Leçons de chimie élémentaire appliquée aux arts industriels
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- LEÇONS
- CHIMIE ÉLÉMENTAIRE.
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- LEÇONS
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- CHIMIE ÉLÉMENTAIRE
- APPLIQUÉE
- AUX ARTS INDUSTRIELS
- PAU
- M. J. GIRARDIN,
- Doyen et professeur de chimie de la Faculté des sciences de Lille,
- Membre correspondant de l’Institut impérial de France,
- Officier de la Légion d’honneur,
- Commandeur de l’Ordre impérial du Lion et du Soleil de Perse, etc.
- « La science ne devienl tout à fait utile « qu’en devenant vulgaire. »
- QUATRIÈME ÉDITION
- entièrement refondue,
- AVEC FIGURES ET ÉCHANTILLONS DE TEINTURES ET D’INDIENNES
- INTERCALÉS DANS LE TEXTE.
- BIBLIOTHÈQUE)
- CHIMIE ORGANIQUE
- PARIS
- «
- VICTOR MASSON ET FILS
- PLACE DE L’ÉCOLE DE MÉDECINE.
- 1861.
- Droits de traduction réservés.
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- LEÇONS
- CHIMIE ÉLÉMENTAIRE
- CHIMIE ORGANIQUE
- TRENTE-UNIÈME LEÇON
- NOTIONS GÉNÉRALES
- A
- Sommaire. — Forces qui régissent les êtres vivants. — Différences, sous le rapport de la composition, entre les substances végétales et animales et les matières minérales. — Des moyens de reconnaître la nature des composés organiques. — De 1’Analyse élémentaire. — Division du cours.
- Dans la première partie de ce cours, Messieurs, j’ai parcouru avec vous le domaine de la Chimie minérale, c’est-à-dire de cette partie de la science qui traite spécialement des substances inorganiques, que nous trouvons à la surface ou dans les entrailles de la terre, ou que nous parvenons à créer de toutes pièces dans nos opérations de laboratoire ou de fabrique.
- Nous avons passé en revue la série des Corts simples ou des Éléments qui, au nombre de 62, concourent à former tous les composés delà nature et des arts ;
- Nous avons appris à distinguer tous ces corps, à les isoler dans leur état de pureté, à les approprier à tous nos besoins, à toutes les nééessités du commerce et de l’industrie manufacturière ;
- Nous avons reconnu les phénomènes principaux qui résultent de leurs réactions mutuelles et constaté les lois peu nombreuses et bien simples qui président à leur groupement ou mieux à leur combinaison.
- h.
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- 2 TRENTE-UNIÈME LEÇON.
- Mais les matières minérales ne sont pas les seules sur lesquelles le chimiste porte ses investigations. A côté de ces métaux, de ces oxydes, de ces acides, de ces sels, de ces gaz, qui donnent à l’homme civilisé de si puissants moyens d’action, il y a des plantes, il y a des animaux dont la vie n’est due qu’à une succession de phénomènes chimiques qui s’accomplissent avec une régularité, une constance bien dignes d’attention ; il y a des produits particuliers, formés dans les organes de ces êtres, et qui possèdent des propriétés toutes spéciales dont rintelligence humaine a su tirer un merveilleux parti.
- Parmi ces produits, en effet, les uns sont des aliments bienfaisants, d’autres des médicaments, et quelques-uns des poisons; d’autres, enfin, sont des agents ou des auxiliaires de ces arts économiques et industriels qui ont pour but de satisfaire à nos besoins journaliers et d’accroître la somme de nos jouissances matérielles. Ainsi, c’est avec ces produits que nous obtenons ces boissons fermentées (vin, cidre, bière, eaux-de-vie, etc.) dont l’habitude nous a fait une impérieuse nécessité ; ces huiles, ces graisses, ces essences, ces résines, ces sucres, ces gommes, ces fécules qui nous rendent des services si divers ; ces couleurs admirables dont nous embellissons nos vêtements, qui ne sont, eux-mêmes, que des fibres textiles enlevées aux dépouilles des animaux ou au tissu même des plantes.
- Il y a donc pour le moins, vous l’entrevoyez déjà, Messieurs, autant d’intérêt à étudier ces matières d’origine organique que celles qui appartiennent au règne minéral.
- Nous n’aurons pas à nous préoccuper, toutefois, de l’organisation ou de la structure anatomique des plantes et des animaux, car, à ce point de vue, l’étude des êtres vivants appartient à PHistoire naturelle. Le rôle du chimiste doit se borner à faire connaître la composition o,u la constitution élémentaire de ces êtres, les moyens que l’on peut mettre en usage pour isoler les diverses substances dont ils sont formés; à décrire la nature et les propriétés de ces substances auxquelles on a donné le nom de principes immédiats ; à indiquer les phénomènes chimiques qui se produisent pendant la vie et qui concourent à l’entretenir ; enfin à exposer les changements que ces êtres subissent lorsqu’ils sont rentrés dans le domaine de la matière morte.
- Tel est, en peu de mots, l’objet de la Chimie organique.
- Dans les minéraux, les éléments qui les forment sont soumis à ces deux grandes forces de la nature que nous avons appelées attraction et affinité. Elles régissent également les êtres vivants ; mais ceux-ci obéissent, en outre, à d’autres forces qui leur sont particulières et essentielles.
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- NOTIONS GÉNÉRALES.
- Ainsi, les végétaux, composés d’organes que l’on désigne sous les noms de racines, tiges, feuilles, fleurs, fruits, semences, naissent, vivent et meurent sous l’empire d’une force qui, comme les précédentes, se dérobe complètement à nos recherches. C’est la force vitale ou la puissance d’organisation, dont l’action commence et finit avec la vie.
- Les animaux, pourvus d’appareils ou d’organes plus compliqués, dont les uns sont spécialement destinés à la nutrition, elles autres à la reproduction de l’espèce, Sont soumis, comme les végétaux, à l’influence de la force vitale, qui est la cause des phénomènes physiologiques; mais ils obéissent encore à l’action d’une autre force non moins puissante, la sensibilité, qui leur donne la conscience de leur existence, et préside à tous les actes de l’intelligence.
- Or, ces deux forces, qui agissent sans cesse pendant toute la durée de la vie, influent singulièrement sur la composition des êtres animés, et modifient, d’une manière extrêmement remarquable, les effets des forces chimiques. Les composés minéraux sont, assurément, bien nombreux et bien variés ; mais ce n’est rien en comparaison du nombre et de la variété des composés qui prennent naissance dans les tissus des végétaux et des animaux, sous l’influence des forces organiques.
- On distingue, dans les êtres organisés, deux classes de composés :
- 1. Les composés inorganiques, qu’on trouve également dans le règne minéral, comme les acides sulfurique, phosphorique, etc., la silice, la chaux, la soude, la magnésie, des sels, des chlorures, etc. Ces composés proviennent, manifestement, du sol ou des milieux dans lesquels les êtres vivent et séjournent ; ils entrent, par conséquent, dans le corps de ces êtres, et n’y sont pas produits;
- 2. Les composés organiques, qui ne sont formés que dans les organes des êtres vivants, comme le sucre, les gommes, les huiles, certains acides, les matières colorantes, etc.
- Nous n’avons plus à nous occuper des composés minéraux, puisque leur élude a été faite dans la première partie du cours. Nous ne devons actuellement étudier que les composés organiques.
- Les matières organiques sont formées par la réunion d’un petit nombre d’éléments qui appartiennent à la. nature inorganique ; mais ce qui est remarquable, c’est que quelques-unes seulement des matières simples que nous avons étudiées peuvent devenir principes constituants des êtres organisés et de leurs produits. En eflet, l’oxygène, l’hydrogène, le carbone et l’azote sont à peu près les seuls éléments indispensables à la formation des substances
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- TRENTE-UN IÈME LEÇON.
- organiques. Ce n’est que par exception qu’on y rencontre le soufre, le phosphore, le chlore, l’iode, le fer, le cuivre.
- Mais, tandis qu’un seul corps simple peut constituer à lui seul une substance minérale, il en faut toujours au moins deux, plus fréquemment, trois ou quatre, pour produire une substance organique. Ainsi, les composés plus spécialement propres aux plantes sont formés d’hydrogène et de carbone, ou d’hydrogène, de carbone et d’oxygène; de même que les composés propres aux animaux contiennent, au moins dans le plus grand nombre des cas, quatre éléments, à savoir: l’oxygène, l’hydrogène, le carbone et l’azote.
- Dans les minéraux, le caractère fondamental réside dans la différence de la nature même des éléments qui les constituent ; ainsi les composés du soufre n’ont rien de commun avec ceux du phosphore; ceux du chlore se distinguent nettement de ceux de l’arsenic, et ainsi des autres. Il n’en est plus ainsi pour les substances organiques, puisque toutes ont, à peu de chose près, les mêmes principes élémentaires. C’est seulement dans les proportions de ces principes que résident les différences, et encore nous arrivera-t-il fréquemment de rencontrer des corps contenant les mêmes éléments unis dans des proportions semblables, et formant cependant des substances fort différentes, uniquement parce que le mode de combinaison ou le groupement de leurs atomes élémentaires n’est pas le même. En voici la preuve :
- Les essences de térébenthine et de genièvre sont bien distinctes par leurs propriétés : néanmoins ces deux composés sont constitués de la même manière, à savoir : .
- 20 équivalents de carbone et 16 équivalents d’hydrogène ; aussi la même formule, C20H16, leur est commune !
- Il n’y a aucune ressemblance apparente, quant aux propriétés, entre le bois, la gomme et la fécule ; et cependant, dans ces trois matières pures, on trouve absolument le même mode de composition, à savoir :
- 12 équivalents de carbone et 10 équivalents d’eau,
- si bien qu’on les représente par le même symbole : C,2H10010.
- De même encore le blanc de l’œuf a d’autres caractères que le caillé du lait, et tous deux ne peuvent être confondus avec la fibre musculaire; et pourtant, ce sont les mêmes éléments, dafts les mêmes proportions, qui forment ces trois matières distinctes.
- 11 faut donc, vous devez le comprendre par ces faits curieux, une bien grande habileté de la part des chimistes pour saisir et déterminer les légères variations qui existent entre tous les
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- NOTIONS GÉNÉRALES.
- produits du règne organique, sous le rapport de la nature chimique, et pour découvrir la raison des différences qu’ils présentent à l’observation.
- Quel que soit le mode de combinaison des substances organiques, elles montrent, en général, une grande tendance à se détruire ou à se changer en d’autres composés au nombre desquels se trouvent une partie de ceux que nous avons étudiés dans la chimie minérale.
- « L’arbre le plus robuste finit, au bout de trente-six à quarante ans, par ne laisser que son écorce. Les feuilles, les jeunes pousses, la paille portée sur les champs comme fumier, les fruits savoureux, disparaissent encore plus rapidement ; mais ce sont surtout les parties animales qui éprouvent cette métamorphose dans le temps le plus court ; elles se dissipent dans l’air à l’état de gaz, et finissent par ne laisser que les parties minérales venant de la terre.
- « Ce grand phénomène de dissolution s’accomplit dans les êtres organisés aussitôt que la mort arrête l’action des causes variées sous l’influence desquelles les combinaisons qui les composent s’étaient formées. Les produits de l’économie végétale et animale éprouvent, par l’action de l’air et de l’eau, une série de métamorphoses, dont la dernière a pour résultat la transformation de leur carbone en acide carbonique, de leur hydrogène en eau, de leur azote en ammoniaque, de leur soufre en acide sulfurique.
- « Par l’effet des réactions chimiques qui sont les conséquences de la mort, les éléments des corps organiques reprennent donc la forme primitive sous laquelle ils peuvent servir d’aliment à une nouvelle génération. Les éléments venus de l’air retournent à l’atmosphère ; les éléments fournis par la terre rentrent dans le sol. La mort, la dissolution d’une génération entière devient ainsi la source de la vie d’une génération nouvelle (1). »
- Mais comment les végétaux et les animaux peuvent-ils créer dans l’intérieur de leurs organes, avec le concours de quatre ou cinq principes élémentaires seulement, cette multitude de composés dont la constitution et les propriétés chimiques sont si distinctes? Par quels moyens puisent-ils dans le sol et tirent-ils de l’atmosphère les éléments convenables pour engendrer la fibre ligneuse ou musculaire, les huiles ou les graisses, le sucre, la gomme, l’amidon, etc., composés qui ne diffèrent les uns des autres, je le répète, que par des variations souvent insignifiantes dans les trois, quatre ou cinq éléments qui les constituent essentiellement? Gomment le pavot, la jusquiame, la ciguë, la morelle, tirent-ils leurs poisons du même terrain où le blé, la
- (I) Liebig, 27e lettre sur la chimie, t. II, p. :.
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- TRENTE—UNIÈME LEÇON.
- pomme de terre, le haricot, le pommier ne trouvent que des matériaux salutaires et nourrissants? Ces résultats merveilleux sont dus à cette force mystérieuse, étrangère à la nature morte, que nous nommons vie, force vitale, force assimilattdce. Dieu seul connaît le secret de ces transformations successives par lesquelles passent les éléments inorganiques pour constituer la trame des organes des êtres vivants, aussi bien que les nombreux produits qui s’y accumulent incessamment. Et, comme l’a dit, avec tant de raison, le célèbre Berzelius, tout cela s’opère, non comme un effet du hasard, mais avec une variété admirable, avec une sagesse .extrême.
- « Tout ce qui tient à la nature organique annonce un but sage, et se distingue comme production d’un entendement supérieur... Cependant plus d’une fois une philosophie bornée a prétendu être profonde, en admettant que tout était l’œuvre du hasard... Mais cette philosophie n’a pas compris que ce qu’elle désigne, dans la nature morte, sous le nom de hasard, est une chose physiquement impossible. Tous les effets naissent de causes ou sont produits par des forces ; ces dernières (semblables aux désirs) tendent à se mettre en activité et à se satisfaire, pour arriver à un état de repos qui ne saurait être troublé, et qui ne peut être sujet à quelque chose qui réponde à notre idée du hasard. Nous ne voyons pas comment cette tendance de la matière inorganique à parvenir dans un état de repos et d’indifférence, par le désir de se saturer que possèdent les forces réciproques, sert à la maintenir dans une activité continuelle ; mais nous voyons cette régularité calculée dans le mouvement des mondes. Nos recherches nous conduisent tous les jours à de nouvelles connaissances sur la construction admirable des corps organiques, et il sera toujours plus honorable pour nous d’admirer la sagesse que nous ne pouvons suivre, que de vouloir nous élever, avec une arrogance philosophique, et par des raisonnements chétifs, à une connaissance supposée des choses qui seront probablement à jamais hors de la portée de notre entendement (1). »
- Bien que nous ne puissions pas, dans nos laboratoires, procéder par les mêmes voies qu’emploie la nature, il nous est permis cependant de former artificiellement un certain nombre de produits semblables à ceux qui se trouvent au sein de l’organisme vivant. La reproduction artificielle d’un grand nombre de substances d’origine végétale ou animale est un des plus beaux résultats que les chimistes aient obtenus dans ces dernières années.
- Ainsi, aujourd’hui, comme nous le verrons bientôt, on n’extrait plus Yacide oxalique des feuilles de l’oseille, car le sucre et les fécules peuvent le fournir plus promptement et à meilleur marché.
- Les mêmes matières, soumises à d’autres réactions, donnent
- (1) Berzelius, Traité de chimie, édition française de 1851, t. V, p. iV.
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- NOTIONS GÉNÉRALES. ^
- l’acide puissant que les fourmis sécrètent dans leurs organes.
- En traitant l’amidon, le bois, la paille, les chiffons, par l’acide sulfurique, on fait, à volonté, soit de la gomme, soit du sucre comparable en tout à celui qui existe dans les fruits sucrés.
- Avec le sang, la corne ou la chair, on fabrique les sels désignés sous les noms dccyanures, deprussiate dépotasse, de bleu de Prusse, et avec ceux-ci on obtient Yurée, ce principe de l’urine, dont l’extraction directe exige des opérations longues et repoussantes.
- On convertit la cire en cet acide naturel qui est propre à la graisse du mouton.
- On change le principe cristallisable de l’écorce des saules en cette essence qui se forme naturellement dans les fleurs de la reine-des-prés.
- Avec l’un des produits delà distillation du bois, V esprit-de-bois, on donne naissance à l’huile essentielle des fleurs de gaultheria, plante de la famille des bruyères. •
- On crée indifféremment avec le sucre, suivant le mode de traitement, l’acide du lait, l’acide du beurre, l’acide de la racine de valériane.
- Qui croirait qu’en traitant par des agents appropriés Yacide butyrique, qui donne au beurre rance son odeur détestable; Vhuile volatile de pomme de terre, qu’on élimine avec tant de soin dans la fabrication de l’eau-de-vie de fécule, à cause de son infection; Yhuile de goudron de houille, d’odeur si désagréable, on peut créer des composés nouveaux doués des odeurs les plus suaves, et rappelant les parfums les plus délicats tirés des fleurs? c’est pourtant avec ces matières puantes qu’on fait à volonté Yessence d'ananas, qui sert à aromatiser les rhums et à préparer la limonade agréable que les Anglais désignent sous le nom de Pine-apple-ale !...
- Y essence de poires, de pommes!... Y essence de Cognac avec laquelle, én Allemagne surtout, on donne l’arôme de l’eau-de-vie de Cognac aux eaux-de-vie de mauvaise qualité!... l’essence de myrbane, qui remplace maintenant, à s’y méprendre, l’essence naturelle d’amandes amères, pour aromatiser les savons communs!...
- C’est à l’exposition de Londres, en 1851, qu’a figuré, pour la première fois, celte série de produits curieux qui, des laboratoires des chimistes, ont passé promptement dans les ateliers de l’industrie.
- Il est à remarquer que, dans toutes ces réactions, dont je pourrais multiplier la liste, on transforme des produits organiques peu stables en des produits beaucoup plus stables et qui résistent à une température bien plus élevée que les premiers; en d’autres termes, on rapproche de plus en plus les substances organiques de la nature des substances minérales.
- Le caractère essentiel de la chimie minérale, c’est la stabilité
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- TRENTE—UNIÈME LEÇON.
- des composés. Celui de la chimie organique, c’est la mobilité des éléments des composés. Rien de plus facile, en raison de cette circonstance, que de convertir successivement l’amidon en gomme, la gomme en sucre, le sucre en esprit-de-vin et en acide carbonique, l’esprit-de-vin en éther, l’éther en eau et en hydrogène carboné.
- Eh bien! toutes ces transformations, toutes ces imitations reposent sur cette excessive mobilité des éléments des matières organiques, qui ne leur permet pas de résister à l’action des agents un peu énergiques : l’acide azotique, la potasse, l’acide chromique, le chlore, qui leur enlèvent du carbone et de l’hydrogène, et les changent ainsi en de nouvelles substances moins carbonées et moins hydrogénées. Mais cette môme mobilité met obstacle, d’un autre côté, au pouvoir du chimiste, qui ne sait produire ni les principes du sang, ni la matière cérébrale, ni les autres matières d’une nature aussi complexe ; qui ne peut réunir directement les éléments d’une substance organique de manière à la reproduire avec tous ses caractères primitifs, comme il le pratique si facilement à l’égard des substances minérales.
- Ainsi, quoique le sucre puisse être converti en esprit-de-vin et en acide carbonique, et que ces deux derniers produits représentent bien, par leur somme, la composition du premier, nous ne saurions, dans l’état actuel de la science, faire du sucre avec de l’acide carbonique et de l’esprit-de-vin. Cette impuissance tient uniquement à ce que les procédés synthétiques qu’on pourrait employer pour obtenir une pareille reproduction sont trop énergiques, trop différents de ces réactions calmes et lentes qui s’accomplissent dans l’organisme vivant, et ne peuvent s’effectuer que dans des conditions où la matière organique ne saurait exister. Les moyens nous manquent encore pour imiter, dans nos laboratoires, ce que la nature fait si aisément dans l’intérieur des organes des plantes et des animaux.
- C’est pour avoir ignoré ces faits que Jean-Jacques Rousseau disait devant Rouelle, aux leçons duquel il assistait, qu’il ne croirait à la chimie que lorsqu’on pourrait lui refaire du pain avec les produits de la décomposition de cet aliment par le feu ! Exclamation paradoxale que justifiait très-bien l’état imparfait de la science chimique à cette époque, mais qu’à coup sûr le philosophe genevois ne proférerait plus aujourd’hui, encore bien qu’on n’ait pas obtenu le résultat impossible qu’il réclamait.
- La facile décomposition des matières organiques, les métamorphoses continuelles qu’elles subissent si aisément, rendent leur étude beaucoup plus difficile que celle des substances minérales.
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- NOTIONS GÉNÉRALES.
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- Celles-ci ne sont pas détruites parles réactions chimiques. L’opérateur exercé ne perd aucun des principes sur lesquels portent ses investigations, et il peut toujours contrôler les résultats de ses analyses par la synthèse ; mais il en est tout autrement des composés organiques. Toute réaction un peu énergique est une cause de destruction ou de transformation ; de nouveaux produits sont formés, tout différents de ceux qui préexistaient, et avec lesquels il est impossible de refaire ce qui s’était organisé sous l’influence de la vie.
- Jusqu’ici, Messieurs, j’ai posé comme un principe fondamental que les substances organiques sont essentiellement formées d’oxygène, d’hydrogène, de carbone et d’azote ; que, dans les unes, on ne rencontre le plus souvent que les trois premiers principes, tandis que tous les quatre existent dans les autres. L’expérience va vous démontrer la vérité de ces assertions.
- On a introduit dans une cornue en grès A (fig. 344) une certaine quantité de sucre. On aurait pu y mettre tout aussi bien de l’amidon de blé, de la gomme ou toute autre matière extraite des plantes. Vous voyez que cette cornue, placée daus un fourneau à réverbère, communique avec un
- Fig. 344.
- u e e poreelaine BB posé horizontalement sur un fourneau également a icvei eie,et qu à ce tube sont adaptées une large éprouvette C et une c ocie propre à recueillir les gaz. L’éprouvette est entourée d’un mélange réfrigérant de glace et de sel.
- ;r n ^auffe d abord jusqu’au rouge le tube de porcelaine, puis on e eve la cornue à cette même température. Le sucre l’enfermé dans cl e-ci ne peut supporter ce degré de chaleur sans que ses principes
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- TRENTE—UNIÈME LEÇON.
- élémentaires se dissocient, et, lorsque l’opération a été poussée jusqu’à sa dernière période, on trouve :
- t°Dans la cornue et le tube de porcelaine, du charbon en assez grande quan tité ;
- 2° Dans l’éprouvette, de l’eau, et presque toujours un peu d'huile rousse et fétide, et du vinaigre ou acide acétique ;
- 3° Enfin, dans la cloche à mercure, un gaz qu’une analyse ultérieure peut faire reconnaître pour un mélange, à proportions variables, d’oxyde de carbone, d’hydrogène carboné et d’acide carbonique.
- Si l’on fait passer de nouveau à travers le tube de porcelaine incandescent l’eau, l’huile et l’acide acétique, on peut les convertir définitivement en charbon, en gaz hydrogène carboné et en oxyde de carbone. Ces derniers produits, dans lesquels se transforment la plupart des substances végétales, ne nous représentent que trois éléments : l’oxvgène, l’hydrogène et le carbone. Donc ce sont eux qui constituent uniquement et essentiellement ces mêmes substances.
- Si nous chauffons, d’un autre côté, dans un appareil semblable au précédent, une substance tirée du corps de l’homme, la chair musculaire, par exemple, nous obtiendrons pour résultat :
- Tous les produits que nous a fournis le sucre; et, en outre :
- Des sels ammoniacaux,
- De l’acide prussiqueou cyanhydrique,
- Et du gaz azote.
- Mais, en soumettant tous ces produits à l’action d’une forte température, ils se réduiront, en définitive :
- En charbon ,
- gaz hydrogène carboné,
- — oxyde de carbone ,
- — azote.
- Donc la chair musculaire, ainsi que la majeure partie des substances dites animales, est composée, comme je l’avais avancé, d’oxygène, d'hydrogène, de carbone et d’azofe.
- Cette décomposition par le feu, qu’on appelle distillation sèche, sert non-seulement à montrer la facile désunion des éléments des matières organiques, mais encore la nature de ces éléments, et la grande ressemblance de toutes ces matières sous ce rapport. Dans les produits précédents de la distillation sèche des plantes et des animaux, nous ne trouvons, en effet, que quatre éléments, et toujours les mêmes, à savoir : l’oxygène, l’hydrogène, le carbone et l’azote. Nous pouvons en conclure que ce sont là les éléments or-ganiques par excellence.
- Les anciens chimistes n’avaient que des idées erronées sur la constitution chimique des êtres organisés et de leurs produits. Ils les regardaient comme des composés de feu, de terre, d’air et d’eau. N’employant qu’une méthode analytique très-vicieuse, la
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- NOTIONS GÉNÉRALES.
- simple distillation à la corûue, qu’ils analysassent une plante alimentaire, ou un végétal vénéneux, le froment ou la ciguë, le tilleul ou la jusquiame, ils n’obtenaient jamais pour résultats que du charbon, de l’eau, de l’huile empyreumatique, de l’acide acétique, des gaz et parfois des sels ammoniacaux, et ne pouvaient véritablement acquérir aucune notion utile sur le sujet qu’ils avaient l’intention d’éclaircir. Aussi, bien que l’Académie des Sciences ait consacré, depuis la fin du dix-septième siècle jusqu’à la moitié du dix-huitième, tous ses soins à l’analyse par le feu, de plus de trois mille plantes, la science n’a retiré aucun profit de tant d’expériences longues et dispendieuses.
- Ces tentatives infructueuses avaient discrédité l’analyse végétale par le feu ; un découragement complet s’élait emparé des chimistes : la chimie organique semblait abandonnée, lorsque Lavoisier, en examinant les produits de la combustion de l’huile et de l’esprit-de-vin, en étudiant avec un égal soin les phénomènes de la fermentation vineuse, ouvrit une carrière nouvelle à cette partie de la science. Faisant l’application de son importante théorie de la combustion à la composition des substances végétales et animales, il les considéra comme des oxydes, dont les uns avaient pour base l’hydrogène et le carbone, elles autres l’hydrogène, le carbone et l’azote. Il vit qu’en brûlant ces substances dans une quantité donnée de gaz oxygène, on pouvait, par l’eau et l’acide carbonique qui se forment, déterminer les principes constituants de la matière soumise à la combustion. Il fit ainsi quelques analyses; et, bien qu’elles n’aient pas atteint l’exactitude à laquelle on est parvenu depuis, elles n’en resteront pas moins des modèles de précision et d’habileté.
- Les élèves de Lavoisier s’empressèrent de continuer l’œuvre de leur illustre maître. Ils reconnurent que l’on peut, par l’action du feu et sous l’influence de l'oxygène, réduire les matières organiques en produits gazeux, dont l’analyse donne avec exactitude la connaissance des principes dont elles sont composées. C’est encore la méthode que l’on suit aujourd’hui, puisque tous les procédés successivement décrits et employés se réduisent à brûler la substance de telle manière que son carbone soit trans-lormé en acide carbonique, son hydrogène en eau, et que l’azote, s’il s’en trouve, se dégage à l’état de liberté. Le poids de 1 acide carbonique indique celui du carbone, le poids de l’eau celui de,l’hydrogène. La proportion d’azote se trouve directement, puisqu’il reste môlé à l’acide carbonique, dont il est facile de le séparer. Quant à l’oxygène, on en détermine la proportion par la différence de poids qui existe entre celui de la substance employée et la somme des poids du carbone, de l’hydrogène et de l’azote réunis.
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- TRENTE—UNIÈME LEÇON.
- Pour brûler complètement la substance organique, plusieurs moyens ont été successivement employés. Lavoisier la brûlait dans des cloches remplies de gaz oxygène, au sein duquel il l’enflammait, soit par un miroir ardent, soit par toute autre voie. Abil-gaard la distillait avec de l’acide sulfurique et du peroxyde de manganèse. Le 15 juin 1810, Gay-Lussac et Thénard posèrent les bases d’une méthode rigoureuse d’analyse, en opérant la combustion au moyen du chlorate de potasse bien pur, et dans un cylindre ou tube de verre disposé de manière à permettre de recueillir les gaz formés pendant la combustion. Vous vous rappelez, sans doute, que le chlorate de potasse se décompose facilement à une douce chaleur, en abandonnant de l’oxygène et en se convertissant en chlorure de potassium fixe. Or, l’oxygène du sel, se trouvant en contact avec les éléments de la substance organique, brûle son hydrogène et son carbone, en produisant de l’eau et de l’acide carbonique, qu’il est très-facile de recueillir sans en perdre aucune trace. — Un peu plus tard, Gay-Lussac s’est servi de l’oxyde noir de cuivre en place du chlorate de potasse, cet oxyde se réduisant avec la plus grande facilité en cuivre métallique et en oxygène. Ce moyen a été généralement adopté comme plus commode et plus exact.
- Rien de plus simple à vous démontrer qu’une substance organique, chauffée en présence d’une quantité suffisante d’oxygène, se transforme complètement en deux ou trois produits volatils: eau, acide carbonique et azote. Il y a dans ce tube de verre A [fîg. 345), placé horizontalement sur un long fourneau, un mélange d’oxyde
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- Fig. 345.
- noir de cuivre et de sucre bien pur. On va élever peu à peu le tube à la température du rouge obscur, et bientôt de l’eau va ruisseler dans le tube B en U, tandis que du gaz acide carbonique va remplir la cloche C, qui termine l’appareil. Il ne restera dans le tube A,
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- Fig. 317.
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- NOTIONS GENERALES.
- après l’opération, que du cuivre métallique pur, reconnaissable à sa couleur rouge.
- Cet appareil, légèrement modifié, est celui qui sert aujourd’hui à^a combustion de la substance que l’on veut analyser. Voici, en efltt,
- "Tn choilitun tube de verre vert, très-peu fusible (fig. 34(5), long de
- 50 centimètres envi- _ ___________
- ron et d’un diamètre » ~ : élTL— ~~------- ™------
- intérieur de 10 à 12
- millimètres. 11 est ou- pig_ 340.
- vert à l’un de ses A
- bouts et terminé à l’autre par une pointe tirée suivant 1 axe meme du
- tube. o ,,
- On l’entoure d’une envel°PPe de clinquant [fig. 34 /), pour éviter sa de-
- formation pendant qu’il sera soumis à l’incandescence.
- Ce tube ayant été bien desséché, on y introduit de l’oxyde de cuivre sec et
- chaud en poudre fine, dans une longueur de 4 à 5 centimètres, puis, pardessus, la matière que l’on veut analyser, après l’avoir mélangée intimement avec 25 à 30 fois son poids d’oxyde de cuivre. Le poids de la matière ne doit pas dépasser 1 gramme. On a soin de la prendre à son plus grand état StL
- de pureté, et privée des plus légères traces d’eau hvgroscopi-que. On obtient ce dernier résultat, en la maintenant pendant un temps suffisant dans le vide sec au-dessus d’un bain d’acide sulfurique concentré. La figure 348 montre la petite capsule a dans laquelle est la matière à dessécher; b estunelarge capsule en cristal à moitié pleine d’acide sulfurique; c est la grande cloche où l’on fait le vide; elle repose sur le plateau d de la machine pneumatique.
- Le mélange de la matièresèchc avec l’oxyde de cuivre doit occu-
- Fig. 348.
- per dans le tube une longueur de 5 à 6 centimètres environ. On achève de le remplir, à 3 centimètres près, avec de l’oxyde de cuivre pur, entremêlé seulement de quelques planures de cuivre oxydées à la surface.
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- 14 TRENTE—UNIÈME LEÇON.
- On le ferme avec un bon bouchon et on le place sur un fourneau long
- Fig. 349.
- en forte tôle, percé de jours à son fond, et élevé sur des supports largement espacés (fig. 349b
- C’est alors qu’on adapte au tube, au moyen d’un bouchon bien sec, l’appareil qui doit condenser l’eau. C’est un tube en U (fig. 350) dont les deux branches sont remplies de petits fragments de pierre ponce imbibés d’acide sulfurique concentré. Ce tube ainsi garni est taré à l’avance.
- Au moyen d’un tube en caoutchouc vulcanisé, on relie le tube à ponce avec un appareil condenseur pour l’acide carbonique. Cet appareil, imaginé par M. Liebig, consiste (fig. 351) en un tube qui porte cinq renflements ou boules d’inégales grosseurs, non entièrement remplies d’une dissolution de potasse caustique marquant 35 à 40° de l’aréomètre de Baumé. A son extrémité libre, il porte, au moyen d’un bouchon, un petit tube d’aspiration, à deux branches, dont la plus large contient des fragments de potasse caustique solide, afin de retenir les bulles d’acide carbonique qui traversent la solution alcaline quand la combustion marche trop vite. Le condenseur de Liebig, avec son tube d’aspiration dont la branche la plus étroite reste constamment ouverte, est taré avec soin.
- La figure 352 représente l’appareil à combustion, complet et tout monté. Les choses étant ainsi préparées, on chauffe graduellement le tube jusqu’à le faire rougir, en commençant d’abord par la partie antérieure. La matière brûle au moyen de l’oxygène de l’oxyde de cuivre, et se convertit totalement en eau et en gaz acide carbonique. Les deux gaz passent à travers le tube à ponce sulfurique, qui absorbe toute l’eau, et l’acide carbonique vient se dissoudre dans la solution de potasse du condenseur
- Fig. 350.
- Fig. 351.
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- NOTIONS GÉNÉRALES.
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- sans qu’aucune bulle se dégage au dehors de l’appareil. Quand le tube à combustion est entouré de charbon dans toute sa longueur, et que e dégagement de l’acide carbonique s’arrête tout à coup, toute la matieie est détruite. On casse alors la pointe effilée du tube, et on aspire pen-
- Fig. 352.
- dant quelques secondes avec la pipette. De cette manière, l’air extérieur rentre dans le tube à combustion et chasse devant lui l’eau et l'acide carbonique qui pouvaient rester dans son intérieur; la première est retenue par la ponce, le second par la potasse, et l’air sort par la pipette d’aspiration.
- L’opération est terminée en moins d’une heure. Il ne reste plus alors qu’à peser de nouveau le tube à ponce et le condenseur, qui avaient été tarés à l’avance. L’augmentation de poids du premier donne exactement la quantité d’eau qui s’est formée, et l’augmentation du dernier la proportion de l’acide carbonique qui a été absorbé. Or, la composition de l’eau et celle de l’acide carbonique étant connues (on sait que 100 d’eau contiennent 11,12 d’hydrogène, et que 100 d’acide carbonique renferment 27,27 de carbone), il est facile, au moyen d’une simple règle de proportion, d’en déduire les quantités d’hydrogène et de carbone qu’ils représentent, et qui existaient primitivement dans le poids de la matière qui a été soumise à l’analyse.
- Une fois qu’on a déterminé ces deux choses, il est bien aisé de trouver la composition centésimale de la matière. Je vais prendre, pour exemple, l’acide de vinaigre ou acide acétique, afin de vous faire comprendre comment on opère.
- Supposons que nous ayons soumis à l’analyse de l’acide acétique le plus pur et le plus concentré possible, et que 0gr,500 nous aient donné :
- 0,734 d’acide carbonique et 0,300 d’eau.
- Pour trouver les poids de carbone et d’hydrogène que ces quantités d acide carbonique et d’eau représentent, on établit les proportions suivantes :
- 100 : 27,27 (carbone contenu dans 100 d’acide carbonique) :: 0,734 : x
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- 27,27 X 0,734 100
- 0,200 de carbone.
- 100 : 11,12 (hydrogène contenu dans 100 d’eau) :: 0,300 : cc x = 0,033 d’hydrogène.
- 0,200 de carbone -f- 0,033 d'hydrogène = 0,233.
- Ces 0,233 étant retranchés de 0,500, poids de la matière employée : 0,500 — 0,233 = 0,267, qui représentent l’oxygène de la matière. De sorte que 0,500 d’acide acétique contiennent :
- Carbone............. 0,200
- Hydrogène............. 0,033
- Oxygène............... 0,267
- 0,500
- Maintenant pour représenter la composition de l’acide acétique en 100 parties, puisque c’est toujours sous ce poids qu’on compare la composition des différents composés, on établit les proportions suivantes :
- 0,200 X 100
- 100 : 0,500 :: x : 0,200 =----------= 40,00 carbone,
- 0,500
- 0,033 X 100 , , ,
- 100 : 0,500 :: x : 0,033 = ---—-----= 6,66 hydrogène,
- 0,500
- 0,267 X 100
- 100 : 0,500 :: x : 0,267 = ———------= 53,34 oxygène,
- 0,500
- 100,00 acide acétique.
- Lorsque la matière à analyser renferme de l’azote, on divise l’analyse en deux opérations distinctes. Dans la première, on dose l’hydrogène et le carbone, ainsi que je viens de le dire. Dans la dernière, on reçoit l’azote en volume à l’état de gaz élémentaire. Voici comment on agit : dans le
- Fig. 353.
- tube à combustion [fig. 353), on met d’abord une petite couche de bicarbonate de soude, puis une couche d’oxyde de cuivre pur, ensuite le mé-
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- NOTIONS GÉNÉRALES.
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- lange de la substance avec l’oxyde de cuivre, une dernière couche d’oxyde pur, et on achève de remplir le tube avec de la tournure de cuivre métallique. Le tube communique avec un condenseur à boules contenant une solution concentrée de potasse caustique, et celui-ci est adapté à un tube recourbé dont l’extrémité plonge sous une cloche placée sur la cuve à mercure.
- L’appareil étant ainsi disposé, on chauffe d’abord la partie extrême du tube à combustion qui renferme le bicarbonate de soude. 11 se dégage du gaz acide carbonique qui chasse l’air contenu dans l’appareil et le remplace ; on arrête la décomposition du sel lorsqu’il ne se dégage plus d’air dans la cloche. On retire alors celle-ci, et on lui substitue une autre cloche graduée, pleine de mercure. On procède dès ce moment à la combustion de la matière, comme je l’ai dit précédemment. L’eau et l’acide carbonique, provenant de cette matière, restent dans le condenseur à boules, et le gaz azote se rend seul sous la cloche à mercure. Lorsque la combustion est terminée, ce qu’on reconnaît à la cessation du dégagement du gaz, le tube étant rouge de feu dans toute son étendue, on chauffe l’extrémité où se trouve encore du bicarbonate de soude, afin de mettre en liberté une grande quantité d'acide carbonique, qui balaie tout le tube et fait ainsi arriver dans la cloche les derniers restes de l’azote. On a maintenant dans celle-ci tout l’azote contenu primitivement dans la matière. On en mesure le volume, en tenant note de la température et de la pression atmosphérique, puis on convertit le volume en poids, au moyen d’une règle de proportion, d’après ce fait que 1,000 centimètres cubes ou un litre de gaz azote sec, à la température de 0° et à la pression de 0m,76 centimètres, pèsent isr,256.
- Mais il est un autre procédé que l’on suit plus généralement aujourd’hui, et qui consiste à transformer l’azote de la matière analysée en ammoniaque. Ce procédé, plus simple et plus expéditif, a été proposé, dès 1841, par deux chimistes allemands, MM. Will et Warrentrapp.
- il est fondé sur ce fait qu’en chauffant au rouge une matière azotée avec un mélange de soude et de chaux caustiques tout l’azote de la matière se dégage à l’état d’ammoniaque qu’il est facile de recueillir dans une dissolution d’acide chlorhydrique. Le chlorhydrate d’ammoniaque obtenu, on le précipite par le chloride de platine. Le poids du chlorure double de platine et d’ammoniaque (chloroplatinate d’ammoniaque) donne le poids de l’azote, parce qu’on sait qu’un gramme de ce sel sec représente 0^,06349 d’azote.
- Ce procédé a été simplifié en 1846 par M. Bineau, et en 1847 par M. Péligot. Nous allons le décrire tel qu’il est maintenant pratiqué dans les laboratoires.
- La chaux sodée, qui sert à décomposer la matière organique, se prépare en éteignant, de la chaux vive avec une lessive de soude d’une concentration connue, de telle manière que les rapports en poids des deux bases solides soient entre eux comme les nombres 2 (chaux anhydre) et 1 (hydrate de soude) ; on calcine le mélange au rouge dans un creuset ; on le réduit ensuite en poudre fine et on le conserve dans un bocal à large ouverture et qui ferme bien.
- La combustion de la matière azotée s’effectue dans un tube de verre {fig. 354) vert un peu moins long que celui qu’on emploie dans l’analyse U.
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- TRENTE-UNIÈME LEÇON.
- d’une matière végétale. On y introduit d’abord 1 gramme d’acide oxalique cristallisé ou mieux d’oxalate de chaux, puis de la chaux sodée dans une
- Fig. 354.
- longueur de 3 à 4 centimètres ; on ajoute par-dessus la matière azotée intimement mélangée à l’avance avec 13 à 20 fois son poids de chaux sodée, on achève de remplir le tube jusqu’à quelques centimètres de son ouverture avec de la chaux sodée en petits grains, enfin on remplit d’amiante l’espace compris entre cette chaux et le bouchon. On entoure ensuite le tube de clinquant, et on le place dans la grille à combustion.
- Pour condenser l’ammoniaque qui doit sortir du tube, on adapte à celui-ci un condenseur à trois boules, contenant 10 centimètres cubes d’acide sulfurique faible titré. On opère la décomposition de la matière azotée comme à l’ordinaire. L’ammoniaque produite, qui arrive dans le condenseur, se dissout dans l’acide sulfurique et affaiblit son titre. Quand le mélange de la chaux sodée et de la matière organique est devenu blanc, on chauffe l’extrémité du tube; l’acide oxalique, en présence du mélange alcalin rouge de feu, se décompose en donnant de l’acide carbonique, qui est retenu par la soude, et de l’hydrogène pur qui balaie l’appareil et n’y laisse aucune trace d’ammoniaque. En essayant d’enflammer le gaz qui sort à la fin de l’opération, on constate que celle-ci est terminée.
- L’acide sulfurique titré de M. Péligot se prépare avec 61gr,230 d’acide sulfurique pur et une quantité d’eau suffisante pour former le volume d’un litre. 100 centimètres cubes de cette liqueur contiennent donc 6gr,1230 d’acide pur qui peuvent saturer 2rg,i2 d’am-3 moniaque, et qui équivalent, par conséquent, à lgr,73 d’azote. Les 10 centimètres cubes de liqueur titrée, qu’on a introduits dans le condenseur, renferment donc 0gr,6125 d’acide réel, qui peuvent absorber 0gr,212 d’ammoniaque correspondant à 0gr,175 d’azote.
- Comme la quantité de matière azotée, soumise à la combustion, dépasse rarement 4 décigrammes, et ne peut fournir assez d’ammoniaque pour neutraliser complètement les 10 cent, cubes d’acide titré du condenseur, on recherche, après la combustion, quelle est la proportion d’acide qui reste libre. Pour cela, on vide dans un verre à pied le liquide du condenseur, on lave bien ce dernier avec de l’eau qu’on ajoute au liquide primitif, on lui donne une légère teinte rouge avec le tournesol, et on y fait tomber goutte à goutte une liqueur alcaline jusqu’à ce que la neutralité soit effectuée. ng.ôjo- Cette liqueur, qu’on a placée dans une burette graduée (fîg- 335) en cent, cubes et en dixièmes de cent, cubes, est du saccharate de ' chaux, c’est-à-dire une dissolutionde chaux caustique dans de l’eau sucrée.
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- NOTIONS GÉNÉRALES.
- Comme avant d’employer les fO (cent. cubes d’acide titré, on a eu soin de s’assurer du nombre de cent, cubes de saccharate quils exigeaient pour leur neutralisation, et comme, après la combustion, on reconnaît qu’ils en exigent beaucoup moins, puisqu’une partie de l’acide a etc convertie en sulfate d’ammoniaque qui n’absorbe aucune trace de saccharate, il est évident que la différence qui existe dans ces nombres fait connaître la quantité d’ammoniaque sortie du tube, et par suite celle de l’azote qu’elle représente.
- Si, par exemple, les 10cc d’acide titré exigeaient, avant la combustion, 33,5 divisions de saccharate de chaux
- et qu’après la combustion, ils n’en demandent plus que 8,2 divisions, il est clair que la différence
- 33,5 — 8,2 = 25,3
- représente la quantité d’acide qui a été saturée par l’ammoniaque provenant de la matière azotée.
- Mais puisque 33,5 divisions de saccharate représentent 0gr,G125 d’acide réel, qui correspondent à 0gr,2t2 d'ammoniaque ou àOgr,175 d’azote,
- 25,3 divisions représenteront Ogr,46257 d’acide pur, correspondant à 0gr,160i d’ammoniaque ou à 0gr,1321 d’azote.
- Si donc l’on divise ce dernier nombre par le poids de la matière azotée employée, on connaîtra la proportion exacte d’azote que cette même matière renferme. Dans l’exemple que j’ai choisi, on a opéré sur 0gr,417 de matière; par conséquent.
- 0,132i
- ------= 3,167 d azote pour 100.
- 0,417 r
- Déterminer, ainsi que je viens de l’expliquer, la nature et les proportions des éléments d’un composé organique, c’est en faire ce qu’on appelle Y analyse ultime ou élémentaire. Pour obtenir des résultats exacts, il est indispensable, comme vous le pensez bien, Messieurs, de s’astreindre à une foule de précautions et de soins qu’il serait trop long de vous indiquer. Ce que j’ai dit suffit, et au delà, pour vous faire bien comprendre les procédés aussi élégants qu’ingénieux que les chimistes de nos jours possèdent pour pénétrer dans la constitution intime des corps, et constater les différences de composition qui existent entre les nombreux produits tirés des végétaux et des animaux. Ces procédés, dont le perfectionnement appartient surtout à MM. Dumas et Liebig, sont tellement commodes, que l’analyse d’une substance organique est, aujourd’hui, plus facile et plus sûre que celle d’une argile ou d’une terre arable. On peut dire, sans exagération, que ce n’est qu’à partir de l’époque où l’on a commencé à faire usage des pro-
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- TRENTE-ÜNIÈME LEÇON.
- cédés de l’analyse élémentaire, que la chimie organique a pris une marche régulière, progressive et philosophique.
- Après ces considérations générales dans l’exposition desquelles j’ai cru devoir me restreindre au petit nombre de faits que je viens d’indiquer, il est nécessaire de tracer la marche que nous suivrons pour l’étude des nombreuses matières qui sont du domaine de la chimie organique.
- Cette marche sera peu compliquée et nous permettra, comme dans l’étude des substances minérales, de passer du simple au composé, du connu à l’inconnu.
- Les organes des végétaux, les tissus des animaux, sont d’une nature très-complexe; ils sont formés par la réunion de certaines matières très-différentes les unes des autres, tant par leur composition élémentaire que par leurs propriétés. On a donné à ces substances les noms de produits et de principes immédiats. Il est rationnel d’examiner d’abord isolément chacune de ces matières, avant de rechercher les caractères chimiques et la composition des organes qui les contiennent.
- Ceux-ci étant une fois connus dans leur essence, nous pourrons nous occuper avec succès des fonctions qu’ils remplissent pendant la vie des êtres, en tant que ces fonctions présentent des sujets d’étude pour le chimiste; puis, naturellement, nous envisagerons les phénomènes chimiques qui se développent chez ces êtres, une fois qu’ils sont soustraits à l’influence de la vie.
- Nous pouvons donc établir les quatre grandes divisions suivantes dans la chimie organique :
- 1. Étude des produits et des principes immédiats ;
- 2. Composition et propriétés chimiques des organes;
- 3. Histoire chimique des fonctions des organes pendant la vie ;
- 4. Phénomènes chimiques qui apparaissent dans les organes
- APRÈS LA CESSATION DE LA VIE.
- Cette classification méthodique présente un enchaînement naturel d’idées qui doit contribuer, si je ne me fais pas illusion, à rendre plus facile, moins longue et plus attrayante, l’étude de la chimie organique.
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- ÉTUDE DES PRINCIPES IMMÉDIATS.
- A f
- TRENTE-DEUXIÈME LEÇON.
- PREMIÈRE DIVISION.
- ÉTUDE DES PRODUITS ET DES PRINCIPES IMMÉDIATS.
- Sommaire. — Définitions. — Caractères à l’aide desquels on distingue une matière organique d’une matière minérale. — Classification des principes immédiats. Principes immédiats acides. — Des acides contenus dans les plantes et les animaux. — Caractères génériques de cette classe de principes. — De leur composition chimique. — Étude spéciale des acides organiques les plus employés. — De 1’acide oxalique et du sel d’oseille. —De Yoxalate d’ammoniaque et de 1 ’oxamide.
- Les chimistes donnent le nom de principes immédiats à des substances particulières, formées dans les organes des êtres vivants, sous l’influence des forces vitales, que l’on peut isoler les unes des autres par des procédés incapables de les altérer, et qui, lorsqu’elles sont pures, ont un mode de composition et des propriétés qui distinguent chacune d’elles de toutes les autres.
- Voici un citron que je presse ; il en sort un liquide acide que je ne puis confondre avec les autres acides du règne minéral ; je l’appelle, pour le distinguer, acide citrique : c’est un principe immédiat.
- Vous savez tous qu’on extrait un principe sucré de la betterave; ce sucre, analogue à celui que l’on retire de la canne, est encore un principe immédiat.
- Voici des bois que le teinturier emploie avec avantage pour la coloration des tissus ; l’un est jaune, l’autre est rouge; le premier est le bois jaune des teinturiers, le second est le fernambouc ou bois de Brésil; ils doivent leurs propriétés tinctoriales à des matières jaunes et rouges qu’on peut isoler et obtenir parfaitement pures. Eh bien ! ces matières colorantes sont pour le chimiste des principes immédiats.
- Par une extension peut-être mal fondée, on donne aussi ce nom aux composés définis qui sont créés de toutes pièces dans les laboratoires par suite de réactions ou de transformations qu’on fait subir aux matières organiques ; ainsi Yacide du camphre, Yesprit-de-bois, Y esprit-de-vin, Y éther, etc., sont considérés comme des principes immédiats.
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- TRENTE—DEUXIÈME LEÇON.
- En tout cas, ces principes, naturels ou artificiels, ne sont purs et définis, que lorsqu’ils jouissent de la propriété de cristalliser régulièrement ou de former des combinaisons cristallisables, aussi bien que lorsqu’ils possèdent la faculté de se volatiliser à un terme fixe. Quand un composé organique n’est doué d’aucun de ces caractères essentiels, il est probable que c’est un simple mélange de divers corps.
- On appelle spécialement produits immédiats les mélanges de deux ou d’un plus grand nombre de principes immédiats, qui se trouvent également tout formés dans les organes des êtres vivants, mais dont les propriétés varient suivant une foule de circonstances, et surtout en raison du nombre et des proportions des principes immédiats qui les composent.
- L’huile qu’on retire de certains végétaux, la graisse, le suif qu’on trouve chez les animaux, sont des produits immédiats, parce qu’on peut aisément, et par des moyens, pourainsi dire mécaniques, en obtenir deux principes immédiats distincts, l’un solide et l’autre liquide.
- La gomme que vous voyez souvent à la surface des branches de nos pommiers, la térébenthine qui découle des troncs de nos pins, sont encore des produits immédiats, parce que la science nous apprend à en retirer plusieurs principes particuliers qui s’y trouvent réunis et confondus.
- Il y a, de plus, certaines matières organiques, qui ne sont véritablement ni des principes, ni des produits immédiats, mais tout simplement des substances organisées ou les matériaux nécesaires des tissus organiques. Tels sont, par exemple, le ligneux, Vamidon, le gluten, le tissu cellulaire des animaux, le blanc de l'œuf, etc.
- Ces matières ont ceci de particulier qu’elles ont une structure spéciale qui leur a été imprimée parles forces organiques, qu’elles ne peuvent revêtir aucune forme cristalline, et qu’elles sont généralement insolubles dans la plupart des véhicules.
- Au point de vue de la composition élémentaire, les composés organiques, à quelque classe qu’ils appartiennent, peuvent être partagés en deux grands groupes, à savoir :
- 1. Les COMPOSÉS NON azotés ;
- 2. Les COMPOSÉS AZOTÉS.
- Ces deux sortes de composés ont pour caractères communs :
- 1° De fournir, par leur calcination en vases clos, de nombreux produits gazeux parmi lesquels il s’en trouve de très-infiamma-bles, des produits huileux ou empvreumatiques, et un résidu charbonneux ;
- 2° De disparaître complètement par leur calcination prolongée
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- ÉTUDE DES PRINCIPES IMMÉDIATS.
- à l’air libre, en donnant naissance à de nouveaux composés volatils, liquides ou gazeux ;
- 3° D’être également détruits par leur calcination avec le chlorate de potasse ou l’oxyde de cuivre, et transformés complètement en eau et en acide carbonique, ou en eau, en acide carbonique et en azote.
- A ces caractères, vous distinguerez toujours, Messieurs, un composé organique d’un composé minéral.
- Mais il sera tout aussi facile d’établir une distinction tranchée entre les principes azotés et ceux qui ne le sont pas. Il suffira de les calciner dans un tube de verre (fig.'336) fermé par un bout et ouvert par l’autre, en plaçant dans l’ouverture supérieure et non chauffée un papier bleu et un papier rouge de tournesol. Le papier bleu rougira avec les principes non azotés, parce que, par leur décomposition par le feu, ils donnent, au nombre de leurs produits, du vinaigre ou acide acétique.
- Le papier rouge prendra, au contraire, une couleur bleue avec les principes azotés, en raison de l’ammoniaque qu’ils fournissent dans les mêmes circonstances.
- Si, maintenant, nous envisageons tous les composés organiques, et notamment les principes immédiats, sous le rapport de leurs propriétés chimiques les plus saillantes, nous pourrons facilement les répartir en plusieurs classes parfaitement tranchées, ce qui nous permettra d’en simplifier l’étude.
- !• Ainsi, les uns ont tous les caractères des acides minéraux ; ils ont une saveur aigre plus ou moins forte, ils rougissent la teinture de tournesol, ils s’unissent aux bases et forment des sels très-caractérisés, entièrement comparables aux sels minéraux. On les appelle donc acides organiques, et leurs noms individuels rappellent généralement leur origine ou leur mode de production. Ainsi, on dit acide citrique pour l’acide du citron, acide tartrique pour l’acide du tartre, acide urique pour l’acide de burine, acide formique pour l’acide des fourmis,.etc.
- -• D’autres principes immédiats ont des caractères analogues
- Fig. 356,
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- 24 TRENTE-DEUXIÈME LEÇON.
- à ceux de la potasse, de la soude et des autres bases de la première section ; ils verdissent le sirop de violettes, ramènent au bleu le tournesol rougi, et forment des sels en saturant les acides. Ce sont de véritables alcalis, ayant de la solubilité dans l’eau et dans d’autres dissolvants. On les appelle, d’une manière collective, bases salijîables organiques ou alcaloïdes. Ils sont tous azotés, quoiqu’ils proviennent généralement des végétaux.
- Leurs noms individuels sont d’ordinaire tirés de la plante ou du produit végétal qui les contient, et auquel ils donnent leurs propriétés énergiques et vénéneuses ; ces noms ont Une terminaison en ine. Ainsi, l’alcaloïde des strychnos s’appelle strychnine ; celui du tabac ou nicotiane, nicotine ; les alcaloïdes des écorces de quinquina se nomment quinine et cinchonine. (Ce dernier nom vient du nom latin des quinquinas, cinchona.)
- 3. Beaucoup de principes immédiats ont pour caractère distinctif d’offrir une couleur qui peut être fixée sur les tissus, au moyen de procédés particuliers. C’est à eux que les organes des plantes et des animaux doivent les couleurs qui les embellissent ; ce sont des matières colorantes dont les noms particuliers, terminés en ine, dérivent des noms des substances qui les contiennent. Ainsi, on appelle alizarine la matière colorante rouge de l’alizari ou garance; brésiline, celle du bois de Brésil ; orcanettine, celle de la racine d'orcanette ; carminé, celle du carmin ou de la cochenille ; indigotine, celle de l’indigo, etc.
- 4. Enfin, il est beaucoup de principes qui ne sont ni acides, ni alcalins, et qui ne peuvent point servir de matières colorantes. On leur donne le nom générique de principes ou composés neutres ou indifférents. Ce sont les plus abondants dans les organes des êtres vivants ; on en crée aussi un grand nombre dans les laboratoires par suite de réactions chimiques. Leurs noms individuels sont souvent arbitraires, comme les mots sucre, amidon, fécule, alcool, ou dérivés des noms des organes ou matières qui les renferment, comme fibrine, principe composant essentiellement la fibre musculaire des animaux; albumine, d’albumen, nom latin du blanc de l’œuf ; mannite, principe cristallisable de la manne, etc.
- Voici, en résumé, le tableau de la classification des principes immédiats :
- lre Section. Principes immédiats acides.
- 2e Section. Principes immédiats basiques ou alcalins.
- 3e Section. Principes immédiats neutres ou indifférents.
- 4e Section. Principes immédiats colorants.
- Dans les leçons suivantes, j’examinerai en particulier ceux de ces principes qui méritent de fixer votre attention, soit à cause de
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- PRINCIPES IMMÉDIATS ACIDES.
- leurs propriétés remarquables, soit à cause des applications qu’on en sait faire dans l’industrie ou l’économie domestique. Mais, comme il en est plusieurs dont l’étude exige une connaissance parfaite des organes et des substances qui les renferment ou qui servent à leur préparation, je ne vous en parlerai qu’au moment où nous nous occuperons de ces organes et de ces substances.
- PREMIÈRE SECTION.
- Principes immédiats acides.
- Des principes immédiats qui entrent dans la constitution des matières organiques, ceux qui possèdent des propriétés acides sont les plus nombreux et les plus répandus. Ce sont ceux aussi qui, en raison de leurs propriétés si tranchées, ont attiré, tout d’abord, l’attention des chimistes, et sont aujourd'hui le mieux connus.
- Cependant, jusqu’à la moitié du dix-huitième siècle, à peine en distinguait-on doux ou trois. Les travaux de deux chimistes suédois, Bergmann et Schèele, qui commencèrent vers 1776, enrichirent la science de nouvelles espèces, dont la liste s’est rapidement accrue depuis les découvertes des chimistes modernes. Dans l’état actuel de la science, le nombre des acides organiques s’élève à plus de trois cents.
- Parmi ces acides, les uns se trouvent naturellement répartis dans les organes des végétaux et des animaux, tandis que d’autres sont le résultat de certaines réactions sur divers principes immédiats. Des acides naturels, les uns peuvent être produits artiliciel-lement, avec tous les caractères qui les distinguent; les autres n’ont pu l’être, malgré les efforts qu’on a tentés.
- Les acides naturels, tels qu’on les trouve dans les organes des êtres vivants, sont tantôt libres, tantôt combinés avec des bases minérales, potasse, soude, chaux, magnésie, ou avec des alcalis organiques. Ils existent ordinairement à l’état de liberté dans la chair des fruits, dans les feuilles qui tombent tous les ans; ils sont plus rares dans les racines et les graines.
- En général, les acides organiques sont solides, blancs, susceptibles de cristalliser régulièrement. Très-peu ont de l’odeur. Leur saveur et leur action sur la teinture de tournesol sont toujours moins prononcées que celles des acides minéraux.
- 11 en est quelques-uns qui sont tout à fait insolubles dans l’eau, et dès lors ils sont insipides et sans action sur le tournesol.
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- 26 TRENTE-DEUXIÈME LEÇON.
- Soumis à l’action de la chaleur, ils ne se comportent pas tous de la môme manière. Ainsi, il en est. plusieurs qui se volatilisent sans éprouver aucune altération; d’autres, au contraire, sont entièrement fixes et se décomposent complètement, à une chaleur peu élevée, en donnant les mêmes produits que les autres substances organiques ; enfin, quelques-uns sont en partie volatils et en partie décomposables. On en connaît un certain nombre qui, pendant leur décomposition, se transforment en nouveaux acides, qu’on distingue alors par le nom générique d'acides pyrogénés, c’est-à-dire engendrés par le feu. La production de ces acides pyrogénés est soumise à une loi fort remarquable, établie, pour la première fois, par M. Pelouze, et qu’on peut énoncer de la manière suivante ;
- Un acide pyrogéné quelconque, plus une certaine quantité d’eau et d’acide carbonique, ou l’un seulement de ces deux composés binaires, représente toujours la composition de l’acide qui l’a produit.
- Jusque dans ces derniers temps, les acides organiques , à l’exception de quelques-uns, n’étaient pas connus exempts d’eau. En 1853, Gerhardt (1) a fait disparaître cette lacune de la science, en donnant des procédés assez généraux pour qu’il soit possible, à leur
- (1) Gerhardt (Charles-Frédéric), né à Strasbourg, le 21 août 181C, et mort en cette ville en 1S5G, a eu, comme chimiste, une carrière très-courte, mais bien remplie. Il fit ses études au gymnase protestant de sa ville natale, à l’école polytechnique de Carlsruhe et à l’institut de M. Shieber, à Leipzig. A Carlsruhe, le professeur Walchner avait éveillé chez lui le goût de la chimie ; à Leipzig, le professeur Erdmann acheva de fixer sa vocation, et dès ce moment, malgré les désirs de son père qui voulait le mettre à la tête de sa fabrique de produits chimiques, Gerhardt résolut de se livrer exclusivement aux recherches de chimie pure. 11 s’enfuit de la maison paternelle, s’engagea dans un régiment de lanciers, alors en garnison à Haguenau, mais après trois mois de service, il put, grâce à la générosité d’un ami, se libérer et se livrer tout entier à ses études favorites; il courut se perfectionner dans le laboratoire du célèbre Liebig, à Giessen, où pendant dix-huit mois il se montra l’un des élèves les plus ardents et les plus brillants. C’est à la suite de ce noviciat, qu’il vint à Paris, en octobre 1838, où il vécut en donnant des leçons et des consultations de chimie, et en faisant passer dans notre langue tous les ouvrages de M. Liebig. Thénard, en 1844, le fit nommer professeur à la faculté des sciences de Montpellier; mais, après quelques années de professorat, il abandonna cette position officielle pour revenir, en 1848, à Paris poursuivre, avec son ami Laurent, les travaux de philosophie chimique qui devaient illustrer leurs noms. C’est à cette époque que fondant, à ses risques et périls, une école de chimie pratique, qu’il dirigea lui-méme pendant près de six ans, il fit paraître ses découvertes les plus intéressantes et formula ses théories les plus élevées. En 1855, ses ressources pécuniaires étant épuisées, il accepta la double chaire de chimie de la faculté des sciences et de l’école de pharmacie de Strasbourg, que M. Dumas s’empressa de lui faire offrir. Il ne profita pas longtemps de cette position honorable et tranquille ; sa vie s’était usée dans l’adversité et dans les luttes qu’il lui fallut soutenir pour faire triompher ses idées. La mort vint le trouver
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- PRINCIPES IMMÉDIATS ACIDES.
- aide, d’obtenir à peu près tous les acides organiques sous leur forme anhydre. Mais ce qu’il y a de curieux, c’est que ces acides anhydres ne rougissent pas le tournesol, agissent lentement et difficilement sur l’eau, sont môme parfois longtemps à se dissoudre dans l’eau bouillante, qui dissout au contraire abondamment leurs hydrates. A ces corps anhydres, résultant de la déshydratation des acides, on a donné le nom collectif d'anhydrides, qu’ils proviennent des acides minéraux ou des acides organiques.
- Je vous ai déjà dit que tous les acides dont nous faisons l’histoire s’unissent aux bases salifiables, et forment avec elles des sels analogues aux sels inorganiques, par leur mode de composition et leurs propriétés. La baryte, la strontiane, la chaux, la potasse, la soude, l’ammoniaque et la magnésie sont les bases qui ont le plus de tendance à s’unir aux acides organiques par l’intermède de l’eau. Mais ces acides ne neutralisent pas le môme nombre d’équivalents de base pour constituer des sels neutres. Semblables aux hydrates d’acide phosphorique, ils peuvent être divisés en acides monobasiques, bibasiqv.es et tribasiques.
- En désignant par A l’acide anhydre, et par MO l’oxyde métallique, les formules générales des sels organiques neutres s’expriment de la manière suivante :
- Ac. monobasiques. Ac. bibssiques. Ac. tribasiques.
- Hydrate de l’acide ou acide
- cristallisé.............7. T. A -f- HO A-f-2HO A + 3HO
- Sel neutre...................... A -f MO A -f 2MO A -f- 3MO
- Vous voyez par là qu’un acide organique prend, pour former des sels neutres, autant d’équivalents de base qu’il contient d’équivalents d’eau dans son état de liberté.
- Les acides volatils sans altération paraissent tous monobasiques; exemples : acétique, formique, lactique, etc.
- quelques mois après que la Société royale de Londres et 1 Académie des sciences de Paris l'admettaient dans leur sein. ,. . n„’il cher-
- Les études de Gerhardt ont surtout porté sur la chimie oia. 1 » nhicme. Il
- cha, de concert avec Laurent, à faire entrer dans une voie plusip „rout)er
- s’attacha principalement, en prenant pour guide les idees c . 1 P. ’ ? lp t-a.
- les composés organiques, si nombreux, sous un petit nombie e JP ® .
- milles d’après l’ensemble des caractères et les analogies de cons , ies
- Indépendamment d’une quarantaine de mémoires, qui sont nnp J Annales de chimie et de physique, on lui doit plusieurs ouvrages c n ac 1 :
- tamment un Précis d’analyse qualitative et un traité de ci / ’
- suite à la chimie de Berzelius. Cette dernière production a une ties- a ’
- non-seulement parce qu’elle offre dans leur ensemble les idées de jei ar & ‘
- classification, l’homologie, la théorie des types, etc., mais parce que c e* s résumé et l’exposé le plus complet de tous les travaux de la chimie mo ein
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- 28 TRENTE-DEUXIÈME LEÇON.
- Les acides tartrique, malique, quinique, etc., sont bibasiques.
- Les acides citrique, méconique, chélidonique, etc., sont triba-siques.
- Les acides polybasiques sont fixes et fournissent des acides py-rogénés par la distillation blanche, c’est-à-dire opérée à des températures constantes et intermédiaires entre 100° et le rouge naissant.
- Les sels organiques ne diffèrent des sels minéraux, sous le rapport des propriétés générales, que parce qu’ils sont moins stables. Ainsi, leurs dissolutions très-étendues d’eau, et abandonnées au contact de l’air, ne tardent pas à se décomposer ; il se forme des moisissures à la surface du liquide, et une matière comme gélatineuse qui flotte dans son intérieur ; l’acide du sel disparaît peu à peu, et est remplacé par de l’acide carbonique. Voici, par exemple, une dissolution de citrate de potasse très-anciennement préparée ; elle fait effervescence avec les acides ; elle ne contient plus que du carbonate de potasse.
- Sous l’influence de la chaleur, les mêmes sels ne peuvent également subsister. Leur acide, dans ce cas, se décompose, en fournissant tous les produits des substances organiques; et comme parmi ces produits l’acide carbonique domine, le plus souvent leur base demeure pour résidu à l’état de carbonate.
- Voici un sel très-commun, désigné sous le nom de crème de tartre ; pour le chimiste, c’est du tartrate acide de potasse. Je le projette dans un têt rouge de feu. Vous voyez qu’il éprouve la fusion aqueuse, qu’il se boursoufle, s’enflamme, et laisse enfin un résidu noirâtre et charbonneux. Ce résidu a une saveur alcaline prononcée; il est déliquescent; il fait une vive effervescence avec les acides les plus faibles; le gaz qui se dégage et que nous recueillons, éteint les corps en combustion et blanchit l’eau de chaux : c’est donc de l’acide carbonique; par conséquent, le résidu de la calcination de la crème de tartre est du carbonate de potasse.
- La composition des acides organiques varie pour chacun d’eux, non-seulement par le nombre, mais aussi par les proportions des éléments qui les constituent. Je ne vous parlerai, en ce moment, que des plus importants.
- Acide oxalique.
- Vous connaissez, Messieurs, la saveur acide très-prononcée de l’oseille. Eh bien, cette saveur est due à l’existence, dans le suc de cette plante, d’un sel avec excès d’acide, qu’on désigne, depuis longtemps, sous le nom vulgaire de sel d'oseille, et qui n’est autre
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- ACIDE OXALIQUE. ZD
- chose qu’une combinaison de potasse et d’un acide particulier, auquel on a donné le nom d'acide oxalique, du nom latin de l’oseille, oxalis. Voilà pourquoi on l’appelle, dans les laboratoires, oxalate acide dépotasse.
- Ce sel, cité pour la première fois par Angélus Sala, au commencement du dix-septième siècle, n’a été décrit qu’en 1668, par Duclos ; mais ce chimiste n’en connut point la nature. Margraff, de Berlin, y démontra l’existence de la potasse, et, en 1784, le célèbre Schèele en isola l’acide, dont il constata l’identité avec celui que Bergmann avait obtenu, en 1776, en traitant le sucre par l’acide azotique bouillant, et qu’on avait appelé jusque-là acide du sucre, acide saccharin, acide oxysaccharique.
- Le sel d’oseille est l’objet d’une grande fabrication en Suisse et en Souabe. On l’extrait des feuilles et des tiges de plusieurs Oxalis et Ru-mex; mais surtout de Y oxalis acetosella, nommé vulgairement alléluia, surelle, petite oseille, et du rumex acetosa, ou grande oseille.
- Après avoir pilé la plante lorsqu’elle est en pleine végétation, on en exprime le suc, qu’on chauffe légèrement pour le clarifier, et qu’on évapore ensuite en consistance de sirop clair, après l’avoir fdtré. Abandonné pendant six semaines environ dans des terrines, il dépose peu à peu, sur leurs parois, de petits cristaux verdâtres de sel d’oseille, qu on blanchit par des dissolutions et cristallisations répétées. En Souabe, pour mieux débarrasser le suc des plantes de sa matière colorante verte, on y délaie un peu d’argile blanche, dont l’alumine agit, en formant, avec cette matière verte, un composé ou laque insoluble.
- De 100 kilogrammes d’oseille fraîche on retire tout au plus 320 grammes d’oxalate acide de potasse pur.
- Ce sel, tel que le commerce nous le fournit, est en petits cristaux appartenant probablement au système du prisme droit à base rhombe, quelquefois allongés, assez réguliers, d’un blanè mat, ou transparents. Il aune saveur piquante, aigre, légèrement âcre et amère. Lorsqu on le remue ou qu’on le pulvérise, il s’en élève une poussière très-irritante qui détermine la toux. Il est inaltérable à l’air. 11 exige 10 parties d eau bouillante pour se dissoudre. Sa dissolution rougit, comme vous le voyez, la teinture de tournesol. Mis sur des charbons ardents, il répand une fumée acide et piquante, mais sans se charbonner. Calciné fortement, il laisse à sa place du carbonate de potasse.
- Pour retirer l’acide de ce sel, on verse dans sa dissolution de Yacétale de plomb liquide, jusqu’à ce qu’il ne se fasse plus de précipité. Il s’opère un échange entre les principes constituants des deux sels, de telle sorte qu’il se produit de l'acétate acide de potasse soluble et de Yoxalate de plomb insoluble.
- Oxalate acide de potasse = acide oxalique.. -j- potasse.
- Acétate de plomb.......= oxyde plombique -j- acide acétique.
- oxalate de plomb -j- acétate de potasse.
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- Fig. 357.
- le lave bien à l’eau chaude, on le délaie dans huit à dix fois son poids d’eau, et on y fait passer un courant d’acide sulfhy-drique (fig. 357), qui sépare l’acide oxalique, en donnant naissance à de l’eau et à du sulfure de plomb noir ; celui-ci reste en suspension dans la liqueur.
- J
- Acide oxalique-
- Oxalate de plomb — / Q^y^éne-
- I Oxyde j _|
- \ plombique i 1
- Acide i suif hydrique... I
- Soufre-
- Hvdrogène-
- Sulfure
- de = Eau---------1
- plomb.
- .On filtre la liqueur très-acide; on la concentre, et, par le refroidissement, on obtient l’acide oxalique en petites aiguilles ou en prismes fins entrelacés. Par de nouvelles cristallisations, il prend la forme de longs et gros prismes transparents appartenant au système du prisme oblique à base rhombe (fig. 358).
- Dans cet état, l’acide contient 42,85 p. 100 d’eau de cristallisation, ce qui correspond à 3 équivalents.
- Par une dessiccation à -f- 100°, il perd les deux tiers de cette eau, et forme alors un nouvel hydrate, qui est ainsi constitué :
- Fig. 358.
- Acide anhydre...... 1 équivalent = 36 ou °/0... 85,7
- Eau combinée....... 1 équivalent = 0 ........... 14,3
- 45
- 100,0
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- ACIDE OXALIQUE.
- Cet équivalent d’eau ne peut lui être enlevé qu’en le combinant avec les bases.
- Anhydre, ou tel qu’il existe dans les oxalates métalliques, l’acide oxalique est composé de :
- Carbone.......... 2 équivalents = 12 ou %... 33,33
- Oxygène.......... 3 équivalents = 24 ............ 06,67
- ~36~ 100,00
- Les symboles suivants représentent donc les trois états de cet acide :
- Anhydre....................... C203
- Sublimé ou séché à -j- lOO0.... C'203,H0 Cristallisé................... C*03,3H0.
- Comme on le voit, l’acide anhydre est intermédiaire par sa composition entre l’oxyde de carbone et l’acide carbonique :
- CO................ oxyde de carbone,
- C203.............. acide oxalique,
- CO2............... acide carbonique.
- Voilà pourquoi les chimistes modernes lui ont donné le nom d acide CARBONEUX.
- Ce qui est encore plus singulier, c’est que cet acide ne peut exister sans eau; en effet, dès qu’on le prive de celle qu’il contient, en le chauffant, par exemple, ainsi que je le fais, avec de l’acide sulfurique concentré, il se transforme complètement en acide carbonique et oxyde de carbone, qui se dégagent à volumes égaux. Les chimistes tirent parti de ce fait pour se procurer, à peu de frais, du gaz oxyde de carbone pur. 11 ne s’agit, en effet, que d’agiter le gaz recueilli avec de la potasse, pour le priver de tout l’acide carbonique qui est en mélange. Vous voyez que le gaz qui provient de notre opération trouble l’eau de chaux ; cela vous indique la présence de l’acide carbonique. Ce qui reste maintenant s’en-tlamme par l’approche d’une bougie, et brûle avec une flamme bleue : c est donc de l’oxyde de carbone.
- Cette réaction, que l’acide sulfurique anhydre produit à la température ordinaire, s’explique aisément, puisque l’acide oxalique anhydre renferme les éléments d’un équivalent d’oxyde de carbone et d’un équivalent d’acide carbonique :
- c203 = CO 4- CO2.
- Cette réaction est un caractère important qui peut servir à découvrir l’acide oxalique libre ou combiné, car les oxalates chauffés avec l’acide sulfurique donnent lieu à la production des mêmes gaz, sans que la liqueur se colore.
- La même transformation s’effectue lorsqu’on chauffe lentement l’acide oxalique dans une petite cornue; toute son eau se vaporise d’abord, puis
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- l’acide, devenu anhydre, se dédouble en acide carbonique et en oxyde de carbone; aussi ne reste-t-il rien dans la cornue.
- Si, au contraire, on soumet l’acide oxalique à des actions oxydantes, on le convertit totalement en acide carbonique. C’est ce qui arrive, par exemple, quand on le fait bouillir avec l’acide azotique. L’équation suivante vous donne la clef de cette réaction :.
- C203,3H0 -f AzOyiO = AzO4 -f 2C02 + 4HO.
- Quand on jette des cristaux d’acide oxalique dans une solution d’acide hypochloreux, ils éprouvent la même transformation, et il se fait une vive effervescence due à un dégagement d’acide carbonique et de chlore :
- C208,3H0 -f CIO = 2C02 -f Cl -f 3HO.
- Qu’on dirige un courant de chlore dans une dissolution d’acide oxalique, celui-ci disparaît à l’état d’acide carbonique, et il ne reste dans la liqueur que de l’acide chlorhydrique. Ce double effet est le résultat de la décomposition de l’eau, ainsi que vous pouvez le voir par l’équation suivante :
- C203 —j— HO -|— Cl = HCl + 2C02.
- Cette réaction permet, dans beaucoup de circonstances, de séparer l’acide oxalique de certains corps qui sont inattaquables par le chlore.
- L’acide oxalique ordinaire, c’est-à-dire à 3 équivalents d’eau, le seul qu’on emploie dans l’industrie, n’a aucune odeur; mais en revanche il jouit d’une telle acidité, que sa saveur est insupportable, et qu’il agit sur les animaux comme un poison corrosif très-énergique. Le sel d’oseille possède les mêmes propriétés; aussi plusieurs fois a-t-il occasionné des accidents funestes, par suite de sa substitution accidentelle au sel d’Epsom (sulfate de magnésie). Cette sorte d’empoisonnement doit être combattue avec la magnésie délayée dans l’eau.
- Une partie d’acide oxalique n’exige que 9,S parties d’eau froide et 1 partie d’eau bouillante pour se dissoudre. Les cristaux font entendre, au moment de leur contact avec l’eau froide, un craquement particulier qui est dû à leur rupture spontanée.
- Sa dissolution rougit fortement le tournesol. Lorsqu’elle est concentrée, et qu’on la verse, en grand excès, dans une solution de potasse, il se précipite, à l’instant même, une poudre blanche cristalline, qui consiste en sel d’oseille.
- Si l’on emploie la même dissolution chaude et si on la mêle au chlorure d’or, le métal est réduit et se dépose en poudre brune, ou bien se montre à la surface de la liqueur, sous la forme d’une pellicule jaune, très-brillante; il se dégage de l’acide carbonique et la liqueur contient de l’acide chlorhydrique. La légende sui-
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- ACIDE OXALIQUE. ôô
- vante va vous montrer que tous ces phénomènes sont dus à la décomposition de-l’eau :
- ( Acide anhydre ou carboneux—,
- \ _ I Acide
- Acide oxalique =' T ' carbonique--
- I i Oxygène------------1
- \ Eau =
- 'Hydrogène-----------:
- f Acide TI chlorhydrique—I
- r Chlore-------—------------‘
- Chlorure d’or = <
- La réaction s’établit entre les nombres suivants :
- 3C2Os + 3HO -f Au2Cl3 = 2Au -|- 3HC1 -f OCO2.
- L’affinité de l’acide oxalique pour la chaux est si grande, qu’il s’en empare dans toutes les circonstances, et qu’il peut môme l’enlever à l’acide sulfurique. Voici, en effet, une dissolution de sulfate de chaux dans laquelle je fais naître un précipité blanc, en y ajoutant un peu d’acide oxalique. C’est là le meilleur réactif que possèdent les chimistes pour constater l’existence de la chaux ou des sels calcaires dans les liquides, et notamment dans les eaux naturelles. C’est Bergmann qui l’employa le premier pour cet objet, en 4778. Les plus petites traces de chaux sont rendues sensibles au moyen de cet acide, par la raison que l’oxalate de chaux est tellement insoluble, qu’il faut plus de 8 à 10,000 parties d’eau pour en dissoudre une.
- L’oxalate de chaux que je viens de produire dans l’expérience précédente est un sel très-répandu dans la nature. Fourcroy et Vauquelin l’ont signalé dans un assez grand nombre de calculs urinaires de l’homme. Schéele en a constaté la présence dans une foule de racines et d’écorces, surtout dans les racines de rhubarbe, de réglisse, de curcuma, de patience, de gentiane, les écorces de cannelle, de cbône, de frêne, d’orme, de sureau, etc. Braconnot l’a trouvé en très-grande quantité dans les lichens, ces petites plantes jaunâtres et coriaces qui couvrent les lianes des rochers. Les lichens crustacés en contiennent presque la moitié de leur poids. 11 semble que l’oxalate de chaux soit à ces
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- plantes ce que le carbonate de chaux est aux madrépores et aux polypiers, ou le phosphate de chaux à la charpente osseuse des animaux les plus parfaits.
- Cetoxalate de chaux, examiné au microscope, se présente en octaèdres à base carrée, disposés de manière à simuler des enveloppes de lettres (a,fig. 359), ou en octaèdres plus aigus de 16° (b). Combiné à la soude, l’acide oxalique existe
- . JA dans toutes les plantes qui viennent sur les
- V ^ h y Wa k°rcls de la mer ou fles lacs salés, telles 4a entre autres que la barille d’Espagne (salsola
- Fig. 359. soda), les c.hénopodées maritimes, les arro-
- ches, les amarantes qui servent à l’extraction de la soude. — Libre et à l’état d’oxalates acides de potasse, de fer, de manganèse, de magnésie et aussi d’oxalate de chaux, M. Tripier l’a reconnu dans les bolets et autres champignons.
- Vous voyez, par là, combien l’acide oxalique est abondamment répandu dans le règne organique.
- On consomme beaucoup de cet acide dans nos fabriques d’indiennes, où il est employé comme rongeant, c’est-à-dire comme moyen de détruire le mordant sur les parties où l’on veut que la couleur ne prenne pas, et où il faut conserver au tissu son premier blanc. On s’en sert aussi pour l’avivage de quelques couleurs.
- Dans nos ménages, on en fait un fréquent usage pour écurer les ustensiles, les instruments, les harnais en cuivre poli, et faire disparaître du linge les taches d’encre et de rouille. Ces applications reposent sur la faculté que possède l’acide oxalique de former avec les oxydes de cuivre et de fer des sels très-solubles. Ce qu’on vend chez les épiciers sous le nom (l'eau de cuivre pour nettoyer les objets en cuivre jaune ou rouge, n’est autre chose qu’une simple dissolution d’acide oxalique ou de sel d’oseille. Il y a plusieurs recettes pour la préparation de cette eau de cuivre ; voici les deux meilleures :
- Eau............. l litre. Eau.............. i litre.
- Acide oxalique ... 31 gram. Acide oxalique... Sgram.
- Acide sulfurique.. 8 —
- Terre pourrie.... 64 —
- Ces liqueurs sont des poisons violents.
- Les médecins considèrent l’acide oxalique comme rafraîchissant, et l’administrent sous forme de limonade. Les pastilles contre la soif ont cet acide pour base.
- Indépendamment dç son emploi journalier dans les laboratoires comme réactif, et pour la production de l’oxyde de carbone, cet acide sert encore avantageusement au titrage des manganèses du
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- ACIDE OXALIQUE. 00
- commerce. Laissez-moi vous donner quelques indications à ce
- C’est sur la tendance qu’a l’acide oxalique à se transformer en acide carbonique toutes les fois qu’il est en présence des compos js oxygénés peu stables, tels entre autres que les suroxydes de manganèse, de plomb, l’acide chrômique, etc., que Thomas Thomson, de Glasgow, a fondé, en 1836, son procédé de titrage des manganèses.
- Voici comment on opère :
- Le manganèse qu’on veut examiner doit être réduit en fine poussière. On en pèse très-exactement 5 grammes. D’un autre côté, on pèse 7 grammes 1/2 d’acide oxalique cristallisé et 60 grammes d’eau qu’on introduit successivement, avec le manganèse, dans une grande fiole légère a (fig. 360), à large ouverture, tarée à l’avance. On glisse ensuite dans cette fiole un tube en verre b fermé par un bout, dont le poids est connu et qui contient 20 grammes d’acide sulfurique concentré; il doit être assez long pour s’appuyer constamment contre les parois de la fiole. Celle-ci est hermétiquement fermée par un bouchon dans lequel passe un tube c rempli de fragments de chlorure de calcium, et un tube d’aspiration d qui arrive à une petite distance du mélange; ce dernier tube est provisoirement fermé avec un bouchon de liège. Les poids du bouchon et des deux tubes qui le tra- Fig. 3G0.
- versent sont également tarés, de sorte qu’en
- définitive on connaît le poids de tout l’appareil, ainsi que celui des quatre matières réagissantes.
- Tout étant ainsi disposé, on incline légèrement la fiole de manière à faire écouler une partie de l’acide sulfurique hors du tube 6 pour quil arrive au contact du mélange. Une vive effervescence se produit aussitôt, parce que, sous l’influence de l’acide sulfurique, l’acide oxalique enlève au peroxyde de manganèse la moitié de son oxygène et se change en acide carbonique; celui-ci sort par le tube c en laissant sur le chlorure de calcium toute la vapeur qu’il entraînait avec lui. Quand la réaction s est affaiblie, on fait écouler le restant de l’acide sulfurique et on abandonne l’appareil à lui-même pendant douze heures, en l’agitant plusieurs fois. Au bout de ce temps, on ne doit plus apercevoir la moindre particule brillante de manganèse au milieu de la poudre jaunâtre qui s’est formée. On aspire alors de l’air par le tube d pour chasser l’acide carbonique qui restait dans les diverses parties de l’appareil ; on pèse celui-ci pour connaître la perte de poids qu’il a éprouvée ; cette perte représente le poids de l’acide carbonique qui s’est dégagé, et ce poids est précisément égal à la quantité de peroxyde de manganèse pur
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- qui se trouvait dans les 5 grammes de manganèse commercial qu’on a soumis à l’essai.
- En effet, 1 équivalent de peroxyde de manganèse qui pèse 44 cède t équivalent ou 8 d’oxygène à 1 équivalent d’acide oxalique anhydre qui pèse 36, ce qui produit 2 équivalents d’acide carbonique dont le poids est de 44.
- Vous voyez donc que réellement l’acide carbonique qui sort de l’appareil représente justement la quantité de peroxyde pur qui existe dans la poudre. Supposons que la perte de poids, dans une expérience terminée, soit de 3gr, 40; nous en conclurons que dans les 5 grammes de peroxyde impur du commerce, il y a 3gr, 40, d’oxyde pur et lgr, 60 de matières étrangères, en d’autres termes que l’échantillon essayé ne renferme que 68 p. 100 de peroxyde de manganèse réel.
- Ce mode d’essai des manganèses est donc très-commode, et il est suffisamment exact pour la pratique commerciale. Toutefois, il pourrait induire en erreur, si les manganèses étaient mélangés de carbonate de chaux, puisque, dans ce cas, le poids de l’acide carbonique dégagé serait augmenté de celui de l’acide carbonique provenant du carbonate décomposé par l’acide sulfurique, ce qui conduirait à un titre bien plus élevé que le titre réel. 11 faut donc toujours commencer par constater si le manganèse qu’on veut titrer fait effervescence avec un acide ; dans ce cas, on doit déterminer avec soin sa richesse en carbonate de chaux. On opère ainsi qu’il suit :
- Dans une petite capsule en verre ou en porcelaine, on met 5 grammes de manganèse pulvérisé, et on verse par-dessus de l’acide azotique étendu de 2 parties d’eau ; après quelques heures de contact, on décante, et on remet une nouvelle dose d’acide. On lave ensuite le manganèse avec soin, jusqu’à ce que la dernière eau de lavage ne soit plus acide, et on le fait sécher. On en prend le poids, la perte indique celui du carbonate de chaux contenu dans le manganèse. On cherche alors la quantité d’acide carbonique que représente ce poids de calcaire, et on la soustrait de celle qui a été trouvée par l’essai au moyen de l’acide oxalique.
- Soient 5 grammes de manganèse qui ont perdu par l’acide azotique 0,349 de carbonate de chaux.
- Ges 0,349 de carbonate de chaux contiennent 0,152 d’acide carbonique; en effet :
- 100 : 43,71 :: 0,349 : x = 0,152.
- Si donc le manganèse avait perdu 3gr,40, il faut en retrancher 0,152, ce qui donne 3,248, ou 64,96 pour le titre réel, au lieu de 68 p. 100 trouvé d’abord.
- La proportion d’humidité dans les manganèses variant beaucoup et s’élevant quelquefois jusqu’à 15 et 17 p. 100, il faut tenir compte de cette humidité, atin que dans les dosages on ne la confonde pas avec du manganèse même.
- Pour cela, avant tout essai, il est bon de dessécher dans l’étuve des laboratoires (fig. 361), 5 grammes de manganèse pulvérisé. On note la perte en eau, et on ramène à 100.
- Si, par exemple, un manganèse a perdu' 8,75 d’eau, il est évident
- ' 'ifk. ^ ------ .. ~Sr-
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- ACIDE OXALIQUE. 37
- que 100 parties de ce manganèse humide ne représentent réellement que 100 — 8,75 = 91,25.
- 59,“27 64,96
- Fig. 3<il.
- Si donc ce manganèse a donné le titre de 64,96, on dit.
- 100 : 64,96 :: 91,25 : x = 59,27.
- d’où le titre brut du manganèse est de........
- tandis que son titre à l’état sec est de......
- Dans les manganèses du commerce, il y a fort souvent de la po ^ ou comme on dit vulgairement de la pousse. Quand la piopo nrot)0r-pousse est notable, il faut la séparer des morceaux, determineis P P tion relative, et la titrer à part, car presque toujours elle a u P
- faible que les morceaux, par la raison qu’elle est plus riche e ?
- calcaire et autres matières étrangères. crible
- Pour cela, on prend 500 grammes du manganèse tel quel, et0 Q
- de manière à avoir d'un côté les morceaux, et de 1 autre h P • . en prend les poids respectifs. Qu’on aitoblenu, parexemp e’ P est mes de morceaux et 200 grammes de pousse, on dit que le mai D composé de 3/5 de morceaux et de 2/5 de pousse. i .
- On titre à part les deux échantillons, et pour avoir le ti ie î manganèse, on dit :
- 2/5 pousse an titre de ... 3/5 morceaux au titre de.
- 55,94 = lit 61,58 = 184,74
- 296,62
- qui divisés par 5, donnent pour le titre moyen du manganèse o9,324.
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- 38 TRENTE-DEUXIÈME LEÇON.
- Je suis entré dans tous ces détails pour vous montrer la manière de pratiquer un essai commercial, avec tous les soins qui peuvent en assurer l’exactitude.
- Lorsqu’on achète l’acide oxalique, il faut toujours le choisir blanc, sec, sans odeur et en cristaux aussi gros que possible. Il nedoil ni noircir, ni laisser de résidu quand on le chauffe sur une lame de platine. Sa dissolution ne doit pas se troubler par les sels de baryte, autrement il renferme de l’acide sulfurique. — On a souvent fraudé l’acide en question par le sulfate de magnésie, qui cristallise aussi en petites aiguilles. Cette fraude, comme toute autre opérée au moyen de substances minérales, est facile à reconnaître en calcinant 10 grammes d’acide dans un creuset de platine. Le résidu examiné, sera du sulfate de magnésie : s’il se dissout dans l’eau, si sa solution précipite en blanc par le chorure de baryum, par le carbonate de soude, la potasse caustique et le sous-phosphate d’ammoniaque. Ces trois derniers réactifs caractérisent la magnésie.
- Des nombreux oxalates connus, il n’y a que ceux de potasse et d’ammoniaque qui soient employés et dont il soit nécessaire de vous parler en particulier.
- \. Oxalates de potasse.— Il existe trois variétés d’oxalate de potasse. Les quantités d’acide oxalique qui s’unissent à 1 équivalent de potasse sont représentées par les nombres t, 2 et 4. Vous apprendrez avec intérêt que c’est en s’appuyant sur ces faits que le chimiste anglais Wollaston a trouvé la première démonstration expérimentale de la loi de Dalton sur les proportions multiples.
- A. L'oxalate neutre, KO,C203,H0, qui est très-soluble, et par cela même difficilement cristallisable, n’a reçu aucune application.
- B. Le bi-oxalate, KO,2C203,3H0, est beaucoup moins soluble; il est souvent mélangé dans le sel d’oseille du commerce avec le suivant.
- C. Le quadroxalate, K0,4C203,7tI0, qui s’offre en tout petits cristaux, bien moins solubles encore que ceux du bi-oxalate.
- 11 est bon que vous sachiez que, dans le commerce, on distingue trois • sortes de sel d’oseille, à savoir : celui de Suisse, ordinairement en cristaux assez réguliers, d’un blanc mat ; celui d'Allemagne, et celui de France. Ce dernier, qui est en cristaux blancs et transparents, beaucoup plus acides que les précédents, est fabriqué de toutes pièces avec l’acide oxalique artificiel.
- Le sel d’oseille est fréquemment employé dans les ateliers de teinture et d’indiennes dans les mêmes circonstances que l’acide oxalique. On l’utilise aussi comme agent décolorant dans la préparation de la paille destinée à la confection des chapeaux. — Il est d’un usage habituel pour décaper les métaux et pour enlever les taches d’encre et de rouille sur les tissus. Pour mieux réussir, dans ce dernier cas, il faut commencer par faire bouillir
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- ACIDE OXALIQUE. W
- le sel d’oseille avec de l’étain métallique, avant de l’appliquer sur les taches. L’oxalate d’étain, qui s’est formé ainsi, ramène le peroxyde de fer à l’état de protoxyde qui se dissout plus facilement dans la liqueur acide. On arrive au même résultat en imbibant la toile, d’abord avec une faible dissolution acidulée de sel d’étain, puis avec le sel d’oseille.
- 2. Oxalates d'ammoniaque. — Il y en a deux, un neutre et un bisel. Le premier est seul employé ; il est ainsi constitué : AzH3,H0,C203 HO.
- On s’en sert à chaque instant pour reconnaître et pour doser la chaux, de préférence à l’acide oxalique libre, parce que ce dernier ne précipite jamais qu’incomplétement la chaux de ses dissolutions.
- On le prépare directement en saturant l’acide oxalique par l’ammoniaque. En concentrant la liqueur jusqu’à pellicule et la laissant refroidir, il se dépose de longues aiguilles, fines, très-blanches et brillantes.
- Ce sel est inodore, d’une saveur piquante et amère, efllorescent ; i 1 se dissout dans 3 parties d’eau froide.
- M. Dumas a trouvé, en 1830, parmi les produits de la distillation sèche de ce sel, une matière blanche nouvelle, insipide, inodore, neutre, qu’il a nommée oxamide et qui est devenue le point de départ d’une classe très-nombreuse de composés azotés auxquels on a donné le nom générique d’amides.
- L’oxamide ne diffère de l’oxalate d’ammoniaque que par 2 équivalents d’eau. En effet :
- Ox.tmiilc.
- AzH3,H0,Cï03 — 2HO = AzIl2,C205
- Aussi, en fixant sur cette substance les éléments de l’eau, on la convertit en oxalate d’ammoniaque. Cette transformation se fait directement avec l’eau seule, à la température de 124°, dans la marmite de Papin, ou indirectement sous l’influence des bases et des acides ; seulement, dans ce dernier oas, l’oxalate d’ammoniaque régénéré ne peut se conserver: avec les bases, il se dégage de 1 ammoniaque, et il reste en dissolution des oxalates alcalins ; avec les acides, il se dégage de l’oxyde de carbone et de l’acide carbonique, et on a pour résidu des sels ammoniacaux.
- Aous voyez de nouveau, Messieurs, par cet exemple, combien 1 eau intervient dans les réactions et quelle influence elle exerce sur la nature des composés, notamment des composés organiques.
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- TRENTE-TROISIÈME LEÇON.
- TRENTE-TROISIÈME LEÇON.
- ACIDES ORGANIQUES (suite).
- Sommaire. — Du Icirire et de I’acide tartrique. — Du suc de citron et de 1’acide citrique. — De l’acide des fruits ou acide malique. — Applications diverses de ces acides et de leurs sels. —Étude des acides tannique et gallique. — Action remarquable de ces acides sur les dissolutions métalliques. — Leurs applications dans la teinture. — Acide pyrogallique. — Ses usages et sa préparation.
- Acide tartrique.
- Vous savez tous, Messieurs, que dans les tonneaux où l’on conserve le vin, il se dépose peu à peu sur leurs parois une croûte saline plus ou moins épaisse, qu’on connaît sous le nom de tartre. Cette substance est un mélange de matière colorante et de sels peu solubles, qui ont été précipités du vin, à mesure qu’il est devenu plus riche en alcool, par suite de la fermentation insensible qui se manifeste peu de temps après sa mise en tonneau.
- Le tartre est rouge ou blanc, selon la couleur du vin qui l’a fourni ; il a une saveur légèrement acide et vineuse ; il croque sous la dent, se dissout difficilement dans l’eau, et brûle sur les charbons en exhalant l’odeur de pain grillé.
- Ce tartre a attiré l’attention des plus anciens chimistes, qui, de bonne heure, l’employèrent comme fondant pour l’extraction de certains métaux. Paracelse a émis des idées étranges sur sa nature, et a prétendu qu’on l’avait appelé Tartare parce qu’il produit l’huile, l’eau, la teinture et le sel, qui brûlent le patient comme le fait l’enfer. 11 le regardait comme le principe et le remède de toute maladie, et toutes les substances, d’après lui, en contenaient le germe. Van Hclmont combattit ces opinions extravagantes, et donna une explication assez exacte de son dépôt dans le vin. Boerliaave, Neumann, Rouelle jeune, Spielmann, Corvinus, Bucquet, prouvèrent que le tartre existe tout formé dans le suc des raisins, avant sa conversion en vin. Béguin, Sala, Libavius, Glaser, soutinrent qu’on pouvait obtenir de la potasse du tartre, et que cet alcali y est tout formé, opinion qui fut mise hors de doute par les expériences de Duhamel. Enfin, Schèele dévoila le premier, en 1770, la véritable nature du tartre, en montrant que la potasse y est combinée à un acide organique tout particulier qu’il isola, et auquel on donna bientôt les noms d’acide du tartre, acide tartareux, acide tartarique, qu’on a remplacés par celui plus court d’acide tartrique. La découverte de Schèele est d’autant plus remarquable, qu’elle marqua son début dans la carrière scientifique qu’il devait parcourir avec tant d’éclat.
- Le tartre est donc du tartrate de potasse acide plus ou moins impur. Sa purification s’exécute en grand à Montpellier, au moyen de plusieurs
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- ACIDE TARTRIQUE.
- cristallisations successives, et à l'aide d’un peu d’argile blanche, qu’on délaie dans les liqueurs chaudes pour précipiter la matière colorante. On expose ensuite les cristaux sur des toiles, au soleil, pour les rendre plus blancs. On les livre alors au commerce sous les noms de tartre pur, cristaux de tartre, crème de tartre. Autrefois, on donnait spécialement ce dernier nom aux cristaux qui venaient former une pellicule à la surface des liqueurs.
- C’est de la crème de tartre qu’on extrait l’acide tartrique , par le procédé que Schéele a indiqué. Après avoir fait dissoudre ce sel dans l’eau bouillante, on y ajoute peu à peu de la craie en poudre, jusqu’à ce que la liqueur soit neutre et qu’il ne se produise plus d’effervescence. Voici ce qui se passe dans cette réaction : l’excès d’acide de la crème de tartre s’empare de la chaux de la craie, en faisant dégager son acide carbonique. Il se forme donc du tartrate de chaux qui, en raison de son insolubilité, se dépose, et il reste dans la liqueur du tartrate neutre de potasse.
- Chaux
- Craie
- = Tartrate de chaux
- Acide tartrique---------'
- Tartrate neutre de potasse—
- Crème de tartre =
- Le tartrate neutre de potasse n’est pas perdu ; on le mêle à son tour avec une suffisante quantité de chlorure de calcium, ce qui produit, par double décomposition, du chlorure de potassium so-
- Tartrate neutre de potasse
- lubie et du tartrate de chaux qu’on ajoute au précédent : Ta h ra in 1 l Acide tartrique------------------|
- Oxygène
- Tartrate
- de
- chaux—
- Potasse =
- Potassium
- =Chaux —I
- _L | Chlorure I ( de potassium
- Chlorure i___i
- de calcium i j
- Chlore
- Calcium
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- 42 TRENTE-TROISIÈME LEÇON.
- Tout le tarlrale de chaux étant recueilli sur une toile et bien lavé, on l’introduit dans des bassins de plomb, on l’y délaie dans beaucoup d’eau et on y mélange assez d’acide sulfurique pour en isoler la chaux à l’état de sulfate peu soluble (1).
- L’acide tartrique, mis en liberté, reste en dissolution dans l’eau. On laisse reposer, on décante la liqueur claire, que l’on concentre dans un vase de plomb jusqu’à 38 ou 40° de l’aréomètre, et on la met à cristalliser. Par une première cristallisation, l’acide n’est jamais pur et blanc. On le purifie en le passant sur des filtres de charbon de bois, et en le faisant cristalliser une ou deux fois.
- On l’obtient alors en beaux prismes blancs transparents, hémiédriques, dérivant du système du prisme oblique à base rhombe (fig. 362). Ces cristaux étant souvent comprimés dans le sens de leur axe, ils ont alors la forme de lames transparentes. Ils ont la composition suivante :
- Carbone....................... 32,00
- Hydrogène..................... 2,67
- Oxygène...................... 53,33
- Eau combinée............... 12,00
- 100,00
- Le symbole de l’acide cristallisé = G(i) * * * * * * 8 *H4010 -j- 2HO.
- L’acide tartrique est inodore. Sa saveur, fortement acide, ne devient agréable que lorsqu’il est dissous dans une grande quantité d’eau. Il est inaltérable à l’air; lorsqu’il attire l’humidité, c’est qu’il renferme un peu d’acide sulfurique, par suite d’une purification incomplète. Il se dissout dans la moitié de son poids d’eau bouillante et dans 1 partie 4/2 d’eau froide.
- (i) M. Kuhlmann conseille de remplacer la craie et le chlorure de calcium par
- du carbonate de baryte naturel, finement pulvérisé, et par du chlorure de baryum.
- Le tartrate de baryte, ainsi obtenu, est bien lavé à l’eau froide et décomposé à
- chaud par de l’acide sulfurique dilué. Cette substitution des sels de baryte aux
- sels de chaux a des avantages marqués. Le sulfate de baryte qui demeure pour
- résidu peut être utilisé dans la peinture au blanc fixe, et d’ailleurs, il se sépare
- de l’acide tartrique avec une rapidité plus grande que cela ne peut avoir lieu
- pour le sulfate de chaux qui est très-volumineux et très-soluble dans les liquides
- acides
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- ACIDE TARTRIQUE.
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- Il a une propriété qui permet de le distinguer de tous les autres acides. Il répand sur les charbons ardents une odeur de pain grillé fort reconnaissable ; il se fond, se boursoufle et s’enflamme ; il se transforme alors en eau et en acide carbonique. Incinéré sur une lame de platine, il ne laisse aucun résidu.
- Sa dissolution ne sépare pas la chaux des acides minéraux, comme l’acide oxalique ; mais elle trouble l’eau de chaux, 1 eau de baryte et les sels de cliaux à acides organiques. Elle est sans action sur le chlorure de baryum, à moins qu’elle ne contienne de l’acide sulfurique : dans ce cas, il se fait un précipité blanc plus ou moins considérable, insoluble dans l’acide azotique.
- L’acide tartrique forme, avec la potasse, un sel neutre difficilement cristallisable, en raison de sa grande solubilité. Les anciens le nommaient sel végétal. Si l’on y combine autant d’acide tartrique qu’il en contient déjà, il devient très-peu soluble, et constitue la crème de tartre, qu’on appelle, pour cette raison, bitar-trate de potasse. Voilà pourquoi, quand on verse un excès de cet acide dans la dissolution concentrée de potasse, il se produit un précipité blanc, granuleux, très-abondant, qu’un exces de potasse fait disparaître.
- C’est à cause du peu de solubilité de la crème de tartre que les chimistes emploient fort souvent l’acide tartrique pour reconnaître la présence de la potasse en dissolution. Dans ce cas, on concentre le liquide qu’on doit essayer, puis on y ajoute de l’acide tartrique en excès , et on agite avec un tube de verre pour favoriser la réaction. Bientôt il se dépose une poudre blanche plus ou moins abondante, si le liquide renferme de la potasse. La soude, ne formant avec le même acide que des sels très-solubles, ne donne point lieu à un pareil précipité, ainsi que vous allez le voir. Par conséquent, il est toujours facile, au moyen de l’acide qui nous occupe, de distinguer la potasse de la soude.
- A froid comme à chaud, l’acide tartrique n’agit pas sur les sels d’or.
- Il se dissout dans l’acide sulfurique sans se charbonner à froid, mais à chaud il en est tout autrement; il devient noir et il se dégage de l’acide sulfureux.
- Il forme avec les bases deux ordres de sels, des tartrates neutres et des bitartrates. Mais une de ses propriétés les plus remarquables, c’est de se combiner avec certains oxydes d’yrne manière toute spéciale, si bien qu’il en masque la présence dans les dissolutions et les rend insensibles à l’action des réactifs qui agissent sur eux quand ils sont combinésaux autres acides.—C’est ainsi qu’un sel de peroxyde de fer, additionné d’acide tartrique ou d’un tar-frate, cesse d’être précipité par les alcalis ; qu’un sel d’alumine, mélangé d’acide tartrique, n’est plus précipitable par les alcalis
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- TRENTE—TROISIÈME LEÇON.
- et les carbonates alcalins; que le chlorure d’antimoine n’est plus troublé par l’eau, quand on lui a associé une suffisante quantité d’acide tartrique. L’analyse chimique tire un parti avantageux de ces faits qu’il n’est pas très-facile d’interpréter.
- Une autre propriété, non moins caractéristique du même acide, c’est sa grande tendance à s’unir avec deux bases à la fois, et à former ainsi des sels doubles. Il y a plusieurs de ces sels qui ont une grande importance en médecine. Tels sont :
- Le tartratede potasse et de soude (K0,Na0,C8H4010-)-7HO) qui, découvert en 1672, par Seignette, pharmacien de la Rochelle, acquit une telle vogue, grâce au patronage du célèbre Lémery, qu’il devint un remède à la mode, et fit en peu d’années la fortune de son inventeur;
- Le tartrate de potasse et de fer [K.0,Fe203,C8H4010), avec lequel on prépare les fameuses boules de Mars de Nancy, remède si populaire contre les contusions ;
- Enfin, le tartrate dépotasse et d’antimoine (KO,Sb2O3,C8H4O10-]-HO), désigné sous le nom vulgaire d’émétique. Ce sel est employé, comme vous le savez, à la dose de 5 à 10 centigrammes pour provoquer le vomissement. Son action sur l’économie animale est tellement énergique, qu’à la dose de 3 à 4 décigrammes, il détermine souvent des accidents très-violents, et agit comme corrosif; quelques décigrammes de plus peuvent même occasionner la mort.
- Ce sel est bien plus anciennement connu qu’on ne le suppose généralement. C’est à tort qu’on en attribue la découverte à Adrien de Myn-sicht, vers 1631. Dès la tin du quinzième siècle, on trouve des traces de sa préparation dans le Traité sur l'antimoine, de Basile Valentin. Liba-vius et Angélus Sala, au commencement du dix-septième siècle, en font aussi mention. L’émétique était encore peu usité en médecine, lorsqu’en 1658, un médecin d’Abbeville, nommé Du Sausoi, l’administra, contre l’avis du premier médecin Vallot, à Louis XIV, qui était tombé dangereusement malade à Calais. Ce vomitif, qu’on appelait alors le dernier remède, produisit le meilleur effet ; le roi se trouva mieux dans la nuit suivante, et le sixième jour il fut parfaitement rétabli. Ce succès inespéré commença la vogue de l’émétique. Lémery, à la fin du dix-septième siècle, donna la préparation de ce sel, qu’il nommait panacée antimoniale. La dose de sa dissolution était alors de 8 à 20 gouttes dans un bouillon.
- On a quelquefois employé l’émétique comme mordant dans les ateliers d’indiennes. Lorsqu’on verse dans sa dissolution de l’acide sulfhydrique, il se produit un précipité floconneux, d’un très-beau rouge orangé, qu’on a parfois utilisé pour la coloration des tissus ; c’est un composé de sulfure et d’oxyde d’antimoine, qu’on appelle communément soufre doré d’antimoine.
- Si l’on calcine l’émétique à la chaleur blanche, soit seul, soit mêlé avec un peu de noir de fumée, il est entièrement décomposé, et transformé en un alliage de potassium et d’antimoine mêlé de charbon. Cet alliage constitue une poudre pyrophorique très-dangereuse à manier, car elle donne lieu, sans la moindre compression, par le contact de quelques
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- ACIDE TARTRIQUE.
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- gouttes d’eau, à une détonation semblable à celle d'une forte arme à feu, et à une inflammation trcs-belle qui imite les gerbes de feu des artificiers. Cet alliage décompose l’eau avec dégagement d’hydrogène. Ces faits curieux ont été signalés par Geoffroy, Vauquelin et Sérullas.
- Les pharmaciens préparent actuellement l’émétique en faisant bouillir dans une bassine d’argent, pendant une demi-heure environ, avec \ litre d’eau 100 grammes d’oxychlorure d’antimoine (poudre d’Algaroth) et 14o grammes de crème de tartre. Après filtration et concentration de la liqueur à 25°, on met à cristalliser. 11 se dépose des octaèdres ou des tétraèdres réguliers, blancs, transparents, qui ont un grand éclat, mais qui deviennent peu à peu opaques et friables en s’effleurissant à l’air.
- De tous les tartrates, le plus important, sans contredit, c’est le bitartrate de potasse ou crème de tartre, dont il a été déjà si souvent question. En effet, indépendamment de son emploi à la préparation de l’acide tartrique et de la plupart des autres tartrates, ce sel joue un grand rôle comme mordant dans la teinture des laines, où il est presque toujours associé à l’alun; son acide se fixe, en même temps que ce dernier, sur les fibres animales. C’est son mélange avec le sel d’étain qui constitue le mordant pour la teinture écarlate. On s’en sert encore pour l’avivage d’une foule de couleurs et pour prévenir les dépôts d’oxydes ou de matières terreuses dans certains bains de teinture.
- Il existe dans le commerce deux espèces bien distinctes de bitartrate de potasse :
- et à l’intérieur d’un blanc brillant qui se ternit piomptement «
- Cette espèce nous arrive en barriques et demi-bai tiques t
- 2“ La crème de tartre de Marseille, qui est ordinairement en plaq irrégulières, plus petites que les précédentes, offrant ces ; .
- formés, d’un blanc vitreux et brillants à l’extérieur comme ’
- ces cristaux se cassent facilement et présentent a la cassuie et* qui réfractent la lumière. — Cette espèce vient en barriques et demi-barriques de 600 à 300 kilog.
- Il y a toujours dans ces crèmes de tartre de 5 à 6 p. 100 de tartrate de chaux, qui se dissout dans l’eau à la faveur de l’excès d’acide du sel.
- Les cristaux de bitartrate de potasse dérivent d’un prisme droit à base rhombe (fig. 363). Ils ont la composition suivante :
- Fig.
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- Acide lartrique.............. 70,45
- Potasse.................... 24,82
- Eau combinée.................. 4,73
- 100,00
- Leur symbole est = K0,H0,C8H4010.
- Ce sel a une saveur acide peu agréable. Il n’est pas très-soluble, puisque I partie exige 15 parties d’eau bouillante et 184 parties d’eau froide. Sa dissolution rougit fortement la teinture de tournesol. On le rend beaucoup plus soluble en y associant le quart de son poids d’acide borique. C’est alors ce qu’on appelle la crème de tartre soluble que les médecins prescrivent comme un léger purgatif.
- Le bitartrate de potasse répand, sur les charbons ardents, une fumée piquante ayant l’odbur du pain grillé. Le résidu de sa calcination est, comme je vous l’ai dit, du carbonate de potasse mêlé de charbon. C’est ce que les anciens chimistes nommaient sel fixe de tartre, sel de tartre ou alcali du tartre. Lorsqu’ils opéraient la décomposition de la crème de tartre au moyen de l’azotate de potasse, dans un creuset rouge de feu, ils obtenaient un carbonate de potasse blanc ou noir, suivant les proportions relatives des deux sels : blanc, lorsqu’ils employaient un excès de ni-tre ; noir, dans le cas contraire, parce qu’alors il n’y avait point assez d’oxygène pour brûler tout le charbon provenant de l’acide de la crème de tartre. Ces résidus étaient nommés flux blanc et flux noir. On en faisait un grand usage dans les opérations métallurgiques, comme fondants. Le nom de flux vient du mot latin fluere, qui veut dire couler.
- Dans les ménages, on utilise la crème de tartre au nettoyage de l’argenterie. Pour cela, on la môle avec partie égale de blanc d’Espagne ou carbonate de chaux, et moitié de son poids d’alun. On réduit le tout en poudre fine. Lorsqu’on frotte les ustensiles avec un linge doux ou une brosse recouverte de cette poudre délayée dans l’eau, ils prennent le plus vif éclat. On les lave et on les essuie avec soin.
- L’expérience ayant démontré que la pâte de farine, destinée à la confection du pain, lève beaucoup plus facilement et plus complètement quand elle présente un caractère acide, c’est à la crème de tartre qu’on a donné la préférence pour remplir cette indication, et pour obtenir un pain très-blanc avec des farines de médiocre qualité. Cette pratique est devenue générale en Amérique, depuis quelques années; aussi la presque totalité des crèmes de tartre fabriquées dans le midi de la France, est aujourd’hui exportée aux États-Unis pour cet emploi spécial.
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- ACIDE CITRIQUE. 4‘
- L’acide tartrique, dont je viens de passer en revue les sels les plus importants, est très-répandu dans les plantes, soit à 1 état de tartrate acide de potasse, soit à celui de tartrate de chaux. C est surtout dans les raisins, les tamarins, les mûres et la racine de be tterave qu’il existe en plus grande quantité. M. Liebig a constaté, en 1859, sa production artificielle par la réaction de l’acide azotique sur le sucre de lait. Je reviendrai plus tard sur ce fait important.
- Ses usages dans les arts, et notamment dans les fabriques d indiennes, sont les mêmes que ceux de l’acide oxalique, toutefois plus variés. Ainsi, indépendamment de son emploi comme rongeant, il joue un grand rôle dans la confection du bleu de France et du bleu-vapeur, qu’on applique tant sur coton que sur laine, soie, et cbaîne-coton.
- On le fait souvent servir aussi k la préparation des boissons rafraîchissantes. Avec 2 grammes d’acide tartrique, 100 grammes de sucre et quelques gouttes d’esprit de citron, pour 1 litre d’eau, on produit une excellente limonade.
- Dans tous les raisins, et surtout dans les raisins aigres, l’acide tartrique est accompagné d’un autre acide, qui a absolument la même composition, mais qui en diffère par quelques propriétés, notamment par une moins grande solubilité, et parce que ses cristaux renferment une fois plus d’eau que ceux de l’acide tartrique. Cet acide, découvert seulement en 1819, est donc isomé-rique avec le précédent. On l’a d’abord nommé acide racémiquc, puis acide paratartrique.
- Acide citrique.
- La connaissance de cet acide, dont le nom indique assez l’origine, est due à Schéele, qui trouva, en 1784, un moyen de l’isoler, a l’état de pureté, du suc de citron, qui le renferme en grande quantité, étudia ses propriétés, et sut le distinguer de l’acide du tartre, avec lequel il avait été confondu jusqu’alors.
- C’est également k cet acide que les oranges, les limons, les cédrats, les bigarades, doivent leur agréable acidité. On le rencontre encore dans tous les fruits rouges, tels que les groseilles, les cerises, les fraises, les framboises, les ronces, les airelles, les sorbes, dans la pulpe des tamarins, les fruits de l’églantier, etc. On ne l’a trouvé que très-rarement en combinaison : avec la chaux dans l’oignon, les feuilles du pastel etla pomme de terre; avec la potasse, dans les mômes tubercules et les topinambours; avec la chaux et la magnésie, dans les feuilles et les tiges de la gaude. On a essayé vainement jusqu’ici de le créer de toutes pièces.
- C’est habituellement du suc de citron qu’on retire l’acide citrique, par un procédé analogue k celui qui sert k obtenir l’acide
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- tartrique. En effet, on sature à chaud ce suc au moyen de la craie. Il se forme du citrafê de chaux insoluble qu’on lave bien et qu’on décompose ensuite par l’acide sulfurique (I). 100 kil. de suc de bons citrons ne fournissent pas plus de 5 kil. 1 /2 d’acide cristallisé.
- On prépare le suc de citron très en grand dans les pays chauds, notamment en Sicile, aux environs de Messine, en soumettant à la presse les fruits privés de leur écorce jaune, ou zeste, èt débarrassés de leurs semences. JLe temps de presser les citrons commence vers la mi-novembre ou en décembre, parce que jusqu’alors ces fruits ne contiennent que peu de suc, et continue jusqu’en mars. Deux cents citrons donnent, terme moyen, 4 litres 1/2 de suc. On presse plusieurs milliers de citrons à la fois. Le suc obtenu est renfermé dans de grandes pipes, et expédié sur le continent, principalement en Angleterre.
- Le suc de citron est composé de beaucoup d’eau, d’acide citrique, d’acide malique, d’une petite quantité de sucre, d’un principe extractif qui y est en complète solution, et de beaucoup de mucilage, dont une partie n’est qu’en suspension et trouble la transparence du liquide. Abandonné au repos pendant quelque temps, il subit un commencement de fermentation, le mucilage se dépose pour la majeure partie, et le liquide s’éclaircit; on décante la partie supérieure, puis on filtre le reste. C’est en raison de cette grande proportion de mucilage que le suc de citron est si difficile à conserver.
- Ainsi dépuré ou clarifié, le suc de citron a une couleur jaunâtre, une saveur acide, agréable, particulière, et une densité un peu plus grande que celle de l’eau. 18 grammes de ce suc saturent environ 2 grammes de carbonate de potasse sec. On le concentre ordinairement jusqu’à ce qu’il marque 24° à l’aréomètre de Baume. 11 est alors sous la forme d’un liquide presque sirupeux brunâtre.
- L’acide citrique pur est loin d’avoir la saveur agréable du suc de citron ; néanmoins, c’est encore, de tous les acides végétaux, celui qui est le plus propre à faire des limonades. Ses cristaux sont assez volumineux, transparents, incolores, presque arrondis; ils dérivent d’un prisme droit à base rhombe Fig. 3G4. (fig- 364), et renferment 17 p. 0/0 d’eau de
- (1) Il y aurait encore avantage, comme l’a indiqué M. Kuhlmann, à saturer le jus de citron par le carbonate de baryte naturel. Le citrate de baryte est plus insoluble que le cilrate.de cbaux ; l’acide citrique qu’on en isole par l’emploi de 'acide sulfurique, cristallise bien plus facilement que lorsqu’on opère avec le citrate de chaux, attendu qu’il ne retient aucune trace de sulfate de baryte, et que dans le dernier cas, il retient toujours du sulfate de chaux.
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- acide CITRIQUE.
- cristallisation ; ils sont très-solubles dans 1 eau. La dissolution ne se conserve bien qu’autant qu’elle est concentrée , elle rougit fortement le tournesol.
- On distingue aisément l’acide citrique de l’acide tartrique, avec lequel il a tant de rapports :
- 1° Parce qu’il ne répand pas, sur les charbons, 1 odeur de pain
- grillé ;
- 2° Parce qu’il ne trouble pas l’eau de chaux et les sels de chaux ;
- 3° Parce que, versé en excès dans l’eau de potasse, il ne fait naître aucun précipité cristallin.
- L’acide citrique n’attaque que le zinc, le fer et l’étain. Johnston assure cependant que le suc de citron dissout l’or ; mais cette assertion mérite autant de croyance que celle de Pline, qui dit qu’en mettant sur le feu les membres d’un certain oiseau domestique avec de l’or, ce métal disparaît bientôt, et que celle de Beecher, qui prétend avoir trouvé de l’or dans les cendres de la vigne et du tamarin.
- Chauffé à+ 130°, l’acide citrique fond, abandonne une partie d’oxygène et d’hydrogène sous forme d’tfau, et se trouve alors converti en un nouvel acide, qui a tous les caractères et la composition de l’acide que Peschier, de Genève, a découvert, en combinaison avec la chaux, dans ces belles plantes de nos jardins, à fleurs bleues et en casque, qu’on appelle aconits. C’est l’acide aconitique, ou’on retrouve encore dans la jolie fleur, nommée Dauphinelle (delphinium consolida), et dans les prêles ou queues de cheval des ruisseaux (Equisetum).
- Les usages de l’acide citrique sont fort nombreux. Il est employé par les teinturiers pour obtenir le rouge de carthame et aviver les nuances de cette belle matière colorante; pour préparer une dissolution d’étain qui produit, avec la cochenille, de plus beaux écarlates que le sel dMtain ordinaire, surtout pour la soierie et le maroquin. Les indienneurs 1/utj,-lisent comme rongeant et pour faire des réserves. On s’en sert encore pour enlever les taches de rouille et les taches alcalines sur l’écarlate, pour préparer une dissolution de fer qui est en usage chez les relieurs de livres, pour donner à la surface de la peau une apparence marbrée.
- Les médecins le prescrivent très-souvent sous forme de limonade. 11 ne faut guère plus de 2 grammes de cet acide solide pour aciduler agréablement un litre d’eau. La limonade sèche, si utile aux voyageurs, est préparée avec un mélange intime de’ 500 grammes de sucre et de 1G grammes d’acide, que l’on aromatise avec quelques gouttes d’essence de citron.
- Le suc de citron peut remplacer et remplace souvent l’acide citrique dans ses différents emplois. 11 est d’un usage journalier dans l’économie domestique, comme assaisonnement; il est bien plus agréable que le vinaigre. Les marins anglais en consomment une grande quantité. Pour
- il.
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- le conserver à bord des bâtiments, on y ajoute 10 pour 100 d’eau-de-vie, qui précipite le mucilage et prévient ainsi l'altération du suc. Lord Anson et le capitaine Cook furent, à ce qu’il paraît, les premiers navigateurs qui firent usage du suc de citron pour guérir ou préserver leurs équipages du scorbut. Les anciens regardaient ce suc comme un antidote précieux contre toutes les espèces d’empoisonnement; ses propriétés ont été célébrées par Virgile. Salmana l’Arabe fit, dans les premiers siècles de l’ère chrétienne, un traité sur la dissolution des perles dans le suc de citron.
- Deux citrates sont très-employés en médecine depuis quelques années : ceux de fer et de magnésie. Ce dernier sert à faire des limonades purgatives, bien préférables à l’eau de Sedlitz, attendu que le citrate de magnésie est dépourvu de la saveur amère et désagréable qui caractérise le sulfate et les autres sels solubles de cette base. — C’est une chose remarquable que l’acide citrique modifie d’une manière très-marquée la saveur des bases avec lesquelles on le combine. Ainsi, le citrate de fer n’a presque pas la saveur âpre et atramentaire des sels de fer solubles.
- Je termine cette histoire de l’acide citrique par l’exposé de sa composition élémentaire.
- Desséché à -j- 100°, il renferme :
- Carbone 37,50
- Hydrogène 2,60
- Oxygène 45,83
- Eau combinée 14,07
- 100,00
- 11 est représenté par le symbole = C12H3Ou,3HO.
- C’est donc un acide tribasique; en effet, les 3 équivalents d’eau de l’acide libre peuvent être remplacés par 3 équivalents de base, si bien que les citrates neutres ont pour formule générale == C12H3Oil,3MO.
- Lorsqu’on fait cristalliser l’acide citrique à chaud, les cristaux contiennent 4 équivalents d’eau; à froid, ils en renferment 5. Le premier hydrate résiste à une température de 100°, tandis que le second abandonne 2 équivalents et reproduit l’acide ordinaire.
- Acide malique.
- Un acide encore plus répandu que les précédents est celui que Schèele découvrit, en 1785, dans les pommes aigres, et qu’il désigna sous le nom d'acide malique, pour rappeler son origine (le nom latin de la pomme est malum). J1 en reconnut également la présence dans les poires, dans les baies de sureau, dans les prunelles; puis, bientôt après, dans tous les fruits rouges,
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- ACIDE MALIQUE. 01
- dans les citrons, les oranges et autres fruits de la môme famille, où il accompagne l’acide citrique. Il est mêlé aux acides tartri-que et citrique dans la pulpe des tamarins; à l’acide tartrique dans les raisins, dans les baies du sorbier des oiseaux, et dans celles des sumacs et de l’épine-vinette ; aux acides citrique et phospho-rique dans les champignons; à l’acide formique, dans le suc des fourmis. Enfin, combiné à la chaux ou à la potasse, il existe dans les feuilles de la joubarbe des toits et des autres plantes à feuilles grasses et charnues, dans l’ananas, le tabac, l’épinard, la gaude, le lilas, le frône, et une foule d’autres végétaux qu’il serait trop long d’énumérer.
- 11 est facile de l’obtenir à l’état de liberté. C’est ordinairement du suc du sorbier qu’on l’extrait. Pour cela, on prend les fruits mûrs, on les écrase, on les délaie dans de l’esprit-de-vin à 25° ou 30°, et on en exprime le jus, qui est très-acide. On le soumet à la distillation pour recueillir la majeure partie de l’alcool, qui peut servir à de nouvelles opérations. Dans le résidu de la distillation, on ajoute une petite quantité de potasse pour convertir l’acide tartrique, mêlé à l’acide malique, en bitartrate de potasse ; on évapore, et on étend le liquide d’esprit-de-vin rectifié pour précipiter la crème de tartre. On distille de nouveau, après filtration. On verse alors dans le résidu, délayé dans beaucoup d’eau, de l’acétate de plomb qui forme un précipité blanc, composé principalement de malate de plomb. On traite ce précipité, lavé soigneusement, par de l’eau bouillante et à plusieurs reprises ; on dissout ainsi le sel, qui se dépose, par le refroidissement, en jolies aiguilles blanches, brillantes et nacrées. On isole aisément l’acide malique, en délayant le malate de plomb dans l’eau et le soumettant à un courant d’hydrogène sulfuré. On peut ensuite le faire cristalliser.
- L’acide malique prend difficilement la forme solide ; il cristallise irrégulièrement en mamelons qui rappellent ceux des choux-fleurs ; mais bientôt ces mamelons se liquéfient au contact de l’air, tant l’acide a d’affinité pour l’eau. Il est donc très-soluble dans ce liquide.
- Il a la composition suivante :
- Carbone.................... 35,82
- Hydrogène..................... 2,98
- Oxygène..................... 47,76
- Eau combinée.................. 13,44
- 100,OU
- Il est représenté par le symbole = C8H408,2H0. C’est donc un acide bibasique.
- Il a une saveur acide très-forte, que l’on ne saurait distinguer de
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- celle des acides précédemment étudiés. Il ne précipite aucune base alcaline ou terreuse, aucune dissolution métallique, excepté l’acétate de plomb. Ses sels sont remarquables parleur extrême solubilité.
- Ce qu’il offre surtout de caractéristique, c’est que, chauffé a -}- 200°, il se dédouble en eau et en un acide pyrogéné, qu’on nomme acide maléique :
- Acide maléique.
- C8H408.2II0 = 2HO -}- C8ll206,2H0.
- Cet acide pyrogéné diffère surtout de l’acide dont il provient par sa saveur métallique désagréable et par la facilité avec laquelle il cristallise en prismes obliques à base rhombe. Mais ce qu’il offre d’intéressant, c’est que maintenu entre 130 et U0° pendant quelque temps, il éprouve une modification moléculaire qui le convertit en un acide nouveau, qu’on nomme acide par amaléique, dont le symbole = C4H03,H0, montre que c’est de l’acide maléique dans un autre état moléculaire, et devenu monobasique.
- Cet acide paramaléique se trouve tout formé dans certaines plantes, telles que la fumeterre, le corydalis bulbeux, le lichen d’Islande, les bolets et autres champignons. Par conséquent les noms d'acides fumarique, lichénique et bolétique n’ont plus leur raison d’être et doivent être confondus sous celui d'acide para-maléique.
- L’acide malique pur n’est pas employé; mais il pourrait recevoir, dans les arts et la médecine, les mêmes applications que les acides tartrique et citrique. C’est un des acides qui jouent le plUs grand rôle dans l’alimentation de l’homme, puisqu’il se trouve dans presque tous les fruits qui paraissent sur nos tables. Les cidres et poirés lui doivent toute leur acidité ; les vins aigres, une partie de la leur.
- Acides tannique et ^allique.
- Vous savez tous, Messieurs, au moins par ouï-dire, que le ^ sert à durcir les peaux des animaux, à les rendre imperméabl. | l’humidité, en les convertissant en cuir. Eh bien ! cette Pr0Prl ne • remarquable de l’écorce de chêne lui est communiquée Par g substance astringente particulière, que Seguin entrevit, en 1 ’
- et que Proust isola, en 1798, et désigna sous le nom derlAN!N ^
- Si nous faisons une décoction d’écorce de chêne dans 1 eajfi que nous en versions une petite quantité dans la dissolution sel ferrique, aussitôt il se manifestera une couleur noire 1res-cée ; si nous ajoutons de cette décoction à une solution déco
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- ACIDES TANNIQUE ET GALL1QUE.
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- forte ou à du blanc d’œuf délayé dans l’eau, nous produirons dans ces liquides des précipités volumineux, blanchâtres, qui, par la dessiccation, deviendront très-durs et imputrescibles. Ce sont là 'es caractères essentiels An principe astringent on tannant, dont la nature véritable est restée problématique jusque dans ces dernières aimées. Mieux connu aujourd’hui, grâce aux travaux de deux chimistes célèbres, Berzelius et M. Pelouze, il est rangé dans la classe des acides organiques sous le nom d’ACiPE tannique.
- Il est peu de principes immédiats aussi répandus que cet acide dans le règne végétal. En effet, le nombre des végétaux ou des organes des végétaux dont la décoction noircit les sels de fer, et précipite la colle-forte et le blanc d’œuf, est très-considérable. L’écorce de la plupart des arbres, les jeunes rameaux et les feuilles des arbres et des arbustes, notamment des chênes, des bou-'eaux, des ormes, des hêtres, des sumacs, des châtaigniers, des 'Lés; les racines de tormentille, de bistorte ; le brou de la noix ; 'es cônes des cyprès et des pins, les glands ; l’écorce des grenades; les Heurs du rosier, du grenadier ; les excroissances qui se Montrent sur les chênes, et qu’on désigne sous le nom de galles ; 'es sucs ou extraits de plusieurs végétaux qui nous arrivent des Pays étrangers par la voie du commerce, comme le cachou, le k'no, le suc d’acacia, l’extrait de ratanhia, etc., renferment le tannin en grande quantité, et lui doivent leurs propriétés astringentes.
- Dans toutes ces substances, le tannin est associé à ^beaucoup 1 autres principes immédiats, et surtout à un autre acide dont il Passez difficile de le débarrasser, et qui a été connu des chimis-les longtemps avant lui. C’est I’acide gallique, dont le nom rappelle celui des excroissances ligneuses du chêne ou galles, dans 'esquelles il a d’abord été reconnu. Schèele l’obtint pur, pour la Première fois, en 1786. Ce fut le dernier travail de cet illustre Suédois, dont la courte carrière fut si brillante et si productive. Généralement, dans les substances astringentes, c’est l’acide Unique qui domine ; l’acide gallique ne s’y trouve jamais qu’en
- Petites quantités tant qu’elles n’ont pas éprouvé l’influence de dlr humide. Il y a même des substances astringentes qui ne con-lpnncnt aucune trace d’acide gallique; telles sont, d'après M. Sten-°use ; l’écorce de chêne, le kino, le cachou. Par exception, on j'1 ela graine de mango (Mangifera indica, L.), les gousses de li-^ ll}b les cupules du chêne vélani, les feuilles des sumacs, de usserole, les fleurs d’arnica, dans lesquelles la proportion de t)j e gallique l’emporte de beaucoup sur celle de l’acide tan-Ainsi, de 1 kilogramme de graines sèches de mango, g'Avequina retiré 142 grammes d’acide gallique et seulement gammes de tannin.
- n a aussi trouvé l’acide gallique, à l’état de sels, dans quelques
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- plantes non astringentes. Ainsi on l’a reconnu, combiné à la véra-trine, dans les semences de la cévadille, les bulbes du colchique, les racines d’hellébores blanc et noir, et, uni à la brucine, dans l’écorcè de fausse angusture.
- Cet acide gallique partage, avec le tannin, la propriété de colorer les sels ferriques en noir bleuâtre, mais il s’en distingue en ce qu’il ne trouble pas les solutions de colle-forte et de blanc d’œuf.
- Voici la composition élémentaire de ces deux acides, dans leur état de pureté :
- ACIDE TANNIQUE. ACIDE GALLIQUE.
- Carbone............... 50,94 44,G8
- Hydrogène.............. 2,35 1,00
- Oxygène............... 33,96 25,53
- Eau combinée........ 12,75 28,73
- 100,00 100,00
- Symboles C18HS09,3H0 • C7HG3,2HO.
- 11 parait, du reste, que t’acide gallique doit son origine à une altération particulière que le tannin subit au contact de l’air humide ; car la solution de ce dernier principe, qui n’éprouve aucun changement en vases clos, ne tarde pas à laisser déposer des aiguilles d’acide gallique lorsqu'elle est exposée à l’air. M. Pelouze a parfaitement constaté que, dans ce dernier cas, le tannin, en absorbant de l’oxygène, éprouve, dans sa constitution élémentaire, un changement d’équilibre tel, qu’il se trouve converti, en grande partie, en acide gallique, et fournitjïfcn outre, de l’eau et de l’acide carbonique. C’est ce que l’équation suivante vous permettra de mieux comprendre :
- Tannin hydraté. Acide gallique hydraté.
- C18H509,3H0 -j- O8 = 2(C7H03,2HO) -j- 4C02 -f 2HO.
- La transformation du tannin en acide gallique est singulièrement accélérée par la présence d’une matière azotée en décomposition, qui agit alors comme un véritable ferment.
- Pour obtenir l’acide tannique à l’état de pureté, on suit le procédé fort simple indiqué par M. Pelouze. 11 consiste à épuiser la noix de galle par l’éther du commerce. On se sert pour cela d’un appareil connu sous le nom d'appareil à déplacement, et qui est très-employé dans les laboratoires pour extraire des matières organiques les principes solubles dans l’eau, l’esprit-de-vin ou tout autre véhicule. Cet appareil [fig. 365) n’est autre chose qu’une allonge en cristal AC, longue et étroite, fermée àl’émeri à sa partie supérieure, et dont la douille entre dans une carafe D. On met dans la partie inférieure de l’allonge un bouchon cannelé F, de manière à
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- ACIDES TANNIQUE ET GALLIQUE.
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- Fig. 365.
- en fermer l’ouverture ; du coton est placé sur ce bouchon et dans les cannelures dont il est pourvu, comme on le voit dans la petite figure F. On remplit l’allonge jusqu’en E de poudre fine de noix de galle, qu’on comprime légèrement, et on verse par-dessus,de E enG,une couche d’éther. Le lendemain,on trouve.au fond du flacon deux couches distinctes : l’inférieure, sirupeuse et jaunâtre, estune solution très-concentrée d’acide fannique dans l’eau abandonnée par l’éther; la supérieure, qui est colorée en vert, est de l’éther anhydre tenant en dissolution de l'acide gallique et d’autres, matières de la noix de galle. On continue à épuiser la poudre par de nouvel éther, jusqu’à ce qu’on s’aperçoive fiue le volume du liquide sirupeux n’augmente plus. On le sépare alors du liquide surnageant, on le lave à plusieurs reprises avec de l’éther Pur, puis on l’évapore dans une étuve °u au bain-marie ; il s’en dégage d abondantes vapeurs éthérées, la matière augmente^ volume, et laisse un résidu spongieux, comme cristallin, jaunâtre; c’est l’acide tannique Presque pur. On achève sa purification en l’agitant dans un flacon avec f partie d’eau et 2 parties d’éther; lorsque la dissolution est complète, 0n laisse reposer; la matière se sépare en trois couches; l’inférieure est du tannin pur, qu’on isole et qi^on dessèche à la manière ordinaire.
- De 100 parties de noix de galle,*n retire ainsi 55 à 00 parties d’acide non purifié. M. Dominé a reconnu qu’il est avantageux de laisser la noix de galle s’humecter à la cave pendant quelques jours; l’éther en extrait alors plus facilement un très-beau tannin. Dans les fabriques de produits chimiques, on remplace la méthode de déplacement, insuffisante pour Une fabrication un peu active, par la simple pression de la noix de Salle convertie en pâte molle avec de l’éther ordinaire, et abandonnée Pendant vingt-quatre heures. On répète ce traitement à deux ou trois lePrises différentes.
- Quant à l’acide gallique, on l’obtient de la manière suivante. On abandonne, pendant un mois, à une température de + 20 à 25°, des noix de °aHe réduites en poudre et constamment humectées. La poudre se gonfle L se recouvre de moisissures; on exprime le liquide qui la mouille; il contient beaucoup de matière colorante brune, et fort peu d’acide gal-,KlUe- Le résidu renferme presque tout l’acide qui a été produit aux cpens de l’acide tannique pendant cette longue exposition à l’air. Après avoir desséché, on le fait bouillir avec de l’alcool à 36°, qui ne dissout (lUe 1 acide gallique, et qui l’abandonne par le refroidissement, au moins j'Çur la pills grande partie, en petits cristaux colorés. On purifie comple-c*nent ceux-ci par une ébullition avec du charbon.
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- On relire ainsi de la noix de galle 1/b de son poids d’acide gallique cristallisé; or, comme avant son exposition à l’air elle n’en contient que des traces, on voit évidemment que l’acide qu’elle fournit se trouve créé de toutes pièces par la réaction de l’oxygène de l’air sur l’acide tan-nique, dont la quantité diminue à mesure que celle de l’acide gallique augmente.
- Disons, toutefois, qu’avec cet acide, il se produit aussi une petite quantité d’un acide particulier nommé ellagique (CAdDO^HO), qui n'a d’autre intérêt que parce qu’il se trouve en grande quantité dans les calculs intestinaux ou bézoards de certains herbivores qui se nourrissent de plantes astringentes; c’est pour cette raison que les chimistes allemands l’appellent acide bézoardique.
- Un procédé plus commode et plus prompt pour convertir le tannin en acide gallique, consiste à faire usage d’acide sulfurique faible. On fait urfe forte décoction de galle, qu’on précipite à froid par de l’acide sulfurique; on mêle la masse pâteuse avec de l’acide sulfurique faible, on l’exprime pendant qu’elle est encore humide, et on l’introduit sous cet état dans un mélange d’acide sulfurique étendu de 7 à 8 parties d’eau, puis on fait bouillir pendant quelques minutes. Par le refroidissement du liquide, l’acide gallique se dépose en cristaux faiblement colorés; on peut le purifier, par une seconde cristallisation, ou mieux en le convertissant en gallate de plomb insoluble qu’on lave et qu’on décompose ensuite par l’hydrogène sulfuré; le sulfure de plomb qui se forme entraîne la matière colorante.
- Ce procédé repose sur ce fait qu’en présence des acides faibles, le tannin, en s’assimilant les éléments d’une certaine quantité d’eau, se dédouble en acide gallique et en sucre incristallisable, ainsiqueM.Strecker l’a constaté le premier en 1851. Cette transformation s’explique très-bien par l’équation suivante :
- Tannin hydraté. Eau. Acide gallique hydraté. Sucre incristall.
- 3^C18H809,3H0) + «HO — 6(CW,2HO) -f- C,2H12012.
- Il n’est pas possible de confondre les acides tannique et gallique , tant leurs principaux caractères sont distincts. Ainsi, l’acide tannique est sous la forme d’une masse blanche, spongieuse, n’olfrant qu’un indice de cristallisation ; l’acide gallique se présente en jolies petites aiguilles transparentes et soyeuses, d’un blanc éclatant. Le premier a une saveur astringente portée au plus haut degré, et sans aucun mélange d’amertume ; le second a une saveur aigre sans astriction, et laisse dans la bouche un arrière-goût sucré. L’acide tannique est excessivement soluble dans l’eau ; l’acide gallique l’est fort peu, au contraire. Tous deux précipitent en blanc les eaux de chaux et de baryte ; mais tandis que les précipités formés par l’acide tannique restent incolores au contact de l’air, ceux produits par l’acide gallique se colorent rapidement en vert, puis en brun rouge, par suite de l’altération de cet acide par l’oxygène de l’air. Tandis que la solution d’acide tannique forme, avec la plupart des dissolutions métalliques, des précipités
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- ACIDES TANJNIQUE ET GALLIQUE. 57
- abondants, diversement colorés, qui sont des tannates insolubles, celle d’acide gallique ne trouble qu’un très-petit nombre de ces dissolutions.
- Très-souvent, à cause de cela, les chimistes emploient comme réactif le tannin pur, ou même plus simplement la décoction de noix de galle, pour distinguer les sels métalliques les uns des autres, la couleur du précipité indiquant le métal auquel il appartient. Par exemple, en nous servant de décoction de galle, nous allons faire naître un .précipité :
- Brun ................dans les sels de cuivre, de chrome et d’or,
- Orangé. ................... — de bismuth et de mercure,
- Blanc...................... — de plomb et d’antimoine,
- Jaunesale ou jaunâtre. — d’argent, d’étain, de cobalt et de
- cérium,
- Rouge de sang.............. — de titane,
- Chocolat ou rouge .... — d’uranium,
- Vert foncé................. — de platine-,
- Pourpre bleuâtre..... — d’osmium.
- Dans les sels ferreux, la dissolution de tannin, d’acide gallique, et la décoction de galle ne font naître aucua précipité ; mais si la liqueur reste exposée à l’air, elle se colore, par degrés, en brun, puis elle passe au noir bleuâtre très-intense, parce que le fer s’oxyde déplus enplus en absorbant l’oxygène atmosphérique : il se dépose alors du tannatc et du gallate d’oxyde ferrique. Cette réaction est si tranchée, que la décoction de galle est un des meilleurs réactifs pour reconnaître les plus petites quantités de fer en dissolution dans un liquide.
- Voici une eau minérale dans laquelle je soupçonne la présence du fer; quelques gouttes de ce réactif vont lever tous mes doutes, Si je n’avais pas de décoction de galle toute préparée, je laisserais tremper dans cette eau la moitié d’une noix de galle, et bientôt, par la coloration en noir de la liqueur et par celle que prendrait la noix elle-même, j’acquerrais la preuve que l’eau minérale est
- ferrugineuse.
- L’emploi de la noix de galle comme réactif du fer était déjà connu du temps de Pline (1) ; mais c’est Tachenius, chimiste westphalien du milieu du dix-septième siècle, qui a généralisé 1 application de cette substance à la distinction des dissolutions métalliques.
- C’est en raison de cette action si remarquable du tannin et de | acide gallique sur les sels de fer, que ces acides jouent un rôle ’mportant dans l’art de la teinture. En effet, les différentes sub-
- (!) Pline, Histoire naturelle, lib. XXXIV, cap. xi.
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- TRENTE-TROISIÈME LEÇON.
