie à grande distance. — Dès l’origine des téléphones, on a cherché à établir des communications entre les villes différentes. Des expériences nombreuses ont été faites dans tous les pays, notamment en Amérique. Le 25 janvier 1880, la communication a été établie avec succès entre le bureau télégraphique de la rive gauche du Missouri, en face d’Omaha,et le bureau de l’American Union, à Saint-Louis (434600 mètres). La plus grande distance franchie est celle de San-Francisco à Tor-Bay
- (Nouvelle-Écosse) par la voie de New-York; la distance est de 4 372,5 kil., dont 636 kilomètres par câble sous-marin.
- Avec un fil de cuivre de 2,1 mm., on peut correspondre pratiquement à 500 kilomètres, avec un fil de 2,6 mm. à 941 kilomètres, avec un fil équivalant à 5 millimètres à 1775 kilomètres, et il paraît certain qu’avec le même fil on correspondrait encore à 3 250 kilomètres.
- Téléphonie par les fils télégraphiques. — Pour téléphoner à grande distance, on a songé dès l’origine à utiliser les poteaux des fils télégraphiques pour supporter les conducteurs téléphoniques; mais on fut arrêté immédiatement par un obstacle sérieux : les courants télégraphiques faisaient naître dans les fils des téléphones des courants induits, qui troublaient
- JBurenu. Télégraphi
- Fig. 1010. — Dispositif anti-inducteur de Van Rysselberghe.
- complètement la transmission en produisant un crépitement continuel. Beaucoup d’inventeurs ont cherché la solution de ce problème. Nous citerons notamment les travaux de MM. Cornélius Herz, Brasseur, Maiche, Langdon Davies, etc.
- Le seul système actuellement entré dans la pratique est celui de M. Yan Rysselberghe (1882), qui consiste à graduer les courants télégraphiques ; au lieu de commencer et de cesser brusquement, ces courants augmentent alors lentement et décroissent ensuite de la même manière. Pour cela, l’inventeur place dans le circuit télégraphique des électro-aimants ou des condensateurs, ou mieux les deux sortes d’appareils à la fois. Ces instruments dérivent une partie de l’électricité au moment où le courant s’établit, et la rendent ensuite lorsqu’il cesse, ce qui enlève toute brusquerie à l’émission et à l’extinc-fion, bien que cette graduation n’ait qu’une dorée inappréciable. Dans ces conditions, la membrane fléchit encore, mais elle ne vibre Plus, et par suite ne donne plus de son au pas-sage du courant télégraphique.
- De plus le système Van Rysselberghe permet d’utiliser les fils mêmes du télégraphe pour la téléphonie. Il suffit de compléter l’appareil anti-inducteur par un dispositif qui assure l’indépendance des deux services, ou qui établisse entre la ligne télégraphique et l’embranchement téléphonique une séparation suffisante pour arrêter les courants du télégraphe, mais qui laisse passer les courants ondulatoires et plus intenses de la téléphonie.
- La figure 1010 montre le dispositif anti-inducteur. M et R représentent le manipulateur et le récepteur d’un appareil télégraphique quelconque. Deux électro-aimants graduateurs Ej et E2 sont placés, le premier entre la pile P et le manipulateur, le second entre cet appareil et la ligne L. Un condensateur C est placé en dérivation sur la ligne entre les deux électro-aimants. Un autre condensateur G', de faible capacité, est intercalé entre la ligne et le poste téléphonique T.
- Mais on sait que la téléphonie exige, pour éviter tout effet d’induction, un circuit complè-
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- tement métallique, avec fil de retour. M. Van Rysselberghe a complété son système par un dispositif qui permet d’accoupler deux fils télégraphiques pour constituer le circuit télépho-
- nique. Lj et L2 sont les deux fils télégraphiques (fig. 1011), L3 un fil allant au bureau téléphonique, Ci et C2 deux condensateurs de faible capacité. Les deux bobines différentielles Ih et
- mreau
- ~Vkrs Le iurtau téléphonait
- Fig. 10Ü. — Translateur phonique.
- B2 induisent une troisième bobine B3; ces bobines communiquent respectivement avec les fils Li, L2, L3, et avec la terre par l’autre extrémité. Il est évident que les appareils télégra-
- phiques qui desservent les lignes Lt L2 doivent être munis du dispositif anti-inducteur.
- Dans ce système, on ne peut employer ni les sonneries trembleuses, ni les sonneries magné-
- Fig. 1012. — Poste Morse muni des appareils anti-inducteurs Van Rysselberghe.
- tiques. MM. Sieur et Van Rysselberghe ont combiné un système d’appel qui utilise les appareils téléphoniques eux-mêmes. La figure 1012 montre un poste télégraphique Morse, muni des appareils complets du système Van Rysselberghe.
- Ce système, essayé d’abord entre Bruxelles e Anvers, fut ensuite adopté dans toute la Belgi que : il a permis d’approprier à la téléphonie, relativement à peu de frais, la plupart des i s du réseau télégraphique de l’État. Il a été ap pliqué également à la ligne Paris-Bruxelles e
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- 24 février 1887. Enfin, depuis cette époque, il a
- Fig. 1013. — Poste militaire Berthon-Ader.
- été installé sur quelques lignes dans la plupart des contrées de l’Europe.
- Téléphonie militaire. — Les postes micro-téléphoniques présentent de nombreuses applications pour le service militaire. Ils peuvent rendre des services sérieux dans les camps, les stations de commandement, les avant-postes, le service des fortifications, les polygones, les champs de tir de l’artillerie, la défense des forteresses.
- Les premières expériences furent faites à Metz en 1879, sous la direction d’un officier du génie. En 1880, le téléphone fut appliqué en Amérique aux expériences d’artillerie, afin de mesurer le temps employé par les projectiles des petites armes pour atteindre le but. Il fut ensuite expérimenté au camp de Wimbledon, près de Londres, en 1882, et fournit un service extrêmement actif pendant les cinq jours que durèrent les manœuvres. Enfin le téléphone fut essayé en France (avril 1882) par le colonel Leperche, du 89e de ligne, entre le pont d’Asnières, près de Paris, et l’Arc-de-Triomphe de l’Étoile; une ligne mobile fut posée rapidement par les soldats, et la communication s’établit parfaitement. Depuis cette époque, un certain nombre de postes téléphoniques ont été combinés en vue de ces applications spéciales. Nous avons déjà décrit plus haut le microphone Draw-baugh.
- Poste Berthon-Ader. — L’Administration des téléphones construit un poste très portatif (fig. 1013), qui est enfermé dans une boîte en chêne de 0,242 m. sur 0,275 m.,avec poignée et verrou en cuivre, et comprend : un appareil microtéléphonique Berthon-Ader, une sonnerie
- Fig. i 014. — Téléphone Colson.
- I appel magnéto-électrique (transmetteur et ré-;epteur) une bobine d’induction, un commuta-
- teur pour la pile du microphone, trois éléments étanches, à l’agar-agar, renfermés dans des
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- -vases d’ébonite, enfin des bornes pour le raccord des fils de ligne.
- L’appareil peut donc être raccordé instantanément avec toute ligne, fixe ou volante. La pile étant complètement étanche, la boîte peut être renversée sans inconvénient ; elle peut être portée à la main ou sur le dos, dans un sac muni de bretelles.
- Téléphone Colson. — Le téléphone du capitaine Golson a été expérimenté en 1885 et adopté en 1886 dans l’armée française. Le transmetteur (fig. 1014) se compose d’un aimant en spirale A,
- dont l’un des pôles P, entouré par la bobine, est au centre de la membrane M; l’autre pôle P' placé à la périphérie, traverse cette membrane et se relie à un anneau de fer doux F, qui en forme en quelque sorte l’épanouissement. Par cette disposition, la membrane M est entièrement placée dans le champ magnétique, et les lignes de force la traversent dans le sens des rayons; l’action est donc très énergique et l’appareil possède une puissance et une netteté remarquables. Ce téléphone est enfermé dans une cuvette en cuivre nickelé, et le tout est
- Fig. 1015. — Soldat muni du téléphone Colson.
- maintenu par un couvercle C, qui se visse sur la cuvette. Ce transmetteur a 9 centimètres de diamètre ; il porte un coi’net amplificateur.
- Le réglage se fait par une vis fixée dans le fond de la cuvette et qui permet d’écarter ou de rapprocher le pôle P de la membrane M ; ce réglage subsiste indéfiniment.
- Le récepteur présente les mêmes dispositions, mais il n’a que 6 centimètres de diamètre ; le réglage est fait une fois pour toutes par le constructeur.
- Le transmetteur est employé par l’artillerie pour l’organisation des observatoires de tir. Le récepteur fait partie du matériel de télégraphie
- militaire. Pour les applications militaires, on emploie deux récepteurs maintenus sur les oreilles par une courroie jugulaire (fig. 1015), et un transmetteur placé dans un étui et suspendu par une bretelle sur la poitrine, à portée de la bouche, On a figuré l’étui ouvert pour montrer le transmetteur.
- Le compartiment vide situé au-dessous reçoit, pendant le transport, les récepteurs, les courroies et les cordons souples. Cette disposition laisse au soldat la liberté de ses mouvements, et permet d’appeler sans le secours d’appareils spéciaux.
- Microtéléphone Mix et Genest. — Cet appareil,
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- inventé par deux constructeurs de Berlin, est très portatif; il a été adopté en 1888 par l’ad-
- Fig. 1016. — Microtéléphone Mix et Genest, de Berlin. 1, coupe; 2, vue d’ensemble.
- ministration allemande des postes et télégraphes et ensuite par l’administration militaire. Le microphone (fig. 1016) se compose d’une mem- •
- Fig. 1017. — Poste téléphonique militaire
- brane m en sapin, protégée contre l’humidité par une couche de vernis, et serrée fortement contre la pièce F dans la boîte D. Un rouleau de charbon K est pressé contre cette membrane par la pièce f. Les deux couches de charbon bb servent à établir les communications.
- Le téléphone est réuni au microphone par un coude de laiton C, entouré, ainsi que l’aimant en fer à cheval hh, par une enveloppe en bois d’ébène. Une boîte en cuivre conique E, qui contient la bobine, porte la pièce N en fer laminé et la pièce O ; elle est à charnière à l’intérieur et se visse sur la plaque R. Cette charnière permet de régler l’appareil en rapprochant plus ou moins la pièce N de la partie aimantée, au moyen d’un petit levier en forme de S. Le coude C permet de faire varier la distance du téléphone au microphone, de façon que l’instrument puisse s’adapter à la forme de chaque tête. La figure montre en outre l’ensemble d’un appareil appliqué sur un mur pour un service public ou privé. La boîte contient seulement la bobine d’induction, le timbre et l’appareil automatique.
- La figure 1017 montre un poste téléphonique Mix et Genest disposé spécialement pour les usages militaires : il est renfermé dans une boîte légère qu’un soldat peut porter facilement suspendue par une courroie. Le téléphone et le
- 1 armée allemande (Mix et Genest, de Berlin).
- Microphone, réunis par un coude en cuivre, Peuvent être tenus d’une seule main. On voit Sur la figure 1018 l’emploi de cet appareil en Caiûpagne.
- Téléphonie marine. — Les applications des
- téléphones à la marine sont extrêmement nombreuses. Il y a souvent avantage à substituer ces appareils aux porte-voix, que le bruit des machines rend à peu près inutiles. La marine anglaise emploie des téléphones à charbon
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- granulé qui supportent sans se déranger les chocs et les vibrations.
- L’Administration française des téléphones construit des postes Berthon-Ader destinés au même usage (fig. 1019), et qui ont été appliqués sur les grands paquebots de la Compagnie transatlantique, sur quelques torpilleurs, sur un grand nombre de cuirassés, notamment la Dévastation, le Formidable, V Amiral-Duperré, le Redoutable, et sur le cuirassé espagnol le Pelayo.
- D’intéressantes expériences sur les commu-
- nications avec les navires à l’ancre furent faites en 1881 sur les côtes sud-ouest de la France par le capitaine de vaisseau Trêve. En juin 1882, une expérience analogue fut faite au Havre : la communication fut établie entre le cercle Marie-Christine et un bâtiment à l’ancre à 1500 mètres du rivage. Malgré le mauvais temps et les coups de mer qui soulevaient le navire,'la parole fut transmise avec une parfaite netteté.
- La même année, le téléphone fut employé en Angleterre, dans des travaux effectués au
- Fig. 1018. — Soldat allemand muni du poste microtéléphonique Mix et Genest, de Berlin.
- fond de la rivière Wear, pour communiquer avec les ouvriers qui travaillaient dans les cloches à plongeur.
- Depuis 1886, les paquebots de la ligne de Port-Adélaïde (Australie du Sud), qui viennent à l’ancre au port de Largs-Bay, sont mis en communication avec les bureaux des Messageries Maritimes par une bouée téléphonique. Cette bouée, ancrée sur un fond de 10 mètres au moyen de deux chaînes, porte deux câbles attachés par des cordes, pour les empêcher de frotter sur le corps de la bouée. Ces câbles, qui ont chacun 2 kilomètres, aboutissent à la jetée et se prolongent jusqu’aux bureaux par des fils
- aériens. Chaque câble se termine par un isolateur en ébonite, portant une pointe de cuivre conique reliée avec l’àme conductrice. A bord du navire est un rouleau de fil Siemens n° 16» isolé et entouré de ruban. L’une des extrémités de chaque fil porte un anneau en bronze s a-daptant exactement sur la pointe de cuivre. Un canot envoyé par le navire établit et supprime facilement cette communication.
- Le téléphone convient parfaitement pour recueillir les bruits transmis par une ma.sse liquide. Un microphone, placé dans une caisse métallique étanche sur le fond de la mer ou suspendu entre deux eaux, fait entendre le br
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- causé par la marche d’un bâtiment à vapeur à plus de 200 mètres. De là la possibilité d’éviter les abordages en temps de brume. De même, les gardiens des phares ou des bateaux feux placés près d’écueils dangereux pourraient en-
- tendre la marche des navires qui s’en approchent et les prévenir par un signal d’alarme. Pour connaître la direction d’où vient le bruit perçu, on enferme le microphone dans une boîte de plomb à parois épaisses, percée d’une
- Fig. 1019. — Poste de navire.
- fenêtre, et l’on tourne cette boîte dans tous les sens. La direction du bruit est celle qui correspond au maximum d’intensité.
- D’après The Electrical World, M. Edison aurait éventé un appareil pour communiquer en mer sans fils conducteurs. Les signaux sont produits par un sifflet à vapeur. Un cornet acous-hque, placé au-dessous de la ligne de flottaison, recueille le son, et actionne une sonnerie
- électrique placée dans la chambre du capitaine.
- Statistique des communications téléphoniques. — Nous empruntons au Journal télégraphique publié par le bureau international de Berne les renseignements qui suivent : ils ont été complétés pour la France par la Direction générale des postes et télégraphes.
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- Statistique des communications téléphoniques en 1888.
- ÉTATS. LONGUEUR DES LIGNES en kilomètres. LONGUEUR DES FILS en kilomètres. NOMBRE de TÉLÉPHONES. POPULATION TOTALE des localités desservies. SUPERFICIE totale des localités desservies.
- Allemagne 9703 1 68 610 47 238 9984 125 4194,23
- Australie du Sud 117,530 2 691,920 1 150
- Autriche (Etat) 797,920 2085,630 2 185 3 1 130 407
- — (Compagnies privées) 1 558,500 14 743,3oo 4 4 850 2 124 600 4114'
- Belgique (Etat) 24 105
- — (Compagnies privées) ... 1 415 5 9 621 6 5214
- Danemark 171,210 7 3 921,830 1 906
- Espagne (Etat) 185 » 185 9 144
- — (Compagnies privées) 5638 io 11 276 il 9 362 12
- France 7 072,478 18 723,034 9 883
- Hongrie 191,261 13 3 061,n7 14 1635 796 891 263,076
- Indes-Britanniques (Etat) 416 13 1 477 fs 298
- Indes-Néerlandaises 60 1 9 7 4,500 848
- Indo-Chine (Etat) 11,860 30,320 17 28 18
- — (Compagnies privées) 33,001 19 92,240 56 . 70 721 6,100
- Italie (Compagnies privées) 2695,182 15 9 8 6,827 2 0 11 056 2 649 092
- Luxembourg 389 1 268 741 82 178 921,540
- Norwège 1 240,750 4 671,200 2 2 4 608 23 453 730 5,ioo
- Nouvelle-Zélande 2 249 139 387
- Russie (Etat) 206,510 1 322,046 25 592 26 530 000 125
- — (Compagnies privées) 1 614,456 13 1 36,801 27 4 970 28
- Sénégal. 6,689 6,689 15 29 31 000 15,500
- Siam 45,700 216 54 400 000 54
- Suède (Etat) 30 7 219 3 389 255 085
- — (Compagnies privées) 13 8S4 7 914 391 488
- — (Habitants) 15252 6 059 293 932
- Suisse 3 437,200 11 811,700 31 12 291
- OBSERVATIONS
- Pour la France: nombre de réseaux urbains et de réseaux annexes, 38. — Nombre d’abonnés 11 439. — Nombre de communications d’abonnés à abonnés 20,162,381. — Nombre de communications interurbaines 132 538.
- 1. Non compris 1217 fils spéciaux posés en vertu de conditions particulières; ils ont une longueur totale de 1 554 kil., un développement de 4 558 kil. desservant 2 460 postes d’abonnés avec 2 557 téléphones.
- 2. Lignes à double fil, 1904,42 kil., à savoir : Vienne, 1 018; Brünn, 22.84; Baden, 136,20; Yoslau, 78; Wr Neustadt, 188; Neunkirchen, 188; Reicheneau, 188; Liesing, 62 et Aussig-Teplitz, 23.88.
- 3. Microphones universels Berliner; en outre à Vienne 132 et à Brünn 22 appareils anti-inducteurs, système Rysselberghe.
- 4. Les lignes du réseau de Vienne consistent pour la plupart en doubles fils. Pour les autres réseaux, il y a un fil pour chaque communication.
- 5. Ce chiffre ne concerne que les réseaux de Namur, Louvain, Malines, Mons, Courtrai et Roulers.
- 6. A Namur, Louvain, Malines et Mons il est fait usage d’un fil par raccordement et de deux à Courtrai-Roulers ; en ce qui concerne les réseaux de la compagnie belge du Téléphone Bell, les renseignements à ce sujet font défaut.
- 7. Réseau de la ville de Copenhague. , .
- 8. Réseaux spéciaux de Barcelone, Bilbao, Cordoue, Madrid, Saint-Sébastien et Palencia affectés au service de l’État et desservis par le personnel des télégraphes, indépendamment des réseaux publics.
- 9. Un fil pour chaque communication.
- 10. Réseau d’Alcoy, d’Alicante, Barcelone, Bilbao, Cadix, Carthagène, Cordoue, Corogne, Félanix, Gijon, Madrid, Malaga, Murcie, Oviedo, Sabadell, Saint-Sébastien, Saragosse, Segovie, Seville, Valence et Valladolid.
- 11. Deux fils pour chaque communication.
- 12. Téléphones et microphones du système Ader. •
- 13. Réseaux d’Arad, Budapest, Debreczen, Nagyvârad, Pécs, Pozsony, Szeged, Temesvâr et Zâgrâb.
- 14. Un fil pour chaque communication.
- 15. Ces réseaux se répartissent en 34 localités.
- 16. Dont 3,760 kil. de câbles.
- 17. Deux fils pour chaque communication.
- 18. A savoir: 20 téléphones système Ader et 8 système Bréguet.
- 19. Ces renseignements concernent le réseau de la Compagnie des Téléphones de Saigon à Cholen, la ligne de tramways a vapeur de Saigon à Cbolen et 4 lignes d’intérét privé.
- 20. Un seul fil pour chaque communication dans tous les réseaux.
- 21. Un fil pour chaque communication. .................
- n. Un fil pour chaque communication.
- 23. " Divers systèmes : Bell-Blake, « Ericsson Bureau » à Christiana, Ader, Paterson et Bielu.
- 24. Chiffres approximatifs.
- 25. Un fil pour chaque communication.
- 26. ’ Systèmes Belle Blake, Ericsson.
- 27. Un fil pour chaque communication à l’exception de Libau, où il est fait usage de deux fils pour les abonnés de la ville.
- 28! Systèmes Bell-Blake, Ericsson et Stolporsay-Kapter,
- 29. Système Ader.
- 30. Aucune statistique n’a été établie. Il n’y a pas en Suède de lignes téléphoniques souterraines.
- 31. Un fil pour chaque communication.
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- TÉLËPHONOGRAPHE. — TELPHÉRAGE.
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- TÉLÉPHONOGRAPHE. — Appareil imaginé par M. Lagriffe, et composé d’un phonographe et d’un téléphone récepteur; on détermine dans ce dernier des vibrations assez intenses pour produire le gaufrage de la feuille d’étain du phonographe, qui reproduit les sons perçus par le téléphone.
- TÉLÉPHOTE. — Appareil transmettant à distance une image lumineuse.
- Diverses tentatives ont été faites pour obtenir la vision à distance par l’électricité. M. Sawyer propose d’employer comme transmetteur une spirale plate de fil fin de sélénium, placée dans une petite chambre noire. Un tube étroit, tournant rapidement en spirale devant le sélénium, de la périphérie au centre, projette successivement les différentes parties de l’image lumineuse sur les divers points de cette substance. La vitesse doit être telle que toutes les impressions lumineuses persistent sur la rétine pendant la course entière du tube projecteur de la périphérie au centre, de sorte que toute l’image soit visible à la fois. Les variations lumineuses produisent dans le sélénium des changements de résistance. D’autre part, le récepteur est constitué par une bobine d’induction, dont le fil primaire est relié avec la pile et avec le sélé-p.um, le fil secondaire avec deux pointes fines en platine, fixées très près l’une de l’autre, sur un index noirci tournant dans l’intérieur d’une petite chambre noire. Si les deux appareils sont parfaitement synchrones, si les variations de résistance du sélénium sont assez grandes et suffisamment instantanées, les étincelles d’induction pourront suivre les changements d’intensité de l’image, et la reproduire par leur superposition sur la rétine.
- M. Lazare Weiller a indiqué, en 1889, un autre procédé. Devant l’objet lumineux se meut un miroir tournant disposé d’une façon spéciale : c’est un plateau circulaire horizontal, tournant avec une vitesse de 30 tours à la minute autour d’un axe vertical passant par son centre, et dont la périphérie est couverte par 360 miroirs plans, faisant avec la surface horizontale des angles voisins de 90°, mais variant un peu de l’un à l’autre. Cet appareil projette successivement, et dans un temps très court, des rayons lumineux provenant de tout les points de l’obj et, sur une cellule de sélénium intercalée dans le courant de ligne qui aboutit, à l’autre poste, à un téléphone à gaz. Cet appareil consiste en un téléphone de Bell, dont le diaphragme est percé *1 un petit trou central. L’espace compris entre Ie diaphragme et le pôle de l’aimant reçoit un
- courant de gaz d’éclairage, qu’on allume au-dessus de l’orifice central. Les variations de résistance du sélénium font vibrer le téléphone, dont les mouvements se communiquent à la flamme. Un appareil tournant à miroirs, identique au premier, est éclairé par cette flamme, dont il projette la lumière sur un écran. On conçoit que, si les deux appareils tournants sont parfaitement synchrones, les vibrations de la flamme sont en quelque sorte analysées, et l’on pourra obtenir sur un écran la reproduction de l’objet lumineux.
- TÉLÉPHOTOGRAPHIE. — On donne ce nom à l’art de reproduire à distance une image lumineuse par l’électricité. On a proposé divers systèmes analogues aux télégraphes autographiques.
- M. Shedford Bidwell a imaginé, en 1881, un appareil qui diffère de ces télégraphes seulement par la manière de produire les interruptions au poste transmetteur. Le style de ce poste se meut sur une plaque de sélénium, sur laquelle on projette une image de l’objet lumineux. Suivant que la pointe passe sur des parties éclairées ou obscures, il se produit des variations d’intensité, qui donnent au récepteur des différences de teinte et reproduisent l’objet.
- TÉLÉRADIOPHONIE. — Méthode, télégraphique imaginée par M. Mercadier, et dans laquelle on fait usage de signes radiophoniques . On peut transmettre plusieurs signaux à la fois et dans un sens quelconque, d’où l’appareil est dit multiple auto-réversible.
- TELLURIQUE (Courant). — Voy. Courant.
- TELPHÉRAGE. — Du mot anglais telpher. Mode de transport de wagonnets par l’électricité, qui a été imaginé par M. Fleeming Jenkin, et qui n’exige aucune surveillance des trains. Ce système, étudié par l’auteur, avec la collaboration de MM. Ayrton et Perry, a été appliqué industriellement à Glynde (Sussex).
- La ligne est aérienne, pour des raisons qu’il est facile de comprendre; elle comporte deux câbles, qui supportent chacun les trains allant dans un sens. Ces câbles servent, en outre, à amener le courant jusqu’au moteur. Une ingénieuse disposition évite l’emploi d’un fil de retour. Pour cela, chaque ligne est composée de sections égales, isolées les unes des autres; mais chaque section d’une voie communique avec la section précédente et avec la section suivante de l’autre voie (fig. 1020). L’ensemble formedonedeux conducteurs continus,ABCDEF et A'B'C'D'E'F', reliés aux deux pôles de la dynamo M, et qui, en i’absence des trains, ne
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- TÉMOIN (Aimant). — TERRESTRE (Courant).
- reçoivent aucun courant, le circuit étant ouvert. Deux sections consécutives d’une même voie, par exemple CD et E'F', sont jointes par une petite portion de câble isolée.
- Les wagonnets ont leurs roues isolées. Les trains ont une longueur égale à celle d’une des sections de la voie, de sorte que les deux roues extrêmes se trouvent toujours sur deux sections
- A B C* D’ E F (F
- M X x~ V À_
- Â B’ C D E1 F’ G
- Fig. 1020. — Ligne double pour le telphérage.
- consécutives, sauf pendant le temps très court où elles passent d’une section à la suivante, et reposent sur les petites parties isolées. Ces roues sont reliées au moteur, qui est placé au milieu du train. Quand elles sont sur deux sections contiguës, elles ferment le circuit, et le moteur fonctionne. Lorsqu’elles passent sur deux sections isolées, le train continue sa marche, en vertu de la vitesse acquise, et atteint
- bientôt les sections voisines : le courant se rétablit alors, mais il a changé de sens, ce qui n’influe pas sur le sens de rotation du moteur, le courant se renversant'à la fois dans l’inducteur et dans l’induit.
- Pour que plusieurs trains puissent circuler à la fois, on établit une différence de potentiel constante aux bornes de la dynamo. Pour éviter que deux trains puissent se rejoindre, chaque
- Fig. 1021. — Telphérage.
- moteur est pourvu d’un régulateur à force centrifuge, qui rompt le circuit dès que la vitesse dépasse une certaine limite. La figure 1021 montre l’aspect du train et de la double ligne.
- M. Lartigue a imaginé un système de transport analogue, décrit à l’article Monorail.
- Ces systèmes présentent de nombreux avantages, et sont probablement destinés à se répandre dans l’industrie; économie dans la construction de la ligne et par la suppression de la surveillance des trains; facilité d’adapter à cet usage, avec une petite dépense, les lignes destinées à l’éclairage; utilisation, dans le jour, des dynamos servant le soir à produire la lumière ; application au chargement et au déchargement des bateaux, etc.
- TÉMOIN (Aimant). — Petit aimant correcteur placé dans les galvanomètres des télégraphes, pour maintenir l’aiguille dans le plan du cadre, lorsqu’il ne passe aucun courant.
- TEMPÊTE MAGNÉTIQUE. — Syn. d’ORAGE
- MAGNÉTIQUE.
- TENSION ÉLECTRIQUE. -- Yolta désignait par ce mot ce que nous appelons aujourdhui potentiel. Différence de tension est donc synonyme de différence de potentiel. Le mot ten-sion ayant été pris dans plusieurs sens diffe rents, il est préférable de l’abandonner.
- Montage en tension. — Voy. Montage e Couplage.
- TERRESTRE (Courant). — Voy. Magnétisme
- TERRESTRE.
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- THÉODOLITE MAGNÉTIQUE. — THERMO-ÉLECTRICITÉ.
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- THÉODOLITE MAGNÉTIQUE. — Appareil imaginé par M. Lamont, et servant à mesurer en voyage la déclinaison et l’inclinaison. Un aimant ab, protégé par un tube de verre Y, est suspendu par un fil de cocon et porte un miroir M, perpendiculaire à son axe (fig. 1022). A
- dien géographique. On peut ainsi calculer la déclinaison.
- Deux vis servent à régler la lunette.
- Le disque C, solidaire du tube T, tourne autour de l’axe vertical pour le réglage ; pour faire les lectures, on le fixe au disque qu’il surmonte par une vis de pression. Les vis calantes servent à rendre, avant toute autre opération, l’axe de rotation parfaitement vertical.
- Pour mesurer l’inclinaison, on fixe sur l’appareil un anneau de cuivre portant deux barreaux de fer doux verticaux, placés à 180° l’un de l’autre, sur le diamètre perpendiculaire au méridien magnétique. Ces deux barreaux sont disposés de façon que leurs actions sur l’aimant ab s’ajoutent et tendent à le faire dévier avec le même sens. On mesure la déviation a avec la lunette L, et l’on en déduit l’inclinaison. En effet, l’aimantation du barreau est proportionnelle à la composante verticale Z du champ terrestre, de même que l’action de ces barreaux, qui est dirigée perpendiculairement à l’aimant. Si H est la composante horizontale du champ, on a
- H sin a = k Z
- D’ailleurs on a (Voy. Champ terrestre)
- Z = Il tg i
- D’où
- . . 1 .
- tg l — ~jt sin «
- Fig. 1022. — Théodolite magnétique de Lamont.
- l'aide d’une lunette L, on observe la position de l’aimant par la méthode du miroir (voy. ce mot) ; mais la règle divisée est supprimée. La lunette porte près de l’oculaire une petite ouverture et, au-dessous, une plaque de verre inclinée à 45°, qui renvoie la lumière du ciel sur le réticule. Si la lunette est réglée pour l’infini, les rayons umis par ce réticule sont parallèles à la sortie de l’instrument, et reviennent, après, s’être réfléchis sur le miroir M, faire une image dans U plan même du réticule. Lorsque cette image coïncide avec le réticule lui-même, l’axe optique delà lunette est perpendiculaire au miroir et Pur suite parallèle à l’axe de l’aimant ab. On lit alors la position de la lunette sur le cercle gradué B, au moyen de deux verniers, fixés au disque qui porte cette lunette. On connaît ainsi e méridien magnétique.
- enlève ensuite la partie supérieure de appareil et l’on tourne la lunette de manière aviser une mise fixe ou une étoile, dont on Pmsse connaître la distance angulaire au méri-
- On détermine la constante k une fois pour toutes.
- THÉORIE ÉLECTRO-MAGNÉTIQUE DE LA LUMIÈRE. — Yoy. Lumière.
- THÉRAPEUTIQUE. — Bien qu’on ait songé depuis longtemps à employer l’électricité à la guérison des malades, cependant les applications thérapeutiques sérieuses ne datent que d’un petit nombre d’années. On trouvera les renseignements relatifs à ces applications aux mots Électrothérapie, Bain, Galvano-caustique, Électricité médicale, etc.
- THERMO-ÉLECTRICITÉ. — Transformation de l’énergie calorifique en électricité. Seebeck a montré en 1821 que si, dans un circuit formé de deux ou plusieurs métaux, on chauffe l’une des soudures, il se produit aussitôt une force électromotrice. On montre ce phénomène avec deux barreaux, l’un de bismuth B, l’autre G d’antimoine ou de cuivre (fig. 1023), soudés ensemble aux deux extrémités. En chauffant l’une des soudures avec une lampe ou même avec la main, on obtient un courant suffisamment énergique pour dévier une aiguille
- Dictionnaire d’électricité.
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- THERMO-ÉLECTRIQUE.
- aimantée placée entre les deux barreaux, et qui va de B en C à travers la soudure chaude. Le
- Fig. 1023. — Production d’électricité par la chaleur.
- bismuth est donc le pôle négatif, l’antimoine ou le cuivre le pôle positif. On trouvera plus haut (Yoy. Série thermo-électrique) la liste des métaux rangés dans un ordre tel que chacun d’eux représente un pôle négatif par rapport à ceux qui le suivent, un pôle positif par rapport à ceux qui précèdent. Ainsi le cuivre, qui est le pôle positif dans l’élément précédent, devient le pôle négatif dans le couple cuivre-fer. C’est là le principe des piles thermo-électriques.
- Inversion du courant. — Pour certains métaux, la force électromotrice augmente d’une façon continue avec la température de la soudure chaude. Mais, le plus souvent, cette force passe par un maximum, décroît ensuite et finit par s’annuler et changer de sens. L’inversion se produit d’ailleurs à une température variable, et qui dépasse autant le maximum que celui-ci dépasse la température de la soudure froide.
- Loi des températures successives. —> Si l’on porte les soudures d’un couple à des températures t0 et ti, puis à tf et t2, la somme des forces électromotrices développées dans ces deux cas est égale à la force obtenue entre les températures t0 et Cette loi peut s’écrire
- Eï»=Eî;+Efi
- Loi des métaux intermédiaires. — Si, dans un circuit, deux métaux AB sont séparés par un ou plusieurs métaux intermédiaires maintenus à f°, la force électromotrice est la même que si les deux métaux étaient unis directement et la soudure chauffée à t°.
- Il résulte de là que deux métaux peuvent être réunis à volonté directement ou par une
- soudure quelconque. De même, si l’on intercale dans un circuit un galvanomètre ou tout autre appareil, on n’introduira aucune force électro-motrice nouvelle, pourvu qu’il n’y ait aux points de contact aucune différence de température.
- Théorie des phénomènes thermo-électriques. — L’existence des courants thermo-électriques montre que les forces électromotrices de contact, découvertes par Volta, sont fonction de la température. Mais le phénomène de l’inversion montre que ces forces n’agissent pas seules. Il faut aussi tenir compte des différences de potentiel produites dans les conducteurs par les variations de température et qui donnent naissance aux effets Thomson. Ces différences n’ont pas d’action dans un conducteur homogène : la chute de potentiel et la chute de température sont symétriques de chaque côté du point chauffé. Mais, si le conducteur présente la moindre dissymétrie de part et d’autre de ce point, la variation de potentiel, pour un même abaissement de température, peut, en passant d’un côté à l’autre, changer de grandeur et même de signe. Ainsi Magnus a montré qu’on peut obtenir un courant avec un conducteur formé d’un seul métal, pourvu qu’il y ait dissymétrie, par exemple en enroulant en spirale une partie d’un fil de platine et chauffant une des extrémités de la spirale.
- THERMO-ÉLECTRIQUE. — Qui a rapporta la thermo-électricité.
- Chaîne thermo-électrique. — Chaîne formée par un certain nombre de métaux soudés bout à bout. La force électromotrice obtenue est donnée par la loi des métaux intermédiaires (Yoy. Thermo-électricité).
- Diagramme thermo-électrique. — Représentation graphique des phénomènes thermo-électriques. Si l’une des soudures est maintenue à 0°, on peut prendre pour abscisses les températures successives de l’autre soudure et pour ordonnées les forces électromotrices correspondantes. On obtient ainsi une parabole à axe vertical, qui coupe de nouveau l’axe des a; à la température d’inversion. La même courbe représente les phénomènes obtenus en portant la soudure froide à une température t différente de 0°, à condition de prendre pour axe des une parallèle au premier axe menée par le point de la courbe qui correspond à t°. C’est une con séquence de la loi des températures succès sives. On voit que la température du maximum est toujours la moyenne entre la température de la soudure froide et la température d invei sion. Enfin, si l’on construit la courbe des deu-
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- THERMO-GALVANOMÈTRE.
- métaux AB, et celle des deux métaux AC, la différence des deux ordonnées donne la force électromotrice du couple BC, d’après la loi des métaux intermédiaires.
- Échelle ou série thermo-électrique. — Voy. Série THERMO-ÉLECTRIQUE.
- Force thermo-électrique. — Force électro-motrice produite par l’action de la chaleur. Ces forces électromotrices sont très faibles : ainsi celle du couple bismuth-antimoine, qui est une des plus grandes, est égale à 0,0057 volt pour 0° et 100°. Cet inconvénient est compensé en partie par la résistance extrêmement petite de ces éléments, qui sont entièrement métalliques.
- M. Tait a trouvé que la force électromotrice est représentée en fonction de la température par la relation
- a étant un coefficient qui- dépend de la nature des métaux, G la température de la soudure froide, h celle de la soudure chaude, et t0 la température d’inversion.
- Entre certaines limites, on peut admettre que la force thermo-électrique est proportionnelle à t.2—L; ainsi pour le couple bismuth-anti-moine entre 0° et 100°.
- Pile thermo-électrique. — Voy. Pile.
- Pince et aiguille thermo-électriques. — Voy. Thermomètre.
- Pouvoir thermo-électrique. — On nomme pouvoir thermo-électrique la force électromotrice d’un couple thermo-électrique pour une différence de 1° G. entre les deux soudurés. Ce pouvoir varie avec la température moyenne des soudures. Les lois données à l’article Thermoélectricité s’appliquent aux pouvoirs thermo-électriques.
- Le tableau suivant, extrait des expériences de Matthiessen, donne le pouvoir thermo-électrique en unités magnétiques C.G. S. d’un certain nombre de couples, le plomb étant toujours tun des métaux. En divisant tous les nombres Par 100, on a les forces en microvolts. Ces résultats sont calculés pour une température Moyenne de 20° C.
- Table des pouvoirs thermo-électriques rapportés au plomb.
- *,er............................. — 1734 + 4,87 #
- ^!er............................. — 1139 + 3,28 t
- nage platine-iridium (?)... — 839 àtoutetemp.
- Alrge: Platine’ 95 5 iridium, 5.. — 622 + 0,55 t
- ülage: platine, 90 ; iridium, 10. — 596 +- 1,34 #
- — THERMO-MAGNÉTISME. 867
- Alliage: platine, 85; iridium, 15. — 709 + 0,63 t Alliage : platine, 85 ; iridium, 15. — 577 à toute temp.
- Platine malléable.......... -f- 61 + 1,10#
- Alliage platine et nickel.... — 544 + 1,10 #
- Platine écroui,.............. — 260 + 0,75 #
- Magnésium.................... — 224 + 0,95 #
- Argent allemand (maillechort) .. -f 1207 + 5,12 #
- Cadmium...................... — 266 — 4,29 #
- Zinc......................... — 234 — 2,40 #
- Argent.....................214— 1,50#
- Or......................... — 283 — 1,02 t
- Cuivre....................... — 136 — 0,95 #
- Plomb........................ o
- Étain........................ + 43 — 0,55 #
- Aluminium.................. -f- 77 — 0,39 #
- Palladium.................. -f 625 — 3,59 #
- Nickel jusqu’à 175° C....... -f 2204 -f 5,12 t
- — de 250 à 310° C......... + 8449 — 24,1 #
- au-dessus de 340° C... -f- 307 -4- 5,12 #
- THERMO-GALVANOMÈTRE. — M. d’Arsonval a donné ce nom au galvanomètre apériodique Deprez et d’Arsonval modifié pour l’étude de la chaleur rayonnante. Le cadre mobile est composé d’un seul tour de fil formé par moitié de deux métaux différents, cuivre et maillechort, soudés à leurs extrémités ; il est suspendu par un fil de cocon et porte un petit miroir à sa partie inférieure. Les autres parties ne sont pas modifiées.
- Dans un autre modèle, le cylindre central de fer doux est supprimé et le fil de cocon porte un petit couple cuivre-palladium, au bas duquel est fixé un petit miroir.
- Enfin un autre dispositif se compose de deux aimants en U, opposés par les pôles de même nom ; une lame de fer doux, placée entre ces aimants, renforce le champ magnétique; enfin le cadre mobile, qui entoure cette lame, est suspendu par deux fils métalliques qui conduisent le courant; un miroir concave sert à lire les déviations.
- THERMOGRAPHE. — Thermomètre enregistreur. — Voy. Thermomètre et Enregistreur.
- THERMO-MAGNÉTISME. — Production du magnétisme par l’action de la chaleur. M. H. Mestre a étudié cette question en 1881 en faisant passer alternativement dans un noyau de fer creux un courant de vapeur et un courant d’air froid. M. Maurice Leblanc a imaginé de faire tourner entre les pôles d’un aimant un disque en toile de fer dont une portion était chauffée par un foyer et l’autre refroidie par l’air. Ces deux systèmes n’ont pas donné de résultats pratiques. M. Edison a construit sur le même principe deux appareils dont on trouvera la description aux mots Générateur et Moteur pyromagnétiques; il n’a pas indiqué le rendement auquel il est parvenu.
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- THERMOMÈTRE ÉLECTRIQUE.
- THERMOMÈTRE ÉLECTRIQUE. — Il existe trois sortes de thermomètres électriques. Dans les premiers, la partie principale est une lame bimétallique, ou un tube rempli de liquide, etc., et n’a rien d’électrique. L’électricité sert seulement à transmettre les indications. D’autres sont fondés sur les propriétés des piles thermoélectriques. Enfin il existe des thermomètres fondés sur les variations de résistance.
- Le thermomètre (fig. 1024) appartient à la
- Fig. 1024. — Thermomètre électrique Richard.
- première catégorie. Un tube de Bourdon, en laiton mince et recourbé, est rempli d)alcool et porte un prolongement qui actionne une aiguille mobile sur un cadran.
- Lorsque la température tend à sortir de certaines limites, l’aiguille vient toucher l’un des deux contacts placés de chaque côté; dans chaque cas, elle ferme un circuit contenant une sonnerie, et l’on est averti que le maximum ou le minimum est atteint.
- La canne thermométrique (fig. 1025) sert à indiquer les variations de température dans un
- milieu fermé et peu accessible. Le réservoir est placé dans ce milieu : c’est un cylindre dans lequel se trouve une série de membranes métalliques montées les unes sur les autres. L’espace intermédiaire est rempli de liquide. La dernière membrane, qui totalise les mouvements de toutes les autres, est reliée à une tige centrale, placée dans un tube, qui établit un contact et met en marche une sonnerie indiquant soit les maxima, soit les minima, soit les deux. Cet appareil trouve son application dansles silos, cuves, magasins' à fourrage, chauffe-bains, etc. Nous avons indiqué d’autres dispositions analogues aux articles Avertisseur, Enregistreur, Indicateur.
- La pile thermo-électrique de Melloni constitue un thermomètre différentiel très sensible : l’une des faces étant maintenue à une température constante, 0° par exemple, le courant qui prend naissance augmente avec la température de l’autre face; il lui est même proportionnel dans des limites assez étendues. On pourra donc mesurer cette température, si le galvanomètre employé a été gradué préalablement.
- Mais la pile de Melloni n’est pas d’une forme commode pour la plupart des applications. On peut employer alors un certain nombre d’appareils fondés sur le même principe, mais d’une forme un peu différente.
- La pince thermo-électrique de Peltier se compose de deux éléments thermo-électriques séparés et disposés en série. Ces éléments sont montés de façon qu’on puisse saisir entre eux l’objet dont on veut mesurer la température, par exemple une barre métallique. Les courants qui se produisent aux deux soudures s’ajoutent et passent dans un galvanomètre.
- En médecine, on emploie quelquefois les thermomètres électriques, surtout pour avoir la température des surfaces, ce que ne donne pas le thermomètre ordinaire. On emploie alors deux éléments thermo-électriques, placés en opposition, et reliés avec un galvanomètre. Tel est le thermomètre de M. P. Redard (fig- 1026). Un disque en fer A est soudé avec deux fils, 1un D également en fer, l’autre E en maillechort.
- Un étui d’ébonite entoure ces deux fils. On a deux appareils identiques : l’un est applique sur la surface étudiée, l'autre est placé dans un tube contenant du mercure. Les deux fils de fer sont réunis par un conducteur également en fer, les fils de maillechort sont reliés par des fils de mai lechort ou de cuivre avec un galvanomètre faci
- lement transportable. On peut maintenir
- le tube
- de mercure à une température fixe et graduer
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- THERMOMÈTRE ÉLECTRIQUE. 869
- préalablement le galvanomètre, comme nous I d’élever la température du mercure jusqu’à ce l’avons indiqué plus haut. Mais il est préférable I que le galvanomètre reste au zéro. Cette tem-
- Fig. 1025. — Canne thermométrique exploratrice.
- pérature, indiquée par le thermomètre T, est I suffler de l’air par le tube C dans le man-celle que l’on cherche. La poire P sert à in- I chon qui entoure le mercure, lorsqu’il est né-
- ir
- Fig. 1026. — Thermomètre électrique du Dr P. Redard.
- cessaire de refroidir le liquide qu’il contient. ! Becquerel, sont formées aussi de deux élé-Les aiguilles thermo-électriques, imaginées par | ments montés en opposition ; mais chaque cou-
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- THERMOMÈTRE ÉLECTRIQUE.
- pie est formé de deux fils métalliques soudés par une extrémité. L’aiguille est à soudure médiane lorsque les deux fils, placés bout à bout, se trouvent de part et d’autre de la soudure. On se sert plus souvent aujourd’hui d’aiguilles à soudure terminale (fïg. 1027). Les deux fils de cuivre et de fer c et f, placés parallèlement, sont soudés sur une partie de leur longueur, puis on use l’extrémité commune S, de manière à la rendre pointue. Ce système permet d’introduire l’aiguille dans un corps présentant une certaine résistance.
- Les aiguilles peuvent servir encore à donner la température en des points difficilement accessibles, par exemple au sommet ou sur les branches d’un arbre, à l’intérieur du sol, etc.
- Fig. 1027. — Aiguille thermo-électrique à soudure
- La figure 1027 montre une aiguille S. implantée au sommet d’un arbre et montée en opposition avec une autre aiguille C, plongée dans un vase E rempli d’eau, dont le thermomètre T indique la température. G est un galvanomètre intercalé dans le circuit. Lorsque le galvanomètre est au zéro, le thermomètre T indique la température de l’aiguille S.
- Ces aiguilles sont surtout employées en physiologie : ainsi l’on a pu s’en servir pour comparer les températures du sang artériel et du sang veineux, celles du sang avant et après son passage dans une glande telle que le foie, la différence de température entre un muscle au repos et un muscle qui travaille, etc.
- «
- Fig. 1028. — Thermomètre de Riess.
- Il existe enfin des thermomètres fondés sur les variations de résistance. L’un des plus simples est celui de Siemens, qui a été appliqué à la mesure de la température du fond de la mer. Deux spirales de cuivre identiques AA', placées sur les branches correspondantes d’un pont de Wheatstone, étant d’abord à la même température, on amène le galvanomètre au zéro en faisant varier les résistances des deux autres branches. Puis on descend l’une des hélices A au fond de l’eau, et l’on ramène le galvanomètre au zéro en faisant varier la température de l’hélice A'. Quand l’équilibre est rétabli, la spirale A' a la même température que la première. M. A. Langley a imaginé un thermomètre fondé aussi sur les changements de résistance (Voy. Bolomètre).
- Enfin le thermomètre de M. Eichhorst est fondé sur les variations de résistance de l’étain. C’est un pont de Wheatstone ayant deux de ses branches formées de deux grilles d’étain très
- minces, fixées sur les deux faces d’une plaque épaisse d’ébonite ; les deux autres branches sont constituées par un fil divisé avec curseur mobile. Le galvanomètre est relié au curseur et à la jonction des deux grilles d’étain, la pile aux deux bouts du fil divisé. Lorsque l’une des grilles s’échauffe, sa résistance augmente et le galvanomètre est dévié.
- L’appareil ayant été gradué préalablement, on peut mesurer réchauffement. Ce thermomètre est très sensible : il suffit de placer la main à un mètre de l’une des grilles pour faire dévier l’aiguille. L’auteur l’a appliqué à l’étude de la radiation calorifique de la peau.
- Thermomètres de Kinnersley et de Riess. —* Kinnersley a construit un petit thermomètre a air qui montre la chaleur dégagée par l’étincelle ou par le passage d’un courant dans un fd métallique. On fait passer l’étincelle ou on tend le fil entre deux tiges'de métal dans un cylindre de verre, fermé à la partie inférieure
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- THERMO-MICROPHONE. — TORPILLE ÉLECTRIQUE.
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- par de l’eau qui s’élève à la même hauteur dans un tube latéral. La dilatation de l’air projette l’eau par le tube.
- Riess a perfectionné ce petit appareil pour mesurer la chaleur dégagée. Le fil S, relié par A et B avec la pile ou la batterie, est fixé dans une boule de verre communiquant avec un tube capillaire légèrement incliné et qui se relève en un tube vertical E beaucoup plus large. Le tube capillaire est rempli de liquide que l’augmentation de pression repousse sans le faire jaillir au dehors. Le déplacement du sommet de la colonne dans le tube incliné est proportionnel à la chaleur dégagée. En inclinant plus ou moins le tube, on fait] varier la sensibilité.
- THERMO-MICROPHONE. — Sorte de microphone inventé en 1885 par le Dr Ochorowicz. Les variations d’intensité du courant sont dues aux changements de résistance d’une agglomération de poussières métalliques sous l’influence des vibrations d’un diaphragme. Il faut que les poussières s’échauffent par le courant pour que l’appareil acquière sa sensibilité, d’où son nom. Le thermo-microphone fonctionne sans bobine d’induction.
- THERMO-MULTIPLICATEUR. — On désigne ainsi l’appareil employé par Nobili et Melloni pour l’étude de la chaleur rayonnante, et qui se compose d’une pile thermo-électrique (fig. 740) et d’un galvanomètre (fig. 375) des mêmes auteurs. L’ensemble de ces deux appareils forme un thermomètre différentiel très sensible. En effet, si l’une des faces de la pile est soumise à l'action d’une source de chaleur, il se produit une force électromotrice proportionnelle à la différence de température des deux faces, et l’appareil est le siège d’un courant dont le galvanomètre, gradué préalablement, indique l’intensité.
- Le rapport des intensités obtenues dans les différents cas est égal au rapport des élévations de température de la face de la pile qui est soumise à l’expérience.
- THERMOPHONE. — Yoy. Thermo-téléphone, thermoscope. — On donne ce nom à tout appareil servant à constater des variations de température. Le mici’otasimètre (Voy. Supplément) d’Édison est un bon thermoscope, car les Variations de température produisent dans le charbon des changements de pression.
- thermo-téléphone. — M. Preece donne ce nom à une sorte de téléphone formé d’un diaphragme, au centre duquel est fixé un fil de Platine très fin attaché par l’autre bout à l’inté-
- rieur du manche de l’appareil. Le courant envoyé par le transmetteur passe dans ce fil et y provoque, par ses variations d’intensité, des changements de température et par suite des dilatations et des contractions qui font vibrer le diaphragme.
- TISSAGE ÉLECTRIQUE. — On a essayé depuis longtemps d’appliquer l’électricité au tissage et de remplacer les cartons des métiers Jacquart par des interrupteurs agissant sur des électro-aimants. Cette disposition exigeait de la pile un travail trop considérable ; aussi n’a-t-elle pas donné de résultats sérieux.
- TONNERRE. — Bruit qui accompagne les éclairs. Bien que les décharges atmosphériques soient tout à fait comparables, aux dimensions près, à celles de nos machines, le tonnerre est constitué généralement par un roulement plus ou moins prolongé qui ne rappelle en rien le bruit sec que produisent nos appareils. Cette différence s’explique par la grande longueur des éclairs, qui fait que le bruit ne peut pas nous arriver simultanément de tous les points de la décharge. Les échos produits à la surface des nuages ou du sol contribuent aussi à prolonger le roulement, comme on le constate surtout dans les pays de montagnes.
- On entend ordinairement le tonnerre quelques instants après l’éclair : cet intervalle permet de calculer approximativement la distance de la décharge.
- TORPILLE. — Poisson muni d’un appareil électrogène (Voy. ce mot).
- TORPILLE ÉLECTRIQUE. — Les premiers essais pour appliquer l’électricité aux torpilles eurent lieu vers 1829. On se servit d’abord de la bobine de Ruhmkorff pour enflammer des torpilles à distance. Pendant la guerre austro-italienne, en 1866, les ports autrichiens étaient défendus par plusieurs lignes de torpilles assez rapprochées. Une lentille convergente et un prisme à réflexion totale donnaient, dans une chambre noire, une image horizontale du port, sur laquelle les positions des torpilles étaient figurées par des points noirs. Lorsqu’un vaisseau passait sur un de ces points, l’officier placé en observation n’avait qu’à appuyer sur la touche correspondante d’un clavier pour déterminer l’explosion de la torpille placée en ce point. Le même procédé a été appliqué à la défense de l’Escaut en aval d’Anvers.
- Signalons encore le procédé de mise de feu Maury, qui a l’avantage d’être automatique et d’écarter l’influence de l’émotion de l’opérateur ou des autres causes qui pourraient faire pro-
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- TORPILLE ÉLECTRIQUE.
- duire l’explosion mal à propos. Les fils qui partent de la pile K (flg. 1029) aboutissent aux deux stations PP', où ils sont reliés aux pieds métalliques des deux lunettes f±f2. Le pied de chaque lunette peut pivoter sur lui-même et porte une manette qui peut toucher les contacts 1,2, 3, .. ou 1', 2', 3',... Le circuit de chaque torpille aboutit en P et P' aux deux
- contacts de même numéro. Ces contacts sont placés de telle sorte qu’ils sont touchés par la manette lorsque la lunette vise la torpille correspondante. Les observateurs placés en P et P' suivent la marche du vaisseau en visant avec la lunette un point déterminé. Lorsque les deux lignes de visée se coupent sur la torpille 2, comme le montre la figure, le circuit de cette
- Fig. 1029. — Station télescopique à la Maury.
- torpille est fermé par les deux manettes et elle fait explosion.
- L’électricité joue un rôle plus important dans les torpilles automobiles dirigeables. Nous n’insisterons pas sur la torpille Whitehead, qui n’est pas dirigée par l’électricité.
- Le principe des torpilles dirigeables par l’électricité est dû au colonel Hennebert; mais,
- dans ce premier modèle, la torpille emportait la source d’électricité, de sorte qu’on perdait toute action sur elle.
- La torpille du colonel Lay, connue sous le nom de Lay's torpédo Boat, a été imaginée en 1872 et modifiée plusieurs fois. Elle a la forme d’un cigare aplati et se divise en quatre compartiments. Le premier A (flg. 1030) est la
- Fig. 1030. — Torpille électrique automobile du colonel Lay.
- chambre explosive et contient une grande quantité de poudre brisante. Cette chambre peut être remplacée, si l’on veut éviter la destruction de l’appareil, par une hampe portant à sa partie antérieure une torpille automatique R.
- En B se trouve un réservoir contenant 400 litres d’acide carbonique liquide et pouvant supporter une pression de 123 atmosphères. Cet acide peut être envoyé, au gré de l’opérateur,
- au moyen d’électro-aimants actionnés par des piles, soit dans la machine à cylindre oscillant qui commande l’arbre de l’hélice, soit dans la machine à cylindre fixe qui dirige le gouvernail. Ces machines sont placées dans le compartiment D. Des détendeurs spéciaux donnent à l’acide carbonique la pression convenable pour agir sur les machines.
- Enfin le compartiment C renferme un treui
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- TORPILLEUR ÉLECTRIQUE.
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- portant 4 kilomètres de câble double isolé. L’un des câbles ferme le circuit des piles sur les électro-aimants de la machine motrice, l’autre sur ceux de la machine du gouvernail.
- Cet appareil, qui présente des dispositions très ingénieuses, a l’inconvénient d’être très délicat. Son fonctionnement laisse souvent beaucoup à désirer; de plus il est fort coûteux (50000 à 60000 fr.). Enfin, comme il circule à une petite profondeur, le bouillonnement du gaz de la machine et le mouvement de l’hélice peuvent déceler facilement sa présence; il en résulte aussi qu’il attaque trop près de la ligne de flottaison, ce qui diminue beaucoup ses effets.
- Nous signalerons aussi la torpille Nordenfelt, qui est le type le plus récent. Son poids atteint 3000 kilogrammes; elle peut contenir 130 kilogrammes de dynamite. Tous ses organes sont mus par l’électricité. Un bateau la transporte au point voulu, d’où elle file en ligne droite, sans dévier, jusqu’au bout du câble.
- Les perfectionnements apportés récemment aux torpilleurs sous-marins enlèvent beaucoup d’intérêt à ces appareils. Cependant nous signalerons encore deux modèles qui viennent d’être mis à l’essai. La torpille SimsÉdison a la forme d’un fuseau allongé ; elle est solidement fixée au-dessous d’un flotteur, qui nage à la surface et peut porter des signaux quelconques, permettant de suivre la marche de l’appareil. La torpille elle-même est divisée en quatre parties, pesant chacune environ 200 kilogrammes. La portion antérieure contient l’explosif; la chambre suivante, qui est cylindrique, renferme une bobine de câble qui se déroule pendant la marche. Le troisième compartiment contient un moteur, que le câble relie à une dynamo placée à terre, et qui actionne l’hélice placée à l’arrière, et un électro-aimant polarisé qui commande le gouvernail placé au-dessus de l’hélice. Pour déterminer l’explosion, il suffit de renverser le courant. Dans les expériences d’essai, la torpille marchait avec une vitesse de 20 milles à l’heure.
- La torpille « Victoria », construite par MM. Heenan et Froude, est actionnée par un petit moteur à air comprimé, alimenté par un réservoir placé à l’avant, derrière le mélange explosif. Pour compenser la perte de poids due a la dépense d’air, quatre chambres, fermées par des pistons, s’ouvrent peu à peu et se remplissent d’eau. Une dynamo placée à terre commande le moteur et le gouvernail comme dans 1 appareil précédent. Un liquide phosphoré s’é-c°ule peu à peu et vient brûler à la surface de
- l’eau pour permettre de suivre la marche de la torpille.
- On donne encore le nom de torpille électrique à la petite expérience suivante : on place dans un vase de verre plein d’eau un fil fin de platine, dans lequel on lance la décharge d’une batterie électrique. Le liquide est projeté à une petite hauteur et le vase est brisé.
- TORPILLEUR ÉLECTRIQUE. — Bateau porte-torpille mû par l’électricité.
- Le torpilleur sous-marin système Goubet, qui était à l’origine mû par son équipage, a été ensuite rendu électrique. Le moteur est une petite dynamo Siemens d (fig. 1031), pesant seulement 180 à 200 kilogrammes et tenant fort peu de place. Elle marche à 48 volts et est alimentée par 30 accumulateurs pesant ensemble 1800 kilogrammes et placés à l’avant. Le débit est de 8,8 ampères. La puissance disponible est donc de 422,4 watts, ce qui donne environ 42 kilogrammètres par seconde; c’est la puissance nécessaire pour imprimer au bateau, complètement immergé, une vitesse de 5 nœuds à l’heure. 24 accumulateurs suffisent pour donner cette puissance ; les 6 autres servent de réserve. Cette batterie se charge en deux heures et peut marchera quatorze heures : on fait varier le nombre des accumulateurs en circuit suivant la vitesse qu’on veut obtenir. L’hélice peut être inclinée dans tous les sens sur l’axe du navire, au moyen d’une charnière articulée, placée entre le bateau et le support mobile de l’hélice; cette charnière est disposée de telle sorte que, lorsqu’on place l’hélice obliquement, l’angle qu’elle fait avec la charnière est égal à l’angle que fait celle-ci avec l’axe du bateau. Cette égalité d’angle est indispensable pour obtenir la régularité du mouvement par joints articulés. Par cette disposition, l’arbre de la machine ne subit aucun effort longitudinal, l’hélice peut se déplacer d’un quart de cercle de chaque côté de cet arbre et le mouvement reste régulier. Cette hélice mobile dispense de l’emploi d’un gouvernail et le torpilleur peut exécuter sur place toutes les évolutions nécessaires, même avec une très petite vitesse. Une enveloppe étanche préserve le manchon d’accouplement du contact de l’eau et l’hélice tourne toujours à eau vive.
- L’électricité sert en outre pour mettre le feu à la torpille, dont le levier se voit en T. m est la manivelle qui commande l’hélice-gouvernail.
- Des rames O, fixées de chaque côté, servent à faire mouvoir le bateau en cas d’avarie à l’appareil électrique.
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- Ces rames sont divisées en deux parties dis- | tinctes. La poignée levier se relie de l’intérieu
- avec la tige de la rame par un axe qui traverse I flancs du torpilleur. La tige de la rame est à une chappe en bronze fixée par des joints aux I fourche et chaque trou de cette fourche a une
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- TORPILLEUR ÉLECTRIQUE.
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- rainure dans laquelle vient se loger l’une des clavettes fixées sur l’arbre.
- La palette est formée de volets mobiles qui viennent s’appuyer l’un sur l’autre au moment du travail sur l’eau et'qui s’écartent lorsque la rame revient en sens contraire.
- Dans l’intérieur de la chappe, qui forme une sorte de poche s’ouvrant vers l’intérieur du bateau, se trouvent deux écrous en bronze avec garniture de caoutchouc faisant joint, pour empêcher l’infiltration de l’eau le long de Taxe.
- Quand le bateau est actionné par l’électricité, les rames sont appliquées le long dss flancs et ne gênent en rien la manœuvre.
- Ce torpilleur porte un certain nombre de dispositions ingénieuses sur lesquelles nous ne pouvons insister, parce qu’elles n’ont aucun rapport avec l’électricité. Lorsque le bateau s’incline en avant ou en arrière, un pendule A, placé au milieu, reste vertical et actionne la pompe avant dans le premier cas, la pompe arrière dans le second, pour faire passer l’eau d’un des compartiments dans l’autre et faire redresser l’embarcation.
- Un petit tube Z, muni de deux obturateurs rendus solidaires par un mécanisme convenable, permet de communiquer avec le navire ou le port voisin. On peut introduire dans ce tube une fusée qui monte rapidement à la surface de l’eau et y fait explosion, indiquant exactement la position du torpilleur. Le même tube peut servir à établir une communication téléphonique.
- Pour lancer une fusée-signal, on l’introduit dans le tube Z; l’obturateur supérieur est alors fermé et ampêche l’eau de pénétrer. Dès qu’on referme l’obturateur inférieur, l’autre s’ouvre, et la fusée, plus légère que l’eau, monte verticalement à la surface. Deux ailettes, plus légères encore que la fusée elle-même, l’entraînent dans cette ascension; à l’arrivée à la surface, elles se rabattent par leur poids, et font déclencher le percuteur : lafusée fait explosion.
- Le bruit de l’explosion peut être entendu plus ou moins loin, suivant la charge de la fusée. La nuit, on peut se servir de feux de couleur pour indiquer l’endroit et la profondeur où se trouve le torpilleur.
- Lorsqu’on ouvre de nouveau l’obturateur inférieur pour placer une autre fusée, la petite quantité d’eau qui avait remplacé la fusée précédente dans le tube Z est conduite par un petit tuyau dans les réservoirs, et la place se trouve libre.
- Lorsque le torpilleur a appelé un navire par l’emploi des fusées, il peut se mettre en communication téléphonique avec lui, en laissant monter par le tube Z une petite bouée qui porte un fil conducteur. Il peut même, en cas de manœuvre à portée du navire, rester en communication permanente avec lui.
- Enfin un poids de sûreté X, retenu par un écrou, peut être détaché facilement du bateau et permet à celui-ci de remonter à la surface dans tous les cas.
- La marine anglaise emploie le torpilleur sous-marin Waddington, qui est fusiforme et divisé en trois compartiments étanches par les cloisons BB. Les compartiments extrêmes CC contiennent une réserve d’air comprimé pour la respiration de l’épuipage, qui est composé de deux hommes (fig. 1032). Ces hommes se tiennent dans le compartiment médian, qui renferme les machines.
- Quarante-cinq accumulateurs, contenus dans les caisses D, actionnent quatre dynamos. La plus grande, qui absorbe 90 volts et 6o ampères, actionne l’hélice F cà 750 tours par minute. A grande vitesse, le bateau peut marcher dix heures en faisant 15 kilomètres à l’heure. Il peut fournir 200 kilomètres à vitesse moyenne, et 280 à petite vitesse. Deux autres petites dynamos commandent des hélices horizontales placées dans les conduits verticaux NN et servant à faire monter ou descendre le torpilleur, lorsqu’il est au repos. La quatrième dynamo fait marcher deux gouvernails horizontaux II, qui règlent la stabilité. Deux gouvernails verticaux servent à diriger le bateau, et des gouvernails latéraux, mus par le levier M, se placent sous différents angles pour maintenir le bateau ià la profondeur voulue. Les caisses à eau sont remplies à l’origine de manière que le kiosque émerge seul. Des garde-corps permettent de se tenir sur la coque.
- Outre une torpille électrique, ce bateau porte sur ses flancs deux torpilles automobiles Whi-tehead L, qu’on lance à 30 ou 40 mètres, quand les vaisseaux ne sont pas protégés par des filets.
- Nous signalerons enfin le torpilleur sous-marin le Gymnote, construit d’après les plans de Dupuy de Lôme et les indications de M. Zédé. Ce bateau, en forme de fuseau (fig. 1033) a 8,85 m. de long sur 2,10 m. de large; son déplacement est de 5 tonnes. 132 accumulateurs Com-melin-Desmazures, pesant 2300 kilogrammes, sont placés au centre. Un commutateur modifie le nombre des éléments employés et permet
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- TORPILLEUR ÉLECTRIQUE.
- d’obtenir quatre vitesses différentes pour la mar- Les accumulateurs actionnent une dynamo
- che en avant et deux pour la marche en arrière, multipolaire extrêmement légère, imaginée par
- o-k 1; i
- X X
- le capitaine A. Krebs. Ce moteur marche à fai- l’hélice, près de laquelle il est placé. Les ac ble vitesse et commande directement l’arbre de cumulateurs suffisent pour le faire tourner
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- TORSION MAGNÉTIQUE. — TOURNIQUET ÉLECTRIQUE.
- pendant plus de dix heures. Des gouvernails horizontaux permettent de diriger ce bateau entre deux eaux. Un tube coudé muni de mi-
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- roirs sert à observer au dehors. Enfin les réservoirs d’air comprimé et les autres détails de l’installation intérieure ne diffèrent pas sen-
- Fig. 1033. — Torpilleur sous-marin le Gymnote.
- siblement de ceux des torpilleurs précédemment décrits. Un certain nombre de torpilleurs du type Gymnote ont été mis en chantier.
- TORSION MAGNÉTIQUE. — Un fil de fer aimanté se tord dans un certain sens quand il est -traversé par un courant. Maxwell attribue ce phénomène à l’allongement provenant de l’aftnantation.
- TOURMALINE. — La tourmaline est un minéral assez complexe, formé par un groupe de silicoborates fluorifères d’alumine, dans lesquels domine tantôt la magnésie, tantôt le fer, avec accompagnement de manganèse, de chaux, de soude, de potasse et parfois de lithine. On y trouve souvent des traces d’acide phosphorique.
- La tourmaline est noire, brune, verte, bleue, rouge ou lie de vin; elle cristallise en prismes à six ou à neuf pans, ayant souvent une section triangulaire qui rappelle un triangle sphérique.
- En 1717, Lemery, Alpicus et Canton ont découvert que la tourmaline s’électrise quand on la chauffe (Voy. Pvroélectricité). En 1881, MM. Curie ont montré qu’elle s’électrise également par la pression.
- TOURNIQUET ÉLECTRIQUE. — Application du pouvoir des pointes, imaginée par Hamilton en 1760. Sur un pivot métallique, implanté sur une machine électrique, on pose une chape portant un certain nombre de tiges métalliques rayonnantes terminées en pointe et recourbées toutes dans le même sens (fig. 1034). Les molécules d’air voisines des pointes s’électrisent et les repoussent : l’appareil tourne donc en sens contraire des pointes. Ce petit instrument tourne également lorsqu’on le place dans le voisinage d’une machine électrique et qu’on le relie au sol.
- Dans le vide ou les gaz très raréfiés, l’appareil ne tourne plus. Si on le place sous une cloche de verre bien isolante, il tourné d’abord rapidement, puis s’arrête tout à fait. C’est que toutes les molécules du gaz intérieur finissent Par s’électriser et l’équilibre s’établit. En po-
- sant la main sur la cloche, on modifie la distribution intérieure et l’appareil recommence à tourner. Le tourniquet fonctionne dans les liquides isolants tels que l’huile d’olive, et ne
- Fig. 1034. — Tourniquet électrique.
- tourne pas dans les liquides conducteurs comme l’eau. Un grand nombre de physiciens ont étudié le tourniquet électrique et l’ont modifié, notamment MM. Neyreneuf, Ruhmkorff, Bichat.
- Quelle que soit la disposition donnée à l’expérience, l’explication est la même. L’appareil ne tourne que s’il se produit quelque part des fuites d’électricité, et le sens de la rotation est déterminé par la direction du vent électrique.
- C’est ainsi que s’expliquent les expériences suivantes de M. Neyreneuf, Si l’on prend un tourniquet formé d’une seule aiguille, terminée d’un côté par une boule, de l’autre par une pointe recourbée, et qu’on le pose sur une pointe conductrice placée au milieu d'un disque conducteur relié avec une machine électrique, l’appareil tourne à la manière ordinaire, c’est-à-dire en sens inverse de la pointe. Si au contraire on place l’appareil dans une position excentrique, il peut rester immobile, ou se déplacer dans un sens quelconque pour atteindre une position d’équilibre, ou se mettre
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- TRACTION ÉLECTRIQUE.
- à tourner dans la direction de la pointe. Si l’on place ce tourniquet, communiquant avec le sol, en face d’un conducteur électrisé, on peut obtenir encore les mêmes effets.
- Si l’on garnit les pointes du tourniquet avec des boules de moelle de sureau, l’appareil tourne dans le sens ordinaire et à peu près avec la même vitesse. Si l’on emploie des boules isolantes, la rotation se ralentit notablement et peut même changer de sens.
- Le vent électrique se produit suivant la ligne de force et n’est pas nécessairement dans la direction de la pointe. Ruhmkorff l’a montré au moyen d’une sorte de tourniquet formé d’un disque de mica tournant sur une pointe verticale, fixée elle-même au centre d’une plaque d’ébonite. Cette plaque porte en outre deux tiges verticales, situées dans un même plan avec l’axe de rotation. Ces tiges se terminent en pointe à la partie supérieure et communiquent respectivement par la partie inférieure avec deux tiges horizontales dont l’une est effilée et l’autre arrondie.
- Si l’on prend à la main la tige arrondie et qu’on approche la tige effiilée du conducteur d’une machine qui donne de l’électricité positive, la tige effilée laisse échapper de l’électricité négative, et la pointe avec laquelle elle communique donne de l’électricité positive, qui charge la lame de mica. L’autre pointe verticale, qui est reliée avec le sol, donne de même de l’électricité négative.
- Si tout est symétrique par rapport au plan des deux tiges, le disque de mica est en équilibre; si on le déplace un peu dans un sens quelconque, il continue à tourner avec une vitesse croissante. Mais, si l’on place l’appareil de sorte que le plan des tiges soit oblique par rapport au conducteur, l’électricité s’écoule des pointes verticales obliquement par rapport au plan de symétrie. L’appareil se met à tourner dans un sens déterminé et reprend bientôt son mouvement, si on essaie de le faire tourner en sens contraire. Dans cette rotation, la partie des disques voisine de la pointe négative doit s’éloigner du conducteur de la machine.
- TRACTION ÉLECTRIQUE. - Le problème de la traction des véhicules par l’électricité présente un grand intérêt. L’électricité offrirait dans les villes l’avantage inappréciable de supprimer la fumée. En outre, les locomotives des chemins de fer et surtout des tramways donnant un rendement très inférieur à celui des machines à vapeur perfectionnées à grande détente, l’électricité pourrait arriver facilement
- à donner une économie sérieuse. Enfin cette économie serait encore plus sensible dans le cas où l’on pourrait utiliser des forces naturelles, telles que chutes d’eau, etc. De plus, la traction électrique présenterait dans les villes d’autres avantages ; les voitures, pouvant effectuer par jour un nombre de kilomètres plus considérable, ne nécessiteraient pas un matériel aussi important, et la surface occupée actuellement par les dépôts pourrait être diminuée dans une proportion de 40 p. 100, la place nécessaire étant beaucoup moins grande qu’avec les chevaux.
- Les chemins de fer électriques, déjà très répandus aux États-Unis, sont peu nombreux en Europe. Un certain nombre de tentatives ont cependant été faites, mais elles s’appliquent seulement à des trains composés d’une, ou deux voitures et sur des trajets de petite longueur : ce sont donc en réalité des tramways (Yoy. ce mot). Les systèmes employés sont nombreux, mais leur installation est encore trop récente pour qu’on puisse se prononcer sur leurs avantages et leurs défauts respectifs, ainsi que sur le prix de revient.
- Puissance de traction. — M. Hospitalier donne les renseignements suivants sur la puissance de traction nécessaire pour mettre en marche un véhicule. Cette puissance est
- P = KFr
- v étant la vitesse, F le poids du véhicule et K le coefficient de traction. Le produit K F est l’effort de traction, c’est-à-dire l’effort horizontal nécessaire pour maintenir le véhicule à la vitesse v. D’après le général Morin, K est égal pour les tramways à 1 ou 2 p. 100, suivant que la voie est propre ou sale, pour les chemins de fer à 0,05 p. 100. Si la voie, au lieu d’être en palier, présente une rampe, il faut en tenir compte. Pour cela, on ajoute au terme précèdent la puissance nécessaire pour soulever le véhicule de la hauteur delà rampe. Si la rampe est de n centimètres par mètre, la voiture s e-lève de nv centimètres par seconde, ce qui donne
- 100
- Pour un véhicule pesant 1000 kilog., ayant une vitesse de 3 mètres par seconde, sur une rampe de 1 centimètre par mètre, le coefficient de traction étant 2 p. 100, on a
- P =0,02x1000x3 = 60 kg ni.
- P'= 0,03 X 1000 = 30 kgm.
- p + P =90 kgm.
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- TRAMWAY ÉLECTRIQUE.
- Le moteur doit fournir 90 kilogrammes par seconde.
- traducteur. — Organe du récepteur du télégraphe multiple de Baudot, qui reçoit la combinaison de signaux produite par les relais et la traduit en un caractère imprimé (Voy. Télégraphe).
- TRAMWAY ÉLECTRIQUE. — Tramway mû par l’électricité. Deux systèmes principaux peuvent être employés : tantôt l’on produit l’électricité dans une station, placée en un point quelconque du parcours, et on envoie le courant au moteur placé sur la voiture. On peut au contraire alimenter le moteur par une batterie d’accumulateurs chargée à l’usine et placée sur le véhicule. Chacun de ces deux systèmes peut se prêter à plusieurs dispositions différentes, que nous allons indiquer successivement.
- Tramways alimentés par une machine fixe.
- — Le courant de la dynamo peut être conduit au moteur par différents procédés, que M. Rec-kenzaun classe de la manière suivante :
- 1° Les rails servent de conducteurs au courant.
- — Ce système a été proposé le premier par MM. Siemens et Halske pour la traction des tramways. Les essieux sont isolés des roues, et le moteur communique avec les rails par des balais ou des galets qui frottent ou qui roulent sur leur surface. La première application a été faite à l’exposition industrielle de Berlin en 1819.
- Ce système se recommande au point de vue la simplicité et de l’économie ; mais il exige un emplacement séparé dos rues et des autres voies, et les rails sont difficiles à isoler.
- Un tramway de ce genre fut installé en 1881 entre l’École centrale militaire et la gare de Lichterfelde, sur le chemin de fer de Berlin à Anhalt. La ligne avait 2400 mètres de longuenr. L’usine est à 806 mètres environ de la station de Lichterfelde : le courant, de 100 volts, est produit par deux dynamos Siemens, alimentées par deux machines à vapeur de six chevaux. Les jours ordinaires, on n’emploie qu’une machine, actionnant une seule voiture de vingt-quatre places, qui pèse à vide 3200 kilogrammes et fait vingt-quatre voyages par jour. Le parcours dure huit minutes. Les jours de fête, on emploie les deux dynamos et deux voitures. Ues rails sont posés le long de la route ou dans les champs, sur des traverses ordinaires en bois, sans aucucune précaution spéciale pour l’isolement. A la traversée des routes, ils sont isolés et le courant passe par des conducteurs
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- souterrains. La force électromotrice est trop faible pour être dangereuse.
- Cette ligne a été prolongée en 1890 de 1,3 kilomètre; le courant est amené à cette nouvelle partie de la ligne non plus par les rails, mais par des conducteurs aériens. Nous donnons plus loin la vue de cette disposition.
- Là ligne de Brighton fonctionne depuis 1884 entre l’entrée de l’aquarium et la jetée, sur une distance de 400 mètres; depuis cette époque, elle a été prolongée jusqu’à Kemptown, sur une longueur de 1600 mètres. L’usine comprend un moteur à gaz de douze chevaux et une dynamo compound de Siemens, donnant 160 volts. Les traverses des rails sont placées sur le galet de la plage, sans autre précaution. La ligne présente deux rampes assez fortes. On emploie une voiture les jours ordinaires, deux les jours de fête. Chaque voiture contient trente personnes et pèse 3230 kilogrammes avec les voyageurs. La vitesse est de 12,8 kilomètres à l’heure. La dépense de traction s’élèverait seulement à 12,3 centimes par voiture et par kilomètre.
- Le tramway Siemens a figuré de nouveau à l’exposition d’électricité de Vienne (Autriche) en 1883, avec quelques perfectionnements destinés à éviter les changements de vitesse dans les rampes et dans les pentes. Deux dynamos Siemens étaient placées à l’une des extrémités du parcours. A l’exposition de Berlin, le courant était amené par un rail central isolé et retournait à la génératrice par les deux rails latéraux. A Vienne, il n’y avait que deux rails, isolés tous deux, et constituant avec la génératrice et la réceptrice un circuit fermé et complètement métallique. Des balais établissaient le contact; un commutateur à manivelle servait pour la mise en marche : pendant cette manœuvre, le courant traversait d’abord une résistance décroissante, pour éviter les étincelles; l’inverse avait lieu pour l’arrêt. La force électromotrice était de 130 volts. La ligne avait 1528 mètres de longueur.
- M. Ries a remarqué que le passage du courant à travers les rails augmente l’adhérence des roues, pourvu que la vitesse ne dépasse pas une certaine limite. Il attribue cet effet à un changement moléculaire des surfaces dû à la grande quantité de chaleur dégagée. Il a proposé plusieurs moyens pour utiliser cette adhérence, notamment l’emploi d’un courant d’une intensité suffisante traversant un fil métallique qui entoure les essieux du véhicule. Cette méthode donne de bons résultats.
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- 2° Un rail central isolé amène le courant ; le retour se fait par les rails ordinaires. Ce procédé, qui a figuré pour la première fois au tramway de l’Exposition de Berlin, a été appliqué par MM. Siemens en septembre 1883 à la ligne qui relie Portrush à Bushmills, dans le nord de l’Irlande, sur une longueur de 9600 mètres, et qui vient d’être prolongée jusqu’à la Chaussée-du-Géant. C’est actuellement la plus longue ligne électrique. Deux turbines de 50 chevaux, installées sur la rivière Bush, à 1450 mètres de la ligne, actionnent les dynamos, qui donnent un courant de 250 volts.
- Le rail central est constitué par un fer en T, isolé et supporté par des poteaux de bois à 43 centimètres au-dessus du sol. Deux ressorts en acier, frottant sur ce rail4 communiquent avec le moteur Siemens placé sur la voiture. Le courant retourne à la génératrice par les rails latéraux, qui sont soigneusement isolés du sol. Les dépenses d’exploitation s’élèvent à Ofr. 187 par kilomètre et par voiture.
- Une autre ligne du même système a été établie en Irlande en septembre 1885 entre Bess-brook et Nevry, sur une longueur de 4800 mètres. Une turbine de 62 chevaux actionne deux dynamos du système Edison-Hopkinson. Chaque train se compose d’une voiture électrique, portant trente-huit voyageurs et pesant 8000 kilog., et qui remorque trois wagons de marchandises pesant chacun 2000 kilog. Les dépenses s’élèvent à 0 fr. 25 par kilomètre et par train formé d’une voiture et de six wagons.
- Plusieurs systèmes américains rentrent dans la même catégorie. Dans le système Sprague, le rail central, placé à 10 centimètres au-dessus du sol, est coupé aux aiguilles et points de croisement et divisé en tronçons de 160 à 180 mètres ; les extrémités de chaque section sont en rapport avec un gros conducteur isolé, qui amène le courant et qui accompagne le rail sur toute sa longueur. Le courant suit ce conducteur, pénètre dans la section du rail qui porte une voiture, passe par deux roues de bronze qui roulent sur le rail, par le moteur, et retourne à la génératrice parles rails latéraux. Le sectionnement de la ligne permet, en cas de contact ou d’accident, de supprimer la partie endommagée sans nuire au reste de la voie.
- Dans le procédé Field, la roue qui prend le courant sur le rail isolé peut tourner autour d’un axe vertical, de sorte qu’on peut amener son plan, qui passe ordinairement par le rail, à être perpendiculaire à celui-ci tout en restant vertical. La roue agit alors comme une brosse
- et décape le rail. Le réglage des balais du moteur s’effectue automatiquement (Voy. Balai page 75).
- Dans le système Daft, le rail central, en acier repose sur des tasseaux de bois dur saturé d’asphalte. Le courant est pris par un galet en bronze phosphoreux relié au moteur, qui est généralement placé sur un truc spécial. Le système Daft a été appliqué le premier industriellement aux États-Unis ; il fonctionne depuis 1885 à Baltimore, où l’on a transporté, de septembre 1885 à mai 1886, 188591 voyageurs. Chaque train pèse 7810 kilog., dont 2270 pour le truc locomoteur, 2270 pour les voitures et 3270 pour les cinquante voyageurs. Le prix moyen de traction est 2,5 centimes par kilomètre et par voyageur, au lieu de 4,2 centimes, prix de la traction par chevaux.
- 3° Le courant est amené par un câble isolé et des sections de rails, et le retour se fait par les rails ordinaires= Dans ce procédé, le rail central se compose de tronçons isolés qui n’entrent dans le circuit qu’au moment du passage de la voiture et ne sont pas électrisés en temps ordinaire. Tels sont les systèmes de MM. Ayrton et Perry, de MM. Pollak et Biswanger. Ces inventeurs se sont proposé d’éviter les pertes de courant dues à un isolement défectueux, mais ils emploient des organes délicats, trop faciles à endommager. Ces procédés n’ont encore reçu aucune application.
- Le système de M. Lineff, mis à l’essai en mai et juin 1890, paraît plus robuste et destiné à donner des résultats plus pratiques. Le courant est amené par un conducteur formé de deux câbles ou tringles et reposant dans des pièces en terre d’une forme spéciale ; le tout est placé dans le sol, à une petite profondeur. Sur ce conducteur repose une bande continue de fer galvanisé, destinée à établir le contact au passage du véhicule. Le rail est double et forme de tronçons d’environ un mètre, isolés les uns des autres. Le rail le plus gros arrive au niveau du sol ; il est placé à l’intérieur de la voie, au milieu ou près des rails latéraux. Le plus petit est complètement enterré ; il est placé à cote du premier, et relié avec lui par des boulons en laiton, qui établissent une communication électrique, mais non magnétique. Le second rail sert à augmenter l’attraction magnétique du premier.
- La voiture porte un électro-aimant monté sur un petit chariot indépendant, et dont les pôles sont très voisins du rail isolé ; deux roues rou lent sur le rail central, et établissent le contact
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- TRAMWAY ÉLECTRIQUE.
- électrique; la troisième, beaucoup plus petite que les roues du véhicule* est placée sur l’un des rails ordinaires. Au passage de la voiture, l’électro aimante un petit nombre de tronçons du rail double ; ces tronçons attirent la bande de fer galvanisé, qui se soulève et vient les toucher, les mettant en communication avec la dynamo ; le courant passe dans le moteur et retourne à la génératrice par les rails ordinaires. Le rail isolé n’est porté au potentiel du conducteur souterrain que sur une longueur d’environ 6 mètres, inférieure à la longueur totale du véhicule. On peut donc le toucher sans aucun danger. L’électro-aimant reçoit le courant principal, mais, à cause de sa grande résistance, il n’en absorbe qu’une très faible partie. Un accumulateur, placé sur la voiture, actionne l’électro-aimant au cas où la bande de fer, par un accident quelconque, retomberait sur le conducteur souterrain. Le fer est galvanisé pour empêcher qu’il adhère au double rail par l’effet du magnétisme rémanent.
- Dans cette catégorie rentre encore le projet très original de chemin de fer métropolitain présenté par M. Berlier au conseil municipal de Paris, et désigné sous le nom de tramway tubulaire souterrain. Ce tramway comprendrait trois lignes, allant l’une de la place de la Concorde au bois de Boulogne avec cinq stations, la seconde de la place de la Concorde à la Bastille par la rue Royale et les grands boulevards, la troisième de la place de la Concorde à Vincennes ; cette dernière se relierait à la précédente à la gare de la Bastille. Le trajet serait complètement souterrain, sauf pour la traversée du bassin de l’Arsenal, qui se ferait en viaduc. Le trajet comprend un tunnel cylindrique formé de plaques métalliques égales, se raccordant pour former des anneaux circulaires qui se placent bout à bout. Le diamètre intérieur libre est de 5,60 m.
- L’assemblage se fait à l’intérieur, et la surface extérieure est parfaitement lisse.
- Le tunnel ainsi obtenu est complètement Manche et son sommet peut être placé à moins d un mètre au-dessous du sol.
- La ventilation est assurée par des colonnes semblables aux colonnes-affiches et dont la Partie supérieure est formée par une grille supportant le toit.
- Les stations sont constituées par des excava-hons de 15 mètres de largeur sur 25 à 30 mètres de longueur, entourées par des murs épais de soutènement et recouvertes d’un plafond constitué Par des poutres de fer et des voûtes de briques.
- Dictionnaire d’électricité.
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- Les quais sont de plain-pied avec le plancher des voitures ; un escalier, couvert d’une construction légère, débouche sur le trottoir de la rue.
- Le courant est fourni par des usines situées vers le milieu du parcours, et le retour se fait par les rails et le tube.
- Le tunnel contient deux voies. Les voitures sont munies d’un moteur assez puissant pour pouvoir, au besoin, remorquer une seconde voiture. Le tunnel et les voitures sont éclairés à la lumière électrique.
- Les devis indiquent une dépense de 2269 fr. par mètre courant du tunnel, plus 200000 fr. par station, ce qui donne un total de 54 millions. Les tarifs seraient les mêmes que ceux de la Compagnie des Omnibus.
- 4° Le courant est amené par un conducteur souterrain placé dans un tuyau; le retour se fait par les rails.
- Le défaut de ce procédé, c’est l’orifice qui laisse passer le collecteur de la voiture, et par iequel l’eau et la boue s’introduisent nécessairement dans le tuyau, ce qui peut nuire à l’isolement et au bon contact du collecteur. Un certain nombre d’inventenrs ont cherché à fermer cet orifice plus ou moins complètement.
- Ce système, présenté à l’Exposition des inventions, à Londres, en 1886, par M. Holroyd Smith, a été appliqué par lui sur la ligne de Blackpool, dont la longueur totale est 3 200 mètres. L’usine, placée vers le milieu de la ligne, possède deux machines à vapeur de 25 chevaux chacune, actionnant 4 dynamos Elwell-Parker montées en dérivation et donnant un courant de 220 volts. Le conducteur est formé de deux tubes de cuivre elliptiques, portés par des tenons en fer fixés à des isolateurs en porcelaine, qui sont portés eux-mêmes par des blocs de bois créo-soté. L’intervalle des deux tubes de cuivre forme une rainure par laquelle la boue et l’eau peuvent tomber au fond du conduit. Dans cette rainure passe le collecteur, relié à la voiture par des courroies qui cassent facilement, en cas d’obstruction du conducteur, sans que le reste du véhicule soit endommagé. L’isolement du conducteur laisse à désirer. M. Smith estime à 7,2 chevaux les pertes provenant de ce chef. D’après lui, les dépenses d’exploitation ne dépassent pas 25 centimes par kilomètre et par voiture.
- Les systèmes de MM. Frank Wynne, Irish, Allsop, Bentley, Knight et Short-Nesmith rentrent dans la même catégorie. Les trois derniers sont appliqués aux États-Unis.
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- Le système du conducteur souterrain a été appliqué aussi par MM. Siemens et Halske en 1887 dans la ville de Buda-Pesth, sur une ligne de 10 kilomètres, dont les travaux d’achèvement sont encore en cours. Le conducteur est placé dans un conduit souterrain en maçonnerie (fig. 1035), maintenu par des supports en fonte. Ce conduit est placé au-dessous, de l’un des rails, qui est percé d’une fente destinée à
- laisser passer le piston. Le conducteur, en fer est formé d’un tnbe divisé longitudinalement en deux parties, comme dans le système Hol-royd Smith; ces deux pièces, de forme angulaire, sont fixées aux supports de fonte par des isolateurs, qui se voient au premier plan. L’intérieur du conduit est garni de béton.
- 5° Le courant est amené par des conducteurs aériens et le retour se fait par les rails. — Le
- Fig. 1035. — Coupe de la ligne à conducteur souterrain de Buda-Pesth.
- conducteur peut être formé soit d’un tube creux, dans lequel glisse un piston relié à la voiture, soit de barres métalliques sur lesquelles frottent des galets. Il est, dans tous les cas, soutenu par des poteaux munis d’isolateurs. Ce système, peu employé en Europe, est assez répandu en Amérique. Il est simple et facile à installer, mais paraît impraticable dans les rues très fréquentées des grandes villes.
- Ce système a été appliqué par MM. Siemens au tramway de l'Exposition d’électricité de
- Paris, en 1881, qui allait de la place de la Concorde au Palais de l’Industrie (longueur 500 m.). Le courant d’une machine Siemens, placée dans le Palais, était amené par un double conducteur aérien, formé de deux tubes parai lèles en laiton, fendus à la partie inférieure, et soutenus par des poteaux. Dans chacun de ces tubes glissait un cylindre de laiton porté slU deux tiges verticales; de plus, ces tiges trader saient à frottement doux une traverse horizon taie portant un galet, que deux ressorts
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- boudin appuyaient contre le tube. L’un de ces conducteurs amenait le courant à la réceptrice, l’autre servait pour le retour. La vitesse était réglée par un rhéostat.
- Le système du conducte ur aérien a été appliqué au tramway de Mœdling, près devienne, en 1883. L’usine, située à Mœdling, a 6 dynamos com-pound Siemens, donnant 500 volts aux bornes, et 390 à l’extrémité opposée de la ligne, qui a
- 4480 mètres de longueur. Le parcours est très sinueux. Les poteaux ont 5,40 m. de hauteur, et sont espacés de 27 mètres, sauf dans les courbes, où ils sont plus rapprochés. Les conducteurs sont encore des tubes fendus, bien polis à l’intérieur, et maintenus par des haubans. Le chariot de contact est formé d’une pièce flexible en acier, sur laquelle sont montés trois pistons en bronze, formés de deux moitiés séparées, entre
- Fig. i03G. — Tramway électrique de Lichterfelde, système Siemens (nouveau type).
- desquelles se trouvent des ressorts pour les appuyer contre les parois. Les pistons doivent être changés tous les deux mois. En hiver, une hjnamo suffit à l’exploitation ; mais les six fonctionnent en été. La dépense moyenne est de centimes par kilomètre-voiture.
- La ligne de Francfort-sur-le-Mein à Offenbach, établie en avril 1884, offre la même disposition. e chariot porte deux pistons pleins en fer, sans ressorts intérieurs, qu’il faut renouveler tous les ^is- La ligne a 6 560 mètres; elle est à double
- voie. Il y a des départs toutes les vingt minutes, Le matériel comprend quatorze voitures, dont dix avec moteur électrique, pouvant toutes recevoir vingt-quatre personnes. Les premières pèsent, à vide, 2 500 kilogrammes, les autres 4000 kilogrammes. L’usine est au milieu de la ligne, au village d’Oberrad; elle possède deux machines à vapeur horizontales de 120 chevaux, actionnant quatre dynamos Siemens, qui donnent un courant de 300 volts. En 1886, ce tramway a transporté neuf cent quatre-vingt-
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- dix mille trois cent vingt-huit voyageurs. La dépense est de 24 centimes par kilomètre-voiture.
- Le même système a été appliqué encore par la maison Siemens au prolongement delà ligne de Lichterfelde, qui a été étendue en 1890 de 1,5 kilomètre. Le conducteur (fig. 1036) est soutenu par des fils transversaux fixés à des
- isolateurs de porcelaine, que portent des poteaux de bois disposés de chaque côté de la route. Les voitures sont munies de deux cadres rectangulaires qui glissent sur le conducteur pour prendre le courant.
- Aux États-Unis, les conducteurs aériens sont employés par M. Yan Depoële et par MM. Thomson et Houston. Ce dernier système figurait à
- Fig. 1037. — Dynamo Thomson-Houston pour la traction des tramways.
- l’Exposition de 1889, section des chemins de fer (classe 61). L'a « Thomson-Houston-Electric-Company » s’est bornée d’abord à exploiter le système Yan Depoële, puis elle l’a modifié peu à peu.
- Les dynamos employées aux stations sont construites pour donner une différence de potentiel constante (fig. 1037). Les inducteurs sont à enroulement compound : le fil en dérivation est enroulé à la manière ordinaire, mais l’en-
- roulement en série est constitué par une bobine séparée, de forme particulière, qui entoure comme un cadre les extrémités des seules pièces polaires, et enferme l’armature. Dans le» conditions normales, les inducteurs n absor bent pas plus de 1 p. 100 de l’énergie totale. a même disposition est appliquée aux dynamos pour l’incandescence (fig. 576). Les pièces polaires entourent complètement l’armature, dont la section est presque carrée. Des coupe
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- circuits fusibles sont placés sur la machine, à porigine des conducteurs principaux, pour empêcher le courant de dépasser 140 ampères. Le levier inférieur sert à tendre les courroies.
- Le courant est transmis aux voitures par une tioe ou barre de cuivre, soutenue ordinairement par des supports spéciaux. Trois modes de suspension sont employés. Dans la suspension en croix, le conducteur est soutenu, au moyen d’isolateurs particuliers, par des fils métalliques transversaux, attachés à des poteaux de chaque côté de la voie. Lorsque la ligne suit l’un des côtés d’une rue ou d’une route, on emploie la suspension à un support : les poteaux sont placés d’un seul côté, et munis de potences qui soutiennent le conducteur. Enfin, lorsque la voie est double et occupe le milieu d’une rue ou d’une avenue très large, on fait usage de la suspension à deux supports; les poteaux sont placés entre les deux voies, et pourvus de doubles potences qui portent les conducteurs de chaque côté. Les poteaux sont distants de 30 à 40 mètres. Ils peuvent porter en même temps des lampes électriques pour l’éclairage. Sur les lignes d’une grande longueur, des conducteurs supplémentaires, partant de la station, amènent le courant en divers points du trajet, afin de maintenir la différence de potentiel aussi constante que possible en tous les points du conducteur principal. Une série de dispositions ingénieuses assurent le contact électrique dans les courbes et les aiguillages.
- Le contact est établi par une poulie à gorge qui roule sur le fil, et qui est fixée à la partie supérieure du tramway. Le courant descend ensuite par les deux extrémités de la voiture jusqu’aux moteurs, et retourne par les rails et la terre; les rails sont sans cesse décapés par des brosses en fil d’acier placées à l’avant et à l’arrière du véhicule.
- Chaque voiture est ordinairement munie de deux moteurs, qui actionnent chacun un des e®sieux, bien qu’un seul moteur suffise en géné-ral. En employant les deux, la voiture, chargée de quarante voyageurs, peut en outre en remorquer une autre. Les deux moteurs sont couplés en quantité.
- Le moteur employé dans les tramways est Analogue à celui décrit plus haut; il est enroulé en série, et n’a qu’une seule paire de balais, qui est en charbon, d’après un procédé imaginé recemment par M. Yan Depoële. Les moteurs s°nt fixés au truc, ainsi que tout le mécanisme, s°rte que tout est indépendant de la caisse 1038). Chaque moteur est supporté par de
- forts ressorts et monté à charnières d’un côté, ce qui amortit beaucoup les chocs. L’arbre du moteur tourne complètement noyé dans l’huile,
- pour éviter réchauffement et le grippage ; ses coussinets sont graissés automatiquement et protégés contre la poussière par une enveloppe. Le mouvement de l’arbre du moteur est trans-
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- mis à l’essieu par un mécanisme qui le réduit dans la proportion de 13 à 1. Ce mécanisme comprend trois roues dentées, une sur l’arbre du moteur, une sur l’essieu et une intermédiaire. Afin d’éviter le bruit et d’adoucir le fonctionnement, la première roue est formée de plaques d’acier alternant avec des plaques de cuir non tanné. La roue intermédiaire, en fonte, est calée sur un arbre dont les coussinets sont fixés aux flasques du bâti du moteur, afin d’assurer le parallélisme des axes des roues dentées. Le bâti qui porte l’arbre du moteur, les
- engrenages et les coussinets des arbres des roues dentées, est fondu d’une seule pièce.
- En partant de la poulie de contact, le courant.traverse un coupe-circuit fusible, un para-foudre E. Thomson (voy. Paratonnerre), qui sert à protéger le moteur, un interrupteur permettant de mettre rapidement la voiture hors de circuit en cas d’accident, un inverseur de courant pour le changement de marche, les armatures des moteurs, un rhéostat destiné à régler la vitesse, les inducteurs, puis il va à la terre par les essieux, les roues et les rails.
- Fig. 1039. — Tramway électrique Thomson-Houston à Washington.
- Le système Thomson-Houston a reçu de nombreuses applications en Amérique. Nous citerons la ligne d’Eckington et des Casernes, à Washington (17 octobre 1888); celle de « Cambridge Division of West End Street, » à Boston (16 février 1889), longue de 6 milles; celle de « Omaha and Council Bluffs » (29 octobre 1888), qui a une longueur de 5 milles, et traverse le pont et les quartiers les plus fréquentés de la cité; celle de Lynn et Boston, qui n’a qu’une longueur de 1 mille, mais qui passe par une courbe d’un faible rayon, et gravit une rampe escarpée ; celles de « Des Moines Broad Gauge, Iowa » (20 décembre 1888), longue de 7 milles et demi ; de « Third Ward Street, Syracuse, N. Y. » (29 novembre 1888); de « Riverside and
- Suburban Railway, à Wichita, Kan., » le chemin de fer suburbain de Scranton, Pa., etc. La figure 1039 montre le tramway d’Eckington aux Casernes, à Washington. La ligne traverse le milieu d’une large avenue ; le mode de suspension employé est celui à double support. On voit, au-dessus de la voiture, le bras qui porte la poulie de contact.
- Nous signalerons enfin le tramway électrique récemment inauguré (1890) entre Clermont-Ferrand et Royat. Cette ligne, longue de 7 kilomètres, dessert sept stations. L’usine est a Montferrand, à l’une des extrémités. Elle renferme une machine à vapeur Farcot, de 150 chevaux, alimentant une dynamo Thury à six pôles, qui donne, à la vitesse de 375 tours par
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- minute, un courant de 300 volts et 400 ampères. Les inducteurs sont excités par une machine séparée.
- Des poteaux en fer de 8 mètres, espacés de 40 mètres, supportent le conducteur, qui est un tube de cuivre de section carrée, ouvert à la partie inférieure; il est formé de deux parties semblables réunies par une lame de fer, et soutenues par un câble en fil d’acier de 2 centimètres de diamètre. Dans ce tube glisse une navette de 40 centimètres de longueur, ayant l’aspect d’un chapelet de balles de bronze, dont la première est reliée à la voiture par un fil métallique. Le retour se fait par les rails.
- Les voitures, dépourvues d’impériale, ont 12 mètres de longueur sur 2 mètres de largeur, avec plate-forme à l’avant et à l’arrière, et contiennent cinquante personnes. Elles sont montées sur deux trucs à quatre roues. La réceptrice commande les roues par une chaîne de Vaucanson. Un commutateur sert pour le changement de marche, un rhéostat pour le réglage de la vitesse. La ligne est à voie unique avec croisement aux stations.
- Nous citerons enfin, pour terminer ce qui est relatif à l’emploi des conducteurs aériens, l’application de ce système dans les mines. Le système Siemens fonctionne dans les mines de Hohenzollern. La génératrice, placée à la surface du sol, est actionnée par une machine à vapeur de 50 chevaux et donne un courant de 37 ampères et 250 volts. Ce courant est transmis, par deux câbles de 250 mètres de longueur, placés dans un puits, à deux tiges de fer en T suspendues au-dessus de la voie et soutenues tous les 4 mètres par des pièces de fonte boulonnées au toit de la galerie. Chaque train a une petite locomotive électrique qui peut remorquer 12 wagons de 900 kilogrammes chacun, et qui prend le courant au conducteur par une glissière formée de deux étriers en fer forgé entourant deux pièces de bronze qui frottent sur la tige de fer.
- MM. Thomson et Houston construisent également une locomotive minière qui prend le courant par une poulie supportée par une sorte de losange articulé, de sorte qu’on peut faire varier sa hauteur. Cette disposition supprime l’obligation de placer le conducteur à une hauteur constante sur toute la longueur de la voie, ce qui peut être difficile dans les mines.
- Tramways alimentés par des accumulateurs. ~~ L’emploi des accumulateurs fournit une solution du problème de la traction électrique dui paraît très séduisante, au moins à première
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- vue, puisqu’elle permet de supprimer toute espèce de conducteurs, souterrains ou aériens, et rend les voitures complètement indépendantes; les lignes déjà existantes peuvent servir alors à la traction électrique sans aucune modification. Mais, dans la pratique, ce système comporte plus d’un inconvénient. Les accumulateurs augmentent dans une grande proportion le poids mort des voitures, et par suite limitent la longueur du parcours. De plus on est obligé de rester assez près de l’usine pour ne pas épuiser complètement la provision d’électricité emmagasinée.
- Le chargement des accumulateurs est très long et nécessite par conséquent un matériel roulant beaucoup plus nombreux qu’avec les autres systèmes. Remarquons enfin qu’on ne possède pas encore des données suffisantes pour évaluer les frais occasionnés par le renouvellement des accumulateurs, qui doivent s’user assez vite, par suite du transport et par les réparations de toutes sortes.
- Les premiers essais eurent lieu à Paris, à Londres et à Bruxelles en 1883 et 1884 avec d’anciennes voitures aménagées à cet effet. La « French Electrical Power Storage C° » reprit ces tentatives à Paris en 1884, sur un tramway de la Compagnie des omnibus. 80 accumulateurs Faure, pesant 2400 kilogrammes et donnant 160 volts, actionnaient une dynamo Siemens, type D2, qui fournissait 160 volts et 40 ampères. Cette machine était fixée au châssis de la voiture par des étriers boulonnés ; son axe portait une poulie agissant sur un mouvement différentiel, pour compenser la différence de vitesse des roues d’un même essieu dans les courbes. On changeait la vitesse en faisant varier le nombre des accumulateurs en circuit. Pour changer le sens de la marche, on interrompait le circuit, on tournait les balais de la machine de 180° à l’aide d’un levier, puis on rétablissait le courant. La vitesse moyenne était de 10 kilomètres à l’heure.
- En 1885, des essais analogues eurent lieu à Bruxelles sur la ligne de la rue de la Loi. 96 accumulateurs, placés sous les banquettes, actionnaient une dynamo Siemens type D2 à courant continu ; ils étaient divisés en 4 séries de 24, qu’on pouvait placer en tension. La même voiture fonctionna ensuite à l’Exposition d’Anvers. D’après M. Blanchart, le prix de la traction électrique, sur la ligne de Bruxelles, s’élevait à Ofr. 169 par kilomètre, somme inférieure au prix de la traction par chevaux.
- M. Reckenzaun a essayé à Berlin, en décem-
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- bre 1885, un tramway muni de 60 accumulateurs montés en tension par séries de 15 et donnant 110 à 120 volts. Deux types de moteurs étaient employés. La dépense était, dit-on, inférieure à celle de la traction par chevaux.
- La même année eurent lieu les expériences de l’Exposition d’Anvers.
- D’autres essais analogues eurent lieu à Hambourg avec des accumulateurs Julien. Le poids mort de la voiture proprement dite était de 3373 kilogrammes; elle portait 96 accumulateurs pesant 1200 kilogrammes et un moteur Siemens de 257 kilogrammes. Les accumulateurs étaient répartis dans 8 compartiments avec contacts à frottement. Chaque groupe était divisé lui-même en quatre parties, qu’un commutateur permettait d’accoupler. La limite extrême du parcours possible était de 60 kilomètres.
- On a constaté dans ces essais que l’un des principaux avantages des accumulateurs se présente dans les rampes, où l’on peut, en changeant le groupement, proportionner le courant au travail à effectuer. Au contraire, lorsque le moteur est actionné à distance par une dynamo fixe, donnant une différence de potentiel constante, la vitesse diminue dans les rampes et une partie de l’énergie se perd sous forme de chaleur. Remarquons d’ailleurs que cet inconvénient peut être évité, comme nous l’avons vu dans le système Thomson-Houston, par l’emploi de deux moteurs associés en quantité, un seul de ces moteurs étant utilisé pour la marche en palier, et les deux dans les rampes.
- Les accumulateurs Julien sont employés à Bruxelles de la place Royale à l’extrémité de la rue Belliard et de l’impasse du Parc au Rond-Point. Chaque voiture, de 32 voyageurs, porte sous les banquettes une batterie de 108 accumulateurs et pèse 8000 kilogrammes, savoir : 3350 kilogrammes pour la voiture, 650 kilogrammes pour le moteur et les organes de transmission, 1750 kilogrammes pour les accumulateurs et les tiroirs, 2250 kilogrammes pour les accumulateurs. Les accumulateurs sont divisés en 4 séries de 27 éléments, placées dans des boîtes en ébonite à 3 compartiments disposées dans un tiroir mobile à contacts automatiques. On emploie deux batteries par voiture : l’une est en chargement à l’usine, tandis que l’autre est en service. L’usine renferme 2 machines à vapeur de ,60 chevaux, actionnant 4 dynamos qui donnent chacune 200 à 500 volts, avec une intensité moyenne de 30 ampères, et peuvent charger 4 batteries à la fois. La charge dure huit
- heures. Chaque voiture peut fournir 25 voyages par jour, soit un total d’environ 90 kilomètres Pour remplacer une batterie épuisée, la voiture est amenée, panneaux ouverts, devant un quai ou table de chargement, sur laquelle on fait glisser les tiroirs contenant les accumulateurs puis elle est poussée devant une autre table portant une batterie chargée. Le chargement se fait donc très facilement et n’exige que quelques minutes.
- A Paris, la Société française d’accumulateurs électriques, dirigée par MM. Philippart, emploie, sur la ligne de la Madeleine à Levallois, les accumulateurs Faure-Sellon-Volckmar à plaques jumelles. Chaque voiture renferme 108 accumulateurs, répartis dans 12 boîtes contenant chacune 9 éléments en tension et placées dans 4 armoires aux angles de la voiture, 4 à l’avant et 8 à l’arrière.
- Le poids de cette batterie est de 1620 kilogrammes. Des contacts automatiques groupent ces caisses par trois en tension, ce qui forme 4 groupes de 27 éléments. Un commutateur très simple, formé d’un cylindre de bois garni de contacts à son pourtour, permet de coupler ces 4 groupes de 4 manières différentes, en tournant une aiguille sur un cadran. On peut ainsi assembler : 1° les 4 groupes en quantité; 2° les 4 groupes par 2 en quantité; 3° 3 groupes en tension, le quatrième en quantité avec l’un des autres; 4° les 4 groupes en tension. Enfin un commutateur auxiliaire permet de corriger le troisième couplage en effectuant une permutation, afin de répartir également le travail.
- Le moteur M, placé sous l’avant de la voiture (fig. 1040), est du type Siemens. Sa vitesse normale est d’environ 1000 tours, mais il peut aller jusqu’à 1600 tours. Il commande les roues motrices par une transmission à corde sans fin et un engrenage qui réduisent la vitesse dans le rapport de 26 à 1. La corde sans fin passe sur trois poulies, celle du moteur M, le renvoi D et le tendeur T (fig. 1041). Du renvoi D aux roues motrices d’arrière, la transmission a lieu par deux chaînes de Gall G, représentées à part. Le mécanisme de renvoi permet aux roues motrices, dans les courbes, de marcher à des vitesses différentes.
- La marche en arrière s’obtient à l’aide de balais doubles en forme de V. Une seule bran-
- die du V de chaque balai touche le collecteur, m faisant basculer les balais au moyen d un evier, les branches en contact sont écartées et
- , J « _
- es deux autres viennent les remplacer a une a -ance angulaire de 90°.
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- L’avant-train, articulé sur une cheville ouvrière 0 (fîg. 1042) est commandé par une roue
- et un levier F servent à serrer les freins. La piate-forme d’avant porte encore divers organes accessoires. La vitesse normale est de 11 kilo-
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- à main A, solidaire d’un pignon I, qui engrène avec un secteur denté S. Une seconde manette Y
- mètres à l’heure, et exige, dit-on, une puissance de 4,5 chevaux (200 volts et 16 ampères) en palier, 8 chevaux (200 v. et 29 a.) sur rampe de
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- 1 p. 100, et 11,5 chevaux (200 v. et 42 a.) sur rampe de 2 p. 100. Chaque voiture entière pèse 3500 kilogrammes et transporte 50 voyageurs.
- Enfin des tramways électriques à accumulateurs viennent d’être installés à Londres, à la suite d’essais satisfaisants effectués par la London Electric Company sur la ligne Cla-
- pham-Blackfriars-Bridge. La voiture pèse environ 6500 kilogrammes et est actionnée par 78 accumulateurs placés sous les sièges. La distance de 10 kilomètres a été parcourue en une heure; mais on peut obtenir une vitesse de 18 kilomètres. Grâce à un levier spécial, la voiture peut être mise en marche et arrêtée sans la moindre secousse. Les accumulateurs peu-
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- Fig. 1041. — Tramways Philippart. Détails de la transmission.
- vent s’adapter à toutes les voitures de tramways actuellement en circulation à Londres, de sorte qu’il n’est pas nécessaire de construire de nouvelles voitures. En présence de ces excellents résultats, la Compagnie des tramways de Londres, qui emploie journellement plus de 5000 chevaux, a l’intention d’introduire des voitures électriques sur tout son réseau, ce qui lui permettra de réaliser une économie annuelle de 600 à 700000 francs.
- Une seconde ligne a été créée à Barking, 9 a environ dix-huit mois. Elle a une longueur d’environ 1,5 kilom. et est desservie par six toitures à accumulateurs entretenues à forfait par la General Electric Power and Traction G » moyennant 0,25 fr. par kilomètre-voiture.
- Une troisième ligne vient d’être installée a Birmingham par la Birmingham Central TiaM way C°. Elle a 5 kilomètres de longueur et emploie des accumulateurs EPS, au nombre e
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- 96 par voiture. Il y a douze voitures, pouvant porter chacune cinquante personnes. Un commutateur permet de relier les éléments en tension ou en quantité. Chaque voiture porte un moteur Ehvell Parker enroulé en série, faisant 140 tours à la vitesse normale, et pouvant atteindre 700 tours.
- Chaque voiture est éclairée le soir par deux lampes à incandescence de 16 bougies. L’usine pour la charge des accumulateurs, située à Bournbrook, contient deux dynamos Parker à courant continu, faisant 540 tours et donnant 500 ampères sous 120 volts. Ces machines sont alimentées par deux moteurs de 100 chevaux sans condensation ; elles servent en outre à éclairer l’usine et à actionner les machines-outils. Pour charger une batterie d’accumulateurs, il faut un courant de 35 ampères pendant 10 heures environ.
- En résumé, les systèmes de tramways électriques actuellement en usage sont fort nombreux, mais il faut que les essais persistent encore un certain temps pour qu’on puisse apprécier leurs avantages respectifs et leur prix de revient. Cependant ce prix paraît inférieur à celui de la traction par chevaux.
- TRANSFORMATEUR. — Appareil destiné à transformer les deux facteurs de l’énergie électrique. Étant donné un courant primaire d’un certain nombre de volts et d’ampères E et I, on peut le transformer en un courant secondaire correspondant à d’autres nombres E' et I'. Théoriquement on doit avoir
- El = ET.
- Mais, dans la pratique, comme il y a toujours une certaine perte d’énergie, le produit E'I' est toujours inférieur à E I. Le but des transformateurs est de modifier les deux facteurs de ce produit d’une façon avantageuse.
- La bobine de Ruhmkorff est le plus ancien des transformateurs : elle transforme un courant primaire de grande intensité et de faible force électromotrice en un courant secondaire de force électromotrice élevée et n’ayant qu’une faible intensité.
- Inversement les transformateurs employés dans l’industrie ont pour but de diminuer la force électromotrice et d’augmenter l’intensité, afin de diminuer les frais d’établissement de la Fgne. L’exemple suivant, emprunté à M. H. Fontaine, fera bien comprendre leur utilité. Supposons qu’on veuille alimenter dans un circuit °00 lampes exigeant chacune 1 ampère et 100 volts, la dynamo étant placée à 500 mètres
- des lampes. En plaçant les lampes sur le circuit primaire, le parcours de 1000 mètres donnera par exemple une perte de 10 volts. La résistance du conducteur sera 0,02 ohm, sa section 833 millimètres carrés, son poids 75 tonnes et son prix environ 200000 francs. En employant des transformateurs, on peut amener la même puissance électrique au centre du groupe avec un courant de 50 ampères sous 1000 volts, que l’on transforme ensuite en un courant secondaire de 500 ampères sous 100 volts. Si l’on admet la même perte que dans le premier cas, le conducteur donnera une chute de potentiel de 100 volts; sa résistance sera 2 ohms, sa section 8,33 millimètres carrés, son poids 750 kilogrammes et son prix environ 2250 francs. Nous avons négligé la perte due au transformateur, notre exemple ayant seulement pour but de faire comprendre l’utilité de ces appareils. En employant plusieurs transformateurs, le même circuit pourra alimenter des récepteurs exigeant un nombre différent de volts et d’ampères.
- Les transformateurs peuvent se diviser en deux classes : les uns donnent en effet un courant continu, qui peut être utilisé non seulement pour l’éclairage, mais pour l’électrolyse et pour toutes les applications; ils ont l’inconvénient d’exiger l’emploi de pièces mobiles, telles que collecteur,balais, etc. Les autres sont, comme la bobine de Ruhmkorff, entièrement composés de pièces fixes, mais ils donnent des courants alternatifs.
- Transformateurs à courant continu.
- Transformateur Gramme. — M. Gramme a imaginé en 1874 un transformateur composé d’un anneau portant deux séries de bobines, l’une à gros fil, l’autre à fil fin, et tournant devant les pôles d’un aimant ou d’un électro-aimant. En faisant passer un courant dans l’une des séries de bobines, on produisait dans l’autre un courant secondaire, et l’on modifiait à volonté les deux facteurs de l’énergie. M. Gramme s’est également servi de deux bobines, l’une à fil fin, l’autre à gros fil, montées sur le même arbre.
- Robinet électrique de Cabanellas. — Sous le nom de robinet électrique, M. Cabanellas a proposé, en 1880, le système suivant. Supposons deux anneaux A et B, par exemple du système Gramme, concentriques et portant des fils de diamètre différent. Les balais de l’anneau intérieur A sont reliés à la distribution générale, ceux de B au circuit secondaire. Les deux anneaux restant complètement immobiles, on fait
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- TRANSFORMATEUR.
- tourner, par un procédé quelconque, les deux paires de balais à la même vitesse. Par suite de cette rotation, les pôles tournent dans l’anneau inducteur A, et des courants induits, se produisant dans l’anneau B, traversent le circuit secondaire. Suivant le mode d’enroulement de l’anneau B, on pourra recueillir un courant continu ou des courants alternatifs. Il n’est pas nécessaire d’employer des anneaux Gramme : la disposition et la forme peuvent être quelconques. L’énergie nécessaire pour faire tourner
- les balais sera empruntée à une dérivation du courant inducteur; cette dépense sera faible les anneaux restant immobiles.
