Recherches physico-chimiques
TOME 1
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- RECHERCHES
- PHYSICO-CHIMIQUES,
- FAITES A L’OCCASION DE LA GRANDE BATTERIE VOLTAÏQUE DONNÉE FAR S. M. I. ET R. A L'ÉCOLE POLYTECHNIQUE.
- TOME L
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- RECHERCHES
- PHYSICO-CHIMIQUES,
- Faites
- Sur la Pile ;
- Sur la Préparation chimique et les Propriétés du Potassium et du Sodium ;
- Sur la Décomposition de l’Acide boracique ;
- Sur l’Action chimique de la lumière ;
- Sur l’Analyse végétale et animale, etc.
- Par MM. GAY-LUSSAC et THENARD,
- Membres de l’Institut, etc.
- Avec six Planches en taille-douce.
- Chez DETERVILLE, Libraire, rue Haütefeuili.k
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- AU GOUVERNEUR
- AU CONSEIL DE PERFECTIONNEMENT
- l’école impériale polytechnique.
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- INTRODUCTION.
- Il est des temps où l’on cultive les sciences avec plus d’ardeur et de succès que dans d’autres; c’est lorsque, après beaucoup d’années écoulées sans découverte remarquable, il s’en fait une éclatante tout à coup. Alors tous les esprits sont agités; et pressés par le besoin de trouver des vérités nouvelles, ils en cherchent avidement, et en trouvent presque toujours. Quel mouvement ne produisit point la découverte de la pile voltaïque ? quel enthousiasme n’excita-t-elle point? Elle parut, et l’on jugea qu’elle devoit rendre immortel le nom de Volta, déjà célèbre. De toutes parts, on construisit des piles; elles se multiplièrent sous toutes les formes : les sa-vans en étudièrent à l’envi les merveilleux effets : des Sociétés se formèrent dans la seule vue de les observer ; tout le monde voulut les connoître. Dans ce
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- viij INTRODUCTION,
- concours général, les uns perfection-noient un instrument si admirable ; d’autres recherchoient les lois du fluide qui en fait la force; d’autres exami-noient l’action de ce fluide sur les élé-mens des corps; d’autres le voyoient agir dans le sein de la terre, et expli-quoient par-là plusieurs des phénomènes qui s’y passent; d’autres plus hardis le comparoient au fluide qui semble animer tous les êtres vivans; et Yolta, dont le génie avoitproduit.ce beau mouvement, en saisissoit tous les ressorts et voyoit toutes ces choses à la fois. Mais il arriva ce qu’il étoit facile de prévoir; ce mouvement se ralentit peu à peu : il falloit une découverte nouvelle et brillante pour le ranimer ; et cette découverte, c’est Davy qui eut la gloire de la faire. Hisinger et Berzélius venoient de prouver que le courant voltaïque décomposoit les oxides et les acides, en en transportant l’oxigène au pôle positif, et le radical au pôle négatif; et
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- INTRODUCTION. k
- qu’il décomposoit les sels en en transportant l’acide tout entier au premier de ces pôles, et la base à l’autre. Frappé de cette loi de décomposition, Davy s’empressa de la constater, et d’en faire de nombreuses applications. Après avoir soumis les acides, les sels et beaucoup d’autres corps à l’action de la pile, il fut conduit à y soumettre les alcalis : des phénomènes nouveaux et très-remarquables lui apparurent. Au pôle négatif se rassembloient des substances brillantes, métalliques et pourtant très-légères, douées de la singulière propriété de brûler dans l’air avec énergie, et même de s’enflammer sur l’eau : c’étoient le potassium et le sodium. Le bruit de cette découverte ne tarda point à se répandre ; elle étoit si inattendue, qu’on osoit à peine y croire. Enfin, tous les doutes se dissipèrent ; et l’Institut l’annonça publiquement le jour même que, dans une de ses séances, il en couron-noit l’auteur pour des travaux antérieurs
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- x INTRODUCTION,
- et remarquables. Alors on eut générale-ment la plus haute idée de la puissance de la pile. S. M. I. et R., qui sem-bloit avoir pressenti cette puissance en fondant un grand prix auquel pouvoient aspirer les savans de toutes les nations, voulut que la France possédât une pile plus forte que toutes celles qui existaient à cette époque, et qu’on recherchât si les élémens que les agens ordinaires n’a-voient pu encore séparer, céderoient à cet agent extraordinaire. A cet effet, elle assigna des fonds sur son trésor royal; en confia l’emploi à S. Exc. le comte de Cessac, gouverneur de l’Ecole polytechnique; et fit don de cette grande pile à cette école même qiÿ, outre un chef éminent, compte tant d’hommes d’un rare mérite dans son conseil de perfectionnement, tant de professeurs célèbres, et tant d’élèves qui le sont déjà. Une commission fut nommée pour surveiller cet important travail : nous fûmes désignés pour l’exécuter; et bien-
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- INTRODUCTION. xj
- tôt une batterie de six cents plaques de près de neuf décimètres carrés, et d’autres d’une dimension beaucoup plus petite, furent construites.
- Cependant, tandis que tout se prépa-roit pour leur construction, nous'faisions des recherches quiserattachoient immédiatement à notre but principal. On ne pouvoit obtenir avec la pile que très-peu de potassium et de sodium; il étoit de la' plus haute importance d’en obtenir de grandes quantités, soit pour en étudier les propriétés, soit pour s’en servir à l’avenir comme réactifs : c’étoit même à ce résultat qu’on devoit le plus s’efforcer de parvenir. Nous fîmes des expériences dans cette vue, et le succès dépassa promptement nos espérances. Certains de nous procurer ces deux métaux abondamment et facilement, nous résolûmes d’en examiner jusqu’aux moindres propriétés, et de suivre en même temps sur la pile les recherches dont on nous avoit chargés. Ces deux
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- xi/ INTRODUCTION,
- genres de travaux furent commencés le 7 mars ]8o8, et suivis avec ardeur jusque dans ces derniers temps: l’un, pour ainsi dire, neuf, devoit nous offrir beaucoup de phénomènes nouveaux ; l’autre, exploité par beaucoup d’habiles physiciens, ne devoit nous en offrir qu’un petit nombre : c’est ce que nous avions prévu et ce qui est arrivé. Maintenant que toutes nos observations sont terminées et qu’elles n’ont encore paru que par extrait dans les journaux scientifiques, nous croyons devoir les réunir dans l’ouvrage que nous offrons aujourd’hui au public.
- Cet ouvrage est en deux volumes, et accompagné de six planches, dessinées par M. Girard et gravées par M. Adam. Il est divisé en quatre parties : la première renferme les résultats des expériences que nous avons faites sur la pile ; la seconde a pour objet la préparation du potassium et du sodium, par. les procédés chimiques, et les phénomènes
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- INTRODUCTION. xüj que présentent ces deux métaux mis en contact avec les divers corps de la nature; la troisième se compose principalement de recherches sur les acides fluo-rique, muriatique et muriatique oxi-géné, et sur la manière dont la lumière agit dans les phénomènes chimiques ; la quatrième est relative à l’analyse des substances végétales et animales. En jetant un coup-d’œil sur la table des matières, on prendra une idée de ce que chacune de ces parties renferme.
- Nous nous sommes souvent occupés des mêmes recherches que M. Davy ; nous avons dû par cela même nous efforcer d’en citer les dates : nous l’avons fait, au commencement ou à la fin de chaque chapitre, en rapportant pour celles qui lui sont propres, comme pour celles qui nous appartiennent, le jour où elles ont été lues, celui où elles ont été publiées, et les journaux scientifiques où elles ont été imprimées. Si nous avons commis quelques erreurs dans ces
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- ïîv Introduction.
- citations, nous prions nos lecteurs de croire qu’elles sont involontaires. Nous avons aussi cherché à montrer clairement les différens points sur lesquels nous ne pensons point comme le célèbre chimiste anglais : nous avons même fait un tableau de nos opinions respectives, afin qu’on puisse les examiner et les juger comparativement. Enfin, comme tous les phénomènes que présentent le potassium et le sodium sont susceptibles de s’expliquer plus ou moins bien, soit en regardant ces métaux comme des corps simples, soit en les regardant comme des hydrures, nous avons cru devoir rassembler, à la fin de notre ouvrage, toutes les raisons qui sont en faveur de ces deux hypothèses, pour qu’on choisisse celle qui paroîtra la plus probable. Nous n’osons point donner comme vrais tous les résultats que nous rapportons, parce qu’ils sont très-nombreux et que malgré tous les soins que nous avons employés pour trouver la vé-
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- INTRODUCTION. xv
- ri té, elle a pu nous échapper. Cependant nous devins dire que toutes les expériences qui leur servent de base, ont été répétées au moins deux fois, souvent quatre àcinq, et quelquefois plus de vingt. La classe des Sciences mathématiques et physiques de l’Institut a bien voulu charger une commission de lui faire un rapport sur notre ouvrage. Ce rapport, rédigé par un des membres les plus illustres de la classe, offrant un résumé précis et fidèle de nos travaux, et renfermant d’ailleurs des observations propres au rapporteur lui-même, nous avons cru devoir l’insérer à la fin du second volume j convaincus qu’il sera aussi instructif pour nos lecteurs qu’il est honorable pour nous.
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- RECHERCHES
- PHYSICO-CHIMIQUES.
- PREMIÈRE PARTIE.
- RECHERCHES SUR LA PILE.
- 1. IN^otre premier soin dans ces recherches , a dû être de nous occuper de la construction de la grande batterie que l’Ecole polytechnique doit à la munificence de S. MV I. et R. Cette batterie dont nous allons donner la description, est composée de six cents paires carrées. Chaque paire formée de l’as-semliîage de deux plaques, l’une de cuivre, du poids d’un kilogramme, et l’autre de zinc, du poids de trois kilogrammes, a trois décimètres de côté : la surface d’une plaque est par conséquent de neuf décimètres car-
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- a CONSTRUCTION DE PILES
- rés (près de onze pouces); et celle de toute labatteriede cinquante-quatre mètres carrés (environ cinq cents pieds). Nous avons mieux aimé avoir moins de plaques, et leur laisser plus de surface, parce qu’après en avoir étudié les effets, il nous étoit facile, en les coupant, d'en augmenter le nombre à volonté. D’un autre côté, la manière accoutumée de construire les piles dont les plaques sont d’une grande dimension, étant très-dispendieuse, nous avons cru devoir, après plusieurs essais, employer de préférence la construction suivante qui se fait à peu de frais. «
- 2. Les plaques ne sont point contenues dans des caisses ; elles sont supportées par un tréteau, et maintenues par un châssis portant à l’une de ses extrémités deux vis au moyen desquelles on peut les serrer à volonté. Elles ne touchent le bois nulle part ; elles en sont isolées'par des baguettes de verre, et du mastic composé de quatre parties de brique pilée, trois de résine et une de cire jaune. Pour former les auges, ou espace compris entre une paire et la paire voisine , on a séparé les plaques les unes de6
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- LARGES PLAQUES,
- autres, par de petites baguettes de bois bien sec, trempées dans le mastic, et épaisses de quatre millimètres. C'est contre la face du châssis opposée à celle où sont les vis, qu’on pose la première plaque; ensuite, on applique le long de son bord inférieur et de ses deux bords latéraux, trois des baguettes dont on vient de parler, et l’on place une seconde plaque que l’on serre contre la première. Si le mastic dont ces baguettes sont imprégnées ne se solidifie pas trop promptement, on peut placer quatre, six, huit plaques et même plus, avant de les serrer. On continue ainsi successivement jusqu’à ce qu’on ait placé les cent plaques qui doivent composer une pile. Alors, on applique du mastic avec un pinceau sur sa face inférieure et ses deux faces latérales; on en couvre soigneusement les bords de toutes les plaques et toutes les baguettes , et on l’unit àvec un fer chaud : puis, afin de pouvoir verser dans les auges prornp-, tement et facilement, le liquide qui doit les remplir et mettre la pile en activité, on établit sur sa partie supérieure un rebord de quatre centimètres ; de sorte qu’une des
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- auges étant pleine, l’excédent passe dans la suivante.
- 3. La pile ainsi construite, il est évident qu’à cause de son poids et de son peu de solidité, on ne peut la retourner sans la détruire. C’est.ce qui fait que pour la vider aisément, nous avons fait percer dans toutes les plaques, un petit trou de sept à huit millimètres de diamètre, immédiatement au-dessus du milieu des baguettes horizontales qui forment le fond des auges. On a eu grand soin de mettre tous ces trous dans la même direction ; ce qui a été facile, au moyen d’une tige cylindrique de fer. Cette tige qui sert ainsi de régulateur dans la construction de la pile, en est retirée lorsque la pile est construite. Il en résulte à la vérité que les auges étant pleines, elles communiquent entre elles, par le petit cylindre liquide qui se substitue à la tige, d’où il suit que l’effet de la pile est diminué; mais il l’est d’une quan-* tité si petite, qu’on pourrait n’y faire aucune attention. Cependant pour ne rien perdre , ou pour ne perdre que le moins possible de cet effet, on a remplacé la tige de
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- À LARGES PLAQUES.' 5
- fer par une tige de baleine vernissée, qui, s’enfonçant dans cette série de trous, intercepte toute communication, et rétablit l’isolement.
- 4. Les communications sont établies d’une pile à l’autre, par de gros fils de laiton soudés à des plaques aussi de laiton, et dont chacune a les mêmes dimensions en longueur et largeur que l’auge dans laquelle elle plonge. Quant aux fils dont on se sert pour soumettre les corps à l’action de la batterie, et par lesquels on peut, à-volonté, en faire communiquer les deux pôles , ils sont ordinairement de platine. Tantôt ils sont soudés comme les autres avec des plaques de laiton, et tantôt ils plongent simplement d’un décimètre environ dans un tuyau métallique, rempli de mercure , et soudé avec une plaque de la pile : cette seconde manière d’établir les communications est même plus commode et plus ample que la première.
- 5. Pour remplir les auges, on a autant de tonneaux que de piles, contenant alternativement une liqueur-; acide et de l’eam Chaque tonneau plein d’acide, porte deux
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- gros syphons de plomb qu’on amorce d’avance , et qui doivent remplir chacun une pile. Lorsqu’on veut opérer, on ferme avec des bouchons les deux trous qui sont aux extrémités dechaque pile ; on met au même instant tous les syphons en jeu ; et en moins de deux minutes , l’appareil est rempli. Cela fait, on ôte promptement l’un des deux bouchons pour placer la tige de baleine dont nous avons parlé. Ensuite on procède à l’expérience; et lorsque la pile est épuisée en partie, on la vide à la fois par les deux bouts en retirant et la baleine et l’autre bouchon : le liquide de chaque pile, est reçu dans un conduit particulier qui le verse dans un autre commun à tou tes, au moyen duquel on le recueille ou on le rejette. Enfin, après l’expérience, on porte les syphons dans les tonneaux pleins d’eau ; et on lave avec cette eau toutes les piles à plusieurs reprises.
- 6. Telle est l’idée générale qu’on doit se former de notre grande batterie voltaïque. On a pu remarquer que la construction en est simple et .peu dispendieuse, et que la manoeuvre en est très-facile et très-
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- ’Ji PETITES PLAQUES. 7
- prompte: ce qui est bien important port? mettre à profit son maximum d’effet ; car son énergie diminue avec une rapidité extraordinaire. On trouvera plus de détails sur cette construction dans les planches qui sont à la fin de ce volùme, et dans la description qui les accompagne.
- 7. Une semblable batterie ayant une grande capacité, il faut beaucoup d’acide pour la remplir et la mettre en activité ; et dès-lors j son emploi devient très-dispendieux. D’ailleurs', il est un grand nombre de circonstances où il n’est pas nécessaire d’avoir des plaques très-larges, parce qu’on ne gagne pas beaucoup à multiplier les surfaces. C’est pour cette raison que nous avons construit des piles d’une petite dimension, dont les plaques n’ont chacune que quarante-huit centimètres de surface,
- pi. 3, fig. 1 et 2.) Leur petitesse permettant de les retourner facilement, nous avons adopté pour ces nouvelles piles, une autre construction que pour les précédentes.
- 8. Nous avons pris de petites caisses de bois de chêne un peu plus profondes et plus larges que les plaques, et nous en avons
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- 8 CONSTRUCTION DE PILES
- recouvert le fond d’une couche de mastic d’environ cinq millimètres d’épaisseur. Les plaques ont été séparées les unes des autres par des tubes de verre d’un seul morceau, trempés dans le mastic, et appliqués pendant que ce mastic étoit encore liquide. L’espace intermédiaire entre la pile et les parois de la caisse a été rempli de ce même mastic : de sorte que la pile étoit parfaitement isolée dans tous les sens : les caisses ont ensuite été peintes pour empêcher l’humidité de les pénétrer et de les tourmenter. C’est ainsi qu’on a construit douze petites piles qui renferment, chacune, cent vingt-cinq paires ; et qui, par leur réunion, formen t une batterie de quinze cents paires. Elles sont toutes disposées sur deux tables légèrement inclinées en sens contraire, munies de rebords sur trois de leurs côtés et d’une rigole commune sous le quatrième, qui est . celui vers lequel elles' penchent. On verse avec une casserole le liquide dont on les remplit, et on les vide en les retournant sens dessus dessous. L’excès du liquide dans le premier cas , et sa totalité dans le second, sont reçus par la rigole qui le transmet dans
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- A PETITES PLAQUES.' 9
- Ses réservoirs séparés. D’ailleurs, les communications sont établies entr’elles de même qu’entre les piles de la grande batterie.
- Enfin, nous avons aussi construit pour des expériences particulières, mais seulement avec du verre et du mastic , de petites piles de vingt-deux paires. Ces petites piles ont cela de particulier , qu’étant très-légères, elles sont encore plus faciles à manœuvrer que les autres. Toutes, au reste, peuvent être démontées aisément ; il suffit , pour cet effet, de les remplir d’eau bouillante : le mastic sera mollissant très-promptement, permet de séparer les plaques sans aucun effort; et comme il n’a point éprouvé d’altération , on peut l’employer de nouveau.
- g. Aussitôt que ces diverses piles ont été construites, nous nous sommes empressés de répéter les belles expériences de M. Davy, et d’en tenter de nouvelles : mais ce champ avoit été déjà parcouru avec tant de succès, soit par cet excellent physicien, soit par les chimistes allemands, que nous ne pouvions espérer d’y faire des découvertes remarquables. Nous ne ferons pas mention
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- ÎO CAUSES QUI FONT VARIER!
- de toutes les tentatives que nous avons faites; nous ne parlerons que de celles dont les résultats nous paraissent mériter quel-qu’attention. Elles sont de trois sortes : les unes sont relatives à la détermination des causes qui font varier l’énergie de la pile; les autres sont relatives à la connoissance de l’action de notre grande batterie sur un certain nombre de corps; enfin, les dernières ont pour objet la production et les propriétés principales de l’amalgame ammoniacal, et les moyens qu’on peut employer pour analyser cet amalgame, et démontrer qu’il est formé de mercure, d’hydrogène et d’ammoniaque.
- CAUSES QUI FONT VARIER L’ENjERGIE DE LA PILE.
- 10. Les diverses circonstances de l’équilibre du fluide électrique dans la pile de Volta, ont été parfaitement discutées dans un rapport de la commission nommée par l’Institut, pour lui rendre compte des grandes découvertes de l’illustre physicien de Pavie. Les causes qui font varier l’énergie d’une pile, n’ont pas été, à beaucoup près,
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- L’ÉNERGIE DE LA PILE. 11
- aussi bien analysées. Quelques physiciens pensent que cette énergie, toutes choses égales d’ailleurs, dépend uniquement de la conductibilité des dissolutions salines. D’autres , à Ta tête desquels on doit placer M. Wollaston, l’attribuent, au contraire, à l’action chimique de ces dissolutions, et surtout à l’oxidation des métaux. L’explication qu’en donne M. Davy dans un Mémoire qui a été couronné à l’Institut (i), tient en quelque sorte le milieu entre les deux explications précédentes. Suivant lui, l’énergie électrique des métaux, les uns par rapport aux autres, et celle des autres substances qui composent la pile, sont les causes qui troublent l’équilibre électrique,- et c’est la grande tendance des différens agens chimiques à être attirés les uns par les surfaces négatives, les autres par les surfaces positives, qot$le rétablit.
- Ce point de théorie ne nous paroissant pas suffisamment éclairci, nous avons voulu l’examiner, et nous allons faire connoître dans les articles suivans les diverses expé-
- (i) Philos. Trans. 1807.
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- CAUSES QUI FONT VARIER
- 'Ifl
- riences qui ont fixé notre opinion à cet égard.
- 'Exposé des moyens employés pour mesurer ïénergie chimique de la pile.
- 11. On doit distinguer l’énergie électrique d’une pile de son énergie chimique ; elles ne sont pas toujours dans le même rapport, et la connoissance de l’une ne conduit pas nécessairement à celle de l’autre. Une pile de quatre-vingts paires décompose la potasse ou la soude, au moment où elle vient d’être montée avec un acide; tandis qu’une pile de six cents paires montée avec de Peau, ou même avec une dissolution de sulfate de soude, ne produit point le même effet, quoiqu’ayant une tension bien plus considérable. D’une autre part, on observe une très-grande différence dans les effets d’une pile, en faisant plonger deux fils de platine communiquant avec ses pôles, dans de l’eau pure ou dans une eau qui tient en dissolution un sel, un alcali ou un acide; car on obtient plus de gaz, lorsque l’eau contient un sel que lors-
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- L’ÉNERGIE DE LA PILE. l5
- qu’elle est pure, plus encore lorsqu’elle est très - acide que lorsqu’elle l’est peu. Or, comme on sait que les acides sont meilleurs conducteurs que les alcalis et les sels, et que ceux-ci sont meilleurs conducteurs que l’eau, nous avons pensé que ces résultats dépendoient de la conductibilité plus ou moins grande de ces divers liquides, et nous nous en sommes assurés de la manière sui-
- 12. Nous avons rempli d’acide sulfurique très-foible, une pile à auges de vingt paires seulement, chacune de quarante-huit centimètres de surface. Les deux fils de platine qui dévoient établir une communication entre les deux pôles de cette pile, entroient dans un entonnoir par son bec ; ils y étaient scellés à la distance l’un de l’autre d’environ un centimètre, et plongoient chacun , par leur partie inférieure, daps un tube de çuivre rempli de mercure et soudé à un gros fil de même métal en communication directe avec les extrémités de la pile elle-même. ( Voyez pl. 3, fig. 5. ) L’entonnoir 6ervoit à contenir le liquide soumis à l’expérience ; et une petite cloche sous laquelle
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- ï 4 CAUSES QUI FONT VARIER
- entroient les deux fils de platine, y rece-voit le gaz provenant de la décomposition de l’eau. Nous devons faire observer que nous avons borné la durée de chaque expérience à vingt minutes, parce qu’il nous a paru que ce temps étoit suffisant pour que l’acide des auges fût saturé, et l’énergie de la pile considérablement affoiblie.
- 13. Avec cet appareil, et en ayant égard aux circonstances que nous venons d’indiquer , nous avons trouvé que lorsque l’entonnoir étoit rempli d’eau d’Arcueil, qui contient un peu de carbonate de chaux en dissolution, on obtenoit constamment dix à onze parties de gaz; et que lorsqu’il étoit successivement rempli d’acide sulfurique, d’acide nitrique et d’acide muriatique très - étendus, on obtenoit quarante-quatre à quarante-huit parties de gaz (i).
- Plusieurs dissolutions salines concentrées nous ont offert à peu près les mêmes résultats que les acides foibles ; mais lorsqu’elles étoient étendues de beaucoup d’eau,
- (i) Cent vingt-trois parties équivalent à un centilitre.
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- L’ÉNERGIE DE LA PILE. 1 5
- elles ne donnoient plus lieu qu’à un foible dégagement de gaz.
- 14. La quantité de gaz qui se développe dans chaque expérience, ne dépend pas seulement de la conductibilité du liquide contenu dans l’entonnoir; mais elle dépend aussi de la nature et du dégré de concentration du liquide dont on remplit les auges. En effet, on a obtenu deux cent vingt-six parties de gaz, en remplissant* la pile et l’entonnoir d’acide nitrique : mais on en a obtenu moins, en affaiblissant l’acide de la pile seulement, et d’autant moins qu’on l’a rendu plus foible; à tel point, qu’en y substituant de l’eau, on n’en a plus obtenu qu’une très-petite quantité. Il est difficile d’employer de l’acide sulfurique pour ces sortes d’expériences, parce que cet acide produit avec les plaques, pour peu qu’il soit fort, une effervescence qui fait sortir le li-quide des auges et empêche les résultats d'être comparables : inconvénient que l’acide nitrique n’offre point
- 15. Convaincus par ces diverses expériences que la quantité de gaz qu’on obtient, est d’autant plus grande, toutes choses éga-
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- l6 CAUSES QUI FONT VARIER'
- les d’ailleurs, que les dissolutions acides ou salines sont meilleurs conducteurs , nous avons pris cette quantité pour mesure des effets chimiques de la pile. Nous ne prétendons cependant pas qu’elle soit proportionnelle aux pouvoirs conducteurs; nous la regardons seulement comme très-propre à les classer les uns part rapport aux autres. Expériences qui démontrent que l’énergie de la pile est plus grande avec un mélange d’acide et de sel qu’avec un acide
- 16. Nous avons pris d’abord un certain volume d’acide sulfurique foible , contenant d’acide concentré ; puis, deux autres volumes égaux, l’un d’eau, l’autre du même acide, dans chacun desquels on a dissous la même quantité de muriate de soude. On a ensuite monté successivement la pile avec chacun de ces liquides, et on a répété trois fois la même expérience. L’acide de l’entonnoir étoit de l’acide nitrique étendu de deux fois son volume d’eau. Voici la moyenne des résultats de chaque expérience.
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- L’ÉNERÇIE DE
- On voit par ces résultats que le mu-riate de soude ajouté aux acides augmente considérablement les effets de la pile : il est très-remarquable, que ce sel ne produisant qu’un effet exprimé par onze ou douze parties de gaz, il augmente celui de l’acide de près de cent.
- Expériences tendantes éprouver que les effets chimiques de la pile sont proportionnels à la force de Vacide avec lequel on la met en activité.
- 17. Nous avons fait plusieurs mélanges d’eau et d’acide nitrique dans diverses proportions : le premier contenoit fs de son volume d’acide nitrique du commerce; le second ^ ; le troisième —, et le quatrième Le liquide de l’entonnoir étoit
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- 18 CAUSES QUI FONT VARIER
- de l’acide nitrique ordinaire étendu de trois parties d’eau.
- Pile montée Pile montée Pile montée Pile montée
- avec l’acide, avec l’acide, avec l’acide, avec l’acide,
- n-i. n» a. n» 3. n° 4.
- 79 Parlies i59 3a4 443
- 85 i46 3oi 4*3
- 8a i5a,5 312,5 433
- D’après les résultats des trois premières expériences, les effets de la pile sont à très-peu près proportionnels à la force de l’acide; mais d’après ceux de la quatrième, ils s’écartent de cette loi. On peut présumer que cet écart est du à ce que l’acide de l’entonnoir assez bon conducteur dans les trois premières expériences, ne l’étoit plus assez dans la quatrième. En effet, en le rendant beaucoup plus fort, on a Obtenu 582 parties de gaz, au lieu de 453; et en le rendant au contraire beaucoup plus foible, on a obtenu seulement 257 parties. Par con-
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- L’ÉNERGIE DE LA PILE. ïg
- séquent, si on ne peut conclure généralement que les effets de la pile sont proportionnels à la force de l’acide, on ne peut s’empêcher au moins d’admettre qu’ils ne s’éloignent pas beaucoup de ce rapport, lorsque l’acide des auges est foible et que le liquide de l’entonnoir est un bon conducteur.
- Expériences faites pour savoir si la partie des fils plongée dans le liquide de l’entonnoir, étant plus ou moins longue, il se dégage plus ou moins de gaz.
- PREMIÈRE SÉRIE.
- 18. L’acide dont nous nous sommes servis pour monter la pile, étoit composé de quarante parties d’eau et d’une partie d’acide nitrique du commerce; celui de l’entonnoir étoit le même que dans les expériences précédentes. Les fils de platine que l’on a employés , avoient chacun huit centimètres de longueur.
- Résultat moyen de cinq expériences ; 149 parties de gaz.
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- CAUSES QUI FONT VARIER
- DEUXIÈME SÉRIE.
- Les deux fils de platine qui avoient huit centimètres de longueur dans les expériences de la précédente série, ont été réduits à quatre centimètres dans celles-ci: toutes les autres circonstances sont restées les mêmes.
- Résultat moyen de cinq expériences; i56 parties.
- TROISIÈME SÉRIE.
- Les fils ont été réduits au quart de leur longueur primitive : alors le»effets ont diminué très-sensiblement; car la moyenne dô cinq expériences n’a été que de 65 parties. Mais ayant rendu l’acide de l’entonnoir beaucoup plus fort, nous avons obtenu 169 parties : d’où l’on voit quo^ lorsque le liquide de l’entonnoir est assea bon conducteur relativement à l’acide des auges, on n’augmente pas les effets de la pile en augmentant la longueur des fils au-delà d’un certain terme; et que, lorsqu’ils sont très-courts, on peut suppléer à
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- L’Énergié de la pile. a 1
- leur longueur par la force de l’acide dans lequel ils plongent.
- Expériences sur le rapport de conductibilité des acides, des alcalis et des sels.
- 19. On a pris d’abord de l’acide nitrique foible que nous désignons par A; on l’a étendu d’un volume d’eau égal au sien, et on s’en est servi pour remplir l’entonnoir. L’acide des auges étoit composé de seize parties d’eau , et d’une partie d’acide nitrique ordinaire. Trois expériences consécutives ont donné pour résultat total 827 parties de gaz.
- D’une autre part, on a pris une dissolution de soude pure, telle qu’à volume égal elle saturoit l’acide nitrique A : on l’a aussi étendue d’un .volume d’eau égal au sien; et l’entonnoir en ayant été rempli, on a fait trois expériences consécutives qui ont produit ensemble 51 o parties de gaz.
- Enfin, on a mêlé ensemble à volume égal de l’acide et de l’alcali, tels qu’ils étoient, l’un et l’autre, avant d’avoir été étendus d’eau. Il en est résulté une dissolution saline
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- 2 2 CAUSES QUI FONT VARIER
- parfaitement neutre, dans laquelle il y avoit la même quantité d’eau que dans les dissolutions acide et alcaline des expériences précédentes ; et après en avoir rempli l’entonnoir , on a trouvé pour résultat total de trois expériences, 2 25 parties de gaz.
- Il est donc manifeste que l’acide est meilleur conducteur que l’alcali, lorsqu’ils sont, l’un et l’autre, en telle quantité dans l’eau que sous des volumes égaux ils se neutralisent complètement; et que l’alcali est meilleur conducteur que le sel qui en résulte. D’autres essais que nous avons faits avec là potasse, l’acide sulfurique et l’acide muriatique , nous ont donné des résultats analogues.
- Expériences qui font connaître les effets
- de la pilé relativement aux quantités de
- sels, mises dans Ventonnoir.
- 20. Le liquide des auges contenoit 7^d’acide nitrique du commerce ; celui de l’entonnoir, pour la première expérience, étoit une dissolution de sulfate de soude; pOür là seconde, cette dissolution avoit été étendue d’un volume d’eau égal au sien, et ainsi
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- L’ÉNERGIE DE DA PILE. â5
- 3 : de sorte que les quantités de sel at la progression géométrique dé-lte l.T.i. T> Tf*etc-
- Surpris qu’une aussi petite quantité de sulfate de soude que celle employée dans la neuvième expérience, donnât encore à l’eau la propriété de fournir beaucoup de gaz, nous avons mis dans l’entonnoir de l’eau bouillie et parfaitement pure ; mais alors nous n’avons pas obtenu assez de gaz, même pendant l’espace de plusieurs heures, pour l’évaluer à une partie. Cette expérience répétée plusieurs fois, nous a pré-
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- s4 CAUSES QUI FONT VARIER
- senté constamment les mêmes résultats. La pile qui servoit à ces expériences n’étoit que de vingt couples; avec une de six cents, les résultats n’ont pas été beaucoup plus sensibles. Concluons de là, que l’eau pure est un trop mauvais conducteur du fluide électrique pour pouvoir être décomposée par ce fluide ; mais qu’il suffit qu’elle contienne une très-petite quantité d’un sel quelconque, pour le laisser passer plus librement, et éprouver une décomposition très-marquée.
- 21. Ces expériences expliquent pourquoi on a obtenu des quantités très-variables de gaz, en décomposant l’eau par la pile de iVolta. La chaleur contribue aussi, mais beaucoup moins que les sels, à rendre ces quantités de gaz variables. Nous avons mis dans l’entonnoir de l’eau qui ne contenoit qu’une très-petite quantité de sel, et dont la température étoit de douze degrés : en vingt minutes, nous avons obtenu 38 parties de gaz; et lorsque la température de l’eau a été portée à cinquante-cinq degrés, nous en avons obtenu 68 parties dans le même espace de temps.
- 22, Les résultats que nous avons obtenus
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- L’ÉNERGIE DE LA PILE; 25
- avec les dissolutions de sulfate de soude à diverses densités, montrent que les effets de la pile sont d’autant plus grands, ou qu’il y a d’autant plus d’eau décomposée que la dissolution saline est plus forte. Pour savoir d’une manière plus exacte si ces effets ne suivoient pas un rapport déterminé avec la quantité de sel dissous dans l’eau, nous avons fait une nouvelle expérience. Nous nous sommes servis d’une pile de vingt paires seulement, et nous l’avons montée avec un liquide composé de vingt mesures d’eau et d’une'mesure d’acide nitrique du commerce. La dissolution de sulfate de soude étoit saturée etavoit une densité de 1,0747. Après une forte évaporation à sicci-té, 15 66ra“-,745 de cette dissolution ont laissé un résidu de 12^nm-,5o2 : l’eau en contenoit par conséquent 0,0784. Après la première expérience, on a étendu la dissolution d’un volume d’eau égal au sien, et ainsi de suite.
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- 26
- CAUSES QUI FONT VARIER
- NUMÉROS Quantité de sul- . f.te de .onde tenu dam la RÉSULT. MOY. EXPÉRIENCES. Réault. calculé en supposant les quant, de gaz proportionnel- bes des quant, de sel.
- t ' 0,0784 23o a3o
- 0,0392 186 18a
- 3 0,0196 157 .44
- 4 0,0098 118 115
- 5 0.0049 93 9‘
- 6 64 72
- 9 o.ooo3 33 3i
- On voit que la dissolution de sulfate de soudé est un conducteur d’autant moins bon, ou donne d’autant moins de gaz, qu’elle s’éloigne davantage du point de saturation; qu’il s’en faut de beaucoup que cette dissolution donne deux fois moins de gaz, lorsqu’elle contient deux fois moins de sel : et que cet effet n’a lieu que quand elle en contient huit fois moins ; ainsi qu’on peut le remarquer, en comparant les résultats obtenus par le calcul dans cette hypothèse , et ceux que donne l’expérience.
- Déjà on a pu observer cette loi dans la plupart des nombres de la série précé-
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- L’ÉNERGIE DE LA PILE. 27
- dente (20), quoique les expériences dont ils dérivent n’aient point été faites avec la même précision que celles-ci. Par conséquent , on ne s’écartera pas beaucoup de la vérité, en disant que pour produire dans le même temps, avec deux dissolutions de sulfate de soude, deux quantités de gaz doubles l’une de l’autre, il faut que la première contienne en général huit fois autant de sel que la seconde; et qu’ainsi les quantités de gaz qu’on obtient avec les diverses dissolutions de sulfate de soude croissent comme les racines cubes des quantités de sel qu’elles contiennent.
- 23. Il étoit à présumer, d’après ces résultats, que lés autres sels suivroient une loi analogue ; mais l’expérience nous a bientôt démontré le contraire. Une dissolution sà-turée de sulfate de magnésie nous a donné les résultats suivans :
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- CAUSES QUI FONT VARIER
- Les nombres 86, 55, 45 -et 24, ne présentent aucune loi.
- Une dissolution saturée de nitre nous a offert des résultats encore plus singuliers; car la quantité de gaz bien loin de diminuer à mesure que la quantité de sel devenoit de plus en plus foible, a, au contraire, été en augmentant. Dans une expérience pour laquelle on s’est servi d’une dissolution saturée de nitre, on n’a obtenu que 28 parties de gaz ; et lorsque la dissolution a été étendue d’un volume d’eau égal au sien, on en a obtenu 47. On a observé à la vérité qu’il se dégageoit plus de gaz au fil positif qu’au fil négatif; et que , conséquemment, l’hydrogène avoit dû agir sur les élémens de l’acide nitrique : mais ces divers résultats
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- L’ÉNERGIE DE LA FILE. SÇ)
- ne tendent pas moins à prouver que la propriété conductrice des dissolutions salines, si toutefois ces effets en dépendent, ne suit aucun rapport déterminé avec leur densité. Cependant on. pourroit les concevoir, dans le cas où on admettroit ce rapport , en observant que les sels cristallisés sont, en général, de mauvais conducteurs, et qu’en se dissolvant dans l’eau, leur conductibilité augmente en même temps que celle de l’eau. En effet, il seroit possible qu’il y eût entre l’eau et le sel un point de saturation pour lequel la propriété conductrice fût à son maximum, et qu’à partir de ce point on pût observer quelque loi régulière semblable à celle que nous a présentée le sulfate de soude. C’est un objet qui seroit digne de nouvelles recherches..
- Expériences propres à déterminer les effets de la pile relativement au nombre et à la surface des plaques qui la composent.
- 2 4. L’acide des auges qui devoit rester le même pour de grandes et de petites piles, étoit assez foible j celui, de l’entonnoir étoit.
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- CAUSES QUI FONT VARIER
- au contraire, assez fort pour être bon conducteur avec des piles très-différentes.
- NOMBRE DJÎS »UQU«S, RÉSULTAT MOYEN DE DEUX ExriEIENCES. Résultat calculé eu supposant les quantités de gaz proportionnelles à la racine cube du nombre des plaques.
- 5 2l4 2.4
- 3o 264 269
- 1 60 3?i 34o
- 120 412 428
- Dans une seconde expérience où nous avons fait varier l’acide des auges, nous avons obtenu 184 parties de gaz avec une pile de 120 paires, et 87 parties avec une pile de 15 paires.
- Dans une troisième expérience où la liqueur des auges étoit composée de 3 g parties d’eau et 1 d’acide nitrique, une pile de i5 plaques a donné iq.5 parties de gaz, et une pile de 3o plaques, 180.
- Enfin, dans une quatrième expérience où la liqueur des auges et de l’entonnoir étoit de l’eau tenant une très-petite quantité de sel en dissolution, une pile de 120 paires a donné 5 g parties ue gaz en vingt-
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- L’ÉNERGIE
- quatre heures ; et huit autres piles semblables réunies bout à bout, n’en ont produit dans le même temps que 120.
- D’après ces résultats, il,est évident que les effets de la pile, mesurés par la quantité de gaz que l’on obtient, sont bien éloignés d’augmenter dans le même rapport que le nombre des paires. Dans la première expérience, l’effet n’a pas été doublé, lorsque le nombre des paires est devenu double; il ne l’a été que quand ce nombre est devenu huit fois plus grand. La seconde, la troisième et la quatrième expérience ont donné des résultats qui ne s’écartent pas sensiblement de cette loi; car, dans la seconde expérience, par, exemple, i5 paires ayant donné 87 parties, 120 paires ont donné 184parties qui ne diffèrent pas beaucoup de 87 8 = 174;
- et dans les deux autres, la différence est encore moins sensible. Il paroît donc que les effets de la pile, mesurés par la quantité degaz qu’elle produit, s’éloignent peu d’être proportionnels à la racine cubique du nombre des plaques.
- 2 5. On peut tirer de là une conséquence
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- 0 2 CAUSE3 QUI FONT VARIER
- très-importante. Supposons qu’une pile de 20 paires ait la faculté de décomposer un corps tel que l’eau ; il est évident qu’il vaudra mieux faire agir des piles séparées, chacune de 20 paires, que de les réunir bout à bout. Dans le premier cas, l’effet total sera proportionnel au nombre des piles; et dans le second, il seroit seulement proportionnel à la racine cubique de ce nombre. Il y a donc beaucoup de cas dans lesquels il est préférable de n’employer que de petites piles : il en est pourtant plusieurs dans lesquels on doit employer des piles très-grandes ou formées d’un grand nombre de paires; on doit le faire surtout lorsqu’il s’agit de séparer des élémens qui ne peuvent céder qu’à une force répulsive considérable.
- L’emploi d’un grand nombre de paires est encore nécessaire, lorsqu’un corps se détruit facilement par le contact de l’air, et qu’on veut s’en procurer de suite avec la pile une quantité un peu considérable. Ainsi on décompose bien la soude et la potasse avec très-peu de paires ; mais le potassium et le sodium s’oxidenl à mesure qu’ils pa-
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- L’ÉNERGIE DE LA PILE. 33
- roissent : et le seul moyen qu’on ait d’en prévenir sûrement l’oxidation, est de les combiner avec le mercure, comme le docteur Seebeck l’a fait le premier, en mettant l’extrémité du fil négatif en contact avec ce métal.
- 26. Il étoit essentiel de déterminer quel rapport il y a entre les effets de la pile et la surface des paires qui la composent: à cet effet, nous avons pris deux piles de 20 paires, dont la surface de l’une étoit à celle de l’autre comme x à 19,7. L’acide avec lequel elles ont été chargées, étoit composé d’environ 40 parties d’eau et x d’acide nitrique: celui de l’entonnoir étoit beaucoup plus fort ; il n’étoit étendu que de trois parties d’eau. La distance entre les plaques dans chaque pile n’étant pas exactement la même, nous avons pris la capacité des auges: et ayant trouvé que celle des petites étoit à celle des grandes comme l à 22,2 , nous avons dû multiplier par l’effet de la grande pour le comparer à celui de la petite; car il a été prouvé (j 7) que les effets d’une pile, toutes choses égales d’ailleurs, sont proportionnels à la quan-1. 3
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- 34 CAUSES QUI FONT VARIER
- tité d’acide employée pour la mettre en
- activité.
- En faisant trois expériences consécutives avec la grande pile, chacune de quinze minutes, nous avons obtenu un volume gazeux de 43,67 centilitres, qu’on doit réduire, d’après ce qui précède, à 3 8,7 5. En faisant aussi trois expériences avec la petite pile, également de quinze minutes chacune, nous avons recueilli 1,88 centilitres de gaz. Or, si on divise les deux nombres. 38,70 et 1,88, l’un par l’autre, on trouve 30,61 pour leur rapport : mais celui des surfaces est deiç),7 ; par conséquent, les effets de deux piles d’un égal nombre de paires, sont à peu près proportionnels à leur surface.
- 37. M. Wilkinson s’est occupé, avant nous, de mesurer les effets de la pile. Au lieu dq les mesurer comme nous l’avons fait, par la quantité de gaz qu’elle dégage d’un liquide où plongent deux fils adaptés à ses pôles, il les a mesurés par la longueur de fil d’acier qu’elle peut brûler à chaque contact (1). On conçoit que-, d’après cela,
- (0 Journal of nat. philos. Vol, 7, in-8. p. 206 et 207.
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- L'ÉNEHGIE DE DA PILE. 55
- il a dû être Conduit à des résultats différens des nôtres. Tantôt il a fait varier le nombre des plaques sans en faire varier la grandeur; et tantôt il en a fait varier la grandeur et le nombre de telle manière que la surface totale des plus petites dans une pile fut égale à la surface totale des plus grandes dans une autre pile. Il a trouvé dans le premier cas, que les effets de la pile étoient proportionnels au nombre des plaques; et dans le second, qu’ils étoientcomme les carrés des surfaces des plaques dont les piles étoient composées. En effet, d’une part, une pile de cent paires de quatre pouces de côté, chargée avec de l’acide nitrique étendu de vingt-cinq fois son poids d’eau, a brûlé un demi-pouce de fil d’acier d’environ un soixante-dixième de pouce de diamètre; deux piles de cent paires, chacune de la même dimension, et chargée de la même manière que la précédente en ont brûlé un pouce ; quatre piles semblables en ont brûlé deux pouces : et d’une autre part, quatre cents paires de quatre pouces de côté, en ont brûlé deux pouces, tandis que cent paires de huit pouces de côté en ont
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- 36 CAUSES QUI FONT VARIER, brûlé trente-deux pouces; donc, etc. On peut aussi conclure de là que la longueur des fils qui peuvent être brûlés par deux piles formées de plaques égales en nombre et différentes en surface, est comme le cube des surfaces des plaques ; car si une pile de cent paires de huit pouces de côté, a brûlé trente-deux pouces de fil, une pile de quatre cents paires de même dimension en auroit brûlé cent vingt-huit, d’après la première loi établie par M. Wilkinson, c’est-à-dire, soixante-quatre fois plus que la pile aussi de quatre cents paires qui n’avoit que quatre pouces de côté ou une surface quatre fois moindre (1).
- Ces expériences sont très-curieuses, mais elles ne sont pas toujours propres à faire
- (i) Si on compare les résultats obtenus, l’un en faisant varier seulement le nombre des paires, et l’autre en en faisant varier la surface sans en faire varier le nombre , on verra que dans les deux cas la longueur du fil brûlé est comme le cube de la quantité de gaz dégagée ; puisque, dans le premier cas, la longueur du fil brûlé est comme le nombre des paires, et la quantité de gaz comme la racine cube de ce nombre (24)) et puisque, dans le second, la longueur du fil brûlé est comme le cube de la surface des plaques, et la quantité de gaz dégagée comme cette surface (26).
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- L’ENERGIE DE LA FILE. Z J
- juger des effets d’une pile: par exemple, si M. Wilkinson eût pris deux piles telles que l’une eût pu fondre une certaine longueur de fil, et que l’autre n’en eût pu fondre aucune quantité, il eût trouvé entre les énergies de ces deux piles, un rapport infini; ce qui, certainement, seroit un résultat absurde. Il faut, quand il s’agit de comparer les énergies de deux piles, choisir un effet tel qu’il soit produit par l’une et par l’autre, indépendamment du nombre de leurs élémens, et qu’il ne varie que par sa quantité.
- Il sembleroit, d’après ces considérations, que le moyen auquel nous avons donné la préférence, la mérite réellement ; il seroit seulement à desirer que nous eussions beaucoup plus multiplié nos premières expériences , pour donner plus de certitude à nos résultats (r).
- (i) M. Children a trouvé, avec de très-grandes plaques , des résultats qui s’éloignent beaucoup de ceux de M. Wilkinson; mais ces divers résultats ont été obtenus dans des circonstances trop différentes pour les. comparer. Bibl. Brit. vol. 43, p. 67.
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- 58 CAUSES QUI FONT VARIER
- Comparaison entre les effets chimiques et la tension électrique d’une pile montée avec divers liquides.
- 28. Nous avons comparé les effets d’une pile montée avec divers liquides à sa ten-* sion électrique, en employant vingt paires seulement, une balance de Coulomb, appartenant à l’Institut, et un condensateur très-sensible. Les communications, entre les diverses parties de l’appareil, ont été établies avec les mêmes précautions que M. Biot a prisés dans un sujet de recherches semblables (1).
- D’abord nous avons monté la pile avec de l’acide nitrique, parce que cet acide passant à l’état de sel par sa réaction sur le zinc et le cuivre, nous offrait l’avantage de pouvoir faire une double expérience presqu’en même temps, et par là de voir naître successivement et de saisir foutes les différences que deux liquides, l’un bon et l’autre mauvais conducteur, pouvoient
- r, p- 5.
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- L’ÉNERGIE DE LA PILE. 5 g
- produire sur l’énergie chimique et électrique d’une pile.
- Après un contact aussi court que possible entre le plateau supérieur du condensateur, et l’un des pôles de la’pile, le condensateur s’est trouvé chargé, au point de pouvoir en retirer une étincelle très-visible. Alors, l’ayant chargé de nouveau, il a donné , dans une première expérience, une divergence de 91 degrés, à la balance de Coulomb, dont le quart de cercle est divisé en 1 oo degrés. Dans une seconde expérience faite à cinq minutes d’intervalle de la première, la divergence a été de 92 degrés; dans une troisième, elle a été de 90 degrés; et dans une quatrième, de g 1 degrés. La pile étoit montée depuis plus d’une demi-heure, et sa tension électrique étoit toujours la même. Ce n’est qu’au bout de trois quarts d’heure -environ, qu’elle â commencé à diminuer peu à peu. Au bout de trois heures, elle étoit encore de 79 degrés ; mais le lendemain elle étoit bien au-dessous de ce nombre. Dans tous les cas, elle a été mesurée comme nous l’avons dit tout à l’heure, c’est-à-dire, par
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- 40 CAUSES QUI FONT VARIER
- un contact aussi court que possible entre le condensateur et l’un des pôles de la-pile. Ainsi la tension s’est soutenue pendant trois quarts d’heure au même degré; et cependant l’action chimique n’a duré que vingt minutes : du moins après cet espace de temps, cette action étoitpresqu’entièrement détruite*
- 29. Ces résultats pouvoient d'abord pa-roître contradictoires; car la tension semblant diminuer à mesure que la saturation de l’acide nitrique avoit lieu, on devoit être porté à croire que cet acide avoit plus d’influence sur cette tension et par conséquent sur l’action chimique, à l’état pur qu’à l’état de nitrate; mais d’un autre côté, la pile n’avoit pas changé de tension pendant trois quarts d’heure, et son action avoit été épuisée en vingt minutes.
- Cependant il étoit possible d’expliquer cette sorte d’anomalie, en admettant que lorsque l’action chimique de la pile étoit épuisée, la durée du contact du condensateur avec l’un de ses pôles avoit une influence très-sensible sur la quantité d’électricité que le condensateur prenoit. C’est,
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- L’ÉNERGIE DE LA PILE. 41
- en effet, ce qui a lieu et ce que nous avons reconnu dans un grand nombre d’expériences faites avec divers liquides. Voici le tableau de ces expériences : on est prévenu que le contact dont la durée entre le condensateur et la pile n’est point indiquée dans le tableau, a été instantané.
- PILE MONTÉE arec l’acide nitrique très-foible. PILE MONTÉE avec le sulfate de soude. PILE MONTÉE avec un mélange de sulfate de soude et
- 82 0 69° 82°
- 88 en a' 84 en 2' 101 en 2f
- 79 ,, 68 77 f
- .97 en 3' 85 en 2' 97en 2
- 71 f»7 101 en 5'
- 80 en a' 77 en 2' 74
- 3a 60 99 en 5'
- 34 en 2' 68 en 2' 69
- 16 La pile montée avec 90 en 5
- 20 en 2' le sulfate de soude s’est soutenue beaucoup plus long-temps qu’as ec l’a-eide nitrique. 63
- 3o. Puisque la durée du contact du condensateur avec la pile influe très-sensiblement sur la mesure de la tension électrique, et que plus elle est prolongée, plus la ten-
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- 42 CAUSES QUI FONT VARIER
- sion paroît grande, il est évident qùe cela dépend de la conductibilité plus ou moins grande des liquides employés; car si ces liquides laissoient passer librement le fluide électrique, un contact infiniment court suf-firoit pour charger complètement le condensateur. Or, lorsqu’on emploie l’acide nitrique qui est bien meilleur conducteur qu’un sel, il arrive ; surtout au commencement de l’èxpérience que le fluide électrique trouvant infiniment moins d’obstacle dans son mouvement, que s’il traver-soit une dissolution saline , se renouvelle incomparablement plus vite que lorsque l’acide est saturé. De là une charge beaucoup plus prompte du condensateur, et une décomposition d’eau beaucoup plus rapide. Ainsi quoique la tension de deux piles, dont l’une est montée avec un acide, et l’autre avec un sel soit la même, il passera dans un temps donné plus de fluide électrique dans le premier cas que dans le second, et par conséquent leurs effets seront très-différens.
- 3i. Néanmoins, on ne peut pas expliquer tous les phénomènes de la pile par la
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- 43
- L’ÉNERGIE DE LA PILE, conductibilité des liquides avec lesquels on la charge. En effet, si l’on prend une dissolution de sulfate de soude, assez concentrée pour qu’elle soit meilleur conducteur que de l’acide nitrique très-foible, du moins à en juger par la quantité de gaz qu’on obtiendra de chacun de ces liquides, au moyen de deux fils, l’un positif et l’autre négatif, la pile chargée avec l’acide sera plus énergique que chargée avec le sel. Cette différence d’énergie nous paroît dépendre de ce que ni le sulfate de soude, ni l’acide nitrique , ne se décomposent, lorsqu’ils sont hors de la pile et seulement en communication avec elle par deux fils de platine adaptés à ses pôles (12); et de ce qu’au contraire ils se décomposent tous deux plus ou moins promptement, lorsqu’ils sont dans les auges même de la pile ; car, dans le premier cas, l’effet est simple et dû tout entier soit au sulfate de soude, soit à l’acide nitrique ; au lieu que, dans le second, il est complexe, et dû non-seulement au sulfate de soude ou à l’acide nitrique, mais encore aux produits de leur décomposition. Or, on sait que les corps combustibles et
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- 44 CAUSES QUI FONT VARIER
- les oxides, ou bien l’hydrogène et les alcalis , etc. sont attirés vers les surfacés négatives; que l’oxigène et les acides le sont vers les surfaces positives, et que chacun de ces corps dépose sur ces surface» la quantité d’électricité qui lui est propre sans qu’il en résulte aucun changement dans celle qui est naturelle à la pile : par conséquent, l’acide nitrique se décomposant plus facilement que le sulfate de soude et donnant naissance à des produits qui transmettent facilement l’électricité d’une surface à l’autre, devient meilleur conducteur que ce sel, et doit rendre les effets de la pile plus énergiques. En général, on pourra en dire autant de tout autre acide très-étendu d’eau, par rapport à tout autre sel en dissolution concentrée, et concevoir de la même manière les différens phénomènes qu’ils pourront présenter avec la pile. Telle est aussi à peu près l’explication que M. Davy donne de l’influence chimique des conducteurs humides dans son excellent mémoire on some Chemical agencies ofelec-tricity, et il nous paroît que cette explication est la plus satisfaisante. Ainsi, toutes
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- L’ÉNERGIE DE LA PILE. 4 5
- choses égales d'ailleurs, l’énergie chimique d’uqe pile dépend de sa tension, de la conductibilité des liquides avec lesquels on la charge, et de leur facile décomposition.
- ACTION DE LA GRANDE BATTERIE SUR DI VER# CORPS.
- 3 2. Nous venons d’exposer les principales circonstances qui font varier l’énergie d’une pile. Maintènant nous allons parler des essais que nous avons faits avec notre batterie de six cents paires, chacune de neuf décimètres de surface. Ces essais sont très-nombreux : cependant nous n’avons obtenu qu’un petit nombre de résultats intéres-sans, parce que les piles à petites plaques, étant susceptibles, ainsi que nous l’avons reconnu, de produire dans presque toutes les circonstances les mêmes effets que les piles à grandes plaques, il s’est trouvé qu’on avoit fait avec les premières, soit en Angleterre, soit en Allemagne, tout ce que nous aurions pu espérer de faire avec les secondes. Ce que nous avons à dire des effets de notre grande batterie, sera dono
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- 46 ACTION DE LA GRANDE BATTERIE
- fort court : ce seroit abuser de la bienveillance de nos lecteurs, que de rapporter ici une multitude, de résultats qu’ils coii-noissent . ;
- 33. Le liquide avec lequel nous avons ordinairement chargé notre grande batterie pour nos expériences, étoit de l’eau tenant en dissolution 9 à 10 centièmes de muriate de soude et d’acide sulfurique concentré.
- La commotion que cette batterie donne est insupportable et même dangereuse; lorsqu’on a les mains mouillées d’acide ou de sel en dissolution, et armées d’un ci-lindre métallique. L’un deUoüs qui Ta rès-çue s’en est ressenti pendant plus dè vingt-quatre heures, et a éprouvé, pendant tout ce temps , une très-grande foiblessé dans les bras. Quoique cette commotion soit si forte, elle n’est point sensible ad milieu d’une chaîne composée de quatre à cinq pei'sonnes. Elle ne l’est qu’aux extrémités de cette chaîne; encore la ressent-on beaucoup plus dans le bras et la partie du corps qui avoisinent la pile, que dans le bras et l’autre partie du corps qui en sont éloi-
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- SUR DIVERS CORPS.
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- gnés. On sait, au contraire, qu’une petite bouteille de Leyde fortement chargée, et renfermant, malgré cela, bien moins de fluide que notre grande batterie, donne la commotion à un. grand nombre de personnes , à la vérité avec différens degrés d’intensité. Ces effets dépendent évidemment du degré de tension électrique, qui est très-foible dans une pile de six cents paires relativement à ce qu’il peut être dans une bouteille de Leydé ; d’ailleurs ,-ils sont propres à prouver qu’il n’y a pas réellement circulation dii fluide éléctrique dans toute la chaîne , au moins comme on l’entend ordinairement dans la théorie de Franklin, et que la décharge ne s’opère que par des décompositions et des recompositions successives de ce fluide.
- Une batterie de six cents paires., chacune de quarante-huit centimètres• de surface, donne aussi une' commotion extrêmement forte. Quoiqu’il soit difficile de comparer exactement cette Commotion avéo celle de notre grande batterie, il nous a paru, que, toutes circonstances égales d’ailleurs, elle étoit moins désagréable. Nous n’en tirerons
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- 4# ACTION DE LA GRANDE BATTERIE aucune conséquence; nous ferons remarquer seulement, qu’il seroit bien extraordinaire, que deux piles ayant une même tension électrique et des surfaces très-inégales, se comportassent autrement entre elles qu’üne bouteille de Leyde et un assemblage de bouteilles, chargées au même degré.
- 34. Nous avons acquis avec la grande batterie une nouvelle preuve que l’eau pure est un mauvais conducteur, comme Caven-dish l’a fait voir depuis long-temps ; car au moyen de cette batterie et de deux fils de platine qui communiquoient avec ses pôles, nous avons tiré dans l’eau même des étincelles très-sensibles. Ce qu’il y a de vraiment remarquable dans cette expérience, c’est qu’il ne se dégage qu’une quantité de gaz à peine appréciable, si l’eau est bien pure ; et qu’il s’en dégage des torrens pour peu qu’elle contienne d’acide.
- 3 5. La potasse et la soude exposées à l’action de la grande batterie s’échauffent, se fondent et se décomposent avec la plus grande rapidité : le potassium et le sodium qui en résultent, brûlent à mesure en for-
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- sur divers corps. 4^
- lmant des jets enflammés qui imitent une gerbe d’artifice; et ce n’est que lorsque l’action des piles est ralentie qu’on en obtient quelques globules. Vingt minutes après que la batterie a été chargée, quoique Sa tension soit encore la même, quoique les commotions qu’elle donne soient excessivement fortes, on n’obtient plus de décomposition des alcalis; et cependant on l’opère facilement avec une pile récemment chargée de quatre-vingts paires, vingt fois plus petites que celle de la grande batterie.
- 36. La barite fondue soumise à l’action de la grande batterie présente des phénomènes remarquables. Des étincelles s’élancent de sa surface vers le fil négatif, et disparoissent en formant une fumée très-âcre et très-dangereuse à respirer. Si l’on établit , au moyen du mercure, une communication entre cette base et le fil négatif, on obtient promptement un amalgame qui décompose l’eau ayeç effervescence et la rend alcaline. Cette expérience offre un phénomène qu’il est bon de faire connoître : chaque fois qu’on touche le mercure avec l’un des fils positif ou négatif, pendant que
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- l’autre est en contact avec ce métal, il en. résulte une étincelle blanche très-brillante et une forte explosion due à de la vapeur mercurielle. De là on peut croire que pour décomposer la barite au moyen du mercure, il n’y auroit pas d’avantage à employer de très-fortes batteries, parce qu’on risquer oit de perdre une partie de l’amalgame formé. Une pile de cent paires de sept à,huit centimètres de côté, est suffisante pour cette décomposition : c’est même avec des piles assez foibles et toujours à l’aide du mercure , que le docteur Séebeck l’a faite le premier, et a décomposé les autres bases; et c’est en distillant les amalgames formés ainsi, que M. Davy est parvenu à retirer de plusieurs, le métal particulier qu’ils con-tenoient.
- 37. La strontiane et la chaux soumises directement à l’action de la grande batterie, n'ont point donnédes signes bien évi-den6 de décomposition. A la vérité, nous avons souvent aperçu des traînées lumineuses sur la chaux, vers le fil négatif; mais il nous a semblé qu’elles provenoient d’un phénomène électrique plutôt que de la com-
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- bustion d’un métal particulier. Il n'en est pas de même lorsque, dans ces expériences, on se sert du merotfrepour intermède; on obtient promptement des amalgames qui projetés dans l’eau la décomposent et la rendent alcaline. Les sels à base de strontiane et de chaux, ainsi que ceux à base de potasse , de 90ude et de bàrite, sont aussi très-facilement décomposés par ce moyen, même avec de petites piles. La manière qtii nous a le mieux réussi dans tous lès cas, consiste à faire une pâte très-épaièse avec le sel qu’on vent décomposer et une certaine quantité d'eau, et à former avec cette pâte Une petite coupe destinée à recevbir un globule de mercure : la coupe repose sur une lame de platine communiquant dvec le fil positif, et le fil négatif plonge dans le mercure»*
- 38. La magnésie résiste à l’actic.n la plus énergique de la grande batterie, même au moyen du mercure. Combinée avec l’acide sulfurique ou bien à l’état de sulfate pur, elle y résiste encore ; du moins elle n’offre que de foibles indices de décomposition. Quant aux terres, quoique les essais du docteur Séebeck, et par suite ceux de
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- 6 2 EXPÉRIENCES
- MM. B.erzelius et Davy portent à lés faire regarder comme des oxides , et que cela soit extrêmement probable, nous n’avons puen acquérir nous-mêmes aucune preuve dé-r cisive.
- 3g, Nous savons que nous n’avons pas obtenu le maximum, d’effet de la grande batterie, en ne la montant qu’avec de l’acide sulfurique faible, et que nous l’eussions rendue beaucoup plus énergique en la montant avec de l’acide nitrique. Mais nous avons .pensé que nous devions remettre à une époque.plus éloignée .ces expériences qui ne nous promettaient aucuns résultats importons, pour en faire avec le potassium et le sodium, un grand nombre d’autres qui rie dévoient point être sans suqpès.
- EXPÉRIENCES SUR LA PRODUCTION D’ON AMALGAME PAR L'AMMONIAQUE ET LES SELS AMMONIACAUX (l).
- '4o- Les premières recherches faites sur
- (i) Lu à l'Institut national le 18 septembre 180g.
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- SUR L’AMALGAME AMMONIACAL. 53 cet objet, sont dues au docteur Séebeck de léna. C’est lui qui découvrit dans les premiers mois de l’année ,1808 , que le carbonate d’ammoniaque solide et légèrement humecté, pouvoit., comme la potasse et la soude, transformer le mercure en un véritable amalgame , en disposant ces substances de telle sorte que le mercure touchât le pôle négatif, et que le sel touchât le pôle positif. Les expériences de M. Sée-beck sont consignées dans le Journal de.Geh-leny et rapportées par extrait dans les Annales de Chimie (n°i g 7, mai i8o8,p.i9i). Il eu résulte que l’amalgame fait avec le carbonate d’ammoniaquë est mou, beaucoup plus volumineux que ne l’est le mercure qui en fait partie, qu’il fait une légère effervescence avec l’eau, et qu’à mesure que l’effervescence a lieu, l’eau devient alcaline et le mercure coulant. D’ailleurs,. M. Séebeck n’est entré dans aucun détail sur la théorie qui peut expliquer ces faits ; il s’est contenté de les exposer, et c’est aussi ce qu’a fait M. Trommsdorf en répétant les expériences de M. Séebeck.
- 41.'MM. Berzelius et Pontin sont les pre-
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- 5 4 EXPÉRIENCES
- miers qui aient donné une explication de l’amalgame ammoniacal. Convaincus que la potasse et la soude éjoiént des oxides métalliques, ils se sont persuadés qu’il de-voit en être de même de l’ammoniaque, et que l’amalgame ammoniacal n'étoit autre chose qu’une combinaison de mercure et du métal de l’ammoniaque. ( Bibliothèque britannique, n° 3a3 , 324, ju^ 1 ^°9 ’ p. 122.)
- 42. On conçoit facilement que la production d’un amalgame avec l’ammoniaque devoit vivement fixer l’attention de M. Davy : aussi l’a-t-il examiné dès que M. Berzelius le lui eut fait connoître. Son premier soin a été de chercher un procédé pour l’obtenir facilement. Il a essayé successivement l’ammoniaque à la manière des chimistes suédois, le carbonate d’ammoniaque à la manière de Séebeck, et ensuite le muriate d’ammoniaque ; il a préféré ce dernier sel tomme donnant plus facilement des résultats» Pour en rendre l’emploi commode, il en a fait un creuset ou petite coupelle, qu’il a légèrement humecté il l’a placé sur une lame de platine, adaptée
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- SUR L’AMALGAME AMMONIACAL. 55 au pôle positif; ensuite il y a versé trois grammes de mercure qu’il a fait communiquer par un fil au pôle négatif; et tout étant ainsi disposé, il a mis la pile en activité. A peine le fluide commençoit-il à passer , qu’il voyoit le mercure augmenter considérablement de volume, s’épaissir au point de former un solide mou ressemblant à l’amalgame mou de zinc, et souvent offrir des ramifications qui, lorsqu’elles se rompoient, disparoissoient rapidement en lançant une fumée d’odeur ammoniacale , et reproduisant le mercure coulant.
- 43. Les propriétés que M. Davy a reconnues àcet amalgame, sont les suivantes, dont plusieurs ont été observées par M. Séebeck ou par MM. Berzelius et Pontin. Cet amalgame est un solide en consistance de beurre à la température de 21 à 2f>° centigrades. Soumis pendant quelque temps à la température de la glace fondante, il acquiert une assez grande dureté, et cristallise en cubes quelquefois aussi beaux et aussi gros que ceux de bismuth. Sa pesanteur spécifique est en général au-dessous de 3 , et son volume cinq fois aussi grand que celui du
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- mercure qu’il contient. Exposé au contact de l’atmosphère, il se couvre d’une poudre blanche de carbonate d’ammoniaque. Mis en contact avec un volume donné d’air, oe volume augmente très - sensiblement ; il se produit une quantité d’ammoniaque qui égale une fois et demie celui de l’amalgame, et il disparoît une quantité d’oxigène qui équivaut à y ou de l’ammoniaque dégagée. Jeté dans l’eau, il s’en dégage un volume d’hydrogène à peu près égal à lar moitié du sien; l’eau devient une solution foible d’ammoniaque , et le mercure reprend son état ordinaire. Traité, par le-gaz acide muriatique , il y a dégagement d’hydrogène, et formation de muriate d’ammoniaque. Traité par l’acide sulfurique, il se forme du sulfate d’ammoniaque et il se dépose du soufre. Versé dans le uaplite, il se décompose sur-le-champ avec dégagement d’ammoniaque et d’hydrogène : versé dans d’autres huiles, il se décompose également ; il y a production d’un savon ammoniacal et toujours dégagement d’hydrogène.
- - Il existe donc les plus grands rapports entre l’amalgame ammoniacal et les amal-
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- SUR L’AMALGAME AMMONIACAL. 5 7 games des métaux de la potasse et de la soude. M. Davy en est frappé, et croit, d’après cela, comme MM. Berzelius et Pontiri, que l’amalgame ammoniacal est une combinaison de mercure et d’un métal particulier, base de l’ammoniaque, auquel il propose de donner le nom à!ammonium.
- Il cherche à obtenir ce nouveau métal, en distillant cet amalgame dans des vases à l’abri du contact de l’air ; mais de quelque manière qu’il s’y prenne, quelqu’effort qu’il fasse , il n’en retire jamais que du mercure, de l’hydrogène et de l’ammoniaque : cependant il n’en persiste pas moins dans son opinion ; il la soutient en attribuant à une quantité d’eau imperceptible , la destruction de Y ammonium, et en expliquant de cette manière pomment on obtient de l’hydrogène et de l’ammoniaque dans cette distillation.
- 44. Ainsi l’ammoniaque n’est plus, pour M. Davy, un composé d’azote et d’hydrogène , puisqu’il admet un oxide métallique au nombre de ses principes consti-tuans, et qu’il regarde l’azote comme un oxide formé d’oxigèüe et d’hydrogène. Cet
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- alcali n’est plus à ses yeux qu’un, véritable oxide métallique hydrogéné.
- 45. Quelque, singulières que soient ces idées sur la nature de l’ammoniaque, c’est en les suivant, qu’il a été conduit à faire une expérience très- curieuse , mais à laquelle on peut être conduit d’une manière bien plus directe encore.
- Après avoir fait une combinaison liquide de mercure et de métal de la potasse, à la» température ordinaire, il l’a versée dans une petite coupelle de sel ammoniac légèrement humecté; et tout aussitôt sans l’influence électrique, l’amalgame s’est épaissi , et a pris un volume 6 à 7 fois plus considérable que celui qu’il avoit. Ce nouvel amalgame jouit des mêmes propriétés que le précédent, et M. Davy a trouvé qu’il n’en diffère qu’en ce qu’il contient un© beaucoup plus grande proportion tfammo* mum , et qu’il est plus permanent; en sorte qu’on peut le cpnserver long-temps dans des-tubes fermés et dans l’huile ou le naphte.
- 46. Tous ces résultats sont d’une si haute importance, qu’on ne pouvoit mettre trop d’intérêt à les vérifier : cette vérification
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- même étoit d’autant plus nécessaire, que la théorie à laquelle ils ont donné lieu, est plus extraordinaire.
- D’abord nous avons répété, tels qu’ils ont été décrits, tous les procédés relatifs à la production d’un amalgame par l’influence électrique, et nous avons vu que tout co qu’on en dit est de la plus grande exactitude. On réussit avec une solution d’ammoniaque, mais beaucoup moins bien, qu’avec le carbonate ou le muriate d’ammoniaque solide et légèrement humecté; de même qu’on réussit beaucoup mieux en employant ces sels dans cet état qu’en les employant dissous. On peut aussi, au lieu de ces sels, employer avec le même succès tout autre sel ammoniacal ; du moins c’est ce que nous avons constaté en nous servant de sulfate et de phosphate d’ammoniaque. En général l’acide du ;sel et l’oxigène de l’eau sont transportés au pôle positif, et il se rassemble à ce pôle tant d’acide muriatique o*jgéné lorsqu’on se sert de muriate d’ammoniaque, qu’il est difficile de respirer l’odeur qui s’en exhale. On aperçoit an contraire à peine quelques signes d’efièrves-
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- cence au pôle négatif; mais si ôn ô£è le mercure, il y en a alors une très-vive, d’où l’on peut déjà conclure que les gaz qui se dégagent dans ce cas , se combinent avec le métal dans le premier. Deux piles de cent paires, chaque paire ayant cinquante centimètres carrés de surface, sont plus que suffisantes pour réussir complètement.
- 47. Nous avons également répété avec succès le procédé au moyen duquel on fait l’amalgame d’ammoniaque sans l’influencé électrique. M. Davy ne s’est servi, pour produire cet amalgame, que de muriate d’ammoniaque; mais on peut se servir d’un sel ammoniacal légèrement humecté et même dissous dans l’eau. Il n’y a même pas de choix à faire ; tous sont également bons lorsqu’on les place dans les mêmes circonstances : à peine le contact a-t-il lieu, que l’amalgame augmente considérablement de volume, et prend la consistance du beurre.
- 48. Après avoir, ainsi que nous venons de le dire, reproduit l’amalgame ammoniacal, nous nous sommes occupés de rechercher des moyens pour en déterminer la nature. Les plus directs et les plus exacts que
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- SUR L’AMALGAME AMMONIACAL. 61 mous ayons trouvés, sont de bien sécher l’amalgame aussitôt qu’il- est fait, de le verser dans un petit flacon de verre long et étroit, bien sec et rempli d’air, et de l’y agiter pendant quelques minutes ; par ce moyen, on le détruit sur-le-champ. Les corps qui le constituent, se séparent, et repren-. nent leur état ordinaire : l’un de ces corps est déjà connu, ç’est le mercure, qu’on voit tout de suite redevenir liquide et très-dense; les deux autres sont, l’hydrogène et l’ammoniaque qui repassent à l’état de gaz, se mêlent avec l’air du flacon sans l’altérer en aucune manière, ainsi que nous nous en sommes assurés au moyen de l'eudio-mètre de Vol ta. On doit donc conclure de là, que l’amalgame ammoniacal formé de mercure , d’hydrogène et d’ammoniaque, ne peut exister que sous l’influence électrique, et que;par conséquent ses principes constituans ont peu d’affinité les uns pour les autres. . . ;
- 49. Il n’en est pas de même de celui qu’on fait avec l’amalgame du métal de la potasse : il peut exister par lui-même, tant qu’il contient du métal delà potasse ; mais aussitôt
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- que ce métal est détruit, il disparoît presque subitement. On en conçoit d’ailleurs facilement la formation; en effet, lorsqu’on met en contact l’amalgame du métal de la potasse avec un sel ammoniacal légèrement humecté une portion de ce métal, 'par sa réaction sur l’eau et le sel, met à nu de l’hydrogène et de l’ammoniaque qui, étant à l’état naissant, sont absorbés par l’amalgame , en sorte que celui-ci se forme et grossit à vue d’œil. Ainsi le métal dë la potasse fait donc ici ce que faisoit l’éleCtricité ' préèe^ demment
- 5 o. Ces expériences suffisent sans dotite pour prouver que l’amalgame d’ammoniaque n’est point une combinaison de mercure et d’un métal, base de l’ammoniaque car s’il n’en étoit pas ainsi, où cè métal aù-roit-il pris l’oxigène nécessaire pour réformer l’ammoBiaque? Est-Ce dans l’air, comme le prétend M. DaVy; mais nous avons fait voir précédemment que l’air n’eét point décomposé par l’amalganiè d’ammoniaque : est-ce dans ùn;peu d’eau qui pourroit rester adhérente à l’amalgame, comme le prétend encore M. Davy; mais l’amalgame
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- SUIl L’AMALGAME AMMONIACAL. 63 ayant la consistance de beurre, on peut n’en prendre que les portions intérieures, en abaissant sa température à zéro, et les résultats sont encore le.s mêmes. D’ailleurs cet amalgame versé dans une petite cloche pleine d’acide muriatique oxigéné liquide, et bouchée! avec le! doigt, donne de l’hydrogène.
- 5i. Quoique ces expériences soient concluantes, nous en rapporterons encore une contre laquelle on ne saurait faire la plus légère objection; ; •
- - Après avoir fait,un amalgame liquide de potassium, nous l’avons versé dans une grande coupelle de .sel ammoniac humecté; et nous avons obtenu sur-le-champ par le procédé qui est du à M. Davy, une combinaison très-volumineuse et très-consistante de potcissiumeïd’amalgame ammoniacal. Alors en ayant enlevé avec un couteau toute la partie supérieure nous avons, pris les parties intérieures avec une cuiller de fer bien sèche, et nousles avons mises aussitôt dans un tube presque plein de mercure qu’on avoit .fait bouillir auparavant. Ensuite ayant bouché avec uu obturateur bien sec, ce tube qui se trouvoit rempli de merçure ot de
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- la combinaison de l’amalgame ammoniacal avec le potassium, on l’a l’enversé dans du mercure également bien sec : l’amalgame s’est élevé au - dessus , et s’est décomposé presqu’aussitôt surtout au moyen d’une légère agitation. Mais à mesure que la décomposition s’en faisoit, il's’en dé'gà-geoit une quantité assez considérable1 de gaz ; et ce gaz s’est toujours trouvé être un mélange de gaz ammoniac et de gaz hydrogène , dans le rapport, à très-peu de chose près , de a,5 à 1. Or, dira-t-on que le mercure ou nos vases étoient humides? nous prouverons que non ; car, en y versant de l’amalgame de potassium au lieu d’une combinaison d’amalgame ammoniacal avec le potassium, il ne s’est dégagé aucun gaz : ou dira-t-on que l’intérieur de l’amalgame ammoniacal avec le potassium, contien t une petite quantité d’eau ? mais cela est impossible , puisque l’eau et le potassium ne peuvent point exister ensemble:ou bien enfin, dira-t-on que nous ne pouvons pas parvenir à enlevet exactement avec un couteau, les portions extérieures de la combinaison de L’amalgame ammoniacal avec le potas-
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- BÜR L'AMALGAMÉ AMMONIACAL; 65 siuml mais l’expérience est si facile à faire, qu’on ne peut jamais la manquer , et on en explique facilement le résultat : c’est que le potassium se combinant avec une très-grande quantité de mercure, se dissémine, et ne peut plus réagir assez fortement sur l’ammoniaque et l’hydrogène pour les unir, en sorte que l’amalgame ammoniacal de po* I tassium se trouve dans ce cas soumis aux | mêmes loisque celui qui est seulement formé | de mercure, d’ammoniaque et d’hydrogène, et qui ne peut exister que sous l’influence électrique.
- 5 a. Maintenant qu’il est prouvé que l’a-| malgame d’ammoniaque ne peut exister sans l’influence électrique, et qu’il est composé de mercure, d’hydrogène et d’ammoniaque , il est facile de prévoir à priori, comment il se comportera avec les autres corps ; il est évident qu’il se décomposera toujours, et que ses principes agiront sur ces corps comme ils y agissent dans leur état de liberté. On pourroit croire, à là vérité, que l’hydrogène de cet amalgame seroit capable de produire des décompositions qu’il ne produit point ordinairement ; mais on sera
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- convaincu qu’il ne jouit pas de cette propriété , si on se rappelle qu’il donne de l’hydrogène même avec l’acide muriatique oxi-géné.
- Cependant, il est des corps qui décomposent l’amalgame d’ammoniaque beaucoup plus promptement que d’autres; ce sont ceux qui sont très - légers, et dont les molécules sont très-mobiles : tels sont l’éther et l’alcool ; à peine le contact a-t-il lieu, qu’il en résulte une effervescence extrêmement vive, et que le mercure reprend son état ordinaire. Le mouvement produit dans ce cas par le déplacement des molécules du liquide, est la cause pour laquelle la décomposition est si prompte. Aussi, cet amalgame se conserve-t-il pendant quelques minutes dans l’air, lorsqu’il y a repos absolu, et s’y détruit-il sur-le-champ, lorsqu’on l’y agite ; et c’est encore de cette manière qu’il se comporte avec l’eau, et surtout avec l’acide sulfurique. Il n’est point douteux qu’il ne se détruisît instantanémen t dansle vide; maisil n’est point certain qu’une forte pression pût maintenir ses principes réunis : c’est une expérience curieuse efc
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- SUR L’AMALGAME AMMONIACAL. 67 que nous eussions tentée, si l’amalgame en se détruisant et occupant un volume quatre à cinq fois plus petit, ne la rendoit pas très-difficile à faire. D’ailleurs, il nous a semblé qu’après avoir reconnu les différens principes de l’amalgame, ce qu’il y avoit de mieux à faire étoit d’en déterminer la proportion.
- 1Détermination de la quantité d’hydrogène, contenue dans l’amalgame d’ammoniaque.
- 53. On a pris 3,66g gr. de mercure ; on les a mis dans une petite coupelle de muriate d’ammoniaque au pôle négatif; et lorsque leur volume a été environ quintuplé, on les a •jetés dans un verre, conique plein d’eau où. avoit été mise d’avance une petite cloche qui en . étoit remplie elle-mêièe. D’abord, on a laissé dégager les bulles d’air qui pou-voient être adhérentes au culot d’amalgame en tenant , la cloche près des parois du verre ; puis on l’a soulevée : le culot est tombé, et tout le gaz hydrogène en provenant , s’est rassemblé peu à peu dans la par-
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- 68 EXPERIENCES
- tië supérieure de cette cloche. Six culots d’amalgame faits chacun avec la même quantité de, mercure (3,o6y gr.) et traités successivement de cette manière, ont produit une quantité d’hydrogène, telle que le mercure absorbe 3,47 fois son volume de ce gaz , pour passer à l’état d’amalgame mou. Pour éviter toute source d’erreur, le volume du mercure employé et celui de l’hydrogène recueilli, ont été mesurés dans le même tube parfaitement gradué. Une seconde expérience faite également sur six culots d’amalgame mou, ayant donné des résultats qui different à peine de ceux de la première, on doit les regarder comme très-exacts, ou au moins comme approchan t beaucoup de la vérité. Il pourroit pourtant arriver qu’en répétant ces expériences, on trouvât d’autres nombres que les nôtres ;; et cela auroit nécessairement lieu, si on ne faisoit point l’amalgame de manière à l’obtenir mou, ou de manière .que le mercure qui en -fait partie, quintuplât au moins de volume*
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- SUR L’AMALGAME AMMONIACAL. 6g
- Détermination de la quantité d’ammoniaque contenue dans Vamalgame d’am~ maniaque.
- 54. Nous avons cru d’abord qu’en amalgamant une quantité donnée de mercure ; qu’en pesant l’amalgame, et qu’en en retranchant le poids connu du mercure et de l’hydrogène qu’il conténôit, nous aurions , d’une manière exacte, la quantité d’ammoniaque faisant partie de cet amalgame : mais nous avons bientôt reconnu que ce moyen d’analyse étoit très-inexact, i°. parce qu’avant d’avoir bien essuyé l’amalgame , il est à moitié détruit ; a°. parce que cet amalgame déplace un volume d’air dont il est difficile de tenir compte; 3°. enfin, parce qu’en l’introduisant dans le flacon^, le gaz hydrogène et le gâz ammoniac qui s’en dégagent, prennent encore la place d’une quantité d’air qu’on ne peut évaluer, et qui doit nécessairement apporter de grandes erreurs dans les résultats. Voilà pourquoi lés pesées sont toutes différentes les unes des autres. L’une nous a donné, pour 3,o6ggr.
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- 7 O EXPÉRIENCES
- de mercure, une augmentation de deux milligrammes ; une autre nous en a donné une de 3 milligrammes; une troisième nous en a donné une de 4 milligrammes et demi, et une quatrième ne nous en a donné une que d’un seul milligramme. Il seroit même possible qu’on éprouvât une perte de poids, puisque l’air du flacon est remplacé par du gaz hydrogène et du gaz ammoniac.
- 55. Forcés par toutes ces raisons ,. de renoncer à ce moyen d’analyse, nous avons employé le suivant, qui,nous paroît préférable. Connoissant la quantité d’hydrogène que contient l’amalgame ammoniacal , et ne pouvant douter que l’hydrogène et l’ammoniaque ne soient en rapport constant dans cet amalgame , nous nous sommes servis de ce rapport pour déterminer toute la quantité d’ammoniaque qu’il cdhtient. Pour cela, nous avons transformé en amalgame 3,069 gr. de mercure, et après les avoir bien séchés avec du papier Joseph , nous les avons introduits de suite dans une petite cloche bien sèche, au quart pleine de mercure ; et tout de suite aussi, en posant le doigt sur l’orifice de la cloche,
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- SUR L’AMALGAME AMMONIACAL. 7 1 nous avons agité le tout pendant quelques minutes : par ce moyen, la portion d’amalgame qui existait encore a été décomposée on restituant à l’état de gaz l’hydrogène et l’ammoniaque qu’il contenoit : aussi, au rpoment où;, après avoir plongé la petite cloche dans le mercure, on la débouchoit, voyoit-on le mercure baisser. On a fait trois autres expériences semblables à celle-ci, afin d’avoir des résultats plus marqués; après chaque expérience, on a toujours fait passer les gaz dans un même tube gradué bien sec et plein de mercure ; et les ayant tous ainsi.réunis dans ce tube, on a déterminé la quantité d’ammoniaque qu’ils con-tenoient en les agi tant avec de l’eau; ensuite, pour connoître très-exactement la quantité d’hydrogène qu’ils pouvoient contenir, et qui se trouvoit mêlé avec beaucoup ‘d’air dans le résidu, on l’a brûlé dans l’eudio-mètre de Volta, mais en y ajoutant de l’hydrogène et de l’oxigène en quantité connue, afin d’en rendre la combustion complète et plus facile. Nous avons trouvé ainsi, que-dans ces gaz l’ammoniaque étoit à l’hydrogène, comme 28 à 23. Or, comme nous
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- EXPERIENCES
- gavons que le mercure, pour passer à l'état d’amalgame mou, absorbe 3^47 fois son volume d’hydrogène, il s’ensuit que pour passer à ce même état, il absorbe en même temps 4,3 £ fois son Volume do gaz ammoniac : par conséquent le mercure, pour passer à l’état d’amalgame, augmente d’environ 0,0007 son poids, tandis que d?a-près les premières expériences de M. Davy,
- il n’augmenteroit que de -........; et cette
- augmentation est même ici portée au minimum , parce qu’il est très-possible que dans le cours de notre expérience, il y ait eu une portion d’ammoniaque absorbée (1). Quoique cette augmentation soit très-petite^ elle paroîtra suffisante pour expliquer là
- (0 Ce qui (endroit à le faire soupçonner, c’est que dans l'amalgame ammoniacal fait au moyen du pqtas-sium , l’ammoniaque est. à l’hydrogène comme a,5 eèt à 1 (5i) ; et que dans l'expérience qui ndûs à conduits à ce résultat, il n'à pU y avoir d’absorption d’ammoniaque. Si on admet ce rapport), et si oii suppose que dans cet amalgame il y ait autant d’hydrogène que dans celui qu’on obtient par l’éleCtrieifê' (éjfj', il s’ensuit que le mercure peut prendre jusqu’à 5>,47 feii san volume de gaz hydrogèqej ét8>67 fqis son, y<^qiq de gaz. amn moniac; et que par conséquent son poids augmente
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- SUR L’AMALGAME AMMONIACAL. ^
- formation de l’amalgame, si on observe que l’hydrogène et l’ammoniaque sont des corps très-légers, et que n’étant retenus dans cet amalgame que par une très-foible affinité, ils ne sont presque pas plus condensés que dans leur état de liberté.
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- PRÉPARATION
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- SECONDE PARTIE.
- De la préparation du Potassium et du Sodium 3 et des phénomènes qu’ils présentent avec les divers corps de la nature.
- DE DA PRÉPARATION DD POTASSIUM.
- 56. La préparation du potassium consiste à mettre en contact le fer et la potasse, à une très-haute température. On doit donc d’abord se procurer ces deux substances, sous la forme et dans l’état qui conviennent le plus à leur réaction réciproque.
- 57. La tournure de fer est préférable à la limaille, au fil et aux clous de fer, même très-petits. Elle a sur les deux premiers l’avantage de ne point obstruer les vases dont on se sert, et de ne point s’opposer, par conséquent, au passage de l’acali. Elle n’en a pas un moins grand sur les clous; c’est
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- DU BOTA8SIUM. 7 5
- •d'offrir un grand nombre de points de contact. Presque toujours, cette tournure de fer est en spirale et couverte en divers points d'une légère couche d'oxide; il faut la battre et la triturer dans un mortier de cuivre ou de fer, jusqu’à ce qu’elle soit brisée, et que . l’oxide s’en soit détaché. Si elle étoit couverte d’une couche trop épaisse d’oxide, on pourroit la plonger avant , tout dans de l’acide sulfurique, très-.foible : lorsqu’elle seroit bien décapée, on l’en retireroit ; on la laveroit à grande eau, et on la feroit promptement sécher au feu : à la vérité elle s’oxideroit légèrement pendant sa dessiccation ; mais la trituration la rendroit facilement très-brillante. On peut employer le fer tourné à l’huile tout aussi bien que celui qui est tourné à l’eau : seulement, il est bon d’en dégager par le feu la portion d’huile dont il est recouvert, et qui le préserve ordinairement de la rouille.
- . 58. Le choix des matières premières dont on retire la potasse, n’est point indifférent. Si on: l’extrait des potasses du commerce, elle g$t.presque toujours,mêlée de soude, parce que ces potasses en contiennent presque
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- PRÉPARATION
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- toutes une plus ou moins grande quantité ; de sorte que le métal qui en provient, n’est qu’un alliage de potassium et de sodium. Le moyen le plus sûr pour prévenir cet inconvénient, est d’extraire la potasse d’un mélange fait avec une partie de nitre et deux parties de crème de tartre. On projette ce mélange dans une bassine de fer suffisamment chaude; le feu y prend toùt-à-coup et le convertit en sous-carbonate de potasse,qu’on traite comme à l’ordinaire par la chaux et l’alcool à trente et quelques degrés. On- pourrait même à-la rigueur ne poin t purifier la potasse par l’alcool, et se contenter de la faire bouillir avec la chaux : dans ce cas j après l’avoir évaporée à siccité, il faudroit la fondre dans une bassine, et ne la décanter que quand elle seroit limpide, pour en séparer beaucoup de carbonate de potasse qui se précipite. Les soins à prendre pour la priver d’eau ne sauraient être trop grands : cette eau étant contraire à la formation du potassium, on la volatilise à une Chaleur rouge-cerise dans un creuset ou dans une bassine ; de cette manière , la potasse reprend toujours à la vérité un peu
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- d’acide carbonique , mais qui n’est pas nuisible (1).
- 5g. Comme on ne peut obtenir le potassium qu’à une très-haute température, il en résulte qu’on ne peut se servir que de vases de fer pour le préparer ; tout autre vase, du moins à bas prix, fondroit, et le fer entreroit lui-même en fusion, s’il n’é-toit préservé de l’action de l’air par un lut infusible. U en résulte encore que pour réussir dans cette préparation, il ne faut
- ( t ) Ayant eu besoin de potasse à un très-grand état de pureté dans le cours de nos recherches, nous en avons facilement obtepu, en la préservant constamment du contact de l’air. Nous nous sommes servis pour cela, d’une oornue de verre ordinaire, èt ensuite d’une cornue métallique, dont la panse étoit formée de deux pièces qui s’adaptaient l’uneà l’autre. Nous avons réduit la dissolution alcoolique en sirop dans la première ; non* avons évaporé ce sirop jusqu’à aiccité dans la se-* conde, et nous y avons poussé la matière jusqu’à la fusion ignée. Il faut de toute nécessité pour cette opération que la partie inférieure de là cornue soit d’argent et non de cuivré ; autrement, l’alcali seroit ooloré en bleu. La partie supérieure de cette Gornue Ou son chapiteau peut être de cuivre : cependant il vaut encore mieux qu’elle soit d’argent; car , si on ne ménage pas bien le feu., l’alcali se boursoufle, et parvient jusqu’au chapiteau, ce qui suffit pour lui donner une légère nuance bleue.
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- 78 PRÉPARATION
- mettre l’alcali en contact avec la tournure de fer que partiellement et lorsque cette tournure est très-rouge ; car si on faisoit d’abord le mélange de ces deux substances, il arriverait que la potasse se volatiliserait avant que la chaleur fût assez forte'pour que le potassium puisse se produire. On satisfait à cette nouvelle condition, en se servant de canons de fusil (1), qü’il est bon de nettoyer. On fait passer ce canon à travers un fourneau en l’inclinant légèrement; On en remplit de tournure de fer toute la partie qui doit être exposée à l’action du feu, et on remplit de potasse, la plus élevée des deux parties qui sont hors ’du fourneau. On donne le coup de feu; et au moment où on le juge assez fort, on fait fondre d’abord la couche de potasse la plus voisine du centredu canon, puis la suivante, etc. etc. Toutes ces couches coulent successivement et viennent passer à travers la tournure de fer: mais comme il pourroit arriver qu’une portion delà potasse échappât à l’action du fer, si
- même ceux-là que nous avons toujours employés.
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- letube était trop incliné, ou ne passât point à travers, s’il ne l’était pas assez , on doit préférer de courber le. canon de fusil, comme on le voit planche 4, fig. 1.
- 60. Ce qui précède suffit sans doute pour faire saisir l’ensemble de la préparation du potassium; mais on ne peut en avoir une idée très-précise qu’en entrant dans le détail de toutes les opérations dont elle se compose. Quoique plusieurs de ces opérations ne présentent aucune difficulté réelle, nous les décrirons toutes, si ce n’est pour les chimistes de profession, du moins pour ceux qui aspirant à le devenir, voudroient les répéter. Ces opérations sont au nombre de sept : La première consiste à nettoyer le canon de fusil dont on doit se servir ; la deuxième à le courber ; la troisième à le couvrir d’un lut infusible ; la quatrième à y introduire le fer et la potasse préparés comme il a été dit ( 5y et 58); la cinquième à le disposer dans un fourneau d’une grandeur convenable, et alimenté d’air par un soufflet assez fort; la sixième à conduirè et bien entretenir le feu ; enfin la septième à recueillir le potassium et le purifier.
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- 61. On peut enlever par le simple frdtte-* ment tout l’oxide de fer qui recouvre presque toujours l’intérieur du canon de fusil ; mais cet oxide résistant beaucoup moins à l’action de l’acide sulfurique ou muriatique foibles, et bien moins encore à l’action réunie des acides et du frottement, on employé ces deux moyens à la fois en bouchant le canon par un de ses bouts, y versant de l’acide par l’autre, et faisant mouvoir dedans et dans toute sa longueur une tige de fer terminée par un tampon qu’on plonge de temps en temps dans du sable. Lorsque tout l’oxide est enlevé, on lave le canon à grande eau; on y passe du linge ou du papier Joseph pour le sécher, et on en bouche les deux bouts pour prévenir une oxidation ultérieure, si on ne s’en sert pas de suite.
- 62. Pour courber un canon de fusil, comme on le voit planche 4, fig. 1, on le fait rougir en B ; on fixe l’extrémité A, et on élève l’extrémité D : le canon plie et s’arque en B. Ensuite on fait rougir le canon en C' ; on fixe l’extrémité D ; on appuyé de haut en bas sur la partie A B, et lè canon plie et s’arque en C'. La longueur de B C' est
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- de om-,27 ; celle de C' D de om,,o8; celle de A B est variable. Il n’est pas absolument nécessaire que B C' et C' D ayent la longueur qu’on vient de leur assigner ; mais il faut au moins qu’ils en ayent une qui s’en écarte
- , 63. Le lut dont nous nous servons, est formé de terre à potier ou argile grise des environs de Paris, et de sable passé au tamis de crin. Nous détrempons cette argile avec de l’eau, et nous y incorporons le plus de sable possible, environ cinq fois le poids de l’argile: par là, nous rendons le lut si maigre qu’il devient difficile à appliquer ; nous n’y ajoutons point ou que très-peu de crotin de cheval. S’il contenoit moins de sable, le feu auquel il doit être exposé Ip fondroit, et bientôt le fer en s’oxidant, fondroit lui-même.
- .64. On ne lute que la partie du canon qui doit être fortement chauffée, et tout au plus les parties adjacentes : ainsi, planche 4, fig. 1, le lut ne s’étend que de B" en C". Il faut que la pâte soit le moins humide possible : on en mouille seulement la surface plus que le centre pour en faciliter l’adhé-
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- rence; on comprime fortement cette pâte contre le canon,eton enlie avecleplus grand soin les différentes couches auxquelles on donne en somme une épaiéseur d’environ sëiée'tuillimètres. Ensuite ontient à 1-Ombre le canon pendant cinq à six jours; puis on l’expose au soleil ou à une chaletxr douce pendant quëlqüfes autres jours , et enfin à une chaleur plus forte pendant â peu près le même espace de temps. Si pendant tout ce temps, il se fait quelques gerçures dans le lut, on les remplit aVec du lut frais. Lorsqu’elles sont trop petites, on les agrandit; et toüjours on en mouille les parois, de manière à lier parfaitement le nouveau lut avec l’àncién.
- 65. Leeanon de fusil ne devant être plein detournurede fer que depuis B' jüsqu’én G, on fait arriver par l’extrémité A un piston jusqu’en B'; et après avoir rénvérsé le canon, on y verse la tournure par l’extrémité D; on secoue de temps en temps le canon pour la tassèr légèrement ; et lorsqu’il y èn a jusqu’au point C, ce qu’on re-connoît facilement avec une tige courbe, on cesse d’en ajouter. Il ne faut jamais en
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- mettre jusqu’au point G, et à plus forte raison jusqu’au point C", parce qu’elle se mêleront en partie avec le potassium. .11 ne faut pas ,non plus mettre à cette époque l’ai— cali dans,le canon ; il vaut mieux ;ne le faire que quand il est placé sur le fourneau : de cette manière, on a la.certitude que les matières, pe.se.déplacent point.
- 66. Après avoir introduit le fer dans le canpn.defusil, on le dispose sur un fourneau à réverbère, comme on le voit planche 4 , fig. ,2. Ce fourneau a trente centimètres de diamètre intérieur. La grille E est tout .au plus ,à seize centimètres du canon ; le laboratoire est convenablement échancré en FF, pour donner passage au canon, qui d’une part pose sur le fourneau même en B', et de l’autre sur un morceau de brique en G. On bouche soigneusement les deux échancrures FF, et toutes les autres, ouvertures avec des briques et du lut peu humide. Celui qu’on employé à l’extérieur peut n’être que de la terre à four détrempée ; mais celui qu’on employé à l’intérieur doit être de nature infusible : autrement il entraîneroit en fusion le lut du
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- canon , et dégraderoit promptement le fourneau.
- . 67. Lorsque le canon de fusil est Bien assujéti, on retire le piston de la partie A B', et on ÿ introduit cent vingt à cent trente grammes de potasse en fragtnens, qu'on pousse avec une tige de fer ou de bois jusqu’en B',sans trop lès tasser : par ce moyen, B' A' est plein d’alcali, et A A' est vide.
- 68. Comme il se dégage beaucoup de gaz dans l’opération, et que quelquefois l’extrémité D s’obstrue, il faut leur donner issue en adaptant à l’extrémité A un tube dé verre qui plonge au fond d’un flacon presque plein de mercure; sans cette précaution, on courroit le danger de se blesser et de perdre beaucoup de potassium.
- 6g.L’appareil étant ainsi disposé et les luts étant bien secs , on met alternativement du charbon rouge et du charbon noir dans le fourneau, jusqu’à ce que le canon en soit couvert, et le laboratoire même presque plein. Ensuite on place sur le laboratoire un dôme dont on a enlevé la cheminée et les parties environnantes, pour y verser plus facilement le charbon ; on l’en remplit et on
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- commence à souffler. Le courant d’air doit être d’abord très-lent ; on l’augmente graduellement; peu à peu le charbon s’allume, et quelque temps après on voit apparoître la flamme au haut du dôme : à cette époque, ou même auparavant, on met des linges mouillés autour de B'B", de crainte que la potasse n’entre en fusion ; on refroidit également la partie C' D, et on y adapte immédiatement après un récipient de cuivre.
- 70. Ce récipient 6 G' H H' est formé de deux tubes ( on les voit séparés planche 4 , fig. i), qui s’élargissent et entrent à frottement l’un dans l’autre : il est placé sur un support L L', dont la partie supérieure est creusée pour le maintenir. On reçoit l’extrémité du canon D dans le tube GG', avec lequel on l’unit par du lut de terre ; on adapte au tube HH' un tube de verre recour-bél; et on porte en H H' le corps froid qu’on avoit d’abord mis en C' D. Alors, au moyen d’un bon soufflet (1), on élève le plus pos-
- (1) Le soufflet dont nous nous servons est à double vent et à huit plis ; il a o"-^^ dans sa plus petite largeur, et il en a ora-,58 dans sa plus grande. Sa longueur
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- sible la température du fourneau. Lorsqu’on la juge assez forte, au lieu de continuer à refroidir B" B', on l’entoure de charbons rouges qu’on soutient pàr Une grille demi-cylindrique E'yqttî règne soüstdütë là partie du canon A' B'. La pétasse qui est èn B' B", fond et passe èn vapeürs à travers la partie B' B C. La grande quantité d’èau qü’elle contient, quoiqü’ayant été poüssée à une chaleur rouge (i) , se décompose, et donne lieu à un grand dégagement de gaz hydrogène assez souvent nébuleux. En même temps le potassium se produit et vient se condefaser en partie dans l’extrémité D, et dans le récipient GG' HH'. Bientôt le dégagement des gaz se ralentit ; on en conclut qu’il n’y a presque plus de potasse dans la pàrtie B' B", et on fond celle qui est en B" B"', en l’entourant de charbons rougès comme là prê-cédènte. Lorsque cette nouvelle quantité a
- qui y est adapté à un diamètre de o"y>4.
- (1) too parties de potasse à l’alcool et exposées à nne chaleur rouge, retiennent ao parties d’eau. ( Voyez deuxième Toh,me de cet ouvrage.)
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- disparu, on met du feu jusqu’en B'"', et ainsi de suite. Il est surtout essentiel de ne pas fondre trop d’alcali à la fois; car on diminuerait assez la température en B' C, pour qu’il ne se produisît plus de potassium. C’est même pour cela que l’on met cet alcali en fragmens, et non d’une seule pièce dans la partie A' B'. Plusieurs signes permettent de reconnoitre si l’opération va bien. Le plus sûr de tous, est le dégagement du gaz qui doit être très-rapide, sans qu’il en résulte des vapeurs trop épaisses à l’extrémité du tube de verre I. On peut encore prendre pour règle de l’opération, le temps qu’on employé à la faire, à dater du moment où le fort coup de feu a lieu, et où l’alcali commence à fondre. La durée doit en être au plus d’une heure. Elle est terminée quand le feu a été porté successivement jusqu’en. A', et qu’il ne se dégage plus de gaz. Alors on enlève le dôme et le laboratoire ; on détache la grille de dessous A' B'; on retire le tube de verre qui plonge dans l’éprouvette, et on y substitue un peu de lut. Ensuite ayant bouché aussi avec du lut le tube de verre I, on enlève le canon de fusil lui-
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- même, dont on hâte le refroidissement en jetant de l’eau dessus, et en faisant tomber le lut qui le recouvre. On pourroit le laisser refroidir dans le fourneau ; mais on per-droit beaucoup de temps, et quelquefois on ne l’en retireroit que difficilement, par la raison que les luts des échancrures F F, se vitrifient et contractent en se solidifiant une si grande adhérence, qu’ils font corps entre eux et avec le fourneau lui-même.
- 71. Il arrive quelquefois que les gaz cessent tout-à-coup de se dégager par le tube I, et se dégagent par le tube qui plonge dans l’éprouvette M. Ce phénomène annonce que l’extrémité D est obstruée. Elle l’est ordinairement par de l’alcali qui a pu y arriver quand le feu n’a point été assez fort, ou, ce qui revient au même, quand on a fait passer l’alcali trop vite à travers la tournure de fer. Il est possible, jusqu’à un certain point, de remédier à cet accident. Aussitôt qu’on s’en aperçoit, il faut mettre des charbons rouges autour de l’extrémité D, pour fondre le corps qui l’obstrue, et il faut augmenter la colonne de mercure en M. Si on réussit à on opérer la fusion, on continue
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- l’opération, mais à une plus haute température; sinon on l’arrête et on retire le canon.
- 7 2. Si les luts ne contenant point assez de sable, ou si même, en contenant assez, on les applique et on les sèche mal, l’opération ne réussit jamais ou ne réussit tout au plus qu’en partie : dans le premier cas, ils se vitrifient et coulent; dans le second, ils se détachent ou présentent un grand nombre de petites gerçures ; et dans l’un et l’autre, le canon est bientôt à découvert et troué en quelques points qui s’oxident et se fondent. On s’en aperçoit, parce que les gaz ne se dégagent ni en I ni en M. Lorsqu’au contraire les luts sont d’une bonne nature, qu’ils sont bien appliques et bien séchés, ils résistent et pi’éservent constamment le canon de l’action de l’air : ils l’en préservent même encore , lorsqu’il ne s’y fait que de petites gerçures, et qu’ils sont épais. Aussi a-t-on recommandé de leur donner une épaisseur de o'n,,oi6. D n’en seroit pas de même, s’ils n’en avoient une que de o“*,oo8. L’air étant comprimé par le soufflet dans le fourneau, finirait par pénétrer jusqu’au canon à travers les gerçures, quoiqu’allant
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- QO PRÉPARATION
- en zig-zag, et bientôt feroit tm peu d’oxide qui joint à l’action des cendres, feroit entrer le lut en fusion.
- 73. On peut mettre deux canons dans le même fourneau; c’est ce que nous faisons toujours : on les dispose l’un à côté de l’autre , comme on le voit planche 4, fig. 3. On pourroit même y en mettre trois, en plaçant le troisième un peu au-dessus des deux premiers. Il y auroit de l’avantage à employer un fourneau carré. Si ce fourneau étoit assez grand, et s’il étoit alimenté par un soufflet assez fort, rien n’empêcheroit d’opérer au moins sur six canons. On conçoit aussi qu’en employant des tubes de fer d’un plus grand diamètre que les canons de fusil, on prépareroit à la fois bien plus de potassium. Il seroit possible de se servir à cet effet d’une forte tôle, à laquelle ondon-roit facilement la forme de cylindre, et dont il suffiroit de croiser les bords qu’on maintiendroit avec des clous. Il ne faudroit pourtant pas que les cylindres eussent un trop grand diamètre, parce qu’on ne par-viendroit point à en échauffer assez le centre.
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- 74- On supplée jusqu’à un certain point à ces perfectionnentert s , en mettant dans le canon plus de tournure de fer, et faisant passér à travers cette tournure plus d’alcali qu’oü né l’a indiqué précédemment. Il suffit pbtir cela de rendre B' C' plus long, planche 4, fig. 2 ; d’avoir un fourneau dont le diahiètre soit de plus de om,,3o, et de remettre de l’alcali dans la partie A' B', aussitôt que là première quantité qu’on y amise est fondue et transformée en métal.
- 75. Le potassium étant volatil, arrive et se condense en grande partie dans l’extrémité du canon D, et de là tombe presque tout entier à l’état de fusion dans le récipient GG'HH', planche 4, fig. 2, où par le refroidissement il se solidifie. Lorsqu’on veut l’en retirer, on enlèvé les luts qui sont en D; on bouche lé canon pour prévenir l’inflammation de celui qui peut s’y trouver; on verse par la même raison un peu d’huile de naphté dans le récipient; et après en avoir séparé les deux pièces, on fait tomber toute la quantité qui s’y est réunie dans Une autre portion de cette huile. Le potassium ainsi obtenu est ordinairement pur.
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- On pourroit le conserver sous la forme qu’il a prise en se refroidissant, dans le vase où on l’a reçu ; mais il vaut mieux lui donner, une forme sphérique, parce que sous cette forme il présente moins de surface, et par conséquent moins de prise aux agens extérieurs que sous toute autre. On y parvient en le comprimant à froid sous le naphte dans des petites cloches, dont le diamètre doit varier selon la quantité qu’on a.; et en ne le chauffant pour le fondre que quand les parties en ont été bien liées par le rapprochement.
- Pour retirer celui qui reste en C'D, on scie le canon en C' avec une lime; on plonge le bout C'D dans de l’huile, et on y enfonce un cylindre de fer, dont le diamètre égale presque celui du canon; on pousse ainsi le potassium dans l’huile même. Comme il contient un peu de potasse, on le purifie en le chauffant dans une petite cloche toujours sous l’huile, et en l’y comprimant légèrement aussitôt qu’il est fondu; de cette manière la majeure partie s’élève à côté de la tige, sous la forme de globules très-bril-lans, qu’on peut réunir en un seul en les
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- comprimant à froid et les fondant de nouveau. Une fois réunis et n'offrant point de cavités ou de parties grisâtres dans leur intérieur, on peut les regarder comme purs; de chaque canon on retire jusqu’à dix-huit grammes dé métal purifié ( 1 ).
- 76. On a vu dans les articles précédens tout ce qu’on est obligé de faire pour obte-tenir le potassium pur. II ne s’agit donc plus que d’examiner ce que contient le canon, pour avoir une idée complète de l’opération. On remarque d’abord qii’il n’y a plus de potasse en A' B', et qu’on n’en trouve que des traces en C' D', à moins que la température n’ait point été assez élevée. Or, comme le récipient ne contient que Au potassium, il s’ensuit que toute la potasse disparoît, sauf la quantité qui resté dans la partie B C' du canon : cette qu^g|j|é est très-con-
- (1) Il ne reste-presque jamais de potassium dans le bout C'D du;canon, ou du moins il n’y en reste jamais que de très-petites quantités, qu’on, peut même, si on veut, retirer avec une tige courbe, après toutefois les avoir recouvertes d’huile; ce potassium est toujours entremêlé d’un peu de potasse qui l’empêche de couler dans l’allonge. Dans tous les casil faut le purifier comme on vient de le dire.
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- g 4 PRÉPARATION
- sidérable; elle forme quelquefois jusqu’à la moitié de celle qu’on employé dans l'expérience. Cependant le coup de feu auquel la potasse est exposée, est des plps yiolens ; pous présumons qu'elle doit sa fixité à,lfoxide de fer qui se forme, et avec,lequel elle paraît se combiner. Cette sorte de combinaison s’aperçoit très-bien en,sciant le canon, çn divers points.de B'C'; elle remplit l’espace qui sépareles lames de tournure de fer, et les unit si bien,que souvent l’eau n’y pénètre que difficilement, et qu’on ne peut les retirer qu’en frappant sur le. canon avec un marteau. Il serait même possible que ce fut cette combinaison qui en s’opposant au contact du fer avec l’alcali, forçât d’employer tant de fer pour obtenir le potassium. Ce qui vient à l’appui de cette opinion, c’est que la tournure defer qu’on trouve dans le canon après l’opSKion, est brillante^flexible, et paroît être à l’état métallique ; en sorte qu’on ne verrait pas, sans la raison que nous en donnons, pourquoi on ne la détruirait point complètement avec une suffisante quantité d’alcali. D’après cela, si après l’avoir retirée du canon, on la lavoit et on la
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- DÜ POTASSIUM. g 5
- trituroit pour enlever l’oxide de fer et la potasse dont elle est «entremêlée, on pour-roit s?en servir pour une autre opération avec autant de succès que de.nouvelle.tour-nure.iOn voitdansle tableau qiii suit, combien d’une quantité donnée de potasse on a retiré de potassium , et combien il est resté . de potasse dans la partie-JB' C du: canon.
- | : 41 î ; rèsîi. lit OBSERVATIONS.
- 15^-5 39^,3
- 4° "7 hT-togio, qn! .e.t d<- Peïdre
- Il y a dèux manières «de -se rendre compte des phénomènes que présente la préparation du potassium. Dans l’une , on suppose que la potasse-est un coôde métallique; que le fer à! Une haute'température réduit cet oxide et met à nu le métal qui
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- . PRÉPARATION
- 9«
- est le potassium. Dans l’autre, on suppose que la potasse est un corps simple, et qu’étant complètement privée d’eau, elle se combine avec l’hydrogène , et forme un composé d’apparence métallique qui. est le potassium. Dans l’une et l’autre, on admet comme une vérité démontrée que la potasse fondue au rouge, contient encore beaucoup d’eau ; que cette eau, que la chaleur seule ne peut lui faire perdre, est décomposée par le fer, et que de là résulte un grand dégagement d’hydrogène : mais dans la première ,' on dit que tout l’hydrogène de l’eau décomposée se dégage’, et que le fer s’oxide tout à-la-fois par l’oxigène de. l’eau et par celui de la potasse ; tandis que dans la seconde, on dit que tout l’hydrogène de l’eau décomposée ne se dégage pas ; qu’il en est une partie qui se combine avec la potasse au moment où elle est sèche, et que le fer n’est oxidé que par l’oxigène de l’eau.
- Ainsi l’une de ces hypothèses consiste donc à regarder le potassium comme un corps simple métallique : l’autre consiste à le regarder comme un composé d’hydro-
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- DU POTASSIUM.
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- gène et de potasse sèche, ou comme un véritable hydrure de potasse. Ce n’est point ici le moment de les discuter : nous ne pourrons établir cette discussion qu’après avoir rapporté tous les faits; car une théorie ou une hypothèse n’en étant que l’expression, ou devant les représenter tous, on ne peut la juger que quand on les connoît. Au reste, il sera toujours facile de tenir le langage des deux.
- Toutes les fois que le potassium se combine avec, l’oxigène, on dira dans la pre-mière que la potasse se reforme : on dira, au contraire, dans la seconde, qu’elle n’est qùe mise en liberté ; et que le potassium étant un hydrure de potasse,il en résulte de l’eau que cet alcali retient.
- DE LA PRÉPARATION DU SODIUM.
- 78. La préparation du sodium se fait absolument comme la préparation du potassium, et donne lieu aux mêmes phénomènes que celle-ci : elle n’en diffère qu’en ce qu’au lieu de mettre de la potasse en A' B', planche 4, fig. 2 ; il faut y mettre de la soude 1. 7
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- «gS PRÉPARATION
- pure et fondue à une chaleur rouge (1). Il faut essayer avec un grand soin le carbonate de soude, d’où, on se propose dé la rëtirér. Si ce sel contient de la potasse, il faut le faire ‘cristalliser jusqu’à ce qu’il n’en contienne plus ; car s’il en contenoit seulemènt un -centième, on obtiendrait un peu de potassium , qui en se combinant avec le sodium, -en changerait singulièrement les propriétés, comme on le verra plus bas(8o); on en éprouvela pureté, à la manière ordinaire, par le muriate de platine. Il est un moyen certain pour se procurer de la soude exempte de potasse ; c’est de l’extraire de celle qui provient du sulfate de soude calciné avec le charbon et la craie. Mais comme cette soude contient beaucoup de sulfure, on ne l’en priveroit pas à beaucoup près en la traitant seulement par la chaux et l’alcool. Il faut auparavant la faire bouillir avec suffisante quantité d’oxide noir de manganèse en poudre. On change par ce moyen tout ce qui
- ( i ) i oo' parties de soude à l’alcool et fondues au rouge contiennent 25 parties d’eau. Voyez le deuxième volume
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- PRÉPARATION
- 8o. Lorsqu’on n’a point un assez bon soufflet pour produire le degré de feu qu’exige la préparation du sodium, on peut la modifier, comme il suit. Au lieu de soude pure, il faut employer de la soude contenant si peu de potasse que ses combinaisons avec les acides soyent à peine troublées par le muriate de platine;par ce moyen, on obtient du sodium allié à un peu de potassium. L’alliage est solide, cassant et cristallisé; on le met sous la forme de plaques dans l’huile de naphte, et on permet à l’air du vase de se renouveler de temps en temps; peu à peu le potassium seul se détruit, et on recon-noît que le sodium est pur, lorsqu’il est devenu ductile, et qu’il ne se fond qu’à 90° et non à 8o°, 70% etc., comme auparavant (91 et 92). Si la soude contenoit seulement cinq à six centièmes de potasse, l’alliage qu’on obtiendroit seroit liquide à la température ordinaire, et alors l’huile ne pouvant plus pénétrer entre ses molécules, n’opéreroit plus ou qüe très-lentement la destruction du potassium (92). Ainsi quand on veut employer cette manière de préparer le sodium, on doit se conformer
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- strictement à ce que nous ayons dit au commencement de cet article sur la nature de la soude.