- stances astringentes qu’on emploie dans nos ateliers pour colorer les tissus en noir et en gris, comme la noix de galle, le sumac, le brou de noix, le cachou, etc., concurremment avec les sels de fer, n’agissent que par l’acide gallique et surtout le tannin qu’elles contiennent, et donnent naissance à du gallate et à du tannate de peroxyde de fer, qui se forment sur les tissus et les colorent. Ce sont également ces composés qui constituent l’encre ordinaire. Vous voyez par là, Messieurs, combien il était nécessaire d’apprendre à connaître des acides dont les applications sont si étendues. Plus tard, je reviendrai sur la coloration des tissus au moyen du tannin ; je ne m’occuperai maintenant que de la fabrication de l’encre. Toutefois , avant de vous en parler, laissez-inoi vous dire quelques mots d’un acide dérivé de l’acide gallique et dont les chimistes et les photographes tirent actuellement un excellent parti.
- Cet acide, entrevu par Deyeux, mais dont la découverte appartient réellement à Braconnot, qui la fit en 1831, est celui qui se produit lorsqu’on maintient l’acide gallique à une température comprise entre -f- 210 à 215°. Ce dernier se dédouble en acide carbonique et en un produit nouveau qui se sublime en lames cristallines d’une blancheur éclatante; c’est ce qu’on appelle de l’acide pyrogallique ; de sorte qu’en chauffant l’acide gallique pur dans un bain d’huile, à la température indiquée, tout disparaît, puisque cet acide se change complètement en produits gazeux.
- Cette métamorphose se comprend aisément par l’équation suivante :
- Acide gallique. Acide pyrogallique.
- C7H03,2Iî0 = CO- -f C6H303.
- Cet acide pyrogallique a une saveur fraîche et amère. Il est très-soluble dans l’eau. Il fond à-f-115° et se sublime à -j- 210°. Chauffé à -f- 250°, il se dédouble en eau et en une substance noire, presque insoluble dans l’eau, mais soluble dans les alcalis, qu’on nomme acide métagallique.
- Acide pyrogallique. Acide métagallique.
- C6H303 = HO -f C6H202.
- La solution d’acide pyrogallique colore en bleu indigo les sels de protoxyde de fer, en rouge foncé les sels de peroxyde, mais sans y former de précipité. Elle réduit àfroid les sels d’or, de mercure, de platine et d’argent ; de là son usage dans la photographie sur verre et sur papier. Cette même dissolution versée goutte à goutte dans du lait de chaux y développe une belle coloration rouge pourpre qui passe rapidement au brun foncé.
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- ACIDES TANNIQUE ET GALLIQUE.
- A l’état sec, l’acide pyrogallique est inaltérable au contact de l’air, mais sa dissolution s’y décompose promptement au contraire. Cette altération est surtout rapide en présence des alcalis; l’oxygène est absorbé, et l’acide est converti en une substance noire, en acides acétique et carbonique. La quantité d’oxygène qui est absorbée dans ces circonstances par l’acide pyrogallique est très-considérable, puisque, d’après Doebereiner, 1 gramme de cet acide dissous dans l’ammoniaque en excès absorbe jusqu’il 38 centigrammes ou 260 centimètres cubes d’oxygène. Aussi, M. Liebig a-t-il fait, en 1851, l’application de cette curieuse observation à l’analyse de l’air. Ce nouveau procédé eudioinétrique est aussi simple qu’élégant. Voici comment on l’exécute.
- On opère dans un tube gradué [fig. 366) de la capacité de 30 centimètres cubes, chaque centimètre étant divisé en 5 parties. Après 1 avoir rempli de mercure, on y introduit, jusqu’aux deux tiers de sa capacité, l’air dont il s’agit de déterminer la richesse en oxygène et en acide carbonique, puis on y fait passer, à l’aide d’une pipette recourbée {fig. 367) une quantité s’élevant à d/40 ou à d/30 d'une solution de potasse caustique (i partie d’hydrate de potasse et 2 parties d eau). En imprimant, au tube gradué, quelques mouvements de bas en haut, dans la cuve à mercure, on étend la solution alcaline sur ses parois, et bientôt tout l’acide carbonique est absorbé. Lorsque !e volume de l’air ne change plus, on constate, par la lecture de l’échelle, la diminution éprouvée ; elle représente exactement la proportion de l’acide carbonique, quand l’air analysé a été préalablement desséché par le chlorure de calcium. — Cela fait, on introduit dans le même tube, à l’aide d’une seconde pipette, une solution de 1 partie d’acide pyrogallique dans 5 à 6 parties d’eau, et l’on en ajoute assez pour que le volume de la solution acide soit égal à , moitié du volume de la solution de potasse. On otend, par quelques secousses, les liquides mélan- Fig 366 pjg, 307. 8es sur les parois du tube, et l’on mesure, quand J absorption est complète, le volume du résidu d’azote. L’absorption de 1 oxygène est effectuée en deux minutes; c’est là surtout ce qui rend ce P1 océdé eudiométrique avantageux, puisqu’on peut faire en une heure nne demi-douzaine d’analyses suffisamment précises dans la plupart des cas.
- Cette jolie application de l’acide pyrogallique à l’analyse des mélanges gazeux, les services journaliers qu’il rend aux photogra-P.s pour la réduction des sels d’argent, l’usage qu’en font les coiffeurs, d’après les indications de Wimmer, pour communiquer •*ux cheveux une belle couleur blonde, sa présence dans les procuits de la distillation du bois (2 p. 100 environ) d’après Pauli,
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- donnent beaucoup d’intérêt à son étude, et expliquent les nombreux travaux dont il a été le sujet dans ces derniers temps.
- On a surtout cherché les moyens de le produire à plus bas prix. Le procédé suivant, indiqué parM. Stenhouse en 1843, est actuellement suivi dans les fabriques de produits chimiques.
- On épuise par de l’eau froide la noix de galle réduite en poudre, et on évapore toutes les liqueurs en consistance d’extrait sec. Celui-ci, réduit en poudre, est étalé sur le fond d’une capsule plate, en tôle, dont le fond est d’un diamètre de 48 à 05 centimètres, tandis que le rebord s’élève à 8 ou 10 centimètres. On couvre exactement l’orifice de la capsule avec du papier à filtrer qu’on colle avec soin tout autour, ou avec de la gaze, et on place par-dessus un cône en carton de 40 à 48 centimètres de haut, que l’on assujettit à l’aide d’une corde au bord extérieur de la capsule (fig. 308). On chauffe alors l’appareil avec précaution pendant quelques heures, au bain de sable, mais mieux au bain de métal, en maintenant la température aussi près que possible de -f- 184°. On peut toutefois l’élever d’un petit nombre de degrés vers la fin de la sublimation.
- L’acide pyrogallique , qui se forme dans cette circonstance, passe à travers le papier ou la gaze et vient s’attacher en beaux cristaux blancs sur les parois du cône de carton. Quand on chauffe trop, les cristaux sont colorés; il faut alors les soumettre à une seconde sublimation; le papier ou la gaze retient l’huile empyreumatique qui s’était formée en même temps que l’acide.
- Ce procédé, bien exécuté, fournit un peu plus de 10 p. 100 d’acide pyrogallique.
- M. Liebig a indiqué, en 1857, un nouveau moyen qui l’emporterait sur tous les autres par le rendement ainsi que par la pureté du produit. Il consiste à chauffer rapidement dans une cornue l’acide gallique cristallisé et bien sec, mélangé avec de la pierre ponce, en même temps qu’on fait arriver par la tubulure de la cornue un courant de gaz carbonique. On recueille, par ce moyen, 31 à 32 p. 100 d’acide pyrogallique solide; la théorie indique qu’on devrait en obtenir 39 p. 100.
- Jusqu’ici, en vous parlant de l’acide tannique, je vous ai laissé croire qu’il était identique dans tous les végétaux astringents qui le renferment. Je puis maintenant vous apprendre qu’il n’en est rien, et que dans chaque genre botanique les plantes paraissent
- Fig. 308.
- ISig
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- DE L’ENCRE.
- 01
- avoir un tannin qui, tout en rappelant les propriétés fondamentales de ce principe, offre certains caractères spéciaux. Voilà pourquoi Berzelius a cru devoir distinguer, par des noms particuliers indiquant leur origine, pes divers acides astringents. Il dit donc et on dit avec lui :
- Acide gallotannique .... pour le tannin de la noix de galle,
- — quercitanniquc ... — des écorces des chênes,
- — mimotannique ou — des mimoses et notamment
- cachoutannique. du cachou,
- — quinotannique.... — des quinquinas,
- — cafétannique'..... — du café,
- — morintannique ... — du bois jaune [monts).
- En prenant le tannin de la noix de galle comme type de comparaison, voici les principaux caractères différentiels des autres :
- 1° Aucun ne fournit d’acide gallique, et par suite d’acide pyrogallique ;
- 2° Ils forment avec les acides minéraux des composés plus solubles ;
- 3° Les tannins du chêne, du café, du cachou ne précipitent pas la solution d’émétique ;
- 4° Le tannin du café ne précipite pas la gélatine, et l’acide sulfurique le dissout en prenant une couleur rouge de sang ;
- 3° Les tannins du café, des quinquinas, du cachou et du bois jaune colorent les sels de peroxyde de fer, non en noir bleuâtre, mais en vert Plus ou moins prononcé.
- Dans la prochaine leçon, je vous parlerai de l’encre pour terminer l’histoire des acides astringents.
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- DE L’ENCRE. — DES ALCALOÏDES.
- Sommaire. — De l’Encre à écrire. — Des encres de couleur et des encres indélé-jnes. — Des encres de sympathie. — Des principes immédiats basiques ou alca-LINS- ~ Leur découverte. — Comment ils existent dans les végétaux. — Leurs Propriétés vénéneuses. — Des poisons des Indiens. — Principales propriétés des a Soldes végétaux. — Du sulfate de quinine et de son emploi en médecine.
- ^ une des applications les plus fréquentes des acides tannique gallique, c’est la préparation de ce liquide si utile qui est vulgairement désigné sous le nom d'encre. Occupons-nous-en actuel-
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- TRENTE-QUATRIÈME LEÇON.
- I>e l’Encre.
- L’encre est un liquide coloré en noir bleuâtre, qui sert, vous le savez, Messieurs, à tracer des caractères sur le papier, et à donner ainsi un corps à la pensée. Elle se compose essentiellement de tannate et de gallate de peroxyde de fer en suspension dans l’eau, à laquelle on ajoute ensuite quelques autres substances, notamment de la gomme; celle-ci a pour effets d’empêcher la précipitation de ces sels, de donner une certaine consistance au liquide, afin qu’il ne s’étende pas trop sur le papier, et de communiquer, en outre, plus d’éclat aux caractères tracés avec lui.
- Beaucoup de recettes ont été données, depuis le dix-huitième siècle, pour la préparation de l’encre. Voici la formule la plus simple, et qui produit l’encre du plus beau noir :
- Noix de galle concassée............ 1 kilogr. » gram.
- Sulfate de fer ou couperose verte. » 500
- Gomme arabique..................... » 500
- Eau............................... t6 litres.
- On fait une forte décoction de la galle dans 13 à 14 litres d’eau; on passe à travers une toile ; on ajoute à la liqueur claire la gomme, puis la couperose, qu’on a fait dissoudre séparément dans le reste de l’eau prescrite; on agite le mélange de temps en temps, et on l’abandonne au contact de l’air jusqu’à ce qu’il ait acquis une belle teinte d’un noir bleuâtre. On laisse alors reposer, on tire à clair et on enferme l’encre dans des bouteilles que l’on bouche avec soin. Dans le commerce, on l’appelle encre double. Ce qu’on vend sous le nom d’encre simple est la précédente, faite avec le double d’eau.
- Les fabricants ont l’habitude de laisser l’encre se couvrir d’une moisissure avant de la soutirer, et ils prétendent que cette pratique leur procure un liquide plus clair et moins sujet à se moisir dans les bouteilles et les encriers. Ce dernier inconvénient, qui paraît dû à une altération spontanée du tannin, d’où résultent des animalcules, peut être prévenu par l’addition de substances corrosives. Une petite quantité de sublimé corrosif (chloride de mercure), ou d’oxyde mercurique, ou d’une huile essentielle quelconque, remplit très-bien cet objet. Mais on ne saurait approuver l’emploi de ces substances nuisibles, par la raison que les enfants, et même beaucoup de grandes personnes, ont la mauvaise habitude de porter fréquemment les plumes à leur bouche pour les nettoyer. Vous concevez que, dans le cas où l’encre serait additionnée des matières actives citées plus haut, il pourrait en résulter de graves accidents.
- Les dépôts noirs qui se forment au fond des tonneaux, chez les
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- fabricants d’encre, sont vendus, sous le nom de boues d'encre, aux emballeurs, pour marquer et numéroter les caisses.
- Comme la teinte de l’encre avec la couperose et la galle a quelque chose de terne, on lui donne du brillant par l’addition d’un peu de sucre et de sulfate de cuivre. Mais ce dernier sel nuit beaucoup aux plumes d’acier, dont on fait aujourd’hui un si grand usage, parce que le fer, en décomposant le sulfate de cuivre de l’encre, détermine une précipitation de cuivre métallique sur les plumes, ce qui les rend mauvaises et cassantes. On peut remédier à cet inconvénient, en rivant sur la plume une languette de zinc qui ne plonge qu’en partie dans l’encre, et qui, en changeant l’état électrique de l’acier, le préserve de toute altération (1).
- Il arrive souvent qu’une encre de la plus belle apparence jaunisse en très-peu de temps ; cela est dû à ce que la couperose employée était trop acide. On remédie à cet inconvénient en ajoutant à l’encre ainsi faite 60 grammes d’ammoniaque liquide par chaque 500 grammes de couperose.
- Souvent on remplace tout ou partie de la noix de galle par d’autres matières astringentes moins chères, telles que le sumac, le bois de campêche, l’écorce de chêne ou d’aune; mais ces encres ont une teinte moins belle, ont moins de fluidité et sont bien plus altérables. Voici quelques recettes d’encres plus économiques que ta précédente :
- Noix de galle...............
- Bois de campêche en copeaux.
- Couperose verte.............
- Sulfate de cuivre...........
- Gomme arabique..............
- Sucre.......................
- Eau.........................
- ENCRES
- de Lewis. de Kibeaucourt. de Robinson.
- 90 gram. 86 gram. 90 gram.
- 24 32 32
- 32 32 32
- 32 10,7 »
- 32 32 64
- )) 10,7 »
- 2 litres. 2 litres. 2 litres.
- On prépare souvent des encres sans noix de galle et sans couperose. Elles sont alors de fort médiocre qualité et excessivement altérables. La mauvaise encre violette de Itouen est obtenue en faisant bouillir pendant une heure dans 6 litres d’eau :
- (•) Les plumes métalliques sont d’origine danoise. Dans un voyage que le comte Lasteyrie fit en Danemark, il y a plus de cinquante ans, il vit entre les mains (1’un habitant de Copenhague, une de ces plumes de métal, si rares alors, qu’elles n étaient considérées que comme des objets de curiosité. De retour en h rance, et aPi'ès avoir fait lui-même un assez long usage de ces plumes, le comte de Las-jcyrle, préjugeant de leur avenir, engagea et décida en 1807, un artiste habile, bouvier, à en établir à Paris une fabrique, qui fut la première de ce genre en 'once et même en Europe.
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- Campêche en copeaux ....... 750 gram.
- Alun de Rome ................ 32
- Gomme arabique................ 32
- Sucre candi................... 16
- On laisse reposer pendant deux à trois jours, et on passe à travers un linge. Plus elle vieillit, mieux elle vaut.
- Il est possible, avec le bois de campêche, d’obtenir une encre bien supérieure à celle-ci, et presque aussi solide que celle à la galle et à la couperose. C’est de suivre la formule indiquée par le professeur Runge; la voici : On fait bouillir 625 gr. de bois de campêche dans une quantité d’eau suffisante pour obtenir 5 litres de décoction. A celle-ci, on ajoute, après le refroidissement, 5 gr. de chrômate jaune de potasse, et on agite vigoureusement. L’encre est alors préparée, et on peut l'employer immédiatement. Toute addition de gomme est nuisible.
- Cette encre est d’un prix très-peu élevé; elle est très-bonne pour écrire avec les plumes d’acier; mais elle a un défaut grave, c’est de s’épaissir souvent, après la préparation, comme du lait caillé.. Quelques gouttes d’une solution de sublimé corrosif s’opposent, d’après Stein, à cet effet; 25 centigr. de chloride mercu-rique suffisent pour une bouteille d’encre. Non-seulement cette encre devient ainsi plus fluide et se conserve intacte, mais sa couleur passe au noir pur, de bleu indigo foncé qu’elle était auparavant.
- L’encre à la couperose et avec les substances astringentes (écorce de chêne, noix de galle, etc.) était connue et employée 3 à 400 ans avant l’ère chrétienne. On ignore quel en a été l’inventeur. Chez les anciens, on connaissait l’emploi de Téncre. Il en est déjà fait mention dans le Pentateuque de Moïse, sous le nom de Deyo (1). Mais cette encre était préparée, ainsi que Pline, Vitruve et Dioscoride nous l’apprennent, avec du noir de fumée ou un charbon très-divisé, délayé dans une eau gommée. Dioscoride nous en donne la formule : trois onces de noir de fumée pour une once de gomme (2). Mais l’encre des anciens était peu
- (1) Nomb. v, 23. Jérémie, xxxvi, 18.
- (2) Suivant Ménage, le mot ancre vient de l’italien inchiostro, qui a été fait du latin encaustum, encaustique, dont les Polonais ont fait incost, les Flamands irikU et les Anglais ink. C’était avec un léger pinceau que les anciens écrivaient. Deux Athéniens, Polygnote et Mycon, qui excellaient dans la peinture, sont les premiers qui aient fait de l’encre de marc de raisin, que l’on nomma tryginum, qui veut dire fait de lie de vin. Les empereurs et les rois écrivaient avec une encre pourprée, qui était composée de coquilles pulvérisées et de sang tiré de la pourpre. Il n’était permis qu’à eux d’employer cette encre. Pline parie d’une espèce d’encre qui venait des Indes, et dont il ignore la composition ; mais il prétend que toute sorte d’encre doit être mise au soleil, pour acquérir sa perfection, et que celle dans laquelle on ajoutait du vin d’absinthe, empêchait les souris de ronger les livres. Les anciens faisaient encore de l’encre avec le sang de certains poissons Ils se servaient d’nne
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- coulante, pénétrait difficilement dans le corps du papier, et pouvait être facilement enlevée par le lavage ou le frottement. Toutefois, elle résistait parfaitement aux influences atmosphériques et aux agents chimiques les plus énergiques, tandis que notre encre, à base métallique, est aisément détruite par le chlore et les chlorures décolorants, les vapeurs acides, les solutions alcalines caustiques, l’acide oxalique et le sel d’oseille. L’air humide même, au bout dTin temps un peu long, altère tellement les caractères tracés avec elle, qu’il est impossible de les lire. Voici des feuilles écrites, que je vais laisser séjourner pendant peu de temps dans quelques-unes des liqueurs que je viens de nommer ; bientôt tous les caractères auront disparu.
- On connut de bonne heure les moyens d’enlever cette encre de dessus le papier; car, dès le seizième siècle, les tribunaux rendirent des jugements contre plusieurs individus convaincus d’avoir fabriqué dgs actes faux, et les ouvrages de chimie de cette époque mentionnent déjà l’emploi des acides et des alcalis pour faire disparaître l’encre.
- he bonne heure aussi les chimistes recherchèrent les moyens de pré-'enir ces coupables manœuvres; et depuis 1764, que Lewis fit paraître un traité sur l’encre et les procédés à employer pour la rendre indélébile, une foule de travaux ont été entrepris et publiés sur cette importante question.
- La plupart des encres vendues comme indélébiles contiennent une certaine dose de charbon en poudre très-fine ; les caractères tracés avec elles résistent assez bien aux réactifs ordinaires, mais elles sont plus épaisses que les autres, donnent lieu à des dépôts considérables par le h|mple repos, ne peuvent pénétrer dans le papier, et les caractères sont, dans ce cas, facilement enlevés par le frottement ou le grattage. La ' °ciété d’encouragement ayant un jour chargé Clouet d’examiner due encre que l’on annonçait comme indélébile, cet ingénieux chimiste cuianda que l’auteur écrivît lui-même les mots encre indélébile, et aPPosàt sa signature au-dessous. Le lendemain, il présenta son rapport, jUgué de lui et de l’inventeur; il se composait de ces mots : Encre délébife.
- avait enlevé les lettres in, en les humectant d’un peu d’eau et les frot-aut avec une brosse douce, et il avait ajouté sa signature à celle du lac*lcanL L’assemblée adopta, en riant, les conclusions de ce rapport
- L Académie des sciences, consultée, en 1826, par le ministre de la J sUce, sur ieg m0yens d’empêcher la falsification des écritures, a fait unaître, en 1831, que la meilleure encre indélébile est l’encre de Lq ’ne> délayée dans de l’acide chlorhydrique, ne marquant qu’un degré ü°mi à l’aréomètre, ou dans de l’acétate acide de manganèse. Avec oht°U ^ Srammes d’encre de Chine et un kilogramme d’acide, on d.‘-t un litre d’encre d’une très-bonne nuance, pour le prix très-mo-4lle de 42 centimes. L’idée de cette composition est due à Pline, qui a
- O'ule * }0^®e P°ur écrire les litres de livres et les grandes lettres; c’était, suivant (le cèd . vemdb°n> ou quelque liqueur dans laquelle on faisait infuser du bois dep re; Les Hollandais attribuent à Laurent Coster, natif d’Harlem, l’invention c,edont les imprimeurs se servent de nos jours.
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- TRENTE-QUATRIÈME LEÇON.
- indiqué de délayer l’encre solide de son temps avec du vinaigre, afin de lui donner plus de fixité, et de la rendre plus pénétrante dans le papier.
- Dans un nouveau rapport, publié en 1837, l’Académie des sciences a confirmé la bonté de l’encre de Chine acidulée ; mais comme, depuis quelques années, on fait un grand usage de plumes métalliques, et que cette encre est de nature à les altérer, l’Académie conseille, dans ce cas, de délayer l’encre de Chine dans de l’eau rendue alcaline par la soude caustique, et marquant i°à l’aréomètre de Baumé. L’encre alcaline pénètre mieux dans la pâte du papier que l’encre acidulé, lorsque ce papier est collé au moyen de l’amidon, d'un savon résineux et d’alun, sorte de collage qui est devenu général depuis plusieurs années. Il est avantageux, d’ailleurs, pour que l’encre pénètre mieux, d’humecler très-légèrement le papier, d’attendre une ou deux minutes pour laisser à l’humidité le temps d’imbiber toute l’épaisseur de la feuille, puis,^nfin, d’écrire avec l’encre de Chine récemment délayée dans la liqueur acide ou alcaline.
- L’encre de Chine, qui est si employée pour le lavis, et dont l’importation en Europe remonte à des temps fort reculés, est préparée en Chine au moyen de décoctions de diverses plantes, de colle de peau d’âne et de noir de lampe. Elle arrive en petits parallélipipèdes rectangles, portant en relief des figures ou des caractères dont la plupart sont dorés. Elle est d’un beau noir luisant. Les Chinois ont une telle estime pour tout ce qui a rapport à l’écriture, que les ouvriers qui fabriquent l’encre jouissent du même préjugé honorable qui était attaché autrefois chez nous à l’état de nos gentilshommes verriers. Leur art n’est point considéré comme une profession mécanique (1). — On prépare maintenant en France une encre semblable à celle de Chine et d’une très-bonne qualité (2).
- (1) Du Halde, Descript. de lu Chine, I, p. 135. — Fortia d’Urban, Descripl-delà Chine, 1840, t. II, p. 100.
- (2) Parmi toutes les recettes indiquées, la suivante paraît donner de bons résultats. On emploie :
- Noir de fumée purifié............. 1
- Suc de réglisse................... 1
- Colle de poisson.................. 6
- Eau.............................. 12
- On fait dissoudre séparément le suc de réglisse dans une petite quantité d’eau; d’un autre côté, on coupe la colle de poisson en lanières très-minces, et on les fait bouillir, jusqu’à dissolution, dans le reste du liquide. On mélange les deux liqueurs» puis on y délaie le noir de fumée. Il en résulte une pâte qu’on place dans des moules enduits de cire, pour prévenir toute adhérence, et on fait sécher à l’étuve, au soleil, ou bien encore sous la cendre. Souvent on ajoute à la pâte quelques aromates, camphre ou musc ; et avant qu’elle ne soit sèche, on y imprime avec un cachet en creux des caractères chinois qu’on recouvre plus tard d’une mince feuille d’or-
- Chaque fabricant se sert d'un charbon particulier qu’il prépare et purifie à sa manière, au moyen de dissolvants énergiques (potasse, acides, alcool). On s’accorde généralement à dire que le noir de fumée fourni parla combustion des corps gras et des résines, donne une encre d’un très-beau noir, et qui ne tourne pasal1 brun lorsqu’elle est exposée à l’air
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- M. Traille, d’Éclimbourg, a fait connaître, en 1838, la recette d’une encre indélébile qui diffère notablement de celle proposée par l’Académie des sciences. On dissout, à l’aide de la chaleur, du gluten frais dans l’acide pyroligneux. 11 en résulte un liquide savonneux que l’on étend jusqu’à ce qu'il n’ait plus que la force du vinaigre ordinaire : on incorpore ensuite à 500 grammes de ce liquide de 6 à 9 grammes du meilleur noir de fumée, et fgr,30 d’indigo. — Cette encre a une bonne couleur, elle coule bien de la plume, elle sèche vite; une fois séchée, le frottement et l’immersion dans l’eau ne l’enlèvent pas. Les réactifs chimiques qui détruisent l’encre ordinaire ne l’altèrent pas, à moins qu’ils n’attaquent le tissu même du papier.
- On a cherché aussi a empêcher la falsification des actes et autres écritures, ainsi que le blanchiment des vieux papiers timbrés et leur rentrée dans la circulation. Pour cela, on a imaginé d’enfermer dans la pâte Ou papier une vignette délébile qui disparaît lorsque l’on veut enlever, par un réactif chimique, les caractères tracés à la surface de ce papier. Pour prévenir les faux partiels ou généraux, on a composé des papiers qui contiennent, dans leur pâte, un filigrane très-fin, indélébile, et qui présentent, imprimée, sur chacune de leurs faces, une vignette très-délicate, inimitable à la main et délébile. Ce sont ces sortes de papiers qu’on connaît sous le nom de papiers de sûreté. Malheureusement, aucun de ces papiers n’empêche la destruction du texte. Aussi le moyen le plus sûr de prévenir les faux de toute espèce, aisés ou difficiles, c’est, en définitive, l’emploi d’une encre de sûreté, telle que celles indiquées par fraille et par l’Académie des sciences.
- On emploie souvent, pour la tenue des écritures de commerce, des encres de couleur rouge, jaune, verte et bleue. La première est la plus usitée. Voici comment on la prépare habituellement. . 11 fait infuser, dans 400 grammes de vinaigre, pendant trois •j°urs > 100 grammes de bois de Brésil râpé; on fait ensuite }°uillir pendant une heure ; on filtre, et on dissout dans la liqueur chaude 12gr,5 de gomme arabique, et autant de sucre et " alun.
- L encre rouge de Ferrari diffère fort peu de la précédente. On jdl macérer 96 grammes de bois de Brésil dans 250 grammes le p00^^ ^°’ Pen^an*: vmgt-quatre heures ; on filtre et on évapore dquide jusqu’à ce qu’il soit réduit à 96 grammes; on y fait ‘ °cs dissoudre 64 grammes d’alun et 32 grammes de gomme dabique et de sucre blanc.
- j I obtient une encre d’une plus belle nuance en dissolvant de ‘ d?ue de garance dans de bon vinaigre ou du carmin dans l’am-,le nia<Iue* Une décoction de cochenille, additionnée de silicate lo ^°^asse» donne une encre qui, d’après M. Kuhlmann, résiste oglemps à l’action du chlore et des acides.
- °or 1 encre jaune, on fait une forte décoction de 125 grammes graines d’Avignon dans 500 grammes d’eau, à laquelle on
- fie
- Hifn vieil 10 üuu ^laiiinico u. v/ciu , a laquelle un
- e 16 grammes d’alun, et dans le liquide clair on dissout
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- 4 grammes de gomme pour épaissir. En délayant dans l’eau de la gomme-gutte en suffisante quantité, on obtient une encre jaune d’une belle teinte et plus solide que la précédente.
- On obtient une fort belle encre bleue avec une dissolution saturée d’indigo dans l’acide sulfurique, convenablement étendue d’eau et gommée.
- Stephen et Nash ont pris, en 1840, une patente en Angleterre pour la fabrication d’une encre bleue au moyen du bleu de Prusse. Voici comment on la prépare : on triture avec soin du bleu de Prusse de Paris pur avec 1/6 d’acide oxalique cristallisé et un peu d’eau, de manière à en former une bouillie très-fine qui ne contienne pas de grumeaux; on l’étend alors d’eau de pluie jusqu’à ce qu’on ait atteint la nuance convenable, ce qu’on essaie en écrivant sur du papier d’un beau blanc. Sa couleur est extrêmement foncée. Si la liqueur est faiblement étendue, récriture paraît toute noire et offre par la dessiccation un éclat cuivreux. On obtient par la dilution les plus belles nuances jusqu’au bleu de ciel le plus clair. Une petite addition de gomme épaissit l’encre et l’empêche de traverser les papiers minces. Cette encre n’est pas indestructible ; la potasse caustique, l’acide chlorhydrique et l’eau peuvent la faire disparaître.
- On prépare l'encre verte avec 10 grammes d’acétate de cuivre, 50 grammes de crème de tartre et 400 grammes d’eau. On fait bouillir de manière à réduire le volume du liquide à moitié, et on filtre. On obtient une meilleure encre, en broyant fînement4 gram. de gomme-gutte, et y ajoutant peu à peu 500 grammes de l’encre bleue ci-dessus.
- Une très-belle encre verte est celle de Leykauf. On l’obtient en mélangeant 150 grammes de bichromate de potasse dissous dans un peu d’eau chaude avec 200 grammes d’acide sulfurique à 66°, et ajoutant de l’alcool par petites portions; il se fait une vive effervescence, et la couleur rouge du mélange passe d’abord au rouge brun, pour devenir d’un beau vert ; ceci arrive juste au moment où l’alcool que l’on ajoute, ne produit plus d’effervescence. On laisse refroidir et on verse de l’alcool jusqu’à ce qu’il se forme un liquide oléagineux vert foncé ou une masse verte pâteuse. Celle-ci séparée du liquide alcoolique et reprise par l’eau, fournit une encre verte qui possède un très-beau brillant, sans qu’il soit nécessaire d’y ajouter de la gomme; toutefois il est utile d’introduire un peu de celle-ci pour empêcher le liquide de déposer des cristaux. Cette encre n’attaque ni les plumes d’acier ni le papier-
- On a imaginé, dans ces derniers temps, des espèces d’encres pour écrire sur les métaux, le zinc et le fer-blanc, entre autres, afin d’étiqueter les objets qui restent exposés à l’humidité, tels, par
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- exemple, que les clefs, les vins d’une cave, les plantes dans les serres et les jardins de botanique. Il faut, par conséquent, que ces encres fournissent des caractères durables, ineffaçables par l’intempérie de l’air et le frottement.
- Braconnota indiqué la composition suivante pour écrire sur le zinc. On prend :
- Vert de gris en poudre...... 1 partie.
- Sel ammoniac en poudre....... 1
- Noir de fumée.................. V,
- Eau............................ iô
- On mêle ces poudres dans un mortier de verre ou de porcelaine, en y ajoutant d’abord une partie de l’eau, pour obtenir un tout bien homogène; on verse ensuite le restant de l’eau en continuant de mêler. — Quand on se sert de cette encre, il faut avoir le soin de l’agiter de temps en temps. Les caractères qu’elle laisse sur le zinc ne tardent pas à prendre beaucoup de solidité, surtout après quelques jours. Le noir de fumée peut, au besoin, être remplacé Par des matières colorantes minérales.
- Pour écrire sur le fer-blanc, M. Chevallier conseille de dissoudre 1 partie de cuivre dans 40 parties d’eau-forte (acide azotique), et d’ajouter ensuite 10 parties d’eau. On écrit avec ce liquide en se servant d’une plume ordinaire un peu ferme, pour que l’écriture ne bavoche pas. Mais les morceaux de fer-blanc pouvant être enduits d’une matière grasse qui repousserait le liquide, on les dégraisse d’abord en les frottant avec un linge imprégné de blanc d’Espagne sec, qui enlève la matière grasse.
- Bepuis plusieurs années, les commerçants font un grand usage de petites presses à copier lq§ lettres, qui permettent de transporter sur une feuille de papier blanc les caractères tracés sur une autre,-sans que pour cela l’écriture première soit effacée, b’encre dont on se sert dans ce cas, connue sous le nom d’encre de transport, est préparée en faisant dissoudre J partie de sucre Candi dans 3 parties d’encre ordinaire.
- On trouve dans le commerce un papier qui. a reçu le nom de Papier hydrographique, parce qu’en écrivant dessus avec une plume tiernpée dans l’eau ou dans la salive, les caractères qu’on trace f oviennent subitement noirs. Vous allez facilement comprendre Ce Phénomène assez curieux.
- Si l’on trempe des feuilles de papier dans une légère décoction üe noix de galle gommée, et qu’après leur dessiccation on les saupoudre de sulfate de fer calciné et réduit en poudre bien fine, en bottant ensuite toute leur surface, ainsi qu’on le fait lorsque,
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- avec de la sandaraque, on veut rendre un papier sensiblement imperméable, il est évident, n’est-ce pas? qu’on aura, sur les feuilles, les éléments essentiels de l’encre, moins le fluide nécessaire au développement de la couleur noire. Donc, en écrivant avec une plume imbibée d’eau, la réaction s’opère immédiatement entre le sel de fer et la noix de galle ; il se fait de l’encre sur-le-champ.
- Ce papier hydrographique a une teinte jaunâtre. On le vend par petits cahiers de 50 centimes. C’est surtout en voyage qu’on peut en tirer un utile parti. On le prépare au moment de s’en servir, en appliquant, sur du papier collé et bon à écrire, une poudre fine composée, à l’avance, de parties égales de noix de galle, de gomme et de sulfate de fer calciné à blanc. A l’aide d’un tampon de coton, on répand uniformément la poudre à la surface du papier, en pressant assez pour qu’une couche mince y adhère. On peut ensuite écrire avec de l’eau.
- Qu’on trempe du papier collé dans une dissolution faible de sulfate de fer, qu’on fasse sécher et qu’on recouvre ensuite le papier de poudre fine de prussiate de potasse ferrugineux, les caractères qu’on tracera avec une plume humectée d’eau auront une très-belle couleur bleue. Ils auraient une couleur marron si, en place de sulfate de fer, on eût fait usage de sulfate de cuivre.
- Ces papiers hydrographiques m’amènent tout naturellement à vous parler des compositions chimiques qui portent le nom d'encres de sympathie. #
- On désigne ainsi les liquides qui ne laissent aucune trace sensible sur le papier par la dessiccation, et que des agents chimiques font apparaître sous diverses couleurs. Ces liquides offrent ainsi le moyen de dérober aux curieux une correspondance qu’on veut tenir cachée. A cet effet; entre les lignes écrites avec l’encre ordinaire existe une deuxième ligne qui n’est visible que pour le correspondant, instruit d’avance de la manière de faire reparaître les caractères.
- L’usage de ces sortes d’encres est bien ancien. Ainsi, Ovide, Ausonius, Pline, conseillent de tracer les lettres avec du lait frais et de les rendre ensuite lisibles avec de la cendre ou de la poussière de charbon. Ce moyen réussit, en effet, lorsque le lait n’est pas privé du corps gras (beurre) qu’il contient. Il y a là une simple action mécanique, consistant dans l’adhérence de la cendre ou du charbon au corps gras du lait-Dans les différentes espèces d’encres sympathiques modernes, il y a, an contraire, une action chimique. La première a été découverte et employée en 1705 par le chimiste allemand Waitz. Depuis, on en a imaginé un bien grand nombre d’autres, car rien n’est plus facile que d’écrire avec un liquide incolore, et de faire apparaître ensuite des caractères diversement colorés. Vous allez en juger.
- Déjà je vous ai fait voir, dans la première partie 4U cours, qu’avec l’acétate de plomb ou toute autre dissolution métallique des quatre der-
- j, Jfrfîr , , f—
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- nières sections, on produit sur le papier des colorations variables, au moyen de l’acide sulfhydrique.
- Qu’on écrive avec une dissolution légère de sulfate de fer ou de cuivre, et qu’on passe sur le papier desséché un pinceau imbibé de prussiate de potasse ferrugineux, on aura des lettres bleues ou cramoisies.
- Si l’on trace des caractères avec une solution de sulfate de cuivre, et qu’ensuite on expose le papier sec au-dessus d’un vase contenant de l’ammoniaque, on voit aussitôt apparaître les cai’actères avec une belle couleur bleue. Cette encre de sympathie a été indiquée par Wurzer.
- Les caractères invisibles, tracés avec le chlorure d’or, apparaîtront avec une couleur pourpre, au moyen du pinceau trempé dans une solution de sel d’étain.
- Si l’on écrit avec l’acide sulfurique étendu, les traits ne sont pas visibles ; mais ils noircissent lorsqu’on chauffe le papier, par la raison que l’acide, en se concentrant, attaque et charbonne ce tissu végétal.
- Qui ne s’est amusé, dans son enfance, à écrire avec du suc d’oignon °u du suc de navet, et qui n’a observé qu’en approchant ce papier du fou, il se recouvre, comme par enchantement, de caractères tantôt noirs sur un fond blanc, tantôt blancs sur un fond noir? Ces phénomènes, qui paraissaient alors surnaturels, la chimie les explique aisément. Dans le premier cas, le suc végétal se calcine avant le papier, et laisse par conséquent une empreinte charbonneuse; dans le second, au contraire, c est le papier qui est charbonné par la chaleur, alors que le suc n’en a point encore ressenti l’action.
- Tous les sucs végétaux qui renferment du mucilage, de 1 albumine °u du sucre, se comportent comme le suc d’oignon, et peuvent servir d encres sympathiques. Le suc de citron, d’orange, le vinaigre blanc, le suc de poires et de pommes, de sorbes, le sirop de sucre très-étendu, sont les liquides qui donnent l’écriture la plus colorée par l’application d une douce chaleur.
- Mais de toutes les encres de sympathie, la plus jolie est celle que Waitz, ot après lui Moritz et Teichmeyer, ont indiquée. Elle se compose d’une dissolution aqueuse de chlorure de cojmlt, assez étendue pour que sa cou-. Ur soit à peine sensible. Les caractères tracés avec celte liqueur sont '^visibles à froid ; ils apparaissent en bleu dès qu’on chauffe légèrement :e papier; parle refroidissement ou par la simple insufflation de Chaîne, ils disparaissent complètement pour reparaître encore par la chaleur. Thénard nous a donné l’explication de ces faits. Le chlorure de cobalt est bleu en dissolution concentrée et d’un rose à peine visible s°us une mince épaisseur, quand il est très-étendu d’eau. Lorsqu’on tbauffele papier chargé de cette solution, elle se concentre et devient nccessairement bleue ; mais lorsque le refroidissement a lieu, le papier cl le sel attirent l’humidité de l’air, et, dès lors, toute couleur disparaît.
- voila un nouvel exemple de l’influence de l’eau sur la coloration dés corps.
- cl aj°u^e ordinairement au chlorure de cobalt une certaine quantité c chlorure de fer, parce que les caractères apparaissent en vert par la laleur, et que les effets sont alors plus marqués. Cette encre sympatique verte peut servir à composer de jolis dessins qui représentent, à 0 °Rté, une scène d’hiver ou une scène d’été. En effet, si l’on dessine à
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- l’encre de Chine un paysage dans lequel la terre et les arbres sont privés de verdure, et qu’avec l’encre sympathique très-affaiblie on ajoute les feuilles aux arbres et du gazon sur les blancs qui indiquent la neige, il suffira d’approcher le dessin du feu pour voir la terre devenir verte et les arbres se couvrir de feuilles comme à rapproche des douces chaleurs du printemps ; mais bientôt l’hiver reviendra avec ses neiges et sa désolation, en laissant le dessin à l'air, et plus promptement encore en exhalant dessus l’air humide des poumons.
- Vous voyez, Messieurs, par tout ce qui précède, avec quelle facilité on peut produire des phénomènes intéressants, une fois qu’on connaît bien les agents chimiques, les réactions auxquelles ils donnent lieu dans leur contact mutuel, et quelles ressources infinies la chimie nous procure, soit pour notre utilité, soit pour notre amusement.
- DEUXIÈME SECTION.
- Principes immédiats basiques ou alcalins.
- Je l’ai déjà dit, on donne le nom de bases salifiables organiques, d’alcaloïdes, ou d'alcalis végétaux, à des principes immédiats propres au règne végétal, qui ont pour caractères distinctifs d’agir sur les couleurs du tournesol et de la violette, à la manière des alcalis minéraux, et de pouvoir, comme ces derniers, neutraliser les acides en donnant naissance, avec ceux-ci, à des sels régulièrement crislallisables.
- La découverte de celte classe de corps est une des conquêtes scientifiques de notre siècle; elle ne remonte même qu’à l’année 1816. Un pharmacien du Hanovre, Sertuerner, en examinant l’opium, suc épaissi des tiges et des capsules du pavot d’Orient, y trouva, entre autres principes, une matière particulière cristalline, à laquelle il attribua les propriétés médicamenteuses et toxiques de cette substance, et qu’il nomma morphine, d’un mot grec qui veut dire sommeil, voulant rappeler par là la faculté assoupis* santé qu’elle possède à un haut degré. 11 eut l’heureuse idée de la considérer comme un véritable alcali.
- Dès ce moment, les chimistes, frappés de ce fait inattendu, s’empressèrent de rechercher de semblables principes dans toutes les plantes douées de propriétés vénéneuses très-prononcées, pen* sant, avec raison, que leurs vertus pouvaient bien résider dans des alcalis organiques semblables à la morphine. Ces travaux et ces espérances furent couronnés d’un plein succès, et, depuis 1818, grâce surtout aux recherches de MM. Pelletier et Caventou, Robiquet, Henry fils et Plisson, Brandes, Geiger, Lassaigne, Couerbe, etc., cette nouvelle classe de principes immédiats s’est
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- successivement enrichie d’un assez grand nombre d’espèces, puisque dans l’état actuel de la science on n’en compte pas moins d’une centaine. Mais tous ces alcaloïdes n’ont pas encore été suffisamment étudiés ; il n’y en a guère que 50 dont l’élude soit complète, et dont l’existence soit admise par tous les chimistes. C’est surtout aux chimistes français qu’on doit la connaissance du plus grand nombre.
- Parmi les alcaloïdes, les uns, et c’est la majeure partie, existent tout formés dans les organes des végétaux; les autres sont le produit de certaines réactions chimiques sur les principes ou les produits immédiats. Ce n’est que dans ces derniers temps que MM. Unverdorben, llungc, Liebig, Gerhardt, Woehler, Laurent, Wurtz, Hoffmann, Cahours, Anderson, Fownes, etc., sont parvenus à créer artificiellement des bases salifiables organiques.
- En général, les alcaloïdes naturels ne se montrent pas libres dans les végétaux ; ils sont à l’état de sels, et ordinairement de sels acides, ce qui explique leur présence dans les infusions ou décochons aqueuses des plantes, car ils sont presque tous insolubles dans l’eau quand ils sont libres. —Les acides qui les neutralisent sont tantôt l’acide gallique, tantôt l’acide malique, quelquefois un acide minéral, parfois aussi un acide propre à la substance végète qui les contient. — Ils affectionnent certaines familles de liantes, et souvent le même alcaloïde se retrouve dans plusieurs espèces du même genre. — Dans tous les cas, ils sont accompagnés dans les organes d’un si grand nombre de principes immédiats, surtout de matières colorantes, de résine, de substances geasses, qu’il est assez difficile de les obtenir à l’état de pureté.
- Le procédé le plus général pour les isoler consiste à épuiser par 1 eau acidulée les matières végétales qui les contiennent, puis à décomposer, par l’ammoniaque, la chaux ou la magnésie, le sel alcalin qui existe dans la liqueur. L’alcaloïde, mis ainsi en li-JCrté, se précipite en raison de son insolubilité; mais comme il patraîne avec lui des matières étrangères, on traite le précipité jd'pur par de l’esprit-de-vin bouillant, qui dissout de préférence ^ alcali et l’abandonne ensuite, pendant son refroidissement, sous a forme de cristaux ou de poudre cristalline. De nouveaux trai-uhenls par l’alcool et le charbon animal achèvent sa purification.
- Souvent, au lieu d’employer l’alcool pour traiter le résidu for-
- . Par l’action de l’alcali minéral, on fait réagir sur lui un ' Rte minéral très-affaibli, l’acide chlorhydrique, par exemple, qui
- ssout l’alcaloïde et forme un sel soluble qu’on fait cristalliser à (j dsieurs reprises ; lorsque ce sel est complètement pur, on verse dns sa solution un léger excès d’ammoniaque qui précipite l’alca-
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- loïde en poudre ou en flocons; on le fait ensuite cristalliserai! mojren de l’alcool bouillant. Cette méthode, beaucoup plus économique, aété proposée, pour la première fois, en 1827, par Henry, Plisson, et moi.
- Lorsque les bases sont solubles et dans l’eau et dans l’alcool, il n’y a pas de méthode générale pour les isoler des autres principes qui les accompagnent dans les plantes. On cherche ordinairement à les faire entrer ou dans des combinaisons insolubles ou dans des combinaisons qui cristallisent avec facilité.
- Quand les bases sont liquides et volatiles, on distille les plantes avec une eau un peu alcaline ; on obtient ainsi dans le récipient une dissolution aqueuse de la base organique mêlée d’une partie de la même base indissoute. On enlève l’eau au moyen du chlorure de calcium, et on purifie l’alcaloïde par une nouvelle distillation.
- Quelquefois la même plante renferme deux ou un plus grand nombre d’alcalis différents. Ainsi, dans les pavots, dans le coquelicot de nos champs, et par suite dans le suc qu’on retire de leurs tiges par expression, c’est-à-dire dans l’opium, outre la morphine, il y a quatre autres bases salifiables, qu’on a désignées par les noms de narcotine, de codéine, de narcéine et de thébaïne. Dans la noix vomique et la fève de Saint-Ignace, qui sont des poisons très-violents, et qu’on emploie, surtout la première, pour empoisonner les animaux malfaisants, il y a deux alcalis distincts, la strychnine et la brucine. Il y en a également deux, la vératrine et la sabadilline, dans les semences de la cévadille, la racine de l’ellébore blanc et les bulbes du colchique. Les écorces des quinquinas, qui jouent un si grand rôle en médecine pour combattre les fièvres, contiennent encore deux alcalis, la quinine et la cinchonine.
- Mais, dans le plus grand nombre de cas, l’alcali qui caractérise un végétal est unique. On peut dire que presque toutes les plantes vénéneuses doivent leur redoutable action à la présence d’un de ces principes. Ainsi, la ciguë, célèbre dès l’antiquité par la mort de Socrate; la nicotiane ou tabac, dont la fumée est si âcre et si pénétrante, et dont la poudre fit périr le poète Santeuil, qui but un verre de vin où l’on avait mis du tabac d’Espagne; la belladone, dont les fruits noirs et douceâtres ont occasionné de nombreux empoisonnements chez des enfants trompés par la ressemblance de ces fruits avec les cerises noires; l'aconit, dont la belle fleur bleue, en forme de casque, est un des ornements de nos jardins; lamorelle et la douce-amère, qui embellissent les haies et les buissons; la pomme-épineuse, \ujmquiame aux feuilles d’un vert sombre et à l’odeur vireuse; la coque du Levant, qu’on emploie comme amorce pour attirer et enivrer les poissons et les oiseaux; les racines d’ipécacuanha, qui possèdent à un si haut degré la propriété vomitive ; le pied-d'alouette-staphysaigre, dont les semences
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- sont utilisées pour détruire la vermine chez les enfants, ce qui lui a fait donner le nom peu poétique d'herbe aux poux, renferment, chacune, dans leurs différents organes, un alcali organique que les chimistes modernes ont su extraire et caractériser.
- Ces alcalis, principes actifs des végétaux qui les contiennent, sont devenus pour la plupart, entre les mains des médecins habiles, des remèdes très-précieux, dont l’emploi a remplacé, dans presque tous les cas, celui des substances dont ils proviennent. Ainsi, k ces décoctions troubles et amères de quinquina, que les malades n’avalaient qu’avec une extrême répugnance, on a substitué, avec un grand succès, le sulfate de quinine, dont 2 grammes seulement suffisent pour couper la fièvre la plus rebelle. L'émétine, ou principe actif de Vipécacuanha, fait vomir, à la dose de 3 centigrammes, et son administration en sirop ou en pilules n’a point les désagréments de la poudre de cette racine.
- Mais, en raison de leurs propriétés énergiques, ces alcalis ne peuvent être employés qu’avec une extrême prudence, puisque souvent quelques centigrammes de plus que la dose nécessaire Pour produire un effet avantageux pourraient déterminer des accidents fort graves et même la mort. Vous acquerrez une juste-idée de leur puissance, en apprenant que 3 centigrammes de strychnine tuent un lapin en 5 minutes; que 5 centigrammes de solanine (alcali de la morelle) produisent le même résultat; que à 30 centigrammes de delphine (alcali de la staphysaigre) et de vératrine déterminent la mort des chiens les plus vigoureux en quelques heures; que la morphine et surtout ses sels, à la dose de plusieurs décigrammes, empoisonnent à la manière de l’opium administré en grande quantité. L’acétate de morphine a acquis uue grande célébrité depuis que Castaing s’en est servi, en 1824-, pour faire périr deux de scs amis. En 1843, un pharmacien des basses-Pyrénées s’est suicidé en prenant en dissolution 2er,33 du même sel; les efforts des médecins, les secours les plus Prompts, rien n’a pu arrêter les effets du poison, et, quelques heures après son ingestion, la vie était anéantie. En 1846, un étudiant en pharmacie, après une nuit de débauche,- avala de eau-de-vie contenants grammes environ de strychnine. En moins .une heure, le malheureux succomba à la suite de convulsions S1 violentes, qu’il poussait de véritables hurlements!
- C’est dans cette classe de principes immédiats que se trouvent, Par conséquent, les poisons végétaux les plus actifs. C’est depuis a découverte des alcaloïdes qu’on a pu se rendre compte de la Prodigieuse activité de ces sucs et extraits avec lesquels les Indiens empoisonnent la pointe de leurs flèches. Dans les Indes orien-. es» k Java, k Macassar, k Bornéo, aussi bien que dans l’Amé-lque méridionale, sur les bords de l’Orénoque, du Cassiquiare,
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- du Rio-Negro et de l’Amazone, les sauvages préparent mystérieusement, depuis longues années, avec le suc épaissi ou l’extrait de certains végétaux, des poisons fort célèbres, qu’ils nomment upas-antiar, upas-tieuté, curare.
- La quantité de poison qui est attachée à chaque flèche est infiniment petite, et cependant les animaux qui en ressentent la piqûre éprouvent subitement de violentes convulsions, d’affreux vomissements, et meurent au bout de quelques minutes. Leur chair, toutefois, ne contracte aucune propriété malfaisante, et est mangée impunément. Avant la soumission de Java, les Hollandais étaient obligés de se couvrir d’une espèce de cuirasse pour se préserver des blessures mortelles de ces armes (t).
- Eh bien ! ces redoutables préparations de l’Asie et du Nouveau-Monde doivent leur énergie à la présence d’alcalis végétaux. Dans Yupas-tieuté, il y a de la strychnine; dans l’upas-antiar, il existe une autre base qui n’a point encore été isolée à l’état de pureté; dans le curare de l’Orénoque, on sait qu’il y a un alcali particulier, qui a reçu le nom de curcirinc. Ce sont de grandes lianes, de la même famille que la noix vomique , qui fournissent Yupas-tieuté et le curare ; 1 ’upas-antiar est le suc d’un grand et gros arbre de la famille des orties (2).
- (1) M. de Paw croit que les Gaulois empoisonnaient leurs armes avec le suc du câpre-figuier. Ch. Coquebert, dans un mémoire lu à la Société philomatique de
- Paris en 1798, établit que les anciens habitants de l’Europe se servaient de trois sortes de plantes pour empoisonner leurs flèches, savoir : Y ellébore blanc, Yellébore noir et V aconit-tue-loup ou Y aconit paniculé.
- (2) 11 paraît, d’après MM. Goudest et Carrev, qui ont récemment visité les régions arrosées par le fleuve des Amazones, que le terrible curare, qui « tue tout bas » comme disent les sauvages, s’obtient des sucs réunis de quatre espèces de lianes. On y ajoute des substances animales, telles que des fourmis venimeuses, des crochets broyés de serpents à sonnettes, et autres matières que les Indiens tiennent toujours en réserve pour cet usage diabolique. Cette assertion est combattue, toutefois, par M. Milleroux, qui affirme avoir vu préparer le poison urari ou kurari des forêts de la Guyane et le curare du haut Orénoque, uniquement avec le »uC des lianes, sans aucune addition de matières animales.
- Le curare est sous la forme d’un sirop épais, d’un brun foncé, qui peut se conserver sans rien perdre de sa force, il suffit, dit-on, d’y tremper une seule fois les flèches à leur extrémité, pour atteindre le but qu’on se propose. Comme frappe de stupeur dès qu’il est touché par le trait redoutable lancé d’une sarbacane, le volatile ou le singe, but ordinaire des coups de l’Indien, conserve à peine assez de force pour faire quelques mouvements. Quelquefois, dans un suprême effort, il s’envole ou bondit, mais jamais assez loin pour échapper au chasseur qui le suit attentivement de l’œil, bien sûr qu’il ne tardera pas à tomber. L’action de ce poison est d’une rapidité inouïe chez les oiseaux ; sur les mammifères, elle retarde d® quelques secondes ; sur les reptiles, elle ne se manifeste qu’au bout de plusieurs heures. Le curare offre la même particularité que le venin des serpents ; il Peut être mangé et ingéré dans l’estomac sans que sa présence incommode en rien celui qui a commis cette imprudence; tandis que, d’un autre côté, si, par mal' heur, on se pique aussi peu que possible avec une aiguille trempée dans une
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- 11 est cependant quelques alcaloïdes qui paraissent dépourvus de propriétés vénéneuses : tels sont, entre autres, les principes alcalins des quinquinas, du café, du cacao, du buis, du coco, de la chair musculaire, de l’urine, et grand nombre de ceux qu’on produit artificiellement.
- Sous le rapport de la composition, les alcaloïdes présentent quelques particularités que je dois vous signaler. — Plusieurs ne renferment point d’oxygène ; ceux-là sont tous volatils ; tels sont : la nicotine, la conine, qui sont naturels ; l'aniline, la quinoléine, la mé lamine, Y amariné, la lopliine, la picoline, etc., qui sont artificiels. — Le carbone et l’hydrogène ne varient pas moins que l’oxygène, et n’offrent aucune relation constante entre eux. Le carbone y est très-prédominant, puisque sa quantité s’élève quelquefois jusqu’à 78 °/0. Un seul de leurs éléments, l’azote, paraît constant. Parfois, cependant, le phosphore ou l’arsenic remplace l’azote, comme dans les bases phosphorées de M. Paul Thénard, et Valcar-sine de Bunsen.
- Je ne quitterai pas ce sujet sans vous faire remarquer que beaucoup d’alcaloïdes, surtout parmi les artificiels, peuvent être représentés, dans leur composition, par un équivalent d’ammoniaque oni à des carbures d’hydrogène. C’est là un point de vue qui appartient à M. YVurtz. Ainsi, en prenant pour point de départ l’ammoniaque, on a lr.série suivante d’ammoniaques composées :
- Ammoniaque Azll3
- Méthylamine ...... AzH3,G2H2
- Éthylamine AzH3,C4H4
- But y ramine AzH3,C8H8
- Amylamine ...... AzII3,C10H10
- Nicotine AzII3,C10li4
- Aniline AzH3,C12H4
- Picoline AzH3,C12H4
- Toluidine AzIl3,C14H6
- Conicine AzH3,C16H12
- Cumidine Azll3,C18H10
- Quinoléine AzH3,C18H4
- L’analogie de ces alcaloïdes avec l’ammoniaque est vraiment surprenante. Celui qui s’en rapproche le plus en reproduit tous es caractères avec une fidélité qui rappelle l’analogie de proprié-*^s que nous montrent la potasse et la soude.
- Craj '0Ij de curare, on meurt foudroyé à l’instant même. MM. Carrey n’ont pas aux I ( 6 renouveler l’expérience que de llumboldt avait déjà tentée sur lui pojs ord8.de l’Orénoque; ils ont mangé impunément, à plusieurs reprises, de ce lm.„n, qui n’est redoutable, en définitive, que lorsqu'il se mêle directement à la ’Se du sang.
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- TRENTE-QUATRIÈME LEÇON.
- Ainsi, tous les alcaloïdes, quelle que soit leur composition, se comportent entièrement comme l’ammoniaque avec les acides. Ils se combinent intégralement avec les hydracides, sans les décomposer, en formant des sels anhydres ; ils ne peuvent s’unir aux oxacides qu’en conservant un équivalent d’eau.
- Avec le chloride de platine, les sels d’alcaloïdes donnent un précipité comparable en tous points à celui auquel donne naissance un sel ammoniacal ordinaire.
- Dans l’impossibilité de décrire tous les alcalis organiques, je me bornerai à vous présenter leurs propriétés générales :
- Le plus grand nombre est à l’état solide. Plusieurs sont liquides et ont l’aspect des huiles [nicotine, conine, aniline, quinoléine, etc.). Deux sont à l’état de gaz (méthylamine, éthylaminé).
- Les alcaloïdes solides sont incolores, inodores et fixes. — Les autres sont très-odorants et volatils. — La majeure partie des premiers cristallise régulièrement.
- Tous ont une saveur amère ou âcre, et ont une action alcaline plus ou moins prononcée sur les couleurs végétales.
- Ils sont inaltérables à l’air, peu ou point solubles dans l’eau, mais très-solubles dans l’alcool, l’esprit-de-bois, le chloroforme, la benzine, la glycérine, les essences.
- Ils forment, avec les acides sulfurique, azotique, chlorhydrique, acétique, des sels solubles dans l’eau, bien cristallisables, qui se distinguent par leur saveur amère. — Avec les acides tartrique, oxalique, gallique, tannique, ils donnent des sels peu ou point solubles.
- Tous leurs sels solubles sont troublés par les alcalis minéraux qui en précipitent l’alcali organique en flocons blancs; ils le sont également par l’acide tannique et l’infusion de galles, qui en isolent l’alcaloïde sous forme de tannate insoluble. En raison de cette action, les décoctions astringentes ont été proposées comme antidote des poisons qui doivent leur puissance à un alcali végétal. Par le même motif, M. O. Henry a indiqué le tannin comme un moyen d’essai pour les quinquinas.
- Le chlore, le brôme, l’iode agissent sur les alcaloïdes avec énergie, les dissolvent, les moditient, les colorent diversement, suivant leur nature; mais ce qu’il y a de plus curieux, c’est qu’en s’unissant à l’un ou à l’autre de ces métalloïdes, les alcalis organiques perdent complètement leurs propriétés vénéneuses.
- Les acides minéraux concentrés détruisent les alcaloïdes. L’acide azdtique, entre autres, les convertit en acides oxalique et pi-crique.
- Les acides sulfurique et azotique concentrés réunis donnent avec la plupart des phénomènes particuliers de coloration. Ainsi,
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- PRINCIPES IMMÉDIATS BASIQUES.
- ils colorent en rouge la morphine, la narcotine, la brucine, la strychnine. On tire parti de celle propriété dans les laboratoires pour reconnaître les plus petites traces d’acide azotique libre dans un liquide. Fort souvent l’acide sulfurique du commerce contient de l’acide azotique, ce qui le rend impropre à une foule d’applications. Avec quelques grains denarcoiine ou de brucine, on reconnaît à l’instant cette impureté de l’acide sulfurique, puisque, dans ce cas, les alcaloïdes deviennent rouges par son contact, ce qui n’arrive pas quand l’acide sulfurique est exempt d’acide azotique.—De même, quand on veut s’assurer si un sel ou un mélange de sels contient des azotates, on en met quelque peu dans un verre de montre et on arrose le tout avec quelques gouttes d’acide sulfurique ; le mélange rougit dans le cas où il existe un azotate, fût-ce même en très-petite proportion.
- 9e tous les sels d’alcaloïdes, le seul dont je vous parlerai en particulier, c’est le sulfate de quinine, dont l’invention a été un lait des plus considérables, puisque sa préparation est devenue la base d’une industrie chimique extrêmement importante. On n’en consomme pas moins de 25,000 kilogrammes par an en France.
- 9 y a trente-deux ans, nous avions le monopole de celle fabrication, et nous approvisionnions de sulfate de quinine tous les Etats d’Europe et d’Amérique. Mais vers i830, dans le désir uupide de percevoir quelques francs sur l’alcool nécessaire à la fabrication, l’administration des contributions indirectes, sans s en douter, fit passer aux Anglais la préparation du sulfate de quinine, non-seulement pour l’Angleterre, mais pour tous les Peuples du globe. Actuellement il y a des fabriques en Italie, eu Allemagne, à New-York, à la Nouvelle-Orléans, si bien que la ’ance ne produit plus que 6,250 kilogrammes ou le quart de d consommation totale.
- pour rester en deçà des limites du vrai, nous ne portons du à 6,000 kil. la production annuelle en France du sel en ques-l0n, nous trouverons que, depuis 1826, 192,000 kil. ont été li-j au commerce, et comme, terme moyen, chaque kilogramme 0 sulfate de quinine correspond à 32 kii. d’écorce, il en résulte que ces 192,000 kil. de sel représentent 6,144,000 kil. de quin-luina jaune. En admettant, d’un autre côté, que la quantité ujenne de ce médicament, administrée à chacun des individus ç 11 ont fait usage, ait été de lër,9o en plusieurs fois, ce qui lO-a G Sdnéralement la dose utile pour couper une fièvre, ces 1 ’^O kil. de sulfate de quinine auront servi à traiter et à sou-
- ha 37’^0,000 malades. L’Académie des sciences a témoigné «"eut *e cas qu’elle faisait d’une aussi précieuse décou-L’ en décernant, en 1827. à ses auteurs, MM. Pelletier et
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- Caventou, un prix de 10,000 fr. du legs Monthyon, et un prix de 2,000 fr. à M. O. Henry, qui a perfectionné la préparation en grand de ce sel.
- Dans l’origine, ce sel valait 7 à 800 fr. le kilogramme. — Aujourd’hui, par suite de perfectionnements aux procédés d’extraction et de l’emploi de presque toutes les écorces, même de celles qu’autrefois on négligeait parce qu’on ne les supposait pas assez riches, il ne valait plus, au commencement de 1859, que 190 à 200 fr. le kilogramme.
- Il y a trois sulfates de quinine différents par leur degré de solubilité et leur cristallisation : un sulfate neutre et deux sels basiques. Voici leur composition :
- Sulfate neutre en gros prismes. '
- Sulfate bibasique Sulfate tribasique en aiguilles. en aiguilles.
- en aiguilles.
- Quinine.........
- Acide sulfurique Eau.............
- 74,63
- 9,07
- 16,30
- 81,5
- 6,6
- 11,9
- 100,0
- 100,00
- 100,0
- C’est habituellement le sulfate bibasique qu’on emploie en médecine et qu’on prépare en grand. Voici son symbole :
- 2(C20lWAz),HO,SO3 -f 7 HO.
- Il est sous forme de masses flexibles, d’un blanc nacré, composées d’aiguilles longues et étroites. Il ressemble beaucoup à l’amiante.
- Il possède une saveur amère très-prononcée.
- Il s’effleurit dans un air chaud et peut y perdre les trois quarts de l’eau qu’il contient.
- Il devient phosphorescent quand on le chauffe.
- Il exige 740 parties d’eau froide et seulement 30 parties d’eau bouillante pour se dissoudre.
- Il est extrêmement soluble dans l’alcool et l’eau acidulée. Sa solution dans ce dernier véhicule a une teinte bleuâtre opaline très-remarquable.
- Il est très-peu soluble dans l’éther.
- Le procédé que l’on suit dans les fabriques pour l’obtenir est celui qui a été indiqué par M. O. Henry en 1821. Voici en qu°‘ il consiste:
- On fait macérer le quinquina jaune, broyé grossièrement, dans de l’ea11 à laquelle on a ajouté 64 grammes d’acide chlorhydrique par kilogramme de quinquina. Le lendemain, on porte à l’ébullition qu’on entretient pendant deux heures. On passe à travers une toile. On fait deux autres décoctions en ajoutant pour chacune 32 grammes d’acide seulement. On réuni toutes les décoctions claires et on rejette le quinquina comme épuisé.
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- PRINCIPES IMMEDIATS BASIQUES.
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- Dans cette première opération, toute la quinine et la cinchonine entrent en dissolution, à la faveur de l’excès d’acide dont on s’est servi. On ajoute aux décoctions acides et chaudes du lait de chaux; la liqueur prend une couleur lie de vin en même temps qu’il se développe une odeur particulière. L’essentiel est d’ajouter un excès de chaux. On laisse déposer. On décante le liquide qui surnage comme inutile, après toutefois s’être assuré que l’ammoniaque n’y fait pas naître de précipité, ce qui prouverait que la précipitation a été imparfaite. Le dépôt calcaire est reçu sur des toiles ; quand il est bien égoutté, on le soumet à la presse et on le fait sécher à l’étuve.
- Lorsqu’on ajoute la chaux dans la décoction acide, elle sature tous les acides, forme des sels solubles : quinate de chaux et chlorure de calcium, qui restent dans les liqueurs avec une portion de la matière colorante. Le précipité est formé de quinine, de cinchonine, d’une combinaison de chaux et de rouge cinchonique, de matière grasse et de l’excès de chaux employée, le tout sali par des matières colorantes formées en partie par 1 action de l’acide sur l’écorce.
- On sèche le précipité, on le pulvérise et on le traite à cinq ou six reprises au moins à la chaleur du bain-marie par de l’alcool à 86° (3t>° haumé) ; à chaque fois on exprime le marc et l’on filtre les liqueurs alcooliques. Celles-ci contiennent la quinine et la cinchonine, de la ma-hère grasse et des substances colorantes. L’alcool a laissé l’excès de chaux et sa combinaison insoluble avec le rouge cinchonique.
- Les liqueurs alcooliques sont réunies ; on les acidulé avec de l’acide sulfurique faible, de manière à ce qu’elles aient à peine de l’action sur le papier de tournesol; on les soumet à la distillation et on laisse refroidie l’appareil. On trouve alors la matière prise en masse cristalline. On nuet cette masse à égoutter sur une toile pour en séparer l’eau-mère noire 'lui la souille ; on la lave même avec un peu d’eau pour la débarrasser grande partie de l’eau-mère.
- Le sulfate de quinine ainsi obtenu est réduit en pâte avec de l’eau chaude, on y mêle du charbon animal pulvérisé et on abandonne cette Pùte jusqu’au lendemain pour permettre au charbon d’agir. On prend ensuite cette masse par parties; on la délaie dans l’eau et on porte àl’é-hullition. La liqueur doit être assez concentrée pour laisser déposer des c''lstaux aussitôt que sa température baisse; on la filtre bouillante et on tient du sulfate de quinine parfaitement blanc par le refroidissement. Un sèche le sel à l’étuve en le tenant couvert, sans cela il deviendrait Jaune.
- Ou retire habituellement de 26 à 28 grammes de sulfate de quinine par 1 ugramme de quinquina jaune sans épiderme.
- Ou a conseillé de remplacer, par économie, l’alcool par l’essence de ercbenthine ou l’huile empyreumatique de charbon de terre,, attendu (iue ces huiles enlèvent toute la quinine au précipité calcaire. On traite nsuite l’huile filtrée par l’eau acidulée qui s’approprie la quinine.
- O an s la plupart des fabriques, on suit actuellement un procédé plus mP‘e et plus prompt que le précédent. On mélange avec la chaux la la | re de quinquina, et on lessive le tout avec de l’alcool presque bouil-. ut;on distille les teintures alcooliques, et on a un résidu de quinine pui’° peu colorée. Dès le premier traitement avec de l’eau aiguisée
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- d’acide sulfurique, ce résidu fournit du sulfate de quinine jaunâtre, qu’on décolore par le charbon et qu’on fait cristalliser de nouveau.
- Dans la fabrication en grand du sulfate de quinine, il est à peu près impossible de ne pas avoir en mélange 1 à 2 p. 0/° de sulfate de cincho-nine. Mais lorsque ce dernier sel dépasse cette proportion normale, c’est qu’il y a été ajouté après coup, par fraude, le sulfate de cinchonine ayant beaucoup moins de valeur que le sulfate de quinine.
- Voici, d’après mes analyses, la composition du sulfate de quinine livré au commerce parla fabrique de MM. Labarraque et compagnie, au Havre;
- Quinine.......................... 80,5
- Cinchonine........................ 1,5
- Acide sulfurique.................. 7,0
- Eau............................... 11,0
- 100,0
- C’est, comme vous voyez, un sulfate tribasique, contenant 1 équivalent ou 6,87 p. 100 de quinine de plus que le sulfate bibasique du commerce. Il est donc préférable à celui-ci, sous le rapport médical, puisqu’il est plus pur et plus riche en quinine.
- En raison du prix excessif du sulfate de quinine, dû surtout à répuisement des forêts de quinquinas de l’Amérique méridionale, on doit désirer que, mettant à profit les procédés nouvellement découverts pour la création des alcalis végétaux, les chimistes s’occupent des moyens de fabriquer de toutes pièces le sulfate de quinine sans recourir au quinquina. On y parviendra sans aucun doute, aussi bien qu’à obtenir de la morphine sans opium. Cette espérance est si légitime que la Société de pharmacie de Paris a fait de la préparation artificielle de la quinine l’objet d’un prix de 4,000 fr., auxquels le ministre de la guerre a ajouté 4 autres mille francs. L’intervention du département de la guerre, dans une semblable question, ne paraîtra pas étrange, lorsqu’on saura que notre seule armée d’Afrique a consommé jusqu’à 400 kil. de sulfate de quinine, dont une partie a été payée au prix de 350 fr. lekilogramme.
- Je ne quitterai pas ce médicament, qui offre tant d’intérêt, au point de vue médical comme au point de vue industriel et commercial, sans vous signaler un moyen de dissimuler son extrême amertume et de rendre ainsi son administration moins pénible-C’est de délayer 60 centigrammes de sulfate de quinine dans 100 grammes d’infusion de café et de boire la liqueur presque froide. La saveur si désagréable du médicament est entièrement dissimulée.
- Je ne poursuis pas davantage l’étude des alcalis végétaux Ce qui précède suffit pour vous donner une idée exacte de ceÜc
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- PRINCIPES IMMÉDIATS NEUTRES.
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- classe intéressante de principes immédiats, dont la découverte a marqué une belle époque de la chimie organique, et a été, on peut le dire sans exagération, un bienfait pour l’humanité.
- TRENTE-CINQUIÈME LEÇON.
- TROISIÈME SECTION.
- PRINCIPES IMMÉDIATS NEUTRES OU INDIFFÉRENTS.
- Sommaire. — Définitions. — Classification. — Des srcr.ES. — Caractères distinctifs et composition des quatre espèces principales. — Du sucre ordinaire ou sucre 'le canne; végétaux, qui le contiennent ; propriétés ; préparation de 1 ’acide oxalique. — Du glucose ou sucre de fécule. Moyen de le distinguer du précédent. ~~ Liqueur de Barreswil. — Du miel et de ses usages.
- Ces principes immédiats neutres ou indifférents sont, comme je 'ousl’ai déjàdit, Messieurs, ceux qui ne sont ni acides ni alcalins, qui ne peuvent point jouerle rôle de matières colorantes.
- Comme ces principes sont excessivement nombreux, il ne sera fas sa°s utilité de vous montrer comment, en tenant compte de eur composition et de leurs propriétés les plus générales, on peut es ^partir en plusieurs groupes distincts. La classification sui-'ante est aussi simple que commode.
- Ire classe. — Composés neutres non azotés.
- * Qi'oupe. — Composés binaires , uniquement formés de carbone et d’hydrogène.
- Ce sont donc des carbures d’hydrogène.
- Ex. : Beaucoup d’huiles essentielles, caoutchouc, gutta-.,e percha, etc.
- flioupe. — Composés ternaires, formés de carbone, d’hydrogène et d’oxygène.
- 1° Carbo-hydratiques, dont la composition peutètre représentée par du charbon, et de l’eau ou de l’oxygène et de l’hydrogène dans les proportions qui forment l’eau.
- Ex. : Sucres, fécule, cellulose, gomme, etc.
- 2° Surhydrogénés ou inflammables, c’est-à-dire contenant beaucoup d’hydrogène et de charbon.
- Ex. : Corps gras, essences, résines, alcools, etc.
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- IIe classe. — Composés neutres azotés.
- ier groupe. — Amides. Composés différant d’un sel ammoniacal par les éléments de l’eau, et qui régénèrent un sel ammoniacal sous l’influence des acides et des alcalis.
- Ex. : Oxamide, urée, benzamide, etc.
- 2e groupe. — Matières albuminoïdes. Composés facilement putrescibles et formant la base des tissus.
- Ex. : Fibrine, albumine, caséine, glutine, etc.
- 3e groupe. — Composés non facilement putrescibles.
- Ex. : Amygdaline, cantharidine, chitine, etc.
- 4e groupe. — Composés piiosphorés et sulfurés.
- Ex. : Matières grasses du cerveau, essences de moutarde, d’ail, etc.
- Parmi ces principes, les uns sont communs, pour ainsi dire, à tous les végétaux ou à tous les animaux : tels sont le sucre, la gomme, Pamidon, le ligneux, la fibrine, Yalbumine, la caséine, les corps gras, les essences, les résines, etc.; les autres sont propres à une seule espèce d’êtres, ou du moins à un très-petit nombre d’espèces, et peuvent, à la rigueur, caractériser le végétal ou l’animal, et mieux encore l’organe qui les contient; telles sont les matières désignées sous les noms de mannite, de salicine, d'asparagine, d’urée, etc. Renvoyant l’étude de ces dernières à l’époque où nous nous occuperons des organes, je ne vous parlerai maintenant que des premières substances, comme les seules dont la connaissance soit indispensable en ce moment.
- Je commencerai par celles qui appartiennent spécialement au règne végétal.
- Iles Sucres.
- La saveur douce d’un grand nombre de produits organiques est due à la présence de substances particulières que la nature a répandues avec une sorte de profusion dans les différentes parties des êtres organisés. Cette saveur a d’abord servi de caractère gé' nérique et a fait donner le nom de sucres à des corps que leS progrès de la science ont porté à séparer les uns des autres.
- Aujourd’hui, les chimistes sont convenus de considérer seule' ment comme sucres véritables, les principes immédiats qui, sous l’influence de l’eau et d’un ferment, peuvent fermenter, c’est-à-dire se transformer en acide carbonique et en alcool ou esprit-de-vin.
- On distingue ainsi, des corps qui offrent cette propriété spéci' fique, les substances douées de la saveur douce qu’on rencontre dans la manne du frêne [mannite), la racine de réglisse (<glycyrrh*' zine), l’écorce de la racine de grenadier [granatine], les baies de
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- DU SUCRE.
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- sorbier (sorbine), les glands de chêne (quercite), le liquide et l’amande du coco {glycine), les lichens (orcine etérythrogluciné), certaines algues (phycite), la manne d’Eucalyptus de la Nouvelle-Hollande (Eucalyne), une plante inconnue de Madagascar {dul-cose), les exsudations sucrées du pin de Lambert de la Californie (pinite), les matières grasses (glycérine), la chair musculaire [inosite), etc. Ces substances, qui ne sont pas fermentescibles, n’appartiennent plus au genre de principes sucrés qui va spécialement nous occuper.
- On connaît quatre espèces principales de sucre, qui peuvent chacune présenter des variétés plus ou moins nombreuses, à savoir :
- 1 • Le sucre ordinaire ou commercial, qu'on appelle encore sucre de canne ou de betterave, suivan t son origine, caractérisé par sa saveur sucrée très-prononcée, parla facilité avec laquelle il cristallise en gros prismes obliques à base rhombe, et par sa composition qu’on représente par la formule C12H”0’1;
- Le glucose ou glycose, plus connu sous le nom de sucre d'amidon ou fécule, ayant une saveur fraîche et peu sucrée comparativement au précédent, ne se montrant jamais qu’en tout petits cristaux mal définis, °t dont la composition est représentée par C**H1*01*,2H0 ;
- 3- Le sucre liquide ou incristallisable, ne pouvant pas prendre la forme solide, d'une saveur très-sucrée, et représenté par la formule C12Hl2012;
- Enfin le sucre de lait ou lactine, peu soluble, ayant à peine de la sa-Veurj cristallisant en petits parallélipipèdes très-durs, et représenté par ’a formule CP*H**0**, ce qui en fait un isomère du sucre liquide, puisque OH’-4024 = 2(C,2H12012)
- Ces quatre espèces de sucre ont. donc des propriétés assez tran-c ^es(l), quoiqu’elles ne diffèrent pas extrêmement sous le rapport de la composition élémentaire, comme le démontrent les Iableaux suivants :
- COMPOSITION SUR 100 PARTIES EN POIDS :
- Carbone.„. Hydrogène. Oxygène...
- Sucre de canne.
- 42,10
- 6,43
- 51,47
- En d’
- 100,00
- Glucose.
- 36,30
- 7,07
- 56,57
- 100,00
- Sucre incristallisable.
- 40,46
- 6,61
- 52,93
- 100,00
- Sucre de lait.
- 40,00
- 6,67
- 53,33
- 100,00
- autres termes
- se co, PS différences encore plus profondes nous sont fournies par la manière dont Mais patent leurs dissolutions en présence d’un rayon de lumière polarisée. totoirr;Ü] V°US fa*re comprendre cette action, et ce qu’on appelle le pouvoir ro-sont d’-m sucres' me faudrait entrer dans des explications trop longues, qui meurs, mieux à leur place dans un cours ou dans un livre de physique.
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- 86 TRENTE-CINQUIÈME LEÇON.
- 12 molécules de charbon et)
- 11 molécules d’eau.........j
- 12 molécules de charbon et I
- 12 molécules d’eau.........j
- 12 molécules de charbon et j
- 14 molécules d’eau.........
- peuvent représenter le sucre de canne.
- — le sucre incristalli-
- sable.
- — le glucose.
- 2i molécules de charbon et 24 molécules d’eau.........
- le sucre de lait.
- Au point de vue du commerce et de l’économie domestique, ces quatre sucres n’ont pas la même importance. Le sucre de lait n’est pas employé ; aussi je remets son élude spéciale au moment où je parlerai du lait. Le sucre incristallisable joue un rôle non négligeable dans l’alimentation par les fruits acidulés et sucrés qui le contiennent, mais il n’est la base d’aucune extraction. Le glucose est préparé en assez grande quantité pour l’amélioration des vins, la fabrication de l’eau-de-vie et de la bière. Mais il n’y a véritablement que le sucre de canne qui serve à nos besoins journaliers, et qui soit extrait en grand. C’est donc ce sucre qui va d’abord fixer notre attention.
- I. DU SUCRE ORDINAIRE OU SUCRE DE CANNE.
- Très-répandu dans le règne végétal, il se montre surtout dans la canne à sucre et la tige des autres roseaux ou arundo ; dans le sorgho, le maïs et autres graminées ; dans la sève des palmiers, des érables, des bouleaux, etc.; dans les racines de betterave, de poirée, de panais, de carotte, de navet, de guimauve, de patate, de persil, de chervi, d’asphodèle rameux ; dans les tubercules de la gesse et du souchet comestible ; dans les melons, les citrouilles, les châtaignes, les dattes, les figues d’Inde, les carou-ges, la noix de coco, les bananes, la sapotille, le mango et autres fruits des tropiques ; dans les baies de genièvre, les gousses des plantes légumineuses, les amandes douces et amères; dans le nectar des fleurs ; dans les exsudations concrètes (mannes) des frênes, des mélèzes et de plusieurs autres plantes; dans le seiglf ergoté (I), etc.
- C’est principalement de la canne (Indes, les deux Amériques, coloniesinterlropicales, Andalousie), de différents palmiers (Indos-tan), de l’érable (Amérique du Nord, Canada), du sorgho (Chine), de la citrouille (Hongrie), et de la betterave (France et nordde l’Europe), qu’on extrait le sucre pour les besoins de l’écononùe
- (I) M. Berthelot a cru devoir distinguer par des noms particuliers, les sucres eristallisables de la manne d’Australie (mélitose), du tréhala ou manne de Tul' quie (tréhalose), de la manne du mélèze ou de Briançon (me'le'zitose), du seig‘p ergoté (rmjcose). 11 les considère comme des isomères du sucre de canne.
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- DU SUCRE.
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- domestique. Il a été employé, pour ainsi dire, de toute antiquité en Chine et dans les Indes. Les Européens ne le connurent que par les conquêtes d’Alexandre, et longtemps après même ils continuèrent à faire usage du miel comme matière sucrante. Les Grès nommaient le sucre sel indien, miel de roseau, saccharon; les Latins l’appelèrent saccharum, d’où vient notre mot sucre.
- Ce sont les Arabes qui apportèrent la canne des Indes orientales comme prix de leurs conquêtes (1). Cultivée d’abord dans les îles
- (I) La canne à sucre est un roseau gigantesque, originaire de l’Inde, au delà du Gange, d’où il passa en Arabie, en Syrie, et en Égypte, bien avant le dixième siècle, d’après M. Reinaud. Vers le milieu du douzième, les Siciliens en inlrodui-sirent la culture dans leur île. Lorsqu’en 1420, dom Henri, régent de Portugal, voulut utiliser Madère, que ses vaisseaux avaient découvert, il y fit planter des cannes à sucre tirées de Sicile. De Madère, les Portugais, par la suite, en transportèrent au Brésil. L’Espagne suivit cet exemple, et en enrichit les Canaries. Peu de temps après la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb, c’est-à-dire en 1500, Pierre d’Arrança apporta le même végétal à Hispaniola, actuellement Saint-Domingue, où il se multiplia si rapidement, grâce à la fertilité du climat, fine, douze ans après, cette île possédait vingt-huit sucreries. Michel Ballestro tira du sucre de cette plante ; et Gonzalès de Yelosa ayant fait venir des ouvriers de I une des îles Canaries, eut le premier la gloire d’obtenir du sucre dans le Nouveau-Monde. C’est à ces trois hommes que l’Amérique doit une de ses plus précieuses industries et une richesse de plusieurs milliards. Ce fut en 1643 que les Anglais commencèrent, à la Barbade, la culture de la canne. Les Français débutèrent à Saint-Christophe en 1644, et à la Guadeloupe en 1648.
- On prétend que l’art de faire cristalliser le sucre est en usage depuis près de dix siècles chez les Arabes. Il est de beaucoup postérieur en Europe, quoiqu’on ne Puisse pas peut-être assigner l’époque précise où il y a été introduit ou trouvé. *i 1 on en croit Pancirolle, le raffinage du sucre a eu lieu dans l’Occident vers 1471, 'd 1 honneur en est dù à un Vénitien qui, dit-il, s’enrichit extrêmement par cette découverte. Cependant nous avions en France du sucre raffiné plus d’un siècle et demi avant la découverte attribuée au Vénitien. Un compte de l’an 1333, pour la maison d’Humbert, Dauphin du Viennois, parle de sucre blanc. 11 en est question dans une ordonnance du roi Jean, en 1353, où l’on donne aussi à cette substance nom de cafetin. Eustache Deschamps, poète mort vers 1420, et dont il reste es poésies manuscrites, dénombrant les différentes espèces de dépenses qu’une eniine occasionne dans un ménage, compte celle du sucre blanc pour les tarte-eHes. Enfin, dans le Testament de Pathelin, une des farces qu’on jouait a la halle < e Paris sur les tréteaux en 1640, l’apothicaire conseille au malade, entre autres *ernèdes, d'user du sucre fin.
- Ce sucre fin ou raffiné, était tiré d’Orient par la voie d’Alexandrie, et il était apporté en très-grande partie par les Italiens, qui faisaient presque seuls le com-merce de la Méditerranée. Il en venait aussi en gros pains des îles de Malte, de ‘Ù'Pre, de Rhodes et de Candie. Le sucre était alors une denrée fort chère et 1Inquement employée en médecine. On lit dans le Relèvement de Taccouchée, ^oesie du quinzième siècle, une anecdote, qu’avait conservée à Paris la tradition, "Ur 1111 certain Saint-Dambray, qui, étant au lit de la mort et voulant soulager sa onscience) laquelle apparemment lui reprochait quelque profit illégitime, donna ctel-Dieu trois pains de sucre.
- Hh a ^-septième siècle, ce n’était plus le sucre d’Alexandrie, de Chypre, de nar' S’ C^Ue consomma'f la France ; c’était seulement celui de Madère et des Ca-les- U en arrivait aussi beaucoup, par la voie des Hollandais, des Indes et de
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- de Chypre, de Candie, de Morée, elle fut transplantée par les Européens en Sicile, en Calabre, en Andalousie, aux Canaries, à Madère, enfin, au commencement du seizième siècle, aux Indes orientales, c’est-à-dire en Amérique, qui venait d’être découverte, et où la culture s’en est accrue d’une manière prodigieuse.
- L’usage du sucre n’a commencé à se répandre généralement en Europe que vers la fin du dix-septième siècle. Sous le règne de Henri IV, cette substance était encore si rare en France, qu’on la vendait à l’once chez les pharmaciens, à peu près comme aujourd’hui nous achetons le quinquina. En 1700, la consommation totale de la France ne dépassait pas un million de kilogrammes. Les temps sont bien changés, puisque actuellement elle s’élève à plus de 125 millions (1).
- Avant de vous dire, Messieurs, comment on parvient à isoler ce principe des autres substances qui l’accompagnent dans les plantes, il est nécessaire de vous exposer ses principales propriétés.
- Il cristallise parfaitement bien, et on peut l’obtenir aisément en gros prismes transparents obliques à base rhombe, avec hémiédrie manifeste (fig, 369). Ces cristaux, qu’on nomme vulgairement sucre candi, ont une grande dureté, mais comme ils sont très-cassants, il est facile de les réduire en poudre fine.
- Le plus habituellement, dans le commerce, le sucre est en pains coniques, compactes, durs et sonores, dont la cassure grenue et cristalline ressemble beaucoup à celle du marbre blanc; on l’appelle cassure saccharoïde. C’est Fig. 369. le résultat d’une cristallisation confuse.
- l’Amérique. Le sucre de Hollande était en pains de 18 à 20 livres. On le nommai* sucre de palme, parce que les pains étaient enveloppés dans des feuilles de pal' mier. Vers 1660, les Anglais fournissaient de sucre tout le nord de la France. Vers 1695, les colonies françaises approvisionnaient le royaume.
- (1) La consommation des pays sucriers en Amérique, en Afrique, en Asie, est évaluée à 2 milliards 110 millions dekilogr. Humboldt estimait à près de 5 kilogr-la consommation annuelle par tête au Mexique. Si l’on fait entrer en ligne ce qu’H faut aux besoins de l’Europe et à ceux des diverses régions qui tirent du sucre de chez leurs voisins, il se trouvera 2 milliards 800 millions de kilogr., pour la totalité de la production en ce moment.
- D’après des relevés dignes de foi, la consommation annuelle est, en moyenne, de 28 kil. de sucre par homme à Cuba, de i5 kil. en Angleterre et en Écosse, de 8 kil. en Hollande, de 3 kil. un tiers en France, de 3 kil. en Belgique, en Espagne, en Suisse, de 2 kil. et demi en Portugal, en Danemark, en Pologne, de 1 kil. et demi en Prusse, en Suède et en Norwége, de i kil. et au-dessous en Italie, en Autriche, en Russie.
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- Complètement pur, le sucre est dépourvu de couleur et d’odeur. Il est inaltérable à l’air. Il a une saveur douce, agréable, qui plaît non-seulement à l’homme, mais môme à la plupart des animaux. Cette saveur est sensiblement modifiée par la pulvérisation et le râpage. C’est surtout le sucre très-dur, le candi, qui présente ce fait au plus haut degré. Il paraîtrait que l’effort qu’on fait avec la râpe ou le pilon élève assez la température pour que le sucre éprouve un commencement de carbonisation qui lui fait acquérir un léger goût d’empyreume. Ce phénomène a de l’analogie avec celui que nous produisons à chaque instant en frottant vivement les mains l’une contre l’autre ; on sent manifestement alors une odeur de corne grillée, qui atteste assez un commencement de combustion déterminée par le frottement (I).
- La densité réelle du sucre est de 1,606, d’après Fahrenheit; roais la densité apparente du sucre en pain varie considérable-ment, môme lorsqu’il est dans un assez grand état de pureté, car le volume de cette sorte de sucre est représenté par du sucre réel et par de l’air contenu dans une multitude de fissures qui existent entre les cristaux ; c’est cet air qui s’échappe en bouillonnant, lorsqu’on plonge ce sucre dans l’eau. Le volume apparent du sucre pouvant considérablement varier, selon qu’il est plus ou moins poreux, cela a fait croire à plusieurs personnes que certains sucres sucraient beaucoup moins que d’autres. Cela n’est Vrai que si on les compare à volumes égaux ; mais comme on les achète toujours au poids, il est évident que, toutes choses égales d ailleurs, les sucres peu denses, dits légers, sont aussi riches qne les plus compactes et les plus cohérents. Il est quelquefois avantageux de pouvoir donner au sucre un volume assez considérable, sans qu’il présente des pores trop visibles; c’est ce sucre qne recherchent les cafetiers, parce qu’à poids égal, il offre plus n apparence et se dissout plus rapidement.
- Soumis à l’action d’une douce chaleur, le sucre fond, se colore en jaune, puis en brun, répand une odeur piquante, se bour-
- geni e n est pas ainsi que le célèbre mathématicien Laplace expliquait ce chan-coinii' saveur dans Ie sucre pilé. « Monsieur, lui disait un jour Napoléon, sucre'6nt Se âu’un verre d’eau dans lequel je fais fondre un morceau de tité a me Paraisse tien meilleur que celui dans lequel je mets pareille quan-Princi? \Ucre Ph® ? — Sire, répondit le savant, il existe trois substances dont les ^les ni'0'1* exactement les mêmes, savoir: le sucre, la gomme et l’amidon; cret cq •due par certaines conditions dont la nature s’est réservé le se-que]’„u Je crüis qu’il est possible que, dans la collision qui s’exerce par le pilon, différen > ^0rf*ons suci'ées passent à l’état de gomme ou d’amidon, et causent la un il0|||Ce (Iui a üeu en ce cas. » C’était, sans doute, une réponse admirable pour i°Urd’lnj,ne au dépourvu, mais un chimiste ne pourrait s’en contenter au-
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- sonfle et forme un liquide d’un brun rougeâtre, légèrement amer, incristallisable, visqueux, désigné habituellement sous le nom de caramel, et que les ménagères emploient pour colorer le nouillon ou autres préparations culinaires. Dans cette opération, effectuée à une température de -j- 210 à 220°, le sucre perd de l’eau, avec des traces d’acide acétique et de matière huileuse qui exhale faiblement l’odeur particulière propre au sucre brûlé. Ces substances se forment aux dépens des éléments du sucre, dont la constitution se trouve alors profondément altérée. En évaporant le caramel jusqu’à siccité, il en résulte une masse noire, ayant l’aspect de l’anthracite, entièrement soluble dans l’eau, insoluble dans l’alcool, insipide, hygroscopique, et n’ayant plus de propriétés fermentescibles. Sa formule est représentée par C12H909. C’est donc du sucre moins 2 équivalents d’eau.
- Exposé subitement à une chaleur rouge, au libre contact de l’air, le sucre s’enflamme avec une sorte d’explosion : sa flamme est blanche avec une teinte de bleu sur les bords.
- Il se dissout dans la moitié de son poids d’eau froide, et en toutes proportions dans l’eau bouillante. La dissolution est visqueuse et filante; elle porte le nom de sirop (\). La dissolution saturée a une densité de 1,321 à froid; elle marque 35° à l’aréomètre de Baumé; elle bout à -j- 103° ; son poids spécifique est alors de 1,267, et elle marque seulement 31°,5 audit aréomètre.
- Lorsqu’on concentre Ie sirop jusqu’à 37° et qu’on le maintient dans une étuve chauffée à -j- 30° pendant une quinzaine de jours, après avoir tendu au travers du liquide des fils (fîg. 370), il se dépose sur ceux-ci des cristaux volumineux et très-réguliers.
- Fig, 370. C’est ainsi qu’on obtient le
- sucre candi du commerce.
- Si, au lieu d’agir de la sorte, on cuit rapidement le sirop jusqu’à ce qu’en en projetant un peu dans l’eau froide, il se prenne en une masse consistante qui n’adhère plus aux dents, et si alors on coule la masse sur un marbre huilé, pour la rouler ensuite, quand elle est suffisamment refroidie, en petits cylindres, on fait ce qu’on appelle communément du sucre d’orge (2).
- (0 Les sirops étaient inconnus aux Grecs; ce sontles Arabes qui les ont inventé»' (2) Ce nom vient (le ce qu’autrefois on cuisait le sucre dans une décoction d’orge>
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- cette pratique est depuis longtemps abandonnée
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- Dans ce nouvel état, le sucre est transparent et amorphe. C’est évidemment un cas de dimorphisme analogue à celui que présente le soufre mou, et dû certainement à la même cause. Ce sucre amorphe a ses molécules dans un état d’équilibre instable, et lorsqu’on le conserve, même dans un lieu sec, il se désagrégé peu à peu, devient opaque, et cristallise avec une structure radiée dont les l’ayons sont dans un plan perpendiculaire à l’axe des cristaux ; il retourne ainsi à l’état de sucre ordinaire, très-probablement en émettant de la chaleur, ainsi que cela arrive pour le soufre mou qui repasse à l’état de soufre dur. Cette observation curieuse a été signalée par Braconnot, et a offert le premier exemple des mouvements qui s’exercent dans les particules des corps môme solides.
- Les confiseurs font tous leurs efforts pour empêcher ce mouvement moléculaire si curieux; et, pour conserver le sucre d’orge à l’état transparent, ils ajoutent à dessein du vinaigre au sirop qui sert à le préparer. On retarde ainsi la conversion en sucre °Paque; mais on ne l’empêche pas. Il en est de même pour le sucre de pommes des confiseurs, qu’on prépare comme le sucre d’orge, si ce n’est qu’on ajoute au sirop un peu de gelée de pommes et de l’eau de Heur d’oranger ou de l’essence de citron Pour l’aromatiser.
- Une autre modification plus profonde qu’éprouve le sucre, c’est celle qu’il subit lorsqu’on chauffe trop longtemps le sirop au delà de -j- QLl m^me lorsqu’on le garde plusieurs heures sur le leu sans le faire bouillir. Il se colore, devient acide et en grande Partie incristallisable. Les pharmaciens et les confiseurs, qui connaissent très-bien ces faits, ne laissent les sirops sur le feu que *e moins de temps possible.
- . Le sucre se dissout assez bien dans l’eau-de-vie ou esprit-de-Vln faible, mais plus difficilement dans l’esprit-de-vin rectifié, f est avec de l’eau-de-vie sucrée et aromatisée convenablement qu’on prépare les liqueurs de table, inventées par les Italiens, et düi furent introduites en France lorsque Catherine de Médicis vint !‘n 1533 épouser, pour le malheur du royaume, le dauphin ienri II, jpg cie François Ier. L’usage s’en répandit très-prompte-rî1,ent- Dans ces liqueurs, il y a 28 à 30 p. 0/0 d’esprit-de-vin ou ü alcool.
- La plupart des acides font éprouver au sucre une altération plus °u moins prononcée.
- Presque tous, quand ils sont affaiblis, qu’ils soient minéraux °u organiques, le convertissent peu à peu, même à froid, en s.Ucre incristallisable et en glucose, et c’est au mélange de ces aeux sucres qu’on a donné dans ces derniers temps le nom de SUcre interverti. Lorsqu’on abandonne ce sirop pendant plusieurs m°is» il se sépare des cristaux mamelonnés qui ne sont autre
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- chose que du glucose, et, il reste un liquide brun sirupeux, incapable de se solidifier ; c’est le sucre liquide ou incristallisable. Voilà ce qui arrive dans les sirops de citron, d’orange, de groseilles, etc., dans les confitures de fruits gardées trop longtemps; il s’y opère des dépôts ou des cristallisations grenus, comme chacun de vous a pu l’observer; c’est le glucose qui s’isole du sucre interverti formé sous l’influence des acides. #
- Cette action progressive des acides faibles, qui change la constitution du sucre de canne en associant à ses éléments une nouvelle quantité d’eau, permet de comprendre pourquoi le sucre ordinaire ne se trouve jamais dans les fruits franchement acides (raisins, groseilles, cerises, prunes, pommes, etc.) ; ces derniers ne contiennent, en effet, que du sucre interverti; aussi, quand ils se dessèchent, du glucose vient s’efflcurir en petits grains blancs à leur surface (pruneaux, figues, raisins secs, etc.), tandis que l’intérieur conserve le sucre liquide.
- Sous l’influence de la chaleur, les acides faibles ou étendus opèrent rapidement cette conversion du sucre en sucre interverti, puis, aussitôt après, en lui enlevant de l’eau, ils le changent en acide ulmique, avec de Yacide formique, s’il y a accès d’air.
- L’acide sulfurique concentré détruit rapidement le sucre, le convertit en acide ulmique ou sacchulmique, en développant du gaz sulfureux et de Yacide formique.
- Si l’on chauffe dans un matras 20 grammes de sucre avec 80 grammes d’acide sulfurique, on obtient, d’après M. Filhol, un dégagement de gaz oxyde de carbone, contenant environ 1/5 d’acide carbonique. Il faut maintenir le mélange à une très-douce chaleur; la masse se tuméfie, noircit et devient presque solide.
- Distillé avec un mélange d’acide sulfurique et de peroxyde de manganèse, le sucre donne beaucoup d'acide formique,,on même temps qu’une masse brune et charbonneuse dans le résidu.
- Mais c’est surtout l’acide azotique qui produit sur le sucre les modifications les plus remarquables. Vous savez, Messieurs, avec quelle facilité cet acide cède de son oxygène aux éléments combustibles en présence desquels il se trouve. Eh bien ! chauffé légèrement avec le sucre, l’acide azotique lui enlève peu à peu de l’hydrogène et du carbone, d’où résultent de l’eau, du gaz carbonique et des vapeurs nitreuses, et l’amène ainsi à l’état de substance très-oxygénée. Il se forme d’abord de Yacide acétique ou vinaigre, puis un autre acide plus oxygéné qu’on a nommé acide saccharique, et en dernier lieu un acide qui ne renferme plus du tout d’hydrogène : c’est Yacide oxalique. Ainsi, en définitive, Ie sucre, en perdant son hydrogène et une partie de son carbon6» se trouve converti en acide oxalique.
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- Voilà donc un moyen très-simple et très-expéditif de se procurer cet acide. C’est Bergmarm qui l’a indiqué d’abord, et, dans les laboratoires comme dans les fabriques, on le met en pratique pour en préparer de grandes quantités. Pour cela, on distille 9 parties d’acide azotique étendu du quart de son volume d’eau, sur 1 de sucre en poudre, et, lorsqu’il ne se dégage plus de vapeurs rutilantes, on évapore à l’air libre le liquide de la cornue, pour pouvoir faire cristalliser l’acide oxalique qu’il contient. Avec 3 parties de sucre et 30 parties d’acide faible, on peut produire 4 partie d’acide cristallisé.
- Le sucre n’est pas le seul principe immédiat qui se change en acide oxalique par l’action de l’acide azotique ; presque tous les autres, quelle que soit la classe à laquelle ils appartiennent, éprouvent la même conversion. En sorte que l’on peut regarder comme un fait général cette réaction curieuse de l’acide azotique sur les matières organiques. Mais parmi toutes ces matières, le sucre et l’amidon ou fécule sont celles qui produisent le plus d’acide oxalique. Cette dernière substance fournit un peu plus de la moitié de son poids d’acide.
- Ce qu’il y a de plus remarquable, c’est que la potasse caustique, par sa calcination avec le sucre et la plupart des autres principes immédiats, donne lieu également à la production d’une grande quantité d’acide oxalique. Ce fait a été découvert d’abord par Vau-quelin, puis confirmé et généralisé par Gay-Lussac. L’industrie n en a pas encore tiré parti.
- La potasse, la soude, la chaux et les autres oxydes métalliques s’unissent au sucre sans le colorer, et forment avec lui des composés solubles dans l’eau, qu’on appelle dessaccharates ou sucrâtes, dans lesquels le sucre conserve toutes ses propriétés, seulement d a perdu plus ou moins d’eau.
- Le saccharate de plomb a pour formule. = C,2H909.2Pb0
- - de chaux................... = C’WO'bCaO
- — de baryte...................= Cl2HuOu,BaO
- es saccharates sont solubles; c’est ce qui fait qu’une solution lueuse de sucre peut dissoudre une quantité considérable de aux et d’oxyde de plomb.
- di C.sa?charate de chaux présente une propriété curieuse : sa bl ° k °n c'a're et limpide se trouble et se coagule en une masse dev' 6 Par l’ébullition ; c’est qu’il se dédouble en sucre qui C*1 ^re dans la liqueur, et en un sel basique de chaux, Que , U’3paO> qui est insoluble; mais en se refroidissant, la li-chauU- ret^evaent transparenle et liquide, parce que le sous-sel de Cr . x’ en ^prenant le sucre qu’il avait abandonné, reforme le su-e soluble primitif C12H11011,Ca0. Ce sel offre donc, d’une ma-
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- nière qu’on peut dire exagérée, un caractère que présentent assez généralement les sels de chaux, une solubilité qui décroît à mesure que la température s’élève.
- L’eau pure ne dissout que 1/1000e de son poids de chaux, tandis que l’eau sucrée en dissout une quantité considérable, proportionnelle au poids du sucre qu’elle contient. Voilà un moyen commode d’employer la chaux en médecine à l’état de solution. M. Péligota tiré parti de cette propriété, pour faire l’essai des sucres. Vous vous rappelez que le sucrate de chaux sert avec succès au dosage de l’azote dans l’analyse élémentaire.
- Ainsi que Soubeiran l’a vu, le sucre combiné aux alcalis n’est plus aussi altérable par la chaleur, sous l’influence de l’eau et de l’air. La chaux, en particulier, a pour effet de retarder sa transformation moléculaire en sucre incristallisable. Les dissolutions de sucrâtes ne se colorent donc pas quand on les fait bouillir, ce qui distingue nettement le sucre de canne de tous les autres, que les alcalis brunissent immédiatement par la chaleur.
- Les saccharates de chaux, de baryte, de potasse, de soude, peuvent s’unir aux oxydes et môme à des sels insolubles, et les dissoudre, parce qu’il se fait des saccharates doubles. Voilà pourquoi, ainsi que l’a signalé d’abord M. H. Rose, certains oxydes métalliques, entre autres ceux de fer et de cuivre, ne peuvent être précipités par les alcalis de leurs dissolutions, lorsque celles-ci renferment du sucre en certaine quantité.
- Le sucre exerce, sous l’influence de l’eau bouillante, une action réductrice sur les sels d’argent, d’or, de mercure, de cuivre. A froid, il faut un temps excessivement long, surtout pour les sels de cuivre. Avec ces derniers, il se dépose un corps jaune, qui est de l’hydrate de protoxyde de cuivre.
- L’acétate triplombique ne précipite pas le sucre de sa dissolu* tion. Or, comme ce sel peut, au contraire, précipiter la plupart des autres principes immédiats, il sert avec avantage à isoler le sucre des substances étrangères qui l’accompagnent dans les végétaux ou dans les liquides animaux.
- Le sucre s’unit très-bien au sel marin, et forme un compose défini, très-déliquescent, qui a pour formule NaCl-f-^C12!!1^11' Ce fait explique pourquoi des betteraves cultivées dans des ter-rains salés ne fournissent que très-peu de sucre; la plus grande paf' tie de celui-ci reste dans les mélasses, associé au sel marin, sous forme d’un composé très-soluble. Cette circonstance a causé la ruine de quelques sucreries de betteraves élevées sur les bords de la mer.
- M. Maumené, de Reims, a tiré parti de la propriété que possède le perchlorure d’étain de noircir la solution de sucre, pour en découvrir la présence dans un liquide quelconque. Il prépare, à ce1
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- effet, des bandelettes de mérinos blanc, qu’il trempe pendant quelques minutes dans une solution aqueuse de chloride d’étain, et qu’il sèche ensuite au bain-marie. Ces bandelettes font l’office de papier réactif. Pour découvrir la matière sucrée dans une liqueur, il suffit d’en verser une goutte sur une semblable bandelette, et de l’exposer au-dessus d’un charbon rouge ou de la flamme d’une lampe; la présence de la matière sucrée sera accusée par la production d’une tache noire sur la bandelette.
- Sous l’influence de la levûre de bière, le sucre, avons-nous dit précédemment, se dédouble en alcool et en acide carbonique ; mais, avant, il se convertit d’abord en sucre interverti = (C12Hl2012) -f (C12H'2Ol2,2HO), en sorte que ce n’est que d’une manière indirecte que le sucre de canne peut éprouver la fermentation alcoolique.
- En général, les matières azotées qui accompagnent le sucre dans fes végétaux lui font éprouver très-rapidement ces transforma-tions, en sorte que, pendant son extraction, on ne saurait le soustraire trop promptement à l’action de ces agents destructeurs. Je reviendrai plus tard sur cette action remarquable des ferments, en vous parlant en détail de la fermentation et de tous ses produits.
- II. — DU GLUCOSE OU SUCRE DE FÉCULE.
- Ce sucre, qui fait partie du sucre interverti, soit celui qui existe dans les fruits acidulés et sucrés, soit celui qui prend naissance Par la réaction de la chaleur, des acides faibles et des ferments surle sucre de canne, est fabriqué industriellement, comme nous le verrez bientôt, avec l’amidon ou la fécule, par l’intervention de l’acide sulfurique faible ou d’une espèce de ferment qu’on appelle diosta.se. Pour le moment, je signalerai simplement ses propriétés
- différentielles.
- 11 est habituellement en petits grains blanchâtres, formés d’un grand nombre de lamelles s’irradiant autour d’un centre c°nunun, et formant ainsi des sortes de sphéroïdes hérissés de Pointes. Ces grains, ayant peu de consistance, se groupent en jumelons analogues à ceux qu’on observe dans les choux-fleurs, a saveur douce qu'il présente est beaucoup moins franche que celle des deux autres espèces de sucre. Il est aussi moins soluble dans l’eau ; mais l’alcool le dissout en plus grande quantité que le sücre de canne.
- Sa solution aqueuse peut supporter une ébullition assez prorogée sans se colorer, ce qui semble établir qu il est plus stable flne le sucre ordinaire.
- (duand on le fond vers 100°, il perd 2 équivalents d’eau, et il
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- olfre alors la composition du sucre incristallisable C12H12012; c’est également celle qu’il possède quand il est combiné à l’oxyde de plomb.
- Ce qui distingue encore le glucose du sucre de canne, c’est l’action bien différente qu’exercent sur lui les acides, les alcalis et certains sels métalliques.
- Il est inaltérable par les acides les plus énergiques. Ainsi, il se dissout, sans se colorer, dans l’acide sulfurique concentré, car on peut l’isoler du liquide acide sans qu’il ait perdu aucun de ses caractères.
- Il est, au contraire, très-altérable par les alcalis. En effet, sa dissolution brunit fortement, même à froid, et, en chauffant à l’ébullition, elle devient noire. Le glucose est converti, à froid, en perdant une certaine quantité d’hydrogène et d’oxygène à l’état d’eau, en un acide particulier, que M. Dumas nomme acide glu-cique, età chaud, en perdant une plus forte quantité d’eau, en un autre acide noir, que le même chimiste a désigné sous le nom d’acide mélasique. '
- On peut tirer parti de cette réaction remarquable des alcalis pour reconnaître la fraude, très-commune aujourd’hui, des cassonades de canne par le glucose. Voici comment il faut opérer, d'après M. Chevallier. On dissout 1 gramme de potasse caustique dans 32 grammes d’eau distillée, et on ajoute dans cette liqueur 5 grammes du sucre à essayer. On introduit le tout dans un petit matras d’essai, et l’on chauffe jusqu’à l’ébullition.
- Si le sucre est pur, la potasse ne détermine pas de coloration bien sensible; si, au contraire, le sucre est mêlé de glucose, il y a coloration, et la coloration est d’autant plus intense que la quantité de glucose est plus considérable.
- Toutefois, de ce que, dans ces essais, la potasse caustique donne un peu de coloration au sucre essayé, il ne faudrait pas conclure précipitamment qu’il y a eu addition frauduleuse de glucose, car M. Kuhlmann a reconnu que les sucres de betterave et de canne contiennent des quantités variables de sucre altéré, qui partage les propriétés du glucose. J’ai constaté aussi, de mon côté, que les cassonades renfermant un peu de sucre liquide ou de mélasse se colorent en noir par la potasse caustique. Ces circonstances nécessitent de ne pas partir d’un seul type dans les essais compa' ratifs; elles imposent l’obligation de comparer tout sucre à essayer à une quantité de même nuance et de même espèce.
- Le glucose réduit les sels métalliques de la dernière sectio11 avec bien plus de rapidité que le sucre de canne, à l’aide de b1 chaleur. Il peut même décomposer à froid les sels de cuivre, le sulfate, et en isoler du protoxyde rouge. C’est ce que nous ont appris MM. Krantz et Frommherz. — Qu’on ajoute, goutte J
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- goutte, une solution de sulfate de cuivre à une solution de glucose additionnée dépotasse caustique et de crème de tartre, il se produit une liqueur d’un bleu foncé qui, en très-peu d’instants, se trouble, passe au vert, au jaune, puis au rouge, et laisse déposer duprotoxyde de cuivre. Si l’on chauffe, cette séparation s’effectue aussitôt, et la liqueur se décolore complètement. Un liquide renfermant 0,00001 de glucose donne, par l’ébullition, un précipité rouge sensible. Lorsqu’il n’en contient que 0,000001, on remarque encore, à la lumière réfléchie, une coloration rougeâtre manifeste.
- En remplaçant le glucose parle sucre ordinaire, rien de semblable ne se produit. On peut porter le mélange à l’ébullition sans qu’il se dépose de protoxyde de cuivre, si ce n’est au bout d’un temps très-long, et encore la réduction du sel de cuivre n’est-clle jamais complète.
- On peut donc tirer parti de ces caractères si différents pour reconnaître la présence du glucose dans les sucres ordinaires, et même pour apprécier les proportions respectives du mélange.
- M. Barreswil a indiqué pour ces essais une liqueur d épreuve qui est généralement adoptée. On la prépare en faisant dissoudre à chaud dans 1/3 de litre d’eau distillée 50 grammes de crème de tartre et 40 giammes de cristaux de soude, ajoutant ensuite 30 grammes desullate de cuivie pul-vérisé, faisant bouillir, et, après refroidissement, mêlant à la liqueur 40 grammes de potasse caustique dissoute dans 1/4 de litre d eau. On complète avec de l’eau distillée le volume d’un litre, on fait bouillir denom 'eau, et on conserve la liqueur, qui est d’un bleu foncé, dans un flacon violet, c’est-à-dire à l’abri de la lumière.
- Pour pouvoir se servir de cette liqueur d’épreuve, il faut d aboid la titrer, c’est-à-dire rechercher la quantité de glucose pur nécessaire poui décolorer complètement un volume déterminé de cette liqueur chaude. Pda fait, on étend la liqueur bleue avec assez d’eau pour que 100 centimètres cubes soient décolorés par 1 gramme de glucose.
- Alors quand on veut faire l’essai d’une liqueur sucrée quelconque, on mesure 100 centimètres cubes de liqueur d'épreuve titrée, on les fait ouillir dans une petite capsule de porcelaine, et on y laisse tomber, goutte à goutte, d’une burette graduée en centimètres cubes, la liqueur sucrée dont on veut doser le glucose; l’on s’arrête aussitôt que la décoloration est complète. Le volume de liqueur sucrée employée pour Produire ce résultat contiendra exactement 1 gramme de glucose.
- 11 est bon de savoir que le sucre incristallisable, le sucre de lait, ^ sorbine et quelques autres principes se comportent comme le ° Ucose avec la liqueur de Barreswil.
- il.
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- TRENTE—CINQUIÈME LEÇON.
- III. — DU MIEL.
- Le Miel n’est point une espèce distincte de sucre. Tel qu’on le trouve dans les rayons ou gâteaux des ruches construits par les abeilles (fig. 371), il est liquide, et alors, d’après Soubeiran, il est
- Portion de gateau d’abeilles. — a cellules royales; — b cellules des mâles; — c cellules des ouvrières; — d cellules destinées à contenir le miel ou les oeufs lors de la ponte (couvain).
- Fig. 371.
- presque en totalité constitué par du sucre interverti, associé à une faible quantité de sucre de canne. Quelque temps après qu’il a été extrait des rayons, ou dans les rayons mêmes, si l’on tarde trop à l’enlever, il se prend en masse par la cristallisation du glucose.
- Le miel renferme, de plus, un principe aromatique particulier, mais variable, et, quand il est moins pur, de la cire, un acide, de la marmite, et même du couvain, matière azotée qui lui donne b propriété de se putréfier. Ce couvain est la substance qui forme les alvéoles dans lesquelles les abeilles déposent leurs larves el leurs œufs.
- Pour isoler le miel des gâteaux, on expose ceux-ci sur des claie8 au soleil ; la partie la plus pure en découle; c’est ce qu’on appelé le miel vierge. En exprimant ensuite les gâteaux, on obtient une qualité de miel plus colorée et moins agréable, quia besoin d’être purifiée par le repos et la décantation.
- Les miels les plus estimés sont ceux que l’on recueille au mon1 Hymète (Livadie), à Mahon (îles Baléares), dans les îles grecque5) à Cuba, et, après eux, ceux du Câlinais, de Narbonne, d’Argence-et de Lisieux (Basse-Normandie). Les premiers sont liquides» blancs et transparents comme du sirop ; les derniers sont blaflf-et grenus, en raison de la forte proportion de glucose qu’ils rei'( ferment. La Brie, la Picardie, la Champagne donnent des mi^? blancs ordinaires, dont quelques-uns sont un peu âcres.
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- DU MIEL.
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- Les plantes ont une influence très-marquée sur la nature et les propriétés du miel. En effet, les abeilles qui butinent sur les plantes aromatiques de la famille des labiées, produisent des miels excellents, tandis qu’elles n’en donnent que de colorés, liquides et désagréables, comme les miels de Bretagne, lorsqu’elles vont se nourrir sur les fleurs de bruyère et de sarrasin. Les plantes vénéneuses, la jusquiame, l’azalée pontique, l’aconit, la kalmie, fournissent des miels qui causent des vertiges et même le délire à ceux qui en mangent. Auguste de Saint-Hilaire a failli périr pour avoir mangé, au Brésil, d’un miel préparé par la guêpe nommée Lecheguana.
- Ces faits semblent indiquer que le miel n’est point le résultat d’une sécrétion animale, qu’il existe tout formé dans les fleurs ; car on ne concevrait pas comment le même insecte pourrait donner tantôt un produit salutaire, tantôt un produit nuisible. Au reste, cette question est encore fort obscure. Toutefois, dans le nectar ou suc visqueux et sucré des fleurs, ce n’est pas du miel tout formé qui s’y trouve. D’après Braconnot, le nectar contient des proportions peu variables de sucre incristallisable et de sucre ordinaire, sans traces de glucose, de gomme ni de mannite. Voici sa composition sur 100 parties :
- Sucre de canne................................ 13
- Sucre liquide ou incristallisable............. 10
- Eau........................................... 77
- 100
- Dans quelques fleurs, cependant, la proportion du sucre de canne paraît très-sensiblement augmentée. C’est ainsi que le nectar des cactus n’offre, par la cristallisation, que du sucre de canne presque exempt de sucre liquide.
- Puisque, contrairement à l’opinion reçue, la matière sucrée des fleurs n’est point semblable au miel, et que le sucre concret que fournit le nectar a toutes les propriétés du sucre de canne, il est évident que celui-ci, en séjournant dans un des estomacs de*l a-beille, y éprouve une altération due peut-être à la présence d un acide libre, ou à toute autre cause qui le fait passer à 1 état de sucre de miel ou de glucose, comme le prouvent d’ailleurs les expériences de Hubert. On sait, en effet, que cet ingénieux naturaliste a nourri des abeilles uniquement de sucre de canne, aux dépens duquel ces laborieux insectes ont continué à fabriquer le •uiel et la cire.
- Le miel est aussi fréquemment employé comme médicament flue comme aliment. Associé au vinaigre, il en résulte un sirop flu on appelle oxymel. Si on le délaie dans l’eau et qu’on laisse
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- TRENTE-SIXIÈME LEÇON.
- fermenter le liquide, on obtient une boisson très-agréable, ressemblant presque au vin muscat, qui est connue depuis longtemps sous le nom d'hydromel, et dont on fait beaucoup d’usage en Russie, en Pologne et dans tout le nord de l’Europe. C’est la première boisson fermentée connue. Au treizième siècle, on ajoutait à l’hydromel des poudres d’herbes aromatiques, et l’on faisait ainsi la boisson, très- estimée, nommée alors borgérase ou borgeraste. Le miel entre dans la composition du pain d’épices, de diverses pâtisseries et d’autres friandises. Lesjuifs de l’Ukraine et de la Moldavie l’exposent à la gelée dans des vases opaques et métalliques, pendant quelques semaines, pour lui faire acquérir plus de blancheur et une consistance ferme. C’est avec ce miel ainsi modifié que sont édulcorés les liqueurs de Dantzick, le marasquin de Zara et le rosoglio. Avant la découverte de l’Amérique, la cuisine faisait grand usage du miel. Les anciens n’avaient pas d’autre matière sucrante.
- On mélange quelquefois le miel dans le commerce avec une certaine proportion de fécule ou de farine de haricots, afin de lui donner de la blancheur et du poids; mais cette fraude se reconnaît facilement, en délayant le miel que l’on croit falsifié dans une petite quantité d’eau froide; le miel se dissout à l’instant, et la fécule oula farine se précipite. Avec l’iode, on constate bien aisément ensuite la nature du dépôt. Lorsqu’on chauffe ces sortes de miels, ils se liquéfient d’abord, mais par le refroidissement ils deviennent solides et tenaces.
- TRENTE-SIXIÈME LEÇON.
- DES PRINCIPES IMMÉDIATS NEUTRES (suite).
- Sommaire. — Extraction du sucre de canne dans les colonies ; cassonade, niéla^e’ — Extraction du sucre de la betterave; nouveaux perfectionnements introduits dans cette industrie. — Raffinage des sucres bruts. — Fermentation alcoü' lique. — Théorie de la transformation du sucre en alcool. — Nature de 1:1 levure de bière.
- Maintenant, Messieurs, que vous connaissez les caractères leS plus importants des différents sucres, je puis vous apprendre conr ment on extrait le sucre ordinaire des végétaux qui le renferme111' Je me bornerai, toutefois, à des notions générales sur ce sujet, e| je ne vous parlerai que des procédés suivis pour le traitement
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- EXTRACTION DU SUCRE. 101
- la canne et de la betterave, car les autres végétaux saccharifères ne donnent pas lieu à des exploitations assez considérables pour qu’il soit nécessaire d’en faire ici mention.
- A. Extraction du sucre de la canne. La canne à sucre, arundo saccharifera des botanistes, est une plante de la famille des graminées, dont la tige, haute de 3 à 4 mètres, est entrecoupée de nœuds très-rapprochés (fig. 372). On la récolte avant la floraison, c’est-à-dire neuf mois après sa plantation , dans les Indes, et 12 à 20 mois après sa plantation en Amérique. Alors elle a une couleur jaunâtre, et son suc est visqueux et très-doux. La tige a n’est pas également sucrée dans toute sa longueur; la partie inférieure en contient plus que la moyenne, et celle-ci plus que la supérieure ; c’est pour cette raison qu’on retranche la flèche ou le sommet, avant la récolte, pour servir de bouture. Cette première opération faite, on coupe le reste de la tige très-Près de terre, et on en forme des flottes que l’on porte au moulin,ou sous des presses à cylindres d’une grande puissance.
- D’après M. Peligot, la canne 'aîche renferme sur 100 parties :
- Fig. 3/2.
- Eau.
- Sucre et autres matières solubles. Ligneux...........................
- 72,1
- 18,0
- 9,9
- 100,0
- Elle contient donc, en théorie, 90 p. 100 de suc ou vesou, mais son écra sèment est tellement difficile, son tissu est tellement spongieux, quelle 11 en fournit guère, à la Martinique, en moyenne, que 50 p. 100. he prétendu moulin qui sert à écraser les cannes [fig. 373)est une espece e Imninoir composé de trois gros cylindres de fer, élevés veitica emen soi un plan horizontal ou sur une table entourée d une rigole poui 1 ecou-cment du suc. Ces cylindres sont traversés par un axe de bois tel mine en p,Vot aux deux extrémités. Celui du milieu est mu par une force quel-
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- 102 TRENTE—SIXIÈME LEÇON.
- conque, el, au moyen d'engrenages, il communique son mouvement en sens contraire aux deux autres. Un esclave présente un paquet de cannes entre deux de ces cylindres, dont le mouvement tend à les y faire entrer;
- ioàg*
- -’-Pt
- Fig. 373.
- elles y passent, s’écrasent et le suc en découle. Pour mieux les épuiser, un autre esclave, placé derrière le moulin, les reçoit et les présente de l’autre côté du cylindre du milieu; elles y entrent de nouveau, sont encore écrasées et repassent du premier côté.
- Aujourd'hui, dans les sucreries bien montées, le mtiulin est remplace par des presses beaucoup plus énergiques, qui consistent en 3 gros cylin' (1res A,B,C creux, en fonte, placés horizontalement dans un bâti très-solide en fonte avec armatures de fer forgé [fig. 371). Ces cylindres
- !.......... ; „Vi L
- Fig. 37 4
- moyen de vis de pressiofl1 fin FG sur une plaque» >
- a «MB—
- peuvent être rapprochés les uns des autres au Les cannes sont amenées par un tablier sans fin FG sur
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- EXTRACTION DU SUCRE.
- 103
- et se trouvent ensuite aplaties et pressées par les cylindres A, B.; une lame courbe en tôle les conduit entre les cylindres A,C, qui sont plus rapprochés, de manière que la pression est graduée et aussi complète que possible. Le mouvement est communiqué par une grande roue à pignon à l’un des cylindres qui, à son tour, fait tourner les deux autres au moyen de roues d’engrenage. On fait marcher lentement le système pour laisser au jus le temps de s’écouler; on en extrait de 00 à 65 p. 100.
- La canne ainsi exprimée se nomme bayasse; on la fait sécher et on remploie comme combustible.
- Le suc exprimé ou vesou peut être considéré comme une dissolution
- se de sucre, à peu près pure, puisque, d’apr ès MM. Peligot et Pla-
- a la composition suivante :
- PELIGOT. PLAGNE.
- Matières solides 21,30 21,45
- Eau 78,70 78,55
- 100,00 100,00
- en d’autres termes :
- Sucre solide et cristallisable.. 209,0 208,0
- — incristallisable )) 7,5
- Sels divers 1,7 traces.'
- Matières organiques 2,3 0,8
- Eau 787,0 783,7
- 1000,0 i000,0
- Comme le vesou est susceptible de s’altérer promptement, par 1 effet des petites quantités de matières organiques azotées qu il renferme, on a soin de le déféquer aussi rapidement que possible, en le chauflant, a^ec quelques centièmes de chaux, à + 60° environ, dans une grande chaudière de cuivre. 11 se forme des écumes composées de cire, d albumine, de matière colorante verte, de parenchyme, de silice, de phosphate de chaux, qui s’élèvent à la surface du liquide et qu on enlève à me-sure. Quand le jus est suffisamment clarifié, on le fait passer dans une seconde chaudière, voisine de la première, et on 1 y cuit rapidement jusqu’à ce qu’il marque ‘25° à l’aréomètre; alors on le filtre à travers une elofie de laine. On l’évapore ensuite, dans d’autres chaudières, en constance de sirop très-épais, puis on le verse dans une large bassine pour Cn accélérer le refroidissement, et bientôt après dans des caisses ou ton-n°aux percés de trous qui sont bouchés. Quelque temps après, on le re-^ue avec une latte de bois pour favoriser la cristallisation. Le sucre, en *e r°idissant, se prend en une masse confuse de petits cristaux irréguliers.
- " débouche alors les trous, afin de faire écouler le sirop non cristallisé; 011 laisse sécher le sucre solide, qu’on expédie en Europe sous les noms L sucre brut, de moscouade, de cassonade.
- a sRop est cuit de nouveau et à plusieurs reprises, jusqu à ce qu il c donne plus de cristaux; il est alors épais et de couleur brune; on le ( esigne sous le nom de mélasse, et on l’utilise principalement à la fabri-a l°n du rhum.
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- TRENTE-SIXIÈME LEÇON.
- La mélasse contient généralement 63 p. 100 de sucre cristallisable, 13 p. 100 de sucre incristallisable, 9 p. 100 de matières minérales, de substances azotées et mucilagineuses, enfin 15 p. 100 d’eau.
- Terme moyen, 100 parties de vesou donnent 10 à 12.parties de sucre. On est loin, comme on voit, de recueillir toute la proportion qui existe dans la canne, puisque, d’après les analyses de MM. Avequin, Plagne et Peligot, le suc de canne contient 20 p. 100 de sucre cristallisable. La mélasse est la conséquence d’une mauvaise fabrication, car il suffit d’évaporer le vesou rapidement et au-dessous de + 100° pour en extraire, à l’état cristallin, tout le sucre qu’il renferme.
- Dans les colonies, c’est avec les bagasses qu’on chauffe les chaudières à concentration. Ces bagasses renferment encore 28 à 30 p. 100 de sucre; perte énorme due au mauvais mode d’extraction employé.
- Les procédés, suivis dans les colonies, sont donc très-défectueux. Depuis quelques années, on commence à y introduire ceux plus perfectionnés suivis en Europe pour l’extraction du sucre de la betterave, dont je vais maintenant vous parler.
- B. Extraction du sucre de la betterave.— C’est en 1747 que Mar-graff, de Berlin (1), découvrit dans la betterave un sucre cristalli' sable, identiquement semblable à celui de la canne. Le baron Kopp1 2 3 et Achard, de Berlin (2), furent les premiers qui, quarante ans après, essayèrent de faire passer dans l’industrie cette découverte des laboratoires. Ce n’est, toutefois, qu’en 1812, que, grâce aux essais persévérants de Benjamin Delessert (3), on réalisa, en France, cette
- (1) Margraff (André Sigismond), né à Berlin en 1709, mort en 1790, était fils d’un pharmacien. 11 fut d’abord préparateur de Neumann ; il se perfectionna ensuite dans les écoles de Francfort, de Strasbourg, de Halle et de Freyberg. L’un des premiers il employa la voie humide dans l’analyse organique, et appliqua le microscope à l’étude des sciences. Il a extrait la potasse du tartre et du sel d’oseillej il a fait connaître l’acide formique; mais son plus beau titre, c’est d’avoir annonce et prouvé qu’on pouvait tirer du sucre analogue à celui de la canne de plusieurs plantes communes indigènes à l’Europe et notamment de la betterave. — Tou» les travaux de Margraff, qui ont une grande valeur, sont insérés dans les Mémoires de l’Académie de Berlin dont il était membre à vingt-neuf ans. L’Academie des sciences de Paris l’avait nommé associé étranger en 1762.
- (2) Achard (Frédéric-Charles), né à Berlin en 1754, et mort dans cette ville en 1821, était d’origine française; il est assez illustre pour que ce soit un devoir de le rappeler. Il s’appliqua surtout, dès 1772, à l’extraction du sucre de la betterave, et en 1787, il reçut du roi de Prusse le domaine de Kunern, en Silésie, pour^ exploiter en grand cette curieuse industrie. 11 adopta la défécation par l’acide et * méthode des cristallisoirs. Il porta si loin ses procédés, qu’il fut aisé de prévoir de» lors tout ce qu’aurait un jour d’importance cet art nouveau. — Achard étal membre de l’Académie de Berlin.
- (3) Benjamin Delessert, né à Lyon le 14 février 1773, mort à Paris le 1er nli^ 1 847, est un des grands industriels et économistes de France que le génie <*e affaires et le goût des sciences ont entouré d’un noble et juste éclat. En 18*^’, créa à Passy la première filature de coton pour lutter contre les Anglais ; c’est lé germe de l’industrie cotonnière aujourd'hui si développée chez nous. Il avait ftm
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- EXTRACTION DU SUCRE.
- 105
- pensée féconde à laquelle Napoléon Ier prêta son puissant appui. Après bien des vicissitudes, l’extraction du sucre indigène est devenue chez nous une industrie très-importante, puisqu’au 31 janvier 1858, le nombre des fabriques en exploitation était de 340, et qu’elles ont fabriqué, en cinq mois, près de 110 millions de kilogr. de sucre.
- Le plus grand nombre de ces usines est concentré dans les départements du Nord (146 fabriques), du Pas-de-Calais (62), de l’Aisne (54), de la Somme (33), de l’Oise (21). Le restant (24) est réparti dans quatorze autres départements.
- En 1812, le sucre de betterave revenait au producteur à 5 fr. le kilogramme. Aujourd’hui, il ne lui coûte que 55 à 60 centimes environ !
- L’espèce de betterave qu’on exploite de préférence, pour l’extraction du sucre, est la betterave blanche de Silésie, variété à collet rose (fig. 375), parce que c’est la plus riche, la plus facile A travailler et celle qui se conserve le mieux après sa récolte. Cette racine contient comparativement beaucoup moins de sucre que la canne, comme
- en 1801, encore à Passy, une raffinerie de sucre. — A partir de 180G, et durant quatre années entières, il s’v livra aux études les plus assidues et les mieux conduites Pour obtenir en grand le sucre de betterave bien cristallisé. Il y réussit. « On ne se ligure plus aujourd’hui, dit M. Flourens, à cinquante ans de distance, et quand o’ailleurs toutes les circonstances ont tellement changé, l’intérêt passionné qui s’attachait alors à ces grands travaux. Le 2 janvier de l’année 1812, B. Delessert annonce son succès à Chaptal. Celui-ci en parle aussitôt à l’Empereur. Napoléon 'avi s’écrie : « Il faut aller voir cela, partons. » — Et, en effet, il part. Delessert n’a que le temps de courir à Passy, et, quand il arrive, il trouve déjà la porte de sa raffinerie occupée par les chasseurs de la garde impériale, qui lui ferment le Passage. Il se fait connaître, il entre. L’empereur avait tout vu, tout admiré, il ';t!|it entouré des ouvriers de la fabrique, fiers de cette grande visite; l’émotion ( l<»it au comble! L’empereur s’approche de Delessert, et, détachant la croix d hon-neur qu’il portait sur sa poitrine, il la lui remet. Le lendemain, le Moniteur an-p,nqait« qu’une grande révolution dans le commerce français était consommée. » -empereur avait raison. La science venait de créer une richesse nouvelle, et qui
- I (st trouvée immense. Depuis Margratf, depuis Achard jusqu’à Delessert, depuis e essert jusqu’à nous, l’art de tirer le sucre de la betterave a fait chaque jour de au veaux progrès; il en fait chaque jour encore; et plus on étudie cette belle ('couverte sous le rapport du commerce, de l’industrie, de 1 agriculture, plus elle iro'* 1- ^ande. » (Eloge historique de Ii. Delessert, par M. Hourens, lu le \ mais o0 à la séance publique de l’Académie des sciences.)
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- 100 TRENTE-SIXIÈME LEÇON.
- l’indique l’analyse suivante, moyenne d’un grand nombre faites
- par M. Peligot :
- Eau.................................... 85
- Sucre................................ 10
- Albumine et autres matières solubles... 2,5
- Ligneux.............................. 2,5
- 100,0
- On déchire la racine au moyen d’une râpe, et sa pulpe, après avoir été enfermée dans des sacs de laine, que l’on superpose en les séparant par des claies d’osier, est soumise à l’action de presses hydrauliques qui en font sortir de 75 à 80 p. 100 de jus. Ce jus, s’altérant encore plus vite que le vesou, parce qu’il contient plus de matières albuminoïdes, on se hâte de le déféquer à la chaux.
- La proportion de l’alcali employé n’est pas la même pendant toute la
- durée de la campagne; d’abord de 300 gram. par hectolitre de jus, elle monte peu à peu à 600, à 800 gram., et même à la fin jusqu’à t kilog.,à mesure que les racines s’altèrent dans les silos où on les conserve. On opère la défécation dans des chaudières à double fond, chauffées par la vapeur, comme celle que représente la figure 370; puis on fait passer je jus éclairci sur du noir animal en grains quia Fig. 37G. „ déjà servi à filtrer du
- sirop à 25°.
- Ce noir est placé dans un appareil nommé filtre Dumont, du nom de son inventeur. C’est un cylindre en tôle A (fig. 377), pouvant contenir jusqu’à 4,000 kil. de noir. Vers la partie inférieure, il y a un double fond percé de trous, bb, sur lequel on place une toile humide, et sur cette toile on ajoute, couche par couche, en le tassant, le noir humecté d’a' vance. Lorsque le filtre en est presque rempli, on le recouvre d’une toile humide, puis d’un diaphragme métallique criblé de trous cc, sur leqne1 on fait arriver le jus au moyen d’un robinet r à flotteur f. Ce jus sort d11 filtre, parle robinet r', limpide, presque décoloré et dépouillé en grande partie de la chaux libre qu’il renfermait. Un tube gg, qui part du double fond et qui s’élève jusqu’au haut du cylindre, sert à laisser échapper l’a*1 qui était interposé dans la masse du noir. Au-dessus du double fond eil établi un trou d’homme h, pour le nettoyage de l’appareil.
- Au sortir du filtre Dumont, le jus est dirigé dans des chaudières d’éva'
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- EXTRACTION DU SUCRE.
- poralion AA, chauffées par la vapeur à haute pression, qui circule dans des tubes courbés en fer-à-cheval BB, placés au fond, ainsi qu'on le voit dans la figure 378. Ces chaudières oblongues peuvent basculer sur un de leurs bouts, et prendre la position indiquée par les lignes ponctuées, ce qui permet de les vider complètement du sirop qui s’écoule par le gros robinet R. Au moyen de ce système de chauffe, l’évaporation est rapide, et le sucre n’a pas le temps de se changer en sucre incristallisable. Dans quelques cas, on rend l’opération encore plus prompte en opérant dans le vide.
- Le jus amené à 25° de
- 'aréomètre est conduit sur p. 377>
- de nouveaux filtres Dumont, 1 , ,
- chargés de noir neuf, afin de l’avoir clair et décolore, et on achevé
- Fig. 3*8.
- concentration dans une chaudière chauffée par la vapeur et dans
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- TRENTE—SIXIÈME LEÇON.
- laquelle on produit le vide. C’est l’Anglais Howard qui a eu le premier l’idée d’agir ainsi. Son appareil est fondé sur ce principe que, dans la cuisson des sirops, les conditions essentielles pour obtenir des produits beaux et abondants, sont de cuire rapidement et de maintenir une température aussi uniforme et aussi basse que possible. Son appareil (fig. 379) se compose :
- 1° D’une chaudière de cuite A, formée de deux calottes de cuivre rouge
- s.
- fortement boulonnées, et garnie d’un double fond dans lequel la vapeu1' arrive par le tuyau C ; ce double fond porte aussi un tuyau de retour d’eau D, sur lequel est fixé le robinet d’air ;
- 2° D’une chambre E où se réunissent les vapeurs qu’émet le sirop pen* dant sa cuisson;
- 3° D’une chambre de condensation G, à laquelle aboutit un tuyau en communication avec une pompe à air destinée à maintenir, le vide dai)s l’appareil ;
- 4° D’un tuyau F qui conduit les vapeurs de la chaudière dans la chaÆ' bre G, où de l’eau froide arrive par l’ouverture H, lorsque, par le m°u) vement de la manivelle à vis I, on a soulevé la soupape K et le piston
- 5° D’un tuyau F', destiné à conduire le liquide entraîné par les vapeu,s dans la capacité O, d’où on peut l’extraire par le robinet R.
- On voit en M le tuyau d’alimentation d’eau froide; en N, un petit tu^ qui permet de prendre du sirop d’épreuve dans la chaudière, sans et& blir la communication entre elle et l'air extérieur; enQ, un thermomèO qui indique la température du sirop.
- Dans cet appareil, il y a habituellement une différence de 9 à 12° enjri la température de l’eau de condensation et celle du sirop. La pression111 térieure est toujours comprise entre 0m,50 et0m,55 de mercure, ce qui dique un manomètre en communication avec le tuyau F. La pompe à a‘ exige un travail de 2 chevaux-vapeur, pour une cuisson de 12,000 kd- . sucre brut par jour, ou par fabrication de 100 pains par heure, ou de
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- EXTRACTION DU SUCRE. 109
- 700 kil. de sucre blanc, et pour une condensation de 500 kil. de vapeur par heure. Le volume d'eau froide employé est à peu près de 10 à 11 mètres cubes par heure, l’eau de condensation étant à 30°.
- L’appareil d’Howard est très-répandu et il a servi de point de départ à une foule d’autres, imaginés par MM. Roth, Pellctan, Dcgrand, De-rosne et Cail, Brame-Chevalier, etc. Je vous parlerai seulement de celui de Roth, parce qu’il est très-bien conçu. 11 ne diffère réellement de celui d’Howard qu’en ce que le vide est produit dans la chaudière de cuite par la condensation instantanée et continuelle de la vapeur aqueuse qui s’exhale du sirop. La figure 380 représente une coupe verticale de l’appareil de Roth.
- Fig. 380.
- verv , laud‘^re de cuite avec double fond, le tout en cuivre. — E Tuyau de vapeur j0U| | Scnérateur. — F Tuyau d’embranchement amenant la vapeur dans le cuivr* fnn<^' ~ ^ Autre tuyau conduisant la vapeur dans le serpentin B en le e< 0\1ui Plunge au milieu du sirop. — H Autre tuyau amenant la vapeur dans ration ^ ^ 'a cllaud*ère, et servant à faire le vide au commencement de l’opé-fait le destiné à donner issue à l’air contenu dans l’appareil, lorsqu’on
- siron 'K.e,au m(>yen de la vapeur, et à le laisser rentrer quand on veut vider le doubioT * ^u5au servaut à faire écouler l’eau de la vapeur condensée dans le par b- °n,rï— 1 Retour d’eau de la vapeur condensée dans le serpentin.— K Tuyau 'loei le sirop aspiré se rend du réservoir r dans la chaudière de cuite. conden^aU ^our ^écoulement du sirop cuit. — D Grand vase de tôle, servant de de cunSeUr °U réh'igérant. — M Tuyau de communication entre la chaudière réserv '• .et le condenseur. — S Tuyau par lequel l'eau froide aspirée se rend du tacts en! - ^,,^ans le condenseur. — N Diaphragmes destinés à multiplier les conque, p 16 eau et la vapeur arrivant de la chaudière. — m Manomètre indi-de reaia Pressi°n qui existe dans le condenseur. — n Niveau accusant la hauteur 11 ans le condenseur. — R Robinet pour la vidange de l’eau du condenseur.
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- 110 TRENTE-SIXIÈME LEÇON.
- L’appareil de Roth, comme celui d’Howard, opère la cuite en 14 à 16 minutes, la température de l’ébullition étant de -f- 75 à 80°. Une chaudière de 2 mètres de diamètre peut cuire 12,000 kil. de sucre par jour; mais ce système entraîne une dépense d'eau froide considérable pour la condensation, et il exige plus de vapeur, par conséquent plus de combustible que celui d’Howard, pour faire le même travail ; aussi emploie-t-on partout de préférence les appareils dans lesquels le vide est produit et maintenu par une action mécanique.
- Quel que soit, du reste, le mode suivi pour la cuite, lorsque le sirop marque 42 ou 43°, on le fait écouler dans un rafraîchissoir, et, quand il est près de se grener, on le distribue dans des cônes en terre cuite (ftg. 381), renversés et percés à leur sommet d’un trou qu’on tient bouché jusqu’à ce que la cristallisation soit achevée. Les formes sont placées dans une étuve chauffée à -f- 23° environ. Lorsque le sirop est entièrement solidifié dans les formes, on ouvre les trous de celles-ci pour faire égoutter le sirop non cristallisé.
- Aujourd’hui, les formes, en tôle galvanisée, et même en cuivre étame ou peint, sont placées sur des bancs percés de trous, au-dessous desquels règne une gouttière en zinc {fig. 382), qui conduit les sirops d’égout-
- Fig. 382.
- tage dans de grands réservoirs. On tend même, à peu près partout,11 abandonner les formes, comme incommodes et dispendieuses.
- Dans ce dernier cas, dès que les sirops sont cuits à 43°, on les reçoit dans une immense bassine à double fond, et on en élève la températu'c à 78 ou 80°, on les agite de temps en temps pour avoir une cristallin' tion grenue, et après 18 à 24 heures, lorsque tout est pris en masse, olj porte le sucre dans des caisses en tôle galvanisée de t mètre de ha11 sur 1 mètre de large et 2 mètres de long ; leur fond est fermé par UI]I toile métallique; l’égouttage s’effectue ainsi avec rapidité.
- Lorsqu’on opère avec les formes, dès que les pains sont égouttés, les loche , c’est-à-dire qu’on les fait sortir en tapant doucement 'c‘
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- Fig. 381.
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- EXTRACTION DU SUCRE. \ 1 1
- lormcs retournées sur une pièce de bois ; ces pains sont mis à sécher dans une étuve, brisés grossièrement et ensachés pour l’expédition.
- Les mélasses, ou sirops d’égouttage, sont recuites directement ou après avoir été passées au noir en grains en les étendant d’eau ; on les concentre un peu plus que la première fois, et l’on obtient une cristallisation de sucre dit de second jet. On peut, en reprenant les sirops égouttés des seconds sucres, obtenir des sucres de troisième jet, dont la cristallisation dure quelquefois trois ou quatre mois. On est souvent forcé, pour extraire les mélasses de ces sucres, afin de pouvoir les expédier ou les refondre dans un raffinage, de les soumettre, enveloppés dans des toiles, a une pression énergique.
- Depuis 1849, l’égouttage et le blanchiment des sucres bruts ou des cassonades de betterave ont lieu d’une manière excessivement rapide au moyen d’un appareil à force centrifuge pareil à celui dont on se sert, depuis longtemps déjà, pour essorer les toiles au lieu de les tordre, qu’on appelle hydro-extracteur, turbine, diable ou toupie. Cette application de la machine de Pentzoldt à l’égouttage des sucres a été faite Par M. Syrig. Voici la forme habituelle du diable ou toupie des sucreries ifig- 383).