- Transformateur Paris et Scott. — Cet appareil est désigné en Angleterre, [ainsi que les deux suivants, sous le nom de moteur générateur. Les deux fils, primaire et secondaire, sont enroulés sur un même anneau, qui tourne devant les électro-aimants, excités par une dérivation du circuit secondaire. Cependant, pour produire le démarrage, ces électros portenPen outre quel-
- ques tours du fil inducteur. Le nombre des tours du circuit primaire est quatre fois plus grand que celui du circuit secondaire, mais la section du premier fil est trois fois plus faible que celle du second. Des expériences faites à Newcastle en 1887 ont montré que le rendement commercial était de 86 p. 100.
- Transformateur Jehl et Rupp. — Les deux circuits sont fixes, et les balais tournent seuls, comme dans le système Cabanellas. Le fil primaire est enroulé sur un anneau, le fil secondaire sur un tambour Siemens, qui remplit complètement le vide de l’anneau.
- Transformateurs Edison. — M. Edison a imaginé plusieurs modèles de transformateurs a courant continu, et formés, soit d’anneaux Gramme à double enroulement, soit de bobines primaires et secondaires enroulées par paires sur des anneaux de fer doux. Dans ce cas, les balais primaires tournent autour des collecteurs, et le courant primaire change de sens deux fois par tour dans chaque bobine. Les balais secondaires sont fixes.
- Transformateurs à courants alternatifs.
- Transformateurs Jablochkoff et Bright.
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- g, Jablochkofî a imaginé en 1876 le premier transformateur à courants alternatifs. Sir Charles Bright fit breveter en Angleterre en 1878 un appareil analogue.
- Transformateur Gaulard et Gibbs. — Cet appareil, désigné improprement par les inventeurs sous le nom de générateur secondaire, a réalisé la première forme pratique des transformateurs à courants alternatifs, et a été le premier appliqué dans l’industrie.
- Les bobines primaire et secondaire sont constituées par des disques en cuivre de 9 centimètres de diamètre et 0,23 millimètre d’épaisseur. Toutes ces rondelles sont percées d’un trou cen-
- tral de 2 centimètres de diamètre; elles sont superposées et isolées par un vernis à la gomme laque et des feuilles de papier parcheminé. De plus elles sont fendues suivant un rayon et portent, de chaque côté de la fente, deux appendices qui servent à les réunir en tension de deux en deux. L’un des groupes ainsi constitués appartient au circuit primaire, l’autre au circuit secondaire. L’appareil comprend un certain nombre de colonnes ainsi formées. De vide ménagé au centre de chacune d’elles reçoit un tube isolant qui les maintient, et dans lequel se place un noyau de fils de fer doux, qu’on enfonce plus ou moins, à l’aide d’une vis
- Fig. 1043. — Transformateur Zipernowsky à noyau intérieur. Fig. 1044. — Transformateur Zipernowski avec bâti en bois.
- (Ganz et Cie, Budapest.)
- latérale, suivant les effets qu’on veut obtenir. Dans les modèles les plus récents (fig. 1042), les noyaux de deux colonnes voisines sont réunis auxdeuxextrémités, de façon àformerun circuit magnétique fermé, et à rendre maximum l’induction produite par ce noyau. Les différentes colonnes primaires sont toutes réunies en série; les colonnes secondaires peuvent être groupées en tension ou en quantité, suivant les effets qu’on se propose. Le courant primaire est fourni par une dynamo à courants alternatifs. Les piles de disques, qui ont d’ordinaire 60 centimètres de hauteur, sont placées sur un socle de bois et recouvertes d’une tablette de imis, soutenue par quatre colonnes de même substance. A la partie supérieure se trouvent
- les bornes des deux circuits et un interrupteur qui permet de faire passer le courant primaire ou de mettre l’appareil hors circuit. Un commutateur à fiches, disposé latéralement sur une planchette en ébonite, sert à grouper les différentes hélices secondaires.
- Dans des expériences effectuées en 1883, à l’exposition de Turin, M. Galileo Ferrraris a trouvé que le rendement, c’est-à-dire le rap-ET
- port est égal à 92 p. 100; M. Hopkinson a trouvé 89 p. 100.
- Transformateur Zipernowsky, Déri et Blathy. — Ce transformateur présente une forme analogue à celle de l’anneau Gramme. Sur un noyau, composé de fils de fer doux circulaires, s’en-
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- roulent parallèlement le fil inducteur et le fll induit (fig. 1043). Il y a cependant cette différence que, dans le transformateur, le courant circule simultanément dans le même sens autour du noyau dans les deux enroulements, de sorte qu’il ne s’y produit pas de pôle magnétique libre, tandis que l’anneau de Gramme en possède deux ou plus.
- Le noyau peut dans ce cas être formé soit de fils, soit de bandes de fer minces et plates, enroulées de champ ou à plat. On peut employer également des bandes assez larges pour qu’un seul élément suffise à la construction du noyau ou des plaques annulaires découpées et superposées ; on évite la production des courants de Foucault en pratiquant dans cette bande des entailles longitudinales. Dans les noyaux plus grands, on facilite la construction en formant chaque plaque de deux ou plusieurs parties, mais on les place de façon que les joints ne se trouvent pas exactement superposés.
- Les fils, bandes ou plaques qui composent le noyau sont isolés les uns des autres, suivant les cas, par un guipage ou par du papier, de la laque ou un tissu.
- fig. 1046. — Aspect extérieur du transformateur Zipernowsky. (Ganz et Cie, Budapest.)
- Dans ce modèle, le noyau est entièrement ou presque entièrement recouvert de fil de cuivre.
- Fig. 1045. — Transformateur Zipernowsky à noyau extérieur. (Ganz et Cie, Budapest.)
- Les enroulements primaire et secondaire sont disposés soit en couches séparées, soit en bo-
- bines qui alternent et qui ont la forme de secteurs, ainsi que le montre la figure 1043. La figure 1044 montre un transformateur du premier système, dans lequel le noyau de fer est j
- entouré d’abord par le circuit primaire, pulS par le circuit secondaire et enfin introduit dans un bâti en bois. Le plus souvent on préfère employer un bâti en fer de même forme.
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- L’appareii d’induction est alors monté sur
- Fig. 1047. — Colonne en fonte pour transformateur Zipernowsky. (Ganz et Gio, Budapest.)
- de forts crochets en bois bien vernis et le tout est posé entre deux disques de fer circulai-
- res, de telle façon que le noyau ni les deux enroulements ne puissent toucher en aucun point les parties métalliques du support.
- Sur l’un des disques de fer du support se trouvent scellés trois pieds servant à soutenir l’appareil ; l’autre disque porte les deux bornes primaires et trois bornes secondaires. La borne secondaire médiane sert à obtenir une dérivation de tension moitié moindre, pour intercaler des lampes à arc.
- Çes lampes en effet n’exigent que 50 volts, et les transformateurs donnent une différence de potentiel d’environ 100 volts. On peut rendre ainsi tous les régulateurs complètement indépendants, et l’on évite l’inconvénient de les associer par deux en série, ce qui oblige à en employer toujours un nombre pair et à les allumer ou à les éteindre par deux.
- Fig. 1048. — Console pour transformateur Zipernowsky.
- (Ganz et Gie, Budapest.)
- Le diamètre des deux disques de fer est assez grand pour que le transformateur puisse rouler par terre sans être endommagé. Deux poignées en fer rendent le transport facile.
- Dans un autre modèle, les deux circuits sont au contraire enroulés en un cercle, qui est d’abord entouré d’une enveloppe isolante, puis bobiné avec du fil de fer fin et isolé (fig. 1045). L’appareil présente alors la forme d’un anneau, et les extrémités des deux circuits sortent par une fente ménagée dans l’enveloppe de fer.
- Au lieu de fil isolé, l’enveloppe magnétique peut être formée de plaques de fer disposées perpendiculairement aux fils de cuivre, de façon à empêcher les courants de Foucault, tout en laissant un libre développement aux lignes de force magnétiques. La fig. 1046 montre l’aspect extérieur de ce modèle. Cette disposi-
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- tion se construit aussi en forme de caisses en constituant le noyau par des plaques de fer perforées, en forme de E, séparées par des feuilles isolantes.
- Le transformateur Zipernowsky ne diffère pas seulement du précédent par la construction et la forme extérieure : le point le plus important du système consiste dans la liaison de l’appareil avec la dynamo génératrice. Le transformateur est monté en dérivation entre les deux bornes de la machine ou entre deux points du circuit principal, et l’on rend constante la différence de potentiel aux bornes, soit en introduisant des résistances dans le circuit excitateur, soit en compoundant cette machine à l’aide d’un petit transformateur nommé compensateur, qui reçoit le courant principal et envoie son courant secondaire dans le circuit excitateur de la machine*
- L’installation de ces transformateurs se fait de différentes manières, suivant les cas, mais toujours de façon à les rendre inaccessibles à toute personne étrangère au service.
- Pour les lignes aériennes, ils sont enfermés dans des boîtes et placés soit au sommet de colonnes en fonte semblables aux candélabres à gaz (fig. 1047), soit sur des consoles fixées contre les murs extérieurs des maisons (fig. 1048), soit enfin dans des placards fermés qu’on dispose à l’intérieur des maisons, généralement dans les greniers.
- Pour les lignes souterraines, on peut les enfermer dans des caisses appropriées, placées dans le sol, auprès des colonnes qui supportent les lampes, ou bien dans la cave des maisons à éclairer. Dans le premier cas, la colonne peut former un tuyau creux, servant à la ven-
- a1 b
- T.lcc. World.N. Y,
- Fig. 1049. — Transformateur Westinghouse.
- tilation du transformateur. L’eau d’infiltration j est déversée dans un canal creusé à cet effet et ne peut pas pénétrer jusqu’à l’appareil.
- M. Ferraris a trouvé que le rendement des transformateurs Zipernowsky est un peu supérieur à celui des transformateurs Gaulard.
- Transformateur Westinghouse. — Dans les transformateurs de la « Westinghouse elec-tric C° », combinés par MM. Schmidt et Stanley, les bobines primaire et secondaire sont placées côte à côte et entourées par une enveloppe de fer doux qui sert à concentrer les lignes de force (fig. 1049). Cette carcasse est constituée par une série de plaques de tôle très minces, isolées les unes des autres par des feuilles de papier verni. Ces plaques, découpées à l’emporte-pièce, sont ensuite fendues pour qu’on puisse les mettre en place; puis on les maintient à l’aide de deux plate-formes en fonte H, disposées aux extrémités du transformateur et retenues par quatre boulons h. L’appareil est
- renfermé dans une boîte en fonte bien close, et les bornes des deux circuits se trouvent dans deux chambres séparées qui contiennent aussi les coupe-circuits et les manchons de connexion.
- Transformateur Ferranti. — Cet appareil est disposé en vue de rendre la construction et les réparations aussi faciles que possibles. Le circuit primaire est constitué par une série de bobines rectangulaires disposées parallèlement et formant une sorte de cylindre creux, dans lequel viennent se loger les bobines induites à fil fin. On voit sur la coupe la disposition et les extrémités de ces enroulements (fig. 1050). Dans l’espace qui l'este au centre des doubles bobines, on introduit plusieurs séries de lames de tôle qu’on recourbe moitié par dessus, moitié par dessous l’enroulement, de façon que leurs extrémités se touchent : on constitue ainsi un circuit magnétique fermé qui entoure les bobines. Le tout est maintenu par une sorte de châssis en fonte
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- composé de deux parties formant l’une le socle, I ter le transformateur, retirer les bandes de tôle l'autre le couvercle de l’appareil. En cas d’acci- et remplacer la bobine défectueuse. Le modèle dent, il suffit de quelques minutes pour démon- ' courant fonctionne avec une force électromo-
- Fig. 1050. — Vue d’ensemble et détails du transformateur Ferranti.
- trice de 2400 volts et fournit 100 volts aux bornes du circuit secondaire.
- Transformateur Swinburne. — Dans cet appareil, qui figurait à l’Exposition d’Edimbourg, l’auteur a cherché à rendre le circuit magnétique aussi léger que possible. La carcasse est formée de deux lames de bronze rectangulaires fondues d’une seule pièce et portant des oreilles que traversent quatre tiges métalliques, qui maintiennent à l’aide de boulons un disque de bois placé à la partie supérieure (fig. 1051). Cette carcasse supporte en outre deux joues en ébonite, destinées à limiter l’enroulement du ûl. Les quatre dièdres formés par les deux lames de bronze reçoivent des bottes de fil de fer très fin et bien recuit, autour duquel on enroule d’abord un ruban isolant, puis le fil se-c°ndaire, qu’on recouvre d’une feuille d’ébonite, ef enfin le circuit primaire. Les extrémités du n°yau sont ensuite épanouies et taillées en demi-sphères, disposition qui a valu à l’appa-reil le nom de hedgehog (hérisson). Le trans-Dictionnaire d’électricité.
- formateur est ensuite placé dans un vase en terre vernie.
- Fig. 1051. — Transformateur Swinburne.
- Autres transformateurs. — Il existe beaucoup d’autres transformateurs, mais un petit nombre
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- seulement sont entrés dans la pratique.
- Le transformateur Kennedy est formé d’un anneau Pacinotti : un noyau de fer en double T, analogue à celui de Siemens, est entouré d’abord parle fil induit, puis par le fil inducteur. Le tout a la forme d’un cylindre, qu’on entoure d’une forte couche de fil de fer.
- Le transformateur de M. Diehl se place dans la base même des lampes à incandescence.
- M. Tesla a imaginé récemment un transformateur qui fonctionne à intensité constante, quelle que soit sa charge. Ce résultat est obtenu par l’interposition entre les deux circuits de l’appareil d’un écran magnétique, qui retarde la production du courant secondaire jusqu’à ce que le courant primaire ait acquis une intensité déterminée. L’appareil est formé d’un noyau de fil de fer doux recuit, entouré longitudinalement par le circuit secondaire, qui est recouvert à son tour par une couche de fil de fer doux recuit, enroulé transversalement. L’enroulement primaire, qui est longitudinal, est placé par dessus cette enveloppe. Lorsque l’intensité du courant primaire atteint une certaine valeur, l’écran de fer doux se trouve saturé et cesse de garantir le circuit secondaire, dans lequel se développe alors le courant induit (Voy. Lumière électrique, 6 sept. 1890).
- M. E. Thomson a combiné un transformateur qui, en maintenant une différence de potentiel efficace constante aux bornes du circuit primaire, produit dans le fil secondaire une intensité efficace sensiblement constante, même pour de très grandes variations de résistance de ce circuit, la force électromotrice croissant avec la résistance. Le circuit magnétique de cet appareil est formé de trois noyaux, dont deux traversent les circuits primaire et secondaire ; le troisième réunit les deux premiers, en établissant une dérivation, qu’on peut d’ailleurs faire varier à l’aide d’une autre pièce de fer doux. C’est l’établissement de cette dérivation qui permet de rendre l’intensité constante.
- Distribution d’énergie par les transformateurs. — Lorsqu’on fait usage de transformateurs , on peut employer la distribution en série, en dérivation, ou un montage mixte.
- Dans le premier système, les transformateurs sont placés en série sur le circuit primaire, et les récepteurs, lampes ou autres appareils, sont disposés de la même manière sur le fil induit. Cette disposition convient aux lampes à arc; elle est économique et donne de bons résultats. Pour les lampes à incandescence, elles
- doivent alors être choisies à faible résistance comme celles de M. Bernstein. ’
- Le second système consiste à monter les transformateurs en dérivation sur les conducteurs principaux de la dynamo. Chacun d’eux fonctionne alors comme une dynamo compound et donne une différence de potentiel constante. M. Kennedy évite l’emploi de machines à très haute tension en élevant d’abord cette tension à l’aide d’un premier transformateur, qui reçoit le courant d’une dynamo à faible potentiel dans son circuit le moins résistant, et envoie un courant induit, de force électromotrice élevée, dans la canalisation. M. Gisbert Kapp est parvenu à grouper sans inconvénient plusieurs machines à courants alternatifs à faible tension en série pour remplacer une seule machine à haut potentiel.
- Le montage mixte consiste à placer les transformateurs en série sur le circuit primaire et les récepteurs en dérivation sur le fil induit. La différence de potentiel aux bornes de ce dernier doit rester constante; il faut donc remplacer chaque lampe éteinte par une résistance équivalente. Au lieu d’une résistance métallique, il vaut mieux mettre une bobine à self-induction considérable, qui empêche le passage des courants alternatifs par la force contre-électromotrice qu’ils créent; la perte d’énergie est alors insignifiante. Ce système, indiqué par M. Gordon et appliqué en Amérique par M. E. Thomson, donne une grande économie dans l’établissement des conducteurs.
- M. G. Kapp emploie les transformateurs comme régulateurs. La bobine secondaire d’un petit transformateur est divisée en plusieurs sections dont les extrémités communiquent avec les touches d’un commutateur à manette, qui permet de les intercaler à volonté dans le circuit. Une partie de ces sections concourt à augmenter la force électromotrice; les autres sont montées en sens contraire, de façon à la diminuer. Chaque section introduite augmente ou diminue la force électromotrice d’une quantité fixe, 2 volts par exemple.
- TRANSLATEUR. — Relais télégraphique disposé non au poste d’arrivée, mais dans un poste intermédiaire, de façon à envoyer le courant de la pile de ce poste dans le récepteur du bu reau d’arrivée. Exemple : on veut transmettre du poste A à un poste B très éloigné ; un relais est installé en un poste intermédiaire C. manipulateur de A envoie le courant dans relais de C, et les mouvements de ce re aïs servent à lancer le courant de C dans le récep
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- teurde B, pour reproduire les signaux expédiés par A. (Voy. Translation.)
- Translateur ou Répétiteur phonique. — Combinaison de bobines d’induction employée dans le système anti-inducteur de M. Van Ryssel-berghe pour la télégraphie et la téléphonie simultanées. (Voy. Téléphonie.)
- TRANSLATION. — Procédé de transmission télégraphique employé sur les lignes d’une très grande longueur, et qui consiste dans l’emploi d’un relais, appelé translateur, qu’on place à une station intermédiaire.
- On peut réaliser la translation avec tous les appareils télégraphiques qui possèdent un électro-aimant et une armature mobile. Nous donnerons comme exemple l’installation d’un poste Morse, disposé pour la translation entre deux postes A et B, non figurés. Le poste doit conte-
- Fig. 1052. — Poste Morse disposé pour la translation.
- nir alors deux appareils complets L, M, et L', M' (fig. 1052) et deux piles pp'.
- Les récepteurs sont alors légèrement modifiés. La colonne placée en arrière de l’électro-aimant, qui supporte les vis de buttée de la palette, est divisée en deux parties, séparées | une de l’autre, de sorte que les deux vis soient bolées. Cette.colonne ainsi modifiée est appelée colonne de translation. De plus, chacun de Ces récepteurs porte cinq bornes, marquées des lettres M, I, P, T, L. Les bornes L et T commu-niquent, comme d’ordinaire, avec l’entrée et la sortie de l’électro-aimant. La borne M est reliée au massif de l’appareil et par suite à la Palette ; les bornes I et P sont en rapport, la Première avec la vis supérieure de la colonne e translation, la seconde avec lavis inférieure.
- résulte de là que tout courant entrant par M s°rt par I si la palette est au repos, par P si elle est attirée, et réciproquement.
- Les bornes L des manipulateurs communiquent comme d’ordinaire avec les lignes A et B par l’intermédiaire des bornes 1 des commutateurs ronds CC', des galvanomètres GG' et des paratonnerres PP'. Les bornes 2 des commutateurs reçoivent le fil qui provient de la borne M du récepteur opposé. Les manettes sont reliées aux lignes A et B.
- Le poste est sur translation lorsque les manettes des commutateurs sont sur les bornes 2. Un courant venant de A traverse PGC et arrive à la borne M de R' ; la palette étant au repos, il sort par la vis supérieure et la borne I, arrive à la borne L du manipulateur M, s’échappe par la borne R, traverse l’électro-aimant du récepteur R et va au sol par LT. Sous l’action de ce courant, la palette de R est attirée et vient toucher la vis inférieure, qui communique par la borne P avec la pile p' : par suite le courant de cette pile traverse la palette, le massif du récepteur R, la borne M, la borne 2 de C', puis G', P’, et va sur la ligne 2 actionner le récepteur du poste extrême. Lorsque le courant de A s’interrompt, celui de la pile p' est interrompu en même temps. Le récepteur du poste B recevra donc les mêmes signaux que s’il était en communication directe avec le poste A.
- Lorsque B transmet, tout se passe de même : le récepteur R' est mis en mouvement et envoie sur la ligne A le courant de la pile p.
- Pour communiquer directement avec les postes A et B, lé poste intermédiaire que nous considérons doit mettre ses commutateurs sur les bornes 1. La ligne A est alors reliée avec la pile p, le manipulateur M et le récepteur R, suivant le mode habituel de communication; il en est de même pour l’autre appareil et la ligne B.
- On peut remarquer que, dans la translation, la pile p' communique avec le récepteur R et la pile p avec le récepteur R'. Cette transposition n’est pas indifférente : elle a pour but de faire desservir toujours la même ligne par la même pile, soit pour la translation, soit pour la communication avec le poste intermédiaire ; ainsi la pile p est toujours affectée à la ligne A, la pilep' à la ligne B. Sans cette précaution, on serait obligé de modifier le réglage des récepteurs, suivant que le poste intermédiaire communique avec les postes extrêmes ou les établit en translation, parce que, les lignes A et B pouvant avoir des résistances très différentes, il peut se faire que les piles p et p' soient composées d’un nombre d’éléments très inégal.
- Le contact de la palette attirée avec la vis
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- TRANSMISSION.
- inférieure de la colonne de translation doit être parfaitement assuré, sans quoi la translation ne se ferait pas ; il faut donc éviter que le couteau vienne frapper la molette sans que l’extrémité postérieure du levier vienne toucher en même temps la vis inférieure. Dans ce but, les appareils bien installés portent, sur la platine antérieure, une petite clef à l’aide de laquelle on soulève la molette, de sorte que le couteau ne peut plus la toucher; la palette possède alors toute sa liberté d’action.
- Le plus souvent, on préfère employer comme translateurs des appareils spéciaux. Les relais décrits plus haut peuvent servir à cet usage. Il existe un grand nombre d’autres appareils, tels que ceux de MM. Froment, Mouilleron et Bourbon, Boivin, Dutertre, Héquet, d’Arlincourt et Cazésus, Jaite, etc.
- Le Post-Office emploie un appareil qui permet en même temps la transmission avec des courants de sens différents, ainsi que l’exige le télégraphe automatique de Wheatstone, et qui fonctionne avec une précision remarquable.
- TRANSMISSION. — Disposition employée pour transmettre le mouvement d’une machine à vapeur ou d’un moteur quelconque aux appareils qu’on veut actionner. La commande des dynamos présente quelques difficultés, car l’armature doit avoir ordinairement une grande vitesse circonférentielle. On est donc obligé, si l’on ne veut pas leur donner des dimensions trop considérables, ce qui ne manque pas d’inconvénients, de leur communiquer des vitesses angulaires très grandes, telles que 1000 tours par minute et même davantage.
- Or les machines à vapeur employées dans les ateliers ne font pas ordinairement plus de 100 tours. On peut, il est vrai, augmenter ce chiffre lorsque l’on installe des moteurs spécialement destinés à la commande des dynamos, mais c’est toujours aux dépens du rendement; en outre, si la machine doit se prêter en même temps à d’autres services ou si l’on veut utiliser un moteur déjà installé, on n’a plus cette ressource.
- Nous croyons utile de résumer ici les différents modes de trasmission qui peuvent être appliqués aux dynamos. On emploie le plus souvent la transmission par courroie : pour augmenter la vitesse dans le rapport de 18 à 1, il faut généralement se servir d’une transmission intermédiaire, pour éviter d’avoir des poulies d’un diamètre exagéré. Il faut de plus opérer une tension assez grande sur la courroie pour produire l’adhérence nécessaire à l’en-
- traînement ; c’est dans ce but qu’on monte souvent les dynamos sur des glissières (Voy. Machines d’induction), afin qu’on puisse écarter plus ou moins leur poulie de la poulie motrice. Mais cette tension exagérée n’est pas sans inconvénient. Elle détériore en peu de temps les courroies, fatigue les arbres de transmission et use rapidement les coussinets de la dynamo et de la transmission, si la poulie est entre paliers; si elle est hors palier, en porte à faux, ce système a de plus le défaut de tendre à fausser l’arbre de la dynamo. Dans tous les cas, la pression des arbres sur leurs supports absorbe du travail inutilement. Enfin cette disposition exige beaucoup de place, ce qui est un grave défaut dans les villes.
- On a remédié à ce dernier inconvénient en faisant conduire les dynamos par des poulies
- Fig. 1053. — Dynamo Brown accouplée directement arec un moteur.
- de friction tangentielle, agissant sur des galets en papier ou garnis de caoutchouc ; mais il faut alors une pression considérable au point de contact. Dans les usines spéciales d’électricité, on atténue les autres défauts en employant des moteurs à grande vitesse, en se servant du volant comme poulie, ce qui supprime la transmission intermédiaire ; mais il reste toujours la fatigue des organes.
- Une autre solution consiste à faire commander directement les dynamos par les moteurs, auxquels elles sont reliées par des manchons d’accouplement rendus solidaires au moyen de ressorts en caoutchouc. Ce système s’impose toutes les fois qu’on ne peut disposer que d un espace très restreint, par exemple sur les na vires. Nous en avons donné plusieurs exemple au mot Éclairage. La figure 1053 montre une d)
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- TRANSMISSION ÉLECTRIQUE DE L’ÉNERGIE.
- namo Brown de 400 ampères et 63 volts accouplée directement avec une machine à vapeur de 40 ehevaux.
- Cette machine servait à l’éclairage d’une partie de la Galerie des Machines à l’Exposition universelle de 1889; on avait réduit sa marche de façon à ne lui faire produire que 6o volts.
- Ce mode de transmission oblige à réduire la vitesse de la dynamo et par suite à lui donner des dimensions considérables, tandis qu’on augmente celle du moteur, ce qui en diminue le rendement.
- Nous citerons pour terminer un mode de transmission imaginé par M. Hamon et qui nous paraît satisfaire à tous les desiderata. Dans ce système, l’arbre du moteur porte un plateau conique qui tourne avec lui. Un second plateau conique extérieur, de même sommet que le premier, tourne follement sur l’arbre et en sens inverse. La rotation de ces deux plateaux entraîne un cône en papier, calé sur l’arbre de la dynamo et pris entre les deux cônes. On voit que, en modifiant le diamètre des plateaux et du cône de papier, on peut faire varier facilement le rapport des vitesses. Le système des deux plateaux peut recevoir un cône de chaque côté et par suite actionner deux dynanos, dont les axes, placés dans le même plan horizontal que l’arbre du moteur, font avec lui des angles égaux à la moyenne des angles générateurs des plateaux coniques. On conçoit qu’on peut installer sur chaque bout de l’arbre une et même deux transmissions semblables, ce qui permet de faire commander quatre et même huit dynamos par le même moteur.
- Ce système occupe peu de place et nous paraît éviter les inconvénients de ceux qui précèdent. Les cônes de papier sont presque inusables.
- transmission électrique de l’énergie. — La transmission de l’énergie à distance par l’électricité est fondée sur la réversibilité des machines d’induction (Voy. Machine d’m-duction) .
- On réserve quelquefois le nom de transmis-slon au cas où la distance est petite ; on ap-Pelle alors transport de la force la transmission a grande distance. Nous ne conserverons pas cette distinction, qui ne nous paraît pas justifiée.
- Lorsqu’on fait tourner l’armature d’une de ces machines, on lui fournit du travail mécani-9ue et elle donne naissance à un courant électrique. Si au contraire on lance un courant dans l’anneau, la machine se met à tourner et
- peut produire un travail mécanique. Enfin, si l’on place dans un même circuit deux machines d’induction, et que l’on fasse tourner une d’elles, la seconde se mettra en mouvement sous l’inlluence du courant et pourra être employée à effectuer un certain travail. L’énergie mécanique est ainsi transmise à distance.
- La première machine est appelée génératrice, et la seconde réceptrice.
- Cette expérience a été réalisée pour la première fois en 1873 à l’Exposition de Vienne par M. H. Fontaine, au moyen de deux machines Gramme accouplées; l’une était mue par un moteur à gaz, système Lenoir; l’autre, actionnée par le courant de la première, faisait marcher une pompe centrifuge de MM. Neut et Dumont.
- Le circuit qui réunit les deux machines peut avoir une grande longueur, sans que l’expérience cesse de réussir. La transmission électrique de l’énergie permettrait donc d’utiliser à distance les nombreuses forces naturelles qui restent inutilisées parce qu’elles sont situées en des points éloignés des centres commerciaux ou dénués de communications faciles, de sorte que l’on ne peut songer à y installer une usine. Telles sont les chutes d’eau, si nombreuses dans les montagnes.
- La transmission électrique de l’énergie, on le conçoit facilement, ne saurait d’ailleurs s’effectuer sans perte : la génératrice perd une partie de l’énergie en la transformant en courant, la génératrice donne une perte analogue dans la transformation inverse ; il faut ajouter encore les pertes provenant de réchauffement des conducteurs et de leur isolement toujours insuffisant.
- Malgré ces inconvénients, il semble à première vue que la valeur du rendement n’ait pas une grande importance, si l’on utilise des forces naturelles, qui par conséquent ne coûtent rien. Mais en réalité la question est plus complexe : il faut tenir compte des frais d’installation, d’exploitation et d’entretien des machines et de la ligne. Si le rendement n’est pas suffisamment élevé, il peut se faire que l’énergie gratuite ainsi transmise coûte plus cher que si on la produisait sur place avec une machine à vapeur. La transmission électrique peut du reste présenter dans certains cas des avantages qui la fassent préférer, quelle que soit la dépense, mais, le plus souvent, il convient de calculer avec soin le rendement, et de chercher les conditions qui peuvent lui donner une valeur aussi élevée que possible.
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- TRANSMISSION ÉLECTRIQUE DE L’ÉNERGIE.
- Calcul d'une transmission. — Cherchons à calculer le rendement d’une transmission d’énergie dans le cas le plus favorable, c’est-à-dire en négligeant les imperfections que présentent nécessairement les appareils. Supposons que la génératrice reçoive un travail moteur T et que son rendement soit k; soient E et I la force électromotrice et l’intensité du courant
- (1) El = AT.
- Si l’on maintient la réceptrice immobile, de sorte qu’elle ne produise aucun travail, on a d’après la loi d’Ohm :
- E = RI ;
- d’où
- El = RI2,
- R étant la résistance totale du circuit. Mais, si la génératrice tourne et produit un travail mécanique, l’intensité diminue et prend une valeur i inférieure à celle indiquée par la loi d’Ohm. Cet effet peut s’expliquer, soit par une augmentation brusque de la résistance, soit par la production d’une force contre-électromotrice dans la machine réceptrice. La première hypothèse n’est guère vraisemblable, car les variations de température dues au fonctionnement de l’appareil sont insuffisantes pour expliquer l’accroissement de résistance qu’il faudrait admettre. Il est naturel de supposer, au contraire, que la rotation de la réceptrice tend à y faire naître un courant de sens contraire à celui de la génératrice ; la force* contre-électromotrice ainsi développée, soit e, se retranchera de celle de la génératrice, et l’on aura
- (2) E — e = Ri
- ou
- Ei = Ri2 -f- ei.
- La quantité d’énergie ei est celle que la réceptrice absorbe et transforme en travail mécanique. Si son rendement est k’, ce travail sera donné par
- T' = k'ei.
- On voit que la force contre-électromotrice est nécessairement inférieure àE; elle ne peut lui être égale que dans les cas limites où l’on aurait < = 0 ou R —0.
- Travail utile. — Le travail utile est celui qui est fourni par la réceptrice.
- T = k'ei.
- En tirant de (2) la valeur de i, on a e (E — e)
- Outre les constantes k' et R, T' est le produit des deux facteurs e et E — e, dont la somme est constante et égale à E. Il est donc maximum lorsque ces facteurs sont égaux ou
- E
- 6 ~ 2 ’
- ce qui donne, en portant dans (2),
- E I * ~ 2R — 2 '
- Le maximum est donc obtenu lorsque, par la rotation de la réceptrice, l’intensité du courant diminue de moitié.
- L’équation (3) montre en outre que le travail utile diminue lorsque l’on augmente la résis-' tance R du circuit ou la distance des deux machines. Nous verrons plus loin comment on peut remédier à ce défaut.
- Rendement électrique. — Le rendement électrique de la transmission proprement dit, abstraction faite du rendement des deux machines, est le rapport de l’énergie développée dans la réceptrice à l’énergie fournie par la génératrice. C’est donc
- ei _e
- Ëï = Ë
- Le rendement électrique d'une transmission est donc indépendant de la résistance du circuit, et par suite de la distance des deux machines.
- Ce théorème, énoncé par M. Marcel Deprez, est contesté par beaucoup d’électriciens. Il faut remarquer, en effet, que si l’on fait varier la distance, l’intensité diminue; il en résulte que la réceptrice tourne moins vite, et la force contre-électromotrice est plus faible. Pour que le théorème soit exact, il faut que cette force conserve la même valeur, et par suite il faut employer des machines d’autant plus puissantes que la distance est plus grande ; si l’on emploie la même machine, le rendement diminue à mesure que la distance augmente.
- En outre le théorème précédent rencontre dans la pratique d’autres objections. La ligue n’est jamais parfaitement isolée; qu’elle soit portée sur des poteaux ou placée dans le sol, il y a toujours des pertes, et l’intensité n’est plus constante dans tout le circuit : elle diminue à mesure qu’on s’éloigne de la génératrice, et elle est d’autant plus faible dans la réceptrice que celle-ci est plus loin. En appelant i cette valeur de l’intensité, le rendement élec-
- ei'
- trique est représenté pratiquement par gj-
- Le théorème de M. Deprez peut prendre une
- (3)
- R
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- autre forme, dans le cas très simple où les deux machines seraient identiques. Comme elles sont parcourues par le même courant, on peut supposer en outre que les deux champs magnétiques ont exactement la même intensité, et que les deux forces électromotrices sont proportionnelles aux vitesses Y et v des deux induits, ou au nombre de tours N et n qu’ils font par minute. On aurait alors
- e v ___n
- Ë"V~N'
- On pourrait dans ce cas obtenir le rendement électrique d’une façon très simple, en mesurant N et n. C’est là d’ailleurs un cas purement théorique : même si les machines sont identiques,les champs ne peuvent être de même intensité, parce que la réaction des courants sur le champ n’est pas la même dans les deux machines.
- Rendement mécanique. — Le rendement électrique est intéressant à considérer, mais il esta peu près indifférent dans les applications. Ce qui importe dans la pratique, c’est le rendement mécanique, c’est-à-dire le rapport du travail mécanique fourni par la réceptrice à celui qu’absorbe la génératrice. C’est cette quantité qu’on désigne habituellement sous le nom de rendement. Le rendement mécanique est le seul qui intéresse les industriels, car il tient compte de toutes les pertes produites dans la transmission, et il fait connaître la force qu’il faut fournir au départ pour obtenir à l’arrivée un travail déterminé ; sa connaissance permet de voir si, dans le cas considéré, la transmission électrique est préférable aux autres procédés.
- Le travail fourni à la génératrice est donné par
- /cT = Ei.
- Celui que donne la réceptrice est T' = k'ei.
- Le rendement mécanique est donc
- H est donc égal au produit du rendement électrique de la transmission par les rendements des deux machines. Cette expression ne tient compte que des pertes provenant des appareils électriques; il faudrait évaluer encore celles qui sont dues au moteur qui actionne la génératrice et aux appareils mus par la réceptrice ; mais ce serait sortir de notre sujet.
- M. Boistel a vérifié que le rendement mécanique décroît rapidement à mesure que la distance augmente, avec deux machines Siemens identiques, pouvant produire, à la vitesse de 900 tours, un courant de 168 volts et 58,5 ampères sur un circuit peu résistant. En réunissant ces machines par un conducteur de résistance négligeable, le rendement mécanique est de 54 p. 100; mais il n’est plus que de 41 p. 100, lorsqu’on intercale une résistance extérieure de 0,50 ohm, équivalant à 416 mètres d’un fil de 4,5 mm. de diamètre ; enfin, il tombe à 28,8 p. 100 lorsqu’on porte la longueur du fil à 833 mètres (1 ohm), et à 15,8 p. 100, si cette longueur atteint 1250 mètres (1,5 ohm).
- Exemple numérique. — Les calculs qui précèdent nous ont conduit très simplement aux résultats obtenus par M. Marcel Deprez, et dont les points principaux se résument ainsi :
- 1° Le rendement électrique d’une transmis-6
- sion est égal à — ; il est donc indépendant de la
- distance, pourvu qu’on choisisse les machines de façon à maintenir constant le rapport qui précède. D’ailleurs celte constance ne peut pas être réalisée dans la pratique, à cause notamment du défaut d’isolement de la ligne.
- 2° Le rendement mécanique est indépendant de la distance, si les forces électromotrices E et e varient proportionnellement à la racine carrée de la résistance totale (1). Le défaut d’isolement de la ligne a encore ici la même influence.
- Pour bien faire comprendre dans quelles conditions le transport électrique de l’énergie peut être avantageux, nous ajouterons un exemple numérique emprunté à M. H. Fontaine, et qui se rapproche bien des conditions ordinaires de la pratique, soit le transport d’une force de 40 chevaux à 3 kilomètres.
- Pour avoir un service parfaitement régulier et de longue durée, l’expérience montre qu’on ne peut demander à la génératrice plus de 1000 tours pour la vitesse, ni plus de 1500 volts pour la force électromotrice. Le travail fourni à la machine étant de 40 chevaux ou 3000 kilogrammètres, l’intensité en ampères est donnée par
- ou
- T
- El
- 9
- 3000 =
- 1500 X I 9,81
- (l) La démonstration de cette relation se trouve un peu plus loin (page 906,'.
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- D'où
- I = 19,62 ampères.
- Prenons 20 ampères pour simplifier les calculs. Une partie de ce courant est absorbée par réchauffement de la génératrice. Les dynamos Gramme de 1500 volts ont une résistance intérieure de 10 ohms. Elles consomment donc, sous forme de chaleur, une quantité d’énergie
- , , , rP
- égalé a — ou
- g
- 10 X 202 9,81 ’
- soit environ 400 kilo-
- grammètres. x
- De nombreuses expériences ont montré que les frottements mécaniques et autres causes accessoires absorbent environ 10 p. 100, soit 300 ki-logrammètres. La perte totale dans la génératrice est donc de 700 kilogrammètres et le circuit extérieur ne reçoit que 2300 kilogrammètres. Par suite, la différence de potentiel aux bornes de la génératrice est
- e
- *9
- 1
- 2300 x 9,81 20
- = 1128 volts.
- Avant d’examiner la perte due à la ligne, cherchons celle qui provient de la réceptrice. M. Fontaine conseille l’emploi d’une réceptrice identique à la génératrice, ce qui n’exige qu’une seule machine de rechange et évite l’excès de vitesse que pourrait prendre la réceptrice tournant sans charge. Dans ce cas, cette machine absorbera encore 400 kilogrammètres sous forme de chaleur. La perte provenant des frottements sera moindre que dans la génératrice, le travail et la vitesse étant eux-mêmes plus petits. On peut admettre qu’il est égal aux deux tiers du premier, soit 200 kilogrammètres; la réceptrice absorbera donc 600 kilogrammètres et les deux machines ensemble 1300 kilogrammètres.
- Il reste à considérer l’influence de la ligne, qui varie avec son diamètre. Il faut donc déterminer ce diamètre d'après le rendement qu’on veut obtenir.
- Si l’on veut transmettre 18 chevaux ou 1350 kilogrammètres , il faut que la ligne n’absorbe pas plus de 350 kilogrammètres, La résistance de la ligne ne doit donc pas dépasser la valeur
- P
- 350x9,81
- 4u0
- — 8,6 ohms.
- La ligne ayant 6000 mètres (aller et retour), il faudra du fil de cuivre de 11,6 mm. carrés, dont le poids sera 624 kilogrammes, et le prix 6240 francs, le prix moyen étant de 10 francs par kilogramme.
- Pour transmettre 20 chevaux, on trouverait qu’il faut prendre du fil de 20 mm. carrés, pesant 1080 kilogrammes et coûtant 10800 francs. Pour 22 chevaux, il faudrait du fil de 83,33 mm. carrés, et le prix s’élèverait à 45000 francs.
- Ces trois exemples, qui correspondent à des rendements de 45, 50 et 55 p. 100, montrent avec quelle rapidité augmentent le prix de la ligne et par suite les frais d’installation, lorsqu’on veut obtenir un rendement un peu considérable.
- Construction géométrique. — La construction suivante permet de se rendre compte facilement des résultats qui précèdent. Nous avons
- AT = Et
- (4) ' T' = Wei
- E i = Ri2 + ei.
- Éliminons e et i entre ces 3 équations ; il vient
- (5) RA2A'T2 — M'E2T + E2T’ = 0.
- En prenant T pour abscisses et T' pour ordonnées, cette équation représente une parabole à axe vertical passant par l’origine (fig. 1054) et
- E2
- coupant l’axe des T à une distance j—, Cette
- An
- courbe suppose des valeurs déterminées de E et de R. Pour un point quelconque, l’abscisse OM représente le travail absorbé par la génératrice, l’ordonnée MP le travail utile fourni par la réceptrice. Le rendement mécanique est MP
- égal à ^ î il est donc figuré par la tangente
- trigonométrique de l’angle POM, et il augmente avec cet angle.
- On voit immédiatement que la plus grande valeur du travail utile est représentée par QS et correspond à la valeur OQ du travail utile, c’est-à-dire à
- ou bien à
- T
- E2
- 2AR’
- i
- E
- 2R’
- comme nous l’avons vu plus haut.
- A chaque valeur OM du travail moteur correspond une seule valeur MP du travail utile. Mais, si l’on se donne une valeur MP = MtPi du travail utile, on voit qu’elle peut être obtenue pour deux valeurs OM et OM* du travail moteur. Il est évident que l’on prendra dans la pratique la plus petite valeur OM, puisqu’elle donne un plus fort rendement. La seule partie de la courbe utile à considérer est donc la partie OS , au delà de ce point, le travail utile diminue
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- à mesure que le travail moteur augmente. Dans cette partie de la courbe, on voit que le rendement est plus grand pour les points les plus voisins de l’origine : on augmenterait donc sa valeur en diminuant autant que possible le travail moteur et le travail utile. Il est évident que la pratique ne peut tenir compte de cette condition, car il y a généralement avantage, vu les frais d’installation et d’entre-
- tien des machines, à transmettre la plus grande quantité de travail possible.
- La droite OB, tangente à la courbe à l’origine, a pour équation
- y = kk'x.
- On voit donc que le rendement mécanique ne peut dépasser le produit du rendement des i deux machines: en d’autres termes, le rende-
- Q M,
- Fig. 1054. — Représentation graphique du rendement mécanique.
- ment électrique est nécessairement inférieur à 1. De plus, on a
- MP' = kk" T MP = T'.
- Donc
- PP' = kk'T — T' = ê'Rt2.
- La distance PP' est donc proportionnelle à la perte d’énergie par échauffement du conducteur. On voit que cette perte augmente avec OM, mais plus vite que OM, ce qui explique là diminution du rendement.
- Nous avons supposé les quantités E et R invariables. Si l’on faitcroître E, laparabole change de forme et va couper l’axe des T plus loin, en même temps que son sommet s’élève. Le travail utile T' et le rendement augmentent. Il en est de même si l’on fait décroître R. Si R et E changent à la fois, le problème est plus complexe. Il y a cependani un cas simple : l’équa-
- E2
- tion (5) ne contient que le rapport si l’on
- fait varier E et R de sorte que ce rapport reste constant, la courbe ne change pas et le rendement reste invariable pour une valeur déterminée du travail moteur, malgré l’accroissement de résistance. Nous indiquons plus loin que M. Marcel Deprez est arrivé à ce résultat par une autre méthode.
- On pourrait encore, entre les équations (4), éliminer T et e; il resterait une relation entre
- T' et i, que l’on pourrait représenter de même par une courbe. Cette construction permettrait, étant donnée une force naturelle, de calculer la quantité qu’on pourrait transmettre.
- Influence de la distance; moyen d'y remédier. — Cette influence, bien évidente à priori, est manifestée par les résultats qui précèdent : elle a pour effet de diminuer notablement le rendement mécanique. On s’est préoccupé de remédier à ce grave inconvénient.
- Un premier moyen consisterait à augmenter le diamètre des conducteurs avec la distance, de façon a diminuer ou même à annuler l’augmentation de résistance. Ce procédé très simple est le plus souvent inapplicable, parce que l’augmentation de diamètre et de longueur de la ligne rendrait les dépenses de première installation beaucoup trop considérables. L’exemple suivant, cité par M. Boistel, le montre suffisamment. Pour l’exploitation de certaines mines du Pérou, on a cherché à transporter une force de 200 chevaux à 50 kilomètres avec un rendement de 33 p. 100. La dépense prévue pour les machines était de 300 000 francs, mais le prix des conducteurs s’élevait à 1625000 francs, ce qui portait l’installation à 1925000 francs. On voit par cet exemple que l’augmentation de diamètre des conducteurs ne peut fournir une solution pratique de la question.
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- Un autre système, proposé par M. Marcel De-prez, est l’emploi des hautes tensions. Le travail utile est
- r = |t,e (£-«).
- Si l’on fait croître E et e proportionnellement à la racine carrée de la résisiance R, de sorte que, pour une résistance R15 on ait des forces Et et déterminées par
- le nouveau travail utile étant
- on voit facilement, en remplaçant dans (7) E,, et ex par leurs valeurs tirées de (6), que T't est égal à T'. Il faut cependant supposer encore que le rendement k' de la nouvelle réceptrice est égal à celui de la première. On voit donc que, si E et e varient proportionnellement à la résistance R, le rendement électrique de la ligne reste constant.
- Le système des hautes tensions a pour conséquence de diminuer l’intensité, ce qui est avantageux, puisqu’on diminue en même temps l’énergie RU transformée en chaleur sur la ligne et qui constitue une perte. Mais l’emploi de ces tensions élevées, 2000 ou 3000 volts, et même 8000 ou 10 000 volts, comme l’a proposé M. Deprez, n’est pas encore très facile et présente de grands dangers; peut-être pourra-t-on éviter ces dangers par des réglementations sévères et des précautions suffisantes, mais la question est assez compliquée, puisqu’il faut appliquer ces précautions non seulement aux machines, mais à la ligne elle-même.
- Il y a d’ailleurs plusieurs manières d’obtenir de hautes tensions : on peut augmenter la vitesse de rotation des anneaux, réduire le diamètre du fil induit, construire des machines de très grandes dimensions, ou enfin disposer en série plusieurs machines plus petites.
- La vitesse des anneaux ne peut pas être augmentée au delà d’une certaine limite. L’emploi d’un fil induit de très petit diamètre complique bientôt la construction de la machine et rend son prix de revient très élevé. M. Deprez a cependant appliqué ce système aux électros et aux armatures des machines Gramme, Siemens et autres pour le transport de la force.
- Les machines de très grandes dimensions seraient avantageuses, d’après M. Deprez, car la puissance varierait comme la quatrième puis-
- sance des dimensions homologues, tandis que le poids et la masse sont seulement proportionnels à la troisième. Des expériences directes n’ont vérifié cette loi que d’une manière approximative. On ne peut donc se fier à cette règle. Aussi l’on n’a guère construit jusqu’à présent de machines de ce genre : on cite une machine de M. Gordon qui a de très grandes dimonsions : elle pèse 18000 kilogrammes; la roue qui porte les inducteurs a 2,66 m. de diamètre; cette machine transforme, dit-on, en électricité 94 p. 100 de l’énergie mécanique qu’on lui fournit.
- L’accouplement en série de plusieurs dynamos, qui a été appliqué par M. Fontaine, paraît être jusqu’ici le procédé le plus avantageux.
- Ajoutons enfin que sir W. Thomson a proposé une solution intermédiaire entre l’accroissement de puissance des machines et l’augmentation du diamètre des conducteurs. Elle consiste à déterminer le diamètre du fil de ligne d’après cette condition que l’intérêt annuel du prix d’achat total soit moindre que la dépense annuelle de force motrice absorbée par la résistance électrique de ce conducteur. En réalité, il faudrait tenir compte aussi des frais de pose, qui augmentent avec le diamètre du conducteur.
- Conclusions. — En résumé, on ne saurait indiquer d’avance les meilleures conditions d’établissement d’une transmission électrique d’énergie. Le seul point acquis définitivement, c’est la nécessité d’abandonner les fils de fer et d’employer toujours pour les lignes un métal très conducteur, comme le cuivre ou le bronze phosphoreux ou silicieux. Il faudra d’ailleurs déterminer dans chaque cas les conditions les meilleures, en tenant compte de toutes les causes de perte provenant des machines et des autres appareils, de réchauffement de la ligne, des défauts d’isolement, etc.
- Transmission à grande distance.
- Pour le transport à grande distance, on peut dire qu’il n’a guère été fait jusqu’à présent que des expériences d’essai, et qu’il n’existe encore que peu d’applications industrielles.
- Expériences de M. Marcel Deprez. — De 1882 à 1886, M. Marcel Deprez a fait un certain nom-bre d’expériences dans le but de vérifier les résultats énoncés plus haut et de démontrer la possibilité pratique de transmettre la force a grande distance par l’électricité.
- Expériences de Munich. — Les premières expériences furent installées en 1882 entre 1 Ex-
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- position d’électricité de Munich et une usine située à Miesbach, à une distance de 57 kilomètres. La génératrice, installée à Miesbach, faisait 1611 tours et donnait 1343 volts et 0,519 ampère. Elle était mue par une machine à vapeur. La ligne était formée de deux bis de fer de 4,5 mm., offrant une résistance totale de
- 950.2 ohms.
- La réceptrice, située dans le palais de l’Ex- I position, faisait 752 tours et donnait une différence de potentiel de 850 volts ; elle faisait marcher une pompe centrifuge, qui alimentait une cascade de 2,5 m. de hauteur, et produisait un travail de 0,433 cheval. Le rendement électrique était de 38,9 p. 100, le rendement mécanique de 30 p. 100.
- jExpériences du chemin de fer du Nord. — En février 1883, M. Deprez employa deux machines, placées l’une près de l’autre dans les ateliers de la Chapelle et réunies d’une part par un fil court, de résistance négligeable, de l’autre par un fil télégraphique allant au Bourget et revenant au point de départ (longueur 17 kilomètres). La résistance de la ligne était de 160 ohms. La génératrice avait une résistanec de 56 ohms et pouvait donner 2700 volts avec 720 tours par minute. La réceptrice était une machine Gramme ordinaire. Les meilleurs résultats furent obtenus avec une intensité de 2,5 ampères et des différences de potentiel de 2338 volts pour la génératrice et 1994 pour la réceptrice. On put transmettre ainsi 4,439 chevaux avec un rendement mécanique de
- 36.2 p. 100.
- Il faut remarquer que le mode d’installation des deux machines était plus favorable que celui qui se présente toujours dans la pratique. En effet, lorsque les dynamos sont placées aux deux bouts de la ligne, les dérivations qui s’établissent par défaut d’isolement diminuent i’intensité dans la réceptrice. Ici au contraire, les deux machines étant réunies d’un côté par une résistance négligeable, le courant a la même intensité dans les deux, et les dérivations qui peuvent s’établir, ayant pour effet de diminuer la résistance totale, augmentent cette intensité.
- Expériences de Grenoble. — Dans ces expériences, exécutées en août et septembre 1883, * la génératrice était installée dans l’usine de ciment de MM. Damaye et Cie, près de la gare de N izille, et actionnée par la turbine de l’atelier. Elle faisait H40 tours et donnait 3146 volts.
- La réceptrice, placée dans la halle de Grenoble, faisait 875 tours avec une force électromotrice
- de 2231 volts. La distance était de 14 kilomètres ; la ligne était formée d’un double fil en bronze silicieux de 2 mm., ayant une résistance totale de 167 ohms. L’intensité était de 2,88 ampères à Vizille et de 2,82 ampères à Grenoble. Les résultats furent un peu meilleurs que dans les expériences précédentes. On arriva à transmettre près de 7 chevaux avec un rendement de 62,3 p. 100.
- Les dérivations provenant du défaut d’isolement furent étudiées avec soin. Pour une force électromotrice de 3128 volts et une intensité de 3,51 ampères à Vizille, la perte était de
- 6,6 p. 100.
- Expériences de Creil. — Les dernières expériences de M. Deprez ont eu lieu au chemin de fer du Nord, entre Creil et la gare de la Chapelle, de novembre 1885 à mai 1886. Elles avaient pour but de démontrer d’une manière irréfutable la possibilité de transporter sans danger une grande force à une grande distance, dans des conditions pratiques et suffisamment rémunératrices. Elles devaient satisfaire au programme suivant :
- 1° Démontrer la possibilité technique de transporter sans danger une grande force à une grande distance;
- 2° Prouver que les machines peuvent fonctionner vingt heures par jour, et pendant plusieurs mois, sans subir aucune détérioration;
- 3° Démontrer la possibilité de diviser, à l’arrivée, le courant entre plusieurs réceptrices chargées de services complètement différents, malgré des variations brusques dans le travail utilisé par chacune d’elles ;
- 4° Établir des appareils d’un rendement suffisant, sans exagérer les dépenses de premier établissement.
- Pour réaliser ce programme, on devait installer à Creil deux locomobiles de 400 à 4 50 chevaux chacune, commandant à l’aide de courroies un arbre moteur, pris pour origine de toutes les mesures, et recevant des vitesses de 50 à 150 tours, ce qui correspond aux vitesses ordinaires des roues et des turbines hydrauliques. Cet arbre devait commander la génératrice en lui donnant une vitesse de 200 à 300 tours.
- La gare de la Chapelle devait avoir trois réceptrices actionnant respectivement :
- 1° Les machines de l’éclairage électrique, fonctionnant 10 à 14 heures par jour et absorbant de 10 à 20 chevaux ;
- 2° Les pompes de la manutention hydraulique, fonctionnant jusqu’à vingt heures par jour
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- et consommant 35 à 40 chevaux avec des variations assez grandes de l’effet utile ;
- 3° Une partie des machines-outils des ateliers de la Chapelle, fonctionnant huit à dix heures et absorbant 12 à 15 chevaux avec des variations très brusques et très grandes de l’effet utile.
- Mais ces conditions furent bien loin d7être remplies. Pour des raisons d’ordre administratif, on ne put employer qu’une seule réceptrice, et la génératrice n’utilisa guère que la moitié de la force motrice disponible. Des accidents, qui eurent lieu pendant les essais préliminaires, forcèrent M. Deprez à modifier le type de ses machines pour revenir aux modèles ordinaires. Enfin il fallut se servir d’excitatrices distinctes, donnant, pour produire les champs magnétiques, des courants de basse tension, distincts du courant de ligne, et ne participant que d’une manière insensible aux variations de ce dernier.
- A Creil, cette disposition n’exigeait qu’une dépense supplémentaire de force motrice, mais, à la Chapelle, il fallait avoir recours à un artifice pour amorcer les machines. Les arbres de la réceptrice et de l’excitatrice étaient reliés par une courroie: au début, un commutateur spécial, appelé commutateur de démarrage (Voy. ce mot), mettait le circuit excitateur en communication avec la ligne. La réceptrice se trouvait ainsi amorcée et commençait à tourner, entraînant l’excitatrice, dont la rotation donnait peu à peu au champ sa valeur normale ; le commutateur séparait alors de la ligne le circuit excitateur.
- Le mode de distribution de l’énergie, à l’arrivée, était assez mauvais. La réceptrice commandait par courroie une dynamo Gramme, dont le courant était lancé dans plusieurs réceptrices actionnant les outils, etc.
- La ligne, longue de 56 kilomètres, était formée par deux fils de bronze silicieux de 5 mm., ayant une résistance de 97,45 ohms. Ces fils étaient isolés sur une grande partie du parcours par une enveloppe de chanvre imprégné de résine, entourée olle-même d’un tube de plomb. L’expérience a montré que cette précaution était inutile et même dangereuse. Le câble formait condensateur, et des étincelles* éclataient entre les deux conducteurs.
- Une Commission, nommée par l’Académie des sciences, a fait le 24 mai 1886 les mesures suivantes. La vitesse a varié de 168 à 218 tours pour la génératrice, de 214 à 295 pour la réceptrice. La force électromotrice était de 4887 à
- 6290 volts pour la première, de 3902 à 5081 pour la seconde. L’intensité a varié de 6,85 à 9,85 ampères. On a dépensé à Creil de 66,7 à 116 chevaux et recueilli à la Chapelle de 27,2 à 52 chevaux, soit un rendement mécanique de 40,78 à 44,81 p. 100. Les résultats de ces mesures diffèrent d’ailleurs notablement de ceux que donne le calcul: la Commission a constaté ce désaccord, mais sans l’expliquer.
- Ces expériences n’ont donné qu’une faible partie des résultats attendus. Elles ont montré la possibilité de transporter environ 50 chevaux à 56 kilomètres avec un rendement d'environ 40 à 45 p. 100, d’obtenir un bon isolement de la ligne et d’éviter tout danger, malgré l’emploi d’une force électromotrice de 6300 volts. Mais la quantité d’énergie transportée était très inférieure à celle qu’avait fixé le programme, et sa distribution entre plusieurs réceptrices n’était pas conforme’aux conditions imposées. Enfin les frais d’installation étaient extrêmement élevés. La Commission a, en effet, estimé la dépense à 50000 francs pour la génératrice, 30000 francs pour la réceptrice et 44800 francs pour la ligne, soit un total de 124 800 francs.
- Expériences de M. H. Fontaine. — Ainsi que nous l’avons indiqué plus haut, c’est M. H. Fontaine qui a réalisé à Vienne en 1873 la première expérience sur le transport de la force à distance par l’électricité. En octobre 1886, M. Fontaine a institué, dans les ateliers de la Compagnie électrique, de nouveaux essais destinés à montrer qu’il n’est pas nécessaire d’avoir recours à des machines de grandes dimensions, comme l’avait indiqué M. Deprez, et qu’on peut obtenir des résultats au moins aussi bons avec les modèles ordinairement employés dans l’industrie.
- Pour faciliter la comparaison, M. Fontaine a donné à la ligne la même résistance que dans les expériences de Creil et a cherché à transmettre à peu près la même force. Les deux groupes de machines étaient donc séparés par deux fils de 57,5 kilomètres, présentant une résistance totale de 100 ohms. La génératrice unique était remplacée par 4 dynamos Gramme du type supérieur réunies en tension, la réceptrice par 3 machines identiques accouplées de la même manière. Le groupe générateur était actionné par une machine Farcot à quatre tiroirs, marchant à 5 kilogrammes et pouvant développer 95 chevaux. Le volant, de 5 mètree de diamètre, faisait 55 tours et actionnait par courroie un arbre intermédiaire, qui comman dait les quatre dynamos au moyen de deux
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- poulies et de quatre galets de friction. Les dvnamos oscillaient sur un axe horizontal placé sous leur socle, de sorte que la pression des galets était déterminée par le poids même des machines. Le système générateur entier n’occupait qu’un espace de 3,S mètres sur 3,1 mètres.
- Le groupe récepteur occupait environ 7 mètres carrés. Les trois machines étaient placées bout à bout et réunies ensemble par des manchons garnis de caoutchouc.
- En donnant aux génératrices une vitesse de 1298 tours, on obtint aux deux bornes de la ligne une différeuce de potentiel de 5896 volts. L’intensité du courant était de 9,34 ampères Le travail absorbé sur l’arbre des génératrices était de 95,8 chevaux, le travail recueilli au frein sur l’arbre des réceptrices de 49,98 chevaux, les réceptrices faisant 1120 tours. Le rendement industriel était donc de 52 p. 100.
- Il résulte donc de ces expériences que les dynamos ordinaires, accouplées en série, se prêtent aussi bien à la transmission électrique de l’énergie que les grosses machines. Il est donc absolument inutile de construire des machines spéciales, de grandes dimensions, qui sont d’une construction compliquée, d’un prix élevé, exigent par leur masse des travaux coûteux de fondations, et ne peuvent se prêter a la variété des services qu’exige d’ordinaire une exploitation. Un dernier renseignement montre bien l’infériorité des grosses machines. Les sept dynamos employées par M. Fontaine pesaient ensemble 8400 kilogrammes et coûtaient 16450 francs. Les deux machines utilisées dans l’expérience de Creil pesaient 70000 kilogrammes et leur prix était estimé à 80000 francs.
- Transmission entre Kriegstetten et Soleure.
- — On comprend facilement, d’après les résultats des expériences décrites ci-dessus, que le nombre des transmissions électriques industrielles actuellement existantes soit encore très faible. La première fut, croyons-nous, installée en 1886 par la Société des ateliers d’OErlikon, entre Kriegstetten et Soleure, dans le but d’utiliser la force d’une chute d’eau située à la première station, et donnant de 30 à 50 chevaux. Cette force est recueillie par une turbine qui actionne deux dynamos identiques, du système Brown, couplées en série, faisant 700 tours par minute et donnant une différence de potentiel aux bornes de 1753,3 volts avec une intensité 11,474 ampères.
- La ligne, qui a 8 kilomètres de longueur, est
- formée de trois fils de cuivre nu de 6 millimètres de diamètre (comme dans le système de distribution Edison à trois fils) ; ces conducteurs sont soutenus par cent quatre-vingts poteaux en bois à l’aide d’isolateurs Johnson et Philips. Ce sont des isolateurs ordinaires en porcelaine, dont l’isolation est augmentée par l’adjonction d’un liquide aussi peu conducteur que possible, qui remplit une cavité intérieure formée par le bord intérieur de l’appareil. Pour éviter que la surface du liquide se couvre de gouttes d’eau par la pluie ou par le brouillard, les dimensions de l’isolateur et de son support sont telles que l’accès de l’air est presque absolument empêché. La résistance totale de la ligne est de 9,228 ohms.
- La station réceptrice, placée à Soleure, dans l’usine de M. Muller-Haiber, comprend deux dynamos identiques, montées en série, un peu plus petites et un peu moins puissantes que les premières.
- Des mesures électriques et mécaniques ont été faites avec soin les 11 et 12 octobre 1887 par une commission composée de MM. Amsler, Ha-genbach, Keller, Yeith et Weber; elles ont donné un rendement industriel de 75,2 p. 100. Ces résultats excellents sont attribués au bon rendement des machines, à l’emploi de forces électromotrices élevées, à la distance relativement faible, à l’emploi d’un conducteur assez gros et au parfait isolement de la ligne.
- Transmission de Thorenberg à Lucerne. — La même Société a établi à Thorenberg, en 1887, une usine destinée à utiliser la force d’une chute d’eau pour l’éclairage de la ville de Lucerne et le transport de la force motrice. Cette usine alimente donc deux services spéciaux absolument distincts. La transmission destinée à l’éclairage emploie des machines à courants alternatifs et des transformateurs Zipernowsky. La transmission de force est à courant continu. Elle fait mouvoir un moulin à farine appartenant à M. Troller.
- Cette dernière est établie pour une force initiale de 120 chevaux, avec une force électromotrice de 1000 volts et un courant de 80 ampères. Les deux machines Brown sont du même type, avec inducteurs à pôles conséquents, et ne différent que par l’enroulement; elles font 450 tours par minute.
- La ligne, d’une résistance totale de 2 ohms, est à deux fils. Elle est en partie aérienne, en partie souterraine. La première portion a 3040 mètres de longueur; elle est formée d’un fil de 63 millimètres carrés de section, soutenu
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- par des isolateurs ordinaires à cloche double.
- Divers appareils accessoires complètent cette installation essentiellement pratique, notamment un ferme-circuit automatique, un interrupteur à main, des paratonnerres à dents, etc.
- Enfin la Société d’QErlikon a créé un certain nombre d’installations destinées à utiliser des forces plus élevées ; ainsi à Schio (Italie), 250 chevaux, et à Derendingen (Suisse), 280 chevaux. Toutes ces transmissions donnent, dit-on, un bon rendement. Sur une transmission établie
- en Autriche, où la distance n’est, il est vrai que de 600 mètres, le rendement s’élèverait à 80,4 p. 100.
- Transmission entre Béconne, Valréas et Dieu-lefit. — Nous dirons enfin quelques mots d’une installation qui ne se fait pas remarquer par son importance, mais qui montre bien le parti que, grâce à l’électricité, beaucoup de petites localités pourraient tirer des forces naturelles situées dans leur voisinage. Cette installation n’a pas pour but, à proprement parler, de
- Fig. 1053. — Usine électrique de Béconne. (Figure communiquée par MM. Ganz et Cie, de Budapest).
- transporter à distance de l’énergie utilisable sous forme mécanique. Celle qu’elle emprunte à une source naturelle et qu’elle transmet à une certaine distance n’est consommée actuellement que sous forme de lumière. Nous voulons parler de l’usine établie à Béconne pour l’éclairage de deux petites villes, Valréas (Vaucluse) et Dieulefit (Drôme), situées la première à 14 kilomètres, la seconde à 5 kilomètres de cette usine.
- La chute d’eau utilisée, qui appartient à un canal du Lez, est de 25 mètres. Un réservoir
- d’une capacité d’environ 13000 mètres cubes sert en partie de réserve, en partie au maintien de la constance de la chute. Il représente une réserve de 800 chevaux-heure électriques dans le réseau secondaire.
- L’eau de pression est amenée par deux tuyaux en tôle de 0,8 mètre de diamètre à deux turbines horizontales, donnant chacune une force de 50 chevaux et faisant 180 tours par minute. Le réglage des turbines se fait par un régulateur hydraulique de Bouvier variant l’afflux d’eau suivant la force consommée.
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- Chacune de ces turbines actionne une machine à courants alternatifs, système Ziper-nowsky (Voy. Supplément), de 24 000 watts C2000 volts et 12 ampères), et une dynamo excitatrice, type A, pouvant produire 3000 watts à pleine charge. Chacune de ces machines, avec son excitatrice et ses appareils accessoires, dessert une des deux villes. La tension secondaire est maintenue constante dans les deux villes par deux rhéostats automatiques avec égalisateur, donc sans fil de retour.
- La fig. 1055 représente l’usine de Béconne:on
- voit qu’une installation de ce genre peut être réalisée fort simplement et ne demande qu’une petite construction, près de la chute utilisée, suffisante pour abriter les machines.
- Les deux lignes, qui conduisent le courant à Dieulefit et à Yalréas, sont complètement aériennes, tant au dehors des villes qu’en dedans, et formées de fils nus reposant sur des isolateurs en porcelaine,
- La ligne de Dieulefit, qui est la plus courte, est constituée par un fil en bronze silicieux de 3,2 mm. de diamètre; elle a une résis-
- Fig. 1056. — Disposition des transformateurs Zipernowsky et des conducteurs dans les rues de Dieulefit. (Figure communiquée
- par MM. Ganz et Cie, de Budapest.)
- tance de 11,8 ohms. Celle de Yalréas est formée d’un câble de même substance, ayant 33 millimètres carrés de section et 16,1 ohms de résistance. Deux fils téléphoniques, posés sur les mêmes poteaux que les premiers conducteurs, assurent entre l’usine et les deux villes les communications nécessaires au service.
- Dans les villes, les conducteurs reposent le plus souvent sur des supports fixés au faîte des maisons et inaccessibles au public. Les réseaux ont des formes différentes, suivant la configuration des deux villes. A Valréas, qui Présente presque la forme d’un cercle, la distribution a pu être faite en bouquet à partir
- d’un seul point central. Il n’en est pas de même à Dieulefit, qui s’étend tout en longueur sur une distance de 3 kilomètres environ.
- Dans chacune de ces villes, le circuit primaire alimente des transformateurs secondaires, du système Zipernowsky, Déri et Bla-thy. Ces transformateurs sont placés dans des caisses en zinc sur des consoles en fonte, appliquées sur les murs extérieurs des maisons (fig. 1056). Dans les rues, les fils secondaires qui alimentent les lampes sont nus comme les conducteurs primaires; dans les lanternes publiques et dans les installations privées, ils sont soigneusement isolés.
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- L’installation de Dieulefit comprend 115 lampes, dont 16 de 16 bougies pour l’éclairage public, 3 de même intensité et 55 de 10 bougies pour l’éclairage privé. La ville de Valréas possède 66 lampes de 16 bougies pour l’éclairage public et pour l’éclairage privé, 20 lampes de 5 bougies, 101 lampes de 10 bougies et 46 de 16 bougies, en tout 233 lampes.
- Transmission à petite distance.
- Lorsque la distance est petite, inférieure par exemple à quelques kilomètres, souvent même à quelques centaines de mètres, il est facile de constituer la ligne par du fil assez gros pour rendre très faible la perte d’énergie due à réchauffement et d’isoler parfaitement ce conducteur. La plus grosse difficulté est ainsi supprimée, et la transmission électrique de l’énergie peut donner un meilleur rendement. C’est ainsi que cette transmission a pu être appliquée déjà aux tramways, bateaux, aérostats, aux machines-outils et appareils de levage, grues, cabestans, haveuses, ponts roulants, ponts tournants, ponts transbordeurs (Voy. Supplément), ventilateurs, etc. On trouvera à chacun de ces mots les renseignements relatifs à ces différentes applications.
- Nous signalerons seulement ici l’emploi de la transmission électrique dans les mines, où les moteurs électriques, à cause de leur légèreté, de leur faible volume et de leur facile transport peuvent être d’un grand secours dans bien des cas. Citons notamment l’élévation des bennes, la traction des wagonnets (Voy. Tramway), la manœuvre des pompes d’épuisement, la ventilation, le forage des trous de mines (Voy. Haveuse), etc.
- Dans les mines de Blanzy, on employa, dès 1881, deux machines Gramme pour actionner un ventilateur au puits Saint-Claude. Les travaux du puits s’étant trouvés arrêtés, les machines devinrent disponibles, et M. Graillot, ingénieur du puits Sainte-Élisabeth, songea à s’en servir pour un service de distribution d’eau, consistant à puiser l’eau de la Sorme et a la refouler à une distance de 290 mètres, à un niveau supérieur de 20 mètres. Les deux machines Gramme sont éloignées de 175 mètres, et la réceptrice actionne directement une pompe centrifuge de Dumont.
- Les deux câbles de transmission sont seulement placés sur des poteaux télégraphiques et fixés par des chapeaux en bois. Le câble d’aller est formé de 7 fils de cuivre de 1,1 millimètre, entourés de toile goudronnée et de caoutchouc;
- celui de retour comprend trois torons de 4 ftls de fer n° 12, de 1,8 millimètre de diamètre. Cette disposition a paru suffisante jusqu’à présent. La génératrice fait 1600 tours, la réceptrice 1200; la pompe fournit 5400 litres par heure. Le rendement n’a pas pu être mesuré exactement; mais, le matériel électrique existant déjà, les dépenses d’installation ont été à peu près nulles.
- Dans la mine de Trafalgar, dans la forêt de Dean, l’électricité actionne une pompe d’épuisement à double action, munie d’un piston plongeur de 225 millimètres de diamètre et de 250 millimètres de course. La pompe fait 25 tours et le moteur qui la commande, du système Elwell Parker, 650 tours par minute.
- La génératrice, du même système, est située à l’extérieur, près de l’entrée du puits, et donne 23 chevaux à la vitesse de 950 tours; elle est mue par une machine à vapeur de 30 chevaux.
- Le courant est amené au moteur, situé sous terre, par un câble en cuivre de 1800 mètres, à enveloppe isolante, protégé dans le puits par des caisses en bois, et soutenu dans les galeries par des isolateurs en porcelaine. Le retour se fait par un vieux câble en fer fixé au guidage et aux poteaux. Le rendement de la transmission est de 60 p. 100; mais le rendement en eau élevée est seulement de 35 p. 100. Les frais sont d’environ 15 centimes par mètre cube d’eau, ce qui réalise une économie de 12000 francs par an.
- Dans les mines de New-Stassfurt, en Allemagne, l’électricité actionne depuis 1885 une machine à molette pour l’extraction des sels de potasse. La génératrice est située hors de la mine, à 155 mètres environ du puits, qui a 360 mètres de profondeur. La réceptrice est à 40 mètres environ de l’extrémité inférieure : la distance est donc de 555 mètres. Les conducteurs sont en cuivre nu à l’extérieur; dans l’intérieur du puits et de la mine, ils sont isolés et protégés par une couverture en bois. La génératrice donne 370 volts et 22 ampères. La réceptrice a une vitesse de 1000 tours. Les deux machines sont compound et du système Siemens. Le rendement de la transmission électrique est d’environ 53 p. 100.
- On trouvera à l’article Règlement le décret du 15 mai 1888, relatif à l’installation des conducteurs destinés à l’éclairage et à la transmission de l’énergie.
- TRANSMISSION TÉLÉGRAPHIQUE SIMULTANÉE. — On donne ce nom à différents procédés qui permettent d’expédier simultanément
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- plusieurs dépêches par le même fil, soit dans le même sens, soit en sens contraire. Nous insisterons surtout sur la méthode duplex, qui est la plus employée.
- Transmission duplex. — Procédé permettant d’envoyer par le même fil deux dépêches simultanées et de sens contraire, et qui consiste à faire passer le courant à la fois dans les deux récepteurs et à annuler son effet dans le récepteur du poste qui transmet, soit par une disposition convenable des communications, soit par le courant d’une autre pile. Les premières tentatives eurent lieu vers 1853. M. Siemens construisit vers la même époque un appareil donnant une solution mécanique de la question ;
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- mais la transmission duplex n’est réellement appliquée que depuis la découverte de la méthode différentielle, imaginée par M. Stearn. Cette méthode et celle du pont de Wheatstone sont les deux plus employées. Nous citerons encore celle de la bifurcation des bobinés, celles de M. Tommasi, de M. Orduna, de MM. Brasseur et de Sussex.
- Méthode différentielle. — La transmission duplex peut s’appliquer à tous les appareils. Nous prendrons comme exemple le télégraphe Morse.
- Les deux postes sont identiques, mais ils font usage, l’un de courants positifs, l’autre de courants négatifs. Dans chacun d’eux, le récepteur, M par exemple, est muni d’un relais
- Fig. 1057. — Diagramme du système duplex par la méthode différentielle de Stearn.
- différentiel, constitué par un électro-aimant D (fig. 1057), qui porte deux fils de même diamètre enroulés en sens inverse, de sorte que, si un même courant traverse simultanément les deux fils, le noyau ne prend aucune aimantation. Mais, si l’une des dérivations est rendue plus intense par le courant venant de l’autre Poste, le relais s’aimante, la palette est attirée et ferme le circuit local de la pile p sur le récepteur M, qui trace un signal. Le diagramme montre le mode d’enroulement des deux fils sur le relais D ; on les a figurés par des traits légaux pour les distinguer, mais en réalité ils sont identiques. L’entrée de l’un des fils d est eu communication avec la ligne ; sa sortie est rattachée en f à l’entrée du second, dont la Dictionnaire d’électricité.
- sortie e communique avec un rhéostat R et l’une des armatures d’un condensateur U, mis à la terre par son autre armature.
- En A est un manipulateur Morse ordinaire, mis en circuit avec une pile G et un relais transmetteur B. L’armature du relais B est portée par un levier dont l’autre extrémité se recourbe deux fois à angle droit, et qui est muni d’un ressort isolé à sonpoint fixe b et s’appuyant d’autre part sur la partie recourbée du levier, quand l’armature est au repos.
- Lorsqu’on appuie sur le manipulateur A, l’armature du relais B est attirée, et, l’autre extrémité du levier se soulevant, le contact c appuie sur le ressort b et l’isole de l’armature. Le courant de la pile de ligne P passe alors par c
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- et b, se bifurque en Z' et traverse en sens inverses les deux fils du relais différentiel D, qui ne s’aimante pas. L’un des deux courants dérivés sort en d et se rend par la ligne à l’autre poste. L’autre courant sort en e et se rend à la terre par le rhéostat R. Ce rhéostat doit avoir une résistance égale à celle de la ligne, pour que les deux courants dérivés soient égaux. Lorsqu’on cesse d’appuyer sur le manipulateur A, la palette du relais B s’écarte ; le ressort b revient au contact de la partie coudée du levier. La pile de ligne est isolée en c et la ligne est mise à la terre par le relais D, le fil f, b, le levier et le rhéostat r. On voit donc
- Fig. 1058. — Diagramme du système
- qu’un poste peut envoyer une dépêche sans actionner son propre récepteur.
- Le courant lancé par le premier poste arrive par la ligne au second, pénètre en d' dans le relais différentiel D', parcourt le fil qui est représenté en W par un trait fin, sort en f et va à la terre par le ressort b' et le rhéostat r. Gomme ce courant ne traverse qu’un des flls du relais différentiel, ce relais s’aimante et attire son armature, ce qui ferme le circuit local de la pile pf et fait fonctionner le récepteur M'.
- Tout se passe d’une manière analogue lorsque le second poste transmet seul.
- y Al ’
- par la méthode du pont de Wheatstone.
- Enfin, si les deux manipulateurs sont abaissés en même temps, les fractions de courant qui traversent les rhéostats R et R' continuent à se perdre à la terre dans la station même ; mais, comme les piles sont de signe contraire, les deux courants qui traversent la ligne s’ajoutent comme si les deux piles étaient montées en série à la même station. Par suite, le fil de chaque relais différentiel qui reçoit ces deux courants a une action plus forte que celle de l’autre fil, qui ne reçoit que l’un des deux courants. Les noyaux de ces relais s’aimantent donc et les deux récepteurs fonctionnent.
- Lorsque la longueur de la ligne dépasse 400 ou 450 kilomètres, ou lorsqu’elle contient des
- câbles sous-marins, il est bon de faire usage de condensateurs, comme le représente la figure. Ces appareils se placent sur la ligne artificielle qui va du relais à la terre à travers un rhéostat ; de cette manière, cette ligne se trouve dans les mêmes conditions que la ligne réelle, au double point de vue de la résistance et des phénomènes de condensation qui se produisent toujours sur les câbles sous-marins.
- La méthode différentielle est très employé en Angleterre ; elle a l’inconvénient d exiger des relais d’une construction spéciale, est employée aussi entre Madrid et Valence (360 kilomètres), entre Madrid et Séville (600 '! lomètres), entre Valence et Barcelone (420 ki °
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- mètres). Les deux dernières sont munies de condensateurs.
- Méthode du pont de Wheatstone. — A l’inverse de la précédente, cette méthode permet d’utiliser sans aucune modification les récepteurs et les relais déjà existants. L’ensemble des communications est établi comme dans la méthode différentielle ; les piles PP' sont encore montées en sens contraire ; mais le relais D ne porte qu’un seul fil ; de plus, il est placé au centre d’un pont de Wheatstone dont les quatre branches sont représentées |par les deux résistances x, y (fig. 1058), le fil qui va à la terre en passant par le rhéostat R, enfin la ligne et le poste correspondant. Le relais D forme le pont lui-même.
- Lorsquele manipulateur A est abaissé, le courant de la pile de ligne P arrive en f comme on l’a vu plus haut; là il se bifurque; une partie traverse y, R et se perd dans le sol ; l’autre passe par x, par la ligne et arrive à l’autre poste. Si les résistances sont bien réglées, aucun courant ne traverse le pont D, et le récepteur M ne fonctionne pas.
- Le courant qui arrive par la ligne à l’autre station se divise à son tour; une partie traverse le relais D' et actionne le récepteur, puis va à la terre par y'f et le relais transmetteur, qui est au repos ; l’autre passe directement par x’ et rejoint le premier en f.
- Tout se passe de même lorsque le manipulateur A' transmet. Enfin, lorsque les deux manipulateurs sont abaissés en même temps, les fractions de courants qui traversent les rhéostats R et R' vont toujours se perdre à la terre ; celles qui traversent les relais DD' s’ajoutent et font marcher les deux récepteurs.
- La méthode du pont de Wheatstone est généralement préférée à la méthode différentielle pour les lignes sous-marines. On fait alors usage de condensateurs, comme le montre la figure, ^ous avons indiqué plus haut l’utilité de ces appareils. Citons notamment la ligne d’Aden à Bombay (1827 milles marins).
- Méthode de la bifurcation des bobines. — Cette raéthode est celle dont on se sert généralement en France, où le système duplex est d’ailleurs Peu employé. La disposition est très simple et lle nécessite aucun relais : il suffît que, dans chaque récepteur, les deux bobines soient sen-siblement d’égale résistance. La figure 1059 Contre la manière d’établir les communica-tions. Dans le poste M, le pôle positif de la
- pile s’attache, comme d’ordinaire, à la borne P du manipulateur, mais la borne L de celui-ci est reliée au milieu de la culasse de l’électro-aimant du récepteur, tandis que la troisième borne A est mise à la terre.
- Fig. 1059. — Diagramme du système duplex par la bifurcation des bobines.
- La borne L du récepteur communique, comme d’habitude, avec la ligne, et la borne T avec la terre par l’intermédiaire du rhéostat R, dont la résistance doit être égale à celle de la ligne et d’une des bobines du récepteur. Le poste N est disposé d’une manière identique.
- Lorsque M transmet seul, le courant traverse le manipulateur par PL, et, arrivant à la culasse de l’électro-aimant, se partage en deux dérivations, dont l’une va à la'terre par la bobine B', la borne T et le rhéostat R, tandis que l’autre passe par la bobine B, la borne L, la ligne et arrive à l’autre poste. Les dérivations ayant même résistance, les deux courants ont même intensité et les bobines du récepteur de M prennent toutes deux une aimantation de même sens : il se forme par exemple deux pôles nord en haut et deux pôles sud en bas. L’armature n’est donc pas attirée, et le récepteur ne fonctionne pas.
- Le courant qui traverse la ligne arrive au récepteur de N par la borne L, traverse la bobine B et trouve ensuite deux dérivations : l’une, formée de la bobine B' et du rhéostat R', est très résistante ; l’autre, qui va à la terre par la borne L du manipulateur, le levier et la borne A, n’a qu’une résistance négligeable. Le partage se faisant en raison inverse des résistances, le courant presque tout entier passe par le manipulateur, et la bobine B' n’en reçoit qu’une fraction extrêmement faible. La bobine B est donc seule aimantée et attire l’armature, de sorte que la molette imprime un signal.
- Si le poste N transmet seul, tout se passe d’une manière analogue.
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- Enfin, lorsque les deux postes transmettent simultanément, la communication des manipulateurs à la terre par les bornes A est interrompue, mais les deux courants qui traversent la ligne sont de sens contraire et s’annulent. D’ailleurs la fraction du courant local qui traverse la bobine B' et le rhéostat aimante cette bobine et attire l’armature. C’est donc la bobine B qui produit l’impression lorsqu’un seul appareil travaille ; c’est la bobine B' lorsque les deux manipulateurs sont abaissés simultanément.
- Méthode Tommasi. — Chaque poste est muni de deux piles, dont l’une a une force électromotrice double de celle de l’autre. Les deux courants traversent en sens contraire le récepteur
- du poste qui transmet et s’y annulent. Les piles de l’un des postes sont positives, celles de l’autre négatives. Chaque poste possède en outre une bobine de résistance et un appareil Morse ordinaire, dont le manipulateur seul est légèrement modifié. La borne L de ce manipulateur est reliée à la pile la plus forte, la borne P à la sortie du récepteur et à la ligne par l’intermédiaire de la résistance. La pile la plus faible communique avec une borne placée au-dessus de l’autre extrémité de la clef, tandis que la borne marquée A (fig. 1059) est reliée au sol. Au repos, les deux piles sont donc isolées. Lorsqu’on appuie sur le manipulateur, on rompt le contact de la terre en A, et l’on fait
- Z/igné
- Fig. 1060. — Diagramme du système duplex par la méthode Orduna.
- communiquer, par une pièce accessoire, la pile faible avec l’entrée du récepteur. D’autre part, on met la pilé forte en rapport avec la sortie du même récepteur par les bornes LP et la résistance. Si cette résistance est convenablement choisie, les deux courants se neutralisent et le récepteur ne fonctionne pas. Dans la ligne, au contraire, les dérivations provenant des deux piles s’ajoutent.. Arrivé à l’autre poste, ce courant traverse le récepteur, qu’il actionne, et se rend à la terre par la pièce accessoire du manipulateur et la borne A.
- Quand les deux postes transmettent simultanément, tout se passe de même. Les effets des deux piles s’annulent toujours dans le poste transmetteur et s’ajoutent dans l’autre. Le courant qui fait fonctionner un récepteur arrive
- encore à la pièce accessoire du manipulateur; mais, cette pièce n’étant plus en contact avec la borne A, il se bifurque et va à la terre en traversant les deux piles.
- Méthode Orduna. — Chaque poste possède encore deux piles, mais elles sont toutes quatre positives. Dans chaque récepteur, l’une des bobines, B ou B', est polarisée par le contact d’un aimant permanent ; mais le ressort R ou R empêche l’attraction de l’armature (fig. 1060). Les signaux sont produits soit par la surai-mantation des bobines BB’, soit par l’aimantation des bobines AA' ; dans les deux cas, l’attrac tion est augmentée et devient assez forte pour vaincre l’action antagoniste des ressorts RR •
- Les deux postes sont identiques : les deux bobines de chaque récepteur sont complote
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- nient distinctes, et les enclumes des manipulateurs sont modifiées. En M par exemple, l’enclume antérieure est formée de deux pièces mn, réunies au repos par un ressort fixé à cette dernière. La première m est reliée au pôle positif de la pile de ligne P. La pièce n est en rapport avec l’entrée de la bobine polarisée B, dont la sortie communique avec la ligne. L’enclume postérieure est formée d’une pièce munie d’un ressort f et reliée à l’entrée de la bobine A, dont la sortie aboutit au pôle positif de la pile locale p. Cette pièce est disposée de telle sorte que le ressort f la met en contact avec la vis Y quand on appuie sur le bouton D du manipulateur. Au repos, ce contact n’a pas lieu et la pile p est is.olée. Les massifs EE' des deux manipulateurs sont à la terre, ainsi que les pôles négatifs des quatre piles. On voit qu’au repos les deux piles de ligne PP' sont en circuit fermé, mais leurs courants traversent la ligne et les bobines BB' en sens, contraire et s’annulent. Les récepteurs ne fonctionnent pas.
- Lorsqu’on appuie sur l’un des manipulateurs, E par exemple, le bouton D rompt le circuit de P entre m et n, en appuyant sur le ressort. La pile P est alors reliée au sol par DE; la ligne et les bobines BB' ne reçoivent plus que le courant de la pile P'. Dans la bobine B', ce courant a un sens tel qu’il produit une suraimantation, capable de vaincre la résistance du ressort R' ; l’armature c' est attirée et le récepteur fonctionne. En B, au contraire, ce courant produit une désaimantation. Il est vrai que la manœuvre du manipulateur a fermé le circuit de la pile p sur la bobine A ; mais il est facile de régler l’appareil pour que l’aimantation de cette bobine ne suffise pas à attirer l’armature c ; le récepteur reste donc immobile.
- 11 en est de même si le poste N transmet seul.
- Si les deux postes transmettent en même temps, les, circuits des deux piles PP' sont rompus aux deux manipulateurs; les bobines BB' continuent donc à attirer les armatures cc' avec la même force, puisque les deux courants supprimés s’annulaient. D’autre part, les courants des piles locales pp' traversent les bobines AA', dont l’attraction s’ajoute à celle des uoyaux polarisés de BB'. La somme des deux attractions est suffisante pour attirer les palettes, et les deux récepteurs fonctionnent.
- Le réglage se fait en rapprochant ou éloignant les bobines AA' des bobines polarisées BB au moyen de vis et de crémaillères.
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- Méthode Brasseur et de Sussex. — Comme les précédentes, cette méthode n’exige ni relais ni condensateurs. Les communications sont établies comme dans la méthode de bifurcation des bobines. Chaque poste n’a qu’une pile, mise à la terre par son pôle négatif, et reliée par le pôle positif à la borne P du manipulateur, dont la borne L communique avec le milieu de la culasse du récepteur et la borne extrême avec le sol. La modification consiste dans l’addition, au-dessus de la palette pp', d’un second électro-aimant, dont les noyaux
- Fig. 1061. — Diagramme du système duplex par la méthode Brasseur et de Sussex.
- sont polarisés par l’aimant permanent AB, de sorte qu’on ait un pôle nord en A', un pôle sud en B'. Le réglage se fait à l’aide des vis Y. Au repos, la palette pp' reste collée aux pôles A'B'. Dans les deux électro-aimants du même poste, les bobines superposées sont réunies ensemble ; celles de gauche sont en outre reliées à la terre par l’intermédiaire d’un rhéostat R, celles de droite à la ligne.
- Quand le poste M transmet seul, le courant de la pilep passe par le manipulateur, arrive en d et se bifurque; l’une des dérivations traverse les bobines de gauche, le rhéostat R et se perd dans lfc sol. L’autre se rend à la ligne par les bobines de droite. Ces courants déterminent par exemple deux pôles nord au sommet des bobines du récepteur, et deux pôles sud au bas des bobines de l’électro-aimant polarisé. Les actions de ces quatre pôles se neutralisent et n’ont aucun effet sur la palette pp'. Celle-ci reste donc adhérente aux pôles A'B'.
- Le courant qui arrive en N traverse d’abord les bobines de droite, puis se divise en d'; une partie extrêmement faible traverse les bobines de gauche et le rhéostat R' et ne produit qu’un effet négligeable; la plus grande partie va directement à la terre par le manipulateur N. Dans les bobines de droite, le courant déter-
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- mine en B' un pôle nord qui annule l’attraction du noyau polarisé et aimante l’électro inférieur, qui se comporte comme un électro-aimant boiteux et attire l’armature pp’. Le récepteur fonctionne donc.
- Lorsque le poste N transment seul, tout se passe de même.
- Si les deux postes travaillent en même temps, les deux courants de ligne sont de sens contraire et s’annulent. Ce sont les courauts locaux, traversant les bobines de gauche, qui produisent l’attraction. Les rhéostats RR' sont formés chacun de trois bobines d’inégale résistance, que l’on emploie selon l’état de l’atmosphère, et qui sont marquées : « Temps très sec, » « Temps ordinaire, » « Dégel ou mauvais temps. » Pour des lignes d’environ 100 kilomètres, la première bobine doit avoir une résistance de 1800 à 1900 unités, la seconde de 1500 unités et la dernière d’environ 1150 unités. Chaque poste exige alors 10 à 20 éléments Le-clanché, suivant l’état de l’atmosphère.
- Transmission diplex ou biplex. — Ce mode de transmission consiste à envoyer deux dépêches à la fois dans le même sens. La meilleure solution consiste à faire usage d’appareils à transmissions multiples (Yoy. Télégraphe). On peut encore se servir de courants alternativement positifs et négatifs et de récepteurs fonctionnant seulement, l’un sous l’action des premiers, l’autre sous celle des seconds. Dans d’autres systèmes, on a plusieurs piles d’intensité différente et des récepteurs qui ne fonctionnent que sous l’action de combinaisons déterminées de ces piles. M. Boscha à Leyde et M. Stark à Vienne ont donné les premières solutions du problème. M. Sieur a imaginé aussi plusieurs systèmes.
- Transmission quadruplex. — Mode de transmission qui permet d’envoyer quatre dépêches simultanément dans le même fil, deux dans un sens et deux dans l’autre. C’est une combinaison des deux systèmes duplex et diplex.
- M. Preece se sert d’un courant continu dont on change le sens et dont on fait varier l’énergie. On emploie en outre deux relais ionctionnant, l’un par les changements de sens du courant, l’autre par les variations d’intensité. Les uns sont analogues aux relais différentiels de Stearn, les autres sont des relais polarisés de Siemens, décrits à l’article Relais.
- Le système quadruplex s’applique aux télégraphes imprimeurs comme aux appareils Morse. Il est employé notamment en Angleterre, entre Londres et Liverpool, et en > Amé-
- rique, de New-York à Boston et de New-York à Washington.
- Transmission multiplex. — Mode de traus-mission permettant d’expédier plusieurs dépêches simultanément, dans le même sens ou en sens contraire. On emploie généralement pour celales appareils à transmissions multiples décrits plus haut (Voy. Télégraphe).
- Cependant un inventeur de Chicago, M. Jones, a imaginé un appareil pour la transmission sextuple, qui permet de lancer à la fois trois dépêches dans un sens et trois dans l’autre.
- « Les organes de manipulation consistent en trois manipulateurs, agissant en local sur trois relais, ouvrant ou fermant le circuit de trois piles d’intensité différente, dont les actions peuvent s’ajouter; les forces électromotrices de ces piles peuvent être représentées par exemple par 1,2,4; un commutateur inverseur sert à changer le sens des courants envoyés sur la ligne.
- « Cet arrangement permet de mettre en jeu huit combinaisons de courants, différant par leur sens ou par leur densité, savoir : quatre courants positifs inégaux en énergie, quatre courants négatifs de force dissemblable. Un commutateur rond a en outre pour objet de mettre à votonté la ligne à la terre, à travers une résistance égale à celle du circuit des piles dans l’intérieur du poste.
- « Les organes de réception consistent en trois parleurs, dont l’emploi est général en Amérique, et qui, ici, sont actionnés par différents relais. Le premier fonctionne par l’intermédiaire d’un relais polarisé Siemens toutes les fois que les courants sont renversés. Les deux autres obéissent à des relais non aimantés, fonctionnant sous l’influence de courants positifs ou négatifs, mais dont les ressorts antagonistes sont gradués de telle sorte qu’il faut une intensité égale à 5, par exemple, pour attirer l’armature du dernier relais, tandis que 3 et 1 sont suffisants pour agir respectivement sur les deux premiers relais. Les palettes attirées par ces différents relais ferment des circuits locaux à travers un relais différentiel et un relais ordinaire ; là, les courants locaux s’annulent et laissent les relais inactifs, ou bien s’ajoutent et les font fonctionner. Les deux parleurs, montés également dans un circuit local dont font partie à titre d’interrupteurs les palettes de ces relais, frappent les signaux ou restent muets suivant que les palettes des relais sont attirées ou non.
- « Un condensateur placé sur le trajet du fil de ligne se décharge dans les relais au moment
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- TRANSMISSION TÉLÉGRAPHIQUE ET TÉLÉPHONIQUE. — TRAVAIL.
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- des inversions de courant, et empêche ainsi les palettes des relais de se mouvoir jusqu’à l’arrivée d’une nouvelle émission. » (Montillot, La télégraphie actuelle.)
- transmission télégraphique et téléphonique SIMULTANÉES. — Procédé permettant d’échanger simultanément, par le même fil, dans le même sens ou en sens contraire, des communications télégraphiques et téléphoniques. M. VanRysselbergheetM. Maiche ont indiqué des solutions de ce problème. (Voy. Téléphonie par les fils télérgaphiques.)
- TRANSMISSION TÉLÉPHONIQUE SIMULTANÉE. — Procédé permettant d’échanger simultanément, par le même fil, dans le même sens ou en sens inverse, plusieurs communications téléphoniques.
- M. Tommasi a proposé un système fondé sur la persistance auditive. L’expérience montre qu’un son continue à être perçu par l’oreille {
- environ — de seconde après qu’il a cessé de se
- faire entendre. Donc, si l’on produit dans un circuit téléphonique des interruptions infé-1
- rieures à — de seconde, la communication ne
- sera nullement gênée. S’appuyant sur ce principe, M. Tommasi propose de placer aux deux extrémités de la ligne deux distributeurs parfaitement synchrones, et formés d’un balai tournant sur un disque divisé en secteurs isolés, réunis chacun à l’un des appareils destinés à la transmission simultanée. Tous ces appareils seraient d’autre part en communication permanente avec le second fil de ligne. Le balai devrait faire au moins 32 tours par seconde, soit environ 2000 tours par minute. L’expérience permettrait peut-être de réduire cette vitesse, qui est considérable.
- M. Maurice Leblanc a proposé également deux systèmes, dont l’un repose encore sur l’emploi de distributeurs isochrones; l’autre fait usage de diapasons vibrant assez rapidement pour ne pas donner de sons perceptibles. Ces divers procédés n’ont pas encore reçu le contrôle de l’expérience.
- transport électrique de la force.
- Voy. Transmission électrique de l’énergie, travail. — On sait qu’en mécanique on appelle travail d’une force le produit de l’inten-sité P de cette force par le chemin e parcouru par son point d’application, si ce point se meut dans la direction même de la force. Si au contraire la force fait un certain angle a avec cette direction, le travail est le produit du chemin
- parcouru par la projection de la force sur ce chemin
- T = Fecosa.
- Unité de travail. — On se sert souvent dans la pratique du kilogrammètre, qui est le travail nécessaire pour élever 1 kilogramme à 1 mètre de hauteur.
- Dans le système G.G.S., l’unité de travail est Yerg, c’est-à-dire le travail produit par une force d’une dyne dont le point d’application se déplace de 1 centimètre. Le kilogrammètre vaut 981 X 105 ergs (Voy. Unités).
- Travail électrique. — Il est généralement impossible de déplacer une masse électrique dans un champ sans que les forces électriques produisent un certain travail, positif ou négatif. Il est évident que, si l’on transporte une masse déterminée d’un point A à un autre point B, le travail électrique dépend uniquement de la position de ces deux points et nullement du chemin suivi; car, s’il en était autrement, on pourrait, en faisant circuler une masse électrique entre ces deux points par deux chemins différents, produire une quantité indéfinie de travail sans une dépense équivalente, ce qui est contraire au principe de la conservation de l’énergie.
- Si l’on déplace une masse électrique M le long d’une surface de niveau, le travail électrique est nul, car la force est constamment perpendiculaire à la trajectoire. Le travail est donc constant lorsqu’on transporte cette masse d’un point quelconque de la surface de potentiel V, à un point quelconque de la surface de potentiel V2.
- Il a pour expression
- MlVi-Vj).
- Pour la même raison, le travail correspondant au déplacement d’une masse électrique depuis un point P du champ jusqu’à un point quelconque de la surface d’un conducteur est constant.
- On voit donc que le travail électrique, comme celui de la pesanteur, se présente sous la forme d’un produit de deux facteurs : la masse électrique, qui correspond à la masse du corps qui tombe, et la différence de potentiel, qui correspond à la hauteur de chute.
- Travail d’un courant. — Le travail d’un courant se présente encore sous une forme analogue. Le travail correspondant au circuit entier est égal au produit de la quantité d’électricité qui traverse le circuit par la force électromotrice.
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- 920 TREMBLEMENT DE TERRE
- Si I est l’intensité du courant, la quantité d’électricité transportée en t secondes est It, mesurée en coulombs; soit E la force électro-motrice en volts; le travail est ER, exprimé en volts-coulombs ou en joules. En une seconde le travail serait El ; c’est la puissance du courant, exprimée en volts-ampères ou en watts.
- Travail absorbé dans un conducteur. — Le travail absorbé par un conducteur de résistance R, intercalé dans un circuit électrique, a la même expression que le précédent, en remplaçant la force électrique E par la différence de potentiel e aux deux extrémités de ce conducteur. C’est donc eit ou z2Rt.
- Le kilogrammètre vaut environ 9,81 joules.
- Travail électromagnétique.— Lorsqu’un circuit fermé, placé dans un champ, subit un déplacement ou une déformation amenant une variation du flux de force, on démontre que le travail est égal au produit de l’intensité du courant par la variation du flux.
- Travail maximum. — Nous avons montré plus haut (voy. Transmission électrique de l’énergie) que le travail utile produit por une machine d’induction est maximum lorsque l’intensité est la moitié de ce qu’elle serait si le courant traversait le même circuit sans produire aucun travail. Il en est de même pour les piles ; on le démontrerait de la même façon.
- Travail électrique des métaux. — Voy. Soudure, Galvanoplastie, etc.
- TREMBLEMENT DE TERRE. — Il y a fort longtemps qu’on a songé à attribuer les tremblements de terre à l’électricité. Cette opinion est appuyée par ce fait que ces phénomènes sont toujours accompagnés de perturbations magnétiques et de phénomènes électriques.
- TREMBLEUR ÉLECTRIQUE. — On donne souvent ce nom, dans les chemins de fer, aux sonneries de contrôle des disques.
- TREMBLEUSE (Sonnerie). — Voy. Sonnerie.
- TREMPE PAR L’ÉLECTRICITÉ. — La compagnie Sedgwick, de Chicago, trempe les ressorts de montre de la manière suivante. Une petite dynamo communique avec deux tiges dont l’une plonge dans un bain d’huile. Le fil d’acier, placé entre les deux tiges, est porté au rouge et plongé dans l’huile lorsque sa surface a pris la coloration convenable.
- TREUIL ÉLECTRIQUE. — Treuil mû par l’électricité; c’est une application de la transmission électrique de l’énergie. La Compagnie du chemin de fer du Nord a cherché, en 1884, à substituer un treuil électrique à la manutention à bras des marchandises en sacs, telles que les
- . — TREUIL ÉLECTRIQUE.
- sucres et les grains, afin d’abaisser le prix de cette manutention, qui s’élevait au moins à 30 centimes par tonne. Les premiers essais furent faits avec un treuil Mégy, qui parut trop lent, puis avec un appareil établi sur les indications de M. Sartiaux, qui empruntait la force motrice à une machine de l’éclairage électrique de la Chapelle et la transmettait, à plusieurs centaines de mètres, à un treuil mobile sur un chemin de roulement, dans la halle aux sucres.
- L’appareil actuel, exposé en 1889, a été construit par la Société de la transmission de la force par l’électricité. Il est formé d’un chariot à quatre roues, sur lequel sont montées deux machines, l’une pour donner au chariot le mouvement d’avance ou de recul sur les rails du chemin de roulement, l’autre pour communiquer au crochet qui porte les sacs le mouvement d’élévation et de descente. La marche en avant ou en arrière est produite par un changement de sens du courant dans la première machine ; la transmission de la rotation de l’arbre de l’induit se fait au moyen de roues dentées qui commandent l’un des essieux du chariot. Dans la seconde machine, la rotation de l’induit se communique, dans un sens ou dans l’autre, par l’intermédiaire d’un pignon denté, à l’aide d’une vis hélicoïdale engrenant avec une roue à noix, autour de laquelle passe la chaîne qui supporte les sacs.
- Le courant est fourni par une dynamo quelconque ou une batterie d’accumulateurs, pouvant donner 25 ampères sous 100 ou 200 volts aux bornes des réceptrices. La mise en marche se fait à l’aide d’un double commutateur inverseur, relié à des résistances de maillechort calculées pour amener graduellement le courant dans les réceptrices.
- Enfin le courant est transmis aux machines du treuil par des contacts à ressorts, frottant sur des languettes en laiton fixées sur des madriers en bois, établis à l’intérieur du chemin de roulement. Dans les essais, cet appareil a pu, en trente-cinq secondes, prendre sur un wagon, élever, porter à 23 mètres sur le chemin de roulement, et descendre un fardeau de 140 kilogrammes, puis revenir au point de départ. Le prix de la manutentien arrivera sans doute ainsi à se trouver notablement abaissé.
- Il existe actuellement beaucoup d’appareils analogues. Nous citerons encore le treuil à déclenchement électrique de M. Larochette, pour la manœuvre des rideaux de fer des théâtres. Le treuil est retenu par une détente solidaire de l’armature d’un électro-aimant. En appuyant
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- TRICYCLE ÉLECTRIQUE.
- sur un bouton, on lance dans l’électro le courant de neuf éléments Leclanché. L’armature est attirée, le treuil tourne et le rideau descend. Un volant sert à régulariser le mouvement. On peut placer des boutons en divers endroits du théâtre, de façon que la manœuvre puisse être commandée de ces différents points.
- TRICYCLE ÉLECTRIQUE. — Tricycle mû par l’électricité ; application de la traction électrique. Dans ce cas particulier, le véhicule, devant se mouvoir sur les routes ordinaires, porte
- — TRIEUR MAGNÉTIQUE. 921
- avec lui sa source d’électricité. On est donc réduit à employer les piles ou les accumulateurs. C’est généralement à ces derniers que les constructeurs ont donné la préférence. Ils sont disposés sur une planchette à la partie inférieure (fig. 1062) et actionnent un moteur dissimulé sous le siège. Ce moteur met en marche une des deux grandes roues, celle de gauche, par l’intermédiaire d’un pignon et d’une roue dentée. Un commutateur placé à portée de la main permet d’arrêter le tricycle, de le
- Fig. 1062. — Tricycles électriques.
- mettre en marche ou de modifier suivant les besoins le nombre des accumulateurs intercalés dans le circuit. Enfin, le soir, les accumulateurs fournissent également la lumière et actionnent une lampe à incandescence munie d’un réflecteur et placée à l’avant.
- trieur MAGNÉTIQUE. — Il existe un certain nombre d’appareils destinés à séparer les limailles magnétiques de celles qui ne le sont pas en utilisant l’attraction des aimants. Nous avons décrit au mot Électro-trieuse les machines munies d’électro-aimants, comme le séparateur magnétique d’Edison. D’autres por-
- tent au contraire des aimants permanents.
- Tel est le trieur magnéto-mécanique de M. Yavin (fig. 1063). La limaille, les riblons gros ou petits sont placés dans une trémie E, d’où ils tombent sur un plan incliné F, doué d’un mouvement oscillatoire latéral, qui les distribue uniformément sur l’appareil chargé du triage. Cet appareil comprend deux cylindres A et B superposés, tournant dans le même sens, et dont la surface est formée de bandes en fer doux ccc, séparées par des bandes de cuivre ooo. Chaque lame de fer est en contact avec une série d’aimants enchevêtrés aaa, dont les branches
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- 922 TRIEUR MAGNÉTIQUE.
- s’appuient sur deux lames successives, pour faire alterner lés pôles. Ce qui échappe au cylindre A* est nécessairement trié par le cylindre B. Les limailles magnétiques s’attachent aux pa-
- rois des cylindres; elles en sont ensuite détachées par les brosses CD, qui tournent en sens contraire des cylindres, et s’accumulent dans la boite de gauche. Les parcelles non magnéti-
- ques tombent dans la boîte de droite. Les cylindres et les brosses sont commandés par des roues dentées, et l’appareil est mû à la main, au moyen d’une manivelle, ou reçoit le monve-
- ment, par courroie, d’un moteur quelconque. On peut trier environ 300 kilogrammes de limaille à l’heure. L’appareil n’a jamais besoin d’être réaimanté.
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- UNITÉS ÉLECTRIQUES ET MAGNÉTIQUES. 923
- TROMPETTE ÉLECTRIQUE. —
- TROMPETTE ÉLECTRIQUE. — En plaçant de grands condensateurs dans le circuit de téléphones Gower, M. Herz a pu obtenir des sons assez intenses pour être entendus dans une grande salle*
- Trompette Zigang. — Voy. Sonnerie électrique.
- TUBE DE FORCE. — Yoy. Force électrique. TUBE DE GEISSLER. — Voy. Geissler (Tube de).
- U
- UNIPOLAIRE (Machine). — Machine d’induction dont les courants sont produits par la rotation d’un disque de cuivre dans un champ magnétique ou p ar celle d’un cylindre de cuivre autour d’un pôle d’aimant ou d’électro-aimant qu’il enveloppe.
- UNIPOLARITÉ. —Si l’on place les deux électrodes d’une pile dans une flamme communiquant avec le sol, on observe sur l’une des deux électrodes une perte de potentiel. Ohm a attribué'ce fait àun dépôt de substances isolantes produit par la flamme sur cette électrode.
- UNITÉS ÉLECTRIQUES ET MAGNÉTIQUES.
- — Les unités dont on se sert actuellement pour les mesures électriques et magnétiques sont empruntées au système d’unités absolues établi en 1881 par le Congrès international des électriciens ; avant de les indiquer, nous croyons utile de résumer les principes fondamentaux de ce système.
- Unités absolues. — Mesurer une grandeur, c’est chercher combien de fois elle contient une autre grandeur de même espèce, prise comme unité. Si l’on veut mesurer des grandeurs d’espèce différente, qui lie soient liées entre elles par aucune relation, on peut faire choix d’unités indépendantes, n’ayant aucun rapport entre elles, pourvu que chaque unité puisse toujours être reproduite identique à elle-même. C’est ainsi qu’on mesurait autrefois les longueurs à l’aide de la toise, les surfaces au moyen de la perche des eaux et forêts, les volumes avec le setier, unités qui n’ont rien de commun.
- Mais l’expérience a montré que les grandeurs de nature différente sont généralement liées par certaines relations, qui se traduisent Par des formules algébriques. Ainsi nous avons Vu que les actions électriques (Voy. ce mot) sont proportionnelles au produit des masses m
- et m' des deux points électrisés, et en raison inverse du carré de leur distance d
- , mm’ ' fz= *
- h est un coefficient numérique qui représente la force exercée entre deux masses électriques égales à 1 et placées à l’unité de distance. La valeur de ce coefficient dépend évidemment des unités choisies pour mesurer les grandeurs qui entrent dans cette formule, et par suite on peut, en choisissant convenablement ces unités, rendre ce coefficient égal à 1, ce qui simplifie la formule. Il suffit pour cela de prendre comme unité de force la force qui s’exerce entre deux masses électriques égales à 1, situées à l’unité de distance, ou, ce qui revient au même, prendre comme unité de quantité d’électricité la quantité qui agit sur une quantité égale, à l’unité de distance, avec l’unité de force adoptée.
- Lorsqu’on établit un système d’unités, on peut ainsi obtenir que les cofficients numériques se réduisent à 1 dans un certain nombre de formules; on choisira évidemment les formules les plus importantes.
- Tout système de mesures faites avec des unités telles que les coefficients se réduisent à 1 dans les principales formules employées est appelé système de mesures absolues. Le système métrique en fournit un bon exemple. En prenant le mètre, le mètre carré et le mètre cube comme unités de longueur, de surface et de volume, on a rendu les cofficients égaux à 1 dans les formules qui donnent la surface d’un rectangle ou le volume d’un parallélipipède rectangle.
- Unités fondamentales et unités dérivées. — Le nombre des relations algébriques qu’on peut établir entre les unités de différente nature est généralement inférieur au nombre de ces unités, de sorte qu’il est nécessaire de choisir ar-
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- UNITÉS ÉLECTRIQUES ET MAGNÉTIQUES.
- bitrairement un certain nombre d’entre elles ; ce sont les unités fondamentales. On comprend que leur nombre devra être aussi restreint que possible. Ces unités bien définies, on détermine la valeur des autres, qui sont appelées unités dérivées, de manière à rendre égaux les coefficients des relations algébriques les plus importantes, comme nous l’avons expliqué plus haut. La relation qui sert à fixer la valeur d’une unité dérivée est la formule de définition de cette unité.
- Il résulte de là que, dans un système de mesures absolues, les coefficients deviennent égaux à 1 seulement dans les formules de définition. Dans les autres équations, ces coefficients sont généralement simples et leur valeur représente ordinairement une loi. Ainsi la surface d’un triangle équilatéral de côté a a pour expression
- S =
- V3
- Le coefficient^- exprime que la surface de
- ce triangle est à celle d’un carré de même côté
- dans le rapport
- V 3
- Il est clair qu’on pourrait établir, par exemple pour les mesures usitées en physique, plusieurs systèmes de mesures absolues, qui différeraient soit par la nature des unités fondamentales, soit par les dimensions de ces unités (ainsi on peut prendre comme unité de longueur le mètre, le centimètre, etc.), soit enfin par le choix des formules de définition des unités dérivées. Ainsi, l’unité de longueur étant fixée, on peut prendre comme unité de surface celle d’un carré de côté égal à 1, ou celle d’un triangle équilatéral de même côté, etc.
- Dimensions des unités dérivées. — Les unités dérivées changent évidemment de valeur quand on modifie la grandeur des unités fondamentales. Ainsi l’unité de surface devient dix mille fois et l’unité de volume un million de fois plus grande, lorsqu’on prend pour unité de longueur le mètre au lieu du centimètre.
- L’unité de vitesse se définit à l’aide de la formule
- e = vt.
- Elle dépend donc des unités de temps et de longueur. Si l’on modifie ces deux unités, l’unité de vitesse variera en raison directe de l’unité de longueur et en raison inverse de l’unité de temps. Si l’on désigne d’une manière générale par L et T ces deux unités, l’unité de vitesse
- varie proportionnellement à ou à LT-y Ce
- produit représente ce qu’on nomme les dimensions de l’unité de vitesse. C’est le produit des puissances des unités fondamentales qui entrent dans l’expression algébrique de cette unité.
- Unités pratiques. — Dans un système de mesures absolues, on choisit généralement les unités fondamentales de façon qu’elles conviennent pour la pratique; mais il peut arriver qu’il n’en soit pas de même pour les unités dérivées, qui peuvent se trouver trop grandes ou trop petites. Ainsi, dans le système que nous allons décrire, les unités de travail et de résistance électrique sont beaucoup trop petites pour la pratique, tandis que l’unité de capacité est beaucoup trop grande.
- On évite cet inconvénient en faisant choix d’une unité secondaire ou unité pratique, qui est égale à l’unité absolue correspondante, multipliée ou divisée par une puissance de 10 convenablement choisie ; les unités pratiques reçoivent généralement des noms spéciaux.
- Enfin, si cela ne suffit pas, on peut encore employer des multiples des unités précédentes dix, cent, mille ou un million de fois plus grands que ces unités, et qu’on désigne à l’aide des préfixes déca, hecto, kilo, méga, et des sous-multiples dix, cent, mille ou un million de fois plus petits et qu’on désigne par les préfixes déci, centi, milli, micro.
- Système d’unités absolues C.G.S.
- Gauss a proposé le premier un système d’unités magnétiques fondées sur l’emploi du millimètre, de la masse du milligramme et de la seconde.
- En 1861, l’Association Britannique proposa un nouveau système, dont l’emploi fut ratifié en 1881 par le Congrès international des électriciens, et qui est maintenant adopté d’une façon générale.
- Unités fondamentales. — Dans ce système, les unités fondamentales sont au nombre de trois, qui sont les unités de longueur, de masse et de temps.
- L’unité de longueur est le centimètre, c’est-à-dire la centième partie de la longueur à 0° de l’étalon prototype en platine du mètre, conservé aux Archives de Paris depuis le 4 messidor an YII. C’est une unité arbitraire, mais parfaitement définie.
- L’unité de masse est la masse du gramme, c’est-à-dire la millième partie de la masse de
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- UNITÉS ÉLECTRIQUES ET MAGNÉTIQUES.
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- l’étalon prototype en platine du kilogramme, déposé aux Archives.
- L’unité de temps est la seconde, c’est-à-dire
- __—- du jour solaire moyen.
- 24 X 602 J J
- A cause du choix de ces trois unités fondamentales, ce système de mesures absolues est généralement désigné sous le nom de système C.G.S.
- Unités dérivées. — A l’aide de ces trois unités fondamentales, on a pu définir toutes les autres ; nous allons indiquer leurs valeurs, en commençant par les unités relatives à la mécanique.
- Unité de vitesse. — C’est la vitesse d’un mobile, animé d’un mouvement uniforme, qui parcourt 1 centimètre par seconde.
- La formule de définition est la loi bien connue du mouvement uniforme
- e — vt.
- En désignant par L et T les unités fondamentales de longueur et de temps, les dimensions de l’unité de vitesse sont LT-1.
- Unité d’accélération. — C’est l’accélération d’nn mobile animé d’un mouvement uniformément accéléré dans lequel la vitesse augmente d’un centimètre par seconde.
- La formule de définition est la loi des vitesses
- , v
- v = ^t ou y = - •
- En se reportant aux dimensions de l’unité de vitesse, on voit que celles de l’unité d’accélération sont LT~2.
- L’intensité de la pesanteur à Paris vaut
- 980,96 unités C.G.S.
- Unité de force. — C’est la force constante capable d’imprimer l’unité d’accélération à un mobile ayant l’unité de masse. Cette unité a reçu le nom de dyne (de rKna.ÿ.1;, force).