- 81. Nous ne doutons point que plusieurs autres métaux n’ayent comme le fer la propriété de produire le potassium et le sodium avec la potasse et la soude. Tels sont surtout le manganèse et le zinc. Cependant on ne pourra jamais les substituer au fer dans la préparation de ces deux substances métalloïdes , parce que le premier est trop difficile à obtenir, et que le second est trop fusible et trop volatil.
- 82. Il nous est également démontré que le charbon jouit de cette propriété, mais ici il se passe des phénomènes dignes de remarque, et que . nous devons examiner. Lorsqu’on met un mélange de charbon et de potasse ou de soude pures ou même carbo-natées dans un tube de porcelaine; qu’on ferme l’une de ses extrémités avec un bouchon et qu’on adapte à l’autre un tube de verre plongeant dans l’eau, pour ôter tout accès à l’air, on n’en obtient jamais ni potassium ni sodium, quelque coup de feu qu’on donne;il ne s’en dégage absolument que
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- PRÉPARATION
- des gaz inflammables. Les résultats seront encore les mêmes, en supprimant le tube de verre et son bouchon-, et laissant le tube de porcelaine ouvert. Cependant, si lorsque la chaleur est très-forte, on plonge une tige de fer ou de cuivre dans le tube, et qu’après l’y avoir laissée quelques secondes, on l’en retire, elle sera couverte çà et là de petites particules de potassium et de sodium, qu’on pourra séparer et conserver dans l’huile; et ce phénomène se présentera un grand nombre de fois dans le cours de l’opération. Comment concilier ce dernier fait qui s’est offert à M. Curaudau, et que nous avons constaté, avec le premier que nous avons observé? On le peut d’une manière très-simple. Le gaz oxide de carbone ou le gaz hydrogène oxi carboné n’attaque point 1 e potassium et le sodium à froid (195 et 200) ; il ne les attaque point non plus, ainsi qu’on vient de le voir, à une très-haute température; mais il les détruit tout à coup à une chaleur presque rouge cerise( 195 et 2oo).Par conséquent si, ces corps étant tous à une très-haute température , on les laisse refroidir lentement, il y aura nécessairement une époque où le
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- SODIUM.
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- potassium et le sodium seront brûlés ; c’est ee qui arrive dam la première expérience : mais si, au contraire, on les fait refroidir subitement, leur combustion ne sera que partielle ; et c’est là ce qui a lieu évidemment dans la seconde expérience. Ainsi la tige qu’on plonge dans le tube de porcelaine,, n’agit que comme corps refroidissant. Il en résulte qu’on perd la majeure partie du potassium et du sodium produits, et qu’on ne peut en obtenir que très-peu.
- 83. Le gaz hydrogène étant un corps très-combustible, nous ne devions point négliger de le mettre en contact avec la potasse et la soude, afin de savoir s’il poui’roit les. transformer en potassium et sodium. Nous avons employé tantôt des tubes de fer et tantôt des tubes de porcelaine ; ces tubes contenoient l’alcali, et le gaz hydrogène passoit à travers. Dans tous les eas, nous avons Obtenu des résultats négatifs. Il est probable que cette inaction du gaz hydrogène sur les alcalis, tient d’une part à l’état sous lequel il est, et de l’autre à ce que ces corps ne peuvent se transformer en substance métalloïde que quand ils sont privés.
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- 104 PREPARATION
- d’eau. Or j l’hydrogène ne peut leur enlever celle qu’ils contiennent; conséquemment son action sur eux doit être nulle. Ce cas est tout-à-fait différent de celui où en les traitant par le charbon ou le fer, on obtiept à\i potassium et dü sodiumj car dans celui-ci toute l’eau de l’alcali est volatilisée ou décomposée par le fer et le charbon. (Nous avons remarqué que dans la préparation du potassium, il se dégage constamment un peu d’eau.) H ne pourra donc pas se former de potassium et de sodium dans le premier cas, quoiqu’il s’en forme dans le second.
- Des tentatives faites pour transformer la barite et la stixmtiane en substances métalloïdes.
- 84. Dans la vue d’obtenir le métal de la barite, nous avons d’abord employé le procédé par lequel on prépare le potassium et le. sodium: ainsi après avoir disposé l’appareil , comme on le voit planche 4, fig. 2, nous avons mis de la barite fusible au feu, et par conséquent combinée avec de
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- DU SODIUM.
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- l’eau(i) dans la partie A'B', qniaété ensuite entourée de charbons rouges : cette base n’a point tardé à fondre et à couler à travers la tournure de fer : il s’est dégagé beaucoup d’hydrogène , et il s’est formé de l’oxide de fer; mais il n’en est résulté aucune trace visible du métal de la barite.
- Craignant que l’expérience n’eût été sans succès, parce que le canon étant courbe, la barite qui est fusible sans être volatile, ne pouvoit point être en contact avec toute la tournure de fer ; nous l’avons répétée dans un canon droit etlégèrementincliné,et nous avons encore obtenu les mêmes résultats.
- 85. On a vu (80) que la potasse favori-soit singulièrement la transformation de la soude en sodium. Il y avait lieu d’espérer qu’elle produirait le même effet sur la barite. On a, d’après cela, combiné la barite avec le quart de son poids de potasse, et on
- (i) La barite extraite du nitrate de barite par la calcination , ne contient point d’eau et est infusible ; celle qui provient des cristaux de barite exposés à une chaleur rouge, contient dix pour cent d’eau, et est très-fusible. ( Mémoire de M. Berthollet, deuxième volume de la Société d’Arcueil, p. 42. )
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- 1 o6 PRÉPARATION
- a fait passer cette combinaison à travers la tournure de fer; mais il n’en est résulté que du potassium.
- 86. Quoique les expériences précéden tes ayent dû nous ôter presque toute espérance dè succès , nous avons voulu faire toutes celles que l’analogie indiquoit. Il devenoit presque certain que le métal de la barite, en supposant qu’il existât, étoit fixe ou très-difficilement volatil : par conséquent, il étoit probable que si on parvenoit à l’obtenir avec du fer, il resteroit, combiné avec ce métal. On devoit donc tenter l’action du fer sur la barite au plus violent feu de forge, dans un excellent creuset. C’est ce que nous avons fait en mettant sur le mélange , pour le garantir de l’action de l’air , un couvercle qui entroit dans le creuset même, puis une couche de charbon, et en-fin un second couvercle. On s’est servi de barite infusible ou absolument sèche, dans une première expérience; et dans une seconde, ôn a employé de la barite fusible ou combinée avec de l’eau : dans l’une et l’autre , le fer est resté pur.
- 87. Nous avons fait, comme dans l’expé-
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- SODIUM.
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- rience précédente, des mélanges de barite et de fer , auxquels nous avons ajouté du charbon bien sec ; nous en avons fait aussi 1°. de barite et d'étain; 20. de barite, d’étain et de charbon ; 3°. de barite et de charbon bien sec. Tantôt nous avons opéré avec de la barite sèche, et tantôt avec de la barite humide ; dans aucun cas la barite n’a disparu , et jamais on n’a aperçu de signes qui ayent permis de soupçonner la production du métal de la barite.
- 88. La strontiane et la chaux ont été soumises sans aucun succès aux mêmes épreuves que la barite. On n’a soumis à ces épreuves,ni la magnésie, ni l’alumine, ni aucune des autres terres.
- DES PROPRIÉTÉS PHYSIQUES DU POTASSIUM.
- 8g. Le potassium est solide à la température ordinaire, et présente l’éclat métallique au plus haut degré. Récemment fondu dans l’huile de naphte, et vu dans cette huile à travers le verre, il ressemble à l’argent mat; lorsqu’on Ten retire, il se ternit bientôt, et prend l’aspect qu’a le plomb
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- 108 PROPRIÉTÉS PHYSIQUES
- exposé depuis long-temps à l’air. Sa section est lisse, unie et des plus brillantes. Il est aussi ductile et plus mou que la cire ; comme elle, on le pétrit entre les doigts (1).
- Si, après l’avoir rompu, on en examine l’intérieur, on voif qu’il est formé d’une multitude de petites particules cristallines qui ne sont jamais assez prononcées, pour qu’on en distingue la forme. H est excellent conducteur de l’électricité. Sa pesanteur spécifique est de 0,86607, à la température de 15° ; conséquemment, elle est moins grande que celle de l’eau, et un peu plus grande que celle de l’huile de n aphte pure. On l’a prise en pesant successivement un petit tube de fer d’abord vide, ensuite plein d’eau et enfin plein de -potassium qu’on y a fait entrer par compression. On a aussi essayé de la prendre en pesant une boule de potassium dans l’huile de naphte, à la manière ordinaire, et dans l’air, au moyen d’un large tube de verre dont on
- (1) Cetle expérience ne se fait sans danger qu’uutan,t que la surface du potassium est couverte d’huile autrement il s’enflammeroit , et l’on seroit profondément brûle'.
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- DU POTASSIUM ET DU SODIUM. 109 connoissoit le poids, et qu’on bouchoit après l’y avoir mis ; mais on a été obligé de renoncer à ce moyen, parce qu’au moment où le potassium est dans l’huile, il s’y attache toujours quelques petites bulles de gaz, qui rendent le résultat inexact.
- Des propriétés physiques du sodium.
- 90. Le sodium est solide à la température ordinaire. Il a un grand éclat métallique. Sa couleur a beaucoup de rapport avec celle du plomb ; cependant, vu dans l’huile au moment où il vient d’être fondu, il paroît un peu moins gris que ce métal. Sa section est unie et brillante. Il est formé d’une foule de petites particules dont on ne peut pas distinguer la forme. Il a à peu près la mollesse et la ductilité de la cire. Il est excellent conducteur de l’électricité. Sa pesanteur spécifique est de 0,97223, à la température de 15° : on l’a prise comme celle du, potassium («s)-
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- 110 PROPRIÉTÉS PHYSIQUES , etc.
- De V action de la chaleur et du froid sur le potassium et le sodium.
- 91. Le potassium et le sodium exposés à l’action de la chaleur, ne tardent point à fondre. Le potassium èritre en fusion à 58°, et le sodium à 90° ; on s’en convainc facilement, en les chauffant dans de l’huile de naphte, et en observant, au moment où ils se figent, un thermomètrè^u’bn tient plongé dans leur propre substance. Soumis à une chaleur plus forte, ils se volatilisent. Comme nous n’avons point encore déterminé le degré précis de leur volatilité , nous dirons seulement, qu’il est difficile de volatiliser le sodium, et qu’il est au contraire facile de volatiliser le potassium , même dans un tube de verre; et qu’ainsi, il y a une grande différence à cet égard entre Txm et l’autre. Enfin par le froid, ils se condensent, pér-dent beaucoup de leur mollesse, et acquiérent même uné certaine dur'eté,'surtout le sodium à 20° sous zéro (1). : u-
- (1) M. Davy a examiné avant nous les propriétés du
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- ALLIAGE DE POTASS. ET DE SODIUM. I 11
- DE L>ACTION QU'EXERCENT RÉCIPROQUEMENT LE SODIUM. ET LE POTASSIUM L’UN SUR L’AUTRE.
- g 2. Le potassium et le sodium se combinent très-bien ensemble, et donnent nais-
- cordent point avec les siennes: ce sont surtout celles qui sont relatives à la pesanteur spécifique et au degré de fusion de ces deux métaux qui diffèrent lé plus.
- D’après M. Davy.
- La pesanteur spécifique du potassium à la température de i3i'° R. ou i6,o cen-tig. est o,6 ; celle de l’eau étant i. ( Bibliot. feritann. Sciences et Arts, tome 3g, page 19-) , ...
- La pesanteur spécifique du sodium tst de 0,9348 (il n’est pas dit à quelle température ). (Même volume, page 34.) .
- Le potassium est imparfaitement liquidé à 1210 R.; il est plus fluide à 17° R-; il est en fusion parfaite à 3oj° R. ( Même volume, page 16 à 17.)
- Le sodium se ramollit à 3Qj0R., et dévient un liquide parfait à 65 R. (Même volume, page 34. )
- La pesanteur spécifique du potassium est de o,865 , à i5° cèntig.
- La pesanteur spécifique du sodium est de 0,97223 , à i5° cenlig.
- Le potassium fond à.58°
- çentig.
- Le sodium ne fond qu’à
- go° centig.
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- ALLIAGE
- sance à un alliage cristallisable plus ou moins cassant, toujours plus fusible que le sodium, et souvent même plus fusible que le potassium.
- Cette propriété dépend de la proportion des principes qui le constituent. Trois parties de sodium et une partie de potassium, forment un alliage fusible à zéro, et qui, plongé dans un mélange de glace et de sel marin, se congèle, cristallise et devient cassant. Si on augmente la quantité de sodium, sans changer celle de potassium, l’alliage perd de sa fusibilité; mais il est toujours plus fusible que le sodium, et toujours il est cristallisable et cassant Un trentième de potassium suffit même , pour donner ces propriétés au sodium à un degré très-marqué , et pour lui donner en outre la blancheur de l’argent.
- Si au lieu d’augmenter la quantité de sodium, on la diminue; c’est-à-dire, si on combine moins de trois parties de sodium avec une partie de potassium, on obtient des alliages qui deviennent d’abord de plus en plus fusibles et dont la fusibilité ne diminue que quand la quantité de potàs-
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- de Potassium et de sodium. u5 sium est très-grande. Celui qu’on forme avec dix parties de potassium et une seule de sodium est même encore liquide à zéro, et présente la propriété très-remarquable d’être plus léger que l’huile de naphte ; mais celui qu’on formeroit avec trente parties de potassium et une de sodium ne se fondroit peut-être qu’à 12 ou 18 0 au-dessus de zéro.
- On voit donc que quand le sodium est prédominant, l’alliage est d’autant moins fusible qu’il contient plus de ce métal; et qu’on observe des effets à peu près analogues , lorsque c’est au contraire Je potassium qui prédomine. On voit de plus, ainsi qu’on l’a annoncé, que dans tous les cas l’alliage est plus fusible que le sodium; qu’il l’est quelquefois plus que le potassium, et que toujours il est cristallisable et cassant.
- q3. Tous ces alliages se font indistinctement sous l’huile, à chaud. Ceux qui sont fusibles à la température ordinaire peuvent même se faire à froid par la seule compression; et en effet, à mesure qu’on en rapproche ainsi les parties, on les voit se
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- 314 ALLIAGE DE POT ASS. ET DE SODIUM, liquéfier. Quelles que soient les quantités de potassium et de sodium qui constituent ces alliages, ils se détruisent peu à peu, même dans l’huile de naphte, si toutefois cette huile a le contact de l’air. Alors tout le potassium passe à l’état de potasse, et le sodium seul reste. Nous avons même tiré de cette observation le procédé que nous avons décrit pour obtenir plus facilement le sodium (80).
- g4. Il est facile, d’après ce qu’on vient de dire, d’expliquer pourquoi les chimistes ont tant varié sur l’état qu’affectent le potassium et le sodium; c’est que les uns se sont servi d’alcali pur, et les autres d’alcali plus ou moins impur pour les préparer. Ainsi, on ne sauroit mettre en doute que si M. Davy a cru que le potassium et le sodium se liquéfioient, le premier à 3o|-0R., et le second à 65^ 0 R.; c’est que la potasse et la soude sur lesquelles il a opéré conte-noient : la potasse, de la soude ; et la soude,
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- ACTION DE D’EAU SUR LE POTASS. 115 DE L’ACTION DE L’EAU SUR LE POTASSIUM.
- g 5. Lorsqu’on met le potassium en contact avec l’eau, il en résulte tout à coup de la potasse et un dégagement de gaz hydrogène : on le prouve facilement, en faisant passer dans une cloche pleine de mercure, d’abord un peu d’eau, et ensuite du potassium ( enveloppé dans un papier ). A peine le contact a-t-il lieu, que l’action commence. Le potassium nage sur l’eau , s’agite considérablement, se détruit à vue d’œil ; une grande quantité de gaz est produite; l’eau s’échauffe beaucoup et devient-très-caustique. Si on examine les propriétés de ce gaz, on trouve qu’il est inflammable , qu’il est susceptible de détonner avec l’oxigène par l’étincelle électrique, d’en absorber précisément la moitié de son volume, et de former ainsi une composé liquide : et si on examine les propriétés de l’eau, on voit qu’elle a la propriété de saturer les acides sans qu’il y ait effervescence, et qu’on ne peut absolument en retirer que des sels à base de potasse; donc, etc.
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- ACTION
- 96. Lorsque le potassium a en même temps le contact de l’eau et de l’air, tous les phénomènes dont on vient de parler ont lieu; mais il s’en présente un nouveau : le gaz hydrogène brûle à mesure qu’il se dégage ; et par-là, le potassium s’échauffe tellement, qu’il finit par rougir et produire une petite explosion. Cette expérience est très-curieuse à voir, sur-tout en jetant divers morceaux de potassium dans un large vase de verre plein d’eau ; il en résulte autant de corps enflammés qui vont, viennent et se croisent en tous sens à la surface de l’eau.
- 97. Il étoit important de déterminer la quantité de gaz hydrogène que le potassium dégage dans son contact avec l’eau. A cet effet, on a rempli de potassium un tube de fer, par une forte compression- Ce tube avoit été pesé auparavant; on l’a pesé après: il s’est trouvé contenir 26"““-,213 de ce métal. On l’a fermé avec ün disque de verre, et on l’a introduit dans cet état sous une cloche pleine d’eau. Alors, on a retiré peu à peu le disque. A peine le potassium a-t-il touché l’eau, que l’action a eu lieu. D’abord,
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- SUR LE POTASSIUM.
- elle a été modérée; mais bientôt "le métal est sorti du tube où il étoit contenu, s’est élancé à la surface de l’eau ; et dans ce moment, il s’est produit tant de gaz à la fois, que la cloche, quoique très-lourde et maintenue dans sa position par l’un de nous, a été soulevée fortement et avec bruit. Le métal s’est attaché en partie à ses parois supérieures et s’est détruit promptement. Quoique la chaleur ait été très-grande, la cloche-n’a point été cassée, et l’expérience s’est faité sans danger. Aussitôt que nous n’avons plus aperçu de potassium soit à la surface de l’eau, soit sur les parois de la cloche, nous avons mesuré le gaz hydrogène. Son volume s’est trouvé de oUt-,666, temp. 15® cent., barom. om ,'/q55. L’expérience a été faite deux fois, et les résultats en ont été sensiblement les mêmes. On peut donc les regarder comme exacts; d’où il suit que too parties de potassium absorbent igp’,g45 d’oxi-gène pour passer à l’état de potasse : ou bien que 100 p. de potasse sont formées de 83p-,37i depotassium et de i6p-,62g d’oxi-gène.
- 98. Cette observation fournit un moyen.
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- Jl8 ACTION DE L’EAU
- très-simple et très-exact pour avoir des quantités égales, très-petites et bien déterminées de potassium , sans avoir besoin de les peser. C’est de creuser une petite cavité dans un disque de laiton, d’y mettre plus de potassium qu’il n’en faut pour la remplir , et d’en enlever l’excès au moyen d’un autre disque aussi de laiton coupé de biais dans son épaisseur et vers l’un de ses bords, de manière à présenter une arrête très-vive et faisant couteau. On voit la coupe verticale et la projection horizontale de deux disques de ce genre, pl. 5, fig. 5. La surface supérieure du disque inférieur A peut s’appliquer exactement sur la surface inférieure du disque supérieur B; par conséquent, si on fait glisser cette dernière surface sur la première, la cavité O étant plus que pleine de potassium, il est évident qu’il n’y en restera qu’une quantité qui sera toujours la même. Cependant il faut prendre quelques piécautions pour obtenir un grand degré de précision : la première est de remplir la cavité O d’un seul morceau de potassium; la seconde de bien l’y comprimer, d’abord avec le doigt, et ensuite en appliquant des-
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- SUR LE POTASSIUM. V KJ'
- sus le disque supérieur; la troisième est d’enlever, avec un petit couteau d’ivoire ou de corne, la plus grande partie de potassium qui'est en lames autour de la cavité ; la quatrième est de bien faire glisser le disque supérieur, le tranchant en avant, • sur le disque inférieur; enfin, la cinquième est de découvrir le disque inférieur en faisant rétrograder le disque supérieur pour savoir si la cavité O est bien pleine , ou si le petit culot de potassium est bien formé. Ces opérations exigent beaucoup moins de temps qu’on ne se le figure ; avec un peu d’habitude, on moule facilement plusieurs culots en une minute.
- 99. Quoique nous fussions bien persuadés que tous ces culots eussent un poids égal, nous avons voulu le démontrer par un grand nombre d’expériences. Pour cela, nous avons rempli un grand nombre de fois la cavité O depotassium; et laissant chaque fois le disque supérieur sur le disque inférieur, nous les avons plongés ainsi superposés sous un entonnoir et un tube gradué pleins d’eau.. Alors découvrant peu à peu le disque inférieur , en faisant glisser dessus le disque su-
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- 1 20 ' ACTION DE D’EAU
- périeur, tout le potassium s’ést détruit et a donné une certaine quantité d’hydrogène. Or, cette quantité d’hydrogène a toujours été sensiblement la même; donc tous les culots de potassium étoient égaux. Nous ne rapporterons les résultats que de dix expériences prises au hasard, et calculés pour la température de 15° centig., et pour la pression de
- Ainsi, chaque mesure a donc dégagé 79 parties de gaz hydrogène. Maintenant si nous ajoutons que 123 parties du tube gradué que nous avons employé équivalent à un centilitre, et si nous observons que 2gram-,2i 5 de potassium donnent oUt-,666 d’hydrogène,
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- POTASSIUM.
- 121
- therm. cent i5° ; bar. om,,y^55, nous en conclurons que chaque mesure pesoit osr-,o2i 2. Nous nous servirons, par la suite, dans toutes nos expériences, de cette mesure que nous désignerons sous le nom de mesure M, pour avoir des quantités égales et connues de potassium ; et toujours nous mesurerons les gaz dans le tube gradué dont nous venons de parler, et que nous appellerons tube gradué T.
- De Vaction de Veau sur le sodium.
- 100. Lorsqu’on met le sodium en contact avec l’eau, il en résulte beaucoup de chaleur , de la soude pure et un grand dégagement de gaz hydrogène. On reconnoît la nature de cet alcali et de ce gaz comme il a été indiqué ( 9 5 ).
- Soitque le sodium touche en même temps l’air et l’eau, ou bien qu’il ne touche que l’eau, les phénomènes sont les mêmes: il tourne, va, vient en tous sens et très-rapidement sur ce liquide, produit beaucoup d’hydrogène qui se dégage avec un léger sifflement, diminue à vue d’œil, ne s’enflamme
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- ACTION DE D’EAU
- 124»
- ni ne rougit, et disparoît sans explosion.
- 2e™%486 de sodium donnent, avec l’eau , Ilit-Ja5a5 d’hydrogène à la température de 15° centig., et à la pression de om-,75g ; donc 100 parties de sodium absorbent 33P-,gg& d’oxigène pour passer à l’état de soude; ou bien 100 parties de soude sont donc composées de 74p-,63 de sodium , et de 25p,,37 d’oxigène.
- 101. On peut mouler le sodium an moyen des deux disques de laiton, planche 5, fig. 5, aussi bien que le potassium. Dix mesures de sodium, faites successivement, et décomposées par l’eau ( voyez la manière d’opérer cette décomposition, n° 99), nous ont donné les résultats suivans : Therm. centig. i5° ; barom. om-,75.
- Tube gradué T.
- .... 148 hydrogène. .... 148,5 .... 149.3
- .... .48
- .... 148,5 .... «47.8 .... 148
- 3
- 4
- 5
- 6
- 147.5
- 148.5
- • 47,5
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- SUE LE POTASSIUM.
- 125
- Chaque mesure de sodium dégage donc 148 parties d’hydrogène du tube gradué T; mais comme üeram', 486 de sodium en dégagent iv,re2b2b, therm. i5°, bar. oa,rf5g, chaque mesure de sodium pèse ogram-,0238. f De même que nous nous servirons dé la mesure M dans toutes nos expériences sur le potassium pour agir sur des poids connus de ce métal; de même aussi, et par la même raison, nous l’employerons dans toutes nos expériences sur Ip sodium; et dans les unes et les autres, nous mesurerons toujours les gaz dans le tube gradué T (1).
- (1) M. Davy a observé le premier l’action qu’exerce l’eau sur le potassium et sur le sodium. Il en est fait mention très en détail dans son mémoire lu à la Société royale, les 12 et 19 novembre 1807. ( Voyez Bibl. Brit. Sciences et Arts, tome 39, pag. 21, 35, 45, 46 et 47-) Nos observations s’accordent sensiblement avec les siennes.
- D’après M. Davy.
- Le potassium dans son contact avec l’eau dégage une quantité d’hydrogène telle que ioo de potasse sont formées de 84 de potassium et i6d’oxigène; elle sodium en dégage une quan-
- D’après nous.
- Le potassium dégage, dans son contact avec Veau, une quantité d’hydrogène telle que 1 oo de potasse, sont formées de 83,371 de potassium et de 16,62g d’oxigène ; et le sodium en
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- OXIDES
- 1 S 4
- DE D’ACTION DU GAZ OXIGÈNE ET DE L’AIR ATMOSPHÉRIQUE SUR LE POTASSIUM ET LE SODIUM.
- _ 102. Lorsqu'on met le potassium, en contact avec le gaz oxigène , à la température de l’atmosphère , il l’absorbe peu à peu , perd son brillant métallique, et devient gris-blanc jusqu’au centre dans l’espace de quelques jours; mais pourvu qu’on en renouvelle la surface, ce métal s’enflamme toujours dans le gaz oxigène à une température de 6o à 8o°, et quelquefois même à îo et i5°. Si dans ces expériences on substitue l’air atmosphérique au gaz oxigène, les résultats en sont encore les mêmes, excepté qu’ils sont moins sensibles.
- tilé telle que îoo de soudel dégage une quantité telle sont formées de 77,7 de que 100 de soude sont for-sodium et 22,3 d’oxigène. mées de 74,63 de sodium et I de 25,37 d’oxigène.
- Ainsi, nous n’avons eu sur M. Davy que l’avantage d’opérer sur une grande quantité de potassium et de•. sodium, et par conséquent d’obtenir, sur-tout relativement au sodium, des résultats que nous croyons être un. peu plus rapprochés de la vérité que les siens.
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- DE POTASSIUM ET DE SODIUM. I a5
- 103. Le sodium est bien moins combustible que le potassium. Ce métal s’altère à peine dans le gaz oxigène à froid, et n’y brûle avec lumière qu’à chaud. De là, on concevra facilement pourquoi il s’oxide sans s’enflammer, en le chauffant dans une cloche d’environ 2 à 4 centimètres de diamètre , et pleine d’air; et pourquoi, au contraire, il brûle vivement en le jetant sur un têt chaud, ou bien en le jetant tout fondu par terre: c’est que dans le premier cas, il est en contact avec de l’air très-raréfié par la chaleur; et que dans le second, il est en contact avec de l’air qui l’est beaucoup moins. Ces différentes combustions dévoient faire présumer l’existence de plusieurs oxides de potassium et de sodium. Ces divers oxides existent en effet; on les reconnoît, comme on va le voir, dans le chapitre suivant.
- DES DIVERS OXIDES DE POTASSIUM ET DE SODIUM.
- 104. Le potassium et le sodium étant doués de propriétés qui dépendent presque
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- OXIDES
- lü6
- toutes de la grande affinité qu’ils ont pour l’oxigène, ou ne saurait faire une étude trop approfondie des phénomènes que présente leur combustion ; mais tout en cherchant à recueillir jusqu’au moindre fait qui s’y rattache, on doit surtout faire tous ses efforts pour déterminer avec soin : Quels sont les divers degrés d’oxidation dont ces métaux sont susceptibles ; quelles sont les quantités d’oxigène propres à ces divers degrés d’oxidation ; quelles sont les circonstances dans lesquelles se forment les oxides qui en résultent ; enfin quelles sont les principales propriétés dont ces oxides jouissent ?. Ce sont en effet ces questions qu’on s’est proposé de résoudre.
- 1 o5. Nous parlerons d’abord des oxides de potassium. Déjà nous connoissons l’un de ces oxides ; c’est celui qui se forme quand on met le potassium en contact avec l’eau, et qui n’est autre chose que la potasse pure (voyez précédemment n°. y5 ) : mais il en est encore deux autres dont il n’a point été question, et que nous devons maintenant étudier.
- 106. Le premier est au minimum d’oxi-
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- DE POTASSIUM ET DE SODIUM. 127 dation ou moins oxidé que la potasse; d'un gris bleuâtre ; très-cassant, quoique contenant peu d’oxigène, et provenant d’un métal plus ductile et plus mou que la cire ; fusible à une légère chaleur; tellement inflammable que souvent il prend feu dans l'air, et surtout dans le gaz oxigène à la température de 20 à 25 degrés ; susceptible d’agir sur l’eau avec une grande force, d’en dégager du gaz hydrogène, mais moins que le potassium lui-même.
- On l’obtient en renfermant ,' pendant quelques jours, du potassium dans un vase d’une petite dimension, plein d’air et dont le bouchon est de liège. Si ce bouchon étoit de verre, l’oxidation ne pourroit être que superficielle. En elïet, il n’y auroit que l’oxigène et l’eau hygrométrique de l’air contenu dans le vase qui pourraient y contribuer ; au lieu que dans le premier cas, le bouchon étant poreux et contenant de l’eau, en peut céder aux gaz qui n’en contiennent point, et en prendre à ceux qui en contiennent. De là il suit qu’il transmet celle de l’atmosphère, en sorte que ce me1 tal peut s’oxider complètement dans un
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- OXIDES
- 128
- espace de temps plus ou moins considérable.
- Sans doute on pourroit obtejiir cetoxide par d’autres procédés que celui que nous venons d’exposer, et surtout en mettant le potassium à froid en contact avec de l’air qu’on renouvelleroit ; mais on risquerait d’outrepasser le degré d’oxidation propre à cet oxide. C’est ce qui arriveroit infailliblement si le contact étoit de trop longue durée; ou si, au lieu d’air, on employoit -du gaz oxigène; et si surtout, au lieu d’o-péreràfraid, on opéroit à chaud. D’ailleurs, on peut se servir indistinctement de potassium qui ait été ou non en contact avec l’huile, pour la préparation de cet oxide.
- 107. Voilà donc déjà deux oxides cîiiïe— rens qui ont pour base le potassium; l’un résulte de l’action à froid d’une petite quantité d’air sur le potassium, et l’autre qui n’est autre chose que la potasse provient constamment de l’action de ce métal sur l’eau. Il en est un troisième tout aussi distinct, plus remarquable encore, et plus oxigéné que les deux précédens. Nous allons le faire con-noitre. On l’obtient pur et instantanément
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- DE POTASSIUM ET DE SODIUM. I 29 en brûlant, à l’aide d’une température élevée , le potassium dans le gaz oxigène. L’on peut opérer cette combustion en plaçant le potassium, soit sur le verre, soit sur le platine , soit sur l’argent, etc. : mais le verre et le platine présentent quelques inconvéniens que l’argent ne présente point;ils sont tous deux attaqués dans l’opération. Le verre l’est évidemmentpar la potasse qui peu t se former. Quant au platine, il s’oxide en partie, sans doute parce que l’oxide de platine peut se combiner avec l’oxide de potassium. Cependant on peut éviter jusqu’à un certain point ces inconvéniens, et alors se servir de platine , en opérant sur du potassium qui n’a point été dans l’huile, parce que ce métal brûle à une température très-peu élevée ; ou bien encore, et alors on les évite complètement , en opérant sur de l’oxide de potassium peu oxidé qui s’enflamme de lui-même dans le gaz oxigène.
- 108. Il étoit nécessaire de déterminer la quantité d’oxigène entrant dans la composition de l’oxide de potassium très-oxidé. Pour cela, 011 a rempli de mercure bouilli une cloche A, recourbée à son extrémité et bien «• 9
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- 0XTOE3
- i3o
- sèche (voyez pl. 5, fig. a ); on y a fait passer une certaine quantité de gaz oxigène bien sec lui-même; ensuite on a introduit, jusque dans la partie coürbe de cette cloche, une petite capsule de forme ovale, tantôt d’argent, tantôt de platine, avec une tige de fer ; puis on a porté, au moyen de la même tige, une quantité donnée de potassium jusque dans cette capsule; ( voyez planche 5, fig. 4, la projection verticale en A, et la projeotion horizontale en B, de cette petite capsule ovale.) Alors, on a chaufîé le potassium avec une lampe à esprit-de-vin. Bientôt il a fondu, et quelque temps après, il s’est enflammé si vivement, et a dégagé tant de chaleur que la capsule est devenue rouge. Lorsque la température de la cloche fut revenue au même point que celle de l’atmosphère environnante , on a mesuré le résidu gazeux, et on a su ainsi combien il y avoit eu d’oxigène absorbé : mais comme une portion auroit pu l’être par la capsule métallique dont on se servoit pour faire l’opération, on a mis l’oxide de potassium en contact avec l’eau; présumant qu’elle en dégageroit du gaz oxigène, et
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- ; potassium :
- 1 SODIUM.
- le ramèneroit à l’état de potasse. C’est, en effet, ce qui a eu lieu; de soçte que, par ce moyen , on a eu très-exactement la quantité d’oxigène fixée par le potassium seulement. Nous allons rapporter les résultats d’un assez grand nombre d’expériences qui ont été faites tantôt dans le platine, tantôt dans l’argent, et toujours à i5° cent, et à om,,75 de pression.
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- OXIDES
- NOMBRE QUANTITÉ QUANTITÉ QUANTITÉ Quantité de gaz NATURE
- de oxigène absor-
- DES POTASSIUM GAZ 0X1GJ3N. GAZ OXIGÈN. bé par le vase dans lequel le DU VASE OBSERVATIONS.
- EXPÉRIENC. EMPLOYÉ. ABSORBÉ. dégagé de l’oxid. par l’eau. potassium est placé. EMPLOYÉ
- • parties parties parties 1. Ou a mesuré les gaz dans le tube gra-
- Première. une mes. M. u 8,8 66 i3,3 platine dué t. ; 2. Il faut se rappe-
- Seconde.. idem 102,5 48 15 idem 1er qu’une mesure M de potassium absorbe
- Troisième idem 120,5 68 i3 idem 3gp.,5 de gaz oxigène pour passer à l’état de
- Quatrième idem io4,5 6l 4 idem pousse (99).
- 3 On voit que dans
- Ci nquième idem i3o 79 n,5 idem la 8e. expérieuce , il y
- Sixième. . idem 128 81 7,5 idem a eu 13 part, d’oxigèue que l’eau n’a pasdéga-
- Septième. idem ?» 38,5 O argent gées de l’oxide ; il est probable que cela tient
- Huitième. idem 9l 89 12,5 verre à ce qu’une portion de l’oxide de potassium
- très-oxidéjSe sera combinée avec le verre.
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- DE POTASSIUM ET DE SODIUM. l35
- On voit par ce tableau que le potassium a pris jusqu’à deux et même jusqu’à trois fois autant d’oxigène qu’il en exige pour passer à l’état de potasse : cependant M. Davy, dans son premier mémoire , a assuré qu’il n’en prenoit pas plus dans ce cas que lorsqu’on le mettoit en contact avec l’eau; et même il rapporte dans son mémoire ( Trans. Phil pour 1810, pages 53-et 34 ), qu’il a confirmé depuis peu de temps ses résultats à cet#égard, en opérant sur de grandes quantités de potassium.
- « J’ai établi, dans la.Lecture BaJcerienne » pour 1807, dit M. Davy, qu’en brûlant le y» potassium et le sodium dans le gaz oxi-» gène, on obtenoit des alcalis purs et parfai-» tementsecs, et j’ai trouvé que dans ce cas, » 100 parties de potassium absorboient en-» viron 18 parties d’oxigène, et que 100 de » sodiumen absorboient environ 34.Comme » j’avois répété un grand nombre de fois les » expériences dont j’ai déduit ces résultats,. » j’avais lieu d’espérer qu’elles étoient à peu » près exactes, quoique je ne les eusse faites. » qu’avec de très-petites quantités de ma-» tière; et je suis heureux de trouver qu’il
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- ï34 oxides
- » en est ainsi. Les nouveaux résultats que j’ai » obtenus en opérant sur des portions con-» sidérables de potassium et de sodium s’ac-» cordent sensiblement avec les précédens. » En effet, lorsqu’on brûle du potassium » et du sodium à l’aide de petites auges de » platine, dans du gaz oxigène desséché par » de la potasse rougie au feu, l’absorption est »' d’environ ^ de pouce cube pour chaque » grain de potassium consumé, et d’envi-» ron un pouce cpbe pour chaque grain » de sodium aussi consumé ».
- Et en note, même page, M. Davy ajoute : « Les quantités de gaz hydrogène dégagé de » l’eau par le potassium et le sodium sont » dans un semblable rapport ».
- Quoique M. Davy s’exprime si positivement , nous ne pouvons partager son opinion sur ce point : et il est difficile de concevoir qu’il ait fait lui-même les expériences; car cet observateur est trop habile pour ne pas apercevoir des résultats aussi visibles que ceux dont il vient d’être question.
- 109. D’ailleurs, quelle que soit la quantité d’oxigène qu’absorbe le potassium, le poids
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- DE POTASSIUM ET DE SODIUM. 15 5 de l’oxide est toujours égal à celui du potassium employé et de l’oxigène absorbé ; en sorte qu’il ne s’en dégage aucun produit volatil. C’est ce qu’on a prouvé en brûlant une quantité donnée de ce métal dans une quantité donnée d’oxigène, en ten ant compte de l’excès de ce gaz, et pesant l’oxide formé. Cette expérience a présenté quelques difficultés. La plus grande étoit d’empêcher que l’oxide ne fût mêlé de mercure afin d’en avoir précisément le poids. On est parvenu à la faire exactement de la manière suivante : on a fait la combustion du potassium, ainsi qu’on l’a décrit (108), dans une cloche de verre recourbée, et sur une capsule de platine dont le poids étoit parfaitement connu. Ensuite on a retiré cette capsule en vidant auparavant la cloche de mercure , et on l’a pesée dans un flacon exactement bouché. De cette manière l’oxide étoit pur, puisqu’il n’avoit été en contact ni avec l’air ni avec le mercure ; enfin , pour pouvoir tenir compte de l’excès d’oxigène, on a marqué le niveau du gaz avant de remplir la cloche d’air, de sorte qu’il étoit facile d’en connoître la quantité.
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- OXIDES
- |56
- Voici le résultat de trois expériences.
- ilo. Maintenant, examinons les propriétés du nouvel oxide de potassium dont nous venons de faire connoître l’existence.
- Il çst fusible à l’aide de la chaleur, mais beaucoup.moins que la potasse à l’alcool, et cristallise en lames par le refroidissement. La couleur en est jaune quand il est pur; mêlé avec un peu d’oxide de platine, il devient plus on moins brun. Mis en contact avec l’eau, il se décompose subitement avec une vive effervescence , et il en résulte beaucoup de chaleur , de la potasse et du gaz oxigène ; en sorte que l’eau tendant à s’unir avec la potasse, en sépare de l’oxi-gène Gomme les acides en séparent de plu-
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- DE POTASSIUM ET DE SODIUM. 15 J sieurs oxides au summum. Son action sur les corps combustibles est très-grande, à l’aide de la chaleur ; tous, ou presque tous, comme on va le voir, le ramènent à l’état de potasse, et un très-grand nombre même le décomposent avec une vive lumière.
- PREMIÈRE EXPÉRIENCE.
- 11 i.On afaitdel’oxide jaune depotaSMMm avec environ une mesure M de ce métal, dans une cloche de verre recourbée, pl. 5, fig. 2, et sur une capsule ovale de platine, pl. 5, fig. 4. La combustion étant faite, et la cloche refroidie, on a rempli cette cloche de mercure , et on y a introduit du gaz azote en quantité suffisante; puis environ une demi-mesure M de phosphore bien sec. A froid, l’action a été nulle ; mais presqu’aussitôt qute le phosphore a été fondu, il y a eu une combustion des plus vives, et il s’est dégagé tant de chaleur que presque toute la capsule en est devenue rouge. Le gaz azote n’a pas sensiblement changé de volume. Une partie du phosphore a été brûlée, et l’autre s’est volatilisée. Le produit ne faisoit
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- OXIDES
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- aucune effervescence avec l’eau ; il ne s’y dissol voit même pas facilement, et il ne s’cn exhaloit aucune odeur de phosphore. Cependant l’eau de chaux, de barite, de stron-tiane y faisoient des précipités très-sensibles. Il en étoit de même des muriates de ces bases. Tous ces précipités disparoissoient dans les acides nitrique et muriatique, et reparoissoient par l’ammoniaque : d’où il est probable que le phosphore forme un phosphate avec excès de base en décomposant l’oxide jaune de potassium (1).
- 112. On a mis en contact le soufre avec l’oxide de potassium de la même manière que le phosphore, et on a opéré sur les mêmes quantités de part et d’autre. Ce n’est qu’en élevant assez fortement la température du soufre avec une lampe à esprit-de-vin que la décomposition de l’oxide par ce corps a eu lieu. La lumière dégagée n’a
- .(i) On sait que le phosphate de potasse avec excès de-hase, fortement chauffé, résiste à l’action de l’eau..
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- DE POTASSIUM ET DE SODIUM. 13g
- point été très-vive. Cependant le produit ne faisoit plus effervescence avec l’eau ; il sen-toit un peu le foie de soufre, et précipitoit par le nitrate de barite : d’où on peut conclure que tout l’oxide avoit été décomposé, et qu’il en étoit résulté un peu de sulfure et beaucoup de sulfate de potasse.
- 113. On a mis en contact avec l’oxide de potassium, du charbon fortement calciné et bien pulvérisé. La quantité Ae potassium et de charbon étoit à peu près la même que celle du phosphore et du potassium dans l’expérience précédente. La manière d’opérer étoit aussi la même ; seulement, on a porté le charbon sur l’oxide avec des petites pinces recourbées à leur extrémité, et terminées par deux cavités en forme de cuil-ler,appliquées et usées l’une surl’autre(i>oyez la forme de ces petites pinces, pl. 5, fi g. i; en A, elles sont représentées de face ; et en B, de côté ). La combustion n’a eu lieu que lorsque la température a été très-fortement élevée avec la lampe à esprit-de-vin. Cette
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- 140 OXIDES
- combustion a été très-vive, ou bien accompagnée de chaleur et de lumière; le produit qui en est résulté ne faisoit plus effervescence avec l’eau, en faisoit une très-vive avec les acides, précipitoit abondamment par l’eau de chaux, étoit blanc. C’étoit du carbonate de potasse avec excès de po—
- QUATRIÈME EXPERIENCE.
- 114. On a essayé successivement l’action de la résine, du bois de hêtre, et de l’albumine en poudre sur l’oxide jaune de potassium, absolument de la même manière que celle du charbon sur cet oxide. Dans les trois cas, l’oxide a été décomposé et ramené à l’état de potasse avec un grand dégagement de lumière.
- Dans le premier cas, la décomposition s’en est faite à une basse température, et elle n’a eu lieu dans le second et troisième qu’à la température presque la plus forte qu’on puisse produire avec la lampe. Il s’est développé en même temps dans les trois cas beaucoup de gaz hydrogène oxi-carburé ;
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- DE POTASSIUM ET DE SODIUM. 141 et dans le dernier, il s’en est dégagé même avant que la combustion ne commençât.
- CINQUIÈME EXPÉRIENCE.
- 115. On a mis en contact, comme précédemment avec l’oxide jaune de potassium, les huit métaux suivans, savoir : l’étain, l’arsenic, l’antimoine, le zinc, le cuivre, le bismuth, le plomb et le fer, tous réduits en poudre. On a opéré sur deux mesures M de potassium , et à peu près sur une égale quantité de ces métaux en limaille fine : l’oxide de potassium a toujours été décomposé et ramené à l’état de potasse, quelquefois avec un grand dégagement de lumière; c’est ce qui a lieu avec l’étain, l’antimoine et l’arsenic. Le dégagement de chaleur et de lumière a été surtout si grand avec l’étain, que non-seulement la capsule de platine, mais encore le verre lui-même a rougi. D’autres fois, le dégagement de lumière a été beaucoup moindre ; c’est ce qui est arrivé avec le zinc et surtout avec le cuivre. Enfin,d’autres fois, il n’y a point eu de dégagement de lumière; c’est ce qu’on
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- OXIDES
- 143
- a observé avec le bismuth, le plomb et le fer. Dans tous les cas, chacun de ces métaux a toujours été oxidé, mais il a fallu élever fortement la température avec la lampe à esprit-de-vin. Plusieurs d’entre eux, particulièrement l’étain , l’arsenic, le zinc, et peut-être tous les autres se sont combinés avec la potasse. En général, les produits ne faisoient plus effervescence avec l’eau, excepté dans les points où le contact entre le métal et l’oxide n’avoit point eu lieu. En mettant ainsi de l’eau sur Je produit, on obtenoit, sous la forme de flocons différemment colorés, tout l’oxide du métal employé; à moins qu’il ne fût soluble dans la potasse. C’est surtout ce qui étoit remarquable dans, le produit provenant de l’action du fer sur l’oxide de potassium; on y distinguoit tant d’oxide rouge de fer, que la liqueur en étoit jaune rougeâtre.
- SIXIÈME EXPÉRIENCE.
- 116. On a traité l’oxide de potassium par le potassium, de la même manière que par l’antimoine, l’étain, l’arsenic, etc. A froid ,
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- DE POTASSIUM ET DE SODIUM. 146
- il n’y a point eu d’action ; mais à une température suffisamment élevée, il y a eu décomposition de l’oxide, dégagement de lumière, et production de potasse. Il paroît seulement qu’on n’avoit point ajouté assez de potassium pour en ramener tout l’oxide à l’état de potasse, en iorte que le produit eontenoit encore un peu d’oxide jaune.
- SEPTIÈME EXPÉRIENCE.
- 117. Après avoir préparé de l’oxide jaune de potassium, avéc deux mesures M de ce métal dans une cloche de verre recourbée ( pi. 5, fig. 2 ), on l’a remplie de mercure, et on y a introduit du gaz hydrogène bien sec. Tant que la température n’a point été élevée, le gaz hydrogène n’a point agi sur l’oxide ; mais aussitôt qu’elle l’a été suffisamment au moyen d’une lampe à esprit-de-vin, l’absorption du gaz hydrogène a été assez rapide. Il s’est formé beaucoup d’eau, dont une grande partie ruisseloit sur les parois de la cloche. En même temps, l’oxide blanchissoit et passoit à l’état de potasse. Aussi le produit, après l’expérience,
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- OXIDES
- '144
- ne faisoit-il aucune effervescence avec l’eau; cependant ces phénomènes n’étoient accompagnés d’aucun dégagement de lumière.
- Si on substitue, dans cette expérience, le gaz hydrogène phosphuré ou sulfuré, au gaz hydrogène, les résultats en sont encore les mêmes, excepté qu’il y a dégagement de lumière et formation de sulfure, qui, mis dans la bouche, y répand l’odeur et la sa-vèur d’œufs pourris, et formation de phos-phure qui, mis dans l’eau , dégage du gaz hydrogène phosphuré.
- HUITIÈME EXPÉRIENCE.
- 118. Oxide jaunel Pro™
- de potassium ( Md" ce mita?.
- * . A froid, l’action n’est pas sensible; il faut même une grande partie de la chaleur qu’on peut produire avec la.lampe à esprit-de-vin pour qu’elle ait lieu; il en résulte de la vapeur d’eau qu’on aperçoit d’une manière très-sensible, un dégagement de gaz azote, une absorption considérable de gaz, point de lumière.
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- SODIUM. 145
- ,,9p=}|pF^|
- Ce n’est qu'en élevant la avec une lampe à esprit-de-v tion a eu lieu. Une grande qui acide a été absorbée ; beaucoup d’< condensée en gouttelettes sur les j: la cloche; du gaz oxigène s’est dé s’est formé du muriate de potasse bl nâtre; il ne s’est point formé de § ;éné, et il n'y a
- e fît du gaz muriatique oxigéné.
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- >»6
- OXIDES
- élevée, le gaz acide carbonique a été absorbé; il s’est formé un carbonate de potasse faisant vive effervescence avec les acides ; il
- s’est dégagé du gaze déposé la plus légère rois de la cloche. A; tais le produit dans sauf quelques flocor tine, et il s’en est
- me, et il ne s’est pas tee d’eau sur les pa-l’expérience, on a a ; il s’y est dissous, ânes d’oxide de pla-igé quelques bulles
- ONZIÈME EXPERIEN
- de précautions encore que celles qui précèdent. En effet, avant de faire l’expérience, on a pesé très-exactement, non-seulement l’oxide jaune de potassium, mais encore le gaz sulfureux ( dont on a trouvé
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- DE POTASSIUM ET DE SODIUM. 147
- la pesanteur spécifique égale à 2,a553 , celle dp r%ir étant x ) ; pt à la fin de l’expérience, on a pesé avec le même soin le sulfate, et le gaz oxigène provenant de l’action dn gaz sulfureux sur l’oxide.
- Pour préparer l’oxide jaune, on s’est servi de potassium qui n’a voit point été en oontact avec l’huile. La préparation en a été faite de la même manière qu’on l’a décrite (107), c’est-à-dire, dans une cloche pleine de gaz oxigène, et contenant une petite capsule de platine où étoit placé le potassium. Cela fait, on a rempli cette -cloche d’air pour en retirer la capsule de platine sans qu’elle touchât le mercure; on l’a mise.dans un flacon de verre, on l’y a pesée, et on a eu ainsi le poids de l’oxide ; car on connoissoit celui de la capsule. D’une autre part, on s’est procuré une cloche de verre recourbée qui contenoit jusqu’à quinze centilitres; on l’a séchée; on l’a remplie de mercure sec, et on y a fait passer une quantité déterminée de gaz sulfureux privé d’eau hygrométrique ; puis on y a introduit la capsule de platine à laquelle l’oxide àepotassium étoit très-adhérent; on a porté cette capsule
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- OXIDES
- au moyen d’une tige de fer dans la partie courbe de la cloche, et on l’a chauffée peu à peu avec la lampe à esprit-de-vin. Bientôt il y a eu une vive inflammation ; l’absorption a été considérable et presque instantanée. Il s’est formé du sulfate de potasse, et il s’est dégagé un peu de gaz oxigène, mais point de trace de vapeur d’eau. L’appareil étant refroidi, on a mesuré le résidu gazeux dans le tube gradué, et on en a séparé le gaz sulfureux et le gaz oxigène dont il étoit composé. Ensuite on a retiré le plus promptement possible de la cloche alors pleine de mercure, la capsule de platine qui contenoit tout le sulfate de potasse formé dans l’opération; on l’a mise aussitôt dans une autre cloche pleine de gaz azote sec ; on l’y a chauffée, avec la lampe à esprit-de-vin pour en dégager les globules mercuriels qu’elle avoit entraînés; et enfin, on l’a pesée dans un flacon de verre bien sec ; on a retranché du poids obtenu celui de la capsule seule, et on a eu le poids du sulfate qu’elle contenoit
- On a trouvé que le poids du sulfate, plus celui du gaz oxigène dégagé et du gaz sul-
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- DE POTASSIUM ET DE SODIUM. 149 fureux non absorbé, représentoientle poids de l’oxide de potassium et du gaz sulfureux employé. Cette expérience a été répétée plusieurs fois, et toujours les résultats en ont été les mêmes.
- DOUZIÈME EXPÉRIENCE.
- Gaz oxide nilreux.Un excès.
- On a fait cette expérience comme la précédente, excepté qu’on n’a pesé exactement ni l’oxide de potassium, ni le gaz oxide ni>-treux. L’action n’a pas é té sensible àfroid; elle a été au contraire très-grande à chaud: il y a eu une absorption considérable de gaz, formation d’une assez grande quantité de gaz acide nitreux très-rouge, et en même temps d’un sel qui restait fondu dans la cornue, et qu’il a été facile de reconnoître au moyen de l’acide sulfurique étendu d’eau, et de charbons rouges pour du nitrite de potasse. D’ailleurs, on n’a point aperçu la plus légère trace d’eau ; ainsi, il faut concevoir que dans ces expériences le gaz oxide nitreux s’est combiné avec l’excès d’oxigène de l’oxide jaune de potassium, et a formé
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- :5o
- OXIDES
- de l’acide nitreux dont une partie s’est dégagée, et dont l’autre s’est combinée avec la potasse provenant de l’oxide décomposé.
- Si on substitue le gaz oxide d’azote au gaz oxide nitreux, il ne se produit aucun des phénomènes que l’on vient de décrire; l’oxide de potassium reste jaune et n’est nullement décomposé. Aussi, après avoir été long-temps en contact à chaud avec le gaz oxide d’azote, l’oxide de potassium fait-il toujours effervescence avec l’eau, et donne-t-il toujours lieu à un grand dégagement de gaz oxigène.
- 123. Après avoir déterminé les divers degrés d’oxidation du potassium, et examiné les principales propriétés des divers oxides de ce métal, on a fait des recherches analogues sur le sodium. Il existe un oxide de sodium au minimum, de même qu’il en existe un de potassium. On le fait de la même manière que celui-ci. Cet oxide est gris-blanc, sans aucun éclat métallique, cassant, susceptible de donner beaucoup d’hydrogène avec l’eau, mais moins que le sodium.
- Outre cet oxide de sodium , il en existe
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- DE POTASSIUM ET DE SODIUM. l'5 t encore deux autres, de sorte que l’on con-noît autant d’oxides de sodium que d’oxides de potassium : l’un d’eux est celui qui constitue la soude, et se forme toutes les fois qu’on met le sodium, ou l’un des autres oxides de sodium, en contact avec l’eau.
- Le troisième oxide , ou l’oxide au maximum de sodium, ne se forme jamais soit par l’eau, dans aucune circonstance, soit par l’air ou le gaz oxigène à froid; mais on l’obtient pur et facilement, en faisant brûler vivement le sodium dans le gaz oxigène , à l’aide de la chaleur. La préparation peut s’en faire dans une cloche de verre recourbée, à l’instar de celle de l’oxide jaune de potassium, c’est-à-dire, en plaçant le métal dans une capsule cfargent ou de platine. On détermine très-facilement, par ee moyen, la quantité d’oxigène que contient cet oxide; c’est pourquoi ce moyen a été préféré à tout autre. Comme on l’a déjà décrit au sujet de l’analyse de l’oxide jaune de potassium (107), on ne le décrira point de nouveau; on se contentera de rapporter les résultats qu’on a obtenus.
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- i5a oxides
- EXPÉRIENCES. SODIUM EMPLOYÉ. OXIGÈNE ABSORBÉ. OXIGÈNE dégagé de l’oxid. par l’eau. OXIGÈNE absorbé par le vase où étoit placé le sodium. NATURE du vase où étoit placé le sodium. OBSERVATIONS.
- Première. Seconde.. Troisième. Quatrième Cinquième une mes. M. idem idem i idem idem parties i3o 1 io,5 123,5 104 94 parties 42 3o 37,5 3o 20 parties 14 6,5 12 0 0 platine idem idem argent verre 1. Il faut se rappe » 1er qu’une mesure M de sodium absorbe 14b parties de gaz oxigene pour passer à l’état de soude (101). 2. On voit qu’aucune portion d’oxide de sodium très - oxide ne s’est combinée avec le verre. Il n’eu est pas de même de l’oxide de potassium très - oxide (108).
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- DE POTASSIUM ET DE SODIUM. l53
- Il résulte de ces expériences, que le sodium peut prendre jusqu’à une fois et demie, et même plus, d’oxigène qu’il n’en exige pour passer à l’état de soude , et que le poids de l’oxide de sodium est toujours égal à celui du sodium employé et de l’oxi-gène absorbé ; en sorte qu’en brûlant il ne s’en dégage rien, et que sous ce rapport il ressemble complètement au potassium.
- 124. L’oxide de sodium au summum a beaucoup d’analogie avec l’oxide au summum àepotassium. La couleur en est jaune verdâtre sale, lorsqu’il est préparé dans des substances telles que le verre ou l’argent qui n’y portent aucune matière colorante; mais il est brun lorsqu’il est préparé dans le platine, à cause de l’oxide de platine avec lequel il se trouve alors combiné. Il est fusible à l’aide de la chaleur, mais beaucoup moins que la soude à l’alcool, et même que l’oxide de potassium. Mis en contact avec l’eau, il est décomposé tout à coup : et il en résulte, d’une part, un dégagement subit de gaz oxigène; et de l’autre, une certaine quantité de soude qui reste en dissolution dans la liqueur. Traité par les
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- OXIDES
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- corps combustibles, à l’aide d’une chaleur plus ou moins forte, il leur abandonne une portion de son oxigène et repasse à l’état de soude ; du moins, tel est le résultat de l’action qu’exercent sur lui le phosphore , le charbon le plus fortement calciné, et l’étain. Ainsi, il se comporte avec ces corps comme l’oxide jaune de potassium ; c’est encore comme cet oxide qu’il agit sur les gaz acides carbonique et sulfureux. On trouve la preuve de toutes ces assertions dans les expériences suivantes que l’on afaites absolument comme celles qui sont relatives à l’action de l’oxide de potassium sur les divers corps ( voyez 112 et suivans ).
- PREMIÈRE EXPÉRIENCE.
- Phosphore....Un excès.
- A froid, il n’y a point eu d’actionmais en élevant la température avec une lampe à esprit-de-vin, il y en a eu une très-vive. Il s’est dégagé tant de lumière et de chaleur,. que la capsule de platine et même la cloche
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- DE POTASSIUM ET DE SODIUM. l55 ont rougi, et il s’est formé tout à la fois du phosphate et du phosphure de potasse. Le produit contenoit même assez de phosphure, pour que, jeté dans l’eau, l’on vît bientôt paroître des bulles de gaz hydrogène phosphuré qui s’enflammoient par leur contact avec l’air.
- DEUXIÈME EXPÉRIENCE.
- 126. Oxide de sodium.
- Charbon calciné en poudre. Un excès.
- Ce n’est presque qu’à là plus haute température qu’on puisse produire avec la lampe à esprit-de-vin , que le charbon a agi sur l’oxide jaune-verdàtre de sodium. Il en est résulté du sous-carbonate de soude blanc, sans qu’il y ait eu dégagement de lumière.
- TROISIÈME EXPÉRIENCE.
- 1 27. Oxide de sodium. Etain en limaille.
- Un excès.
- Ce n’est également qu’à une température élevée que l’étain a agi sur l’oxide de so-
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- OXIDES
- ib6
- diutn. Il n’y a point eu de lumière dégagée, et il s’est formé une combinaison de soude et d’oxide d’étain..
- QUATRIÈME EXPÉRIENCE.
- Gaz acide carbon i
- Le gaz acide carbonique ne décompose point à froid l’oxide de sodium. Ce n’est même qu’à une température assez élevée , mais qu’on peut toutefois produire avec la lampe, qu’on en opère la décomposition ; elle a lieu sans lumière, de même que sans production d’eau, et il en résulte un sous-carbonate de soude et un dégagement de gaz oxigène. Pour la rendre complète, il faut chauffer long-temps, et il faut surtout que la couche d’oxide de sodium soit très-mince.
- CINQUIÈME EXPÉRIENCE.
- . 129. Oxide de sodium.
- Gaz acide sulfureux sec.
- Le gaz acide sulfureux a une action sen-
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- DE POTASSIUM ET DE SODIUM. 167 sible à froid sur l’oxide de sodium; car à peine le touche-t-il, qu’il le rend gris-blanc; mais son action est bien plus forte sur cet oxi« de à l’aide de la chaleur ; en effet, quelque temps après qu’on a chauffé avec la lampe ces deux corps ensemble, l’oxide s’embrase, la chaleur et la lumière qui se dégagent sont extraordinaires; toute la capsule de platine, et une partie de la cloche rougissent ; toute la matière entre en fusion ; le gaz sulfureux est absorbé très - rapidement, et en très^ grande quantité; il l’est totalement lorsqu’il y a un excès d’oxide ; enfin il se forme du sulfate et du sulfure de soude. On voit donc que l’oxide de sodium ne contient point assez d’oxigène pour ne former, avec l’acide sulfureux, que du sulfate de soude. On a vu au contraire que l’oxide de potassium en contenoit plus qu’il n’en faut pour foi’mer, avec ce même acide, du sulfate de potasse, et que par cette raison il s’en dégageoit une portion lorsqu’on faisoit agir ces deux corps l’un sur l’autre.
- Quoi qu’il en soit, le poids du sulfate et du sulfure de soude qui se forment dans cette expérience, est précisément égal à
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- OXIDJËS
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- celui de l’oxide de sodium employé et du gaz acide sulfureux absorbé; en sorte qu’il ne se dégage point la plus légère trace d’eau ou de parties volatiles.
- i5o. Tels sont les divers oxides de potassium et de sodium connus jusqu’ici, et telles sont leârs propriétés les plus remarquables; tels sont aussi les moyens les plus directs de les obtenir; cependant il en est plusieurs autres que l’on peut employer avec succès. On ne parlera point de .ceux par lesquels on peut former les deux oxides au minimum , parce qu’on peut facilement les prévoir. Il ne sera question que de ceux qui ont pour objet Ja formation des oxides au maximum.
- 131. D’abord on observera que l’on forme tout aussi bien les oxides jaunes de potassium et de sodium, dans l’air que dans le gaz oxigène, pourvu qu’on élève la température de ces métaux et qu’on les fasse brûler vivement. La formation de l’oxide très-oxidé de potassium a meme lieu à froid dans le gaz oxigène ; mais, pour oxigéner facilement par ce moyen le potassium jusqu’au centre, il faut multiplier autant que
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- DE POTASSIUM ET DE SODIUM. 15g
- possible les points de contact. Au contraire, la formation de l’oxide de sodium très-oxidé n’a jamais lieu dans cette circonstance , quelque divisé même que soit ce métal (i). On le verra clairement par les expériences dont les résultats sont rapportés dans le tableau suivant. Ces expériences ont été faites à la température de i5% et à la pression de om,,75.
- (l) Il faut que le gaz oxigène soit bien sec ; car s’il contenoit de l’eau hygrométrique , le sodium passerait d’abord à l’état d’oxide au minimum , et ensuite à l’état d’oxide au medium ou bien de soude. ( Voyez le n° i a3 ; voyez aussi l’article relatif à la détermination de la quantité d’eau contenue dans les alcalis, 2e vol.
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- saaixo 091
- CM
- EXPÉRIENCES. POTASSIUM EMPLOYÉ, GAZ OXIGÈNE EMPLOYÉ. DURÉE DU CONTACT. GAZ RÉSIDU. GAZ ABSORBÉ. Gaz oxîgcnc dégagé par l’eau de l’oxide formé, ;
- Première. une mes. M. 242 deux mois. 170 72 33
- Seconde.. idem s38 idem i58 80 4i
- EXPERIENCES. SODIUM EMPLOYÉ. GAZ OXIGÈNE EMPLOYÉ. DURÉE DU CONTACT. GAZ R É S I D U. GAZ ABSORBÉ. Gaz hydrog. dégagé de l'eau par le sodium. uon brûle.
- Première. une mes. M. 25o deux mois. 248 2 146
- Seconde.. idem 243 idem 24o 3 144
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- CE POTASSIUM ET DE SODIUM. 161
- iSa. On peut encore obtenir les oxides de potassium et de sodium au summum, en traitant le potassium et le sodium, par certains oxides métalliques, et surtout par ceux qui ne tiennent pas beaucoup à l’oxigène; et on les obtient également en traitant ces métaux, savoir le potassium par le gaz oxide nitreux et le gaz oxide d’azote ; et le sodium par le gaz oxide d’azote seulement. Mais il arrive que, si ces gaz sont en assez grande quantité, et qu’on les fasse agir assez long-temps sur le potassium et le sodium, il se forme bientôt des nitrites de potasse et de soude. Ces divers résultats vont être mis hors de doute par les expériences qui suivent.
- PREMIÈRE EXPÉRIENCE.
- i35. On a rempli de mercure bouilli une cloche recourbée et bien sèche, pl. 5, fig. 2. On y a fait passer 285 parties de gaz nitreux du tube gradué T; puis, on y a porté une capsule ovale de platine; ensuite on a porté dans cette capsule une petite mesure Mde potassium, et on a chauffé avec la lampe à
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- OXIDES
- lf>2
- esprit-de-vin. Le métal s’est fondu et est devenu gris à la surface ; quelque temps après il s’est découvert, a lancé une multitude d’étincelles qui alloient en divergeant, s’est étendu, et a pris une couleur jaune chocolat. Alors il étoit transformé en un oxide d’où l’eau pouvoit dégager beaucoup d’oxigène. Jusques-là on n’avoit observé qu’unetrès-foibleabsorption; mais en continuant l’action du feu, elle n’a point tardé à être très-rapide. En même temps qu’elle avoit lieu dans un degré aussi marqué, l’oxide très-oxidé qui s’étoit formé d’abord et qui étoit jaune chocolat, perdoit de sa couleur, et passoit peu à peu au blanc légèrement vert. Une fois devenu blanc, l’absorption a cessé. On a mesuré le résidu ; il s’élevoit à 129 parties, et étoit composé de gaz oxide nitreux et de gaz azote : donc plus de 156 parties de gaz avoient été fixées successivement par \epotassium. Cela fait, on a examiné le produit solide résultant de l’action long-temps continuée du gaz oxide nitreux sur le potassium. La saveür en étoit fraîche; la couleur lanch e un peu verte. Il se dissolvoit dans l’eau sans efferves-
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- DE POTASSIUM ET DE SODIUM. l63 cence. Projeté sur les charbons rouges, il en augmentoit la combustion à la manière du nitre. Mis en contact avec l’acide sulfurique , il s’en dégageoit tout de suite d’abondantes vapeurs rouges : c’étoit donc un nitrite.
- On a répété plusieurs fois cette expérience, en s’arrêtant à la première combustion, c’est-à-dire au moment où le potassium se trouve changé en matière de couleur jaune chocolat. On a mis cette matière avec de l’eau; elle s’y est dissoute, et il s’en est dégagé plus ou moins de gaz oxigène, selon que le gaz oxide nitreux avoit agi pendant plus ou moins de temps sur le potassium: mais il s’en faut de beaucoup qu’il s’en soit dégagé autant que de l’oxide jaune de potassium provenant de la combustion de ce métal dans le gaz oxigène.
- DEUXIÈME EXPÉRIENCE.
- 134. On a traité le potassium par le gaz oxide d’azote absolument de la même manière que par le gaz oxide nitreux. On a opéré sur une mesure M de potassium , et sur 2 5 9
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- parties de gaz oxide d’azote du tube gradué T. L’expérience étant tout-à-fait terminée, il n’y en avoit plus que 227: donc l’absorption a été de 3 a en volume, mais d’une quantité bien plus considérable en poids; car le gaz oxide d’azote , par l’effet de la chaleur et de son action sur le potassium , s’est converti en gaz nitreux et azote. Du reste, on a observé dans cette expérience les mêmes phénomènes que dans la précédente. Le métal étant découvert, s’est enflammé en lançant des étincelles; il a passé à l’état d’oxide jaune chocolat, et peu à peu est devenu blanc. Pendant ce changement de couleur, le mercure a monté dans la cloche; il a cessé d’y monter dès que le changement a été tout-à-fait opéré. La matière blanche étoit un véritable nitrite très-fusible à l’aide de la chaleur, faisant brûler très-vivement les charbons rouges, et dégageant beaucoup de gaz acide nitreux avec l’acide sulfurique.
- Il est probable que la formation de ce nitrite ne provient que de ce qu’au moment où une portion de gaz oxide d’azote oxide le potassium, une autre portion d’oxide
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- DE POTASSIUM ET DE SODIUM.
- 1-6 fr
- d’azote, par l’effet de la chaleur produite (1), est changée en gaz nitreux ; lequel peut, ainsi qu’on l’a vu précédemment, faire un nitrite avec l’oxide très-oxidé de potassium : du moins , c’est ce qu’autorise à penser l’inaction du gaz oxide d’azote sur l’oxide de potassium.
- TROISIÈME EXPÉRIENCE.
- i35. On a traité le sodium par le gaz oxide d’azote à une température élevée. On. a opéré sur une mesure M de sodium, et sur 31 o parties de gaz oxide d’azote du tube gradué T. On a fait cette expérience comme les deux précédentes : elle a présenté les mêmes phénomènes que la dernière, c’est-à-dire que le métal s’est enflammé en lançant des étincelles (2); qu’il en est résulté
- (1) On sait' qu’il une température élevée le gaz oxide-d’azole est décomposé et transformé en gaz.oxide nitreux et en azote.
- (a) Il arrive quelquefois qu’en traitant à chaud le potassium par le gaz oxide nitreux et le gaz oxide d'azote, et le sodium par le gaz oxide d’azote, la combustion est si vive, que le mercure est fortement re-
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- d’abord un oxide jaune chocolat, et ensuite-un nitrite blanc. L’absorption n’a été que-de 38 parties; mais on doit faire à cet égard les mêmes observations qu’à l’égard de l’absorption produite dans la seconde expérience (134). On voit donc évidemment que-
- foulé et les cloches projetées au loin et même brisées,. On n’a point recherché pourquoi ces métaux brùloienfc tantôt lentement et tantôt très-rapidement dans ces gaz. Quoi qu’il en soit, on peut s’en servir pour les analyser , pourvu qu'on ait la précaution de n’agir à la fois que sur une demi-mesure M, et d’en ajouter une autre demi-mesure , et; même une troisième si les deux premières ne suflisoient pas. Les deux analyses suivantes ont été faites de cette manière..
- Analyse du gaz oxide nitreux.
- Gaz oxide nitreux... i5o parties du tube gradué T.
- Potassium........... un excès.
- Gaz azote obtenu.... 75
- Donc 100 parties de gaz oxide nitreux sont composées de parties égales en volume d’azote et d’oxigène.
- Analyse du gaz oxide d’azote.
- Gaz oxide d’azote... i4o
- Potassium.......... un excès..
- Gaz azote obtenu ... i3g
- Donc 100parties de gaz oxide d’azote sont composées, en volume de 100 parties de gaz azote et. 5o de gaz: oxigène.
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- DE POTASSIUM ET DE SODIUM. 167 le potassium et le sodium passent dans ces différentes circonstances, d’abord à l’état d’oxide au summum, du moins en partie, et ensuite à l’état de nitrite.
- i36. Le potassium et le sodium étant susceptibles deprendre plus d’oxigène qu’ils n’en exigent pour passer à l’état de potasse et de soude, il étoit naturel de rechercher si la potasse et la solide elles-mêmes préparées à l’alcool, et poussées au rouge, ne seroient pas susceptibles de s’oxigéner.
- Ces recherches, que l’on a faites avec un grand soin, ont été suivies d’heureux résultats. En effet, lorsqu’on tient au rouge, et avec le contact de l’air, de la potasse ou de la soude dans un creuset d’argent, de platine ou de terre, elles passent à l’état d’oxide au summum, à tel point qu’en les traitant par de l’eau, on en dégage tout de suite du gaz oxigène. On réussit très-bien dans un creuset d’argent, parce que ce métal n’est point attaqué; on réussit moins bien dans un creuset de platine, parce qu’il se forme un oxide de platine qui tend à se combiner avec la potasse ; on réussit moins bien encore dans les creusets de terre, à
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- 168 OXIDES
- cause de l’action de l’alcali sur la silice et l’alumine. La potasse s’oxide dans tous les cas plus facilement que la soude : aussi prend-elle dans l’espace de sept à huit minutes une teinte très-foncée, et en dégage-t-on beaucoup d’oxigène en la dissolvant dans l’eau. Il est très-probable que pendant l’oxidation des alcalis, l’eau qu’ils contiennent se dégage; car l’eau tend sans cesse à ramener au medium, ou bien à l’état de potasse ou de soude, les oxides de potassium et de sodium qui sont au summum et au minimum.
- i3y. Lorsque les alcalis sont combinés avec l’acide carbonique, il est impossible, par la' calcination, de les porter au summum d’oxidation; car lorsqu’ils sont très-oxidés, l’acide carbonique en dégage du gaz oxigène et les fait passer à l’élat de carbonate alcalin'.
- Mais si au lieu de les calciner à l’état de carbonate, on les calcine à l’état de nitrate, il en résulte tout de suite des oxides au summum; d’autant plus que les élémens de l’acide nitrique sont séparés et que les alcalis sont secs. On peut s’en convaincre,
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- DE BARITE.
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- même en projetant des nitrates de potasse et de soude dans un creuset rouge, et en les y tenant assez long-temps pour en opérer la décomposition.
- i38. Puisque les oxides au summum de potassium et de sodium se forment dans tant de circonstances différentes , on ne regardera pas comme déraisonnable de soupçonner qu’ils existent dans la nature; peut-être les trouveroit-on dans quelques produits volcaniques.
- i3g. Il existoit trop d’analogie entre la potasse et la soude, et les autres bases sali-fiables, et surtout la barite, pour que, les-deux premières étant susceptibles de s’oxi-der, nous ne fissions pas des expériences sur les autres, dans l’intention de savoir si elles jouissoient de cette propriété. Jusqu’à présent, quelqu’effort que nous ayons fait, nousne l’avons encore reconnue que dans la barite, qui la possède à un degré très remarquable. On a rempli une cloche de verre recourbée , de gaz oxigène sec ; on y a introduit quelques petits fragmens de barite provenant du nitrate de cette base calcinée au plus grand feu de forge; ensuite on l’a
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- OXIDES
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- chauffée peu à peu avec la lampe à esprit-de-vin. D’abord le gaz oxigène s’est, dilaté ; mais bientôt il a été absorbé si rapidement, qu’à peine on avoit le temps de le remplacer assez promptement pour empêcher le mercure d’arriver jusqu’au haut de la «loche. Quoique cette absorption fût rapide, il ne s’est point dégagé de lumière. La barite s’est comme fondue, ou du moins s’est fortement frilée à la surface, et en même temps est devenue sensiblement plus grise qu’elle n’étoit. L’absorption ayant cessé d’avoir lieu, on a rempli la cloche de mercure et on y a fait passer du gaz hydrogène; puis on a chauffé avec la-lampe à esprit-de-vin. Bientôt le gaz hydrogène a été rapidement absorbé, et en très-grande quantité. Des étincelles sont sorties de la barite ; il ne s’est dégagé aucune trace de vapeur d’eau ; l’eau qui s’est formée a été retenue toute entière par la barite: aussi d’infusible qu’elle était, celte base est-elle devenue très-fusible.
- 140. Ces expériences suffisent sans doute pour prouver que la barite est susceptible d’absorber beaucoup d’oxigène,et de former un oxide décomposable avec lumière par
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- l’hydrogène. Cependant, craignant qu’on ne fût tenté d’attribuer la propriété d’absorber l’oxigène, dont jouit la barile extraite de nitrate, à une portion de nitrite que le feu n’auroit pas décomposé, ou bien à de l’azotq, que le feu n’auroit point dégagé; on a préparé une certaine quantité de cette base, en mêlant intimement un excès de carbonate de barite pur avec du noir de fumée, et en poussant ce mélange au feu de forge. A la vérité, la barite ainsi obtenue étoit mêlée avec beaucoup de carbonate; mais il y en avoit assez de pure pour rendre le phénomène très-sensible. En effet,ayant répété l’expérience avec cette sorte de barite dans laquelle on ne pouvoit soupçonner ni la présence de l’azote, ni celle de l’acide nitreux, ni celle enfin du charbon , ( elle se dissolvoit complètement dans l’acide nitrique ou muriatique,) on a obtenu les mêmes résultats qu’avec la barite provenant du nitrate ; car, aussitôt que la température a été suffisamment éIe-> vée, elle a absorbé le gaz oxigène , et il en est résulté un oxide qui ensuite a pu absorber beaucoup d’hydrogène.
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- OXIDES
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- Peut-être, malgré tout cela, ne sera-t-on pas convaincu , et sera-t-on tenté d’attribuer l’absorption de l’hydrogène au carbonate , que cette base ainsi préparée contient ; mais on s’est assuré que le carbonate de ba-rite n’a aucune action sur ce gaz, même à une température plus élevée que celle à laquelle l’hydrogène est absorbé par l’oxide de barite. Il est donc bien certain que la ba-rite peut se combiner avec l’oxigène : pourtant il faut pour cela, qu’elle soit sèche, ou bien , privée de l’eau qu’une chaleur rouge ne peut en dégager; du moins les expériences qu’on a faites sur de la barite cristallisée et chauffée au rouge, autorisent à le croire.
- 141. La barite saturée d’oxigène jouit de propriétés remarquables. Nous ne les avons point encore toutes étudiées : nous savons seulement qu’elle est légèrement colorée ; que plusieurs corps combustibles et l’eau elle-même lui enlèvent une partie d’oxigène, et qu’un violent coup de feu en dégage également une certaine quantité de ce gaz : car s’il n’en n’étoit point ainsi, la barite qui provient du nitrate et qu’on a fortement
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- DE BARITE. Ij5
- calcinée devroit être au summum d’oxida-tion, et c’est ce qui n’est pas.
- Résumé des expériences piécédenles.
- 142. Il résulte de toutes ces expériences ; ire. qu’il existe trois oxides de potassium et de sodium; 2e. que les oxides de potassium et de sodium au minimum, ne peuvent être obtenus sûrement qu’en faisant agir, à froid, une petite quantité d’air humide sur ces métaux; 3°. que les oxides au maximum se forment, au contraire, dans un grand nombre de circonstances différentes ; que cependant pour les avoir purs et facilement, il faut préférer la combustion rapide à tout autre procédé; 4e. que les oxides au medium , qui ne sont autre chose que la potassé et la soude, résultent constamment de l’action de l’eau, soit sur le potassium et le sodium, soit sur les oxides au minimum et au maximum de ces deux métaux ; 5e. que les oxides au minimum sont remarquables en ce qu’ils sont cassants, ternes, très-combustibles, et que mis en contact avec l’eau, ils donnent lieu à un dégagement de gaz by-
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- OXIDES
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- drogène et passent à l’état de potasse ou de soude; 6e. que les oxides au maximum le sont bien davantage, soit par leur couleur, soit par leur action sur l’eau qui en dégage subitement du gaz oxigène, soit par leur action sur les différons gaz, soit enfin par celle qu’ils exercent sur les métaux et les combustibles simples et composés; 7e. que ce qui distingue particulièrement les oxides au medium, ou bien la potasse et la soude, c’est leur affinité pour l’eau et pour les acides; 8e. que cette.affinité qu’ils ont pour l’eau, n’est pourtant point assez grande pour qu’on ne puisse suroxider la potasse et la soude, à l’alcool, en les chauffant avec le contact de l’air; 9e. qu’il n’en est pas de même de la barite ; qu’il paroît que, quand elle est combinée avec l’eau, elle ne peut point, ou du moins que très-difficilement, se combiner avecl’oxigène; mais que, quand elle est absolument sèche, et dans l’état où elle se trouve en l’extrayant du nitrate par la calcination , elle absorbe au contraire très-facilement une grande quantité de ce gaz, et forme un oxide qui a la propriété d’être décomposé rapidement et avec lu-
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- DE B A RITE. Ij5
- mière, par ] es corps combustibles, et surtout par le gaz hydrogène (1).
- (i)M. Davy s est beaucoup occupé, et même bien avant nous, de l'action de l’air et du gaz oxigène sur le potassium et le sodium ; mais les résultats qu’il a obtenus sont bien différens des nôtres. Il n’a rien dit de l’action que pouvoit exercer l’oxigène sur la barite.
- D’après M. Davy.
- Lorsqu’on fait brûler du potassiumeI du sodium dans le gaz oxigène ou l’air atmosphérique à une température élevée, ils n’absorbent que la quantité d’oxi-gène nécessaire pour passer à l’état de potasse et de sonde , et se dissolvent dans l’eau sans effervescence. (V. Bibliolh. Brit. Sciences et Arts , tome 3q, page i3. Voyez encore Transa. phil. pour l’an 1810, page 33 et 34, dans lesquelles M.Davy dit, qu’il a confirmé ses premiers résultats à cet égard , en opérant sur une grande quantité de potassium et de
- . Iln’existequedeuxoxides àe potassium et deux oxides de sodium; savoir un oxide au minimum qui produit de l’hydrogène avec l’eau,
- D’après nous.
- Lorsqu’on fait brûler du potassium et du sodiumilans le gaz oxigène ou l’air atmosphérique à une température élevée, le potassium peut absorber trois fois autant d’oxigèn e q ue pour passer à l’état de potasse, et le sodium une fois autant que pour passer à l’état de soude ; et tous deux font toujours efièrvescence avec l’eau, s’y dissolvent, et s’y convertissent en alcali et en gaz oxigène.
- Il existe trois oxides de potassium et trois oxides de sodium : savoir, un oxide au minimum semblable à celui que M. Davy admet ;
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- 176 ACTION DES COUPS COMBUST.
- DE L’ACTION DES CORPS COMBUSTIBLES NON MÉTALLIQUES SUR LE POTASSIUM ET SUR LE SODIUM.
- 145. Le gaz hydrogène ne se combine avec le potassium, ni à la température ordinaire , ni à une chaleur rouge; mais entre ces deux degrés de chaleur, il en est un où ces deux corps s’unissent facilement. On fait
- et un oxide au maximum lequel n’est autre chose que la potasse et la soude. (V. le Mémoire de M. Davy, Biblioth. Bril. Sciences et Arts, tome 3g, pag. 3 — 48; ou Transact.p/iil. pour 1810, pag. 33 et 34.)
- un oxide au medium ou bien la potasse et la soude; et un oxide au maximum, remarquable non-seulement, comme on vient de le dire, en ce qu’il est converti par le contact de l’eau en alcali et en gaz oxigène -, mais encore par les nombreux phénomènesqu’il offre avec les gaz, les acides et les corps combustibles simples et composés, et par la propriété qu’il a d’être formé dans une multitude de circonstances et surtout dans la calcination des alcalis avec le contactde l’air. (Séance de l’Institut du 25 juin 1810. Moniteur, 4 juillet 1810. Annales de Chimie, mois de juillet 1810.)
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- SUR LE POTASSIUM ET LE SODIUM. 1 ffj
- très-bien cette combinaison sur le mercure, dans une petite cloche A, recourbée, pl. 5, fig. a, à l’aide d’une lampe à esprit-de-vin. On remplit la^loche de mercure ; on y fait passerdu''gaz hydrogène; on porte ensuite du potassiûm., à l’extrémité d’une tige de fer, jusque dans la partie supérieure et courbe de cette cloche. On chauffe, et bientôt le potassium entre en fusion. Alors on ne tarde point à voir le mercure monter, quelquefois même, assez rapidement; mais si on outre-passe le point de chaleur convenable, on le voit descendre plus rapidement encore(i). Il y a donc un milieu qu’il faut saisir, et que le tâtonnement indique assez promptement Lorsqu’on parvient à le saisir, et qu’on opère sur des quantités déterminées , on voit combien.le potassium peut absorber de gaz hydrogène. C’est ce qu’on a fait dans les trois expériences dont on va rapporter les résultats.
- (i) Pour faciliter la combinaison du gaz hydrogène avec le potassium, il est bon de renouveler les surfaces de ce mêlai en l'agitant aYec une tige courbe.
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- ,7S
- ACTION DES CORPS COMBUST.
- PREMIÈRE EXPÉRIENCE.
- Potassium................... une mesure M.
- Gaz hydrogène mis en contact aveqjàiSo partiesdu tube
- la mesure M de potassium..7 gradué T.
- Gaz hyd rogène après l’expérience.. 13a.
- Donc, gaz hydrogène absorbé.... 18.
- DEUXIÈME EXPÉRIENCE.
- Potassium.................... deux mesures M.
- Gaz hydrogène mis en contact avec 115o parties du tube les deux mesures M de potassium) gradué T.
- Gaz hydrogène après l’expérience.. 116.
- Donc, gaz hydrogène absorbé.... 34.
- TROISIÈME EXPÉRIENCE.
- Potassium...................... trois mesures M.
- Gaz hydrogène mis en contact avec 1
- ces trois mesures M........./
- Gaz hydrogène après l’expérience. 122.
- Donc, hydrogène absorbé........ 48.
- Dans ces trois expériences, l’absorption d’hydrogène pour chaque mesure M, a donc été d’environ dix-sept parties d’hydrogène du tube gradué T; mais dans toutes, il y a eu une portion de métal qui, étant enveloppée par l’hy drure déjà produit, a échappé
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- SUR LE POTASSIUM ET LE SODIUM. 17g à l’action de l’hydrogène : cette portion équivaloit au moins au quart de la quantité totale. Ainsi on peut supposer, sans crainte de s’éloigner de la vérité, que chaque mesure M de potassium est susceptible de se combiner avec environ 22 parties du tube gradué T d’hydrogène, ou bien avec un peu plus dn quart de ce qu’elle en dégage dans son contact avec l’eau.
- Dans une quatrième expérience , où on avoit employé trois mesures de potassium, et seulement 40 parties de gaz hydrogène, ce gaz a été totalement absorbé sauf quelques bulles qui n’ont pas pu l’être, parce que le mercure ayant atteint le potassium, l’a tout de suite dissous.
- 144. L’hydrure de potassium est gris, sans apparence métallique et infusible. Il ne s’enflamme ni dans l’air, ni dans l’oxi-gène à la température ordinaire ; il y brûle vivement à une température élevée ; il produit avec l’eau un peu plus d’une fois et un quart autant d’hydrogène que 1 epotassium qu’il contient; et, s’il a en même temps le contact de l’eau et de l’air, il se détruit en s’enflammant à la manière du potassium.
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- 18o ACTION DES CORPS COMBOST.
- Exposé à la chaleur qu’on peut produire avec une lampe à esprit-de-vin, il se décompose promptement ; tout l’hyd rogène en est dégagé à l’état de gaz, et tout le potassium en est mis à nu. Mis en contact, à chaud, avec le mercure , il éprouve une décomposition plus prompte encore que par la chaleur seule ; tout l’hydrogène en est également dégagé, et il se foi’me un amalgame de potassium. Cette décomposition , par le mercure, peut même être produite à froid dans l’espace do quelques jours.
- 145. Nous avons quelques raisons pour croire qu’il existe un hydrùre de potassium moins hydrogéné que le précédent, et qui a encore l’éclat métallique ; mais, comme nous n’avons pas pu l’obtenir isolé, nous nepouvons rien dire de positif à cet égard (1).
- 146. Le gaz azote n’a aucune espèce d’action sur le potassium, à toute sorte de température. Nous avons tenu ces deux; corps
- (i)M. Davy a essayé plusieurs fois de combiner le gaz hydrogène avec le potassium, de manière à faire un hydrure solide; mais il n’a jamais pu obtenir cette sorte de combinaison. ( Voyez Transact. philos. 1809, pag. 19 du Mémoire deM. Davy, an account, etc. )
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- SUR LE POTASSIUM ET LE SODIUM. 1 8l en contact, à la température de l’atmosphère, pendant plusieurs jours; et à une température plus ou moins élevée,pendant au moins une heure dans une cloche recourbée A, pi. 5, fig. 2. Jamais le pctas-sium n’a été altéré, et toujours nous avons retrouvé tout le gaz azote après l’expérience.
- 147. Le bore (1) est dans le même cas que le gaz azote par rapport au potassium. Tout nous porte à croire que ces deux corps ne peuvent pas s’unir ; car en les chauffant ensemble, ils ne font que se mêler.
- 148. Nous pensons au contraire qu’on peut unir le carbone avec Iepotassium; du moins , si après avoir plongé des charbons secs dans de la potasse à l’alcool la plus sèche possiblej et en fusion (2); et si, après les avoir introduits dans un canon de fusil, luté et bouché convenablement aux deux extrémités, on> les expose à l’action d’un feu assez violent, les portions qui se trou-
- (1) Pbyez. article 217 comment on obtient ce corps, et quelles en sont les propriétés.
- (>,) On entend par-là de la potasse à l’alcool q ni 0 dté exposée pendant quelque temps à une chaleur ronge.
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- 182 ACTION DES CORPS OOMBUS'P. vent du côté où se dégagent les gaz, et qui répondent à la paroi du fourneau, ou en sont très-voisines , acquièrent la propriété de s’enflammer quand on les met en contact avec l’air, et celle de s’allumer sur-le-champ quand on les jette dans l’eau (i).
- 149. Le phosphore se combine facilement avec le potassium et le sodium. Cette combinaison a toujours lieu avec dégagement d’une foible lumière; on le prouve en la faisant dans le gaz azote sur le mercure. On se sert à cet effet, avec beaucoup de commodité , d’une cloche recourbée A, pl. 5, fig. 2 ; on y introduit le gaz azote , le phosphore et le potassium, ou le sodium. On chauffe, et le phosphure se forme aussitôt que le métal est fondu. Si on a employé
- (1) Celte expérience est la première que nous ayons faite dans l’intention d’obtenir le potassium par des moyens chimiques, et date du 7 mars 1808. ( Voyez le Moniteur.') Elle ne réussit pas très-bien dans des tubes de porcelaine ; elle réussit beaucoup mieux dans des tubes de fer: encore faut-il avoir soin de ne point mettre de charbon dans la partie du tube qui est hors du fourneau , ou de n'y en mettre qu’un petit nombre de morceaux bien secs et sans potassé.
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- SUR LE POTASSIUM ET LE SODIUM. 183 un excès de phosphore, on le volatilise facilement par la chaleur.
- Ces deux phosphures sont de couleur chocolat, sans apparence métallique, et analogues pour l’aspect au phosphure de chaux. Jetés dans l’eau, ils produisent du gaz hydrogène phosphuré qui se dégage, mais qui ne s’enflamme pas toujours.
- l5o. Le soufre forme aussi avec le potassium et le -sodium, une combinaison très-intime. Cette combinaison a lieu avec un bien plus grand dégagement de lumière et de chaleur que la précédente. On peut s’en convaincre en la faisant de la même manière, c’est-à-dire, dans une cloche recourbée A, pl. 5, fig. 2, où on introduit d’abord du gaz azote; mais comme la cloche dont on se sert, casse souvent à cause de l’élévation de température, il faut préparer ces sulfures dans des vases de fer, ou mieux encore de terre, surtout quand on en a besoin d’une grande quantité (î).
- (i) On pourrait cependant faire du sulfure de potassium et de sodium dans une cloche recourbée sans courir le risque de la casser ; ce seroit d’y introduire une
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- 284 ACTION DES CORPS COMBUST.
- Ces sulfures de potassium et de sodium varient en couleur selon le degré de feu auquel ils ont été exposés. Ils sont tantôt jaunâtres et tantôt rougeâtres ; ils ressemblent assez à certains sulfures de potasse ou de soude. Ils ont la saveur et l’odeur des œufs pouris. I/eau les dissout sans en dégager de gaz. Les acides les décomposent en en dégageant du gaz hydrogène sulfuré.
- i5i. Le gaz hydrogène pliosphuré agit promptement sur le potassium et sur le sodium , surtout à l’aide d’une légère chaleur. Si, après avoir introduit dans une cloche recourbée A, pl. 5, fîg. 2, du gaz hydrogène phosphuré, et du potassium ou du sodium , on fait entrer ces métaux en fusion, on les voit aussitôt perdre «leur éclat métallique; il se forme un véritable phosphuré de potassium ou de sodium (149), et il ne reste plus dans la cloche que du gaz hydrogène , à moins qu’on n’ait mis un excès d’hydrogène phosphuré.
- i5.2. Le gaz hydrogène sulfuré a encore
- capsule de plaline et de placer le soufre et le potassium
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- SUR LE POTASSIUM ET LE SODIUM. 185 plus d’action sur le potassium et le sodium que l’hydrogène phosphuré : aussi, dans ce cas, y a-t-il dégagement de lumière;au lieu que, dans l’autre, il n’y a tout au plus que dégagement de chaleur. L’opération se fait de même que la précédente, et se termine presqu’aussitôt la fusion du métal : il en résulte un dégagement de gaz hydrogène, un sulfure de potassium ou de sodium qui varie en couleur, et qui est plus ou moins analogue à celui qu’on fait directement.
- i53. Les quatre combinaisons précédentes avoient été faites d’abord telles que nous venons de le dire , savoir : les deux premières par M. Davy (1), et ensuite par nous ; et les deux autres par nous (2), et ensuite par M. Davy (3). Mais il étoit important de rechercher si le potassium et le sodium conservoient leurs propriétés mé-
- (1) Bibliothèque Britannique, Sciences et Ails, t. 3g, p. 24 et 25 ; ou bien Transactions philosophiques, 1808. (q) Moniteur, vendredi 27 mai 1808.
- (3)Bibliothèque Brit. pour le mois doclobre 1809,
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- 186 ACTION DES CORPS COMBUST. talliques dans toutes, ou bien si, dans cet état, ils produisoient avec l’eau la même quantité d’hydrogène : car on conçoit que s’il n’en eût point été ainsi, on auroit été en droit de conclure qu’ils s’étoient transformés en alcalis, au moins en partie; et par conséquent, que le soufre, le phosphore, le gaz hydrogène phosphuré et le gaz hydrogène sulfuré conterioient de l’oxigène. C’est ce qu’a très-bien senti M. Davy, et c’est à cette conséquence que l’ont conduit de très-longues recherches qu’il a faites à cet égard. Sentant tout le prix de cette découverte , nous avons cherché à la constater: nous l’avons fait avec d’autant plus de soin, que les résultats que nous avons obtenus sont tout-à-fait contraires à ceux du chimiste anglais, et qu’on doit toujours craindre de se tromper , lorsqu’on n’est point d’accord avec un homme aussi habile. Nous les avons consignés dans une dissertation qui a été lue à l’Institut, le 18 décembre 1809, et imprimée presque toute entière dans le Joumalde Physique, pour le mois de décembre 1809. Nous croyons devoir rapporter ici cette dissertation en en développant quelques par-
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- SUR LE POTASSIUM ET LE SODIUM. 187 ties, et en y intercalant de nouveaux résultats et de nouvelles réflexions.
- DISSERTATION SUR LA NATURE DU PHOSPHORE ET DU SOUFRE.
- 154. Jusqu’à présent ces deux corps avoient été considérés comme simples; mais M. Davy, en étudiant leurs propriétés plus intimement qu’on ne l’avoit encore fait, ou en les soumettant à des épreuves nouvelles, croit les avoir décomposés. Les expériences de M. Davy, sur cette décomposition, datent même déjà du mois de janvier 180g. M. Pictet les a -annoncées à la première classe de l’Institut, vers le mois de mai de la même année, d’après une lettre qu’il avoit reçue de Londres; et depuis, il en a inséré la traduction dans le numéro de la Bibliothèque Britannique, pour le mois d’octobre 1809, p. 113. C’est dans ce journal que nous avons lu la description et les résultats de ces expériences, et c’est à cette époque seulement que nous avons fait celles que nous allons rapporter.
- 155. Mais auparavant nous devons dire comment M. Davy cherche à prouver que
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- SUR LA NATURE
- le soufre et le phosphore ne son t point des corps simples. Pour cela, il traite à chaud une quantité donnée depoiassium, par une quantité aussi donnée de gaz hydrogène sulfuré. Dans cette expérience, il y a absorption de gaz, lumière produite, de l’hydrogène mis en liberté, et combinaison du potassium avec le soufre. Or , lorsqu’on vient à traiter ce sulfure par l’acide muriatique , on en retire une quantité d’hydrogène sulfuré, qui ne représente pas à beaucoup près tout l’hydrogène qu’est susceptible de donner \epotassium: il faut donc que l’hydrogène sulfuré contienne une substance capable de détruire une portion de ce métal , et cette substance ne peut être que de l’oxigène. Tel est le raisonnement deM. Da-vy : de là, observant qu’en chauffant du soufre avec du gaz hydrogène, on fait de l’hydrogène sulfuré, il en conclut que le soufre doit aussi contenir de l’oxigène. D’ailleurs, il s’en assure en combinant directement du soufre avec le potassium; car, au moyen de l’acide muriatique, il ne retire jamaisdu sulfure de potassium,une quantité d’hydrogène sulfuré représentant l’hydro-
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- DU SOUFRE ET DU PHOSPHORE. 189
- gène que donne le métal lui-même avec l’eau, et il en retire d’autant moins qu’il combine ce métal avec plus de soufre : d’une autre part, comme M. Davy recon-noît avec M. A. Berthollet, que le soufre contient de l’hydrogène, il s’ensuit que ce corps combustible est pour M. Davy un composé semblable aux substances végétales ; aussi, le compare-t-il à ces sortes de substances , et surtout aux résines.
- 156. C’est en suivant des procédés absolument semblables, qu’il croit opérer la décomposition du phosphore, et prouver l’existence de l’oxigène dans l’hydrogène phosphuré. Il admet de l’oxigène et de l’hydrogène dans le phosphore, comme il en admet dans le soufre, en sorte qu’il l’assimile comme celui-ci aux substances végétales, et que ces deux corps, selon lui, contiennent des bases encore inconnues qui doivent être moins fusibles qu’ils ne le sont eux-mêmes.
- 157. Les résultats qui servent de base aux conséquences de M. Davy, ne provenant que de l’action du soufre et du phosphore, de l’hydrogène sulfuré et phosphuré sur la
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- igo SUR LA NATURE
- potassium; ce sont les phénomènes qui se passent dans cette action , et les propriétés des corps auxquels elle donne lieu que nous devionsétudier. D’abord, nousnous sommes occupés de l’action de l’hydrogène sulfuré sur ce métal: pour cela, nous avons commencé par rechercher quelle est la quantité d’hydrogène que contient le gaz hydrogène sulfuré. Cette donnée nous étoit indispensable , et nous avons trouvé que ce gaz renfermoit précisément un volume de gaz hydrogène égal au sien. L’analyse en a été faite dans une petite cloche de verre courbée, pl. 5, fig. 2; on a rempli cette cloche de mercure ; on y a fait passer deux cents parties d’un tube gradué de gaz hydrogène sulfuré ; ensuite on y a porté dans la partie supérieure un morceau d’étain bien décapé, et On a chauffé pendant une demi-heure presqu’au rouge cerise. Tout l’hydrogène sulfuré a été promptement décomposé sans que le volume du gaz changeât, et on s’est assuré par l’eudiomètre que ce gaz, à la fin de l’opération, n’étoit plus que du gaz hydrogène. L’expérience a été répétée trois fois avec les mêmes résultats.
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- DU SOUFRE ET DU PHOSPHORE. igl
- Ces résultats s’accordent avec ceux qu’a obtenus M. Davy, en calcinant du soufre avec une quantité déterminée de gaz hydrogène; en effet, ayant vu qu’il se formoit dans cette circonstance du gaz hydrogène sulfuré sans que le volume du gaz diminuât ou augmentât, ce savant chimiste en a conclu que le gaz hydrogène sulfuré contenoit un volume d’hydrogène égal au sien (1).
- Comme on connoît la pesanteur spécifique du gaz hydrogène, il ne s’agit plus que de prendre cell# de l’hydrogène sulfuré pour savoir précisément ce que ce gaz contient de soufre, et en avoir une analyse exacte; c’est ce que nous avons fait dans ces derniers temps. Nous l’avons trouvée de 1,191 a; celle de l’air étant prise pour unité : par conséquent, 100 parties de gaz hydrogène
- (i)Bakerian, Lecture pour 1808, p. 27. Nous avons répété cette expérience de M. Davy : le volume du gaz hydrogène n’a point changé. Mais quoique nous n’ayons employé que >oo parties de gaz hydrogène, et que nous l’ayons chauffé avec le soufre pendant près d’une demi-heure , il s’est formé à peine 20 parties d’hydrogène sulfuré. C’est pourquoi nous avons cru devoir employer de préférence, pour l’analyse de l’hydrogène sulfuré, la méthode dont il vient d’être question.
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- 1Q2 ' SUR LA NATURE
- sulfuré sont formées de g3,855 de soufre et de 6,145 d’hydrogène (1).
- décapé du méc
- poids ql
- Nota. Le gaz hydrogène sulfuré qu’on obtient en
- (1) Cetle pesanteur spécifique a élé prise dans deux grands flacons de verre. Pour les remplir de gaz hydrogène sulfuré, on les a fait communiquer ensemble; et pour n’y en faire arriver que de sec, on a placé entre eux et le ballon où le gaz se formoit, un long tube contenant du muriate de chaux concassé. Un petit tube recourbé éloit adapté au dernier de ces flacons. On s’en servoit pour recueillir de temps en temps du gaz et l’essayer. Dès qu’il a été jugé pur, on a démoulé l'appareil , on a bouché les flacons et on les a pesés.
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- DU SOUFRE ET DU PHOSPHORE. ig3 traitant le sulfure de fer par l’acide sulfurique étendu d’eau contient toujours plus ou moins de gaz hydrogène. Les premières portions qui se dégagent en contiennent moins que les dernières. On en trouve dans Celles-ci quelquefois jusqu’à dix centièmes et même plus ; tandis qu’on n’en trouve dans les premières qu® deux à trois pour cent.
- Le plus sûr moyen d’obtenir du gaz hydrogène sulfuré très-pur est de traiter à chaud le sulfure d’antimoine par l'acide muriatique concentré (celui dont nous avons pris la pesanleitr spécifique, avoit été obtenu de celle manière) on de l’extraire des hydro-sulfures. Il ne faut pas l’extraire des. hydro-sulfures de barite ou de stronliane, parce qu’ils sont peu solubles à froid, et qu’à l’état solide ils produisent avec les acides une écume qui rend l’opération impraticable. Ceux à base de potasse, de soude et d’ammoniaque, étant exempts de tous ces inconvénieus, doivent être préférés : mais il faut prendre garde qu’ils ne soient un peu carbonatés. On ne doit j. ont se servir d’acide nitrique pour les décomposer ; car pour peu qu’il fut concentré, on obtiendrait du gaz nitreux en même temps que de l’hydrogène sulfuré.
- Il serait peut-être encore possible de se procurer du gaz hydrogène sulfuré pur , en traitant par l’acide sulfurique le volcan artificiel de Lêmeri, qu’on aurait préparé sans le contact de l’air. Ce singulier produit qu'on obtient en faisant une pâte de fleurs de soufre, de limaille de fer et d'eau, n’étant, ainsi que nous nous eu sommes assurés, qu’une combinaison d’hydrogène sulfuré, de soufre et d’oxide de fer, il est probable que l’expérience aurait un plein succès, si
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- 194 SUR LA NATURE
- on avoit le soin d’employer de la limaille de fer très-
- fine.
- i58. Sachant que l’hydrogène sulfuré contient un volume d’hydrogène égal au sien, nous avons, comme M. Davy, traité des quantités connues de gaz hydrogène sulfuré, par des quantités connues de potassium.
- Toutes les expériences ont été faites sur le mercure dans une petite cloche recourbée A, planche 5, fig. 2. D’abord, on intro-duisoit le gaz, ensuite le potassium à l’extrémité d’une tige de fer; puis on chauffoit. A froid,il y avoit une action très sensible; et à peine le métal étoit-il fondu qu’il s’en-flammoit vivement. L’absorption du gaz va-rioit en raison de la température: il en étoit de même de lacouleur de l’hy dro-sulfure qui se formoit; tantôt elle étoit blanche-grise , tantôt jaune-succin, et tantôt rougeâtre. On mesuroit le gaz qui n’étoit point absorbé, dans le tube gradué T; et comme ce gaz étoit composé de gaz hydrogène et de gaz hydrogène sulfuré, on l’agitoit avec de la potasse pour connoître la quantité de l’un
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- DÜ SOUFRE ET DU PHOSPHORE. lg5 et de l'autre. Enfin on faisoit passer de l’acide muriatique ou de l’acide sulfurique étendu d’eau dans la cloche recourbée A ; on faisoit chauffer cette cloche, et on déga-geoit ainsi tout le gaz hydrogène sulfuré qu’étoit susceptible de donner le produit qui s’y étoit formé. Nous avons fait de cette manière plus de vingt expériences dont les résultats sont parfaitement concoi’dans ; nous n’en citerons que dix.
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- SUR LA NATURE
- Nombre d’expériences faites. Quantité de potassium employée Quantité de gaz hydro-gèue sulfuré , employée. Quantité de gaz hydrogène sulfuré, nou absorbé par le potassium. Quantité de gaz hydrogène sulfuré, absorbé par le potassium. Quant, de gaz bydrog sulfuré , dégagé en traitant, par un acide, le produit solide qui se forme. Quant, de gaz hydrog. mis en liberté en traitantle/?o-tassium parle gaz hydrogène sulfuré. OBSERVATIONS
- Première . une mes. M 204 Go » 44 143 79 Tetnpér i5°;
- Seconde. . idem 180 £>•4 i56 i54,5 78,5 press, ora.,75 Les gaz ont
- Troisième. idem 84 O 84 84 79 été mes. daus
- Quatrième idem 100 2 98 97>5 77.5 le tube gradué
- Cinquième idem 1 10 6 104 104 78,5 T.
- Sixième . . idem i5o 35 115 114,5 78
- Seplième. . idem 160 4° 120 "9 78,5
- Huitième.. idem 9° i . 89 88,5 78
- Neuvième. idem, 115 i5 1 OO 100 79
- Dixième. . idem 120 >7 io3 io3 79
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- »U SOUFRE ET DU PHOSPHORE. 107 i5f). On voit donc par ce tableau qu’on retrouve constamment tout l’hydrogène sulfuré absorbé, et qu’ainsi, sous ce point de vue, les expériences de M. Davy ne sont point d’accord avec les nôtres. Ce qui a pu induire en erreur ce célèbre chimiste, c’est que peut-être il n’a pas observé que l’acide dont il s’est servi pour dégager l’hydrogène sulfuré de l’hydro-sulfure formé, a dû dissoudre plusieurs fois son volume de ce gaz.
- L’acide muriatique , même encore fumant, peut dissoudre jusqu’à trois fois son volume de gaz hydrogène sulfuré, thermomètre centigrade xi°, baromètre om-,y6.
- L’acide sulfurique étendu de son poids d’eau, dissout au moins une fois et demie son volume d’hydrogène sulfuré , thermomètre 11°, baromètre o“-,76.
- L’eau, à cette température et à cette pression, en dissout, comme l’acide muriatique concentré , trois fois son volume. Néanmoins, il faut pour cela que le gaz hydrogène sulfuré ne contienne pas de gaz hydrogène libre; car s’il en contenoit, son aciion sur l’eau et probablement sur les a •nies, seroit moindre.
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- SUR LA NATURE
- jg8
- 160. Mais ce que les résultats que nous venons de rapporter, offrent de plus frappant , c’est qu’en traitant le potassium par dès quantités très-différentes de gaz hydrogène ^sulfuré, et à des températures très - différentes elles-mêmes, il se développe précisément la même quantité d’hydrogène que si on le traitoit par l’eau. Ainsi, lorsqu’on traite une mesure M d© potassium, par une quantité suffisante d’hydrogène sulfuré, il en x-ésulte 79 parties de gaz hydrogène, comme lorsqu’on la traite par l’eau.
- 161. Voulant savoir ce qui arriveroit dans le cas où il y auroit moins de gaz hydrogène sulfuré, qu’il n’en falloit pour détruire tout le potassium, on a fait les deux expériences suivantes :therm. 15°; pression om-,y5.
- PREMIÈRE EXPÉRIENCE.
- Potassium..................deux mesures M.
- Gaz hydrogène sulfuré employé.. 106 parties du tube gradué T.
- Gaz liydrog. sulfuré non absorbé. o.
- Gaz hydrogène sulfuré absorbé... 106.
- Gaz hydrogène mis en liberté.... 85.
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- DU SOUFRE ET DU PHOSPHORE. 199
- Gaz hydrogène dégagé par l’eau
- du produit formé............. 71,5.
- Gaz hydrogène sulfuré dégagé par les acides................... 106.
- DEUXIÈME EXPÉRIENCE.
- Potassium.................... deux mesures M.
- Gaz hydrogène sulfuré........... 104.
- Gaz hydrog. sulfuré non absorbé. . o.
- Gaz hydrogène sulfuré absorbé... 104.
- Gaz hydrogène mis en libellé par l’aclion du potassium sur l’hydrogène sulfuré............... go.
- Gaz hydrogène .dégagé du produit solide par l’action de l’eau seule. 67.
- Gaz hydrogène sulfuré dégagé par les acides.................. 1 o3.
- On voit que ces expériences s’accordent parfaitement avec celles qui précèdent En effet, dans celles-ci, comme dans les autres, on retrouve tout l’hydrogène sulfuré absorbé, et de plus on obtient tout l’hydrogène provenant des deux mesures M de poiassilim. Seulement il se forme dans les deux dernières une certaine quantité d’hy-ch ure Ae potassium 3 et c’est pourquoi il se dégage tant d’hydrogène du produit solide lorsqu’on le traite par l’eau.
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- 300 SUE LA NATURE
- 162. Tout ce que nous venons de dire de l’action de l’hydrogène sulfuré sur le potassium, a également lieu lorsqu’on fait agir ce gaz sur le sodium. Les mêmes phénomènes d’absorption de gaz , de dégagement de lumière, de destruction de métal, se représentent. En traitant par l’acide muriatique ou sulfurique, l’hydro-sulfure qui se forme, on retrouve également tout l’hydrogène sulfuré qui avoit disparu, et enfin on obtient toujours un développement de gaz hydrogène, égal à celui que donneroit avec de l’eau la quantité de métal qu’on emploie. On trouve la preuve de tout ceci dans les expériences suivantes, qui ont été faites à la température de i5° eent. et de ora-,7fi.
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- Nombre d’expériences | faites. Quantité de potassium employée. Quantité de gaz hydrogène sulfuré, employée. Quantité de gaz hydrogène sulfuré, uou absorbé parle sodium. Quantité de gaz hydrogène sulfuré, absorbé par le sodium. Quantité de gaz hydrogène sulfuré, dégagé , en traitant par un acide , le produit 6olide qui se forme. Quantité de gaz hydrogène mis en liberté , eu traitaut le sodium par le gaz hydrog. sulfuré. OBS'ER.YÀTIOiNS
- Première. . une mes. M 234 J 36 iq8 197,6 146 Dans le cours
- Seconde. . idem, 218 40 I78 178 146 dechaq. expér, la tempér. et la press, de l’air n’ont pas sen-
- Troisième. idem 214 33 181 180 i4$,5
- Quatrième. Cinquième idem 2 2.5 26 '93 198,5 i.j5,5
- idem ss3o 34 iq6 195,5 146 siblern. varié
- Sixième . . idem 218 3o 188 188 i45,5 été mes. dans le lub. grad. T.
- ', r
- DU SOUFRE ET DU PHOSPHORE. 201
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- i02 SUR LA NATURE
- J 63. Les expériences précédentes prouvant que l’hydrogène sulfuré ne contient point d’oxigène, nous aurions pu en tirer la conséquence que le soufre n’en contenoit pas; car c’est surtout parce que M. Davy en trouve dans l’hydrogène sulfuré,qu’il croit qu’il en existe dans le soufre : et en effet, il est très-probable que le soufre en con-tiendroit si le gaz hydrogène sulfuré en con-tenoit, puisqu’on peut faire ce gaz en chauffant du soufre avec de l’hydrogène. Ce n’est pourtant pas là la seule preuve que M. Davy en donne : il en cite une autre du genre de celles dont il se sert pour prouver l’existence de l’oxigène dans Fhydrogène sulfuré; il prétend qu’en traitant le sulfure de potassium par l’acide muriatique, on n’obtient point une quantité d’hydrogène sulfuré représentant l’hydrogène que donneroit le potassium de ce sulfure avec l’eau, et il ajoute même que ce sulfure donne d’autant moins de gaz avec les acides, qu’il contient plus de soufre.
- Quand bien même ce résul tat seroi t vrai, il ne prouverait pas que le soufre cou lient de l’oxigène, parce qu’on pourrait dire que si
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- DU SOUFRE ET DU PHOSPHORE. 203
- ®n obtient moins d’hydrogène sulfuré qu’on ne devroit en obtenir, c’est que le soufre lui-même, qui est en excès, en retient une portion; et à l’appui de cette explication, on citeroit l’absorption d’hydrogène sulfuré par le soufre, qui a lieu, lorsqu’on verse un acide dans les sulfures hydrogénés : mais lorsqu’on répète l’expérience avec les soins convenables , on voit que le résultât n’en est point conforme à Celui qu’a trouvé M. Davy. Nous poumons rapporter plus de quinze expériences qui le prouvent.
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- 204 sur LA nature
- QUANTITÉ
- QUANTITÉ QUANTITÉ De gaz hydrogène sul-
- EXPÉRIENCES. DE POTASSIUM. D E SOUFRE. furé, dégagé du sulfure de potassium par l'acide sulfurique OBSERVATIONS.
- ou muriatique.
- Première.. une mes. M. Un morceau équi- 78 1. La température éfoit de i4°
- valent à une demi-mesure M. cent., et la pression , de on>*,76,
- Seconde... idem Un morceau .équi- 78 2. On pourroit, sans doute , faire
- valent à une demï-me- l'expérience avec une mesure M de
- sure iW. métal, et 10 à 13 mesures M de
- Troisième. idem Un* morceau équi- 78,5 soufre ; mais alors il faudroit avoir
- valent à un tiers de mesure M. soin de volatiliser par la chaleur une grande partie de l’excès de soufre ,
- Quatrième. idem Un morceau équi- 79 pour que l’acide puisse être bien en
- valent à un tiers de contact avec le sulfure de potassium.
- mesure M. Il n’y a jamais à craindre , daus ces
- Cinquième idem Un morceau équivalent à quatre mesures M. 78 expériences , que des portions de potassium échappent à l'action du soufre.
- Sixième... idem Uu morceau équivalent à quatre me- 78
- sures M.
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- DU SOUFRE ET DU PHOSPHORE. 2o5 164. Cette soçte cVexpérience ne se fait point sans obstacles. Très-souvent les petites cloches dont on se sert pour faire la combinaison, cassent, à cause de l’excessive chaleur qui se dégage au moment où elle a lieu. On évite cet inconvénient en employant des verres minces, et en ne combinant que de petites quantités de matières à la fois, ou bien en introduisant une petite capsule de platine dans la cloche recourbée, et opérant la combinaison du soufre et du potassium dans cette capsule. Du reste, l’opération est très-simple; oh recourbe la cloche à son extrémité supérieure, on la remplit de mercure , on y fait passer du gaz azote, puis le soufre et le métal qu’on porte jusque dans sa partie courbe, et on chauffe. A peine le soufre est-il fondu, qu’il paroît un jet de lumière très-vive; alors le sulfure est formé. Peûdant cette formation, le volume du gaz augmente à peine, ce qui prouve qu’il ne se développe que très-peu d’hydrogène sulfuré; on s’en assure plus directement encore, soit par l’alcali, soit en respirant le gaz. Nous ne parlerons point de la couleur du sulfure qui est très-variable:
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- LA NATime
- 206
- nous ajouterons seulement à ce que nous venons de dire, que soit qu’on traite directement ce sulfure par l’acide, soit qu’on le traite par l’eau pour le dissoudre, et ensuite par l’acide , on obtient toujours une quantité d’hydrogène sulfuré représentant l’hydrogène que donne Je métal du sulfure avec l’eau. Enfin nous ferons observer qu’il est essentiel de chauffer l’acide pour dégager tout l’hydrogène sulfuré, et qu’cfn doit déterminer avec beaucoup de précision la quantité d’hydrogène sulfuré qu’est capable de dissoudre la quantité de l’acide dont on fait usage. Sans toutes ces précautions, à la vérité faciles à prendre, on échouera dans l’expérience.