- Fig. 383.
- BB est une cage métallique AA placée au centre d’une enveloppe en fonte gre’e Cachée à la base d’un axe central et vertical CC, auquel un en-'lu’on^ CommunicIuc une vitesse de 1,200 tours à la minute. Lors-sj!- “Produit dans la cage du sucre brut mis en pâte liquide avec du ' P lanc (nommé clairce dans les ateliers), à une température de
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- TRENTE-SIXIÈME LEÇON.
- -f-60°, la masse pâteuse, soumise aux effets de la force centrifuge, s'élève contre les parois latérales de la cage, et laisse échappera travers le tissu métallique les parties liquides dont l’écoulement est convenablement ménagé en E. Le sirop, ou clairce, en lavant les cristaux de sucre et en dissolvant la mélasse, contribue à la blancheur du produit solide qui reste dans la cage. On parvient de la sorte à égoutter et à blanchir les sucres de deuxième, troisième et quatrième jets, en quelques minutes, ce qui, par les procédés anciens, nécessiterait de 18 à 45 jours, suivant la viscosité des mélasses. L’adoption du diable ou toupie dans les sucreries est, sans contredit, le perfectionnement le plus marquant et le plus heureux parmi tous ceux qui se sont produits depuis 1812.
- Une autre invention, qui date aussi de 1849 à 1850, est celle que M. Rousseau, fabricant de produits chimiques à Paris, a proposée pour la défécation du jus de betterave. Elle consiste à convertir le sucre qui s’y trouve en saccharate de chaux. L’idée première de ce moyen appa*v tient à M. Kuhlmann, de Lille, qui, dès 1838, indiquait l’emploi d’un excès de chaux pour retarder, empêcher même l’altération du jus et pour mieux épurer le sucre. Mais c’est M. Rousseau, aidé de MM. Cad et Lequime, qui en a fait un procédé industriel. Voici, très en abrège, comment on opère.
- La défécation s’effectue comme à l’ordinaire, si ce n’est qu’on emploie une quantité de chaux à peu près sextuple de la dose habituelle; en effet, par chaque hectolitre de jus, on ajoute 2k,500 de chaux délayée dans 13 à 14 litres d’eau ; on élève la température jusqu’à + 95°. Cette grande quantité de chaux a pour but, non-seulement de coaguler et de rendre insolubles les substances étrangères au sucre, mais encore de former avec celui-ci un saccharate qui résiste mieux aux causes d’alteration et donne moins de déchet dans le courant du travail. — Use forme donc des écumes verdâtres et le jus s’éclaircit; on le décante et on le filtre sur du noir en grains. 11 en sort limpide et un peu jaune.
- Fig. 384.
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- On le fait alors passer du filtre au noir P [pg. 384) dans une douxiè*0® chaudière à déféquer, semblable à la première G, et communiqua"
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- DU SUCRE.
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- avec une source d’acide carbonique, afin de décomposer le saccharate de chaux et de mettre le sucre en liberté.
- Le gaz carbonique est produit dans un four clos, en tôle doublée de maçonnerie B, chargé de charbon de bois et de coke. Une pompe foulante horizontale A. mue par une petite machine à vapeur horizontale à haute pression, qu’on ne voit pas dans la figure, injecte constamment de 1 air dans l’intérieur du four, au moyen du tube courbe à robinet aa'. Les produits de cette combustion forcée, consistant en gaz carbonique, azote et oxygène, s’écoulent par le tube c dont la plus grande partie est plongée dans un réfrigérant C, et arrivent par le tube E terminé en pomme d’arrosoir dans l’eau du laveur D, où ils déposent les cendres qu’ils en traînent ; ils en sortent par le tuyau F, garni d’un robinet F', et qui se recourbe pour plonger dans la chaudière de défécation G ; la partie inférieure de CÇ tuyau F" est entaillée de petits traits de scie par lesquels le gaz carbo-mque impur pénètre dans le jus sucré. Comme celui-ci est visqueux, il se produit une mousse fort abondante dont on empêche le débordement Par un peu de beurre ou d’axonge ; cette mousse s’affaiblit à mesure ‘lUe la décomposition avance, et elle cesse de se produire dès que la saturation de la chaux par l’acide carbonique est achevée. Comme alors oute viscosité a disparu, on porte le liquide sucré à l’ébullition au moyen d’un jet de vapeur L dans le double fond ; l’-excès d’acide carbo-nigue se dégage ; le liquide trouble est ensuite dirigé, au moyen du jooinet d à longue tige H, dans une rigole inférieure I qui le conduit dans e vaseK rempli de noir en grains. Le carbonate de chaux qu’il entraîne suspension n’entrave point la filtration, parce qu’il est en particules
- A partir de ce point, le jus presque incolore est traité comme il a été ' Précédemment. On obtient dans les formes ou dans les cristallisoirs,
- 0 ultérieurement dans la toupie, un sucre plus abondant et préféra-* üi sous tous les rapports, à celui que fournissent les autres procédés.
- Plusieurs autres modes de traitement des betteraves ont été pro-P°sés dans les dix dernières années ; mais je ne crois pas néces-s,aile de vous en parler, attendu qu’ils n’ont pas encore été admis ' a^s 1& pratique industrielle.
- Les sucres bruts ou cassonades, tels qu’ils nous arrivent des co-j. les> 0u tels qu’ils sortent des sucreries indigènes, sont sous l)r m° de poudre sableuse, plus ou moins colorée en jaune ou en de q > son^ encore imprégnés de mélasse, et ils contiennent A4 P- 100 de matières étrangères (eau, sable, terre, débris paniques, sels de chaux, de potasse, de soude, de magnésie et ‘ nBïioniaquej, en sorte qu’ils ont toujours un goût plus ou moins agréable et la propriété de fermenter très-facilement. — Les nil ^nades de canne sont un peu acides et ont une odeur de fer-Cell atl?n Qu’on ne trouve pas dans les cassonades de betteraves, es-ci c™* habituellement alcalines, parce qu’elles retiennent
- , *“ ^iuux, ai
- s premières.
- aussi n’ont-elles jamais la saveur douce et mielleuse
- H.
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- Il y a donc nécessité de purifier, ou de raffiner, comme on dit en termes techniques, les sucres bruts pour les amener à l’étal de sucre blanc et en pains. On opère de la même manière pour les deux sortes de cassonade, et presque toujours les raffineurs les mêlent, en les assortissant d’après leurs nuances et leurs différentes qualités.
- Raffinage des cassonades.—Après avoir passé les cassonades au crible, pour en séparer les agglomérations de cristaux qu’on égruge dans un moulin à cylindres, on procède à la fonte ou à la dissolution.
- A cet effet, après avoir mis les cassonades dans une chaudière à double fond semblable à celle qui sert pour la défécation du jus de betteraves, on y ajoute 30 p. 100 environ de leur poids d’eau, et on introduit la vapeur dans le double fond; on agite avec une spatule, et dans la solution chaude on projette 5 p. 100 de noir animal fin qu’on y délaie complètement; lorsque l’ébullition commence, on y verse 1/2 p. 100de sang de bœuf. L’albumine de ce sang, en se coagulant, enveloppe toutes les particules en suspension, les réunit sous forme d’écumes, et clarifie rapidement le sirop. On cesse de chauffer et on soutire le liquide pour le filter.
- Cette opération s’effectue au moyen du filtre Taylor perfectionné. [fiy. 385). C’est une grande caisse rectangulaire en bois, doublée de cuivre intérieurement, de 1 mètre de largeur et de profondeur sur 2 mètres de longueur, dans laquelle sont tendus par leurs deux bouts vingt à vingt-cin? sacs, en coton peluché de 1 mètre de long sur 50 centimètres de large. Chaque sac renferme une claie en osier pour maintenir l’écartement de ses deux parois. Le liquide à filtrer est versé dans l’e5' pace libre qui environne L’s sacs, il passe à travers du dehors au dedans et les rem' Fig. 385. plit; puis il s’écoule à mesure
- dans un double fond Pal l’ouverture ménagée à la parlie inférieure du sac; la filtration de 350k1' logrammes de sucre ne demande pas vingt minutes. Un-robinet pliiCe au bas du double fond conduit le liquide clair dans un réservoir.
- Le sirop, débarrassé des matières en suspension, est encore plus ou moins coloré. On le fait passer au travers d’une couche épaisse de noir animal en grains, d’après le procédé de Dumont. Il sort du filtic limpide et décoloi’é ; il marque environ 30° à l’aréomètre. 11 ne s’ag[t plus que de le cuire au point nécessaire pour qu’il cristallise. C’est ce qllC l’on fait dans l’appareil d’Howard.
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- DU SUCRE.
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- Au sortir de la chaudière de cuite, le sirop est. conduit dans un rc-chauffoir où l’on élève sa température jusqu’à 80° ; on l’agite plus ou moins, suivant qu’on veut avoir des sucres poreux et légers ou des sucres compactes et cristallins, et on le coule dans les formes, presque à l’état pâteux dans le premier cas, un peu plus liquide dans le second. On l’v agite plusieurs fois avec des couteaux de bois neuf, pour que la cristallisation soit égale dans toutes les parties, et on abandonne jusqu’à ce que tout soit entièrement solidifié, ce qui arrive en moins de vingt-quatre heures.
- On ouvre alors les trous des formes pour laisser écouler le sirop non cristallisé. La purge ou Y égouttage dure pendant six ou sept jours. Cette opération est pratiquée, dans beaucoup de fabriques, d’une manière très-rapide, en moins de vingt-cinq à trente minutes, au moyen de ce que i’on appelle la sucette. C’est une pompe aspirante avec laquelle on fait le vi(|e dans des tuyaux horizontaux en cuivre, d’un léger diamètre, placés Près du sol de l’atelier et sur lesquels sont établies, dans des espèces de soucoupes, les formes que l’on veut purger. La pointe des formes entre (1ans chaque soucoupe de manière à fermer hermétiquement l’ouverture du tuyau, et c’est dans celui-ci que tombe le sirop aspiré de l’intérieur.
- Les greniers où sont placées les formes doivent avoir une température de -f 20°. Lorsque l’égouttage est terminé, on enlève de la base de chaque Pain toute la partie superficielle qui est fort dure ; on la remplace par Une couche de sucre blanc en poudre provenant des débris d’opérations antérieures, et, après avoir tassé fortement cette couche avec une truelle 1Qnde, on procède au terrage.
- Lutte nouvelle opération consiste à verser sur le pain, de manière à remplir le vide qui existe au-dessus, une bouillie d’argile blanche, dont leau, en filtrant lentement à travers toute la masse, dissout le sirop qui adhère aux cristaux et l’entraîne. — On remplace souvent l’argile par jln sirop de sucre blanc qui produit le même effet, mais d’une manière beaucoup plus rapide. Dans ce cas, l’opération s’appelle clairçage, comme Je l'ai déjà dit.
- . En répétant trois ou quatre fois l’emploi de l’argile, de huit jours en huit Jours, ou celui de la clairce, en ayant soin de remettre du sucre en poudre sai' les fonds à chaque terrage ou clairçage, on parvient à blanchir complètement les pains de sucre, et à obtenir ce qu’on appelle dans le commerce le mere roxjal.
- f Près quelques jours de conservation dans les formes et d’exposition à aiL les pains sont transportés dans une étuve pour en opérer la cornai6 dessiccation. Quant aux sirops provenant de ces divers traitements, °.n mur fait subir de nouvelles cuissons qui donnent des sucres de 1 ouxième qualité appelés lumps, bâtardes, vergeoises. — La mélasse, ré-j!(lu flnal de toutes les opérations, marque de 41 à 44° à l’aréomètre de ’^uné. On la vend aux brasseurs et aux fabricants de pain d’épice.
- , Un a tellement apporté de modifications et de perfectionnements dans ,l fabrication des sucres, depuis quelques années, qu’on obtient du Ucre raffiné avec le sucre brut sans le sortir de la forme.
- Q ^chiellement on prépare, à Marseille et ailleurs, des sucres tapés qui m presque la blancheur du sucre raffiné. C’est du sucre de lumps tarrr’ inc°mplétement séché, qu’on égrène et qu’on passe au travers d’un 1 lïlls métallique. On remplit complètement de cette poudre humide des
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- TRENTE-SIXIÈME LEÇON.
- formes très-lisses et pesantes en bronze épais de 1 centimètre; un ouvrier robuste soulève et laisse retomber chaque forme pleine sur sa pointe arrondie. Ce choc réitéré trois fois suffit pour agglomérer fortement toute la masse, qui ne présente plus qu'un pain conique et compacte, qu’on sort delà forme et qu’on sèche à l’étuve. On fabrique ainsi des quantités considérables de sucre en pain, et l’on évite le déchet toujours assez notable qu’on éprouve par la méthode de la refonte. C’est là un perfectionnement important.
- Les usages du sucre sont si nombreux et si connus qu’il est inutile de les énumérer. C’est un agent très-puissant de conservation pour toutes les substances organiques, comme l’attestent suffisamment les sirops et conserves des pharmaciens. (1), les confitures, pâtes' et candis des confiseurs. Il nous donne ainsi le moyen de jouir du parfum des fruits et des fleurs longtemps après l’époque que la nature a fixée pour leur durée. Il est préférable au sel marin pour la conservation des viandes, parce qu’il n’en change ni l’aspect ni la saveur. Les poissons dont le corps est vidé et saupoudré de sucre gardent longtemps leur fraîcheur.
- Il est à peu près devenu indispensable à l’homme; facilement soluble dans les liquides sécrétés par les glandes salivaires, dans l’eau et dans toutes les liqueurs alcooliques potables, on l’emploi*3 pour rendre plus agréables une foule de préparations économiques. Sansdoute, lesucre, pris isolément, ne saurait nourrir l’hommem même un animal quelconque (2) ; mais on peut dire que c’est un des aliments respiratoires les plus propres à compléter et à amé-
- (1) Au quinzième siècle, pour exprimer l’impossible, on disait familièrement: « apothicaire sans sucre. »
- (2) Le sucre a passé pour un aliment très-nourrissant ; mais les expériences de Magendie ont détruit cette opinion et prouvé que, comme toutes les substance» non azotées, il ne nourrit qu’imparfaitement et ne peut soutenir la vie au delà de trente à quarante jours. Des chiens, qu’il nourrit exclusivement avec du sucre, pe" rirent avant ce temps; leurs yeux s’ulcérèrent, ils devinrent d’une maigi'C111 excessive et moururent d’épuisement. Pour l’homme, l’excès du sucre est nuisible ; il agace les dents, rend la bouche épaisse, pâteuse; il échauffe, produit des ulcérations dans la bouche, détermine le ramollissement des gencives, et finit pa1 2 développer le scorbut. C’est surtout chez les enfants et les adultes que ces accidents surviennent plus rapidement à la suite de l’abus du sucre. Le médecin a'1' glais Starck a fini par succomber à l’usage immodéré de cette substance. Cariai" nati a expérimenté que plus on descend dans l’échelle des êtres, plus le sud'f devient nuisible. 11 tue presque instantanément les animaux à sang froid, les lf" zards, les grenouilles, même appliqué à l’extérieur ; il purge les brebis, mais ilne cause aucun accident au chien, quand on le mêle à d’autres aliments. Tous les f»';’ démontrent que le sucre ne saurait seul suffire à la nutrition de l’homme; 5U‘ ne faut pas en faire abus ; mais que, pris modérément avec d’autres aliments, e’eï, une substance bienfaisante et tellement utile, que les nègres, qui en mangent discrétion dans les colonies, pendant l’exploitation des cannes, se portent inic11' alors qu’en tout autre temps, quoiqu’ils soient assujettis à un travail plus l'ude-
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- FERMENTATION ALCOOLIQUE. 117
- liorer les qualités digestives de la plupart des subslances alimentaires.
- FERMENTATION ALCOOLIQUE.
- De toutes les transformations que le sucre subit, la plus curieuse, sans contredit, est celle qu’il éprouve en présence de la levûre de bière. Ainsi queje vous l’ai déjà dit, il se dédouble, dans ce cas, en acide carbonique et en alcool ou ësprit-de-vin. Ce phénomène, connu de toute antiquité, a reçu de Yan Helmont le nom de fermentation. Étudions-le, dès à présent, de la manière la plus intime, car il nous amènera à connaître l’alcool qui, après l’eau, est le dissolvant le plus fréquemment employé, surtout pour les principes de nature organique.
- Voyons d’abord quelles sont les conditions à réunir pour que le sucre éprouve ce phénomène de la fermentation. Il faut qu’il soit dissous dans une proportion convenable d’eau, que cette dissolution soit exposée à une température de -(-20 à 30°, et qu’elle contienne, en outre, une petite quantité de cette matière organique azotée qu’on appelle levûre de bière.
- Disons tout de suite que la matière qui porte ce nom se produit dans la fabrication de la bière et apparaît à la surface du moût dorge sous forme d’une écume épaisse et jaunâtre. Celle-ci, recueillie avec soin, est vendue par les brasseurs aux levûriers qui la lavent dans des sacs pour la dépouiller de la bière et du principe amer du houblon. Ainsi purifiée, cette écume est réduite en consistance de pâte ferme et cassante. C’est dans cet état qu’elle est employée comme ferment ou levain par les boulangers et par les
- distillateurs (1).
- . si l’on dissout 5 parties de sucre dans 20 parties d’eau, et qu’on aî°ute au mélange 1 partie de levûre de bière, une réaction très-Vlve s’établit dans la liqueur, après un certain temps, alors qu’elle est placée dans un lieu où la température peut monter à -j- 20 ou Des bulles de gaz's’élèvent de toutes parts, en produisant un gouvernent tumultueux dans toute la masse; le liquide se couvre d’écume, devient trouble par l’agitation des particules de levûre (llle les bulles gazeuses soulèvent à chaque instant. La fermentation est très-forte pendant les dix ou douze premières heures; mais ljcu à peu elle se ralentit, et il arrive un moment où tout rentre j.ans lm repos complet. Les parties insolubles se précipitent, la 1(iueur s’éclaircit, la réaction est terminée.
- M Dm ta département du Nord, elle est directement employée liquide
- elle qu’elle sort des brasseries.
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- TRENTE—SIXIÈME LEÇON.
- Si l’on opère en vases clos, dans un flacon muni d’un tube recourbé qui permet de recueillir les bulles de gaz qui se produisent pendant cette réaction remarquable, on s’assure aisément que le gaz recueilli, aux différentes époques de la fermentation, n’est autre chose que de l’acide carbonique pur.
- D’un autre côté, si l’on examine la liqueur, on ne lui reconnaît plus aucune saveur sucrée ; elle a acquis une odeur vineuse et un goût fort et spiritueux. Si on la distille, on en relire un liquide volatil, inflammable, qui possède tous les caractères de Veau-dc-vie ; c’est, en effet, de l'alcool faible. Dans le résidu filtré de la distillation, on trouve 0,6 à 0,7 p. 100 d’ucide succinique (C8H608), 3,2 à 3,6 p. 100 de glycérine (C6H806), et d’autres produits indéterminés, ainsi que M. Pasteur l’a constaté tout récemment.
- La fermentation du sucre de canne est assez longue à se manifester, tandis que celle du glucose, et surtout celle du sucre liquide, s’effectue beaucoup plus rapidement. Avec ces derniers, il faut 8 fois moins de levûre qu’avec le premier; c’est ce qu’ont reconnu MM. H. Rose et Dubrunfaut en 1841 ; et si, quand la fermentation du sucre de canne est bien en train, on vient à l’arrêter brusquement par l’addition d’une forte dose d’alcool absolu, on ne retrouve dans la liqueur que du sucre interverti (1). Mais si l’on ajoute à la solution du sucre de canne, encore intact, un acide quelconque, sa fermentation se déclare alors aussi promptement que celle des autres sucres, ainsi que M. Dubrunfaut l’a observé, parce que les acides convertissent immédiatement le sucre de canne en sucre interverti.
- Par conséquent, le premier acte de la fermentation du sucre de canne, c’est sa conversion en sucre interverti par la fixation de 1 équivalent d’eau :
- C'WO11 -f HO = ci2Il1201!.
- On peut donc dire qu’il n’y a réellement qu’un seul sucre qul fermente directement : c’est le sucre‘interverti; et c’est de lui qlie dérivent tous les produits qui prennent naissance sous l’influent d’une faible proportion de levûre, à savoir : l’acide carboniql'e> l’alcool, l’acide suceinique, la glycérine, et les autres matière indéterminées.
- Négligeons, pour un instant, ces derniers produits, dont la p1'0' portion est toujours très-faible, et ne nous occupons que desp>’0'
- (1) Dès 1777, Guyton de Morveau avait reconnu que le muqueux sucré (c -ainsi qu’on appelait alors le sucre de fruits) est la seule matière susceptible ae
- fermentation vineuse.
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- FERMENTATION ALCOOLIQUE.
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- duits essentiels de la fermentation alcoolique, à savoir : l’acide carbonique et l’alcool. L’équation suivante montre bien qu’ils résultent d’un simple changement d’équilibre dans les éléments du sucre :
- Sucre interverti. Acide carbonique. Alcool.
- C'2H12012 = 4C02 -f- 2C4H602.
- C’est-à-dire que 1 molécule de sucre. C12H12012 pesant.......... 180,
- donne 4 molécules d’acide carbonique.. 4C02 pesant 88 1
- et 2 — d’alcool....................... 2C'*II602 pesant 92 |
- D’où il suit que 100 parties de sucre interverti doivent donner :
- 48,89 d’acide carbonique, et 51,11 d’alcool.
- 100,00
- Expérimentalement on obtient toujours un peu moins, puisqu’il y a 2 à 3 p. 100 d’acide succinique, de glycérine, etc., qui se Arment aussi aux dépens du sucre.
- Avec 100 parties des autres sucres, on obtient :
- Avec le glucose. Avec le sucre de canne.
- Acide carbonique......... 44,84 51,27
- Alcool................... 46,12 52,62
- 90,96 • 103,89
- Ea perte de poids avec le premier provient des 2 équivalents eau qui se séparent des éléments du glucose au moment de la tentation; l’augmentation de poids avec le second est due évi-„ mnient à l’équivalent d’eau que s’assimile le sucre de canne
- P°ur fermenter.
- . ^° tout ce qui précède, il ressort clairement que c’est aux dé-. ns (^s éléments du sucre que se forment les divers produits qui ^Paraissent dans l’acte de la fermentation. Mais quelle est la de')0 Première de ces singulières transformations ? Il n’v a pas cho °f e cfue c’esf dans mofle d’action du ferment qu’il faut la ac ICaer* Mais quel est ce mode d’action? Ici commence le dés-jet entre ^es différents savants qui se sont occupés de ce su-
- jusnUiVant *J'ebig, <J°nt l’opinion a été généralement adoptée le ferG ^ans ccs derniers temps par l’universalité des chimistes, les ,nicnl' 011levure de bière est un corps en putréfaction, dont de$ ii°niCS sc frouvent dans un mouvement continuel. Ce conflit libre ! nients> cn se communiquant au sucre, détruit l’état d’équi-e Ses Propres atomes. Ces derniers cessent de persister dans
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- TRENTE—SIXIÈME LEÇON.
- le même ordre et se groupent alors d’après leurs attractions spéciales. Le carbone du sucre se partage entre l’hydrogène et l’oxygène, de manière à former deux composés plus stables et plus intimes : l’alcool et l’acide carbonique. D’après sa manière de se comporter, on doit considérer le sucre comme une molécule complexe, qui peut se dédoubler en alcool et en acide carbonique, par suite d’un nouveau groupement de ses éléments propres avec le concours chimique de l’eau. Les éléments du ferment ne prennent aucune part à la formation des produits que donne le sucre par la fermentation. C’est seulement un excitant qui provoque la métamorphose sans y participer chimiquement.
- Mais les observations microscopiques sur la levûre, faites par Turpin, Quevenne, Cagniard de Latour, M. Mitscherlich, etc., il y a une vingtaine d’années déjà, les expériences de M. Schwann sur l’intervention de l’air dans l’acte de la fermentation, et surtout les belles recherches de M. Pasteur sur le sujet qui nous occupe, assignent une tout autre cause à la transformation du sucre. Je vais résumer le plus brièvement possible les faits qui servent de base à la théorie nouvelle.
- La levûre de bière est bien évidemment un assemblage de glo- » bules ou de corps ovoïdes de 1/100 de millimètre de diamètre [fig. 386), creux à l’intérieur et ressemblant de tous points à
- Fig. 38G.
- ces végétaux inférieurs dont l’organisation est tellement simple qu’elle se trouve réduite à une seule cellule vivante (1). Cette végétation microscopique a besoin, pour se développer et se propager, d’un milieu spécial, c’est-à-dire une solution de sucre, contenant en môme temps une matière albuminoïde o11 azotée et des sels; ces conditions se trouvent réunies dans leS sucs de raisins, de cannes, de betteraves, la sève des érables, etc.
- Tous ces sucs végétaux entrent en fermentation peu d’heures après avoir été exprimés, mais il faut, toutefois, qu’ils aient 1° contact de l’air, puisque, comme Gay-Lussac l’a reconnu dès 1810’
- (1) Dès 1680, le célèbre Leuwenhœck avait constaté cette organisation de 1® levûre de bière.
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- FERMENTATION ALCOOLIQUE. 121
- dans le vide ou dans des gaz autres que l’air, ils n’éprouvent aucun changement, et qu’il suffit d’une très-petite quantité d’air pour déterminer aussitôt leur fermentation. Toutefois si cet air a été chauffé au rouge, ou s’il a traversé une couche assez épaisse de coton, avant de parvenir au contact des liquides sucrés, il est impropre à produire le phénomène. C’est que l’air n’intervient point par ses éléments chimiques, mais uniquement par les germes de levûre qu’il tient en suspension avec une foule d’autres germes d’animaux et de végétaux microscopiques. Ces germes de levure en tombant dans les sucs sucrés s’y développent, et c’est en vivant que ces globules opèrent la transformation du sucre.
- On arrive très-bien à suivre la végétation et la reproduction de la levûre, en semant, commel’a indiqué M. Pasteur, quelques globules imperceptibles de levûre dans une liqueur sucrée contenant une matière albuminoïde soluble (celle qui convient le mieux est la décoction aqueuse de la levûre elle-même). On voit alors chaque globule s’entourer de petitsap-Pendices sphériques qui semblent bourgeonner autour de lui 387); ces bourgeons grossis-sent peu à peu à mesure que la lamentation devient plus active,
- °tlorsqu’ils ont acquis la grosseur globule-mère, ils s’en détachent pour vivre isolément et constituer de nouveaux organisas indépendants ; ils s’appro-Puent la matière azotée du mi-leu °ù ils sont plongés, créen la cellulose et des matières fasses aux dépens du sucre, en rejetant sous forme d’excrétions <lcide carbonique, l’alcool, l’acide succinique et la glycérine ; en un mot, ils désunissent les éléments de la substance fermentes-c*ble pendant les périodes diverses de leur existence, absolument c°nime un végétal ou un animal supérieur transforme ses ali-oicnts en principes assimilables et en produits d’excrétion.
- . ha constitution chimique de ces globules de levûre les rapproche gaiement des végétaux infusoires ou des jeunes cellules des planés Pins compliquées ; c’est ce que démontre l’analyse suivante de ,l evûre purifiée, faite par M. Payen en 1839 :
- Matière azotée avec traces de soufre. 02,73
- Enveloppes de cellulose.............. 29,37
- Substances grasses.................... 2,10
- Matières minérales.................... 5,80
- Fig. 387.
- 100,00
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- Les matières minérales consistent, d’après M. Mitscherlich, en acide phosphorique, potasse, chaux, magnésie, silice.
- Non-seulement la levûre ne s’altère point en donnant de l’ammoniaque pendant la fermentation, comme le croyait M. Liebig, mais elle absorbe celle que l’on introduit dans le liquide pour s’en approprier l’azote. L’expérience suivante, faite par M. Pasteur, est, à cet égard, bien concluante.
- Dans une solution de sucre pur, il ajoute un sel ammoniacal, des cendres de levûre, et il sème dans ce mélange quelques globules de levûre fraîche. Chose remarquable, ces globules ne tardent pas à se développer, à se multiplier, le sucre fermente, tandis que les matières minérales se dissolvent et que l’ammoniaque disparaît peu à peu. En d’autres termes, l’ammoniaque se transforme en celte matière albuminoïde complexe qui entre dans la constitution de la levûre, en même temps que les phosphates donnent aux globules nouveaux leurs-principes minéraux. Vienl-on à supprimer dans la composition du milieu, soit la matière minérale, soit le sel ammoniacal, soit les deux principes à la fois, les globules semés ne se multiplient pas, et il ne se manifeste aucun mouvement de fermentation.
- Puisque la levûre croît et se propage par voie de bourgeonnement dans les liqueurs en fermentation, il est clair que sa quantité, loin de diminuer comme on le disait naguère, doit augmenter dans une assez forte proportion; c’est ce qu’il est facile de constater pendant la fabrication de la bière.
- De tout ce qui précède, il ressort bien évidemment que la fer' mentation du sucre est produite, non par la décomposition de -la levûre, mais bien par son organisation et son développement; c’est enfin le résultat d’un acte physiologique qui engendre la vie. P;vi conséquent tous les agents chimiques qui exercent une action mortelle sur les êtres vivants, doivent arrêter ou empêcher la fermentation, en tuant les globules de la levûre. C’est, en effet, cC qui arrive avec l’alcool en trop forte quantité, l’acide sulfureux, Ie' sulfites, les sulfures solubles et l’acide sulfhydrique, les sels de cuivre, de mercure, l’acide arsénieux, l’acide cyanhydrique, etc-
- Abandonnons ces considérations générales pour nous occupa spécialement du produit le plus important de la fermentation eoolique : l'alcool ou Vesprit-de-vin. Tous les liquides sucrés» sans exception, qui ont subi cette fermentation en contiennent pl^ ou moins et peuvent en donner par la distillation. Plus tard, ,ll vous dirai comment cette extraction se pratique en grand ; je nlLj bornerai maintenant à vous indiquer le moyen d’obtenir l’alcoo tout à fait pur et anhydre en employant les esprits que l’indusU’11 nous fournit.
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- DE L’ALCOOL PUR.
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- TRENTE-SEPTIÈME LEÇON.
- DES PRINCIPES IMMÉDIATS NEUTRES (Suite).
- Sommaire. — De I’alcool et de ses dérivés : aldéhyde, chloroforme, éther. — Propriétés de ces principes et théories de leur formation. — Applications nouvelles de l’éther et du chloroforme. — Des gommes et mucilages. — Végétaux qui les fournissent. — Composition et caractères chimiques de ces produits. — De I acide mucique. — De la pectine ou gelée végétale et des acides gélatineux des fruits.
- B>e l’Alcool pur (1).
- L’esprit-de-vin le plus concentré du commerce, l’esprit trois huit qui marque 37° 1/2 à l’aréomètre de Cartier ou 92° 1/2 à 1 alcoomètre de Gay-Lussac, n’est point encore, pour le chimiste, de l’alcool pur; il renferme de l’eau, dont on ne peut le débar-rasser par la distillation. 11 faut avoir recours à des sels déliquescents ou à d’autres corps très-avides d’eau, tels que du carbonate de potasse, de l’acétate de potasse, du chlorure de calcium desséché et fondu, de la chaux vive, de l'argile sèche et di-Tlsée, etc.
- Voici le procédé, sinon le plus économique, au moins le plus Prompt et le plus convenable pour obtenir de l’alcool tout à fait lHlr. 11 est dû à Soubeiran. On laisse macérer l’esprit, à une douce chaleur et pendant deux jours, sur le dixième de son poids de carbonate de potasse séché au feu (100 grammes de sel p<u llll’e d’alcool à 33°). On agite de temps en temps, puis on distille
- hol t co°l> qu'on écrivait d’abord al-ca-hol, al-ka-hol, alkohol, alkool et alco-Prii'nk'^ 1111 mot arabe qui signifie corps très-subtil, très-divisé. On l’employait Poudré611! P0111 désigner le degré de ténuité extrême qu’on dormait à certaines commpS' d°erhaave détourna ce terme de sa première acception, en l’appliquant, b’fand -f10'11 sP®c'ab au principe inflammable le plus pur, et réduit à son plus ritueug6 at.^e s'mPhcité. Plus tard, on s’en servit pour désigner les liqueurs spi-subtijpCS C'épouillées de flegme, et dont on supposait les molécules beaucoup plus Oature ; °n disait esPril-de- vin alcoolisé. Enlin, lors de l’adoption de la nomen-de sa 1 ÎH0 ,ne> on Pt du mot alcool le synonyme d’esprit-de-vin ; et, en raison Dans*1 i 've.t®’ on l’emploie même de préférence. * de plorrU USieUrS anciens ouvrages, on trouve le mot alcool appliqué à la mine se tej ‘ ] 0,1 au sulfure d’antimoine naturel, avec lequel les femmes de l’Orient Uni? ba„!ent les ciîs et le bord même des paupières, usage qui parait remonter à
- aute antiquité.
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- au bain-marie. On retire tout l’alcool qui marque 39°,S. On y ajoute alors 500 grammes par litre de chaux vive pulvérisée; on laisse en contact pendant deux ou trois jours à bétuve, et on distille très-lentement. Le produit est de l’alcool parfaitement pur et déflegmé, c’est-à-dire dépouillé d’eau.
- On l’appelle alcool anhydre ou absolu. Sa densité est de 0,7947, à la température de -j- '15°; ce qui correspond à 47°,2 de l’aréomètre deBaumé, à 44°, 17 de l’aréomètre de Cartier, et à 100° de l’alcoomètre centésimal de Gay-Lussac (1).
- Ainsi obtenu, l’alcool est un principe immédiat surhydrogéné, dont la composition élémentaire est très-remarquable. Il est composé de :
- Carbone........ 52,67 ou en équivalents.
- C4Hfi03.
- Hydrogène Oxygène..
- 12,90
- 34,43
- 100,00
- On peut le représenter par
- 4 vol. d’hydrogène bicarboné... 61,27 ^
- 4 vol. de-vapeur d’eau........ 34,73 j
- 4 vol. d’hydrogène bicarboné... 4 vol. de vapeur d’eau........
- C4H4 + 2H0
- formant 4 vol. de vapeur alcoolique.... 100,00
- C’est-à-dire, que ce serait un bihydrate d’hydrogène bicarboné.N
- est certain que dans une foule de circonstances, l’alcool se coim porte comme s’il était immédiatement formé de volumes éga*1* de gaz oléfiantet d’eau. Il y a plus; tout récemment M. Berthelo1 a montré qu’en plaçant ces deux composés binaires dans des com ditions convenables, ils s’unissent de manière à reproduire de l’alcool. Laissez-moi vous dire, en quelques mots, comment ce chimiste a opéré pour obtenir ce brillant résultat.
- Il a rempli de gaz hydrogène bicarboné un énorme ballon de verre de 32 litres de capacité, puis il y a introduit 900 gratin^3 d’acide sulfurique à 66°, qui possède la propriété de dissoudre cC gaz. Au moyen d’une agitation violente et continue, la presqlie totalité du gaz olétianta été absorbée par l’acide. A cette dissol11' tion, le chimiste a ajouté de l’eau, pour offrir au gaz le secon(
- (1) La rectification de l’esprit-de-vin au moyen du carbonate de potasse est .à à Boyle, (pii se servait, pour cet objet, de tartre calciné jusqu’au blanc, c’es'1} dire de carbonate de potasse impur; quelquefois il substituait à ce dernier «e ‘ chaux vive. « 11 y a, dit-il, dans l’emploi de ce procédé, double économie de ten r et d’argent; car le même résidu, convenablement séché, peut servir plus»11 fois dans cette opération. »
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- DE l’alcool pur. 125
- principe constituant de l’alcool. Après quelque temps de contact, d a soumis le mélange acide à plusieurs distillations successives, et en rectifiant le produit sur du carbonate de potasse, il a recueilli 52 gr. d’alcool, représentant le poids des trois quarts du gaz hydrogène carboné employé dans cette expérience remarquable. ~~ En opérant avec du gaz de l’éclairage qui, vous le savez, est loin d’être de l’hydrogène bicarboné pur, M. Berthelot a obtenu Iss mêmes résultats.
- Cette synthèse curieuse de l’alcool est devenue le point de départ d’un grandmombre de reproductions analogues. Ainsi, avec oxyde de carbone emprunté à la nature minérale, le même chi-nuste a su créer l’acide formique et, par suite, le gaz des marais et d’autres carbures d’hydrogène, qu’on obtient habituellement Par la destruction des matières organiques.
- La découverte de M. Berthelot conduira-t-elle l’industrie à fabriquer de l’alcool avec le gaz de l’éclairage?C’est ce que l’avenir bous apprendra.
- Malgré l’appui que les belles expériences précédentes viennent prêter à l’hypothèse qui fait considérer l’alcool comme un bihy-rate d’hydrogène bicarboné, la plupart des chimistes, à l’exemple . Cs Allemands, se font une tout autre idée de sa constitution. Ils e ^présentent, en effet, par la formule (C4H3) O+HO, c’est-à-dire Par l’hydrate de l’oxyde d’un radical nommé Ethyle.
- . Çet Ethyle, C4H5, est un radical composé, que Frankland a . ^ > en 1849, sous la forme d’un gaz incolore, d’odeur faiblement lerée, brûlant avec une flamme très-éclairante. Ce gaz, d’une eosité de 2,00394, est insoluble dans l’eau, très-soluble dans a c°°i ; q est liquéfié, à-J-3°, par une pression de 2 atmosphères et demie.
- Cm°i qu’il en soit, on n’a pu obtenir jusqu’ici l’alcool sous une jj-jnie solide (1). C’est un liquide incolore, transparent, très-mo-$ent’ ^0rrnant, par l’agitation, une infinité de bulles qui disparais-s Promptement. 11 a une odeur forte et assez agréable, une p ’.lr ohaude, pénétrante et même caustique. Cette causticité 4'ent en partie de ce qu’il enlève de l’eau aux parties vivantes
- l’acide p ,ltchell, 11 l’occasion de quelques expériences sur le froid produit par perd su a JOn'clue solide humecté avec de l’éther, a trouvé que l’alcool anhydre qu'il ne UK\a ~ 98°,9, qu’il acquiert la consistance de la cire fondue, mais c°ntruire f6 S0'ic^ie Pas- L’alcool étendu, à 38 ou 39° Cartier, se congèle au exP°sant |lC*lernenb Inème au-dessous de cette température. M. Despretz, en Pr°toxvd f> 1 alc°°L absolu au froid produit par l’évaporation, sous le vide, du devenir trè -0*6 (le l’éther et de l’acide carbonique solide, a vu l’alcool
- suPérieureS ViS(^Ueux’ en Per(lant sa transparence, et il croit meme que la couche Pexnéiio„ a et® solidifiée: il pense que toute la masse serait devenue solide, si ence avait duré plus longtemps.
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- TRENTE-SEPTIÈME LEÇON.
- et molles, dont il détermine la coagulation, quand elles sont de nature albumineuse. C’est ainsi que son injection dans les veines détermine une mort subite, en produisant des caillots dans le sang. Son introduction dans l’estomac est presque toujours une cause de mort. Étendu d’eau et pris en petite quantité, il excite les forces momentanément, tandis qu’à plus haute dose il les détruit, et produit l’ivresse.
- L’usage trop fréquent de l’alcool faible, ou eau-de-vie, est rarement utile; il devient presque toujours même une source d’irritations chroniques et de lésions organiques des plus graves. Son abus expose aux mêmes accidents, et produit de plus un état de faiblesse musculaire, une sorte d’imbécillité dont les ivrognes de profession ne nous offrent que trop souvent des exemples. Il paraît que l’alcool se répand promptement dans tous les organes, aussi quelques médecins ont-ils attribué à cette absorption ou pénétration générale les combustions spontanées (1), observées surtout, en effet, chez ceux qui abusent des liqueurs spiritueuses.
- Les dangers de l’usage habituel des liquides alcooliques sont si grands et si multipliés, les avantages en sont si minimes, qu’d serait à désirer que les peuples y renonçassent. Espérons que, mieux éclairés sur leurs véritables intérêts, à mesure qu’ils deviendront plus instruits, nos ouvriers abandonneront peu à peu ces fâcheuses habitudes, qui ruinent tout à la fois leur bourse et leur santé (2).
- (1) On donne le nom de combustions humaines ou spontanées à ce phénomène singulier dans lequel le corps humain se trouve entièrement réduit en cendre» par reflet d’un feu peu considérable, qui se développe spontanément et s’alimente sans le secours d’aucune matière en ignition. Ces combustions sont assez frequentes, mais on a remarqué qu’en Angleterre et en Amérique, où ces accident étaient fort communs autrefois, ils sont devenus fort rares depuis l'établisse' ment des sociétés de tempérance!
- (2) « Monsieur, disait au spirituel Brillat-Savarin, un riche marchand d’eau-de-vie, de Dantzick, on ne se doute pas, en France, de l’importance du commerce q"c nous faisons, de père en fils, depuis plus d’un siècle. J’ai observé avec attention les ouvriers qui viennent chez moi; et, quand ils s’abandonnent sans réserve»11 penchant, trop commun chez les Allemands, pour les liqueurs fortes, ils arrive"1 2 à leur fin tous à peu près de la même manière. — D’abord, ils ne prennent qu'"n petit verre d’eau-de-vie le matin, et cette quantité leur suffit pendant plu»ie"rs années (au surplus, ce régime est commun à tous les ouvriers, et celui qui prendrait pas son petit verre serait honni par tous les camarades) ; ensuite doublent la dose, c’est-à-dire qu’ils en prennent un petit verre le matin et auta^ vers midi. Ils restent à ce taux environ deux ou trois ans ; puis ils en boivent re* gulièrement le matin, à midi et le soir. Bientôt ils en viennent prendre à t"11® heure, et n’en veulent plus que de celle dans laquelle on a fait infuser du giro"c,’ aussi, lorsqu’ils en sont là, il y a certitude qu’ils ont tout au plus six mois à vl vre ; ils se dessèchent, la fièvre les prend, ils vont à l’hôpital, et on nelesrev"1 plus ! »
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- DE LALCOOL PUR.
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- L’alcool est un des liquides les plus volatils et les plus combustibles. Ainsi, il bout et se vaporise en totalité à la température de + 79°, et, abandonné dans l’air, il disparaît insensiblement. 11 s’enflamme subitement par l’approche d’une bougie en ignition; il brûle avec une flamme pâle, allongée, étendue, sans laisser (1e résidu, puisqu’il est converti complètement en eau et en acide carbonique, ainsi que le montre l’équation suivante :
- C4H602 -{-120 = 4C02 4- 6HO.
- Quand il est affaibli par l’eau, il s’embrase difficilement, et, dans ce cas, sa flamme est bleue, moins brillante; sa couleur a été imitée par les teinturiers, sous le nom de flamme de punch.
- Il se môle à l’eau en toutes proportions, avec dégagement de chaleur, ce qui annonce une pénétration intime des deux liquides; le volume du mélange est, en effet, plus petit que la somme des volumes de l’eau et de l’alcool.
- L’est, après l’eau, le dissolvant le plus général. Vous avez vu, (^ns les leçons précédentes, ce liquide servir à dissoudre l’iode, 'es alcalis caustiques, la plupart des acides, les alcalis végétaux; '°us le verrez plus tard employé comme dissolvant des corps gras ( t résineux, des essences, etc. ; c’est un agent précieux pour l’analyse des substances organiques, et dans les arts pour la préparation ( e s vernis, des teintures alcooliques, des esprits d'odeur cm des eaux tyiritueuses.
- général, les sels cristallisables et efflorescents sont insolubles dans l’alcool, tandis que les sels déliquescents s’y dissolvent faci-onent. Sa faculté dissolvante augmente avec la proportion d’eau qn’il contient. Il en est de môme, d’ailleurs, à l’égard d’autres subie sucre, qui, complètement in-
- dances, telles, par exemple, que 1<
- ^°Iuble dans l’alcool absolu, se dissout en proportions très-nota-des dans l’eau-de-vie.
- .Plusieurs des substances salines que l’alcool dissout lui commu-'nquent la propriété de brûler avec une flamme colorée diversement, suivant leur nature spéciale, d’où résultent de tiès-bons caractères pour distinguer certains composés minéraux. C’est mnsi que fa strontiane et ses sels font brûler 1 alcool avec une
- flam
- h0 •Iïle P°llrPre magnifique; que les sels de cuivre et l’acide eoh C|Uf brûler avec une flamme verte ; que le chlorure de
- cj. e Eait brûler avec une flamme bleue, et le chlorure de cal-
- muui
- ces
- Ve» avec.une flamme jaune-orangé. Les artificiers tirent parti de propriétés, et, dans les théâtres, on les met à profit pour si-eiû /. es incendies. L’azotate de strontiane est, à cause de cet I 0l, un objet de commerce assez important.
- ^°ntes les fois que l’alcool est soumis à des actions oxydantes
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- TRENTE-SEPTIÈME LEÇON.
- peu énergiques, il perd le tiers de son hydrogène et se trouve converti en un liquide particulier qu’on désigne par le nom d'aldéhyde, ce qui veut dire alcool déshydrogéné. C’est ce qui arrive par l’action combinée de l’air et du noir de platine, par celle de l’acide azotique faible, par celle du chlore en présence de beaucoup d’eau et à une basse température, par celle enfin de l’acide sulfurique étendu et du peroxyde de manganèse. Dans ces diverses circonstances, l’alcool, en cédant 2 équivalents de son hydrogène à l’oxygène qui lui est présenté dans des conditions convenables, passe à l’état d’aldéhyde , comme le montre l’équation suivante :
- Alcool. Aldéhyde.
- C4HG02 4- 20 = CW -f 2H0.
- Si l’action oxydante qu’on fait intervenir est plus énergique ou se prolonge, l’alcool, tout en perdant 2 équivalents d’hydrogène, gagne à la place, par voie de substitution, 2 équivalents d’oxygène, et il passe alors à l’état d’acide acétique concentré :
- Alcool. Acide acétique.
- C4H6©2 -f 40 = C4H404 -f 2110.
- Ces résultats se constatent aisément en laissant tomber, goutte» goutte, de l’alcool pur sur du noir de platine placé sur une assieti» que recouvre une grande cloche de verre tubulée ; des vapeur abondantes se produisent et vont se condenser sur les parois de la cloche en un liquide très-acide qui est un mélange d’aldéhyé» et d’acide acétique.
- Ce sont ces mômes produits, accompagné d’acide formique et d’éther acétique tribasi' que (acétal), qui apparaissent lorsqu’on su»' pend dans un verre, au fond duquel se trou'1 un peu d’alcool, un fil de platine tourné e» spirale et préalablement chauffé au roug1 (fig. 388). L’incandescence du fil persiste ta» qu’il y a de l’alcool dans ce verre. C’est là qu’on appelle la lampe sans ftamvie.
- L’aldéhyde, qui a été découvert en 1833, par M. Liebig, est u» liquide incolore, très-limpide, d’une odeur éthérée particulièree suffocante, excessivement volatil, puisqu’il bout à -f- 21°, 8’ très-inflammable. Il se môle avec l’eau, l’alcool, l’éther, en tou*1' proportions, et il perd alors sa volatilité. L’oxygène atmospl11 rique, surtout en présence du noir de platine, le transforme c acide acétique très-concentré. Par sa composition, il tient le 1111
- Fig. 388.
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- de l’alcool pur. 129
- lieu entre l’alcool et l’acide acétique. Il renferme, sur 100 parties en poids :
- Carbone................. 53,03
- Hydrogène...............
- Oxygène................» • 35,99
- 100,00
- Lorsqu'on fait réagir sur l’alcool de l’hypoehlorite de chaux et qu’on distille, on obtient une liqueur fort remarquable, que Soubeiran a découverte en 1831 (1), et dont M. Dumas a déterminé la composition en 4835. Il lui a donné le nom de chloroforme, pour rappeler son analogie avec l’acide formique.
- Ln mettant en regard les symboles de ces deux composés,
- Acide formique. Chloroforme.
- C2H03. CW3.
- 'ous voyez, Messieurs, que le chloroforme est de l’acide formique ('ont l’oxygène a été remplacé par du chlore.
- . Aussi, quand on chauffe ce chloroforme avec de la potasse caus-tique en dissolution, il se change en chlorure de potassium et en iornnate de potasse :
- Chlorure de
- Chloroforme. Hydrate de potasse, l'ormiate de potasse, potassium. Eau.
- C2HC13 _|_ 4KD,110 = KO,CW -h 3KCl +• 4110.
- Bourse procurer le chloroforme en grande quantité, on prend
- Ve | Soubeiran (Eugène), né à Paris le 24 mai 1793, mort en cette ville le 17 no-Ujrr ne l85S, peut être considéré comme le plus savant pharmacologisle du siècle. (Im*3 (:ont*nuateur de Daumé, il a le premier introduit dans l’étude et l’exercice et a Pharmacie cet esprit philosophique qui simplifie, perfectionne, généralise S(JVIe de nouvelles voies aux travailleurs. Brillant élève des hôpitaux de Paris, ni devint, jeune encore, par suite de concours, un des chefs de cette pépi-ée c] ,îeunes hommes d’où sont sortis, à toutes les époques, tant de médecins, plia UlTllstes> de naturalistes éminents. En 1832, il fut appelé à la direction de la pèremacie centrale des hôpitaux civils, établissement unique en Europe qu’Henry fini tlVait cr®® sur d’excellentes bases, mais dont le successeur agrandit encore inéd • ance‘ Successivement professeur à l’École de pharmacie et à la Faculté de savaUln<3’ ^ouheil-an a rendu d’immenses services par son enseignement, qu’il Sjm 1 mehre à la portée de toutes les intelligences par une élocution toujours et h > claire et élégante, sans sacrifier pour cela les intérêts de la science pure prernevee'.Les nombreux mémoires qu’il a publiés tant sur la pharmacie pro-Trai/J]/ c'ite 9ue sur la chimie et l’histoire naturelle médicale, son remarquable \«^Vharmacie qui a eu cinq éditions et l’honneur de la traduction dans toutes üei ZXÆ8* à un haut degré cette méthode sévère, cette précision, ce cachet durabi nCJ0i d’honnêteté scientifique qui assurent à l’écrivain une célébrité est un ’1 ’*s t'e ses œuvres, Soubeiran, que toutes les vertus privées distinguaient , ép0qIIçnouvel exemple de ce que peuvent la persistance et le travail, à notre 1:1 noble Urt?^ 0)a toutes les routes, sans exception, sont ouvertes à celui qui a ambition de s’élever par son seul mérite.
- II.
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- TRENTE-SEPTIÈME LEÇON.
- 55 à 60 litres d’eau que l’on place dans le bain-marie d’un alambic. On porte celle eau à la température de 40° environ, puis on y délaie d’abord 3 kilogrammes de chaux vive, préalablement délitée, et 10 kilogrammes de chlorure de chaux du commerce; on y verse ensuite 2 litres d’alcool à 85° ; puis, lorsque le mélange est opéré, on porte le plus promptement possible à l’ébullition l’eau de la cucurbite. Au bout de quelques minutes, le chapiteau s’échauffe, et lorsque la chaleur a atteint l’extrémité du col, on ralentit le feu; bientôt la distillation marche rapidement et se continue d’elle-même jusqu’à la fin de l’opération. On s’aperçoit que celle-ci est terminée lorsque les liqueurs qui passent ne possèdent qu’à un faible degré la saveur sucrée du chloroforme; c’est à peine si 2 à 3 litres de liqueur ont distillé. Le produit se compose de 2 couches : la plus inférieure est dense et légèrement jaunâtre; c’est du chloroforme mêlé d’alcool et souillé par un peu de chlore. La couche supérieure, plus abondante, est un mélange? parfois laiteux, d’eau, d’alcool et de chloroforme; du jour au lendemain, elle laisse déposer une certaine quantité de ce produit'
- On sépare le chloroforme par décantation, on le lave par l’a* gitation avec de l’eau, puis, une autre fois, avec une faible dissolution de carbonate de soude, qui le débarrasse du chlore; on}' ajoute du chlorure de calcium, et on le rectifie par une distillation au bain-marie. On peut aussi le rectifier sur de l’acide sulfurique — On obtient, en général, un poids de chloroforme égal à celui de l’alcool employé.
- Dans la réaction de l’hypochlorite de chaux sur l’alcool, il se fait du chlorure de calcium, du chloroforme et de l’acide for®1' que ; mais ce dernier, dans une réaction secondaire, est détruit p»r l’excès du chlorure de chaux et converti en acide chlorfrydriqlU’ et en acide carbonique; c’est ce qui donne lieu à la vive elfe1’' vescence qui accompagne la réaction.
- Pur, le chloroforme est un liquide incolore, d’une apparent huileuse, d’une odeur éthérée et d’une saveur sucrée; sa densité est de 1,48. Il bout à -{- 61°. Il brûle avec une flamme verte. H e:j à peine soluble dans l’eau, très-soluble, au contraire, dans l’alcoo et dans l’éther. Le chlore le transforme, aux rayons solaires, L’n
- chlorure de carbone. C’est un corps assez stable, puisqu’on p le distiller sur l’acide sulfurique, l’hydrate de potasse sec, même sur le potassium.
- Sa composition en centièmes est la suivante :
- eut
- et
- Carbone.................... 10,03
- Hydrogène................... 0,83
- Chlore................... 89,12
- 100,00
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- DE l’alcool pur. 1 31
- Il possède, comme l’éther, la propriété remarquable de provoquer le sommeil, et de déterminer l’insensibilité dans les opérations chirurgicales. C’est le docteur Simpson, d’Édimbourg, qui, éclairé par cette belle découverte due à M. Flourens (8 mars 1847), sest servi, le premier, en novembre 1847, de ce nouvel agent anesthésique sur lequel je reviendrai à propos de l’éther.
- M. Cloëz a appelé l’attention des chimistes sur l’emploi qu’on peut faire du chloroforme comme dissolvant des corps gras et résineux, et généralement de tous les produits très-carbonés. Il dissout le caoutchouc à froid beaucoup mieux qu’aucun autre liquide, et il l’abandonne par l’évaporation avec toutes ses propriétés premières. Il dissout également en grande quantité le c°pal, et donne une solution limpide qui pourrait être employée voinme vernis. Cette solution a été préconisée contre le mal de i onts ; on en imprègne une petite boule de coton, qu’on introduit .ns la cavité de la dent cariée. Le chloroforme calme assez rapidement la douleur, et la résine maintient, par sa propriété ndhésive, le morceau de coton dans la cavité dentaire.
- Hans son contact avec les acides, l’alcool donne lieu à des phé-i°naenes intéressants que je dois vous indiquer.
- Hn 1540, un chimiste allemand, du nom de Valérius Cordus, ^marqua qu’en faisant bouillir un mélange d’alcool et d’acide railiurique, il se produisait un liquide très-volatil et très-inflamma-! e> qu’il appela huile de vitriol dulcifié. Déjà, au commencement 1 u quinzième siècle, Basile Valentin avait parfaitement signalé la Production d’une essence agréable et de bonne odeur par la dis-‘dion du même mélange. C’est à cette prétendue huile ou es-( uce qu’on donna plus tard le nom d'éther, pour rappeler son ]X r^nie fluidité. Ce n’est guère que vers 1720 que l’usage de ce {iuide commença à se répandre, d’abord en Angleterre et en ‘ eiuagne. Hanckwitz, Hellot, Geoffroy aîné, Newton lui-même, ido^rent de dévoiler la préparation de l’éther, que l’on tenait 'rs„Comme un secret. C’est Grosse, aidé de Duhamel, qui,
- ^ '34, éclaircit cette importante question, et décrivit le pro-
- près ^Ue ^on SUÂ encore aujourd’hui, à quelques modifications
- 0nLî ^formation de l’alcool en éther n’offre aucune difficulté. . ait> avec précaution, un mélange de 7 parties d’alcool à 33°, u Parties d’acide sulfurique à 66° (1) ; on l’introduit dans une
- l,uoWiaClde suflui'ique peut être remplacé par les acides phosphorique, arsénique, lilUides^T’ Huosilleique, comme aussi par les chlorures de zinc et d'étain. Les h méin °jlenus Par faction de ces différents corps sur l’alcool, offrent toujours <lésignei flnposi,io" et les mêmes propriétés; c’est pour cela qu’au lieu de les s0us ks noms d'éthers sulfurique, phosphorique, etc., qui sont inexacts,
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- a ~~
- Fig. 38‘).
- mètre est placé dans la tubulure de la cornue et il plonge dafls le liquide intérieur; dans la même tubulure passe un tube (‘l
- puisqu’ils ne contiennent aucune trace de l’acide qui a servi à les produit' M. Chevreul a proposé, il y a bien longtemps, de leur donner le nom connu11 d’éther liydra tique.
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- grande cornue de verre tubulée, enfouie dans un bain de sable jusqu’à la hauteur où le liquide doit s’élever dans la cornue (fig. 389). Celle-ci est munie d’une allonge et d’un ballon dont la tubulure latérale pénètre dans un serpentin ordinaire. Un thernio-
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- verre recourbé qui met la cornue en communication avec un grand flacon servant de réservoir à de l’alcool â 37°,5, et dont on peut régler l’écoulement au moyen d’un robinet. Lorsque toutes les jointures de l’appareil sont lutées avec soin,on chauffe rapidement de manière à porter le liquide à l’ébullition; dès que le thermomètre indique 130°, on fait arriver lentement l’alcool du réservoir supérieur, et on s’attache à maintenir la température entre 130 et 140°. Le tube qui amène l’alcool pénètre de 8à 10 centimètres dans le mélange d’alcool et d’acide. Celui-ci se colore peu à peu; l’acide sulfurique réagit sur les éléments de l’esprit-de-vin et le convertit en éther, qui distille et se condense dans le serpentin. On cesse de chauffer, lorsqu’on a introduit dans la cornue, par le tube vertical, 100 parties d’alcool rectifié.
- On purifie le produit distillé en le mettant en contact, pendant -1 heures, avec une solution concentrée de potasse caustique, et en le distillant ensuite, au bain-marie, sur du chlorure de calcium fondu. Il marque alors 65° à l’aréomètre de Baumé, et ne pèse que 0,729. L’éther médicinal est toujours mélangé d alcool; sa pesanteur spécifique est de 0,738, et il marque 56° h l’aréomètre.
- L’éther est un liquide tout à fait distinct de l’alcool qui l’a fourni. En effet, il est bien plus mobile, plus léger; son odeur est forte, pénétrante, et sa saveur âcre, brûlante et amère.
- H est si volatil qu’il entre en ébullition à + 35°,5, et qu’il se '‘jporise complètement, en très-peu d’instants, dans un courant ‘f ajr. Il produit, dans ce cas, un abaissement de température qui ^jusqu’à — 15°. C’est à cause de cela que, versé sur la main, éther produit un froid instantané qui, dans certaines circonstan-°es> peut devenir salutaire, comme par exemple, pour dissiper la "‘graine. C’est alors sur le front et les tempes qu’on l’applique.
- 11 est bien plus combustible que l’alcool; il prend subitement "" P<m l’approche d’une bougie, et brûle avec une flamme blan-( le> fuligineuse, très-étendue. Comme la vapeur d’éther se ré-l)<lod très-promptement, à une assez grande distance, dans l’atmo-'Phère, et la rend inflammable, il est toujours dangereux de lansvaser ce liquide dans un lieu où il y a quelque corps en "’ubustion. Un des jeunes chimistes les plus distingués de ‘?lre époque, Polydore Boullay, est mort à l’âge de 29 «ans, le mai 1833, des suites d’une horrible brûlure que lui occa-,1,°nna la rupture, entre ses mains, d’un flacon d’éther, jion loin
- 'n foyer allumé. Plus récemment encore un jeune et savant ,! ariï)acien de Nantes a été horriblement brûlé par l’éther en-
- 'umimé (i).
- i ('es causes les plus fréquentes d'incendie au milieu des villes, est
- eilce ayec laquelle on approche une lumière des liquides inflammables.
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- L’éther est à peine soluble dans l’eau. La liqueur anodine minérale d’Hoffmann, qui est généralement employée pour rappeler à la vie les personnes tombées en syncope, n’est qu’un mélange, à parties égales, d’alcool et d’éther, que Frcd. Hoffmann mit en usage au commencement du dix-huitième siècle.
- Il agit, comme dissolvant, sur la plupart des principes immédiats solubles dans l’alcool. Ainsi, il dissout principalement les huiles volatiles, le camphre, plusieurs résines, les huiles grasses, les graisses et le caoutchouc gonflé par l’eau bouillante. On en fait un fréquent usage, d’après cela, dans l’analyse des substances végétales et animales, pour isoler les uns des autres les principes immédiats qui sont mélangés. Il dissout, au contraire, très-peu de composés minéraux.
- L’éther a la composition suivante :
- Carbone....... 65,3 ou 4 équivalents \
- Hydrogène..... 13,3 ou 5 » > = C''H50.
- Oxygène....... 21,4 ou I » )
- 100,0
- On peut aussi le représenter par
- 4 volumes d’hydrogènebicarboné. 75,9 } ___ , ( „
- 2 volumes de vapeur d’eau..... 24,1 ) ^
- 2 volumes de vapeur éthérée... 100,0
- Si vous comparez cette composition à celle de l’alcool, vous verrez qu’il n’y a d’autre différence, entre ces deux liquides, qlU 1 équivalent d’eau en moins dans l’éther.
- On peut encore représenter ce dernier par (C4II3)0, c’est-à-d11 111 par un oxyde d'éthyle, et c’est ce que font les chimistes allfi' mands.
- Vous voyez donc que te radical composé.. C^O5.... Ethyle-
- forme un protoxyde............... (C4H8)0......Ether.
- et un hydrate de protoxyde.......• (C4Ii8)0 -j- 110. Alcool-
- 11 n’est que trop commun de voir le feu se déclarer dans les caves où l’on ùjj
- vase de l’esprit-de-vin, de l’éther, des essences, des huiles de schiste, de 8 dron, etc., et bien des individus ont dû la mort à des accidents de ce Senre'olJr éviterait tous ces malheurs en se servant de la lampe de sûreté de Davy P . pénétrer dans ces magasins, car elle ne peut déterminer l’inflammation de» quides volatils; bien plus, en versant de l’éther ou de l'essence sur cette allumée, la flamme ne dépasse pas la limite des mailles métalliques. 11 serait à désirer que son usage s’introduisît chez les pharmaciens, les droguistes, Ie® tiliateurs, les parfumeurs, les marchands de couleurs et d’essences, etc. ministration ferait une chose utile en n’autorisant les dépôts de liquides | bustibles dans l'intérieur des villes qu’à la condition d’employer, pour enti travailler dans ces dépôts, la lampe de sûreté.
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- 11 est facile, d’après cela, de concevoir la transformation de l’alcool en éther. Il suffit tout simplement d’enlever au premier la moitié de l'eau qu’il contient. Eh bien ! c’est là le rôle de l’acide sulfurique dans l’acte de l’éthérification. En enlevant à l’éther le volume d’eau qu’il renferme encore, on en ferait du gaz hydrogène bicarboné; c’est ce que l’expérience démontre.
- Mais cette simplicité d’action n’existe pas en réalité. Les expériences de Faraday, d’Hennell, de Sérullas et d’autres chimistes contemporains ont démontré que lorsqu’on môle de l’alcool avec de l’acide sulfurique, à la température ordinaire, il se fait un sulfate acide d'éther (C4H5)0 -f- HO -j- 2S03, qu’on a nommé °cide sulfovinique. Ce composé se maintient jusqu’à la température de -j- 127°; à partir de ce moment, et surtout entre 130 et 140°, ’j se décompose en donnant de l’acide sulfurique aqueux et de ' èlher qui se volatilise. Celui-ci, en traversant le liquide, se sa-uJre de vapeur d’eau ; aussi le produit qui distille est-il un mélange (* eau et d’éther.
- d n’est donc pas surprenant qu’en faisant arriver peu à peu (lftns la cornue de nouvel alcool absolu, celui-ci puisse être con-'0l'ri Par l’acide sulfurique, d’abord en acide sulfovinique, puis en éther et en eau, et qu’ainsi l’opération puisse être continuée fendant un temps très-long. C’est M. Boullay père qui a reconnu (e fait, si important pour la fabrication de l’éther.
- A. une dose peu élevée, l’éther cause une sorte d’ivresse, ac-' ÙInpagnée de faiblesse générale, mais qui se dissipe promp-eMent. Il n’est pas bien prouvé qu’il puisse agir sur l’homme c°mme poison, quoique, d’après Brodie et Orfila, il exerce une ,lc.hon funeste sur les animaux. On sait, par exemple, que le chi-],. e ducquet, le maître du célèbre Fourcroy, et qui est mort à de 34 ans, d’un squirrhe des intestins, prenait jusqu’à 1 litre j.L ler par jour, tandis que c’est ordinairement par gouttes qu’on n ministre comme calmant.
- ans ie courant de 1846, le docteur américain Jackson a con-j ‘ 6 dans ce liquide une nouvelle et bien précieuse propriété.
- PU'é avec l’air, pendant quelques minutes, la vapeur d’éther ( ,nSe *e cerveau dans un état d’inertie, d’engourdissement tel Cr 1 ne Perçoit plus la douleur, et’que les mutilations les plus S;uie es Peuvent être exécutées sur l’homme et les animaux vivants CW i^U'^s en ‘dent conscience. On avait jusqu’ici vainement q , ^ans ivresse alcoolique, le narcotisme opiacé, le magné-les f’ *GS m°yens d’épargner à l’humanité les tortures auxquel-pro A SOUmeffenl les opérations chirurgicales. L’ivresse éhérée •Mtïib'i cet ‘Admirable résultat; aussi maintenant pour un grand à j>. •I.e de ces opérations détermine-t-on d’abord l’insensibilité 0 de l’éther que l’on fait respirer au moyen d’appareils
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- plus ou moins commodes. On lui substitue fréquemment le chloroforme, parce que celui-ci a une action beaucoup plus rapide. Mais l’administration de ces agents anesthésiques (qui détruisent la sensibilité) exige la plus grande prudence, car la promptitude avec laquelle ils opèrent sur les centres nerveux fait bien vite franchir la faible distance qui sépare la période de stupéfaction de la période d’asphyxie, aussi connaît-on un assez grand nombre de cas de mort produits par l’inspiration de l’éther et du chloroforme. Parmi les victimes de ce genre, je mentionnera' le docteur anglais Glover, qui, en 1859, s’est empoisonné involontairement en cherchant à compléter des expériences spéciales sur l’anesthésie par le chloroforme.
- La grande volatilité de l’éther et la force élastique de sa vapeur ont été mises à profit par un ingénieur français, M. du Tremblay, pour remplacer la vapeur d’eau dans les machines des navires. Au lieu de condenser la vapeur d’eau sortant du cylindre d’une machine ordinaire, et qui se perd sans utilité, M. du Tremblay l’a* mène en contact avec les parois d’un récipient contenant de l’éther; celui-ci absorbe de la chaleur, la condense et fournit une masse de vapeur qui va faire mouvoir un piston dans un cylindre particulier, dont le travail vient s’ajouter à celui de la vapeur première.
- C’est cette heureuse combinaison de deux vapeurs de liquides bouillant à une température différente qui a fait donner à ces nouvelles machines le nom de machines à vapeurs combinées, 11rc" suite d’essais définitifs et d’une pratique de plusieurs années,3 Marseille, à Alger, à Celte, en Angleterre, que l’emploi de l’éthe1 donne une économie de combustible égale au moins à 50 p. 160-
- L’éther laissait quelques craintes, non justifiées cependant,'1 cause de son inflammabilité. M. Lafont, officier de la marine î®' périale, lui a substitué avec avantage le chloroforme, non infl"^' mable et qui jouit d’une force élastique supérieure à celle de 1L' Hier. Plusieurs navires du gouvernement marchent au moyen de ce système. Des essais tentés plus récemment à Londres pal M. du Tremblay semblent indiquer que l’aldéhyde présenter"1 des avantages encore plus grands que ceux fournis par le chl°r° forme.
- Des' Gommes.
- A la fin de l’été, à l’époque de la maturité des fruits, voU? avez pu remarquer, Messieurs, que la plupart de nos arbres fr^1 tiers, comme les abricotiers, les amandiers, les cerisiers, pêchers, les pruniers, etc., laissent exsuder à travers leur écor un liquide épais et visqueux, qui bientôt se durcit à l’au5 larmes ou en morceaux arrondis, transparents et rougeâtre^» d’une cassure vitreuse et d’une saveur fade. Cette matière esl
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- DES GOMMES.
- que les naturalistes désignent depuis longtemps sous le nom de gomme.
- t Souvent, l’excrétion de ce suc n’ayant pas lieu naturellement,
- °n la détermine au moyen d’incisions longitudinales qu’on pra-1 dque sur l’écorce des arbres. C’est ainsi qu’en Afrique, et notamment au Sénégal, on provoque l’écoulement de la gomme qui existe en forte proportion dans les vaisseaux des nombreuses u espèces d'acacias [fig. 390) qui ornent ces contrées, et que le n eommerce nous procure sous les noms de gomme arabique, gomme du Sénégal, gomme de Barbarie, gomme de ilnde.
- Fig. 391
- Fig. 390.
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- ^pans l’Asie Mineure et autres parties de l’Orient, de petits ar-‘sseaux, nommés astragales (fig. 391), contiennent dans leurs à i ,SGaux un suc gommeux très-épais, qui a peine à se faire jour ]an-,Vers leur écorce; aussi apparaît-il au dehors sous forme de 0. lGres 011 de fils minces, contournés et vermiculés, blancs et j Il'es. C’est ce qu’on appelle la gomme aflragante. rCfl arbr SUC ^0mmeux ne se trouve pas seulement dans la tige des *aises; On le rencontre dans les autres organes des végétaux; 0e p/ °-S ^ y est intimement ou profondément renfermé ; aussi ' Lu ''l pas en sortir naturellement. On est obligé, dans ce
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- cas, pour l’extraire, de déchirer ou de piler ces organes, eide faire agir sur eux l’eau froide ou chaude qui isole la gomme des autres principes en la dissolvant. Il en résulte une liqueur visqueuse et gluante, qu’on nomme habituellement mucilage. Les racines de consoude, de mauve, de guimauve et de beaucoup d’autres plantes; les racines bulbeuses ou oignons de jacinthe, de lis, de tulipe, de colchique, de scille, etc.; les feuilles charnues et grasses, celles de la mauve, de la guimauve, de la bourrache, etc. ; la plupart des fucus et des lichens; les semences de lin, de fenugrec, etc., les pépins de fruits, de coings, etc., cèdenl à l’eau chaude une abondante proportion de gomme ou de mucilage; aussi le liquide prend-il souvent, par le refroidissement, l’apparence d’une gelée.
- Les tubercules desséchés des orchis, qui nous arrivent de 1;1 Turquie, de l’Anatolie et de la Perse, sous le nom de salep,se transforment, par une ébullition prolongée, en un mucilag0 transparent, parce qu’ils sont presque entièrement composés de gomme unie à quelque peu d’amidon.
- Vous le voyez, Messieurs, les gommes sont très-abondamnicn1 répandues dans les végétaux. Mais telles qu’elles exsudent nâl°' Tellement des tiges ou qu’on les extrait des racines et des graines par l’action de l’eau bouillante, ce sont des mélanges plus 011 moins complexes. On y trouve, en effet, des matières salines, des matières grasses et azotées, de la matière colorante verte, de l’an11' don, et un ou plusieurs principes gommeux distincts qui en f°‘* ment la majeure partie. Trois de ces principes, isolés et caractérise en 1831, par M. Guérin Varry, méritent d’être connus.
- L’un de ces principes gommeux, désigné sous le nom d'Arabie*' est entièrement soluble dans l’eau, à laquelle il donne une consis' tance de sirop épais. C’est lui qui forme la partie soluble et mue1' lagineuse des différentes gommes et mucilages des graines et<h'j racines, qui constitue presque en totalité les gommes arabique* du Sénégal.
- Un autre de ces principes gommeux, appelé Bassorine. est n1
- i#
- un
- soluble dans l’eau froide ou chaude ; mais il l’absorbe, s’y g0 considérablement, et forme alors une matière gélatiniforme ou mucilage très-épais. C’est ce principe qu’on trouve en graI1( ? quantité dans la gomme adragante, dans le salep, dans la gom11 de Bassora, etc.
- Enfin, un troisième principe gommeux, qu’on a distingué deux autres par le nom de cèrasine, est insoluble dans beau h’O1 où il se gonfle, mais soluble dans l’eau par une ébullition pr0 L • gée qui le change complètement alors en arabine. C’est lu1 ll constitue la partie insoluble à froid des gommes de France oi nos arbres fruitiers.
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- M. Fremy, qui a soumis tout récemment les gommes à de nouilles recherches, se fait une tout autre idée de leur nature. 11 regarde Yarabine, non comme un principe immédiat neutre, mais eomme un composé de chaux avec un acide très-faible, soluble, (lu d nomme acide gummique. Sous l’influence de la chaleur, ou sous celle de l’acide sulfurique concentré, cet acide éprouve une modification isomérique qui le rend insoluble et que M. Fremy distingue sous le nom d'acide metagummique. Ce serait, ce dernier fiui, uni à la chaux, constituerait la cérasine ou la gomme insoluble de nos arbres fruitiers. Quant à la bassorine, ce serait une substance gélatineuse acide se rapprochant de l’acide métagummi-fiue, mais ne pouvant être confondue avec lui.
- Dans tous les cas, les matières gommeuses, quelle que soit leur (‘°nstiluLion, ont pour caractères communs :
- 1° D’être solides, incristallisables, sous forme de morceaux irréguliers, incolores, vitreuxou cassants, insipides ou fades, inodores; -° De ne point s’altérer au contact de l’air sec;
- 3° De ne point être colorables par l’iode ;
- .4° D’être tout à fait insolubles dans l’esprit-de-vin, qui les pré-uPfle de leur dissolution aqueuse, sous forme de flocons blancs, mous et opaques ;
- 3° D’être converties par l’acide sulfurique faible, à la tempéra-ure de -f- 96°, d’abord en dextrine, puis en glucose ;
- ^6° De ne point éprouver la fermentalion alcoolique, comme le
- D’être converties par l’acide azotique bouillant en acide oxa-lcluc et en un autre acide particulier que Schèele a découvert n_J"80, et qu’on désigne sous le nom d’acide mucique.
- Cet acide, qui n’existe ni libre ni combiné dans la nature, ne ,° D’e qu’en poudre blanche, presque insipide et à peine soluble hansDeau. — 100parties d’arabine ou de belle gomme arabique, ^ulées par 400 parties d’acide azotique à une douce chaleur, pro-Sent de 14 à 20 parties d’acide mucique.
- acide ést bibasique, et on le représente par la formule b sH8Ou,2HO.
- Séchées à -|- 130°, les gommes ont la composition suivante, ''près MM. Mulder et Schmidt :
- GOMMES MUCILAGES
- Carbone...,
- Hydrogène.
- °xygène...
- ARABIQUE. DU SÉNÉGAL. DE LIN. DE COINGS.
- 44,6 44,4 44,6 44,9
- 6,1 6,1 6,3 6,2
- 49,3 49,5 49,1 48,9
- 100,0 100,0 100,0 100,0
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- Ce qu’on peut représenter par 12 molécules de carbone et 10 molécules d’eau = C12H10Û10. C’est sous cet état que les gommes se combinent avec l’oxyde de plomb.
- Les deux gommes solubles les plus importantes et qu’on emploie dans l’industrie indifféremment l’une pour l’autre, les gommes arabique et du Sénégal, ont la composition immédiate suivante :
- GOMMES
- ARABIQUE. DU SÉISÉGÀL
- Arabine . 79,40 81,10
- Eau interposée... 17,60 16,10
- Cendres 3,00 2,80
- 100,00 100,00
- Les cendres sont formées par du chlorure de potassium, l’oxyde de fer, de l’alumine, de la silice, de la magnésie, de la chaux et de la potasse. Ces deux dernières bases viennent du malate acide de chaux et de l’acétate de potasse qui préexistaient dans ces gommes, avec des traces de matières colorante, grasse et azotée-
- Voici les propriétés spéciales des deux sortes de gomme soluble'
- 100 parties d’eau à -j- 20° en dissolvent 17, 75 parties, à l'ébullition, 23, 54
- La dissolution est mucilagineuse, gluante; sa viscosité l’e111' pêche de passer à travers le papier non collé, et lui permet‘b1 retenir longtemps en suspension les corps divisés qu’on y mêle < c’est pour cette raison qu’on ajoute de la gomme à l’encre p°l" empêcher le dépôt du tannate et du gallate de fer. Les corps sO' lubies, tels que le sucre, les sels, ne peuvent plus cristalliseral| milieu d’elle. Elle s’acidifie peu à peu au contact de l’air, etst recouvre de moisissures. Voici l’action des principaux réach5 sur elle, lorsqu’elle est concentrée :
- Alcalis......................
- Sous-acétate de plomb........
- Sous-silicate de potasse.... \
- Azotate mercureux...........f
- Chlorure et chloride stanni-1
- ques.....................)
- Alcool concentré.............
- Chlore à l'état de courant... j
- Teinture de noix de galle... )
- Teinture d’iode.............|
- Sulfate de cuivre, puis po-( tasse en excès...........i
- Coagulum blanc qui se dissout ensuite-
- Précipité blanc, abondant, caséiforme-
- Trouble, et, peu après, flocons jaunesct épais.
- Flocons blancs, mous, opaques, abondait'
- Flocons blancs, acides, ne se produis®' qu’au bout de quelque temps.
- Rien.
- Précipité bleu, insoluble dans les ale®*1 ’ mais soluble dans l’eau pure.
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- DES GOMMES.
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- Sulfate ferrique neutre., fhloride ferrique neutre
- La liqueur se prend bientôt en une gelée fort consistante, rougeâtre et translucide, que les acides et les alcalis font disparaître.
- Cette précipitation de la gomme par les sels de peroxyde de fer Peut expliquer les dépôts qui ont lieu dans l’encre au bout d’un eerlain temps, c’est-à-dire lorsque toute la couperose a été per-0xJ'dée par l’air.
- , Cil fin, comme toutes les matières organiques fixes, la gomme ]°ud, mais à un faible degré, de la faculté de masquer les oxydes; cn sa présence, une dissolution d’azotate de bismuth cesse d’étre puécipitée par l’eau.
- Ces gommes rendent d’immenses services à la médecine, à l’é-(°uomie domestique et aux arts.
- Cans l’art de guérir, toutes les gommes et les mucilages sont employés avec un grand succès comme adoucissants, à l’inté— et à l’extérieur. On administre les gommes arabique et du SaC soit en nature, soit sous forme de sirops, de pâtes ou de ^solutions. Les pûtes de guimauve et de jujubes ne sont que des j u anges de gomme et de sucre, aromatisés convenablement. — mucilages de lin, de guimauve, de coings, sont aussi très-^ P’°yésen médecine. —La gomme adragante est surtout utilisée a confection de mucilages qui servent à lier les pâtes que l’on b me à la fabrication des pastilles et tablettes, et à tenir en sus-!'si0n (lans l’eau les matières huileuses qui n’y sont pas solubles, ans les arts, les gommes du Sénégal et d’Arabie sont consom-€i es en quantités prodigieuses, pour la fabrication de l’encre, du lalLt'6’ des toiles, le lustrage des tissus, des rubans, des
- ,Pi aS) Cépaississage des couleurs et des mordants des fabricants cm ] lennes- On s’en sert encore pour rendre plus brillantes les ren;-s SUr le papier, dans la peinture en miniature et à l’aqua-Ces gommes de France sont utilisées dans la chapellerie Po® l’apprêt du feutre.
- S0l(its parfumeurs préparent, pour le lissage des cheveux, des dis-cil 10l^s visqueuses aromatisées qui ont surtout pour base le mu-(ln>;?( ( es pépins de coings ou de graines de psyllium. C’est là ce ^appellent ta banioKne.
- ne ro S°mmes ne sont point propres à l’alimentation, puisqu’elles temn U ermcnt Pas d’azote. On a cru jusque dans ces derniers oq je ’ SUr Cautorité de certains voyageurs, que, dans les pays où tants e^es C°rmaient la base de la nourriture des habi-
- ts ‘ .eney, médecin en chef de l’armée du Soudan, a rectifié iqenta-er 10ns- Ce n’est qu’à défaut de toute autre ressource ali-re’ dans les temps de disette, que les Maures ont recours
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- TRENTE-SEPTIÈME LEÇON.
- à la gomme ; mais au bout de quelques jours de ce régime, les malheureux commencent à maigrir, la coloration de la peau s’altère, l’estomac se refuse à digérer la matière gommeuse, et les individus ne tardent pas à tomber dans le marasme et à périr d’inanition. Il paraît, toutefois, que les singes en sont très-friands et qu’ils s’en nourrissent. On en donne souvent, en Afrique, aux chevaux et aux chameaux.
- Lesalep, qu’on regarde aussi, à tort, comme très-nourrissant et restaurant, est réservé, en Europe, à l’alimentation des phthisiques; on le fait manger en bouillie ou en gelée, après l’avoir sucré et aromatisé.
- Le commerce de la gomme, le long du Sénégal par les Français, et de la Gambie par les Anglais, s’élève à plus de 20 millions de francs par an. Dans le Soudan égyptien, on ramasse chaque année plus de 100,000 quintaux de gomme. La gomme d’Arabie arrive à Marseille en caisses ou en sacs; celle du Sénégal vient presque en totalité à Bordeaux en sacs de 70 à 80 kilogr. L’importation de la gomme adragante s’élève annuellement chez nous à b somme de 150,000 fr. ; Marseille est le principal entrepôt de cehe marchandise, qui est envoyée de Smyrne, d’Alep, de l’Archipel grec en caisses de 90 à 120 kilogr.
- l*ectîne.
- Un principe immédiat, qui a quelque analogie avec la gonuflUi est celui qu’on a désigné pendant longtemps sous le nom de geleï végétale, et que Braconnot, de Nancy, qui l’a obtenu, en 483L à l’état de pureté, a appelé pectine, du mot grec pectis, qui veut dire coagulum.
- 11 existe dans les parties charnues des plantes, et surtout dai|s les fruits mûrs, notamment dans les fruits riches en acide, te*s que les poires, les pommes, les groseilles, les cerises, etc. H Pa' raît provenir de la transformation que les acides, aidés de la chaleur solaire, font éprouver au tissu cellulaire insoluble des fruds’ tissu que M. Fremy a cru devoir désigner sous le nom de peC tose.
- Quoi qu’il en soit, pour isoler la pectine, on exprime à froid ' pulpe de poires très-mûres, on en filtre le jus dont on précipÜe 1 chaux par l’acide oxalique et l’albumine parle tannin. La liquelî claire étant ensuite additionnée cl’alcool fort, la pectine se pr^ pite sous forme de longs filaments gélatineux. On les lave à la cool, on les dissout dans l’eau et on les précipite de nouveau l’alcool, en répétant la même opération autant qu’il est nécessa1^ pour que la pectine ne contienne plus la moindre trace de sucj et d’acide organique. En faisant dessécher cette matière, elleL
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- PECTINE.
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- minue beaucoup de volume, et se réduit en fragments translucides, durs et cassants comme la gomme arabique.
- Dans cet état, la pectine est inodore, insipide, incristallisable, ahsoIument neutre aux réactifs colorés. Elle se gonfle beaucoup dans l’eau froide et s’y dissout ; sa dissolution concentrée se prend c“n gelée. L’alcool la précipite sous forme de gelée ou de longs filaments, suivant que sa dissolution est concentrée ou étendue. Elle est aussi précipitée par le sous-acétate de plomb, mais non Par l’acétate neutre.
- Ce qu’elle offre surtout de caractéristique, c’est que très-mo-fi'le dans sa constitution, les alcalis la transforment, rapidement deux acides gélatineux, insolubles ou presque insolubles dans eau froide. L’un s’appelle pectosique et l’autre pectique.
- Le premier prend naissance, à froid, sous l’influence des plus Lubies quantités de potasse, de soude ou d’une terre alcaline ; le second se forme par l’action de l’eau bouillante, et surtout par ce|le des alcalis forts.
- Leurs caractères différentiels sont, au reste, peu tranchés. Ils ?nt ceci de commun avec la pectine, que l’acide sulfurique faible es change en glucose, que la potasse caustique en fusion les con-'e|‘liten acide oxalique, et que l’acide azotique bouillant les ra-n‘ene «i l’état d’acide saccharique, puis d’acide mucique. Si on les ^amtient longtemps sur le feu en présence de l’eau pure, ou de Cau alcalisée, ils perdent leur apparence gélatineuse, deviennent °s~solubles et constituent alors un nouveau produit qu'on a 10l.nmé acide métapectique.
- Ll°utons que la pectine, en contact avec les matières organiques des eeS’ ex^slenfi toujours dans les fruits, se transforme en aci-f Ptosique et pectique gélatineux. Voilà pourquoi les sucs des
- aC^*es se Prennent en gelée peu de temps après avoir été
- T S"
- doi/8 ^e.^es végétales qui paraissent sur nos tables se composent CeUc Principalement d’acides pectosique et pectique. On prépare Ce ,-eS fruits rouges, c’est-à-dire les confitures de groseilles, de tro^es> de framboises, en ajoutant aux sucs de ces fruits moitié ou sisP ^Uarts de leur poids de sucre blanc, et faisant cuire en con-m c jlce telle que la liqueur se prenne en gelée par le refroidisse-coi ^ ' ^a*s fIuand les fruits sont riches en parties ligneuses, on les mé/f Par tanches et on les fait bouillir dans l’eau. La liqueur est (l>ieT 11 sucre et évaporée en consistance de gelée. C’est ainsi SOüv Cs c°nflseurs préparent les gelées de pommes et de coings ; sei.jentf Pour donner plus de consistance à ces gelées et économi-blJ* fruits, ils y introduisent une forte proportion de gélatine Ou le dite‘ grenetine.
- est toin d’élrc bien fixé sur la composition des différents
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- principes pecliques dont il vient d’être question. Je me bornerai à mettre sous vos yeux les résultats d’analyses de pectine extraite de plusieurs substances végétales.
- PECTINE DE POMMES DOUCES. PECTINE DE POIRES. PECTINE DE POIRES MÛRES. PECTINE DE GENTIANE. pectine DE CAROTTES.
- Carbone .... 44,6 46,1 40,5 43,8 43,3
- Hydrogène.. o,4 5,5 5,5 5,9 5,6
- Oxygène.... 50,0 48,4 54,0 50,3 51,1
- 100,0 100,0 O O O 100,0 100,0
- Ces analyses ne sont pas très-concordantes, surtout pour le carbone. Aussi les formules qu’on en tire sont très-différentes et aucune d’elles n’est satisfaisante.
- Y a-t-il véritablement lieu de considérer comme autant de corps différents les diverses matières gélatineuses qu’on a nommées pectose, pectine, acide pectosique, acide pectique, et n’est-il pas pl"s vraisemblable que ce ne sont que des états différents de cohésion et d’hydratation d’une substance unique, ne différant elle-mênlC que par la forme des gommes, de l’amidon et du tissu cellulairf végétal? C’est là notre opinion.
- Quoi qu’il en soit, le principe gélatineux des fruits, qu’il soit un1' que ou multiple, joue un rôle important dans notre alimenlati0"' et voilà pourquoi je vous en ai parlé.
- TRENTE-HUITIÈME LEÇON.
- PRINCIPES IMMÉDIATS NEDTRES (suite).
- Sommaire. — De la matière amylacée. — Diverses espèces de fécules du ^ merce. — Leur structure anatomique. — Composition et propriétés de la n^_ tière amylacée. — Dextrine et ses applications. — Fabrication du gluc°se\ , De la matière ligneuse. — Ses deux principes constituants : cellulose et dgn'n — Composition et propriétés de la cellulose. — Ses curieuses métamorpll0S dextrine, glucose, pyroxyline.
- Matière amylacée.
- Il est une substance, Messieurs, tout aussi abondante, P‘lls abondante peut-être, que le sucre et la gomme dans les végéta11'"
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- cl qui n’a pas une importance moins grande pour les divers besoins de l’homme; c’est la matière amylacée, qu’on appelle indifféremment Amidon ou Fécule.
- Celte matière, qui n’est ni un principe ni un produit immédiat, mais un véritable organe, est caractérisée par sa forme pulvérulente ou plutôt granuleuse, sa blancheur, son insipidité, son insolubilité dans l’eau froide, sa conversion par l’eau chaude en une bouillie collante et mucilagincuse qu’on appelle vulgairement empois, enfin par la belle coloration bleue ou violette que l’iode lui
- communique.
- On la rencontre dans tous les organes des plantes, pour ainsi dire, depuis la racine jusqu’aux graines, mais elle existe en plus grande quantité : 1° Dans les racines de bryone, de bardane, de rhubarbe, de carotte, de guimauve, de réglisse, de manioc, de ja-top, etc. ; 2° dans les rhizomes ou tiges souterraines de massette, d’iris, de canna, etc. ; 3° dans les tubercules de la pomme de terre, de la patate, des ignames, des souchets, des arums, de l’arrow-root, de la sagittaire, etc. ; 4° dans les bulbes des lis, tulipes et Autres liliacées ; 5° dans la partie médullaire des tiges des palmiers; 6° dans les fruits du chêne, du châtaignier, du marronnier d’Inde, du sarrazin, etc. ; 7° dans les semences des légumineuses dcve, haricot, pois, lentille, lu-l'in, etc.), et des céréales (blé, orge, seigle, avoine, millet, maïs, nz, etc.).
- ha matière amylacée extraite de ces différentes plantes et ame-!'^e h l’état de pureté, est identi-(IUe sous le rapport chimiqu e ; elle ne présente que de légères diffé-’oiices dans ses formes et ses ca-1 ictères physiques. Ainsi, quand °n famine les diverses fécules lumicroscope, on reconnaît qu’el-Sont toutes constituées par dssemblage de globules trans-parents, dont le volume, la forme, aspect varient dans chaque sorte
- u „ CüIe, ce qui donne à chacune déliés
- Fig. 392.
- ainsique dans l’amidon de blé (fig. 392) les globules sont toujours sPhériqUeS et d’un volume beaucoup moindre que ceux de la fécule (le Pomme de terre; ces derniers [fig. 393) affectent toutes les for-!|‘es depuis la sphérique qui appartient aux plus petits jusqu a la gmbeuse ou triangulaire arrondie qui appartient aux plus gros, il.
- un aspect particulier. C’est
- Fig. 393.
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- Les globules de l’amidon de blé sont d’un blanc parfait et mat adhérant entre eux;
- Ceux de la fécule sont transparents, colorés en gris sur les bords, lisses et séparés.
- Les premiers sont rudes au toucher et se laissent facilement agglomérer en produisant un son particulier analogue au cri delà soie; les seconds sont plus doux au toucher et roulent sous les doigts.
- La longueur des différentes fécules est excessivement variable et peut servir, ainsi que la forme habituelle de leurs globules, à les distinguer entre elles. Elle varie depuis 185 millièmes de millimètre (pomme de terre de Rohan) jusqu’à 2 millièmes de millimètre seulement (graines du Chenopodium Quinoa). Les globules de l’amidon du blé ont environ 50 millièmes de millimètre.
- Les différences que l’on remarque entre les diverses fécules du commerce sont purement extérieures ; aussi ne doit-on, je le répète, considérer ces fécules que comme de simples variétés d’üne seule et môme substance dont le type est l’amidon du blé. Dan-l’usage ordinaire, on appelle spécialement :
- Amidon........ La fécule retirée des graines des céréales (1);
- Fécule........ Celle de la pomme de terre ;
- . ( Celle des racines du Maranta arundinacea quiCI'01'
- Arrow-root. .. | dans leg AnüUes et dans les lndes.
- c I Celle qu’on retire de la moelle du sagouier, palmn’1
- &AG0U.........( des Moluques ;
- ILa fécule des racines du manioc, arbrisseau^ :
- ' Guyane et des Antilles. La première est séchée l’air, la deuxième sur des plaques de fer chauu^ ce qui lui a donné la forme de grumeaux irJc , guliers.
- Dans toutes les plantes qui la contiennent, la matière amylaC° est associée à différents principes immédiats qui en rendent Ie'
- (l)Les anciens connaissaient l’amidon et l’employaient en médecine. Diosc°r* . Caton l’Ancien et Pline décrivent le procédé assez grossier qu’on suivait a* pour obtenir ce produit. On laissait le blé ou le seigle ramollir dans l’eau P dant plusieurs jours, on l’exprimait, on passait la liqueur dans un sac ou “ corbeille, et on l’étendait sur des tuiles frottées de levain pour qu’elle s’ép®1 au soleil. Pline attribue la découverte de l’amidon aux habitants de file de » De son temps, l’amidon préparé dans cette île était le plus estimé ; venait ens ^ celui de Crète, et en dernier lieu celui d’Égypte. (Pline, liv. XVIII, chap. e, mot amidon est une traduction du mot latin amylum, dérivé lui-même du grec amulon, qui veut dire sans meule. Dioscoride dit que c’est parce *1° °p|C: faisait point moudre le grain qu’on appela ainsi le produit qui en provient-1 cor., liv. II, chap. xcui.)
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- *4 V
- traction plus ou moins difficile, ou qui lui communiquent, des propriétés particulières et souvent nuisibles. C’est ainsi que dans les semences du blé et des autres céréales, elle est accompagnée d’une substance azotée très-nutritive qu’on appelle gluten; que dans le marron d’Inde, elle est intimement unie k un principe amer qui empêche de l’utiliser comme aliment; que dans les racines d’arum, de bryone, elle est associée k un principe âcre et vénéneux qui lui donne des propriétés purgatives; que dans la racine de manioc elle est accompagnée d’acide prussique qui en lait un aliment très-dangereux avant sa purification. « C’est une chose fort remarquable, a dit Thénard, que, dans un grand nombre de plantes, la fécule se trouve placée k côté d’un poison. » Mais l’esprit inventif de l’homme a su partout trouver de faciles moyens pour isoler cette substance précieuse et la séparer des matières étrangères qui en modifient plus ou moins les propriétés. Ainsi, les peuples grossiers de la Guyane et des Antilles savent, depuis longtemps, qu’en exposant k une douce chaleur la fécule déposée du suc de manioc, le principe vénéneux ou l’acide prussi-*lue se dissipe. Les anciens chimistes ont, de leur côté, enseigné de laver k plusieurs reprises les fécules qu’abandonnent les sucs des arums et de la bryone, parce que le principe âcre et purgatif est soluble dans l’eau. De même, en laissant fermenter pendant quel-cIue temps les graines céréales broyées, on détruit le gluten qui emprisonnait les globules de l’amidon, et ceux-ci peuvent alors 'dre isolés facilement.
- Je ne vous décrirai pas, en ce moment, les procédés industriels a 1 aide desquels on se procure l’amidon des céréales et la fé-eMe delà pomme de ePe> parce que ce sajet sera plus k sa h ace dans l’histoire philologique et chi-mique des organes je ferai plus
- L’amidon se ren-f°.ntre dans les cel-ales des plantes
- A,7- 394). Primitive- 1 ‘ÿ’
- ent fi est constitué par une petite vésicule fermée de toutes aits, dans l’intérieur de laquelle ne tardent pas k se former autres vésicules concentriques qui s’accroissent en même temps (l'ie la première. De sorte que le grain d’amidon est formé, dans
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- tout son entier, de la même matière disposée par couches, qui sont plus denses à mesure qu’elles sont plus rapprochées de la circonférence; ces couches représentent, en quelque sorte, des sacs emboîtés les "uns dans les autres, visibles dans certaines espèces, invisibles dans d’autres, mais qu’il est souvent facile de faire apparaître par la désagrégation partielle du grain, soit par
- Fig. 395.
- Fig. 39(i.
- Fig. 397.
- la chaleur, soit par l’eau chaude. Gela est surtout manifeste dans la fécule du canna discolor (fig. 395 et 396), dont les diverses couches peuvent se déboîter facilement et sortir du grain isolément les unes des autres. Le microscope est alors l’instrument par excellence pour l’étude de la structure anatomique des fécules.
- Souvent le vide central qui s'est produit à l’intérieur du gi’3'11 pendant l’organisation des couches apparaît sous le microscope comme une ouverLure appelée fort improprement le hile. Il arrive aussi fréquemment que ce vide ne se trouve pas tout à fait au centre, comme l’indique la figure 397. Il en résulte une tendant du grain à se déchirer de préférence vers le hile; de là cette op1' nion qui avait fait regarder le hile comme une ouverture véritable! par laquelle s’introduisaient les liquides destinés à l’accroisSe' ment du grain. Cette manière de voir doit être compléteme111 abandonnée, d’après les récents travaux de M. Trécul.
- Quelle que soit sa provenance, la matière amylacée a toujouf5 la même composition chimique. Dans son plus grand état de Pu' relé et desséchée dans le vide à -j- 400° ou 140°, elle contient :
- Carbone................ 44^9
- Hydrogène.............. 6,3
- Oxygène................ 48,8
- 100,0
- Ce qui peut être représenté, d’une manière plus simple, Pal 12 molécules de carbone et 10 molécules d’eau = C12H10O10.
- Mais comme, lorsqu’elle est combinée à l’oxyde de plomb, a perdu 1 équivalent d’eau pour prendre 1 équivalent d’# métallique, il est plus rationnel de représenter sa composite11 par la formule — G12H909,H0.
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- La fécule, dite sèche, du commerce, telle qu’on la conserve dans les magasins, contient toujours 18 p. 100 d’eau d’interposition. La fécule verte ou humide en retient constamment45 p. 100. Si onia projette dans cet état par petites portions, sur des plaques métalliques chauffées à 150°, les granules se gonflent brusquement et se soudent entre eux. On met à profit cette propriété pour imiter, avec la fécule de pomme de terre, certaines formes de fécules exotiques connues dans le commerce sous les noms de tapiokaetdesagou.
- Examinons maintenant les propriétés chimiques de la matière amylacée, abstraction faite de sa provenance. Sous l'influence de a chaleur et de l’eau, elle éprouve des changements dignes de fixer
- I attention.
- Lorsqu’on chauffe dans un vase ouvert l’amidon sec à 200°, il se convertit, sans aucun phénomène apparent, en un corps soluble, homérique, qui a été nommé dextrine. Cette conversion se fait ,l f60°, quand on agit avec la fécule qui contient 18 p. 100 d'eau,
- ( t elle est encore plus prompte lorsqu’on opère en vase clos.
- Lamidon est complètement insoluble dans l’eau froide. Si on oniet en présence de l’eau chauffée à 60° ou 70°, il se gonfle con-Hlerablement ; chaque globule se dilate de manière à occuper de a 30 fois son volume primitif; le liquide s’épaissit alors, et si s°n volume est insuffisant, les globules dilatés et fendus se sou-ent entre eux; il en résulte alors une masse demi-transparente e gélatineuse, qu’on appelle empois.
- Le rendement de l’amidon en empois est d’autant plus considé-
- II le que la température a été élevée plus brusquement. Ainsi 8raiûmes d’amidon, chauffés rapidement à 80° dans 200 gram-
- l^es d eau, donnent un empois identique à celui que fournissent grammes de la môme substance portée lentement à la môme UjPérature dans la même quantité de liquide.
- 1 f °n fait bouillir l’empois dans une grande quantité d’eau, il (| Sa consistance gélatineuse, disparaît complètement au sein i, 1(ïmde, et fournit ainsi une solution claire analogue à celle de
- la gomme.
- Ca^es solutions alcalines faibles, ne contenant môme que 0,02 d’al-p Caustique, et les acides minéraux très-étendus jouissent de la ord’ ^l're Pren(fre l’amidon en empois, à la température tissenaire- Mais àchaud, vers 100°, tous les acides faiblesle converti011 dextrine, puis, parune action plus prolongée, en glucose, sen ^ ^ ^ou^*ir avec de l’acide sulfurique étendu en pré-
- en e.(:u peroxyde de manganèse, il se change, comme le sucre, L'an f 6 Car^0n‘ciue et en acide formique. L’acide azotique le
- 01 me eu nnn matiàv*n tûllompnt r*nm hn«f i hl f> miVm îl hpail-
- C°up de
- me en une matière tellement combustible, qu’on a beau-Peine à la dessécher, sans qu’elle brûle et détone, môme
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- à la température de -J- 15°. On la nomme pyroxam. Par l’ébullition, le môme acide convertit l’amidon en acide oxalique.
- L’amidon est insoluble dans l’alcool, l’éther et les huiles.
- Un de ses caractères les plus tranchés, c’est la coloration bleue très-foncée que l’iode libre lui communique, ainsi que MM. Colin et Gauthier de Glaubry l’ont découvert les premiers en 1814-, Toutefois, la coloration n’a lieu qu’autant qu’il est humide ou à l’état d’empois : ainsi, une dissolution alcoolique d’iode ne colore pas la fécule bien sèche. Mais l’eau d’iode qui donne, avec la fécule entière, une bel le couleur bleue, produit des colorations très-variables suivant l’état de désorganisation de.celle-ci. En effet, dès que l’eni-pois a été formé, la teinte bleue tire un peu au violet ; si l’empois a été maintenu quelque temps à -J-100°, l’amidon, rendu en partie soluble, prend alors une nuance violette ; si l’empois est complètement liquéfié et que l’amidon soit en grande partie converti en dextrine, l’iode fait apparaître une nuance rouge; enfin, lorsque la * transformation en dextrine est complète, la liqueur ne donne plus de coloration avec l’iode.
- Voilà, comme vous le voyez, Messieurs, un moyen très-commode de reconnaître à quel état se trouve la matière amylacée dans les organes ou dans les liquides.
- Une des propriétés les plus curieuses du composé bleu d’iodf et d’amidon intact, qu’on appelle iodured’amidon, c’est de perdre de l’intensité de sa couleur-à mesure qu’on le chauffe, et de se décolorer complètement à-}-80° ou 85°. Par le refroidissement b couleur bleue reparaît. Mais si l’on porte la liqueur à l’ébulliti°n pendant 2 ou 3 minutes, elle reste incolore après le refroidissement, parce qu’alors, d’après Lassaigne, qui, le premier, a' signa* ces faits intéressants, il se forme de l’acide iodhydrique aux dépens de l’hydrogène de l’amidon; ce qui semble le démontrer! c’est que la couleur bleue reparaît par l’addition de quelque gouttes de chlore ou d’un acide quelconque.
- Je vous ai déjà dit, à une autre époque, que la sensibilité de 1a' midon, comme réactif de l’iode, est telle, que, d’après M. Harting-on peut reconnaître dans un liquide, au moyen d’une soluti011 aqueuse d’amidon, jusqu’à l/550000e d’iode libre; seulement-dans ce cas, la teinte rosée ne se développe qu’après plusieuf5 heures de contact.
- Le tannin et les décoctions de matières astringentes concen, trées ont la: propriété de former avec l’amidon un composé T11 est soluble dans l’eau presque bouillante, mais qui se précip11 au-dessous de -f- 50°. On a bien souvent l’occasion d’observer cet propriété dans le traitement des végétaux qui contiennent en ménje temps de la matière amylacée et du tannin. On peut s’opposer à précipitation du tannate d’amidon au moyen de l’acide acétiqlie'
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- DE LA DEXTRINE.
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- La matière amylacée, qui est si nettement caractérisée par les propriétés précédentes, a des usages multipliés dont je dois signalerles principaux. Ellejoue un rôle important dans l’alimentation, puisqu’elle est le principe le plus abondant des farines, des tubercules et des racines dont l’homme et les animaux se nourrissent. 11 s’ensuit qu’elle est la base du pain et des pâtisseries des peuples civilisés, des bouillies et pâtes (vermicelle, macaroni, lazagne, etc.) (les Italiens, de la cassave des Américains, du couscous des Arabes, etc.
- U n’est pas indifférent, dans certains cas, d’employer toute espece de fécule comme aliment ; ainsi celle de la pomme de terre ne vaut pas la farine des céréales pour les tout jeunes enfants, at-’cndu qu’elle ne contient pas, comme celte dernière, de matière i|zotée et de phosphate de chaux, sel essentiel à la solidification ( os des jeunes sujets.
- L amidon sert dans les fabriques d’indiennes à épaissir les mor-! anls et les couleurs auxquels il donne plus de consistance que ,l gomme. Les tisserands l’emploient à la confection des pare-’Dents. On l’utilise, sous forme d’empois, pour communiquer de 1 r°ideur et du lustre aux toiles de lin et de coton. On en fait de la ' °‘le, dite colle de pâte. Il entre dans l’encollage du papier à écrire. n en recouvre les dragées. Les parfumeurs en consomment de grandes quantités. Enfin l’industrie en convertit une masse énorme ca dextrine et en glucose, dont je vais maintenant vous parler en
- Particulier.
- De la dexlrine.
- ^°us avons constaté précédemment, Messieurs, qu’à la chaleur 11 r" *60° à 200°, la matière amylacée devient complètement solu-sée >S ^'eau' Alors elle a perdu toute trace de structure organi-' c est un principe immédiat nouveau, qui, malgré des pro-él/ (^^rentes, n’en conserve pas moins la môme composition Jûentaire que l’amidon dont il dérive, de T Gffet’.. ce principe isomérique, nommé dextrine, à cause ni'. a mantère dont il agit sur la lumière polarisée, contient les ( ,nies Proportions de carbone, d’hydrogène et d’oxygène, si bien lib°n ^ rePr<^sente encore par la formule C12H10O10, quand il est rej ou par C12H909 quand il est en combinaison avec certains uxyoes métalliques.
- cachée dans un courant d’air chaud, la dextrine a tous les nnfis res exlérieurs et la saveur fade de la gomme arabique ; pasS/e s’en distingue essentiellement parce qu’elle ne fournit qu,eU ac^e mucique par la réaction de l’acide azotique ; parce
- n est pas précipitée par le sous-acélale de plomb et les sels
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- de peroxyde de fer; parce que, mélangée avec le sulfate de cuivre et additionnée de potasse caustique, elle forme un liquide bleu foncé qui, chauffé à -j- 85°, dépose du protoxyde de cuivre rouge en se décolorant. Elle se dissout, en outre, dans l’esprit-de-vin faible, mais l’alcool fort la précipite de ses dissolutions en flocons blancs et mous. Elle n’est pas colorée par l’iode, et ne peut éprouver la fermentation alcoolique.
- Divers procédés sont employés pour transformer plus ou moins complètement en dextrine l’amidon du blé et la fécule de pomme de terre.
- 1° Le plus ancien consiste dans une légère torréfaction, dont l’idée première appartient à Vauquelin et à Bouillon-Lagrange. On renferme l’amidon dans une chaudière à double fond chauffée par la vapeur, ou dans un cylindre de cuivre plongé dans un bain d’huile, et on maintient la température à -|- 180° jusqu’à ce que l’amidon ait pris une couleur jaune-brunâtre. Quelquefois encore, on étend ce dernier en couches minces sur des tablettes en tôle placées dans un four chauffé par un courant d’air chaud.
- Ainsi traité, l’amidon porte, dans le commerce, le nom à’amidon grillé. C’est une poudre d’un jaune brun, d’une saveur douceâtre et légèrement amère, qui se dissout dans l’eau, sans laisser de résidu sensible-La solution donne avec l’eau iodée des couleurs violacées ou roses, selon l’état plus ou moins avancé de la transformation de l’amidon en dextrine-
- Quand on agit sur la fécule de pomme de terre, on chauffe davantage, à -j- 210°, et pendant plus longtemps, parce que les globules son! plus volumineux et de grosseurs très-inégales. Le produit est alors désigné sous les noms de fécule torréfiée, de léïocomë ou lêïogome. Il a un reflet cristallin qui rappelle celui de la fécule entière. Il est entièremen soluble dans l’eau, et sa dissolution est plus visqueuse que celle de l midon grillé, parce qu’il s’y trouve plus de dextrine. . .
- 2° Depuis 1838, on a substitué à la torréfaction un procédé imagh1L‘ par M. Payen et qui a l’avantage de fournir une dextrine parfaite®^ blanche et plus soluble. Ce procédé, d’abord exploité par M. Heuzé, s’exécute ainsi:.on mouille 1000 kilogr. de fécule sèche avec 300 kil. d’eau-auxquels on a ajouté préalablement 2 kil. d’acide azotique à 36° oUi^' La pâte est mise à dessécher à l’air libre, écrasée ensuite avec une pe*^' et la poudre est alors chauffée pendant une heure à une heure et demie.' en couches minces, dans une étuve maintenue à la température tl J10* à 120°. Au bout de ce temps, tout l’acide s’est évaporé et la matie11 ne renferme plus que fort peu de fécule non transformée. Elle est enta rement soluble, et sa dissolution se colore en pourpre par l’iode.
- C’est là ce qu’on appelle, dans le commerce, la fécule soluble ou g0"1 me use, la gommeline, la dextrine Heuzé. .
- Quelquefois on remplace l’acide par une dissolution très-faible de ch rure de chaux. Dans ce cas, la dextrine a une odeur qui rappelle, jrisq11 ‘ un certain point, celle de la souris.
- 3° On prépare une dextrine gommeuse, plus ou moins sucrée,au ni°ï de l’orge germé, de la manière suivante :
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- Ou verse, dans une chaudière chauffée au bain-marie, 330 à 400 kilogrammes d’eau. Dès que la température est à-[-23° ou 30°, on y délaie > à 10 parties d’orge germé et sec, tel, en un mot, que les brasseurs 1 emploient dans la fabrication de la bière blanche. On continue de chauffer jusqu’à -}- 60°, et on ajoute alors 100 kilogrammes de fécule, ayant soin d’agiter le liquide, qu’on maintient entre -j- 63° et 73°, pendant une vingtaine de minutes; de visqueux, opaque et filant qu’il ^ah, il paraît bientôt fluide comme de l’eau. On le porte rapidement a'a température de 100°; puis on laisse refroidir, on soutire à clair, 0n filtre et on évapore la liqueur en consistance de sirop épais. Par le L'froidissement, elle se prend en masse ou gelée opaque, qui, dessé-C lee, devient dure et cassante, analogue à la gomme «rabique.
- Ainsi obtenue, la dextrine est mélangée aune petite quantité de sucre 0a glucose qui s’est formée en môme temps qu’elle. On la purifie par plusieurs lavages avec de l’alcool rectifié, qui dissout le sucre.
- fin peut remplacer l’orge germé dans cette opération par une très-Petite quantité d’acide sulfurique, qu’on neutralise ensuite par de la C,laie5 lu transformation de la fécule s’effectue plus rapidement; mais, ans ce cas, la dextrine contient plus de glucose.
- . Les applications de la dextrine sont très-nombreuses; elles va-^le.nt toutefois suivant le procédé qui a servi à la préparer. La dex-,ine glucosée sert à faire des tisanes mucilagineuses; elle entre ,ans la composition de certains pains de luxe, du parou des tisse-’unds ; on s>en sert encore dans ja fabrication de la bière. — La . ’me amylacée est préférée pour les apprêts des tissus, l’épais-,.ssementdes mordants et des couleurs d’application chez les in-aneurs, le gommage des couleurs, des estampes coloriées et peintdeSSinS’ le vernissage des tableaux à l’huile récemment
- Les chirurgiens emploient la dextrine pour encoller les bandes ^ lserventàmaintenirles fractures, parce qu’elles se sèchent très-' Renient et tiennent le membre blessé dans une sorte d’étui 1 e qui empêche tout mouvement. Pour faire cette colle, qui dgj .^re utilisée d’ailleurs dans bien d’autres circonstances, on aie loi) grammes de dextrine pulvérulente dans 60 grammes
- U gan J .u ....— ------O...............—
- acqui -lG camPhr^e’ au bout de cinq minutes, ce mélange ^t alors
- C(îuiert la consistance du miel; on y ajoute 40 grammes d’eau,
- 'hernt)8 ^ lremper les bandes de toile dont on entoure le
- ^élano-6 ^aclur^’ on gîace ou on vernit l’appareil avec le même enlgv ^ *ro’s ou (ïualre heures, tout est sec. Lorsqu’on veut 0r tout ou partie de l’appareil, on humecte avec de l’eau tiède.
- Fabrication «lu glucose.
- L amidon et la dextrine possèdent, comme vous l’avez déjà ’> une bien curieuse propriété; c’est celle de se transformel en
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- un sucre mamelonné nommé glucose ou glycose, sous l’influence des acides faibles ou de l’orge germé.
- Pour constater ce dernier fait, je vais opérer comme s’il s’agissait d’obtenir de la dextrine, jusqu’au moment où la solution de fécule sera complète ; mais alors, au lieu de porter la température jusqu’à 100°, je l’entretiendrai entre -f- 65° et 75° pendant trois ou quatre heures, ou jusqu’à ce que la liqueur ne soit plus colorée par l’eau d’iode. Au bout de ce temps, cette liqueur sera très-sucrée, et, en l’évaporant et la clarifiant comme une dissolution de sucre, j’aurai un sirop qui, suffisamment rapproché, se prendra en une masse grenue, très-blanche, composée de petites granulations analogues à celles des choux-fleurs ; ce sera ce qu’on appelle le sucre de fécule ou glucose.
- Certes, voilà une bien singulière réaction, dont jusqu’ici nous n’avions pas encore eu d’exemple. L’industrie s’est promptement emparée de ces faits, et en tire actuellement un parti très-avantageux. C’est le docteur Irvine qui a découvert, en 1785, dans l’orge germé la propriété de saccharifier l’amidon, propriété constatée de nouveau, en 1823, par M. Dubrunfaut. Mais ce n’est que depuis 1833 qu’on connaît le rôle de l’orge germé dans ce cas, grâce aux recherches de MM. Persoz et Payen. Ces chimistes ont reconnu que l’orge germé, comme toutes les autres graines en germination, contient un principe particulier azoté, soluble dans l’eau, neutre, incristallisable, qu’ils ont nommé diastase, et qui est surtout caractérisé par l’énergie avec laquelle il opère la conversion de l’amidon en dextrine, puis la transformation de celle-ci en sucre. Une partie en poids de diastase suffit pour rendre soluté dans l’eau chaude la substance insoluble de 2,000 parties de fécule sèche; mais elle cesse de produire cet effet dès que la température est à -J- f00°. Ce qp’il y a de plus curieux, c’est que la diastase n’existe pas dans les graines avant la germination. Ce principe prend naissance à mesure que la végétation s’établit, et son rôle est alors de réagir sur la fécule de ces graines, de la rendre solU' ble pour qu’elle puisse servir à la nutrition des organes.
- En 1811, Kirchoff, chimiste de Saint-Pétersbourg, reconnu1 que les fécules sont converties en matière sucrée fermentes* cible par la réaction prolongée de l’acide sulfurique affaib'1. Cette découverte, comme on le pense bien, éveilla l’attention des savants ; aussi, en peu d’années, les perfectionnements apport1’3 au procédé du chimiste russe, marchèrent avec tant de rapide que la fabrication du sirop de fécule devint une branche irpp°r' tante d’industrie, aussi simple que productive.
- Aujourd’hui tout le glucose livré à la consommation, soit à 1è' tat de sirop, soit à l’état de masse, soit sous forme granulée, préparé par l’action directe de l’acide sulfurique faible sur ll‘
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- ^cule de pomme de terre. On opère de la manière suivante :
- Dans une grande cuve en bois contenant 6,000 litres d’eau, on ajoute 42 kilogr. d’acide sulfurique à 66° en agitant le mélange. Au fond de la cuve circule un tube de plomb contourné, percé d’un grand nombre de petites ouvertures et en communication avec un générateur de vapeur à haute pression. C’est par ce tube qu’arrive la vapeur, en petits jets ; elle ne tarde pas à porter le liquide de la cuve à 104°. On y fait alors couler, eu un filet continu, 2,000 kilogr. de fécule délayés dans environ 2,000 li-lesdeau tiède. 30 à 40 minutes après la dernière addition de fécule, la saccharification est complète, comme l’indique la teinture d’iode, qui ne Pioduit plus de coloration.
- On procède alors à la saturation de l’acide au moyen de la craie pul-Après un repos de douze heures, on fait rendre le sirop dans des '..es Dumont, puis on le concentre jusqu’à 30° Baumé dans des chau-( 'eres chauffées à la vapeur.
- ^e sirop, conservé assez de temps dans des tonneaux pour qu’il se dépouille de tout le sulfate de chaux qu’il retenait, est propre à la fabri-, ‘°n de la bière, et c’est là un de ses principaux emplois. En le pas-'ht. après 24 heures de repos, dans des filtres Dumont, il devient .j es-blanc et clair. Il est vendu aux liquoristes et aux confiseurs ; mais a touj°urs une saveur désagréable due au sulfate de chaux qu’il l’i n* encore> et surtout à une huile essentielle qui se produit sous lii Uen,c® oie l’acide sulfurique. Le sirop fabriqué avec la diastase est n Préférable, parce qu’il ne renferme pas ces matières étrangères, orsqu’on veut avoir le glucose en masse, on concentre le sirop jus-,1 a 40° à 41° aréométriques, puis on le verse dans un rafraîchissoir où j ai^se commencer la cristallisation ; enfin, on fait couler le sirop épais 1 . GS tonneaux, où il se prend en une masse blanche, opaque et tel—
- l’enfev ^Ure <ïufaut casser a coups de marteau ou de hache pour
- eDés^î avoir le glucose granulé, c’est-à-dire en grains cristallins, déta-qUe. ressemblant à la cassonnade blanche, on ne cuit le sirop décoloré des ''U.S(fu a_dt0 en hiver, ou 33° en été. On le refroidit rapidement dans fate ,ese'v°frs, où il séjourne pendant 24 heures, pour y déposer le sul-est „ e ,‘aux, et de là il passe dans des tonneaux dont le fond inférieur fermClCe •<*e frous Douchés par des faussets en bois. Pour prévenir la d’aci 1 a**°n’on ai°ute dans chaque tonneau 2 décilitres d’eau chargée petitege sulfureux. Au bout de 8 à 10 jours, le glucose est cristallisé en ler jas aëgl°mérations tuberculeuses; on ôte les faussets pour faire écouta^ ,melasse, et, quand le sucre est bien égoutté, on sèche les cris-d’épajans Un courant d’air chauffé à -j- 25°, après les avoir posés sur Passe SSGS ^-dettes de plâtre. On écrase les morceaux agglomérés, on breveté11 Cl*'*>*e e*- on embarille. C’est par ce procédé que M. Fouschard, d’Un 5 PrÇpare en grand le glucose granulé ou pulvérulent, qui est se sert*^ °* ^en ^us commode que le glucose en masse, mais dont on hiiels i ^^heureusement pour frauder les cassonnades de canne et les eis de Bretagne (1).
- D) On
- ^connaît aisément les miels additionnés de glucose à leur aspect parti-
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- Le glucose en masse est expédié en Bourgogne, en Champagne où, depuis longtemps, on l’ajoute aux moûts de raisin, pour assurer la conservation des vins, en augmentant la force alcoolique de ces liquides ; 5 à 6 kilogrammes du môme sucre suffisent pour améliorer considérablement 1 hectolitre de cidre. Mais l’application la plus importante du glucose, c’est la fabrication de l’eau-de-vie, dité eau-de-vie de pomme de terre, eau-de-vie de fécule, qu’on pratique sur une très-grande échelle : 100 litres de sirop de fécule produisent 15 litres d’eau-de-vie à 22°, et d’une manière si simple et si prompte, que, môme dans un petit emplacement, on peut en fabriquer d’assez grandes masses (I).
- Avec 100 parties de fécule sèche on obtient, en opérant avec soin, à très-peu près, HO parties de glucose sec. Dans les fabriques, comme il y a toujours des pertes, on ne réalise pas tout a fait autant, puisque 100 parties de fécule sèche, ou 150 parties de fécule humide, ne donnent que 150 parties de sirop à 31°, re' présentant environ 100 parties de sucre solide.
- Ce résultat cesse d’ôtre un phénomène étrange, lorsqu’on compare la composition du glucose à celle de l’amidon et de la dextrine. Or, voici les nombres qui les représentent :
- AMIDON ET DEXTRINE.
- Carbone............... 44,3
- Eau ou ses éléments... 53,7
- ’ÿ 100,0
- GLUCOSE.
- 36,30
- 63,64
- 100,00
- C’est-à-dire que le glucose ne diffère de l’amidon et de la dextrine qllL' par 7,94 p. 100 d’eau ou des éléments de l’eau en plus.
- En d’autres termes, si, aux éléments de l’amidon et de la dextrine, * l'e'
- présentés par............................<....................... C12H10^
- On ajustement la formule du glucose cristallisé............ = C12Huu
- culier, à leur saveur peu agréable, âcre et amère, et à ce que leur dissolût10 ’ moins facile à opérer que celle du bon miel, donne des précipités abondants a' ^ le chlorure de baryum et l’oxalate d’ammoniaque, en raison du sulfate de ena qui se trouve toujours, comme je l’ai dit, dans le glucose obtenu par le moyen l’acide sulfurique.
- (1) La production du glucose sirupeux et solide a pris dans ces dernières nées une très-grande extension. Les deux fabriques de Rueil et de Neuilly, P'ç® Paris, en fournissaient au commerce, en 1843, 11 à 12 millions de kilogram Depuis les droits imposés, en 1844, sur le glucose granulé, la production a se , blement diminué, mais elle offre encore annuellement un débouché avantagea.^ 5 millions de kilogrammes de fécule, représentant environ 30 millions de grammes de pommes de terre.
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- Eh bien ! c’est précisément ce qui se produit sous l’influence des acides faibles, ainsi que Théodore de Saussure en a donné le premier l’explication : car ces agents ne subissent aucune altération; ils se bornent à fixer sur les éléments de la dextrine une certaine quantité des éléments de l’eau, ce qui rend compte de •'augmentation de poids que l’on remarque dans le sucre obtenu. C’est également le même genre d’effet que produit la diastase fluand on fait usage d’orge germé pour effectuer la saccharification de la fécule.
- Dans tous les cas, c’est par une de ces actions mystérieuses flu’on désigne sous le nom de phénomènes de contact, que les acides faibles et la diastase déterminent l’assimilation des éléments de ''‘molécules d’eau à la molécule de dextrine qui se saccharifie.
- DE LA MATIÈRE LIGNEUSE.
- Lorsqu’on soumet, Messieurs, un bois, une écorce, une racine ‘gneuse, une feuille, à l’action successive de l’eau froide et de l’eau mouillante, de l’esprit-de-vin, de l’éther, des acides et des alcalis Rendus, qui lui enlèvent toutes les matières solubles qui s’y trou-'Çut, sans altérer aucunement sa constitution chimique, il reste 'U1e substance spongieuse ou pulvérulente, blanche, d’apparence trreuse, que les anciens chimistes considéraient comme une es-Jf.ce de terre, un caput mortuum tout à fait inerte, mais ils en né-& ‘Burent complètement l’étude. Cette substance, dont la structure “°us a été dévoilée par le microscope, est composée de cellules .11 Vaisseaux qui forment la partie solide des plantes, et consti-lent Ie squelette sur lequel s’accomplissent les différents phé-‘°mènes de la végétation.
- utte substance organisée, douée de caractères tout à fait dis-(/ S de ceux des autres principes et produits immédiats, et tou-' U,r® tes mêmes, quelles que soient les modifications extérieures jj elle présente, existe donc dans toutes les parties des plantes,
- . Pfls tes racines jusqu’aux graines, et fait environ les 0,97 du ni S teutes les espèces de bois desséchés. Dans son état de (. | absolue, les chimistes lui ont donné, à l’exemple deFour-
- le nom de matière ligneuse ou de ligneux. u ai? ce ligneux qu’on avait considéré, jusqu’en 1839, comme cl LIlncipe organisé unique, formé, sur 100 parties, de 53 de Co 1 011 et de 47 d’eau, est, d’après les recherches de M. Payen, ^ de deux principes bien distincts : les 6 ce^ules arrondies, allongées ou hexagonales, contiguës de ^I1CS aux autxes> fermées de toutes parts, identiques à la moelle rnatér'CaU’ Gt ^ans ^intérieur desquelles s’élaborent les différents ,laux nécessaires au développement des organes;
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- 2° D’une matière dure, friable, sous la forme de grains ou de concrétions, qui incruste les parois des cellules en couches d’inégale épaisseur, les rend opaques et produit les différences si notables qu’on observe entre les nombreuses espèces de bois.
- On donne à la partie celluleuse du ligneux le nom de cellulose, et à la matière dure ceux de matière incrustante, de lignine, de célastase.
- Au moyen de l’acide azotique, on parvient très-facilement à séparer du ligneux brut ces deux matières distinctes, attendu que cet acide dissout la matière dure, et laisse intactes les cellules qu' en étaient remplies.
- Étudions-les successivement dans leur état de pureté.
- Cellulose.
- La cellulose joue un très-grand rôle dans la végétation, puisque c’est elle qui constitue la trame de tous les organes, depuis w mousse la plus chétive jusqu’au chêne le plus vigoureux. E|l> n’est pas moins utile dans les arts économiques et l’industrie» puisque c’est elle qui forme la substance utile du bois et de-fibres végétales, du coton, du chanvre, du lin, du phormium df la Nouvelle-Zélande, de l’agave, de l’ortie, du bananier et de-autres matières filamenteuses que l’homme sait convertir en fils' en toiles, en cordes, en papier, en carton.
- Dans tous les organes des plantes, il y a des cellules et des vai
- seaux. L’ensemble des premières e: le tissu cellulaire {(ig. 398), Pense® ble des secondes le tissu vasculo [fig. 399). Ces deux tissus, isolés01
- mêlés en diverses proportions,
- for-
- ment la base du squelette végéta, ils sont essentiellement constituf par de la cellulose, et ils ne diu1’ rent l’un de l’autre que par leur é® d’agrégation et d’organisation. dans ces cellules et ces vaisseau' que sont déposés les nombreux pj’111 cipes et produits immédiats qu’e" gendrent les forces vitales.
- Les parties des plantes où la cellulose se trouve le plus rappr(J chée de 1 état de pureté sont tous les organes très-jeunes, moelle, les poils, la masse succulente ou charnue des fruits et( t racines rapidement développés, les divers tissus ligneux h . légers. La moelle d’une plante légumineuse, YEschynomfae(l. marais, découpée en feuilles qu’on appelle papier de riz, ofh’e 11
- Fig. 398.
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- exemple de cellulose presque pure. On la trouve au môme état dans le vieux linge, la charpie, le coton, la moelle de sureau, le
- LiSL.:
- Fig. 299.
- papier blanc et notamment dans le papier à filtre de Suède, dit Papier Berzelius.
- La composition chimique de cette matière, de quelque source ^ elle provienne, est fort remarquable, comme l’indiquent les e'ùlfres suivants :
- > 100,00 ou [ Carbone.. 44,44 I
- J t Eau...... 53,36 }
- 100,00
- Carbone.... 44,44 Hydrogène.. 6,18
- üxygène.... 49,38
- fiu’on peut exprimer, d’une manière plus intelligible, par I O10, c’est-à-dire par la formule môme de l’amidon, de la de La gomme. C’est, qu’en effet, ces quatre produits ne erent entre eux que par des états particuliers d’agrégation qui °difient singulièrement les propriétés physiques. Ainsi la nature, |,ec ^6S m^mes éléments, 12 molécules de carbone et 10 mo-es d’eau, fait indifféremment, en les groupant de certaines 0u niei>es, ou de la matière amylacée, ou de la matière gommeuse, dan G a rnat^re ligneuse. Cette simplicité d’action se remarque £S tc)utes les œuvres de la création. pon0?^0118 maintenant les propriétés les plus essentielles de la
- “Hulose pure. • P P
- état ei>eSt Manche, diaphane, insipide, inodore. Elle offre des pjan| ?régation très-variables, depuis les fibres résistantes des est e„s Lgneuses jusqu’aux jeunes membranes dont la consistance se rapprochent de la matière amylacée. Ainsi, s fiue les tissus dont la cohésion a augmenté par la durée de
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- la végétation résistent très-bien à l’action de l’eau bouillante et sont insensibles à l’action de l’iode, les membranes faiblement agrégées de divers lichens, le tissu des jeunes champignons et de certaines feuilles finissent par se dissoudre dans l’eau bouillante, en formant par le refroidissement une gelée que l’iode colore en bleu violet.
- La cellulose se conserve à l’air sans altération; mais telle qu’elle se trouve dans les bois, où elle est en présence de matières azotées fort altérables, elle se détruit peu à peu dans une atmosphère humide. Elle éprouve alors une combustion lente et se convertit en une matière friable, jaune ou brune, connue sous le nom de pourri.
- Elle donne, en brûlant, des produits acides et du charbon' Elle est remarquable par son insolubilité. Elle résiste à l’actio11 de l’alcool, de l’éther, des huiles, des acides et des alcalis faibles-du chlore dissous et très-étendu. C’est sur ces propriétés que son1 fondées les opérations du blanchiment des tissus de chanvre, oe lin et de coton. Cependant les alcalis et le chlore employésc" excès ou dans un grand état de concentration, finissent par désagréger et la détruire complètement.
- M. le professeur Schweitzer, de Zurich, a découvert, à la aI1 de 1857, une propriété bien singulière dans certains comp°se' de cuivre et d’ammoniaque; c’est de dissoudre la cellulose sa'!' la dénaturer. M. Péligot a reconnu depuis que la liqueur blcllt qu’on obtient si facilement en mettant la tournure de cuivree" contact avec l’air et l’ammoniaque, et qui paraît être un azota basique de cuivre et d’ammoniaque, est le dissolvant le plus énei gique de la cellulose. .
- Qu’on introduise dans cette liqueur bleue, ainsi que je le" en ce moment, du coton, du lin, du chanvre, du papier, ces h13 tières se transforment d’abord en une gelée épaisse, qui dispar‘. bientôt par l’agitation et par l’addition d’une certaine quaD ^ d’eau. Si, dans cette dissolution claire et limpide, on verse acide en excès, celui-ci fait naître un précipité blanc, gélatine1 • qui est la cellulose inaltérée, mais dépourvue, toutefois, des organisation primitive. * , e
- Comme la matière amylacée n’a pas la propriété de se dissou dans la liqueur ammoniaco-cuivreuse, voilà donc un nouv ^ caractère différentiel entre cette matière et la cellulose dont se rapproche par tant d’autres côtés. . e
- L’acide sulfurique concentré et froid désagrégé la celln sans la colorer et la fait passer à l’état de matière amylacée, P1^ que lorsqu’on verse sur des filaments blancs et purs de c°ton» lin, de chanvre, sur la moelle de sureau, etc., quelques go11 .j{ d’eau iodée, et qu’on mouille ensuite ces matières avec de 1aC
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- sulfurique, on voit apparaître une belle coloration bleu-indigo, pareille à celle que produit l’iode sur la fécule hydratée non désagrégée. Ce caractère, signalé pour la première fois par M. Payen, est mis à profit par les naturalistes micrographes pour retrouver la cellulose dans les organes.
- En ne laissant tremper la cellulose dans l’acide sulfurique que pendant une demi-minute, lavant tout de suite à grande eau et mettant la matière à séjourner dans une eau à peine ammoniacale, on observe une curieuse transformation, surtout si l’on opère avec le Papier non collé (papier Joseph) ; la cellulose, qui a conservé sa composition, a pris un état isomérique nouveau, sous lequel elle offre tous les caractères physiques d’une membrane animale, c’est-à-dire la cohésion, la translucidité, le toucher gras et mou parchemin. Ce sont MM. Figuier et Poumarède qui, dès 1846, °ut découvert cette modification de la cellulose ; ils lui ont donné je nom de papyrine et ont entrevu que l’industrie en tirerait un jour un parti avantageux. Leur prévision s’est réalisée, puisqu’en 18S7, un Anglais, M. Gaine, a monté une fabrique de parchemin végétal, qui n’est autre chose que le papier ordinaire soumis à 'action de l’acide sulfurique. Cet industriel a reconnu qu’on ob-tient un produit plus applicable aux besoins de la pratique, en joutant un demi-volume d’eau à l’acide à 66° dans lequel on •mmerge le papier.
- Eu prolongeant le contact du môme acide sur la cellulose, elle devient soluble dans l’eau, parce qu’elle est changée en dextrine. 1 l’on fait bouillir le produit, après y avoir ajouté de l’eau, °n finit par avoir du glucose. C’est Braconnot qui, en 1819, a
- constaté ces singulières transformations. Voici le mode opératoire :
- m0,n Pren(l 6 parties de toile de chanvre ou de lin bien propre, en petits qu’0CGa^X’ 0n ^es arrose avec 8 P- 1/2 d’acide sulfurique concentré s’iinlV - te Ear b’acti°ns- On remue continuellement, afin que la toile tière !. egalement et que la masse s’éçhauffe le moins possible. La ma-tine. .euse se c°l°re en brun, devient d’abord très-dure et s’agglu-une’ -ïlaiS5 en m°fns de vingt à trente minutes, elle se convertit en fioidPate krune> poissante, visqueuse, complètement soluble dans l’eau s°lur VC1SC af°rs sur cette pâte assez d’eau pour en opérer la dis-filtre'°n C0mplète, puis on satnre la liqueur acide avec de la craie. On chj0- séparer le sulfate de chaux insoluble ; on évapore à une douce dang pour isoler la chaux qui peut rester en dissolution, on ajoute la majvi(îueur de l’acide oxalique. On filtre de nouveau, et on précipite diSSo ,leie gommeuse à l’aide d’alcool rectifié. La gomme déposée est subst 0 dans l’eau; en évaporant à siccité la solution , on obtient une c’est KC,e rï un iaune pâle, translucide, à cassure conchoïde et brillante : Si i, a dextrine.
- °n Veut convertir le ligneux en sucre, au lieu de saturer par la
- U.
- li
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- craie la solution de la pâte gommeuse dont je viens de parler, on la fait bouillir pendant dix heures, en ayant soin de remplacer l’eau à mesure qu’elle s’évapore ; la dextrine se change alors complètement en sucre, qu’on isole et qu’on obtient parfaitement pur et blanc en suivant le mode opératoire décrit pour l’extraction du sucre de fécule.
- Avec 100 parties de chiffons secs, on obtient, suivant Bra-connot, 115 parties de sucre blanc. Cette conversion du ligneux en gomme et en sucre ne présente plus de difficultés à explique11' depuis que nous savons que la cellulose est isomérique avec la dextrine et l’amidon. Ce n’en est pas moins une chose vraiment merveilleuse, qui nous fait voir comment un simple dérangement dans l’équilibre des principes élémentaires d’une substance suffit pour changer totalement ses propriétés. Toutes les matières ligneuses se comportent d’ailleurs comme les chiffons ; ainsi, les diverses espèces de bois, les écorces, la paille, la filasse, etc.) sont susceptibles de fournir du sucre. Ce n’est donc pas une plu*’ sauterie que cette exclamation d’un célèbre professeur, que, dans l’état actuel de la science, une bûche devient un pain de sucn dans les mains du chimiste.
- L’acide chlorhydrique très-concentré est, d’après M. Peloux un excellent dissolvant de la cellulose; la dissolution s’effectue et peu d’instants, mais en ajoutant de l’eau, on précipite la cellulose en flocons d’un blanc éclatant. Ce précipité n’a plus lieu, apres quelques jours de contact entre l’acide pur et cette substance' parce qu’alors cette dernière est convertie en glucose.
- Au reste, la saccharification de la cellulose n’exige pas, d’apre M. Pelouze, l’emploi des acides concentrés, comme on l’avait ci11 jusqu’ici; l’eau contenant seulement quelques centièmes des0!l poids d’acide sulfurique ou chlorhydrique agit ainsi par une ebe lition prolongée. Le papier, le vieux linge, la sciure de bois so» de la sorte transformés en matière sucrée. L’industrie ne tarder pas à profiter de ces faits curieux.
- L’action de l’acide azotique n’est pas moins intéressante à c0” naître. Si l’on trempe, pendant qninze à vingt minutes, dans c^ acide au maximum de concentration, ou mieux dans un inélnj1-de 3 volumes d’acide azotique et de 5 volumes d’acide su11’ rique, du coton en laine, du papier, enfin toute autre mata^ essentiellement composée de cellulose, qu’on lave ensuite à gra11 eau, et qu’on sèche avec précaution, vers -J- 30° à 40°, ces db'e ’ objets, sans perdre leur apparence extérieure et leur contesta^ fibreuse, ont acquis une combustibilité merveilleuse et toutes L-propriétés de la poudre à canon ! ^
- C’est alors ce qu’on appelle le fulmi-coton, la poudre-cotoh coton-poudre, la pyroxyline, le pyroxyle. ,(1
- Au point de vue chimique, c’est de la cellulose qui a peU
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- MATIÈRE LIGNEUSE. 163
- 3 molécules d’eau et qui a pris 5 molécules d’acide azotique.
- roici, en effet, sa composition :
- Carbone.... 23,40 \ f Carbone.... 25,40
- Hydrogène.. 2,99 1 Ce qu’on peut re- \ Eau 26,88
- Oxygène.... 59,27 l présenter par j Acide azoti-
- Azote 12,34 ; [ que 47,72
- 100,00 100,00
- ' Ce qui donne pour la formule de la pyroxyline = c24H17017,5Az05.
- U conversion de la cellulose en cette substance nouvelle se comprend aisérnent au moyen de l’équation suivante :
- 2(C12H10O10) -f 5(Az05,H0) == 8110 + C24Hl7017,5Az05.
- Cette fixation des éléments de l’acide azotique sur la cellulose explique, d’une part, l’excessive combustibilité de la pyroxyline, el de l’autre, l’augmentation de poids qu’éprouve le coton qui a subi la transformation. 100 parties de coton ou de papier sec'don-nenb en moyenne, 175 parties de pyroxyline.
- üans la prochaine leçon, je vous montrerai les propriétés de pelte curieuse substance.
- trente-neuvième leçon.
- PRINCIPES IMMÉDIATS NEUTRES (suite).
- —Propriétés de la pyroxyline ou coton-poudre. — Collodion. — Com-cor - et caractôres de la lignine. — Cellulose dans le règne animal. — Des * Ps or as. — Leur composition immédiate. — Oléine, margarine, stéarine. — jP.Pareils pour le dosage des matières grasses. — Extraction des graisses et des Ses *1- ~ Épuration des huiles d’éclairage. —Extraction de l’huile d’olive. — s (R'erses sortes commerciales. — Des huiles de poisson.
- ^ a pyroxyline, dont vous connaissez la composition et le mode dét^10ducfion, est remarquable par la facilité avec laquelle elle tio°ne ?u on soumet à l’action de la chaleur. L’inflamma-
- (|01^ manifeste, en général, vers 140° à 150°. Cette substance est jc J‘en plus combustible que la poudre à canon. n-.. |)1.ScIu’011 l’enflamme sur un tissu ou sur du papier blanc, elle ,l]sse aucun résidu, quand elle est bien pure. Les produits de
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- sa combustion (eau, oxyde de carbone, azote, acide carbonique) n’ont pas d’odeur sensible. Elle répand cependant quelquefois des vapeurs rutilantes et une légère odeur d’acide prussique.
- Sa détonation dans les armes et aux charges de guerre est au moins aussi forte que celle de la poudre; le coup est beaucoup plus sec et moins ronflant, ce qui s’explique, sans doute, par la grande différence de densité des produits de la combustion. Cette détonation, du reste, n’est pas accompagnée de fumée.
- Dès 1838, M. Pelouze, en reprenant des expériences faites en 1833 par Braconnot sur la transformation du ligneux, de l’amidon et d’autres matières neutres par l’acide azotique en une substance particulière qu’il avait nommée xyloïdine, M. Pelouze) dis-je, avait préparé de la pyroxyline et signalé sa grande combustibilité; il proposa alors de l’appliquer à la confection desga(" gousses pour l’artillerie. Ce n’est que dans les derniers mois de 1846, que le professeur Schoenbein, de Bâle, eut l’idée de l’employer comme moyen balistique pour remplacer complet6' ment la poudre de guerre. Il signala les avantages suivants dans cette nouvelle matière explosive :
- 1° Un transport plus facile et moins dangereux, puisque, b}eB comprimée, elle prend difficilement feu; 2° une force de projection supérieure, son effet dynamique, à poids égal, étant quatre fo15 plus considérable; 3° l’avantage de pouvoir être mouillée, sa^ perdre de son énergie et de son inflammabilité; 4° enfin, celui de ne pas encrasser les armes, puisqu’elle ne laisse aucun résm11 après sa combustion.
- Mais tous ces avantages sont contre-balancés par de grands convénients qui ont bientôt fait renoncer à l’emploi du pyroïr dans les armes de guerre, après des essais nombreux. Ainsi, c’65 une poudre brisante, parce qu’il brûle avec trop de vivacité !1 fait souvent éclater les armes, et, dans tous les cas, il les fatigllt! beaucoup plus que la poudre ordinaire ; il les attaque, en outi'e> par les composés nitreux qui résultent fréquemment de sa déto nation. Son prix de revient est, d’ailleurs, six fois plus élevé q11® celui de la poudre. Sa fabrication en grand a occasionné plusie1"; accidents graves, qu’on pourrait, toutefois, éviter dans une fa*311 cation régulière. ,
- Les inconvénients dupyroxyle, comme poudre de guerre ou chasse, disparaissent quand on l’applique aux exploitations mines et des carrières, en place de la poudre de mine. Il a force explosive quatre fois plus grande que cette dernière, et obtient encore des effets plus considérables en lui associa ’ ainsi que M. Combes l’a proposé en 1848, les 0,8 de son P01 ‘ de salpêtre. Dans ce dernier cas, le mélange explosif agit sur roches dures avec une force sept fois plus grande que la p°11
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- de mine. C’est maintenant l’usage qu’on fait de la poudre-coton; elle sert aussi très-avantageusement à la confection des feux d’artifice.
- La science est comme la lance d’Achille, qui guérissait les maux qu’elle avait faits. On ne pouvait guère prévoir que le fulmi-coton, eet agent puissant de destruction, devînt, par une transformation facile, une substance utile pour la réunion des plaies et la rapide cicatrisation des blessures. La chirurgie possède réellement ce nouveau moyen de guérison, auquel on a donné le nom de Collo-dion. La découverte de ce produit date de 1848 ; elle appartient à Maynard, jeune médecin de Boston.
- Le collodion consiste en une dissolution dé pyroxyline dans l’é-Iher. Mais pour cette application, il faut employer une pyroxyline jnoins combustible, et qui ne soit pas entièrement soluble dans
- éther ; il faut qu’elle contienne des parties qui se gonflent et ne se dissolvent pas; celles-ci laissent, après l’évaporation du liquide, Une espèce de feutre plus solide.
- Oo opère de la manière suivante : On prend :
- Coton cardé............................. 20
- Acide sulfurique à 66°................. 600
- Nitre séché à l’étuve.................. 400
- bn mélange l’acide et le sel dans une capsule de porcelaine et 1 on y PcNge le coton. Après quatre minutes de contact, on retire celui-ci c °n,i® jette dans une grande quantité d’eau froide; on 1 enlève sans 1 cx-P'inier, on le lave à plusieurs reprises de la même manière et on ic ai Secher à l’air.