- La formule de définition est
- f=n Of-
- En désignant par M l’unité de masse, les dimensions de l’unité de force sont
- LMT-X
- L’intensité de la pesanteur étant 980,96, il s’ensuit que le poids d’un gramme est capable d’imprimer à l’unité de masse une accélération égale à 980,96 unités C.G.S. ; ce poids vaut donc
- 980,96 dynes, et par suite une dyne vaut un peu plus d’un milligramme.
- Unité de travail. — C’est le travail produit
- par l’unité de force déplaçant son point d’application d’un centimètre dans sa propre direction. La formule de définition est
- w = fe.
- Les dimensions de l’unité de force sont
- L2MT-A
- Cette unité a reçu le nom d’erg (de â'pyov, travail), Elle est très petite, puisqu’elle représente à peu près le travail produit par un milligramme tombant d’un centimètre.
- On emploie souvent le mégerg, qui vaut 1 million d’ergs ou 106 ergs. Le kilogrammè-tre vaut
- 980,96 X tO3 X 102 ergs,
- ou 98,096 mégergs. Une unité pratique valant 100 mégergs, et par suite un peu plus grande que le kilogrammètre , conviendrait pour la pratique.
- Pour le travail électrique, on emploie 1 e joule, que nous définissons plus loin, et qui vaut environ un dixième de kilogrammètre.
- Unité de puissance. — C’est la puissance d’un moteur qui produit un erg en une seconde. La formule de définition est
- w =jt,
- j étant la puissance du moteur qui produit un travail w dans le temps t.
- Les dimensions de l’unité de puissance sont L2MT —3.
- Cetle unité est extrêmement petite, car c’est à peu près la puissance capable d’élever un milligramme d’un centimètre en une seconde. Le cheval-vapeur, qui correspond à un travail de 75 kilogrammètres par seconde, vaut donc
- 75 X 98,096 X ÎO3 = 0,73572 x 1010 unités C. G. S.
- Ici encore il conviendrait d’adopter une unité pratique valant 1010 unités C.G.S., et par conséquent un peu plus grande que le cheval-vapeur.
- Ces deux unités secondaires de puissance et de travail n’ayant pas été encore adoptées, on continue à se servir fréquemment dans la pratique du kilogrammètre et du cheval-vapeur. Pour les mesures électriques seulement, on a fait choix des unités pratiques que nous indiquons plus loin.
- Unités électriques et magnétiques.
- Les principales grandeurs que l’on considère en électricité sont la quantité d’électricité, l'intensité de courant, la résistance, la force élec-
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- UNITÉS ÉLECTRIQUES ET MAGNÉTIQUES.
- tromotrice, la capacité el la quantité de magnétisme.
- Ces diverses grandeurs sont liées par un certain nombre de relations. Ainsi l’on a la relation suivante entre l’intensité I et la quantité d’électricité Q qui traverse le circuit en un certain temps
- Q = If.
- La loi d’Ohm (Voy. Courant) donne
- et la loi de Joule (Voy. Échauffement)
- W = JQ = I*Rf.
- D’autre part, la capacité est liée à la quantité d’électricité par
- Q - CE.
- Enfin les phénomènes magnétiques se rattachent aux phénomènes électriques par la loi d’Ampère : l’action d’un courant fermé est identique à celle d’un feuillet magnétique de même contour et dont la puissance magnétique est égale à l’intensité électromagnétique du courant (Voy. Electrodynamique). Si $ est la puissance du feuillet,
- 1 = 4».
- Pour établir un système de mesures électriques en rapport avec les unités mécaniques indiquées plus haut, il faut prendre comme point de départ une grandeur électrique qui puisse être exprimée en unités mécaniques. Trois grandeurs satisfont à cette condition, la quantité d’électricité, la quantité de magnétisme, et l’intensité de courant. Les deux premières s’obtiennent par la loi de Coulomb, appliquée soit aux masses électriques, soit aux masses magnétiques ; la troisième se déduit de la loi d’Ampère, relative à l’action mutuelle de deux courants. En considérant deux courants parallèles, d’intensité i, l’un indéfini, l’autre de longueur /, situés à la distance d, la formule (page 249) se réduit à
- d’où l’on peut définir i en faisant les autres quantités égales à 1. De là trois systèmes complètement différents et incompatibles; le premier est appelé système électrostatique, le second est dit système électromagnétique, le troisième est le système électrodynamque. En théorie, ces trois systèmes se valent, et il n’y a aucune raison
- pour préférer l’un à l’autre. Eu pratique, le second système est généralement préféré, à cause de l’emploi fréquent des galvanomètres et du peu d’applications des phénomèmes électrostatiques. Le troisième n’est pas employé.
- Nous allons exposer successivement les deux premiers systèmes : pour éviter toute confusion, nous désignerons les diverses grandeurs par des petites lettres dans le premier cas, par des grandes lettres dans le second.
- Système électrostatique.—Dans ce système, le point de départ est la quantité d’électricité.
- Unité de quantité dû électricité. —C’est la quantité qui agit sur une quantité égale, placée à un centimètre, avec une force égale à une dyne.
- La formule de définition est la loi de Coulomb.
- En faisant q' = q, on a
- q = d\IJ.
- Par suite les dimensions de cette unité sont L>Ms T_f.
- Unité d'intensité de courant. — C’est l’intensité du courant qui parcourt un conducteur dont la section est traversée en une seconde par l’unité de quantité d’électricité.
- La formule de définition est
- q = it,
- les dimensions
- L?MÎ"T"*.
- Unité de force électromotrice ou de potentiel électrostatique. — C’est le potentiel produit par l’unité d’électricité à l’unité de distance. La formule de définition est
- Les dimensions sont donc
- Li T_l.
- Unité de résistance. — C’est la résistance d un conducteur qui est parcouru par un courant d’intensité 1 lorsqu’il existe entre ses deux extrémités une différence de potentiel égale a l’unité.
- La formule de définition est la loi d’Ohm.
- e
- i
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- UNITÉS ÉLECTRIQUES ET MAGNÉTIQUES.
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- On pourrait se servir aussi delà loi de Joule. Les dimensions
- L~‘ T
- sont celles de l’inverse d’une vitesse.
- Unité de capacité électrostatique. — C’est la capacité sur laquelle l’unité de quantité produit un potentiel égal à 1.
- Formule de définition
- Dimensions
- q — cv.
- La capacité électrostatique est donc une longueur, comme nous l’avons vu plus haut (Voy. Capacité).
- Unité de quantité de magnétisme. — C’est la quantité qui agit avec l’unité de force sur un courant de longueur et d’intensité égales à d, dont tous les points sont à une distance 1.
- Formule de définition
- f_ai'
- ' & ’
- l étant la longueur du courant, q' la quantité dt magnétisme.
- Dimensions
- l 1
- L< ML
- Système électromagnétique. — Dans ce système, le point de départ est, comme nous l’avons dit, la quantité de magnétisme. Les quantités représentées par des petites lettres dans le système précédent sont figurées ici par des majuscules.
- Unité de quantité de magnétisme. — C’est, la quantité qui agit sur une quantité égale, placée à un centimètre, avec une force égale à une dyne.
- La formule de définition est encore la loi de Coulomb,
- QQ'
- F =
- D2
- et les dimensions
- L* T .
- Intensité de courant. C’est l’intensité du courant qui, traversant un conducteur de 1 centimètre de longueur, dont tous les points sont à 1 centimètre d’une masse magnétique égale à 1, agit sur cette masse avec une force d’une dyne.
- La formule de définition est la loi de La-place (page 261), qui se réduit ici à
- F =
- QIL D* ’
- L étant la longueur du courant, Q' la quantité de magnétisme, D la distance.
- Les dimensions sont
- L»MïT“.
- Unité de quantité d'électricité. — C’est la quantité qui traverse en une seconde un circuit parcouru par un courant d’intensité 1.
- Formule de définition
- Dimensions
- Q = 1T.
- Ls M?
- Unité de résistance. — C’est la résistance d’un conducteur dans lequel un courant d’intensité 1 développe en une seconde, sous forme d’énergie calorifique, un travail égal à l’unité.
- La formule de définition est la loi de Joule.
- Dimensions
- W = URT.
- LT-
- Ge sont donc celles d’une vitesse.
- Unité de force électromotrice. — C’est la force électromotrice qui produit un courant d’intensité 1 dans un circuit dont la résistance est égale à l’unité.
- La formule de définition est la loi d’Ohm
- Dimensions
- E = IR.
- L* M= T
- Unité de capacité. — C’est la capacité d’un conducteur auquel une force électromotrice égale à l fait prendre l’unité de quantité d’électricité.
- Formule de définition
- Dimensions
- Q — CE. L-1 T2.
- Unités pratiques. — Ainsi que nous l’avons dit plus haut, il peut arriver qu’une ou plusieurs unités absolues soient trop grandes ou trop petites pour la pratique. Ainsi, dans le système électromagnétique, l’unité de résistance C.G.S. représentera peu près la résistance d’un fil de cuivre d’un millimètre de diamètre et d’un vingt-millième de millimètre de longueur. L’unité de force électromotrice est 1
- sensiblement égale à—-r^——- d’un Daniell.
- ° 100 000 000
- Au contraire, l’unité de capacité correspond à
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- UNITÉS ÉLECTRIQUES ET MAGNÉTIQUES.
- peu près à la capacité d’une sphère dont le diamètre vaudrait plus d’un million de fois le diamètre de la terre.
- Pour remédier à cet inconvénient, on a fait choix d’unités secondaires ou unités pratiques, dont voici les valeurs.
- L’unité pratique de résistance vaut 109 unités C.G.S, et a reçu le nom d’ohm.
- L’unité pratique de force électromotrice est égale à 108 unités C.G.S. et porte le nom de volt.
- L’unité pratique d’intensité, qui vaut ÎO-1 unités C.G.S., a reçu le nom d’ampère.
- L’unité pratique de quantité d’électricité s’appelle le coulomb et est égale à 10-1 unités C.G.S.
- Enfin l’unité pratique de capacité, ou farad, vaut 10—9 unités C.G.S.
- Il existe entre ces cinq unités les relations suivantes. Un ampère est l’intensité du courant produit par une force électromotrice d’un volt dans un circuit ayant une résistance d’un ohm. Le coulomb est la quantité d’électricité qui traverse en une seconde la section d’un conducteur parcouru par un courant d’un ampère. Enfin le farad est la capacité qu’un coulomb peut porter au potentiel d’un volt.
- Parmi les multiples et sous-multiples de ces unités, on emploie surtout le mégohm, qui vaut 106 ohms, et surtout le microfarad, qui vaut 10_ 6 farads, et qui est en quelque sorte la véritable unité pratique de capacité.
- Le Congrès de 1881 n'avait pas fixé d’unités pratiques pour le travail et la puissance. L’usage s’est introduit en électricité d’adopter pour ces deux grandeurs des unités correspondant à celles que nous venons d’indiquer. Le nom de watt a été attribué, tantôt à l’une, tantôt à l’autre de ces deux unités. Le Congrès des électriciens de 1889 a régularisé cette situation et adopté les définitions suivantes.
- L’unité pratique de travail est appelée joule et vaut 107 unités C.G.S.; c’est l’énergie équivalente à la chaleur dégagée par un coulomb ou pendant une seconde par un courant d’un ampère dans un circuit de résistance égale à 1 ohm.
- L’unité pratique de puissance est le watt, qui vaut 107 unités C. G. S. C’est la puissance d’un joule par seconde.
- Le même Congrès a donné le nom de quadrant à l’unité pratique de coefficient de self-induction, qui vaut 109 centimètres (Voy. Congrès).
- On voit que le joule est aussi le travail fourni
- par un coulomb dans un conducteur aux deux extrémités duquel règne une différence de potentiel de 1 volt. C’est donc le produit d’un volt par un coulomb ; d’où le nom de volt-coulomb, qu’on lui a donné quelquefois.
- Le watt est aussi la puissance d’un courant de 1 ampère dans un circuit d’1 ohm, ou dans un, conducteur ayant à ses extrémités une différence de potentiel d’un volt. C’est donc le pro) duit d’un volt par un ampère; d’où le nom dq volt-ampère.
- Nous avons vu que le cheval-vapeur vaut en+ viron 0,736X1010 ou 73 6 X 107 unités C.G.Sj de puissance. Il vaut donc 736 watts environ
- Le kilogrammètre vaut 98,096 mégergy ou 9,80 96 X 107 ergs ou 9,8096 joules. Lorsqu’un travail est exprimé en joules, il suffit donc de le diviser par l’intensité de la pesanteur, exprimée en mètres, pour avoir sa valeur en ki-i logrammètres.
- Enfin la calorie-gramme, qui correspond .& 0,425 kilogrammètre, vaut
- 0,425 X 9,8096 X 107 ergs,
- soit à peu près 4,17 X 107 ergs ou 4,17 joules. Inversement un erg correspond à
- -——î—= = 0,24 x 10~7 calorie-gramme.
- 4,17 xlO7
- et un joule à 0,24 calorie-gramme.
- Il n’est pas sans intérêt de faire observer que les unités pratiques appartiennent à un système de mesures absolues, dans lequel les unités fondamentales seraient : pour la longueur, 107 mètres ou environ le quart du méridien terrestre; pour la masse, iO-11 de la masse d’un gramme et pour le temps la seconde.
- Relations entre les deux systèmes d’unités. -Il est évident qu’il doit exister un certain rapj port entre les unités du système électrostatique et celles du système électromagnétique. Pou' le trouver, égalons les valeurs numérique-d’une même quantité dans les deux systèmes! prenons par exemple une même quantité dt travail.
- W = I2fU = Vrt — E If = eit = E Q = eg = E2C = e2e.
- D’où l’on tire, en appelant a une constante
- E__i
- e “I
- Telles sont les relations entre les valeurs ni i
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- UNITÉS ÉLECTRIQUES ET MAGNÉTIQUES.
- mériques. Il est évident qu’il existe entre les unités le rapport inverse, car la même grandeur se trouve exprimée par un nombre n fois plus grand si l’on fait choix d’une unité n fois plus petite. On a donc entre les unités les relations suivantes
- Si l’on remplace dans ces deux équations chaque unité par ses dimensions, on obtient les dimensions de la constante a, qui sont LT-1, par conséquent’celles d’une vitesse.
- Maxwell a démontré que cette vitesse est celle avec laquelle l’induction électro-magnétique se propage à travers l’espace, c’est-à-dire que, si une différence de potentiel s’établit subitement en un certain point, la perturbation qui en résulte se fera sentir en un autre point après un intervalle de temps qui sera égal au quotient de la distance des deux points par la vitesse a.
- Cette vitesse n’a jamais été mesurée directement; à cause de sa valeur considérable, la méthode indirecte, qui consiste à prendre le rapport des unités des deux systèmes, a paru préférable à la mesure directe (Voy. Vitesse).
- Beaucoup d’expériences indirectes ont été faites. Il y a autant de méthodes qu’il existe de quantités pouvant se mesurer à la fois directement en unités électrostatiques et en unités électromagnétiques. Tous les résultats oscillent autour du nombre qui exprime la vitesse de la lumière, 3 X1010. Il est bien probable que cette coïncidence n’est pas fortuite, mais qu’elle est due à une corrélation encore inconnue entre les phénomènes électriques et lumineux.
- Dimensions des principales unités dérivées électriques et magnétiques.
- SYSTÈME SYSTÈME
- électro- électro- RAPPORT.
- statique. magnétique.
- Quantité d’électri- 1 1 LT'1
- cité (L2 M2 1 L 2 M 2
- Potentiel ou force T i 1 m , 3 1 L-' T
- électromotrice.. L 2 M 2 T L 2 M 2 T "
- Capacité L L'1 T2 L2T-2
- Résistance L"1 T LT-' L-2 T2
- Intensité du cou-) 3 t 1 t
- rant ou puissance L2 M2 T " L2 IM2 T”1 LT"1
- d’un feuillet Quantité de magnétisme L? MÎT-2 iJ M* T-1 LT->
- Valeurs des unités pratiques.
- UNITÉS électromsgnét. C. G. S. UNITÉS électrostatiques G. G. S.
- Résistance Ohm. 109 109 : a2
- F. électromotrice. Volt. 108 108 : a
- Intensité Ampère. 10-1 ÎO-1 X a
- Quantité Coulomb. 10-‘ 10-1 X a
- Capacité Farad. 10-9 1CT9X a1
- Détermination expérimentale des unités pratiques. — Les unités pratiques étant définies, il est nécessaire de construire, pour les mesures, des étalons ayant exactement la valeur de ces unités. Trois d’entre elles seulement peuvent être représentées matériellement : ce sont l’ohm, le volt et le farad. Il suffît du reste d’avoir un étalon d’une de ces unités pour en déduire facilement les autres. L’étalon de résistance semble par sa nature offrir plus de garanties au double point de vue de la précision et de la fixité : c’est donc celui qu’on a cherché à construire de préférence. Pour des raisons analogues, on a préféré lui donner la forme d’une colonne de mercure plutôt que de le faire d’un fil de cuivre ou de maillechort. Le problème revenait donc à chercher la longueur qu’il faut donner à une colonne de mercure à 0°, de 1 millimètre carré de section, pour que sa résistance soit égale à 1 ohm.
- La loi d’Ohm et celle de Joule permettent de faire cette recherche; mais la loi de Joule renferme l’équivalent mécanique de la chaleur, qui n’est pas encore connu avec assez de précision pour servir de base à la détermination de l’ohm. Il faut donc recourir à la loi d’Ohm; mais cette loi suppose la connaissance d’une force électromotrice en valeur absolue. Les forces électromotrices d’induction sont les seules qu’on puisse calculer ainsi; c’est donc aux phénomènes d’induction qu’il faut avoir recours. Diverses méthodes ont été employées.
- Les premières mesures ont été faites en 18ü3 par MM. Maxwell, Balfour Stewart et Fleeming Jenkin. L’appareil se composait d’une bobine circulaire recouverte de fil de cuivre isolé, qui tournait uniformément autour de son diamètre vertical; au centre était suspendu un petit aimant porté par un fil de cocon. L’action du champ terrestre développait dans la bobine des courants qui changeaient de sens à chaque demi-révolution; mais, comme la bobine changeait en même temps de position par rapport
- 59
- Dictionnaire d’électricité.
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- Fy.S.
- Fig. 1064. — Bobine tournante pour la détermination de l’ohm.
- S cale&. Telescope •
- itevolvinq l Cail
- Fig. 1065. — App»rel1 ^Germination de l’ohm.
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- UNITÉ ËLECTROLYTIQUE. — URËTHROSCOPE.
- à l’aimant, celui-ci prenait une déviation fixe, due à l’action de la terre et à celle des courants induits de la bobine. On mesurait cette déviation et l’on pouvait calculer facilement la résistance de la bobine en unités absolues C.G.S.
- La bobine tournante est représentée à l’échelle de 1/3 (fig. 1064). Elle est formée de deux anneaux de laiton II, portant le fil de cuivre isolé, et disposés dans un fort massif de laiton HH, fixé lui-même sur une lourde pierre par trois boulons de laiton F. Trois vis calantes G servent à régler l’appareil. La bobine est portée par un pivot J en bois dur et par un support creux K, encastré dans une sorte de boîte à étoupe k, ajustée de façon à maintenir très soigneusement le collier e, qui empêche toute tendance à l’arrêt ou à l’ébranlement. Ainsi supportée, la bobine tourne avec la plus grande aisance et la plus grande régularité.
- Les deux anneaux de laiton sont formés chacun de deux moitiés isolées en ff par de la;vul-canite, pour empêcher la production des courants de Foucault. La bobine de fil est divisée en deux parties pour laisser passer la suspension de l’aimant. Les deux extrémités du fil aboutissent à deux bornes isolées hh', terminées par deux petites coupes à mercure ; on réunit ces coupes par un barreau de cuivre amalgamé, après avoir constaté que la rotation de la bobine ouverte ne produit aucune déviation de l’aimant.
- L’aimant est porté par un trépied de laiton N, fixé sur le massif principal, et muni d’un long tube de laiton O, traversant librement le support creux K. L’extrémité inférieure de ce tube porte une boîte cylindrique de bois P, renfermant l’aimant S. Celui-ci est fixé par un fil de laiton rigide au petit miroir t, placé dans une cage de verre et suspendu lui-même à un fil de cocon de 2,15 m. de longueur. Ce fil était protégé contre les courants d’air par une cage de bois, non figurée, et soutenu par une tête de torsion permettant de l’élever, de l’abaisser ou de le faire tourner.
- La bobine est mue par un lourd volant X, monté sur un arbre A qu’on fait tourner à la main; une courroie 66t62 entraîne l’arbre B, qui communique à son tour le mouvement à la bobine par la courroie aa^ (fig. 1065).
- Le compteur de tours est formé d’une vis courte n, de grand diamètre, engrenant avec une roue dentée de 100 dents o, munie d’un taquet p, qui soulève, à chaque passage, le ressort q. Celui-ci, en retombant, frappe le gong M. On est ainsi averti tous les 100 tours. Un
- régulateur (governor) rend le mouvement de rotation bien régulier. On voit à droite (fig. 1065) l’échelle et la lunette (scale and télescopé) qui servent à observer les déviations par la méthode du miroir.
- Après avoir déterminé la résistance de la bobine tournante par l’apareil précédent, on faisait entrer cette bobine, au moyen des bornes hh', dans une sorte de pont de Wheatstone, à l’aide duquel on construisait des étalons de résistance.
- D’autres déterminations ont été faites depuis cette époque, notamment par M. Weber, M. Kir-chhoff et M. Lorenz. Elles ont montré que l’ohm peut être représenté par une colonne de mercure de 1 millimètre carré de section, ayant une longueur comprise entre 106,2 et 106,3 centimètres. La Commission internationale a adopté le chiffre de 106 centimètres, et a donné à l’unité ainsi définie le nom d'ohm légal. C’est celle qui est employée ordinairement (Yoy. Ohm).
- La construction d’étalons de l’ohm légal a permis ensuite d’obtenir des étalons de capacité et de force électromotrice. Ces derniers sont indiqués au mot Pile.
- UNITÉ ÉLECTROLYTIQUE. — Unité arbitraire servant autrefois à mesurer l’intensité des courants et fondée sur les phénomènes d'é-lectrolyse : c’est la quantité d’un électrolyte décomposée en une seconde, ou la quantité d’un élément déposé sur l’une des électrodes dans le même temps. Il y en avait plusieurs.
- Jacobi avait adopté l’intensité d’un courant produisant en une minute 1 c. c. de gaz tonnant (2 volumes d’hydrogène pour 1 d’oxygène), mesuré à 0° et sous la pression de 760 millimètres. C’est l’intensité donnée par 1 Daniell dans un circuit de résistance égale à 1 unité Siemens. Cette unité vaut 0,0961 ampère.
- On a employé aussi en Allemagne l'unité atomique ; c’est F intensité du courant qui dégage 1 gramme d’hydrogène en vingt-quatre heures. Cette unité vaut 1,111 ampère.
- UNITÉ SIEMENS. — Unité de résistance proposée autrefois par Pouillet et Jacobi, puis par Siemens en 1860. C’est la résistance d’une colonne de mercure de 1 millimètre carré de section et de 1 mètre de longueur à 0°. Elle vaut 0,9434 ohm légal.
- URÉTHR0SC0PE. — Instrument servant à éclairer le fond des cavités intérieures, et notamment de la vessie. Il a été imaginé en 1853 par le Dr Désormeaux. Il existe un certain nombre de modèles dans lesquels l’éclairage est produit par l’électricité. Tel est celui repré-
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- VALSEURS ÉLECTRIQUES. 933
- sente figure 1066. Une sonde F est munie d’un embout qui en facilite l’introduction et qu’on retire ensuite. La sonde est alors reliée à l’ap-
- pareil E, qui renferme une glace inclinée à 45°, pour envoyer sur la partie examinée les rayons de la lampe à incandescence placée enC. L’ocu-
- laire A permet d’examiner la région éclairée. H est une sonde disposée pour permettre d’insuffler de l’air dans l’urèthre, dont la muqueuse
- ainsi déplissée se prête mieux à l’examen; K est un spéculum pour les oreilles, qui peut se monter sur la pièce E à la place de la sonde.
- y
- VALSEURS ÉLECTRIQUES. — Jouet fondé sur les propriétés des moteurs électromagnétiques.
- Les valseurs électriques ne sont autres que Ces petils pantins montés sur crins qu’on dé-
- signe sous le nom de pygmées, et qu’on fait mouvoir d’ordinaire en les posant sur un plateau qu’on fait vibrer en le frappant à petits coups. Mais ici le mouvement est produit d’une manière très originale par l’électricité. A cet effet,
- 59*"
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- VARIABLE (État). — VEILLEUSE ÉLECTRIQUE.
- l’appareil comprend un petit moteur formé d’un électro-aimant vertical (fig. 1067), au-dessus des pôles duquel tourne un volant à ailettes. L’axe de ce volant porte à la partie inférieure une petite roue ayant autant de dents qu’il y a d’ailettes; un ressort, qui appuie sur ces dents, forme interrupteur, et sert à faire passer le courant dans l’électro-aimant lorsqu’il est en contact avec une des dents ; le circuit est interrompu dans le cas contraire. Lorsque le courant passe, l’électro-aimant attire vers ses pôles les deux palettes les plus voisines, et le volant se met à tourner Dès que les palettes sont arrivées en face des pôles, le courant se trouve interrompu et le volant continue à tourner en vertu de la vitesse acquise. Le courant se trouve rétabli au bout d’un instant, les palettes sui-
- Fig. 1067. — Valseurs électriques.
- vantes sont attirées par l’électro et le mouvement continue de la même manière. Un pignon monté sur l’axe du volant communique le mouvement à une roue qui commande une petite musique de Genève. Le moteur n’actionne donc directement que la musique, et c’est un effet d’induction qui fait marcher les pantins. Pour cela, la plate-forme qui reçoit les danseurs est une plaque de tôle disposée au-dessus des pôles de l’électro-aimant et fixée seulement par le bord. Sous l’influence des aimantations et des désaimantations successives de l’électro, cette plaque se met à vibrer comme le ferait la membrane d’un téléphone récepteur, et ces vibrations suffisent à mettre en marche les petits valseurs. En modifiant l’intensité du courant, on peut faire tourner les pantins avec plus ou moins de rapidité ; on peut aussi régler à volonté la tension de la membrane vibrante à l’aide de deux vis placées au milieu de sa surface, et éviter ainsi des mouvements trop violents qui feraient tomber les pantins.
- VARIABLE (État). — Voy. État électrique.
- VARIOMÈTRE. — Appareil imaginé par Kohl-rausch pour étudier les variations du courant magnétique terrestre.
- VÉGÉTATION. — Les phénomènes chimiques de la végétation paraissent être accompagnés de phénomènes électriques.
- L’électricité atmosphérique semble favoriser le développement de la végétation ; d’après M. Berthelot, les plantes, sous son influence, absorberaient directement l’azote de l’air. Enfin la lumière électrique paraît exercer également une influence favorable sur la végétation.
- VEILLEUR AUTOMATIQUE. — Appareil imaginé par M. Gérard et destiné à remplacer automatiquement une lampe éteinte par une autre lampe ou une résistance équivalente. Il se compose d’un électro-aimant droit à fil fin monté en dérivation à côté de la lampe. Deux godets en fer, placés à la partie inférieure et contenant du mercure, font partie d’une seconde dérivation qui renferme la lampe de secours ou une résistance équivalente. Les deux godets n’étant pas en communication lorsque la lampe fonctionne, cette dérivation n’est parcourue par aucun courant. L’électro-aimant est muni d’une armature qui supporte, à l’aide d’un crochet, une traverse en fer à laquelle sont fixées deux tiges cylindriques de même métal. Quand la lampe est allumée, l’électro ne reçoit qu’un courant très peu intense et incapable d’attirer son armature. Mais, lorsqu’elle s’éteint, le courant tout entier passant par l’électro, l’armature est attirée : elle bascule et abandonne la traverse et les cylindres de fer; ceux-ci tombent dans les godets et ferment la dérivation, de sorte que la lampe est remplacée par une autre ou par une résistance égale.
- VEILLEUSE ÉLECTRIQUE. — Petit appareil destiné à servir la nuit, lorsqu’on veut se procurer de la lumière pendant quelques instants. Il est commode alors de n’avoir qu’à pousser un bouton pour voir une lampe s’allumer, sans avoir besoin de chercher des allumettes, qu on risque fort de ne pas trouver à propos. Comme il ne s’agit ici que d’un éclairage de quelques instants, les piles Leclancbé conviennent parfaitement : on a l’avantage qu’elles peuvent rester constamment immergées et n’ont besoin d’être remontées que très rarement. La figure 1068 montre une veilleuse électrique de ce genre, qu’on peut suspendre auprès d’un lit. i suffit, pour avoir de la lumière, de presser sur le bouton d’une poire A, formant interrupteur,
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- VÉLOCIPÈDE ÉLECTRIQUE. — VENTILATEUR ÉLECTRIQUE. 935
- Fig. 1068. — Veilleuse porte-montre électrique.
- donne le bouton de la poire. Un cadre placé au-dessous delà lampe sert de porte-montre et
- permet de voir l’heure facilement. vSi l’on veut conserver la lumière un certain temps, on agit sur un commutateur qui ferme le circuit.
- VÉLOCIPÈDE ÉLECTRIQUE.— Voy. Tricycle
- ÉLECTRIQUE.
- VENT ÉLECTRIQUE. — Application du pouvoir des pointes, montrant la répulsion de l’air électrisé. Si l’on approche une bougie allumée d’une pointe horizontale placée sur une machine électrique, le vent électrique fait onduler la flamme et peut même éteindre la bougie. Le vent électrique est accompagné de phénomènes lumineux visibles dans l’obscurité. Si la pointe est positive, elle donne une aigrette violacée ; si elle est négative, elle se termine par une petite étoile brillante.
- VENTILATEUR ÉLECTRIQUE. — Ventilateur mû par un moteur électrique ; application de la transmission électrique de l’énergie. Les ventilateurs électriques sont généralement économiques et faciles à installer. En effet, les ventilateurs doivent être placés dans le voisinage immédiat des pièces dont ils doivent renouveler l’air. Ces pièces se trouvant parfois assez loin les unes des autres, il faut, avec les
- systèmes ordinaires, autant de machines motrices que de ventilateurs. Avec l’électricité, il suffit d’une seule machine génératrice, et l’on Place à côté de chaque ventilateur un petit Moteur qui, vu son faible poids, n’exige pas de
- fondations spéciales et peut se placer dans n’importe quel endroit. La figure 1069 montre un ventilateur monté sur l’arbre d’un moteur, type C, de la Société alsacienne de constructions mécaniques. Le plus petit modèle con-
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- — VERROU ÉLECTRIQUE.
- VERDET (Constante de).
- somme environ 150 watts. Les deux appareils sont enfermés dans une enveloppe en fonte munie de portes qui permettent l’accès facile de toutes les parties.
- L’Hôtel de Ville de Paris, l’École centrale des arts et manufactures sont munis de ventilateurs électriques.
- A l’Hôtel de Ville, le courant est fourni par deux dynamos Gramme, à double enroulement, qui absorbent chacune environ 4 chevaux. Elles font 1250 tours et donnent chacune 50 ampères sous une différence de potentiel de 110 volts aux bornes. Les ventilateurs, au nombre de 35, possèdent chacun un petit moteur Gramme. Tous ces moteurs sont du même type, mais de résistance différente, saivant le travail qu’ils doivent produire. Ils sont répartis sur cinq circuits et placés tous en dérivation. Chaque ventilateur absorbe de 7 à 40 kilogram-m être s.
- L’École centrale possède dix ventilateurs, munis chacun d’un moteur Gramme; ces moteurs sont montés en quantité. Le courant est fourni, suivant les besoins, par une ou deux machines Gramme de 4 chevaux. Trois des ventilateurs sont dans les sous-sols, les autres dans les combles. Pour prévenir le mécanicien des accidents qui peuvent arriver à ces derniers, on a placé sur le circuit de chaque moteur un avertisseur qui fait marcher une sonnerie et apparaître un numéro.
- Des ventilateurs électriques ont été installés aussi dans plusieurs usines. Ainsi, dans les mines de Blanzy, deux machines Gramme furent installées en 1881 pour actionner un ventilateur au puits Saint-Claude, et donnèrent de bons résultats jusqu’au moment où les travaux du puits furent arrêtés.
- A Zankerode, dans les houillères royales de Saxe, le courant est fourni par une dynamo Siemens, placée à 110 mètres du puits et accouplée directement avec une machine à vapeur Dolgorouki, faisant 800 tours par minute. Cette dynamo est reliée par un conducteur en cuivre de 7 millimètres de diamètre et de 757 mètres de longueur avec la réceptrice, placée dans la mine, à 400 mètres du fond du puits. Cette dernière commande par courroie un ventilateur du type Schiele, ayant 96 centimètres de diamètre, qui débite 178 mètres cubes d’air, à la pression de 20 millimètres, avec une force de 1,66 cheval. Cette installation fonctionne avec succès depuis plusieurs années.
- VERDET (Constante de). — Voy. Constante et Pouvoir rotatoire magnétique.
- VERRE (Coupage du) PAR L’ÉLECTRICITÉ.
- — Dans les verreries de Pittsburg (Pensylva-nie), on coupe de gros cylindres de verre en les enveloppant d’un fin conducteur, qu’on porte au rouge blanc par le courant d’une petite batterie, puis laissant tomber une goutte d’eau froide.
- VERROU ÉLECTRIQUE. — Disposition électrique s’adaptant à une serrure et faisant l’office d’un verrou qu’on peut manœuvrer à distance. Le verrou électrique de MM. Gillet est un des plus simples et s’adapte facilement à toutes les serrures avec une légère modification : il suffit en effet de pratiquer une entaille verticale assez profonde sur le bord inférieur du pêne. Le verrou se fixe à la place occupée ordinairement par la pièce creuse qui reçoit le pêne, ou la gâche, que l’on enlève. Il est formé d’un levier horizontal basculant autour d’un axe et recourbé du côté de la serrure, de manière à pénétrer dans l’entaille du pêne. C’est ce qui a lieu lorsque l’autre extrémité de ce levier est attirée par un électro-aimant vertical placé au-dessous d’elle. La porte se trouve alors fermée et elle reste dans cette position même lorsque le courant a cessé de passer, grâce à un autre levier vertical, qui, poussé par un ressort, vient s’appuyer sur le premier et le maintient immobile. Pour ouvrir la porte, on lance le courant dans un électro horizontal, qui attire la partie supérieure du second levier et le fait déclencher : le premier est alors rendu libre et un ressort à boudin fait abaisser son extrémité recourbée ; le pêne peut donc fonctionner, et la porte s’ouvrir. Plusieurs boutons peuvent commander le même verrou, et un même bouton peut agir à la fois sur un nombre quelconque de verrous.
- Ce petit appareil est très simple et peut rendre des services dans bien des cas. Dans une maison particulière, on peut de son lit s’enfermer le soir dans sa chambre et ouvrir le matin au domestique pour lui permettre de faire son service. Le chef d’une maison de commerce peut, sans quitter son cabinet, fermer simultanément les portes de tous les bureaux ou de toutes les caisses, sans avoir à craindre l’oubli ou la négligence d’un employé. Les portières de tous les compartiments d’un train de chemin de fer pourraient être ainsi condamnées facilement pendant la marche, ce qui éviterait souvent des accidents et s’opposerait même à certaines tentatives criminelles.
- Certains appareils destinés à l’exploitation des chemins de fer sont munis de serrures ou de verrous électriques.
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- YIBRATEUR. — VITESSE DE L’ÉLECTRICITÉ.
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- VIBRATEUR. — M. E. Gray a donné ce nom à un appareil formé d’une bobine d’induction dont les deux hélices sont superposées et l’interrupteur formé d’un certain nombre de trem-bleurs pouvant rendre des sons différents. En les actionnant successivement, on peut faire entendre un air musical. Les courants secondaires peuvent être reçus à distance dans un récepteur et fournissent un moyen d’appel téléphonique.
- Dans son système anti-inducteur (Voy. Téléphonie PAR LES FILS TÉLÉGRAPHIQUES), M. Van
- Rysselberghe a dû chercher un système d’appel sans influence sur les télégraphes. Il a fait usage d’un vibrateur, qui divise le courant en un grand nombre de courants successifs, à peu près comme dans une sonnerie trembleuse. Ces courants traversent la petite bobine du translateur phonique et en induisent d’autres, qui agissent sur un circuit local à la station d’arrivée. Ce circuit comprend une pile et deux dérivations : dans l’une est placée la plaque d’un vibrateur téléphonique, formé d’une bobine entourant l’extrémité d’un aimant et d’une plaque vibrante, sur laquelle repose l’extrémité d’un marteau ou jockey, dont la pression est réglée par un contre-poids. L’autre dérivation renferme un avertisseur très résistant. Tant que le marteau touche la plaque vibrante, le courant local passe presque tout entier par ces deux organes, et l’avertisseur n’en reçoit qu’une portion insuffisante pour l’actionner. Mais, si la bobine du vibrateur reçoit les courants interrompus, le marteau s’écarte de la plaque, et, à chacune des interruptions, le courant local passe tout entier par l’avertisseur et le fait fonctionner. M. Van Rysselberghe donne à cette disposition le nom à’avertisseur phonique.
- M. Sieur a imaginé une disposition d’appel analogue.
- VIDE (Résistance électrique du). — On sait qu’il est à peu près impossible de faire passer un courant électrique entre deux électrodes placées dans le vide. D’après M. Edlund, la résistance du milieu gazeux décroît au contraire avec la pression et l’effet observé est dû à une résistance au passage qui se manifeste à la surface des électrodes, et qui augmente à mesure que la pression du gaz diminue. M. Homen a fait des expériences pour vérifier cette théorie (V. Wied. Ann. 1881, 1882, 1883, et Pogg. Ann. 1869).
- VIGIE SOUS-MARINE. — Appareil imaginé Par MM. Orecchioni et Cavalieri pour préserver les navires des chocs ; la disposition électrique
- a été étudiée par MM. de Méritens et Trouvé. Cet appareil consiste en un corps cylindro-conique, analogue à une torpille, qui précède le navire, à une distance égale à trois fois sa longueur et porte à sa pointe un avertisseur de chocs, relié électriquement au navire. Le reste de la vigie est rempli par les organes accessoires : moteur électrique, appareil hydraulique, commandant, par un jeu de leviers, un double gouvernail d’immersion, l’hélice, la barre de direction, etc. Le poids de l’appareil est de 500 kilogrammes pour le petit modèle et 900 kilogrammes pour le grand. (Lum. électrique, tome XXIX.)
- VIS D’ATTACHE. — Voy. Serre-fil.
- VISCOSITÉ ÉLECTRIQUE. — On donne quelquefois ce nom à la résistance plus ou moins grande que les différents gaz offrent au passage de la décharge électrique. « Le 17 mai 1877, MM. de la Rue et Muller ont constaté qu’aux pressions atmosphériques ordinaires la longueur de l’étincelle, donnée par une pile dans différents gaz, décroît dans l’ordre où ces gaz sont énumérés ci-après : hydrogène, azote, air, oxygène, acide carbonique, l’hydrogène donnant une décharge à peu près double de celle de l’air. L’influence de la nature du gaz sur la longueur de l’étincelle est un phénomène spécial, qui ne parait lié ni à la densité du gaz, ni à sa viscosité mécanique. On peut désigner cette propriété particulière sous le nom de viscosité électrique, le rapport des distances explosives obtenues pour deux gaz mesurant le rapport de leurs viscosités électriques. » (Gordon, Traité d'électricité et de magnétisme.)
- VISION PAR L’ÉLECTRICITÉ. — Plusieurs inventeurs ont cherché à imaginer des appareils transmettant à distance les sensations lumineuses, comme le téléphone transmet les sensations auditives. (Voy. Téléphote.)
- VITESSE (Unité de). — Voy. Unités.
- VITESSE DE L’ÉLECTRICITÉ. — On a cherché depuis longtemps à déterminer la vitesse avec laquelle l’électricité se meut dans les corps conducteurs, en mesurant le temps nécessaire pour produire une étincelle ou pour dévier un galvanomètre à une certaine distance. Wheat-stone réunissait les deux armatures d’un condensateur par un fil interrompu en trois points voisins. Au moment de la décharge, il se produisait en ces points trois étincelles successives, et l’on pouvait, à l’aide d’un miroir tournant, mesurer les intervalles de temps qui séparaient ces étincelles. Whealstone a trouvé ainsi une vitesse de 463 000 kilomètres par seconde.
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- VITESSE DE L’INDUCTION ÉLECTROMAGNÉTIQUE.
- Dans un fil de cuivre, le même auteur a trouvé 460000 kilomètres. Dans un fil de fer, MM. Fizeau et Gounelle ont trouvé 180 000 kilomètres.
- Enfin, M. Kirchhoff a été amené par des considérations théoriques à prendre comme valeur moyenne la vitesse de la lumière 308 000 kilomètres, soit environ 3 X 1010 unités C. G. S.
- Vitesse de transmission dans les câbles. —La vitesse de propagation dans les câbles est soumise aux lois suivantes. Elle varie en raison inverse du produit de la résistance du conducteur par la capacité inductive de l’enveloppe. Pour deux câbles de même espèce et de même diamètre, elle est en raison inverse des carrés des longueurs. Pour deux câbles de même nature et de même longueur, elle est donnée par la formule
- _V
- V'
- dalos7t
- d'nogw'
- cl et d! étant les diamètres des âmes conductrices, D et D' ceux des enveloppes isolantes.
- Si les longueurs diffèrent en même temps, on a
- V'
- dnl log
- EO'
- d'
- M. Latimer Clark adonné la formule suivante :
- V = jï (log D —log d).
- VITESSE DE L’INDUCTION ÉLECTROMAGNÉTIQUE. — Le rapport a de l’unité électromagnétique d’électricité à l’unité électrostatique (Voy. Unités) présente les dimensions d’une vitesse. Maxwell a démontré que celte quantité est la vitesse de l’induction électromagnétique. Toutes les mesures ont donné pour cette vitesse une valeur égale à celle de la lumière dans l’air, soit environ 3 X 1010 unités C. G. S.
- On a cherché à vérifier s’il en est de même dans les autres milieux. La vitesse de l’induction électromagnétique étant a dans l’air,
- Maxwell a démontré qu’elle est -^L, dans un mi-
- \/k
- lieu dont le pouvoir inducteur spécifiqne est k. D’autre part, la vitesse de la lumière dans un milieu transparent dont l’indice de réfraction est n s’obtient en divisant par n la vitesse dans l’air. On doit donc avoir, pour tous les diélectriques transparents.
- n = Sjk.
- Remarquons que les valeurs de n doivent être prises pour des radiations de longueur d’onde infinie.
- L’accord observé entre les valeurs de n et celles de \Jk est suffisant pour les gaz, mais non pour les diélectriques solides ou liquides; en somme, il est « assez complet pour nous donner bon espoir que, quelque jour, les discordances seront expliquées et éliminées ; en attendant, l’accord complet des vitesses de la lumière et de l’induction électromagnétique dans l’air et dans les gaz, et les nombreuses relations directes qui existent entre la lumière et l’électricité ne nous laissent guère douter qu’il n’y ait entre ces agents un lien étroit, et que leurs effets ne soient que deux formes de cette énergie commune, de nature inconnue, qui se retrouve certainement sous tous les phénomènes physiques. » {Gordon).
- Nous décrirons rapidement les principales méthodes qui ont servi à mesurer la vitesse de l’induction électromagnétique.
- Méthode de Weber et Koblrausch. — Les premières déterminations de cette vitesse sont dues à Weber et Koblrausch. Maxwell donne la description suivante de ces expériences.
- « La méthode était fondée sur la mesure de la même quantité d’électricité, d’abord en unités électrostatiques, puis en unités électromagnétiques.
- « La quantité d’électricité mesurée était la charge d’une bouteille de Leyde. Sa valeur en unités électrostatiques était le produit de la capacité de la bouteille par la différence de potentiel de ses armatures.
- « La capacité de la bouteille était représentée par une certaine longueur. La différence de potentiel était mesurée en réunissant les armatures aux électrodes d’un électromètre dont les constantes avaient été soigneusement déterminées, de façon à connaître la différence des potentiels en unités électrostatiques ».
- On déterminait la valeur de la charge en unités électromagnétiques en déchargeant la bouteille à travers la bobine d’un galvanomètre, et l’on calculait le courant d’après la première impulsion de l’aiguille.
- Ces expériences ont donné pour a la valeur 3,1074 X 1010 centimètres.
- Maxwell fait remarquer que le phénomène connu sous le nom d’absorption ou de pénétration électrique était mal connu à cette époque et démontre que, si l’on a négligé cette absorption, la valeur trouvée pour a doit être trop forte.
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- VITESSE DE L’INDUCTION ÉLECTROMAGNÉTIQUE.
- Méthode de Thomson. — Sir W. Thomson a déterminé celte vitesse en mesurant une même force électromotrice dans les deux systèmes d’unités. Cette force électromotrice était celle de 60 éléments Daniell à sciure de bois, montés en série.
- On a, d’après la loi d’Ohm,
- E = IR.
- La force électromotrice était mesurée direc-
- tement en unités électrostatiques au moyen d’un électromètre.
- D’autre part, on mesurait le produit I R en unités électromagnétiques, en faisant passer le courant à travers une résistance connue, par exemple la bobine d’un électrodynamomètre, dont la déviation faisait connaître l’intensité. Le rapport de ces deux mesures permettait d’obtenir la vitesse cherchée.
- Pour déterminer la résistance de l’électro-
- Fig. 1070. — Rapport des unités (expérience de Maxwell).
- dynamomètre, on se servait d’un électromètre à quadrants, dont les deux électrodes étaient reliées successivement aux deux bornes de cet appareil et à celles d’une résistance connue ; le rapport des deux résistances était égal à celui des deux différences de potentiel observées.
- Onze séries d’expériences ont donné des nombres compris entre 2,92 X 1010 et 2,754 X 1010, et dont la moyenne est 2,825 X 1010.
- Sir W. Thomson avait l’intention de reprendre Ces expériences avec plus de précision. Ce tra-vail a été fait par Mc. DugaldM. Kichan, dans le laboratoire de sir W. Thomson, par une méthode qui ne diffère de la précédente que par
- quelques détails. Ces observations, publiées en 1875, ont donné, comme moyenne, 2,93 X 1010.
- Méthode de Maxwell. — Maxwell a comparé les deux unités de force électromotrice en équilibrant l’attraction de deux disques chargés d’électricité contraire par la répulsion entre deux courants passant par deux bobines plates, de résistances connues.
- Un disque et une spirale étaient fixes, l’autre disque et l’autre spirale étaient attachés ensemble à l’extrémité du levier d’une balance de torsion. On voit en T la tête de torsion de cette balance (fig. 1070), dont le fil soutient un
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- «VITRÉE (Électricité). —
- levier horizontal. A l’une des extrémités sont fixés en A le disque et la spirale mobiles, équilibrés par une autre spirale exactement semblable, placée en A' à l’autre bout du levier. Les deux bobines AA' sont parcourues en sens contraire par le même courant, afin de neutraliser l’action de la terre.
- Le disque suspendu en A est entouré d’un anneau de garde semblable à celui de l’électro-mètre absolu (Voy. ce mot) de Thomson. Le disque suspendu a 10,16 centimètres de diamètre ; le disque fixe, placé en G, a 15,24 centimètres de diamètre. Grâce à ces dispositions, l’attraction électrique entre ces deux disques est la même que si la distribution était uniforme.
- Le disque mobile se tient en équilibre dans le plan de l’anneau de garde ; il est au même potentiel que la cage de l’instrument. Le disque fixe C est isolé et porté à un potentiel élevé : il peut être éloigné ou rapproché de l’anneau de garde à l’aide d’une vis micrométrique.
- Les spirales sont fixées sur les faces postérieures des deux disques : la bobine fixe est isolée avec soin de son disque, qui doit être porté à un haut potentiel.
- Ce potentitiel était obtenu en reliant les disques aux deux électrodes d’une pile B15 de 2600 éléments, au chlorure mercurique. Cette différence de potentiel était mesurée en observant, avec un galvanomètre, le courant produit à travers une résistance R connue et très grande. Le circuit de ce courant est désigné par la lettre x. Après avoir traversé R, il se divise en deux : l’un x' traverse l’un des fils Gj du galvanomètre; l’autre æ —x' passe dans le shunt S de ce galvanomètre. Une pile plus petite B2 donne le courant y qui passe dans les trois bobines, puis dans le fil G2 du galvanomètre, destiné à la mesurer à la manière ordinaire. On voit que ce courant passe par le vase M, plein de mercure, et le fil de la balance. K est un interrupteur double. Un microscope sert à vérifier la position d’équilibre de l’aiguille mobile.
- « Nous avons ainsi deux forces électromotrices dont le rapport est connu ; l’action de l’une est électrostatique et celle de l’autre est électromagnétique. Leur grandeur peut être réglée de telle sorte que l’attraction du disque égale la répulsion des bobines, c’est-à-dire de telle sorte que l’aiguille de la balance de torsion reste en équilibre et, quand on a fait des corrections convenables pour les différentes, distances séparant le disque des bobines, on a du même coup tous les éléments pour la com-
- VOITURE ÉLECTRIQUE.
- paraison des actions électrostatiques et électromagnétiques de la même pile. Les résultats des expériences de Maxwell donnent donc une valeur directe de la relation entre les unités électrostatiques et électromagnétiques de force électromotrice. » (Gordon).
- La moyenne de ces expériences est 2,8798 x
- 1010.
- Méthode d'Ayrton et Ferry. — MM. Ayrton et Perry ont mesuré en unités électrostatiques et en unités électromagnétiques la capacité d’un condensateur à air dont chaque plateau avait 1323,14 centimètres carrés. La capacité électrostatique était déduite des mesures linéaires de l’appareil, et la capacité/ électromagnétique de l’impulsion obtenue en déchargeant le condensateur à travers un galvanomètre balistique. Ce galvanomètre, formé de 40 aimants, divisés en deux masses sphériques, a été décrit plus haut (voy. p. 340).
- La source d’électricité était une pile de 382 éléments Daniell. La moyenne a été de 2,980 X 1010.
- M. Ch. Hockin a trouvé par la même méthode 2,988 X 1010.
- Méthode de Rowland. — M. Rowland a mesuré a en faisant tourner un disque d’ébonite doré, de 21, 1 centimètres de diamètre, dans le voisinage d’une aiguille astatique avec une vitesse de 61 tours par seconde. Le disque était électrisé par communication avec une bouteille de Leyde chargée. Le potentiel électrostatique était donné par la distance explosive. L’effet magnétique était déterminé par la déviation des aiguilles qu’on observait à l’aide d’un miroir. Cette méthode a donné 3,0448 X 1010.
- VITRÉE (Électricité). — Syn. d'Électricité positive.
- VOITURE ÉLECTRIQUE. — Les voitures électriques doivent nécessairement porter avec elles leur source d’électricité, piles ou accumulateurs. Ces derniers ont été préférés dans les essais peu nombreux qui ont été tentés jusqu à présent. MM. Immish et C° ont construit un dog-cart à quatre roues et à quatre places, alimenté par 24 accumulateurs d’un modèle spécial, actionnant un moteur Immish de 1 cheval, qui commande les roues d’arrière par une chaîne de Gall. M. Magnus Volk a fait des expériences à l’aide d’une voiture analogue, portant 16 accumulateurs E.P. S, et un moteui Immish de 0,5 cheval. Il a constaté que l’effort ; de traction est moindre sur l’asphalte que sur ! les rails des tramways. Il a pu monter des ram-| pes de 0,033 m. par mètre.
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- VOLT. — VOLTAMÈTRE.
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- VOLT. — Unité pratique de force électromo-trice valant 108 unités absolues C. G. S. C’est la force électromotrice qui donne un courant d’un ampère dans un circuit dont la résistance vaut 1 ohm. (Voy. Unités.) L’élément Daniell vaut environ 1,1 volt.
- VOLTA (Prix). — Prix institué le 26 prairial an X par le premier consul et destiné à récompenser les découvertes formant une époque mémorable de l’histoire de l’électricité. Ce prix, dont la valeur est de 50000 francs, a été décerné trois fois : à Ruhmkorff, en 1864, pour sa bobine d’induction; à M. G. Bell, en 1876, pour Je téléphone; enfin àM. Gramme, pour sa machine bien connue.
- VQLTA-ÉLECTROMÈTRE. — Nom donné autrefois au voltamètre.
- VOLTAGE. —• Expression abrégée par laquelle on désigne quelquefois le nombre de volts, grand ou petit, qui est nécessaire au fonctionnement d’un appareil; ex. : une lampe d’un faible voltage.
- VOLTAGOMÈTRE. — Sorte de rhéostat à mercure imaginé par Jacobi.
- VOLTAÏQUE. — S’applique aux phénomènes qui se rapportent aux piles.
- Alternatives voltaïques. — On désigne parfois sous ce nom, en électrothérapie, le mode de galvanisation qui consiste à renverser le courant de la pile, à intervalles réguliers, au lieu de se borner à l’interrompre.
- VOLTAÏSATION. — Syn. de Galvanisation.
- VOLTAISME. — Électricité produite par la pile voltaïque ou les piles analogues.
- VOLTAMÈTRE. — Appareil servant à montrer l’électrolyse de l’eau. Le modèle ordinaire (Voy. fig. 285, p. 257) se compose d’un vase de verre dont le fond est traversé par deux lames de platine ou électrodes, communiquant avec deux bornes qu’on relie aux pôles d’une pile. Le vase a été préalablement rempli d’eau, acidulée par un peu d’acide sulfurique, ainsi que deux petites éprouvettes graduées qui recouvrent les électrodes. Dès que le courant passe, on recueille de l’oxygène à l’électrode positive et un volume double d’hydrogène à l’électrode négative. (Voy. Électrolyse.)
- La mesure des courants par les actions chimiques est l’application la plus importante du voltamètre (Voy. Intensité). Il est vrai qu’on a rarement recours à l’eau acidulée, parce que, les volumes de gaz recueillis étant très faibles, leur mesure ne saurait donner une grande précision. Néanmoins, on a cherché à donner au
- voltamètre une forme qui se prête mieux à cette opération.
- Une des dispositions les plus commodes est celle de Bertin (fig. 1071). L’électrode néga-
- Fig. 1071. — Voltamètre de Bertin.
- tive P' est seule resouverte d’une éprouvette, qu’on remplit d’eau acidulée en aspirant par le tube de caoutchouc T, puis on ferme ce tube à l’aide d’une pince ; le tube capillaire qui est à la partie supérieure suffit à arrêter le gaz, pourvu qu’il y ait un peu de liquide dans l’ampoule E. A l’aide de l’interrupteur I, on fait passer le courant jusqu’à ce que le niveau soit le même dans l’éprouvette et dans le vase extérieur, pour que l’hydrogène recueilli soit à la pression atmosphérique. Le manchon M peut être rempli d’eau pour mieux connaître la température du gaz recueilli. (Voy. Intensité.)
- M. A. Minet a imaginé une autre forme de voltamètre, qui permet, paraît-il, de mesurer des intensités de 0,001 à 0,5 ampère avec une approximation égale aux 0,005 de la grandeur à mesurer.
- On donne parfois aussi le nom de voltamètre aux tubes, en forme d’U ou de V, dans lesquels on fait l’électrolyse des sels métalliques (Voy.
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- VOLT-AMPÈRE.
- VOLTMÈTRE.
- fig. 286, page 257). On sait que la décomposition de ces substances fournit une méthode plus précise pour la détermination des intensités. (Voy. ce mot.)
- Le voltamètre peut même servir à la mesure des courants alternatifs. En effet, ces courants ne donnent d’ordinaire aucun dégagement de gaz dans le voltamètre. Mais MM. Manœuvrier et Chappuis, Ayrton et Perry ont montré qu’à partir d’une certaine intensité on obtient dans chaque éprouvette un mélange de gaz oxygène et hydrogène dont la quantité dépend de la densité du courant et de la rapidité des [alternatives.
- VOLT-AMPÈRE. — Syn. de watt. Voy. Watt et Unités.
- VOLTAMPÉREMÈTRE ou MESUREUR D’n-NERGIE. — Appareil mesurant l’énergie électrique, c’est-à-dire le produit El en watts. (Voy. Compteur d’électricité.)
- VOLTASCOPE. — Disposition imaginée par Faraday pour constater le passage d’un courant et fondée sur la facile électrolyse de l’iodure de potassium, qui donne une tache bleu foncé au pôle positif.
- VOLT-COULOMB. — Syn. de joule. C’est l’unité pratique de travail, c’est-à-dire le travail produit par un coulomb sous une différence de potentiel de 1 volt. Le volt-coulomb vaut 10
- 107 ergs, et kilogrammètres. (Voy. Joule
- (Supplément) et Unités.)
- VOLTMÈTRE. —Ampèremètre étalonné pour permettre de mesurer en volts les forces électromotrices et les différences de potentiel. Soient deux points A et B ayant une différence de potentiel e ; si on les réunit par un conducteur comprenant un galvanomètre, ce conducteur deviendra le siège d’un courant dont Je galvanomètre fera connaître l’intensité. Mais, en général, l’établissement même du conducteur aura diminué la différence de potentiel entre A et B. Cependant, si le galvanomètre a une résistance considérable, cette modification sera peu sensible, et l’on aura à peu près
- R étant la résistance interposée. En plaçant le-même galvanomètre entre deux autres points C et D dont la différence de potentiel est s’, on aura encore sensiblement
- Les indications seront donc proportionnelles
- aux différences de potentiel, et pourront les mesurer en volts. Mais on voit que les voltmètres doivent nécessairement avoir une très grande résistance.
- De même, si l’on réunit l’instrument aux deux pôles d’une pile dont la force électromotrice est E et la résistance r, on aura
- Pour une autre pile, on aura de même
- Si la résistance R du galvanomètre est très grande, ainsi que nous l’avons supposé, on peut négliger r et r' et l’on a sensiblement
- et
- Les déviations feront donc connaître les forces électromotrices.
- Un voltmètre est donc /un ampèremètre de très grande résistance, et tous les ampèremètres peuvent servir, sous cette condition, à mesurer les forces électromotrices.
- Certains instruments portent deux circuits enroulés ensemble, l’un très peu résistant, formé souvent de quelques tours d’une bande de cuivre, pourla mesure des intensités, l’autre très résistant, formé d’un fil de cuivre long et fin, qui sert à la mesure des forces électromotrices. Tel est l’ampèremètre de M. M. Deprez (fig. 46, p. 39).
- Dans d’autres modèles au contraire, on construit séparément des appareils d’une faible résistance pour les intensités, et d’autres très résistants, destinés à servir spécialement de voltmètres. Ainsi sir W. Thomson a construit un voltmètre semblable à l’appareil représenté (page 40, fig. 47) ; mais la bobine est formée d’un fil fin en maillechort ayant plus de 2 kilomètres de longueur et faisant 7000 tours. La résistance dépasse 7000 ohms. Pour mesurer des différences de potentiel supérieures à 10 volts, on ajoute à l’appareil un aimant directeur, on met le voltmètre en dérivation, et Ion éloigne l’aiguille mobile, de manière à avoir une déviation de grandeur convenable. Pour les différences plus petites que 10 volts, on supprime l’aimant directeur et l’on oriente l’instrument de manière à amener l’index au zéro de la graduation.
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- VOLTMÈTRE
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- De même encore les voltmètres de MM. De-prez et Carpentier, de M. Desruelles, de MM. Àyrton et Perry, de MM. Woodhoouse et Rawson ont extérieurement le même aspect que les ampèremètres correspondants : ils n’en diffèrent que par leur très grande résistance ; il est donc inutile d’insister sur leur description.
- Le voltmètre Hummel (fig. 1072), construit par M. Fabius Henrion, de Nancy, se compose d’un solénoïde dans l’intérieur duquel se déplace une lame de fer doux très mince en forme de gouttière, portant une aiguille mobile sur un cadran divisé. Cette lame est parallèle à l’axe du solénoïde et le tout est mobile autour d’un axe placé excentriquement. Lorsque le courant passe, la lame de fer est attirée et tend à se rapprocher de la partie du solénoïde la plus voisine, entraînant l’aiguille, qui fait contrepoids. Le système se met en équilibre sous la double influence de l’action électromagnétique et de la pesanteur. La graduation est empirique, et les divisions ne sont pas proportion-
- nelles dans toute l’étendue de l’échelle. On con-
- Fig. 1072. — Voltmètre Hummel.
- struit sur le même principe des ampèremètres allant de 1 à 1000 ampères.
- Dans le voltmètre de M. Bardon, comme dans
- Fig. 1073. — Voltmètre Bardou. Fig- 1074. — Voltmètre (Allgemeine Elektricitats
- Gesellschaft).
- plusieurs de ceux qui précèdent, on a supprimé les aimants permanents, pour éviter les erreurs dues aux changements d’état magnétique. Il est formé d’un solénoïde à fil fin (fig. 1073), au centre duquel pénètre une lame de fer doux en forme de faux, entraînant une aiguille sur laquelle elle est fixée, et qui se meut sur un cercle gradué. C’est le poids du système mobile fini produit l’effort antagoniste à l’action du solénoïde mobile, et le zéro est déterminé par
- la position d’équilibre de ce système. La résis tance de la bobine (5000 à 6000 ohms) est assez grande pour qu’on puisse le laisser en circuit sans crainte d’échauffement. M. Bardon construit sur le même principe un ampèremètre que nous n’avons pas décrit et qui ne diffère du voltmètre que par sa faible résistance.
- Le voltmètre de la Société alsacienne de constructions mécaniques se compose d’un solénoïde très énergique, qui attire deux petites
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- VOLTMÈTRE.
- barrettes de fer doux, d!un poids si faible que le magnétisme rémanent qu’elles peuvent conserver est négligeable en comparaison de l’aimantation produite par le solénoïde. Une bobine d’une construction spéciale, en maillechort, sert à réduire au minimum l’influence de la température. Le mouvement des barrettes est transmis à un axe portant une aiguille indicatrice qui se meut sur un cadran; ces parties mobiles sont disposées de façon que la pesanteur fasse équilibre à l’attraction magnétique. Un bouton moleté porte une petite tige qui sert à immobiliser l’équipage mobile pendant le transport. L’appareil est fixé sur une paroi verticale de sorte que l’aiguille s’arrête au zéro.
- Le voltmètre (fig. 1074), construit par la Allgemeine Electricitàts Gesellschaft, de Berlin, comprend un solénoïde relativement grand, entouré presque entièrement de fil de maillechort, et qui agit sur un faisceau de fils de fer extrêmement minces. Ce faisceau est mobile autour d’un axe, avec lequel il forme un certain angle, et qui est lui-même normal à l’axe du solénoïde. La longueur, le nombre et l’arrangement des fils de fer varient suivant que l’instrument est destiné à mesurer des volts ou des ampères, et que l’on désire une graduation proportionnelle sur tout le cadran, ou seulement des divisions très larges et uniformes dans le voisinage d’un certain nombre de volts ou d’ampères. La moindre variation de potentiel produit des déplacements relativement grands de l’index. L’emploi du maillechort et la grande surface de refroidissement de la bobine rendent l’appareil à peu près indépendant des changements de température.
- Le voltmètre de Ross est constitué par un solénoïde en forme d’arc de cercle, dans lequel pénètre un tube en fer de même forme, supporté par une tige mobile autour d’un point fixe. Cet équipage porte en outre un index qui se déplace sur un cadran. Sous l’influence du courant, le tube de fer est attiré dans le solénoïde ; la pesanteur fait équilibre à cette action. Le fil du solénoïde est en maillechort, et la résistance est assez grande pour qu’on puisse laisser l’appareil en circuit sans craindre réchauffement. On peut ajouter deux lampes de couleur différente, qui s’allument lorsque la différence de potentiel tend à sortir des limites fixées, dans un sens ou dans l’autre.
- Il existe beaucoup d’autres voltmètres industriels, dans lesquels on a écarté l’emploi des aimants permanents, pour empêcher le déplacement de la graduation avec le temps. Ils sont
- trop nombreux pour que nous puissions les décrire tous. Le principe est le même, et ces appareils ne diffèrent que par des détails.
- Le voltmètre-balance, de MM. Drake et Gorman employé en Angleterre par la Electrical Power Storage O, est formé d’une bobine fixe, renfermant un noyau de fer doux, qui attire une armature de même métal, suspendue à l’extrémité d’une balance romaine. Sur l’autre bras du fléau se meut un contre-poids, qu’on déplace jusqu’à ce qu’il fasse équilibre à l’action électromagnétique. La graduation se fait empiriquement. Il existe un ampèremètre analogue.
- Un certain nombre de voltmètres se rapprochent des électrodynamomètres. Ainsi le voltmètre de MM. Siemens et Halske est composé d’une grande bobine circulaire fixe et horizontale, et d’une bobine mobile plus petite, portée par des couteaux, qui fait, au repos, un angle d’environ 60° avec la bobine fixe. Sous l’influence du courant, la bobine mobile tend à se placer parallèlement à l’autre; la pesanteur fait équilibre à l’action électrodynamique. A cette bobine est fixé un index mobile sur un cadran de verre dépoli. Cet appareil est très sensible.
- Sir W. Thomson a imaginé récemment un voltmètre formé également de deux bobines : l’une est plate et fixée sur une lame d’ébonite. Une aiguille, mobile sur deux couteaux, porte à la partie supérieure l’autre bobine, qui est à fil fin ; elle est munie en outre de deux bras, sur chacun desquels peut glisser un petit poids : l’un sert au réglage, et l’autre à modifier la sensibilité. La graduation se fait avec un voltmètre étalonné.
- Le voltmètre de Cardew est fondé sur un principe tout différent : il utilise réchauffement d’un fil fin par le courant et la dilatation qui en résulte. Cet échauffeuient est proportionnel à el, I étant l’intensité, e la différence de potentiel entre les deux extrémités du conducteur. L’instrument se gradue par comparaison avec un voltmètre étalonné. Un fil de platine, de 3,60 m. de longueur et de 0,063 mm-de diamètre, est fixé aux deux bornes de l’appareil; pour diminuer le volume, ce fil est replié plusieurs fois sur lui-même et passe sur trois poulies. Les deux poulies extrêmes sont fixes, mais la poulie intermédiaire est attachée à une tige terminée par un fil qui s’enroule deux fois sur une roue dentée, et qui est ensuite tendu par un ressort. Quand le fil de platine se dilate, le ressort tire l’autre fil et fait tourner la roue dentée. Celle-ci engrène avec une autre roue
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- VOTER (Machine a).
- plus petite qui porte l’index mobile. Le voltmètre Cardew est assez employé en Angleterre et en Allemagne.
- MM. Ayrton et Perry ont modifié récemment ce voltmètre. Le fil est tendu horizontalement en ligne droite. En son milieu est attaché un ressort spiral, qui est suspendu verticalement à l’extrémité d’un fil fin et porte à son extrémité supérieure l’index, mobile sur un cadran horizontal. Quand le fîl se dilate, le ressort se détend et fait tourner l’index.
- Enfin nous rappelons qu’on peut mesurer les différences de potentiel avec les électromètres. Ces appareils sont très précis, mais ils conviennent surtout aux laboratoires et sont trop délicats pour la pratique industrielle.
- On peut cependant employer dans ce cas le voltmètre électrostatique de sir W. Thomson, qui est formé de deux plaques verticales et parallèles, fixes, entre lesquelles peut tourner une plaque mobile autour d’un axe horizontal. Chacune des plaques fixes a la forme de deux secteurs de 90° accouplés parle sommet. La plaque mobile présente à peu près la forme d’un 8, comme l’aiguille de l’électromètre à quadrants. Au repos, cette plaque est verticale ; elle porte à son extrémité supérieure un index mobile, et à l’extrémité inférieure un contre-poids. Elle tourne dans un plan vertical parallèle aux plaques fixes. Ces dernières sont reliées aux deux points dont on veut connaître la différence de potentiel. On fait varier la sensibilité en changeant le contre-poids.
- VOTER (Machixe a). — Le mode de votation ordinaire exige beaucoup de temps dans les assemblées un peu nombreuses. On a cherché à simplifier l’opération par l’emploi de différentes dispositions électriques et mécaniques.
- En 1849, M. Martin de Brettes a proposé de placer devant chaque membre deux boutons électriques, l’un blanc, l’autre noir, fermant des circuits qui aboutissent à un tableau enregistreur. Un indicateur autographique et un contrôleur mécanique, complètent l’installation.
- M. Jacquin a proposé en 187o à l’Assemblée nationale l’emploi de deux récipients, contenant chacun un certain nombre de boules de même poids. Pour voter, on presse un bouton qui laisse échapper une seule boule de l’une des boîtes : les boules de même espèce viennent se réunir dans un entonnoir, et l’on connaît leur nombre par l’augmentation de poids. Un enregistreur électrique est joint à l’appareil.
- M. Saint-Ange Davillé dispose devant chaque Dictionnaire d’éeectricité.
- votant trois boutons semblables à ceux des sonneries ; l’un est destiné aux votes pour, le second aux votes contre et le troisième aux abstentions. Ces boutons communiquent respectivement avec les cases correspondant à trois tableaux analogues aux tableaux indicateurs.
- Lorsqu’un votant appuie sur un bouton, il lance le courant d’un élément Leclanché dans un électro-aimant fixé sur le tableau récepteur correspondant. Cet électro-aimant attire son armature; ce mouvement dégage une bille qui tombe dans un tube de 1 centimètre de diamètre. En même temps, l’armature fait basculer un levier portant sur un petit drapeau le nom du votant, et ce nom apparaît devant l’ouverture correspondante.
- Toutes les billes du même tableau se réunissent sur un plan incliné et s’engagent dans un tube, qui porte des divisions indiquant immédiatement le nombre de ces boules. On remet en place les leviers déclenchés en passant sur l’appareil une règle un peu forte.
- Dans les votes secrets, on masque chaque tableau avec un couvercle opaque. Ce couvercle porte à l’intérieur la règle destinée à rabattre les leviers, et qui se manœuvre de l’extérieur. De plus, pour qu’on ne puisse pas connaître le vote de chacun d’après les billes disparues, on fait écouler toutes les billes qui restent avant de démasquer les tableaux.
- M. P. Le Goaziou a proposé en 1888 une machine qui permet de compter très rapidement les votes pour et contre, et qui rend impossible toute espèce d’erreur ou de fraude.
- Devant chaque votant est disposée une manette, qui peut se placer sur deux boutons marqués : Pour et contre., ou rester entre les deux pour l’abstention. .
- Les axes des manettes sont tous reliés à des secteurs métalliques disposés en cercle sur un même plateau vertical ; une bande de cuivre circulaire et continue est placée concentriquement à la ligne des secteurs. Sur ce plateau peut tourner un levier portant deux frotteurs, qui passent l’un sur le cercle continu, l’autre sur les secteurs. Le cercle est relié d’une façon continue avec une pile : les frotteurs, qui com-muniquentJ’un avec l’autre, mettent donc successivement, en un tour complet du levier, tous les secteurs, et par suite toutes les manettes, en rapport avec la pile.
- A chaque vote, on fait faire au levier un seul tour. Chaque votant dispose donc un instant d’un courant, qu’il envoie, suivant la position donnée à la manette, dans l’un ou l’autre de
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- VULCANITE. — WAGON DYNAMOMÉTRIQUE.
- deux circuits identiques, destinés à enregistrer; l’un les votes pour, l’autre les votes contre. Chacun de ces circuits se divise en deux dérivations d’égale résistance : l’une comprend l'électro-aimant d’un compteur qui totalise les votes, l’aiguille avançant d’une dent à chaque courant. L’autre contient un électro-aimant, dont l’armature commande un style qui trace un trait sur un cylindre tournant.
- Ce cylindre est couvert d’une feuille de papier sur laquelle on a imprimé plusieurs fois la liste complète des votants. Le cylindre fait, à chaque vote, un tour entier dans le même temps que le levier du plateau distributeur, et les noms des votants passent successivement entre les styles des deux électroaimants enregistreurs. Suivant la nature du vote, l’un ou l’autre de ces styles trace un trait, qui se trouve à gauche du nom dans un cas, à droite dans l’autre. Il n’y a donc à craindre aucune confusion. Pour procédera un second vote, on fait glisser un peu le cylindre sur son axe, et une nouvelle liste de noms vient se placer entre les deux styles. Enfin, si le scrutin doit être secret, on coupe, à l’aide d’interrupteurs, les deux dérivations des électro-aimants enregistreurs.
- En cas d’abstention, la manette n’envoie aucun courant.
- On peut obtenir après chaque vote le rappel
- automatique de toutes les manettes à l’isolement. Dans ce cas, chaque manette, disposée dans un plan vertical, porte un contre-poids suffisant pour la ramener sur la verticale et un anneau de fer doux. Un électro-aimant est placé en regard de la manette. Au moment du vote, le président ferme un circuit comprenant tous les électro-aimants des transmetteurs. L’anneau de fer doux s’aimante et l’attraction de l’électro-aimant est assez forte pour maintenir la manette dans la position où le votant l’amène, sans pouvoir cependant empêcher la manœuvre. Après le vote, on ouvre le circuit, et toutes les manettes reprennent la position verticale.
- La seule fraude qui soit possible avec cet appareil consisterait à réunir les deux boutons pour et contre par une pièce métallique, afin d’augmenter le nombre des votes : elle serait décelée par l’examen de la liste des votants. D’ailleurs M. Le Goaziou a imaginé une disposition qui rend cette fraude impossible, même dans le cas du scrutin secret.
- Enfin on peut ajouter un compteur supplémentaire et un troisième électro-aimant enregistreur pour tenir compte des abstentions (V. Lumière électrique, 22 octobre 1888).
- VULCANITE. — Substance isolante, qui est composée d’ébonite colorée par du vermillon, du sulfure d’antimoine, etc.
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- WAGON DYNAMOMÉTRIQUE. — Wagon renfermant des appareils destinés à étudier les différents phénomènes de la traction. Nous décimons les wagons employés par les Compagnies du Nord et de l’Est, d’après les notices publiées par ces Compagnies.
- Le wagon dynamométrique de la Compagnie du Nord contient quatre enregistreurs, qui inscrivent leurs tracés sur une même bande de papier. Ce papier, emmagasiné sur une bobine, passe entre deux cylindres formant laminoir, qui l’entraînent dans leur mouvement,et vient s’enrouler sur une seconde bobine.
- Le mouvement du laminoir s’obtient au moyen d’une commande par courroie sur l’essieu d’avant du wagon; une vis sans fin.et une série d’engrenages réduisent la vitesse dans le rapport de 141 millimètres par kilomètre. Le
- papier avance donc proportionnellement à la vitesse du train dans une direction perpendiculaire au grand axe du wagon. Un embrayage permet d’isoler le laminoir de la poulie de commande et par suite d’arrêter à volonté le déroulement du papier.
- Celte bande de papier reçoit les signaux tracés par quatre styles a, b, c, d [fig. 1015) disposés verticalement sur une même ordonnée, suivant l’axe principal du wagon, et qui enregistrent simultanément les efforts de traction, la position des poteaux hectoinétriques, le temp> écoulé, les tours de roues effectués par 1 essieu commandant l’entraînement du papier. Un cinquième style f, fixe, trace un trait continu, correspondant à l’origine des ordonnées qui indiquent les efforts de traction.
- L’évaluation de ces efforts s’obtient au
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- WAGON DYNAMOMÉTRIQUE.
- moyen d’uu ressort dynamométrique à lames, fixé à la tige de traction du wagon. Pour diminuer le frottement et rendre plus sensibles les plus faibles flexions de ce ressort, la tige de traction ainsi que la portion mobile du ressort
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- se meuvent sur des galets. La transmission des déplacements de la chappe du ressort au style a, chargé de les inscrire sur la bande de papier, se fait par 1 intermédiaire d’une tige verticale EE (11g. 1076) et d’une bielle horizontale fi,
- Fig. 1075. — Wagon dynamométrique du chemin de fer du Xo-.l.
- à double articulation, commandant un chariot F, porteur du style a. Ce dernier se meut entre deux glissières horizontales fixées au bâti de l’appareil; ces glissières, en forme de queue d’aronde, ne permettent au chariot qu’un
- mouvement d’avance ou de recul, et l'empêchent de tressauter sous l’influence des trépidations du wagon, condition indispensable pour la conservation du crayon et la netteté du trait.
- La position desjpoteaux hectométriques est
- Fig. 1076. — Enregistrement des efforts dd traction.
- enregistrée par le style 6 (üg. 1077), qui est fixé à l’extrémité d’un levier pouvant osciller autour d un axe vertical xy. L’autre extrémité porte 1 armature d’un électro-aimant K, qui commu-ft’flue avec une pile et un interrupteur mobile, formé d’une poire en caoutchouc placée à
- l’avant du wagon, et manœuvré par un observateur qui surveille la voie. Tant que l’appareil est au repos, le style b trace un trait rectiligne. Lorsque le wagon passe devant un poteau hec-tométrique, l’observateur lance un courant dans 1 électro-aimant K; le levier oscille et le style b
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- WAGON DYNAMOMÉTRIQUE.
- inscrit un petit trait perpendiculaire à la ligne I peut donner à ces petits traits des longueurs iné-primitive. En prolongeant un peu le contact, on I gales, et par suite des significations différentes.
- y! \/l>
- Fig. 1077. — Enregistrement de la position des poteaux hectométriques (Compagnie du chemin de fer du Nord).
- Un peut distinguer ainsi les poteaux hectomé-triques, les poteaux kilométriques,les aiguilles, les bifurcations, etc.
- Le style c, qui enregistre le temps, est disposé comme le précédent, mais l’électro-aimant, au lieu d’être actionné à la main, esl
- —Mctal
- Arbre
- de la poulie commandé par
- l’essieu du wagon.
- Vis coiranandaiitlts ressorts
- Fig. 107S. — Enregistrement des tours de roue (Compagnie du chemin de fer du Nord).
- sous la dépendance d’une horloge qui lance un çon et commandé par un troisième électro-
- courant toutes les dix secondes. aimant, dont le circuit comprend deux inter-
- Le style d est encore installé de la même fa- rupteurs représentés (fig. 1078) et disposés de
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- WAGON DYNAMOMÉTRIQUE.
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- telle sorte que, suivant qu’on met l’électro en communication avec l’un ou l’autre de ces interrupteurs, on obtient à volonté un contact,
- Fig. 1079. — Disposition des styles enregistreurs.
- soit à chaque tour de la roue du wagon, soit tous les deux tours seulement. Un commutateur permet d’effectuer cette manœuvre instantanément.
- Les trois bobines précédentes sont disposées l’une au-dessus de l’autre sur le même axe vertical xy; les trois électro-aimants sont fixés sur une même plaque appartenant au bâti de l’appareil.
- Les styles sont formés de tubes creux en verre, effilés à la partie inférieure (flg. 1079). Chacun de ces tubes est fixé dans un étui métallique, glissant à frottement doux dans une gaine verticale fixée au levier. Le poids du tube appuie la pointe sur le papier. Les tubes contiennent une encre très liquide (eau colorée par la fuchsine) qui s’écoule par capillarité.
- La bande de papier présente finalement l’aspect de la figure 1080. Ces indications, obtenues automatiquement, permettent de déduire, par un simple travail de bureau, une série de résultats très intéressants et parfaitement exacts, car la disposition même de l’appareil empêche de laisser passer une erreur.
- Ce système peut servir aussi à l’étude du patinage des locomotives. On supprime la communication de l’électro-aimant qui commande le
- Palier
- Cowbt des- vitesse»
- -Efforts Je traction
- Effort util
- Fig. 1080. — Aspect des indications enregistrées.
- style avec la roue du wagon, et on le met en rapport avec celle de la locomotive. On a constaté que le patinage des machines d’express de la compagnie du Nord est presque nul.
- On trouvera à l’article Indicateur de pression l’appareil employé par la compagnie du Nord pour étudier le travail de la vapeur sur les pistons.
- Le wagon dynamométrique de la Compagnie du chemin de fer de l’Est est muni d’un châssis très solide, en fer, spécialement approprié à sa destination.
- L’appareil de choc et de traction destiné à la
- mesure des efforts développés sur la barre d’attelage pour la traction, ou des chocs produits sur les tampons pendant les périodes d’arrêt, est parfaitement mobile dans ses guides et supports, pour annuler autant que possible l’influence des frottements. Dans ce but, on a substitué aux appareils ordinaires de guidage d’autres dispositifs, munis de galets horizontaux et verticaux.
- Le ressort dont la flexion doit mesurer les efforts de traction se compose de quatorze lames, divisées en deux groupes de sept, d’une puissance de 10000 kilogrammes, et dont les
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- WAGON DYNAMOMÉTRIQUE.
- flexions s’ajoutent pour la facilité des observations. Ces ressorts s’appuient sur de petits supports à galets. A la chape du ressort d’avant s’attache la tige de traction; sur celle du ressort d’arrière agit une sorte de joug, sur les extrémités duquel appuient les tiges des tampons.
- Entre les deux ressorts est intercalée une masse fixée rigidement au châssis, dont les deux faces opposées servent de points d’appui aux ressorts dans la flexion qu’ils prennent sous l’action des efforts de sens contraire, traction ou poussée, qui les sollicitent.
- Ces flexions se transmettent, au moyen de bielles et de leviers de renvoi, à un crayon qui trace une courbe sur une bande de papier se déroulant, comme dans l’appareil précédent, d’un mouvement proportionnel à la marche du train. Le crayon inscrit des ordonnées proportionnelles aux efforts de traction. La surface comprise entre la courbe, la droite correspondant à un effort nul et deux ordonnées représente le travail produit pendant le temps correspondant à la distance des deux ordonnées. Des dispositions particulières permettent de mettre en marche ou d’arrêter l’appareil enregistreur, d’éviter les chocs à la mise en marche, enfin de transformer le mouvement du wagon soit en avant, soit en arrrière, en un mouvement du papier toujours de même sens. Le même arbre qui entraîne le papier fait mouvoir aussi divers autres appareils : compteur kilométrique et hectométrique, enregistreurs et indicateurs de vitesse, totalisateur de travaux, etc. Un enregistreur commandé par une horloge à remontoir électrique, de M. Barbey, inscrit un trait toutes les dix secondes.
- « Le travail de la vapeur sur les pistons de la locomotive a été évalué jusqu’à ce jour au moyen des diagrammes relevés avec des indicateurs placés immédiatement au-dessus des cylindres de la locomotive, ce qui n’était pas sans présenter de nombreuses difficultés, un certain danger même, aux grandes vitesses.
- « Les résultats fournis par la plupart de ces appareils renferment en outre des erreurs provenant de l’inertie des pièces, qui peuvent être considérables lorsque la vitesse du piston atteint une valeur un peu grande. Le but que l’on s’est, proposé dans les appareils destinés à relever le travail de la vapeur a donc été :
- « 1° De faire ce relevé à distance;
- « 2° De s’affranchir des causes d’erreursprovenant de l’inertie des organes de l’indicateur;
- « 3° De relever le travail de la vapeur simul-
- tanément sur les quatre faces des pistons.
- « Les appareils employés dans ce but sont basés sur l’emploi de l’air comprimé et de l’électricité : ils ont été étudiés et exécutés par les agents de la Compagnie de l’Est sur des données théoriques fournies par M. Marcel Deprez.
- « Deux tableaux destinés à recevoir le tracé des courbes manométriques, dont la surface représente le travail de la vapeur sur les quatre faces des pistons, reçoivent un mouvement alternatif, qui doit être la reproduction exacte et synchrone de celui des pistons de la locomotive. Ces tableaux empruntent leur mouvement à l’essieu du wagon par l’intermédiaire d’engrenages, de bielles et de manivelles destinés à transformer le mouvement de rotation continu de l’essieu en un mouvement de va-et-vient, d’une amplitude proportionnelle à la course des pistons. Le nombre de tours de l’essieu restant constant pour une même vitesse kilométrique, tandis que le nombre des coups de piston varie avec le diamètre des roues motrices de la locomotive, on a dû intercaler une série d’engrenages permettant d’obtenir l’égalité entre les allées et venues des tableaux et le nombre des coups de piston des différentes locomotives sur lesquelles on veut opérer.
- « Un appareil correcteur composé de deux jeux d’engrenages différentiels, dont l’un est commandé à la main et l’autre par une roulette animée d’une vitesse variable, à la volonté de l’opérateur, suivant la distance qu’elle occupe par rapport au centre d’un disque en mouvement, permet d’obtenir le synchronisme exact des oscillations des tableaux et de celles des pistons de la machine. La combinaison d’une lampe, d’un miroir, de prismes, de lentilles et d’un écran qui disparaît sous l’action d’une commande électrique à l’instant précis où le piston arrive en un point déterminé de sa course, produit une étincelle lumineuse qui permet de reconnaître si le synchronisme est établi.
- « Les tableaux reproduisant exactement le mouvement des pistons, il reste à tracer à leur surface la courbe des pressions successives de la vapeur dans les cylindres. Ce résultat s’obtient au moyen d’un indicateur mano-métrique et d’explorateurs placés sur les deux faces de chaque cylindre, et fonctionnant sou;* l’action de l’air comprimé. Les explorateur> sont de petits cylindres munis d’un piston 1res léger et susceptible de se déplacer d’une trè*-petite quantité, sous l’influence dune ties»
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- AVAIT. — WRAAr (Composition).
- faible différence des pressions qui agissent sur ses deux faces. L’air comprimé à une pression supérieure à la plus forte pression de vapeur à mesurer est obtenu au moyen d’une pompe à air, commandée par un excentrique calé sur l’un des essieux du wagon, et accumulé dans un réservoir où on le prend pour le fonctionnement des appareils. Cet air est amené dans un espace avec lequel communiquent, par une série de tuyaux, d’une part l’indicateur mano-métrique, d’autre part les explorateurs. Ces appareils sont donc, au même instant, soumis à la même pression d’air, que l’on peut maintenir constante, ou que l’on fait décroître d’une manière continue jusqu’à la pression atmosphérique, en agissant sur le ressort de l’indicateur et en faisant échapper l’air.
- « Des enregistreurs électriques, reliés au ressort de l’indicateur, occupent donc successivement, devant les tableaux, une hauteur qui dépend de la tension de l’air comprimé.
- « Si, d’autre part, un courant électrique est lancé dans les électro-aimants de ces enregistreurs, au moment précis où la pression dans le cylindre est égale à celle de l’air comprimé dans l’indicateur, on obtiendra sur le tableau une série de points qui indiquent, par leur position, la pression dans le cylindre à un instant déterminé de la course du piston. Dans ce but, le piston de l’explorateur est relié à un enregistreur électro-magnétique, qui donne un signal chaque fois que l’équilibre entre les pressions qui le sollicitent sur ses deux faces est rompu. Ces pressions étant, d’une part, celle de l’air comprimé, d’autre part, celle de la vapeur dans le cylindre, le passage du courant marquera sur le tableau un point, dont l’ordonnée mesurera la pression de la vapeur dans le cylindre, à l’instant précis où il a été produit.
- « En opérant sur une série de coups de piston successifs, on obtient une série de points qui indiquent le contour du diagramme représentant le travail de la vapeur sur les pistons, lin employant autant d’explorateurs et d’enregistreurs qu’il y a de courbes à tracer, on peut relever simultanément les diagrammes sur les quatre faces des pistons, tracer la pression de
- la vapeur dans la chaudière et dans les différents points de son parcours, depuis la chaudière jusqu’aux cylindres, et des cylindres eux-mêmes jusqu’à l’orifice de l’échappement. »
- WATT. — Unité pratique de puissance. C’esl la puissance capable de produire un travail d’un joule (Voy. Supplément) par seconde, ou la puissance d’un courant d’un ampère sous un volt. Pour cette raison, le watt est quelquefois désigné sous le nom de volt-ampère. Le watt vaut 107 unités G.G.S. de puissance. Le cheval-vapeur vaut environ 736 watts (Voy. Unités). On a donné quelquefois le nom de watt à l’unité pratique de travail, et le nom de watt-seconde à l’unité de puissance; mais ces dénominations n’ont pas prévalu.
- WATTMÈTRE ou VOLTAMPÈREMÈTRE. -
- Appareil qui mesure l’énergie ou la puissance d’un courant (Voy. Compteur d’electricité).
- WAY-DUPLEX. — Voy. Phonoplex.
- WEBER.—Ancienne unité d’intensité, qui valait en Angleterre 1 ampère, et en Alle-1
- magne — d’ampère. On donnait quelquefois le
- même nom à l’unité de quantité d’électricité. Cette dénomination n’est plus employée depuis l’adoption du système C.G.S.
- WHEATSTONE (PONT DE). — Voy. Pont de AVheatstone.
- WILDE (MACHINE DE). — Machine dynamoélectrique imaginée par M. Wilde, en 1863, et formée d’une bobine Siemens (fig. 517, p. 432) tournant entre les pôles d’un électro-aimant à deux branches plates et allongées. Cette machine est actionnée par une petite magnéto, formée également d’une bobine Siemens tournant aussi entre les branches d’une série d’aimants en U juxtaposés.
- WINTER (ANNEAU DE). — Anneau de fil de fer recouvert de bois, qu’on fixait sur le conducteur des machines électrostatiques pour augmenter leur capacité.
- WRAY (COMPOSITION). — Substance isolante formée de gomme laque, caoutchouc saupoudré, silice ou alumine et gutta-percha ; cette substance est employée dans la fabrication des câbles.
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- ZINC. — ZONE NEUTRE.
- Z
- ZINC. — Métal qui forme ordinairement le pôle négatif des piles hydro-électriques.
- Le zinc chimiquement pur pourrait rester indéfiniment dans l’eau acidulée sans être attaqué à circuit ouvert. Il n’en est pas de même pour le zinc du commerce, qui renferme toujours d’autres métaux et notamment de l’arsenic, du cadmium, du plomb. Ceux-ci forment avec le zinc de petits couples locaux dans lesquels ce dernier est l’élément attaquable. Ces petits couples sont toujours en circuit fermé, même lorsque la pile est ouverte, et par suite le zinc est attaqué d’une façon continue, même dans ce dernier cas.
- Il serait d’ailleurs impossible d’employer du
- zinc chimiquement pur à cause de son prix élevé. Kempe a montré qu’on obtient les mêmes résultats avec le zinc amalgamé. On doit donc se servir toujours dans les piles de zincs amalgamés. Nous avons indiqué au mot Pile (Entretien des piles hydro-électriques) les différentes manières d’amalgamer les zincs. Nous ajouterons que l’on vend souvent les zincs amalgamés dans la masse. Ces zincs sont obtenus en ajoutant environ 4 p. 100 de mercure à du zinc fondu et coulant rapidement dans des moules.
- Pôle zinc. — Syn. de Pôle négatif.
- ZONE NEUTRE. — Partie d’un aimant dans laquelle il n’y a que peu ou pas de magnétisme libre.
- ERRATA
- Page 89, fig. 105, au lieude: les contacts hm doivent être supprimés, lisez .-les contacts m'hm subsistent seuls.
- — 141, 2e colonne, ligne 3, au lieu de : emploie depuis 1886, lisez : emploie depuis 1882.
- — 147, lre — — 25, et 2e colonne, fig. 173, au lieude: commutateur alsacien, lisez : commuta-
- tateur suisse.
- — 187, lrc — — dernière, au lieude : \oj. Télégraphie, lisez : Voy. Transmission télégraphique.
- — 318, fig. 358, la pile de gauche doit être marquée P'.
- — 2e colonne, avant-dernière ligne, au lieu de : les résistances de AP'GM, lisez : les résistances
- de AP'M.
- — 407, 2«
- — 536, 2c
- — 731, lre
- — 811, 2e
- — 812, lre
- l’article Joule doit être remplacé par celui du supplément. La définition donnée est celle du Watt.
- ligne 21, ojoutez: Voy. Sismographe.
- — 36. après : un procédé plus récent, ajoutez : dû à MM. Worms et Balé.
- — 48, au lieu de: (fig. 956), lisez : (fig. 955).
- — l(>, au lieu de: on les renfermes, lisez : on les renferme.
- Supplément.
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- SUPPLÉMENT
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- ABATAGE DES ARBRES FAR L’ÉLECTRI-CITÉ. — Dans les grandes forêts de la Galicie, on abat les arbres d’essence tendre à l’aide d’une tarière animée par un moteur électrique, et possédant à la fois un mouvement de rotation et un mouvement alternatif de va-et-vient. L’appareil est monté sur un chariot qui permet de le faire tourner autour de l’arbre. On fait ainsi plusieurs trous, puis l’on achève de couper à la hache. Le travail est très rapide.
- On a essayé en Amérique de scier les arbres avec un fil porté au rouge par un courant. Ce procédé ne semble pas avoir réussi.
- ACCIDENTS PAR L’ÉLECTRICITÉ. — Le dimanche 23 novembre 1890, à deux heures de l’après-midi, M. G..., maréchal des logis de dragons, en garnison à Nancy, descendait la rue du faubourg Saint-Jean, suivi d’un soldat, monté également sur un cheval et en conduisant un autre par la bride. En arrivant devant la porte Stanislas, le cheval conduit en main par l’ordonnance passa sur une plaque de fonte fermant l’un des regards de la canalisation d’électricité. En touchant cette plaque, il fit un saut brusque et tomba raide mort. L’autre cheval, qui n’avait posé qu’un pied sur la plaque de fonte, fit seulement un écart et renversa son cavalier.
- Cet accident s’explique par ce fait que la canalisation de Nancy, qui reçoit des courants alternatifs à 2400 volts, est encore formée en partie par des câbles anciens, insuffisamment isolés. Ce sont des câbles concentriques, c’est-à-dire renfermant les deux conducteurs dont l’un forme l’axe du câble, tandis que l’autre forme une enveloppe concentrique au premier at séparée de lui par une couche isolante. Dans les premiers câbles, la substance isolante était du jute ; mais, cet isolant ayant laissé beaucoup à désirer, on le remplaça ensuite par du caoutchouc. On conserva cependant une partie de l’ancienne canalisation.
- Pour établir les dérivations, on dénude les extrémités des conducteurs et on les réunit
- par des pinces spéciales ; ces joints sont faits dans l’intérieur de boîtes de jonction, que l’on remplit ensuite de brai. Les boîtes de jonction sont placées dans des cavités fermées par des plaques de fonte. C’est une de ces plaques qui a provoqué l’accident. Il est probabJe qu’un des câbles s’est trouvé par hasard en contact avec la plaque de fonte et l’a portée à un potentiel élevé, cette plaque se trouvant sans doute en communication insuffisante avec le sol.
- Cet, accident montre avec quel soin doivent être isolés les conducteurs destinés aux courants alternatifs à haute tension. La Compagnie nancéenne d’électricité s’est préoccupée immédiatement d’éviter le retour d’accidents aussi fâcheux.
- ACCUMULATEUR ÉLECTRIQUE. — De nouveaux modèles d’accumulateurs surgissent chaque jour, et nous ne pouvons songer à décrire ici tous ceux qui ont paru depuis la publication de notre précédent article.
- Nous indiquerons seulement un modèle tout récent, celui de MM. Betts etCie, de Carcassonne (Aude), construit d’après le système Cheswright.
- Dans cet accumulateur, chaque plaque est formée par la juxtaposition de tubes verticaux en plomb pur, raffiné spécialement pour cette application. Ces tubes sont à section rectangulaire et repoussés, sous des pressions considérables, dans une filière qui produit sur les faces extérieures, formées par les grands côtés du rectangle, des nervures voisines en forme de queue d’aronde. La matière active est emprisonnée dans les cavités formées par ces saillies, dont le nombre et la disposition sont différents poulies tubes formant les éléments constitutifs des plaques positives et ceux des plaques négatives.
- Les plaques d’un même élément de l’accumulateur sont suspendues au moyen d’un châssis en bois.
- La pression considérable employée dans la fabrication de ces éléments (300 à 600 atmosphères) donne au métal un grande homogénéité et empêche la corrosion des supports.
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- ACCUMULATEUR ÉLECTRIQUE
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- D'après les auteurs, les principaux avantages de ce système sont les suivants :
- Grande rigidité des électrodes, qui peuvent être manipulées sans crainte de les déformer.
- AAA Â Cl A Â ÀAÜ Â A JL A A A * " 'Al A A a' !fiî A •
- Fig. 1081. — Plaque positive et plaque négative de l'accumulateur Betts.
- Grande surface de contact entre la matière I cette surface est égale à quatre fois la surface active et le support ; dans les plaques positives I de l’électrode.
- Très grande division de la matière active,ce qui i Absorption complète des gaz libérés par 1 annule les effets de ses modifications de volume. | lectrolvse de l’eau et par suite grand rendement.
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- AFFINAGE ÉLECTROLYTIQUE.
- Annulation du foisonnement des électrodes et chute de la matière active empêchée.
- Transformation progressive des électrodes en plaques genre Planté, au fur et à mesure du transport par le courant de la matière active déposée artificiellement.
- La grande durée des plaques et le bon rendement de ces appareils sont ainsi réalisés et permettent les applications industrielles dans des conditions de sécurité et d’économie hors ligne.
- Le groupement des électrodes formant un élément a été étudié minutieusement de façon à faciliter les manipulations, l’entretien et la surveillance et à avoir un écartement rigoureusement exact des plaques.
- La figure 1082 montre l’aspect général de cet accumulateur.
- Nous joindrons encore aux nombreuses descriptions d’accumulateurs données plus haut celle d’un modèle breveté récemment par la Société Helios à Cologne-Ehrenfeld, et qui repose sur un principe tout différent. C’est un accumulateur thermoélectrique, renfermant un certain nombre de lames de deux métaux différents,aussi éloignés que possible sur l’échelle thermo-électrique, qui sont soudées ou rivées ensemble. Le tout est entouré d’une enveloppe conduisant mal la chaleur, et qui peut s’enlever en face des lignes de jonction des deux métaux. On charge l’appareil en y faisant passer un courant, qui le porte à une température élevée. La chaleur ainsi accumulée peut se conserver assez longtemps, grâce à l’enveloppe ; pour décharger l’accumulateur, on ouvre l’enveloppe en face des joints, qui sont refroidis par l’air. Il se produit un courant qui dépend de la nature des métaux, du nombre des soudures et de la température, et qui dure jusqu’au complet refroidissement. Une partie de ce courant peut être employée à régulariser la force électromotrice de la décharge.
- AFFINAGE ÉLEGTROLYTIQÜE . — Nous
- avons indiqué plus haut le principe de l’affinage électrique, qui est surtout appliqué au cuivre, dans le but d’obtenir du cuivre pur, de h’ès haute conductibilité. Nous ajouterons ici quelques détails sur ce procédé.
- fa dissolution de sulfate doit être assez chargée pour être bien conductrice. Il faut pour cela qu elle ait une densité de I,12o, ce qui correspond à 12,5 p. 100 de sulfate anhydre. On doit surveiller l’opération avec beaucoup de soin. Si les plaques ne sont pas bien planes, ou si elles ne sont pas parfaitement équidistantes, si les parois de la cuve ne sont pas suffisamment
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- lisses et propres, il peut se produire en certains points des dépôts rapides qui se rejoignent bientôt, et l’électrolyse s’arrête.
- Il suffit ici d’une très faible force électromotrice ; il en de même dans tous les procédés où l’on fait usage d’anodes solubles; le travail que nécessite le dépôt du cuivre sur la cathode se trouve en effet compensé par celui qui correspond à la dissolution de l’anode.
- Le dépôt est d’autant plus cohérent qu’il s’est formé plus lentement. On ne doit pas dépasser 1/100 de millimètre par heure. Il est bon que l’intensité du courant ne soit pas supérieure à 1 ampère par décimètre carré d’électrode, ou même à 10 ou 20 ampères par mètre carré. U est avantageux d’employer des électrodes de grandes dimensions et de les placer très près l’une de l’autre, afin de diminuer la résistance. Cette distance ne doit cependant pas être inférieure à 5 centimètres. Si c’est nécessaire, on placera un certain nombre de bains en tension pour que l’intensité ne soit pas trop forte. Ce nombre variera avec la puissance de la machine employée.
- Les meilleurs résultats paraissent correspondre à dix bains par cheval vapeur, avec 152 mètres de surface pour chaque électrode. La différence du potentiel est alors de 0,2 volt par bain. Dans ces conditions, on peut obtenir plus de 3 kilogrammes par cheval-heure.
- Les frais spéciaux sont assez faibles ; la plus grande dépense provient de l’amortissement du matériel : il faut immobiliser un poids de cuivre 50 à 75 fois plus grand que celui produit en vingt-quatre heures.
- L’affinage électrolytique présente plusieurs avantages. Il permet d’extraire complètement l’or et l’argent ; de plus, il donne du cuivre très pur, contenant au plus 1 à 2 millièmes de matières étrangères et possédant une très grande conductibilité.
- Le cuivre électrolytique manque souvent de cohésion, à moins d’effectuer le dépôt avec une telle lenteur que le prix de revient finit par devenir extrêmement élevé. M. William Elmore, de Londres, évite cet inconvénient en déposant le métal sur un manchon cylindrique qui tourne lentement, et le brunissant, à mesure qu’il se dépose, par le frottement sur une agate animée d’un mouvement longitudinal. Les tubes ainsi obtenus se transforment facilement en fils: pour cela, on les découpe en spirale, de façon à former un fil de section carrée, et l’on passe à la filière un grand nombre de fois.
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- î)56 ALCOOLS (Rectification des). —
- ALCOOLS (Rectification des). — M. de Mé-ritens fait disparaître les aldéhydes et acétones qui donnent mauvais goût à l’alcool en électro-lysant le liquide additionné de bisulfite de soude, qui augmente la conductibilité du bain et de plus produit par l’électrolyse de l’acide sulfureux, agissant comme réducteur. Les aldéhydes sont réduits et transformés en alcool ; l’acide sulfureux se transforme en acide sulfurique, qui se combine avec la soude. M. de Mé-ritens propose d’employer cette méthode pour purifier les alcools et pour retarder la fermentation des jus fermentescibles.
- ALTERNATEUR. — Syn. de machine d’induction à courants alternatifs.
- ANTHROPOPLASTIE GALVANIQUE. — Procédé de métallisation galvanique imaginé par le Dr Variot et destiné à remplacer l’embaumement des cadavres. Une tentative analogue avait déjà été faite par Soyer en 1854.
- Le Dr Variot enduit d’abord le corps d’une solution concentrée de nitrate d’argent, puis il réduit ce sel au moyen de vapeurs émises par une dissolution de phosphore dans le sulfure de carbone. La peau, qui était d’un noir opaque, prend des reflets argentés brillants. Le corps est alors introduit dans un bain galvanoplasti-que, où il se recouvre d’un dépôt régulier.
- L’idée est certainement originale. On peut se demander si elle est bien pratique. Il est à craindre que l’enveloppe métallique n’empêche pas la putréfaction et qu’elle ne finisse par éclater sous la pression des gaz produits. M. Variot propose d’éviter cet inconvénient en incinérant le corps après l’opération galvanique, des trous étant ménagés dans l’enveloppe de métal pour laisser dégager les produits de la combustion.
- ASSOMMOIR ÉLECTRIQUE. — MM. J. D. Miller et J. A.Dœfflmyre, de Gunnison (Colorado), ont imaginé un appareil électrique destiné à être employé dans les abattoirs, pour tuer les bêtes sans douleur. La viande des bêtes ainsi mises à mort serait, dit-on, d’une conservation plus facile et, dans le cas du porc, l’électricité tuerait la trichine.
- AVERTISSEUR ÉLECTRIQUE. — A New-Haven (Connecticut), les appareils téléphoniques destinés à demander des secours sont complétés par l’avertisseur suivant.
- Les candélabres placés dans le voisinage des téléphones municipaux sont pourvus d’un globe transparent de couleur rouge, caché au-dessous du bec de gaz, de l’arc voltaïque ou de la lampe à incandescence. Quand un policeman demande
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- du secours, il fait jouer un électro-aimant qui agit sur un levier; le globe sort de la cavité qu’il occupe et se place autour de la lumière. Ce signal, qui s’aperçoit à une grande distance hâte l’arrivée des secours attendus et déconcerte inévitablement les malfaiteurs.
- Avertisseur électrique de coffre-fort. — La Compagnie des chemins de fer de l’Est emploie un avertisseur de coffre-fort très ingénieux. Cet appareil est fondé sur le système d’alarme de MM. Bablon et Gallet, mais le relais a été modifié parle service télégraphique de la Compagnie. Ce relais est muni d’une armature équilibrée, qui ferme le circuit de la sonnerie d’alarme chaque fois que le courant principal subit une augmentation ou une diminution d’intensité ; par suite, il est absolument inutile de dissimuler les fils, car on ne peut les couper ni les réunir sans produire le déplacement de l’armature du relais et sans faire tinter la sonnerie.
- Le coffre-fort contient un commutateur interrupteur et une bobine de résistance, mis en circuit avec une pile et le relais.
- Ce relais, qui est la partie essentielle de l’appareil, se compose d’un électro-aimant dont les deux bobines sont verticales (flg. 1083). Au-dessus se trouve suspendue une tige horizontale, qui peut tourner autour d^ son axe, et qui supporte : 1° un cylindre creux en fer doux, servant d’armature à l’électro, et fendu suivant une de ses génératrices pour éviter le magnétisme rémanent; 2° une tige inclinée sur laquelle se déplace un contre-poids ; 3° une fourchette fixée à l’une des extrémités de l’axe, et dont les dents comprennent une lame d’argent fixe. C’est le contact de cette lame avec l’une ou l’autre des dents de la fourchette qui ferme le circuit local de la sonnerie et provoque le tintement.
- Sans le contre-poids, l’armature viendrait, par son poids, se placer exactement au-dessus de l’électro, même sans courant ; mais le contrepoids tend à l’en éloigner. A l’état normal, l’appareil est parcouru par un courant d’une certaine intensité, et l’on règle le contre-poids de façon que, sous la double action de ce courant normal et de la pesanteur, le cylindre armature soit à peu près au milieu de sa course. On règle en outre la fourchette de façon qu’aucune de ses branches ne touche la lame d argent placée au milieu.
- Dans ces conditions, si l’on ouvre le coffre-fort, on rompt le circuit : le cylindre de ter I doux, entraîné par le contre-poids, s’éloigne des
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- noyaux; l’une des branches de la fourchette vient toucher la lame d’argent et ferme le circuit local.
- Il en est de même si l’on coupe les fils ou si l’on diminue d’une manière quelconque l’intensité du courant.
- Si l’on réunit au contraire les deux fils de ligne, on supprime la résistance placée dans le coffre-fort ; l’intensité augmente ; l’armature, attirée plus fortement, se rapproche des noyaux, et l’autre branche de la fourchette rencontre la lame d’argent et ferme encore le circuit local.
- Le relais forme donc un système équilibré ; toute cause extérieure qui produit une aug-
- mentation ou une diminution du courant détruit l’équilibre et fait tinter la sonnerie. 11 est donc impossible, même à un électricien, d’ouvrir le coffre-fort sans donner l’alarme. Il résulte de là que la sécurité est absolue, et qu’il n’est besoin ni de masquer les fils de ligne, ni de tenir secrète la disposition employée. 11 est seulement utile de ne pas faire connaître la valeur delà résistance placée dans le coffre-fort, ce qui est bien facile.
- L’interrupteur placé dans le coffre est formé de deux lames de ressort habituellement en contact et reliées à la serrure de telle sorte que, lorsque la serrure est brouillée, l’introduction
- d’une clef, fût-ce même la véritable, ait pour effet de les séparer. Au contraire, lorsque la combinaison est faite, on peut ouvrir le coffre avec sa clef sans faire tinter la sonnerie.
- Les piles au sulfate de cuivre, employées par MM. Bablon et Gallet, ont pu être remplacées par des piles Leclanché, en donnant une très grande résistance au relais, qui, à cause du grand nombre de tours de fil, devient assez sensible pour fonctionner avec quelques milliampères.
- Cet avertisseur a été appliqué par la Compagnie de l’Est à un certain nombre de coffres-forts et donne de très bons résultats.
- Avertisseur de fuites de gaz. — L’avertisseur
- de M. Exupère actionne une sonnerie pour avertir si, une fois le compteur ou le robinet de barrage fermé, il reste dans la canalisation un robinet ouvert ou s’il y existe une fuite.
- L’organe essentiel est une boîte circulaire plate et verticale (fig. 1084), dont les deux faces sont formées de lames très minces en cuivre, ondulées comme celles des baromètres anéroïdes. La face postérieure de cette boîte est percée en son centre et fixée à l’extrémité d’un petit tuyau à robinet A, qui peut se visser sur un raccord appartenant à une canalisation quelconque. La face antérieure, qui est libre, porte en son centre une pointe métallique, sur laquelle vient s’appuyer, sous la pression d’un ressort anta-
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- goniste, un levier vertical suspendu par son extrémité supérieure à une traverse horizontale. Ces deux pièces se voient en avant de la ligure.
- Fig. 1084. — Avertisseur de fuites do gaz Exupère.
- L’extrémité inférieure du levier vertical est en •contact avec une lame flexible, fixée à l’enveloppe C qui protège l’appareil, et placée au-dessous de la boite à parois ondulées. Cette lame est isolée et communique avec une des bornes B, également isolée, et qui est reliée avec l’un des pôles d’une pile Leclanché par l’intermédiaire d’une sonnerie. L’autre borne, qui porte un fil allant à l’autre pôle de la pile, communique par la masse de l’appareil avec le levier vertical.
- L’appareil s’installe sur une canalisation munie d’un compteur ou d’un robinet de barrage. Quand on ferme ce compteur ou ce robinet, on ouvre le robinet A de l’avertisseur, et l’on ferme en même temps le circuit de la sonnerie. Le gaz enfermé dans la canalisation pénètre dans la boîte ondulée; sa pression fait gonfler les deux faces verticales, et, comme l’une d’elles est fixe, l’autre se déplace ; la pointe métallique placée en son centre repousse le levier vertical, dont l’extrémité inférieure ne touche plus la lame flexible. Le circuit se trouve rompu en ce point, et la sonnerie ne tinte pas. Mais, s’il existe une fuite ou si l’un des robinets est resté ouvert, la pression diminue peu à peu, la boîte se dégonfle, le levier vertical arrive rapidement au contact de la lame flexible ; ce contact ferme le circuit, et la sonnerie tinte jusqu’à ce qu’on rompe les communications.
- Dans les nouveaux modèles, le robinet A sert lui-mème d’interrupteur, et porte pour cela une petite tige métallique qui tourne avec lui. Quand on ouvre le robinet, cette tige vient appuyer sur un ressort isolé et le presse contre la paroi de l’enveloppe C; ce contact ferme le
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- circuit. Lorsqu’on ferme le robinet A, le ressort, abandonné à lui-même, s’éloigne de l’enveloppe et le circuit de la sonnerie se trouve rompu.
- De plus, le robinet A est à trois voies, de sorte que, en le fermant, on fait communiquer l’intérieur de la boîte ondulée avec l’atmosphère. On fait ainsi échapper le gaz contenu dans cette boîte, dont les parois minces reprennent toujours exactement la même position après chaque lecture.
- Enfin la disposition du levier vertical a été modifiée afin que le contact se produise toujours pour une même dépression convenue, aussi faible qu’on le voudra. On règle cette limite suivant la capacité de la canalisation.
- Avertisseur automatique d’incendie. — M. A. C. Ivanowski a imaginé récemment un avertisseur ingénieux, auquel il a donné le nom de Galfil, ce qui, paraît-il, signifie en vo-lapük « garde-feu » ou « avertisseur de feu. «
- Cet appareil (flg. 1085), construit par H. Royer
- Fig. 1085. —Principe de l'avertisseur Le Galfil.
- se compose de deux plaques en zinc A et il, de forme conique et ondulée comme les lames des baromètres anéroïdes. Ces plaques ont des dimensions identiques et sont maintenues l’une au-dessus de l’autre à l’aide de tiges métalliques fixées à leur partie supérieure dans un socle en bois. L’ensemble est dissimulé dans un cylindre en laiton, percé de nombreux trous à la partie inférieure et encastré d’autre part dans le socle en bois.
- Sur la plaque supérieure B s’appuie une pièce fixée d’autre part au massif de l’appareil, et sur laquelle est articulée un levier b. La plus courte branche de ce levier s’appuie en O sur la pointe d’une vis à contre-écrou V, qui est fixée au sommet de la plaque A ; la grande branche est maintenue écartée par le ressort r d’une pièce métallique fixée sur le bloc d’ébo-nite e, qui l’isole de la masse de l’appareil-Cette pièce est reliée par un fil à l’une des
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- deux bornes qu’on voit à l’exférieur de l’appareil ; l’autre est en communication avec le massif; ces deux bornes sont reliées d’autre part avec la pile et la sonnerie. Le circuit est jonc interrompu entre le levier 6, relié par a au massif de l’appareil, et la pièce isolée par le support d’ébonite e.
- Lorsque la température s’élève lentement, dans des conditions normales, toutes les parties de l’appareil se dilatent également et progressivement, et conservent par suite leurs positions relatives : le circuit ne se ferme donc pas.
- S’il se produit au contraire une élévation de
- température brusque et anormale, la plaque A s’échauffe d’abord et se dilate seule : la vis V se trouve soulevée et pousse en O la petite branche du levier b, dont la grande branche vient toucher la pièce isolée, malgré la tension du ressort r : le circuit se trouve ainsi fermé et la sonnerie tinte.
- Le réglage se fait en enfonçant plus ou moins profondément la vis V ; la différence de longueur des bras du levier b permet de donner une grande amplitude à ses mouvements et produit une grande sensibilité. On peut obtenir que l’appareil fonctionne lorsqu’on brûle une
- Fig. 1086. — Avertisseur d’incendie Le Gailïi.
- feuille de papier ou qu’on allume une cigarette au-dessous de lui. La figure 1086 montre la disposition complète de l’avertisseur, qui peut se fixer au plafond ou le long d’un mur.
- Avertisseur de passage à niveau. — Nous avons déjà indiqué plus haut (Voy. Avertisseur et Rail isolé) la disposition imaginée par M. de Üaillehache pour la protection des gares, des passages à niveau, des bifurcations, etc., disposition qui parait appelée à rendre de grands services dans l’exploitation des voies ferrées, ^ous signalerons encore une disposition nouvelle du contre-rail isolé, qui peut être préférable dans certains cas, pour la protection des passages à niveau.
- Wans ce nouveau dispositif, le passage est ni mi d’une sonnerie à relais, et le circuit local
- de la sonnerie est fermé, puis ouvert par le passage même du train. Supposons d’abord qu’il s’agisse d’une ligne à double voie. On dispose sur chacune des voies un contre-rail isolé A à 1200 mètres environ en avant du poste du garde-barrière, et un autre en B à 100 ou 200 mètres du passage gardé et de l’autre côté (fig. 1087). Lorsque le train franchit le contre-rail A; il fait communiquer avec la terre la pile de gauche, qui est positive, et l’électro-ai-mant du relais, qui est également relié au sol par son autre extrémité. Ce circuit est donc fermé et l’électro attire une palette qui tourne autour d’un axe et vient frapper deux contacts métalliques. Ce mouvement de la palette ferme le circuit de la pile locale sur la sonnerie, qui se met à tinter d’une façon continue.
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- AVERTISSEUR ÉLECTRIQUE.
- Voie double Passage a niveau
- Sonnerie relar automatique
- Eléments pour la pile de la sonnerie locale
- en mardi
- Le train s'annonce aupassage à niveau en passant en A et efface son signal en franchissant le contre rail B
- Fig. 1087. — Avertisseur de passage à niveau (voie double).
- Lorsque le train passe ensuite sur le rail B, I rant de la pile de droite, qui est négative : la il lance dans l’électro-aimant du relais le cou- I palette est alors attirée en sens contraire et re-
- e a niveau.
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- Pile B
- Pile A
- lB chine de S résistance
- arrêt •
- marche
- marche
- mise en
- Le train s’ar
- au passage a niveau
- Fig. 1088. — Avertisseur de passage à niveau (voie unique).