- i65. Si au lieu de potassium, on se sert de sodium, on obtient encore des résultats qui s’accordent avec ce que l’on vient de dire. Ainsi tout concourt à prouver que le soufre est dans le même cas que l’hydrogène sulfuré, par rapport à l’oxigène, c’est-à-dire qu’il n’en contient pas.
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- QUANTITÉ
- QUANTITE QUANTITÉ de gaz hydrogène sul-
- EXPÉRIENCES. DE DE furé , dégagé du sulfure de sodium par OBSERVATIONS.
- SODIUM. 6 O U P R E. l'acide sulfurique ou muriatique.
- Première . une mes. M. Un morceau équi- 146 1. Il faut couvrir le sodium d’un pen
- valent à trois quarts d’huile, pour qu’en le passant à travers
- <le mesure M. le mercure , il ne se combine pas avec
- Seconde. . idem Un morceau équi- i45,5 ce métal. i
- valent a une dcmi-me- 2. Il vaut mieux se servir d’acide sul-
- sure M. furique qne d’acide muriatique pour dé-
- Troisième. idem Un morceau équi- 145,5 gager l’hydrogène sulfuré du produit
- valent à trois quarts liquide , parce qu’il en retient moins en
- de mesure M. dissolution.—11 faut étendre l'acide sulfu-
- Quatrième idem' Un morceau équivalent à une deini-ine 146 rique concentré de son poids d’eau pour cette opération.— Il suffit d'employer
- sure M. huit parties de cet acide ainsi étendu.
- Cinquième idem Un morceau équivalent à deux mesures i45,5 Ces huit parties dissolvent treize parties d'hydrogène sulfuré. Tlierrn. n°; ba-
- M. rom. o‘m*,7G.
- Sixième... idem mtmm ' JL Un morceau équi- 145,5 5. La température étoit de'i5 ' cent.j
- valent à trois mesures J1- et la pression de om75g.
- ?—
- DU SOUFRE ET DU PHOSPHORE,
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- LA NATURE
- Sü8 SUR
- 166. Maintenan t essayons de prouver que les expériences de M. Davy, sur la décomposition du phosphore, ne sont pas plus à l’abri d’objections sérieuses, que celles qu’il a faites sur la décomposition du soufre; et comme pour démontrer la nature de ce corps, M. Davy s’y prend absolument de la même manière que pour démontrer celle du soufre, soumettons le phosphore aux mêmes épreuves que le soufre.
- Nous avons combiné le phosphore avec le potassium dans une petite cloche de verre recourbée A, pl. 5, fig. 2, où nous avions fait passer d’abord du gaz azote. Les phénomènes qui accompagnent cette combinaison ressemblent à ceux que présente le soufre, mais ils sont beaucoup moins marqués. A peine le métal est-il fondu , que 1© phosphure se forme ; il y a un léger dégagement de lumière, et la production de chaleur n’étant pas très-grande, les cloches ne cassent jamais. Il ne se dégage pas sensiblement de gaz. L’excès de phosphore se sublime, et le phosphure formé est toujours de couleur chocolat. L’expérience a été répétée plusieurs fois. Nous avons fait varier
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- DU SOUPIRE ET DU PHOSPHORE. 20g les proportions de phosphore ; celles de potassium. ont été constantes. Voici les données et les résultats de ces expériences.
- ! = !
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- NATURE
- Il faut bien se garder, dans ces expériences, de traiter par l’eau froide le phosphure formé ; cette eau ne dégage que lentement les dernières portions de gaz, et il est tare même qu’elle en dégage autant que l’eau chaude : au lieu d’obtenir 111, on n’ob-tiendroit souvent que 92.
- 167. On voit’ donc qu’une petite quantité depotassiumM, susceptible de donner avec l’eau 7 9P' de gaz hydrogène (99), forme, en la combinant avec le phosphore, un phosphure d’où on i*etire avec l’eau chaude 111 parties de gaz hydrogène phosphuré. Or, le gaz hydrogène phosphuré contient au moins, ainsi que nous nous en sommes assurés, une fois et demie son volume de gaz hydrogène. Il s’ensuit donc que 11 x parties de gaz hydrogène phosphuré, représentent au moins i66p ,5 de gaz hydrogène, c’est-à-dire une quantité d’hydrogène plus que double de celle que peut donner avec l’eau la quantité de potassium employé. Cependant M. Davy prétend le contraire; selon lui, le phosphure de potassium donne, avec l’eau, moins de gaz hydrogène que le potassium lui-même. D’où vient cette différence entre ses résul-
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- DU SOUFRE ET DU PHOSPHORE. 8 11
- tats et les nôtres? Il est difficile d’en rendre raison.
- 168. On pouvoit à priori, prévoir que le phosphure de potassium, se comporterait avec l’eau comme nous venons de l’exposer; car, dans ce cas, on obtient non-seulement tout l’hydrogène dû au potassium, mais encore une autre portion qui provient de la décomposition de l’eau qu’opère le phosphure : aussi retire-t-on moins de gaz hydrogène, en traitant le phosphure de potassium par un acide, que par l’eau, parce que l’aeide saturant la base, et séparant le phosphore, l’eau ne peut plus être décomposée. On n’en retire même pas, et on ne doit pas en retirer des quantités constantes au moyen de l’acide, et elles doivent être d’autant plus foibles , que l'acide est plus fort et le phosphure mieux pulvérisé.
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- SUR LA NATURE
- EXPÉRIENCES. QUANTITÉ D E POTASSIUM. QUANTITÉ D E PHOSPHORE. FORCE O E l'acide. GAZ HYDROGENE FHOSPHURB.
- Première.. une mes. M. Quantité équivalente à deux mesures M. Dix parties du tube gradué T, d'un acide sulfurique formé avec quatre parties d’acide concentré t et six parties d’eau: 8o ;
- Seconde.. idem Quantité équivalente à deux mesures M. Dix parties du tube gradué T, d’un acide sulfurique formé avec deux parties d'acide concentré et huit parties d’eau. 92
- Troisième. idem Quantité équivalente à deux mesures M. Dix parties du tube gradué T, d’un acide formé avec une partie d’acide concentre, et neuf parties d’eau. 8»
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- DU SOUFRE ET DU PHOSPHORE. 2l5
- 169. Ilétoit nécessaire, pour répondre à tous les faits avancés par M. Davy, de prouver aussi que l'hydrogène phosphuré ne contient point d’oxigène. Nous avons donc traité sur le mercure, dans une petite cloche recourbée, une quantité donnée de potassium avec un grand excès d’hydrogène phosphuré. L’action a été prompte, surtout lorsque le métal a été fondu. Il s’est formé un phosphuré ressemblant absolument à celui qu’on fait directement. Les gaz ont augmenté beaucoup de volume, et conte-noient beaucoup d’hydrogène. En traitant par l’eau le phosphuré produit de l’expérience, on en a retiré absolument la même quantité d’hydrogène phosphuré que si on l’eùt fait de toutes pièces; par conséquent, plus de deux fois plus d’hydrogène que n’en auroit donné le métal seul avec l’eau. Ges résultats, qù’on â constatés plusieurs fois , prouvent donc, 1°. que le gaz hydrogène phosphuré ne contient point «Loxigène ; 2°. que le potassium décompose complètement l’hydrogène phosphuré, et en absorbe le phosphore sans aucune trace d’hydrogène;
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- a 14 SUR LA NATURE
- EXPÉRIENCES.
- QUANTITÉ
- DH
- POTASSIUM.
- QUANTITÉ
- SI GAZ
- HYDROG. FHOSF.
- QUANTITÉ
- De gaz qu'on retire par l’eau chaude du produit aolide.
- OBSERVAT! 0 8$.
- Première..
- Seconde.
- Troisième.
- Quatrième.
- une mes, M.
- idem
- idem
- idem
- un exces.
- idem
- idem
- idem
- 1 io,5
- HI
- i>i,5
- ni
- t. la température étoit de i5°, et la pression de o®*>76.
- a. Dans une expérience ©à Ton avoit, au contraire, mis un excès de potassium , tout le-gaz hydrogène phospliuré » été décomposé ; et comme on avoit fortement élevé la température , il pa~ roît qu’il ne s’étoit point formé d’hy-drure de potassium t et que tout l’hydrogène de l’hydrogène phospliuré a voit été dégagé. On avoit opéré sur 102 parties de gae, et on a obtenu 149 parties d’hydrogène ; c’est là ce qui nous a fait dire précédemment que nous pensions que l’hydrogène phosphore contenoit sue Cois et demie son volume d’hydrogène, Nom avons essaye de déterminer la proportion de ses principes cous tituans , en dissolvant directement du 'phosphore dans le gaz hydrogène , mais cette'dissolution n’a pas lieu.
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- DU SOUFRE ET DU PHOSPHORE. *l5
- 170. Il résulte des faits rapportés dans ce mémoire,
- i°. Que le gaz hydrogène sulfuré contient un volume d'hydrogène égal au sien;
- * a0. Que le gaz hydrogène phosphuré en
- contient très-probablement une fois et demie son volume;
- 5°. Que le gaz hydrogène sulfuré peut être décomposé par le potassium et le sodium, et que dans cette décomposition il se développe précisément la même quantité-d’hydrogène que le métal seul en donnerait
- 4°. Que le gaz hydrogène phosphuré est décomposé par le potassium et le sodium r en sorte que le phosphore se combine aveu le métal, et que l’hydrogène se dégage ;
- 5°. Que les gaz hydrogène sulfuré et hydrogène phosphuré ne contiennent peint d’oxigène, ou du moins que les expériences faites par I®. Davy? pour le prouver, ne conduisent point à cette conséquence ;
- 6°. Que le soufre et le phosphore ne contiennent point d’oxigène, ou du moins que les expériences par lesquelles M. Davy prétend démontrer l’existence de ce gaz dans
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- fiï6 SUR LA NATURE DU SOUFRE, etc. ces corps , ne sont point concluantes ; qu’ainsi, on doit toujours continuer à regarder comme simples ou in décomposés, ces deux combustibles que M. Davy veut assimiler, quant à leur nature et leur, composition , aux substances végétales;
- 7°. Que néanmoins il n’est pas douteux que le soufre ne contienne un peu d’hydrogène , d’après les expériences de M. A. Ber-thollet, et de M. Davy, et qu’il est probable que le phosphore est dans le même
- JVo/a. Depuis lapublicalion decemémoire, M. Davy semble reconnoître avec nous que le soufre et le phosphore, les gaz hydrogène sulfuré et hydrogène phosphuré ne contiennent point d’oxigène; cependant il persiste à croire, comme il l’avoit annoncé d’abord , qu’en traitant le sulfure de potassium par les acides, on obtient moins de gaz hydrogène sulfuré qu’on obtient d’hydrogène, en mettant le potassium de ce sulfure en contact avec l’eau; et il prétend qu’au contraire on obtient plus de gaz hydrogène en traitant le
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- ALLIAGE DU POTASSIUM , eto. j 1 7
- potassium par le gaz hydrogène sulfuré , qu’en le traitant par l’eau. Voyez le mémoire qu’il a publié à cét égard, Journal de Physique , mai 1810, pages 398-405 ; voyez aussi notre réponse à ce mémoire , même journal, mai 181 a , pages 417-423.
- DE L’ACTION DU POTASSIUM SUK LES METAUX LES PLUS FUSIBLES.
- 171. Le potassium forme aisément des alliages avec les métaux qui sont très-fusibles. Ces alliages peuvent se faire dans le gaz azote, sur le mercure, au moyen d’une petite cloche de verre recourbée, plane. 5 , fig. 2 ; on la remplit de gaz azote, on la renverse en tenant le doigt dessus, on y jette promptement les matières à allier, on la plonge dans le mercure, on en chauffe la partie courbe avec une lampe à esprit-de-vin et des charbons rouges s’il en est besoin, et bientôt l’opération est terminée. Ces alliages peuvent encore se faire dans un tube dont on a fermé l’une des extrémités, à la lampe, mais il faut qu’il soit plutôt étroit que large. On met tout le potassium au
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- a 1 8 ALLIAGE DE POTASSIUM
- fond de ce tube, et on le recouvre exactement du métal en poudre avec lequel on veut l’allier ; on tire l’extrémité supérieure du tube à la lampe pour n’y laisser qu’une très-petite ouverture, et on en chauffe l’extrémité inférieure en le tenant avec des pinces au-dessus des charbons rouges dont on l’approche peu à peu. C’est par l’un ou l’autre de ces procédés, et quelquefois par tous deux, qu’ont été faits les sept alliages suivans. On indiquera celui qui aura été suivi pour chaque alliage.
- !Alliage de potassium et de plomb.
- T72. Potassium................... deux mesures M.
- Plomb en limaille fine.... huit mesures M.
- Procédé employé...........second.
- L’alliage s'est fait aussitôt que le plomb, a été fondu ; il est solide, très-fusible et très-cassant; sa cassure est à grains très-fins. Pulvérisé, il se détruit peu à peu à l’air ; il fait une vive effervescence avec l’eau ; il en fait encore une plus vive avec les acides. Dans tous les cas , le potassium est trans-
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- ET DES MÉTAUX TB.ÉS-FUSIBLE3 ai9
- formé en potasse, et le plomb reprend sa ductilité ordinaire.
- AïUage de potassium et de bismuth.
- 173. Potassium............ deux mesures M.
- Bismuth en poudre.....huit mesures M.
- Procédé employé.......second.
- L’alliage se fait presqu’aussitot que le potassium est fondu; il est solide, très-fusible, très-cassant ; sa cassure présente de très-petites facettes, sa couleur tient de celle du bismuth. Quand on en place un fragment sur la langue, la saveur en paroît caustique-Pulvérisé, il se détruit à l’air; il fait une vive effervescence avec l’eau , et une plus vive encore avec les acides. Dans ces trois cas, le potassium est transformé en potassé, et le bismuth mis à nu.
- Alliage de potassium et df antimoine.
- 174. Potassium............deux mesures M.
- Antimoine en poudre....... huit mesures M.
- Procédé employé.......les deux.
- L’alliage s’est fait avec assez de facilité.
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- S 20 ACTION DU POTASSIUM
- Au moment où il a eu lieu, il s’est dégagé de la lumière, ce qui annonce une affinité très-grande entre ses principes. Comme il n’est pas très-fusible, ou a cru devoir le porter au rouge pour en opérer complètement la fusion et en former un culot. Cet alliage est un peu moins blanc que l’étain, cassant, à grains fins, assez fusible; il pa-roît caustique ; il se détruit tout de suite à l’air, fait une très-vive effervescence avec l’eau, en fait une bien plus vive encore avec les acides : et dans les trois cas, le potassium. est transformé en potasse, et l’antimoine mis à nu. • '
- Alliage de potassium et d’étain.
- XJ 5. Potassium..'........... deux mesures M.
- Etain en limaille.......• sept mesures MJ ‘
- Procédé employé.........premier.
- L’alliage s’est fait avec dégagement d’une foible lumière ; on a chauffé presque jusqu’au rouge pour le rassembler complètement en forme de culot. Il est un peu moins blanc que l’étain, cassant, à grains fins, assez
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- ET DES MÉTAUX TRÈS-FUSIBLES. 221
- fusible ; il paroît caustique ; il se détruit tout de suite à l’air, fait une très-vive effervescence avec l’eau, en fait une bien plus vive avec les acides : dans ces trois cas, le potassium est transformé en potasse, efe l’étain mis à nu.
- Lorsque cetalliage contient moins d’étain qu’on ne vient de l’indiquer, il s’enflamme ordinairement dans l’air, surtout au moment où l’on essaye de le pulvériser ; voilà pourquoi on est obligé de le faire dans le gaz azote ; car autrement, il se détruit presqu’à mesure qu’il se fait. Il est probable que dans cette inflammation, il y a une portion d’étain brûlé, et que l’oxide qui en résulte, se combine avec la potasse.
- Alliage de potassium et de aine.
- 176. Potassium.................. deux mesures M.
- Zinc en limaille et très-ductile, huit mesures M. Procédé employé..........les deux.
- L’alliage est difficile à faire, parce que le potassium se volatilisant en grande partie , il ne s’en combine peut-être pas avec le zinc le quart de ce qu’on en employé. On a
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- 28 2 ALLIANCE DO POTASSIUM
- chauffé cet alliage jusqu'au rouge cerise pour le fondre ; il est cassant, grenu , sensiblement caustique; sa couleur est celle du zinc pulvérisé; il se détruit peu à peu à l’air, fait effervescence avec l’eau, et en fait une vive avec les acides : dans tous ces cas, le potassium est transformé en potasse, et le zinc est mis en liberté, excepté dans le dernier où il peut lui-même être attaqué par l’acide.
- Premier alliage de potassium et de mercure.
- 177. Potassium... une me»ure M, on octynis (59).
- Mercure.... 3»-'-,069.
- Procédé..... les deux.
- L’alliage s’est fait avec un grand dégagement de chaleur, aussitôt que le potassium a été fondu, mais sans dégagement de lumière : il est liquide à la température de l'atmosphère ; sa couleur est celle du mercure; il parait caustique et se détruit peu à peu à l’air ; il fait une légère effervescence avec l’eau; il en fait une très-vive avec les acides : dans ces trois cas, le potassium est transformé en potasse, et le mercure reparaît sous sa forme ordinaire.
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- DES MÊTA UX TRES-FUSIBLES. 423
- Deuxième alliage de potassium et de mercure.
- Potassium......... deux mesures M, ou oS'.,o4»4*
- Mercure........... 3e'-,069.
- Procédé...........les deux.
- L’alliage s’est fait avec un grand dégagement de chaleur aussitôt que le potassium a été fondu , mais sans dégagement de lumière : il est solide à la température ordinaire, et devient liquide à une température plus élevée ; il cristallise facilement, et jouit d’ailleurs des mêmes propriétés que le précédent
- Troisième alliage de potassium et de mercure.
- Potassium....trois mesures M, ou otr-,o636.
- Mercure..... 6*v38.
- Procédé.....les deux.
- L’alliage s’est fait avec un grand dégagement de chaleur, aussitôt que le potassium a été fondu, mais sans dégagement de lumière. Il est solide à la température de l’atmosphère et devient liquide à une tempéra-
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- S24 ALLIANCE DU POTASSIUM
- tureplus élevée; il cristallise facilement, et jouit enfin des mêmes propriétés que le précédent.
- Ces divers alliages de mercure et de potassium, et su rtout le premier, peuvent aussi se faire à froid, lorsque le potassium n’est point couvert d’huile, ou lorsque la surface n’en est point oxidée; alors on voit évidemment combien est grande la chaleur qui se dégage au moment de leur formation. Vingt fois, nous avons été témoins de la formation spontanée de ces alliages, en laissant tomber quelques parcelles de potassium dans la cuve à mercure : à peine le contact avoit-il lieu, que ces parcelles s’agitoient en tous sens, alloient et venoient très-rapidement, et finissaient bientôt par disparoître.
- Alliage de potassium et (Farsenic.
- 178. Potassium................. deux mesures M.
- Arsenic en poudre....... six mesures M.
- Procédé employé.........les deux.
- Cet alliage se fait facilement et avec un grand dégagement de lumière. Au lieu d’être brillant et métallique comme les pré-
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- ET des MÉTAUX THÉS-FUSIBLES. 2 25 cédens, il est du moins en grande partie, terne et brun-marron presque comme les phosphures. Ce n’est qu’en employant une grande quantité d’arsenic, qu’on parvient à en avoir un petit culot Cet alliage se distingue surtout des autres, en ce que l’effervescence qu’il fait avec l’eau et les acides est beaucoup moins grande qu’elle ne de-vroit l’être, en raison de la quantité de potassium qu’il contient
- Pour coqnoître la cause de ce phénomène , on a déterminé, comme il suit, la quantité et la nature du gaz qui se dégage de l’arseniure de potassium , quand on le met en contact avec l’eau.
- On a rempli de mercure une cloche de verre recourbée À, pl. 5, fig 2 ; on y a fait passer quatre-vingts parties de gaz azote du tube gradué T, et on a porté successivement dans la partie courbe de la cloche, avec une tige de fer, trois mesures M de potassium, et un petit fragment d’arsenic bien métallique , équivalent en volume à une seule mesure M. Alors, on a chauffé avec une lampe à esprit-de-vin ; l’alliage s’est fait très-promptement et avec dégagement de lu-
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- 2 26 ALLIAGE DU POTASSIUM
- mière : on a laissé refroidir et on a mesuré les gaz; il ne s’en est trouvé que quatre-vingt-une parties. Ces gaz éloient sans odeur ou séntoient à peine l’huile, éteignoient les corps en combustion et jouissoient de tous les caractères de l’azote: donc, il ne s’eu étoitni absorbé, ni dégagé. Ainsi la combinaison qui s’étoit formée , étoit véritablement composée de potassium et d’arsenic dans les proportions qui viennent d’être rapportées.
- Ce point étant bien déterminé, on a fait passer dans la cloche de verre à l’extrémité de laquelle étoit l’arseniure de potassium et qui du reste étoit pleine de mercure, environ soixante parties d’eau du tube gradué T: aussitôt,ils’estfait une vive effervescence qui s’est arrêtée presque subitement. Tout l’arseniure a été visiblement détruit, et il s’est formé une matière floconneuse très-légère, et ressemblant pour la forme et la couleur à une sortede kermès très-foncé.Cependant on a cru devoir faire bouillir l’eau, afin d’attaquer les portions d’arseniure qui auroient échappé à son action, à une basse tempéra -ture ;.mais l’effervescence ne s’est point re-
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- ET DES MÉTAUX TRÈS-FUSIBLES. 227 nouvelée, ainsi qu’on l’avoitprévu. Enfin, on a mesuré les gaz et on les a examinés ; il n’y en a voit que cent deux parties du tube gradué T, et ils n’étoient formés que d’hydrogène arseniqué. On a répété cette expérience cinq fois afin d’en bien constater les résultats. Tantôt on a mis en volume trois parties de potassium M, et toujours un tiers ou un quart de partie d’arsenic bien brillant et bien métallique ; on a eu même plusieurs fois la précaution de mettre de l’acide muriatique ou sulfurique faible avec l’arse-niure de potassium, et de faire bouillir comme précédemment. Toutes les expériences sont supposées faites à i5° cent, et à de pression.
- PREMIÈRE EXPÉRIENCE.
- Gaz hydrogène arseniqué obtenu
- avec l’eau.................... 13^P- du tub. gr. T.
- DEUXIÈME EXPÉRIENCE.
- Potassium,................... trois mesures M.
- Fragment d’arsenic........... une mesure M.
- Gaz hydrogène arseniqué obtenu
- 97?- du tube gr. T.
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- 2 28
- ALLIAGE DU POTASSIUM
- TROISIÈME EXPÉRIENCE.
- Potassium.................. deux mesures M.
- Fragment d’arsenic......... demi-mesure M.
- Gaz hydrogène arseuiquè obtenu
- avec eau acide..............' 6?P- dutubegr.T.'
- QUATRIÈME EXPÉRIENCE.
- Potassium.................. une mesure M.
- Fragment d’arsenic......... un tiers de mes. M.
- Gaz hydrogène arseniqué obtenu avec eau acide............. 33p-du lubegr.T.
- CINQUIÈME EXPÉRIENCE.
- Potassium.................. une mesure M.
- Fragment d’arsenic......... un tiers de mes. M.
- Gaz hydrogène arseniqué obtenu
- avec eau acide............. 34p- du tube gr.T.
- En prenant la moyenne de toutes ces expériences, il résulte que chaque mesure M de potassium, donne 33p-,56 du tube gradué T d’hydrogène arseniqué: par conséquent , s’il ne s’est rien passé d’extraordinaire, ces 35p-,36 d’hydrogène arseniqué doivent représenter 79 parties de gaz hydrogène pur, puisque chaque mesure M de potassium donne cette quantité d’hydro-
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- ET DES M ÉTAUX TRÈS-FUSI BLES. 2 2g
- gène avec l’eau (99). Pour pouvoir prononcer à cet égard, il faut donc faire l’analyse du gaz hydrogène arseniqué.
- 17g. On y est parvenu en traitant une quantité déterminée de gaz hydrogène arseniqué par un excès d’étain sur le mercure, dans une petite cloche de verre recourbée A, pi. 5, % 2.
- On a fait fondre l’étain peu à peu, et peu à peu aussi on a chaufFé la cloche presqu’au point de la faire fondre ; on l’a maintenue à cette température en l’agitant de temps à autre pendant trois quarts-d’heure ; et ensuite, après l’avoir laissé refroidir, on a mesuré de nouveau le gaz qui s’est trouvé être du gaz hydrogène pur. On s’en est assuré en l’enflammant; car n’eût-il contenu qu’un quarantième de gaz hydrogène arseniqué non décomposé, il se seroit fait un dépôt très-visible d’arsenic sur les parois de la cloche qui le renfermoit.Tantôt on a opéré sur le gaz hydrogène arseniqué provenant de l’arseniure de potassium et de l’eau, et tantôt sur celui qu’on fait en traitant par l’acide muriatique un alliage de trois parties d’étain et d’une d’arsenic.
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- ALLIAGE DÜ POTASSIUM
- a3o
- PREMIÈRE EXPÉRIENCE.
- Gaz hydrog. araeniq. de l’arseniure. ioop- du tub.gr. T.
- Etain bien décapé........... Petit fragment.
- Gaz hydrogène............... 140.
- DEUXIÈME EXPÉRIENCE.
- Gaz hydrog. arseniq. de l’arseniure. io6P-du tub.gr. T.
- Etain bien décapé........... Petit fragment.
- Gaz hydrogène............... 148.
- TROISIÈME EXPÉRIENCE.
- Gaz hydrog. arseniq. de l’arseniure. 1 ioP-du tub. gr. T.
- Etain bien décapé........... Petit fragment.
- Gaz hydrogène............... i55.
- QUATRIÈME EXPÉRIENCE.
- Gaz hydrogène arseniqué de l'étain
- arsenical................... 100P du tub. gr. T.
- Etain bien décapé........... Petit fragment.
- Gaz hydrogène............... ï3c),5.
- CINQUIÈME 'EXPÉRIENCE.
- Gaz hydrogène arseniqué de l’étain
- arsenical................... io5P-dutub.gr.T.
- Etain bien décapé........... Petit fragment.
- Gaz hydrogène............... 147.
- Il résulte évidemment de là que l’hydro-
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- ET DES MÉTAUX TRÈS-FUSIBLES. s3l
- gène arseniqué est toujours formé de la même quantité d’arsenic et d’hydrogène, et que cent parties de ce gaz contiennent ou représentent cent quarante parties de gaz hydrogène pur (1).
- Mais puisque chaque mesure M depo-tasaium, qui avec l’eau donne soixante-dix-neuf parties de gaz hydrogène, ne donne que 3 3,3 6 de gaz hydrogène arseniqué (178),
- (1) Nous avons encore lenlé, mais vainement, l’analyse du gaz hydrogène arseniqué de deux autres manières , l’une par le soufre, et l’autre en cherchant à dissoudre de l’arsenic dans le gaz hydrogène. -
- PREMIÈRE EXPÉRIENCE.
- Gaz hydrogène arseniqué. i4'p' du lub. gr. T.
- Soufre................. un excès!
- On a tenu le soufre en fnsion pendant sept minutes , et ensuite on l’a volatilisé ; il en est résulté cent soixante-une parties de gaz, dont cent quarante d’hydrogène sulfuré, et vingt d’hydrogène arseniqué. Une portion de l’hydrogène a dû être absorbée.
- DEUXIÈME EXPÉRIENCE.
- Gaz hydrogène.......... 13ar- du lub. gr. T.
- Arsenic bien pur....... un excès.
- On a Volatilisé l’arsenic à plusieurs reprises, et chauffé pendant demi-heure; on a retrouvé cent trente-deux parties de gaz qui n’étoient que de l’hydrogène.
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- jiSa ALLIAGE DU POTASSIUM
- il s’ensuit qu’il disparoît près de trente-une-parties et demie de gaz hydrogène dans celle dernière expérience. Que deviennent-elles? c'est ce qu’il faut rechercher.
- 180. On ne peut point supposer qu’au moment où l’alliage se fait, il y ait perte de potassium; car on acquiert la preuve du contraire en regardant la cloché avec attention : on ne peut point supposer non plus, que tout l’arseniure ne soit pas décomposé ; car il se divise tellement par le contact de l’eau, que bientôt on n’aperçoit plus que des flocons légers de couleur chocolat, sur lesquels l’acide muriatique n’a aucune action.. Enfip, on ne peut pas supposer que l’arsenic employé contienne de l’oxigène, et transforme en potasse une portion dupo* tassium; car cet arsenic est brillant, bien métallique, et en si petite quantité par rapport au potassium, qu’il faudrait qu’il contînt beaucoup d’oxigène pour produire cet effet. Il n’est donc qu’une supposition à faire; c’est de regarder ces flocons brun-marron comme un liydrure d’arsenic ; et c’est ce qu’on ne peut se dispenser d’admettre, en considérant la masse des faits que
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- ET DES MÉTAUX TRES-FUSIBLES. 235
- nous venons de rapporter. D’ailleurs, une grande quantité d’hydrogène pouvant gazéifier une petite quantité d’arsenic, on ne voit pas pourquoi beaucoup d’arsenic ne pour-roi t pas solidifier un peu d'hydrogène. Nous savons que la démonstration de l’existence de l’hydrogène dans ces flocons bruns se-roit plus rigoureuse, si l’on pouvoit en retirer ce gaz ; nous espérons le faire : mais jusqu’à présent nous n’avons pu que projeter des essais à cet égard. On pourrait peut-être, par la synthèse, lever tous les doutes à cet égard, plus facilement que par l’analyse : seulement, il ne faudrait pas présenter l’hydrogène à l’état de gaz à l’arsenic; car son action sur ce métal est nulle, ainsi qu’on l’a vu précédemment 179). On réussirait sans doute, en plaçant de l’arsenic au pôle négatif d’une pile (1), ou en traitant quelques alliages arsenicaux par un acide d’où résulterait la décomposition de l’eaü , et par conséquent la production
- (1) M. Davy n fait cette expérience avec une batterie de 600 paires, Trans. Philos., 1810 , pag. 3i , et a été-conduit à trouver, comme nous, que l’arsenic pou-voil absorber l’hydrogène à l’état solide.
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- 23/* ALLIAGE DU POTASSIUM
- d’une certaine quantité d’hydrogène à l’état naissant (i).
- 181. Après avoir examiné tous les phénomènes que présente l’arseniure de potassium, et surtout après avoir analysé le gaz hydrogène arseniqué, il étoit naturel d’étudier l’action de ce gaz sur le potassium. On a fait à cet égard tontes les expériences nécessaires sur le mercure, dans une cloche de verre recourbée A, pl. 5, fig. 2. A froid, môme, l’action commence à avoir lieu; mais aussitôt qu’on élève la température, il se forme une croûte rougeâtre; des fumées épaisses se condensent sur les parois de la cloche et s’y moulent; le gaz est décomposé subitement; l’hydrogène est mis en liberté,
- (1) Nous avons fait une expérience inalogue en plongeant une lame de zinc dans du muriate acide d’arsenic élendu d’eau, et il en est résulté sur-le-champ de l’arsenic hydrogéné en flocons brun-marron. Malheureusement, le zinc se recouvre peu à peu de cet arsenic hydrogéné, de sorte qu’au bout d’un certain temps, l’action est presque nulle.
- Il ne seroit point impossible que l’arsenic hydrogéné jouât un rôle remarquable dans la liqueur arsenicale et fumante de Cadet, qu’on fait en distillant un mélange d'acétate de potasse, et d’oxide blanc d’arsenic.
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- ET DES MÉTAUX TRÈS-FUSIBLES. s55
- et l'arsenic se combinant avec le potassium, forme un véritable arseniure de potassium, absolument semblable pour la forme et les propriétés, à celui qu’on fait directement
- PREMIÈRE EXPÉRIENCE.
- Potassium.................. une mesure M.
- Gaz hydrogène arseniqué.... i îoP- du tub. gr. T.
- Gaz après l’action de l’bydrogène
- arseniqué............... 170 d’hydrog. pur.
- Gaz hydrogène arseniqué provenant de l’action de Peau sur l’ar-seniure àgpotassium........ 33. .
- DEUXIÈME EXPÉRIENCE.
- Potassium......................
- Gaz hydrogène arseniqué........
- Gaz après l’action de l'hydrogène arseniqué......................
- une mesure M.
- 180 hydrog. conle-
- i3oP-du tub. gr. T.
- nant un peu d’arse-
- Gaz hydrogène arseniq. provenant de l’action de l’eau surl'arseniure d e potassium.....................
- 33P-.5.
- .TROISIÈME EXPÉRIENCE.
- Potassium...............
- Gaz hydrogène arseniqué.
- ane mesure M. i4oP- du tub. gr. T-
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- ALLIAGE DU POTASSIUM
- a36
- Gaz après l'action de l’hydjogène arseniqué................... 190 d’hydrog. con-
- tenant une quantité remarquable d’arsenic.
- Gaz hydrogène arséniq. provenant de l’action de l’eau sur l’arseniure -de potassium................ 33p-,5.
- On voit donc, 1 °. qu’une mesure M de potassium décompose constamment cent vingt parti esdegazhydrogène arseniqué, etqu’elJe ne peut en décomposer davantage; en sorte que, si cette mesure de potassium est en contact avec cent trente ou cent quarante parties de ce gaz, il y en a dix ou vingt qui ne sont point attaquées ; a°. que tout l’hydrogène de ces cent vingt parties de gaz hydrogène arseniqué est mis en liberté, et correspond à cent soixante et dix parties, ce qui se rapporte sensiblement avec l’analyse qu’on en a faite (179) (1). 3°. Enfin, que
- (0 U seroit possible que 100 parties de gaz hydrogène arseniqué continssent 15o parties de gaz hydrogène, au lieu de i4o. 11 faudrait admettre pour cela, qn’en décomposant l’hydrogène arseniqué par l'étain (179), et par le potassium (18-1 ), tout l’hydrogène ne fût point mis en liberté, et qu’il y en eût clans les deux cas une égale
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- RT DES MÉTAUX TRÈS-FUSIBLES. iSf l’arseniure de potassium qui en provient, donne avec l’eau trente-trois parties de gaz hydrogène arseniqué, comme celui qu’on fait directement avec l’arsenic, et que par conséquent il se forme dans les deux cas un hydrure d’arsenic solide.
- QUATRIÈME EXPÉRIENCE.
- Potassium.................. une mesure M.
- Gaz hydrogène arseniqué.... 78p- du tub. gr. T.
- Gaz après l’action de l’hydrogène
- arseniqué.................. g3P- d’hydrog. pur.
- Gaz provenant de l’action de l’eau sur l’arseniure de potassium.... y5P- d’un gaz contenant beaucoup d’arsenic.
- Les résultats de cette expérience ne s’accordent point avec ceux des trois expériences précédentes ; car après l’action du gaz hydrogène arseniqué sur le potassium,
- quantité qui fît partie de l’alliage qu’on obtient. Il n’y aurait rien d’extraordinaire en cela ; et ce qui autorise, jusqu’à un certain point, à croire que telle est la composition du gaz hydrogène arseniqué, c’est que l’un de nous a fait voir ( a*, vol. d’Arcueil ), que les gaz en se combinant entre eux ou avec d’autres corps, éprou-voient des condensations ou des dilatations de volume qui sont toujours dans des rapports très-simples.
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- s38 ALLIAGE DU POTASSIUM
- on devrait obtenir cent quinze parties de gaz, au lieu de quatre-vingt-treize ; et en même temps on ne devroit pas en retirer soixante-quinze parties, en traitant l’arse-niure de potassium par l’eau. Mais il est facile de se rendre compte de cette sorte d’anomalie; c’est que le potassium étant en excès , absorbe une portion de l’hydrogène appartenant à l’hydrogène arseniqué : il se fait ainsi un hydrure et un arseniure de potassium que l’eau décompose, et dont elle dégage de l’hydrogène.
- udlliage du potassium et du fer.
- 182. Outre les sept alliages dont on a parlé précédemment, il en est un autre qu’on obtient toujours dans la préparation du potassium 3 en mettant quelques parties de tournure de fer en C D, pl. 4, fig. 2. Dans ce cas, cette tournure étant en contact pendant une heure à une température élevée avec du potassium qui se sublime, elle l’absorbe, devient très-flexible et quelquefois si molle, qu’on peut la couper très-facilement avec des ciseaux, et même la rayer
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- ET DES MÉTAUX TRÈS-FUSIBLES. 20g
- avec l’ongle. Alors elle décompose l’air, fait une vive effervescence avec l’eau et les acides , et bientôt reprend ses propriétés primitives. Lorsqu’elle contient moins de potassium, elle présente ces divers phénomènes dans un degré moins marqué.
- On pourroit sans doute combiner de cette manière avec le potassium, tous les autres métaux qui, comme le fer , sont- difficiles à fondre, et à plus forte raison l’argent, le cuivre, qui sont bien plus fusibles que ce métal ; nous ne l’avons pas tenté.
- DE L’ACTiON DU SODIUM SUR LES METAUX LES PLUS FUSIBLES.
- 185. On combine facilement le sodium a,vec les métaux les plus fusibles. Il en résulte des alliages qui ont un grand nombre de propriétés communes avec ceux du potassium. On les fait comme ceux-ci (171), tantôt dans une cloche recourbée A, pl. 5, fig. 2, où. on introduit d’abord de l’azote, et tantôt dans un tube étroit dont on a fermé l’une des extrémités à la lampe. Tous ces alliages ont lieu avec un plus ou moins grand
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- ALLIAGE DU SODIUM
- 540
- dégagement de .chaleur, et quelques-uns avec dégagement de chalfeur et de lumière. On indiquera, en parlant de chaque alliage, par quel procédé il aura été fait.
- AUiage du sodium et d’étain.
- 184. Sodium....................... Une mesure M.
- Etain pur en limaille fine..... quatre mes. M< Procédé...................second.
- Cet alliage se fait aussitôt que l’étain est fondu, et sans dégagement de lumière. Il est blanc, caustique, très-cassant, et a le grain de l’acier; il paroît sensiblement moins fusible que l’étain ; exposé à l’air, il se décompose promptement, se ternit et se couvre bientôt d’une liqueur âcre : mis en contact avec l’eaiï, il en résulte un grand dégagement de gaz hydrogène; traité par les acides, il en résulte encore un plus grand dégagement d’hydrogène qu’avec l’eau. Dans tous les cas, le sodium est transformé en soude, et l’étain est mis à nu.
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- ET DES MÉTAUX TRÈS-FUSIBLES. 34! -1dlliage de sodium et de plomb.
- 185. Sodium.........................une mesure M.
- Plomb en limaille fine....... quatre mes. M.
- Procédé. .................. second.
- Cet alliage se fait sans dégagement de lumière et aussitôt que le plomb entre en fusion. Il est un peu ductile ; le grain en est très-fin et gris bleuâtre: il a une saveur sensiblement caustique, et est à peu près aussi fusible queleplomb; il se détruit lentement à l’air, ne fait pas une vive effervescence avec l’eau, et en fait une assez vive avec les acides : dans tous les cas, le sodium se transforme en soude, et le plomb s’affine peu à peu.
- Jlutre alliage de sodium et de plomb.
- 186. Sodium....................... une mesure M.
- Plomb en limaille fine.....trois mesures M.
- Procédé.................... second.
- Cet alliage se fait sans dégagement de lumière et aussitôt que le plomb entre en fusion. Il est à peu près aussi fusible que ce métal ; il a une saveur caustique et une couleur
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- ALLIAGE DU SODIUM
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- gris bleuâtre ; il est cassant, et sa cassure est à grains fins; il résiste moins à l’action de l’air que le précédent, fait une assez forte effervescence avec l’eau, et en fait une plus vive avec les acides. Dans tous les cas, Je sodium se transforme en soude, et le plomb s’affine peu à peu.
- Alliage de sodium et de bismuth.
- 187. Sodium.................... une mesure M.
- Bismulh en poudre.......quatre mes. M.
- Cet alliage ne se fait qu’à une température plus élevée que celle à laquelle le bismuth fonds II est moins fusible que ce métal; la couleur en est gris-jaunâtre, et la saveur caustique : il est très-cassant et a un grain fin; il se détruit assez promptement à l’air, fait une vive effervescence avec l’eau et une bien plus vive avec les acides. Dans tous les cas, le sodium est tranformé en soude, et le bismuth est mis à nu.
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- ET DES MÉTAUX TRÉS-FUSIBLES. S^3
- Alliage, de sodium et de zinc.
- 188. Sodium................. ... une mesure M.
- Zinc très-duclileenlimaiile fine quatre mes. M. Procédés.................les deux.
- Cet alliage ne se fait, pour ainsi dire, qu’à la température rouge-cerise ; la couleur en est gris-bleuâtre : il est cassant, et composé de petites lames ; il est à peu près aussi fusible que le âne. La saveur n’en est que foi-ble ; il se détruit peu à peu à l’air, fait une foible effervescence avec l’eau, en fait une très-forte avec les acides, et se transforme dans les trois cas en sodium et en zinc, surtout quand on le pulvérise.
- Alliage de sodium et d’antimoine^
- 189. Sodium....................... une mesure M.
- Antimoine en poudre......quatre mes. M.
- Procédés.................les deux.
- Cet alliage se fait à peine au degré de chaleur où l’antimoine entre en fusion. Au moment où ses deux principes s’unissent, il s’en dégage de la lumière : il est très-cassant;
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- 344 ALLIAGE DU SODIUM
- sa cassure ressemble à celle du métal de cloche; il est plus caustique que les précé-dens : il décompose l’air très-promptement , s’y ternit et se couvre d’une liqueur alcaline, d’où l’on voit se dégager des bulles ; il fait une vive effervescence avec l’eau, en fait une très-vive avec les acides, et se transforme dans ces trois cas en soude et en antimoine.
- Alliage de sodium et d’arsenic.
- igo. Sodium,.........
- Procédés. .P!>....
- Cet alliage se fait à une température bien au-dessous du rouge-cerise, et avec un foible dégagement de lumière. Il est cassant, à grains fins; la saveur en est assez forte et la couleur d’un gris-blanc. Il se décompose à l’air presqu’aussi promptement que le précédent , et se couvre d’une liqueur âcre et alcaline, d’où se dégagent de petites bulles; il fait une très-vive effervescence avec l’eau et les acides, et se transforme, dans ces deux derniers cas, en soude et en flocons, brun-
- une mesure M. trois mesures M. les deux.
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- ET DES MÉTAUX TRÈS-FUSIBLES. 24'5
- marron, qui sont probablement un hydrure solide d’arsenic (179).
- Autre alliage de sodium et cCarsenic.
- Sodium................ une mesure M.
- Arsenic en fragmens...une deini-m. M-
- Procédé...............le premier.
- Cet alliage se fait, comme le précédent, avec dégagement de lumière ; mais au lieu d’être métallique et brillant comme lui, il est brun-marron et a un aspect terreux : mis en contact avec l’eau ,il se décompose tout de suite et en entier ; il s’en sépare des flocons brun-marron qui sont sans doute un hydrure d’arsenic, et il s’en dégage du gaz hydrogène arseniqué qui ne représente jamais la quantité d’hydrogène qu’est susceptible de donner le sodium seul avec ce liquide.
- îgi. Quoiqu’on fût bien persuadé que l’action de l’hydrogène arseniqué sur le sodium, seroit analogue à celle qu’il exerce sur le potassium , on a voulu faire une expérience à ce sujet. On s’est servi d’une cloche recourbée A, pl. 5, fig. 2, et on a employé une mesure M. de sodium et un excès
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- ALLIAGE
- SODIUM
- 046
- de gaz hydrogène arseniqué,- on a chauffé: des vapeurs épaisses et rouges se sont manifestées; l’hydrogène arseniqué a été décomposé ; son hydrogène a été mis en liberté , et son arsenic s’est combiné avec le sodium. L’arseniure de sodium étoit sans éclat métallique., avoit une couleur brun-marron et l’aspect d’un composé terreux. Traité par l’eau, il a été tout de suite complètement attaqué, et on en a obtenu du gaz hydrogène arseniqué, qui ne représentait pas à beau— coupprès tout l’hydrogène qu’est susceptible de donner avec l’eau une mesure M de sodium. Ainsi, on voit que le sodium 6e comporte comme le potassium avec l’arsenic et le gaz hydrogène arseniqué (177-178-179),
- Premier alliage de sodium et de mercure.
- 193. Sodium.... une mesure M, ou os'-,0238 (101).
- Mercure... 36'-,069.
- On a mis le sodium dans un petit tube de verre à la température de l’atmosphère, et on y a versé le mercure : à peine le contact a-t-il ou lieu, que l’alliage s’est fait avec un grand dégagement de chaleur et de lumière ;
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- ET DES MÉTAUX TRÈS-FUSIBLES. 247 cet alliage ne s’est point solidifié par le refroidissement
- Deuxième alliage de sodium et de mercure.
- Sodium...... (leux mesures M, ou 0^,0476.
- Mercure..... 3sr,,o6g.
- Cet alliage s’est fait à la température de l’atmosphère comme le précédent, et a été accompagné d’un grand dégagement de chaleur et de lumière ; mais par le refroidissement il s’est solidifié et a cristallisé confusément.
- Troisième alliage de sodium et de mercure.
- Sodium...... trois mesures M, ou oS',0714.
- Mercure..... 6*'-,i36.
- Cet alliage a été fait à froid, et a aussi donné lieu, comme les deux premiers, à un grand dégagement de chaleur et de lumière. Par le refroidissement, il a formé une masse, au milieu de laquelle on distinguoit beaucoup de petits cristaux grenus.
- Ces alliages sont sapides, se liquéfient à une température plus ou moins élevée, et se décomposent à une chaleur rouge, parce
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- 248 ALLI AGE DU SODIUM
- que le m ercu te s’en volatilise. Exposés à l’air, ils se décomposent, en absorbent l’oxigène et se ternissent ; ils font une vive effervescence avec l’eau, en font une extrêmement vive avec les acides, et se transforment, dans ces trois derniers cas, en soude et en mer-
- ut
- cure.
- ig3. On n’a point pu combiner le sodium avec le cuivre et l’argent très-divisés , à une chaleur capable de fondre le verre j mais on ne sauroit douter que la combinaison de ces métaux ne se fit très-bien à une température plus élevée dans un tube de porcelaine. Il est probable qu’on pourroit faire de même celle de tous les autres métaux avec le sodium ; peut-être faudroit-il pour l’allier à ceux qui sont très-peu fusibles , ne le mettre en contact avec eux, que quand ils seroient très-chauds (1).
- (1) C’est à M. Davy qu’on doit la connoissance de la propriété qu’ont le potassium et le sodium de se combiner avec les métaux. Son travail à cet égard a donc précédé le nôtre. Notre travail diffère surtout du sien , en ce qu’il est beaucoup plus étendu. N’ayant que peu de potassium et de sodium, M. Davy n’a pu faire qu’un petit nombre d’alliages, et n’a pas pu même les obtenu- qu’en trop petite quantité pour examiner le plus
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- ET DES MÉTAUX TRÉS-FÜSIBLES. 249
- grand nombre des propriétés dont ils jouissent : aussi il n’a étudié avec détail que l'amalgame de potassium et de sodium; quant aux autres alliages, il s’est contenté de dire en parlant du potassium-. « Lors-» qu’ou fait chauffer la base de la potasse avec de l’or, » ou du fer, ou du cuivre dans on vase fermé, de verre » pur, elle agit rapidement sur ces métaux, et lorsqu’on » jette dans l’eau les composés, l’eau est décomposée, » la potasse se forme et les métaux reparoissent sans al-» lération. Lorsque la base de la potasse a été combinée » avec un métal fusible, l’alliage qui en résulte est » moins fusible que ne l’éloit le métal pur ». Biblioth. Britann., tom. 39, Sciences et Arts, 1808, page a8. Et il a dit seulement, au sujet des combinaisons du sodium avec les métaux autres que le mercure ; « Cette » même base s’allie avec l’étain sans changer sa cou-» leur, et avec l’aide de la chaleur elle agit sur le plomb » et sur l’or. Je n’ai pas examiné ses habitudes avec » les autres métaux; mais dans son état d'alliage, elle » est bientôt convertie en soude par l’exposition à l’air, » ou par l’action de l’eau qu’elle décompose en déga-» géant l’hydrogène». Bïb. Bric., tom. 39, Sciences et Arts, 1808, page 38. Nous ferons une observation relativement aux combinaisons du potassium avec l’or, Je fer et le cuivre, dont parle M. Davy, et qui, selon lui, se font trè3-facilement ; c’est que nous avons vainement essayé de les obtenir. Nous avons chauffé, dans des tubes de verre, d’assez grandes quantités de potassium avec ces métaux, et nous avons reconnu qu’en ne portant point la chaleur au degré où sevolalilise le potassium, on n’ob-tenoit que des mélanges de ce métal avec les autres; et qu’en le chauffant assez pour le volatiliser, on n’obte-noit qu’un résidu donnant à peine quelques bulles avec l’eau.
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- 25o ACTION DU POTASS. ET DU SODIUM
- DE L’ACTION DU POTASSIUM ET DU SODIUM SUR LES OXIDES (l).
- 194. Comme on a déjà examiné l’action du potassium et du sodium sur l’eau ( 95 et 100) et sur les gaz oxide nitreux, et oxide d’azote (i33, 134 et i35), il ne reste plus à parler que de celle qu’ils exercent sur les oxides de carbone, de phosphore et sur tous les oxides métalliques.
- 19 5. Le potassium n’a point d’action sur le gaz oxide de carbone à la température ordinaire, du moins dans l’espace de quelques minutes; mais il en opère facilement la décomposition à une température élevée. On a fait cette expérience dans une cloche lé-
- (1) M. Davy a fait connoîlre, avant nous, l’action du potassium sur les oxides de fer, de plomb et d’étain. D’après ses observations imprimées, Bibliot. Britann., tome 3g, Sciences et Arts, 1808, pag. 3o, ou bien, Trans. Phil., 1808 , il éloit extrêmement probable que ce métal, ainsi que le sodium , éloit susceptible de décomposer tous les oxides métalliques; et c’est en effet ce que nos expériences démontrent. Nous les avons lues à l’Institut le 23 janvier 1809, et imprimées dans le Bulletin de la Société Philomatique , n° 17 , pages 288 et suivantes , année 1809.
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- OXIDES.
- ü5i
- gèrementrecourbée,pl. 5,fig. 2. Après l'avoir séchée et remplie de mercure, on y a introduit environ deux cents parties du tube gradué T de gaz oxide de carbone (1) et un petit excès de potassium, ensuite on a chauffé la partie recourbée avec une lampe à esprit-
- Le potassium n’a point tardé à fondre, d’abordil s’est recouvert d’une légère couche grisâtre qu’on a enlevée ; sous cette couche il étoit très-brillant : ainsi découvert, on l’a agité avec une tige de fer courbe, pl. 5, fig. 3. En élevant la température , il est devenu bleu d’azur à la surface; il y a eu en même temps absorption de gaz: alors élevant, de plus en plus, la température et agitant toujours le métal, il en est résulté une inflammation ; et l’absorption du gaz a été presqu’instantanée. Il y a eu précipitation de carbone; presque tout le potassium a été converti en potasse, et tout le gaz oxide a été
- (1) Ce gaz avoitété obtenu en chauffant, au rouge, un mélange de carbonate de barite et de limaille de ferdans
- poser le carbonate de barite au plus grand feu de forge pour le priver d’humidité.
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- 252 ACTION DU POTASS. ET DU SODIUM absorbé, sauf douze parties qui n’ont, pas pu l’être (1).
- 197. L’oxide rouge (2) et l’oxide blanc de phosphore (3), sont décomposés avec la plus grande facilité par le potassium. II y a dans les deux cas dégagement de lumière et formation de phosphure de potassium et de potasse. On ne doit faire cette expérience que dans une cloche A recourbée, pl. 5 , fig. 2, où l’on introduit d’abord du gaz azote ; à froid l’action est nulle.
- (1) Ces douze parties éloient encore du gaz oxide de carbone ; on s’en est assuré en les chauffant dans une toute petite cloche avec une nouvelle quantité de potassium.
- (a) Cet oxide a été obtenu en tenant pendant quelque lemps en fusion, à une température assez élevée, du phosphore dans un petit flacon long et étroit, semblable à ceux dont on se sert pour faire les briquets. On a séparé par l’eau l’acide qu’il pouvoit contenir.
- (3) L’oxide blanc qu’on a employé provenoit de bâtons de phosphore conservés depuis long-temps dans
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- SUR
- OXIDES.
- 253
- DE L’ACTION DU POTASSIUM SUR LES OXIDES MÉTALLIQUES.
- 198. Qn n’a point cherché à savoir si le potassium peut décomposer la plupart des oxides métalliques à la température ordinaire. La difficulté qu’on éprouveroit à mettre ces matières en contact à l’état solide, a empêché d’entreprendre ces recherches ; tout ce qu’on peut dire, c’est qu’il est plusieurs oxides ; tels que les oxides de mercure et d’argent, qui dans ce cas semblent éprouver une véritable décomposition. On a au contraire essayé l’action que le potassium peut exercer sur presque tous les oxides à une température élevée, et on s’est convaincu qu’il n’en est aucun qu’il ne puisse réduire de cette manière. Toutes les expériences ont été faites dans un petit tube de verre dont l’une des extrémités étoit ouverte et l’autre fermée à la lampe.D’abord on a mis une petite couche d’oxide au fond du tube ; ensuite on a rpis environ une demi-mesure M, et quelquefois une mesure M de potassium bien privé d’huile par le papier
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- ACTION DU POTASSIUM
- 2Î>4
- joseph; et enfin on a reconvertie potassium d’une couche d’oxide à peu près épaisse d’un centimètre. Ainsi le potassium étoit enveloppé d’oxide de toutes parts, etprivéducon-tact de l’air. On a chauffé le tube en-le tenant avec une pince au-dessus du feu, et l’en rapprochant plus ou moins pour l’exposer à une température convenable. Presque toujours, la réduction de l’oxide a eu lieu avec lumière, quelquefois aussitôt que la fusion du potassium étoit opérée et quelquefois un peu de temps après. Presque toujours aussi le potassium a été converti en potasse ; rarement il l’a été en oxide, au summum ou au minimum : voici le résultat de tous les essais qu’on a faits.
- L
- Oxide d"argent précipité du nitrate d’argent parla potasse pure.....Un excès.
- Potassium........Une mesure M.
- Température employée. .... A peu près celle à laquelle le potassium fond.
- Produits. . . . Oxide de potassium ; argent en petits grains ; production de lumière très-vive.
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-
-
- SUH LES OXIDES.
- 255
- IL
- Oxide de platine précipité du muriate par Vammoniaque.........Un excès.
- Potassium. . . . Une mesure M.
- Température employée. .... A peu près celle à laquelle le potassium fond.
- Produits.........Oxide de potassium;
- platine .en poudre ; lumière très-vive.
- III.
- Oxide rouge de mercure obtenu en chauffant le mercure avec le contact de l’air..... Un excès.
- Potassium.........Une mesure M.
- Température employée. .... La même
- que précédemment.
- Produits.....Oxideàepotassium; mer-
- cure en vapeurs ; lumière très-vive, et légère détonation due à la vapeur mercurielle.
- Oxide noir de mercure, extrait, au moyen de Vammoniaque, du muriate de mercure,
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-
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- s56
- ACTION DU POTASSIUM
- récemment fait par précipitation.... Même phénomène qu’avec l’oxide de mercure rouge.
- V.
- Oxide puce de plomb obtenu en traitant le minium par Vacide nitrique.... Un excès.
- Potassium.... Une mesure M.
- Température employée..... A peu près celle à laquelle le potassium fond.
- Produits.... Oxide de potassium; oxide jaune ; lumière très-vive.
- Oxide rouge de plomb s ou minium du commerce. . . . Un excès.
- Potassium. . . . Une mesure M.
- Température employée....Celle à la-
- quelle le potassium fond.
- Produits.. .. Oxidedepotassium; oxide jaune de plomb, présentant quelques parties de plomb au centre; lumière très-vive.
- VIL
- Oxide jaune de plomb obtenu en calcinant le minium.. . . Un excès.
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- SUR LES OXIDES. «67
- Potassium... . Une mesure M.
- Température. .... Un peu plus élevée que celle à laquelle le potassium fond.
- Produits... Oxide de potassium ; plomt» réduit ; lumière vive.
- VIII.
- Oxide etantimoine provenant d’un Mélange denitre et d'antimoine projetés dans un creuset rouge , et ensuite traités par Veau et Vacide nitrique.... Un excès.
- Potassium. ... Une mesure M.
- Température.... Un peu plus élevée que celle à laquelle le potassium fond.
- Produits.... Oxide de potassium; oxide d’antimoine jaunâtre, présentant quelques portions d’antimoine au centre de la masse; lumière vive.
- IX.
- Oxide d’antimoine volatil ou obtenu en cWcinant Vantimoine avec le contact de Vair.... Un excès.
- Potassium.... Une mesure M.
- Température.... Un peu plus élevée que celle à laquelle le potassium fond.
- 1. 17
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-
- 258 ACTION DU POTASSIUM
- Produits. ... Oxide de potassium; antimoine ; lumière vive.
- X.
- Oxide d'antimoine retiré de l’émétique par Vammoniaque.. . . Même phénomène qu’avec le précédent.
- XL
- Oxide fde nickel précipité du muriate pur de nickel par la potasse.... Un excès.
- Potassium.... Une mesure M.
- Température.... Un peu plus élevée que celle à laquelle le potassium fond.
- Produits.... Oxide de potassium ; nickel en poudre; lumière vive.
- XII.
- Oxide noir de cobalt obtenu en traitant le muriate de cobalt pur parla potasse, et. en desséchant lentement le précipité dans une capsule de porcelaine.... Un excès.
- Potassium.... Une mesure M.
- Température.... Un peu plus élevée qu# celle à laquelle le potassium fond.
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- OXIDES.
- 20$
- Produits. . .. Oxide de potassium. ; cobalt en poudre ; lumière pas très-forte.
- XIII.
- Oxide d"étain très-oxidé fait par la calcination de Vétain avec le contact de l’air.... Un excès.
- Potassium.... Une mesure M.
- Température.. . . Un peu plus élevée que celle à laquelle le potassium fond.
- Produits.... Oxide de potassium; étain, surtout au centre de la masse ; lumière très-vive.
- XIV.
- Oxide cC étain peu oxidè, fait en précipitant le muriate cC étain au minium d’oxida-tionparVammoniaque.... Un excès.
- Potassium......Une mesure M.
- Température.... Un peu plus élevée que pour fondre le potassium.
- Produits.... Oxide de potassium fètain ; lumière vive.
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- i6o
- ACTION DU POTASSIUM
- XV.
- Oxide brun de cuivre obtenu du sulfate de cuivre par la potasse. ... Un excès.
- Potassium.... Une mesure M.
- Température... . Un peu plus élevée que pour fondre le potassium.
- Produits.... Oxide de potassium; cuivre surtout au centre de la masse'; lumière vive.
- XVI.
- Oxide jaune de cuivre obtenu en traitant
- le muriate blanc de cuivre par la potasse.
- Un excès.
- Même phénomène qu’avec l’oxide brun.
- XVII.
- Oxide vert de chrôme obtenu en calcinant fortement le chromate de mercure. . . . Un excès.
- Potassium.. . . Deux mesures M.
- Température. . . . Un peu plus élevée que pour la fusion du potassium.
- Produits... . Matière noirâtre qui, refroidie complètement et ensuite exposée à
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- l’air, s’enflamme subitement comme un excellent pyrophore, et devient jaune. Cette matière est, ou une combinaison^ de potasse et d’un oxide de chrôme au premier degré , ou un mélange intime de potasse et de chrôme réduit et très-divisé. Quoi qu’il en soit, aussitôt qu’elle a le contact de l’air, elle en absorbe l’oxigène et se transforme en véritable chromate de potasse, qui se dissout très-facilement dans l’eau.
- XVIII.
- Oxide jaune de bismuihfait -par la calcination du bismuth avec le contact de Vair... CJn excès.
- Potassium.... Une mesure M.
- Température.... Un peu plus élevée que pour la fusion du potassium.
- P induits.. . . Oxide de potassium ; bismuth ; lumière vive.
- XIX.
- Oxide de tellure; précipité du muriate de tellure par Vammoniaque. ; . . Un excès.
- Potassium.... Une mesure M.
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- ACTION DU FOTASSIÜM
- Température.... Un peu plus élevée que pour la fusion du potassium.
- Produits. . . . Oxide de potassium ; tellure; lumière assez vive.
- XX.
- Oxide de titane précipité du nitrate par. Vammoniaque... . Un excès.
- Potassium. . . . Une mesure M.
- Température.... Un peu plus élevée que pour la fusion du potassium.
- Produits... . Oxide de potassium ; probablement du titane; lumière assez vive.
- XXI.
- Oxide d’urane, précipité du muriate paj la potasse.... Un excès.
- Potassium.... Une mesure M.
- Température. . . . i5o° environ.
- Produits.... Oxide de potassium ; probablement de l’urane ; lumière foible.
- XXII.
- Oxide noir de manganèse naturel. . . . Un excès.
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- SUR LES OXIDES. 265
- Potassium.. . . Une mesure M.
- Température.. .. Celle à laquelle le potassium fond.
- Produits .... Oxide de potassium ; probablement oxide de manganèse au minimum; lumière très-vive.
- XXIII.
- Oxide de manganèse au minimum obtenu du sulfate de manganèse par la potasse, lavé avec de Veau distillée, et desséché sans le contact de Voir.... Un excès.
- Potassium.. .. Une mesure M.
- Température... . Estimée 3oo à 35o°.
- Produits.. . . Oxide de potassium; probablement manganèse ; point de lumière.
- On a jugé que l’oxide de manganèse étoit réduit, parce que la matière étoit noirâtre; qu’avec l’eau, elle ne faisoit point effervescence , et qu’elle en faisoit une assez vive avec l’acide sulfurique étendu d’eau.
- XXIV.
- Oxide rouge de fer obtenu en calcinant le fer avec le contact de Vair.... Un excèft
- Potassium.. . . Une mesure M.
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- 264 ACTION DU POTASSIUM
- Température.... Estimée 15o°.
- Produits.... Oxide de potassium; oxide noir de fer, contenant un peu de fer au eentre de la masse; lumière foible.
- XXV.
- Oxide noir de fer fait en ealcinant un inèlange à partie égale cf oxide rouge defer et de limaille de fer.... Un excès.
- Potassium.... Une mesure M.
- Température... .Estimée environ 2Ôo°à 5oo°.
- Produits... . Oxide àe potassium ; fer; lumière à peine visible.
- Il est probable que l’oxide noir qu’on a employé contenoit un peu d’oxide rouge , et que c’est à cet oxide rouge qu’est dû le dégagement du peu de lumière qui a eu lieu. Il ne contenoit point de fer ; car il se dissolvoit complètement dans l’acide sulfurique foible sans effervescence.
- XXVI.
- Oxide blanc de zinc obtenu en calcinant>
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- SUR LES OXIDES. â65
- tiu rouge, du zinc avec le contact de Pair.... Un excès.
- Potassium.... Une mesure M.
- Température.... Estimée environ 200° à 3oo°.
- Produits.... Oxide de potassium ; zinc en petits globules; point de lumière.
- Ces petits globules de zinc étoient duc-r tiles, ne faisoient aucune effervescence avec l’eau, et en faisoient une très-vive avec l’acide sulfurique foible.
- On n’a point essayé l’action du potassium sur les autres oxides métalliques , tels que les oxides de rhodium , de cérium, d’osmium, etc. Mais il est certain qu’il ré-duiroit aussi ces oxides, puisqu’il peut réduire ceux de zinc, de manganèse et de fer. On peut conclure de là qu’il a la propriété de réduire tous, les oxides à une température suffisamment élevée.
- îgq. Dans toutes les expériences précédentes, on a employé un excès d’oxide métallique , et c’est pourquoi tout le potassium a toujours été converti en potasse. Il étoife curieux de rechercher ce qui aqroit lieu en
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- ACTION DU SODIUM
- J»66
- employant au contraire un excès de potassium : on Fa fait en recouvrant Foxide métallique à éprouver, d’une certaine quantité du métal de ce même oxide, pour prévenir la combustion du potassium par l’air; tous les phénomènes ont été les mêmes que précédèmment, excepté qu’au lieu d’obtenir à l’état de pureté le métal de Foxide réduit, on Fa souvent obtenu allié au potassium. C’est surtout ce qui est arrivé constamment avec les métaux qui fondent à une foible température. On a aussi obtenu par ce moyen des alliages de potassium et de zinc, de potassium et de cuivre, de potassium et d’argent; et il n’est pas douteux qu’en opérant avec soin, on ne parvînt, à l’aide de cette méthode, à allier le potassium avec tous les métaux auxquels il est susceptible de s’unir.
- DE L’ACTION DU SODIUM SUR LES OXIDES DE
- CARBONE, DE PHOSPHORE ET D’AZOTE.
- 200. Le sodium n’a aucune action sur le gaz oxide de carbone à la température ordinaire. Il le décompose à une tempéra-
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- SUR LES OXIDES.
- 367
- ture presque rouge cerise. L’absorption du gaz est assez rapide, et a lieu sans dégagement de lumière.
- Gaz oxide de carbojie. i5o P- du tube gradué T.
- Sodium............... Un excès.
- Produits............. Soude et carbone.
- Résidu gazeux........ 10 parties d’air encore inflam-
- mable, et brûlant en bleu; l’excès de sodium s’est allié
- 201. Les oxides rouge el blanc de phosphore semblent être sans action à froid sur le sodium. Ils sont au contraire décomposés par ce métal, aussitôt qu’il est fondu : il en résulte un dégagement très-sensible de lumière et du phosphure de sodium et de soude.
- 202. Le sodium n’attaque le gaz oxide nitreux, ni à froid, ni à chaud ; on a même poussé plusieurs fois la chaleur jusqu’au rouge cerise, et toujours le sodium après l’expérience étoit aussi brillan t et le gaz oxide nitreux en aussi grande quantité qu’auparavant.
- Lesodium ne se comporte point de même avec le gaz oxide d’azote. A la vérité , il ne paroitpoint avoir d’action sur ce gaz,tàfroid;
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- ACTION DU SODIUM
- i6S
- mais aussitôt qu’il entre en fusion, il en résulte quelquefois une combustion si forte, que les cloches seroient brisées, si on opé-roit seulement sur une mesure M de sodium, et sur cent cinquante à deux cents parties du tube gradué T de gaz oxide d’azote. Pour prévenir ces accidens, il faut prendre les précautions qui ont été indiquées (13 5).
- On peut analyser le gaz oxide d’azote avec le sodium aussi bien qu’avec le potasssium, et on arrive aux mêmes résultats (i35) (i).
- Toutes les expériences précédentes doivent se faire comme leurs analogues avec le potassium.
- DE L’ACTION DU SODIUM SUR LES OXIDES MÉTALLIQUES.
- 2o3. L’action du sodium sur lesoxides métalliques, est absolument la même que celle Aupotassium; elle n’en diffère qu’en ce qu’il faut presque toujours employer un peu plus
- (1) On doit faire ici la même observation qu’au sujet
- tôt l’action du gaz oxide d’azote sur le sodium est extrêmement rapide, et tantôt elle est lente.
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- OXIDES.
- 26g
- de chaleur pour la produire : du reste , elle s’exécute de la même manière, et donne lieu aux mêmes résultats. Quoiqu’on ait soumis autant d’oxides métalliques à l’action du sodium qu’à l’action du potassium, on ne rapportera les résultats que de quatorze à quinze expériences.
- L
- Oxide et argent précipité du nitrate chargent par la potasse pure. . .. Un excès.
- Sodium. .. . Une mesure M.
- Température employée.... A peu près celle à laquelle le sodium fond.
- Produits. . . . Oxide de sodium ; argent en petits grains ; production de lumière très-
- IL
- Oxide de platine précipité du muriate par l’ammoniaque. . .. Un excès.
- Sodium.... Une mesure M.
- Température employée.....A peu près
- celle à laquelle le sodium fond.
- Produits... . Oxide de sodium; platine en poudre ; lumière très-vive.
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- ACTION
- SODIUM
- III.
- Oxide rouge de mercure obtenu en chauffant le mercure avec le contact de Pair.... Un excès.
- Sodium.. . . Une mesure M.
- Température employée.... La même que précédemment.
- Produits.... Oxide de sodium; mercure en vapeurs ; lumière très-vive, et légère détonation due à la vapeur mercurielle.
- IV.
- Oxide noir de mercure , extrait au moyen de Vammoniaque du muriate de mercure récemment fait par précipitation.
- Même phénomène qu’avec l’oxide de mercure rouge.
- V.
- Oxide d’étain très-oxidè fait par la calcination de l’étain avec le contact de Pair.... Up excès.
- Sodium.... Une mesure M.
- Température employée . .. Un peu plus élevée que celle à laquelle le sodium fond.
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- SUR LES OXIDES. S^l
- Produits. . . . Oxide de sodium; étain, surtout au centre de la masse; lumière très-
- VL
- Oxide rouge de plomb, ou minium du commerce. ... Un excès.
- Sodium . . . Une mesure M.
- Température employée.... Celle à laquelle le sodium fond.
- Produits .... Oxide de sodium ; oxide jaune de plomb présentant quelques parties de plomb au centre de la masse ; lumière très-vive.
- VIL
- Oxide jaune de plomb obtenu en calcinant le minium.... Un excès.
- Sodium.. . . Une mesure M.
- Température. . . Un peu plus élevée que celle à laquelle le sodium fond.
- Produits.....Oxide de sodium; plomb
- réduit ; lumière vive.
- VIII.
- Oxide brun de cuivre ', obtenu du sulfate de cuivie par la potasse.... Un excès.
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- &ya ACTION DU SODIUM
- Sodium... . Une mesure M.
- Température . . . Un peu plus élevée que celle à laquelle le sodium fond.
- Produits. . . . Oxide de sodium ; cuivre, surtout au centre de la masse; lumière vive.
- IX.
- Oxide cP antimoine volatil ou obtenu en calcinant T antimoine avec le contact de Pair.... Un excès.
- Sodium. .. . Une mesure M.
- Température ... Un peu plus élevée que celle à laquelle le sodium fond.
- Produits.. . . Oxide de sodium ; antimoine ; lumière vive.
- «.
- Oxide jaune de bismuth fait par la calcination du bismuth avec le contact de Pair. . . . Un excès.
- Sodium.. . . Une mesuré M.
- Température ... Un peu plus élevée que pour la fusion du sodium.
- Produits ... Oxide de sodium; bismuth; lumière vive.
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- XL
- Oxide de nickel précipité, du muriatepur de nickel, par la potasse.... Un excès.
- Sodium.... Une mesure M.
- Température... Un peu plus élevée que celle à laquelle le sodium fond.
- Produits.... Oxide de sodium ; nickel en poudre ; lumière vive.
- XIL
- Oxide noir de cobalt obtenu, en traitant le muriate de cobalt pur par la potasse, et en desséchant lentement le précipité dans une capsulé de porcelaine.... Un excès.
- Sodium.... Une mesure M.
- Température.... Un. peu plus élevée que celle à laquelle le sodium fond.
- Produits..... Oxide de sodium; cobalt en poudre ; lumière pas très-forte,.
- XIII.
- Oxide vert de chrôme, obtenu en calcinant fortement le chrômaie de mercure..., Un excès.
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- 2 74 ACTION DU SODIUM
- Sodium. . . . Deux mesures HV1.
- Température employée.... Un peu plus élevée que pour la fusion du sodium.
- Produits... Lumière foible; matière noirâtre qui, refroidie complètement, et ensuite exposée à l’air, s’enflamme subitement comme un pyrophore, et devient jaune. Cette matière noirâtre est, ou une combinaison de soude et d’un oxide de chrôme au premier degré, ou un mélange intime de soude et de chrôme réduit et très-divisé. Quoi qu’il en soit, aussitôt qu’elle a le contact de l’air , elle en absorbe l’oxigène et se transforme en véritable chrômàte de soude, qu’on peut en extraire très-facilement par l’eau.
- XIV.
- Oxide noir de fer.... Un excès.
- Sodium.... Deux mesures M.
- Température... Bien plus élevée que pour fondre le sodium.
- Produits.... Lumière très-foible : fer
- métallique; car la matière ne faisoit point effervescence avec l’eau , et en faisoit une très-vive avec l’acide sulfurique.
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- SUR LES OXIDES. 276
- OBSERVATIONS.
- L’oxide de fer contenoit peut-être un peu d’oxide rouge de fer : ce qu’il y a de certain, c’est qu’il ne contenoit pas de fer métallique.
- XV.
- Oxide blanc de zinc sublimé.... Un excès.
- Sodium.. . . Deux mesures M.
- Température.... Beaucoup plus élevée que pour la fusion du sodium.
- Produits.....Point de lumière : zinc
- métallique; car ondistinguoit beaucoup de petits globules qui ne faisoient point effervescence avec l’eau, et qui en faisoient une très-vive avec l’acide sulfurique.
- XVI.
- Oxide de manganèse peu oxidé... .Un
- Sodium.. .. Deux mesures M.
- Température .... Beaucoup plus élevée que pour la fusion du sodium.
- Produits. . . . Point de lumière; matière noirâtre qui ne faisoit point effervescence avec l’eau, et qui en faisoit une extrême-
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- 276 SUR LA NATURE DE L’ACIDE ment sensible avec l’acide sulfurique : pat-conséquent décomposition, etprobablemen t réduction de l’oxide de manganèse.
- Ainsi, il est démontré qu’à une température convenable, le sodium réduit tous les oxides métalliques, comme le potassium.
- 204. Si au lieu de mettre le sodium en contact avec un excès d’oxide métallique , on met au contraire les oxides métalliques en contact avec un excès de sodium, il en résulte des alliages de sodium. On pourroit même probablement allier, par ce moyen , le sodium avec tous les métaux auxquels il peut s’unir. Voyez ce qui a été dit à cet égard sur le potassium (198).
- DISSERTATION SUR L’ACIDE BORACIQUE ET PARTICULIÈREMENT SUR SA DECOMPOSITION ET SA RECOMPOSITION.
- Partie historique.
- ao5. Plusieurs chimistes, et particulièrement MM. Fabroni, Crell et Davy, ont essayé avant nous de décomposer l’acide boracique. M. Fabroni a prétendu d’après quelques recherches qui lui sont propres ,
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- BORACIQUE OU BORIQUE. 277
- que cet acide n’étoit autre chose qu’une modification de l’acide muriatique. (Voyez le Système de Chimie de Fourcroy, article Acide boracique.)
- 206. M. Crell, après avoir longuement étudié son action sur l’acide muriatique oxigéné, en a conclu que le charbon est un de ses élémens. ( 35'me volume des Annales de Chimie, page 202. )
- 207. M. Davy en le soumettant en 1807 à l’action de la pile voltaïque , dit en avoir obtenu des traces noires combustibles aupôle négatif: « J’ai remarqué, dit-il, que dans » l’électrisation de l’acide boracique hu-» mecté, on voit paroître à la surface néga-» tive une matière combustible de couleur » foncée; mais les recherches sur les alcalis » m’ont empêché de suivre ce fait, qui me » semble cependant indiquer unedécompo-» sition. » ( Inst, royal 1808 ; Bibl. Bri-tanniq. tom. 39,Sciences et Arts, page 67. )
- 208. On n’avoit encore fait que ces divers essais pour découvrir la nature de l’acide boracique, lorsque nous avons fait connoître à l’Institut le vingt-un juin mil huit cent huit, l’action qu’il exerce sur le potas-
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- 278 SUR LA NATURE DE L’ACIDE
- sium à une température un peu élevée, et dans des vases fermés; action dont nous avons rendu compte dans les termes sui-vans : (Voyez le n° 10, du Nouveau Bulle* tin de la Société Philomatique, mois de juillet 1808.)
- « Nous avons aussi examiné l’action du » métal delà potasse sur l’acide boracique; » pour cela, nous avons mis quatre parties » de métal, et cinq parties d’acide boracique » bien pur et bien vitrifié, dans un petit » tube de cuivre, auquel nous en avons » adapté un de verre que nous avons engagé » dans des flacons pleins de mercure. Nous » avons porté le tube au rouge obscur, et » il ne s’en est dégagé que de l’air atmo-» sphérique. Au bout d’un quart-d’heure, b nous l’avons retiré du feu, et nous l’avons » ouvert. Tout le métal avoit complètement » disparu, et s’étoit converti par sa réac-» tion sur l’acide boracique, en une ma-» tière grise-olivâtre. Cette matière ne fai-» soit aucune effervescence, ni avec l’eau, » ni avec les acides; elle contenoit un grand b excès d’alcali, du borate de potasse, et b une certaine quantité d’un corps olivâtre
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- BORACIQUE OU BORIQUE. 279
- » insoluble dans l’eau, que nous n’avons » point encore assez examiné pour en dire » la nature. Quoiqu’il en soit, il est pro-» bable que dans cette opération, l’acide » boracique a été décomposé, puisque tout » le métal a disparu et a été transformé en » potasse, sans qu’il se soit dégagé de gaz ; » que cet acide contient de l’oxigène, et » que c’est l’oxigène de cet acide qui en se » portant sur le métal, l’a changé en po-» tasse ».
- Ainsi nous avions réellement décomposé dès le 21 juin l’acide boracique ; et cependant , nous n’en étions point entièrement convaincus, parce que nous ne l’avions pas recomposé.
- 209. Après le 21 juin M. Davy traita aussi comme nous l’avions fait, et- comme nous venons de le dire, l’ackle boracique par le potassium.
- Ses observations à cet égard ont été communiquées le 3o juin 1808 à la Société royale ; voici comme il s’exprime en les rapportant. (Voyez Recherches électro-chimiques sur la décomposition des terres, etc. Trans. philos, pour 1808, page 343.)
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- fl8o SUR LA NATURE DE L’ACIDE
- « Lorsqu’on chauffe du potassium dans » un tube d’or avec de l’acide boracique » préparé à la&manière ordinaire et qui a » été rougi, il ne se dégage qu’une très* » petite quantité de gaz, qui est un mélange # d’hydrogène et d’azote, (ce dernier gazpro-» vientvraisemblablementdel’aircommun » du tube ) ; il se forme du borate de poli tassé et une substance noire qui devient » blanche par son exposition à l’air. ....
- »...........Dans le cas où j’ai traité les
- » acides fluorique et boracique par le potas-» sium, il y a eu probablement décomposi-» tion de Ces corps ; la substance noire prove-» nant de l’acide boracique étoit semblable » à celle que j’en avois obtenue parl’électri-» cité. Les quantités sur lesquelles j’ai opé-» ré , ont été encore trop petites pour me » mettre en état de séparer et d’examiner » les produits ; et jusqu’à ce que cela soit fait, » on ne peut tirer aucune conclusion ul-» rieure. »
- Ensuite, page 349 du même Mémoire, ligne 7 de la note , M. Davy ajoute :
- a L’acide boracique le plus pur que l’on & puisse obtenir en décomposant le borax
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- BORACIQUE OU BORIQUE. *8l
- » chimiquement, contient, d’après l’analyse » électrique, de la soude et une certaine » quantité de l’acide employé pour le sépa-» rer de cet alcali. D’après cela, l’expé-» rience sur l’action de l’acide boracique et » du potassium, page 343,pourroitpeut-être » s’expliquer sans avoir recours à la décom-» position de cet acide. »
- aïo. Pendant plusieurs mois il ne parut rien de nouveau sur la décomposition de l’acide boracique. Enfin , le 14 du mois de novembre 1808, nous lûmes à l’Institut une série d’observations, d’où il résulte évidemment, que l’acide boracique est formé d’oxi-gène et d’un radical particulier, puisque nous y prouvons qu’on peut le décomposer et le recomposer à volonté, en isoler le radical , et étudier toutes les propriétés de ce radical. (Voyez le Moniteur, pour le i5 et le 16 novembre 1808.)
- 311. Depuis cette époque, nous avons eu plusieurs fois occasion de répéter nos' expériences à ce sujet, et nous avons vu avec un grand plaisir que c’étoit aussi ce qu’avoient fait plusieurs chimistes, et particulièrement M. Davy. ( Le Mémoire de
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- ü82 SUR LA NATURE DE L’ACIDE
- M. Davy, relatif à ces expériences, n’a été lu que le s3 décembre 1808 à la Société royale, ainsi qu’on le voit par l’extrait que nous donnons des séances de cette Société. Voyez la note qui est à la suite du ri" 5a3.) Nous citerons encore ses propres expressions, Trans. PhiL 180g , p. 37 de son Mémoire.
- « Dans une des précéden tes lectures bail keriennes, 'j’ai rapporté une expérience » dans laquelle l’acide boracique soumis à » l’électricité voltaïque ofFroit du côté né-» gatif, une substance inflammable d’une » couleur obscure, et paroissoit être dé-» composé (207).
- » Dans le cours du printemps et de l’été, » je fis plusieurs essais pour rassembler une » certaine quantité de cette substance, et » la soumettre à un scrupuleux examen. » Lorsque l’acide boracique, humectéavec » de l’eau, étoit exposé entre deux surfaces » de platine recevant toute l’action d’une » batterie de cinq cents paires,ilcommen-» çoit aussitôt à se former sur la surface né-» gative une matière brune-olive qui aug-» mentoitgraduellementen épaisseur et qui « enfin paroissoit presque noire. Elle étoit
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- BORACIQITE OU BORIQUE. 285
- » permanente dans l’eau; mais soluble avec » effervescence dans l’acide nitreux chaud. » Lorsqu’on la chaufibit au rouge sur du » platine, elle bruloit lentement en don-» riant des fumées blanches, qui rougis-» soient légèrement le papier de tournesol » humecté,et elle laissoit une masse noire, » qui, lorsqu’elle étoit examinée au micros-» cope, paroissoit vitreuse à la surface, et » contenoit évidemment un acide fixe.
- » Ces expériences sembloient montrer » clairement la décomposition et la recom-» position de l’acide boracique; mais comme » la substance combustible particulière » étoit un non-conducteur de l’électricité, » je ne pus jamais l’obtenir qu’en mem-» branes {films ) très-minces sur le platine. » Il n’étoit point possible d’examiner-avec » soin ses propriétés, et de déterminer sa » nature précise, ou de savoir si elle étoit la » base pure de l’acide boracique ; j’essayai » conséquemment d’autres méthodes de dé-» compositions, et je recherchai d’autres » preuves moins équivoques de cet impor-» tant résultat.
- » J’ai déjà fait à la Société le récit d’une
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- 2 84 SUE LA NATURE DE L’ACIDE
- » expérience (1) (Phil. Tyrans, part. 1808, » p. 343) dans laquelle l’acide boracique, » chauffé en contact avec le potassium dans » un tube d’or, étoit converti en borate de » potasse, en même temps qu’il se formoit » une matière d’une couleur obscure, sem-» blable à celle produite par l’électricité. » Environ deux mois après que j’eus fait » cette expérience, savoir, au conimence-» ment du mois d’août, dans le temps que » je répétois le procédé, et que j’examinois » soigneusement les résultats, je fus infor-» mé par une lettre de M. Cadell de Paris, » que M. Thénard étoit occupé de décom-» poser l’acide boracique par 1 e potassium ; » qu’il avoit chauffé ces deux substances » ensemble dans un tube de cuivre, et qu’il » avoit obtenu du borate de potasse et une » matière particulière, sur la nature de la-» quelle on ne me donnoit aucun détail ».
- 212.Depuisle23 décembre 1808, M.Davy ne paroît point avoir fait de nouvelles expériences sur l’acide boracique; mais il a im-
- (1) Celle expérience est cilée précédemment (209).
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- BORACIQUE OU BORIQUE. 285 primé, au sujet de la décomposition de cet acide, une note que nous devons transcrire ici. ( Trans.Phil. de 1810, page 18 de son Mémoire , On som new Researches, etc.
- « Lorsqu’en octobre 1807 , j’obtins une » substance combustible d’une couleur » obscure, en soumettant l’acide boracique » ou pôle négatif du circuit voltaïque (307), » je conclus que l’acide étoit probablement » décomposé, suivant la loi commune des » décompositions électriques. En mars x 808, » je fis de nouvelles expériences sur cette » substance; je m’assurai qu’elle produisoit » une matière acide par la combustion , et v y annonçai la décomposition de l’acide bo-» racique, dans une séance publique tenue » le 1 2 mars à l’Institution royale. Bientôt » après ( c’est le 3o juin ) je chauffai une » petite quantité de potassium en contact » avec de l’acide boracique sec; il ne se dé-» gagea point d’eau dans l’opération, et j’ob-» tins la même substance que je m’étois pro-» curée par l’électricité. MM. Gay-Lussac » et Thénard ont opéré de même sur l’acide » boracique par le potassium, et ils con-» cluent qu'ils l’ont décomposé; mais cela
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- 286 SUR LA NATURE DE L’ACIDE
- » ne suit point de leur théorie, à moins » qu’ils ne prouvent qu’il se dégage de l’eau » dans l’opération, ou qu’elle reste combi-» née avec le borate de potasse. La conclu-» sion légitime à tirer de leur expérience, » d’après cette théorie, étoit, qu’ils avoient » fait un hydrure d’acide boracique (1) ».
- 210. Malgré cette note, on voit clairement que nous avons une antériorité de trente-huit jours sur M. Davy pour la décomposition et recomposition de l’acide boracique , et qu’à cet égard, il n’a fait absolu-
- (i) Nous avons démontré que le bore ne pouvoit point être un hydrure. En effet, si le bore étoit un hy— drure d’acide boracique, ou bien une combinaison d’bydrogène et d’acide boracique, ioo parties de bore contiendraient assez d’hydrogène pour former en brillant près de 5y parties d’eau, puisque ces ioo parties de bore sont susceptibles d’absorber 5o parties d'oxigène. Mais il ne se forme point d’eau dans la combustion du bore; donc, soit qu’on regarde le potassium comme un hydrure, soit qu’on le regarde comme un corps simple, on doit conclure d’après cela, que l’acide bo-"raciqueest décomposé par le potassium, et c’est ce qui a été fait ( dans le numéro du Mercure pour le *4 décembre 1808, article Variétés.') Si le potassium étoit un hydrure, l’eau formée dans la décomposition de 'l’acide boracique, serait retenue par le borate avec ex-.cès d’alcali qui résulte de celte décomposition,
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- BORACIQUE Oü BORIQUE. 287
- ment que répéter nos expériences. En effet, on ne peut tirer aucune conséquence de l’observation que M. Davy a faite en 1807, savoir qu’en électrisant l’acide boracique avec une pile, on obtient des traces noires combustibles au pôle négatif (1207). Ces traces sont à peine apparentes; elles se perdent absolument dans l’eau dont on se sert pour les laver, et ne peuvent être soumises à aucune expérience ; rien ne peut donc démontrer qu’elles sont de nature combustible, et l’on peut même en obtenir de semblables en apparence , en soumettant nombre de corps, et surtout le muriate de chaux, à l’action de la pile. Cependant M. Davy dit qu’en mars 1808, ayant fait de nouvelles expériences sur cette substance, il s’assura qu’elle pro-duisoit une matière acide par la combustion, et qu’il annonça la décomposition de l’acide boracique dans, une séance publique tenue le 12 mars à l’Institution royale (212) ; mais M. Davy n’a point imprimé ces nouvelles expériences: et d’ailleurs, il en a lu le 3o juin à la Société royale, qui démontrent qu’il re-gardoit toutes celles qu’il avoit faites à cette époque sur l’acide boracique, comme ne
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- a88 SUR LA NATURE DE L’ACIDE
- prouvant nullement'ïa nature de cet acide (209). Qu’il nous soit permis de les citer de nouveau. t »...
- « Lorsqu’on chauffe du potassium dans » un tube d’or avec de l’acide boracique » préparé à la manière ordinaire et qui a » été rougi, il ne se dégage qu’une très-pe-» tite quantité de gaz qui est un mélange b d’hydrogène et d’azote , ( ce dernier gaz » provient vraisemblablement de l’air com-b mua du tube ) ; il se forme du borate de b potasse et une substance noire qui devient
- b blanche par son exposition à l’air..
- b......................... Dans le cas
- b où j’ai traité les acides fluorique et bora-b cique , il y a eu probablement décompo-b siticAi de ces corps; la substance noire pro* b venant de l’acide boracique étoit sembla-b ble à celle que j’en avois obtenue par l’é-b lectricité. Les quantités sur lesquelles j’ai B opéré, ont été encore trop petites pour b me mettre en état de séparer et d’exami-» ner les produits; et jusqu’à ce que cela b soit fait, on ne peut tirer aucune conclu-» sion ultérieure b.
- Ensuite pag. 17 du même Mémoire, lig. 7
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- BORACIQUE OU BORIQUE. 28g
- de la note, il ajoute: « l’acide boracique le » plus pur que l’on puisse obtenir en dé-» composant le borax chimiquement, con-» tient d’après l’analyse électrique, de la » soude et une certaine quantité de l’acide » employé pour le séparer de cet alcali. » D’après cela, l’expérience sur l’action de » l’acide boracique et du potassium, page » 343, pourrait peut-être s’expliquer sans » avoir recours à la décomposition de cet » acide ».
- 214. On voitdonc que M. Davy dit lui-même qu’au 3o juin 1808 , il n’avoit point encore pu se procurer de substance noire, en assez grande quantité pour pouvoir la séparer des matières avec lesquelles elle étoit mêlée et pour l’examiner ; et que jusqu’à ce que cela soit fait, on ne peut tirer aucune conséquence de la production de cette substance.
- On voit de plus qu’il reconnoît que l’acide boracique sur lequel il a opéré, con-tenoit toujours de la soude et une certaine quantité de l’acide dont il s’étoit servi pour décomposer le borax ; et que, d’après cela, la transformation du potassium en potasse
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- NA TURE DE L’ACIDE
- 29O SUR LA
- par l’acide boracique, etc. et celle de l’acide boracique en substance noire par le potassium, pourraient peut-être s’expliquer sans avoir recours à la décomposition de -cet acide.
- Cette observation est très-juste; car bien sûrement l’acide sulfurique ( 1 ) que retiendroit l’acide boracique dans ce cas , serait décomposé plutôt que l’acide boracique par le potassium, et donnerait naissance à un sulfure de couleur foncée représentant la substance noire.
- Mais s’il est possible d’expliquer par ce moyen la transformation du potassium en potasse et la production de la substance noire, à plus forte raison peut-on expliquer aussi de cette manière la production de cette substance dans l’électrisation de l-’acide boracique. En effet, dans cette circonstance, le soufre et la soude doivent se réunir au
- (1) L’acide dont M. Davy s’étoit servi pour extraire l’acide boracique du borax , éloit en effet de l’acide sulfurique; car ff dit : « Lorsqu’on chauffe du potassium » dans un tube d’or, avec de l’acide boracique préparé » à la manière ordinaire, etc. (209)».
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- BORACIQUE OU BORIQUE. 2g 1
- Jiôle négatif, et former une substance de couleur foncée.
- 215. D’après toutes ces observations, il est évident : i°. qu’au 3o juin 18o8, M. Da-Vy n’avoit fait aucune expérience qui prouvât la nature de l’acide boracique; et que toutes celles qu’il avoit tentées à cet égard, pouvoient très-bien s’expliquer, ainsi qu’il en convient, sans supposer la décomposition de cet acide, et en ayant égard seulement aux matières étrangères mêlées avec celui sur lequel il opéroit (209).
- 20.Que nous avons réellement décomposé l’acide boracique le 21 juin 1808; et que cependant nous n’avons point regardé cette décomposition comme certaine, parce que nous n’avions point recomposé cet acide (,08).
- 3°. Que nous avons réellement découvèrt le 14 novembre 1808,les élémens de l’acide boracique, puisqu’alors nous avons pu en isoler le radical et en étudier les propriétés, décomposer et recomposer à volonté cet acide (2 x o).
- 40. Que M. Davy n’a fait que répéter nos expériences à cet égard ; >et que même, il
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- 3g 2 SUR LA NATURE DE L’ACIDE s’est écoulé trente-huit jours entre l’époque à laquelle nous les avons publiées dans le Moniteur, et l’époque à laquelle il les a lues à la Société royale (i).
- De la -préparation de Vacide boracique pur.
- 216. L’acide boracique qu’on a extrait en précipitant une dissolution de borax par l’acide sulfurique, retient une grande quantité de cet acide. On ne parvient pas à le lui enlever entièrement par l’eau froide, et on n’y parvient que très-difficilement par un grand nombre de cristallisations. L’un des plus sûrs moyens pour l’en séparer, est de le tenir en fusion pendant quinze à vingt minutes dans un creuset de Hesse (2). Mais comme il n’est pas bien certain qu’ainsi préparé il ne contienne pas un peu de terre
- (1) Nos expériences sur la décomposition et recomposition de l’acide boracique ont été publiées dans le Moniteur le i5 et le 16 novembre 1808. Celles de M. Davy n’ont été lues à la Société royale que le a3 dé-
- (2) Il faut bien se garder de fondre l’acide boracique dans le platine lorsqu’il contient de l’acide sulfurique ; car ce métal serait troué très-promptement.
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- BORACIQUE OU BORIQUE. 2g3
- siliceuse, il vaut encore mieux, pour qu’ort ne puisse point en soupçonner la pureté, l’extraire du borax par l’acide muriatique, et le fondre dans un creuset de platine(i). L’acide boracique pur, obtenu par l’un ou l’autre des moyens que nous venons d’indiquer, est très-soluble dans l’eau chaude, beaucoup moinssolubledans l’eau froide (2), et'cristallise en paillettes très-petites; au lieu qu’il cristallise en lames très-larges, et semblables à des écailles de poisson, lorsqu’il contient de l’acide sulfurique.
- De la décomposition de Vacide boracique par le potassium , et des produits qui en résultent.
- 217. Pour décomposer l’acide boracique par le potassium, après l’avoir purifié et fondu comme il vient d’être dit ('216), on
- («) Il paroît que l’a eide borac dans un creuset de Hesse contiei silice, même après avoir été disso (a) Cependant si on met un l'acide boracique fondu , bientôt de la chaleurs’y ramollit et mêir
- us dans l’eau. -P peu d’eau froide sur il l’absorbe, produit îe s’y dissout
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- Sgi SUR LA NATURE DE L’ACIDE en pulvérise une certaine quantité dans un mortier bien sec d’agathe ou de laiton ; d’une autre part, on pèse à peu près autant de potassium que d’acide, et on enlève le mieux possible , avec du papier Joseph , l’huile qui en recouvre la surface. Alors on met alternativement une partie de cet acide, et une partie de potassium (j) dans un'tube droit de cuivre ou de verre luté, auquel on en adapte un tout peti t de verre recourbé et propre' à recueillir les gaz; ensuite on place dans un petit fourneau le tube droit qui contient là matière, on l’incline et on engage l’extrémité de celui qui est recourbé sous un flacon plein de mercure. L’appareil étant ainsi disposé,on chauffe peu à peu l’ex-trémité inférieure de ce tube droit, jusqu’à la faire rougir obscurément ; on la conserve dans cet état pendant quelques minutes; au bout de ce temps, l’opération est complètement terminée et on retire le feu.
- Voici les phénomènes qui accompagnent cette opération.
- Lorsque la température est à environ
- (i) On coupe te polassiu
- couteau..
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- BORACIQUE OU,BORIQUE. Sg5
- cent cinquante degrés, tout à coup le mélange rougit fortement, et il se produit tant de chaleur que l’air des vaisseaux est repoussé avec force. Depuis le commencement jusqu’à la fin de l’expérience, il ne se dégage que de l’air atmosphérique et quelques bulles de gaz inflammable qui ne répondent pas à la trentième partie de ce que le potassium employé en dégageroit avec l’eau. Tout le potassium, et une partie seulement de l’acide boracique disparoissent constamment, et sont convertis par leur réaction réciproque, en une matière grise-olivâtre qui jouit des propriétés suivantes : Cette matière a tout à fait l’aspect terreux , et ne présente aucun point brillant; elle est fortement alcaline ; mise avec l’eau, elle ne fait point effervescence ou à peine; elle s’y divise, et s’y dissout en grande partie. La portion qui s’y dissout est de la potasse caustique et du borate de potasse; la portion qui ne s’y dissout point est une substance grise-verdâtre, floconneuse, et n’est autre chose, comme on va le voir, que le radical de l’acide boracique. Il y a donc de l’acide boracique décomposé dans cette expérience ;
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- j’ACIDE
- 396 SUR LA NATURE DE L son radical est rais en liberté, et son oxi-gène se combinant avec le potassium, reproduit de la potasse qui est en partie saturée par l’excès d’acide boracique. Nous désignerons par la suite ce radical sous le nom de bore, qui est tiré de celui du borax, et nous désignerons l’acide boracique sous celui d’acide borique pour nous conformer aux principes des nomenclateurs. Ainsi nous aurons les trois expressions, bore, borique t borate, entièrement analogues aux trois autres , carbone, carbonique, carbonate.
- 218. Lorsqu’on veut seulement se procurer une certaine quantité de bore, on peut se dispenser de faire plonger le tube recourbé dans le mercure(21 7); cependant il faut toujours l’adapter au tube droit de cuivre ou de verre, afin que l’air ne puisse pas se renouveler dans celui-ci. On peut opérer sur 15 à 20 grammes de potassium à la la fois. Si le tube droit est de cuivre, il faut avoir soin de bien le nettoyer avant de s’en servir, et de n’en retirer la matière qu’avec de l’eau, et jamais avec un tube de fer: autrement il s’en séparer oit quelques parcelles d’oxide de cuivre, ou même de cuivre
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- BOHACIQTJE OC BOHIQUÈ. S(J7
- métallique. Si le tube est de verre, on le casse, et la matière s’en détache presque d’elle-même. Dans les deux cas, on la pulvérise, on la fait bouillir avec de l’eau pendant quelques minutes pour dissoudre la potasse et le borate de potasse qu’elle contient ; au bout de ce temps, on verse le tout dans un flacon long et étroit, et on sursature l’excès de potasse par l’acide muriatique : le bore se dépose en quelques heures. On décante la liqueur avec un siphon ; elle est sans couleur. On verse de nouvelle eau dans le flacon, on la décante de nouveau ; elle est comme la première sans couleur; et ainsi de suite, jusqu’à ce que l’eau n’altère plus la teinture de tournesol. Alors on met le bore et le peu d’eau qui surnage, dans une capsule ; on le dessèche à un feu doux et on le conserve dans un flacon bouché (1).
- (i) Lorsqu’on ne salure point l’excès de potasse par un acide, il paroi! que cette base réagit sur le bore et en dissout une partie : ce qui le prouve, ee sont les phénomènes que le bore offre lui-même. D’abord , dans le premier lavage, il apparoît sous la forme de flocons verdâtres, se dépose en moins d’un quart-d’heure, et ne colore que très-peu la liqueur ; mais dans le second et surtout dans le troisième, il se divise, se fonce en
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- a 9 8 SUR LA NATURE DE L’ACIDE
- Des propriétés du bore.
- 2 j g. Le bore est brun-verdâtre, solide „ insipide, et sans action sur la teinture de tournesol et sur le sirop de violettes. Il ne se fond , ni ne se volatilise à un très-haut degré de chaleur ; il est tout à fait insoluble dans l’eau, dans l’alcool, dans l’éther et dans les huiles, soit à froid, soit à chaud ; il ne décompose pas l’eau, à 8o° environ : du moins après avoir rempli un petit flacon d’eau et de bore, et y avoir adapté un tube
- couleur, ne se dépose qu’en vingt-quatre heures, el colore bien plus fortement la liqueur que dans le premier. Il en est à peu près de même dans les quatrième, cinquième et sixième, excepté qu’il colore de moins en moins la liqueur.
- Tant que les liqueurs sont colorées, elles sont alcalines', et si, après les avoir rapprochées, on y verse un acide, on en précipite du bore ; donc, etc.
- Le grand nombre de lavages qu’on est obligé de faire pour enlever toute la potasse , prouvent encore que le bore empêche cet alcali de se dissoudre facilement dan* l’eau. C’est une raison déplus pour faire usage de l’acide muriatique ; et même on doit observer que, quand on n’en met pas un assez grand excès, on n’enlève pas tout l’alcali au bore, de sorte que les eaux de lavage sont sensiblement colorées.
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- BORACIQUE OU BORIQUE. 2gg
- recourbé , on l’a plongé dans l’eau bouillante pendant une demi-heure sans qu’il s’en dégageât sensiblement de gaz hydrogène. II est probable qu’au rouge cerise il en opérerait la décomposition. Il n’a aucune action sur l’oxigène à la température ordinaire; il en a au contraire une très-grande sur ce gaz à une température élevée.
- Si on place un creuset rouge obscur sur le mercure, au moyen d’un fromage de terre, et si, après y avoir projeté trois décigrammes de bore, on le recouvre d’une cloche d’environ un litre de capacité,et pleine d’oxigène, il se fait une combustiou des plus instantanées, et le mercure remonte avec tant de rapidité qu’il soulève la cloche avec force. Néanmoins il s’en faut de beaucoup que dans cette expérience la combustion du bore soit complètement opérée ; ce qui s’y oppose, ce sont les parties extérieures de ce corps qui, passant à l’état d’acide borique , se fondent, et privent par ce moyen les parties intérieures du contact de l’oxigène: aussi restent-elles noires, et est-il nécessaire , pour les brûler complètement, de les laver et de les mettre de nouveau eu
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- 300 SUR LA NATURE DE L’ACIDE contact avec du gaz oxigène à la chaleur rouge cerise ; mais alors elles brûlent avec moins de force, et absorbent moins d’oxi-gène que la première fois, parce qu’elles sont beaucoup moins divisées et peut-être aussi parce qu’elles sont oxidées. Du reste, les mêmes phénomènes se représentent: les parties extérieures passant à l’état d’acide borique qui se fond, empêchent la combustion des parties intérieures; de sorte que pour les convertir toutes en acide borique, il faut les soumettre à un grand nombre de combustions successives et à autant de la-
- 220. Dans toutes ces combustions, il y a toujours fixation d’oxigène, et augmentation très-remarquable de poids sans dégagement de gaz ou de vapeur ; et dans toutes, il se forme des produits assez acides pour qu’en traitant ces produits par l’eau bouillante, on obtienne, par une évaporation convenable, et par le refroidissement, de l’acide borique cristallisé.
- Au lieu de faire la combustion du bore, comme il vient d’être dit, on peut, pour être plus certain de l’absorption del’oxigène,
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- BORACIQUE OU BORIQUE. 3ol faire cette combustion sur le mercure, dans une petite, cloche recourbée A, pl. 5, fig. 2. On la remplit de ce gaz; on la renverse en mettant le pouce sur son orifice ; on y jette un petit tube de verre contenant environ un décigramme de bore ; on agite, et bientôt le bore sort de ce tube. Alors, après avoir remis la cloche dans sa première position, on chauffe avec une lampe à esprit-de-vin; et quelques instans après l’on voit ce corps s’enflammer vivement, absorber beaucoup d’oxigène, se vitrifier à la surface , se brûler en partie, devenir acide, et offrir tous les phénomènes dont on a parlé précédemment. On voit en même temps qu’il ne se volatilise aucun liquide, et qu’il ne se dégage point de gaz ; c’est ce dont on s’est assuré, surtout en opérant sur une quantité déterminée de bore et d’oxigène, et en portant le bore dans la cloche A, à travers le mercure. De cette manière, il ne s’étoit point introduit d’air dedans, et par conséquent après l’expérience elle ne devoit contenir, et elle ne contenoit en effet que de l’oxigène.
- 3,21. Le bore n’altère point à froid l’air
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- NATÜEË DE L’ACIDE
- 3oa SUR LA atmosphérique, et il le décompose sur-le-champ à Jachaleur rouge cerise; mais la combustion qui en résulte est bien moins vive que dans l’oxigène. Du reste, on observe de part et d’autre les mêmes phénomènes, Ainsi, le bore se prend en masse noire formée d’acide borique et de bore , se vitrifie à la surface, augmente de poids, et ne se brûle complètement qu’au moyen d’un grand nombre de combustions et d’autant de lavages successifs. Cette opération se fait très-bien dans un creuset d’argent qu’on porte au rouge dans un petit fourneau, et qu’on en retire à chaque fois pour y jeter le bore.
- 3 2 2. On n’a point essayé, avec beaucoup de soin, l’action du bore sur l’hydrogène, le carbone, le phosphore et le soufre; mais on est persuadé que s’il se combine avec ces corps, ce n’est que difficilement.
- 3b3. Le bore décompose facilement l’acide sulfurique concentré à l’aide de la chaleur, et on ne doute point qu’il ne puisse également décomposer le gaz acide sulfureux par ce moyen.
- sa4. Il agit avec une grande énergie sur
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- BoBACIQUE OU BORIQUE. 3o3 les acides nitrique et nitreux; il les décompose même à froid pour peu qu’ils soient concentrés. Dans l’un et l’autre cas, il dis-paroît et passe à l’état d’acide borique, en dégageant une grande quantité de gaz oxide nitreux, et peut-être du gaz oxide d’azote et de l’azote.
- 226. Le gaz acide muriatique oxigéné, bien sec, n’a aucune action à froid sur le bore, et n’en peut avoir à une température quelconque sur ce corps bien sec , qu’au-tan t qu’il auroit la propriété de se combiner tout entier avec lui, comme avec le soufre et le phosphore.
- 226. On n’a point mis en contact le bore avec les acides phosphorique et phosphoreux, ni avec les gaz acides carbonique, fluorique et muriatique. On a des raisons pour croire qu’il décomposeroit à une haute température les trois premiers , et qu’il ii’auroit pas d’action sur les deux derniers.
- 227. Quoique, dans la décomposition de l’acide borique par potassium, la potasse s’unisse avec le bore, et qu’elle en dissolve assez pour colorer fortement les eaux de lavage , elle ne paroît point avoir d’action
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- So/* SUR LA NATURE DE L’ACIDE
- sur ce corps pur ou séparé de tout autre ,* du moins, lorsqu’elle est en liqueur, et à la température d’environ 8o°, elle n’en dissout point, et ne détermine ni dégagement d’hydrogène ni formation de borate. Placées dans les mêmes circonstances, toutes les autres bases salifiables se comporte-roient probablement de la même manière. Si on faisoit agir ces corps les uns sur les autres à l’état solide, et à une très-haute température, on les combineroit peut-être.
- 228. Le bore enlève facilement l’oxigène à la plupart des sels qui en contiennent. Calciné sans le contact de l’air avec le sulfate ou sulfite de soude, il donne lieu à du borate de soude et à un dégagement de soufre. Mêlé avec son poids de nitrate ou de nitrite de potasse, et projeté dans un creuset rouge, il en résulte une très-vive combustion, un dégagement de gaz, du borate de potasse qui est très-soluble dans l’eau, et dont on peut très-facilement précipiter l’acide borique par du muriate de chaux ou debarite, ou même par un autre acide, si toutefois la dissolution est suffisamment concentrée. Mêlé avec sou poids de muriate
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- BOltAClQUE OU BORIQUE* 3o5 suroxigéné dépotasse, et projeté, comme précédemment, dans un creuset rouge, il y a également vive combustion ; et on obtient du borate de potasse, du muriate de potasse, de l’acide muriatique oxigéné, et quelquefois aussi un peu d’acide borique
- 229. Le bore, à une haute température, décompose le carbonate de soude : du charbon est mis à nu; il se dégage un gaz qui est sans doute du gaz oxide de carbone, et il se forme un borate de soude.
- 230. Les muriates ni les fluates ne semblent point être attaqués par le bore : on croit, au contraire, que la plupart des phosphates sont susceptibles d’être décomposés par ce corps.
- 231. Le bore exerce une action très-sensible, à chaud, sur la plupart des oxides métalliques: il lesréduitpour la plupart, et forme, avec un grand nombre d’entre eux, des borates; si toutefois il y a assez d’oxide métallique pour cela.
- 232. Après avoir ainsi décomposé et recomposé l’acide borique, il étoit naturel de chercher à le décomposer par d’autres corps
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- 3ô6 SUR LA NATURE DE L’ACIDE que le potassium et le sodium. Le corps qui promettait le plus de succès étoit le charbon : on en a mêlé à cet effet avec de l’acide borique bien pulvérisé dans un creuset de Hesse , et on a soumis le mélange pendant une demi-heure à un très - violent feu de forge; au bout de ce temps on l’a retiré du creuset , et on l’a lavé à chaud. En supposant qu’il y eût eu de l’acide décomposé, on au-roit dû trouver dubore dans le résidu ; mais, soit qu’on ait incinéré ce charbon, soit qu’on l’ait traité par l’acide nitrique, on n’a jamais pu en découvrir de traces.
- On a aussi calciné de l’acide borique avec quelques matières végétales, dans l’espérance de le décomposer; on a obtenu les mêmes résultats qu’avec Je charbon.
- 233. Cependant en exposant à un grand feu de forge des mélanges d’acide borique, de charbon et de fer, ou de platine, M. Des-cotils a obtenu des culots qui, traités par l’acide muriatique, ont donné des quantités très-sensibles d’acide borique. Comme M. Descotils a fait cette expérience à une époque où on ne connoissoit point encore la nature de l’acide borique, il a regardé
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- BORACIQUE OU BORIQUE. 5o7
- ces culots comme des combinaisons d’acide borique et de fer, ou de platine; mais il est évident que ce sont des borures.
- Détermination de la quantité d’oxigèrlë il
- de bore, contenue dans Vacide borique.
- 234. Il estévident qu’on ne peut employer que ia synthèse pour déterminer la quantité de bore et d’oxigène que contient l’acide borique; car l’analyse jetterait à cet égard dans des, erreurs inévitables. L’un des moyens qui paroissoit devoir réussir, consistait à brûler une quantité donnée de bore, au moyen de l’air, et à peser l’acide borique qui en proviendrait ; mais on y a renoncé, parce qu’étant obligé de faire, ainsi qu’on l’a dit (219), un grand nombre de combustions et de lavages, on perd une portion de ce corps et une partie d’acide borique.
- On arrive à des résultats beaucoup plus exacts en brûlant le bore par l’acide nitrique ; aussi, a-t-on préféré ce moyen au premier. On a pesé, avec beaucoup de soin, une petite cloche sèche. On y a mis du bore et on l’a pesée de nouveau : il s’en est trouvé cinq décigrammes. Ensuite on y a
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- 3o8
- ACTION DU POTASSIUM
- versé peu à peu de l’acide nitrique. Bientôt une effervescence assez vive a eu lieu, même à froid. On l’a modérée en étendant l’acide d’un peu d’eau; puis on l’a ranimée par la chaleur. De cette manière, tout' le bore a été changé en acide borique en peu de temps: alors on a évaporé doucement la liqueur à siccité ; on a calciné le résidu presqu’au rouge; on a laissé refroidir la cloche, et on l’a pesée de nouveau. Le poids en était augmenté d’environ deux décigrammesetdemi: donc l’acide borique contient le tiers de son poids d’oxigène. Nous n’avons fait cette expérience qu’une fois : ainsi cette analyse peut ne pas être très-exacte.
- DE L’ACTION DU POTASSIUM SUR LES ACIDES
- MINÉRAUX NON MÉTALLIQUES ET MÉTALLIQUES.
- 23 5. Le potassium n’a point d’action bien sensible sur le gaz acide carbonique à la température ordinaire; il en opère complètement la décomposition à une chaleur presque rouge-cerise. L’expérience doit être faite sur le mercure, dans une petite* cloche légèrement recourbée A, pl. 5, fîg. a. On
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- SUR LES ACIDES MINERAUX. 3o<) chauffe la cloche avec une lampe à esprit-de-vin , et on remue le potassium avec une tige de fer. A une certaine époque, on voit le potassium devenir bleu : ce signe annonce qu’il ne tardera point à brûler comme un py-rophore. Dans cette combustion, le gaz est absorbé rapidement et presque tout entier, s’il y a excès de potassium. Il en résulte ' constamment une précipitation abondante de charbon, de la potasse caustique et un peu de carbonate de potasse.
- Gaz acide carbonique sec, 200 parties du tube gradué T.
- Potassium. ... Un excès.
- Résidu gazeux. ... 12 parties qui brû-loient comme du gaz oxide de carbone.
- Produit solide.... Potasse; carbonate de potasse ; charbon ; alliage de l’excès du potassium avec le mercure.
- 236. "Lepotassium agit très-lentement à froid sur le gaz acide sulfureux; il le décompose très-promptement à une. chaleur de 15o à 2000. On fait cette expérience comme la précédente. Un peu après sa fusion, le potassium devient bleu et s’enflamme; près-
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- 3 JO • ACTION DD POTASSIUM
- que tout Je gaz acide sulfureux est absorbé.
- Gaz acide sulfureux.... 180 parties.
- Potassium. ... Un excès.
- Résidu gazeux après la combustion....
- 6 parties qui sentoient encore l’acide sulfu-
- Produit solide..... Sulfure de potasse; alliage de l’excès àupotassium avec Je mer-
- 237. Le potassium s’enflamme à la température ordinaire dans le gaz acide nitreux, et s’y détruit complètement; le gaz acide nitreux dont on s’est servi, avoit été retiré par la distillation de l’acide nitreux , liquide et rutilant, et avoit été reçu dans un flacon , en le faisant arriver jusqu’au fond de ce flacon pour en chasser plus sûrement l’air. On a fait l’expérience, en adaptant à un bouchon un fil de cuivre recourbé à l’une de ses extrémités, et terminé, à cette extrémité par une petite cuiller : on a mis le potassium. dans cette cuiller; on l’a plongé dans le flacon plein de gaz acide nitreux, et on l’a remué avec une tige de fer pour le passage de laquelle on avoit ménagé une ouverture entre le goulot du flacon et le bouchon.
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- SUR LES ACIDES MINÉRAUX. 3 1 1 Aussitôt que le contact du gaz et du potassium a eu lieu, celui-ci s’est couvert d’une croûte blanche, et ensuite a brûlé avec une flamme rouge.