- ba introduit alors dans un ballon sec en verre :
- Fulmi-coton préparé.................. î
- Alcool à 86° centésim................ 1
- Ether à 56° Baumé................... 16
- n Louche le ballon et on agite de temps à autre. En moins de quelques (tûtes, à la température de i5 à 20°, le fulmi-coton se transforme en ne masse gélatiniforme, demi-transparente, qui se fluidifie peu à peu v agitation et donne un liquide incolore, sirupeux. On passe a ti a !.. s 1111 linge clair avec expression pour séparer quelques legeis î a
- Loucb 'dC COl°n n0n transformés> et on conserve dans un vase bieU
- Si p0n
- tôt n. !,verse sur La peau un peu de collodion, il se forme aussi-cule i1 byaPoralion de l’éther, .une sorte de réseau ou une pelli-l’eau f P®rm®able, très-adhésive, qui ne se laisse enlever ni par Préciei !^G °U c^au(^e ni Par l’alcool, ce qui rend le collodion très-x P°ur les pansements et bien préférable au taffetas d’An-
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- gleterre; il préserve la peau du contact de l’air, et comme il est transparent, il laisse voir les parties qu’il recouvre. On peut l’employer seul, ou en enduire une bandelette de toile. Il n’existe pas en chirurgie d’adhésif aussi puissant; aussi le collodion remplace-t-il avec avantage les bandelettes agglutinatives usitées à la suite des amputations et des grandes plaies. Malheureusement son prix très-élevé, 7 à 8 francs le litre, en restreint beaucoup les applications. On peut en tirer un bon parti contre les engelures, et surtout contre les brûlures; dans ce dernier cas, on en verse quelque5 gouttes sur la partie offensée, et on arrose ensuite la pellicule sèche avec de l’eau-cle-vie camphrée ; la douleur disparaît, sans qu’il en résulte aucune inflammation.
- On a fait une foule d’autres applications du collodion, mais la plus importante de toutes, c’est son emploi dans la photographie sur verre, à la place d’albumine, ainsi que l’ont conseillé les premiers M. de Brébisson en France, M. Bingbam en Angleterre. O11 obtient, par son intermédiaire, d’admirables épreuves.
- MM. Plessy et J. Schlumberger, de Mulhouse, ont indiqué en 1854, de remplacer dans la préparation du collodion l’éther et l’alcool par l’esprit-de-bois, qui est bien moins cher. Un ldre de ce liquide dissout facilement 80 grammes de coton-poudre et prend une consistance gélatineuse très-forte ; avec 40 grammes par litre, on a un sirop qu’on peut étendre à volonté en couches plus épaisses sur les glaces que le collodion à l’éther. Mais ce nouveau collodion ne pourrait servir en'chirurgie, attendu qlU pendant le temps qu’il met à se dessécher, il absorbe l’oxygene de l’air et donne lieu à la production d’acide formique.
- En 1859, M. le docteur Van Monckhoven a appris aux photogia phes qu’on peut obtenir un excellent collodion en dissolvant du ce ton blanc dans la liqueur ammoniaco-cuivreuse de M. Péligot ( raison de 10 grammes par litre), étendant d’un peu d’eau pour que tout le coton disparaisse, et y ajoutant de 5 à 10 grammes dm dure de potassium. C’est ce liquide, qui se conserve parfaitenien > que l’on étend sur les glaces afin d’avoir les épreuves photogra phiques.
- II. Lignine, matière incrustante ou célastase.
- Cette matière qui se dépose peu à peu, pendant la végétatiou? dans les cellules du tissu élémentaire des végétaux, et qlj‘ ell_ gorge toutes les cellules dans les bois parfaits, se montre quelq11® fois seule dans certains cas ; par exemple, dans les concretio des poires, dans celles du liège et d’autres écorces qui sont as» ; dures pour émousser les instruments tranchants. C’est elle (1 accroît la dureté et la densité des bois.
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- Souvent colorée en diverses nuances jaunes, brunes ou rougeâ-lrcs> elle est plus abondante dans les bois qu’on appelle gris, bruns, loiwds et durs, que dans les bois dits blancs, légers et tendres. Elle domine dans les noyaux des fruits.
- Quoique sa dureté soit très-grande, cette matière est assez friable pour se réduire en poudre sous le pilon, tandis que le tissu cellulaire environnant se déchire; on comprend alors comment 'es bois broyés et tamisés peuvent donner parfois une poudre qui n est presque entièrement composée que de matière incrustante. f'e purifie celle-ci au moyen de l’alcool.
- L’acide sulfurique concentré et l’acide chlorhydrique colorent ortement la lignine. L’acide azotique l’attaque en dégageant des vapeurs rutilantes. Ces caractères la distinguent très-bien de la cellulose. Il en est de même de la composition élémentaire, puis-(Iue, d’après M. Payen, la lignine est formée de :
- Carbone........................ 53,76
- Hydrogène......................... 6,00
- Oxygène.......................... 40,24 »
- 100,00
- en analysant la matière incrustante extraite de différents !s> 011 ue lui trouve pas la même composition élémentaire, ce 1.1 semble prouver qu’elle est un produit complexe. C’est l’opi-d'ffs C^C Payen’ d11* dit en avoir isolé jusqu’à quatre principes crents. Quoi qu’il en soit, elle est toujours plus carbonée et as hydrogénée que la cellulose.
- es Apports de proportions entre ces deux matières constitues du ligneux dans les différents bois parfaits ne sont pas dont ^ les mômes, comme on le voit par les analyses deM. Payen, n v°ici quelques résultats :
- CELLULOSE. LIGNINE.
- bois de Sainte-Lucie......... 10 90
- ~~ d’ébène................... 11 89
- Ligneux de noix.............. 18 82
- Lois de chêne... ............ 39 61
- — de hêtre................... 48 52
- tiona fonction entre ces deux éléments, essentiels à la constitution GS déjà été faite par les physiologistes, et en par-
- la vé d’une manière très-précise par M. Molli ; mais on ignorait
- M n ll de nature de ces deux substances avant les travaux de ’jpyen.
- 5a pr!a, Coipposition élémentaire de la matière incrustante et de °niinance dans les bois parfaits, il résulte bien évidem-
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- ment que ceux-ci, contrairement à l’opinion généralement adoptée, contiennent plus d’hydrogène qu’il n’en faut pour convertir leur oxygène en eau.
- Ce fait est digne d’attention à tous égards, car il s’accorde parfaitement avec les expériences d’Edwards et Colin, qui démontrent que les plantes peuvent décomposer l’eau, et avec celles de M. Boussingault, qui établissent qu’il y a fixation d’hydrogène pendant la végétation.
- Les conséquences pratiques à tirer de ces données scientifique c’est que les bois durs, qui sont plus riches en matière incrustante, ont un pouvoir calorifique notablement plus élevé que les bois tendres, et qu’ils sont susceptibles de prendre un poli pfi’s brillant. C’est encore parce que cette matière est en proportions plus fortes dans le cœur que dans Y aubier, que le premier est pluS propre que le second à résister k l’action des agents atmosphè' riques, ce qui le rend préférable pour les constructions.
- Je terminerai l’élude de la matière ligneuse en vous apprenant que la cellulose n’est pas exclusivement propre aux plantes. On la trouvée, dans ces derniers temps, chez les animaux inférieurs) entre autres les tuniciers ; M. Péligot vient de la reconnaître dans la peau du ver à soie, dans la membrane cornée qui se trouve au-dessous de la carapace du homard, et ses expériences l’ont conduit à penser que la matière qui forme la base du squelette extérieur de tous les articulés, matière désignée sous le nom de chitine, est un composé de cellulose et d’une substance albuminoïde ou azotée-
- Enfin, M. Wirchow a constaté que c’est encore de la cellulose qui constitue les corpuscules particuliers, analogues pour la structure aux globules d’amidon, que M. Purkinje a découverts, il Ja déjà plusieurs années, dans le cerveau de l’homme et dans moelle épinière. Certes, il estassez singulier de rencontrer le p1’^ duit caractéristique de l’organisation végétale au sein même o l’organisation des animaux; mais aucune conséquence positive[,e saurait être déduite de ce fait, au moins, quant à présent.
- J’aurais maintenant à vous parler de quelques matières nfl très appartenant au règne animal, telles que Y albumine, la fibnne la caséine, la gélatine; mais je crois qu’il vous sera plus profita d’étudier ces matières en même temps que les organes qu1 c renferment. Je remets donc leur histoire à une époque pluS • culée, et j’aborde immédiatement celle des principes neutres fi sont caractérisés par leur richesse en carbone et en hydrogeIl’ ce qui les rend éminemment combustibles et inflammables-tête, je dois placer ceux qu’on désigne sous le nom coHecm corps gras
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- DES CORPS GRAS.
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- DES CORPS GRAS.
- Pour les chimistes, les corps gras sont des substances neutres, une consistance variable, sans odeur ni saveur bien prononcées, douces au toucher, qui fondent à une température peu élevée, qui tachent le papier, c’est-à-dire le rendent transparent sans *ïue la chaleur lui restitue son opacité et sa blancheur premières, 9.U1 brûlent avec une flamme peu colorée, mais en répandant des umées plus ou moins épaisses, et qui ne deviennent solubles dans eau qu’à la faveur des acides ou des alcalis.
- 6es corps gras méritent que nous donnions à leur étude.une grande attention, car ils nous rendent des services multipliés, ^-seulement ils servent d’assaisonnement à un grand nombre ‘ aliments, mais ils interviennent d’une manière directe dans nos onctions, car destinés à être brûlés par l’oxygène de l’air dans nos poumons, ils concourent ainsi à l’entretien de la chaleur ani-|nale (1). La médecine les utilise de toutes les manières, surtout à extérieur, en les convertissant en cérats, pommades, onguents, ^plâtres, liniments (2). Dans les arts, ils servent à la fabrication s savons, des vernis gras, à délayer les couleurs pour la pein-rei a enduire une foule de corps, le cuir, par exemple, que l’on nt rendre plus mous, glissants et flexibles, ou que l’on veut dé-lüre des injures de l’air. On les emploie aussi pour favoriser le 1 et le mouvement des machines, pour composer des mastics
- Mortiers hydrofuges, à l’instar des anciens. Mais leur plus I n<a Usage, c’est de nous fournir de la lumière, au moyen des des chandelles et des bougies.
- 0 ^lvant l’état qu’ils affectent dans les circonstances ordinaires, tin ,?nne aux corps gras, dans le langage vulgaire, des noms par-u lers. Ainsi on appelle :
- Ï1LES- • • • ceux qui sont liquides à la température ordinaire; :
- 'UrRes.. . ceux qUj sont mous à igtq et fusibles à -|- 36°;
- *'etlti'etipn iPS °Urs e* *es autres animaux dormeurs, ce sont eux qui servent à (2) L0n t S orSanes> pendant la cessation de leurs fonctions durant l’hiver, vertus ? ernPs°n a cru que chaque espèce de graisse ou d’huile était douée de ^Bedes 1Ci"ales Pai'ticulières; aussi les anciens médecins faisaient-ils souvent l)articu]jer'qa'sses ^’0Urs> de blaireau, de renard, de cerf, d'homme même, et en ®ncore an' ^ ^ra'sse de pendu, que le bourreau avait seul le droit de vendre, hoeiif sontJ°U'rd-hui ^es co'^eui’s prétendent que la graisse d’ours et la moelle de °pinions n J11 Arables à toutes les autres pour faire pousser les cheveux. Mais ces Oient purif0”1 a.ucun fondement. Toutes les graisses, toutes les huiles, suffisam-^entree]ipl! eS’''ou*ssenf dos mêmes propriétés, et le choix qu’on fait de certaines * 'opose uniquement sur la facilité de se les procurer.
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- I
- 170 TRENTE-NEUVIÈME LEÇON.
- Graisses., les corps gras qui proviennent des animaux, et qui sont mous et très-fusibles ;
- Suifs.....les corps gras de môme origine, mais qui sont plus solides,
- et qui ne fondent qu’à -)- 38°;
- Cires..... ceux qui sont très-durs, cassants, se ramollissent à partir
- de -(- 33° et ne fondent guère qu’à partir de -}~ 00°.
- Je répartirai les corps gras en deux classes, à savoir :
- \. Corps gras facilement saponifiables, que les alcalis .convertissent en acides gras et en une substance sucrée nommée, Glycérine : tels sont les huiles, les graisses, les suifs, les beurres.
- 2. Corps gras difficilement saponifiables : tels que le blanc de baleine et les cires.
- Cette division déjà ancienne, quoique empirique, est fort commode pour l'étude, c’est pourquoi je l’adopte de préférence o toute autre.
- lre CLASSE. — CORPS FACILEMENT SAPONIFIABLES.
- Jusqu’en 1813, les huiles et les graisses ont été considérée5 comme des principes immédiats purs, ne différant entre eux q,ie par de simples propriétés physiques. A cette époque, deux célébrés chimistes français, Braconnot et M. Chevreul, reconnurent, presqu’en même temps, que ces substances sont composée5 de plusieurs principes particuliers, mélangés en différentes pr°' portions, et démontrèrent par là que ce sont de véritables produd5 immédiats.
- Rien de plus facile que de constater la nature complexe en-huiles et des graisses.
- Si l’on prend une huile végétale quelconque, de l’huile d'oing par exemple, et qu’on abaisse sa température à 0°, de manie1 à la congeler; puis, qu’on la presse entre des feuilles de paP'e* Joseph, en renouvelant celles-ci jusqu’à ce qu’elles ne soient pll“ tachées, on parvient à partager cette huile en deux matières G ^ tinctes : l’une, qui reste entre les papiers, est solide, dure com le suif, en petites lames blanches et nacrées, insipide, inodo^> fusible à -j— 28°; l’autre, qui imbibe et tache les papiers, peut.,t être séparée par l’ébullition dans l’esprit-de-vin qui la dissout- ‘ solution alcoolique, réduite par l’évaporation au huitième de s volume, abandonne une substance huileuse, qui est encore hq111 à — 4-°, et qui est analogue, pour l’aspect et la consistance; l’huile d’olive blanche. v
- Par cette analyse, pour ainsi dire mécanique, voilà donc1 ^ principes bien différents extraits de l’huile d’olive : l’un solme». l’autre liquide. Le premier, en raison de son éclat nacré, ïl
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- DES CORPS GRAS.
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- nommé margarine, d’un mot grec qui veut dire perle. Le second, n cause de sa liquidité, a reçu le nom d’oléine, du nom latin de 1 huile, oleum.
- Si l’on soumet au même traitement une graisse animale, du su>f de mouton, on obtient aussi de Voléine et une substance solide; mais de celle-ci l’on pourra, au moyen de l’éther, isoler deux principes distincts : l’un soluble dans ce véhicule, ce sera de la margarine; l’autre insoluble, ressemblant beaucoup à cette dernière par ses caractères physiques, mais en différant par son Point de fusibilité qui est à + 62° ; ce sera de la stéarine, ainsi nommée d’un mot grec qui veut dire suif.
- En définitive, les chimistes modernes ont reconnu, par des expé-riences multipliées :
- 1° Que les huiles végétales et le beurre de vache sont essentiel-cuient formés d'oléine et de margarine;
- -°Q_ue les corps gras d’origine animale, graisses et suifs, sont esseQtiellement formés d’oléine, de margarine et de stéarine ;
- 3° Qu’indépendamment de ces principes immédiats, les huiles e? graisses renferment, en petite quantité, des principes colo-ranls et odorants qui varient dans chaque espèce, et dont elles Peuvent être privées sans perdre les propriétés qui les caractéri-^‘nt comme corps gras. En effet, en les mettant en contact avec jÜ oharbon animal pendant vingt-quatre heures, on les dépouille e toute odeur et de toute couleur, sans rien changer à leur con-'1 ution chimique.
- ,es différentes espèces de graisses et d’huiles ne renferment lnt les mômes proportions de stéarine, de margarine et d’oléine, nsi clue le démontre le tableau suivant :
- *0,»U»osltiou immédiate des matières grasses sur lOO parties.
- ,,Ahères grasses des animaux. | matières grasses des végétaux.
- MopD0 ni0uton... S e de bœuf... r?fdehœuf.... ^ de porc..
- d’oie ...
- ^ de canard
- *«ll<.de6di"d0n
- mouton
- STEARINE ET MARGARINE.
- 80 76 70 38 32 28 26 26
- OLEINE.
- 20
- 24
- 30
- 62
- 68
- 72
- 74
- 74
- Huile de colza...... 46
- — d’olive........ 28
- — d’amande dou-
- ce.......... 24
- Beurre d’hiver.. — d’été..........
- 65
- 40
- 54
- 72
- 76
- 35
- 60
- t^ce^i Pouvez v°(p> Messieurs, par ce tableau, que la consis-?ubsta suif de
- Substan ^ corPs Sras est ei1 raison directe de la quantité de le suif rio S0^e (stéarine et margarine) qu’ils contiennent. Ainsi, boulon, qui est de tous le plus dur, est le plus riche
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- en ces principes; tandis que l’huile d’amande douce, qui est le plus fluide de tous, est aussi celui qui en contient le moins. L’inégale fusibilité de ces corps est encore due aux variations de proportions de leurs principes immédiats. La fusibilité augmente avec la quantité d’oléine.
- Quelle que soit leur origine, les corps gras ont la même composition élémentaire. Ils sont tous dépourvus d’azote, mais ils sont très-riches en hydrogène, et surtout en carbone. Voici, d’après M. Chevreul et Théodore de Saussure, les analyses de quelques-uns d’entre eux :
- CARBONE. HYDROGÈNE. OXYGÈNE.
- Graisse de mouton.... 79,0 tt,7 9,3
- — de porc.......» 79,0 11,1 9,8
- — .d’homme........ 79,0 11,4 9,6
- Huile de noix......... 79,7 10,5 9,1
- — d'amande........ 77,4 11,5 10,8
- — de lin........... 76,0 11,3 12,6
- — de ricin......... 74,0 11,0 14,7
- — d’olive.......... 77,2 13,3 9,4
- Chez les animaux, la graisse est logée dans les petits sacs foi' més par le tissu cellulaire; mais elle affecte, de préférence, certaines parties du corps. Ainsi, chez les mammifères, elle est abondante sous la peau, à la surface des muscles, autour des reins, la base du cœur et auprès des intestins. Elle offre des modifica' tions dans les différentes classes d’animaux. Chez les herbivore5’ elle est plus ferme, plus solide, moins odorante que chez lesca nivores. La graisse des oiseaux est fine, douce, onctueuse, b'eS fusible. Chez les poissons et les baleines, elle est presque flul et très-odorante. Blanche et abondante chez les jeunes animai elle se colore en jaune et diminue en quantité avec l’âge.
- Dans les végétaux, les huiles se rencontrent presque exclusif ment dans les semences. Rarement elles se trouvent dans les pa ties charnues des fruits. On ne connaît que Y olivier, les palfflie,s' les lauriers et le cornouiller sanguin dont les fruits soient P°LU'^ d’huile dans leur péricarpe ou partie externe et charnue. renient encore, les huiles existent dans les autres organes. ^ racine du souchet comestible en contient beaucoup (28 p. 100)? P exception.
- Dans les graines des plantes, l’huile est ordinairement acço1^ pagnée d’albumine; aussi, lorsqu’on les broie avec de lea j l’albumine maintient l’huile en suspension dans le liquide? 1 devient alors blanc et opaque comme le lait, et prend Ie 11 d'émulsion.
- Parmi ces huiles végétales, il en est qui ont une certaine sistance qui les fait ressembler au beurre ou à la graisse
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- mammifères. Telles sont les huileS'Conerètes ou beurres : de cacao, de muscade, de coco, de laurier, de palme, de l’arbre à suif, etc.
- Hans le tableau suivant, j’indique les semences qui renferment le plus d’huile, et la proportion moyenne qu’elles en fournissent sur 100 parties en poids :
- Coprah (t)................. 80
- Ricin commun........ 62
- Aveline..................... 60
- N°ix................. 40 à 60
- Cresson des jardins.. 56 à 58
- Sésame................ 53 à 54
- Radis oléifère...... 50
- Pavot ou œillette.... 47 à 50
- iilleul d’Europe.... 48
- Arachide.................... 47
- Amande douce........ 46
- Cotonnier.................. 41
- Pignon d’Inde....... 40
- EPurge...................... 40
- Amande amère........ 40
- Colza d’hiver....... 39
- Chou ordinaire...... 30 à 39
- Cacao des il es..... 38,5
- -louiarde blanche ... 36
- Cacao caraque....... 36
- ‘abac....,............ 32 à 36
- pVet de Suède....... 33
- prunier domestique.. 33
- Ja*ette d’hiver..... 33
- Colza de printemps... 33
- Cameline................ 30,5
- Navette d’été............. 30
- Moutarde sauvage ... 30
- Gaude............ 30
- Onoporde acanthe... 2»
- Chènevis.............. 25
- Lin....................... 25
- Courge........... 25
- Madi cultivé..... 25
- Citronnier....... 25
- Sapins et épicéa.... 24
- Muscades......... 22
- Croton tiglium.... 22
- Olive........... ... 21
- Châtaigne du Brésil.. 20
- Thlaspi.......... 20
- Moutarde noire.... 19
- Julienne.......... 18
- Pépin de raisin..... 15 à 18
- Ben.............. n
- Faîne............... 12 à 16
- Grand soleil..... 15
- Pomme épineuse.... 15
- Laurier.......... 10
- Marron d’Inde..... 8
- a len n’est plus facile que d’extraire d’une graine ou de tout hrlG 0r8ane végétal la matière grasse qui s’y trouve et d’en dé-r/,ni!ner exactement la proportion. Il suffit de traiter la substance tra'i 6 en Poudre par de l’éther bouillant, en répétant le même re‘ etïlent jusqu’à ce que le liquide ne dissolve plus rien, ce qu’on Por nîla.it en en hissant évaporer quelque peu dans une capsule de gr ! a!ne' arrive plus rapidement au but proposé, et avec une e ®C0n°mie d’éther, en faisant usage de Y extracteur à disftl-RhUe c?nt'nue (Ie M. Payen. Comme ce petit appareil peut servir des pS . (P1’*! s’agit d’épuiser les matières organiques par
- cimdes volatils, je crois devoir vous le faire connaître.
- ( b C’
- du soleii€Sp l’aman^e (les noix de coco, concassée et séchée sur le sahle à l’ardeur (Afrique ' C‘le vient, depuis quelque temps, à Marseille, de la côte de Zanzibar Peu nrà,0Uenta'eb Elle fournit une huile assez blanche, dont la consistance est à 1 6s celle de l’axonge.
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- Il se compose (fig. 400) d’un gallon A surmonté d’une allonge B ; pointe effilée de celle-ci entre jusqu’à moitié de la profondeur du ballon.
- A la partie supérieure de l’allonge est ajustée la douille d’un petit ballon C à trois tubulures. Les deux ballons A et C communiquant entre eux par un tube latéra ccl, l'ensemble du système offre trois capacités closes ; un tube de sûreté à deux boules t pourvoit aux dilatations et contractions des gaZ et vapeurs ; le ballon condense d’ailleurs une portion de celles-ci e fait retomber le proou1 liquide dans l’allonge;
- Lorsqu’on veut fa,r^ réagir, à l’aide de cet ap pareil, de l’éther sur «J
- graine oléagineuse,
- de c°'
- garnit le col de f avec un tampon
- ton cardé bien propie’ on remplit sa panse an deux tiers de la haute avec la farine sèche ^ la graine, dont on a P1' le poids ; on verse des5', l’éther en quantité su santé pour mouiller 0 Fid- ^00. tes les parties, reiflP
- les interstices, nj
- dans le ballon et le remplir à moitié. On adapte alors le tube latéral le tube de sûreté E, et on plonge le ballon A à moitié dans un bain-h1® d eau II qu on échauffe à + 38° ou 40° par le moyen d’une lampe à eSP de-vin. On voit en t un petit thermomètre qui passe à travers lec cercle du bain-marie. L’éther, qui bout à + 30°, se réduit en vap6^ celles-ci s’élèvent par le tube latéral cd et viennent se condenser» . grande partie, dans le ballon C. Le liquide tombe alors sur la fo”neP. filtre à travers pour descendre dans le ballon A en entraînant l’1111, ^ enlevée à la farine. — La concentration de la solution filtrée sof , continuellement dans le ballon A, et les vapeurs élhérées, en repaS“‘a, incessamment sur la substance, finissent par l’épuiser de toute la tière grasse qu’elle renfermait. .y
- Lorsque l’éther n’entraîne plus rien, on retire la solution du bjL pour la faire évaporer spontanément dans une capsule de porCl
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- tarée; l’huile reste; on la lave à l’eau chaude pour la dépouiller du peu de principes solubles que l’éther aurait pu entraîner ; on sèche à 1 étuve et on prend ensuite le poids de l’huile ainsi puritiée.
- M. Berjot, pharmacien à Caen, a imaginé, pour Cessai des graines °tëagineuses, un petit appareil portatif, moins fragile que l’extracteur en verre de M. Payen, et qui permet d’opérer beaucoup plus vite et avec plus d’économie, puisque l’éther est remplacé par le sulfure de carbone.
- L’èlaïomètre deM. Berjot se compose d’un vase en verre A (ftg. 401) à deux tubulures, surmonté d’une allonge cylindrique B, également 011 verre, qui s’ajuste à l’émeri ®Ur la tubulure t du vase A. A autre tubulure t' de celui-ci est adaptée une petite pompe pneumatique en cuivre P. Dans l’al-0r*ge, il existe une tige métalli-‘jUe terminée d’un bout par un a'aphragme rivé et deux dia-J'ht'agmes mobiles garnis de ron-’ cites de feutre. Ces diaphragmes b°ut percés de petits trous.
- I Lorsqu’il s’agit de déterminer (|l uchesse en huile d’une graine L colza, par exemple, on en Pcod 100 grammes qu’on réduit ®
- J1 tarine au moyen d’un petit rejulin joint à l’élaïomètre ; on j " e les deux diaphragmes mo-(1 Gs de ^allonge et on y intro-p , ^Hié de la farine; on recouvre d’un des diaphragmes; on met dià kSSUs celul*ci le reste de la farine, sur laquelle on pose le second ^ Phiagme, puis on verse sur le tout du sulfure de carbone désinfecté ji tttcolore. Ce liquide, en traversant les diaphragmes, se répand régulent dans la farine et la mouille complètement. Après quelques eues on fait le vide avec la pompe ; la pression atmosphérique com-lïle la poudre et fait écouler le sulfure de carbone, qui s’est chargé Carjle Partie de l’huile. On verse une nouvelle quantité de sulfure de ^i^ne, on pompe encore et on continue ainsi jusqu’à ce que le sulfure aét; C,c.0u^e s°it tout à fait incolore. On s’assure, d’ailleurs, que la graine vant en entier de son huile, en enlevant l’allonge et en rece-
- PapiSUl Papier quelques gouttes du liquide qui s'écoule encore. Le P r ne reste pas taché après l’évaporation du sulfure, est à (*Uaniité maximum du sulfure pour épuiser 100 grammes de graines à3oo^^U ^laîs ^00 à 430 grammes. Il n’en faudrait pas plus de 250 avcc]S'5 au lieu de quelques minutes, on laissait le liquide en contact p, a farine pendant une heure ou deux avant de faire agir la pompe. Utle JaporatioH du sulfure de carbone s’effectue très-rapidement dans marie u caPsule b en cuivre étamé {fig. 402) placée dans un bain-recevant, au moyen d’un tube de caoutchouc, de la vapeur
- Fig. 401.
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- Fig. 402.
- l’élève au-dessus de la table (1). — L’évaporation du sulfure dureàpel près vingt à vingt-cinq minutes; on reconnaît qu’elle est terminée loi'à<IIJt' l’ébullition a cessé dans la capsule et quand l’odeur a complètent11 disparu. A ce moment, on enlève la chaudière du fourneau, on la i'cllj place par la capsule, et aussitôt que l’huile est près d’entrer en eb® lition, on est assuré qu’il n’y reste plus de sulfure de carbone. On Ps _ alors la capsule avec l’huile, et comme le poids du vase se trou^ poinçonné sur la capsule elle-même, on connaît aussitôt le poids u* 1' de l’huile.
- Pour les besoins de l’industrie, on a recours à d’autres p|,oCL dés d’isoler les différents corps gras des matières qui les contn’11 nent. Ces procédés sont assez simples, mais ils varient nécess‘11 rement avec la consistance de ces corps.
- 1. Dans les animaux, les matières grasses, enveloppées de t,s cellulaire et de membranes entremêlées de vaisseaux lyrnp»13 ques, souillées de sang, ne peuvent être extraites que par une ^ tération de ces tissus et membranes. Le procédé que l’on su* ^ plus habituellement pour la fonte des suifs consiste à chauffe1’ matières à feu nu dans une chaudière d’une dimension convena Armé d’un aviron, un ouvrier agite la masse et facilite l’act10® la chaleur sur elle. Au moyen d’un seau percé de trous, que ^ enfonce dans la chaudière, on écarte les membranes, et 1
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- (l) On place ainsi la lampe à une certaine hauteur, pour éviter (pie ja
- de sulfure de carbone, qui est très-lourde, et qui se répand autour de l’^Pl j£(j. ne vienne au contact de la flamme de l’alcool, ce qui occasionnerait «es dents et des pertes.
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- d’eau d’une petite chaudière en cuivre C. Celle-ci est posée dans un manchon métallique F, percé, de trous, qui fait office de fourneau, et elle est chauffée par une lampe à alcool E reposant sur un support T qui
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- lient bientôt, dans son intérieur, un bain de graisse fondue que on tire peu à peu avec un seau ou avec une poche fixée à un nianche. Lorsqu’on a extrait toute la partie que l’on peut avoir à état liquide, il reste dans la chaudière une matière solide, connue sous le nom de boulée; on la chauffe de nouveau, on la retire ensuite de la chaudière, et on la porte sous une presse qui en ait encore sortir une portion considérable de graisse. Le résidu, vulgairement désigné sous le nom de pain de frétons, est formé par les Membranes racornies et en partie brûlées; on l’emploie à la nour-’Uure des chiens et des porcs, ou bien, en l’exposant à une assez orte chaleur, on en extrait le suif brun, qui prend son nom de la couleur que lui a donnée la haute température à laquelle il a été exposé.
- Le suif qui a été extrait dans la première partie de l’opération f epu’on a reçu dans un vaste récipient, est additionné de A k ’ millièmes d’alun, afin de le clarifier, de le blanchir et de lui dlreacquérir plus tard une consistance plus ferme; après un reP°s de plusieurs heures, on le puise, tandis qu’il est encore li-(Iuule, avec de grandes poches de cuivre, et on le coule dans de uchts baquets, dits jalots, qu’on a mouillés préalablement. Lorsque ^ solidification est complète, on retourne les jalots, le suif s’en ache en pains qui ont la forme de cônes tronqués.
- J°inme les fondoirs à feu nu sont une source d’inconvénients r >e voisinage : danger du feu et odeur infecte due à la carbo-ont 1011 rï'une portion des membranes, les conseils de salubrité I proscrit cette industrie de l’intérieur des villes. Mais on peut l8y,^rcer en adoptant le procédé que d’Arcet a indiqué dès IH-q’ °U ce^u* fiue Evrard a fait connaître plus récemment, en
- lJaln ?>rem*er consiste à chauffer le suif brut dans les chaudières sur un ctje deau acidulée par l’acide sulfurique (pour tOOkil. de suif en bran-res SJ 0n emploie 50 litres d’eau et lkil,600 d’acide à 66°). Ces chaudiè-de 0nt fermées, à double enveloppe dans laquelle on lâche de la vapeur lere a porter la température de 103° à H0°. Les membranes sont l'aCe j1 es et pn grande partie dissoutes ; la graisse se rassemble à la sur-hord riU 1(luide et s’écoule au dehors par une rigole pratiquée sur le
- qaises .chaudières.
- (léSâgr ,Sl fusion à l’acide a l’avantage de ne répandre aucune odeur ab*ej d’être plus économique et plus rapide, de fournir plus de de i’e fans CretonS) elle a le défaut de modifier sensiblement le corps gras, kchandi ^US m0lb ce fiui empêche de l’appliquer à la confection de lepro ,e> au moins pendant l’été. Aussi les fondeurs n’ont-ils adopté vent D’Arcet que pour l’extraction des suifs de bœuf, qui ne ser-
- Le p^^Çiïient qu’à la fabrication des bougies stéariques.
- ^Ue posA î ^ Evrard est bien préférable. Il repose sur la propriété edent les alcalis caustiques très-étendus de dissoudre les mem-II.
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- branes constituant le tissu adipeux, sans attaquer sensiblement les corps gras eux-mêmes. On opère comme il suit :
- Dans une chaudière cylindrique garnie d’un double fond percé de trous, on place le suif en branche, soit 150 kil. D’autre part, on caus-tifie par la chaux 4 à 500 gr. de carbonate de soude, et on étend la lessive d’un hectolitre d’eau; on l’ajoute au suif et on la porte à l’ébullition au moyen d’un jet de vapeur perdue qu’on introduit dans le double fond. Dans ces conditions, le tissu adipeux se gonfle énormément, la matière s’en sépare et vient nager à la surrace du bain; on l’enlève facile-ment. 11 suffit de la laver à l’eau chaude et de la maintenir liquide pendant sept à huit heures pour l’avoir parfaitement limpide.
- L’opération ainsi pratiquée, en vases ouverts, ne donne lieu qu'à une légère odeur, comparable à celle du bouillon de viande chaud. Les pi'»* duits obtenus sont inodores, très-blancs et rancissent moins prompte-ment que le suif préparé par les autres procédés ; les chandelles quon fabrique avec eux sont bien supérieures. ,
- Leprocédé de M. Evrard, que la Société d’encouragement a sanctiOPne> en décernant à cet ingénieur civil une médaille de platine, peut servir avec avantage à l’extraction et à la purification de Yaxonge ou grais»e de porc, des graisses de veau et de bœuf. Cette dernière est plus on moins jaune, mais sous l’influence de la lumière, elle se décolore complètement.
- 2° Pour les huiles des végétaux, c’est en soumettant les semences oléagineuses à la presse qu’on les obtient dans le P*11' grand nombre des cas. Les huiles employées comme alimente médicament, et qui sont très-fluides, sont extraites par expre:‘ sion à froid. Quand elles sont concrètes, on presse les grain®5 entre des plaques métalliques chaudes, ou bien on les fait boni H" avec de l’éau, après les avoir écrasées. L’huile sort des cellme qui la renferment et vient se rassembler à la surface de l’eau,011 par son refroidissement elle se fige et peut être enlevée facilemcn '
- C’est ainsi qu’on extrait le beurre de cacao, l’huile de laurier, 1 beurre de muscade, l’huile de palme, etc. 1 I
- Les huiles qui servent à l’éclairage et aux autres besoins des ar • s’obtiennent aussi par expression; on écrase les graines, on j ^ ]
- presse une première fois afin d’en retirer l’huile la plus pure, u'. huile vierge, huile de froissage ou huile de fleur; on les écrase I nouveau, on les chauffe à une température de -f- 50° à 55° sur u ‘ plaques métalliques, dans l’intention de détruire ou de coafP l’albumine et le mucilage qui empêchent l’écoulement de l’hul | j f et on les presse une seconde fois pour en extraire une autre ^ j ç lité d’huile, moins pure, qui porte le nom d’huile de rebat o# t c refait. C’est ainsi qu’on agit pour les huiles de lin, de noi*> r a colza, de navette, etc. aI
- L’emploi de la chaleur pour faciliter l’écoulement de rbui^P B \ la pression a l’inconvénient de fournir des huiles un peu altér pourvues d’une saveur âcre, et susceptibles de rancir plus pr°n
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- lernent que les huiles retirées par expression à froid. Malgré la torréfaction préliminaire, toute la matière albumineuse, tout le murage ne sont pas détruits; il en reste toujours dans l’huile : aussi celle-ci est trouble, brûle mal, répand beaucoup de fumée et n’em-Péche pas les mèches de se cbarbonner, ce qui produit de&cÆam-Pl9nons, comme on dit vulgairement. On est donc obligé de soumettre ces huiles à Y épuration.
- Thénard a indiqué, il y a déjà longtemps (en l’an IX ou 1801), un excellent moyen de séparer des huiles la matière mucilagineuse et une partie de la substance colorante, et de les rendre par là plus propres à l’éclairage. Son procédé, dont l’industrie s’est bien ^te emparée, consiste à battre fortement les huiles avec 1 1/2 à - °u 3 centièmes d’acide sulfurique concentré. Le battage s’opère ,U1 moyen d’un agitateur à palettes, dans un grand bac doublé en PJomb ou dans des tonnes pouvant contenir plusieurs hectolitres huile; on verse lentement et par fractions l’acide dans le bac; °n bat l’huile pendant vingt à vingt-cinq minutes, on laisse repo-SSrun quart d’heure, et on agite encore pendant quelques mi-'mtes. L’huile devient d’abord verte et passe au noir à mesure (iue le mucilage se charbonne et se précipite ; le précipité noir S f‘n sépare ensuite complètement, et l’huile, dans laquelle il nage es flocons, prend une grande limpidité. On abandonne au repos Pendant vingt-quatre heures, puis on introduit par hectolitre 25 à ' ‘1res d’eau à-}-35° ou 40°, ou un courant de vapeur; on bat (]enC ant huit à dix minutes, puis on fait écouler le mélange dans Vastes réservoirs placés dans un lieu où la température est amtenue à -f- 25°. On laisse reposer pendant trois jours. La paH’6 GSt a^0rs chvisûe en trois couches. La supérieure est formée r r 'huileépurée, qu’on filtre au travers d’une couche de mousse des°UiVerte d’un lit de tourteau, ou au travers de coton mis entre Plaques de métal percées de trous. La seconde couche est de dont épaisse et brunâtre, que l’on conserve à part, et
- püre’ a ha longue, on retire encore une certaine quantité d’huile lurG ^n^ln’ troisième couche est de l’eau chargée d’acide sul-faP)'^Ue de la matière étrangère dénaturée. Cette eau sert à la m>tion des couperoses ou pour le décapage des métaux (J).
- Juhrunfaut a rendu ce procédé plus prompt au moyen de la
- lr«izeaah'*'S ^honorable M. Delezenne, un Lillois, nommé Leroy, avait trouvé est restéS aVant Thénard un procédé pour épurer l’huile de colza. Ce procédé, qui cHépar ,Secret jusqu’en 1858, mais dont la mairie de Lille avait constaté l’effica-3z°tiqUe(,es eoxP^riences faites en 1788, consiste à battre l’huile avec de l’acide ehet est l|2G° (3 Parties d’acide pour 1,000 parties d’huile en volumes). Le dé-heutserv-6 ^,8 P- 100. L’huile est très-claire, fournit une flamme très-belle et •'f DeiejrJ! au Sassage des laines. (Voir pour plus de détails la note publiée par 'a1née îg,^ C*ans 'es Mémoires de la Société impériale des sciences de Lille, pour
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- modification suivante : Lorsque l’huile a été battue avec l’acide sulfurique, qu’elle a pris un aspect verdâtre, et que le dépôt des matières altérées par l’acide commence à se former, on ajoute peu à peu de la craie délayée en bouillie épaisse jusqu’à ce que le papier de tournesol indique que la saturation est opérée. On laisse déposer, et l’on soutire l’huile dans des cuves dont le fond est percé de trous garnis de mèches de coton ou de laine cardée. Pour éviter cette filtration toujours longue et embarrassante, on place l’huile trouble dans une grande futaille, et on la bat avec du tourteau pulvérisé et sec. Pour 6 hectolitres d’huile, on empl°’e 50 kilogrammes de tourteau. Après vingt minutes de brassage) on laisse déposer. Huit à dix jours après cette opération, on peu1 soutirer environ 4 hectolitres d’huile parfaitement claire, qu°n remplace par une égale quantité d’huile trouble. Trois jours après, on peut exécuter un nouveau soutirage, et ainsi de suite, jusqu" ce qu’on ait clarifié, avec les 50 kilogrammes de tourteau, près de 200 hectolitres d’huile.
- Le déchet des huiles par l’épuration varie de 1,5 à 2 suivant leur qualité, le procédé de fabrication, etc.
- Pour qu’une huile épurée soit de bonne qualité, elle ne doit en brûlant, ni noircir ni charbonner la mèche, ce qui indiquera’ que le lavage a été mal fait et n’a pas enlevé tout l’acide; ni couvrir de petits champignons, ce qui prouverait une épuratio” incomplète; ni être colorée ou trouble, ni avoir perdu toute sa viscosité et couler comme de l’eau, parce qu’elle se consumera' alors trop vite, ce qui serait dû à l’emploi d’un trop grand excÊ5 d’acide. Le meilleur moyen d’essayer les huiles, sous ces raP ports, est de faire brûler une quantité égale de divers échan’1 Ions avec une mèche de veilleuse ; la durée de chacune des hudeS’ la qualité de la lumière et l’éclat des mèches feront juger de leUl valeur relative.
- Parmi toutes les huiles végétales, la plus importante, sansco'1^ tredit, est celle de l’olive, car c’est la plus propre aux usag ‘ culinaires et à la préparation des savons. Il y en a de plusie”1 qualités, en raison du mode d’extraction et aussi de l’état deU’1’ turité des fruits au moment de la récolte.
- Les olives dont la maturité est incomplète donnent une
- , # |gg
- un peu verdâtre et douée d’une odeur de fruits prononcée; olives bien mûres rendent une huile jaune, d’une saveur doi>c > agréable et à peine odorante. g(
- L’huile du midi de la France, de la Provence notamment) préférée à juste titre, aux huiles des diverses autres provenan ,
- (Italie, Espagne, Grèce, côtes d’Afrique). Il vient actuelle^1 d’excellentes huiles de l’Algérie.
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- Toutes choses égales d’ailleurs, la meilleure qualité d’huile est celle qu’on obtient de la première expression à froid ; on la désigne sous le nom d'huile vierge.
- Une seconde qualité, qui constitue Yhuile ordinaire pour la-table, s’obtient en délayant dans l’eau bouillante la pulpe des olives qui ont fourni l’huile vierge, et la soumettant à la pression.
- U huile, entraînée par l’eau, est d’une belle couleur jaune, moins Agréable au goût, moins fluide et plus disposée à devenir rance (ine la première. On en consomme une partie pour graisser les laines et pour adoucir les frottements dans les machines.
- Une troisième sorte est obtenue avec les tourteaux ou grignons non entièrement épuisés par les deux pressions précédentes ;
- °n les broie, on les fait chauffer avec de l’eau dans des bassines, d on les exprime de nouveau ; on en retire encore une assez jorte proportion d’huile plus ou moins épaisse, verdâtre, dite tuile de recense ou huile lampante qui n’est utilisée que dans les
- Savonneries.
- Une quatrième sorte, distinguée par le nom d'huile tour-u°nte, parce que, mieux que toutes les autres, elle forme une collision parfaite avec les lessives alcalines faibles, est extraite ' es olives qui ont déjà été exprimées deux fois, et qu’on a abandonnées à une fermentation plus ou moins longue; on délaie les pignons fermentés avec de l’eau bouillante et on les soumet à la Pression. L’huile entraînée par l’eau, est d’une couleur verdâtre; c‘e renferme beaucoup de mucilage et d’autres matières extrac-*'cs, aussi rancit-elle très-vite; elle est d’ailleurs toujours plus (|U ^oins acide, et cette acidité est due, d’après M. Pelouze, a 1 cs acides gras qui se sont formés aux dépens de l’oléine et de la „ "Jargarine, sous l’influence des matières organiques azotées qui ,'s accompagnent dans les fruits. C’est à la présence de ces ‘" nies oléique et margarique qu’il faut rapporter la propriété for-^ jCrâent émulsive de Yhuile tournante et le choix qu’on eh fait dans /s atebers de teinture en rouge des Indes pour composer les blancs.— Du reste, comme l’a démontré M. Pelouze, il suffit ^jouter directement aux huiles ordinaires quelques centièmes A }eur poids d’acides oléique et margarique provenant des -“lues de bougies stéariques, pour en faire des huiles tour-
- aPpelle huile d’enfer une qualité inférieure qu’on obtient en s ss.ant reposer dans une vaste citerne, dite enfer, l’eau qui a Vl ^ ^expression des olives et qui a entraîné avec elle une cer-la ne quantité d’huile maintenue en suspension à l’aide du muci-Iri^‘ ^eUe huile est d’une couleur jaune verdâtre, et plus ou et )lllp *ransparente ; elle est employée dans l’ensemage des laines a "^cation des savons.
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- 182 TRENTE-NEUVIÈME LEÇON.
- Des qualités inférieures d’huile résultent de l’emploi d’olives trop mures, plus ou moins détériorées par les attaques des insectes, par la pourriture, ou par un chauffage trop énergique.
- 3° On obtient de plusieurs animaux marins et de certains poissons des matières grasses liquides qui sont aujourd’hui très-employées dans les arts. Les cétacés, tels que les baleines, les cachalots, les dauphins, les marsouins, les phoques, en fournissent une grande quantité, que l’on extrait du lard épais qui sc trouve sous la peau de ces animaux. Ce lard, coupé par morceaux, est jeté dans de grandes chaudières avec une quantité d'eau suffisante pour l’empêcher de brûler : l’huile, qui se sépare des lardons frits par une cuisson de trois heures, est coulée sur des châssis d un treillage ; elle est reçue dans de grands baquets remplis d’-eau, où elle se dépure. On la verse successivement sur plusieurs eaux, pour la purifier de plus en plus. Une seule baleine a fourni qud' quefois jusqu’à 50,000 kilogrammes de lard, qui donnent 4,0 d jusqu’à 100 tonneaux d’huile.
- Les huiles de poisson ont une composition spéciale; elles renferment, d’après M. Chevreul :
- | corps gras solides ;
- | corps gras liquides ;
- De la margarine De la cétine....
- De l’oléine....
- De la phocénine.
- Un principe colorant jaune,
- Et un principe odorant, qui est un acide gras volatil, appelé acide phocénique.
- L’huile de baleine non épurée est de couleur orange, trou
- bld
- d’une odeur infecte. On l’épure au moyen de l’acide sulfuriq11^ mais ce procédé ne réussit pas aussi bien que pour les huiles graines. Le problème de la décoloration et de la désinfection l’huile de baleine a beaucoup occupé et occupe encore beauco les chimistes et les industriels; mais jusqu’ici on n’a pu Ie !. soudre complètement. M. Preisser et moi avons publié, en m ' un mémoire sur cette importante question. De toutes les eXJJ(e riences nombreuses que nous avons faites, il ressort cette ti vérité que, jusqu’ici, on ne connaît aucun moyen efficace d lever à ces huiles leur odeur si forte et si désagréable, U13 0 toutes les assertions contraires publiées parles journaux e ^ cueils scientifiques. Ce qu’il y a de mieux à faire, au moins çfua .fe présent, c’est de soumettre les huiles soit à l’action d’une leS f caustique froide, soit à l’action successive de la craie, de la va P. d’eau et de l’acide sulfurique, de laisser reposer et de filtrer a ¥ sieurs reprises sur du charbon animal. Par là, on obtient huile claire, presque incolore et d’une odeur moins repoussa
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- DES CORPS GRAS.
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- mais quant à l’avoir inodore, il faut y renoncer. Les épurateurs qui se vantent de livrer au commerce de l’huile complètement désinfectée se font illusion ou trompent sciemment le public. Les huiles de poisson qu’on vend comme désinfectées né sont autre chose que des mélanges d’huile animale et d’huile de graines, dans lesquels cette dernière entre au moins pour la moitié ou les tr°is quarts (1).
- Les huiles de harengs et de sardines, qu’on extrait, dans le nord de l’Europe, par la cuisson des poissons dans l’eau, sont très-colo-Çées et d’une odeur infecte. — Les huiles de morue et de raie, qu’on isole par la putréfaction des foies et par l’ébullition dans l’eau, doivent leurs propriétés toniques, suppose-t-on, aux petites quantités d’iode, de brôme, de chlore, de phosphore et de soufre qu’elles renferment. La pratique médicale en fait un grand usage depuis une quinzaine d’années. M. Preisser et moi avons trouvé un l’eu plus d’iode dans l’huile de raie que dans celle de morue (2). M- le docteur Delattre, de Dieppe, prépare maintenant toutes ces huiles de foies de poisson avec une rare perfection.
- Ou extrait encore des abattis de bœufs, de vaches et de mou-l°us, une huile blanche, inodore, très-utile dans les arts, en les disant bouillir avec de l’eau, jusqu’à ce qu’ils soient parfaitement cuits. On enlève l’huile et la graisse qui nagent sur l’eau, et on les ]eUe dans de l’eau bouillante; on laisse reposer pendant vingt-quatre heures pour que les substances étrangères les plus grosses se séparent. On soutire l’huile devenue claire : on la soumet a un second traitement semblable. Elle est alors limpide et jau-Jâtre. On la livre dans le commerce sous le nom d’huile de pieds
- boeuf.
- Lan s la prochaine leçon, j’envisagerai avec vous l’ensemble
- des
- propriétés communes aux corps gras.
- l'réfjg Nervations sur l’épuration et la désinfection des huiles de poisson.— {'}) plna ytique des travaux de l’Académie impériale de Rouen pour 1841.
- Un J, ffmen chimique de l’huile de foie de rate.—Comptes rendus de l’Institut, '•avril 1842, p. 618.
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- QUARANTIÈME LEÇON.
- QUARANTIÈME LEÇON.
- DES PRINCIPES IMMÉDIATS NEUTRES (suite).
- Sommaire.— Suite de l’étude des corps gras.—Propriétés générales. — Oléomètrt — Produits de la décomposition des corps gras par le feu : acroléine, ac‘(^ sébacique, alcool caprylique, gaz pour l’éclairage. — Huiles siccatives. — ^an' cidité. — Essais des huiles. — Des savons et de la saponification. — Prati<Iue et théorie de cette opération.
- Les corps gras, quelle que soit leur origine, ont une grande analogie de propriétés, tant physiques que chimiques.
- Tous sont incolores quand ils sont purs; mais tels qu’on les retire des organes qui les contiennent, ils ont généralement une couleur jaunâtre ou jaune-brunâtre, qui est particulièrement due à la coloration de la partie liquide ou oléine.
- Leur odeur est peu prononcée, et elle est due à un principe paI( ticulier, le plus souvent à un acide gras volatil, qui disparaît paI la chaleur. Ainsi, le beurre ordinaire doit son odeur à des trace-d'acide butyrique, les graisses de bouc et de mouton à de l’flCi“ hircique, les huiles de poisson à Vacide phocénique qui paraît ideU' tique avec l’acide de la racine de valériane, etc.
- Tous ont une densité inférieure à celle de l’eau qu’ils surna' gent toujours. Mais cette densité varie suivant chaque espec^ comme on peut le voir par le tableau suivant, qui donne le p°1( j de l’hectolitre des graisses et des huiles commerciales, récemihel1 obtenues, à la température de -f-15°.
- Huile de cachalot kilogr. 88,40 Huile de ravison
- — dp. suif 90,03 91,47 dp sésamp . . .
- — de colza d’hiver... — de baleine filtrée..
- — de navette d’hiver. 91,55 — d’œillette.........
- — de navette d’été.... 91,57 — de foie de morue..
- — de pieds de bœuf.. 91,60 — de foie de raie
- ——• dp colza d’p.t.p. 91,67 — dp. chp.npvis
- — d’avac.hidp 91,70 91,70 dp r.amplinp
- — d’olive dp. coton
- — d’amandes douces. 91,80 — de lin •
- — de faîne 92,07 Graisse de porc. .....••
- kilog1’’ 9-2,10 92,30 92,40 92,03 92,60 92,t0 92,70 92,82 93,00 93,0° 93,80
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- Ces chiffres sont empruntés à Lefebvre, ancien courtier de commerce à Amiens, excepté celui de la graisse de porc, qui est (!û à Théodore de Saussure.
- C'est sur cette différence de densité des huiles à la même température que repose le procédé de Lefebvre pour reconnaître les différentes espèces d’huiles pures ou mélangées. L'instrument inventé Par ce praticien pour prendre la densité des huiles, et quila nommé oléomètre à froid, a la forme d’un aréo-mèti’e ordinaire, si ce n’est que le réservoir cylindrique est très-grand et la tige très-longue (fig. 403). Celle-ci porte une échelle graduée sur laquelle sont inscrites c^aeUe_ es densités comprises depuis 8000 jusqu’à 9400, li-™iles entre lesquelles sont renfermées les densités des 0ltve-“
- . Perses huiles commerciales. Mais comme il eût été jmPossible de placerquatrechiffres sur l’échelle,on are- üavison.
- •’anché le premier et le dernier, pour ne conserver que sésame.. es deux du milieu, ce qui n’a aucun inconvénient, es qu’on en est prévenu. Ainsi, les chiffres de 1 ju3~ chènevis (fju a 40, placés sur l’échelle, doivent être précédés decameiine I P°Ur exprimer la densité et le poids de l’hectolitre, coton..
- La Place de l’huile de navette, par exemple, se trouve ^nombre 15 ; il faut lire alors 9150 de densité, ou
- pour le poids de l’hectolitre, ou encore 9l,ect, 15 ..
- P°Ur un litre.
- ! A la gauche de l’échelle et en face de la densité, sont ^ ^pi'its les noms des huiles. Pour la facilité des vérifi-a ions, leur place est représentée par une couleur à *
- ™ près semblable à celle que prend chaque espèee Ua l’influence de f’acide. sulfurique concentré. Ces uleurs font mieux distinguer la place où s’arrête le l'eau de l’huile sur l’instrument, quand celui-ci est * j)C°nSé dans les barils ; de cette manière, ou n’a pas SOln de retirer l’oléomètre pour connaître la densité 'Pi'imée en chiffres.
- (u lnsh’ument ayant été gradué pour la tempéra-te e ,e~|- 15°, il y a toujours nécessité de consulter la Pointure de l’huile au moment où l’on y plonge
- °^®tre, et de faire une correction au chiffre obtenu, lorsque la la Pei’ature est supérieure ou inférieure à -|- 15°. D’après Lefebvre, lièrri0llec^on Pour t°ules les huiles est de 1°,5 centigr. pour 1 mil-% densité en plus ou en moins, à partir de -}- 15°; soit 3° pour peines, 6° pour 4 millièmes, etc. Lors donc qu’une huile est à -J- 18° sité ‘S1-, l’oléomètre descend alors à 2 millièmes au-dessou^de la den-l'hun66^6* ^ Ihut donc augmenter de 2 millièmes le chiffre trouvé. Si 'érit K,est à -b 12°, l’instrument s’arrête à 2 millièmes au-dessus de la $it4 le densité ; il faut dès lors diminuer ces 2 millièmes de la den-
- ^,aPparente.
- Oleomètre de Lefebvre fournit aux commerçants un moyen prompt et
- Fig. 403.
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- commode de distinguer les huiles entre elles, et, jusqu’à un certain point, de reconnaître leurs divers mélanges (1).
- Après la densité, les propriétés physiques les plus importantes et les plus caractéristiques des corps gras sont les différents degrés de solidification des huiles par le froid, et ceux de fusion des matières grasses solides, parce que chaque espèce a un point de congélation ou de fusion qui est toujours le môme. C’est ce qu’indique le tableau suivant :
- POINTS
- de congélation.
- .. 4- 2°
- Huile d’olive...........-
- — de haleine...... 1 à 2°
- — de pieds de bœuf,
- de morue........s. — 0°
- — de dauphin......— 3°
- — de navette......— 3°,73
- — de colza...........— 6°,23
- — d’arachide......— 7°
- — de prune.......... — 0°
- — d’amandes douces
- et amères....... — 10°
- — de raisin..........— 16°
- — de faîne........— 17°,3
- — de camelinc, de ri-
- cin, d’œillette.... — 18°
- — de lin, chènevis,
- belladone, sapin. — 27°,0
- — de pin.............— 30°
- POINTS
- de fusion.
- Graisse d’homme........+
- Beurre de coco......... + 20“
- — de Galam.......21 à 2-
- Graisse de canard......+ 23°
- - de porc........ ,
- Huile d’illipé.........+ 26 a ^
- Beurre de palme récent, + 27“
- — ancien, -f- 32 a3
- Graisse d’oie........ -(-28°
- Huile de laurier.......-j- 30°
- Suif de Piney.............+35“
- Beurre de vache........+36°
- Suif de bœuf...........+ 38“
- Graisse de dindon.
- Suif de mouton....
- Beurre de cacao...
- J- 45“ -f 46“ -f- 50“
- Les marchands tirent parti des différences que présentent huiles dans leur époque de solidification pour reconnaître
- les
- _ _ le mé'
- lange de l’huile d’œillette avec l’huile d’olive. Celle-ci se concré^ complètement lorsqu’on la plonge dans de la glace pilée ; el,e se fige qu’en partie lorsqu’elle contient un peu d’huile d’eedy ^ et, si cette dernière forme le tiers en volume, le mélange gar(le ^ liquidité. Ce procédé n’est pas susceptible d’une grande P cision. ,ra.
- Les corps gras ne sont pas volatils. Ils bouillent à des temp. -tures élevées, différentes pour chacun d’eux. Ainsi, l’huile der* bout à + 265°, les huiles de noix et d’olive à + 320°. C’est cette raison que dans les laboratoires, on se sert souvent huiles poifr faire des bains-marie, en place d’eau, lorsqu on
- (f) Voir pour plus de détails mon rapport sur l’Oléomètre. (Précis de [ fl de Rouen pour 1844), et mon article Oléomètre dans la 2e édition du Die*10 des arts et manufactures, publié par M. Laboulaye.
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- DES CORPS GRAS.
- 1 S7
- dessécher les corps à une température supérieure à -f-100°. Dans ce cas, on emploie de préférence l’huile de pieds de bœuf qui se conserve toujours sans s’altérer.
- Lorsqu’on chauffe les corps gras, au contact de l’air, aune température supérieure à leur point d’ébullition, ils se décomposent, dégagent de l’acide carbonique, des gaz inflammables, une huile volatile très-âcre et très-irritante, puis ils s’épaississent, se colo-rent et s’enflamment. Brandes, qui l’a découverte en 1838, a jj0nné le nom d'acroléine à cette huile empyreumatique dont ‘ odeur si désagréable caractérise essentiellement la décomposition des huiles et des graisses par le feu. L’odeur de la friture lui est |‘ue- Dans son état de pureté, sa composition est représentée par la formule == C6H402.
- Lorsqu’on les distillé'en vases clos, les corps gras fournissent es mêmes produits, et de plus une matière rougeâtre qui reste boursouflée dans la cornue avec un peu de charbon, et une "salière huileuse abondante qui passe dans le récipient, où elle farde pas à se solidifier. Cette matière'consiste en trois acides
- > ont pris naissance aux dépens de l’oléine, de la stéarine
- gras
- |^de la margarine, à savoir : un acide liquide, appelé acide oléique; acide solide, très-peu abondant, nommé acide sébacique, et un e acide solide, cristallisant en belles écailles blanches et na-Celes> flu’on a distingué par le nom d'acide margarique. C’est *\qui prédomine dans la matière brute concrète; on I’i-facilement par la pression entre des flanelles. Les graisses aies en fournissent plus que les huiles; on retire ordinaire-,jej (‘es premières, en acide margarique pur, de 36 à 45 p. 100 ^ poids. La connaissance de ces faits importants est due à rien ^USS^ e*i Lecanu. Vous verrez bientôt que cet acide marga-e joue un très-grand rôle dans l’éclairage.
- Puis an* ^ f 'acide sébacique, le premier des acides gras connus, |>in,?Ue Sa découverte par Thénard remonte à 1801, il offre de Ppod^°ur chiiniste, parce qu’il se trouve toujours dans les distillation sèche des matières grasses qui renfer-$ur ] e i’oléine ou de l’acide oléique. L’huile de ricin, distillée Par u- a P°fasse^ en fournit, d’après M. Bouis, jusqu’à 225 gram.
- . taogramme (1). Comme cet acide est soluble dans l’eau
- tous ] °Urnta en outre, un liquide transparent, oléagineux, aromatique, qui r,Ue- Pai. es caractères généraux de l’alcool ; aussi l’a-t-on nommé alcool capryli-et nSa belle flamme quand il brûle, il pourra servir directement à l’éclai-' c°nfe rSa ‘acubê dissolvante des résines, il pourra aussi concourir utilement !4'tjusqu\ !°n 'f68 vernis. Il résulte donc de tout ceci que l’huile de ricin, qui n’a-r‘eUe q> 4 ors flu’une application médicale, devient une matière première indus-SOlllCe poui6iaSSez grande importance. La culture du ricin sera une nouvelle res-tes populations agricoles du midi de la France et de l’Algérie.
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- bouillante, on peut facilement le séparer des autres acides gras auxquels il est mêlé. Sa solution est précipitée en blanc par l’acétate de plomb.
- L’acide sébacique (C20H18O8) cristallise en belles lames nacrées et ne fond qu’à -j- 127°. Cette dernière propriété, et sa facile combustion, permettront sans doute d’en tirer un parti avantageux dans l’industrie des bougies, en l’associant à des substances plus fusibles.
- Si, au lieu de chauffer progressivement les corps gras en vases clos, on les soumet brusquement au rouge naissant, en les faisant tomber, par exemple, sous forme de filet, sur des surfaces incandescentes de coke, ils se décomposent complètement et se transforment presque totalement en composés volatils, en carbures d’hydrogène, dont le mélange peut servir et a servi, pendant quel' que temps, à l’éclairage. Le gaz de l’huile a un pouvoir éclairant trois fois et demie plus considérable que le gaz de la houille. Hne renferme, d’ailleurs, ni sels ammoniacaux ni hydrogène sulfuré C’est un Anglais, nommé Taylor, qui le premier a construit des appareils pour la distillation des huiles. Dans ces conditions, eik-fournissent jusqu’à 830 litres de gaz éclairant par kilogramme.
- Les huiles et les graisses se conservent sans altération, hors( 11 contact de l’air, pendant fort longtemps; mais, soumises à racti°n de cet agent, elles ne tardent pas à acquérir une saveur âcre, désa gréable, et la propriété de rougir le tournesol ; elles devienne rances, comme on dit habituellement. L’huile de noix se consem à peine quelques jours fraîche ; les huiles d’amandes douces d’olive résistent beaucoup plus longtemps à l’altération; l’hll|t de lin est celle qui rancit le plus tardivement.
- En même temps que ces effets se produisent, plusieurs ^ huiles végétales perdent peu à peu leur liquidité, et finissent p‘ s’épaissir tellement, qu’elles ne tachent plus le papier. Elles 1° ment alors une espèce de membrane transparente, jaunâtre, tique, qui ne se dissout que très-difficilement dans l’alcool b°“ lant. Les huiles qui éprouvent ce genre d’effet sont dites siccatives. Ce sont :
- de lin, Les huiles de pin,
- de noix, — de madi,
- de chènevis, — de raisin,
- d’œillette, — de tabac,
- de ricin, — de grand-so
- de croton, — d’épurge,
- de belladone, — de courge,
- de sapin, — de poisson.
- Cette propriété les rend très-précieuses pour la préparatm vernis et des couleurs à l’huile.
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- Les huiles non siccatives, sans présenter des changements de propriétés aussi profonds, par suite de l’action de l’air, se trouvent toutefois modifiées plus ou moins. Ainsi, elles se décolorent Progressivement et complètement, augmentent sensiblement de densité, perdent un peu de leur fluidité, laissent déposer une Matière blanchâtre, deviennent moins combustibles, et en conséquence charbonnent fortement les mèches. Il n’y a donc pas 1Cu> comme on voit, à tirer parti de ce phénomène de décolora-t|0Ih par l’air, des huiles à brûler, puisqu’elles deviennent pour nnsi dire incombustibles.
- Ln Angleterre, on a utilisé cette action décolorante de l’oxygène 'e l’air au blanchiment de l’huile de palme, qui a naturellement une couleur orangée prononcée. Dans des bassins en bois, très-!j!'ges et très-longs, mais dont la profondeur ne dépasse pas ^ centimètres et au fond desquels sont placés des serpentins en lj omb, chauffés par un courant de vapeur, on met une couche eau de 20 centimètres de hauteur, et par-dessus une couche Aude de palme de 5 centimètres d’épaisseur. On élève la tem-Pnrature de l’eau à 100°; l’huile fond, et sous la triple influence e la chaleur, de l’air et de la lumière, elle perd rapidement sa u eur en moins de dix à quinze heures. Après le refroidisse-jv?11.*'e! la solidification, l’huile est d’un blanc sale, et propre à la rication des bougies et du savon blanc. s "es divers changements produits par l’air dans les corps gras *7 dus à l’absorption de l’oxygène. Il se forme du gaz acide tonique dont le volum*> ne représente pas, à beaucoup près, v Ut 10xygène absorbé, et, de plus, comme l’a remarqué M. Che->»î J-* Sl?r *a §raisse de porc, il se forme des acides gras, oléique et Unique, des principes volatils odorants, et un ou deux acides ? s v°latils. C’est à ces derniers composés que la graifke et les
- Autres
- corps gras, devenus rances, doivent leur odeur et leur
- ---UOj UG VGLIUO / WHCCOj UU1 YV^Ut l Ci L UUUU1 L 1CUL
- l^eur désagréables. On peut rétablir les corps gras rancis dans 's qualités premières, en les épuisant par l’eau bouillante, et l’a fS tra^ant ^ froid par un peu de lessive alcaline. Du reste, non de l’air est provoquée par les matières étrangères qui toujours dans les corps gras commerciaux; car, ni la SOnt lne.’ nl la margarine, ni l’oléine ne rancissent lorsqu’elles tiiiU Ch!mi(Iuement pures, et les graisses, en général, sont d’audit moins sujettes à rancir, qu’elles renferment moins de matières V^gères.
- t0ütVSoi’Pti°n de l’oxygène par les huiles est d’abord lente, puis Iïlas$U CouP e*le se fait avec rapidité, et si elle a lieu sur des gra§ *a chaleur produite peut suffire à l’inflammation des corps arriy Jest ainsi qu’on explique ces combustions spontanées qui Cnt assez souvent dans les magasins d’huiles, dans les ateliers
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- de lampistes, et surtout dans les fdatures où l’on accumule imprudemment. des déchets de coton imbibés d’huile (1). Dans les teintureries en rouge des Indes, lorsqu’on entasse le coton huilé, il s’échauffe considérablement et s’enflamme presque toujours. Un litre d’huile de colza absorbe 14 grammes d’oxygène en quarante-cinq jours, mais l’absorption est bien autrement rapide et considérable, lorsque l’huile ofïre à l’air une grande surface par sa division dans des matières poreuses.
- On peut accélérer l’oxydation des corps gras en les mettant en présence, à une certaine température, d’oxydes ou de sels métalliques. C’est ainsi qu’on augmente la siccatibilité des huiles, et notamment celle de l’huile de lin, principal excipient des couleurs pour la peinture et les vernis gras, en la faisant bouilli1' avec 7 à 8 p. 100 de litharge en poudre fine. On l’écume avec soin, et quand elle a acquis une couleur rougeâtre, on la retire du fe11 et on la laisse se clarifier par le repos. La litharge fournil de l’oxygène, car le plomb est en grande partie réduit. L’huile est alors devenue beaucoup plus siccative; on l’appelle huile de l,n cuite.
- Insensibles à l’action de l’eau, peu solubles dans l’alcool et)er prit de bois froid, les corps gras se dissolvent beaucoup mie11' dans ces deux liquides bouillants; mais leurs véritables dissolvants sont l’éther, le chloroforme, la benzine, les essences,- le sulfm1 de carbone. Ce dernier véhicule, en raison de son bas prix,eS choisi de préférence pour extraire en grand les corps gras des m tières qui les renferment (laines en suint, laines fdées, débour rages de cardes, os de boucherie, farine des graines oléagin011. ses, etc.). C’est encore ce liquide qu’on doit employer pour l’efcSa des suifs, qui, trop souvent, dans le commerce, sont falsifiés a'c( du marbre en poudre, de la fécule, des os calcinés à blanc et p11 vérisés, etc. On traite alors les suifs soupçonnés par le sulfure carbone bouillant, jusqu’à ce qu’il ne se dissolve plus rien. T°u la matière grasse est ainsi enlevée. Le résidu est lavé avecU l’alcool chaud, puis séché et pesé. Il est bien facile ensuite ae déterminer la nature.
- M. Fauré, de Bordeaux, a reconnu, en 1839, que le chlore e‘ zeux agit bien différemment sur les huiles végétales et surleshui animales. En effet, un courant de chlore, dégagé pendant que s minutes dans une huile végétale, la décolore légèrement-n’altère pas sensiblement sa couleur, tandis que le môme gaZ> troduit dans une huile animale, la colore instantanément en m
- (I) L’incendie de la rue des Espagnols, à Rouen, arrivé le 3 janvier pia-
- occasionné par l’inflammation spontanée de chiffons gras entassés dans gasins d’un chiffonnier en gros.
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- et ce^ effet augmente graduellement jusqu’à la rendre noire. Par conséquent, cet agent peut servir avec avantage pour constater la falsification, par les huiles de poisson, des huiles de colza et de navette, employées pour l’éclairage, genre de fraude très-commun Maintenant, attendu que les premières sont bien moins chères que les huiles de graines.
- Si donc on fait passer un courant de chlore dans une huile à brûler, on y reconnaîtra tout de suite la présence d’une huile de Poisson (baleine, morue, sardine), à la couleur foncée que le gaz y développera après huit à dix minutes de dégagement. En boudant alors le flacon contenant l’huile soumise à l’expérience et hissant en repos quelques heures, la couleur brune se foncera au Point de devenir noire, tandis que l’huile ne sera pas sensiblement colorée si elle est de nature végétale, sans aucun mélange. On peut apprécier, par ce moyen, 1/100® d’huile de poisson mêlé à de
- ’buile de colza. Parmi les huiles animales, l’huile de pieds de bœuf
- et l’oléine de suif sont les seules qui ne prennent pas la couleur noire par le chlore gazeux; elles perdent, au contraire, eur couleur jaune pour devenir parfaitement blanches.
- Le chlorure de soufre exerce sur les huiles végétales une action °d curieuse, qui paraît devoir conduire à d’utiles applications Industrielles. Ainsi que l’ont constaté les premiers MM. Nicklès et cochleder,.en 18-49, ce composé épaissit toutes les huiles et les convertit môme, à froid, en un composé solide et dur, transpa-renb inaltérable à Pair et résistant à l’action des acides minéraux et alcalis assez concentrés. D’après M. Perra; qui a étudié avec soin cette singulière transformation, 5 p. 100 de chlorure de S°ufre épaississent fortement l’huile de lin sans la durcir, 15 à 20 [!' 1Q01a changent en une matière solide et plastique, 25 p.,100 lui °ntacquérir le maximum de dureté. Si lorsque les deux liquides a°nt Mélangés, on coule le mélange sur une lame de verre, en L'Ç'ques minutes on obtient une plaque solide et transparente
- ^’on
- couch
- Peut enlever d’une seule pièce. En superposant plusieurs r es, on peut avoir desplaques assez épaisses pour en faire des U ni S C^e couteau, des boîtes, des rouleaux d’imprimerie, etc. est | 0rure de soufre qui produit les meilleurs effets est celui qui Co ,e. Plus saturé de soufre. Il est bien probable que c’est à la kin )lna's°n de ce métalloïde avec les huiles qu’il faut rapporter cuflcation chimique qu’elles éprouvent. Vous verrez plus tard
- que le Les
- caoutchouc est dans le môme cas.
- ç '-s acides énergiques produisent dans leur contact a\ec les Ù|LS gras des phénomènes intéressants.
- d ° L’acide sulfurique concentré mêlé peu à peu avec le double li(e Sori poids d’huile d’olive plongée dans un mélange réfrigérant,
- ' c°uvertit en de nouveaux composés acides, plus ou moins ana-
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- 192 QUARANTIÈME LEÇON.
- logues à ceux qui prennent naissance sous l’influence de la cha- 1 leur et des alcalis. Le mélange étant laissé en repos pendant vingt-qnatre heures, on trouve que la masse est devenue en grande partie soluble dans l’eau. L’industrie a profité de ces faits, signalés en 1837 par M. Fremy, ainsi que je vous le montrerai bientôt.
- En 1841, M. Heydenreich, de Strasbourg, et après lui Lefebvre, d’Amiens, ont proposé l’emploi de l’acide sulfurique pom distinguer les diverses espèces d’huile les unes des autres, en raison des effets de coloration qu’il produit sur chacune d’elles Lorsqu’on ajoute une goutte de cet acide concentré à 8 ou F gouttes d’une huile quelconque, déposées sur un verre blanc re- j couvrant une feuille de papier, on voit presque aussitôt apparaître une coloration qui varie avec l’espèce d’huile employée. Ainsi :
- L’huile d’olive offre une teinte jaune prononcée, devenant peu ù PcU verdâtre.
- — d’arachide offre une teinte jaune d’un gris sale.
- — de sésame — teinte d’un rouge vif.
- — de colza — auréole bleu verdâtre.
- — de navette — teinte de gris sale.
- — de cameline — teinte jaune, puis orangée.
- — de faîne — auréole d’un gris sale, puis verdâtre aveC
- stries jaunes au centre.
- — d’œillette — teinte jaune pâle avec contour gris sale.
- — de chènevis — teinte d’émeraude bien prononcée.
- — de lin — teinte rouge brun passant bientôt au bu1
- noir.
- — de coton — teinte jaune avec stries brunes au centre-
- — de baleine — teinte d’un rouge brun foncé.
- Mais ces nuances ne sont pas toujours aussi tranchées que J1 l’indique ici, et d’ailleurs, pour chaque huile, le lieu de Pr0 venance, l’ancienneté, le mode d’extraction, sont autant de caU ses qui modifient les effets du réactif; aussi ne faut-il pas attach à ces indications une confiance absolue, surtout lorsqu’ils^ de prononcer sur le mélange des huiles les unes avec les autî'eS'
- MM. Marchand, Maumené, Behrens, Calvert, en employant d uiu autre manière le môme acide, soit seul, soit associé à l’acide aZ° tique, ont constaté certaines réactions qui peuvent aider à dl tinguer et à spécifier quelques huiles. Le temps ne me per111 d’entrer dans aucun détail à cet égard (1).
- 2° L’acide azotique concentré opère sur les corps gras coflin_ agent d’oxydation, et les convertit, comme nous l’ont apP. Laurent, Broméis et Tilley, en acides nombreux, plus ou m01
- (I) Voir Journal cle pharmacie et de chimie, 3e série, t. XXIV, p. 2G7-3jI>
- t. XXV, p. 50-2KM 48.
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- DES CORPS GRAS.
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- 'olalils, parmi lesquels se trouvent les acides acétique, formique, butyrique, sébacique, etc.
- 3° L’action de l’acide hypoazotique sur les huiles est si remarquable, que je dois vous la faire connaître avec soin. C’est M. Félix Loudel qui l’a étudiée en 1832.
- foutes les huiles non siccatives se solidifient en plus ou moins de temps, à la température ordinaire, avec 1/200 à 3/100 de eur poids d’acide hypoazotique. Elles se trouvent alors conver-l,es en un principe immédiat gras, nouveau, nommé élaïdine. Les unies siccatives, au contraire, conservent leur liquidité, à l’excep 10n de l’huile de ricin, qui est changée en un principe immédiat ^rasj solide, nommé palmine.
- M- Félix Boudet a tiré un parti avantageux de cette action dif-urente de l’acide hypoazotique sur les huiles, pour reconnaître ubaude qu’on exerce sur l’huile d’olive au moyen de l’huile de pdVot °u huile blanche et quelquefois de l’huile de faîne.
- Comme l’huile d’olive pure est solidifiée complètement après, j uiinutes de contact avec l’acide hypoazotique, et que les Uiles de pavot et de faîne restent toujours liquides, il en ré-I ,e que quand une huile d’olive sera mélangée d’une de ces I es, sa solidification sera retardée, et qu’elle le sera d’autant 1 y aura plus d’huile étrangère.
- °*ci comment on opère :
- Cn introduit dans deux petits flacons de même dimension (flacons à ^ opodeldoch) 100 parties d’huile d’olive parfaitement pure et U Paî’fles de l’huile qu’on soupçonne altérée; on ajoute, dans chaque li 0IL un mélange de 3 parties d’acide azotique à 35° et 1 partie d’acide I îpoazotique. On note exactement le moment du mélange de l’acide avec lu 1, » °n agite bien, et on abandonne les flacons dans un lieu où la ]’l pGrature reste à-f-10° autant que possible, en ayant soin d’observer j]a ant °ù l’huile est assez épaissie pour qu’on puisse renverser les Smm Sa.ns a^^rer le niveau de la surface. qUe j1 u’le d’olive qu’on essaie est pure, elle se solidifie en même temps Ceue qu’on a prise pour point de comparaison.
- 40 se solidifie
- 90 ^utes plus tard que l’autre, si elle renferme 1/100® d’huile de pavot, Au |} > — si elle renferme 1/20e »
- u d’un temps beaucoup plus long quand elle en renferme 1/10.
- PleinS GxPai‘ences de Soubeiran et de M. Blondeau n’ont pas confirmé le|G enaenf les résultats obtenus par M. Boudet. Elles ont montré que et q *ps Nécessaire à la solidification change avec chaque variété d’huile, que ®°uvent des huiles pures se prennent en masse solide plus tard pn huiles adultérées.
- quepPI°cadé plus sûr consiste dans l’emploi de l’azotate de mercure ulet> de Marseille, a conseillé des 1819. On prend 0 parties de mer-
- n.
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- QUARANTIÈME LEÇON.
- cure et 7 parties 1/2 d’acide azotique à 38°. La dissolution se fait spontanément et sans autre chaleur que celle produite par la combinaison. Le produit est un mélange d’acide azotique, d’acide hypoazotique, de proto-azotate, de deutoazotate, et sans doute d’azotite de mercure.
- On mêle dansun flacon 8 gram. de ce réactif et 96 gram. d’huile ; on secoue fortement le mélange de dix minutes en dix minutes pendant deux heures et demie, et on laisse en repos. Il estbon d’opérer dans une cave a une température constante. — Si l’huile d’olive est pure, elle se concrète en trois ou quatre heures en hiver, et en six ou sept heures en été ; sa surface est lisse et blanche. On reconnaît que l’huile d’olive est falsifié; lorsqu’après six à sept heures d’attente, le mélange n’est pas congeh ou que la congélation n’est que partielle : 5 centièmes d’huile de graines font prendre à la surface congelée une configuration en choux-fleuib 10 centièmes, une consistance de miel ou d’huile figée. Au delà de ce»1 proportion, une portion d’huile surnage le mélange, et est d’autant pb) abondante que l’huile d’olive contenait plus d’huile étrangère. — nf! convenable d’attendre vingt-quatre heures, avant de se prononcer deu-nitivement.
- Le seul inconvénient de ce moyen d’essai est d’exiger que la dissol1)' tion mercurielle ait été récemment préparée ; faute d’observer cette pj^' caution, la constitution du réactif change, sans même qu’il y ait crist sation ; dès lors, les résultats qu’il donne sont incertains. Lorsque 1’“^ tate de mercure cristallise peu de moments après la dissolution du n)0 cure, il faut recommencer, et n’emplover jamais que le réactif li<Iul“
- Les derniers agents que nous ayons à mettre en contact avec corps gras, ce sont les oxydes métalliques, dont les réaction
- servent de base à deux industries considérables : une déjà 311
- c’es1
- cienne, c’est la fabrication des savons; l’autre, toute récente la fabrication des bougies stéariques. L’importance de ces pro d’un usage presque universel, m’impose l’obligation de vous parler avec quelques détails..
- 1° DES SAVONS.
- duits-
- e»
- Les bases métalliques puissantes, mais surtout les alcalis»00 muniquent par l’ébullilion, ou par un contact suffisamment P longé, aux huiles et aux graisses de nouvelles propriétés, et ment avec elles des composés salins qu’on désigne sous le 1 ^ générique de savons. L’acte dans lequel ces composés sont P duits s’appelle saponification. . e
- Trois sortes de corps sont nécessaires à la saponification :1 base salifiable puissante, comme la potasse, la soude, la 0 . e l’oxyde de plomb, l’oxyde de zinc, etc.; 2° de l’eau; 3° un p1,n gras de la nature de la stéarine, de la margarine et de roléme-Les corps gras qui se saponifient le mieux sont : 1° ^es d’olive, d’amandes, d’arachide, de sésame, de coco, de PaJ jj; 2° les graisses animales (suif, axonge, beurre, huile de ollt ‘
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- DES SAVONS.
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- 30 les huiles de graines, c’est-à-dire les huiles de colza, de navette, d’œillette, de chènevis ; -4° enfin, les huiles de poisson.
- On peut partager les savons en deux grandes classes : les savons solubles dans l’eau, qui sont produits par la potasse et la soude; et ^savons insolubles, qui sont formés parles autres oxydes mé-tâ'liques. Les savons à base d’oxyde de plomb sont connus sous 'enom spécial à'emplâtres.
- Les savons solubles, qui sont les seuls employés dans l’industrie et l’économie domestique, sont tantôt durs et tantôt mous. Les premiers sont obtenus avec la soude et les huiles d’olive, d’amendes, d’arachide, de palme, de coco, le suif et les autres graisses. En France, en Italie, en Espagne, on se sert surtout dhuile d’olive de qualité inférieure; en Angleterre et dans le nord je l’Europe, où cette huile manque, on la remplace par le suif ou agraisse. — Quant aux savons mous, ils sont préparés avec la po-,lsse et les graisses, ouïes huiles de graines.
- Lans le commerce français, il y a maintenant deux sortes de sa-'°ns durs : les savons à Vhuile d’olive, façon de Marseille, et les sa-unicolores fabriqués avec les huiles de palme, de coco, l’acide ?îue,.etc. Occupons-nous d’abord des premiers, dont la prépa-
- mtion
- est plus difficile.
- ;• Sapons de Marseille. — Les huiles qu’on traite sont celles I °n désigne sous le nom de recenses. Les lessives caustiques avec ja pelles on les fait cuire pour les saponifier sont préparées avec deSj0ude brute artificielle que l’on caustifie à froid par le moyen o '1 chaux vive. Voici comment on procède à cette première dation :
- ^“ude, réduite en poudre grossière, est incorporée avec le tiers en-lauep son poids de chaux éteinte, contenant 30 p. 100 d’eau. Le mé-i doi ^posé, sur un lit de paille, dans des cuviers en bois ou eu fonte
- qUe U j|e fond percé de plusieurs trous, et recouvert d’eau de manière 4Co ,e~ci s’élève à 10 centimètres au-dessus. Après quelques heures fond c’ 011 Eusse couler la lessive par le robinet placé sous le faux-Hen'j ,eEe première lessive est très-concentrée; elle marque ordinairement ^ 250 * Earéomètre. On fait un second lessivage du marc avec htion d°auque la première fois, et après un temps suffisant de macé-vecueille à part cette seconde lessive qui porte de 10 à 13°. Un Hq 10 lavaSe fournit une lessive ne marquant plus que de 4 à 8°. l’eau5 épuiser totalement le résidu, on ajoute encore une fois de cehe-ci est mise de côté pour servir au premier traitement U "^'e™ mélange.
- mèred'°ni ,tion l’huile comprend deux ép'oques distinctes, la pre-°ü cu{(eeSlgnée sous Ie nom à'empâtage, la deuxième sous celui de coction
- cbaudière dans laquelle on opère a la forme d’un tronc de cône ren-
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- QUARANTIÈME LEÇON.
- versé terminé par un fond hémisphérique à sa partie inférieure (fig. 404). Cette partie qui est seule en contact avec le feu, est en fonte ou en forte tôle, et porte dans son centre un tuyau à robinet, nommée épine, qul permet d'en faire sortir les liquides ; la partie conique supérieure est le plus souvent en douves de bois cerclées et est enclavée dans une maçonnerie solide. Cette chaudière peut contenir jusqu’à 12,000 kil. de savon.
- On y introduit d’abord 31 hectol. 1/2 de lessive à 10°; on porte à l’ébullition, et on y verse en plusieurs fois 6,000 kil. d’huile en soutenant l’action de la chaleur ; bientôt l’huile perd sa transparence et forme avecIe liquide alcalin une sorte d’émulsion blanche, qui, peu à peu, acquiert de la consistance et de l’homogénéité. Lorsque cet empâtage est complet, on procède au relargage qui a pour effet d’enlever au mélange la tropgrandc quantité d’eau qu’il renferme; on y arrive, en ajoutant en plusieurs fo's de la lessive forte, et en dernier lieu une lessive chargée de sel marin On a soin de brasser continuellement au moyen d’un redable, planche en bois de noyer traversée par un manche de 6 à 6 mètres de long [fig-L’émulsion savonneuse avec excès d’huile, qui s’était formée, ne pcut=e dissoudre dans la lessive salée ; elle lui cède la plus grande partie de son eau, et se rassemble à la surface sous la forme d’une pâte consistante colorée. On laisse alors tomber le feu, et, après quelque temps de repos. ouvre Yépine pour laisser écouler trois fois plus de liquide qu’on n’en 3 ajouté pour le relargage.
- On pratique alors la coction en faisant bouillir le savon imparfait a'Cl de nouvelles lessives douces et concentrées, mélangées vers la fin avecde-lessives salées. La saponification s’achève; le sel marin contribue à ^ tracter la pâte et à la réduire en grumeaux. Pour les doses indiquées f dessus, on consomme ordinairement, pour effectuer la cuite, 3,500 ,
- de soude douce et de soude salée ou bourde. — On reconnaît que le s®3 est parfaitement saturé à ce qu’il se dissout complètement dans Ie chaude, sans laisser d’yeux à sa surface, et que la pâte, comprimée en le pouce et l’index, résiste à la pression et forme une plaque solide- ^
- On remet alors le savon à sec en épinant; il est d’un bleu fonce> rant sur le noir; il ne contient que 16 p. 100 d’eau. Sa couleur est ^ à l’interposition dans sa masse d’un savon à base d’alumine et de p1^ oxyde de fer, mêlé de sulfure de fer, qui proviennent de la soude e. Ployée. f
- Pour convertir ce savon en savon blanc, on le délaie peu à peu ^ des lessives faibles, à une douce chaleur. C’est là un travail pénibl^ , longue durée, à cause de l’état épais de la pâte ; on le connaît sou nom de liquéfaction; on l’exécute en brassant continuellement la avec le redable, en même temps qu’on y incorpore de petites Qua .jiell de lessive à la fois. C’est un ouvrier, pieds nus et debout sur le 1111 ^ d’une forte planche placée en travers sur la chaudière (fig- 404), 1U'. j, mouvoir le redable, en l’enfonçant jusqu’au fond et relevant jusqu‘ surface la planche qui en garnit l’extrémité (1). Lorsque la pâte & I venue homogène, on la maintient fluide par un peu de feu sous lac
- (l) Le travail de la liquéfaction du savon est aussi pénible que dangereU?troil, causé la mort de bien des ouvriers. Ceux-ci, placés sur un madrier assez
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- DES SAVONS. 197
- ^re, qu’on couvre, et on laisse reposer. Le savon alumino-ferrugineux noirâtre, n’étant pas soluble dans le savon à cette température, s’en séparé et tombe au fond de la chaudière. On puise alors la pâte du sa-
- Fig. 404.
- Fig. 405.
- n0ji ^ est devenue parfaitement blanche, avec des poches en cuivre bois o G6S P°^ou {fig- 405), et on la coule dans des moules ou mises en soijq U Gn P'erreJ de très-grandes dimensions ; elle s’y prend en masses lajr^s Par Ie refroidissement. On la découpe ensuite en pains rectangu-p0lJie ^ à 25 kilog., qü’on nomme savon en table.
- 1 transformer le savon bleu-noir, non en savon blanc, mais en
- “H
- essus o* 1
- He8qUe 1 Une chaudière de 5 mètres, contenant jusqu’à 12,000 kil. de savon I*li'tètenir°Ui^?n,;’ 0n^ beaucoup d’efforts à faire pour mouvoir le redable, et se ‘lui s’y . en équilibre sur une surface rendue glissante par la lessive et le savon d^dière Unfnt Projetés. La moindre négligence peut les faire tomber dans la )e'nture c U ^lcÇl avait proposé un appareil de sauvetage bien simple; c’est une , ^1 est att*nVf’un crochet à ressort dans lequel passe une corde dont l’autre de C(1- ® a un crochet en fer très-solide pouvant glisser, au moyen d’un
- ^Pareil q,1Vre,su‘'une barre de fer transversale fixée au plafond de l’atelier. Cet
- I Pas éricn. ^ ^ne en r‘en les mouvements et peut prévenir tous les accidents, * banque ad°pté dans les savonneries, tant sont grands l’insouciance et 'abituel de précautions qui caractérisent la classe ouvrière !
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- f&r
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- QUARANTIÈME LEÇON.
- savon marbré ou madré, on incorpore dans la masse savonneuse, »u moyen du redable et sans le secours de la chaleur, assez de lessive de force moyenne pour que le savon ferrugineux, au lieu de se précipite1' complètement, comme dans le cas précédent, se distribue au milieu de la pâte, en veines ou stries plus ou moins grandes, de manière à formel' une espèce de marbrure ou madrure bleue ou rougeâtre sur un fond blanc. Le madrage est une des opérations les plus délicates de la fabrication, car si le savon est trop délayé ou se refroidit trop lentement, h matière colorante s’isole et tombe au fond de la chaudière, et alors b pâte reste blanche, ou si, au contraire, le savon n’est pas assez délaye ou se refroidit trop vite, la matière colorante ne peut se rapprocher pou1’ former des marbrures, et alors elle reste disséminée en petits grains dans toute la masse. — Quoi qu’il en soit, lorsque la pâte est amenée au point convenable, on la coule dans des mises, et quand elle est tout a fait durcie, on la découpe en briques de 15 à 20 kilogrammes.
- Dans les grandes savonneries, on estime que 3 kilog. d’huile d’olive fou1’ nissent 5 kilog. de savon marbré, et seulement 4kil,5 de savon blanc.
- Afin que le savon ne soit pas trop ferme et grenu, on ajoute habituelle ment aux huiles d’olive environ 1/10 ou même 1/5 d’huile de graines,ce qui rend, comme l’on dit, la coupe du savon douce, en diminuant ?a consistance. A Marseille, du reste, c’est rarement de l’huile d’olive seu qu’on emploie actuellement; on y associe plus ou moins d’huile de same ou d’arachide.
- B. Savons unicolores. — Depuis une vingtaine d’années, on prj pare des savons unicolores avec les huiles de palme, de c°c0> a sésame, d’arachide, l’acide oléique, les suifs d’os, les graisses toutes sortes, soit seules, soit mélangées entre elles en pr°P. tions très-variables. (|C
- Tantôt, on opère avec ces corps gras par voie d'empâtage^ relargage et de coction, c’est-à-dire par le procédé marseilla1S’ procédé de la grande chaudière ; dans ce cas, les produits obte ^ diffèrent peu, sous le rapport de la composition, des savons pl cédents, mais ils s’en distinguent par la couleur et l’odeur, bonnes qualités d’Elbeuf et de Rouen sont très-dures et renfe*’111
- moins d’eau que les savons marbrés. Elles ont sur ceux-ci
- Pava»;
- tage de se dissoudre bien plus facilement dans l’eau; leur emp est donc plus commode et plus économique. jje
- Tantôt, et plus souvent môme, on suit un mode qu’on apP * procédé par empâtage on ci froid, parce que la saponification a b une température moins élevée, et aussi procédé de petite c dière, parce qu’en général on opère dans des vases de diai6nS ^ comparativement peu considérables. Ici, on ne fait plus usage soudes brutes, mais bien de sel de soude, pour faire les les?1 on concentre celles-ci pour que, par le refroidissement, ^ marin et le sulfate de soude s’en séparent en cristallisant; lution alcaline décantée est alors très-pure. 0j
- On fait fondre à part un poids déterminé des corps gras>
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- 'joute en une seule fois la quantité de lessive chaude nécessaire "la saponification ; on cuit plus ou moins et on coule en mises. Le savon, solidifié par le refroidissement, retient toutes les impurs des corps gras et des lessives, beaucoup d’eau et presque tou-jours un excès d’alcali ; il est donc moins dur que les savons faits -"r lessives ; il éprouve un retrait considérable par la dessiccation '* *’air; il se couvre de nombreuses efflorescences salines, et, somme, bien que vendu à un prix inférieur, il ne présente aucun avantage économique. — On a trouvé nombre de savons de c‘clte sorte qui renfermaient jusqu’à 75 p. 100 d’eau. L’huile de coco a surtout la remarquable propriété de former des savons res-hydratés, et de communiquer cette même propriété aux 'lutres corps gras; aussi les petits fabricants de savons, dits économiques, en ont-ils abusé !
- u ^ Savons mous. — Dans tous les pays où l’huile d’olive est à I Prix élevé, et où la potasse se trouve en plus grande abon-,^nce flue la soude, comme en Picardie, en Flandre, en Hollande,
- I abrique beaucoup de savons mous avec les huiles de chènevis, ulette, de colza et de navette. Leur préparation est très-simple. i"t bouillir les huiles dans des chaudières en fer de moyenne Pacité, à fond conique, avec des lessives caustiques de potasse L 0n y introduit à trois reprises, en commençant par les plus r es- Lorsque le mélange est bien homogène et demi-transpa-e$( °n concentre pour en séparer l’excès d’eau ; puis, quand il desClllt> c’est-à-dire en consistance convenable, on le coule dans tonneaux pour le livrer au commerce, bit Ssavons mous sont verts ou noirs. Ils sontver^s quand on les cuis-1'GC (^6S L>u'*es jaunes, et qu’on y a ajouté, vers la fin de la ern j011’ un peu de dissolution d’indigo. Ils sont noirs quand on soif!016 ^’Luile de chènevis, ou qu’on les colore artificiellement, de laV6C-Un P611 sulfate de cuivre, soit avec du sulfate de fer, H0ü 110lx tle galle et du campéche. Dans tous les cas, ces savons satl)S ^"ferment toujours plus d’alcali qu’il n’en faut pour la retés l°n Let de plus, ils retiennent toutes les impu-qüe j, es corps gras, toutes celles qu’a apportées l’alcali, ainsi et(le<l ^c^nei Lun des produits de la saponification des huiles Les ê';aisses> ainsi que je vous l’exposerai dans un instant. rend Savons mous sont transparents ou translucides; maison les qui 0r*aciues en ajoutant seulement 10 p. 100 de graisse à l’huile
- E°erl à leur fabrication.
- l’hnii ‘Hgleterre, le savon mou est fait avec la potasse, le suif et En Nde balef'?e.
- iïious 0r,Iïlan<die, à Elbeuf, à bouviers, à Rouen, on fait des savons 0n durcit en y introduisant une certaine quantité de ré-
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- QUARANTIÈME LEÇON.
- sine. On en consomme aussi beaucoup en Angleterre, mais on y emploie surtout l’huile de palme. Enfin, on prépare un savon de qualité inférieure, mais très-bon pour le dégraissage des laines et des draps, avec des matières grasses de rebut, telles que *e flambart (graisse qui se rassemble à la surlace de l’eau des chaudières où les charcutiers font cuire leurs viandes), le suif d’os» les cretons de suif, les débris de matières animales (draps, laines, etc.), les marcs d’huile, etc. Ce savon, d’odeur désagréable, est plus ou moins pâteux.
- D. Savons à froid. — Quelquefois la saponification s’opère sans l’intervention de la chaleur; c’est ce qui a lieu surtout pour certains savons de toilette et pour le savon employé en médecine sous le nom de savon médicinal.
- On prépare ce dernier avec 10 parties de lessive de soude à 36° et 21 parties d’huile d’amande douce filtrée. On incorpore peu3 peu la lessive dans l’huile par l’agitation qu’on continue jusqu’à ee que toute la masse soit parfaitement homogène. Lorsqu’elle a prls la consistance du beurre mou, on la coule dans des moules e'1 faïence où on la laisse durcir pendant un mois environ. Ce savon est très-blanc et non caustique.
- Les savons de toilette sont à base de soude ou à base de potasse, ils exigent des soins particuliers et la plus grande pureté dans le-matières employées. Ceux à base de soude sont fabriqués avec
- huiles d’amandes douces ou amères, de noisette et de palme, le saindoux, le suif ou le beurre. Ceux à base de potasse ne s
- les
- avec
- ofll
- tant
- faits qu’avec le suif et les graisses. Ces savons doivent être, au que possible, dégagés d’alcali; on y incorpore souvent des ^ tières mucilagineuses. On brasse aussi un peu plus vivement -matières, vers la fin de l’opération, et cette manœuvre leur 1 acquérir de la blancheur et une plus grande légèreté. On les n matise toujours, soit en y incorporant des poudres odorantes,s en y ajoutant des essences. ^
- Le savon d3amandes amères est surtout très-recherché à cause son odeur, et parce qu’on se figure généralement qu’il entre û j sa composition de la pâte d’amandes, et, par cela même, î doit être plus doux à la peau que les autres savons par|’unlj1] C’est une erreur; il ne diffère en rien par sa fabrication; c’es beau savon blanc aromatisé avec de l’essence d’amandes ame ^ Le savon de Windsor, qui jouit aussi d’une si grande renom* est un savon de suif de mouton aromatisé et coloré. On leprO j actuellement en France aussi bien qu’en Angleterre, et, Polir bidonner un cachet étranger, on y met tout simplement une quette anglaise. ^
- La poudre de savon pour la barbe n’est autre chose 4U
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- DES SAVONS. 201
- mélange, à parties égales, de belle farine de blé et de savon blanc desséché et pulvérisé, qu’on aromatise ensuite avec une huile essentielle ou une poudre odorante quelconque. Les compositions lue l’on vend sous les noms de soponine et de gantéine, pour le nettoyage des gants de peau, consistent tout simplement en savon ancen pâte et aromatisé.
- Jusqu’en 1814, époque des beaux travaux de M. Clievreul et de 'nconnot sur les huiles et les graisses, on croyait que ces corps ç'ras se combinaient directement et intégralement avec les alcalis pour constituer les savons. Aujourd’hui, on sait qu’il en est tout ai)treinent. Pour vous aider à bien comprendre la théorie de la Saponification, je vais d’abord vous faire connaître les produits C1U1 prennent naissance dans cette opération.
- ha stéarine pure, mise en contact avec les alcalis, dans des conditions convenables, se saponifie, c’est-à-dire se transforme en je banque et en glycérine.
- 7? margarine, dans les mômes circonstances, se dédouble en I ^ rnargarique et en glycérine.
- oléine donne lieu, de son côté, à de Vacide oléique et à de la Wrine.
- J: lucides stéarique et rnargarique sont solides, blancs, en 1 ‘tesaiguilles brillantes et entrelacées; ils sont insolubles dans n/U’ mais très-solubles dans l’alcool bouillant; ils rougissent à s ,.ne Ie tournesol ; ils forment avec la plupart des bases des sels' «es, neutres ou acides; ils ont la combustibilité des corps gras
- et fondent :
- L’acide rnargarique à.......-f- 60°
- L’acide stéarique........... -j- 70°
- . i
- &b$Cl(*e °^9ue a l’aspect d’une huile incolore ; à quelques de-t}-,- dessous de 0, il se prend en une masse blanche formée ‘ûaisi GS‘ ^ a ^es autres caractères des acides gras précédents, Cf Se^s lJuf°rme avec potasse et la soude sont plus so-Ce.s ( ans l’eau que les stéarates et margarates des mômes bases. aci(fes sont représentés dans leur composition par les for-essuivantes :
- En combinaison A l’état de liberté,'
- i . avec les bases. c’est-à-dire hydratés.
- Clde rnargarique.. C34H3303 ....... C34H3404 = C34li3303,H0,
- " stéarique.... C68fl6605 ....... C68H6807 = C68I16605,2H0,
- ~~ oléique...... C36H3303 ......... C36H3404 = C36H3303,H0.
- cide une relation remarquable entre la composition de l’a-ar‘que et celle de l’acide rnargarique. Ce dernier est plus
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- oxygéné, et on peut les représenter tous deux comme des oxydes différents d’un môme radical; ainsi:
- 1 équivalent de margaryle.. C34I133 -f- O3 = acide margarique.
- 2 équivalents de margaryle . C6SH66 -j- O5 = acide stéarique.
- Aussi les corps oxydants, l’acide azotique par exemple, changent l’acide stéarique en acide margarique; c’est ce qu’explique l’équation suivante :
- Ac. stéarique hydraté. Ac. margarique hydraté.
- C68H6807 + O = 2(C34H3404).
- La chaleur produit également cette transformation, puisque'1 distillant de l’acide stéarique à 300°, on obtient de l’acide marga-rique, en môme temps que quelques autres produits peu impu1' tants. Voilà pourquoi, dans les produits de la distillation sèche de corps gras de nature animale, on ne trouve pas plus d’acide stéarique que dans ceux de la distillation des huiles végétales.
- 2. La glycérine, qui se forme toujours en môme temps que acides précédents dans l’acte de la saponification, est un coip neutre, ni gommeux, ni gras, liquide, incrislallisable, sans odeur, d’une consistance sirupeuse, et d’une saveur sucrée : voilà p°ur quoi Schèele, l’auteur de sa découverte (1779), lui donna le b° de principe doux des huiles. Elle est très-soluble dans l’eau, da l’alcool, le vinaigre; elle dissout la plupart des corps que 1 et les huiles peuvent dissoudre; elle est légèrement hygroiu^ que; elle se mêle en certaines proportions avec l’axonge et corps gras; elle n’est pas susceptible de rancir ni de fermée spontanément. Elle est inflammable sur les charbons presq^1 la manière des huiles. Elle ne s’évapore point au contact dejal Elle mouille les corps, les lubréfie, les assouplit, sans les graisS Elle est décomposée par la chaleur, et l’un des produits de . décomposition, est \'acroléine. Elle se combine directement a les acides sulfurique, phosphorique, tartrique, etc., et donne acides complexes (sulfoglycérique, etc.), qui forment avec bases des sels cristallisables. MM. Pelouze et Berthelot sont par nus à la combiner à tous les acides gras, avec lesquels elle P.£S duit des corps gras neutres identiques à ceux qui constituer huiles et les graisses; c’est ainsi qu’avec l’acide stéarique, ^ reforme de la stéarine ; avec l’acide margarique, de la margar* j avec l’acide oléique, de l’oléine, etc. Mais, au moment où elle s r à ces divers acides, elle abandonne un équivalent d’eau.
- Libre ou sirupeuse, elle est représentée par la formule... C6^s’
- Anhydre, telle qu’elle est combinée aux acides........flO'
- d’où il suit que la formule rationnelle de la glycérine libre = C6H u ’
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- Depuis 1852, grâce à MM. Cap et Garot, cette singulière sub-stance, qui jusqu’alors n’avait-reçu aucune application sérieuse, présentée comme un excipient précieux qui réunit à la fois a plupart des propriétés qui caractérisent deux véhicules en Quelque sorte antagonistes, l’huile et l’eau. Aussi la pharmacie, la vétérinaire, la médecine, la chirurgie, la parfumerie, en font-ils Maintenant un fréquent emploi. Comme elle lubréfîe et assouplit es tissus organiques, elle s’est montrée favorable dans la plupart ^es affections de la peau, et on la regarde comme le meilleur ,es c°smétiques. On la fait entrer dans les savons de toilette. On ien sert encore pour faciliter le tissage des étoffes, pour main-CIllr à l’état de souplesse la terre des mouleurs et des sculpteurs, U]iefoule démordants et de couleurs d’application, pour lubréfier es 0rganes mécaniques, pour rendre la surface du papier suffiraient absorbante afin qu’on puisse y imprimer à sec les cou-eurs> etc. ; applications qui se multiplient chaque jour et qui Promettent un avenir presque indéfini à l’emploi de cette cu-rieuse substance.
- Munis des connaissances précédentes, nous pouvons aborder Mntenant la théorie de la saponification.
- dnscet acte, on a constaté qu’il n’y a ni absorption ni déga-tousent d’aucun gaz; l’air n’intervient nullement ; de sorte que Yes éléments des corps gras se retrouvent en entier dans les d’ha S *a saPonificafi°n' — Lorsqu’on chauffe le mélange ue ou de graisse et d’oxyde métallique, les éléments des f,ern ^Pas’ Réarme, margarine et oléine, éprouvent un chan-»] ®n.t d’équilibre et se trouvent convertis en acides gras et en pr rine; Les acides, en se combinant à l’oxyde métallique qui a dne 0<^ *6Ur formation, forment le savon, tandis que la glycé-reste en solution dans l’eau.
- aïs il y a une autre manière d’interpréter les phénomènes, har eSt beaucoup plus simple et qui semble aujourd’hui plus en de i 0n,Y a.vec^es vues philosophiques qui prédominent à l’égard Y),. lmie organique.
- des leu regarder la stéarine, la margarine et l’oléine, comme qUes^'.lncipes immédiats neutres, comme des éléments organi-fy/tfiY'Slrn^es’ on Pen^ ^es coris'dérer comme dq véritables sels an-c°rnr)S’ ,Yrrnés d’acides gras et de glycérine anhydre. En effet, la ^at S1^l0n des trois.principes gras représente des stéarate,mar-Par le ^ °^aie de glycérine anhydre, ainsi que vous pouvez le voir s équations suivantes :
- Stéari
- nie
- Acide stéarique. Glycérine anhydre.
- C74H73010 = C68H6605 4- ’ C6H705.*
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- Ac. margarique. Glycérine anhydre.
- Margarine.... C40H40O8 = C34H3303 + C6H705
- Acide oléique. Glycérine anhydre.
- Oléine.......C42H4008 = C36H3303 + * C6H705
- Dès lors, pendant la saponification, l’alcali ne fait que détruire la combinaison préexistante des acides gras et de la glycérine, en substituant une base puissante, potasse ou soude, à une base plus faible, la glycérine. Il en résulte des stéarates, margarates, oléates alcalins, tandis que la glycérine anhydre, au moment où elle se sépare, se combine à l’équivalent d’eau pour former la glycérine sirupeuse
- Margarine ou margarate de glycérine. Margarate de potasse. Glycérine sirupeuse'
- (C34H3303 4- C6H705) + KO,HO = K0,C34H3303 4- C6H7O5,H0.
- La glycérine, en devenant libre, fixe une proportion d’eau, ^ même que dans la décomposition d’un sel métallique par un® base, l’oxyde qui se précipite entraîne de l’eau en combinaison forme un hydrate. }
- Ce qui prouve qu’il y a de l’eau fixée dans l’opération, que la somme des poids de la glycérine et des acides gras produi j est de 4 à 5/100 plus forte que le poids des corps gras qui 01^ servi à les former. Et, en effet, d’après M. Chevreul, 100 parlie de graisse de mouton donnent à la saponification :
- Acides gras secs............... 92,978
- Glycérine...................... 8,000
- 100,978
- Il résulte donc de ce qui précède, que la saponification ne ser®' autre chose que la décomposition d’un sel gras par une base sa fiable qui prendrait la place de la glycérine anhydre. La rep duction synthétique de la stéarine, de la margarine, de l’ole1^ par la combinaison directe des acides gras et de la glycén ’ ainsi que l’a effectuée dans ces derniers temps M. Berthelot, u° à cette théorie si simple de la saponification une consécra nouvelle.
- En tous cas, les savons solubles étant des mélanges, en pr°P c tions variables, de stéarates, de margarates et d’oléates de P® ‘(ja, ou de soude, il est facile d’expliquer leurs divers degrés de reté. . , plu5
- Les stéarates, margarates et oléates de soude sont toujours P^s consistants et moins attaquables par l’eau que les mêmes ge de sels à base de potasse.
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- Les stéarates, margarates de potasse et de soude sont toujours plus durs et moins solubles que les oléates des mêmes bases.
- Par conséquent, un savon à base de potasse sera toujours moins (lUr qu’un savon à base de soude ;
- Et un savon de potasse ou de soude sera d’autant plus dur qu’il enfermera plus de stéarate ou de margarate, et moins d’oléate.
- QUARANTE-UNIÈME LEÇON.
- DES PRINCIPES IMMÉDIATS NEUTRES (suite).
- i."Ia,Re' — Composition des diverses espèces de savon du commerce. — Projetés générales. — Hydrotimétrie. — Usages de chaque espèce de savons. — s ’wugies stéariques et de leur fabrication. — Corps gras difficilement onifiables. — Blanc de baleine. — Des bougies diaphanes. — Des cires, et Particulier de la cire des abeilles.
- ja^es savons, dont vous connaissez, Messieurs, la fabrication et ‘ Composition générale, renferment tous de l’eau, mais non en inf ^ ProPortions. Très-souvent les fabricants cherchent à y en 1)n‘i U’re ^a P^us grande quantité possible, afin d’augmenter leur le s> Ds réussissent très-bien pour le savon blanc de Marseille et Co Sa'Vons unicolores, qui peuvent en recevoir des quantités assez lui 1C^ra^es ; mais il n’en est pas de même pour le savon marbré, qu |.ne Peut en admettre qu’une proportion fixe, au delà de la-y .e Ja marbrure se dépose.
- et(p°1Cl (IueDes sont les quantités relatives d’acides gras, d’alcali Gau contenues habituellement dans les savons du commerce:
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- DÉSIGNATION DES SAVONS. ALCALI. ACIDES GRAS. EAU.
- I. — Savons durs à Savon de Marseille, marbré, d’a- base de s oude. 30
- près Thénard — de Marseille, marbré, d’après 6 64
- d’Arcet : — de Marseille, blanc, d’après 6 60 34
- Thénard 4,6 50,2 45,2
- — de Castille, marbré 9,0 76,5 14,3
- — de suif, marbré 8 62 30
- — — marbré, anglais.... 10,5 75,2 14,3
- — blanc, anglais 6 52 42
- — blanc ordinaire de Glascow. 6,4 9 60 33,6
- — blanc de toilette superfin... 75 16
- — — ordinaire.. b 55 40
- de coco anglais 4,5 22 73,5
- — — français 10 30 60
- — d’acide oléique 7 65 28
- — de palme, d’Elbeuf 8,7 62,8 28,5 26,43
- — unicolore, d’Elbeuf — — blanc, des Char- 7,8 65,77
- freux (Rouen) — unicolore, jaune, des Char- » » 31,9
- freux (Rouen).. )) )) 28,3
- — unicolore du pont de Flandres (la Villette) )) )) 58,5962 63,9
- — unicolore, d’Amiens )) »
- — — de Calais )) » 51,21
- II. — Savons mous à base de potasse.
- Savons verts de Marseille 9,5 44,0 46,5
- — de Picardie. 9,2 42,8 48
- — de Picardie 8,8 39,2 52,0 26.5 46.5
- Savon demi-dur de Verviers (Belg.). H,5 62
- Savons mous de Londres 8,5 45,0
- — de Belgique 7 36 57
- — d’Ecosse 8 47 45
- — d’Ecosse 9 34 57
- Savons d’huile d’olive, d’Ecosse.... 10 48 4^ 38,33
- — de navette, d’Ecosse.. 10 51,67
- Sous le point de vue économique, il est donc préférable cheter du savon marbré, puisqu’il renferme moins d’eau <ï ,5 savon blanc de Marseille, sous le môme poids. Les marc .
- qui vendent ce dernier avec une surcharge d’eau le cous .
- dans de l’eau saturée de sel marin. Au bout d’un mois, il ep
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- sec,
- JL/ 1-jO OA VUi’IO.
- Une telle augmentation de poids, que 100 parties de savon {1U1 ne devraient retenir que 82,5 d’eau, pèseront 254.
- Quelles que soient sa couleur et son odeur, le savon possède les IllÊmes propriétés, à son degré de force près. Il a toujours une ^ueur alcaline, mais elle est plus ou moins prononcée. L’air, en e renouvelant à sa surface, le dessèche peu à peu presque en tière-nieut; dans ce cas, le savon marbré perd sa couleur à la surface sterne, de telle sorte que bientôt une brique est blanche au de-°'s et marbrée à l’intérieur.
- savon de soude ou de potasse se dissout dans l’eau, mais P ns facilement à chaud qu’à froid. Cette dissolution a toujours ne apparence louche et opaline, parce que le savon, analogue en a aux sels de bismuth et de protoxyde de mercure, est décompté Partiellement par l’eau et transformé en deux nouveaux sels : Unavec excès d’acide, qui est insoluble et se précipite; l’autre excès de base, qui reste dissous.
- ., est bien entendu qu’ici je parle de l’eau pure ou po-e> car celle qui tient en dissolution des sels calcaires le dé-aPose en formant un savon calcaire insoluble qui se présente
- grumeaux blancs. Voici, dans ce cas, comment les choses se
- Passent.
- ^Jfate de chaux = acide sulfurique -j- chaux. ùn de soude = soude...........-f- acides gras.
- Sulfate de soude -f- stéar.,margar. etoléatedeehaux.
- j^même décomposition se produit lorsqu’on verse dans l’eau ^ savon des dissolutions métalliques de fer, de cuivre, de plomb, ffS^niercure? etc. Il se fait des savons métalliques insolubles, dif-Q^ment colorés.
- t'ent1 Narrasse très-bien une eau calcaire des sels qu’elle con-Varit' °n ren(* propre au blanchissage du linge, en y dissol-, aa Peu de savon qui, par sa décomposition, précipite toute diSs aux> Ou laisse reposer et on tire à clair ; l’eau décantée peut ^udre de nouveau du savon sans le décomposer.
- aiouie à une dissolution concentrée de savon du sel mai’ CeJu^~el en s’y dissolvant enlève au savon toute l’eau qui le Supé/aait dissous, le rend insoluble et le fait surnager à la partie peut l6Ure liquide. Ceci explique pourquoi l’eau de mer ne Les61 V*^r au savonnage rie8 tissus.
- retU da(plcles rpe l’on verse dans une dissolution de savon s’einpa-pe^ ô alcali, et mettent à nu les acides gras qui, restant en sus-itiaisi^ t*atlS liqrbrle» lui donnent l’aspect d’une émulsion; 1011 tbt ils se séparent. C’est par ce moyen que les chimistes
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- se procurent les acides stéarique, margarique et oléique. Ils des moyens très-simples de les isoler les uns des autres.
- L’esprit-de-vin dissout le savon plus à chaud qu’à froid. L’ de savon des parfumeurs n'est autre chose qu’une dissolution dt savon dans ce liquide, aromatisée ensuite avec une huile essentielle quelconque.
- La solution alcoolique de savon est devenue depuis 4854-, dans les mains de MM. Boutron et Boudet, une excellente liqueur d’épreuve pour mesurer la dureté des eaux de sources et de rivières, ainsi que la proportion des matières incrustantes qu’elles déposent sous l’influence d’une ébullition prolongée.
- La méthode que ces chimistes emploient, dans ce cas, et qu’il' ont nommée iiydrotimétrie (mesure de la valeur de l’eau), ®sl fondée sur la propriété si connue que possède le savon de rendu l’eau pure mousseuse et de ne produire de mousse dans les eaux chargées de sels terreux (particulièrement à bases de chaux et de magnésie), qu’autanl que ces sels ont été décomposés et neutralisés par une proportion équivalente de savon et qu’il reste u: petit excès de celui-ci dans la liqueur.
- La dureté d’une eauétan proportionnelle aux se terreux qu’elle contient-quantité de solution ale®0 lique de savon nécessa1" pour y produire la mous^ peut donc donner la1111 sure de sa dureté.
- Les essais hydrotimétd s’exécutent au moyen dlin . con {fig. 406) jaugé à w" 30 et 40 centimètres cunev d’une burette graduée(/?F j qui porte le nom d'hy^r0 mètre. Cette burette est $ duée de telle manière qu^, trait circulaire marque a ^ sommet est la limite qu(cjt, liqueur d’épreuve y d°‘ ^ teindre pour commence1^ essai. La division 9or°q0e-entre ce trait circulairee ^ représente la propose liqueur nécessaire p°UI ; jj Fig. 407. duire le Phénomène a J
- mousse avec 1 eau 01
- pure. Les degrés à partir de 0° sont les degrés hydrotimélriques.
- Fig. 406.
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- La liqueur d’épreuve est faite avec :
- Savon de Marseille........................ 100 grammes.
- Alcool à 90° centésimaux.................. 1600
- °n dissout à chaud, et après filtration, on ajoute :
- Eau distillée............................. 1000
- On obtient ainsi.......... 2700 grammes
- dune liqueur dont la.composition est telle, que chaque degre de lhy-drotiniètre représente 0gr,l de savon neutralisé pour 1 litie deau souche à l’expérience, et correspond, soit à 0gr,01l4 de chlorure de cal-Clum, soit à 0,01 de carbonate de chaux pour la même quantité d’eau.
- Lorsqu’on veut essayer une eau quelconque, on en mesure dans le flacon d’essai 40 centimètres cubes, et on y ajoute peu à peu la liqueui hydrotimélrique, en essayant de temps en temps si elle pioduit par 1 a-gitation une mousse légère et persistante. Cette mousse doit formel à la ^rface de l’eau une couche régulière de plus dun demi-centimètie d’épaisseur, et se maintenir au moins dix minutes sans s’affaisser. Le Jegré qu’on lit sur l’hydrotimètre, quand on a obtenu cette mousse, est c <%ré lujdrotimétrique de i’eau examinée (1).
- keit 20 le degré observé. 11 en résulte que 1 litre de cette eau décom-P°se ou neutralise 20 décigrammes ou 2 grammes de savon, et qu’elle l'enferme 0gr,20 de sels terreux, un degré hydrotimétrique représentant, * Jrès-peu de chose près, 1 centigramme des sels terreux contenus dans 1 titre d’eau.
- Une eau, par conséquent, est d’autant plus pure, qu elle marque moins e degrés à l’hydrotimètre. Voici une échelle hydrotimétrique de quel-lUes eau* de sources et de rivières :
- DEGRÉS
- HYDÏIOTIMÉTKIQUBS.
- Eau distillée........................................
- de neige, recueillie à Paris en décembre 1854...
- de pluie, ......................................
- de l’Ailier, à Moulins..........................
- de la Dordogne, à Libourne......................
- de la Garonne, à Toulouse.......................
- de la Loire, à Tours et à Nantes................
- du puits de Grenelle à Paris ...................
- de la Soude et de la Somme-Soude................
- de la Somme (département de la Marne)...........
- du Rhône, de la Saône, de l’Yonne...............
- 0°
- 2°, 5 3°, 5 3°, 5 4°, 5 5°
- 5°, 5 9°
- 13°, 5
- 14°
- 15°
- mélange avpU sournise à l’essai donne naissance à des grumeaux, lorsqu’on la faut l’étendre ] **lueur hydrotimétrique, ou si son degré dépasse 25 à ;30°, il est Plus ou • 1 2 ou 3 f°>s, etc., son volume d’eau distillée, suivant qu’elle kit facilement111^ *,mPure> avant de la titrer définitivement. Cette addition se Cubeg jusqu’à 4 ^ Ea‘de du flacon d’essai qui est jaugé de 10 en 10 centim. Bo,r*brede Vftl multiplie ensuite le degré hydrotimétrique obtenu par le
- umes d’eau distillée employés.
- II.
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- DEGRÉS
- HYDROTIMÉTRIQt®
- Eau de la Seine, avant Paris........................... 15° à G0
- — après Paris................................ '23°
- de la Marne, à Charenton........................... 19° à 23°
- de l’Oise, à Pontoise.............................. 21°
- de l’Escaut, à Valenciennes....................... 24°, 5
- du canal de l’Ourcq................................ 306
- d’Arcueil.......................................... 28°
- des Prés-Saint-Gervais............................. 72°
- de Belleville..................................... 128°
- Voilà donc, comme vous le voyez, Messieurs, une métbode excessivement commode et rapide d’apprécier la pureté des eau* et d’établir entre elles un choix en vue de leurs usages dans l’eC0' nomie domestique, dans l’agriculture et dans l’industrie. ^ moyen de certaines manipulations, l’hydrotimètre peut m^11 servir à doser isolément dans une même eau les carbonates et If-sulfates de chaux et de magnésie, l’acide carbonique, c’est-à-a* 1^ les matières dominantes et qui influent le plus sur les qualn^ des eaux courantes. Je vous renvoie, pour cette nouvelle apP11 cation de l’hydrotimètre, à l’intéressante brochure publiée pal MM. Boutron et Boudet (1).
- On peut encore profiter de la solubilité du savon dans l’a'c0 pour reconnaître la pureté des savons du commerce. Ceux-ci s° souvent altérés par le mélange de substances pulvérulentes de P de valeur, telles que craie, plâtre, argile, silice , soude lessiye ’ sel marin, amidon ou corps analogues. Le bon savon blanc doi^ dissoudre complètement dans l’esprit-de-vin bouillant ; lorsqu laisse un résidu pulvérulent insoluble, c’est qu’il a été sophistiqu ' Le bon savon marbré, traité de la même manière, donne uflr , sidu qui n’excède pas 0,05. L’introduction d’argile, de ter^‘ porcelaine, de silice, dans la pâte du savon est très-comrtiune Angleterre, ainsi que je l’ai fait connaître en 1837 par une nJC sur le silica soap ou savon de silex de Londres, dans lequel J', trouvé 19 p. 100 de silice. Depuis, on a vendu du sand-soap % renferme 74 p. 100 de sable fin. Cettevicieuse pratique a pasS; ( France, et le fameux savon-ponce de Paris n’est encore autre cb ^ qu’un savon fortement additionné de matières siliceuses. . renferme de 20 à 27 p. 100. Grand nombre de savons unicoJ°r^ vendus sous le nom de savons économiques, renferment de 25 1 p. 100 de matières terreuses blanches. r
- La fraude des savons par les matières terreuses est la phlS c
- (l^
- (1) Hydrotimétrie. — Nouvelle méthode pour déterminer les proport10’1 matières en dissolution dans les eaux de sources et de rivières. — ^1ÜL
- — Paris, 1850. — Librairie Victor Masson.
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- 211
- pable de toutes, car ces substances ne tiennent pas seulement la place d’une quantité équivalente de savon, au grand détriment de l’acheteur, elles ont des effets pernicieux dans le blanchiment, attendu qu’elles agissent mécaniquement sur les fibres du tissu qu’elles usent en s’y interposant. Les charlatans et les fraudeurs s°ntcomme les harpies, ils gâtent tout ce qu’ils touchent.
- Si le savon est à base de soude et de suif, et qu'on le dissolve, b l’aide de la chaleur, dans l’esprit-de-vin, par le refroidissement, ‘I se déposera,'pour la plus grande partie, en une masse jaune et transparente. Si l’on coule ensuite la dissolution encore chaude (lans des mises en fer-blanc gravées en creux, on obtiendra, par le refroidissement et la dessiccation, des tablettes de savon transpa-|enl et orné de dessins ou de figures. C’est de cette manière que es parfumeurs obtiennent les savons transparents pour la toilette. n les colore ordinairement en rose avec l’orseille, ou en jaune °ncé avec le curcuma. Les premiers savons de ce genre qui parurent en France, et qui étaient importés d’Angleterre, surprirent autant les consommateurs que les fabricants, qui furent longtemps nc°reà découvrir le procédé par lequel on pouvait donner aux sa-'°ns une transparence aussi parfaite. Nos fabriques de parfumerie °n approvisionnent aujourd’hui l’Angleterre et les pays étrangers.
- , ^es savons sont employés généralement pour le blanchissage es tissus. En raison de la viscosité qu’ils communiquent à l’eau, s^s doute aussi par l’alcali en excès qu’ils contiennent, ils ren-
- dent
- miscibles h Gaules corps gras et autres impuretés qui adhè-s ; en d’autres termes, ils mettent ces matières dans tlat de division tel, qu’elles demeurent en suspension dans ” aussi facilement que l’huile dans une émulsion. Leur action même que celle des alcalis, mais elle est beaucoup moins
- fent nu
- •’eau est la dner
- leujÜ.S ^u'on n’emploie des savons très-alcalins et qu’on ne répète
- :rgique et ne peut altérer la force et la ténacité des étoffes, a 1>ls qu’on n’emploie des savons ti adion sur des tissus légers (1).
- verte(iuest ^^cile de déterminer l’époque précise à laquelle eut lieu la décou-dustrjç H,011: ma's bien certainement ce ne put être qu’à une époque où l’in-queiqUese Connue avail déjà fait de très-grands progrès. Le mot savon, que preniiè|.gf . eur® ^ont démer du vieux, mot allemand Seife, se rencontre pour la 'honneil.°iis ^ans ^es ouvra3es de Pline et de Galien. Pline rapporte aux Gaulois ) a de çA . sa découverte ; ils le préparaient avec des cendres et du suif. Ce qu’il u découv T0’ C est due les Romains connaissaient l’art de le fabriquer, puisqu’on h ceinA*1 dons les ruines de l’ancienne ville de Pompéia, qui fut ensevelie sous ’ierie aVf;es Vésuve, en l’an 79 de l’ère chrétienne, un atelier complet de savon-fornié par |S6S différents ustensiles et des baquets pleins de savon évidemment i’arfait de a combinaison de l’huile avec un alcali. Ce savon était dans un état %sept c conservation,quoique l’époque de sa préparation dût remonter à plus de ,ermanie . ans' ^es petits-maîtres de Rome se servaient de savon fabriqué en ’c°mme étant le meilleur, pour teindre leurs cheveux en blond. Athénée,
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- Le savon blanc est le plus pur et celui qui convient le mieux au blanchiment du linge fin (mousseline, dentelle, batiste), de la soie, de la laine, etc. Il est beaucoup moins alcalin et moins mordant que le savon marbré. C’est également lui qu’on emploie dans la teinture du coton en rouge des Indes, et pour aviver certaines couleurs.
- Le savon marbré sert surtout dans le blanchissage des tissu5 forts, de chanvre, de lin et de coton. Les savons mous sont principalement usités pour fouler et dégraisser les étoffes de laine, pour le blanchissage du linge commun, pour terminer le blanchiment du fil et du coton. Le savon noir d’huile de ehènevis sert particulièrement à dégraisser la laine en écliets (1).
- Les savons insolubles, à base de plomb, de cuivre, de mercure, sont employés en médecine. Le savon de fer est utilisé en Aile-magne pour vernir les métaux et les bois, après qu’on l’a fait dissoudre dans l’essence de térébenthine. Les savons à base dechau* jouent actuellement un grand rôle dans l’industrie, puisque c’o* 1 avec eux qu’on prépare les acides gras qui servent à la fabrication des bougies stéariques dont je vais vous parler maintenant.
- 2° Des bougies stéariques.
- Voici une industrie toute française, basée sur les beaux travaux de M. Chevreul sur les corps gras, et dont l’idée première appal
- qui vivait 193 ans apres J. C., est le premier auteur grec dans lequel on trou|e^ mot sapon, savon. Aétius, qui florissait vers la fin du quatrième siècle et Q’11 le premier écrivain chrétien sur la médecine, parle d’un savon noir. Les nie®6 j arabes signalent souvent l’emploi du savon en médecine et dans le blanchi® du linge. ,oll
- Les premières manufactures de savons doux de soude, tels que ceu emploie généralement aujourd’hui, paraissent avoir été établies à Savone, P ville d’Italie, qui, au quinzième siècle, avait pour cette fabrication la réput ^ dont plus tard Gênes et Marseille ont joui. Pendant de longues années, ce» nières villes, et l’Espagne fournirent des savons au monde entier. Mais depu1®. demi-siècle, il y a des savonneries dans tous les grands centres inilus r. el) j — On évalue à plus d’un million de quintaux la fabrication totale des sa'0® France; les usines de Marseille produisent, à elles seules, la moitié enV*r°.^5
- (1) Les eaux de savon, provenant du dégraissage des draps et des autres, de laine, étaient jadis sans valeur et nuisibles à la salubrité. D’Arcet a eU.; |ca|i reuse idée d’en extraire la matière grasse en saturant par l'acide sulfurique* ^
- qu’elles contiennent, pour la faire servir ensuite à l’éclairage et à d’autres ^ économiques. Houzeau-Muiron, de Reims, mit en pratique, il y a une b'e® ^ d’années, avec un très-grand succès, l’idée de d’Arcet, et il fonda à Reims, a ^ à Réthel, à Ëpernay des usines à gaz dans lesquelles l’hydrogène bican»0®^ . produit par la décomposition de l’huile des eaux de savon. Il créa ainsi une . en annuelle de plus de 100,oOO fr. au profit des seuls fabricants de Reims, ^ faisant disparaître une cause puissante d’insalubrité. En 1837, un prix M°n fut la récompense de ses efforts.
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- nSISÊÊÊmaSttBmSSl6SÊÊÊBBmBMmiSÊmm
- i I
- lientàce savant chimiste, ainsi qu’à Gay-Lussac, qui prirent, le 5 janvier 1825, un brevet d’invention pour l’emploi des acides stéarique et margarique dans l’éclairage. Mais ce n’est qu’en 1831 que le problème assez difficile d’obtenir économiquement en grand ees acides gras concrets a été complètement résolu par MM. de Milly et Motard, qui ont monté la première usine de bougies stéariques, à Paris, dans le voisinage de la barrière de 1 Étoile. C’est de cette circonstance que dérive le nom de bougies de VÉtoile, connu dans l’Europe entière.
- Depuis cette époque, de nombreux perfectionnements, de noueux procédés de fabrication ont été découverts et l’industrie stéarique a pris un immense développement en Fraqce et dans le monde entier ; chaque grand centre de population a voulu avoir fabriques de bougies, et l’on en rencontre aujourd’hui môme 'lans les points les plus reculés du globe, en Australie, à Calcutta, a Lima, au fond de la Sibérie.
- La bougie stéarique a une très-belle apparence; elle est lisse, Lus blanche, aussi sèche et aussi inodore que la cire d’abeilles. Llle éclaire mieux que celle-ci. Elle brûle toutefois un peu plus 'lleJ mais, d’un autre côté, elle est moins chère, et, en réalité, ,°a emploi est beaucoup plus économique. Elle chasse peu à peu (,°s appartements les chandelles de suif, qui ont une odeur si 01 e> une lumière si rouge et si fumeuse.
- y a plusieurs modes de fabrication. Je n’indiquerai que les ( Ulx qui sont exploités le plus généralement.
- . ! Procédé par le hurmde ou par e
- Unification cal-Dilre* ~~ C’est le s ancien, celui
- S'MMétéi i"lagiuc
- °n opère :
- com-
- bansune cuve en Wis légèrement conque AA {fig. 408j, de la contenance de ^00 litres envi-v°n, on introduit ^0 Vilog. de suif de boeuf ou de mouton,avec 1000 litres d'eau; on chauffe avuuo^en d’un tube circulaire e placé dans °
- *e fond
- Fig. 408.
- de la cuve et qui lance de la vapeur par une multi-
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- tude d’orifices. Quand le suif est fondu, on ajoute peu à peu 75 kilog. de chaux bien délayée, et on laisse à la combinaison le temps de s’effectuer, en ayant soin toutefois d’agiter fortement la masse. Cette agitation est produite par un arbre en fer b, portant plusieurs bras c,c,c armés de dents ; il reçoit le mouvement d’un engrenage communiquant avec la machine à vapeur. Au bout de six à huit heures, la saponification est opérée. On soutire la partie liquide qui entraîne en dissolution la glycérine, et on extrait de la cuve les stéarate, margarate et oléate de chaux, sous la forme de savon très-dur.
- Après avoir concassé ce savon, on le porte dans une cuve en bois doublée en plomb, contenant 135 à 140 kilog. d’acide sulfurique à 66° étendu , de 20 fois son volume d’eau. On fait arriver de la vapeur dans cette cuve ; l’acide sulfurique s’empare de la chaux pour former du sulfate de chaux, et met en liberté les acides gras. Au bout de trois heures, on laisse reposer la masse; les acides gras viennent surnager le liquide, le sut' fate de chaux se précipite au fond de la cuve ; on soutire les prenne au moyen d’un robinet placé au-dessus du dépôt, dans une cuve de bois chauffée à la vapeur, où les dernières traces de chaux sont enlever à l’aide d’une solution à 20° d’acide sulfurique. On opère un second lavage à l’eau pure, et l’on fait rendre les acides gras ainsi purifiés dan-de petites caisses en fer-blanc où, en se refroidissant, ils prennent13 forme de pains jaunâtres.
- Par une pression lente et graduée dans des sacs de serge, on Cl1 expulse la majeure partie de l’acide oléique, et, par une seconde pi'e5' sion entre des plaques de fer creuses dans lesquelles circule delavapc111 d’eau, on les en prive complètement. On obtient en acides margari^^ et stéarique durs et cassants les 45/100es du suif employé.
- On débarrasse ces acides, jaunis par le fer des plaques, de la cbaUi qui s’y trouve encore, et de toutes les matières étrangères en suspension d’abord par une fusion sur de l’eau acidulée par l’acide sulfurique (à ‘
- 8° de l’aréomètre), puis par une clarification à l’aide de blancs d œU délayés dans de l’eau acidulée par l’acide oxalique; après une ébuln11 de quelques minutes, on décante les acides gras limpides et décolore»; on les lave une ou deux fois à l’eau chaude, et on les coule dans 1 moules. Ils sont alors propres à la confection des bougies.
- Pour cela, on met les pains en fusion à la plus basse tempér^ , possible, dans une chaudière à double fond, plaquée en argent et cha fée à la vapeur. On brasse continuellement, et lorsque les acides sur le point de se solidifier, on les coule dans des moules légèrerm. échauffés, en fer étamé, garnis à leur centre d’une mèche convena ment tendue. Ces moules sont ordinairement réunis et rangés, au
- co»'
- bre de vingt-quatre à trente, dans un entonnoir commun (fig- *09) plonge dans une caisse où l’on fait arriver de la vapeur.
- En agissant ainsi, il en résulte une sorte de pâte liquide, quise ^ gèle dans les moules avec assez de rapidité pour prendre une te* confuse, à grains fins, et sans effet de cristallisation. , j
- Les mèches qui servent pour les bougies stéariques sont tfesS 0, plus de trois brins, disposition ingénieuse imaginée en 1826 par M- f
- bacérès, et qui évite la nécessité de moucher continuellement; eaL
- suite du tressage, la mèche, au fur et à mesure que la bougie
- nom'
- brûk;se
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- détourne et se recourbe légèrement du même côté, de sorte que son extrémité se trouvant en contact avec l’air extérieur, il ne peut s’y
- iiiliiiliiiiiiiilifiiiiiiiij
- i
- Fig. 409.
- ] foier de ces résidus de charbon, qui sont la cause cle l’abaissement de umièi’e clans les chandelles et bougies ordinaires, cite précaution de tresser les mèches ne suffit pas, car les matières le l’aies, que retiennent les acides gras les mieux lavés, engorgeraient j '*s et diminueraient leur capillarité, si l’on ne prenait la précaution 13 ces Plonger.dan? de l’eau renfermant 1/1000® d’acide sulfurique et s'„ d’acide borique. Celui-ci, au fur et à mesure que la combustion fu$iy mPlit, forme, avec la chaux et les cendres de la mèche, un verre
- L0,le, vers l’extrémité de la mèche. Ce perfectionnement appartient à
- OnVfUlly .^uin i83^-
- on ] ) anchit les bougies par l’exposition à la lumière et à la rosée ; s°U(b en *es Plongent dans une dissolution faible de carbonate de le(lrg et ei1 les faisant passer sous des cylindres garnis de drap qui, par à d ^ouyements de va-et-vient en tournant sur leurs axes, les exposent ^ dictions répétées.
- Cation 6 °^®l(luei fini reste comme produit secondaire dans cette fabri-àtrav 5 est très-coloré et odorant. On le purifie par le repos et la filtration vdescp Sdes ^l°des très-serrées. On l’emploie à falsifier les huiles poules ^0,‘teJ ^ la fabrication des savons, à alimenter les lampes
- toUs ,evresi des fabricants de plaqué, de boutons, et généralement de A[Can ?,s Industriels qui ont à souder à la lampe; enfin MM. Péligot et brjqy 00^appliqué, depuis 1839, à l’ensemage de la laine dans les fa-2o p de draps, ce qui en consomme une énorme quantité. ti°n la voie sèche ou par saponification sulfurique et distilla-
- n eProcédé, fini repose sur des données scientifiques émises isolé-nière ST ^dnxmnl, Fremy et Dubrunfaut, n’est exploité d’une ma-anglai eëuHère que depuis 1844, époque à laquelle quatre chimistes 5 notamment M. G. Wilson, puis en France MM. Masse et Tri-
- qui se porte continuellement, sous forme de gouttelette ou de
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- QUARANTE—UNIÈME LEÇON.
- bouillet, ont su en combiner industriellement les différentes phases. Ce qu’il offre d’avantageux, c'est qu’il est applicable à toutes les matière.' grasses, de quelque qualité qu’elles soient, dont on ne pourrait tirer parti par le procédé de la saponification calcaire. On emploie principalement les graisses communes, les huiles de palme, de coco, etc.
- On commence par saponifier les corps gras au moyen de l’acide sulfurique. Pour cela, à ces corps, chauffés à -f- 90° dans une chaudière en cuivre et à bascule, on ajoute, sous une agitation continuelle, 30 p. If d’acide sulfurique concentré et élevé à la même température. IronK-diatement les acides gras et la glycérine deviennent libres ; mais cette dernière, ainsi qu’une partie de l’acide oléique, sont détruits par l’oxygène de l’acide sulfurique; il se produit beaucoup d’acides sulfureux et carbonique, et un acide gras fusible, qu’on regarde comme identique3 Y acide élaïdique de M. Boudet. Quatre minutes après le mélange de h*' eide sulfurique aux corps gras, on verse le tout dans de l’eau bouillante; et on soumet à un triple lavage à l’eau chaude.
- Les acides gras ainsi obtenus sont fortement colorés en noir. On f soumet à la distillation sous l’influence de la vapeur surchauffée» soi dans un alambic en fonte de forme lenticulaire, pouvant recevoir a 1000 à 1500 kilog. de matière, soit dans une espèce de cloche defo°e qui plonge dans un bain de plomb maintenu entre 328 à 330, et dam laquelle on laisse couler un filet d’acides gras. — Quelle que soit, au reste, la forme de l’appareil, on fait traverser les acides par un jet abo” dant de vapeur d’eau surchauffée à 350 ou 380 degrés, qui les vapoIl!L et les entraîne rapidement. L’opération dure douze heures. ,
- Les produits distillés, convenablement refroidis, sont soumis à u pression à froid et à une pression à chaud, quand on veut fabrique* bougies de première qualité. Celles-ci sont toujours un peu moinss lides et plus fusibles que celles provenant de la saponification calca» Pour faire certaines bougies, nommées composites, on ne soumet à auc pression les acides gras distillés, surtout quand on a opéré sur l’hu“e palme, qui ne fournit que très-peu d’acide gras liquide. En Anglcf1^ on ajoute aux acides comprimés de la même huile le produit solide o tenu parla compression de l’huile de coco. Ces bougies brûlent s qu’il soit besoin de les moucher, mais elles sont plus fusibles et consistantes que les bougies de première qualité. Quelquefois, on donne un aspect plus agréable et un toucher plus sec, en les revfj! d’une mince couche d’acide comprimé d’huile de palme. A cet elle* emplit les moules de cet acide et on les vide presque aussitôt; parois se recouvrent ainsi d’acide gras, et c’est dans cette envel H que l’on coule la composition pour bougies.
- La saponification calcaire du meilleur suif produit, au mum, 47 p. 100 d’acides concrets. La saponification acide même suif, fournit en moyenne, 62 p. 100; il y a donc une a mentation de produits égale à 15 p. 100. Dans les acides g1’ ainsi produits, il n’y a plus d’acide stéarique, comme dans Ie P s mier cas ; il n’y a que des acides margarique et élaïdique-bougies qu’on en fabrique devraient donc être nommées bovy
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- DU BLANC DE BALEINE.
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- wargariques. — L’acide solide de l’huile de palme est spécial; on 'e nomme palmitique ; il fond à -j- 58°.
- L’acide oléique de la saponification calcaire ne peut servir pour
- I éclairage; il est fortement coloré et ne fournit que des savons nous. Distillé sous l’influence de la vapeur, ce produit est ob-lenu à peu près sans couleur, et il fournit, avec la soude, des savons ^urs qui offrent beaucoup d’importance pour le commerce.
- Ie terminerai ces renseignements sur la belle industrie stéa-j1(iue, en vous apprenant que les bonnes bougies de VÉtoile fondent a + 55°,5, que les bougies palmitiques fondent à 51°,3, et les mgies margariques composites entre -J- 40° et 44°.
- J’ajouterai encore que tout récemment MM. Krafft et Tessié du * oltay 0nt reconnu que le chlorure de zinc anhydre, chauffé entre et 200° en présence des corps gras neutres, en opère la sa-ponification à la manière de l’acide sulfurique. En effet, si on lave l'usieurs fois à l’eau chaude, et mieux avec de l’eau aiguisée d’a-!1(| chlorhydrique, le produit de la réaction, et si on le soumet
- II la distillation sous l’influence de la vapeur d’eau surchauffée, °n obtient des acides gras identiques à ceux que fournit la sapo-
- III Nation sulfurique. 8 à 12 p. 100 de chlorure de zinc suffisent l)0uracidifier les corps gras; et comme ce sel reste intact dans la eaux de lavage, il peut servir indéfiniment, pour ainsi dire, à
- ttêine transformation. Vous entrevoyez tous les avantages de jesle substitution du chlorure de zinc à l’acide sulfurique, dans Paysoùce dernier n’est pas fabriqué et où par conséquent son ‘nsport, toujours dangereux, en élève considérablement le prix.
- Deüxième classe. — Corps gras difficilement saponifiables.
- déLesrcorPs gras compris dans cette classe sont, comme je l’ai [j | j lb Je blanc de baleine et la cire. Voyons ce qu’il y a d’essen-a connaître de chacun d’eux.
- I>u Blanc de baleine.
- On
- nom ?0nnaîl depuis fort longtemps, dans le commerce, sous le J'de d’6 ^anc ^e baleine, de sperma-céti, une matière grasse, so-luisàntUn ^anc éclatant, formée par la réunion de petites écailles Cene Cs’.^0uces et onctueuses au toucher, d’une odeur faible. dantemat-ère ex*sJe en dissolution dans une huile grasse abon-niaise ^Ul ?n*0llre Je cerveau du cachalot; elle se trouve aussi, C’est ni(?lns Srande proportion, dans l’huile des autres poissons, qui p Pnncipalement du cachalot qu’on l’extrait. Ce cétacé, Une cirelen.^ une Laille de 22 à 33 mètres, et dont le corps offre °n érence de 14 à 16 mètres environ, a une tète énorme,
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- QUARANTE-UNIÈME LEÇON.