- vient sur elle-même, ce qui ouvre le circuit lo- j II faut remarquer que le circuit de l’électro-cal ; la sonnerie s’arrête aussitôt. ! aimant est, en temps normal, constammen
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- AVERTISSEUR
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- ont imaginé un appareil électrique destiné à être employé dans les abattoirs, pour tuer les bêtes sans douleur. La viande des animaux ainsi mis à mort serait, dit-on, d’une conserva-
- tion plus facile et, dans le cas du porc, l’électricité tuerait la trichine.
- AVERTISSEUR. — A New-Haven (Connecticut), les appareils téléphoniques destinés à
- demander des secours sont complétés par l’avertisseur suivant.
- Les candélabres placés dans le voisinage des téléphones municipaux sont pourvus d’un globe transparent de couleur rouge, caché au-dessous
- du bec de gaz, de l’arc voltaïque ou de la lampe à incandescence. Quand un policeman demande du secours, il fait jouer un électro-aimant qui agit sur le levier; le globe sort de la cavité qu’il occupe et se place autour de la lumière. Ce
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- AVERTISSEUR
- signal, qui s’aperçoit à une grande distance, hâte l’arrivée des secours attendus et déconcerte inévitablement les malfaiteurs.
- Avertisseur électrique de coffre-fort. — La Compagnie des chemins de fer de l’Est emploie un avertisseur de coffre-fort très ingénieux. Cet appareil est fondé sur le système d’alarme de MM. Bablon et Gallet, mais le relais a été modifié par le service télégraphique de la Compagnie.' Ce relais est muni d’une armature équilibrée, qui ferme le circuit de la sonnerie chaque fois que le courant principal subit une augmentation ou une diminution d’intensité : par suite, il est absolument inutile de dissimuler
- les fils, car on ne peut les couper ni les réunir sans produire le déplacement de l’armature du relais et sans faire tinter la sonnerie.
- Le coffre-fort contient un commutateur interrupteur et une bobine de résistance, mis en circuit avec une pile et le relais.
- Ce relais, qui est la partie essentielle de l’appareil, se compose d’un électro-aimant dont les deux bobines sont verticales (fig. 1090). Au-dessus se trouve suspendue une tige horizontale, qui peut tourner autour de son axe et qui supporte : 1° un cylindre creux en fer doux, servant d’armature à l’électro et fendu suivant une de ses génératrices pour éviter le magné-
- Echello de
- Fig. 1090. — Relais de l’avertisseur de coffre-fort.
- tisme rémanent; 2° une tige inclinée sur laquelle se déplace un contrepoids; 3° une fourchette fixée à l’une des extrémités de l’axe, et dont les dents comprennent une lame d’argent fixe. C’est le contact de cette lame avec l’une des dents de la fourchelte qui ferme le circuit local de la sonnerie et provoque le tintement.
- Sans le contrepoids, l’armature viendrait, par son poids, se placer exactement au-dessus de l’électro, même sans courant ; mais le contrepoids tend à l’en éloigner. A l’état normal, l’appareil est parcouru par un courant d’une certaine intensité, et l’on règle le contrepoids de façon que, sous la double action de ce courant normal et de la pesanteur, le cylindre ar-
- mature soit à peu près au milieu de sa course. On règle en outre la fourchette de façon qu’aucune de ses branches ne touche la lame d’argent placée au milieu.
- Dans ces conditions, si l’on ouvre le coffre-fort, on rompt le circuit : le cylindre de fer doux, entraîné par le contrepoids, s’éloigne des noyaux et l’une des branches de la fourchette vient toucher la lame d’argent et ferme le circuit local.
- Il en est de même si l’on coupe les fils ou si l’on diminue d’une manière quelconque l’intensité du courant.
- Si l’on réunit au contraire les deux fils de ligne, on supprime la résistance placée dans le
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- BI-ÉLECTROLYSE.
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- coffre-fort; l’intensité augmente; l’armature, attirée plus fortement, se rapproche des noyaux, et l’autre branche de la fourchette rencontre la lame d’argent et ferme le circuit local.
- Le relais forme donc un système équilibré; toute cause extérieure qui produit une augmentation ou une diminution du courant détruit l’équilibre et fait tinter la sonnerie. Il est donc impossible, même à un électricien, d’ouvrir le coffre-fort sans donner l’alarme. Il résulte de là que la sécurité est absolue, et qu’il n’est besoin, ni de masquer les fils de ligne, ni de tenir secrète la disposition employée. Il est seulement utile de ne pas faire connaître la valeur de la résistance placée dans le coffre-fort, ce qui est bien facile.
- L’interrupteur placé dans le coffre est formé de deux lames de ressort habituellement en contact et reliées à la serrure de telle sorte que, lorsque la serrure est brouillée, l’introduction d’une clef, fût-ce même la véritable, ait pour effet de les séparer. Au contraire, lorsque la combinaison est faite, on peut ouvrir le coffre avec sa clef sans faire tinter la sonnerie.
- Les piles au sulfate de cuivre, employées par MM. Bablon et Gallet, ont pu être remplacées par des piles Leclanché, en donnant une très grande résistance au relais, qui, à cause du grand nombre de tours de fil, devient assez sensible pour fonctionner avec quelques milliampères.
- Cet avertisseur a été appliqué par la Compagnie de l’Est à un certain nombre de coffres-forts et donne de très bons résultats.
- AUTOCONDUCTION. — M. d’Arsonval a essayé un nouveau mode d’électrisation des êtres vivants, auquel il donne le nom d'autoconduction, et qui consiste à isoler complètement le sujet de la source électrique et à le soumettre aux courants induits qui prennent naissance dans ses propres tissus. Ces courants peuvent acquérir une puissance considérable, et, bien qu’ils ne produisent aucune douleur ni aucun phénomène conscient chez l’individu qui en est le siège, ils agissent cependant avec énergie sur la vitalité des tissus.
- M. d’Arsonval emploie pour cela un champ magnétique oscillant de très haute fréquence, produit de la manière suivante. Le sujet est placé dans l’intérieur d’un solénoïde, formé d’un câble à lumière bien isolé, enroulé en une ou plusieurs couches sur un cylindre en matière isolante. Ce solénoïde est traversé par la décharge oscillatoire d’un condensateur, formé de 2 à 12 bouteilles de Leyde cylindriques, disposées en deux batteries reliées en cascade, et chargé périodiquement par un transformateur donnant environ 15000 volts, qui est lui-même animé par un alternateur Siemens, sans fer, donnant au maximum 12 ampères et 350 volts, avec une fréquence de 60 périodes par seconde.
- On obtient ainsi des courants induits d’une très grande puissance, qui peuvent porter à l’incandescence des lampes de 1/10 d’ampère, sans que la personne qui les tient éprouve la moindre sensation.
- Ces courants exercent une action énergique sur les phénomènes intimes de la nutrition.
- B
- BALAI FEUILLETÉ. — Depuis deux ans, on emploie beaucoup un nouveau système de balais Pour dynamos, les balais feuilletés, de M. Bou-dreaux. Ces balais se composent de feuilles métalliques, laminées à une très faible épaisseur, 1/40 ou 1/50 de millimètre, plissées ou pliées, et mises sous pression aux dimensions exigées; ds sont formés d’un alliage spécial, à base de cuivre, qui est extrêmement malléable et pos-Sede les qualités particulières des métaux dits anti-friction. Grâce à la douceur du frottement et à l’absence de solution de continuité dans la surface frottante, ils usent très peu les collec-
- teurs, dont ils polissent la surface au lieu de l’entamer et de la détruire promptement. Ils sont beaucoup plus conducteurs que les balais en toile métallique, car, à section égale, ils contiennent deux fois plus de métal, ce qui permet de diminuer leur épaisseur.
- BI-ÉLECTROLYSE. — Le docteur Foveaude Courmelles désigne sous ce nom l’électrolyse simultanée, par un même courant, d’un tissu morbide et d’un médicament placé au contact. Use produit ainsi, d’après l’auteur, des réactions chimiques -complexes et plus actives entre les éléments de la partie malade et ceux du médi-
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- BIJOUX LUMINEUX.
- cament, quel qu’il soit, réaction qu’il attribue à l’état naissant. Le courant continu « est capable de décomposer les corps et d’en amener les éléments à l’état naissant; mettant en outre en liberté les éléments de la peau ou d’un tissu morbide, il permettra des échanges entre ces divers agents, tous à l’état naissant; de plus, en détruisant l’épiderme protecteur de la peau, sorte de revêtement empêchant la pénétration osmotique des substances thérapeutiques, il permet l’entrée de celles-ci à travers le derme et les tissus sous-jacents. On comprend de suite que la bi-électrolyse est une méthode générale et qu’un grand nombre de médicaments pour-
- ront, par elle, rendre des services inattendus. »
- Cette méthode permet d’obtenir « des échanges chimiques qui deviennent curatifs en produisant par leur répétition une destruction locale. C’est ainsi que, dans l’endométrite hémorragique, l’auteur substitue à la curette de Récamier les courants continus et d’induction qui lui permettent d’obtenir la contraction des vaisseaux, la destruction partielle de la muqueuse et la diminution du volume de l’utérus. Ces applications, pour être pratiquées, exigent un outillage particulier qui a été inventé par l’auteur. »
- BIJOUX LUMINEUX. — Les bijoux lumineux
- Fig. 100 t. — Bosquet des roses (Damnation de Faust).
- ont été fréquemment utilisés au théâtre dans ces dernières années. Parmi les applications les plus récentes, nous citerons celles qui ont été faites à Bruxelles, au théâtre des Galeries Saint-Hubert, à Noël, en 1892, et à Monte-Carlo, pour la Damnation de Faust. A Bruxelles, au moment de l’apothéose, on voyait sortir lentement du plancher un arbre de Noël, de 12 mètres de hauteur, garni de 250 fleurs lumineuses de toutes les teintes, tandis que jaillissaient deux fontaines lumineuses.
- A Monte-Carlo, on a mis à la scène, le 18 février 1893, la Damnation de Faust, de Berlioz, qui n’avait été jusqu’alors exécutée qu’en habit noir. La mise en scène était des plus brillantes;
- les trucs les plus nouveaux avaient été mis en œuvre. Les bijoux lumineux figuraient dans deux ballets; l’un d’eux, le plus important, se trouve à la scène VII, qui représente les bosquets au bord de l’Elbe (fig. 1091); on a disposé sur le théâtre 70 roses lumineuses, formées de pétales en papier de couleur, au milieu desquelles se dissimule une petite lampe à incandescence, qui les éclaire par transparence.
- Les fleurs lumineuses ont contribué aussi à la décoration de la salle de l’Opéra, dans la grande fête russe du 23 octobre 1893. On devait d’abord enguirlander de fleurs lumineuses les trois rangées de loges et la frise; mais, faute de temps,on dut se contenter de deuxfleursparloge-
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- BUREAU DE CONTROLE DES INSTALLATIONS ÉLECTRIQUES.
- BLANCHIMENT ÉLECTRIQUE. — Afin d’éviter I faction du chlore et de ses composés, qui pourraient altérer la solidité du papier, M. Villon emploie l’ozone. Le bas prix auquel on obtient aujourd’hui l’oxygène (0,50 fr. le m. c.) rend ce procédé très pratique. M. Villon emploie un appareil ozoniseur à grand débit formé d’une caisse en bois dur revêtue intérieurement de dalles en verre Axées par des tenons et des mortaises. Un vernis à la gomme laque et à la parafüne rend les joints complètement étanches. Cette caisse, hermétiquement close, renferme des cellules en verre contenant des grains de plomb ou de petits morceaux de charbon (7553 de cornue, et communiquant alternative- T~“~3 ment, par des toiles métalliques qui plongent dans toute leur longueur, avec les deux pôles d’une puissante bobine de Ruhmkoi’ff, alimentée par une dynamo. L’oxygène circule dans les espaces ménagés entre les cellules et traversés sans cesse par les efüuves électriques. Avant de pénétrer dans l’appareil ozoniseur, ce gaz passe d’abord dans un réfrigérant, qui abaisse sa température à 5°, aAn d’augmenter la proportion d’ozone.
- A la sortie de la caisse, l’oxygène ozonisé arrive, par la partie inférieure, dans des chambres en bois contenant la pâte et. disposées comme celles qui servent pour le blanchiment au chlore gazeux. Le gaz traverse toute la masse, qu’il décolore rapidement : il est ensuite desséché par l’acide sulfurique et retourne au gazomètre, pour être de nouveau employé. L’opération est très rapide et n’attaque pas la cellulose. L’économie est de 40 p. 100 sur le procédé électrolytique et de 70 p. 100 sur le blanchiment au chlorure de chaux.
- BOBINE A RÉACTION. — Cet appareil, employé par la Compagnie Thomson-Houston, se ' compose d’un noyau en fer laminé (fig. 1092), : ayant la forme d’un anneau et recouvert de Al isolé sur le tiers environ de sa circonférence. Ce Al aboutit à des bornes placées sur le socle et doit être placé en série sur le circuit. Concentriquement à l’anneau est placé un tambour en fer laminé, auquel est Axé un chapeau en cuivre | de large section, formant une bobine fermée qui entoure l’anneau à une très petite distance. Lorsque le chapeau recouvre l’enroulement, il établit une communication directe entre les deux bornes, et la bobine se trouve mise en court-circuit. A mesure qu’on éloigne le cha- j Peau, la self induction et la force contre-élec- '
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- tromotrice augmentent dans de notables proportions. On peut ainsi diminuer l’intensité lumineuse des lampes placées sur le circuit et les amener jusqu’au rouge sombre.
- La bobine à réaction est ainsi employée dans les théâtres pour graduer la lumière; elle s’applique aussi à l’éclairage des rues par courants alternatifs.
- 1! III
- Fig. 1092. — Bobine à réaction Thomson Houston.
- Si l’on veut éclairer un lieu situé près d’une station centrale avec la même machine qui sert à éclairer une ville située beaucoup plus loin, il n’est pas toujours possible de calculer les fils de manière que le potentiel, aux centres de distribution, soit réglé par la dynamo suivant la charge. L’emploi d’une bobine à réaction, en série avec le circuit le plus court, permet de réduire la force électromotrice et de maintenir les lampes à leur potentiel normal, tandis que celui de la machine s’élève pour compenser les pertes sur le circuit le plus long.
- BUREAU DE CONTROLE DES INSTALLATIONS ÉLECTRIQUES. — Voici le règlement général de ce bureau, créé par délibération de la Chambre syndicale des Industries électriques, en date du 10 janvier 1893.
- BUREAU DE CONTROLE DES INSTALLATIONS ÉLECTRIQUES
- Créé par délibération de la Chambre Syndicale des Industries Électriques en date du 10 janvier 1893.
- RÈGLEMENT GÉNÉRAL
- I. — Le bureau de contrôle a pour but :
- 1° Assurer périodiquement, pour le compte
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- BUREAU DE CONTROLE DES INSTALLATIONS ÉLECTRIQUES.
- de ses adhérents, le contrôle de leurs installations en fonction, de façon à empêcher que des détériorations n’en compromettent incidemment la sécurité;
- 2° Procéder, sur la requête de tout intéressé, à la vérification des installations ;
- 3° Centraliser tous les renseignements techniques, commerciaux, juridiques ou administratifs, relatifs aux installations, stations centrales ou autres entreprises d’électricité.
- IL — Les moyens d’action du bureau consistent dans les visites et vérification des installations, par un personnel spécial d’inspecteurs, et dans la communication, aux abonnés, des observations recueillies au cours des visites.
- III. — Bien que placé sous le patronage de la Chambre Syndicale des Industries électriques, qui nomme son directeur, arrête son budget et discute son règlement, le bureau de contrôle conserve, dans ses travaux, son entière indépendance, sous la seule responsabilité de son Directeur, la Chambre Syndicale restant étrangère à ces travaux.
- IV. — Pour assurer l’impartialité qui doit présider à ses fonctions, le Directeur du bureau s’interdit de faire acte d’entrepreneur ou de fabricant d’appareillage électrique, et d’accepter un intérêt quelconque dans une maison d’entreprise d’installation ou de construction d’appareillage électrique.
- Y. — Le bureau de contrôle garantit à ses abonnés, à titre de service ordinaire, deux vérifications de leurs installations par an.
- Ces vérifications, qui seront toujours complétées par des mesures d’isolement et une épreuve du compteur, se feront sans aucun avertissement préalable, en tenant compte seulement des indications des abonnés, à un intervalle de cinq mois au moins et de sept au plus.
- Les inspecteurs sont tenus de donner, à chaque visite, toutes les indications nécessaires pour assurer la bonne marche de l’installation.
- Toute visite donne lieu à un rapport écrit constatant l’état général de l’installation et signalant les points particuliers auxquels des modifications doivent être apportées. Ce rapport est adressé à l’abonné.
- YI. — En cas d’accident, les abonnés sont tenus d’en aviser immédiatement le directeur, qui se rend sur place ou envoie un inspecteur, aussitôt qu’il a connaissance de l’accident, pour en rechercher les causes. Cette visite est toujours gratuite.
- VII. — Toute addition, modification, ou réparation de quelque importance, d’une installa-
- tion doit être signalée au directeur, avant sa mise en exécution.
- VIII. — Les abonnés au bureau de contrôle payent, pour le service ordinaire de visites de leurs installations, un abonnement dont le taux est fixé ci-dessous.
- IX. — En dehors des visites régulières, l’adhérent peut réclamer des visites supplémentaires, toutes les fois qu’il le jugera nécessaire; elles donneront lieu à la perception d’une taxe déterminée plus loin.
- X. — Le personnel du bureau est, de plus, à la disposition des abonnés et du public, pour exécuter sur place tous travaux de sa compétence, tels que : essais de rendement de dynamos ou d’accumulateurs, vérifications de compteurs ou d’appareils de mesure, le tout moyennant une rétribution.
- XI. — Le bureau de contrôle tient, en outre, à la disposition des abonnés, les renseignements relatifs aux installations électriques et centralisés par lui. Il peut même, sur leur demande, leur en communiquer des copies, en percevant une rétribution discutée de gré à gré avec le Directeur.
- XII. — Le bureau de contrôle publie, chaque année, un bulletin renfermant un compte rendu de ses travaux et un rapport du Directeur. Ce bulletin est adressé gratuitement à tous les abonnés. Il ne peut être mis en vente.
- XIII. — Tout propriétaire d’une installation électrique, qui désire s’abonner au bureau de contrôle, doit remplir et signer une feuille d’adhésion au règlement, et l’envoyer au Directeur du bureau.
- L’abonnement, pendant les six premiers mois d’un exercice, part du 1er janvier et oblige au payement de la cotisation pour l’année entière.
- Si l’abonnement est postérieur au 1er juillet, la cotisation sera réduite de moitié pour l’exercice courant.
- Tout abonné qui n’aura pas manifesté, par lettre, avant le 1er octobre de chaque année, l’intention de cesser son abonnement, se trouvera engagé pour toute la durée de Tannée suivante.
- XIV. — Les tarifs à percevoir sont ainsi fixés :
- 1° Taxe annuelle d’abonnement.
- La taxe est basée sur le nombre de lampes à incandescence que comporte l’installation, cha-i que lampe à arc étant comptée comme cinq j lampes à incandescence, et chaque moteur ou j dynamo comme dix.
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- CÂBLE.
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- Par lampe
- Installation comprenant : et par an Minimum
- Moins de 20 lampes. . . . » 50 5 »
- De 20 à 50 — ... . . » 45 10 »
- _ 51 à 100 — ... . . » 40 22 50
- — 101 à 200 — ... . . » 35 40 »
- _ 201 à 500 — ... . . » 30 70 »
- — 501 à 1 000 — ... . . » 25 150 »
- Plus de 1 000 — ... . . » 20 250 )>
- 2° Taxe des visites générales supplémentaires chez les abonnés.
- Un tiers de la taxe annuelle d’abonnement, avec minimum de 5 francs.
- 3° Taxe des vérifications de points spéciaux dans les installations d’abonnés et des travaux extraordinaires, visés à l’art. X.
- Par journée................ 30 francs.
- Par demi-journée. ......... 20 —
- 4° Taxe des vérifications des installations pour le compte des personnes non abonnées.
- Les deux tiers de la taxe annuelle d’abonnement avec un minimum de 5 francs.
- XV. — Les tarifs ci-dessus sont applicables au département de la Seine. Pour les autres départements, les frais de déplacement du Directeur ou de l’inspecteur seront à la charge des adhérents qui pourront se grouper pour supporter cette dépense à frais communs.
- XVI. — Le présent règlement a été discuté et approuvé par la chambre syndicale des indus-
- tries électriques, dans sa séance du 7 février 1893.
- Il est révisable, par décision de la Chambre syndicale, à la fin de chaque année.
- Le Président de la Chambre Syndicale, Gaston Sciama.
- Rappelons que c’est à la presque unanimité des membres du syndicat que M. R. V. Picou, dont la compétence est indiscutable, a été nommé Directeur du bureau de contrôle.
- Ce bureau a déjà rendu d’importants services. D’après l’Annuaire du Syndicat professionnel des industries électriques, le nombre des lampes des abonnés atteignait, le 1er avril, le nombre de 14 908, dont 2 ISO pour le ministère des finances.
- Le bureau de contrôle recueille et met à la disposition de ses abonnés, ainsi qu’à celle des adhérents au syndicat, une collection de documents qui comprend déjà : 16 documents administratifs (lois, décrets, arrêtés, ordonnances); 25 statistiques, cahiers des charges, polices d’abonnement, etc. ; 8 prescriptions, règles, instructions et actes de jurisprudence relatifs aux assurances; 28 arrêts du Conseil d’Etat, de la Cour d’appel, des conseils de préfecture; 4 actes de jurisprudence relative à la propriété individuelle.
- C
- CABLE. — Le tunnel du Saint-Gothard, qui possédait déjà depuis 1882 et 1890 deux câbles télégraphiques, en a reçu en octobre 1893 un troisième, dont la fabrication et la pose ont été particulièrement soignées. Des précautions spéciales étaient en effet exigées par les conditions ambiantes : température élevée du tunnel (23° au milieu), action chimique des eaux ruisselant des parois, qui contiennent des anhydrides sulfureux et carbonique, de l’ammoniaque, de l’acide sulfbydrique et d’autres substances provenant également de la fumée des locomotives, possibilité de lésions accidentelles, à cause des travaux qui s’exécutent d’une manière presque continue dans le tunnel, etc.
- Ce câble, fabriqué par la maison Felten et Guilleaume, de Mulheim-sur-Rhin, se compose de torons à 7 fils de cuivre, de 0,7 millimètre de
- diamètre, isolés par des couches alternatives de composition Chatterton et de gutta-percha présentant j usqu’à 6 millimètres d’épaisseur ; chaque conducteur est enveloppé d’un ruban imprégné ; le toron lui-même est entouré de ruban goudronné et d’une double gaine de plomb, qui empêche l’infiltration de l’eau et des gaz nuisibles. Le tout est garni d’une couche isolante, formée en grande partie de filasse imprégnée, puis d’une armature composée de 25 fils de fer façonnés et s’emboîtant les uns dans les autres, de façon à présenter une grande résistance mécanique. Enfin, l’armature est elle-même protégée par une couche de filasse bien imprégnée d’un enduit préservatif. Outre le câble principal, qui est à 7 conducteurs, on a fabriqué aussi pour les raccords, et sur le même principe, des bouts à 5 et à 4 conducteurs.
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- CHAMP MAGNÉTIQUE TOURNANT.
- Ce câble a été posé en tranchée, sur les deux premiers, dont il est séparé par une couche de sable; il est recouvert de sable et de plaques de pierre; des pierrailles achèvent de remplir la tranchée. Pour la pose, la bobine était placée sur une voiture à plate-forme, traînée par une locomotive marchant très lentement. La pose ne pouvait se faire qu’entre 7 et 9 heures du soir, à cause du passage continuel des trains ; les jonctions furent exécutées la nuit, au moyen de boîtes en fer combinées spécialement pour cet usage.
- CÉMENTATION PAR L’ÉLECTRICITÉ. —
- M. Garnier a observé récemment que, sous l’action d’un courant très faible (2,5 volts et 50 ampères), le fer se transforme rapidement en acier à la température de 1000°.
- Un crayon de charbon de cornue et une barre d’acier à 0,001 de carbone seulement furent disposés, bout à bout et bien isolés, dans un tube réfractaire placé lui-même horizontalement dans un petit four à réverbère, chauffé en dessous par insufflation d’air ; le charbon fut relié au pôle positif d’une machine Gramme et le métal au pôle négatif. Le courant fut d’abord établi à 7 volts et 55 ampères et maintenu pendant 3 heures ; la barre d’acier fut alors extraite rapidement du tube et plongée dans l’eau : à l’extrémité opposée au charbon, la cémentation avait pénétré jusqu’à 10 millimètres environ. L’expérience exige une température de 900 à 1000° C. au plus ; sinon la cémentation devient si grande que le métal coule.
- En employant deux barres d’acier, séparées par un petit intervalle rempli de charbon de bois pilé et tassé, et chauffant encore pendant 3 heures, avec un courant de 55 ampères et 2,5 volts, la barre anode ne fut pas modifiée; mais la cathode était très profondément cémentée, surtout à la partie inférieure.
- CÉRUSE (Préparation électrolytique de la). — M. Bottome, d'Hoosick (New-York), a imaginé un procédé électrolytique pour la préparation delacéruse, qui est appliqué industriellement. Le produit obtenu paraît couvrir aussi bien que la céruse ordinaire, et la fabrication aurait l’avantage de n’être pas insalubre comme les procédés chimiques.
- On fait dissoudre 225 grammes d’azotate de soude et une égale quantité d’azotate d’ammoniaque dans 4,5 litres d’eau. Ou fait passer ensuite dans la solution un courant d’acidë carbonique, obtenu par la calcination du calcaire, et l’on soumet en même temps le bain à l’électrolyse au moyen d’électrodes en plomb. Le blanc de
- céruse se précipite rapidement ; on l’enlève de temps en temps et on le sèche.
- CHAMP MAGNÉTIQUE TOURNANT. — Un champ magnétique tournant est un champ magnétique dont la direction effectue une rotation entière en un certain temps, et repasse périodiquement par les mêmes positions. Différents moyens permettent d’obtenir ce résultat. Le plus simple et le plus ancien consiste à faire tourner un aimant (magnétisme de rotation).
- En 1880, MM. Lontin et de Fonvielle réalisèrent un petit appareil, nommé électrogyroscope, dans lequel un disque de cuivre tournait sous l’action d’un aimant permanent et d’une bobine de Ruhmkorff disposée en véritable transformateur.
- Enfin M. Ferraris, de Turin, a démontré en 1888 que, lorsque deux courants alternatifs de même période, mais décalés l’un par rapport à l’autre d’un quart de période {courants diphasés), traversent deux circuits disposés à angle droit, la résultante des deux champs magnétiques produits par ces deux circuits est un champ magnétique tournant, d’intensité constante et de vitesse angulaire uniforme, faisant un tour complet pendant la durée d’une période.
- Quelle que soit la méthode employée pour produire un champ tournant, une masse métallique quelconque, placée dans un tel champ, tendra à tourner dans le même sens que lui, et avec la même vitesse, si aucune résistance ne s’oppose à ce mouvement. Cette rotation est due aux courants de Foucault qui prennent naissance dans la masse métallique.
- L’appareil (fig. 1094) permet de vérifier le principe précédent; il se compose de deux bobines rectangulaires, dont l’une B' porte deux circuits : le fil primaire, gros et court, reçoit en AA' le couraut alternatif d’une petite magnéto ; le courant secondaire, qui prend naissance dans le fil long et fin, passe ensuite dans la deuxième bobine B, qui est également garnie d’un fil long et fin. Par suite de la self-induc-lion des bobines, si les conditions sont conve-nablement choisies, ce courant présente avec le premier une différence de phase d’un quart de période, et il se produit un champ tournant à l’intersection des axes des deux bobines. Un petit cylindre métallique M, placé en ce point, prend un mouvement de rotation rapide.
- De même trois champs magnétiques faisant entre eux des angles égaux et produits par des courants décalés d’un tiers de période (courants triphasés) produiront encore un champ tournant. Ce système peut être réalisé au moyen de trois
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- CHARBON A LUMIÈRE.
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- bobines ABC formant un triangle équilatéral, ou recouvrant chacune un tiers d’un anneau plat (fig. 1094), et dans lesquelles on lance des courants triphasés. Le pivot central p reçoit
- une chape en agate A, sur laquelle on place les mobiles M et M'. Le premier, qui est en fer, tourne rapidement; le second, qui est en cuivre, tourne moins vite, mais son mouvement s’accé-
- lère beaucoup si l’on ajoute la rondelle de fer F. La chape A, seule, tourne elle-même avec rapidité.
- On pourrait obtenir les mêmes effets avec des courants polyphasés d’ordre plus élevé. C’est là le principe des moteurs à courants alternatifs polyphasés. Voy. Courant polyphasé.
- CHARBON A LUMIÈRE. — L’usine de Peter-borougli emploie, pour la fabrication des charbons à lumière, le coke de pétrole et le brai sec, résidu de la distillation des goudrons de houille. Ces produits doivent être bien exempts d’impuretés, dont les principales sont le fer, le soufre et la silice.
- Le coke provient des huiles pures de Pensyl-vanie; il est d’abord soumis au bocardage, dans une sorte de moulin, et réduit ainsi en fragments de la grosseur d’un petit pois ; il est ensuite calciné, pendant 24 à 48 heures, dans de grandes cornues en terre réfractaire presque hermétiquement closes. Lorsqu’il est impur, il se présente en grosses masses difficiles à briser, tandis que, s’il est pur, il a conservé sa forme et perdu près du tiers de son poids. Après refroidissement, il est broyé entre des meules de pierre, passé au tamis de soie et conservé à l’abri de l’humidité.
- Le brai a l’aspect d’une masse noire, brillante, sèche, s’écaillant facilement sous le choc; il est réduit de même en poudre impalpable et mis à l’abri de l'humidité.
- Les deux substances sont alors placées dans Un baril en fonte tournant autour d’un axe horizontal, et renfermant un arbre muni de palettes lui tourne dans le même sens avec une vitesse plus grande ; cet appareil est disposé dans un f°ur à 150°, afin d’amener le brai à l’état vis-
- DiCTION'NAIBE d’électricité.
- queux. Le mélange, bien refroidi, est broyé de nouveau entre deux disques tournant en sens contraire avec une vitesse de 1 500 tours par minute, puis bluté et moulé. Les moules sont d’abord chauffés, puis enduits intérieurement d’huile de pétrole, remplis du mélange et portés de nouveau à 150° ; ils sont soumis enfin à une pression de 1 500 kg., produite par une presse hydraulique, et ouverts. Les charbons ainsi obtenus sont séparés, calibrés, tirés et taillés en pointe, et disposés, au nombre de 75 000, dans un four qu’on achève de remplir complètement avec du sable pur et sec du lac Ontario. L’orifice est fermé, puis luté avec de la terre, et l’on chauffe fortement pendant 48 à 60 heures. Les charbons sont ensuite essayés au pont de Wheatstone, recouverts d’un dépôt de cuivre électrolytique, lavés à l’eau froide et à l’eau chaude, séchés et empaquetés.
- A Nuremberg, six grandes usines fabriquent les charbons pour lampes à arc et une septième les charbons pour piles. Les charbons pleins se font en graphite calciné; pour les charbons à mèche, le graphite est additionné d’une substance plus douce. Le graphite est d’abord concassé par une batterie de trois pilons, sur une grille en acier à barreaux mobiles; on règle l’écartement de façon à amener les grains à la grosseur des grains de semoule. Les grains ainsi obtenus sont passés au crible, puis broyés entre des cylindres ; après le blutage, la poudre est additionnée d’une substance agglomérante et triturée dans un mélangeur; on a alors une pâte qu’on passe à la filière, pour la réduire en baguettes grossières, qu’on place dans des moules d’acier et qu’on soumet à une pression hydraulique de 25 kg. Ces charbons sont ensuite
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- CHARIOT ROULANT ÉLECTRIQUE. — CHAUFFAGE ÉLECTRIQUE.
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- disposés dans un four et maintenus à 2 000°, jusqu’à ce qu’ils aient acquis les qualités voulues, puis refroidis, coupés à longueur et taillés automatiquement.
- Nous signalerons encore les produits de la Compagnie française des charbons pour l'électricité, qui avait exposé à Lyon trois tableaux renfermant tous les spécimens de charbons pour lampes à arc, pour balais de dynamos et pour l’électrolyse.
- Les échantillons les plus intéressants étaient les filaments de graphite destinés aux lampes à incandescence de 10 à d 000 bougies. Le diamètre des plus petits est de 0,1 millimètre et leur fabrication exige un véritable tour de force.
- CHARIOT ROULANT ÉLECTRIQUE. — Yoy. Pont roulant.
- CHASSE-NEIGE ÉLECTRIQUE. — Voy. Tramway.
- CHAUFFAGE ÉLECTRIQUE. — Les nouveaux appareils de chauffage et de cuisine de Cromp-ton and C° présentent des dispositions intéressantes. Une couche d’un émail très dur est appliquée sur la plaque de tôle qui doit former la surface chauffante, et les fils conducteurs sont étendus sur cette couche; on ajoute ensuite une couche d’un second émail moins dur, puis une autre couche du premier. Les fils sont en ferro-nickel;ils sont placés mécaniquement, de sorte que l’application des dernières couches d’émail ne risque pas de les déranger.
- La figure 1095 représente ixn radiateur, en forme d’écran, destiné au chauffage des appartements et donnant une température de 240°. Il peut être placé en un point quelconque d’une chambre et servir en même temps à protéger contre les courants d’air.
- Le four électrique (fig. 1096) est une caisse dont les six faces sont formées par des tôles de fer portant toutes, sauf la porte, un réseau de fils conducteurs. Cinq commutateurs, placés à l’extérieur, permettent de régler la chaleur et de la répartir aux points voulus. La température peut atteindre 180°. Lorsque le four est chaud, ce qui demande seulement quelques minutes, il peut être abandonné à lui-même pendant plus de deux heures sans se refroidir notablement.
- Le gril est divisé en sections, qui peuvent être chauffées isolément, suivant les besoins de la cuisine.
- L’un des deux appareils (fig. 1097) est une bouillotte très commode; elle se place sur un réchaud qui peut aussi, lorsqu’on l’enlève, servir pour d’autres usages. L’autre est un fer à re-
- passer, qui peut être utilisé après avoir été soumis à l’action du courant pendant deux minutes. Ce fer est généralement muni d’un petit bouton à l’arrière, de sorte qu’en le posant sur la face arrière, comme il est d’usage, le courant soit en grande partie supprimé, et ne garde qu’une intensité suffisante pour maintenir l’appareil chaud. Ce fer prend de 2,5 à 3 ampères, ce qui coûte généralement un peu plus de 15 centimes par heure.
- Pour porter à l’ébullition l’eau d’une théière, la dépense n’atteint pas 5 centimes; mais l’opération ne serait pas avantageuse avec une grande quantité de liquide. Les fers à souder prennent 1,5 ampère et coûtent environ 7 centimes l’heure. Les chauffe-fers à friser et les autres appareils analogues ne consomment
- Fig. 1095. — Radiateur électrique (Nave).
- presque rien, car ils s’échauffent très vite et ne servent que quelques minutes.
- Dans les fourneaux à charbon ou à gaz, on perd une partie notable de la chaleur produite; dans les fourneaux électriques, il n’y a aucune perte, l’appareil pouvant être complètement clos. C’est ce qui permet à l’électricité, maigre son prix de revient plus élevé, de lutter avec les autres modes de chauffage. Les autres avantages sont : facilité de réglage, suppression des odeurs, des cendres, de la fumée; propreté irréprochable, économie de temps et de place, suppression de la chaleur dans'la cuisine, etc.
- Le chauffage électrique a été encore apph' qué récemment à d’autres usages. M. Samuel Natting a songé à utiliser la chaleur développee
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- (asfaatfeO
- CHAUFFAGE ÉLECTRIQUE.
- Fig. 1096. — Fourneau électrique (Navt
- Fig. 1097. — FSouiliotte et fer
- à repasser électriques (Nave).
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- CHLORE (Fabrication électrolytique du). —
- par le courant pour maintenir un matelas à une douce température (matelas électro-thermogénique). L’appareil se compose d’un matelas ordinaire renfermant à l’intérieur, entre deux toiles d’amiante, une série de fils de maillechort repliés en zigzag et fixés par des cordes d’amiante. Un conducteur flexible sert à relier ce matelas avec la prise de courant. Le même système pourrait s’appliquer à une couverture.
- Enfin, dans une séance assez récente de la Royal Society, de Londres, un autre inventeur aurait montré un cataplasme électrique, chauffé par un procédé analogue. Dans ce cas, le malade est nécessairement condamné à l’immobilité.
- CHLORE (Fabrication électrolytique du). — Nous indiquons plus loin (Yoy. Désinfection) des méthodes permettant d’obtenir des liquides désinfectants et décolorants. On peut préparer d’une manière analogue du chlore gazeux, susceptible d’être employé soit pour la fabrication du chlorure de chaux, soit pour l’extraction du brome et de l’iode.
- Quand on électrolyse une solution concentrée de sel marin, le chlorure est seul décomposé, tandis que l’eau l’est en même temps si le liquide est étendu. Le chlore se rend à l’électrode positive ; le sodium va à l’autre pôle et décompose l’eau avec dégagement d’hydrogène.
- Pour recueillir le chlore, il faut empêcher la soude ainsi produite d’arriver par diffusion jusqu’au voisinage de l’anode, car il se produirait de l’hypochlorite de sodium. Dans ce but, on sépare les deux électrodes par une cloison poreuse et l’on élimine la soude, à mesure qu’elle se forme, en faisant arriver près de la cathode un courant d’anhydride carbonique, qui produit du bicarbonate de sodium : ce sel, qui est presque insoluble dans la dissolution concentrée de sel marin, se précipite.
- M. Fogh emploie une cuve fermée par un couvercle et divisée en deux parties par une cloison d’amiante. L’anode est en charbon de cornue, la cathode en fer; la dissolution de sel marin est maintenue saturée. L’opération est continue. Le chlore, presque pur, s’échappe par un tube fixé sur le couvercle.
- L’électrolyse du sel marin est aussi employée depuis peu de temps à Londres, aux Phoenix Wharf, Church Road, Battersea, pour préparer à la fois le chlore et la soude. Ce procédé, dû à M. Greenwood, se distingue de ceux qui avaient été essayés inutilement jusqu’à présent par
- CIRCUIT AMORTISSEUR.
- l’emploi de cloisons poreuses séparant les deux électrodes et formées de pièces d’ardoise en forme de V, empilées les unes sur les autres et séparées par de l’amiante tassée. Les cathodes sont en fer, les anodes en métal, recouvert de plaques de charbon rendues imperméables et inattaquables par le chlore naissant.
- La compagnie Phoenix se sert d’une batterie de 5 grands récipients, montés en tension et renfermant chacun 5 anodes et 6 cathodes groupées en quantité; les 50 compartiments formés par les anodes sont reliés en série par des tubes en vulcaniteou en fer émaillé, permettant au liquide de circuler dans toute la longueur de l’appareil. A l’extrémité du récipient, ce liquide est puisé par une pompe et refoulé dans des bacs pour être traité de nouveau.
- Les compartiments des cathodes sont réunis de même, et le liquide est refoulé dans des bacs où la soude est concentrée et débarrassée du sel dissous par refroidissement.
- Le chlore dégagé traverse 4 absorbeurs, remplis d’un lait de chaux qu’on agite constamment. L’intensité nécessaire est de 200 ampères et la différence de potentiel de 4,4 volts par élément. D’après M. Preece, la décomposition d’une tonne de sel marin coûterait 83 francs, ce qui donnerait pour la soude et le chlorure de chaux un prix de revient égal au tiers environ du prix de fabrication par les procédés chimiques ordinaires.
- CHRONOGRAPHE CONTROLEUR UNIVERSEL. — Cet appareil, construit par M. J. Richard, permet d’enregistrer l’instant ou la durée d’un phénomène quelconque, ouverture de la porte d’un four, nombre de tours d’une machine, chargement d’un haut fourneau, passage d’un train de chemin de fer, etc. Il se compose d’un électro-aimant, dontl’armature porte une plume traçant un trait continu et horizontal sur un cylindre tournant. Chaque fois que le fait qu’on veut contrôler se produit, un contact s’établit et ferme le circuit d’une pile sur l’électro pendant toute la durée du phénomène. L’armature est attirée, la plume se déplace verticalement et ne revient à sa première position qu’après l’interruption du courant.
- CIRCUIT AMORTISSEUR. — Il est souvent nécessaire d’obLenir la marche synchrone de plusieurs alternateurs ou de moteurs actionnes par des alternateurs. Le premier cas se présente quand on veut mettre en parallèle un certain nombre d’alternateurs faisant partie par exempt d’une même station centrale génératrice. Le
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- COMMUTATEUR-PERMUTEUR. — COMPTEUR D'ÉLECTRICITÉ.
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- deuxième cas se rencontre dans certains transports de force ; il peut se présenter également lors de la transformation de courants alternatifs en courants continus. (Voy. Transformateur de fréquence et de tension.)
- MM. Hutin et Leblanc obtiennent la marche rigoureusement synchrone en munissant leurs machines, dans lesquelles l’inducteur est excité par un courant continu et l’armature produit ou reçoit des courants alternatifs, d’un circuit amortisseur formé de boulons réunis par deux flasques. L’ensemble a la forme d’une cage d’écureuil (fig. 1098), qui entoure l’armature. Les boulons et les flasques sont en cuivre ou en bronze, et doivent présenter la plus faible résistance électrique possible. Les boulons tra-
- Fig. 1098. — Amortisseur monté, enlevé des pièces polaires.
- versent des trous pratiqués dans les pièces polaires, le plus près possible de l’entrefer.
- Le circuit amortisseur fonctionne de la manière suivante : Tant que le synchronisme est conservé, la direction du champ de l’armature reste fixe dans l’espace et l’action du circuit
- Fig. 1099. — Pièces polaires perforées pour recevoir les tiges de cuivre.
- amortisseur est nulle; mais, dès qu’il vient à se rompre, cette direction tend à se déplacer. L’armature de la machine et le circuit amortisseur agissent alors comme un moteur asynchrone, dont l’action se superpose à celle de la machine synchrone et ramène rapidement l’appareil à sa vitesse normale, par conséquent au synchronisme.
- La disposition du circuit amortisseur, tout en assurant le synchronisme, supprime les courants de Foucault engendrés dans les pièces polaires et les noyaux des inducteurs, ainsi que les courants parasites qui peuvent prendre
- naissance dans le circuit inducteur, par suite des variations de flux déterminées par le passage du courant alternatif dans l’armature induite.
- COMMUTATEUR-PERMUTEUR. — Appareil employé pàr la Compagnie de l’Ouest pour la manoeuvre des cloches électriques.
- COMPTEUR D’ÉLECTRICITÉ. — Les compteurs peuvent être divisés en deux classes. La première comprend les appareils à indications continues, qui enregistrent d’une façon ininterrompue les variations de la quantité d’électricité ou celles de l’énergie, suivant les cas. Dans cette catégorie rentrent les compteurs chimiques et les compteurs-moteurs, tels que celui de M. Aron. La seconde classe comprend les appareils à indications discontinues, qui ont pour but d’enregistrer, à intervalles égaux, les déviations d’un appareil de mesure, ampèremètre ou électrodynamomètre. C’est cette catégorie qui paraît produire le plus grand nombre d’appareils. Ajoutons encore que les compteurs d’énergie ou wattmètres se multiplient beaucoup plus vite que les compteurs de quantité ou coulombmètres. C’est qu’en effet il y a beaucoup plus d’intérêt à mesurer l’énergie ; d’ailleurs les wattmètres deviennent eux-mêmes des coulombmètres lorsque la distribution se fait à potentiel constant.
- Compteur Aron.*— Au concours ouvert par la ville de Paris, le 31 août 1890, deux compteurs furent considérés comme remplissant toutes les conditions du programme, ceux de M. Aron et de M. E. Thomson; nous les décrirons d’abord.
- Les modèles actuels du compteur Aron ne diffèrent pas sensiblement de ceux que nous avons décrits plus haut (page 131) ; le type couronné dans le concours est le wattmètre (fig. 1100); dans ces nouveaux wattmètres, les spires des deux bobines sont horizontales.
- L’ampèreheuremètre et le wattmètre peuvent tous deux se construire aussi pour distributions à trois conducteurs : ils portent alors deux bobines à gros fil placées sur les conducteurs extrêmes (fig. 1101). Les balanciers des hecto-wattheuremètres se terminent par des bobines à fil fin, recevant une dérivation et mesurant les volts entre deux conducteurs avoisinants. Le balancier de l’ampèreheuremètre, représenté par la seconde partie de la figure, porte deux aimants correspondant aux deux bobines à gros fil. Ces appareils font connaître la consommation avec une exactitude de 1 p. 100.
- Ces compteurs se font encore pour distribu-
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- COMPTEUR D’ÉLECTRICITÉ.
- tions à 5 fils ; les wattmètres se construisent aussi pour courants polyphasés. Les premiers
- Fig. 1100. — Wattmètre Aron.
- sont en usage au secteur de la place Clichy, les autres à la station centrale de Heillbronn.
- Compteur E. Thomson. — Le modèle actuel du compteur E. Thomson, qui a obtenu, avec le précédent, le premier prix au concours de la Ville de Paris, se compose d’un moteur M (fig. 1102), entraînant un disque de Foucault D monté sur son axe B. Le moteur se compose de deux solénoïdes J J, à gros fil et à spires verticales, placés en prolongement l’un de l’autre, dans l’intérieur desquels tourne un tambour M composé de bobines de fil fin, aboutissant à un petit collecteur en argent, sur lequel frottent deux balais de même métal. Cet induit est mis en dérivation sur les deux conducteurs principaux, à travers une résistance R assez considérable pour éviter les étincelles aux balais. Le moteur est complètement exempt de fer, de sorte qu’on n’a pas à craindre les effets des variations de magnétisme. Un disque de cuivre D, calé à la partie inférieure de l’arbre du moteur, tourne librement entre les pôles rapprochés de trois forts aimants AA. On démontre que la vitesse de rotation du disque est proportionnelle à la puissance du courant ; le nombre de tours ef-
- Fig. 1101. — Compteurs Aron pour distributions à trois fils.
- fectué dans un temps donné est donc proportionnel à l’énergie dépensée. L’arbre porte, à sa partie supérieure, une vis sans fin qui engrène avec un compteur de tours T; les cadrans de cet appareil font donc connaître la dépense d’énergie .
- Les frottements ont été réduits autant que possible, en faisant reposer la partie inférieure
- de l’arbre sur une coupe en saphir poli, en atténuant la pression des balais, et en équilibrant presque complètement le couple résistant dû au frottement par un compoundage spécial. L’induit, le disque et la résistance étant formés du même cuivre, les variations de température n’influent pas sur les indications, car les changements de résistance agissent égale-
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- ment sur le couple moteur et sur le couple
- Fig. 1102. — Principe du compteur E. Thomson.
- résistant ; enfin le disque tourne toujours avec une faible vitesse. L’appareil peut entrer en
- mouvement pour une puissance de 10 watts environ.
- Ce compteur peut servir pour les courants alternatifs comme pour les courants continus, sans qu’aucune modification soit nécessaire. Il se construit aussi pour distributions à 3 et à 5 fils. La figure 1103 montre l’aspect général.
- Compteur L. Brillié. — Le compteur d’énergie de M. Brillié a pour organe essentiel un é^ctrodynamomètre, dont les déviations sont enregistrées par un compteur. Un arbre A, tournant d’un mouvement uniforme, entraîne, toutes les 36 secondes, un arbre B situé sur son prolongement (fig. 1104). L’arbre B, au moyen des engrenages et L, exerce sur la bobine mobile de l’électrodynamomètre un effort de torsion, par l’intermédiaire du fil Vj. Lorsque la force de torsion est assez grande pour faire équilibre à l’attraction de la bobine fixe J, la bobine mobile commence à tourner, et, par suite de ce mouvement, l’arbre A abandonne l’arbre B, qui revient à sa position primitive sous l’action d’un ressort antagoniste.
- Pendant ce temps, la torsion du fil a été
- Fig. H03. — Compteur E. Thomson.
- communiquée au tambour T, par l’intermédiaire de l’axe tt' et delà bielle U, qui relie deux petits bras ut et u2, calés sur les axes de la bobine mobile V et du tambour T. Ce tambour tourne donc d’un angle égal à l’angle de torsion du fil d’acier Vt, lequel est proportionnel à l’énergie électrique du courant à mesurer. Il est relié par une série de roues et de pignons avec un numé-
- rateur, qui totalise les angles et indique à chaque instant la dépense. L’appareil comprend donc un électrodynamomètre, un compteur et un électromoteur chronométrique qui fait tourner l’arbre A.
- Nous donnerons une description sommaire de ces organes.
- L’électrodynamomètre se compose dé deux
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- COMPTEUR D’ÉLECTRICITÉ.
- bobines J et V. Le cadre J, qui est fixe, est recouvert d’un gros conducteur, que traverse le courant entier. La bobine mobile Y est placée en dérivation; elle peut osciller autour de son axe v, mais d’une quantité très faible, et son déplacement est limité par des butoirs. L’axe v est relié à l’axe l, placé sur son prolongement, par le fil de torsion.
- Le courant ne traverse la dérivation de la
- bobine Y que pendant le temps nécessaire pour faire les mesures. A cet effet, l’arbre B, dès qu’il commence à être entraîné par l’arbre A établit un contact qui ferme cette dérivation, et le rompt ensuite au moment où il revient à sa position de repos.
- Le mouvement de la bobine mobile se produit de la manière suivante: A chaque tour de l’arbre A, le taquet Q' rencontre le taquet Q fixé
- V,
- Fig. 1104. — Compteur d’énergie L. Brillié.
- à l’arbre B (ces deux taquets sont représentés à part en qq"). Cet arbre se met à tourner et entraîne l’axe l, par l’intermédiaire de l’engrenage PtL. Le mouvement de l’axe l est transmis à l’arbre t par la bielle U et les leviers u{u2, formant parallélogramme articulé.
- La pièce u2 est solidaire de l’axe t, qui porte le tambour horizontal T, creusé d’une gorge en forme de V. A l’état normal, ce tambour, sous l’action du ressort spiral t', frotte contre une
- pointe fixe t1, qui le maintient immobile. Le levier est muni d’un prolongement, perpendiculaire à la figure, qui porte une pièce t2 se présentant obliquement dans la gorge en V du tambour.
- Lorsque l’arbre t se met à tourner, commandé par l’axe l, la pièce t% se coince dans la gorge du tambour, le fait descendre légèrement, ce qui le dégage de la pointe t{, et l’entraîne dans son mouvement. Le tambour T actionne
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- COMPTEUR D’ÉLECTRICITÉ.
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- un compteur de tours, qui donne la dépense en hectowattheures.
- Quand la mesure est finie, l’arbre A doit abandonner l’arbre B. Pour cela, les deux taquets QQ1 sont inclinés l’un sur l’autre, de sorte que leur action mutuelle tende à faire reculer l’arbre A suivant son axe; mais ce déplacement ne peut avoir lieu que si le butoir Z, sur lequel s’appuie l’extrémité de cet arbre, vient lui-même à se déplacer. Ce butoir est monté sur une traverse calée sur l’arbre vertical z, qui porte également un fléau X, venant s’appuyer contre un butoir fixé au bas de l’axe de la bobine mobile.
- Au moment où cette bobine se déplace, le butoir pousse le fléau X, qui fait tourner l’arbre z et sa traverse; le butoir Z s’écarte et l’arbre A recule d’une petite quantité, abandonnant l’arbre B, qui est ramené à sa position de repos, ainsi que la bobine Y, par le ressort antagoniste.
- L’enregistreur cesse de fonctionner au même instant, car Taxe l, retournant en arrière, entraîne l’arbre t dans le même sens. La pièce t2, dans ce mouvement, permet au tambour T de se relever et de venir s’appuyer sur la pointe tu qui le rend immobile.
- Le balancier X est ramené à sa position d’attente par le doigt n', fixé sur la roue N, qui vient à chaque tour, un peu avant le commencement de la mesure, pousser un bras coudé fixé à la pièce Z.
- L’arbre A, qui tourne uniformément, est commandé par la roue N, qui fait 100 tours par heure. La mesure se fait donc toutes les 36 secondes. Cette roue reçoit le mouvement de Télectromoteur chronométrique, placé sous la dépendance de l’électro-aimant E et disposé pour produire une vitesse constante, quelle que soit la résistance qu’il rencontre. Pour' cela, l’arbre vertical O reçoit de l’armature de l’élec-tro une impulsion toujours égale, mais qui se renouvelle plus ou moins fréquemment suivant l’effort nécessaire.
- L’électro-aimant E, en forme d’U renversé, porte à. la partie inférieure deux pôles évidés EE', entre lesquels peut s’ajuster une armature E, arrondie aux extrémités et mobile autour de son centre. Au repos, cette armature, dont l’une des extrémités est attirée par le ressort R, fait un certain angle avec la ligne des pôles EE'. Lorsque le courant passe, l’armature F, attirée, se place suivant la ligne EE', entraînant la Prèce S. Le courant étant ensuite supprimé, l’armature reprend sa première position, sous
- l’action du ressort R. Mais la pièce S, qui est mobile autour d’un axe excentré sur l’armature F’, a tourné d’un certain angle autour de cet axe, de sorte que, en revenant à la position de repos, elle se coince dans une gorge creusée au bas de l’arbre O, et imprime à cet arbre un mouvement de rotation.
- La pièce A, fixée sur l’arbre O, entraîne dans ce mouvement une traverse aux extrémités de laquelle sont suspendues, au moyen de bras articulés mm', deux masses MM'. Sous l’action de la force centrifuge, ces masses s’écartent, et, appuyant les extrémités des bras articulés m et m' sur des butoirs aa' solidaires de la pièce A, soulèvent la traverse B et le cône G qu’elle supporte.
- Lorsque le cône G est abaissé, il touche deux petites lames de ressort c, montées sur une pièce isolante H, et un contact fait passer le courant dans l’électro-aimant ; lorsqu’il est soulevé, le courant est interrompu, et il retombe bientôt. La pièce isolante H pivote autour d’un axe vertical et est reliée à une pièce G, commandée par un distributeur D fixé à la partie supérieure de Taxe de l’armature F. Ce distributeur sert à assurer le contact au moment où le cône G vient s’appuyer sur les lames c et à maintenir le courant interrompu pendant tout le temps qu’emploie l’armature F pour revenir à sa position de repos sous l’action du ressort R; il est formé d’un plan incliné qui soulève plus ou moins la pointe de la pièce G.
- Chaque fois que le cône G est au bas de sa course, l’électro-aimant attire son armature; le ressort R se trouve bandé instantanément et, en se détendant, donne au régulateur une impulsion suffisante pour remonter les masses d’une quantité un peu inférieure à leur déplacement maximum, de façon à ne pas supprimer l’action régulatrice de ces masses. Les contacts sont donc d’autant plus rapprochés que la résistance à vaincre est plus grande, ce qui permet de maintenir la vitesse constante.
- Il faut remarquer que, si le courant à mesurer est nul, le déplacement de la bobine sera très faible; mais, si petit qu’il soit, il ne doit pas être enregistré. Le butoir fixe t3 retarde l’action de la pièce t2 d’une quantité suffisante pour que ce léger mouvement ne soit pas accusé. Si la puissance du courant à mesurer dépasse la limite supérieure pour laquelle le compteur a été construit, une disposition spéciale arrête l’appareil lorsqu’il a enregistré la puissance maxima qu’il peut mesurer. Lorsqu’on coupe le circuit, le compteur s’arrête; le
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- La Compagnie des compteurs emploie pour cet usage l’appareil fig. 1105. Dans l’intérieur du bâti B, qui est en bronze et d’une seule pièce se trouvent deux enroulements, l’un intérieur, destiné aux courants de 0 à 30 ampères, l’autre extérieur, pour les courants de 30 à 250 ampères. La bobine mobile D est supportée par un fil métallique fixé aux deux pinces SS, par les-
- cône C retombe sur les lames c, et l’appareil est prêt à fonctionner dès qu’on rétablit le courant.
- Wattmètre portatif. — L’emploi de plus en plus fréquent des compteurs d’énergie électrique nécessite, chez les abonnés, des essais rapides et cependant d’une certaine précision.
- Fig. 1105. — Wattmètre portatif.
- quelles arrive le courant dérivé. L’action électrodynamique est équilibrée par la tension d'un ressort R, soudé d’une part à la bobine D et de l’autre au bouton N, dont la rotation est mesurée par l’aiguille A, mobile sur un cercle divisé; une seconde aiguille O indique la position de la bobine. Deux vis Y immobilisent la bobine poulies transports; la clef C permet de changer le courant dérivé. L’appareil peut reposer sur
- des vis calantes ou se fixer au mur par l’attache T.
- Ce wattmètre est très condensé, très robuste et d’un transport facile ; mais le coefficient de self-induction est assez élevé et réchauffement n’est pas négligeable.
- Wattmètre portatif L. Brillié. — Cet appareil comprend deux grosses bobines sans ! fer A, composées de lames de cuivre épaisses
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- et placées dans le circuit principal, et une bobine mobile B (fig. 1106), montée en dérivation. Là bobine B est calée sur un axe creux CC, mobile entre pointes. Dans l’intérieur de cet axe se trouve un fil d’acier F, fixé d’une part à son extrémité inférieure, de l’autre, en H, au prolongement fixe de cet axe. C’est le couple
- de torsion du fil d’acier qui équilibre le couple électrodynamique. L’axe C porte en J un index recourbé, dont l’extrémité I se déplace entre deux butoirs sur un cadran divisé.
- A la partie supérieure de l’appareil se trouvent deux tubes concentriques pouvant glisser l’un dans l’autre et qui servent, au moment du mon-
- Fig. 1106. — Schéma du wattmètre portatif Brillié.
- lage, à pincer le fil d’acier en un point déter-rainé, pour effectuer l’étalonnage et régler la hauteur de la bobine mobile au moyen de la pince inférieure. Lorsque l’appareil est réglé, °n doit se garder de changer les positions rela-tives de ces tubes concentriques, même pour ie transporter ; il suffit, dans "ce cas, de caler la bobine avec des tampons de papier.
- Pour établir la dérivation de la bobine mobile, l'axe C porte, un peu au-dessous de J, une petite plaque d’ébonite munie de deux bornes, d’où partent deux fils, qui aboutissent en L à cette bobine, et deux autres fils souples très fins KK, qui communiquent avec un commutateur, placé sur le socle d’ébonite de l’appareil. Les bornes RR' reçoivent les câbles du
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- COMPTEUR D’ÉLECTRICITÉ.
- circuit : la bobine postérieure A communique avec R' et S, la bobine antérieure avec R et T. En réunissant par deux fiches les bornes R et S, R' et T, on groupe ces deux bobines en quantité ; en mettant une seule fiche entre T et S, on les dispose en tension.
- Les bornes P et Q, fixées également sur le socle, doivent être reliées aux deux câbles entre lesquels se trouve la différence de potentiel à mesurer. Le fil partant de Q aboutit par MN à deux plots placés au-dessous de deux clefs qu’on
- voit en avant de la figure 1107 ; la borne P communique avec deux ponts disposés au-dessus de ces deux clefs. On voit que, suivant qu’on appuie sur l’une ou l’autre de ces clefs., on change le sens du courant dans la bobine mobile et par suite le sens de la déviation de l'index I.
- Le wattmètre Rrillié est sensible, d’un maniement facile et d’une construction robuste. La figure 1107 montre l’aspect général; le commutateur se trouve en arrière.
- Fig. H07. — Vue d’ensemble du wattmètre portatif Brillié.
- Wattmètre enregistreur. — MM. Richard frères ont construit un modèle de wattmètre enregistreur de 5 000 ampères et 110 volts, ce qui donne une puissance de 550 000 watts. Les quatre premiers appareils de ce système ont été faits pour la Compagnie continentale Edison et sont installés deux à la station Trudaine, deux à la station Drouot.
- Le circuit fixe (fig. 1108) est formé de huit barres plates de cuivre, en forme d’U, réunies en quantité par six gros boulons, présentant une section totale de 50 cm2, et séparées par de petites cales de cuivre qui laissent circuler l’air,
- pour empêcher réchauffement. La bobine mobile est à fil fin, de forme à peu près sphérique; elle se trouve au centre du champ sensiblement uniforme produit par le courant fixe; elle est calée sur un axe horizontal terminé d’un côté par une pointe et de l’autre par un couteau reposant sur un plan d’acier trempé ; elle communique d’une part avec le circuit fixe, de l’autre avec une résistance additionnelle, formée des deux bobines qu’on voit à gauche. L’axe porte en outre un levier d’aluminium, terminé par une plume qui se meut sur un tambour enregistreur, faisant un tour entier en
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- CONGRÈS ÉLECTRIQUE.
- 2i heures; à l'autre extrémité du levier est suspendu un petit disque plongeant dans un tube rempli de glycérine et qui sert d’amortisseur.
- COMPTEUR HORAIRE D’ÉLECTRICITÉ. — Ce
- compteur horaire, construit par M. J. Richard et agréé par la Ville de Paris, est une pendule électrique qui se met en marche dès que le courant passe dans les bobines. Les cadrans indiquent le nombre d’heures pendant lesquelles le courant a passé.
- Ce petit appareil se recommande à l’attention des ingénieurs électriciens par sa solidité et son exactitude. D’un faible volume, il peut se placer partout et dans toutes les positions. Il ne nécessite aucun entretien et n’a jamais besoin d’être remonté. La pose est des plus faciles ; il suffit
- de le relier en dérivation, au moyen des deux bornes intérieures, avec les fils de distribution.
- CONGRÈS ÉLECTRIQUE. — Le Congrès électrique international de Chicago a duré du 21 au 25 août 1893 ; il s’est divisé en trois sections : théorie pure, théorie et pratique combinées, pratique pure. Des travaux ont été lus notamment sur la téléphonie océanique, la transmission de signaux à travers l’espace au moyen de vibrations électromagnétiques, la construction des étalons de résistance, les divers emplois du voltmètre électrostatique.
- Le Congrès a en outre voté la résolution que les divers gouvernements recommandent formellement d’adopter comme unités légales de mesures électriques les unités suivantes :
- Fig. 1108. — Wattmètre enregistreur.
- 1° Résistance : Y ohm international, basé sur l’ohm égal à 109 unités électromagnétiques CGS, représenté par la résistance d’une colonne de mercure de 14,4521 grammes-masse, à 0°, ayant une section constante et une longueur de 106,3 centimètres.
- 2° Intensité : Yampère international, égal à 10-1 unités électromagnétiques CGS, représenté d’une façon suffisante par le courant qui dépose 0,00118 gramme d’argent par seconde (la solution étant préparée suivant des prescriptions indiquées).
- 3° Force électromotrice : le volt international, défini au moyen des deux unités précédentes et représenté avec une exactitude suffisante par
- les ttttt de la force électromotrice de la pile 1434
- Clark, à 15°, montée avec les précautions indiquées.
- 4° Quantité : le coulomb international, défini au moyen de l’ampère international.
- 5° Capacité : l’unité est la capacité d’un conducteur chargé au potentiel de 1 volt international par 1 coulomb international.
- 6° Travail : le joule, égal à 107 unités CGS, défini d’une façon suffisante par l’énergie dépensée en 1 seconde par 1 ohm international, parcouru par un courant de 1 ampère international.
- 7° Puissance : le watt international, représenté avec une exactitude suffisante par une puissance de 1 joule par seconde.
- 8° Induction : le henry, qui est l’induction d’un circuit lorsque la force électromolrice induite dans ce circuit est égale à 1 volt international et que le courant inducteur varie au taux de 1 ampère par seconde. L’unité d’induction portait auparavant, en France, le nom de quadrant.
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- 982 CONTROLEUR D’AIGUILLE. — CONTROLEUR ÉLECTRIQUE DE RONDES.
- L’adoption du nombre 106,3 pour la valeur de l’ohm, au lieu de 106, paraît désirable déjà depuis quelques années. Il résulte en effet des déterminations les plus récentes, ainsi que des corrections apportées aux mesures les plus anciennes, que la valeur de l’ohm vrai est très probablement comprise entre 106,28 et 106,32, et il y a peu de chances de voir ce nombre se préciser davantage avant de longues années. Celte valeur aurait sans doute l’avantage de mettre toutes les nations d’accord et de faire disparaître, en même temps que l’ohm légal, l’unité Siemens, encore employée en Allemagne, et l’unité B. A., usitée en Angleterre.
- CONTROLEUR D’AIGUILLE. — Nous avons décrit page 164 plusieurs modèles de contrôleurs pour la manœuvre des aiguilles à distance.
- La Compagnie de l’Ouest emploie un contrôleur d’aiguille composé de deux contacts correspondant l’un au fil de ligne et l’autre à la terre; ils communiquent entre eux par les branches d’un ressort en U à l’intérieur duquel ils s’appuient. Ces contacts sont solidaires de la lame de l’aiguille et sont réglés de telle sorte qu’ils ne peuvent alternativement quitter le ressort que lorsque le déplacement de la lame de l’aiguille est complet.
- Le courant circule donc pendant tout le temps que s’opère la manœuvre de l’aiguille.
- CONTROLEUR ÉLECTRIQUE DE RONDES. — Les systèmes employés sont de deux sortes : 1° à enregistrement direct; 2° à enregistrement à distance.
- Dans le système à enregistrement direct, l’appareil enregistreur est généralement constitué par un chronomètre que le veilleur doit présentera chacun des postes de contrôle pour y recevoir un poinçonnage.
- Ce système présente l’inconvénient de laisser l’organe essentiel du contrôle, c’est-à-dire l’enregistreur, dans les mains de la personne à contrôler.
- Le système d’enregistrement à distance permet, au contraire, d’exercer une surveillance occulte et automatique, qui constitue un contrôle beaucoup plus sérieux, aucun des appareils n’étant laissé à la disposition ou même à la portée des veilleurs.
- Le contrôleur de rondes de M. de Poulpiquet rentre dans le second système; il est très simple et donne une sécurité parfaite.
- Il se compose de trois parties : les postes ; l’enregistreur ; le conducteur et la pile.
- Les postes sont aussi nombreux que l’exige la disposition des locaux à surveiller; leur
- nombre peut être absolument quelconque et aussi grand qu’on le peut désirer. Ils sont tous montés en série ou « embrochés » sur un seul et unique conducteur, qui part de la pile et y retourne en passant successivement par chacun des postes et par l’enregistreur.
- Le poste est constitué par une petite boîte de bois ou de métal toujours fermée, renfermant un mécanisme très simple qui, en temps ordinaire, et avant la visite du veilleur, interrompt le circuit et empêche le passage du courant. Le rôle du veilleur consiste à rétablir ! la continuité du circuit au moment de son pas-j sage, faute de quoi le pointage du contrôle ne | pourrait s’effectuer.
- | L’enregistreur, avec lequel le veilleur n’a ; aucun rapport, et qui est complètement en dehors de son action, est composé d’une horloge entraînant un cadran à divisions horaires, sur lequel se fait le pointage. C’est l’enregistrement du contrôle.
- Le conducteur est un simple fil de sonnerie électrique ordinaire, qui réunit chacun des postes à l’enregistreur et à la pile, avec l’avantage considérable d’un fil unique pour toute l’installation.
- La pile, analogue aux piles de sonnerie ou de téléphone, est composée d’un nombre d’éléments correspondant à celui des postes installés.
- Les appareils étant montés comme il vient d’être dit, le circuit est coupé sur autant de points qu’il y a de postes. Le veilleur doit, à chaque ronde, rétablir la continuité du circuit en passant auprès de chaque poste, sur lequel il agit avec une clef spéciale.
- Au dernier poste, et la ronde terminée, le circuit est fermé, sauf dans le dernier appareil, qui est complété par un bouton poussoir et un signal destiné à indiquer au veilleur que l’enregistrement de sa ronde a eu lieu.
- Lorsque le veilleur pousse le bouton de ce poste, le circuit est fermé ; le courant passe aussitôt et le cadran de l’enregistreur reçoit un coup de poinçon, qui indique que la ronde a bien été faite à l’heure réglementaire. En même temps, le signal apparaît sur le dernier poste, pour indiquer au veilleur que sa ronde a bien été effectuée et qu’il n’a fait aucun oubli.
- Le mécanisme de chaque poste, déclenché par le passage du courant, ramène ensuite automatiquement tous les organes dans leur première position ; le courant est coupé dans cha-i que poste; le veilleur fait disparaître le signal
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- CONTROLEUR ÉLECTRIQUE DE RONDES.
- du dernier poste et tout est prêt pour la ronde suivante.
- Au cas où un ou plusieurs postes auraient été oubliés par le veilleur, il est facile de comprendre que, le circuit n’étant pas fermé, le contrôle n’aura pas lieu; le veilleur est alors averti de sa faute, puisque le signal n’apparait pas sur le dernier poste ; il doit donc reprendre sa tournée tout entière ou tout au moins la compléter par la visite des postes qu’il a omis, s’il ne veut pas laisser subsister les traces de sa négligence.
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- Le cadran, qu’on renouvelle chaque jour, fait connaître ainsi avec précision la manière dont les rondes de nuit ont été effectuées.
- Le contrôleur de M. J. Richard a pour récepteur un cylindre tournant uniformément et muni d’un petit chariot qui se déplace suivant l’une des génératrices et qui porte autant d’électro-aimants pourvus de styles qu’il a de postes à visiter. Chacun de ces postes possède simplement un poussoir sur lequel appuie le veilleur. Ce mouvement ferme le circuit de l’électro correspondant, dont la plume trace un
- S chelle de î/z
- \ r~
- Fig. 1109. — Contrôleur électrique pour rondes de nuit.
- trait sur le cylindre. Grâce au déplacement du chariot, le cylindre peut faire un certain nombre de tours sans que les signaux se recouvrent les uns les autres.
- La Compagnie des chemins de fer de l’Est emploie des contrôleurs dans lesquels l’inscription se fait sur un cylindre horizontal (fig. 1109), qui tourne autour de son axe, sous l’action d’un mouvement d’horlogerie à poids, du type employé pour donner l’heure dans les petites stations ; ce cylindre a une rotation uniforme et fait un tour en douze heures. Au-dessous de lui, montés sur le bâti qui lui sert de support,
- sont placés autant d’électro-aimants qu’il a de postes à contrôler. Chacun de ces électros est muni d’une armature de fer doux, fixée par une de ses extrémités sur un ressort de rappel en forme de lame, qu’on règle au moyen d’une vis, de façon à maintenir l’armature à une faible distance des noyaux.
- Lorsque le courant passe, l’armature est attirée et son extrémité libre vient s’appuyer sur un levier, qui tourne autour d’un axe horizontal et porte à son autre bout un style ins-cripteur venant s’appliquer sur la surface du cylindre. Ce style est formé d’un porte-mèche,
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- 984 CONTROLEUR DE PASSAGE DE COURANT. —
- contenant un petit faisceau de fils de soie qui plonge à la partie inférieure dans une auge commune, remplie d’une encre spéciale composée de bleu ou de violet d’aniline dissous dans un mélange d’eau et de glycérine.
- Tous les styles sont disposés au-dessous du cylindre et peuvent le toucher suivant la génératrice inférieure.
- Chaque poste à contrôler est muni d’une boîte en fonte renfermant un contact en argent fixé sur la masse de la boîte, qui est reliée à la terre ou au fil de retour. Le fond de cette boîte porte une lame de ressort isolée, très voisine du contact fixe et mise en communication avec la pile et l’un des électros.
- L’agent chargé des rondes introduit dans la boîte une clef spéciale et lui fait faire un tour entier. Cette manœuvre soulève le ressort et lui faittoucher le contact fixe. Le circuit est alors fermé : le style correspondant se soulève et marque un point sur le cylindre.
- La surface du cylindre est couverte d’une feuille de papier quadrillé. Les lignes parallèles aux bases correspondent à chacun des styles et font connaître les postes visités ; les génératrices indiquent les heures auxquelles chaque poste a été contrôlé.
- Pour fixer le papier, le cylindre porte deux pointes aux extrémités de la génératrice correspondant à six heures. Deux repères imprimés sur la feuille se placent sur ces pointes et une lame mince de métal, percée de deux trous, vient s’appliquer sur les bords du papier pour le maintenir. Deux petits taquets articulés à charnières et à ressorts se rabattent sur les deux bouts de la lame et appuient fortement le papier sur le cylindre.
- Il est nécessaire de pouvoir enlever tous les jours le cylindre pour changer le papier et le replacer ensuite, sans altérer le rapport entre la position des heures imprimées et les heures marquées par l’horloge. Pour cela, l’axe du cylindre se termine par une manivelle dont la poignée s’engage dans le trou d’un plateau mû par l’horloge; c’est par le plateau et la manivelle que l’horloge communique le mouvement au cylindre. Lorsque la manivelle est engagée dans le trou du plateau, le cylindre occupe une position définie par rapport aux aiguilles de l’horloge. Si l’on enlève le cylindre pour changer la feuille de papier, le plateau continue sa rotation, et, lorsqu’on replace le cylindre, il se trouve exactement dans la même position que si on ne l’avait pas enlevé.
- CONTROLEUR DE PASSAGE DE COURANT
- COURANT A HAUTE FRÉQUENCE.
- DANS LES CABLES ÉLECTRIQUES. — Cet appareil, construit par MM. Richard frères, peut rendre de grands services dans l’établissement des lignes importantes de distributions électriques. Il est composé d’une horloge électrique, qui est mise en mouvement dès que l’intensité du courant passant par un câble est supérieure à celle qu’il peut laisser écouler normalement. Tant que la quantité de courant est supérieure à celle voulue, l’horloge marche ; dès qu’elle revient aux limites prévues, l’horloge s’arrête. On peut donc, par un simple coup d’œil, voir si on a dépassé la limite prévue et pendant combien de temps. Ce contrôle est indispensable et permet, en cas de dommages, d’établir nettement les responsabilités.
- L’appareil se place dans le circuit comme un ampèremètre ordinaire.
- COURANT A HAUTE FRÉQUENCE. — Expériences de M. Tesla. —En 1891, M. Tesla a obtenu des effets nouveaux et du plus haut intérêt à l’aide de courants présentant une tension extrêmement élevée en même temps qu’une très grande fréquence. Il emploie pour cela deux dispositifs différents. Dans le premier, un alternateur spécial, donnant 10 000 à 20 000 alternances par seconde, communique avec le fil primaire d’une petite bobine d’induction plongée dans l’huile, pour la maintenir parfaitement isolée. L’autre utilise la décharge oscillatoire d’un condensateur : il peut être réalisé avec l’appareil fig. 1110. Une bobine à trembleur rapide, de 5 centimètres d’étincelle, actionnée par 5 ou 6 accumulateurs, charge une bouteille de Leyde L au moyen des fils H; cette bouteille donne en e des décharges oscillantes, sous la forme d’étincelles très vives dont on peut faire varier la longueur en réglant la distance des boules. Le circuit de décharge de la bouteille contient, outre l’excitateur e, le fil primaire d’un transformateur T, complètement noyé dans l’huile, et dont le fil secondaire communique avec un autre excitateur E. Les deux circuits du transformateur sont séparés par un tube d’ébonite.
- Le premier dispositif permet de réaliser un certain nombre d’expériences intéressantes, et en particulier celles qui suivent :
- On prend de la main droite un tube de verre, de 1 mètre de longueur, vide d’air et ne renfermant aucune électrode, et de la main gauche l’une des extrémités du fil induit de la bobine : le tube s’illumine sur toute sa longueur; malgré l’énorme tension du courant I alternatif, l’opérateur subit seulement une sen-
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- COURANT A HAUTE FRÉQUENCE.
- sation qui n’est pas très intense dans le bras gauche.
- Un globe de verre, vide, contient une seule électrode, formée d’un gros bouton métallique, qu’on fait communiquer avec un des pôles de la bobine par un fil de cuivre recouvert de gutta. Le bouton s’illumine; en approchant la main de l’extérieur du globe, on provoque des phénomènes de condensation et la lueur devient beaucoup plus éclatante.
- Le second appareil se prête égalemeut à un grand nombre d’expériences remarquables.
- Ainsi on peut imiter les décharges d’une ma-
- chine électrostatique. Si les boules de l’excitateur E ont 10 centimètres de diamètre, on a seulement des étincelles ; si elles n’ont que 3 centimètres, on observe en même temps autour du métal des aigrettes et des lueurs comme il s’en échappe d’une pointe ou d’une arête avec une machine statique.
- Si l’on détache les fils qui se rendent à l’excitateur E, ils deviennent lumineux dans l’obscurité, émettent des aigrettes et attirent les corps légers; on perçoit en même temps l’odeur de l’ozone.
- Un tube de verre vide s’illumine lorsqu’on
- Fig. 1110. — Appareil pour les expériences de M. Tesia.
- saisit d’une main une de ses extrémités et j qu’on met l’autre en contact avec une des tiges j de l’excitateur.
- Le corps humain peut lui-même servir de j conducteur; dans ce cas, tenant d’une main ; l’extrémité du tube de Geissler ou de Tesia, on | saisit de l’autre une des tiges de l'excitateur, j les deux boules étant écartées. Si, dans ces ; conditions, une autre personne vient prendre j à pleine main l’extrémité libre du tube, celui-ci j devient immédiatement très lumineux et dans j loute sa longueur. On peut ainsi former une j chaîne de personnes tenant entre elles des tubes qui s’illumineront sous l’influence électrique.
- On peut aussi illuminer le tube sans le mettre Dictionnaire d’électricité.
- en communication immédiate avec l’excitateur. Pour cela une surface métallique S (fig. 1111) est suspendue à l’une des tiges de l’excitateur E et crée ainsi un champ électrostatique qui s’étend à distance. Un tube de Geissler ou de Crookes, tenu à la main par une de ses extrémités, s’illumine dans le voisinage de la plaque sans cependant avoir avec elle aucun contact immédiat.
- Un autre phénomène également très intéressant est celui-ci : suspendons à l’une des tiges de l’excitateur E une lampe L’ (fig. 1111) à une seule électrode ou même sans électrode, elle s’illumine et l’on peut voir se produire, surtout si l’on approche la main, une aigretle brillante en forme de pinceau, constituant un j phénomène des plus remarquables. L’aigrette
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- COURANT A HAUTE FRÉQUENCE.
- se déplace avec la plus grande facililé sous l’influence de la plus faible variation magnétique; aussi M. Tesla a-t-il cru voir dans ce phénomène à la fois un nouveau mode d’éclairage et peut-être aussi un moyen « de télégraphier à une vitesse quelconque à travers l’Atlantique ».
- La cuve R (fig. 1110) est enlevée ainsi que le transformateur T qu’elle contient. Dans les deux serre-fils A et B, laissés libres, on serre les extrémités d’un gros fil CO de faible longueur et de résistance presque nulle (0,0007 ohm) : une lampe à incandescence L, reliée aux deux extrémités de ce gros fil, s’allume au blanc. Cette lampe étant de 4 volts, il faudrait, pour obtenir le même effet, lancer dans le gros fil un courant continu d’environ 6 000 ampères.
- En substituant au fil CO un solénoïde H d’une dizaine despires, on peut allumer des lampes L,
- de différents voltages, qu’on place en dérivation en divers points du solénoïde ; deux spires d’intervalle suffisent pour une lampe de 4 volts.
- Une lampe L de 4 volts, reliée aux deux extrémités d’un solénoïde H' de deux spires, s’allume au blanc lorsqu’on introduit à l’intérieur le gros solénoïde H, parcouru par le courant de décharge.
- Ces expériences si remarquables deviendront peut-être le point de départ d’applications importantes. « Comment transmettre économiquement les tensions alternatives énormes utilisées dans ces expériences? On peut tout d’abord rapprocher autant que possible la bobine du lieu d’utilisation, mais, même pour une courte transmission, un fil traversant une salle prendrait déjà les 9/10 de l’énergie qu’il transmet. La question est encore à l’étude. Le meilleur
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- Ap-UlH’
- Fig. HH. — Accessoires pour les expériences de M. Tesla.
- syslème serait peut-être un fil isolé dans une gaine de plomb en ménageant des divisions dans la couverture métallique.
- « Quelle sera la lumière de l’avenir? Utilisera-t-on les corps solides ou les gaz incandescents? L’incandescence sera-t-elle due à des phénomènes chimiques ou électriques ? Le rendement des sources de lumière actuelles est déplorable ; des perfectionnements dans la nature de ces sources peuvent apporter des économies énormes. » M. Tesla pense que l’on trouvera la solution dans l’emploi des courants alternatifs de très grandes fréquences et de très hauts potentiels.
- Action physiologique des courants à haute fréquence. — M. d’Arsonval a étudié vers 1890 les effets physiologiques des courants alternatifs à grande fréquence, tels que ceux dont nous venons de parler. Il avait constaté, dans des expériences antérieures, que, pour les courants de basse fréquence, le nombre des secousses subies par le sujet augmente d’abord
- avec celui des inversions, et les diverses contractions vont en se fusionnant de plus en plus jusqu’à ce que le muscle reste en contraction permanente : il est alors tétanisé, ce qui exige pour les muscles de l’homme 20 à 30 excitations par seconde. Si l’on augmente encore le nombre des ondes, on accroît aussi l’intensité des phénomènes d’excitation, mais seulement jusqu’à un certain maximum, qui a lieu entre 2 500 et 5000 excitations par seconde. A partir de cette limite, les phénomènes vont en décroissant indéfiniment. Ainsi, avec des oscillations suffisamment rapides, on peut faire passer à travers l’organisme, sans qu’il soit perçu, un courant qui serait foudroyant si l’on abaissait la fréquence.
- M. d’Arsonval a montré ce résultat par plü' sieurs dispositifs : on peut employer celui de la figure 1110, mais on augmente l’étincelle ene par l’action d’un électro-aimant dont les pôles sont placés à angle droit avec elle. Dans ces conditions, quelles que soient la longueur de
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- COURANT POLYPHASÉ.
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- l’étincelle en E et la bobine employée, on peut ; sans inconvénient tenir avec les mains les deux ; boules de l’excitateur, pourvu qu’on les saisisse lorsqu’elles sont encore au contact et qu’on les j y ramène avant de les abandonner. j
- D’après M. d’Arsonval, on peut expliquer | cette innocuité par l’absence d’excitation, ou l mieux encore en admettant que ces courants j exercent sur les centres nerveux et sur les ; muscles cette action si remarquable étudiée ! par Brown-Séquard sous le nom d'inhibition. j
- Production de courants alternatifs à haute I fréquence, par les machines statiques. — Le j Dr S. Leduc a obtenu avec ces machines des j courants alternatifs à haute tension et à grande fréquence qui présentent des propriétés analogues à celles des courants de M. Tesla, et qui permettent de répéter la plupart de ses expériences. Il suffit de réunir les armatures externes des deux bouteilles de Leyde par . un circuit très résistant. En écartant les boules de l’excitateur, on produit une série de décharges oscillatoires, et le circuit est parcouru par des courants alternatifs à haute tension et grande fréquence.
- Ces courants peuvent être employés en médecine, soit en plaçant le sujet dans le champ magnétique oscillant, soit en l’électrisant à distance par étincelles, soit en mettant une électrode en contact avec la peau.
- « Lorsque l’étincelle entre les excitateurs se produit d’une façon continue, on peut tenir les deux électrodes à pleines mains sans percevoir aucune sensation; mais, si on localise l’action du courant en promenant une pointe métallique mousse à la surface de la peau, le phénomène change complètement. L’action se fait à peine sentir tant que la pointe ne passe pas sur un nerf; mais, aussitôt qu’elle rencontre un nerf sensitif ou moteur, les fonctions de celui-ci sont excitées dans toute sa distribution au-dessous de l’électrode; la sensation dans les branches des nerfs sensitifs est tellement nette qu’elle permet de déterminer avec une grande précision les limites de la région innervée par le nerf excité. Un déplacement de l’électrode de moins d’un millimètre suffît pour faire disparaître entièrement toute sensation. Ces courants constituent donc un moyen de localiser l’excitation nerveuse mieux qu’on n’a pu le faire jusqu’ici, et cette propriété fait espérer qu’ils seront utiles aux physiologistes pour déterminer les localisations fonctionnelles du système nerveux périphérique ou central. » COURANT POLYPHASÉ. — Lorsque deux
- ou plusieurs courants alternatifs passent aux mêmes moments par leurs maxima et parleurs valeurs nulles, on dit qu’ils ont même période et même phase. Si, tout en gardant la même période, ils passent par ces valeurs à des instants différents, ils sont décalés ou déphasés. Le nombre des phases différentes à considérer est égal à celui des courants : on a donc des courants diphasés, triphasés, etc. Généralement on règle la différence de phase d’une manière symétrique : les courants diphasés présentent donc une différence de 1/4 de période et les courants triphasés de 1 /3. Ces courants se prêtant fort bien à la construction de moteurs avantageux (Voy. Champ magnétique tournant), il est intéressant d’étudier leurs propriétés.
- Production des courants polyphasés. — On peut produire des courants diphasés au moyen d’une pile ou d’une machine à courant continu et d’un commutateur spécial, formé de deux commutateurs de Clarke calés sur un même arbre, à 90° l'un de l’autre. Si l’on fait tourner l’appareil, chacun des commutateurs, recevant le courant continu par des ressorts frotteurs, le change en courant alternatif, et la différence de phase est donnée par la distance angulaire de ces commutateurs. Avec trois commutateurs formant des angles égaux, on aurait des courants triphasés.
- On peut encore avoir des courants triphasés avec une dynamo à anneau Gramme; il suffit d’installer sur cet anneau trois prises équidistantes ABC, comme on le voit sur l’anneau D (fig. 1116); on réalise ainsi le montage en étoile, dont nous parlons plus loin. Ces prises sont reliées à trois bagues continues et isolées, fixées sur l’arbre de l’induit; trois frotteurs abc (1) recueillent les courants triphasés (fig. 1112).
- Le collecteur habituel Co peut être maintenu, sans changement, sur l’autre extrémité de l’arbre, avec ses frotteurs de; la même machine donne alors, à volonté, des courants continus ou des courants triphasés.
- Le plus souvent, on se sert d’alternateurs, dont la partie inductrice est disposée comme pour donner des courants alternatifs ordinaires ; mais l’induit, au lieu de porter une seule série de bobines, en nombre égal à celui des pôles inducteurs, en possède trois si l’on veut avoir des courants triphasés ; les bobines de ces trois séries alternent d’ailleurs régulièrement sur toute l’armature. Lorsque les bobines de
- (1) Nous démontrons un peu plus loin que trois fils de ligne suffisent pour transmettre les courants triphasés.
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- GOURANT POLYPHASÉ.
- la première série se trouvent exactement en face des pôles inducteurs, celles de la seconde en sont distantes d’un tiers et celles de la troisième de deux tiers d’intervalle de pôle. On conçoit que ces trois séries de bobines soient à
- Fig. 1112. — Dynamo Gramme donnant des courants continus et triphasés.
- chaque instant le siège de forces électromotrices décalées l’une par rapport à l’autre d’un tiers de période.
- Fig. 1113. — Montage en étoile.
- période. Trois des pôles étant ainsi réunis, il suffit d’attacher aux trois autres trois fils de ligne. Les connexions peuvent être établies directement sur les bobines. Ce mode de montage est dit en étoile ; il a été appliqué dans les expériences de Lauffen-Francfort.
- La figure 1114 montre un autre genre de montage, qui permet également de réduire à trois le nombre des fils de ligne, ainsi qu’il est facile de le démontrer. C’est le montage en triangle.
- Les trois fils de ligne amenant aux appareils
- Dans cette disposition, on a en quelque sorte trois alternateurs ayant l’inducteur commun et trois induits distincts calés sur le même axe, à des distances angulaires égales.
- On pourrait employer aussi trois alternateurs complètement distincts; ce système, un peu compliqué, n’a pas été utilisé jusqu’à présent, à notre connaissance, pour les courants triphasés, mais il est appliqué dans l’industrie pour la production des courants diphasés (Voy. Machine d’induction, Supplément).
- Transmission des courants polyphasés — Il | semble au premier abord qu’il soit nécessaire,
- ; pour transmettre des courants triphasés de leur | génératrice à une réceptrice éloignée, d’em-| ployer trois lignes distinctes, et par conséquent j six conducteurs. Ce nombre peut en réalité être réduit à trois.
- En effet, soient A,B,C, les trois circuits générateurs des courants triphasés, aa’, bb', ce', leurs pôles (fig. 1113), Les différences de potentiel qui existent entre ces trois séries de pôles sont évidemment décalées d’un tiers de période l’une par rapport à l’autre. Si l’on réunit ensemble les trois pôles abc, ils sont nécessairement à un même potentiel, que nous pouvons prendre pour origine. Les autres pôles présentent des potentiels variant d’une manière périodique et décalés l’un par rapport à l’autre d’un tiers de
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- \cc afj
- Fig. 1114. — Montage en triangle.
- récepteurs des potentiels décalés l’un par rapport à l’autre d’un tiers de période, ceux-ci pourront être montés, comme les générateurs, soit en étoile, soit en triangle. Ces courants peuvent alimenter directement des foyers lumineux, pourvu qu’ils soient installés suivant l’une de ces deux dispositions (fig. 1115); leS trois fils de lignes s’attachent en A, B, C. On a essayé aussi, à Francfort, une lampe à trois füa' ments, reliés avec les trois fils de ligne et réunis par leur sommet.
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- GOURANT POLYPHASÉ.
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- Cette symétrie et cette égalité de section des conducteurs constituent un avantage des courants triphasés sur les courants diphasés. Pour ces derniers, il faut employer quatre fils, ou trois seulement, dont un plus gros servant de retour commun aux deux autres.
- Principe des moteurs à courants polyphasés.
- — Dans un moteur à courants polyphasés, l’inducteur doit être disposé pour produire un champ magnétique tournant. Ainsi, pour les courants triphasés, cet inducteur se composera essentiellement de bobines, au nombre de trois
- Fig. 1115. — Montage des lampes alimentées par des courants triphasés.
- ou d’un multiple de trois, placées à angles égaux. Ces bobines peuvent être enroulées sur trois noyaux disposés suivant les trois rayons équidistants d’un anneau en fonte ; elles peuvent aussi être disposées en triangle.Enfîn l’anneau de Gramme peut servir facilement d’inducteur pour ces courants : il suffit de le diviser en trois bobines égales A, B,C, qu’on relie aux trois fils
- k8 r
- Fig. 1116. — Anneau de Gramme disposé en récepteur pour courants triphasés.
- de ligne (fig. 1116). Il se produit à l’intérieur un champ tournant.
- L’induit T, placé dans ce champ, peut être un conducteur quelconque. Il est formé le plus
- Kg. 1117. — Schéma d’un induit pour courants polyphasés.
- souvent, comme le montre la figure 1117, de deux anneaux plats de cuivre, réunis par des Narres de même métal, disposées suivant les
- génératrices d’un cylindre. D’après M. P. Janet, l’ensemble représente assez bien une cage d’écureuil. Afin d’augmenter la perméabilité, toutes ces tiges sont noyées dans des disques de fer superposés, dont elles sont isolées électriquement.
- Dans les moteurs d’une grande puissance, l’induit est généralement fixe et l’inducteur mobile.
- Lorsque l’induit est mobile, il faut remarquer qu’il constitue un circuit fermé et n’a besoin ni de balais, ni de frotteurs d’aucune espèce; tout l’entretien se réduit donc au graissage des paliers. *
- Au moment du démarrage, l’induit, étant immobile, est traversé par des courants de Foucault très intenses, ce qui pourrait être dangereux pour les moteurs de grande puissance. Dans ce cas, on intercale dans le circuit induit une résistance, qu’on diminue graduellement jusqu’à ce que l’armature se trouve en court circuit.
- Transformation des courants continus en courants polyphasés; transformation inverse.
- — Considérons une machine de Gramme disposée pour donner à volonté des courants continus ou des courants triphasés (fig. 1112). Si, par l’intermédiaire des balais de, on lance dans l’anneau un courant continu, on pourra recueillir sur les frotteurs abc des courants triphasés. La réciproque -est évidemment vraie. M. Schuckert avait exposé à Francfort une machine réalisant la même transformation pour les courants diphasés et continus.
- Avantages des courants polyphasés. — Ces courants sont les seuls actuellement qui per-
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- 990 CREUSET ELECTRIQUE.
- mettent de réaliser à la fois la transmission électrique de l’énergie à grande distance, sa transformation, sa distribution et son application à l’éclairage et à la force motrice, enfin sa transformation en courants continus.
- CREUSET ÉLECTRIQUE. — M. Moissan s’est servi en 1893 d’un creuset électrique pour obtenir la haute température nécessaire à la production artificielle du diamant. Ce four, modifié ensuite avec la collaboration de M. Violle, se compose sous cette dernière forme d’une enceinte cylindrique en charbon aggloméré, logée à l’intérieur d’un bloc de pierre
- de Courson et séparée de la pierre par une couche d’air. Cette disposition est nécessitée par la haute température obtenue, qui fondrait la chaux ; elle soustrait autant que possible l’arc au refroidissement extérieur. Les deux cylindres de charbon aggloméré servant d’électrodes sont disposés horizontalement; ils traversent deux trous opposés pratiqués dans le creuset et reçoivent le courant par de forts manchons en cuivre rouge, armés de mâchoires entre lesquelles on écrase les extrémités du câble dynamo-électrique.
- Il résulte des recherches de M. Violle que,
- Fig. 1118. — Creuset électrique avec aimant directeur.
- dans l’arc électrique, le charbon est porté à sa température d’ébullition et distille ainsi de l’électrode positive à la négative. Ce phénomène est attesté par la constance de l’éclat et de la température, ainsi que par toutes les circonstances qui caractérisent l’ébullition normale. Cet éclat est indépendant de la puissance du courant. On a donc « entre les deux charbons un flux de vapeur semblable au flux qui se produit au-dessus d’un vase dans lequel on fait bouillir de l’eau, avec cette différence toutefois que, tandis que l’eau bout à 100°, le charbon bout à 3 500°. La condensation de la vapeur de charbon sous l’influence des causes de
- refroidissement extérieur se produisant à faible distance, l’arc est limité brusquement par une surface nette, qui lui donne la forme d’un œuf, à l’intérieur duquel la température diffère peu de celle du charbon positif. »
- M. Violle a mesuré la température obtenue en laissant tomber dans un calorimètre un petit morceau de charbon formant l’extrémité de l’électrode positive. Il a trouvé environ 3 500°.
- Ce four électrique a été utilisé par M. Mois-san pour la reproduction du diamant ; il peut servir aussi à préparer un certain nombre de métaux réfractaires et à obtenir la cristallisation des différents oxydes. Le platine y entre en
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- DANSE SERPENTINE.
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- ébullition et distille. Les oxydes de manganèse et de chrome sont réduits en quelques minutes par le charbon. Les oxydes d’uranium, qui étaient jusqu’ici irréductibles par le charbon, produisent un carbure métallique qu’il est possible d’affiner ensuite par une nouvelle fusion en présence d’un excès d’oxyde. Du cristal de roche, placé au milieu du creuset, est complètement réduit en vapeurs, qu’on peut laisser échapper par une ouverture placée à la partie supérieure et condenser dans une cloche de verre.
- La figure 1H8 représente un creuset destiné aux recherches et aux essais de laboratoire. Les charbons sont obliques et mobiles dans leurs montures métalliques GG', de sorte qu’on peut facilement les amener au contact ou les séparer. Le creuset CR est mobile et enfermé dans un espace clos à parois réfractaires. Des conduits sont ménagés pour l’introduction des matières à traiter et pour la circulation des gaz. Des ouvertures garnies de mica permettent d’observer les phénomènes de fusion et de réduction,
- DANSE SERPENTINE. — On a donné ce nom à une danse inaugurée en 1893 par la Loïe Ful-ler, et dans laquelle le vêtement de la danseuse est éclairé par des lampes électriques, munies de verres de différentes couleurs. Ces danses ont été exhibées successivement aux Folies-Bergère, au Petit-Casino et sur un grand nombre de scènes de Paris et de la province. La danseuse, vêtue d’une robe blanche très ample, évolue généralement devant un fond noir ou très sombre. L’éclairage est obtenu, le plus souvent, par des lampes à incandescence munies de réflecteurs paraboliques : chaque réflecteur est monté sur une planche noircie qu’une personne tient facilement de la main gauche, tandis que, de la droite, elle fait tourner devant la source un disque de verre divisé en secteurs de couleurs variées. L’appareil est très portatif, ce qui permet de suivre facilement les mouvements de la danseuse avec le faisceau lumineux. Aux Folies-Bergère, on employait huit lampes; au Petit Casino, l’on se contentait de deux. Dans d’autres théâtres, on s’est servi de lampes à arc, devant lesquelles on faisait passer des
- ainsi que l’a fait M. Troost pour le zirconium et le thorium.
- Le creuset mobile CR se déplace de l’extérieur, la sole sur laquelle il est posé étant commandée par la tige RE; ce creuset est en charbon ou en chaux, etc., suivant les matières à traiter. Un aimant directeur Ai, placé près de l’appareil, transforme l’arc en une flamme allongée, formant un véritable chalumeau électrique, qu’on peut ainsi diriger au-dessus de la matière contenue dans le creuset.
- Un courant de 12 ampères et 55 volts permet d’obtenir la réduction d’oxydes et la fusion des métaux les plus réfractaires en quantité suffisante pour leur analyse chimique ou spectrale. Le tungstène, le titane, le chrome, le manganèse, l’uranium, etc., peuvent être obtenus dans ce creuset. MM. Joly et Vèzes ont pu amener ainsi à l’état métallique, sans oxydation, le ruthénium et l’osmium, en les soumettant en vase clos, en présence de gaz convenables, à la température élevée de l’arc.
- verres-de couleur. Quelle que soit la disposition employée, la robe de la danseuse paraît teinte à la fois de toutes les nuances de l’arc-en-cieJ, et l’on obtient les effets les plus variés, soit par la rotation des verres de couleur, soit par les ondulations communiquées aux plis de la robe; celle-ci renferme ordinairement deux, baguettes soigneusement dissimulées, que la danseuse saisit et relève de temps en temps pour agiter à la fois toute la masse de la jupe.
- Un autre dispositif consiste à placer sur la danseuse elle-même les sources de lumière. Ainsi Miss Sita, au Casino de Paris, accompagnait son chant excentrique de pirouettes vertigineuses exécutées au milieu d’un tourbillon de lumière se déplaçant en tous sens (flg. 1119). Cet éclairage est produit par 150 foyers lumineux habilement dissimulés et alimentés par une puissance de plus de 7 kilowatts.
- L’été dernier, au concert des Ambassadeurs, on voyait apparaître la chanteuse Frou-Frou, sautant à la corde; tout à coup, la corde se mettait à lancer des feux de toutes couleurs, faisant comme une auréole autour de l’artiste.
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- DÉCALAGE. — DÉRIVEUR-RËALLUMEUR.
- Diamantine, qui représentait au même concert la baronne de Rahden, exécutait avec grâce la haute école sur un coursier de carton qui suait pour ainsi dire l’électricité par tous les pores, se cabrant, roulant des yeux enflammés du
- rouge le plus vif, tandis que la bouche et les naseaux s’éclairaient vivement. Pour terminer cette exhibition, le fringant coursier faisait un salut de la tête en fléchissant les jarrets et, se retournant brusquement, montrait au public
- qu’il n’avait pas que la tête d’éclairée. Ces effets intéressants sont dus à M. Trouvé.
- DÉCALAGE. — Deux courants alternatifs de même période sont décalés ou déphasés l’un par rapport à l’autre lorsque leurs maxima ou leurs valeurs nulles se produisent à des instants différents (Voy. Courant polyphasé).
- DÉRIVEUR-RÉALLUMEUR. — Cet appareil,
- construit par M. Bardon, se place en dérivation aux bornes de lampes montées en série et sert à remplacer automatiquement le régulateur par une résistance équivalente à celle de l’arc, lorsque le courant se trouve rompu à l’intérieur de la lampe. Il se compose d’un solénoïde enroulé en fil fin et placé en dérivation sur les bornes du régulateur. Quand le voltage aug-
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- DÉSINFECTION ÉLECTROLYTIQUE.
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- mente d’une façon anormale, ce solénoïde attire un levier dont l’extrémité vient toucher une butée fixe : les connexions sont telles que la lampe se trouve alors remplacée par le rhéostat. Si le régulateur se retrouve ensuite à son état normal, les charbons revenant au contact, le solénoïde n’a plus d’action ; le levier, sollicité par un ressort antagoniste, quitte le contact, et la lampe est réallumée.
- DÉSINFECTION ÉLECTROLYTIQUE.— On sait que M. Hermite a imaginé une méthode ayant
- pour but d’appliquer l’électrolyse des chlorures au blanchiment et à la désinfection.
- Cette méthode ayant reçu dans ces dernières années une nouvelle extension, nous croyons utile de donner à ce sujet quelques nouveaux détails.
- Désinfection des navires. — L’emploi des désinfectants chimiques à bord des navires a l’inconvénient d’exiger des produits chimiques coûteux, encombrants, d’un maniement difficile et même dangereux ; en recourant à l’élec-
- yyyyyyy''^yyyyyïVy//yyyyyy/y/J&ys.
- XXL
- Fig. 1120. —-Appareil pour la désinfection des navires, système Hermite.
- trolyse de l’eau de mer, on peut simplifier beaucoup cette opération.
- On sait que le procédé Hermite est basé sur le principe suivant : Quand on fait passer un courant électrique dans une dissolution aqueuse d’un chlorure, de préférence le chlorure de magnésium ou un mélange de chlorure de magnésium et de chlorure de sodium, comme l’eau de mer, par exemple, ce chlorure est décomposé en même temps que l’eau; il se forme au pôle positif un composé oxygéné du chlore très instable et doué d’un grand pouvoir d’oxydation, et partant de désinfection. Au pôle négatif, il se forme un oxyde qui a le pouvoir de précipiter
- certaines matières organiques. Par électrolyse on obtient donc, dans ces conditions, un liquide qui a les propriétés suivantes :
- 1° De détruire complètement les matières organiques résultant de la putréfaction, et aussi les gaz, tels que l’hydrogène sulfuré, le suif-hydrate d’ammoniaque, les carbures d’hydrogène, et aussi les germes ou microbes;
- 2° De précipiter certaines matières telles que les matières albuminoïdes, etc., et par conséquent de clarifier les eaux.
- A bord des navires, la dissolution du chlorure dont on a besoin pour l’application du procédé Hermite est toute trouvée et ne coûte
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- rien : c’est l’eau de mer. Le seul passage de cette eau de mer dans un électrolyseur (page 86) suffît pour lui communiquer des propriétés désinfectantes de premier ordre. Une simple machine, sous la surveillance du mécanicien, permet de faire circuler sans cesse, jour el nuit, un liquide pur. et désinfectant dans toutes les parties du navire. Comme ce liquide est employé très abondamment, il n’est pas nécessaire de le charger beaucoup de principe désinfectant; il en résulte que l’odeur est pour ainsi dire nulle et le rendement électrique maximum.
- Les électrolyseurs qui servent à cette opération sont bien connus; ce sont ceux qu’on emploie dans le procédé de blanchiment du même inventeur. On fait généralement passer dans ces appareils un courant de 1 000 à 1 200 ampères. Des instruments de mesure simples et robustes sont placés dans le circuit et permettent de se rendre compte à chaque instant de la puissance absorbée et de la bonne marche de l’installation.
- La figure 1120 représente un dispositif complet et très compact pour navires. Une machine à vapeur A commande directement une dynamo B, qui fournit le courant àl’électrolyseur G. L’eau de mer est puisée par la pompe à vapeur D dans la cale ou dans le réservoir F et amenée dans l’électrolyseur, d’où elle retourne à la cale E. On peut aussi la recueillir dans un réservoir spécial G ou la distribuer par une canalisation/^ en tous les points du navire. Enfin le tuyau h conduit ce liquide dans la cuve J, où l’on peut faire descendre un wagonnet K en treillis de fer galvanisé, contenant du linge sale ou d’autres objets à purifier.
- Désinfection des villes et des maisons. — Le liquide désinfectant produit par la méthode Hermite convient à tous les usages, car il possède un pouvoir antiseptique considérable; la dissolution contenant 5 grammes de chlore par litre agit comme la solution de sublimé corrosif au millième, qui est employée comme antiseptique dans les hôpitaux. <c L’eau de mer ainsi électrolysée est un désodorisant parfait et un excellent antiseptique, qui détruit très rapidement les microorganismes les plus résistants, à la condition expresse d’assurer un contact intime du microorganisme et de l’eau électrolysée (1). »
- 10 grammes de matières fécales sont stéri-
- (1) Rapport du Dp A. Piton au conseil municipal de Brest, 21 février 1894.
- lisés en moins d’une heure par 500 centimètres cubes d’eau électrolysée, renfermant 5 grammes de chlore (1).
- Partant de ces propriétés, M. Hermite proposé d’établir dans chaque ville une usine centrale, produisant le liquide antiseptique par le simple passage dans une batterie d’électrolyseurs d’eau de mer naturelle ou artificielle (eau ordinaire contenant 30 kil. de sel marin et 6 kil. de chlorure de magnésium pour 1 000 litres). Ce désinfectant est refoulé comme de l’eau ordinaire dans une canalisation placée dans toutes les rues, et amené par des branchements dans les maisons, où il alimente les plombs, les éviers, les réservoirs de chasse des cabinets d’aisances, etc.
- Un appareil fort simple, appelé siphon di-lueur, est intercalé entre le tuyau de chute des cabinets d’aisances et l’égout; la dimension de cet appareil est calculée de telle sorte que les matières fécales y séjournent un temps suffisant pour se trouver complètement stérilisées.
- Le liquide, absolument inodore et inoffensif, se rend directement à l’égout, contenant encore un léger excès de désinfectant, ce qui assure la parfaite désinfection des égouts.
- Le tout à l’égout par ce système est donc bien résolu, puisque les habitants contribuent à l’assainissement de l’égout au lieu de l’infecter; toutes les eaux qui en sortent peuvent, sans inconvénient, être jetées a la mer ou dans les fleuves ou rivières. Les eaux ménagères venant des plombs et éviers passent dans un autre siphon dilueur avant de se rendre à l’égout.
- Ce siphon dilueur est alimenté par un réservoir de chasse automatique, calculé de façon à y envoyer de temps en temps une certaine proportion de désinfectant.
- Des bouches de lavage, établies au bord des trottoirs, permettent de nettoyer complètement tous les ruisseaux et les égouts avec le désinfectant au moyen de chasses faites à certaines heures; ceci constitue le service municipal.
- On peut arroser la chaussée avec le désinfectant au moyen de lances ou de tonneaux d’arrosage absolument comme pour l’eau ordinaire, ce qui assure la destruction des microbes ou germes contenus dans la poussière des rues.
- Moyennant une dépense très faible, les habitants peuvent avoir dans les cuisines, à côté du robinet d’eau potable, un robinet de jauge leur donnant le liquide désinfectant, dont ils appré-
- (1) Expériences du Dr J. de Christmas, 1894.
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- DÉSINFECTION ÉLECTROLYTIQUE.
- cieront bien vite Futilité pour le lavage des parquets, du linge des malades, etc.
- Le liquide antiseptique pourrait encore servir au blanchissage du linge, préalablement lessivé.
- L’adoption de ce système entraînerait en outre une grande économie d’eau potable.
- Fig. 1121. — Désinfection des cabinets d'aisances par le procédé Hermite.
- La canalisation peut être formée de tuyaux en fonte goudronnés à chaud, comme pour l’eau ordinaire, ou de tuyaux en fonte non goudronnés, qu’on recouvre d’une couche protectrice d’oxyde de fer et de magnésie par l’élec-trolyse du liquide chloruré.
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- En attendant l’installation d’usines centrales, les habitants des villes qui possèdent déjà des stations électriques peuvent à peu de frais produire eux-mêmes le liquide désinfectant pour leurs usages domestiques . Il suffit de faire passer le courant de la station centrale dans un réservoir constamment rempli d’eau de mer naturelle ou artificielle. L’appareil fabriqué pour cet usage se compose d’une série de tubes en fonte galvanisée d’une forme spéciale, constituant le pôle négatif, et dans lesquels passe le liquide ; ces tubes renferment les électrodes positives en platine. Le nombre des tubes ou éléments varie avec la force électromotrice du courant.
- La figure 1121 montre l’application d’un de ces électrolyseurs domestiques à des cabinets d’aisances. L’électrolyseur b reçoit l’eau de mer, naturelle ou artificielle, du réservoir a; le liquide électrolysé ou her-mitine se rend au réservoir de chasse e et de là à la cuvette d. Un robinet m permet de régler le débit de l’eau de mer et par suite le titre de l’hermitine, qu’on peut d’ailleurs ramener au degré voulu en amenant de l’eau douce par le robinet n.
- En tirant la chaîne q, on produit la chasse désinfectante ; mais, en même temps, on fait arriver une nouvelle quantité d’eau de mer dans l’électrolyseur et l’on déclenche automatiquement le commutateur o, qui lance le courant. Dès que le réservoir de chasse est de nouveau rempli, le flotteur p, agissant par l’intermédiaire de leviers sur les robinets nri et sur le commutateur o, interrompt à la fois le courant et le passage du liquide.
- Procédé Webster. — Nous ajouterons aussi quelques détails sur le procédé Webster, qui est employé en Angleterre depuis quelques années.
- On sait que M. Webster a également proposé de soumettre les eaux d’égout à l’électrolyse pour les purifier et pour précipiter les matières en suspension. Il emploie comme anodes des lames d’un charbon spécial, et comme cathodes des plaques de fer. Grâce aux chlorures que contiennent toujours les eaux vannes, il se forme dans ces conditions des composés oxygénés du chlore, qui produisent une combustion presque immédiate des matières organiques en suspension, et de l’oxyde ferrique, qui rend la désinfection plus efficace.
- Les électrodes, réunies en série ou en dériva-
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- tion avec une dynamo, sont placées dans des canaux où l’eau d’égout passe pendant quelques minutes ; elle reste ensuite environ une heure dans un bassin de décantation, puis elle est rejetée.
- Cette méthode a été expérimentée à Crosness, où l’on traite 4 000 à 5 000 mètres cubes d’eau parjour: on a constaté que 31 grammes dechlore naissant suffisent pour désinfecter 4,S litres des eaux vannes de Londres, après élimination des matières en suspension. En général, on peut purifier environ 3 litres d’eau vanne par ampère et par dix minutes, lorsque cette eau ne
- renferme pas de résidus d’usines. La proportion des matières en suspension est seule diminuée-les quantités d’azote et de chlorures restent à peu près invariables.
- Il faudrait, d’après The Electrieal Engineer, une puissance de 27 chevaux pour désinfecter 4 500 mètres cubes d’eau parjour; l’usure des électrodes de fonte s’élèverait à 1 300 tonnes par an pour une ville de 1 million d’habitants.
- Le même procédé, appliqué en 1889 aux matières du dépotoir de la Villette, a permis de concentrer les substances solides, en donnant
- Fig'. 1122. — Disjoncteur automatique Bardon.
- à la surface un liquide relativement inodore et désinfecté.
- DISJONCTEUR AUTOMATIQUE. — Cet appareil est destiné, comme tous ses semblables, à rompre le circuit de charge d’une batterie d’accumulateurs lorsque, pour une cause quelconque, le courant peut changer de sens et les accumulateurs se décharger sur la dynamo en la mettant hors de service. Il se compose (fîg. 1122) d’un interrupteur bipolaire, que deux puissants ressorts tendent à maintenir constamment ouvert, et qui ne reste fermé que lorsqu’un levier coudé en fer doux vient, par son extrémité en forme de crochet, emprisonner
- une goupille solidaire de l’axe de l’interrupteur. Ce levier sert d’armature à un électro traversé par le courant de charge; il est muni d’un ressort antagoniste réglé pour laisser déclencher l’appareil à 2 ou 3 ampères.
- DISTRIBUTION DE L’ÉNERGIE ÉLECTRIQUE. — Distribution à trois fils avec une seule dynamo. — Les systèmes de distribution à fils multiples, et en particulier à trois fils, procurent une grande économie dans l’établissement des conducteurs, et donnent à la fois les avantages d’une distribution en dérivation sur deux fils et ceux d’une distribution à potentiel élevé, les lampes se trouvant montées
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- DISTRIBUTION DE L’ÉNERGIE ÉLECTRIQUE.
- par deux en tension sur les conducteurs extrè- i nies, tout en conservant complètement leur autonomie. D’un autre côté, ces systèmes ont l’inconvénient d’exiger, au moins en principe, ; l’emploi de deux génératrices. La Compagnie de Fives-Lille emploie un dispositif qui sup- j prime cette nécessité et permet d’alimenter un j
- Fig. 1123. — Distribution à trois fils avec une seule dynamo.
- réseau à trois fils avec une seule dynamo, sans qu’il se produise d’étincelles au point d’attache du fil neutre.
- La figure 1123 montre le schéma de ce dispositif : R représente l’induit d’une dynamo à courant continu et ns les pôles de l’inducteur. Pour simplifier, on a supprimé le collecteur et placé les balais BjBg en contact direct avec l’enroulement. Ces balais communiquent avec
- les deux conducteurs extrêmes LtL2 du réseau à trois fils. Le fil neutre N s’attache au milieu d’une bobine D, douée d’une faible résistance et d’une self-induction considérable, et fixée elle-même en deux points ab diamétralement opposés de l’induit.
- Pendant la rotation, il se produit entre les points a et 6 une différence de potentiel alternative, mais le courant qui parcourt la bobine D est d’autant plus faible que le coefficient de self-induction L est plus élevé. On sait en effet que l’intensité maxima est
- V R2 + W2 L2
- E étant la force électromotrice maxima, R la résistance, w — ^ le chemin parcouru dans l’unité de temps.
- Le point 0 possède constamment la moyenne des potentiels non seulement entre a et 6, mais encore entre Bj et B2. Il résulte de là que, si les groupes 1 et 2 du réseau contiennent le même nombre d’appareils en marche, le fil N reste à l’état neutre ; si le groupe 1 par exemple est plus chargé que le groupe 2, l’excès de courant du premier retourne à la machine par le fil N, se partage en 0 et, comme il est continu, traverse sans difficulté la bobine D pour pénétrer dans l’induit.
- On est donc, avec ce dispositif, dans les mêmes conditions qu’avec deux génératrices montées en série : l’indépendance des groupes 1 et 2 est complète, et, si l’un consomme plus de courant, les différences de potentiel ne sont pas altérées, puisque l’excédent de courant retourne à l’induit presque sans perte par le fil N et la bobine D.
- Au lieu de fixer la bobine D sur l’armature elle-même, on peut la séparer de la machine. On relie alors deux lames diamétralement opposées du collecteur à deux bagues calées sur l’arbre, et munies de deux frotteurs qui communiquent avec les extrémités de la bobine à grande self-induction, disposée dans une caisse à côté de la dynamo, et dont le point neutre communique avec le fil compensateur.
- Les dynamos munies de telles bobines peuvent être employées comme régulatrices de tension, notamment dans le cas où la station centrale est éloignée et fournit, bien entendu, le courant sous une tension égale à la tension totale des deux groupes de lampes. Dans ce cas, on intercale, tout près des lieux d’utilisation, une ou plusieurs de ces dynamos munies de
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- DISTRIBUTION DE L’ÉNERGIE ÉLECTRIQUE.
- bobines de self-induction, qui reçoivent le courant des conducteurs principaux dans leurs balais, en marchant comme moteurs. Le fil neutre n’a pas alors besoin d’être relié à la station centrale située à une grande distance.
- Ce système peut s’appliquer aux dynamos comme aux moteurs, aux machines bipolaires ainsi qu’aux machines multipolaires ; il permet le groupement des machines en quantité, et présente un moyen très pratique de distribuer, avec une seule dynamo, le courant pour des lampes de 110 volts dans un rayon pouvant atteindre 800 mètres, sans qu’il en résulte une grande perte dans les conducteurs.
- On réalise, de ce fait, une sérieuse économie dans le prix des câbles et dans les frais d’installation.
- Ce dispositif a déjà reçu plusieurs applications qui toutes fonctionnent d’une façon parfaite.