- a3 8. Le potassium présente avec le gaz acide muriatique oxigéné les mêmes phénomènes qu’avec le gaz acide nitreux. On fait l’expérience de la même manière ; il en résulte une flamme,rougeâtre, et il y a formation de muriate de potasse. Il faut opérer, soit avec le gaz acide nitreux , soit avec le gaz acide muriatique oxigéné, au moins sur deux ou trois mesures M de potassium, et agiter le plus possible. Autrement, le métal se détruiroit sans s’enflammer.
- 23g. Le potassium agit fortement sur l’acide muriatique à la température ordinaire, et bien plus fortement encore à une température élevée. Dans le dernier cas, il y a dégagement d’une foible lumière > formation de muriate de potasse, et dégagement de gaz hydrogène; dans le premier, il y a seulement formation de muriate de potasse à la surface , et dégagement de gaz hydrogène; On fait l’expérience sur le mercure dans une cloche recourbée A, pl. 5, fig. a.
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- ACTION DU POTASSIUM
- GAZ
- POTASSIUM ACIDE MÛRI AT, PRODUITS
- EXPÉRIENCES. EMPLOYÉ. PRODUITS SOLIDES. OBSERVATIONS.
- empeoyI, GAZEUX.
- Première .. hydrog. ac. mur.
- une mes. M. 3ooP* 79p.. . I42P- muriate de potasse. 1. La tempér. étoit de 15°, et la pression
- Deuxième.. idem 35o 78,5. .193 idem de om.,75. 2. Les gaz ont été
- Troisième.. idem 3a5 79-•• . 167 idem mesurés dans le tube gradué T.
- Quatrième . idem 3o6 79-•• .fc' CD idem
- Cinquième. deux mes. M. 400 i58... IO CO idem
- Sixième.. .. idem 4io 156 ..94 idem
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- SUR LES ACIDES MINERAifX. 5 1 5
- On voit qu’on obtient en traitant une mesure M de potassium parle gaz acide muriatique, précisément autant de gaz hydrogène , qu’en le traitant par l’eau ou par l’hydrogène sulfuré, et que la quantité de gaz acide muriatique absorbé est à la quantité de gaz hydrogène dégagé, comme si à i.
- 240. Le potassium agit très-peu à froid et fortement à chaud sur le gaz fluorique silicé : on fait l’expérience sur le mercure dans une cloche recourbée A, pl. 5, fig. 2.
- Presqu’aussitôt que le potassium est fondu, il devient bleu, s'enflamme quelque temps après, se détruit et se tranforme en une matière solide de couleur chocolat, qui, avec l’eau, fait toujours une foible effervescence. Il y a absorption rapide de gaz, et on trouve à peine quelques parties d’hydrogène dans le résidu.
- Potassium..,. Une mesure M.
- Gaz fluorique silice.... 203 parties du tube gradué T.
- Température. .. . Estimée 200 à ss5o°.
- Gaz après la combustion.... 124 parties
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- 3 I 4 ACTION DU POTASSIUM
- formées de 118 d’acide fluorique siliceux, et 6 de gaz inflammable.
- Donc acide fluorique absorbé.... 78.
- Produits solides ... Matière de couleur chocolat, donnant avec l’eau quelques parties de gaz hydrogène ; lumière vive.
- Ce résultat ayant été constaté avec soin , on en a conclu que l’acide fluorique étoit probablement formé d’un corps combustible et d’oxigène, et on a entrepris, pour le démontrer plus évidemment, un grand nombre de recherches qui se trouvent consignées (5i3).
- 241. L’acide phosphorique vitreux est décomposé à une température élevée par le potassium ; il ne l’est point à froid. On se sert d’un tube de verre, dont l’une des extrémités est fermée à la lampe pour faire l’expérience; à i5o ou soo°, il en résulte une assez vive combustion, dont le produit est du phosphure rouge de potasse. Mis en contact avec l’eau, ce produit donne naissance à du gaz hydrogène phosphuré qui ne prend pas feu dans l’air.On a opéré sur deux mesures M de potassium.
- 242. Les acides phosphoreux, sulfurique
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- Sun xüls ACIDES MINÉRAUX. 5 I 5 et nitrique étant toujours liquides et contenant toujours de l’eau, on ne parlera de leur action sur le potassium, que quand il sera question , dans un des chapitres sui-vans, de celle qu’exercent sur ce métal tous les acides dissous dans l’eau.
- 243. Le potassium n’a aucune action à froid sur l’acide borique bleu pur et vitrifié. Son action sur cet acide est au contraire très-forte à chaud ; et c’est ce qu’on a vu précédemment. Nous ajouterons seulement à ce que nous avons dit (217), qu’on peut rendre sensibles les phénomènes que présente la décomposition de l’acide borique par le potassium, même en n’employant qu’une petite quantité de ces deux substances. Pour cela, on prend parties égales d’acide borique et de potassium; on coupe le potassium en petits morceaux,- on pulvérise l’acide borique; et après les avoir mis alternativement dans un très-petit tube de verre, on expose ce tube au feu, en le tenant avec une pince. Lorsque la chaleur est environ à 15o°, le mélange rougitfortement: tout «à coup le potassium est détruit et l’expérience terminée. On trouve pour produit
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- 3 1 6 ACTION DU POTASSIUM
- une masse verte formée de potasse, de borate de potasse et de bore en si petite quantité, qu’on ne peut le séparer.
- 244. Le potassium décompose très-facilement à chaud les acides arsenique , arsénieux, molybdique , tungstique et chrômi-que; il ne les décompose point à froid : toutes ces décompositions se font comme les deux précédentes, dans un petit tube de verre, dont l’une des extrémités est fermée à la lampe.
- Acide arsenique pur fait avec arsenic et acide nitromuriatique... . Excès.
- Potassium.. . . Deux mesures M.
- Température ... Un peu plus élevée que pour fondre le potassium.
- Produits.... Potasse; arsenic ; lumière vive.
- Acide arsenieux du commerce. . . Excès.
- Potassium.. . . Deux mesures M.
- Température. .... Un peu plus élevée que pour fondre le potassium.
- Produits.... Potasse ; arsenic; lumière vive.
- Acide molybdique fait avec sulfure de molybdène et acide nitrique.
- Potassium.... Deux mesures M.
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- SUR LES ACIDES MINÉRAUX. 517
- Température.... Un peu plus élevée que pour fondre le potassium.
- Produits. . . Potasse ; probablement molybdène ; lumière vive.
- Acide tungstique ... Extrait du tungs-tate de potasse par acide sulfurique.
- Potassium.... Deux mesures M.
- Température.... Un peu plus élevée que pour fondre le potassium.
- Produits... Potasse;probablement tunsg-tène; lumière vive.
- Acide chrômique.. .. Extrait à froid du chrômale d1argent par acide muriatique.
- Potassium._____Trois mesures M.
- Température.. .. Un peu plus élevée que pour fondre le potassium.
- Produits. .. . Potasse ; chrome ou oxide dechrôme; lumière.
- Ce produit ressemble à celui qu’on obtient avec l’oxide de chrome, c’est-à-dire, que refroidi et exposé à l’air, il brûle comme un pyrophore, y devient jaune, et se transforme en chrômate de potasse.
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- 3x8 ACTION DU SODIUM
- DE D’ACTION DU SODIUM SUR DES ACIDES
- MINÉRAUX NON MÉTADDIQUES ET MÉ-
- TADDIQUES.
- 5245. Le sodium agit comme 1 e potassium, à chaucl et à froid, sur tous ces corps ; il n’y a d’autre différence, 1°. qu’en ce que le sodium décompose les acides carbonique , borique et nitreux à chaud, sans dégager de lumière; au lieu que le potassium les décompose en en dégageant d’une manière très-sensible ; 2°. en ce qu’il ne devient pas bleu comme le potassium au moment de s’enflammer ; 3°. en ce qu’il faut plus de chaleur pour déterminer son action, que pour déterminer celle du potassium ; 40. en ce que, à froid, il ne prend point feu dans le gaz muriatique oxigéné , comme le fait le potassium, et qu’il ne s’y enflamme qu’à chaud (1).
- ( 1 ) Plusieurs de ces observations sont dues à M. Davy : ce sont celles qui sont relatives à l’action du gaz acide muriatique ou muriatique oxigéné sur le potassium et le sodium ; il «voit même vu avant nous que le po~ tassium étoit susceptible de décomposer le gaz acide carbonique. ( Voyez Transact. philos. 1808 , ou Bibliot.
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- SUR LES ACIDES MINÉRAUX. 3 1 9
- Du reste, les phénomènes, les résultats et la manière d’opérer sont les mêmes de part et d’autre (i). Par conséquent, on obtient ,
- i°. Avec gaz acide carbonique, et un excès de sodium; soude, un peu de carbonate de soude, charbon, absorption de presque tout le gaz.
- 2°. Avec sodium et gaz sulfureux; sulfure
- Brilann. loin. 3<), Sciences et Arts, 1808, pag. 20, 35 et 68.
- Nos recherches ont été publiées partie dans le Moniteur pour le vendredi 27 mai 1808, partie dans le Nouveau Bulletin de la Société philomatique, n° 17, février 1809, pag. 288.
- (1) Ce n’est que pour mettre en contact le gaz acide muriatique oxigéné avec le sodium, qu’on s’est écarté du procédé qu’on a suivi pour déterminer l’action de ce gaz sur le potassium. Voici celui qu’ou a employé : l’acide muriatique oxigéné se dégageoit d’une cornue; de là il traversoit un tube contenant du muriate de chaux fondu et concassé ; il y déposoit son eau hygrométrique , et se rendoit ensuite dans un autre tube de verre vide, et placé sur une grille. Au moment où ce tube étoit plein de gaz muriatique oxigéné , on y inlro-duisoil le sodium , on le faisoit fondre en mettant du feu sur la grille, et bientôt il s’enflammoit vivement; il en résultoit uniquement du muriate de soude.
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- 5ao ACTION DU SODIUM , etc.
- de sodium, grand dégagement de lumière, absorption presque totale du gaz.
- 5°. Avec une mesure M de sodium et un excès de gaz acide muriatique ; autant de gaz hydrogène qu’en donneroit cette quantité de sodium avec l’eau ; du muriate de soude; un foible dégagement de’ lumière ; absorption de deux fois autant de gaz acide muriatique qu’il y a d’hydrogène dégagé.
- 4°. Avec, sodium et gaz fluorique silicé ; destruction complète du sodium, lumière vive, point d’hydrogène, et une matière de couleur chocolat faisan t effervescence avec l’eau.
- 5°. Avec sodium et acide borique; destruction du sodium, soude, borate de soude, radical de l’acide borique , point de lumière.
- 6°. Enfin, avec sodium et un excès des acides phosphorique, arsenique, etc. ; lumière , soude, radical de l’acide.
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- POT. ET SOD. EN CONT. AVEC L’AIR. 3a l DES PHÉNOMÈNES QUE PRÉSENTENT LE POTASSIUM ET LE SODIUM MIS EN CONTACT AVEC L’AIR ET LES ACIDES DISSOUS DANS L’EAU, A LA TEMPÉRATURE DE L’ATMOSPHÈRE.
- 246. Toutes les expériences qui sont relatives à la production de ces phénomènes, ont été faites en versant dans un verre une certaine quantité d’acide liquide plus ou moins concentré, et en y jetant des frag-mens de potassium et de sodium.
- Le potassium s’est constamment enflammé dans son contact avec l’air et un acide quelconque plus ou moins concentré ; et toujours il en est résulté un sel à base de potasse. On a cru remarquer que le potassium se détruisoit plus vite d&ns ce cas que dans son contact avec l’eau et l’air seulement.
- Le sodium a présenté avec l’air et les acides les mêmes phénomènes que le potassium, excepté qu’il ne s’est point toujours détruit avec flamme. Il étoit curieux de savoir quels sont les acides qui sont susceptibles d’opérer l’inflammation du sodium : ce ne pouvait être que ceux qui forment les combinaisons les plus intimes avec la soude !.. 21
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- 5 Si si VOTAS3. ET SODIUM EN CONTACT et qui en se combinant avec elle, produisent beaucoup de chaleur. Ces acides sont indiqués dans le tableau suivant.
- Dans toutes les expériences on a employé une mesure M de sodium.
- NATURE et ÉTAT DE D'ACIDE EMPLOYE. PRODUITS UE L’EXPÉRIKKC. OBSERVAT.
- Acide sulfurique concentré... Acide sulfurique étendu de quatre fois son poids d’eau. Acide sulfariq. étendu de iiuit fois sou poids d’eau Acide nitrique du commerce à 56°, aréomètre doBeauoé. Le même étendu de sou poids Acide nitreux Acide nitreux, étendu de son poids d’eau Acide muriatique très-fumant. mais roisin de cet état.... Acide fluorique concentré ... Acide phosphoriq. concentré. Acide phosphoreux tel qu’on l'obtient en exposant le phosphore à l’air. Acide sulfureux liquide très- Inflammation subite. Inflammation. Point d'inflammation. Inflammation. Point d'inflammation. Inflammation. Point d'inflammation. Idem. Idem. Inflammation. idem. Idem. Idem
- Acide muriatique oxigéné li-qnide très-concentré Point d'inflammation. point de soufre. Le sod. se détruit
- Acide boraciqne Idem. très -promptem.
- Acide arsemq. très-concentré. Inflammation. dans son contact
- Acide carbonique Point d'inflammation. avec l'acide mu
- Acide acétique très-concentré. Idem. ria tique oxigén.
- Acide oxalique très-cou centré. Idem.
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- AVEC L’AIR ET LES ACID. LIQUID. 3s3
- 247. Les acides nitrique et nitreux concentrés, ont probablement comme l’acide muriatique oxigéné, la propriété d’être décomposés à froid par le potassium et le sodium; cependant, on ne peut pas Je conclure des expériences précédentes, parce «qu’elles ont été faites sans recueillir les gaz qui ont pu se dégager.
- Il paraît que les acides sulfureux et sulfurique, et à plus forte raison les autres acides, ne sont point décomposés à froid par le potassium et le sodium : du moins lorsqu’on met en contact à froid les acides sulfurique et sulfureux liquide avec ces métaux , il ne se produit point d’acide sulfureux , et il ne se dépose point de soufre (1).
- (i) M. Davy avoil observé avant nous que le potaa-sium s’enflammoil constamment dans son contact avec l’air et un acide quelconque, et qu’il en résultoit toujours un sel à base de potasse ; il n'a examiné l’action du sodium que sur les acides sulfurique, nitrique et muriatique : selon lui, lorsqu’on jette le sodium sur l’acide sulfurique concentré , il se dégage beaucoup do chaleur, mais point de lumière ; selon nous, au contraire, l’acidesulfurique étendu, mâm e de qualrefois son poids d’eau, peut encore enflammer le sodium. (Voyet le Mémoire de M. Davy, Transact. phil. 1808, ou bien Bibliotli. Britann. tom. 39, Sciences et Arts, tSoS, pag. 24 et 36. )
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- 5 34 POTASS. ET SODXÜM EN CONTACT
- DES PHÉNOMÈNES QUE PRÉSENTENT DE SODIUM ET LE POTASSIUM, EN LES METTANT EN CONTACT TOUT A LA FOIS AVEC L’EAU ET LES DIVERS GAZ, A LA TEMPÉRATURE ORDINAIRE.
- 248. Ces phénomènes sont très-variables. Tantôt il y a dégagement de lainière et tantôt il n’y en a pas ; quelquefois les gaz sont décomposés et quelquefois ils sont rapidement absorbés; dans quelques cas la décomposition en est prompte, et dans d’autres, elle ne l’est pas; et il en est de même par rapport à l’absorption. Le seul de tous ces. phénomènes qui soit constant, c’est la conversion du potassium et du sodium en potasse et en soude. On a toujours procédé aux expériences de la même manière.
- D’abord on a rempli une éprouvette de mercure ; ensuite on y a fait passer une certaine quantité de gaz ; puis une certaine quantité d’eau pure, ou d’eau saturée de gaz si elle étoit susceptible d’en dissoudre beaucoup ; et enfin un fragment de potassium ou de sodium. Ce! ui-ci, après avoir traversé promptement la couche du mercure, tra-
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- AVEC L’AIR ET LES GAZ. 325
- versoit la couche du liquide qui n’étoit pas très-considérablé, et alors produisoit les phénomènes qu’on va rapporter (1).
- L
- Gaz acide carbonique et eau avec potassium.
- Le potassium rougit, s’agite, va et vient, ressemble à un petit boulet incandescent, se détruit à vue d’œil, et décrépite au moment de disparoîtré : il en résulte beaucoup de gaz hydrogène, très-peu de gaz oxide de carbone, et du carbonate de potasse. Ainsi le potassium ne devient lumineux que parce que, outre la chaleur qu’il dégage en agissant sur l’eau, il en dégage beaucoup encore en absorbant rapidement le gaz acide carbonique.
- qui aient élé observés*.par M. Davy ; ce sont ceux que présentent le potassium et lé sodium avec 1 eau et 1 air et avec l’eau et le gaz hydrogène. ( Foyez Biblioth. Britann. tom. 3g, Sciences et Arts , ou Trana. philos. 1808.)
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- 5x6 POTA8S. ET SODIUM EN CONTACT
- IL
- Gaz acide carbonique et eau avec sodium.
- Le sodium se décompose sans s’enflammer; il se dégage autant d’hydrogène que si le sodium étoit seulement en contact avec l’eau: par conséquent, le gaz acide carbonique n’est point altéré.
- III.
- Potassium avec gaz acide sulfureux et acide sulfureux liquide.
- Le potassium brûle avec une lumière assez vive ; il se dégage beaucoup de gaz hydrogène; cependant il se dépose un peu de soufre. Il se fait un sulfite de potasse. Dans ce cas, le dégagement de lumière est dû, tout à la fois, à l’absorption et à la décomposition qu’éprouve le gaz sulfureux, et à l’action du potassium sur l’eau.
- IV.
- Le gaz acide sulfureux, et l’acide sulfureux liquide, se comportent avec le sodium somme avec le potassium.
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- AVEC L’AIR ET LES GA*. §27
- V..
- Potassium avec gaz acide muriatique et acide muriatique liquide.
- Le potassium devient rouge, produit autant d’hydrogène qu’avec l’eau seule, et forme avec l’acide muriatique du muriate de potasse. Ici, il est évident que la lumière produite ne provient que de l’absorption d u gaz acide muriatique par la potasse , et de l’action du potassium sur l’eau.
- VL
- Sodium avec gaz acide muriatique et acide muriatique liquide.
- Le sodium se détruit sans rougir, produit autant d’hydrogène qu’avec l’eau seule, et forme avec l’acide muriatique du muriate de soude qui trouble la liqueur.
- VIL
- Potassium avec gaz oxide nitreux et eau* L’inflammation est subite et très-vive; la cloche est fortement repoussée ; on n’ob-
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- 3a8 POTASS. ET SODIUM EN CONTACT tient pas sensiblement d’hydrogène, et il y a beaucoup de gaz oxide nitreux décomposé.
- VIII.
- Sodium avec gaz oxide nitreux et eau.
- Point d’inflammation, point de décomposition du gaz ; on obtient autant d’hydrogène qu’avec l’eau seule.
- Potassium avec gaz oxide dfazote et eau.
- L’inflammation est subite et très-vive ; la cloche est fortement repoussée^- on n’obtient pas sensiblement d’hydrogène, et il y a beaucoup de gaz oxide d’azote décomposé.
- X.
- Sodium avec gaz oxide d’azote et eau.
- Inflammation vive ; la cloche est repoussée ; on n’obtient presque point d’hydrogène, et il y a beaucoup de gaz oxide d’azote décomposé.
- XL
- Potassium avec gaz oxigène et eau.
- Inflammation extrêmement vive : il se
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- AVEC L’AIR ET LES GAZ. 529
- dégage sans doute un peu de gaz hydrogène, puisque le potassium touche l’eau; mais cet hydrogène est brûlé tout à coup.
- XII.
- Sodium avec gaz oxigène et eau.
- Point d’inflammation ; à peine quelques étincelles de temps à autre. On obtient autant d’hydrogène qu’avec l’eau seule.
- XIII.
- Potassium avec air atmosphérique et eau.
- Inflammation subite; tout l’hydrogène qui peut se dégager est brûlé, pourvu qu’il y ait assez d’air dans la cloche.
- XIV.
- Sodium avec air atmosphérique et eau. Point d’inflammation; on obtient autant d’hydrogène qu’avec l’eau seule.
- Potassium avec gaz hydre
- ulfuré et
- Lumière vive produite ; absorption de
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- 53o POTASS. ET SODIUM EN CONTACT gaz hydrogène sulfuré, et dégagement de gaz hydrogène ; il se dégage moins d’hydrogène qu’il ne s’absorbe de gaz hydrogène sulfuré.
- XVI.
- Potassium avec gaz hydrogène phosphuré et eau.
- Il y a de la lumière produite; le volume augmente et la liqueur se trouble un peu. Il est probable que dans cette expérience, l'hydrogène phosphuré est décomposé; que l’hydrogène de ce gaz est mis en liberté, et qu’il se forme un phosphuré de potasse, qui par son contact avec l’eau produit du phosphate de potasse et reproduit du gaz hydrogène phosphuré.
- XVII.
- Potassium avec gaz hydrogène arseniquè v et eau.
- Le potassium devient incandescent; l’hydrogène arseniquè est décomposé ; il se dégage de l’hydrogène; le volume du gaz augmente, et il se dépose des flocons brun-marron.
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- 331
- Il est évident que ces flocons sont de l’hy-drure d’arsenic, et sont dus à ce- qu’il se forme d’abord un arseniure de potassium qui est décomposé par l’eau.
- XVIII.
- Potassium avec gaz oxide de carbone et eau.
- Point d’inflammation; point de décomposition du gaz et dégagement d’autant d’hydrogène qu’avec l’eau seule.
- Même résultat en mettant en contact le sodium avec le gaz oxide de carbone et l’eau.
- Même résultat en mettant le potassium ou le sodium en contact, soit avec le gaz azote et l’eau, soit avec Je gaz hydrogène et l’eau.
- XIX.
- Potassium avec gaz acide muriatique oxi-gêné et eau.
- Inflammation subite ; décomposition de l’acide muriatique oxigéné ; formation de muriate de potasse; probablement, il ne se dégage point d’hydrogène.
- Même résultat en mettant en contact le
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- 332 POTASS. ET SODIUM EN CONTACT sodium avec le gaz acide muriatique oxigéné et l’eau; sauf qu’il se forme dans ce cas du muriate de soude.
- XX.
- Potassium avec gaz acide nitreux et acide nitreux liquide.
- Inflammation subite ; décomposition de l’acide nitreux; formation de nitrite de potasse : probablement, il ne se dégage point d’hydrogène.
- Meme résultat en mettant en contact le sodium avec le gaz acide nitreux et l’acide nitreux liquide.
- Ces quatre dernières expériences n’ont pas été faites sur le mercure, parce qu’il eût été attaqué : elles l’ont été en projetant des fragmens de potassium dans des flacons pleins de ces gaz et contenant au fond un peu d’eau qui en étoit saturée.
- On n’a point recherché èe que produi-roient., i°. le potassium et le sodium avec le gaz acide fluorique silicé et l’eau; 2°. le sodium avec l’eau et les gaz hydrogène sulfuré , phosphuré et sulfuré.
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- AVEC L’AIR ET LES GAZ.
- 333
- DE L’ACTION DU POTASSIUM SUR LES ALCALIS SOLIDES ET SUR LES TERRES.
- 249. Après avoir rais cinq à six mesures M de potassium au fond d’un tube de verre bien sec, et l’avoir recouvert de huit à dix fois autant de terre ou d’alcali aussi sec que possible, on a adapté à ce tube un autre petit tube propre à recueillir les gaz, et on l’a exposé à l’action du feu. D’abord, on a chauffé la base salifiable ; et lorsqu’elle a été voisine du rouge-obscur, on a fait passer le potassium à travers en en élevant assez la température pour le volatiliser. Pendant toute l’opération, il s’est dégagé un peu de gaz hydrogène; une portion du potassium s’est sublimée au haut du tube, mais la majeure partie a disparu : c’est ce qu’on a vu clairement en cassant le tube. La matière étoit devenue noirâtre, et n’offroit aucun point brillant. Traitée par le mercure , il ne s’en dissolvoit presque rien ; mise en contact avec l’eau, elle faisoit une légère effervescence qui duroit quelquefois très-long-temps. Les bases salifiables sur lesquelles on a opéré, sont la barite, la
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- S34 ACTION DU POTASSIUM
- strontiane, la chaux, la potasse, la magnésie , la zircone et la silice.
- On s’est servi de barite et de strontiane extraites de leurs nitrates; de chaux provenant du marbre blanc; de potasse préparée à l’alcool et fondue; de magnésie, de zircone et de silice bien pures et fortement calcinées. Le tableau suivant contient les résultats qu’on a obtenus.
- 25o. On a répété la dernière expérience
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- SUR LES ALCALIS ET LES TERRES. 355 en augmentant la quantité de potassium et diminuant celle d’alcali. Le potassium a également disparu; il s’est toujours dégagé beaucoup de gaz hydrogène : mais le produit solide faisoit une vive effervescence avec l’eau, quoiqu’il ne contînt aucune partie du potassium visible. On obtient quelquefois un produit de ce genre dans la pi’éparation de potassium ; il est tantôt blanc, tantôt rougeâtre, et il se rassemble ordinairement à l’extrémité du canon de fusil ; il dégage moins d’hydrogène avec l’eau que le potassium. On en obtient encore un tout à fait semblable, et qui est toujours blanc, en mettant à la température ordinaire le potassium en contact avec une quantité d’air qui ne contient point assez d’oxigène pour le transformer en potasse (106). Ces produits sont autant d’hydruresde potasse moins hydrogénés que le .potassium dans l’hypothèse des hydrures, et ce sont des oxides de potassium moins oxidés que la potasse, dans l’hypothèse où on regarde le potassium comme un être simple. Il se passe, probablement, entre les autres alcalis et les terres avec le potassium, quel-
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- •336 ACTION DU POTASSIUM
- que chose d’analogue à ce qui a lieu entre ce métal et la potasse ; ainsi : en supposant que ces bases soient autant d’oxides, il est possible de concevoir que ces oxides soient réduits, et que ce soit le métal de ces nouveaux oxides qui fait effervescence avec l’eau; ou bien, en supposant que ce soit des corps simples, et que le potassium so.i t un hydrure , on peut admettre que le potassium cède une portion de son hydrogène à la base avec laquelle il est en contact, ou bien encore que le potassium entre en combinaison triple avec cette base et cet hydrogène; mais il faut avouer que les faits ne sont point assez démonstratifs pour avoir une opinion bien arrêtée à cet égard.
- a5i. On n’a point cru devoir faire, d’après ce qui précède, d’expériences avec le sodium et les bases salifiables , seulement on sait que dans la préparation du sodium on obtient quelquefois, comme dans la préparation du potassium, une matière blanche qui n’a point l’aspect métallique, qui par conséquent n’est point du sodium, et qui cependant fait effervescence avec l’eau ; #t on sait également qu’en renfermant pen-
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- SUR LES ALCALIS ET LES TERRES. 337 dant quelque temps du sodium dans un flacon plein d’air, ce métal se transforme peu à peu en une matière blanche tout-à-fait analogue à la précédente, pourvu toutefois que l’air soit humide (122).
- De T action du, potassium sur le gaz ammoniac.
- 2S2. Lorsqu’on fait fondre le potassium dans le gaz ammoniac, il disparoît peu à peu, et se transforme en une matière verte-olivâtre très-fusible ; le gaz ammoniac lui-même disparoît presque en totalité, et se trouve remplacé en partie par un volume de gaz hydrogène précisément égal à celui que donne avec l’eau la quantité de potassium qu’on emploie. Cette expérience est facile à faire dans une petite cloche de verre A, recourbée à son extrémité, pi. 5, fig. 2. D’abord, on fait bien sécher cette cloche, et on la remplit de mercure bien sec ; ensuite on y fait passer une quantité déterminée de gaz ammoniac , et on porte avec une tige de fer, jusque dans la partie qui en est recourbée, une quantité également déterminée de potassium. Il est nécessaire que le potassium ne puisse se combiner avec aucun glo-
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- 538 ACTION DU POTASSIUM
- bule de mercure : autrement il ne disparoi-troit point tout entier, et on n’obtiendroit pas autant de gaz hydrogène que ce métal en donne avec l’eau. ( Voyez 253 , l’action des métaux sur la matière verte. ) On évite cet inconvénient en passant promptement la petite masse de potassium à travers le mercure, après avoir fait tomber avec beaucoup de soin les petits globules de mercure qui pourroient rester au haut de la cloche. Alors on chauffe doucement avec une lampe à esprit-de-vin : bientôt le potassium entre en fusion et se couvre d’une légère croûte; quelques secondes après > il se découvre, paroît très - brillant, absorbe beaucoup de gaz ammoniac, et se transforme en quelques instans en une matière verte-olivâtre. Aussitôt que cette transformation est opérée, on doit cesser de chauffer; si on ne le faisoit point, ou si même pendant le cours de l’expérience, on avoit employé divers degrés de chaleur, les résultats varieroient. D’ailleurs , soit qu’on emploie du gaz ammoniac desséché par la chaux, ou du gaz ammoniac qui n’ait point été desséché par cet alcali, ils sont toujours sensiblement les mêmes.
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- Nombre des expérienc. Gaz ammoniac employé. Potassium employé. Résidu gazeux.
- Première . ï5o une mes. M ’94>5
- Seconde. . 275 idem 217,5
- Troisième. i66,5 idem 120,5
- Quatrième 160 idem 118
- Cinquième i5o idem 115,5
- Sixième . . i45,5 idem 108
- Septième. . 145,5 idem ia3,5
- Huitième.. 170 idem l42
- Neuvième. 90 idem 70
- Dixième. 80 idem 61
- Nature du résidu. Gaz ammoniac absorbé. OBSERVATIONS
- ainmon. hy<iro£. 116 78,5 i34 Therm. i5°; bar. o“»-,75.
- 139 78,5 i36 Les gaz ont été mes. dans
- 42 78,5 124,5 le tube gradué T.
- 39 79 Le degré de
- 120 chaleur.auquel
- 36,5 79 on a soumis la
- 112,5 matière , n’a point étélemê-
- 29,5 78,5
- 1 l6 me dans toutes les experien.
- 45,5 78 100
- 64 78 106
- 3 67 87
- 1 60 79
- SUR LE GAZ AMMONIAC.
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- ACTION DU POTASSIUM
- 340
- On voit par ces résultats, i°. qu’en employant une suffisante quantité de gaz ammoniac , on change tout le potassium en une matière verte-olivâtre; 20. que la quantité de gaz ammoniac, absorbée par \epoiassium, est variable en raison du degré de chaleur auquel on l’expose ; 3°. qu’une mesure M de potassium n’en absorbe jamais plus de i36 parties du tube gradué T, mais qu’elle peut n’en absorber que 100, et même moins j 4°. enfin, que quelle que soit la quantité d’ammoniaque absorbée, il en résulte toujours une quantité de gaz hydrogène qui est 3a même, et qui est égale à celle que le potassium produit avec l’eau.
- 253. Examinons maintenant les propriétés de cette matière verte-olivâtre ; elle est opaque, et ce n’est qu’en lames extrêmement minces qu’elle semble demi-transparente ; on n’y distingue aucun point métallique ; elle est plus pesante que l’eau ; en l’examinant avec attention, on croit y voir quelques cristaux mal formés.
- Lorsqu’on l’expose à la chaleur, elle se fond; il s’en dégage du gaz ammoniac, du gaz hydrogène et du gaz azote ; et easuite-elle se
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- SUR LE GAZ AMMONIAC 341
- solidifie touten conservant sa couleur verte.
- Exposée à l’air, à la température ordinaire, elle en attire seulement l’humidité, n’en absorbe pas l’oxigène, et se transforme en gaz ammoniac et en potasse.
- Projetée dans un creuset chaud, et voisin du rouge-obscur , elle s’enflamme subitement.
- Chauffée dans une petite cloche avec du gaz oxigène, elle ne tarde point à prendre feu et brûle vivement.
- Mise en contact avec l’eau, elle s’échauffe considérablement , se décompose tout à coup , et il en résulte de la potasse qui reste en dissolution dans l’eau, et de l’ammoniaque qui s’y dissout en partie : quelquefois elle s’enflamme.
- Mise en contact avec les acides, elle est subilement décomposée comme par l’eau , et il en résulte des sels à base de potasse et d’ammoniaque.
- Traitée à chaud par la plupart des métaux, surtout par ceux qui sont fusibles, il s’en dégage du gaz azote, du gaz ammoniac, quelquefois un peu d’hydrogène; on obtient un alliage de potassium et du métal
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- 342 ACTION DU POTASSIUM
- employé , et en outre une portion" de matière semblable au résidu de la calcination de la matière verte-olivâtre.
- Mise en contact avec l’alcool, elle s’y.détruit assez rapidement, et se convertit en potasse et en ammoniaque.
- Enfin, mise en contact avec l’huile de naphte, elle ne paroît pas y subir d’altération, du moins en quelques heures. Telles sont les diverses propriétés de la matière verte; mais il faut soumettre les principales à un examen très-sévère, et c’est ce qu’on va faire dans les articles suivans.
- De l'action du feu sur la matière verte.
- 2.64. Après avoir préparé de la matière verte-olivâtre, en tenant compte dans cette préparation, i°. de la quantité du potassium etdu gaz ammoniac employés ; 20. de la quantité du gaz ammoniac absorbé; 3°. de la quantité du gaz hydrogène dégagé, on a procédé à la calcination de cette matière dans la cloche même où elle avoit été préparée : mais auparavant on a fait passer dans cette cloche une petite quantité bien mesurée de
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- SUR LE GAZ AMMONIAC. 543
- gaz hydrogène ; précaution indispensable à prendre, pour que le mercure ne soit point en contact avec la matière , et ne puisse point l’altérer ( voyez l’article 253). Ainsi, dans une opération où on a employé 160 parties de gaz ammoniac, et une mesure M de potassium, on a fait passer, comme on l’a dit (2Ô2), ce gaz et ce métal dans une cloche recourbée A, pl. 5 , fig. 2, bien sèche et pleine de mercure bien sec. On a chauffé peu à peu jusqu’à ce que le potassium ait été converti en matière verte. Alors, on a laissé refroidir la cloche et on a mesuré les gaz; il y en avoit ii8p,,5 qui contenoient 78p-,5 de gaz hydrogène, et 40 parties de gaz ammoniac : d’où on a conclu que 120 parties de gaz ammoniac avoient disparu. Connoissant ainsi la quantité du gaz hydrogène dégagé, et la quantité du gaz ammoniac absorbé, on a introduit dans la cloche qui se trouvoit pleine de mercure, 86 parties de gaz hydrogène desséché par la chaux, et on en a chaufië peu à peu la partie supérieure jusqu’au rouge, soit avec une lampe à esprit-de-vin, soit avec des charbons rouges. La matière verte s’est fondue,
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- 344 ACTION DU POTASSIUM
- a bouillonné et fait descendre rapidement le mercure, puis s’est solidifiée; et comme on avoiteu soin d’incliner suffisamment la cloche, aucune portion de cette matière n’a coulé le long de ses parois. La cloche ayant été tenue presque jusqu’au rouge pendant cinq à six minutes, on a retiré le feu peu à peu, et lorsqu’elle a été refroidie, on a mesuré les gaz qu’elle contenoit: il y en avoit ig3,5 parties du tube gradué T, dont 5o,5 d’ammoniaque, 142,5 de gaz hydrogène, et 2op-,5 de gaz azote. On en a absorbé l’ammoniaque par l’eau, et déterminé les quantités d’hydrogène et d’azote au moyen de l’eudio-mètre. Or, comme on avoit mis dans la cloche 80 parties de gaz hydrogène, il s’ensuit que la matière a fourni 5op-,5 d’ammoniaque, 62p-,5 de gaz hydrogène , 20p-,5 de gaz azote, ou bien 7 2 parties de gaz ammoniac; par conséquent les L de ce que le potassium en avoit absorbé.
- On a répété cette expérience un grand nombre de fois, en variant les quantités de gaz ammoniac et le degré de chaleur : dans toutes, le feu a été augmenté graduellement. Toujours les mêmes phénomènes se sont
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- AMMONIAC.
- manifestés. D’abord la matière verte s’est fondue; ensuite elle est entrée comme dans une sorte d’ébullition ; beaucoup de gaz s’en est dégagé, et le mercure est descendu rapidement. Toutes les fois qu’on n’a point porté la cloche jusqu’au rouge-cerise, on n’en a retiré presque que du gaz ammoniac : mais quand on l’a portée à ce degré de chaleur , on en a retiré tout à la fois du gaz ammoniac et des gaz hydrogène et azote dans la proportion nécessaire pour faire l’ammoniaque, ou bien dans le rapport de 3 à i. Dans tous les cas, après la calcination , la matière étoit noirâtre, et avoit perdu la propriété de se fondre.
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- 346 ACTION DU POTASSIUM
- HHf
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- LE GAZ AMMONIAC.
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- On voit donc que , 1°. que , selon qu’on chauffe plus ou moins fortement la matière verte, on en retire une plus ou ou moins grande quantité de gaz ammoniac ou de ses principes; 20. qu’on ne peut en retirer qu’en-viron les trois cinquièmes de ce que \e potassium en a absorbé ; 3°. que le premier cinquième s’en dégage à une douce chaleur et sans se décomposer; 40. que le deuxième cinquième ne s’en dégage qu’à une chaleur plus élevée et en se décomposant en partie ; 5°. que le troisième cinquième 11e s’en dégage qu’à la chaleur presque rouge, et en se décomposant tout entier; 6°. qu’en portant la matière verte au rouge, et la tenant pendant quelque temps à ce degré de chaleur, pour dégager le troisième cinquième, on décompose presque toute l’ammoniaque du premier et du deuxième cinquième,qui ne l’étoit point ; en sorte que la quantité d’ammoniaque non décomposée qu’on obtient, dépend du degré de chaleur qu’on emploie.
- ab5. Craignant que le verre n’ait quel-qu’influence sur les résultats de ces expériences , on a voulu savoir si on les obtien-droit également dans un vase de métal.
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- 348 ACTION DU POTASSIUM
- On a introduit une capsule de platine dans une cloche recourbée A , planch. 5 , flg. 2, où on avoit fait passer d’abord une certaine quantité de gaz ammoniac ; on a dégagé par le feu un peu de mercure adhérent à celte capsule; et ensuite on a porté dedans une mesure M. de potassium avec une tige de fer. La capsule étant convenablement disposée dans la partie courbede la cloche, on a fondu peu à peu le potassium ; et bientôt il a été changé en matière verte, en dégageant autant de gaz hydrogène qu’avec l’eau, et en absorbant environ 106 parties de gaz ammoniac du tube gradué T. Alors, on a calciné la matière, après avoir mis dans le tube, comme précédemment (254), une suffisante quantité de gaz hydrogène, et après avoir dégagé le plus possible, les globules de mercure, des cavités auxquelles cette matière donne toujours lieu ; on n’en a retiré environ que les deux cinquièmes et demi de ce qu’elle devoit en contenir. On a répété cette expérience, et les résultats ont toujours été sensiblement les mêmes.
- Ainsi donc on obtient un peu moins d’ammoniaque dans le platine que dans le verre:
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- SUR LE GAZ AMMONIAC. 349
- mais cela provient principalement de deux causes , 1°. de ce que la matière n’est point aussi fortement chauffée dans le platine que dans le verre; et en second lieu, de ce qu’il est presque impossible d’ôter tous les globules de mercure qui se sont logés dans les interstices formés par la matière. ( Voyez l’action du mercure sur la matière verte , article 253. ) D’ailleurs, les premières portions de gaz qui se dégagent dans ce cas, ne sont autre chose que du gaz ammoniac, absolument, comme quand l’expérience se fait dans un vase de verre. De là on doit conclure que l’influence du verre est nulle ou presque nulle sur la matière verte-olivâtre.
- 2 5 6. 11 en est de même de l’acide bo-ciqye vitreux ou de la silice, avec lesquels on met la matière verte-olivâtre en contact. En effet, après avoir préparé de la matière verte dans une cloche recourbée A, pl. 5, fig. 2 ; après en avoir recueilli et analysé les gaz, et avoir introduit dans la cloche du gaz hydrogène et de la silice, ou de l’acide bo-racique en poudre, on a calciné au rouge et on n’a retiré qu’un peu plus des trois cinquièmes de l’ammoniaque que le potassium
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- 550 ACTION DU POTASSIUM
- avoit absorbée, tant en ammoniaque non décomposée qu’en ammoniaque décomposée.
- a§7. Présumant d’après tous ces essais, et surtout d’après la propriété dont jouit la matière verte, de donner d’autant plus de gaz ammoniac , qu’on la chauffe davantage; que si on pouvoit l’exposer à une température très-élevée, on en retireroit peut-être plus des trois cinquièmes de ce que le potassium en avoit absorbé : on a cherché à en opérer la calcination dans des tubes de fer bien rôdés et bien nettoyés. On remplis-soit ces tubes de mercure; on y faisoit bouillir ce métal, puis on y portoit, après y avoir introduit de l’hydrogène, une quantité connue de matière verte, dans un dé de platine qu’on soutenoit, au moyen d’jine tige de fer ; ensuite on portoit au rouge l’extrémité du tube où se trouvoit placée la matière verte ; mais quelques précautions qu’on ait prises, l’expérience n’a jamais réussi.Ce qui en empêche surtout le succès, c’est que le fer contient toujours un peu d’oxide qui réagit sur l’hydrogène de l’alcali, ou sur celui qu’on a ajouté. Ilfaudroit se servir de tubes de platine, et encore ce
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- SUR LE GAZ AMMONIAC. 351 métal, comme tous les autres, présente-t-il quelques inconvéniens.
- De Vaction de Veau sur la matière verte.
- 258. On a préparé de la matière verte , comme on l’a dit précédemment, dans une cloche recourbée A ( 35 a) ; et^ après avoir mesuré le gaz ammoniac en excès et le gaz hydrogène qu’on obtient, on a fait passer quelques gouttes d’eau dans la cloche qui se trouvoit alors pleine de mercure. Cette eau s’y est élevée peu à peu jusqu’à la partie supérieure; elle y a rencontré la matière verte sur laquelle elle a agi immédiatement : il en est résulté une assez vive chaleur et beaucoup de gaz. Toute la matière verte n’étant point attaquée, on a fait passer dans la cloche plusieurs autres gouttes d’eau dont on a aidé cette fois l’action , en le portant à 5o ou 6 o°, il s’est développé un e n o uvel 1 e quantité de gaz. Alors, jugeant la décomposition complètement faite , on en a examiné les produits, et on a trouvé que ce gaz n’étoit que du gaz ammoniac, et que la matière solide n’étoit que de la potasse légèrement humide. On donne dans le tableau suivant les résultats de six expériences :
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- 35a ACTION DU POTASSIUM
- EXPÉRIENCES. QUANTITÉ DE POTASSIUM. Ammoniaque absorbé par le potassium pendant la format, de la Gaz hydrog. dégagé pendant la cou vers, du potassium en ma- Gaz ammoD. dé-, gagé de la ma tière olivât. par quelques gouttes OBSERVATIONS.
- mat. olivâtre. tière olivâtre. de la chaleur.
- Première . une mes. M. I I 2,5 p. 78,5 p. 110 p. r. Les résultats sont calculés pour la température de
- Seconde. . idem idem 120 78 116,5 cà°, et pour la pression de om.,75. 2. Les gaz ont été mesurés dans le tube gradué T. j
- Troisième. 122 78,5 ll8
- Quatrième idem 1*7,5 78 1*4,5
- Cinquième idem 115 78 1 I I
- Sixième... idem 1*9,5 78,5 115
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- SUR LE GAZ AMMONIAC. 553
- On voit donc qu’en traitant la matière verte-olivâtre par très-peu d’eau chaude, on n’en retire que de la potasse et du gaz ammoniac, et que la quantité de ce gaz est absolument égale à celle que le potassium a fait disparoitre pour se changer en matière verte, sauf quelques centièmes que la potasse assez humide retient en dissolution. Pour faire cette expérience avec succès, la seule condition à remplir est de ne pas employer trop d’eau ; car on conçoit que si on en mettoit beaucoup plus que la potasse n’en peut solidifier, l’excès réagiroitsur le gaz ammoniac et le dissoudroit en tout ou en partie. Aussi quand, après avoir mis peu d’eau en contact avec la matière verte et-en avoir dégagé du gaz ammoniac , on en fait passer une nouvelle quantité suffisamment grande, on voit disparoitre ce gaz a l’instant; ou bien encore quand on met tout de suite beaucoup d’eau en contact avec la matière verte, elle s’y dissout sans dégager lji plus petite bulle de gaz : s’il s’en produisoit même tant soit peu , ce seroit du gaz hydrogène qui pro-viendroit de ce qu’une partie du potassium auroit échappé à l’action du gaz ammoniac.
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- ACTION DU SODIUM
- 554
- On, évite avec la plus grande facilité cet inconvénient , en se conformant à tout ce qui a été dit (aôa).
- De Faction du sodium sur le gaz , ammoniac.
- s5y. Le sodium présente avec le gaz ammoniac des phénon^pnes entièrement ana-r logues à ceux que 1 epotassium présente avec ce gaz (aôa). Aussitôt que ces deux corps sont en contact l'un avec l’autre, et qu’on élève la température, le gaz ammoniac est absorbé et \e sodium disparoît peu à peu. Le gaz ammoniac est remplacé par du gaz hydrogène,et le sodium est transformé en une matière verte-olivâtre ou un ammoniure de sodium, qui, exposé à la chaleur, se comporte comme l’ammoniure de potassium. La quantité de gaz ammoniac absorbé, varie en raison de la température; mais la quantité de gaz hydrogène dégagé est constante, et toujours égale àpelle que le sodium donne avec l’eau. L’expérience doit toujours être faite, comme on l’aindiqué (sôà), en traitant de l’action du potassium sur le gaz ammoniac.
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- EXPERIENCES. GAZ AMMON. SODIUM RÉSIDU NATURE GAZ AMMON
- EMPLOYE. EMPLOYE. GAZEUX. DU RÉSIDU. ABSORBÉ. OBSERVATIONS.*
- Première. parties 4»o une mes. M. parties 3o8 Amraon, 160 Hydrog. 148 parties a4q. 1. Tempérât. 15° -, pression o«-,75. a. Les gaz ont été mesurés dans le tube
- ♦ Amin on. j 55 Hydrog. 147 gradué T.
- Seconde.. 395 idem 302 240 3. La chaleur a été variable.
- 4. Il faut prendre
- Troisième. 4<o idem 348 Ammon. aoo Hydrog. 148 210 bien garde qu’il n< s'attache des globules
- Quatrième idem 320 Ammon. 177 Hydrog. 147 de mercure au sodium.
- 4j9 24 a
- SUR I.E GAZ AMMONIAC. 355
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- 356 ACTION DU POTASSIUM
- Les propriétés de l’amraoniure de sodium sont sensiblement les mêmes que celles de Fammoniure de potassium. (V. a53.)(i)
- (i) M. Davy s’esl aussi occupé, mais bien après nous, de l’action du gaz ammoniac sur le potassium et le sodium. Il a répété presque toutes nos expériences, et en a fait quelques-unes qui lui sont propres. Parmi celles qui lui appartiennent, on doit surtout distinguer celles qui sont relatives à la distillation de la matière verte ou ammoniure de potassium. Al. Davy assure qu’en distillant cet ammoniure dans un tube de platine, on en retire tout le potassium et toute l’ammoniaque qui disparaissent dans sa préparation. (Voyez Biblioth. Brit., n°54o, février 1810, page 192.) Nous avions essayé, dès le mois de mai 1808, de faire celte expérience ; mais comme nous n’avions que des tubes de fer, elle ne nous a jamais réussi. nous l’avons abandonnée, parce que, quels qu’en soient les résultats, ils s’expliquent très-bien, soit qu’on regarde le potassium et le sodium comme deshydrures, soit qu’on les regarde comme des corps simples. ( Voyez la discussion de ces deux hypothèses dans le deuxième volume ne cet ouvrage. ) Nos recherches ont été lues à l’Institut les 2 et 16 mai 1808, et imprimées par extrait dans le Moniteur pour le vendredi 37 mai 1808, puis dans le deuxième volume d’Arcueil. Celles de M. Davy ont été lues à la Société royale, le 3ojuin 1808 et le i5 déc mbre 1808, et elles ont été imprimées f savoir, les premières dans les Trans. Philos. >809, an Account, etc.p et dans la Biblioth. Britann. n° 3a4, pag. t3i ; et les secondes dans les Trans. Phü. 1810, Onsomenetv Researches, etc. et dans la Bibl.
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- SUR LES SELS.
- 35 7
- DE L’ACTION DU POTASSIUM SUR LES SELS ALCALINS , TERREUX ET MÉTALLIQUES (i).
- 260. On a déterminé l’action du potassium sur ces substances, absolument de la
- Brit. n° 33o, septembre 1809’, pag. 27— 46» et dans les numéros snbséquens.
- Il paroit auss^ d’après ce qui est dit Biblioth. Brit. n° 33o, pag. 28 et 29, que M. Davy avoil annoncé à la Société royale , le 19 novembre 1807’, qu’en chaqf— fant Au potassium dans du gaz ammoniac, il y avoit augmentation de volume, production de gaz hydrogène et de gaz azote, et oxidaliou du potassium, et qu’ainsi l’ammoniaque conlenoit de l’oxigène. Mais cette expérience, dont la conséquence est très-contestable , n’est point imprimée dans le mémoire de M. Davy, Bibl. Brit. tom. 3p , Sciences et Arts, quoiqu’il y parle éb détail, pag. 54, de l'existence de l’oxigène dans l’ammoniaque.
- Il s’en fant de beaucoup que nas recherches soient toujours d'accord avec celles de M. Davy : nous indiquons les différens points sur lesquels nous diflérons % d’opinion , dans le second volume de cet ouvrage.
- (1) M. Davy, dans les Mémoires qu’il a publiés et qui ont précédé le nôiresur celte matière, n’a parlé que de l’action du potassium sur le carbonate de chaux , voyez surtout Trans. p/iil. 1808, ou Bibl. Brit. t. 3g, Sciences et Arts, t8o8, p. 68 ; et d’une autre part, notre Mémoire Nouv. Bulletin de la Société philom., mois do février 1809, 11° 17, pag. 288.
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- 358 ACTION DU POTASSIUM
- même manière que sur les oxides métalliques (198). Par conséquent, on a pris un tube bien sec, long d’environ quatre à cinq centimètres, large de quatre à cinq millimètres, dont l’une des extrémités étoit fermée à la lampe et l’autre étoit ouverte. On a mis au fond de ce tube une légère couche de sel bien pulvérisé et bien desséché; puis on a mis le potassium sur cette couche, et enfin une couche du même $el d’environ cinq à six millimètres d’épaisseur sur lepo-tassium. Ce métal étoit ainsi enveloppé de sel, et n’avoit pas le contact de l’âSr; on a saisi le tube de verre avec une pince, et on l’a chauffé plus ou moins fortement, jusqu’à ce que l’expérience fut terminée.
- Le potassium a toujours enlevé l’oxigèrîe à ceux de ces sels qu’on sait en contenir, et a été convertile plus souvent en potasse, et rarement en oxide au minimum ou au maximum. Tantôt il a fallu peu de feu, tantôt une chaleur presque rouge-cerise pour produire ce résultat; souvent il y a eu dégagement de lumière au moment de sa production.
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- 55g
- Sulfate de barite de Roya bien pur, et calciné au plus grand degré de feu.
- Potassium. . . . Une mesure M.
- Température.. . . Voisine du rouge-ce-
- Produits... . Oxide de potassium ; sulfure jaune-rougeâtre de barite; point de lumière sensible.
- IL
- Sulfate de soude fondu à un grand feu.
- Potassium.. .. Une mesure M. Température.. . .Voisin^ du rouge-cerise. Produits... Oxide de potassium; sulfure jaune-rougeâtre ; point de lumière.
- 11L
- Sulfate de chaux naturel pur, et calciné à un grand feu.
- Potassium.... Une mesure M. Température.... Estimée i5o à 200°.
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- 56o ACTION DU POTASSIUM
- Produits.. . . Oxide de potassium; sulfure jaune-rougeâtre; lumière assez vive.
- ÏV.
- Sulfate de magnésie desséché à un grand feu.
- Potassium.. . . Une mesure M.
- Température ... Un peu plus élevée que pour fondre le potassium.
- Produits. . . . Oxide de potassium; sulfure jaune-rougeâtre , probablement de potasse ; lumière très-vive.
- v.
- Alun desséché , de manière à en chasser l’eau sans le décomposer.
- Potassium. . . . Une mesure M.
- . Température.... Un peu plus élevée que pour fondre le potassium.
- Produits .... Oxide de potassium ; sulfure jaune, probablement de potasse ; lumière très-vive.
- VL
- Sulfite de barite bien desséché, et obtenu
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- 36]
- avec muriate de barite et sulfite de po-
- Potassium.. . . Une mesure M.
- Température.. .. Estimée 100 à i5o°.
- Produite. . . Oxide de potassium; sulfure jaune-rougeâtre ; lumière assez vive.
- VIL
- Sulfite de chaux bien desséché, et préparé avec muriate de cliaux et sulfite de po-
- Même disposition et même phénomène qu’avec le sulfite de barite.
- VIII.
- Nitrate de barite bien desséché.
- Potassium.. . . Une mesure M.
- Température. !.. Un peu plus élevée que pour fondre le potassium.
- Produits.....Oxide de potassium; ba-
- rite , lumière très-vive, grand dégagement de gaz et projection de la matière.
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- 56a ACTION DU POTASSIUM
- IX.
- Nitrate de potasse fondu.
- Potassium.... Une mesure M. .
- Température. :.. Un peu plus élevée que pour fondre le potassium.
- Produits.. .. Oxide de potassium ; point de lumière ; dégagement de gaz ; point de projection de matière.
- X.
- Muriate suroxigéné de potasse bien desséché.
- Potassium.. .. Une mesure M.
- Température... . Celle à laquelle le potassium îonà.+-â*'ê‘0
- Produits.. . . Oxide de potassium ; sans doute, muriate de potage; lumière très-vive; détonation (i).
- (1) Celte détonation est due sans doute .à ce qu’une portion de l’oxigène du muriate sur-oxigéné qui est en excès, se dégage subitement par la grande chaleur pro-
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- SUE LES SELS.
- 365
- XL
- Phosphate de chaux, bien sec, et précipité du phosphate acide de chaux par l’ammoniaque.
- jPotassium.. . . Une mesure M.
- Tempèmture . . . Rouge-cerise.
- Produits... . Oxide de potassium; phos-phure rougeâtre de chaux, qui, avec l’eau, a dégagé l’espèce de gaz hydrogène phos-phuré qui ne s’enflamme pas par l’air (1) ; point de lumière.
- XII.
- Phosphate de barite. Même disposition de matières et mêmes phénomènes qu’avec le phosphate de chaux.
- (t) Il exisle deux sortes de gaz hydrogène pbosphuré. 1,’nn s’enflamme à la température ordinaire, aussitôt
- jamais dans ce cas. I,e premier contient plus de phosphore que le second. On les obtient tous deux en chauffant un mélange humide de phosphore et de chaux. Celui qui s’enflamme spontanément se forme d’abord j l’autre ne se forme qu’en dernier lieu.
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- ACTION BU POTASSIUM
- XIII.
- Carbonate de cliaux ou marbre, parfaitement pulvérisé.
- Potassium.... Une mesure M.
- Température.. . . Rouge-cerise.
- Produits.....Potasse j potassium non
- décomposé ; chaux, charbon, point de lumière. Peut-être s’est-il dégagé du gaz oxide de carbone j c’est ce qu’on sauroit en faisant l’expérience sur le mercure, dans une petite cloche où on auroit d’abord introduit de l’azote.
- XIV.
- Carbonate de soude poussé au plus grand degré de feu.
- Même résultat qu’avec le carbonate de
- Carbonate de potasse saturé. Même résultat qu’avec les deux carbonates précé-
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- 365
- ♦ XVI.
- Muriate de barite fondu a\i rouge.
- Potassium ... Quatre mesures.
- Température.. . . Rouge-cerise.
- Produits.....Potassium et muriate de
- Le potassium se sublime à travers le sel, sans l’attaquer.
- XVII.
- Muriate de soude fondu au rouge. Même résultat qu’avec le muriate de barite.
- XVIII.
- Fl uate de soude fondu an rouge , et fait directement.
- Potassium.. . . Quatre mesures M.
- Température. . . . Rouge-cerise.
- Produits.....Potassium et fl uate de
- soude ; par conséquent point d’action.
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- 3G6 ACTION DU POTASSIUM
- XIX.
- Fluate de chaux naturel.
- Potassium... Quatre mesures M. Mêmes résultats qu’avec le fluate de soude.
- XX.
- Borax du commerce, exposé à un grand feu.
- Potassium... . Quatre mesures M.
- Tube de cuivre.... Suffisamment large.
- Température . . . Rouge-cerise.
- Produits.. .. Potassium et borax : par conséquent, point d’action.
- On n’a essayé ni les phosphites, ni les ni-ftrites alcalins et terreux ; mais ces sels se-roient décomposés, sans doute, par le potassium, à une température élevée.
- XXI.
- Sulfate d’argent bien sec, fait de toutes pièces.
- Potassium.... Deux mesures M.
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- SUR LES SELS. 367
- Température.... Un peu plus élevée que pour fondre le potassium.
- Produits.... Oxide de potassium ; sulfure, réduction de l’oxide d’argent; lumière vive.
- XXII.
- ulfate de cuivre du commerce desséché;
- Sulfate de plomb fait en versant de l’acide sulfurique dans l’acétate de plomb ;
- Sulfate de mercure peu oxidé, fai t eu versant du sulfate de soude dans le,nitrate de' mercure au minimum d’oxidation.
- Potassium.... Pour chacun de cés sulfates, deux mesures M.
- Température... Un peu plus élevée que pour fondre le potassium.
- Produits.... Comme avec le sulfate d’ar-
- Sulfate de fer du commerce desséché ; Sulfate de zinc du commerce cristallisé et desséché.
- Potassium.... Pour chacun de ces sulfates, trois mesures M.
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- 568 ACTION DU POTASSIUM
- Température... . Un peu plus élevée. Produits.... Comme avec le sulfate d’argent (i).
- XXIV.
- Nitrate d’argent desséché, et fait avec acide nitrique et argent.
- Potassium.. . . Une mesure M.
- Température.... Celle à laquelle le potassium fond.
- Produits.....Oxide de potassium; ar-
- gent, lumière, dégagement de gaz.
- XXV.
- Nitrate de cuivre fait avec acide nitrique et cuivre , et desséché ;
- Nitrate de mercure fait directement, et desséché ;
- Nitrate de plomb fait avec litharge et acide nitrique, et desséché ;
- Nitrate de zinc fait avec zinc et acide nitrique, et desséché.
- Potassium pour chacun de ces nitrates.... Deux mesures M.
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- SUR LES sels. 36g
- Température.... Celle à laquelle \e potassium fond, -f 5ÿ‘>-
- Produits.... Comme avec nitrate d’argent.
- XXVI.
- Muriate d’argent sec, et fait avec sel ma* rin et nitrate d’argent.
- Potassium.... Une mesure M.
- Température.... Un peu plus élevée que pour fondre le potassium.
- Produits.... Muriate de potasse, argent ; lumière vive.
- XXVII.
- Muriate de mercure au minimum d’oxi-dation, du commerce ; ou sublimé doux ;
- Sublimé corrosif du commerce;
- Muriate de cuivre sec, et fait avec oxide de cuivre et acide muriatique ;
- Muriate de plomb, fait avec acétate de plomb et muriate de soude ;
- Muriate d’étain du commerce.
- Potassium.... Une mesure M pour chacun de ces sels.
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- 370 ACTION DU POTASSIUM
- Température.... Un peu plus élevée que pour fondre le potassium.
- Produits.... Comme avec muriate d’argent.
- XXVIII.
- Phosphate de plomb sec, natif.
- Potassium.... Deux mesures M.
- Température.... Un peu plus élevée que pour la fusion du potassium.
- Produits.... Oxidedepotassium; plomb, phosphure ; lumière.
- Il est probable qu’il s’est formé du phosphure de potasse; car les produits mis avec l’eau dégageoient du gaz hydrogène phos-phuré : ce gaz ne s’enflammoit pas.
- XXIX.
- Fluate d’argent sec, et fait avec acide fluorique et oxide d’argent.
- Potassium.... Une mesure M.
- Température.... Un peu plus élevée que pour la fusion du potassium.
- Produits.... Fluate de potasse, argent; lumière.
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- XXX.
- Fluate de plomb.... Idem.
- XXXI.
- Carbonate de plomb natif.
- Potassium.... Deux mesures M.
- Température.... Un peu plus élevée que pour fondre le potassium.
- Produits... Oxide de potassium; plomb, charbon ; lumière.
- L’acide carbonique, d’une portion du carbonate, s’est dégagé par l’action de la chaleur.
- XXXII.
- Carbonate de fer natif;
- Carbonate de manganèse, fait au moyen du sulfate de manganèse et du carbonate de potasse.
- Température.... Comme la précédente.
- Produits.... Oxide de potassium; charbon , pas de lumière très-sensible.
- XXXIII.
- Arsenite de cuivre , ou vert de Scheele,
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- 372 ACTION DU POTASSIUM
- fait en versant de l’arsenite de potasse dans le
- sulfate de cuivre.
- Potassium.... Deux mesures M.
- Température.... Un peu plus élevée que pour fondre le potassium.
- Produits.... Oxide de potassium ; arsenic et cuivre alliés; lumière.
- XXXIV.
- Arseniate de cobalt, obtenu avec muriate de cobalt pur et arseniate de potasse.
- Potassium.... Deux mesures M.
- Température.... Un peu plus élevée que pour fondre le potassium.
- Produits.... Oxide de potassium ; arsenic et cobalt alliés; lumière.
- XXXV.
- Arseniate de nickel obtenu avec sulfate de nickel pur, et arseniate de potasse;
- Arseniate de cuivre obtenu avec sulfate de cuivre et arseniate de potasse ;
- Arseniate de plomb obtenu avec acétate de plomb et arseniate de potasse.
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- SUR LES SELS.
- 373
- Potassium.... Deux mesures M.
- Produits..... Comme avec arseniate de cobalt.
- XXXVI.
- Chrômate de plomb bien sec, et obtenu avec chrômate de potasse et acétate de plomb.
- Potassium.... Deux mesures M.
- Température.... Un peu plus élevée que pour fondre le potassium.
- Produits.... Oxide de potassium ; plomb, peut-être chrôme; lumière.
- XXXVII.
- Chrômate de mercure sec , et fait avec nitrate de mercure peu oxidé et chrômate de potasse.
- Potassium.... Deux mesures M.
- Température.... Un peu plus élevée que pour fondre le potassium.
- Produits.... Oxide de potassium ; mercure, peut-être chrôme; lumière, légère détonation due à la vapeur mercurielle.
- On n’a point essayé l’action du potas-
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- ACTION DU SODIUM
- 374
- sium sur d’autres sels métalliques; mais d’après ce qui précède, il est certain qu’il a la propriété de les décomposer tous , et d’enlever l’oxigène tout à la fois à l’acide et à l’oxide.
- De Vaction du sodium sur les sels alcalins r terreux et métalliques (1).
- ü61. Le sodium agit comme le potassium sur ces corps. Il n’a sur eux aucune action bien sensible à froid, tandis qu’à chaud il en opère la décomposition; mais pour cela il exige une température un peu plus élevée que le potassiu/n : d’ailleurs les phénomènes sont absolument les mêmes de part et d’autre, ainsi que la manière d’opérer, si ce n’est que les sulfates de barite et de soude , le nitrate de potasse et le carbonate de chaux sont décomposés avec dégagement de lumière par le sodium , et qu’ils le sont sans dégagement de lumière par \e potassium. On se contentera de rapporter quel-
- (1) On a dit précédemment comment on les avoit préparés.
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- SUR LES SELS. 370
- ques résultats pour en donner une idée plus exacte.
- I.
- Sulfate de barite.
- Sodium.... Une mesure M.
- Température.... Voisine du rouge-cerise.
- Produits.... Oxide de sodium; sulfure jaune; la matière devient rouge de feu, et produit un bruit semblable à celui d’un fer rouge qu’on plonge dans l’eau, au moment où la décomposition du sel a lieu.
- IL
- Sulfate de soude.
- Sodium.... Une mesure M.
- Température.... Voisine du rouge-cerise.
- Produits.... Les memes qu’avec sulfate de barite.
- III.
- Sulfate de chaux.
- Sodium.... Une mesure M.
- Température.... Estimée 200°.
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- 376 ACTION DU SODIUM
- Produits.... Les mêmes qu’avec sulfate de barite, seulement un peu plus de lumière.
- . IV.
- Nitrate de potasse.
- Sodium.... Une mesure M.
- Température.... A peu près celle à laquelle le sodium fond.
- Produits.... Oxide de sodium, potasse peut-être oxidée, dégagement de gaz; lumière très-vive.
- V.
- Carbonate de cbaux ou marbre.
- Sodium.... Deux mesures M.
- Température.... Trèsv-oisine du rouge-cerise.
- Produits.... Oxide de sodium, chaux , charbon, peut-être gaz oxide de carbone; lumière foiblai
- VL
- Muriate de barite fondu au rouge.
- Sodium.... Deux mesures M»
- Tube.... De cuivre.
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- SUR LES
- !77
- Température.... Très-élevée.
- Produits.... Sodium ; muriate de barite.
- VIL
- Fluate de soude fondu au'rouge, et fait directement.
- Sodium.... Quatre mesures M.
- Tube.... De cuivre.
- Température.... Très-élevée.
- Produits.... Sodium ; fluate de soude.
- VIII.
- Sulfate d’argent bien sec et fait de toutes
- Sodium.... Deux mesures M. Température.... Un peu plus élevée que pour fondre le sodium.
- Produits.... Oxide de sodium; sulfure, réduction de l’oxide d’argent ; lumière vive.
- Nitrate d’argent desséché, et'fait avec acide nitrique et argent Sodium.... Une mesure M.
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- 378 ACTION DU POTASSIUM
- Température.... Celle à laquelle le1 sodium fond. -hQ*
- Produits.... Oxide de sodium; argent; lumière, dégagement de gaz.
- X.
- Muriate de mercure, du commerce, au minimum d’oxidation , ou sublimé doux;
- Sublimé corrosif du commerce ;
- Muriate de cuivre sec, et fait avec oxide de cuivre et acide muriatique.
- Sodium.... Une mesure M pour chacun de ces sels.
- Température.... A peu près celle à laquelle le sodium fond.
- Produits.... Muriate de soude, mercure et cuivre revivifiés; lumière vive.
- DE L’ACTION DU POTASSIUM SUR LES MATIÈRES VÉGÉTALES ET ANIMALES.
- 362. Pour examiner cette action, on s’est servi d’un petit tube de verre d’un décimètre de hauteur, de 2 à 3 millimètres de largeur et fermé par une de ses extrémités. On a
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- SUR LES MAT. VÉGÉT. ET ANIM. 3j<) d’abord mis au fond de ce tube une petite quantité de matière végétale ou animale. Ensuite on y a mis une demi-mesure M de potassium, puis une nouvelle quantité de matière végétale ou animale, et enfin du sable; de sorte que le potassium touchoit de toutes parts la matière sur laquelle on vouloit essayer son action , sans être en aucune manière en contact avec l’air. Non-seulement le sable contribuoit à l’en préserver, mais encore il empêchoitque le mélange ne fût assez soulevé pour sortir du tube. Le tableau suivant contient tous les résultats qu’on a obtenus.
- NOM DS LA SUBSTANCE. PHÉNOMÈNES. OBSERVAT.
- Acide muqueux pur et sec. Acide oxalique desséché. Oxidation d t métal anssîtôt qu'il entre eu fusion, lumière produite, décomposition de l'acide et charbon déposé. Oxidation. du métal aussitôt qn'il entre en fusion, lumière très-vive, charbon déposé. L’acide oxalique ne produit avec le potassium qu'un foible dégagent, de lumière , lors-qu’on ne l’a pa* bien desséché.
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- 38o
- ACTION DU POTASSIUM
- j NOM DB LA SUBSTANCE. PHÉNOMÈNES. OBSERVAT.
- Acide tartareux pur et desséché. Acide citriq. pur et desséché. Acide benzoïque. Oxidation du métal, fusion et boursoufflement considérable de l'acide , décomposition de cet acide, poiut de flamme sensible, charbon déposé. Oxidation du métal, fusion et décomposition de l'acide, poiut de flamme sensible, charbon déposé. Fusion de l’acide , oxidation du métal à une température bien au-dessus de celle à laquelle il| fond ; point de lumière , charbon! mis à nu. Si le potassium ne décompose pas les acides citrique et tartareux avec lumière,c'est sans doute parce qne ces acides retiennent beaucoup d’eau , quelque précaution qu’on prenne pour les dessécher. j
- Acide camphori- ldem-
- Acide urique. Oxidation du métal un peu après sa fusion , lumière foible , charbon mis à nu.
- Tartrite de chaux Oxidation du métal presque aussitôt qu’il entre eu fusion, décomposition du sel, foible lumière , charbon déposé.
- Citrate de chaux pur et desséché. Oxidation du métal r décomposition du sel après la fusion du métal, point de lumière sensible, charbon déposé.
- Acétate de barite pur et desséché. Idem.
- Oxalate de chaux pur et desséché. Oxidation du métal, décomposition du sel après la fusion du métal, lumière à peine sensible, très-peu de charbou mis à nu.
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- SUR LES MAT. VJÉGÉT. ET ANIMf. 381
- NOM DS LA. SUBSTANCE. PHÉNOMÈNES. OBSERVAT.
- Sucre candi pulvérisé. Oxidation du métal un peu après ia fusion, lumière foible, charbon
- Gomme arabique du commerce pulvérisée. Idem.
- Manne purifi. par l’alcool et desséchée. Oxidation du métal un peu après sa fusion, fusion de la manne, très-foible dégagement de lumière , charbon déposé.
- Amidon. Oxidation du métal, lumière à peine sensible, charbon mis à nu.
- Sucre de lait. Foible lumière, charbon mis
- Bois de hêtre en poudre et desséché. Oxidation du métal un peu après sa fusion, combustion pyroplio-rique assez vive, charbon mis à nu.
- Indigo flore pulvérisé. Oxidation lente du métal, à une température bien au-dessus de celle à laquelle il fond ; point de lumière , charbon mis à nu.
- Résine du commerce pulvérisée. Fusion de la résine, oxidation très lente du potassium,même à uue température élevée ; point de lumière.
- Mastic en poudre Idem.
- Huile de pétrole. Huile de térébenthine. Action très-lente , même à chaud. Idem. Le potassium s’oxide à froid , dans l’espace de quelques mois, dans l'huile de pé-
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- 38a
- ACTION DU POTASSIUM
- NOM J>B LA SUBSTANCE. PHÉNOMÈNES. OBSERVAT.
- Huile d’olive. Action un peu moins lente qn’a- trole la plus pure,
- vec l'huile de pétrole. si elle a le contact de l’air ; ce
- Huile de lin. Idem. métal s’oxide à peine dans cet es-
- Alcool à 0,800 de Action lente à froid ; gaz hy- pace de temps, si
- pesanteur spéci- drogène pur. elle n’a pas le con-
- tique. tact de l’air.
- Etlier sulfurique Action très-lente à froid ; point de lumière, potasse j gaz hydro- Comme le gaz
- très-rect iûé. qui se dégage est de l’hydrog. pur. on peut supposer
- gène pur.
- Chair musculaire Oxidation lente dn métal, même qu’il provient de
- en poudre et des- à nne température bien au-dessus IVau conten. dans
- de celle à laquelle il fond ; point l'alcool et l’éther
- de lumière, charbon mis à nu. le plus rectifiés. Il seroit curieux de
- Alhumîne dessé- Idem. mettre un excès
- chée et pulvéri- de potassium avec
- sée. ces deux liquides, afin de les obtenir
- Gélatine séchée et Idem. le plus cou cen-
- pulvérisée. trés possible r c’est ce que nous
- Matière caséeuse. nous proposons
- DE D’ACTION DU SODIUM SUR LES MATIÈRES VÉGÉTALES ET ANIMALES.
- On a fait toutes les expériences tendantes à déterminer l’action du sodium sur les matières végétales et animales comme celles dont on a parlé, art. 26 2. Il en résulte qu’au-
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- SUR LES MAT. VÉGÉT. ET .ANTM. 583 dessous de 60 à 8o° , Je sodium a en général moins d’action sur ces matières que le potassium ; mais qu’à l’aide d’une température suffisamment élevée et qui n’excède guère celle à laquelle il fond, il se comporte avec toutes celles qu’on a citées, excepté l’acide tartàreux, le tartrate de chaux et l’acide urique, de la même manière que ce métal : c’est pourquoi, on se contentera de rapporter en particulier les résultats qu’on a obtenus avec ces deux acides et ce sel.
- , NOM DK LL SUBSTANCE. PHÉNOMÈNES. OBSERVAT.
- Acide tartareux Fusion de l'acide, oxidstion du
- desséché. métal à environ go1 ; dégagement de quelques jets de lumière , charbon déposé.
- Tartrate de cliaux Ozidation du métal, presque aussitôt qu’il est fondu ; lumière vive , charhtp mis à nu.
- Acide urique. Oxidatiou lente du métal, meme à une température assez élevée; point de lumière, charb. mis à nu.
- «63. II résulte de toutes ces expériences que le potassium et le sodium ont la pro-
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- 384 ACTION DU SODIUM
- priété de décomposer à l’aide de la chaleur toutes les substances végétales et animales. D’après cela, nous avions espéré qu’on pour-roit peut-être déterminer ainsi la proportion des principes qui constituent ces substances : c’est aussi ce que M. Davy avoit pensé. (Voyez Bibliothèque Britannique, tom. 5g , Sciences et ^4.iis, page 29.) Mais des essais faits avec soin, nous démontrèrent bientôt que cette méthode d’analyse étoit impraticable; et on le concevra facilement, si on observe, qu’il en résulte des gaz, presque toujours de l’huile et même un peu d’eau; que le résidu est un mélange de sous-carbonate de potasse et d’un charbon encore oxigéné et hydrogéné; et qu’au moment de la décomposition , il-y a quelquefois une portion de la matière entraînée jusque dans les tubes et tant de chaleur produite que l’appareilse brisé.
- 264. Cependant il est arrivé de-là qu’en renonçant à cette méthode, nous nous sommes occupés d’en chercher une autre ou plutôt d’eü perfectionner une qui avoit fixé notre attention depuis long-temps; de sorte que nous avons été conduits à faire des
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- SUR LES MAT. VÉgÉT. ET ANIM. 385 recherches sur l’analyse végétale et animale, tout en poursuivant celles que nous avions commencées sur le potassium et le sodium. Nous exposerons ces recherches dans le second volume de cet ouvrage, p. a65. Elles ont été présentées et lues à l’Institut le 15 janvier i8io. Ensuite elles ont été imprimées par extrait dans le Moniteur; puis dans le Journal de Physique , mars 1810; et enfin dans les Annales de Chimie y avril 1810, page 47 (1).
- (1) M. Davy a fait connoître, dès l’an 1807, dans son premier Mémoire sur le potassium et le sodium, et ensuite dans un Mémoire lu à la Société royâle le i5 décembre 1808, et par conséquent bien avant nous, l’action du potassium sur l’alcool, l’éther, le naphte , les huiles concrètes, les huiles fixes, les huiles volatiles et le camphre ; ainsi que celle du sodium sur l'alcool, l'cther, les huiles fixes , les huiles volatiles et le n aphte. (Voyez Trans. phil. 1808, ou Bibl. Brit. tom. 3g, Sciences et Arts, pag. a3 , 24, 29, 3o, 36 et 37.)
- Nos résultats ne sont pas toujours d’accord avec les siens. Selon M. Davy, les résines, la cire, le camphre, les huiles fixes chauffées avec le potassium sans le contact de l’air, s’enflamment, et font passer le potassium à l’état de potasse : (voyez Bibl. Brit. n° 33a, octobre 1809, pag. 115. ) Selon nous, aucune de ces substances ne s’enflamme dans ces circonstances} le potassium
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- 386
- ACTION DU SODIUM , etc.
- même ne se détruit que difficilement, car ce n’est quelquefois qu’au bout d’un quart d’heure, et plus, qu’une mesure M de Ce métal est lout-à-fait transformée en potasse.
- FIN DU PREMIER VOLUME.
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- TABLE DES ARTICLES
- CONTENUS DANS CE VOLUME.
- PREMIÈRE PARTIE.
- RECHERCHES SUR LA PILE.
- pages numéro»
- Description de la grande batterie...................... 1 i— 6
- Construction d’une petite batterie ....................... 7 7— 8
- Causes qui font varier l’énergie de la pile......... IO io
- Exposé des moyens employés pour mesurer ténergie chimique de la
- pile...................... 12 il— i5
- Expériences qui démontrent que l’énergie de la pile est plus grande avec un mélange d’acide et de sel qu’avec un acide
- seul...................... 16 16
- Expériences tendantes à prouver que les effets chimiques de lapile sont proportionnels à la force
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-
- 588 TABLE
- page* mirarrcfs
- de l’acide avec lequel on la met
- en activité.................... 17 17
- Expériences faites pour savoir si la partie des fis plongée dans le liquide de l’entonnoir, étant plus ou moins longue, il se dégage plus ou moins de gaz.... iy 18
- Expériences sur le rapport de conductibilité des acides, des alcalis et des sels................... 21 19
- Expériences qui font connoitre les effets de la pile, relativement aux quantités de sels mises dans
- l’entonnoir.................... 22 20— 25
- Expériences propres à déterminer les effets de la pile relativement au nombre et à la surface des
- plaques qui la composent..... 29 24— 27
- Comparaison entre les effets chimiques et la tension électrique d’une pile montée avec divers liquides.......................... 58 28— 3i
- Action de la grande batterie SUR DIVERS CORPS.............. 4^
- Commotion que donne cette batterie....................'...... 4^ 33
- Son action sur l’eau pure....... 48 34
- — la potasse et la soude.. Id. 35
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-
-
- DES ARTICLES.
- 389
- — la barite................. 49 36
- — la slrontiane et la chaux. 5o 37
- — la magnésie. ............. 5i 58
- Expériences sur ea produc-
- * TION d’un AMALGAME PAR l’ammoniaque et les sels.
- AMMONIACAUX..................... 52
- Exposé historique.................. 52 4°— 4r
- Exposé des recherches de M. Da-
- vy sur cet amalgame............. 54 4^— 45*
- Expériences pour en déterminer
- la nature....................... 58 46— 52
- Détermination de la quantité d'hydrogène contenue dans l’amalgame ammoniacal.............. 67 53
- Détermination de la quantité d’ammoniaque contenue dans l’amalgame ammoniacal............. 69 54— 55
- SECONDE PARTIE.
- De la préparation du potassium et du sodium, et' des phénomènes qu’ils présentent avec les divers corps de la nature.
- De la préparation du potassium......................... 74
- On obtient le potassium en mettant en contact le fer et la potasse à une haute température. 74 56
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-
-
- TABLE
- 390
- Choix de la tournure de fer.... 74 ^7
- Etat dans lequel ou doit employer la potasse............ 76 58
- Disposition générale de l’appareil
- pour décomposer la potasse.. 77 5g
- Détail des opérations........ 79 60
- Procédé que l’on doit employer pour nettoyer et courber le
- canon de fusil............... 80 61— 62
- Préparation du Int destiné à recouvrir le canon de fusil, et
- manière de l’appliquer....... 81 63— 64
- Manière de remplir le canon de fusil de tournure de fer et d’alcali , et de le disposer sur le
- fourneau...................... 82 65— 67
- Précautions à prendre pour éviter une explosion............. 84 6S
- Manière de conduire l’opération pour la décomposition des alcalis , et phénomènes qui l’accompagnent................... lb. 69— 72
- Procédé pour décomposer une plus grande quantité d’alcali
- en une seule opération....... go 73___ 74
- Comment on retire le potassium du canon de fusil, et comment on le réunit en boules.. 91 75
- Examen de ce que renferme le
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-
-
-
- DES ARTICLES.
- page» numéro»
- canon de fusil après l’opérà-
- tion ....."................ 9S 76
- Théorie de la décomposition des
- alcalis...................... g5 77
- Préparation du sodium .... 97 78— 80
- Décomposition "des alcalis par
- d’aulres substances que le fer. 101 81— 85
- Tentatives pour transformer la ba-rite et la strontiane èn substances métalloïdes.......... I ©4 84— 88
- Propriétés physiques du potassium ET DU SODIUM. . . . IO7 8g------- gO
- Action de la chaleur sur \e potassium et sur le sodium........... no gr
- Note sur la différence qui existe entrelesobservationsdeM. Da-vy et les nôtres, relativement aux propriétés physiques du potassium et du sodium....... 1IO
- De l’action qu’exèrCent le POTASSIUM ET LÉ SODIUM ,
- l’un sur l’auTré.. ...... 111 92— 94
- De l’action de l’eau sur le
- POTASSIUk................... Ïl5 95— 96
- Oxidation du polonium par l'eau. 116 97
- Moyen de mesurer exactement
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-
-
- TABLE
- 392
- de très - petites quantités de
- potassium.................. 117 9°— 99
- De l’action de l’eau sur le sodium. 121 100
- Note sur la différence qui existe entre lesobservations de M. Da-vÿ et les nôtres, relativement à l’oxidation du potassium et du sodium..................... 123
- De l’action du gaz oxigène ET DE l’air SUR LE POTASSIUM ET LE SODIUM....... . 124 102—lo3
- Des divers oxides de potassium ET DE SODIUM............. 125 ïo4
- Oxides de potassium au minimum
- et au medium................ 126 jc6
- Oxide au maximum , sa préparation.......................... 128 107—Ï09
- Propriétés de cet oxide'...... i36 110
- Son action sur les combustibles. 187 111 —117
- — le gaz ammoniac..... i44 118
- — le gaz muriatique....... j45 119
- —• le gaz carbonique ..... i46 120
- le gaz sulfureux....... Ib. 121
- — l’oxide nitreux..... 149 122
- Oxides de sodium; préparation et
- propriétés de l’oxide au maximum........................ i5o 125—124.
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-
-
- DES ARTICLES.
- S9S
- Action de cet oxide sur quelques
- combustibles........ i54 125—127
- — le gaz carbonique. i56 128
- — le gaz sulfureux.. lb. 129
- Divers moyéns d’obtenir les oxides de potassium et de sodium,
- au maximum................... l58 i3o—135
- Oxidation de la potasse et de la soude par l’air, à l’aide de la
- chaleur...................... 167 i36—138
- Oxidation de la barite........ 169 139—I41
- Résumé des expériences relatives àl’oxidation du potassium, du sodium, de la potasse, de la
- soude et de la barite....... 173 14^
- Note sur la différence qui existe entre les résultats de M. Davy et les nôtres, relativement à l'oxidation du potassium et du
- sodium...................... 175
- De l’action des corps combustibles non métalliques .
- SUR LE POTASSIUM ET SUR LE SODIUM...................... I76
- Combinaison de l’hydrogène avec
- le potassium................ Ib. i/,Z
- Propriétés de celte combinaison .179144— 145 L’azote et le bore ne se combinent point avec le potassium. . 180 146—*47
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-
-
-
- Le carbone paroît se combiner
- avec le potassium.......... 181 148
- Combinaison du potassium avec
- le phosphore.............. 182 i4g
- le soufre.................ï83 i5o
- Action du gaz hydrogène plios-phuré et du gaz hydrogène
- sulfuré sur le potassium.. i84 i5l—i53
- Dissertation sur u nature
- DU PHOSPHORE ET DU SOUFRE. 187 l54
- Exposé desexpériences de M. Da-vy, d’après lesquelles il a conclu que le soufre et le phosphore ne sont point des corps
- simples...................... Ib. i55-i56
- Analyse du gaz hydrogène sulfuré ; sa densité......... 189 107
- Décomposition du gaz hydrogène sulfuré par le potassium et le sodium, d’où il résulte que ce gaz ne contient point d’oxi-:
- gène............... ig4 i58—162
- Action du potassium et du sodium sur le soufre, d’ou il résulte que ce dernier corps ne contient point d’oxigène.. 202 i63—i65 Expériences qui prouvent que le phosphore ne contient point d’oxigène............208 166—168
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-
-
-
- DES ARTICLES.
- 3g5
- Expériences qui prouvent que le gaz hydrogène phosphuré ne contient point d’oxigènc ..... 215 i6q Conclusion des expériences précédentes....................... 2i5 lyo
- De l’action dd POTASSIUM SUR LES MÉTAUX LES PLUS FUSIBLES. ........................ 217 171
- Alliage dupofcwiiumavee le plomb 218 172
- — le bismuth........219 173
- — l’antimoine..... lb. 174
- . —l’étain.......... 22O 175
- — le zinc....... 221 176
- •—le mercure......... 222 177
- — l’arSèniç, etles phénomènes qui l’accompagnent. 224 178
- Analyse du gaz hydrogène arse-
- niqué....................... 229 179
- Hydrure d’arsenic solide..... 232 ' 180
- Action du potassium sur le gaz hydrogène arseniqué............. 234 181
- Alliage du potassium avec le fer. a38 182
- De l’action du sodium sur
- LES MÉTAUX LES PLUS FUSIBLES........................ 23g i83
- Alliage du sodium avéc l’étain... 240 18i
- — leplotnb......... 24i l85—186
- — le bismuth....242 187
- — le zinc......... 243 188
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-
-
-
- 3»
- TABLE
- page» numéroi
- — l'antimoine....... Jb. 18g
- — l’arsenic.......244 190—*9*
- — le mercure........ 246 192
- Indication d’un procédé pour
- faire les autres alliages de sodium......................... 248 193
- Note sur la différence qui existe entre les résultats de M. Davy et les nôtres, relativement aux alliages de potassium et de sodium avec le mercure , l’é-
- tain , etc............... 24B
- De l’action du potassium SUR LES OXIDES NON METALLIQUES..................... a5o 194—197
- De l’action du potassium
- SUR LES OXIDES MÉTALLIQUES Sî53 198-199
- De l’action du sodium sur
- LES OXIDES, DE CARBONE, DE
- PHOSPHORE ET D’AZOTE. . . . 266 200—202
- De l’action du sodium sur
- LES OXIDES MÉTALLIQUES. . . 268 203-204
- Dissertation sur l’acide bo-
- RACIQUE, ET PARTICULIÈRE- -MENT SUR SA DECOMPOSITION
- ET SA RECOMPOSITION.........276
- Partie historique..............276 2o5—2i5
- Préparation de l’acide boracique
- pur....................... 292 216
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-
-
-
- DES A11T1CLES.
- 597
- De la décomposition de l’acide boracique par le potassium , et des produits qui en résultent.
- On propose d’appeler bore , le radical de cet acide ; et d’appeler cet acide, acide borique. 2g3 a 17-—218
- Propriétés du bore............... 2 y8
- Ses propriétés physiques ; son action sur l’oxigène, l’eau, l’alcool, les corps combustibles. 298 219—222 Le bore décompose les acides
- sulfurique et nitrique... 302 223—224
- — n'a point d’action sur le gaz
- muriatique oxigéné. ... 5o3
- — en a probablement une sur
- les acides phosphorique,. phosphoreux,carbonique 205
- — n’est point attaqué par la
- potasse..............lb.
- — enlève l’oxigène à la plu-
- part des sels qui en contiennent, et aux oxides.. 5o4 228—23i L’acide boracique n’est point décomposé par le charbon....... 3o5 25a
- L’acide boracique paroît être décomposé à une haute température par un mélange de fer et
- de charbon................... 3o6
- Détermination de la quantité
- a35
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-
-
-
- TABLE
- 598
- pages numéros
- d’oxigène ei de bore contenus
- dans l’acide borique ;. 307 a54
- De l’action du potassium sur les acides minéraux non métalliques et métalli-
- QUES.. 5o8
- Action du potassium sur le gaz
- carbonique 3o8 235
- •— le gaz sulfureux 3o9 a36
- — le gaz acide nitreux... 3io 237
- — le gaz muriatiq. oxigéné 3n 238
- — le gaz muriatique Ib. 239
- — le gaz fluorique silice.. 3x5 240
- — l’acide phosp. yitreux. 54 24X
- — l’acide borique 3x5 243
- — les acides arsenique, arsénieux , molybdique , tungs-
- tique et chrômique 3i6 244
- De l’action dd sodium sur
- LES ACIDES MINÉRAUX NON MÉTALLIQUES ET METALLIQUES ................... 3l8
- Action du sodium sur le gaz carbonique , le gaz sulfureux, le gaz muriatique, le gaz fluori-que silice, l’acide borique, les acides métalliques........ 3i8
- Des phénomènes que présen-
- a45
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-
-
-
- DES ARTICLES.
- TENT LE POTASSIUM ET LE SODIUM MISEN CONTACT AVEC
- l’air, et les acides dissous DANS l’eau , A LA TEMPERATURE DE L’ATMOSPHÈRE. ... 521
- Des phénomènes que présentent LE POTASSIUM ET LE SODIUM , EN LES METTANT EN CONTACT TOUT A LA FOIS AVEC L’EAU ET LES DIVERS GAZ, A LA TEMPÉRATURE OR-
- DINAIRE.................. 324
- De l’action du potassium sur
- LES ALCALIS A l’ÉTAT SOLIDE ET SUR LES TERRES....... 333
- De l’action du potassium sur le
- gaz ammoniac................
- Propriétés de la matière verte-
- olivâtre qui en résulte...... 34<>
- De l’action du feu sur la matière
- verte.......................... 342
- Action de l’acide borique vitreux, et de la silice sur la matière
- verte......................... 349
- Action de l’eau sur la matière
- verte.......................... 35i
- De l’action du sodium sur le gaz
- ammoniac....................... 354
- Note relative aux recherches fai-
- 399
- 246—247
- 248
- 249—25r
- 252
- 253
- 254—255
- s56
- a58
- 25g
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-
- 400 ’ TABLE
- page»
- tes par M. Davy sur l’ammo-
- niure de potassium........ 356
- De l’action du potassium sur
- LES SELS ALCALINS , TERREUX
- ET MÉTALLIQUES............ 357
- Action du potassium sur les sels
- alcalins et terreux .. 35 g
- — les sulfates........ 35g
- — les sulfites.........36o
- — les nitrates et le muriale
- suroxigéné de potasse. 361
- — les phosphates... 363
- — les carbonates..... 364
- — les muriates, le fluale
- de chaux et le borax. 365 Action du potassium sur les sels métalliques.................... 366
- — les sulfates.........366
- — les nitrates.........368
- — les muriates....... 36g
- — phosphates et Huâtes.. 370
- — carbonates et arsenites. 371
- — arséniales.......... 372
- — chromâtes........... 375
- Action du sodium sur les
- SELS ALCALINS, TERREUX ET
- MÉTALLIQUES................. Z'ji
- Action du sodium sur les sels alcalins et terreux........... 375
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- ARTICLES.
- — sur les sulfates alcalins 3^5
- — nitrates , carbonates et
- muriates............... 376
- — Ouates............... 377
- — sulfates et nitrates mé-
- talliques...............377
- — muriates .............378
- De l’action du potassium sur les matières végétales et animales. 378 De l’action du sodium sur les matières végétales et animales. . 38a Conséquences résultantes de l’action du potassium et du sodium sur les substances végétales et animales................... 383
- 262
- a63
- FIN DE LA TABLE DU PREMIER VOLUME.
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- ERRATA.
- Page g ligne i3 le mastic sera mollissant, lisez le mastic se ramollissant.
- 23 17 que celle employée, lises que celle qui a été employée.'
- 38 6 vingt paires seulement, effacez ces
- i52 4 absorbe i48parlies de gaz, lisez 74 parties de gaz.
- 162 25 la couleur lan che, lisez la couleur blanche.
- 169 25 du nitrate de cette base calcinée, lises du nitrate de cette base, cal-
- *7* 3 extraite de nitrate, lisez extraite-d a
- 201 . 2? col. quantité de potassium, lisez quantité de sodium.
- s5g i3 an minium d’oxidation, lisez au minimum d’oxidation.
- 276 l5 au lieu de (198), /isez(igg).
- 285 8 au lieu de (3o7), lisez (207).
- 3i4 3 au lieu de (78), lisez (84).
- 315 8 bleu pur, lisez bien pur.
- 335 g de potassium, lisez du potassium.
- 336 19 , seulement, Usez : seulement.
- 337 5 au lieu de (122), lisez (1%%).
- 349 16 l’acide bociqne, lisez l’acide borique.
- 35i 18 en le portant à 5o ou 6o°, il s’est développé, lisez en élevant la température à 5o ou 6o° : il s’est développé.
- 367 6 ulfate, lisez sulfate.
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- EXPLICATION
- DES PLANCHES.
- PLANCHE I,
- Fig. l. Vnç perspective de la grande batterie.
- Fig. 2,3,4- Plan > élévation et profil d’une pile. p a a a. Tréteau qui soutient la pile. ÿ b. Châssis qui sert à la maintenir.. cc. Vis au moyen desquelles on sert les plaques les unes contre les autres.
- 4d. Plaques qui composent la pile, ee. Rebords de quatre centimètres qui s’élèvent au-dessus des plaques pour maintenir J’e*cédant du liquide qui sert à
- ff Baguettes de verre sur lesquelles reposent les plaquas et qui fervent k les isoler du
- g g. Baguettes de verre contre lesquelles s’appuient les plaques et qui les isolent du châssis.
- hh. Auge destinée à recevoir le liquide de la pile, lorsqu’on en tire la baguette i i. ii. Baguette de baleine pour intercepter la communication entre les plaques.
- 1. ,37
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- '.49/i
- EXPLICATION
- PLANCHE IL
- Fig. i et a. Ele’vatiou et plan de la grande batterie.
- Fig. 3 et l\. Elévation et plan de deux piles. a a a. Tonneaux contenant le liquide destiné à remplir les auges de la batterie. b b b. Tonneaux contenant de l'eau pour laver les auges de la batterie. e c c. Syphons de plomb pour l’écoulement du liquide des tonneaux. ddd. Canaux recevant le liquide des tonneaux par le moyen des syphons et le conduisant dans les auges, e e e. Fils métalliques établissant une communication entre tes diverses piles qui composent la batterie.
- ff. Auge qui reçoit* le liquide de toutes les piles , par le moyen des auges particulières gg, eto.
- PLANCHE III.
- Fig. 2. Plan de la petite batterie.
- Fig. i. Coupe suivant la ligne A B.
- a a. Tables légèrement inclinées sur lesquelles sont placées les.pilcs. b. b. Piles, chacune de cent paires..
- PC c. Fils métalliques qui établissent une corn* muniçatiun entre les piles.
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- DBS PLANCHES- />o5
- Fie. 5 et 4. Détails des tréteaux qui supportent les tables et le canal dd desiiné à rassembler le liquide des auges lorsqu’on les vide.
- Fio. 5. Appareil pour la décomposition de l’eau, et la détermination de la propriété conductrice de divers liquides. a a. Petite pile de vingt paires. b b. Fils métalliques lulés avec des tubes cc de verre ou métalliques, remplis de mercure.
- d d. Fils de platine plongeant d’une part dans les tubes cc, et entrant de l’autre dans l’entonnoir ee, rempli du liquide dont on veut connoître la propriété conductrice de l’électricité.
- /. Cloche destinée à recueillir les gaz,
- Fi o. 6. Vue de face et de profil des conducteurs bb et des tubes ce auxquels ils sont
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TOME 2
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- RECHERCHES
- PHYSICO-CHIMIQUES,
- FAITES A L’OCCASION DE LA GRANDE BATTERIE VOLTAÏQUE DONNÉE PAR S. M. I. ET R. A L’ÉcOLE POLYTECHNIQUE.
- TOME II.
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- DE L’IMPRIMERIE DE CRAPELET.
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- 7? MM/
- RECHERCHES
- PHYSICO-CHIMIQUES,
- les Propriétés du Potassi l’Acide boracique;
- Avec six Planches en taille-douce.
- TOME SECOND.
- A PARIS,
- Chez DETERVILLE, Libraire, rde Hautefeoille,
- M. DCCC. XI.
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- RECHERCHES
- PHYSICO-CHIMIQUES.
- TROISIÈME PARTIE,
- CONTENANT des recherches i°. sur l'acide fluo-rique ; 2°. sur l’eau qui peut exister dans les gaz, à l’état hygrométrique ouà tétât de combinaison; 3°. sur l’acide muriatique et l’acide muriatique oxigéné; 4°. sur la production et une liqueur particulière , en traitant par le phosphore l’acide muriatique oxigéné , et le muriate de mercure peu et très-oxidé ; S°. sur la propriété qu’a l'eau de faciliter la décomposition des carbonates par le feu ; 6°. sur la manière dont la lumière agit dans les phénomènes chimiques ; y°. sur la quantité d’eau que retiennent la potasse et la soude exposées à une chaleur rouge; 8°. sur les raisons qu’on peut alléguer en faveur de l'hypothèse des hy-drures , et sur celles qu’on peut alléguer en faveur de l’hypothèse dans laquelle on regarde le potassium et le sodium comme des êtres simples ; 9°. enfin sur tous les points à l’égard desquels nous différons d’opinion avec M. Davy.
- DE L'ACIDE PLDORIQUE.
- 265. Comme nous avons fait un grand nombre d’observations nouvelles sur l’acide
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- DE L’ACIDE
- fluorique, nous ne nous bornerons pas à en étudier l’action sur le potassium et le so~ dium: nous présenterons l’histoire presque complette de cet acide.
- Préparation de Vacide fluorique.
- 266. Il ne faut extraire l’acide fluorique que du fluate de chaux bien pur et surtout exempt de silice. On pile; on tamise ce sel, et on le mêle, avec environ deux fois son poids d’acide sulfurique concentré, dans une cornue de plomb, qui doit être faite de deux pièces entrant à frottement l’une dans l’autre, pour pouvoir en retirer facilement le résidu après l’opération. On place cette cornue sur un fourneau; on en lu te les jointures avec de la terre, et on en fait rendre le col dans un tube de plomb renflé vers la partie moyenne, entouré de glace et terminé par une très-petite ouverture. On chauffe peu-à-peu, et bientôt on entend une véritable ébullition; c’est l’acide fluorique qui passe dans le récipient, et qui s’y condense tout entier sous la forme d’un liquide très-remarquable par ses propriétés. L’opération
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- FLUORIQUE.
- est terminée quand, en retirant le col du récipient et le refroidissant, on n’appeeçoit pas de traces de liquide à son extrémitéüOn voit un appareil de ce genre pl. 5 , fig. 7 ; AA, indique la réunion des deux pièces qui composent la cornue.
- 267. On peut à défaut d’une cornue, se servir d’un large tube de plomb ; mais il faut y adapter un bouchon de plomb troué, auquel on soude un petit tube de plomb pour conduire, comme dans le cas précédent, l’acide au fond d’un récipient entouré de glace. On ne doit remplir le tube qu’aux deux tiers ; on doit en outre bien mêler les matières avec une tige de fer ou de cuivre, et ménager le feu avec beaucoup de soin : autrement , le mélange pourroit s’élever .assez pour passer dans le récipient. Il est nécessaire aussi d’entretenir assez de chaleur dans la partie supérieure du tube pour que l’acide ne s’y condense-pas, et d’appliquer du lut gras sur le bouchon pour Je rendre imperméable : enfin on ne doit pas conduire trop loin l’opération , sans remettre de l’acide dans le tube; car le sulfate de chaux qui se forme, s’attache tellement au tube,
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- DE L’ACIDE
- qu’on ne peut que difficilement l’en déta-chejfe On n’a pas cet inconvénient à craindre, en $e servant d’une cornue faite de deux pièces; et de plus, on peut préparer beaucoup d’acide fluorique à la fois.
- Dans tous les cas, il faut que le plomb ne contienne pas de soudure : c’est une condition sans laquelle il se produiroit de l’acide sulfureux. On ne peut pas substituer des vases de cuivre aux vases de plomb ; il s’y produiroit encore beaucoup plus d’acide sulfureux que quand ceux-ci contiennent de l’étain. Lapl. 5, fig. 6, représente l’appareil que l’on vient de décrire. AA' est un assez gros tube de plomb dans lequel on met le fluate de chaux et l’acide sulfurique. BB' est un petit tube de plomb courbe qui entre à frottement, d’une part, dans le grand tube AA', et de l’autre, dans le récipient cylindrique C aussi en plomb. DD' est un vase plein de glace dans lequel le récipient C plonge. EE' est le fourneau où on dispose le tube de plomb AA' pour le chauffer convenablement.
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- FLUOHIQUE.
- Propriétés de Vacide fluorique.
- 268. L’acide fluorique ainsi obtenu ne ressemée en ri^n à celui qu’on a connu jusqu’ici. On va en juger par ce qui suit. Cet acide est à l’état liquide à zéro et même à quinze degrés au-dessus de zéro ; il ne se congèlepointà vingtdegrés au-dessous. Nous ne savons pas précisément à quelle température il entre en ébullition; mais ce qu’il y a de certain, c’est qu’elle n’est pas élevée. Pour le conserver liquide, même au-dessous de quinze degrés, il faut le priver avec soin du contact de l’air : autrement, il se vapo-riseroit et dispax-aîtroit très-promptement, du moins en grande partie. On ne peut se servir pour cela que de vases m étaliiques, parce qu’il attaque tous les corps excepté les métaux : encore agit - il fortement sur plusieurs de ceux-ci. Des vases de plomb rem-pliroient toutes les conditions désirables, si on pouvoit les fermer exactement avec un bouchon de plomb ; mais comme la mollesse de ce métal fait qu’ilâjigste toujours, entre le bouchon et la paroi au goulot, quelques fissures à travers lesquelles l’acide passeroit
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- j> ACIDE
- encore, malgré le lut qu’on pourroit y mettre (1), il faut employer de préférence des vases d’argent dont le bouchon sera fait, si l’on veut, de cuivre couvert d’argent.
- 269. Aussitôt que cet acide est en contact avec l’air, il répand de fortes vapeurs , en s’emparant de l’eau qui s’y trouve. L’odeur en est extrêmement piquante, beaucoup plus que celle de l’acide muriatique. On courroit de très-grands dangers en osant le respirer. Lorsqu’on en verse quelques gouttes dans de l’eau, il en résulte une chaleur considérable ; elle est telle même, que chaque goutte d’acide en se combinant avec l’eau, fait entendre un bruit semblable à celui qu’on produit en plongeant dans ce liquide une petite barre de fer rouge : ainsi, cette chaleur est bien supérieure à celle qu’on obtiendroit avec l’eau et l’acide sulfurique le plus concentré. Si au lieu de verser quelques gouttes d’acide fluorique dans de l’eau, on verse quelques gouttes d’eau dans de l’acide fluorique, il entre
- •-------------------*-------------
- (1) D’ailleurs, l’acide secombinerait en
- 1 grande par-
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- FLUORIQUE. 7
- subitement en ébullition : il peut contenir beaucoup d’eau et être encore fumant.
- 270. A peine l’acide fluorique est-il en contact avec le verre qu’il le dépolit , s’échauffe fortement, bout, disparoît, et se réduit en gaz fluorique silicé ordinaire dont on connoît bien la plupart des propriétés. On met facilement ces résultats en pleine évidence. A cet effet, on mêle ensemble dans un tube de plomb cinquante grammes de fluate de chaux pur, et soixante-dix à qualre-vingt grammes d’acide sulfurique concentré; et on y adapte, par le moyen d’un bouchon de plomb troué, un petit tube de plomb recourbé (1): on applique du lut gras sur le bouchon, et on chauffe peu à peu le tube, presque jusqu’à son extrémité supérieure. D’abord , l’air des vaisseaux passe: on ne le recueille point. Mais bientôt on apperçoit quelques gouttes d’un liquide fumant .-alors on fait passer le petit tube de plomb recourbé sous une éprouvette pleine de mercure. De cette manière, les nouvelles
- (>) La Parlie ^ ce tube qui plonge dan» le mercure ment ; autrement elle s’y dissoudrait.
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- IAACiDJS
- portions de liquide qui distillent, s’élèvent dans la cloche en en touchant quelquefois les parois. Aussitôt, elles attaquent le verre, l’obscurcissent, l’échauffent considérablement, bouillonnent, et se réduisent en une grande quantité de gaz acide fluorique silice, et en une matière solide qui reste sur les parois de la cloche; matière composée de fluate acide de silice et d’un peu de cire que l’acide entraîne constamment et dont elle retient une très-petite partie. Quoique ce gaz acide fluorique silicé soit formé subitement, il estcomplettement saturé de silice et ressemble à celui qu’on fait dans des vases de verre avec du fluate de chaux silicé et de l’acide sulfurique.
- 271. On voit maintenant pourquoi on a recommandé (266) de ne se servir absolument que de fluate de chaux pur, et surtout exempt de silice, pour obtenir l’acide fluorique : car autrement il est évident que cet acide resteroit gazeux et ne se liquéfieroit pas. Il paroit même qu’une très-petite quantité de silice suffit pour gazéifier l’acide fluorique : ensorte qu’on peut savoir par là si un fluate de chaux est tant soit peu siliceux-
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- FIA'O KIQ UH.
- 272. Etendu d’une plus ou moins grande quantité d’eau , l’acide fluorique agit toujours plus ou moins fortement sur le verre ; mais sans se réduire en gaz et en formant toujours un fluate acide de sjlice qui reste en dissolution (1). S’il ne contient pas assez d’eau pour cesser d’être fumant, son action sur le verre, est presqu’instantanée ; s’il en contient précisément ce qu’il en exige pour ne pfus l’être, cette action est encore très-énergique, et elle devient beaucoup plus foible, s’il est très-étendu d’eau: cependant elle est sensible du jour au lendemain. On s’en apperçoit facilement en mettant une portion de cet acide très-étendu dans un verre à pied; auboutdevingt-quatre heures, on en précipite beaucoup de silice par l’ammoniaque, et tou te la paroi du verre qui a été mouillée, est amincie.
- 275. Il résulte delà que le meilleur moyen de graver sur le verre par l’acide fluorique, est d’employer cet acide à l’état liquide et non à l’état de gaz ; car il suffit pour cela de
- (.) Il faudrait qu’on ne le combinât qu’avec une bien petite quan lité d’eau, pour qu’il conservât la propriété-
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- DE L’ACIDE
- verser de l’acide liquide dans les traits de la gravure qu’on a faits sur la cire et de le laisser agir très-peu de temps. On pourroit s’en servir également pour dépolir toute espèce de verre.
- On ne doit chercher, dans aucun de ces deux cas, à obtenir l’acidefluorique dans son plus grand état de concentration, puisque, pour l’employer, on seroit toujours obligé de l’étendre d’eau. Il faut, au contraire, mettre de l’eau dans le récipient, pl. 5, fig. 7, et d’y faire arriver l’acide jusqu’à ce qu’elle commence à devenir fumante.
- 274. De toutes les propriétés de l’acide fluorique, la plus extraordinaire est son action sur la peau : à peine la touche-t-il, que déjà elle est désorganisée. Une forte douleur se fait bientôt sentir ; les parties voisines du point touché ne tardent point à devenir blanches et douloureuses; et peu après, il se forme une cloche dont les parois sont blanches, très-épaisses, et qui, au bout de. quelque temps contient du pus.
- Quelque petite que soit la quantité d’acide , quand bien même elle seroit à peine visible, ces phénomènes auraient également
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- FLUORIQUE. 11
- lieu. Le développement s’en feroit seulement avec lenteur : ce ne seroit quelquefois que sept à huit heures après le contact qu’on les observerait ; et pourtant la brûlure seroit encore assez forte pour causer une vive douleur, ôter le sommeil, et donner un mouvement de fièvre. On ne sauroit donc prendre trop de précautions pour se préserver de cet acide ; soit lorsqu’il pénètre à travers les luts et qu’on veut les raccommoder; soit lorsqu’on fait trop de feu , et qu’ayant fondu le tube, on veut l’enlever ; ou bien encore , lorsqu’après l’opération on veut le transvaser. Plus d’une fois nous avons été fortement blessés, et nous avons vu plusieurs jeunes chimistes se blesser bien plus grièvement encore, quoique prévenus de tous les dangers.
- Il y a eu surtout trois d’entr’eux dont l’index et le pouce n’ont pu être guéris que dans l’espace d’un mois ; et cependant ces organes n’avoient été que quelques secondes en contact avec l’acide en vapeur. Il est plu? que probable qu’ils auroient perdu les deux doigts, ou du moins qu’ils n’auroient pu s’en servir que difficilement, s’il en fût tombqdes-sus quelques gouttes. Ce qui pepermet point
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- d’en douter, c’est ce qu’a éprouvé un petit chien sur le dos duquel on en avoit mis six. gouttes, après en avoir coupé le poil avec des ciseaux. Au moment même du contact, l’animal ne sembloit pas souffrir • mais une ou deux minutes après, il a commencé à crier, en courant de tous côtés. Quelquefois il se couchoit et se plaignoit, mais un instant après, il se levoit et couroit de nouveau en jetant des cris. Il ne vouloit ni boire ni manger ; il enfloit sensiblement d’heure en heure, et il l’étoit tellement au bout de deux jours, qu’il ne pouvoit plus marcher que très-difficilement. A cette époque, on l’a perdu de vue par mégarde ; il s’est traîné hors du laboratoire, et il sera sans doute mort quelque temps après.
- Il est difficile d’apporter des remèdes à ces brûlures. L’acide est tellement combiné avec la peau et la chair,. qu’il est impossible de l’en séparer par aucun moyen. On en enlève tout au plus quelques portions par la potasse ; cependant il est bon de se servir de cet alcali. Mais, ce qu’il faut faire surtout , c’est d’appliquer sur le point touché un cataplasme émollient, et de percer la
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- FLTJORIQUE.
- peau le plus promptement possible pour en faire sortir le pus; de cette manière on est soulagé tout de suite, et on guéri t promptement, si la plaie n’est pas considérable. En comparant à ces effets ceux que produisent les acides sulfurique et nitrique, on trouve que ceux-ci sont incomparablement plus foibles. En effet, on peut verser quelques gouttes de ces deux acides sur la main, les y laisser quelque temps, les enlever ensuite avec de l’eau, et W* résulte qu’une sensation un peu cuisante, qui dure à peine une heure ou deux ; tandis que, si on met-toit sur la peau de l’acide fluorique avec la pointe d’une aiguille, on souffriroit plus
- 27.5. On conçoit aisément que nous ne devions point négliger de mettre un liquide aussi actif en contact avec le métal de la potasse : mais prévoyant que l’expérience ne seroit point sans dangers, nous l’avons faite de manière à les éviter tous. On a mis du fluate de chaux pur, et de l’acide sulfurique concentré dans un tube de plomb. On a fait communiquer ce tube avec un autre tube de plomb convenablement recourbé.Ce der-
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- »ier tube étoit adapté à un petit tube de cuivre placé horizontalement, légèrement courbé dans sa partie moyenne, et refroidi par de la glace. On a chauffé ; et aussitôt qu’une certaine quantité d’acide a été condensée dans le tube de cuivre , on y a porté gros comme une noisette de métal. A peine le contact en tre le potassium et l’acide a-t-il eu lieu, qu’une violente détonnation s’est fait entendre, qu’une combustion vive et subite a eu et que le laboratoire,
- quoique grand, a été rempli de vapeurs. Rien n’étoit resté dans le tube, et par conséquent il nous a été impossible de savoir ce qui s’étoit passé; si ces effets étoient dus à une décomposition d’acide, ou à un dégagement d’hydrogène.
- Pour le savoir, nous avons répété l’expérience , en apportant quelques modifications dans la manière de la faire. Le tube de cuivre dont il vient d’être parlé dans la première expérience, eommuniquoit dans la seconde avec une cloche pleine d’eau, par le moyen d’un tube intermédiaire, llnecon-tenoit rien autre chose que du gaz azote, au moment où on y a introduit le métal; et on
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- FLUORIQUE. l5
- ne l’a adapté au tube de plomb, d’où se dé-gageoit l’acide fluorique, que quand cet acide commençoit à en sortir. De cette manière , le métal n’a point eu le contact de l’air ; l’acide n’a agi sur lui que peu à peu ; il n’y a point eu de vive combustion ni de détonnation, il n’y a eu qu’une assez vive chaleur : de sorte qu’on a pu recueillir tous les produits de l’opération. Du gaz hydrogène en quantité remarquable, étoit l’un de ces produits ; l’autre, contenu dans le tube de cuivre, étoit un liquide parfaitement transparent, qui n’étoit autre chose que du fluate acide de potasse, et qui, exposé à l’air, répandoit de fortes vapeurs, et bientôt se prenoit en une masse cristalline. En distillant cette masse cristalline dans une cornue de verre munie d’un récipient, on en a retiré du fluate de potasse, de l’eau et du fluate acide de silice.
- De là on doit conclure, que l’acide fluorique qu’on extrait du fluate de chaux par l’acide sulfurique très-concentré, contient de l’eau ; qu’il forme une combinaison intime avec cette eau ; qu’il agit comme elle-même sur le potassium, et seulement avec
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- DE L’ACIDE
- 16
- plus de force, et qu’ainsi il n’est point décomposé par cette substance métallique.
- 276. T^out ce que nous venons de dire sur l’acide fluorique, montre évidemment que, jusqu’ici, on n’en avoit eu qu’une idée très-imparfaite, et que c’est, en quelque sorte, un acide nouveau que nous faisons connoître. En effet, Scheele à qui on en doit la découverte, ne l’a jamais obtenu que combiné avec la silice, et il en est de même de tous ceux qui ont essayé d’en préparer, soit parce qu’ils ont opéré dans des vases de verre, comme Scheele, soit parce qu’opérant dans des vases de plomb , ils se sont servis d’un fluate de ehaux impur (1). Il étoit donc nécessaire d’en examiner l’action sur les bases salifiables alcalines, terreuses et métalliques.
- (1) Il existe beancoup de fiuate de chaux qu’on re-garjje comme pur, parce qu’il paroîl bien homogène, qu’il est presque transparent, et qu’on n’y distingue aucune couche de silice : cependant il en contient souvent une petite portion ; et dès-lors il est impossible d’en extraire l’acide fluorique liquide dont nous avons décrit les propriétés (268). Cette pelile quantité de silice suffit pour empêcher cet acide de se condenser çt pour le maintenir à l’état de gaz.
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- FLUORIQUE.