- en forme de cube imparfait, qui fait à peu près le tiers de sa longueur, et qui contient quelquefois jusqu’à 20 tonneaux et au delà de blanc de baleine, indépendamment de l’huile fluide dans laquelle celte matière est dissoute.
- Cette huile, étant retirée des cavités qui la recèlent, puis abandonnée à l’air pendant quelques jours, laisse déposer une matière blanche cristalline qu’on en sépare en la faisant passer à travers de grands sacs de laine. Ce blanc de baleine est ensuite soumis a
- la presse, qui en isole l’huile encore interposée, puis mis à dige; rer à chaud avec une faible dissolution de potasse caustique, q111 décompose les matières animales étrangères et colorantes; ü}'a formation d’écumes savonneuses et noirâtres qu’on enlève; lo^' que le liquide est parfaitement limpide, on le lave à l’eau bouillante, et on le transvase dans des cristallisoirs où l’on obtient, P11 refroidissement, ces pains d’une blancheur parfaite qu’on troua1 dans le commerce. L’huile de cachalot ne donne que 8 à 9 cen tième.s de son poids de matière concrète propre à l’épuration.
- Cette substance grasse, qui fond à -j- 44°,68, a une compm| lion différente de celle des huiles et des graisses. D’aPres M. Chevreul, qui en a fait l’étude en 1814, elle se compose ^ trois principes particuliers : une huile fluide à -j— 4 8°, un pnnÇ'P colorant jaunâtre, et une matière grasse, solide, qui en ‘ majeure partie, et à laquelle on a donné le nom de cétine, mot grec ketos, baleine.
- Pour obtenir la cétine pure, on traite le blanc de baleine P‘ de l’esprit-de-vin concentré et bouillant, qui le dissout conap* nfent ; par le refroidissement, la cétine se précipite sous forme lames cristallines, qu’il suffit de dissoudre une seconde fois dan^ môme véhicule, pour la priver de l’huile fluide qui l’accomp3?
- La cétine pure (C64H6404) fond à -j— 49° ; elle est volatile et brü comme là cire quand on la chauffe au contact de l'air. 0° parvient à la saponifier qu’en la fondant avec de la potasse^, poudre; elle se transforme alors en un corps neutre, nom éthal, et en un acide qui reste uni à l’alcali, Y acide éthaliquei ^ paraît identique avec Vacide palmitique produit dans la sap011 cation de l’huile de palme. .
- Le blanc de baleine est principalement employé à l’éclaire. On en fait des bougies diaphanes, dites bougies de sperrntf^ i très-recherchées en Angleterre. Elles sont moulées à la man^ ordinaire, mais on y ajoute environ 3 p. 100 de cire pouf j pêcher la cristallisation. On les colore souvent en rouge °u ; rose avec le carmin, en bleu avec le bleu de Prusse, en jaune la gomme-gutte ; dans ce dernier cas, on les connaît, en à>'o terre, sous le nom de cire transparente. Les mèches sont avec le colon blanchi et tressé.
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- DES CIRES.
- Les bougies diaphanes brûlent avec une flamme vive et très-c'aire, sans répandre de mauvaise odeur. Le seul inconvénient flu’elles offrent, c’est de couler assez rapidement dans les endroits échauffés, et surtout lorsque la flamme est agitée par l’air en Mouvement. Il serait difficile de prévenir cet effet, qui résulte ée'la propriété inhérente au blanc de baleine d’être fusible à une température peu élevée. Les taches qu’il forme sont faciles à en-icver par le seul frottement, attendu qu’il ne pénètre pas les étoffés sur lesquelles il tombe lorsqu’il est en fusion.
- Cette matière grasse est, pour certains pays, l’objet d’un commerce important. L’Amérique envoie annuellement à la pèche du 'mchalot 150 navires environ, qui rapportent 135,000 barils d huile, dont on retire à peu près 750,000 kilogr. de blanc de Pleine. En Angleterre, cette pêche occupe 80 à 90 navires, qui Apportent actuellement 3 à 4 millions de kilogr. d’huile, dont on l' tire 3o3 à 400,000 kilogr. de blanc de baleine. En France, cette Industrie est peu développée; aussi n’importe-t-on chez nous que >000 kil. de ce produit, soit à l’état brut, soit filtré ou pressé en mateaux secs d’un brun jaunâtre ne retenant plus que 25 p. 100 \ uileî d vient des États-Unis d’Amérique, de l’Inde et de l’An-^ merre ; c’est en France, du reste, qu’on le raffine le mieux.
- lest fâcheux que le prix élevé du blanc de baleine en restrei-^ne beaucoup l’emploi. On le fait entrer dans la préparation de ins apprêts pour les toiles. La pommade en crème pour le (1er ^Ue es Pai'fumeurs vendent en grande quantité sous le nom r, °ld-cream, est faite en dissolvant dans 16 parties d’huile d’a-lej e douce, à une légère chaleur, 3 parties de blanc de ba-irjne et2 parties de cire blanche, incorporant ensuite, peu à peu, ,, Parties d’eau de rose, et battant le mélange avec un fouet ü °sier.
- Des Cires.
- On donne le nom de Cires à des corps gras, durs et cassants, On !®lne très-diverse, et dont le type est la cire des abeilles.
- es trouve assez abondamment répandus dans les végétaux. nw-?SI’ c’esf une espèce de cire qui constitue en grande partie la le Verte ou chlorophulle des plantes. Il en existe aussi dans
- Pollen
- t°ns 0 w‘ou Poussière séminale de toutes les fleurs, dans les cha-^est cle i -S bouleau, de l’aune, du peuplier, du frêne. — des fl0 a c're cIui forme le vernis qui brille à la face supérieure rs (1). Il y en a en dissolution dans le suc laiteux de l’arbre
- §
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- Mi?
- 1 bariius ^Clu Pendant longtemps que l’enduit blanchâtre qui recouvre les fruits 'luec’est Peux (prunes, cerises, etc), était de la cire. Berlhemot a montré lune résiné particulière.
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- QUARANTE-UNIÈME LEÇON.
- de la vache. — On en voit à la surface du palmier à cire des Andes du Pérou, de l’écorce de la canne à sucre violette des colonies, des feuilles du palmier Carnauba, qui croît en abondance I dans le nord du Brésil. — C’est encore de la cire qui entoure les girautnons récoltés sous les tropiques, les baies du myristica de la province de Para et de la Guyane française, d’une espèce de fustet ou rhus de la Chine et du Japon, de tous les myrica [fig. 410), ar'
- Fig. 410.
- brisseaux de la Louisiane et des régions tempérées de l’AmériQ et des Indes. Les baies du Myrica rendent jusqu’à 25 p. 100 dec et un arbuste peut produire annuellement de 12 à 15 kil. de *r j. On extrait la cire de ces végétaux, soit en raclant la surface des miers et des cannes, soit en brisant les baies et les faisant bou dans l’eau, à la surface de laquelle la cire fondue vient se ’y Ces cires végétales, d’un blanc grisâtre ou d’un jaune vert1, à l’exception de la cire du Japon, qui a l’aspect et la blanÇ j du blanc de baleine, sont très-cassantes, moins combustib
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- DES CIRES.
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- bien moins faciles à blanchir que les cires qui sont produites par quelques insectes de la famille des hyménoptères, notamment par •es abeilles; aussi ce sont surtout les cires d’origine animale qui s°nt le plus employées.
- Chez les insectes, la cire est sécrétée sous les anneaux de leur abdomen. C’est avec cette matière que les abeilles construisent •es alvéoles hexagonaux ou les rayons (Jlg. 411) dans lesquels elles déposent leurs œufs et leur miel.
- Ou a cru pendant longtemps que les abeilles récoltaient la cire
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- Portion de gateae d’abeilles. — a cellules royales;— b cellules des mâles; — c cellules des ouvrières; — d cellules destinées à contenir le miel et les œufs lors de la ponte (couvain).
- ««le formée sur les fleurs. Huber, de Genève, émit, l’opinion que v,e <l>t un produit d’élaboration animale, et que les insectes pou-n'l n transformer le sucre de leurs aliments en cire. Cette opi-vérifide, en 4842, par IVf. Gundlach, en 4843 par abôi ne ^wards et Dumas. Si l’on nourrit exclusivement les cjr * GS avec du miel ou du sucre, elles fournissent tout autant de Y ^Ue lorsqu 'elles ont leur entière liberté.
- 0lC1 comment on procède à l’extraction de la cire d’abeilles.
- sépar ra/°nS. ^ant erdevcs des ruches, on les soumet à la presse pour • eau h • de la cire. Les gâteaux, bien égouttés, sont jetés dans de Sembl Tlanle* restant du miel se dissout, la cire fond et se ras-la fona \ a surface du liquide, où elle se fige par le refroidissement. On QUat)(j 1Ç n°uveau, et on la coule dans des vases de terre ou de bois, de 6 e esl refroidie, on enlève avec un couteau la partie inférieure alors c<lUe Pa*n* A111 es^ b’1'! impure et qu’on nomme pied de cire ; c’est bans °-n aPPede lu rire brute, la cire vierge ou la cire jaune. certain-061 °tat’ c^re doit sa couleur, son odeur aromatique et une facile d ?Uctuosdô, à des corps étrangers et à un peu de miel qu’il est 'ante - ^ U1 en^ever* On la purifie et on la blanchit de la manière sui-(lières'to°n *a fait fondre sur des fourneaux A, A dans de grandes chau-’ “ cuivre étamé (jig. 412), en l’agitant avec une spatule de
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- KRiLu.'.
- ^^.Tnrr-j :
- Fig. A 12.
- dières, mais un pou au-dessus de l’eau, dans une cuvé de bois C relD' plie d’eau au tiers de sa capacité, et entourée de corps mauvais c011' docteurs. Après un repos suffisant pour quelle abandonne un i'e;l d’impuretés, la cire encore fluide est dirigée par le robinet d dans11!1* espèce de lingotière EF en cuivre étamé percée à son fond de trous disposés sur une môme ligne. La cire tombe en filets délies un cylindre de bois G en partie plongé dans l’eau d’une cuve elliptiflue\ et auquel on imprime un mouvement régulier de rotation au i®,°ï . d’une manivelle 11; elle est ainsi réduite en nappes, ou rubans i®111 p qui se détachent du cylindre et qui se durcissent, l’eau de la cu'° étant sans cesse rafraîchie à l’aide d’un courant. C’est là ce qu’on appel ’ en termes d’atelier, grêler la cire; elle est dans un état de division0 venable pour le blanchiment. , ja
- Les rubans jaunes exposés, pendant plusieurs jours au soleil fraîcheur des nuits, sur des châssis de toile placés à peu de dista®0.^ terre, perdent complètement leur couleur. Cependant il est presqll.cs0,n possible d’opérer la décoloration en une seule fois, à cause de l*épalS u des rubans de cire ; on refond alors celle-ci pour la rubanner de no®' . et la soumettre à un second blanchiment. On ne retire la cire de les châssis que par un temps sec, parce que, par un temps hm®
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- QUARANTE-UNIÈME LEÇON.
- bois, et y ajoutant, après sa liquéfaction complète, 250 grammes de crème de tartre.pulvérisée par quintal. Après un brassage de quelque* minutes, on laisse reposer, et quand la cire est suffisamment éclaircie, on la fait couler par les conduits à robinet r, r, placés au bas des chau- i
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- DES CIRES.
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- die conserve une teinte grisâtre et éprouve un déchet considérable.
- Après ces opérations, la cire est alors très-sèche et friable; on la fond en y ajoutant un peu de suif pour lui restituer le liant qu’elle a perdu, et on la coule en petites plaques rondes dans deslrous circulaires creusés l'e 12àl3 millimètres, sur 67 millimètres de diamètre, dans des planches de bois (fig. 413), qu’on a soin de mouiller. Ces planches reposent sur lln grand châssis de bois posé sur un assemblage de pieds de table sans dessus. On obtient ainsi des petits pains ou plaquettes de 62 grammes environ, qu’on livre au commerce sons le nom de cire blanche.
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- Toutes les espèces de cire ne se blanchissent pas avec la même facilité.
- ' elles du Levant et de Barbarie, celles du midi de la France, celles qui parviennent des anciennes provinces de la Sainlongc, de 1 Angoumois, Je la Bretagne, duGâtinais, delaBeauce, se décolorent avec promptitude, -elles de la Bourgogne, de la Gironde, du Brésil, ne peuvent etic an ( ''es qu’avec beaucoup de difficultés.
- Ea cire blanche n’a ni odeur ni saveur; sa densité est de 0,9G6. Elle devient molle et ductible à + 35°, et fond entre -f G9° et 70°,
- ( aprèsM. Lepage. La cire jaune fond entre -f- 64° et 6G°.
- Elle brûle facilement, au contact de l’air, avec une belle flamme ' i'nche et brillante, sans répandre ni odeur, ni fumée ; c est l|°Ur Cela qu’elle est si propre à faire des bougies. Elle ne fournit. ( ‘l)'s sa distillation sèche, ni acroléine ni acide sébacique, ce qui 10 Uri moyen très-simple de reconnaître la présence du suif ou e tout autre corps gras, formé d’oléine, de margarine ou de sléa-^ dans la cire falsifiée, puisque ces corps gras donnent toujours 0u moins d’acide sébacique ou sébique et d’acroléine dans e& njes circonstances. Après la distillation, on lave les produits "Pensés avec de l’eau ; celle-ci, dans le cas où la cire estfrau-ee par le suif, a l’odeur vive et pénétrante propre à 1 acroléine, (i * °'lne> en outre, par l’acétate de plomb, un abondant précipite aiiH ate<*e plomb. Les plus petites quantités de suif peuvent être rcconnues dans la cire, et aussi dans le blanc de baleine,
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- qui ne fournit pas non plus d’acide sébacique et d’acroléine sous l’influence de la chaleur.
- Elle est complètement insoluble dans l’eau, mais soluble en toutes proportions dans les huiles et les graisses, ainsi que dans le sulfure de carbone, la benzine et les huiles essentielles. En faisant bouillir la cire jaune ou blanche avec l’un ou l’autre de ces véhicules, on la dissout complètement, et on s’aperçoit bien alors si elle est falsifiée avec de la fleur de soufre, de la fécule, de la farine de pois, de la sciure de bois, de la poudre d’os calcinés, matières qu’on a trouvées à différentes reprises dans les cires du commerce, et qui sont tout à fait insolubles dans les véhicula5 précédents. On a rencontré jusqu’à 60 p. 100 de fécule dan> certaines cires commerciales.
- Si l’on fait réagir de l’alcool froid rectifié sur de la cire blanche, ce liquide lui enlève 4 à 5 p. 100 d’une substance grasse, trè;' molle, fusible à -f-28°,5, rougissant légèrement le tournesol, (F M. Lewy a nommée céroléine. Si l’on fait bouillir la cire, prFe de ce principe , dans de nouvel alcool rectifié , une grande partie de la cire se dissout dans le liquide et se précipite par'1 refroidissement en flocons blancs, graisseux et non cristallins- E'1 répétant l’action de l’alcool bouillant sur le résidu, jusqu’à ce qlK le volume de celui-ci ne paraisse plus diminuer, on parvient1 isoler toute la partie soluble d’une autre substance blanche in51-lubie, possédant des caractères différents. Le chimiste allsman • John, qui, d’abord, a isolé de la cire ces deux derniers principe immédiats, a donné à celui qui est soluble dans Fesprit-cle-'1'1 bouillant le nom de cérine, et celui de myricine au principe lubie dans ce véhicule. Sur 100 parties de cire, il y a de 6° 66 parties de cérine et 30 parties de myricine. Dans la cire du ni' rica, il y a 87 p. 100 de cérine et 13 p. 100 de myricine.
- La cérine, fusible à -j- 78°, est représentée par G54H340" ;
- La myricine, fusible à -f- "72°, est presque entièrement volah elle a pour formule C92H920'\ * ^
- D’après ce qui précède, vous voyez donc bien, Messieurs, <Iuef[ cire n’est pas plus un principe immédiat unique que les huiles‘ les graisses. Il y aurait même encore dans ce produit, dapr MM. Boudet, Boissenot; Ettling et Gerhardt, de l’acide margarlL et un carbure d’hydrogène solide, nommé cérot'ene ou pM'al'
- (CS4H5
- S CO'Î
- Sa saponification n’est pas aussi facile que celle des autres^, gras ; on ne peut y parvenir qu’au moyen des solutions aie* ^ concentrées et bouillantes. La cire punique, dont les anCie vû|i, servaient pour peindre à l'encaustique, est une espèce de sa . composé de 20 parties de cire et de 1 partie de soude, u‘f| Lorgna. La préparation employée pour enduire les carrea •
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- DES CIRES.
- parquets mis en couleur, et les disposer à recevoir la cire qui doit être étendue ensuite par frottement, est encore une espèce de savon de cire imparfait, qui porte le nom d'encaustique. Voici comment on le prépare :
- On fait dissoudre dans 5 litres d’eau 125 grammes de savon Manc ; on y ajoute 500 grammes de cire jaune coupée en petits Morceaux, et l’on fait fondre à chaud. On met alors dans le méjuge 60 grammes de cendres gravelées (carbonate de potasse),
- °nagite, on laisse refroidir en remuant de temps à autre, afin que les parties de densités différentes soient mélangées en une sorte d’émulsion épaisse. Cette composition, étendue sur le carreau, suffit pour en couvrir <48 à 56 mètres. Quinze à vingt heures après, °u peut frotter.
- Les autres emplois de la ciré sont de servir, chez les pharma-cicns, à la fabrication des emplâtres, des onguents et des sondes. Le cérat n’est autre chose qu’un mélange d’huile d amandes, de c>re blanche et d’eau de rose, battu dans un mortier jusqu’à son entier refroidissement.
- huctile, pouvant recevoir et garder les empreintes et les for-Mes qu’on lui donne, la cire est précieuse pour les modeleurs, jjui la façonnent en fleurs, en fruits, en représentations d’animaux, est avec elle qu’on prépare les pièces artificielles d anatomie. Ims c’est comme bougie qu’on en consomme le plus. Elle a, Sur le suif, l’avantage de ne point avoir d’odeur désagréable, de ne pas répandre de fumée en brûlant, de moins couler, et de ne Pa« pénétrer les étoffes sur lesquelles elle tombe. Les taches de c!le s enlèvent aisément par le frottement et un peu d essence de C,llr°n, ou de benzine, ou d’esprit-de-vin bouillant. Les bougies 1L clre végétale répandent moins de lumière que celles confeclion-n('es avec la cire d’abeilles ; on y ajoute toujours du suif pour pou-'0lr les mouler, car elles sont très-cassantes. raM- Lewy a fait, en 1844, l’analyse de toutes les cires du com-nfcrce. Voici la composition des principales :
- CIHE DES ABEILLES Cl IlE
- JAUNE. BLANCHE. DE CHINE. DE PALMIER. DECARNAUB1 DES S1TR1CA. DU JiPOlt.
- Larbone.. 80,20 79,20 80,00 80,48 80,36 74,23 73,95
- Hydrogène.. <Jxygène.,. 13,44 0,30 13,15 7,05 13,30 0,04 13,29 0,23 13,07 6,57 12,07 13,70 11,97 14,08
- 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00 1 100,00 100,00
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- QUARANTE-DEUXIÈME LEÇON.
- QUARANTE-DEUXIÈME LEÇON.
- DES PRINCIPES IMMÉDIATS NEUTRES. (Suite.)
- Sommaire. — Des huiles volatiles. — Propriétés et nature chimique. — d’extraction. — Du parfum des Heurs. — Production artificielle des huiles vola-tiles. —Leurs nombreux usages. — Des principes résineux. — Résines, résines et baumes. — Des savons de résine, de la cire à cacheter, des vernis f des mastics hydrofuges.
- Des Huiles volatiles.
- Les huiles volatiles, que les anciens chimistes nommai?1'1 essences, huiles essentielles, parce qu’ils les regardaient conin'1 constituant k elles seules l’existence ou l’essence des plantes,1 huiles éthérées, esprits, quintessences, k cause de leur légèreté,(k leur inflammabilité ou de la manière dont on les obtenait ; huiles volatiles, dis-je, sont des produits immédiats des vég1' taux, qu’un ensemble de caractères bien tranchés distingue par‘ faitement des huiles fixes ou grasses dont j’ai précédent11 fait l’étude. , ^
- La plupart des huiles volatiles sont ordinairement liquides ® ‘ température ordinaire; quelques-unes d’entre elles sont soli ^ ou en partie cristallisées (camphre, huile de rose, d’anis, ^ fenouil, d’aunée, etc.). Aucune, d’ailleurs, n’a le toucher gf®8 onctueux des huiles fixes, ni cette apparence qu’on consllle ordinairement comme huileuse. .
- Toutes sont odorantes, mais, sous ce rapport, elles offrent m de variétés, qu’il serait difficile de rendre compte des diffère11 infinies de nuances qu’elles présentent dans ce caractère, f odeur rappelle, en général, celle de la plante ou de l’organe u elles proviennent, mais elle n’est jamais aussi suave. ...
- Leur saveur est âcre, irritante et même caustique. Elles <V sent comme de violents poisons sur l’économie animale. ; .
- Leur couleur varie autant que leur odeur ; il y en a de J®11 (essence de citron, de cédrat, de menthe, de thym, etc.), der geâtres (essence de cannelle, de sassafras, de girofle, de roli, etc.), de vertes (essence d’absinthe, de valériane, degen1® de cajeput), de bleues (essence de camomille) ; mais ces cou tiennent évidemment k des corps qui ne sont point indispenS^j j k leur composition, puisqu’on peut les faire disparaître, s l’aide du charbon, soit par la simple distillation.
- Leur pesanteur spécifique varie aussi, non-seulement d®
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- DES HUILES VOLATILES.
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- diverses espèces, mais même à l’égard de la même huile, dans des circonstances différentes. Elles sont presque toutes plus légères que l’eau ; quelques-unes cependant tombent au fond de ce liquide, et il est à remarquer que ce sont principalement celles qu’on retire des substances exotiques, comme de la racine de sas-safras, de l’écorce de cannelle, des calices de girofle, etc. Leur densité se trouve comprise dans les limites de 0,835 (densité de l’essence d’écorce d’orange) à 1,173 (densité de l’huile de Gaultheria).
- Quoiqu’on les appelle huiles volatiles, elles ont cependant moins d° tension que l’eau, puisqu’elles ne bouillent, en général, qu’entre-f UO et 160°. Elles distillent alors sans altération. Lors-q,l’on les chauffe avec de l’eau, elles se volatilisent à 100°. Leur 'olatilité est ordinairement en raison inverse de leur densité, de ddle sorte que les plus denses sont les moins volatiles.
- A- l’air libre, elles s’enflamment subitement par l’approche d’un ('°rps en combustion, et brûlent avec une flamme intense, en pro-u*sai>t beaucoup de fumée.
- . Le contact de l’air les altère peu à peu ; elles se foncent en cou-•eur,
- form
- tire
- r’ perdent leur odeur, s’épaississent et finissent par se trans-er en une matière solide qui se rapproche des résines. On
- Parti, dans les arts, de ces huiles épaissies pour la peinture
- *Ur vÇrre et sur porcelaine. Ces. changements sont dus à une ab-rPhon d’oxygène, ainsi que l’ont reconnu Priestley et Théodore ae Saussure.
- ^,a plupart s’acidifient dans ce cas; ainsi, l’huile d’amande • ere change en acide benzoïque ; l’huile de cannelle, en acide '^nue; l’essence de cumin, en acide cumini que ; l’essence de eller,aneJ en acide valérianique, etc. Dans le cas le plus général, il ^ ^0nnent naissance à des résines et à de l’acide acétique, et ex Pr°duit toujours, en outre, du gaz acide carbonique, ce qui l 'que les cas d’asphyxie déterminés par le séjour dans des matin, S Peu aérés, de grandes masses d’essences contenues dans j^ases mal bouchés (1).
- J rïlme fa lumière active singulièrement l’action de l’air, on a
- ' essenCe ’T3 P'us trouvé d’oxygène dans l’air d'un caveau de droguiste où de peau qUj\e terébenthine était répandue sur le sol par suite de la. rupture du ton-^épenda 3 ren^ei’mafl' ; aussi cet air était asphyxiant au plus haut degré. Mais SUr l’air nmment cle cette modification chimique que les huiles volatiles exercent f,eurs Une nr ren<ll'e irrespirable, elles ont par elles-mêmes à l’état de va-'^archal (d Cp°n *0x'(lue> comme le démontrent les expériences de MM. Mialhe et '‘l’Partemgjjt .'*)• ^es accidents morbides qu’on éprouve par le séjour dans un <lu’à la céru«recerntnent peint à l’essence doivent être attribués à celle-ci plutôt
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- QUARANTE-DEUXIÈME LEÇON.
- soin de conserver les essences dans de petits flacons toujours pleins, bien bouchés et tenus dans l’obscurité.
- Les huiles volatiles sont très-peu solubles dans l’eau, mais assez pour lui communiquer leur odeur. L’eau qui distille avec ces huiles en est saturée ; elle est alors très-aromatique, mais louche. Ces sortes de dissolutions portent en médecine le nom à’eaux aromatiques.
- Elles sont, en revanche, très-solubles dans l’esprit-de-vin, d d’autant plus solubles que ce liquide contient moins d’eau e1 qu’elles sont plus oxygénées. Ces dissolutions, appelées vulgaire‘ ment esprits aromatiques, eaux spiritueuses, sont troublées par 1 eau qui en sépare l’huile.
- Parmi ces dernières compositions, il en est une qui jouit d’unÇ célébrité universelle, sous le nom d’eau de Cologne, parce qu’elle fut d’abord préparée dans cette ville. C’est tout simplement ujn dissolution d’huiles essentielles dans de l’esprit trois-six, etvou pourquoi, en y ajoutant de l’eau, il en résulte une sorte d’ému -sion, par la suspension et la division extrême des huiles au müie11 du liquide aqueux. La plus simple de toutes les recettes p°111 faire l’eau de Cologne, et il y en a autant que de fabricants, co|> siste à ajouter à 3 kilogram. d’alcool à 36°, 16 gram. d’essence citron, 10 gram. d’essence de bergamotle, 8 gram. d’essence1^ cédrat et 230 gram. d’esprit de romarin. L’eau de Colognen| aucune des nombreuses et merveilleuses propriétés qu’on hn tribue, et qui en feraient une véritable panacée pour toutes maladies. Ce n’est, en réalité, qu’une eau de toilette, qu’un pa fum agréable. I
- 'Les huiles volatiles dissolvent, en toutes proportions, les d> ; rents corps gras, la cire, les résines, et, en général, tous les co I posés organiques riches en carbone et en hydrogène. C’est à o1’ de cette propriété qu’on les emploie, à chaque instant, pour eme sur les tissus de soie ou de drap qu’on ne peut savonner, les tac d’huile, de graisse ou de cambouis (1) qui y sont appliquées- , donne le nom d'essence vestimentale, dans l’art du dégraisse^ un mélange de parties égales d’huiles essentielles de citron Ê térébenthine récemment distillées, qu’on utilise pour cet objel; Bien différentes en cela des huiles grasses, les huiles vola
- ne forment point de savons avec les alcalis. Quelques-unes;
- cepe0'
- On donne le nom de cambouis aux graisses impures, chargées depalt‘
- rtiC“|f:
- \if x/ii uimiio ic îiuiii uo cu/aouwio dUA mipuica, ujiaigeuo * «gflc*
- métalliques et d’autres matières étrangères, qui ont servi à lubréfier les _ ujeiir
- machines ou les essieux des voitures et des chariots. Ces graisses, de
- noirâtre, sont employées dans la médecine vétérinaire, et pour formel') ( l’argile et de l’étoupe, des mastics au moyen desquels on bouche les fisS crevasses des conduits, etc.
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- DES HUILES VOLATILES.
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- dant, fonctionnent à la manière des acides (huiles de girofle, de Piment de la Jamaïque, etc.), et produisent avec les alcalis de véritables sels à proportions définies, cristallins et solubles dans l’eau.
- L’acide azotique concentré, mélangé surtout d’un peu d’acide sulfurique, les attaque avec une telle énergie, que, versé en cer-laine quantité sur une essence, il en détermine l’inflammation
- subite.
- Toutes les actions oxydantes, déterminées avec certaines précautions, soit par l’acide azotique, soit par le chlore, soit par les •dcalis caustiques à -f- 200 ou 300°, font naître dans ces liquides les acides nouveaux.
- Les sels d’or et d’argent sont réduits très-rapidement par les uiles volatiles. En 1844, un ingénieur anglais, M. Drayton, a eu mée de les substituer à l’aldéhyde que M. Liehig avait indiqué, es 1835, pour l’argenture du verre, et il a commencé à mettre ^ Pratique l’étamage des glaces par ce moyen, qui n’a pas tardé à re adopté et perfectionné. Le procédé Dravton s’exécute de la lanière suivante :
- A 30 grammes d’azotate d’argent dissous dans 60 grammes d’eau dis— 30 e’ °n ai°ute 1® grammes d’ammoniaque, puis, 24 heures après, 29 à d’af°UmS ^essence de cassia ou de girofle dissoutes dans 90 grammes to\.; à 60°. La glace sur laquelle on doit agir, est parfaitement net-.e-’ dans une position horizontale, entourée d’un rebord de
- k 1Cj el Recouverte de la liqueur sur une hauteur de 4 à 5 millimètres, forte'111 se dépose peu à peu à la surface du verre et y adhère
- peut nt‘ Lout d’une heure environ, on fait écouler la liqueur su-
- C0) e’ 011 lave la surface avec de l’alcool, on sèche à l’étuve, et on re-e la pellicule d’argent d’une couche de vernis au suif et à la cire, réfig ?.ace’ argentée ainsi, offre un plus bel aspect et possède un pouvoir 11 y a lssant plus considérable que la glace étamée par l’ancien procédé. Pend Un^ ®conomie notable, car chaque mètre carré d’argenture ne $oi'be ^re flue P°nr 1 fr. 53 d’argent, tandis que la même surface ab-SentamnVlr°n Srammes de mercure et 550 grammes d’étain repré-tageux l]ne va^eur totale de 4 fr. 40. Mais ce qu’il y a surtout d’avan-fàche aans procédé de Drayton, c’est qu’il n’a aucune influence par m Sa SUl’la santé des ouvriers. 11 a été importé en France, en 1845, etde ’ °Urasse. D’après M. Wagner, les huiles de camomille romaine ferment iSOnt *Ven préférables aux autres essences, parce qu’elles ren-es afdéhydes dans leur composition (1).
- Lqueur ù G ^lomson et Robert Mellish ont modifié, en 1852, la composition de (J.az°tate tp aiSenter, de la manière suivante : On fait un mélange de 60 gram. [Pque. p0rr8ent> 90 gram. d’eau, 90 gram. d'esprit-de-vin et 30 gram. d’ammo-,avance ci;upUe ^ se^ est dissous, on y ajoute 15 gram. de glucose dissous à Ulle glace S Un demi-litre d’eau et un demi-litre d’esprit-de-vin. L’argenture Tar cette liqueur demande 2 ou 3 jours. — Plus récemment encore
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- QUARANTE-DEUXIÈME LEÇON.
- Un dernier caractère qui distingue parfaitement les huiles volatiles des corps gras, c’est qu’elles font sur le papier une tache transparente qui disparaît très-facilement par l’application d’une douce chaleur.
- Il n’y a donc, comme vous le voyez, Messieurs, aucune analogie) sous le rapport des propriétés physiques et chimiques, entre les huiles fixes et les huiles volatiles. Il n’y en a pas davantage, sous le rapport de leur composition et de leur manière d’être dans les organes des plantes.
- En ayant égard au nombre des éléments qui les constituent, on peut les répartir en trois classes distinctes :
- 1° Les huiles hydrocarbonées, c’est-à-dire uniquement formées d’hydrogène et de carbone; ce sont de véritables carbures d'hydrogène, u011 beaucoup sont isomères et dans lesquels le carbone et l’hydrogèneSL trouvent dans le rapport de 5 équivalents du premier et de 4 équivale»5 du second. Exemples : huiles de citron, d’orange, de cédrat, de beic* motte, de limette, d’élémi, de Tolu, de copahu (C,0H8); de cubèbe (Clolt h de térébenthine, de sabine, de genièvre, de poivre noir (C20H16)jÛL styrax, de rose solide (C5H4), etc. > j
- 2° Les huiles oxygénées, ou formées de carbone, d’hydrogène d’oxygène. C’est le plus grand nombre. Exemples : huiles de pom®e terre, d’amande amère, de cannelle, de cumin, de valériane, danl-> d’angélique, de girofle, de piment, d’ulmaire, de gaultheria, d’absi»* 1 ^ de camomille, de lavande concrète, de rue, de carvi, d’aunee, menthe concrète, de camphre des lauriers, etc.
- 3° Les huiles sulfurées ternaires, quaternaires ou quinternaires; t® ' sont celles de moutarde noire, de cochléaria, de raifort, d’alliaire, d gnon, de lepidium, de houblon, de capucine, d’ail, d’asa-fœtida,e 1 Ces deux dernières ne contiennent pas d’azote, par exception.
- Dans tous les cas, ces différentes huiles ne sont presque ja®1'1 des principes simples, mais des mélanges de plusieurs. AlD ’ outre le principe colorant variable pour chaque espèce, il estr qu’une huile volatile ne soit pas composée de deux sortes d’hul distinctes, l’une solide cristallisable dans certaines limites de te pérature, l’autre constamment liquide.
- en 1857, M. Petit-Jean a remplacé l’huile volatile et le sucre par l’acide tar1^ Pour 300 gram. d’azotate d’argent et 200 gram. d’ammoniaque, dissom’ ^
- 1 litre 30 centilitres d’eau distillée, on ajoute 35 gram. d’acide tartrique dans quatre fois son poids d’eau. On étend ensuite la liqueur de 15 à 17 litres ^ C’est là ce qu’on appelle la solution n° 1. On en fait une seconde, dite n ^ renferme le double d’acide tartrique. C’est en faisant agir successive®6 ,0„ deux solutions sur. le verre bien nettoyé et poli, pendant 15 à 20 minutes, ^ argente parfaitement. On lave ensuite à l’eau chaude, on fait sécher et®1 avec un vernis brun. On obtient de cette manière des glaces et des mii’°uS procoup plus beaux, plus légers et enduits d’une manière plus solide que Pal ~ \t cédé ordinaire. On varie maintenant de mille manières l’argenture du verie-dore et on le platinise par des procédés analogues.
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- DES HUILES VOLATILES.
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- Ce sont surtout les huiles oxygénées qui nous présentent ce fait. Elles sont presque toujours accompagnées d'huiles hydrocarbo-nées de la formule CSH4. La séparation de l’huile hydrocarbonée de l’huile oxygénée est ordinairement assez facile à opérer, le Point d’ébullition de cette dernière étant presque toujours de beaucoup supérieur à celui de la première. Gerhardt et M. Cahours ont trouvé un moyen ingénieux de séparer ces deux sortes d’huiles, en chauffant l’huile brute avec de la potasse caustique fondue ; l’huile oxygénée, en décomposant l’eau de l’hydrate alcalin, fixe son oxygène pour produire un acide qui reste uni à la potasse, tandis que l’huile hydrocarbonée, n’éprouvant aucune altération de la part de cet agent, se sépare et passe à la distillation.
- Nous avons vu que les huiles fixes se trouvent presque toujours bons les semences des végétaux. Il en est tout autrement des huiles volatiles, qui peuvent exister dans tous les organes des plantes, à l’exception des semences, si ce n’est quelquefois dans eur enveloppe la plus externe. Mais c’est surtout dans les feuilles
- d les fleurs qu’elles abondent. Le plus habituellement, c’est dans
- de-— - "
- : Pehtes glandes ou utricules, disséminées dans le tissu cellu-
- l'Ure des
- elles
- végétaux, que sont renfermées les huiles volatiles, et
- y sont si bien emprisonnées, que la dessiccation ne les dissipe
- j!as' Mais dans la plupart des fleurs, elles se forment à la surface f Pétales, et elles se volatilisent immédiatement après leur formation.
- Certaines plantes renferment de l’buile volatile dans tous leurs ganes, à l’exception, toutefois, de la substance propre des se-a nces> exemples : angélique, thym, romarin, matricaire, etc. Il lie %e Muelquefois que les diverses parties d’une môme plante con-njernenl^eS ^lu^es de différente nature; ainsi, on retire du citron-(I r M de l’oranger trois huiles distinctes, selon que l’on traite les rs> les feuilles ou le zeste du fruit.
- le<f Jes extraire des organes qui
- habitueiienilent’ on Profite> lc Plus les ont . ^ent, de la propriété qu’el-d°nc i e se v°latiliser. On introduit bicen ai?s cucul’bite d’un alam-
- feuiiip CUlvre> la racine, l’écorce, les retirer i°U *es Heurs dont on veut d’eau ossence; on y ajoute assez baigné^?Ü1 Mue la matière en soit de rna ’ après quelques heures
- l'Hation'1!111011’ on Pr°cède à la dis-1 huile es "a v.aPeur d’eau, chargée de liquije t,SendeHe, et condensée dans le serpentin, se rend, à l’état d’un !°ublc et laiteux, dans un récipient en verre (fig. 414), qui a la
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- QUARANTE-DEUXIÈME LEÇON.
- forme d’une carafe dont le col va en se rétrécissant vers le sommet; à la base se trouve un bec, qui s’élève le long du corps principal du récipient) mais qui ne monte pas aussi haut que son col. Par cette construction, l’huile, ordinairement plus légère que l’eau, se rassemble dans le col, et l’eau sort par l’extrémité du bec, à mesure que la distillation marche. On appelle ce récipient récipient florentin, du nom de la ville où il a été inventé.
- Pour l'extraction des huiles peu volatiles (girofle, sassafras, cannelle, etc.), on place dans l’alambic de l’eau saturée de sel marin, dont le point d’ébullition s’élève ainsi à -+- 110°. On obtient, par ce moyen, une plus grande quantité de produits volatils dans un temps donné.
- Généralement, la chaleur et la sécheresse sont favorables à la formation des huiles essentielles dans les organes des plantes; aussi, est-ce
- dans le midi de la France, en Espagne et en Italie, dans l’Orient, qlic les végétaux fournissent le p'lb d’huile par la distillation. Sur h1' montagnes embaumées de la P*’0' vence, on rencontre de pet'll’; distilleries nomades, dont les P10' duits sont versés dans les grand1-parfumeries de Grasse.
- C’est aussi par une espece L distillation, ou mieux de sublin1;'
- latde
- Fig. 415.
- tion, qu’on extrait l’huile xo concrète qui existe en abonda^ dans presque toutes les espece-d’arbres de la famille des laurieij-et qui porte dans le commerce nom de camphre, du mot ara kapur ou kampur. Le laurie phrier [fig. 415), qui croît en Cj1111’ au Japon, et dans les îles de^. Sonde, est principalement exp
- pour ce produit. En Chine
- et a»
- • la va‘
- Japon, on fait bouillir les rac* et les branches de l’arbre coup par petits morceaux dans^ vases de fer sphériques, reC^ verts par d’autres vases de
- d’une forme allongée, servant de chapiteaux et remplis rement de paille de riz ou de roseaux. Le camphre, entraîné par - ^ peur d’eau, se volatilise et vient s’attacher à la paille, sous forme de P ^ cristaux grisâtres. On le ramasse et on l’expédie dans cet état d’imp"1^. 11 est connu sous le nom de camphre brut du Japon. On le raffine en^,e rope, en le faisant sublimer dans des matrashémisphériques en'’ chauffés au bain de sable (fig. 416), après l’avoir mélangé avec i/3^e[ chaux vive et autant de charbon animal. Cette opération est l°n=U,j0ii difficile, en raison du peu de distance qu’il y a entre le point de n1-.^ (175°), et celui de volatilisation (204°) du camphre. On obtienta
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- DES HUILES VOLATILES. 233
- des pains solides, d’un kilogramme environ, concaves d’un côté et contes de l’autre, avec un petit trou central. C’est le camphre raffiné du
- commerce.
- Les Vénitiens ont exercé seuls pendant longtemps le raffinage du
- Fig. 416.
- (luara^r*e’ ^es Hollandais s’en sont ensuite emparés; mais depuis une et mé'1 amc h’années, il existe en Angleterre, à Copenhague, à Hambourg 0nme en France, des raffineries de camphre.
- ''olati/1 rec,0urs quelquefois à la pression pour obtenir certaines huiles l°ppe es* r^est lorsqu’elles sont renfermées en abondance dans l’enve-drats j aiaeure et charnue des fruits. Les citrons, les oranges, les cé-dans p ?S berg.amottes et tous les fruits analogues contiennent de l’essence Pfessé °C0|ce jaune ou zeste qui entoure leur pulpe acide. Vous avez tous dehors fi? *e.s ^a Peau d’une orange, et vous avez vu jaillir au
- Lien' c> , ![Ildde très-odorant, qu’enflamme le contact d’une bougie. Eh râpe j ?V huile essentielle qui est logée dans les utricules du zeste. On presse d'C & Par^'e Jaune superficielle de ces fruits, et on la soumet à 1a. SUaves a<lnSiUn sac c*e cian- Ces huiles, ainsi obtenues, sont bien plus SUsceptiM° ,scla’on les extrait par la distillation; mais elles sont plus soie et n 6S ^ a^ration ; elles sont moins pures, elles font tache sur la Chez leSG ^soH’ent qu’imparfaitement dans l’esprit-de-vin. ÏM'Hatau!lîl“eu,rs'„.Pour. se procurer l’odeur fugace du jasmin, du d’huile v jrereuseJ de l’iris, de la violette, etc., dont on ne peut obtenir substanCe 6 ^ar ^a distillation, on interpose des lits de chacune de ces d’huiic d’ ]tntre hes draps de laine blanche, imprégnés d’huile de ben ou 0 lve- Au bout de 24 heures, on renouvelle les fleurs, et l’on
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- continue de celte manière jusqu’à ce que l’huile fixe soit bien chargée de l’odeur. On fait digérer les draps dans de l’esprit-de-vin, et on distille au bain-marie; ce véhicule enlève l’arome des fleurs à l’huile fixe et se volatilise. C’est alors ce qu’on nomme l’essence de jasmin, de lis, de violette, etc.
- Tout récemment, en 1856, M. Millon, chef de la pharmacie militaiie centrale à Alger, a fait connaître une méthode nouvelle pour extraire le principe odorant des fleurs, qu’il regarde comme tout à fait distinct des huiles essentielles. 11 introduit les fleurs dans un appareil de déplacement et les recouvre d’éther; au bout de 10 à 15 minutes, il la*sse écouler le liquide et fait passer une nouvelle quantité d’éther sur h’-fleurs pour les laver et les bien épuiser. L’éther dissout de cette maniéré tout le parfum et l’abandonne ensuite, par la distillation, sous for®e d’une matière butyreuse, diversement colorée, assez semblable à 1 sence de rose des Orientaux. Cette matière est étalée en couches mine* et maintenue en fusion à une très-douce température, jusqu’à ce quelc; dernières traces d’éther aient disparu. On a alors un résidu sec l®1 reproduit, dans toute sa pureté et son intensité, l’odeur primitive de a plante ou de la fleur.
- Le parfum des fleurs, ainsi obtenu, est inaltérable à l’air et se conseï'1 des années entières dans des tubes ouverts sans rien perdre de ses p|ü priétés spéciales. 11 est donc bien différent, à cet égard, des huiles ess-1* tielles. Il se dissout parfaitement dans l’alcopl, dans les huiles et dans1 graisses. La parfumerie ne manquera pas de tirer un précieux partidt intéressants travaux de M. Millon.
- Un des faits, sans contredit, les plus curieux que la scien® moderne nous ait révélés à propos des huiles volatiles, c’est1 formation de plusieurs d’entre elles, lorsqu’on vient à disti avec de l’eau certains organes de plantes qui en sont nature ment dépourvus. Les amandes amères, les semences de moula noire ne contiennent que de l’huile grasse et d’autres princtp complètement inodores. Eh bien! si, après les avoir soufliiseS‘ la presse pour les dépouiller de l’huile fixe, on humecte les t° teaux avec de l’eau, et qu’après quelque temps de macération -, procède à la distillation, on obtient une proportion très-nota d’huile essentielle, très-odorante et agréable pour les afflan amères, très-âcre et très-irritante pour la moutarde noire. , D’où vient donc l’huile essentielle qu’on recueille à la distillé1 ^ RobiquetetM.Boutron,MM.Woehler etLiebigjBussyetFremy11^ l’ont appris. C’est le produit d’une métamorphose, d’une réac chimique qui s’établit , sous l’influence de l’eau, entre l'album10® ^ gétale des graines et l’un des principes inodores qui l’accompagn Ce principe, dans les amandes amères, est une substance bla11 cristalline, douceâtre, soluble, qu’on a nommée
- (I) Cette amygdaline, quand elle est cristallisée dans l’eau, est représ
- la formule : = C‘0Hî7AzO,-*> G HO.
- entée 1
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- DES IIUILES VOLATILES.
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- dans la moutarde noire, c’est une matière très-amère , cristalline, fixe, qui consiste en une combinaison de potasse avec I acide particulier que M. Bussy a désigné sous le nom d'acide nyi'onique.
- , Que l’on prenne, en effet, de l’amygdaline, ainsi que je le fais 1C1! qu’on la mette en contact avec une dissolution d’albumine ces amandes, ou plus simplement avec une émulsion d’amandes douces, le mélange acquiert presque immédiatement une odeur °de et aromatique. 100 parties d’amygdaline fournissent ainsi, l)ai'la distillation, jusqu’à 42 parties d’essence, accompagnée de °a G parties d’acide prussique ou cyanhydrique.
- ytce qu’il y a de plus singulier, c’est que cette conversion d’un Principe inodore en un principe très-odorant n’est opérée que par ‘Uûumine des amandes amères, et nullement par celle des autres "gotaux ni par l’albumine des animaux.
- Mdmes phénomènes avec l’albumine de la moutarde noire et le llVjronate de potasse (Jü’on extrait de ses semences.
- , e Çui prouve bien, d’ailleurs, que l’huile essentielle, dans les d Ux cas> est formée aux dépens de l’amygdaline et du myronate (|, P°tasse, c’est que les amandes douces, qui ne renferment pas ^aniygdaline, c’est que fa moutarde blanche, qui ne contient pas Myronate de potasse, ne fournissent pas la plus légère trace 3 essentielle à la distillation.
- (j, 1 0n employait de l’eau bouillante pour délayer les tourteaux ra^an(^e amère et de moutarde noire, le principe volatil odo-c ne se développerait pas, attendu que l’albumine, une fois guiee, est impropre à provoquer sa formation. aiï) n rais°n des propriétés toutes spéciales de l’albumine des slase Gs et de la moutarde noire, qui se rapprochent de la dia-Sl/Ïl0 0u c^u ferment, on a distingué la première par le nom de Ces secon(^e Par celui de myrosine.
- n0usSfréaCti°ns remarcIua51es peuvent, jusqu’à un certain point, lérje aiî*e entrevoir le mode de formation des essences dans l’in-pl0j .res 0rganes des plantes. On doit en tenir compte dans l’em-îlest , Iéquent de la farine de moutarde sous forme de-sinapismes. jaire Mdent que, pour la préparation de ces topiques, il faut ne due S^e ^eau bouillante, ni de vinaigre, pour délayer la fa-PetnenfU1^U'eî1 coa8u^auf la myrosine on s’opposerait au dévelop-iroiqe ( u principe actif ou de l’huile essentielle. C’est de l’eau vevq as°U • ^GaU l*®de qu’on doit d’abord employer, et, lorsqu’on faite Q.S?CleG ^u vinaigre au sinapisme, l’addition ne doit en être l’eau -,après lln certain temps de macération de la farine dans Qui V'1 C^UC ^ volatile ait pu se développer. l'harma^p111 Pr(^vu qu’une des plus vulgaires opérations de la e d de la thérapeutique se rattachait d’une manière si
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- 236 QUARANTE-DEUXIÈME LEÇON.
- étroite à l’une des plus jolies découvertes de la chimie organique: la formation des huiles volatiles dans les plantes ! Ceci n’est-il pas une nouvelle preuve pour vous, Messieurs, qu’en chimie rien n’est à dédaigner, et que les faits eh apparence indifférents ou seulement curieux peuvent devenir tout à coup l’occasion d’heureuses applications à l’industrie ou aux actes de la vie commune?
- Les huiles volatiles ont une assez grande importance commerciale, en raison de leurs différents usages dans les arts et la médecine. L’essence de térébenthine est celle que l’on consomme eu plus grande quantité pour la préparation des vernis à l’essence et des vernis gras; elle a la singulière propriété de communiquer11 l’urine une odeur de violette. Marcus Græcus, au VIIIe siècle, dé; crit la distillation de cette huile qu’il appelle eau ardente, ce qul peut faire penser, avec juste raison, que toutes les huiles essentielles portaient primitivement, ainsi que l’alcool, le nom d’eaM ardentes. C’est donc à tort qu’on attribue à Arnaud de Villeneuve, le plus savant chimiste du XIIIe siècle, la découverte de l'essen^ de térébenthine, qu’il a désignée sous le nom d’huile admiré1 Les essences de citron et de cédrat sont surtout employées p0111 enlever les taches de graisse et de peinture à l’huile sur les vêtements, et spécialement de dessus les étoffes de laine et de son’’
- La médecine utilise la plupart des huiles volatiles comme excitants et caustiques, en variant de toutes les manières leur fo^ et leur administration. — Le camphre entre dans une infinité ‘1 préparations pharmaceutiques, et sa solution dans l’esprit de'nl faible, bien connue sous le nom d'eau-de-vie camphrée, est h’1’5 employée en frictions, pour dissiper les épanchements de sa'o à la suite de coups ou de chutes. M. Raspail a mis à la mo ses cigarettes de camphre comme un prétendu remède univers • — L’essence de girofle est un remède populaire contre les n08 de dents. Il en est de môme de l'esprit de cochléaria et ^ raifort. — L’essence d’amande amère est si vénéneuse que ^ n ques gouttes suffisent pour faire périr des oiseaux, des chats, moins de quelques secondes (I). — L’huile de cajeput, dont la c° leur verte est due à l’oxyde de cuivre, sert à préserver des inseC,|, les collections d’histoire naturelle. Il en est de môme du camp11. . dont les pelletiers et fourreurs font une grande consomma11 pour écarter les papillons et autres insectes qui cherchent jours à déposer leurs œufs dans les étoffes de laine, de soie, (1‘
- (l) L’essence d’orange amère développe chez les ouvrières de Marseille, °cC.jeul= à peler les oranges à confir et qu’on vend sous le nom de chinois, des ae ^ nerveux multiples et très-graves, ainsi que des éruptions sur les mai"s bras.
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- DES PRINCIPES RÉSINEUX. 237
- 'es pelleteries. — C’est avec l’huile de genièvre que les distilla-teurs aromatisent l’eau-de-vie qui prend le nom de genièvre ou gin ; c est avec l’essence d’anis qu’ils confectionnent les liqueurs de fable connues sous les noms d’an/s et d’anisette.
- Enfin, dans la parfumerie, on fait un usage considérable de foules les huiles pourvues d’une agréable odeur pour la prépara-bon des eaux aromatiques, des pommades, des savons parfumés et ( e f°us les autres aromates. Les plus usitées sous ce rapport sont celles de citron, d’orange ou de Portugal, d’amande amère, de amande, de bergamotte, de fleurs d’oranger ou néroli, de menthe, e mélisse, mais surtout l’essence de rose. Celle-ci est apportée e Tunis, de Perse et autres parties de l’Asie, dans de très-petits acons. On raconte qu’elle a été découverte, en 1612, par la euime du grand-mogol Djihanguyr. Quelques auteurs pensent J, anmoins qu’elle a dû être connue beaucoup plus tôt, puisque ,eau distillée de rose était très-anciennement usitée; mais les ,'res orientaux n’en font pas mention avant le commencement 110 «II-siècle.
- L usage des parfums est originaire de Perse, et il était bien plus Pandu chez toutes les nations de l’antiquité qu’il ne l’est au-. hui. L’amour des aromates était poussé si loin chez les Ro-(je'llIls> flue les aigles de leurs armées étaient parfumées les jours réjouissances publiques. Les anciens connaissaient plusieurs essentielles à l’état de pureté, telles que celles de citron, erébenthine, de laurier, etc. ; mais leurs compositions cosmé-Æes et odoriférantes étaient des solutions d’essences dans les dancs psses, obtenues par la macération des plantes aromatiques çans huile d’olive. Plusieurs villes, telles que Corinthe, Rhodes, tati°Ue* ^r^nesle> Mendès en Égypte, avaient une grande répu-pr 11 P°ur la fabrication des parfums. A notre époque, c’est en nuel|Ce ^uon prépare les meilleurs, aussi en exporte-t-on an-eiUent pour plus de trente millions de francs.
- Des principes résineux.
- pa^llturedement, après l’étude des huiles essentielles, je dois vous dg^/.hes matières que les naturalistes désignent sous les noms rais*Slnes' 90rnmes-résines et baumes, parce que ces matières pa-^ nt être le produit de l’oxydation des essences elles-mêmes. raci rsTU on fait des incisions aux tiges, aux branches ou aux très-aS ^ (?erlarns végétaux, et surtout aux plantes herbacées et fooin^î^tique8 des pays chauds, il en découle un suc plus ou au contVlS^UeUX’ fluel(luef°rs lactescent, qui se durcit peu à peu Ce Sllc act l’air, et finit par devenir tout à fait solide et cassant, est renfermé dans des vaisseaux propres, et souvent il
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- QUARANTE-DEUXIÈME LEÇON.
- s’extravase naturellement lorsque les vaisseaux deviennent trop petits pour le contenir.
- Ce suc desséché est un mélange ordinairement assez complexe' On y trouve réunis des huiles essentielles, des acides organiques, quelques sels à bases de chaux etde potasse, souvent de lagomffle, de la cire, de l’amidon, et toujours un ou plusieurs principes insolubles dans l’eau, mais très-solubles dans l’alcool bouillant; c’est à ceux-là qu’on donne le nom d& principes résineux ou de résines proprement dites. Lorsque dans le mélange, la gomme est en assez forte proportion pour que le suc soit en partie soluble dans l’eau à laquelle il communique un aspect laiteux et opaque, naturalistes l’appellent improprement gomme-résine. Il prend f nom spécial de baume, lorsque la résine est accompagnée d’acuE benzoïque ou d’acide cinnamique facile à isoler par une doue chaleur.
- On peut raisonnablement considérer les sucs résineux coni'111 des huiles volatiles plus ou moins pures, épaissies par suite de 1 aC" tion de l’air ou plutôt de l’oxygène. Ce qu’il y a de certain, que, par un contact prolongé avec ce gaz, les huiles volatiles fin'5 sent par se concréter et acquérir l’aspect et les principales P10 priétés des sucs résineux. Ceux-ci paraissent, en général; défi'1’1 de carbures d’hydrogène qui, en absorbant l’oxygène, se résm' fient. C’est ainsi, par exemple, que l’essence de térébentb1^’ C'20H16, se transforme en colophane, C20H16O2, en fixant 2 éq111 valents d’oxygène.
- Au reste, tous les sucs résineux renferment encore beaucou d’huile essentielle qui paraît les tenir en dissolution dans les va ^ seaux des plantes. Qu’on chauffe, en effet, avec de l’eau, “ un appareil distillatoire , une matière résineuse quelcon^1 on en extraira de l’huile volatile en plus ou moins grande qu‘ tité, et le résidu sera dur, sec et très-friable. C’est ce qu exécute sous vos yeux, en ce moment, en agissant sur la rfs connue dans le commerce sous le nom de térébenthine ; voici certaine quantité d’essence qu’on vient d’en obtenir par la d's lation. A Mont-de-Marsan (Landes), à Bordeaux, on distille la te benthine dans de très-grands alambics de cuivre; elle | ainsi près de 15 p. 100 de son poids d’essence (1). Le résim1
- , usines
- (1) Depuis un certain nombre d’années, on a remplacé dans plusieurs .8| élevées au centre des forêts de la Teste et d’Arcachon, entre autres a 'a jeJj l’ancienne méthode de distillation à feu nu par la distillation au ®°ye ^vef vapeur surchauffée. L’appareil distillatoire est en cuivre; c’est un ej’l'1111sur-une double enveloppe en tôle dans laquelle circule un courant de vap® veje chauffée. Ce procédé, imaginé par M. H. Violette, directeur de la salpatr feCti-Lille, fournit de premier jet une essence très-pure, qui n’a pas besoin d et „e fiée parce qu'elle n’est plus souillée de ces huiles empyreumatiques coloi
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- DES PRINCIPES RÉSINEUX. 239
- ce qu'on appelle brai sec, arcanson, colophane ou colophone (1).
- C’est à la forte proportion d’huile volatile qu’ils renferment encore, que la térébenthine, le baume de copahu, le baume de la Mecque, le baume du Pérou, le styrax doivent leur mollesse ou •eur liquidité.
- En faisant agir successivement sur le même suc résineux divers agents, comme l’eau, l’alcool faible ou fort, froid ou bouillant, Puis l’éther et les solutions alcalines, on parvient à isoler les uns 1 es autres les différents principes qui y sont à l’état de simple Mélange.
- Lorsque les résines n’exsudent pas d’elles-mêmes des végé-aux; °n met les parties végétales qui en sont les plus riches en di-pshon avec de l’alcool, qui s’en charge. Si l’on ajoute de l’eau à a solution et qu’on la chauffe pour éloigner l’alcool, la résine Ment surnager à l’état fondu.
- Les principes résineux ont une série de caractères communs qui Cs lient à un même type.
- Presque tous sont durs, cassants et très-friables, transparents ou ranslucides, à cassure vitreuse. Ils s’offrent en masses amorphes, (n armes, ou en grains détachés.
- s sont souvent colorés en brun ou en rouge, mais il est
- outre aUon a nu produit toujours vers la fin des opérations. Il donne, en à l’anVi' ?" 100 c'e ?^us d’essence, et offre surtout cet immense avantage qu’il met donc r 1 es ince«dies qui arrivent si fréquemment par l’ancien système. Il y a q>e a un Progrès réel.
- du pi* a Albert qu’on doit le développement qu’a pris dans les Landes la culture habitat a!lt'me’ h fit venir, en 1G38, des ouvriers suédois qui enseignèrent aux ti°n ^ s ,a construction des fours à goudron, ainsi que les secrets de la fabrica-E>ndes in,sines d’après les procédés connus dans le Nord. Aujourd’hui, dans les Plantée i6 Gascogne, plus de 1 10,000 hectares d’anciennes landes et dunes sont
- L’n a,-fe pins’
- iasqu’j, 'e (le 25 ans fournit, en moyenne, 2 kil. de résine brute dans l’année; 'jomnie ' ans> son rendement augmente et monte à 6 ou 8 kilogr. On appelle P'ed de i’.U.i?'e4î”e mo^e, la térébenthine qui coule des incisions et se réunit au P^squc ,U ,1’C; la récolte se fait de mars à septembre. On nomme galipot, la résine ^VaPorat° *^C <ÏU* p3rrne des sortes de stalactites le long de l’arbre, par suite de ealipots .lon dune partie de l’essence. On désigne sous le nom de barrai, les Ment en fUt secs> adhérant h l’arbre et qu’il faut arracher avec un instru-lecueilijs Pr -Pin les crottas sont les mélanges de térébenthine et de galipot, sable ep ,en scPtembre et en octobre, au pied des arbres, et qui sont souillés de Ve^hre cm • Pes- ha récolte des barrais et des galipots se fait en octobre, nolises a < ('empre ! Us entrent pour un tiers dans le produit total du rendement. Vil%onieeUrdfrniers noms de cetle matière résineuse viennent de Colophon, ?Ue fes ^ ’. .°ff les anciens la tiraient presque exclusivement. C’est avec elle iaS8%euxS1Cuens bottent le crin de leurs archets, afin qu’étant ainsi poissé, il 'Mr veiic] M Jrer les cordes des violons et autres instruments analogues. On la ’ poui ceP usage, en petits cylindres coulés dans des étuis en papier.
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- probable que, dans l’état de pureté, ils sont incolores; on est parvenu à décolorer complètement, au moyen du charbon, les résines de scammonée et de ja'lap.
- Leur saveur est presque toujours forte, âcre ou amère, chaud1 et brûlante. Leur odeur est généralement très-développée, parfois douce et suave [baume de benjoin, de Tolu, de la Mecque, élfflb mastic, etc.), mais très-souvent aussi désagréable (térébenthM copahu, sagapenum, galbanum, asa-fœtida, etc.).L’as«- fœtida exhala une odeur alliacée si fétide, que les anciens l’avaient noniflé' fiente du diable : et cependant les Orientaux l’emploient àjas‘ saisonnement de leurs mets (1). L’odeur si agréable du citron était bien en exécration chez la plupart des peuples anciens Jamais dicton populaire ne fut plus sensé que celui qui ditqu1 ne fautpas disputer des goûts et des couleurs.
- Les sucs résineux.étant, comme les huiles volatiles, fort riche-en hydrogène et en carbone, sont, par cela meme, très-coflib115 tibles. Ils s’enflamment par l’approche d’une bougie et brûleir avec une flamme forte et jaune, en répandant beaucoup de fu®f C'est en conduisant cette fumée dans des chambres ou dansd1 sacs, qu’on obtient le noir de fumée, comme je vous l’ai dit 83 * * la première partie du cours.
- Les résines donnent, par la distillation sèche, des produits lreS complexes. Il apparaît d’abord des gaz carburés qui brûlent aV une flamme brillante, et dont on s’est servi, dans quelques 1°^ lités, comme gaz d’éclairage. Entre -j- 108° et 150°, il se volât* ^ des huiles, dites vive essence, qui sont principalement formées deux carbures d’hydrogène, nommés rétinaphte (C14H8) etre nyle (C18H12). A partir de -}- 280°, il passe à la distillation, J huile, dite huile fixe ou lourde, qui est un autre carbure d’hr . gène, appelé rétinole (C32H16). A -j- 350°, il se fige dans les r^ pients une matière d’un brun noirâtre ou bleuâtre, qu’on non1 dans les ateliers matière grasse, et dans les laboratoires rètiW ou métanaphtaline (C20H8). Enfin, il reste dans la cornue cucurbite un charbon brillant. Dans les usines, on retire moj^ nement de la colophane, 3,73 p. 100 de vive essence, 3J P' d'huile lourde et 70 p. 100 de matière grasse et goudron. s.
- La vive essence remplace l’essence de térébenthine dansqnehl ,e unes de ses applications. L'huile lourde, décolorée et clarifié8P1
- (l) Dans l’Amérique du Nord, les chasseurs ont reconnu depuis longtetf>P ^
- l’odeur de l’asa-fœtida produit sur les renards une espèce de paralysie
- ôte l’usage de toutes leurs facultés. Lorsque les chasseurs font une battue. p
- armés de brandons de résine dans laquelle on a fait dissoudre de l’asa-f® 1 ^
- fumée qui s’exhale de leurs torches, fortement imprégnée de l’odeur 1
- substance, suffit pour ôter aux renards jusqu’à la volonté de s’enfuir.
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- DES PRINCIPES RÉSINEUX.
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- contact d’une lessive de soude à 41°, sert dans la peinture en bâtiments, pour certaines encres d’imprimerie, etpour fabriquer des mélanges ou graisses noires qui remplacent avec économie les corps gras ordinaires pour lubréfier les roues de voiture, les engrenages de métiers et do machines, etc.
- M. Krafft obtient une huile volatile incolore, très-propre à l’éclairage, non congelable, sans action sur les métaux, en soumet-lar>t la vive essence et Vhuile lourde à une rectification sur 15 p. 100 'techaux éteinte. Le produit distillé est mis en contact pendant une heure, à deux reprises différentes, avec de l’acide sulfurique; °n le décante, on le lave à l’eau chaude et on le distille une seconde lo's> mais sur du noir animal. Cette nouvelle huile, repré-sente 40 p. 100 de la résine employée. Elle est bien supérieure ,lUx huiles de schiste et de bouille (1).
- En faisant arriver un jet de vapeur surchauffée h la surface de a résine fondue, MM. Hunt et Pochin en effectuent la distilla-10n intégrale, sans qu’il se forme aucun des produits dont il a été gestion précédemment. La résine, ainsi distillée, est à peu près lncolore, presque inodore, et elle est bien supérieure h la résine orJinaire pour la fabrication des savons et des vernis.
- Ees résines sont toutes solubles dans l’alcool bouillant. Leurs '«solutions sont connues, depuis longtemps, sous le nom de 'ai'tures. L’eau en précipite sur-le-champ les principes résineux nir donne l’apparence du lait, parce que ces principes se sé-en flocons blancs et opaques, qui restent longtemps en
- P^ent
- ^Pension. La teinture alcoolique du benjoin ou du baume de
- Leilrs> auquel ils attribuent la propriété de nettoyer et d’adoucir Il dU‘
- mélangée avec l’eau, forme le lait virginal des parfit-
- est quelques résines, entre autres le copal, qui ne se dissolvent cie l .ans l’alcool froid. Leurs meilleurs dissolvants sont l’esprit les10l.j’ benzine, l’éther, le chloroforme, le sulfure de carbone, ^udes grasses et volatiles, les acides acétique et chlorhydrique, ^/solutions alcooliques ou élhérées d’un grand nombre de ré-t, rougissentle papier de tournesol.
- Sllcsacide sulfurique, et surtout l’acide azotique, attaquent les es,neux avec énergie, et les convertissent en une substance
- &nt.?vec les memes agents, mais employés en sens inverse, sur l’es-^mfecter a entll'ne’ ^athieu, (le Marseille, est parvenu à la purilier et à la heure de ' *'nsi» ü l’agite avec 2 p. 100 d’acide sulfurique à 66° et, après une ^ chaux 11 lléeante la partie limpide qu’il distille sur un peu de carbonate 0(leur einn U Uouvelle essence est limpide1, très-fluide et ne conserve qu’une légère Rrat»„ iuuumatique qUj disparaît par une seconde distillation sur une huile
- II.
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- 242 QUARANTE-DEUXIÈME LEÇON.
- particulière qu’ou appelle tannin artificiel, à cause de certains rapports de propriétés qu’elle offre avec le tannin des végétaux.
- A part quelques résines qui refusent de se combiner aux alcalis toutes les autres se dissolvent facilement, surtout à l’aide de la chaleur, dans les lessives caustiques ou môme carbonatées, a1 2 donnent naissance à de véritables sels, dans lesquels l’alcali est quelquefois complètement neutralisé. Les résinâtes de potassa el de soude moussent avec l’eau et peuvent être employés connut les savons ordinaires. De là, est venu l’usage, d’abord en Amérique puis en Angleterre et en France, d’introduire dans certains savoir communs, notamment dans les savons de suif, une certaine P1'0' portion de résine, 18,20 et môme 30 p. 100, en sus du poids du corps gras, afin d’avoir des produits moins chers.
- Les savons de résine ne sont pas précipités par le sel mafl'1; comme les savons formés uniquement par les corps gras, auSsl sont-ils employés de préférence à ces derniers à bord des navires. Voici comment on les fabrique le plus généralement :
- On introduit dans une chaudière autoclave :
- Suif.............................................. 350 kit'
- Résine sèche ou arcanson.......................... 150
- Huile de palme.................................... 150
- Lessive caustique (contenant i 15 gr. de soude par kil.). 600
- On chauffe soit directement à feu nu, soit à l’aide d’une dou^1 enveloppe recevant la vapeur d’un générateur ; on porte rapllU ment la température à-}-150°, et on la maintient à ce terme pel1 dant une heure. La saponification est alors complète ; on fait co.11 1er le savon dans des moules.
- Le savon de résine bien préparé a la composition suivante •'
- Soude............................. 9
- Acides gras. -.................... 48
- Résine............................ 13
- Eau................................ 30
- 100
- / du
- En France, dans ces dernières années, on a tellement abus ^ la résine et fabriqué si mal les savons dits économiques1 ces derniers sont tombés dans le plus grand discrédit.
- En ayant égard à leur manière de se comporter avec lesa^|. et le tournesol, on peut donc partager les résines en deux clas
- 1. Les résines acides ou négatives (Ex. : térébenthine, sandar«f copal de l’Inde, gomme-gutte, oliban, baume de Tolu, etc.); , g*i-
- 2. Les résines neutres ou positives (Ex. : galbanum, opopanax^j, fœtida, euphorbe, sagapenum, élémi, bdellium, scammonée, jalap»
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- DES PRINCIPES RÉSINEUX. 243
- Les résines sont très-employées en médecine. Plusieurs seront de matières colorantes aux peintres et aux teinturiers, telles 5ue la gomme-gutte et la résine dite improprement gomme-laque. "La sandaraque, réduite en poudre fine, est d'un usage général Pour donner du corps au papier qui a été aminci ou déchiré par *e grattoir, et pour l’empêcher de boire l’encre.
- Les résines aromatiques, et notamment les baumes de benjoin, f'e Tolu, du Pérou, etc., servent à composer différents aromates et des pastilles odorantes pour parfumer l’air. Les clous fumants, (Jue vous voyez vendre sur les places publiques, sont un mélange (e benjoin, de baume de Tolu, de santal citrin, de charbon et 1 az°tate de potasse, qu’on moule en pastilles au moyen d’un oiucilage de gomme. Le baume de la Mecque, qu’on récolte dans Arabie Heureuse cl l’Egypte, au moyen d’incisions qu’on prati-(IU6 à la tige d’un petit arbre appelé Amyris opobalsamum, est si [,sllmé chez les Turcs, comme parfum, que le Grand-Seigneur Cnvoie en cadeau aux souverains. Chez les Orientaux, les femmes n Un continuel usage de la résine dite mastic, qu’elles mâchent *)fjur se fortifier les gencives et communiquer à leur haleine une (jeeur agréable. L’oliban ou Yencens, gomme-résine apportée,
- ,e loiU temps, de l’Arabie, servait, dès l’antiquité la plus reculée, t^mer les temples, coutume que l’Église catholique a adop-],J' J était la nécessité de masquer l’odeur désagréable qu’exha-Jes animaux sacrifiés dans les temples, qui fit naître l’usage Druler de l’encens, car alors on ne connaissait pas d’autre vjen de purifier l’air et de le désinfecter, la f-ÏS ^es Usaees industriels les plus étendus des résines, c’est w . icati°n des savons, la préparation des cires à cacheter et des ls' Disons quelques mots de ces deux dernières applications.
- à cacheter. — Les matières résineuses spécialement employées on r>31re ^es cires à cacheter sont la résine-laque et la térébenthine; la col11 » ace 1lne Par^e de la première, dans les cires communes, partie la s , P"ace. On fond les matières à une douce chaleur, on y incorpore °n )b ar|ce colorante, qui est ordinairement une poudre minérale, puis duitclU,e masse dans des moules de fer-hlanc dont l’intérieur est en-PaSsant'Ul apcèsle refroidissement, on donne le poli aux hâtons en les à alcoollalH^Gmerd a travers la flamme d’un fourneau ou d’une lampe On > *
- ürnploie comme colorant les poudres suivantes :
- * °ur le rouge... cinabre ou vermillon ;
- Ie noir..... noir de fumée ;
- le jaune....jaune royal ou oxychlorure de plomb;
- le brun..... ocre rouge;
- Je bleu..... bleu minéral, outremer;
- *e vei't.... vert-de-gris.
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- 244 QUARANTE-DEUXIÈME LEÇON.
- On aromatise les belles cires avec le benjoin, le Tolu, le baume de Pérou. Voici la recette d’une bonne cire à cacheter de couleur rouge :
- Résine-laque en écailles....... 48 parties.
- Térébenthine de Venise....... 12 —
- Baume du Pérou................ t —
- Vermillon.................... 36 —
- Les Indiens, qui récoltent dans leur pays la résine-laque, farenl les inventeurs de la cire à cacheter. Les premiers échantillons de cette cire qui parvinrent en Europe furent portés à Venise, de là en Portugal; et enfin en Espagne. Ce dernier peuple en fit un grand comméré voilà pourquoi cette composition porte encore le nom de cire d'Espag^ Ce n’est que sous le règne de Louis XIII que cette matière adhésive e? devenue d’un usage un peu général. C’est en France qu’on prepau actuellement la meilleure cire à cacheter.
- La cire à sceller, bien différente de la précédente, puisqu’elle s’appl'jP-à froid sur le papier, les tissus, le bois, qu’on veut recouvrir d’un cache, est préparée avec 4 parties de cire blanche et 1 partie de térébenthine 1 Venise, qu’on fond ensemble et qu’on colore avec du vermillon. A'* d’appliquer cette matière plastique, on la ramollit en la malaxant.
- 2. Vernis. —Quant aux vernis, ce sont des liquides qui, étendus couches minces sur les corps solides, donnent à leur surface un asp^ brillant et agréable, tout en les préservant de l’action de l’humiditee 11 l’air qui pourraient les altérer.
- Ces vernis sont des dissolutions de résines, de gommes-résines ou baumes dans l’alcool, l’essence de térébenthine ou l’huile de lin cUI Voici les différentes matières qui servent à les préparer :
- LIQUIDES DISSOLVANTS. SUCS RÉSINEUX SOLIDES. COLORANTS.
- Huile d’œillette. Copal. Gomme-gu tF'
- — de lin. Succin. Sang-dragon-
- Essence de térében- Mastic. Aloës.
- thine. Sandaraque. Safran.
- — de romarin. Laque. Orcanette.
- Alcool. Élémi. Cochenille-
- Ether. Benjoin. Carthame.
- Esprit de buis. Colophane. Curcuma.
- Acétone. Animé. Caoutchouc. Térébenthine. Rocou. Vert-de-gi'lS<
- î nainn’
- On peut partager les vernis en trois grandes classes, suivant la du dissolvant : vernis à l’alcool, vernis à l’essence, vernis gras. J0 nerai seulement quelques exemples de chacun d’eux.
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- M.
- Vemi.s' a» I’aIcooI.
- VERS IS POUR HI EU BLES.
- Copal tendre.......
- Sandaraquc ........
- Mastic choisi......
- Térébenthine claire
- I VERNIS POUR 1NSTRUM. A CORDES.
- VERNIS POUR LAITON.
- Térébenthine........
- Camphre.............
- Essence de térébenth.
- Mastic...............
- Térébenthine........
- Huile de lin cuite....
- Essence de térébenth.
- 90 * / Sandaraque .. 120 / Laque en grains 180
- ISO / Laque en grains .. 60 Succin fondu 00
- 90 Mastic 30 Gomme-gutte 0
- 75 Benjoin en larmes.. 30 Extr. de santal rouge. t
- 1000 Térébenthine .. 120 Sang-dragon 3o
- Alcool pur .. 1000 Safran 2
- Alcool pur 1000
- II. — Vernis à l’essence.
- VERNIS MUTATIF POUR MÉTAUX VERNIS POUR LE BOIS DORÉ
- ET ROIS. ET LES MÉTAUX.
- 360 Laque en grains... . . 120 Colophane 15
- 45 Sandaraq. ou mastic .. 120 Succin 60
- \ O Sang-dragon .. 15 Elémi 30
- 1000 Curcuma 2 Essence de térébenth. 375
- Gomme-gutte 2
- Térébenthine .. 60
- Essence de térébenth. 980
- III. — Vernis gras.
- NTRES. VERNIS POUR BOIS ET MÉTAUX. VERNIS. JAUNE.
- 120 Succin .. 500 Résine blanche 60
- 30 Huile de lin .. 60 Sandaraque CO
- 6 Huile de lin cuite.. .. 750 Aloës 30
- 750 Huile de lin cuite .... 500
- 90 Essence de térébenth. q. s.
- VERNIS POUR ETIQUETTES.
- .Sandaraque.............. 00
- Mastic................. ISO
- Térébenthine............ 90
- Alcool rectifié....... 1000
- O
- H
- t/3
- VERNIS POUR LE FER.
- Colophane............. 120
- Sandaraque............ 180
- Laque................. 60
- Essence de térébenth. 120 Alcool rectifié..... 180
- z
- O
- *3
- n
- en
- Z
- H
- Z
- VERNIS DE COPAL.
- Copal fondu............. 600
- Mastic................... 18
- Oliban................... 30
- Huile d’aspic............ 23 ro
- Huile de lin cuite .... 1000 ^
- ZJ".
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- QUARANTE-DEUXIÈME LEÇON.
- On désigne sous les noms de vernis, de mastics, d’enduits hydrofuft des mélanges de cire, de résines, de corps gras, d’huile de lin cuite, quou utilise dans toutes les circonstances où l’on -veut rendre imperméable l’intérieur des magasins, des caves, des appartements, préserver le-murs de l’humidité. Ces mélanges empêchent ainsi la détérioration des peintures sur pierre et sur plâtre, et arrêtent la formation du salpêtre qui, comme on le sait, détruit très-promptement les murs, même lf' plus épais, et, en apparence, les plus solides.
- Ces sortes de compositions ont été imaginées par Thénard et d’Arce• en 1813. On les fait pénétrer dans les murs ou dans les plâtres au mou'11 d’une chaleur très-intense. Une belle application en a été faite à la coupon du Panthéon de Paris, et depuis 50 ans que cette coupole a été pénétm du mastic hydrofuge, les belles peintures de Gros n’ont pas éprouve moindre altération (1).
- Yoici plusieurs recettes de ces sortes d’enduits :
- N° 1. — On fait fondre 100 de cire jaune dans 300 d’huile de liu cUU avec 30 de litharge. — L’enduit, pénétrant dans la pierre à la pr01ül1 deur de 12 millimètres, revient à 4 fr. par mètre carré. ,
- N° 2. — 100 de savon de suif et de chaux dissous dans 400 d’huile de o cuite avec 1/10 de son poids de litharge. — Cet enduit revient à 2 m I par mètre carré. I
- N0 3. — 100 de résine dissous dans 100 d’huile de lin cuite avec!0 u
- litharge. — Cet enduit ne revient qu’à 1 fr. 50 par mètre carré. I ÎN0 4. — 300 de savon de suif et de chaux dissous dans 400 d’acide olciqlK I * — Cet enduit coûte 2 fr. 25 par mètre carré. ^
- N» 5. — Oléate de chaux, fait avec 100 d’acide oléique et 8 de chaux-Cet enduit ne revient qu’à 1 fr. 74 par mètre carré. ,j£j I
- On peut varier, du reste, à l’infini, la Composition de ces mas I hvdrofuges. La base essentielle consiste toujours en matières résine -ou en corps gras, plus ou moins siccatifs (2). Ÿ I
- Le mastic de Dihl, excellent pour remplir les joints des caisses de ‘ I diniers fleuristes, réparer les fentes des murs, des revêtements exteU pour rejointer les dallages dans les lieux humides, est préparé a'eC mélange d’huile de lin cuite, de litharge et de ciment de terre a p |
- (1) Voici un nouvel exemple des avantages qu’on peut retirer de ces sor compositions. Pour mettre les fondements et la base de la tour du Holyhead, sur les côtes d’Irlande, ou ce qu’on appelle le south stock, a qui l’humidité et des dégradations qu’entrainait le contact continuel des vag ^.yre viennent en battre le pied, on imagina, après des essais infructueux, ûc
- les conseils d’un vieux peintre en bâtiments, et d’enduire la base de la deux couches de peinture à l’huile, mêlée de sable fin et de mine de P^0, ,-^jjltf-lors, pas une goutte d’eau n’a traversé la muraille et n’a endommage ^ j£s Ainsi naissent la plupart des industries, ainsi se développent presque t°l 2 expériences : par le hasard.
- (2) Voir pour la composition et l’emploi des mastics hydrofuges les An Chimie et de Physique, 2e série, t. XXXII, p. 24 (182G) ; Bulletin de ® d’encouragement, 182G, p. 287; le Recueil industriel de Moléon, jan'1 p. 59, et juillet 1846, p. 55; le Technologiste, 18b2, t. XIII, p. 193 ; les An l’Agriculture française, octobre 1851, p. 1G0.
- )
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- ACIDES DES BAUMES.
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- laine en poudre line; on forme du tout une pâte un peu dure que l’on applique à la truelle en la comprimant. Cette pâte, délayée dans de l’huile 'la lia siccative et de l’essence de térébenthine, peut servir à peindre les lj°is qui doivent être exposés à l’air, mais il ne faut pas l’appliquer sur 'Ie grandes surfaces, car ce mastic se fendille fortement. 11 faut aussi que les matières sur lesquelles on l’étale soient préalablement bien net-toyées et séchées, autrement il n’y aurait aucune adhérence.
- QUARANTE-TROISIÈME LEÇON.
- DES PRINCIPES RÉSINEUX (Suite). — CAOUTCHOUC.
- — Acides des baumes. — Acide benzoïque — De la benzinest de la j roljenzine. — Du caoutchouc. — Propriétés curieuses de ce principe et ses mbreux usages. — Caoutchouc volcanisé et durci. — Glu marine. — De la ’ Ta percha et des services qu’elle rend. — Principes immédiats colorants ou r,Ar‘Eiies colorantes. — Explication de la couleur des corps. — Ce qu’on entend njf’ rnahères colorantes. — Comment elles existent dans les substances orga-ques. — Liste de celles qui ont été isolées.
- Acides des baumes. — Acide benzoïque.
- ^De$ résines aromatiques, qui sont connues vulgairement sous $en°m >^e ^aumest sont essentiellement caractérisées par la pré-n°nis P Un °U ^eux acides volatils, qu’on désigne sous les ^ d acide benzoïque et d’acide cinnamique. et d Drernier existe seul dans le benjoin ; le second, dans le styrax dan‘ ?s baume du Pérou liquide ; les deux se trouvent réunis e baume deTolu et dans le baume du Pérou solide.
- D acide benzoïque cristallisé a pour formule. C14Hs03,H0.
- L’acide cinnamique....................... Cl8H703,HG.
- V?us (^re ff11^1168 mots du premier. rant | - se ^igenère qui, le premier, reconnut, dans le cou-
- de$aiU-j^^e siècle, qu’en chauffant le benjoin, il se sublime ^aac//bUl es odorantes et âcres, qu’il nomma moelle ou aiguilles saügee®’ fleujs de benjoin. On a retrouvé le même acide dans la leau j a vanille, l’écorce de calamus aromatique, l’écorce du bou-pig^on^ lleurs de mélilot, la flouve des champs, plusieurs cham-’ e Pois chiche, le bois de gaïac, le castoréum. On sait
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- QUARANTE-TROISIÈME LEÇON.
- aujourd’hui qu’il se forme par l’oxydation de l’huile volatile d’amande amère, par la réaction de l’acide azotique sur l’amygdalinc et sur l’acide cinnamique, et dans plusieurs autres circonstances.
- On peut se procurer très-facilement l’acide benzoïque, en soumettant le benjoin pulvérisé à l’action d’une douce chaleur dans une terrine vernissée, qu’on recouvre d’une feuille de papier buvard d'un tissu peu serré dont on colle les bords sur les parois, extérieures et supérieures du vase. On place au-dessus un cône en carton, absolument comme pour la préparation de l’acide pyrogallique (fig. 417), et ou entretient pendant trois à quatre heures un t’eu modéré sous la terrine. Pour mieux répartir la chaleur, il est préférable de poser sur le fourneau u'K plaque métallique qu’on recouvre de sable, et cest sur ce bain qu’on met la terrine. L’acide benzoiq111’ contenu dans la résine se réduit en vapeurs, (1111 passent à travers la feuille de papier et se condcn-
- K.
- Fig. 417.
- sent dans le cône, sous forme de belles aig blanches et satinées, qui répandent une < agréable de vanille ou d’encens. Toutefois,
- aille5
- odeur
- celte
- odeur lui est étrangère, puisqu’on le faisant chauffer avec de faclul azotique, qui ne l’altère pas, on parvient à le rendre complètent inodore.
- L’acidc odorant est employé par les médecins. L’acide m0 dore et pur, neutralisé par la soude, sert à précipiter le pcroxjy de fer de ses dissolutions, en raison de l’insolubilité parfaite ol benzoale de peroxyde de fer. Mais c’est surtout par ses curieux métamorphoses qu’il offre de l’intérêt. -Ne pouvant vous les sig0®' 1er toutes, je choisirai celles qui ont donné lieu à d’utiles apP11 cations.
- Sïc la benzine.
- Lorsqu’on fait passer l’acide benzoïque en vapeur sur de ^ pierre ponce chauffée au rouge, ou lorsqu’on chauffe modérée^ dans une cornue le même acide mêlé à trois fois son chaux éteinte, il se dédouble, (l’une manière très-nette, en d« \ produits : acide carbonique et carbure d’hydrogène liquide, a‘n que l’équation suivante l’explique :
- C14H303,II0 = 2C02 + C12I16.
- Acide benzoïque cristallisé.
- Ce carbure d’hydrogène, analogue aux essences hydro-c^j^ nées, est ce qu’on appelle benzine, benzol, benzène, p/iène, ty®
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- ‘ DE LA BENZINE. 249
- fophenyle. M. Faraday qui l’a découvert, en 1825, dans les produits de la distillation de la houille, lui avait donné le nom de 'carbure d'hydrogène. C’est M. Mitscherlich qui, en 1833, lui a lniPosé le nom de benzine, qui a été généralement adopté.
- Citte substance se produit aussi dans la distillation sèche d’un grand nombre de matières végétales, principalement dans celle des huiles c'asses, des résines, de la houille ; elle existe en proportions notables /ns le goudron des usines à gaz , et c’est actuellement de celte matière 4U on l’extrait pour les besoins de l’industrie. Pour cela, on soumet ce c'»udron à la distillation, en fractionnant les produits. Les parties les plus dbles, qu’on désigne sous le nom à’huile de goudron légère, renfer-. > outre la benzine, trois autres carbures d’hydrogène, dont les v .J 4'ébullition sont plus élevés. En exposant ce mélange à une nou-e distillation, effectuée à la température de 100°, on parvient à isoler j cnz>*ie, qui distille à-|- 86°. Mais comme elle est encore impure, on ' cn contact, pendant quelques heures, avec de l’acide sulfurique se °’ ?n. l’agitant vivement, et en renouvelant l’acide jusqu’à ce qu’il ne pur -Se c°l°rad°n j on lave 1 huile décantée avec de l'eau
- lan[^U'S <1Vec unc ^ess^vc alcaline faible, enfin on la distille, en rccueil-a part tout ce qui passe au-dessous de -|- 86°. l'ail- Ue ^a *)enzlne se colore rapidement en brun par le contact de tièi'o°^ lurnmre, c’estline preuve qu’elle renferme encore des ma-furi Se^'anjScres. On la soumet à de nouveaux lavages avec l’acide sul-nes^Ue > l’eau et les alcalis, et quand elle est sans action sur le tour-bain >1 on la filtre au papier, ou mieux encore, on la distille au
- 0(pf benzine est liquide, incolore, d’une saveur sucrée, d’une 11 Un a|*r^a^e et éthérée ; celle du commerce, toujours impure, se r !°tCur de goudron. Lorsqu’on l’expose à un froid de 0°, elle' fcuill > en masse cristalline, quelquefois en lames disposées en de fougère.
- e^6° eS^ 9,85. Son point d’ébullition est entre-f-80 Alcool, p
- E*Je °st à peine soluble dans l’eau, mais un peu plus dans Ell> V esPrit de bois et l’éther. lenr dissout le soufre, le phosphore, surtout à l’aide de la cha-ftf ^ ;G dissout, aussi très-bien l’iode, mais non le brème; aussi s^Parer 6> Nantes, l’a-t-il proposée comme un moyen de Elle (l'CeS ^CUX corl3S> et même, pour doser l’iode, les g0 ,1SS0ut parfaitement bien les corps gras, la cire, les résines, pas, qu>r?,ns’ mastics et peintures, et comme elle ne se résinifie été Jjjj , ne laisse aucune trace apparente sur l’objet qui en a des ess|11 e»nd > on l’emploie maintenant avec succès à la place Po^,n'es> ^ans ^ar*; du dégràisseur. Elle offre l’avantage de d’elles ^ -6 aPPliquée sur toutes les étoffes, quelque précieuses SOlent> sans nuire au lustre ni aux couleurs, même les plus
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- QUARANTE—TROISIÈME LEÇON.
- tendres. Les dames l’ont adoptée pour le nettoyage des gants.
- Gomme elle est très-inflammable et qu’elle brûle avec une flamme brillante, on avait pensé à l’utiliser pour l’éclairage; mais, seule, elle répand trop de fumée ; son mélange avec le double de son volume d’alcool rectifié peut servir à l’alimentation des lampes et donne une bonne lumière non fuligineuse ; c’est là, toutefois, un éclairage trop coûteux. Le gaz hydrogène, si peu éclairant par lui-même, donne une flamme éclatante, lorsqu’avant de le faire arriver dans l’air où on l’allume, il a traversé une couche
- de benzine. C’est ce que vous allez von au moyen du pet'1 appareil ci-conta' (/%. 418). Le _gaZ produit par le zinc-l’acide sulfuriquee l’eau, dans le bacon F, arrive au fou* de l’éprouvette ^ qui renferme uae certaine quantité ee benzine ; il s’en sa lure et lorsqu1 brûle à l’extrén# du tube effilé T,1 émet une graD clarté. Pour ce« application, il 11 ^ pas nécessaire que la benzine soit pure; l’huile de goudron a gère, comme tout autre carbure d’hydrogène liquide, l’essen de térébenthine, peuvent très-bien la remplacer.
- La benzine a la composition suivante :
- Carbone 92,30 ou 12 équivalents.
- Hydrogène....... 7,70 6 —
- Fig. 418.
- 100,00 1 équivalent.
- Sa formule est donc C12H6.
- Elle est susceptible d’un grand nombre de. transformé1 , curieuses ; il n’en est, cependant, qu’une seule sur laquelle Ja terai un instant votre attention.
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- DE LA NITROBENZINE.
- 251
- De la nitrobenzine.
- Quand on traite la benzine par l'acide azotique fumant, et, qu’au bout de quelque temps, on ajoute de l’eau au mélange, il s’en sépare un liquide jaunâtre , d’une densité de 1,2090, bouillant à ^ 213°, et se solidifiant à 0° en aiguilles cristallines. C’est un Produit nitré, à odeur très-agréable, rappelant celle de l’essence Mrnaade amère ; il a reçu le nom de nitrobenzine. Sa formation sexplique par l’équation suivante :
- C12H6 -
- Benzine.
- AzO*,HO
- C12H8(Az04) + 2 HO.
- Nitrobenzine.
- , M nitrobenzine est donc de la benzine dans laquelle un des îUlvalents d’hydrogène est remplacé par 1 équivalent d’acide Jpoazotique (AzO4) ; il s’est formé 1 équivalent d’eau.
- U nitrokgnzine a été obtenue, pour la première fois, en 1834, par
- ^çherlich.eIustard,L3
- auvent signala le même produit dans la réac-de * acide azotique sur les huiles légères de houille. Dans le courant Colas, pharmacien de Paris, se mit à la fabriquer en grand
- ces huiles bien rectifiées, afin de la 'substituer à l’essence d’a-
- avec
- com drnereJ dont le prix est toujours fort élevé, et il la livra au la D arce sous le nom d’essence de mirbane. Son usage a été adopté dans ai'om Urner‘ei on en fait aujourd’hui une énorme consommation pour bonb lSer ^es savons,les pommades dites à l’amande amère, et même les nigrc°ns' Quand cette essence artificielle a été rectifiée avec soin, de maso Y av°ir limpide et incolore, elle possède une odeur suave et qui ainèrg1 °n<^ Parfaitement avec celle de l’essence naturelle d’amande
- i&térpa*SPro<^u*re sous vos yeux, en moins d’une demi-heure, ce dérivé c°(11, ®ant de la benzine, en faisant passer d’une manière continue un sineC 'C e §az d éclairage, fabriqué soit avec la houille, soit avec la ré-cWtra ïaVers de l’acide hypoazotique. Cet acide ne tarde pas à s’é-ne lortement, tandis que le gaz qui s’en échappe et qu’on enflamme reiI1entCi^US avec m^me celât qu’auparavant. C’est qu’il a été entiè-etdont ] eh°uhlé par ce traitement de toute la benzine qu’il renfermait, §ulièr„ a fiuantité très-considérable dans le gaz de résine contribue sin-à trente ^ a I ntensité de la lumière de la flamme. Si, après vingt-cinq f0,uj J^tes, j’étends l’acide d’une grande quantité d’eau, vous verrez Scande U Vase sei’éunir une couche assez épaisse d’une huile, qui,lavée l’odeur s GaU Ct avec une solution de carbonate de soude, vous offrira de la nj,Ua.ve el tous les caractères de Y essence de mirbane. C’est, en effet, a été ind-°be.nzine*Cè procédé rapide et commode pour la démonstration, uiué, en 18o5, parle chimiste allemand Bœttger.
- Ma
- Su‘te des essences et des résines, je place deux substances
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- Q U AR AN T E-TR 01SIÈM E LEÇON.
- EjjfflItelMlSiOM
- qui s’en rapprochent considérablement sous les rapports de 1 o-rigine, de la composition chimique et des propriétés. Ce sont le caoutchouc et la gutta-percha.
- Du caoutchouc.
- En 1736, LaCondamine, envoyé au Pérou par le gouvernement français pourlamesure d’un degré du méridien, vil à Cayenneet au Brésilune singulière substance dans lesmains des indigènes qu> en faisaient des flambeaux, des chaussures, des tissus imperméables, des bouteilles, et même des seringues. Le savant mathématicien envoya cette substance en France sous le nom de gommeéltô" tique, et bientôt les dessinateurs en adoptèrent l’usage pour enlevei les traces de crayon sur le papier et le parchemin, de môme que les entants s’en servirent pour faire des pelotes ou balles élastiques. Cette prétendue gomme est ce que nous appelons anjour-d’hui le caoutchouc, dont les arts tirent un si merveilleux parti-
- Cette matière existe en dissolution dans la sève d’un grand nombredr plantes de' l’Amérique méridionale, des Indes orientales et de l’AfriquC' Au Mexique, dans la province de Para au Brésil, à la Guyane, on h ^ tire principalement de l’arbre désigné par les botanistes sous le nom e Siphonia et asticot ou cahuchu [fig. 419). Dans les Indes orientales, nota111
- Fig. 419.
- ment à Java, à Singapore, à Assam, à Penang, on l’extrait de diff*3^^ figuiers très-grands [ficus indica, ficus elastica) qui forment d’imm forêts. a|Éî
- En pratiquant sur le tronc de ces arbres des incisions transvm ( depuis la base jusqu’aux branches les plus élevées, il en découle u laiteux qui tient en suspension 31 pour 100 de caoutchouc. Dans les re»
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- Dü CAOUTCHOUC.
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- L,(lualoriales de l’Amérique, on l’applique couche par couche sur des ["ouïes de terre de diverses formes; on fait sécher chaque couche au so-le‘louà la fumée avant d’en ajouter une autre, et lorsque l’épaisseur est Usante, on brise le moule, en faisant sortir les débris par une ouverte laissée au vase ou à l’objet fabriqué. Au Para, c’est sur une pelle de ,)0is, trempée dans le suc laiteux, qu’on tait sécher les couches qu’on su-Perpose, et, en coupant à ses deux extrémités latérales l’espèce de fourreau ainsi produit, on a des lames ou feuilles d’une teinte uniforme brunâtre loi valent, dans le pays, depuis 2 jusqu’à 4 fr. le kilogramme.
- Lo caoutchouc du Para et de la Guyane est le plus estimé; celui de av" l'enferme habituellement jusqu’à 20 pour 100 de terre, sable et débris 'egétaux; celui du Gabon est encore moins bon; il a une consistance butineuse. On importe actuellement des uns et des autres, en France, plusieurs millions de francs. L’Angleterre et surtout les États-Unis 111 consomment des quantités bien plus considérables.
- Pl es caoutchoucs trop impurs pour pouvoir être réduits directement en 13 °uen feuilles, sont soumis à une purification , imaginée par Nickel, [H837. Elle consiste à les exposer à l’action de cylindres, munis de dents 0,11 iant en sens inverse avec une vitesse inégale et qui leur font éprouver Uneespèce de mastication. Pendant ce temps, on fait arriver dans ces
- aPPareils
- un petit filet d’eau, qui entraîne peu à peu les matières étran-
- ?erÇs écrasées parïelaminoir,^tandis que tes morceaux de caoutchoucpu-P [c se soudent tes uns aux autres. En exposant ensuite ces masses in-oimes a une nouvelle mastication, mais faite cette fois a sec, elles se ‘"mollissent par la chaleur développée par la compression, et ne forment 1 "s bientôt qu’une matière homogène; on introduit celle-ci dans des m°ules de fonte où on la comprime fortement au moyen de presses ‘lurauüques très-puissantes, jusqu’à ce que 1e refroidissement soit com-ù- On obtient ainsi des blocs rectangulaires que l’on travaille ensuite m"caniquement pour en faire des fils de diverses grosseurs, des plaques 11 ouilles de plus en plus minces et légères.
- (j ^e caoutchouc pur est un principe spécial, formé uniquement carbone et d’hydrogène, dans les rapports suivants :
- Carbone.... Hydrogène..
- ce qui correspond à C8il7.
- 100,0
- varjeesi '‘"colore et transparent, sans odeur ni saveur ; sa densité (leXj]q'nG H’HiO à 0,942. Il est inaltérable à l’air (I). Il est mou
- d tellement élastique qu’un fil de cette substance peut
- 0) A. ia j ^
- '‘"'Ue g» °nSue, et surtout lorsque la température de l’air est élevée, le caoul-""Çts; ia i'e ^es altérations spontanées dont M. Payen a constaté plusieurs !nènae temn«Stance ex'ia'e une odeur pi |uante, très-sensible en vases clos; en ,l|0mpre. c tf6 6 clev'en" plus molle, moins résistante, quelquefois meme facile ^vienti^ itération semble avoir de l’analogie avec celle des corps gras ment rances.
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- QUARANTE-TROISIÈME LEÇON.
- être allongé, à la température ordinaire, de sept fois sa longueur sans se rompre.
- Il prend feu promptement au contact d’une flamme, brûle avec rapidité, en répandant une fumée très-épaisse, dont l’odeur n¥ pas désagréable.
- Il entre en fusion h -f- 235° et peut alors supporter, sans se décomposer, une température bien plus élevée. Après le refroidissement, il est onctueux, gluant et demi-liquide comme la térébenthine ; il conserve cet état pendant des années, à moinsqu11 ne soit exposé à l’air sous forme de pellicules minces; il se dessèche et alors devient dur. Il en résulte que le caoutchouc fond'1 peut servir avec un succès complété remplacer le suif et les corp-gras pour suifer les robinets. Un bouchon de liège enduit e caoutchouc fondu devient tout à fait imperméable;
- A la distillation sèche, le caoutchouc fournit 88 à 92 pour h11 d’une huile empyreumalique, mélange de divers carbures d’hydr° gène solides et liquides, qui dissout parfaitement cette noêm substance; mais son prix élevé n’a pas permis d’en tirer part'- f
- Le caoutchouc est insoluble dans l’eau froide ou chaude. U 111 fait que se ramollir dans cette dernière. Dans cet étal de ra®° lissement, si on le coupe et qu’on en rapproche les deux section -elles se collent et contractent une adhérence telle, qu’on déc1 rerait plutôt qu’on ne séparerait les portions réunies. ..
- C’est par ce moyen qu’on a préparé pendant longtemps 1 sondes élastiques pour la chirurgie , et les tubes à gaz des u ratoires. Ces derniers sont précieux, parce qu’ils ne sont nu 1 ment attaqués par les gaz acides et alcalins, par le chlore fl
- les traversent ; mais la vapeur d’eau les ramollit et en
- dimin1"
- beaucoup la ténacité. Par les mômes raisons, les ballons ou sies en caoutchouc sont très-convenables pour conserver On les obtient en ramollissant d’abord une poire dans ou simplement dans l’eau bouillante, y soufflant ensuite
- ou1
- ves-les gaî' l’éthcf' de l’a!r
- avec précaution, et laissant sécher lorsque la poire a ; l’extension convenable. On fabrique aujourd’hui à ParlS^nei grande quantité de ces ballons, qu’on gonfle par l’hydre pour l’amusement des enfants ; on les entoure d’un réseau les recouvre d’un vernis rouge à la dextrine.
- Insoluble dans l’esprit-de-vin, à peine soluble dans les “^j| grasses, le caoutchouc se dissout très-bien dans l’éther, flua a été auparavant ramolli par l’eau bouillante. Toutes les ess ^ j anhydres, la benzine, le sulfure de carbone additionné de pour 100 d’alcool absolu, le chloroforme, et les huiles qu’on obtient par la distillation du bois, du goudron, des i 5) de la houille, sont aussi de très-bons dissolvants ; ces deru les moins chères, lui communiquent malheureusement m>e
- liui|e;'
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- DU CAOUTCHOUC.
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- 0(leur el la propriété d’adhérer. Hérissant paraît être le premier chimiste qui ait indiqué le moyen de dissoudre le caoutchouc, en 1763.
- C’est avec des dissolutions de caoutchouc dans l’essence de ^Tébenlhine anhydre ou dans l’huile de houille, que pendant long* lemPs on a imperméabilisé les différents tissus pour en faire des “'anteaux, des habits, des coiffes de chapeaux, des tabliers de nourrice, etc. Le, procédé consistait à interposer une couche de Solution pâteuse entre deux pièces d’étoffe de mêmes dimen-j,0ns' qu’on comprimait, qu’on exposait à un courant de vapeur eau> et qu’on séchait ensuite ; mais on n’ohtenait ainsi que des ,, enaents lourds, d’une odeur désagréable, et d’un prix assez e'é. Aujourd’hui, on emploie des étoffes légères, qu’on double l'ec des feuilles de caoutchouc excessivement minces. Quoi qu’il 'N soit, ces tissus imperméables ont le grave inconvénient d’em-~ er la transpiration du corps de s’échapper (1).
- leiQe caoutchouc perd son élasticité par le froid, et un ^Ur (fu on ne Peut plus s’en servir. D’un autre côté, par sibl C^eur de 25 à 30 degrés, il s’amollit, devient trop exten-page°A adhésif; de sorte que, dans les pays chauds, on ne peut , P Us tirer parti de ses merveilleuses propriétés élastiques que *es Pays froids.
- de ' Charles Goodyear, de New-York, un peu avant 1842, et, peu dre;, n|Ps après, M. Thomas Hancok, de Newington près de Lon-te’ Couvrirent les moyens de rendre permanente à toutes les con^6ra^Ures l’élasticité naturelle du caoutchouc. Ces moyens po^sleiU à l’imprégner d’une petite quantité de soufre, et à l’ex-(ia’on ]"suile à une température de -j- 150°. On en fait alors ce Qn désigne par le nom fort impropre de caoutchouc volcanisé.
- arrive à ce résultat par divers moyens.
- 1 Le
- ^du i Plem‘er procédé de Hancok consiste à tremper dans du soufre porosi♦ f caoutchouc que l’on veut modifier. Il absorbe, en raison de sa
- il devient tel-
- «n
- Jsité; exPose
- les 15 centièmes de son poids de soufre; au bout de 15 à 16 minutes I^priTf0 à une température de 150 à 160°, et dès lors il acquiert des ^nouvelles: ainsi, il n’est plus soluble dans les véhicules qui Konfie 1 _ e caoutchouc ordinaire; il s’en imprègne seulement et se ^cted’,1 .r confacf comme une membrane animale que l’on hu-cau; ü ne se soude plus avec lui*même ; il résiste, sans éprouver
- Ji) Il
- ^tes detieT.Ï q.Ue déjà, en 1793, un nommé Desson fabriquait en France ces
- Parait
- l’entre iesS!>Us.éTn sleur Champion s’en occupa également en 1811 ; maisce n’est |.rh> dépUjs Inalns de Mackintosh et Hancok, de Glasgow, que cette industrie a Ier etGnii U,ne tuarantaine d’années, un développement remarquable. MM. Rat-h^ 'àvent? ont imP°rté leurs procédés en France. C’est aux Indiens qu’est llr|quent s°n des hssus imperméables au moyen du caoutchouc ; ceux qu’ils 0t't au moins égaux aux nôtres.
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- 256 QUARANTE-TROISIÈME LEÇON.
- d’altération, à la température qui aurait transformé le caoutchouc ordinaire en une matière poisseuse; le froid ne le durcit plus ; en un mot) c’est, pour ainsi dire, une substance nouvelle.
- 2. Un procédé de volcanisation, plus employé, consiste à mêler'1 caoutchouc en feuilles, avec 10 à 12 p. 100 de son poids de soufre fondu, à + 120° et à le pétrir dans les appareils masticateurs dont je vous ai parlé précédemment; on façonne ensuite la pâte, on la moule, ou on l’étend en feuilles, sur ou entre des tissus, et on soumet le tout à une température de-)- 150 à 160° pour produire la volcanisation.
- 3. Il est plus commode et plus prompt d'immerger les objets confection nés, ainsique Parkes l’a enseigné en 1816, dans du sulfure de car bonc contenant 1/40 de chlorure de soufre; au bout d’une minute, on sèche à-j-22 ou 25°, puis on plonge une seconde fois les objets dansk-mêmes liquides pendant une minute 1/2; on les fait sécher de nouveau on les lave avec une faible solution alcaline, puis dans de l’eau pure.
- Le bromure de soufre est préférable au çhlçrure, en ce qu’il ne reij pas, comme ce dernier, le caoutchouc dur et cassant, ni susceptible u s’émietter au bout de quelques mois.
- 4. On a constaté, plus récemment, qu’on obtient encore de meillu111 résultats par l’emploi d’une dissolution de polysulfure de po^f!11) à 25°, dans laquelle on fait plonger le caoutchouc et que l’on dans un vase clos et résistant, à la température de -f- 150° maink1)1 pendant 3heures. Les produits sont ensuite lavés dans une eau a]ca 111. ou dans l’eau pure, et l’on parvient ainsi à éviter les inconvéa*0 qu’entraîne une sulfuration trop abondante de la matière organique'
- Si les applications du caoutchouc ordinaire sont, très-n0111 breuses, celles du caoutchouc volcanisé le sont encore davanU? cela est dû à son imperméabilité absolue, à sa souplesse, ^ inaltérabilité, et à sa facilité à prendre toutes les formes. On fait des tubes de toutes grosseurs pour les gaz et les liquides, lanières pour communication de mouvements, des appareils ° ^ rurgicaux, des coussins élastiques, des ressorts, des rondell°s ‘ justage, qui remplacent le plomb, le papier, le carton, le h111*" et une foule d’autres objets. ,. ]t>
- Dans ces dernières années, M. Goodyear a encore agran champ des applications, en convertissant le caoutchouc volc°n ^ si extensible et si mou, en un produit dur et rigide com111 ^ marbre, pouvant acquérir un beau poli, et se prêter à toutcS formes qu’on donne habituellement au buffle et à l'ébène-procédé est fort simple, puisqu’il consiste uniquement à coin au caoutchouc, réduit en pâte par une chaleur de -J- 150", *e .^j quièrne environ de son poids de soufre. Le mélange acquit 1 une dureté telle, qu’on peut en faire des crosses de fusil, des ^ elles de couteau, des meubles, des instruments de musique, . j candélabres, des molettes à imprimer, des mesures iflétrG , des bobines et navettes, des peignes à tisser, des planches P doubler les navires, etc.
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- DE LA GUTTA-PERCIIA.
- 257
- il serait, au reste, trop long de vous énumérer les nombreux services que nous rend le caoutchouc sous ses divers états. D’ailleurs, vous les connaissez presque tous, et vous en prolitez journellement. Mais ce qui a augmenté Futilité de cette substance, Cest ’a possibilité d’en composer des vernis, des peintures inalté-et des mastics très-adhésifs. On rend toutes les peintures à huile brillantes et inaccessibles aux intempéries de l’air, en ajou-tant à chaque kilogramme de couleur prête à être employée '-grammes d’une dissolution de caoutchouc dans l’huile de pétrole hanche. Cette dissolution se prépare au bain-marie, dans une chau-p!ere close, avec 1 kilog. de caoutchouc pour 10 litres d’huile. est M. Martiny, de la Madeleine, près Lille, qui a indiqué ce nioyen très-simple de prolonger la durée des peintures, hn 184-2, M. Jeffery a fait connaître, sous les noms de colle na-0e el de glu marine, une composition très-adhésive, élastique, ^oluble dans l’eau, destinée à faire joindre ou adhérer les bois ! ooustructions maritimes, et qu’on peut appliquer, du reste, à |'3us les cas où il s’agit d’opérer un rapprochement intime entre s s bois, des pierres, des tissus. Cette colle est préparée en dis-j \“nt2à 4 parties de caoutchouc dans 34 parties d’huile de I Ul‘le, et ajoutant au caoutchouc pâteux 62 à 64 parties de résine ' ,jle Pulvérisée. On chauffe le tout jusqu’à fusion complète et ‘ ange intime, puis on coule en plaques. Pour faire usage de de 1 C°He» on la porte dans un vase de fer à la température les ' ^°’ on l’app^^116 chaude, à l’aide d’une brosse, sur parties qu’on veut réunir.
- De la gutta-perclia.
- qüj Alentde Singapore et de la Chine, depuis 1843, une substance Corn Jeaucoup de rapport avec le caoutchouc, qui en a même la ap f|0s’ll°n élémentaire, C8H7, d 'après Soubeiran : c’est ce qu’on per , c ba gomme de Sumatra, la gomme Gettania, ou la gutta-
- Cette
- Rancira
- Sin
- matière existe dans la sève descendante d’un grand arbre,
- abat r °'iP’ Bornéo et dans les autres îles malaises. Pour l’extraire, on p°ar 5 )leJ °n place sous son tronc soulevé des feuilles de bananier, 'ntéri ,e'°*r suc laiteux qui s’écoule des incisions pratiquées dans qu’on i. ;111 lécorce J on fait évaporer ce suc à l’air en couches minces 8ulièresUî11*; ensuite en les superposant pour en former des masses irré-abattu b11Sou moins épaisses, de couleur rouge ou grisâtre. Un arbre Cette U[ ^0nnerj dit-on, 18 kilogrammes de gutta-percha brute. t)ai^,cluUbstance arrlve en Europe sous la forme de poires ou de c’nr°UléesPOldS ^ 1 à 5 kilogrammes, qui paraissent composés de feuilles °u Superposées, dures, coriaces, mais plus ou moins friables, h. 17 •
- percha, qui croît dans toute l’Asie équatoriale, notamment à
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- 2o8
- QUARANTE—TROISIÈME LEÇON.
- circonstance due à la présence de l’eau, dont la quantité s’élève parfois jusqu’à 30 pour 100. On y trouve aussi interposés de la terre, des pierres et des débris ligneux. On les épure, en coupant les masses brutes en tranches au moyen d’une puissante machine, divisant celles-ci par une sorte de râpage dans l’eau froide, puis pétrissant et malaxant la matière soin un mince filet d’eau, qui entraîne et délaye la terre et les pierres écrasées, en même temps qu’elle dissout les matières organiques et les sels solubles-On achève l’épuration à l’eau tiède dans plusieurs bassins, on dessèche ensuite et l’on agglomère le produit en masse pâteuse, en le chauffant à 110° environ, dans une chaudière à double enveloppe, chauffée par la vapeur.
- La gutta-percha, ainsi préparée, devient assez molle pour être adhe-sive et facile à souder. Laminée en feuilles ou en plaques de toute épaisseur, étirée en tubes de différents diamètres, moulée sous toutes sont-' de formes, elle acquiert, après s’être lentement refroidie, une solidité® une ténacité très-grandes. Toutefois il importe de savoir qu’une pelll_ quantité d’eau interposée suffit pour empêcher l’adhérence entres! parties ou compromettre la résistance de ses soudures.
- . jûC
- La gutta-percha, complètement débarrassée de toutes j matières accessoires qui l’accompagnent, se compose, sua M. Payen, de trois principes immédiats nettement caractère ’ une substance spéciale reproduisant les principaux caractères la gutta-percha commerciale, formant plus des 3/4 de la nlllS", totale, et deux résines indifférentes, l’une en cristaux blan^ ’ nommée albcine (14 à 16 pour 100), l’autre amorphe, jaune et r fusible, nommée fluavile (4 à 6 pour 100). ; „
- Comme le caoutchouc, la gutta-percha est insensible à l aC de l’air, de l’humidité, de l’eau froide, de même qu’aux db’®*^ influences qui excitent les fermentations; mais elle pcut r amollie, éprouver une sorte de fusion pâteuse, superficielle r les rayons solaires de l’été. ,o fi|jf
- Aux températures ordinaires de notre climat, deO° à-f--0 ’ flj est douée d’une ténacité aussi forte, à peu près, que celle des g ( cuirs, et d’une flexibilité un peu moindre. Elle s’amollit et de^ sensiblement pâteuse vers-f-48°, quoique très-consistante en . Sa ductilité est telle, aux températures de -j-45 à 60°, qu’°” ^ aisément la laminer en feuilles minces, l’étirer en fils ou en , Sa souplesse et sa ductilité diminuent à mesure que la ^ ^ rature s’abaisse. Dans l’eau bouillante, elle devient presque ^ si bien qu’on peut lui faire prendre la forme que l’on ' ^ mouler, et, lorsqu’on la relire de l’eau, elle perd ses prç^P11^^. tout en conservant, sans altération, les formes qu’on bu a
- prO' ifi®'
- ----.... ...., ........ ....... ..nw.l, 1WU .Wi.llV.t7 V|U V... - .
- nées, et elle devient alors plus dure que la corne et le ‘
- moulage, facilité par la température et la pression, Pellt ijifl-duire les plus fins détails et le poli des moules ; aussi esl'cel]j|e> cipalement avec elle que les galvanoplastes prennent en ci
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- DE LA GUTTA-PERCHA. 259
- empreintes des médailles et autres objets qu’ils veulent reproduire métal.
- Elle ne possède, du reste, à aucune température, cette exten-S1bililé élastique qui caractérise le caoutchouc.
- La gutta est à peine attaquée par les huiles, l’alcool et l'éther. Les huiles volatiles, l’huile de houille, la benzine, la dissolvent Partiellement à froid, mais presque en totalité à chaud. Le sulfure carbone et le chloroforme la dissolvent facilement à froid, et a chaud ils en prennent des proportions notables.
- L’acide azotique concentré l’attaque très-vivement; les acides mlfurique et chlorhydrique ont aussi sur elle une certaine action d la rendent cassante. Les alcalis concentrés sont sans action. C’est en 1842 que la découverte de cette singulière substance faite par un Anglais, le docteur Montgommerie, qui vit à Sin-?'aP°re différents ustensiles fabriqués avec elle par les indigènes ; 11 s’en procura une certaine quantité, et en reconnut les principales propriétés.
- . Les Indiens l’appliquent à~la préparation des toiles imperméa-es> des chaussures, des manches d’outils, d’instruments divers, d’une foule d’ustensiles de ménage. Ses propriétés physiques dPpellent à jouer le rôle du cuir, qu’elle surpasse par la faculté e se ramollir dans l’eau chaude, et de reprendre la dureté u Lois au-dessous de -f- 50°. Tous les objets fabriqués en gutta-
- Percha
- sont résistants, non fragiles, et, lorsqu’ils sont hors de
- ftrv'ceî il suffit de les tremper dans l’eau chaude pour les rac-, lni°der ou pour les faire servir à une nouvelle fabrication. Un le avantage, c’est que les objets en gutta-percha ne subissent |es ^.changement dans les climats chauds ethumides, tandis que l°calhftS Gn caoi-dchouc deviennent à peu près inutiles dans ces
- glaj n Gn Allait pas tant pour attirer l’attention du commerce an-de 1 ) aussi, depuis 1844, s’expédie-t-il de très-grandes quantités substance en Angleterre ; Ton craint môme déjà que l’ex-cha'110n *nconsidérée des arbres qui la produisent n’amène pro-jàmment leur extinction totale dans les pays où ils croissent. eri ^ aPpdcati°ns delà gutta-percha sont devenues innombrables iH0ü roPe> On en fait des courroies pour les transmissions de L°rm'Crnen^S ^ans ^es macLines ; des fds, cordes et lanières pour dité ^os ligatures tenaces qui résistent parfaitement à l’humi-liq^i’l es tubes et tuyaux de tous calibres pour la conduite des les ri fouilles excessivement minces pour interposer entre
- VachesUt) UI>eS ^es vêtements î des cannes, des fouets, des crade^ (^es r°uleaux pour l’impression typographique, des vases jets d’ as. ormes, des instruments de chirurgie et cent autres ob-uité ou d’ornement. On,confectionne aussi avec la même
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- 260 QUARANTE-TROISIÈME LEÇON.
- substance des tubes acoustiques et des tubes servant à soutenir le» fils électriques des télégraphes sous-marins, car c’est encore une des remarquables propriétés de la gutta-percha, lorsqu’elle^ pure, d’étre aussi peu conductrice de l’électricité que la résine ou le verre. MM. Bickford-Davey-Chanu et Cie, des Chartreux, p'è' Rouen, garantissent de toute humidité leurs fusées de mine, e|! lesrecouvrantd’une couche mince de gutta-percha, si bien qu’elle^ peuvent brûler sous l’eau aussi facilement que dans les terrain? secs.
- Plus récemment, on a eu l’idée de soumettre la gutta-percha aj volcanisation, soit seule, soit mélangée avec deux fois son poids J11 caoutchouc, et on lui a communiqué plus de fermeté, plus de ré?1' tance aux températures élevées, si bien qu’elle est devenue pi’°Pu à la confection des chaussures, des rondelles de robinets, des o turateurs et soupapes pour les appareils à eaux gazeuses, etc.
- La solution de gutta-percha dans le sulfure de carbone, déc lorée par le noir animal à une douce chaleur, laisse déposer P' son évaporation sur une surface de verre des lames très-mine^' homogènes, d’une blancheur qui les fait ressembler à de l’iv°[r ' et qui présentent l’aspect et la demi-lransparence du PaP ( M. Perrot a pu s’en servir pour tirer des épreuves de gravuir de lithographie. En chauffant ces feuilles au-dessus de+ 60°, porosité diminue et elles ont alors l’aspect du papier huilé-
- Je m’arrête ; j’en ai dit assez pour vous faire comprendre portance de cette singulière substance, qui, non moins que le caoutchouc, est devenue indispensable à l’industrie l’économie domestique. L’importation en France de ces
- matières brutes s’est élevée à plus d’un million de kilogra
- nu#
- En 1830, on ne recevait encore que 16,483 kilog. de caou
- tchoitf'
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- MATIÈRES COLORANTES.
- 261
- QUATRIEME SECTION.
- Principes immédiats colorants ou Matières colorantes.
- nature a répandu avec profusion sur les plantes et les ani-înaux llnc variété infinie de couleurs qui rivalisent souvent, par Ur fclat et leur pureté, avec les nuances de l’arc-en-ciel. Ce phé-'jOnièrie de coloration présenté par les matières organiques a, ans tous les temps, attiré l’attention des observateurs et éveillé eur curiosité sur la cause qui le produit.
- Admettant, d’abord, qu’il était dû à une substance particulière I 6e dans l’intérieur des organes et plus ou moins modifiée par .Agents extérieurs, les anciens chimistes reconnurent un prin-Pecolorant unique, qu’ils ne purent, toutefois, obtenir à l’état de eité. Mais, en étudiant mieux les caractères de ces couleurs si
- erses, en comparant leur manière d’être, et en apprenant à
- divi
- ls isoler des cellules organiques où elles sont déposées, leurs ^cesseurs ne tardèrent pas à s’apercevoir qu’il y avait, pour ç 1 ( lre> autant de principes colorants que de couleurs distinctes; c ,°n ,ne saurait confondre sous un même type le rouge vif de la C|ulle, le jaune de la gaude et le bleu si intense de l’indigo, dès 1 6 Vai>iété nuances des tissus animaux et végétaux fut, m..,0rs> attribuée à la différence de constitution chimique des vintCles colorées ou colorantes qu’ils renferment, et l’on par-èn i^eU ^ Peu’ ^ l’aide de recherches patientes et laborieuses, ture treh0Il de doute l’existence de principes immédiats de na-i'énér'CUla^^e’ cIu'on réunit dans une seule classe, sous les noms 1 (Iues de matières colorantes et de principes colorants.
- Mes <n d’aller plus loin, il est convenable de vous apprendre, sUjet Glll s> quelle est la véritable cause de la couleur des corps. Ce disp^Parhent, il est vrai, à la physique; mais je ne puis me SCr de vous en parler. Je le ferai, toutefois, très-brièvement.
- ’oJmpression que la lumière réfléchie par une surface fait Nev? VUG’ es*" ce qu on appelle une couleur.
- sur
- e. . ‘“ 'w, t:si ce qu'on appeue une couieur.
- le pr„ °n’ célèbre physicien anglais du xvti® siècle, reconnut, Un ])rj ler’ qu’en faisant passer un rayon de lumière à travers
- ' e t ri îl n 0*11 10 i n/\ a r\ TTA.inA n f\ untînn npAflmf nnn imfifpo rvn
- . î — .----- ..... --------------- - ----------
- sP?ctre ‘ ^ “'angulaire de verre, ce rayon produit une image ou les •unsC°nip0S^ seIîfl ray°ns différemment colorés et disposés, ^Qnrjê par rapport aux autres, dans l’ordre suivant : rouge, ’ vert, bleu, pourpre, violet. Il en tira cette conclusion,
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- QUARANTE-TROISIÈME LEÇON.
- admise généralement depuis, que la lumière blanche est compO' sée des sept couleurs précédentes.
- Parmi les corps de la nature, les uns absorbent compléteme1'1 les sept rayons lumineux qui tombent sur eux, et, dès lors, ^ sont noirs, tandis que d’autres les, réfléchissent ou les renvoient de leur surface, et, dans ce cas, ils sont blancs. Mais il est des substances qui, comme le prisme, jouissent de la faculté de décomposer la lumière blanche, d’en absorber certains rayons colorés et de réfléchir les autres. C’est là ce qui produit la différence des couleurs que nous remarquons sur les corps. Un corps est rouf lorsque sa surface réfléchit le rayon rouge et absorbe tous les mitres ; il est bleu, quand c’est le rayon bleu qu’il renvoie à n°s yeux, et ainsi de suite. Les combinaisons très-variées des rayon5 réfléchis donnent lieu aux innombrables nuances des couleursque nous percevons (1).
- Il suit de là que les couleurs offertes parles corps ne leur appm tiennent véritablement pas ; que ce n’est autre chose qu’un e*e physique qui se produit à leur surface. Mais comme les iuémL-corps nous présentent presque toujours les mômes nuances, i| ^ évident que cette propriété d’absorber certains rayons colorés e d’en réfléchir d’autres dépend de l’état de leurs surfaces et de1 nature chimique de quelques-uns de leurs principes constitua^ ; En effet, on a su isoler, des corps organiques colorés, des matière particulières, qui, dans leur état de pureté, sont remarquables P1 la variété et l’intensité de leurs nuances. On a donc rationne ment regardé ces matières comme celles qui, parmi tous les nln tériaux constituants des plantes et des animaux, possèdent^ ‘ culté d’agir sur la lumière et d’en réfléchir certains rayons à ^ clusion des autres ; et voilà pourquoi on les regarde conime principes colorants ou les matières colorantes des corps. ( ^
- D’après cela, ainsi que le fait observer M. Chevrcul, « l’ar „ la teinture consiste donc évidemment à fixer sur les étoffeS>^f moyen de l’attraction moléculaire, des matières qui agissent la lumière autrement que ne le fait la surface des étoffes. »
- Ces matières colorantes sont répandues indistinctement -tous les organes des êtres vivants, puisqu’on trouve des ra
- ribricaIlt
- (1). On lit, dans un ouvrage fort amusant du célèbre Goethe, que les ta ^ ce; de mosaïques, à Rome, emploient 15,000 variétés de couleurs; chacune ^ variétés a 50 nuances, depuis la plus foncée jusqu’à la plus claire, fait 750,000 teintes différentes que les artistes distinguent avec la plus facilité. On croirait qu’avec un pareil choix de couleurs, il n’est pas de 1 qu’on ne puisse reproduire avec exactitude ; cependant les ouvriers, aU d’une si étonnante profusion, manquent souvent de nuances indispensab
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- MATIERES COLORANTES.
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- i°rcaneUe, curcuma, garance), des liges (santal, campêche, brésil, percitron), des feuilles, des fleurs, des fruits ou semences (graines de Perse, d’Avignon), colorés plus ou moins fortement, (t(îu’on connaît des animaux entiers (cochenille, kermès, etc.), liquides circulant dans les différentes parties de leurs corps 'Sang> bile, elc.), qui présentent des couleurs très-vives.
- Mais ces madères colorantes pures sont rarement isolées les llnes des autres dans les divers organes qui les renferment, et •|resque toujours elles sont mêlées, en outre, avec d’autres prin-c.‘I)es °u produits immédiats. C’est là ce qui rend leur extraction Sllaborieuse. Aussi, jusqu’à présent, ne connaît-on qu’un très-PMit nombre de ces matières dans leur état de pureté absolue.
- -,e n’est guère que depuis une quarantaine d’années qu’on a ^repris une élude approfondie des substances tinctoriales, en epchant surtout à en isoler les principes colorants, pour mieux ‘PPrécier l’action des agents chimiques sur eux, et à rendre un lnPle exact du rôle qu’ils jouent dans les opérations qui ont I Jlir but de les fixer sur les tissus. Celte partie de la science, tota-, erd inconnue des anciens, est une création toute nouvelle, ^0nt 1 honneur revient en grande partie à M. Chevreul, qui, par (ion rava.ux» a répandu la plus vive lumière sur ces curieuses réac-s chimiques, qui font de l’art de colorer les tissus l’une des
- aPplicat
- s0Us
- ions les plus intéressantes de la chimie. D’utiles services, ^us Ce rapport, ont été rendus par Robiquet, Pelletier, Heeren, J0’ Schunk, Gœbel, Gaultier de Claubry, Persoz, Runge, Kuhl-çi nn, Erdmann, Daniel Kœchlin, Rolley, Stenbouse, Fremy et J ^ Marions, etc.
- sontS nial'^res colorantes qu’on est parvenu à isoler, les unes tan, llni(îueiïient formées d’oxygène, d’hydrogène vet de carbone, ces *S ^üe ^’auires contiennent, en outre, de l’azote. L’origine de tairçllnat^res n *nflue pas toujours sur leur composition élémen-aux ’,?ms(lue plusieurs de celles qui sont exclusivement propres aUr, Octaux sont azotées aussi bien que celles qui appartiennent animal.
- les rS Couleui’s les plus communes dans le règne organique sont verte ^eSj> ^es jaunes, les bleues et les vertes. Mais les couleurs Puret .nC l3euvenl être obtenues que fort difficilement à l’état de Pour ’ aus.sb dans l’art de la teinture, on a été obligé jusqu’ici, rales . '-0 . re du vert, ou d’avoir recours à des matières miné-(lu j}jains' colorées, ou de composer celte couleur par la réunion fixer Gt Jaune. Cependant, depuis quelque temps, on sait c*,0 >rière verle ^es '%es et ^es feuHles5 qu’on a nommée Zo^ou et il nous vient de Chine, sous le nom de
- céden^e°u lïl^9°vert une nouvelle substance qui, comme la pré-’ l)cut teindre immédiatement en vert les fibres textiles.
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- QUARANTE-TROISIÈME LEÇON.
- C’est assurément une chose fort remarquable que les couleur-' les plus vives et les plus brillantes, qui se montrent dans les fleur' et dans les parties des plantes exposées à la lumière solaire, soient de toutes, les plus délicates et les plus difficiles à obtenir. Ces organes renferment si peu de principe colorant, et ce principe est si fugace, que, lorsqu'on essaie de l’extraire, il disparaît presque entièrement. Ordinairement, dans les fleurs, ce principe a son siège dans l’épiderme ou le tissu cellulaire des pétales, car le sur obtenu par expression des pétales entiers est presque dépou®1 de couleur. Suivant MM. Fremy et Cloëz, toutes les modificatioD' de couleurs présentées par les fleurs ne doivent être rapport qu’à trois principes distincts, à savoir : la cyanine (matière lfleljl ou rose), la xanthine (matière jaune insoluble dans l’eau),et xanthéine (matière jaune soluble). C’est la cyanine qui, plire modifiée par la présence de sucs acides, donne les nuances bleue • violettes et roses. C’est encore elle qui, par son mélange en portions variables avec la xanthine, communique aux fleufs ' colorations orangées, écarlates et rouges. Les différents tons jaune sont dus à la xanthine ou à la xanthéine isolée. Dans les cas, ces divers principes colorants des fleurs sont très-ï stables (I). à|a
- Il en est tout autrement pour les organes qui sont soustrait»1 lumière, comme Jes racines, les écorces et les bois. Ici, les leurs sont toujours sombres et paraissent peu prononcées vue, et cependant, quand on les a séparées des principes étraflo qui les masquent, ce sont celles qui présentent générale®611 plus d’intensité, de richesse et de solidité. tf;
- Il n’y a point, à proprement parler, de matières col® . noires dans le règne organique; les matières brunes PrOVieoI)[rt de l’altération des matières colorantes jaunes ; on les re , u($ principalement dans les écorces, dans les enveloppes de que fruits, dans des sucs laiteux et résineux qui ont absorbé l’oX^]eS. de l’air (cachou, kino, suc d’acacia, opium, résines et g011 ie; résines, etc.). On peut dire que toutes les nuances offertes P ^ organes des végétaux ne sont que des modifications ou deS langes des couleurs jaunes, rouges et bleues.
- (1) M. Morot et E. Morren donnent à la matière colorante bleue des ^j^ir nom d ’anthocyane ; elle a une réaction alcaline; ils la regardent comme* ^ à la teinture de tournesol. — Ils admettent aussi une matière colora11 yp distincte, qu’ils appellent érythrophylle; elle a une réaction acide. ^0' matières colorantes se développeraient dans l’obscurité comme à la e(# elles sont indépendantes de la chlorophylle ; elles existent sans elle °u, r0p|i)'
- mais, en général, elles sont plus abondantes dans les cellules où la cl1 l’est moins, ou se développe d’une manière incomplète.
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- MATIÈRES COLORANTES. ZOO
- Beaucoup d’observalions tendent à faire croire que les princes immédiats qui fournissenl, en teinture, de si belles couleurs, sont complètement incolores dans les organes vivants, tant qu’ils 11 ont pas éprouvé l’influence de l’oxygène de l’air, et que c’est le < ontact ou la réaction de cet agent qui les convertit en matières forantes. Cela est surtout très-visible avec les feuilles fraîches 'esindigotiers, les racines fraîches de garance, qui, à l’état de vie, oe sont pas colorées, et qui donnent bientôt, au contact de l’air, j[s Pondères une couleur bleue, les secondes une couleur rouge. en est de même des lichens qui fournissent 1 ’orseille et le tour-du commerce; incolores à l’état vivant, ils fournissent de ®agniliques couleurs rouges ou bleues, lorsqu’après les avoir ar-,,‘cies de terre on les place sous la double influence de l’air et alcalis.
- ^ influence de l’oxygène de l’air sur la coloration des organes Végétaux ne saurait être mise en doute, lorsqu’on voit que les [ arj[es flui croissent à l’abri de l’air sont faibles et sans couleur,
- , ls que celles qui végètent sans abri et sans être exposées à une K'rature trop basse sont vigoureuses et très-colorées. Les ton ^’ Gn sortant des bourgeons, sont d’un vert pâle; elles se l^nten couleur, lorsqu’elles sont bien développées dans l’air, le ’a Mesure qu’elles avancent près du terme de leur existence, le \ej^ se dégrade peu à peu, et finit par se changer en une cou-Che aUVe -0U Brune qu’on connaît sous le nom de feuille morte.
- Ig z Cerlains arbres, tels entre autres que le bouleau, le poirier, l’orme, le frêne, etc., le feuillage, avant de tomber, ja(]ng ’ ,aPr®s uue ou plusieurs nuits de gelée, une belle couleur Sjep cl,ron. Chez d’autres plantes, telles que le sorbier, le ceri-ac ’ ? 8r°seillier, l’épine-vinette, la phytolaque, etc., les feuilles (mi ,?lent’ ^ l’automne, une couleur rouge aussi vive que celle
- BeatC°re ^CS ^ru^s de ces plantes.
- nenmC°U^ ^eurs éclosent, ou blanches ou roses, puis devien-s0nt J eucs & l’air ; d’autres, également sans couleur tant qu’elleS c|e ]0^n Boulon, prennent peu à peu une couleur jaune à mesure une.U épanouissement, et finissent, en mourant, par acquérir plus iln G ^)1’une- Dans toutes les fleurs, la coloration est toujours les bo .^'Ide et plus intense à la circonférence qu’au centre, sur l’air et\S ^ l’onSlet des pétales, c’est-à-dire là où l’action de blable 1 G *undére est plus tranchée. Il devient donc vraisem-père y C°mrne le fait observer Virey, que l’oxydation des sucs s’o-circonférence des pétales plutôt qu’au centre des teinteg ^Ue ^eur couleur jaune doit être moins oxygénée que les * durent r°U^os et Bleues, ou de toute autre nuance, qui l’en-
- 1 Plupart des sucs végétaux, la pulpe récente des pommes de
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- 266 QUARANTE-TROISIÈME LEÇON.
- terre et des betteraves, les artichauts, l’enveloppe verte de h noix, les cosses de fèves de marais, la chair des champignon celle des pommes et des poires, etc., brunissent très-prompt" ment au contact de l’air.
- Les bois de campêche et de Brésil sont à peine colorés en j3une à l’état vert, et l’un et l’autre rougissent par l’action de l’air. Von* avez tous observé, Messieurs, que les bois de chêne, de buis, durable, de noyer, d’acajou, façonnés en meubles, prennent, avec Ie
- temps, une tein te de plus en plus foncée. Les matières jaunes
- de
- la gaude, du quercitron, du mûrier des teinturiers, sont également très-sensibles à l’action de l’air et prennent bientôt une teinte rousse. Les décoctions de ces matières rouges et jaunes absorbent encore plus rapidement l’oxygène de l’air et se foncent en couleur; et, si le contact est assez prolongé, on voit s’y produit des principes colorants cristallins qu’on ne trouve pas dans en-matières à l’état vivant.
- Ces faits, que je pourrais multiplier, conduisent donc à admel' tre, avec Fourcroy, MM. Kublmann, Persozet d’autres chimiste5.
- comme une loi générale, que c’est l’oxygène de l’air qui
- est Ie
- principal agent de coloration ; que les couleurs, dont sont P°unllje certaines parties des plantes et des animaux, sont dues à l’eüe . l’oxygène absorbé ou introduit du dehors sur des principes 1 mitivement incolores. J,
- les f°15
- org3'
- Et ce. qui prouve qu’il en est ainsi, c’est que foutes qu’on enlève de l’oxygène aux matières colorées de nature nique, en les mettant en présence d’agents réducteurs ou ujç oxydants, tels que le gaz hydrogène, l’acide sulfhydrique; ^ sulfures alcalins, l’oxyde ferreux, le zinc, etc., on les rend 111 lores, au moins momentanément, car, dès que l’action désoxyë liante a cessé, elles réabsorbent de l’oxygène dans l’air et rep1 nent leur couleur primitive. En voici la preuve : ^
- L’indigo bleu ne tarde pas à se décolorer et à se dissoudre un bain où l’on a mis, en certaines proportions, de la chaux et couperose. C’est ainsi qu'on monte les cuves d’indigo pour les turiers elles imprimeurs sur coton. Et dès que le liquideJ3^ de la cuve est agité au contact de l’air, il se trouble et lmssC poser de l’indigo bleu régénéré. ^
- J’agite dans un flacon bouché une infusion de tournesolav f peu d’hydrogène sulfuré. En quelques minutes, la couleur j passe au jaune verdâtre. Je verse alors la liqueur dans un ' jfl, large surface, et bientôt la couleur bleue reparaît. Avec une ture alcoolique d’orseille, une décoction de cochenille? 1111 d’indigo, les mômes phénomènes se produisent. 0
- Nous devons à M. Persoz une très-jolie expérience qui déP1 ^ que les racines des plantes sont douées d’une propriété rédn
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- MATIÈRES COLORANTES.
- 267
- trôs-prononcée, tandis que les fleurs sont le siège de phénomènes contraires ou d’oxydation. Si l’on plonge des tiges de balsamine, I)rivées de leurs racines, dans une dissolution de sulfate d’indigo, ^,te dissolution est absorbée en nature, et les tiges colorées en )leune tardent pas à périr. Si l’on plonge la plante, garnie de sa jaeine, dans la même liqueur, elle continue à vivre, en absor-)<intla dissolution, mais dans un état de désoxydation, c’est-à-dire ?ails se colorer elle-même, et la dissolution bleue se trouve décodée par la racine. Si l’on expérimente au contact de l’air, on est ‘^oin de deux effets contraires : la surface de la dissolution in-jgotique, qui reçoit l’influence de l’air, offre l’aspect d’une zone o^'p’ tan(^s fl»6 l’intérieur de cette dissolution devient incolore . une nuance légèrement verdâtre par l’action réductrice des 1 cinés. C’est sous cet état qu’elle pénètre dans les vaisseaux de la 'inte; mais, dès qu’elle arrive dans les pétales, elle reprend sa |,a. eur bleue primitive, parce qu’elle se retrouve en présence de 1 r> et toutes les fleurs deviennent bleues. ja,. e observation peut se vérifier sur toutes les fleurs en végé-la 0,1 ’ °u y voit toujours l’oxydation de la matière colorante, et (les° °ra^on est d’autant plus avancée qu’elle s’éloigne davantage Asseaux d’aspiration où a lieu le phénomène de désoxydation.
- c,uBraP^s tout ce qui précède, nous sommes donc portés à con-parte’ Messieurs, que les matières colorantes isolées sont, la plu-•W Slnon toutes, des résultats de l’oxydation de principes im-Cons^ s 0n Peu colorés ou même tout à fait incolores; que, par tt)atiè^Uent, ^ans l’intérieur des organes vivants, il n’y a que des abSo T^c°l°rables, et que ce n’est que par l’influence de l’oxygène Il a f.que celles-ci se changent peu à peu en matières colorées. divers JlGn fallu> Pour s’entendre, donner des noms spéciaux aux matières colorantes qui ont été isolées à l’état de pureté, les Cra1’ CeS noms ont été tirés des végétaux et des animaux qui avec leu"886-0*'" ^0*c‘ l’indication des principes les mieux connus, ceux r 0rigine et leur composition. J’y réunis quelques-uns de 411 ont été obtenus artificiellement dans les laboratoires.
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- Alizarine..........I Racines de garance, de chayaver...
- chusique).......i Racine d orcanette................
- „ , , ( Racine de grémil (lithospermum ai
- Rouge de gremil... | vense)^^.......v......*...........,
- Carotine...........I Racine de carotte.................
- HZaS"n.e..!M:|Boisaecampèc.,e..........................
- Action de l’ammoniaque et de l’air )
- sur l’hématoxyline.............i
- „ , ... ( Rois de Brésil, de Lima, de Sainte-)
- Bresmne............^ Marthe et autres bois rouges....1
- ( Action de l’air et des corps oxydants I
- Bresileme..........| sur la brésiline................i
- ~ . .. i Bois de santal rouge, suc de sang- )
- Santa,ine..........î dragon................ .........I
- Chica..............| Feuilles du bignonia ckica........
- inmrs de caiti,ame °n de sat,a"“m
- Acide rhéadinique.; j pieura de fi0quelicot............
- „ „ ( Matière colorante rouge des feuilles i
- Erythrophylle......( et des fleurs...................!
- Fleurs et fruits des hypericum ou
- millepertuis...................
- Oxydation de 1 ’harmaline, alcaloïde incolore des graines du peganum
- harmala........................
- f Suc de l’écorce et des péricarpes verts
- Inocarpine.........] du mapé (inocarpus edulis) de
- ( Taïti et autres îles de la Société...
- Liguline...........I Baies de troène (ligustrum vulgare).
- Rouge deHouque ou j Glumes du sorgho sucré [holchus sac-
- charatus) ......................
- Suc de cachou......................
- Tournesol en pains.................
- kl..........................
- Id..........................
- Orseille des îles...............
- de l'orseille de terre.........
- Aroérythrine.......I Orseille des îles.................
- Action de la chaleur sur la morindine
- C3°H808
- C35H2°08
- C*°H16
- Ci6H7O6,3H0
- C16H606
- C36H14012
- QUARANTE-TROISIÈME LEÇON.
- ORIGINE.
- NOMS
- S. — Matières colorantes rouges
- Hypericine
- Q16H16033
- ))
- C'4I1807
- Rouge Harmala ou porphyrharmine..
- purpurholcine . Acide rubinique....
- Érythrolilmine.....
- Ërythroléine.......
- Spaniolitmine......
- Acide érythroléique
- Ürcéine............
- Morindone
- du mûrier d’Inde.
- Cochenille.
- Carminé (acide car-minique)..........
- Hématosine.........1 Sang rouge.......................I
- l Matière sécrétée par la pourpre et i
- | autres mollusques............. ... î
- j Action de l’ammoniaque sur Val-1
- I loxane........................ .. 1
- ( Action de l’air et des alcalis sur la ) [ phloridzine......................i
- C18lî?vfflO
- (]26H22012)“U L C“«H**0*
- C26H2208
- Cl6H'30l°^
- ou ,
- C23Hl4°6fe CUHwA2 d
- Pourpre antique
- Murexide.......
- Phloridzéine....
- CI2H6AZ:
- sO6
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- MATIÈRES COLORANTES.
- 269
- NOMS.
- ORIGINE.
- COMPOSITION.
- Hutiline * Action de l’acide sulfurique sur la j
- ............. salicine et la populine................I
- . .. ( Isomère de l’acide phonique, — action )
- ' rosolique ... j des alcalis sur l’huile de goudron
- I de houille............................)
- OEnoline ! Action des acides sur la matière colo-1
- inj.. ...........t rante bleue des vins rouges.............i
- lndls'ne ( violet
- Pourpre d’aniline’ aiineine, harma-
- ,>e)...............
- 1 oseliine (rouge d’a-nihr>e, azaléine
- Oxydation de l’aniline.
- Action des chlorures métalliques
- rubine)....... ’ l anhydres sur l’aniline
- S»eumlne.
- tlheine
- . , (acide chry- ' sophanique, rhu-1 banne, rumi-™e,iauMierhu.|
- yentianine i
- Nanthine.| Alorindine... j
- ^bamnoxanthine... j }*erbérine.... Qu2itrin ( acide |
- O ^aercurique) j
- Sjaune (mol,
- i£’ -cide m°-
- Çasüne lque)...
- n£xanthine.....
- fer*
- rffer1.........
- ites»":::::::
- Spiréine Cai'thame-
- &‘rrhine !.....
- afranine Vv r.chroite) (P0,y-
- llrysoi'bamninê:;:
- Racines de rhubarbe, de rhapontic, de patience. — Lichen des murailles.
- Racine de gentiane..................