- Appliqué à une dynamo actionnée par une machine Willans de 60 chevaux, il servait à l’éclairage de l’Exposition coloniale à Lyon.
- Distribution avec double transformation. — La Compagnie de Fives-Lille a présenté à l’Exposition de Lyon un transformateur triphasé de 10 kilowatts, destiné à transformer une tension.de 100 volts en une tension de 2 000 volts (et réciproquement), comptée entre deux conducteurs du système triphasé.
- Quoique la Compagnie de Fives-Lille construise également des génératrices triphasées à haute tension, elle préconise généralement l’emploi de génératrices à basse tension, avec double transformation pour le transport du courant. De cette façon, les manœuvres de la dynamo sont absolument sans danger, et comme les transformateurs ont un rendement très élevé, laperte qui résulte de cette double transformation est très faible.
- Les transformateurs se composent de trois bobines, dont les noyaux en fer sont réunis, à chaque extrémité, par une culasse. Cette disposition, ne prenant guère de place qu’en hauteur, permet d’installer les appareils dans un endroit quelconque de l’üsine, le long d’un mur par exemple.
- Comme, dans le système triphasé, chaque courant est égal à la somme des deux autres et de signe contraire, le noyau de chaque bobine sert alternativement de retour aux lignes magnétiques des deux autres, ce qui fait qu’un transformateur triphasé, tout en n’ayant qu’une bobine droite par courant, est à circuit magnétique fermé.
- Les transformateurs de la Compagnie de
- Fives-Lille sont, pour les petits modèles, avec enroulements superposés, tandis que, pour les grands types (60, 100, etc., kilowatts),les enroulements primaires ou secondaires sont composés des mêmes bobines partielles, couplées en quantité pour la basse tension et en série pour la haute tension. Les bobines des deux enroulements différents alternent, c’est-à-dire qu’une bobine de haute tension est intercalée entre deux bobines de basse tension. L’isolement est soigneusement assuré par des feuilles de mica. Avec cette disposition, la dispersion magnétique est tout à fait insignifiante.
- Distribution par courants polyphasés. — On trouvera plus haut (Voy. Courant polyphasé) les propriétés de ces courants et la disposition des appareils générateurs et récepteurs.
- Ce mode de distribution a pris en trois ans un très grand développement, ainsi que le montre la liste suivante, que nous empruntons à l'Industrie Électrique, et qui renferme les installations par courants alternatifs diphasés ou triphasés existant à la fin de l’année 1893 :
- On comptait alors en France trois installations de courants triphasés : 1° Saint-Victor-sur-Loir,à Saint-Étienne, trois unités de 200 kilowatts, dont une actuellement en service; 2° Pont-Lignon, une unité de 200 kilowatts; 3° Florensac (Hérault), une unité de 200 kilowatts. Ces trois installations sont faites sur le type de celle de Lauffen-Heilbronn.
- L’Allemagne possède quatre installations par courants triphasés : Lauffen-Heilbronn, Boc-kenheim-Francfort, Erding et Wangen en Allgau (Wurtemberg).
- En Autriche se trouvent deux installations, l’une par courants triphasés, à Pergine, l’autre parcourants diphasés, à Budapest.
- L’Amérique ne renferme qu’une seule installation, toute récente, à Redlands (Californie).
- Il convient de rappeler que la Compagnie Westinghouse avait installé à l’Exposition de Chicago 12 grands alternateurs diphasés de 750 kilowatts chacun, du système Tesla, qui trouveront sans doute bientôt leur place dans l’industrie américaine. En outre, l’utilisation des chutes du Niagara comprendra également des unités de 5 000 chevaux, à courants diphasés.
- Influence des courants polyphasés sur les circuits télégraphiques et téléphoniques. — A l’Exposition de Francfort figurait une installation ) pour le transport électrique de l’énergie entre ! Francfort et Lauffen au moyen de courants ; polyphasés ; cette installation a permis d’étudier
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- DOUILLE RÉGULATRICE. -
- l’influence de ces courants sur les circuits télégraphiques et téléphoniques placés dans son voisinage.
- On a obtenu ainsi les résultats suivants : L’influence des courants polyphasés augmentait avec la différence de potentiel, sur des lignes traversées par de faibles courants et placées à une distance moyenne de 10 mètres et présentant des longueurs variant de 1 à 29 kilomètres.
- Les bruits augmentaient dans les appareils à mesure que les défauts d’isolement se manifestaient. Des bruits se faisaient entendre aussi dans des lignes qui croisaient l’installation des courants polyphasés.
- Les mêmes effets se produisaient aussi sur des circuits doubles.
- DOUILLE RÉGULATRICE. — Cette douifle, imaginée par M. Ries (fîg. 1124), renferme une petite résistance de construction particulière ; la clef régulatrice, qui traverse une ouverture pratiquée dans la coquille de la douille, porte un bras qui se meut sur la série des tourillons de contact et permet d’intercaler dans le circuit
- ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE. 999
- une longueur de fil plus ou moins considérable. On peut donc ainsi régler l’éclat d’une lampe
- Fig. 1124. — Douille régulatrice Ries.
- à incandescence comme on le fait pour les becs de gaz ou les lampes à huile, et Ton prolonge la durée des filaments.
- E
- EAU (Épuration électrolytique de l’) . — Au contact de l’air et de l’oxyde de fer, les matières organiques contenues en petite quantité dans l’eau sont rapidement détruites. Le procédé Anderson, basé sur cette réaction, est employé à Anvers depuis plusieurs années pour la purification des eaux de la Grande-Nèthe, destinées à la consommation. L’eau passe dans des cylindres tournants remplis de rognures de fer, où circule un violent courant d’air. Il se forme du carbonate ferreux, qui se dissout dans l’eau et se décompose ensuite à l’air en anhydride carbonique et hydrate ferreux, que l’oxygène transforme bientôt en hydrate ferrique ; en même temps, les matières organiques sont brûlées ou entraînées dans ce dépôt, qu’un filtre de sable suffit à retenir. D’après M. Yan Ermen-gen, l’eau soumise à ce procédé peut être regardée comme à peu près stérilisée.
- Il semble, d’après une série d’expériences faites en grand en Amérique, que l’efficacité du procédé soit encore accrue lorsqu’on remplace l'oxygène de l’air par celui qui provient de l’électrolyse de l’eau. L’opération se fait alors
- dans des cuves allongées renfermant une série d’anodes en fer et de cathodes en charbon. L’eau circule très lentement. Il se forme de l’oxyde de fer, qui vient flotter à la surface, soutenu par les bulles d’hydrogène, et s’écoule en grande partie par un trop-plein. En même temps, les matières organiques sont détruites. L’eau sort presque limpide et se rend dans un réservoir où elle laisse les dernières parcelles d’oxyde de fer : elle est ensuite filtrée.
- ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE. — Eclairage de l’asile d’aliénés de Vaucluse. — La lumière électrique a remplacé l’éclairage au gaz à l’asile d’aliénés de Vaucluse, en novembre 1889 ; cette installation présentant, par la disposition des bâtiments et l’étendue de la canalisation, un type qui peut répondre aux besoins d’un grand nombre d’établissements, nous croyons utile de la décrire avec quelque détail.
- La vapeur est fournie par 3 générateurs Belle-ville, de 600 kilogrammes chacun, timbrés à 12 kilogrammes; elle se rend à un collecteur muni des valves nécessaires pour permettre d’utiliser-seulement, si on le désire, un ou
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- ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE.
- deux de ces trois appareils ; ces chaudières | sont munies de deux pompes alimentaires Belleville, dont l’une sert de rechange. L’usine renferme 3 moteurs pilon, construits spécialement pour la commande des dynamos, et munis de 2 tiroirs plans superposés. Ces machines tournent à 350 tours et donnent, à une pression de 6 kilogrammes, une puissance de 30 chevaux. Les tiroirs sont réglés à longue détente, afin d’avoir une grande économie, malgré l’allure rapide, qui permet de supprimer la transmission intermédiaire et d’actionner chaque dynamo par une simple courroie.
- Un régulateur très sensible, à force centrifuge, commande une valve régulatrice, qui maintient l’allure à peu près constante, quel que soit le débit de la dynamo. Le graissage de tous les organes se fait automatiquement et peut être réglé une fois pour toutes, au moment de la mise en marche.
- Lés dynamos, du système Sautter-Lemon-nier, donnent 140 ampères et 123 volts à la vitesse de 850 tours ; elles sont à compoun-dage ascendant, c’est-à-dire que la force électromotrice croît de 105 à 123 volts, à mesure que la charge augmente. Cette disposition permet de maintenir une différence de potentiel constante et égale à 105 volts aux bornes du tableau de distribution placé dans l’asile, et par suite au départ de chacun des circuits de lampes.
- Un premier tableau, placé dans l'usine, permet de relier les circuits avec deux quelconques des trois groupes de machines.
- Il comprend deux commutateurs de groupage de 250 ampères, un commutateur de 100 ampères, trois coupe-circuit doubles principaux, dont deux de 250 ampères et un de 100 ampères; deux ampèremètres Carpentier (avec réducteur) pour 150 ampères; un voltmètre Bréguet sans aimant pour 120 volts, enfin deux commutateurs à manette.
- La canalisation est en cuivre nu à l’extérieur des bâtiments, en câbles isolés à l’intérieur. Elle comprend 4500 kilogrammes de cuivre nu, 13 600 mètres de câble à isolement moyen, 4800 mètres de câble à isolement fort, 400 mètres de câble sous plomb, 200 mètres de fil à deux conducteurs. Les fils nus sont supportés par des isolateurs de porcelaine; les câbles isolés sont placés dans des gaines en bois à deux rainures avec couvercle plat ou moulure.
- L’installation comprend 565 lampes ainsi réparties
- 10 bougies. 16 bougies.
- Galeries de service................. 0 40
- 12 quartiers de malades........... 192 48
- 2 cellules d’agités................ 10 0
- Bâtiments des services généraux. 32 65
- — l’administration.. 16 20
- Atelier....................... . 0 8
- Buanderie........................... 0 22
- Closets............................ 14 0
- Colonie............................ 58 4
- 322 243
- Ces lampes exigent un courant de 275 am-| pères; elles sont toutes de 100 volts; mais, vu la disposition de l’usine et pour éviter toute espèce de réglage au fur et à mesure de l’allumage et de l’extinction, la perte en volts atteint en pleine charge 23 unités. La puissance nécessaire est donc 123 x 275 = 33 825 watts.
- Le tableau de distribution est placé dans le sous-sol du bâtiment des services généraux. Il permet d’allumer, isolément ou à la fois, tous les circuits de l’asile, qui sont au nombre de 17, et comprennent chacun un interrupteur et un coupe-circuit double. La distribution des circuits est la suivante :
- 1° Entrée des galeries de service ;
- 2° à 13° Quartiers de malades et cellules d’agités ;
- 14° Bâtiments des services généraux;
- 15° Bâtiments de l’administration ;
- 16° Atelier;
- 17° Buanderie.
- Ce tableau renferme deux commutateurs de 100 ampères, deux autres de 20 ampères, et 13 autres de 10 ampères, 15 coupe-circuit de 1 à 30 lampes, 2 autres de 30 à 120 lampes.
- Des interrupteurs sont placés dans les locaux éclairés; les dérivations de plusieurs lampes sont également commandées par des interrupteurs spéciaux. Les lampes, qui sont toutes à incandescence, ont été montées sur les anciens appareils à gaz. Le personnel comprend un chauffeur, un mécanicien et un surveillant.
- Éclairage des serres et des jardins. — La plus belle installation de ce genre est celle qui a été réalisée par la Société « Électricité et Hydraulique », de Charleroi, dans les serres et le jardin d’hiver du domaine royal de Laeken, et qui comprend une surface supérieure à 1 hectare. Les serres sont particulièrement difficiles à éclairer, car les parties vitrées laissent échapper à l’extérieur presque toute la lumière qu’elles reçoivent. Il faut tenir compte aussi de la tonalité et de la qualité de la lumière ; la lampe à arc, éclairant directe-
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- ment, fournit une lumière trop dure et donne aux plantes ainsi éclairées l’aspect du métal peint. Dans certaines serres, comme celles des palmiers, des azalées, des camélias, et même dans l’orangerie, de dimensions plus restreintes, l’association de l’incandescence et de l’arc donnait des résultats satisfaisants au point de vue de la coloration ; mais, dans les vastes serres formant le jardin d’hiver proprement dit, les lampes à incandescence, même les plus puissantes, étaient toujours trop faibles pour atteindre le même but. Les lampes à arc employées sont du système Dulait (fig. 1 i25).
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- On s’est arrêté dans ce cas, après de nombreux essais, à l’emploi presque exclusif de l’arc, mais on a adapté au-dessus de chaque foyer un réflecteur de grandes dimensions à plusieurs courbures, et au-dessous un petit réflecteur en cristal opalisé, qui renvoie une partie de la lumière sur le premier. Le grand réflecteur projette toute la lumière réfléchie sur le sol, et le petit réflecteur, assez opaque pour empêcher de distinguer le point lumineux, laisse cependant passer une bonne partie de la lumière qu’il reçoit. On obtient ainsi un éclairage à la fois très doux et très
- Fig. 1123. — Lampes Dulait.
- intense, qui conserve leur ton exact aux riches couleurs de la végétation luxuriante des serres.
- Dans les serres plus petites et dans l’orangerie, on a employé de longues séries de lampes à incandescence, suspendues à la même hauteur par des fils horizontaux aussi minces que Possible ; des lampes à arc, disposées de distance en distance, augmentent l’éclat de la lumière.
- Les foyers sont répartis de la manière suivante. Le grand dôme du jardin d’hiver renferme 38 lampes de 2 000 bougies chacune, dont 12 placées au point culminant du dôme, i Dictioxxaire n’ÉLECTMcm:.
- au point de départ des fermes principales; 12 autres lampes, placées plus bas, forment une nouvelle couronne, de plus grand rayon ; 18 autres sont répandues symétriquement dans le pourtour de la colonnade. La partie de ce dôme où ont lieu les réceptions est éclairée par 10 candélabres en fer forgé, portant chacun un foyer de 1 000 bougies et 4 lampes à incan-dence de 30 bougies.
- L’aspect de cette vaste coupole, reposant sur la colonnade blanche, qui reçoit toute la lumière produite dans le dôme, est absolument féerique. Ce dôme est relié d’une part à l’orangerie et de l’autre à la serre dite « du
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- Congo » par des annexes qui renferment une vingtaine de foyers. L’orangerie, dont le plafond et les parois sont complètement blancs, a pu être éclairée par des lampes à incandescence suspendues à des fils minces; la même disposition a été continuée aux extrémités de l'orangerie, dans le théâtre et dans la serre à manger ; cette dernière surtout produit un effet saisissant.
- La serre du Congo possède l’illumination la plus brillante; 20 foyers puissants éclairent ses plantes exotiques et mettent en relief les moindres détails de la végétation. L’escalier en marbre de couleur tendre, qui conduit au débarcadère, est éclairé par des lampes à incandescence de 30 et de 60 bougies.
- La distribution est à 3 fils et le courant à faible tension. Deux batteries, de deux chaudières chacune, fournissent la vapeur à 3 machines de 80 à 100 chevaux, commandant 4 dynamos Dulait, dont 2 de 70 000 watts et deux de 33 000. Les lampes à arc, différentielles, sont aussi du système Dulait. Dès que le courant s’établit, l’électro-aimant principal attire une armature reliée au porte-charbon inférieur par un double étrier en fer et produit ainsi l’allumage. Lorsque la résistance augmente, l’électro placé en dérivation attire son armature : un contact antagoniste en platine se soulève et interrompt le courant; mais l’armature, en se relevant, referme instantanément le circuit, et le même phénomène se reproduit jusqu’à ce que le courant principal ait repris son intensité normale. Cette succession rapide d’attractions et de répulsions permet à une roue à ailettes de se dégager chaque fois d’un cran, et ce mouvement, transmis au porte-charbon supérieur, le fait descendre d’une petite quantité.
- Éclairage de l’Olympia. — La magnifique salle de spectacle, connue sous le nom d’Olympia et construite sur l’emplacement occupé autrefois par les Montagnes Russes, est pourvue d’une station électrique remarquable à tous les points de vue.
- Cette installation comprend trois générateurs à vapeur, système Babcok et Wilcox, et trois dynamos à vapeur de 135 chevaux chacune. Chaque ensemble de dynamo à vapeur comporte une dynamo Rechniewski à huit pôles, de 80 kilowatts, et un moteur à vapeur Willans à simple effet et à distribution centrale, auquel elle est accouplée directement.
- Cette usine alimente actuellement 1 750 lampes à incandescence de 16 bougies, 14 lampes
- à arc de 8 ampères et 5 moteurs électriques d’une puissance totale d’environ 8 chevaux. La figure 1126 montre un candélabre garni de lampes à incandescence.
- La salle des machines est placée derrière la scène et est divisée en deux parties séparées par une cloison. La partie postérieure est réservée à la chaufferie et n’est pas accessible au public ; au contraire, la salle des machines est d’un accès facile pour les spectateurs, grâce à une galerie vitrée placée derrière la scène. Cette galerie forme le prolongement du promenoir qui règne autour de la salle, constituant ainsi un espace continu bien plus commode pour la circulation que les promenoirs en fer à cheval.
- Éclairage de l’Auditorium, à Chicago. — On
- sait que l’esprit pratique des Américains ne recule devant aucune nouveauté. C’est ainsi qu’une importante compagnie financière n’a pas craint d’associer ensemble les deux établissements qui présentent le plus de dangers d’incendie, un théâtre et un hôtel. Cet édifice à double destination a été commencé en 1885 et terminé en 1888, après trente-cinq mois de construction, les travaux ayant été poussés avec toute l’activité possible; il constituait encore en 1893 une des principales attractions de Chicago.
- C’est un immense bloc de maçonnerie, qui occupe sur la rue du Congrès une longueur de 120 mètres et présente en outre deux façades de 60 mètres sur deux avenues latérales. En réunissant ainsi dans un même immeuble deux établissements dont la juxtaposition serait considérée en Europe comme extrêmement dangereuse, la compagnie de l'Auditorium a pris toutes les précautions imaginables. On est du reste habitué à Chicago, où l’on construit des maisons à 22 étages, à proscrire soigneusement les matériaux inflammables. La suppression absolue du gaz et l’emploi de l’électricité, combinés avec une excellente installation hydraulique, achèvent de garantir une parfaite sécurité.
- L’électricité ayant été adoptée dès l’origine, les architectes ont pu disposer les foyers de la manière la plus avantageuse pour la décoration, et l’on n’a pas eu à s’inquiéter, pour les peintures, de l’influence des émanations que donne le gaz d’éclairage ; c’est un avantage précieux qui ne s’est guère encore rencontré dans les théâtres d’Europe, construits, pour la plu' part, avant l’adoption de l’éclairage électrique.
- Le courant est produit par 10 dynamos de
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- 1000 lampes chacune, commandées par 10 moteurs qu’alimentent un nombre égal de chaudières. L’usine, qui contient, en outre, une machine de secours, est installée dans des sous-sols spacieux disposés spécialement pour cet usage. Le parcours des conducteurs a été
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- étudié d’avance avec soin, de manière à éviter tout contact avec des matières susceptibles de s’enflammer.
- Le nombre total des lampes est de 10 000, dont 3 500 pour la salle de théâtre et 1 500 pour la scène. Le tableau de distribution, dirigé par le
- Fig. il 26. — Candélabre électrique de l’Olympia.
- chef des jeux de lumière, comporte donc 5 000 lampes dont on peut faire varier l’éclat à l’aide de rhéostats ; pour les 450 foyers de la rampe et les 150 lampes de chacun des six portants, ils sont munis d’écrans en verres colorés donnant les teintes rouges, vertes ou blafardes.
- Le foyer des musiciens, situé derrière l’orchestre, et les trente vestiaires des figurants
- sont également éclairés à l’électricité, mais les lampes destinées à cet usage sont indépendantes du tableau de distribution du théâtre.
- Pour tout l’édifice, qui comporte dix étages et occupe une superficie de 6 000 mètres carrés sans aucune cour intérieure, les câbles et les fils électriques ont un développement total de 40 kilomètres.
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- Éclairage de la gare d’Orléans, à Paris. —
- La surface éclairée comprend les cours d’arrivée et de départ, les services annexes, les messageries, le grand hall des voyageurs et les voies jusqu’au boulevard de la Gare. L’installation se compose d’environ 120 régulateurs à arc de différentes intensités, disposés sur 17 circuits; les 16 premiers contiennent chacun 7 lampes en série et le dernier peut en renfermer jusqu’à 20. Cette disposition de lampes par 7 est assez peu employée, car il est difficile de régler un aussi grand nombre d’arcs en série alimentés à potentiel constant; dans ce cas cependant, on a réussi à obtenir des résultats très satisfaisants. La durée de l’éclairage varie de 10 à 16 heures, suivant les circuits.
- Le courant est fourni par des dynamos à courant continu du système Ganz, construites au Creusot. Ce sont des machines robustes et soignées, qui fonctionnent parfaitement et donnent un rendement élevé, malgré leur faible vitesse angulaire ; il y a deux machines à potentiel constant, de 350 volts et 140 ampères, et une machine à intensité constante, de 12 ampères et 1000 volts.
- Ces dynamos sont commandées par deux moteurs Corliss, de 90 chevaux chacun, horizontaux, qui font 75 tours par minute ; elles peuvent marcher à volonté avec échappement à l’air libre ou avec condensation. La vapeur est fournie par deux chaudières à corps cylindrique, avec foyer intérieur et faisceau tubulaire démontable, timbrées à 7,5 kilogrammes ; elle est amenée par une conduite commune.
- Les moteurs commandent les dynamos par l’intermédiaire d’une transmission, de sorte qu’on peut interchanger les communications.
- Le tableau de distribution, placé dans la salle des machines, permet d’allumer et d’éteindre tous les circuits, soit d’après un horaire déterminé par les besoins du service, soit à la demande des intéressés, qui avertissent au moyen de signaux électriques convenus. Il porte deux barres horizontales, qui régnent sur toute sa longueur et communiquent avec les deux dynamos à potentiel constant. Le circuit delà machine à intensité constante court au contraire le long du bord inférieur. Ce tableau est divisé en 3 parties : la partie centrale renferme le départ des 17 circuits d’éclairage, qui possèdent chacun 1 ampèremètre, un rhéostat de I réglage, un coupe-circuit bipolaire et un inter- j rupteur; à gauche se trouvent les appareils de I contrôle et de réglage pour la dynamo de I
- 1 000 volts et à droite ceux qui se rapportent aux machines de 350 volts.
- Un certain nombre de circuits peuvent être alimentés par la dynamo à intensité constante, grâce à un commutateur spécial, qui permet de les réunir, par deux ou trois au plus, en série sur le circuit de cette machine, et qui empêche en même temps de faire communiquer par mé-garde cette dynamo avec les deux premières.
- Les deux machines de 350 volts sont excitées en dérivation et portent chacune un rhéostat de champ magnétique manœuvré à la main. Un régulateur automatique, du système JBlathy, gouverne les deux circuits inducteurs et maintient constante la différence de potentiel aux barres du tableau, malgré les variations de la charge.
- Ces machines sont munies en outre d’ampèremètres, de voltmètres toujours en circuit, d’interrupteurs bipolaires principaux.
- La dynamo à intensité constante possède un régulateur automatique d’intensité d’un système analogue au précédent ; elle est excitée en série ; le régulateur et le rhéostat à main sont également placés en série, mais leur ensemble est mis en dérivation sur l’inducteur.
- Le tableau porte enfin, à la partie supérieure, quatre paratonnerres à peignes, deux pour les circuits de 1 000 volts et deux pour les circuits de 350. Tous les appareils sont montés sur porcelaine et les machines sont isolées de leurs fondations par des plaques de fibre.
- L’installation comprend des lampes à arc Bardon, Pilsen et Thomson-Houston; ces dernières se trouvent surtout sur les circuits destinés à être alimentés à intensité constante. Toutes ces lampes sont suspendues, soit aux fermes des bâtiments, soit à des potences spéciales.
- La canalisation est aérienne et en fil nu, sauf dans les cours d’arrivée et de départ, où les candélabres sont reliés par des câbles souterrains.
- Éclairage électrique de Clermont-Ferrand.
- — Cette ville, qui a possédé la première en France des tramways électriques, est dotée également d’une station centrale d’éclairage, inaugurée le 24 juillet 1892, et qui dessert également la ville de Royat, située à 5 kilomètres. Cette station est placée à l’usine à gaz, dans la partie basse de la ville, ce qui a permis d’utiliser l’eau des gazomètres pour la condensation; elle comprend 3 groupes de 50 000 watts chacun. On a réservé la possibilité d’ajouter 2 nouvelles chaudières.
- Les chaudières sont cylindriques, à foyer
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- intérieur et faisceau tubulaire dans le prolongement; chacune a 100 m2 de surface de chauffe et pourrait, en marche forcée, alimenter deux moteurs. Ces chaudières possèdent deux injecteurs et deux pompes alimentaires, qui puisent l’eau sous pression venant d’un réchauffeur placé dans les traînasses des fours à gaz. Cette eau arrive à 80°, ce qui donne une économie notable sur le combustible. Le réchauffeur doit être arrêté une grande partie de la journée pour éviter une surproduction de vapeur. Chaque chaudière communique avec la machine correspondante par un tuyautage indépendant ; mais un collecteur, muni de soupapes d’isolement, permet de réaliser tous les couplages nécessaires.
- La grande quantité de vapeur produite rend la conduite des chaudières très facile.
- Les moteurs sont horizontaux, du système Corliss, à enveloppe de vapeur; elles actionnent les dynamos par courroies.
- Le condenseur est placé à l’arrière du cylindre et commandé directement par la tige du piston. Les clapets, du système Corliss, sont entièrement métalliques. Un purgeur automatique enlève sans cesse l’eau de condensation qui s’accumule dans l’enveloppe du cylindre.
- L’eau d’alimentation des condenseurs est puisée au fond des cloches à gaz et déversée à la partie supérieure; à cause de sa grande masse, 5 000 m3. environ, elle ne s’échauffe pas sensiblement en plusieurs heures.
- Les machines peuvent aussi fonctionner avec échappement à l’air libre.
- Les dynamos, du système Zi-pernowsky, Déri et Blathy, sont à courants alternatifs ; elles action-oent des excitatrices à courant continu; elles font 500 tours et les excitatrices 900. Leur puissance nominale est de 50 kilowatts, mais Peut être poussée sans inconvénient jusqu’à 60. Les excitatrices donnent 30 ampères et 110 volts;
- une seule peut suffire à la rigueur pour deux dynamos.
- Les dynamos sont montées sur glissières, pour faciliter le réglage des courroies ; elles
- peuvent se coupler facilement en quantité.
- La distribution se fait au potentiel de 2 000 volts : les communications s’établissent par l’intermédiaire du tableau de distribution, placé près des machines (fîg. 1127). Ce tableau
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- est divisé en deux parties : le panneau de gauche se rapporte aux excitatrices et contient les appareils qu’on trouve ordinairement dans les installations à courant continu : il donne naissance à deux conducteurs qui se rendent aux inducteurs des alternateurs en traversant des rhéostats et des commutateurs doubles, placés au bas du panneau principal ; la partie supérieure de celui-ci renferme les commutateurs bipolaires, les ampèremètres et les fils de connexion des dynamos avec la ligne et avec le rhéostat de mise en charge. Chaque'alternateur a du reste deux commutateurs principaux, l’un pour ce rhéostat, l’autre pour la ligne, ce qui facilite les manœuvres.
- La ligne part du côté gauche du panneau principal, par l’intermédiaire d’un commutateur double et de deux parafoudres â peignes. Un ampèremètre totalisateur indique le débit et vérifie les indications des ampèremètres individuels. Le rhéostat de mise en charge se trouve à droite du panneau principal; il est en ferro-nickel et formé d’éléments facilement démontables. Le tableau comprend encore un indicateur de phases et un égalisateur de potentiel, qui agit toutes les fois que la perte de tension dans la ligne dépasse 2 0/0. Toutes les communications de ce tableau sont apparentes et les câbles des divers circuits sont peints de couleurs différentes.
- La ligne primaire est aérienne; elle repose sur le faîtage des maisons et en dehors de la ville sur des poteaux. Les transformateurs placés chez les abonnés ont une puissance de 1 000 à 10 000 watts. Leur faible dépense à vide permet de les laisser constamment en circuit; on peut cependant les séparer pour les mesures d’isolement.
- Éclairage électrique d’Anvers. — L’éclairage de la ville d’Anvers a été modifié ; il est assuré actuellement, depuis l’année 1892, par une installation très originale, due à Van Ryssel-berghe, et qui emprunte la force motrice à une | canalisation d’eau sous pression. D’après Van Rysselberghe, « la production industrielle de l’électricité est basée sur une transformation de l’énergie mécanique ; mais cela exige du travail moteur, car il y a équivalence entre l’énergie électrique produite, d’une part, et l’énergie mécanique absorbée, d’autre part.
- « Un cheval-vapeur peut allumer 12 lampes à incandescence de 16 bougies; et, comme on obtient aisément, dans une bonne machine, un cheval-heure par la combustion de 1 kilogramme de charbon, il s’ensuit que le prix de fabrication
- de l’électricité pour une lampe de 16 bougies ne dépasse guère 1 /8 de centime par heure tandis qu’un bec de gaz consomme dans le même temps pour 5 centimes de gaz, au prjx de 20 centimes le mètre cube, ce qui ferait 40 fois le prix de revient de l’électricité. Pourquoi donc les Compagnies électriques ne parviennent-elles pas à livrer aux consommateurs l’électricité à moins de 5 centimes par lampe et par heure? Précisément parce qu’il faut la livrer, parce que le transport en est très onéreux, exigeant soit des câbles d’un coût énorme, soit des méthodes de transformation compliquées, dangereuses et peu pratiques. »
- Quelle que soit la valeur réelle de ces assertions, Van Rysselberghe a cru pouvoir en conclure qu’il faut éviter de .transporter l’électricité et autant que possible la consommer sur place ; il faut donc, pour la distribuer dans une grande ville, multiplier les points de production, créer un certain nombre d’usines secondaires ne desservant chacune qu’une surface restreinte. Pour cela, il faut évidemment posséder une distribution d’énergie économique, qui puisse actionner les dynamos tout en convenant aux besoins généraux de l’industrie.
- La Compagnie anversoise a demandé l’énergie nécessaire à l’hydraulique. Les usines primaires, de 500 chevaux, actionnent chacune 5 générateurs hydro-électriques de 50 kilowatts. Chaque machine hydraulique peut fouler par seconde 75 litres d’eau à 52,5 atmosphères. La canalisation hydraulique se compose de tuyaux en acier pouvant supporter 300 atmosphères, qui présentent une grande élasticité et ne produisent pas, comme la fonte, des affouillements dans le sol.
- L’eau arrive ainsi, à une pression de 45 atmosphères environ, dans les stations secondaires, qui comprennent uniquement une turbine Van Rysselberghe reliée directement avec une dynamo. La turbine se compose d’une sorte de plateau de 80 cm. de diamètre, percé d’un grand nombre de petits alvéoles, semblables aux augets d’une roue Pelton ; au sortir de la turbine, dont le rendement serait de 70 à 72 0/0, l’eau s’écoule directement à l’égout. Un mètre cube d’eau à 50 atmosphères pourrait, dit-on, donner 800 wattheures.
- Outre la turbine et la dynamo, chaque station secondaire contient encore un tableau de distribution, qui est très peu chargé, toute la distribution se faisant en simple dérivation avec deux conducteurs. Ce tableau comporte seulement 1 horloge, 1 manomètre hydraulique tini'
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- bré à 60 atmosphères, 10 ampèremètres Richard et 2 voltmètres Hummel.
- La canalisation électrique est souterraine : elle est formée de gros câbles enfer placés dans une tranchée et soutenus par des isolateurs.
- Éclairage de la ville d’Édimbourg par la crémation des détritus. — Nous croyons intéressant de signaler une communication faite par M. Forbes à l’Association Britannique en 1892 relativement à une proposition qui permettrait d’éclairer la ville d’Edimbourg à peu près gratuitement.
- Il s’agirait de recueillir tous les détritus de la ville, de les brûler dans un crémateur d’ordures ou destructeur et d’utiliser la chaleur ainsi produite à vaporiser de l’eau. La vapeur d’eau obtenue serait employée à élever de l’eau dans un réservoir supérieur, d’où elle s’écoulerait pour actionner des turbines qui commanderaient les dynamos destinées à l’éclairage.
- Il paraît que la combustion des ordures d’une ville donnerait à peu près, en général, la quantité de chaleur nécessaire pour assurer son éclairage électrique.
- Ainsi, d’après les expériences faites par M. Forbes à Paddington, la combustion des ordures de cette ville correspondrait à 1,75 lampe-heure de 16 bougies par habitant.
- Éclairage des trains des chemins de fer. — Cette question fait peu de progrès. Néanmoins quelques tentatives ont eu lieu en France dans ces dernières années.
- La Compagnie du Nord emploie les accumulateurs de la Société pour le travail électrique des métaux. Ces accumulateurs, au nombre de 16, sont disposés par 2 dans de petites boîtes et placés dans des coffres suspendus aux longerons des véhicules et accessibles du côté des marchepieds ; une petite boîte renferme un commutateur. Deux des 16 éléments servent de réserve. Les lampes, de 28 à 30 volts, sont de 10 bougies pour la première classe, de 8 pour la seconde, de 6 pour la troisième ; elles consomment environ 3 watts par bougie. La batterie chargée peut alimenter les 4 lampes pendant 30 heures. Tous frais compris, cet éclairage revient à 2,89 centimes par lampe-heure de 30 watts, tandis que la lampe à huile de 7 bougies coûte 3,8 centimes par heure.
- La Compagnie Paris-Lyon-Méditerranée a mis récemment eu service 50 voitures de première classe à 4 compartiments, éclairées par des batteries de 12 accumulateurs multitu-bulaires Tommasi. Ces batteries sont disposées
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- dans des caisses mobiles interchangeables, contenant chacune 3 éléments, placés dans des comparliments distincts.
- Chaque caisse se loge dans un coffre de tôle garni de bois à l’intérieur ; ces coffres sont fixés deux par deux, de chaque côté de la voiture, contre la partie extérieure du brancard du châssis ; iis sont munis d’une porte, à charnière horizontale, qui se rabat pour permettre l’introduction de la caisse contenant les 3 accumulateurs.
- Chaque coffre porte, sur la face interne des parois latérales, des ressorts en laiton plombé qui communiquent avec les lampes; deux pièces métalliques, en alliage de plomb et d’antimoine, reliées aux pôles du groupe de 3 éléments, viennent buter contre ces ressorts et mettent automatiquement le groupe en circuit.
- Des tubes de fer, contenant les fils de communication, partent des ressorts de contact des coffres, passent contre le châssis et sous la caisse, se réunissent à l’un des bouts de la voiture pour traverser le commutateur d’allumage, le compteur horaire et le rhéostat, et arrivent sur le toit, qui porte les boîtes de dérivation, d’où partent les circuits dérivés alimentant les lanternes de chaque compartiment.
- Chaque lanterne renferme 2 lampes à incandescence de 20 volts et de 10 bougies, dont l’une sert de réserve et s’allume automatiquement lorsque le filament de l’autre vient à se rompre. Ces lampes sont montées en dérivation sur le circuit principal ; les lanternes sont disposées de telle sorte que, si l’installation électrique cessait de bien fonctionner, on pût facilement, et sans aucun démontage, se servir de l’éclairage à l’huile. Pour cela, la partie de la lanterne qui porte les lampes à incandescence est mobile et reçoit le courant d’un levier à 2 conducteurs, rabattu normalement sous le chapiteau de la lanterne. En cas d’avarie aux appareils électriques, on relève le levier, on enlève le porte-lampes électrique et on le remplace par une lampe à huile.
- La batterie d’accumulateurs peut alimenter l’éclairage pendant 35 heures: un compteur horaire, placé au même endroit que le manomètre dans les voitures éclairées au gaz d’huile, indique pendant combien d’heures elle peut encore fonctionner : il se compose d’une horloge qui ne marche que pendant le passage du courant; le cadran porte 35 divi—
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- sions, et l’aiguille se meut de la division 35 à la division 0.
- Un rhéostat sert à compenser, pendant la première partie de la décharge, l’excès de voltage de la batterie sur celui qui est nécessaire au fonctionnement normal des lampes ; on le met hors circuit lorsque le compteur horaire marque à peu près 17. Un commutateur d’allumage est placé au même endroit que le robinet principal dans les voitures éclairées au gaz d’huile.
- Voici, d’après la Revue Générale des Chemins de fer, les principales données de cette installation :
- Poids d’une boîte mobile contenant
- un groupe de 3 éléments.............. 57 kilogr.
- Poids total des 4 boîtes mobiles... 228 —
- — des électrodes seules........... 156 —
- — du reste de l’installation (cof-
- fres des batteries, conducteurs, commutateurs, rhéostat, compteur horaire, lanternes)................. 270 —
- Poids total.......................... 498 kilogr.
- Nombre d’éléments d’accumulateurs. 12
- Capacité totale de la batterie en
- wattheures......................... 5600
- Nombre d’heures d’éclairage en admettant pour chaque lampe une consommation de 38 watts............... 36 heures.
- Éclairage intermittent de tramways. — Il existe à Chicago un tramway funiculaire, qui traverse un tunnel pratiqué sous la rivière et brillamment éclairé par des lampes à arc. Malgré cet éclairage, les voyageurs se trouvent plongés dans une obscurité relative, pendant la traversée du tunnel, à cause du plafond du véhicule. La Compagnie qui exploite cette ligne a employé un moyen ingénieux pour remédier à cet inconvénient. Des tîls sont tendus au-dessus des deux voies, dans toute la longueur du tunnel, comme pour un tramway électrique à trolley. Sur le toit de chaque voiture se trouve un support muni d’une roulette pour prendre le courant. Ce support est maintenu habituellement dans une position horizontale : à l’entrée du tunnel au contraire, il est déclenché automatiquement et prend la position verticale, qu’il conserve jusqu’à la sortie; pendant ce temps, Je courant est transmis par le trolley aux quatre lampes disposées à l’intérieur du véhicule. Le retour se fait par le grip du funiculaire. Grâce à ce dispositif, les voyageurs occupés ne sont pas condamnés à perdre leur temps et peuvent continuer sans interruption la lecture commencée.
- Éclairage des rues par l’incandescence. —
- Les lampes incandescentes sont peu employées pour l’éclairage des rues ; elles ont cependant plusieurs avantages. Elles donnent une lumière constante, ne sont influencées ni par le vent, ni par la tempête ; elles peuvent s’allumer simultanément et il est facile de les éteindre et de les rallumer plusieurs fois dans le courant d’une nuit, par exemple si le ciel se couvre et se découvre par intervalles ; enfin, elles conviennent aux rues étroites et tortueuses mieux que les lampes à arc, qui laissent trop de parties dans l’ombre.
- La Compagnie Thomson-Houston emploie, pour l’éclairage des rues par l’incandescence, les alternateurs à champ magnétique composé décrits plus loin.
- Les lampes sont disposées en série sur des circuits généralement de 1000 volts et de 3,5 ou de 5,5 ampères. Les conducteurs principaux qui fournissent le courant aces lampes peuvent servir aussi pour la distribution générale de l’éclairage au moyen des transformateurs. Ces appareils sont placés sur des branches séparées et réunis aux conduits principaux.
- Les lampes ont des intensités lumineuses comprises entre 20 et 50 bougies ; les plus employées sont celles de 25 bougies. Elles sont montées sur des douilles renfermant un dispositif qui ferme le circuit automatiquement, soit lorsqu’on retire la lampe, soit lorsque le filament se brise.
- Ces lampes peuvent être supportées par divers systèmes; la figure 1128, montre un poteau formé d’un tube très mince, renforcé par des haubans métalliques.
- Le système Thomson-Houston est appliqué à Saint-Brieuc, Bilbao, Avilès, Saint-Pétersbourg, Odessa, Moscou, Helsingfors, Stockholm, etc.
- Éclairage électrique et chauffage à vapeur combinés. — Dans une bonne machine à vapeur, une grande partie de la chaleur fournie par la chaudière se retrouve dans la vapeur d’échappement et se perd dans l’atmosphère ou dans le condenseur. On peut éviter cette déperdition en combinant l’éclairage électrique et le chauffage à vapeur: la vapeur d’échappement de la machine qui actionne la dynamo est employée pour le chauffage ; c’est ce qui a lieu dans le système Grouvelle.
- Les moteurs destinés à cet usage doivent présenter certaines dispositions spéciales, car la vapeur d’échappement destinée au chauffage doit être complètement dépourvue d’huile, qui encrasserait les conduites de distribution et empêcherait d’employer la vapeur à chauffer
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- par barbotage des bains de teinture ou d’autres liquides ; en outre, il convient d’alimenter les générateurs avec les eaux de condensation, qui sont chaudes et exemptes de matières incrustantes, et l’addition de matières grasses pourrait déterminer des explosions.
- Fig. 1128. — Poteau pour l’éclairage des rues.
- Enfin, comme les machines n’utilisent qu’une différence de pression, il peut être utile de les alimenter avec de la vapeur à très haute pression, et par suite aune température dangereuse pour les huiles de graissage. De plus la vapeur d’échappement, employée au chauffage, doit présenter une pression variable suivant les cas,
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- mais toujours sensiblement supérieure à la pression atmosphérique.
- Les machines du système Grouvelle-Douane, Jobin et Cie sont combinées pour cette application. Tous les organes en contact avec la vapeur sont équilibrés sans frottement sensible; l’étanchéité des pistons et des tiroirs est due à une série de rainures, qui retardent la fuite, et à un certain nombre de dispositions particulières.
- Il peut arriver, suivant l’heure et la saison, que l’éclairage exige une quantité de vapeur inférieure, supérieure ou égale à celle que nécessite le chauffage ; le premier cas est d’ail leurs le plus général. Pour satisfaire à ces conditions diverses, le tuyau d’échappement du moteur A (fig. 1129), qui actionne la dynamo D, se rend d’abord à un récipient égalisateur de pression B, et de là à la canalisation GH. Le récipient B communique en outre avec le générateur G par un tuyau spécial muni d’une soupape régulatrice de pression E, et peut être mis en rapport avec l’atmosphère par la soupape de décharge F. Si le chauffage exige de la vapeur à la pression p, on règle la soupape E pour qu’elle laisse arriver la vapeur dans le récipient seulement jusqu’à une pression un peu inférieure à p, et la soupape F pour qu’elle la laisse sortir à partir d’une pression un peu plus grande que cette limite. On comprend facilement comment cette disposition règle les écarts de la machine et ramène toujours à la pression voulue la vapeur destinée au chauffage.
- On voit en G la prise de vapeur destinée au chauffage des locaux, en H une prise utilisée pour le chauffage d’un bain liquide N par barbotage, en I et J des lampes à arc et à incandescence; K représente les surfaces de chauffe, L le récipient des retours et M la pompe alimentaire.
- Ce système ne peut pas s’appliquer uniformément dans tous les cas. Ainsi lorsque le chauffage est beaucoup moins important que l’éclairage, il est bon d’employer la machine, pendant la journée, à charger des accumulateurs qu’on emploie le soir pour l’éclairage.
- Lorsque l’éclairage présente la même importance pendant toute l’année, il est préférable de le produire, pendant l’été, au moyen d’une seconde machine à condensation, et de réserver la machine sans graissage pour le service d’hiver.
- Les usines qui emploient la vapeur pour le chauffage pendant toute l’année peuvent se servir de la machine pendant le jour pour actionner les outils de l’atelier.
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- ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE.
- Ce système mixte a été installé notamment à la Caisse des dépôts et consignations, à Paris, et au lycée d’Aurillac.
- La première de ces installations, qui fonc-
- tionne depuis longtemps pour le chauffage, comprend 5 générateurs Field, timbrés à 5 kg. et donnant chacun 300 kg. de vapeur par heure. Le chauffage fonctionne à une pres-
- sion comprise entre 0,5 et 1,5 kg.. En 1892, on a ajouté pour l’éclairage une machine de 20 chevaux, actionnant une dynamo Rech-niewski, qui charge pendant le jour une batterie d’accumulateurs de la Société pour le travail électrique des métaux. Pendant les heures
- de fort éclairage, la machine travaille avec les accumulateurs.
- Le lycée d’Aurillac possède deux machines sans graissage, l’une, de 20 chevaux, pour l’éclairage direct, l’autre, de 6 chevaux, pour la charge des accumulateurs. La vapeur est four-
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- nie par deux générateurs Collet, produisant 500 et 300 kilogrammes de vapeur par heure. La pression est de 15 kilogrammes à l’admission et de 4 à l’échappement. Pendant l’été, la seconde machine travaille seule un jour sur deux, pour charger les accumulateurs. Il y a deux dynamos servant l’une pour l’éclairage direct, l’autre pour la charge des accumulateurs. L’installation comprend 405 lampes de 10 et de 16 bougies ; 200 environ peuvent être alimentées simultanément par la machine de 20 chevaux ; l’éclairage de l’administration et des dortoirs, pendant la nuit, est assuré par 56 accumulateurs de 20 kilogrammes.
- ÉLECTROCHIMIE. — Dépôt de cobalt. — Les
- dépôts électrolytiques de cobalt s’obtiennent facilement, même sous une grande épaisseur, de sorte qu’on peut même préparer par électro-lyse des plaques, des cylindres ou des barres de métal massif. On emploie comme bain une dissolution concentrée de chlorure de cobalt pur ou additionné de sulfate ou de chlorure de magnésium, ou bien une solution de sulfate double de cobalt et d’ammoniaque. On prend pour anodes des plaques de cobalt laminé. Il suffît d’une force électromotrice de 2 volts avec une intensité suffisante pour que la première couche se dépose rapidement; on diminue ensuite cette intensité.
- Le détail des opérations est le même que pour le nickelage.
- Les dépôts de cobalt paraissent appelés à prendre une certaine importance. Ce métal est analogue au nickel, qu’il peut remplacer fréquemment; cependant il est moins dur; en outre, il est attaqué par le vinaigre, les acides, les corps gras, de sorte qu’il ne peut s’appliquer aux ustensiles de cuisine.
- Dépôt de palladium. — Ce dépôt peut se produire par simple immersion, mais il est préférable d’avoir recours à l’électrolyse.
- On peut se servir du bain suivant (Bouant, la Galvanoplastie) :
- Eau..................... 1000 grammes.
- Chlorure de palladium... 5 —
- Phosphate de sodium.... 100 —
- Sel ammoniac.............. 20 —
- Borax..................... 10 —
- On emploie une anode de palladium et l’on chauffe légèrement.
- Ce métal est d’un beau blanc et se conserve parfaitement à l’air. Il est surtout employé pour recouvrir le mouvement des montres; il serait souvent préférable au nickel pour protéger le fer et l’acier.
- Dépôt d’aluminium. — La Tacony lron and Plating G° de Tacony, Philadelphie, a entrepris de recouvrir d’un dépôt électrolytique d’aluminium un monument tout entier. Il s’agit d’une tour monumentale qui fait partie du nouvel hôtel de ville de Philadelphie. Cette tour est en marbre blanc sur une hauteur de 101 mètres, et en fonte sur le reste de la hauteur, 65 mètres; elle est surmontée d’une statue en bronze de W. Penn. C’est la partie en fonte qu’on a voulu recouvrir d’aluminium pour lui donner un aspect gris mat, s’harmonisant avec les tons du reste de la construction.
- Les objets à recouvrir sont amenés par un pont roulant dans un atelier renfermant 6 bacs en bois de 7,5 m. de longueur, disposés en séries parallèles. Chaque pièce séjourne vingt-quatre heures dans le premier bac, qui contient une solution de soude caustique pour dissoudre les matières grasses; elle reste ensuite pendant un temps égal dans le second bain, qui est légèrement acide et doit enlever les écailles d’oxyde, puis elle est rincée, passée au gratte-bosse d’acier ei recouverte de deux couches de cuivre électrolytique, qui exigent un séjour de vingt-quatre et de soixante-deux heures dans les deux bacs suivants. Le cinquième récipient contient le bain d’aluminium; 60 anodes de 1,2 m. de longueur, *0,30 m. de largeur et 0,018 d’épaisseur, pesant 16 kilogrammes, sont suspendues autour de la pièce. L’épaisseur du dépôt est de 1,56 m. et correspond à 22,5 kilogrammes pour chaque colonne de 6 mètres de longueur; ce dépôt s’obtient en soixante-deux heures. Le dernier bac renferme de l’eau chaude pour rincer la pièce. L’opération entière dure neuf jours, mais, comme elle se fait d’une manière continue, les objets terminés se succèdent à trois jours d’intervalle.
- ÉLECTROCUTION. — On se souvient encore des polémiques violentes que souleva la première exécution capitale par l’électricité ; ce procédé est maintenant entré dans la pratique, mais peut-être pas pour longtemps. En 1892, on a électrocuté un certain Mac Ilvaine, et l’on a profité de cette occasion pour faire quelques mesures sérieuses. Le patient reçut le courant par les deux mains, qui plongeaient dans deux récipients remplis d’eau acidulée. L’alternateur donnait 2000 volts, avec une fréquence de 150. On a maintenu le courant pendant cinquante secondes et l’intensité s’est élevée graduellement de 2 à 3,1 ampères, ce qui indique une diminution de la résistance du corps de 800 à 516 ohms. La puissance moyenne
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- correspondait à 4 kilowatts environ. Au bout de quarante-trois secondes, on a appliqué l’ancienne méthode, c’est-à-dire qu’on a établi les communications par la tête et le mollet droit pendant trente-six secondes: l’intensité est restée constante et égale à 7 ampères, pour une différence de potentiel de 1500 volts, ce qui indiquait une résistance de 214 ohms; la puissance était de 10 500 watts. La tension était mesurée par un voltmètre Cardew et l’intensité par un ampèremètre apériodique.
- Depuis quelques mois, l’électrocution est vivement attaquée, plusieurs savants ayant affirmé qu’elle produit non la mort, mais seulement une syncope qu’on peut faire cesser par des soins convenables.
- Dès le 4 avril 1887, M. d’Arsonval présentait à l’Académie des sciences le résultat de ses nombreuses expériences sur le mécanisme de la mort par l’électricité :
- « La conclusion pratique de cette note est qu’il faut, dans une usine électrique, pouvoir pratiquer immédiatement la respiration artificielle sur tout individu foudroyé ; on a ainsi de grandes chances de le rappeler à la vie. Les courants alternatifs employés dans l’industrie tuent le plus souvent par arrêt respiratoire ou syncope. La respiration artificielle, en empêchant l’asphyxie, permet à la respiration naturelle de se rétablir. On doit traiter un foudroyé comme un noyé. »
- Le 21 mai 1894, le savant professeur du Collège de France signalait à l’Académie le rappel à la vie d’un ouvrier électricien foudroyé à Saint-Denis par un courant alternatif de 5000 volts, rappel à la vie qui eut lieu après plus d’une heure de mort apparente, sous l’influence de la respiration artificielle, pratiquée suivant les indications de l’auteur.
- M. d’Arsonval vient encore de signaler ré-récemment le cas d’un Américain, nommé Cutler, rappelé à la vie le 16 novembre 1894, après avoir été foudroyé à Pittsfield (Massachusetts) par un courant alternatif de 4500 volts.
- D’un autre côté, le docteur P.-J. Gibbons, l’éminent spécialiste des maladies laryngiennes et nasales, soutient la même opinion, qu’il base sur les faits suivants :
- Ayant eu l’occasion d’examiner les cadavres des assassins Taylor et Johnson, exécutés dans la prison d’Auburn au moyen d’un terrible courant de 1700 volts, il put, par des inhalations artificielles d’oxygène, provoquer des mouvements vitaux certains sur le corps de l’un d’eux. Il fut empêché par le directeur de
- la prison de poursuivre son expérience, et, une heure après, le cadavre passait à la salle de dissection.
- M. Gibbons est arrivé à ressusciter des lapins, des chats et des chiens ayant subi l’action d’un courant de 2500 volts. De plus, un de ses serviteurs ayant reçu accidentellement une décharge de 1500 volts fut, par lui, ramené à la vie, et, quelques heures après, il se portait à merveille. Il paraît même qu’il avait gardé de cet accident le souvenir de sensations très agréables.
- Enfin le docteur Gibbons s’est proposé de faire la preuve de ses affirmations sur un condamné à mort, et il choisit l’assassin Karl F. Wilson, qui attendait dans les prisons de Syracuse (E.-U.)le jour de son exécution. L’expérience a parfaitement réussi. Le condamné ayant été soumis à un courant de 4600 volts, on pratiqua la trachéotomie et la respiration artificielle au moyen d’un soufflet : le condamné revint à la vie.
- Il convient d’ajouter que les courants continus sont plus dangereux et presque toujours mortels; dans ce cas, ce n’est pas le choc qui tue, mais les phénomènes électrolytiques qui accompagnent le passage du courant.
- ÉLECTRODYNAMOMÈTRE POUR COURANTS TÉLÉPHONIQUES. — M. Bellati a remplacé la bobine mobile de l’électrodynamomètre ordinaire par un cylindre de fil de fer très doux, ce qui donne un appareil extrêmement simple et très sensible. Les fils métalliques employés habituellement pour soutenir la bobine mobile et lui amener le courant peuvent être remplacés par une suspension bifilaire en fil de cocon. Le tube de verre qui entoure cette suspension porte à la partie supérieure une tête de torsion avec graduation de 5° en 5°. Les déviations du cylindre de fer doux peuvent être mesurées, sur un cadran horizontal, par un index d’aluminium ; elles peuvent être lues aussi par la méthode de Poggendorff, la suspension portant un miroir plan ou concave. L’équipage porte à sa partie inférieure un petit disque vertical en platine plongeant dans un vase de verre à garniture métallique, qu’on visse sous le socle de l’appareil et qu’on peut remplir d’acide sulfurique pour amortir les oscillations.
- Pour se servir de l’appareil, on l’oriente de façon que le plan des spires fasse un angle de 45° avec le méridien magnétique et que le cylindre de fer doux fasse aussi un angle de 45° avec les spires, tout en se trouvant perpendiculaire au méridien.
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- ÉLECTROLYSE. — ÉLECTROMÉTALLURGIE.
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- Le cadre porte un double enroulement; les deux circuits peuvent être disposés en quantité ou en tension. La résistance totale est d’environ 125 ohms dans le premier cas et 500 dans le second.
- L’appareil est assez sensible pour servir à la mesure des courants téléphoniques.
- ÉLECTROLYSE. — On trouvera diverses applications de l’électrolyse aux articles chlore, Fécule, Hydrogène, Oxygène, Ozone, Phosphore, Soude, etc.
- ÉLECTROMÉTALLURGIE. — Les méthodes appliquées à l’électrométallurgie, étant encore
- dans la période d’essai, se transforment sans cesse. Nous indiquons ici les plus récentes. (Voy. aussi Creuset électrique.)
- Extraction de l’aluminium. — La préparation électrique de l’aluminium est une des plus intéressantes, car, l’extraction chimique étant fort coûteuse, c’est à l’électricité qu’on a eu recours pour abaisser le prix d’un métal susceptible de rendre de nombreux services. Ce prix est déjà descendu de 100 francs à 20 francs le kilogramme. La Aluminium Industrie Aetien Gesellschaft, de Neubausen (Suisse), se propose actuellement de livrer ce métal à 5 francs le
- Fig. 1130. — Appareil Héroult.
- kilogramme, prix comparable à ceux des métaux usuels, si l’on tient compte de la faible densité de ce corps.
- Les procédés actuellement à l’essai sont nombreux; il est à. croire que, d’ici quelques années, l’expérience aura fait connaître ceux qui doivent être adoptés définitivement.
- Nous avons décrit plus haut le procédé Cowles, qui a été le premier appliqué en Amérique, et qui consiste à réduire l’alumine par le charbon, sous l’influence de la chaleur dégagée Par l’arc voltaïque. L’ojoération se fait dans un fourneau en briques réfractaires, garni de bras-fiue faite avec du charbon et de la chaux. Les électrodes, placées dans le sens de la longueur, sont constituées par des faisceaux de crayons en
- charbon, encastrés dans une monture métallique. Elles sont inclinées et se déplacent du dehors au moyen de crémaillères; on modifie leur distance pour régler le courant.
- Le procédé Cowles est employé actuellement à l’usine de Lockport et à celle de Milton ; il ne convient guère qu’à la fabrication des alliages.
- Le procédé Héroult se rapproche beaucoup du précédent, mais, au lieu d’opérer sur un mélange d’alumine et de charbon, on se sert d’alumine fondue par la chaleur même du courant; le charbon nécessaire à la réduction paraît emprunté aux électrodes. Sous cette forme, le procédé Héroult ne peut donner que des alliages.
- D’autres méthodes n’emploient que des courants à basse tension ; ta réaction est due alors
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- ÉLECTROMÉTALLURGIE.
- à l’électrolyse et non à la chaleur de l’arc.
- Tel est le procédé Héroult-Kiliani, qui donne le métal pur. On ajoute pour cela à l’alumine de la cryolithe (fluorure double d’aluminium et de sodium), pour faciliter la fusion. On soumet d’abord au courant la cryolithe seule, placée dans un four spécial. Cette substance étant fondue, on ajoute, dans le voisinage de l’anode, de l’alumine hydratée préalablement calcinée et pulvérisée. Cet oxyde, réduit par le courant, donne de l’aluminium, qui tombe au fond du creuset. L’opération marche d’une façon continue, si l’on ajoute constamment de l’aluminium. L’oxygène se porte sur l’anode, qui est en charbon, et la brûle peu à peu. On enlève l’aluminium toutes les vingt-quatre heures par un trou de coulée.
- L’appareil se compose (fig. 1130) d’un creuset en tôle garni de charbon à l’intérieur et porté sur des supports isolants.
- L’électrode négative traverse le fond du creuset, dont elle est isolée électriquement. L’anode est soutenue par une potence, qui permet de l’élever ou de l’abaisser au moyen d’une vis. La première électrode est en métal, la seconde en charbon aggloméré.
- Dans les appareils les plus récents, on ne garnit plus de charbon les parois latérales de la cuve, mais seulement le fond ; l’action refroidissante de l’air suffit à protéger ces parois, sur lesquelles se dispose une couche de cryolithe,
- Cette méthode est employée à Froges (Isère) et à Neuhausen (Suisse). La production moyenne est de 20 gr. par cheval-heure. Une force électromotrice de 10 volts est suffisante.
- Le procédé Minet est utilisé à Calypso, près de Saint-Michel (Savoie) ; le bain est alimenté avec un mélange d’aluminium, de cryolithe et d’oxyfluorure d’aluminium. L’électrolyse du fluorure donne au pôle positif du fluor, qui régénère ce composé en attaquant l’aluminium. L’oxyfluorure compense les perles de fluor, qui sont inévitables. On doit vérifier fréquemment la composition du bain et modifier en conséquence les proportions du mélange.
- L’opération se fait dans une cuve rectangulaire en fonte (fig. 1131), chauffée par un foyer extérieur. Les parois sont reliées à l’électrode négative et reçoivent ainsi un léger dépôt d’aluminium, qui les protège contre l’oxydation. Les électrodes sont en charbon aggloméré. Le métal fondu se rassemble dans une cuve de même substance, placée au-dessous de l’électrode négative.
- Cette opération n’exige qu’une force électro-
- motrice de 4 à 6 volts, avec une intensité de 1 ampère par centimètre carré d’anode. On obtient environ 30 grammes de métal par cheval-heure.
- Nous citerons encore le procédé de M. Camille Faure, qui, d’après l’auteur, devrait abaisser le prix de l’aluminium à 0,35 franc, soit au-dessous de celui du cuivre. Ce procédé consiste à électrolyser le chlorure d’aluminium, additionné de sel marin, à cause de sa trop grande volatilité. On obtient ainsi un bain qui fond à 240° et ne se volatilise qu’au rouge sombre. On chauffe doucement par un foyer extérieur et l’on fait passer un courant de 3 000 ampères sous 4 volts, qui précipite 1 kilogramme de métal par heure.
- Fig. 1131. — Appareil Minet.
- On donne au bain une grande section pour diminuer la résistance.
- Le chlorure d’aluminium est seul décomposé. Le chlore, dégagé à l’électrode positive, est employé à préparer du chlorure de chaux, ce qui couvre une partie notable des frais, fi suffit de renouveler constamment le chlorure d’aluminium pour rendre l’opération continue.
- Le chlorure d’aluminium employé n’est pas un produit naturel; M. Faure le prépare par l’action de l’acide chlorhydrique sur un mélange de bauxite et de charbon, dans un hautfourneau.
- «Il est assez difficile de seprononcermainte-nant sur l’avenir réservé à ces différents procédés. Je pense que les méthodes électriques sont destinées à l’emporter; car si, dans les méthodes chimiques, on est amené à préparer le sodium par l’électrolyse, il semble rationnel de supprimer cet intermédiaire : il ne pourrait conserver d’utilité que pour la préparation de
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- ÉLECTROMÉTALLURGIE.
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- faluminium extra-pur, où, jusqu’à présent, les méthodes chimiques semblent mieux réussir que les autres.
- « Aucune de ces méthodes, du reste, ne résout le problème d’extraire l’aluminium de ses composés très répandus dans la nature, comme les argiles. Toutes sont encore obligées d’employer des matières pures, c’est-à-dire, soit des minerais rares comme le corindon, soit des produits artificiels.
- « La réduction du silicium, dont la présence est nuisible même dans les alliages, empêche de recourir aux substances non exemptes de silice. Malgré ces circonstances, le prix des matières premières ne constitue que le tiers ou le quart des frais : la main-d’œuvre, les opérations accessoires dans les méthodes chimiques, dans les autres cas, l’amortissement des grandes installations électriques se reportant sur une production assez faible, sont les causes principales de l’élévation du prix de revient. » (U. Le Verrier, Note sur les progrès récents de la métallurgie.)
- Extraction du chrome. — M. Placet a pu obtenir le chrome par l’électrolyse d’une solution aqueuse d’alun de chrome, additionnée d’un sulfate alcalin et d’une petite quantité d’acide sulfurique ou d’autres acides. Le dépôt obtenu à l’électrode négative présente un beau brillant et est constitué par du chrome pur, d’une belle couleur blanc bleuâtre. Dans certaines conditions, on peut avoir des groupements de cristaux de chrome rappelant la forme des branches de sapin.
- On peut obtenir aussi, dans des bains analogues au précédent, un dépôt adhérent de chrome sur le laiton, le bronze, le cuivre, le fer. Ce dépôt présente un bel aspect métallique rappelant celui de l’argent oxydé.
- Extraction des métaux précieux. — On sait qu’il est très difficile d’extraire l’or et l’argent des minerais complexes dans lesquels ils sont unis avec l’arsenic, l’antimoine, le soufre, parce que ces composés ne se laissent pas en généra! griller complètement, et résistent dans ce cas à l’amalgamation comme à la plupart des réactifs. Ainsi les pyrites aurifères, qui se rencontrent assez fréquemment, restent souvent inutilisées lorsqu’elles ne sont pas très riches.
- Beaucoup de procédés ont été essayés inutilement pour utiliser ces minerais :1a meilleure méthode paraît consister à traiter les résidus de grillage par le chlore gazeux, qui dissout l’or.
- L’électrolyse, qui produit facilement du chlore naissant, semble fournir une excellente solu-
- tion. On fait passer les minerais dans une dissolution de sel marin ou d’autres chlorures, décomposée par un courant à haute tension. Le chlore dégagé au pôle positif attaque tous les composés de l’or et de l’argent, et ces deux métaux se dissolvent à l’état de chlorure double.
- Un certain nombre de méthodes récentes utilisent la réaction qui précède. La plus pratique paraît être celle de M. Cassel, qui permet de dissoudre l’or et de le précipiter en une seule opération.
- L’opération se fait dans une auge de bois, dont les parois sont garnies de plaques de cuivre formant l’électrode négative. Dans cette auge tourne un tambour en matière poreuse telle que l’amiante, dont l’axe communique avec le pôle positif et porte des baguettes de charbon, qui viennent aboutir près de la cloison d’amiante. L’anode ainsi constituée est donc toujours séparée de lacalhode parle diaphragme poreux.
- On remplit l’appareil d’une solution de sel marin, on fait passer le courant, puis on verse le minerai dans le tambour, qui tourne avec une vitesse de 10 tours par minute. L’or se dissout, et le chlorure, traversant librement la cloison poreuse, va s’électrolyser dans l’auge, de sorte que le métal se dépose, sous forme de poudre, sur les plaques de cuivre qui constituent la cathode. Cette poudre est ensuite lavée, séchée, puis fondue et raffinée.
- Si le minerai est formé de blendes ou de pyrites cuivreuses, le zinc et le cuivre se dissolvent aussi et se déposent avec l’or.
- Dans cette méthode, on doit éviter que le bain devienne acide, car le fer qui se trouve toujours dans le minerai précipiterait l’or. Pour écarter cet inconvénient, on bocarde le minerai avec du sel marin, et l’on ajoute une certaine quantité de chaux, qui précipite le fer.
- Dans le procédé Body, on électrolyse une dissolution de chlorure alcalin et de perchlo-rure de fer. L’opération se fait dans un cylindre tournant, contenant des boulets en fer. Le minerai est attaqué. L’or et l’argent se dissolvent, puis se précipitent de nouveau par 1 action du fer ; ils restent donc mélangés au minerai, mais sous un état différent, qui les rend faciles à amalgamer. On arrête alors la rotation et l’on ajoute du mercure.
- M. U. Le Verrier, dans son livre La Métallurgie, examine les avantages et les inconvénients que présente l’application de l’électricité à la métallurgie. Il cherche en particulier si la production de chaleur par l’électricité, c’est-
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- ÉLECTRO-PHOTOPHORE.
- à-dire l’emploi du four électrique, peut être économique.
- « Il est très difficile, dit M. Le Verrier, de calculer a priori quelle portion de l’intensité d’un courant on pourrait utiliser sous forme de chaleur. Mais, au point de vue pratique, le traitement de l’aluminium fournit une donnée réelle. On obtient couramment 15 grammes de ce métal par cheval-heure, et, dans des essais soignés, on est arrivé à une production de 40 grammes. En tenant compte du poids des matières qu’il faut fondre et admettant une température de 1 500°, il y aurait environ 60 calories utilisées (je ne tiens pas compte de la réduction de l’alumine, compensée par la combustion du charbon des électrodes ou de celui qu’on ajoute dans la charge).
- « Prenons ce chiffre comme représentant l’utilisation pratique qu’on peut espérer en général. Supposons que le cheval-heure, produit par une force hydraulique, revienne seulement à 1 centime, et que la tonne de houille vaille 20 francs : l’électricité donnera 60 calories, pour le prix de 500 grammes de charbon, qui peuvent en dégager 3 000. D’autre part, dans un four à bonne marche, comme dans les fours Siemens, l’utilisation peut atteindre 20 p. 100. C’est donc 600 calories qu’on aurait pour le même prix en chauffant avec de la houille.
- « Ainsi le chauffage par l’électricité serait
- 10 fois plus coûteux, et, dans la pratique, ce rapport pourrait s’élever à 20.
- « Cet écart diminuerait pour les températures très élevées, et surtout pour les opérations où
- 11 faut chauffer en vase clos; car alors, comme dans la fusion de l’acier en creuset, l’utilisation du charbon peut descendre au-dessous de o p. 100.
- « L’électricité offrira des avantages sérieux pour certaines opérations spéciales ; elle permet de chauffer seulement au point déterminé, elle n’expose pas la matière au contact parfois dangereux du combustible ou des flammes ; elle sera d’un maniement très commode dans les cas où le charbon serait à peu près impossible à employer. C’est ce qui arrive pour les soudures autogènes, qu’on ne pourrait guère faire autrement (sauf avec le chalumeau à oxygène). Elle peut développer des températures irréalisables avec d’autres procédés et elle a seule permis jusqu’à présent d’une manière courante la réduction directe de l'alumine.
- « Il y a donc des cas où les combustibles ordinaires ne peuvent pas remplacer l’électricité. Mais, dans l’état actuel de la science, ce sont
- les seuls où l’emploi de cet agent comme producteur de la chaleur soit rationnel. C’est un chauffage de luxe, auquel l’industrie ne peut recourir que contrainte et forcée, toutes les fois du moins qu’il s’agit d’opérations en grand, où le prix de revient de la chaleur joue un rôle assez important pour être pris en considération. (Le Verrier.) «
- ÉLECTRO-PHOTOPHORE. — L’électro-photophore est un petit appareil portatif fournissant
- Fig. 1132. — Electro-photophore.
- à volonté la lumière électrique. Il se compose (fig. 1132) d’une lampe à incandescence de 1 bougie, alimentée par trois éléments au bichromate, réunis en tension et renfermés dans un bocal en verre. Les zincs sont portés par un support à trois branches, qui permet de les maintenir hors du liquide : il suffit de les immerger pour produire la lumière et l’on règle l’intensité en les enfonçant plus ou moins profondément.
- La lampe est munie d’un réflecteur mobile autour d’un axe horizontal et la poignée elle-
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- EXPLOSEUR
- même tourne autour d’un axe vertical. La combinaison de ces deux mouvements permet d’envoyer la lumière dans une direction quelconque, sans qu’on ait besoin d’incliner l’appareil.
- Pour charger la pile, on verse le sel et l’eau dans le vase extérieur ; lorsque la dissolution est achevée, on introduit les trois petits vases en les posant doucement sur le liquide, qui se divise automatiquement et régulièrement. Le remplacement des zincs se fait très facilement, en les amenant à la position représentée par la ligure.
- L'électro-photophore convient très bien à la photographie ; il permet d’obtenir immédiatement la lumière rouge, sans passer d’abord par
- ÉLECTRIQUE.
- une lumière nuisible, ce qui a toujours lieu avec les autres sources, pétrole, gaz ou bougie ; de plus, il permet de régler facilement l’intensité lumineuse et de la réduire au minimum. Lorsqu’on le destine à cette application, le cercle à vis du réflecteur porte deux verres, un jaune et un rouge.
- EXPLOSEUR ÉLECTRIQUE. — Les appareils de MM. Manet frères pour l’explosion des mines, fabriqués par la maison Gaupillat et Cie, comprennent un exploseuretune amorce électrique de quantité, c’est-à-dire produisant l’inflammation par l’incandescence d’un fil métallique ; le dispositif de ces appareils paraît constituer un progrès très sensible.
- Fig. 1133. — Exploseur Manet.
- L’exploseur (fîg. 1133) se compose d’un petit alternateur tétrapolaire, à excitation indépendante. On tourne la manivelle qu’on voit en avant avec une vitesse croissante; lorsqu’on a atteint la valeur voulue, les deux circuits se ferment pendant un instant et l’amorce est portée au rouge.
- Les pièces destinées à la fermeture des circuits et à la distribution des courants se trouvent sur le plateau supérieur, de l’appareil. La roue G, qu’on voit en arrière de la figure 1133, Porte deux masses à râteaux A et A' (fîg. 1134), flui commandent un pignon B, calé à l’extrémité de la tige D ; celle-ci porte, sur une partie de sa longueur, une rainure hélicoïdale, dans laquelle s’engage la pointe de la vis I, fixée au Manchon E, qui est mobile sur l’arbre H.
- Dictionn’aire d’électricité.
- L’axe de la machine porte deux anneaux de même diamètre, qui tournent entre les quatre pièces polaires communes. L’un de ces anneaux A (fig. 1135) fournit le courant inducteur, qui est continu; il est muni d’un collecteur L, genre Gramme, à60 sections. Le second anneau, que nous appellerons A', porte un collecteur donnant des courants alternatifs, qui servent à l’inflammation des amorces.
- Lorsqu’on tourne la manivelle motrice (fig. 1133) avec une vitesse croissante, on n’éprouve d’abord qu’une faible résistance, car, les circuits étant ouverts, la machine ne produit aucun courant. Quand la vitesse devient suffisante, les masses A et A' (fig. 1134) s’écartent de leur position sous l’influence de la force centrifuge, malgré le ressort antagoniste G, et
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- mettent en rotation le pignon B et l’arbre intérieur D ; la vis I se meut dans le sillon hélicoïdal ; le manchon E se déplace en ligne droite, vient toucher le galet du levier-pendule F
- et l’entraîne avec lui. Lorsque l’appareil a atteint la vitesse voulue, qu’on a réglée d’avance au moyen du ressort antagoniste C, le levier F vient toucher le contact N (flg. 1135), placé sur
- Fig. 1134. — Mécanisme produisant la fermeture automatique et simultanée des deux circuits.
- l’un des ponts B" du plateau supérieur, et ce contact ferme le circuit de l’induit sur les inducteurs ee.
- Par suite de la résistance due à la fermeture
- du circuit, la vitesse de rotation est fortement diminuée, les masses A et A' se rapprochent de leur position de repos, et le contact des pièces F et N est rompu. Pour éviter qu’il se produise à
- Fig. 113b. — Schéma du circuit inducteur.
- ce moment une étincelle d’extra-courant, la pièce polaire supérieure nordG(üg. 1135) porte une saillie m, qui s’aimante avec elle, attire la petite armature F', et établit ainsi le contact du ressort J avec la vis ï; ce second contact, qui
- ferme en double le circuit inducteur, reste établi jusqu’à l’arrêt complet de la machine.
- Le circuit induit se ferme par un dispositif identique à celui que nous venons de décrire, et qui est installé sur la pièce polaire sud; leS
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- FÉCULE (Extraction et blanchiment de la).
- courants alternatifs sont recueillis par deux bagues et deux frotteurs.
- Malgré la complication apparente de cet exploseur, un petit nombre seulement de pièces mécaniques servent à obtenir les effets voulus ; en outre, le fonctionnement est aulomatique; ce sont là de précieuses qualités.
- Avec cet exploseur, on doit employer nécessairement les amorces des mêmes inventeurs. Ces amorces sont robustes et ne craignent pas les dérangements pendant le transport; elles se composent d’un fil rectiligne en platine, de 9 mm. de longueur et de 1/20 mm. de diamètre. Ce fil est monté sur un petit support
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- en bois et maintenu aux extrémités par deux petites vis, qui reçoivent en outre les conducteurs amenant le courant; ce système est enfermé dans un petit tube de 6 mm. de diamètre, rempli de poudre d’inflammation, maintenue par un petit bouchon garni de baudruche.
- Pour enflammer plusieurs amorces, on les monte en tension ; on peut en enflammer 20 à la fois, avec une résistance de 20 à 30 ohms dans le circuit. En supposant que le rendement ne dépasse pas 33 p. 100, on peut estimer la puissance utile de l’exploseur pendant l’inflammation à 90 watts.
- F
- FÉCULE. — (Extraction et blanchiment de la). — M. Hermite a appliqué l’électrolyse à la préparation de la fécule, dans le but de supprimer les inconvénients inhérents soit au procédé par râpage, soit à la méthode chimique, c’esl-à-dire :
- 1° De supprimer l’inconvénient des eaux calcaires en y précipitant la chaux;
- 2° De séparer facilement la fécule du parenchyme et des matières albuminoïdes ;
- 3° D’empêcher les fermentations pectique et lactique, aussi bien dans le gras que dans la fécule verte, et de faciliter le travail du gras en rendant facile l’extraction de ces résidus, sans l’emploi de l’acide sulfurique, d’une fécule aussi pure que la fécule première ;
- 4° De détruire les huiles essentielles sans porter atteinte à la matière amylacée et de supprimer ainsi l’odeur caractéristique de la fécule de l’Oise ;
- 5° De donner à la fécule une blancheur semblable à celle des fécules hollandaises ou allemandes de la marque BKMF, et cela sans courir les risques que présente l’emploi du chlorure de chaux liquide ;
- 6° De donner comme excréta : 1° des pulpes contenant la plus grande quantité possible de principes azotés ; 2° des eaux non susceptibles de fermentation.
- Le principe de ce procédé est le même que celui des autres méthodes de M. Hermite; nous empruntons la description à l’auteur.
- « Si on fait passer un courant électrique dans
- une dissolution aqueuse d’un sel, de préférence un chlorure, ce sel est décomposé en même temps que l’eau : il se forme au pôle positif un composé oxygéné du chlore très instable, doué d’un grand pouvoir d’oxydation et partant de désinfection. Au pôle négatif, il se forme un oxyde qui a le pouvoir de précipiter les matières organiques.
- « Ce principe posé, supposons que nous ayons à traiter une eau très calcaire : ajoulons-y une faible quantité de chlorure de sodium (sel marin) et soumettons-la à l’électrolyse. Au pôle positif, il y aura formation d’un composé oxygéné du chlore, tandis qu’au pôle négatif il y aura formation de soude caustique. Cette soude caustique, réagissant sur les sels calcaires de l’eau, précipitera la chaux en transformant le carbonate de chaux en chaux et carbonate de soude, le sulfate de chaux en chaux et sulfate de soude, les sels de fer en oxyde ferreux et en sels de soude. Par repos, la chaux insoluble se précipitera. Si au chlorure de sodium on a ajouté quelques traces de chlorure d’aluminium, on aura formation d’alumine gélatineuse, l’un des meilleurs clarifiants connus, qui précipitera rapidement la chaux restée en suspension.
- « En dehors des sels calcaires, l’eau contient souvent des matières organiques, des germes, des ferments, de l’hydrogène sulfuré, des sulfures et des carbures d’hydrogène. Le composé oxygéné du chlore obtenu au pôle positif agira puissamment sur ces divers composés et, en
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- FONTAINE LUMINEUSE.
- leur abandonnant son oxygène,, les transformera soit en acide carbonique, soit en acide sulfureux, soit en sulfates.
- u Ainsi donc, en ajoutant à l’eau destinée à l’extraction de la fécule une faible quantité de sel marin et en l’électrolysant, on peut la débarrasser des sels calcaires dont on a vu les fâcheux effets, et la charger d’un principe antiseptique très puissant, le composé oxygéné du chlore. Un appareil peut purifier ainsi environ 500 litres d’eau à la minute. Le premier point du programme, supprimer l’inconvénient des eaux calcaires en y précipitant la chaux, se trouve donc rempli.
- « Si l’on examine les matières albuminoïdes contenues dans le parenchyme et dans l’eau de végétation, on voit que l’albumine végétale, la légumine, la globuline, la fibrine végétale, la mucidine, la gélatine végétale, la myosine sont toutes très solubles dans les bases alcalines. Il résulte alors de cette propriété que ces matières, se trouvant en présence d’une eau électrolysée comme nous l’avons indiqué, et à laquelle on aura ajouté du carbonate, de soude, se dissoudront avec facilité. Le pectate de chaux, la pectine, les corps azotés seront, sous cette meme influence, transformés en sels solubles; enfin la vasculose, oxydée par l’oxygène provenant du composé chloré, se changera en acide résineux, soluble, lui aussi, dans le carbonate de soude, ainsi que l’a démontré Frémy.
- u La séparation du parenchyme et des matières albuminoïdes de la fécule sera donc grandement facilitée, et le second point du programme rempli. En raison même de sa puissance d’oxydation, le composé oxygéné du chlore constitue un antiseptique puissant. Les expériences deNocard à Alfort, de Puech à Toulouse, ont démontré que l’oxygène naissant, et c’est précisément dans cet état qu’il se trouve dans le composé oxygéné du chlore, avait sur les ferments une action destructive des plus nettes. Les anaérobies ne peuvent vivre dans ce milieu oxygéné et les aérobies sont attaqués dans leur constitution même et détruits par l’oxygène d’une façon identique à l’action de l’acide sulfurique sur le corps humain.
- « Les fermentations pectique et lactique ne peuvent donc pas plus se produire dans une fécule verte ayant été traitée par l’eau électrolysée que ne se produit la fermentation putride dans les eaux vannes également électrolysées. Ces fermentations se trouvent empêchées aussi bien dans les gras que dans la fécule verte par l’emploi d’eau électrolysée; le procédé Hermite
- répond donc bien au troisième point du programme et son emploi empêchera la formation des pectates et des lactates de chaux, qui gênent si souvent les fabricants de glucose.
- « En présence des carbonates alcalins, les huiles essentielles se transforment en corps solubles et inodores; or, la liqueur électrolytique contient, comme on l’a vu, ces carbonates : ils saponifieront donc ces huiles et en débarrasseront la fécule. Ce procédé de purification des fécules de l’Oise a été depuis longtemps indiqué, mais nous ne savons pas que, dans la pratique, on en ait jamais fait usage. Si l’extraction par les alcalis se trouvait incomplète, l’oxygène provenant du composé oxygéné du chlore agirait sur les huiles en les transformant facilement par oxydation en produits gazeux. La destruction des huiles essentielles et la désodorisation de la fécule, qui constituent le quatrième point du programme, se trouveront donc encore résolues par l’emploi du procédé Hermite.
- « Le sixième consiste à rendre infermentescibles les eauxrésiduaires et à fixer dans la pulpe le plus de matières azotées possible. Le composé oxygéné du chlore ayant, ainsi qu’on l’a démontré tout à l’heure, détruit les ferments, les eaux résiduaires ne seront plus susceptibles de fermenter et elles pourront, sans crainte aucune, être utilisées pour l’irrigation; d’autre part, les composés azotés ayant été transformés en sels fixes, les chances de perte d’azote seront de beaucoup diminuées.
- « Reste encore un point que nous avons négligé, celui du blanchiment de la fécule. Ce blanchiment, le composé oxygéné du chlore permettra de l’obtenir facilement, car son pouvoir oxydant est en même temps un pouvoir blanchissant très énergique. C’est, non point au chlore, en effet, mais bien à l’oxygène que sont dus les effets blanchissants des divers chlorures ; le composé oxygéné du chlore qui se trouve dans le liquide électrolytique, abandonnant avec une très grande facilité son oxygène, blanchira donc la fécule sans présenter aucun des dangers du chlorure de chaux, qui dissout la granulose. »
- Les électrolyseurs employés pour cette méthode sont semblables à ceux qui servent pour le blanchiment électrolytique.
- FONTAINE LUMINEUSE. — Le succès des fontaines lumineuses, consacré par l’Exposition de 1889, ne s’est pas affaibli depuis cette époque; aussi ont-elles contribué encore à la décoration de l’Exposition colombienne.
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- FONTAINE LUMINEUSE
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- M. Trouvé a construit une fontaine monumentale (fig. 1136) pour Craig-y-Nos Castle,
- résidence, au pays de Galles, de la célèbre cantatrice, Mme Patti-Nicolini. Cette fontaine, placée
- <iu milieu du jardin d’hiver, pèse environ 10 000 kilogrammes et son bassin mesure 6 mètres de diamètre. L’eau sous pression est fournie par
- le grand réservoir qui alimente la serre; elle arrive dans un certain nombre de chambres, fermées par des glaces horizontales, et munies
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- FORGEAGE ÉLECTRIQUE. — GALVANOMÈTRE RALISTIQUE.
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- d’ajutages à la partie supérieure; au-dessous de chaque chambre se trouve une lampe à incandescence, placée au foyer d’un réflecteur parabolique à axe vertical. Les changements de couleurs sont produits automatiquement : l’eau, en retombant, fait mouvoir une petite roue à au-gets, qui fait tourner en sens contraire deux disques de verres colorés placés entre les chambres à eau et les lampes.
- Les lampes, de HO volts, sont au nombre de 4 et consomment chacune 6 ampères; la puissance dépensée est de 2640 watts, ce qui fait, à raison de 3 watls par bougie, une intensité lumineuse de plus de 800 bougies.
- On construit sur le même principe de petites fontaines d’appartement.
- FORGEAGE ÉLECTRIQUE. — Cette application se rapproche de la soudure électrique. Le procédé de M. Burton consiste à soumettre les pièces à un courant puissant, qui les porte à une température telle qu’on puisse facilement les forger et leur faire subir une série de transformations au moyen d’outils spéciaux.
- L’Electrical Forging C°, de Boston, emploie pour cet usage des courants alternatifs de grande intensité et de faible tension ; ces courants sont obtenus à l’aide de transformateurs
- de 50 kilowatts ; dans l’un des modèles, la différence de potentiel aux bornes de la bobine secondaire ne dépasse pas 5 volts et l’intensité peut atteindre 8000 ampères; dans un autre, on peut avoir jusqu’à 12000 ampères.
- On relie le transformateur par de grosses barres de cuivre avec les mâchoires isolées qui soutiennent la pièce à forger.
- Une barre d’acier carrée, de 25 centimètres de côté et 30cenlimèlres de longueur, est portée au rouge blanc en deux minutes et demie, en absorbant 27 kilowatts. Une barre ronde, en acier à outils, de 22 centimètres de diamètre et 28 centimètres de longueur, peut être amenée à une température convenable en une minute, avec une dépense de 24 kilowatts. On peut admettre que, avec toutes les transformations, le kilowatt-heure exige 2,7 kilogrammes de charbon; avec cette évaluation, il faut, dans ce dernier exemple, dépenser 1 kilogramme de charbon.
- Le forgeage électrique se recommande par la rapidité du chauffage, l’absence de gaz surchauffé pouvant attaquer le métal, la régularité de la température etla facilité avec laquelle on peuL la maintenir fixe.
- G
- GALVANOMÈTRE BALISTIQÜE. — La figure 1137 représente un modèle de galvanomètre à cadre mobile, construit par M. Carpentier, qui peut être employé comme galvanomètre balistique. Le cadre a 15 centimètres de longueur sur 6,4 centimètres de hauteur; il est suspendu entre deux fils d’argent et oscille autour d’un axe parallèle au plus pelit côté, de façon à présenter le plus grand moment d’inertie pour une surface donnée. Le champ magnétique est produit par deux aimants en fer à cheval réunis de manière à former deux pôles conséquents; une masse de fer fixée à l’intérieur du cadre réduit l’entrefer et rend le champ uniforme.
- La résistance du cadre est de 500 ohms; l’image lumineuse dévie de 120 millimètres pour un courant de 1 microampère; l’échelle étant à 1,15 mètre, une décharge de 1 micro-coulomb produit une impulsion de 40 millimètres. La durée des oscillations est d’environ 8 secondes.
- Fig. 1137. —Galvanomètre balistique (Carpentier).
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- GÉNÉRATEUR-MOTEUR. —
- GÉNÉRATEUR-MOTEUR A COURANTS CONTINUS ET POLYPHASÉS. — Appareil produisant des courants polyphasés lorsqu’on lui fournit un courant continu ou réciproquement. La machine de Gramme peut servir à cette transformation. (Y. Courant polyphasé.)
- GLOBE DIFFUSEUR TRANSPARENT. — Sous ce nom, M. Frédureau a présenté à l’Académie des sciences (1892) des globes destinés à éviter les inconvénients de l’arc électrique. Cet arc, en effet, « éblouit les yeux et donne des oppositions violentes d’ombre et de lumière. Les points de l’espace situés au-dessous du foyer, c’est-à-dire précisément là où il y a besoin de lumière, sont obscurcis par les ombres des supports, des cendriers et des charbons eux-mêmes. » Ces globes se composent d’enveloppes en verre ou en cristal transparent, munies à l’extérieur d’anneaux prismatiques horizon-* taux, dont la forme est calculée pour produire :
- « 1° La concentration de la lumière vers la
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- zone de l’espace située au-dessous du foyer, par
- Fig. 1138. — Globe Frédureau.
- la réflexion des rayons du foyer intérieur sur la face supérieure transparente des anneaux;
- GLOBE DIFFUSEUR TRANSPARENT.
- Il
- Fig. U39. —Grue électrique Guyenet.
- « 2° La diffusion, par les réflexions et réfractions diverses produites par l’action réciproque des anneaux les uns sur les autres.
- « Ces anneaux sont établis notamment d’après les deux systèmes suivants :
- « 1° Faces supérieures en paraboloïde de révo-
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- GRUE ÉLECTRIQUE. — HORLOGE ÉLECTRIQUE.
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- lution, les paraboloïdes successifs ayant un I même foyer, qui est le centre du globe. Faces inférieures planes, perpendiculaires à l’axe. Les rayons sont réfléchis par la face supérieure sur la face inférieure et sortent sans dispersion.
- « 2° Faces supérieures coniques, formant, avec les rayons issus du foyer, un angle au moins égal à l’angle limite. Les faces inférieures devraient, pour éviter toute dispersion, être taillées suivant des portions de tore; mais il suffit, dans la pratique, de les tailler suivant des surfaces coniques ayant le foyer lumineux comme sommet. »
- Ces globes (fîg. 1138) transforment la lumière en un large faisceau, supportable à la vue, et évitent l’opposition excessive des ombres ; ils rendent la lumière de l’arc non seulement supportable, mais agréable, dans les appariements. Des enveloppes analogues peuvent être appliquées aux lampes à incandescence.
- GRUE ÉLECTRIQUE. — L .a figure 1139 montre une grue roulante légère, destinée à l’arrimage des sacs de sucre et autres petits colis, et qui est en service dans les magasins et entrepôts de Paris, le Havre, Roubaix, etc.; sa largeur totale n’excède pas 65 centimètres, de sorte qu’elle peut circuler facilement dans des passages étroits. Cette machine est portée par quatre roues pivotantes, à jantes larges, montées sur bases tournantes C', de sorte qu’elle
- peut se déplacer dans tous les sens et tourner sur elle-même comme une plaque tournante. Elle est formée essentiellement d’un châssis et d’un pylône en tôle et cornières A ; un pivot B, en fer à I, porte la volée, la contre-volée et le contrepoids qui assure la stabilité. Ces pièces sont articulées par l’intermédiaire d’un levier unique et peuvent s’abaisser lorsque la machine passe sous les poutres principales du plafond. La réceptrice D est placée à l’une des extrémités du bâti; elle actionne un arbre intermédiaire, qui transmet le mouvement, par poulies et courroies, au treuil élévatoire à tendeur F, sur lequel s’enroule la corde de levage. En tirant plus ou moins fortement sur la corde de manœuvre H, on fait monter ou descendre le fardeau. Dès qu’on abandonne la corde, le frein à coin G se serre automatiquement sous l’effet du contrepoids et le mouvement s’arrête.
- Cette grue est légère, peu encombrante et d’une manœuvre très douce; comme tous les appareils de levage mus par l’électricité, elle supprime les moteurs et générateurs spéciaux. La dynamo fait 1200 tours; la puissance est de deux chevaux et la vitesse d’ascension de 60 centimètres par seconde. L’appareil pèse une tonne et possède une force de 100 kilogrammes.
- Un modèle analogue, d’une force de 600 kilogrammes, se construit pour les fardeaux plus lourds, comme les balles de laine et de coton.
- HAVEUSE ÉLECTRIQUE. — La haveuse.de M. Peter Arp est employée avec succès dans la mine Jackson, à Powellon.
- Cette machine se compose d’un cadre en fer de 61 centimètres de hauteur, 2,50 m. de longueur et 90 centimètres de largeur, qui porte neuf perforateurs destinés à percer le charbon, et séparés par des disques en acier qui découpent le charbon entre les trous. Elle reçoit le courant d’une dynamo de sept chevaux, installée à 1,5 kilomètre environ.-Cette haveuse pèse 550 kilogrammes et fait, d’après The machinery Market, deux entailles de 1,50 m. de long sur 0,90 m. de large en cinq minutes; elle se déplace, s’abaisse ou s’élève facilement.
- HERMITINE. — Liquide désinfectant préparé par la méthode Hermite. (V. Désinfection.)
- HORLOGE ÉLECTRIQUE. — Nous avons décrit plus haut différents systèmes de remise à l’heure par l’électricité, notamment celui de MM. Dumont et Lepaute, qui est employé par la Compagnie des chemins de fer de l’Est. Nous indiquerons encore le système Pouchard, adopté par la Compagnie de l’Ouest.
- Le système Pouchard résout très simplement la double question de remise à l’heure à distance et de remontage automatique des horloges; il présente l’avantage de corriger à la fois l’avance et le retard.
- Tout fil télégraphique ordinaire peut être utilisé pour la correction de l’heure: un dispositif installé dans chaque régulateur coupe automatiquement la communication avec les appareils pendant 4 ou 5 minutes et l’établit sur
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- HORLOGE ÉLECTRIQUE.
- l’horloge. L’application do ce système aux lignes de chemins de fer semble donc tout indiquée.
- Le remontage s’effectue au moyen d’un petit moteur électrique rotatif actionné par deux éléments type Leclanché, qui remonte automatiquement le poids de l’horloge par l’intermédiaire d’une vis sans fin et d’un train d’engrenage différentiel.
- Ce moteur est combiné de façon à éviter tout point mort.
- Le contact est établi entre la pile et le moteur, à des intervalles déterminés, généralement toutes les quatre heures, par un jeu d’étoiles muni de sautoirs.
- Si, pour une cause quelconque, le remontage électrique ne s’effectue pas, un index l’annonce
- Fig. 1140. — Remontage et remise à l’heure électriques, système Poucliard.
- extérieurement, mais le régulateur peut fonctionner encore plusieurs jours en attendant l’arrivée de l’agent chargé de l’entretien.
- La remise à l’heure est réalisée de la manière suivante. A l’intérieur de chaque régulateur, on a disposé un commutateur spécial, traversé par la ligne avant qu’elle n’aboutisse aux appareils télégraphiques. Au moment prévu pour la remise à l’heure, ce commutateur met automatiquement hors du circuit le télégraphe et établit pendant 4 minutes la communication d’une
- pile avec la ligne. Deux électro-aimants, installés dans chaque régulateur, ont pour objet de corriger respectivement l’avance et le retard.
- Si 1 es horloges sont bien à l’heure, aucun courant ne passe, mais, s’il y a désaccord, le courant est reçu dans l’un ou l’autre des électros. La fourchette de l’échappement se trouve dégagée du balancier, qui seul continue sa marche ordinaire. Si l’horloge retarde, l’échappement s’accélère et récupère le retard. Si, au contraire,
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- HYDROGÈNE.
- il y a de l’avance, l’échappement se trouve immobilisé.
- Au moment précis où toutes les horloges du circuit sont à l’heure de l’horloge régulatrice, le courant cesse de passer, les échappements deviennent de nouveau solidaires des balanciers, et la ligne se trouve reportée sur les appareils télégraphiques.
- La figure 1140 représente le mécanisme de remise à l’heure. La roue f fait un tour en vingt-quatre heures, la roue des heures un tour en une heure.
- Toutes les vingt-quatre heures, la dent w du levier yo' tombe dans l’encoche j, poussée par le ressort g', et la dent z tombe sur les dentelures r' de la roue r qui correspondent aux 58, 59 et 60e minutes de l’horloge régulatrice. Ces dentelures impriment au levier y et au contact g les mouvements suivants :
- 1° A la 58e minute, le contact 3v est rompu, séparant ainsi le télégraphe de la ligne;
- 2° A 58 minutes 45 secondes, le circuit de la pile Q est fermé en u4 et mis en rapport par HÆ"4rpH' avec le mécanisme de remise à l’heure ;
- 3° A la 60° minute, le contact q reprend sa position normale et rétablit le circuit des appareils télégraphiques par vpW.
- Le contact 3 communique par n avec l’appareil télégraphique et le contact 2 relie la borne k à l’électro m. Le contact 1 relie la borne k' à l’électro L
- Lorsque l’horloge arrive à la 58° minute de l’heure régulatrice, la touche q abandonne le contact 3, sépare l’horloge de la ligne L et ferme par 2 le circuit sur l’électro m, ce qui fait déclancher la bielle c de d et accélère, comme nous l’avons dit, l’échappement b. A la 59e minute, la touche q ferme le circuit entre v et le contact 1 sur l’électro l et immobilise l’échappement. Si l’horloge avance, par exemple, d’une minute, le régulateur lui envoie, à 59 minutes 45 secondes, un courant qui l’attaque lorsqu’elle marque 59 minutes 45 secondes, au moment où q se trouve entre les contacts 1 et 2, et qui passe dans l’électro l, déclanchant la bielle e, solidaire du balancier ; la coulisse c de l’échappement se trouve maintenue à l’arrêt par le
- ressort s jusqu'à la 60e minute, au moment où a lieu la rupture du courant par le régulateur type, et reprend alors sa marche normale, entraînée par le balancier a.
- Si l’horloge retarde de 1 minute, elle marque 58 minutes quand le régulateur correcteur marque 59 minutes. A 58 minutes 50 secondes, le courant passe dans l’électro m, déclanche la bielle e, et l’échappement bat quatre fois plus vite que le balancier, de manière à récupérer une minute en 20 secondes; ceci obtenu, lis courant de H est interrompu sur m, et l’échappement réenclanché reprend sa marche normale.
- Le système Pouchard, en usage depuis plusieurs années à la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest, fonctionne entre les gares de Paris Saint-Lazare, Paris-Montparnasse et le Mans. Sans aucun entretien, il a donné une entière satisfaction.
- HYDROGÈNE. — M. Latchinow a proposé de préparer par électrolyse l’hydrogène destiné au gonflement des ballons militaires. Il emploie pour cet usage une batterie de 132 voltamètres, disposés sur 3 rangs et réunis en tension sur chaque rang, dans laquelle il dirige le courant d’une dynamo de 100 chevaux donnant par exemple 100 volts et 600 ampères ; les 3 rangs étant montés en surface, chacun d’eux reçoit 200 ampères. On peut ainsi fabriquer par jour 264 mètres cubes d’hydrogène et 132 mètres cubes d’oxygène.
- Les deux gaz, recueillis par des dispositifs spéciaux, traversent des séchoirs et sont ensuite introduits dans des cylindres d’acier servant à les transporter.
- D’après l’auteur, la dépense nécessaire pour le gonflement d’un ballon de 640 mètres cubes s’élèverait, tous frais compris, à 850 fr. ; d'après ce que nous avons dit, la production du gaz exigerait deux jours et demi. Mais il faut remarquer qu’on produit en même temps 320 mètres cubes d’oxygène, qui, à raison de 4 fr. le mètre cube, peuvent donner une recette de 1280 fr. Si l’on est assuré de vendre ce dernier gaz, l’opération deviendra beaucoup plus avantageuse. Voy. Voltamètre.
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- INDICATEUR DE LA CHARGE DES ACCUMULATEURS. — ISOLATEUR. 1027
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- INDICATEUR DE LA CHARGE DES ACCUMULATEURS. — I ^indicateur de M. G. Roux utilise les variations de la densité du liquide avec la charge.
- L’appareil se compose d’un plongeur formé par une lame d’ébonite, ayant sensiblement la même hauteur que le liquide, suspendue à un petit levier par un fil de platine, muni d’un coulisseau en aluminium destiné à en faire varier la longueur. Ce plongeur est équilibré, lorsque l’accumulateur est déchargé, par deux grosses masses qui peuvent se déplacer sur une tige filetée située dans le prolongement du petit bras de levier; une aiguille équilibrée est fixée perpendiculairement et est en partie cachée par une plaque portant sur la tranche inférieure 100 divisions équidistantes. Une petite tige filetée, faisant un angle de 45 degrés avec le bras de levier, porte aussi deux petites masses de cuivre.
- Pour régler l’appareil, il suffit, après avoir suspendu le plongeur en ébonite dans le liquide de l’un des accumulateurs de la batterie, pris comme témoin, d’amener l’aiguille au O quand l’accumulateur est complètement déchargé, en agissant sur les grosses masses ; puis, une fois l’accumulateur chargé à saturation, on amène l’aiguille à 100 en agissant sur les petites masses. L’aiguille doit toujours être en partie cachée par l’échelle divisée.
- L’appareil est alors prêt à fonctionner.
- Si, à un moment donné, l’aiguille marque 30, cela veut dire que l’accumulateur renferme encore 30 pour 100 de sa charge maxima. On a donc à chaque instant, par une lecture simple et directe, l’état de charge de l’accumulateur et, pir conséquent, de la batterie entière.
- Cet indicateur peut, avec une légère modification, devenir avertisseur de fin de charge et de décharge.
- Un bouton fixé extérieurement, sur le côté gauche de la boîte, est relié à une tige munie d’un contact mobile et porte un index pouvant se déplacer devant les deux indications : chargé et déchargé.
- Si l’accumulateur témoin est en partie chargé, et que l’index soit en regard du mot déchargé,
- une sonnerie, montée en circuit avec l’accumulateur témoin et l’indicateur, se mettra à fonctionner dès que l’aiguille indiquera qu’il ne reste plus que 20 p. 100 de la charge de l’accumulateur et jusqu’à ce que l’on vienne couper le circuit en poussant le bouton et amener l’index sur le mot chargé; la batterie étant remise en charge, la sonnerie fonctionnera dès que l’aiguille de l’indicateur marquera 90 p. 100.
- INTERRUPTEUR RAPIDE. - Ce petit appareil, construit par M. F. Henrion, de Nancy, se compose d’un levier isolant FG, mobile autour d’un axe fixe (fig. 1141) et garni vers son milieu
- Fig. 1141. — Interrupteur rapide F. Henrion.
- d’une mâchoire métallique C, formée cfè James de cuivre élastiques, découpées par une série de rainures dans un morceau de métal. Cette pièce est maintenue par une tige métallique t, entourée d’un ressort à boudin qui la rappelle sans cesse sur le levier; elle peut pénétrer, quand on appuie sur ce levier, entre deux lames de cuivre AB, également élastiques, et fixées sur le socle isolant de l’appareil. Comme elle les rencontre obliquement, il faut exercer un certain effort pour assurer le contact, qui est excellent. Quand on relève le levier, le contact se trouve rompu sur toute la surface à la fois, ce qui évite les étincelles de rupture. U se construit aussi un modèle analogue d’interrupteur bipolaire.
- ISOLATEUR. — 11 est souvent difficile, surtout lorsque l’air est humide, d’obtenir un bon
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- JOULE.
- isolement des appareils d’électrostatique. Ou connaît le support isolant à acide sulfurique de M. Mascart, qui donne de bons résultats.
- M. Boudréaux emploie depuis quelques années comme supports des cylindres de parafline ; comme cette substance perd en grande partie ses propriétés isolantes lorsqu’elle est couverte de poussière, ces supports sont recouverts d’une enveloppe de laiton; en faisant glisser cette enveloppe, on découvre la paraffine sur une certaine longueur et le support devient isolant.
- Tout récemment (janvier 1894), M. Hurmu-zescu a indiqué pour le même usage l’emploi de la diélectrine; c’est un mélange de paraffine et de soufre, qui est bien préférable à chacun de ces isolants ; il est plus dur et moins fusible que le premier, moins cassant et moins hygrométrique que le second. Grâce à un dispositif spécial, on peut mouler ce produit et l’obtenir bien homogène, très dur, facile à travailler au tour ou à la lime. Cette substance paraît en outre bien inaltérable.
- A la clinique électrothérapique de l’hôpital Saint-André de Bordeaux, le Dr Bergonié a remplacé les pieds de verre du tabouret isolant, si sensibles à l’humidité, par des tubes de fer entourés d'une épaisse couche de caoutchouc qu’on fait durcir, sauf à l’extrémité inférieure. Cette partie inférieure, de forme hémisphérique, repose sur un isolateur de porcelaine fixé au sol ; la partie supérieure du tube entre à frottement dur dans un champignon en sapin, bouilli dans la paraffine et vissé dans le tabouret.
- L'Allgemeine Elektricitâts Gesellschctft de Berlin emploie depuis quelque temps une nouvelle matière isolante, qu’on nomme Stabilit. Cette substance, dont la composition .est tenue secrète, supporterait très bien l’emploi des hautes tensions, pour lesquelles la plupart des isolants ordinaires sont insuffisants..La stabilit, ne renfermant aucune matière acide, n’attaque pas les métaux et convient bien pour les commutateurs et les montures d’appareils ; elle
- n’est pas hygroscopique; elle est rougeâtre ou gris-noir, se laisse travailler comme l’ébonite ou la fibre vulcanisée et peut être obtenue en plaques, en bâtons ou en tubes. Elle n’est attaquée ni par les acides, ni par les bases, et peut servir pour les récipients d’accumulateurs. Sa densité est 1,6.
- Anneau - isolateur. — L’anneau - isolateur (fig. 1142) permet d’installer les fils conducteurs d’une manière très simple, sans produire de décombres et sans endommager en aucune façon les tentures. Il se compose d’un anneau en porcelaine ou autre matière isolante, muni extérieurement d’une rainure, dans laquelle on
- Fig. 1142. — Anneau isolateur.
- introduit un crochet faisant ressor!, qui serre l'anneau et ne lui permet aucun mouvement latéral. La première forme représentée par la figure se fixe directement dans le mur, à l’aide d’un marteau et d’un outil spécial; la seconde forme se suspend ci un clou ou à une vis ordinaire, au moyen d’un œillet. Dans les deux cas, une tête ornementée masque le clou. On place d’abord les crochets, puis on fait glisser sur le câble autant d’anneaux qu’il est nécessaire; on fixe ensuite ces anneaux sur les crochets en les poussant avec les doigts l’un après l’autre. On peut tendre les fils en les serrant dans les anneaux par l’intermédiaire de petits coins en bois ou en employant un anneau spécial à vis de serrage. Ce système s’installe facilement et présente un aspect très propre.
- J
- JOULE. — Unité pratique de travail, qui vaut I le travail fourni par un coulomb dans un con-107 ergs (unité absolue de travail). Le joule est I ducteur dont les deux extrémités ont une diflé-
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- LABORATOIRE CENTRAL D’ÉLECTRICITÉ.
- LAMPE ÉLECTRIQUE. 1029
- rence de potentiel de 1 volt, d’où le nom de volt-coulomb, qu’on lui donne quelquefois. C’est aussi le travail effectué en une seconde par une machine dont la puissance est un watt. Le kilogrammètre vaut 9.8096 joules. Lorsqu’un
- travail est exprimé en joules, il suffît donc de diviser son expression par l’intensité de la pesanteur, exprimée en mètres, pour avoir sa valeur en kilogrammètres (Voy. Unités).
- L
- LABORATOIRE CENTRAL D’ÉLECTRICITÉ.
- — Ce laboratoire, installé provisoirement, en 1888, place St-Charles, à Grenelle, vient d’être transporté définitivement dans un terrain situé entre la rue de Staël et la nouvelle rue Renan. L’inauguration a eu lieu le 14 juin 1893.
- Les constructions actuellement terminées comprennent 7 salles de mesures, destinées aux usages suivants :
- 1° Mesures des résistances. Essais des fils. Conductibilité.
- 2° Résistances d’isolement des fils et des câbles. Étude des isolants.
- 3° Mesures industrielles des différences de potentiel. Étalonnement des ampèromèlres, voltmètres et compteurs.
- 4° Études sur les étalons de force électromotrice et mesures des intensités en unités CG S ;
- o° Essais des piles et travaux d’électrochimie ;
- 6° Mesure des capacités électrostatiques et des perméabilités magnétiques.
- 7° Comparaisons des étalons de résistances.
- Deux salles provisoires servent l’une pour les accumulateurs, l’autre pour la photométrie. Enfin la salle des machines renferme un moteur à gaz de 12 chevaux, commandant une transmission, qui se prolongera dans toute la longueur de la salle, et une machine à vapeur demi-fixe de 30 chevaux ; entre ces deux machines se trouve un massif de maçonnerie enfoncé de 1,8 m. dans le sol et qui reçoit les dynamos à essayer.
- LAMPE ÉLECTRIQUE. — Lampes à arc ou Régulateurs. — Régulateur Cance. — Le type 1892 de ce régulateur diffère notablement du précédent. Le mouvement des charbons et des mécanismes est produit par le poids du porte-charbon supérieur A. Les deux porte-charbons sont suspendus à des cordelettes de soie C^ enroulées dans les filets à gorge d’un tambour vertical T, fiu’on voit à gauche (fig. 1143), et qui est divisé en deux parties présentant des diamètres dont
- l’un est double de l’autre. Ces cordelettes passent ensuite sur deux poulies BjB^, et s’engagent dans deux tubes creux pour aboutir aux porte-charbons. Le sens de l’enroulement est tel que, si le tambour vient à tourner, les deux charbons se meuvent en sens contraire, et la différence des diamètres maintient le point lumineux fixe.
- L’axe du tambour porte, vers sa partie supérieure, une roue dentée J, qui engrène avec un pignon L calé sur un autre arbre K. Cet arbre, porte un plateau allumeur-régulateur P, au-dessous duquel se trouve un plateau frein annulaire à bras Q, reposant sur les tiges R^. L’arbre K porte une goupille transversale M, adhérant constamment, au moyen des ressorts NjNa, sur les cônes OjCL, faisant partie du plateau P, qui peut recevoir un mouvement vertical sur son arbre.
- Le solénoïde S porte deux enroulements ; l’un, en gros fil, reçoit le courant principal, qui arrive par la borne positive et traverse d’abord le conducteur fixe e, le conducteur souple f, puis les deux charbons ; l’autre enroulement, en fil fin, est placé en dérivation sur les deux bornes de la lampe. Ce solénoïde renferme un noyau fixe c et un noyau mobile a, solidaire des tiges R^.
- Au repos, les charbons sont au contact ; le plateau P repose sur l’assiette du pignon L et le plateau Q sur les liges RjR^ Dès que le courant passe, le noyau a s’élève, entraînant les tiges RiRa; le plateau frein, soulevé, s’applique contre le plateau allumeur P et l’entraîne; ce dernier mouvement fait tourner d’un certain angle la goupille M, qui entraîne l’arbre K, le pignon L, la roue J et le tambour T ; celui-ci enroule légèrementla cordelette C, et déroule C2, ce qui produit un léger écart des charbons et par suite l’allumage.
- L’arc s’allongeant, le noyau a tend à redes-| cendre ; il arrive un moment où l’adhérence
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- des deux plateaux est assez faible pour permettre un léger glissement du plateau régula-leur, ce qui laisse les deux charbons se rapprocher d’une petite quantité; l’intensité du courant augmente à son tour et l’adhérence des plateaux arrête ce rapprochement. Ces effets d’adhérence variable se répètent constamment et maintiennent constant l’écart des charbons.
- En outre, le volant de fonte d, présentant une partie de sa périphérie à l’épanouissement polaire du noyau fixe c, constitue un frein magnétique dont la puissance varie, comme celle du frein mécanique, en fonction de l’intensité du courant, de sorte que les deux effets s’ajoutent. D’autre part, l’inertie de ce volant s’oppose à une remise en marche trop rapide
- Fig. 1143. — Mécanisme de la lampe Cance, type 1892.
- Fig. 1144. — Lampes Cance, type 1892.
- provenant d’une action trop immédiate de la pesanteur.
- La figure 1144 montre l’aspect extérieur de ce nouveau modèle. Le boisseau de la lampe, c’est-à-dire la partie qui renferme le mécanisme, est de hauteur très réduite, ce qui permet de rapprocher le point lumineux du point de suspension, et se prête mieux à l’ornementation extérieure de l’appareil. La course et la longueur des charbons peuvent varier à vo-
- lonté et correspondre à des durées de seize à dix-huit heures d’éclairage; sans augmentation de la longueur du boisseau. Tous les organes susceptibles d’être touchés pendant le fonctionnement de la lampe sont isolés.
- Régulateur de Contades. — Cette lampe, à point lumineux fixe, est caractérisée par la faible hauteur du mécanisme, qui, pour les petites intensités, n’est que de 3 centimètres, quelle que soit la hauteur des charbons. Grâce
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- à cette particularité, elle peut être enfermée toute entière dans un globe sphérique (flg. 1145), ce qui est très favorable à la décoration, et elle peut ê(re employée facilement dans les lo-
- Fig. 1145. — Lampe de Contades (vi
- eaux peu élevés, tels que caves, sous-sols, navires, etc.
- Les porte-charbons servent d’écrous à deux vis (fig. 1146) présentant, dans les deux tiers
- extérieure et plan du mécanisme).
- supérieurs, un pas à deux filets dans un j sens, et, dans le tiers inférieur, un pas de sens inverse et moitié moins allongé; ces vis
- Fig. 1146. — Lampe de Contades (élévation).
- peuvent tourner sur elles-mêmes sans avancer. Il résulte de cette disposition que les deux porte-charbons s’équilibrent par eux-mêmes : un léger excès de poids du porte-char-
- bon supérieur tend à les ramener au contact.
- Les vis se terminent par deux têtes moletées BB : un balancier horizontal A porte deux barreaux de fer doux recourbés en arcs de cercle, dont la fig. 1145 montre la disposition. Quand le courant passe, le solénoïde principal attire son fer doux ; deux ressorts frottent sur les tètes BB et provoquent la séparation des charbons, Quand la résistance augmente, le solénoïde à fil fin attire à son tour son barreau : le balancier tourne en sens contraire et les ressorts abandonnent les têtes BB, laissant les charbons se rapprocher par la pesanteur. Une disposition spéciale permet de supprimer complètement le fer et d’employer avantageusement les cou-rants'alternatifs.
- Régulateur Brianne. — Le mécanisme de cette lampe est extrêmement simple. Le charbon inférieur est fixe ; le charbon supérieur (fig. 1147) est porté par une crémaillère C, qui engrène avec un petit pignon denté P, monté sur le même axe qu’un volant Y. Ce volant engrène avec un secteur denté R, mobile autour d’un axe horizontal, autour duquel tourne également une tige portant une lame de fer doux F, en forme d’arc de cercle, qui peut pénétrer dans un solénoïde S, monté en dérivation sur les bornes de la lampe. Une tige à ressort, reliée au secteur denté, permet de l’écarter et de libérer le porte-charbon supérieur, pour le remonter et l’abaisser quand on remplace les charbons.
- Quand la lampe n’est pas en service, la palette F repose sur la tête d’une vis, non figu-
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- rée, qui est fixée dans la base de la boîte du mécanisme et qui lui sert de support ; par suite la crémaillère C est soulevée et les charbons se trouvent écartés. Le courant passe donc d’abord tout entier par le solé-noïde S, qui attire la palette F ; le secteur R, le volant Y et le pignon P se mettent à tourner, de sorte que la crémaillère C s’abaisse jusqu’à ce que les deux charbons se touchent. Le solé-noïde, se trouvant alors en court circuit, cesse d’attirer la palette F, qui, en retombant, fait mouvoir les pièces dentées : les charbons s’é-
- Fig.. 1147. — Mécanisme du régulateur Brianne.
- cartent et l’arc s’allume. L’intensité augmente de nouveau dans le solénoïde et l'équilibre s’établit. La grande inertie des pièces rend ces mouvements lents.
- Le réglage se fait en modifiant la position relative du secteur et de la tige de la palette. Lorsque l’arc présente la longueur convenable, le secteur denté cesse d’engrener avec le volant; toutes les 20 secondes environ, il laisse échapper une dent, ce qui correspond à un rapprochement de 0,15 millimètre.
- Le montage de ces lampes en tension a été étudié par M. J. Laffargue, à l’usine des Halles; montées par 4 en tension sur 240 volts, à courant continu, et par 3 sur 105 volts, à courants alternatifs, avec une intensité de 14 ampères, elles ont donné de bons résultats. D’autres
- essais, effectués à l’École de Physique et de Chimie industrielles de la ville de Paris, ont également réussi.
- Fig. 1148. — Lampe Brianne.
- La figure 1148fmonlre l’aspect extérieur de la lampe Brianne.
- Régulateur Wübrant. — Cette lampe, employée en Belgique depuis 1892, est d’une construction
- Fig. 1149. — Mécanisme régulateur de la lampe Wilbrant.
- extrêmement simple, et donne de bons résultats, bien que l’électro allumeur et l’électro régulateur soient tous deux en fonte ; ce dernier est cependant sensible à des variations d’une fraction de volt.
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- Le réglage est produit par l’éleclro-aimant tubulaire E (fig. H49), monté en dérivation, et dont le noyau est percé d'un trou que traverse le porte-charbon supérieur T. L’armature discoïde A est également percée d’un trou pour laisser passer ce porte-charbon; mais elle est soulevée par le ressort R et exerce sur la tige T un frottement assez considérable pour l’empêcher de descendre. Cette armature porte en outre une lame flexible I, réglée par un ressort D et agissant comme l’interrupteur automatique d’une sonnerie.