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- 277. Le plus souvent, dans nos expériences , nous avons employé de l’acide fluorique étendu d’eau; alors, au lieu de le préparer comme il a été dit (266), nous avons mis de l’eau dans le récipient, pl. 5, fig. 7, et nous y avons fait passer de l’acide fluorique concentré, jusqu’à ce qu’elle commençât à devenir fumante. Plusieurs phénomènes, dont nous devons faire mention, se sont présentés. Il s’est produit presque toujours un peu de fluate de plomb quitapissoit les parois des vases ; souvent il s’est formé un peu d’acide sulfureux, et quelquefois un peu de gaz hydrogène sulfuré; quelquefois aussi, il y a eu du soufre mis à nu, on en a rencontré surtout dans l’acide à l’état de petits flocons. Il nous paroit qu’à diverses époques de l’opération, il y a un peu d’eau et d’acide sulfurique décomposés. L’oxigène de ces deux corps se combine avec le plomb et l’acide fluorique ; et de là résultent du fluate de plomb, de l’acide sulfureux et de l’hydrogène sulfuré:mais ces deux derniers corps doivent se décomposer quand ils sont en contact l’un avec l’autre, et de là le soufra qu’on obtient. Ces produits sont en si petite
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- quantité, que la pureté de l’acide fluorique n’en est point sensiblement altérée. D’ailleurs, on les en sépare aisément : le soufre se dépose complètement en quelques heures; l’hydrogène sulfuré se volatilise en quelques heures également par le contact de l’air ; il en est de même de l’acide sulfureux : et si l’on craignoit qu’il ne se volatilisât pas tout entier, on pourroit le changer en eau et en soufre par une addition d’hydrogène sulfuré. Jamais on ne trouve de fluate de plomb en dissolution dans l’acide fluorique. Ainsi on est toujours certain de pouvoir se procurer cet acide pur.
- Des fluates alcalins et terreux.
- 278. On a fait une assez grande quantité de fluate dépotasse neutre, en combinant directement l’acide fluorique pur avec la potasse pure. Au moment où la combinaison a eu lieu, il s’est dégagé beaucoup de calorique. Ce sel a une saveur très-piquante, ne cristallise que difficilement, est très-déliquescent, et par conséquent très-soluble dans l’eau. 11 est susceptible d’éprouver la fusion
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- FLUOKIQUE.
- aqueuse et la Fusion ignée. L’acide sulfurique concentré le décompose, à froid, avec une vive effervescence due à l’acide fluorique qui paroît sous la forme de vapeurs. L’eau de barite, de strontiane et de chaux ; tous les sels solubles de barite, de strontiane, de chaux, de magnésie,d'alumine,de glucine, d’yttria et de zircône, le plus neutres possible, y produisent sur-le-champ des précipités qui ne sont autre chose que des ffuates insolubles de ces bases.
- 279. On sait qu’en faisant passer le gaz acide fluorique silicé à travers l’eau, il se fait un dépôt d’un fluate acidulé de silice, et qu’il reste en dissolution du fluate très-acide de cette terre. Si on verse, dans ce fluate très-acide, de la potasse caustique (probablement le carbonate de potasse pro* duiroit le même effet), il en résulte des phénomènes qui n’ont point encore été observés par les chimistes. Il se fait un fluate légèrement acide de potasse et de silice, qui exige peut-être six à sept cents fois son poids d’eau pour se dissoudre. La liqueur filtrée, et évaporée, dotine un résida à peine sen-sensible : donc tout le fluate de potasse est
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- converti en sel triple presqu’insoluble. Ce 6el triple est en gelée très-transparente, n’a que peu de saveur, rougit le papier et la teinture de tournesol, devient pulvérulent à une douce chaleur sans se décomposer, et laisse dégager, à une chaleur rouge , du gaz fluorique silicé très-sensible au papier et à l’odorat. Soit en poudre, soit en gelée, i l est décomposé à froid, et avec une vive effervescence, par l’acide sulfurique concentré. Au contraire, une dissolution de potasse, de soude, ou d’ammoniaque caustique , ne le décompose pas , même en vingt-quatre heures ; du moins, après ce temps, il paroît tout aussi acide qu’aupara-vant Cette expérience doit être faite à froid; car à chaud, la potasse et la soude le dissolvent complètement. Le fluate acidulé de silice, qui est insoluble dans l’eau, donne également avec la potasse un sel triple insoluble dans ce liquide , en sorte qu’il n’est pas possible, par la potasse, d’extraire la silice pure du gaz fluorique silicé.
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- Du fluate de soude.
- 280. Ce sel a été fait en combinant la soude pure avec l’acide fluorique pur. Il est bien moins sapide que le fluate de potasse, décrépite au feu, et éprouve la fusion ignée. Il n’est ni déliquescent, ni efflorescent; il est un peu plus soluble à chaud qu’à froid dans l’eau, et s’en sépare par le refroidissement en petits cristaux qui croquent sous la dent, et qui, le plus souvent, forment une croûte solide et transparente à la surface de la liqueur. L’acide sulfurique concentré le.décompose, à froid, avec une vive effervescence.L’eau de barite, de stronliane, de chaux, y forme des précipités. Il en est de même des sels solubles de barite, de strontiaue et de chaux , et probablement des sels solubles de magnésie, de glucine, d’alumine, d’yttria et de zircône. Tous ces précipités sont des fluates insolubles de ces diverses bases.
- 28ï. Le fluate acide de silice ne se comporte point avec la soude comme avec la potasse. On a versé, à froid, de la soude
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- dans une dissolution de ce sel; il ne s'en est rieu précipité, du moins en quelques minutes : maisl’ayant fait chauffer , elle s’est prise en une gelée très-transparente, aussitôt qu’elle a été bouillante. On a séparé cette gelée par le filtre; ce n’étoit que de la silice pure. En effet, elle nechangeoit ni le papier ni la teinture de tournesol ; elle n’a-voit point de saveur; ellenedégageoitaucune trace d’acide en la desséchant lentement et en la projetant ensuite dans un creuset rouge; elle n’en dégageoit point non plus, en ht mettant en contact avec l’acide sulfurique même très-chaud. D’ailleurs, la liqueur qui avoit été séparée de cette gelée siliceuse ne contenoitabsolumentque du fluate de soude pur; d’où il suit qu’on peut très-bien préparer le fluate de soude de cette manière. On peut même se servir, pour cela, dir fluate acidulé de silice insoluble ; car il est complètement décomposé par la soude, et donne avec cet alcali du fluate de soude pur et de la silice, comme le fluate acide de silice.
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- Du fluaie d’ammoniaque.
- 282. Ce sel a élé obtenu en versant de l’acide fluorique pur dans de l’ammoniaque pure. D’abord il étoit neutre; mais il est devenu acide en l’évaporant et a refusé de cristalliser : puis, en continuant l’évaporation , il s’est volatilisé sous la forme de vapeurs blanches, très-épaisses. Il a une saveur très-piquante, et se comporte avec la barite, la strontiane et la cbaux, et probablement avec tous les sels solubles de barite , de strontiane, de chaux, de magnésie, de glucine, d’alumine, d’yttria et de zir-cône , comme les fluates de potasse et de soude.
- 283. Le fluate acide de silice ne se comporte avec l’ammoniaque, ni comme avec la potasse , ni précisément comme avec la soude. Aussitôt qu’on verse de l’ammoniaque, en excès, dans une dissolution de fluate acide de silice, il s’en précipite de la silice pure en gelée blanche et opaque qu’on peut recon noitre, comme ilaétédittoutà l’heure ; mais il en reste une petite portion, en dis-
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- solution, à l’état de fluate dé silice, et combinée avec le fluate d’ammoniaque. Ce qui le prouve, e’est qu’après avoir évaporé cette dissolution de manière à la rendre acide, on en précipite de nouveau une petite portion de silice par l’ammoniaque., et que ce phénomène se présente un assez grand nombre de fois en évaporant et saturant alternativement la liqueur. Ainsi, on ne peut obtenir le fluate d’ammoniaque pur, qu’en combinant directement l’acide fluorique pur avec l’ammoniaque.
- I/ammoniaque précipitant de la silice pure, du fluate acide de silice soluble, on éevoit croire qu’elle décomposeroit le fluate acidulé de silice insoluble, et qu’elle en sé-pareroit aussi cette base parfaitement pure; e’est en effet ce qui arrive. Par conséquent, on peut extraire la silice pure du gaz acide fluorique silicé, soit par la soude, soit pap l’ammoniaque.
- Du fluate de hante.
- 284. L’acide fluorique pur fait un précipité floconeux dans la barite en dissolution.
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- Ce précipité est un véritable fluate de barite. Un excès d’acide fluorique le dissout; les acides nitrique et muriatique le dissolvent également avec facilité. On obtient un précipité semblable de fluateiïe barite pur, en traitant le fluate de potasse par le nitrate ou le muriate de barite. Il n’en est pas de même en versant l’un de ces sels dans une dissolution de fluate acide de silice : d’abord , la liqueur reste claire ; mais après quelques minutes, elle se trouble et dépose une foule de petits cristaux très-durs, insolubles dans l’eau , dans les acides nitrique et muriatique , et qui, calcinés seuls avec le noir de fumée, n’éprouvent aucune altération. Sans doute ces cristaux sont un composé triple d’acide fluorique, de silice et de barite.
- Des filiales de stronliane et de chaux.
- 285. Les filiales de strontiane et de chaux peuvent absolument se faire comme celui de barite ; ils sont comme ce sel en flocons insolubles dans l’eau, et solubles dans un excès d’acide fluorique ou dans les acides
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- nitrique et muriatique. On ne sait pas si on pourrait faire un fluate de silice et de stron-tiane ou de chaux, comme un fluate de silice et de barite; car on n’a fait aucun essai à cet égard. L’existence de ces sels triples est très-probable , même dans la nature. Nous possédons une grande quantité de fluate de chaux qui est évidemment combiné avec du fluate de silice : il est très-beau et très-pur en apparence ; on n’y distingue, à l’œil et à la loupe, aucun vestige de silice; et cependant on en extrait de l’acide fluo-rique silicé.
- Du fluate de magnésie.
- 286. On a traité dans un creuset d’argen t, à la températu re de trente à quarante degrés, du carbonate de magnésie par l’acide fluo-rique pur. Il y a eu vive effervescence, et il en est résulté un fluate pulvérulent, insipide, indécomposable au fe u, insoluble dans l’eau, et difficilement soluble ou même presqu’in* soluble dans les acides. On obtient très-bien ce fluate de magnésie, en versant du fluate do potasse dans le sulfate de magnésie 1 d’a*
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- bord il est en gelée, et soluble dans les acides; mais lorsqu’on l’a fait dessécher, il acquiert les propriétés de celui qu’on fait directe-
- Du fluale cCalumine.
- 287. On l’a obtenu en versant du fluate de potasse neutre dans une dissolution d’alun : aussitôt que le contact des deux sels a lieu, ce sel se dépose à l’état pulvérulent. Dans cet état, il est insoluble dans l’eau, insipide, et soluble dans un excès d’acide ; mais après l’avoir desséché un peu fortement, les acides ne l’attaquent plus qu’avec difficulté.
- Du fluate de glucine.
- 388. Le fluate de glucine a été préparé, en mêlant ensemble du fluate un peu acide de potasse, et du muriate très-sensiblement acide de glucine. Ce sel s’est précipité tout de suite en gelée blanche • on l’a lavé par décantation. Ensuite on l’a traité à chaud par l’eau • il s’y est dissous, et s’est déposé en petits cristaux par le refroidissement;
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- On a eu occasion d’observer, dans la préparation de ce sel, un phénomène remarquable. Quoique le fluate de potasse et le muriate deglucine que l’on a employés, fussent tous deux acides, à peine ont-ils été mêlés, que la liqueur est devenue alcaline, sans que le précipité de fluate de glucine qui s’y est formé devînt acide. Pour qu’il ne restât aucun doute à cet égard, on a laissé le dépôt s’établir parfaitement, et on a décanté la liqueur ; elle étoit alcaline. On a versé de l’eau pure sur le dépôt, et au bout de quelque temps on a décanté la nouvelle liqueur j elle étoit encore alcaline, et ainsi de suite, jusqu’à ce que la liqueur ne rétablît plus la teinture de tournesol légèrement j ougiepar les acides. Alors, on a fait bouillir le dépôt tout entier avec le moins d’eau possible; il s’est complètement dissous. S’il eût contenu un excès d’acide, il auroit certainement rougi la teinture de tournesol; il ne l’a point fait changer : donc il n’étoit point acide: donc, dans ce cas, on fait,avec deux sels acides, un sel neutre et un sel a2calin; ce qui est contraire à beaucoup de résultats bien connus et bien constatés.
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- Des fluates d’yttria et de zircône
- 28g. On les a fait, comme le fluate de glucine, avec un fluate foiblement acide de potasse, et des muriates très-sensiblement acides d’yttria et de zircône. Ces sels étant absolument insolubles dans l’eau, il en est résulté sur-le-champ un précipité : aucun n’étoit acide, ou du moins n’altéroit même à chaud la teinture de tournesol; et cependant la liqueur étoit alcaline. Ainsi , voilà encore de nouveaux exemples de sels acides qui forment, en se décomposant réciproquement, des sels neutres et des sels alcalins. On a recherché si les sels alumineux , magnésiens, etc. étoient dans le même cas : on n’a point obtenu de résultats bien positifs à cet égard.
- Des fluates métalliques.
- 290. L’acide fluorique, étendu de six à sept fois sdn poids d’eau, attaque vivement le zinc à froid. L’eau est décomposée, ét il y a un grand dégagement de gaz hydrogène.
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- Le fluatequise forme reste d’abord en dissolution dans l’excès d’acide; mais, au bout d’un certain temps, il se sépare presque tout entier de la liqueur, en flocons gélatineux. Ce fluate est blanc, insoluble et sans saveur; on le fait facilement, en versant du fluate de potasse dans du sulfate de zinc. II se dissout, surtout lorsqu’il est en gelée, dans les acides nitrique, muriatique , fluo-rique ; mais jamais on ne peut l’obtenir cristallisé, en évaporant ces dissolutions acides.
- 291. L’acide fluorique, étendu de trois à quatre fois son poids d’eau, attaque le fer à fx’oid, mais très-lentement j car l’effervescence n’est pas très-vive. La cause en est due sans doute à ce que le fluate de fer est très-insoluble, et ne se dissout que difficilement dans un excès d’acide fluorique. A chaud, l’action de l’acide fluorique sur le fer est beaucoup plus grande qu’à froid. Dans les deux cas, le fluate de fer se précipite à mesure qu’il se fait, et il suffit de le laver pour l’avoir pur. On l’obtient aussi très-bien avec Je fluate de potasse et le sulfate de fer du commerce. Au moment même
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- où il vient d’être précipité, il a tant de cohésion, qu’il faut un grand excès d’acide fluorique pour le dissoudre ; cependant l’acide fluorique seul ne précipite pas le sulfate de fer du commerce. Le fluate de fer egt blanc, sans saveur et sans excès d’acide.
- 292. L’acide fluorique attaqueroit probablement avec force le manganèse. Le Anale de manganèse est blanc, insoluble, et se fait très-bien en versant du fluate de potasse dans du sulfate ou du muriate de manganèse. Les acides le dissolvent beaucoup moins difficilement que le fluate de fer.
- 393. L’acide fluorique , étendu de cinq à six fois son poids d’eau, n’attaque point l’étain à froid ; il ne l’attaque pas non plus sensiblement à chaud. Peut-être y auroit-il action si l’acide étoit très-concentré. L’acide fluorique dissout très-bien l’oxide d’étain au maximum: mais il “faut qu’il soit en excès. Cette dissolution est fortement troublée par l’ammoniaque. Evaporée, elle se prend bientôt en une sorte de bouillie liquide et un peu opaque, due à du fluate d’étain qui se dépose. Si on y ajoute alors une suffisante quantité d’eau, elle reprend
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- presque toute sa transparence; si on l’évapore à siccité, on obtient pour produit de l'acide fluorique très-foible, et pour résidu du fluate d’étain insoluble dans l’eau : donc le fluate acide d’étain au maximum n’est pas volatil comme le muriate d’étain trçs-
- L’acide fluorique en' excès dissout, aussi très-bien l’oxide peu oxidé d’étain : évaporé seul et avec le contact de l’air, le fluate d’étain au minimum devient fluate très-oxidé, et se prend en bouillie; évaporé avec de la grenaille d’étain, il ne s’oxigène point, et on finitpar l’obtenir en petits cristaux très-brillans et blancs, qui sont très-acides et solubles dans l’eau.
- 294. L’acide fluorique étendu de deux fois son poids d’eau, n’attaque point le cuivre, du moins en peu de temps , même à chaud. Il se combine très-bien avec l’oxide de cuivre, et le dissout : la dissolution qui en résulte est toujours très-acide. Lorsqu’on évapore cette dissolution, une portion de l’acide se dégage, et le fluate encore acide se dépose en cristaux très-petits,' bleuâtres. Lorsque l’évaporation se fait même sponta-
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- nément, on n’obtient pas d’autres résultats. Ainsi, on peut assurer qu'il est impossible d’obtenir ce sel bien cristallisé. Le sulfate de cuivre étendu d’eau est à peine précipité par le fluate de potasse neutre étendu d’eau; il n’est pas précipité si le fluate est tant soit peu acide. Si le fluate n’est point acide, et si les dissolutions sont concentrées, il y a un précipité très-sensible.
- sg5. L’acide fluorique étendu d’eau, dissout bien l’oxide de cobalt, et forme un fluate acide de cobalt. Evaporée, cette dissolution abandonne une partie de l’acide, et cristallise par refroidissement en petits cristaux roses. Ces cristaux, qui sont acides, ne se dissolvent pas complètement dans l’eau ; il en résulte un fluate acide rose qui se dissout, et un fluate rose insoluble et à peine acide; l’un et l’autre sont précipités en bleu par les alcalis. Les dissolutions de cobalt les moins acides donnent tout au plus un léger trouble avec le fluate neutre de potasse : elles se troublent bien plus en les évaporant.
- 296. L’acide fluorique dissout facilement l’oxide d’argent; le sel qui en résulte a uno 11. 3
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- saveur métallique très-forte , est extrêmement soluble dans l’eau, et légèrement déliquescent : il n’est point volatil et ne cris-tallisse point. Exposé au feu, il se fond comme le muriate d’argent, perd sbù excès d’acide, et conserve néanmoins la propriété de se dissoudre dans l’eau. Il tache les mains comme le muriate d’argent; l’acide muriatique le fait prendre en masse : toutes les bases salifiables en précipitent l’oxide d’argent , excepté l’ammoniaque. On ne l’obtient point avec l’acide fluorique et l’argent; mais il se forme facilement au moyen de l’argent et du fluate de mercure très-oxidé. Ce fluate perd une portion de son acide et de son oxigène, et'se réduiroit probablement tout-à-fait, s’il y avoit assez d’argent. Le fluatfe de potasse ne précipite pas le nitrate d’argent : il en est de même de l’acide fluorique.
- 297. L’acide fluorique n’attaque pas le plomb, soit à chaud, soit à froid; il se combine très-bien avec l’oxide de plomb. On a fait du fluate de plomb, au moyen de l’acide fluorique pur, et de l’âcétate de plomb avec excès d’oxide. U s’est précipité
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- en flotions blancs très-abondans, qu’on a séparés et lavés facilement par décantation: ainsi préparé, il est sous la forme de petites lames très brillantes ; il est foiblement acide au papier, insipide, insoluble dans l’eau et très-soluble dans les acides nitriqüë, muriatique et fluorique, décomposable par l’acide sulfurique à froid, et très-fusible à Une chaleur à peine rouge-cerise ; par la fusion, il devient légèrement jaune, perd une portion de son acide, mais en conserve encore assez pour produire beaucoup de vapeurs, même à froid, avec l’acide sulfurique concentré.
- Onpeutégalementfairele fluatede plomb avec les fluates de potasse, dé soude ou d’ammoniaque et les sels solubles de plomb.
- 298. L’acide fluorique le plus concentré n’a aucune action sur le Mercure à Une température quelconque; il a au contraire une grande action sur l’oxide de mercure.
- On a traité de l’oxide rouge de mercure' bien pulvérisé, par de l’acide fluoriqüë étendu de six à sept fois son poids d'eaii dans un grand creuset de platine, à l’aide de la chaleur élevée quelquefois jusqu’à
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- l’ébullition. La matière s’est agglomérée et prise en masse; on a brisé de temps en temps la masse. Enfin, après demi-heure de feu, la liqueur étant très-acide, on l’a décantée et évaporée ; il s’en est dégagé par l’évaporation beaucoup d’acide fluorique ; puis il s’en est précipité de petits cristaux lamel-leux et jaunâtres. Ce phénomène a eu lieu jusqu’à ce qu’elle fut complètement évaporée; et néamoins ces cristaux n’étoient pas abondans, ce qui prouve que l’oxide rouge de mercure doit exiger un bien grand excès d’acide pour se dissoudre. Ces cristaux rou-gissoient le papier et avoient une saveur métallique; projetés dans un creuset rouge, ils disparoissoient et s’exhaloien t en vapeurs, d’où on peut présumer que le fluate de mercure très-oxidé est volatil; traités par l’eau, on en dissolvoit l’acide et un peu d’oxide : aussi à chaque lavage la couleur se fonçoit et se rapprochoit de l’orangé et ensuite du rouge. On enlèveroit probablement presque tout l’acide par des lavages suffisans : tous les sels de mercure très-oxidés et insolubles doivent être dans ce cas. Voilà pourquoi, en versant du fluate dépotasse,
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- du borate sursaturé de soude dan s du nitrate de mercure très-oxidé, on obtient des précipités qui, bien lavés, contiennent à peine de l’acide fluorique ou de l’acide borique.
- De V action de lJacide borique sur le fluate de chaux.
- 299. On a vu précédemment qu’en décomposant le fluate de chaux par l’acide sulfurique concentré, on n’obtenoit jamais d’acide fluorique sans eau. Convaincus que cette.eau ne pouvoit provenir que de l’acide sulfurique et désirant obtenir de l’acide fluorique qui n’en contînt pas, nous avons décomposé le fluate de chaux par l’acide borique récemment fondu. Par ce moyen, nous avons formé un nouveau composé d’acide fluorique et d’acide borique. Ce nouveau composé dont nous allons parler et que nous appellerons acide fluo-borique n’est pas moins remarquable que l’acide fluorique concentré que nous avons fait connoître, 6oit parce qu’il est naturellement à l’état de gaz, soit parce qu’il jouit d’un grand nombre de propriétés, desquelles il sera
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- peut-être possible de tirer un parti avantageux.
- Préparation du gaz acide fluo-bonque.
- 3oo. On prend un tube de fer, ou une portion de canon de fusil, long de sept décimètres; on le ferme à l’une de ses extrémités; on le couvre d’une couche d’un bon lut qu’on fait sécher peu à peu; on y introduit un mélange de soixante grammes de fluate de chaux très-pur et de trente grammes d’acide borique pur et vitrifié. Ensuite, on le place dans un fourneau à réverbère sous un angle d’environ 70 °, de manière qu’il en sorte latéralement; et on y adapte un tube de verre qui puisse s’engager à volonté, sous des flacons pleins de mercure. L’appareil étant ainsi disposé, on chauffe peu à peu le tube de fer. Tant qu’il n’est point porté au rpuge, il n’en sort que de l’air ; mais aussitôt qu’il commence à rougir, il s’en dégage, tout à coup, des vapeurs épaisses : c’est le gaz fluo-borique qui passe. On l’essaye dans une petite éprouvette; aussitôt qu’il s’absorbe entièrement dans Feau, il est pur et on le recueille.
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- 3oi. Ce gaz est absolument sans couleur, son odeur est piquante et ressemble à celle de l’acide fluorique silicé; il éteint subitement les corps en combustion, et rougit, avec l’énergie la plus puissante, les couleurs bleues végétales. .Lorsqu’on le met en contact avec l’air contenant de l’eau hygrométrique , il en résulte des vapeurs aussi épaisses que celles que forment ensemble le gaz acide muriatique et le gaz ammoniaque : si l’air étoit sec, il ne s’en produiroit aucune; plus il est humide, plus il s’en produit. Le gaz fl uo-borique n’a aucune espèce d’action sur le verre. Il en a au contraire une très-grande sur les matières végétales et animales : il les attaque avec autant de force que J’acide sulfurique concentré, et paroît agir sur ces matières, comme cet acide, en déterminant une formation d’eau ; car il les charbonne. Aussi transforme-t-il facilement l’alcool en un véritable éther; et noircit-il sur Je champ le papier le plus sec en répandant des vapeurs dues à l’eau qui se forme et par laquelle il est absorbé. Cependant on peut le toucher sans se brûler.
- 302. Le gaz acide fluo-borique est au
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- moins aussi soluble dans l’eau que le gaz acide muriatique; on en peut juger Jusqu’à un certain point, par la rapidité avec laquelle il s’y dissout. Si, après avoir rempli un flacon de gaz acide fluo-borique, on le plonge dans une terrine pleine d’eau,en le bouchant avec le doigt, à peine l’a-t-on débouché, que l’eau s’élance jusqu’au haut du flacon , avec tant de force qu’elle le brise quelquefois. Pour que l’absorption du gaz soit aussi instantanée, il faut nécessairement qu’il soit pur; car s’il contenoit seulement trois à quatre centièmes d’un gaz insoluble, bientôt ce gaz s’accumuleroit à la surface de l’eau et formeroit une couche qui s’opposeroit singulièrement à la rapidité de l’absorption. On parvient à saturer l’eau de gaz fluo-borique en en faisant passer une certaine quantité sous une éprouvettepleine de mercure; et en y faisant arriver directement ce gaz du canon de fusil, jusqu’à ce qu’elle refuse d’en dissoudre. Cette méthode exige qu’on se serve de fluate de chaux et d’acide borique bien purs : autrement il se produiroit un peu de gaz hydrogène comme on l’a déjà remarqué; et bientôt
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- la liqueur sei’oit chassée de l’éprouvette. Si cet inconvénient se présentait, il fau-droit remplacer le tube de verre adapté au tube de fer, par un tube de sûreté qui plon-geroit à la manière ordinaire dans l’eau; ou bien, par un tube ordinaire qu’on feroit plonger au fond d’un flacon où on auroit mis une légère couche de mercure et Ja quantité d’eau qu’on voudroit saturer : de cette manière, l’absorption ne seroit point à craindre; le gaz fluo-borique se dissou-droit en traversant l’eau, et les gaz étrangers pourroient se dégager librement. Dans les deux cas, il faudroit que l’air atmosphérique ne pût pas rentrer librement dans l’intérieur du flacon; pour l’en empêcher, on fermeroit l’ouverture de ce bouchon avec un bouchon portant un tube recourbé qui s’enfonceroit de quelques lignes dans de l’eau ou du mercure. Quelque méthode que l’on suive, ce n’est qu’avec beaucoup de temps qu’on sature l’eau de gaz ; et quand bien même il n’y en auroit que quelques grammes à saturer, on seroit obligé, pour y parvenir, de renouveler plusieurs fois la matière dans le canon.
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- En absorbant le gaz fluo-borique, l’eau s’échauffe considérablement, et augmente beaucoup de volume. Quand elle en est saturée, elle est limpide, très-fumante et des plus caustiques. On en retire par la chaleur environ la cinquième partie de ce qu’elle en contient, et quelque chose qu’on fasse ensuite, il est impossible d’en retirer davantage. Alors elle ressemble à de l’acide sulfurique concentré; elle en a la causticité et l’aspect Comme lui, elle n’entre en ébullition qu’à une température bien supérieure à celle de l’eau bouillante, et se condense Ioute en tière en stries, quoiqu’elle con tienne encore une très-grande quantité de gaz.
- 3o3. L’acide fluo-borique se combine très-bien avec les diverses bases salifiables. C’est en le dissolvant dans l’eau, comme on l’a dit précédemment, et en le combinant avec l’ammoniaque, qu’on en a démontré la nature. D’abord, on a fait évaporer jusqu’à siccité le fluo-borate; ensuite, on l’a mis dans un petit matras, où on l’a chauffé presque jusqu’au rouge, et on a obtenu un résidu qui, calciné dans wÂcreuset, s’est fondu et s’est trouvé être de l’acide borique.
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- Cependant le sublimé qui s’est formé n’éloit point du fluate d’ammoniaque pur; il con-tenoit encore du borate d’ammoniaque (1). Cette expérience prouve donc, non-seulement, la présence de l’acide borique dans ce sel, mais encore elle démontre que c’est un véritable sel triple.
- 3o4.Il est probable qu’jl existe des fluo-borates de barite, de strontiane,de chaux, de potasse, de soude, de magnésie, de glucine, d’alumine, d’yttria, de zircôneet de silice, et des fluo-borates métalliques; et que tous ces sels sont autant de sels triples. On parviendroit probablement à faire tous ces sels, en fondant ensemble des jluates et des borates de la même base: et il est aussi très-probable qu’en traitant les fluo-borates par de l’acide sulfurique concentré, on obtiendroit facilement de l’acide fluo-bori-que; sinon à l’état de gaz, du moins à l’état liquide. Ilsuffiroitmême que, dans ce cas, le verre ne fût pas attaqué, pour en con-
- 0) Ce qui nous a paru singulier, c’est que le sel, après avoir été sublimé, éloit bien moins soluble dans
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- dure l’union de l’acide fluorique et d® l’acide borique.
- 5o5. L’acide fluo-borique étant un acide très-puissant, doit avoir, à l’aide de l’eau, une grande action sur quelques métaux, et particulièrement sur le zinc ; mais nous ne l’avons point encore généralement étudié sous ce point de vue. Nous ne l’avons mis jusqu’ici en contact qu’avec le fer, et seulement à l’état de gaz. Il étoit facile de prévoir que l’action entre ces deux corps se-roit nulle à froid ; on ne pouvoitpas prévoir ce qui arriveroit à une très-haute température : il étoit possible que l’acide fût décomposé. On a donc fait l’expérience avec un grand soin. Après avoir mis de la tournure de fer bien décapée dans un tube de porcelaine, on a fait passer ce tube à travers un fourneau; ensuite on a fait communiquer l’une de ses extrémités avec un flacon de deux litres de capacité, plein de gaz fluo-borique, et on a adapté à l’autre un tube propre à recevoir les gaz. L’appareil étant ainsi disposé, et le tube de porcelaine étant très-rouge, on a forcé le gaz de passer à travers le fer qui y étoit contenu, en por-
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- tant peu à peu du mercure jusqu’au fond du flacon , au moyen d’un tube droit. Mais le gaz est sorti du tube tel qu’il y étoit entré ; le fer n’étoit nullement altéré, et par conséquent on peut conclure que le gaz fluo-borique n’est décomposé ni à chaud ni à froid par le fer.
- Il ne se comporte point de la même manière avec le potassium et le sodium; ces deux corps, à une haute température, exercent sur lui une action très-remarquable.
- De l'action du potassium sur le gaz fluo-
- 3o6. On a rempli de mercure une petite cloche recourbée A, pl. 5, fig. a ; on y a fait passer deux cent quatre-vingt-dix parties du tube gradué T de gaz fluo-borique • ensuite, avec une tige de fer, on y a introduit jusqu’au haut une mesure M Aepotassium; puis on a chauffe avec une lampe à esprit-de-vin. Le potassium s’est fondu , et peu après s’est vivement enflammé. Le mercure a remonté subitement dans la cloche; il n’y est resté que soixante-six parties de
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- gaz qui jouissoient de toutes les propriétés du gaz fluo-borique j et tout le potassium a été transformé en une matière solide, n’ayant plus l’aspect métallique et ayant une couleur chocolat.
- On a répété trois fois cette expérience, et toujours on a obtenu les mêmes résultats.
- Alors, au lieu d’employer un excès de gaz fluo-borique, on a employé un excès de potassium. Les mêmes phénomènes se sont présentés, excepté que l’absorption du gaz a été complète. Ce résultat a été constaté plusieurs fois comme le précédent.
- 307. Après s’être ainsi assuré qu’il ne se dégageoit aucun gaz dans la combustion du gaz fluo-borique, on ne s’est plus occupé que d’en brûler une suffisante quantité, pour pouvoir examiner le produit solide de cette combustion.
- L’opération se fait très-commodément dans une cloche d’un litre environ de capacité. D’abord on remplit la cloche, à deux travers de doigt près, de gaz acide fluo-borique ; ensuite on porte le potassium dans l’intérieur de cette cloche, au moyen d’une
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- tige de fer convenablement recourbée; puis on y fait passer une petite capsule rouge-cerise , que l’on tient avec des pinces , et faite, si l’on veut, avec un creuset dont on a enlevé en partie les parois. Lorsque, par l’agitation, on est parvenu à faire tomber le mercure qu’elle conténoit, on y met tout de suite le potassium, qui bientôt brûle avec une très-grande énergie. La combustion étant faite, et la capsule étant refroidie, on la retire et on en détache la matière avec une petite spatule. Cela fait, on peut brûler une autre quantité de métal dans cette petite capsule et dans cette cloche, pourvu qu’on fasse passer dans celle-ci la quantité d’acide fluo-borique qui a été absorbée dans la première combustion. On peut de la même manière faire une troisième et une quatrième combustion ; rien ne s’y oppose, puisqu’on peut toujours tenir la cloche également pleine de gaz fluo-borique. Cependant, nous ajouterons que, pour que ces sortes d’expériences aient un succès complet, il faut avoir grand soin d’enlever , avec du papier joseph , l’huile qui est à la surface du métal : autre-
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- ment elle se décomposeroit, et donnerait un peu de gaz hydrogène et de charbon. A la vérité, on ne peut point entièrement éviter cet inconvénient; car, quelque précaution qu’on prenne, il y a toujours une portion d’huile interposée entre les molécules métalliques : mais la quantité en est si petite, qu’on peut la négliger, et qu’elle ne peut introduire aucune source d’erreur dans les résultats.
- Examen du -produit solide de la combustion du potassium dans le gaz fluo-bo-rique.
- 3o8. Ce produit est solide , de couleur chocolat, et sans aspect métallique; il a peu de saveur ; il se fond au rouge-cerise. A une température élevée, il décompose l’air ; à la température de 15 à 20 degrés, il ne le décompose pas : mis en contact avec l’eau froide, il en résulte à peine quelques petites bulles d’hydrogène. Il en est de même avec l’eau bouillante ; et dans les deux cas, il se dissout en très-grande partie. La portion qui se dissout, n’est évidemment que
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- du fluate de potasse ; car elle précipite par les eaux debarite, destrontianeetde chaux, et par tous les sels solubles de ces bases ; et lorsqu’on l’a évaporée jusqu’à siccité, et qu’on la traite par l’acide sulfurique concentré , il s’en dégage d’abondantes vapeurs d’acide fluorique, et il se forme du sulfate acide de potasse. La portion qui ne se dissout point, se présente sous la forme de flocons d’une couleur chocolat très-foncé; elle est sans saveur, n’altère point la teinture de tournesol, ne se fond point au feu • elle décompose facilement l’acide nitrique, en dégage du gaz nitreux, et se convertit en acide borique ; elle brûle dans l’air et dans le gaz oxigène à une haute température, se fond et se convertit encore en acide borique ; enfin, mêlée avec lenitre, et projetée dans un creuset rouge, elle s’enflamme vivement, et donne pour produit du borate de potasse : elle n’est donc, pour ainsi dire, composée que de bore. Nous pensons qu’elle contient en outre une petite quantité du radical fluorique. Cette opinion est fondée sur ce que plusieurs de ses parties ont la propriété de brûler, même par l’approch#
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- d’un charbon à peine rouge , et de donner tout de suite de véritable gaz fluo-borique, reconnoissable par les vapeurs qu’il répand dans l’air , etc. Quoi qu’il en soit, on voit que c’est principalement en décomposant l’acide borique du gaz fluo-borique, que le potassium devient potasse, et qu’à mesure que cet acide est décomposé, l’acide fluo-rique se trouve absorbé.
- De Vaction du sodium sur le gaz acide fluo-borique.
- 309. Le sodium agit sur le gaz fluo-borique, absolument comme le potassium, et dpnne lieu aux mêmes phénomènes et aux mêmes résultats; seulement la combustion est un peu plus vive et l’absorption du gaz plus considérable. Mais il ne se forme absolument, comme avec le potassium , qu’un produit solide sans aspect métallique, de couleur chocolat, peu sapide, faisant à peine effervescence avec l’eau, s’y dissolvant en grande partie, et donnant un résidu brun susceptible de se convertir presque tout entier en acide borique, etc.
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- De Faction du phosphate acide de chaux vitreux sur le fluate de chaux.
- 3io. N’ayant pu réussir à obtenir de l’acide fluorique sans eau ou sans acide borique , en traitant le fluate de chaux par l’acide sulfurique concentré, ou par l’acide borique vitreux ( 275 et 299), nous avons essayé de décomposer ce sel par le phosphate acide de chaux vitrifié. Nous nous sommes servis, pour cela, du même appareil que pour en extraire l’acide fluorique par l’acide borique, nous proposant d’y faire ensuite tous les changemens qui deviendroientnécessaires. Le feu a été poussé graduellement • et à la fin il étoit très-fort. 11 ne s’est pas dégagé plus d’un décilitre de gaz, y compris l’air des vases ; ainsi, il n’y a point eu de décomposition bien sensible. Cependant, on a remarqué que les dernières portions de gaz qui se sont dégagées étoient acides, avoient une odeur qu’on ne peut comparer à aucune autre, et qu’en les respirant même en très-petite quantité, elles occasionnoient dans la poitrine une gêne
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- subite et extraordinaire, dont on se res-sentoit pendant plusieurs heures. Cet effet nous a engagés à soumettre le peu de gaz qui nous restoit à quelques essais. Il nous a paru , mais nous ne l’assurons pas, que ce gaz étoit un composé de gaz fluorique. et de phosphate acide de chaux.
- Si au lieu de calciner du fluate de chaux pur avec le phosphate acide de chaux vitreux, on calcine du fluate de chaux silicé, la décomposition s’en opère mêmeavant que la chaleur ne soit au rouge-brun; elle est très-rapide , et on obtient abondamment du gaz fluorique silicé et du phosphate de chaux.
- 511. On voit donc qu’on ne peut extraire l’acide fluorique du fl uate de chaux, qu’au-tant qu’on lui présente un corps avec lequel il puisse se combiner; il ressemble à cet égard à l’acide muriatique. {V. plus loin nos observations sur l’acide muriatique. )
- Il seroit curieux de rechercher s’il existe d’autres corps avec lesquels il peut s’unir et se gazéifier. Nous n’avons encore essayé que l’oxigène ; mais il paroît qu’il n’existe point d’acide fluorique oxigéné : du moins en chauffant dans un tube de fer ou une cor-
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- nue de porcelaine, un mélange de fluate de chaux pur, de phosphate acide de chaux et d’oxide noir de manganèse, on n’obtient rien , si ce n’est un peu de gaz fluorique silice, lorsqu’on fait l’opération dans la cornue de porcelaine. Il faudrait traiter , dans ün tube de fer et à une très-haute température , les huttes de magnésie , de glu-cine, d’yttria, d’alumine et de zircône, par le phosphate acide de chaux vitreux, pour savoir si les bases de ces divers sels pourraient, comme la silice, gazéifier l’acide fluorique. On pourroit encore les traiter dans un tube de plomb par l’acide sulfurique concentré ; ces recherches conduiraient sans doute à quelques résultats instructifs. On en sera convaincu, si l’on observe que cet acide tend à se combiner avec tous les corps, et qu’il forme avec eux des combinaisons solides , liquides ou gazeuses, selon qu’il conserve plus ou moins d’élasticité ou de force expansive.
- 312. Puisqu’on ne peut par aucun moyen avoir l’acide fluorique pur, on ne peut l’étudier que déjà combinéavecquelque corps; seulement il faut le prendre combiné avec
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- §4 DE L’ACIDE
- tel ou tel corps, selon que l’on veut obtenir tel ou tel résultat
- S’agit-il de l’unir avec les alcalis, les terres et les oxides métalliques , il faut se garder d’employer de l’acide fluorique silice; car alors il en résulte des sels triples : c’est ainsi qu’en versant de la potasse dans du lluate acide de silice,, on obtient un sel triple presque insoluble (279). C’est encore ainsi qu’en versant du muriate de barite dans du fluate acide de silice, on obtient, au bout de quelque temps, un précipité cristallin, insoluble,même dans un grand excès d’acide nitrique, qu’on pourroit confondre avec le sulfate de barite, et qui n’est autre chose qu e du fl uate de silice et de barite (284).
- Mais lorsqu’au lieu de vouloir combiner l’acide fluorique avec les corps, on veut le décomposer, comme nous nous sommes proposé de le faire par le potassium, il est évident qu’on ne doit point employer l’acide fluorique liquide, à cause de l’eau qui s’y trouve, et qu’on doit préférer, le gaz fluorique tenant en dissolution de l’acide borique , ou plutôt encore le gaz fluorique siliceux, parce que dans celui-ci
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- le corps étranger ne peut probablement nuire qu’en disséminant la matière. Aussi est-ce de ce gaz, et particulièrement du gaz fluorique sifcicé, que nous nous sommes servis dans nos essais sur la décomposition de l’acide fluorique, dont nous allons rendre compte actuellement.
- 313. Lorsqu’on met en contact, à la température ordinaire, le potassium avec le gaz fluorique silicé, il n’éprouve pas d’altération sensible, il ne devient que légèrement terne à la surface. Mais si on le fait fondre, bientôt il s’épaissit, et brûle vivement avec un grand dégagement de chaleur et de lumière. Dans cette combustion, il y a une grande absorption d’acide fluorique, très-peu de gaz hydrogène dégagé, disparition du métal et production d’une matière solide, dont la couleur est brune-rougeâtre.
- Cette expéi'ience a été faite un grând nombre de fois dans une petite cloche recourbée A, pl. 5, fig. 2, avec des quantités bien déterminées de potassium et de gaz. Déjà on a cité les résultats qu’on a obtenus (240). Néanmoins on croit devoir les rapporter encore ici.
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- PREMIÈRE EXPÉRIENCE.
- Potassium............ Une mesure M.
- Gaz fluorique silice. 202 p. du t»be gradué T.
- Gaz après la combustion.. 124 p- formées de 118 p- de-gaz fluorique silicé et de 6 de gaz inflammable.
- Donc acide fluor, absorbé. 78 P-
- Produits.............Matière solide de couleur
- chocolat, lumière vive.
- DEUXIÈME EXPÉRIENCE.
- Potassium............ Une mesure M.
- Gaz fluorique silicé. 206 p. du tube gradué T.
- Gaz après la combustion.. 126 p. formées de 120,5p. de gaz fluorique silicé et de 5,5 de gaz hydrogène. Donc acide fluor, absorbé. 80 P-
- Produits.............Matière solide de couleur
- chocolat, lumière vive.
- Si on emploie une mesure M de potassium, et seulement soixante parties de gaz fluorique silicé, tout le potassium n’est pas détruit,- mais tout le gaz est absorbé, sauf un résidu à peine appréciable.
- Ainsi, ces expériences mettent hors de doute que, dans l’action du potassium sur le gaz fluorique silicé, il se dégage à peine
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- quelques centièmes d’hydrogène, et qu’on obtient seulement, pour produit, une matière qui est solide et de couleur brun-marron.
- 314. Après avoir examiné cette matière avec un grand soin, nous en avons conclu qu’elle dévoit être composée de fluate acide de potasse et de silice , de fluure de potasse et de fluure de potasse et de silice. Voici les propriétés dont elle jouit.
- Vue à la loupe, on 11’y distingue aucun point métallique ; elle se broyé avec la plus grande facilité; elle n’a que peu de saveur. Mise en contact avec l’eau, elle fait une légère effervescence qui ne tarde point à s’arrêter; mais il se forme, de temps à autre, des bulles à sa surface pendant douze à quinze jours au moins : de cette manière, on recueille à peu près une quantité d’hydrogène égale à celle que le potassium donne avec l’eau. Chauffée au rouge-cerise dans le gaz azote, elle n’éprouve pas d’altération ; chauffée avec le contact de l’air ou de l’oxigène, elle absorbe une certaine quantité de ce gaz,. dégage sensiblement du gaz fluorique silicé, perd beaucoup de sa couleur et la propriété,
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- dont elle jouissoit auparavant, de faire effervescence avec l’eau ; si, étant très-chaude, on la met subitement en contact avec l’air, elle y brûle vivement, dégage un peu d’acide fluorique , devient presque blanche, s’y fond complètement, et perd tout à coup lapropriétéde faire effervescence avec l’eau. C’est ce qui arrive surtout, en mettant du potassium avec un excès de gaz fluorique silicé, dans une cloche recourbée A, pi. 5, fig. 2, et en cassant cette cloche au momen t où le potassium est détruit, et où il cesse d’étre rouge. Traitée par l’acide nitrique, elle le décompose et en dégage du gaz nitreux. Mêlée avez le nitrate de potasse ou le muriate suroxigéné, et projetée dans un creuset rouge, elle s’enflamme, et donne un résidu qui ne fait point d’effervescence
- Toutes ces propriétés tendent à démontrer l’existence d’un corps combustible dans cette matière : mais comment l’obtenir pur? On n’a jamaispu y parvenir, quoiqu’on l’ait traitée à cet effet par l’eau, par les acides muriatique et fluorique.
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- Traitement de cette matière que nous appellerons A, par Veau.
- 3i5. On l’a fait bouillir avec de l’eau; elle s’est dissoute en partie avec effervescence. Au bout d’une demi-heure , on a laissé déposer la liqueur et on l’a décantée ; elle ne contenoit que du fluate de potasse, qui d’abord étoit légèrement alcalin, et est devenu ensuite légèrement acide. Le résidu étoit brun-marron foncé; on l’a fait sécher doucement ; ensuite on l’a mis avec une certaine quantité de gaz oxigène, dans une petite cloche recourbée A , pl. 5, fîg. a. On l’a chauffé avec une lampe à esprit-de-vin ; il s’est enflammé, a perdu presque sa couleur , a donné un peu dé gaz fluorique silicé et un grand résidu formé de fluate acide de potasse et de silice.
- Traitement de la matière A par Vacide muriatique foible.
- 3i6. On a fait chauffer, dans une fiole, une assez grande quantité de matière A ,
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- avec un excès d'acide muriatique foible. II y a eu dégagement de gaz hydrogène, et dissolution d’une grande partie de la matière. On a lavé le précipité à grande eau ; ensuite on l’a fait sécher, et chauffer dans une cloche recourbée A, pl. 5 , jfig. 2, avec du gaz oxigène. Il y a eu combustion assez vive, disparition d’oxigène, apparition de gaz fluorique silicé : la cloche même a été attaquée en plusieurs points; mais on a toujours obtenu un petit résidu blanc, quiétoit évidemment encore du fluate acide de potasse et de silice.
- Traitement de la matière A , par Vacide fluorique foible et pur
- 517. On a mis dans un creuset d’argent, une assez grande quantité de la matière A, avec un grand excès d’acide fluorique pur et étendu d’eau. Il y a eu effervescence, la matière s’est dissoute en presque totalité; on n’a obtenu qu’un petit résidu brun-noir : on a lavé et séché ce résidu, puis on l’a chauffé comme les précédens avec du gaz oxigène dans une cloche recourbée A, pl. 5,
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- Fig. 2. Il y a eu combustion vive, disparition d’oxigène, apparition de gaz fluorique silicé. La cloche a été attaquée en plusieurs points; mais le corps, de noir qu’il étoit, est devenu blanc. Examiné dans cet état, il étoit évidemment formé de fluate acide de potasse et de silice.
- 3x8. Ainsi, de quelque manière qu’on ait traité la matière A, ou le produit de la combustion du potassium dans le gaz fluorique silicé, on n’est jamais parvenu à obtenir pur le corps combustible qu’il contient, en sorte qu’il n’est pas possible de prononcer affirmativement sur la nature de ce corps. Cependant, si on considère avec attention tous les faits qu’on vient de rapporter , il deviendra très-probable que ce corps est le radical de l’acide fluorique; car, puisqu’en brûlant du potassium dans le gaz fluorique silicé, il ne se dégage point ou presque point d’hydrogène, on ne peut point attribuer cette combustion à de l’eau qu’on supposeroit dans ce gaz. Il n est pas probable non plus que la destruction du/xo-tassium soit due à la silice. Ainsi,dans cette expérience, ou l’acide fluorique est décom-
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- posé, ou il se combine avec le métal sans l’oxider. Ces deux hypothèses étant les seules qu’on puisse faire, discutons-les successivement Si c’étoit le métal qui se combinât tout entier avec l’acide fluorique, il en résulterait probablement une combinaison très-inflammable, et qui, par l’eau, donnerait de suite autant d’hydrogène que le métal lui-même; mais on n’en n’obtient, même dans l’espace de plusieurs heures, que le tiers de ce qu’on devroit obtenir. D’ailleurs , une combinaison de ce genre est contraire à tous les faits dans toutes les hypothèses possibles , soit qu’on considère l’action de l’acide fluorique sur les métaux et sur les alcalis, soit qtt’on considère l’action du métal de la potasse sur tous les autres acides. Donc, etc.
- 319. Maintenant,.si on examine les substances avec lesquelles le radical fluorique doit être mêlé ou combiné, on verra facilement qu’elles sont au nombre de trois, savoir : l’acide fluorique, la potasse et la silice; et si on considère encore l’ensemble de tous les faits précédens, on en conclura qu’elles doivent très-probablement former avec ce
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- radical, i°. du fluate acide de potasse et de sicile; a0, du fluure de potasse; 3°. du fluure de potasse et de silice.
- 320. Lorsqu’on traite à chaud ces diverses matières par l’eau, c’est sans doute le fluate acide de potasse et de silice qui rond la liqueur foiblement acide; c’est probablement le fluure de potasse qui décompose l’eau à la manière des phosphures, et qui donne lieu à un dégagement de gaz hydrogène et de fluate de potasse ; enfin, c’est probablement le fluure de potasse et de silice qui, n’étant point attaqué par l’eau et fort peu par les acides, fait qu’on obtient toujours un résidu combustible.
- De Vaction du gai fluorique silicè sur le sodium.
- 321. Le sodium brûle très-vivement à une température élevée dans le gaz fluorique silicé. Dans celte combustion , il ne se dégage point ou presque point d’hydrogène ; il y a une absorption considérable de gaz : lorsque le gaz fluorique est en excès , tout le sodium est détruit et converti en un produit solide de couleur chocolat; lorsque
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- le sodium est au contraire en excès, il n’est détruit qu’en partie, mais tout le gaz se trouve absorbé.
- Examen du -produit solide.
- 32 2. CJp produit a été traité absolument de la même manière que celui qu’on a obtenu avec le potassium et le gaz fluorique silicé. L’un et l’autre jouissent absolument des mêmes propriétés; si ce n’est que celui du sodium dégage, avec l’eau, bien plus d’hydrogène que celui du potassium, et qu’il ne contient probablement point de fluate acide de soude et de silice, puisqu’il paraît que ce sel n’existe point ; d’après cela, il est donc composé de fluate de soude, de fluure de soude, et de fluure de soude et de silice.
- 323. Quoi qu’il en soit, il est extrêmement facile d’opérer la combustion du sodium ou du potassium dans le gaz fluorique silicé. Si on ne veut brûler qu’une petite quantité de métal, l’opération se fait commodément sur le mercure, dans une petite cloche deverre recourbée qu’on chauffe avec une lampe à esprit-de-vin • mais lorsqu’on
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- veut en brûler de grandes quantités, il faut s’y prendre comme on l’a indiqué (307).
- Note sur les recherches qui ont été faites dans la vue de décomposer l'acideJluorique.
- Le 2 mai 1608, nous avons annoncé à l’Institut , et nous avons imprimé dans le Moniteur., pour le vendredi 27 mai, et dans le Nouveau Bulletin de la Société Philomat., juin 1808 , page 156 , que le potassium , à l’aide de la chaleur, brûloit ^vivement dans le gaz fluorique le plus sec, et que probablement il le décom-posoit , puisqu’il l’absorboit complètement; que le produit qui en résultoit, et qui étoit brun, contenoit du fluate de potasse et ne contenoit plus de potassium. Le a3 janvier 1809, nous avons lu à l’Institut les nouvelles recherches que nous avions faites sur la décomposition de l’acide fluorique ; nous les avons imprimées dans le Moniteur, du 23 janvier 1809, et ensuite elles ont paru dans le Bulletin de la Société Philom., février 1809, page 281 , puis aussi dans le second volume d'^frcueil, page 32^ : il en résulte que le potassium brûle vivement, à l’aide de la chaleur, dans le gaz fluo-borique ; qu’il absorbe ce gaz complètement, et que le produit qui se forme contient du bore, du fluate de potasse,
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- et peut-être du radical de l’acide fluorique ; qu’en chauffant le potassium avec le gaz fluorique silice,il s’épaissit et brûle avec un grand dégagement de chaleur et de lumière; que, dans cette combustion , il y a une grande absorption d’acide fluorique, très-peu de gaz hydrogène dégagé, disparition du métal, et production d’une matière solide dont la couleur est brune-rougeâtre; que cette matière solide fait une légère effervescence avec l’eau ; que celte effervescence est due à du gaz hydrogène ; que le,gaz hydrogène qui se dégage ainsi même dans l’espace de plusieurs heures, réuni à celui qui se dégage instantanément dans la réaction du potassium et du gaz fluorique, fait à peine le tiers de ce que ce métal peut en produire avec l'eau ; que les eaux de lavage contiennent du fluate de potasse avec excès d’alcali; que le résidu bien lavé est brun-rougçâtre ; que projeté dans un creuset d’argent rouge-cerise, ce résidu brûle vivement et dégage un peu de gaz acide; qu’alors d’insoluble qn»il étoit dans l’eau, il est devenu en partie soluble; que la partie qui se dissout est du fluate de potasse, et que celle qui ne se dissout pas est du fluate de potasse et de silice ; que, si au lieu de faire cette expérience dans un creuset, on la fait dans une petite cloche recourbée, et en partie pleine d’oxigène, il en résulte une inflammation plus vive que
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- dans l’air, une absorption d’une grande quantité d’oxigène, et que le gaz qui reste après la combustion 11’est que du gaz oxigène pur, plus un peu de gaz fluorique silice ; enfin , que le produit de cette combustion est solide , et formé de fluate de potasàe et de silice, comme lorsqu’on fait l’expérience dans un creuset ; que tous ces faits réunis doivent faire conclure que probablement le potassium décompose le gaz fluorique, et que s’il en est ainsi, cette décomposition doit donner naissance à du fluure de potasse susceptible de décomposer l’eau en en dégageant du gaz hydrogène, et à du fluure de potasse et de silice qui ne jouiroit pas de cette propriété, mais qui à une haute température , et avec le contact de l’air, brû-leroit et passeFoit à l’état de fluate (1).
- Depuis le 2 3 janvier 1809, nous avons encore fait de nouvelles et nombreuses recherches sur la décomposition de l’acide fluorique ; on peut en lire les résultats dans cet ouvrage.
- Enfin, le 12 janvier 1809, M. Davy a lu à la
- ( 1) Nous avons dit précédemment (3i/,) qu’en mettant en contact avec l’eau le produit de l’action du potassium sur le gaz fluorique silice, il en résulloit une effervescence qui s’arrêloit tout à coup, ou du moins qui de-' venoit si foible qu’il se dégageoit à peine une petite bulle d’heure en heure. C’est sans doute le fluure de potasse qui produit la première effervescence, et le fluure de potasse et de silice qui produit la seconde. •
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- DE L’ACIDE
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- Société Royale, sur la décomposition de l’acide fluorique, des recherches semblables à celles que nous avons lues à l’Institut, le a mai 1808 et le a3 janvier 180g, sur cet objet. Ces recherches n’ont été publiées que long-temps après les nôtres ; car elles n’ont paru pour la première fois que dans les Trans. Philos, de 1809. On les a imprimées ensuite dans la Bibl. Brit., n° 33a, octobre 1809, pages 128-132.
- On voit donc que les recherches qui ont été faites, soit par M. Davy, le 12 janvier, soit par nous, le 23 janvier, et même depuis cette époque, n’ont presque rien ajouté à celles que nous avons faites le 2 mai 1808 , relativement à la probabilité de la décomposition de l’acide fluorique par le potassium, et qu’ainsi cette décomposition n’est toujours que probable.
- Nous croyons devoir terminer cette note par l’extrait du procès-verbal de quelques séances de la Société Royale , pour 1808 et 1809 , extrait qui a été envoyé de Londres à M. Pictel, pour la Bibliot. Britan., et que ce savant a bien voulu nous communiquer aussitôt qu’il l’a eu reçu. On y verra que c’est véritablement le 23 décembre 1808, que M. Davy a lu à la Société Royale, le mémoire où il annonce, sur la décomposition de l’acide boracique,, les mêmes résultats que nous avions publiés dans le Moniteur des i5 et 16 novembre de la même année ; et on y verra aussi que c’est le 12 jan-
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- KLÜOHIQTJE. 6<J
- vier qu’il a lu à cette même Société, son mémoire sur l’acide flnorique. Si ces divers mémoires portent la date du i5 décembre 1808 , dans les Transact. Philosop. pour 180g, et dans la Bibliot. Brit., n° 33a, octobre 1809, pag. i28-i3a, c’est que M. Davy a commencé le j5 décembre la lecture de ces divers mémoires , et que M. Davy en a lu un à chaque séance jusqu’au 12 janvier 1809.
- Le 15 décembre : « On commence la lecture » de la leçon bakerienne de M. Davy, intitulée: » Quelques recherches analytiques sur les élé-» mens de certains corps, avec des observa-» tions sur la théorie chimique. L’auteur ob-» serve dans son introduction, que son but » dans ces recherches, a été d’établir avec pré-» cision la nature des élémens de l’ammonia-» que et des substances alcalines; de tâcher de » décomposer, s’il étoit possible, le soufre, le » phosphore et les acides boracique, muria-» tique et fluorique ; et d’étudier la nature du » diamant, de la plombagine et du charbon.
- » La seconde section traite de l’ammoniaque » et de ses élémens ; il y examine particulière-» ment l’action de l’ammoniaque et du potas-» sium , action de laquelle MM. Gay-Lussac et » Thénard avoient conclu que le potassium » pourroit être un composé d’hydrogène et de » potasse. M. Davy cherche à montrer par une a variété d’expériences, qu’on nepeut admettre
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- » ces conclusions , et que dans ces operation» » c’est l'ammoniaque et non le potassium qui » est décomposée.
- » II décrit, dans le cours de cette recherche,
- deux substances nouvelles; l’une est un com-» posé de l’oxide de potassium et d’ammonia-» que; l’autre un composé de ce même oxide » et de nitrogène. Cette dernière matière s’en-» flamme spontanément au contact de l’air, 3> et produit de la potasse et du nitrogène. » Elle agit sur l’eau avec violence, et produit » par son action de la potasse et de l’ammo-» iliaque.
- » M. Davy paroît disposé à croire, d’après » l’ensemble de ses expériences, que le nitro-» gène, dans son état aériforme, n’est pas un » corps simple, mais qu’il contient de l’oxi-b gène ; et que dans sa combinaison avec » l’oxide de potassium, il manifeste des pro-b priétés métalliques.
- » Décembre a3 : On continue la lecture du b mémoire de HJ. Davy; l'auteur traite, dans b la troisième section, de la décomposition du b soufre. Il raconte un nombre d’expériences » très-soignées qu’il a faites sur cette sub-b stance, au moyen de l’électricité voltaïque , b et par l’intermède du potassium; elles lui b donnent lieu de croire que le soufre est un » composé triple d’oxigène , d'hydrogène et » d’une base particulière.
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- FLUORIQUE. 71
- » Il fait mention d’un fait très-curieux : c’est » la combustion brillante du potassium dans » le gaz hydrogène sulfuré, combustion qui » prouve évidemment que ce gaz qu’on a re-» connu depuis long-temps comme rapproché » des acides par quelques propriétés contient » de l’oxigène.
- «Dans la quatrième section , l’auteur traite » de la décomposition du phosphore , qui, de » même que le soufre, entre en ignition avec » le potassium, sans contact d’air , par l’ac-» tion électrique , et dégage alors du gaz hy-» drogène phosphuré.
- » Il considère le phosphore comme un com-» posé d’une petite quantité d’oxigène et d’hy-» drogène, combinés avec une base particu-» lière ; le soufre et le phospore se rappro-» chent, selon lui, des corps résineux et hui-» leux, à la différence que la base de ces der-» niers est le carbone.
- » Dans la cinquième section, l’auteur ap-»plique la nouvelle méthode d’analyse à la » plombagine, au charbon et au diamant. Il » considère la plombagine comme une combi-» naison du carbone pur et du fer : le charbon, » comme un composé de l’élément charbon-» neux et d’un peu d’hydrogène ; et le dia-» mant comme composé aussi de carbone, m^is » avec une petite quantité d’oxigène.
- » L’auteur donne, dans la sixième section„
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- 73 DE L’ACIDE FLUORIQUE.
- » le detail de la décomposition et de la com-)i position de l'acide boracique. Cet acide est » décomposé par l’électricité voltaïque et par » l’action du potassium. Sa base, en reprenant » l’oxigène, reproduit l’acide boracique. L’ana* » logie, qui avoit mis sur la voie de cette dé-» composition, se trouve ainsi confirmée.
- » Janvier 12 : On termine la lecture dn mé-» moire de M. Davy. Dans cette partie de son » travail, l’auteurdonne le détail de ses procédés » pour décomposer l’acide fluorique. Il y ajoute » quelques expériences curieuses sur l’acide » muriatique ; et il met en avant des vues nou-» velles sur la partie théorique de la chimiç.
- » Il a découvert que le potassium brûle dans » le gaz acide fluorique ; il sépare sa base qui » se combine avec la potasse formée , ou avec » le potassium , si ce dernier est en excès : et » ce composé de la base fluorique et de l’ai— » cali, ou de la base alcaline, produit le fluate »de potasse, par sa combustion ou par l’ac-» tion de l’eau.
- » M. Davy annonce que le gaz acide muria-» tiqué ordinaire contient au moins un tiers » de son poids d’eau. Il n’a pas encore pu se » le procurer dégagé d’eau non combinée, mais » il a obtenu des combinaisons de l’acide mu-» riatique avec l’acide phosphoreux, l’acide » phosphorique, l’acide sulfurique, et avec le » phosphore tout-à-fait exempt d’humidité :
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- DE L’EXIST. DE L’EAU DANS LES CA Z. ^ » ces composés, même à l’état liquide, quoi-» que, formés d’élémens qu’on présume être » fortement acides, n’agissent point sur la tein-» ture de tournesol ; ils ne dissolvent pas les » alcalis et sont non conducteurs de l’électri-» cité ; mais l’addition d’une très-petite quan-» tité d’eau développe leur énergie respective, » les rend conducteurs , et les rend capables » d’agir violemment sur la teinture de tour-» nesol et sur les alcalis. Le potassium détonne » fortement avec ces composés d’acide muria-» tique, mèltae à la température ordinaire de » l’atmosphère. La violence de l’explosion a » jusqu’ici empêché M. Davy d’en examiner les » résultats $ mais il croit assez probable que » l’acide muriatique éprouve dans cette expé-» rience quelque changement ou quelque dé-» composition ».
- DE L’EXISTENCE DE L’EAU DANS LES GAZ.
- 324. Il est une question qu’on n’a point encore résolue, mais dont la solution est tout à la fois curieuse et utile > c’est de savoir , quels sont les gaz qui peuvent contenir de l’eau soit à l’état hygrométrique, soit à l’état de combinaison.
- Nous avons été conduits à nous en occu-
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- 74 DE L’EXISTENCE DE L’EAU
- per, parles réflexions que nous a fait naître l’action du gaz fluo-borique sur l’air. Frappés des épaisses vapeurs qui résultent du contact de ces deux gaz (Soi), et qui sont dues à ce que l’acide fluo-borique se combinant avec l’eau de l’air, forme un liquide extrêmement lourd, nous n’avons pas douté un seul moment que cet acide ne fût l’agent le plus sûr et le plus prompt pour démontrer la présence de l’eau hygrométrique dans les gaz qui sont susceptible d’en contenir. C’est ce que prouvent les expériences qui suivent.
- PREMIÈRE EXPÉRIENCE.
- On a fait passer de l’air saturé d’eau dans une cloche pleine de mercure ( temp. 26° cent ); on y a fait passer ensuite quelques bulles de gaz fluo-borique, et tout à coup, il s’est formé d’épaisses vapeurs : ces vapeurs étant condensées, il ne s’en est pas formé d’autres en faisant passer de nouveau gaz fluo-borique dans la cloche.
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- DANS LES GAZ
- DEUXIÈME EXPÉRIENCE.
- Au lieu d’opérer sur de l’air saturé d’eau à a5° de chaleur, on a opéré sur de l’air qui en étoit saturé seulement à la température de i°; et néanmoins, il s’est encore formé un nuage très-sensible.
- TROISIÈME EXPÉRIENCE.
- On a fait passer de l’air saturé d’eau dans une cloche* pleine de mercure , thermomètre 25°; ensuite, on y a fait passer un morceau de chaux vive. Après cinq heures de contact, on a essayé l’air par le gaz fluo-borique; il n’y a pas eu la plus petite apparence de vapeurs : mais toutes les fois qu’on mêloit, avec cet air ainsi desséché, seulement un cinquantième d’air humide, le gaz fluo-borique l’indiquoit en y produisant des vapeurs très-sensibles.
- On a fait, sur tous les gaz insolubles dans l’eau, les mêmes expériences que sur l’air atmosphérique, et toujours on a obtenu les mêmes résultats. Ainsi le gaz fluo-borique y produisoit d’autant plus de vapeurs qu’ils
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- étoient saturés d’eau à une température plus élevée; et il cessoit d’y en produire toutes les fois que ces gaz avoient été en contact pendant quelques heures avec la chaux vive : d’une autre part, il y en produisit de nouveau d’une manière très-sensible , si après les avoir desséchés avec de la chaux vive, on les mettoitseulementavec un cinquantième de gaz humide.
- Il faut donc conclure de toutes ces expériences, que le gaz fluo-borigue indique dans les gaz les plus petites quantités d’eau hygrométrique, et que ceux dans lesquels il ne se forme aucun nuage, n’en contiennent point.
- De là résulte un moyen très-simple pour savoirquelles sont les substances qui peuvent enlever l’eau hygrométrique aux gaz. C’est de mettre ces substances successivement en contact avec chacun d’eux sur le mercure, et de faire passer au bout de quelque temps un peu de gaz fluo-borique dans la cloche qui les renferme.
- Les substances qui jouissent de cette propriété dans un degré très-marqué sont, 1 °. la potasse et la soude purifiées à l’alcool et fon-
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- DANS LES GAZ.
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- dues; 2°. la barite et la strontiane pro-.-venant du nitrate de ces bases (1); 3°. la chaux vive; 40. l’acide sulfurique concentré; 5°. l’acide fluo-borique liquide et concentré ; 6°. l’acide nitrique concentré; 70. l’acide phosphorique vitreux et l’acide àrsenique desséché; 8°. tous les sels déliquescens et surtout l’acétate de potasse, les muriate et nitrate de chaux, le muriate et le nitrate de magnésie; 90. quelques selsnon déliquescens, particulièrement le sulfate de chaux calciné; 10°. le gaz acide fluo-borique et le gaz acide muriatique.
- Enfin outre tous ces procédés, pour priver les gaz d’eau hygrométrique, on peut encore y parvenir, comme on le sait très-bien, par un froid de quelques degrés au-dessous de zéro.
- 3a5. Maintenant, â l’aide de toutes ces données, recherchons quels sont, parmi les
- (1) La barite qui a été fondue et qui contient un dixième de son poids d’eau, ainsi que M. Berlholiet l’a fait voir, deuxième volume d’Arcueil, ne s’empare point de l’eau hygrométrique de l’air, du moins dans l’espace de vingt-quatre heures. Elle a tant de cohésion, que l’eau bouillante ne l’attaque que foiblement, et qu’on a de la peine à la dissoudre dans les acides.
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- 78 DE D’EXISTENCE DE L’EAU
- gaz solubles dans l’eau, ceux qui contienne!! t de l’eau hygrométrique et ceux qui n’en contiennent pas.
- On a préparé du gaz acide carbonique avec du marbre et de l’acide muriatique étendu d’eau (temp. aa° cent.). On en a mêlé sur le mercure avec du gaz fluo-borique, et tout à coup il en est résulté d’abondantes vapeurs; mais toutes les fois qu’avant de faire le mélange de ces deux gaz, on a mis dans une cloche et pendant quelques heures le gaz acide carbonique en contact avec un peu de muriate de chaux desséché, il ne s’est jamais produit la plus légère vapeur.
- Il en a été de même avec le gaz oxide d’azote, avec le gaz acide muriatiqtie oxi-géné et même avec le gaz acide sulfureux : par conséquent tous ces gaz contiennent de l’eau hygrométrique.
- Les gaz qui sont extrêmement solubles dans l’eau n’en contiennent point au contraire, et ne peuvent pas en contenir la plus petite quantité, parce qu’aussitôt qu’ils sont en contact avec l’eau, elle les absorbe sur-le champ : tels sont surtout le gaz acide muriatique et le gaz fluo-borique.
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- DANS LES
- PREMIÈRE EXPÉRIENCE.
- On a extrait du gaz acide muriatique de l’eau- qui le tenoit en dissolution ; on l’a recueilli dans une cloche sur le mercure. On y a fait passer du gaz fluo-borique, et il ne s’est pas produit le plus léger nuage. (Temp. 12° cent. )
- DEUXIÈME EXPÉRIENCE.
- On a mis dans un ballon deux kilogrammes de sel marin avec quinze hectogrammes d’acide sulfurique du commerce étendu d’un peu d’eau ; on a adapté, d’une part, au col du ballon, un tube qui se ren-doit dans un petit flacon à deux tubulures; et de l’autre part, à la seconde tubulure du flacon, un autre tube recourbé en forme de syphon,qui plongeoit jusqu’au fond d’un vase très-profond. L’appareil étant ainsi disposé , on a chauffé peu à peu le ballon ; et dès que l’air a été chassé des vases, on a entouré le tube recourbé en forme de syphon d’un mélange de glace et de sel. La température à laquelle s’est trouvé exposé le gaz
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- 80 DE L’EXISTENCE DE L’EAU
- acide muriatique étoit de —190; la quantité de ce gaz qui a été refroidie, a été très-considérable, et cependant, il ne s’est déposé dans le tube recourbé aucune trace de liquide, ou du moins que des gouttelettes à peine visibles.
- TROISIÈME EXPÉRIENCE.
- On a fondu du sel marin, et on l’a traité par l’acide sulfurique le plus concentré pour en extraire le gaz acide muriatique. Après avoir rempli plusieurs flacons de ce gaz acide, on a fait passer dans tous ces fla-consune seule goutte d’eau, thermom. 20°: il est évident que cette goutte auroit dû se vaporiser dans cet acide, s’il étoit susceptible de contenir de l’eau hygrométrique; mais loin de disparoître, elle a au contraire augmenté de volume, parce qu’elle a absorbé une très-grande quantité de gaz acide.
- QUATRIÈME EXPÉRIENCE.
- On a fait du gaz acide fluo-borique avec du fluate de chaux et de l’acide borique qui avoient été séparément poussés à un
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- )ANS LES GAZ.
- très-haut degré de feu. Après en avoir rempli , aux trois quarts, plusieurs flacons bien secs, on a mis dans chacun d’eux une petite goutte d’eau. La température étoit d’environ 2o°. L’expérience a duré trois à quatre jours, pendant lesquels on a remué de temps à autre le flacon. Ce gaz fluo-borique ne pouvoit pas contenir d’eau, puisqu’il avoit été préparé avec des matières absolument sèches;et cependant l’eau, au lieu de se»va-poriser, a augmenté beaucoup de volume et a formé de l’acide fluo-borique liquide.
- CINQUIÈME EXPÉRIENCE.
- On a préparé du gaz fluorique silicé à la manière ordinaire. On l’a mis en contact avec du gaz fluo-borique; il s’est formé un très-léger nuage : mais on croit qu’il pro-venoit de ce que les parois de la cloche qui renfermoit les gaz, étoient légèrement humides.
- Nous n’avons point essayé si le gaz acide nitreux contien t de l’eau hygrométrique; il n’est pas probable qu’il en contienne, parce qu’il est très-soluble dans l’eau.
- ii. 6
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- DE L’EXISTENCE DE L’EAU
- 3 26. Nous n’avons pas pu faire d’essais avec le gaz fluo-borique sur le gaz ammoniac; puisqu’il se seroit formé sur le champ, un fluo-borate d’ammoniaque solide. La seule expérience qu’on puisse tenter, pour savoir si le gaz ammoniac contient de l’eau hygrométrique, est d’exposer cet alcali à un froid de quelques degrés au-dessous de o. Nous avons fait cette expérience, mais les résultats que nous avons obtenus sont trop équivoques pour être consignés ici.
- 327. Après avoir déterminé, comme on vient de le dire, quels sont les gaz qui contiennent de l’eau hygrométrique , on a recherché, s’il en est qui contiennent de. l’eau intimement combinée. On n’a fait de recherches à cet égard que sur Je gaz hydrogène sulfuré, le gaz acide carbonique, le gaz acide sulfureux, le gaz acide nitreux, le gaz oxide d’azote, le gaz fluo-borique, le gaz fluorique silicé, le gaz muriatique et le gaz muriatique oxigéné ; parce que de tous les gaz connus, ce sont les seuls solubles dans l’eau, et qu’on admet que tous ceux qui y sont insolubles, n’en contiennent qu’à l’état hygrométrique.
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- DANS LES GAZ.
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- Il résulte de ces recherches que le gaz acide muriatique est le seul qui puisse contenir de l’eau combinée : c’est ce qu’on va démontrer au moyen d’observations dont les unes sont connues, et les autres, nouvelles.
- L
- Le gaz hydrogène sulfuré obtenu avec le sulfure de fer et l’acide sulfurique étendu d’eau, ou bien avec un hydro-sulfure alcalin et un acide, contient son volume de gaz hydrogène (i 57). Il en est de même du gaz hydrogène sulfuré, qu’on fait en calcinant du soufre avec du gaz hydrogène (157). Donc ces deux gaz sont identiques : or, comme on ne peut pas supposer d’eau dans le second (x), on n’en peut point admettre dan? le premier; et comme celui-çi qui s’est dégagé de l’eau en contiendrait, si ce gaz étoit susceptible d’en contenir; donc, etc-On peut encore prouver directement que
- (1) En effet, pour que le gaz hydrogène sulfuré fait avec le soufre et l'hydrogène pût contenir de l’eau , il
- montré (i63) qu’il n’en contenoit pas.
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- le gaz hydrogène sulfuré ne contient pas d’eau combinée, en observant qu’en faisant agir ce gaz et ensuite l’eau sur le potassium, on retrouve non-seulement tout l’hydrogène qui provient de ce gaz ; mais encore tout celui que peut dégager le potassium avec l’eau ( 159 ) : ce qui n’auroit pas lieu évidemment, s’il contenoit de l’eau en combinaison.
- IL
- Lorsqu’on traite à une haute température le gaz acide carbonique sec, par un excès de potassium qui n’a point été en contact avec l’huile, on décompose complètement ce gaz, et on n’obtient d’autre résidu qu’un ou deux centièmes de gaz oxide de carbone. De là, on peut conclure que le gaz acide carbonique ne contient point d’eau en combinaison intime; car s’il en contenoit, il y auroit dégagement d’hydrogène dans cette expérience. D’ailleurs le charbon absolument privé d’hydrogène ( 1 )
- (1) Pour priver le charbon d’hydrogène, il faut l’exposer pendant quelque temps à un feu de forge, et le
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- DANS LES GAZ.
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- brûle très-bien dans le gaz oxigène sec, et produit du gaz acide carbonique entièrement semblable à celui qu’on extrait du marbre par les acides.
- IIL
- On obtient facilement du gaz acide sulfureux en chauffant ensemble du gaz oxigène sec et des sulfures métalliques naturels ou artificiels: d’une autre part, on décompose très-facilement à l’aide de la chaleur, les sulfites de barite et de chaux très-secs (i), par l’acide borique vitrifié, et on en retire une très-grande quantité de gaz acide sulfureux; donc cet acide ne contient point d’eau combinée. On ne cite point pour preuve l’action du potassium sur le gaz sulfureux, parce qu’il est évident que si ce gaz conte-
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- 86 DE D’EXISTENCE DE D’EAU
- hydrogéné de potasse, et qu’ai nsi l’hydrogène ne sedégageroit point. On ne cite point non plus pour preuve qu’on obtient du gaz sulfureux, soit en brûlant du soufre dans le gaz oxigène, soit en calcinant ensemble des oxides métalliques et du soufre, parce qu’il est probable, d’après les expériences de A. Berthollet et de M. Davy, qu’il existe un peu d’hydrogène dans le soufre. A la vérité, on pourroit soutenir qu’il en existe dans les sulfures, etonpourroit rejeter la première expérience que nous rapportons comme ne prouvant'pas ce que nous avançons: mais du moins, il n’y a rien à objecter contre la seconde.
- ' - IV.
- En mêlant ensemble dans un ballon où ou a fait le vide, cent parties de gaz nitreux sec et trente-trois à trente-quatre parties de gaz oxigène sec, il en résulte tout à coup du gaz acide nitreux très-rouge et très-pur: donc, ce gaz ne contient point d’eau combinée.
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- DANS LES GAZ.
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- V.
- Lorsqu’on fait passer dans un tube de fer, à une température au-dessous du rouge-brun, du gaz oxide nitreux sec, lequel ne contient point d’eau combinée, il est décomposé et est transformé en gaz oxide d’azote : si on traite à une température un peu élevée du gaz oxide d’azote par le potassium, il en résulte du nitrite de potasse et un dégagement d’azote sans dégagement d’hydrogène (13 4 et i55); donc le gaz oxide d’azote ne contient point d’eau combinée.
- VL *
- Puisqu’après avoir poussé séparément à un haut degré de feu, le fluate de chaux et l’acide borique , on obtient une grande quantité de gaz fluo-borique en les chauffant ensuite ensemble, on doit en conclure que ce gaz peut exister sans eau ; et puisqu’en mettant ce gaz en contact avec une seule goutte d’eau ( 5z5, quatrième expérience), celte eau, loin de se vaporiser, absorbe beaucoup de gaz et augmente de volume,
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- 88 DE L’EXISTENCE DE L’EAU
- on doit en conclure en second lieu qu’il ne peu» point exister avec de l’eau. On peut ajouter qu’en Je traitant à une haute température par le potassium et le sodium, il n’y a point dégagement d’hydrogène(3o6), et qu’il en est de même en le faisant passer à travers la tournure de fer rouge de feu. Donc, etc.
- VII.
- Si on calcine dans un tube de fer un mélange de phosphate acide de chaux vitrifié, de silice et de fluate de chaux, bien privés d’eau, il en résulte, à une température au-dessous du $ouge-brun, une décomposition rapide et un grand dégagement de gaz fluorique silicé. Donc ce gaz ne contient point d’eau : aussi traité par le potassium à chaud ou mis en contact à une haute température avec le fer, ne donne-t-il point de gaz hydrogène. Or le gaz acide fluorique silicé obtenu du fluate de chaux par l’acide sulfurique concentré, jouit des mêmes propriétés; car on a vu qu’il donnoit à peine quelques centièmes de gaz hydrogène en le traitant par le potassium, et il est constant
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- DANS LES GAZ.
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- qu'en le faisant passer à une haute température à travers un canon de fusil, il n’éprouve aucune altération : donc, dans aucun cas, le gaz fiuorique silicé ne contient d’eau combinée.
- VIII.
- Si on décompose vingt litres de gaz ammoniac au moyen d’un tube de porcelaine rouge de feu, et si on fait passer les produits de cette décomposition à travers des récipiens entourés de glace, il ne s’y dépose point d’eau (1) : donc, le gaz ammoniac ne confier^: point d’eau combinée. D’ailleurs en décomposant par l’électricité un poids donné de gaz ammoniac sur le mercure, on en obtient un absolument égal, tant en hydrogène qu’en azote.
- IX.
- Lorsqu’on calcine dans un tube de porcelaine un mélange d’oxide noir de manganèse sec, de muriate de barite fondu et
- (1) Mémoire de A. Berthollet , sur l’analyse de l’ammoniaque. Second volume de la Société d’Ar-cueil, page 268.
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- d’acide borique ou de phosphate acide de chaux vitrifiés, ou obtient beaucoup de gaz acide muriatique oxigéné. Lorsqu’on fait passer du gaz acide muriatique oxigéné privé d’eau hygrométrique à travers la grenaille d’argent, à une température élevée, il se forme du muriate d’argent, et il ne se dégage point d’eau, si ce n’est celle qui peut provenir des bouchons de l’appareil: donc, le gaz acide muriatique oxigéné ne contient point d’eau. D’ailleurs, c’est ce qui sera prouvé d’une autre manière par un grand nombre d’expériences. ( T^oyea plus loin nos recherches fur l’acide muriatique et muriatique oxigéné.)
- X.
- Si aucun des gaz dont on a parlé jusqu’ici ne contient d’eau combinée, il est permis de croire qu’il n’en est pas de même du gaz acide muriatique. M. Henry a conclu le premier qu’il en contenoit, de ce qu’en tirant des étincelles électriques dans ce gaz, au moyen d’un fil de fer, il s’est formé du muriate de fer, et qu’il s’est dégagé da l’hydrogène.
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- DANS LES GAZ.
- M. Berthollet a été conduit à la même conséquence, en le combinant, soit avec la potasse purifiée par l’alcool et fondue(i), soit avec l’oxide d’argent, et en s’assurant ensuite que le poids du muriate formé étoit bien moindre que cel ni de l’acide et de la base employés. Nous avons obtenu nous-mêmes des résultats qui peuvent conduire à cette conséquence, en faisant passer à une douce chaleur du gaz acide muriatique sur delà litharge récemment fondue et grossièrement concassée. L’appareil dont nous nous sommes servis étoit fort simple. On a mis du sel marin fondu dans une cornue tubulée ; au col de cette tornue étoit adapté un tube recourbé en forme de syphon , qui , après avoir plongé dans un mélange réfrigérant, communiquoitàl’extrémitésupérieured’un tube de verre d’environ cinq à six millimètres de diamètre. Celui-ci contenoit la litharge dans sa partie moyenne ; là, il étoit exposé à une température de 80 à 1 oo degrés: son extrémité inférieure, au contraire, étoit refroidie, et plongeoit dans le mercure.
- (j) Mémoires d’Arcueil, second volume, page 55.
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- 9 a DE L’EXIST. DE D’EAU DANS LES GAZ. Tout étant ainsi disposé, on a versé de l’acide sulfurique concentré sur le sel marin, par la tubulure de la cornue; le gaz acide s’est aussitôt dégagé, a passé à travers le mélange réfrigérant, et de-Jà à travers la li-tharge concassée, avec laquelle il s’est rapidement combiné. Cette litharge est devenue blanche, et en même temps beaucoup d’eau chargée d’acide muriatique s’est rassemblée à l’extrémité inférieure du tube: d’où il semble résulter que le gaz acide muriatique contient de l’eau combinée.
- Ainsi, on peut conclure de toutes ces expériences, que tous les gaz contiennent de l’eau hygrométrique, excepté les gaz très-solubles dans l’eau, savoir : peut-être l’ammoniaque, très - probablement l’acide fluorique silicé et bien certainement le gaz muriatique et le gaz fluo-borique (i); et on
- (i) Nous ne parlons ici que de ce qui a lieu à la température ordinaire, ou à une température inférieure. Nous ne savons pas précisément ce qui arrive-roil à une température de 4° à 5o degrés, et à plus forte raison , à une température supérieure ; mais nous regardons comme probable, qu’alors ces gaz, et particulièrement l’ammoniaque et l’acide fluorique silicé, cou-tiendroienl de l’eau.
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- peut en conclure aussi qu’il n’en est aucun qui contienne de l’eau combinée, excepté le gaz muriatique dans lequel il est permis d’en admettre.
- DE LA NATURE ET DES PROPRIÉTÉS DE L’ACIDE MURIATIQUE ET DE L’ACIDE MURIATIQUE OXIGÉNÉ.
- 5 'i 8. Le gaz acide muriatique étant le seul gaz dans lequel il soit permis d’admettre de l’eau combinée, nous avons dû. faire des recherches pour savoir si l’eau est essentielle â sa nature intime , et combien , dans ce cas, il est susceptible d’en contenir; mais ces recherches nous ayant conduits à en faire de très-étendues sur l’acide muriatique oxigéné, nous en* partagerons l’ensemble en trois parties. Nous allons traiter successivement de chacune de ces parties.
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- PREMIÈRE PARTIE.
- Expériences par lesquelles on cherche à savoir si Veau est essentielle à la nature intime du gaz acide muriatique , et conséquences qui résultent de ces expériences.
- PREMIÈRE EXPÉRIENCE.
- 329. On a mis dans un tube de fer luté, et fermé par l’une de ses extrémités, un mélange à parties égales de muriate d’argent sec et d’acide borique fondu : on a placé ce tube dans un fourneau où se ren-doit la tuyère d’un bon soufflet, et on y a adapté un tube de verre recourbé; ensuite, on l’a chauffé peu à peu jusqu’au rouge presque èlanc, et on n’en a retiré que de l’air sans aucune portion de gaz acide muriatique.
- D’une autre part, on a mis dans un tube de verre luté, un mélange de muriate d’argent et d’acide borique, semblable au précédent. Le tube traversoit un fourneau et étoit légèrement incliné ; à l’extrémité supérieure de ce tube on avoit adapté une
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- petite cornue contenant de l’eau, et à l’autre on avoit adapté un tube recourbé propre à recueillir les gaz. Le mélange étant à peineau rouge-brun, on l’a mis en contact avec l’eau de la cornue réduite en vapeurs ; et aussitôt, il s’en est dégagé beaucoup d’acide muriatique , à tel point que tout le muriate d’argent a été promptement décomposé , et qu’il n’est resté dans le tube que du borate d’argent. On voit donc que l’acide borique ne peut pas décomposer le muriate d’argent à la plus haute température , mais qu’il le décompose tout de suite à l’aide de l’eau.
- DEUXIÈME EXPÉRIENCE.
- 3 5o. On a mêlé ensemble dix grammes de charbon poussé au plus violent feu de forge, avec vingt grammes de muriate d’argent fondu. Après les avoir introduits dans une cornue de porcelaine , on l’a placée dans un fourneau où se rendoit la tuyère d’un bon soufflet, et on y a adapté un tube recourbé qu’on a fait plonger dans le mercure ; ensuite on l’a chauffée peu à peu. Lorsqu’elle a été rouge, on a obtenu un
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- peu de gaz acide muriatique et de gaz inflammable brûlant en bleu; mais le dégagement de ces gaz s’est bientôt ralenti, et au bout de quelque temps il s’est arrêté entièrement. Enfin , quoiqu’on ait porté le feu au point d’affaisser la cornue, il n’y a eu que trois grammes de muriate d’argent décomposé ; car tout l’acide recueilli, et précipité par le nitrate d’argent, n’a produit que cette quantité de muriate, et d’ailleurs on a trouvé tout le reste de ce sel dans la cornue. Mais si on met en même temps le muriate d’argent en contact avec le charbon fortement calciné et de l’eau , la décomposition s’en opère complètement et presqu’instantanément. C’est ce que prouve l’expérience suivante.
- 531. Après avoir mêlé ensemble six grammes de charbon, poussé au plus grand feu de forge , et douze grammes de muriate d’argent, on les a introduits dans un tube de verre luté : on a placé ce tube dans un fourneau ; on a adapté, à l’une de ses extrémités , une petite cornue contenant de l’eau, et on a adapté a l’autre un petit tube recourbé. L’appareil étant ainsi disposé, on a chauffé
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- peu à peu le mélange. Tant qu’on n'y a point fait passer de vapeur d’eau, il ne s’est pas dégagé un atôme de gaz acide muriatique ; mais aussitôt qu’on a porté l’eau de la cornue à l’ébullition , tout de suite, il s’en est dégagé des torrens d’acide : tout le muriate a été réduit en quelques minutes; et cependant la température étoit à peine au rouge-brun. Il en résulte donc que le charbon pur ne peut point décomposer le muriate d*ar-gent à la plus haute température, et qu’il le décompose au contraire tout de suite au-dessous du rouge-brun , à l’aide de la vapeur d’eau ; et que si le charbon ou la plombagine fortement calcinés en décomposent une petite «quantité , c’est évidemment parce qu’ils contiennent un peu d’hydrogène : ce qui le prouve, c’est que si on chauffe un mélange de muriate d’argent et de charbon ordinaire très-hydrogéné, dans un tube de verre, on réduit ce sel, même au rouge-brun, en en dégageant d’abondantes vapeurs d’acide muriatique.
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- TROISIÈME EXPÉRIENCE.
- 332. On a mis du phosphore bien sec au fond d’un tube de verre fermé par un bout; on a presqu’entièrement rempli ce tube de mercure doux nouvellement sublimé,et on y a adapté un tube recourbé qui s’engageoit sous des flacons pleins de mercure. On a chauffé le premier tube parle milieu, et ensuite par le bas pour volatiliser le phosphore; on a réduit, par ce moyen, beaucoup de mercure doux, car on apercevoit une grande quantité de globules de mercure. Cependant il ne s’est point dégagé de gaz muriatique, mais il s’est formé un liquide blanc qui est venu se condenser dans le tube recourbé, et qui de là a passé dans le flacon. ( Voyez la nature et les propriétés de ce liquide, 278. )
- QUATRIÈME EXPERIENCE..
- 333. On a mis, dans une cornue de verre, du sel marin, de l’oxide noir de manganèse et de l’acide sulfurique. On a fait passer lentement le gaz acide muriatique oxigéné
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- qui en est résulté, à travers un gros tube de verre, long d'un mètre et demi et rempli de muriate de chaux : de là, on l’a conduit dans un tube de porcelaine qu’on a peu à peu porté au rouge. Alors, on a introduit dans ce tube, par l’extrémité qui en restoit ouverte , une grande quantité de charbon poussé au plus violent feu de forge, et on y a adapté un petit tube de verre recourbé. Le charbon a décomposé les premières portions de gaz acide muriatique oxigéné avec lesquelles il a été en contact, et les a converties en gaz muriatiquë%rdinaire. Mais cet effet a été peu à peu en diminuant, quoique la température fût très-élevée ; et au bout d’un quart-d’heure environ, le gaz a passé sans éprouver d’altération ; seulement il étoit mêlé vers la fin de l’expérience, dont la durée a été de plus d’une heure et demie, de trois centièmes de gaz inflammable qui nous a paru être du gaz oxide de carbone. Par conséquent, le gaz muriatique oxigéné n’est point décompo-é par le charbon, et s’il en disparoît une petite quantité au commencement de l’expérience , c’est sans doute parce qu’il reste
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- dans le charbon le plus fortement chauffé un peu d'hydrogène qui se combine avec cet acide pour former du gaz acide muriatique ordinaire. Aussi, en substituant du charbon ordinaire qui est très-hydrogéné, à du charbon fortement calciné qui l’est peu, on obtient d'abord et pendant longtemps, une grande quantité de gaz acide muriatique ; ensuite, lorsque le charbon-commence à être déshydrogéné, on obtient tout à la fois du gaz acide muriatique et du gaz acide muriatique oxigéné; et à dater de cette époque, la%uantité de gaz acide muriatique va en décroissant, tandis que celle d’acide muriatique oxigéné va en augmentant : de sorte qu’à la fin de l’expérience le charbon ne contenant plus d’hydrogène, le gaz qui se dégage n’est plus que de l’acide muriatique oxigéné. On peut donc être certain que le charbon contiendra de l’hydrogène, toutes les fois qu’il aura la propriété de transformer le gaz acide muriatique oxigéné en gaz acide muriatique : c’est pourquoi , nous ne doutons pas, que la plombagine elle-même ou le carbure de fer n’en contienne, puisqu’il jouit de cette propriété
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- à peu près au même degré que le charbon fortement calciné.
- 354. Si on considère avec attention les résultats de ces diverses expériences, ou bien si on observe, i°. que le charbon privé d’hydrogène ne décompose pas le gaz muriatique oxigéné à la plus haute température; 2°. que le charbon qui en contient le décompose au-dessous du rouge-cerise; 3". qu’en mettant le gaz acide muriatique en contact avec la litharge, il en résulte du muriate de plomb et un grand dégagement d’eau; 4". que l’acide borique vitrifié n’a aucune action sur le muriate d’argent même exposé au rouge-blanc; 5°. que cet acide en dégage le gaz acide muriatique au-dessous du rouge-brun à l’aide de la vapeur d’eau ; f,°. que le charbon privé d’hydrogène n’altère nullement le muriate d’argent à quelque degré de feu qu’on expose le mélange; 70. que le charbon qui en contient réduit tout de suite l’oxide d’argent de ce sel et en dégage tout l’acide muriatique à l’état de gaz, même au-dessous de la température rouge ; 8°. qu’il en est de même du charbon privé d’hydrogène, pourvu qu’on aide son
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- action par de la vapeur d’eau; 9". enfin qu’en traitant le muriate de- mercure au minimum d’oxidation par le phosphore, on obtient, non du gaz muriatique, quoique ce sel soit décomposé, mais un liquide particulier contenant beaucoup de phosphore ; on sera de plus en plus porté à croire que l’acide muriatique ne peut exister à l’état de gaz sans eau ou du moins sans les principes qui constituent l’eau (1).
- Dès-lors il sera facile de prévoir tous les cas dans lesquels on pourra le dégager de ses combinaisons. C’est ainsi qu’avant de faire l’expérience, nous étions certains de ne pas décomposer, même au plus grand feu de forge, soit par l’acide borique, soit par le phosphate acide de chaux vitrifié, les muriates de barite, de strontiane, de potasse , de soude et de chaux, fondus ; ou au
- (1) Nous disons sans l’eau ou sans les principes qui constituent l’eau, parce qu’en effet en admettant de l’hydrogène et de l’oxigène dans l'acide muriatique , il n’est pas possible de savoir s’ils y sont à l’état d’eau, ou bien s’ils y sont à l’état où ils semblent être dans les matières végétales et animales. ( Voyez plus loin la discussion qui se trouve à la fin de nos’ recherches sur l’acide muriatique et muriatique oxigené. )
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- moins de n’en dégager que très-peu d’acide muriatique, parce que ces sels ne contiennent que peu ou point d’eau ; et nous étions certains, aùcontràirè, de les décomposer très-facilement ët à une basse température par cës deüx acides et de la vapeur d’eau : c’est ce qui a eu lieu comme on va le dire.
- PREMIÈRE EXPÉRIENCE.
- 335. On a mis dans une cornue de grés un mélange de parties égales d’acide borique vitrifié et de muriate de barite fondu. On a disposé cette cornue dans un fourneau alimenté d’air par un excellent soufflet, et on y a adapté un tube recourbé qu’on a engagé sous des éprouvettes pleines de mercure. On a chauffé peu à peu, et on a fini par porter la cornue au rouge blanc; on n’en a retiré que de l’air et une très-petite quantité de gaz muriatique. La cornue étant refroidie, on l’a cassée, et on y a retrouvé le muriate de barite et l’acide borique en grande partie séparés et formant deux couches bien distinctes.
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- On a fait la même expérience et de la même manière , avec les muriates de stron-tiane, de soude et de chaux : on a obtenu les mêmes résultats: seulement, on a obtenu un peu plus de gaz acide muriatique avec le muriate de chaux qu’avec les autres, sans doute parce qu’il retient, quoique fondu , un peu plus d’eau que ces sels.
- DEUXIÈME EXPÉRIENCE.
- 336. On a introduit successivement une portion de tous les mélanges précédens dans un tube de verre luté: on a placé ce tube horizontalement sur un fourneau ; ensuite, après avoir adapté à l’une de ses extrémités une petite cornue de verre contenant de l’eau, on l’a porté au rouge-brun. Alors, on a fait entrer l’eau en ébullition; et aussitôt, il s’est dégagé d’abondantes vapeurs d’acide muriatique , tandis qu’aupa-ravant il ne s’en dégageoit aucune. Ces sels ont donc été décomposés, et il s’est formé des borates.
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- ' ET MURIATIQUE OXIGÉNÉ. 1o5 TROISIÈME EXPÉRIENCE.
- S57. On a mis dans une cornue de porcelaine un mélange de deux parties de phosphate acide de chaux vitrifié et d’une partie de muriate de barite fondu. On a disposé cette cornue dans un fourneau où se ren-doit la tuyère d’un bon soufflet, et on y a adapté un tube recourbé qu’on a engagé sous des éprouvettes pleines de mercure. On a poussé le feu jusqu’au rouge-blanc: d’abord, on a obtenu l’air des vaisseaux ; mais quelque temps après, lorsque la température a été très-élevée, il s’est dégagé un peu de gaz acide muriatique et en même temps quelques gouttes de liquide qui avoient la même odeur et les mêmes propriétés que celui qu’on fait avec le mercure doux et le phosphore. ( Voyez la nature de ce liquide, 278.) Mais bientôt ces effets ont cessé, et il ne s’est plus rien dégagé.
- On a fait la même expérience avec le phosphate acide de chaux vitrifié etlesmu-riates de strontiane, de potasse, de soude et de chaux, fondus, et on a obtenu sensi-
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- blement les mêmes résultats: excepté qu'avec le muriate de chaux, il en est résulté un peu plus de gaz muriatique qu’avec les autres sels.
- QUATRIÈME EXPERIENCE.
- 358. On a fait passer de la vapeur d’eau successivement sur un mélange de deux parties de phosphate acide de chaux et d’une partie de muriate, â la température rouge-cerise , comme on l’a indiqué, expérience deuxième (336). Il en est résulté d’abondantes vapeurs d’acide muriatique, et divers phosphates, tandis que sans l’action de l’eau, il s’en dégageoit à peine quelques traces d’acide.
- 33 g. On n’a point essayé l’action des acides phosphorique et arsenique, vitrifiés, sur les muriates; mais il est évident qu’aucun muriate sec ne sera décomposé par ces acides à moins qu’à l’état vitreux ils ne retiennent de l’eau : alors la quantité de muriate décomposé seroit proportionnelle à la quantité d’eau qu’ils retiendroient.
- On voit donc dans tous ces cas combien
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- ET MURIATIQUE OXJCÉ.VÉ. IO7 est grande l’action qu’exerce l’eau sur l’acide muriatique pour le transformer en gaz, et on voit en même temps que si on obtient une petite quantité de gaz muriatique, soit avec l’acide borique, soit avec le phosphate acide de chaux et les muriates de chaux, de soude fondus, c’est que ceux-ci ne fiont pas privés d’eau, même à la plus haute température. Aussi quand on les fond dans un creuset et qu’on y jette de la tournure de fer, il s’en dégage pendant longtemps du gaz hydrogène qui s’enflamme.
- 540. Cette action de l’eau sur l’acide muriatique est même si grande, que les muriates terreux et secs, qui ne peuvent point être décomposés à la plus haute température par l’acide borique ou le phosphate acide de chaux vitrifiés , le sont par l’eau seule, au-dessous du rouge-cerise. {Voyez plus loin nos recherches sur l’acide muriatique oxigéné. ) 11 est probable que plusieurs muriates métalliques sont dans ce cas. Mais ce qu’il y a de certain , c’est que les muriates de mercure, d’argent et de fer, ainsi que les muriates de barite, de «trontiane, de potasse, de soude et de
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- chaux ne peuvent être décomposés par l’eau, parce que dans tous ces muriates la base réagit plus que l’eau sur l’acide muriatique à une température quelconque.
- Mais qu’on offre’à cette base un corps quelconque, même autre qu’un acide, avec lequel elle puisse se combiner, et dès-lors réagissant moins sur l’acide muriatiapue , l’eau pourra s’emparer de celui-ci et le gazéifier; c’est-là ce qu’on obtient d’une manière très-remarquable avec la silice.
- 341. On a fait un mélange de deux parties de sable très-fin et d’une partie de sel marin fondu: après l’avoir introduit dans un tube de porcelaine, on a placé ce tube dans un fourneau à réverbère de manière qu’il le traversoit en s’inclinant légèrement. Ensuite , ayant adapté une cornue presque remplie d’eau à son extrémité supérieure et un tube de verre recourbé à son extrémité inférieure, on l’a chauffé peu à peu. Porté au rouge, il ne s’en est dégagé aucune vapeur acide, ce qui devoit avoir lieu ; mais aussitôt qu’on a mis assez de feu sous la cornue pour en faire bouillir l’eau, la vapeur aqueuse traversant le mélange en
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- ET MURIATIQUE OXIGENE. IO9 a fait sortir une grande quantité d’acide muriatique. Celui qu’on recueilloit à l’état liquide, à l’extrémité du tube, étoit si concentré , qu’on ne pouvoit pas le mettre dans la bouche. Arrêtoit-on l’ébullition de l’eau, bientôt il ne se dégageoit plus d’acide: la produisoit-on de nouveau, tout à coup le dégagement de l’acide reparoissoit ; il étoit d’autant plus considérable que la température étoit plus élevée et qu’on fai-soi t passer plus d’eau en vapeurs. On a continué de cette manière l’expérience pendant cinq heures, et jusqu’à la fin les vapeurs ont été très-acides. Alors on a laissé refroidir l’appareil, et on a cassé le tube pour examiner l’état dans lequel étoit la matière : elle n’avoit plus aucune espèce de saveur ; on n’y distinguoit plus à l’œil ni sel marin , ni sable; elle formoit un verre opaque sur lequel l’eau etles acides n’avoient aucune action. On pouvoit la fondre facilement avec une petite dose d’alcali. Elle con-tenoit encore beaucoup de sel non décomposé , mais intimement combiné et vitrifié. Pulvérisée et soumise de nouveau, à une haute température, à l’action de l’eau, il
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- s’en est dégagé beaucoup d’acide muriatique; mais on n’a jamais poussé l’opération assez loin pour en dégager tout l’acide et obtenir un verre très-transparenl.
- Quoi qu’il en soit, il est évident que cette expérience est d’une importance majeure. Les verriers pourront à l’aide d’un appareil commode, sinon faire du verre, du moins obtenir avec le sel marin, le sable et l’eau, des frites ou verres opaques qui n’exigeront que peu d’alcali pour se vitrifier complètement. On ne doit même pas désespérer de pouvoir extraire par ce moyen la soude du sel: en effet, après avoir fait du verre avec le sel, le sable et l’eau, on pourrait le fondre avec un assez grand excès d’alcali, pour le rendre soluble, et alors exposant cette dissolution à l’air, l’acide carbonique se combinerait avec tout l’alcali , et précipiterait toute la silice ; il suffirait ensuite d’évaporer la liqueur pour avoir à l’état de carbonate non-seulement l’alcali qu’on aurait ajouté, mais encore celui du verre. Le seul obstacle qu’il y ait à vaincre, c’est de trouver un procédé peu dispendieux et facile à pratiquer pour faire passer la vapeur d’eau
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- à travers le mélange de sel et de sable, très-chaud.
- Les proportions de sable et- de sel que nous avons indiquées plus haut, ne sont pas sans doute les meilleures. Il y auroit probablement de l’avantage à employer plus de deux parties de sable contre une de sel : au bout d’un certain temps on pileroit la masse et on pourroit y ajouter une nouvelle quantité de sel; de cette manière, on fini-roi t par avoir une frite assez riche en alcali.
- 342. La silice n’est pas la seule base qui puisse à une haute température opérer la décomposition du sel marin à l’aide de l’eau. L’alumine, la glucine et en général toutes les bases qui ont de l’affinité pour la soude jouissent aussi de cette propriété. On y parvient également très-bien avec de l’argile qui est un mélange de silice, d’alumine, etc. Il suffit même, lorsque l’argile est humide, d’en jeter des morceaux dans du sel marin fondu et rouge de feu, pour qu’il s’en exhale tout de suite beaucoup de vapeurs acides; il arrive même quelquefois que dans ce cas l’argile se vitrifie.
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- 343. Parmi les oxides métalliques, il en est probablement plusieurs qui, à l’aide de l’eau, pourroient décomposer le sel marin. Ceux qui peuvent S’unir avec la soude et qui ne se réduisent pas à un haut degré de feu, doivent être dans ce cas; tel est l’oxide d’étain, etc.
- Il ne seroit même pas impossible que quelques oxides métalliques pussent seuls, et sans l’intermède de l’eau, décomposer le sel marin ; car dans ce cas il pourroit eu résulter du gaz muriatique oxigéné et une combinaison de la soude avec l’oxide désôxi-géné ou en partie réduit. Nous avons essayé dans cette vue de chauffer un mélange de sel et d’oxide noir de manganèse; mais nous n’en avons retiré que de l’oxigène : peut-être réussiroit-on plus facilement , en chauffant un mélange d’oxide , de sel et de silice.
- 344. Tout ce qu’on vient de dire de l’action de la silice, de l’alumine, de l’eau et du sel marin, s’applique à tous les muriates dont la base peut s’unir avec ces bases terreuses. Ainsi, il n’y a pas de doute qu’on décomposeroit le muriate de potasse comme
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- lesel marin par l’alumine,qtc. parce qu’elles peuvent s’unir avec la potasse comme avec la soude. Il est probable qu'on décomposeroit les muriates de barite et de strontiane par l’alumine; car on sait que l’alumine s’unit assez facilement aven ces deux bases alcalines. Enfin, on peut regarder comme certain qu’on opéreroit la décomposition du muriate de chaux par l’argile , puisque la chaux se combine si bien avec l’argile qu’il en résulte un vfcrre. Les muriates métalliques eux-mêmes , sont aussi susceptibles d’être décomposés à une haute température par quelques bases terreuses et la vapeur d’eau. Tel est, entr’autres, le muriate d'argent. On a mis du muriate d’argent fondu dans un tube de porcelaine; lorsque le muriate a été rouge, on a fait passer de l’eau en vapeurs à travers, et il s’en est dégagé des vapeurs très-sensibles de gaz muriatique. On croyoit d'abord que c’étoit par la seule action de l’eau que ce dégagement avoit lieu ; mais s’il en eût été ainsi, on auroit dû trouver de l’argent réduit après l’opération , et on n’a trouvé qu’une matière ; olivâtre et vitrifiée, adhérant fortement
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- 1 14 DES ACIDES MURIATIQUE au tube et combinée avec la silice et l’alumine. C’étoit donc par l’action réunie de l’eau et des principes terreux du tube, qu’une partie du muriate d’argent avoit été décomposée. On n’a point tenté cette expérience sur d’autres muriates métalliques.
- 545. Outre ces divers faits qu’il a été facile de prévoir, une fois qu’on a eu reconnu l’influence de l’eau ou de ses principes sur le dégagement de l’acide muriatique à l’état gazeux, on en a prévu facilement plusieurs autres qui sont tous relatifs aux muriales métalliques. Déjà on a vu que le muriate d’argent n’étoit décomposé, ni par le charbon privé d’hydrogène , ni par l’acide borique ; mais, qu’au contraire, il l’étoit sur-le-champ, il0, par le charbon hydrogéné; 2°. par le charbon déshydrogéné et l’eau; 3°. par l’acide borique et l’eau. Il devoit en être de même de tous les muriates métalliques secs. On s’est contenté d’en éprouver deux, savoir : le mercure doux et le sublimé corrosif, et tous deux ont donné des résultats absolument conformesà ce qu’indiquoit la théorie.
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- Et muriatique oxigéné.
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- PREMIÈRE EXPÉRIENCE.
- 346. On a mis du mercure doux au fond d’un tube fermé par un bout, et luté; on a rempli le tube de charbon fortement calciné; on a fait rougir le charbon, et ensuite on a fait passer le mercure doux à travers, en le réduisant en vapeurs. On a aperçu à peine des vapeurs acides, et il n’y a eu qu’un atôme de mercure doux décomposé. On a fait la même expérience avec le sublimé corrosif, et on a obtenu les mêmes résultats.
- DEUXIÈME EXPÉRIENCE.
- 347. On a fait un mélange de mercure doux et de charbon hydrogéné, et on en a fait un autre de sublimé corrosif et de charbon également hydrogéné ; on amis chacun de ces mélanges dans un tube de verre fermé par un bout, et on les a chauffés à peine au rouge-brun. Avant d’être à cette température, il s’en est dégagé beaucoup de gaz acide muriatique ; on a recueilli beaucoup de globules de mercure, et presque tout le
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- Il6 DES ACIDES MURIATIQUE
- muriate, quoiqu’on grande quantité, a-été décomposé.
- TROISIÈME EXPÉRIENCE.
- 348. On a mis un mélange de charbon fortement calciné, et de mercure doux, dans un tube de verre ; on a placé horizontalement ce tube sur un fourneau ; on l’a chauffé, et on y a fait passer de l’eau en vapeurs, au moyen d’une cornue qui étoit adaptée à l’une de ses extrémités. Il en est résulté beaucoup de vapeurs acides , un grand nombre de globules de mercure , et la décomposition presque totale du mercure doux ; celui qui a été volatilisé a seul échappé à la décomposition. Une semblable expérience a été faite avec le même succès sur le sublimé corrosif; seulement, comme ce sel est plus volatil que le mercure doux, il y en a eu un peu plus qui n’a point été décomposé.
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- ET MURIATIQUE OXIGÉNÉ.
- II?
- QUATRIÈME EXPÉRIENCE.
- 34.9.Enfin, ayant soumis, dans un tube, du mercure doux et de l’acide borique à l’action de la chaleur, sans qu’il y eût décomposition du sel, on y a fait passer de la vapeur d’eau en se servant de l’appareil déjà décrit (3 29 , première expér.), et tout de suite le muriate a été décomposé. On n’a pas fait d’expérience semblable sur le sublimé corrosif. On n’a pas, non plus, cru devoir en faire de semblables sur d’autres muriates ; mais il est certain qu’étant secs, ces sels se comporter oient comme ceux de mercure et d’argent. S’ils contenoient de l’eau, il seroit possible que cette eau entraînât avec elle l’acide muriatique, quand on essaieroit de les sécher c’est ce qui arrive probablement au muriate d’antimoine au maximum ; et c’est ce qui a lieu, comme on sait, à l’égard de muriates de magnésie, d’alumine et autres sels terreux, qui sont tous susceptibles d’être décomposés par l’eau, au-dessous de la température rouge.
- 35o. Maintenant que nous avons prouvé
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- 11 8 DES ACIDES MUIIIATIQUE
- par tant de voies différentes qu’il est possible que le gaz acide muriatique contienne, en combinaison intime, de l’eau ou de l’hydrogène et de l’oxigène dans le même rapport que l’eau, il se présente une nouvelle question à résoudre; e’est de savoir si ce gaz doit toujours en contenir la mêmequan-tilé, et quelle est cette quantité. La solution de cette question fait l’objet des expériences suivantes (1).
- DEUXIÈME PARTIE. Expériences propres à dèLerminer la quantité ri eau que le gaz acide muriatique peut contenir.
- PREMIÈRE EXPÉRIENCE.
- 351. On a combiné 6ogr- d’oxide d’argent bien sec avec 15gr- de gaz acide muriatique ; et il en est résulté 71er-,00 de muriate d’ar-
- (1) Dans ces expériences, on suppose que le gaz acide muriatique oxigéné n’esl point un être simple, mais qu’il est formé d’oxigène et d’un autre corps ; et on suppose aussi que l’hydrogène et l’oxigène, qui, d’après cela, entrent dans la composition du gaz muriatique, y sont à l’état d’eau. On examinera la valeur de cette supposition, lorsqu’on aura fait counoîtrc tous
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- ET MURIATIQUE 0XIGÉNÉ. 1 1 9
- gent fondu : or, puisque l’oxide d’argent que l’on a employé ne eontenoit point d’eau y ainsi qu’on va le voir, et puisque le muriate d’argent fondu n’en contient pas et ne laisse dégager aucune partie d’acide en le fondant, on peut attribuer la perte toute entière qu’on obtient, à l’eau ou aux principes de l’eau qui entre dans la composition du gaz acide muriatique. Le poids de ce gaz étant de i5gr-, et la perte étant de 3sr;7o, il s’ensuit que le gaz acide muriatique contient tout près du quart de son poids d’eau, ou des principes de l’eau. Cette expérience a été faite de la manière suivante :
- On a extrait l’oxide d’argent du nitrate d’argent très-pur par un excès de potasse à l’alcool ; après l’avoir bien lavé à l’eau distillée, on l’a séché à 1 a température d’une sol u-tion bouillante de muriate de chaux concentré. Il étoit très-probable que dans cet état, il ne eontenoit plus d’eau ; cependant on a voulu en être certain : pour cela, on en a mis 4 3s1,46g g, dans un petit matras bien seedont on avoit le poids, et auquel on a adapté un-tube recourbé qui s’engageoit jusqu’au haut
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- J 20 DES ACIDES MURIATIQUE
- d’une cloche pleine d’eau et suffisamment grande. On a chauffé peu à peu le matras } bientôt l’oxide a commencé à se réduire : la réduction étant complètement faite , on a laissé revenir les vases à leur température primitive ; par là il y est rentré autant de gaz qu’il en étoit sorti , en sorte que ce qui est resté dans la cloche représentait exactement l’oxigène de l’oxide. Alors on en a calculé le poids; il s’est trouvé de 2gr-,gggq. On devoit donc trouver 3g6r-,47 d’argent, si toutefois l’oxide étoit pur et ne contenoit pas d’eau; c’est ce qui a eu lieu. Par conséquent, ioop- d’argent exigent 7gr-,6 d’oxi-gène pour se combiner avec les acides.
- L’analyse de l’oxide d’argent étant faite avec tous les soins dont on vient de parler, on a mêlé 64gr-,8oo de cet oxide dans un flacon , avec environ deux cent cinquante grammes d’eau ; on a pesé le flacon et l’eau avec une grande exactitude, et on y a fait dissoudre du gaz acide muriatique : à cet effet, on a mis du sel marin fondu et pulvérisé^) dans un matras, auquel on aadapté
- (») Le sel marin de
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- ET MURIATIQUE OXIGÉNÉ. un tube qui se rendoit dans un premier flacon vide et entouré de glace ; de ce flacon par toit un autre tube qui pouvoit s’ajuster par un bouchon au flacon où étoient l’eau et l’oxide : ensuite on a versé de l’acide sulfurique concentré sur le sel ; on a chauffé légèrement, et ce n’est que quand tout l’air des vaisseaux a été entièrement chassé, qu’on a commencé à recevoir le gaz acide dans l’eau. Comme il y avoit un grand excès d’eau, et comme le gaz acide muriatique étoit pur et se dégageoit lentement, on est certain de n’avoir commis aucune erreur : on a même eu soin, avant de .commencer l’expérience, de mouiller le tube qui devoit conduire le gaz acide dans l’eau afin qu’en l’en retirant à la fin de l’expérience on ne fit aucune perte. Lorsqu’on a jugé qu’on y avoit fait passer assez de gaz acide, on a pesé le flacon, et
- nitrates de chaux et de magnésie; delà résulte du gaz acide muriatique oxigéné, quand on le traite par l’acide sulfurique : c’est cet acide muriatique oxigéné qui colore l’acide muriatique liquide qu’on obtient alors. On prévient cet inconvénient et cette source d’erreurs, en tenant le sel marin pendant quelque temps au rouge dans un creuset, parce qu’on décompose ainsi ces deux nitrates.