- Racine de garance...................
- Racine du mûrier d’Inde (morinda j
- citrifoLia).......................)
- Racine de bourdaine (rhamnus fran-1
- gula)................. ...........t
- Racine de berberis ou d’épine-vinette.
- Écorce du chêne quercitron..........
- Action des agents oxydants sur le quercitrin.............'............
- Bois jaune ou mûrier des teinturiers.
- Action des agents oxydants sur le morin blanc.........................
- Rois de fustet......................
- Ecorce du clavelier des Antilles....
- Tiges de gaude....................
- Tiges de bruyère....................
- Tiges du rhododendron ferrugineum. Jeunes tiges et feuilles du datisca...
- Feuilles de houx, de rue, de sarrazin.
- Fleurs jaunes.......................
- Fleurs jaunes de dahlia.............
- Fleurs de carthame..................
- Fleurs de spirée ou d’ulmaire.......
- Fleurs de linaire...................
- Fleurs de safran....................
- Fruit du gardénia grandiflora.......
- Graines vertes de Perse et d’Avignon.
- C‘*H«0*
- C20HI0Q10
- G30H,4Az2O-?
- C'MRAzO?
- II. — Matières colorantes jaunes.
- Racine de curcuma...........I
- C20H8QS
- CUH505
- C^IROAzOO
- G30H20O21
- CîqpbO‘1
- C36II130l7,3H0
- C40Hl4O18
- C,4H307
- G28R1S017
- C30R20Q20
- Cl6Il10O10
- Clsll807
- C23H 10‘i
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- 270
- QUARANTE-TROISIÈME LEÇON.
- NOMS.
- Xanthorhamnine... [ Xantholcine (jaune j de Houque)........ J
- Bixine...........!
- Orelline.............
- Acide lutéogallique.
- Xanthinocarpine
- i
- Jaune de cachou... | Jaune de gomme-
- gutte ..........
- Acide purrhéique (a-1 eide euxanthique). j
- Acide picrique....j
- Acide chrysammi- i que (acide poly- ? chromatique)... 1 Acide chrysolépique I Rilifulvine........|
- Phylloxanthine .... [
- III.
- Indigotine Manche.. I Indigotine Meue.... j
- Saprocyanine (sapro-1
- chrome)..........)
- Cyanine ou antho- | cyane............j
- Cyanine............j
- OEnocyanine.......|
- Phyllocyanine.....j
- ORIGINE.
- Graines brunes de Perse et d’Avignon. Glumes du sorgho sucré..............
- Principe rouge de la pulpe qui entoure
- les graines du rocouyer..........
- Principe jaune de cette pulpe.......
- Noix de galle.......................
- Suc de l’écorce et des fruits verts du mapé de Taïti et des autres îles de
- la Société.......................
- Suc de cachou.......................
- Résine dite gomme-gutte.
- COMPOSITION.
- C23H12014
- Purrhée ou jaune indien..........
- Action de l’acide azotique sur les ma- \ tières azotées.....................i
- Action de l’acide azotique sur le suc j d’aloès............................(
- Id.
- Fiel de bœuf épaissi................j
- Matière jaune qui existe dans le vert i des feuilles d’après M. Fremy.....1
- — Matières colorantes bleues.
- Feuilles des indigotiers, du pastel, etc. 1 Action de l’air et des corps oxydants | sur l’indigoline blanche.............j
- Oscillatoires
- CM>jP6021
- Ca*H6Az40“
- Cl8H2Az20,si®
- C2iH4Az60,3i1*°
- Ci6H6Az 0'
- Cl6H3Az O3
- Bleu des fleurs.........................
- Matière bleue du vert de Chine, d’après M. Persoz..........................
- Pellicule du raisin rouge...............|
- Matière bleue qui existe dans le vert j des feuilles, d’après M. Fremy.... j
- IV. — Matières colorantes vertes.
- Chlorophylle (chro- |
- mule , vert des ( Feuilles et tiges vertes............
- feuilles).......’
- ThaÜochlore........I Lichen d’Islande....................
- Indigo vert de Chine j Ecorce des nerpruns appelés en Chine
- (Lolvao)........| LoChou............................
- Biliverdine........ Bile des animaux.....................
- V. — Matières colorantes brunes.
- Acide japonique.. Phioobaphène...,
- Biliphéine.......
- Azolitmine......
- Suc de cachou... Écorces d’arbres. Bile des animaux. Tournesol en pains.
- Çi8iP0AzI
- £16JF8A zj
- C»H*0ÿ°
- c2°h%
- C-HfAÿ,
- c,8jp°Azd
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- MATIÈRES COLORANTES.
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- QUARANTE-QUATRIÈME LEÇON.
- LES PRINCIPES COLOR A.NTS. (suite.)
- f®uiRE. — Propriétés générales, physiques et chimiques des matières colorantes. 7 el ozone et de son action sur les couleurs. — Action des agents oxydants. — ®°rie du blanchiment. — Action du charbon sur les couleurs. — Dissolvants. — c ion des acides et des alcalis sur les couleurs. — Explication du rôle du rnesol. — Action décolorante de l’acide sulfureux. — Fabrication des laques. 7 ,0uleurs substantives et adjectives. — Des couleurs solides et des couleurs Mx-teint.
- 7 matières colorantes possèdent, comme principes immédiats ans leur état de liberté, un ensemble de caractères communs 1 est important de vous faire connaître, entes sont solides, inodores et, en général, insipides.
- . "lusie ai§uilles
- nsieurs peuvent être obtenues en cristaux réguliers, en petites w CS (Ru sont très-brillantes (indigotine, alizarine, lutéoline, hè-ünes ^ lne' brésiline, chrysorhamnine, quercitrine, etc.). Quelques-am °n^ 1>asPect des résines (anchusine, santaline, etc.). Les kUleusS°nt S0US ^orme placlues> t’écailles, ou en parties glo-
- Coaleur, à l’état sec, est souvent très-différente de celle l’eau puèrent quand elles sont humectées ou dissoutes dans mide ^ a*ns* (lue car^iam^ne sèche a un aspect cuivré et hu-blanc Une couleur r°uge très-foncée ; que Yhématoxyline est d’un jaunp;°p6’et ciue sa dissolution est rouge orangée à chaud, et 7e a froid.
- à lgQ» GS ^GS niatères colorantes, exposées à une chaleur de-)-150 qui r7 S.ont té truites et donnent des produits analogues à ceux diats nU,| 111 de la distillation sèche des autres principes immé-caux' 6 es ^ sonl notées fournissent des produits ammonia-
- Heu te les chauffer brusquement, on les soumet ^Icheun T m^na§ôe, en s’arrêtant à des températures fixes et Plusieurs°S d Ce^es °ù leur décomposition commence, il en est lion [an qUlSG v°latiüsent; les unes sans éprouver aucune altéra* br°duits2arme’ etc.), les autres en fournissant quelques
- Substan ^Q1Pyreumatiques à l’aide desquels la majeure partie de 8üliers ^ ce inaltérée se sublime et va déposer des cristaux ré-1 lls la partie supérieure des vases : telle est'enlre autres,
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- QUARANTE-QUATRIÈME LEÇON.
- 1,2. Rose de Cartliame.
- Vindigotine. Par l’effet d’un courant de vapeur d’eau, plusou moins surchauffée, on en produit la volatilisation sans qu’aucune partie se décompose.
- Les matières colorantes volatiles par elles-mêmes ou par l’in' termédiaire des gaz, sont de toutes les plus solides, c’est-à-dire les moins altérables par les agents chimiques.
- La lumière solaire agit comme une chaleur élevée sur toute-les matières colorantes, au moins avec le temps. Vous savez ql,e les étoffes colorées, qui reçoivent les rayons lumineux, ne tardent pas à se décolorer graduellement. Les rideaux de soie qui ornent nos fenêtres en fournissent la preuve, et vous avez pu observer q111 les tissus de nos meubles et de nos vêtements, qui sont teints av£‘l
- la gaude, les bois de Brésil et de cm» pêche, l’orseille, le cartliame, ne g»1 dent pas longtemps la même intensi1 de couleur. Il est môme des matieri colorantes qui ne peuvent être M5 pées une seule fois par une lumière vive sans être détruites >n stantanément. Tel est, par exemple, le rose du carthame (L 2Ml" ne résiste pas plus de quelques heures à l’action du soleil.
- Mais l’action de la lumière ne s’exerçant presque jamais sans présence de l’air, de l’eau et des tissus, il en résulte que Ie P . souvent les effets d’altération observés sont dus à plusieurs acu ^ opérant simultanément. Ainsi, par exemple, comme l’a cons‘^ M. Chevreul, les matières colorantes du carthame, du roc0Uj(,|i l’orseille, etc., qui résistent à la lumière dans le vide, qui résis à l’air dans l’obscurité, sont assez promptement altérées *°rS(? p placées dans l’air, elles reçoivent en même temps l’action11
- lumièl’e- • a’,#
- L’air sec, ou plutôt l’oxygène sec, ne paraît pas avoir l
- sur les principes dont je m’occupe. Humide, il les altère. ^ uniquement, toutefois, lorsqu’ils sont sous l’influence dey ^ mière ou de la chaleur. Je viens de vous citer la décolorât10 certaines matières, placées dans l’air, en présence des ray011^,, milieux; je vous citerai encore le blanchiment des toiles pendant leur exposition sur le gazon des prairies. Ici l’interve des trois agents est bien manifeste. La rosée et la neige, fl111 ^ tiennent en dissolution beaucoup d’air très-riche en oxygcne.^^ tent singulièrement la décoloration ; mais la toile placée da° „ lieu obscur, fût-il humide, ne se blanchit pas plus que ce est maintenue dans un lieu éclairé, mais privé de toute trace
- midité.
- P
- La chaleur peut, jusqu’à un certain point, remplacer la ^ C’est ainsi que le rose de carthame devient d’un blanc s
- une heure, lorsqu’il est soumis à un courant d’air humide
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- MATIÈRES COLORANTES.
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- température modérée; que le rouge de Brésil devient également . anc>en deux heures, dans les mômes conditions; que la cou-eur violette du campêche, la couleur orange du curcuma, la cou-eurjaune de la gaude, se foncent, deviennent rousses et ternes, (,lns les mômes circonstances.
- ^ous pouvons donc formuler ce principe que la destruction des matières colorantes ne peut avoir lieu que par le concours simul-,lnû de l’air, de la lumière et de l’eau. L’air intervient par son j^ygène; la lumière provoque et entretient l’action chimique ; j.edu *a favorise, sans doute en présentant à la matière colorée oxygène dissous, c’est-à-dire dans un grand état de division et (0|nme à l’état naissant.
- sj .,e nouvelle manière d’interpréter les choses peut être donnée,
- „ ..on admet l’existence de l'ozone (1), ou mieux de cet état parti-.ler> ou> comme l’on dit, de cet état allotropique de l’oxygène,
- _ gnalé dans ces dernières années par M. Schœnbein, et étudié ccessivement par MM. de Marignac, de la Rive, Fremy et Bec-lueiel, Bineau, Scouletten, Houzeau, etc.
- '-'injme^teZ~m°i V0US ^onner renseignements à cet
- étin°U[fS ^C'S ^01S (fue f oxygèae gazeux, sec et pur, est traversé par des toutes lGS ^î^to’iques ou soumis à l’action d’un courant galvanique ; pai, .es fois que le même gaz élémentaire apparaît à l’état naissant la pj^u e de réactions chimiques, telles que la décomposition de l’eau par toni..Ce^e Bioxyde de baryum par l’acide sulfurique à une basse soitch '5610-’ses ProPriétés sont exaltées, sans que sa nature réelle des ^,an8ee> }\ devient apte à contracter des combinaisons et à produire ^in 0r?PosiB°ns qu’il ne saurait opérer sous sa forme ordinaire, l’azote lj| °.X“lle a froid le mercure et l’argent ; il acidifie directement toduieo.e:,Ie Brome, l’iode; il décompose instantanément les
- il détruit très-ment les matières
- rapide
- c°lorantes organiques,
- eme ies jqus stakics
- ^digotine, la chloro-
- •e, etc.). En voici la Preuve :
- di!6 à travers une ^frS°lulion de sulfate d’in-à travers du jus d’une couleur vert qui^ ’ - * oxygàne gazeux
- tïllw,“'rappC dun petil
- «fer£dt“àMque'réagit sur des fragments de bioxyde de barjum ;
- Fig. 420.
- ('i Ozone II.
- Vlcnt du mot grec ozein, sentir
- l 8
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- QUARANTE-QUATRIÈME LEÇON.
- en très-peu d’instants, comme vous le voyez, la couleur bleue ou verte, s’affaiblit, puis disparaît.
- Or, si, comme le prétend M. Scoutetten, l'ozone se forme :
- 1° Par l’électrisation de l’oxygène qui s’échappe de l’eau ordinaire aérée;
- 2° Par l’électrisation de l’oxygène sécrété ou exhalé par les parti® vertes des plantes;
- 3° Par l’électrisation de l’oxygène dégagé dans les actions chto1' ques;
- 4° Par des phénomènes électriques réagissant sur l’oxygène delà" atmosphérique,
- Yous concevrez facilement que la destruction des couleurs pla"ee; dans l’air, que la décoloration des toiles écrues exposées sur l’herbe d® prairies, peuvent être considérées comme des faits qui se rattachent a la formation de l’ozone. Les tiges et les feuilles des herbes qui le sécrète" l’eau qui le donne en se vaporisant, accumulent l’oxygène électrise s"1 les tissus colorés étendus sur le pré, et ce résultat est activé par l’arr° sage, lorsque le soleil est ardent.
- Quoi qu’il en soit, on peut toujours dire que si l’oxygène65 nécessaire, comme vous l’avez vu précédemment, au développement des matières colorantes, il n’en est pas moins vrai que’ lorsqu’il se trouve trop accumulé sur elles, il devient alors un" cause de destruction. Tout paraît démontrer que lorsque les co"; leurs se fanent par un long séjour à l’air, c’est l’oxygène pr>ntl' paiement qui exerce une action chimique, et que la chaleur,• 1 lumière, l’humidité ne sont que des causes déterminantes auxiliaires. Il hrûle une partie de leur hydrogène pour former l’eau, et se substitue à cet élément pour constituer de nouvel composés plus oxygénés et plus solubles.
- La différence de temps qu’il faut pour les détruire, sous 1 ^ fluence combinée de ces diverses causes, a fait distinguer les m-tières colorantes en bon et en mauvais teint. , ,
- Les corps qui cèdent facilement tout ou partie de lWtrf qu’ils contiennent, en raison de leur peu de stabilité, sont eoc° des agents de destruction ou d^oxydation, parce qu’ils portent^ les matières colorantes une masse d’oxygène, à l’état naissant»‘J les brûle immédiatement. Sont dans ce cas : le bi-oxyde d’hy(l,f gène, les acides cbloreux et hypochloreux, chlorique, mangamlLj permanganique, ebromique, les acides de l’azote soit seuls, mélangés à l’acide sulfurique, les acides végétaux en présent peroxyde de manganèse ou du chromate de potasse, etc. ^ Toutefois, ces mêmes agents oxydants, employés convena^ ment, peuvent servir au développement de certaines couleur^ leur fixation. C’est ainsi que la plupart des matières colora acquièrent de l’intensité et de la solidité par leur traitem011^ moyen du bichromate de potasse; cela est surtout’évidenlP
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- MATIÈRES COLORANTES. 275
- ^couleurs obtenues des bois rouges (3, A) et du cachou (5, 6), comme on le voit par les échantillons suivants :
- 3, 4. Bois de Brésil.
- 5, 6. Cachou.
- - acide chromique du sel les brunit en les oxygénant et en leur . nnant de l’oxyde de chrôme qui se fixe sur elles et leur procure , 81 P'us de stabilité. Ce sont ces modifications de couleurs, pro-1 es après coup sur les tissus, que l’on connaît dans les ateliers s le nom de couleurs de conversion.
- J' n> a aucune matière colorante qui résiste à l’action du d ÛIe’ ainsi que je l’ai déjà dit et prouvé ; mais le mode d’action cet agent énergique paraît être différent, selon qu’il opère sans ,avec le concours de l’eau.
- I ors(ïue le chlore sec se trouve en présence d’une matière co-lui nte également sèche, sous l’influence de la lumière solaire, il d ai éprouver une véritable combustion ; il lui enlève une partie ,jroS°n hydrogène pour former de l’acide chlorhydrique, et 1 ’iiy-en^evé est remplacé par du chlore, en quantité souvent tou'o Cnte ^ Ce^e Premier- Mais, en tous cas, la réaction est
- LOlriplète
- assez lente à se produire, et il est rare qu’elle soit
- rill;11 en estplus de même, en présence de l’eau; ici la décolo-phénn esh P°uc ainsi dire, instantanée. Jusqu’ici j’ai expliqué le de ia0rnei?e en admettant que le chlore s’empare de l’hydrogène sabsi matl®re colorée, en la convertissant ainsi en une nouvelle n’a j11106 moins hydrogénée ou tout à fait déshydrogénée, qui ^rünàtre ^ cou"eur ou Quh du moins, n’a plus qu’une teinte Mui *
- tant a 0l} ^6Ut auss* expüquer très-bien ladécoloration, en admet-gèrae • 6 6 c^*ore décompose l’eau pour s’emparer de son hydro-S*' lequel il forme de l’acide chlorhydrique, et que c’est m°afüe e a d’état naissant qui réagit sur la matière organique, la a qUp ]»•0U la détruit. Le résultat final est toujours le même ; il n’y LorJH^P^ation qui diffère.
- l’eauj njû °n raPpelle avec quelle facilité le chlore décompose des e ** *a température ordinaire, avec ou sans la présence sol?iresi
- le chlore °v Sait 1ue’dans un très-grand nombre de circonstances, t,isï»trJlS“.us,‘lans l’eau est un puissant agent d’oxydation en r er sur les corps, en présence desquels il opère, l’oxygène
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- 27G QUARANTE-QUATRIÈME LEÇON,
- provenant de l’eau décomposée par lui, d’après cette équation'
- Cl-f HO = HCl-l-O;
- Qu’ainsi de l’eau de chlore versée sur les hydrates blancs ilf protoxydes de fer et de manganèse, les convertit subitementen sesquioxydes quiJsont rouges ou bruns;
- Que cette môme eau de chlore change instantanément l’acn sulfureux en acide sulfurique, l’acide phosphoreux en acide pllû! phorique, l’acide arsénieux en acide arsénique, etc.,
- On est conduit tout naturellement à adopter cette opinion : ce n’est pas d’une manière directe que le chlore effectue la destruc tion des matières colorantes, c’est-à-dire en leur enlevant 1 l’hydrogène, mais qu’il agit indirectement en présentant à ces nia tières l’oxygène à l’état naissant de l’eau décomposée par lui.
- En tous cas, le résultat final de la réaction du chlore sur lesnj' tières colorantes consiste toujours en une matière hrune solu l; et les substances décolorées ne reprennent plus leur teinte prl11 tive par l’exposition à l’air. •
- Les hypochlorites agissent de môme que le chlore dissous, ‘ moins promptement, et encore faut-il que les liqueurs aien contact de l’air, autrement il n’y a nulle décoloration. Que ^ J:, gouttes d’acide remplacent le contact de l’air. — Quand Ie* queurs colorées sont acides par elles-mêmes, les hypoch or. agissent subitement ; c’est ce qui a lieu, par exemple, avec la solution de l’indigo dans l’acide sulfurique. .,f.
- Vous devez donc comprendre, Messieurs, que l’air etlesaC1. agissent, dans ce cas, en opérant la décomposition des byPoC •[ rites, et en mettant en liberté l’acide hypochloreux qui d alors subitement la matière colorante, en tout ou en partit , Toutes les fois donc qu’on veut décolorer une liqueur Pa|^ hypochlorite, il faut y verser un peu d’acide, n’importe leque ’^ agiter le mélange au contact de l’air, afin que l’acide carbomq celui-ci puisse produire le môme effet. C’est parce que le® A, chiorites n’agissent que faiblement avec les décoctions vége colorées non acides, que dans le blanchiment des toiles PiUjc sels on fait succéder des bains acides aux bains de chloré ie chaux. C’est ce que je vous avais déjà dit dans la leçon sl chlore. ^
- Le charbon, comme vous le savez, est aussi un agent Pu‘®sace[iii décoloration; mais son mode d’action est bien différent de ^ du chlore, puisqu’il n’altère pas les couleurs et qu’il se borne enlever aux liquides qui les tiennent en dissolution. priété, il l’exerce, non pas en vertu d’une affinité pareil^ .5) qui détermine l’union de ces matières avec les oxydes métal 4
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- MATIÈRES COLORANTES.
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- lilais uniquement par un simple effet d’adhérence physique; les couleurs pénètrent dans les pores du charbon, à la manière des •m, et y restent emprisonnées sans subir aucune altération. Et ce (IU1 le prouve, c’est qu’on peut, par des procédés convenables, les reprendre au charbon et les faire réapparaître avec leurs caracos primitifs.
- Ln ellet, qu’on décolore avec du charbon une dissolution lé-jfre c'e sulfate d’indigo, et qu’on lave ensuite le charbon avec de e<lu bouillante contenant un peu de carbonate de soude, à l’in-^, a liqueur passe colorée en bleu, non point d’une teinte faible I '‘‘certaine, mais avec une intensité de couleur égale à celle de première dissolution. L’on peut, en continuant le lavage avec ‘ eau alcalisée très-chaude, enlever au charbon la presque to->l dé de l’indigo qu’il contient.
- j e charbon est d’autant plus propre à la décoloration qu’il est ( s Un Plus grand état de porosité et de division ; par conséquent ?es espèces de charbon ne possèdent pas la même force dé-phit^1^6* les charbons durs et luisants (anthracite, gra-le e’ eharbons des matières organiques calcinées à une haute déc i ralure’ charbons des cornues à gaz, etc.), sont impropres à jo • 0rer» tandis que les charbons spongieux, légers et ternes sJlé rM ^ ^'Un Pouv°lr décolorant qui est en rapport avec la poro-rao e eurs particules. Les charbons les plus énergiques, sous ce S(jc^r ’ S0nt ceux qu’on obtient des matières animales (sang des-du ’ P°‘ls) cornes, sabots, gélatine, os, etc.) qu’on brûle avec Süp^. onate de potasse et qu’on laisse ensuite dans l’eau. Cette de J 10l>1^ provient surtout de la grande porosité qu’ils tiennent sin^: in:Uure même des substances dont ils font partie, et qui est let^f] 1Cl0rnent accrue par la calcination avec la potasse dont l’ef-le;,;ns cede circonstance, ne se borne pas seulement à augmentes chP°k°Sité’ Par 1& soustraction des matières étrangères que ce? a ,°ns contiennent, mais aussi à atténuer les molécules de paniers.
- (huis|Celte la*son> la présence des matières salines ou terreuses ‘ante CS C^ar^ons contribue à l’augmentation de la force décolo-en confn ^velüPPant davantage la surface des charbons qui sont animaiavec ^es liquides. Ceci vous expliquera pourquoi le noir ^inér-l011 c^ar^on d’os, qui renferme 90 p. 100 de substances que ]el e®’ aune force décolorante beaucoup plus considérable centièmC ar^0n de bois, dans lequel il existe à peine quelques U 1 es de cendres.
- Hères inen(S(”^Uence ces faits, c’est qu’en interposant des ma-s°Uiïiet à 1 eS ^anS ^es substances végétales bien divisées qu’on charb0n a carbonisation, on doit obtenir avec elles un très-bon expérience démontre, en effet, qu’en calcinant du
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- QUARANTE-QUATRIÈME LEÇON.
- phosphate de chaux ou de l’argile avec des substances végétales, on se procure un charbon dont la puissance décolorante équivaut presque à celle du charbon d’os ou du noir d’ivoire.
- Le charbon de tourbe jouit de la même propriété que les charbons des matières animales, mais il faut en employer environ 25 p. 100 de plus.
- La plupart des matières colorantes sont solubles dans l’eau, et toujours plus à chaud qu’à froid. Leur solubilité semble croitn avec leur richesse en oxygène. La carotine qui n’en renferme pa^ Yindigotine qui en contient fort peu, sont complètement n1S°' lubies. t ,
- Les dissolutions aqueuses, abandonnées à elles-mêmes, s’alt rent assez rapidement au contact de l’air et perdent leurs couleur beaucoup plus promptement que les matières colorantes buffi1(1 ‘ placées dans les mêmes circonstances. ^
- Les matières solubles cessent de l’être quand l’eau se chargé certaines matières salines. I(
- L’alcool, l’éther, l’esprit de bois, la benzine, le chloroformé, sulfure de carbone, les huiles grasses et les essences dissolvent r> néralement très-bien les matières colorantes, et en quantitésc tant plus grandes qu’elles sont moins solubles dans l’eau.
- En ayant égard à la manière dont elles se comportent avec véhicules précédents, on pourrait, jusqu’à un certain point, les tingueren matières colorantes résinoïdes et en matières colora^ extractives. Les premières seraient celles qui sont peu ou P solubles dans l’eau et solubles dans l’alcool, l’éther, les . [curcumine, bixine, hèmatosine, anchusine, santaline, car^M alizarine, indigotine, etc.) ; les secondes, celles qui sont sol dans l’eau.
- Quelques-unes de celles qui sont insolubles dans l’eau se u vent dans ce liquide à la faveur des acides et des alcalis îal ^ h’hématosine,Y indigotine, Y alizarine, se dissolvent très-bien l’acide sulfurique ;
- La santaline, Yanchusine, se dissolvent dans l’acide acétiqn6^ La carthamine, la santaline, la bixine, se dissolvent très dans les alcalis faibles. jfn<
- En «ajoutant de l’acide chlorhydrique et surtout de l’acide s^ugSi rique à l’alcool ou à l’éther, on obtient une dissolution prompte que facile de toutes les matières colorantes. C’est langeant quatre parties d’acide sulfurique à une partie d ^ que M. Persoz est parvenu, en 1832, à extraire la plus grande V ( des principes colorants des matières tinctoriales qui les rente Il n’y a guère que les matières colorantes solides qui P!1,^-ainsi se dissoudre dans les acides et les alcalis sans être
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- r^.Toules les autres éprouvent des changements plus ou moins Profonds par leur contact avec ces agents, et leur teinte prend ll*0rs des nuances très-variées , qui sont caractéristiques pour jNques-unes. C’est ainsi que la couleur bleue de la plupart des eurs> et notamment celle des violettes, devient rouge par les acides, et verte par les alcalis : de là l’usage qu’en font les ehi-nildes comme réactif. Le suc du chou rouge est dans le môme Ca8, C’est avec ce suc que les charlatans font apparaître dans le ^mevase, comme par magie, une liqueur bleue, rouge, verte ou lDc°loft. Je vais vous dévoiler leur secret. Ils rincent le verre ails lequel ils doivent verser le s.uc de chou rouge, avec de l’eau, uu un acide, ou de la lessive, ou avec de l’eau de javelle (hypo-ll0l'ite de potasse); ou.bien, en versant le suc, ils le font couler bu "dessus le bout du doigt trempé dans un de ces liquides.
- ^ .l’on fait digérer les fleurs sèches de rose rouge dans l’esprit-")lrb ces fleurs perdent leur couleur sans colorer sensiblement a uquide. Additionné d’une goutte d’acide sulfurique, il acquiert ^UOt une teinte rouge magnifique; qu’on y verse un peu d’al-! '> la couleur passe au vert, puis redevient rouge avec l’acide, et ' nsi de suite.
- ha couleur du tournesol, que les chimistes emploient sifré-^eniiuerd pour la distinction des acides et des alcalis, éprouve d’n!„ es changements par le contact de ces agents, mais en vertu
- de:
- U|J0 cause très-différente de celle qui modifie les couleurs bleues
- etfot eUlS' ^es changements de couleur du tournesol sont dus, en ejj,,ade véritables combinaisons entre cette matière colorante codent chimique qui réagit sur elle. Le tournesol en pains du Lorsnie)rce es*' un composé de matière colorante rouge et d’alcali. s’eir^U °n rne*' ce comPosé bleu en contact avec un acide, celui-ci r>esofai e -^e ^a^cab et met en liberté la matière colorante du tour-« bq* apparaît dès lors avec sa couleur rouge primitive. Si, DjSs e te couleur rouge, on verse de la potasse, cet alcali, en s’u-détpjî avec elle, reforme le composé bleu qu’un autre acide peut ratio^p^ nouveau, sans que la matière colorante éprouve d’alté-alcaü ^ GSt a*ns* qu’il faut comprendre l'action des acides et des s sur la teinture de tournesol.
- En
- 1 bénéral, les acides faibles virent :
- Au »
- ^aune orangé............. les matières rouges,
- Au 0U^e.................... les mahères bleues,
- juune plus vif ou au vert, les matières jaunes ;
- 1.
- ^ 18 que, sous l’influence des alcalis faibles :
- Lesrru'^1'68 rou§es virent.. au violet vineux,
- aueres bleues......... au jaune foncé ou orangé, ou au vert,
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- Les jaunes virent au rouge orangé, ou n’éprouvent que de faibles changements.
- Il en résulte qu’on peut presque toujours rétablir, par l’intervention d’un alcali faible, une nuance modifiée par un acide, et réciproquement, une nuance altérée par un alcali peut être ramenée au ton primitif par un acide.
- Mais tous les acides et les alcalis concentrés décomposent complètement les principes colorants, même les plus solides, à unf température variable. Sous l’influence des alcalis caustiques, couleurs sont modifiées, détruites, même quand on a soin d’éviter le contact de l’air. En présence de celui-ci, il y a absorpt'011 d’oxygène, et production d’une matière de couleur brune.
- - Aucune matière colorante ne résiste à l’action de l’acide azouq et des autres acides de l’azote, pas même l’indigotine, ainsi (pj je vous l’ai déjà fait voir. Mais c’est surtout ce que M. Guinon, Lyon, appelle l'acide azotosulfurique, c’est-à-dire de l’acide su rique concentré qu’on a saturé des vapeurs nitreuses proo111^ pendant la dissolution des métaux ou pendant la préparation31 ficielle de l’acide oxalique, qui exerce sur les matières coloi’3 l’action destructive la plus rapide et la plus complète. La coc nille ammoniacale qui résiste à l’action de l’acide sulfurique^ celle de l’acide azotique, est immédiatement décolorée par i azotosulfurique, alors même qu’il est très-étendu d’eau, en 1852 que M. Guinon a fait connaître ce puissant agent d o*} ^ tion et de décoloration. Cet habile chimiste-teinturier c°nse de se servir de la cochenille ammoniacale pour reconnaître n* de 1 /2000 d’acide azoteux ou hypoazotique dans une dissolu puisqu'il ne faut pas davantage de ces acides pour blanc1 réactif fortement coloré en rouge. ' e„j
- Il est nécessaire de distinguer ici l’action de l’acide suit • de celle des autres acides. Cet agent .décolore et blanchit) que je vous l’ai déjà dit, et c’est à cause de cela que, dep'U,s jf| temps dans les arts, on s’en sert pour le blanchiment de *c de la laine, de la paille, pour faire disparaître les taches de sur les étoffes qu’il n’altère pas. gûiil
- Certaines couleurs, celle de la cochenille, par exemple n point attaquées par lui, tandis que beaucoup d’autres,c (e) celle des bois de Brésil, sont totalement détruites. Au. g pjr il est ordinaire que les substances qui ont été blanch1 cet agent reprennent leur couleur à l’air, par l’effet de son gement. _ ^ glir[oû‘
- Les expériences de De la Follie, de M. Kuhlmann,
- celles de M. Grothuss semblent démontrer que l’acide su
- n’est point un agent décolorant aux mêmes conditions t >f chlore ou l’oxygène ; qu’il ne fait que modifier les couleur5 c
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- combinant, si bien qu’en l’éliminant du composé blanc produit, a couleur reprend sa nuance primitive.
- 'Uc l’on plonge, en effet, une rose rouge dans un flacon plein aciue sulfureux gazeux, elle deviendra blanche en peu d’instants, e °de conservera cette couleur môme à l’air; mais qu’on l’im-ei8e ensuite dans de l’acide sulfurique affaibli, la rose reprendra •çediatement sa couleur naturelle, parce que l’acide sulfurique la Placera l’acide sulfureux. Le même effet se produit en mettant l',. r°se blanchie dans une atmosphère de chlore, parce que, sous uence de ce dernier, l’acide sulfureux sera changé en acide sulfurique.
- Que l’on plonge des violettes dans une cloche d’acide sulfureux, es deviendront blanches, et qu’ainsi décolorées on les mette s une cloche pleine de gaz ammoniac, elles deviendront vertes;
- !>Uve que ce dernier gaz, en saturant d’abord l’acide sulfureux, ^nj^PPuraître le bleu primitif de la fleur, pour le verdir
- fur'1’ Confme l’a vu M. Schœnbein, on verse dans la solution sul-acj [luc fl’‘ncligo du bisulfite d’ammoniaque, ou tout autre sulfite eüee> a couleur bleue passe immédiatement au brun jaune, mais cjj] 1 °Paraît par l’addition d’un acide ou d’un alcali fort, du t’es°re’ l’bydrogène sulfuré, de l’alcool, de l’esprit de bois, de suffi?nCG darnande amère; l’eau seule même, en grande masse, qUi ,.P°ur cela. La chaleur ramène également la couleur bleue, Ces'S^ara^ nouveau Par Ie refroidissement (I). la ^P^nces appuient donc cette manière de voir : que dans njatj^0 0rall°n5 i’acide sulfureux n’agit pas en désoxygénant les enc Ies’ comme on le supposait d’abord, mais en formant avec lei)rsllnc espèce de combinaison blanche dans laquelle les cou-ra^P^tives ne sont pas détruites, mais simplement dissi-
- leSppi°x?^es métalliques se combinent, en général, très-bien avec solubi CIpeS c°i°rants> et produisent avec eux des composés in-laqUes Sm anS ^’eau’ auxquels on donne vulgairement le nom de 'car ^ p.j s ce n’est qu’à l’état d’hydrates qu’ils opèrent ainsi, Paient aÛhydre’ ds peuvent être chauffés et maintenus indé-fes j Cn contact avec ces principes sans s’y unir.
- *°rantcs^CS SOn^ de véritables sels dans lesquels les matières co-nières o l°uent réle d’acides, et on ne peut en isoler ces der-Le pp Gn faisant inter venir des acides plus énergiques, ^^^cédé général pour obtenir ces laques consiste à faire une
- *'*ei>e parait'1^ <.*(:co'ol'at-ion a été produite par le sulfite de cuivre, la couleur °lln des ri,‘(Vnitivcment détruite, car on ne peut la faire réapparaître'par au-1 s ci-dessus indiqués.
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- décoction de la substance tinctoriale, à y ajouter une dissolution d’alun ou de perchlorure d’étain, puis à verser dans le mélange un carbonate alcalin, qui, mettant en liberté l’alumine ou l’oxyde d’étain, les présente à la matière colorante dans un graIlJ état de division qui favorise leur combinaison. L’hydrate entrain1 donc avec lui dans sa précipitation la matière colorante avec laquelle il semble s’unir en proportions définies. On lave le précipltl et on le fait sécher à l’ombre.
- C’est par un procédé plus ou moins analogue à celui quf j’exécute sous vos yeux, qu’on prépare les laques de garance,"1 Fernambouc, la laque carminée, le carmin, etc., dont les peintres les fabricants de papiers peints utilisent les belles couleurs.
- L’affinité des matières colorantes pour les oxydes est te qu’elles les enlèvent souvent aux acides, et qu’elles se précipite'1 avec eux de leur dissolvant commun sur les étoffes.
- Nous verrons bientôt qu’en teinture on tire un très-grand PaI ‘ de cette affinité mutuelle des oxydes métalliques et des inatier -colorantes, pour fixer plus solidement celles-ci sur les diffère _ tissus, et les rendre moins attaquables par l’air et les autresagel susceptibles de les altérer ou de les détruire.
- Les sels métalliques ou autres agissent sur ces mômes mat'eie.j. soit par leur acide, soit par leur base. Dans le premier caS| avivent ou virent les couleurs ; dans le second cas, qui est le P général, ils cèdent leurs oxydes au principe colorant, et le coflif mixte qui se produit devient insoluble. Si je verse, par exeI?.?c. de l’acétate de plomb ou du perchlorure d’élain dans des lutions d’hématoxyline, de brésiline, de santaline, etc., d se ^ duit des précipités colorés diversement, qui sont de vérit" laques, et les liqueurs surnageantes sont très-acides.
- C’est surtout en présence des tissus que cette décompos .st, des sels s’effectue le plus facilement. Dans ce cas, la laque <1 forme se dépose sur le tissu et s’y fixe, en sorte qu’un tissu doit être considéré comme un composé ternaire de tissu, d et de principe colorant. C’est là la théorie des mordants, ^
- que l’on donne aux sels et aux autres substances par l’inter diaire desquels on parvient ainsi à fixer sur les tissus les pr1IlC^|S colorants qui ne s’y combineraient pas seuls. Rarement leS s’unissent intégralement à ces principes. ^1;
- Certains sels produisent sur les matières colorantes des ar de décoloration ou d’oxydation. Dans le premier cas, ils °Per^ le leurs acides : tels, sont les hypochlorifes, les bicbroiua ^ chlorate de potasse, etc., surtout en présence des acides, \ r lange de prussiate rouge de potasse et d’alcali a la môme actl°^ei)l l’indigo que l’acide chromique. — Dans le second cas, üs °P
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- Par leurs bases. C’est ainsi que le chlorhydrate d’ammoniaque mélangé aux sels de cuivre donne naissance à des sels doubles qui ont la propriété d’oxyder les matières colorantes et de leur céder . 0x}'de de cuivre qui se fixe avec elles sur les tissus de coton, ce •fi11 communique à ces matières une plus grande stabilité. Le 'orhydrale d’ammoniaque ne peut être remplacé dans ce cas j’K'cial par aucun autre chlorure; ces faits s’appliquent surtout, ‘près MM. Kœchlin et Plessy, aux matières colorantes du ca-c ®u) des bois de Campêche et de Lima.
- nés sels de mercure, d’argent, d’or et de platine sont réduits ‘‘‘ les matières colorantes qui s’oxydent et se dénaturent en ab-0rl’oxygène des oxydes de ces sels.
- U ^es matières colorantes ont la propriété de s’unir aux différents n,SUs et de former des composés plus ou moins stables. En gé-tis^ ’ CGS m^ières manifestent une plus grande affinité pour les U SUs ae nature animale, comme la laine et la soie, que pour les po^.^gétaux, le coton, le chanvre et le lin, et elles en ont plus obs G coton fi116 Pour les deux derniers tissus. Vous avez tous ^ j > Messieurs, mais peut-être sans y réfléchir, un fait qui dé-tjssu re ^Gn ce^e tendance des matières colorantes à s’unir aux Unças' Qlland vous laissez tomber par mégarde du vin rouge sur ou v-nîJPPe de fil ou de coton, il se fait aussitôt une tache rouge toile'0 C^e ass^z persistante, et, tout autour de cette tache, la cas i(SG m°mlle sans se colorer sensiblement. C’est que, dans ce lui 'e i^)ar^e de la toile qui est mise en contact direct avec le vin tandis° Sa nia^re colorante et la*fixe d’une manière durable; autou que 1° liquide, ainsi dépouillé de sa couleur, se répand tout le r^i l)ar un etfet capillaire, et humecte le tissu, sans pouvoir dans ce cas.
- p°Ur J matières colorantes n’ont pas toutes une égale affinité des ,es t'ssus. En général, celles d’entre elles qui se rapprochent ‘tient SlneS l)ar ^eur insolubilité dans l’eau, se fixent plus facile-mais ^ ^a *a*ne el ^ so‘e clue sur les autres matières textiles, c°lora |GS ne r(^s‘stent pas autant à la lumière que les matières ^armiT ex*'ractives ou solubles dans l’eau, unes q.U- toutes les matières colorantes connues, il en est quelques-Cl1 fait * p6 Pr^c‘Pit'enf immédiatement sur les tissus avec lesquels mentsa lgérer leurs dissolutions, et qui s’y combinent intime-Thinç i>0?S,aucun intermédiaire. Tels sont Yindigotine, la curcu-S’de ZV’ la carthamine, les principes colorants du rocou, du attacher (p01^ du cacllou- Mais toutes les autres ne peuvent s’y aUpacti0n Ujle man‘®rc durable qu’autant qu’on fait intervenir une 0tl parvie t ?S ^nergique que celle du tissu pour la couleur. Or, n a ce résultat en tirant parti, tout à la fois, et de la
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- grande affinité des matières colorantes pour les oxydes métalliques, et de l’affinité de ceux-ci pour les tissus.
- Si je fais bouillir, en effet, du coton ou du lin dans un bain de garance, de gaude, ou de bois de Brésil, ce tissu n’acquerra qu’une teinte très-faible, que le moindre lavage à l’eau fera disparaître ; mais si, à l’avance, j’imprègne le coton ou le lin d’une dissolution d’alun ou d’acétate de fer, par exemple, et que jele plonge ensuite dans les mêmes bains de teinture, alors il se colorera fortement, en s’unissant aux matières colorantes qu’il enlèvera à ces bains, et les couleurs développées résisteront aux lavages-Bancroff a divisé les couleurs en couleurs substantives et en couleurs adjectives, d’après leur affinité pour les tissus. Les premier sont celles qui se combinent avec les étoffes, en vertu de leur prû pre affinité; les secondes sont celles qui ne s’y fixent que pari1,1 termédiaire d’une autre substance.
- En ayant égard à leur plus ou moins de résistance aux agc|)l-physiques et chimiques, on peut partager les matières colorante en deux grandes classes : solides et faux teint.
- On appelle couleurs solides, ou couleurs de bon et de grand' celles qui résistent à l’action décolorante du soleil, à l’influcn ^ de l’air, de l’eau, de l’alcool, des acides et des alcalis faibles, , hypochlorites affaiblis et du savon. Telles sont les couleurs t‘e 1 garance, de l’indigo, du quercitron, de la gaude, du bois jaU de la cochenille, du cachou, de la noix de galle et des sels de, f On appelle, au contraire, couleurs faux teint, ou de petittc celles qui sont promptement détruites par la lumière solaire, 1 humide et'chaud, et qui, malgré leur insolubilité dans l’eau»s enlevées ou altérées par les lessives alcalines, les acides fa1 J | les hypochlorites et le savon. Tels sont les principes colorants bois rouges, du campêche, des graines de Perse et d’Avign°n’ curcuma, du rocou, du carthame. ..0
- Rappelez-vous bien, Messieurs, que, quelle que soit la so d’une couleur, elle ne peut, toutefois, supporter l’action du chlore, des acides minéraux concentrés, surtout des acm l’azote et du chrême.
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- M. Chevreul a reconnu que les matières colorantes sont lonÇ ^; la même stabilité sur les diverses étoffes, lorsqu’elles sont exposé le vide, à l’action d’une certaine température.
- Le curcuma qui, dans l’air s’altère si rapidement, n’éprouve p tération à + 160° sur le coton et la soie. •i pat
- Le brésil, la cochenille, le quercitron, la gaude, Torseille? » l’alun et le tartre, n’éprouvent, pour ainsi dire, pas de chang dans les mêmes circonstances sur le coton, la laine et la soie.
- Le rocou est plus stable dans l’atmosphère que le curcuma.
- Le carthame s’affaiblit à -f- 160° sur le coton et la soie.
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- Lecampêche, fixé par l’alun et le tartre, éprouve une modification remarquable, en ce que de bleu violet il passe au violet rouge, comme s il était soumis à l’influence d’un acide.
- Enfin le campêche, le brésil et la cochenille, fixés sur les étoffes par h dissolution d’étain, ont plus de tendance à se modifier que lorsqu’ils le ^mtpar l’alun et le tartre.
- La nature spéciale de l’étoffe peut avoir aussi de l’influence sur la stabilité d’une môme matière colorante fixée par un même mordant, '°mme elle en exerce une dans le cas où les étoffes teintes sont exposées a h lumière. Par exemple, dans le vide, à -f- 160°, la soie donne au rarthame une stabilité que ne lui donnent ni la laine ni le coton. — Le !,°COuj dans la même circonstance, est moins stable sur la soie qu’il ne °stsur le coton.
- L influence de l’étoffe se fait encore sentir dans le cas où l’air agit 'ac le concours delà chaleur. Ainsi, l’air chaud altère plus l’indigo fixé p3, ®°le que l’indigo fixé sur le coton.
- ( Lacide sulfo-indigotique à -f-160° est peu altérable sur la soie et le 0n) il l’est, davantage sur la laine. La vapeur d’eau a une certaine ance à le faire passer au vert, surtout sur la laine et sur la soie.
- 0u lr,digo de cuve est non-seulement très-affaibli sur la laine, à -f- 160° mais il tourne au vert avec une tendance au rouge. ç’p !nsi<ïue Eindigotine et le sulfate d’indigo, et par les mêmes raisons, p 'a-dire le pouvoir plus ou moins réducteur des tissus, le bleu de !lSS0> s'able sur le coton, ne l’est plus sur la laine.
- Ie„outüs tes expériences du célèbre chimiste dont je viens de résumer ^mravaux sur ce point si curieux de l’élude des matières colorantes, plu °ntrent fine le coton n’exerce qu’une très-faible réduction sur la ^ Pa> t de ces matières, tandis que la soie, et surtout la laine, jouissent iaut degré du pouvoir désoxydant.
- ^terminant ces généralités sur les matières colorantes, je ne cin m ernPêcher de vous faire remarquer, Messieurs, que ces prin-ûj ? Gn ra*son de la manière dont ils se comportent avec les dçg ,Gs e*; ^es sels, les acides et les tissus, se distinguent nettement pro^res classes de principes immédiats. La connaissance des Wte’ S essen^e^es de ces matières colorantes est de la plus elle lrnP°rtance pour le teinturier et l’indienneur, puisque c’est. subspUl ^6Ur sert guide, soit pour extraire ces matières des d’un„dnces. organiques qui les contiennent, soit pour les fixer ^manière durable sur les différents tissus. ruatiAX lndustries très-importantes se rattachent à l’étude des v°üs eGs c°lorantes : la teinture et I’impression des tissus. Je ne naissa ^ar era^ qu’un peu plus tard, parce que certaines con-Princi|1Ces v°us manquent encore pour en bien comprendre les Pes généraux.
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- QUARANTE-CINQUIÈME LEÇON.
- QUARANTE-CINQUIÈME LEÇON.
- DEUXIÈME DIVISION.
- COMPOSITION ET PROPRIÉTÉS CHIMIQUES DES ORGANES
- Sommaire. — Classification. — Des organes employés à l’alimentation. — ^es'f gétaux alimentaires : racines, légumes herbacés, fruits servant à la noura ture de l’homme. — De la pomme de terre et de l'extraction de sa fécule. —^ thé. — Du marron d’Inde. — Du cacao. — Du café. — Du café-chicorée. " poivre. — Des semences des légumineuses. — Des graines céréales ; leul 1 portance j leur composition comparée.
- Dans les leçons précédentes, j’ai étudié avec vous, MessieurS> les principes et produits immédiats que l’on rencontre dans différents organes des plantes et des animaux.
- non
- iiodo
- Je dois maintenant vous parler de ces organes eux-mêmes quant à leurs formes, à leur constitution anatomique ou à leur11 d’accroissement ; ce soin appartient au naturaliste; mais unique' mént sous le rapport de leur composition chimique et des p1’0' priétés essentielles qui en dérivent.
- Pour rendre celte étude moins aride, je ne la séparerai paS ^ applications que l’on fait journellement de ces organes. Les o”’ servent à l’alimentation; d’autres à la guérison des maladies; d’aU' très enfin sont les matières premières d’une foule d’industf^ C’est dans cet ordre que je vais procéder à leur examen.
- CHAPITRE PREMIER.
- DES ORGANES EMPLOYÉS A L’ALIMENTATION.
- Au premier rang des matières utiles se placent les aliments. végétaux qu’animaux. Occupons-nous d’abord des premiers-
- ta»1
- § 1. — Des végétaux alimentaires.
- déco11'
- Dans toutes les classes d’organes de plantes, l’homme a - a vert des aliments, ou au moins des matières qui peuvent ren nourriture plus agréable ou plus digestible; celles-ci sont ce fi ^ appelle des condiments. Mais c’est surtout dans les racine5’ j feuilles et les fruits qu’il a rencontré le plus de substances pr°P remplir l’une ou l’autre de ces conditions.
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- DES VÉGÉTAUX ALIMENTAIRES.
- L Racines alimentaires. — Ordinairement charnues, les racines inventaires contiennent, outre la fibre ligneuse, dont les propor-tions dépassent rarement 4 à5 centièmes, beaucoup d’eau, des sels de potasse et de chaux, presque toujours de l’amidon, de la gomme ou de la pectine, du sucre et de l’albumine. C’est surtout aces dernières substances qu’elles doivent leurs propriétés alibiles. Qnpeut les répartir en quatre groupes distincts :
- 10 Les salsifis, les betteraves, les carottes, les panais, les navets, *jUe la cuisson dans l’eau rend mueilagineux, et qui renferment e la gomme ou mucilage, de la pectine et du sucre en propor-h°ns notables, associés à des principes aromatiques et colorants. °’ci leur composition comparée et l'ordre de leur pouvoir alimentaire :
- P < w C/3 H 02 g -w ? S < < JS C/3 W - 02 W 'W m H < O S ADIRES MATIÈRES 1 organiques 1 NON AZOTÉES. 1 C/3 p w C/3 AZOTE SUR 100.
- Carottes ordinaires... 87,G 1,9 0,20 9,7 0,6 0,30
- Navets jaunes .. 85,0 1,9 0,20 12,0 0,9 0,30
- ^nais.. 88,a 1,6 0,20 9,2 0,7 0,25
- betteraves champêtres 87,8 1,3 0,10 10,1 0,7 0,21
- Navets blancs... 92,5 0,8 0,20 6,0 0,5 0,13
- Co
- en rrw™6 V°US v°}ez, ces racines sont très-aqueuses, peu riches s°mm l6reS u*^es surtout en principes azotés. On ne les coudes cuites, rarement seules, ordinairement associées à ÿ / nt^es- L.a betterave seule est introduite dans les salades, laParfS^)u!^es de 1 ’cw/, de 1 ’échalotte, de l'oignon, les bulbes et HUla le "Prieure des feuilles du poireau, ont des propriétés sti-trantc ts f0rt actives, une âcreté particulière, une odeur péné-'‘«sour^’n tloivenl à une huile volatile contenant de l’azote et °ü mu r?' y tl<0uve, d’ailleurs, une grande quantité de gomme ^r°cha *t a G’ f^e sucrc incristallisable, une matière azotée se rap-tique 'i-| ( u gluten des céréales, des acides phosphorique et acé-renferm r<?s’ ^ phosphate et du citrate de chaux. L’oignon frais 3°^esejusqu’à 1,18 p. 100 d’azote.
- Mexi ubercules du topinambour ou poire de terre, importés du sUcre (n \n ^llr°pe, il y a plus de deux siècles, sont riches en et ils o(^es de p. 100) et en matières azotées (plus de 3 p. 100), CGC^ (^e Pai’ticulier, qu’à la place de la fécule ils ren-tès SaUne substance neutre qui tient le milieu par ses proprié-. C0lïlPcsition entre l’amidon et la cellulose; on l’appelle
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- 288 QUAR AN TE- CI NQ Ul-ÈME LEÇON.
- inuline, parce que Valentin Rose l’a d’abord trouvée dans la racine de I’inula ou aunée. On l’a depuis rencontrée dans beaucoup d’autres racines (pyrèthre, angélique, chicorée, pissenlit), les bulbe; de colchique, les tubercules de dahlia, et dans plusieurs lichen Cette matière féculoïde se dissout dans l’eau bouillante, et n’est pas colorée en bleu par l’iode. On la représente par la formule C12H909,H0.
- 4° D’autres tubercules ou racines contiennent une forte propo1' tion de fécule, ce qui en fait des substances alimentaires d’um importance majeure.Tels sont notamment le manioc, Y arrow-i'^' la bat aie ou patate, les ignames, Yarracacha, la piquotiane, 1 ’aP>0) tubéreux, la sagittaire, la fritillaire, le gouet comestible, mais surtoc la pomme de terre. Je m’arrêterai un instant sur celle-ci.
- La pomme de terre (solanum tuberosum) est un des végétaux rendent le plus de services à nos sociétés modernes 1
- Si
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- Fig. 42l.
- puisque indépendamment de la grande consommation fait en nature comme aliment journalier, on en confection11^ pain, on en obtient de la gomme, du sucre, de l’eau-de-vie»01
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- DES VÉGÉTAUX ALIMENTAIRES.
- 289
- On
- iMépare des pâtes alimentaires de toute espèce, des parements;
- cuite et écrasée entre le linge, elle en opère le blanchissage ^SSI Parfaitement et plus économiquement que le savon ; que ses s peuvent fournir beaucoup de potasse par l’incinération, etc. a extrait aussi une couleur jaune brillante de ses fleurs (1). “len qu’appartenant à un genre de plantes, les solanées, pourvues de propriétés vénéneuses très-prononcées, ce qu’elles doivent a 1 alcaloïde nommé solanine, la pomme de terre n’a aucune action malfaisante sur l’économie. C’est un préjugé encore ré-pandu, que la pellicule ou l’enveloppe externe de ses tubercules c°nt,ient un principe délétère qui se communique à l’eau dans la-iuelleon les cuit; les expériences de Dunal, de Montpellier, ont 110uvé le contraire. Mais ce qu’il y a de très-remarquable, c’est 'lue ses tubercules, en état de germination, deviennent un poison llUcotique pour les bestiaux ; il suffît même de donner aux bêtes
- 'ent ?^'na*re des Andes de l’Amérique méridionale, dont les habitants la culti-en p , uis des siècles sous le nom de papas, la pomme de terre a été apportée eUx ulcjPe par les Espagnols, peu après la conquête du Pérou, et propagée par du8,n.‘talie, dans les Pays-Bas, la Franche-Comté et la Bourgogne, vers le milieu naUolzre siècle; sa culture se répandit en Allemagne dès le temps de la domine en H Charles-Quint> et efîe passa, à peu près à la même époque, de la Ga-tj0n - lr‘ar>de. C’est donc à tort qu’on attribue généralement à Drake l’introduc-en^ ®.ce hercule en 1586. Lorsque sir Walter Raleigh rapporta cette plante Italie^ e^erre de Virginie, en 1623, elle était déjà bien connue en Espagne et en eSt c! uU .on la nommait tartufoli, truffe de terre. Suivant de Humboldt, elle •Ws 1Vée en Si'and depuis 1684 dans le Lancashire, 1717 en Saxe, 1728 en C’est 1738 en Prusse.
- Prance seulement sous le règne de Louis XVI qu’elle commença à pénétrer en n°n-seùirnaiS e^e eut beaucoup de-peine à s’y répandre par suite des préjugés, maux ®n?ent des §ens de la campagne, qui n’en voulaient donner qu’à leurs ani* bercuîg iaiS aass* des §ens plus instruits, qui prétendaient que l’usage de ce tu-male. p °nnait *a lèpre et produisait d’autres mauvais effets sur l’économie ani-Pr®jugés 1Iîlant‘er> dont toute la vie n’a été qu’une lutte continuelle contre les ture (je | erreur, est un de ceux qui ont le plus contribué à répandre la cul-champ pi!) Pamme de terre. En 1786, il s’avisa de faire garder par des soldats un d’en déi-aPte ^ Ces tubercules dans la plaine des Sablons, afin de donner l’envie L°uis Xvi^i.’ stralagème ingénieux eut un plein succès. D’un autre côté, Hem, ,}e ’ a aPrès ses conseils, parut un jour devant sa Cour, un bouquet de Celte plant°mme C*e tene ^ main- H n en f&fîafî Pas davantage pour mettre cultiver t6 en flonneur; aussi bientôt tous les courtisans s’empressèrent de la Pas encôie°U|e^01s’ au ^ort de révolution, les préventions du peuple n’étaient 'aire, 0n ,, dissipées ; on en jugera par ce fait: Dans une assemblée popu-P°rter par ait au scrutin pour une place à laquelle l’estime publique semblait "ous feraitmentiei ’ ” *a *U1 donnez pas, s’écria un orateur de faubourg, il ne '^joür(piniatj^ei ^ue des pommes de terre ; c’est lui qui les a inventées. »
- ^s peupies Ul a cylture de la Parmentière (nom donné par la reconnaissance teilr jusqu’eaUj ^rac^eux tubercule dont il est ici question) s’étend depuis l’équa-C’est an n Islande et en Laponie, là où le seigle et l’avoine ne viennent plus.
- ^ ^11 J-idpuiliC, la UU iC dc-igic eu avume iio vieimcm jjius.
- Idunte des Pcctacle intéressant, dit l’illustre de Humboldt, que de voir une
- Ù résidu Leildre des ïïinntaonûo oituôûo enue l’arrnotonr c'avanimr trora In v\ÀIa ler plus
- II.
- des montagnes situées sous l’équateur, s’avancer vers le pôle 1 ffue les graminées à tous les frimas du nord. »
- 1 9
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- à cornes les lavures provenant de pommes de terre germées, po111 déterminer la paralysie de leurs extrémités postérieures. C’est <p' les germes de ces tubercules renferment alors de la solanvic, comme les chimistes allemands Baup et Otto s’en sont assurés.
- Voici la composition immédiate moyenne des pommes de terre, au point de vue de l’alimentation ; les chiffres suivants se rapp01' tent à la variété nommée patraque jaune, cultivée en grand :
- Eau............................................
- Fécule......................................... 20
- Substances azotées................................ MO
- — sucrées............................... 1,09
- — grasses avec huile essentielle..... 0,11
- Cellulose (épiderme et tissu)..................... 1,04
- Substances salines (pectates, citrates, phosphates, \
- silicates de chaux, magnésie, potasse et soude, V 1,00 sulfates et chlorures alcalins, alumine et fer).. j
- * ne
- D’après M. Boussingaull, la pomme de terre, à l’état fralS> contient que 0,36 p. 100 d’azote. C’est donc, en réalité, un alullC1 très-pauvre quand on le consomme seul. , ;
- L’extraction de la fécule de pomme de terre, comme de to les autres racines charnues, est très-simple. On râpe les tu cules lavés, on divise la pulpe dans l’eau, et on jette le t°u « des tamis. L’eau entraîne avec elle la fécule. Après un reposs sant, on décante l’eau surnageante et claire ; on lave la fécule qu’à ce qu'elle soit entièrement blanche ; on la fait égoutter des toiles; on la pose ensuite, pendant vingt-quatre heures,^ une aire en plâtre qui absorbe toute l’eau apparente ; puis j fait sécher, d’abord à l’air libre, enfin dans une étuve à air en dont la température ne dépasse pas -f- 50 à 55°. fiS|
- Dans les grandes féculeries modernes, la main-d’ceuvr réduite à fort peu de chose, attendu qu’on fait usage d’aPPa jgS| continus, dans lesquels le nettoyage, le râpage des tubeic ^ ainsi que le lavage et l’épuration de la fécule sur les tarnlS’ es effectués mécaniquement (1). La figure 422 représente un ( appareils perfectionnés.
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- (1) Les résidus de pomme de terre, après l’extraction de la fécule, s0 , tenant passés dans une touraille qui les dessèche au point qu’ils peU' en i". portés au moulin et réduits en farine ; on blute celle-ci et on la classe ejigfl 2e, 3e et 4 e, suivant la blancheur. Cette opération, malgré les frais que ^ paraît plus avantageuse aux fabricants de fécule que l’emploi direct 1 ^ ^ frais à la nourriture des bestiaux. Ils en trouvent facilement la vente P yfl' graissement des volailles et même pour celui des bestiaux. C’est surton tuJ langerie qui parait faire un grand usage de cette farine, qu’elle subs i recoupes employées pour l’effleurage lors de l’enfournement des pains-
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- L’appareil se compose de quatre; tamis cylindriques et de deux râpes montées sur un même bàli. Une première râpe A mise en mouvement par une poulie à courroie rédüit les tubercules en une pulpe qui tombe dans un récipient B à plan incliné. Une pompe aspirante P la monte par le tube G dans le premier tamis DE, où des jets d’eau sortant des tubes G t'ia délaient et la font tomber sur le plan incliné FGpour se rendre dans le tamis que surmonte la deuxième râpe H. Celle-ci achève la division des morceaux échappés à la première râpe. De là elle passe dans un second tamis 1K, où des jets d’eau sortant des tubes f, f l’épuisent et d’où elle s’échappe dans un réservoir extérieur. Quant à l’eau chargée de fécule provenant des deux premiers tamis, elle s’écoule par le récepteur LM, dans un premier tamis épurateur NO et se dirige de là vers un récipient Q où une deuxième pompe aspirante P' la remonte au moyen du tube recourbé Z dans le second tamis épurateur TU. La fécule, après ces deux tamisages, est entraînée par l’eau sur le récepteur YXY qui la dirige soit dans de grandes cuves où elle forme dépôt et où l’on opère son dernier lavage, soit sur des plans légèrement inclinés où elle s’arrête tandis que les matières floconneuses grisâtres qui la salissaient disparaissent avec le liquide qui les tient en suspension. La fécule est ensuile bien égouttée, séchée à l’air, puis dans une étuve à air chaud. Le produit est habituellement de IG à 17 pour 100 de fécule sèche, qui retient néanmoins 18 p. 100d:eau.
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- 292 QUARANTE-CINQUIÈME LEÇON.
- II. Légumes herbacés. — Dans un certain nombre (le plantes herbacées, les feuilles, les jeunes tiges, les graines et gousses vertes, sont pourvues de propriétés comestibles, parce qu’elles renferment, dans un tissu lâche et facile à désagréger, des principes plus ou moins azotés, aisément assimilables.
- Les parties herbacées des végétaux ont une composition chimique à peu près identique, si on les envisage d’une manière gène*' raie. Ainsi, elles contiennent toujours, avec la cellulose ou ligneuse qui en forme en quelque sorte le squelette, de l'album^ ou un principe azoté analogue, des matières sucrées et gommeuses, de la chlorophylle, de la cire, des substances grasses et résineuses, des acides libres ou combinés, souvent enfin des huile-essentielles en très-petite quantité.
- Cependant, à cette constitution que l’on pourrait appeler«m; male, viennent quelquefois s’ajouter des matières particulières^111 impriment des propriétés spéciales aux aliments qui les conti£n‘ nent. Ainsi :
- Dans les feuilles de laitue et de chicorée, il y a un principe amei’aj!“ développé ;
- Dans celles du cresson, du chou, dans les tiges de céleri, des priuclt ‘ âcres, des huiles essentielles sulfurées; ,
- Dans celles du persil, du cerfeuil, des principes aromatiques très-d*-' loppés, mais non sulfurés ; ((
- Dans celles de l’oseille, des jeunes tiges de rhubarbe, une abonda'11 de sels acides de potasse ; , jf
- Dans les réceptacles ou fonds d'artichaut, une certaine quant|k tannin, ainsi que dans les gousses vertes des pois et des haricots vtf ’
- Dans les feuilles d’épinard, de poirèe, de bette, de mâche, de r^P0 dans les tiges des cardons, du mucilage visqueux et doux.
- Tous les légumes herbacés renferment (le 90à 92 p. 100dI ils ne contiennent donc que fort peu de matières utiles s un grand volume. C’est pour cela qu’ils sont peu nourrissant5» ' qu’il faut toujours concentrer leurs principes par la coctïO0» s les associant d’ailleurs à des aliments plus riches, c’est-à-dire P azotés, tels que du pain, des viandes, des œufs, etc.
- Je rattacherai aux feuilles alimentaires le thé, qu’on ne fl® J, pas, mais dont l’infusion chaude et sucrée constitue une des ^ sons les plus agréables et le plus souvent employées, surtout a* ^ les pays froids et humides. C’est la feuille d’un arbrisseau Chine, du Japon et de toute l’Asie orientale ( fig. 423). Les $ dais firent connaître le thé en Europe vers le milieu «u septième siècle; ils empruntèrent aux Chinois l’usage ue \5| l’infusion de cette feuille. Le commerce de cette substaim ,< devenu, de nos jours, d’une telle importance, qu’il s’élève al
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- 40millions de kilogrammes par an. On en consomme annuel-enient en Angleterre 25 millions de kilogr. ; aux États-Unis, h raillions ; en Hollande, au moins \ million, tandis qu’en France a ^sommation ne s’élève pas à plus de 300,000 kilogr. (1).
- Récent, le thé est âcre et amer, sans odeur. On lui fait subir, en Chine
- Un.e Préparation qui paraît wetre autre chose qu’une oLre torréfaction dans aes chaudières de fertrès-'a$éesetpolies; lesfeuil-se ramollissent ; on en rae des pelotes qu’on Prime entre les mains,
- JU1 en fait découler un d^.^réàtre assez ahon-f’ ,acre et légèrement enrof; les feuilles sont sSte rapidement des-
- dièiM°S dans les chau-CS! où elles se crispent î0ulent, comme on
- corn,!!1 dans le thé du eûs .,er^e- On les passe bu1 c a travers des cri-ver J0U1' en former di-ciaW Oualitos commer-feiiji, 1n Prétend que les sont 7 wS de ehoix dans ia°U aes une à une §aèrp^miain’ ce n’est J10 Probable.
- ment ,distingue générale-
- Cfc rles de th&’
- 0n j. et les verts.
- 011 j ds ®°nt perlés
- vant n >-[e ® canon sui- Fiÿ. 423.
- grains jS Sont ro.ulés en
- *e comme1- °U mo'ns gros- Ces principales variétés de thé connues dans lce sont, dans l’ordre de leur plus grande valeur :
- d) Dès l’n
- ?u’une fort'n 163<? le thé fut connu à Paris, mais peut-être n’y eût-il obtenu (l!lUte imp0r rnéct|0cre> s’il n’avait été accrédité par un homme de la plus sur ia „ar,ce, le chancelier Séguier. L’usage du thé au lait n’a été adopté coninip1 mô,ne siècle. Madame de Sévigné, dans une lettre de 1G80, en née, o une chose particulière que la marquise de la Sablière avait ima-
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- Pour les thés verts.
- Pour les thés noirs..
- (Hyson ou He-chun.
- Hyson junior.
- Yu-Tseou.
- < Hysop shoulang.
- (Hyson skin.
- Poudre à canon (chou-cha) impériale-Tonkay ou Tun-Ke. f Pekoe d’Assam.
- Orange Pekoe.
- Hung-Muey ou Pekoe noir.
- Congo (hoong-foo).
- Pouchong (Paou-Chung).
- Sou-Chong ou Seaou-Chung. Ning-Yong.
- Hou-Long.
- Campoy ou Kien-Poey, etc.
- Les thés verts ont une saveur astringente et piquante, une odeur ils sont très-excitants et s’opposent au sommeil. Les thés noirs ont ni de force, moins de parfum et sont moins excitants.
- 11 existe dans nos jardins botaniques et dans nos serres deux vat _ bien connues de l’arbuste qui fournit la feuille de thé, l’une appelé ^ viridis, l'autre thea bohea; la première appartenant aux province nord de la Chine, et y vivant en plein air; l’autre, plus sensible, aP^ tenant aux provinces méridionales de ce pays. Comme le thé vert des provinces du Nord, et le thé noir des provinces du Sud, on en a , clu naturellement que le thé vert était fabriqué avec la première'a et le thé noir avec la seconde. Quelques personnes avaient eD0,!\g|Jj doutes sur ce point et avaient avancé que l’on pouvait préparer leS ^ espèces de thé avec la même plante, toute la différence dépend procédé de fabrication. - , p-
- Les recherches entreprises par M. Fortune, délégué de la Socie ticulturale de Londres, et par M. Samuel Bell, inspecteur des thés r f, de la Compagnie des Indes, confirment pleinement cette derniere^ tion. On fabrique indifféremment Icthé vert et le thé noir avec .j5 viridis ou le thea bohea ; la couleur dépend de la manière phis °u^jO0j rapide avec laquelle on fait sécher les feuilles. 11 résulte des obseï ^ de M. Bell que l’arome du thé a la plus grande analogie aveC,C r- |e; café, en ce que, comme celui-ci, il est développé par la chalc > feuilles fraîches du thé n’ont aucune espèce d’odeur. ; -on du Quelques auteurs prétendent que l’odeur agréable de l’inju ^ thé n’est point naturelle à la feuille dont je parle, mais du e,^c(\oQ> vient d’aromates particuliers qu’on ajoute au thé après sa tori etc-telles que des fleurs de Yolivier odorant d’Asie, du jasmin ’^
- Mais il paraît qu’iLn’y a que certaines variétés de thé qu’on ai ainsi (1). >
- (i) D’après M. Chevreul, l’arome du thé ne préexiste pas dans 1®* age®j’ fraîches; cet arôme se développe plus tard et par suite de l’action extérieurs. Il y a, dans les végétaux, des principes odorants tout form ’
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- Le* Chinois teignent, dit-on, tous les thés verts qu'ils expédient avec 1n ^élange de bleu de Prusse et de curcuma, et les saupoudrent I P*^re pour leur donner un aspect efflorescent analogue à celui du ' u'et des jeunes feuilles. En Angleterre et en France, on remet souvent et Ve,nte, sous le nom de thé vert, des feuilles qui ont déjà été infusées on a colorées avec des mélanges de bleu de Prusse et de chromate Plomb, d’indigo et de curcuma, etc. Un simple lavage fait reconnaître lCs colorations frauduleuses.
- Le thé, d’après les analyses récentes deM. Péligot, renferme un 'l>Sez grand nombre de substances, à savoir : du tannin en pro-portions notables, de l’huile volatile, un acide gras et un acide ne Particulier, des matières colorantes jaune et verte, de la ,]U|lne’une matière azotée se rapprochant beaucoup de la caséine aiL des sels, et un principe azoté, cristallisable en jolies cailles fines et soyeuses, incolore, analogue aux alcalis végé-que M. Oudry a découvert en 1827, et qu’il a nommé théine. ^ Pmportion de cette substance varie selon les thés ; le thé poudre ^l0n en contient 6,21 p. 100. Il y a jusqu’à 28 p. 100 de caséine en S/eS ^eu'Les ; et comme cette matière est aussi très-azotée, il fe j|.SuLe que le thé renferme, dans son infusion et dans ses Co ,es épuisées par l’eau, une quantité de matières azotées plus etn ]U Gra^e que celle qui a été trouvée dans aucun des végétaux rjJ °^s à l’alimentation. Généralement, les thés verts sont plus çes fn tannin et en principes solubles que les thés noirs. pa»é p 6St Pas un va^n caprice de la mode qui a introduit et pro-tfgçs Usage du thé en Chine et au Japon. Les eaux de ces con-(w, tant généralement malsaines, saumâtres et de mauvaise iw est le seul moven par lequel on parvient à en cor-
- »CM;<*défauls.
- les
- t^e a quelques autres usages économiques. On emploie
- P°ür r i C^eCtueux ^ la teinture en brun ou couleur châtaigne, chir lailsser la couleur du nankin lorsqu’il commence à blan-Ilf r,Ul nett°yer les dentelles noires qui rougissent, etc.
- 'fient,.allrnentaires. —Les fruits alimentaires, excessive-<liverSes n,s n°mbreux, contiennent, dans des proportions filières *U Sucre’ c^e la gomme, de la pectine, de la fécule, des sels minéaZOtées’ colorantes, grasses, aromatiques, des acides, des CeHulose r,aux» et toujours une assez forte proportion d’eau. La n .Yentre habituellement que pour quelques centièmes.
- aines réacti princiPes immédiats ne peuvent donner de l’odeur qu’après cer-Jfiüits anin°nS plus,ou moins lentes. Il en est de même relativement à certains ^ine c est ainsi que, après avoir épuisé d’une manière complète une
- JtaeviL* lté de musc de tout principe odorant, M. Chevreul remarqua, au °S'i)t°noncéeanS’CIUe le musc éPuisé avait acquis de nouveau une odeur de musc
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- En ayant égard à celui ou à ceux de leurs principes constitutif5 qui prédominent ou influent, d’une manière directe, sur bulï propriétés, on peut les partager en huit groupes distincts :
- 1° Fruits charnus ou pulpeux. — Ces fruits renferment beaucoup de sucre associé à des acides libres (malique, citrique ou tarif' que), et à une matière azotée fermentescible : c’est ce qui en h1 des aliments sains et agréables, quand ils sont pris à des dose? modérées.
- Les uns sont consommés crus, sans aucune préparation; tc_' sont, notamment : les raisins, les pommes, les poires, les prunes les pêches, les abricots, les cerises, les groseilles, les fraises, u framboises, les ananas, les tamarins, les grenades, les orangé les citrons, les melons, etc.
- Les autres sont mangés cuits ou confits dans le vinaigre; sont : les courges, les potirons, les citrouilles, les concoi bres, etc. _ t
- Tous les fruits de ce groupe sont susceptibles, lorsqu’ilss placés dans des circonstances favorables, de passer à la feu®® . tion spiritueuse; ils fournissent à l’économie domestique des ^ sons importantes, et celles-ci des liqueurs alcooliques, l°rsC^el). les soumet à la distillation. La variété des principes qu’ils con nent, et surtout l’abondance d’eau de végétation que reI^er .-flj. leurs cellules (de 71 à 93 p. 100), rendent leur conservation 1 cile, et leur pouvoir nutritif peu développé. eS.
- 2° Fruits sucrés non acides. —Dans d’autres fruits, il n’y a ^3()S que pas d’acide libre, et ce qui domine c’est le sucre, comn-e^‘ ^
- les figues, les bananes, les dattes, les jujubes, la figue
- etc.
- fruit de l’arbre à pain, les goyaves, les caroubes, les cocos, -- j Ces fruits, beaucoup moins aqueux que les précédents» ^ plus nourrissants, plus salubres; l’abondance de leur sucre
- on la favorise d’ailleurs paI
- ufle
- 0C>e
- leur conservation assez facile demi-dessiccation.
- 3° Fruits sucrés et féculents. — Quelquefois le sucre est aS^ à de la fécule, comme dans les marrons, les châtaignes, leS jeS gots de l’Inde. Ces fruits sont encore plus nourrissants fl1 ^ précédents, et ils n’ont aucun des inconvénients qu’entrai sage exclusif des fruits charnus et acides. per
- Le marron d’Inde, dont le principe amer si développa n Lt met pas l’utilisation comme aliment, est remarquable cep e(1 par sa richesse en fécule (17 1/2 p. 100, d’après M. Lep^^, glucose, en huile douce saponifiable, en matières azotées.-'/^ traction de sa fécule peut être faite avec avantage, car .Sfje sen lavages à l’eau pure suffisent pour la priver compléternen je amertume; elle est alors comparable à la meilleure le^ploi5, pomme de terre, et peut lui être substituée dans tous ses e
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- -Leprincipe amer n’est autre chose, d’ailleurs, que la singulière substance neutre trouvée par M. Bussy dans la saponaire d’Egypte, l’écorce de quillaia, et qui a reçu des chimistes le nom spô-esaponine, communiquant à l’eau toutes les propriétés décisives du savon. On rapporte qu’en Irlande et dans d’autres ^J’s) on fait servir les marrons râpés au blanchissage du linge. ^ est surtout pour le nettoyage des tissus revêtus de couleurs déli-Cates, susceptibles d’être détruites ou modifiées par les alcalis, peut utiliser les marrons d’Inde (1).
- L° Fruits huileux. —Il y a beaucoup de fruits dont les semences enferment tout à la fois de la légumine ou caséine végétale, et une uil(i douce, dont on tire parti pour l’alimentation. Tels sont, entre autres, le cacao, la noix, la noisette, les amandes douces, ja Pistache, l’arachide, la sésame, la faîne, l’olive, la cornouille, es fruits de certains palmiers, etc.
- ninande du cacaotier (fig. 424) ou le cacao est la base d une Préparation alimentaire fort Puissante et suave, qu’on chocolat. Cet aliment,
- I ,ange de sucre, de cacao .freinent torréfié et broyé,
- ^11 ar°mates (vanille ou can-e)> est consommé en énor-s quantités par les Espa-L?s et les Américains du d ' France, on en fabri-
- U\ environ 7 millions de
- Kiloer „ • i
- 2fPY’ ,au Prix moyen de On ’ 6 küogr. ; et, en 1856, it\a, exP°rté près de 268
- rniiip ,7 m
- Kl,ogr. (2). Fig. m.
- Serrer e??®e, a c^onn® un moyen de préparer une liqueur détersive qu’on peut limité s fp* ^Pu’se 1 kit- de marrons secs décortiqués et réduits en poudre par au bain-xr,0 .. ante d’alcool à 69°,4 centés.; on soumet les liqueurs à la distillation 0,1 le réduit1 !e P°ur en ret*rer tout l’alcool ; — s’il reste plus d’un litre de résidu, 11,1 demi-lit,/1 C? vo*uine Par la concentration, et lorsqu’il est refroidi, on y ajoute ^ferme ,le ^ alcool à 90° centés. Cette préparation, qui se conserve très-bien, >uedYute la saponine des marrons mélangée de sucre, etc. On l’emploie e dessus le« ^6U a'eau> et el*e réussit parfaitement à enlever les matières grasses t ^ Les Esr)e!°^eS ^a‘ne> vraisemblablement en les émulsionnant.
- JYs Imnié a^n9^s °nt trouvé, en 1520, l’usage du cacao et du chocolat établi de /nt étendu*11?1 ia^ au et ils l’ont importé en Europe, où il s’est rapide-
- 6 k cJ10c°lat fut apporté d’Espagne en France en 1060 ; les personnes
- ’ " a. t VIXT orvntrîhnprpnt À Ifi
- * suite dp î? c^oco^at fut apporté d’Espagne en France en îuou ; ics p.eisuimto j^ger par, . Ul^ante Marie-Thérèse, femme de Louis XIV, contribuèrent à le « i>r bavid'n°US‘ 1GC1» Ie parlement de Paris rendit un arrêt qui permit ne ''et'fr,.-,.. Chaillou de vendre et de débiter, dans toute l’étendue du royaume,
- 1 cert • *luuluu ue venure et uc ucuuu, uu...» * aine composition qui se nomme chocolat ».
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- La composition chimique du cacao est utile à connaître; b voici, d’après M. Payen :
- Matière grasse (beurre de cacao)...................... 52
- Substances azotées (légumine ou caséine végétale)... 20
- Amidon................................................ 10
- Principe cristallisablc ou théine...................... 2
- Cellulose................................. *........ 2
- Substances minérales................................... ^
- Eau................................................... 10
- 100
- 5° Fruits astringents. - Quelques fruits sont riches en tannin, et par conséquent âpres et acerbes au goût. Tels sont : les coings, les nèfles, les cornouilles, les corni^, les cynorrhodons, la cerise des Antilles, les semences du caféier, elc' Dans ces dernières, le tannin est associé à de la légumine et à des principe aromatiques ; j’en dirai quelques id°1s' Le café est moins un aliment qu’linC substance stimulante et digestive. L’in3' portance de cette graine vous est bon
- connue; mais ce que vous ne savezpÊ
- ia.m1
- arabM»
- être pas, c’est que l’arbre la produit, le caféier (cofjfea est originaire des parties les plusc^ des de l’Éthiopie, de l’Arabie, de 1* men, d’où il a été transporté J*a ;
- l’Inde, puis en Europe, et de là, y. cent trente-trois ans, en Amérique y ‘ les Antilles, dans la Guyane et à 13 Bourbon, d’où nous viennent b P . grande partie de nos importation8 y Le fruit du caféier est une baie, volume et de la couleur d’une cerise, ne renfermant le plus ba ^ tuellement que deux graines, de consistance et d’apparence ^ nées. Dans le commerce, on distingue de nombreuses variétés^, café, qu'on désigne par les noms des pays de production..V les principales, rangées dans l’ordre de valeur : Moka, MartrM '
- Fig. 425.
- (1) Un pied de caféier, rapporté du jardin des plantes de Paris à la Aja ,io0 il* en I72f>, par le chevalier de Clieu a enrichi l’Amérique d’une Pl’° ^j[, 300 millions de francs annuellement. — On a évalué à 205 millions de i^i portance des récoltes de 1855 pour tous les pays; c’est actuellement Ie ^laJ, occupe le premier rang dans la production du café ; viennent ensuite h"a’ Haiti, Guayra, Cuba et Puerto-Rico.
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- DES VÉGÉTAUX ALIMENTAIRES.
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- 'Mdeloupe, Santiago de Cuba, Havane, Bourbon ou Réunion, Puerto-,ico> Jamaïque, Guayra et Porto-Cabello, Brésil, Cayenne, Haïti, osta~Ihca, Malabar, /«m, Padang, Sumatra, Manille, Ceylan, etc.
- 12 ca^ vert> c’est-à-dire non torréfié, renferme, outre l’eau “P- ^90 en moyenne), un grand nombre de principes, à savoir :
- ^ ulose (34 p. 100); matières grasses (10 à 13 p. 100); matières ,u res non azotées, telles que glucose, dextrine, acide caféique " Plusieurs dérivés, acide citrique (environ 15 à 16 p. 100); sub--^nees azotées, telles que légumine, caféine (17 p. 100); huiles Quelles plus ou moins suaves (des traces) ; substances miné-*s(6à7p.]00).
- 1 .Ja<lansle café le môme principe azoté cristallisable que dans çet | et cacao, c’est-à-dire de la théine ou caféine (C16H10Àz4O4). e.\riCaloïde’ découvert en 1820 par le chimiste allemand ltunge,
- ]ep e aussi dans le thé du Paraguay {ilex paraguayensis) et dans p,! arana> Pâte tonique et astringente, que les Guaranis du Brésil sori'/1'601 avec ^es semences d'un arbrisseau grimpant, 1 epaullinia ou / lS‘ J,lest assurément très-remarquable de rencontrer la théine güa cafeine dans des substances alimentaires (thé, café, chocolat, par]' na ’ quori Peut considérer comme à peu près équivalentes cet ]Urs usages et par leur action sur notre économie. Du reste, elc’est |d6 6S*i en Par^e dbre et en partie combiné dans le café, eu a a substance organique qui, après l’urée, est la plus riche Quu en contient 30 p. 100 de son poids.
- uue . ^ l’acide du café, Berzelius, qui le considérait comme fer, y 1 . de tannin précipitant en vert les sels de peroxyde de uommé acide cafétannique. M. Payen l’avait appelé doune 1 Oro9 unique, parce qu’en présence de l’ammoniaque, il travau;^c ^es sels de cuivre, une magnifique couleur verte. Des Wland réc«uts de deux chimistes hollandais, MM. Mulder et a l’état (T0’ établissent que l’acide propre au café est incolore et que Ce, e.se*s avec la potasse et la chaux dans les graines, mais $°uS]a dClde’ uommé caféique et représenté par Cl4H807, produit aci(ies c °, e influence de l’air et de l’ammoniaque, jusqu’à cinq d’oxydjq0 °r^s’ qui ne sont autre chose que des états différents ^ caiigg10,11' son^ ces nouveaux principes accidentels qui sont CrUavec es poiorations diverses que présente l’infusion de café
- Gette inprla*nes dissolutions métalliques, d’un asse, llSlon est, d’ailleurs, inodore, faiblement astringente, quéej eau vert; elle agit sur les nerfs d’une manière mar-recheroii,> (lUede n’ait aucune des qualités agréables que l’on
- Vow SCet,esubslance-
- Attire de i dcd°n ou le grillage change presque entièrement la I)r°aoncée et Snime’ y développe un arôme suave, une saveur e une couleur d’un jaune brun. Pendant cette opéra-
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- 300 QUARANTE-CINQUIÈME LEÇON.
- lion, la partie ligneuse éprouve une décomposition partielle et devient friable; il se produit un corps brun, amer, soluble dans l’eau, offrant la plus grande analogie avec celui qui prend naissance dans la torréfaction de l’amidon, et qui provient sans doute de l’altération du glucose et de la dextrine contenus dans la fève ; il se forme, en outre, un principe aromatique que MM. Boulron et Fremy ont nommé caféone. On peut isoler facilement celui-c!' en. distillant avec de l’eau 3 à 4 kilogrammes de café grillé; l'eau
- aromatique obtenue, agitée avec de l’éther, lui cède une
- huile
- brune, pesante, très-aromatique, dont il ne faut que des trace-pour parfumer plus d’un litre d’eau ordinaire. — Dans tous 1 cas, le principe amer et la caféone dérivent des substances so blés de la graine, car du-café vert, préalablement épuisé par 1 puis torréfié, ne cède à l’eau bouillante, ni corps aromatup principe amer. . . u.
- La manière dont on procède au grillage du café, influe u coup sur les qualités delà boisson qu’on en obtient. Cetteop 1 tion doit être faite avec soin, d’une manière uniforme, ega* ^ graduée ; le degré le plus convenable de la torréfaction varie-ri vant l’espèce de café ; on peut déterminer ce degré d’une man suffisamment exacte par la perte de poids qu’éprouve la sr‘ soumise au grillage. ^
- Pour le café Martinique, la perte doit être d’environ 192 grammes par kilogramme de café cru ; alors le café a une leur marron légèrement foncée, et une odeur très-agréable- .
- Le café Bourbon demande un degré de torréfaction i*101 {i la perle ne doit s’élever qu’à 1 60 ou 180 grammes par kilogra‘
- La couleur du grain brûlé à ce point est d’un bronze clair- e Le café Moka doit être soumis pendant moins de temps e Jf à l’action du calorique; la diminution du poids pour 1 bn°^ |} doit pas s’élever à plus de 140 à 130 grammes. La couleur poudre est d’un jaune rougeâtre. . ,,'é-
- Quand on ne grille pas assezie café, le centre de la Sral Réprouvé aucun changement; le café se moud alors très-d1 ment; l’infusion'est d’un jaune verdâtre et peu ar?Iïl^,caf! Lorsqu’au contraire la torréfaction a été portée trop loin»1 ^ est noir, luisant à sa surface, amer au goût; il y a un comnl ment de carbonisation.
- delà
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- Afin d’éviter que la caramélisation ne se prolonge au terme fixé pour chaque espèce de café, on doit se 1 ^ verser le café hors de la brûloire, et de le vanner à l’air- ^ e||i’
- temps que celte aération produit un refroidissement u fait dégager une petite quantité d’huile volatile pyr^o ^p-jb odeur désagréable, analogue à celle de la corne brûlée, m téralion d’une partie des substances azotées.
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- DES VÉGÉTAUX ALIMENTAIRES. 301
- La température la plus convenable de l’eau pour l’infusion est e + 95° à 100°. Du reste, il ne faut jamais faire bouillir le café. es cafetières qui permettent de chasser par la vapeur l’eau bouil-llnte au travers du café, et de hâter la filtration en opérant le vide jussitôt, réalisent les conditions les plus favorables. Le principe c ces ingénieux ustensiles a été indiqué d’abord parM. Babinet, ^ l’Institut.
- Plus la poudre de café est fine, plus l’infusion est chargée. Le u e Pulvérisé grossièrement, comme on le trouve dans le com-
- |llerce, ne donne que les 2/3 des substances solubles qu’il consent (i). 1 '
- Puus les dernières années de l’Empire, lorsqu’on rechercha llns les produits de notre sol des succédanées aux matières alimentaires que l’habitude rendait indispensables à la majeure * r le du la population, le café ne fut pas oublié. Mais on ne fut ' aussi heureux que pour le sucre ; car si l’on parvint facilement cett°nnei> ^ P)eaucouP substances végétales brûlées l’aspect de à $0° P°ut^re s* recherchée, on ne put trouver de matière qui réunît de p Cara.clères extérieurs l’arome et la saveur délicieuse qui font de la fève d’Arabie un breuvage de prédilection ^ r toutes les classes de la société. Toutes les substances, tour 'payées, ne ressemblent au café que par l’amertume et le c>est | mPyreume (2). Une seule est restée cependant en usage, prer^.a rac'ne (^e chicorée, dont les Hollandais adoptèrent, les facticers’ l’emploi, il y a plus d'un siècle, pour fabriquer un café du c V °nt conservèrent le monopole jusqu’en 1801. L’usage dans^ e~C^U5üree est très-commun en Hollande, en Belgique, et nos departements du Nord ; on en consomme en France plus
- écrits ca*^ cPez tes Orientaux est très-ancien, puisque, d’après les ma-
- •lès .e ta bibliothèque impériale, il est positif qu’on le connaissait en Perse ^'tirent pCVuîcs commencèrent à boire du café en 1553. Des cafés publics s’é-en 1672 1° Uva!ie’ en ^5 : à Londres, en 1652 ; à Marseille, en 1671 ; et à Paris, ra'ent de nil*ens et tes Génois procuraient cette graine à l’Europe, et la li-•'t. dehar „ ^Pfe. Ce ne fut que vers 1689 qu’un avocat du barreau de Paris, !ervir du'5nJ’ a *a suite d’un voyage à Constantinople, prit l’habitude de faire '0rte ailI)r? e 8ur sa table à l’issue jdu dîner. Soliman Aga, ambassadeur de la b'atice, q’gS,ae tJ°uis XIV introduisit l'usage de la même boisson à la Cour de n '«DO, inv tma^arne de Sévigné, cette célèbre caillette du grand siècle, qui, ®ne, te'kilo i a *G.café au lait, boisson devenue depuis si populaire. Dans l’ori-[)rèsde 25 ® ca^ valait jusqu’à 280 fr. On en consomme aujourd’hui en France
- l0titielieirip' !ons kil. par an. Les Anglais et les Belges en consomment propor-të) H faut Jeaucoup plus que nous.
- ."^faction en e*cePter tes graines du petit-houx, dont l’arome, développé par la i^Pfetidre ' \i s’ exactement celui du café, que bien des personnes peuvent s’y 1M'' e anière 6St Vrai ^ue ^eur infusi0n esl beaucoup trop fade, parce que la itobton' ^1manclue totalement; mais, en l’y ajoutant artificiellement, on
- >ère
- Errait
- °t>ten' I "ue totalement; mais, en l y ajc lr de cette liqueur une boisson agréable.
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- 302 quarante-cinquième leçon.
- de 6 millions de kilogrammes par an, et on en exporte en Algérie, en Espagne, en Suisse, en Piémont et en Angleterre.
- Les fabriques où l’on prépare cette poudre sont très-nombreuses
- dans les départements du Nord, d11 Pas-de-Calais, des Ardennes. Um seule, à Lille, fournit chaque jo,L 6,000 kil. de cette matière. Laprép*1 ration est d’ail leurs peu compbq11^ La chicorée cultivée pour çe objet n’appartient pas à la variee adoptée pour fourrage. Elle f' moins amère; sa racine est P' grosse; sa lige et ses feuilles rieures sont velues, plus graii',e' plus épaisses; les dernières nP quent de découpures. La figure *j. représente la plante en tleurS> ’ figure 427 montre une fleur P nouie et très-amplitiée.
- C'est f * tomne qu°n. colle la f* On la divise petits fragnlC qu’on sèche des tourai , après cette oP ration, ds P ^ nenl le n°nl
- cossettes. ^
- Fig. 427.
- F,a'm' -.... pi#
- On torréfie ces cossettes dans de grands brûloirs à cai > r sous des hottes à fort tirage, et mis en mouvement par des to à vapeur ou des manèges. Le grillage terminé, on ajoute 2 P1 ^ beurre, pour lustrer les cossettes et leur donner l’aspect jp{, brûlé, puis, après quelques tours de brûloire, on verse les ^ dans de grands vases en tôle où elles se refroidissen l. On Ie .^s ensuite sous des meules verticales en pierre ou entre des CJ ^ de fonte taillés; on passe la poudre grossière dans des> ^
- métalliques à mailles plus ou moins larges, et on l’enicr des barils, des caisses ou des enveloppes de papier de *!!, L’infusion du café-chicorée est très-colorée, un P6^1 ^ mais elle ne possède nullement le parfum agréable de
- d’Arabie. Si tant de personnes ont conservé chez nous
- l’haL
- d’ajouter de la poudre de chicorée au café ordinaire,
- est
- sont persuadées que la première ôte à ce dernier ce
- qn
- il3
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- DES VÉGÉTAUX ALIMENTAIRES. 303
- .
- vsr ss
- visible et le rend rafraîchissant ! Cela est vrai, en ce sens qu’une substance presque inerte remplace alors la moitié ou le tiers d’une autre substance très-active (1).
- 6° Fruits aromatiques. Quelques fruits ou semences renferment
- des
- principes âcres ou
- des huiles volatiles qui
- W communiquent une
- saveur brûlante et aromatique. Ils servent, â cause de cela, comme condiment pour facilite le travail de la digestion , en excitant légèrement l’estomac. De ce nombre sont :1a mou-tarde noire, la badiane, muscade, la mani-guette, le cardamome,
- 'a vanille, l’anis, la coriandre, le cumin, les Punents. le poivre, auxquels on peut rattacher es cfous ou fleurs non développées du giro-uer, le macis, le gingembre.
- ( beshabitants du Ben- Fig 428.
- ^le, et surtout les Pa- . ,, u. crus, et ils ne pa-
- Tla.si mangent souvent les fruits du Pltn , communément,
- r'u"sent pas les trouver trop forts; raais’ . raRon alimentaire a ' ^enfont, avec du riz et de l’eau, une P 1 ‘‘ connaissez tous la Quelle ils donnent le nom de Car) y- 0n fait un si grand
- :i'eur piquante et aromatique du poivtc,
- Souv
- «loin8°crnVeint le café brûté et moulu des épiciers est additionné d’une .plus ou <eitefSde quantité de chicorée. 11 y a un moyen bien simple de reconna '‘‘Ucéedu' e’pdui fort heureusement ne peut nuire à la santé. On ai oi
- ,uelque\ mSfe SUSpeCt dans un lube à m0itié rempU d eaU fl 0lde\ 1 rfnpp le ^ PourSm?tes demeure diaphane et incolore, la poudre restant à sa surface, le
- e« jaune f Clre considéré comme bon et pur. Mais si l’eau se colore sensiblement
- >C;eunljrUn> et quela poudre laisse Précipiter des grains îougeatres qu
- ‘ctif.
- 'fc"leraie deTaU ?eu dans le liquide qu’ils traversent, c’est qu’évidemment le café teuUsera Plus r lC°rdei et d en contiendra d’autant plus que la coloration de bi,.,Ur(i déférente in°ncée‘ Ge Procédé, indiqué par M. Coulier, est fondé sur la la ,n déférent. Lt ÜGS deux poudres, qui absorbent l’eau dans un espace de temps Stance qu ^°fadle ni°uillée, tombée au fond du tube, est molle et n’a pas cale qui a séjourné dans l’eau.
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- usage, surtout dans les pays chauds, pour rehausser la saveur de? mets. La plante qui le fournit (fig. 428) paraît originaire de l’Inde, mais elle est l’objet d’immenses cultures entre les tropiques, sur tout dans l’Inde anglaise, les îles hollandaises (Java, Sumatra^ Bornéo), à Cayenne, etc. Outre ûne huile concrète très-âcre, fl°n dépendent les propriétés actives de ce fruit, les chimistes y 011 reconnu un alcaloïde insipide, doué de vertus fébrifuges;01, l’appelle pipêrin; il a pour formule C34H38Az206.
- Le poivre blanc du commerce n’est autre chose que du p°" noir dépouillé de son enveloppe corticale noire. Le procède p° opérer celte décortication est très-simple. Il consiste à faire n* cérer le poivre dans de l’eau de mer ou de l’eau salée ; la Pe cule noire et ridée qui le revêt gonfle, se détache, et il ue 1 ^ plus, après qu’on a criblé et vanné, qu’une graine blanche, principe aromatique résidant plus particulièrement dans 1eD^ loppe corticale, le poivre perd par cette opération une gral partie de son arôme et de son âcreté : aussi le sert-on de P* 1 ^ rence sur les tables, après qu’il a été réduit en poudre fiD®' qu’on appelle mignonnette est du poivre noir ou blanc, rédu poudre grossière (I). . u.
- 7° Fruits ou graines des légumineuses. — Ces graines sont coup plus riches en substances grasses et azotées que tout^ autres; elles contiennent aussi de la fécule et des sels nnn . phosphatés en proportions assez fortes, si bien qu’elles so tous les aliments végétaux les plus propres à suppléer, en gu partie, au défaut de la viande. p.
- La matière azotée contenue dans ces graines, est celle que connot a signalée le premier, en 1826, sous le nom de Uf jfj et que MM. Dumas et Cahours ont retrouvée depuis danj^ amandes des fruits à noyau, dans les semences de 111011 blanche. Cette substance, à laquelle les chimistes précéden portent la plus grande partie du pouvoir nutritif des le?° gj, diffère peu de l’albumine par l’ensemble de ses propriétés» ^ elle est comparativement plus riche en azote. J’y revien vous parlant prochainement de l’albumine.
- Les graines alimentaires de ce groupe sont :
- nt3 des PJ) ]
- (1) Si l’usage du poivre est pour ainsi dire indispensable aux habitai1 ^ , chauds, pour contre-balancer,par ses propriétés stimulantes, la débilite digestifs produite par la chaleur excessive du climat, chez nous c’est u ^ j# nement de luxe dont on pourrait très-bien se passer. « Quand on s°nge- etf que l’Inde a été le théâtre de guerres cruelles pour conquérir ce lre ’utf l’Europe dépense environ 40 millions par an pour s’en pourvoir, 011. res,^ ' déplorer la bizarrerie humaine. » Une substance, si riche en principes ac ’j^r et aromatiques, est regardée par beaucoup de gens comme un i’alr j^e C’est encore un de ces préjugés populaires qu’il faut poursuivre aveC^e9i ridicule. C'est comme si le feu, loin de brûler, rafraîchissait nos mein
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- Pour l’homme : les haricots, les fèves de marais, les pois, les lentilles, les doliques, les pois chiches et les gesses.
- ^ Pour les animaux : les féveroles et les vesces.
- Le tableau suivant donne un aperçu de leur composition chimique respective :
- Fèves de marais décortiquées et
- desséchées vertes .............. 29,05
- Haricots flageolets desséchés.... 27,00
- „ blancs ordinaires............. 25,50
- 1 ois verts décortiqués et concassés. 25,-10
- Lentilles.......................... 25,20
- Fèyes de marais ordinaires..... 24.10 * 11S jaunes parvenus à maturité. 23,80
- feveroles.......................... 30,30
- 'esces..... 27.30
- 55,85 GO ,00
- 55.70
- 58.50 56,00
- 51.50
- 58.70 48,30 4 s,90
- 2,00
- 2,60
- 2,80
- 2,00
- 2,60
- 1,50
- 2,10
- 1,90
- 2,70
- 1,05
- 2,00
- 2.90
- 1.90 2,40 3,00 3,50 3,00 3,50
- 3,65
- 3.30 3,20
- 2.50
- 2.30 3,60 2,10
- 3.50 3,00
- 8,40
- 5,10
- 9,90
- 9,70
- 11.50 16,00
- 9,80
- 12.50 14,60
- ^___________ i i ___
- Outre les substances inscrites au tableau, on a signalé dans ces ;u.!ncs Un extrait amer, et dans les lenLilles, du tannin et une les pVerte visqueuse. Les enveloppes parcheminées, surtout celles c°ntiennent aussi du tannin. Il y a dans les/)o?s chiches, n°n ne mange que dans le Midi, une substance résiniforme. min SSec^es par les procédés ordinaires, les graines des légu-•^conUS°-S °^renI une grande ressource pour une alimentation port°micIue et constituent un article de commerce des plus im-d“8» ma‘s elles sont toujours un peu dures.et coriaces. On ü;ins ayant de les cuire, les tenir immergées durant une nuit est bi 6 ^CaU .^ouce de rivière ou de pluie, tiède ou froide. 11 calcaj n essentiel de ne pas employer pour la cuisson une eau tissu « Sllrt0ut séléniteuse, car les sels de chaux attirés parle lelle^g , ta1, ’nc,'ustent l’enveloppe extérieure et la durcissent et ia rin |Iue l’eau, même bouillante, ne peut plus la pénétrer dreS) .lolllr- procédé certain pour avoir des légumes ten-d’ea;30—c des eaux calcaires, c’est d’ajouter à chaque litre que ie t ^dgrammes environ de cristaux de soude, et d’attendre L’eau tiré !*'J*e ^!anc Produit par l’addition de ce sel ait disparu. iivière, v a c*air est Mors aussi bonne que la meilleure eau de
- Ou pgutlU, a coc^011 des légumes.
- donner a Lriandement améliorerla qualité des pois secs, et leur ^ttant ù p12'1 ,^e cLose près, la saveur des pois verts, en les sou-aPrès les opération dw. maltage. Gela consiste tout simplement, ^‘x-huit heu°U' ^ lremPer dans de l’eau tiède pendant douze à jj UlGS> & les égoutter et à les conserver en tas humide
- 9,0
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- pendant vingt-quatre heures. Ils éprouvent ainsi un comment' ment de germination et ils deviennent très-sucrés. On les fait cuire dès que les germes apparaissent en dehors des enveloppa Ils sont à la fois plus agréables au goût et plus nourrissants qi1' les pois qui n’ont pas subi cette préparation.
- 8° Graines céréales. — Ce sont, à proprement parler, le blé011 froment, le seigle, l’orge, l’avoine. On peut y réunir : le maisû» blé de Turquie, le riz, le millet ou dokn des nations africaines, sorgho ou doura des Arabes, le sarrasin. .
- Le nom générique donné à ces diverses graines vient de ce ' de Cérès, déesse de l’agriculture chez les anciens, qui lui a huaient la connaissance de ces plantes si précieuses et l’art de cultiver. Leurs graines, après avoir subi l’opération de la 111011 ture, sont habituellement désignées sous le nom de farines, ^ tefois, ce mot, employé seul, s’applique toujours à la poudre froment. C’est surLout avec cette dernière qu’on prépare, dep bien des siècles, l’aliment de première nécessité pour la p‘llP‘ des hommes, c’est-à-dire le pain.
- Il est curieux, en raison de leurs usages, de connaître lac position chimique des graines des céréales et de leurs farines-sait, grâce aux travaux de Proust, d’Einhoff, de Davy, de Vau^ lin, de Braconnot, de Yogel, de MM. Payen, Boussingault, M1 Péligot, Ileiset, etc., qu’elles renferment :
- 1° Des substances organiques azotées : albumine, fibrine, caséine, S tine, comparables, quant à leur composition, aux tissus des anin13 ' ’ 2° Dés substances organiques non azotées : amidon, dextrine, üli cellulose, /l'tT'
- 3° Des substances très-hydrogénées et très-carbonées : l‘u“c ^ fluide, graisse plus consistante, huile essentielle odorante; , ^(<
- 4° Des matières minérales : phosphates de chaux et de magnésie, potasse et de soude, silice et soufre.
- Voici dans quelles proportions, pour chaque espèce de g12'1 se trouvent ces différentes substances :
- AMIDON. MATIÈRES AZOTÉES. DEXTRINE et MAT. SUCRÉE. MATIÈRES GRASSES. CELLULOSE ou TISSU VÉGÉT.
- Blé, en moyenne.. 69,7 14,GO 7,2 1,2 1,7
- Seigle 67,5 9,00 10,0 2,0 3,0
- Orge d’hiver 54,9 13,40 S,8 •2,8 2,G
- Avoine 53*6 11,90 7,9 5,5 4,1
- Mais 58,4 12,80 1,5 7,0 1,5
- Riz, en moyenne.. 77/48 0,435 » 0,427 0,500
- Millet, id » 11,076 )) 2,935 »
- Sarrasin, id )> G,843 u 1.513 »
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- DES VÉGÉTAUX ALIMENTAIRES.
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- ^°us pouvez remarquer, Messieurs, en examinant ce tableau, !ue P;lrmi toutes ces graines, c’est le blé qui est le plus riche en )U stances azotées; c’est aussi le plus nourrissant; vue le maïs et l’avoine sont les plus abondants en substances
- grasses ;
- en^Ue Ie, r’z sarrasin sont les plus pauvres en principes azotés, matières grasses comme en sels minéraux.
- , résulte donc que le riz et le sarrasin ne méritent pas, il alin faut.k'erL tout l’intérêt que leur usage, à titre de substances rn ®n|aires, inspire à beaucoup de personnes. Ce sont évidem-q nt les moins nutritives de toutes les graines céréales; aussi,
- 1 a 0n les consomme seuls, faut-il en ingérer un énorme vo-jJOl^e* ^aas doute, le riz et le sarrasin peuvent faire partie d’une les ne ‘llimentation, mais à la condition qu’on leur associera Sobres aliments riches en principes alibiles qui leur manquent, de Ce raPPort, ces deux graines se rapprochent des tubercules qUo .IT1,ne de terre, qui ne sont également pourvus en abondance ^(e Principes féculents non azotés, compléterai l’étude des céréales dans la prochaine leçon.
- QUARANTE-SIXIÈME LEÇON.
- DES ORGANES EMPLOYÉS a L’ALIMENTATION. (Suite.)
- Soi
- Extrao-
- üon de’. |llte des céréales. — Analyse des farines. — Du gluten. ta'ines et d °n ~ gluten granulé. — Du pain. — Composition des
- b°1ssons pp,U SOn! — ^unification. — Des différentes espèces dp nnins. — Des blancs,d MEnt^es.— Généralités. — Du vin. — Sa fabrication.-
- Vins rouges,
- --‘UC..MEES. — ueneralites. —uu vin. —
- > liqueur et mousseux. - Composition des vins. — Leuis falsifi
- La
- Vilement lnCe .anima^sée des graines céréales s’extrait assez Client s ' aUSS^ connaît-on depuis fort longtemps. Dans le b'eiRen* u^tout, cette substance s’y trouve sous des états sensi-
- Si l’on lfférents*
- c'e la fUrin|fa!axe’ sous un Idger filet d’eau, une pâte faite avec I?rs les dot»?.®*16’ j-USqu’à ce que le liquide qui s’écoule à tra-SUsPensi0n1^ S ne so^ P^us lactescent, l’eau entraîne l’amidon en ’ en dissolvant seulement l’albumine, le sucre, la dex-
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- QUARANTE-SIXIÈME LEÇON.
- trine et les sels, et il ne resle plus dans les mains de l’opérateur qu’une substance membraneuse, molle et collante, très-élastique, d’une odeur toute particulière et d’une teinte d autant plus grise qu’elle a été mieux lavée. C’est là ce que les chimistes appellent le gluten, dont Quercetanus, médecin à la c0Ul d’Henri IV. a parlé le premier, bien qu’on en attribue généralement la découverte à l’Italien Beccaria, qui vivait au milieu h'1 dix-huitième siècle.
- Plusieurs savants, M. Raspail entre autres, ont considéré 1 gluten comme du tissu cellulaire, qu’ils retrouvent plus ou rt*°*D-modifié dans tous les organes des végétaux; mais la plupart chimistes actuels le reconnaissent pour un produit imine(1‘ composé de plusieurs principes azotés qu’on ne saurait cor fondre. Ainsi, en faisant bouillir le gluten brut avec de l’alco on finit par obtenir un résidu fibreux, grisâtre, que M. bu ' a nommé fibrine végétale. Les liqueurs alcooliques laissent a P ser, par le refroidissement, une matière dont les propriétés Rr pellent Iè caséum du lait: c’est la caséine végétale de M. b*1^ Enfin, si l’on concentre l’alcool froid privé de caséine,.** sépare une substance pultacée, qui offre toutes les propriét . l’albumine, mais qui, par la spécialité de quelques-uns 1J ^ caractères, mérite, d’après MM. Dumas et Cahours, le non1 ticulier de glutine. Avec la glutine se précipite, d’ailleurS’. je matière grasse, facile à extraire au moyen de l’éther, ut <ïul rapproche des matières butyreuses par son point de fusion-
- Le gluten brut doit son élasticité à l’eau qui le g°n^e ’ m lorsqu’il a été desséché à une température de 100°, ü eS^ sonore et très-cassant. t
- Il ne se dissout, en certaines proportions, que dans les alcalis et les acides faibles. Il se putréfie très-rapide*11^ l’air humide, en exhalant une odeur de vieux fromage- ^ que son altération soit avancée, il s’attache fortement au* j, qu’il touche et peut très-bien servir à coller des fragmcl porcelaine; il se dissout mieux aussi dans l’alcool, et tion, rapprochée en consistance de sirop, forme un vera (ufe: s’unit très-bien aux matières colorantes. Ces sortes de pe"^ sont très-siccatives et nullement odorantes. Le meilleur #jf de fixer sur des étoffes de soie des couleurs qui doive*1 ‘5 du du brillant, c’est de dissoudre à saturation du gluten û flf | vinaigre, de concentrer cette dissolution et de s’en serV'i[t0(fe-'i f délayer les couleurs; on applique ensuite celles-ci sur les où elles sèchent promptement et où elles se prêtent, cailler, à tous les replis qu’on leur fait subir. . Ilnl!r
- Très-riche en azote, le gluten est réellement la Pa^ieupr0* tive des farines, et c’est lui qui communique à leur palc ‘
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- DES VÉGÉTAUX ALIMENTAIRES,
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- pneté de lever, c’est-à-dire de produire un pain léger, savoureux ct de facile digestion.
- _ , manipulation au m°yen de laquelle on isole le gluten de la
- P te de farine de blé, peut, jusqu’à un certain point suffire pour '‘Cquérir une connaissance exacte des autres principes constitutifs e cette farine. C’est, en effet, ce que je vais vous démontrer.
- < ,eau de lavage, après avoir passé sur le tamis, ne tarde pas s éclaircir, en laissant déposer la fécule accompagnée de quel-es lanabeaux de la matière animalisée. Si, après avoir décanté c liqueur éclaircie, on la fait bouillir, on voit apparaître des j, .!aes Planches, coagulées comme du blanc d’œuf cuit, et offrant ai eurs les caractères de l’albumine animale. I/eau dans la-t c celte albumine s’est solidifiée, contient nécessairement laisGS/6S Su^stances solubles de la farine. En l’évaporant, elle ]e se ae la dextrine, du sucre et quelques traces de sels. On isole santT10 G-n tra^ant cet extrait par de l’alcool rectifié; en épui-|es e r^sidu par de l’alcool faible, on sépare la dextrine; restent rUrena]1^res saünes (phosphates terreux, sulfate de potasse, chlo-(e potassium et de sodium, silice, soufre). s'ère jroc<^d que je uens d’employer pour faire l’analyse gros-l’ind f -'a ^ar*ne de blé, est passé depuis quelques années dans pour7le« 8race à M. Émile Martin, pharmacien de Vervins, som^, Gxtract*on de l’amidon dont il se fait une si grande con-
- Ta °n dans les arts-
- est ho' (]G V0US Par^er de ce nouveau mode de fabrication, il eoip^11 te V0US apprendre comment on opérait auparavant, et eaton agit encore dans beaucoup d’établissements.
- Otl fgjt
- lui aponfv/11' au &raatl grossièrement moulu une véritable pourriture Iules. Pc* >u^ détruire le gluten qui retient l’amidon entre ses cel-dans de „ r ce^a> on le met avec quatre à cinq fois son volume d’eau aj°ute un andeS CUves d° bois, et, pour activer la fermentation, on y Prieur C,Grtaine quantité d’eau sure ou grasse provenant d’opérations dutisig g..S- bientôt la masse entre en mouvement. Le sucre contenu ^e8 acidesa!n Aprouve fermentation alcoolique ; il se produit ensuite
- H'uien et iacelaIue et lactique qui dissolvent la plus grande partie du *jUe décoré S6-S minérauxdu blé; mais le restant du gluten éprouvant .6e de^ph^00 Patiade complète, il se forme de l’ammoniaque, il se '*U.Une odeu •.îdrogène sulfuré et autres matières infectes, en sorte i^mènes1 ,lnto^rabfe se répand dans le voisinage de l’atelier. Ces urent de quinze à trente jours suivant la température
- amb
- "ante.
- acétiqU(T'u, U®,nt en dissolution, ainsi que vauqueim » c. w.
- U 8luten ni,’,» ''"feool, de l’acétate d’ammoniaque, du phosphate de chaux et 1 'Us ou moins modifié.
- j'I Cetl
- ne eau tient en dissolution, ainsi que Vauquelin s’en est assuré,, de> l’a-
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- L’amidon s’est déposé au fond des cuves, mélangé et recouvert des débris ligneux. Après l’avoir lavé par décantation, on le délaie et on 1 verse sur un tamis de crin pour isoler le plus gros son. L’amidon^ remis en suspension, isolé du petit son, qui le salit encore, parp111' sieurs lavages à l’eau pure, et mis à égoutter dans des paniers dos>u garnis de toile. Les blocs qu’on obtient ainsi sont renversés sur 1airC en plâtre d’un grenier afin de les raffermir, puis rompus à la main u’ plusieurs fragments; on racle ensuite leurs surfaces, on les entoure1 papiers et on les fait sécher rapidement dans une étuve à courant da chaud. Par suite de retraits inégaux qui ont lieu entre ses parties, 131111 don se divise en baguettes ou prismes irréguliers, qu’on livre au coin merce sous le nom d'amidon en aiguilles. ,
- Les amidonniers emploient de préférence les grains de blé, d’orge de seigle qui ont été altérés ou gâtés par un long séjour dans des ®aD sins humides, et qui sont impropres à la plupart des autres usages, Pa qu’ils sont à meilleur marché dans le commerce. Pour l’amidon j blanc, dit amidon fin, on se sert de recoupettes ou de griots de ble, à-dire des portions de grains moulus dans lesquels la farine n’a pu séparée du son. . ,
- Depuis 1837, M. Émile Martin a fait adopter un procédé moins moins insalubre et plus productif, qui évite la destruction du gluten, ^ on peut ensuite tirer parti pour l’alimentation. Ce procédé consiste a vertir la farine du blé en pâte avec de l’eau, et à soumettre celle-ci une sorte d’auge allongée, nommée amidonnière, à l’action d’un cp en bois cannelé tournant sur son axe ; ce cylindre par son frotteme s la pâte et un arrosage continu et réglé à volonté, opère en peu de la séparation de l’amidon, qui est entraîné par divers conduits da ^ récipients inférieurs disposés exprès. 11 ne reste bientôt plus dan midonnière que le gluten vert ou humide, formant un corps ten et élastique. ]uteD
- Mais comme l’amidon a entraîné avec lui quelques portions de e qui occasionneraient des taches dans les apprêts et l’empesage du on soumet le produit recueilli dans les cuves à une légère fermenta * t moyen de quelques centièmes d’eau sure, pendant six à dix jours s la saison, puis on purifie et on dessèche l’amidon comme dans procédé. On en relire jusqu’à 50 p. 100 du froment de bonne <1 tandis que par l’autre mode on ne réalise que 35 à 40 p. 100. rCr On obtient, en outre, 20 à 25 p. 100 de gluten frais qui sert à P1 un pain sans farine pour les personnes atteintes de la maladie |„; bète, mais surtout à fabriquer une pâte à potage bien meilleure njCr nourrissante que les vermicelles et macaronis d’Italie. Dans ce ^ je cas, on incorpore au gluten frais le double de son poids de faruj ’mIïï réduit en petits grains qu’on fait sécher à l’étuve ; c’est alors ^ granulé du commerce dont on consomme actuellement une gran ^e\\t tité. C'est la maison Véron frères, de Poitiers, qui a créé cette JJ)t-industrie. En mêlant ce même gluten frais avec du son, un PcU,jall$. lasse et de sel, on en compose un excellent aliment pour les bes
- • du r
- Le principal emploi des céréales, c’est la fabrication ü Il est convenable d’entrer dans quelques détails à cet égar
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- DU PAIN ET DE LA PANIFICATION.
- pain n’est autre chose qu’une pâte de farine de blé pétrie pec soin, mise à fermenter pendant quelque temps, et cuite au
- 0l'r d’une manière convenable (d).
- . appelle levain la substance qu’on ajoute à la pâte, avant sa Cu.1SS0n> pour lui faire éprouver cette fermentation qui en déter-®j?e boursouflement et la légèreté. Tout le monde connaît la ' i nce qui existe entre le pain avec ou sans levain : ce dernier s lourd, compacte, moins agréable au goût.
- levain est tantôt de la pâle qu’on a laissée aigrir ou fermenter, •utot de la levure de bière. Ce n’est pas sans peine que l’usage de
- Uj e Pa‘n est un aliment très-anciennement connu chez les nations orientales, arar du temps de Moïse, les Égyptiens employaient du levain à sa pré-°mi]]0nls celle-ci, toute simple qu’elle est, a eu, comme les autres arts, des ,1g acen|ents fort grossiers. Dans l’origine, on Se contentait de faire griller le mèg ,e ai°udre entre des pierres, puis de le cuire avec de l’eau. Il en résultait a farin „ ^oui^ie alimentaire, mais fort peu agréable. Plus tard on fit, avec de luire 8lossière, des galettes ou gâteaux compactes. Enfin on imagina d’y intro-nôtre nVam’ Ge R11* donna, dès lors, un pain léger se rapprochant beaucoup iribue pi' , s. ^es Premiers temps, on cuisait le pain sous la cendre. Suidas at-dansl’hnrenti0n 1,68 fouis à un certain Annus, Égyptien, personnage inconnu découvrit0Ue> ma's dui mériterait d’y tenir une place distinguée, si ses titres à la de ia f * 1 ,e llont d s’agit étaient prouvés incontestablement. Ce n’est que vers 580 Mais pusa atio1n R°me que des boulangers grecs s’établirent dans cette ville, tiong (uTf lla‘n resta inconnu pendant un grand nombre de siècles aux na-Ganies 1 01('- R est probable que la connaissance du pain fut apportée dans les l’ère chrét1 C6tte co^onie de Phocéens qui vint y fonder Marseille, 59G ans avant premiers (jei|ne’ (^eI’an de Rome 154. Ce sont les Gaulois qui’.introduisirent les nation eon° a lev<are de 1)iare dans la pâte*, toutefois, pendant bien longtemps, la Ployait or pei'a ^oiat t*u Pain sans levain. Il y en avait un surtout qu’on em-tains alime 11?airement> en guise de plat ou d'assiette, pour poser et couper cer fieait cnsu 'i S ’ ^luniec,-é ainsi par les sauces et par le jus des viandes, on le man Itlaintenu f o G0Inrne un gâteau. L’usage des tranchoirs ou pains-assiettes s’est 'luiabert n°! ^Stemps. 11 en est fait mention dans une ordonnance du Dauphin
- l®ur des p/7 Ue en Éroissart les appelle tailloirs. Martial, de Paris, au-('hariesix l'!i[ ?e Parles VII, en parle. Au sacre de Louis XII et à celui de
- ’ln’on distrii '1 Rrésentait aux convives, pour la forme, des tranchoirs en pain bis,
- L'institution*1'! ensuite aux pauvres.
- ''°Ur leur ( es boulangers est fort ancienne. Ceux de la Gaule avaient choisi l“,.l“lawi™Ærcoi?-Art.aî“s. ainsi nommé du grec artos, qui signifie pain,
- , °- ait encore 1 a^.un lemPle dont Chorier [Histoire du Dauphiné) assure qu’on ^rd’hoj le v;i?S lu‘aes> au dix-septième siècle, dans l’endroit où se trouve au-j,'nrjcr Yient nSe d’Artai, à un myriamètre de Grenoble. — Le nom de bou-yies- 11 egt on au Range, de ce que le pain avait dans l’origine la forme de 8J0Idque (ju r'^estl0n de bis cuit, ou pain cuit deux fois, dans une ancienne ,1 Sedep.^ gne de Charlemagne. Abbon en parle aussi dans sa relation du Milieure I„yes N°rmands. Ce pain était employé sur les vaisseaux, comme e que le pain ordinaire.
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- QUARANTE-SIXIÈME LEÇON.
- cette dernière substance a prévalu dans les boulangeries des villes. La Faculté de Médecine s’opposa même, par un décret du 24 mars 1668, à son emploi, en déclarant que l’usage en était nuisible!... Il est difficile d’établir à quelle époque on com-
- mença à faire entrer du levain dans la pâte destinée à la confection du pain ; cette coutume est fort ancienne. Nous savons seulement que le pain fermenté était connu du temps de Moïse, puisqu’il ordonna aux Hébreux de faire la Pâque avec du pain sans levain (1), ce qui suppose qu’on en faisait avec le fernoen • Quelque portion de pâte, oubliée dans le pétrin et incorporé avec l’eau et la farine, a dû être l’origine de cet important pel fectionnement.
- L’expérience n’a pas tardé à démontrer aux hommes que> toutes les farines des céréales, celle du blé est la plus pr°P^e faire de bon pain. Mais si ce fait a été constaté par nos prenu pères, la cause en est restée ignorée jusqu’à l’époque où la cni est venue éclairer ce sujet de ses lumières. Les chimistes dernes qui ont analysé les différentes farines servant à l’.01^,, tation, ont reconnu que toutes renferment du gluten, mais en égale proportion; qu’elles sont d’autant plus nourrissao qu’elles en contiennent davantage; que ce principe est beauc ^ plus abondant dans les diverses variétés de froment que daim autres céréales; enfin, qu’une farine de froment est d’autantm leure qu’elle est plus riche en gluten. ^
- Le tableau suivant, que j’emprunte aux expériences de quelin, confirme ces assertions :
- FARINES.
- QUANTITÉS MOYENNES d’aM1D0> ET DE GLUTEN DANS 100 PARTIES'
- AMIDON.
- De blé dur d’Odessa 56,50
- De blé tendre d’Odessa 75,42
- Brute de from. non désigné. 71,49
- Des hospices, 2e qualité 71,20
- Des boulangers de Paris.... 72,80
- De méteil 75,50
- Des hospices, 3e qualité..... 67,78
- De service, dite seconde.... 72,00
- GLUTEN HUMIDE.
- 3.ï,l t 34,00 29.00 23,30 26,40 25,60 21,10 18,00
- club* :
- I4,t>3
- H.«5
- 10,30
- 10/
- 9,02
- 7>0
- (1) Exode, chap. xn, v. 15. — L’usage du pain sans levain, dit Vavl a:'^nC’ encore chez les juifs.
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- DES VÉGÉTAUX ALIMENTAIRES.
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- . d y a donc une grande différence entre les quantités de gluten es farines des blés d’Odessa et du blé de notre pays, différence ({uî Va presque à un tiers en sus. Les contrées méridionales pro-^uisent généralement des grains durs, cornés ou glacés, de j-tande densité, dont les farines sont plus riches en gluten que les , s a grains tendres, et que les blés durs des climats tempé-^s‘ ^a qualité de ces blés durs les fait rechercher sur certains archés pour la confection des pâtes, telles que le macaroni et ^ vermicelle. M. Boland porte la dose de gluten sec de 10,5 à P- 100 dans les farines de première qualité et de 7,5 à 9 •00 dans les farines inférieures.
- ,r, 1 or8e> le seigle, l’avoine, le maïs, le riz, le millet, le sor-blé°’ sarrasiu ne peuvent donner un pain semblable à celui du rri ! Cest; que ces différentes substances contiennent beaucoup ins de gluten ou en sont complètement dépourvues. 11 en est , m6rïle des farines des légumineuses, des châtaignes, de la bie me terre qui ne fournissent que des galettes lourdes et azotém°lnS substantielles. Chez toutes ces matières, le principe Co e est de l’albumine ou de la légumine qui ne peuvent pas, Parl^V6 ^ulen> se dilater considérablement et se transformer laj, . ei'mentation en un tissu spongieux, léger, qui contribue à 1 _ gereté du pain.
- Icle au pain.
- ces s T Prouve évidemment que c’est à l’absence du gluten que Incité ^ances doivent leur moindre faculté nutritive et la com-tière a ^ ^eur Pate’ c’est qu’en ajoutant à leurs farines une ma-qüj ^nal°gue au gluten ou du gluten même, ou une substance fronj C0nhent, on obtient un pain qui diffère peu du pain de noUrrj ‘ ^ est ainsi que d’Arcet est parvenu à faire un pain très-Pàtori Saüt avec ia pomme de terre, en introduisant dans cette des matières azotées fl).
- Ce
- tres sont em ^ 6S^ ^as *a seu^e aiatière qui serve à faire le pain. Beaucoup d'au-a'ec le blé ^ °^eesa sa P^ce, soit clans les pays où le pain sc fait habituellement s°nt Ies grain (*ans ceux °a cette céréale n’est pas connue. Le seigle et l’orge °UP de locaiv ^ s^nent le plus à l’alimentation, après le froment. Dans beau-Uc*îe; dans d’^ ae *’rance> Ie Pain de seigle est l’aliment du pauvre comme du autres. In classe aisée seule en mange; le peuple se nourrit de
- Porrini il
- "7° u autres, la classe aisee seule en - . ,
- «t * ««ta. L. JlSSZZ »UCOUP <lé
- est Irès-CQ^"1’ ue Sari’asin, eic. Le pam u uigc __________________ x
- jP^inotamjnp3^!6’ Un Peu acreî cependant il sert d’aliment dans beaucoup de . av°ine est cell i 0S fJu,e^Iues parties de l’Allemagne et de l’Espagne. La farine noir, sane !:es c®réales qui donne le pain le moins bon ; il est lourd, com-Pain est si >.-S iaison) d’un goût amer et nauséabond. La mauvaise qualité de ^tiques 0,',en leconnue depuis longtemps, que les statuts de certains ordres
- n(ÉC maïs, ie l°nnaient son usage pour la mortification.
- ^ s> servent q Uas‘n’ sorgho, le millet, le riz et d’autres semences de grami-1118 nourris pi eParer, dans bien des localités, des pâtes ou gâteaux plus ou n s, plus ou moins agréables, mais qui ne peuvent jamais rem-
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- Le blé ordinaire contient 86 à 88 p. 100 de farine blanche, mais par la mouture actuelle, on ne peut obtenir au blutage que 70 à 74 p. 100 de farine pouvant donner du pain blanc; Uàf» p. 100 restent avec les débris ligneux qui portent le nom de se" De ce son, on extrait par une nouvelle mouture et un second blutage, une partie de la farine qui sert à faire du pain bis ; le son u1 remoulage est alors donné comme aliment aux animaux ou employé dans l’industrie. On dit qu’une farine est blutée à 10, à O, à 20 ou à 25 p. 100, quand on a retiré, par le blutage, de 100 ki de grains moulus, 10, 15, 20 ou 25 kil. de son.
- Le son retiré du froment est loin d’être une substance prlHt de propriétés alimentaires. Son exclusion delà farine contrm1' peut-être plus à la beauté qu’à la qualité du pain. D’après l;ina lyse la plus récente faite par M. Poggiale, il y aurait dans le s0
- Eau....................................................
- Sucre....................................................
- Matière soluble non azotée (dextrine ou subst. congénères).
- — azotée (albumine).......................
- Matières azotées insolubles assimilables...............
- — — non assimilables...............
- Matières grasses.......................................
- Amidon.................................................
- Ligneux................................................
- Matières minérales.....................................
- 12,669
- 1,909
- 7,709
- 5,615
- 3,867
- 3,516
- 2,877
- 21.692
- 34,573
- 5,o‘4
- 99,943
- La panification ou la conversion de la farine en pain consisté
- placer le pain des céréales. Toutes ces farines donnent des pains qui ne.P.entde lever, mais par leur mélange avec la farine de blé ou de seigle, elles acqu|e> ^ meilleures qualités. A différentes époques de disette, on a aussi employé ^ nés de graines légumineuses (fèves, vesces, lentilles, pois, haricots, etc- ’oUi-un qu’elles soient peu propres à la panification. Elles ne peuvent entrer que P cinquième dans la composition delà pâte.
- Enfin, dans certaines contrées peu favorisées du ciel, où la culture desc ou des graines précédentes est inconnue, les habitants forment une espèce “ avec des substances qu’on supposerait peu propres à l’alimentation. 6 i(1e5
- qu’en Zélande, on en fabrique avec la racine d’une fougère; que, danset parties du nord de l’Europe, on fait usage du lichen d’Islande; qu'au* dans les parties chaudes de l’Amérique, les naturels se nourrissent ayec le stjtuf racine d’une euphorbiacée vénéneuse, dont la pulpe desséchée et cuite c ^
- le pdiïl cl 6 * r,nû lûO Hotl OmiûC! nt 1 1-10 Unlmftiil n wnvwvnnt ri fl TV 111S 7" 1
- les racines i
- uuwi Itt iiuqic ucsacouco v» “ lonSle , cassave; que les Ostiaques et les Kalmouks mangent depuis ,»jnde>l‘ du nénuphar blanc. Le chiendent, la châtaigne, le marron û ç0])feï
- graine de lin, la pomme de terre ont aussi quelquefois été employés
- tion du pain, ou plutôt de galettes. La pomme de terre a souvent été me ’ les temps de disette, et avec succès, dans la pâte du pain ordinaire.
- Le premier qui ait fait du pain de pomme de terre est un sieur FaigU^pat' 1761, présenta à l’Académie des Sciences un pain qu’il avait compose
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- DES VÉGÉTAUX ALIMENTAIRES.
- 'leux opérations distinctes : la préparation de la pâte, nommée pétrissage, et la cuisson de cette pâte quand elle a lexé ou fer-menté et qu’elle a été mise sous la forme qu’on veut donner au pain.
- La première opération consiste à ajouter aune portion de levain la quan-Me d'eau, GO à 60 p. 100, nécessaire à la préparation de toute la pâte, à en alle an mélange homogène, dans lequel on introduit ensuite la quantité U|ulue de farine. La masse est réunie dans le pétrin, où elle est travaillée et ^tournée de droite à gauche et de gauche à droite; elle est successivement soulevée et abandonnée à son propre poids, afin d’y introduire de 1 air. ais depuis une vingtaine d’années, le pétrissage mécanique tend à se sub-" 'tuer au pétrissage à liras, au grand avantage de la propreté et de la santé 1 es ouvriers. De tous les nombreux pétrins mécaniques successivement OJoposes, le plus simple et le plus commode, sans contredit, est celui de Holland. En voici une coupe et une vue extérieure (fig. 429). C est
- Fig. 429.
- lUelle s° ^^-cylindrique AAAcn bois, garnie en tôle étamée, dans la-fixés erf meuî’ Par les moyens ordinaires, un axe O sur lequel sont decés KnS lnverse> deux cadres BBB en forme de S. Dans l’intérieur uncsatt l,e.s seprouvent deux systèmes de lames de même courbure, les Oïoii}-' -C lees a la Lois sur l'axe et la traverse extérieure, les autres.
- nent ’ "-----u~
- fax •an
- rouveni aeux systèmes uc mnu.» ~-------------
- ft>oiti-7Tuees a la fois sur l'axe et la traverse extérieure, les autres, nn:.le P'us courtes ....................................- ^
- Moitié niî ° lcl lu,s &U1 a a au cl in - —,
- lent avec f Courles’ n’adhérant qu’à cette traverse; ces dernières alter-raxe se t CS Pre.m'^res, do toile sorte qu’une lame entière d’un côté de lan~- . °uve située en face d’une demi-lame du côte opposé. Le mé-‘ 1 1—r<5firafffi et le üétris-
- *ange deUp !^e sduôe en face d’une demi-lame au CULU UpjJUOL,. --
- ;ige <je j ealb de la farine et du levain, ainsi que l’étirage et le pétris-flant la x-ot ^e’ s<?nl etfectués très-rapidement au moyen de ces lames a lon oxige à peine la force d’un homme.
- y uyiH m cliulû tie-o i ujuLiv—-----
- oxige à peine la force d’un homme.
- lifts égaiçg --------------------------—---------------
- de seigle et de pomme de terre. 11 s’associa ensuite avec , 1)1118 blanc lavaillait alors à son Art du boulanger; ils firent un pain plus léger [’0tUme ,je t en y ajoutant d’autres farines. Parmentier a fait du pain avec la r'aroud’Espaçè6 seule- Au mois de novembre 17 78, il en fit servira la table du I !8tres. On ac’. Un i°ur que ce gouverneur des Invalides traitait plusieurs mi-(leen la fécule ^'tesen,a Plus tard au roi Louis XVI. Aujourd’hui on panifie assez Cett« «ubstan °n intr°duit dans le pain ordinaire d’assez fortes proportions tnce> sans diminuer sensiblement ses qualités et son bon goût.
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- QUARANTE-SIXIÈME LEÇON.
- Lorsque la pâte a été ainsi apprêtée et bien soufflée, soit par la mai" de l’homme, soit par l’agitateur ou le pétrisseur mécanique, on la divis: en pdtons plus ou moins gros suivant le genre de pain qu'il s’agit de confectionner, et on leur donne la forme voulue en les plaçant dans de> corbeilles garnies de toile ou dans des moules de tôle, après, toutefois,!"' avoir saupoudrés de farine commune ou de farine de maïs, pour les"111 pêcher d’adhérer. Une fermentation très-active se développe, grâce à !" température élevée du fournil, et lorsque les pâtons sont sufflsamme"1 gonflés, on s’empresse de les enfourner et de les cuire.
- Le four du boulanger ï/fy. 430) a une forme elliptique; sa sole est ph,H
- Fig. 430.
- hustibte
- et sa voûte est très-surbaissée. On le chauffe en plaçant le cornu . ^ (bois légers, de bouleau ou de peuplier) sur la sole même; les pi'oc* j et la combustion s’échappent par quatre conduits (ouras) situés au qui passent au-dessus de la voûte avant de se rendre dans la che oll Lorsque la température intérieure du four est entre -f- 290 et >3 enlève la braise, on balaie la sole, et on garnit celle-ci des P, ^'fjre les disposant par ordre de grosseur. On ferme le four, et on n en ^ les pains que lorsque leur surface extérieure ou croûte est durcie ^ lorée convenablement ; cela arrive au bout de 30 à 40 minutes P° ^ pains de 2 kil. et seulement au bout de 60 minutes pour 1°P 4 kilogr. -raturé
- On a constaté que la cuisson de la croûte s’effectue à la tempe 1 de -|- 210°, tandis que celle de la mie a lieu à -j- 100° environ. , $
- Le mode de cuisson du pain a été singulièrement perfectionne^^ une vingtaine d’années. Au vieux four qui offre un si mauvais, ^ du combustible et une malpropreté repoussante, on a substitu >jau partout, au moins dans les grandes villes, des fours à foyer extei ^ moyen desquels la cuisson est plus régulière, plus économiqlie^sSjles salubre. Les uns sont échauffés par un courant d’air chaud, ^'u" appelle-t-on fours aérotherrnes ; les autres ont la même disposai0 j,up moufle, autour duquel circulent la flamme et les produits de p0||aiiJ' tion. Parmi ces derniers, un des plus ingénieux est celui de M*
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- DES VÉGÉTAUX ALIMENTAIRES.
- ij est à sole tournante. En voici une coupe longitudinale (fig. 431) et la
- description.
- Fig. 431.
- tipn^61 Cn ^erre réfractaire pouvant recevoir toute espèce de combustible. — 1^ partf^1-1^ luJ aux horizontaux, partant du foyer et distribuant la chaleur dans et chaulé lnférieures du four. — c Carneaux verticaux noyés dans la maçonnerie foar __ f?1.’ Par la fumée qui y circule de bas en haut, les parties latérales du pelle des ouMe plancher horizontal en fer et fonte remplaçant la voûte ou cha-avant de aî1.ciens fours, et dans l’épaisseur duquel la fumée s’étend et séjourne rdglant icstec“aPPer par la cheminée e. — f Registre à la base de la cheminée f»ir muni i-a§e’ ~~ * ^aferie souterraine ou caveau servant de cendrier. — k Étouf-U°bile; ü *Ulle *,ascule pour recevoir la braise. — l Axe vertical portant la sole U“ disque °U/ne dans une crapaudine l'. — uu Carrelage de la sole reposant sur c°ntaci deep • e tôle' — 3 Masse de cendre pour garantir le dessus du four du c,iaude né/ a'r.extérieur- — h Chaudière sans foyer particulier, contenant l’eau ccssaire aux diverses opérations de la boulangerie.
- Puisq/g j/ ^ur’ ^enfournement et le détournement sont très-faciles, l'lls devantSi° e *ournante vient présenter successivement toutes ses par-:>!« = c;?st l’ouvrier lui-même qui règle le mouvement c°ttiqne et Une manivelle montée sur l’arbre t qui supporte un pignon Efface de ?Ul *ransmet le mouvement à la sole. La figure 432 montre la ^ a sole couverte de pains de diverses grosseurs et qualités.
- î°utes^e ^ arr^ver à la théorie de la panification.
- I°s grains C]S °P^ra^ons pratiquées ont pour but de faire éclater ^inailabiC ^cu^e> el de rendre ainsi celle substance facilement a nos organes, car elle n’est nutritive pour l’homme
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- 318 quarante-sixième leçon.
- qu’après l’ébullition ou la coction, qui fait sortir de ses enveloppes légumenlaires la partie soluble de l’amidon.
- La pâte préparée pour la cuisson peut être considérée connu6
- un tissu visqueux et élastique de gluten, dont les cellules sont rem plies d’amidon, de sucre, d’albumine, de gomme, etc.,el entremêlé d’une matière fermentescible, qui a èje ajoutée à la farine lors(? sa mise en levain. Loi" qu’on abandonne ce^ pâte dans un endroit chaud pour qu’elle ^ le gluten réagit, à la J veur de l’eau et de la ca leur, sur les globulesc ll mi don, les fait éclatci,1 met ainsi en liberté la_ trine. Une partie de celle-ci est bientôt convertie en sucre pa l’influence du gluten, qui, dans ce cas, opère le même effet la diastase. Le sucre, ainsi formé, plus celui qui préexistait a la farine, se trouvant en présence du levain, éprouve, pi^ff aussitôt, la fermentation alcoolique, c’est-à-dire qu’il est tr?D lormé, par la réaction de ses éléments, en acide carbon1^
- Fig. 432.
- et en alcool ; puis une partie de ce dernier se change en
- vinaif
- ou acide’acétique, tandis que du gluten, en se décomposan tanément, donne lieu à un dégagement d’acide carbonique drogène et d’ammoniaque. La chaleur dilate ou réduit e . j| peurs ces produits liquides ou aériformes, ainsi que l’air m 1 n. dans la pâte par l’action du pétrissage. Ces gaz et vapeu' ^ dent à se dégager; mais retenus par la viscosité du glul^. soulèvent la pâte, se logent dans de petites cavités; il y a ^r-faction, c’est-à-dire que la pâte lève, en termes de k°u 3 ^jc Lorsque, par suite de la cuisson, qui chasse la plus grande I.'^c de l’eau interposée, la pâte a été solidifiée, la masse reste jP de la multitude de petites cavités qui retenaient les gaz, et ^ Lp qui en résulte est rendu léger et blanc, par la division de s ticules. _ _ jeufSi
- D’après cette explication, vous concevez très-bien, Me .gi que plus une pâte sera riche en gluten, plus elle sera visq1 crp tenace, mieux, par conséquent, elle se tuméfiera en Lal» ^jt vassesj et fournira un pain plus blanc, plus léger et nl[e|
- Un parfait mélange du levain avec la pâte contribue singm1 ‘
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- DES VÉGÉTAUX ALIMENTAIRES. 319
- a !a légèreté du pain, qui est indiquée par la quantité d’nn/s qu’il 0 re dans sa masse.
- 9n introduit généralement du sel dans le pain, pour lui donner ^u goût, et pour mieux le conserver. Le sel est jeté par poignées s,Ur e levain avant d’y mettre l’eau. A Paris, on emploie 1/2 kil. Par sac de farine du poids de 159 kil. En Angleterre, on met ! • de sel par sac de 125 kil., quelquefois on met moitié sel et moitié alun.
- larine d’un bon blé absorbe de 55 à 70 p. 100 d’eau, suivant a qualité et surtout l’humidité qu’elle renferme déjà. La quantité j ^pam qu’on en obtient dépend non-seulement de la qualité du ’ mais aussi des manipulations auxquelles la pâte est soumise, (jl,a^0rme el des dimensions données aux pains, et enfin de leur de cuisson. A Paris, pour le pain blanc bien cuit, on admet lîQn ra*ement 9ue *00 kil. de farine donnent 130 kil. de pain. A deUfen, °d la pâte est pélrie plus ferme, j’ai constaté que 100 kil. >-nçailne ne Produisent que 424kll,33 de pain. Dans les campa-rctL’ ^ ^a*n es^ habituellement moins cuit que dans les villes, il Poum (*°nC P*us d’eau> aussi obtient-on de 140 à 146 kil. de pain IVu.-i ^ar'ne* Dans les boulangeries militaires, on réalise y . ; de pain.
- (le h1C1’terme moyen,*Ies quantités d’eau que renferme le pain 0llnc qualité, sur 100 parties :
- l’ain blanc
- On a
- MATIÈRE SÈCHE.
- de Rouen à pâte ferme...... 60,75
- de Paris, fendu, de 2 kilogr.. 60,00
- de Béchelbronn (Alsace)..... 57,10
- de munition, rond............. 57,00
- de ferme, en Alsace (Roville). 56,00
- EAU.
- 33,25
- 40,00
- 42,90
- 43,00
- 44,00
- renfer C^U> jusque dans ces derniers temps, que le pain tendre flUeni ^ ^Us d’eau que le pain rassis, et qu’il était par consé-l8o3°lns n°urrissant, à poids égal. Les expériences faites, ce ’^)ar 9oussingauIt, ont démontré jusqu’à l’évidence rassis di[i,ei5t Pas Par une moindre proportion d’eau que le pain culier (, -ere P/du tendre, mais par un état moléculaire parti-%uite etSe ni.andesle pendant le refroidissement, se développe Pas Unô p Oersiste aussi longtemps que la température ne dépasse
- J’ajoutcei'taine limite.
- ^eslion erai fiuu le pain bien cuit et rassis est de plus facile di-
- 'f. Puin allé ’ ^a*n Peu cu't et 9ue P^11 ^ra^s et c^iaL,d ; que
- * eraPois0n Gt mo*s* cause des maladies et même une sorte *°ut en iü^narneut; que souvent, pour en augmenter le poids, °nle sopbj f°nnan^ a da Ods plus de blancheur et de légèreté, ls 'que avec de l’alun, du sulfate de cuivre, des car-
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- 320 QUARANTE-SIXIÈME LEÇON.
- bonales d’ammoniaque et de magnésie, du plâtre, de l’argile, d[l sable, etc., ce qui produit presque toujours des effets fâcheux L’introduction dans les farines de blé de farines de haricots, ü féveroles, de pois, de millet, de châtaignes, de carottes, de-, ne présente pas autant d’inconvénients ; cependant on a vu, da|1: les années de disette, des épidémies se déclarer par l’usage )11 pain ainsi môlô de ces substances, qui empêchent la pâte de b,e" lever.