- Lorsque l’intensité augmente dans la dérivation, l’armature A, attirée, s’abaisse et laisse descendre d’une petite quantité la tige T, entraînée par son poids; en même temps, la dérivation se trouve coupée au contact de I avec la pointe 3 et l’armature remonte aussitôt, sans ramener la tige T. Il se produit ainsi une série d’oscillations de l’armature, accompagnées d’un petit bruit sec et régulier, jusqu’à ce que les charbons aient repris leur distance normale. Les vibrations de l’armature sont limitées parle butoir B. L’appareil fonctionne aussi bien avec 2 ampères qu’avec 10.
- Régulateur Bardon. — Le régulateur Bardon, imaginé en 1888, a subi depuis des modifications importantes. Le modèle 1891 (fig. 1150) a pour organe essentiel un solénoïde B, dans l’axe duquel se trouvent deux noyaux de fer doux, l’un fixe N, l’autre mobile N’. Lorsque le solénoïde devient actif, le noyau N’, attiré, fait basculer, par l’intermédiaire de la tige N'o’, le levier m n, qui tourne autour du point o et vient faire frein en calant un volant V. Une cordelette de soie, dont les extrémités sont fixées en m et n, passe sur la gorge d’un petit moyeu solidaire du volant et soutient, à l’aide de galets de mouflage, les deux porte-charboïîs pp'.
- Le porte-charbon supérieur est le plus lourd et sert de moteur. Sollicités par son poids, les deux charbons, au repos, se rapprochent et restent en contact. Si l’on ferme le circuit, le noyau N' est attiré et le levier m n vient, en se soulevant, caler le volant Y. Ce déplacement de mn soulève le charbon supérieur en p, abaisse le charbon inférieur en p' et produit l’allumage.
- Ces lampes peuvent être disposées de deux %çons. Elles peuvent d’abord fonctionner seules, en dérivation sur un circuit spécial de 65 à 70 volts. L’enroulement du solénoïde se compose alors uniquement d’un gros fil monté en tension avec l’arc et traversé par le même courant.
- La lampe élant allumée, l’intensité diminue à Dictionnaire d’électricité.
- mesure que les charbons s’usent; la’pression du frein devient plus faible et le volant glisse
- *
- Fig. 1150. — Régulateur Bardon, modèle 1891.
- d’une manière continue, permettant aux charbons de se rapprocher sans cesse et insensiblement, pour maintenir l’arc à sa grandeur normale.
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- 1034 LAMPE ELECTRIQUE.
- Ce montage en dérivation est celui qui se prête le mieux au réglage; mais il est plus économique de placer un certain nombre de régu-
- -ale~~
- Fig. 1151. — Régulateur Bardon à potentiel constant, modèle 1892.
- lateurs, 2, o, 10,.... en série. Il est à craindre alors que, les lampes les plus sensibles se réglant d’abord, leurs charbons se rapprochent jusqu’au collage, tandis que l’arc des autres régulateurs deviendrait de plus en plus grand.
- Pour éviter cet inconvénient, on dispose sur le solénoïde un second enroulement différentiel en fil fin, branché en dérivation aux bornes de l’arc et agissant sur les noyaux en sens inverse de l'enroulement principal.
- Plus l’arc d’une lampe tend à s’allonger, plus l’intensité croît dans- l’enroulement différentiel, qui neutralise de plus en plus l’action du gros fil et facilite le décalage du volant. Si la lampe tend à coller, le fil fin ne reçoit qu’une faible intensité et, le gros fil gardant toute sa puissance, le volant est immobilisé.
- Le modèle 1892 (fîg. 1151) est destiné au montage en série par grand nombre (30, 40 ou 50 par exemple). Le rapprochement des charbons est la conséquence d’une augmentation de voltage aux bornes; il s’effectue pour une différence de potentiel de 40 ou 42 volts, suivant la valeur adoptée; on peut ainsi introduire une de ces lampes, réglée séparément, dans le circuit des autres sans avoir besoin préalablement de les équilibrer en série. La bobine à gros fil est supprimée, de sorte que la lampe peut fonctionner à toutes les intensités.
- Les organes sont disposés à peu près comme dans le modèle précédent ; mais le volant est porté par une boîte mobile autour du point O, qui représente aussi l’axe de rotation du levier m n. La boîte à volant porte deux goupilles gg' servant de butées à ce levier. Le frein est fixe; le grand bras du levier On soutient le porte-charbon inférieur.
- Le solénoïde porte un seul enroulement en fil fin, monté en dérivation aux bornes de l’arc. Au repos, la boîte à volant s’abaisse, sollicitée par son poids et par celui du porte-charbon inférieur, qui vient s’appuyer sur elle par l’intermédiaire de la goupille g'; le volant se trouve calé sur le frein et les charbons restent écartés. Si on ferme le circuit, le noyau mobile soulève l’extrémité n du levier, ce qui élève d’abord le charbon inférieur ; puis le levier atteint la goupille g et soulève la boîte à volant. Le volant n’étant plus calé, les charbons viennent au contact. A ce moment, le courant passe entièrement par les charbons, et, la bobine n’étant plus actionnée, tout le système redescend : le volant vient d’abord reposer sur le frein et immobilise les charbons, puis le levier On, continuant à s’abaisser, produit l’allumage par le recul du charbon inférieur.
- Les charbons s’usant, le voltage aux bornes croît. L’attraction de la bobine augmente ; l’extrémité n du levier se soulève et vient toucher la goupille g; le volant commence alors à
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- glisser d’une manière continue. D’ailleurs, il reste toujours un recul disponible, car le levier On peut à tout instant descendre jusqu’à la goupille g' en abaissant le charbon inférieur.
- Régulateur E. Thomson. — La lampe Thomson, modèle 93, pour circuits à potentiel constant, comprend un mécanisme robuste, dont toutes les pièces sont faciles à inspecter, à nettoyer et à changer. Un cadre métallique (flg. 1152), pouvant osciller légèrement autour de l’axe A3, situé en son milieu, porte deux autres axes Aj et A2. Survie premier de ces deux axes sont
- calés un pignon P, engrenant avec une tige à crémaillère C, parfaitement guidée, qui porte le charbon supérieur, et une roue dentée R1( commandant un second pignon, fixé à l’axe A,, ainsi qu’une roue R2, munie d’une fine denture en argent. Le cadre est également relié avec un noyau de fer N, qui pénètre dans un so-lénoïde Sj à gros fil ; l’action de cet organe provoque le mouvement d’oscillation.
- Le cadre porte encore un ressort à tension réglable r, accroché d’autre part à l’armature de fer doux a d’un électro-aimant à fil fin S2;
- Fig. 1152. — Mécanisme de la lampe E. Thomson 93.
- à cette armature est fixé un cliquet d’arrêt en argent c, engrenant avec la roue R2 et servant d’interrupteur, car il est monté en circuit avec cette roue et l’électro à fil fin.
- L’une des bornes étant à la masse, le courant est amené au porte-charbon supérieur par un balai fixé au bâti et pressant contre la crémaillère. Les charbons étant en contact, au moment de l’allumage, le courant principal traverse le solénoïde S1; qui attire le noyau N et élève la partie antérieure du cadre. Ce mouvement détermine l’écart des charbons et la formation de l’arc. En même temps, l’autre partie du cadre s’abaisse, tend le ressort r et attire
- l’armature a, dont le cliquet enclenche la roue Râ et empêche le mouvement de descente du charbon supérieur.
- Quand la différence de potentiel aux bornes de l’arc devient assez grande pour que l’action du solénoïde à fil fin soit prédominante, l’armature a se soulève légèrement, laissant tourner le train de minuterie et descendre le porte-charbon ; mais, la dérivation se trouvant interrompue en c, l’armature est ramenée aussitôt par le ressort r et ce mouvement s’arrête. La descente se produit ainsi par une série de petites impulsions jusqu’à ce que l’équilibre soit obtenu.
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- 'Au repos, le cadre soulève l’armature a au moyen d’un doigt d en laiton ; le cliquet c est alors dégagé et l’on peut faire mouvoir à volonté le porte-charbon supérieur.
- Cette lampe (fîg. 1153) se construit en quatre types ; lampe étalon et lampe courte pour circuit à 110 volts; lampe à point lumineux fixe; lampe pour circuits de tramways ou de trans-
- Fig. 1153. — Types divers de la lampe Thomson 93.
- mission d’énergie. Tous les modèles sont réglés pour 9 ampères et 43 ou 45 volts ; on emploie des charbons positifs à âme et des charbons négatifs pleins.
- Les lampes étalons sont munies d’une résistance additionnelle, disposée autour de la cheminée, et se montent par deux en tension sur un circuit de 110 volts ; en faisant varier la résistance, elles peuvent supporter un courant très différent de 9 ampères. Les lampes courtes
- et les lampes à point lumineux fixe ne portent pas de résistance ; elles nécessitent l’emploi d’un rhéostat. Les lampes pour circuits de tramways se montent par 4) en tension sur 220 volts ou par 10 sur 500 volts, elles portent une résistance qui n’est mise en circuit par un électro-aimant qu’au moment où le circuit de l’arc se trouve interrompu ; un rhéostat auxiliaire permet d’ajuster l’intensité exactement à 9 ampères.
- Lampe à arc incandescent. — M. L.-B. Marks a présenté au Congrès de Chicago une lampe à arc qu’il désigne improprement sous le nom de lampe à arc incandescent, dans laquelle les charbons sont enfermés dans une enveloppe hermétique en verre réfractaire. A la partie supérieure se trouve seulement une petite soupape, qui laisse échapper une partie de l’air intérieur, lorsque sa pression devient trop forte par suite de l’élévation de température, mais ne laisse jamais rentrer l’air extérieur. Les charbons sont maintenus par des garnitures métalliques, isolées du verre par des bouchons d’amiante.
- Dans ces conditions, la chaleur, qui est ordinairement dissipée dans l’air, échauffe les gaz intérieurs: l’arc est à peine visible, mais tout le contenu de l’enveloppe paraît lumineux. L’usure des charbons est notablement diminuée; l’arc est plus long que dans les lampes ordinaires, pour la même différence de potentiel, et il ne présente pas la flamme qu’on observe toujours dans ces lampes avec les arcs de grande longueur. Avec les courants alternatifs, le ronflement est moins accentué, ce qui peut s’expliquer en partie par la présence du récipient hermétique. Il convient d’ajouter que la dépense d’énergie est plus grande qu’avec les lampes à arc nu: elle s’élève à 1,17 watt par bougie au lieu de 0,84.
- Lampe à arc incandescent à haut potentiel.
- — MM. Marks et Ransom ont donné ce nom compliqué à un foyer dont les charbons sont enfermés dans un très petit globe rempli d’oxyde de carbone, ce qui permet de réduire l’intensité du courant et d’augmenter la différence de potentiel ; ainsi, au lieu de 9 ampères et 50 volts, on peut employer 100 volts et 4,5 ampères, ce qui serait impossible à l’air libre. Un dispositif spécial permet de régler la pression du gaz intérieur. L’arc est très fixe ; il a 12,5 mm. de longueur et n’offre pas la couleur des arcs longs à l’air libre.
- Ce système offre divers avantages. D’abord il devient inutile de monter les arcs par deux en série. Les charbons s’usent très lentement, de
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- sorte que la différence de potentiel n'augmente que de quelques volts par heure. En outre, la perte d’énergie est beaucoup plus faible. La dépense du charbon est notablement diminuée; la division des foyers peut être augmentée; les étincelles sont supprimées et l’absence de cendres et de suie rend l’appareil très propre.
- Lampes à incandescence. — Lampe « La Française ». — Cette lampe se fabrique depuis 8 jusqu’à 2 000 bougies. Elle a la forme d’une poire allongée vers la douille, qui est à vis ou à baïonnette (fig. 1154). Le filament, contourné en boucle, est assez solide pour supporter des tensions supérieures à celles pour lesquelles il a été fabriqué ; il est bien homogène et présente sur toute sa longueur le même degré
- d’incandescence; c’est ce qui résulte des essais faits au laboratoire central d’électricité. Des
- Fig. 1154. — Lampes « La Française ».
- pompes spéciales permettent de faire dans les ampoules un excellent vide. La consommation moyenne est de 45 watts pour les lampes de 16 bougies et de 80 pour celles de 32.
- Lampe Khotinsky. — Cette lampe est une des meilleures. Le filament est bien homogène. La consommation courante est de 3,25 à 3,50 watts par bougie. Cette lampe se construit depuis 5 bougies et fonctionne avec 95 à 110 volts. De petites dimensions, ce type permet une plus grande division de la lumière et se prête à des effets très décoratifs.
- Les lampes de 5 bougies ne consomment que 0,16 ampère.
- Lampe Bernstein. — On sait que cette lampe,
- peu employée en France, mais très répandue en Amérique, est destinée aux installations à intensité constante, et présente par suite une faible résistance. Elle doit donc être montée en tension et permet alors d’obtenir une meilleure division de l’éclairage que les lampes à arc de faible puissance lumineuse.
- Le modèle actuel (fig. 1155) se compose d’un filament gros et court, replié en U et fixé à deux tiges qui servent à assujettir la lampe sur sa douille. Celle-ci porte une clef qui oblige à mettre la lampe en court circuit avant de la retirer, ainsi qu’un ferme-circuit auto-
- matique, qui assure la continuité du circuit lorsque le filament vient à se briser. Cet appareil se compose de deux ressorts, séparés par une substance médiocrement isolante et placés en dérivation sur la lampe. Quand le filament casse, cette matière est traversée par le courant entier, qui l’échauffe et la ramollit assez pour permettre aux deux ressorts de venir en contact. La douille et la clef sont en matière isolante, afin d’éviter les accidents dus au potentiel élevé du courant.
- La lampe Bernstein peut servir à l’éclairage des rues comme à celui des édifices. Dans le
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- premier cas, la douille se trouve enfermée dans une boîte formée par le réflecteur et l’abat-jour, ce qui la met à l’abri de la poussière et de l’humidité ; on peut cependant changer la lampe facilement, même pendant la marche.
- Lampe Waring, — M. John Waring a imaginé de placer le filament des lampes à incandescence dans une atmosphère de vapeur de brome, qui paraît diminuer l’usure du filament et le noircissement de l’ampoule, sans cependant augmenter le rendement lumineux. Ces résultats sont d’ailleurs encore contestés.
- Lampes de grande intensité lumineuse. — Bien que les lampes à incandescence n’aient été
- Fig. 1156. — Lampe à incandescence de 500 bougies.
- construites tout d’abord que pour des intensités lumineuses de 1 à 20 bougies, on fabrique cependant depuis quelques années un certain nombre de modèles destinés à fournir une grande intensité. Ainsi, la Compagnie générale des lampes incandescentes, qui exploite en France les brevets Edison et Swan, tout en abaissant le prix des lampes à mesure que l’augmentation croissante de la production le permettait, fabrique en outre actuellement plusieurs types de lampes qui permettent d’avoir une grande intensité avec une consommation relativement faible.
- Le premier, qui est établi à 3 watts par bougie, présente une constance absolue de pouvoir éclairant pendant 400 heures au moins,
- avec une durée normale de 1000 heures environ.
- Le second, dit économique, établi à 2,3 watts par bougie avec une durée normale de 400 heures, convient plus particulièrement aux abonnés des usines électriques payant le courant au compteur et ayant, par conséquent, tout intérêt à sacrifier la durée de la lampe à sa consommation.
- Enfin nous signalerons surtout le type de lampe de haute intensité lumineuse consommant à peine 2 watts par bougie. Le modèle de 500 bougies (fîg. 1156) a figuré avec succès à l’exposition de Lyon, ainsi qu’au centenaire de l’École polytechnique.
- Du choix des lampes à incandescence — Les lampes à incandescence ne doivent pas être installées au hasard, si l’on veut obtenir la lumière aux meilleures conditions. Les compagnies qui fournissent l’énergie électrique au compteur ont tout intérêt à ne pas pousser les lampes, c’est-à-dire à ne pas leur faire donner un rendement élevé en lumière pour une même consommation d’énergie, afin d’avoir à installer un plus grand nombre de lampes et d’augmenter la dépense d’énergie nécessaire. Il est plus avantageux pour le consommateur d’utiliser la puissance maxima du courant en poussant les lampes le plus possible : elles s’usent plus vite, il est vrai, mais il n’en faut qu’un nombre moindre et l’on diminue en outre la dépense d’énergie.
- Pour démontrer celte assertion, nous empruntons à M. Engelard (l'Éclairage électrique) les calculs suivants : Considérons des lampes de t6 bougies, coûtant en moyenne 2,50 fr. : 1° lorsque le consommateur produit lui-même son courant ; 2° lorsqu’il le paie à raison de 0,15 l’hectowatt. Supposons en outre que les lampes de 4 watts par bougie durent 1 000 heures et celles de 3 watts 500 heures.
- Le tableau ci-après montre l’économie brute qu’on réalise sur le courant, depuis le prix de 0,025 l’hectowatt, qu’on peut obtenir dans le premier cas, jusqu’à 0,15, prix maximum payé sur les secteurs; on voit qu’il y a tout avantage à prendre des lampes consommant peu de watts et brûlant à leur intensité normale.
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- PRIX •de l'hectowatt- HEURE LAMPES à 4 watts par bougie, soit 64 watts pour 16 bougies DURÉE : 1 000 HEURES LAMPES à 3 watts par bougie, soit 48 watts pour 16 bougies DURÉE : 500 HEURES
- 0.025 16 francs 12 francs
- O.OoO 32 — 24 —.
- 0.075 48 — 36 —
- 0.100 64 — 48 —
- 0.125 80 — 60 —
- 0.150 96 — 72 —
- Le tableau suivant indique l’économie obtenue en tenant compte du remplacement des lampes; nous avons supposé que la lampe de 3 watts ne dure que 500 heures, ce qui est bien au-dessous de la réalité.
- Pour 1000 heures d’éclairage à 4 watts par bougie. Durée de la lampe : 1000 heures. Pour 1000 heures d’éclairage à 3 watts par bougie. Durée supposée de la lampe : 500 heures. p- 5 — A fcc £ w g cc § 5 ^ - ^ £
- Hecto- \ Watts. ) Courant ^ Lampe ( remplacée \ Prix / Hecto- \ Watts ) Courant j Lampe ) remplacée ^ 1 Prix ! O & cS ^ ai- ta œ 'ë 2 § §
- fr. fr. fr.
- 10 bougies. 40 60 0 60 30 45 2.50 47'5 12 50
- 16 bougies. 64 96 0 96 48 72 2 . D 74 50 21 50
- 32 bougies. 128 102 0 192 96 144 3 147 » 45 >>
- Lampe de sûreté. — La lampe de M. D. Tom-masi est destinée au service des mines gri-souteuses, des magasins et soutes à poudre, des minoteries, des navires pétroliers et de tous les milieux où l’on peut craindre que la source de lumière devienne une cause d’incendie ou d’explosion. Afin de soustraire le filament au contact de l’air, même en cas de rupture de la lampe, l’inventeur a disposé l’ampoule à l’intérieur d’un cylindre de verre (fig. 1157), fermé d’une part par le socle de l’appareil, de l’autre par un couvercle muni d’un petit robinet.
- Lorsque cette lampe doit être alimentée par une source extérieure, on fixe les conducteurs aux deux bornes qu’on voit sur le socle; celui-ci renferme un soufflet en caoutchouc plein d’air qui, lorsqu’il est gonflé, soulève un taquet et interrompt le courant. Pour allumer la lampe, on place sur le robinet supérieur une poire de caoutchouc, au moyen de laquelle on insuffle un peu d’air ; le soufflet s’aplatit légèrement et laisse le contact s’établir. Pour éteindre, il suffit d’ouvrir le robinet. On conçoit que,
- en cas de rupture du cylindre ou même de l’ampoule, le soufflet se gonfle et produit l’extinction; dans les deux cas, le filament est encore entouré d’une enveloppe.
- Fig. 1157. — Lampe de sûreté Tommasi.
- Pour les lampes portatives, le socle renferme en outre un petit accumulateur, tel que l’accumulateur multitubulaire D. Tommasi.
- LIMITEUR AUTOMATIQUE DE DÉBIT. — Certaines stations centrales donnent des abonnements à forfait, qui permettent à l’abonné d’avoir un nombre quelconque de lampes, à condition de n’allumer jamais à la fois que le nombre fixé par la police d’abonnement. Pour veiller' automatiquement à ce que cette condition soit remplie, on se sert le plus souvent de commutateurs, qui éteignent certaines lampes quand on en allume d’autres, ou de fils fusibles, qui doivent fondre quand le nombre de lampes en circuit dépasse un certain maximum. Le premier procédé complique l’installation et le second est d’une efficacité douteuse.
- L’appareil de M. G. Martin est destiné à limiter automatiquement le nombre des lampes en service : il est simple, robuste, peu coûteux et d’une grande sensibilité.
- Soit L (fig. 1158) un groupe de lampes branché sur les prises de courant AB; on intercale dans le circuit le limiteur, qui comprend un interrupteur à mercure DE et un électro-aimant F. L’armature H de ce dernier est fixée au bout d’un levier, mobile autour de h et portant un bec L'. Une roue M, entraînée dans le sens de la flèche par un mouvement d’horlogerie, porte une goupille o, qui vient buter contre L' lorsque l’armature H n’est pas attirée ; les roues M et N se trouvent ainsi arrêtées, car la seconde engrène avec la roue m, soli-
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- daire de M. Si au contraire l’armature H est attirée, les roues tournent librement et les cames a, a'..., fixées sur N, viennent soulever successivement l’extrémité du levier E, mobile autour de e; à chacun de ces chocs, la fourche D plonge dans les godets CC' et ferme un instant le circuit. Dans l’intervalle des contacts, le ressort K relève la fourche D et le circuit est rompu.
- Le ressort de rappel de l’armature H doit être réglé de telle sorte que celte armature ne soit pas attirée, tant que le nombre des lampes en service ne dépasse pas le maximum fixé par l’abonnement, et qu’elle le soit dès qu’on ajoute une lampe supplémentaire. Dans ce dernier cas, les roues se mettent à tourner et la fourche D produit une série de ruptures qui se traduisent par une succession continue d’éclairs et d’extinctions rendant la lumière insup-
- Fig. 1158. — Principe du limiteur automatique de débit.
- portable. Dès qu’on ramène les lampes en service au nombre réglementaire, l’armature H est rappelée, la goupille O rencontre le bec L' et arrête les roues; l’une des cames a se trouve alors en contact avec le levier E qu’elle soulève; le circuit reste fermé et l’éclairage normal est assuré.
- LOCOMOTIVE ÉLECTRIQUE. — Quelques tentatives ont été faites dans ces derniers temps pour appliquer la traction électrique aux chemins de fer.
- Locomotive Heilmann. —La locomotive électrique de M. J.-J. Heilmann a été expérimentée le 2 février 1894 entre le Havre et Beuzeville et, depuis cette époque, entre Paris et Mantes.
- Nous ne pouvons mieux faire comprendre les avantages de cette nouvelle machine qu’en empruntant à l’auteur lui-même le résumé suivant :
- « La stabilité, l’adhérence, la puissance et la souplesse se trouvent, par le seul effet du mode
- de transmission de puissance inhérent à la locomotive de Stephenson, en conflit réciproque et constant, et, si l’on en développe une, c’est au détriment des autres. On semble arrivé aujourd’hui au maximum de ce qu’il est, dans cette voie, possible de réaliser sans troubler l’harmonie nécessaire entre des nécessités divergentes.
- « Si l’on substitue la transmission électrique à la transmission mécanique, toutes ces difficultés s’évanouissent.
- « La stabilité n’est plus mise en danger, ni par le diamètre des roues, qui prennent le diamètre des roues de wagons, ni par les mouvements perturbateurs des organes de transmission, car le mouvement est transmis par des organes souples et fixes, tels que des câbles, et non par des masses pesantes en continuelle oscillation, telles que des bielles.
- « L’adhérence est complète. Chaque essieu porteur devient un essieu moteur, sans qu’il en rejaillisse la moindre sujétion par ailleurs ni sur la souplesse du véhicule ni sur autre chose.
- « La puissance comporte un développement considérable. Grâce au système des bogies, la plate-forme [de la locomotive peut recevoir un accroissement notable, qui permet de réaliser sur un même véhicule des puissances deux fois plus grandes qu’autrefois. Les plus puissantes locomotives ont donné 1000 chevaux pendant quelques instants. On peut aborder avec sécurité des locomotives donnant 2000 chevaux en travail prolongé.
- « Enfin la souplesse est parfaite, puisqu’elle résulte de la construction naturelle de la locomotive.
- « Lalocomolive n’est plus qu’unwagon comme un autre, du type des plus souples wagons, le wagon à bogie.
- « Le changement dans le mode de distribution de la puissance motrice bouleverse les limites assignées par la théorie et l’expérience aux qualités fondamentales des locomotives de grande et de petite vitesse, les données actuelles relatives à la vitesse et à la charge des trains, ainsi que les données qui se rapportent aux limites de rampes et de rayons des lignes nouvelles. »
- La traction électrique comporte en outre des avantages accessoires :
- « 1° Tous les organes exigeant des soins et des précautions sont à l’intérieur du wagon et la salie des machines peut être surveillée et dirigée
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- mieux qu’à bord d’un paquebot. Les machines peuvent donc travailler constamment plusieurs jours et plusieurs nuits comme en mer.
- « Tout ce qui est en dehors de la salle des machines a le degré de résistance et de permanence des organes frottants dans les wagons. Ce sont de simples fusées qu’il suffit de bien graisser pour leur faire supporter des voyages de plusieurs jours sans arrêt. La locomotive électrique de vitesse peut marcher beaucoup plus longtemps que la locomotive mécanique. Les organes sont mieux placés et par suite mieux soignés et mieux surveillés.
- « 2° La locomotive ainsi comprise se prête mieux à une complète séparation entre le pilote et le chauffeur graisseur.
- « Le graissage étant facilement automatique et continu, le chauffeur graisseur n’a qu’un coup d’œil à y jeter, et il se confine dans ses fondions manuelles.
- « Le pilote est dégagé de ses obligations et séparé de la chauffe; il reste isolé à l’avant, absorbé dans la conduite de sa machine et l’observation des signaux et de la voie. Il résulte de là une sorte de séparation du travail, qui ne peut qu’être féconde en bons résultats pour la sécurité des transports.
- « 3° Un avantage dérivé, mais qui pourrait être classé comme le plus saillant peut-être, réside dans l'économie que procurera, pour le bon entretien de la voie, la souplesse et la douceur de la locomotive électrique, l’absence complète de réactions personnelles et de mouvements de lacet et de galop, si destructifs de l’assiette des voies, la suppression des pilonnements dus à l’oscillation verticale des bielles; enfin la répartition mathématique et égale des charges sur les essieux moteurs et la réduction possible du poids par essieu, malgré une énorme augmentation d’adhérence. »
- Il semble cependant qu’on puisse reprocher à la locomotive Heilmann les pertes dues à la double transformation subie par la puissance mécanique, mais, comme la machine à vapeur fonctionne dans de meilleures conditions de rendement que sur les locomotives ordinaires, la perte serait plus que compensée, et l’on obtiendrait même une économie de charbon dans des conditions identiques.
- La locomotive Heilmann se compose d’un véhicule portant une chaudière, une machine à vapeur, une dynamo génératrice et des moteurs actionnant les essieux ; elle forme donc un ensemble indépendant, pouvant remorquer des wagons ordinaires, et développant, comme
- les locomotives de puissance moyenne, une puissance utile d’environ 300 chevaux, disponible sur les essieux.
- La chaudière, du type Lentz, possède un foyer en tôle ondulée, prolongé par une chambre de combustion, où s’arrêtent les escarbilles entraînées, qu’on extrait périodiquement par un jet de vapeur. Les gaz chauds passent ensuite dans les tubes, qui sont relativement courts, et sont entraînés dans la boîte à fumée par l’échappement du moteur. Cette chaudière est alimentée par deux injecteurs ; elle est disposée à l’arrière du véhicule, avec la cheminée eu arrière, entre les réservoirs d’eau et les soutes à charbon.
- Le moteur et la dynamo se trouvent à l’avant, laissant au milieu une place vide pour le chauffeur.
- La machine à vapeur, spécialement étudiée par M. Brown, est du type compound, avec les deux cylindres en prolongement. Le piston du cylindre àhaute pression commande deux bielles et deux manivelles. Les deux pistons ont même poids et même course, et sont proportionnés pour produire sensiblement la même puissance, afin que la machine se trouve parfaitement équilibrée dans toutes les parties animées de mouvements alternatifs, malgré les changements d’allure nécessités par les variations de la puissance à fournir.
- Les organes de distribution sont placés au bas des cylindres, de sorte que l’eau de condensation s’écoule sans qu’on ait besoin de purger. Les tiroirs, cylindriques, sont commandés directement par les tiges des excentriques; ils sont animés en outre d’un léger déplacement suivant leur axe, afin de changer constamment les surfaces en contact et par suite d’égaliser l’usure. Le tube qui réunit les deux cylindres est muni d’un presse-étoupes, qui lui permet de se dilater librement.
- Les manivelles actionnées par les deux pistons sont placées à 180°, afin d’équilibrer la machine. Pour empêcher le moteur de s’arrêter aux deux points morts résultant de cette disposition, on a établi une dérivation spéciale, par laquelle le courant de l’excitation est envoyé pendant un instant dans la dynamo, qui fonctionne comme moteur pendant chaque passage à l’un des points morts.
- La dynamo génératrice, commandée directement par la machine à vapeur, est à courant continu, à 6 pôles, et possède un induit en anneau, de 1,24 m. de diamètre; elle donne normalement 400 'volts et 1 000 ampères. Les inducteurs sont en acier doux fondu : les bo-
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- bines ont des noyaux cylindriques, munis de pièces polaires rapportées. Trois paires de balais en charbon recueillent normalement le courant ; mais la machine peut aussi fonctionner avec une seule paire.
- Le courant d’excitation est fourni par une petite machine compound à 4 pôles, donnant 50 volts et 260 ampères, et qui sert en outre à l’éclairage du train. Cette excitatrice, qui fait 300 tours par minute, est commandée directement par un petit moteur pilon, à deux cylin-
- dres, dont les pistons agissent sur deux manivelles à 180°.
- Le châssis de la locomotive est porté par deux bogies à quatre essieux ; une disposition simple répartit la charge sur les essieux d’une manière toujours égale, sans balanciers ni aucun organe intermédiaire. Chaque bogie porte quatre moteurs à quatre pôles, avec deux bobines inductrices; tous ces moteurs sont logés sous la machine ; ils absorbent chacun 400 volts et 125 ampères, soit 50 kilowatts.
- Fig. 1159. — Vue d’ensemble de la Fusée électrique.
- [.es inducteurs sont en acier coulé; les enveloppes sont fondues d’une seule pièce; les noyaux des bobines, cylindriques, sont rapportés. L’induit, qui a 65 centimètres de diamètre, est un anneau ; il est muni d’une denture, qui sert surtout à l’entraînement mécanique du fil; il est monté sur un tube d’acier, qui porte tout le moteur et qui entre sur l’essieu, dont il est séparé par une matière isolante et élastique, appelée looodite, qui a sur le caoutchouc l’avantage d’être inattaquable par l’huile. Ce tube porte à l’une de ses extrémités un plateau muni d’un certain nombre d’encoches, garnies de woodite, dans lesquelles s’engagent des pièces
- fixées aux bras de la roue. Le moteur repose donc sur une substance élastique et entraîne la roue par accouplement élastique, disposition qui évite les chocs au démarrage et diminue le martelage de la voie. Les inducteurs reposent sur le tube d'acier par deux coussinets à graissage automatique. Les balais sont en charbon. L’une des roues peut s’enlever facilement pour permettre l’accès du moteur.
- Les huit moteurs sont reliés directement à la dynamo, sans l’interposition d’aucune résistance : ils sont divisés en deux groupes, qui peuvent se monter en tension ou en quantité, suivant la puissance et la vitesse qu’on veut
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- obtenir. Chaque moteur est muni d’un interrupteur, qui permet de le supprimer du circuit.
- Le changement de marche est produit par un inverseur, qui change le sens des connexions des inducteurs dans tous les appareils simultanément.
- Les freins sont commandés par des cylindres à air comprimé, qui permettent d’accoupler la locomotive avec des wagons munis du frein de Wenger ou de Westinghouse.
- Le levier de commande de la machine à vapeur principale, le rhéostat, les commutateurs, la commande des freins, les appareils de mesure et de contrôle, sont placés à l’avant, auprès du pilote. Un avant-bec taille-vent supporte tous ces appareils et abrite le pilote et la machinerie. La figure 1159 montre la machine
- dépourvue de cette enveloppe ; on aperçoit en arrière la chaudière, en avant la machinerie; au milieu est la place du chauffeur, et tout à fait à l’avant celle du pilote. Devant la grande dynamo se voit la machine excitatrice avec son petit moteur spécial.
- Après avoir été inaugurée entre le Havre et Beuzeville, la Fusée électrique fut soumise à un service régulier, entre Paris et Manies. Pour l’amener d’abord à Paris, il fallut, étant donné son poids considérable (115 tonnes), la décharger notablement, pour lui permettre de traverser certains des viaducs sur lesquels la ligne du Havre franchit la Seine aux environs de Rouen, et qui étaient alors en cours de réfection.
- Pour la même raison, la locomotive Heilmann no pouvait circuler sur l’ancienne ligne de
- Fig. i J 60. — Aspect extérieur de la locomotive Heilmann.
- Mantes, dont on reconstruisait les viaducs de Maisons et de Garenne-Bezons ; elle fut donc placée sur la ligne de la rive droite, après qu’on eut examiné les effets produits par son passage sur le vieux pont d’Argenteuil. On a trouvé que, si la flèche donnée par la poutre était environ d’un tiers plus grande qu’avec les machines ordinaires, qui pèsent 65 tonnes, le travail des pièces du pont n’était pas sensiblement plus grand, ce qui montre bien l’influence des mouvements perturbateurs de ces machines. Les expériences durèrent du 1er au 9 mai.
- Le dernier jour, la Fusée électrique remorqua un train pesant 75 tonnes environ de Paris à Mantes en 52 minutes. La vitesse a varié de 35 à 105 kilomètres, sans que l’allure ait cessé d’être parfaitement régulière; c’est là la caractéristique de cette machine.
- Malgré les qualités incontestables que présente celte locomotive, elle paraît avoir encore besoin de quelques perfectionnements, tels que diminution de poids et augmentation de puissance.
- La figure 1160 montre l’aspect extérieur de la Fusée électrique ; c’est la reproduction d’une photographie prise le jour même où cette machine est sortie des ateliers de la Compagnie des forges et chantiers de la Méditerranée. L’appareil photographique était placé près de la voie, latéralement et un peu en avant du taille-vent.
- Locomotive de la Compagnie du Nord. — De
- son côté, la Compagnie du Nord a été conduite à étudier une locomotive électrique, non dans le but d’augmenter la vitesse, mais pour l’établissement du Métropolitain. Cette Compagnie
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- avait accepté de faire à ses frais deux prolongements de ses lignes vers l’Opéra et vers les Halles centrales, et, pour éviter à la Compagnie du Métropolitain des constructions coûteuses d’ateliers, de dépôt de machines, de voitures, etc., elle avait consenti à se charger au prix de revient de la traction des trains. Elle eut à s’expliquer alors devant la commission d’enquête et devant la commission du Conseil municipal surles moyens qu’elle employerait pour assurer la ventilation des souterrains et la traction des trains.
- Pour ces dernières questions, on s’arrêta à la solution la plus simple, c’est-à-dire qu’on résolut de rendre la ventilation inutile en employant pour la traction des machines spéciales, évitant l’introduction de vapeur ou de fumée dans les galeries souterraines. Dans ce but, on a combiné et réalisé, avec le concours de MM. Francq et Mesnard, une locomotive ordinaire permettant démarcher en souterrain, sans dégager de vapeur ou de fumée, sur un parcours de 5 kilomètres (gare du Nord aux Halles) ; cette machine pèse près de 60 tonnes et possède une puissance de traction de 10600 kilogrammes, tandis que les locomotives du Métropolitain de Londres, qui pèsent 47 tonnes, n’ont qu’une puissance de 5 820 kilog.
- En même temps, la Compagnie du Nord a mis à l’étude une locomotive électrique, destinée à marcher avec une vitesse toujours égale, dans les montées comme dans les descentes. Il fallait pour cela emmagasiner une partie de la puissance produite dans le premier cas pour l’utiliser dans le second; on s’est servi dans ce but d’accumulateurs. Le moteur électrique fonctionne donc en palier avec sa puissance normale ; à la descente, le long des déclivités, l’excès de courant va charger les accumulateurs ; aux montées, les accumulateurs restituent ce qu’ils ont pris, et leur courant s’ajoute à celui du générateur. C’est, comme on voit, ingénieux, et l’on peut réduire ainsi la puissance effective du générateur et réaliser finalement des économies.
- En outre, comme il s’agit seulement d’une machine d’études, les accumulateurs constituent l’unique source d’électricité, tandis que, pour une locomotive destinée à un service courant, il faudrait évidemment employer une dynamo actionnée par une machine à vapeur, et les accumulateurs ne serviraient plus que de régulateurs de vitesse.
- Les accumulateurs employés sont au nombre de 80, du type de la Société pour le travail élec-
- trique des métaux. Quatre accumulateurs étant réservés pour l’excitation des inducteurs, les soixante-seize autres sont répartis en quatre batteries de dix-neuf. Une de ces batteries a encore un usage spécial : elle fournit le courant à une petite dynamo qui commande le compresseur d’air du sifflet de la locomotive et du frein.
- Le poids total de ces accumulateurs est de 14000 kilogr. et la capacité totale de la batterie atteint 148400 ampèreheures. A la vitesse de 40 kilomètres à l’heure, la batterie serait par conséquent déchargée en quatre ou cinq heures. Toutefois, cette durée peut être plus considérable, car, dans les pentes, les accumulateurs sont partiellement rechargés par les dynamos.
- Le courant des accumulateurs actionne 4 moteurs, montés sur le prolongement des essieux extrêmes de la machine, qui est à trois essieux.
- Les inducteurs de ces appareils sont à 4 pôles et permettent d’obtenir, avec une vitesse régulière faible, une grande vitesse de déplacement des fils des anneaux dans les champs magnétiques, conditions nécessaires pour obtenir un bon rendement. Ils sont portés par des ressorts fixés au châssis de la locomotive et alimentés chacun par quatre accumulateurs spéciaux qui, par des accouplements variés, permettent une excitation plus ou moins énergique des inducteurs. On peut obtenir ainsi des vitesses qui croissent de 1 à 4, la plus grande réservée naturellement pour franchir les rampes.
- Les anneaux de ces moteurs sont calés directement surles essieux. Ce procédé de montage est nouveau et donne le moyen de visiter aisément les balais du collecteur, en même temps qu’il facilite l’enlèvement rapide de l’induit en cas d’avarie.
- Ces moteurs développent normalement 30 chevaux chacun, mais ils sont susceptibles de fournir une puissance double et même 100 chevaux pendant la période très courte du démarrage.
- Locomotive Siemens. — A Londres, MM. Siemens ont fourni deux locomotives à la City and South London electric Railway C°. La vitesse de ces machines oscille, dans la traversée du souterrain, entre 20 et 50 kilomètres à l’heure, avec des puissances variables de 40 à 60 chevaux; le rendement serait excellent, 92 p. 100.
- Locomotive Thomson-Houston. — La Compagnie Thomson-Houston exposait à Chicago une locomotive de 30 tonnes, qui a été, pendant près de 6 mois, en service sur le Boston and Maine
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- r. R. C°. Cette locomotive, que la figure H6I représente attelée à un train de marchandises, a été .construite pour la traction à grande vitesse sur les lignes de banlieue ou les chemins de fer métropolitains ; elle peut atteindre une vitesse maximum de 80 kilom. à l’heure, mais ne dépasse pas normalement 50 kilomètres.
- Cette machine porte deux moteurs à 4 pôles, dont 2 saillants et 2 conséquents : leur induit se compose de tôles laminées munies de dents, entre lesquelles se logent des conducteurs
- plats et nus, isolés pardu mica moulé à la forme de la rainure. L’enroulement est du genre Gramme et l’excitation se fait en série.
- Le mécanisme (fig. 1162) comprend deux essieux moteurs, sur lesquels les moteurs électriques agissent directement, et un châssis en fer dont les longerons sont constitués par de simples fers en T, sur lesquels sont rivées des pièces de fonte boulonnées elles-mêmes à la partie inférieure des boîtes à graisse. Le poids des moteurs se transmet à ces longerons par l’intermédiaire
- Fig. 1161. — Locomotive Thomson-Houston.
- d’entretoises, maintenues entre deux ressorts à boudins fixés sur les longerons, qui amortissent les chocs et limitent la variation de position de la carcasse en fonte sur laquelle sont boulonnées les pièces polaires des moteurs.
- L’arbre de chaque induit est creux et traversé par l’essieu correspondant, auquel il est réuni par un couplage universel permettant le mouvement dans tous les sens.
- La cabine qui surmonte le truclc renferme un appareil de contrôle, qui sert au réglage des moteurs. Au départ, la manivelle de ce con-
- trôleur met les moteurs en série avec une résistance additionnelle, ce qui assure un démarrage très facile et très doux. On enlève ensuite la résistance progressivement, puis on groupe les moteurs en quantité. Enfin le contrôleur permet de réaliser pendant la marche diverses dispositions donnant des vitesses différentes.
- Le courant est fourni par une station centrale et pris au moyen d’un trolley.
- Voici, d’après l'Industrie électrique, à laquelle nous empruntons cette description, les principales données de cette locomotive*:
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- Poids........................... 30 tonnes.
- Effort de traction en marche normale.......................... 3200 kilog.
- Effort de traction au démarrage. G500 —
- Longueur totale.............. 5,53 mètres.
- Largeur totale............... 3,51 —
- Hauteur totale............... 2,51 —
- Écartement des essieux....... 1,678 —
- Rendement des moteurs à la vitesse de 40 km. à l’heure.... 90 p. 100.
- Rendement des moteurs à la vitesse de 32 km. à l’heure.. 87 —
- Rendement des moteurs à la vitesse de 16 km. à l’heure.. 87 —
- Rendement des moteurs à la vitesse de 8 km. à l’heure... 43 —
- Les freins, à air comprimé, sont commandés
- par un compresseur d’air mû par un moteur indépendant, de 6 à 7 chevaux, placé dans la cabine. L’air comprimé alimente également le sifflet.
- Un autre modèle, de 40 tonnes, est établi pour rendre les mêmes services qu’une locomotive à vapeur d’un poids analogue, la vitesse ne dépassant pas 50 kilomètres.
- Enfin, des locomotives de 90 tonnes vont être livrées prochainement à la Baltimore and Ohio Railroad C° pour servir à la traversée souterraine de la ville de Baltimore. Elles devront remorquer des trains pesant jusqu’à 1 200 tonnes dans un tunnel de 5 kilomètres de longueur, présentant une rampe continue de 8
- Fig. 1162. — Mécanisme de la locomotive Thomson-Houston.
- p. 1 000; la vitesse doit être de 25 kilomètres. Dans ces conditions, cesmachines exerceront un effort de traction de 15 000 kilogrammes et développeront une puissance de 1 600 chevaux. Les trains de voyageurs ne pèseront que 500 tonnes et circuleront avec une vitesse de 50 kilomètres.
- Ce modèle comporte trois trucks à 4 roues; chaque essieu est commandé par un moteur de 225 kilowatts, faisant 70 tours par minute. Les induits sont concentriques aux essieux et reliés avec eux par un accouplement universel élastique. Les inducteurs sont à 6 pôles.
- Les données principales de ces machines sont les suivantes :
- Poids..................... 900 tonnes.
- Effort maximum de traction. 27 000 kilogr.
- Hauteur totale................. 4,34 m.
- Longueur totale................ 15,40 —
- Largeur totale................. 2,90 —
- Empattement des roues d’un
- Etruck....................... 2,08
- Empattement total.............. 11,84 —
- Diamètre des roues........ 1,574 —
- Largeur de la voie........ 1,435 —
- Nombre des roues motrices. 12
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- MACHINE DYNAMO-ÉLECTRIQUE. — Machines à courant continu. — Dynamo Ganz. — Cette dynamo (fig. 1163), construite par MM. Schneider et Cle, au Creusot, est du type supérieur. L’inducteur est en métal forgé et fait corps avec le bâti. Le tambour est composé de minces lames de fer, séparées par des couches
- de papier, le tout fortement comprimé et creusé de rainures très profondes et très étroites dans lesquelles est disposé l’enroulement.
- Cette disposition permet de réaliser le bobinage méthodiquement et de réduire l’entrefer à un minimum, ce qui rend très faible la résistance magnétique à cet endroit. Malgré l’emploi
- Fig. H 63. —Dynamo Ganz à courant continu, type A.
- de dentelures, réchauffement des surfaces polaires est extrêmement minime, ce qui s’explique par ce fait que les saillies, étant très étroites, n’occasionnent que de faibles vibrations des lignes de force. Les coussinets, largement calculés, sont d’un type spécial assurant la parfaite stabilité de l’arbre.
- Le collecteur, formé de lames de cuivre, est de grandes dimensions, ce qui garantit un bon contact et une longue durée. Les vis qui serrent les extrémités des fils de l’induit contre les secteurs du collecteur sont munies de pièces de sûreté extrêmement simples, consistant en des fils métalliques, qu’on enfile dans des trous ménagés dans les têtes des deux vis se trouvant sur un même secteur et qu’on replie ensuite aux deux bouts. Cette disposition, extrêmement pratique,. empêche les extrémités des fils de se relâcher.
- La résistance magnétique étant très petite, comme nous Lavons dit plus haut, on n’a besoin que d’un courant d’excitation très faible. Les inducteurs sont toujours montés en dérivation.
- Le réglage s’effectue en introduisant dans le circuit inducteur des résistances convenables ou en les. supprimant. Cette opération se fait à la main pour les grandes variations et automatiquement pour les petites.
- Grâce aux bonnes proportions de ses divers éléments, aux soins apportés à sa construction et au choix des matières premières employées, cette dynamo possède un rendement très élevé (0,90 à 0,92) avec une vitesse circonférentielle qui ne dépasse pas 10 mètres, correspondant à des nombres de tours très faibles. Elle est excessivement robuste et jouit d’une grande élasticité de production, qui peut atteindre le double de sa puissance nominale. Le champ
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- magnétique a une stabilité remarquable, ce qui est un très grand avantage au point de vue du réglage des balais, dont le calage reste constant pour des débits très variables, sans donner d’étincelles aux collecteurs.
- Ces dynamos sont construites pour des voltages de 60 à 500 et même 1 000 volts et pour des puissances de 16 500 à 100 000 watts. Elles donnent des résultats très remarquables comme réceptrices pour la transmission de la force par l’électricité.
- Ces machines sont encore employées par MM. Schneider et Cie comme excitatrices avec les dynamos à courants alternatifs type A, décrites plus loin. Elles peuvent être alors actionnées à la courroie au moyen de l’arbre commun de la machine à courants alternatifs et du moteur, soit accouplées directement à des machines à vapeur spéciales. Dans le premier cas, le nombre des excitatrices est égal à celui des machines à courants alternatifs ; dans le second cas, il est ordinairement plus petit.
- Quand les machines doivent être actionnées à la courroie, on les place sur des traîneaux pour tendre les courroies, et l’on visse le tout sur des cadres en bois qui, à leur tour, reposent sur des fondations convenables.
- Dynamo à vapeur pour stations centrales. — Cette machine, étudiée par M. Gisbert Kapp et construite par MM. Johnson et Phillips, est spécialement destinée aux stations centrales, qui ont besoin de dynamos économiques pouvant marcher plusieurs années sans autre réparation que le changement des coussinets, n’exigeant qu’une faible surveillance et peu exposées à s’arrêter accidentellement.
- L’induit porte 302 conducteurs enroulés en zigzag, de telle sorte qu’ils soient toujours couplés en deux dérivations égales, comprenant chacune 151 conducteurs en tension entre les balais, calés à 135° l’un de l’autre. Ces conducteurs sont réunis par des pièces en forme d’arc de cercle disposées à la périphérie, sur les deux faces de la bobine ; la différence de potentiel entre deux pièces consécutives ne dépasse jamais 10 volts, ce qui évite tout danger de court circuit; ce dispositif facilite en outre la ventilation et permet d’employer seulement deux séries de balais.
- Cette machine fait 130 tours par minute et donne une différence de potentiel utile de 300 volts avec une faible intensité, pour la charge des accumulateurs, ou 260 volts avec un courant maximum de 550 ampères, soit 143 kilowatts utiles. Elle est actionnée directement
- par une machine à vapeur de MM. Davey, Pax-mann and C°, de Colchester, qui fait 130 tours et donne une puissance de 320 chevaux, avec de la vapeur à 11,4 kilogrammes par cm2.
- L’usine centrale de la paroisse de Saint-Pan-cras, à Londres, possède neuf dynamos de ce système, actionnées par des moteurs Willans, et donnant seulement 680 ampères avec 110 à 145 volts.
- Dynamo à gaz. — On donne ce nom à l’ensemble constitué par une dynamo associée directement avec un moteur à gaz. Cette disposition est très employée, surtout pour la production de la lumière électrique. Les deux machines, moteur et dynamo, n’en forment réellement qu’une seule et sont d’une installation et d’un service extrêmement faciles.
- La figure 1164 montre un dispositif très simple combiné par la maison Bréguet.
- Le moteur, de construction spéciale, résume tous les perfectionnements apportés dans ces dernières années dans la construction des moteurs à gaz. La vitesse est rendue parfaitement régulière par l’emploi d’un régulateur très effectif, qui maintient l’allure du moteur absolument constante, quel que soit le travail qui lui est demandé. La vitesse, de 250 tours par minute, a été choisie comme convenant également bien au moteur et à la dynamo, et permettant d’assurer le bon fonctionnement de tous les organes, sans exiger les précautions trop grandes que nécessitent des vitesses plus élevées.
- La dynamo, tournant comme le moteur à la vitesse de 250 tours, se trouve dans des conditions de fonctionnement tout particulièrement favorables à sa bonne conservation et au parfait entretien des balais et du collecteur, entretien qui devient pour ainsi dire nul. Elle est reliée au moteur par un accouplement élastique spécial, système Raffard, déjà employé très avantageusement dans les dynamos à vapeur des mêmes constructeurs, et qui montre ici son efficacité d’une manière complète. Son interposition entre le moteur et la dynamo fait disparaître, d’une manière absolue, les variations de vitesse pendant deux tours, qu’il est impossible d’éviter sur les machines à explosion comme les moteurs à gaz à quatre temps. L’impulsion produite par l’explosion du gaz est entièrement emmagasinée par les caoutchoucs de l’accouplement, qui restituent, pendant la période de ralentissement, l’excès d’énergie qu’ils ont absorbée et maintiennent ainsi à la dynamo une rotation d’une régularité absolue.
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- Il suffit de voir fonctionner une fois la dynamo à gaz sur des lampes à incandescence pour vérifier cette propriété si importante de cet accouplement spécial, sans lequel la dynamo à gaz restait imparfaite et bornée dans ses applications.
- La dynamo représentée est du système Des-roziers.
- Les applications des dynamos à gaz sont nombreuses, car elles peuvent être utilisées avantageusement à la production du courant électrique toutes les fois qu’on peut employer comme agent de force motrice le gaz d’éclairage ordinaire, ou un gaz pauvre comme, par exemple, celui du gazogène Dowson.
- Le prix de revient de l’éclairage électrique, avec les dynamos à gaz, est de beaucoup inférieur, même avec des lampes à incandescence, à celui d’un éclairage de même intensité, obtenu par la consommation directe du gaz dans le meilleur brûleur connu.
- Ainsi, pour un appareil d’une puissance de 8000 watts, avec lequel on alimente 220 lampes de 10 bougies, la quantité de gaz consommée par le moteur n’excède pas 12 mètres cubes à l’heure, tandis que la consommation de 220 becs de gaz de puissance correspondante (un carcel) est toujours d’environ 110 litres par bec, ou 24,2 mètres cubes. La quantité de gaz consommée est donc réduite de moitié.
- Fig. 1164. — Dynamo à gaz.
- L’avantage est encore bien plus important lorsque le prix du gaz employé comme force motrice est inférieur à celui du gaz consommé directement dans les brûleurs.
- Le prix de revient de la lumière est également réduit de moitié lorsqu’on compte la dépense au prix ordinaire de 0,13 fr. l’hectowatt, pratiqué par les secteurs parisiens.
- Dynamo Leeds à courant constant. — Cette machine, construite par MM. Greenwood et E»atley, de Leeds, est deslinée aux distributions à intensité constante, système qui convient surtout à l’éclairage des grands espaces.
- C’est une machine à anneau, du type supérieur, donnant un courant continu, à intensité constante et à potentiel variable. Ce résultat s obtient par un simple décalage des balais, dû Dictionnaire d’électricité.
- à un mécanisme placé à la partie supérieure de la machine (fig. 1163).
- Les inducteurs de la dynamo se prolongent au-dessus de l’induit et forment comme un petit moteur à anneau plat M, muni d’un commu-j tateur ordinaire et d’une paire de balais, et qui ! reçoit un faible courant d’un commutateur inverseur spécial. Ce commutateur comprend un électro-aimant c, excité par le courant principal, une armature L, qui oscille entre deux butoirs a b, et deux résistances en charbon R, de locentimèlres environ de longueur et 1,2 de diamètre.
- Lorsque le courant possède son intensité normale, l’armature ne touche aucun des deux butoirs et l’anneau M ne reçoit pas de courant. Dès que l’intensité s’écarte légèrement de la
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- valeur fixée, dans un sens ou dans l’autre, l’armature vient au contact de a ou de 6, et
- envoie dans i’anneau M un courant positif ou négatif, qui le fait tourner dans un sens ou dans
- l’autre. Cette rotation produit, par l’intermédiaire d’un train d’engrenages, un décalage des balais qui augmente ou diminue la force électromotrice et maintient le courant constant.
- Le rendement de la machine est très élevé à toutes les charges. Le régulateur n’absorbe qu’une fraction négligeable de la puissance, 0,2o p. 100. Il ne se produit pas d’étincelles aux balais. Le courant est assez constant pour qu’on puisse mettre à la fois dans le circuit des lampes à incandescence et des régulateurs, propriété qui peut être souvent précieuse.
- Dynamo Scott et Mountain. — Cette machine, à courant continu, est caractérisée par la position de l’inducteur unique, qui est cylindrique et placé horizontalement
- Fig. 1166. — Dxnamo Scott et Mountain de Newcastle upon Tyue.
- au-dessus de l’armature (fig. 1166) ; on a ainsi l’avantage d’abaisser l’axe de rotation et d’augmenter la stabilité ; la machine,
- très compacte, peut se déplacer facilement.
- Sur le socle, de grandes dimensions, sont boulonnées de larges équerres de bronze qui
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- soutiennent l’inducteur. Le noyau de celui-ci, qui est en fer doux, est relié aux flasques de fonte, des pièces polaires par un large anneau fileté. L’alésage des pièces polaires et des paliers se fait en une seule fois, pour assurer la parfaite coïncidence de leurs axes.
- Fig. 1167. — Machine multipolaire
- Le noyau de l’induit se compose de disques de tôle, que maintient un noyau central fait en deux moitiés et portant trois nervures qui s’engagent dans des rainures pratiquées dans ces disques; les deux parties de ce noyau central sont maintenues sur l’arbre par des écrous.
- à, type 1892 (coupestransversales).
- Le commutateur est isolé au mica et monté sur un cylindre indépendant en bronze, calé sur l’arbre au moyen d’écrous coniques; cette disposition permet de le démonter et de le remplacer facilement, en cas d’usure. Deux ca-
- lottes de laiton protègent l’armature contre la poussière et l’humidité.
- Dynamo multipolaire Rechniewski. — Les figures 1167 et 1168 montrent le nouveau type de ces dynamos à 4 pôles, construites par la
- Fig. 1168. — Machine Rechniewski (plan et vue latérale, côté Mu collecteur).
- Société l’Éclairage électrique, sous la direction de M. Labour.
- Les inducteurs sont en tôles de 0,6 à 0,7 mm., découpées à l’emporte-pièce dans une bande, comme le montre la figure 1169; on abat ensuite à la cisaille la languette couverte de ha-
- chures, puis ces tôles sont serrées par des boulons entre deux flasques de fonte, qui sont coupées à la hauteur de l’axe pour faciliter le montage et le démontage. Le fil est supporté par des carcasses en bois un peu plus larges que les jambes des inducteurs,
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- afin d’augmenter l’isolement et d’assurer la ventilation.
- L’induit est formé par un assemblage de tôles dentées, de 0,4 à 0,5 mm. d’épaisseur, isolées par des couches de papier verni et
- Fig. 1169. — Dynamo Rechniewski ; mode de découpage des tôles des inducteurs.
- portées par des croisillons en bronze à six branches. Les dents sont recouvertes à l’intérieur de carton gomme-laqué, qui rend l’isolement meilleur et protège le fil pendant le bobinage; leurs dimensions sont calculées pour diminuer autant que possible les réactions d’induit et permettre sans inconvénient un fort décalage de balais. L’enroulement est polygonal; les raccords sont faits de manière à diminuer la masse de fil aux calottes et à ne nuire ni à l’isolement ni à la ventilation.
- Le collecteur, en cuivre rouge, est monté sur une douille de bronze, ce qui permet de le remplacer facilement en cas d’usure. Les balais sont aisément démontables ; ils se croisent sur le collecteur, pour éviter la formation de saillies entre eux.
- Deux de ces machines ont été achetées récemment pour l’éclairage des bâtiments en fer de l’arsenal de Brest. Elles ont une puissance de 30 à 40 kilowatts pour une vitesse de 600 tours environ. Les essais ont indiqué un rendement voisin de 92 p. 100.
- Pour procéder à [ces essais, on a employé
- une méthode indiquée par M. Ravenshaw et qui est une modification de celle du Dr Hopkin-
- son. Les deux machines étant réunies mécaniquement par l’intermédiaire d’un manchon M (fig. 1170), l’une d’elles R fonctionne comme réceptrice et reçoit d’une machine auxiliaire une puissance P; si R est le rendement de celte machine, elle transmet parle manchon une puissance PR à la seconde machine G, fonctionnant comme génératrice, et dont le circuit est fermé sur des résistances. Les deux machines étant à peu près identiques et dans des conditions de marche sensiblement égales, les rendements peuvent être considérés comme égaux; la puissance de la machine conduite G est donc
- P' = PR2,
- d’où _
- Dynamo à inducteurs sectionnés. — Il est souvent difficile de démonter les dynamos de grande puissance pour les examiner, les nettoyer ou les réparer, et de remettre ensuite l’induit à sa place. Cette difficulté a été levée dans les grandes machines Elwell-Parker, construites par YÈlectric Construction Corporation pour l’éclairage de Manchester et les tramways du South Staffordshire.
- Dans ces machines, qui sont du type supérieur, on a rendu mobile la partie supérieure des épanouissements polaires, en faisant des sections obliques qui descendent jusqu’au niveau de l’axe de la bobine. Si on enlève les boulons qui retiennent ces chapeaux et qu’on les soulève ensuite avec un palan, on met à nu la partie supérieure de l’armature, et l’on peut faire toutes les réparations nécessaires sans avoir besoin de démonter les paliers, ce qui est une opération longue et difficile et exige beaucoup de précautions pour que tout soit bien remis en place.
- Machine d'induction à collecteur séparé. — Pour pouvoir augmenter le nombre de pôles des génératrices à courant continu et rendre la construction de ces machines aussi simple que celle des alternateurs, tout en réduisant le collecteur à ses dimensions les plus faibles, MM. Hutin et Leblanc adaptent la disposition suivante.
- Le collecteur est complètement séparé de la machine et tourne avec une vitesse différente de celle de cette dernière ; le rapport de ces vitesses a constamment une valeur déterminée ; Ie collecteur est entraîné par une transmis-
- Machine
- auxiliaire
- Manchon
- Fig. 1170. — Montage de deux machines semblables pour la mesure de leur rendement.
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- MACHINE DYNAMO-ÉLECTRIQUE. lüDt*
- sion mécanique ou par un moteur syn- I mot). Nous représentons ci-contre (fig. 11/i) chrone muni du circuit amortisseur (Yoy. ce I une machine dont l’inducteur est rao 1 e et
- Fig. 1171. — Machine à courants continus à collecteur séparé.
- porte 16 paires de pôles n alternativement
- / /
- Fig. 1172. — Machine à collecteur séparé.
- positifs et négatifs. L’induit est fixe. Chaque machine élémentaire est formée par une paire
- de pôles et 8 sections de l’induit. Toutes les sections qui subissent au même instant la même induction sont montées en tension; on a donc finalement 8 circuits distincts qui se rendent au collecteur réduit r (fig. 1172). Ce collecteur n’a que 8 lames; il est mis en mouvement par un moteur synchrone dont l’armature est représentée en s. Sa vitesse sera égale à 16 fois celle de la dynamo. Les 8 circuits sonl mis en relation avec les touches du collecteur r par des frotteurs g s’appuyant sur des bagues h.
- Dynamo universelle. — Cette machine peut être mue à bras ou par un moteur; elle se fait en plusieurs dimensions et peut servir pour l’éclairage, la galvanoplastie, la force motrice, et pour toutes les expériences de cours
- (fig- H~3)-
- Ces machines sont à anneau plat et réunissent, grâce à un appareil spécial, le montage en série et le montage en dérivation. Les champs magnétiques sont très énergiques : la construction de l’induit supprime les courants nuisibles, et la résistance est réduite au minimum. La puissance spécifique de ces machines est très grande ; tous les modèles, même le plus grand, peuvent être manœuvres par un homme.
- Dynamo à pédales. — Cette petite machine, d’origine américaine, reçoit le mouvement par
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- MACHINE DYNAMO-ÉLECTRIQUE.
- courroie d’un volant muni de deux pédales (fig. 1174); elle est fixée au sommet d’un support en fonte portant un siège latéral; pour"faire marcher la machine, on s’assied sur
- ce siège et l’on actionne les pédales avec les deux pieds; on peut se procurée ainsi, sans bouger, l’illusion d’une course rapide sur un vélocipède. Cette machine convient à tous les petits travaux électriques : on dit qu’elle permet d’argenter une douzaine de fourchettes en 20 minutes. Elle porte une poulie qui permet de lui appliquer, au besoin, une force motrice plus considérable. Les parties métalliques de la transmission sont nickelées, pour montrer un exemple des travaux que peut effectuer l’appareil.
- Machines à courants alternatifs ou alternateurs. — Alternateur Ziper-
- Fig. 1173. —Dynamo universelle.
- nowsky. — La figure 1175 représente une machine à courants alternatifs Zipernowsky ; cette dynamo est à induit fixe et à inducteur mobile, de façon à éviter le passage du courant à haut potentiel à travers J es pièces en mouvement.
- Les inducteurs sont disposés radialement. Leurs noyaux, ainsi que ceux des bobines, sont constitués par des tôles minces estampées, isolées par du papier et solidement assemblées. Les bobines induites sont disposées à l’intérieur d’un cylindre, suivant les rayons ; elles sont plates ; chacune d’elles forme une arma-
- Fig. 1174. — Dynamo à pédales.
- ture complètement indépendante, dans laquelle il ne se produit que des différences de tension très minimes, ce qui explique la possibilité de construire facilement des machines allant à 5000 volts et plus, sans avoir besoin de recourir à des matières spécialement préparées , coûteuses et n’ayant généralement qu’une résistance mécanique insuffisante. Chacune des bobines est fixée séparément à la couronne, de sorte qu’elles sont parfaitement isolées entre elles. En résumé, l’isolement des diverses parties de la machine, qui a été l’ob-I jet d’une attention spéciale, est assez parfait
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- MACHINE DYNAMO-ÉLECTRIQUE.
- pour que, malgré les hauts potentiels employés, on puisse toucher impunément toutes les parties.
- Dans tous les modèles de ces machines, le nombre des alternances du courant est de 5 000 par minute; ce nombre, relativement peu élevé, convient mieux à l’emploi des moteurs à courants alternatifs. Ces machines, surtout le type A, se prêtent parfaitement
- au couplage en quantité, ce qui est de la plus grande importance au point de vue économique.
- Le rendement atteint 92 p. 100, circonstance avantageuse, non seulement pour la dépense, mais aussi pour la durée et la sûreté du fonctionnement, car l’augmentation du rendement diminue réchauffement. Or, les diverses parties de la machine « A » prennent à
- peine la température de la main, après plusieurs heures de fonctionnement à pleine charge.
- Ajoutons enfin que ces machines sont ordinairement excitées par les dynamos Ganz à courant continu, type A, décrites plus haut. Elles se construisent pour des puissances variant de 10 000 à 360 000 watts. A partir de 50 000 watts, le rendement atteint 92 p. 100.
- Les courants à haute tension de cette dynamo sont généralement transmis jusqu’au lieu de consommation, où ils alimentent des transfor-
- mateurs, destinés à ramener la tension à une valeur usuelle.
- Ces alternateurs sont encore employés à la production des courants diphasés, ainsi que nous l’indiquons plus loin.
- Alternateur Labour. — M. Labour, ingénieur de la Société l’Éclairage électrique, a combiné un alternateur à basse tension, spécialement destiné à remplacer les magnétos Méritèns pour l’éclairage des phares.
- Les pôles inducteurs présentent une disposition particulière: les surfaces polaires s’épa-
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- nouissent et viennent presque se toucher. Le noyau de L’induit est formé, comme celui des machines multipolaires Rechniewski à courant continu, par une série de feuilles de tôle dentées. Chaque bobine est constituée par un enroulement plat, formé lui-même de plusieurs bobines dont les spires passent, pour chacune d’elles, par deux des rainures de l’anneau. 11 résulte de cette disposition que, pour une intensité quelconque du courant induit, l’aimantation varie d’une manière uniforme en partant de l’axe de la bobine, et qu’on évite les variations brusques du flux. La réaction de l’induit sur l’inducteur se fait progressivement, de sorte qu’elle ne peut nuire à la régularité de la rota-
- tion, et que le ronflement désagréable, si fréquent dans les alternateurs, se trouve supprimé.
- Dans la machine livrée à l’Administration des Phares (flg. 1176), l’induit comporte 8 bobines placées à l’extérieur de l’anneau, qui porte 72 dents, soit 9 par bobine et par pôle ; chaque rainure renferme 8 tils de 3,2 millimètres de diamètre. Cet induit se divise en deux circuits qui ont un pôle commun au collecteur, lequel est formé de trois bagues montées sur un manchon. Chaque circuit se compose donc de quatre bobines, prises de deux en deux, et réunies en série, et correspond au régime de 25 ampères et 45 volts.
- Fig. 1176. — Alternateur pour phares (Labour).
- Les inducteurs, formés de tôles minces, sont assemblés par une couronne en fonte, qui s’ouvre en deux parties suivant un plan perpendiculaire à l’axe.
- Le collecteur alternatif se trouve d’un côté de l’induit ; sur l’autre extrémité de l’arbre est calée l’excitatrice, qui est une machine bipolaire de très petites dimensions.
- Le porte-balais est d’un système nouveau; il peut être relevé et les balais fixés dans leur position. Les balais feuilletés conviennent très bien.
- Alternateurs Cail-Helmer. — L’alternateur Cail-Helmer à flux renversé se distingue par la simplification apportée au travail des tôles et les dispositions prises pour éviter les pertes dues aux courants de Foucault. L’induit (flg. 1177)
- est fixe et formé de 12 ensembles de noyaux et de bobines, disposés à l’intérieur d’une carcasse formée de deux couronnes entretoisées et fixées sur le bâti.
- L’inducteur (fig. 1178) est mobile et comprend également 12 ensembles, répartis à la périphérie d’un tambour, qui se compose de deux flasques identiques qu’on peut rapprocher par le serrage d’un écrou et de son contre-écrou.
- Tous les noyaux de cette machine, tant de l’inducteur que de l’induit, sont-formés de lames rectangulaires de tôle de fer extra-doux empilées et repliées en forme d’U ; chaque noyau est formé de deux de ces U, accolés de telle sorte que les tôles se présentent sur champ dans le sens de la rotation. L’emploi de tôles rectangulaires simplifie le découpage, ordinai-
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- rement si coûteux dans les alternateurs à fer.
- Les noyaux induits sont maintenus sur des planchettes en métal non magnétique par des colonnettes, qui forment boulons à leurs extrémités et qui se Axent d’autre part sur des traverses reliant les deux couronnes.
- Les noyaux inducteurs sont aussi maintenus par des boulons, emprisonnant des étriers dans lesquels viennent se loger les bobines inductrices, qui sont fixées par d’autres étriers venant coiffer les premiers et attachés sur eux par de petits prisonniers.
- Pi a, H77. — Induit fixe de la dynamo- Cail-Helmer à 12 pôles.
- Le circuit magnétique est ainsi réduit à la longueur minima et présente le moins possible de dérivations ; grâce aux soins apportés à l’exécution, on peut marcher avec un entrefer très court et la dépense d’excitation est réduite à 2 p. 100 environ. La longueur de l’entrefer augmente depuis le milieu des pièces polaires
- jusqu’aux cornes, dans le sens de la rotation, ce qui adoucit les variations de flux.
- Les paliers sont à longue portée ; le graissage se fait automatiquement, au moyen de bagues qui tournent avec l’arbre et qui plongent dans un bain d’huile, muni d’un tube indicateur de niveau.
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- Pour faciliter le démontage, le bâti porte une rainure en queue d’aronde, dans laquelle on introduit une plaque sur laquelle on peut faire glisser le palier correspondant, après l’avoir déboulonné ; ce déplacement est suffisant pour qu’on puisse faire sortir complètement le tambour inducteur de l’induit, et l’on peut alors examiner toutes les bobines de ces deux organes.
- Voici les données relatives au modèle que nous venons de décrire, qui est de 25 kilowatts et fait 600 tours par minute, avec une fréquence <le 60 périodes par seconde.
- Puissance utile.............
- Différence de potentiel efficace aux bornes..............
- Nombre des bobines inductrices.......................
- Induction maxima dans le
- fer de l’induit...........
- Poids du fil inducteur......
- — — induit............
- — du fer inducteur. ...
- — — induit............
- 25 kilowatts.
- 2400 volts.
- 12
- 5070 unités C.G.S. 90 kilog.
- 67 — '
- 282 —
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- -La maison Cail construit aussi un alternateur dans lequel l’inducteur et l’induit sont tous deux fixes. Dans cette machine (fig. 1179), les bobines
- Fig. 1178. — Inducteur mobile de la dynamo Cail-Helmer.
- inductrices BB produisent des pôles NS alternativement de signes contraires ; les bobines induites bb sont placées le plus près possible des extrémités des pièces polaires. La seule partie mobile est l’armature de fer doux A, qui porte autant de dents qu’il y a de pôles inducteurs : la rotation de cette armature fait varier la résistance des circuits magnétiques et par suite le flux, ce qui produit dans les bobines induites des courants alternatifs.
- Pour diminuer les pertes dues aux courants de Foucault, le circuit magnétique est tout entier formé de tôles très minces en fer extradoux, placées sur champ perpendiculairement à l’axe de rotation.
- La puissance spécifique de ces machines est inférieure à celle des précédentes.
- La fixité des deux circuits a l’avantage de supprimer les collecteurs et les balais, avec tous
- les inconvénients qu’ils entraînent et de rendre les bobines beaucoup plus faciles à monter et à isoler.
- La figure 1180 représente un alternateur volant, comprenant une dynamo installée sur le volant d’une machine à vapeur Sulzer, ou d’une machine à distribution genre Corliss, que fabrique également la maison Cail. Cette disposition est avantageuse lorsque le moteur ne doit pas commander plus de deux dynamos, parce qu’on évite les inconvénients résultant de la transmission par courroies et du tendage défectueux, comme les glissements et les échauffements de paliers, et l’on n’a pas besoin d’un emplacement aussi grand.
- Cet alternateur est fondé sur le même principe que le précédent, mais la construction est simplifiée. Les noyaux inducteurs, formés de deux V en tôle accolés, sont enfoncés à force
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- MACHINE DYNAMO-ÉLECTRIQUE.
- dans une gorge pratiquée dans la jante du volant de la machine à vapeur et maintenus par des boulons et des étriers, dans lesquels les bobines inductrices sont retenues par des planchettes isolantes et des boulons.
- Les parties constituantes de l’induit sont dis-
- posées par le même procédé sur une couronne fixe. Le démontage se réduit à un déboulonnage, qui peut s’effectuer très rapidement. Cette machine se construit pour des puissances supérieures à 40 kilowatts.
- Alternateur-volant O. Patin. — Celte machine,
- Fig. H79. — Schéma de l’alternateur à flux ondulé, système Cail-Helmer.
- comme la précédente, prend la place du volant de la machine à vapeur ou se fixe directement sur l’arbre de la turbine ; elle a été spécialement étudiée pour l’accouplement direct avec les machines Corliss, ou autres du même genre, à grand rendement et à faible vitesse angulaire.
- L’inducteur est mobile et se place sur le vo-
- lant (fig. 1181) : il est formé de deux couronnes en fonte dans lesquelles sont encastrés les inducteurs en fer doux ; la couronne intérieure fait partie du corps du volant; la couronne extérieure est réunie à la première par des bras spéciaux.
- Cet inducteur reçoit le courant d’excitation
- Fig. 1180. — Alternateur volant Cail-Helmer.
- par deux bagues en cuivre isolées, fixées sur l’arbre de la machine, et par deux frotteurs ; ce courant est fourni par une dynamo spéciale, tantôt distincte, tantôt montée sur le prolongement de l’arbre.
- L’induit’est fixe et peut se déplacer latéralement, ce qui facilite l’examen et le remplace-
- ment rapides des bobines : celles-ci sont formées de lames de cuivre plat enroulées sur un cadre en cuivre fondu ; elles ont une forme cintrée et sont maintenues par des étriers en bronze scellés avec un ciment spécial.
- Ces dynamos marchent le plus souvent à 2400 volts.
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- Alternateur Kingdon. — Cette machine à cou- i sition de l’inducteur et de l’induit, qui sont rants alternatifs est caractérisée par la dispo- ( tous deux fixes et montés sur un même anneau.
- —O
- Cet anneau, fixe, porte 30 noyaux rayonnants, formés de tôles minces isolées, entourées chacune d’une bobine et boulonnées solidement entre deux couronnes de fonte très épaisses.
- Ces bobines sont reliées de deux en deux et constituent deux circuits distincts : le premier (fig. 1182) est le circuit inducteur, excité par une petite machine séparée et qui produit dans
- 1182. — Diagramme de la machine Kingdon en service à la station de Woking.
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- les noyaux correspondants des pôles NS alternativement de signes contraires ; l’autre est le circuit induit A.
- Cet ensemble est entouré par une partie mobile, appelée roue inductrice, qui comprend 16 masses de tôle isolées et montées entre deux couronnes de bronze Axées elles-mêmes sur deux forts disques d’acier calés sur l’arbre. Ces masses de tôle ont une dimension sufA-
- sante pour relier magnétiquement chaque bobine induite à la bobine inductrice voisine. La rotation de la roue produit dans les bobines induites des courants alternatifs. La Agure 1183 montre l’aspect robuste de cette machine, telle qu’elle est installée à la station de Woking. Sur le diagramme, le circuit induit A est relié à un transformateur qui alimente une série de lampes ou d’autres appareils récepteurs.
- Fig. 1183. — Alternateur Kingdon en service à la station de Woking.
- Alternateur Pyke et Harris. — Dans cette machine, comme dans la précédente, l’inducteur et l’induit sont Axes, mais le premier se compose d’une seule bobine D disposée à l’intérieur d’une pièce de fonte B (fig. 1184) ; les bobines induites ff', gg’ sont Axées sur les projections ab de deux couronnes de tôles minces concentriques. Entre ces deux séries de bobines se meuvent des barres de fer doux J, fortement boulonnées sur une couronne animée d’un mouvement de rotation : ces barres
- sont formées de plaques de tôle isolées au papier et maintenues par de fortes plaques d’acier.
- Le plus petit modèle donne, à la vitesse de 740 tours par minute, une puissance de 736 watts et 1500 wratts pour 2000 tours. La fréquence peut varier de 83 à 250 périodes par seconde et la force électromotrice de 100 à 250 volts, avec une intensité maxima de 8 ampères. Le rendement est supérieur à 80 p. 100.
- Un modèle à grande fréquence (666 périodes
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- par seconde) se construit pour les expériences de laboratoire.
- Alternateur Emilio Belloni. — Cet alternateur offre encore la même disposition. L’inducteur est formé d’une bobine fixe enroulée sur une grosse masse de fonte ; l’induit se compose d’un anneau en tôle convenablement enroulé. Enfin la partie mobile comprend deux anneaux dentés en tôle dont les projections sont alternées.
- Alternateur J. A. Eiving. — Cette machine, employée à l'Engineering Laboratory de Cambridge, donne des courants de haute fréquence et d’une puissance assez considérable. Dans cet
- établissement, elle est associée avec une turbine à vapeur Parsons, de l’ancien type, faisant 12 000 tours par minute, qui commande par le même arbre une petite machine à courant continu donnant 100 volts et 15 ampères, destinée à exciter l’alternateur à grande fréquence, qui est monté sur l’extrémité de l’arbre.
- Cet alternateur est formé de deux disques d’acier doux, dont l’épaisseur va en diminuant du centre à la périphérie. Ces disques sont isolés et portent sur leur contour 140 dents dirigées suivant des rayons, et autour desquelles on a ménagé un petit rebord pour retenir une lame de cuivre enroulée en zigzag, qui
- Fig. 1184. —Alternateur Pyke et Harris construit à Tunbridge Wells (coupe verticale et élévation).
- constitue l’inducteur et qui aboutit aux disques. Cet inducteur, qui est mobile, reçoit le courant par deux balais frotteurs.
- L’induit est fixe et formé de tôles découpées, maintenues entre deux anneaux de fonte et porlant un fil fin enroulé en zigzag et aboutissant à deux bornes placées à la partie supérieure. A la vitesse de 12 000 tours, cette machine donne 14 000 périodes par seconde, avec 100 volts et 5 ampères.
- La petite machine excitatrice peut être employée seule et transformée en alternateur, en l’excitant séparément et recueillant le courant alternatif sur deux bagues reliées à deux points diamétralement opposés de l’armature. On a ainsi une fréquence de 200 périodes par seconde avec 40 volts et 20 ampères.
- Alternateur Thomson-Houston. — Cette ma-
- chine, construite pour l’éclairage à incandescence par transformateurs, présente quelques dispositions intéressantes (fig. 1185).
- Les fils des inducteurs sont montés sur des bobines, qu’on peut facilement enfoncer sur les noyaux en fer et fixer solidement en place. Ces bobines sont bien protégées et les dangers de dérangement sont réduits au minimum. La partie supérieure de la carcasse des inducteurs se relève pour donner accès à toutes les parties de la machine et permettre de changer une bobine ou d’enlever l’induit.
- Les paliers sont à graissage automatique et ont une base sphérique, afin d’assurer un alignement parfait de l’arbre dans ses coussinets.
- L’induit est très robuste et de construction très simple : les bobines sont formées de fil plat ; le tout est recouvert d’un bon isolant. La
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- 1004 MACHINE DYNA
- forme du noyau est telle qu’on a évité tous les fils de freltage des conducteurs qui, dans les grandes machines, présentent de nombreux inconvénients.
- Le réglage nécessité par les variations de charge extérieure ne s’obtient pas en introduisant des résistances variables dans le circuit primaire; il est produit par un système d’enroulement des inducteurs formant en quelque
- )-ÉLECTRIQUE.
- sorte un champ magnétique composé. Une partie de ce champ est fournie par une excitatrice séparée, qui donne un courant continu. Lorsque le nombre des lampes allumées augmente, la machine envoie automatiquement dans les inducteurs une partie de son courant, préalablement redressée par un commutateur monté sur l’arbre. On n’emploie, pour cette excitation supplémentaire, que la quantité de courant né-
- Fig. 1185. — Alternateur Thomson-Houston.
- cessaire pour remédier à la perte subie sur la ligne : on règle ce compoundage supplémentaire en mettant un shunt sur les bobines des inducteurs parcourus par le courant principal.
- Le courant est recueilli par deux balais frottant sur deux anneaux et ajustés au moyen de ressorts.
- La plaque de fondation porte un appareil tendeur fonctionnant au moyen d’un levier et d’une roue à rochets.
- On emploie généralement une excitatrice pour
- chaque alternateur : on peut cependant exciter plusieurs alternateurs avec la même machine.
- Alternateurs à courants polyphasés. — Nous avons expliqué plus haut (Yoy. Courant polyphasé) le principe de ces machines. Nous citerons quelques modèles employés dans l’industrie.
- Alternateur Zipernowsky. — MM. Schneider et Cie produisent les courants diphasés au moyen de deux alternateurs identiques, du système Zipernowsky (fig. 1175), placés côte à côte et
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- MACHINE DYNAMO ÉLECTRIQUE. 1065
- accouplés mécaniquement. Ces machines sont | séparément, elles donneraient des courants à induit fixe et à inducteur mobile: employées ! alternatifs ordinaires; mais, comme ou a calé
- b'
- Fig. 1186. — Alternateurs jumelés, donnant des courants diphasés.
- les deux inducteurs sur leur arbre commun 1 de pôles, les différences de potentiel aux bornes avec un écart angulaire d’un demi-intervalle ! des deux machines présentent une différence
- Fig. 1187. — Perspective des alternateurs jumelés Zipernowsky.
- de phase d’un quart de période et l’on obtient [ On conserve ainsi les avantages inhérents à des courants diphasés (fig. 1186 et 1187). I la construction de l’alternateur simple, et. en
- Dictionnaire d’électricité. 68
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- 1006 MACHINE DYNAMO-ÉLECTRIQUE.
- particulier les facilités de surveillance et d'en- | tretien, et l'on acquiert la possibilité d’effectuer
- ''WH*'
- un réglage parfait dans chaque circuit du sys- j de charge qui s’y produisent. Il est alors pos-tème biphasé, quelles que soient les variations | sible d’utiliser les mêmes génératrices et le
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- MACHINE ÉLECTRIQUE A INFLUENCE SANS SECTEURS.
- même réseau pour l’éclairage et pour la transmission de l’énergie.
- Alternateur Westinghouse à courants diphasés. — Parmi les machines qui distribuaient l’énergie électrique à l’Exposition de Chicago figuraient 12 alternateurs à courants diphasés de 750 kilowatts chacun, construits par la Westinghouse Electric and Manufacturing C°. L’alternateur de cette Société se compose encore de deux alternateurs simples montés sur le même arbre et comprenant chacun une couronne inductrice fixe, à 36 pôles, et un induit mobile. Les plans médians des inducteurs concordent, tandis que ceux des bobines mobiles chevauchent de 4/72 de circonférence, de sorte que les deux courants alternatifs sont décalés d’un quart de période ; l’un passe par un maximum lorsque l’autre s’annule et réciproquement, de sorte que la machine travaille à puissance constante.
- Chacun des alternateurs simples ne diffère que par les dimensions des machines Westinghouse ordinaires : mais le procédé de com-poundage employé ici est tout différent. Chaque induit a 2,30 mètres de diamètre et fait 200 tours par minute, ce qui donne 60 périodes par seconde; la puissance est de 185 ampères X 2000 volts ou 370 kilowatts.
- Ces alternateurs diphasés permettent d’employer des transformateurs simples destinés aux lampes à arc ou à incandescence et des transformateurs doubles, conjugués, actionnant des moteurs à courants diphasés. On a ainsi une distribution mixte, à courants alternatifs simples et diphasés.
- Alternateur Siemens et Halske à courants triphasés. — La dynamo Siemens et Halske se compose d’un induit enroulé sur un anneau extérieur, au centre duquel tourne l’inducteur, formé de plusieurs noyaux de fer disposés radialement, et qui reçoit le courant excitateur au moyen de bagues et de balais. La figure 1188 représente une de ces machines ayant son excitatrice montée sur le même arbre. L’excitatrice donne 60 volts, et la puissance dépensée pour l’excitation ne dépasse pas 3 p. 100 de la puissance normale de la machine. Ces dynamos font 750 tours par minute et ont une puissance de 40 kilowatts ; elles sont employées à l’usine d’Erding, que nous décrivons plus loin.
- Dynamo dimorphe. — Ce nom convient bien à deux dynamos construites récemment par la Westinghouse Electric and Manufacturing C°, et ffui donnent à la fois des courants continus et
- des courants alternatifs diphasés. Ces machines sont à 8 pôles et portent, d’un côté de l’induit, un collecteur donnant une différence de potentiel normale de 550 volts, et de l’autre côté des bagues collectrices donnant deux courants alternatifs diphasés d’un quart de période, au potentiel efficace de 385 volts, avec une fréquence de 50 périodes par seconde, pour une vitesse de 750 tours par minute. Les deux collecteurs sont construits pour la puissance totale du générateur, et l’on utilise cette puissance à volonté sous l’une ou l’autre des deux formes, dans une proportion variable suivant les besoins. Cette disposition permet de desservir à la fois, avec une même machine : 1° des tramways électriques (500 à 550 volts) ; 2° des moteurs de jour (500 à 550 volts); 3° l’éclairage à incandescence par courants alternatifs transformés à plus bas potentiel; 4° l’éclairage par arcs à courants alternatifs ; 5° des moteurs alternatifs diphasés.
- MACHINE ÉLECTRIQUE A INFLUENCE SANS SECTEURS. — M. Bonetti construit une machine électrostatique genre Wimshurst, dans laquelle les secteurs métalliques sont complètement supprimés ; en outre les balais frotteurs sont plus nombreux et ils peuvent même être remplacés par des peignes.
- La machine comprend, comme celle de Wimshurst, deux plateaux d’ébonite tournant en sens contraire (ftg. 1189), sur lesquels frot-
- Fig. 1189. — Machine à influence sans secteurs.
- tent une triple rangée de balais, disposés de façon à embrasser presque toute la surface des disques. Les balais peuvent être remplacés par des peignes ou des lamelles métalliques ne frottant pas sur le plateau : toutefois, ce montage n’est pas avantageux, car la machine
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- MICROPHONE.
- cesse alors de fonctionner dès qu’on rapproche trop les excitateurs.
- L’angle des deux branches de l’excitateur n’influe pas sur la longueur de l’étincelle et les pôles ne se renversent pas : le pôle positif se place toujours de la même manière sur le plateau amorcé et se maintient fixe tant qu’on n’amorce pas la machine en sens contraire. Enfin on peut faire varier la quantité d’électricité produite en rapprochant ou écartant plus ou moins les balais.
- Cette machine n’est pas auto-excitatrice, mais il suffit pour l’amorcer de poser un instant le doigt au milieu de la partie supérieure d’un des disques : le pôle positif se place sur le peigne que rencontre le plateau dans sa rotation aussitôt après avoir passé sous le doigt de l’opérateur.
- D’après M. Ch. Truchot, le débit de cette machine est presque double de celui de la machine Wimshurst, à dimensions égales et pour la même vitesse ; le potentiel est légèrement augmenté.
- Afin d’éviter les inconvénients des plateaux de verre, qui sont fragiles, et ceux des plateaux d’ébonite, qui perdent facilement leur forme plane et subissent souvent une altération superficielle, M. Truchot a fait construire une machine sans secteurs avec des plateaux de mica de 0,5 millimètre d’épaisseur. Chaque plateau est formé de 24 secteurs collés avec un vernis à la gomme laque et se recouvrant légèrement. Ces plateaux sont très légers, ce qui diminue beaucoup les frottements. Enfin les deux plateaux sont actionnés simultanément par un moteur électrique spécial; ils sont commandés directement par friction, au moyen d’un galet en caoutchouc monté sur un axe vertical qui prolonge directement l’arbre du moteur ; ce galet peut être déplacé le long de l’axe pour faire varier la vitesse de rotation des plateaux. Cette disposition évite l’inconvénient des courroies employées ordinairement, qui peuvent s’allonger, glisser ou se rompre.
- MAGNÉTISME DE L’OXYGÈNE. — Le magnétisme de l’oxygène liquide a été mis en évidence par le professeur Dewar d’une manière très élégante au mois de décembre 1891. « Cet après-midi, j’ai placé une certaine quantité d’oxygène liquide, dans un état de rapide ébullition à l’air (et par conséquent à la température de— 181° C.), entre les pôles de l’historique électro-aimant de Faraday. Le liquide était contenu dans une capsule de sel gemme, qu’il ne mouille pas et dans lequel il reste à l’état
- sphéroïdal; à mon étonnement, aussitôt l’aimant excité, j'ai vu l'oxygène se soulever brusquement et s’attacher aux pièces polaires, où il reste suspendu jusqu’à complète évaporation. Voir l’oxygène liquide attiré par l’aimant est une très belle confirmation de notre connaissance des propriétés de l’oxygène gazeux. «
- MICROPHONE. — Nouveau transmetteur mi-crophonique Acier. — Depuis le 1er janvier 1893, l’Administration des Téléphones a exigé, dans la construction des appareils téléphoniques admis sur les réseaux de l’État, des modifications destinées à diminuer les chances de dérangements, à perfectionner le fonctionnement, à faciliter l’entretien et à rendre uniforme le monfage des postes.
- La construction d’un certain nombre de transmetteurs microphoniques a donc été modifiée conformément à la circulaire qu’on trouvera plus loin (voy. Téléphone).
- La Société industrielle des Téléphones, qui construit les transmetteurs Ader, a simplifié en même temps le mécanisme de ces appareils.
- Les communications sont établies par un levier-commutateur (fig. 1190), qui peut prendre deux positions, suivant que le récepteur est ou n’est pas à son crochet. Dans la première position, il permet d’appeler par sonnerie le poste correspondant ou de recevoir son appel; dans la seconde, il ferme les deux circuits, primaire et secondaire, de la bobine d’induction, ce qui permet d’engager la conversation.
- Dans le premier cas, la ligne se ferme sur la sonnerie par l’intermédiaire d’une clef d’appel A ; la disposition des circuits est alors représentée schématiquement par la fig. 1191 : un courant, arrivant par la ligne, traverse la clef A, le contact b et la sonnerie S ; en appuyant sur la clef, on ferme le circuit de la pile sur la sonnerie de l’autre poste, par l’intermédiaire du contact b'.
- Le levier commutateur C (fig. 1190) se compose d’une barre métallique, mobile autour d’un axe horizontal et divisée en deux parties inégales par une rondelle d’ébonite qu’on voit à droite de cet axe.
- Il est complètement distinct du crochet de suspension, qui est monté sur un pivot indépendant, et qui lui communique son mouvement par l’intermédiaire d’une poulie d’ivoire I» que le poids du récepteur suspendu au crochet amène au contact du levier. On évite ainsi) pour les organes très sensibles du récepteur, les effets que pourrait produire la chute de la foudre sur les fils de ligne.
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- La partie gauche du commutateur est la plus longue; elle est traversée par l’axe de rotation et munie à droite d’un ressort qui la relève dès qu’on saisit le récepteur ; de plus, elle est en communication permanente avec l’un des fils de ligne par PLr Quand le récepteur R est suspendu au crochet, comme le montre la figure, la barre métallique vient toucher la
- paillette a, qui communique par A,D,S,, la sonnerie, S2, L2, avec l’autre fil de ligne. Les communications indiquées fîg. 1191 se trouvent ainsi réalisées et le poste correspondant peut appeler.
- Si l’on appuie sur la clef A, le circuit précédent se trouve rompu, mais on fait communiquer la pile totale avec la ligne et par suite
- Fig. 1190. — Mécanisme du nouveau transmetteur Ader.
- avec la sonnerie du poste correspondant par CS, E, A, a, le levier, P, L1 ; le retour se fait par
- l2, s2, zs.
- Fig. 1191. — Disposition schématique des circuits pour l’appel.
- Quand on décroche le récepteur R, le commutateur, entraîné par le ressort, abandonne la paillette a, et vient toucher les paillettes b,c,d. Le premier contact ferme la ligne sur les récepteurs par Lt, P, C, b, le circuit secondaire
- de la bobine B, R', R, L2. Les deux autres paillettes cd, qui se trouvent réunies par la plus petite portion de la barre métallique, ferment le circuit primaire par CM, le microphone M, d, c, le fil primaire de B et ZM.
- La figure 1192 montre l’aspect extérieur du poste mural que nous venons de décrire ; le microphone est placé sous la planchette d’un pupitre, qui renferme la bobine d’induction.
- Transmetteur microphonique d'Arsonval. — Le transmetteur d’Arsonval et Paul Bert a reçu aussi divers changements ; nous allons indiquer les modèles actuels, qui sont au nombre de deux, l’un se fixant contre un mur, l’autre monté sur un pied.
- Le transmetteur mural (fig. 1193) se compose d’un microphone en charbon, comprenant quatre crayons cylindriques maintenus par trois prismes fixes ; les cylindres sont réunis par
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- deux en batterie, et les deux batteries sont assemblées en série. Les bornes S1S2L1L2, placées à la partie supérieure de l’enveloppe, reçoivent les deux fils de sonnerie et les deux fils de ligne, deux de ces quatre fils pouvant être remplacés par des fils de terre. Les bornes ZS, CS, ZM, CM communiquent avec les pôles des deux fils de sonnerie et de ligne. Les circuits primaire et secondaire de la bobine d’induction sont figurés schématiquement en
- PP' et SS' ; ils ont des résistances de 1 et de 150 ohms. La clef d’appel C est au-dessus du transmetteur.
- Lorsque l’appareil est au repos, le récepteur est suspendu au crochet-commutateur L, qui occupe la position représentée en pointillé, et vient appuyer sur le ressort r. Le circuit de sonnerie est interrompu en C à chaque poste et se ferme quand on appuie sur la clef. En effet, le courant passe alors par la borne CS, x,
- le plot d, le ressort r, le levier L (position pointillée), le fil Z, la borne L1 et la ligne. Arrivé à l’autre poste, il suit le chemin L1, Z, L, r, d, x, S1, sonnerie, S2, q, m, n, b, r', c, 4, L2 et revient au poste de départ par le second fil de ligne ou par la terre. Il retourne enfin à la pile par L2, c, r', b, n, m, t, ZS ; mais il faut pour cela qu’on appuie à ce poste sur la clef C, comme nous l’avons supposé.
- Lorsqu’on décroche les téléphones, le levier L obéit au ressort de rappel R et tourne autour de l’axe o ; l’extrémité gauche s’abaisse, abandonne le ressort r ; la goupille e, fixée à cette extrémité, vient presser le ressort v, porté par le plot a, et la goupille d’ébonite d rencontre le ressort v', porté par le plot f, et
- l’appuie contre le plot e. Le ressort r se relève et le ressort r' cesse d’appuyer sur le plot b, n’étant plus pressé par la pièce isolante I.
- Les communications établies, examinons le circuit parcouru par les courants téléphoniques. Au poste transmetteur, le courant de la pile microphonique part de la borne CM, traverse le microphone, le fil primaire P'P, et revient par le plot e, le ressort v', isolé de L par la goupille s’, le plot f et la borne ZM.
- Les courants induits qui prennent naissance dans le fil secondaire SS' sortent par exemple par S', passent par la borne 1, le téléphone TS la borne 2. le plot a, le ressort v, la goupille h le levier L, le fil Z, la borne L1 et s’engagent dans la ligne. Au poste d’arrivée, ils suivent
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- le chemin inverse L1, l, L, e, v, a, 2, T', 1, S'S,3,T,4, c, L2 et reviennent par le second filou par là terre au poste de départ, où ils prennent la direction L2, c, 4, T, 3, et rentrent par S dans la bobine secondaire.
- Le modèle portatif est monté sur pied et présente à l’intérieur des organes analogues;
- les bornes d’attache et les communications sont seules disposées d’une manière un peu différente.
- La figure 1194 montre suffisamment la disposition des circuits.
- La figure 1193 montre l’aspect extérieur de ces deux modèles. Le premier se fixe sur un
- mur à l’aide de quatre vis, qui traversent les champignons en caoutchouc qu’on voit aux quatre angles. Quand le mur est humide, on interpose une planchette de bois. Pour le modèle portatif, les contacts s’établissent à l’aide d’un cordon souple renfermant 7 conducteurs isolés, fixés d’avance, par l’une de leurs extrémités, aux bornes contenues dans l’intérieur du pied, et par l’autre bout à sept autres bornes établies sur une planchette d’ébonite verticale le long de l’appareil; ces conducteurs sont couverts de soie de couleur différente, afin de faciliter le montage.
- La figure 1196 montre la répartition de ces conducteurs, ainsi que les communications avec la ligne, la sonnerie et les piles. Les deux piles doivent être montées en tension ; par conséquent la borne z de la pile de gauche devra être reliée à la borne c de la pile de droite.
- Transmetteur microphonique Chateau. — Dans cet appareil, le microphone est à peu près identique à celui de l’ancien transmetteur Ochorowicz, décrit plus haut (page 532). Ce microphone est incliné d’environ 45° sur la membrane de sapin.
- Le mécanisme (fig. 1197) est monté sur une
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- plaque d’ébonite disposée au fond de la boîte. Le levier commutateur AC, fixé sur une plaque métallique P, rapportée sur la plaque d’ébonite,
- peut tourner autour de l’axe o ; il est muni d’un ressort antagoniste R, dont la tension se règle au moyen de la vis v. Ce levier porte en
- d’Arsonval.
- outre un plot d’ébonite i, qui isole la pièce mé- i part en m, de l’autre en g. Ce ressort vient tallique m et le ressort-lame uu', fixé d’une I toucher la vis de contact f quand le téléphone
- -jaune
- [O] Ligne 3 ou terre
- —[ÔJ Ligne 1
- Fig. 1196. — Schéma du montage du transmetteur portatif d’Arsonval.
- est enlevé ; il s’en écarte dans le cas contraire. D’un autre côté, le levier porte en A un ressort coudé r, qui vient toucher l’un ou l’autre des
- contacts d e, suivant la position de ce levier.
- Lorsque le téléphone est accroché, le ressort z touche la vis e : l’appareil est sur sonnerie,
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- le courant suivant le chemin L1, l,r,e,a,b,S2, I alors ouvert entre n' et f. Si l’on appuie sur la sonnerie, S’, L2. Le circuit microphonique est I clef, le courant est lancé dans la sonnerie de
- Fig. 1197. — Communications du transmetteur Chateau.
- l’autre poste par CS,c,a,e,r,/,L1 et revient par L2,S1,ZS.
- Fig. 1198. — Poste mural Chateau.
- Quand on saisit le téléphone, le levier prend la position représentée par la figure. Le circuit primaire comprend : CM,g,uu',f, le microphone M, le fil primaire pp',ZM; le circuit secondaire se compose de Lle fil secondaire s*',«*,<*,SSL*.
- La figure 1198 montre l’aspect extérieur d’un poste de ce système ; les récepteurs sont du modèle Mercadier et Anizan.
- Transmetteur Mercadier et Anizan. — Le microphone de MM. Mercadier et Anizan se compose de 8 charbons, inclinés d’environ 15° sur la membrane verticale. Ces charbons sont cylindriques vers leurs bases, qui pénètrent dans des douilles métalliques, et taillés en pyramide à leurs sommets, qui s’engagent librement dans des trous cylindro-coniques, pratiqués dans un double prisme de charbon B. Ils sont réunis par quatre en quantité, et les deux groupes ainsi formés sont reliés en série. En tirant un bouton qui agit sur un fil de soie passant autour de tous les charbons, on com-
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- munique à ceux-ci un mouvement de rotation autour de leur axe, qui chasse les poussières pouvant altérer les contacts et empêche un calage, d’ailleurs peu à craindre.
- Le levier-commutateur (flg. 1199) est mobile autour de l’axe A et commandé par un ressort antagoniste i. Il se termine à droite par une pièce d’ébonhe E, portant une goupille métal-
- lique g\ qui peut fermer le circuit primaire en réunissant les ressorts r3 r4. La goupille gf placée à l’autre extrémité, peut toucher l’un des ressorts r1 r2 ; dans le premier cas, elle met l’appareil sur sonnerie ; dans le second, elle ferme le circuit secondaire.
- Lorsque le téléphone est suspendu au crochet, le circuit d’appel est fermé par L‘,ft,gf,r’1
- Fig. 1199. — Communications du transmetteur Mercadier et Anizan.
- d,e,S1, sonnerie, S2,L'2. Si l’on appuie sur le bouton D, placé à la partie inférieure, entre les bornes des deux piles, le courant de la pile de sonnerie est envoyé à l’autre poste par CS, f,d, r1,^,AjL1 et revient par L2,S2,ZS.
- Le téléphone étant décroché, le circuit primaire se ferme par CM, p,T,P,M,P,i/,p',u,r3,g', r4,ZM. Une dérivation du même courant passe en même temps dans la bobine h, d’une résistance de 100 ohms ; ce shuntage permanent donne une netteté remarquable à la reproduction de la parole et remédie aux crachements pouvant provenir de la grande sensibilité qu’on est obligé de donner au microphone, pour les communications à grande distance.
- En même temps, le circuit secondaire se ferme par Ll,k,g,r2,ll,t2,s,l3,ti,S21Li. C’est la disposition pour les petites dislances. Lorsqu’on veut correspondre à une distance plus grande, par exemple sur une longue ligne interurbaine, on appuie sur le bouton F, placé à gauche de l’appareil ; on supprime ainsi le fil secondaire de la bobine et on diminue la résistance, ce qui augmente la netteté de l’audition.
- Le Circuit se terme alors, entre t2 et t3, par
- Poste à pied Mercadier et Anizan,
- Fig. 1200.
- contact ac, la bobine s étant mise en court
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- MICR0TAS1MËTRE.
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- circuil. Quand on parle, on cesse d’appuyer sur F.
- Le transmetteur Mercadier et Anizan permet donc, par la simple manœuvre du bouton F, de communiquer à volonté à courte ou à longue distance. La figure 1200 montre le modèle à pied, dont les communications ne diffèrent pas sensiblement de celles du précédent; il porte à droite un récepteur des mêmes inventeurs, à gauche un bitéléphone Mercadier.
- Transmetteur microphonique de Lalande. — Afin d’éviter les vibrations parasites dues à l’élasticité de la membrane et à la mobilité des contacts, M. de Lalande a eu l’idée d’appliquer aux charbons des microphones le système employé dans les instruments de physique pour amortir les oscillations, et qui consiste à faire plonger dans un liquide les parties vibrantes
- ou des pièces qui leur sont reliées d’une manière fixe. Dans ce but, les charbons du nouveau microphone de Lalande sont munis de pièces d’ébonite plongeant dans un bain de mercure en contact également avec la plaque vibrante : le mercure amortit les vibrations parasites de la membrane et des charbons. La poussée de ce liquide sur les pièces d’ébonite sert en même temps à régler à volonté la pression entre les contacts, de façon à obtenir la plus grande sensibilité en même temps qu’une netteté parfaite.
- L’appareil se compose essentiellement d’une plaque vibrante circulaire en sapin AB (fig. 1201) portant un certain nombre de charbons de section carrée C,C,C,C, mobiles autour d’une tige de nickel DE, fixée à un support en fer FG.
- Les extrémités supérieures H,H,H,H, de ces charbons entrent librement dans des trous percés dans des blocs de charbon KL, fixés également sur la membrane. Les charbons portent les pièces d’ébonite M,M,M,M, plongeant dans du mercure. La plaque vibrante est maintenue, par un anneau métallique NO et des vis, sur le devant d’une boîte en tôle de fer emboutie PQ, qu’elle ferme hermétiquement. Pour régler l’appareil, on verse peu à peu par l’ouverture R, fermée normalement par une vis, une certaine quantité de mercure S à l’intérieur de cette boîte; le liquide, soulevant
- l’extrémité des pièces d’ébonite M,M.... fait
- pivoter les charbons autour de l’axe DE et appuyer leur partie supérieure H contre la partie antérieure des trous où elle est logée. On arrête l’addition de mercure lorsque la parole est transmise avec toutes ses qualités.
- Gomme on le voit, le courant primaire parcourt les charbons réunis par deux en série ; les fils conducteurs traversent la boîte de fer à travers des isolateurs d’ébonite T,T.
- Le reste du dispositif est analogue à celui d’un microphone ordinaire. Ce nouveau microphone, dont la figure 1202 montre la vue en perspective, possède une puissance et une netteté remarquables et ne donne pas de résonnances sur les circuits les plus étendus ; il n’est pas exposé à se dérégler.
- MICROTASIMÈTRE. — Sorte de microphone employé par Édison pour étudier les petits changements de pression. C’est un disque de charbon entre deux lames de platine, le tout comprimé par une tige rigide que commande une vis micrométrique. L’appareil est placé sur l’une des branches d’un pont de Whealstone. Les variations de pression ou de résistance sont
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- accusées par le galvanomètre. Le microtasi-mètre sert aussi de thermoscope.
- MONTAGE EN ÉTOILE, EN TRIANGLE. — Yoy. Courant polyphasé.
- MOTEUR ÉLECTRIQUE. — Moteur de la compagnie de Fives-Lille.— La Compagnie de Fives-Lille fabrique des moteurs multipolaires, à courant continu, dont les inducteurs sont venus de fonte avec le bâti et les supports de paliers. Une particularité de la carcasse polaire consiste en un cylindre creux en fonte ou anneau polaire, reliant magnétiquement tous les pôles de l’inducteur: ce système a l’avantage de permettre au changement de polarité de l’induit de se faire graduellement, sans aucune étincelle au collecteur.
- L’enroulement de ces machines est du type
- Fig. 1203. — Moteur Li
- à tambour. Il consiste en une seule couche de barres de cuivre rectangulaires, soudées à leurs extrémités et avec le collecteur, et disposées de manière à former à chaque bout deux couches superposées offrant l’aspect d’un grillage. On crée ainsi des interstices qui permettent à l’air de circuler et facilitent, le cas échéant, le remplacement des barres.
- Pour éviter réchauffement pendant les longues marches, les bras portant le noyau feuilleté sont en hélice, ce qui produit une ventilation énergique dans l’intérieur de l’induit tournant.
- Deux modèles de ces moteurs figuraient à l’Exposition de Lyon : l’un, d’une puissance de 45 chevaux disponibles, sous une tension de 120 volts, à la vitesse de 630 tours par mi-
- (inducteurs démontés).
- nute, actionnait par courroie une dynamo à courants triphasés ; l’autre avait une puissance de 22 chevaux, sous une tension de 120 volts, à la vitesse de 790 tours par minute.
- L’exposition de cette Société comprenait en outre dix autres moteurs bipolaires. L’un, de 6 chevaux, commandait la transmission fixée sur le pont militaire exposé par la Compagnie ; un autre de 10 chevaux, actionnait un treuil électrique roulant placé sur le même pont.
- Le reste se composait d’une série de petits moteurs à courant continu, de 1 /16,1/8,1/4,1 /2, 1, 1,5, 2,5 et 4 chevaux.
- Les noyaux des électros des moteurs bipolaires sont en acier, d’une seule pièce avec la culasse. Le grand nombre de segments du collecteur, ainsi que les bonnes proportions de toutes les parties, font que ces moteurs peu-
- vent fonctionner sans étincelles à une charge quelconque jusqu’à leur puissance normale, sans qu’il soit nécessaire de décaler les balais.
- Les deux moteurs de 45 et de 22 chevaux, cités plus haut, sont démarrés au moyen d’un rhéostat liquide. Les autres, à l’exception des deux plus petils, possèdent un rhéostat métallique de démarrage combiné dans le même appareil avec le régulateur de champ magnétique.
- Moteur Lundell. — Ce moteur, construit par Ylnterior Conduit and Insidation Company, New-York, se distingue par la simplicité de sa construction et la facilité avec laquelle on peut démonter toutes les pièces pour les réparer. Les inducteurs sont formés d’une boîte de fonte en deux parties, présentant un évidement central et des saillies intérieures destinées à former les pièces polaires (fig. 1203). Dans cette boîte
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- se place une bobine circulaire, rendue rigide par un ruban enduit de gomme-laque, et qui se trouva ainsi complètement entourée par les flasques en fonte; on évite donc les dérivations magnétiques extérieures et l’on réduit beaucoup la résistance magnétique, ce qui rend très faible la dépense d’énergie nécessaire pour l’excitation.
- L’induit (fig. 1204) est formé d’un tambour en feuilles de tôle minces, muni de rainures lon-
- \
- Celui qui est représenté (fig. 1206) est de — de
- cheval et possède une faible vitesse angulaire. Il est fixé sur une plaque de fonte munie de deux échancrures, ce qui permet de le déplacer légèrement pour faire varier la tension de la courroie. Ce modèle est exclusivement employé en Amérique par la Automaton Piano C°,
- gitudinales dans lesquelles sont encastrés les ; fils, ce qui donne une grande solidité et une faible résistance magnétique; cet organe peut i être enlevé sans démonter les inducteurs.
- Le çourant est recueilli au moyen de deux prismes de charbon guidés dans une pièce en | bronze et pressés sur le collecteur par une j lame élastique en forme d’U. j
- La figure 1205 montre l’aspect général de j
- Fig. 1205. — Moteur Lundell.
- cet appareil ; les organes extérieurs ont été sup- posés transparents, afin de laisser voir l’induit. ! Les divers modèles de ce moteur présentent .
- une puissance de — de cheval à 5 chevaux. ;
- pour actionner les pianos mécaniques. Il peut servir aussi pour les machines à coudre, les ventilateurs et tous les travaux légers. L’enveloppe extérieure est peinte d’un vernis noir du Japon, avec filets rouge et or.
- Dans ce modèle, l’induit est encore à tambour, mais l’inducteur est sphérique; ce dernier possède une seule bobine, disposée à 45°, très facile à examiner et à changer (fig. 1207). On a ainsi un circuit magnétique très court, comme dans le modèle précédent.
- L’induit reçoit le courant par deux crayons de charbon placés normalement aux lames du collecteur et exerçant sur lui une pression constante; pour cela ces crayons sont logés dans un tube contenant un ressort à boudin.
- Nouveau moteur pour tramways. — Dans la construction des tramways électriques, on tend aujourd’hui à diminuer considérablement la vitesse angulaire des moteurs et par conséquent à supprimer une des deux paires de roues employées jusqu’ici. La Compagnie Thomson-Houston construit un nouveau modèle de moteur qui satisfait à ces conditions, et dans lequel le circuit magnétique est très bien disposé et les pièces mobiles parfaitement protégées. La figure 1208 montre ce moteur monté sur l’essieu, avec l’inducteur supérieur soulevé pour laisser voir les détails de construction. Les inducteurs, à deux pôles, ne possèdent qu’une seule bobine, placée à la partie supérieure : une boîte en fonte d’acier entoure l’induit et prolonge le circuit magnétique jus-
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- qu’au pôle inférieur. Cette boîte protège en même temps les parties délicates de l’appareil contre l’eau, la boue et les avaries mécani-
- ques : d'où le nom de water-proof {W. P.) donné à ce moteur.
- Moteur de faible puissance Crocker-Wheeler.
- Fig. 1207. — Coupe du moteur sphérique Lundell.
- — Ce moteur américain, récemment introduit en France, est destiné à la petite industrie. Les inducteurs (fig. 1209) sont formés d’un noyau.
- de fer doux solidement encastré dans une base en fonte, de façon à diminuer largement la résistance magnétique du joint.
- Fig. 1208. — Moteur W. P. pour tramways (Thomson-Houston).
- L’induit est constitué par des tôles de fer rainées à la périphérie pour loger le fil ; il est recouvert d’une toile gomme-laquée qui maintient le fil et le protège. Les paliers s’appuient par une base circulaire sur un support venu de fonte avec le bâti et sont maintenus par une vis. Les coussinets, en bronze, sont
- formés d’une seule pièce; ils sont renflés à l’extérieur et fixés dans les paliers avec un alliage, qu’on coule dans les intervalles lorsque l’induit est complètement installé. On obtient ainsi une coïncidence parfaite et durable de l’axe des coussinets avec celui de l’arbre. L’arbre est constamment arrosé d’huile par
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- deux bagues en bronze, qu’il entraîne avec lui, et qui plongent dans un réservoir à huile ménagé dans le socle du palier; ce liquide se réunit
- dans le renflement du coussinet et retourne au réservoir par un petit tube.
- Un commutateur spécial permet de mettre
- Fig. 1209. — Moteur Crocker-Wlieeler.
- l’appareil en marche sans à-coup, en réunissant les deux bobines des inducteurs d’abord en tension, puis en quantité.
- Moteurs à courants alternatifs.
- Ces moteurs peuvent se diviser en trois classes, suivant la nature du champ magnétique, qui peut être constant, alternatif ou tournant (Hospitalier, Bull, de la Soc. française de Phys., 1891).
- Moteurs à champ magnétique constant. —
- Les premiers, qui sont les plus anciens, sont fondés sur la réversibilité des machines à courants alternatifs : le champ magnétique constant peut être produit par un aimant ou par un électro-aimant; ce dernier peut être excité, soit par le courant continu d’une source spéciale, soit par une dérivation, préalablement redressée, du courant de ligne. Dans ces appareils, l’induit doit être lancé tout d’abord avec une vitesse angulaire correspondant à la fréquence du courant alternatif de la ligne ; il continue alors à se mouvoir synchroniquement et suit toutes les variations de vitesse de la génératrice. Si le couple résistant devient trop fort, le synchronisme cesse et la rotation s’arrête assez rapidement.
- Les moteurs à aimant ou à électro-aimant
- excités par un courant continu sont peu répandus, à cause de la difficulté d’amener le synchronisme et d’exciter l’inducteur par une source étrangère dans le cas de grandes puissances, ainsi que de l’obligation de marcher à vitesse rigoureusement constante.
- Moteur Z ipernowsky. — MM. Zipernowsky, Déri et Blathy excitent l’inducteur par une dérivation du courant de ligne, contenant un redresseur de courants; l’appareil devient ainsi auto-excitateur et démarre instantanément, pourvu que ce soit à vide; on évite donc à peu près complètement les défauts que nous venons de signaler.
- La disposition de ce moteur est semblable à celle de la dynamo type A, que nous avons décrite plus haut (page 1055), sauf pour le type de faible puissance (fig. 1210), qui en diffère légèrement.
- Dans ces moteurs, le nombre des tours est parfaitement constant, quelle que soit la charge, et ne dépend que des alternances du courant, dont le nombre reste fixe (5 000 par minute). La communication du courant est proportionnelle au débit, sans aucun réglage mécanique, et le rendement atteint toujours 80 p. 100, même avec les petits moteurs.
- Cet appareil n’exige d'autres accessoires que des commutateurs et un rhéostat à main pour
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- la mise en marche. La manœuvre est extrême- I Les petits moteurs se disposent, comme des ment simple. I lampes, sur le réseau secondaire alimenté par
- les transformateurs, tandis que les moteurs I des courants de haute tension, se placent direc-plus importants, pouvant recevoir sans danger 1 tement sur la canalisation des dynamos à cou-
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- MOTEUR ÉLECTRIQUE. 1081
- Lorsque la résistance opposée à l’électromo-teur dépasse fortuitement celle qu’il est capable de vaincre, l’appareil s’arrête purement et sim-i plement et n’est exposé à aucun désordre, alors qu’un moteur à courant continu serait mis hors de service.
- D’ailleurs ces appareils conviennent surtout pour les faibles puissances et lorsque le démarrage peut être fait à vide.
- Moteurs à champ alternatif. — Une dynamo à courant continu, montée soit en série, soit en dérivation, peut fonctionner comme moteur, si on lance dans l’inducteur et dans l’induit un
- Fig. 1211. — Moteur Hutin et Leblanc (élévation).
- rants alternatifs. Ces moteurs peuvent donc être utilisés sur toute installation de courants alternatifs déjà existante, sans lui faire subir le moindre changement, d’où résulte une grande économie.
- Des expériences faites à Francfort par une Commission nommée par la municipalité, expériences renouvelées en France, ont montré qu’en faisant brusquement passer l’appareil de la marche à vide à une charge de 140 p. 100 de la charge normale, l’électromoteur ne subissait aucun ralentissement, non plus qu’aucune accélération lorsqu’on le décharge brusquement.
- même courant alternatif. Mais, dans un tel système, l’inducteur doit être feuilleté, afin de diminuer les courants de Foucault, et la self-induction est toujours considérable. Aussi ce dispositif n’est guère employé que pour de petits moteurs, servant par exemple à actionner des ventilateurs domestiques, et absorbant 1 ou 2 ampères avec une différence de potentiel efficace de 50 volts. Ces petits appareils sont très employés en Amérique.