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- on en a conclu le poids de l'acide. Alors on a examiné le produit de l’opération. La liqueur surnageant le précipité, étoit très-limpide , et ne rougissoit nullement la teinture de tournesol ; on l’a décantée, et l’çiyant fait évaporer jusqu’à siccité, on n’a obtenu aucune trace de résidu : par conséquent ce n’étoit que de l’eau, et tout le gaz acide s’étoit combiné avec l’oxide d’argent. Le muriate étoit violet et sans action sur la teinture de tournesol. On l’a desséché lentement dans une capsule de porcelaine, et peu à peu on l’a fondu : on avoit le poids de la capsule, et il a été facile d’avoir celui du muriate.
- Enfin on a desséché et fondu une autre quantité de muriate d’argent semblable au précédent, dans une cornue de verre, afin de s’assurer qu’il ne s’en dégageoit absolument aucune trace d’acide muriatique, et d’acquérir ainsi la certitude que la perte éprouvée n’étoit due qu’à l’eau de l’acide.
- DEUXIÈME EXPÉRIENCE.
- 352. On adissous dans l’eau, comme précédemment, 276r-,i5 de gaz acide muria-
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- ET MURIATIQUE OXIGÉNÉ. 123 tique, et on l'a précipité par un excès de nitrate d’argent. Il en est résulté io6bt-,82 de muriate d’argent fondu; or le muriate d’argent est composé de
- 100,000 argent.
- 7,600 oxigène.
- 26,710 acide.
- donc les io6sr-,82 de muriate contiennent 2os‘-,6i d’acide sec ; donc il y a 68r-,54 d’eau dans 2yBr-,i5i de gaz acide muriatique, ou 0,240 de son poids : résultat qui s’accorde à très-peu près avec celui de l’expérience première.
- 353. Les deux expériences précédentes font voir sans doute que le gaz acide muriatique peut contenir près du quart de son poids d’eau; cependant, comme nous tenions à en avoir de nouvelles preuves, nous en avons recherché et découvert d’autres dans la réaction réciproque du gaz hydrogène et du gaz muriatique oxigéné. En effet, le gaz acide muriatique oxigéné contient la moitié de son volume de gaz oxigène, et l’on trouvequ’un mélange à volume égal deeegaz et d’hydrogène se convertit tout entier en
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- ACIDES MURIATIQUE
- 124 DES
- gaz acide muriatique sans qu’il se dépose la plus légère trace d’eau. Or, la densité de. l’air étant prise pour unité; le gaz acide muriatique oxigéné pèse 2,470, le gaz oxigène i,io34, et le gaz hydrogène 0,0752. Par conséquent, si nous supposons qu’on mêle ensemble deux volumes égaux, l’un de gaz hydrogène, etl’autre de gaz acide muriatique oxigéné équivalent à 1,9183 d’acide muriatique réel et à o,5517 d’oxigène, ou, ce qui est la même chose, 40,0782 de gaz hydrogène et 2,470 de gaz acide muriatique oxigéné, il en résultera.2,4700,0732 ou 2,543a de gaz acide muriatique qui sera formé de 2,470—o,5517 ou 1,9183 d’acide muriatique réel, et o,55ij -h 0,0732 ou 0,6249. d’eau. Ainsi ces 3,5432 de gaz acide muriatique contiendront 0,2457 de leur poids d’eau.
- 354. Pour mettre ces résultats en évidence , il faut dire comment on a pris la pesanteur spécifique du gaz muriatique oxigéné; comment on a analysé ce gaz et enfin comment on l’a mis en contact avec le gaz hydrogène.
- 355. Premièrement, pour déterminer la
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- ET MURIATIQUE OXIGÉNÉ. 1 2 5
- pesanteur spécifique du gaz acide muriatique oxigéné, on a mis, dans une cornue, du sel marin avec de l’oxide noir de manganèse et de l’acide sulfurique étendu ; on a chaufFé légèrement et on a fait passer le gaz acide muriatique oxigéné, d’abord à travers une grande quantité de muriate de chaux desséché , et ensuite dans un grand flacon bien sec, rempli d’air et dont le poids étoit connu. Comme le gaz acide muriatique oxigéné est bien plus lourd que l’air et qu’on le faisoit arriver par un tube jusqu’au fond du flacon, celui-ci en a été rempli dans l’espace d’une demi-heure. Alors on l’a bouché et pesé avec des balances très-sensibles. Sa pesanteur spécifique , après toutes les corrections, s’est trouvé de 2,470, celle de l’air étant i. On a répété deux fois l’expérience, et les résultats ont été les mêmes: à la suite de chaque expérience, on a absorbé le gaz acide par de la potasse caustique, afin d’être certain qu’il ne contenoife point d’air j on s’est également assuré que ce gaz ne contenoit point d’acide carbonique. Cette précaution étoit nécessaire, car on sait que certaines mines de manganèse
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- 1 26 DES ACIDES MURIATIQUE
- contiennent des carbonates, à tel point qu’en les traitant par un acide, les premières portions de gaz que l’on recueille ne sont presque que de l’acide carbonique pur.
- 356. Deuxièmement, pour analyser le gaz acide muriatique oxigéné, on a rempli un flacon de gaz acide muriatique oxigéné sec parle procédé qu’on vient de décrire,et on en a plongé le goulot dans de l’ammoniaque liquide. Tout le gaz acide muriatique oxigéné a été décomposé en quelques minutes et a donné lieu à un dégagement de gaz azote égal en volume au tiers de celui qu’il occupoit. Or, l’ammoniaque est formée, en volume, d’une partie de gaz azote et de trois parties de gaz hydrogène : par conséquent, le gaz acide muriatique oxigéné absorbe dans son contact avec l’ammoniaque un volume de gaz hydrogène égal au sien ; et de-là, il faut conclure, qu’il contient la moitié de son volume de gaz oxigène: ainsi, puisqu’il pèse 2,470 et l’oxigène 1,1034, l’air pesant ijil est composé de 1,9183 d’acide muriatique sec et de o,55ij d’oxigène. On a répété plus de dix fois l’expérience, et les résultats
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- ET MURIATIQUE OXIGENÉ. I27 en ont toujours été les mêmes. Cette expérience ne seroit pas sans danger, si on ne pre-noit pas quelques précautions qu’on va indiquer. La première est de ne pas employer de l’ammoniaque concentrée,- si elle l’éloit, il faudroit l’étendre au moins de deux fois son poids d’eau. La deuxième, est de n’agiter que très-peu le gaz avec le liquide. Enfin la troisième est de n’introduire au plus à la fois, dans le flacon, qu’une couche d’un millimètre d’ammoniaque : pour cela, on met l’ammoniaque dont on doit se servir dans une capsule contenant du mercure, et aussitôt qu’il est entré une suffisante quantité de cet alcali dans le flacon, on en plonge le goulot dans le mercure ; quelque temps après, on soulève le flacon pour y faire entrer de nouveau de l’ammoniaque, et de cette manière la décomposition s’opère tranquillement et complètement : autrement, il pourroit arriver que le flacon fût projeté en l’air. Dans tous les cas, on doit le boucher avec le pouce et le renverser pour le plonger dans l’alcali.
- 357. Troisièmement,pour mettre le gaz acide muriatique oxigéné en contact aves
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- Iü8 DES ACIDES MURIATIQUE
- son volume de gaz hydrogène, et observer les produits qui en résultent, on s’est procuré un flacon et un ballon à long col d’une égale capacité ; on a usé le col du ballon sur le goulot du flacon, en sorte qu’il s’y adap-toit' parfaitement bien* Ensuite on à bien séché le flacon, et on l’a rempli de gaz muriatique oxigéné par le procédé qui a été décrit (355 ) ; d’une autre part on a rempli le matras de gaz hydrogène au moyen du mercure. Cela étant fait, on a introduit le col du matras dans le goulot du flacon ; on l’a entouré de mastic fondu, et on a observé ce qui avoit lieu. Le gaz s’est décoloré peu à peu ; et au bout de quelques jours, il n’avoit plus sensiblement de couleur. Alors on adé-luté l’appareil ; on a plongé l’ouverture du flacon et du col du matras dans le mercure, et on a examiné le gaz qui s’y trouvoit contenu. Ce n’étoit que du gaz acide muriatique pur, sauf quelques bulles d’air : ainsi tout l’acide muriatique oxigéné et tout l’hydrogène s’étoient combinés et avoient formé un volume de gaz acide muriatique, égal à celui qu’ils occupoient eux-mêmes. C’est ce qui devoit être; car puisque le £az
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- ET MURIATIQUE OXIGENÉ. 1 2Q
- muriatique oxigéné pèse 2,470, et l’hydrogène 0,0732; et puisqu’en se combinant à volume égal ,il en résulte du gaz muriatique qui ne pèse que 1,278, ils ne doivent pas changer de volume.
- Pour que cette expérience réussisse, il faut exposer le mélange d’abord à la lumière diffuse pendant deux à trois jours, et ensuite au soleil pendant une à deux heures. Il faut bien se garder de l’exposer de suite au soleil; il en résulteroit une détonation terrible : on doit éviter également de le mettre dans l’obscurité, car il n’y auroit aucune action. {Voyez 382.)
- 358. Puisque le gaz acide muriatique ré-suite de la combinaison du gaz acide muriatique oxigéné avec l’hydrogène, on doit en conclure qu’il contient précisément, comme celui-ci, assez d’oxigène et d’acide muriatique réel pour transformer les métaux en muriates, et qu’ainsi il doit être absorbé tout entier par ceux qui sont très-combustibles. C’est surtout ce qui a lieu d’une manière frappante avec le fer : on a mis de la tournure de fer bien décapée dans un canon de fusil bien décapé lui-même; 11. 9
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- l3o DES ACIDES MURIATIQUE on a fait passer le canon à travers un fourneau où on l’a porté au rouge-brun ; alors on a adapté à l’une de ses extrémités une cornue d’où se dégageoit du gaz acide muriatique , et on a adapté à l’autre un tube recourbé qui plongeoit sous des flacons pleins de mercure. Le gaz qui s’es t dégagé n’étoit que de l’hydrogène, et on a trouvé à l’extrémité du canon, et en partie dans le tube de verre, une grande quantité d’un sel très-styptique et très-blanc, qui devenoit jaune et humide à l’air et qui n’étoit autre chose que du muriate de fer; donc, etc. Quelquefois ce muriate de fer engorge le tube et fait qu’à l’extrémité opposée, la cornue se brise avec bruit. On prévient cet accident en se servant d’une cornue tubulée, à la tubulure de laquelle on adapte un tube qui plonge dans le mercure. Il est nécessaire de ne pas dépasser dans cette expérience le degré de chaleur qu’on vient d’indiquer; autrement, il y auroit une portion du gaz acide qui échap-peroit à l’action du fer, et même il y échap-peroit presque tout entier, si la température étoit extrêmement élevée. On produi-roit avec le zinc le même effet qu’avec le fer;
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- ET MURIATIQUE OXIGENÉ. l5ï et il est probable qu’avec l’un et l’autre, cet effet auroit lieu à froid. Quoi qu’il en soit, il est cèrtain que, dans tous les cas, il doit se dégager un volume d’hydrogène égal à la moitié du gaz acide muriatique absorbé.
- a5g. Quand bien même on n’auroit pas démontré directement que le gaz acide muriatique résulte de la combinaison de parties égales en volume de gaz acide muriatique oxigéné et d’hydrogène, et que par conséquent, il contient le quart de son poids d’eau ; on le concluroit facilement de l’expérience précédente et du rapport de l’acide muriatique à l’oxigène dans le muriate d’argent. En effet, puisqu’en mettant en contact le gaz acide muriatique avec le fer, il n’en résulte que du muriate de fer et du gaz hydrogène, il s’ensuit que, dansle gaz muriatique, l’oxigène est à l’acide réel comme dans le muriate de fer, et par conséquent comme dans le muriate d’argent; car on sait maintenant que dans tous les sels métalliques du même genre, l’oxigène et l’acide sont dansle même rapport (i). Or,
- moire sur le rapport qui existe entre l’oxida-
- («) Mér
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- f3a DES ACIDES MURIATIQUE dans le muriate d’argent, l’oxigène est à l’acide muriatique réel comme 7,60 est à 25,71: donc , dans le gaz acide muriatique, l’oxigène est à l’acide réel comme 7,60 est à 25,71. Mais d’une autre part, le rapport de l’oxigène à l’hydrogène dans le gaz muriatique est le même que dans l’eau (1) : donc, le gaz muriatique est formé d’acide muriatique réel, d’oxigène et d’hydrogène danslerapportsuivant,savoir j 26,7 id’acide réel, 7,60 d’oxigène, 1,03^ d’hydrogène, ou de 25,71 d’acide réel et de 7,60 -+- i,o3^ = 8,634 d’eau ; donc le gaz muriatique contient le quart de son poids d’eau ; donc il résulte de la combinaison de parties égales en volume de gaz muriatique oxigéné et de gaz hydrogène (2).
- Ainsi on voit que ces expériences se con-lion des métaux et leur capacité de saturation pour les acides, deuxième volume d’Arcueil, page 15g.
- (x) En effet, le gaz acide muriatique traité par la litharge donne du muriate de plomb et de l’eau ( 327 , expérience 10).
- (2) Pour effectuer ce dernier calcul, il suffit de se rappeler, outre lesdounées précédentes, quel’acidemu-riatique oxigéné contient la moitié de son volume d’oxigène ; que sa pesanteur spécifique est de 2,470; que celle de l’oxigène est de 1,1 o34 et celle del’li ydrogène de 0,0732.
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- ET MURIATIQUE OXIGENÉ. l33 firment réciproquement, et on doiten conclure que le gaz muriatique contient au plus le quart de son poids d’eau ou des élémens nécessaires pour la former.
- 36o. Démontrons maintenant qu’il n’en contient jamais moins. Observons d’abord que puisque celui qui provient ; i°. du sel marin décomposé par l’acide sulfurique; a0, de l’acide muriatique liquide; 3°. d’un mél agage de volumes égaux de gaz muriatique oxigéné et d’hydrogène, en contient le quart de son poids, il est naturel d’en conclure que l’acide muriatique à l’état de gaz est toujours identique , de quelque manière qu’il ait été extrait. Mais s’il restoit quelques doutes à cet égard, ils seront détruits par les observations qu’on va rapporter.
- On a préparé du gaz acide muriatique en chauffant ensemble du muriate d’argert fondu, et du charbon qui avoit éLé moyennement calciné. Ce gaz étoit à la vérité mêlé avec un gaz inflammable, mais on en a tenu compte. Il étoit évident, que s’il contenoit autant d’eau que celui qu’on extrait du sel marin avec l’acide sulfurique foible, la question étoit résolue affirmativement. Pour
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- ACIDES MURIATIQUE
- i34
- le savoir, on l’a soumis à deux épreuves: i°. on Fa traité par une mesure M de potassium dans une petite cloche recourbée sur le mercure, et on en a retiré autant de gaz hydrogène que du gaz acide muriatique le plus humide : a0, on a fait passer une seule goutte d’eau dans un flacon qui en étoit rempli aux trois quarts, et cette goutte loin de disparoître, a augmenté de volume. ♦
- Quoique ces expériences fussent démonstratives, on a cru devoir en faire une troisième qui ne l’est pas moins, et qui consiste à traiter à une très-haute température du gaz acide muriatique préparé avec le sel marin et l’acide sulfurique étendu d’eau,par du char-bon fortement calciné. Le charbon a été mis dans un tube de porcelaine qui traversoit un fourneau de réverbère; l’une des extrémités du tube communiquoit'avec un appareil d’où se dégageoit du gaz muriatique , et l’autre recevoit un petit tube de verre qui s’engageoit sous des flacons pleins de mercure. On a fait rougir le tube de porcelaine et chauffé légèrement la cornue: d’abord le gaz qui a passé contenoit envi-
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- ET MURIATIQUE OXIGÉNÉ. l35 ron un septième de gaz inflammable; ensuite il n'en a plus contenu qu’un huitième, qu’un neuvième, et au bout d’une heure il n’en contenoit plus qu’un quinzième. La petite quantité de gaz inflammable qu’on a obtenu provenoit sans doute de l’eau des bouchons et des luts : d’où il suit que le charbon n’a eu aucune action sur le gaz muriatique , même à la plus haute température , et que ce gaz contient toujours le quart de son poids d’eau ; car s’il pou-voit exister sans contenir cette quantité d’eau, le charbon devroit en décomposer le surplus : il n’en décompose pas ; donc, etc.
- 361. Ainsi puisque le gaz muriatique contient toujours le quart de son poids d’eau, on pourra se servir de cette propriété, non-seulement pour démontrer comme on l’a fait ( 331 ), l’existence de l’hydrogène dans le charbon poussé au plus violent feu de forge, mais encore pour en évaluer jus-qu’g. un certain point la quantité : ce sera de le mêler intimement avec du muriate d’argent fondu , de chauffer le mélange dans une cornue de porcelaine, de recueillir les gaz et de les analyser, ou de voir com-
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- l36 DES ACIDES MURIATIQUE
- bien ils contiennent de gaz muriatique. Il seroit utile d’essayer de cette manière les divers charbons végétaux et animaux fortement et également calcinés ; on sauroit s’ils retiennent tous la même quantité d’hydrogène , ce qui est probable. C’est par ce moyen qu’on s’est assuré que, lors même que le charbon étoit uni au fer, comme dans la plombagine ou carbure de fer, il retenoit encoie de l’hydrogène : il nous a paru cependant qu’il en retenoit moins dans cet état que le charbon ordinaire calciné. L’expérience a été faite dans une cornue de porcelaine. Après deux heures de feu , on a retiré la cornue et on l’a cassée : examinée intérieurement, elle a offert quelques points brillans d’argent, et une grande quantité de muriate non attaqué. On a séparé le muriate par l’ammoniaque, et l’argent par l’acide nitrique. On a répété l’expérience en chaufFant le mélange dans un tube de verre avec de la vapeur d’eaÉ*, et les résultats ont été les mêmes qu’avec le charbon, ainsi qu’on s’y attendoit; c’est-à-dire que le muriate a été réduit sur-le-champ. Notre projet étoit d’éprouver Je dia-
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- ET MURIATJQÜE OXIGÉNÉ. iTiq mant par le murïate d’argent afin de savoir si ce corps contient beaucoup d’hydrogène, comme MM. Biot et Arrago l’ont soupçonné , mais nous n’avons point encore pu tenter cette expérience : peut-être vaudroit-il mieux traiter le diamant par le gaz muriatique oxigéné , à une très-haute température ; car on a déjà observé précédemment , et l’on va voir dans la troisième partie , qu’on peut reconnoître par cet acide la présence d’une très-petite quantité d’hydrogène dans un corps.
- TROISIÈME PARTIE.
- De Vaction du gaz acide muriatique oxigéné sec sur divers corps.
- 36a. On concevra facilement d’après ce qui précède, quels sont les corps qui doivent être susceptibles de décomposer le gaz muriatique oxigéné. En effet, puisque l’acide muriatique ne peut exister à l’état de gaz sans eau , et que , quand il n’en contient point, il fait toujours partie de quelques combinaisons, il s’ensuit que le gaz muriatique oxigéné ne peut être décomposé que
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- l58 DES ACIDES MURIATIQUE par les corps qui ( comme les métaux et le soufre) peuvent absorber ses deux principes, ou par ceux qui (comme la chaux , la ban te, les oxides métalliques ) peuvent se combiner avec l’acide muriatique sec, en en dégageant l’oxigène : ou bien enfin par ceux qui contiennent de l’hydrogène ou de l’eau.
- Ainsi lorsqu’on met en contact du gaz muriatique oxigéné avec un métal, il doit être décomposé, parce qu’il peut en résulter un muriatemétallique; et c’est ce qui a lieu, comme on le sait depuis long-temps. Le soufre peut, de même que les métaux, décomposer le gaz acide muriatique oxigéné ; alors il se forme cette liqueur découverte par Thompson, et que A. Berthollet a regardée comme un composé triple d’acide muriatique, d’oxigène et de soufre (i). C’est également cette liqueur qui se forme quand on projette des sulfures métalliques dans un flacon plein de gaz acide muriatique oxigéné. Plusieurs de ces sulfures la produisent presque sur-le-champen dégageant beaucoup de
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- ET MURIATIQUE OXIGÉNÉ. l3(J chaleur; les autres la produisent lentement sans échauffer sensiblement le flacon : le sulfure d’antimoine naturel et le sulfure de fer artificiel sont dans le premier cas ; le sulfate?de plomb est dans le second (i). •
- Le phosphore et les phosphures, surtout celui de fer , se comportent comme le soufre et les sulfures. Plonge-t-on du phosphore dans le gaz muriatique oxigéné , il ne tarde point à brûler avec flamme. On croyoit autrefois qu’il se formoit de l’acide phosphorique , et que l’acide muriatique étoit dégagé à l’état de gaz ; mais on démontrera (378) qu’il en résulte un composé triple de phosphore d’acide muriatique et d’oxigène. Les phosphures ont beaucoup moins d’action que le phosphore sur le gaz muriatique oxigéné; cependant ils l’absorbent peu à peu, et donnent lieu au même composé que le phosphore : Je phosphure de fer réussit surtout très-bien dans l’espace de quelques jours.
- Tous les cas que l’on vient de citer ap-
- (1) Le flacon est toujours rempli de la liqueur elle-même réduite en gaz ; elle est Irès-reconnoisaable par-son odeur.
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- partiennent au premier mode de décomposition que le gaz acide muriatique oxi-géné peut subir. Il est possible qu’il eu existe d’autres de ce genre; jusqu’ici on n’en connoît point.
- 563. Réunissons de même ceux qui appartiennent au second mode de décomposition que le gaz acide muriatique oxigéné nous offre. Ici ce ne sont plus les deux élé-mens du gaz acide qui vont être fixés ; c’est l’acide muriatique sec qui va se combiner avec le corps qu’on va lui présenter , et c’est l’oxigène qui va se dégager à l’état de gaz. Après avoir préparé de la chaux bien pure avec du marbre blanc, on l’a introduite dans un tube de porcelaine qui traversoit un fourneau à réverbère; d’un côté, on a fait communiquer ce tube avec un appareil d’où se dégageoit du gaz acide muriatique oxigéné complétementdes-sécjié par du muriate de chaux ; de l’autre, on y a adapté un petit tube de verre qu’on pouvoit à volonté engager sous des flacons pleins d’eau. On a fait chauffer peu à peu le tube de porcelaine ; à peine a-t-il été rouge, que le gaz acide muriatique oxigéné a été
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- décomposé presque complètement, et l’on ne doute point que si quelques parties de gaz ont échappé à la décomposition , c’est parce que le tube n’étant pas bien rempli de chaux, ces parties n’ont point été en contact avec cette base. On a obtenu de cette manière plus de vingt litres de gaz oxigène: alors on a arrêté l’opération, et le tube étant suffisamment refroidi, on l’a cassé. On y a trouvé une masse parfaitement fondue et demi-cylindrique; elle avoit une saveur très-âcre, se dissolvoit en grande partie dans l’eau : c’étoit de véritable muriate de chaux
- 364. On n’a point fait d’expériences semblables avec labarite, la strontiane, la potasse et la soude, parce qu’il n’y a aucun doute que ces bases n’aien t, coin me la chaux, la propriété de décomposer le gaz muriatique oxigéné. Il étoit curieux et même important de savoir si l’expérience réussiroit avec la magnésie : onl’a tentée, et elle a eu un plein succès; toujours on a obtenu une partie d’oxigène contre deux, trois ou quatre au plus de gaz muriatique oxigéné. La magnésie dont on s’est servi provenoit du carbo-
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- nate fortement calciné; la température & toujours été très-élevée, et on a fait passer le gaz pendant environ deux heures : au boutde ce temps on a cassé le tube, eton y a trouvé la majeure partie de la magnésie combinée avec l’acide muriatique. Le mu-riate de magnésie étoit fondu, très-sapide, neutre , se dissolvoit complètement dans l’eau, précipitoit abondamment par l’ammoniaque et cessoit de se troubler par cet alcali dès qu’on le rendoit suffisamment acide, etc. Poussé au feu le plus fort, il ne se décomposoit point, ou on n’en dégageoit aucune portion d’acide ; et cependant y ajoutoit-on un peu d’eau, on le décomposoit complètement, ou on en dégageoit tout l’acide même à la chaleur rouge-brun. Cette nouvelle expérience qui prouve d’une manière bien évidente, combien est grande l’attraction de l’eau pour l’acide muriatique , nous fait voir en même temps pourquoi le muriate de magnésie qu’on obtient, en dissolvant de la magnésie dans de l’acide muriatique liquide, ne peut point être . chauffé au rouge-brun , sans être décomposé ; elle nous apprend en outre comment
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- ET MURIATIQUE OXIGÉNÉ. 14® on peut se procurer un muriate de magnésie sec. Il est probable que plusieurs des autres terres, et surtout la glucine, l’alumine et l’yttria pourroient, comme la magnésie, décomposer le gaz acide muriatique oxigéné à une très-haute température ; et' on peut assurer que si cette décomposition a lieu, les muriates qui en résulteront résisteront à l’action du plus grand feu, encore bien que par un peu d’eau ils soient décomposés au-dessous du rouge-cerise. On pour-roit faciliter cette décomposition en mêlant la base avec un peu de charbon : alors, on parviendrait peut-être à combiner la silice elle-même avec l’acide muriatique.
- 565. Plusieurs oxides métalliques doivent avoir, comme la chaux , la propriété de décomposer à une température convenable le gaz muriatique oxigéné. Tel est sans doute l’oxide d’étain au maximum, l’oxide de zinc , l’oxide d’argent, l’oxide de manganèse au minimum , etc. , et en généra] tous ceux qui peuvent s’unir avec l’acide muriatique sec. On ne cite point l’oxide noir de manganèse, car il est évident qu’il ne seroit point susceptible d’en opérer
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- la décomposition. Il est possible que l’oxide rouge de fer soit dans le même cas que l’oxide noir de manganèse :son affinité pour l’acide muriatique n’étant pas très-forte , ne sépareroit peut-être pas l’oxigène du gaz muriatique.oxigéné. Aussi quand on calcine au rouge un mélange de sulfate de fer desséché et de sel mariu , il se forme beaucoup de gaz acide muriatique oxigéné qui se dégage avec du gaz sulfureux, tandis qu’on obtient pour produit solide un mélange de sulfate de soude et d’oxide rouge de fer.
- 566. Outre les deux modes précédens, suivant lesquels on vient de décomposer successivement le gaz muriatique oxigéné , il en est encore un troisième que nous avons annoncé, et dont il doit être maintenant question. C’est celui qui peut avoir lieu par l’eau ou les substances hydrogénées. Si on fait en même temps passer de l’eau en vapeurs, et du gaz acide muriatique oxigéné dans un tube rouge, le gaz sera décomposé ; et il en résultera du gaz acide muriatique liquide et un dégagement de gaz oxigéné. Cette expérience a été faite tantôt dans un tube de porcelaine, et tan-
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- ET MURIATIQUE OXIGÉNÉ. 1^5 tôt dans un gros tube de verre luté. Toujours on a fait passer le tube à travers un fourneau hiuni seulement de son laboratoire : d’une part, on l’a fait communiquer avec deux cornues dont l’une contenoit de l’eau, et l’autre un mélange propre à fournir du gaz acide muriatique oxigéné ; et d’une autre part, on y a adapté un petit tube de verre recourbé qu’on pouvoit engager à volonté sous des flacons pleins d’eau. L’appareil étant ainsi disposé , on a mis du feu peu à peu dans le fourneau ; on a porté le tube au rouge; on a fait entrer l’eau de la première cornue en ébullition; on a mis quelques charbons1 sous la seconde, et bientôt on a recueilli une grande quantité de gaz oxigène mêlé à peine de quelques centièmes de gaz muriatique oxigéné , et on a obtenu en dissolution dans l’eau de véritable acide muriatique. Lorsque la vapeur d’eau n’étoit point assez abondante, tout le gaz acide n’étoit point décomposé ; il en étoit de même lorsque la température n’étoit pas assez élevée. On a cherché à déterminer quelle étoit celle qu’il convenoit d’employer, et on a vu qu’il falloit au
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- . moins que le tube fût au rouge-brun pour qu’elle se fit bien : au-dessus de ce degré, -l’opération réussit encore mieux, parce qu’alors on peut faire passer à la fois beaucoup de gaz et beaucoup de vapeurs sans craindre de trop refroidir l’appareil.
- On verra ( 380 ) , que l’acide muriatique oxigéné, dissous dans l’eau, n’est décomposé par là lumière que parce qu’au moyen du fluide lumineux les molécules de cet acide sé trouvent élevées à une haute température, et. que par conséquent cet acide se trouve dans le même cas qu’en le faisant passer avec de la vapeur d’eau à tra--vers un tube incandescent.
- 367. Si au lieu de mettre le gaz muriatique oxigéné en contact avec l’eau, on le .met en contact avec des substances hydrogénées, il sera encore décomposé : mais alors il ne se dégagera point d’oxigène ; il en résultera de l’ea u q ui se co mbin ant avec Fàcide muriatique réel, donnera naissance à du gaz muriatique. C’est ce qui a lieu, comme on l’a vu, soit avec le gaz hydrogène, soit avec le charbon hydrogéné; et c’est également ce qui a lieu aveç les gaz hydrogène
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- sulfuré, phosphuré, carboné, arseniqué, et avec toutes les substances végétales et animales.
- PREMIÈRE EXf ERIENCE.
- On a mêlé ensemble, à la température ordinaire, des volumes égaux de gaz acide muriatique oxigéné et de gaz hydrogène sulfuré sec : pour cela, on s’y est pris comme pour mêler ce gaz acide avec le gaz hydrogène (347). Aussitôt que le contact a eu lieu, il s’est fait un dépôt considérable de soufre ; tout l’hydrogène a été brûlé, et on a obtenu autant de gaz muriatique en volume, qu’on avoit employé de gaz muriatique oxi-génè et d’hydrogène sulfuré.
- DEUXIÈME EXPÉRIENCE.
- On a mis, de la même manière que dans l’expérience première , le gaz hydrogène phosphuré en contact avec le gaz muriatique oxigéné : l’action a été vive, et la décomposition subite.
- On a encore mis, de la même manière que
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- dans l’expérience première, le gaz hydrogène carboné, ou le gaz hydrogène oxi-carboné, en contact avec le gaz muriatique oxigéné, et on a exposé le mélange à la lumière diffuse pendant deux jours : peu à peu le gaz acide s’est décomposé, il s’est déposé un peu de charbon, et il s’est formé beaucoup de gaz muriatique. On a également obtenu du gaz muriatique avec le gaz hydrogène arse-niqué et le gaz muriatique oxigéné; dans ce cas, il y a eu dépôt d’arsenic.
- QUATRIÈME EXPERIENCE.
- On a rempli un grand nombre de flacons de gaz acide muriatique oxigéné sec par le procédé qui a été décrit ( 355 ), et on y a mis à la température de l’atmosphère, différentes substances végétales et animales; ce gaz a tout de suite été décomposé par les matières grasses , les résines, les huiles, l’alcool et l’éther ; il ne l’a été complètement que dans l’espace de dix à douze jours par l’amidon et le sucre bien desséchés (1); enfin il l’a été assez promptement par la
- (0 Ce* deux substances étoient devenues noires.
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- chair musculaire desséchée.Toujours ce gaz s’est transformé en acide muriatique , qui tantôt a été absorbé , tantôt est resté à l’état de gaz. C’est ainsi qu’il agit sur les miasmes putrides qui existent quelquefois dans l’air; il leur enlève donc une portion de l’hydrogène qu’ils contiennent, et dès-lors les convertit en composés qui ne sont plus nuisibles. Sans doute l’eau hygrométrique de l’air facilite la décomposition.
- 368. Tels sont les corps qui peuvent opérer la décomposition du gaz acide muriatique oxigéné. Ainsi, de quelque manière qu’on s’y prenne, on ne parvient pas à enlever l’oxigène à cet acide et à obtenir l’acide muriatique isolé ; d’où il faut conclure que l’acide muriatique qui passoit autrefois pour le corps qui avoit le moins d’affinité pour l’oxigène, est au contraire celui qui en a le plus.
- 36g. En effet , on a déjà vu que le gaz muriatique oxigéné n’avoit aucune action sur le charbon privé d’hydrogène, et on va voir qu’il n’en a aucune sur tous les autres corps combustibles qui ne contiennent ni hydrogène, ni eau, pourvu qu’ils
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- n’aient point la propriété de se combiner avec l’acide muriatique. Cette classe de corps en comprend un assez grand nombre outre le charbon : ceux qu’il étoit le plus important d’essayer, sont le gaz sulfureux, le gaz oxide de carbone , le gaz oxide nitreux, le gaz oxide d’azote, le bore, les sulfites. C’est ce que nous avons fait, comme il va être dit
- Après avoir desséché , avec beaucoup de soin, par la chaux ou le muriate de chaux, les gaz sulfureux , oxide de carbone , oxide nitreux, oxide d’azote, on les a mis en oontact à la température ordinaire avec du gaz muriatique oxigéné sec : pour cela, on s’y est pris de la même manière que pour mettre en contact ce gaz avec le gaz hydrogène ( 357 )• Tantôt le mélange a été exposé à la lumière diffuse, et tantôt au soleil : dans aucun cas, le gaz muriatique oxigéné n’a été décomposé , même dans l’espace de six, huit, dix jours. On pouvoit en juger par la couleur du mélange qui étoit jaune-verdâtre; cependant9
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- on a toujours eu soin de s’en assurer en agitant le mélange avec du mercure qui, ab-. sorbant seulement le gaz muriatique oxi-géné, permettoit d’avoir pur le gaz avec lequel il étoitmêlé. Pour que ces expériences réussissent, il est essentiel que les gaz et les flacons soient bien secs. La moindre trace d’humidité produit la décomposition d’une partie d’acide muriatique oxigéné. Aussi, quand au lieu d’agiter les mélanges avec du mercure, on les agite avec de l’eau, il en résulte une décomposition subite du gaz muriatique oxigéné , et alors le gaz sulfureux devient acide sulfurique ; le gaz oxide nitreux et le gaz oxide d’azote deviennent acide nitreux; le gaz oxide de eaçbone devient acide carbonique; et toujours l’acide muriatique oxigéné devient acide muria-
- DEUXIÈME EXPÉRIENCE.
- On a jeté du bore bien desséché dans du gaz muriatique oxigéné bien sec ; le contact a été de plusieurs jours : au bout de ce temps, ni le bore, ni le gaz n’avoient subi
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- 1Ô2 des acides muriatique d’altération. L’expérience n’a point été faite à chaud.
- .TROISIÈME EXPÉRIENCE.
- On a jeté des sulfites de barite, de chaux bien desséchés dans des flacons pleins de gaz muriatique oxigéné sec; lé contact a été de cinq à six jours. Au bout de ce temps on a examiné ce qui s’étoit passé , et on s’est convaincu que le gaz et les sels n’avoient nullement réagi les uns sur les autres ; mais on a vu en même temps qu’aussitôt qu’on les mouilloit légèrement, il en résultait du sulfate, du muriate, et un dégagement de gaz acide sulfureux. 11 suffît même de porter son haleine sur le sel imprégné de gaz acide muriatique oxigéné pour produire cet effet.
- Telles sont toutes les expériences que nous avons faites sur l’acide muriatique et muriatique oxigéné. Il en résulte donc en dernière analyse, que jusqu’à présent on ne peut point obtenir l’acide muriatique pur; qu’on ne peut le faire passer que d’une combinaison dans une autre, et que par conséquent on ignore si, dans son état de pureté , ce corps est solide, liquide ou gazeux.
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- Noies relatives aux recherches faites soit par
- M. Davy, soit par nous, sur les acides muriatique et muriatique oxigéné.
- Toutes les expériences que nous venons de rapporter et qui sont relatives à l’acide muriatique et à l’acide muriatique oxigéné, ont été faites à deux époques différentes, savoir, le a3 janvier et le 27 février 1809.
- Le 23 janvier 1809 , nous avons annoncé à l’Institut, et le même jour nous avons imprimé dans le Moniteur, que le gaz acide muriatique ne contient point d’eau hygrométrique ; mais qu’il en contient de combinée , ainsi que l’ont fait voir MM. Henry et Berthollet ; que c’est le seul gaz qui en contienne à cet état de combinaison ; que nous étions même parvenus à l’extraire et à la faire ruisseler en faisant passer à une douce chaleur du gaz muriatique au travers de la li-tharge fondue et réduite en poudre grossière; que ce gaz en contenoit dans des proportions telles que, si elle étoit entièrement décomposée par un métal, tout l’acide seroit absorbé par l’oxide et transformé en muriate métallique; que c’étoit même là ce qui avoit lieu, ainsi que nous nous en étions assurés, lorsqu’on faisoit passer le gaz muriatique peu à peu dans plusieurs canons de fusil pleins de tournure defer
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- et portes au rouge ; que tous les muriates indécomposables par le feu et qui ne contenoient que peu ou point d’eau , ne pouvoient être décomposés à une très-haute température ni par le phosphate acide de chaux vitreux, ni par l’acide boracique aussi vitrifié; qu’ainsi dans les muriates l’acide étoit retenu avec une force très-grande, et que si l’acide sulfurique étoit lui-même privé d’eau, il nepourroit probablement pas les décomposer.
- Le 27 février 1809, nous avons présenté à l'Institut toutes les autres expériences consignées dans cet ouvrage et relatives à l’acide muriatique et muriatique oxigéné ; nous en avons ensuiteimpriméles résultats dans le n° 18 du Nouveau bulletin de la Société philoma-tique, mars 180g , et enfin nous en avons imprimé un extrait dans le second vol. d’Arcueil.
- M. Davy a aussi fait de son côté sur l’acide muriatique plusieurs expériences que nous devons rapporter parce qu’elles sont analogues aux nôtres. Il a vu que le muriate de chaux n’étoit point décomposé par les acides phos-phorique et boracique, et que le sublimé corrosif ne l’étoit pas non plus par des charbons incandescents ; mais qu’au moyen de l’eau, la décomposition de ces corps s’opéroit facilement et donnoit lieu à un grand dégagement de gaz muriatique. . t
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- C’est le 12 janvier 1809, que M. Davy a lu ces résultats à la Société royale ( voyez à ce sujet la note, pape 68 de ce volume), et ce n’est que dans les Transactions Philosophiques pour 1809 qu’il les a publiés. On les trouve aussi imprimés Bibl. Brit. n° 33a, octobre 1807, pages i33 et 139.
- Ainsi tandis que M. Davy annonçoit à la Société royale que l’eau étoit essentielle à la constitution gazeuse de l’acide muriatique , nous l’annoncions à l’Institut ; mais nous avons sur lui l'avantage d’avoir publié notre mémoire long-temps avant le sien, puisque l’impression du nôtre est du 23 janvier, et que l’impression du sien n’a eu lieu que plusieurs mois après.
- Observations sur la nature du gaz acide muriatique oxigéné.
- 370. Nous avons expliqué, dans les chapitres précéd en s, tous les phénomènes que nous ont présentés l’acide muriatique et l’acide muriatique oxigéné, en supposant que ce dernier acide soit composé d’oxigène et d’un autre corps • mais il est possible aussi de les expliquer, en regardant cet acide oomme un corps simple : c’est ce que nous avons annoncéà l’Institut, le 2 7 février 1809,
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- et ce que nous avons imprimé dans le second volume d’Arcueïl, p. 357, en disant: « Le gaz muriatique oxigéné n’est pas dé-» composé par le charbon , et on pourroit, » d’après ce fait, et ceux qui sont rapportés » dans ce mémoire, supposer que ce gaz est » un corps simple; les phénomènes qu’il » présente s’expliquent assez bien dans cette » hypothèse : nous ne chercherons point » cependant à la défendre, parce qu’il nous » semble qu’ils s’expliquent encore mieux, » en regardant l’acide muriatique oxigéné » comme un corps composé ». Si nous n’avons point alors exposé, dans cette hypothèse , toutes les explications qu’on peut donner des phénomènes , c’est parce qu’il suffisoit de l’énoncer pour mettre tous les chimistes à même d’en faire des applications.
- 371. En elfet, en regardant l’acide muriatique oxigéné comme un corps simple,on voit évidemment i°. que les muriates métalliques ne sont autre chose que des combinaisons d’acide muriatique oxigéné et d’un métal, puisqu’on peut les obtenir tous en traitant les métaux par le gaz acide muriatique oxigéné ; 2°. que le gaz acide mu-
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- riatique étant formé de gaz acide muriatique oxigéné et de gaz hydrogène, et donnant naissance à de l’eau et à du muriale de plomb ( 237, exp* X) par son contact avec l’oxide de plomb, il s’ensuit que l’acide mu* riatique oxigéné et l’hydrogène de l’acide muriatique se combinent, savoir : le premier avec le plomb de l’oxide de plomb, et le second avec l’oxigène de cet oxide; 3°. qu’il en sera de même, lorsqu’au lieu d’oxide de plomb , on mettra en contact avec l’acide muriatique oxigéné , un autre oxide métallique; 40. que si on ne peut décomposer, à une haute température, les mu-riates métalliques par l’acide borique et le phosphate acide de chaux, c’est que le métal que ces sels contiennent n’est point oxidé, et qu’il ne peut par conséquent se combiner avec aucun acide: 5°. que si p.u contraire on décompose, à une haute température , les muriates métalliques par l’acide borique et le phosphate acide de chaux, au moyen de la vapeur d’eau, c’est que dans ce cas l’hydrogène de l’eau se combine avec l’acide muriatique oxigéné, et fait du gaz acide muriatique ordinaire ,
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- 1 58 DE3 ACIDES MURIATIQUE et que Foxigène de Feau se combine avec lo métal du muriate, et fait un oxide qui peut se combiner lui-même avec l’acide borique ou l’acide phosphorique ; 6°. qu’en faisant passer du gaz acide muriatique oxi-géné à travers une dissolution de potasse, on obtient du muriate suroxigéné de potasse; parce que Feau est décomposée, et que d’une part son hydrogène se combinant avec du gaz acide muriatique oxigéné, fait de l’acide muriatique qui, en se combinant lui-même avec de la potasse, fait du muriate de potasse, et que d’une autre part, son oxigène se combinant avec une autre portion d’acide muriatique oxigéné, fait de l’acide muriatique suroxigéné qui, en se combinant aussi avec la potasse, fait du muriate suroxigéné de potasse, etc. etc.
- Telles sont les conséquences qui dérivent naturellement de l’hypothèse dans laquelle on regarde l’acide muriatique oxigéné comme un corps simple.
- 3 7 2. Près de dix-huit mois après que nous avons eu fait cette hypothèse, M. Davy Fa considérée lui-même avec attention, et pa-roit l’avoir complètement adoptée. (V. An-
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- ET MURIATIQUE OXIGÉNÉ. l5g nales de Chimie , pour le mois d’octobre 1810, n° 226 , p. 112 j et n° 227, p. 12g. ) Rappelons brièvement tous les faits , pour mettre les chimistes à même de prononcer à cet égard :
- 1Q. Le gaz acide muriatique oxigéné, exposé seul à l’action de la plus haute chaleur ou des rayons du soleil, n’éprouve aucune altération ; mais exposé en même temps àcette action età celle de l’eau, il dis-paroît, et on obtient d’une part du gaz acide muriatique, et de l’autre du gaz oxigène.
- 20. Le gaz hydrogène se combine, à volume égal, avec le gaz acide muriatiquç oxigéné, et donne naissance à du gaz acide muriatique sans qu’il se dépose un atome d’eau. La combinaison se fait peu à peu à l’ombre ; elle se fait instantanément et avec détonation au soleil.
- 3°. Le charbon, s’il est pur, n’a aucune action, à une température quelconque, sur le gaz acide muriatique oxigéné ; mais s’il contient de l’hydrogène , il transforme cet acide en gaz acide muriatique; et s’il contient de l’eau , il se produit en outre du gaz oxide de carbone.
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- ACIDES MURIATIQüE
- 4°. Le phosphore absorbe le gaz acide muriatique oxigéné, et donne naissance à une liqueur particulière.
- 5". On obtient facilement cette liqueur en traitant les muriates de mercure par le phosphore, et alors le mercure est réduit sans qu’il se dégage d’acide muriatique.
- 6°. Le soufre absorbe le gaz acide muriatique oxigéné, comme le fait le phosphore , et produit de même que ce corps une liqueur particulière découverte par Thompson.
- 7°. Les sulfures métalliques agissent sur le gaz acide muriatique oxigéné , absolument de la même manière que le soufre.
- 8°. Tous les métaux sont susceptibles de se combiner avec le gaz acide muriatique oxigéné , et de former des muriates métalliques. Plusieurs d’entr’eux, tels que le zinc, le fer, etc. agissent avec force sur le gaz acide muriatique, et de cette action résultent des muriates semblables aux précédons, et une quantité de gaz hydrogène égale à la moitié de la quantité de gaz acide muriatique absorbée.
- 9°. Aucun de ces muriates ne peut être décomposé ni par le charbon pur, ni par
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- liï MURIATIQUE OXIGÉNÉ. l6l l’acide borique ou le phosphate acide de chaux, vitrifiés.
- io°. Tous, au contraire, peuvent l’être par ces trois corps, à l’aide de l’eau , ou bien encore seulement par le charbon hydrogéné, et par conséquent par les substances végétales et animales. Avec l’eau et le charbon , on obtient du gaz acide muriatique, du gaz oxide de carbone et le métal réduit ; avec l’eau et l’acide phosphorique ou borique , on obtient du gaz acide muriatique, et un phosphate ou un borate; avec le charbon hydrogéné, ou le gaz hydrogène , on obtient du gaz acide muriatique et le métal réduit.
- 11°. Les muriates de barite, de stron-tiane, de chaux, de potasse, de soude et de magnésie parfaitement secs , sont, comrhe les muriates métalliques précédens , indécomposables par les acides borique et phosphorique vitrifiés, mais ils sont tout de suite décomposés par ces acides à l’aide de la vapeur de l’eau ; il en résulte des borates ou des phosphates, et du gaz acide muriatique: ils ne le sont dans aucun cas par le charbon.
- 12°. Il en seroit certainement de même
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- ï6a BBS ACIDES MURIATIQUE
- des muriates de glucine, d’yttria, d’alumine, de zircône et de silice, si on pouvoit les obtenir privés d’eau.
- i3°. Lorsque l’on met en contact, à une température légèrementélevée,du gaz acide muriatique et de l’oxide de plomb bien sec, ce gaz est absorbé et donne lieu à du mu-riate de plomb et à un dégagement d’eau ; on obtiendroitle même résultat avec l’oxide d’argent, l’oxide de fer, etc. etc.
- 140. On obtient encore un résultat analogue , en substituant de la barite, de la chaux, de la strontiane bien desséchées à l’oxide de plomb.
- i5°. Le sel marin ne sauroit être décomposé , à la plus haute température, par le sable ou l’alumine, mais il l’est facilement par l’un de ces corps, aidé de l’action de l’eau. Les muriates de barite, de potasse, de strontiane et de chaux sont dans le même cas que le sel marin par rapport au sable, à l’alumine et à l’eau.
- 16°. Le gaz acide muriatique oxigéné, mis en contact avec un excès d’ammoniaque liquide, disparoît, fait une certaine quantité de muriate d’ammoniaque, dé-
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- ET MURIATIQUE OXIGÉNÉ. l63 compose en outre une certaine quantité de cet alcali, et donne lieu à un dégagement de gaz azote qui est égal en volume au tiers du gaz acide muriatique oxigéné qui dis-paroit.
- 170. Le gaz aeide sulfureux, le gaz oxide nitreux, le gaz oxide d’azote, n’ont aucune action sur le gaz acide muriatique oxigéné, s’ils sont secs ; mais s’ils sont humides ou bien en contact avec l’eau , ils agissent subitement sur cet acide et donnent naissance, le premier, à de l’acide sulfurique et à de l’acide muriatique ; le deuxième et le troisième à de l’acide nitreux , et peut-être à de l’acide nitrique et à de l’acide muriatique.
- i8°. Les sulfites de chaux, de barite, etc. bien secs, ne sont point attaqués par l’acide muriatique oxigéné sec ; mais pour peu qu’il y ait de l’eau dans cet acide, il en dégage de l’acide sulfureux, et il se forme un muriate et probablement aussi un sulfate.
- îg". Lorsqu’on met en contact, sur le mercure, la liqueur fumante de Libavius avec le gaz ammoniac, ce gaz est absorbé avec une grande chaleur; il ne se dégage
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- point de fluide.gazeux, et il se produit un© substance solide d’un blanc terne qui , chauffée, se volatilise en totalité en répandant des fumées épaisses et piquantes. Quelle que soit la quantité d’ammoniaque qu’on emploie dans cette expérience, les résultats en sont les mêmes : on ne peut donc point, par ce moyen, retirer l’oxide d’étain de cette liqueur. Mais si on étend d’abord cette liqueur d’eau, et si on ajoute ensuite de l’ammoniaque, il s’en précipite tout à coup de l’oxide d’étain.
- 20°. Lorsqu’on traite le phosphore par le gaz acide muriatique oxigéné, on obtient deux composés,d ont l’un est liquide et l’au tre solide. Si on sature, à chaud, le composé solide par le gaz ammoniac, l’action est énergique , la production de chaleur est assez grande, et on obtient pour produit une poudre blanche opaque : si on introduit cette poudre blanche dans un tube de verre vert, et si on la chauffe au rouge sans qu’elle soit en contact avec l’air, il ne s’en dégage rien, et elle ne se décompose point ; mais si on la chauffe avec l’hydrate de potasse,elle se décomposesur-le champ, il s’en
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- EX MURIATIQUE OXIGÉNÉ. l65 dégage du gaz ammoniac, et il se forme un muriate et un phosphate.
- 2i°. Le gaz acide muriatique oxigéné réagit avec force sur le gaz ammoniac, mais dans cette réaction il ne se dépose point d’eau: 15 à 16 parties de gaz acide.muria-tique oxigéné absorbent ^5 parties de gaz ammoniac , donnent naissance à du muriate d’ammoniaque sec, et à un dégagement de 5 à 6 parties d’azote.
- 673. Parmi tous ces faits , ceux qui ont frappé le plus M. Davy, sont les trois derniers que nous avons cités et qui lui sont propres (1). Il pense qu’il est très-difficile de les expliquer en regardant le gaz muriatique oxigéné comme un corps composé, et qu’il est très-facile au contraire de s’en rendre compte en le regardant comme un corps simple. Nous ne pouvons partager son opinion : il nous semble que l’explication qu’on peut en donner dans la première hypothèse, est plus simple et plus d’accord
- (1) Nous avons fait connoître les dix-liuit autres dans noire mémoire sur les acides mutialique et muriatique oxigéné (3*8).
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- avec l’analogie générale que celle qu’on peut en donner dans la seconde. C’est ce qu’on va voir en comparant l’explication de ces faits dans l’une et l’autre hypothèse.
- Premier fait relatif à Vaction du gaz ammoniac sur la liqueur fumante de Liba-pius. Voyez précédemment 19 * fait.
- 574. Dans l’hypothèse où on regarde l’acide muriatique oxigéné comme un être simple , on diva : le gaz ammoniac s’unit avec la liqueur fumante de Libavius, et n’en sépare point d’oxide d’étain , parce que l’étain s’y trouve à l’état métallique ; s’il la décompose à l’aide de l’eau , et s’il x-ésul te de cette décomposition du muriate d’ammoniaque , et de l’oxide d’étain qui se précipite, c’est que d’abord l’eau est elle-même décomposée, et que ses deux principes se combinant,savoir, son oxigène avec l’étain, et son hydrogène avec l’acide muriatique oxigéné, font passer le premier à l’état d’oxide au summum , et le second à l’état d’acide muriatique.
- Mais n’est-il pas plus simple de dire dans l’autre hypothèse : Le gaz ammoniac ne dé-
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- compose point Ja liqueur fumante de Li-bavius, parce qu’il se combine avec elle et forme un composé triple volatil (1 ), et s’il la décompose à l’aide de l’eau, c’est parce que l’eau a une grande puissance dissolvante sur le muriate d’ammoniaque et n’en a aucune sur l’oxide d’étain, en sotte qu’elle tend à réunir l’acide muriatique et l’ammoniaque, et à séparer l’oxide d’étain?
- Deuxième fait relatif à l’action du gaz ammoniac sur le composé solide qu’on obtient en traitant le phosphore par le gaz muriatique oxigéné. Voyez précédemment 20e fait.
- 5j5. Dans l’hypothèse où on regarde le gaz muriatique oxigéné comme un être simple , on dira : le composé solide est formé de phosphore et d’acide muriatique oxigéné; il se combine avec l’ammoniaque, et forme une poudre blanche sur laquelle l’eau tf’a
- (,) D’ailleurs, le muriate d'étain fumant ou liqueur futnante de Libavius, n'est pas le seul sel métallique que l’ammoniaque ne précipite pas. Le nitrate d’argent le
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- aucune action, et qui retient tellement l’ammoniaque, qu’une chaleur rouge-obscur ne peut l’en dégager. Si en traitant à une haute température cette poudre blanche par l’hydrate de potasse, il en résulte du muriate et du phosphate de potasse, et un dégagement d’ammoniaque, c’est parce que l’eau est décomposée; que d’une part l’oxigène de l’eau se combine avec le phosphore, et fait de l’acide phosphorique qui se combinant avec la potasse fait du phosphate de potasse ; que d’autre part l’hydrogène de l’eau se combine avec l’acide muriatique oxigéné, et fait de l’acide muriatique qui se combinant aussi avec la potasse fait du muriate de potasse ; et qu’enfin l’ammoniaque étant ainsi mise à nu doit se dégager.
- Dans l’autre hypothèse, on dira : le composé solide qu’on obtient en traitant le phosphore par l’acide muriatique oxigéné, est formé d’oxigène, d’acide muriatique et de phosphore ; il se combine avec l’ammoniaque, et fait un composé quadruple duquel une chaleur rouge-obscur ne peut dégager l’alcali, et sur lequel l’eau chaude n’a point d’action. Si en traitant à une haute tein-
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- ET MURIATIQUE OXIGÉNÉ. 169 rature, ce composé quadruple par l'hydrate de potasse ( potasse retenant la 5e partie de son poids d’eau ), on obtient du muriate et du phosphate de potasse et un dégagement d’ammoniaque, c’est parce que la potasse ayant une grande affinité pour l’acide mu-riatique,et l’acide phosphorique, se combine avec le premier qu’elle trouve tout formé, et avec le second qu’elle forme en en réunissant les élémens, de sorte que l’ammoniaque est mise à nu et se dégage. On pourrait encore dire seulement que la potasse prend la place de l’ammoniaque.
- Troisième fait relatif à l’action du gaz acide
- muriatique oxigéné sur le gaz ammoniac.
- Voyez •précédemment 21 ''fait.
- 376. Dans l’hypothèse où on regarde le gaz acide muriatique oxigéné comme un être simple , on dira : le muriate d’ammoniaque étant une combinaison de gaz acide muriatique et de gaz ammoniac, et le gaz acide muriatique étant formé de gaz acide muriatique oxigéné et d’hydrogène, il s’ensuit que le gaz muriatique oxigéné décom-
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- I70 DES ACIDES MURIATIQUE pose «ne partie du gaz. ammoniac, qu’il dégage l’azote de cette partie de gaz, et qu’en s’emparant de l’hydrogène de cette même partie de gaz, il forme du gaz muriatique qui se combine avec le gaz ammoniac non décomposé.
- Dans l’autre hypothèse, on dira : le gaz acide muriatique résultant de la combinaison , à volume égal , du gaz acide muriatique oxigéné et du gaz hydrogène, et contenant le quart de son poids d’eau, il s’ensuit que toute l’eau qui se forme dans la réaction du gaz muriatique oxigéné et du gaz ammoniac, entre en combinaison avec le muriate d’ammoniaque provenant de cette réaction; et que si, par la chaleur, on ne peut l’en dégager, c’est parce que le muriate étant volatil , se sublime en même temps que l’eau se volatilise, de sorte que le muriate sublimé contient autant d’eau qu’avant de l’avoir été.
- On pourroit encore dire: le gaz acide muriatique ne contient point d’eau toute formée ; il n’en contient que les principes , et il résulte de la combinaison triple du radical du gaz muriatique oxigéné, de l’oxi-
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- gène de cet acide et d’hydrogène : par conséquent, il ne peut point se déposer d’eau dans la réaction du gaz acide muriatique oxigéné sur le gaz ammoniac , puisqu’il ne s’en forme point. Ce qui a lieu dans ce cas, ajoutera-t-on, c’est que le gaz muriatique oxigéné se combine avec l’hydrogène d’une partie du gaz ammoniac , en dégage l’azote, et forme ainsi du gaz muriatique qui se combinant avec du gaz ammoniac non décomposé produit du muriate d’ammoniaque sec.
- 377. On voit donc que dans l’hypothèse où on regarde l’acide muriatique oxigéné comme formé d’oxigène et d’un autre corps, il est aussi facile d’expliquer les trois faits dont nous venons de parler, et que M. Davy a découverts, que tous ceux que nous avons fait connoître; mais comme, d’une autre part, on peut les expliquer tous ainsi que nous l’avons dit, en regardant le gaz muriatique oxigéné comme un être simple, il s’ensuit que la question de savoir si l’acide muriatique oxigéné est un être simple ou composé, n’est point résolue, et que nous ne sommes pas plus avancés dans la solu-
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- tion de cette question que nous ne l'étions, il y a près de deux ans, immédiatement après nos expériences à cet égard. Par conséquent, nous donnerons aujourd’hui comme à cette époque, par des raisons d’analogies, la préférence à l’hypothèse dans laquelle on regarde cet acide comme formé d’oxi-, gène et d’un autre corps. En effet, i°. il est très-probable que les mariâtes métalliques sont des sels de même nature que les autres sels métalliques; du moins toutes les propriétés dont ils jouissent nous portent à le croire. Or, il est certain que les sulfates, les nitrates, les phosphates métalliques , etc. sont formés d’acide, d’oxigène et d’un métal : donc, nous devons être portés à croire que les muriates métalliques contiennent aussi un acide, de l’oxigène, et un métal; mais s’il en est ainsi, il faut que l’acide muriatique oxigéné soit composé d’oxigène et d’un autre corps, puisqu’on peut faire tous les muriates métalliques en traitant les métaux par le gaz muriatique oxigéné. 2°. Si l’acide muriatique oxigéné étoit un être simple, il s’ensuivroit que cet acide pourrait chasser tout l’oxigène que
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- ET MURIATIQUE OXIGÉNÉ. 178 sont censées contenir la chaux, la magnésie , etc. ; car lorsqu’on met cet acide en contact avec ces bases à une température élevée, on obtient une très-grande quantité d’oxi-gène et des muriates de chaux et de magnésie qui, dans l’hypothèse où on regarde l’acide muriatique oxigéné comme un être simple, seroient des combinaisons de cet acide avec le métal de la chaux et de la magnésie : il s'ensuivrait encore que l’acide muriatique serait décomposé et recomposé avec la plus grande facilité dans une foule de circonstances ; par exemple, le combinerai t-on avec un oxide métallique, et ensuite dessécherai t-on lemuriate, il faudrait admettre que l’hydrogène de cet acide se portât sur l’oxigène de l’oxide , réduisît cet oxide, et que l’acide muriatique oxigéné, base de l’acide muriatique, s’unit au métal, base de l’oxide; et viendroit-on ensuite à dissoudre cette combinaison dans l’eau, il faudrait admettre qu’elle décomposât sur-le-champ l’eau, et que les deux principes de l’eau se combinassent, savoir, l’hydrogène avec le gaz muriatique oxigéné , et l’oxigène avec le métal. On voit
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- 174 DES ACIDES MURIATIQUE donc qu’en faisant des applications de ce que nous venons de dire au muriate de po* tasse, de soude, etc. on seroit obligé de considérer ces sels, lorsqu’ils ont été calcinés , comme des composés d’acide muriatique oxigéné ( être simple), et de potassium ou de sodium; et de les considérer , lorsqu’ils sont dissous dans l’eau , comme des composés d’acide muriatique et d’oxide de potassium ou de sodium (potasse ou soude). Encore bien que tout cela soit possible, nous ne le regardons pas comme probable. Qu’on ne croye pas, pourtant, que nous rejetions l’hypothèse dans laquelle on regarde l’acide muriatique oxigéné comme un être simple. Il ne faut point l’exclure, puisqu’elle représente assez bien les phénomènes; mais nous disons aujourd’hui, comme il y a près de deux ans, lorsque nous avons établi ces deux hypothèses, qui depuis ont fixé l’attention de M. Davy : « dansl’état actuel de nos con-» noissances, les faits s’expliquent mieux » en regardant l’acide muriatique oxigéné » comme un être composé que comme un » être simple, et par conséquent nous préfé-» rons lapremière hypothèse à la seconde ».
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- Mais on peut demander maintenant: a Si l’a-» eide muriatique oxigéné est formé d’oxi-» gène et d’un autre corps,le gaz acide muria-» tique sera-t-il formé de ce corps, d’oxigène » et d’hydrogène, c’est-à-dire, sera-t-il un » acide triple ou à radical binaire ; ou bien, » l’hydrogène qu’il contient sera-t-il combiné » avec de l’oxigène de manière à former de » l’eau?» Nous n’entreprendrons point de résoudre cette question, car elle est la même que celle-ci qui nous paroît, rigoureusement parlant, insoluble : à quel état les acides et les-oxides sont-ils dans les sels? y sont-ils à l’état d’acide et d’oxide , ou bien leurs élémens y sont-ils désunis ? Ce que nous devons faire, c’est de bien constater tous les faits, et c’est à quoi nous nous sommes attachés.
- Cependant on pourrait dire en faveur de l’hypothèse qui consiste à regarder le gaz muriatique comme un composé triple d’oxigène, d’hydrogène et d’un autre corps; qu’il est probable que si le gaz muriatique con-tenoit réellement de l’eau combinée, le gaz fluo-borique et le gaz ammoniac , qui tous deux ont une puissante affinité pour
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- elle, devraient en contenir; et que puisqu’ils n’en contiennent pas, on doit être porté à croire, que le gaz muriatique n’en contient que les élémens (1) désunis : et à l’appui de cette opinion, on pourroit ajouter que ce n’est pas seulement dans un alcali fixe qu’on trouve de l’eau combinée, mais que tous ceux qui ont de l’affinité pour ce liquide en contiennent plus ou moins.
- DE LA COMBINAISON DU PHOSPHORE AVEC L’OXIGÈNE ET L’ACIDE MftJRIATIQUE.
- 378. On a vu précédemment (33a) qu’en traitant le mercure doux par le
- (i) Environ un an après que nous avons annoncé qu’on pouvoit regarder le gaz muriatique oxigéné comme un.être simple, M. Curaudau a lu un mémoire à l'Institut, dans lequel il adopte cette hypothèse , et il essaye de prouver que l'hypothèse contraire ne peut point être soutenue. Ce mémoire ne contenant aucun résultat nouveau qui ne soit faux, nous n’en ferons pas l’analyse. Nous ferons seulement observer, que M. Curaudau est conduit, par sa manière de raisonner, à admettre plus de 40 pour 100 d’eau dans le muriate sur-oxigéné de potasse. ( Voyez le mémoire do M. Curaudau. )
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- PHOSPHORE.
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- phosphore , ce sel étoit réduit, et qu’il en résultoit une liqueur blanche et limpide sans dégagement de gaz muriatique. On devoit rechercher la nature et les propriétés de cette liqueur. Pour cela, on a commencé par s’en procurer une suffisante quantité, au moyen de l’appareil suivant : on a mis, au fond d’un tube fermé par un bout, environ trente grammes de phosphore , et cent cinquante à cent soixante grammes de mercure doux; ensuite on y a adapté un petit tube qu’on a fait plonger jusqu’au fond d’une éprouvette bien sèche et fermée ayec un bouchon auquel on avoit pratiqué une petite fissure pour permettre à la vapeur qui ne se condenseroit pas de se dégager. Alors, on a chauffe le mercure doux; lorsqu’il a été élevé à peu près à la température de deux cents degrés, on a réduit le phosphore en vapeur à l’aide de quelques charbons, et presqu’aussitôt la liqueur s’est formée, et est venue se condenser dans l’éprouvette, d’où on a pu facilement la retirer.
- Cette liqueur étoit blanche , limpide , très-fumante, acide et très-caustique; quand
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- 178 DE L’OXI—MURIATIQUE
- on en imbiboit du papier et qu’on l’expo-soit à l’air, il ne tardoit point à s’enflammer et à brûler avec l’apparence du phosphore. Renfermée dan s un flacon, elle nes’est point décomposée pendant l’espace de plusieurs mois ; mais exposée au contact de l’air, elle s’est complètement décomposée en quelques jours et a déposé une grande quantité de phosphore. Traitée par l’eau, elle s’y est seulement dissoute en partie et il s’en est séparé du phosphore comme par son contact avec l’air. Quand on la faisoit passer sous une cloche pleine de mercure, et qu’on y introduisoit ensuite du potassium, il se produisoit une vive lumière et beaucoup de chaleur; le potassium étoit détruit, et du gaz acide muriatique étoit formé. Tous ces phénomènes réunis annonçoient que cette liqueur devoit être composée d’oxigène, d’acide muriatique et de mercure. On en a acquis la certitude en la mettant en contact avec le fer à une haute température. A cet effet, après avoir introduit de la tournure de fer bien décapée dans un tube de porcelaine , on a disposé ce tube horizontalement dans un fourneau à réverbère: d’un côté,
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- DU PHOSPHpRE. l^g
- on l’a fait communiquer avec un petit vase où on avoit mis la liqueur; de l’autre, on l’a fait communiquer avec un flacon où on avoit mis de l’eau , et de-là enfin avec une cloche pleine de mercure. Le tube de porcelaine étant rouge, on a porté la liqueur à l’ébullition, et elle a été décomposée toute entière; il ne s’en est dégagé aucun gaz et on n’en a absolument retiré que du muriate et du phosphure de fer. Le muriate s’étoit condensé à l’extrémité du canon , et le phosphure étoit resté dans le centre sous la forme de globules. S’étant ainsi assuré que cette liqueur n’étoit qu’un composé d’acide muriatique, d’oxigène et de phosphore, on a présumé qu’on l’obtiendroit facilement avec le phosphore et le gaz acide muriatique oxigéné. C’est ce qui a eu lieu, en faisant arriver du gaz acide muriatique oxigéné sec dans une cloche contenant du phosphore. On l’obtient encore très-facilement en substituant du sublimé corrosif au mercure doux. Il est probable qu’on l’obtiendroit aussi en traitant d’autres muriates que les muriates de mercure par le phosphore : on a essayé,mais en vlfen, le muriate d’argent.
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- L’ACTION
- ,’EAir
- Enfin il paroît qu’il s’en forme des quantités sensibles en calcinant très-fortement du sel marin et du phosphate acide de chaux (337)- Peut-être s’en formeroit-il avec les muriates et l’acide phosphorique ou l’acide phosphoreux.
- 379. On ne peut point douter d’après ce qu’on a vu (528 et suiv.) que l’eau n’agisse, dans la décomposition du sel marin ou des muriates, par la tendance qu’elle a à se combiner avec l’acide muriatique. Cet effet produit par l’eau, nous a engagés à rechercher si elle n’agissoit point de cette manière toutes les fois qu’elle favorisoit la décomposition des sels. Il est évident que son action ne sera telle, que quand elle aura une grande affinité pour l’acide: c’est ainsi qu’elle agit lorsque l’on calcine du nitre avec des argiles humides, et il est certain que si ,au lieu de faire cette calcination dans des cornues de gris, on la faisoit dans
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- DANS LA DÉCOMl’OS. DES SELS. 1 8l des vases ou on pût porter de la vapeur d’eau, on obtiendroit de l’acide nitrique plus facilement et plus abondamment (1). C’est encore ainsi qu’elle agit lorsque l’on décompose le fluate de chaux par l’acide sulfurique concentré ; car l’acide fluorique est évidemment, comme les acides muriatique , sulfurique et nitrique, un corps qui est toujours combiné avec d’autres et qu’on ne peut point encore obtenir pur.
- (i) Il est même probable que l’acide nitrique ne pour-roit point être obtenu d’un nitrate quelconque sans eau, ou en d’autres termes, que s’il étoit possible d’enlever l’eau à de l’acide nitrique, de manière à le mettre en liberté, il se réduirait sur-le-champ en gaz acide nitreux et en gaz oxigène. L’acide sulfurique est sans doute dans le même cas, en sorte que si on parvenoit à le priver d’eau , sans le combiner avec aucun autre corps, il se réduirait en gaz acide sulfureux et en gaz oxigène : d’où il faut conclure que, parmi tous les acides connus, il y en a quatre qu’on n’a point encore pu se procurer purs, savoir : l’acide muriatique, l’acide fluorique, l’acide sulfurique et l’acide nitrique. Aussi ce sont ceux qui sont les plus avides de combinaisons, et par conséquent les plus forts. Guides par ces idées, nous avons même fait des essais pour faire de l’acide sulfurique au moyen d’acide sulfureux, d’oxigène et d’eau, et au moyen de soufre, d’oxide noir, de manganèse et d’eau; mais nous n’en avons point obtenu de- résultat Satisfaisant.
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- j’ACTION
- Mais comment agit-elle lorsqu’elle n’a aucune affinité pour l’acide du sel, et que cependant elle en facilite la séparation ? ce ne peut être évidemment qu’en se combinant avec la base du sel et en diminuant par ce moyen sa réaction sur l’acide.C’est ce à quoi jusqu’à présent on n’avoit point fait attention, et ce qui va être mis hors de doute par les expériences qu’on va rapporter.
- On a mis du carbonate de barite concassé dans un tube de porcelaine qui tra-versoit un fourneau à réverbère. On a adapté une cornue contenant de l’eau à l’une des extrémités de ce tube, et un tube recourbé propre à recueillir les gaz à l’autre. Ensuite, on a porté le carbonate au rouge; il ne s’estpas décomposé(i): mais aussitôt qu’on a fait bouillir l’eau, et que la vapeur aqueuse a été en contact avec le sel, la décomposition a commencé à se faire. On a continué l’expérience pendant trois heu-
- (i) On sait que le carbonate de barile résiste au plus haut degré de feu.
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- DANS DA DECOMPOS. DES SELS. l83 res, et pendant tout ce temps, on a recueilli du gaz acide carbonique. Alors on a laissé refroidir le tube, et l’ayant cassé, on a trouvé dans son intérieur la barite fondue et combinée dans quelques points avec la terre du tube : donc, etc.
- DEUXIÈME EXPÉRIENCE.
- On a mis successivement les sous-carbon nates de potasse et de soude, poussés au plus haut degré de feu, en contact avec la vapeur d’eau dans un tube de porcelaine, de la même manière que le carbonate de barite. On en a retiré beaucoup de gaz acide carbonique, de la potasse et de la soude caustiques et fondues: or on sait, d’après les expériences de M. Darcet (i) que ces sels ne sont point susceptibles d’être décomposés par le feu; on sait de plus par ces expériences et par celles de M. Berthollet (2), que la potasse et la soude retiennent à la chaleur rouge une grande quantité d’eau ; donc, etc.
- (1) Voyez Annales de Chimie, lome68, page i?5. (9) Deuxième volume d’Arcueil.
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- 184 DE L’ACTION DE L’EAU
- TROISIÈME EXPÉRIENCE.
- On a mis du marbre concassé dans un tube de porcelaine traversant un fourneau et portant comme précédemment une cornue pleine d’eau et un tube propre à recueillir les gaz. Ensuite on a exposé le tube à divers degrés de chaleur, et on a vu que le même feu qui seul ne pouvoit pas décomposer le marbre, en opéroit tout de suite la décomposition au moyen de la vapeur d’eau. C’est ce qu’on savoit déjà, mais ce qu’on avoit mal expliqué : on croyoit que l’eau n’agissoit qu’en se combinant avec l’acide carbonique ; et cela est impossible, puisque ce gaz ne contient point d’eau à l’état de combinaison. Peut-être objectera-t-on, que la chaux poussée à un haut degré de feu ne retient point d’eau; mais ce n’est pas le cas dont il s’agit, car à un très-haut degré de feu , le carbonate de chaux se décompose aussi bien sans eau qu’avec de l’eau (1).
- (1) Le marbre en pelils fragmens se décompose plus facilement que le marbre en gros morceaux : la cause
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- DANS LA DÉCOMPOS. DES SELS. l85 On peut mettre ces observations à profit dans les fabriques, pour extraire plus facilement la chaux-de la pierre à chaux»
- QUATRIÈME EXPERIENCE.
- On a fait avec les carbonates de magnésie et de plomb la même expérience qu’avec les carbonates précédons, mais on n’a point obtenu les mêmes résultats et cela devoit être: ces carbonates ne se sont pas décomposés plus facilement avec la vapeur d’eau que sans elle. Tout prouve donc l’exactitude de la théorie qu’on vient d’établir.
- en est facile à concevoir. Le chevalier Hall a fait voir que, quand on chauffoit le carbonate de chaux dans des vases qui n’avoient point d'issues et qui éloieut capables de résister à une forte pression , ce sel ne se dé-coinposoit point, quelle que fût la température à laquelle on l’exposât, mais qu’il se fondoit et cristallisoit par refroidissement. Il suit de celte expérience que toute pression exercée sur le carbonate de chaux, doit augmenter la difficulté qu’il y a à le décomposer par le feu. Or, les parties de marbre qui sont au centre du morceau, quoiqu’exposées sensiblement à la même tempe-rature que les parties extérieures, ne doivent pas se décomposer %i facilement que celles-ci, parce que le gaz pour se dégager est obligé de les briser.
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- 186 DE L’ACTION DE LA LUMIÈRE
- CONSIDÉRATIONS SUR LA MANIÈRE DONT LA LUMIÈRE AGIT DANS LES PHÉNOMÈNES CHIMIQUES.
- 38o. C’est une question des plus importantes que de savoir comment la lumière agit dans les phénomènes chimiques. Elle a exercé la sagacité de savans très-distingués et entre autres, de MM. Rumford et Ber-thollet.
- Guidé par les expériences de Mme Full-ham, M. Rumford mit séparément et successivement des dissolutions d’or et d’argent en contact avec du charbon, de l’éther ou des huiles, et exposa comparativement chacun de ces mélanges à la lumière solaire, à la température de l’eau bouillante, et dans un lieu obscur à la température ordinaire (i). Dans le premier et le second cas, il y eut toujours une égalé et prompte réduction ; dans le troisième, il n’y en eut jamais : d’où M. Rumford conclut que le fluide lumineux agissoit sur ces corps
- (i) Philosop. Papers. vol. I.
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- BANS LE5 PHÉNOM. CHIMIQUES. 187
- comme une chaleur de ioo° cent. , et que son action, qu’il avoit cru d’abord comparable à l’action d’une très-haute chaleur, ne l’étoit qu’à celle d’une chaleur foible. Mais en admettant ces conséquences, la décomposition de l’acide muriatique oxi-géné liquide qu’on opéroit très-bien par la lumière, et qu’on n’avoit encore pu opérer par une chaleur de ioo°, devenoit par cela même une objection puissante; et on en trouvoit également une autre dans la propriété qu’a l’acide nitrique concentré de résister à une chaleur bien au-dessus de l’eau bouillante, et de se réduire en oxigène et en acide nitreux à la lumière solaire. Ces deux objections n’ont point échappé à M. Berthollet dans sa statique chimique : il les a discutées avec un grand soin ; et embrassant l’opinion de M. de Rumford, il a cherché à faire voir par des explications très-ingénieuses comment on pouvoit y répondre. Tel était l’état de la question lorsque nous nous en sommes occupés. Ainsi d’une part, on savoit que la lumière et la chaleur agis-soient de la même manière sur Içs dissolutions d’or et d’argent, mêlées avec le char-
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- 1 88 DE L’ACTION DE LA LUMIERE
- bon et les huiles; et de l’autre, on voyoit que leur action étoit différente sur l’acide muriatique oxigéné et l’acide nitrique. Par conséquent, il n’éloit point démontré que la lumière agit toujours comme la chaleur dans les phénomènes chimiques : on ne pouvoit en acquérir la certitude qu’en déti’uisant par des expériences directes les deux objections précédentes, et en prouvant directement aussi, non point seulement dans quelques circonstances , mais dans un très-grand nombre, qu’on pouvoit produire par la chaleur les effets que la lumière produisoit elle-même. C’est à quoi nous avons été conduits par une expérience que nous avons rapportée (357) > qui consiste à mêler ensemble du gaz muriatique oxigéné et du gaz hydrogène. On se rappelle sans doute que ces deux gaz exposés à la lumière diffuse, ne se convertissent en acide muriatique que dans l’espace de plusieurs jours. Comment expliquer, cette transformation ? Dira-t-on qu’elle est l’effet de l’affinité mutuelle qu’ils exercent l’un sur l’autre ? Mais les effets de l’affinité au-rpient dû se manifester aussitôt que leur
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- DANS LES PHENOM. CHIMIQUES. l8g mélange a été fait; elle dépend donc d’un agent extérieur, et cet agent est la lumière. D’abord, il paraît difficile d’admettre cette conséquence, parce que dans le cas dont il s’agit, la lumière étoit diffuse, et que jusqu’à présent, il n’y a point d’exemple que dans cet état elle produise des phénomènes de ce genre; mais on en sera convaincu par ce qui suit.
- PREMIÈRE EXPÉRIENCE.
- 381. On a mêlé environ un demi-litre de gaz acide muriatique oxigéné, avec un demi-litre de gaz hydrogène, comme on l’a indiqué (307); on a exposé ce mélange à la lumière solaire; à peine a-t-il été traversé par des rayons de lumière qu’il en est résulté une violente détonation.
- DEUXIÈME EXPÉRIENCE.
- 38a. On a fait un mélange de gaz muriatique oxigéné et de gaz hydrogène semblable au précédent; mais au lieu de l’exposer à la lumière solaire, on l’a placé à la
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- igo DE L’ACTION DE LA LUMIÈRE température ordinaire dans un lieu parfaitement obscur : au bout de six jours, l’ayant examiné, on a trouvé que les gaz n’avoient nullement réagi l’un sur l’autre, et que si alors on les faisoit traverser par des rayons de lumière, ils détonoient tout aussi promptement et tout aussi violemment qu’ils l’auroient fait immédiatement après leur mélange.
- TROISIÈME EXPÉRIENCE.
- 383. Après avoir fait un assez grand nombre de mélanges toujours semblables aux précédents , on en a exposé à une lumière solaire extrêmement foible, et à des lumières diffuses variables en force. Dans le premier cas, il n’y a poin t eu de détonation (i) ; mais le gaz muriatique oxigéné a été décoloré et converti en gaz muriatique, dans l’espace de quelques minutes : dans les autres, cet effet n’a été produit que dans un long espace de temps. Il a fallu
- (i) Si la lumière n’éloit pas extrêmement foible, il y aurait détonation.
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- DANS LES PHÉNOM. CHIMIQUES. igl
- au moins un jour pour ceux qui étoient exposés à la lumière diffuse la plus forte, et il en a fallu jusqu’à neuf à dix pour ceux qui étoient exposés à une lumière diffuse très-foible, et encore la décomposition dans ceux-ci et même dans les autres n’étoit point complète. Voilà pourquoi on a recommandé (567) d’exposer le mélange de gaz acide muriatique oxigéné et de gaz hydrogène pendant quelque temps aux rayons solaires, après l’avoir exposé à la lumière diffuse, pour le convertir totalement en gaz acide muriatique.
- 384. La grande action qu’exercent l’un sur l’autre ces deux gaz, à l’aide de la lumière solaire, nous a fait penser que le gaz muriatique oxigéné se comporteroit avec tous les gaz formés d’hydrogène et d’un autre fcorps, de la même manière qu’avec le gaz hydrogène pur : c’est, en effet, ce qui a eu lieu ; soit avec le gaz oléfiant ; soit avec le gaz provenant de la décomposition de l’alcool, ou d’une huile, à travers un tube rouge de feu ; soit enfin avec les gaz inflammables composés qu’on obtient en distillant une substance végétale ou
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- iga DE L’ACTION DE LA LUMIERE animale quelconque. Jamais il n’y a eu d’action dans l’obsourité ; elle a été très-lente à la lumière diffuse, et instantanée à la lumière solaire, et en même temps qu’il y a eu détonation violente dans ce cas, il y a eu un dépôt souvent très-considérable de charbon. Mais à quelque dose qu’on ait mêlé le gaz acide muriatique oxigéné sec et le gaz oxide de carbone préparé avec le fer et le carbonate de barite ; quelque forte qu’ait été la lumière à laquelle on les a exposés, enfin quelque long qu’ait été le contact, il n’y a point eu d’action ; ce qui est une nouvelle preuve que ce gaz ne contient point d’hydrogène.
- 585. Toutes ces expériences ont été répétées un grand nombre de fois, et les résultats en ont toujours été les mêmes. Ainsi, on doit regarder comme certain qtfe dans l’obscurité le gaz hydrogène n’a aucune action sur le gaz muriatique oxigéné ,• qü’à la lumière diffuse, il le décompose peu à peu, et qu’à la lumière solaire, il le décompose sur-le-champ et avec détonation ; que son action, quand il est uni à l’oxigène et au charbon, est encore la même, et que par
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- DANS LES PHÉNOM. CHIMIQUES. Jÿ3 conséquent tous ces effets sont dûs au fluide lumineux.
- 386. Maintenant, examinons de quelle manière le fluide lumineux agit clans ces circonstances; i°. si on fait un mélange de gaz muriatique oxigéné et de gaz hydrogène, et si on y plonge une "bougie, il en résulte tout de suite une détonation et une production de gaz muriatique; 2°. si on plonge un morceau de brique à la température de 125 à i5o degrés dans un mélange , à volume égal, de gaz muriatique oxigéné et de gaz hydrogène, il y a également détonation et production de gaz muriatique.
- On produit donc dans ce cas tous les effets qu’on produit avec la lumière elle-même; d’où on doit conclure qu’elle agit au moins comme une chaleur de 125°.
- 387. L’action de la lumière sur l’acide muriatique oxigpné , est encore la même que celle que la chaleur exerce sur ce gaz: c’est une conséquence évidente des résultats auxquels nous sommes parvenus dans nos expériences sur l’acide muriatique et muriatique oxigéné. En effet, le gaz muria-
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- 194 DE L’ACTION DE LA LUMIÈRE tique oxigéné sec n’est point décomposé par la lumière la plus vive ,’ ni à la température la plus élevée. Mais on sait depuis longtemps , que si l’on expose aux rayons solaires une dissolution de ce gaz dans l’eau , bientôt l’oxigène s’en dégage; et nous avons démontré (366) qu’en faisant passer dans un tube chaud , tout à la fois du gaz acide •muriatique oxigéné et de l’eau , on en retire de l’oxigène et de l’acide muriatique. Or, il faut que le tube soit voisin du rouge-brun; donc dans ce cas, la lumière solaire agit comme une chaleur à peu près équivalente à cette température : et si on observe que la lumière diffuse peut également, mais avec beaucoup de temps, décomposer l’acide muriatique oxigéné, on sera obligé de conclure que son action prolongée, produit les mêmes effets que la lumière directe du soleil; conséquence à laquelle on est arrivé d’une manière bien plus évidente, au moyen, du gaz hydrogène et du gaz acide muriatique oxigéné.
- 388. Mais puisque la lumière solaire peut agir comme une chaleur voisine du rouge-brun , elle doit être capable de décomposer
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- DANS LES PHÉNOM. CHIMIQUES. ïg5 l’acide nitrique concentré ; car cet acide se décomposé à une température qui est même bien inférieure à celle-ci. Il en résulte donc que l’action de la lumière sur l’acide nitrique et l’acide muriatique oxigéné, devient une très-forte preuve en faveur de l’identité de son action sur les corps avec le calorique; tandis qu’avant ces expériences on en avoit tiré deux fortes objections contre cette opinion. '
- 389. Si nous considérons actuellement la manière dont la lumière et le calorique se | comportent à l’égard de plusieurs oxides métalliques, nous aurons encore occasion de ! reconnoitre une idèntité d’action entre ces deux fluides. Que l’on chauffe, à un certain | point, de l’oxide noir de mercure, et on le I transformera, sans en dégager d’oxigène, en oxide rouge de mercure et en mercure coulant; d’une autre part, qu’on en expose à la lumière solaire, et bientôt cette transformation aura également lieu. Elle s’opère même peu à peu à la lumière diffuse, non point dans un degré assez marqué pour que l’oxide ne semble point encore noir, mais de manière à donner avec l’acide mu-
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- 196 DE L’ACTION DE LA LUMIERE riatique une assez grande quantité de sublimé corrosif. Cet effet est même si prompt qu’il est extrêmement difficile de se procurer de l’oxide noir pur de mercure. En vain, pour en avoir, on traite le mercure doux par l’ammoniaque ou la potasse ; pendant le temps qu’on filtre l’oxide et qu’on le lave, il passe en petite partie à l’état d’oxide rouge. Il n’y passeroit probablement pas, si on faisoit l’expérience dans une obscurité parfaite, et avec de l’eau privée d’air.
- Ce qu’éprouve d’une manière si frappante l’oxide noir de mercure, l’oxide puce de plomb l’éprouve aussi. Chauffé doucement , il se décompose, laisse dégager de l’oxigène et redevient rouge : exposé à une vive lumière, on en retire de l’oxigène, et peu à peu on y découvre des points rouges.
- Sans doute plusieurs autres oxides métalliques , et notamment l’oxide d’argent, sont susceptibles d’offrir des phénomènes analogues à ceux-ci ; mais nous n’avons point fait, à cet égard, d’expériences précises.
- 090. Nous ne nous sommes point contentés des preuves que nous venons de rapporter, pour conclure que l’action de la
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- DANS LES l’HÉNOM. CHXM[QUES. 1 97 lumière et du calorique sur les corps étoit identique. Nous en avons cherché de nouvelles dans les matières végétales et animales. Ce sont surtout les matières colorantes qui nous les ont offertes. Frappés des altérations qu’elles éprouventpresqueioutes, lorsqu’on les expose en même temps au contact de la lumière et de l’air, et soupçonnant fortement que ces altérations ne provenoient que de ce que les matières colorantes étoient élevéesà unehaute température, nous avons mis pour le savoir, diverses couleurs en contact avec l’air à une température plus ou moins élevée. L’appareil dont nous nous sommes servis étoit fort simple : qu’on é‘e figure un syphon dont les branches soient égales et courbées en dehors, à angle droit, à un certain point de leur hauteur; qu’on se représente la partie courbe du centre dans Un bain de mercure chaud, et dont la température soit sans cesse mesurée par un thermomètre; qu’on conçoive de plus qu’on ait mis dans cette partie courbe la couleur à éprouver, et qu’on y renouvelle l’air au moyen d’une vessie qui sera pleine de ctf fluide et que l’on comprimera peu à pça,
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- ig8 DE L’ACTION DE LA LUMIERE
- ou aura une idée exacte de cet appareil. On remplira ces conditions d’une manière quelconque; on pourra, si l’on veut, se servir d’un mortier de fonte pour mettre le mercure , et placer ce mortier sur un fourneau pour le chauffer au point convenable. Alors on assujétira le tube, et on l’empêchera facilement de vaciller. Quant au thermomètre , qui devra être d’une échelle assez étendue pour marquer au moins 25o°, on le suspendra à un clou avec une ficelle, de manière que la boule soit sans cesse dans le bain de mercure. De cette manière rien n’empêchera d’avoir une température de 100, i5o, 200, 25o degrés, pendant deux, trois, quatre heures pu plus pour chacun de ces degrés, et d’observer ce qu’éprouvent dans cet espace de temps, et à cette chaleur, les couleurs en contact avec l’air.
- Les couleurs sur lesquelles nous avons opéré, sont le rose de carthame, le violet de campêche, le rouge de Brésil, le jaune, du curcuma et le jaune de la gaude. La première de ces couleurs étoit combinée avec la soie, et les quatre autres étoient combinées avec la Jaine par l’intermède de l’alun. Toutes se
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- DANS LES PHÉNOM. CHIMIQUES. 1 99
- sont détruites en plus ou moins de temps, et à une température plus ou moins élevée.
- La couleur rose qui éloit très-vive et très-belle, est devenue d’un blanc sale en une heure, à une température de 16o° : une chaleur de 120°, continuée pendant une heure, ne l’a point sensiblement altérée.
- La couleur violette du campêche est devenue rousse et terne en une heure et demie à une température de 18o°, et elle a été à peine afïoiblie dans ce même espace de temps, à i5o°.
- La couleur rouge du Brésil a été singulièrement affoiblie à igo° dans l’espace de deux heures; la teinte n’en a été que peu changée dans ce même espace de temps , à 140°.
- La couleur orange du curcuma est devenue couleur de rouille à 200° dans l’espace d’une heure et demie, et n’a presque point changé dans ce même espace de temps, à i5o°.
- Enfin la couleur jaune de la gaude a été très-sensiblement altérée et est devenue couleur d’ocre un peu rouge, à 200% dans l’espace de deux heures et demie , et n’a
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- âOO DE L’ACTION DE LA LUMIERE point été altérée, à i6o°, pendant ce même espace de temps.
- 3g 1. Dans toutes les expériences précédentes, on n’a employé que l’air à une température élevée, pour détruire ces différentes couleurs. Il étoit utile de rechercher si l’eau ne hâteroit point cette destruction : c’est ce qu’on a fait et ce qui a eu lieu ; les couleurs qui par l’air ne se détruisoient qu’en deux heures, se détrui-soient en bien moins de temps avec l’air et l’eau. Mais ce qu’il étoit essentiel de faire pour compléter ce travail, c’étoit de comparer les al térati o ns qu’avoien t épr ou v ées les couleurs dans toutes les circonstances qu'on vient de rapporter, aux altérations qu’elles éprouvent, lorsque, ces circonstances restant les mêmes, on substitue la lumière à la chaleur. M. Roard nous a mis à même d’en juger en nous confiant des laines et des soies*-qu’il avoit teintes, et qu’il avoit exposées , pendant des temps bien déterminés, à l’action des rayons solaires. Toujours ces altérations ont été les mêmes de part et d’autre; toujours la couleur a pris la même teinte par l’action de la lumière comme par celle
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- de 1a chaleur, et toujours dans les deux cas le tissu a perdu de sa force. On peut observer cet effet d’une manière bien remarquable sur des rideaux de taffetas colorés que la lumière frappe journellement ; leur teinte pâlit d’abord, et au bout de quelques mois, on les déchire avec la même facilité que s’ils avoient été brûlés.
- 5i)ü. Nous aurions pu faire un plus grand nombre d’expériences sur l’action comparative de la lumière et du calorique sur les couleurs; mais d’après celles que nous venons de citer, personne ne sauroit douter que nous n’eussions obtenu des résultats absolument identiques, et que par conséquent, plus une couleur résistera à l’action de la chaleur, et plus elle résistera à l’action de la lumière, et réciproquement.
- Rassemblons maintenant tous les faits que nous venons d’exposer.
- i°. Les dissolutions d’or et d’argent mises en contact avec les huiles , l’éther et le charbon , sont décomposées par la lumière ; elles le sont par une chaleur de ioo°, comme l’a prouvé M. de Rumford.
- a". Le gaz muriatique oxigéné sec n’est
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- 202 DE D’ACTION DE LA LUMIÈRE décomposé ni par la lumière la plus vive, ni par la chaleur la plus forte.
- 3°. L’acide muriatique oxigéné liquide est décomposé par une lumière qui n’est pas très-forte ; il l’est par une chaleur voisine du rouge-obscur.
- 4°. L’acide nitrique concentré est décomposé par une lumière assez vive • il l’est par une chaleur presqu’égale au rouge-obscur.
- 5°. Le gaz muriatique oxigéné, mêlé, soit avec le gaz hydrogène, soit avec le gaz hydrogène oxi-carburé, détone par le contact des rayons solaires ; il détone également par une chaleur de 125 à 16o°.
- 6°. Le gaz muriatique oxigéné mêlé avec l’hydrogène ne se décompose que lentement à la lumière diffuse ; ces deux gaz n’agissent que lentement, ou même point du tout au-dessous de 120°.
- 7°. L’oxide noir de mercure.se transforme en mercure et oxide rouge de mercure à la lumière ; il éprouve le même effet par la chaleur.
- 8°. L’oxide puce de plomb, et sans doute les oxides d’argent, d’or et de platine se dé-
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- NS LES PHENOM. CHIMIQUES. 200
- composent à la lumière ; ils se décomposent aussi par la chaleur.
- g°. La couleur rose du carthame a été décomposée par la lumière et est devenue d’un blanc sale ; elle a subi la même altération par une chaleur de x6o° en une
- 1 o°. La couleur violette du campêche a été décomposée par la lumière et est devenue rousse et terne; elle est devenue également rousse et terne par une chaleur de i8o° en une heure et demie.
- 11°. La couleur rouge de Brésil a été décomposée et est presque devenue blanche par la lumière;'elle a été altéréede la même manière par une chaleur de 190° dans l’espace de deux heures.
- 120. La couleur orange du curcuma a été décomposée par la lumière et est devenue couleur de rouille ; elle est également devenue couleur de rouille en une heure et demie par une chaleur de 200°.
- i5°. Enfin la couleur jaune de la gaude est devenue couleur d’oçre par la lumière ; ellea subi la même altération en deux heures et demie, à 21 o°.
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- 204 DE L’ACTION DE LA LUMIERE
- 393. Or, puisque la lumière ne produit aucun effet chimique sur les corps , qu’une chaleur plus ou moins forte ne puisse produire , il est démontré que l’action de la lumière est identique avec celle du calorique dans les phénomènes chimiques ; et puisqu’il faut quelquefois employer une température voisine du rouge-obscur pour produire ces effets , il faut en conclure que son action peut être équivalente à ce degré de chaleur (1). Cependant il s’en faut de beaucoup qu’elle exerce la même action sur tous les corps; elle n’en a aucune sur ceux qui la laissent passer ou qui la réfléchissent complètement, et souvent, au contraire, elle en exerce une très-réelle sur ceux qui l’absorbent. Il ne faut pas croire pour cela qu’elle produit nécessairement des change-
- (1) Ne paroîtra-t-il pas probable, d’après cela, que la lumière n’opère la décomposition de l’acide carbonique daii3 les plantes, au moyen de la matière verte, qu’en élevant très-fortement la température de cette matière. On conçoit qu’il est impossible de produire cet. effet par une chaleur directe, parce qu’alors on n’échaufferoil pas seulement la partie verte, comme le fait la lumière ; on échaufferoit aussi les parties voisines, et on les décomposeroit.
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- DANS LES PHÉNOM. CHIMIQUES. 205 mens dans les corps qui l’absorbent : son effet immédiat sur eux paraissant être d’élever leur température, il est évident qu’elle ne produira, aucun changement lorsqu’elle ne les échauffera point assez pour déterminer de nouvelles combinaisons. Ainsi, le charbon exposé à la lumière directe du soleil, n’éprouve aucun changement quoiqu’il absorbe beaucoup de lumière, parce que sa température ne se trouve pas assez élevée pour qu’il se combine avec l’oxigène : mais qu’on augmente l’intensité de la lumière au moyen d’une lentille ou d’un miroir , le charbon frappé par une plus grande quantité de lumière en absorbera davantage; il y aura plus de chaleur produite, et dès-lors il pourra s’enflammer. lien seroit sans doute de même du mélange du gaz acide nitreux avec le gaz hydrogène. Nous n’avons pu le décomposer en l’exposant à la lumière du soleil, quoiqu’il l’absorbe fortement; mais il est probable que si on l’exposoit à une lumière beaucoup plus intense, les deux gaz agiraient l’un sur l’autre.
- Au reste, quoiqu’il paroisse démontré
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- ao6 de L’EAU CONTENUE
- par les diverses expériences que nous avons rapportées, que toutes les fois que. la lumière produit des changemens chimiques dans les corps, on peut aussi les produire par la chaleur, il est bien difficile de décider, dans l’état actuel de nos connoissances, si c’est effectivement parce que la lumière produit de la chaleur dans les corps qui l’absorbent, qu’elle agit chimiquement sur eux. C’est, suivant nous, ce qu’il y a de plus probable ; mais on a découvert depùis quelque temps des propriétés si singulières delà lumière, qu’on ne sauroit encore concilier les effets qu’elle produit avec ceux de ses divers rayons (1).
- DE LA QUANTITÉ D’EAU CONTENUE DANS LA
- POTASSE ET LA SOUDE PRÉPARÉES A L’ALCOOL ET POUSSÉES AU ROUGE.
- 394. MM. Darcet et Berthollet ont prouvé que la potasse et la soude préparées à l’al-
- (i)En effet, on a trouvé que l’action chimique du rayon violet éloit plus grande que celle des autres rayons, même du rayon rouge; et cependant on sait que le rayon violet échauffe moins la boule du ther-moscope que le rayon rouge.
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- DANS LA POTASSE ET LA SOUDE. 207 cool et exposées à une chaleur rouge, rete-noient de grandes quantités d’eau; M. Dar-cet en a admis 0,27 dans la potasse, et 0,28 dans la soude [Ann. de Chimie, t. 68) : M. Berthollet n’en a admis que 10 à 14 centièmes dans la potasse (2e vol. d’Arcueil): d’une autre part, M. Davy a été conduit à en admettre 16 à 17 dans la potasse (1). Comme il nous importoit beaucoup, ainsi qu’on le verra par la suite, de connoître d’une manière exacte les quantités d’eau que ces alcalis pouvoient retenir à une très-haute température , nous avons cru devoir faire des recherches assez multipliées à cet égard, et employer pour cela des moyens différens de ceux dont on s’étoit servi jus-» qu’à présent.
- PREMIÈRE EXPÉRIENCE.
- 395. Sachant que l’acide carbonique se combinoit facilement à l’aide d’une légère chaleur avec la potasse et la soude, et que le sous-carbonate de soude ne contenoitpas
- (1) Voyez Journal de Physique,
- ai 1810, p. 4o3.
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- io8 DE L’EAU CONTENUE
- sensiblement d’eau; espérant d’après cela que ie sous-carbonate de potasse seroit dans le même cas, dous avons essayé de chasser et de déterminer toute l’eau de ces alcalis par le gaz acide carbonique. D’abord nous avons pesé, dans un flacon bien bouché, l’alcali récemment exposé à une chaleur rouge. Ensuite nous avons presque rempli d’une quantité de gaz acide carbonique connue, une très-grande cloche de verre courbée à son extrémité, telle que cellequ’on voit en 4, pb 5, fig. n ; puis nous avons porté à l’aide d’une tige de fer jusque dans la partie courbe de la cloche, un disque de platine dans lequel le fragment d’alcali a été placé pour qu’il ne fût nullement en contact avec le verre; et alors nous l’avons chauffé. Bientôt l’alcali est devenu Tflanc à la surface, s’est ramolli, a absorbé le gaz rapidement, et a laissé dégager tant d’eau qu’elle ruisseloit sur les parois de la cloche. Au commencement de l’expérience, nous n’avons employé qu’une foible chaleur, pour empêcher le boursouflement et la projection du produit; ce n’est qu’à la fin de l’expérience que nous en avons employé
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- DANS LA POTASSE ET LA SOUDE. 30ÿ
- une voisine du rouge-cerise. L’eau dégagée a été enlevée avec un grand soin au moyen de papier Joseph, de crainte que le carbonate en se refroidissant n’en reprît une portion, et le papier a été fortement comprimé avec le doigt contre les parois de la cloche pour qu’il n’entraînât point de gaz. Après cela, on a laissé refroidir la cloche peu à peu. Aussitôt qu’elle a été à la température de l’atmosphère, on a mesuré ce qu’elle contenoit de gaz non absorbé et on a pesé le carbonate produit. A cet effet, on a pris exactement le niveau du gaz; on a vidé la cloche de mercure; on l’a bien essuyée; on en a retiré le disque qui par ce moyen ne contenoit aucun globule de mercure; on l’a mis de suite dans un petit flacon qu’on a porté dans une balance. D’une autre part, on a rempli la cloche de mercure , et on y a fait passer du gaz en quantité connue jusqu’à ce que le mercure fût au point désigné. Cette opération a été faite avec la plus grande précision.
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- aïo de l>eau contenue
- QUANTITÉ Volume de gaz
- acide carboniq poids Quantité d’eau sé- OBSERVAT.
- et nature de Tal-call employé. absorbé à la température de 24°, et à la pression du gaz acide carb. absorbé. POIDS du carbonate obtenu. parée par l’acide carboniq. de 100 parties d’alcali.
- de o®-,76 cent.
- SOUDE. 1 On verra par les expériences suiv.
- <>sr-,62g o'“-, 17772 OS'-,3ao4a oGr-,8io formés de Soüde réelle, ogr.,48g£a Acide carbon, ogr*,52042 22,166 ou au moyen de 1 acid, carbonique on dégage sensible*. toute l’eau
- que contient la
- POTASSE. soude, mais qu’on ne dégage point
- OP'-^OO o1!,-,093i7 OSr, 16798 0^ ,600 formés dé i3,5g6 toute l’eau que contient la po-
- Potasse , ogr.,43302 Acide carbon. ogr.,26798 tasse.
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- DANS LA POTASSE ET LA SOUDE.
- SIX
- DEUXIÈME EXPÉRIENCE.
- 3g6. Comme le verre est insoluble dans l’eau, il étoit probable que la potasse et la soude, en se combinant avec la silice dévoient abandonner toute l’eau qu’elles con-tenoient. Il étoit donc naturel d’employer ce moyen pour déterminer cette quantité d’eau : aussi, nous en sommes-nous servis, et on va voir que nous sommes parvenus à des résultats satisfaisans.
- L’expérience a été faite dans un creuset d’argent dont le poids étoit parfaitement connu ; on y a mis tout à la fois la silice pure et fortement calcinée et l’alcali récemment exposé à une chaleur rouge ; on y a ajouté assez d’eau, pour dissoudre l’alcali et le mettre en contact avec toutes les parties siliceuses ; on a chauffé peu à peu, pour volatiliser l’eau sans perdre de matière ; puis on a porté le creuset à une chaleur rouge , et on l’a laissé exposé à cette température pendant une demi-heUre; enfin on l’a retiré et pesé.
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- 9,1 Ü VE L’EAU CONTENUE
- QUANTITÉ et nature de l’alcali employé. QUANTITÉ de silice employée. POIDS du creuset. QUANTITÉ d’eau employée.' POIDS du creuset après avoir été porté au rouge. RÉSULTAT. OBSERVAT.
- POTASSE. 3sr-,592 SOUDE. 6s'-,ooo i56s%53i Quant, suffisante pour dissoudre l’alcali. i65s'-,46o Donc zoo gramm. de potasse cou-tiennenti8s*s45 d’eau. Il est nécessaire de bien inénag. le feu au commeu-cera. de lVx-périeuc.,poui ue rien perdre.
- 4sr-,8go 9sr,>995 i 56er-,531 idem i 706'-, i4i Donc roo gramm. de soude con-tienncnta6sr*,x5 d’eau.
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- DANS LA POTASSE ET LA SOUDE. 2l3 TROISIÈME EXPÉRIENCE.
- 397. On a recherché combien il falloit d’acide sulfurique étendu de neuf fois son volume d’eau pour saturer une certaine quantité de potasse et de soude à l’alcool; ensuite on a exposé à un air humide, dans une cloche longue et étroite, une quantité donnée de potassium et de sodium, jusqu’à ce qu’ils aient été convertis en alcalis, et on a saturé l’alcali en provenant par le même acide que celui dont on s’étoit servi d’abord. De là, on a pu conclure rigoureusement, dans l’hypothèse où le potassium et le sodium sont des corps simples, combien la potasse et la soude à l’alcool contiennent d’eau ; et on pourroit également le conclure, quand bien même on supposerait que ces deux métaux seroient des hydrures.
- Les calculs suivans sont faits pour la première hypothèse.
- Voici le résultat de toutes ces expériences.
- 10 grammes de potasse à l’alcool n’ont
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- DE L’EAU CONTENUE
- 214
- exigé pour leur saturation, que 5igr',g5o d’acide : dix grammes de soude en ont exigé 75«',70.
- MÉTAL S sr? fît îlf l-*2 fit " 8.3. c-S | ^ Il {| sî U C0HCL0U0H5.
- Potassium. 3s'-,g862 06r-,795 ^*'-,7812 3i*r-,33o A e^pnt a s sc con-206r-,72
- Sodium. 4gr,27a iS'-,45a3 5er-,7s43 56s'-,335
- Il suit donc de toutes ces expériences (en en prenant la moyenne) que la potasse à l’alcool et exposée à une chaleur rouge contient le cinquième de son poids d’eau, et que la soude préparée de la même manière en contient le quart du sien.
- 398. Nous n’avons point fait d’essais pour déterminer la quantité d’eau que peut retenir la barite à une haute tempé-
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- DANS IiA POTASSE ET LA SOUDE. 2l5 rature. Cependant, nous savons qù’on ne pourrait pas la déterminer par le gaz acide carbonique, parce que le carbonate de ba-rite n’est pas fusible, mais qu’on y parviendrait facilement par la silice; car il se dégage de l’eau même avec bouillonnement, lorsqu’on chauffe la barite avec la lampe à esprit-de-vin dans une cloche de verre.
- DISCUSSION SUR LA NATURE DU POTASSIUM ET DU SODIUM.
- 39g. Lorsqu’on sut en France que M. Da-vy, en soumettant la soude et la potasse à l’action de la pile de Volta, en avoit retiré des substances métalliques particulières, nous fumes impatiens de répéter ses expériences , et nous en obtînmes les mêmes résultats; mais nous crûmes devoir suspendre notre jugement sur la conséquence qu’il en avoit tirée. M. Davy regardoit ces substances métalliques comme des corps simples, dont la soude et la potasse étoient les oxides. Pour nous, moins prompts à nous écarter des idées reçues, il nous sembla qu’on pou-voit continuer de considérer la potasse et
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- 21 6 DISCUSSION SUR LA NATt/RK
- la soude comme des corps simples, en supposant que les substances métalliques découvertes par M.Davy, n’étoient autre chose que ces deux alcalis combinés avec l’hydro-
- 400. Dans la première de ces deux hypothèses , la potasse et la soude étant des oxides métalliques, leur décomposition par la pile de Volta se conçoit de la même manière que celle des autres corps. Leur oxi-gène est transporté au pôle positif, et leur base métallique au pôle négatif Les phénomènes qui accompagnent le retour de ces substances à l’état d’alcali, s’expliquent avec la même facilité. Les bases métalliques ayant une très-grande affinité pour l’oxigène, l’enlèvent à l’air, à l’eau, à presque tous les corps qui en contiennent, et reproduisent ainsi les alcalis parfaitement secs.
- Dans l’autre hypothèse, l’eau combinée avec les alcalis, ou celle que l’on ajoute pour les humecter et les rendre conducteurs , seroit décomposée par l’électricité de la pile; l’oxigène de cette eau se dégageroit au pôle positif, et son hydrogène se combi-neroit au pôle négatif avec les alcalis pour
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- DU POTASSIUM ET DU SODIUM. JSI7 produir e les liydr ures. Ce seroit ensuite l’hydrogène de ces nouvelles combinaisons qui, à raison de son extrême condensation, ayant une très-grande affinité pour l’oxigène, l’enlèveroit à tous les corps qui le renferment ; et cette action seroit encore favorisée par la tendance des alcalis à se combiner avec l’eau. Il en résulteroit ainsi une certaine quantité d’eau qui deviendroit visible, ou resteroit combinée, selon l’affinité qu’elle auroit pour le nouveau composé.
- 401. Ces hypothèses dévoient être admises toutes deux, puisqu’elles expliquoient également bien les phénomènes qu’avoit observés M. Davy, et que nous venions de vérifier. Cependant il étoit très-important pour la théorie générale de la chimie, de savoir quelle étoit celle qui méritoit la préférence; car il ne s’agissoit de rien moins que de regarder la plupart des bases sali-fiables comme des oxides métalliques, ou de les regarder comme des corps simples susceptibles de former des substances métalliques en se combinant avec l’hydrogène: ce qui auroit pu conduire, par analogie, à croire que tous les métaux étoient des hy-
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- 8 DISCUSSION
- .NATURE
- drures. Aussi, dans la vue de décider cette question, nous fîmes d’autant plus d’expériences, que nous pouvions nous procurer du potassium, et du sodium à vo-Iontjj par le procédé chimique que nous avons décrit précédemment.
- Parmi les nouveaux phénomènes que le potassium et le sodium nous présentèrent, nous en remarquâmes d’abord quelques-uns qui paroissoient rendre plus probable l’hypothèse des hydrures ; mais ensuite nous en découvrîmes d’autres qui s’expli-quoient beaucoup mieux, en regardant le potassium et le sodium comme des corps simples. Nous allons exposer , dans la discussion suivante, les raisons qu’on peut alléguer en faveur de l’une et de l’autre hypothèse, pour qu’on puisse juger quelle est celle qu’on doit préférer.
- Discussion de Vhypothèse des hy drures.
- 402. Les principaux faits qu’on peut citer en faveur de l’hypothèse des hydrures, se réduisent aux suivans :
- i°. La densité du potassium et du sodium
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- DU POTASSIUM ET DU SODIUM. 2ig
- moindre que celle de l’eau, et à plus forte raison que celle de la potasse et de la
- 2°. La foible capacité du potassium et du sodium pour les autres corps , quoique d’après leur légèreté spécifique, cette capacité dût être très-grande,
- 3°. La considération qu’on n’a jamais obtenu le potassium et le sodium sans le concours de l’eau, soit par l’électricité, soit par les moyens chimiques.
- 4°. La propriété qu’ont la potasse, la soude et plusieurs acides, de retenir une certaine quantité d’eau en combinaison intime, même à une très-haute température ; propriété qui porte à croire que plusieurs sels peuvent aussi contenir beaucoup d’eau, sans qu’il soit possible de les en priver par les moyens qui sont en notre pouvoir.
- 5°. La propriété qu’ont le potassium et le sodium de donner avec le gaz ammoniacal, ou avec le gaz hydrogène sulfuré , précisément la même quantité de gaz hydrogène qu’avec l’eau.
- 6°. Celle qu’a le gaz ammoniacal de former avec le mercure et l’hydrogène un
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- 2*0 DISCUSSION SUR LA NATURE composé particulier, très-léger, d’apparence métallique, et analogue sous ce rapport au potassium et au sodium.
- 7°. Enfin la propriété qu’ont le potassium et le sodium, d’absorber le gaz hydrogène à une température un peu élevée, et de n’absorber le gaz azote à aucune température.
- Examinons maintenant chacune de ces raisons séparément.
- 4o3. La légèreté du potassium et du sodium , plus grande que celle de l’eau, pa-roît, au premier coup-d’œil, prouver que ces substances ne sont point de nature métallique; car le plus léger de tous les métaux étant encore près de sept fois plus dense que l’eau, on s’étoit accoutumé à voir dans une très-grande densité un des caractères distinctifs des métaux. D’un autre côté, tous les oxides étant plus légers que les métaux dont ils proviennent, et la potasse et la soude étant au contraire plus denses que le potassium et le sodium, il deve-noit peu probable que ces alcalis fussent des oxides; et l’on pouvoit attribuer, avec beaucoup de vraisemblance, la légèreté
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- DU TOTASSIUM ET DU SODIUM. 321
- du potassium et du sodium, à l’hydrogène, comme on attribue à l’oxigène celle des oxides par rapport aux métaux qui en sont la base.
- Il faut avouer cependant que ces considérations perdent beaucoup de leur force, lorsqu’on examine les suppositions sur lesquelles elles sont appuyées. On suppose d’abord que les alcalis secs ont une plus grande densité que l’eau, ce qui est très-possible; mais jusqu’à présent ceux qui regardent le potassium et le sodium comme des hydrures, ne pourraient en offrir aucune preuve rigoureuse. On suppose encore que les métaux, en général, doivent avoir pour caractère essentiel une très-grande densité, mais il faudroit indiquer au moins les limitesentrelesquelles elle doit se trouver, pour permettre de donner à un corps le nom de métal. Si l’on convient que dans l’état actuel de nos con-noissances, il est impossible d’établir à cet égard une limite fixe et précise, on ne peut se dispenser de convenir qu’une très-grande densité dans les métaux n’est point un caractère absolument essentiel à leur nature; d’autant plus qu’il n’est pas plus difficile
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- 2 22 DISCUSSION SUR LA NATURE de concevoir la différence de densité du potassium à l’étain, que celle de l’étain au platine.
- On peut aussi concevoir asséz facilement que le potassium et le sodium soient plus légers que leurs oxides, quoique tous les autres métaux soient plus pesans que ceux auxquels ils servent de base. Nous ne con-noissons point la densité qu’auroit l’oxi-gène à l’état solide. Il seroit possible que cette densité fût un peu plus grande que celle de l’eau ; et alors, il seroit naturel de penser qu’en se combinant avec les métaux, l’oxigène augmenteroit la densité de ceux qui sont plus légers que ce liquide, et diminueroit la densité deceux qui sont plus pesans(1). D’ailleurs, sans recourir à cette supposition, quelque naturelle qu’elle soit, ne suffit-il pas d’imaginer un métal très-léger qui s’unisse à l’oxigène avec une énergie extraordinaire , pour concevoir que
- (i) Celle diminution devroit être d’autant moins considérable que le métal seroit plus pesant, parce que les inélaux les plus pesans sont ceux qui absorbent le moins d’oxigène.
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- DU POTASSIUM ET DU SODIUM. 2ü3 l’affinité produise une condensation , telle que la densité de l’oxide soit au-dessus de celle du métal ? L’acide phosphorique vitreux n’a-t-il pas une pesanteur spécifique plus grande que celle de ses compo-sans, et ne pourroit-on pas citer plusieurs autres faits semblables ; d’ailleurs, ne sait-on pas que le potassium et le sodium ont une telle affinité pour l’oxigène, et le condensent si fortement, qu’ils l’enlèvent à la plupart des corps avec dégagement de calo-lorique et de lumière, et pourroit-on être surpris, d’après cela, que les oxides de potassium et de sodium soient plus denses que ces métaux?
- 404. Nous avons cité nous-mêmes, en faveur de l’hypothèse des hydrures, la foible capacité du potassium et du sodium pour l’oxigène. Cette raison nous paroissoit même assez forte, d’après un grand nombre de faits qui semblent établir que plus un corps a de légèreté spécifique, plus il a de capacité de saturation. Aujourd’hui qu’il est démontré que le potassium et le sodium s’oxidènt plus que les autres métaux, puisqu’ils prennent plus de la moitié de leur
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- 324 DISCUSSION SUR DA NATURE poids d’oxigène , à une température incandescente, cette preuve tombe d’elle-même.