- Les pains de luxe, dits pains de gruau, à cafc, mollets, àsovfi régence, sont faits avec des farines dites de gruaux sassés, dP‘ conséquent plus blanches que les farines ordinaires. On fait us ç de levûre de bière, et la pâle est bien battue ou soufflée, de ^ nière à être rendue très-légère. Dans les pains viennois, on aj pour le pétrissage une partie de lait pour 4 parties d’eau; °n^ vernit à l’aide de blanc d’œuf, ou plus simplement en opera> cuisson sous l’action d’un courant de vapeur d’eau. ,f
- Le pain de munition est fait en France, depuis l’avénemen Napoléon III, avec d’excellente farine de blé blutée à 20jn i . aussi est-il comparable pour la nuance au pain de 2e qualité boulangerie civile, et est-il bien supérieur à tous les painS ,te boulangeries militaires des autres nations; c’est ce qui ie5l‘ des analyses comparatives faites par M. Poggiale en 1853.
- Dans ces derniers temps, M. Mège-Mouriès est parvenu a nir du pain blanc et de bonne saveur avec la farine con encore du son, et par conséquent à supprimer le pain bis fl . consommateurs repoussent. Son procédé repose sur ce fan 1 ^ coloration du pain bis est due, non, comme on le croit g®n cj ment, à la présence du son très-fin, mais à l’action d’une suD^ particulière sur les éléments de la farine blanche. Cette subs ^ que M. Mouriès a nommée céréaline, n’existe que sous la tngl« corticale du blé; dans la mouture ordinaire, elle accompaë ja. son ou plutôt les gruaux bis; la partie interne du grain a gi quelle on obtient la fleur de farine n’en contient pas de tra donc on peut détruire ou annihiler ce principe coloran > ^ sera plus nécessaire de mettre à part les gruaux bis, et ^ pajn on pourra convertir toute la substance assimilable du grain blanc.
- C’est à quoi M. Mège-Mouriès est arrivé au moyen d’un P ^ très-simple qui ne change presque rien au travail et am ‘.j £S| reils de la boulangerie. Mais avant de vous l’indique1 ,^0. convenable de vous donner uné'idée satisfaisante de |a^,ÿ sition intérieure des différentes parties d’un grain de j^. coupe ci-jointe (fig. 433), que j’emprunte à M. Mège^* sjr vous montre un grain de blé, vu au microscope avec un 8 sement d’environ 30 fois en diamètre.
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- des végétaux alimentaires. v „ , . nr.nP. no 4 endocarpe. Ces trois enve
- ^°s l et 2, épiderme ; n° 3, epicarpe, , loppcs inertes, légères, à peine colorées, forment les trois centièmes du blé, et s’enlèvent fadement par la décortication. —
- 5, testa ou tégument de la graine, d’un jaune plus ou moins °rangé, suivant la variété du blé.
- ~~ 6, membrane embryonnaire,
- incolore, écartée de ses parties contiguës 5 pour en rendre plus distinctes les insertions. — Les }> 3, 4, 5, 6, mêlés à plus ou ^oins de farine, constituent le s°n et les issues.
- tts nos 7, 8, 9 désignent la r,'asse farineuse, au bas de laquelle se trouve Yembryon n° 10. e centre de cette masse est ten-re'> U donne 50 p. 100 de fleur e iarine la plus blanche et la In°>ns nutritive : 100 de cette fa-l'ne donnent 128 de pains ronds ^üogr. — La partie n° 8 J enloure la partie n° 9 est plus
- „u!c> elle donne les qruaux blancs înP ù 70 n.
- Vemoulus et réunis à la première, produisen geu|g donnent
- ( 1 Pain blanc ordinaire; 100 de farine de cesig ^ 10O de
- 1? dePain. - La partie n<* 1 qui entoure le ^ donne ^vant raé. enc°re plus durs et plus nutritifs ; mais ccu fait avec ces
- pes par ia mcuie à une petite quantité de so , farine, dé-
- 55» y ta farines bises et ««.P**»,S oient ln7Çe de son, donnent 140 de pain. — La Partl® 11roave os lc no -j retient une plus grande quantité de s L issues.
- Fig. 433.
- 100
- reu-
- la Porflo °^eZ ^°-nc (lu’on rejeffe de l’alimentation de l’homme îe la fariL a meilleure du grain, qu’on obtient du pain bis avec ^ière qun,e de très-bonne qualité, et que l’on fait le pain de pre-C’estq ll(j0u Pa'n blanc avec la partie la moins nutritive. BliUén) *a membrane n° 6, sorte de tissu cellulaire blanc, sans CeUe clas fl116 réside la céréaline; ce tissu appartient à
- s°rte de VSC 16 ,mabères de structure organisée qui, douées d’une Corps (jes|.e’ déterminent le mouvement et la transformation des au développement de la plante. C’est donc lui qui J0l°ratione arïli?on et liquéfie le gluten ; c’est lui qui produit la ;u'ne, el 1. u Pain bis par la décomposition d’une partie de la lfbite à 70 p. 100 l’extraction de la farine à pain blanc.
- 21
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- 322 QUARANTE-SIXIÈME LEÇON.
- Voici, maintenant, comment M. Mège-Mouriès prépare son p»1 nouveau :
- Lorsque le grain a été broyé sous la meule et que les bluteries ont h paré les différentes parties de la boulange, le meunier n’a plusàrepr dre qu’une portion des gruaux blancs, et les fait repasser une seule sous la meule. Tous les autres produits sont obtenus d’un seul jet, ^ n’y a plus à y retoucher. On réunit, après la mouture, de la manient vante, les différents produits, dont voici moyennement les proportion1 1 latives :
- Fleur de farine.................... 50 °/0 ) 70 °/o
- Premiers gruaux remoulus........... 20 °/0 j
- Gruaux blancs.,................................. 1
- Gruaux bis...................................... 5
- Total des produits panifiables....... 82 °/o
- Sons (gros et petits)......................... 16,5
- Déchet........................................ L5
- Poids égal à celui du blé mis en mouture... 100,0
- , jfloJt1
- Pour panifier ces produits, on fait du levain avec les 70 pou1 ^ ^ fleur de farine et des premiers gruaux remoulus. D’un autre cote,^ macérer les gruaux bis avec le double d’eau froide pendant une 11L ^ été ou deux heures et demie en hiver; on y ajoute 15 .ütreje soD> on agite fortement et on jette le tout sur un tamis qui retient ^ en laissant passer l’eau et la farine blanche. Ce liquide lactescent, ^ donné au repos, laisse déposer la farine; on rejette la moitié de ^ peu jaune qui la recouvre, et la partie farineuse est ajoutée aU ^ déjà préparé, avec la quantité d’eau convenable. C’est nier pétrissage, qu’au lieu
- de farine, on introduit les gruaux 0 ^ à la manière accoutumée, et toutes E
- opérations s’effectuent comme à l’ordinaire.
- Le pain qu’on obtient est commercialement égal au pain de P1L qualité de Paris. Vous voyez donc, Messieurs, que l’avantage du P1 , de M. Mège-Mouriès consiste à faire entrer dans la fabrication 1^ une bien plus grande quantité de la substance même du blé, 82a% de 70 pour 100; ce qui revient à dire que, pour fournir une même <]11^. de pain d’une nuance et d’une qualité égales, à une population minée, il faudrait, avec le nouveau système, 100 kilogrammes de lieu de 114, ou 87 au lieu de 100. " -i
- Par conséquent la mise en pratique du procédé Mouriès, S1 ^ généralisait, aurait pour effet d’apporter une économie d'un1111 ^ dans la quantité totale du blé employé pendant une année à p cation du pain blanc, économie qui correspond à une conson^ü de 45 jours. Vous apercevez facilement les conséquences que Pr0t un fait semblable sur la richesse alimentaire du pays. ^ Vous ne serez donc pas surpris d’apprendre que les perfectionnai!' proposés par M. Mouriès aient obtenu la haute approbation de1 mie des sciences, eh 1857, et en 1860 celle d’une commission51
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- DES BOISSONS FERMENTÉES. 320
- lloramée par le Ministre de l’agriculture, du commerce et des travaux
- Publics (i).
- § 2. — Des Boissons fermentées.
- Pour compléter l’étude des aliments empruntés au règne Yé-^ a >ie ^ois vous parler des boissons fermentées.
- exception de l’eau et du lait, toutes les autres boissons sont , s Produits de l’industrie humaine, et, chose remarquable, ll)Utcs ou presque toutes ont été inventées bien peu de temps ' ,pS *a réunion des hommes en société. Les historiens sacrés el vj dnes Placent dans les temps les plus reculés l’art de faire le fiiit 7 *'S s accorclent & regarder Noé comme le premier qui ait I du vin dans l’IUyrie, Saturne dans la Crète, Bacchus dans e) Osiris dans l’Égypte, le roi Géryon en Espagne.
- 1 ^C0uverte de la bière suivit de-fort près celle du vin, puis-' celte boisson était en usage chez les anciens Égyptiens, dans Ger1 ece’ Une Partie de l’Italie, chez les anciens Espagnols, les Unen!ains et les Gaulois. Les Celtes et les Scandinaves buvaient Héb 1^UeUr exlraite de l’orge et du froment fermentés. Les de pGux 0nt' connu le cidre et l’ont donné aux autres nations |ajt (j^l'^ulté. Les Chinois font fermenter le riz, les Tartares le S(sVe ? eurs juments, les indigènes de l’Amérique et des Indes la ch G Plusieurs plantes sucrées, et telle est la nécessité, surtout ^eul^es (Méridionaux et intertropicaux, de soutenir par cuiaireSS?ns ^*mu!antes les forces et l’économie du système mus-de ]a p’ pébilîté par la chaleur du climat, qu’on voit les naturels curer ° recourir à de singulières pratiques pour se pro-«jC!< ?ne loueur enivrante. Là, la racine d’ava (piper methy-(!aleba Csl màchée, imbibée de salive et mise dans de grandes fournir868^ esPèce de pulpe ne tarde pas à fermenter et à Usage (’1>n ^'rïde spiritueux dont les naturels font un continuel
- Ce c,e qu’on appelle le cava. latie' <e l’existence d’une boisson fermentée spéciale chez les Paraître ^ mo*ns civilisées, n’est pas aussi étrange qu’il peut le il Placé aU Pfemler abord; car, d’une part, la nature prévoyante Prouver^0111 ^es ^rulls Plus ou moins sucrés, susceptibles d’é-^es niati' 'ermentation spiritueuse, et, d’autre part, la conversion en sorte BleS Sucr^es en liqueurs alcooliques est facile et rapide ;
- QïoveUG ^ ^asar(^ a dû montrer de bonne heure aux hommes 'babituçj^f P^parer les diverses boissons artificielles dont v— eur a fait ensuite une impérieuse nécessité.
- dC/. f
- e‘ du 21,,. 1 raPport de cette commission est inséré dans le Moniteur uni i décembre 18G0.
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- 324 QUARANTE-SIXIÈME LEÇON.
- Parmi toutes ces boissons plus ou moins énivrantes connues, Jc ne veux examiner en particulier que le vin, le cidre et la bière, car ce sont les seules, pour ainsi dire, qui soient d’un usage général en Europe. Dans ce qui va suivre, je n’ai pas la prétention de vous apprendre en détail les procédés de fabrication adopté pour chacune d’elles; je me bornerai à vous indiquer lesprinfJ pes sur lesquels repose leur préparation, et à vous signaler les différences qu’elles offrent entre elles sous le point de vue chimie
- DU VIN.
- ression*
- i fer-éable>
- De tous les fruits sucrés dont on peut retirer, par exp quand ils sont mûrs, une liqueur douce et acidulé qui, Par menlation spontanée, acquiert une saveur spiritueuse et agr le raisin est celui qui occupe le premier rang. ^ j}
- La culture de la vigne et la fabrication du vin remontent plus haute antiquité; car, ainsique le dit Chaptal, «les3f p plus simples doivent être présumés les plus anciens, et la slID* , cité de celui-ci a dû faire concourir de très-bonne heure lena ‘ et la nature à l’enseigner aux hommes. » [|ê
- Il existe un nombre infini de variétés de vins, qui diffèrent elles par la consistance, la couleur, la saveur. ,0.
- La France est, sans contredit, le pays où l’on récolte, en ^ portion de son étendue, la plus grande quantité de bons vin® méritent à tous égards la préférence pour la consommation J nalière. Pour vous donner une idée de l’importance de la , et de l’art œnologique en France, je vous dirai qu’on es j 2,170,000 le nombre d’hectares consacrés à cette culture,^ 70,000.000 le nombre d’hectolitres de vins produits, en ar. par les 76 départements qui ont des vignobles. Sur les 80 tements, 10 seulement ne font pas de vin, ce sont : la Se1113 ^ rieure, le Calvados, l’Orne, la Manche, la Somme, le Nord, de-Calais, la Creuse, les Côtes-du-Nord et le Finistère. jje Les qualités du raisin, et par suite celles du vin, dépe» ^ plusieurs circonstances et notamment de la nature du ^ mat, de l’exposition, du mode de culture, de la variété ou de cépage, et de la marche des saisons aux époques (pu p plus grande influence sur la formation et la maturité du h ^ vendange s’effectue du 8 au 20 septembre dans leS ce)fl chaudes, du 20 au 30 septembre dans le centre de la geptei>' dans les premiers jours d’octobre dans les régions pJuS rp«' trionales; il est préférable d’attendre que le raisin soit P ment mûr, car alors il contient plus de sucre. . jepli,;
- De tous les principes immédiats contenus dans le rais10» ^ fer-important, en effet, est le sucre, puisque c’est lui qui, PaI
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- DES BOISSONS FERMENTÉES. 325
- ^lation, donne naissance à l’alcool, et procure la force ou la 'lnosité du jus ; les autres substances sont, pour ainsi dire, acces-;.!res et ne font que modifier la saveur des vins. C’est de la ma-. ’e et des diverses proportions dans lesquelles tous ces prin-Aes se Souvent mélangés que proviennent les nombreuses va-ii s de vins qui sont obtenues dans les différentes contrées où °Q cultive la vigne..
- I °‘C1> très en abrégé, la manière la plus générale d’opérer la ‘ slormation du jus ou moût de raisin en vin.
- cuvp? 1,a's*n.s étant cueillis, on les foule avec les pieds dans de grandes Bord 1 G k°*s 011 de pierre. Mais, dans beaucoup de localités (Lyonnais, d ,j. ais> etc.), et généralement partout où l’on veut avoir des vins fins |e fra,1Je *ïUalité supérieure, avant de procéder au foulage, on débarrasse KtrCe ,e son pédoncule ligneux qui porte le nom de râpe ou de rafle, °Péraf^U^ COmmunique au liquide une trop grande astringence. Cette t0ll[ „10n’ connue sous le nom d'égrappage ou de dérâpage, n’a lieu, qui s (iUe pour les vins rouges de boisson ; elle est inutile pour ceux l’eiTjc»n ^est'nés à la distillation; elle est nuisible aux vins blancs. On cire,,] 16 avec une fourche à trois dents, que l’ouvrière tourne et agile où sont* dans un petit cuvier nommé comporte, benne ou banneau, détache i 0sds tes raisins (fi g. 434). Par ce mouvement rapide, elle 'enlève °S ^ra‘ns de la grappe et ramène celle-ci à la surface, d’où elle % ,v avec la nnain. Une égrappeuse suffit à dix ou douze vendangeuses. On criki pe enc°re avec de brin- ®.rdlnaire, formé de fer “ d 0sier ou de fils
- ln>lliiï1?acés de 9 à 14 poséai. i'es’ ce crible est
- tn'!>gitnietSSUSd’uncuvier’ tous sen tournant en
- ^ainS i °S ra'stns avec Nlle ’Ja geappe se dé-*0,1>benf L,S°S gra'ns qui !lns.le «Vier.
- ficil?UVllKr 'grappe borna ient de‘neel6
- , ,ent dans sa
- tiisi„s/“8hec,°litres Fjg 434.
- I awoni î •
- i^eïn^ italien, a eu l’ingénieuse idée de disséquer le grain a,vu (ïue Ie sucre et les matières azotées, que l’on appelle se trouvent placés chacun dans des organes taS*?.Creexist ,^a" a COnùrmé cette observation, en reconnaissant que lf's la° inS ^°S valsseaux ligneux qui forment le réseau du fruit, ! f*ut d°n > Pe gélatineuse et acide n’en renferme aucune trace. tacJ ,°lt écrae/0lir <lue te raisin puisse donner une liqueur spiritueuse,
- tj.. ,“UU Cci'n^ ( P' lc lalal11 puisse uuuuei une i^utui apn nutuac,
- ;,i 'ntime, a|'n que ses divers matériaux constitutifs soient en con-,lnd°nné à 1° •e .H n’y a jamais d’alcool dans le grain de raisin t'mèrne, sans avoir été déchiré ; alors il se flétrit, se des-
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- 326 QUARANTE-SIXIÈME LEÇON.
- *|;P|
- SPslJ
- iflU
- sèche et se décompose, mais sans éprouver de fermentation alcooli<F régulière et complète. Une autre condition non moins nécessaire^e; que le jus ait le contact de l'air, pour que le ferment puisse y apparal' tre, s'y développer aux dépens des matières azotées et du sucre et detd miner par suite l’alcoolisation de celui-ci.
- Dans les grandes exploitations, on piétine les raisins sur le sol d UIU
- Fig. 43*.
- t-
- cave \uùtée A (fig. 435) ; les raisins y sont introduits par la por® Lj les rafles en sont enlevées par la porte en regard c. Le jus s’ecou1
- .V- :v,
- mm
- ip
- mm
- Épis™
- iminivii'iL: «
- Fig. 436.
- otC
- l’orifice inférieur o et se rend dans un réservoir R, d’où unC-Ledal1' l’enlève au fur et à mesure dans la rigole qq, d’où il se dis i
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- DES BOISSONS FERMENTÉES. 327
- !u Cu,'es Je fermentation C, C, C, placées les unes à la suite des autres üan« le cellier.
- t nairnaginé diverses machines pour fouler les raisins plus compléta,611 et Plus rapidement que par les procédés ordinaires. Presque Und^se ressemblent par l’organe essentiel, qui est composé de deux cy-t0 !es toui>nant l’un contre l’autre (fig. 430), et entre lesquels les raisins sonttn P°Ul ^ être écrasés. Les cylindres sont lisses ou cannelés; ils de surmontés d’une trémie et sont placés sur un bâti de bois au-dan°|JS du1uel se trouve un réservoir pour le jus, qui s’écoule de là
- I orGS CUves a fermenter.
- pje S(lae le moût a été obtenu, et réparti dans les cuves de bois ou de lion SG;( Ünt la caPaclf® varie de 30 à 60 et 80 hectolitres, la fermenta-if’acide Cn mo‘ns de quelques jours; la masse s’échauffe, des bulles Une 0 Carl)enique se dégagent en si grande quantité, qu’il en résulte ^urne ,G ^ elles soulèvent les débris solides du fruit et une
- furmj3 epa!sse’ composée surtout de ferment altéré; de sorte qu’il se qU’0n peu a Peu, à la surface de la liqueur, une croûte hémisphérique câline le chapeau de la vendange. Mais bientôt l’effervescence se briSe le ; cllaPeau s’affaisse. Alors on foule la cuve, c’est-à-dire qu’on s°iten^rapeau’ S°H avec une Perche traversée de bâtons horizontaux, tières J , sant descendre un homme nu, afin de mêler toutes les ma-L0rs e ranimer la fermentation.
- ^v>nenUe ° de la cuve ne bout plus, qu’il a pris une saveur forte
- et0n Se?qu il est devenu très-clair, on le soutire dans des tonneaux, extrairn iSC,.a Plusieurs reprises, au pressoir le marc qui reste, afin d’en La éu 5 vln dit de presse.
- 'es cuvesCG la fermentation tumultueuse, ou plutôt du séjour dans Los vins’ IailG flogulièrement suivant l’espèce de moût qu’on emploie. connils do ^aint-Besle, de Verzy, de Yerzenay et de Mailly (Marne), de bouqufleUl 1)0116 couleur, une grande finesse, beaucoup de sève et I n>eur> en V nC reslent que six heures dans la cuve; ceux dits de pri-p°Uil|yj ^ ooi’gogne, et que l’on tire particulièrement des vignobles de laCüve’ueMeursaulMe Tonnerre et de Chablis, ne peuvent supporter Plus fin 1 0 Slx a heures. Le vin de Volney, qui est le plus léger, le Peitie six 1 ° plus a&réable de tous les vins de la côte de Beaune, cuve à aSsez faits UeuVes j tandis qu’il en est d’autres qui ne sont pas encore
- Au Sortit!)6S neuf jours de fermentation. rUtantfIUe .• cuve-> le vln est distribué dans des tonneaux placés, °nde fie P°ssible, dans une cave ni trop sèche ni trop humide, pro-ei exposée au nord. Le vin est trouble et fer-eSer siffie 0 ’ d6f les premiers jours du transvasement, on entend un °llïle Une dd au dégagement continu de l’acide carbonique; il se 1 °n a l’athUl^e a la sui’face du liquide qui déverse par la bonde, ^ sorte °!lll0n de tenir le tonneau toujours plein pour que l’é-lants d’assnj5 m Ue le vln se Regorge. Il suffit dans les premiers in-|C luire usai|! !! Une feuille ou une toile sur la bonde. Le mieux serait 5 durée dub(j d Unc bonde hydraulique, qui peut servir pendant toute i^Ple est C0!rvai1 dans les tonneaux. La bonde hydraulique la plus )0n(leen bois*2 t*° Sébille-Auger [fig. 437); elle consiste en une 0l'dinaire B, percée à son centre d’un trou évasé à la
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- QUARANTE-SIXIÈME LEÇON.
- LiflpnnaPï h -A 0U se lo°e une soupape en os S; cette soupape est guidce par la bride mm en fer étamé, et est maintenue par un ressort, et
- mieux, comme l’a imaginé M. Maumené, par un bout de tube de caoutchouc cc; elle se soulève sous l’effort du gaz carbonique et retombe immédiatement après sa sortie, ce qui ne permet pas la rentrée de l’air extérieur.
- A mesure que la fermentation s’affaiblit, le volume du liquide diminue; on verse à mesure du vin dans les tonneaux, de manière àce qu’ils soient toujours pleins : c’est ce qu’ü11 appelle ouiller ; on bondonne hermétiquement, en entourant le bondon de filasse 011 d’étoupes. Lorsqu’il ne se fait plus de mouvement sensible, que la liqueur paraît être en repos, le vin, quoique encore trouble, peut être considéré comme fa1,' Peu à peu les matières étrangères en suspension se déposent. Celte P1L cipitation lente produit au fond des tonneaux un dépôt qu’on nom'111 lie (1) • c’est un mélange confus des débris de la pulpe, de matièrecoa rante, de ferment devenu insoluble et de sels peu solubles, notarnm^ de tartre ou bitartrate de potasse; ce dernier se sépare en partie et cri» tallise sur les parois des tonneaux. Comme ce sel a une saveur âpre désagréable, il en résulte que le vin, qui a subi une bonne fermenta11 insensible et qui est devenu par ce fait plus riche en alcool, est me*\e et d un goût plus agréable; c’est ce qui explique pourquoi un vin'111 est préférable à un vin nouveau.
- Pour éviter que la lie ne se mêle au vin par l’agitation ou Paf changements de température, ce qui pourrait le faire tourner àla'S1
- (1) D’après l’analyse de Braconnot, la lie desséchée renferme, en nio}el'n
- Bitartrate de potasse............................ 60,*
- Tartrate de chaux................................
- — de magnésie.....................................0,40
- Phosphate de chaux............................... 6>°0
- Sulfate et phosphate de potasse..................... 2,80
- Silice mêlée de grains de sable..................... 2,00
- Substance azotée de nature particulière.......... 20,"0
- Chlorophylle .................................... L ^
- Matière grasse ayant la consistance de la cire... 0,^J
- Matière gommeuse, matière colorante rouge des
- raisins et tannin............................ traces.
- ur)afab
- Cette richesse en crème de tartre explique très-bien l’emploi de la lie P°usage ^ cation des-cendres gravelées (Voir la 19e leçon du 1.1, p. 480). C’est un ancien, puisqu’il était pratiqué chez les Romains, ainsi que Pline n°u uS) evp'0,' (Hist. na-f., lib. XIV, 20). Autrefois, c’étaient les vinaigriers qui, chez 11 ^ ^h-taient ïa lie et la convertissaient en cendres gravelées. On voit me pftrjg,e statuts que Louis XII leur donna en 1514, qu’ils couraient les rues criant et demandant qui voulait leur vendre de la lie.
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- , lre ^ à clair au moyen du soutirage. Celte opération, fort imperia °>se pratique à diverses époques pour chaque espèce de vin. Selon , °ca**tés, on soutire en décembre lorsque les vins sont’bien éclaircis °n veut les transporter; ou bien on le fait une seule fois par année, (r£esm?ls février et de mars, comme en Champagne. Dans telles con-a LLi!’ v'ns demandent à être soutirés deux fois pendant la première (Ht*6 68 Uns au commencement du printemps et à la fin de septembre vers?lta^e)5 *es aulres vers ^in de décembre, par une belle gelée, et U a mi-mai. 11 y a des vins qui exigent de devancer l’époque du sou-ceuf 1 Ce S°nt ceux ^sont fa'kles 1 d’autres, qu’on la retarde : ce sont nient^U1 S°n^ Ver*s durs. Les vins généreux peuvent sans inconvé-que t rCSter sur de trois a quatre ans, et n’être soumis au décuvage Cei] °.Ui> ^es deux ans ; tels sont les vins rouges de la Marne, et surtout doi\' ?.C^0S Saint-Thierry, près de Reims; mais, en général, les vins Los ’etle SLiPart3s de leur grosse lie avant l’équinoxe du printemps. au lns ciui ne sont pas clairs après le soutirage doivent être clarifiés se Se]°t‘^n C0Uage, et soutirés de nouveau dès qu’ils sont éclaircis. On de g-, ’a cet efi’et, de colle de poisson, 8 à 16 grammes par hectolitre, ou d’ooufsa me ^anc^e dit grenétine, 12 à 20 grammes, ou de 6 à 10 blancs les 5 0u de poudres préparées, parmi lesquelles celles de Julien sont Co'U)eUS avantageuses. Pour la colle de poisson, on la déroule, on la l°rSq .Par Petits morceaux, on la fait tremper dans un peu devin, et agite f(G i ^orme une niasse gluante, on la verse dans le tonneau. On 'ntrodu'tement v*n au m°ycn d’un bâton fendu en quatre, que l’on on emr'l ’^ai bonc*e et que l’on fait mouvoir rapidement. Quand *6srnnti °le ^es blancs d’œufs, on les fouette avec un petit balai, pour Les v.re eR mousse.
- collage|0rnrnuns et nouveaux perdent de leur âpreté par suite du trèS'fû,.5tse*bons v*ns en acquièrent plus de finesse. Quand les vins sont Cit, tout ’ G/ surtout acerbes ou durs par l’effet du tannin, on les adou-°n en Yp ü es bridant, au moyen de sang frais de bœuf ou de mouton ; et °0 lai^Un ^emi-litre tout chaud dans la pièce, on agite vivement du tannin^ leP?ser- Cette forte proportion d’albumine enlève une partie est souvci ’[ f*Ul Se Précipite à l’état de tannate d’albumine insoluble. 11 C’est a ulde de coller ainsi plusieurs fois de suite.
- Varies. q* Ce. Pr°cédé qu’on prépare les vins ordinaires, rouges ou ie servir CUx'^ s°nt faits avec les raisins blancs. On peut cependant tenter]eaus®1 ra*sins rouges; mais alors, au lieu de laisser fer-^0ainie iam°ut.*Ur son marc, on le soutire dès que le grain est écrasé. Cule extéri niat*ble co^orante du fruit réside uniquement dans la pelli-^.rnier ne 6UlC’ VOus concevez que celle-ci étant séparée du moût, ce la'Slns rontf0-11^SG co^orer en rouge. L’art de faire du vin blanc avec des bes vinsd ,r.emonte au douzième siècle et appartient aux Poitevins.
- 1 S mi (T °U v*ns sucres se préparent en Italie, en Espagne,
- (ChesenSllCrl , e la France. Les raisins de ces contrées étant très-ri-(|ü! ^hanpg0’1 y a toujours une assez forte proportion de ce principe (jUl(ie spirjtua a ^ermentation, et qui reste en dissolution dans le li-Pour icsCUX- Plusieurs de ces vins sont des vins cuits, c’est-à-dire ^inc qu obtenir, on ajoute au moût, tel qu’il sort du foulage, une otite du même moût réduit par l’évaporation au quart
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- ou au cinquième de son volume primitif. Chez les Romains, on employait déjà ce moyen pour bonifier les vins trop acerbes et trop pauvie‘ en sucre (I).
- Dans une vaste portion du centre et du nord-est de la France, lorsqne les étés ne sont pas très chauds, les vins sont faits avec des raisins s immaturité, qui manquent surtout du principe sucré. On doit au celetne Chaptal d'avoir éclairé cette question des lumières de la théorie (Si-
- Dès 1787, il indiquait les meilleurs moyens pour accroître lesqualie des vins, et notamment l’addition d’une certaine quantité de sucre or naire. Ce dernier précepte est généralement suivi en Bourgogne et Champagne, et l’on peut dire dans presque tout le centre et le nord ^ de la France. Malheureusement, on a adopté le glucose ou sucre fécule, qui a toujours une saveur plus ou moins désagréable, bien q
- (1) Plin. Hist. nat., lib. XIV, 19. , ^di'
- (2) Jean-Antoine Chaptal, né en 1750, à Nozaret (Corrèze), fit ses étuclea^^
- cales à Montpellier, et, aussitôt après sa réception, il se rendit à Paris pour ^ la chimie sous Sage, Macquer, et autres hommes célèbres qui préparai ^ forme de cette science. En 1781, il fut appelé, quoique bien jeune encoie. q0nt-cuper la chaire de chimie que les états du Languedoc venaient d’instituer ^ pellier. 11 débuta dans la carrière de l’enseignement avec un très-gran j| Héritier d’une belle fortune, il voulut joindre la pratique à la théorie. ^ fabricant de produits chimiques. Dès 1783, il publia le Tableau analy '.^ureDt son cours, et bientôt après, en 1790, il donna ses Éléments de chimie, q® gj
- traduits dans toutes les langues, et dont la quatrième édition parut en (f5
- célébrité devint telle, que Washington le sollicita jusqu’à trois reprises di ^ jj de venir se fixer près de lui, et que, à la même époque, le roi d’Espago offrir 3G,000 francs de pension et un premier don de 200,000 francs si ^^ venir professer dans ses États. Pendant le régime de la Terreur, en 1
- de Naples lui offrit un asile à sa cour. Mais le patriotisme de Chaptal ^egon pa\s une émigration qui eût été une sorte de désertion, et qui eût dérobe a jj ses talents et ses services. La patrie les réclama bientôt. Chaptal, aPPe jeGrf capitale par le Comité de Salut Public, fut chargé de diriger les ateliers ^ nelle pour la fabrication du salpêtre et de la poudre. 11 réussit à livrer •» y [ut de poudre par jour. A l’époque de la création de l’École Polytechnique ^ en* appelé pour professer la chimie végétale; mais peu de temps après,1 voyé à Montpellier pour réorganiser l’École de Médecine, où il occupa la1 jg chimie. L’Institut de France, à sa formation, le compta parmi s®s nien paii5ce plus actifs. En l’an IX, Bonaparte l'appela au ministère de l’intérieur*^pjace dernier poste, il rendit d’immenses services à la science et à l’industrie* me manque pour signaler tout ce qu’il a fait de grand et d'utile. Malgr®^ breuses occupations administratives, Chaptal n’en cultivait pas moins s ^ari; favorite. Indépendamment de plus de 80 mémoires qu’il a publies #u ^ slirlf chimiques, on lui doit des ouvrages spéciaux sur les Salpêtres et golU>0^ ja W Perfectionnement des arts chimiques en Finance, sur le Blanchiment, ture de la vigne et l art de faire le vin, les eaux-de-vie, les espnts e f(jif un Traité de chimie appliquée aux arts, Y Art de la teinture du c0^n tr0n^st! et Y Art du teinturier-dégraisseur, un grand ouvrage sur Y Industrie J . puf un Mémoire sur le sucre de betteraves, et enfin une Chimie appll(]lie.$ pair , culture. Chaptal fut successivement sénateur, comte de l’empire. P111^ age< France en 1819. Pendant trente années consécutives, la Société dEnc ^ egt r de Paris, dont il était un des fondateurs, le choisit pour son président* à Paris, le 30 juillet 1832, d’une hydropisiede poitrine.
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- w'af)îa* recommandé, en 1819, de ne faire usage que du sucre ait du raisin même, afin de ne point altérer les qualités des vins fl), j cassonadcs de canne en belle quatrième sont les seules qui, à défaut d .sucre de raisin, devraient être employées. La dose du sucre à intro-ile aans les moûts varie de 6 à 10 kil. 1/î par hectolitre.
- aux .v‘ns ^^ancs mousseux, ils doivent leur cachet spécial à la mè G tluanlitë d’acide carbonique dissous, qui provient de ce que la fer-îinsid'” *nsens^*e s’est achevée dans les bouteilles. Ces vins saturés fort Crac'c*e carbonique,ont une odeur piquante, une saveur aigrelette .l^able, et ils moussent fortement par l’agitation ou au contact
- Rieic^VarnPaone est depuis longtemps en possession de fournir au com-ï cir)6 - me^^curs vins blancs mousseux. La découverte en remonte Prié! ? ,sleclos au moins, mais ce n’est que dans le xvue que des pro-mous11GS an^a*:t‘urs firent des essais pour obtenir régulièrement des vins Iforée^t^ es* aPIGS f^O que ce^e industrie s’est peu à peu amé-HarneG a progressé. Le total des exportations du département de la pr0(i Gst de 3 millions de bouteilles ; ce qui est loin de représenter la enlre *1 >°k’ Car °n n eslime Pas a m°ins d’un tiers la perte qui s’effectue les en G aouc^a8e des bouteilles et leur expédition. Ce n’est que dans qui p Uons de Reims et d’Épernay qu’on trouve les coteaux célèbres miir n,SSen^ les vins fins si estimés des connaisseurs. On évalue à Le ii l0l]S fiancs Ie montant des exportations, servi; la's'ns noirs donne un vin plus aromatique et qui se con-^amnarr°UX cfue ce^ui des raisins blancs ; aussi, presque partout, en Mais en k'00’ a"t'on une tendance à n’employer que des raisins noirs, fait dis^H^0 la fermentation se développe rapidement dans le jus et °n ies p, rc la matière colorante, on évite de briser les grains quand marc et ansP0l’te du clos au pressoir, et on se hâte de séparer le moût du
- Le iuoûtS ^e^'cu^es Pour éviter la coloration.
- ^ment Cf ^aci^ dans des tonneaux neufs, soufrés, qu’il remplit en-Hatièfgg n ?ue ^a fermentation tumultueuse fasse sortir aisément les s°ufréüs. angères. Du 15 au 30 décembre, on soutire dans des futailles de bonne C°lle ensuite’ 0,1 soutire un mois après et on ajoute au vin dit Vjn e 0au-de-vie et un sirop fait avec du sucre candi dissous dans 100boute-nnc’ 0n emploie de 2 kil. à 2kil-,500 de sucre candi pour dne secon hV^6 V'n’ ^aisse reP°ser jusqu’à la fin de février ; on colle Lcdlc bien ° aas’ ef vers fa fiu de mars on met en bouteilles, que l’on > °t que l'on couche les unes sur les autres dans d’immenses
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- bj‘levé dans c? t°U *a c^iaPia^sa^on> comme on dit dans les pays vignobles, a !J.°n.(le très-yS jaerniers temps au sein du Congrès des vignerons, notamment à "'emetn les vu Ga discussions. On a reproché à cette méthode de dénaturer com-en,es surcharelnS r 6 fJ>our8°Snc» en leur enlevant leur bouquet et leur délicatesse, ,e retenir Un °ei. (‘ alcool, ce qui les rend très-spiritueux et échauffants, enfin d’y l>arbonne cons lnc'f)e’ une disposition à la fermentation tout à fait contraire à est du 8Ucn?alion- ,je Congrès, adoptant ces idées, s’est prononcé pour l’a-1Ddispen8al®l’Par suite, de l’égrappage, attendu que le tannin de la grappe ,l la conservation des vins.
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- caves voûtées, dont le plancher légèrement incliné permet au vin p1" venant de la casse des bouteilles, de se rendre dans des citernes. Ap1L six semaines ou deux mois, la fermentation s’y développe avec violenc^ aussi bien des bouteilles ne peuvent y résister; on estime à 12 et 20 U/ laçasse de celles-ci. La pression maximum qu’elles ont à supporte111 surpassant pas 15 atmosphères, on peut préparer des verres convenat) > en les soumettant à un recuit longtemps prolongé. M. Collardeau imaginé une ingénieuse machine pour essayer la force de résistance 5 bouteilles ; elle est adoptée par beaucoup de fabricants. , j,
- Après un an de séjour dans les bouteilles, le vin y forme un dep ferment et de corps étrangers qu’il est indispensable d’enlever ; ces qu’on appelle faire dégorger le vin. Pour cela, on tient, pendant temps, les bouteilles le col en bas, et, en les débouchant rapidemen,1 partie trouble, rassemblée dans le goulot, est lancée vivement au
- dehors-
- On remplit les bouteilles dégorgées avec du vin bien clair, ou a^eC j1' sirop additionné d’eau-de-vie. On bouche de nouveau avec soin, on ne on goudronne ou on entoure les bouchons de feuilles d’étain. , ^
- Le vin, ainsi préparé, peut être consommé cinq ou six mois ap1L) dégorgement. La pression que le gaz exerce dans les bouteilles naguère que de 4 atmosphères, souvent même elle est moindre.
- Depuis 1820, on fabrique des vins mousseux, façon de Champ*1»^ en Bourgogne, notamment dans les meilleurs crus de Tonnerre et 1 Côte-d'Or, en Anjou, en Lorraine, en Gascogne, à Stuttgard dans le temberg, sur les bords du Rhin ; mais ces vins sont loin de valon 1 qu’ils imitent. jc
- On prépare encore des vins mousseux à Limoux (Aude) sous le110 . j blanquette, à Saint-Ambroix (Gard), à Arbois (Jura), à Saint-Pei'a. Saint-Jean (Ardèche). Ces vins sont consommés dans le pays et 11 répandus dans le commerce que ceux de la Champagne.
- Les nombreuses espèces de vin ont à peu près la méffle c.°.ei position, en ce sens qu’on y trouve généralement les fl1 s substances, bien qu’elles n’y soient pas toujours dans les 111 j. proportions relatives. Ces substances préexistent dans jeS ^ sins, à part quelques-unes qui prennent naissance danslaC la fermentation.
- C’est ce que vous allez voir par le tableau suivant :
- COMPOSITION GÉNÉR. DU MOUT DE RAISIN.
- Eau (beaucoup).
- Sucre interverti (beaucoup). Gomme, mucilage, pectine. Albumine végétale et autres matières azotées solubles.
- Matières grasses.
- Matière colorante jaune.
- — — bleue.
- Acides tartrique et malique libres.
- COMPOSITION GÉNÉRALE DES 'l>
- Eau (beaucoup).
- Sucre interverti (peu).
- Gomme, mucilage, pectin®* ^ Albumine et autres matioie-tées solubles (peu).
- Matières grasses.
- Matière colorante jaune.
- — — rouge. jjjjj’fS'
- Acides tartrique et mali<luC
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- COMPOSITION GÉNÉR DU MOIIT DE RAISIN.
- Bitartrate de potasse.
- Tavtrate de chaux.
- — de magnésie.
- — d’alumine.
- — d’alumine et de potasse. Phosphate de chaux.
- — d’alumine.
- Sulfate de potasse.
- Chlorure de sodium ou de potassium.
- °^de de fer.
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- COMPOSITION GÉNÉRALE DES VINS.
- Alcool en proportions variables.
- Tannin (beaucoup).
- Aldéhyde.
- Acides acétique, succinique, œnan-thique.
- Éthers œnanthique et acétique. Principes inconnus constituant le bouquet.
- Glycérine.
- Sels végétaux et minér. du moût.
- Gaz carbonique (vins de Champagne).
- substances distinctes, au moins, sont donc des produits de no ri!1entalion du moût et communiquent au vin les propriétés £ve les qui le caractérisent.
- W(0 C°U eur des vins rouges est due à la matière colorante bleue fai|°C^ari2ne ûe M. Maumené) du moût, que les acides libres ont ^passerai! rouge. Cette matière bleue qui réside dans la pelli-lière (,U/ru^ est cristallisable, et elle paraît provenir d’une ma-l’infl 00 orante primitivement jaune qui se colore peu à peu sous l'esn 6llCe lumière et de l’air. Les différences de proportions les n Ues ces deux principes colorants expliquent très-bien ‘Ie vinsnC6S ^os-variées qu’on remarque dans les diverses sortes lajSs ‘ ^ exa'te, du reste, la couleur de certains d’entre eux, en la fer 0n8lomps cuver le moût sur les pellicules, et en retardant dans ,eeatation pur une addition de piètre. C’est ainsi qu’on agit °l%)ir i °u!sH'on el: dans certaines parties du Languedoc, pour ciaiern GS ,Vlns dils de couleur ou vins teinturiers, qui servent spé-blanCsent> ^ c°l°rer les vins de nuance trop pâle, ou les vins treriç^1? °n veut oranger en vins rouges. Cette pratique de plâ-pl°vai Uns Pendant le cuvage était connue des anciens ; ils l’em-Glnt P°ur les vins de l’île de Crète. r°uge (jenaî‘d a isolé et étudié dernièrement la matière colorante elle devi Vln', bêchée en masse, elle paraît presque noire, mais peine sçj^ ^ un b)eau rouge violacé par la pulvérisation. Elle est à ?'°fee t:,d!nsl'eau' mais assez soluble dans l’alcool qu’elle °*oline pi i eau r°U8e cramoisi. Le chimiste de Lyon la nomme , V^déhi a*si§ne la formule C20Hi°O‘0.
- 'alcool \’acide et Véther acétique se forment au détriment de lr°p ac|G. t lls sont presque toujours le résultat d’une fermentation
- L’«Cî'(/e 6 bro_P prolongée.
- Knanthique (1), analogue aux acides gras, provient de
- * nom çct , *
- lorme de deux mots grecs, oinos vin, et antlios, fleur, ce qui
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- l’oxydation des matières grasses du moût; son action, tant qu‘ reste libre, est peu appréciable au goût, mais elle le devient a me sure qu’il se transforme en éther par sa réaction sur l’alcooi-MM. Pclouze et Liebig, qui l’ont découvert, lui donnent pour'01 mule C14H1302. Il se présente sous la forme d’une huile gra>5 cristal]isable à -j- 13°, sans odeur ni saveur.
- L’éther œnanthique, C14H1302-}- C4H50, est incolore, très-fin1 ^ d’une odeur vineuse qui étourdit quand on le respire de pres>Lj saveur est forte et désagréable. Il est fort soluble dans I’alco • l’éther et môme l’alcool faible. Il bout entre -{- 223 et 230°. ,
- lui qui communique au vin, non ce bouquet spécial pr°Pre‘ chaque crû, mais celte odeur vineuse caractéristique, connu à tous les vins à un degré plus ou moins marqué. .
- Quant au parfum ou bouquet des vins, si apprécié des g°lir® ’’ c’est une matière qui, en raison de sa faible proportion chaque sorte de vin, a échappé jusqu’ici à toutes les recher des chimistes. Ce doit être une matière très-complexe partie*?1 de la nature des éthers et des huiles essentielles. ,
- L ’ acide succinique, la glycérine, Y acide carbonique et Valc°° rivent évidemment du sucre, ainsi que je l’ai établi danS c généralités sur la fermentation alcoolique. On ignore la Parl^. peuvent prendre aux propriétés du vin les deux première^, stances. C’est à l’alcool qu’il doit sa force et sa propriété enR , plus ce principe alcoolique est abondant, plus le vin est g reux ou chaud. .^co
- Le tannin lui donne de l’âpreté, et c’est incontestablemen^ principe qu’il faut rapporter sa plus ou moins longue con ^ lion et la faculté d’être transportable; c’est ainsi que les vi Doubs, d’Arbois, qui en sont très-peu chargés, s’altèrent P‘
- transport, tandis que ceux de Bordeaux s’améliorent surto^
- la navigation maritime. Le tannin provient de la rafle, de .Ut licule et des pépins du fruit. Il diffère du tannin de la 11 ^ ^ galle, parce qu’il est insoluble dans l’éther, sans action su1 ^ latine et parce qu’il colore les sels de peroxyde de fer sombre, sans former de précipité. , ^
- L’acide acétique, l’acide malique et la crème de tarlre^peii nent aux vins de la verdeur. Comme le tartre se dépose P*jU vjps dans les tonneaux et les bouteilles, vous concevez que s’améliorent avec le temps. Ils se dépouillent aussi, en v ^ j|; sant, de la plus grande partie de leur matière colorante» , prennent une teinte qu’on désigne sous le nom de pelure «
- cet111
- cide 1
- veut dire fleur ou bouquet du vin; nom assez mal choisi, puisque contribue en rien au bouquet spécial de ce liquide.
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- N est peu de substances, parmi celles qui servent journelle-
- à l’alimentation de l’homme, qui soient sujettes à autant efraudes que les vins. On déguise la verdeur des vins de maudis terroirs ; on relève la saveur des vins plats ; on aromatise les '!ns COrnmuns, de manière à leur communiquer le bouquet des '"!s f*e qualités supérieures ; on modifie leur couleur à l’aide de I '^lances tinctoriales ou de sucs végétaux. Souvent même, dans grandes villes, on fabrique des vins sans raisins, au moyen de anges convenables d’eau, de sucre, d’alcool de basse qualité,
- ^maigre et de matières colorantes diverses. ais *il pratique la plus commune consiste à mélanger plusieurs lii|(^CeS v*ns P°lir faire ce qu’on appelle des vins de cuvée des-grj S ail( détail. A Paris, on coupe de gros vins d’Auvergne, de Bon’ ^'Océans, etc., avec les vins blancs légers de la Basse-Q.'l^ogue, de l’Anjou. A Bercy, à Rouen et autres grandes villes orj 011. ^^fiuede toutes pièces la majeure partie des vins rouges avec2/reS ^e B°rdeaux > on les compose habituellement
- 0u H., ou 3/4 de vin blanc de l'île de Ré, ou A'Entre-deux-mers, Lan r et 4/3 ou 4/4 de gros vins rouges du Roussillon, du
- Suile h °-C’ ^iais°isî 011 v^ns teinturiers; ce mélange est en-à tjo Additionné d’eau et réchauffé avec du trois-six ou alcool
- d ^ Cartier.
- qr s<?nl surtout les vins liquoreux d’Alicante, de Malaga, de Plus fC-f’ l^>vesa.ltes, les vins secs de Madère, qu’on imite le
- sible aciletne.ntî on y a si bien réussi, qu’il est quelquefois imposas/11* Ailleurs connaisseurs de distinguer les vins artificiels rom, s nalurels.Tous les fabricants se servent, pour base de leurs ,a'$insS|ll'0nS’ ^ une üqueur appelée calabre; c’est du moût de cool à ‘ùoS^'doux et bien mûrs, additionné d’un tiers au moins d’al-'in de M emPl°ie aussi le Picardan, surtout pour imiter le M°ntpeiiadère’ Parce qu’il est sec. C’est à Celte, Béziers, Lunel et riHérauii>> qu’on fabrique en grand les différents vins de cesC/r’ commerce de Cette expédie environ 80,000 pièces Pagne Mns Jactaces par année. On en fait aussi beaucoup en Es-^ ^lbii]Gn emPloyant, pour tous les vins de mélange, le vin blanc
- J ^
- l0utesCp'rnj,e’ heureusement, donne les moyens de reconnaître Ctllés (i)CS "aut^es> dont l’habitude remonte à des temps fort re-
- <le
- vir> dis eUres,
- * — v-unuamnable üe toutes les irauaes, uiaio m y**------* *
- S’ C’est celle qui consiste à adoucir les vins, c’est-à-dire a neutraliser , 1 “lue des vins aigres, au moyen de la litharge ou de la ceruse. Un litie ssout près de 14 décigrammes de litharge, dans l’espace de quarante-huit °utracte une saveur douceâtre. De l’usage journalier d’un tel vin résulté
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- QUARANTE-SEPTIÈME LEÇON.
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- DES BOISSONS FERMENTÉES. (Suite.)
- Sommaire. — Du cidre et du poiré. — Leur préparation. — De la bière et ^ ‘ fabrication. — Houblon. — De Feau-de-vie et des esprits. — Appareil à 13 lation continue. — Distinctions commerciales établies entre les diverses so ^ d’eau-de-vie et d’esprits. — Noms des alcools suivant les pays. — Fabrice to
- l’alcool avec la betterave, les mélasses, les graines céréales et la pomme
- DU CIDRE.
- Parmi les liqueurs fermentées qui remplacent le vin, dâf>sUI^ infinité de localités dont le climat ne permet pas la culture üe vigne, le cidre et le poiré tiennent, sans contredit, le premierr^ La connaissance de ces boissons remonte à une assez haute ‘ tiquité (1).
- Ce n’est ni aux Navarrois, ni aux Biscayens, ni aux Nortnm
- , ^hler.
- la maladie dite colique des peintres, qui se termine par la mort. D’apres - ^ c’est un prêtre de la Forêt-Noire, Martin-le-Bavarois, qui eut le premier 11 ^
- doucir les vins au moyen de la litharge, dont, certainement, il ne connais les propriétés délétères. Dans le Traité de Police de De la Marre, on voit <1 le xive siècle, l’usage de la litharge était pratiqué aux environs de la ^e„. vignerons d’Argenteuil furent condamnés, pour ce fait, à 30 liv. ^ an?f'nllé du vers le roi. En 1G98, à Eslingen, un individu, convaincu d’avoir ernPois ulloU' vin au moyen du plomb, fut puni de mort; et un siècle après, on lit, “aD^ÿf,il vrage imprimé à Aitona, le passage suivant: Pour conserver au vin sa s
- fout y mettre trois à quatre livres de plomb!
- ides31
- sent
- Rien de.plus facile que de reconnaître un vin adouci par le plomb,s0 soit accidentellement par son séjour dans des vases de ce métal. R su’| yqtfjt colorer, ainsi que je le fais, par un peu de charbon, et d’ajouter, dans ^ii incolore, quelques gouttes d’une dissolution d’hydrogène sulfuré. P0^* 1 ,LDeié y ait un sel de plomb dans le vin, il se produit un précipité noir et d°l c’est du sulfure de plomb. roiUS'11’'
- (1) Les Hébreux ont connu cette boisson. Les Égyptiens, les Grecs, les jrf;,
- les Ibériens et surtout les Celtibériens avaient du vin de pommes et„. ce qui est la même chose que le cidre et le poiré. Suivant Pline et P' Sicile, les Romains faisaient un grand cas des pommes qui provenaient jepou1 D'après Bullet, les pommes étaient désignées, chez les anciens Gaulois, s°^rjïfrJ,: d'aval, que l’on retrouve encore dans le langage bas-breton, et du! qU1’" d’algia, le pays d’Auge, contrée si fertile en pommiers. Le motcî ' jo#' écrivait d’abord sidre, dérive du mot latin sicera, qui servait à des'g les liqueurs fermentées autres que le vin.
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- DES BOISSONS FERMENTÉES. 337
- iiut»n est redevable de l’introduction de la culture du pommier l'errance et de l’art de brasser les pommes ; car, ainsi que je <l1 ^montré en 1844, les pommiers et les poiriers, indigènes ,ans *es Gaules, ont servi à la fabrication du cidre et du poiré, es les premiers siècles de J’ère chrétienne ; et si nous devons duetque chose aux Navarfois et aux Biscayens, ce n’est véri-1 enaent que la connaissance de quelques variétés de ces ar-7 et nullement l’usage même de brasser leurs fruits, ainsi l°n l’avait admis jusqu’à présent (1). Mais il me paraît éga-;n|ent certain que ce n’est qu’à partir du xme au xiv° siècle , 1 usage du cidre est devenu général en Normandie, où la ,eie était la boisson populaire. De cette province, cet usage se pandit dans quelques autres parties de la France, d’où il fut jllsp°rté, plus tard, en xVngleterre, en Allemagne, en Russie et ' • nierique. C’est cependant encore dans quelques crûs de la e normande, qu’on prépare les boissons de ce genre les plus n°®raées.
- vjnJ^rication du cidre est aussi facile et plus prompte que celle du lü’ôna ^Ua^t® de cette boisson dépend surtout de la nature des fruits m'a °raPloie. Les variétés de pommes sont très-nombreuses, mais il ne PPartient pas de vous les indiquer. Je dirai seulement :
- (j0n es P0r>imes acides rendent beaucoup de jus clair, très-léger, mais àsen Un Cidre sans ^orce’ d’une saveur peu agréable et toujours sujet q °îrcir °u à se tuer, comme on dit en Normandie ;
- Welle Cf P°mmes douces produisent peu de jus sans addition d’eau, et Wdev 0Urnissent un c*dre clairet agréable tant qu’il est sucré, mais Que i?nt amor ^ Peu alcoolique, lorsque sa fermentation s’avance ; coloré esP°mmes amères et âcres au goût donnent un jus très-dense, CePtibie(*i’1 le' mente longuement, et qui produit un cidre généreux, sus-Euav Ul?e l°ngue conservation.
- ici(Wantaëpd à l’époque de leur maturité, on partage aussi les pommes I etl tr°is grandes classes, à savoir :
- Les p°mmes Précoces ou de lre saison, mûrissant en septembre ;
- Les d nmes moycnnes ou de 2e saison, mûrissant eh octobre ;
- Lesprplm.^f tardives ou de 3* saison, mûrissant en novembre.
- ''OrrJi im,eres donnent un cidre clair, assez agréable, mais peu riche et en alcool, et qui peut à peine être conservé une année. °onile les. *es tardives produisent, au contraire, quand elles sont c°nserVe ,esPace> un cidre plus spiritueux et plus durable, puisqu’il se Le tul)1> Lrois et même quatre ans.
- Pomnies .eau suivant montre la richesse relative de ces trois classes de
- ,|^US (^e détails mes deux lettres à il/, de Gasparin sur l'ancien-,7* juin Z,du mdre en Normandie. — Comptes-rendus de l’Institut, séance
- eto '1)’ n° 2C’ P' 11<J4 et Mélanges d'agriculture, d'économie rurale et
- II.
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- QUARANTE-SEPTIÈME LEÇON.
- DENSITE DU JUS a l'aréomètre de baume.
- ALCOOL RETIRÉ DR C1DliE PAn LA DISTILLAT10*
- Quantité.
- Densité à l’aréoiM1, de Cartier.
- Pommes de tre classe..
- — de 2e classe...
- — de 3e classe...
- 4 à 5° 1/I5e 14 à 15°
- 7° l/10e 16 à 17°
- 9 à 12° l/8e 19 à 20°
- La récolte des pommes se fait par un temps sec, en septembre,octob>e ou novembre, suivant l’époque de leur maturité ; on secoue les braiw des arbres, et l’on frappe les fruits moins mûrs avec de grandes On réunit ensuite les fruits en tas et on les abandonne, pendant moins de temps, pour compléter leur maturation, et pour qu’ils d° nent un moût plus sucré. Malheureusement on fait les tas beaucoup H gros, en sorte que la chaleur s'élevant bientôt considérablement <»' leur centre, une partie des pommes arrive rapidemment au blossissW qui fait disparaître le principe sucré, et même à la pourriture comp . ce qui ne permet plus d'obtenir de ces fruits qu'un liquide plat, t'011 et coloré, qui passe très-promptement à l’aigre ou à l’acétification.
- La force et la bonté des cidres dépendant entièrement de l'état de nia rité des fruits, ou, en d’autres termes, de la proportion de sucre <IU contiennent, il faut, autant que possible, employer les fruits nia' ^ ni après le terme précis de la maturation, puisque dans les deuxcas quantité de sucre n'est pas aussi considérable. En effet, avant la ^ rité, les pommes conservent encore beaucoup de gomme et de^a qui, plus tard, se seraient changés en sucre. Après la maturité . qu’elles sont blettes et, à plus forte raison, lorsqu'elles sont déjà bi'lin^(( de consistance pulpeuse, la majeure partie du sucre a disparu, paI ' e„ d'un commencement de fermentation vineuse, qui le transfor^ alcool et en acide carbonique. Les analyses suivantes démontren que la proportion de sucre varie notablement dans les pommes c ^ les poires, comme, d’ailleurs, dans toutes les autres espèces de fi’ul 5,1 différentes époques de leur maturité :
- Eau.......................
- Sucre.....................
- Tissu végétal..............
- Gomme et mucilage.........
- Albumine..................
- Acides malique, pectique,
- tannique, galiique......
- Chaux, acétates alcalins, matières grasses, chlorophylle, etc...............
- POMMES
- VERTES. MURES. BLETTES.
- 85,50 83,20 G3,55
- 4,00 11,00 7,95
- 5,00 3,00 2,0G
- 4,01 2,10 2,00
- 0,10 \ 0,20 0,0G
- 0,49 0,50 0,G0
- 100,00 100,00 76,22
- romES
- VERTES. »l:|lF'S
- 8G,28 G,45 3,80 3.17 0,08
- 83,38 11,52 2,1» 2,07 0,21
- UtETTfS-
- 03,'.1 8,'1 1,83 2,62 0,23
- La perte énorme que présentent les pommes et les poires ble^e
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- DES BOISSONS FERMENTÉES. 339
- d'e attribuée, en très-grande partie, à l’eau qu’elles laissent évaporera ' surface, et à l’acide carbonique qui résulte de la décomposition spon-1100 du sucre ; l’expérience démontre que les fruits qui blossissent déga-I du gaz acide carbonique en abondance. La disparition d’une partie uiUcre> dans ces fruits, est la cause du goût fade qu’ils présentent alors.
- "o faut donc brasser les fruits que lorsqu’ils sont parvenus à leur t| a mité parfaite, et avant qu’ils aient dépassé celte limite. 11 faut sur-lj((; leJe|ur avec soin les pommes pourries, car loin d’améliorer la qua-L (lu cidre, ainsi qu’on le croit à tort dans les campagnes, elles four-lï'uih^ Un dus saveur fudo et détestable, qui donne au jus des bons rj Slln goût de pourri, qui ne peut disparaître ni par la fermentation, Cpl1ai 1° ''omiage, ni par le temps ; ce jus de pommes pourries empêche, ^ ü"b'e, le cidre de s’éclaircir, et, agissant comme un levain acide, il . accelère l’acidification. Tout prouve que l’infériorité de beaucoup de du;esdes environs de Rouen, du pays d’Auge et d’autres localités, est en grande partie à l’emploi de fruits gâtés ou pourris.
- Co renera^cmcnt, toutes les espèces de pommes d’une même saison sont (ion°ndues ensemble, sans avoir égard à leurs qualités et à leurs propor-’«*ctives. C’est là un tort, et il est à regretter qu’on n’attache pas Har\ ln^Por*ance au mélange des fruits de plusieurs solages, fait de aut ÜIÜ a neutraliser les défauts des uns par les bonnes qualités des IjnJ5, *"0 meilleur cidre, sans contredit, est celui qui provient du mé-d0ll°c’Cn P''oportions raisonnées, des pommes amères et des pommes dontT " ^aut reieler de ^a formation d’un verger toute espèce d’arbres acjdg^ ^lu'*s s°nt aigres ou acides..Quel que soit le sol, les pommes Üâte j,c.0nnent toujours une liqueur d’une qualité fort inférieure, et qui L>- UJUS des pommes douces et amères.
- 1°norn a^Gment des fruits pour cn obtenir le jus, opération connue sous de jg , de pHage, est pratiqué presque partout dans une auge circulaire a 20 mètres de tour, en granité, en bois ou en pierre de taille
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- WlW'*™ Uneprofondeur de 32 centimètres, à bords évasés, cl dans lne une meule verticale en granité, en bois ou en pierre
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- 3 40 QUARANTE-SEPTIÈME LEÇON.
- calcaire dure de 1 mètre 62 centimètres de diamètre sur 16 centimeti d'épaisseur. Cette meule est mise en mouvement par un cheval. U' tours en bois sont préférables, parce qu’ils n’écrasent pas autant & pépins que les autres. Ces pépins communiquent au moût un princ'P® amer, une huile d’un goût fort peu agréable, et du mucilage q*** teiu sans cesse à se détériorer.
- Le tour à piler qui est une machine défectueuse, encombrante et c111
- Fig. 439.
- à établir, est remplacée dans les petites fermes de la haute-No*’**13 de la Picardie, de l’Angleterre, par les moulins à noix ou à cyhn ^ Le moulin à noix de Leblanc, le plus généralement employée*1 *ll est essentiellement formé de deux espèces de noix en fonte o,o (/'!*' et dont les dents, engrenant les unes dans les autres, saisissent les Ponij-eiiis les écrasent. Ces noix ont six dents de 5 centimètres de haut; J’uUL* anJi est entraînée par l’autre qui est montée sur le meme axe qu’une roue dentée b de 75 centimètres de diamètre. Cette roue reçoit Ie11, ue ment d’un pignon c de 24 centimètres, porté sur l’axe d’un vo1 nfoft l’on fait tourner au moyen d’une manivelle. Le tout est monté su* ,r bâti et les noix sont cou vertes d’une trémie m. Un seul homme s** *,,
- faire marcher ce moulin, qui broie 10 hectolitres de pommes a ^ n0|.
- Les fruits étant écrasés et les morceaux réduits à la grosseur d 11 ^g|)| sette, il est avantageux de les laisser dans des cuviers macérer douze à quinze heures, pour que la pulpe prenne une couleur10 ^ ou qui se communique au jus et que celui-ci s’écoule plus facilenlL.||C) 0u soumelensuite à la presse, en plaçant la pulpe entre des lits de P^^rc mieux de crin. On forme ainsi sur le tablier de la presse un cube co»# d environ 5m,32; c’est ce qu’on appelle une motte ; chaquC de pulpe, posée sur paille, a une épaisseur de 10 à 13 centimètres-^ ^ La presse dont on fait généralement usage en Normandie est l^sll. et énorme pressoir à vis et à levier qui coûte fort cher à établie
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- DES BOISSONS FERMENTÉES. 341
- Jot a dos réparations fréquentes, très-encombrant cl presse mal, puis-|JUUn hectolitre de pommes ne fournit, en moyenne, que 30 à 33 litres e J’js, au lieu de 75 à 80 qu’on pourrait obtenir avec une presse hv-(lunquo. Celle-ci commence à être adoptée dans les grands établisse-l([Ln s he Basse-Normandie ; mais comme elle est très-coûteuse, on peut 11 substituer la presse horizontale de Révillon, dont les pays vignobles ’cnt un si bon parti.
- I e pressoir dont il s’agit, représenté en coupe verticale dans le sens L sa longueur (fig. 440), consiste dans un fort bâti en bois de charpente
- -V- V é àa &
- Fig. 440.
- ^ux°n] e.rrriant un coffre à double fond et fermé aux deux bouts par ’uoven i aUX flu on i approche ou qu’on éloigne l’un de l’autre, au éerôu R,Je heux vis de pression et de rappel, traversant-chacune un Parois • s°hdement à chaque tête du pressoir. Toute l’étendue des do ia nt0|,jeures du coffre I est revêtue de liteaux espacés seulement jaiiijj, i ,nlité nécessaire pour permettre au liquide, que la pression fait aient (| L i hu)Pe déposée entre les plateaux, de passer et de couler libre-Le c- 0réservoir inférieur GG destiné à le recevoir, marc i, .Ie,.^e Première pression est ce qu’on appelle le gros cidre. Le loisàia °'f avcc 'os houx fiers de son poids d’eau, est soumis une seconde Le moi'iM?50’ ^u's unc troisième fois après avoir reçu son tiers d’eau. ne Peut ccs deux pressions forme le petit cidre, qui est 'très-faible, hnt les G®arc\er> et sert de boisson aux ouvriers des fermes. En mê-tfioyen 1Kh,Us c^os *rüas brassées, il en résulte un fort bon cidre °n mCSur j • he pommes donnent environ CBkil. de jus moyen, ou, h'csqiio t hectolitres de fruits fournissent t hectolitre de cidre moyen, hes ina,.es .0us ies cultivateurs sont convaincus que les eaux brunes ^oiacé'r h-Tmc sont plus propres que les eaux limpides et pures ^ins Po.!a lf°? hes marcs, à la fermentation des jus, et qu’il en faut ,aüx de ma • Ull°-S01'*''r suc ^es ci°isons ho fruit. Sans doute, les fléaux (iclGS’ ')lcn entretenues, fréquemment curées, sont préférables Ca'caires • SOU1'?es et de puits, parce qu’elles contiennent moins de sels toares n *1S C-Gs*' une erreur d’attribuer les mêmes qualités à celles 0l«aniqUOg °u,r‘es-11 est aisé de concevoir que les matières-étrangères ! ,lornpent T'0 ^ ^unn 0,1 îus he fumier qu’elles ont reçus, et qui se c°^1Tluninu!ans *ciar sein, doiven changer la saveur du cidre, et lui 1 Un goût détestable ; car elles y introduisent, entre autres
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- QUARANTE-SEPTIÈME LEÇON.
- substances odorantes et malsaines, del’ acide butyrique, ainsi queM.Pierrc> de Caen, l’a reconnu; or, cet acide a une odeur infecte, persistante,q*11 ne disparaît pas par la fermentation ; et si les habitants des pays à cidre ne reconnaissent pas le mauvais goût de leur boisson, il faut l’altribuei i l’habitude qu’ils en ont.
- Le jus de pomme est composé de beaucoup d’eau, d’une petite qual| tité de sucre interverti, de pectine et de mucilage, d’acide malique, o matière azotée soluble, de matière colorante, de traces d’acides pectiqUL et gallique, de malates de potasse et de chaux, outre les sels divers P10 venant de l’eau employée, et des principes amers et aromatiques pi'0'1 nant des pépins écrasés. Sa saveur est fade et plate ; il ne pourraitserç‘ de boisson.
- Pour le convertir en cidre, c’est-à-dire en liqueur agréable et salu >' on en remplit de grands tonneaux de 6 à 700 litres de capacité, sur chantier dans un cellier ayant une température modérée de 12 a On couvre la honde des foudres avec un linge mouillé. En peu dej° j’ une fermentation tumultueuse se produit, et dans son mouvemen rejette au dehors plusieurs matières fermentescibles sous forme 1 mes; peu à peu il se forme un chapeau-qu’on a soin de ne pasbriseh^ on entretient les tonneaux toujours pleins. Un mois après l’encuva0 > grosse fermentation étant terminée, on bouche chaque,foudre hei ^ quement, et vers la fin du mois qui suit, on peut commencer a P cidre ; il est alors très-clair et alcoolique, attendu qu’une nouve . gpc mentation plus lente a eu lieu et a transformé le sucre en alcoo • cidre doit être expédié au loin, on le soutire des foudres et on le ree dans des pièces ordinaires de 200 à 250 litres. t de
- Lorsqu’on veut obtenir du cidre délicat, de qualité supérieur belle couleur, on le soutire un mois après son pilage et on con l lï]0u?-soutirages de mois en mois jusqu’à ce qu’il soit fait. Pour le cidie1 seux, on ne le laisse fermenter dans les tonneaux que pendant un et on met en bouteilles dès que le liquide est éclairci.
- Généralement, le cidre fait pendant l’été est buvable trième au sixième mois ; celui fait en automne, du slXlC jjeijr dixième, ’et celui d’hiver du dixième au vingtième. Le 111 t cidre ne se garde pas plus de trois à quatre ans en bon ^ mesure qu’il vieillit, il devient légèrement amer, plus ou jft acide et piquant, et laisse un arrière-goût variable suivant le ^ A cet état, il constitue ce qu’on appelle le cidre paré, que les tants des pays à cidre préfèrent au cidre doux et sucré. aI1.
- Lorsque le jus des pommes est trop fade, comme dans nées froides et pluvieuses, il fermente mal et reste sou'el* gn ble; il ne fournit d’ailleurs qu’un cidre plat et peu agréa remédie à ces défauts par une addition de cidre doux, • „e dire par du moût bouilli et réduit au sixième, qui donne *ie^e faire fermentation plus active et plus régulière. Ce serait le cas de usage du sirop ou du sucre de fécule, dans la propoi, ^co* 5 à 0 kilogrammes par hectolitre de moût, ou, pour plu
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- des boissons fermentées.
- 343
- nomie encore, de jus de poires rapproché en consistance de-sirop.
- La composition chimique du cidre est notablement différente de celle du vin. On y trouve, en plus des substances propres au i^ de la pomme, une matière brune, de l’acide acétique, de !acide carbonique et 6 p. 0/0 d’alcool en moyenne ; il n’y reste
- I' us que des traces de sucre. '
- °u a la mauvaise habitude, en Normandie, de soutirer journellement à la pièce, au fur et à mesure de la consommation, en Sorte que le liquide reste en vidange pendant fort longtemps.. Il -‘‘n résulte que le cidre passe à l’aigre, c’est-à-dire que son prin-:‘Pe spiritueux se convertit insensiblement en acides acétique et butyrique ; c’est ce qu’on appelle alors du cidre paré ; on devrait dlI;e cidre gâté, car le plus souvent ce n’est que de mauvais vi-Ilaigre affaibli, et il faut être habitué à cette boisson pour la r°u\’er agréable. Celte acidité spontanée est souvent portée si 0ln que les cidres en deviennent insalubres et occasionnent des
- p--- H/.^.nnînnnnomfinf nf) T*
- coli
- ques violentes qui simulent parfois l’empoisonnement par an ninmh t’îiî expérimenté que 2 à 3 millimè-
- . 1 lnc-
- resPd’hParati°nS fdomb. J’ai expérimenté que il a u îmimuc-'iils 1U'^e ^ °^ve’ couvrent constamment le cidre dans les Clj .?n v^ange, empêchent l’acidité de se développer. On verse npr, ° L;ir La bonde, aussitôt qu’on entame le tonneau; la dé-bien minime.
- goût a^)e^e °idre doux celui qui n’a pas fermenté et qui a un One (mie^eux ou sucré; il agit comme purgatif; c’est donc aussi 'lue le* mauva*se boisson. Il n’y a de vraiment bon et salubre lom G Lien fermenté, qu’on conserve en bouteilles ou en ^Petits tonneapx.
- doire l0.0001,6 La vicieuse habitude, presque partout, d’intro-Pojïina C . cendre de pommier ou de la craie dans le moût de qui esle clui fermente ou bout mal, ou, comme on dit aussi, but et °n^ a se Parer• L-es additions vont droit à l’opposé du cidre retardent la fermentation; souvent même elles font que le que|(. e tlïe‘ Celte expression s’applique à un cidre qui passe, teinte ?. lnstants après avoir été tiré, de la couleur blonde à une plat, Sa nalre et, pour ainsi dire, noire; dans cet état, il est Jette qu-S rnonbmt, sans vivacité, et privé de cette saveur aigre-dù au^^ctérise le bon cidre. Cet inconvénient n’est jamais prêté de^i ^ Prov*ent de l’eau qu’on emploie ou de la malpro-dues arn barriques. Les eaux calcaires, les eaux de mares ren-Viau ^^^cales par l’urine du bétail, amènent ce résultat. •0,,jours Hai f^eur> a reconnu que le cidre dont je parle présente '* rePreiu]ne r^ac^on alcaline. En y ajoutant de l’acide tartrique, rev'eat rv! ;0ul ^ C0UP sa belle couleur jaune, et ce remède ne 1 b a plus de 13 ou 20 centimes par hectolitre. L’acide lar-
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- 344 QUARANTE-SEPTIÈME LEÇON.
- trique fait disparaître l’alcalinité du liquide, et, en y faisant do* miner la réaction acide, empêche le retour de l'altération pre-mière. La maladie dont il est question provient très-probablenient de ce que, sous l’influence des alcalis ou des sels alcalins existant dans le cidre, les matières extractives de celui-ci absorbent rapidement l’oxygène de l’air et se trouvent converties en p1'111' cipe colorant brun. Vous savez bien qu’il y a, en effet, une ion de matières organiques incolores qui se colorent subitement •> l’air en présence des alcalis.
- On prépare le poiré comme le cidre, mais en bien nioin grande quantité. On lui attribue généralement une action cheuse sur le système nerveux; il est moins nourrissant, P1., irritant que le cidre; il est très-capiteux lorsqu’il est vieux, e enivre promptement ceux qui n’en font pas un usage habituel-
- Les poires fournissent presque moitié plus de jus que les po"1 mes, et leur jus est bien plus sucré; voilà pourquoi le P°'rt'' l. plus alcoolique que le cidre. Le poiré de première qualitéi ro semble beaucoup aux petits vins blancs de l’Anjou et de la bo gne. Mis en bouteilles, après une bonne préparation, il ue'1^ complètement vineux ; mousseux, il prend souvent le masque . vins légers de la Champagne. Il est très-propre à couper blancs de médiocre qualité, qu’il rend plus forts et même
- les vin5 meil-
- leurs ; c’est ce que savent fort bien les marchands de vin de qui font entrer dans leurs caves une grande partie des pou’
- pans, rés &
- à Par'5
- la Normandie et notamment du Bocage. Souvent même, ^ comme à Rouen, les détaillants vendent le poiré pur comme blanc. nllS
- La fabrication et l’usage du cidre et du poiré s°nit c0^ non-seulement en France, mais aussi en Angleterre, en EsP<o en Allemagne, en Russie, dans quelques régions de l’AfmB ^ dans l’Amérique du Nord. En France, 13 départements s0 . pent sur une grande échelle de la culture des pommiers ej f riers à cidre, à savoir : la Seine-Inférieure, le Calvados, { je l’Eure, la Manche, l’Oise, les Côtes-du-Nord, l’Ille-et-Ailm^'y j Morbihan, la Somme, la Sarthe, l’Aisne et Seine-et-Oise-encore 23 autres départements où l’on produit du cidre; ^ la quantité en est très-peu considérable, comparativement# •
- fournie par les précédents; elle représente à peine
- dans
- plus productif de ces 23 départements, une valeur de SOO, f tandis cpie dans le moins productif des 13 premiers, la Vtl,teïllei>l cidre produit dépasse 1 million de francs. Le seul dép#1 ^ du Calvados récolte, dans les années moyennes, 2 mil!mnS^ ^jp tolitres de fruits, et dans les années d’abondance, pb*s ce de lions. En évaluant l’hectolitre à 3 francs, c'est une v<>0 6 à 12 millions de francs.
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- DES BOISSONS FERMENTÉES.
- 345
- DE LA BIERE.
- On donne le nom de bière à une boisson fermentée qu’on fait ordinairement avec l’orge elle houblon. Son usage, comme je l’ai ^ dit, est fort ancien. Les auteurs grecs, qui l’appelaient vin ( or9ei en attribuaient l’invention aux Égyptiens ; suivant eux, ce sorait à Péluse, ville située à l’embouchure du Nil, qu’on l’aurait ü abord préparée (t).
- I y«uin très-grand nombre de variétés de celte boisson, surtout ,ans les pays où, comme en Angleterre, en Belgique, eu Hol-üe> e^c-, la vigne n’est pas généralement cultivée. L’ale, Je birè (:r' ^ faro, le ginger-bcer, la bière blanche, la bière rouge, la petite ne diffèrent les unes des autres que par des modifications M portées dans les procédés et dans les proportions relatives d’eau, ür?e et de houblon. La fabrication de ces différentes bières ls fiiic maintenant partout une industrie de la plus haute im-30 6’ 0n a ca'culd qu’à Paris, on consomme annuellement
- d^o^sde litres de bière (2), et qu’à Londres on en produit près
- c°nsoni
- millions. L’Allemagne, la Belgique, le Nord de la France en raent proportionnellement de bien plus grandes quantités.
- beau,? 441), comme toutes les autres graines céréales, contient dCVj ÜUP d amidon et presque pas de principe sucré ; aussi, pour qu’il cessai • e,b)r°Pre à fournir une liqueur sucrée fermentescible, est-il né-tuolli e de saccharifier. C’est à quoi bon parvient en le faisant raie Sqj j gonfler dans l’eau, puis en l’étendant en couches minces sur e»tie yerrr}Qir, grande pièce où la température reste constamment Cetteoi ’blans ces conditions, l’orge ne tarde pas à germer, saire àl)eiah°n,-dite maltage, a pour but de développer la diastase néces-Loi'sr d Sacc^ai'iûcation de la fécule.
- ce qui ? e Sei-me a acquis à peu près la longueur du grain (fig. 442),
- °pèr
- rge ^ llVe cn huit ou dix jours, on arrête la germination en exposant ère ce ? c*la*Gur d’environ -j- 50°. L’appareil au moyen duquel on lLgor grillage, porte le nom de touraille. 11 se compoe essentiel-
- bière
- *a boisson ? au rapport d’Hérodote et des autres historiens grecs et latins,
- le* , . <l Plus CÔmmnnA ripa aneiona rf.orvnfion* I Pa F.cnaannlç lp.S ftp.rmains.
- °is i _ ^
- la bière cerevisia ou cervisia (vin de Gérés), et le grain qu’on
- •hm°is ...^naissaient de temps immémorial sa préparation. Suivant Pline, les eniPloyait h 'Cnl ^ cerev^a ou cervisia (vin de Gérés), et le grain qu’on *&. L’nlle /uncf- Cette double expression s’est conservée chez nous d'âge en l'fi'ii qe c‘ 01mé les mots brasser et brasseur, qui subsistent toujours, et l’autre „!"n'tien clon* °. ?e fi1," Gta‘t encore en usage au xvic siècle. L’ordre insensé que Itérai i’Uga(rna ae L'ire arracher toutes les vignes dans les Gaules, dut y rendre ;ire en ( e *a bière. Bien des actes démontrent que c’était la boisson popu-ii CoiIiP'is “‘".'die avant le xiv° siècle. Dans toute l’Europe septentrionale, 11 en oe,I0S ‘
- J)
- ------ --------....... N 'potée la boisson habituelle.
- nos départements du Nord, la bière est îestee uràme aux États-Unis d’Amérique.
- Pr0gïessi°n de ln rnmnmmnlim flo 1
- “fiels
- Vivants :
- de la consommation de la bière à Paris ressort des chiffres Lu 1815, 79,448 hectolitres; en 1819, 71.99G; en 1858,300,170.
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- 346 QUARANTE-SEPTIÈME LEÇON.
- lement (/?</. 443) d’une plate-forme carrée ab en fer treillage, sur laquelle on étend le grain sous une épaisseur de 6 à 7 centimètres. Cette plate'
- Fig. 442
- Fig. 443.
- Fig. 441.
- d!Uiie pr
- forme, de 4 à 5 et même 7 mètres de côté, représente la base tyèiof ramide quadrangulairerenversee dont le sommet est tronque pai
- du fourneau. La distance du foyer h la plate-forme est de 2 a ‘"V^je environ. Le foyer A est recouvert d’une voûte qui, s'échauda
- jôver* ,
- température rouge, produit l’effet utile de brûler la fumee que ^ plu» la combustion du coke et delà houille de Fresnes qu’on empl°|® généralement. Cette voûte est surmontée d’une trémie renvoi» briques, percée d’orifices par lesquels s’échappent les produits c
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- DES BOISSONS FERMENTÉES.
- 347
- jUslion et l’air échauffé, et elle est d’ailleurs recouverte d’une espèce toit qui est destiné à empêcher les radicelles, qui passent à travers Cs j10us de la plate-forme, de tomber sur la voûte ou dans le feu et de P otluire de la fumée. Ges radicelles sont renvoyées vers les parties laté-.e,s el tombent dans les cavités inférieures c, c ménagées à cet effet.
- 01oC est retourné plusieurs fois pendant qu’il est traversé par le rant d’air chaud, afin de rendre sa dessiccation plus active et plus e 10,Ine* Celle-ci dure ordinairement quarante-huit heures. On détache tnle les germes ou touraillons, en faisant passer l’orge dans un tarare “toire. too pat tics d’orge brut se réduisent, terme moyen, à 75 parties
- 0 i*Sec O'1 tour aillé (1).
- j1 réduit le malt en farine grossière au moyen de meules horizontales
- ' « •< i------émulant trois heures
- pour brasser est lé-
- ^'ement conique, de 3 à mètres de diamètre, de oO de haut, et munie a un double fond BC, percé e trous, maintenu à 5 ou j centitnètres du fond vé-^ahle. Les trous du dou-1^ ^ond sont coniques, e grand diamètre tourné
- i,eis Ie bas, afin d’éviter _________
- engorgement. Le malt ’ l’tacé sur le faux fond Fia. 444.
- couche de 30 à 40 cen-
- 'toetres, puis l’on fait arriver de l'eau à 60° sous de faux-fond au moyen .Un tube DE qui communique avec une chaudière placée a un etage %‘neur. Si l’on met dans la cuve 38 hectolitres de malt, on fa t "ver 5>7 hectolitres d’eau, en agitant vivement à bras c îomme e?sm°ïen d'agitateurs mécaniques; on laisse le malt se penetr.cr d ea tolif ^ondev pendant une demi-heure, et alors on fait arriva ~ ^
- 1(i res d’eau à 90° par le faux-fond; on brasse fortement jusqu a ce que J°nut s°it également fluide; la température du mélange est de 70 , on Peudre de malt fin la surface du liquide de maniéré a çoncentiei c dant ,et^°ur la même raison, on couvre la cuve avec soin. C est pen-liientu^6 infusiou que la rliastase rend l’amidon soluble c 0 cm x 2 °l en 8wcre. L’eau se charge donc de sucre, de dextrine et des au es de r ll*es solubles de la graine. Après une heure et demie a c eux lesd?08’011 soulire dissolution au moyen d’un robinet r place entre de fo"ds de la cuve, et on la dirige dans un réservoir de t°0° ht ^^dit cuve-réver doive, d’où une pompe l’eleve dans un re.ei^
- COruruelnS '6 'an=a§e vulgaire, on emploie indifféremment les mots vialt «T*P?W; c’est un tort. Le mot drêche ne doit s’appliquer quanjjt qu’onluiepu'lsé de tous ses principes solubles ; c’est le résidu de la labncatior, à la nourriture des chevaux et du bétail.
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- 348 QUARANTE-SEPTIÈME LEÇON.
- voir supérieur disposé de manière à pouvoir alimenter à volonté les chaudières de cuite. On relire du premier brassin 30 hectolitres de moût : le surplus de l’eau est retenu par le malt.
- On fait subir à celui-ci deux nouvelles infusions, la deuxième avec 34 hectolitres d’eau à 90°, la troisième avec 27 hectolitres d’eau portée presque à l’ébullition. Le deuxième brassin est réuni au premier. Le troisième sert à préparer de. la petite bière très-faible. Les 38 hectolitres de malt fournissent, à peu près, 494 kilogr. de matière sucrée ou mucilag1' lieuse, répartis dans les d 08 hectolitres d’eau que l’on a employés pour h’5 trois brassages ; ces quantités ne donnent, en définitive, que 68 hectolitres de bière ordinaire.
- Le moût de bière ne pourrait se conserver; il éprouverait prnmph’; ment la fermentation acide; il renferme encore beaucoup dedextrinM111 a besoin d’être saccharifiée et d’albumine qui doit être isolée. C'est p011’’ obtenir ces différents résultats qu’on le fait cuire avec les fleurs ou corn’-du houblon, qui lui cèdent une huile essentielle aromatique, un P1’1"! cipe amer et du tannin. La quantité de houblon employée varie sui'al1 la force de la bière, le temps de sa conservation, et le climat du pays^ onjl’exporte. L’ale et le porter anglais les plus forts demandent à pe'jP 1 kil. à ikil, 300 de bon houblon par hectolitre de malt employé; 1 bières fortes en prennent 700 gr., les bières communes 300 gr. En France, où l’on ne fabrique pas de bière très-forte, on en emploie de 450 à 500g1' pour la bière double ordinaire, et 80 gr. pour la très-petite bière. ^
- Le houblon [fnj. 415) est une plante à tiges grimpantes et herbace^
- 3 à o mètres de haut, qu’on <-u tive très en grand en Angle,e'l|’ en Flandre, en Alsace, à cause ses fleurs, qui sont la seule Pa' qu’on utilise pour la fabrira' de la bière. Ces fleurs c°nsis ^ en écailles membraneusesval , très, disposées en cône (/ty-4 flI1 On les récolte à l’automnec les sèche. Ces cônes sontchaL d'une I>»»iSï
- amere, ieA
- à laquelle on
- porte pri«<.
- "?cnt ieshp;£#
- tés du nou
- Cettd Kf,l>
- S appelle J ‘p
- ou l»l»lbn*'ariml
- renferme m nombre de P ^ pesifhmédia^
- tamment un ^
- tière amei
- Fig. 445.
- Fig. 44G.
- résine, de l’huile essentielle, du soufre, etc. Suivant le docten1
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- DES BOISSONS FERMENTEES.
- 349
- s°naction est dix fois plus forte que celle du houblon. Par conséquent, houblons du commerce sont d’autant meilleurs qu’ils sont plus charges de celte poussière. Les plus riches et les plus estimés sont ceux de Bavière, d’Alsace, de Lorraine; ceux de Belgique sont en dernier ordre (l).
- ha chaudière de cuite est ordinairement de la contenance de 30 hec-tolitrcs ; elle est en cuivre et de la forme indiquée par la figure 447.
- .'iiiiiiimiii
- 'iniiii ' •
- àr
- S*1
- Q'iand les a,
- °n a;0 . i utUx premiers brassins sont amenés près du point d’ébullition, (plâtreh° e doublon et on maintient la coction pendant deux, trois ou Par un ] eurcs> suivant la nature de la bière. On soutire ensuite le liquide °n lCc a’p. r°hinet placé à la partie la plus déclive de la chaudière, et ^mètres l'P ^ans hac à repos. C’est une caisse rectangulaire de 4 à le hoU))| e argeetde 50 centim. de profondeur, destinée à laisser déposer C^y°nna<>1 saParei* t*u liquide en filtrant celui-ci à travers un
- repos (p°e Gn miilal qui divise le bac en deux compartiments. Après un hacs peu ne a deux heures, on décante le liquide clair dans de vastes 15°, tClll Plohonds, dits rafraîchissons, où il se refroidit bientôt jusqu’à thissoirs^tjlpUre Plus convenable pour la fermentation. Des rafraî-rMlloire' m°rii passe dans une cuve très-profonde, nommée cuve délaie une petite quantité de levure de bière ou de ferment tf. dével0n °i,®rati°ns précédentes, et bientôt la fermentation alcoolique I Wello mavche avec une grande activité pendant quelques jours. esUns à !v lcrm'née,on soutire la bière dans de petits tonneaux rangés o o des autres au-dessus de baquets. La fermentation se ra-
- v 0) L’emploi ------------------------------------------------------------------
- t,J(ier>t-ellesCfy5|l houblon est de date récente; aussi les bières des anciens de-oj^at des lu' 6ment tourner, à l’aigre, llartig prétend que les Égyptiens em-liiè'611 âge qnff"8 en '°uise de houblon. Basile Valentin est le premier auteur du le' usse niention de l’usage du houblon dans la fabrication de la
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- 350 QUARANTE-SEPTIÈME LEÇON.
- nime; une écume très-épaisse se forme et sort par la bonde; on rempli' les tonneaux avec de la bière claire, et quand il ne se produit plus d ucunu ou de levure, on peut livrer le liquide à la consommation. (
- On colle la bière comme le vin; trois jours après, elle est clairet
- buvable; si on la inet en bouteilles^lle devient mousseuse au
- bout de
- huit à dix jours. Pour quelle mousse plus vite et plus fortement, on ; ajoute un peu de mélasse ou de sirop.
- La bière bien préparée se conserve, en général, d’autant pto-longtemps qu’elle est plus forte, c’est-à-dire que la proportion houblon employée est plus considérable, et qu’elle est plus r*c en alcool. Toutefois, à l’exception de certaines espèces de bjel^ préparées en Angleterre, en Belgique et dans le nord de ‘ France, et qui peuvent être gardées plusieurs années sans s* térer, la bière ordinaire devient promptement acide, et _ être bue dans les trois ou quatre mois qui suivent sa prépara11
- Considérée chimiquement, la bière renferme beaucoup
- d’eau,
- de petites quantités d’alcool, de sucre, de dextrine, de rna*ie^. azotées, de matière grasse, jaune, huileuse, à odeur de ma*1’ matières extractives, amères, colorantes, des huiles essentie ^ des chlorures de sodium et de potassium, de la silice phosphates de potasse, de chaux et de magnésie, avec des tu ^ d’acides acétique et phosphorique. Elle contient toujours moins d’alcool que le vin, et à peu près autant que le cidre ^ poiré. Elle est plus ou moins riche en acide carbonique Iij)re’ bière non mousseuse n’en renferme que 2 p. 0/0 en volu celle qui mousse en contient depuis 8 jusqu’à 25 et 26 p* 0/ • -f La somme des matières solides qu’elle renferme par litre beaucoup suivant chaque espèce. En ayant égard aux P'0*,, lions d’alcool et d’extrait, Lampadius classe les bières de a nière suivante :
- ALCOOL POUR 100.
- 1° Bière double. Aie.... 6 à 8
- 2° — forte.............. 3 à C
- 3° — moyenne........... 1 1/2 à 3
- 4° — légère............ 0,8 à 1 1/2
- extrait PorR 6 à 3 4 à f'
- 3 à 4
- \ à 2
- •ais=r
- L’usage de la bière est sain; elle est nourrissante, et ceux qui en boivent, comme le.prouve l’embonpoint des Fia11
- les
- en*
- et des Hollandais. C’est une boisson préférable au vin P01?1 -tcr lofants et pour les personnes maigres et faibles. Il faut c'1 jr(! bières fortes, mal préparées, trop chargées de levure, et Iiecjiar à l’ordinaire que des bières récentes, claires, légères, pel gées d’acide carbonique (I).
- (1) Voir pour plus de détails sur l’importante industrie dont je
- n’ai p11
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- DES BOISSONS FERMENTÉES.
- 351
- »c l’Eau-ile-vie et des Esprits.
- ,Le vin, le cidre, le poiré, la bière, les moûts d’orge et de ?°®nie de terre, les marcs de raisins, en un mot toutes les boissons tentées, étant soumises à la distillation, dans un alambic ordi-naire> en ayant soin de suspendre l’opération au moment où elle a moitié faite, on obtient en mélange avec beaucoup d’eau tout l C0°l qui était contenu dans les liquides spiritueux. C’est ^- Produit qui, depuis fort longtemps, est connu sous le nom ^av~de-vie, nom qu’il serait plus juste de remplacer par celui ‘ ^-de-mort, en raison des graves désordres que l’usage trop fré-I ' al de cette liqueur occasionne dans l’économie animale, et ii’e tlVaPS (iu'e^e produit chez les populations qui en de p l’eau-de-vie, plus encore qu’aux guerres et au:
- " ,Ir°péens, qu’il faut attribuer la destruction si rapide des in-
- font abus, aux cruautés
- nes de l’Amérique (1).
- ijue e, 1 ee sommaire l’intéressant, ouvrage de M. Rohart, intitulé : Traité théori-(1) Dg*fabrication de la bière — 2 vol. in-8. Paris, 1858. n°mbent S[atist'(ïues bien établies prouvent que le nombre des personnes qui suc-l'üssie,(( 1U(lUe année aux ravages de l’alcool s’élève en Angleterre à 50,000, en si°n ün . aa.OOO; mais avant de périr ces malheureux paient à leur triste pas-mort de souffrances nui tourmentent leur misérable vie et en font une
- ^ anticipée.
- de l’estoUX (le'Vie excitent puissamment les glandes de la bouche et la muqueuse Pousser î*10 s®crâtion devient très-abondante et la sensibilité finit par s’é-des il0l ’ e =°àt s’en va avec elle, et cela est si vrai, qu’il n’est pas rare de voir itisensii,], ' S Passer d’une liqueur douce à une liqueur plus forte, et arriver a trouver que l’alcool pur et l’absinthe n’ont aucune saveur. cei veau Uence de ces boissons funestes, les muqueuses s’épaississent, les tissus, tout le Co.C,; )e système nerveux, dont les ramifications nombreuses courent dans lui ne tarfS lutna*n> se désorganisent, et l’individu contracte un .état morbide 'jo Cette ln l ^aS a devenir chronique. C’est alors que se manifestent tous les effets j)oipuiSs aad‘e : ^tremblement des membres, l’affaiblissement de la force vitale, d'0mine corPs se courbe, les cheveux blanchissent, et, à quarante ans,
- est cest plus qu’un vieillard. « L’alcool, dit M. Liebig, par son action sur les aüt toujou°mme Une *etlre de change tirée sur la santé de l’ouvrier, et qu’il lui lflévitabienirù ranouvèler faute de ressources pour l’acquitter. Il consomme ainsi I des rô j *a *,anclueroute de son corps. »
- H -dats les plus fréquents de l’alcoolisme est la paralysie des organes. j!Vait ]a lri'lae Pa' t qu’un charpentier, parfaitement sain et très-robuste, mais qui ral'pé, 4 p5.1 habitude de boire tous les jours de larges doses d’eau-de-vie, fut Sciait eV de trente-cinq ans, d’une paralysie de la langue : les mots qu’il "V Usage qua!ent inintelligibles. Quelques mois après ce premier accident, il per-n ^lles sünt ,)Ias droit, et finalement il succomba à une paralysie du cerveau.
- Venons ] ?onsé(Iuences de l’abus des liqueurs alcooliques. A celles que ij..e® qui fra_ e décrire et qui frappent le corps viennent s’ajouter parallèlement °t|l| les ranv> nt !'esPrit- C’est là qu’on peut voir, et pour ainsi dire toucher du °ütes iC:, 101 ls intimes qui unissent le corps à l’âme, les organes à l’intelligence, acuités de l'individu s’évanouissent l’une après l’autre. La mémoire
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- 352 QUARANTE-SEPTIÈME LEÇON.
- C’est probablement aux Arabes que l’on doit l’art d’extraire du vin et des autres boissons fermentées Veau-de-vie et 1 ’esprit. Celte pratique remonte à des temps assez reculés, puisque Marcus Græcus et Rhazès, qui vivaient dans le vin® siècle, parlent et l’eau-de-vie sous le nom d'eau ardente et indiquent déjà l’eal1' de-vie de grains. C’est donc à tort qu’on attribue à Arnaud u Villeneuve, né en 1245 en Languedoc, et le plus savant chimiste du xiue siècle, la découverte de l’esprit-de-vin et des teintures alcooliques. Tout cela était connu avant lui; seulement il Pr(j pagea l’usage de l’eau-de-vie en médecine. Ce queItaymondLu 1 et ses successeurs appelaient quinta-essentia, d’où dérive le nl. quintessence, et dont ils faisaient la base de leurs travaux alebim1 ques, n’est autre chose que de l’esprit rectifié ou distillé P ^ sieurs fois au moyen de la chaleur du fumier. 11 serait trop 10 J d’énumérer toutes les maladies contre lesquelles l’eau-üe'' était préconisée comme un remède souverain. C’était une F nacée universelle, qui avait la vertu de rajeunir les vieillards e prolonger la vie; de là son nom aqua vitœ, eau-de-vie (v * xv® siècle, cette liqueur n’était encore qu’un médicament, on ne la trouvait que dans l’officine des apothicaires; mais
- la fin du xvi® siècle, c’était déjà une boisson dont l’usage et^ répandu dans presque tous les pays de l’Europe, surtout da> classe vulgaire (2). Dans les pays du Nord, où l’eau-de-vie <L
- se perd, l’héLétement et bientôt la folie remplacent les qualités intellectue^u(|( l’homme possédait. La passion du crime, celle du suicide se développent a f, rapidité eUrayante, et, ce qu’il y a de plus terrible, c’est que tout ce la( e .j|eS! tége de l’alcoolisme est héréditaire : les enfants sont punis des fautes put conséquence fatale et qui devrait donner à réfléchir. , . ,rement
- (1) On employait alors l'eau-de-vie de toutes les manières, tant intérie qu’extérieurement. Ce fut le remède qu’on ordonna au roi de Navarre,
- iteinte
- co»5
- le Mauvais, et qui, en 1387, lui causa la mort par un accident singulier-nimer dans ce prince, usé de libertinage, la chaleur naturelle qui était e médecins le faisaient envelopper dans un drap trempé d’eau-de-vie, qlie joUr i*1 sur son corps. Son valet de chambre, chargé de cet office, manquant u^ ,e ni;! ciseaux pour couper le fil, se servit d'une bougie pour le brûler. l-e ujjlée au drap, et un supplice horrible, mais juste, termina enfin une vie 6 toutes les débauches et de tous les crimes. — Dans le cours du xv» jésuites d’Italie fabriquaient l’eau-de-vie en grand pour préparer des »ie aux pauvres, ce qui leur fit donner alors le nom de /pudri dell’ acqua pères (le l'eau-de-vie. iiiai?r'er''
- (2) C’est en 1514 que Louis XII, ayant réuni en communauté leS ' jpiès,1'1' leur accorda la distillation de l’eau-de-vie et de l’esprit-de-vin. Vingt an» divisa celte communauté en plusieurs, et l’on en fit une particulière i .^éta]1 teurs. Cela indique que l’eau-de-vie n’était plus un simple remède, etÇ g pu^j devenue une boisson usuelle. Dans les principaux carrefours et P11 projj’’ ques de Paris, il s’établit des regrattiers qu’on nomma placiers, et do» c0nlé sion fut de vendre en détail et à petite mesure de l’eau-de vie et des 1 .jejnd1 dans cette liqueur. Ils furent confirmés dans leur état par arrêt du ,
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- .l'I
- DES BOISSONS FERMENTÉES. 353
- ela>t chère, on se mit à en extraire des grains fermentés, et cette . rication, avant l’année 1618, était une branche d’industrie 'Importante dans le district de Magdebourg et surtout dans la ville ,e ’Vernigerode (Hartz), appartenant alors au domaine des comtes üe Stollbercr>
- T * ^
- c eau-de- vie qu’on obtient par une première distillation est oujours très-faible; elle marque à peine 12 à 15° k l’aréomètre , artier. Ce n’est que par une rectification nouvelle qu’on l’a-("ene à un degré plus élevé de spirituosilé. Les appareils au moyen ]3uels(m obtient aujourd’hui l’eau-de-vie et les esprits, sont bien ,, erenfs de ceux qui servaient il y a soixante ans. A la place de 1 snibic ordinaire, qui ne donne que des produits très-aqueux, 4Uü faut rectifier un grand nombre de fois et qui ont toujours, r ‘1 ,Urs> un goût de feu ou d'empyreume, on opère dans un appa-il marche continue et qui permet d’extraire, d’un seul coup, *es degrés de spirituosilé. La première idée en est due k Let°Uar^ ^am> de Rouen (t), mais c’est k Cellier BlumeTUhal, 0s'io et Cail, Laugier, Dubrunfaut, qu'on en doit les perfec-clirnnernents-Dans cet appareil, la chaleur n’étant plus appliquée l(,seclerûent au liquide, et l’alcool étant expulsé de celui-ci par du y.ll)CUrs hydro-alcooliques qui proviennent d’une petite fraction un j(Iuide chauffé immédiatement, il en résulte qu’on obtient aVpH ^0fd idus parlait, sans goût de feu, plus rectifié ou plus fort,
- avec el !e feu’.
- âne grande économie dans la main-d’œuvre, le combustible
- ^ appareil fondamental, plus ou moins modifié dans quel-
- ques-unes
- de
- de
- ses parties, suivant les localités, est composé
- UI1(I pièces principales (fig. 448) :
- J* De chaudières à distiller A et A', placées à des hauteurs diffé-2les «» un fourneau ordinaire. Ces chaudières communiquent entre b far un tuyau supérieur Z, courbé, destiné à porter les vapeurs de
- du $0 s,
- arrét, rendi * ’ mais les limonadiers ayant réclamé contre cet arrêt, un autre
- jh sucre ou .S'X Inois P'us tai'd> défendit alors aux vendeurs d’eau-de-vie de mêler U) Ëdouar'|U a6 *‘<lueur dans les noix et cerises conlites qu’ils débitaient. r0lUer, aVep |.A^aîïl Pr't un brevet d’invention, le 20 mai 1801, et s’empressa de i ttblliijii caP'talistes, vingt brûleries ou distilleries dans le Midi. Plus
- ?Us côtés s’-iUt\enSa8é dans cette entreprise gigantesque. Mais bientôt, de Sen8®gea ém6 6'^ien^ des appareils calqués sur le sien ; une suite de procès n’a*^urellx Vy^dam et ses contrefacteurs. Ceux-ci gagnèrent leur cause, et le ;°ntribuer à j a.m> ar>i ès avoir doté le Midi d’une industrie qui devait tant ,u''Rde i807arî,Chefse de cette contrée, mourut dans la misère et le dégoût, à i .r" de tous I ".eSl ^‘istoire de Lebon, de Leblanc, de Jacquart, et malheureuse-u‘ récoltent *v *nventeu,s ; ils sèment, mais il est bien rai e que ce soient eux ‘Kbroci,; °"tZ’ 1)I,UI P'us de détails, ma Notice biographique sur Édouard Ie in'8 avec planches (Rouen, 183G — 2e édition, Rouen, 1854). •
- II.
- 2:)
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-
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- 'llflllll^lui&killliü!
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- .tiLÏ'tiïiiiiiL
- > ' V'r.
- Fig. 448.
- f fVS
- de la chaudière supérieure dans la chaudière inferieure, ut
- ha«d
- 354 QUARANTE—SEPTIÈME LEÇON.
- la chaudière inférieure dans la chaudière supérieure, puis inférieur-ment par un autre tube à robinet R', destiné à laisser écouler les vinasses
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- DES BOISSONS FERMENTÉES.
- 355
- s°it munies d’indicateurs en verre, pour faire connaître le niveau du ‘îuide dans ces vases.
- ' 0 une colonne en cuivre, placée sur la chaudière supérieure. Cette . 0nnej< dans la première moitié de sa hauteur B, est garnie de pla-au*b h placés les uns sur les autres, et destinés à recevoir chacun une u. de vio d’environ 27 millimètres d’épaisseur. Cette première m , e la colonne porte le nom de colonne à distiller. Dans son autre n. [e supérieure C, qui prend le nom de colonne à rectifier, il n’y a P°int de plateaux.
- Qo T\*
- p ’un condensateur chauffe-vin D, qui n’est autre chose qu’un ser-P^pé dans un réfrigérant ou seau en cuivre, qu’on tient sans sje e reraph de vin. Le serpentin est muni, dans sa longueur, de plu-nentd U^eS 'n^Iaeurs d’écoulement, fermés par des robinets et qui don-40 t^S Pr°duits alcooliques à divers degrés de spirituosité.
- •luit] T r.éfriSérant F, garni intérieurement d’un serpentin qui con-(lan ® yquide alcoolique distillé dans une éprouvette d’essai S, et de là ri es 1(icipients H ou barriques. Le réfrigérant porte à sa partie infé-niv e un lu y au qui remonte perpendiculairement bien au-dessus du onto U • ^uffe-vin, et qui se termine par un entonnoir 1. Ce tube-n°î*’ reçoit le liquide à distiller d’un réservoir supérieur G. Le com C re'. gérant porte à son centre supérieur un autre tube droit K, qui ju Un,(lue avec le chauffe-vin, et qui est destiné à faire passer le vin 50 parant dans le chauffe-vin.
- deg un féservoir G, suffisamment grand, placé supérieurement au-Wde^ri^ appareil, et destiné à alimenter les pièces précédentes du li-riser]’- IS^lei’ Ce réservoir est. muni d’un seau E, qui sert à régula-Ce écoulement du liquide dans le réfrigérant.
- Heure etanlCOnÇu, on commence Par emplir de vin la chaudière infé-supéri'!USqU’à env‘ron les trois quarts de sa hauteur, et, dans la chaudière dm eure’ on ne met de vin que seulement à 16 centimètres au-dessus vin Jau, ^ décharge. Avant de faire le feu, on a soin de remplir de <°lonnerefrigérant, 'e condensateur chauffe-vin, puis les plateaux de la s^. lc, ? distiller. Le tube L sert à conduire le vin du condensateur Placée^ alGaux* c^aud’e alors la chaudière inférieure qui, seule, est dière au'dçssus du foyer. Bientôt le vin entre en ébullition, et la chau-s’écha Peiaeure commence à s’échauffer par le courant de chaleur qui *°1ttr 6 • ^°ïer dû la première. Les vapeurs qui s’élèvent de celle-ci condg nsm*ses dans le liquide de la chaudière supérieure, où elles se qu’cllg Sent.en abandonnant toute leur chaleur latente à la masse de vin t°utes ,COndent. Le liquide ne tarde pas à se mettre en ébullition; alors H(iteau^S yaPeurs aqueuses et alcooliques passent dans la colonne à ^ndo ’ °U’ lenc°otrant le liquide qui descend du réservoir, elles lui î’Si 2?.e.!a. c.hll(iur’ en dégageant une quantité proportionnelle Précipüp atnt^s (ïue les vapeurs aqueuses se condensent en partie et se Peurs, den ^ans chaudière avec le vin épuisé des plateaux. Les va-chuffe.ven Plus alcooliques, s’élèvent ensuite dans le condensateur °nc°re *,!j °ù elles éprouvent une basse température ; elles y déposent denSer e Partie de leur eau, et elles vont enfin, par le tube O, se con-4 l’état d» , P bernent dans le réfrigérant inférieur, d’où elles s’écoulent 1 cool froid dans le récipient H en un filet dont le volume égale
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- QUARANTE-SEPTIÈME LEÇON.
- celui du vin qui sort du réservoir supérieur. De celte manière, la distilla tion une fois commencée, et le vin dépouillé d’esprit s’échappant sa*15 interruption de la chaudière inférieure par un robinet R, tandisquele'111 nouveau arrive incessamment du réservoir supérieur, l’opération P°ul rait cire continue, dans toute l’acception du mot, si l’intérieur des \aïl ne s’encrassait pas.
- Dans le commerce, on donne, depuis longtemps, des non'' différents aux divers degrés de spirituosité de l’alcool extrait 1 vin ou des autres boissons. Les premiers produits de la dislij a lion marquant depuis 16° jusqu’à 20° de l’aréomètre de Cartiei• portent le nom d'eau-de-vie. On appelle particulièrement prC'11^ de Hollande ou eau-de-vie ordinaire celle qui marque 19°, et eaw vie forte celle qui a de 21 à 22°. Au. delà de ce degré, les prof alcooliques prennent le nom d’esprits, et le plus ou mdinsd qu’ils contiennent, s’exprime par des nombres qu’on indique s la forme de fractions. Ces nombres ne sont pas arbitraires,, s connaître la quantité d’eau qu’il faut ajouter à chaque partie( -prit pour le ramener à l’état d’eau-de-vie ordinaire, ou à 19
- Ainsi, on nomme esprit trois-cinq, de l’alcool à 29° 1/2, parce <IU^ prenant 3 volumes de ce liquide et y ajoutant 2 volumes d’eau, 011 tient 3 volumes d’eau-de-vie à 19° ; , 1]0<
- Esprit trois-six, de l’alcool à 33°, dont 3 volumes mêlés à 3 '° d’eau, produisent 6 volumes d’eau-de-vie; , ^v0.
- Esprit trois-sept, de l’alcool à 3b°, dont 3 volumes additionnes de lûmes d’eau, fournissent 7 volumes d’eau-de-vie; .. vû-
- Esprit trois-huit, de l’alcool à 37° 1/2, dont 3 volumes mêles aJ lûmes d’eau, donnent 8 volumes d’eau-de-vie.
- L’alcool à 36° s’appelle ordinairement Esprit rectifié l’alcool tout à fait pur, c’est-à-dire chimiquement d’eau, il prend, comme je l’ai dit précédemment, le noin fa absolu ; il marque 44° 19. .^pc
- Suivant les pays et la nature des liqueurs fermentées, on g5| au produit spiritueux de la distillation des noms différents-utile de connaître les principaux. Les voici :
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- DES BOISSONS FERMENTÉES.
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- noms LIQUEURS FERMENTÉES PAYS
- DES ESPRITS. QUI LES FOURNISSENT. OU ON LES FABRIQUE.
- ^Pi'it ou eau-de-vie de grains. Genièvre. GoId\vasser.. Bière et graines céréales fermentées Bière et graines avec baies de genièvre Bière et graines avec autres aromates France, Europe septentrionale.
- Whisky. Danfzick.
- filou eau-de-vie de fie ou de pomme de terre. tin üu eau-de-vie de oetterave. sJ).'z|l °u eau-de-vie de vl gU 5 obljlc J pUlllllICo lit; terre,prunelles sauvages. Fécule, ou pulpe de pomme de terre, ou glucose Écosse, Irlande.
- Jus ou pulpe de betterave.. Riz entier Europe, France.
- K|rschenwasser, et par dhrevialion kirsch. ^raschino.. Cerises sauvages ou merises écrasées et fermentées avec leurs noyaux. Suisse, Allemagne , Vosges. Zara (Dalmatie). Allemagne, Pologne, Hongrie,Suisse, Alsace, Vosges. Transylvanie. Scio. Autriche, Bosnie.
- "etschkenwasser.... ï'olerca... Variété de prunes, nommées couètche.
- ^'s-kayavodka... £?«tza ••• Lau-de-vi6 d.6 fi uits cl d orge Lie de vin avec fruits
- 5ak'a
- poster "‘Ski arza’ arki ' et 1{land Maie de laisin et ai ornâtes. — et graminées. Lait de jument fermenté.. Dalmatie. Bords du Rhin. Tartarie, Kalmouks.
- Iles Orcades et Shetland.
- humouHum hum. Moût de la canne à sucre.. Mélasse et écumes du sirop de canne Antilles.
- Sève fermentée de l’érable
- A8Ua-ardiente Jack. à sucre Sève fermentée de l’agave américain Amérique du Nord. Mexique.
- Sève fermentée du cacaoyer Sève fermentée de palmiers Amérique du Sud. Egypte.
- llach-meh\vah Arrack-tuba Sève iermentée avec écorce d’acacia Sève fermentée avec addition de fleurs Id Indes. Philippines. Turkestan.
- Arak... Eau-de-vie d’orge et de millet Eau-de-vie d’orge et de fruits
- J,ahuari._ (mures, pêches, etc.).... Eau-de-vie de raisins secs.. — de dattes Perse. Subiras (Perse). Mozambique (Afrique orientale). Kamtschatka. Siam, Chine, Japon.
- JVafkfWava Bananes, autres fruits et petite graine inconnue .. Herbe sucrée inconnue
- Id
- Eau-de-vie de sorgho
- Hack °u arach Riz bouilli et fermenté ou lie du mandurin Chine.
- Suc de canne avec écorce aromatique Indostan.
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- 358 QUARANTE-SEPTIÈME LEÇON.
- Depuis plusieurs années, la maladie de la vigne a singulièrement diminué la production des vins, et, par suite, tous les pi’0' duits qui en dérivent, mais notamment l’alcool, sont arrivés à des prix excessivement élevés. L’usage malheureusement si répand" de l’eau-de-vie, les nombreux emplois du trois-six dans l’industrie, ont souffert de ce renchérissement, et alors, de tous les côtés , on s’est ingénié à découvrir de nouveaux moyens de pr° créer l’alcool. C’est aux plantes sucrées, puis aux plantes féculentes qu’on a eu naturellement recours, puisque c’est par une suite transformations chimiques, fort simples du reste, de la fécule eu sucre, et du sucre en alcool, qu’on parvient à faire naître ce quide spiritueux.
- On a donc exploité, en Algérie, les dattes, les figues douce, les figues de Barbarie, la racine d’asphodèle; à la Guyane»a çaise, les mangues; à l’île de la Réunion, la racine demain^ les fruits de hibasse et de jamrosa; en Esclavonie, les PruneS/je Bohême, les prunes, le maïs et les mélasses ; en Prusse, le seln^’ le froment, le maïs, le sarrasin, les châtaignes, les pomme- ^ terre ; dans le Jura, l’Alsace et en Suisse la racine de gentiane: Alsace, la racine de garance, ou plutôt les eaux de lavage Pr0^ nant de la fabrication de la fleur de garance; dans l'Hérault mûres blanches ; dans l’Aisne et ailleurs, les tubercules du jç nambour; dans le Var et la Marne, le sorgho à sucre; dan5 ^ départements du Nord, la betterave, le riz, la pomme de ^ dari ou graines de millet, les mélasses de betterave, etc- ^ même essayé de tirer parti de la saccharification du bois p acides pour se procurer des moûts fermentescibles. • ue
- Il est nécessaire de vous faire Connaître comment on fa31 j, les esprits de betterave, de mélasse, de pomme de ïerre ande grains, les seuls qui ont été et qui sont produits sur une g 1 échelle.
- 1° Alcool de betterave. — Dans les grands établissements m du Nord, le travail s’effectue de la manière suivante : _ ^n15
- Les betteraves sont lavées, râpées et pressées à l’aide des ins1« ^
- employés dans les sucreries. Les jus, qui s’élèvent à 80 ou 85 P- , teiu-poidsdes racines, sont réunis dans une chaudière où l’on élève E |e> pérature à -f- 25°, puis conduits dans les cuves à fermentation-additionne alors de \ à 2 kil. 1/2 d’acide sulfurique, par 1® suivant la richesse du moût et particulièrement suivant la <Jt!auantau matières étrangères qu’il contient. Cette addition, en commun1(l^c0(ii-liquide une réaction acide, soit directement, soit par suite de E dé' position de sels alcalins et calcaires à acides organiques, s’oppoSelltatiofl veloppement des ferments visqueux et lactique, et active la ^cr ,erii. alcoolique en transformant le sucre cristallisable'en sucre in,er! po»1
- Quoique la betterave renferme un ferment naturel, néanmo* >
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- DES BOISSONS FERU ENTEES.
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- i en train la fermentation, on ajoute par hectolitre de jus de 50 grammes de levûre de bière délayée préalablement dans un p.eu de > u ' fermentation alcoolique ne tarde pas à se développer ; elle n 'nonce,par l’apparition de petites bulles d’acide carbonique qui vien-se réunir autour des parois des cuves et qui gagnent peu à peu le 1 le’,e"es augmentent bientôt de grosseur et produisent une grande ven'1 lte de mousse qui pourrait déborder, si l’on ne parait à cet incon-°Rt au moyen d’un peu de savon vert, d’huile ou de dégras (graisse J qu’on dissout dans la masse.
- autaa jempérature s’élève peu à peu jusqu’à 25, 30 et même 35°. On évite, ce 1 1lle Poss*hle, qu’elle ne monte aussi haut, car l’alcool éprouve, dans acé(as’ Une S01‘le de combustion d’où résultent de l’aldéhyde et de l’acide ferm>* ^ens'fé du moût décroît progressivement à mesure que la ®èment'ati°n avance? de sorte que de 5 à 6° Baumé, elle arrive à 1° ou ]’aci,e a °° du même aréomètre; en même temps le dégagement de carbonique diminue et cesse enfin presque complètement. Le li-
- I oooSi-al01S env°yé à l’appareildistillatoire.
- 950’ , *• de betteraves donnent, en movenne, 35 litres d’alcool à
- Lentesim.
- dem']C°°l ^em^asse de betterave. — On charge les cuves avec d,800kil chauJ asse> ayant environ 40 à 41° Baumé. On ajoute d’abord de l’eau s°ient la bien délayer, puis de l’eau froide jusqu’à ce que les cuves ?Uer de ~ônCS' a ^ centimètres de leurs bords. Le liquide doit mar-n a a l’aréomètre et avoir une température de -f- 24 VQlum ( ^ ajoute de l’acide sulfurique étendu de sept à huit fois son légèron > eaU’ ÎUS(1U à ce que le liquide, d’alcalin qu’il était, soit devenu 4litres ^ aclde- La meilleure proportion d’acide à employer est de 0n j jIOUl 1^800 kilogr. de mélasse; c’est environ 4 millièmes. déW^ 1 al°rs dans chaque cuve 25 à 30 kilogr. de levûre pressée, avec*und^ avance dans un liquide déjà en fermentation, on brasse le tout chapeau la Ie et ün couvre les cuves. Au bout de quelques heures, un dès qUe jSe..me à la surface; s’il est bien blanc, c’est un bon caractère; un peu ll(luide est en pleine fermentation, on abat ce chapeau avec a tarant i^raS’ et on découvre les cuves. L’opération dure de trente ré°mètie p euves‘ *je H^ddc alcoolisé ne marque plus que i°,5 à 2°à l’a-Par ion v, ai la distillation, on en retire 24 à 25 litres d’alcool absolu
- Cit e rnéi»s“-
- 'klavan-g /randcs villes où il existe des raffineries de sucre, les eaux sucre ° l°.,ls ^es ustensiles, appelées eaux de bacs, renferment assez lasses dans)11' *Hle distillées avec avantage; on les traite comme les mé-3° Alcool d* Raidissements spéciaux.
- ’teos l’ernni -C yrains- — Beux modes différents sont suivis : l’un consiste Sel§le ou ac°}1 *a diastase et s’applique principalement à l’orge, au
- ?ïlacéeX dans Vautre, on opère la saccharification de la matière 0 dari. Cs grains par les acides; c’est ainsi qu’on agit pour le riz et Ûans lg *
- ^langé d’or^î*61' cas’ on °pm’e habituellement avec le seigle seul ou '‘Joute 23 kii ^7 A 1°°. kilogr. de grain concassé ou réduit en farine, on ^is, lorsqU(kdc malt; on délaie dans 1 hectolitre d’eau à 35 ou 40°;
- e mélange est bien homogène, on y fait arriver peu à
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- 300 QUARANTE-SEPTIÈME LEÇON*
- peu de l’eau bouillante, de manière à porter la masse de 50 à 53°, d on continue d’agiter, pendant au moins cinq minutes; on couvre lacu'e et on abandonne ainsi la liqueur pendant deux à quatre heures. On e|!1‘ ploie de 2 1/2 à 4 hectolitres d’eau bouillante pour cette macération. La saccharification du grain s’effectue. Lorsqu’elle est terminée, on intio-duit assez d’eau froide pour abaisser la température du moût jusqua 15 ou 20°; puis on met en levain. Quarante-huit heures après, la'1’1 mentation alcoolique est terminée, on peut distiller. 100 kilogramme de grains fournissent 29 litres d’alcool à 95°. ...
- Dans le deuxième cas, le riz entier est introduit dans une cuve parel. ^ à celle qui sert à la fabrication du glucose, avec quatre fois son po"/ d’eau et 6 p. 100 d’acide sulfurique à 06°, ou 10 p. 100 d’acide cldoi p drique. On porte le tout à l’ébullition au moyen d’un courant de J peur, et on la maintient pendant quatorze à seize heures, si l’on opem avec l’acide sulfurique, ou pendant neuf à dix heures, si cest l’acide chlorhydrique. Au bout de ce temps, la saccharification esU° plète. On fait alors écouler le sirop brun obtenu dans un réserve»» férieur, où on le sature avec de la craie; on l’étend ensuite 0 ^ froide, de manière à ce que le mélange soit ramené à la dens1^,, 1,040 environ, et lorsque la température s’est abaissée à 22 oU , jOO met en fermentation. — Les riz de bonne qualité fournissent, pal kilogr., 35*11,3 d’alcool à 95° bon goût. ja
- 4° Alcool de pomme de terre. — On opère de la meme manière » -fécule de pomme de terre; mais quand on agit avec les tubercule* tiers, on se sert de la diastase. Tantôt, on cuit les pommes de term ‘ vapeur et on les réduit en bouillie claire. Pour 100 kilogr. de pulpc c ^ on emploie 6 kilogr. 1/4 de malt, et on met en levain avec 250 g*’a de bonne levure de bière. On retire de 50 à 55 litres d’alcool à '
- Tantôt les pommes de terre crues sont réduites en pulpe par Ie 1 jeini' mises dans une cuve à double fond où on les laisse égoutter heure environ, afin de les priver d’une grande partie de leur eau a® °(e tation; puis on introduit dans la cuve 1,000 à 1,200 litres d’eauboa* par 1,000 kilogr. de pommes de terre, on ajoute 70 kilogr. de ma brasse le tout. Au bout de trois heures, on soutire le liquide clair, o . le marc à deux reprises différentes avec 500 litres d’eau à c*ia(*U^|0gr. on réunit tous les liquides et on les met en fermentation avec 2 de levure sèche. uan-
- Ce procédé a l’avantage sur les précédents de donner une grand/- d j tité de marcs, qui sont bons pour la nourriture des bestiaux; on nal distiller une matière pâteuse et l’alcool est supérieur en qualité-
- reils
- Je vous dirai, dans la prochaine leçon, quels sont les apP‘t distillatoires adoptés dans nos usines du Nord pour le lral1 sûj[ de tous ces liquides fermentés, qu’on y désigne, quelle <lu leur nature, sous le nom de vins.
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- DES BOISSONS FERMENTEES.
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- QUARANTE-HUITIÈME LEÇON.
- DES BOISSONS FERMENTÉES, (suite.)
- °mmaire. — Appareil distillâtoire de M. Dubrunfaut. — Cause du mauvais goût t,es esprits du commerce. — Huile volatile de pomme de terre ou alcool amyli-’Ç'e' ~~ Rectification des esprits. — Rectificateur de M. Dubrunfaut. — De eau-de-vie de vin. — Richesse des différentes boissons fermentées en alcool. ~~ ^ osa§e de l’alcool dans les liquides fermentés. — Alambic de Gay-Lussac. U(?s moyens d’apprécier la force des esprits. — Alcoomètre centésimal. — res des alcools du commerce. — Des substances animales alimentaires. — es œu^ et de ['albumine.
- Rea
- donné 1 Xl- Dub
- ucoup d’usines, principalement celles du Nord, ont aban-
- ’appareil distillaloire de Derosne, pour adopter celui que , -R’unfaut a proposé dans ces dernières années. Je dois vous
- eJf'reconnaître. el appareil se compose :
- 1° D’
- i'nvGi0Unec^auc^reA mun'e à sa partie inférieure d’une double
- «P? dans laquelle on fait arriver de la vapeur par le tuyau b. Un ,.\la |U'au ^'sert au retour de la vapeur condensée dans les générateurs, hisser111 ,re s°utadaptés plusieurs robinets, qui ont pour emploi: a'de d° làcl^01^1' ^a*r.’ l°rs(Iu’on introduit le liquide dans la chaudière, ou i'atj0n.Gr„Un,Peu "vapeur lorsqu’on veut connaître la marche de l’opé-\i(ler ’ ® 5 remplir la chaudière au début d’une distillation; a"1, de la ÿ ^ a de Plus un tube indicateur de niveau a. niquam116 co^onne a distiller BB' contenant dix-liuit plateaux et commu-partic a!ec la chaudière par deux tubes : l’un c, se terminant à la tïj pi0nilr'>ei''eure R0 celle-ci, amène les vapeurs dans la colonne; l’autre chaU(||^eanl' jusqu’au fond, conduit le liquide de la colonne dans la
- Les
- Platear
- ix sont percés de dix trous, dont neuf sont munis d’aju-
- gGs rp POILUS UC U1A lIUUSj UUIll UCUl OUlll 111111113
- 1111 tubeUVei*S ca^oldes hémisphériques. Le dixième trou est
- muni
- ^griies fi0 Cu!vre> ‘U1* dirige le liquide au plateau inférieur. Des dia-arrive (ju cuivre, convenablement disposés, obligent le liquide qui tombei. su -i alCaU suP®iaeur à circuler tout autour du plateau avant de versp, 1 e Poteau inférieur, où il circule encore, mais en sens in-
- de *a colon'JX SerPentins chauffe-vin C, D. Les vapeurs alcooliques arrivent VaPeurs co n? ^ai' ^ dans le serpentin du premier chauffe-vin. Les
- Paitieu(. .y^ces tombent dans un vase E, appelé vase analyseur;là, la Par ]e e s dcotilepar le tube m dans le tube n, et la vapeur s'échappe \in, Go dans la partie supérieure du serpentin du second chauffe-
- erPeniiu ^es vapcurs alcooliques se condensent dans ce second
- à celui li.qi,licle qui en provient s’écoule par le tube n', où il se 1 flui s’est condensé dans le premier serpentin.
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- u
- rant. Enfin, un tube qq, partant de la partie supérieure de la calotte du chauffe-vin C, amène les vapeurs qui se dégagent par suite de réchauffement du vin dans le tube n.
- 4° D’un réservoir à vin F, alimenté par une pompe au moyen du tube montant r; il fournit le liquide, par l’entonnoir et le tube s, au chauffe-vin D. Le robinet t, dont on règle l’ouverture à l’aide d’une tige qui descend à l’étage inférieur, permet d’introduire dans l’appareil la quantité convenable de vin. Un trop-plein u sert à avertir l’ouvrier chargé de la surveillance de la pompe, que le réservoir est plein.
- 5° D’un réfrigérant G, où s’achèvent la condensation des vapeurs et le refroidissement de l’alcool. Il est alimenté par de l’eau froide provenant du réservoir H. Le liquide alcoolique s’écoule par le tube v dans l’éprouvette x, contenant un alcoomètre et versant le liquide dans un réservoir spécial.
- D’après ce que j’ai dit de la conduite de l'appareil de P*31' marche de celui de M. Dubrunfaut se comprend d’elle-mêmc\ ^ ^tc
- A l’aide de cet appareil continu, on peut obtenir du même '''o’ gûjt J-nant 10 à 12 p. 100 d’alcool, soit de l’eau-de-vie entre 50 ;
- Fig. 449.
- ,0511e'
- 362 QUARANTE-HUITIÈME LEÇON.
- Un tube J fait communiquer la partie supérieure du second serpentin
- avec la partie inférieure du premier, et un autre tube pp amene colonne à distiller le liquide delà partie supérieure du premier
- dans la réfrigé-
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- DES BOISSONS FERMENTEES.
- 363
- esP'it 3/6 marquant 83 à 90°. Les moûts de betterave et de grains, contenant de 4 à 6 p. 100 d’alcool, donnent des produits distillés mar-(luant entre 49 et 53°.
- Les différents esprits dont je vous ai parlé jusqu’ici, Messieurs, portent avec eux le cachet de leur origine. Ainsi le Kirschenwas--'•'i le Maraschino doivent leur arôme particulier à de petites «tés d’acide prussique. Le Rack, les eaux-de-vie de marc e raisin, de mélasse, et surtout de mélasse de betterave, de J lns> de pomme de terre, de cidre, de bière, sont bien moins stables que les eaux-de-vie de vin, parce qu’ils renferment des 10s volatiles, âcres, très-fortes, dont le mode de formation r]e 1 encore très-bien connu. C’est pour masquer la saveur ditrérentS esprits que, très-souvent, on les aromatise avec \ aaies de genièvre et autres matières odorantes communes. ,j, es Peuples du Nord, toutefois, semblent préférer ces sortes lesedu''de-vie. En 1814 et 1815, lors de l’invasion de la France par nos r°Ul)es. eusses et allemandes coalisées, les soldats préféraient plusfaUVaiseS eaux_de-vie de marc, de cidre et de grains, à nos four meS eaux'de-vie, et quand celles-ci furent consommées, les les ,nisse,\rs furent obligés de gâter les bonnes eaux-de-vie pour où]ear Lure recevoir. Dans les localités de la Basse-Normandie, |>^ auncation des eaux-de-vie de cidre et de poiré est encore à • sauvage, si on la compare à la distillation des vins et des ‘Point;5 i ^Cl^e> l’eau-de-vie qu’on obtient est détestable ; néan-,i ; fes marins et les gens du peuple la préfèrent à l’eau-de-vie
- de
- 1 *s Moisissent, comme la meilleure, celle qui a le goût de feu ou
- ,!ln\et telle est la bizarrerie ou l’habitude des Bas-Normands,
- 111 LLl C- ICI 1I1131J
- On creurne Ie plus prononcé i de.Vjea. aonaé le nom de Fousel au goût que possèdent les eaux-à des ] e Sra‘us et de pomme de terre, et on le rapporte, ai-je dit, Parl‘cubères, nauséabondes, analogues k l’huile es-duiSent >M Vm 0U ^ler œnant^Que- Suivant les uns, elles sepro-rati0l, ,|'‘)e}1!(h'int la fermentation des moûts, par l’effet d’une alté-M.Pavene afhumine ou de tout autre principe azoté. Suivant ^ ” n> cfles préexistentdans la partie tégumentaire des fécules.
- .qui appartient à l’eau-de-vie de pomme de terre a t^Urs prov ° )Seiv^e Par Schèele. Elle est excessivement âcre, et ses va-même le vomissement. Elle a été l’objet de ^a$, Calio,?eSSantSjhans ces dernières années, de la part de MM. Dumas, Cürrespond 'Sj’, ®a*arc6 Franl^land, etc. Sa formule brute C10Hl2O2, qui aussil’appeq 4 v°fumes de vapeur, la rapproche tout à fait de l’alcool: aussi *0n dans les laboratoires amylol ou alcool amylique. On.
- représenter par
- C1,H1202 = (Cl0H1,jO -f HO,
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- QUARANTE-HUITIÈME LEÇON.
- c’est-à-dire par l’hydrate d'oxvde d’un radical (C10!!* 1*); nommé queM. Frankland est parvenu à isoler.
- Cette huile ne bout qu’à -|- 132°. Ce qu’elle offre surtout de curieux, c’est qu’elle se convertit très-facilement, par l’oxydation, en acide vue rianique, identique à celui qu’on retire par la distillation de la racine valériane. D’après M. Balard, cet acide est évidemment un produit l’altération spontanée qu’éprouvent les vinasses au contact de l’an'..e est en grande partie la cause de l’odeur infecte qu’elles exhalent (U-L’huile de l’eau-de-vie de blé se compose en grande partie d’un ac gras très-voisin de l’acide œnanthique.
- L’huile de l’eau-de-vie de marc de raisin est d’une nature tres-Ç , plexe, puisqu’elle renferme de l’alcool ordinaire, de l’eau, de la amylique, de l’éther œnanthique et d’autres produits dont la natui pas été déterminée. VL,
- D’après M. Dubrunfaut, l’huile de l’eau-de-vie de mélasse de belel est identique à celle de pomme de terre.
- Il est très-difficile de débarrasser complètement les esprit
- ces principes huileux, qui leur communiquent un goût si . gréable. M. Dubrunfaut, le premier, a imaginé un mode de r^ ( fication qui les élimine en très-grande partie, et qui PCI.(|eS d’obtenir, même avec les esprits les plus infects, des bon goût. Son procédé repose sur la différence de volatilité <je h cool et de ces huiles odorantes qui ne bouillent, en général, des températures bien supérieures à -f- 100°.
- Voici la figure et la marche du rectificateur adopté dans touà usines du Nord. Cet appareil se compose des pièces suivantes : |<j),
- 1° Une chaudière A [fig. 430), de 30, b0 et même de 100 hccto i
- nS
- (1) Celte huile de pomme de terre, si infecte, est devenue dans les111 ‘ a s’y chimistes la base" de certains éthers qui, dissous dans l’alcool, repro1“V.^îilateu^ méprendre le parfum de certains fruits, si bien que les parfumeurs et les d15 anglais s’en sont emparés pour aromatiser, avec pfus d’économie, leLlls
- préparations. , ’ _ {e
- Ainsi, en distillant l p. d’huile de pomme de terre avec 2 p. d’acew tasse et 1 p. d’acide sulfurique, on produit l'éther amyl-acétique ""
- ou l’«* oü
- p. U Clüiuc auniuiquc, un jjiuuuil ictuer uz/tt/t-uu/v^- .
- d’oxyde d’amyle (C10IIn,0 -f- C4II303), qui sert fi faire l’essence de pear-oiL des Anglais. — Avec l’huile de pomme de terre et l’acide valent T ayêC donne naissance à Véther valéramylique ou valérate d'oxyde d'amyle> l’alcool constitue l'essence de pomme ou 1 ’applc-oil des Anglais. aise0^"!
- L'essence de cognac qui, comme je l’ai déjà dit, sert à cacher la rnaU'‘a]i;ool|(lllC des esprits de grains, de betterave, de marc, de sorgho, est une solution de divers éthers analogues, parmi lesquels figure* l’éther œnanthique.
- L'alcool caprylique ou l’huile volatile qu’on obtient en chauffant ^ s0l)dt’
- L. alcool capryuque ou inuue voiauie qu on ouueui eu gu-,,
- 'huile de ricin avec la moitié de son poids d’hydrate de potasse o ^.(s tre--ournit encore avec l’acide acétique un éther possédant une odeur u
- I
- fournit aromatique.
- umuuqut,, .. ,..*
- (2) Les grandes dimensions ont l’avantage de permettre un rneino
- nement des produits et la production d’une plus grande quantité d aie
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- DES BOISSONS FERMENTÉES. 3G<5
- «unie d'un tube a terminé en pomme d’arrosoir pour I''nlro^.l^“n^e 1» vapeur, d'un tube de vidange a', d’un tube radicalen de miu « .
- fan tube à air a'", enfin d'un tube à robinet !> communiquant avec réservoir d’alcool à rectifier et servant a emplir la chaudieic.
- 2° Une colonne de rectification, Tt
- ®)Secomposant de dix-huit pla-baux analogues à ceux de la lionne à distiller. Elle communique avec la partie supé-lleure de la chaudière par le 'ubec, qui débouchant de 15 à '0 centimètres de sa paroi, permet l’admission de la vapeur ^coolique. Un autre tube dmet 1° communication le fond de a colonne, et le liquide qui s’v c°ndense, avec la partie infé-"cuve de la chaudière.
- ^°Un réfrigérant, dit chauffe-v!n C, contenant deux serpen-j!ns é', D, superposés l’un à uutre. Le tube e fait commu-mquer le haut de la colonne a'cc le serpentin supérieur.
- portions les plus aqueuses
- les
- se condensent dans ce serpen-llU) qui sort du réfrigérant, et aboutit au vase analyseur E. La,
- 1 partie condensée retombe,
- Pur le tube f terminé en siphon 'diverse, sur le troisième pla-eao supérieur ; la vapeur passe Pur le tube y dans le second serPentin DvUne seconde anales’opère dans le vase F ; le ulu'ile repasse sur le premier P uteau de la colonne par le ?!e h, et les vapeurs, s’intro-' disant dans le tube i, vont se condenser complètement dans
- uréfrigérant G. L’alcool coule p. 450.
- ^°’s éans l’éprouvette l, d’où ^
- S(i rend au réservoir spécial. , \<> réfrigérant G. On
- , lu réservoir d’eau 11 alimente, pai e u ’ ^>une tige t qui des-^V&oulemem de Veavi pav le robinet r, a 1 aide ». ,
- ' "u au , ^oici
- otant
- ceinl ; v ’ lc,“cin ue i eau par iu •
- \in otage inférieur. L’eau passe, de ce
- (lll ____ > _ . , i ________ ;
- 1 moyen m!etr\eur’ L eau passe^ uc ‘-“'O- '
- Ci, m . uu lut>e m, et s’écoule ensuite par le trop-plein n.
- vide 0° enant’ C0|ument on conduit la rectification. La colonne
- ’ct'V0'1111-111 aux *r0's fiuarts chaudière A d’alcool faible à
- on arriver de la vapeur par le tube a. On maintient
- ou ’o^o
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- 36G
- QUARANTE—HUITIÈME LEÇON.
- un courant d’eau assez fort dans les réfrigérants, de façon à ce quelle sorte presque froide par le trop-plein n. En continuant ainsi pendant plusieurs heures, les vapeurs alcooliques condensées dans la colonne e dans les serpentins, remplissent les vases formés par les plateaux delà première, tandis que les parties les plus aqueuses et les huiles essentielles, moins volatiles que l’alcool, retournent à la chaudière. Hn*J' rive dans l’éprouvette que les huiles les plus volatiles que l’on recueil e à part. Dans les ateliers, on dit, lorsqu’on opère ainsi, que l’on lait|e-plateaux.
- A ce moment, on diminue l’ouverture du robinet r, de façon à Pel, mettre à l’eau du chauffe-vin d’atteindre la température de 50° en'1 ron. On modère, en même temps, l’arrivée de la vapeur pour n a' qu’une ébullition modérée. La condensation étant moins complète ua les deux premiers serpentins C', D,une grande partie de l’alcool,au heU retourner à la colonne, passe en vapeur dans le réfrigérant G. On c mence alors à recevoir dans l’éprouvette l de l’alcool à 94° centésimaux-met à part les premières portions qui ont encore une odeur désagrea
- En ménageant bien la distillation, on soutient plus longtemps le ^ alcoolique du produit. Tant que celui-ci marque entre 96 et 90°, c l'alcool bon goût ; mais à partir de 89°, les principes amyliques disti ’ on met à part ce qui passe de 89 à 40°. Les alcools mauvais gou vent servir tels quels à quelques applications industrielles; on C11 même des eaux-de-vie communes. , n ap.
- Les produits qui distillent au-dessous de 40° constituent ce qu (fer pelle les petites eaux. On les rectifie de nouveau, ou on les fad 1 ^
- dans de nouvelles opérations. — Le liquide de la chaudière est c au dehors; il ne contient plus d’alcool.
- Lorsqu’on veut reconnaître si les esprits du commerce^ francs de goût, il faut les étendre d’une assez forte prop0^ j d’eau, afin de faire disparaître l’odeur fragrante de PaC0^sqiii empêche de percevoir celle des matières huileuses ou autre jCa-s’y trouvent et qui rendraient ces esprits impropres à la *a tion des liqueurs de table. Ainsi affaiblie avec de l’eau, l’oCle ,(n!te matières étrangères se développe seule, et fort souvent le ® Vuj. devient louche et opalescent, par suite de l’interposition ^ les odorantes qui ne peuvent plus rester en parfaite diss dans le liquide trop aqueux. fainseS'
- On reconnaît encore très-bien l’odeur particulière à cei ‘ .^e| prits, en mettant un peu de ceux-ci dans le creux de la 031 ffa* en frottant vivement les deux mains l’une contre l'autre) P s je ciliter l’évaporation. Les matières odorantes, presque t°llJ s|eiil la nature des huiles volatiles, étant plus fixes que l’alcoo , à la surface de la peau et manifestent leur présence parle spéciale (I).
- ode«r
- «innJ°iUt réfemment> un chimiste allemand, M Kletzinskv a reconnu e „t I «vons durs de soude, aussi exempts ,ne poskle SÏÏ ^ras «ul** 1
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- DES BOISSONS FERMENTÉES.
- eaux-de-vie de vin sont d’autant meilleures qu’elles sont llllls anciennes ; elles perdent un peu de leur degré dans les ton-neaux; leurs principes se combinent d’une manière plus intime; ,esse dépouillent de ce léger goût de feu que les mieux prépa-es conservent pendant quelque temps, et elles deviennent enfin '' 'ls liquoreuses et plus potables.
- fous les vins ne sont pas également propres à fournir de bonnes ‘'[^'de-vie. Les vins vieux en donnent d’une qualité supérieure à es qu’on obtient des vins nouveaux. Les vins sucrés en four-1-sent d’excellentes; les vins tournés ne produisent que des _ux-de-vie de très-mauvaise qualité. Les vins blancs sont préfé-„, J Çs aux vins rouges pour la distillation, parce qu’ils donnent J-n ‘ra‘eifient de meilleure eau-de-vie que ces derniers. Cela pro-finl (le ce que n’ayant pas cuvé sur la pellicule et sur la rafle, ils I lennent beaucoup moins de ces huiles essentielles, qui se vent au-dessous de la pellicule du grain et qui se dissolvent L;i e ™°ûtà la faveur de l’alcool formé pendant la fermentation.
- supériorité des eaux-de-vie delà Saintonge, del’Angoumois et }j| anëuedoc tient surtout h ce qu’elles sont extraites des vins l-eauCS,- Ce qu’il y a de singulier, c’est que le vin blanc qui donne Wm'. er l^e Cognac, si renommée à juste titre depuis long-avcc]S’ n/a rien de distingué et ne se conserve pas; il est fait ete e ccpage nommé folle blanche dans le bassin de la Charente, goût aQ(;a dans la Gironde et la Dordogne. Les vins qui ont un C’est e terroir le communiquent à l’eau-de-vie cpi’on en retire. de-Vieainsi.^ue les vins de Selluel, en Dauphiné, donnent une eau-de g, •(iUl ,a l’odeur et la saveur de l’iris de Florence ; que ceux violettlnl'^rre’ en Vivarais, donnent une eau-de.vie à odeur de Côte.R’.qu’on retrouve le goût de pierre à fusil des vins de des vins Ce^u* d’ardoise des vins de i& Moselle, celui de succin Lors f U ^°^stein> dans leurs eaux-de-vie respectives, quelle ^ ^ eau-de-vie vient d’étre obtenue, elle est incolore, ^ ^°^sson fermentée qui l’a fournie. Conservée dans ee verre ou de grès, ainsi que cela a lieu pour quelques
- Jerce. u s « odeur empvreumatique et le mauvais goût aux alcools du com-' l°utes ies 1 o employer 3kil,'J57 de savon, par hectolitre d’esprit; on distille, ÿ aüneu.x aUères odorantes sont retenues par le savon, qui devient amorphe
- J- odorants6 Gren°f,le> a remis en pratique un ancien mode d’enlever les prin-V(^er les alcoolsUX licfuides qui ne dissolvent pas les huiles grasses, en faisant
- oniu-hp. énaisse de oierre ponce pul-
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- 3t)8 QUARANTE-HUITIÈME LEÇON.
- espèces, telles, entre aulres, que le Kirschenwasser, elle ne pre^ aucune couleur avec le temps. La couleur jaune-doré qu’elle oflu habituellement provient de ce qu’elle attaque et dissout unecei-taine quantité des matières solubles et surtout de la matière colorante du bois de chêne qui sert à confectionner les tonneaux dan? lesquels on la renferme aussitôt qu’on l’a obtenue.
- D’après M. Fauré, de Bordeaux, l’eau-de-vie et les esprits enL vent aux merrains de chêne cinq substances distinctes, à savoir • du tannin, de l’acide gallique, de la matière colorante jaune011 quercitrin, de la matière extractive amère et une résine Par'icu lièreà saveur et odeur balsamiques qu’il nomme quercine.» tous les merrains ne cèdent pas aux liquides spiritueux lesinon^ proportions de ces principes; ceux qui ont le moins d’action ? ces liquides sont ceux d’Amérique ; ceux qui leur communiqu la sève la plus agréable sont ceux de Dantzig, de Sletlin, de V et d’Angoulême ; enfin ceux qui leur donnent le plus de eo'i ^ sont les bois de Bosnie, de la Dordogne, de l’AngoumoiS' Bayonne, deMéaul et de Lubeck. ,j(t
- Pour obtenir plus rapidement et plus complètement la slj‘ ^ particulière et le goût de rancio qu’acquièrent les eaux- ,ier par leur long séjour dans les tonneaux, il faut donc les rente dans des futailles du bois le plus propre à les leur donner; ^ jf bois les moins chargés de matière extractive amère, c0[lten‘etcf plus de quercine et de quercitrin, doivent être préférés» sont ceux du Nord et de l’Angoumois. jour;
- Les débitants des grandes villes fabriquent presque to J eux-mêmes leurs eaux-de-vie en coupant les trois-six avec je. pour les ramener à 50°, parce qu’ils économisent ainsi - ^ transports et autres frais ; ils les colorent ensuite avec duca'^^ du suc de réglisse ou du cachou, et les aromatisent de ^ manières. Mais ces mélanges n’ont jamais la savëur agréa f
- eaux-de-vie naturelles, et un palais un peu exercé les c 1 facilement.