- Si l’on supprime le fer dans l’inducteur et dans l’induit,.le couple moteur est proportionnel au produit des intensités dans ces deux organes (compteur E. Thomson).
- M. Mordey a amélioré le rendement en plaçant sur l’axe même du moteur un.redresseur de courants. Dans cette classe rentrent aussi Dictionnaire d'électricité.
- les moteurs à induit fermé, fondés sur les expériences de répulsions électrodynamiques de M. E. Thomson.
- Nous signalerons encore ici le moteur à courants alternatifs monophasés de MM. Hutin et Leblanc. Ce moteur asynchrone, alimenté par un courant monophasé, présente cependant la simplicité et les avantages des moteurs à. champ tournant. Cette machine est basée sur le principe suivant. On peut toujours considérer le flux produit par une armature AB CD EF (fig. 1211), alimentée par un courant alternatif ordinaire (l’enroulement des pôles étant fait de façon à ce que les pôles successifs soient de signes contraires), comme tendant à produire deux flux égaux tournant en sens contraires autour de l’axe de l’armature avec la
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- vitesse du synchronisme. En annulant l’effet d’une de ces forces, l’autre forme un champ tournant ordinaire, qui, en agissant sur le tambour abcdef, muni de deux circuits fermés sur eux-mêmes, le met en mouvement comme le tambour d’un moteur à champ tournant. L’appareil peut donc démarrer sous charge.
- La disposition adoptée pour annuler l’effet
- d’une des composantes du flux alternatif produit par l’armature consiste à interposer, entre les pièces polaires et le tambour, un volant écran Ce volant, monté concentrique-
- ment au tambour et pouvant tourner indépendamment de celui-ci, est formé de tôles superposées, isolées les unes des autres. Ces tôles sont comprises entre deux flasques en bronze
- J
- Fig. 1212. — Plan du moteur Hutiu et Leblanc.
- reliées par des boulons de même métal. La cage d’écureuil formée par ces flasques et ces boulons a une résistance électrique aussi faible que possible. Pour mettre le moteur en mouvement,- on lance à la main ce volant en lui donnant une vitesse voisine de celle du synchronisme. Le sens de rotation donné au volant dépend de celui que doit prendre le moteur.
- On ferme le courant sur l’armature ; l’un des flux émanant de cette dernière a une vitesse nulle par rapport au volant écran ; il agit sur le tambour de la machine et actionne cette dernière. L’autre flux, qui tourne en sens contraire de l’écran, a une vitesse considérable par rapport à celui-ci ; son effet sera donc annulé et ce flux ne pourra prendre naissance.
- La machine est complétée par des rhéostats
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- montés, au moyen des bagues uvxyet des frotteurs fifzfzfi dans les circuits induits fermés sur- eux-mêmes, ce qui permet le démarrage du tambour sous charge, sans amener de variations brusques de régime.
- Moteurs à champ tournant. — Nous avons indiqué plus haut (voy. Champ tournant et Courant polyphasé) le principe de ces moteurs : ils peuvent être alimentés, soit par des courants alternatifs simples, entre lesquels on produit la différence de phase nécessaire, soit par des courants polyphasés, fournis sous cette forme par la génératrice. Vu l’importance prise par ces appareils, encore tout récents, nous citerons quelques exemples.
- Moteur à courants diphasés de MM. Hutin et Leblanc. — MM. Hutin et Leblanc alimentent
- leur moteur par des courants alternatifs simples, ce qui permet de réduire à deux le nombre des fils de ligne, et produisent le décalage à l’arrivée au moyen d’un ou du plusieurs condensateurs, de capacité convenable. La figure 1213 montre les deux dispositions employées : dans l’une, l’inducteur comprend deux séries de bobines montées en dérivation, et dont l’une est placée en tension avec le condensateur. Dans l’autre montage, les deux circuits inducteurs sont placés en tension sur la ligne et le condensateur est mis en dérivation sur l’un de ces circuits.
- Les moteurs à champ tournant de MM. Hutin et Leblanc présentent en outre une disposition spéciale pour empêcher que l’induit soit parcouru par un courant d’intensité trop con-
- rhéostat
- rhéostat
- rhéostat
- Fig. 1213. — Schéma du inolëur à champ tournant Hutin et Leblanc.
- sidérable, ce qui pourrait mettre rapidement la machine hors de service et provoquerait des baisses de potentiel considérables dans la ligne au moment du démarrage du moteur. Des rhéostats en nombre égal à celui des circuits mobiles de la machine peuvent être insérés dans ces circuits. Ces rhéostats sont assujettis à être manœuvrés simultanément. Dans ces conditions, il est possible d’éviter un courant trop considérable tout en laissant le couple moteur,- développé sur l’axe de la machine, indépendant de sa vitesse de rotation.
- Moteur à courants diphasés du Creusot. — MM. Schneider et Cie construisent des moteurs à courants diphasés qu’ils actionnent au moyen des alternateurs Zipernowsky décrits plus haut. Dans ces électromoteurs, la partie fixe est semblable à celle des génératrices de même puissance, mais avec un nombre double de pôles.
- L’armature mobile se compose d’un cylindre creux portant des rainures à l’extérieur. Cette armature est feuilletée, afin d’éviter l’influence des courants de Foucault dans le démarrage ; elle est évidée dans la partie centrale, à la manière d’un anneau, afin de l’alléger.
- Le fil est placé uniquement à la surface extérieure de ce cylindre, et passe d’une rainure à l’autre de manière à former des bobines plates en forme de spirale.
- Le modèle représenté (fig. 1214) a une puissance de 30 chevaux et porte 16 pôles, soit pour chaque courant 8 pôles montés en série et enroulés alternativement dans les deux sens. La vitesse angulaire du champ tournant est d’environ 630 tours par minute. L’armature porte 96 rainures, soit 6 pour chaque intervalle de pôles. Chaque bobine induite contient deux intervalles de pôles entre ses spires les plus
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- écartées. L’ensemble comprend deux bobinages superposés, formés chacun de 8 bobines, montées en série et enroulées alternativement dans les deux sens. Le second bobinage chevauche sur le premier d’un demi-intervalle de bobines ou d’un intervalle entier des pôles de la partie fixe.
- Chacune des deux couches de bobines pourrait être fermée sur elle-même, s’il n’était indispensable d’intercaler une résistance va-
- riable dans chacun de ces deux circuits au moment du démarrage, afin d’éviter à cet instant la production de courants trop intenses par rapport à ceux de la ligne. Pour cela, deux des quatre extrémités libres des bobinages sont réunies en une seule, ce qui donne trois fils libres, dont un commun. Ces trois fils communiquent avec trois bagues, munies de frotteurs qui sont reliés eux-mêmes avec deux rhéostats liquides, formés de cuves à sulfate de cuivre.
- Fig. 1214. — Moteur à courants diphasés.
- Pour la mise en marche, ou éloigne le plus possible les électrodes ; on les rapproche ensuite progressivement jusqu’au contact.
- Ces moteurs sont employés aux mines de Decize pour actionner des ventilateurs.
- Moteurs biphasés de Testa. — Ces moteurs sont construits par les usines du Creusot; ils présentent deux types différents, l’un pour les puissances inférieures à 10 chevaux, l’autre pour les puissances supérieures à cette limite.
- Le système inducteur fixe est alimenté directement par le circuit extérieur à haute tension
- pour les moteurs du second type ; pour ceux du premier, il est excité soit directement par le circuit extérieur à tension relativement basse, soit par le circuit secondaire d’un transformateur.
- Pour le premier modèle, le noyau inducteur est formé de tôles d’uue seule pièce, assemblées par des flasques en bronze. Pour le second, la carcasse du système inducteur est identique à celle des alternateurs Zipernowsky, Déri et Blathy, sauf pour ce qui concerne le nombre des pôles, qui a dû être doublé afin de pouvoir
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- maintenir les mêmes vitesses angulaires que celles adoptées pour les alternateurs. Les avantages inhérents à la construction des alternateurs Zipernowsky, Déri et Blalhy sont ainsi entièrement conservés dans les moteurs asynchrones, ce qui permet, entre autres applications, de faire fonctionner ces appareils directement sur le courant primaire d’une distribution et de supprimer de ce fait les transformateurs réducteurs de tension.
- Le système inducteur des moteurs Tesla se compose de, deux séries de paires de pôles alternativement de noms contraires, chaque série étant alimentée par l’un des deux courants de la distribution.
- L’induit est toujours en forme de tambour; il se compose de tôles assemblées sur l’arbre et portant des rainures, dans lesquelles vient se loger le bobinage, qui comprend deux circuits. Dans les petits modèles, ces circuits
- Fig. 1215. — Moteur Tesla de 6 chevaux.
- sont fermés sur eux-mêmes directement ; dans les gros modèles, ils communiquent par trois bagues et trois frotteurs métalliques avec des rhéostats de démarrage, permettant de mettre l’appareil en marche et de l’arrêter graduellement et sans à-coup, de sorte que ces opérations n’influent pas sur le fonctionnement des lampes branchées sur le même réseau.
- Les électromoteurs biphasés du système Tesla démarrent à pleine charge et même avec surcharge, avec une intensité de courant ne
- dépassant pas celle de la marche normale pour les types munis de frotteurs, et peu supérieure à celle-ci pour les petits modèles qui n’ont pas de frotteurs.
- L’écart de vitesse entre la marche à blanc et la marche en charge est de 10 p. 100 environ pour les petits modèles et n’atteint pas 5 p. 100 pour les puissances supérieures à 10 chevaux.
- Les petits modèles étant dépourvus de tout contact mobile, et Je graissage s’effectuant au moyen de bagues noyées dans l’huile, on
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- peut les abandonner à eux-mêmes pendant très | Enfin ces moteurs peuvent également être longtemps sans avoir aucun accident à redouter. | dans certains cas employés d’une façon avan-
- Fig. 1216. — Moteur Tesla de 20 chevaux.
- tageuse comme moteurs synchrones pour la marche normale. Il suffit pour cela, une fois le démarrage en charge effectué, l’appareil fonctionnant d’abord comme moteur asynchrone, de lancer dans l’induit un courant continu provenant d’une source extérieure quelconque. Cette disposition, quoique un peu plus compliquée que celle d’un moteur à courants alternatifs simples, est néanmoins tout indiquée lorsque l’on désire à la fois pouvoir démarrer en charge et obtenir la marche synchrone de la réceptrice avec la génératrice, ce qui a pour conséquence d’élever le rendement et de faire travailler le moteur à une charge de 25 p. 100 supérieure à celle des moteurs synchrones ordinaires de même puissance.
- Moteurs triphasés de VAllgemeine Elektricitats Gesellschaft. — Cette Société construit des moteurs à courants triphasés, qui ont figuré à l’Exposition de Chicago. La figure 1217 montre le type de 1 cheval, qui est à 2 pôles. Dans tous les modèles, on a adopté la plus basse fré-
- quence compatible avec un bon fonctionne-
- Fig. 1217. — Moteur de 1 cheval.
- ment des lampes à arc, pour permettre d’asso-
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- ONDULATIONS
- cier les lampes et les moteurs dans une même distribution ; on a choisi pour cela 50 périodes par seconde, avec une différence de potentiel efficace de 60 volts par enroulement et de 100 volts entre deux quelconques des trois fils.
- La construction de l’induit a été notablement simplifiée, en supprimant les dispositions qui
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- permettent d’introduire des résistances dans le circuit induit au moment du démarrage. Le rendement industriel à charge normale est compris entre 71 et 91 p. 100 ; réchauffement n’est pas exagéré, même après une longue marche : le type de 50 chevaux ne s’échauffe que de 40 à 50° C., après une marche continue de 8 heures.
- O
- ONDULATIONS OU OSCILLATIONS ÉLECTRIQUES. — Hertz est parvenu, en 1889, par l’emploi d’une décharge oscillatoire extrêmement rapide, à propager dans l’éther ambiant un mouvement vibratoire transversal, susceptible de produire des interférences et tous les phénomènes déjà étudiés pour la lumière (Yoy. Dictionnaire, article Électricité). Depuis cette époque, la même question a été étudiée par divers savants.
- Expériences de M. Joubert et de M. Egoroff.
- — M. Joubert a employé, au Laboratoire central d’électricité de Paris, un appareil analogue à celui de Hertz : il a reconnu que la production d’oscillations suffisamment rapides dépend d’un certain nombre de conditions, telles que dimensions de la bobine, distance et degré de poli des boules ; une lumière violette un peu vive les arrête absolument. Cet excitateur fonctionnant dans la grande salle du laboratoire, on pouvait, en réglant convenablement la longueur des fils et la valeur des capacités, obtenir des étincelles dans les autres salles et même à l’extérieur, à plus de 50 mètres de distance.
- Au lieu des résonateurs circulaires employés par Hertz, M. Joubert s’est servi de deux tiges placées bout à bout et dont les extrémités reçoivent des capacités de surface convenable ; une pince en bois réunit ces deux tiges.
- M. Egoroff a montré en 1889 que les tubes de Plücker et ceux de Hitorff peuvent remplacer les résonateurs de Hertz et montrer la propagation des ondes électromagnétiques dans les fils parallèles.
- Expériences de MM. Sarasin et de la Rive.
- — En variant les expériences de Hertz, MM. Sarasin et de la Rive ont obtenu des faits qui nécessiteront une discussion approfondie des
- phénomènes, beaucoup moins simples qu il n’avait paru d’abord (1889). Ils ont d’abord tendu deux fils horizontaux parallèles en avant de l’excitateur et vérifié que l’espace situé entre ces deux fils contient des ondes d’induction fixes, avec des ventres et des nœuds équidistants. Lorsqu’on déplace dans cet espace des résonateurs de différentes dimensions, on trouve que l'internœud ne dépend que du résonateur et non de l’excitateur. Le mouvement vibratoire qui s’y propage doit donc contenir toutes les longueurs d’ondes possibles entre certaines limites, et chaque résonateur choisit dans cet ensemble l’ondulation dont la période correspond à la sienne propre. .
- MM. Sarasin et de la Rive ont vu aussi, à l’aide du même dispositif, que la vitesse de propagation des ondes électriques est la même dans l’air et le long des fils. Ils ont cherché ensuite à vérifier cette égalité de vitesse pour les grandes longueurs d’onde, les expériences de Hertz sur ce point manquant de netteté et ayant conduit leur auteur à admettre la possibilité d’une vitesse différente.
- Il fallait pour cela disposer d’un grand miroir et d’un espace assez vaste. MM. Sarasin et de la Rive installèrent dans le bâtiment des turbines des forces motrices de Genève un miroir de zinc de 8 mètres sur 16, placé à 15 mètres d’un excitateur, dont les grosses sphères avaient 30 centimètres de diamètre et dont les petites boules étaient plongées dans l’huile. En employant comme résonateurs des cercles de 50 et de 75 centimètres de diamètre, on a trouvé les résultats suivants :
- 1° La longueur d’onde d’un résonateur est sensiblement égale à huit fois son diamètre ;
- 2° Dans le cas de la réflexion normale, le premier nœud est exactement au miroir ;
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- 1088 OPHTALMIE PHOTO-ÉLECTRIQUE. — ORYGMATOSCOPE ÉLECTRIQUE.
- 3° La -vitesse de propagation dans l’air est la même que le long des fils.
- Expériences de M. Blondlot. — M. Blondlot a cherché à vérifier, en 1891, si la vitesse de propagation des ondes électromagnétiques dans l’air est bien égale à celle de la lumière, point sur lequel Hertz n’avait pas obtenu de résultats bien nets. MM. Sarasin et de la Rive ayant montré que c’est le résonateur qui détermine la longueur d’onde observée,
- l’équation æ
- a = VT
- doit être vérifiée si l’on substitue à X et à T les valeurs de la longueur d’onde et de la période de vibration propres au résonateur employé et à Y la vitesse de propagation des ondes.
- Il suffît donc, pour connaître V, de mesurer X et T pour le résonateur employé. M. Blondlot a donné à cet appareil une forme telle que sa période pût être calculée par la formule
- T = 2u V CL,
- où C représente la capacité, Lie coefficient de self-induction : ce calcul s’appuie donc uniquement sur les lois les mieux établies de l’électromagnétisme.
- La longueur d’onde X a été mesurée en étudiant la propagation des ondes le long d’un système de deux fils métalliques parallèles, MM. Sarasin et de la Rive ayant montré que la vitesse est alors la même que dans l’air. M. Blondlot a employé quatre résonateurs de capacité très différente : la vitesse de propagation V n’a pas varié et la moyenne de 13 déterminations concordantes a donné 297 600 kilomètres, valeur qui est, au degré d’approximation des expériences, égale au rapport des unités électromagnétique et électrostatique, ainsi qu’à la vitesse de la lumière.
- « Il serait téméraire, dit M. Blondlot, de conclure de cette égalité que les vibrations lumineuses sont un cas particulier des vibrations électromagnétiques ; toutefois on ne peut méconnaître que le résultat obtenu soit favorable à cette hypothèse. »
- OPHTALMIE PHOTO-ÉLECTRIQUE. — Nom
- donné par M. Lubinsky a une affection produite parl’action de la lumière électrique sur les yeux.
- ORYGMATOSCOPE ÉLECTRIQUE.— M. Trouvé a donné ce nom à un appareil destiné à l’inspection des couches de terrain traversées par les sondes exploratrices.
- L’orygmatoscope (fig. 1218) se compose d’une forte lampe à incandescence, placée dans un étui cylindrique dont une moitié forme réflecteur, tandis que l’autre demi-cylindre est en verre épais et laisse passer les rayons lumineux, qui éclairent vivement les parois du puits dans lequel on plonge l'instrument. La base
- Wtâ&îû.h K-
- Fig. 1218. — ürvgmatoscope électrique.
- inférieure du cylindre porte un miroir elliptique incliné à 45°, et la base supérieure est ouverte. L’observateur, armé d’une forte lunette de Galilée, peut donc, en se penchant au haut du puits, apercevoir dans le miroir l’image des terrains éclairés par la lampe, qui est montée de telle sorte que les rayons émis vers le haut soient interceptés.
- L’appareil est suspendu à un long câble, contenant deux fils conducteurs, qui s’enroule sur un treuil à tourillons métalliques isolés. Ces tourillons communiquent, au moyen de deux frotteurs, d’une part avec les conducteurs, de
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- OXYGÈNE.
- OZONE.
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- l’autre avec les pôles d’une batterie portative et automatique du même inventeur. On peut ainsi descendre ou monter l’instrument sans interrompre l’observation. Jusqu’à200 ou 300 mètres, on distingue parfaitement les couches de terrain éclairées.
- OXYGÈNE (Préparation électrolytique de l’). — Voy, Hydrogène et Voltamètre.
- OZONE (Fabrication industrielle de l’). — L’ozone commence à devenir l’objet d’une véritable fabrication industrielle ; c’est ainsi qu’une usine destinée à cette préparation a été installée à Marseilles, Illinois, comme annexe de Y American Ozone Water C° ; le gaz qu’elle produit sert à ozoniser des eaux de table et des eaux minérales gazeuses. Les deux usines sont cependant complètement distinctes et réunies seulement par un tuyau destiné au passage de l’ozone.
- Le procédé employé est celui de M. Fahrig, qui consiste à fabriquer l’oxygène par le bioxyde de manganèse et l’hydrate de soude et de chaux et à le soumettre ensuite à l’action des décharges électriques. Un fourneau en briques renferme 8 tubes couplés en série et dont le premier est relié avec un ventilateur faisant 4000 tours par minute et insufflant de l’air à la pression initiale de 25 centimètres d’eau ; ces tubes reçoivent le mélange de peroxyde de manganèse et d’hydrate de soude et de chaux, qu’on porte ainsi à 250°. On fait alors, au moyen du ventilateur, arriver un courant d’air qui transforme le bioxyde en manganate, tandis que l’azote s’échappe par un tube laissé ouvert. Après 10 ou 15 minutes d’oxydation, on arrête le courant d’air, on porte la température à 400° et l’on fait arriver un courant de vapeur d’eau, en reliant le système de tubes avec une chaudière.
- Le manganate se décompose et l’oxygène, entraîné par la vapeur, traverse deux laveurs, où celle-ci se condense, et arrive refroidi dans un réservoir où il s’accumule.
- Les laveurs se composent de deux tonneaux, traversés par un courant d’eau froide sous pression, qui les maintient toujours à moitié remplis. Le réservoir est un cylindre également parcouru par un courant d’eau ; il est muni d’un tube de niveau et d’un manomètre.
- Lorsqu’on a ainsi obtenu 300 à 400 litres d’oxygène pur, le mélange primitif d’oxyde de manganèse et d’hydrate de soude et de
- chaux est régénéré ; on peut recommencer une série d’opérations analogues, jusqu’à ce que le réservoir renferme une masse de gaz suffisante. On produit alors une pression convenable dans le réservoir en augmentant le volume de l’eau, de façon à chasser le gaz à travers les ozo-nateurs.
- Ces appareils sont alimentés par des transformateurs qui forment, avec eux, la partie Ja plus intéressante de l’installation. Chaque transformateur comprend un noyau de fils de fer fins, entouré par un circuit primaire composé d’une seule couche de gros fil ; le circuit secondaire se compose de 50 bobines de fil fin montées en tension; il contient 9 kilog. de fil. Cet appareil est placé dans une boîte en bois, garnie de verre à l’intérieur et fermée hermétiquement. Ces transformateurs produisent une force électromotrice de 40000 volts : ils sont actionnés par un alternateur donnant 50 volts et 112 ampères, avec excitation séparée. Un tableau de distribution sert à établir les contacts et à régler la force électromolrice. Au sortir des transformateurs, les fils secondaires sont renfermés dans des tubes de verre garnis de caoutchouc ; ils se rendent ainsi à l’ozonateur, dans lequel ils pénètrent aussi par des tubes de verre.
- L’ozonateur se compose de morceaux de verre de 6 millimètres d’épaisseur et de tubes de 6 millimètres de diamètre, alternativement superposés. Les tubes sont fermés à un bout et renferment un fil d’aluminium ; il y a en outre deux plaques de verre recouvertes également d’aluminium. La distance entre les feuilles et les fils d’aluminium doit être bien constante ; le métal doit être très pur. Les tubes de verre doivent être bien uniformes et de bonne qualité. Avant de mettre un ozonateur en service, on lave soigneusement les fils et les feuilles à l’acide nitrique, à l’eau froide, puis à l’alcool méthylique et on les vernit enfin à la gomme laque.
- L’usine de Marseilles comprend trois ozona-teurs, dont les deux premiers sont reliés en quantité entre eux et en tension avec le troisième. Ils sont suivis d’un appareil pour l’ozonisation des liqueurs alcooliques et de récipients destinés aux expériences sur d’autres liquides.
- L’ozone semble appelé en outre à jouer un rôle important dans le blanchiment (voy. ce mot).
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- PALSIPHONE. — PILE ÉLECTRIQUE.
- P
- PALSIPHONE. — Avertisseur chantant formé d’un timbre d’acier dont les vibrations sont entretenues par un électro-aimant.
- PANGHAHUTEUR. — Appareil réversible imaginé par MM. Hutin et Leblanc et qui donne soit un courant continu de basse tension, lorsqu'on lui fournit un courant alternatif de haute tension à n périodes par seconde, soit au contraire un courant à n périodes lorsqu’on lui donne un courant continu à basse tension. Le rendement est voisin de 90 p. 100 dans les deux cas.
- PÊCHE ÉLECTRIQUE. — M. Trouvé a proposé récemment un procédé de pêche dans lequel la lumière électrique peut jouer un rôle utile, et qui permettrait, d’après l’auteur, de prendre plus de poisson et de ne pas détruire les œufs. La ralingue supérieure du filet est constituée par un conduit en caoutchouc vulcanisé et aplati, relié par un tuyau souple avec un réservoir d’air comprimé ou avec une pompe. On laisse tomber le filet, on attire le poisson par divers appâts ou par des lampes électriques et on insuffle l’air comprimé dans la ralingue, qui s’élève en ramenant le filet.
- PÉRIODE. —On nomme période d’un courant alternatif le temps qui sépare deux valeurs consécutives, égales et de même sens, de l’intensité.
- PHASE. — Deux courants alternatifs de même période ont même phase lorsqu’ils passent ensemble par zéro et par leurs valeurs maxima ; dans le cas contraire, ils sont déphasés ou décalés.
- PHOSPHORE (Fabrication électrique du). — MM. Readman et Parker ont essayé de préparer le phosphore par l’électricité dans une usine située près de Milton. On éprouva d’abord une certaine difficulté à répartir uniformément la température, et le fer, l’aluminium, le calcium se combinaient avec le phosphore et le silicium. On a obtenu de meilleurs résultats dans une nouvelle installation, faite à Wolverliamp-ton. Le four électrique employé a 0,75 m2 de surface ; les matières à traiter, mélangées dans les proportions convenables, sont introduites parla partie supérieure, au moyen d’une
- vis d’alimentation. Le courant alternatif,ffourni par une machine Elwell-Parker, de 400 kilowatts, est amené par des électrodes de charbon glissant dans des tubes de fonte. Les gaz produits traversent deux grands condenseurs en cuivre, renfermant le premier de l’eau chaude, le second de l’eau froide ; ils y laissent Je phosphore et s’échappent ensuite dans l’atmosphère.
- Le rendement en phosphore serait de 86 p. 100, le reste passant presque entièrement à l’état de phosphure de fer. Le produit est presque pur et n’exige qu’un raffinage facile. Chaque fourneau donne 65 kilog. de phosphore par jour. La compagnie aurait l’intention d’élever sa production annuelle jusqu’à 1000 tonnes, soit la moitié de la consommation totale du globe.
- PILE ÉLECTRIQUE. - Pile de Lalande et Chaperon. — On sait que la pile de Lalande et Chaperon utilise comme dépolarisant l’oxyde noir de cuivre, qui est solide et qu’on place au contact du pôle positif (voy. p. 591).
- L’électrode négative est une lame de zinc, et Je liquide une dissolution de potasse caustique à 30 ou 40 degrés.
- Dans les modèles les plus récents (fig. 1219), cet oxyde est aggloméré sous forme de plaques telles que C; l’électrode positive est une lame de tôle découpée D, cuivrée à la surface et repliée de manière à présenter un logement où se place l’aggloméré, qui est maintenu en place au moyen de deux clavettes-ressorts en cuivre laminé. La lame D est fixée sur le couvercle de faïence B par une vis et un écrou surmonté d’un bouton moleté E.
- Le zinc Z, de forme rectangulaire, est rivé sur une lame métallique F, portant à sa partie supérieure un ressort d’acier H et un fil conducteur en cuivre. Pour mettre le zinc en place, l’aggloméré étant déjà fixé, on introduit dans l’ouverture rectangulaire du couvercle l’extrémité du fil, puis la lame F, qu’on pousse verticalement jusqu’à ce que, le ressort ayant fléchi, son extrémité dépasse l’ouverture et vienne reposer sur la surface du couvercle. Deux pièces d’ébonite 11, rivées sur
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- POLYPHONE.
- POLYSCOPE.
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- ]a lame D, servent à maintenir le zinc et l’oxyde de cuivre à la distance convenable ; un bracelet de caoutchouc K assure la position des deux électrodes.
- Dans les éléments de plus grandes dimen-
- Fig. 1219. — Élément de Lalande et Chaperon a aggloméré, petit modèle.
- sions, il y a trois zincs et deux agglomérés; les plaques de même espèce sont réunies en quantité.
- Pile Leclanché-Barbier. — Le modèle de cette pile décrit plus haut (p. 588) a été remplacé par le type ci-dessous (flg. 1220), dans
- Fig. 1220. •— Nouvel élément Leclanché-Barbier.
- lequel le pôle positit est toujours constitué par un cylindre creux aggloméré, composé de charbon et de peroxyde de manganèse ; le zinc est toujours placé au centre ; il est donc entouré par la matière 'dépolarisante, dont tous les points se trouvent également soumis à l’action du courant, ce qui donne un meilleur rendement. Mais la forme du vase de verre
- permet d’obtenir un bouchage à peu près hermétique, par l’interposition d’un joint en caoutchouc. On supprime ainsi l’évaporation et par suite les sels grimpants, qui salissent les piles et chlorurent les contacts.
- Pile étalon Weston. — M. Weston a modifié la pile Latimer Clark, dans le but d’éviter la variation de la force électromotrice avec la température, variation qu’il attribue aux changements de densité de la solution de sulfate de zinc. Deux tubes cylindriques de verre sont placés verticalement et réunis par un tube horizontal vers le milieu de leur hauteur. L’un de ces tubes contient l’amalgame de cadmium et le mercure, qui forment le pôle positif ; l’autre renferme un mélange de mercure et de sulfate mercureux. Ces substances sont maintenues au fond des tubes, remplis d’une solution saturée de sulfate de cadmium, par des diaphragmes de mousseline. Deux fils, soudés à la base des deux tubes de verre et communiquant avec deux bornes isolées, représentent les deux pôles. L’appareil est logé dans un bloc de bois de forme convenable, placé lui-même dans une boîte de métal à couvercle d’ébonite; l’espace intermédiaire est rempli d’un mélange de cire, de résine et d’huile de lin.
- D’après l’auteur, la force électromotrice donnée par les sels de cadmium, et surtout par le sulfate, serait indépendante de la densité : la force électromotrice de cet élément se-
- 1
- rait 1,019 volt, avec un écart de 7777^ pour
- 10 000
- environ 90° C.
- POLYPHONE. — M. Zigang donne ce nom à sa trompette (Voy. Sonnerie) légèrement modifiée, pour permettre à la lame vibrante de rendre plusieurs sons. En posant une pointe mousse sur la plaque, à une distance variable du centre, on obtient des sons de hauteur différente, et, avec un peu d’habitude, on peut jouer un air dont l’étendue ne dépasse pas une octave.
- POLYSCOPE. — Le polyscope de M. Trouvé, modifié, est employé par la Compagnie des forges et chantiers de la Méditerranée pour examiner l’intérieur des canons de tous calibres. La lampe à incandescence A (fig. 1221) est placée à la partie supérieure d’un tube cylindrique, garni d’un réflecteur épousant la forme de l’ouverture. A l’aide d’une lentille C, portée par un tube qui glisse à frottement doux dans le premier, on examine l’image donnée par le miroir plan B, monté à 45°; cette image est très nette, même vue à 12 mètres
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- 1092 PONT ROULANT ÉLECTRIQUE.
- de distance ; elle peut d’ailleurs être regardée avec une jumelle ou une petite longue-vue.
- Pour pouvoir inspecter commodément les canons de tous calibres avec le même appareil, on fixe, à l’aide des boutons moletés IJ, des disques GH, correspondant à ces calibres. La lampe, de 15 bougies, avec filament en
- — PROJECTEUR ÉLECTRIQUE.
- boudin, peut être alimentée 6 à 7 heures par une batterie automatique de 12 éléments. La lige qui porte l’appareil se compose de quatre tubes métalliques gradués, de 2,50 m. chacun, qui peuvent se visser au bout l’un de l’autre; on peut ainsi examiner dans toute leur longueur des canons de 12 mètres sans être
- lu
- obligé de changer de côté. Un volet F, demi-cylindrique, ferme l’o uverture et protègela lampe et le miroir pendant le transport.
- PONT ROULANT ÉLECTRIQUE. — Les ateliers d’GErlikon emploient un pont roulant manœuvré par des courants triphasés. Trois moteurs de puissance convenable, disposés pour ces courants, commandent les trois mouvements du pont : levage ou abaissement de la charge, déplacement latéral du treuil et déplacement longitudinal du pont. Ces moteurs peuvent fonctionner ensemble ou séparément et dans les deux sens.
- Le courant est amené par trois fils de cuivre, que supportent des isolateurs placés sur l’un des côtés du chemin du pont, et transmis par des galets, qui frottent sur la partie inférieure des fils, pour éviter la poussière. Ces galets communiquent par des câbles bien isolés avec le tableau de commande, placé sur le pont, et qui porte les trois régulateurs inverseurs servant à commander les trois mouve-vents de l’appareil. Les moteurs sont reliés à ce tableau par des galets disposés de la même façon.
- Les moteurs sont simples et robustes et fonctionnent sans balais ni collecteur ; le démarrage est très doux. Le moteur destiné au levage de la charge porte un frein qu’on peut manœuvrer de la galerie ou du sol, de sorte qu’on peut déposer la charge doucement et exactement à l’endroit voulu. Tous les mouvements peuvent aussi être effectués à la main.
- PORTELECTRIQUE. — Appareil imaginé par MM. A E. Dolbear et J. T. Williams pour le transport de la correspondance et des petits paquets. Ces objets sont introduits dans un
- transporteur, dont le mouvement est produit par l’attraction de solénoïdes dans lesquels le courant passe pendant un temps très court.
- PROJECTEUR ÉLECTRIQUE. — La maison Bréguet construit depuis peu un nouveau projecteur (fig. 1222) qui donne d’excellents résultats. Le miroir, en cristal argenté, est taillé sur ses deux faces au moyen de machines spéciales brevetées, qui assurent aux surfaces réfléchissantes une forme rigoureusement paraboloïde. Le cylindre, en tôle d’acier, est fermé à sa partie antérieure par une glace plane, devant laquelle on peut appliquer une porte divergente pour étaler le faisceau. Le miroir, placé à la partie i postérieure, est monté dans une calotte métallique, qu’on met en place à l’aide de quatre agrafes.
- Le cylindre est muni de deux tourillons, par l’intermédiaire desquels il repose sur des bras fixés à un plateau circulaire. L’un des tourillons porte une roue dentée en contact avec une vis tangente, qu’un volant permet de faire tourner à la main pour donner toutes les inclinaisons que l’on désire au projecteur. La I partie inférieure du cylindre est aménagée pour recevoir la lampe électrique.
- Un plateau mobile porte les deux bras sur lesquels repose le cylindre. Sous ce plateau sont fixés des balais de prise de courant, en relation avec deux bornes, apparentes sur le plateau et qui peuvent être mises en communication avec celles de la lampe-. Le plateau repose sur des galets et peut prendre toutes les orientations désirées.
- Un plateau fixe porte : un chemin de roulement pour les galets précités, deux cercles verticaux isolés, sur lesquels frottent les balais
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- PROJECTEUR ÉLECTRIQUE. 1093
- du plateau mobile, un interrupteur et deux bornes d’attache pour les câbles venant de la source. Ce système de prise de courant évite les chances d’extinctions anormales, si souvent signalées sur les projecteurs munis de prises de courant dites à pompes. L’aménagement dans deux plateaux, l’un fixe, l’autre mobile, de toutes les pièces servant à la
- Fig. 1222. — Pi-ojecteur électrique Bréguet.
- conduite du courant, rend le projecteur complètement indépendant du socle et facilite les démontages et les visites.
- Enfin, un volant manœuvre une vis tangente engrenant avec une roue hélicoïdale, qui fait corps avec le plateau mobile et permet de modifier l’orientation du faisceau par de très légers mouvements.
- Le plateau fixe est boulonné sur un socle en
- tôle mince, disposé pour pouvoir être facilement transporté à bras à l’endroit convenable au moyen de deux barres en fer creux, placées sur le chariot qui sert à transporter l’appareil. Ce socle est formé de quatre parties, assemblées à charnière, qui peuvent se replier pour constituer le tablier du véhicule.
- Le projecteur est muni, en outre : d’un prisme à réflexion totale avec écran dépoli, sur lequel vient constamment se dessiner l’image du foyer lumineux; d’un écran à main pour la production de signaux optiques ; d’un prisme à réflexion totale, aménagé dans l’un des tourillons du cylindre pour éclairer un voltmètre installé sur le projecteur.
- Le projecteur Bréguet renferme une lampe
- Fig. 1223. — Lampe à charbons horizontaux.
- automatique brevetée, à charbons horizonlaux, dont la fixité facilite beaucoup les recherches à opérer (fig. 1223). La disposition horizontale accroît en outre la puissance lumineuse; c’est pourquoi de récents décrets viennent de la rendre réglementaire dans la marine.
- Cette lampe ne comprend que des éléments simples et robustes, de sorte que le démontage et le remontage n’exigent aucune précaution spéciale. Elle se compose des organes suivants :
- 1° Un porte-charbon positif monté sur un chariot à quatre galets, muni de frotteurs prenant le courant sur des rails isolés, et complété par une pince porte-charbon à laquelle un petit volant, à axe excentré, permet de donner une légère inclinaison pour le réglage du charbon ;
- 2° Un porte-charbon négatif disposé d’une manière analogue au précédent et en communication avec le pôle négatif de la source par des frotteurs et des rails isolés.
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- Les chariots des deux porte-charbons sont munis de crémaillères engrenant de part et d’autre avec une roue dentée montée sur l’arbre d’un petit moteur électrique;
- 3° Un moteur électrique monté en dérivation sur les bornes de la lampe, et qui tend à rapprocher les charbons dès qu’un courant est lancé dans l'induit ;
- ÉLECTRIQUE.
- 4° Un barillet portant une denture engrenée dans la crémaillère de l’un des porte-charbons et qui tend à écarter les charbons ;
- 5° Un relais dont le but est d’envoyer un courant dans le moteur ou de mettre ce moteur en court-circuit, suivant les circonstances.
- Lorsque la lampe est reliée aux bornes de la source et que les charbons sont en contact, le
- Fig. 1224. — Projecteur pour annonces.
- courant passe. Dans le cas contraire, le relais attire son armature, qui établit le courant dans le petit moteur. Celui-ci rapproche les charbons jusqu’au contact : le courant passe; la force électromotrice baisse aux bornes du relais, qui interrompt le courant dans le moteur et permet au barillet d’agir pour écarter les charbons et donner naissance à l’arc.
- La force électromotrice remonte alors aux bornes du relais, et l’on comprend qu’un ré-
- glage convenable du ressort antagoniste permette de fixer à l’avance le voltage définitif auquel la lampe pourra être réglée. On choisit d’ordinaire 48 volts pour des lampes de 75 à 80 ampères (3000 becs),
- Lorsque la lampe est en marche, il s’établit un équilibre entre l’action du ressort du barillet, qui tend à écarter les charbons, et celle du moteur, qui agit pour les rapprocher. Aussi peut-on constater, pendant toute la durée du
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- PYROGALVANIE INTERNE.
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- fonctionnement, un mouvement de va-et-vient des charbons, tout à fait insensible au voltmètre, mais très utile pour s’assurer du bon état de la lampe et de son aptitude à se régler automatiquement.
- On peut aussi régler l’écart des charbons à la main ; il suffit de relever une petite poignée, qui fait engrener avec le barillet une vis tangente portée par un arbre, dont l’extrémité sort de la lampe et peut êlre manœuvrée à la main. Le même mouvement met le petit moteur hors du circuit.
- Ce projecteur peut être placé sur un chariot entièrement métallique, monté, par l’intermédiaire de ressorts, sur un essieu muni de deux roues en fer ; la même voiture reçoit les accessoires : pieds de fixation du véhicule, courroies pour attacher le projecteur, voltmètre, boîtes d’outillage et de charbons, etc.
- Un second chariot porte l’usine électrique, qui comprend :
- 1° Un générateur de vapeur, du système Trépardoux, avec tuyauterie, pompe alimentaire, injecteur d’alimentation, etc.; 2° une tur-bineàvapeur de Laval associée directement avec une dynamo à anneau Gramme (Yoy. Turbo-Générateur) ; 3° tous les accessoires nécessaires au fonctionnement de cet ensemble. Les deux chariots peuvent se réunir pour former un seul véhicule à quatre roues, qu’on fait traîner par deux chevaux.
- Lorsque le projecteur doit être installé dans un poste dangereux, on peut lui adapter un système de commande à distance, qui comprend essentiellement :
- 1° Un mécanisme logé dans le socle du projecteur et basé sur l’emploi de deux petits moteurs électriques, servant : l’un pour les mouvements d’orientation, l’autre pour les mouvements d’inclinaison ;
- 2° Un manipulateur de commande à distance, transportable à bras et permettant d’effectuer toutes les manœuvres en appuyant simplement la main sur des boutons poussoirs ;
- 3° Un câble à sept conducteurs pour relier le projecteur au manipulateur.
- Ces additions, si elles sont demandées, aug-
- mentent le poids du projecteur et du chariot correspondant, mais ne modifient en rien le chariot porteur du groupe électrogène.
- Le miroir parabolique a l’avantage de donner des rayons bien parallèles ; la distance focale est plus courte qu’avec les ménisques divergents des appareils Mangin, à égalité d’ouverture. En outre, dans ces derniers, l’épaisseur du miroir devient très forte sur les bords, ce qui augmente beaucoup le poids et donne des irisations nuisibles. Ces deux défauts n’existent pas dans le projecteur Bréguet: le faisceau est entièrement blanc et le miroir, ayant ses deux faces bien parallèles, peut être amené à une très faible épaisseur, par exemple 10 millimètres. On peut ainsi diminuer le poids du miroir et par suite celui du projecteur entier, car, l’appareil devant être équilibré autour de ses tourillons, le poids du cylindre augmente nécessairement avec celui du miroir. Ainsi le projecteur Bréguet de 60 millimètres, complet, pèse 170 kg., tandis que le même modèle, avec miroir Mangin, pèse environ 275 kg.
- Projection d’annonces sur les nuages. — Les Américains, non contents de couvrir les murs de réclames, ont songé depuis peu à tracer des annonces sur les nuages. L’opération se fait au moyen d’un projecteur (flg. 1224), installé sur l’un des bâtiments les plus élevés de New-York. La source est une lampe à arc munie d’un réflecteur. Un objectif d’une grande perfection sert à projeter l’annonce, introduite dans la lanterne, soit sur les nuages, soit même sur les murs nus des grands bâtiments.
- PYROGALVANIE INTERNE. — Le Dr Foveau de Courmelles a donné ce nom aux applications internes profondes de la chaleur du gal-vano-cautère, par exemple pour agir sur un abcès en formation ou une cavité utérine à curetter. « La pyrogalvanie peut agir dans le cas d’abcès ou de furoncles profonds. Un trocart préparera la voie au cautère introduit à froid et qu’on fera rougir au sein de la masse morbide à faire régresser, résorber ou ouvrir plus vite. Ainsi, souvent on épargnera au patient quelques jours de fièvre. »
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- RÈGLEMENT.
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- RÈGLEMENT. Nous indiquons ci-dessous un certain nombre de règlements nouveaux, relatifs aux installations électriques.
- Circulaire ministérielle concernant la réglementation des distributions d’électricité sur la grande voirie départementale.
- Paris, le 2 septembre 1893. Monsieur le Préfet,
- Je vous ai adressé, par circulaire du 1er septembre courant, des instructions et un modèle d’arrêté préfectoral pour réglementer l’établissement et le fonctionnement des conducteurs d’électricité sur la grande voirie nationale, au point de vue de la sécurité dë' là circulation et de la conservation des ouvrages. : • - ! •
- Il me paraît convenable de soumettre au même régime les distributions d’électricité sur la grande voirie départementale.
- Je vous prie, en conséquence, de prendre, pour les routes départementales, un arrêté réglementaire identique à celui que vous aurez pris pour le domaine public de la grande voirie nationale, sauf les modifications ci-après indiquées :
- Dans les visas, on supprimera celui de l’arrêté ministériel du 3 août 1878, relatif aux occupations du domaine public national.
- A l’article 1er, on remplacera les mots sur la grande voirie nationale par les mots sur les routes départementales.
- Les dispositions de l’article 26 relatives aux redevances à payer à l’État seront remplacées par les dispositions analogues réglant les redevances à la caisse départementale.
- Le service ordinaire des ponts et chaussées, étant chargé du service des routes départementales dans votre département, sera naturellement désigné dans chaque arrêté d’espèce, par application de l’article 4 de l’arrêté général, pour exercer le contrôle des conducteurs d’électricité établis sur ces routes. Toutefois, dans le cas où une distribution d’électricité s’étendrait principalement sur le domaine public fluvial ou maritime et n’emprunterait les routes nationales et départementales que sur une faible partie de son développement, il conviendrait de confier intégralement le contrôle au service de la navigation intérieure ou maritime.
- Recevez, Monsieur le Préfet, l’assurance de ma considération la plus distinguée.
- Le ministre des travaux publics, VtETTE.
- Arrêté portant règlement pour l’établissement et le fonctionnement des conducteurs d’électricité sur la grande voirie nationale.
- (Extrait de la circulaire de M. le ministre des travaux publics, du 1er septembre 1893.)
- Le Préfet du département du Rhône, officier de l’ordre national de la Légion d’honneur,
- Vu les lois et règlements qui ont pour objet la conservation du domaine public et la sécurité de la circulation publique, notamment ;
- L’édit de décembre 1607 ;
- L’arrêt du Conseil d’État du 27 février 1763; L’article 2 de la section III de la loi du 22 décembre 1789-janvier 1790, et l’article 3 de la loi du 28 pluviôse an VIII ;
- L’article 29 du titre ier de la loi des 12* 19-22 juillet 1791 ;
- Les lois des 29 floréal an X et 23 mars 1842;
- Vu l’arrêté préfectoral du 1er décembre 1859, concernant les permissions de grande voirie ;
- Vu l’arrêté des ministres des travaux publics et des finances, en date du 3 août 1878, relatif aux occupations du domaine public national.
- Arrête :
- Article premier. — L’établissement et le fonctionnement des conducteurs d’électricité sur la grande voirie nationale sont assujettis aux dispositions du présent arrêté en ce qui concerne la sécurité delà circulation publique et la conservation des ouvrages, sans préjudice de l’application des lois et règlements de grande voirie, des lois et règlements ressortissant au service des postes et télégraphes, notamment du décret du 15 mai 1888, et enfin, quand il y a lieu, des prescriptions additionnelles des actes de concession des distributions d’électricité.
- Toutefois, l’établissement et le fonctionnement des conducteurs sur lesquels les trains de chemins de fer ou de tramways, ou les bateaux, mus par l’électricité, recueillent directement les courants qui actionnent leurs machines, continuent à être exclusivement soumis aux conditions prescrites tant par l’autorité chargée du contrôle desdits chemins de fer, tramways ou bateaux, que par le service des postes et télégraphes.
- Chapitre Ier. — Prescriptions administratives.
- Art. 2. — Forme des demandes.— Tout concessionnaire d’une distribution d’électricité qui veut établir les conducteurs de sa concession sur la grande voirie, tout particulier qui veut établir sur la grande voirie des conducteurs pour le service exclusif d’un immeuble dont il est propriétaire, usufruitier ou locataire, doit en faire la demande au préfet dans la forme prescrite par l’arrêté préfectoral du 1er décembre 1859 concernant les permissions de grande voirie.
- Lorsqu’il s’agit d’une concession municipale de distribution d’électricité, empruntant la grande voirie, la demande est présentée par le maire, et la permission est accordée, s’il y a lieu, à la commune, avec faculté de rétrocession aux concessionnaires choisis par elle.
- Les demandes doivent être produites en trois expéditions dont chacune sera accompagnée des documents spécifiés ci-après et dont une seule sera sur papier timbré.
- Art. 3. — Documents à produire à l'appui des
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- RÈGLEMENT.
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- demandes. — Toute demande doit être accompagnée :
- 1° Des plans, profils, dessins et mémoires justificatifs ' nécessaires pour définir l’emplacement, la nature, le mode d’installation, les constantes électriques et l’isolement des conducteurs projetés, ainsi que les précautions prises contre leur échauf-fement ;
- 2° D’un engagement conforme au modèle annexé au présent arrêté ;
- 3° Du consentement écrit des propriétaires riverains aux maisons desquels devront être fixés les supports des conducteurs aériens,
- Les plans, profils, dessins et mémoires doivent notamment définir :
- 1° Pour les conducteurs aériens :
- A. Le type des supports, leurs dimensions, l’emplacement de chacun d’eux, avec toutes justifications concernant leur solidité, la solidité des conducteurs, les efforts exercés sur les points d’attache sous l’action du poids des conducteurs et du vent, le mode d’entretien, etc.;
- B. Le type d’isolateur proposé.
- 2° Pour les conducteurs souterrains :
- A. La situation respective de la canalisation projetée et des autres canalisations déjà en place, telles que égouts, conduites d’eau, d’air comprimé ou de gaz et conducteurs d’électricité ; cette situation sera définie par des plans et par des coupes suffisamment nombreuses et bien choisies indiquant les parties où les conducteurs électriques seront à moins de 0,50 m. de masses métalliques ou d’autres conducteurs électriques;
- B. Les types de câbles et le système d’installation.
- Art. 4. — Forme et délivrance des autorisations. — Les autorisations sont données et délivrées dans la même forme que les permissions de grande voirie.
- L’arrêté d’autorisation désigne, dans chaque cas, le service d’ingénieur en chef et les services d’ingénieur ordinaire qui sont chargés du contrôle, en ce qui concerne la grande voirie nationale. L’exécution des travaux est subordonnée à l’observation des règles indiquées aux articles 5 et 6 ci-après.
- Art. 5. — Documents à produire avant l'exécution des travaux de premier établissement. — Avant l’exécution de tout travail, le permissionnaire doit remettre contre reçu, à l’ingénieur en chef du service du contrôle, les dessins de détails, complémentaires des dessins généraux produits à l’appui de la demande, avec plans, profils et mémoires explicatifs, le tout en triple expédition.
- Art. 6. — Exécution des travaux de premier établissement. - Le permissionnaire ne peut commencer les travaux qu’après avoir reçu l’avis écrit de l’approbation, par l’ingénieur en chef, des dessins mentionnés à l’article précédent ou une lettre de ce chef de service déclarant qu’il n’y a pas lieu à production de dessins complémentaires.
- Il doit, au moins huit jours à l’avance, prévenir l’ingénieur ordinaire du contrôle de la date à laquelle les travaux seront commencés, afin que le tracé en soit vérifié. Il doit également prévenir de leur achèvement en vue de leur récolement.
- Art. 7. — Documents à produire après exécution des travaux de premier établissement. — Le permissionnaire doit remettre à l’ingénieur en chef du
- Dictionnaire d’électricité.
- contrôle, un mois au plus après l’achèvement de chaque section de conduite principale ou de chaque branchement, un plan et des profils et dessins exactement conformes à l’exécution, indiquant, avec les cotes nécessaires pour repérer la conduite et ses accessoires par rapport à des points déterminés de la surface, le tracé de la conduite en plan, son profil en long ainsi que les coupes et détails de construction, le tout en ce qui concerne la grande voirie. Sur le plan et les profils, le permissionnaire doit indiquer les masses métalliques et leur destination, ainsi que les parties de canalisations dont la distance à ces masses métalliques est inférieure à 0,50 m.
- Une notice explicative indique les constantes électriques du courant, la résistance, la section et l’isolement de chaque conducteur avec justification à l’appui.
- Si le permissionnaire ne s’est pas conformé iufees prescriptions dans le délai d’un mois, ou si les plans et documents produits sont inexacts ou incomplets, l’ingénieur en chef le met, en demeure de faire le nécessaire en lui donnant un délai supplémentaire de quinze jours.
- Passé ce nouveau délai, l’ingénieur en chef fait constater la non-exécution et peut faire procéder d’office à l’établissement des plans et documents ci-dessus définis, aux frais du permissionnaire.
- Art. 8. — Essais. — Des essais d’isolement ou tous autres prescrits par le contrôle doivent être faits, avant toute mise en service, par le permissionnaire en présence de l’ingénieur ou de son délégué;les résultats en sont consignés sur des procès-verbaux certifiés par le permissionnaire et visés par l’ingénieur ou son délégué.
- Art. 9. — Mise en service. — Les conducteurs ne peuvent être mis en service qu’après notification au permissionnaire du procès-verbal de récolement prévu à l’article 36 de l’arrêté réglementaire du 1er décembre 1859, concernant les permissions de grande voirie, sans préjudice de l’accomplissement des autres obligations imposées par l’acte de concession.
- Art. 10. — Vérification de l'état des conducteurs pendant l'exploitation. — Le permissionnaire est tenu de vérifier l’état électrique, la résistance et l’isolement des conducteurs le plus souvent possible et, en tout cas, au moins une fois par trimestre pendant la première année, au moins une fois par an pendant les années suivantes, et, à un moment quelconque, à toute réquisition de l’ingénieur du contrôle.
- Les vérifications requises par l’ingénieur du contrôle sont faites en présence et sous la direction d’un agent du contrôle à ce délégué par lui.
- Les résultats de chaque vérification sont consignés sur un registre dont le modèle est arrêté par l’ingénieur en chef et qui doit être présenté aux agents du contrôle à toute réquisition.
- Art. il. — Exécution des travaux partiels pendant l’exploitation. — Dans l’exploitation des conducteurs électriques régulièrement établis, l’exécution de toute fouille sur la voie publique doit.être au préalable autorisée par lettre de l’ingénieur ordinaire du contrôle.
- Pour l’établissement des branchements nouveaux, le permissionnaire doit adresser, trois jours au moins à Pavance, une demande en double exqiédi-
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- lion à l’ingénieur ordinaire du contrôle. La demande spécifie la jonction, la longueur du branchement, la section et l’isolement des conducteurs avec toutes justifications à l’appui.
- Si, dans les trois jours, le permissionnaire n’a pas reçu avis contraire, il peut exécuter les travaux en se conformant aux indications de sa demande.
- En cas d’avarie subite ou d’accident, le permissionnaire peut exécuter les fouilles nécessaires, à charge, dans les vingt-quatre heures, de justifier l’urgence et de remplir les formalités indiquées ci-dessus.
- ^rt- 12. — Mise annuelle au courant du plan du réseau. — Chaque année, dans la première quinzaine de janvier, le permissionnaire doit adresser à l’ingénieur en chef un état, dûment signé, indiquant les modifications, additions ou suppressions apportées au réseau, tant à la canalisation principale qu’aux branchements sur la grande voirie.
- 11 y joint les plans ou extraits de plans nécessaires à la mise à jour du plan du réseau déposé au bureau de l’ingénieur en chef, en conformité de l’article 7 ci-dessus.
- Art. 13. — Surveillance. — Les ingénieurs et agents chargés du service du contrôle ont le droit d’entrer dans les usines contenant les appareils d’électricité pour y faire procéder en leur présence aux expériences et épreuves de contrôle intéressant l’application du présent règlement sur la sécurité de la voie publique.
- Chapitre II. — Prescriptions techniques spéciales aux conducteurs aériens.
- Art. 14. — Supports. —Les supports ne peuvent être établis sur le domaine public qu’à la condition de n’apporter aucune gêne à la circulation, et de présenter toute garantie de solidité.
- Ils doivent être placés, en général, aussi près que possible de la limite du domaine public.
- Aucun support ne sera établi sur la chaussée, si ce n’est en vertu d’une autorisation du Ministre des Travaux publics.
- Art. 15. — Isolateurs. — Les conducteurs doivent être placés sur isolateurs. Le type d’isolateur est soumis à l’approbation préalable du préfet, sur le rapport des ingénieurs du contrôle, lorsque la différence de potentiel entre les conducteurs doit dépasser 200 volts en courant alternatif, ou 400 volts en courant continu.
- La distance entre deux isolateurs consécutifs ne doit pas être supérieure à 100 mètres.
- Art. 16. — Conducteurs. — § 1er. Les conducteurs doivent avoir une résistance suffisante à la traction, pour qu’il n’y ait aucun danger de rupture sous l’action des efforts qu’ils ont à supporter.
- § 2. Ils doivent être inaccessibles au public.
- § 3. Lorsque les courants sont alternatifs, ou lorsque, dans le cas de courants continus, la différence de potentiel entre les conducteurs dépasse 400 volts, le permissionnaire doit munir les supports de dispositions spéciales, pour empêcher, d’une façon absolue, les passants d’atteindre les conducteurs.
- § 4. Lorsque les conducteurs sont établis sur des voies plantées, les arbres sont élagués aux frais du permissionnaire, sous la direction du service du contrôle, de façon à laisser toujours au moins un mètreentre les conducteurs et les branches voisines.
- § 5. Tout conducteur traversant une voie publique terrestre doit être tenu à 8 mètres au moins au-dessus du sol ; l’angle qu’il fait avec la direction de la voie ne doit pas être inférieur à 60 degrés. A la traversée des rivières et canaux navigables, la hauteur des parties les plus basses des conducteurs, au-dessus des plus hautes eaux navigables, doit être au moins 17 mètres ; toutefois, une hauteur minima plus grande peut être prescrite par les arrêtés d’autorisation, lorsqu’il s’agit de traverser une rivière habituellement parcourue par des navires de mer. A la traversée des bras de mer, chenaux et bassins maritimes, et à celle de la partie maritime des fleuves, les conducteurs aériens sont interdits.
- § 6. Les points d’attache des conducteurs qui suivent longitudinalement les voies publiques sont à 6,50 m. au moins au-dessus du sol, et les conducteurs eux-mêmes ne doivent, en aucun point, être à moins de 6 mètres au-dessus du sol.
- § 7. Dans la traversée des lieux habités, les conducteurs électriques sont, en outre, soumis aux règles suivantes :
- 1° Les conducteurs de la canalisation principale prennent généralement leur appui aux maisons riveraines ; ils doivent être placés à 1 mètre au moins des façades, àO,50 m. au moins au-dessus des fenêtres les plus élevées et, en tout cas, en dehors de la portée des habitants. S’ils passent au-dessus d’un toit en terrasse, ils doivent être à une hauteur de 2,50 m. au moins au-dessus du point le plus élevé. L’emploi des conducteurs nus n’est autorisé que quand la différence de potentiel entre les conducteurs ne dépasse pas 120 volts en courant alternatif, ou 400 volts en courant continu;
- 2° Les conducteurs faisant branchement particulier doivent être recouverts d’un isolant, depuis la canalisation principale jusque dans l’intérieur de l’immeuble à desservir.
- § 8. Lorsqu’un conducteur est recouvert d’un isolant, les matières employées pour obtenir l’isolement doivent être telles qu’elles ne soient pas sujettes à des changements nuisibles d’état physique ou de constitution par la chaleur ou les intempéries. La matière isolante doit avoir une épaisseur d’au moins 0,0025 m. et être garantie suffisamment à l’extérieur contre la détérioration ou l’usure par frottement.
- Chapitre III. — Prescriptions techniques spéciales aux conducteurs souterrains.
- Art. 17. — Conditions d'établissement.— § 1er. La canalisation doit être établie sous trottoirs, en dehors des chaussées, à une profondeur minimum de 0,60 m.
- § 2. Les conducteurs électriques doivent être placés dans des conduites en matière résistante et durable; toutefois, les câbles armés peuvent être directement placés dans le sol.
- § 3. Dans tous les cas, le type de câble et le système d’installation doivent être, au préalable, approuvés par le préfet, sur le rapport des ingénieurs du contrôle.
- § 4. Il est fait exclusivement usage de câbles armés dans les cas suivants :
- 1° Lorsqu’il y a intérêt, pour la sécurité de la circulation publique ou la conservation des ou-I vrages, à maintenir l’isolement prévu;
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- 2° Lorsque les conducteurs rencontrent fréquemment, sur leur parcours, des conduites métalliques d’eau, de gaz, d’air comprimé ou d’électricité, déjà autorisées, ou qu’ils se trouvent à moins de 0,50 m. de ces conduites ;
- 3« Lorsqu’ils sont placés dans des conduites métalliques ;
- 4° Lorsque le trottoir a moins de 2 mètres de largeur.
- § 5. Les conduites, quelle que soit leur nature, doivent être établies de manière à éviter l’introduction des eaux. Des précautions doivent être prises, en outre, pour assurer l’évacuation des eaux en cas d’introduction accidentelle.
- § 6. Pour la traversée des voies, les conducteurs peuvent être placés sous chaussée, moyennant des dispositions telles qu’il soit possible de visiter et de remplacer les conducteurs sans faire de fouilles dans la chaussée. Dans ce cas, la canalisation doit présenter des conditions spéciales de solidité.
- Art. 18. — Voisinage des conduites de gaz. —-Lorsque, dans le voisinage des conducteurs électriques, il existe des conduites de gaz, et que ces conducteurs ne sont pas placés directement dans le sol, le permissionnaire doit prendre les mesures nécessaires pour assurer la ventilation régulière de la conduite renfermant les câbles électriques et éviter l’accumulation du gaz.
- Art. 19. — Regards. — Les regards établis par le permissionnaire ne doivent renfermer ni tuyaux d’eau, de gaz, d’air comprimé, etc., ni conducteurs d’électricité appartenant à un autre permissionnaire.
- Les regards doivent être disposés de manière à pouvoir être ventilés.
- Les plaques des regards doivent être isolées électriquement.
- Art. 20. — Branchements. — Les conducteurs électriques formant branchements particuliers doivent être recouverts d’un isolant protégé mécaniquement, d’une façon suffisante, soit par l’armature du câble conducteur, soit par des conduites en matière résistante et durable.
- Art. 21. —Isolement électrique. —Le réseau doit être disposé de façon à ce qu’on puisse débrancher les abonnés et diviser en parties la canalisation principale.
- Dans chaque partie de cette canalisation, la résistance d’isolement entre les conducteurs et la terre, exprimée en ohms, ne doit jamais être inférieure à 5E2, E désignant la différence maximum de potentiel entre les conducteurs, exprimée en volts.
- Chapitre IV. — Dispositions générales.
- Art. 22. — Retour du courant par la terre. — 11 est interdit d’employer la terre pour le retour du courant.
- Art. 23. — Transformateurs. — Aucun transformateur ne doit être placé sur la voie publique à moins d’autorisation spéciale.
- Art. 24. — Exceptions. — Les demandes relatives à des installations comportant des courants de tension supérieure à 10 000 volts, ou des dispositions techniques non définies au présent règlement, ou des dérogations à ce règlement, sont réservées à l’examen et à la décision du Ministre des Travaux publics.
- Art. 25. — Responsabilité du permissionnaire. — Nonobstant les autorisations obtenues, le permissionnaire est responsable, vis-à-vis des tiers, des accidents qui résulteraient de ses travaux ou de la présence de ses conduites et des conducteurs électriques qu’elles contiennent.
- Art. 26. — L’occupation du domaine public de la grande voirie nationale par les conducteurs d’électricité aériens ou souterrains donne lieu à la perception, au profit du Trésor, des redevances qui sont établies et perçues conformément aux prescriptions de l’arrêté des Ministres des Finances et des Travaux publics, en date du 3 août 1878.
- Art. 27. — Mode de constatation des contraventions. — Les contraventions au présent règlement et aux arrêtés spéciaux, portant autorisation d’installations électriques, rendus par application de ses prescriptions, sont constatées par les ingénieurs, conducteurs, commis et autres agents assermentés des Ponts et chaussées.
- Art. 28. — Publication et exécution du règlement. — Le présent arrêté sera publié et affiché en la forme ordinaire. Il sera, en outre, inséré au Bulletin des Actes administratifs du Département.
- Les ingénieurs en chef des services des Ponts et chaussées dans le département sont chargés, chacun en ce qui le concerne, d’en surveiller et d’en assurer l’exécution.
- Chapitre V. — Disposition transitoire.
- Art. 29. — Installations existantes. — Les installations autorisées antérieurement au présent règlement peuvent être maintenues dans les conditions de leur autorisation.
- Toutefois les prescriptions du présent règlement, autres que celles relatives aux dispositions matérielles des conducteurs et autres ouvrages, sont immédiatement applicables à ces installations.
- Fait à Lyon, à l’hôte! de la préfecture, le 15 septembre 1893.
- Le Préfet du Rhône,
- G. Rivaüd.
- Règles à observer pour la pose et l’exploitation
- des canalisations d’électricité sous les voies publiques de Paris.
- # Le Préfet de la Seine,
- Vu le rapport, en date du 8 avril 1891, dans lequel M. le directeur de la voie publique et des promenades a signalé les divers accidents survenus sur la voie publique et pouvant être attribués à l’électricité, et proposé la nomination d’une commission chargée d’étudier les mesures à prendre en vue d’en prévenir le retour;
- Vu la lettre, en date du 16 avril 1891, qui a constitué ladite commission ;
- Vu les résolutions adoptées par cette commission, dans sa séance du 2 juin 1891 ;
- Attendu que, s’il appartient au Préfet de police de veiller au bon établissement et entretien des installations électriques à l’intérieur des immeubles, c’est au Préfet de la Seine qu’incombe le soin de prévenir les dangers présentés par les canalisations électriques sur la voie publique et jusqu’à l’entrée des immeubles particuliers ;
- Sur l’avis du Directeur des travaux,
- Arrête :
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- RÈGLEMENT.
- Conducteurs électriques dans une enveloppe métallique.
- Article Ier. — Dans tous les cas où les conducteurs électriques seront placés dans une enveloppe métallique, ils devront être isolés avec le même soin que s’ils étaient placés directement dans le sol.
- Voisinage d'autres canalisations.
- Art. II. — Dans tous les cas où les conducteurs électriques passeront à moins de 50 centim. d’une masse métallique ou d’une canalisation bonne conductrice de l’électricité (eau, gaz, air comprimé, etc.) le permissionnaire devra prendre des mesures spéciales d’isolement pour toute la partie de ces conducteurs placée dans cette situation.
- Regards.
- Art. III. — Les regards, établis par un permissionnaire pour le service des conducteurs électriques, ne pourront renfermer ni tuyau de gaz, d’eau, d’air comprimé, etc., ni conducteurs électriques appartenant à un autre permissionnaire.
- Ces regards devront être disposés de manière à pouvoir être ventilés.
- Branchements d'électricité.
- Art. IV. — Tous les branchements d’électricité seront constitués par des conducteurs isolés. Ces conducteurs seront protégés mécaniquement d’une manière suffisante, soit par l’armature même du câble conducteur, soit par des caniveaux.
- A leur entrée dans les immeubles, les branchements devront être disposés de manière à ce que leur pénétration ne laisse aucun vide dans les murs.
- Canalisations rencontrées dans Vexécution des travaux.
- Art. V. — Lorsque le permissionnaire, dans l’exécution des travaux, rencontrera des canalisations d’une nature quelconque (électricité, eau, gaz, air comprimé, etc.), il devra avertir immédiatement les propriétaires ou concessionnaires de ces canalisations (Compagnie parisienne du gaz, Compagnie générale des eaux, etc.). A cet effet, il sera adressé auxdits propriétaires ou concessionnaires ui^e déclaration dûment signée et conforme à un modèle approuvé par l’administration. Des duplicatas de ces signalements seront adressés à l’ingénieur chargé du service de la voie publique.
- Vérification de l'état de canalisation pendant la période d'exploitation.
- Art. VI. — Le permissionnaire sera tenu de vérifier l’état électrique de son réseau, de manière que toutes les parties en soient visitées au moins une fois par an.
- Le permissionnaire avisera préalablement l’administration des époques choisies pour les différentes opérations.
- Les résultats des vérifications seront consignés sur un registre dont le modèle devra être soumis à l’administration et qui devra être présenté à toute réquisition.
- Projet de loi concernant les conditions d’établissement des conducteurs électriques destinés à
- la transmission de l’éclairage et du transport de
- la force.
- Distribué à la Chambre des députés le 12 janvier 1894.
- Article Ier. — En dehors des voies publiques, le& conducteurs électriques qui ne sont pas destinés à la transmission des signaux et de la parole, et auxquels le décret-loi du 27 décembre 1851 n’est pas dès lors applicable, pourront être établis sans autorisation ni déclaration.
- Art. IL — Les conducteurs aériens ne pourront être établis dans une zone de 10 mètres en projec-rion horizontale de chaque côté d’une ligne télégraphique ou téléphonique, sans entente préalable avec l’administration des postes et des télégraphes.
- En conséquence, tout établissement de conducteurs dans les conditions du paragraphe précédent devra faire l’objet d’une déclaration préalable adressée au préfet du département et au préfet de police dans le ressort de sa juridiction. Cette déclaration sera enregistrée à sa date et il en sera donné récépissé. Elle sera communiquée sans délai au chef du service local des postes et télégraphes et transmise par les soins de ce dernier à l’administration centrale.
- Le département des postes et télégraphes devra notifier, dans un délai de trois mois à partir de la déclaration, l’acceptation du projet présenté ou les modifications qu’il réclame dans l’établissement des conducteurs aériens.
- En cas de non-entente, les conducteurs aériens seront établis conformément à la décision du ministre du commerce, de l’industrie et des postes et télégraphes, et après avis du comité d’électricité visé par l’article 4 ci-dessous.
- En cas d’urgence et en particulier dans le cas d’installation temporaire, le délai de trois mois prévu au troisième paragraphe du présent article pourra être abrégé.
- Art. III. — Le ministre, après avis du comité d’électricité, détermine les modifications à apporter, pour garantir les lignes, aux conducteurs existant,, actuellement dans la zone ci-dessus, et cela sous réserve des droits qui pourraient être acquis.
- Le département des postes et des télégraphes avisera dans un délai de six mois au plus, à partir de la promulgation de la présente loi, les exploitants dont les conducteurs devraient être modifiés. Ceux qui font usage de ces conducteurs sont tenus de se conformer aux prescriptions ministérielles dans un délai maximum d’un an, à partir d’une mise en demeure adressée par le département des postes et des télégraphes.
- Art. IV. — Il sera formé, prés le ministère du commerce, de l’industrie et des postes et télégraphes, un comité d’électricité permanent, composé, pour une moitié, de représentants professionnels des grandes industries électriques de France ou des industries faisant usage des applications de l’électricité.
- Les membres de ce comité et son président seront nommés par le ministre,. Le président sera choisi en dehors des membres du comité.
- Le comité d’électricité donnera son avis sur le» règles générales applicables dans les cas visés a
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- RÉGULATEUR.
- l’article 5 ci-après et sur toutes les questions qui lui seront soumises par le ministre.
- Art.'V. — Les autorisations d’établissement des conducteurs électriques, au-dessus et au-dessous des voies publiques, sont données par le préfet, sur l’avis technique des ingénieurs des postes et des télégraphes, et conformément aux règles tracées par le ministre du commerce, de l’industrie, des postes et des télégraphes.
- Art. VI. — Les dispositions ci-dessus ne concernent pas les installations électriques, faites dans l’étendue de leurs réseaux et pour les besoins de l’exploitation, parles compagnies de chemins de fer d’intérêt général ou local déjà soumises au contrôle de l’État.
- Art. VIL — Toute installation électrique devra être exploitée et entretenue de manière à n’apporter par induction, dérivation ou autrement, aucun
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- trouble dans les transmissions télégraphiques ou téléphoniques par les lignes préexistantes.
- Lorsque l’installation exigera, dans ce but, le déplacement ou la modification des lignes télégraphiques ou téléphoniques préexistantes, le comité d’électricité sera consulté conformément aux articles 2, 3, 4 ci-dessus. Les frais nécessités par ces déplacements ou modifications seront à la charge de l’exploitant.
- Art. VIII. — Quiconque aura contrevenu aux dispositions de la présente loi ou des règlements d’exécution sera, après une mise en demeure non suivie d’effet, puni des pénalités portées à l’article 2 du décret-loi du 27 décembre 1851.
- Les contraventions seront constatées, poursuivies et réprimées dans les formes déterminées par le titre V dudit décret.
- Art. IX. — Le décret du 15 mai 1888 est abrogé.
- Fig. 1225. — Régulateur automatique de tension F. Henrion.
- RÉGULATEUR. — Régulateur F. Henrion. — Le régulateur automatique de tension que M. F. Henrion joint actuellement à ses machines compound, pour corriger les inégalités de lumière que peuvent amener les variations de vitesse du moteur, intercale automatiquement des résistances variables dans le circuit d’excitation (fig. 1225).
- Un double cliquet est animé, par une transmission mécanique, d’un mouvement de va-et-vient sur deux roues dentées en sens inverse, solidaires l’une de l'autre. Au-dessus se trouve un fléau horizontal F, portant à l’une de ses extrémités un tube de fer doux vertical qui
- peut pénétrer dans le solénoïde S. Cette attraction est équilibrée par un curseur mobile, de sorte que, dans une marche normale, le fléau est horizontal et oscille entre les deux pointes AB. Si la tension varie, il vient buter contre l’une ou l’autre de ces pointes et, comme il est relié à l’un des pôles de la machine, il lance un courant dans l’un des électros EE' ; l’ensemble constitue donc un véritable relais.
- A ce moment, l’électro, devenu actif, attire le double cliquet, qui bascule à droite ou à gauche et agit sur l’une ou l’autre des deux roues dentées. Suivant que l’une ou l’autre de ces roues est en mouvement, une manette
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- 1102 RELUCTANCE. — RETAILLAGE ELECTRIQUE.
- fixée en leur centre se déplace sur les touches d’une résistance variable, placée sur le circuit d’excitation de la machine. La résistance se
- Fig. 1226. — Régulateur automatique Blathy.
- trouve ainsi réglée automatiquement, de façon à maintenir la tension constante malgré les variations de vitesse.
- Le relais peut être construit à enroulement différentiel, afin d’obtenir une tension cons-
- tante 'en un point donné d’une canalisation, sans avoir besoin pour cela des fils de retour. L’appareil peut être utilisé aussi comme avertisseur de maximum ou de minimum de tension, en employant les électros EE', soit à faire tinter deux sonneries bien distinctes, soit à allumer deux lampes, l’une bleue, l’autre rouge.
- Régulateur Blathy. — Ce régulateur automatique est employé par MM. Schneider et Gie pour toutes leurs installations, soit à courant continu, soit à courants alternatifs, ordinaires ou diphasés. Cet appareil (fig. 1226) se compose d’une série de résistances, se terminant à la partie inférieure par des tiges verticales de longueur croissante. Un nombre variable de ces résistances est intercalé dans le circuit de réglage par le jeu d’une cuvette à mercure, qui, en s’élevant ou s’abaissant, vient baigner un nombre plus ou moins grand de ces tiges verticales. Pour cela, la cuvette à mercure est d’une part poussée de bas en haut par l’action d’un flotteur placé dans une caisse à eau, tandis qu’elle est d’autre part sollicitée de haut en bas par l’attraction d’une bobine, placée en dérivation sur les conducteurs où la différence de potentiel doit être maintenue constante, ou en série avec ces mêmes conducteurs, si c’est le courant qui doit être constant.
- Une variation de 3 p. 100 de la quantité à réglerasuffit pour faire parcourir à la cuvette de mercure toute sa course.
- Une petite résistance additionnelle permet de modifier facilement le régime d’équilibre. Un frein très sensible s’oppose aux mouvements périodiques de l’appareil et modère sa vitesse d’action.
- RELUCTANCE. — Syn. de résistance magnétique.
- RÉSONATEUR ÉLECTRIQUE. — Appareil employé par Hertz pour étudier la propagation des ondes électromagnétiques.
- RETAILLAGE ÉLECTRIQUE. — Le retaillage des limes et des fraises, très difficile par les procédés mécaniques, à cause de leur dureté, se fait très facilement par l’électricité.
- On fait un bain avec de l’eau distillée, additionnée d’acide azotique à 40° et d’acide sulfurique à 66° en proportions égales, et l’on fait passer dans ce bain le courant d’une pile de Bunsen, en prenant pour électrode positive une baguette de charbon et pour électrode négative l’outil à retailler. Chaque pointe usée se recouvre d’une bulle d’hydrogène, qui la protège contre l’attaque du bain fortement acide. L’opération dure de dix à vingt minutes. De
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- RHÉOSTAT
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- temps en temps, on retire l’outil du bain, on le lave à grande eau et on le passe à la brossé pour enlever les parties attaquées, puis on le replace dans le bain, si l’opération n’est pas terminée. L’amincissement produit par ce retaillage est très faible, de sorte qu’on peut
- le recommencer un plus grand nombre de fois qu’avec les procédés ordinaires. On peut traiter une centaine d’outils par jour avec une dépense d’environ 10 francs.
- RHÉOSTAT. — Le rhéostat à tambour fixe, à curseur tournant et à fil de diamètre variable,
- Fig. 1227. — Rhéostat Gance.
- imaginé par M. Cance, présente divers avantages: il est simple, peu volumineux, facile à manœuvrer, et permet de régler rapidement la résistance avec la plus grande précision, que les variations soient très faibles ou qu’elles soient considérables. Il est formé d’un tube cylindrique vertical E (fig. 1227), en fer émaillé, sur lequel s’enroule un fil de ferro-nickel à sec-
- tion croissante, et qui est solidement fixé sur un socle en bois. Ce cylindre est isolé à la partie inférieure par une plaque circulaire d’ardoise Ht. A l’intérieur tourne un arbre vertical N, qui entraîne la roue en fonte D2, les trois tiges de cuivre verticales T et la couronne de même métal D3, maintenue dans son roulement par des galets G. Sur les tiges T se dé-
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- 1104 SONNERIE ÉLECTRIQUE. — SOUDURE ELECTRO-HYDROTHERMIQUE.
- place un ensemble de deux couronnes en cuivre P1P2, maintenues en contact avec elles par des frotteurs, et qui portent trois galets à gorge g ayant leurs axes verticaux et appuyés continuellement sur le fil par des ressorts. Deux bornes placées sur le socle communiquent l’une avec l’extrémité supérieure du fil de ferro-nickel, l’autre avec un frotteur qui s’appuie sur l’arbre N, et par suite avec les galets g.
- SONNERIE ÉLECTRIQUE. — Nous avons indiqué plus haut le moyen de transformer une sonnerie ordinaire de sorte qu’elle ne frappe qu’un seul coup.
- M. G. Bénard a imaginé un modèle fort simple, spécialement destiné à cet usage et disposé de façon que le marteau frappe énergiquement le
- Fig. 1228. — Mécanisme de la sonnerie électrique à un coup.
- timbre. On conçoit en effet que, si le signal se compose d’un coup unique, il faut que ce coup soit assez fort pour appeler l’attention de la personne à laquelle il s’adresse, et que ce résultat doit être obtenu sans employer un nombre de piles exagéré.
- Dans ce but, il fallait donner au marteau, et à l’armature qui l’actionne une force vive suffisante. Le marteau est indépendant de l’armature et fixé à l’extrémité de la plus longue
- Le courant pénètre donc dans le fil par sa partie supérieure et sort par les galets g, qu’on fait monter ou descendre avec la manivelle S.
- Les dimensions de l’appareil varient avec l’usage auquel on le destine. Il peut servir aux expériences de laboratoire, au groupement des machines en quantité, au réglage des circuits de lampes à incandescence, etc.
- branche d’un levier coudé, dont l’autre branche est commandée par l’armature (fig. 1228) : le déplacement est amplifié par cette disposition. L’électro-aimant est vertical et l’armature est située au-dessus de lui ; elle est articulée à l’extrémité d’un montant vertical, qui la réunit avec la culasse et par suite avec le noyau de l’électro-aimant. Le tout est en fer doux, et forme par suite, au moment du passage du courant, un aimant complexe dont les pôles sont, l’un dans l’armature, l’autre à l’extrémité supérieure de la bobine. L’armature est donc attirée très énergiquement : en s’abaissant, elle appuie sur la petite branche du levier coudé et soulève le marteau, qui vient frapper le timbre placé au-dessus de la boite. Quand on interrompt le courant, le marteau retombe par son poids ; la petite branche du levier coudé soulève l’armature et la ramène à sa position de repos. Il n’y a donc pas besoin de ressort antagoniste ; par suite l’appareil est indéréglable, et l’on évite l’inconvénient résultant de la résistance croissante opposée par le ressort à l’attraction de l’armature.
- SOUDE (Fabrication électrolytique de la). — Yoy. Chlore.
- SOUDURE ÉLECTRO-HYDROTHERMIQUE. —
- La Société belge VÉlectrique a présenté à l’exposition d’Anvers un procédé très original de soudure et de forgeage électrique, imaginé par MM. Lagrange et Hoho. La barre métallique qu’on veut forger est placée comme cathode dans un liquide électrolytique. Il se forme autour de cette barre une gaine gazeuse ordinairement constituée par de l’hydrogène, qui présente une grande résistance et acquiert bientôt une température élevée : la chaleur ainsi dé" veloppée se transmet à la barre et la porte à
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- STATION CENTRALE.
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- l’incandescence. Si l’on veut ensuite tremper le métal, il suffit d’interrompre le courant : l’élec-trolyse s’arrête et la barre se trouve en contact avec le liquide froid.
- L’anode doit être de grandes dimensions ; elle peut être faite en plomb de 2 ou 3 millimètres d’épaisseur. La composition du bain peut varier, car il doit être d’autant plus conducteur qu’on emploie une force électromolrice plus faible. Pour des potentiels peu élevés (100 à 200 volts), on peut employer une solution de carbonate de potassium dans 5 fois en-
- viron son poids d’eau ordinaire. Au-dessus de 250 volts, il faut rendre le bain moins conducteur. Il est bon de porter le liquide à 50 ou 70 centigrades, à moins qu’on ne se propose de tremper le métal. Cet appareil ne nécessite aucun matériel spécial : il suffit d’avoir quelques pinces ou tenailles pour saisir les pièces portatives et y amener le courant.
- STATION CENTRALE. — Station centrale de la gare Saint-Lazare. — Cette installation a été faite par la Société d’éclairage et d’appareillage électriques. Elle comprend :
- Fig. 1229. — Coupe de la salle des machines (gare Saint-Lazare).
- 208 régulateurs du système Cance dont :
- 7 régulateurs de 25 à 30 ampères et 150 à 200 carcels ;
- 162 régulateurs de 8 ampères et 40 carcels;
- 39 régulateurs de 5 ampères et 25 carcels;
- Et 6 lampes à incandescence de 0,9 ampère et 16 bougies.
- Les emplacements éclairés sont les suivants :
- Cours de départ, banlieue et grandes lignes;
- Escaliers, vestibules et salles des bagages au rez-de-chaussée;
- Grande salle des Pas-Perdus et guichets de distribution des billets ;
- Salles d’attente, banlieue et grandes lignes ;
- Douane, bagages et cour d’arrivée des grandes lignes ;
- Quais de départ et d’arrivée ;
- Voies principales et de manœuvres entre les halles et le tunnel des Batignolles.
- La grande salle des Pas-Perdus peut être éclairée à volonté par 5 régulateurs de 25 à 30 ampères ou 11 de 8 ampères.
- L’usine électrique est située près du tunnel des Batignolles. Elle est divisée en deux parties, une salle pour les générateurs et une pour les machines à vapeur et les dynamos. Dans cette dernière salle et sur une galerie formant étage on a placé le tableau de permutation.
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- STATION CENTRALE.
- L’usine’ comprend trois groupes distincts, composés chacun d’un générateur Belleville, d’une machine à vapeur horizontale à 4 tiroirs sans condenseur, système Corliss, de la maison Lecouteux et Garnier, et de deux dynamos Gramme, type supérieur, à enroulement com-pound. L’un des groupes sert de rechange ou de secours.
- Chaque machine à vapeur, d’une force nominale de 140 chevaux, tourne à 180 tours par minute, alimentant directement par courroie les deux dynamos dont la vitesse de rotation
- est de 500 tours par minute, leur débit maximum étant de 450 ampères avec une différence de potentiel de 105 volts aux bornes.
- En raison de l’exiguïté du local, on a augmenté considérablement la largeur des courroies, pour compenser le peu de distance des axes des dynamos aux arbres des machines à vapeur.
- L’enroulement compound des dynamos présente cette particularité que les deux électros sont alimentés parallèlement par le circuit principal, c’est-à-dire qu’au lieu de recevoir le
- Fig. 1230. — Vue de la salle des machines et du tableau de permutation (d’après une photographie communiquée par la Compagnie
- du chemin de fer de l’Ouest).
- courant total ils en reçoivent chacun la moitié.
- Cette usine est représentée en élévation dans la figure 1229, qui montre une coupe verticale faite transversalement dans la salle des machines ; on y voit parfaitement tous les détails de l’un des groupes, la machine à vapeur à gauche et les deux dynamos à droite. Au-dessus de ces dernières se trouve la galerie qui porte le tableau de permutation. Deux ouvertures placées au fond laissent apercevoir l’intérieur de la salle des chaudières.
- La figure ci-dessus montre l’intérieur de la salle des machines d’après une photographie. Elle représente en perspective une partie de la
- figure 1229 ; on y voit surtout l’aspect des dynamos, et, sur la galerie formant étage, on distingue les détails du tableau de permutation ; les ouvertures du fond montrent encore l’intérieur de la salle des chaudières.
- Le tableau de permutation, placé dans l’usine, est divisé en quatre parties distinctes correspondant chacune à l’une des dynamos qui doivent marcher en temps normal. Le courant y est amené par de gros câbles en cuivre isolés et sous plomb.
- Ce tableau est destiné :
- 1° A mettre les dynamos normales en circuit ;
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- STATION CENTRALE.
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- 2° A les remplacer eu cas d’avarie par les machines de secours ;
- 3° A mesurer à volonté le débit des dynamos sans modifier la marche ordinaire du courant.
- Les deux premières conditions sont remplies au moyen d’une première série de commutateurs, que le courant traverse d’abord en venant des dynamos et qu’on voit au bas du tableau. Il passe ensuite par les commutateurs à disques dits « de prise de courant », qui sont placés au-dessus des premiers (type créé spécialement pour la gare Saint-Lazare). Ces commutateurs peuvent prendre trois positions différentes :
- 1° Poignées horizontales. — Le courant est dirigé dans le circuit extérieur;
- 2° Poignées abaissées. — Le courant passe dans le circuit, mais en traversant l’ampèremètre qui est placé sur le tableau ;
- 3° Poignées relevées. — Le courant est interrompu.
- Deux tableaux sont placés dans la salle des machines. L’un porte un voltmètre et sert aux mesures des forces électromotrices, l’autre est particulier aux circuits des trois régulateurs qui éclairent l’usine.
- Du tableau de permutation, le courant est
- Fig. 1231. — Schéma de l'installation d’éclairage électrique de la gare Saint-Lazare.
- conduit au poste central de distribution par une série de gros câbles passant dans les égouts de la gare. Ces câbles, au nombre de 16 (8 pour l’aller et 8 pour le retour), sont en cuivre de haute conductibilité, fortement isolés et sous plomb dans le tiers du parcours.
- Afin de faciliter le maniement de ces câbles, chacun est composé de deux conducteurs ayant chacun 200 mm.2 de section, soit 400 mm.2 par câble ; cette disposition est adoptée également pour les conducteurs qui réunissent les bornes des dynamos au tableau de permutation.
- Le poste central de distribution est situé près des salles d’attente, à 720 mètres de l’usine électrique, avec laquelle il est relié par téléphone.
- Il est à regretter que l’usine n’ait pu trouver sa place au centre des locaux à éclairer, car la perte de charge qui en résulte est d’environ 20 volts.
- Le tableau principal de distribution est divisé en quatre parties identiques, correspondant aux dynamos normales. Chaque partie est disposée pour 45 régulateurs de 5 ou 8 ampères. Tous les régulateurs, étant montés en dérivation, ont par conséquent chacun un circuit spécial aboutissant au tableau de distribution. On voit cette disposition sur la figure 1231, qui représente l’ensemble des communications. On aperçoit au bas le tableau de permutation, au-dessus le tableau de distribution. Le dessin montre en
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- STATION CENTRALE.
- outre les circuits aboutissant à chacun des régulateurs, et les communications qui relient les diverses parties de l’installation.
- Chaque régulateur nécessite les appareils suivants :
- i° Un coupe-circuit à fil fusible;
- 2° Une prise de fil pour l’ampèremètre ;
- Fig. 1232. — Candélabre en fonte pour l’éclairage des espaces découverts.
- 3° Un commutateur pour l’allumage ou l’extinction ;
- 4° Un indicateur magnéto-optique de fonctionnement ;
- 5° Un rhéostat de réglage.
- Les 4 premiers appareils, ainsi que l’ampèremètre, sont fixés sur le tableau. Les rhéostats sont placés derrière et occupent un panneau spécial.
- Deux tableaux plus petits sont destinés l’un aux 11 lampes de 8 ampères et l’autre aux 7 lampes de 30 ampères, qui éclairent la salle des Pas-Perdus. Sur ce dernier, les appareils sont de dimensions plus grandes, en raison de la forte intensité du courant.
- Les fils sortent du poste de distribution et sont amenés aux régulateurs en passant dans des caniveaux en bois placés sur les toits, et supportés par des tubes en fer livrant passage aux conducteurs dans les endroits voulus. Un système particulier de suspension permet d’élever et d’abaisser les régulateurs sans interrompre le circuit.
- Pour les espaces découverts, les suspensions sont remplacées par des candélabres en fonte (flg. 1232); les globes ont un diamètre plus grand ; les fils conducteurs sont en bronze sili-cieux de 2 et 3 millimètres de diamètre, isolés sur porcelaine. La hauteur des foyers au-dessus du sol est généralement de 4,10 m.
- Un petit poste de distribution, spécial à 16 régulateurs qui éclairent le dessus du pont de l’Europe et les voies au delà des quais, est installé près des messageries ; la disposition des appareils est la même que celle adoptée pour le poste central.
- L’installation générale est complétée par un laboratoire de photométrie situé dans les sous-sols de la gare.
- On a vu que la perte de charge est de 20 volts entre l’usine et le tableau de distribution. Le voltmètre accuse 90 volts aux bornes des dynamos. La différence de potentiel est donc de 70 volts aux bornes d’arrivée du tableau de distribution; elle n’est plus que de 50 volts aux bornes des lampes. On a par conséquent une perte de charge totale de 40 volts sur 90. Le rendement est sensiblement supérieur à 50 p. 100.
- Ateliers des services électriques de la Compagnie du Nord. — Les applications de l’électricité ont pris, depuis quelques années, un assez grand développement à la Compagnie du Nord; les diverses parties des services électriques, ateliers, magasins, laboratoires, bureaux, etc., étaient d’abord disposées dans des locaux distincts et plus ou moins éloignés les uns des autres ; elles ont été ensuite réunies, en 1891, dans une seule usine, située à Saint-Ouen-les-Docks, à proximité de la station des trains-tramways dite du quai de Seine. Cette installation, qui a permis de donner aux services électriques les dimensions et l’unité qui leur étaient nécessaires, a été réalisée sous
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- la direction de M. Sartiaux; nous la décrirons sommairement, d’après la Revue générale des chemins de fer :
- L’ensemble des parties couvertes de cette usine présente une surface de 1 890 m2; les cours et chantiers non couverts occupent 6014m2, soit au total 7 904m2. L’installation est desservie par une voie reliée à la gare des Docks et qui dessert en même temps les ateliers de la Société pour le travail électrique des métaux et de la Société d’éclairage et de force par l’électricité, qui sont séparés de l’usine seulement par la rue Lamonta. Les wagons sont amenés sur cette voie ou en sont retirés à l’aide d’un cabestan électrique. Une autre voie sert pour le chargement ou le déchargement des matières à expédier ou en provenance du réseau ; une troisième est placée au milieu des chantiers pour la manœuvre d’une grue de 3 500 kilogrammes, qui sert à charger ou à décharger les poteaux télégraphiques et les autres pièces lourdes.
- Les laboratoires de physique et de chimie se trouvent au rez-de-chaussée : le premier renferme tous les appareils nécessaires pour les mesures de résistance, d’isolement, de pho-tométrie, etc. ; il est chargé des essais et vérifications des matériaux et des appareils électriques, et dispose d’un courant très intense, fourni par la Société d’éclairage et de force.* Le laboratoire de chimie analyse les matières employées pour les besoins du service; il est, ainsi que le précédent, éclairé par des lampes à incandescence.
- Les machines-outils employées dans les ateliers sont toutes commandées par des mo-leurs électriques; elles sont divisées en trois sections :
- La première comprend les tours de toutes dimensions, au nombre de sept, qui sont eux-mêmes partagés en trois groupes. Le tour à cylindrer à banc rompu, le tour à cylindrer à cuvette à banc droit et le tour moyen sont actionnés par un moteur, à un seul électro, d’une puissance de 1100 watts, placé au pied des tours et du côté opposé à celui où se lient l’ouvrier. Celui-ci peut arrêter rapidement le tour en agissant soit sur le commutateur, soit sur un levier qui sert à tendre la courroie ; il a du reste le commutateur rhéostat de mise en marche à portée de la main. A cet effet, l’axe de ce commutateur est prolongé par une tringle dont l’extrémité porte un bras de levier auquel sont reliées deux cordes ; en tirant sur la première, on ferme le circuit en
- intercalant d’abord une série de résistances convenablement graduées, pour adoucir le démarrage ; la manœuvre de la seconde corde ramène la clef sur un plot isolé et interrompt le courant.
- Les deux tours à polir et à dégrossir sont commandés par des moteurs de 300 watts, à un seul électro. Pour l’un d’eux, le moteur est placé sous le tour; pour l’autre, il est suspendu sur un axe et entraîne le volant du tour par la friction d’un galet d’acier sur le cuir qui garnit la jante de ce volant. La suspension du moteur permet d’obtenir, à cause de son poids, un meilleur contact entre le galet et le volant. Les commutateurs rhéostats de mise en marche sont disposés comme dans les appareils précédents.
- Enfin les deux tours à verge, destinés au nettoyage des petites pièces d’horlogerie, sont entraînés par un petit moteur de 65 watts, à 8 pôles, placé sous le banc auquel ils sont fixés. Les commutateurs sont également sous les bancs.
- Les cinq machines à percer, qui forment la seconde section, devant prendre des vitesses variables et relativement lentes, ont nécessité l'installation de renvois de mouvement portant les cônes. La machine radiale est actionnée par un moteur à un seul électro, de 1 100 watts; le commutateur est fixé sur la colonne de l'outil. Les deux machines à percer, grosse et moyenne, possèdent la première un moteur de 1100 watts, la seconde un moteur de 300. Les renvois de mouvement sont placés sous le plancher, du côté opposé à celui où se tient l’ouvrier. Enfin les deux petites machines ont un moteur de 65 watts, qui est placé, pour l’une, au pied de l’outil, pour l’autre, sous le plancher, avec un renvoi de mouvement destiné à réduire la vitesse.
- Le troisième groupe contient sept machines diverses : la machine à fraiser et l’étau-limeur possèdent des moteurs électriques de 1 100 watts, disposés comme pour les machines à percer grosse et moyenne. La meule est commandée par un moteur de 1100 watts, la scie à ruban par un moteur de 2 200. Le ventilateur de la forge, qui fait 3 000 tours par minute et fonctionne presque toute la journée, est actionné par un moteur de 300 watts, auquel il est relié directement par un accouplement élastique, genre Raffard. La perceuse portative, destinée au chantier extérieur, est munie d’un moteur de 1100 watts. Un broyeur et un mélangeur, destinés à la fabrication de l’encre oléiqüe em-
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- ployée dans les bureaux et les gares, sont commandés par une ancienne machine Gramme, type d’atelier, devenue sans emploi.
- Le courant est fourni par la Société d’éclairage et de force, à raison de 38 centimes le kilowattheure ; il est mesuré par un compteur Aron. La consommation journalière moyenne s’élève à 11 kilowattheures, soit 4,18 fr.; en ajoutant les frais d’entretien divers, on a une dépense de 5,18 fr. pour l’ensemble d’une
- journée. Dans l’ancien atelier, les transmissions étaient conduites par un moteur à gaz-la dépense s’élevait, tous frais compris, à 415 fr. par mois, soit un peu plus de 13 fr. par jour. L’installation électrique a permis en outre de supprimer un homme qui était spécialement chargé de l’entretien du moteur, des transmissions et des machines-outils.
- Station centrale de Hanovre. — Cette station, inaugurée le 3 mars 1891, a été construite par
- Ta maison Schuckert et Cie, de Hanovre ; elle se compose de trois salles contenantles chaudières, les machines et le tableau de distribution.
- La première salle renferme quatre chaudières Steinmüller : les trois premières ont une surface de chauffe de 181 m2 ; l’alimentation est produite par deux injecteurs et deux pompes "Worthington; l’eau subit une épuration préalable.
- Les moteurs, de la fabrique Schichau, reçoivent la vapeur par des tuyaux de 21 centimètres de diamètre, disposés en ceinture; ils sont au nombre de trois. Les deux premiers ont une
- puissance de 300 à 400 chevaux, et le dernier de 500 à 600. Ils sont à condensation et à triple expansion.
- Ces machines commandent directement les dynamos, du type Schuckert à anneau, à 16 pôles, qui ont une puissance moyenne de 275 kilowatts et peuvent donner 1200 ampères et 300 volts. L’anneau a 3 mètres de diamètre, le collecteur 2 mètres ; ce dernier est divisé en 840 sections. Ces machines ont été montées à l’aide d’une grue d’une force de 10 000 kilogr., disposée à la partie supérieure de l’usine ; il y a en outre une dynamo à vapeur de 600 chevaux.
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- La figure 1233 montre une vue générale de la salle des machines.
- Les accumulateurs, contenus dans la troisième salle, sont du système Tudor; ils sont au nombre de 136 et ont une capacité de
- 1 320 ampèreheures pour un régime de charge de 330 ampères et un régime de décharge de 396 ampères. Les essais ont donné un rendement de 80 p. 100.
- Ladistribution est faite à 3 fils, parfeeders et avec accumulateurs; la différence de potentiel s’élève à 108 ou 110 volts sur chaque circuit. Les trois dynamos peuvent être couplées en quantité et charger deux batteries d’accumulateurs en tension. Deux réducteurs de charge sont placés en circuit. Le fil neutre part du milieu des deux batteries, et les réducteurs de décharge sont placés aux extrémités sur chacun des feeders. Ces câbles se rendent à des centres secondaires de distribution, qui alimentent les abonnés.
- La canalisation actuelle peut alimenter à la fois 14000 lampes à incandescence de 16 bougies ; la station est disposée pour 22 000 lampes. Les frais d’établissement se sont élevés à
- 2 371 678 francs ; pour achever l’installation, il faudrait dépenser encore environ 1000 000 francs. Le prix de vente net est d’environ 8,5 centimes l’hectowatlheure. La première année d’exploitation a donné un bénéfice de 62 500 fr., soit un intérêt de 2,63 p. 100 du capilal de premier établissement.
- Usine électrique du Salève. — Le chemin de fer, desservi par cette usine et inauguré le 1er décembre 1892, permet aux touristes de contempler en toute saison le magnifique panorama qu’on aperçoit, au sommet du Salève, sur le mont Blanc, les Alpes, la plaine genevoise et le lac Léman.
- L’usine centrale est située près de la station française de Mornex-Monnetier, juste au-dessous du pont du Yiaison, sur la rive droite de l’Arve, qui fournit la force motrice, au moyen d’un canal pouvant dériver 20 m3 par seconde : on a établi un barrage en enrochements, qui donne une chute de 3 mètres et une puissance de près de 600 chevaux.
- Le sous-sol comprend 3 chambres cimentées, pouvant recevoir chacune une turbine à axe vertical de 250 chevaux faisant 45 tours par minute. Une de ces turbines suffit pour le service de la semaine; une seconde lui est adjointe les dimanches et les jours de fêtes, et l’on va en installer une troisième pour le même usage.
- Le courant est fourni par de grandes dynamos Thury, à 12 pôles (fîg. 1234), qui peuvent donner 275 ampères et 600 volts. L’inducteur repose sur un plancher spécial; l’induit est monté verticalement sur le prolongement de l’arbre des turbines. Chaque machine a 3,2 mètres de diamètre extérieur et pèse 19 tonnes. Une voiture faisant 6 kilomètres à l’heure n’exige que 40 à 120 ampères et 530 à 550 volts.
- L’excitation est fournie par une dynamo Thury n° 6, de 110 volts et 140 ampères, faisant 950 tours par minute, que commande par courroie une transmission animée d’une vitesse de 82 tours et actionnée par une petite turbine de 20 chevaux. L’excitation est commandée par un régulateur automatique Thury. La vitesse des turbines étant constante, cette disposition donne d’excellents résultats.
- Le tableau de distribution est très soigné, mais très simple ; il est disposé sur une sorte d’armoire; chaque pôle porte un parafoudre. Le courant est transmis aux voitures, jusqu’à la gare centrale de Monnetier-Mairie, par deux gros câbles de cuivre, de 430 mm2 de section, soutenus par de forts poteaux télégraphiques et des isolateurs en porcelaine; au-dessus de cette station, le courant est transmis par un rail isolé, relié à l’un des pôles. Ce rail est porté par des consoles en fer boulonnées aux traverses et bien isolé par de fortes cloches en porcelaine ; ses divers tronçons sont réunis aux extrémités et latéralement par des éclisses en cuivre courbées. Une brosse placée sous la voiture glisse sur ce rail, et le retour se fait par la masse métallique de la voie. On admet une perte de 15 p. 100.
- Les voitures sont de 40 places, dont 8 debout ; chacune d’elles porte deux moteurs Thury de 30 chevaux chacun. Pendant toute la marche, le conducteur manœuvre les commutateurs et les jeux de résistances, tandis qu’un contrôleur surveille la crémaillère ; ces employés disposent de deux sabots pouvant actionner les freins. Pendant la descente, un réservoir d’eau de 100 litres, placé sous le wagon, arrose les freins pour les empêcher de s’échauffer.
- Station secondaire Saint-Georges.— La Compagnie Edison, concessionnaire de l’un des secteurs de Paris, a établi au coin de la rue Saint-Georges et de la rue de Châteaudun un centre secondaire de distribution par accumulateurs, qui est destiné à maintenir constante la différence de potentiel en des points peu éloignés du réseau, concurremment avec les
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- feeders venant des usines du faubourg Montmartre et de l’avenue Trudaine. Ces accumulateurs sont chargés pendant le jour par le co u-rant du réseau et servent à l’alimenter le soir.
- Pour charger ces appareils, qui sont constamment en dérivation sur le réseau, la Société Tudor emploie un réducteur, qui fait sortir de la batterie le nombre d’accumula-
- teurs nécessaire pour charger directement ceux qui restent, et l’on charge les premiers par un transformateur à courant continu branché sur le réseau.
- Le système employé dans le secteur Edison
- est à 220 volts et à 3 fils : il suffit de manœuvrer les manettes des réducteurs pour changer le nombre d’éléments en dérivation et par suite mettre la batterie en charge ou en décharge. La charge est fournie par une dynamo
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- Fig. 1235. — Station centrale de ttonie.
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- Edison de 350 ampères et 90 volts, commandée, au moyen d’un plateau d’accouplement Raffard, par un moteur branché sur un seul pont du réseau. Des rhéostats permettent de régler l’intensité du courant de charge ; un interrupteur automatique empêche les accidents.
- Les accumulateurs sont du système Tudor, décrit plus haut.
- Usine du secteur des Champs-Élysées. —
- Cette usine, inaugurée le 7 mars 1893, est située sur les bords de la Seine, entre le pont d’Asnières et celui de la Jatte, à 1 700 mètres des fortifications. Cette position est très favorable pour l’arrivée des charbons et l’alimentation des chaudières et des condenseurs et évite les inconvénients des usines situées à l’intérieur des villes.
- La vapeur est fournie par 5 chaudières, du type Galloway, timbrées à 7 kg., et pouvant donner 3 000 kg. de vapeur par heure. Ces appareils sont groupés sur des collecteurs de vapeur de 50 cm. de diamètre, que l’on peut relier ou isoler à volonté. Avant de se rendre à la cheminée, les gaz chauds peuvent traverser un économiseur Green, ce qui permet, sans augmentation de dépense, de porter l’eau d’alimentation à une température voisine de 100°. Cette eau, ainsi que celle des condenseurs, est puisée à la Seine par des pompes centrifuges actionnées par des moteurs Farcot, et déversée dans un vaste égout formant relais.
- L’usine renferme en outre 4 moteurs Cor-liss, savoir : 2 moteurs de 65 cm. de diamètre et de 1,3 m. de course, deux autres de 82,7 cm. de diamètre et 1,4 m. de course. Ces quatre machines sont à condensation, avec échappement à l’air libre facultatif, et font 60 tours par minute.
- Les deux premières machines actionnent un alternateur de 450 kilowatts et une excitatrice de 25 kilowatts ; chacun des deux autres moteurs commande un autre groupe semblable.
- Dans les trois alternateurs qui ont été construits par MM. Hillairet et Huguet, l’inducteur, qui est mobile, porte 80 pôles et tourne à l’intérieur de l’induit, formé d’une couronne de 80 bobines. Ces machines donnent normalement 133 ampères et 3 000 volts, avec une fréquence de 40 périodes par seconde ; elles tournent avec une vitesse de 60 tours.
- Les excitatrices sont des machines à anneau, à 8 pôles, commandées par courroies et faisant 300 tours par minute.
- Le tableau de distribution est remarquable par
- sa simplicité ; tous les conducteurs reliés à la haute tension sont peints en rouge.
- Station centrale de Rome. — Cette station est une des plus considérables qui existent. Elle a été fondée par la Société Anglo-Romana per Vllluminazione di Roma col Gas ed altri Sis-terni et mise en exploitation à l’automne de 1886. Elle est munie de machines du système Ziper-nowsky, Déri et Blàthy.
- Elle comprenait d’abord deux machines à courants alternatifs de 80000 watts (2 000 volls X 40 ampères), accouplées directement avec des machines à vapeur spéciales de 125 chevaux. L’usine fut bientôt agrandie et reçut successivement quatre machines de 320000 watts (2 000 volts et 160 ampères) accouplées directement avec quatre machines à vapeur com-pound de 500 chevaux. Toutes ces machines sont à courants alternatifs.
- En outre, trois dynamos type A (voy. fig. 1163) servent à entretenir le champ magnétique des grandes machines; les deux petites sont autoexcitatrices.
- Quatorze chaudières tubulaires inexplosibles, d’une force de 164 chevaux chacune, alimentent les moteurs à vapeur.
- Pour plus de commodité, la station a été installée en dehors de la ville, à promixité du Tibre et près des ruines du Colisée. Elle occupe un bâtiment d’environ 1 500 mètres carrés, qui fait suite à l’usine à gaz. Elle peut alimenter jusqu’à 24000 lampes de 16 bougies; celles qui sont installées actuellement équivalent à 17 000 lampes de cette puissance; il y a notamment 220 lampes à arc de différentes grandeurs.
- La figure 1235 représente l’intérieur de la station : on voit au premier plan l’une des dynamos de 320000 watts et le moteur de 500 chevaux qui l’actionne.
- Le courant primaire est distribué dans la ville par trois câbles concentriques, c’est-à-dire contenant les deux conducteurs ; l’un forme l’âme conductrice et l’autre constitue une couche concentrique, séparée du premier par une enveloppe isolante. Ces câbles principaux ou feeders ont une section de 2 X 220 millimètres carrés chacun. Cette division de la ligne en trois parlies évite la difficulté de fabriquer et de poser des câbles de grande section ; de plus, les inconvénients résultant d’une rupture ou d’un accident sur l’un des câbles se trouvent beaucoup moins graves que si le courant total était transporté par un câble unique. Ces trois câbles sont réunis au tableau de
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- distribution de l’usine et alimentés par des ma- i teurs de distribution sont branchés sur ces hines couplées parallèlement. Les conduc- I feeders.
- Toutes les machines, tant les grandes entre I plées parallèlement, malgré les différences que Oies que les petites avec les grandes, sont cou- ' présentent leur construction et leur nombre de
- Fig. 1236. — Station centrale de Marieubad.
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- tours, qui est de 12 pour les grandes et de 250 pour les petites. On met en marche une ou plusieurs machines, suivant la consommation.
- La force électromotrice du courant est de 1 950 volts; à cause de la perte dans les conducteurs, la différence de potentiel n’est plus que de 1750 volts en-arrivant aux transformateurs, dans le cas du travail maximum. La. perte est plus faible pour des courants moindres.
- La Société du gaz fait payer 80 centimes par heure pour chaque lampe à arc et 8 centimes pour chaque lampe à incandescence.
- Station centrale de Marienbad. — Cette station, qui assure depuis le 30 mai 1889 l’éclairage électrique de Marienbad, a été construite par la ville elle-même, propriétaire de l’établissement thermal, qui l’exploite pour son propre compte. On avait compté à l’origine sur une consommation de 35 régulateurs de 12 ampères, 14 lampes à incandescence de 16 bougies et 40 lampes de 32 bougies pour l’éclairage public, et 1 200 lampes à incandescence pour l’éclairage privé. Mais, durant l’exécution des travaux d’installation, les demandes affluèrent de la part des particuliers en si grand nombre qu’on dut songer immédiatement à agrandir l’usine et à ajouter un quatrième groupe de machines et de chaudières aux trois groupes projetés primitivement.
- Le bâtiment qui renferme les appareils mécaniques et électriques est situé sur le terrain de la gare, à 2 kilomètres environ de Marienbad : il se compose d’un bâtiment en briques élevé seulement d’un rez-de-chaussée et ayant une surface de 600 mètres carrés. Ce bâtiment est divisé en deux parties par une cloison : la première renferme les machines, la seconde les chaudières.
- Cette usine contient quatre machines électriques, actionnées directement par des moteurs à vapeur. Les machines à lumière sont des dynamos à courants alternatifs du système Zipernowsky, à excitatrices séparées, d’une puissance de 50 000 watts chacune. Elle font 500 tours par minute et exigent chacune environ 80 chevaux-vapeur. L’une d’elles sert de rechange. Elles sont actionnées par des machines à vapeur Westinghouse, auxquelles elles sont réunies directement par des manchons d’accouplement flexibles.
- L’excitation est produite par trois dynamos à courant continu, dont une sert encore de rechange. Elles ont une puissance de 3 000 watts chacune et sont actionnées par les machines à
- vapeur au moyen de courroies, réglables à Laide d’appareils spéciaux de tension.
- La vapeur est produite par quatre chaudières de la maison Ringhoffer, de Smichov, près. Prague, dont l’une sert de réserve. Ce sont des chaudières à contre-courant à bouilleurs, donnant une pression de 7 atmosphères et munies de garnitures complètes de sûreté; elles sont alimentées par des pompes à vapeur fournissant chacune 9 000 litres d’eau par heure.
- L’une de ces pompes peut puiser l’eau dans un puits situé dans la salle des chaudières et la refouler dans un réservoir, tandis que l’autre subvient à l’alimentation des chaudières. Les deux pompes peuvent alterner. Trois injec-teurs sont en réserve pour l’alimentation des chaudières; l’un des injecteurs est adapté à l’une d’elles. Un réservoir de fer, placé dans la salle des chaudières, sert de bassin de réserve. On a établi aussi, pour plus d’économie, un réchauffeur d’eau d’alimentation, chauffé au moyen de l’échappement, de sorte que l’eau sous pression atteigne environ 70° G. On a prévu en outre des purgeurs d’eau de condensation et des séparateurs d’eau, de fonctionnement automatique. Les tuyaux chauds sont revêtus d’un bon isolant pour la chaleur.
- La figure 1236 montre l’intérieur du bâtiment des machines. On aperçoit trois groupes de machines. Les dynamos à lumière et les moteurs à vapeurs se voient à droite ; les excitatrices, actionnées par courroies, sont à gauche. Le fond de la salle est occupé par le tableau de distribution. '
- Les conducteurs électriques qui transmettent le courant sont aériens et supportés par des mâts espacés de 30 mètres. Hors de la ville, ces mâts sont constitués par de simples poteaux télégraphiques. Dans la ville, on a cherché à leur donner un aspect plus élégant.
- Le courant est amené à des transformateurs Zipernowsky, qui à leur tour alimentent les régulateurs et les lampes à incandescence. Les transformateurs destinés à l’éclairage public sont placés dans des colonnes de publicité, surmontées d’un support pour les conducteurs (flg. 1237), ou sur des colonnes ornées, à socle de fonte, dans des cages de tôle munies de toits et de gouttières. Ceux qui servent à l’éclairage privé sont disposés, soit sur des mâts en bois, soit à l’intérieur des maisons, dans des locaux secs pouvant être fermés. Ils sont tous montés sur des plaques de fer.
- { Les conducteurs secondaires sont portés par
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- des supports semblables à ceux qui soutiennent les fils primaires.
- Les régulateurs et les lampes à incandescence sont tous montés en dérivation et peuvent être mis facilement hors circuit. Des paratonnerres à plaques sont intercalés en divers endroits. Les lampes à arc servant à l’éclairage public sont portées par des colonnes en fonte (fig. 1238), surmontées d’un abat-jour horizon-
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- tal, et munies d’une applique latérale pour lampe à incandescence. Après minuit, les régulateurs sont éteints et remplacés par les lampes à incandescence, au nombre de 60. En hiver, on n’emploie que ces dernières.
- L’éclairage particulier comprend actuellement 1 800 lampes à incandescence et 48 régulateurs, répartis entre 59 abonnés.
- Transmission d’énergie par courants di-
- Fig. 1237. — Colonne pour
- phasés à Decize. — MM. Schneider et Cie ont installé récemment une distribution d’énergie intéressante à leurs houillères de Decize. L'installation complète, donnant à la fois la lumière et la force motrice, doit développer une puissance totale de 200 chevaux.
- L’usine centrale, placée respectivement à 3 et 5 kilomètres des points extrêmes desservis, renferme actuellement une batterie de 6 chaudières et 2 unités (machines à vapeur et
- transformateur à llarienbad.
- dynamos), de 100 kilowatts chacune ; une troisième unité sera installée ultérieurement pour compléter la puissance et pour servir de rechange. Les deux premières peuvent être employées isolément ou accouplées en parallèle.
- Les chaudières sont à foyer intérieur, avec faisceau tubulaire dans le prolongement, à retour de flamme et à grand réservoir de vapeur. La chambre de chauffe, placée en contre-bas du sol, reçoit le charbon par des wagonnets à
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- bascule. Les cendres sont enlevées par un monte-charge et versées directement dans les wagonnets qui ont amené le combustible. La conduite des chaudières se trouve ainsi très simplifiée.
- Les moteurs (fig. 1239) sont horizontaux et sans condensation, munis de tiroirs cylindriques pour l’admission de la vapeur et d’obturateurs genre Corliss pour l’émission ; la dis-
- position est telle que les orifices s’ouvrent et se ferment très rapidement. Un puissant régulateur de vitesse, placé dans l’un des volants, agit sur les tiroirs d’admission. Ces machines font 200 tours par minute et actionnent les dynamos par courroies.
- Les génératrices produisent des courants alternatifs diphasés. Ce résultat est obtenu d’une manière très simple. Chaque unité com-
- Fig. 1238. — Colonne pour l’éclairage public à Marienbad.
- prend deux alternateurs identiques, du système Zipernowsky, dont les inducteurs, mobiles, sont calés sur le même arbre avec un écart angulaire d’un demi-intervalle de pôles (Voy. page 1064).
- Pour mettre en parallèle les deux groupes d’alternateurs, on emploie deux paires de transformateurs, dont chacune reçoit des courants primaires pris en dérivation respectivement sur chacun de ces groupes. Lorsqu’on a
- réalisé pour chacun des deux groupes l’égalité des potentiels et des intensités, le premier groupe étant relié à la ligne, il faut, pour relier le second, saisir le moment où il y a concordance des phases. Pour cela, on réunit les secondaires des deux paires de transformateurs en opposition, à travers des lampes à incandescence dont l’extinction indique la concordance des phases.
- La ligne est en grande partie aérienne ; elle
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- est alors formée d’un fil de bronze silicieux, supporté, à l’aide de doubles cloches en porcelaine, par des poteaux protégés à la base par
- une spirale de ronces métalliques. Les fils sont croisés tous les 500 mètres, afin d’éviter les effets d’induction sur les fils téléphoniques,
- placés à mi-hauteur des mêmes poteaux. Une petite partie de la ligne souterraine est formée de câbles sous plomb, disposés dans un caniveau en bois goudronné. De puissants
- parafoudres sont placés en divers points de la ligne, ainsi qu’à toutes les stations.
- Les électromoteurs actionnés par les courants diphasés sont du type décrit plus haut
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- ils servent presque tous à commander, par , courroies, des ventilateurs de mines; ils fonctionnent jour et; nuit, avec deux arrêts de 15 minutes pour le graissage et le nettoyage. La plupart de ces appareils sont abandonnés à eux-mêmes, dans une cabane située en pleine forêt; un gardien de ronde les visite seulement toutes les six ou huit heures. La transmission électrique a donc permis d’employer ces stations réceptrices très simples au lieu de construire, pour chaque ventilateur, une usine avec chaudière et machine à vapeur exigeant un personnel beaucoup plus nombreux, et rendant en outre le transport du charbon, l’amenée de
- l’eau et l’enlèvement des : cendres beaucoup plus coûteux.