- 405. On peut aussi alléguer en faveur de Fhypothèse des liydrures, qu’on n’a jamais obtenu le potassium et le sodium sans le concours de l’eau, soit par l’électricité, soit par la décomposition chimique. Cette considération seroit sans doute d’un grand poids, et deviendroit même une preuve décisive s’il étoit démontré que l’hydrogène de l’eau qui reste combinée avec la potasse et la soude fondues au rouge, ou de celle qui sert à humecter la surface de ces alcalis pour les rendre conducteurs de l’électricité, fût absolument nécessaire à la production du potassium et du sodium; mais la difficulté de recueillir exactement tous les produits, ne permet point d’acquérir à cet égard de certitude, surtout lorsqu’on opère par l’électricité. On sait seulement qu’il se dégage constamment du gaz oxigène au pôle positif, pendant que les nouveaux métaux apparoissent au pôle négatif; mais on n’en peut tirer aucune conclusion en faveur de l’une ou l’autre hypothèse, puisque le gaz
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- DU POTASSIUM ET DU SODIUM. 2â5 oxigène qu’on obtient peut également provenir ou de l’alcali considéré comme un oxide, ou de l’eau combinée avec cet alcali considéré comme un corps simple.
- Les résultats de la préparation chimique du potassium et du sodium seraient plus propres â éclairer sur la nature de ces corps, si l’on pouvoit décomposer complètement une quantité donnée de potasse ou de soude, et recueillir tous les produits de l’opération ; car alors on pourrait partir de la quantité d’eau qu’on sait être contenue dans la potasse poussée au plus grand feu, pour connoître la quantité totale d’hydrogène qu’elle peut fournir. On retrancherait de cette quantité totale d'hydrogène , celle qui s’échappe à l’état de gaz pendant l’opération, et on verrait si le reste suffit pour produire, en se combinant avec la potasse sèche, tout le métal obtenu. Mais malheureusement on ne parvient jamais à décomposer toute la potasse que l’on employé : il en reste toujours dans le canon une certaine quantité qui se combine aveo l’oxide de fer produit pendant l’opération; et comme, dans cet état de combinaison ,
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- 226 DISCUSSION SUR DA NATURE la potasse retient moins d’eau qu’avant d’avoir été chauffée seule, il s’ensuit que le calcul que nous venons d’indiquer, ne peut pas conduire à la solution de la question.
- 406. Nous avons mis au nombre des raisons qu’on peut alléguer en faveur de l’hypothèse des hydrures, la propriété qu’ont les alcalis fixes et plusieurs acides de retenir de l’eau en combinaison intime, et la probabilité qu’il reste aussi de l’eau dans la plupart des sels , même après avoir été fortemen t chauffés. Cette raison tend moins à prouver directement l’hypothèse des hydrures , qu’à répondre aux objections qu’orï peut lui opposer. En effet, lorsqu’a-près avoir brûlé dans une petite cloche pleine de gaz oxigène bien sec, une certaine quantité de potassium ou de sodium, on y fait passer du gaz acide carbonique également sec, on obtient un sous-carbonate dont il ne se dégage point d’eau même à une haute température : par conséquent, on ne peut expliquer cette expérience, dans l’hypothèse des hydrures, qu’en supposant que toute l’eau formée pendant la
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- Du Potassium et du sodium. 227 combustion du potassium et du sodium, reste intimement combinée dans les sous-carbonates de potasse et de soude. Nous reviendrons sur cette expérience , lorsque nous discuterons l’hypothèse dans laquelle on considère le potassium et le sodium comme des êtres simples.
- 407. Les faits que nous venons de rapporter n’offrent que de foibles probabilités en
- faveur de l’hypothèse des hydrures : il n’en est pas de même de la propriété qu’ont le potassium et le sodium de donner avec le gaz ammoniacal, ou avec le gaz hydrogène sulfuré, précisément la même quantité de gaz hydrogène qu’avec l’eau. C’est une des preuves les plus fortes que l’on puisse donner pour appuyer celte hypothèse ; et c’est aussi celle que nous avions principalement citée nous-mêmes pour la soutenir. En effet, il est difficile, au premier abord, en regardant le potassium comme un être simple, de concevoir qu’il dégage la même quantité de gaz hydrogène avec l’eau,le gaz ammoniacal et le gaz hydrogène sulfuré; au lieu qu’en le considérant comme un hydrure, ce seroit une conséquence nécessaire qu’il donnât
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- 328 DISCUSSION SUR LA NATURE la même quantité d’hydrogène avec tous les corps qui auroient la propriété de le décomposer.
- L’expérience du gaz ammoniacal et du potassium a déjà été présentée avec trop de détails (25 a) pour en rappeler ici toutes les circonstances : nous nous bornerons à dire en général que, lorsqu’on met du gaz ammoniacal avec du potassium dans une petite cloche de verre et qu’on élève la température , 1 e.potassium se change promptement en une matière verte-olivâtre; qu’il dispa-roit une certaine quantité de gaz ammoniacal, et qu’on retrouve un volume de gaz hydrogène précisément égal à celui que donneroit la même quantité de potassium avec l’eau ; que , lorsqu’on chauffe jusqu’à une légère chaleur rouge la matière verte-olivâtre , on en retire trois cinquièmes du gaz ammoniacal absorbé, soit en nature, soit réduit en ses élémens, et qu’ensuite on n’obtient plus d’autre gaz que de l’azote, quelle que soit la température à laquelle on expose cette combinaison ; que , lorsqu’on ajoute un peu d’eau à la matière, avant ou après sa calcination, on retrouve exacte-
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- DU POTASSIUM ET DU SODIUM: *2(J
- ment tout le gaz ammoniacal employé; qu’en fin M. Davy, en chauffant très-fortement cette même matière dans un tube cle platine, a obtenu à peu près tout l’hydrogène et tout l’azote de l’ammoniaque, et de plus, les quatre cinquièmes du potassium employé.
- Tels sont les principaux phénomènes que présente l’action mutuelle du gaz ammoniacal et àu potassium , et sur l’explication desquels on n’est point encore d’accord. Ils peuvent, en effet, s’expliquer dans l’une et l’autre hypothèse, avec des degrés plus ou moins grands de vraisemblance.
- En considéran t le potassium comme un hydim-e, on conçoit 1 °. que le gaz hydrogène qui se dégage pendant la formation de la matière verte-olivâtre provient du potassium, qui passant ainsi à l’état de potasse se combine avec le gaz ammoniacal ; 2°. que, lorsqu’on met la matière verte-olive en contact avec un peu d’eau, la potasse se dissout, et l’ammoniaque à l’état de gaz se dégage ; 3°. que lorsqu’on la calcine, il s’en dégage d’autant plus de gaz ammoniacal que la température est plus élevée,
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- a5o DISCUSSION SUA. DA nature tant qu’on n’a point obtenu à peu près les trois cinquièmes delà quantité absorbée; qu’ensuite la chaleur devant être très-considérable pour dégager les deux cinquièmes res tans, le potassium se régénère aux dépens de l’hydrogène de ces deux cinquièmes d’ammoniaque, qui en contiennent précisément la quantité nécessaire pour cette régénération.
- Dans l’autre hypothèse, onconçoit 1 °. que le gaz ammoniacal est décomposé, et que c’est de ce gaz que provient l’hydrogène qu’on retrouve après la production de la matière verte-olive; 2°. que cette matière est composée de potassium, d’azote et d’ammoniaque ; 5°. que, lorsqu’on lj| met en contact avec l’eau, ce liquide «t décomposé de manière que son oxigène se combine avec le potassium pour produire de la potasse, et que son hydrogène se combine avec l’azote pour reformer l’ammoniaque qui avoit été détruite ; 40. que, lorsqu'on la soumet à l’action d’une légère chaleur rouge, on en retire toute l’ammoniaque; 5°. qu’il ne reste plus alors qu’une combinaison de potassium et d’azote beau-
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- DU POTASSIUM ET DU SODIUM. fl5l coup plus difficile à détruire, et que lorsqu’on y parvient par une chaleur très-forte , l’azote est simplement séparé du potassium.
- Ces deux explications paroîtront jusqu’à présent très-naturelles ; mais ce résultat remarquable sur lequel se fonde principalement la première hypothèse, savoir, que le potassium dégage autant d’hydrogène avec l’ammoniaque et le gaz hydrogène sulfuré qu’avec l’eau, ne s’explique pas aussi bien dans la seconde. M. Davy a cherché à le concilier avec cette seconde hypothèse, en rappelant que tous les corps ayant entre eux des rapports constans de saturation, c’étoit une conséquence nécessaire que le potassium dégageât la même quantité d’hydrogène avec l’eau, le gaz ammoniacal et le gaz hydrogène sulfuré. Ces considérations nous étoient trop familières , depuis long-temps, pour que cette explication ne se fût pas présentée à nous; mais, en l’examinant attentivement, elle ne nous avoit pas paru assez satisfaisante, pour nous faire adopter l’hypothèse de M. Davy sur le potassium et le sodium.
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- s5$ DISCUSSION SUR LA NATURE
- Sien effet, c’étoit une conséquence nécessaire que le potassium dût dégager la même quantité d’hydrogène de l’eau, du gaz ammoniacal et du gaz hydrogène sulfuré, une auti’e conséquence non moins nécessaire serait que l’oxigène de l’eau, L’azote de l’ammoniaque et le soufre de l’hydrogène sulfuré, correspondant chacun à la même quantité d’hydrogène, pussent, deux à deux, se combiner ensemble. Or, en ne considérant ici que l’azote et l’oxigène, et en admettant dans l'hypothèse de M. Davy , que lorsqu’on a chauffé jusqu’au rouge la matière verte-olive, il ne îeste en combinaison avec Je potassium qu’une quantité d’azote suffisante pour reproduire de l’ammoniaque avec l’hydrogène dégagé pendant la formation de cette matière, il estévident, d’après les proportions de l’ammoniaque ( 6 d’hydrogène en volume et 2 d’azote), et celles de l’eau (6 d’hydrogène et 3 d’oxigène), que fi parties d’azote devraient pouvoir se combiner avec 5 d’oxigène, et produire un composé dans lequel l’oxigène seroit par conséquent à l’azote comme 3 est à 3. Une
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- DU POTASSIUM ET DU SODIUM. 253 pareille combinaison est possible; mais jusqu’à présent on n’en connoît aucune de ce genre. Dans le gaz oxide d’azote, le rapport en volume, de l’oxigène à l’azote est
- de................................i à 2
- Dans le gaz nitreux, de........1 à i
- Dans l’acide nitrique, de......1 à 2
- Dans l’acide nitreux, de.......5 à 3
- Ainsi ce résultat, savoir : que 1 epotassium dégage la même quantité d’hydrogène avec l’eau qu’avec l’ammoniaque, n’est point encore suffisamment expliqué dansl’hypothèse de M. Davy, et se conçoit au contraire beaucoup mieux dans l’autre hypothèse. Quoi qu’il en soit, on ne peut considérer l’objection qu’on en tire comme une preuve directe, puisque d’une part on n’obtient jamais plus d’hydrogène que n’en renferme l’ammoniaque sans le secours de l’eau, et que de l’autre une objection qui n’a pour elle que la singularité d’un fait nouveau qui s’écarte de ceux qui sont connus, ne repose que sur une base très-peu solide.
- 408. On peut encore ajouter, pour fortifier l’hypothèse des liydrures, que le gaz ammoniacal a la propriété de former avec le
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- 234 DISCUSSION SUR LA NATURE
- mercure et l’hydrogène un composé très-léger, d’apparence métallique, qui a beaucoup de rapports avec le potassium et le sodium, et dont la formation est tout-à-fait analogue à la leur* Or, dira-t-on, l’amalgame ammoniacal étant un hydrure, il doit en être de même du potassium et du sodium. Mais l’amalgame ammoniacal doit son apparence métallique au mercure, et le potassium et le sodium ne doivent la leur à aucun métal ; la grande légèreté de l’amalgame comparée à celle du mercure , estdue, sans doute, à la fbible condensation de l’hydrogène et de l’ammoniaque, et on n’a pas besoin d’avoir recours à l’hydrogène pour expliquer celle du potassium. L’objection que nous examinons n’est donc fondée que sur une analogie très-éloignée ; et d’ailleurs nous ferons voir en discutant l’opinion contraire, qu’on peut lui opposer des analogies beaucoup mieux fondées, qu’il est facile d’établir de la même manière, entre le potassium ou le sodium et les autres métaux.
- 40g. Enfin la dernière preuve que l’on peut citer en faveur de l’hypothèse des
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- DU POTASSIUM ET DU SODIUM. 235
- hydrures, consiste dans la propriété qu’a le potassium, d'absorber le gaz hydrogène, lorsqu’on le chauffe avec ce gaz, et de ne pouvoir en aucune manière absorber le gaz azote.
- Quoique cette propriété très-remarquable du potassium ait été contestée plusieurs fois par M. Davy, elle n’en existe pas moins, et nous l’avons observée trop souvent pour qu’il nous soit permis d’en douter. Cette combinaison de l’hydrogène qui fait perdre au potassium son apparence métallique , est cependant très-foible, puisqu’une température un peu élevée, ou l’action du mercure sur le potassium suffisent pour la détruire ; mais parce que le gaz hydrogène se combine avec le potassium , et que le gaz azote ne jouit pas de cette propriété, on n’est point en droit d’en conclure qu’il n’y a point d’affinité entre ces deux derniers corps. L’azote, à l’état gazeux, ne se combine avec aucune autre substance, excepté l’oxigène; encore cet te combinaison ne peut-elle s’effectuer que par une longue électrisation. Il ne doit donc pas paroître étonnant que l’azote ne s’unisse au potassium que
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- 256 DISCUSSION SUR LA NATURE quand il est déjà condensé. Plusieurs autres gazpourroient nous offrir des exemples semblables : c’est ainsi que l’hydrogène à l’état de gaz ne peut, en aucune manière, se combiner avec l’arsenic, et qu’à l’état naissant il forme avec ce métal une combinaison gazeuse, et un hydrure solide. Cet hydrure, et celui de tellure comparés à l’hydrure de potassium, fournissent plutôt une nouvelle analogie entre le potassium et les autres métaux, qu’un motif de l’en séparer.
- 410. Tels sont les principaux argumens que l’on peut citer en faveur de l’hypothèse des hydrures. On a vu qu’il n’y en avoit aucun de décisif, et que les argumens qui paroissent les plus forts ne sont fondés que sur des analogies. Il nous reste à exposer et à discuter ceux que l’on peut alléguer en faveur de la nature métallique du potassium et Au sodium. Les personnes qui ne se sont point occupées de cette matière, pourront alors apprécier chaque hypothèse et fixer leur opinion.
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- DU POTASSIUM ET DU SODIUM. 3-37
- Discussion de l'hypothèse où Von considère le potassium et le sodium comme des métaux.
- 4 n. Nous avons rapporté précédemment tous les faits que l’on peut alléguer en faveur de l’hypothèse des hydrures : nous allons de même rapporter dans cette discussion , tous ceux que l’on peut citer en faveur de l’opinion opposée. Ces faits sont:
- i°. L’éclat métallique, l’opacité et la propriété conductrice du potassium et du sodium.
- 2°. Leur préparation au moyen des carbonates alcalins parfaitement secs.
- 3°. L’analogie qu’il y a entre les amalgames de potassium et de sodium, produits au moyen de la pile de Volta, et les autres amalgames métalliques produits de la même manière.
- 4°. La décomposition de la matière verte olive par la plupart des métaux.
- 5°. L’action du potassium sur le gaz muriatique.
- 6°. Celle du gaz sulfureux et du gaz car-
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- a38 DISCUSSION SUR LA NATURE bonique sur les oxides jaunes de potassium et de sodium.
- 70. La grande analogie qu’il y a entre les oxides métalliques et les alcalis.
- Examinons ces divers faits dans l’ordre que nous venons d’établir.
- 4,12. A l’exception d’une très-grande densité , qui n’est certainement pas essentielle pour déterminer la nature métallique d’un corps, les propriétés physiques du potassium et du sodium sont absolument celles qui appartiennent à tous les métaux; grand éclat, opacité parfaite, et propriété conductrice de l’électricité au plus haut degré. Or, parmi les divers corps connus, il n’en est point qui présentent ces trois propriétés réunies sans être de nature métallique; par conséquent , ces mêmes propriétés communes au potassium, au sodium, et aux métaux, établissent entre eux de très-fortes analogies.
- 413. L’extraction du sodium du sous-carbonate de soude, fournit une preuve plus directe de la nature métallique du potassium 'et du sodium. Voici l’expérience que nous avons faite à ce sujet.
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- nu POTASSIUM ET DU SODIUM. 23g
- On a pris i o grammes de sous-cai’bonate de soude poussé dans un creuset de platine au feu de forge le plus violent, et on l’a introduit aussitôt avec de la tournure de fer bien sèche dans un tube de fer, fermé à l’une de ses extrémités et luté comme on le pratique ordinairement. A une température élevée, on a obtenu du sodium en assez grande quantité; des barreaux de fer qu’on introduisoit dans le canon de fusil se couvraient promptement de gouttelettes métalliques : cependant tout l’alcali n’a pas été décomposé, quoique l’opération ait été prolongée pendant plus d’une heure. Or, tous les chimistes admettent que le sous-carbonate desséché et fondu ne contient plus d’eau; et dans ce cas, il n’y a plus qu’une manière de concevoir la nature des alcalis, c’est de les considérer comme des oxides.
- D’où vient néanmoins que tout le sous-carbonate n’est pas décomposé ? Nous pourrions rendre raison de ce fait en remarquant que nous n’avons pas employé une température des plus élevées ; mais pour répondre plus directement à cette objection , qui se présentoitnaturellement,nousavons recom-
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- 240 DISCUSSION SUR LA NATURE
- mencé l’expérience, et lorsqu’il ne s’est plus dégagé que très-peu de sodium, nous avons fait passer dans le tube un courant de gaz hydrogène en comprimant une vessie remplie de ce gaz. A l’instant le sodium a reparu en grande quantité, et le gaz qui sortoit du tube brûloit spontanément avec une flamme blanche très-dense : on pouvoit faire cesser et reparoître les mêmes phénomènes en arrêtant ou en renouvelant le dégagement du gaz hydrogène. Cette expérience paroît d’abord très-propre à démontrer que ce gaz est nécessaire à la formation du sodium, et que Je sous-carbonate de soude fondu conlientde l’eau; mais en substituant le gaz azote au gaz hydrogène , les résultats ont été absolument les mêmes: par conséquent ces gaz n’agissent point chimiquement. Cette observation mérite quelques détails, parce qu’elle explique plusieurs phénomènes intéressans dans la décomposition chimique des alcalis.
- On a démontré (Mémoires de la Société d’Arcueil, tom. i, pag. 204 ) que le sel marin ne se vaporisoit point à un très-haut degré de feu dans un creuset bien fermé,
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- DU POTASSIUM ET OU SODIUM. 3^ 1
- et qu’il se vaporisoit, au contraire, même à une chaleur rouge obscure, dans un creuset découvert où l’air pouvoit circuler : ou a démontré en outre qu’on obtenoit les mêmes résultats avec tout autre gaz que l’air : or, puisqu’un courant de gaz hydrogène ou de gaz azote détermine la volatilisation du sodium, il doit paroître certain que dans la préparation du sodium, la grande quantité d’hydrogène qui se dégage, contribue puissamment au transport de ce métal, du canon où il se produit dans l’allonge où on le reçoit (1). On peut même regarder comme très-probable qu’il s’en volatiliseroit à peine, si on employoit de la soude parfaitement privée d’eau (2).
- (1) Le gaz hydrogène qui se dégage dans la décomposition de la potasse par le feu contribue sans doute aussi à la volatilisation du potassium, ; mais comme ce métal est beaucoup moins fixe que le sodium, on parviendrait probablement aie volatiliser sans le secours de ce gaz ou de tout autre.
- (2) Puisque le gaz hydrogène est nécessaire à la vaporisation du sodium, on doit en conclure que si on retrouve une grande quantité de soude dans les canons de fusil après la préparation de ce métal, c’est parce que non-seulement la soude est fixée par l’oxide de fer
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- 24 a DISCUSSION SUR DA NATURE
- D’après cela, on conçoit pourquoi, par l’addition d’une petite quantité d’huile, on obtient du sodium, à l’aide de la chaleur, d’un mélange de sous-carbonate de soude et de charbon qui n’est plus susceptible d’en donner ; c’est évidemment parce que ce mélange, après avoir été fortement calciné , ne peut plus produire de gaz , et qu’en l’imprégnant d’un corps gras, on lui rend la propriété d’en produire de nouveau.
- Maintenant si l’on fait attention que dans ces diverses expériences l’hydrogène ne produit point d’autre effet que l’azote, on trouvera que la décomposition par le fer, du sous-carbonate de soude sec et fondu, est une preuve décisive de la nature métallique du potassium et du sodium, à moins que l’on ne veuille admettre que ce sel soit susceptible de contenir plus de 20
- core parce que l’eau qu’elle contient étant dégagée ou volatilisée complètement au bout d’un certain temps, il ne peut plus s’en dégager de gaz et par conséquent de
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- DU POTASSIUM ET DU SODIUM. 245 pour 100 d’eau, qu’il n’est point jusqu’à présent en notre pouvoir de séparer. Or, cette supposition seroit gratuite , et ne pourroit être soutenue qu’autant qu’on en admettrait trois autres : i°. que le potassium et le sodium setoient des hydrures; a0, que toute l’eau produite par la combustion de leur hydrogène auroit tant d’affinité pour la base alcaline, qu’elle ne s’en sépareroit point lors même que cette base se combineroit avec un acide, et qu’on exposerait le sel à une très-haute température; 3°. que le potassium et le sodium eux-mêmes seroient des agens trop foibles pour indiquer cette eau, puisque mis en contact dans des tubes rouges, avec les . muriates de potasse, de soude, de barite, on n’obtient point d’hydrogène, et que ces sels ni ces métaux n’éprouvent point d’altération (260). _
- 414. L’analogie qu’il y a entre les amalgames de potassium et de sodium, produits au moyen de la pile, et les autres amalgames métalliques produits de la même manière , quoique ne conduisant pas à l’exclusion de l’une ou de l’autre hypothèse, n’en
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- 344 DISCUSSION SUR LA NATURE mérite pas moins d’être remarquée. En effet, si l’on fait une petite coupe avec un sel de potasse ou de soude, pulvérisé et humecté, et qu’après y avoir mis un peu de mercure ori la soumette à l’action de la pile de Volta, en faisant flonger le fil négatif de platine dans le mercure, on obtiendra, comme on sait, un'amalgame de potassium ou de sodium. Si on emploie des sels de plomb, d’argent, de zinc, etc. au lieu de sels alcalins, on obtiendra des amalgames de ces divers métaux ; et celui de zinc, jeté dans l’acide muriatique, produira une effervescence semblable à celle que produit l’amalgame de potassium jeté dans l’eau. Si on emploie des sels de fer, ils seront aussi décomposés, mais on n’obtiendra que de petites parcelles noires attirables à l’aimant, parce que le fer n’ayant aucune affinité pour le mercure ne peut pas former d’amalgame. Dira-t-on que dans ces diverses expériences, l’hydrogène de l’eau décomposée par la pile s’est combiné avec l’oxide métallique pour reproduire le métal ? Non sans doute, parce qu’il faudroit que tous les métaux fussent le produit de
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- DU POTASSIUM ET DU SODIUM. 246
- la combinaison de leurs oxides avec l’hydrogène, et parce qu’on sait, au contraire, que l’hydrogène réduit les oxides métalliques en donnant naissance à de l’eau. Si donc ces faits sont incontestables , pourquoi supposer , en passant d’un sel.métallique à un sel alcalin , une différence aussi grande dans la manière d’agir de l’hydrogène , surtout quand il n’existe aucun caractère essentiel qui distingue les oxides des alcalis ? Et n’est-il pas bien plus conforme aux faits connus, d’admettre, au contraire, que l’hydrogène réduit les alcalis de la même manière qu’il réduit les oxides?
- 415. La décomposition de la matière yerte-olive , par la plupart des métaux, offre une analogie du même genre que la précédente. En effet, lorsqu’on chauffe la matière verte-olive avec un métal, on obtient un alliage de potassium et il se dégage de l’azote. Dans l’hypothèse deshydrures, on explique cette expérience, en disant que le potassium est reproduit aux dépens de l’hydrogène de l’ammoniaque, et que l’azote devenu libre se dégage. Mais n’est-il pas difficile de concevoir que le potassium? dont
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- 246 DISCUSSION SUR DA NATURE les élémens devroient avoir une si grande affinité l’un pour l’autre, soit détruit par le gaz ammoniacal pour produire la matière verte-olive, et qu’il soit ensuite reproduit par l’action d’un métal qui tend à se combiner avec lui? Dans l’hypothèse, au contraire , où l’on regarde le potassium comme un corps simple, les faits s’expliquent très-naturellement : la matière verte-olive étant un azoture , se décompose lorsqu’elle est en contact avec un métal ; le potassium se combine avec le métal, et l’azote s® dégage.
- 416. A tous ces faits, que nous sommes loin de regarder comme des preuves directes, on peut en ajouter d’un autre genre, qui établissent une nouvelle analogie entre le potassium et le sodium, et les autres métaux. M. Davy a trouvé que 8 grains de potassium, en se changeant en muriate de potasse dans du gaz muriatique desséché , recevoient une augmentation de poids de , et qu’il ne se formoit point d’eau. Si l’on retranche igr,,4 pour la quantité d’oxigène absorbé par le potassium, il restera 6®'*,2 pour l’acide muriatique; de sorte
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- DU POTASSIUM ET DU SODIUM. 247
- que les proportions du muriate de potasse seroient. . 35,6 acide muriatique,
- 64,4 de potasse.
- Mais M. Berthollet, en admettant seulement 13,64 parties d’eau dans 100 de potasse fondue au rouge, a trouvé que 100 de muriate de potasse étoient formées de 66,66 de potasse et de 33,54 d’acide. ( a8 vol. d’Arcueil, p. 55.) Il suit de là que la potasse employée par M. Berthollet, conte-noit au moins 9 pour 100 d’eau de plus que celle qui est formée par la combustion du potassium dans le gaz muriatique, et que par conséquent elle devoit en contenir près de 23 pour 100.
- La seule conséquence que l’on puisse tirer de ces résultats est, comme l’observe M. Davy, qu’il n’y a pas plus de raison de regarder le potassium et le sodium comme des composés, que les métaux ordinaires. Si on vouloit les regarder comme dès liy-drures, il faudroit que le muriate de potasse , obtenu en brûlant le potassium dans le gaz muriatique, contînt 12 centièmes d’eau, et que la potasse fondue au rouge en contint 37: résultat qu’on ne sauroit ad-
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- 248 DISCUSSION SUR DA NATURE
- mettre qu’en supposant que les sels dans lesquels l’analyse chimique ne démontre plus d’eau, en retiennent encore une grande quantité; mais qu’elle y est combinée avec une si grande force qu’aucun corps, pas même 1 e potassium et le sodium,ne peuvent la décomposer. Cette expérience de M. Davy nous paroît très-contraire à l’hypothèse des hydrures; mais comme il seroit possible qu’on ne l’interprétât pas ainsi, à cause de l’eau que renferme l’acide muriatique, et de la nature peu connue de cet acide, nous en citerons d’autres qui nous sont propres, et dont les résultats nous paroissent dans leur ensemble à l’abri d’objections bien fondées.
- 417. Lorsqu’on tient la potasse ou la soude fondues au rouge dans le gaz oxigène, elles l’absorbent et le laissent ensuite dégager au moyen de l’eau ou des acides. La barite pré-sente aussi des phénomènes semblables. Il s’ensuivroit, dans l’hypothèse des hydrures , que les alcalis seroient des corps simples qui se coinporteroient comme des oxides métalliques non saturés d’oxigène , qui prendroient les caractères métalliques
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- DU POTASSIUM ET DU SODIUM. 249 par l’additioi#de 2 à 3 centièmes d’hydrogène, et qu’il faudroit enfin considérer comme des corps combustibles sans qu’il eussent aucun rapport avec les combustibles ordinaires,- conséquences qui ne nous semblent que très-difficilement admissibles.
- Dansla même hjrpothèse, les résultats sui-vans conduiroient encore à des conséquences plus inadmissibles que les précédentes. Lorsqu’on brûle le potassium ou le sodium dans le gaz oxigène bien sec, on obtient,, comme nous l’avons fait voir, des oxides jaunes beaucoup plus oxidés que ceux que l’on obtient par le moyen de l’eau , et on n’aperçoit aucune trace d’humidité. Si l’on traite ces oxides par l’acide muriatique liquide, il se produit des muriates et de l’acide muriatique oxigéné ; si on les traite par l’eau ou par l’acide sulfurique , ils sont ramenés à l’état de potassium et de sodium, et il se dégage du gaz oxigène; en un mot, ils se comportent de la même manière que l’oxide noir de manganèse avec l’acide muriatique et l’acide sulfurique : et s’ils donnent de l’oxigène avec l’eau , quoique l’oxide noir demanganèse n’en donne point,
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- aSo DISCUSSION SUR DA NATURE
- c’est parce que le manganèflü, à, aucun degré d’oxidation, n’a de l’affinité pour l’eau, tandis que la potasse et la soude en ontune très-grande.
- Si après avoir obtenu les oxides jaunes de potassium et de sodium avec du gaz oxi-gène bien sec, et sous des cloches dans lesquelles on a fait bouillir le mercure, on y introduit du gaz carbonique également bien desséché et qu’on élève la température, il se forme des sous-carbonates de potasse et de soude, il se dégage du gaz oxigène, et on n’aperçoit aucune trace d’humidité dans les cloches. Lorsqu’on substitue le gaz sulfureux au gaz carbonique., il se forme du sulfate sans sulfure avec l’oxide jaune de potassium, à cause de la grande quantité d’oxigène que cet oxide contient; mais avec l’oxide jaune de sodium il se forme constamment du sulfate et un peu de sulfure, parce que cet oxide ne contient pas assez d’oxigène pour porter à l’état d’aqide sulfurique tout l’acide sulfureux absorbé.Dans aucun cas, on n’aperçoit la plus légère trace d’humidité dans les appareils. Maintenant, interprétons ces résultats et exami-
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- DU POTASSIUM ET DU SODIUM. 25 1
- nous les diverses circonstances qui les accompagnent.
- Puisqu’il ne se dégage point d’eau pendant la formation des oxides jaunes de potassium et de sodium, il devient nécessaire de supposer dans l’hypothèse des hy-drures, que toute l’eau qui a dû se former est restée en combinaison avec ces oxides ; et puisqu’il ne s’en manifeste pas davantage lorsqu’on les traite par le gaz carbonique ou le gaz sulfureux, il faut bien supposer encore que l’eau est restée combinée avec .les sous-carbonates et les sulfates. Il suit nécessairement de là que la soude fondue au rouge, par exemple, de-vroit contenir 0,463 d’eau, savoir : 0,25, qu’on en pourvoit retirer, soit par l’acide carbonique, soit par la silice ; et 0,213 qu’il seroit impossible d’en séparer par aucun moyen (j). On peut prouver également que le sous-carbonate de soude fondu à une cha-
- (1) Pour entendre ce calcul, il suffit de se rappeler que la soude privée d’eau par la silice, etc. est semblable à celle qui provient delà combustion du sodium, et que 0,75 de soude provenant de celle combustion, con-
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- aSa discussion sua la nature leur très-élevée devroit aussi contenir 0,20 d’eau. Et cependant, lorsqu’on prend de la soude fondue au rouge et qu’on la chauffe avec du gaz carbonique dans une petite cio-che recourbée, on voit l’eau ruisseler de toutes parts: cette eau est encore très-visible lorsqu’on n’opère que sur quelques milligrammes de soude dans une cloche très-petite, et on peut assurer que par ce moyen on en apprécie des quantités plus petites que par une balance très-sensible. Ce seroit, sans doute, un phénomène bien extraordinaire, que précisément toute la quantité d’eau qui seroit produite dans la transformation du sodium en soude, fût retenue avec une telle affinité que le gaz carbonique n’en pût pas manifester la plus légère trace, tandis que deux milligrammes de plus se-roient aussitôt accusés par ce gaz.
- Tels sont les faits que l’on peut Opposer à l’hypothèse des hydrures. Il en résulte que jusqu’à ce qu’on ait démontré qu’il se forme dans la combustion du potassium et du sodium, une quantité d’eau que ni le feu ni les acides ne peuvent dégager, et qui correspond à ce que ces métaux exir-
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- DU POTASSIUM ET DU SODIUM. 253 gent d’oxigène pour passer à l’état d’alcalis , on devra toujours les regarder, selon nous, comme des corps simples, et par conséquent regarder les alcalis comme des oxides.
- Nous n’ajouterons point de nouvelles preuves à celles qui précèdent; nous ne pourrions en citer que d’analogues, et nous serions toujours conduits aux mêmes conséquences. Nous terminerons cette discussion, que nous avons peut-être poussée trop loin, par quelques réflexions sur la distinction qu’on a établie entre les alcalis, les terres et les oxides, et sur les analogies qui existent entre ces trois genres de corps.
- 418. Nous remarquerons d’abord, relativement aux alcalis et aux terres, que les caractères qui les distinguent, sont si peu marqués que l’on n’est point encore d’accord sur le nombre des alcalis et par conséquent des terres. Fourcroy admettoit cinq alcalis, la potasse, la soude, la barite, la stron-tiane et l’ammoniaque; M. Berthollet, regardant la propriété de saturer complètement les acides comme la plus importante des alcalis, en a admis deux autres, la
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- a5it DISCUSSION SUR LA NATURE chaux et la magnésie. M. Thomson n’en reconnoît que trois, la potasse, la soude et l’ammoniaque. Cette division est utile pour l’étude de la chimie ; mais dans le fait, elle est très-mal fondée, et en l’adoptant trop servilement, on se priveroit de tout moyen de parvenir à des généralités sur la classe nombreuse des bases salifiables. La propriété de saturer complètement les acides, la seule qui semble établir entre ces corps une différence essentielle, perd beaucoup de son importance, lorsqu’on fait attention que l’alumine, la glucine, l’yttria et la zircone se dissolvent bien dans les acides,et qu’elles les satureroient sans doute complètement, si leur insolubilité et leur cohésion ne s’y opposoient pas.
- Si nous comparons maintenant les oxides aux alcalis et aux terres, nous trouverons qu’ils s’en rapprochent tellement, qu’il est tout aussi difficile de tracer la ligne de démarcation qui les sépare de ces deux genres de corps, que de tracer celles qui séparent ces deux genres de corps entre eux. Les uns, et c’est le plus grand nombre, ne saturent qu’imparfaiteinent les acides, et par consé-
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- quent jouent, par rapport à ceux-ci, le même rôle que les terres : tels sont les oxides d’étain, de bismuth, d'antimoine, de cobalt, d’or, etc. Les autres saturent tout aussi complètement les acides que le font la potasse, la soude, etc. : tel est l’oxide d’argent , par rapport aux acides nitrique et fluorique ; tel est l’oxide de plomb,, par rapport à l’acide acétique. Il existe mêrfe des sels qui agissent sur les couleurs comme les sels alcalins : tel est l’acétate de plomb avec excès d’oxide, qui, comme le borax, rétablit la couleur du tournesol, changée en rouge par les acides, et verdit le sirop de violettes. »
- Peut-être proposera-t-on la propriété, qu’ont les hydro-sulfures et les prussiates alcalins, de précipiter les oxides pour les distinguer des bases salifiables : mais il est des sels métalliques qui ne sont précipités ni par les hydro-sulfures, ni par les prussiates , et il est au contraire des sels terreux qui sont précipités par les uns et les autres. D’ailleurs, quand bien même ce caractère' pourrôit être admis, comme il n’auroit pour base que l’insolubilité des hydro-sulfures,
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- 256 DISCUSSION sua la natuub des sulfures ou des prussiates métalliques qui se formeroient alors, il seroit loin de détruire l’analogie qu’il y a entre toutes les bases salifiables et les oxides métalliques; car ne yoit-on pas dans le même genre de sels, et particulièrement dans les sulfates, des espèces très-solubles à côté d’autres absolument insolubles.
- 0 Peut-être objectera-t-on , contre l’ana- . logie que nous cherchons à établir, que les oxides métalliques sont réduits parle charbon , et que les bases salifiables ne sont pas dans ce cas; mais nous répondrons qu’on peut réduire la potasse et la soude par le fer, le charbon , etc. ; que plusieurs autres bases peuvent l’être au moyen du mercure et de lapile,etque s’il en est qu’on n’ait point encore pu réduire, c’est qu’elles tiennent trop à l’oxigène.
- 41 g. Voilà à peu près les faits et les analogies que nous pouvons rapporter en faveur de l’hypothèse des hydrures, et de celle où l’on regarde les alcalis comme des oxides. Nous avons essayé de les discuter dans l’intention de les faire mieux apprécier ; mais peut-être n’avons-nous fait que les inter-
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- DU POTASSIUM ET DU SODIUM. Z 5 y
- prêter d'après notre manière particulière de voir. Au reste, chacun pourra examiner ces raisons, leur donner la valeur qu’il jugera convenable, et former son opinion sur la nature des alcalis. Pour nous, après avoir annoncé autrefois qu’on pouvoit admettre que les nouvelles substances découvertes par M. Davy étoient des combinaisons d’hydrogène et d’alcali, ou des hydrures, nous pensons aujourd’hui que cette hypothèse est insuffisante pour expliquer tous les faits qu’on a observés dans ces derniers temps ; et nous sommes persuadés avec M. Davy, que le potassium et le sodium sont des métaux particuliers Quant à l’ammoniaque , nous persistons toujours à la regarder comme composée d’azote et d’hydrogène, et nous considérons aussi ces deux gaz comme des corps simples. Elle offrira une exception remarquable parmi les alcalis , de la même manière que l’hydrogène sulfuré parmi les acides.
- S’il est bien démontré que le potassium elle sodium sont des métaux particuliers, il résultera de nos expériences que l’azote peut se combiner avec ces corps et former
- il. 17
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- a 5 8 TAB. DES FAI TS ADM. PAR LES AUT. des azotures. Ce sont ces combinaisons que l’on obtient, en chauffant jusqu’au rouge-sombre, la matière verte-olive; car nous avons prouvé qu’à cette température le potassium ne retenoit plus que la quantité d’azote nécessaire pour former de l’ammoniaque avec tout l’hj'drogène dégagé de l’eau par ce métal. C’est une conséquence immédiate à laquelle on est conduit en regardant les alcalis comme des oxides, et qui ne pou voit point se présenter à M. Davy, d’après sa manière de conduire l’expérience du potassium et de l’ammoniaque, et d’après l’idée qu’il s’étoit formée de la nature de cette dernière substance.
- RÉSULTATS SUR LESQUELS NOUS DIFFERONS D'OPINION AVEC M. DAVY.
- 420. Lorsqu’on fait un long travail, il est difficile de ne pas commettre quelques erreurs : il suit de là que si plusieurs personnes s’en occupent concurremment, elles n’arriveront pas toujours aux mêmes résultats • c’est ce qui a eu lieu dans les recherches üiultipliées qui ont été faites sur le potas-
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- ET CONTESTÉS PAR M. DAVY. 25g
- sium et le sodium par M. Davy, en Angleterre, et par nous en France. On peut regarder comme vrais les résultats qui sont les mêmes ; mais il'y a nécessairement erreur de part ou d’autre toutes les fois qu’ils sont difiérens. Pour mettre les chimistes plus à même de prononcer à cet égard, et de trouver la vérité que nous aimons par-dessus tout, nous exposerons dans le tableau suivant, tous les points sur lesquels nous différons d’opinion avec le célèbre chimiste anglais.
- • Opinions de MM. Gay-Lussac et Thénard.
- L’amalgame ammoniacal est une combinaison de mercure, d’ammoniaque et d’hydrogène.
- Cet amalgame n’absorbe nil’oxigènede l’air, ni l’oxi-gène de l’acide sulfurique et ne se couvre point par son contact avec l’air d’une couche de carbonate d'ammoniaque.
- . Nous trouvons qu’il est facile d’expliquer le volume que prend cet amalgame, par le peu de condensation
- Opinions de M. Davy.
- M. Davy croit que l’amalgame ammoniacal est une combinaison de mercure et d’un métal particulier, base de l’ammoniaque.
- M. Davy croit le contraire.
- M. Davy rejette cette explication , et dit que ce phénomène est inexplicable pour lui jusqu’à présent.
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- 2f)0 TA B. DES FAITS ADN. PAH DES AU T
- Opinions de MM. Gay~ et Tliinard.
- du gaz ammoniac et du gaz hydrogène qui s’y trouvent contenus.
- Lorsqu’on met du mercure en contact avec la magnésie ou un sel magnésien humide, et qu’on expose ce mélange à l’action du pôle négatif de la pile, le mercure n’acquiert jamais la propriété de faire effervescence avec l’eau ou l’acide muriatique.
- Pesanteur spécifique du potassium = o,865o7 à la température de i5°cent.
- Pesanteur spécifique du sodium =0,97223 à la température de là 0 cent.
- Le potassium ne fond qu’à 58 0 cent.
- Le sodium ne fond qu’à 90 0 cent.
- Lorsqu’on brûle du potassium ou du sodium dans le gaz oxigène, il en résulte des oxides plus oxigénés que la potasse et la soude.
- Opinions de M. Davy.
- M. Davy croit le contraire , et que ce résultat est dû à ce que le meronre se combine avec le métal base de la magnésie.
- Pesanteur spécifique du potassium = 0,6 à la température de 16,6 0 cent.
- Pesanteur spécifique du sodium = 0,9348; iln’e.'t pas dit à quelle tempéra-
- Le potassium est en fusion parfaite à près de 38 °
- Le sodium est en fusion parfaite entre 81 et 82 0 c.
- M. Davy assure qu’en brûlant le potassium et le sodium dans le gaz oxigène, ces métaux ne prennent que la quantité de gaz oxigène nécessaire pour passer
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- ET CONTESTÉS PAR M. DA VT.
- Opinions de MM. Gay-Luseac et Thénard.
- i oo parties de potasse sont formées de 83,371 de potassium et de 16,629 d'oxi-gène.
- 100 parties de soude sont formées de 74,63 de sodium et de 25,37 d’oxigène.
- Il existe un hydrure de potassium solide.
- Selon nous , le radical de l’acide borique est un corps combustible analogue au charbon,au phosphore, au soufre: nous proposons de l’appeler bore.
- 100 part, de bore exigent, pour passer à l’état d’acide-borique, 5.0 d’oxigène.
- Nous pensons que les. expériences que nous avons laites sur l’acide fluorique ne démontrent point d’une manière irrévocable que cet
- 261
- Opinions de M. Davy.
- à l’état de potasse et de
- 100 parties dépotasse sont formées de 84 de potassium et 16 d’oxigène.
- 100 parties de soude sont formées de 77,7 dé sodium et de 2»,3 d’oxigène.
- M. Davy a essayé plu-, sieurs fois de faire un hydrure de potassium solide, et n’a jamais pu l’obtenir, de sorte qu’il doute de son existence.
- Selon M. Davy, ce radical est probablement un métal qu’il propose d'appeler bo-racium.
- 100 part, de Bore exigent, our passer à l’état d’acide orique, 180 d’oxigène. {V. Bibl. Brit. n° 332, année 1809, pag. 126.)
- M. Davy pense au contraire avoir démontré que l’acide fluorique est un composé d’oxigène et d’un radical combustible : cepen-
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- 26a TAB. DES FAITS ADM. PAR LES AUT.
- Opinions de 'MM, Gay-Lussac et Thénard.
- acide est un composé d’oxi-gène et d’un' radical combustible , mais qu’elles ne font que rendre cette opinion extrêmement probable, parce que jusqu’à présent, nousn’avons point pu en isoler le radical, brûler ce radical et le transformer en acide.
- Le gaz muriatique contient, et ne coutient que le uart de son poids d'eau ou es principes de l’eau.
- Nous croyons que le gaz muriatique oxigéné, est un composé d’oxigène et d’un autre corps.
- Nous regardonsla liqueur qu’on obtient en traitant le mercure doux par le phosphore, comme un composé triple d’acide murialiq. sec, d’oxigène et de phosphore, et comme analogue à celle qu’on obtient avec le soufre et le gaz muriatique oxigéné.
- Opinions de M. Davy.
- dant non-seulement nous avons fait à cet égard toute» les expériences qu’il a faites lui-même , mais nous en avons fait plusieurs autres.
- M. Davy est porté à croire que le gaz muriatique en contient le tiers de son poids (i).
- M. Davy est porté à croire que c’est un corps simple.
- M. Davy regarde celte liqueur comme une combinaison d'acide muriatique oxigéné (être simple) et de phosphore.
- (i) Depuis que M. Davy a émis cette opinion, il en a émis une autre, qui consiste à regarder l'acide muriatique comme formé d’acide muriatique oxigéné (être simple) et d’hydrogène.
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- ET CONTESTÉS PAR M. DAVY. «63
- Opinions de MM. Gay-Lussac et Thénard.
- hepotassium dégage avec l'ammoniaque la même quantité d’hydrogène qu’avec l’eau.
- L’ammoniure de potassium ou la substance olivâtre faite avec le gaz ammoniac ne donne pas avec l’eau la plus petite bulle d’hydrogène.
- Le potassium n’absorbe pas plus de gaz ammoniac desséché parlachaux que de gaz ammoniac ordinaire.
- L’ammoniure fait avec le potassium et le gaz ammoniac à une basse température, laisse dégager en le chauffant, d’abord doucement , deux cinquièmes d’ammoniaque non décomposée , et ensuite à une plus fortechaleur,un cinquième décomposé.
- On obtient en chauffant le potassium avec l’hydro-gènesulfuré, la môme quantité d’hydrogène qu’en le traitant par l’eau.
- Opinions de M. Davy.
- Lepotassium dégage avec l’ammoniaque une moindre quantité d’hydrogène qii’a-vec l’eau.
- M. Davy croit que cet ammnniure donne toujours un peu d’hydrogène en se-disaolvant dans l’eau.
- M. Davy croit que le potassium absorbe plusde gaz ammoniac desséché par la chaux, que de gaz ammoniac ordinaire ou qui n’a point été desséché.
- M. Davy croit qu’on en retire beaucoup moins.
- M. Davy dit qu’on retire plus d'hydrogène en traitant le potassium par l’hydrogène sulfuré que par
- Ou obtient en traitant le
- M. Davy dit que dans i
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- TA B. DBS FAITS , etc*
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- Opinions de MM. Oay-Lussac et Thénard.
- sulfure de potassium par les acides, un volume d’hydrogène sulfuré égal au vo-lumed’hydrogène qu’on obtient en traitant par l’eau le potassium contenu dans ce sulfure.
- L’ammoniaque ne contient point d’oxigène, et est formée de trois parties d'hydrogène et d’une partie d’azote en volume..
- Opinions de M. Davy.
- cas, le volume du gaz hydrogène sulfuré est moindre que celui d’hydrogène.
- A une certaine époque, M. Davy a admis que l’am-moniaq. contenoit del’oxi-gène ; il y a ensuite admis un métal auquel il propose de donner le nom d'ammonium. Nous ne savons pas quelle est aujourd’hui son opinion sur la nature de l’ammoniaque.
- Nota. Il sera facile de trouver tout ce qui est relatif aux faits qu'on vient d'exposer, en consultant la table qui termine chaque volume.
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- L’ANAL. VÉGÉT. ET ANIM. 265
- QUATRIÈME PARTIE.
- Méthode pour déterminer la proportion des principes qui constituent les substances végétales et animales, et application de cette méthode àVanalyse d’un grand nombre de ces substances. Présenté à l’Institut le i5 janvier 181a.
- 421. On sait depuis long-temps que les substances végétales sont formées d’hydrogène, d’oxigène et de carbone, et que les substances animales contiennent en outre de l’azote; mais on ne sait point encore quelle est la quantité que chacune d’elles en contient. C’est à cette cause qu’on doit attribuer en grande partie le peu de progrès que la chimie végétale et la chimie animale ont fait jusqu’à présent. Il ne suffit point en effet de connoître les principes qui constituent un corps, pour concevoir tous les
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- phénomènes qui peuvent résulter de son contact avec les autres, il faut encore pour cela connoître le rapport dans lequel sont cesprincipes entr’eux. Cette vérité étoit trop frappante pour n’avoir point été aperçue : aussi voit-on que les chimistes ont traité les substances végétales et animales, tantôt par l’acide nitrique,et tantôt par le feu dans l’espérance de pouvoir parvenir à la connois-sance de la proportion de leurs principes. Malheureusement ces deux méthodes d’analyse ne pouvoient conduire qu’à des résultats fort inexacts. Lorsqu’on emploie l’acide nitrique , on convertit en partie la substance végétale et animale en acides prus* sique,malique, oxalique et acétique, et on transforme l’acide nitrique en gaz très-variables qu’il faut recueillir et séparer pour calculer les résultats de l’opération ; ce qu’il est impossible de faire avec précision. Lorsqu’on emploie la distillation, et qu’on en reçoit immédiatement les produits dans des récipiens, il se forme beaucoup d’huile et d’acide acétique qui sont des substances végétales elles-mêmes, de manière que loin de simplifier l’analyse , on la corn-
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- plique réellement. Cependant il faut observer qu’en y procédant comme on l’a fait, pour analyser l’éther nitrique, Mémoires d’Arcueil, premier volume, et comme M. Berlhollet l’a fait récemment pour analyser le sucre et l’acide oxalique, c’est-à-dire, en exposant les produits de cette distillation à une chaleur rouge, il en résulte une méthode bien supérieure aux deux précédentes; mais elle a contre elle encore, de ne point être sans incertitude , d’exiger beaucoup de temps, beaucoup de soins, et un appareil compliqué.
- 422. Le problème qu’il s’agissoit de résoudre, consistoit donc à trouver une méthode exempte de tous ces inconvéniens , et c’est à quoi nous nous sommes attachés. Pour atteindre à ce but, notre première idée, et celle à laquelle nous nous sommes bientôt arrêtés, a été de transformer, à l’aide de l’oxigène, les substances végétales et animales en eau, en acide carbonique et en azote. Il étoit évident que si nous pouvions parvenir à opérer cette transformation de manière à recueillir tous les gaz, cette analyse devenoit d’une exactitude et d’une sim-
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- plicilé très-grandes. Deux obstacles s’y op-posoient: l’un étoitde brûler complètement l’hydrogène et le carbone de ces substances; et l’autre étoit d’en faire la combustion en vaisseaux clos.
- On ne pouvoit espérer de surmonter le premier qu’au moyen des oxides métalliques qui cèdent facilement leur oxigène , on qu’au moyen du muriate suroxigéné de potasse. Quelques essais nous firent bientôt donner la préférence à ce sel qui réussit au-delà de nos espérances. Il n’étoit point, à beaucoup près, aussi facile de surmonter le second ; car on ne pouvoit point tenter la combustion dans une cornue pleine de mercure : pour peu qu’on y eût brûlé de matière, la cornue eût été brisée. Il falloit donc trouver un appareil dans lequel on pût :
- i°. Brûler des portions de matière assez petites pour qu’il n’y eût pas fracture des
- 2°. Faire un assez grand nombre de combustions successives, pour que les résultats fussent assez sensibles.
- 5°. Enfin, recueillir les gaz à mesure qu’ils seroient formés. C’est un appareil de ce genre
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- que nous allons décrire ( voyez cet appareil, pl. 6, fig. i ) : il est formé de trois pièces bien distinctes. L’une AA' est un tube de verre fort épais, fermé à la lampe par son extrémité inférieure, ouvert au contraire par son extrémité supérieure, long d’environ 2 décimètres, et large de 8 millimètres; il porte latéralement à 5 centimètres de son ouverture, un très-petit tube BB' aussi de verre, qu’on y a soudé et qui ressemble à celui qu’on adapterait à une cornue pour recevoir les gaz. L’autre pièce est une virole CC' en cuivre, dans laquelle on fait entrer l’extrémité ouverte du grand tube de verre, et avec lequel on l’unit au moyen d’un mastic qui ne fond qu’à 40 degrés. La dernière pièce est un robinet particulier DD' qui fait tout le mérite de l’appareil. La clef de ce robinet n’est pas trouée et tourne en tous sens, sans donner passage à l’air; on y a seulement pratiqué à la surface, et vers la partie moyenne, une cavité o capable de loger un corps du volume d’un petit pois : mais cette cavité est telle , qu’étant dans sa position supérieure, elle correspond à un petit entonnoir vertical E qui pénètre
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- S 70 DE L’ANALYSE
- dans la douille et dont elle forme en quelque sorte l'extrémité du bec; et que ramenée dans sa position inférieure, elle communique et fait suite à la tige même du robinet qui est creuse et qui se visse à la virole. Ainsi, lorsqu’on met une matière quelconque dans l’entonnoir, bientôt la cavité se trouve remplie de cette matière, et la porte, lorsqu’on tourne la clef, dans la tige du robinet, d’où elle tombe dans la virole, et de là, au fond du tube de verre. (On voit, pl. 6, fig. 2, ce robinet adapté seulement à la virole; la tige de ce robinet, fig. 1 et 2, passe à travers une capsule FF' dont l’usage sera indiqué plus bas. )
- Si donc cette matière est un mélange de muriatesuroxigéné de potasse et de substance végétale, dans des proportions convenables, et si la partie inférieure du tube de verre est suffisamment chaude, à peine la tou-chera-t-elle qu’elle s’enflammera vivement: alors la substance végétale sera détruite instantanément , et sera transformée en eau et en acide carbonique que l’on recueillera sur le mercure, avec le gaz oxigène excédant, par le petit tube latéral.
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- 4»3. Pour exécuter facilement cette opération , on conçoit qu’il est nécessaire que la matière se détache toute entière de la cavité et tombe au fond du tube : à cet effet, on la met en petites boulettes comme il sera dit tout à l’heure (i). On conçoit également qu’il est nécessaire de rechercher quelle est la quantité de muriate suroxigéné convenable pour briller compl étement 1 a substan ce végétale. Il faut même avoir la précaution d’en employer au moins moitié plus que cette substance n’en exige, .afin que la combustion en soit complète (2).
- (t) Il faut nécessairement donner la forme de boulettes au mélange de muriate aur-oxigéné et de substance végétale oti animale : si ce mélange étoit en poudre, il contracteroit une sorte d’adhérence avec les parois de la cavité pratiquée dans la clef et il seroil difficile' de l’en détacher; d’ailleurs, il s’en introduiroit entre la douille elle-même et la clef, les gâteroit l’une et l’autre et les mettrait bientôt hors de service. Enfin en tombant dans le tube de verre, il y en aurait une portion qui s'attacherait aux parois de ce tube et ne s’y décomposerait qu’imparfailement, à cause du peu de chaleur à laquelle elle serait exposée.
- (2) On trouve facilement quelles sont les proportions de muriate suroxigéné et de substance végétale qu’on doit employer, en faisant différens mélanges pulvéru-lens de ces corps, et les projetant dans un tube de
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- 424. Mais de toutes les recherches qui doivent précéder l’opération, la plus importante à faire est évidemment l’analyse du muriate suroxigéné qu’on emploie. Pour cela, on doit, i°. dessécher et même fondre une masse de ce sel (1); a°. la pulvériser afin
- verre dont l’extrémité est presque rouge-obscur. Tant que le résidu de la combustion n'est pas blanc, c’est une preuve que la quantité de muriate sur-oxigéné n’est point assez grande ; il faut l’augmenter non-seulement jusqu’à ce que ce résidu soit blanc, mais outre-passer ce point, de manière à rendre, comme on vient de le dire, l’excès d’oxigène très-prépondérant. Pour en être plus certain, on peut, si l’on veut décomposer dans l’appareil une partie du mélange dont on croit les proportions bonnes, recueillir les gaz et les analyser approximativement en les traitant par la potasse. Nous avons pris cette précaution au commencement de notre travail; mais elle ne nous a plus été nécessaire au bout de quelque temps. Lorsqu’on la prend, on peut se contenter d’opérer sur un gramme de mélange, et dans ce cbs, on doit toujours mettre le mélange en boulettes, afin de ne pas gâter le robinet.
- (1) Le muriate suroxigéné qu’on emploie doit être privé exactement de muriate oxigéné; on recommande de le fondre non-seulement pour le dessécher, mais aussi pour décomposer la petite quantité de ce sel qu’il pourroit encore contenir quoique bien cristallisé. On recommande aussi d’opérer sur une masse assez considérable de muriate suroxigéné afin de pouvoir faire uu
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- que toutes les parties en soient homogènes; 3°. en prendre au moins 5 grammes, et les introduire dans une petite cornue de verre bien sèche, de manière qu’il n’en reste pas sur les parois du col ; 40. peser cette cornue avec des balances très-sensibles ^vant et après y avoir mis le sel, afin d’en connoître le poids à un demi-milligramme près; 5°. y adapter un tube qui puisse s’engager sous une cloche pleine d’eau, et s’élever jusqu’à la partie supérieure de celte cloche ; 6°. procéder à la décomposition du sel, eu portant peu à peu la cornue au rouge-cerise , pour qu’aucune portion de matière saline ne soit emportée ; 70. recueillir l’air des vaisseaux avec le gaz oxigène , et tenir compte de cet air en faisant refroidir la cornue et laissant le tube qui y est adapté plonger dans les gaz jusqu’à ce qu’elle soit à la même température que l’atmosphère ;
- grand nombre d’analyses sans être obligé d’en changer. On peut eu préparer 5 hectogrammes à la fois, qu’on conserve dans un flacon bien sec et bouché à l’émeri. La fusion s’en fait dans un creuset de Hesse, et la pulvérisation dansun mortier de laiton bien propre etchaud ; cette pulvérisation est grossière ; mais suffit pour s’assurer que la masse saline est parfaitement homogène.
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- 8°. enfin répéter cette analyse plusieurs fois, pour n’avoir aucun doute sur son exactitude.
- 425. Tout cela étant bien conçu , il sera facile d’entendre comment on peut faire l’analyse d’une substance végétale avec le muriate suroxigéné. On broie cette substance sur un porphyre avec le plus grand soin ; on y broie également le muriate suroxigéné ; on pèse avec une balance très-sensible des quantités de l’une et de l’autre, desséchées au degré de l’eau bouillante ; oq les mêle intimement ; on les humecte ; on les moule en cylindres; on partage ces cylindres en petites portions, et on arrondit avec les doigts chacune d’elles, en forme de petites boules, qu’on expose pendant un temps suffisant à la température de l’eau bouillante, pour les ramener au même point de dessiccation que les matières primitives. Si la substance à analyser est un acide végétal, on la combine avec la chaux ou la barite, avant de la mêler avec le muriate suroxigéné : on analyse le sel qui en résulte, et on tient .compte de l’acide carbonique qui reste uni à la base après l’expérience. Enfin, si la substance à analy-
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- ser contient quelques corps étrangers à sa pâture, on en tient également compte.
- Ces diverses opérations se font facilement. i°. On brqye la substance végétale et le sel, et on les réduit en poudre impalpable , en les triturant d’abord avec la molette , et ensuite avec un couteau flexible de fer, semblable à celui dont les peintres font usage.
- a°. On les dessècheau degré de l'eau bouillante au moyen d’un appareil particulier. Cet appareil se compose de deux boîtes cylindriques , dont le fond de l’une s’adapte avec les bords supérieurs de l’autre : dans la boîte inférieure on met, par un conduit latéral surmonté d’un entonnoir, de l’eau que l’on porte au degré de l’ébullition ; et dans.la boîte supérieure, qu’on couvre en partie, on place les matières que l’on veut dessécher, et que l’on met à cet effet en couches minces dans des carrés de papier dont les bords sont relevés. On peut, quand on a b^bcoup de matières à dessécher, conduire la vapeur aqueuse de ce premier appaireil dans un second, et même un troisième, au lieu dé la laisser dégager direc-
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- tement dans l’air ; mais alors, il faut avoir le soin d’entretenir toujours bien bouillante l’ean du premier appareil, pour que tous soient également chauds : autrement, on ne pourroit que commencer la dessiccation dan s les deux derniers. On voit un appareil de ce genre, pl. 6, fig. 6 ; AA', est la première boîte, ou celle qui contient l’eau ; BB', la seconde ; CC', le fourneau sur lequel elles 6ont placées ; DD', l’entonnoir par lequel on verse de l’eau dans la boîte inférieure ; EE', le tuyau qui porte la vapeur d’eau dans un second appareil, etc.
- 3°. Une petite capsule de verre est commode pour peser les matières. D’abord, on prend le poids de cette capsule , puis on y ajoute la substance végétale pulvérisée et desséchée , et on en prend le poids une seconde fois, etc. Il vaut mieux peser, en dernier lieu, le muriate suroxigéné, que la substance végétale, parce que le muriate étant en très-grande quantité par rapport à celle-ci, il est toujours f#e d’en ôter de la capsule, si on y en a mis trop.
- 4°. Pour mêler exactement la substance végétale etle sel,une foispesés, on les metsurle
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- porphyre, et on les retourne en tous sens avec la lame flexible du couteau dont on a parlé précédemment; s'il s’en perd après cetto opération , la perte du sel et de la substance étant proportionnelle à leur quantité respective , n’a aucune influence sur l’exactitude des résultats.
- Ensuite on prend successivement de petites portions du mélange, et on les mêle aussi intimement que possible; enfin on les réunit toutes., et on les triture encore pendant quelque temps..
- 5°. On parvient à humecter convenablement le mélange en y ajoutant peu à peu de l’eau, et le remuant avec la lame d’un couteau. 11 faut que la pâte en soit ferme et se moule facilement.
- 6°. On moule cette pâte dans, un petit cylindre creux de laiton ; ce cylindre doit avoir au plus om ,oo^5 de diamètreintérieur, et peut être plus, ou moins long : il doit être tranchant d’un côté. Quand on veut s’en servir, on le tient verticalement, et on en applique le tranchant avec un peu de force sur la pâte qu’on a aplatie avec le couteau: cette pâte passe dans le cylindre, et lors-
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- qu’il en contient assez pour faire trois boulettes , on l’en fait sortir avec une tige du même diamètre que le trou cylindrique. Si la pâte devient trop ferme, on la ramollit; et si le-cylindre creux s’engorge, on le nettoie avec la tige et de l’eau. ( Voyez pi. 6, fig. 3, ce cylindre et cette tige. A représente la tige seule;et B représente la tige enfoncée dans le cylindre.)
- 70. A mesure que la pâte est moulée, on doit la couper avec une lame de couteau très-fine, en autant de portions susceptibles de faire des boulettes de grosseur convenable; et tout aussitôt, on doit arrondir chacune de ces portions en les roulant tant soit peu entre les doigts. Sans cette précaution, elles ne sortiroient quelquefois que difficilement de la cavité pratiquée dans la clef du robinet.
- 8 '. Toutes les boulettes étant faites, on commence à les dessécher dans une capsule de verre, et on en achève la dessiccation à la vapeur de l’eau bouillante, en les plaçant dans un carré de papier, comme il a été dit (425). Par ce moyen on en volatilise toute l’eau qu’on y avoit mise, et on est
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- certain d’être arrivé à ce point, lorsque les pesant, deux fois à demi-heure de distance, la deuxième pesée est la même que la première : alors on lès introduit toutes dans un petit flacon bien sec, et on lès y tient bien bouchées jùsqu’à ce qu’oh lés analyse.
- 90. Pour analyser un sel qui résulte de la combinaison d’un acide végétal avec la barite ou la chaux, on l’exposé à la vapeur de Peau bouillante jusqu’à ce qu’il ne perde plus d’hurftidité, et on le traite par l’àcide sulfurique s’il est à basé de barite, ou on le calcine s’il est à basé de chaux.
- 10°. Enfin on détermine combien là substance qu’on veut analyser contient de corps étrangers, en en incinérant une quantité donnée; mais cette incinération exige quel-ques précautions qii’il est boil d’indiquer. On doit la faire dans un creuset de platine plutôt que dans un creuset d’argent, parce qu’on ne craint point de le fondfe, et qü’èllè est d’autant plus prompte que là température est plus élevée. H faut que les cendres du fournéau ne puissent point se niêler avec celles de la matière. A cet effet on doit couvrir le fourneau avec un têt, au centre
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- duquel on a percé un trou circulaire capable seulement de laisser passer le creuset ; on soutient celui-ci d’une manière quelconque, soit par les bords supérieurs avec un peu de terre, soit par-dessous avec un fromage, et dans tous les cas le tirage du fourneau doit être établi latéralement au moyen d’un conduit en tôle ou en terre.
- Lorsque le creuset est rouge, on y projette peu à peu la substance végétale; elle brûle et se charbonne; de temps en temps on la remue avec une spatule : l’incinération étant achevée, on pèse le creuset, on en retire la cendre en le lavant, puis on le fait sécher ; on le pèse de nouveau, et en défalquant le second poids du premier, on a pour reste la quantité de matières étrangères à la substance végétale.
- 426. Lorsque ces diverses opérations sont faites, il ne s’agit plus pour terminer l’ana-lyse, que de décomposer une certaine quantité de muriate suroxigéné et de substance végétale, en boulettes , dans l’appareil que l’on a décritprécédemmen t; derecueillir tous les gaz provenant de cette décomposition; de les mesurer, et de les séparer les uns des
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- autres : c'est à quoi l’on parvient comme on va le dire.
- i°. On commence par graisser la clef du robinet afin qu’il ne fuie pas; on se sert â cet effet d’un mélange de suif et d’huile, on le fait fondre , et on en met seulement quelques gouttes sur la clef ; ensuite on la tourne dans la douille, et on enlève tout ce qui peut être au fond de la cavité ou même dedans.
- 2°. On fait un trou au milieu d’une brique L, et on y enfonce le tube de verre AA', jusqu’au petit tube latéral BB' ; ensuite, d’une part, on pose les deux extrémités de cette brique sur deux petits murs parallèles élevés sur une table auprès de la cuve à mercure, hauts à peu près comme cette cuve, et distans l’un de l’autre d’environ om‘,i5 , et, d’une autre part on appuie l’extrémité inférieure du tube AA' sur une grille de fer G , qu’on soutient en la faisant pénétrer dans les murs mêmes.
- 3°. On fait plonger le petit tube latéral BB' dans la cuve à mercure, et on place une ardoise entre la brique et ce tube pour qu’il ne s’échauffe pas, après avoir toute-
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- fois assujéli le tube AA' dans la brique avec du lut de terre infusible.
- 4°. On met peu à peu des charbons rouges sur la grille, et autour de l’extrémité inférieure du tube AA'; on met en même temps de la glace dans la petite capsule de laiton FF' pour empêcher que la graisse du robinet ne fonde et qu’il ne fuie; ensuite on met sous la grille G, et au-dessous du tube AA', une lampe à esprit-de-vin HH': bientôt la partie inférieure de ce tube approche de la chaleur rouge-obscure; alors, on engage l’extrémité du tube recourbé BB' sous une très-petite éprouvette pleine de mercure, et on fait tomber successivement d^jjs le tube AA', au moyen du robinet, un certain nombre de boulettes qu’il est inutile de peser. Chaque boulette s’enflamme presque aussitôt qu’elle est tombée , et donne lieu à Un dégagement subit et assez considérable de gaz. Par ce moyen on chasse tout l’air de l’appareil, et on le remplace par un gaz absolument identique avec celui qui doit rester à la fin de l’expérience, de sorte qu’il y a exacte compensation, et qu’on n’a pas besoin de recueillir celui-ci.
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- 5°. Lorsqu’on a décomposé de cette manière une vingtaine de boulettes dans le tube AA', on incline la brique de manière à enfoncer davantage le tube recourbé dans le mercure; on enlève l’éprouvette où on a reçu en partie le gaz provenant de ces vingt boulettes , et on y substitue un flacon plein de mercure et bien jaugé. On soutient ce flacon sur une planche qui doit être percée d’un trou ôblong ; autrement on risqueroit de casser le tube en voulant l’introduire dans le flacon, d’autant plus que pour ne point perdre de gaz, il est nécessaire qu’il s’élève jusqu’au-dessus du goulot du flacon.
- 6°. L’appareil étant ainsi disposé, on pèse, à un demi-milligramme près, le petit flacon dans lequel on à mis les boulettes qu’il s’agit de décomposer ( 425, art. 8°. ), si toutefois, pour ne point perdre de temps, on n’a pas eu le soin d’en prendre le poids d’avance. On verse plus ou moins de ces boulettes dans une sorte de main en-laiton, pl. 6, fig. 4 , et on les fait tomber avec une petite tige courbe l’une après l’autre dans le tube AA', jusqu’à ce que le flacon soit plein de gaz. ( Voyez cette tige, pl. 6, fig. 5; elle
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- DE IAANAIiYSE
- est vue de face en A, et de côté en B; ) À cette époque , on dégage Je tube de çe flacon; on l’engage sous un autre; on pèse de nouveau Je petit flacon et toutes les boulettes restantes, et on recommence l’opération , etc. Si tous les flacons dans lesquels on recueille les gaz ont la même capacité , ils seront remplis de gaz par des poids égaux de mélange, et si on examine ces gaz, on les trouvera parfaitement identiques : dans tous les cas, on note avec grand soin le thermomètre et le baromètre.
- 7°. On doit tenir le tube, pendant toute l’opération, au plus haut degré de chaleur qu’il peut supporter sans se fondre, afin que les gaz ne contiennent point ou contiennent le moins possible de gaz hydrogène oxi-carburé. Dans tous les cas, on doit en faire l’analyse sur le mercure; c’est une épreuve à laquelle il est indispensable de les. soumettre. On opère sur deux cents parties de gaz obtenu, on y ajoute environ 40 parties de gaz hydrogène, on fait passer ce mélange dans un eudiomètre à mercure, et on y porte une étincelle électrique. Le gaz. hydrogène qu’on a ajouté brûle au moyen.
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- de l’oxigène qui est en excès dans le gaz qu'on a recueilli, et il est évident que si ce gaz contenoit quelques portions d'hydrogène oxi-carburé, elles brûleraient aussi. Après que la combustion a eu lieu, on mesuré le résidu, et on voit de cette manière si les gaz contenoient de l'hydrogène oxi-carburé : en effet, supposons qu’ils n’en contiennent pas, l’absorption sera d’une fois et demie le volume du gaz hydrogène employé ; elle sera au contraire plus forte s’ils en contiennent, et d’autant plus forte qu’ils en contiendront davantage. Dans tous les cas, on absorbe l’acide carbonique par la potasse et l’eau, et on s’assure si le gaz qui n’est point absorbé n’est que de l’oxigène pur, ou combien il en contient: on conclut delà, d’une manière précise, le rapport du gaz acide carbonique, de l’oxigène et de l’azote s’il y en a, dont est composé, le gaz recueilli.
- 427. On a donc ainsi toutes les données nécessaires pour connoître la proportion des principes de la substance végétale ; on sait combien on a brûlé de cette substance, puisqu’on en a le poids à un demi-milli-
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- L’ANALYSE
- 286
- gramme près ; on sait combien il a fallu' d’oxigène pour la transformer en eau et en acide carbonique , puisque la quantité en est donnée par la différence qui existe entre celle qui est contenue dans le muriate sur-oxigéné, et celle qui est contenue dans les gaz ; enfin, on sait combien il s’est formé d’acide carbonique,-et on calcule combien il a dû se former d’eau.
- 428. La manière dont nous procédons à l’analyse des substances végétales et animales étant exactement connue, nous pouvons dire quelle est la quantité que nous en décomposons , sans craindre d’affoiblir la confiance qu’on doit avoir en nos résultats: cette quantité s’élève tout au plus à six dé-cigrammes. D’ailleurs, si on élevoit le moindre doute sur l’extrême exactitude de ces résultats, nous le dissiperions en rappelant que nous remplissons successivement de gaz, deux et quelquefois trois flacons de même capacité ; que ces gaz son t identiques, et proviennent toujours d’un même poids de matière.
- 429. Nous pourrions ajouter que l’exactitude d’une analyse consiste bien plus dans la précision des instrumens et des méthodes
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- VÉGÉTALE ET ANIMALE. 287
- qu’on emploie, que dans la quantité de matière sur laquelle on opère. L’analyse de l’air est plus exacte qu’aucune analyse de sels, et cependant elle se fait sur 2 à 3oo fois moins de matière que celle-ci. C’est que dans la première, où on juge des poids par les volumes qui sont très-considérables , les erreurs que l’on peut commettre sont peut-être 1000 ou 1200 fois moins sensibles que dans la seconde où on est privé de cette ressource. Or, comme nous transformons en gaz les substances que nous analysons, nous ramenons nos analyses non pas seulement à la certitude des analyses minérales ordinaires , mais à celle des analyses minérales les plus exactes, d’autant plus que nous recueillons au moins un litre de gaz, et que nous trouvons, dans notre manière même de procéder, la preuve d’une extrême exactitude.
- 43 o. Déjà nous avons fait par la méthode, et avec les soins que nous venons d’indiquer, l’analyse de i5 substances végétales; savoir des acides oxalique, tartareux, muqueux, citrique et acétique; de la résine de térébenthine, de la copale, de la cire et de l’huile
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- s88
- DE L’ANALYSE
- d’olive; du sucre, de la gommé , dë l’amidon , du sucre de lait, et des bois de hêtre et de chêne. Nous allons rapporter successivement les résultats de ces quinze analyses.
- L
- Analyse du sucre.
- 451. Le sucre qu’on a analysé étoit du sucre candi bien blanc et bien cristallisé. 10 grammes, exposés pendant plusieurs heures à la vapeur de l’eau bouillante, n’ont perdu que 8 centigrammes; 32 grammes se sont réduits, par la calcination,ào^r-,045 : ainsi, ce sucre ne contenoit que de matière étrangère autre que l’eau ; on en a tenu compte. Il n’a exigé que très-peu d’eau pour faire pâte avec le muriate suroxigéné.
- Sucre employé , toute correction. *
- faite......................... o,3oo
- Muriate suroxigéné employé, 7 fois le poids du sucre.
- Oxigène du muriate suroxigéné.. 0,627
- Oxig. de l’acide carbonique obten u. o,3 2 2
- Oxig. retrouvé................... o,3o3
- 0,625
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- VÉGÉTALE ET ANIMALE. 38g
- Carbone de l’acide carbonique.... 0,1274
- Donc 100 parties de sucre sont composées de :
- Carbone........................ 42,47.
- Oxigène........................... 5o,6S
- Hydrogène.......................... 6,90
- Ou autrement :
- Carbone........................ 42,47.
- Oxigène et hydrogène dans les proportions nécessaires pour faire de l’eau............................ 57,53
- IL
- Analyse de la gomme arabique.
- 43 2. La gomme arabique qu’on a analysée étoit en belles larmes. Dix grammes bien pulvérisés, et exposés pendant plusieurs heures à la chaleur de l’eau bouillante, ont perdu isr-,343 ; trente-deux grammes incinérés dans un creuset, se sont réduits à 0^,77, dont on a tenu compte.
- n. 19
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- ANALYSE
- 290
- Gomme employée', toutes corrections faites..................... o>277
- Muriate suroxigéné employé, 7 fois le poids de la gomme.
- Oxigène du muriate suroxigéné. .. 0,679
- Qxig. de l’acide carbonique obtenu. o,3oo
- Oxigène retrouvé................. o,365
- o,665
- Carbone de l’acide carbonique.... 0,117
- Donc 100 parties de gomme arabique sont composées de :
- Carboné........................ 42,23
- Oxigène........................ 50,84
- Hydrogène....................... 6,g3
- Ou autrement :
- Carbone...................... 42,23
- Oxigène et hydrogène dans les proportions nécessaires pour faire de l’eau. ........................ 57,77
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- VÉGÉTALE ET ANIMALE.
- IIL
- Analyse de Y amidon.
- <i33. L’amidon qu’on a analysé étoit dé l’amidon qu’on avoit acheté chez un ami-dpnnier ,• il étoit très-blanc et ne contenoit aucune partie soluble dans l’eau. Dix grammes bien pulvérisés, et exposés pendant plu. sieurs heures à la chaleur del’eau bouillante, ont perdu i*%545 ; trente-deux grammes se sont réduits, parla calcination,à 0^,07, dont on a tenu compte.
- Amidon employé, toutes corrections
- faites.........................o,25i4
- Muriate suroxigéné employé, 7 fois le poids de l’amidon.
- Oxigène du muriatg suroxigéné... 0,611
- Oxig. dé l’acide carbonique obtenu. 0,282 Oxigène retrouvé ............. 0,322
- 0,604
- Carbone de l’acide carbonique... 0,109
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-
- L’ANALYSE
- a9fl
- Donc 1 oo parties d’amidon pur sont composées de :
- Carbone....» «. ................ 43,55
- Oxigène....................... 498
- Hydrogène........................ 6,77
- Ou autrement :
- Carbone........................... 43,55
- Oxigène et hydrogène dans les proportions nécessaires pour faire de l’eau....................... *56,45
- IV.
- Sucre de lait.
- 434. Le sucre de lait qu’on a analysé a été pris dans le commerce. lié toit très-blan ç, bien cristallisé, entièrement. soluble dans l’eau, et-ne contenoit aucune partie soluble dans l’alcool. Dix grammes pulvérisés, et desséchés autant que possible à la chaleur de l’eau bouillante, n’ont perdu que ogr-,oi8j
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- VÉGÉTALE ET ANIMALE. 2g3 trente-deux grammes calcinés n’ont offert aucun résidu appréciable.
- Sucre de lait décomposé....... 0,3357
- Muriate suroxigéné employé, 7 fois le poids du sucre de lait.
- Oxigène du muriate............ 0,7063
- Oxigène de l’acide carbonique.. 0,3352
- Oxigène retrouvé................ 0,3604
- 0,6956
- Carbone de l’acide carbonique.. o,i3o3^ Donc 100 parties de sucre de lait sont composées de :
- Carbone......................... 38,825
- Oxigène........................ 53,834
- Hydrogène....................... 7,341
- Ou autrement :
- Carbone......................... 38,825
- Oxigène et hydrogène dans les proportions nécessaires pour faire l’eau..................... 61,175
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- *94
- V ANALYSE
- V.
- Analyse du chêne.
- 435. Le chêne qu’on a analysé avoit été pris au centre d’une bûche de ce bois; on l’a réduit en poussière avec une râpe, et on a tamisé cette poussière pour en avoir de très-fine. L’eau et l’alcool n’en ont presque rien dissous. Dix grammes desséchés autant que possible à lachaleur de l’eau bouillante, ont perdu igr-,o27 ; trente-deux grammes ont donné, par la calcination, un résidu de 7 centigrammes, dont on a tenu compte.
- Chêne employé, toutes corrections
- faites........................ 0,249
- Muriate suroxigéné employé, 8 fois le poids du chêne.
- Oxigène du muriate suroxigéné.. 0,642
- Oxig. de l’acide carbonique obtenu. o,336
- Oxigène retrouvé................ o,3o8
- 0,644
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-
- VÉGÉTALE ET ANIMALE. 2q5
- Carbone de l'acide carbonique.... o,i3x
- Donc 1 oo parties de chêne sont composées de :
- Carbone....................... 5a,53
- Oxigène.......................... 41,78
- Hydiÿgène......................... 5,6g
- Ou autrement :
- Carbone......................... 52,53
- Oxigène et hydrogène dans les proportions nécessaires pour faire de l’eau......................... 47,47
- VI
- Analyse du hêtre.
- 436. Le hêtre qu’on a analysé a été pris presqu’au centre d’une bûche de ce bois ; on l’a réduit en poussière avec une râpe, et on a tamisé cette poussière pour én avoir de très-fine. Traitée successivement par l’eau et par
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- L’ANALYSE
- 396
- l’alcool, il ne s’en est presque rien dissous. Dix grammes desséchés autant que pbssible à la chaleur de l’eau bouillante, ont perdu isr-,o68: trente-deux grammes ont donné, par la calcination, un résidu de oer',i42, dont on a tenu compte.
- *
- Hêtre employé................... 0,241
- Muriate suroxigéné employé, 8 fois le poids du chêne.
- Oxigène du muriate suroxigéné... 0,6 x 3
- Oxig. de l’acid e carbonique obtenu. o,319 Oxigène retrouvé................. 0,296
- 0,6x5
- Carbone de l’acide carbonique.... 0,124
- Donc 100 parties de hêtre sont com-
- Carbone......................... 5.1,45
- Oxigène.......................... 42,73
- Hydrogène......................... 5,82
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- •VÉGÉTALE ET ANIMALE. Ü97
- Ou autrement :
- Carbone......................... 51,4 5
- Oxigène et hydrogène dans les proportions- nécessaires pour faire de l’eau. ........................ 48,55
- Vit
- Analyse de Vacide muqueux.
- 437. L’acide muqueux qu’on a analysé avoit été préparé, comme il va être dit, en traitant le sucre de lait bien pur par trois fois son poids d’acide nitrique à environ 3o degrés de l’aréomètre de Baumé. On a mis l’acide nitrique et le sucre de lait dans une cornue adaptée à un récipient; on a châuflë, et presqu’aussitôt qu’on a vu la liqueur se troubler, on l’a laissé refroidir : par le refroidissement il s’en est précipité beaucoup d’acide muqueux qu’on a lavé un grand nombre de fois, et jusqu’à ce qu’il ne contînt plus d’acide nitrique. Cet acide étoit pulvérulent, ne donnoit aucun résidu par
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- ANALYSE
- >9»
- la calcination, et jouissoit de toutes les propriétés qui caractérisent l’acide muqueux pur.
- . Acide muqueux décomposé...... 0,4 8 6
- Muriate suroxigéné employé, 4 fois le poids de l’acide.
- Oxigène du muriate suroxigéné... 0,608
- Oxig. de l’acide carbonique obtenu. s 0,421 Oxigène retrouvé ............. o,363
- 0,784
- Oxigène excédant.........,..... 0,176
- Carbone de l’acide carbonique. .. 0,164
- Donc 100 parties d’acide muqueux sont composées de :
- Carbone......................... 53,6g
- Oxigène........................ 6 2,6g
- Hydrogène....................... 3,6s
- 100,00
- Ou autrement :
- Carbone......................... 33,6g
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- VÉGÉTALE ET ANIMALE. 299
- Ci-contre............. 33,69
- Oxigène et hydrogène dans les proportions nécessaires pour faire
- de l'eau........................ 3o,i6
- Oxigène excédant............... 36,15’
- VI IL
- Analyse de Vacide oxalique.
- 458. Cet acide a été fait avec le sucre et l’acide nitrique. On a eu soin de le faire cristalliser plusieurs fois pour qu’il ne retînt point d’acide nitrique. On ne l’a point mêlé directement avec le muriate suroxi-géné pour en faire l’analyse, parce qu’on auroit craint qu’il ne décomposât en partie ce sel, et n’en dégageât du gaz acide: pour éviter cet inconvénient, on l’a Gombiné avec la chaux, en le saturant d’abord avec l’ammoniaque et en versant ensuite un excès de muriate calcaire dans l’oxalate d’ammoniaque. L’oxalate de chaux ainsi obtenu a été lavé à grande eau, puis desséché autant quepossibleàla chaleur de l’eau bouillante,
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- DE D’ANALYSE
- 3oo
- et analysé en en calcinant un poids bien déterminé dans un creuset de platine. D’après cette analyse, 100 parties d’oxalale de chaux desséché à la chaleur de l’eau bouillante contiennent:
- Acide oxalique................. 61,3^5
- Chaux.......................... 38,655
- D’ailleurs , on l’a mis en boulettes comme toutes les substances précédentes, avec le muriate suroxigéné et de l’eau, etc. et on a décomposé ces boulettes dans le tube à la manière ordinaire. Cependant on a été obligé de faire une opération de plus pour cette analyse que pour toutes celles dont on a parlé jusqu’ici. En effet, le muriate suroxigéné en se décomposant a transformé l’acide oxalique en eau et en gaz acide carbonique; maisune portion de celui-ci ayant été retenu par la chaux, il a fallu l’en dégager. Pour cela , la décomposition des boulettes étant faite, on a cassé le tube; on a rassemblé avec soin et facilement toute la matière qui y étoit contenue et qui
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- VÉGÉTALE ET ANIMALE. Soi
- n’étoit qu’un mélange de muriate de potasse et de carbonate de chaux avec excès de chaux ; on l’a introduite dans une éprouvette pleine de mercure, après l’avoir enveloppée dans un peu de papier joseph , et on l’a décomposée par une quantité convenable d’acide muriatique étendu d’eau. Enfin , on a mesuré le gaz dégagé, et on a tenu compte de celui que la liqueur pou-voit retenir, en déterminant ce qu’une liqueur entièrement semblable étoit suscep-
- tible d’en dissoudre.
- Oxalate de chaux décomposé... i,o54
- Donc, acide oxalique décomposé... 0,647
- Muriate suroxigéné employé, une fois et demie le poids de l’oxalate.
- Oxigène du muriate............... 0,567
- Oxigène de l’acide carbonique. .. 0,442
- Oxigène retrouvé....,........... 0,462
- Oxigène excédant.............. 0,327
- Carbone de l’acide carbonique... o, 17 2
- Donc, 100 parties d’acide oxalique sont composées de :
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- 3oa DE Ii’ANALYSE
- Carbone., .................... »6,566
- Oxigène...................... 70,68g
- Hydrogène..................... 3,74b
- Ou autrement:
- Carbone.................*...* • 26,566
- Oxigène et hydrogène dans les proportions nécessaires pour faire
- de l’eau.................... 23,872
- Oxigène excédant............. 5o,562
- IX.
- Analyse de Vacide tartareux.
- 43g. L’acide tartareux qu’on a analysé avoit été extrait du tartrite de chaux par l’acide sulfurique : mais comme il conte-noit encore une portion de cet acide, même après avoir été cristallisé plusieurs fois, on l’a purifié en le dissolvant dans l’eau, faisant chauffer la liqueur, y ajoutant de petites quantités de litharge bien pulvérisée,
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- VÉGÉTALE ET ANIMALE. 3t>3 jusqu’à ce qu’elle ne précipitât plus le nitrate de barite, y faisant passer un courant de gaz hydrogène sulfuré pour en séparer l’oxide de plomb qu’elle tenoit en dissolution, l’exposant à une douce chaleur pour rassembler le précipité, la filtrant et la faisant évaporer à siccité. Cet acide ainsi obtenu étoit très-pur. On a essayé vaine-. ment de le mettre en boulettes avec le mu-riate suroxigéné de potasse ; aussitôt qu’il étoit exposé à l’air, il en attiroit l’humidité et devenoit visqueux : le mélange le devenoit bien plus encore pour peu qu’on l’humectât, et ne pouvoit pas se mouler. Alors, et craignant d’ailleurs que l’acide tar-tareux ne décomposât peu à peu le muriate suroxigéné, on l’a combiné avec la chaux en le saturant d’abord d’ammoniaque et le précipitant ensuite par le muriate de chaux. Après avoir bien lavé le tartrite de chaux, on l’a desséché autant que possible à la chaleur de l’eau bouillante, et on l’a analysé en en prenant une quantité bien déterminée et la calcinant dans un creuset 'dftplatine. D’après cette analyse qui a été répétée deux; fois, i oo parties de tartrite de
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- 3 04 I)E L’ANALYSE
- chaux, desséchées à la chaleur de l'eau bouillante , sont formées de :
- Acide tartareux................ 77,677
- Chaux.......................... 22,425
- 100,000
- La décomposition du tartrite de chaux par le muriate suroxigéné, étant faite, on a tenu compte de l’acide carbonique absorbé par la chaux, comme dans l’analyse de
- l’acide oxalique.
- Tartrite de chaux décomposé.._. 1,627
- Donc, acide tartareux décomposé.. o,631 Muriate suroxigéné, deux fois le poids du tartrite de chaux.
- Oxigène du muriate....... 0,584
- Oxigène de l’acide carbonique. . . o,3go
- Oxigène retrouvé........... o,3 24
- 0,714
- Oxigène excédant................. 0,13o
- Carbone de l’acide carbonique... o, 15 2 Donc 100 parties d’acide oxalique- ‘ZérWÎtU4*^ ' sont composées de :
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- VÉGÉTALE ET ANIMALE.
- 3û5
- Carbone...................... Zn,o5o
- Oxigène...................... 69,321
- Hydrogène.................. 6,629
- 100,000
- Ou autrement :
- Carbone........................ 24,o5o
- Oxigène et hydrogène dans les proportions nécessaires pour faire
- de l’eau..................... 55,240
- Oxigène excédant............... 20,710
- X.
- Analyse de Vacide citrique.
- 440. L’acide citrique qu’on a analysé avoit été extrait du citrate calcaire par l’acide sulfurique. Comme il précipitoit légèrement le nitrate de barite, on l’a pu 1 ifié de la même manière que l’acide tartareux. On a fait sur cet acide les mêmes observations que sur celui-ci ; desséché et exposé à l’air,' il en attiroit l’humidité et devenoit
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- DE D'ANALYSE
- visqueux sur-le-champ; mêlé avec le mù-riate suroxigéné , il le devenoit bien plus encore pour peu qu’on l’humectât, et ne pouvoit pas être moulé. Par cette raison, et aussi dans la crainte qu’il ne décomposât avec le temps le muriate suroxigéné, on l’a combiné avec la chaux en le sur-saturant d’ammoniaque et le précipitant par le muriate de chaux (1). Le citrate alcalin obtenu a été lavé à grande eau pour enlever tous les sels étrangers; on l’a desséché autant que possible à la chaleur de l’eau bouillante, et on l’a analysé en en calcinant une quantité déterminée dans un creuset de platine.
- Ce sel contenoit :
- Acide citrique................. 68,83o
- Chaux............................ 31,170
- 100,000
- (1) Le citrate de chaux ne s’est pas précipité aussitôt que le muriate de chaux a été versé dans le citrate d’ammoniaque alcalin; plus d’un quart-d’heure après, le précipité n’étoit encore que très-foibie ; il ne s’est opéré abondamment qu’à l’aide de la chaleur.
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- VÉGÉTALE ET ANIMALE. Soy
- Après que la décomposition en a été faite par le muriate suroxigéné, on a dégagé l’acide carbonique retenu parlachaux, comme dans les analyses des acides tartareux
- et oxalique :
- Citrate de chaux décomposé. . . . o,8qa Donc , acide citriq. décomposé . . 0,614
- Muriate suroxigéné, deux fois autant que de sel.
- Oxigène du muriate............ 0,640
- Oxigène de l’acide carbonique . . o,53ç
- Oxigène retrouvé............. 0,189
- 0,7*3
- Oxigène excédant.............. o,o83
- Carbone de l’acide carbonique . . 0,208
- Donc, 100 parties d’acide citrique sont composées de :
- Carbone.......................33,811
- Oxigène....................... 59,8.r>9
- Hydrogène..................... 6,3 3o
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-
- L’ANALYSE
- 5o8
- Ou autrement:
- Carbone........................ 33,8n
- Oxigène et hydrogène dans les proportions nécessaires pour
- faire l’eau....................53,749
- Oxigène excédant.............. 13,440
- XL
- Analyse de Vacide acétique.
- 441. L’acide acétique dont on s’est servi, provenoit de l’acétate de potasse; on l’en avoit extrait en traitant ce sel, à froid, dans une cornue de verre tubulée, par l’acide sulfurique concentré. II avoit une très-forte pdeur de vinaigre radical, et ne coutenoit ni acide sulfureux , ni acide sulfurique. Pour en faire l’analyse, on l’a saturé de ba-rite , en l’étendant d’eau et le faisant chauffer avec un excès de carbonate de cette base jusqu’à ce que la liqueur ne rougît plus le papier de tournesol. Alors, on a filtré cette liqueur, on l’a évaporée, et on a desséché l’acétate autant que possible à la chaleur
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- VÉGÉTALE ET ANIMALE. 3(Jf) de l’eau bouillante. Ainsi obtenu et desséché , on l’a analysé non pas en le calcinant, parce qu’on n’auroit pas pu chasser par la chaleur tout l’aqide càrbonique formé , mais en en décomposant un poids donné par le sulfate d’ammoniaque. On a opéré sur trente grammes; on les a dissous dans l’eau et précipités par du sulfate d’ainmo-niaque ; ensuite la liqueur surnageante a été décantée, et le précipité encore très-humide et contenant un peu d’acétate et de sulfate d’ammoniaque, a été versé dans un creuset de platine, puis chauffé doucement, et enfin calciné au rouge et pesé : son poids étoit de s56r,44,5. Par ce moyen, on n’a rien pu perdre, et on peut regarder comme certain, en admettant dans 100 parties de sulfate de barite 67 de barite et 53 d’acidè sulfurique , que 100 parties d’acétate dé cette base contiennent :
- Acide acétique.................. 43,17
- Barite.......................... 56,85
- Après que la décomposition de eet
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-
- DE D’ANALYSE
- 5x<J
- acétate a été faite par le muriate sur-oxigéné, on a dégagé l’acide carbonique retenu par la barite, comme on l’a dégagé de la chaux dans les analyses des acides oxalique, tartareux et citrique, avec cette seule différence que dans ce cas, on a cru devoir pulvériser le mélange de muriate de potasse et de sous-carbonate de barite, parce qu’il éloit à demi fondu et que la cohésion qui unissoit tontes les parties au-roit nui à l’effet de l’acide muriatique.
- Acétate de barite décomposé.. 1,164
- Donc, acide acétique décomposé.. o,5ojs5 Muriate suroxigéné, deux fois autant que de sel.
- Oxigèae du muriate.............. 0,821
- Oxigène de l’acide carbonique... 0,649
- Oxigène retrouvé.............. o, x 86
- o,835
- Oxigène excédant............ 0,014
- Carbone de l’acide ^rbonique.. . o,'xbi
- Donc, 100 parties d’acide acétiq. sont composées de :
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- VÉGÉTALE ET ANIMALE. ; 5ll
- Carbone. .................... 50,224
- Oxigène..................... 44s147
- Hydrogène................... 5»629
- Ou autrement:
- Carbone..............1........ 50,224
- Oxigène et hydrogène dans les proportions nécessaires pour
- faire l’eau................ 46,911
- Oxigène excédant.............. 2,865
- XII
- !'Analyse de la résine de térébenthine.
- 442. La résine de térébenthine qu’on a analysée, est celle qu’on trouve dans le commerce elle étoit très-solide, légèrement brune, très - cassante et absolument sans odeur. On n’a pu la mettre que difficilement en poudre; pour peu qu’elle éprouvât de frottement, elle s’agglutinoit. Melée avec le muriale suroxigéné de potasse, elle a
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- SB X.>AttAX.Y3E
- Si*
- perdu en grande partie cette propriété; en sorte que par ce moyen on a pu en opérer la trituration et la division. Ainsi, on a pesé des quantités convenables de muriate suroxigéné parfaitement réduit en poudre, et de résine pulvérisée autant que possible ; on les a versés sur le porphire, et on les a triturés avec une lame flexible de fer jusqu’à ce que Je mélange fût parfait. Puis, on les a mis en boulettes et décomposés à la manière ordinaire. Il a fallu une assez grande quanti té d’eau pour en faire une pâté ; elle s’est bien moulée, et facilement desséchée. Pendant toute l’opération, le tube a été entretenu à une chaleur voisine du rouge-obscur ; toutes les boulettes y ont brûlé avec un dégagement extraordinaire de lumière et de chaleur, et sans produire, pour ainsi dire, de gaz hydrogène oxi-carburé. Au bout de quelque temps, on a vu l’eau se rassembler dans le petit tube latéral; elle n’étoit ni acide, ni alcaline : il n’est absolument resté que du muriate de potasse dans le grand tuba
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- VÉGÉTALE BT ANIMALE. 3i5
- Résine employée........... 0,1112
- Muriate suroxigéné ,12 fois autant que de résine.
- Oxigène du muriate........ 0,400
- Oxigène de l’acide carbonique. .. 0,217
- Oxigène retrouvé....... 0,110
- 0,327
- Oxigène manquant.......... 0,073
- Carbone de l’acide carbonique... 0,084
- Donc 100 parties de résine sont composées de :
- Carbone.................. 76,944
- Oxigène................... 13,337
- Hydrogène................. 10,719
- Ou autrement :
- Carbone........................... 76,944
- Oxig. et hydrog. dans les propor-
- tionsnécessairespourfairel’eau. 15,i56 Hydrogène excédant ............ 8,900
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- 3*4
- DE L’ANALYSE
- XIII.
- Analyse de la résine copal.
- 443. Le copal qu’on a analysé provenoit de beaux échan tillons choisis dans le commerce ; il étoit presque sans couleur et parfaitement transparent. On a éprouvé, pour le mettre en poudre, presque les mêmes difficultés que pour y mettre la résine de térébenthine ; en sorte qu’on s’y est pris de la même manière pour Je mêler intimement avec le muriate suroxigéné de potasse. ( Voyez 442. ) D’ailleurs , on a fait sur ce mélange absolument les mêmes observations que sur celui de résine de térébenthine et de muriate suroxigéné, relativement à sa transformation en pâte, à sa dessiccation et à la combustion des boulettes en provenant.
- Résine employée.... i........ 0,2608
- Muriate suroxigéné, 12 fois autant que de résine.
- Oxigène du muriate........... 0,940
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- VÉGÉTALE ET ANIMALE. 3l5
- Oxigène de l’acide carbonique... o,5i5
- Oxigène retrouvé............ o,a 1 a
- 0,727
- Oxigène manquant............ 0,213
- Carbone de l’acide carbonique... 0,200
- Donc 100 parties de copal sont composées de :
- Carbone................... 76,811
- Oxigène..................... 10,606
- Hydrogène...................... 12,583
- Ou autrement :
- Carbone........................ 76,811
- Oxig. et liydrog. dans les propor-
- tionsnécessairespourfaireFeau. 12,062 Hydrogène excédant............... 11,137
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- 3i6
- J)E L’ANALYSE
- XIV.
- 'Analyse de la cire.
- 444. La cire qu’on a analysée étoit très-blanche, cassante et pure.Comme il étoit impossible de la pulvériser, on n’a pu la mêler, de même que le suci’e, la gomme, etc. avec le muriate suroxigéné de potasse; mais on y est parvenu assez facilement à l’aide d’une douce chaleur. A cet effet, après avoir pesé des quantités convenables de ces deux substances, on les a mises sur un obturateur de verre bien poli que l’on a chauffé de temps en temps; et dès que la cire a commencé à se ramollir , on l’a imprégnée de muriate suroxigéné avec une lame flexible de fer. Bientôt, par ce moyen , la cire a été assez divisée pour pouvoir être triturée, surtout en ayant soin de couper les parties du mélange qui s’agglutinoient. Au bout de deux heures environ, le mélange étant achevé, on en a fait avec de l’eau une pâte que l’on a moulée, mise en boulettes, desséchée et décomposée à la manière ordinaire : on a
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- VÉGÉTALE ET ANIMALE. 317
- observé clans la décomposition de ces boulettes, par le feu, les mêmes phénomènes que dans la décomposition de celles qui sont formées de résine et de muriate sur-oxigéné. ( T'oyez 442.)
- Cire employée....... ... . 0,140g
- Muriate suroxigéné employé , 1 a fois le poids de la cire.
- Oxigène dumuriate....... o,5o81
- Oxigène de l’acide carbonique. ,, o,sq63 Oxigène retrouvé.0,0886
- Oxigène manquant.............. o, 12 3 2
- Carbone de l’acide carbonique... 0,115 a
- Donc 100 parties de cire sont composées de :
- Carbone... .................. 81,784
- Oxigène........ 5,5/n^
- Hydrogène.................... 12,67 2
- 100,000
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- 3l8 DE L’ANALYSE
- Ou autrement :
- Carbone..................... 81,784
- Oxig. et hydrog. dans les proportions nécessaires pour faire l’eau. 6,5 00
- Hydrogène excédant......... 11,916
- 100,000
- Autre analyse delà cire.
- On a mêlé la cire avec le muriate sur-oxigéné comme dans la première analyse qu’on en a faite; mais au lieu de mettre le mélange en pâte avec de l’eau, on n’y en a point ajouté, et on l’a moulé en le comprimant fortement, et ne faisant à la fois qu’un petit cylindre capable de tenir dans la cavité de la clef du robinet. Ces petits cylindres n’ont point été arrondis avec les doigts, de crainte d’en enlever de la cire; on les a portés et décomposés dans Je tube, à la manière des boulettes, sans les exposer préalablement à la chaleur de l’eau bouillante. Les résultats qu’on a obtenus sont sensiblement les mêmes que ceux de la première analyse.
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- VÉGÉTALE ET ANIMALE. 3l0
- XV.
- Analyse de Vhuile d'olive.
- 445. L’huile d’olive qu’on a analysée avoit été tirée directement de Provence, et étoit très-pure. D’abord, on a pesé, dans une capsule de verre, le muriate suroxi-géué de potasse avec lequel cette huile de-voitêtre mêlée; ensuite on l’a fait tomber goutte à goutte sur ce sel, et de celte manière on a pu. s’en procurer facilement une quantité bien déterminée, sans qu’il s’en attachât aux parois de la capsule. Ces diverses pesées étant faites, on a porté le muriate suroxigéné et l’huile sur le porphyre où on les a intimement mêlés avec une lame flexible de fer; enfin , on a moulé le. mélange en petits cylindres sans eau, comme on l’a fait pour l’une des analyses de la cire. ( Voyez 444.) On a introduit, et décomposé ces cylindres dans le tube AA', à la manière des bôulettes ; on a observé , dans celte décomposition, les mêmes phénomènes que dans celle de la résine et de la cire.
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- L’ANALYSE
- Huilp employée............. o, i404
- Muriate suroxigéné employé, i3 fois le poids de l’huile.
- Oxigène du muriate.......... ojS157
- ' Oxigène de l’acide carbonique... 0,2788
- Oxigène retrouvé ............... o, 1126
- 0,3914
- Oxigène manquant.................. 0,1243
- Donc 100 parties d’huile sont composées de : '
- Carbone.................... 77,213
- Oxigène.......................... 9,427
- Hydrogène ....................... i3,36o
- Ou autrement :
- Carbone.......................... 77,213
- Oxig. et hydrog. dans les proportions nécessaires pour faire l’eau. 10,712 Hydrogène excédant,.......... 12,075
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- * VÉGÉTALE ET ANIMALE. 3ül
- 446- H suit de toutes ces analyses que la composition végétale semble être soumise à trois loix très-remarquables, qu’on peut exprimer, ainsi :
- Une substance végétale est toujours acide, toutes les fois que dans cette substance l’oxigène est à l’hydrogène dans un rapport plus grand que dans l’eau.
- Une substance végétale est toujours résineuse ou huileuse, ou alcoolique, etc. toutes les fois que, dans cette substance, l’oxigène est à l’hydrogène dans un rapport plus petit que dans l’eau.
- TROISIÈME LOI.
- Enfin, une substance végétale n’est ni acide,, ni résineuse, et est analogue au sucre, à la gomme, à l’amidon, au sucre de lait, à la fibre ligneuse, toutes les fois que,
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- DE L’ANAIVXSE
- 322
- dans cette substance, l’oxigènè est a l’hydrogène dans le même rapport que dans l’eau.
- Ainsi, en supposant, pour un instant -, que l’hydrogène et l’oxigènè soient à l’état d’eau dans les substances végétales, ce que nous sonjmes loin de regarder comme vrai, les acides végétaux seront formés de carbone , d’eau et d’oxigène dans des proportions diverses. .
- Les résines, les huiles fixes et volatiles, l’alcool et l’éther, le seront de carbone, d’eau et d’hydrogène, aussi dans des proportions diverses.
- Enfin, le sucre, la gotnme, l’amidon, le sucre de lait, la fibre ligneuse, seront seulement formés de carbone ët d’eàü , et ne différeront encore que par les quantités plus ou moins grandes qu’ils en cOntiën-
- 447. Après avoir ainsi analysé les principales substances végétales, nous devions naturellement essayer l’analyse dés substances animales; mais comme celles-ci contiennent de l’azote, il étoit possible que notre méthode d’analyse ne pût pas s’y
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- VÉGÉTALE ET ANIMALE. 323 appliquer immédiatement : c'est, en effet, ce qui a eu lieu. Toutes les fois que les substances animales sont mêlées avec un excès de muriate suroxigéné de potasse et qu’on chauffe le mélange, il se forme toujours plus ou moins de gaz acide nitreux : il s’en forme d’autant plus que la température est moins élevée, et voilà pourquoi l’acide urique, qui ne contient que peu de principes combustibles, en produit tant qu’il apparoît sous la forme de vapeur rouge ; tandis que la fibrine et l’albumine qui sont très-combustibles et qui, par cette raison, dégagent beaucoup de chaleur , n’en produisent qu’une très - petite quantité (1).
- (i) Celte observation nous a donné un instant l’espérance de perfectionner les nilrières artificielles , ou plutôt d’en faire sur de nouvelles bases. Sans entrer dans de longs détails à cet égard, il nous suffira de dire pour être compris, qu’on pourroit peut-être produire avec de l’oxide noir de manganèse et les matières animales des effets analogues à ceux qu’on produit avec le muriate suroxigéné, en facilitant la formalioh de l’acide par la présence d’une base: ce point de vue, qnoiqu’éloigné, mérite de fixer l’attention, et nous flte l’abandonnerons qu’après l’avoir bien observé. Il est facile de se rendre
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- DE D’ANALYSE
- 334
- On conçoit d’après cela que si dans l’analyse des substances animales et en général de toutes les substances qui contiennent de l’azote, on employoitun excès de muriate sur-oxigéné, il en résulterait de grandes erreurs; mais on conçoit aussi qu’on peut en employer une quantité telle, que ce sel ne soit point en excès, et pourtant en quantité capable de transformer complètement en gaz toute la substance animale. Alors il est évident , qu’il ne se formera ni acide nitreux, ni ammoniaque, et qu’on n’obtiendra que de l’eau, de l’azote, du gaz acide carbonique et du gazhydrogène oxi-carburé,dont on pourra opérer la séparation : on arrivera même
- compte de la formation de l’acide nitrique dans ces circonstances ; elle tient d’une part k la condensation des élémens qui le constituent, et de l’autre à la présence de l’eau. Cette dernière cause moins puissante que la première, doit néanmoins produire des effets très-réels. On peut en citer pour preuve ce qui se passe dans la recomposition de l’eau : lorsqu’on se sert pour la faire d’un oxigène impur, ou qui contient de l’azote, il y a formation d’acide nitrique, ce qui n’auroit pas lieu s’il ne se formoit pas en même temps de l’eau, ou si les principes de l’acide ni|pque n’étoient point en contact avee un corps qui tendît à les réunir.
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- VÉGÉTALE ET ANIMALE. 325 facilement à des proportions telles qu’on n’obtienne que très-peu de gaz hydrogène oxi-carburé et qu’on obtienne au contraire beaucoup de gaz acide carbonique (1).
- (i) Pour éviter toutes difficultés, on va indiquer com.-ment on a analysé le gaz provenant de la décomposition des matières animales, par le muriale suroxigéné de potasse.
- i°. On a rempli le tube gradué T de mercure et on y a fait passer 180 à 200 parties de ce gaz.
- 20. Comme ce gaz ne contenoitque très-peu d’hydrogène oxi-carburé, et que mêlé avec l’oxigène, il n’auroit point détoné par l’étincelle électrique, on y a ajouté tout-à-la-fois environ 80 parties d’oxigène et 40 parties d’hydrogène, pour en rendre la détonation facile et la combustion complète.
- 3°. On a introduit ce mélange de gaz dont les proportions étaient parfaitement connues dans l’eudio-mètre à mercure,, et on a fait passer une étincelle à travers; il en est résulté que tout le gaz hydrogène et gaz hydrogène oxi-carburé ont été brûlés et transformés en eau et en acide carbonique.
- 4°. Après avoir mesuré sur le mercure et dans le tube gradué T le résidu gazeux qui était un mélange de gaz acide carbonique, de gaz azote et de gaz oxigène, on l’a traité par la potasse caustique pour en déterminer la quantité de gaz acide carbonique; ensuite ayant mêlé le nouveau résidu avec un excès d’hydrogène et l’ayant fait détoner dans un petit eudiomètre à eau, on a eu celle d’azote qui s’y trouvoit contenu. Mais afin de ne point avoir de doute à cet égard, on a cru devoir sien
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- DE L’ANALYSE
- 3a6
- Ces proportions se détermineront aisément par des essais préliminaires, au moyen de petites cloches portées à une chaleur voisine du rouge-obscur (1).
- assurer par une sorte de contre-preuve. En effet, il aurait pu se faire que dans Ja première détonation, le gaz hydrogène oxi-carburé n’eût point été brûlé toutentiër ; dès-lors, la portion de ce gaz échappé à la combustion se serait retrouvée en dernier lieu avec tout l’azote et l’excès de gaz oxigène, et il est évident que dans ce cas, on en auroit conclu une trop grande quantité d’azote, etc. Supposons qu’il en soit ainsi, il sera facile de s’en apercevoir; car, si on recherche à la fin de l’analyse quelle est la quantité d’hydrogène avec laquelle l’azote reste mêlé, on verra qu’elle est plus grande qu’elle ne doit être. Ce sera une preuve que l’analyse ne vaut rien , et doit être répétée en mêlant avec les gaz provenant des matières animales plus de gaz oxigène qu’on n’y en a mis d’abord.
- . (i) On pèse deux à trois décigrammes de substance animale pulvérisée ; on les mêle intimement sur un porphyre, avec trois fois leur poids de muriate sùroxi— géné de potasse; et on en projette une portion dans une petite cloche portée à une chaleur rouge-obscur. Si le résidu est noir, on en conclut que le mélange ne contient point assez de muriate suroxigéné et on en fait une autre avec une portion de substance animale et quatre parties de sel. Si, en chauffant subitement ce nouveau mélange comme le premier, on obtient un résidu blanc, on en conclut qu’il contient peut-être une trop grande quantité de muriate. Alors on en fait un troisième avec
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- VÉGÉTALE ET ANIMALE. 327
- Cette analyse n’est donc pas plus difficile à faire que celle des substances végétales; on y procède absolument de la même manière , et nous n’avons aucune observation à faire à cet égard, si ce n’est sur la réduction en poudrede la substance animale et sur son mélange avec le sel. Il faut la dessécher au degré de l’eau bouillante pendant longtemps, la broyer, puis la dessécher de nouveau et la broyer encore, et ainsi de suite jusqu’à trois et quatre fois: alors, après avoir pesé une certaine quantité de cette substance et de muriate suroxigéné, on les triture sur le porphyre pendant une heure au moins avec une lame flexible de fer; on
- une partie de substance animale et quatre parties moins un quart de muriate suroxigéné. Si -le résidu provenant de celui-ci est légèrement gris, on pourra composer le mélange qu’on analysera, avec une partie de substance animale et tout près de quatre parties de muriate suroxigéné ; à coup.sûr ce mélange ne produira ni acide nitrique ni ammoniaque : d’ailleurs, on a soin comme on l’a déjà recommandé pour les substances végétales de maintenir toujours le fond du tube à un degré de chaleur, voisin du rouge-obscur. On pourra même s’en convaincre d’avance en projetant successivement plusieurs portions du mélange dans ce tube, et en exposant, à la vapeur du produit, des papiers mouillés bleus et rouges.
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- L’ANALYSE
- 5aS de
- humecte le mélange, on le moule, on le met en boulettes, etc. etc. ( Voyez ce qu’on a dit à cet égard 4 a 5. )
- C’est ainsi que nous nous y sommes pris pour analyser les quatre matières animales les plus communes dans les animaux, et celles qui par conséquent y jouent le plus grand rôle. Ces quatre matières sont : la fibrine, l’albumine, la gélatine et la matière caséeuse. Voici le résultat de ces analyses avec quelques observations sur chacune d’elles.
- I.
- Analyse de la fibrine.
- 448. La fibrine qu’on a analysée prove-noit du sang de bœuf encore chaud ; on l’en avoit extraite en le battant avec des branches de bouleau, et en lavant à grande eau toutes les fibres qui s’étoient bientôt attachées à ces branches. Cette fibrine étoit parfaitement blanche; en la desséchant, elle a beaucoup perdu de son poids et de son volume, et s’est légèrement colorée sans néanmoins se décomposer. En en calcinant
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- VÉGÉTALE ET ANIMALE. «5 29
- seize grammes, dans un creuset de platine, on n’a obtenu qu’un résidu de deux déci-grammes dont on a tenu compte. Les boulettes qu’on en a faites avec le muriate suroxigéné de potasse , ont pris peu de cohérence et se sont enflammées vivement à une assez basse température. La flamme provenant de cette combustion sembloit si vive, qu’on étoit tenté de la comparée à celle d’un mélange de résine et de muriate suroxigéné : en même temps qu’elle avoit lieu , il se dégageoit beaucoup de gaz, des vapeurs abondantes, et l’on voyoit se condenser , dans le tube latéral B B', planche 6, fig. 1, de l’eau à peine colorée. Enfin, après que toutes les boulettes étoient décomposées, on trouvoit dans le tube une masse saline qui étoit fondue et blanche; qui, jetée sur les charbons , n’en activoit nullement la combustion, et qut n’étoit autre chose que du muriate de potasse.
- Fibrine décomposée........... o,383a
- Muriate suroxigéné employé, 4 fois le poids de la fibrine.
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- 33o DE L’ANALYSE
- Oxigèn e de muriate.......... 0,5570
- Oxigène ajouté............... 0,0906
- 0,6476
- Oxigène de l’acide carbonique... o,5258
- Oxigène manquant............. 0,1218
- Carbone de l’acide carbonique.. 0,2045
- Azote obtenu................. 0,0764
- Donc 100 parties de fibrine sont composées de :
- Carbone........................ 55,36o
- Oxigène...................... 19,685
- Hydrogène..........'......... 7,021
- Azote.......................... 19>934
- Ou autrement :
- Parbone........................ 53,36o
- Oxig. et hydrog. dans les proportions nécessaires pour faire l’eau. 2 2,3 6 9
- Hydrogène excédant.............. 4,3 3 7
- Azote......v................. 19,964
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- ANIMALE.
- VÉGÉTALE ET
- 331
- IL
- Analyse de T albumine.
- 44g. L’albumine qu’on a analysée n’é-toit autre chose que le blanc d’œuf desséché autant que possible à la chaleur de l’eau bouillante. Ainsi desséchée, on en a calciné seize grammes, et on a obtenu un résidu de og%g76, dont on a tenu compte. Mise en boulettes avec le muriate suroxigéné de potasse , e$ décomposée comme on l’a dit précédemment, elle a offert absolument les mêmes phénomènes que la fibrine.
- Albumine décomposée............ 0,4031-
- Muriate suroxigéné employé, 3ÿ fois le poids de l’albumine.