- Station à courants triphasés d’Erding. — La
- station d’Erding (Autriche) a été installée récemment par la maison Siemens et Halske, de Berlin ; elle produit des courants triphasés à haute tension. La force motrice est fournie par la Sempt, petit cours d’eau qui se jette dans l’Isaar à Moosburg; une turbine horizontale, de la Société Augsburger maschinen fabrik, produit, avec une hauteur de chute de 1,70 mètre, une puissance de 60 chevaux, à la vitesse de 35 tours par minute; un arbre de transmission commande, à l’aide de poulies et de courroies,
- Fig. 1240. — Schéma de la distribution à courants triphasés d’Erding.
- deux dynamos à courants triphasés Siemens et Halske, donnant chacune 40 kilowatts à 750 tours ; une seule machine absorbe toute la puissance de la turbine; ces machines ont été décrites plus haut (page 1067).
- La figure 1240 montre le schéma général de la distribution. On voit en ED le collecteur de la dynamo excitatrice, en RW le rhéostat de cette machine et en DM l’induit de l’alternateur à courants triphasés ; l’installation est identique pour les deux machines. De chacune d’elles partent trois câbles qui se rendent au tableau de distribution, figuré au-dessus; chacun des deux circuits renferme un interrupteur MS à trois lames, avec coupe-circuit fusibles, des indicateurs d’intensité AA et un voltmètre V. Ce dernier appareil n’est pas placé directement sur le circuit à haute tension ; mais il est dis-
- posé sur un indicateur de phases PV, qui se compose de deux transformateurs de faible puissance, dont les fils primaires sont intercalés sur les circuits à haute tension et les fils secondaires disposés de façon que les différences de potentiel s’ajoutent pour le synchronisme des deux machines (fig. 1241). Trois lampes à incandescence, placées au-dessus de cet indicateur, servent pour le contrôle; le voltmètre Y est situé sur le fil secondaire et peut être intercalé sur les divers circuits au moyen d’un commutateur. On voit à la partie inférieure de l’appafeil des plombs fusibles placés sur les circuits à haute tension.
- Trois fils partant de l’usine se l'endent à la ville d’Erding, située à 3 ou. 4 kilomètres. Celte canalisation est formée de câbles en cuivre nu, de 16mm2, portés par des isolaleurs à huile,
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- STATION CENTRALE.
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- placés eux-mèmes sur des poteaux de 12 à 13 mètres de hauteur; la distance des fils est de 70 centimètres, celle des poteaux d’environ 40 mètres. Pour éviter J’influence des phénomènes atmosphériques, on a fixé au sommet des mâts, de cinq en cinq, une pointe métallique en communication avec la terre.
- En arrivant à Erding, la canalisation se divise en deux parties; le courant à haute tension alimente cinq transformateurs, dont 3 de 10 ki-
- lowatts et 2 de 5 kilowatts, placés en des points différents. Les fils secondaires de ces appareils sont réunis en quantité et forment le circuit de distribution, qui comprend les appareils d’utilisation des abonnés. La plupart des rues possèdent trois lignes; celles qui ont moins de huit lampes n’en contiennent que deux.
- Les transformateurs se composent de trois noyaux verticaux formés de lamelles de fer réunies aux deux bouts : sur ces noyaux s’en-
- TTT.TTTTTTTTTTT TT9 ♦ ♦ ♦ ♦ ♦
- JlgæâffîtM
- Fig. 1241. — Vue extérieure de l’indicateur de phases (station d’Erding).
- roulent directement les circuits secondaires, que recouvrent les fils primaires. Chaque appareil est porté par un socle en fonte placé sur un pilier en maçonnerie et protégé par une enveloppe cylindrique en tôle : des ouvertures livrent passage aux câbles et permettent la libre circulation de l’air. Une plaque, située près de la porte, est munie des plombs fusibles des deux circuits. Le rendement électrique est de 96 p. 100; la température intérieure ne dépasse pas 50 à 60° C.
- La canalisation secondaire est fixée en partie sur la façade des maisons, à une hauteur
- de 6 mètres environ ; elle porte quinze paratonnerres, formés chacun de deux plaques de charbon parallèles et peu écartées : la plaque supérieure porte un noyau de fer mobile dans un solénoïde, qui est relié d’une part avec ce noyau, d’autre part avec la terre; la plaque inférieure communique avec la canalisation. En cas de décharge atmosphérique, un arc jaillit entre les deux plaques et le circuit se ferme par le sol : le noyau est alors attiré par le solénoïde et l’arc se rompt brusquement.
- Le circuit secondaire alimente des lampes et des moteurs. L’éclairage des rues utilise 97 lam-
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- STATION CENTRALE.
- pes à incandescence de 16 bougies et 6 régulateurs de 12 ampères ; le montage de ces derniers est représenté au centre du schéma (fig. 1240). Le nombre total des lampes actuellement en service est d’environ 600. L’usine et les habitations des mécaniciens emploient 12 lampes de 16 bougies, alimentées par un transformateur spécial. Un rhéostat placé sur le circuit secondaire de cet appareil permet de maintenir la différence de potentiel constante, nécessaire pour les lampes, quel que
- soit d’ailleurs le voltage nécessité à l’usine par les pertes sur la ligne.
- Les moteurs électriques ne sont utilisés que pendant le jour, l’énergie totale étant employée le soir pour l’éclairage.
- L’énergie électrique est fournie à forfait, au prix de 20 francs par an pour une lampe de 16 bougies, 11,25 francs pour une lampe de 8 bougies et 7,50 pour une lampe de 5 bougies. Le prix de remplacement des lampes est de 1,25 franc. La force motrice coûte 62,50 francs
- Fig. 1242. — Station centrale de Redlands (Californie).
- pour un moteur de 1/3 de cheval, 162,50 francs pour un cheval, 300 francs pour 2 chevaux et 600 francs pour 5 chevaux.
- Transmission par courants triphasés de Redlands. — C’est à Redlands (Californie) qu’a été faite récemment la première transmission par courants triphasés en Amérique; elle a été installée parla General Électric C°. Le prix élevé du charbon dans le sud de la Californie rend très précieux l’emploi des forces naturelles. Pour cette application, on a légèrement détourné une grande partie de la chute de Mill Creek Canon, située à 15 kilomètres de la ville. L’eau, amenée par un tunnel, traverse un filtre de sable destiné à retenir toutes les impuretés.
- A la sortie de la conduite, la chute est de 118mètres; elle donne 72 mètres cubes par minute, ce qui correspond à une puissance maxima de 1 900 chevaux. Aux plus basses eaux, la puissance est encore de 800 chevaux.
- La station centrale (fig. 1242) se compose de 2 chambres, l’une pour les roues hydrauliques Pelton, l’autre pour les dynamos.
- La salle des dynamos contient 2 génératrices à courants alternatifs triphasés de 250 kilowatts, sous une différence de potentiel de 2 500 volts entre les conducteurs, deux dynamos D 10, suffisant chacune pour exciter les deux alternateurs, et une dynamo à arc Thomson-Houston de 50 lampes. Les fondations pour une seconde
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- STÉNOLYSE ÉLECTRIQUE. —
- machine à arc et un troisième alternateur triphasé ont été établies en même temps.
- Ces alternateurs donnent, à la vitesse angulaire de 600 tours par minute, 100 ampères et 2 500 volts. La fréquence est de 50 périodes par seconde. Chacune de ces machines est commandée directement par un ensemble de 2 roues Pelton de 200 chevaux chacune, à double ajutage. Le réglage de la puissance hydraulique est effectué par le système ordinaire différentiel Pelton, actionné par l’arbre d’une des excitatrices. Un second petit régulateur différentiel, actionné par l’arbre de l’autre excitatrice, contrôle l’action du premier en réglant les roues hydrauliques des excitatrices.
- Un tableau de distribution très complet permet de mettre chaque machine séparément sur un circuit ou de réunir les deux circuits et les deux machines en parallèle. Pour le couplage en parallèle, on fait usage d’un synchroniseur acoustique, dont l’action est beaucoup plus précise que le système des lampes de phase généralement employé. Quand les machines sont près d’être en phase, on entend très nettement les battements, et, quand les alternateurs sont rigoureusement en phase, le son rendu par l’appareil est très pur.
- L’aménagement intérieur de la station, a été fait avec le plus grand soin, et la maison du chef de la station, à proximité de l’usine, a été pourvue de tous les appareils de chauffage électrique pour les appartements et pour la cuisine.
- Deux circuits de 9,3 mm. de diamètre, à trois conducteurs, partent de la station centrale. Un de ces circuits aboutit aux bureaux de la compagnie, à Redlands, distants de 12,2 kilomètres, et, de ce point, se divise dans la ville pour la distribution de l’éclairage et de la force motrice. L’autre circuit se dirige sur Mentone, à 7 kilomètres, oii se trouve la fabrique de glace artificielle de la Union Ice C°. Dans cette usine on a installé un alternateur triphasé synchrone, à mise en route automatique, d’une puissance
- TANNAGE ÉLECTROLYTIQUE. 1123
- de 150 kilowatts, à 750 tours par minute, commandant par courroie et par une transmission intermédiaire deux grands compresseurs à ammoniaque et différentes autres machines accessoires pour la fabrication de la glace. Le moteur marche nuit et jour sans arrêt à pleine charge et a toujours fonctionné sans le moindre accident. A Redlands, il y avait, à la fin du mois de décembre 1893, 30 lampes à arc et plus de 1 000 lampes à incandescence de 16 bougies, distribuées sur les trois branches du réseau, et un certain nombre de petits moteurs de puissance variable.
- Les transformateurs sont analogues à ceux du type F construit par la General Électric C° pour l’éclairage par courants alternatifs simples, sauf qu’ils sont étudiés spécialement pour 50 cycles par seconde et 2 200-110 volts. Autant que possible, on a employé de gros transformateurs et de grands réseaux secondaires.
- On n’a éprouvé aucun ennui pour le non équilibrage des lignes. Peu de temps après la mise en route de la station, la plus grande partie des lampes étaient branchées sur deux lignes seulement du circuit triphasé, et, quoique des lampes de ces deux lignes fussent disposées dans les mêmes pièces, on ne pouvait constater aucune différence dans leur éclat.
- Le premier alternateur arriva le 1er septembre 1893 à Redlands et fut mis en service régulier le 8 septembre. Le moteur à glace fut mis en marche le 13 septembre. Depuis cette date, les générateurs et moteurs ont fonctionné sans arrêt.
- STÉNOLYSE ÉLECTRIQUE. — M. Braun donne ce nom au phénomène suivant. On soumet à l’électrolyse une solution de nitrate d’argent, les deux électrodes étant séparées par une cloison de mica ou de verre percée d’une fente. Si le courant présente une densité convenable, on obtient un dépôt d’argent sur la fente.
- T
- TANNAGE ÉLECTROLTTIQDE. — De nouveaux procédés de tannage électrique ont été mis en essai dans ces dernières années. La méthode imaginée par MM. Worms et Balé,
- en 1889, a été adoptée par The Bvitish Tanning Company limited : l’opération se fait dans un vaste tambour, de plus de 2,50 m. de diamètre, mobile autour d’un axe horizontal, et rempli
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- 1124 TÉLÉGRAPHE
- jusqu’au tiers du liquide tannant, additionné d’essence de térébenthine. Les peaux sont suspendues à l’intérieur de la partie périphérique du tambour et les électrodes sont disposées à l’extérieur. Le procédé est d’ailleurs tenu secret.
- La méthode de M. Groth, appliquée dans son usine The Grange, à Bermondsey, a été également installée par M. Hauenstein dans l’usine de M. E. Pollet, à Yerviers. L’appareil Groth se compose soit d’une cuve circulaire, portant en son centre un cadre tournant qui supporte les peaux, soit d’une cuve rectangulaire, munie également d’un cadre qui porte les peaux et qui est animé d’un mouvement de va-et-vient, produit par une bielle et un système de roues; c’est ce dernier dispositif qui a été adopté à l’usine de Yerviers.
- Le courait est fourni par une dynamo en
- ÉLECTRIQUE.
- série de 75 volts et 15 ampères, capable d’alimenter six cuves rectangulaires. L’intensité employée ne doit pas dépasser sensiblement 2 ampères. Pour 40 peaux de bœufs et vaches, pesant 1 380 kg., sans les cornes, on emploie 1 365 kg. de matières tannantes, se composant de :
- 880 kg. d’écorce de chêne, a fr. 111 les
- 100 kg............................... 132 fr.
- 85 kg. d’écorce de mimosa, à fr. 40 les
- 100 kg................................ 34 »
- 400 kg. extrait de tanin d’écorce de chêne,
- à fr. 40 les 100 kg................ 160 »
- Total....... 326 fr.
- La quantité de cuir obtenue étant de 723 kg., la dépense en matières tannantes s’élève à 0,451 fr. par kg. de cuir.
- TÉLÉGRAPHE ÉLECTRIQUE. — Télégraphe imprimeur Biggins. — Pour satisfaire plus ra-
- electricjue
- Fig 1243. — Télégraphe Higgins, clavier du transmetteur.
- pidement leurs abonnés, les agences de nouvelles emploient depuis quelque temps des appareils télégraphiques rapides, disposés de telle sorte qu’un seul transmetteur peut actionner à la fois un très grand ' nombre de
- récepteurs. La dépêche est reçue sur une feuille de papier ayant 20 centimètres environ de largeur et présente l’aspect des copies obtenues avec les machines à écrire. Dans ces appareils comme dans celui de Hughes, le courant
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- TÉLÉGRAPHE ÉLECTRIQUE.
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- ne sert qu’à commander le départ du mécanisme, qui est ensuite mû par un moteur auxiliaire; mais le synchronisme, qui est si difficile à obtenir, n’a ici aucune importance.
- L’agence Dalziel emploie le télégraphe Hig-gins, déjà utilisé depuis un certain temps en Angleterre par Y Exchange Telegraph C° ; l’agence Havas met à la disposition de sa clientèle le télégraphe Wright. Nous décrirons le premier de ces deux appareils.
- Le transmetteur comprend un clavier à 38 touches (fig. 1243) et un cylindre horizontal A, mobile autour de son axe. Le clavier porte
- les chiffres et les lettres de l’alphabet, ainsi qu’un trait, un point et quelques indications supplémentaires ; les chiffres 1 et 0 sont remplacés par les lettres I et O. L’axe du cylindre porte à son extrémité un disque de cuivre isolé B (fig. 1243 et 1244), muni de 19 dents, et qui est entraîné, ainsi que le cylindre, par un petit moteur électrique. Le cylindre porte à sa surface 38 pointes, disposées sur une hélice et situées dans des plans équidistants.
- Sur le cylindre B frottent deux ressorts CD, reliés aux deux pôles d’une pile ou d’une batterie d’accumulateurs, dont le milieu est à la
- % A
- Fig. 124,4. — Mécanisme du transmetteur Higgins.
- terre. L’axe du cylindre communiquant avec la ligne, lorsqu’on met l’appareil en marche, chacune des dents du disque B rencontre successivement les deux ressorts CD, ce qui produit une série de courants alternatifs.
- D’un autre côté, chaque touche du clavier porte un talon E, qui se soulève lorsqu’on appuie sur l’autre extrémité et vient se placer dans le plan de rotation de la touche correspondante, qu’il arrête au moment où elle vient buter contre lui. Le mécanisme est immobilisé dans une position qui est toujours la même pour une touche déterminée, mais qui varie d’une touche à l’autre. L’une des dents de B reste alors en contact avec l’un des ressorts CD et un courant continu est lancé dans la ligne
- tant qu’on maintient le doigt sur la touché-Le clavier possède en outre une trente-neuvième touche, marquée « Répétition », qui est dépourvue de talon ; en l’abaissant, on ne produit aucun effet sur le mouvement du cylindre, mais on interrompt le courant de la ligne.
- Enfin un cadran porte une aiguille qui avance d’une division chaque fois qu’on appuie sur une touche, et qui revient d’elle-même au zéro quand on abaisse la touche « A la ligne » ; om sait ainsi à chaque instant combien de lettres ont été imprimées sur la ligne commencée et à quel moment elle se trouve remplie.
- Chaque récepteur comprend une roue des types verticale H (fig. 1245), ayant sur sa circonférence des caractères en relief, qui tourne avec
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- TÉLÉGRAPHE ÉLECTRIQUE.
- son axe G, de forme carrée, et qui peut coulisser sur lui. Un appareil imprimeur, mis en marche par l’arrêt du transmetteur, vient chaque fois appuyer une feuille de papier contre la lettre qui se présente à la partie inférieure de la roue H; dès que le cylindre recommence à tourner, le mécanisme se retire en arrière et fait avancer la roue H sur son axe d’un intervalle vers la droite. Si l’on appuie sur la touche « A la ligne », la roue se reporte à gauche, tout au commencement de la ligne, et le papier se déplace d’un interligne.
- L’axe G est entraîné dans le même sens que le cylindre transmetteur par un moteur quelconque, par exemple un poids P agissant par l’intermédiaire d’un mouvement d’horlogerie ; il porte à droite une roue à échappement I,
- munie de 38 dents qui correspondent aux types de la roue H; chaque fois qu’une dent de I vient à échapper, une nouvelle lettre se présente devant la partie du papier portée par le rouleau imprimeur F.
- Le mouvement de l’échappement I est réglé par une ancre J, portée par une palette K, mobile autour d’un axe horizontal et servant d’armature à l’électro L, qui communique avec le fil de ligne. La palette K est polarisée par les deux aimants permanents M (fig. 1246) et peut osciller rapidement sous l’influence des courants de ligne, laissant échapper une dent à chaque inversion de ces courants. Grâce à ce dispositif, l’axe G et le cylindre transmetteur A tournent avec la même vitesse et sont toujours dans des positions correspondantes. L’électro L n’ayant
- n uiMit HÎîhirtkMiiiMtiü'
- Fig. 1245. — Mécanisme du récepteur Higgins.
- qu’un faible effort à accomplir, on est certain d’obtenir ce synchronisme avec beaucoup de sûreté. On règle généralement l’appareil pour une vitesse de 130 toui’s par minute, ce qui permettrait d’imprimer environ 1 800 mots à l’heure.
- Lorsqu’on appuie sur une touche du clavier transmetteur, un courant continu est lancé dans la ligne : la palette K est immobilisée; au contraire les deux éleetros NN' deviennent actifs, car leur armature O, douée d’une trop grande inertie pour obéir aux -courants alternatifs à courte période, se meut sous l’action du courant continu et vient appuyer le papier supporté parle rouleau F contre la roue des types (fig. 1245); celui des caractères qui se présente se trouve ainsi reproduit.
- Le mouvement de la roue H sur l’axe G est produit par le chariot Q, qui sert d’écrou à une
- vis R à pas allongé. Lorsque le rouleau F se retire après l’impression d’une lettre, le rochet S? qui se meut avec lui, entraîne une des dents d’une roue à rochet T, solidaire delà vis R. Le cliquet S' empêche la vis de revenir en arrière, malgré l’action d’un ressort contenu dans le barillet Y et qui se bande un peu plus à chaque mouvement du mécanisme imprimeur. Grâce à cette disposition, chaque mouvement de ce mécanisme fait avancer le chariot Q et la roue H d’une quantité constante, qui correspond à l’intervalle de deux lettres. Quand on appuie sur la touche « A la ligne », le rochet S et le cliquet S' se trouvent soulevés, et le ressort contenu dans le barillet V, entraînant la vis R en sens contraire, ramène la roue H à l’extrémité gauche. Cet effet est obtenu par l’électro-aimant X, placé comme les autres sur le fil de ligne, et dont l’armature U est maintenue im-
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- TÉLÉGRAPHE
- mobile par le disque de cuivre Y, calé à droite sur l’arbre G, pour toutes les positions sauf une. Ce disque porte en effet une échancrure placée sur la'même génératrice que la dent de la roue d’échappement qui correspond à la touche « A la ligne ». Pour cette seule position, l’armature U devient libre ; elle soulève SS' etfait en" même temps remonter le papier d’un interligne.
- En résumé, lorsque le moteur électrique du poste transmetteur est mis en marche, le cylindre A tourne rapidement et les frotteurs CD nevoient dans la ligne une série de courants
- ÉLECTRIQUE. 1127
- alternatifs, qui font tourner les roues des types de tous les récepteurs avec un mouvement synchrone. On presse d’abord la touche « A la ligne », afin d’amener toutes les roues à l’extrémité gauche; chaque fois qu’on appuie sur une autre louche, on rend le courant continu; tous les récepteurs s’arrêtent dans une position correspondante et impriment la même lettre. La touche « Blanc » produit les mêmes effets; mais le papier rencontre une partie de la roue dépourvue de relief et qui ne donne aucune impression; on a un blanc.
- Fig. 1246. — Mécanisme du récepteur Higgius.
- Pour imprimer deux fois de suite la même lettre, on pourrait appuyer deux fois sur la même touche ; mais il est plus simple de maintenir la touche baissée et d’appuyer sur la touche « Répétition » qui interrompt un instant le courant. De cette manière, la roue H n’a fait qu’avancer vers la droite sans tourner, et imprime une seconde fois la même lettre.
- En pratique, on peut sans inconvénients mettre 12 à do récepteurs en série sur la même ligne; mais on peut augmenter beaucoup ce nombre en employant des circuits dérivés commandés par des relais polarisés sensibles.
- TÉLÉGRAPHIE. — Télégraphie multiplex. — MM. Hutin et Leblanc emploient à cet effet des
- courants alternatifs ; à chaque appareil récepteur ils adjoignent une sorte de résonateur électrique, qui ne se laisse traverser que par un courant de fréquence déterminée. Un pareil résonateur est formé par l’ensemble d’une bobine de self-induction et d’un condensateur de capacité convenable. On attribue à chaque poste une fréquence de courant différente. La ligne unique qui relie les divers postes recevra directement autant de courants de fréquence différente qu’il y a de postes sur le réseau.
- Ces appareils sont munis d’électro-aimants ayant un noyau en fils de fer. D’un poste central (fig. 1247} on envoie sur la ligne les courants alternatifs de fréquence différente.
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- Chaque appareil M est précédé d’un condensateur c et d’une self-induction L, accordés pour la fréquence du poste. Chaque poste comprend en outre une série de résonateurs accordés pour les autres postes du réseau ; ces résonateurs peuvent être mis, au moyen d’un commutateur, en relation avec l’appareil transmetteur de ce poste (de Morse). Dans ces conditions, l’appareil récepteur ne sera parcouru que par le courant qui lui est destiné ; d’autre part, l’expéditeur, au moyen du commutateur communiquant avec son transmetteur, pourra envoyer son message à tel poste qu’il voudra.
- Télégraphie optique. — Les appareils employés généralement pour cette application doivent rester à la portée du personnel chargé de leur manipulation. Or il est évident qu’on peut augmenter beaucoup leur champ d’action en les plaçant dans un lieu élevé, par exemple au sommet d’un mât; mais il faut alors qu’ils puissent être manœuvrés par un homme posté au niveau du sol. On peut se servir pour cela d’une lampe à incandescence, placée dans une cage munie d’un certain nombre d’obturateurs rectangulaires, qui pivotent sur leurs axes verticaux au moyen de courts appendices ou
- 1 ‘ 2 , ligne 3 4
- ferre terre ferre ferre
- Fig. 1247. — Télégraphie multiplex, système Hutin et Leblanc.
- de petits pignons dentés engrenant avec une roue centrale. Cette roue est mue dans un sens par un électro-aimant, et rappelée dans l’autre par la tension d’un ressort. Lorsqu’on lance un courant dans l’électro, la roue tourne rapidement et ouvre les obturateurs, qui restent dans cette position pendant toute la durée du contact et se referment dès que, le courant étant interrompu, le ressort ramène la roue centrale à sa position primitive. On produit donc des éclairs de durée plus ou moins longue, analogues aux signaux de Morse, et l'on peut, comme contrôle, envoyer en même temps les courants dans un récepteur Morse ordinaire.
- Un commutateur spécial permet de réaliser divers effets : au repos, il est maintenu hors contact par un ressort dont il est nécessaire de vaincre l’élasticité pour laisser passer le courant qui se rend au fil de la -lampe. Lorsque les obturateurs sont fermés, cette lampe ne reçoit qu’une partie du courant, afin de réduire la dépense : au moment où les obturateurs s’ouvrent, elle est traversée en outre par le courant de l’électro-aimant, qui l’amène au degré d’incandescence voulu.
- TÉLÉPHONE. — La construction des appareils téléphoniques admis sur les réseaux français doit être actuellement conforme aux prescriptions de la circulaire suivante :
- Notification d’une décision imposant aux constructeurs certaines améliorations de détail.
- Paris, le 10 juin 1892.
- Monsieur,
- Sur le rapport de la Commission chargée de l’examen des appareils téléphoniques, et en vue d’assurer dans de meilleures conditions leur entretien, les prescriptions suivantes seront imposées aux constructeurs à partir du 1er janvier 1893.
- 1° Toutes les vis entrant dans la construction des appareils téléphoniques devront être faites avec des tarauds fabriqués avec un jeu qui sera établi par les soins du Dépôt Central, et dont un exemplaire sera remis aux constructeurs qui en feront la demande;
- 2° les contacts à buter seront absolument proscrits et remplacés par des contacts à frottement ;
- 3° il y aura lieu de supprimer les boudins qui sortent des joues des bobines d’induction. Noyer dans ces joues des pLots métalliques sur lesquels on prendra la communication avec les circuits de la bobine ;
- 4° ne faire usage que de paillettes d’acier avec contacts platinés pour les ressorts de communication ;
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- TÉLÉPHONE.
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- 5° le ressort antagoniste du crochet mobile devra fonctionner d’une façon normale sous des poids attachés au crochet de. 200 à €00 grammes ;
- 6» les vis à bois seront remplacées par des vis à métaux ou par des boulons. Les tètes des boulons seront munies d’un pied et les écrous refendus pour permettre le serrage au tournevis;
- 7o toutes les communications seront établies en fil de cuivre recouvert d’un isolant avec tresse de coton ou de soie et terminé par des poulies en laiton. La tresse sera rouge pour le circuit primaire, bleue pour le circuit secondaire, jaune pour le circuit d’appel et des trois couleurs pour les fils communs aux trois circuits ;
- 8° les bornes auront la disposition et porteront les indications figurant ci-contre :
- 9° on n’emploiera, pour les joues des bobines d’induction, que du bois de buis bien sec et bien sain;
- Fig. 1248. — >
- 10° les cordons souples seront attachés sur les récepteurs à des bornes extérieures;
- 11° les membranes des récepteurs seront vernies ;
- Enfin l’Administration, sans en faire une obligation, conseille l’adoption des dispositions suivantes :
- 1° fendre les têtes des boulons pour permettre le serrage au tournevis;
- 2° placer le crochet commutateur à gauche, ce qui permet à la personne qui se sert du téléphone d’avoir la main droite libre ;
- 8° ne plus famé usage, pour les bobines de récepteur, de bobines en bois qui se fendent, et employer, au contraire, des joues métalliques soudées sur les noyaux, en veillant à ce que cette carcasse métallique soit bien isolée du fil qu’elle supporte.
- J’ai l’honneur de vous prier de vouloir bien m’accuser réception de la présente communication.
- Le directeur, Baron.
- Le tableau de la page 1130 indique les appareils dont les constructeurs se sont conformés aux prescriptions de la circulaire ci-dessus.
- Téléphone Ader. — Conformément au programme indiqué plus haut, la plupart des récepteurs téléphoniques admis par l’État ont été
- récepteur Ader.
- modifiés et notablement améliorés. Nous ne pouvons indiquer ici qu’un petit nombre de ces modifications.
- Pour le récepteur Ader, très employé sur les réseaux français, la forme seule du pavillon a été changée : un pavillon aplati et plus solide a remplacé l’ancien, qui était plus évasé et plus mince. La figure 1248 montre cette nouvelle disposition. Les organes principaux n’ont pas été modifiés (Voy. page 827).
- La Société industrielle des téléphones a fait adopter, pour le service des abonnés, deux modèles de récepteurs serre-tête, analogues à ceux Dictionnaire d’électricité.
- qu’on employait déjà dans certains bureaux centraux.
- L’un de ces modèles (fig. 1249) comprend deux récepteurs Ader n° 3, à aimant plat circulaire, avec boîtier en ivoire ou en ébonite. Ces récepteurs sont assujettis, par deux boutons BB, dans les glissières de deux ressorts en aluminium RR, garnis de soie. Ces ressorts se placent sur la tète et maintiennent par une légère pression les récepteurs appliqués sur les oreilles ; ce dispositif laisse les mains libres et permet d’écrire tout en écoutant. En desserrant un peu les boutons BB, on place les ré-
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- H30
- TÉLÉPHONE.
- DIRECTION GÉNÉRALE DES POSTES ET DES TÉLÉGRAPHES
- Division du matériel et de l’exploitation électrique. — 2e bureau. — Correspondances téléphoniques.
- Nomenclature des transmetteurs et récepteurs téléphoniques admis pour les installations des postes privés placés chez les abonnés aux réseaux téléphoniques de l’Etat, conformément à l'article 5 du décret du septembre 18S9 et à l’arrêté du Directeur général des Postes et des Télégraphes, en date du 1T janvier 1890.
- TRANSMETTEURS MICROPHONIQUES ADMIS SUR LES RÉSEAUX TÉLÉPHONIQUES.
- NOMS
- ET ADRESSES des
- constructeurs.
- DESIGNATION
- DES APPARELLS.
- Banc el in, Paris . .. Baranger, Paris ....
- Bréguet, Paris ....
- C h a t e a u père et fils, Paris ....
- Degryse-M'erbrouck, Lille......
- Louis Di-geon et Cie, Paris.
- Ch. Expert-Besançon, Paris ....
- Gallais, Paris........
- Maiche, Paris........
- , Bancelin (mural).......
- I — (mobile).......
- (Maiche (mobile)......
- \ — (mural).............
- 'Bréguet (modèle murai), i — (modèle mobile).
- ' — (le même avec
- \ planchette de con-I nexions et 5 mètres de
- ( cordon souple).........
- / Mercadier et Anizan(trans-
- i metteur applique).......
- vMcrcadieret Anizan(trans-l metteur à pied avec \ cordon souple et distri-
- ! buteur)...............
- ; Chateau (mural)......
- \ — (mobile)......
- jüegrys
- PRIX.
- fr. c. 87 50 90 00 100 00 100 00 60 00 60 00
- 154 00
- 56 00 68 00
- 75 00
- /D’Arsonval (modèle mo
- bile)..................j
- (D’Arsonval (modèle mu-1
- Lral).....................*
- ‘^bieur...................|
- IRoulez (transmetteur ap-j
- plique)................j
- Roulez (transmetteur à|.20 pied, modèle mobile).. j /Gallais (transmetteur pu-j
- | pitre, type il0 2)......j
- Gallais (transmetteur mo-j bile, type n° 4 à double) 55 00
- face)..................1
- Maiche (mobile)..........1100 00
- — (mural).............. 100 00
- OBSERVATIONS.
- >100 00
- 80 00 80 00
- 100 00/ Avec 5 mètres de cordon souple 00.7 conducteurs et lune planchette 50 00(14 bornes.
- NOMS
- ET ADRESSES des
- constructeurs.
- DESIGNATION
- DES APPAREILS.
- Mildé (type mural n° 1)..
- — (à pied n° 3)......
- — (combiné à main
- n° 4)...........
- Ch. Mildé et) — (combiné à main Cio, Paris.) avec applique)..
- j — (combiné à co-f lonne n° 7).....
- | Bourdin (type mural à
- \ pupitre n" 2)..........
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- 60
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- 150
- 100
- 135
- OBSERVATIONS.
- des télé-/ — n° 7....................
- phones , lBerthon-Ader,type n° 8iis. Paris..../ — typen°9...
- — (modèlepor-),
- \ latif). Type n° 10.......l1
- j Deckert (poste microplio->
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- J.Wich,Pa-]Dec,kerî <P°ste nlicrotélé-i
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- 00 Avec 3 mètresde 00 ) cordon souple à 00 7 conducteurs et 00,une planchette à \14 bornes. qq) Avec cordon sou-00 ) pie à' 7 conduc-qq j leurs et planchette
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- RECEPTEURS TELEPHONIQUES ADMIS SUR LES RÉSEAUX TELEPHONIQUES.
- NOMS
- ET ADRESSES des
- constructeurs.
- DESIGNATION
- DES APPAREILS.
- Bancelin .
- B an ce lin,
- Paris ....
- Bar anger,
- Paris ....
- B r é gu e t ,
- Paris ....
- Chateau père et fils,
- Paris....
- D egr y se-j Ver brouek, > Degrvse Lille
- Maiche.................
- Bréguet (avec manche)...
- — (à anneau)........
- Ochorowicz (à réglage micrométrique) ..........
- Mercadier et Anizan.....
- PRIX.
- Louis Di-geon et Cie, Paris.
- Ch. Expert-) Bezançon, [Roulez. Paris .... )
- D’Arsonval..........
- I Aubry..................
- IColson..................
- iSieur...................
- (Teilloux................
- \Bi-téléphone Mercadier..
- fr. c. 15 00
- 30 00
- 15 00 30 00
- 16 «0 17 Q0
- 12 00
- 30 00 25 00 20 00 15 00 20 00 40 00
- 15 00
- OBSERVATIONS.
- NOMS
- ET ADRESSES
- des
- constructeurs.
- DESIGNATION
- DES APPAREILS.
- Société industrielle des téléphones, Paris ....
- PRIX.
- Gallais, Pa- Gallais (Bipolaire anneau
- ris....... n° 3 avec cordon)..........i
- Maiche, Paris, j Maiche................
- Ch. MildélMildé (forme montre).... et Cie, Pa-) ‘ — (avec manche).... ris.... jMassin (amplificateur)...
- ........
- Mors,Paris., Mors-Abdanck..........
- ......
- Paris
- /Ader n° 1...............
- — n° 2...............
- — n0 3..............
- — à manche ......./.
- — (serre tête à un récepteur avec cordon)..
- Ader (serre-tête à deux récepteurs avec cordon) J,\Vich,Pa-IDeckert (à 2 pôles avec) ris.......) cordon).................j
- fr. c.
- 14 00
- 30 00
- 15 00 20 00 50 00
- 15 00 15 00
- 14 00
- 50 00 30 00
- 15 00
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- 40 00
- OBSERVATIONS.
- Cette liste annule les précédentes.
- Paris, le 11 juin 1894.
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- TÉLÉPHONE.
- 1131
- cepteurs exactement en face des conduits auditifs. Un cordon de soie à deux conducteurs, déjà largeur voulue, établit les communications.
- Téléphone amplificateur Massin. — M. Mas-sin s’est proposé d’améliorer la transmission à grande distance en éliminant du circuit les organes inutiles, soit les récepteurs au poste qui transmet et le circuit secondaire de la bobine au poste qui reçoit.
- Dans ce but, les récepteurs et le fil secondaire de la bobine sont, dans chaque poste, « placés
- Fig. 1249. — Serre-tête à 2 récepteurs Ader.
- en dérivation sur l’un des deux fils, et une clé spéciale, communiquant avec le second fil, ferme le circuit téléphonique soit sur les récepteurs, soit sur la bobine, mais ne permet pas à ces deux organes de se trouver simultanément en ligne.
- « Les avantages théoriques de cette modification sont les suivants :
- « 1° Les récepteurs ne nuisent pas à la transmission et la présence du transmetteur n’affaiblit plus la réception ; 2° l’opérateur n’a plus au départ, dans le cas de longues lignes, les oreilles assourdies par les courants qu’émet son transmetteur et qui traversent ses propres récepteurs ; 3° il est possible d’augmenter les courants circulant dans les circuits primaires
- sans avoir à craindre que les courants traversant le microphone de l’arrivée ne provoquent, dans les récepteurs de l’arrivée, des crépitements qui troubleraient l’audition. » (Annales télégraphiques, 1891.)
- Le téléphone construit d’après ces. principes comprend un récepteur ordinaire, fixé à l’extrémité d’un long manche en bois (fig. 1250) ; ce manche est creux et renferme deux interrupteurs, placés à des hauteurs différentes. Celui qui est le plus voisin du téléphone est formé d’un ressort qui se déplace entre deux
- Fig. 1250. — Récepteur amplificateur Massin.
- contacts et sur lequel on peut agir par l’intermédiaire d’un bouton d’ivoire P ; l’autre se compose de deux ressorts courbes, qu’on peut faire communiquer par une petite tige de métal en tournant un bouton moleté B, qui se déplace entre deux lettres O et P.
- A la partie inférieure du manche s’insère un cordon souple renfermant trois conducteurs de couleurs différentes. Le fil jaune se rend aux bobines, puis au contact de repos du premier interrupteur, et enfin au ressort de droite du second. Le fil rouge aboutit au ressort du premier interrupteur D ; le vert communique d’abord avec le ressort de gauche du second interrupteur B, puis avec le contact de travail du premier.
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- TÉLÉPHONE.
- Lorsque l’index du second commutateur est devant la lettre O, l’appareil fonctionne comme un téléphone ordinaire ; quand il est placé devant la lettre P, l’appareil est disposé pour la transmission à longue distance (lignes interurbaines). Dans ce cas, on saisit le manche de bois à pleine main, puis on appuie le pouce surle bouton supérieur P ou on le relève, suivant qu’on parle ou qu’on écoute.
- Il est bon d’employer avec le récepteur Mas-sin des' piles très peu résistantes, comme la pile Lalande ou la pile bloc de M. Germain.
- Téléphone Aubry. — Dans cet appareil, l’aimant est monté sur une membrane non magnétique, de sorte que tout l’ensemble puisse vibrer facilement et que l’on perçoive à la fois les effets téléphoniques des vibrations de l’aimant et de celles de la membrane magnétique.
- Ce téléphone se compose donc d’un aimant plat, de forme annulaire, dont les pôles, diamétralement opposés, s’épanouissent vers le
- Fig. 1251. — Téléphone Aubry à membrane porte-aimant.
- centre (fig. 1251), et qui est fixé à une membrane de maillechort au moyen de deux boulons en fer doux servant de noyaux à deux bobines de fil fin ; cette membrane est fortement serrée, à sa périphérie, entre le corps cylindrique de l’enveloppe et le fond évidé de la boîte métallique. La plaque de fer blanc, disposée de l’autre côté des bobines,, en face des pôles, est fixée entre le corps cylindrique et le couvercle portant l’embouchure.
- La résistance des deux bobines est de 200 ohms. La membrane porte-aimant est percée de deux trous, pour laisser passer les fils de communication. Dans les modèles admis sur les réseaux français, le boîtier porte un anneau de suspension, qui sert en même temps de poignée.
- Bitéléphone. — M. Mercadier a donné ce nom à un récepteur téléphonique qu’il a construit, après de longues études sur le téléphone, et en particulier sur l’intensité et la qualité des effets téléphoniques. Malgré la réversibilité bien connue du téléphone, l’auteur remarque d’abord qu’il y a cependant avantage à donner une construction différente aux récepteurs et aux transmetteurs.
- « En effet, bien que le téléphone soit réversible
- et qu’il puisse servir à volonté de récepteur ou de transmetteur, il ne faut pas oublier qu’il y a dans le mode d’action, dans l’un et l’autre cas, une différence considérable, car l’énergie des ondes aériennes qui agissent sur le champ magnétique du transmetteur peut être regardée comme énorme par rapport à celle des ondulations électriques qui agissent sur le champ du récepteur. Si donc les deux téléphones récepteur et transmetteur sont identiques, on a là comme deux machines identiques au point de vue géométrique, magnétique et électrique, mais dont le moteur de l’une serait des millions de fois plus énergique que celui de l’autre.
- « Il est évident que, dans ces conditions de fonctionnement, l’emploi de deux machines identiques est très mauvais.
- « Par conséquent, la construction d’un téléphone transmetteur doit être différente de celle d’un récepteur et l’emploi simultané de ces instruments exige nécessairement le sacrifice de la réversibilité pratique. »
- D’ailleurs, M. Mercadier résume ainsi les conditions que doit remplir un récepteur téléphonique pour donner le rendement maximum.
- « Dans un téléphone qui doit servir de récepteur, il est possible d’obtenir à la fois la netteté dans la reproduction des inflexions variées de la parole articulée et l'intensité nécessaire pour tous les usages du téléphone. Pour cela, il suffit : 1° de donner au diaphragme du téléphone l’épaisseur juste suffisante pour absorber toutes les lignes de force du champ de son aimant; 2° de diminuer le diamètre jusqu’à ce que le son fondamental et les harmoniques du diaphragme encastré soient plus aigus que ceux de la voix humaine, c’est-à-dire plus aigus que Yut^. »
- Cette étude a conduit M. Mercadier a construire un récepteur téléphonique de dimensions et de poids très réduits et donnant des effets comparables comme intensité et supérieurs comme netteté à ceux des appareils ordinairement employés : en particulier, les voyelles et diphtongues fermées e, eu, i, u, ui seraient beaucoup mieux rendues.
- Le bitéléphone (fig. 1252) se compose de deux téléphones TT, à un ou deux pôles, réunis par un ressort en fil d’acier YV, de deux millimètres de diamètre, ayant la forme d’un V et entouré d’un tube de caoutchouc. On peut donner à ces téléphones plusieurs formes différentes^ Chaque appareil est enfermé dans une petite boîte cylindrique en ébonite ; le couvercle
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- TÉLÉPHONIE.
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- porte un ajutage recouvert d’un embout conique en caoutchouc, qu’on introduit dans le
- Fig. 1252. — Bitéléplione Mercadier.
- canal auditif. Ces embouts, qui amortissent le frottement des téléphones contre les oreilles et j
- isolent l’opérateur des bruits extérieurs, peuvent s’enlever facilement, de sorte que chaque personne peut en avoir une paire destinée exclusivement à son usage personnel.
- Ces récepteurs n’ont que 3 à 4 centimètres de diamètre et ne pèsent pas plus de 30 gr. ; l'aimant, de petite taille, supporte deux noyaux de fer doux, recouverts de bobines qui ont chacune une résistance de 75 ohms. La membrane vibrante, en tôle, a 3 centimètres de diamètre et 0,15 millimètres d’épaisseur.
- Le faible poids de ces appareils permet de les maintenir un certain temps aux oreilles (üg. 1253) automatiquement, sans le secours des mains, et cela sans éprouver ni gêne ni fatigue ; il suffit de régler la pression du ressort en écartant plus ou moins les branches du Y.
- L’opérateur conserve ainsi l’usage de ses deux mains et reste libre d’écrire, au fur et à mesure,
- Fig. 1253. — Emploi du bitéléplione Mercadier.
- les messages qu’il reçoit ou qu’il transmet.
- D’après l’auteur, les bitéléphones ont été essayés comme récepteurs, avec des transmetteurs microphoniques ordinaires, sur une ligne i souterraine de 75 kilomètres, ainsi que sur j
- une ligne téléphonique de 800 kilomètres et ont donné de très bons résultats.
- TÉLÉPHONIE. — Poste microtéléphonique Bréguet. — Ce poste (fig. 1254) comprend d’abord un transmetteur en forme de pupitre.
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- TÉLÉPHONOGRAPHIE. — THÉATROPHONE.
- Derrière la planchette inclinée en sapin sont boulonnés les charbons, au nombre de quatre. Ce sont des charbons cylindriques, réunis par deux en quantité et mobiles enlre trois blocs prismatiques.
- Les récepteurs se composent d’un aimant rectiligne, nickelé sur toute sa surface, et formant une sorte de manche par lequel on saisit l’instrument. A l’une des extrémités se trouve un anneau qui sert à suspendre le téléphone au crochet du transmetteur ; à l’autre est vissé
- Fig. 1234. — Poste microléléplionique Bréguet.
- perpendiculairement un noyau cylindrique de fer doux, autour duquel s’enroule une bobine ayant une résistance de 320 ohms. De l’autre côté de ce noyau se trouve la membrane vibrante, en tôle étamée, de 6 centimètres de diamètre. Cette membrane est maintenue par une boîte d’ébonite, qui enveloppe également la bobine.
- Ce poste renferme une bobine d’induction, dont le circuit primaire a une résistance de 1,50 ohm et le fil secondaire de 150 ohms.
- Le même dispositif est appliqué à un poste portatif, monté sur un socle cylindrique.
- TÉLÉPHONOGRAPHIE. — Une expérience intéressante, exécutée parM. W. J.Hammer, le 4 février 1890, a montré la possibilité d’associer le phonographe au téléphone.
- Des sons de diverse nature, parole, chant, musique, étaient enregistrés sur le cylindre d’un phonographe à New-York ; l'instrument les répétait ensuite devant un microphone à charbon, relié avec un récepteur téléphonique placé à Philadelphie (distance 103 kilomètres, dont 14 en câble souterrain). On enregistrait directement sur un second phonographe les sons ainsi reçus et on les transmettait de nouveau à New-York par le même procédé; ils revenaient ainsi au point de départ après quelques minutes d’intervalle.
- TERMINOLOGIE ÉLECTRIQUE ET MAGNÉTIQUE. — Parmi les dénominations nouvelles qui ont été mises en avant lors du congrès de Chicago, nous signalerons celles qui suivent. On a proposé d’employer la terminaison ance pour désigner les grandeurs qui concernent un conducteur ou, plus généralement, un corps pris dans toute son étendue, et de réserver la terminaison ité pour les grandeurs qui caractérisent les propriétés de la matière dont les corps sont formés.
- Ainsi l’on dirait résistance et résislibilité, réluctance (résistance magnétique) et reluctibi-lité, conductance et conductibilité, perméance et perméabilité.
- THÉATROPHONE. — On sail que les premiers essais d’auditions théâtrales par téléphone eurent lieu à Paris, en 1881, à l’Exposition d’électricité.
- Des expériences analogues ont été répétées à Berlin, à Bordeaux et à Oldham, près de Manchester, en 1881, à Charleroi en 1884. La même année, le chalet royal d’Ostende, puis le château de Laëken, furent reliés par un téléphone au théâtre de la Monnaie, à Bruxelles. Des auditions théâtrales eurent également lieu aux expositions de Munich, de Vienne, à l’Exposition universelle de 1889, et plus récemment à celle de Francfort.
- En 1888, des essais d’auditions théâtrales à longue distance eurent lieu entre Paris et Bruxelles.
- En Amérique, les auditions par téléphone sont déjà, d’après The Electrical Engineer, entrées dans la pratique depuis plusieurs années, et cette nouvelle branche de la téléphonie est exploitée par une société spéciale, la Long distance Company.
- On se sert de transmetteurs presque aussi
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- THÉÂTROPHONE.
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- nombreux que les instruments et placés devant chaque musicien: ainsi, pour un quintette, on en "emploie quatre. Ces appareils sont munis de pavillons plus ou moins grands, suivant les sons qu’ils doivent transmettre; iis sont placés en dérivation sur une batterie d’accumulateurs, chacun d’eux ayant dans son circuit le fil primaire d’une bobine d’induction spéciale. Les circuits secondaires de ces bobines sont montés en tension entre eux et avec la ligne, de sorte que les forces électromotrices d’induction développées dans chaque bobine s’ajoutent à chaque instant.
- A l’arrivée, on se sert de récepteurs spéciaux, qui sont des loud-speaking téléphonés d’Édison, et qui sont disséminés en divers points de la salle, en nombre variable suivant son étendue. On a pu ainsi, avec quatre transmetteurs et six récepteurs en tension, munis de porte-voix bien proportionnés, transmettre des quintettes à 250 milles, de New-York à Newton, dans le Massachusetts, et les faire entendre à plus de 1 000 personnes à la fois. Dans d’autres cas, la distance a pu être portée à 460 milles (736 kilomètres).
- But du théâtrophone. — Les expériences du palais de l’Industrie, et celles qui ont été Laites depuis dans diverses contrées, ont parfaitement mis en évidence la possibilité d’entendre, sans quitter son fauteuil, une représentation théâtrale quelconque, non seulement dans la même ville, mais aussi à une grande distance. On possédait, dès 1881, des appareils assez perfectionnés pour cet usage, et la question ne présentait évidemment aucune difficulté théorique; mais, en revanche, il y avait de nombreuses complications pratiques : il fallait s’entendre avec les directeurs de théâtres pour la pose des récepteurs, relier ceux-ci, par des lignes particulières, à un bureau central installé exprès, et établir ensuite les communications avec les abonnés. Tout cela explique pourquoi il a fallu dix ans avant d’arriver à une solution.
- La Compagnie du Théâtrophone, qui a son siège rue Louis-le-Grand, 23, a été créée spécialement pour les auditions théâtrales. Moyennant un abonnement supplémentaire, fixé actuellement à 180 fr. par an, les abonnés au réseau téléphonique de Paris et de la banlieue peuvent entendre à domicile les représentations des divers théâtres de Paris, au moyen de leurs appareils téléphoniques ordinaires. Mais la Société perçoit, en outre, un droit de 15 francs pour chaque soirée d’audition, quel
- que soit le nombre des auditeurs ; ceux-ci peuvent, d’ailleurs, pendant le courant de la soirée, changer de théâtre aussi souvent qu’ils le désirent, ou rester en relation avec la même scène. Ces auditions ne peuvent avoir lieu que d’après une demande, qui peut, du reste, être faite d’avance ou dans le cours même de la soirée.
- Cette Société a également organisé des auditions dans un certain nombre d’établissements publics, hôtels, cafés, restaurants, cercles. Ces établissements sont réunis par petits groupes, au moyen d’un réseau particulier, avec le poste central, situé au siège de la Société, et qui communique lui-même avec les divers théâtres; ils reçoivent, pour le fonctionnement et le contrôle de cette audition, des appareils spéciaux que nous décrirons plus loin. Dans ces établissements, les appareils sont prêts à fonctionner tous les soirs, sans qu’il soit nécessaire de faire une demande.
- Appareils employés dans les théâtres. —
- La Compagnie du Théâtrophone possède, à proximité de la scène, dans tous les théâtres avec lesquels elle a un traité, un local contenant les piles, les commutateurs et les bobines d’induction. Les piles sont des éléments de Leclanché ou de Lalande et Chaperon, au nombre de 6 ou 8. Les transmetteurs microphoniques sont placés sur la scène, soit devant, soit derrière la rampe; ils sont reliés aux piles et aux fils primaires des bobines d’induction. Les fils secondaires de ces bobines sont reliés au bureau central par des lignes, dont le nombre varie avec l’importance du théâtre et le nombre probable des demandes d’audition, et qui aboutissent à la rosace décrite plus loin.
- Installation du poste central. — Le poste central est situé rue Louis-le Grand, dans le sous-sol : il a pour parties essentielles une rosace et un tableau de distribution. La rosace (fig. 1255) comprend : 1° les lignes qui relient le poste central aux différents théâtres; 2° les lignes spécialement affectées au service du théâtrophone, c’est-à-dire destinées à mettre en communication le bureau central avec les établissements où ont lieu les auditions quotidiennes; 3° les lignes nombreuses qui vont du poste au bureau de l’avenue de l’Opéra, pour établir les communications avec les abonnés particuliers du théâtrophone; 4° enfin la ligne de ville, qui réunit le poste au bureau central de l’avenue de l’Opéra pour les communications de service.
- Ces différentes lignes se continuent ensuite
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- THEATROPHONE.
- par des fils paraffinés jusqu’à un tableau de distribution (fîg. 1256), comprenant des annonciateurs et des conjoncteurs analogues à ceux des bureaux centraux ordinaires, et qui est complété par un commutateur à manivelle, communiquant avec des télégraphes répétiteurs
- Fig. 1235. — Rosace des lignes du théâtrophone.
- à aiguille, en nombre égal à celui des lignes de théâtrophones.
- Le courant qui fait mouvoir ces répétiteurs, ainsi que les indicateurs à aiguille placés dans tous les établissements abonnés au théâtrophone, est fourni par la canalisation générale du quartier et sert en outre à alimenter
- Fig. 1256. Tableau de distribution des lignes du théâtrophone.
- les lampes à incandescence qui éclairent le bureau; aussi la face postérieure du tableau porte des coupe-circuit pour obvier aux accidents.
- Une seule téléphoniste suffit à desservir le bureau ; elle fait communiquer avec les théâtres les abonnés particuliers qui ont demandé une audition, contrôle à distance le service chez ces
- abonnés et dans les établissemènts publics, et enfin change périodiquement le programme d’audition de ces derniers en les reliant successivement aux divers théâtres.
- Auditions particulières. — Pour les abonnés particuliers, le service des auditions à domicile se fait par l’intermédiaire du bureau de l’avenue de l’Opéra et de la ligne de l’Administration des téléphones qui va chez cet abonné ; il suffit donc que le poste de la rue Louis-le-Grand soit relié, comme nous l’avons vu, avec l’avenue de l’Opéra par un nombre suffisant de conducteurs. L’abonné est mis en communication, par le poste de cette avenue, avec la Compagnie du Théâtrophone, et celle-ci à son tour le relie au théâtre dont il désire entendre la représentation. Lorsqu’un abonné du réseau téléphonique est ainsi relié au théâtrophone, il ne peut plus communiquer directement avec un autre abonné, car les annonciateurs des différents postes centraux restent en dehors du circuit, mais il peut toujours communiquer avec le bureau de la rue Louis-le-Grand, où un relais Àder, très sensible, permet d’entendpe ses appels.
- Ce bureau peut donc lui donner telle communication qui lui convient, par exemple lui permettre de causer, pendant l’entr’acte, avec un ami relié à un autre théâtre. Si la téléphoniste du théâtrophone a besoin, pour cela, de se mettre en relation avec le bureau de l’avenue de l’Opéra, elle l’appelle par l’intermédiaire de la ligne de ville, destinée à cet usage.
- Auditions quotidiennes dans les établissements publics. — Pour les établissements publics qui veulent avoir des auditions quotidiennes, le dispositif est plus compliqué : ils possèdent des appareils portatifs, à perception automatique, appelés théâtrophones, qui peuvent être installés en nombre quelconque dans les différentes salles et reliés à des prises de courant. Chacun de ces appareils (fîg. 1257) peut être mis en circuit au moyen d’une fiche qui pénètre dans une mâchoire fixée à la muraille et munie de contacts métalliques, et qui est reliée avec lui par un cordon souple. Il porte deux récepteurs téléphoniques, qu’on fait communiquer automatiquement avec la ligne, en introduisant une pièce de monnaie dans l’une des deux fentes ménagées à cet effet à la partie supérieure du théâtrophone. Au bout de cinq ou dix minutes, suivant la valeur de la pièce de monnaie, un nouveau déclanchement la fait tomber au fond de la boite et interrompt l’audition. Un cadran, placé sur la face anté-
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- THÉATROPHONE.
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- rieure, indique le nombre de minutes écoulé, et prévient l’auditeur du moment où la communication va êlre coupée; si celui-ci désire prolonger la séance, il n’a qu’à introduire dans la fente une nouvelle pièce de monnaie, avant que l’aiguille indique la fin de la première période. L’appareil fait également connaître le théâtre avec lequel il est actuellement en communication.
- Mécanisme des théâtrophones.— Le mécanisme qui actionne les théâtrophones est très ingénieux, mais Irès compliqué ; nous en indiquerons seulement le principe. La pièce de monnaie introduite dans l’une des fentes suit un plan incliné, qui la conduit sur une petite plate-forme mobile autour d’un levier, et qu’elle fait basculer par son poids. Ce mouvement de bascule fait mouvoir une ancre qui
- Fig. — Tliéâtrophone.
- déclanche pour cinq ou dix minutes, suivant le chemin suivi par la pièce, un mécanisme d’horlogerie entraînant l’aiguille qui fait connaître à l’auditeur le nombre de minutes écoulé. En même temps, un petit cylindre réunit deux ressorts et ferme le circuit du téléphone. La pièce de monnaie tombe ensuite au fond de l’appareil, et la plate-forme se relève, prête à en recevoir une autre.
- Dans les premiers temps, on parvenait à ob-
- tenir des auditions en fraude : ainsi, en secouant l’appareil, on faisait basculer la plate-forme et déclancher le mécanisme d’horlogerie. Pour éviter cet inconvénient, on a ajouté de petits contrepoids qui viennent caler le volant du mécanisme ou couper le circuit, dès que l’appareil n’est plus horizontal. Les pièces trop petites ou les objets analogues introduits dans les fentes tombent au fond de l’appareil avant d’arriver au plan incliné. Enfin, lorsque le
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- THÉÀTROPHONE.
- théàtrophone n’est pas prêt à fonctionner, la pièce, au moyen d’une petite trappe placée sur le plan incliné, tombe dans un tube qui la ramène au dehors.
- Outre les théâtrophones, chaque établissement public possède un récepteur à cadran, semblable à ceux qui se trouvent sur le tableau de distribution, et qui doit être placé bien en évidence. Cet appareil indique, par la position de son aiguille, le nom du théâtre qui se trouve relié avec le théàtrophone de cet établissement. Le client sait donc toujours quel genre de spectacle il va entendre, et, comme les communications sont fréquemment changées dans le cours d’une même soirée, il peut attendre que l’aiguille indique le spectacle de son choix.
- Le mécanisme de ces récepteurs est très sim-
- ple et très ingénieux. L’éleclro-aimant E (fig 1258), qui a une résistance de 600 ohms, est muni de pièces polaires PP', largement épanouies et évidées en forme de cercle. Dans cette cavité tourne librement autour du centre, et avec très peu de jeu, une armature de fer doux c, folle sur son axe a, et qui a la forme d’un double secteur. Lorsque le courant ne passe pas, cette armature est maintenue appuyée contre la butée m, ainsi que le montre la figure, par l’action du ressort R. Quand l’électro devient actif, l’armature tourne en sens contraire des aiguilles d’une montre, entraînant avec elle, par l’intermédiaire du cliquet d, la roue denlée b, également folle sur son axe, et l’aiguille, non dessinée, qui est fixée à cette roue. L’amplitude de ce mouvement est
- Fig. 1258. — Mécanisme du cadran indicateur.
- réglée par la position de la butée f, qui arrête l’armature par le coincement du cliquet d. Dès que le courant est interrompu, l’armature est ramenée à sa position par le ressort R, mais le cliquet e empêche la roue b de revenir en arrière. A chaque émission de courant, l’aiguille fixée à cette roue avance d’un tour sur le cadran. Tous les récepteurs fonctionnent en dérivation avec une tension de 100 volts.
- Le manipulateur de ce petit télégraphe se voit à droite de la fig. 1256 ; il se compose d’un tambour en bois dont la surface latérale est garnie de cuivre sur deux quarts de cercle diamétralement opposés. Quand le volant à manivelle qui commande ce tambour fait un tour entier, deux balais parallèles se trouvent deux fois en contact avec les lames de cuivre et produisent deux émissions de courant. Quelle què soit la rapidité de la manipulation, on est certain que les périodes d’ouverture et de fer-
- meture du circuit se succèdent régulièrement et à intervalles égaux.
- Disposition pour les entr’actes. — Dans les établissements publics, il peut arriver que les cinq ou dix minutes d’audition, auxquelles a droit toute personne qui a mis une pièce de monnaie dans l’appareil, coïncident plus ou moins complètement avec les entr’actes des théâtres que la Société peut faire entendre. Pour éviter cet inconvénient, lorsqu’il arrive par hasard qu’il y a entr’acte simultanément dans tous les théâtres du réseau, la Société fait entendre un pianiste et un chanteur qu’elle a constamment à sa disposition dans ce but, aux heures des représentations. Pendant ce temps, toutes les lignes du théàtrophone sont reliées à la salle où se trouvent ces deux artistes, et toutes les aiguilles des cadrans indicateurs sont sur le mot entr’acte ; le public est donc prévenu.
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- TRAMWAY ÉLECTRIQUE.
- Appareils accessoires du bureau central. —
- Nous avons dit que le tableau de distribution porte des répétiteurs à aiguille qui reproduisent les indications des cadrans indicateurs placés dans les divers éfablissements publics du réseau. La téléphoniste n’a donc qu’à jeter un coup d’œil sur ces répétiteurs pour savoir quels sont les théâtres qui communiquent avec ces divers établissements : elle peut en outre contrôler le fonctionnement des théàtrophones en plaçant son appareil d’opérateur, du type Berthon-Ader, non pas directement dans le circuit, ce qui augmenterait sa résistance, mais à proximité, au moyen d’un levier à touche; elle obtient par induction un son faible, mais très net, qui suffit pour le contrôle.
- Fig. 1259. — Diagramme des communications servant à mesurer les résistances des lignes d’abonnés.
- Enfin le bureau central possède encore un dispositif qui permet, à chaque instant, de mesurer la résistance de la ligne d’un abonné qui écoute, assez vite pour qu’il ne puisse même pas s’en apercevoir. L’employé chargé de ces mesures possède un tableau qui indique la résistance normale de la ligne de chacun des abonnés, lorsqu’il est relié à l’un quelconque des théâtres : il suffit donc de vérifier si la ligne possède cette résistance pour s’assurer si elle est en bon état. On se sert pour cela d’un pont de Wheatstone avec galvanomètre à miroir et échelle non figurés, et d’une série de commutateurs à double fil à deux directions Al5 A2, A3..., B, C, D (fig. 1259).
- Si, par exemple, l’employé veut vérifier l’état de la ligne de l’abonné qui écoute sur la ligne n° 2, il commence par régler la résistance variable du pont, de manière à obtenir l’équilibre pour la résistance normale que doit présenter la ligne considérée. Il place alors le
- commutateur A2 sur l’indication « Ouvert » ; puis, fixant les yeux sur l’échelle du galvanomètre, il établit la communication avec le pont pendant un instant très court au moyen du commutateur D. Si la ligne est en bon étal, l’image lumineuse ne bouge pas.
- Le commutateur C sert seulement à intercaler sur la ligne de l’abonné une paire de récepteurs ; B permet de relier le pont de Wheats-tone avec un cordon souple à deux brins, terminé par une fiche, qui sert à rattacher au pont l’un quelconque des câbles aboutissant au tableau, afin d’effectuer aisément toutes les mesures locales de résistance dont on peut avoir besoin.
- Thécitrophone de Bordeaux. — Le théâtro-phone vient d’être installé à Bordeaux et inauguré le 13 décembre 1893. Les fils provenant des divers théâtres de la ville se rendent au bureau central, situé rue de la Devise, et se distribuent ensuite chez les abonnés du télé-phone, ainsi qu’aux salles d’audition, rue Sainte-Catherine. Pour augmenter l’attraction, on a adjoint à ces salles un hall où se tiendra, dit-on, une foire aux plaisirs.
- TRAMWAY ÉLECTRIQUE. — Tramways à accumulateurs. — On fait généralement remonter à 1883 les premiers essais de traction électrique de tramways par accumulateurs. En xœalité, les premières expériences furent faites à Paris, le 25 mai 1881, parM. N.-J. Raffard, à l’aide d’une voiture de la Compagnie des Omnibus et d’accumulateurs Faure : la dynamo était placée à l’arrière, au-dessous du plancher. Malgré les conditions défectueuses dans lesquelles eut lieu cette tentative, on put constater la possibilité d’employer l’électricité à la traction de ces voitures. Le même véhicule fut remis en expérience le 24 juin 1883, avec une dynamo plus parfaite et plus légère.
- Tramways de Saint-Denis. — La Compagnie des tramways de Paris et du département de la Seine, qui a son dépôt à Saint-Denis, applique la traction électrique sur ses trois lignes : Saint-Denis-Madeleine ; Saint-Denis-Opéra ; Saint-Denis-Neuilly. La traction électrique a été substituée à la traction animale en 1892 sur les deux premières lignes et en 1893 sur la dernière.
- Les voitures employées sont automobiles, à impériale couverte, et comportent 50 places, dont 24 d’impériale, 20 d’intérieur et 6 de plate-forme ; elles sont éclairées au moyen de 4 lampes à incandescence, alimentées par la batterie d’accumulateurs.
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- La caisse de la voiture repose, par l’intermédiaire de galets, sur deux trucks à un essieu portant des chevilles ouvrières. Ces deux trucks sont reliés entre eux par un système articulé, à ressort, qui permet aux essieux de converger dans les courbes, et les ramène au parallélisme en alignement droit.
- Chaque essieu est actionné par une machine dynamo-électrique, au moyen de deux harnais d’engrenages. Le rapport des vitesses angulaires du moteur et de l’essieu est de 12 à 1. Les engrenages sont en fonte, à chevrons; dans les premiers trucks construits, le premier harnais baigne complètement dans l’huile ; dans les derniers, la même disposition a été appliquée également au second. Les moteurs électriques sont bipolaires, du type Manchester, à induit Gramme. Ils sont excités en série. Les balais sont constitués par quatre blocs de
- charbon placés normalement à la surface du collecteur.
- Chaque machine peut développer, à la viiesse de 1 350 tours, une puissance de 10 000 watts, sous une différence de potentiel de 200 volts. Dans ces conditions, le rendement entre les bornes de la dynamo et l’essieu atteint 75 p. 100.
- Les trucks et leurs moteurs ont été construits par M. Averly, de Lyon. Ils sont munis d’un frein à enroulement Lemoine. Les caisses ont été fournies par M. Morel Thibaut.
- Les accumulateurs sont du système Laurent-Cély, décrit plus haut. Sous les banquettes de chaque voiture sont disposées 12 caisses en bois, 6 de chaque côté, renfermant 108 éléments à 11 plaques.
- Les neuf éléments d’une caisse sont groupés en tension, et les pôles des petites batterh
- Fig. 1260. —Mécanisme d’une voiture automobile. (Tramways de St-Denis.)
- ainsi formées aboutissent chacun à une bande de cuivre fixée sur l’une des parois latérales de la caisse.
- Dans la voiture sont montées à ressort, sur des supports en bois, des lames de laiton. L’introduction des caisses entre ces lames, sur lesquelles glissent les bandes de cuivre, établit automatiquement les connexions entre tous les éléments de la batterie.
- La charge des batteries se fait sur des bancs formés de madriers goudronnés, supportés par des piles en briques, dont ils sont séparés par des isolateurs en verre. Ces bancs portent des contacts à ressort semblables à ceux des voitures. La batterie, placée sur le banc de charge, a tous ses éléments groupés en tension.
- La salle des accumulateurs comporte vingt-quatre emplacements de batteries. Chacun d’eux est relié au tableau de distribution du courant de charge par un circuit spécial, contenant un ampèremètre, un indicateur de sens de courant et, sur chaque pôle, un coupe-circuit el un interrupteur.
- La manutention des batteries, entre les bancs
- de charge et les voitures, se fait au moyen de wagonnets roulant sur des voies Decauville, qui longent les bancs et les voies de garage des voitures (fig. 1261). Quand une voiture rentre pour échanger sa batterie déchargée contre une autre, sept wagonnets sont rangés de chaque côté de la voie de garage. Six supportent les caisses d’accumulateurs fraîchement chargés ; le septième est vide. On fait glisser la première caisse de la batterie contenue dans la voiture sur ce dernier wagonnet, et on l’emmène vers la place qu’elle occupera sur les bancs de charge. La première caisse de la nouvelle batterie passe de son wagonnet dans le compartiment libre de la voiture, et reçoit la seconde caisse de l’ancienne batterie, et ainsi de suite.
- La plateforme des wagonnets est mobile au moyen d’une vis et d’un volant, de façon a pouvoir être amenée exactement au niveau, soit de l’intérieur de la voiture, soit de la plateforme du banc de charge. Toute la manœuvre du changement de batteries se fait en cinq m> nutes au maximum. L’emploi des wagonnets a été imposé par l’exiguité du local disponible
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- pour les bancs de charge des accumulateurs au moment de l’installation, qui s’esL faite en cours d’exploitation.
- Le courant de charge des accumulateurs est fourni par trois machines dynamo-électriques Desroziers, construites par la maison Bréguet (fig. 1262). Chacune d’elles est actionnée par une machine Corliss horizontale à condensation, de la force de 125 chevaux. Deux de ces machines tournent à la vitesse de 75 tours, la troisième à celle de 160 tours. Cette dernière
- conduit sa machine dynamo au moyen d’un seul système de poulies, les deux autres à l’aide d’une transmission intermédiaire. Les machines sont alimentées par trois chaudières semi-tubulaires. L’installation mécanique est due à M. E. Garnier.
- Les machines dynamos génératrices engendrent, à la vitesse de 600 tours, un courant de 230 ampères, sous une force électromotrice de 260 volts. Elles sont groupées en quantité, ainsi que les circuits des batteries en charge. La
- charge des batteries se fait à potentiel constant sous 260 volts. Ce système a été préféré à cause de sa rapidité et de sa simplicité.
- Il pourrait arriver que le courant d’une batterie déjà complètement chargée vienne à se déverser dans d’autres batteries au début de leur charge. L’indicateur de sens de courant intercalé dans le circuit de la batterie chargée met en mouvement dans ce cas une sonnerie d’avertissement, et on sépare immédiatement cette batterie du circuit des machines.
- On laisse les batteries se charger jusqu’au moment où elles ont absorbé un nombre d’am-
- pèreheures égal à celui qu’elles ont débité en service, avec une augmentation correspondante au rendement en quantité des accumulateurs, qui est de 85 p. 100.
- Le nombre des ampèreheures débités a été déterminé expérimentalement pour chaque parcours, au moyen d’un ampèremètre enregistreur placé sur une voiture d’essai. La durée de la charge est de six heures pour une batterie ayant fourni toute sa capacité, qui est de 230 ampèreheures, soit 52 chevaux-heure. Le rendement en énergie des batteries s’élève à 70 p. 100.
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- Deux machines fonctionnent pour la charge pendant 23 heures par jour, la troisième machine n’est en marche que 6 heures.
- Les nécessités de l’exploitation exigent la possibilité de marcher à des vitesses variées. On réalise ce desideratum en modifiant le couplage des éléments des batteries.
- Dans la voiture, la batterie se trouve divisée en quatre parties ou sous-batteries comportant chacune trois caisses, soit 27 éléments en ten-
- sion, qui correspondent à une différence de potentiel à circuit fermé de 50 volts environ. Au moyen du commutateur-coupleur mis à la disposition du cocher de la voiture, on a la faculté d’obtenir les trois couplages suivants :
- 1° Les quatre sous-batteries groupées en quantité; force électromotrice 50 volts ;
- 2° Deux groupes de deux sous-batteries en tension, associés en quantité ; force électromotrice 100 volts ;
- Fig. 1262. — Salle des machines.
- 3° Les quatre sous-batteries en tension ; force électromotrice 200 volts.
- La vitesse du véhicule varie en passant d’un couplage à l’autre, dans le rapport de 1 à 2.
- Les moteurs des. voitures sont normalement associés en série. Toutefois, on peut, au moyen du commutateur, les coupler en quantité, de façon à obtenir une plus grande vitesse ou à développer un plus grand effort. Ce mode de marche n’est employé que dans des cas exceptionnels.
- Le commutateur permet encore : 1° de réaliser la marche avant et la marche arrière du véhicule, en renversant le sens du courant dans
- les circuits inducteurs des moteurs ; 2° de supprimer, en cas d’avarie, l’un des moteurs, en fermant sur eux-mêmes les circuits de la machine avariée, dans la position correspondante au couplage des machines en série. Un seul moteur est suffisant pour continuer la marche et ramener la voiture au dépôt, avec une légère diminution de la vitesse.
- L’appareil renferme en outre quatre interrupteurs, commandant les circuits des lampes à incandescence qui servent à l’éclairage. Chacune d’elles se trouve branchée sur l’une des quatre sous-batteries.
- La substitution de la traction électrique par
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- accumulateurs à la traction animale s’est traduite par une économie sur les frais de traction de 0,03 fr. par kilomètre-voiture, et il y a lieu de remarquer que cette diminution est en réalité plus élevée, car les voitures à traction animale employées sur la ligne de l’Opéra ne contenaient que 46 voyageurs et celles de la ligne de la Madeleine 32, tandis que les voitures automobiles en reçoivent 50. Les recettes ont aussi augmenté de 0,05 fr. par kilomètre-voiture.
- Tramways de New-York. — La ligne de la deuxième avenue, à New-York, qui comporte des rampes assez fortes, emploie depuis quelques mois les accumulateurs Waddell-Entz, que nous avons décrits plus haut.
- Chaque voiture renferme 144 accumulateurs, pesant ensemble 1827 kilog., et disposés dans deux caisses en bois à roulettes, qu’on introduit sous les banquettes par deux portes pratiquées à l’une des extrémités du véhicule. Pour cette opération, la voiture est amenée devant un quai spécial, disposé à la hauteur de ces portes ; les éléments déchargés sont alors saisis par une grue électrique, d’une puissance de 30 tonnes, qui les enlève et les amène à l’étage supérieur, sur les bancs de charge ; le même appareil sert à descendre les accumulateurs chargés.
- Pendant la charge, les batteries sont placées sur des conduites de vapeur, qui les échauffent, la charge s’effectuant beaucoup mieux, paraît-il, à une température un peu élevée. Le courant destiné à la charge des accumulateurs et à la manœuvre de la grue est fourni par deux dynamos Waddell-Entz à 8 pôles, avec armature Gramme, actionnées directement chacune par un moteur de 75 chevaux. La vapeur est fournie pardeuxchaudièresWorthingtonde 100 chevaux.
- Chaque voiture porte deux moteurs électriques d’un modèle spécial, à anneau Gramme, ayant chacun une puissance de 15 liilowatts. Un commutateur permet de réaliser divers groupements des accumulateurs correspondant à des vitesses différentes ; dans les descentes, les moteurs fonctionnent comme dynamos et rechargent la batterie.
- Les accumulateurs servent aussi à alimenter les lampes à incandescence qui éclairent les voitures.
- La ligne de la deuxième avenue utilise actuellement 18 voitures, faisant chacune par jour environ 128 kilomètres, soit un total de 2 360 kilomètres. Les dépenses d’exploitation n’ont pas dépassé 45 centimes par voilure
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- et par mille (1 609 m.). Ce système paraît donc réaliser l’exploitation dans de bonnes conditions économiques.
- Tramways à conducteurs aériens. — Tramways de Marseille. — La traction animale donnait à Marseille d’assez mauvais résultats, car le vent humide de la mer rend souvent le pavé glissant, surtout dans les rampes, qui sont assez fortes en certains points. Aussi les frais de traction par kilomètre pour une voilure à deux chevaux s’élevaient à 0,40 fr., tandis qu’ils sont seulement de 0,30 fr. à Toulouse, de 0,32 fr. à Bordeaux et de 0,25 à Milan et à Florence.
- Après divers essais, on a remplacé ce mode de traction par l’emploi de l’électricité (1892). Le courant est amené par un trolley et le retour se fait par les rails.
- L’usine génératrice, située boulevard Mirabeau, contient trois chaudières multitubulaires du système de Naeyer, d’une surface de chauffe de 90m2 chacune, et munies de réchauffeurs de 70m2. Trois machines à vapeur compound, verticales, du système Hoffmann d’ÜErlikon, de 100 chevaux effectifs chacune, à échappement libre, actionnent directement un nombre égal de dynamos bipolaires, du type OEriikon, donnant 66 000 watts à la tension normale de 550 volts. Ces machines sont à enroulement compound.
- La ligne aérienne, qui part du pôle positif des dynamos, est formée de deux fils parallèles, ce qui a permis de leur donner un moindre diamètre et de rendre l’aspect moins désagréable ; elle est fixée â chaque poteau par deux isolateurs, de façon que la rupture de l’un d’eux n’entraîne pas la mise à la terre du circuit ; quant au retour, les extrémités des rails adjacents ont été réunies par des fils de cuivre, afin de diminuer la résistance.
- Pour éviter autant que possible les interruptions de service, on a divisé la ligue aérienne en un certain nombre de sections indépendantes recevant chacune séparément le courant de l’usine.
- Le courant pénètre dans chaque voiture par un trolley, fixé au haut d’une perche verticale, traverse un interrupteur de sûreté fixé à la partie supérieure de la voiture, puis un plomb fusible; il passe ensuite dans les inducteurs des moteurs, qui sont excités en série, dans la résistance régulatrice qui sert à faire varier la vitesse, puis dans les deux induits, qui sont également disposés en série, et se rend aux rails par l’intermédiaire des roues, après avoir
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- traversé le commutateur inverseur qui règle le sens de la marche.
- Chaque moteur peut développer sur l’axe des roues une puissance de 15 chevaux. Le service est assuré par 8 voitures, effectuant chacune par jour un parcours maximum de 185 kilomètres, tandis que les voitures à chevaux ne faisaient que 80 à 100 kilomètres.
- Chaque voiture est éclairée par 5 lampes de 110 volts montées en série, et portant deux régulateurs de vitesse, l’un à l’avant, l’autre à l’arrière, qui servent suivant le sens de la marche; ce sont des rhéostats en ruban de nicke-line, avec un certain nombre de touches permettant de régler la résistance du circuit. Le poids total d’une voiture vide est de 6 550 kilogrammes.
- De nombreuses améliorations, apportées depuis quelque temps dans la disposition des moteurs et des engrenages, ont permis d’augmenter le rendement dans une proportion notable.
- Tramioays de Bordeaux. — Outre le tramway de Marseille, dont nous venons de parler, il existe encore en France deux autres installations à ligne aérienne, à Clermont-Ferrand et à Bordeaux. Cette dernière, qui a été terminée le 20 novembre 1893, relie Bordeaux au Vigean, en passant par le Bouscat.
- La station centrale (fig. 1263), située à peu près à égale distance des deux points extrêmes, comprend des machines à vapeur du type Mac Intosh et Seymour, qui sont analogues aux moteurs Armington et Sims : ce sont des machines compound, horizontales, à grande vitesse, sans condensation, qui font 235 tours par minute et ont chacune une puissance de 150 chevaux. La vapeur est fournie par des chaudières Babcock et Wilcox, de 132 m2 de surface de chauffe chacune, qui peuvent vaporiser 1850 kg. d’eau à l’heure. Les deux dynamos, commandées par courroie, sont du système Thomson-Houston, à 4 pôles, de 100 kilowatts : elles font 650 tours par minute et donnent aux bornes une différence de potentiel de 500 volts sans charge et de 550 volts à pleine charge.
- La ligne, qui présente une longueur totale de 4 820 mètres, est formée d’un fil de cuivre de 8,25 mm., suspendu dans l’axe de la voie par des isolateurs spéciaux, que maintiennent des consoles fixées à des poteaux en bois dans la campagne, en acier dans l’intérieur de la ville. Le retour se fait par les rails, qui sont réunis à leurs extrémités par du fil de cuivre. Cette installation est à voie unique, avec sept
- garages, non compris ceux des extrémités.
- Le service est fait par 6 voitures munies chacune d’un moteur de 15 chevaux, d’un rhéostat de contrôle et de divers appareils accessoires, et éclairées par 5 lampes à incandescence de 16 bougies. Le truck présente des particularités intéressantes.
- Tramways à rails conducteurs. — Tramways de Lyon. — Un nouveau système de traction, très ingénieux, vient d’être mis à l’essai à Lyon, sur les quais de la rive gauche du Rhône, entre le pont Lafayette et le Parc.
- Entre les deux rails ordinaires, constituant la voie, sont enterrés à fleur du sol, dans un pavage en bois et du goudron, des coupons de rails à patin renversés, longs de 2,80 mètres, et séparés par des intervalles de 3 mètres. Ces pièces métalliques sont chargées de transmettre le courant et ne se trouvent elles-mêmes élec-ti’isées qu’au moment utile; c’est là la partie originale de cette installation. Le courant, produit par une usine située à l’entrée du Parc, est amené, par un câble unique placé dans un conduit souterrain, à des commutateurs ditribu-teurs distants de 110 mètres. Ces appareils se composent de trois couronnes concentriques isolées, portant des bras ou manettes convenablement calés, qui se meuvent sur un clavier | circulaire de 18 plots en cuivre, reliés chacun | par un fil isolé avec un des 18 rails de la section | correspondante de la voie.
- | Chaque voiture porte deux curseurs, l’un à l’avant, l’autre à Barrière. Lorsque le curseur d’arrière se trouve par exemple sur le rail n° 5 d’une section, le courant passe de la couronne centrale du distributeur par sa manette sur le plot 5, se rend par le fil correspondant à çe rail isolé et au moteur du tramway et revient à la station par les rails de la voie.
- Dès que le curseur d’avant atteint le rail n° 6, une partie du courant, dérivée par le fil 6, revient à une autre couronne et à un électroaimant du distributeur, qui agit sur un appareil de déclanchement pour faire avancer d’un cran les couronnes et les manettes ; le courant principal passe alors instantanément du groupe 5 au groupe 6, et la manœuvre continue de mèmè jusqu’à ce que le courant passe automatiquement du dernier groupe d’un distributeur au premier groupe du suivant. Le curseur d’avant de la voiture vient toucher le rail n° 6 avant que le curseur d’arrière ait abandonné le rail n° 5, de sorte que le courant n’est jamais interrompu.
- Chaque voyage exige 250 déclanchements. La tension du courant est de 500 volts. Ce sys-
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- tème est absolument remarquable par son 1 contacts s’établiront toujours régulièrement, originalité; mais on peut se demander si les I malgré l’humidité et la poussière.
- Tramway mû par induction. — MM. Hutin et Leblanc ont construit un tramway électrique basé sur l’induction d’une ligne fixe, assimi-Dictionnaire d’électricité.
- labié au primaire d’un transformateur, sur un cadre placé sous chaque voiture et représentant le secondaire du transformateur.
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- Fig. 1263. — Usine des tramways de Bordeaux.
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- Le système par induction présente sur le système par trolley l’avantage de supprimer tout contact entre la source d’électricité et l’appareil d’utilisation; il est plus facile à installer, évite l’usure du fil de trolley et les inconvénients qu’il y a à exposer un pareil fil à toutes les intempéries ; en outre, il diminue la chargeront l’influence est surtout nuisible dans les pentes, et par suite l’usure de la voie. De plus, l’emploi du courant alternatif supprime les effets nuisibles, dus à l’éleetrolyse, qui se produisent lors de l’usage du courant continu.
- La ligne primaire se place sous les pavés, dans un caniveau en bois ou en poterie disposé suivant l’axe de la voie. Un grand cadre occupe la partie inférieure de la voiture et descend le plus bas possible près du pavé. Sur ce cadi-e sont enroulés plusieurs circuits, montés en quantité sur un moteur. Chaque- circuit comprend un interrupteur et un condensateur. Le nombre des circuits fermés sur la machine dépend de la vitesse qu'on veut donner à la voiture. Les courants employés doivent être de voltage élevé et de très grande fréquence, de façon à permettre de prendre sur une longueur relativement petite l’énergie voulue pour actionner la voiture. Les condensateurs ont pour effet de détruire les effets considérables de self-induction qui se produisent quand on emploie les courants de haute fréquence.
- Pour augmenter l’action du primaire sur le secondaire, on munit ce dernier circuit d’un
- faisceau de fils de fer, affectant la forme des lignes de force qui traversent la bobine.
- Si la ligne du tramway est à deux voies, le fil d’aller se place sous l’une de ces voies et le fil de retour sous l’autre. Lorsque la ligne ne présente qu’une voie, le fil de retour est monté sur poteaux, ou passe souterrainement à une distance suffisante du premier fil.
- Tramway chasse-neige. — Les tramways électriques disposant d’une force motrice en quelque sorte illimitée, la General Electric C°, de Boston, a eu l’idée de construire, pour les villes de Duluth, Minnesota, Spokane Falls et West superior, un tramway électrique chasse-neige ; on évite ainsi de faire déblayer la voie à la charrue, ce qui n’exige parfois pas moins de 8 à 10 paires de chevaux. L’appareil chasse-neige se compose d’une série de balais tournants en fil d’acier, actionnés par un moteur indépendant placé à l’avant du véhicule. Les premières expériences, exécutées pendant l’hiver 1891-92, ont fait ajouter de 'petits perfectionnements, tels que l’emploi de balais tournants dépassant leurs montures en acier, ce qui les rend plus élastiques, et celui d’un rabatteur qui empêche la neige de s’élever dans l’atmosphère.
- Le tramway, circulant alternativement dans les deux sens, porte un appareil chasse-neige à chaque extrémité. Le même fil fournit le courant au moteur du véhicule et à ceux des chasse-neige.
- TRANSFORMATEUR ÉLECTRIQUE. — Trans-
- Fig. 1264. — Transformateur Ganz.
- formateur Ganz. — Cet appareil (fig. 1264) est à circuit magnétique fermé. Le dernier modèle est complètement démontable : il se compose de deux plateaux en fonte A (fig. 1265), dans lesquels sont encastrés par compression
- deux paquets de tôles B bien isolées. Ces tôles ont la forme d’un E; une fois le transformateur monté, les trois branches de chacun des paquets viennent se juxtaposer suivant la ligne mn. Les vides laissés entre ces branches reçoivent trois
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- bobines de fil, dont les carcasses sont faites en carton de haut isolement. La bobine primaire D,
- Fig. 1265. — Disposition du transformateur Ganz.
- qui reçoit le courant à haut potentiel de la ligne, est placée au centre; elle est à fil fin et fait un
- grand nombre de tours. Le circuit secondaire est constitué par les deux bobines extrêmes H, à gros fil, qui ne fout qu’un petit nombre de tours. Les extrémités des fils des bobines aboutissent à des bornes montées sur porcelaine, permettant de faire les jonctions avec le réseau primaire et la canalisation secondaire. Les quatre boulons C assemblent solidement les deux moitiés de l’appareil. La disposition adoptée permet un démontage rapide, en cas d’avarie à l’une des bobines, tout en réalisant une construction simple et un refroidissemen facile.
- Le rendement atteint 97 p. 100. L’appareil est auto-régulateur, c’est-à-dire que la différence de potentiel secondaire reste constante, quel que soit le travail demandé à l’appareil. On construit quatre modèles, de 1 000 à 10 000 watts.
- Transformateur Labour. — Cet appareil (fig. 1266), construit par la Société l’Éclairage électrique, donne un très bon rendement.
- D’une puissance de 8 000 watts en marche continue, à pleine charge, et de 10 000 watts pour des expériences de laboratoire, il donne, avec une fréquence de 80 périodes par seconde et une différence de potentiel efficace de 2 000 volts aux bornes du circuit primaire, une différence de potentiel de 100 volts aux bornes du circuit secondaire. Le circuit primaire est formé de 20 bobines distinctes et égales et le circuit secondaire de 2 bobines, ce qui permet de faire varier, par des couplages convenables, le coefficient de transformation entre 1 et 20 et même entre 1 et 40.
- Le circuit magnétique se compose d’un assemblage de feuilles de tôle, découpées en fer à
- Fig. 1266. — Coupe et élévation du transformateur Labour.
- cheval comme les inducteurs des machines | est fermée par un cylindre sur lequel la pres-Rechniewski (fig. 1267). La partie enfer à cheval I sion produite réduit autant que possible l’en-
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- trefer des joints. Le montage de la partie cylindrique est fait aisément par un système d’étriers à vis. Les joints et la culasse présentent une grande section, pour diminuer encore la résistance magnétique. Les tôles n’ont pas toutes la même largeur, ce qui augmente la surface de refroidissement et forme des conduits d’aérage;
- elles sont réunies par un enduit durci au feu et constituent un ensemble compact, qui rend l’appareil tout à fait silencieux.
- Les deux circuits sont enroulés sur des manchons absolument distincts et parfaitement isolés. De plus les circuits sont complètement plongés dans l’air, sauf aux extrémités, où les
- bobines s’appuient sur des isolants serrés par la charpente en fonte. Ces bobines sont séparées entre elles et isolées du fer par une couche d’air, dont l’épaisseur varie avec la tension normale de l’appareil. L’ensemble repose sur des semelles de bois isolé et se trouve serré entre des cadres en fonte avec des boulons. Les bobines peuvent être facilement réparées ou remplacées.
- Le rendement, mesuré directement sur un modèle de 18 000 watts parla méthode du watt-
- mètre, a donné une valeur maximum de 97,4
- p. 100.
- Un modèle analogue se construit pour les courants triphasés.
- Transformateur Thomson-Houston. — La transmission de grandes forces motrices par l’électricité a conduit à la création de transformateurs d’une très grande puissance. Le modèle représenté figure 1268 est de 200 kilowatts et peut être surchargé jusqu’à 230 kilowatts
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- (115 volts et 2 175 ampères). Il a été construit à Schenectady par la compagnie américaine Thomson-Houston pour la Pittsburgh Réduction C°, qui se propose d’appliquer une puissance de 1 200 kilowatts à la réduction par la chaleur des minerais d’aluminium ; cette puissance sera fournie par la Qataract Construction C°, qui exploite, comme on le sait, une dérivation des chutes du Niagara.
- Les conditions imposées étaient un rendement de 97 p. 100 à pleine charge et une tem-
- pérature n’excédant pas 40° C. au-dessus de la température ambiante, après dix heures de marche. Pour réaliser ces conditions, au lieu de réunir les tôles découpées en un seul bloc, on les a divisées en un certain nombre de sections légèrement espacées les unes des autres, afin de laisser passage au courant d’air produit par un ventilateur. Ces sections sont ensuite pressées entre deux flasques, réunies par des barres et des écrous, et munies de crochets pour faciliter le maniement de l’appareil.
- Dans l’installation de la Pittsburgh C°, le courant sera produit sous une tension de 2 000 volts, puis ramené à lia volts par six transformateurs du modèle précédent, et enfin transformé en courant continu à 160 volls par trois transformateurs rotatifs de 400 kilowatts ; un quatrième sert de réserve.
- Transformateur de fréquence et de tension. — MM. Hulin et Leblanc ont construit un appareil qui permet de transformer le courant alternatif monophasé ou polyphasé en courant continu ou réciproquement. L’appareil (fig. 1269) se compose de deux parties distinctes : 1° d’un
- transformateur à enroulement spécial, qui permet de passer d’une tension de courant à une autre tension; 2° d’un commutaieur rotatif ayant un mouvement synchrone (Voy. Circuit amortisseur).
- Le coefficient de transformation ne dépend que du rapport des nombres de spires primaires et secondaires. Le transformateur a un ou plusieurs noyaux magnétiques fermés sur eux-mêmes, suivant que l’appareil est construit en vue d’utiliser ou de produire du courant monophasé ou du courant polyphasé.
- Supposons qu’il s’agisse de courant mono-
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- TRANSFORMATEUR ÉLECTRIQUE.
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- phasé. Le circuit primaire du transformateur sera formé par un enroulement ordinaire, quand c’est du courant alternatif qu’il faut transformer en courant continu ; le circuit secondaire, qui est relié au commutateur et au collecteur où doit être recueilli le courant continu, est divisé en un certain nombre de sections. Le nombre de spires de ces sections varie de i’une
- à l’autre suivant une loi sinusoïdale. En particulier, les sections qui correspondent à l’ordonnée zéro de la sinusoïde sont absentes. Pour toutes les valeurs positives des ordonnées, l’enroulement des sections est fait dans un même sens; pour toutes les valeurs négatives, il est fait en sens contraire.
- Les points de jonction de ces différentes sec-
- Fig. 1269. — Transformateur de fréquence et de tension.
- tions sont reliés à des frotteurs qui s’appuient sur des bagues communiquant respectivement avec les lames du collecteur à courant continu.
- L’arbre portant le collecteur doit tourner synchroniquement avec la fréquence du courant; à cet effet, il porte un anneau genre Gramme, dont les sections sont montées en dérivation sur les bagues indiquées plus haut. Cet anneau peut tourner dans un champ magnétique excité par un courant continu. Pour que’le mouvement soit synchrone, cette armature est munie d’une cage d’écureuil.
- Le noyau du transformateur est le siège d’un
- flux variant suivant une loi sinusoïdale, par suite de l’action du circuit primaire. Le nombre de tours de l’enroulement du circuit secondaire varie par suite de son sectionnement, à chaque instant, suivant la même loi ; ce circuit sera donc le siège d’un courant d’intensité constante, le nombre total d’ampèretours dans les circuits primaire et secondaire étant constamment le même.
- Dans le cas des courants monophasés, MM. Hutin et Leblanc interposent sur le parcours du courant redressé une forte bobine de self-induction, qui achève la rectification du
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- TRANSMISSION DE L’ÉNERGIE. — TREUIL ÉLECTRIQUE.
- courant. Cette bobine joue le rôle de volant ; son emploi est nécessaire pour passer d’un débit'd’énergie variable, comme celui fourni par un courant alternatif, à l’énergie constante demandée par un courant continu. Quand on emploie des courants diphasés ou triphasés, cette précaution devient inutile, l’énergie fournie et l’énergie recueillie étant constantes. Le transformateur comprendra alors deux, ou trois noyaux avec des enroulements pareils à ceux décrits. Les bobines à enroulement sinusoïdal seront décalées, d’un noyau à un autre, d’un quart ou d’un tiers d’onde. Les bobines cor-
- respondantes de chaque noyau seront montées en tension et l’ensemble est groupé par rapport aux bagues et au collecteur comme dans le premier exemple.
- Le rendement de ces appareils est très élevé : il est le même que celui d’un transformateur ordinaire, sous déduction de l’énergie demandée par la rotation du collecteur, qui n’a que des frottements à vaincre.
- TRANSMISSION OU TRANSPORT ÉLECTRIQUE DE L’ÉNERGIE. — Voy. Station centrale.
- TREUIL ÉLECTRIQUE. — Le treuil électrique de M. Guyenet (fîg. 1270) est monté sur un
- Fig. 1270. — Treuil électrique Guyenet.
- châssis de fer que supportent quatre galets pouvant rouler sur des rails. La réceptrice D est une dynamo Gramme, type supérieur, qui tourne dans un seul sens, avec une vitesse de 1 200 tours par minute. Aux deux extrémités de l’arbre de l’induit sont calés deux galets de friction, qui entraînent le treuil. Celui-ci porte sur son tambour B deux cordes de levage enroulées en sens contraire, de sorte que l’une se déroule pendant que l’autre s’enroule. Ce tambour porte en outre deux roues C dont les jantes, de forme spéciale, se composent de deux couronnes d’em-
- brayage, l’une intérieure, l’autre extérieure. Les galets se placent dans l’intérieur de ces roues et font tourner le treuil dans un sens ou dans l’autre, suivant qu’ils sont mis en contact avec la couronne intérieure ou avec la couronne extérieure. Pour cela, la réceptrice est articulée à la partie inférieure et peut s’incliner légèrement en avant ou en arrière. Celte manœuvre est commandée par le levier G. Dès qu’on cesse d’agir sur ce levier, le frein F se serre automatiquement, par son propre poids, et le treuil est immobilisé.
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- TRIEUR MAGNÉTIQUE.
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- La force de l’appareil est de 160 kilogrammes et la vitesse d’ascension de 1 m. par seconde.
- Les treuils électriques ont l’avantage de supprimer les foyers, les générateurs, les moteurs et les transmissions; la mobilité des fils qui amènent le courant permet de déplacer rapidement l’appareil, qui peut ainsi desservir plusieurs postes.
- La figure 1271 montre un nouveau treuil électrique, employé en Amérique dans les mines : le tambour est d’un diamètre exceptionnel,
- ce qui permet d’accélérer à volonté la vitesse des amenages à la surface, tout en laissant la faculté de fonctionner aussi lentement qu’on le désire. Ce tambour est relié, par des engrenages intermédiaires, à un moteur électrique d’une puissance de 25 kilowatts ou 30 chevaux. Le mécanisme de commande, qui n’est pas figuré, est semblable à celui des tramways électriques ; l’opérateur agit de la main gauche sur les leviers et de la droite manœuvre le commutateur. Cet appareil n’exige qu’un emplacement assez
- Fig. 1271. — Treuil électrique pour mines.
- faible et peut donner une vitesse de 218 mètres par minute, avec une charge de plus de 500 kilogrammes.
- TRIEUR MAGNÉTIQUE. — Le trieur Wens-trom (1889) se compose d’un électro-aimant cylindrique présentant, sur toute sa longueur, cinq pôles alternativement de nom contraire. Cet électro est fixé excentriquement dans l’intérieur d’un tambour tournant, formé de barreaux de fer doux séparés par des tasseaux de bois; ces barreaux présentent, de deux en deux, trois saillies intérieures qui, pendantla rotation, viennent affleurer les deux pôles extrêmes et le pôle central, qui sont tous trois de même nom; les autres barreaux portent seulement deux saillies, qui passent devant les deux pôles de nom contraire. Les barreaux de fer doux prennent ainsi, pendant la rotation, une aimantation temporaire, qui cesse lorsqu’ils se trouvent assez éloignés de l’électro-aimant excentrique, c’est-à-dire vers la partie inférieure du cylindre.
- Le minerai à traiter est versé dans une trémie et distribué uniformément, par un auget à secousses, sur le (ambour mobile; les parties magnétiques s’attachent aux barreaux aimantés et les abandonnent ensuite lorsqu’ils perdent leur aimantation. L’électro-aimant est excité par une petite dynamo Edison de 35 volts et 10 ampères. Cet appareil permet de traiter 6 à 7 tonnes de minerai par heure, et l’attraction est assez forte pour retenir des morceaux pesant jusqu’à 3 kilogrammes ; il est employé dans plusieurs mines de Suède, notamment à Dam nemora.
- Le trieur Jasparse compose de deux cylindres de fer doux, horizontaux, qui tournent en sens inverse et reçoivent des polarités contraires de deux forts électro-aimants. Les matières à trier sont placées dans une trémie et viennent passer entre les deux cylindres, qui s’emparent des substances magnétiques et les retiennent pendant une partie de leur révolution. Les cylindres font 50 tours par minute. L’appareil peut
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- TROLLEY. — TURBO-GÉNÉRATEUR ÉLECTRIQUE. 1153
- traiter 20 tonnes de minerai en 10 heures en absorbant une puissance de 2 chevaux.
- TROLLEY. — Se dit de tout appareil amenant le courant d’un conducteur aérien à un tramway.
- TURBO-GÉNÉRATEUR ÉLECTRIQUE. — On
- sait que le rendement pratique des machines à vapeur à mouvement alternatif, qui utilisent la pression de la vapeur, s’éloigne beaucoup du rendement théorique donné, à la limite, par le cycle de Carnot. Aussi a-t-on songé, depuis un certain nombre d’années, à remplacer ces machines par des turbines àvapeur, fondées sur le même principe que les turbines à eau. Ces appareils commencent à être employés assez fréquemment dans les installations électriques :
- aussi croyons-nous devoir en dire quelques mots.
- Au lieu d’utiliser la pression de la vapeur, les turbines laissent cette vapeur se détendre d’elle-même, en prenant la vitesse déterminée par les pressions des deux milieux où l’on opère (chaudière et condenseur, chaudière et atmosphère ou pression intermédiaire) ; elles utilisent ensuite cette énergie cinétique dans un mécanisme semblable aux turbines, qu’elles mettent en mouvement par une modification continue de la direction de la vitesse relative et une réduction graduelle de la vitesse absolue.
- L’un des premiers appareils de ce genre fut le turbo-moteur Parsons, construit vers 1884 et plusieurs fois modifié depuis. Les turbines de
- Fig. 1272. — Turbine Laval accouplée avec une dynamo.
- Last, de Daw, de Mac-Elroy, d’Edwards, de Seger sont des machines du même genre.
- M. de Laval a imaginé en 1891 un moteur dont le dispositif est très différent et qui donne des résultats bien supérieurs.
- Cet appareil se compose d’une boîte d’arrivée de vapeur, dans laquelle fonctionne un obturateur très sensible, mû par un régulateur à force centrifuge. Au sortir de cet obturateur, la vapeur se répand dans une couronne circulaire, d’où divergent un certain nombre de canaux à section croissante dans lesquels la pression passe de la valeur qu’elle avait dans la chaudière à celle qui correspond à l’échappement, tandis que le fluide acquiert une vitesse croissante.
- La vapeur vient frapper alors les aubes d’une roue montée sur un arbre élastique et leur communique un mouvement de rotation si
- 1
- rapide, qu’elle ne reste pas plus de ^ de
- seconde dans les aubes; elle sort ensuite directement par le tuyau d’échappement. La turbine, en tournant, entraîne l’arbre, dont l’extrémité porte un pignon à dents hélicoïdales et doubles dentures inclinées symétriquement, qui engrène avec une roue de diamètre dix fois plus grand; l’axe de cette roue porte une poulie ou le plateau d’entraînement d’une dynamo, qui reçoit ainsi une vitesse dix fois moindre que celle du pignon. Le régulateur à force centrifuge est monté sur l’arbre de la roue.
- La figure 1272 montre une turbine Lava associée directement avec une dynamo ; la figure 1273 représente une installation électrique complète; elles permettent toutes deux de voir combien ce dispositif est simple et peu encombrant.
- Le rendement pratique maximum de cette machine peut s’élever à 57 p. 100, tandis que, dans les bonnes machines ordinaires, consom-
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- TURBO-GÉNÉRATEUR ÉLECTRIQUE.
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- niant 9 kilog. de vapeur par cheval effectif, il ne dépasse pas 43 p. 100.
- Les avantages d’une telle machine sont les suivants :
- 1° La vapeur, arrivant sur les aubes à la
- pression exacte qu’elle doit avoir en s’en échappant, n’a aucune tendance à dévier de la trajectoire que lui impriment les ajutages, étant donnée surtout sa vitesse. Il n’est donc nul besoin que les pièces en mouvement soient
- Fig. 1273. — Vue d’ensemble d’une installation électrique.
- étanches, et, en fait, il y a 3 millimètres de jeu entre la turbine et toutes les parois de la chambre dans laquelle elle se meut.
- Ainsi est évité ce défaut capital de toutes les machines rotatives et des turbo-moteurs Parsons, dans lesquels l’étanchéité des pièces en mouvement, qui est une condition essentielle du bon fonctionnement et d’une consommation réduite, ne peut résister à un service prolongé.
- 2° Le seul mouvement des pièces étant un mouvement circulaire continu, l’appareil n’éprouve ni trépidations ni vibrations. Il peut fonctionner en étant simplement posé sur le sol, sans fondations.
- 3° Le disque monté sur l’axe étant la seule pièce en mouvement et étant enfermé dans une chambre, aucune surveillance n’est nécessaire ni même possible. La présence d’un
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- VENTILATEUR
- mécanicien est donc absolument superflue.
- 4° La vapeur arrivant sur la turbine par un certain nombre d’ajutages, variable selon la puissance de la machine, on peut réduire la consommation presque proportionnellement au travail demandé, en fermant, grâce aux vannes réglables, un ou plusieurs de ces ajutages.
- 5° La circulation de la vapeur étant continue, chaquepoint du conduit de vapeur reste toujours à la même température, et n’est pas soumis aux alternalives de chaud et de froid qui influent si profondément sur la consommation de vapeur dans les cylindres des machines ordinaires.
- 6° Les frottements des pièces en contact se réduisent à ceux des deux tourillons de l’arbre et de l’engrenage.
- Or, le poids du système en rotation étant très petit, la pression sur les coussinets est aussi réduite que possible, et l’effort par tour étant également très faible, vu le grand nombre de rotations par seconde, la pression par millimètre carré sur les engrenages, dont les dents sont très longues et dont la disposition permet
- ÉLECTRIQUE. 1155
- d’avoir toujours trois dents en prise, est extrêmement réduite. C’est ce qui assure la conservation de ces pièces, dont un fonctionnement continu pendant deux ans ne semble pas altérer le tracé.
- 7° Le poids par cheval des moteurs oscille entre 17 et 32 kilogrammes, jusqu’à 50 chevaux, et pourrait encore être très réduit. De même, les dimensions des appareils sont extrêmement restreintes.
- 8° Le prix de ces machines est, en conséquence, notablement inférieur au prix des machines à vapeur ordinaires de même puissance.
- Enfin la consommation de vapeur descend jusqu’à des valeurs qu’on ne pouvait espérer.
- Elle est de 15 kilogrammes par cheval pour les moteurs de 10 chevaux travaillant à condensation, avec une pression de 10 kilogrammes, et s’abaisse, dans ces conditions, à 9 kilogrammes pour les moteurs de 50 chevaux. Il est même presque certain que, pourles moteurs de 300 chevaux, elle atteindra 7, 5 kilog. par cheval.
- V
- VENTILATEUR ÉLECTRIQUE. - Ventilateur
- Sturtevant. — L’électricité s’applique parfaitement à la manœuvre des ventilateurs ; aussi existe-t-il aujourd’hui un grand nombre de ces appareils auxquels elle donne le mouvement. Le ventilateur Slur-tevant,que lafig. 1274 représente avec son moteur, peut se loger dans un emplacement très restreint, et, pour cette raison, s’emploie souvent à bord des navires pour les chambres de chauffe. Il peut aussi être utilisé dans les appartements, car il est complètement silencieux à la vitesse ordinaire ; il sert encore de souffleur pour les feux de forges, ainsi que pour l’aspiration et l’évacuation de la fumée de ces feux.
- L’enroulement du moteur est réglé pour le voltage qu’on veut employer ; l’appareil est tout disposé et il n’y a qu’à le faire communiquer avec le circuit. Toutes les pièces peuvent se démonter. La direction du courant de ventilation se règle à volonté, comme la connexion des tuyaux.
- Moteur ventilateur. — Le moteur Lun-dell, que nous avons décrit plus haut, convient très bien, par son petit volume, à la manœuvre
- des ventilateurs : on emploie alors le modèle de forme sphérique et les ailettes se fixent à l’ex-
- Fig. 1274. — Ventilateur Sturtevant.
- trémité de l’arbre. Plusieurs moteurs-ventilateurs de ce genre figuraient à l’Exposition de
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- VENTILATEUR ÉLECTRIQUE.
- Chicago. L’un se suspend au plafond par une
- chaîne unique ou par trois chaînes (fig. 1275). L’enveloppe sphérique du moteur porte généralement plusieurs œilletons, ce qui permet de placer l’axe vertical, horizontal ou incliné, et de faire varier la direction du courant d’air. Ce ventilateur fait 1400 tours à la minute ; il fonc-
- 1
- tionne à HO ou 120 volts et absorbe - de che-
- o
- val ; il en est de même des modèles suivants.
- Le moteur peut aussi être muni de grandes
- Fig. 1276. — Ventilateur de plafond.
- ailes (fig. 1276), fixées sur un tube creux en laiton ; ce tube porte un anneau sur des croisillons demi-circulaires ; cet anneau repose sur une petite poulie garnie de caoutchouc et
- Fig. 1277. — Ventilateur portatif.
- placée à l’extrémité de l’arbre du moteur. Le grand rapport des développements de l’anneau et de la poulie réduit beaucoup la vitesse de
- rotation des ailettes, qui ne font que 165 tours
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- VIN (Traitement électrique du). — VOLTMÈTRE.
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- par minute, tandis que le moteur en fait 1500.
- Le modèle portatif (flg. 1277) est monté sur un pied en fonte renfermant un commuttateur-rhéostat, qui permet d’obtenir trois vitesses différentes: 800, 1200 et 1500 tours.
- Ce moteur-ventilateur peut encore se fixer au mur par un bras horizontal (fig. 1278) ; ce modèle s’oriente dans une direction quelconque et se fixe par une vis de serrage ; comme le précédent, il peut donner trois vitesses.
- VIN (Traitement électrique du). — L’électricité permet de détruire les germes sans échauffer les liquides. Le courant continu est peu efficace et a en outre l’inconvénient de décomposer les sels en dissolution, ce qui altère le vin, diminue son titre alcoolique et augmente son acidité. M. de Méri-tens propose d’employer à cet usage les courants alternatifs de sa machine magnéto-électrique, qui donne des résultats très supérieurs. Des essais poursuivis pendant plusieurs mois sur des vins de toute provenance ont donné, dit-on, d’excellents résultats. Le même procédé peut servir à purifier les alcools d’industrie.
- VOLTAMÈTRE A GRAND DÉBIT.
- — Cet appareil, construit d’après les indications du commandant Renard, sert à préparer les gaz oxygène et hydrogène en grande quantité. Il est formé d’un vase V en fonte de fer (fig. 1279), servant d’électrode négative ; l’électrode positive est un cylindre en tôle de fer ou de nickel perforée ; elle est séparée de la première par un vase poreux, muni d’un siphon S. Le liquide employé est une solution alcaline au maximum de conductibilité, formée de
- Eau distillée. .... 1000 grammes.
- Soude à la chaux... 150 —
- Avant de se rendre aux deux gazomètres, les gaz traversent un compensateur hydraulique, formé des deux flacons HO.
- Avec un courant de 25 à 30 ampères sous 3 volts, on obtient 6 litres d’oxygène et 12 d’hydrogène à l’heure.
- Pour préparer de grandes quantités de gaz, le commandant Renard s’est servi d’un tube en tôle de 3 mètres de longueur sur 30 centimètres de diamètre. Les deux électrodes sont séparées par une toile d’amiante. Cet appareil
- nécessite un courant de 365 ampères et donne par heure 158 litres d’hydrogène et 79 d’oxygène. En comptant l’amortissement des appareils, chaque gaz revient ainsi à 30 ou 35 centimes le mètre cube. (Voy. Hydrogène.)
- VOLTMÈTRE. — Voltmètre électrostatique pour faibles potentiels. — La différence de potentiel efficace, donnée par les circuits secondaires de distribution d’énergie par courants alternatifs, est difficile à mesurer exactement. Les voltmètres thermiques, fondés sur la dila-
- Fig. 1279. — Voltamètre à grand débit.
- tation d’un fil, absorbent généralement une puissance assez notable, environ 30 à 40 watts pour 110 volts: quant aux voltmètres pour courants alternatifs fondés sur les actions électromagnétiques, leurs indications ne sont pas toujours exactes lorsqu’on les emploie à des fréquences très différentes de celles pour lesquelles ils ont été étalonnés.
- L’électromèlre employé sous la forme idios-tatique est exempt de ces défauts, mais il manque souvent de sensibilité et d’apériodicité. Lord Kelvin (sir W. Thomson) l’a perfectionné en employant la disposition dite multicellulaire, qui accroît la sensibilité. Sous sa forme la plus récente (fig. 1280), cetappareil comprend deux séries de 10 quadrants fixes en métal,
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- VOLTMÈTRE.
- communiquant avec une’ borne extérieure isolée, et un groupe de tO aiguilles d’aluminium, en forme de lemniscate, calées sur un arbre de même métal; cet arbre est fixé à l’extrémité d’un fil de platine-iridium, soudé par l’autre bout à un chapeau qui tourne à frottement sur un tube de laiton protégeant le fil de suspension. La partie supérieure de l’arbre est munie d’un ressort elliptique, qui vient buter contre la base du tube de laiton lorsqu’on élève cet arbre au moyen d’un petit plateau situé près
- Fig. 1280. — Voltmètre électrostatique de lord Kelvin.
- Le modèle destiné aux tableaux de distribution ne diffère que par quelques détails : la graduation est tracée sur une surface cylindrique concentrique à la suspension ; l’aiguille est recourbée ; l’amortisseur est un disque de laiton suspendu à l’aiguille par un crochet et se déplaçant dans l’huile lourde. Cet appareil est sensiblement apériodique.
- L’ampèremètre industriel du même savant, destiné aussi aux tableaux de distribution, est formé d’un solénoïde vertical, composé de pièces de cuivre en U, à branches très serrées, séparées par des feuilles de mica, et reliées en tension par des lames de cuivre inclinées qui servent en outre à accélérer le refroidissement.
- de son extrémité inférieure; ce plateau se déplace à l’aide d’une vis àtête moletée placée extérieurement, au centre de la base de l’appareil.
- Sur l’arbre se trouve également une aiguille équilibrée en aluminium, mobile au-dessus d’un cadran divisé ; l’amortisseur, constitué par un disque de laiton, peut être élevé ou abaissé par une lame que commande une manette extérieure. L’appareil est entouré d’une enveloppe métallique communiquant avec le cadran, avec l’aiguille et avec deux plaques de laiton verticales qui limitent la course de l’aiguille et servent en outre d’armature répulsive. Il est soustrait à toutes les influences extérieures et peut être déplacé sans inconvénient, lorsqu’on a calé la suspension.
- Fig. 1281. — Voltmètre enregistreur F. Hennon.
- L’appareil mobile comprend une tige de fer très doux, terminée par une tige de laiton munie d’un poids. Cette tige porte un étrier horizontal, qui repose par ses arêtes vives dans des trous percés dans un cadre en platinoïde portant une aiguille et suspendu par deux crochets fixes en cuivre rouge. Ce système est équilibré par un contrepoids suspendu à l’extrémité d’un levier. Le mouvement de la tige de fer est rendu bien vertical par la masse de laiton qui la termine. L’appareil est muni en outre d’un petit amortisseur à glycérine ; il est soustrait aux actions extérieures et n’exige qu’un réglage extrêmement simple : il suffit de le placer verticalement, ce qui est réalisé lorsque
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- aiguille s'arrête au 2êro ™ .
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- WATTMÈTRE.
- lées aa et vient s’attacher à un petit ressort spiral r, qui le maintient tendu. Le style enregistreur est relié par une articulation au fil métallique et se déplace lorsque la longueur de celui-ci vient à changer. La quantité de chaleur dégagée, et par suite le déplacement de l’aiguille, donnent la différence de potentiel aux bornes, dont elles sont fonction.
- Comme le courant doit passer d’une façon continue dans l’appareil, la température intérieure s’élève sensiblement, et il est à craindre que les distances des poulies viennent à changer. Cet inconvénient est évité par un compensateur de température. Pour la mise en service, il suffit d’amener l’aiguille au zéro au moyen d’un bouton moleté. L’appareil n’ayant ni capacité, ni self-induction, ni hystérésis, les indications sont les mêmes pour les courants continus ou alternatifs. Le fil peut supporter sans fondre
- Fig. 1284. — Principe du voltmètre Hartmann et Braun.
- une tension double de celle qu’il doit mesurer.
- Voltmètre Hartmann et Braun. — Cet appareil utilise encore la chaleur dégagée par le courant en traversant un fil fin en platine-argent de 0,06 mm. de diamètre et 16 cm. environ de longueur (fig. 1284). Vers le milieu de ce fil, qui est maintenu par deux pinces à ses extrémités, s’attache un fil de laiton vertical m, ayant 0,05 mm. de diamètre et 10 cm. de longueur et dont l’extrémité inférieure est fixe. Enfin un fil de cocon c, qui s’enroule sur une poulie munie d’une aiguille, relie le milieu du fil m à l’extrémité d’un ressort-lame p, dont l’action maintient tendu l’ensemble des trois fils. Lorsque le courant passe, le fil de platine-argent se dilate ; le fil m n’est plus tendu et le ressort p entraîne le fil de cocon, ce qui fait tourner l’aiguille vers la droite.
- Pour rendre leâ indications indépendantes de
- la température extérieure, la plaque qui porte le premier fil se compose de deux parties, l’une d en laiton, l’autre e en fer, et les longueurs de ces deux parties ont été calculées de telle sorte que l’allongement de la plaque soit égal à celui du fil. D’ailleurs, l’épaisseur de ce support a été réduite au minimum, afin qu’il se mette plus vite en équilibre de température. Enfin, l’une des bornes qui soutiennent le fil peut être légèrement déplacée au moyen de la vis s, pour permettre de ramener l’aiguille au zéro, s’il y a lieu. Toutes les bornes sont soigneusement isolées.
- Fig. 1285. — Voltmètre Hartmann et Braun.
- L’axe de l’aiguille porte un disque d’aluminium d’une petite épaisseur (fig. 1285) qui passe, lorsque l’aiguille tourne, entre les branches d’un fort aimant ; cette disposition rend l’appareil suffisamment apériodique.
- Ce voltmètre peut servir pour les courants alternatifs aussi bien que pour les courants continus. Pour les tensions élevées, on ajoute des résistances placées au fond de la boîte.
- Le même appareil peut servir d’ampèremètre, mais on augmente alors le diamètre du fil de platine-argent et on le subdivise en plusieurs sections, qui sont traversées parallèlement par le courant, afin de réduire la résistance. Le courant est amené au fil par des lames d’argent minces et très flexibles. La résistance additionnelle se monte également en dérivation.
- WATTMÈTRE. — Syn. de compteur d’énergie électrique. Voy. Compteur d’électricité.
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- FIN DU SUPPLEME T.
- 8830-94. — Corbeii.. Imprimerie Éd. Crété.
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