- Oxigène du muriate............ 0,5354
- Oxigène ajouté................ 0,100a
- o,6356
- Oxigène de l’acide carbonique. .. 0,5468
- Oxigène manquant.............. 0,08 8 8
- Carbone de l’acide carbonique... o,a 126
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-
- 332 DE L>ANALYSE
- Azote obtenu.............
- o,o63i
- Donc 100 parties d’albumine sont composées de :
- Carbone.............. ...... 5a,883
- Oxigène...................... 23,872
- Hydrogène..................... 75640
- Azote...................... i5,7o5
- Ou autrement :
- Carbone........................$52,883
- Oxîg. et hydrog. dans les proportions nécessaires pour faire l’eau. 27,127
- Hydrogène excédant.............. 4,285
- Azote......................... 15,705
- IIL
- Analyse de la matière caséeuse.
- 45o. La matière caséeuse que l’on a analysée provenoit de lait coagulé naturelle-
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- VÉGÉTALE ET ANIMALE. 533 ment, et avoit été lavée à grande eau. La dessiccation et la réduction en poudre en ont été longues et difficiles. ( Voyez 446 comment on dessèche et pulvérise les matières animales, j Seize grammes de cette matière se sont réduits, par la calcination , à o6r-,704, dont on a tenu compte. Mise en boulettes avec le muriate suroxi-géné de potasse, et décomposée, elle a offert les mêmes phénomènes que la fibrine et l’albumine.
- Matière caséeuse décomposée. . . 0,3480
- Muriate suroxigéné employé, 4 fois le poids de la matière caséeuse.
- Oxigène du muriate............ o,5a25
- Oxigène ajouté. ............. 0,1624
- 0,6849
- Oxigène de l’acide carbonique. . o,554g
- Oxigène manquant......... . o,i5oo
- Carbone de l’acide carbonique. . 0,2080
- Azote obtenu. ........... 0,0744
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- DE D’ANALYSE
- 334
- Donc 100 parties de matière caséeuse sont composées de :
- Carbone....................... 59,781
- Oxigène...................... 11>409
- Hydrogène...................... 7>429
- Azote......................... 2i,5Si
- Ou autrement :
- Carbone............. : ;...... 59,781
- Oxig. et bydrog. dans les proportions nécessaires pour faire Feau. 12,9 6 4
- Hydrogène excédant .......... 5,874
- Azote. . .................... 2i,38i
- IV.
- Analyse de la gélatine.
- 451. La gélatine que Fon a analysée pro-venoit de la colle de poisson ; on a fait dissoudre à chaud cette colle, on Fa filtrée, évaporée à siccité, et desséchée autant que possible à la chaleur de Feau bouillante;
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- VÉGÉTALE ET ANIMALE. 335 ensuite on l’a triturée dans un mortier de laiton bien propre, et tamisée: la poudre qui a passé à travers le tamis, ayant été desséchée de nouveau, on en a pesé une certaine quantité ; on a pesé en même temps une quantité convenable de muriate suroxigéné; on a essayé d’opérer le mélange de ces deux substances sur le porphyre ; mais voyant qu’on ne pouvoit le faire que très-imparfaitement, on les a mises dans une petite capsule de verre, avec un peu d’eau ; on les y a chauffées et agitées pendant long-temps ; puis on les a amenées j par la chaleur, à un degré de consistance telle qu’on a pu les mettre en boulettes, en en roulant de petites portions entre les doigts. Ces boulettes une fois faites ont été desséchées à la chaleur de l’eau bouillante, etdécomposées dans le tube AA', pl. 6 , fig. 1, à la manière ordinaire. On a observé dans cette décomposition, les mêmes phénomènes que dans celle de la .fibrine par le muriate suroxigéné.
- Gélatine décomposée............. . 0,4616
- Muriate suroxigéné empl., 4 fois le poids de la gélatine.
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- L'ANALYSE
- 356
- Oxigène du muriate........... 0,6626
- Oxigène ajouté............... 0,0480
- 0,7106
- Oxigène de l’acide carbonique . . o,5683
- Oxigène manquant................ 0,1426
- Carbone de l’acide carbonique. . 0,2210
- Azote obtenu.................... 0,0894
- Donc 100 parties de gélatine sont composées de :
- Carbone......................... 47,881
- Oxigène......................... 27,207
- Hydrogène.................... 7 >9 *4
- Azote........................... 16,998
- Ou autrement :
- Carbone....................... 47,881
- Oxig. et hydrog. dans les proportions nécessaires pour faire l’eaii. 3o,g 17
- Hydrogène excédant............. 4,204
- Azote......................... . - 16,998
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- VÉGÉTALE ET ANIMALE. 537
- 4 5 2. Lorsqu’on examine avec quelque attention ces résultats, on voit d’abord que ces substances animales sont toutes très-charbonnées, et plus que ne le sont le sucre, la gomme ; que l’hydrogène est en excès dans toutes par rapport à l’oxigène; enfin , que plus il y a d’hydrogène en excès, par rapport à l’oxigène, et plus elles contiennent d’azote. On voit même que ces deux corps, savoir: l’excès d’hydrogène et l’azote, ne s’éloignent que très-peu des proportions qui constituent l’ammoniaque. Or, si on fait attention, d’une part , que l’on trouve en général un peu plus d’hydrogène qu’il n’en faut pour constituer cet alcali; et que d’autre part, toutes les petites erreurs dont est susceptible l’expérience , tendent à augmenter la quantité d’hydrogène, il sera permis de soupçonner que ce rapport existe.
- En l’admettant, les matières animales, telles que la fibrine, l’albumine, la gélatine , la matière caséeuse et autres semblables, seroient composées de charbon, d’uno certaine quantité d’oxigène et d’hydrogène dans les proportions nécessaires pour faire
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- l’eau, et d'une certaine quantité d’hydrogène et d’azote dans les proportions nécessaires pour faire l’ammoniaque. Ces substances correspondroient donc, pour le rang qu’elles tiendroient parmi les substances animales, au rang qu’occupent le sucre, la gomme, le bois, etc. parmi les substances végétales. Car de même que les principes gazeux de celles-ci, savoir : l’hydrogène et l’oxigène, seroient en telle quantité qu’ils pourroient se saturer et former de l’eau; de même, les principes gazeux de celles-là, savoir : l’hydrogène , l’oxigène et l’azote, pourroient aussi se saturer et former de l’eau et de l’ammoniaque, de manière que dans les unes et les autres, le carbone, seul principe fixe qu’elles contiendroient, ne jouirait d’aucune propriété relative à cette saturation. Si nous nous laissons guider par l’analogie, qui est ici trop frappante pour ne pas l’apercevoir, nous comparerons sous ce point de vue les acides animaux aux acides végétaux, et les graisses animales, s’il en est qui contiennent de l’azote, aux résines, huiles végétales, etc. : par conséquent, les acides animaux, tels que l’acide urique,
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- VÉGÉTALE ET ANIMALE. 35g devront être formés de charbon, d’oxigène, d’hydrogène et d’azote, dans des rapports tels que l’oxigène et l’azote soient en excès par rapport à l’hydrogènlf et les graisses animales seront dans un cas contraire; c’est-à-dire qu’elles contiendront plus d’hydrogène qu’il n’en faut pour convertir leur oxigène et leur azote en eau et en ammoniaque. Quoique nous n’ayons point fait d’expériences précises à cet égard, nous sommes convaincus qu’il en est ainsi, et que par conséquent les substances animales peuvent être comme les substances végétales, partagées en trois grands ordres, relativement aux quantités d’hydrogène, d’oxigène et d’azote qu’elles contiennent.
- 453. Maintenant, présentons dans un tableau tous les résultats analytiques que nous avons obtenus , et ensuite cherchons à en tirer les conséquences qui en découlent évidemment.
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- DE D'ANALYSE
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- PREMIER TABLEAU
- Contenant la proportion des principes de quintosubstances végétales.
- Substance analysée. il || * g- 0 S 1- il ta g § §<$ || ? 1" l'oxig dans 1 gétale supposant que ne et l'Jiydrog. à l'état d'eau s substances vé-
- fl " 1” f r f
- Sucre 4’-,47 5o,63 6,qo 42>47 57,53 0
- Gomme arabiq. 42,20 60,84 b,93 42,23 67,77 0
- Amidon 43,66 49,68 b,77 43,55 56,45 ®
- Chêne 5a,55 4.,78 5,6q 52,53 47,47 0
- Hêtre. 61,46 42,73 5,82 51,45 48,55 0
- Acid, muqueux. 33,6q 62,67 3,62 33,6q 3o,i6 36,i 5
- Acid, oxalique.. 26,57 70,69 a,74 33,57 22,87 5o,56
- Acid, tartareux. 24,o5 bq. 3 2 b,63 55,24 20,71
- Acid, citrique. . 33,81 5q,86 6,33 33,8i 52,75 *3,44
- Acid, acétique. 5o,22 44,15 6,63 5o,,> 46,91 2,87 Hydrog.
- Résine de téréb. 75-"4 i3,34 10,72 75,94 76,81 .5,16
- Copale 7b,81 10,b. 12,58 12,05 11,14
- Cire bl,79 5,54 12,67 8i,79 6,3o
- Huile d’olives. . 77,21 9>43 i3,36 77,21 *o.7' 1 2,o8
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- DEUXIEME TABLEAU
- Contenant la proportion des piÿgicipes des quatre substances animales les plus communes.
- Substance analysée. Carbo. contenu dans cette substance. Oxîg. contenu dans cette substance. Hydrogèn. cont.dans cette substance. Azote contenu dans cette substance. Ou bien en supposant que l’oxigène gène soient à l’état d’eau, et l’hyc l’azote à l’état d’ammoniaque dan stances animales. t l’hydro-rogène et les sub-
- Carbone. Eau. Ammouiaq. Azote excédant ou manquant.
- Fibrine 53,36o 19,865 7,021 i9>934 53,36o 22,369 23,463 -(-0,808
- Albumine 5a,883 23,872 7,540 i5,7o5 52,883 27>I27 a3,i82 —3,191
- Caséum 59,781 11,409 7.429 ai,38i 59,781 12,964 31,778 -4,623
- Gélatine 47,881 27,207 7.9 «4 16,998 47,881 30,917 22,743 —1,541
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- 45 4. Les conséquences qu'on peut tirer de ces divers résultats sont très-nombreuses; nous ne citerons que les plus évidentes.
- i°. Depuis long-temps on agite la question de savoir si l’eau ou ses principes tout entiers sont fixés dans l’acte de la végétation..Déjà Théodore de Saussure l’a conclu de ses expériences. ( Recherches chimiques sur la végétation , page 225.) (1) On ne peut plus en douter, puisque les matières qui composent principalement la masse d’un végétal contiennent du charbon , plus de l’oxigène et de l’hydrogène dans le rapport où ils sont dans l’eau; ainsi, l’eau portée dans les végétaux se combine d’une manière quelconque avec le charbon qu’elle y rencontre, et en constitue presque toutes les couches. Si donc il nous étoit donné de pouvoir unir ces deux corps en
- (1) Sennebier et ïngenhoutz ont aussi fait des expériences qui portent à croire que l’eau ou ses principes tout entiers sont fixés dans l’acte de la végétation. Elles sont antérieures à celles de Saussure, mais elles sont beaucoup moins concluantes. ( Voyez Phys, végétale de Sennebier, et Recherches chimiques sur la végéta-
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- toute proportion, et d’en rapprocher convenablement les molécules, nous ferions à coup sûr toutes les substances végétales, telles que le sucre, la fibre végétale, la gomme , etc. qui tiennent le milieu entre les acides et les résines.
- Mais puisque le bois, le sucre, etc. contiennent des quantités d’hydrogène et d’oxi-gène, dans le même rapport que l’eau, il se présente une question dont la solution seroit tout à la fois très-curieuse et très-utile. C’est de rechercher si le degré de condensation de l’hydrogène et de l’oxigène ne seroit pas le même dans ces substances que dans l’eau ; et par conséquent, si toute la chaleur qu’elles donnent en brûlant, ne provient pas uniquement du charbon qu’elles contiennent. On parviendroit à résoudre cette question en brûlant dans le calorimètre un poids donné de ces substances comparativement à un poids donné de charbon. Cette expérience seroit surtout très-intéressante en la faisant sur les diverses espèces de bois, d’autant plus que les résultats qu’on obtiendroit auroient tout à la fois un degré d’utilité réelle pour la théorie et
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- pour les arts. Nous espérons être bientôt dans le cas de présenter un travail de ce genre à la classe (1).
- a”. On a admis jusqu’à présent, comme une vérité démontrée, qu’en traitant le sucre par l’acide nitrique, on ne lui enle-voit que de l’hydrogène et du carbone, et
- (1) Ce travail vient d’être fait et de nous être communiqué par deux de nos amis, MM. Clément et Desor-tnes. On trouve dans le tableau suivant les résultats auxquels ils sont parvenus.
- Espèce de combustible employée. Quantité de com-bust. empl. Quantité de glace fondue.
- Charbon de bois... Charbon de terre de diverses qualités. Tourbe de diverses qualités Bois > lui. g3kü-,50. 61,33 à 74,66. 16,00 à 22,66.
- Il suit de-là que le bois ne produit pas lout-â-fait les deux tiers «le la chaleur que le charbon qu’il contient est susceptible de produire; car cent parties de bois contiennent entre 5i et 52 de charbon , c’est-à-dire, une quantité de charbon capable de faire fondre une quantité de glace équivalente à près de 48 fois la quantité de bois, employée.
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- VÉGÉTALE ET ANIMALE.' 345 qu’à une certaine époque de l’opération, tout son oxigène se trouvoit combiné avec une telle quantité de ces deux corps combustibles qu’il en résultoit de l’acide oxalique. Examinons si cela est bien certain. Cent parties de sucre contiennent 42,47 de charbon, 5o,63 d’oxigène, et 6,90 d’hydrogène; cent parties d’acide oxalique contiennent 26,57 de carbone, 70,69 d’oxi-gène, 2,74 d’hydrogène : donc il y a autant d’oxigène dans cent parties de sucre que dans 71,62 d’acide oxalique sec. Mais il est probable qu’en traitant cent parties de sucre par l’acide nitrique, on n’obtient pas 71,62 d’acide oxalique sec : par conséquent, s’il en ainsi, un certain nombre de parties d’oxigène de ces cent parties de sucre, sont employées à toute autre chose qu’à faire de l’acide oxalique : quelques-unes entrent dans la composition d’un peu d’acide acétique qui se forme dans l’opération; et d’autres, peut-être J se combinent avec l’hydrogène du sucre même, et forment de l’eau. On peut faire de semblables observations sur toutes les autres substances végétales qu’on traitera par l’acide nitrique, et toujours il sera fa-
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- cile de se rendre compte de tout ce qui aura lieu dans toutes ces opérations, si on en rassemble avec soin les produits, et si on examine dans le tableau ci-joint (45 a) la proportion des principes qui les constituent.
- 3°. Le sucre, le sucre de lait, la gomme, l’amidon, le bois, etc. étant formés de carbone , d’oxigène et d’hydrogène, et contenant ces deux derniers principes dans le même rapport que les contient l’eau elle-même , il est extrêmement probable qu’en les traitant à froid par l’acide sulfurique concentré , il en résulte seulement de l’eau et du carbone, qui peut-être retient encore un peu d’hydrogène et d’oxigène ; cette probabilité tient à ce que l’acide sulfurique concentré détermine certainement dans ce cas une formation d’eau. Il doit nécessairement se former d’autres produits que ceux-ci, lorsqu’au lieu de sucre, on expose à l’action de l’acide sulfurique concentré, une substance végétale oxigénée ou hydrogénée, c’est-à-dire, acide ou huileuse : car en supposant qu’il se fasse de l’eau, il y a dans le premier cas un excès d’oxigène, et dans le second un excès d’hydrogène. Il
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- seroit facile, en réunissant les produits, de déterminer ce qui se passe.
- 40. Des cinq acides végétaux que nous avons examinés, et probablement de tous ceux qui existent, l’acide oxalique est celui qui contient le plus d’oxigène , l’acide acétique est au contraire celui qui en contient le moins. On savoit depuis long-temps que l’acide oxalique étoit très-oxigéné, mais on croyoit aussi , et il passoit pour certain, que l’acide acétique l’étoit également beaucoup et même plus que l’acide oxalique ; enfin on regardoit la formation de l’acide acétique comme le dernier terme de l’acidification végétale, en sorte que cet acide n’au-roit dû exiger que quelques parties d’oxigène pour être transformé en eau et en acide carbonique. Cependant en considérant les différentes circonstances dans lesquelles il se forme, on auroit dû s’en faire une idée tout opposée. C’est l’acide dans lequel se transforment le plus facilement toutes les matières végétales etméme toutes les substances animales ; soit qu’on les distille , soit qu’on leur fasse éprouver la fermentation putride, il se produit beaucoup d’acide'acétique; il
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- en est de même lorsqu’on les traite par les acides , et surtout par les acides nitrique et sulfurique; et il est probable que le même résultat a lieu lorsqu’on les traite par les alcalis. C’est encore cet acide qui se forme à la suite des mauvaises digestions, et tout le monde sait que le meilleur moyen pour l’obtenir est de mettre en contact avec l’air, à une température convenable , les sucs auxquels on a fait subir la fermentation spiritueuse. Comment toutes ces transformations, et surtout celle du vin en vinaigre, auroient-elles lieu, sans qu’il en résultât d’acide intermédiaire, si l’acide acétique étoit le plus oxigéné. Il faut avouer qu’on ne le concevroit que difficilement : au lieu qu’étant au contraire le moins oxigéné, c’est celui qui doit se faire d’abord; et par conséquent il est naturel qu’il s’en produise toutes les fois qu’on trouble l’équilibre qui existe entre les principes constituans d’une substance végétale non acide.
- Ce qui rend cette formation plus évidente et plus facile à concevoir encore, c’est que l’acide acétique qui ne contien t que quelques centièmes d’oxigène en excès, par rapport
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- à l’hydrogène, renferme beaucoup de charbon , d’où il suit qu’en enlevant un peu d’hydrogène à la plupart des substances végétales et animales, on doit former beaucoup d’acide acétique : de là vient évidemment que ces substances passent en partie si facilement à cet acide, par le contact de l’air, et que probablement on obtiendroit le même résultat en les traitant par de petites quantités d’acide nitrique.
- 5°. La fibrine, l’albumine, la gélatine, la matière caséeuse , et toutes les matières animales analogues, etc. passeroientà l’état de résine ou de matière grasse, si on en séparait l’azote; on s’en convaincra facilement en prenant, pour exemple, la matière caséeuse. Cette matière contient sur cent : carbone 59,781; oxigène 11,409; hydrogène 7,429; azote 21,38i. Or, qu’on retranche cette quantité d’azote, et qu’on admette que les trois autres principes restent unis, il en résultera une substance qui sera sensiblement formée de 76 de carbone, 14,5 d’oxigène, et de 9,5 d’hydrogène; et qui, par conséquent, différera à peine de la résine de térébenthine, puisque celle-ci
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- est formée de 75,94 de carbone, i3,34 d’oxigène, et de 10,72 d’hydrogène.
- 6°. Enfin, lorsque l’analyse de toutes les substances végétales et animales sera faite, on pourra suivre et expliquer toutes les transformations qu’elles éprouveront, soit naturellement,soit artificiellement, ou con-noître la nature et la quantité des principes qu’elles cèdent et absorbent dans ces transformations; ce qui doit nécessairement avoir une grande influence sur les progrès de la chimie, et peut-être même de la physiologie, végétales et animales.
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- L’INSTITUT. 35]
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- Fait à la classe des Sciences mathématiques et physiques de VInstitut, par M. Berthollet, au nom d’une commission composée de MM. Laplace, Monge, Chaptal, Haüy et Berthollet.
- Les recherches physico-chimiques dont nous allons éntretenir la classe par ses ordres, ont pour objet des substances, des propriétés, des phénomènes nouveaux qui semblent constituer une science particulière, élevée sur l’ancienne physique et l’ancienne chimie.
- Cet élan de la science partit des observations de MM. Hisinger et Berzelius, qui firent voir que lorsque l’électricité voltaïque passe à travers un liquide , les principes de ce liquide et ceux des substances qui peuvent
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- RAPPORT
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- y être dissoutes, se séparent, de manière que quelques-TOis viennent se réunir autour du pôle positif et les autres autour du pôle négatif, et que les corps inflammables, les alcalis et les terres se portent au pôle négatif , pendant que l’oxigène , les acides et les corps oxidés passent au pôle positif.
- M. Davy saisit ce fil, approfondit les effets de la pile voltaïque sur les substances composées que l’on expose à son action, en agrandit les effets et parvint par ce moyen à des résultats brillans et inattendus.
- L’éclat de ses découvertes excita la curiosité et le zèle de tous les physiciens ; mais à cette époque, on ne se flattoit de parvenir à d’autres effets remarquables que par l’action d’une pile de grandes dimensions et par conséquent très-dispendieuse : la munificence de sa Majesté procura à l’école polytechnique les moyens de construire cet instrument, qui fut confié à MM. Gay-Lus-sac et Thénard.
- Ils réunissent dans l’ouvrage dont nous nous occupons, les découvertes qu’ils ont successivement communiquées à l’Institut: ils ont lié ces parties éparses et y ont ajouté
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- FAIT A L’INSTITUT. 353
- des observations et des discussions. Le vif intérêt qu’a inspiré chaque partie isolée rendroit inutile le soin que nous aimerions à prendre, de faire ressortir les dif-férens mérites d’un ouvrage si fécond en découvertes intéressantes ; mais nous avons cru qu’il seroit avantageux d’en tracer un précis, qui pût donner à ceux qui ne s’occupent pas particulièrement de la chimie et qui ne sont pas familiarisés avec ses procédés, une connoissance suffisante des résultats qu’il renferme.
- Une grande partie des expériences de MM. Gay-Lussac et Thénard avoit un objet commun avec les recherches que M. Davy. poursuivoit avec autant d’ardeur que de sagacité, et il a dû souvent arriver que les mêmes observations se sont présentées à M. Davy et à ses concurrens: la certitude des faits gagne alors par un double témoignage, et les différences qui se trouvent dans les observations donnent lieu à des discussions utiles; mais la propriété du génie ne peut souffrir aucune atteinte, d’autant plus que les dates des découvertes respectives ont été consignées devant la Société royale et de-
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- PPOHT
- vaut l’Institut, et qu’elles sont rappelées avec soin dans l’ouvrage de MM. Gay-Lus-sac et Thénard. Si nous omettons de rappeler sur chaque objet ce qui est dû à M. Davy, notre intention n’est point d’atténuer le mérite de ses découvertes, et sans doute lui-même ne le supposera pas.
- L’ouvrage est divisé en quatre parties qui forment deux volumes.
- Les auteur? décrivent d’abord la construction des piles dont ils se sont servis, et particulièrement de la plus grande qui étoit composée dp 600 paires formant une surface de 600 mètres carrés : ils font con-noitre les manipulations qu’elles exigent ; ils passent ensuite aux expériences qu’ils ont faites pour déterminer les causes qui font varier l’énergie de la batterie, dans le dessein de reconnoître les circonstances favorables ou désavantageuses aux expériences qu’ils dévoient tenter ; d’ailleurs, ce genre de recherches ne leur promettoit pas des résultats importans par eux-mêmes, parce que M. Davy et d’autres physiciens l’avoient presque épuisé.
- Us distinguent l’énergie électrique d’une
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- FAIT A L’INSTITUT. 355
- pile, qui se mesure parla tension, de l’énergie chimique, dont les effets paraissent dépendre en grande partie de la conductibilité plus ou moins grande des liquides. C’est cette énergie dont il leur importoit de déterminer les causes : ils ont pris pour mesure comparative des effets , la quantité de gaz qui se dégage de l’eau dans chaque circonstance , et ils ont trouvé que cette quan tité qui est presque nulle, lorsque le liquide est de l’eau pure et récemment bouillie, augmente selon les mélanges que l’on fait non-seulement dans le liquide que l’on introduit dans les auges, mais aussi dans le récipient où l’on réunit les fils de platine qui partent des deux extrémités de la pile.
- Ils ont donc observé que l’effet étoit accru , non-seulement par la nature duliquide employé dans les auges, mais aussi par celui que contenoit le récipient, qu’il devoit y avoir un rapport entre ces deux liquides pour obtenir le plus grand effet, et que les acides et quelques sels neutres produisent séparément un effet beaucoup moins considérable , que lorsqu’on les réunit dans le liquide. La longueur de la partie des fils
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- métalliques conducteurs qui étoient plongés dans le liquide où le circuit étoit établi, a aussi contribué à l’effet. La force de la pile mesurée par- la quantité de gaz que l’on obtient est bien éloignée de croître dans le même rapport que le nombre des paires de disques ; d’où il suit que dans plusieurs cas il est préférable, pour produire une décomposition chimique, de n’employer que de petites piles séparées, au lieu d’en enchaîner l’action ; cependant on doit employer des piles composées d’un grand nombre de disques, lorsqu’il s’agit de séparer des élé-mens qui ne peuvent céder qu’à une force répulsive considérable ou lorsque le corps qu’on doit dégager se détruit facilement par le contact de l’air, et exige par là que l’opération soit prompte.
- Il étoit surtout important de reconnoître l’influence de la surface des disques métalliques : la comparaison de. deux piles égales par le nombre des disques, mais différentes par leur surface, a fait voir que les effets sont à peu près proportionnels à ces sur-
- M. Viflûnson s etoit occupé de mesurer
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- ^INSTITUT.
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- les effets de la pile; mais au lieu de les comparer par la quantité de gaz qu’elle dégage d’un liquide dans lequel plongent les deux fils conducteurs , il les avoit estimés par la longueur de fil d’acier qu’elle peut brûler à chaque contact, en faisant varier la surface seule des disques , ou leur nombre et leur surface : ses expériences donnent pour résultat que la longueur des fils qui peuvent être brûlés par deux piles formées de disques égaux en nombre et différens en surface , est comme le cube de ces surfaces.
- Les auteurs remarquent que leur procédé a l’avantage de rendre sensible l’action de la pile, lorsque celui de M. Vilkin-son ne donne aucune indication ; car une pile foible peut dégager du gaz-, pendant qu’elle ne produit pas de combustion dans Un fil d’acier ; mais ils n’expliquent pas d’où vient la grande différence qui se trouve entre leurs résultats et ceux de M. Vilkinson.
- Ils terminent leurs.recherches sur l’action même de la pile par la comparaison entre les effets chimiques et la tension électrique d’une pile montée avec divers liquides, et ils concluent de leurs expé-
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- llAPfOIlT
- riences, que l’énergie chimique d’une pile, dépend de sa tension, de la conductibilité des liquides avec lesquels on la charge et de leur facile décomposition.
- Après ces recherches préliminaires sur l’énergie de la pile, les auteurs passent à la description des effets qu’ils ont obtenus en exposant divers corps à l’action de leur grande batterie composée de 600 paires de disques, et chargée avec de l’eau qui tenoit en dissolution neuf à dix centièmes de nm-riate de soude et d’acide sulfurique concentré. Mais ils avouent qu’ils n’ont pu recueillir de l’action de cette grande batterie qu’un petit nombre d’observations, parce que les piles à petits disques produisent les mêmes effets que les piles à grands disques.
- Néanmoins ils remarquent que la commotion que donne leur grande batterie est insupportable pour celui qui la reçoit, mais qu’elle n’est pas sensible au milieu d’une chaîne formée de quatre à cinq personnes , ce qui la distingue d’une commotion produite par une bouteille de Leyde. Une autre singularité, c’est que la commotion produite par une pile composée d’un
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- j’INSTITt
- CT. 359
- nombre égal de disques, mais d’une surface beaucoup plus petite,.ne laisse pas apercevoir de différence marquée avec celle de la pile composée de disques à grande surface. Malgré la puissance de la grande pile, il ne se dégage qu’une quantité de gaz à peine appréciable, de l’eau où se réunissent les fils conducteurs, si elle est bien pure 5 mais il s’en dégage de grandes quantités pour peu qu’elle contienne d’acide.
- La potasse et la soude exposées à la grande batterie se décomposent avec rapidité, mais la substance qui en résulte brûle à mesure, et vingt minutes après que la batterie a été chargée, on n’obtient plus de décomposition des alcalis, quoique les commotions qu’elle donne soient excessivement fortes, et que sa tension n’ait pas changé; cependant on opère facilement cette décomposition avec une pile récemment chargée de quatre-vingts paires , vingt fois plus petites que celles de la grande batterie.
- La baryte fondue donne des étincelles qui s’élancent de sa surface vers le fil négatif, et qui disparoissent en formant une fumée très-âcre et très-dangereuse h respirer. Si l’on
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- RAPPORT
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- établit, au moyen du mercure, une communication entre la baryte et le lil négatif, on obtient promptement un amalgame qui décompose l’eau avec effervescence et la rend alcaline; mais une pile de cent paires, de sept à huit centimètres de côté, est suffisante pour cette décomposition.
- La strontiane et la chaux n’ont donné que des signes douteux de décomposition, mais elles ont formé d es amalgames au m oyen du mercure; la magnésie, plus rebelle, n’a pas même formé d’amalgame, et n’a montré que de foibles indices de décomposition.
- Nous abandonnons les effets particuliers d’une pile à grandes dimensions, pour observer ceux que peuvent produire des piles ordinaires.
- Les expériences que MM. Gay-Lussac et Thénard ont faites sur la production d’un amalgame, par l’ammoniaque et les sels ammoniacaux, méritent une attention particulière, parce qu’elles les conduisent sur la rtature de cet amalgame, à des conclusions différentes de celles de M. Davy. Cet amalgame singulier s’obtient par deux procédés ; dans l’un, on soumet à l’action de la pile,
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- le carbonate ou tout aulre sel ammoniacal en contact avec un peu de mercure, de manière que le fil métallique qui communique avec le pôle négatif soit en contact avec le mercure, et le pôle positif avec le sel. A peine l’action voltaïque commence-t-elle, que l’on voit le mercure augmenter considérablement de volume, et s’épaissir bientôt au point de former un solide mou qui ressemble à l’amalgame mou de zinc. Dans l’autre procédé, qui est dû à M. Davy, on verse une combinaison liquide de mercure et de potassium dans une petite coupelle de sel ammoniac, légèrement humectée ; l’amalgame se forme, s’épaissit, et prend un volume six à sept fois plus considérable que celui qu’il avoit. Ces deux amalgames ont cependant quelques différences; le premier commence à se décomposer, dès qu’il est soustrait à l’action électrique; le second n’a pas exactement les mêmes proportions, et il est plus permanent.
- Cette combinaison a conduit MM. Berze-iius, Pontin et Davy à une opinion qui a droit de surprendre. L’analogie de cet amalgame , avec celui que l’on fait avec le potas-
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- sium et le sodium, a suffi pour leur faire conclure qu’il est pareillement une combinaison de mercure et d’un métal particulier , base de l’ammoniaque, auquel on donne le nom à!ammonium, en regardant l’ammoniaque comme un oxide métallique. Cependant les nombreuses tentatives que M. Davy a faites, n’ont pu lui faire apercevoir l’ammonium; il nfa retiré de la décomposition de l’amalgame ammoniacal , que du mercure, de l’hydrogène et de l’ammoniaque. Il est obligé de supposer que dans tous les procédés de décomposition, il se trouve un peu d’eau qui d’une part donne l’hydrogène, et d’un autre côté rend l’oxi-gène nécessaire à l’ammonium pour rétablir l’ammoniaque. MM. Gay-Lussac et Thénard pensent au contraire, que l’amalgame d’ammoniaque est une combinaison de mercure, d’hydrogène et d’ammoniaque ; ils expliquent par la foible condensation de l’hydrogène , l’expansion que l’on observe dans l’amalgame, ainsi que sa facile et prompte décomposition.
- Pour établir leur opinion, ils observent d’abord ce qui se passe lorsqu’on prépare
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- l’amalgame ammoniacal par le moyen du muriale d’ammoniaque en contact avec le mercure ; il se dégage du côté du pôle positif, tant d’acide muriatique oxigéné, qu’il est difficile d’en respirer l’exhalaison ; on aperçoit, au contraire, à peine quelques signes d’effervescence au pôle négatif; mais si on ôte le mercure, il y en a une très-vive, d’où l’on peut déjà conclure que le gaz qui se dégage dans ce cas, se combine avec le métal dans le premier.
- Ils confirment ce résultat par une analyse rigoureuse des élémens qui proviennent de la décomposition de l’amalgame d’ammoniaque; ils prennent pour éviter l’eau, dont l’intervention est nécessaire dans l’explication de M. Davy, des soins qui ne laissent aucun doute, en sorte qu’on est obligé d’admettre avec eux que l’hydrogène est un des élémens de l’amalgame, qui est par conséquent, une combinaison de mercure , d’hydrogène et d’ammoniaque toute formée : ils déterminent les proportions de ces élémens dans les deux espèces d’amalgame d’ammoniaque.
- La seconde partie del’o u vrage de MJVLGay-
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- Lussac et Thénard, a pour objet la préparation du potassium et du sodium, et les phénomènes qu’ils présentent ayec les divers corps de la nature.
- On se rappelle l’impression que firent les belles expériences de M. Davy,lorsqu’après avoir analysé les effets généraux de la pile sur les substances qui sont soumises à son action, il parvint à produire le potassium et le sodium, dont il fit connoître les principales propriétés.
- D’abord il parut réservé à la puissance de l’électricité, de produire les phénomènes nouveaux; mais bientôt MM. Gay-Lussac et Thénard firent voir que l’action mutuelle des corps , qui est le principe des autres phénomènes chimiques, peut aussi produire les nouvelles substances métalloïdes, et le procédé qu’ils donnèrent, a l’avantage de pouvoir fournir avec facilité des quantités considérables de ces substances qui sont devenues un moyen très-puissant d’analyse.
- Ce procédé si important consiste à faire couler peu à peu, par le moyen de la chaleur, la potasse et la soude bien pures à travers la tournure de fer dont on a rempli un
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- canon de fusil, et que l’on a élevée à une haute chaleur : les nouvelles substances volatilisées se réunissent, et se solidifient dans l’extrémité refroidie de l’appareil : les auteurs entrent dans tous les détails nécessaires pour faire disparoître les difficultés qu’ont éprouvées plusieurs de ceux qui ont voulu répéter leurs expériences. Ils insistent particulièrement sur la nécessité d’employer la potasse bien privée de soude, pour obtenir le potassium et la soude bien privée de potasse pour se procurer le sodium, dans la vue de constater les propriétés qui appartiennent à chacune de ces substances.
- Ce qui rend ce soin nécessaire, c’est qu’un petit mélange de l’une de ces substances avec l’autre, produit un alliage qui a des propriétés physiques assez différentes de celles des substances pures.
- L’alliage où le sodium est prédominant, est toujours plus fusible que le sodium, mais il l’est d’autant moins que la proportion du sodium est plus grande; le contraire a lieu, lorsque c’est le potassium qui prédomine.
- Les auteurs expliquent, par un mélange de cette espèce, les différences qui se trou-
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- vent entre leurs résultats et ceux deM. Davy, relativement à la pesanteur spécifique,. et à la fusibilité du potassium et du sodium.
- Selon M. Davy, la pesanteur spécifique du potassium est 0,600, celle de l’eau étant 1,000 , et d’après leurs observations elle est o,865. M. Davy fixe sa parfaite liquéfaction à 3o y degrés du thermomètre; ils ne l’ont observée qu’à 58 degrés. M. Davy attribue au sodium une pesanteur spécifique de 0,9348 , et il fixe sa liquéfaction à 65 degrés; selon les auteurs j sa pesanteur spécifique est de 0,9348, et il se liquéfie à go degrés. Néanmoins il serait à desirer qu’ils eussent confirmé leur explication, en comparant le potassium et le sodium qui auraient été produits des mêmes alcalis, par le moyen de l’opération électrique et par le moyen de l’action chimique.
- Après avoir déterminé les propriétés physiques du potassium et du sodium, les auteurs passent à leur action chimique sur les autres substances et sur les changemens qu’ils éprouvent eux-mêmes par cette action, en s’appuyant toujours sur l’hypothèse que ces substances sont des métaux.
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- Ils décrivent les phénomènes curieux que présentent ces métaux lorsqu’on les met dans l’eau, et ils déterminent, par la quantité d’hydrogène qui s’en dégage, celle de l’oxigène qui a dû se combiner avec eux pour les réduire en oxide, état dans lequel ils forment la potasse et la soude ordinaire. Leur évaluation à laquelle ils ont cherché à donner la plus grande exactitude, diffère très-peu de celle qu’avoit établie M. Davy sur des expériences analogues. Il résulte de leurs observations, que cent parties de potasse sont formées de 83,371 de potassium, et de 16,629 d’oxigène; et la soude, de 77,7 de sodium, et de 2 2,5 d’oxigène.
- Mais le potassium et le sodium ne sont pas limités à un degré d’oxidation ; les auteurs en ont reconnu trois, et les expériences qu’ils ont faites pour constater les quantités d’oxigène propres à ces divers degrés d’oxidation, les circonstances qui les déterminent, et les principales propriétés des oxides, conduisent à des résultats aussi intéressans que nou veaux. On obtient l’oxide de potassium, au minimum, par une combustion du potassium mis en contact, à
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- froid, avec de l’air dont le renouvellement est lent et successif ; cet oxide est d’un gris-bleuâtre , très-cassant, fusible à une. légère chaleur. Il conserve de l’inflammabilité , quoiqu’à un degré plus foible que le potassium.
- Le second degré d’oxidation est celui qui appartient au potassium qüe l’on a rais en contact avec l’eau.
- Enfin on obtient un excès d’oxidation en brûlant, dans le gaz oxigène, ou même dans l’air atmosphérique , à une température élevée, le potassium placé surtout sur l’argent ; le potassium a pris par-là deux et jusqu’à trois fois autant d’oxigène qu’il en exige pour passer à l’état de potasse : il abandonne avec l’eau, l’oxigène qui passe la proportion du second degré d’oxidation. L’action de cet oxide sur les corps combustibles est très-grande, à l’aide de la chaleur; tous, ou presque tous le ramènent à l’état de potasse, et un grand nombre même le décompose avec une vive lumière , en sorte que le potassium produit les phénomènes de la combustion, par l’oxigène qu’il enlève aux autres substances, ensuite il
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- devient incombustible dans l’état de potasse, et il redevient capable de produire la combustion et l’inflammation, par un excès d’oxigène qu’il cède aux autres corps.
- L’oxide de sodium au minimum est gris-blanc, sans aucun éclat métallique; il est susceptiblede donner beaucoup d’hydrogène avec l’eau, mais moins que le potassium. L’état moyen d’oxidation constitue la soude : le sodium passe plus difficilement à l’excès d’oxidation que le potassium, il ne s’en forme point à froid; mais on l’obtient facilement dans le gaz oxigène au moyen de la chaleur : le sodium peut prendre, par-là , une fois et demie plus d’oxigène qu’il n’en exige pour passer à l’état de soude. Il est fusible à l’aide de la chaleur , mais moins que l’oxide de potassium; son action sur les autres corps est analogue à celle du potassium très-oxidé.
- On peut obtenir les suroxides de potassium et de sodium en traitant ces substances par certains oxides métalliques, et surtout par ceux qui ne tiennent pas beaucoup à l’oxigène, et on les obtient encore en traitant le potassium par le gaz nitreux
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- et par le gaz oxide d’azote, et le sodium par le gaz oxide d’azote seulement; mais il arrive, si les gaz sont en assez grande quantité, et qu’on les fasse agir assez longtemps sur 1 epotassium et le sodium, qu’il se forme bientôt des nitrites de potasse et de soude.
- Enfin on parvient à former le suroxide de potassium et de sodium, sans employer les substances métalloïdes, mais en tenant au rouge , et avec le contact.de l’air , de la potasse ou de la soude ordinaire dans un creuset d’argent, de platine ou de terre; le creuset d’argent est préférable, parce qu’il n’est pas attaqué ; en les traitant ensuite par l’eau, on en dégage aussitôt de l’oxi-gène. L’analogie a conduit les auteurs à tenter la suroxidation des terres ; jusqu’ici ils n’ont reconnu la propriété de se combiner avec l’oxigène , que dans Ta barite qui la possède à un degré très-remarquable ; mais il faut employer celle qui est privée d’eau.
- Ils passent à l’action des corps combustibles non métalliques , sur le potassium et le sodium.
- Le gaz hydrogène ne se combine avec le
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- potassium, ni à la température ordinaire, ni à une chaleur rouge,mais entre ces deux points il en est un où ces deux substances s’unissent facilement; la température bornée où cette combinaison est possible, explique comment elle a échappé à l’habileté de M. Davy.
- L’hydrure de potassium est gris, sans apparence métallique; il ne s’enflamme ni dans l’air, ni dans l’oxigène, à la température ordinaire; il y brûle vivement à une température élevée; il produit, avec l’eau, un quart de plus d’hydrogène que le potas~ sium, et un peu au-delà, ce qui prouve qu’il avoit reçu dans sa combinaison cette quantité excédante d’hydrogène.
- Le gaz azote n’a montré aucune action sur le potassium à toute espèce de température; le charbon a paru se combiner avec lui.
- Le phosphore se combine facilement avec le potassium et le sodium ; les phosphures qui en résultent ressemblent au phosphure de chaux.
- Le soufre forme aussi des sulfures de potassium et de sodium qui varient en cou-
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- leur selon le degré de feu auquel ils ont été exposés.
- Le gaz hydrogène phosphuré et le sulfuré exercent une action vive sur le potassium et sur le sodium, qui s’emparent du phosphore et du soufre, se changent par là en phosphures et en sulfures, et ne laissent que le gaz hydrogène.
- M. Davy avoit conclu dés expériences qu’il avoit faites , en faisant agir le potassium sur l’hydrogène sulfuré, que ce gaz contient de l’oxigène, parce que la quantité de gaz hydrogène sulfuré qu’on reproduit par le moyen d’un acide par lequel on décompose le sulfure qui s’est formé,est inférieure , selon lui, à la quantité de l’hydrogène sulfuré qui a été employé dans l’expérience. Il faudroit donc que le potassium eût trouvé un supplément d’oxigène dans l’hydrogène sulfuré pour être réduit en potasse.
- MM. Gay-Lussac et Thénard ont d’abord cherché le moyen le plus propre à obtenir le gaz hydrogène sulfuré sans mélange de gaz hydrogène ; ils ont ensuite déterminé la quantité d’hydrogène qui s’y trouve com-
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- biné; ce qu’ils ont fait en le décomposant par le moyen de l’étain ; ils ont trouvé par là qu’un volume de gaz hydrogène sulfuré contient précisément un volume égal de gaz hydrogène. Ayant ensuite pris exactement la pesanteur spécifique du gaz hydrogène sulfuré, ils ont déterminé avec précision les quantités des deux élémens qui forment le gaz, dans la supposition qu’eux seuls le composent. Cette supposition, ils l’ont réalisée par les produits qu’ils ont obtenus de la décomposition de l’hydrogène sulfuré par le potassium; car dans un grand nombre d’expériences, dont les résultats s’accordent parfaitement ,. ils ont reconnu que le gaz hydrogène qui résulte de l’action du potassium sur l’hydrogène sulfuré, est en même quantité que celui que le potassium auroit donné par l’action de l’eau, et ensuite, que le sulfure qui s’est formé, étant décomposé par un acide, donne un volume de gaz hydrogène sulfuré égal à celui qu’avoit le gaz sulfuré mis en expérience.
- Ils combattent encore, par des expériences analogues, l’opinion de M. Davy, que le phosphore et le gaz hydrogène phosphuré
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- contiennent de l’oxigène; ils font voir que le gaz hydrogène phosphuré diffère du sulfuré dans la proportion de l’hydrogène qui s’y trouve condensé, en sorte qu’il occupe-roit dans l’état isolé un volume une fois et demie aussi grand. L’hydrogène phosphuré diffère encore du sulfuré , en ce qu’il abandonne au -potassium le phosphore pur, pendant qu’une partie de l’hydrogène sulfuré se combine sans décomposition avec \epo-tassium, ainsi qu’avec le sodium.
- Le potassium et le sodium forment, avec les métaux, des alliages qui sont très-fusibles , mais qui varient par les qualités du métal qui entre dans l’alliage et par les proportions des deux élémens. Ces alliages se décomposent promptement à l’air et par le contact de l’eau ; le potassium se réduit en potasse, et il se dégage la quantité d’hydrogène qui accompagne cette réduction ; cependant l’alliage avec l’arsenic présente une anomalie apparente; l’hydrogène indiqué par l’analyse de l’hydrogène arseniqué qui remplace le gaz hydrogène, ne représente qu’une partie de l’hydrogène qui se dégage dans les autres ; les auteurs font voir que
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- cette différence dépend d’un hydrure d’arsenic qui se forme, et qui soustrait une partie de l’hydrogène.
- De là, les auteurs examinent l’action que le potassium et le sodium exercent sur les oxides, à la tête desquels ils placent l’oxide de carbone et deux oxides de phosphore.
- L’oxide de carbone est décomposé à l’aide de la chaleur, le carbone en est précipité; le potassium et le sodium sont ramenés à l’état de potasse et de soude ; les oxides de phosphore sont aussi décomposés ; tous les oxides métalliques le sont également, et ils présentent dans eette décomposition des phénomènes différens selon les proportions employées, selon la force avec laquelle les oxides retiennent l’oxigène , et selon la quantité qu’ils en contiennent. S’il y a un excès de potassium ou de sodium, cet excès se combine avec le métal réduit ; si au contraire il y a un excès d’oxide à un degré d’oxidation élevé, cet oxide est simplement ramené à un degré inférieur.
- L’action puissante du potassium et du sodium sur les acides qui avoient résisté à tous les moyens d’analyse employés jusqu’ici
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- a donné les résultats les plus importons.
- L’acide boracique qu’on soumet à cette action doit être bien pur, et les auteurs font connoître les moyens de l’obtenir dans cet état; après l’avoir vitrifié et réduit en poudre, on le stratifie avec le potassium, et on l’expose à l’action de la chaleur; bientôt le mélange rougit avec une grande production de chaleur : on trouve après cela que ce mélange contient du borate de potasse régénérée, et une substance particulière qui, dégagée des autres substances, est brune-verdâtre.
- Cette substance est la base do l’acide boracique, dont une partie a été entièrement décomposée en cédant l’oxigène au potassium: les auteurs la désignent par le nom de bore.
- Le bore est solide, insipide, sans action sur la teinture de tournesol et sur le sirop de violettes : il ne se' fond ni ne se volatilise à un haut degré de chaleur : il est tout-à-fait insoluble dans l’eau, dans l’alcool, dans l’éther et dans les huiles, soit à froid soit à chaud : mais il brûle dans le gaz oxigène à une chaleur capable de donner une cou-
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- leur rouge cérise au vase qui le contient : par cette cpmbustion, le bore absorbe l’oxi-gène et reprend l’état diacide boracique, en sorte que la synthèse confirme pleinement les résultats de l’analyse.
- Les auteurs ayant désigné celte base de l’acide boracique par le nom de bore, ils proposent de donner le nom d’acide borique à l’acide boracique, selon les règles convenues de la nomenclature ; mais si l’on donnoit avec M. Davy le nom de boracium à cette base, on éviteroit un changement dans la nomenclature admise.
- Le bore agit avec une grande énergie sur les acides nitrique et nitreux; il disparoît et passe à l’état d’acide borique, en dégageant une grande quantité de gaz nitreux et peut-être de gaz oxide d’azote et de l’azote. Il produit sur la plupart des sels qui contiennent de l’oxigène, les mêmes effets que les autres corps inflammables : il décompose même à une haute température le carbonate de soude, en en dégageant le charbon : il réduit la plupart des oxides métalliques.
- Il étoit intéressant de déterminer lapro-
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- portion d’oxigène qui entre dans l’acide borique : la combustion directe n’a pu servir à cette détermination, parce qu’elle exige plusieurs opérations successives; les auteurs se sont donc servis de la réduction du bore en acide borique par le moyen de l’acide nitrique, et ils concluent d’une expérience dont ils annoncent cependant l’insuffisance, que l’acide borique contient un tiers de son poids d’oxigène.
- Le gaz acide carbonique est décomposé par le potassium ; il en résulte du charbon mis à nu, et de la potasse combinée avec une partie de l’acide carbonique ; le gaz acide sulfureux l’est aussi et laisse un sulfure de potasse régénérée, aveç une portion de sulfure de potassium. Le gaz acide nitreux et le gaz muriatique oxigéné sont aussi décomposés.
- Le potassium agit fortement sur le gaz muriatique, il se forme dit muriate de potasse et il se dégage du gaz hydrogène.
- L’acide phosphorique vitreux laisse par sa décomposition du phosphure rouge de potasse.
- Les auteurs ont encore observé la décom-
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- position de l’acide arsenique, de l’acide molybdique et de l’acide chrômique : ils décrivent avec soin les circonstances plus ou moins favorables à ces décompositions, les produits, qu’on en obtient et les différences que présente le sodium, qui en général agit avec moins d’énergie que le potassium.
- Ils décrivent ensuite avec le même soin les phénomènes que présentent le potassium et le sodium mis en contact avec l’air et les acides dissous dans l’eau, à la température de l’atmosphère.
- Après les nombreuses expériences qu’ils ont faites sur les oxides, les auteurs passent à l’action du potassium et du sodium sur les substances alcalines.
- Le potassium qu’on a fait volatiliser à travers les différens alcalis bien secs s’est combiné en plus ou moins grande partie avec eux : beaucoup de gaz hydrogène s’est dégagé dans son action sur la potasse, et le mélange qui en est résulté s’est trouvé analogue à l’oxide de potasse au minimum et faisoit une vive effervescence avec l’eau: mais il s’est dégagé peu d’hydrogène dans
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- l’expérience faite avec la barite, la stron-tiane, la chaux , la magnésie, la zircone et la silice, et ces différentes bases n’ont ensuite produit qu’une effervescence très-légère avec l’eau.
- Le potassium a présenté avec le gaz ammoniac des phénomènes qui demandent beaucoup d’attention, parce qu’ils servent à une discussion intéressante sur la composition de l’ammoniaque et sur la nature même du potassium et du sodium, dont on s’occupe dans la suite de l’ouvrage.
- Lorsqu’on fait fondre le potassium dans le gaz ammoniac, il disparoit peu à peu et se transforme en une matière verte-olivâtre très-fusible: le gaz ammoniac lui-meme disparoit et se trouve remplacé en partie par un volume de gaz hydrogène.
- Cette opération se fait à une légère chaleur ; aussitôt que la transformation est opérée, on doit cesser de chauffer ; si on ne le fait pas, ou si dans le cours de l’expérience , on emploie difïérens degrés de chaleur , les produits diffèrent comme l’indique un tableau qui présente les résultats de dix expériences et par lequel on
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- voit que la quantité de gaz ammoniac absorbé par le potassium est variable en raison du degré de chaleur auquel on l’expose ; mais que, quelle que soit la quantité d’ammoniaque absorbée, il en résulte toujours une quantité de gaz hydrogène qui est la même et qui est précisément égale à celle que le potassium produit avec l’eau.
- Selon qu’on échauffe plus ou moins la matière verte, on en retire une plus ou moins grande quantité de gaz ammoniac ou de ses principes; mais on ne peut en retirer qu’environ les trois cinquièmes de ce que le potassium en a absorbé : le premier cinquième s’en dégage à une douce chaleur et sans se décomposer : le deuxième cinquième ne se dégage qu’à une chaleur plus élevée et en se décomposant en partie; et enfin le troisième exige plus de chaleur encore et se décompose en entier; mais le gaz qui en résulte représente les principes de l’ammoniaque dans leurs justes proportions.
- En traitant la matière verte-olivâtre par une petite quantité d’eau chaude , on n’en retire que de la potasse et du gaz ammoniac, et la quantité de ce gaz est précisément égale
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- à celle que le potassium a fait disparoître pour se changer en matière verte , pourvu qu’un excès d’eau n’en retienne pas en dissolution.
- Le sodium présente avec le gaz ammoniac des phénomènes parfaitement analogues ; la quantité de gaz ammoniac absorbé varie en raison de la température; mais la quantité de gaz hydrogène dégagé est constante et toujours égale à celle que le sodium donne avec l’eau.
- Les sels alcalins, terreux et métalliques ont la plupart été soumis à l’action du potassium.: au moyen de différent degrés de chaleur, il a enlevé l’oxigène à tous ceux de ces sels qu’on sait en contenir, et il a été converti le plus souvent en potasse et rarement en oxide au minimum et au maximum. Jje sodium a produit des phénomènes analogues, mais il a exigé un peu plus de chaleur.
- Un grand nombre d’expériences dont les produits sont présentés en tableau, fait voir que le potassium et le sodium ont la propriété de décomposer à l’aide de la chaleur toutes les substances végétales et ani-
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- males ; mais la confusion des produits qui en résultent a enlevé aux auteurs l’espérance de pouvoir par cette méthode , déterminer la proportion des principes qui constituent ces substances ; cependant elle les a conduits à un autre procédé, dont nous verrons les heureuses applications dans le second volume.
- La troisième partie de l’ouvrage commence le second volume par les expériences que les auteurs ont faites sur l’acide fluorique.
- Ils les ont tellement multipliées et conduites si heureusement, qu’ils ont dû retracer l’histoire presque complète de cet acide. Au moyen des précautions qu’ils décrivent et surtout en opérant sur du fluate de chaux parfaitement privé de silice, ils sont parvenus à obtenir l’acide fluorique dans un degré inconnu de pureté et de concentration.
- Il faut conserver cet acide à l’abri du contact de l’air, dans lequel il s’évapore abondamment en se combinant à l’eau hygrométrique : il exerce sur l’eau une action beaucoup plus vive que l’acide sulfu-
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- rique le plus concentré : il cliarbonne les substances végétales et animales, il désorganise la peau par le simple contact, d’une manière beaucoup plus énergique et plus dangereuse que les autres acides : il détruit le verre très-promptement, se combine avec la silice qu’il en extrait, et prend par-là une plus grande disposition gazeuse. Delà vient que si le fluate de chaux contient de la silice, on ne peut l’obtenir dans l’état liquide qu’en saturant l’eau du gaz fluori-que silicé, et par conséquent dans un état de concentration beaucoup plus foible que celui dont il est question.
- "Le potassium produit une vive détonation avec l’acide fluorique , et ce n’est qu’en faisant parvenir peu à peu cet acide sur le potassium que les auteurs ont pu recueillir les produits de son action. Ils en ont retiré beaucoup de gaz hydrogène et du fluate acide de potasse dans l’état liquide : ce qui prouve que l’acide fluorique préparé avec un acide sulfurique très-concentré, contient une proportion considérable d’eau, mais cet acide ne peut être décomposé par ce procédé.
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- C’est presque uniquement à Scheele que l’on doit, avec la découverte de l’acide fluorique, la connoissance des fluates à base alcaline et à base métallique, ainsi que celle des sels triples dans lesquels la silice entre comme partie constituante : les auteurs donnent une description nouvelle, plus étendue et plus exacte de ces combinaisons; ils y ont joint celles qui se forment avec les terres inconnues au temps de Scheele. Nous nous bornerons à quelques-unes de leurs observations.
- Pour préparer le fluale de glucine, ils ont mêlé du fluate un peu acide de potasse et du muriate très-sensiblement acide de glucine ; le fluate de glucine s’est précipité en se formant, mais la liqueur est devenue alcaline : le sel qui s’étoit précipité ayant été dissous dans l’eau au moyen de l’ébullition, n’a donné aucun indice d’acidité : l’yttria et la zircône ont présenté des phénomènes semblables. Voilà donc des combinaisons qui diffèrent de tous les autres sels, dans lesquels l’état de neutralisation reste constant après l’échange des bases.
- L’action de l’acide borique sur le fluate
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- de chaux a surtout donné lieu à des observations intéressantes.
- Désirant d’obtenir l’acide fluorique sans eauj MM. Gaÿi-Lussac et Thénard ont fait, dans un canon de fusil, un mélange d’une partie d’acide borique pur et vitrifié et de deux parties de fluate de chaux très-pur : on se sert d’un fourneau à réverbère ; on chauffe peu à peu. Aussitôt que l’appareil commence à rougir, il s’en dégage des vapeurs épaisses qu’on reçoit sur le mercure: c’est un gaz composé d’acide fluorique et d’acide borique, que les auteurs désignent par le nom d’acide fluo-borique.
- Ce gaz a une odeur qui ressemble à celle du gaz fluorique ; il se saisit, comme lui, de l’eau hygrométrique; il rougit, comme lui, les couleurs bleues végétales; mais il n’attaque pas le verre : il charbonne les substances végétales et animales; mais on peut le toucher sans être brûlé. Il transforme l’alcool en un véritable éther : il s’absorbe abondamment dans l’eau; ën soz'te qu’il en faut une grande quantité pour la saturer, et alors c’est un acide très-fumant et très-énergique.
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- L’acide fluo-borique se combine avec les diverses bases, soit alcalines, soit métalliques : il forme probablement avec elles des sels triples dont les auteurs n’ont pas encore eu le loisir d’examiner les propriétés; mais en poussant au feu le fluo*borate d’ammoniaque , ils en ont chassé l’acide fluori-que, et ils ont eu pour résidu l’acide borique ; ce qui leur a fait connoître la com~ position de cet acide.
- Le potassium et le sodium brûlent avec vivacité dans le gaz fluo-borique ; il résulte de cette combustion un corps solide composé de iluate de potasse ou de soude qui se dissout dans l’eau et qui laisse du bore : quelques apparences ont fait conjecturer que ce bore étoit mêlé avec une petite quantité du radical de l’acide fluorique.
- Poursuivant leurs recherches sur les moyens de décomposer l’acide fluorique, les auteurs se sont convaincus que l’on ne pouvoit le séparer de sa base sans lui présenter un corps avec lequel il puisse entrer en combinaisons, et tel que l’eau, l’acide borique ou la silice; mais celui qui contient de l’eau ne peut servir aux expérien-
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- ces dans lesquelles on se propose de le décomposer , et celui qui est combiné avec la silice sous forme dè gaz a mieux rempli leurs vues que le gaz fluo-borique.
- Le potassium n’est pas attaqué à froid par le gaz fluorique silicé, mais si on le met en fusion au milieu de ce gaz, il brûle avec vivacité : il ne se dégage presque point de gaz hydrogène, mais on obtient une matière solide, de couleur brune.
- Cette matière étant mise dans l’eau, il s’en dégage très-lentement une quantité de gaz hydrogène qui est à peu près égale à celle qu’auroit donnée rapidement le potassium. Si on la met très-chaude en contact avec l’air, elle y brûle avec vivacité. Les auteurs l’ont soumise à diverses expériences , desquelles ils concluent qu’elle est composée de fluate acide de potasse et de silice et d’une combinaison du radical de l’acide fluorique avec la potasse et la silice; mais ils n’ont pu lever tous les doutes sur l’existence de ce radical, et constater ses propriétés, parce qu’ils n’ont pu l’obtenir dans un état d’isolement.
- Le sodium a présenté des phénomènes
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- analogues ; mais la substance solide qui résulte de son action dégage avec l’eau beaucoup plus d’hydrogène que la précédente.
- Les auteurs nous conduisent à d’autres considérations non moins intéressantes; et d’abord ils s’occupent de la question de savoir quels sont les gaz qui peuvent contenir de l’eau en combinaison , et s’il y en a qui soient nécessairement privés de l’eau hygrométrique.
- Ils se sont servis pour reconnoître l’eau hygro métrique,de la propriété qu’ils avoien t trouvée dans le gaz fluo-borique de s’emparer de l’eau hygrométrique des gaz, en formant une vapeur épaisse qui se précipite.
- En effet, le gaz fluo-borique a conservé toute sa transparence dans les gaz desséchés par des moyens efficaces; mais il suffit d’y introduire un cinquantième d’un gaz humide, pour qu’il se forme immédiatement un nuage sensible.
- Ils ont mis successivement en contact sur le mercure chaque gaz avec les différentes substances qui absorbent l’humidité, et quelque temps après ils y ont fait passer du gaz fluo-borique : ils ont reconnu par-
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- là les substances qui possèdent ‘la propriété d’enlever toute l’eau hygrométrique; mais il y a des gaz dans lesquels, sans dessiccation préliminaire, l’acide fluo-borique ne laisse apercevoir aucune eau hj'grométrique : ce sont ceux qui sont extrêmement solubles dans l’eau. Ils remarquent que ces gaz ne peuvent en contenir la plus petite quantité, parce qu’aussitôt qu’ils sont en contact avec l’eau, celle-ci |es absorbe; tels sont sur-tout le gaz muriatique et le gaz fluo-borique.
- Le gaz acide muriatique même, extrait de l’eau qui le tenoit en dissolution et recueilli dans une cloche sur le mercure, n’a pas produit le plus léger nuage avec le gaz fluo-borique.
- Extrait du muriate de soude par l’acide sulfurique, et conduit dans un petit flacon auquel étoit adapté un tube recourbé plongé dans un mélange réfrigérant, ce gaz n’a point déposé d’eau dans le tube, quoiqu’il y en ait passé une grande quantité.
- On a rempli plusieurs flacons de gaz acide muriatique, préparé de manière q u’il devoit être privé d’eau ; on a mis dans chaque flacon une seule goutte d’eau ; mais ,
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- loin de s’évaporer, elle s’est accrue, parce qu’elle a condensé du gaz acide.
- Des expériences analogues ont donné les mêmes résultats avec le gaz fluo-borique.
- Les auteurs examinent ensuite s’il est quelque gaz qui contienne de l’eau combinée. Ils ont soumis à leur examen le gaz hydrogène sulfuré, le gaz acide carbonique, le sulfureux , le nitreux , le gaz oxide d’azote, le fluo-borique, le fluorique silicé, le muriatique et le muriatique oxigéné; et ils prouvent, par les circonstances de leur formation et de leur décomposition, et par les produits de l’action d’autres corps dont la nature est bien déterminée, qu’il n’y a, parmi tous ces gaz, que le gaz muriatique dans lequel on puisse admettre de l’eau combinée. Ils ont rendu sensible l’existence de cette eau, en combinant le gaz muriatique avec l’oxide vitreux de plomb ; car il en est résulté du muriate de plomb et de l’acide muriatique contenant beaucoup d’eau.
- Plusieurs expériences établissent ensuite que cette eau est essentielle au gaz muriatique , en sorte qu’on ne peut le dégager
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- d’une combinaison, à moins qu’on ne lui rende l’eau dont il étoit privé dans cette combinaison, ou qu’il ne puisse s’en former dans le procédé. Nous nous arrêterons à ces expériences , aussi curieuses par leurs résultats immédiats que par leurs conséquences.
- Un mélange de parties égales de muriate d’argent et d’acide borique vitreux exposé à un grand feu, ne laisse point dégager de gaz muriatique ; mais, si l’on fait passer de la vapeur d’eau à travers ce mélange, il s’en dégage une grande quantité à une chaleur beaucoup plus foible.
- Un mélange de charbon, qui avoit été fortement poussé au feu de forge et de muriate d’argent, a d’abord donné un peu de gaz muriatique; celui-ci a bientôt cessé de se dégager, quoique le feu ait été violent; mais, si on ajoute de l’eau au mélange , le muriate d’argent est promptement décomposé. Si l'on fait l’expérience dans un tube de porcelaine, on ne retire point de gaz muriatique; mais, si l’on y introduit de la vapeur d’eau , il s’en dégage aussitôt une grande quantité.
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- La petite quantité de gaz muriatique qu’on obtient dans le commencement de l’expérience, en employant le charbon le plus fortement calciné, fait voir que ce charbon contient encore un peu d’hydrogène, qui forme de l’eau avec l’oxigène de l’oxide d’argent ; et, comme le carbure de fer ou plombagine, substitué au charbon fait dégager du gaz muriatique, les auteurs ont dû en conclure qu’il contient aussi de l’hydrogène; ce qui le confirme, c’est que si l’on se sert d’un charbon hydrogéné, on obtient facilement le gaz muriatique, et le muriate .d’argent est réduit.
- Puisque le gaz muriatique doit recevoir de l’eau dans sa constitution, voyons ce qui arrive lorsque le gaz muriatique oxi-géné passe à l’état d’acide muriatique.
- Les auteurs prouvent que les substances qui paroissent exercer l’action la plus forte sur l’oxigène, ne peuvent décomposer le gaz muriatique oxigéné bien sec, à moins qu’elles ne puissent lui donner de l’eau ou lui fournir de l’hydrogène, qui formera de l’eau ; ainsi, en faisant passer le gaz muriatique oxigéné sec à travers de la poudre de
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- charbon fortement poussée au feu, il n’y a eu qu’une petite partie de gaz muriatique oxigéné qui ait été changée en gaz muriatique au commencement de l’opération ; mais, lorsque l’hydrogène, que retient le charbon, a été épuisé , le gaz muriatique oxigéné n’a plus souffert d’altération, quoique la température fut très-élevée; au contraire, le charbon hydrogéné le décompose facilement.
- Cette propriété de l’acide muriatique étant reconnue, il est facile de prévoir les cas où l’acide muriatique peut être dégagé de ses combinaisons, et ceux où il y restera fixé.
- Cette puissance de l’eau sur l’acide muriatique est même si grande, que les mu-riates terreux et secs qui ne peuvent point être décomposés à la plus haute température, par l’acide borique ou le phosphate acide de chaux vitrifié, le sont par l’eau seule au-dessous du rouge cerise.
- Cette action de l’eau, dans les cas où elle ne suffirait pas pour opérer la décomposition d’un muriate, peut être secondée par l’action d’une autre substance sur la base.
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- Les auteurs ont fait â ce sujet une observation qui pourra avoir des applications utiles. Us ont éprouvé que la vapeur d’eau dégage beaucoup de gaz muriatique d’un mélange de deux parties de sable très-lin , et d’une partie de muriate de soude. L’alumine , la glucine, et en général toutes les bases qui ont de l’affinité pour la soude, agissent de même. Le muriate d’argent, qu’on expose à une chaleur rouge dans un tube de porcelaine, abandonne beaucoup de gaz muriatique, lorsque l’on y fait passer de la vapeur d’eau, non parce que l’eau le dégage par sa seule action , mais parce que l’oxide d’argent se vitrifie en même temps avec le tube de porcelaine.
- Les muriates de mercure ont présenté . avec le charbon calciné, avec le charbon hydrogéné, et avec l’acide borique, des phénomènes parfaitement analogues à ceux qui avoient été obtenus du muriate d’argent.
- 11 ne suffisoit pas d’avoir établi que l’on doit admettre dans le gaz muriatique une certaine quantité d’eau, ou de ses principes constituans; mais il étoit intéressant de re-
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- connoître encore la proportion de cette
- Pour remplir cet objet, les auteurs ont commencé par déterminer, avec un grand soin, la proportion d’oxigène qui se trouve dans l’oxide d’argent. Ils la fixent à 7,6 d’oxigène, contre 100 d’argent.
- Ils ont ensuite reçu dans un flacon, dans lequel ils avoient placé un poids déterminé d’oxide d’argent et d’eau, une certaine quantité de gaz muriatique. La différence du poids de ce gaz, avec le poids d’acide qui s’est fixé sans eau avec l’oxide d’argent, est due à l’eau , abandonnée par l’acide muriatique. Le résultat de l’expérience est que le gaz muriatique contient à peu près un quart de son poids d’eau.
- Ce résultat a été confirmé par les produits de la décomposition du gaz muriatique oxigéné, par le gaz hydrogène; mais, pour constater ces produits, il a fallu parvenir, par des moyens très-délicats, à déterminer la pesanteur spécifique du gaz muriatique oxigéné, qui est de 2,470 ; la proportion d’oxigène qu’il contient, qui est la moitié de son volume ; la quantité
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- d’hydrogène nécessaire pour le changer en gaz muriatique, et cette quantité est un volume égal. Par cette décomposition , on obtient un volume de gaz muriatique égal à celui des deux gaz dont il provient, sans qu’il se dépose de l’eau : ce qui s’accorde avec les pesanteurs spécifiques de ces différentes substances. Il s’ensuit que l’acide muriatique oxigéné tient précisément la quantité d’oxigène qui doit être changée en eau pour former le gaz muriatique.
- Puisque l’acide muriatique ne peut exister à l’état de gaz sans eau, et que , quand il n’en contient pas , il fait toujours partie de quelque combinaison, le gaz muriatique oxigéné ne doit être décomposé que par les corps qui, comme les métaux et le soufre , peuvent absorber ses déux principes, ou par ceux qui peuvent se combiner avec l’acide muriatique sec, ou enfin par ceux qui contiennent de l’eau ou de l’hydrogène , qui peut former de l’eau avec l’oxi-gène de l’acide muriatique oxigéné.
- On sait en effet que les métaux absorbent le gaz muriatique oxigéné, et qu’ils sont changés par-là en muriates métalliques;
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- d’où l’on doit conclure qu’il contient exactement la quantité d’oxigène propre à convertir les métaux en muriates.
- Le soufre forme, en se.combinant avec le gaz muriatique oxigéné, une liqueur composée de soufre, d’oxigène et d’acide muriatique, qui a été découverte par Thomson ; et les auteurs font voir que c’est cette même combinaison qui se forme plus ou moins rapidement, lorsqu’on projette des sulfures métalliques dans le gaz muriatique oxigéné.
- Le phosphore et les phosphures produisent des phénomènes et une liqueur analogues , dont les auteurs décrivent les propriétés dans la suite de l’ouvrage.
- La décomposition de l’acide muriatique oxigéné, par les corps qui peuvent se combiner avec l’acide muriatique sec , a donné lieu à des phénomènes remarquables. Lorsqu’on fait passer ce gaz à travers la chaux, dans un tube de porcelaine, et lorsqu’on amène ce tube à l’état rouge, il se dégage une grande quantité de gaz oxigène; il n’y a qu’une petite partie du gaz muriatique oxigéné qui échappe à la décomposition ,
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- sans doute parce qu’elle ne s’est pas trouvée en contact avec la chaux. Après l’expérience, on trouve du muriate de chaux sec. La magnésie bien sèche a aussi décomposé le gaz muriatique oxigéné ; et d’autres terres et quelques oxides métalliques, qui peuvent se combiner avec l’acide muriatique sans eau, doivent avoir la même propriété.
- Nous arrivons à la décomposition de l’acide muriatique oxigéné, qui a lieu par l’action de l’eau et des substances hydrogénées.
- Si l’on fait passer en même temps de l’eau en vapeur, et du gaz muriatique oxigéné dans un tube rouge, il en résulte de l’acide muriatique liquide , et un dégagement de gaz oxigène.
- Lorsqu’on met le gaz muriatique oxigéné en contact avec des substances hydrogénées, il est décomposé, comme on l’a vu, pour le gaz hydrogène et le charbon hydrogéné ; c’est ainsi qu’il est décomposé par les gaz hydrogènes sulfuré, phosphuré, carburé , arseniqué, et avec toutes les substances végétales et animales.
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- Les gaz sulfureux, oxide de carbone, oxide nitreux, oxide d’azote, bien desséchés par le moyen de la chaux, et mêlés avec le gaz muriatique oxigéné, n’ont point subi d’altération par l’action de la lumière ; mais, en y ajoutant un peu d’eau , le gaz muriatique oxigéné s’est promptement décomposé ; il en a été de même avec le bore et les sulfites de chaux et de barite.
- Après avoir examiné les effets de l’action du gaz muriatique oxigéné, dans les différentes circonstances, les auteurs font des observations sur la nature même de ce gaz.
- Quand ils eurent observé que le gaz muriatique oxigéné n’étoit pas décomposé par le charbon privé d’hydrogène, ils conclurent de ce fait, el de quelques autres, que l’on peut supposer que ce gaz est un corps simple, et. que les phénomènes qu’il présente s’expliquent assez bien dans cette hypothèse. Nous ne chercherons cependant point à la défendre, dirent-ils, parce quil nous semble qu’ils s’expliquent encore mieux en regardant Vacide muriatique oxigéjié comme un corps composé. Cette idée, qu’ils présentèrent en février 1809, a depuis été
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- et soutenue, notamment par M. Davy. Ils rappellent sommairement tous les faits établis par l'observation sur l’action du gaz muriatique oxigéné. Ils font Voir comment on peut les expliquer, et particulièrement ceux qui appartiennent à M. DàVy, en se servant de l'urié ei de l’autre hypothèse, et après avoir balancé la double explication , ils persistent à croire que ces faits s’expli-* quent mieux en regardant le gaz acide muriatique oxigéné ,comme un corpscotaposk En èïFet, pour considérer le gaz muriatique oxigéné comme un être simple , il faut supposer que l’acide muriatique ordinaire est une combinaison d’hydrogène et d’acide muriatique oxigéné, que les mariâtes métalliques sont d’une nature entièrement différente, non-seulement des autres sels métalliques, mais de ces muriates mêmes , lorsqu’ils sont dissous dans l’eau. Il faut supposer que la chaux et la magnésie cèdent l’oxigène, que quelques expériences ÿ font admettre, selon une autre hypothèse, pour se combiner dans l’état métallique aveç le gaz muriatique oxigéné, et que ce gaz se combine avec l’oxigène 11. sG
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- que lui cède l’eau, pour passer à l’état sur-oxigéné, et ces suppositions ne suffisent pas à toutes les explications.
- . Dans l’autre hypothèse, c’est-à-dire, en admettant que ,1’oxigène peut se combiner avec l’acide muriatique, comme il se combine avec les métaux et avec toutes les substajices combustibles, toutes les explications sont naturelles et parfaitement analogues à celles que reçoivent les autres faits dans lesquels il se fait un transport d’oxi-gène d’une substance dans une autre. Seulement les observations nouvelles font voir que, pour que le gaz muriatique oxigéné soit changé en gaz muriatique , il faut que celui-ci puisse recevoir une proportion d’eau nécessaire à sa constitution; ce qui s’accorde avec la puissance de combinaison, qui est très-grande dans l’acide muria-
- 11 n’est pas inutile de remarquer que, lorsqu’il s’agit de la nature des corps , du mode de leurs combinaisons , et des chan-gemens qui peuvent se faire dans les élé-mens qui viennent les composer, ou dans ceux qui résultent de leur décomposition,
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- il est facile de multiplier les hypothèses; mais celles qui s’appuyent le plus sur l’analogie , et qui exigent le plus petit nombre de suppositions pour enchaîner les faits, de manière que l’esprit en saisisse facilement les rapports, doivent être maintenues, sans confondre toutefois leurs applications avec les faits eux-mêmes, constatés paflabalance et la mesure, et avec les inductions qui en dérivent immédiatement.
- Après ces observations, les auteurs décrive!) t les propriétés d’une liqueur qu’ils ont formée, par la combinaison du phosphore , de l’acide muriatique et de l’oxi-gène, et qui est analogue à celle que Thomson avoit produite par la combinaison du soufre avec l’oxigène et l’acide muriatique.
- Ils s’occupent ensuite de l’action de l’eau dans la décomposition de plusieurs corps , et notamment des sels.
- On a vu que l’acide muriatique ne pou-voit être séparé des bases qui le retiennent sans eau, que par des moyens propres à fournir l’eau nécessaire au gaz muriatique , en sorte que l’eau agit dans la décomposition des muriates, par sa tendance à se
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- combiner avec l’acide muriatique. D’autres acides, tels que l’acide nitrique, l'acide sul-furique et l’acide fluorique, exigent aussi de l’eau pour exister dans l’état liquide. On ne pourra donc les séparer des bases qui les retiennent , sans eau, à moins qu’on ne leur en fournisse ; mais il est d’autres sels dont l’acrSe n’a pas besoin d’eau, et dont la décomposition exige cependant l’action de l’eau ou du moins se fait beaucoup plus facilement par son influence; tels sont les carbonates. Les auteurs font voir qü’alors c’est à la tendance à se combiner avec les bases mêmes, que l’eau doit son efficacité.
- Dèpuis long-temps l’intervention de la lumière , dans les phénomènes chimiques , avoit fixé l’attention ; M. de Rumfort avoit prouvé, par la réduction de l’or et de l’argent, mis en contact avec le charbon, l’éther et les huiles, que la lumière solaire produisoit un effet semblable à celui d’une chaleur de 100 degrés; mais la décomposition de l’acide muriatique oxigéné, qui a lieu par l’action de la lumière, et non par celle d’une foible chaleur, sembloit s’opposer, ainsi que la décomposition de l’acide
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- nitrique, à une application générale du principe établi par M. de Rurnfort.
- MM. Gay-Lussac et Thénard ont fait disparoître cette difficulté; ils prouvent que le mélange du gaz- muriatique oxigéné et du gaz hydrogène ne reçoit point d’altération dans l’obscurité ; mais que le gaz muriatique oxigéné se décompose lentement à la lumière diffuse ; qu’il y a une détonation instantanée , lorsque le mélange est exposé à la lumière vive du soleil, et qu’un corps échauffé à îaô ou x5o degrés du thermomètre produit le même effet. Les gaz hydrogènes composés se sont comportés de .même, en déposant une quantité plus ou moins grande de charbon.
- Le gaz muriatique oxigéné qu’on fait passer, avec de la vapeur d’eau, dans un tube échauffé à un degré un peu plus élevé, est aussi décomposé ; d’où l’on doit conclure que, lorsque la lumière décompose l’acide muriatique oxigéné, elle agit de même. L’acide nitrique concentré se décompose à urïe chaleur même inférieure-Sa décomposition par la lumière doit donc recevoir la même explication. Les auteurs
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- font voir qu'elle doit également s’appliquer aux changemens qu’éprouvent quelques oxides métalliques, lorsqu’on les expose à la lumière.
- Enfin, ils font voir que la chaleur produit , sur les couleurs végétales et animales, les mêmes altérations que la lumière, d’où il résulte, qu’en exposant pendant une heure ou deux, à une chaleur de i5o à 200 degrés, une étoffe teinte, on peut prévoir , par l’altération qu’elle éprouve , la manière dont elle résistera dans l’usage, à l’action de la lumière; mais la décomposition des parties colorantes est accélérée par la vapeur de l’eau.
- Ayant besoin de connoître, pour différentes déterminations, la proportion d’eau retenue dans la potasse et la soude, préparées par le moyen de l’alcool, les auteurs se sont servis de trois moyens pour y parvenir; de la saturation de ces bases alcalines par l’acide carbonique, qui en chasse l’eau ; de leur combinaison avec la silice, et de la combinaison avec l’acide sulfurique, d’un poids donné de potassium et de sodium, réduits en potasse et en soude par le gaz
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- oxigène. Ils adoptent, pour résultat, que la potasse retient un cinquième de son poids d’eau, et la soude un quart. Cependant, les diflèrens moyens qu’ils ont employés ne donnent pas des résultats assez rapprochés, pour qu’on puisse regarder cette détermination comme rigoureuse.
- Us terminent le genre de recherches dont ils se sont occupés jusqu’ici, par une discussion sur la nature du potassium et du sodium, et cette discussion doit inspirer dans ce moment un grand intérêt.
- Lorsque M. Davy découvrit le potassium et le sodium, il les regarda comme des métaux, et il fonda sur cette supposition, que nous appellerons hypothèse des métaux, toutes les explications des phénomènes qu’ils lui présentèrent.
- U s’éleva une autre opinion, dans laquelle on considère le potassium et le sodium, comme dés hydrures-j nous la désignerons par l’hypothèse des hydrures. Les auteurs la regardèrent d’abord comme la plus probable ; mais la suite de leurs expériences les a décidés pour la premièré.
- On suppose dans la première hypothèse
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- que, lorsque la potasse est exposée à l’action de l’électricité voltaïque, l’oxigène qui la réduisoit en oxide se sépare, et est transporté au pôle positif j pendant qu’un métal pur reste sous l’influence du pôle négatif.,
- Dans la seconde, on pense que l’oxigène de l’eau qui se trouve unie à la potasse est porté au pôle positif, pendant que son hydrogène se combine avec la potasse privée d’eau, comme il se combine effectivement avec le tellure , l’arsenic et l’azote qui étant tenu en dissolution dans l’eau forme, par l’action de l’électricité voltaïque, de l’ammoniaque, qui est un véritable hydrure.
- On peut encore donner, pour exemple, l’amalgame d’ammoniaque, de mercure et d’hydrogène, qui a beaucoup de rapport avec le potassium et le sodium, par l’apparence métallique et par la légèreté.
- Les auteurs exposent ici les motifs qui paroissent appuyer chacune des deux hypothèses, et. ce n’est qu’après les avoir contrebalancées, qu’ils restent attachés à celle des métaux. Nous croyons seconder leurs vues, en soumettant à quelques con-
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- sidérations l’hypothèse qu’ils ont cru devoir adopter.
- Ce n’est pas que nous mettions une grande importance dans le choix de l’une des deux hypothèses, puisque l’une et l’autre donnent des explications satisfaisantes des mêmes faits, et que parmi ces faits il n’y en a pas qui puissent, décider entièrement la question ; mais il est utile de prévenir les conséquences outrées que quelques personnes pourroient tirer de l’une ou l’autre hypothèse , admise comme une vérité physique.
- Une expérience qui nous paroit très-imposante en faveur de l’hypothèse des métaux , est celle par laquelle en combinant une quantité d’oxigène avec le potassium,, on forme une quantité de potasse dont le poids équivalent à celui du potassium et de l’oxigène absorbé, produit, par exemple avec le gaz acide sulfureux qui ne contient pas d’eau, un sulfite dans lequel l’expérience n’en fait pas découvrir. Les auteurs se sont principalement servis pour prouver ce fait, de la potasse qu’ils regardent comme étant au troisième degré d’oxida-tion.
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- Il est naturel de regarder d’abord, comme une conséquen ce immédiate de l’expérience, que le potassium, substance simple, plus l’oxigène, forment la potasse ; et c’est sur des résultats pareils que repose toute la théorie chimique moderne ; mais le potassium a. des propriétés qui peuvent peut-être se concilier difficilement avec cette hypothèse, et qui s’expliquent plus naturellement en lui supposant une composition telle qu’on en connoît plusieurs analogues, et qui se forment dans des circonstances pareilles. Nous reviendrons sur le fait dont il est qües-
- Parmi les principaux motifs favorables à l’hypothèse des hydrures, les auteurs placent :
- i°. La densité du potassium et du sodium moindre que celle de l’eau, et à plus forte raison quecellé de la potasse et de la soude; mais ils observent que l’on ne peut par aucune preuve rigoureuse, faire voir que les alcalis secs ont une plus grande densité que l’eau, qu’il n’est pas de l’essence des métaux d’avoir une grande pesanteur- spécifique, et que, quoique l’oxigène diminue
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- la pesanteur spécifique des métaux qui en ont beaucoup, il peut au contraire, augmenter celle des métaux alcalins qui en ont peu.
- Il n’existe dans la nature que des métaux isolés; les idées générales que nous nous formons sur leurs propriétés ne sont qu’un résumé des observations que nous avons faites sur chacun d’eux : nous ne pouvons effectivement prétendre qu’il ne peut exister des substances simples qui avec une grande légèreté spécifique méritent par leurs autres propriétés d’être classées parmi les métaux; mais lorsqu’il s’agit de juger si on doit regarder comme simple et de nature métallique , une substance qui fait un saut brusque dans une propriété inhérente à tous les métaux connus jusqu’à présent, cette dissemblance a quelque poids.
- • La légèreté spécifique du potassium que nous prenons surtout pour objet de nos réflexions, présente une difficulté bien plus grave.
- On ne peut à la vérité montrer rigoureusement quelle est la pesanteur spécifique de la potasse pure, lorsqu’on suppose
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- qu’on ne la connoît que dans un état de combinaison : cependant il est très-probable qu’elle est fort supérieure à celle de l’eau. On a trouvé que celle du carbonate de potasse étoit à celle de l’eau, comme 2,3: 1 ; mais on ne peut pas supposer que l’acide carbonique prenne en se condensant une pesanteur spécifique qui s’éloigne beaucoup de celle de l’eaud’autant plus qu’une moitié de cet acide adhère fort peu à la base du carbonate: pareillement on ne peut pas supposer, que les d’oxigène qui doivent s’être combinés avec le potassium , s’éloignent assez de la pesanteur spécifique de l’eau pour produire un effet sensible : il résulteroit de ces données, que la pesanteur spécifique du potassium, tel qu’on le suppose dans la combinaison qui forme le carbonate de potasse, devroit approcher de celle même de ce sel, c’est-à-dire de 2,3 : î : or dans l’état où nous le connois-sons, il a à peine le tiers de cette pesanteur spécifique. On n’a point d’exemple d’une telle augmentation de pesanteur spécifique dans un corps solide, qui entre en combinaison.
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- Si on suppose que le potassium ait reçu une certaine proportion d’hydrogène, on a une explication naturelle de sa légèreté , et l’expérience fait voir que l’amalgame de mercure et d’ammoniaque doit sa grande légèreté à l’hydrogène que les auteurs ont prouvé exister dans sa combinaison. L’hydrogène expliquerait encore la grande volatilité dont jouit le potassium, pendant que la potasse parait absolument fixe, ou n’avoir que cette volatilité qui dépend des gaz avec lesquels les corps solides se trouvent en contact.
- 2°. La propriété qu’ont le potassium et le sodium de donner avec le gaz ammoniacal et avec le gaz hydrogène sulfuré précisément la même quantité de gaz hydrogène qu’avec
- Pour expliquer ce second fait, M. Davy avoit prétendu que tous les corps ayant entre eux des rapports constans de satura.-tion, c’est une conséquence nécessaire que le potassium dégage la même quantité d’hydrogène avec l’eau , le gaz ammoniac et l’hydrogène sulfuré. Les auteurs font voir que cette explication ne s’accorde pas avec
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- d’autres faits, ils n’en substituent point d’autrej toutefois ils concluent: qu’une objection qui n’a pour elle que la singularité cCun fait nouveau qui s"écarte d’un fait connu, ne repose pas sur une base assez solide.
- Cette réflexion ne fait pas disparoîlre la difficulté qui naît pour l’hypothèse des métaux, de la quantité précisément égale de gaz hydrogène qui se dégage dans l’action du potassium sur l’eau, sur le gaz hydrogène sulfuré et sur le gaz ammoniac. Cette coïncidence de produits dans trois cas si différons nous paroit avoir un grand poids dans l’évaluation des probabilités de chacune des deux hypothèses.
- 3°. La propriété qu’ont le potassium et le spdium d’absorber le gaz hydrogène à une température un peu élevée et de n’absorber le gaz azote à aucune température.
- On a vu que dans l’action du potassium sur le gaz ammoniac, il se forme une substance d’une couleur olive. Lorsqu’on soumet cette substance à la chaleur, il se dégage trois cinquièmes de l’ammoniaque
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- L’INSTITUT.
- 4.5
- ou dé ses élémens. Dans l’hypothèse des hydrures, on suppose que deux cinquièmes de l’ammoniaque restent alors combinés, avec le potassium, privé de son hydrogène; et dans celle des métaux, on suppose que tout l’hydrogène de l’ammoniaque a été chassé, et qu’il n’est resté que de l’azote en combinaison avec le potassium. II s’agit d’examiner s’il est probable que l’azote puisse former une combinaison assez puissante avec le potassium , pour chasser tout l’hydrogène et rester seul.
- Nous avons d’une part, à considérer la puissance de combinaison de l’hydrogène, et d’autre part celle de l’azote. De toutes les substances connues, c’est l’hydrogène qui montre la plus puissante affinité : il suffit pour s’en convaincre , de considérer sa force réfringente, le pouvoir qu’il exerce sur l’oxigène , dont il fait disparoître les propriétés caractéristiques, par une petite proportion, et les combinaisons nombreuses qu’il forme, dès que les circonstances sont favorables; et, pour ne pas s’écarter des métaux, on connoît des combinaisons qu’il forme avec eux. Bien plus, les auteurs ont
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- fait voir que dans l’état élastique même, il pouvoit, dans une certaine étendue de l’échelle thermométrique, for mer une combinaison avec le potassium et le sodium.
- L’azote, au contraire, n’entre que dans un petit nombre de combinaisons peu stables, et jusqu’ici on n’a pu en former aucune combinaison avec les métaux, soit dans l’état de gaz, soit dans l’état naissant. Les auteurs, eux-mêmes, ont en vain tenté de le combiner avec le potassium et le sodium.
- Il nous paroît donc plus naturel de faire intervenir dans la combinaison qui se forme dans cette circonstance, l’action de l’hydrogène ou de l’ammoniaque, que celle de l’azote seul.
- Après avoir discuté les motifs que l’on peut alléguer en faveur de l’hypothèse des hydrures, les auteurs exposent ceux qui ont décidé leur préférence.
- Nous ne pouvons même indiquer toutes les raisons dont ils se servent pour appuyer l’hypothèse de la nature métallique du potassium et du sodium. Il est juste que ceux qui voudront porter un juge-
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- PAIT A L’INSTITUT. 417
- ment sur cette question, ayent recours à l’ouvrage. Nous nous bornerons aux considérations qui paroissent avoir le plus de
- 1°. L’éclat métallique , l’opacité et la propriété conductrice du potassium et du sodium ; mais ces caractères avoient paru peu importans aux auteurs eux-mêmes, puisque, d’abord, ils n’empêchèrent pas la préférence qu’ils donnèrent à l’hypothèse des hydrures. En effet, il y a tant d’autres substances qui présentent un éclat qu’on peut appeler métallique. Le charbon , par exemple, qui se dépose , lorsqu’on fait passer les produits des substances végétales à travers un tube incandescent, a cet éclat à un haut degré. Il possède aussi l’opacité ; de plus le charbon est un conducteur d’électricité.
- 20. Leur préparation au moyen des carbonates alcalins parfaitemen t secs ; et à ce chef se rapportent plusieurs observations sur l’état sec des combinaisons alcalines.
- Il est certain que, pour adopter l’hypothèse des hydrures, il faut nécessairement admettre que les alcalis purs contiennent
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- RAPPORT
- 41 s
- une certaine quantité d’eau, comme le gaz muriatique; et que, lorsqu’ils entrent en combinaison, ils retiennent une portion de cette eau que l’action des acides, aidée de celle de la chaleur, ne peut en chasser ; mais, dans l’hypothèse des métaux , ne faut-il pas admettre que le potassium et le sodium retiennent dans lès mêmes circonstances la quantité d’oxigène qui les réduit au second état d’oxidation? Et ces deux quantités ne diffèrent entre elles que de la petite proportion d’hydrogène que l’on suppose combinée avec le potassium et le sodium.
- Si l’on considère d’un autre côté que les alcalis purs exercent une grande action sur l’eau, en sorte qu’on ne peut leur faire abandonner celle qui s’y trouve incontestablement, que par le moyen d’une combinaison; qu’ils l’enlèvent à l’air et deviennent déli-quescens, pendant que ce n’est que dans quelques circonstances qu’ils peuvent attirer l’oxigène, et qu’alors ils le retiennent si foiblement, que le seul contact de l’eau chasse tout ce qui constitue le dernier degré d’oxidation, il ne paroîtra pas invrai-
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- Semblable que les alcalis puissent retenir Une portion d’eau, lorsqu’ils se combinent avec les acides qui eux-mêmes exercent une action puissante sur l’eau.
- 3°. La grande analogie qu’il y a entre les alcalis et les oxides métalliques.
- L’ammoniaque, que les auteurs eux-mêmes ne regardent que comme un composé d’hydrogène et d’azote , affoiblit bien cette analogie, si elle ne la fait pas dispa-roître. Les propriétés chimiques de l’oxide d’arsenic et de l’oxide d’antimoine parois-sent assez .éloignées de celles de la potasse. Plusieurs oxides métalliques forment avec les alcalis des combinaisons qui ont assez de stabilité, et qui même cristallisent régulièrement , et on ne connoît point de pareilles combinaisons entre les alcalis, à moins qu’on ne confonde l’alumine et la silice avec les alcalis.
- Quoi qu’il en soit, nous passons aux découvertes des auteurs, qui composent la quatrième partie de leur ouvrage.
- Cette dernière partie est consacrée à un objet qui n’a pas un rapport immédiat avec les recherches précédentes, mais qui n’offre
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- RAPPORT
- pas moins d’intérêt. C’est une nouvelle analyse des substances végétales et animales, ou une détermination des premiers .principes qui entrent dans leur composition.
- On doit se rappeler que Lavoisier chercha à faire l’application de son importante théorie de la combustion, à la composition des substances végétales et animales ; il considéra ces substances comme des oxides dont les uns ont pour base l’hydrogène et le carbone, et les autres, l’hydrogène, le carbone et l’azote. Il vit, qu’en brûlant ces substances dans une quantité donnée de gaz oxigène, on pouvoit, par l’eau et l’acide carbonique qui se forment, déterminer les principes constituans de la substance soumise à la combustion. Il-fit ainsi quelques analyses ; et si ces analyses n’ont pas l’exactitude à laquelle on est parvenu, on ne peut douter que sa méthode n’y puisse conduire.
- Depuis lors, cette espèce d’analyse a été trop négligée ; cependant on peut citer celles des éthers et de l’alcool, qui ont été portées à une grande précision par une méthode analogue.
- Mais il y a plusieurs substances auxquelles
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- FAIT A L’INSTITUT.
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- Ja méthode de Lavoisier ne pourroit être appliquée : les auteurs en ont imaginé une qui est aussi ingénieuse que générale; il s’agit aussi dans leur procédé de recon-noître les principes d’une substance, en la brûlant par le gaz oxigène et en déterminant la quantité d’oxigène qui a servi à la combustion, la quantité d’acide carbonique et d’eau qui s’est formée, les substances gazeuses qui peuvent s’être dégagées, et les principes fixes qui se trouvent dans le résidu solide.
- On obtient tous ces résultats en brûlant la substance qu’on examine, par le muriate oxigéné de potasse, dans un appareil qui donne issue aux gaz qui se dégagent par un tube qui plonge sous le mercure.
- On fait donc un mélange d’un poids très-exact de la substance et de muriate suroxi-géné très-sec: on l’introduit dans l’appareil par le moyen d’un robinet qui porte une cavité dans laquelle on a placé ce mélange auquel on fait subir une chaleur suffisante; le gaz qui se dégage est conduit sous le mercure. On mesure ce gaz, on reconnoît la proportion d’acide carbonique qu’il contient et
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- RAPPORT
- 433
- celle d’azote qui a pu se dégager avec lui. On sait d’autre part combien la quantité de muriate suroxigéné employé a dû fournir d’oxigène ; on conclut donc de toutes ces valeurs, la quantité de carbone, d’oxigène et d’azote que contenoit la substance soumise à l’expérience; mais le muriate suroxigéné a laissé un poids déterminé de muriate de potasse. Si donc la substance renfermoit quelque principe fixe, on le trouve avec le muriate de potasse et on l’en sépare, ou l’on fait une opération particulière par laquelle on détermine les principes fixes.
- Nous ne pouvons indiquer l’appareil et le procédé des auteurs; ils en donnent la description avec beaucoup de soin, et ils ne négligent aucune des circonstances qui peuvent influer sur l’exactitude de chaque expérience.
- Ils ont déjà, analysé par ce moyen quinze substances végétales : savoir, les acides oxalique , tartareux, muqueux , citrique et acétique, la résine de térébenthine, le co-pal, la cire et l’huile d’olive, le sucre, la gomme, l’amidon, le sucre de lait, les bois
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- A L’INSTITUT.
- 425
- de hêtre et de chêne. Chaque analyse est exposée dans un tableau où sont présentés les quantités de la substance employée, celle des produits et enfin le résultat du calcul.
- Les substan cesrani males soumises au même procédé ont présenté une difficulté à cause de l’azote qui en est une partie constituante; s’il se trouve excès d’oxigène dans l’opération, il se forme du gaz acide nitreux , dont il seroit difficile de déterminer la quantité, il faut d’un autre côté éviter qu’il se forme de l’ammoniaque. L’artifice par lequel on prévient ces inconvéniens, consiste à employer une proportion de muriate suroxigéné, telle que ce sel ne soit point en excès, et qu’il soit cependant en quantité capable de transformer complètement en gaz toute la substance animale. On détermine très-aisément cette proportion par des essais préliminaires. Ils ont fait ainsi l’analyse de la fibrine desséchée, de l’albumine, de la gélatine et de la matière caséeuse.
- Un résultat très-remarquable de toutes ces analyses termine cet ouvrage si fécond
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- 424 RAPPORT FAIT A L’INSTITUT, en beaux résultats; c’est que dans le sucre, l’amidon, la gomme et les bois, la proportion d’hydrogène et d’oxigène est la même que celle qui constitue l’eau, pendant que dans les substances animales, un excès d’hydrogène se trouve avec l’azote dans les proportions qui constituent, à très-peu de chose près, l’ammoniaque.
- FIN DU SECOND ET DERNIER VOLUME.
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- TABLE DES ARTICLES
- CONTENUS DANS CE VOLUMEj
- TROISIÈME PARTIE.
- De l’acide fluorique......... i
- Préparation de l’acide fluorique
- dans une cornue de plomb.. 2 266
- Préparation de l’acide fluorique
- dans un tube de plomb........ 3 267
- Propriétés physiques de l’acide fluorique. Manière de le conserver......................... 5 268
- Action de l’acide fluorique sur l’air et sur l’eau. Chaleur très-forte que cet acide produit
- avec l’eau..................... 6 269
- Action de l’acide fluorique concentré sur le verre ; phénomènes remarquables qui l’accompagnent ....................... ] 270
- Nécessité d’employerdufluate de chaux exempt des plus petites portions de silice pour la pré-
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- TABLE
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- page» numéro.
- paralion de l’acide fluorique.. 8271
- Action de l’acide fluorique plus ou moins étendu d’eau sur le
- verre...................... 9 27a
- Moyen de graver facilement sur
- lo verre...............•••• 9 =75
- Action extraordinaire de l’acide fluorique concentré, sur la
- peau............................ 10 274
- L’acide fluorique concentré mis en contact avec le potassium, produit quelquefois une détonation, et donne constamment naissance à du gaz hydrogène et à du fluate de potasse, d’où on conclut que cet acide contient de l’eau.................. i3 275
- Réflexions qui prouvent que jusqu’à présent on n’avoit eu qu’une idée très-imparfaite de
- l’acide fluorique........... 16 276
- Etat dans lequel on a employé l’acide fluorique pour le combiner avec les bases salifiables et les oxides. Phénomènes qu’il
- présente dans cet état.......... 17 277
- Combinaison de l’acide fluorique pur et de la potasse pure. Propriétés du fluate de potasse
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- DES ARTICLES.
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- ainsi obtenu.
- Action de la potasse sur le fluate acide de silice. Fluate acidulé de potasse et de silice qui en résulte. Propriétés de ce sel.. ig 37g Combinaison de l’acide fluori-que pur et de la soude pure. Propriétés du fluate de soude
- ainsi obtenu............... 21 280
- Action de la soude sur le fluate acide de silice; formation de fluate de soude , et précipitation de silice............. 21 281
- Combinaison de l’acide fluorique pur et de l’ammoniaque pure. Propriétés du sel qui en ré-
- 23 283
- Action de l’ammoniaque sur le fluate acide de silice. Formation de fluate d’ammoniaque et de silice, et précipitation
- de silice.
- 23 283
- Action de l’acide fluorique pur sur la barite. Action du fluate acide de silice sur le nitrate et le muriate de barite. Nature et propriétés des sels qui en résultent........................ 24 284
- Action de l’acide fluorique sur la
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- TABLE
- strontiane et la chaux. Propriétés des sels qui en résultent. Existence probable dans la nature d’un fluate triple de
- chaux et de silice........... 25 a85
- Des fluates de magnésie , d’alumine , de glucine , d’yttria et de zircône. Propriétés très- * remarquables que présentent
- plusieurs de ces sels........ 26 286—289
- De l’action de l’acide fluorique sur le zinc ; du fluate de zinc
- et de ses propriétés........... 29 290
- De l’action de l’acide fluorique sur le fer ; du fluate de fer, et
- de ses propriétés.............. 3o 291
- Du fluate de manganèse et de ses
- propriétés..................... 3i 292
- De l’action de l’acide fluorique sur l’étain et sur l’oxide d'étain; du fluate d’étain et de
- ses propriétés.............. 3i 290
- De l’action de l’acide fluorique sur le cuivre et l’oxide de cuivre ; du fluate de cuivre et de
- ses propriétés................. 32 294
- De l’action de l’acide fluorique sur l’oxide de cobalt ; du fluate de cobalt et de ses propriétés. 33 295
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- DES ARTICLES.
- De l’action de l’acide fluorique sur l’oxide d’argent; du fluate d’argent et de ses propriétés. De l’action de l’acide fluorique sur le plomb et sur l’oxide de plomb ; du fluate de plomb et
- de ses propriétés............
- De l’action de l’acide fluorique sur le mercure et l’oxide de mercure; du fluate de mercure et de ses propriétés....
- pages numéro
- 33 2g6
- 34 297
- 35 298
- De îaction de l’acide borique
- sur lefluate de chaux........ 37
- Du gaz acide fluo-borique........ 37 299
- 429
- Préparation du gaz acide fluo->
- borique ..................... 38 3oo,
- Des propriétés physiques du gaz fluo-borique ; de l’action puissante de ce gaz sur l’eau hygrométrique de l’air, et sur les matières végétales et animales............................ 3g 3oi
- De la grande solubilité du gaz fluo-borique dans l’eau; manière de l’opérer ; propriétés dont jouit celte dissolution.. 3g 3oa De l’action de l’acide fluo-borique sur les bases salifiables et
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- TABLE
- 4$d
- particulièrement sur l’ammoniaque ; propriétés qu’a le fluo-borate d’ammoniaque de donner de l’acide borique par la
- calcination.................. 42 3o3—3o4
- De l’action de l’acide fluo-bori-que , soit à l’état de gaz , soit en dissolution dans l’eau, sur les métaux les plus oxidables. 44 3o5 Combustion vive du potassium dans le gaz fluo-borique; pro-
- * duits qui en résultent..... 4^ 3o6—3o8
- Combustion vive du sodium dans le gaz acide fluo-borique ; produits qui en résultent....... 5o 3og
- Le phosphate acide de chaux vi-treqx ne décompose point à la plus haute température le fluate de chaux pur, et décompose au contraire le fluate de chaux siliceux, à la chaleur
- rouge obscure................ 5i 3io
- Tentatives faites pour combiner l’acide fluorique avec l’oxi-gène, et avec les bases terreuses autres que la silice... 5a 3l t Etat sous lequel on doit employer l’acide fluorique , lorsqu’on veut en étudier l’action sur
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- Des AutiCLES.
- les divers corps : nécessité où l’on est de l’employer combiné avec la silice pour en tenter
- la décomposition......... 53 3ia
- Combustion du potassium dans le gaz acide fluorique silice ; produits qui en résultent....... 55 313—3ao
- Combustion du sodium dans le gaz acide fluorique silice ; produits
- qui en résultent............ 63 3ai—5a5
- Note sur les recherches qui ont été faites dans la vue de décomposer l’acide fluorique...... 65
- De l’existence de l'eau dans
- .................... 75
- De la propriété qu’a le gaz fluo-borique de démontrer sûrement la présence de l’eau hygrométrique dans les gaz.... y3 324 Des substances qui peuvent enlever l’eau hygrométrique aux
- gaz......................... 76 3a4
- Expériences qui prouvent que tous les gaz peuvent con tenir de l’eau hygrométrique, excepté le gaz muriatique et le gaz fluo-borique , probablement le gaz fluorique silice et peut-être le
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- 4 5 2
- TABLE
- piges numéros
- gaz ammoniac, et, qu’aucun ne peut contenir d’eau en combinaison intime, excepté le gaz
- acide muriatique.......... 77 ^25—^27
- De la nature et des propriétés DE l’acide MURIATIQUE ET DE l’acide MURIATIQUE OXIGÉNÉ.....................93
- Expériences faites pour savoir si l’eau est essentielle à la nature
- de l'acide muriatique. ....
- L’acide borique fondu ne décompose point le muriate d’argent sans l’intermède de l’eau , et le décompose au contraire au
- moyen de l’eau.............
- Le charbon fortement calciné ne décompose point le muriate d’argent sans l’intermède de l’eau, et le décompose au contraire au moyen de l’eau.... Le phosphore réduit le muriate de mercure sans qu’il y ait dégagement de gaz acide muriatique.........................
- De la propriété qu’a le gaz muriatique oxigéné de. ne point être décomposé par le charbon
- 94
- 94 329
- 95 33o—331
- 98 33a
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-
- DES ARTICLES.
- 433
- fortement calciné et de l’être au contraire par le charbon
- ordinaire................... 98 353
- Conséquences qu’on tire des expériences précédentes...... 101 534
- De la propriété qu’ont l’acide borique et le phosphate acide de chaux vitreux de ne pouvoir décomposer les muriates de barite, de strontiane, de soude , et de chaux sans eau, et de les décomposer de suite au
- moyen de l’eau............ io3 335—338
- Expériences qui prouvent que le sable ne décompose point le sel marin à la plus haute température , sans la vapeur d’eau, et qu’il le décompose à la cha-
- leur rouge au moyen de l’eau.
- Avantages que présente cette
- décomposition................. 108 341
- L’alumine et la glucine agissent sur le sel marin comme le
- sable.......................... ni 342
- Plusieurs oxides métalliques sont probablement susceptibles de
- décomposer le sel marin..... lia 343
- Les muriates de potasse, de b abrite , de strontiane, de chaux,
- II. 28
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-
- TABLE
- 4^4
- d’argent, peuvent aussi être décomposés par la silice et l’alumine, à l’aide de l’eau.. lia 344 Les muriates de mercure ne sont point décomposés par le charbon fortement calciné , non plus que par l’acide borique, sans la vapeur d’eau ; ils le sont au contraire par ces deux substances à l’aide de cette vapeur ; ils le sont encore par le charbon hydrogéné seul.... n4 345—34g Expériences propres à déterminer, la quantité d’eauque legaz acide
- muriatique peut contenir.... 118
- De la perte qu’on obtient en combinant le gaz acide muriatique avec l’oxide d’argent. De l’analyse de l’oxide d’argent... 118 35 r—35a De l’action du gaz hydrogène sur le gaz acide muriatique oxi-géné. Il en résulte du gaz acide muriatique sans qu’il se dépose d’eau. Méthode dont on s’est servi pour prendre la pesanteur spécifique , et faire l’analyse du gaz acide muriatique oxigéné, et pour mettre ce gaz acide en contact avec le
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- CES ARTICLES.
- gaz hydrogène. Conséquences qu’on tire de ces expériences 123 553—357 Expériences qui prouvent que le gaz acide muriatique contient de l’acide muriatique réel et dç l’oxigène dans la proportion nécessaire pour transformer les métaux en muriate. Conséquences qu’on tire de ces expériences.................... 129 358—359
- Expériences qui prouvent que le gaz acide muriatique ne peut pas contenir plus du quart de son poids d’eau ou de ses principes.........'.............. i33 36o
- Procédé pour évaluer, jusqu’à un certain point, la quantité d’hydrogène que peuvent contenir les différens charbons calcinés, ainsi que la plombagine. i35 361
- De taction du gaz acide muriatique oxigéné sec, sur divers
- corps....................... i37
- De l’action du gaz acide muriatique oxigéné sur les métaux , sur le soufre et les sulfures , sur le phosphore et les phos-' phures, etc. Produits qui ea
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- 436
- Le gaz acide muriatique oxigéné est décomposé par la chaux, la magnésie, etc. à une haute température; ilse dégage beaucoup d’oxigènc, et il se forme des muriates. Propriétés remarquables de ces muriates.. 140 363—364 De Faction présumée de l’acide muriatique oxigéné sur les
- oxides métalliques........... *45 565
- De la décomposition du gaz acide muriatique oxigéné, par l’eau, à l’aide de la chaleur ;
- manière de la produire...... i44 566
- Delà décomposition du gaz acide muriatique oxigéné, sur les substances contenant l’hydrogène........................... *4^ 367
- Impossibilité où l’on est, jus-
- qu’à présent, d’enlever l’oxi-gène à l’acide muriatique oxigéné , et d’obtenir l'acide muriatique isolé............. i4g 566
- Expériences qui prouvent que l’acide muriatique oxigéné n’a aucune action sur les corps combustibles, qui ne contiennent ni hydrogène ni eau ,
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- DES ARTICLES.
- pourvu qu’ils n’ayent point la propriété de se combiner avec
- l’acide muriatique......... r4g 36g
- Notes relatives aux. recherches faites par M. Davy et par les auteurs, sur les acides muriatique et muriatique oxigéné.. i53 Observation s sur la nature du gaz
- acide muriatique oxigène... x 55
- Expériences tendantes à faire croire que cet acide est un corps simple ; époque à laquelle cette hypothèse a été faite , et par qui elle a été faite ; discussion de cette hypothèse , et de l’hypothèse contraire; conséquences qu’on tire de celte discussion ; réflexions sur la nature du gaz acide muriatique..»......» i55 370—377-
- De la combinaison du phosphore AVEC l’oxIGÈNE ET
- l’acide muriatique......... 176
- Procédé pour obtenir cette combinaison , et propriétés dont
- elle jouit ............... 176 3y8.
- De l’action de l’eau dans la
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- 438
- TABLE
- DÉCOMPOSITION DE PLUSIEU RS CORPS , ET NOTAMMENT DES CARBONATES ET DES NITRATES........................ 180 579
- Considérations sur la manière DONT LA LUMIÈRE AGIT DANS LES PHÉNOMÈNES
- CHIMIQUES.................. l86
- Expériences faites à cet égard par MM. Rumford et Ber-
- tliollet................... 186 58a
- De l’action du gaz hydrogène et du gaz acide muriatique oxi-géné, mêlés et exposés comparativement à la lumière solaire plus ou moins forte, à la lumière diffuse, à l’obscurité , et à une chaleur plus ou moins
- élevée..................... 189 58i—586
- De l’action comparative qu’exercent la lumière et la chaleur sur le gaz acide muriatique oxigéné sans l’eau, et à l’aide
- de l’eau................... 193 387
- De l’action comparative de la lumière et de la chaleur, sur l’acide nitrique et les oxides me-' ' talliques.................... ig/t 388 - 38ï)
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- DES ARTICLES. 43g
- Del’action comparative de la clia-leur et de la lumière , sans l’eau , et à l’aide de l’eau , sur la couleur rose du Carthame, la couleur violette du Cani-pêche , la couleur rouge du Brésil, les couleurs jaunes du Curcumaet de laGaude..... 196 5go—3g t Résumé de toutes les expériences relatives à l’action de la lumière dans les phénomènes chimiques ; conséquences qu’on tire de ces expériences. 201 3ga—3g3 De la quantité d’eau contenue DAJSS LA POTASSE F.T LA SOUDE PRÉPARÉES à l’aL-COOL , ET POUSSÉES AU
- ROUGE. . . . ...........206
- Quantité d’eau admise dans ces alcalis, par MM. Darcet, Ber-
- thollet, Davy............ 206 3g4
- Expériencès qui prouvent que la potasse et la soude , purifiées par l’alcool, et exposées à une chaleur rouge, contiennent, la i*re, 20 pour 100
- d’eau; et la 20, 25......207 5g5—3g3
- Discussion sur la nature du
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- 440
- TABLE
- pages numéros-
- POTASSIUM ET DU SODIUM.. . 2l5 Exposé de l’hypothèse dans laquelle on regarde le potassium et le sodium comme des hy-drures, et de celle dans laquelle on les regarde comme des corps simples. Motifs qui doivent faire examiner comparativement ces deux hypothèses ...............................ai5 3gg—4°i
- Discussion de l’hypothèse des hy drures...........................
- 218
- Faits qu’on peut citer en faveur de l'hypothèse, des hydrures ;
- examen de ces faits......218 4°2—^10
- Discussion de l’hypothèse où l’on considère le potassium et le sodium comme des corps simples. 2.Z7 Faits qu’on peut citer en faveur de cette hypothèse; examen de ces faits................237 4*1—4*9
- Tableau des faits admis par mous , et contestés par M. Davy..................
- 2-58 420
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- DES ARTICLES.
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- QUATRIÈME PARTIE.
- Méthode pour déterminer la proportion des principes qui constituent les substances végétales et animales, et application de cette méthode à Vanalyse d’un grand nombre de ces substances.
- Aperçu de la méthode que l’on a employée jusqu’à présent pour tenter ces sortes d’analyses................... 265 421
- Description détaillée de la nouvelle méthode , à l’aide de laquelle on peut faire toutes ces analyses-exactement ; appareil et précautions qu’il est néces-
- saire d’employer à cet effet.. 267 422—-429
- Analyse du sucre...............288 431
- Analyse de la gomme arabique.. 28g 43a
- Analyse de l’amidon............291 435
- Analyse du sucre de lait.......292 434
- Analyse du chêne.............. 294 435
- Analyse du hêtre...............2g5 436
- Analyse de l’acide muqueux... 297 437 Analyse de l’acide oxalique.... 299 438 Analyse de l’acide tartareux.... 502 439 Analyse de l’acide citrique.. 3o5 44°
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- 4 t2 . / TABLE'
- pages numéral
- Analyse de l’acide acétique.... 5o8 4^1 Analyse de la résine de térébenthine......................... 3n 4^2
- Analyse du copal..............3i4 445
- Analyse de la cire............5i6 444
- Analyse de l’huile d’olive....319 445
- Loix auxquelles la composition
- végétale est soumise.......3a 1 44®
- Précautions que l’on doit prendre pour éviter la formation de l’acide nitrique , et ne commettre aucune erreur dans l’analyse des matières anima-
- les .......................... 322 447
- Analyse de la fibrine.......... 3a8 448
- Analyse de l’albumine.........531 449
- Analyse de la matière caséeuse.. 332 4^0
- Analyse de la gélatine......... 334 451
- Lois auxquelles il est probable que la composition animale est soumise-.................. 337 4^2
- Tableau contenant la proportion des principes de quinze substances végétales, et des quatre substances animales les
- plus communes........... 339 453
- Conséquences qui résultent des analyses végétales et animales précédentes................ 342 454
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- ,BES ^HTICLES. ' '4^3
- Rapport fait à la classe des Sciences mathématiques et physiques de T Institut, par M. Berthollet, au nom de la cornu mission composée de MM. Laplace 3 MongefChaptal, 3aüy et Berthollet. 351
- FIN DE LA TABLE BU SECOND VOLUME.
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- ERRATA.
- Page Aligne 6 silice, lisez silice.
- 10 il et d’y faire, lisez et y faire. -25 >4 et qui calcinés seuls, supprim.seuls.
- 39 10 ammoniaque, lisez ammoniac.
- 4i 17 bouchon, lisez flacon.
- 56 4 acide fluor, absorbé 78, lisez 84.
- ib. 9 acide fluor, absorbé 80, lisez 85,5.
- 79 9 commerce étendu, lisez commerce,
- étendu.
- 98 16 au lieu de (278), lisez (3y8).
- lo5 18 au lieu de (278), lisez (378).
- *47 9 au lieu de (347), lisez (357).
- 157 4 au lieu de (237), lisez (327).
- 176 i5 avons, lisez avons eu.
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