- c h e
- Toutes les liqueurs fermentées ne contiennent pas oe|e quantité d’esprit. Le vin est, de toutes, celle qui en ren If plus; mais la proportion d’alcool varie singulièrement ‘ différentes espèces de vins. Le tableau ci-joint le prouve •
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- DES BOISSONS FERMENTÉES.
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- QUANTITÉS D’ALCOOL PUR
- CONTENUES DANS 100 PARTIES DE LIQUEUR, EN VOLUMES
- de Lissa
- de Madère........... 20,48
- (le Porto........... 20,22
- lle Constance, blanc.. 18,17
- ( u Roussillon...... 16,67
- ( e Collioure....... 16,10
- (e l'Ermitage, blanc.. 16,03
- de Grenache......... 16,00
- de Malaga........... 15,87
- de Jurançon, blanc... 15,20
- de Saint-Georges.... 15,00
- de Sauterne, blanc... 15,00
- de Chvorp
- de Luiïi.;::;;;;;;;; de Tavel, pelure d’oignon...............
- (Je Jurançon, rouge... e Bergerac, blanc...
- df Narbonne.........
- J Angers.........
- e Champagne, non
- .Mousseux,.......... 12,00
- de prave............ 12,30
- de Tn°ntlgnan *..... H ,76
- e Tonnerre,bl. 11,33 à 11,66
- de pr r°uge. 9,33 à U,G6 ^Champagne, mous-
- de rAi ’ “......... 11,60
- deCahnR°tie......... H’4S
- duRhi S,rouge' 10 à
- 1Ml 11-00
- 23,47
- 15,00
- 14,27
- 14,00
- 13,70
- 13,65
- 13,00
- 12,90
- de p; ^*c.... d’An î d,an> h!anc..
- î»;
- 11,00 10,00 00
- d’Entre'"î,’uianc----
- blanV. ?GUX'Mei‘s
- 'îti
- Veille
- 9,00
- 9,00
- Vin de Bordeaux, rouge, lé
- moins spiritueux. 7,5 à 8,00 de Bordeaux, blanc, le
- moins spiritueux. 7 à 8,00 de Bourgogne, rouge. 7,66
- de Mâcon, rouge...... 7,66
- de Chablis, blanc.... 7,33
- Poiré de Sauge.... «.......... 8,66
- de la Seine-Inférieure.. 8,33
- anglais................. 6,67
- Cidre de la vallée de la Dive. 7,40
- — d’Auge.... 6,50
- d’un an de St-Georges.. 6,66
- de Blangv......... 4,50
- d’Angleterre............ 4,79
- d’Amérique............. 4,41
- de Jersey............... 4,07
- d’Isignv........ 3,10 à 4,63
- d’Alençon............... 3,90
- de Lisieux........ 3 à 3,50
- doux de Jersey.......... 1,17
- Ale de Burton............... 8,16
- d’Edimbourg............. 5,70
- de Dorchester........... 5,11
- Bière moyenne anglaise.... 6,32
- forte, brune, anglaise.. 6,25
- Porter de Londres............. 3,88
- Petite bière de Londres .... 1,17
- Bière de Rouen, forte.... 3 à 8,0.
- — ordinaire ... 2,66
- — pet. bière. 0,8 à 1,0
- de Strasbourg, vieille.. 3,90
- — nouvelle. 3,00
- de Lille, supérieure.... 4,46
- — rouge......... 2,90
- — blanche....... 2,90
- de Lyon................. 4,13
- double de Paris........ 2,50
- Petite bière de Paris...... i ,00
- Hydromel.................... 6,67
- ,lj u dans'u^ rn°yen reconnaître la proportion d’alcool con-Sl'defune Vln.0u toute autre boisson spiritueuse, c’est d’en . Portion, de noter le volume d’alcool faible obtenu, et
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- Si—lami*-:"! —
- 370 QUARANTE-HUITIÈME LEÇON.
- de déterminer son degré, à l’aide de l’aréomètre, afin de calculer la quantité d’alcool absolu ou pur qu’il représente. Descroi-zilles (1) a imaginé, pour ces essais, un petit alambic que Gal* Lussac, et plus récemment MM. Duval et Salleron ont pcrieL' tionné.
- Cet appareil, dont voici la figure (fig. 451) se compose d’une cucurbite de cuivre A, surmontée d’un chapiteau B portant à sa pan
- Fig. 451,
- supérieure et latérale une ouverture qui est en communication . l’extrémité d’un tubeD, contourné en spirale et placé dahsuniclHo de cuivre E. r - a plus
- A cet alambic sont jointes deux cloches à pied graduées. grande F porte 300 divisions, qui représentent 150 millilitres-|(ifl G est également divisée en millilitres et porte 180 divisions, d représentent 50 millilitres. gerdu
- Lorsqu’on veut se servir de cet alambic, on commence par ' vin dans la grande éprouvette jusqu’à la division 300. On l’intr° . ^jc l’alambic, puis on adapte à celui-ci le réfrigérant, et on place
- • ntr^ï
- (1) Descroizilles, né à Dieppe, est un des chimistes praticiens qul °p0ué plus de services à l’industrie, et notamment à celle de la Normandie- ^ pr vive imagination et d’une activité incroyable, il ne tarda pas, au s°ntj0nSol1' ratoire de Rouelle, à signaler sa présence à Rouen par une foule d’in'e^j[Iieiilpjf qui ont rendu son nom à jamais célèbre. A peine le procédé de^blaa‘ je
- le chlore eut-il été publié par Berthollet, que Descroizilles s’eWP ^a3Sit mettre en pratique dans son établissement de Lescure-lez-Rouen;* 1 j| faitement, et bientôt même, par les améliorations qu’il sut y apP°* ’roc^efil;. son adoption dans toutes les fabriques. Après avoir perfectionne en:
- Berthollet pour l’extraction du chlore, il imagina de mettre de
- la cra>e
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- DES BOISSONS FERMENTEES.
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- |'ans un cylindre ou manchon de tôle HH échancré, faisant office de ûurneau; le tout est chauffé par une lampe à esprit-de-vin.
- On place la petite éprouvette au-dessous du réfrigérant pour recueillir j? Pr°duit alcoolique. On a soin, pendant la distillation, de tenir de eau froide dans le réfrigérant et d’humecter continuellement la toile , on entoure le tuyau du chapiteau. On arrête la distillation lors-I ou a recueilli dans l’éprouvette précisément le tiers du vin employé, u -a-dire lorsque le liquide s’élève à la division 100. On détermine i;üls 'a richesse alcoolique de ce produit au moyen de l’alcoomètre cen-ÿlfnal de Gay-Lussac, et en divisant par 3 le nombre qui la représente, c a Celle du vin employé. Supposons, par exemple, qu’en agissant îe ^«ns de le dire, on ait obtenu 100 parties d’alcool à 24°,5 ( p°°mètre centésimal, à la température de 15°, on en conclura e a richesse alcoolique du vin est de
- 24,50
- = 8,166
- ^est-à-(iire qu’il renferme 8,16 p. 100 d’alcool absolu ou complètement
- On
- i"01* Que ce mode d’essai donnant immédiatement la quantité d’al-
- (l'eaÿ ,So^ contenue dans le vin, il sera facile d’eu conclure la quantité l’eau e'V]e à un degré quelconque qu’il pourra fournir, sachant que {,e~v‘e a 1 !)° contient 50 p. 100 d’eau: celle à 20°, 47,5; celle à celle à 22°, 41,3 p. 100.
- IP ‘^omètres de Baumé et de Cartier, dont on se sert depuis l’ea® pour juger du degré de force ou de concentration de tneux e‘Ue et des esprits, font bien connaître si un liquide spiri-contioTPlus ou m°ins dense qu’un autre, et par conséquent s’il oioins ou plus d’alcool; mais ils n’offrent aucun rapport
- en?ion dan , *
- 'erfi -aipoH* 'eau oai N recueillait ce gaz, et mit ainsi sur la voie de la décou-C°nstruire cj!nte,(les chlorures de chaux, dépotasse, etc. 11 eut l’heureuse idée de JuiPùt ètre a^1^.s,^e Procédé d’analyse des alcalis par Vauquelin, un instrument hicilement par les hommes étrangers à la science. 11 imagina fi des dpé ?U ^ ^ ®ei'vir aussi à l’évaluation du titre des vinaigres et de la fib'e. C’egj0 utlons de chlore ; c’est ce qu’il appela Vacétimètre et le berthol-J PuisSe do Cncore a Descroizilles qu’on doit le premier instrument et le seul Men i-11.61" ^CS 'ndications exactes sur la valeur vénale des vins à dis-c>sé di{feq,Jle C'e ^Académie et de la Société d’Émulation de Rouen, il a l)ijltla'ssances16n^ mcmoires qui tous attestent sa haute capacité et ses solides |irer PariS] o,'/-!alic*ues en chimie. Dans les dernières années de sa vie, il alla bail octooç * elait secrétaire du Conseil général des Manufactures. Il y mourut UuUulustrienonaU'e’ 16 avri^ l8~^- Ma'§rc les immenses services qu’il a rendus Soc-°Me sava't1311^6’ aucun de ses compatriotes n’a songé encore à les rappeler 8avante- f *n?ustr‘el Par une notice biographique. C’est à peine si les Alignes •'S.onî; 11 fut un des membres les plus instruits, ont consacré sa mcmoire! J’essaierai plus tard de réparer ce regrettable oubli.
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- 372 QUARANTE-HUITIÈME LEÇON.
- simple entre les degrés qu’ils indiquent et la pesanteur spécifique des liquides ou la quantité d’alcool qu’ils renferment. Gay-Lussac, en 1824, a doté le commerce d’un instrument précieux, connu sous le nom d'alcoomètre centésimal, dont les indications, faciles à constater, permettent de déterminer immédiatement la valeur relative des divers mélangés, en faisant connaître les quantités d’alcool auxquelles elles correspondent. C’est, quant à la forme, un aréomètre ordinaire (fig. 452). Cet instrumenta été gradué à la température de 15° centigrades (12° Réaumujj-son échelle est divisée en 100 parties qui constituent K* degrés. Ces degrés ne sont point égaux en longueur, niais ils sont tels, que le nombre qui exprime le degré expnm® aussi, en centièmes, la quantité d’alcool contenue dans liquide. Ainsi, le trait le plus bas porte 0°, et correspmu à l’eau pure ; le trait le plus élevé porte le nombre 10 correspond à l’alcool absolu. Si l’instrument, pj01^ dans un liquide spiritueux, s’enfonçait jusqu’au 00"1 gré, cela indiquerait que ce liquide contient 60 vom*1 d’alcool pur et 40 d’eau. II est facile de voir qu’à
- éde cet instrument on peut savoir immédiatemen quantité d’alcool contenue dans un volume connu (
- Fif 152 ^du'c^e spiritueux. En effet, il suffira pour cela de m 1 ' plier le nombre qui exprime le volume du mélanget\ celui qui exprime le degré ou les centièmes d’alcool. -350 litres d’un alcool marquant 60° centésimaux contiendron
- 350 X 0,60 = 210 litres d’alcool absolu.
- ainsi
- Cette connaissance s’acquiert immédiatement et, p°ur ‘ ^ dire, à la seule inspection de l’instrument. On conçoit» d ^ cela, l’immense avantage qu’il présente sur les autres pèse-bq ^ ^ L’Administration des Contributions indirectes et l’Octroi |,
- adopté l’emploi. Il ne faut cependant pas perdre de vue q j|
- coomètre ayant été gradué à la température de 45° cenügraajt y aurait une correction à faire subir aux résultats, si l’°n ‘cA0(j5 à une température différente; mais une table calculée P01 jp]. les degrés de température depuis 0° jusqu’à 30° fait connal.cj,essfi médiatement la force réelle d’un alcool quelconque et sa ^ en alcool absolu, telle qu’elle serait à la température de 1 • ^ très tables indiquent aussi le rapport qu’il y a entre leS centésimaux et ceux de Cartier (1).
- (1) On trouvera ces tables clans le travail que Gay-Lussac a fait imp titre (le: Instruction pour l’usage de l'alcoomètre centésimal et c^ ^, l'accompagnent (chez Collardeau, à Paris, faubourg Saint-Martin, n
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- DES ŒUFS ET DE L ALBUMINE.
- ^roici une table qui indique les titres des alcools du commerce :
- Eau-de-vie faible.............
- Eau-de-vie ordinaire, preuve de Hollande (1)...............
- Eau de-vie forte..............
- Esprit trois-cinq..........
- Esprit trois-six ou alcool du
- commerce....................
- Esprit trois-sept.............
- Esprit rectifié...............
- Esprit trois-huil.............
- Alcool à 40°..................
- Alcool absolu.................
- ARÉOMÈTRE de CARTIER. ALCOOMÈTRE CENTÉSIMAL de GAY-LUSSAC. DENSITÉS.
- 16°,0 37°,9 0,957
- 17,0 42,5 0,949
- 18,0 46,5 0,943
- 19,0 50,1 0,936
- 20,0 53,4 0,930
- 21,0 56,5 0,924
- 22,0 59,2 0,918
- 29,0 78,0 0,869
- 33,0 85,1 0,851
- 33,0 88,5 0,840
- 36,0 90,2 0,835
- 37,3 92,5 0,826
- 40,0 95,9 0,814
- 44,19 100,0 0,794
- § 3. Des substances animales alimentaires.
- fcufe5 empruntés au règne animal sont surtout : les
- Itères ^es c^a*rs ou Mandes. L’importance de ces ma-
- aPpren Un usage si général, exige, Messieurs, que je vous tnac les points les plus essentiels de leur étude chimique.
- DES ŒUFS ET DE L’ALBUMINE.
- C? Csl *a Partie organique qui renferme le germe des ani-utniés, pour cette raison, ovipares. L’œuf des oiseaux,
- 1 '°rsqijÿn'^a*l }aa'.s l’eau-de-vie comme étant de bon aloi et au titre convena-n'ei't rempli ^ avoir fortement dans un vase qui n’en était pas entière-
- E*1' un cerclé6 ° perle ou ce qu’on nommait aussi le chapelet, formé
- .'ai°i interne d"°n *nteriomPu de petites bulles qui venaient se ranger contre la ^ ®e<fe //0//;;;ise’ à la surface du liquide. C’était ce qu’on appelait alors la
- recours, dans le commerce, à l’épreuve de la poudre,
- tondu
- ni . ecqnvre ,.alesuh.ats erronés. On place delà poudre à canon dans une cuiller, ( ajdë ^°rsque ,eau"c*e‘v*e et on y met le feu. On dit que l’eau-de-vie est de bonne t;,,i lé d’enn_,i„ ‘Hdammation se communique à la poudre. Mais, avec la même
- reste
- ^ iiiettronV '6’ on Peut faire réussir ou manquer cette expérience : en effet,
- dtibibée d’ eau'de-vie sur la poudre, celle-ci ne s’enflamme pas, parce qu’elle COn,U.ne tl0P grande quantité d’eau, résidu de la combustion de l’al-aue, °n en met très-peu, il y a combustion immédiate de la poudre.
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- >74
- QUARANTE—HUITIÈME LEÇON.
- pourvu d’une enveloppe terreuse et dure, est plus souvent employé comme aliment par l’homme, et mieux connu que l’ceut des reptiles et des amphibies, dont l’enveloppe extérieure est forhiee par une peau tenace. Dans la plus grande partie de l’Europe, c’est l’œuf de la poule qui est en usage, à l’exclusion de presque tous les autres (1). II se compose d’au moins quatre parties us tincles, savoir : ^
- •1° D’une coquille formée, d’après Vauquelin, de carbonate * 1 * chaux, qui en fait la majeure partie, de phosphate de chaux, ^ carbonate de magnésie, d’oxyde de fer, et d’une matière anima > probablement de nature albumineuse, qui sert de liant à ces si stances terreuses; cette matière organique contient du soU^j c’est là ce qui explique le dégagement d’hydrogène sulfuré (Iu‘ on traite par les acides les coquilles d’œufs qui ont été calcine ^ 2° D’une membrane ou pellicule collée à la surface intérieur6 * * * * la coquille, et qui la sépare des autres parties qu’elle ren'er. Cette membrane se rapproche par sa composition éléflien^ d’après M. Scheerer, du tissu corné et de la laine. On lui acc° ^ jadis de grandes vertus. On la croyait propre, par exemple* e f rir la fièvre intermittente, surtout lorsqu’elle était apphqlly' fV le bout du petit doigt, au commencement des accès. bc f assure sérieusement que cette application détermine une d ^ cuisante, et cette opinion extravagante est encore très-rép*1 dans la société ; , jnCe;
- 3° Du blanc formé par des cellules lâches à parois très-et transparentes, pleines d’un liquide glaireux, d’un bl>n dâtre et fade, composé, en moyenne, de :
- Eau................................................
- Principe azoté, nommé albumine.....................
- Membranes avec corpuscules organiques, traces de matière sucrée (glucose et lactine) et de margarine,
- carbonate, oléate et margarate de soude.........
- Sels minéraux, notamment chlorure de sodium avec traces de phosphate de chaux......................
- 86,31
- 12,50
- 0,3°
- O,®*3 * *
- H ’(Euf= 0" r
- (1) La consommation de Paris, en 1853, a été de 174 millions u ^ S11",
- 17 œufs par kilogramme, représentent un poids de 10,235,294 0°n'ue|Iel11^
- d'œufs valant en moyenne 50 francs, on voit que la capitale dépense ai ^
- 8,700,000 fr. pour ce seul article d’alimentation. Comme on est as*e ^59, J
- pour évaluer la consommation de Paris, dans ses anciennes limite*» g én0l"f
- trentième de la consommation totale de la France, on arrive au c 1 ue
- de 5 milliards d’œufs produits par 100 millions de poules, en admettan ^ ce ^
- poule commune pond, en moyenne, 50 œufs par an pendant cinq d teIjt u0e a
- parait être exact. Or, 5 milliards d’œufs à 50 francs le mille represi^ ajoU,L^ :,
- leur annuelle de 250 millions de francs pour la France entière. H cO0]e
- ces chiffres, pour avoir une idée approximative de l’importance
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- DES ŒUFS ET DE LALBUMINE. 375
- ^albumine du blanc d’œuf conlient du soufre au nombre de ses e ements, comme vous le verrez bientôt. Voilà ce qui explique la couleur, noire que prennent les vases d’argent dans lesquels on ait Cl”re les œufs, et l’odeur d’hydrogène sulfuré qu’ils répandent 'luand on les garde pendant quelque temps ; et^ 1aune- matlère de consistance épaisse, d’une saveur douce huileuse, composée, d’après M. Gobley, de toutes les sub-lances suivantes :
- ^a'1................................................ 51,486
- Substance azotée, distincte de l’albumine et nommée
- vitelline......................................... 15,760
- Matières grasses (margarine, oléine, acides oléique et margarique, cholestérine ou matière grasse de la bile). 28,968
- Autres matières organiques azotées, matières colorantes rouge et jaune........................... 1,253
- C1de phosphorique uni à la glycérine.............. 1,200
- e<^ minéraux (phosphates de chaux et de magnésie, chlorures-de sodium et de potassium, sel ammo-
- uiac, sulfate de potasse)......................... 1,333
- C1de lactique et fer................................ traces.
- 100,000
- Go
- le la S°nl, c*onc SUI‘tout les matières grasses qui dominent dans SaponU|C ^ C est a ^eiir P^sence qu’il doit la propriété d’étre durcir1C ^ar ^es alcalis ; c’est à la vitelline qu’il doit celle de se siVe Par chaleur et de former avec l’eau une liqueur émul-l’eau]ui Peut servir d’intermède pour tenir en suspension dans
- EnpC carnPllrej les huiles et les résines. lioa *n’ 0ulre ces parties, on remarque encore dans l’œuf des {l’ann.ClltS aPPelés glaires, et la cicatricule, qui n’ont été l’objet
- p,^Une recherche.
- (! ®ufde Pou^8 nouvellement pondu pèse entier, en moyenne,
- La coquille pèse............... 8,0
- Leblanc....................... 41,3
- Le jaune....................... 19,9
- Yo
- renies \°a.eZ’ ^.essleurs, par ce qui précède, que l’œuf contenant Sables rïlat'cres azotées, grasses et salines, qui sont indispen-esseutieli1 ^0rmalÂ0n des tissus et du sang, doit être un aliment a Suftisan<u^ent c’est ce (îue l’expérience journalière vous
- ^èToèuf~ !------------------------------------------—----------------
- valanton a exP°rté, principalement en Angleterre, 11,339,784 kil. de ia _ ’*>°40,752 francs, et qu’on en a importé de l’Allemagne, de la Bel-k'a‘daigne et de la Prusse 2,225,323 kilogr. valant 2,447,855 francs.
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- 376 QUARANTE-HUITIÈME LEÇON.
- l)e tous les principes constitutifs de l’œuf, le plus intéressant a connaître, c’est celui dont j’ai déjà parlé plusieurs fois sous le nom d’albumine. Ce mot dérive d’»albumen, par lequel les Latins désignaient le liquide glaireux ou blanc de l’œuf.
- Vous savez déjà, par nos leçons antérieures, que cette matière azotée existe dans les graines des céréales, dans les semences des légumineuses et, en général, dans toutes celles qui, broyées ave^ de l’eau, rendent le liquide lactescent et produisent des émulsions, les graines oléagineuses sont surtout dans ce cas. On la tr°uU encore dans tous les sucs végétaux où .la chaleur détermine an coagulum.
- Mais c’est principalement dans les diverses parties, solides011 liquides, de l’économie animale, qu’on la rencontre en plus gr3*1 quantité. On peut dire qu’il n’y a pas d’organe, pas de pi'°°l sécrété et excrété qui n’en renferment. ^
- Nous ne connaissons pas, toutefois, l’albumine pure, car» quelque substance qu’on la retire, elle est toujours mêlée a _ sels ou à d’autres matières étrangères. L’albumine de l’œuf, u ‘ la moins impure, est celle que l’on peut choisir pour faire 1011 de ses propriétés. C’est ce que je vais faire;
- L’albumine est plus ou moins visqueuse et fdante; elle 1°° beaucoup par l’agitation; elle se dissout très-facilement dans ‘ froide, abstraction faite du réseau cellulaire, qu’on peut sep* parle filtre. Cette dissolution, qui conserve une teinté opam ^ qui verdit le sirop de violette, à cause de la petite quanti soude qu’elle contient, est troublée par le chlore, l’esprit-a _ les acides forts, le tannin, qui coagulent et précipitent l’alDu Le précipité produit par l’acide azotique avec cette dei ^ ^ substance est tellement insoluble, que cet acide déternu trouble sensible dans une liqueur qui n’en contient traces. Les acides acétique et phosphorique sont, pourams1 les seuls qui ne la précipitent pas. juj fait
- L’acide chlorhydrique versé en excès sur l’albumine ^ acquérir, au bout de quelque temps, une teinte bleue très-1.11 qui persiste pendant plusieurs mois, mais qui, à la ^°nfSÊ’refonce et noircit. Malheureusement, ce caractère si tranen f, trouve dans d’autres substances azotées, en sorte qu’il ne P vir, à lui seul, à la distinguer des autres matières animales^ Tous les sels métalliques forment, avec l’albumine posés insolubles, dans lesquels elle joue le rôle d’un voilà pourquoi elle trouble toutes les dissolutions métaUm ^ c0n-
- des - -
- acide»
- ont tl°s
- quatre dernières sections. Les précipités, dans ce cas leurs différentes, mais ils sont floconneux; ce sont tiquere nates, qu’un léger excès d’albumine ou de potasse caus à1111 dissout. Avec le sulfate de cuivre, l’albumine donne
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- DE L’ALBUMINE.
- 377
- P^cipité verdâtre que la potasse redissout en colorant la liqueur enbeau violet. C’est alors un véritable sel double, trcs-stable, qui résisté à l’évaporation, et dont on tirera sans doute parti dans la Peinture.
- Cest en raison de cette action remarquable qu’on fait usage, ?Vec un grand succès, des blancs d’œufs délayés dans l’eau pour e traitement des empoisonnements produits par les sels métal-lfIues, et spécialement par les sels de cuivre et de mercure, à fdllse du l’innocuité des composés insolubles qui se forment. C’est Umla qu’on doit d’avoir pleinement démontré celte vérité, confirmée, le 25 février 1825, d’une manière éclatante, par l’acci-1 nt arrivé au célèbre professeur Thénard, qui, ayant bu par prise une dissolution de chloride de mercure (sublimé corrosif),
- ,(U son prompt rétablissement â des blancs d’œufs qu’il avala ‘ ussitôt qu’il eut reconnu sa fatale erreur.
- Ci ‘uuumine est un réactif si sensible pour le chloride de mer-*3 Çü'elle forme un trouble apparent dans un liquide qui ne Ce lenî‘ 3ue c*n<ï dix-millièmes de ce composé mercuriel. Mais lr ?^CIP^é se dissout très-bien dans l’eau salée; aussi, dans le jj, ^lllent de l’empoisonnement par le sublimé corrosif au vôn °U (*U ^anc d’œuf délayé dans l’eau, il faut provoquer le c lssenaent le plus tôt possible, pour éviter qu’une partie du dise Lf6’ formé par l’antidote, ne reste dissous dans les organes tUe]s 1 s a la faveur du sel marin contenu dans les aliments habi-
- p^i-Hquide, desséchée spontanément à l’air, à la tem-Paàs f6 orcflnaÎBe, devient vitreuse, transparente et jaunâtre. bjqUeCp elle a beaucoup de rapports avec la gomme ara-ttiéme T • Se rec^SS0ut dans l’eau avec facilité et reproduit le düeon 1C^U'(^e glaireux. Cette dissolution très-rapprochée,*éten-minces sur des surfaces, forme un vernis brillant, le$boi emPl°yé pour lustrer la reliure des livres, les tableaux, pour f ries? e*'c> ^es indienneurs en font aussi un fréquent usage ^Posera at^®rer aux tissus les couleurs insolubles qu’ils y su-
- l^merciai m>C vitreuse>en petites écailles jaunâtres, est maintenant un produit f Peu Profôn!10n en desséchant le blanc glaireux dans des vases larges
- J'arnère qUe ,s au~dessous desquels on fait circuler de la vapeur d’eau, mais de (I de 1855 f temPélatui'e ne dépasse pas 50 à 55°. A l’exposition univer-e tnii„„. . >1 y avait de très-beaux échantillons de ce produit. Les fabriques
- l2fr-chacunUtiS ÜAISace en consomment dniiuui^..,v...........
- Leelte matièrpepSe.ntent une valeur de 1,500,000 fr. En raison du prix élevé !l!Vrès'facilp1?’ l idée estyenue de retirer l’albumine du sérum du sang. Il n’est ‘-ontire v * e décolorer ce liquide ; cependant MM. Rohart, Boyer et Pillans, ’ * Sont parvenus.
- : ^ 1855~ iT lcllJPeiaiuie ne uepussc pu ----- ,
- îoiles peijj,1 ',.,avait de très-beaux échantillons de ce produit. Les fabriques r'c'iacun ?iAlsace en consomment annuellement 125,000 kilogr., qui, à .— j- < ton nnn fr F,n raison du prix élevé
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- QUARANTE-HUITIÈME LEÇON.
- Tandis que, desséchée, l’albumine se conserve indéfiniment fin vases clos, liquide, elle se putréfie promptement, et d’autant plus vile qu’elle est plus étendue d’eau; elle répand alors une odeur infecte d’hydrogène sulfuré. C’est l’odeur qu’exhalent les œufs gâtés ou anciennement pondus. M. Mosselman a trouvé le moyen de conserver parfaitement le blanc de l’œuf à l’état glaireux, en y ajoutant o p. 100 de son poids de sulfite neutre de soude.
- . Lorsqu’on l’expose à l’action de la chaleur, elle répand une odeur particulière, et se coagule, comme on le dit habiluellemen1, c’est-à-dire qu’elle se prend en une masse solide, blanche d opaque, qui n’est plus soluble dans l’eau. Cet effet, qui se produit à la température de -{- 60 à 7o°, à l’abri comme au contact de la"'
- est uniquement dû à la grande cohésion que prennent ses
- molé-
- cules par l’action de la chaleur. Cette coagulation n’a pjLlst 11,1 quand l’albumine est dissoute dans une grande quantité cl eam probablement à cause de l’éloignement considérable de ses m° cules. Celte circonstance permet d’expliquer pourquoi les® conservés depuis quelque temps cuisent plus promptement l les œufs récemment pondus. C’est que, dans les prenne1’-’’^ blanc a perdu, par l’évaporation à travers la coquille, une p' de l’eau qui tient l’albumine en dissolution; et, en effet, 0,1 • marque toujours dans ces œufs un vide plus ou moins gran n’existe pas dans les œufs frais. . ,r<
- Cette albumine coagulée ne se dissout que dans les nfiu^ alcalines. Elle n'a plus aucune des propriétés distinctives ^ bumine liquide. Dans les arts, on met à profit, à chaque ms la propriété que celle-ci possède de se coaguler, pour clan1 ^ dissolutions salines ou sucrées, et autres liqueurs tr.oub des matières en suspension. En effet, si Ton verse dans ces 11 ^ bouillants une certaine quantité de blanc d’œuf, il f°rnl,ej^ ^r-coagulant, une espèce de réseau qui réunit et entraîne a -t face les particules étrangères sous forme d’une écume q111 par le refroidissement. Il sert aussi à froid, et par le môme . nisme, pour clarifier les vins, les vinaigres, les liqueurs a ce; C’est alors le tannin, l’alcool ou les acides libres, existant i0j divers liquides, qui font office de corps coagulant- -«
- nomme poudre clarifiante pour les vins, est un mélange animal et d’albumine desséchée.
- de ctam fouet'
- Chez les pharmaciens, on se sert aussi de l'albumine ïal< et réduite en mousse, pour donner de la blancheur et ufjo"e reté aux pâtes de guimauve et de réglisse. Le blanc/ de aussi un très-grand rôle dans la confection des P^lSScjrage>el licates, des meringues, etc. Il donne du luisant au dans les laboratoires on l’emploie pour faire, avec 1<1 c lut très-siccatif.
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- DU LAIT.
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- Quelle que soit son origine, l’albumine offre toujours la même Proposition. C’est ce que vous allez voir en lisant les résultats suivants, dus à MM. Dumas et Cahours :
- albumine.
- --unU ............. 1
- Üu jaune de l'œuf ou vi-,
- telline..............’
- bc la farine............ • 1
- bes semences légumi- ^ neuses ou légumine... ) bes amandes douces ou ) amandine..................
- CARBONE. HYDROGÈNE. AZOTE. OXYGÈNE avec PHOSPHORE ET SOUFRE.
- 53,40 7,20 15,70 23,70
- 53,32 7,29 15,70 23,69
- 53,37 7,00 15,77 23,76
- 51,60 7,22 15,02 26,16
- 53,74 7,11 15,66 23,50
- 50,53 6,91 18,15 24,41
- 50,90 6,72 18,93 23,41
- c 11^ ^gumine & été longtemps confondue avec l’albumine. Comme thepe'C' e^e es^ soluble dans l’eau, insoluble dans l’alcool et l’é-(jjlj,,’ COagulable par la chaleur, précipitable par les acides; elle en pl Lre Parce qu’elle est précipitée par les acides acétique et ex . P“°ïiqiae ; le précipité est soluble dans les alcalis et dans un Les d’acide acétique.
- QUARANTE-NEUVIÈME leçon.
- h|,S 01|GANES EMPLOYÉS DANS L’ALIMENTATION. (Suite.)
- So,|maihe __ r,
- lait. o'cid UU ait‘ — Étude spéciale du lait de vache. — Sérum; sucre de Cl( c lactique. — Caséine ; crème ; beurre et fromages; acide butyrique.
- rerses espèces de lait. — Falsifications du lait dans les grandes
- «ïï,?oresï™
- fnuscles ns*ruments pour les découvrir. — De la chair des animaux ou des • — b ibrine. — De la préparation du bouillon et théorie du pot-au-feu.
- I)U LAIT.
- liment SeTIïla^n^enant â l’élude d’un liquide très-précieux comme UUpUiai e vcu-x parler du lait, fluide sécrété par les glandes ^mir GS ^cs Mutuelles des animaux connus sous le nom de n°urrjr | GS’ ^ es*; destiné, comme vous le savez, Messieurs, à Wr naic,UlS I)elits : aussi sa formation a-t-elle lieu un peu avant
- “ussance.
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- 380 QUARANTE-NEUVIÈME LEÇON.
- Blanc, opaque, d’une légère odeur particulière, d’une saveur sucrée et agréable, un peu plus pesant que l’eau, rougissant presque toujours, mais très-faiblement, les couleurs bleues végétales, le lait offre des différences souvent assez tranchées, non-seulement pour chaque espèce d’animal, mais aussi p_olir chaque individu, à raison des climats, des saisons, de l’exercice, du genre d’alimentation, et d’une foule d’autres circonstances susceptibles d’exercer quelque influence sur le physique ou moral de l’animal. On sait que le chagrin, la colère, la Peur’ le saisissement, en tarissent subitement le cours; que I 0(lcl
- acre des alliacées et des crucifères, l’amertume de l’absint e, l’âcreté de la tithymale et de lagraliole, le parfum des fleurs pa-sent dans ce liquide; que les gousses de pois verts lui donnen goût particulier et le rendent moins coagulable ; enfin, que taines matières tinctoriales, telles que la garance, l’indig0? safran peuvent en modifier la teinte. j
- C’est surtout le lait de la vache qui a été l’objet du plus gr‘V, nombre d’observations de la part des chimistes; aussi e_s mieux connu que les autres. C’est donc lui que je vais exair d’abord. ]ieU
- Vous n’ignorez pas que le lait, abandonné au repos dans ui frais et tranquille, au contact de l’air, se couvre bientôt couche jaunâtre, onctueuse et épaisse, connue vulgairement ^ le nom de crème. Celle-ci séparée, il reste un liquide d’un bleuâtre, plus dense et moins consistant; c’est ce qu’on app le lait écrémé. , ny
- Si l’on chauffe celui-ci à une température de 40 à 50°, et fl ,’ ajoute un peu dcprésure, c’est-à-dire de la membrane *nlel .ain l’estomac du veau, ou si on le laisse en repos pendant un çel temps, on verra se produire, au sein du liquide, un coagm ^ plus en plus considérable, blanc, opaque et solide, elle U restant sera devenu transparent et jaunâtre. , je
- Le coagulum est connu sous les noms de caillé, decase1 ^ matière caséeuse, de caséine ; le liquide jaunâtre porte c sérum et de petit-lait. ej|e
- Voici donc trois corps bien distincts : la crème, la caseine ^ sérum, qu’on parvient à séparer du même fluide par des r ^ presque naturels. Examinons chacun d’eux en particulier) dans l’ordre inverse où je viens de les nommer.
- Le sérum ou tetit-lait, qui fait environ les 9/10 jp
- lai'
- disse
- écrémé, peut être considéré comme de l’eau tenant en - . ^5 tion des sels (chlorures de sodium et de potassium, P 1 de potasse, de soude, de chaux, de magnésie, de fer, d la
- udej)
- nèse, sulfate de potasse, laclates de potasse et de so
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- DU LAIT.
- 381
- lactine, un peu d’albumine et de caséine soluble, enfin des traces acide lactique.
- Ce liquide est tantôt alcalin, tantôt acide; cette acidité aug-mente, par son repos au contact de l’air, jusqu’à une certaine époque, et, si on le distille alors, on en retire une quantité très-sensible de vinaigre. Si on l’évapore avec précaution jusqu’en consistance sirupeuse, et qu’on abandonne le résidu à un refroidissement très-lent, il s’en dépose, avec le temps, des cristaux lrréguliers d’un jaune brun. Ces cristaux, purifiés et blanchis par Plusieurs dissolutions et cristallisations successives, sont des prises à quatre pans, terminés par des som-quatre faces (fig. -453). Ils consti-ueûtla/ac^'neou lactose des chimistes, ou e$!<cre de lait du commerce, C24H24024,
- ^°nt je vous ai déjà parlé en traitant des joores. C’est un Italien, Fabricius Barto-l'qui le premier en fit mention, en ^ S0us nom de manne ou nitre du lait. Il paraît cependant que les jjj 'mânes de l’Inde savaient le préparer oea longtemps avant cette époque, au ^Pport de Kempfer, cité par Haller.
- SuistraC^0n Ce Pr4nC4Pe a ^eu ea
- Ce
- Fig. 453.
- coIjln?U.1 caractérise la lactine, c’est que, mucioy CS ^0mmes’ eHe fournit de l'acide ^ibles^IaU rn°yen de l’acide azotique; que les acides minéraux n°nit^/a C0nvei’tissent, par l’ébullition, en un glucose spécial, bupiin -h 'UCQSe lact*Que>' et que, sous l’influence des matières al-^idelacF °U ^6S memf*ranes animales» elle se transforme en
- '°ngcain GC sucre de lait que, du temps de Napoléon Ier, on al-e$tfacj| eassonnades, alors d’un prix fort élevé. Cette fraude dissom ? ' Ie.connaîlre au moyen de l’alcool à 83° bouillant, qui Qu^nt^’kien le sucre de canne, et nullement la lactine. la cornu a.\acide lactique, découvert en 1780 par Schèele, et dont Plupart^Ul0n est représentée par C12H10O10,2HO, il existe dans la chair CS ^fluides animaux (sang, urine, suc gastrique), dans la e^réQie fSClî^re> dans le jaune de l’œuf. Il se produit avec une de l;i qe ac.d'té par les métamorphoses du sucre, de la gomme, V *nne, de l’amidon, de la lactine sous l’influence d’un étique r Cpla^ clueM. Pasteur a découvert et qu’il nomme levure C°Urts, ; e, erment est composé de globules ou d’articles très-^ la’iev.0, s 011 en amas, beaucoup plus petits que ceux Ule de bière; il n’en faut qu’une quantité infinitési-
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- 382 QUARANTE-NEUVIÈME LEÇON.
- male pour transformer un poids considérable de sucre en acide lactique ; mais pour que celte espèce de fermentation, dite/''-rnentation lactique, marche bien, il est indispensable que le sucre soit en présence de matières azotées : caséum, gluten, albumine, fibrine, membranes animales, etc., à la température det* à 35° et que le milieu soit constamment neutre.
- On réalise facilement cette condition, en opérant de la nu nière suivante : on dissout 1 kilog. de mélasse dans 4 blie‘ t/2 d’eau bouillante, on ajoute 500 gram. de craie et une ceo taine de grammes de caillé de lait déjà un peu ancien, on ® lange bien le tout et on abandonne dans une étuve chau ^ à 30 ou 35°; de temps en temps, on agite avec un bâton P° faciliter l’aclion de la craie sur l’acide lactique qui se Pr0_^ de l’acide carbonique pur ou mêlé d’hydrogène se dégage? ^ bout de 10 à 15 jours, la masse devient presque entièremen-lide par la formation de lactale de chaux grenu, et toute lrace 1 sucre a disparu. , .c.
- Le rôle de la craie est fort simple; c’est de saturer racine ^ tique au fur et à mesure de son apparition ; quant à celui du ca ou de la matière azotée, c’est de servir d’aliment aux globu e la -levure lactique et de contribuer à leur développemen, , cette levûre est, comme la levure de bière, un véritable v o j microscopique qui apparaît et se propage dans les milieux <ïu* sont favorables. Quant à la conversion du sucre interverti en <
- lactique, elle est facile à concevoir, puisque ce dernier a
- la nmnie
- composition que le sucre, G12H100l0>2HO, et qu’il n’en par un autre groupement moléculaire.
- diffère que
- simp1'
- Mais la fermentation lactique n’est pas toutefois aussi qu’elle le paraît au premier abord, puisqu’il se dégage de1 ). g gène et qu’il y a toujours une production d’acide bu) (C8H804), qu’on retrouve à l’état de bulyrate mêlé au Iactate-^j Quoi qu’il en soit, lorsqu’on veut isoler l’acide laetique r procréé, on traite le produit solide de l’opération précédé l’eau bouillante, à plusieurs reprises; on dissout Ie. aC gn le chaux qu’on fait cristalliser plusieurs fois pour le purifie1, j traitant ensuite par de l’acide sulfurique faible alcoolisé, 011, ^ l'acide lactique libre, en formant du sulfate de chaux ms ^e(jc On filtre et on fait bouillir la liqueur acide avec du carbo ^ zinc jusqu’à neutralisation ; le laclate de zinc cristallise Par et froidissement ; on le purifie par une seconde cristallis^.^u-pour en extraire l’acide lactique, on fait passer dans sa tion un courant d’hydrogène sulfuré- y#*
- 11 se présente sous la forme d’un sirop incolore, in°c10 ^ ^ sapide, miscible à l’eau et à l’alcool en toutes proportion5, duit en général des sels très-solubles dont beaucoup s0‘
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- DU LA.1T. 383
- Mstallisables. — Le lactate de fer joue, depuis 1840, un rôle 1IÛPorlant dans le traitement de la chlorose.
- La caséine, reconnaissable à son apparence de grumeaux blancs, tsL quand elle est tout à fait pure, un principe immédiat qui a beaucoup d’analogie avec l’albumine coagulée. Elle est insipide, inodore, insoluble dans l’eau, mais soluble dans les alcalis et dans '^acides faibles. Elle est très-riche en azote, et par conséquent très-altérable au contact de l’air.
- An retrouve dans le sang de bœuf et de brebis, dans le sang de quelques individus malades, dans le gluten des céréales, une sub-dance que M. Dumas confond, par ses propriétés et sa cumpo-'ü°n, avec la caséine du lait. Voici la composition élémentaire
- (les dive
- rses variétés de caséine, d’après MM. Dumas et Cahours :
- Carbone.... Hydrogène.., Azote......
- çXygène..*’ Soufre....
- Bosphore ! !
- CASÉINE DU LAIT DE VACHE CASÉINE DU SANG CASÉINE DU GLUTEN
- 53,50 53,75 53,46
- 7,05 7,09 7,13
- 15,77 15,87 10,04
- 23,08 23,29 23,37
- O O 'o O 100,00 100,00
- subsi exacLement la composition de l’albumine; aussi les deux Laances sont-elles isomériques.
- l0lls < as^Jne est une substance très-nutritive, qui fait la base de qnaiit^s. bornages et qui constitue presque entièrement ceux de avec le !“férieure- Les fromages gras et onctueux sont préparés et dont T'1 0,011 qu’on coagule au moyen de la présure,
- impPé a Cfdllé, mélange de beurre et de caséine plus ou moins Se,^éà 1 f*e s^rum’ esL nais à égoutter sur des claies, salé et con-deur en cavejusqu’à ce qu’il ait acquis, par la fermentation, l’o-Lesfr a saveur propres à chaque qualité de fromage.
- Pas de ,Jlïlages préparés avec le lait écrémé ne renferment presque ellaissaTr1Te; on ^es obtient en comprimant fortement, salant Peu ^ ' 1 ;ernienter, à la cave, la matière caséeuse, qui devient La $av blunàtre, demi-transparente et sèche.
- ^es selseUl puante des fromages est due, en grande partie, à Mse et surtout à une huile jaune, très-àcre,
- Ult Pondant la fermentation.
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- 384
- 34 QUARANTE-NEUVIÈME LEÇON.
- En vieillissant, il en est beaucoup qui acquièrent des qualités
- vénéneuses et qui produisent de véritables empoisonnements, a la manière des viandes fumées et corrompues (1).
- La caséine formant avec la chaux un composé insoluble et imputrescible, on a mis cette propriété à profit pour employer le lait caillé dans la peinture en détrempe, pour préparer des mastic1' susceptibles de recevoir toute espèce de peinture ou d’impression, pour remplacer l’albumine dans l’application des couleurs sur les toiles, et pour coller ou souder les feuilles de bois avec lesquelles on fabrique les planches d’impression. — La dissolution de la caséine dans l’eau saturée de borax, possède une force agglutinative supérieure à la gomme, et elle peut remplace' avantageusement la colle-forte pour tous les ouvrages d en nisterie. En incorporant à la caséine 6 parties de magnesi calcinée et 1 d’oxyde de zinc, M. Wagner a obtenu, par la ces siccation de ce mélange, une matière d’une éclatante blancheur, fort dure, susceptible d’être taillée et polie, qui imite à s y n'C prendre le silicate de magnésie naturel qu’on appelle écume mer. On peut donc fabriquer à bon marché les fameuses p1!'0 orientales.
- La crème est une substance de couleur jaune, dont la c0llSI^ tance augmente graduellement par l’exposition à l’air ; au ^ de quelques jours, elle est si épaisse qu’on peut renverser le^ qui la contient, sans qu’elle se déplace. En moins de huit a jours, elle moisit à la surface, perd sa saveur douce et onctu et acquiert celle d’un fromage gras. C'est là le procédé simple qu’on emploie pour faire les fromages ci la crème. . je
- La crème est d’autant plus abondante dans le lait que ce h(I est de meilleure qualité. On a remarqué que, par un temp5 rage, elle se sépare du lait en moins de douze heures. , jj0tt
- Exposée à une température de 20 à 25°, et soumise à 1 a§‘‘ ja dans un vase approprié, dans une baratte ou serène [fi9- ^ ^ crème perd peu à peu de son onctuosité ; il s’y forme f ”[re meaux solides, opaques et jaunâtres qui s’agglofflèren ^ eux : c’est le beurre. La portion, qui ne se concrète pas’ ena proche, par les caractères extérieurs, du lait écrémé; e
- et les 6®^
- étaient un mets très-recherché chez les Romains® _ vecIe
- ,1 Al____' i _ î i.___i* 1; i____________f«trûlir : c _ rflll
- pt les
- mets très-recherché chez les Romains e ^\e s étaient particulièrement en faveur (|u!
- lois; ceux de Nîmes et des Alpes étaient particulièrement en faveur > eSjj0n if fromage des Alpes que l’empereur Antonin de Pise se donna une i , °jeSplante’ lui coûta la vie. Dans les Gaules, on exposait les fromages la fume® ^ce, 0" aromatiques pour leur communiquer un goût particulier. A Rome et e eI)]jèr
- frpmnnit Ipo vionv frnmnofPfi rlnnc rln vinainrro nmir laur
- îuia , ccua. uc îAiiiica cl uca i^ipco ciment peu ucunci oincnt en a**»-'- d'frPâU^1 •
- fromage des Alpes que l’empereur Antonin de Pise se donna une * . *jeg pla^3 lui coûta la vie. Dans les Gaules, on exposait les fromages à la fumee
- trempait les vieux fromages dans du vinaigre pour leur restituer saveur. (Pline, Histoire naturelle, XI, 42.)
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- DU LAIT
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- la fluidité et la demi-transparence; elle consiste en sérum tenant en suspension intime de la caséine et un peu de beurre; on l’ap-Pelle lait de beurre ou babeurre.
- Firj. 454.
- ^ a trouvé une crème d’une densité de 1,024, compo-
- Beurre., Caséine, Sérum.,
- 45
- 35
- 920
- 1,000
- analyse a donné pour la composition du lait de bew t e.
- Caséine et sels insolubles... ^4,1
- Beurre.......................
- Lactine et sels solubles......... ^,4
- Eau............................ 896,7
- ^•'me
- i000,0
- Wre*0 nioy®n> ü faut 28 litres de lait pour obtenir 1 kilogr. de env*ron ju ^ Sr- Par lilre» et une bonne vache donne lorsdue )\ de beurre par an.
- dM;iitcieye beurre est bien formé dans la baratte, on le sépare ^l'^ant • Gur^e ïn’il renferme, en le lavant à grande eau et le IT lUS(lu’à ce qu’il ne la blanchisse plus sensiblement. On le
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- livre alors au commerce. Il renferme, dans cet état, en moyenne'
- Beurre pur................ 77,5
- Caséine.................... 1,0
- Sérum..................... 20,9
- 100,0
- Le sérum et la caséine, interposés dans le beurre, contribue'* 1 2 à lui donner cette saveur délicate et ce goût frais qu’on aime ta' à y retrouver. Malheureusement ces substances le font rancir tu1' vite, surtout en été. On est donc obligé de le saler ou de lefon' 1 pour le conserver.
- On pratique la fusion du beurre en grand à une tempera élevée, ce qui lui communique une saveur désagréable et a , Il est préférable de le fondre à une chaleur de 90 à 100°, (C^ maintenir liquide pendant assez de temps pour permettre à la séine et au sérum de se déposer, et de le décanter ensuite ^ des vases propres et secs, de peu de capacité et à petits fîces. On obtient ainsi un produit aussi bon que le beurre pour la préparation des aliments (1). . lU
- Quant à la salaison, on la pratique en incorporant avec soi l moyen du pétrissage, 500 gr. de sel séché au four et fme .^ pulvérisé par 6ou 10 kil. de beurre; on renferme-ensuite ce en dans des pots en terre ou des barriques à douves bien j°intes* js recouvrant la surface du beurre d’une couche de sel. Que'fI on sale le lait ou la crème avant le battage, ainsi que cela se tique en Bretagne (2). de„5
- On peut conserver au beurre toute sa fraîcheur, Penda veCde mois au moins, en l’enfermant dans une boîte de fer-blanca s l’eau très-légèrement acidulée, soit au moyen de 6 gra ^ d’acide tartrique et de 6 grammes de bicarbonate de soU . ue, litre, soit avec 3 grammes environ d’acide acétique ou ^aI.^pqiic Le couvercle du vase est soudé après coup. Ce moyen, P en grand, est dû à M. Bréon.
- i h crim^
- (1) Presque tout le beurre consommé à Constantinople est apporte de “ ^
- et du Kirbay; il n’est pas salé. Les Tartare3 lui conservent sa douceur en i fondre pendant qu’il est encore frais, et l’écumant avec soin. erVer|!
- (2) Le docteur Anderson a indiqué, en 1705, le moyen suivant de c0”é|eID**' beurre : aussitôt que cette substance est séparée du lait de beurre,on y if mement, dans la proportion de 1 sur 16, une poudre composée de 2
- sel, 1 partie de sucre et 1 partie de nitre ; puis on l’enferme dans le vas® ^ être gardé, en le pétrissant bien, de manière à ne laisser aucun vide-quin' ainsi préparé, n’a pas tout de suite un goût agréable ; mais, au bout d u zaine de jours, il acquiert une saveur qu’aucun autre beurre ne présen lement.
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- H en est du beurre comme des fromages; il diffère suivant janimal qui le fournit, et aussi suivant la manière de traiter le la,t. Il est naturellement très-peu coloré; mais l’habitude ou le caprice ayant donné une plus‘grande valeur à celui qui a une teinte jaune, on le colore, dans les fermes, avec des fleurs de souci, nu suc de carotte, ou une légère décoction de baies d’asperge 0u de racine d’orcanette.
- Le beurre, supposé tout è fait pur, est un produit immédiat j-Tas formé de margarine, d’oléine et de trois autres principes guides que M. Chevreul a désigné sous les noms de butyrine, de Copnne eide caproïne. Ces derniers ne forment que 2 p. 100 de la |J|asse totale. Il y a, en plus, un principe colorant et des traces avde butyrique auquel le beurre doit son odeur, jous ces principes, intimement mélangés, forment des glo-ll|es d’un diamètre si petit, qu’ils échappent à la vue simple; mais e microscope permet d’en constater la forme f/w. 455).
- ,a>ntenus en suspension 'Uls lait, au moyen du aséum, ces globules sont ,1 Cause de la blancheur et est °Pac‘ld du lait ; le lait , ,0nc une véritable u S1on analogue à celle l'L01.1 °Ltient en agitant de
- lyrJa^ les globules bu-iTinrf Se Munissent en des nomljre, s’isolent
- >aitet ^ matériaux du
- est n COns}duent dès lors ces masses de beurre dont la formation les°Ur Q*nS' d^re’ mdcanique.
- d>SbenSeS du beurre vous sont assez connus pour que je me ta Gn L)aider- C’est un aliment dont l’emploi remonte à une conriaj, * reculée, puisque les Grecs et les Romains en avaient Une<w,Sance- Lorsqu’il est rance ou altéré par le feu, il présente iiutrgg ,Souvent nuisible, et la propriété qu’il possède, avec les dont ilgr.aisses, de faciliter l’oxydation du cuivre et du plomb, des dan^lss°ut rapidement les oxydes, expose journellement à Lien sj r,e^s contre lesquels il faut se mettre en garde. Un moyen Leurre Sab e *d.ue j’einploie depuis longtemps pour enlever au Saline' ^ancidité, c’est de le pétrir avec une eau légèrement ’ ( CsLb-dire renfermant un peu de bicarbonate de soude.
- Fig. 455.
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- qui dissout parfaitement bien l’acide butyrique et la caséine altérée qui donnent au beurre rance sa saveur détestable. Lorsque celle-ci a disparu par un lavage suffisant, on pétrit le beurre a plusieurs reprises dans de l’eau fraîche, puis on le sale immédiatement (1).
- L'acide butyrique qui, lorsqu’il est pur, constitue un liquidem colore, très-mobile, d’une saveur très-acide et brûlante, bounlan vers -j- 164°, très-soluble dans l’eau, est représenté dans sa corn position par la formule suivante : C8H703,H0. En 1844, MM-*e louze et Gelis ont découvert qu’on peut le produire artiticie ment en grande quantité en soumettant la plupart des rnatien neutres(sucres, Iactine, dextrine, amidon, gommes) à l’action P10 longée du caséum et autres matières azotées, en présence de le et de la craie. Il prend encore naissance dans l’action de l aC1^ azotique sur l’acide oléique, et dans d’autres réactions chimifi -j Il existe tout formé dans le suc laiteux de l’arbre de la v. e£fiS dans les fruits du caroubier, du tamarinier et de la saponaire- ^ vins faits avec des raisins meurtris depuis longtemps, comme tains vins du Rhin, en renferment d’assez grandes proporn ’ en mélange avec de l’acide lactique (Maumené). J’ai déjà dit M. J, Pierre en a signalé la présence dans les eaux brune» mares de ferme, dans le purin ou jus de fumier, dans les mai cidres et surtout dans leurs lies. . qj
- L'éther butyrique (C4H50, C8I1703) offre ceci de particulier^^ a une odeur agréable tout à fait comparable à celle de lan ,gn Voilà pourquoi, depuis une dizaine d’années, les distillateU^uIïl) servent pour donner à l’eau-de-vie ordinaire l’apparence du r ^ et les parfumeurs en font une grande consommation sous ^ g[) A'essence d’ananas. On l’obtient en grand, pour ces appHcall(. ’sa. saponifiant le beurre avec la potasse caustique, dissolvan ^ von produit dans un peu d’alcool pur et bouillant, et *r<l jadissolution par un mélange d’alcool et d’acide sulfurique. Par .j0ii filiation, il se volatilise de l’éther butyrique; on arrête 1 °P lorsque le produit distillé cesse d’avoir une odeur agréa
- (1 et el'
- (l) Suivant Beckmann, les Grecs n’ont connu le Leurre que fort taU \|eSGer' furent redevables aux Scythes, aux Thraces ou aux Phrygiens; ce sera1^ ^germains qui en auraient fait connaître l’usage aux Romains ; ces dernier^ ^ ^ agn0‘® vaient qu’en remède, pour oindre les enfants, et jamais en aliment. ^e’(jonna||ff: n’en firent très-longtemps que des topiques pour les plaies. Dans les 01 ^ co11 indiennes de Wishnou, écrites douze siècles avant l’ère chrétienne, a jecture Beckmann, il est question de beurre pour certaines cérémonies ^ sièflp-
- II est parlé de beurre dans la Genèse (cliap. xviii, v. 8). Durant les pre prati‘lu de l’Église, on brûlait du beurre dans les lampes au lieu d’huile ; cC s'observe encore dans l’Abyssinie.
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- Maintenant, Messieurs, que vous connaissez les principes constituants du lait, je vais examiner ce liquide sous le rapport de ses Propriétés chimiques et de ses applications.
- ^ous savez que, lorsqu’on chauffe ce liquide, il se forme à la
- surface une pellicule qui, s’opposant au libre dégagement de la
- rapeur aqueuse, détermine bientôt la tuméfaction de la masse,
- 'luitend à se répandre hors du vase. Eh bien ! cette pellicule est
- principalement formée par la matière caséeuse. Elle se reforme
- a mesure qu’on l’enlève, jusqu’à ce que toute la caséine soit coa-
- &uioe. C’est avec, ce caillé cuit qu’on prépare l’aliment si recher-
- rt'o sous le nom de crème de Sotteville. Si l’on ajoute au lait cuit
- ri concentré, du sucre, des amandes pilées et de l’eau de fleurs
- d’oranger, on en forme ce qu’on appelle la frangipane.
- .Le lait se mêle à l’eau en toutes proportions ; mais l’esprit-de-
- [’.1Ib les acides, presque tous les sels, en déterminent la coagula-
- 10n> en précipitant la caséine et la séparant du sérum ou petit-
- ;llL Les fleurs de Vartichaut, du cardon, de la plupart des chardons,
- üelagrassette, du caille-lait, possèdent également cette propriété ;
- 'lllssi sont-elles employées, en guise de présure, dans plusieurs
- 0Cl‘lités ; leur effet n’est pas, toutefois, aussi certain. Elles doivent, -
- Quant à la
- sans doute, à des acides libres la faculté de coaguler le lait.
- sence
- cause de l’action de la présure, on la rapporte à la prè-
- le a ’ G.ans CG^e membrane stomacale, d’une matière azotée que ske Q,nisle uMemand Wasmann a désignée sous le nom de pep-àla i-eS*' une espèce particulière de ferment qui paraît présider reillai/§esLon des matières animales, jouissant de la propriété redi/^Uï|^e ^es Cüaguler Par une première action et de les Le$ i Par une action subséquente, raîtrg Ca ls’ Pr°duire la coagulation du lait, font dispa-
- fle j> ^UrMc-champ le coagulum formé par les acides, en raison cfler i !°P dissolvante qu’ils exercent sur la caséine. Pour empê-chaleu ^ t'ourner en bouillant, inconvénient qui, pendant les tcès-ilUS Lété ou par un temps orageux, arrive quelquefois Il0Ul'Hcs11^^ernen^ suri-oui' sv ies vaches qui l’ont fourni ont été nient i aVec ^a drêche; pour remédier, dis-je, à cet inconvé-l’uSa ’ es, marchands des environs des grandes villes sont dans Mcafln rajouter au lait un peu de bicarbonate de soude. Ce sel d°uZej a a dose de 1/4 de centième, peut retarder d’environ dix à le lail , ures ie moment où, par suite de son altération spontanée, alcalin !Yent Susceptible de se coaguler par l’ébullition. Le sel s,°PposeaUre ^a°vde lactique au fur et à mesure qu’il se forme, l’eitipgA sa faction sur le composé de caséine et d’alcali, et fluietl je.’ Par conséquent, de cailler le lait. Il y a des laitiers répuLtionf'nl C-6 m°yen avec un Ici succès, qu’ils jouissent de la Précieuse, pour leur intérêt, de vendre du lait qui ne.
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- tourne jamais. L’addition d’une aussi petite quantité de bicarbonate de soude (2 grammes \ /2 par litre) ne change pas sensiblement sa saveur et n’est en aucune manière contraire à la saute. Lorsque le lait s’est tout à fait caillé pendant les chaleurs ou lw's' qu’on le chauffe, on peut donc le rétablir dans son homogénéité première, mais alors il faut lui ajouter une proportion un peu pP,s forte de bicarbonate de soude.
- L’usage de ce sel est bien préférable au moyen des Américaine qui consiste à laisser le lait séjourner dans des vases de zinc-1 faut en proscrire l’emploi, de môme que celui des ustensile de plomb, de cuivre, de laiton, parce que l’acide lactique tes attaque assez promptement, et introduit ainsi dans le hquu des sels métalliques, qui le rendent plus ou moins dangereux pour la santé. Il est certain que les vases de zinc facilitent montage de la crème et retardent la coagulation du lait; n1t ^ ils sont dangereux, d’abord, parce que certains zincs du con* merce renferment de l’arsenic, et ensuite, parce que ce m6 ’ en s’altérant, donne naissance à des composés salins qui ac^ sent sur les organes digestifs à la manière de l'émétique-fonte et le fer-blanc sont les seuls métaux qui n’aient auc inconvénient ; aussi l’usage des vases métalliques de toute a nature a-t-il été proscrit avec raison, à Paris, par les or ^ nances de police. Mieux vaut encore faire usage de la poteiiu
- grès‘ p Itzration
- Les changements de température hâtent beaucoup lau rr. nj.
- du lait, comme, du reste, de presque toutes les matières o oc ques. Le lait, au sortir du pis de la vache, est légèrement al et il ne renferme pas d’acide lactique ; mais, peu de temps sa traite, cet acide commence à se former, et il se forme d aU plus vite et en proportion d’autant plus grande, que lateiaF • ture approche davantage de -J- 18 â 20° ; or, c’est cet a(‘u^ r détermine bientôt la séparation des divers éléments du lad* , gll suite, sa coagulation. Pendant les grandes chaleurs de 1 juin, juillet et août, le lait est naturellement moins bon q , printemps et à l’automne. La qualité en est encore dimmu -e la détérioration que lui fait éprouver l’agitation qu’ü P^t pendant le transport de la ferme à la ville, et môme alors pas rare de le recevoir déjà caillé ou prêt à le devenu 1 on le chauffe, surtout si le temps est orageux. Presq 0| jours, dans cette saison, son action rougissante sur le 1 |fl5 devient très-prononcée; sa saveur est moins douce, et d n ^ précisément la môme odeur que dans son état de fraîc ^on de battage, résultat du transport, fait séparer aussi une P01^ beurre sous forme de gros flocons; alors, quand on. ceS, lait, ces flocons de beurre se résolvent en gouttes huile115
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- DU LAIT. 39 f
- donnent à la surface, ce qui peut faire croire, au premier abord, ,lquelque falsification.
- bêlait, caillé spontanément, abandonné dans un vase profond ^ dos, à la température de -f- 23 à 30°, laisse dégager beaucoup n acide carbonique, acquiert peu à peu une saveur acide etalcoo-tout à la fois, et fournit ensuite à la distillation de l’alcool »nargé d’ammoniaque et ayant l’odeur forte de l’acide buty-nque(|).
- J ai dit précédemment que le lait, dans les différents animaux, leQferme les mêmes principes. Mais ceux-ci ne sont pas tou-JOllrs> relativement les uns aux autres, dans les mêmes projetions. C’est ce qu’on voit très-bien par le tableau suivant qui
- Ulque la composition du lait des animaux domestiques, d’après in- Uoyère :
- COMPOSITION IMMÉDIATE DES DIFFÉRENTS LAITS, SUR i 00 PARTIES EN POIDS.
- PlilNCIPES du LAIT.
- ^aséine
- Albumine ! 1 ‘ ' "
- beurre......' "
- lactose . ’ ’ " ' “ ^els divers....
- Eau^rCS s°fides.
- VACHE. CHÈVRE. BREBIS. ANESSE. JUMENT.j LAMA. FEMME.
- 3,00 1,20 3,20 4,30 0,70 3,50 1,35 4,40 3,10 0,35 4,01) 1,70 7,50 4,30 0,90 0,G0 1,55 1,50 6,40 0,32 0,7 S 1,40 0,55 5,50 0,40 3,00 0,90 3,10 5,GO 0,80 0,34 1,30 3,80 7,00 0,18
- 12,40 87,00 12,70 87,30 18,40 81,GO 10,37 89, 63 8,03 91,37 13,40 80,60 12,62 87,38
- 100,00 1 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00 100,00
- tw.i^dbmisies ontnié, jusque dans ces derniers temps,lu possibilité delà fei-Üais u1(m sPiritueuse dans un liquide qui ne parait pas renfermer de principe sucré, fetsk !S,Wpél'iences de Vogel, de Hess, en confirmant celles plus anciennes de Ose-de iafky’ ont mis hors de doute que, sous l’influence de l’acide lactique, le suer e de ia ^converti en sucre interverti ; ce dernier s’alcoolise ensuite en presenc bière n!Seine’ lui contribue au développement de la levure lactique ; la levure de flue le<! t?6}1.1 °Pùrerces phénomènes. On sait, d’ailleurs, depuis longues année , PfrparpmSklrs’les Yakutsks, les Ivalmouks et autres peuplades nomades de 1 Asie, ®ée fcj"l.un® boisson enivrante avec le lait de leurs juments. Cette boisson, nom-vie anrJiT’ kr,Umys et tchighah, donne, par la distillation, une véritable eau-üe-d’écorce T tnraka> arki et arza, lorsqu’elle a été rectifiée. En Sibérie, le cuvier en àge , e bouleau qui contient la mèresur laquelle fermente le lait, passe d âge quité ivÜ pèles aux enfants, et acquiert une valeur proportionnée a son anti-'*°isson Pres sir John Sinclair, on fait, dans les îles Orcades et Shetland, une bris, a, lleu Près semblable au kourmjs des Asiatiques. « On a lieu d etre sur-Ue Humboldt, delà sagacité de ces peuples nomades, qui, danslab-
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- On voit, par là, que les laits peuvent Être placés dans l’ordre suivant, eu égard à leur plus grande richesse :
- EN MATIÈRES EN CASÉINE. EN BEURRE.
- SOLIDES.
- Lait de brebis.. Lait de brebis. Lait de brebis.
- de lama. de chèvre. de chèvre.
- de chèvre. de vache et de femme.
- de femme. lama. de vache.
- de vache. de jument. de lama.
- d’ânesse. d’ânesse. d’ânesse.
- de jument. de femme. de jument.
- en lacune.
- Lait de femme, d’ânesse. de lama, de jument.
- de vache et
- de brebis, de chèvre.
- Dans les grandes villes, où la consommation du lait est très considérable et bien supérieure à la quantité que fournissent vaches des campagnes environnantes, on en vend peu qu' s , complètement pur. Mais la croyance, généralement admise D les gens du monde, que l’on ajoute une infinité de substances o le lait, telles entre autres que farine ou fécule, cassonade, S. ^ gomme, eau de son ou de riz, pains-à-chanter , émulsion mandes ou de chènevis, cervelle de cheval, de veau ou de mou > estfort exagérée. Ainsi que l’ont observé MM. Chevallier, Henr Quevenne, à Paris, ainsi que je l’ai reconnu moi-méme, àfi° ’ l’emploi de toutes ces substances est excessivement rare. c. marchands de lait se contentent tout simplement de la sous^ tion de la crème et de l’addition de l’eau au lait écréme- h quefois, mais rarement, ils y ajoutent un peu de jaune quelques gouttes de caramel; pour lui faire perdre sa te^nte ncore âtre et lui redonner son aspect blanc jaunâtre, ou bien c ils y mélangent un peu de blanc d’œuf pour rendre au lait a ^ d’eau la propriété de mousser fortement par l’agitation» c° ,g le fait le lait pur. Il ne faut que des quantités très-min'10 ja ces matières pour produire l’effet désiré ; ce n’est donc PaS^jf. falsification, mais seulement le moyen employé pour la c0 eI)t, la falsification, c’est l’eau. Rien n’est plus facile, heureuse que de la découvrir. eXpé-
- Que.venne, ayant reconnu, à la suite de Irès-nqmbreuses riences, que la densité du lait ne varie que dans des lim'tes^ ^ ^ restreintes, a imaginé, en 1841, de tirer parti de ce fa'b ^s. construit, pour l’essai du lait, un instrument qui offre un
- • . jussucre.’
- sence déplantés céréales et bulbeuses, riches en amidon, ou de fruitsa J^jiqi1' au milieu de l’aridité des steppes de l’Asie, ont trouvé, par la distihatl° f passi0? des animaux sécrétés par les mamelles des juments, de quoi satisfaire pour les liqueurs enivrantes. » (Examen critique de l’histoire de ‘° " du Nouveau Continent, t. II, p. 300-312, note G.)
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- DU LAIT,
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- tundo exactitude dans ses indications. 11 lui a donné le nom de w o-densimètre ou mesureur de la densité du lait ; c’est, en effet,
- Un véritable densimètre, c’est-à-dire un instrument qui donne, n réalité, le poids d’un litre de lait à la balance, poids qui, en c-s de science, est ce qu’on appelle la densité ou poids spé-
- Lo hcto-densimètre (fig. 45G) a la forme d’un aréomètre ordinaire ; il si(-e SUr sa lige une échelle graduée, sur laquelle sont inscrites les den-c^l]ComPl'ises entre 1014 et 1042. Ue chaque côté de l’é- ^ tin^0 Se trouvent deux séries d’accolades, dontl’une estdes-der? • Pesfe du non écrémé, et l’autre à celle du lait en *je côté de l’échelle destiné au lait pur est coloré ]7Une> celui pour le lait écrémé a une teinte bleue, sjtjj ? expérience3 de Quevenne lui ont appris que ta den-pur varie entre 1029 et 1033, et que celle du lait 1032 - aPlas viugt-quatre heures de repos, varie entre Posant fn ce qui revient à dire que le litre d’eau
- et col. , e htre de lait pur pèse de 1029 à 1033 gr.,
- dedgn'écrémé de 1032sr,5 à 1036sr,5. Ces limites l’iüstr Slt° P0Ur chaque espèce de lait sont marquées sur §raninUrn011^’ raa's comme, pour indiquer le poids réel en n*'65’ cela eût pris trop de place sur la tige, on n’y a prinié d qUe surplus de 1000 gr., c’est-à-dire qu’on a sup-nient \GUx chhfres à la gauche, ce qui n’a aucun inconvé-est prévenu.
- l’échelie 'ia,*ue sccie d’accolades placées des deux côtés de 'antes si ,a Prem>ère indique si le lait est pur, et les sui-o/lO d’ca Gpilit a additionné de 1/10,-2/10, 3/10, 4/10, du iait * Chaque dixième d’eau ajouté diminue la densité Si nous j- environ> et celle du lait écrémé de 3° 1/4. v°‘ci ce c 1S1°nS chaque côté de l’échelle séparément, h tige. hle n°us voyons, en commençant par le bas de pi(/ 45G>
- De s fi,J coté DU LAIT PUR.
- 5» 21*;-
- Sij
- Il, is»-
- lait pur.
- lait avec 1/10 d'eau, lait avec 2/10 d’eau, lait avec 3/lO d’eau, lait avec 4/10 d’eau, lait avec 5/10 d’eau.
- DU COTÉ DU LAIT ÉCRÉMÉ.
- De 36,5 à 32,5... lait pur.
- De 32,5 à 29 1/4.. lait avec 1/10 d’eau. De 29 1 /4 à 26.... lait avec 2/10 d’eau. De 26 à 22 3/4... lait avec 3/10 d’eau. De 22 3/4 à 19 1/4 lait avec 4/10 d’eau. De 19 1/4 à 16 1/4 lait avec 5/10 d’eau.
- ' a H..
- ^ddiaten^10, Has~hieile, comme vous le voyez, Messieurs, de constater im-
- hr°portinn J1 ,S'.*C *a^ qu'on achète a été additionné d’eau, et dans quelles
- ’ - --» «n lnif /(nnnp. pxacte-
- ’ ^it a Unci,(|l lam.ene1' toutes les observations à celte température, ~~ oiisiié différente suivant qu’il est chaud ou froid ; dans le
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-
-
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- flü
- pipiil
- iéii
- il»
- ni
- à»1
- QUARANTE-NEUVIÈME LEÇON.
- premier cas, il est plus léger, et plus lourd dans le second. Il est donc nécessaire de plonger un petit thermomètre dans ce lait, en menic temps qu’on prend sa densité au moyen du lacto-densimètre. Si la température est de + 15°, le degré donné parce dernier instrumenta juste, il n’y a rien à y changer; mais si elle est plus ou moins élevee, il faut corriger le chiffre du lacto-densimètre d’après cette indication que le lait augmente ou diminue d’un degré de densité par chaque varia 10 de 5° de température. Ainsi, par exemple, un lait pèse au /ac/o-d^ mètre 28°, degré qui indiquerait 1/10 d’eau, et sa température est de • Pour faire la correction, je dis : de 23 à 15°, il y a 8° de différence, J joute alors au chiffre 28, 1°,5, j’ai ainsi 29°,5 ; ce qui m’apprend que lait qui marque 28 à -j-23° marquerait 29°,3 à la température nornru de 13°, et je vois alors que le lait en question ne contient pas d'eau aj tée, comme je l’avais cru d’abord avant d’avoir fait la correction. " même, si un lait marque 29° au lacto-densimètre, lorsque sa tempera est de — 3°, je dis : de 13 à — 3°, il y a 18° de différence, qui équha^ approximativement à 3° 1/2 du lacto-densimètre et qui, retranches de > donnent 23°,3 pour la densité réelle du lait essayé ; d’où je conclus <1 le lait, que j’avais cru d’abord pur, ne pèse en réalité que 23,3, et conséquemment-il contient 2/10 d’eau. — On évite ces petits calculs, * simples toutefois, en faisant usage des tables de correction dressées p Quevenne, et qui accompagnent son lacto-densimètre. ; ^
- Pour reconnaître si le lait est écrémé ou non, on se sert dun gradué, ou mieux d’une éprouvette à pied, qui porte le nom de mètre, et qui a d'abord été mise en usage en Angleterre par Bank- ^ éprouvette (fig. 437), de 38 millirn. de dia® ^ intérieur et de 140 millim. de hauteur, Jd
- décilitres; elle est divisée, à partir de sa bas ^
- demi-décilitres, au moyen d’un trait, eu ^ gravé à l’acide fluorhydri que, et elle p°| ^ ^
- ljilccililrC.
- IDecih/re.
- JiDecihlre.
- Fig. 457.
- le haut une échelle graduée en centième 0° à 30°. On verse dans cette éprouvette e . précaution le lait à essayer jusqu’à la l‘=£r[. marquée 0°, et on l’abandonne pendant ' ^ quatre heures dans une chambre où la e rature ne s’écarte pas trop de -f-12 à 1 ' jS.
- La crème monte peu à peu ; lorsque son seur est stationnaire, on lit sur l’échelle je* bi e de degrés ou centièmes qu’occupe cC , 0u lie butyreuse, et cette proportion indique la richesse du lait en cre r sa valeur vénale. Tout lait pur, acheté dans le commerce, devra ^ monter dans le crémomètre, par un repos de vingt-quatre hem 10 à 14 degrés ou centièmes de crème. S’il en donne moins, cCi Jeti aura été écrémé. On peut faire monter la crème plus prompte^ ^ plongeant le crémomètre dans un bain-marie maintenu à -f- 30 qafUi'e mais il vaut mieux attendre sa séparation spontanée à la temPcl‘ ordinaire. _
- Presque toujours le lait du commerce est à moitié écrémé- ‘ js y dans cet état, il a acquis une plus grande densité, les nial'L<f introduisent de l’eau qui le ramène à sa densité primitive
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- DU LAIT. 3&0
- échappé à l'observation, lorsqu’on regarde ce lait comme pur et non l’aeiné. Toutefois, l’erreur ne peut aller au delà de 1/10. 11 est, d’ail-Lllrs> possible de s’en garantir, en pesant le môme lait avant et après '!n , ePos de vingt-quatre heures dans le crémomètre, la couche de crème ant enlevéc avec soin avant la deuxième pesée. Supposons qu’un lait, J1 moment de sa réception, marque 29° 1/2. Après vingt-quatre heures
- I iep°s, ie crémomètre n’indique que 0° de crème, et ce môme lait, f no de celle-ci, marque seulement 31° au lacto-densimètre, après les
- Sections d'usage; ce lait contient donc 1/10 d’eau. Si je n’avais eu ici e„s premières données, j’aurais assurément fait une erreur, et m laif dU : Le lait n’avant fourni que 6/100 de crème, avait été simple-vO , ocr^rné, de moitié environ; mais il possédait, d’ailleurs, le degré fou u.e*’ &ait pur. Vous voyez qu’au moyen du troisième renseignement, e >‘i par ia pes(;e fju jajt écrémé, il est facile de rectifier cette erreur ^connaître très-exactement l’addition de l’eau.
- . usage simultané du lacto-densimètre et du crémomètre permet donc '1 est°nSilater *a nature du lait avec une grande exactitude ; anrip3- ^ dans lous ^cs hôpitaux de Paris depuis plusieurs Hou es‘ service d’inspection du lait, tel que je l’ai établi à repose’ ae^u,‘s *843, à la demande de l’autorité municipale, décrireSUI ^ernpl°i des deux instruments que je viens de
- autj,’(,^ai.c^and) deFécamp, a fait connaître, en 1854, une seianp1el 10d° encore plus prompte pour acquérir des ren-s0r le []lents e»c*s sur la valeur du lait. Cette méthode repose tant ai°sa®.e heurre qui est, sans contredit, le plus impor-'oimé y de vue commercial, de tous les principes dix ado3 S C*e.ce liquide. Ce dosage est effectué, en moins de Tenteu lze mumtes, au moyen d’un instrument que son in-en verr afn°m,mé lacto-butyromètre (fig. 438). C’est un tube
- II muj0 ern)é par un bout, d’un diamètre intérieur de 10 à chaeufj11'’ (''v*sé entrois capacités égales,de 10 centimètres d’alcool5 c,01resP°ndantes aux quantités de lait, d’éther et visée dan.U°n craP*°yei'- La capacité supérieure est di-fitiicorist'T S°n ^ein*er dixième en 10 parties ou centièmes
- e ces de" C,n^ ^eS de l’instrument. Un certain nombre
- r'eUr nn, blres Se trouvent reportés au-dessus du trait supé-Voici cF faCilUei’ ^observation. s5i utie qu01100!1*'on °pcrc : On introduit dans le tube d’es-ajoute déterminée de lait jusqu’au trait marqué L.
- Jenir ia c §0uite de soude caustique à 36°, afin de main-eÎUel on y e|ne en dissolution, on agite le mélange, sur a't, jusqu’q01 Se ^nsu>te un volume d’éther égal à celui du ‘ , U. trait L. On agite de nouveau pour que l’éther
- Ja
- _ f i , :
- puûJ-ri- dUt trait E. On agite de nouveau pour que 1 éthei à 86 on ÔaU ? etnParei' du beurre; enfin on verse de 1 alcool Ftg. 458. soin tn,,. , UscIu’au trait A. On mélange avec le plus grand iïiarie., e a masse liquide, puis on porte le tube ferme dans un bain-te cn.p 1 uffé à 40°. On l’y maintient dans une position verticale jusqu a Plus dn a c°uche oléagineuse qui se réunit à la surface n augmen e Vo!umc. L'alcool qu’on a ajouté en dernier lieu a pour eflet de
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- séparer le beurre primitivement dissous par l’éther. Ce beurre, en rai' son de sa plus grande légèreté spécifique, gagne la partie supérieur et vient y former une couche jaunâtre d’autant plus étendue que sa proportion dans le lait essayé est plus considérable. 11 11e reste plu* qu’à lire sur l’échelle centimétrique de la partie supérieure du tube ic nombre de divisions occupées par cette matière grasse. Au moyen duu tableau, dressé par M. Marchand, on voit tout de suite à quelle quanti^ de beurre pur correspond la proportion de matière grasse signalée Pal l’instrument.
- En déduisant la moyenne des quantités accusées par cent vingt'51* analyses qu’il a exécutées, M. Marchand fixe à 36gr,43 la proportion beurre contenue ordinairement dans un kilogramme de lait, et le1111 nimum à 30gr,55. Ces chiffres sont à très-peu près les mêmes que ceux trouvés antérieurement par MM. Quevenne, Henri et Chevallier-conduit le chimiste de Fécamp à admettre que tout lait commercial q^ renferme moins de 30 grammes de beurre par litre, ne contient pas ^ proportion normale de crème, et qu’il a subi un écrémage partie qu’il provient de vaches mal nourries ou malades. Le crémomètre ne P fournir ces renseignements qu’après vingt-quatre heures d’attente.
- Le lait à 27 grammes de beurre par kilogramme marque 6°,2 au butvromètre, et celui qui en contient 30 grammes accuse 7V'^ chiffres sont les plus faibles qui puissent être admis, et le dernier a constamment servi de base à M. Marchand dans les expertisesü il a été chargé. ntôt
- L’utilité de l’instrument inventé par ce chimiste, le rendra ^ d’un usage habituel, non-seulement dans les laboratoires, mais aujS1 ^ toutes les villes où l’inspection du lait est faite d’une manière refF ^ ainsi que dans les grandes vacheries et les exploitations agneo^ f effet, dans ce dernier cas, on comprend qu’il permettra au cul nflU’a-ou au marchand de lait de vérifier, à chaque instant, mieux enc01 - yCnt vec le crémomètre, la qualité du lait de chaque animal, et par con H de mettre à la réforme les vaches fournissant des produits inféricui les remplacer avec certitude par des bêtes meilleures laitières ( )
- DE LA CHAIR DES ANIMAUX OU DES MUSCLES.
- Les muscles, qui donnent aux animaux la faculté de se au moyen des contractions qu’ils éprouvent, sont connus, langage ordinaire, sous le nom de viande ou chair. Très- ^ pés chez les animaux qui ont un cœur, ils sonl placés ment au-dessous de la peau, et recouvrent ou entouren ^ ils constituent la plus grande partie de la masse du corps-comme vous le savez, l’aliment le plus habituel à l’hofflù1 •
- e leS 11,5 te
- (1) On trouve les trois instruments dont je viens de parler, ainsi 1U iell) galel tions et les tables, à Paris, chez M. Charles Chevallier, ingénieür-op de Valois, 1G3.
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- de I.A CHAIR 00 DES MUSCLES.
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- DE LA L.iirt.111 ________
- N y a plus d’un siècle qu’on a commencé à s’occuper de la opposition chimique des muscles. On sait aujourd’hui, grâce iUx travaux de Berzelius, de Thénard, de Braconnot, de MM. Che-!leul> Liebig, de Bibra, Payen, Fremy et Valenciennes, Strec-,^elc:, qu’ils ont pour base une matière azotée, congénère de abumine, qui a reçu le nom de fibrine, parce qu’elle se montre S0Us ^oruie de fibres allongées. Cette matière, traversée en tous ,ens Parles nerfs, des tissus adipeux et cellulaires, des vaisseaux Paphatiques et sanguins, est constamment imbibée d’un liquide j Hant en dissolution de l’albumine, des matières extractives, de ,<ciae lactique et différents sels, notamment des phosphates et
- es sels à base dé potasse.
- a fibrine constitue, pour ainsi dire, la trame de tous les or-jj es, et peut être considérée, sous le rapport du rôle qu’elle joue .ans ^ économie, comme la matière ligneuse des animaux. On la 1 ,u'e’ n°n-seulement dans les muscles, mais aussi dans le chyle,
- ‘ ymphe, le sang. Elle forme les fausses membranes qui se dé-Ppent dans certains cas de maladie ; elle se montre dans quel-sc°ncrétions intestinales et dans plusieurs calculs delà vessie c>es°tn appelle fibrineux; et, ainsi que je l’ai reconnu en 1843,
- fois e?COï!e eHe qui compose la substance de cqs polypes, quelque-c°rps° Ura*neÜX’ Prennen'/ naissance dans certaines cavités du
- nias e existe aussi dans le règne végétal, puisque, d’après M. Du-qUe’ e , constitue une grande partie du gluten des céréales, et suc 1 • après Boussingault, elle est en suspension dans le l’urbi*1 rfUX P^us‘eurs arbres des régions tropicales, notamment 'aj e ae 'a vache (galactodendron dulce), le clusia galactodendron,
- Ceu<U' ^lura crepitans), etc.
- mje , e substance organisée joue un rôle important dans l’écono-eU‘^ où elle est exclusivement employée à la nutrition les ni' reParalion des muscles. C’est une des matières nutritives des aiii°mm 1111 es> puisqu’elle fait la base de la chair et du sang
- uaeV^'lnt la c^Rir musculaire à diverses reprises, il reste enbaq. 1CIe décolorée, qui est la fibrine. On l’obtient plus pure s’y al,ant sang, au sortir de la veine, avec un balai d’osier; il ifia]ax,<lC le longs filaments rougeâtres, qu’on décolore en les du S:in ^ s?lls un filet d’eau froide. Si l’on enferme dans un linge que le pCa*Hé, et qu’on le presse sous un filet d’eau, jusqu’à ce petitsfl|lquide ne soit .plus coloré, la fibrine reste dans le linge en léitérésainCntS’ ^u on olDtient parfaitement blancs par des lavages
- ^ans cet état, ne retient plus qu’un peu de graisse 11 enlève au moyen de l’alcool. Elle est alors en fila-
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- QUARANTE-NEUVIÈME LEÇON.
- ments opaques et d’un blanc sale, flexibles, élastiques, sans odeur ni saveur. Elle doit sa flexibilité, son élasticité et sa blancheur, à une certaine quantité d’eau, puisque, lorsqu’on la dessèche, elle devient demi-transparente, jaunâtre, raide et cassante, et qu’elle reprend ses caractères primitifs par son immersion dans l’eau.
- Les caractères chimiques de la fibrine, son insolubilité dans l’eau froide ou chaude, sa solubilité dans les alcalis, etc., ne permettent point de la distinguer de l’albumine coagulée et de la caséine, aussi la plupart des chimistes regardent-ils ces trois substances comme chimiquement identiques, d’autant plus que leur composition élémentaire est la même ou n’offre au moins que fort peu de différences. C’est ce dont vous serez convaincus en comparant les analyses suivantes à celles de l’albumine et de la caséine, antérieurement données :
- FIBRINE : CARBONE. HYDROGÈNE ' AZOTE. OXYGÈNE avec PHOSPIIC" ET SOtFKE’
- Du sang de bœuf 52,70 7,00 16,60 23,70
- — d’homme 52,78 6,96 16,78 23,-48
- — de mouton.... 52,80 7,00 16,50 23,70
- De la farine 53,23 7,01 16,41 imrr 23,33
- C’est pour rappeler la communauté de caractères et de co ^ ^ sition chimique qu’on a constatée dans la fibrine, l’album ’ caséine, la gluline, la vitelline, la légumine, qu’on ^es/ge V sous le nom collectif de matières albuminoïdes. Toutes' ^
- lorent en rouge par le contact d’un mélange d’azotate et Q de mercure, et en bleu par celui de l’acide chlorhydn<IuC centré. /ncipcS’
- La chair des différents animaux renferme les mêmes P11,
- mais non dans les mêmes rapports. C’est ce qu’on voit très dans le tableau suivant :
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- DE LA CHAIR OU DES MUSCLES.
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- COMPOSITION DE LA CHAIR DES ANIMAUX.
- Ml'F. VEAU. C0C1105. PICEOX. POULET. CARPE. TRUITE.
- Eau.. t'tie charnue, vaisseaux 77,5 79,7 78,5 70,0 77,3 80,1 8<r,5
- et nerfs. . 1, ,5 15,0 10,8 17,5 10,5 12,0 n,i
- Albumine et matière colo- 4,5 3,0 4,4
- Lin le rouse. ‘ at‘èr. solubles dans l’eau. ? 2 3,‘2 2,4 5,7
- buiim0on8ulablesparl’é' 1>3 Matières solubles dans l’ai. . 1,0 0,8 1,5 1,2 1,7 0,2
- 1,1 1.7 1,0 1,4 1,0 1,0
- cooi.. . rhosphate de chaux avec 1,5
- Graisse6.'6 animale 0,08 0,1 M » 0,0 )) 2,2
- )) ))
- fi;^airï1' ^es matières solubles dans l’eau et dans l’alcool, on a uistingué :
- conn^n ^r*ncaPe neutre cristallisable (C8H11Az:{06), dont on doit la nie;a^nceàM. Chevreul, qui l’a nommé créâtine; voici les for-le s> C11Sta^*nes qu’il affecte (fig. 439) ; on le trouve également dans Oo J? et surtout dans l’urine, mais toujours en petite quantité ; pui a alcaloïde (C8H7Az302), qui paraît dériver du précédent, ayec | °n Peut l’obtenir artificiellement en chauffant ce dernier Cs acides énergiques. M. Liebig a donné le nom de crêati-
- %. 459.
- Fig. 400.
- !Cs Cr>stau°UVeau Pr*ncipe alcalin, remarquable par la beauté de e$ eaux (] XS/1^' ^90) ? on l’a retrouvé depuis dans le sang, dans e amnios et surtout dans l’urine ;
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- 3° Une matière très-sucrée (C12Hl2012 -j- 4HO), cristallisée, mais non fermentescible, nommée inosite, par M. Scheerer, qul l’a découverte;
- 4° Un acide, en partie libre, en partie combiné, doué d’un goût de bouillon très-agréable, appelé par M. Liebig acide inosiqw (C10H8Az2O12).
- Comme la fibrine delà chair est entièrement soluble dans le*111 contenant un dixième d’acide chlorhydrique, tandis que la finr‘ne du sang ne fait que s’y gonfler et se réduire en pulpe mol le, comme, d’un autre côté, la première est parfaitement assimilée, tandis que la seconde ne l’est pas; les physiologistes modernes ont admis, avec M. Liebig, que ces deux sortes de fibrine ne son pas identiques, et ils ont cru devoir donner le nom spécial de culine à la fibrine de la chair.
- Indépendamment des nombreuses substances que j’ai signa dans les différentes viandes, il y a encore, mais en fort Pel1^ quantité, des matières susceptibles de développer, pendan ^ coction, Yarome qui caractérise chaque espèce d’animal. Mais matières ne sont pas bien connues. ,
- Les chairs rouges ou colorées, telles que celles du moût00 e bœuf, qui sont, avec le pain, la nourriture la plus habituelle Européens; les chairs noires, comme celles du lièvre, du . ’
- du chevreuil et des oiseaux sauvages, sont plus riches en ma i ^ extractives, sapides et odorantes, en corpuscules sanguins fibrine, que les chairs blanches des jeunes animaux, du veau, l’agneau, du chevreau, du cochon de lait. Ces dernières son P ^aqueuses, plus muqueuses et moins digestibles. ..fe.
- Tous les jours, dans les ménages, on fait en partie, gr°(ss 0„ ment toutefois, l’analyse de la chair, en préparant le bouil o ^ ce qu’on appelle vulgairement 1 q pot-au-feu. Il n’est pas salJScette rôt de vous expliquer les phénomènes qui accompagnen opération. ^ iede
- La chair, en contact avec l’eau froide, lui cède une p l’albumine, des matières extractives, une partie des sels, j et la matière colorante du sang dont elle est imprégné’ e l’eau acquiert-elle une couleur rouge. Aussitôt que la temp du liquide s’élève et arrive à l’ébullition, l’albumine e^arfaCe d®
- colorante du sang se coagulent et viennent nager à la sl
- la liqueur, sous la forme de flocons que l’on appelle d et qu’on a soin d’enlever. En môme temps, la graisse se ^ forme des œils au-dessus du bouillon, qui s’enrichit plus de principes nutritifs, en dissolvant la gélatine qul 1 de l’action de l’eau bouillante sur le tissu cellulaire. , pjDe 0e Quand la chair a bouilli pendant six à sept heures, la relient presque plus de substances solubles, maisseulem
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- DE LA CHAIR OU DES MUSCLES.
- 401
- ses fibres il y a des parties graisseuses, gélatineuses et albumineuses interposées, qui concourent à attendrir la viande cuite ouïe . (b et à la rendre plus nutritive et plus agréable. Sans l’inter-POsïtion de ces matières, la fibrine, qui éprouve par la cuisson un cei|a'n endurcissement, serait trop coriace pour être un aliment
- recherché.
- Le bouillon renferme donc de l’albumine cuite, de la gélatine, !ln Peu d’acide, les matières extractives de la viande, qui contri-eut surtout â sa coloration et à sa saveur, des principes volatils connus et résultant d’une légère altération de la chair, les ,.,s naturels à cette dernière, et, en outre, le sel marin et les ma-,‘les sapides et odorantes que fournissent les légumes qu’on „ u,e toujours au pot-au-feu pour en augmenter la saveur et le re^e plus agréable.
- titée L>ouill°n le mieux préparé pe contient qu’une faible quan-M nf Pr^nc‘Pes alimentaires et aromatiques, puisque, d’après 2g "evreul, la proportion des matières solubles ne dépasse pas plu$ril?meS ^ai> ^tre* gélatine, après l’eau, est la substance la P tlljondante; aussi, lorsqu’on concentre le bouillon, il se jjœuf en gelée. Cela se remarque surtout avec les bouillons de ]eurs’ ae veau, de poulet et autres jeunes animaux, parce que tend niUsc^es sont entremêlés d’une plus grande quantité de M°rviGt ^8amenls convertibles en gélatine.
- Vj '] Pevreul a reconnu qu’il n’est pas indifférent de mettre la l’ébuir-anS Peau froide et d’amener lentement cette dernière à ]ante ‘j'011» °u de la plonger immédiatement dans l’eau bouil-qUc ' ans te premier cas, on obtient un bouillon aussi sapide s°lvent s G’ Parce (ïue tous les principes de la chair se dis-tra;re Sllccessivement dans le liquide. Dans le second, au con-p0rls’ e Pouillon est plus faible et inférieur sous tous les rap-tr°uv’a ,rce ^Ue t’albumine et la matière colorante du sang se par [a ( lmmédiatement coagulées dans l’intérieur de la viande, <cl0mpéralUre ^^evée du liquide, elles forment alors une sorte dela Via'L|je COmPacte qui met obstacle à la libre sortie des sucs
- aussi, 1^Ure< f^e ^eau ffue t’on emploie pour cette opération a cuiss;n aPres le même chimiste, une influence marquée sur la tité dese.e a viande et les qualités du bouillon. Une petite quan-b'usde s1 naf-rin ne rend Pas *a viande plus tendre, mais lui donne 'bi bouiif^1^*^’ en méme temps qu’elle relève la saveur et l’odeur parties °n’,J'action de ce sel est encore plus marquée sur les Cliiie da;^ d rend plus tendres et plus savoureux. La viande iU^ale et (] .eaU Pnits, qui renferme toujours plus ou moins de e ^°uili0ne Cai^0nat(? de chaux, est plus dure, moins sapide, et fiUt‘lle fournit est moins odorant et moins sapide. Les
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- QUARANTE-NEUVIÈME LEÇON.
- légumes durcissent aussi dans ces eaux calcaires, qu’il faut, Pal conséquent, éviter d’employer.
- Enfin, la nature des vases n’est pas non plus sans influence sui la bonté du pot-au-feu. L’expérience a démontré que les marmite? de terre, adoptées dans les ménages, sont préférables aux mai-mites métalliques. C’est qu’en raison de leur propriété peu conductrice, les premières sont moins exposées que les secondes aux coups de feu, et qu’elles maintiennent plus régulièrement la température du liquide, qui doit être entretenue, autant que possib c-à une chaleur seulement voisine de l’ébullition.
- De ce qui précède, il est facile de trouver le procédé le PU5 avantageux pour préparer en peu de temps un bouillon desp1-fortifiants et des plus aromatiques, car les expériences les simples démontrent la vérité de l’assertion de Proust, que ^ matières qui constituent la saveur et les autres propriétés < bouillon préexistent dans la viande et ne. sont point un pr° de la coction. ,•
- Un kilogramme de viande de bœuf maigre, réduit en nac très-fin, mélangé à froid avec son poids d’eau, et porté lentenie 1 l’ébullition, fournit, au bout de quelques minutes, par l’exp sion dans un linge, un kilogramme d’un bouillon très-aroma 1(1 et d’une force supérieure à celle d’un bouillon obtenu par 1 ^
- lition, môme longtemps continuée, d’un morceau de vianc même poids avec la même quanlité d’eau. , ^
- Par l'addition d’un peu de sel marin et des légumes quisC^ à colorer et aromatiser le bouillon, ce dernier, ainsi prépar > ^ le meilleur qu’il soit possible d’obtenir avec un kilogranin viande. (
- Chaque espèce de viande fournit un extrait doué d’un_ o ^ particulier qui rappelle l’odeur et la saveur de la même via rôtie. Si l’on ajoute, par exemple, à du bœuf bouilli et saveur ni arôme, l’extrait concentré de chevreuil ou de 1 ( let, on ne saurait distinguer le bœuf du chevreuil ou du P
- rôtL . ..lies &
- L’odeur et le goût de la viande rôtie proviennent des pal je
- lubies de l’extrait de viande, ayant subi une légère allérat1 ^ la part de la chaleur. Le baron de Reichenbach rapp°’’|c ‘ rjn-veur amère du rôti brûlé et de son jus à-la production d un P ^ cipe amer, qu’il a nommé assamare, et qui apparaît dans faction de toutes les substances organiques. rensfi
- C’est sous la forme de rôti que la viande est le plus sa'°calj de et le plus nutritive, car elle n’a, pour ainsi dire, perdu ai nI1 ses principes utiles. Les analyses de Playfair et de o-
- démontrent que la viande ne change pas sensiblement de c sition par la cuisson sans eau. Voici, en effet, les nonibr
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- DES ORGANES NON ALIMENTAIRES.
- l’aratif$ des principes élémentaires de la chair de bœuf, avant et après sa cuisson :
- CHAIR CRUE. CHAIR ROTIE.
- Carbone • 51,83 52,590
- Hydrogène 7,57 7,880
- Azote ... 15,00 15,214
- Oxygène ’ ‘ ( 23,00 24,310
- Sels minéraux...
- ~ 1.00,00 100,00
- Je m’arrête ici. J’ai voulu vous faire comprendre la théorie des opérations culinaires les plus vulgaires, pour vous montrer qu’il a est si mince sujet que la chimie ne puisse éclairer et rendie intéressant.. pius de détails me feraient empiéter sur le domaine '‘ll cuisinier.
- CINQUANTIÈME LEÇON.
- DES ORGANES NON ALIMENTAIRES.
- ^msiaihe _ n
- Lide !' CS orSanes employés en médecine. — Du Tabac et de son alca-f3ge ’ lcotine.~ Des organes employés dans l’industrie. — Des bois de chauf-d’altéra ^ tlava'*' ~ Propriétés chimiques des bois. — De leurs diverses causes Lï lon et des moyens de les en préserver. — Distillation des bois. — Fa-nonibr°n ^acu^e pyroligneux. — Gaz d’éclairage extrait du bois. — Produits eux contenus dans l’acide pyroligneux. — Purification de cet acide.
- CHAPITRE DEUXIÈME.
- DES ORGANES EMPLOYÉS EN MÉDECINE.
- ^ine^f6i^GS matâères médicamenteuses rentrant dans le do-dicaie G a P}larTnacie, de la thérapeutique et de la matière mé-lier(,;JTe ïr°is devoir m’abstenir de vous en parler en particu-e Rrai une exception en faveur du tabac, parce que celte
- 0Urt 14e édir* 6111 étucle- l'Histoire naturelle des drogues simples, par M. Gui-5°ubeiran (tJ0!1’ litière), et le Traité de pharmacie théorique et pratique de -t ion. Victor Masson).
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- 404 CINQUANTIÈME LEÇON.
- plante est devenue d’un usage général dans la vie commune pour produire, sur les membranes muqueuses de la bouche et du nez, une excitation passagère qui plaît à ceux qui en ont contracte l’habitude.
- Le tabac, dont on vend annuellement, en France, pour plus
- de 180 millions de francs,
- Fig. 401.
- est la feuille d’une plan'e [fig. 461), le nicotim ta-
- bacum, originairede 1 Ann rique méridionale, ®^1S qui est actuellement eu 1 vée dans presque tous es pays (1).
- D’après les nombreuses analyses faites par les mistes modernes, °n sal que les feuilles de ta a > b l’état normal, c°nlicn nent: .
- Un alcaloïde spécia , aP pelé nicotine (C'20H1 -
- jaune et une résine v(^’ 1 lQ • une matière miuee des matièe^ azotées albuminoïde*, acides malique et ci •* libres; du malate ( ^ moniaque; des ipala Ira te , pectate °t^ et de chaux; de 1 ace
- de la cire ; une grasse volatile, u° nicotianine ;
- i nzotateS
- du sulfate de potasse; du chlorure de potassium ; des ‘
- alcalins et terreux; des phosphates de chaux, de magnésie,
- Portuga'far
- (1) C’est vers 1500 que cette plante a été introduite en Espagne et en 1 3 jnip°r'
- Fernandès, de Tolède. On croit que son nom vient de ce que les prelll,e tâtions se firent de File de Tabago, une des Antilles, peu distante de g que Vénézuéla. Longtemps on l’a appelée nicotiane et herbe à la reine, c’est Nicot, ambassadeur de France à la cour de Portugal, qui l'appert3;* ^,,1 ci'-de Médicis, à son retour de Lisbonne. Ce sont les sauvages de l’Anién1! ,,uSage seignèrent aux Européens à fumer et à mâcher ou chiquer le tabac; 11 ' surtout3 de priser la poudre de cette plante est tout européen, et appartic0 l’Europe occidentale.
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- DU TABAC.
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- 'le manganèse ; de la silice; enfin, de la cellulose, dans la proportion de 6, 50 à 11 p. 100.
- Les cendres fournies par le tabac varient de 17 à 24 p. 100.
- La nicotine est un alcaloïde liquide, âcre et volatil, qui se trouve, j'on-seulement dans les feuilles, mais encore dans les racines de a plante, dans la proportion de 2 à 8 p. 100. C’est un des poisons plus violents ; 4 à 5 gouttes suffisent pour tuer un chien. C’est le qui est la source du montant du tabac préparé, et la cause de |SOn action narcotique et délétère. Le crime de Bocarmé a mal-creusement rendu trop célèbre l’incroyable puissance vénéré la nicotine.
- jGS Quilles de tabac, séchées à la manière ordinaire, n’offrent
- MËÈà
- Fig. 4G2.
- •lurtiai g
- danslétal l0nlan^ cette propriété sternutatoire si développés c )ac du commerce, parce que la nicotine n’e-st pas mise
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- 406 CINQUANTIÈME LEÇON.
- en liberté. On leur fait acquérir ces qualités en les abandonnai'1 en tas pendant un temps plus ou moins long, après leur dessiccation, et après les avoir arrosées avec une solution de sel manm La fermentation lente qui se produit dans ces masses de feuil|es paraît avoir pour résultat principal de décomposer la malien azotée et de donner naissance, par là, à de l’ammoniaque. L-premières portions de cet alcali, en s'emparant de l’acide qul neutralise la nicotine, mettent cette dernière en liberté, etl’exce-dant d’ammoniaque lui sert de véhicule. Dès lors, l’odeur propre au tabac se manifeste. Lorsque la fermentation a été Pot'ss assez loin, on hache le tabac à fumer, au moyen d’une maclnn spéciale mue par la vapeur (fig. 462), et on dessèche les pet'lÇ‘ lanières qu’on obtient sur des tuyaux de cuivre chauffés «^ vapeur, eu dans un torréfacteur mécanique de l’invention i
- M. E. Rolland.
- Pour le tabac à priser, on fait subir une seconde fermen lion aux feuilles, en les empilant dans de vastes chambres bois {fig. 463); après plusieurs mois de séjour, on les passe, P° les broyer, dans de grands moulins analogues aux moulins oi
- Bail"
- mm
- «ÈSSfigSK
- • 4.;
- Fig. \ Sa.
- d’eai>
- naires à café (jfig. 464). La poudre est tamisée, arrosée ^ salée, puis abandonnée, dans de vastes cases de bois, à veau degré de fermentation qui exalte davantage l’odeur duit une coloration noirâtre de toute la masse. ; sd
- Dans les tabacs en feuilles, la nicotine s’y trouve à l’é^1 utrc acide; dans les tabacs en poudre, elle y est à l’état de se
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- „ 407
- DU TABAC.
- ««de sous-sel, d’acétate accompagné d’un “'rnoniacal en Me proportion. Ce sont certainement les «leu* sels
- flaque et de nicotine qui, par leur dissolution, produisent l’excitation de la membrane muqueuse du nez.
- Quant b l’odeur piquante de la poudre, elle est due sans doute ii du carbonate d ammoniaque, dont le décernent entraîne des portons de nicotine libre ou à ^tat de sel. L’arome est dû k d’autres substances.
- La qualité des tabacs ne dépend donc pas exclusivement de la quantité de ni-coline qu’ils contiennent,
- Puisque ce ne sont pas les meilleurs (Cuba, Maryland,
- Irginie) qui sont plus les ri-^nes en ce principe. D’après • Scblœsing, la moyenne , ,cet alcaloïde, dans les abaes de France, est de -’da. Comme le tabac en P°udre renferme ordinaire-mmnt 33 p_ ioO d’eau,
- TMV\,-• 1 -
- Fig. 4G4.
- - »>j p. îuu ü'eau, la
- P'nporlion de nicotine se réduit donc à 1,36 p. 10 .
- Ç’est véritablement en France qu’on fabrique le mieux le tabac. 6,1 tient à ce que cette industrie n’est pas libre, qu e e cs gercée par l’État, dont la régie déploie une grande surveillance
- ,ïr la vente au détail.
- saY°ns, grâce aux recherches de MM. Zcise, Melsens, ^ c^cl et.
- jDes ïnatîèv?.1-^-drogene sulfuré, de l'aciae cyaiiujun^u^, .
- tlnt de sub'fS lnerles (paraffine et composés résineux). La présence de Pers°nnes <S ^n<ies actives explique l’effet de la fumée de tabac sur les
- Quand (,|jU|\ u 0nt Pas l’habitude de fumer.
- |!0,nPes dont î? usa»e de pipes allemandes, il s'accumule au fond des rmp°Ussante * ° es. sont munies un liquide brun, fort âcre, d’une odeur ’ ce liquide est mélangé d’un produit huileux, demi-fluide.
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- Quelques gouttes de la portion aqueuse versées dans le bec d’un oiseau le frappent d'une mort instantanée.
- Tout ce qui précède doit vous expliquer, Messieurs, les maux de tete, les vertiges, le narcotisme, et cette sorte d’hébêtement continuel que-prouvent ceux qui font un usage immodéré du tabac, soit en le fuman, soit en aspirant sa poudre par le nez. C’est à l’irritation stimulante T11 produit sur les membranes du nez et de la bouche, irritation agréa e lorsqu’elle n’est pas portée à un trop haut degré, qu’est dû 1 usa?e de cette substance, usage qui, toutefois, présente tant d’inconvémen >• qu’on ne saurait trop s’en abstenir, lorsqu’on n’en a pas encore cou tracté l’habitude (I).
- CHAPITRE TROISIEME.
- DES ORGANES EMPLOYÉS DANS L’INDUSTRIE.
- Le nombre des végétaux et des animaux, ou plutôt de certa,,a de leurs organes, utilisés, non comme aliments ou médical ’ mais pour les besoins ordinaires de la vie ou les nécessité l’industrie, est considérable. Voici dans quel ordre je Pr°cet à cette nouvelle étude, en ne me départissant pas de n>a -cialité : le point de vue chimique et industriel.
- t. Bois de chauffage et de travail.
- 2. Matières textiles ou filamenteuses.
- 3. Matières tinctoriales.
- 4. Matières servant à la fabrication du cuir.
- 5. Tissus osseux et corné.
- § I. — Des bols île chauffage et île travail*
- lijc du
- Le bois, comme vous le savez, Messieurs, est la partieS rement tronc et des branches des arbres. Nous avons vu antérie ^ qu’il est essentiellement composé de cellulose et de ü
- la proportion.s’élève au moins à 95 ou96 pour l00(>)r
- (1) En Espagne, et surtout à Séville, les dames et les élégants f°ritll^e de1,01
- d’un sternutatoire doux et agréable, de la poudre de tiges de tabac a vinaigre ; c’est là ce qui constitue le vinagrillo. te di$rel'I,i
- (2) M. Fremy a émis, au commencement de 1859, une opinion to .e||eoif^
- SUL ltl UU11SL1LUL1U11 UU UU13. /VU 1ICU UC IC CUU3IUC1CJL CUI11U1*/ jjS
- d’une matière unique, la cellulose, incrustée à la longue par .. organ65 °0f minérales et organiques, il le regarde comme constitué par jr°l 2* queces tincts : vaisseaux, fibres et tissu médullaire ou utriculaire. H (;la *
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- des bois de chauffage et de travail. 409
- ‘enferme, en outre, diverses substances que la sève tient en sus-l'ension ou en dissolution. Ce sont surtout des matières gom-“leuses ou résineuses, des substances extractives et azotées, des Pnncipes colorants, des matières salines ou minérales.
- Les rapports de proportions entre la cellulose et la célastase ans les bois parfaits ne sont pas toujours les mêmes, et par la composition élémentaire des différents bois varie notaient; mais on peut admettre, comme composition moyenne (es ^°is séchés à-j-140°, les chiffres suivants :
- Carbone..................................... 50
- Oxygène et hydrogène dans'les mêmes rapports
- que dans l’eau........................... 46
- Hydrogène libre............................ 1
- Azote........................................ 1
- Matières minérales........................... 2
- 100
- I peut partager les bois employés en cinq groupes, d’après „„,rs propriétés les plus générales et les applications spéciales (lu on en fait :
- II ' ^es bois blancs ou movs sont légers et peu solides; ils ont un u 'lanc; ce sont : le châtaignier, le tilleul, le saule (I), le bou-
- sont f » *
- Paraxiii > Iorni.es Par des principes immédiats qu’il nomme : vasculose, fibrose, isotnèfeg f’ Gèrent entre eux par des caractères très-nets , et qui sont des feulai/ 6 f ce^ul°se ou xrjlose existant dans les libres corticales, dans les parois du phvtéi ; i certaines cellules, dans les poils, dans le coton, dans le périsperme Ailles n ’ e*c' ^our ^u*> encore> la membrane externe ou l’épiderme des P«ncipèinSneUrset ^es fru'ts, la cuticule des botanistes, est formée par un Prochan't i niet^at spécial, plus hydrogéné et plus carboné que la cellulose, se rap-ConelutqupeSCrps 8''as i H le nomme Cutose. Enfin, de ses expériences, M. Fremy fient,non 81 - sop'dité et la dureté du bois augmentent avec l’àgedu végétal,cela 'es fifres ^aS U Ce cIue des matières incrustantes se déposent dans les cellules ou l'eu épais J®? ace ^ue *es couefies qub dans le jeune bois, formaient des tissus *eür comD’os°,- tlevenues avec le temps plus nombreuses et plus denses, sans que (I) L’écoj-p 10,n c^‘mique ait éprouvé de modification.
- COrnnie amè|C 16S s?ules est employée, depuis longtemps, dans beaucoup de pays, i* Vitri-le-F 6 61 fébrifuge. Dn sait, depuis 1829, grâce à M. Leroux, pharmacien ('..nche, trè ran^a*s> fiue son principe actif est une matière neutre cristalline, a'ainere- l’a nommée salicine. Elle est représentée par la formule
- Elle oftpe
- ';mtenuneCeC! lle P'ar*‘culier que l’acide sulfurique, concentré et froid, la confie, on rctir1'1^16 co*orante d’un très-beau rouge. D’un kilogramme d’écorce de Sll®t, en géfl10^ gammes environ de salicine. 1 décigramme de cette substance a'lle> mais sa18 . J°Ur couPer une fièvre. Elle agit donc comme le sulfate de qui-(l"'e dans l’écr^ acll°n ne paraît pas aussi certaine. Braconnot a retrouvé la sali-e"e est nj16 Plusieurs espèces de peupliers, notamment dans le tremble, "lta<le Po»)//OCiee 11 lln autre principe neutre, blanc et cristallin, qui a reçu le
- P°pi'line. (G«0H»Ôi8).
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- leau, le tremble et autres espèces de peupliers, l’aune, la bourdaine, le fusain.
- On les emploie dans les travaux de menuiserie, la confection des caisses, des divers emballages, des boîtes, des voliges des couvertures en ardoises, la préparation des allumettes et des charbons très-combustibles qui peuvent entrer avantageusement dans la composition de la poudre <1 tirer.
- 2. Les bois durs sont d’une contexture ferme et d’une tibn' grosse; ils sont plus ou moins colorés.. Ce sont : le chêne, l’orme, le frêne, le hêtre, le charme, l’érable, le noyer, le buis, le mem sier, l’alisier, le cormier, l’acacia, le prunier, le poirier, le pommier (1), le néflier, le cornouiller. — On les emploie soit au chauffage, soit à la fabrication du charbon, soit aux constructions) au charronnage, soit à divers ouvrages (2).
- 3. On désigne par bois de travail ceux qui servent à l’ébénisterm
- et au placage. Ces bois, généralement exotiques, sont durs, leur beauté tient à ce qu’ils ont un tissu injecté de malice-colorantes et incrustantes très-denses; aussi se coupent'1 s facilement en lames minces et prennent-ils un beau P011; ' . Antilles, le Brésil, le Japon, les Indes orientales, nous fournisse les bois de travail les plus estimés: acajou, palissandre, ebe aspalath, etc. ' ^
- Quelques-uns de ces bois, tels,que ceux de rose, d’aloes,^ citron (Amyris balsamifera), le cédron (Cedrela odorafn' e imprégnés d’huiles essentielles, répandent une odeur agr se conserve longtemps. On les réserve pour la confection meubles, pour garnitures et objets de luxe. ^cU.
- D’autres bois, doués d’une excessive dureté, sont plus pal
- éable qui de petits
- t ri p cerisier’
- (1) Dans lecorce des racines de poirier, de pommier, de prunier e , ' rjncipe MM. de Ivoninck et Stas, de Gand, ont reconnu, en 1835, l’existence d un P je cristallin, ressemblant beaucoup à la salieine, qui constitue la matière as
- et amère de ces écorces fraîches, et qui se retrouve, mais en quantité P unarqua-dans toutes les autres parties des mêmes arbres. C’est la phloridzine, * I 2 * * *5j)janebeS ble par sa belle cristallisation en houppes soyeuses ou en longues aiguilla et nacrées. Elle est représentée par îa formule CuH16014. . usSj, au
- L’acide sulfurique la colore en rouge; le gaz ammoniac la convertit a ^ ,je contact de l’air, en une matière colorante rouge azotée qui a reçu )e^ re|jre phtnrizéine. D’un kilogramme d’écorce fraîche de racine de ponamie't^jtaiiC6 * 50 grammes de phloridzine pure. Les médecins belges regardent celte ^ comme un très-bon fébrifuge, plus puissant même que le sulfate dë f!11 con«idé'
- (2) Le chêne renferme, dans tous ses organes, du tannin en quantl t.eiletrf'
- rable ; aussi son écorce jeune, séchée et réduite en poudre grossière, es^IiediiSe
- employée, sous le nom de tan, pour le tannage des peaux. — Le ‘ equ’011
- n’est pas moins utile, puisque c’est avec son écorce épaisse et f°nSu e ce*,e
- fabrique les bouchons, les bondes et les semelles. Il y a bien longtemps^1 quille-
- écorce est appliquée à la fermeture des vases, puisqu’on a trouvé dan»
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- DES BOIS DE CHAUFFAGE ET DE TRAVAIL. 411
- freinent réservés pour les menus objets laits au tour; ce sont notamment le gaïac, le Sainte-Lucie, l’ébène, le buis, etc.
- ^ Les bois de teinture sont ceux qui, en raison de la forte pro-portion de matière colorante qu’ils renferment, sont employés Pocialement par les teinturiers et les indienneurs, après avoir 1 réduits en copeaux, parfois même en poudre. Ils sont presse tous exotiques, tels que les bois rouges de Brésil, de Fer-j.a . °uc, de Sainte-Marthe, de Sapan, de Nicaragua, de Cali-01nie, de Campêche, de Santal, les bois jaunes de Cuba et de a^pico, ]e quereitron, le fustet, etc.
- °* Lnlin les bois dits résineux, tels que le pin, le sapin, le mélèze, deCe . ’ thuya d’Algérie, etc., ont pour caractères distinctifs donré^er énergiquement aux agents atmosphériques et de aer> en brûlant, plus de chaleur que les bois blancs. Ils doivent rés' GUX ProPriétés à la résine dont ils sont imprégnés. Les bois co n.eUX .ont d°nc ^ double avantage d’étre très-propres aux ,jbl^ti°ns exposées à l’humidité et d’ôtre de bons combus-
- îes ar*:)res de *a £rande famille des conifères, notam-thiuç ?S^*ns’ fournissent, comme je l’ai déjà dit, la térében-401 u commerce. Lorsqu’ils ont acquis un certain âge, 30 à La r ,S.’ 011 Pratique de petites entailles tout le long de leur tronc. f&itaSUl? ft^c°ulede ces incisions et vient se réunir dans un creux en 1^ rLaque arbre. On purifie celte térébenthine brute,
- dp« n °nt ant dans une grande chaudière et la passant à travers Qes filtres de paille.
- SOn,#fr« des propriétés physiques el chimiques des bois vous lulose ^lC0nnues* car elles sont les mêmes que celles de la celles i n’aurai à signaler ici que quelques propriétés spé-L;i |G S?r^0u^ les applications qui en découlent, à i,o3 ens'.^ des bois varie de 1,46, qui est celle d SUrface (fUl,est cede des bois les plus lourds. Lei sence i p'.eau lient uniquement, vous le comprenez, à la pré-L,ebo' a*r dans leurs pores.
- den„:„°,ls c°ntient des quantités d’eau différentes suivant le temps 1 lsleciuel il est coupé; ainsi:
- des bois blancs, lourds. Leur flottage à la
- fe p°tnpéîa a
- °rt distingué °S atn.Pl,ores avec leurs bouchons de liège. Un antiquaire, d’ailleurs Wois, lesnnt-1 Pr'3 ces Dotichons d’amphores pour des biscuits de mer! mais, (. '*1 Les ijài lquaire® sont sujets à des erreurs plus grossières.
- ont un a'10rnati(lues. teD que Ie Lois de rose ou de Rhodes, le cèdre, le Jer Loisi au {e 1 Ur^e prodigieuse. Les portes de Constantinople, faites de ce der-, c*est-eTr'3 Constantin, étaient encore debout lors du pontificat d'Eu-Relire noo ans après l’époque où elles furent construites.
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- eau pour »
- Dans le bois vert, immédiatement après l'abattage, il y a de. 37 à 48
- Dans celui de 4 à S mois de coupe...................... 30 a «w
- Dans celui de chauffage, de 8 à 12 mois de coupe....... 20 a -»
- Lors donc qu’on emploie les bois comme combustibles, on'olt qu’ils contiennent encore environ \ /4 de leur poids en eau, qu‘ non-seulement ne concourt pas à produire de la chaleur, ®aljj qui en dépense, au contraire, une grande quantité pour passer l’état de vapeur. Il y a donc un intérêt réel à n’employer poui ‘ chauffage que des bois convenablement séchés; l’avantage ene^ tellement évident que, dans certaines usines (verreries de ver fin et fabriques de porcelaine), on fait sécher dans des étuves bois qui a déjà passé plusieurs mois à l’air et qui est destine produire une chaleur intense. (Péclet.)
- La puissance calorifique des bois dépend uniquement du ca bone qu’ils renferment, puisque leur autre élément combusti ^ l'hydrogène, est associé avec assez d’oxygène pour se change^ eau. Des nombreuses expériences pratiques faites dans ces niers temps, on peut admettre : . (
- 1° Que tous les bois, au môme état de dessiccation, produn sensiblement la môme quantité de chaleur; , ja
- 2° Que pour les bois parfaitement desséchés artificielleme11 > puissance calorifique est d’environ 4000 calories (1); _ ^jjs
- 3° Que pour les bois, dans l’état ordinaire de dessiccation renferment à peu près 25 à 30 pour 100 d’eau, la puissance o rifique varie de 3000 à 2800 calories. fllSi
- La combustion du bois présente des phénomènes . suivant les circonstances dans lesquelles elle s’accomphh râlement il commence à s’altérer entre 150 et 200°. h°rS^ combustion a lieu dans un foyer convenablement alimen ^u| l’air, les produits gazeux de la décomposition s’enflamme11 > ,
- se réduit en eau et en acide carbonique, et il ne reste qllC que centièmes de cendres. — Mais quand il y a insuffisance^^ le bois noircit, il apparait de la fumée, c’est-à-dire un 111 y d’eau, d’acide pyroligneux ou acétique, d’huiles volatile® ^ reumatiques et d’une matière analogue au goudron. b • nqne huiles et à l’acide pyroligneux qu’il faut rapporter l’irritât* 1 la fumée développe sur les yeux et sur les membranes du 11(? *
- ajre pouf
- (1) On appellent/nité de chaleur ou calorie la quantité de chaleur élever d’un degré centigrade la température d’un kilogramme d’eau,e ^,-pspr°'
- calorifique d’un combustible le nombre de calories qu’un kilogr. ceca\0rMai,
- duit par sa combustion complète. Lors donc qu’on dit que la PuissanC.e(]e ces*1011 des bois desséchés est de 4000 calories, on exprime par là qu’un kilos1- ^ gj0,e|L' peut élever 4000 kilogr. d’eau de 0 à l° centig., ou de 10 à 11°, ou de 1
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- DES BOIS DE CHAUFFAGE ET DE TRAVAIL.
- 413
- bois se conserve indéfiniment à l’abri de l’air humide, ainsi '|llelps laits suivants le démontrent. La plante qu’on extrait des ''"rbières, où elle gisait depuis des siècles, conserve encore sa 'ce, ses feuilles, son tissu, sans altération intime. Dans les cer-ue|h des momies égyptiennes, on retrouve les planches avec “•'première dureté et leur premier aspect, quand elles ont été [Rouvertes d’une couche de couleur protectrice; les tissus de ‘ (l'a enveloppent la momie n’ont presque rien perdu de leur j-’jplesse et de leur ténacité. Sous les bandelettes qui emmail-la momie, on rencontre parfois des paquets de plan-•erbacées dans un parfait état de conservation; et pour-tombeaux remontent souvent à près de trois mille ans!
- °us l’eau, et à une certaine profondeur, le bois se conserve ^ .0,G indéfiniment, ainsi que le démontre la durée des pilotis; y ,ls d finit par noircir, et il acquiert une très-grande dureté. (Ip'jV (*es fragments de bois de chêne qui proviennent des débris Ci ancien pont de pierres construit à ltouen, vers l’an 1150, par ^ pératrice Mathilde. Ces débris ont été retirés en 1830, au ^lèy11 *a c^oche ^ plongeur, des vieilles piles sur lesquelles bois en^ actueilement les ])iliers centraux dupont suspendu. Ce Poli 'jC,Sseiïlkle, pour ainsi dire, à l’ébène, et peut être tourné et analyse chimique m’a démontré, en 1834, que la couleur
- n°ire de
- ce bois esL due à du tannate de peroxyde de fer et à de
- ‘‘l'de ulmique.
- Isque le bois est exposé tout à la fuis à l’action de l’air et de
- Lo
- héron ** (‘evient aussi graduellement noir, perd peu ù peu sa co-•„àlro et se convertit en une masse d’un brun noir ou jau-appej’| riaole, qui est phosphorescente à l’état humide, et qu’on rnL.n. P0urri, humus, terreau, ulmine, acide ulmique. Ces cliange-i,iUUe S0l,L d’autant plus marqués que l’exposilion du bois aux v^ilableS alrnosPhériques date de plus loin. Ils proviennent d’une lève j)0(1 ǰrahuslion lente, dans laquelle l’oxygène de l’air cn-qui §e ,a Peu de l’hydrogène au bois, pour former de l’eau >neux Se »a8e5 tandis que de l’oxygène et du carbone du li-liiqtle .. reunissent et se dissipent sous forme d’acide carbo-PoRio^ !1S1> Peu à peu, par suite de ces deux effets, la pro-la'édorjiit),U carhone, propre au bois, devient de plus en plus •lue t0ut an*:c Par rapport aux autres éléments, jusqu’à ce clhrb0n< SOlL changé en acide ulmique, qui est très-riche en
- h1 Canon
- (|lce de Première de cette altération réside dans la pré-avec1]|la^^res az°tées albuminoïdes que la sève a dépo-"üon, es autres principes immédiats qu’elle tient en disso-
- v 1(3 les fibres du bois. Ces matières agissent comme ». °
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- un ferment et favorisent la réaction de l’oxygène de l’air (I • C’est surtout lorsque les bois, placés dans l’obscurité, 50'' sans cesse au contact d’un air chaud, humide et stagnant, qul" se trouvent envahis par des insectes et des champignons microscopiques qui vivent et se reproduisent aux dépens de ces matières azotées dont je viens de parler. Les insectes, en creusai des sillons dans l’intérieur des couches ligneuses, en en dévora une partie de la substance, leur font perdre leur solidité et les n duisent, pour ainsi dire, à l’état d’un tissu spongieux. Aussi o que des pièces de charpente, des solives, des planchers s attaqués par les insectes et notamment par les termites, ainsi q cela arrive journellement dans l’Amérique méridionale, et q^ cela s’est présenté dans ces dernières années à la Rochelle e Rochefort, ils ne tardent pas à s’écrouler. .
- L’invasion des bois par les petits champignons n’est pas m redoutable, et produit l’altération désignée sous le nom de P riture sèche (2), qui occasionne des pertes si considérables dans chantiers de la marine. En voici des preuves. En 1798, on an<^cj1L, la mer le Foudroyant, vaisseau de 80 canons; la pourriture s
- s’en empara, et dès 1802, il fallut le radouber et le refondre pr
- (1) M. Kuhlmann a signalé récemment une cause toute spéciale de'a P ^ altération du bois; c’est le contact immédiat du fer. Ainsi lorsque de\c.'' l0jnU versent une planche, on remarque auboutd’un certain tempsque, sur tops traversés, la substance du bois est profondément altérée; elle est coin
- bonnée et se détache au moindre effort. Ce genre d’effets est bien connu chantiers de construction. Suivant le savant chimiste de Lille, le fer e^e contact cause de cette altération, car elle ne se manifeste que dans les pointa t , Ÿjj|es
- - . u-desene»
- tioinere-
- du métal avec le bois, et ne se montre pas là où le bois est fixé par
- de bois ou de cuivre. Voici, d’après M. Kuhlmann, l’explication des P^n^j.0jyde
- quand le clou de fer s’est oxydé sous l’influence de l’air et de l’eau
- les éleà
- nent3
- qui a pris naissance ne tarde pas à être désoxygéné partiellement pai c01iibn5’ du bois et à être ramené à l’état de protoxyde; le bois éprouve donc U1 ]^rj<jii« tion lente. Mais le protoxyde de fer absorbant peu après l’oxygène atm°- ^ j,0is. reproduit du peroxyde, qui cède de nouveau une partie de son oxyge* et*s’étenJ Ce double effet se répétant sans cesse, 1 alteration duboissepoui fà emprUI,lj! de proche en proche. D après cette mgemeuse théorie, le fer sei vu ait, qUe 1° de l’oxygène à l'air pour le reporter sur la matière organique, de ruf p0urfflire
- mte de l’oxygène àla‘‘/ raj
- deutoxyde d'azote des chambres de plomb emprunte passer l’acide sulfureux à l’état d’acide sulfurique. Le peroxyde
- de fersel
- uibu5"
- jjiit
- rouage intermédiaire entre l’oxygène de l’air et le bois pour en opeie piaçi
- tion lente- On se mettrait à l’abri de cette cause de destruction, en .jg fer
- dans les chantiers les clous de fer par des clous de cuivre, ou par e*es 1 galvanisés ou zingués. . aUes °Ù é
- (2) Les praticiens ont remarqué que les bois abattus pendant les ep > ,.rjtiirr sève est en mouvement, sont plus sujets que tous autres à contracta jntroi'ul. sèche. Ce fait est facile à expliquer; c’est que la sève, plus abondante. aZotee-au milieu des fibres ligneuses une plus grande quantité de subs a albuminoïdes
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- CONSERVATION DES BOIS.
- 4! 5
- (lUe en totalité. Le navire anglais le Bcnbow fut construit enl813; la pourriture sèche l’attaqua; il fallut le réparer, en 1818, à Ports-|n(H1tl), et, sans avoir jamais été en mer, il avait coûté déjà '•-5,000 fr. de réparations.
- Fâgot, en 1740, Haies, en 1756, Jackson, en 1767, Pallas, en "9) tentèrent, mais sans succès, de prévenir les altérations des 0ls en les plongeant pendant un certain temps dans diverses jssolutions métalliques, notamment dans celles de couperose, ll Un, de sulfate de magnésie, de sel marin, etc. Sir H. Davy,
- ^ai)s les premières années de ce siècle, pensa, pour combattre 1 Pourriture sèche, à utiliser les propriétés conservatrices du ‘ ] uué corrosif ou chloride de mercure, et, en 1830, celte idée agença à recevoir, en Angleterre, un commencement d’exécu-(i-n’ Par l’initiative d’un nommé liyan, qui se servait d’une ^ solution de ce composé métallique au titre de 2 pour 100.
- PU1S> u‘i grand nombre d’essais ont été entrepris au moyen de (j . euses substances toxiques qu’on fit pénétrer dans l’intérieur S P'ôces par voie d’imbibilion.
- pl^P‘0cédd de conservation par imbibition consiste à immerger sim-Pcndit ^ ^°'s ^ans un antiseptique, en l’y laissant baigner
- •issu l"1 Un temPs assez long; malheureusement les gaz contenus dans le milli *?aeux s’opposent à la pénétration du liquide au delà de quelques lièi'u Clres‘ ^cs substances antiseptiques qu’on a essayées de cette ma-’inc jSont ' Ie chloride de mercure, l’acide arsénieux, le chlorure de cuivie° >S^ale d le chlorure de manganèse, les sulfates de fer et de °u ellos k SC* mar'n- Mais ces substances sont trop chères (sublimé),
- °U eiiG,SOnt dangereuses dans leur emploi (sublimé, acide arsénieux), 'Pt’elles ^ l)r^servent que pour un temps trop court, par la raison i 0's par I*1 lrnpraSrîent que très-imparfaitement la substance totale du aWber G '1CG (lu procédé de macération employé pour les faire
- '‘b'edeTm^ Ces1^ au moYen d’une dissolution de sulfate de cuivre au °n tenait a d à la température de 70° centigrades, dans laquelle
- par mm*^S Penciant quelques heures les bois débités, système in-r'^^ann;. ^aaviteau et Knal, qu’on a préparé, pendant ces der-K les écM’ Cn Pl’anceden Allemagne, les traverses des chemins de cé<lé est loiît'S P°Ur *GS Y*§nes> les cercles pour tonneaux, etc. Ce pro-ij|a, eten ,a Pait insuffisant pour assurer la conservation du sapin, du I • Ier nj. î"a^ des bois d’essences légères qui renferment beaucoup °'s> ainsi Da'S ï>araît prolonger sensiblement la durée du chêne. Le i1 irnPutios 10’ es^ ent°UI'é d’une enveloppe injectée très-mince, qui ,a'^*'ation d ü’ aiîattafiuable par les insectes, et qui retarde, par suite, r^^âgnées ^ rl'es Internes. Celles-ci ne sont, du reste, nullement ij^de C0U. ’iuide antiseptique, et elles conservent leurs germes ch^rface jH^aphon, qui se développent d’autant plus facilement que °CSj soit ni*! | ee est 011 paCie enlevée, soit par les frottements ou les 11 clouage. L’altération commence aux points ainsi dénu-
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- dés et se propage à l'intérieur. Il est certain que les traverses des chenuns de fer de Rouen et du Havre, qui ont été préparées par ce procède, son arrivées au bout de peu de temps à un pitoyable état. . .
- La créosote brute, l'un des produits de la distillation du bois, e? beaucoup plus efficace, comme le démontrent des expériences faites pai MM. Mackensie et Brassay, ingénieurs anglais, sur le chemin de fei L Lyon à Saint-Étienne.
- Dans tous les cas, le procédé de pénétration par imbibition ne don des résultats satisfaisants qu’autant qu'il est appliqué à du bois sec. effet, lorsque celui-ci est chargé de sucs végétaux, l'imprégnation e^‘ peu près nulle, vous le comprenez facilement, puisqu’il n’y a PaS 1 place vide dans laquelle puisse pénétrer le liquide antiseptique.
- Dans ces dernières années, on s’est attaché à faire pénétrer les Pre valifs dans les conduits capillaires du bois et jusqu’au centre des pj ‘ les plus épaisses et les plus compactes. Il est évident que le Pr0^ pénétration est préférable au procédé d’imbibition. La première appartient à Bréant qui, en 1831, construisit une ingénieuse niap pour injecter des solutions métalliques, des liquides huileux °urés‘ dans l’intérieur des bois. Il plaçait, après les avoir équarries, leSP' ,.s, à préparer dans un cylindre métallique, au sein même de ja solution à injecter; il obtenait ensuite dans ce cylindre une pression ^ 10 atmosphères, en y introduisant de nouvelles quantités de IkPJ1 ^nS moyen d’une pompe foulante. La dissolution était alors refouler l’intérieur de l’arbre, par suite de la réduction du volume des gaz- .
- Bréant eut des résultats encore plus satisfaisants, en connu g par faire le vide dans le cylindre ; il déterminait ainsi une dilata 1 gaz contenus dans les pores du bois; ces gaz s’échappaient en PaI |a étaient remplacés dans les canaux séveux par le liquide qu’y reI° nièreà pression. Dans certains cas, il chauffait même le cylindre, de nia obtenir une plus grande dilatation des gaz. _ .jn(jre
- L’appareil de Bréant se compose essentiellement [fig.465) d*111 ' jeqUel en fonte A, d’une pompe foulante B, et d’un condensateur C, dan ^ on peut à volonté faire arriver soit de la vapeur, soit de l’eau ' ^
- le tube p. On opère de la manière suivante : on enlève l’obtiu ^uaD. place la bille de bois dans le cylindre A et on introduit le liquide c nj. tilé telle que l’extrémité supérieure de la bille dépasse un ^ducti°n veau. Le cylindre étant refermé, on fait le vide en C, par 1 jn 1 paSsee» successive de vapeur et d’eau froide; on ouvre le robinet r ; 1 alyf n^e5-partie du cylindre dans le condensateur, et on recommence, si . j^soi* saire, cette opération, jusqu'à ce que la pression dans }f„Cl min»1*’ inferieure a 0m,t5. On maintient cet état pendant quelque ^eton afin de laisser sortir les gaz du bois. On ferme ensuite le robin introduit, au moyen de la pompe foulante, du liquide dans c ^est jusqu’à ce que la pression soit portée à 10 atmosphères. Cette P1 ^.g etlt’ maintenue pendant un temps variable, suivant la nature du ^ ^ps, liquide employé; c’est, en moyenne, pendant six heures. Af»e \e on laisse rentrer l’air peu à peu, et on fait écouler le liquide bineto. . ;tenientin'
- Le pin, le hêtre, le peuplier, le sapin, sont presque coiup .flej ifl31 jeelés par cette méthode ; il en est de même de l’aubier du e
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- dans le cœur de celui-ci, l'injection est à peu près nulle. Des planches ‘lesapin imprégnées par Bréant d’un mélange de résine et d'huile sicca-tlve °"t été employées en 1835, concurremment avec des pièces de chêne,
- ^\N\\V.\\\VSS\v,v>v
- Hü
- pt»
- Fig. 4G5.
- J ^construction du tablier du pont Louis-Philippe, à Paris; elles furent Couvées, en 1848, dans le plus parfait état de conservation, tandis que ^ madriers en chêne, qui avait déjà été remplacés une fois, étaient a Pjvs complètement désorganisés. , .
- a.', lnvention de Bréant, dit M. Gauthier-Villars, a subi le sort de tant n05r^s découvertes qui, après avoir pris naissance en France, ont ce , J^onnées et appliquées industriellement en Angleterie (.1)-» l) d'im’ ^e^lel prit à Londres une patente pour un nouveau piocec e do upVeSnation, qui n'est en réalité qu'une modification de celui viTS* Le liquide adopté est la créosote brute ; on en emploie en-gén- ü-' kilogr. par mètre cube pour le pin, le sapin, le hetie, e en la S.P°Uf les bois d’essences légères. Le chêne ne peut absorber que seryn01 le. ^ Peu près de cette quantité de liquide et, par suite, il se con-travn,010108 l°ngiemps que le sapin créosoté. Quant aux bois destines aux euj * maritimes, ils doivent renfermer 146 kil. de créosote par metie ^elliefp!!^ f^re Pr®servés de l’attaque des vers et des tarets. Le pioceie
- i est jV,0 iJr^s,erV(^s de l’attaque des vers et des tarets. Le procédé ^Ire, pjn oe'enu. d’un usage général en Angleterre ; le mètre cube de H,60pqU svaPin5 pour traverses de chemins de fer, ne coûte que ^ Ur etre créosoté. La rareté et le prix élevé de la créosote en
- , (l) Notic
- (ej.j^tiou, paUrr!.!a Préparation et la conservation des bois au moyen des procédés e»r«MîQu,ç ' pauthier-Villars, inspecteur des lignes télégraphiques. (Annules ’ P-27 et 257, 185U.)
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- France n’ont pas permis jusqu’ici d’en tirer parti; d’ailleurs, l'inflammabilité des bois ainsi préparés, leur odeur désagréable et persistante, les éloigneraient des constructions.
- En France, c’est surtout le docteur Boucherie qui, à partir de 1837, a entrepris les expériences les plus curieuses pour résoudre économiquement l’importante question qui nous occupe, et pour modifier avantageusement l’espèce et la qualité des bois ouvrés.
- Les moyens que M. Boucherie a d’abord essayés reposent sur ce principe que la sève peut entraîner le long des tubes capillaires des arbres les liquides que l’on met en rapport direct avec elle. La faculté d’aspiration des arbres eux-mêmes suffit donc pour porter, du pied du tronc jusqu'au' branches, les liquides que l'on veut introduire dans le tissu ligneux, et la seule condition indispensable, c’est que ces liquides ne soient pas à "" trop haut degré de concentration.
- La manière la plus simple de procéder, c’est de couper par le P'et l’arbre en pleine végétation et de le plonger dans une cuve renfermai' la liqueur qu’on a l’intention de lui faire absorber ; celle-ci monte» <•’" quelques jours, jusqu’aux branches les plus élevées ; tout le tissu lig|lCl1' est envahi à l’exception du cœur de l’arbre qui, pour les espèces divers^ et les gros troncs, résiste toujours à la pénétration. Il n’est pas necesj saire de conserver toutes les branches et toutes les feuilles de l’arbre»' suffit, pour déterminer l’ascension du liquide destiné à remplacé sève, que l’on conserve un bouquet à son sommet. Mais il est plus '®cl.e encore d’abattre l’arbre, d’en élaguer les branches inutiles et de me' sa base en contact avec les liqueurs destinées à l’absorption [fig-
- Fig. 4(>G.
- , .tirs du v^1’
- celles-ci pénètrent de la même manière dans toutes les pariarbJ'e efl tal. On peut aussi percer à la tarière des cavités au pied dun jrouf» core planté dans le sol; le liquide conservateur s’introduit pa* et son ascension, dans ce cas, est complète et rapide [fg- ^/\[|.je,ParCf Mais ce procédé d’injection n’a pu être appliqué dans l'indu qu’il ne permet pas une pénétration régulière et complète dans
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- *luil nécessite une main-d'œuvre dispendieuse et rend difficile la sur-veill«iee des travaux.
- 1841, M. Boucherie a imaginé un autre mode fondé sur le dépla-
- $F. [’
- Fig. 4(57.
- tiond^v' ' expulsion de la sève, au moyen de la pression et de la filtra-u llf]uide à injecter. A l’aide de divers perfectionnements, ce second
- Fig. 408.
- elé lendu véritablement manufacturier et a donné lieu à des lls industrielles considérables; c’est ce procédé qu'on utilise
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- jjfflBi&iL J
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- pour la préparation dos traverses de chemins de fer et des poteaux télé graphiques. Voici, en peu de mots, comment on opère: ^
- Les pièces de bois, après avoir reçu à chaque extrémité un coup de scie pour en rafraîchir les surfaces, sont étendues parallèlement sous une légère inclinaison (fîg. 468). On applique sur la section du grosbou , q sera la surface de pénétration, un plateau en cœur de chêne, apres ou i-
- fois avoir placé sur le pourtour de la surface une corde sèche enetou^ de chanvre ; on serre fortement le plateau contre l’arbre et on 1 y tient à l’aide de crochets en fer. Il y a donc, de cette manière, un eq vide de quelques millimètres qui sert à loger le liquide antiseptique qu veut mettre en présence de la section tout entière du bois. Le p a
- est percé, de part en P‘ >
- Fig. 4 CD.
- d’une ouverture
- laire dans laque* on introduit ( force l’extreni'h d’un ajutage bois dur ou rob .
- ou i« »»*£
- hauteur)
- ouvre
- po“nla de
- vant lui )eS végétation ^ princlpes obtient, qu ell° C ,coule
- Cettf, eaUdes bouts
- parlund 0
- et est ltil Lcûn-
- IparlelifV
- Iscrva^-^ou ration est terminée quand il ne sort plus du tronc que de sulfatée, au lieu et place de la sève. lus
- D’après les expériences de M. Boucherie, la substance < ^ juretc V mandable pour préserver le bois de la carie, en augnien 01 ,s cb111^. en prolonger la durée, serait le pyrolignite de fer brut, to J ^jqur de goudron et de créosote, qui conservent si bien les matières
- Fig. 470.
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- I a's 'a pratique n’a pas justifié ce choix. Il a été reconnu, en effet, qu’à Y0I1gue, l’oxyde de fer du pyrolignite altère les fibres ligneuses, de werne que le clouage altère les bois et que l’encre attaque le linge. De
- II uh des essais faits à Toulon et à Lorient, sur des bois destinés à la Yne, ont prouvé qu’il n’éloigne ni les vers ni les tarets.
- a définitive, c’est le sulfate de cuivre qui a été reconnu comme le , l''us avantageux, et c’est à peu près la seule substance conservatrice !! .0n emploie maintenant en France, surtout pour les traverses des che-a'ns de 1er et les poteaux télégraphiques. 11 se fixe si bien sur la cellulose y os diverses matières adhérentes au tissu ligneux, qu’il résiste aux la-(l °es* L expérience a démontré que la dissolution la plus convenable 10 ; ^°otenir I kilogr. de sulfate de cuivre par 100 kil. d’eau; elle marque ,.... ai’eomètre de Baume. Il suffit, pour préserver les bois de toute alté* dg1,011’ dY introduire okil,o de ce sel par mètre cube. Le prix de revient d J. j,Preparation peut être évalué, en moyenne, par mètre cube, de 14
- p,uLs^°is les plus légers ne sont pas ceux qui se laissent pénétrer le beau aci emenh a“insi fin’on serait disposé à le croire. Le peuplier résiste coup pius que le hêtre, le charme et le saule bien plus que le poirier, e^ble et le platane.
- idée .,np°^cn dcs ingénieux procédés dont je viens de vous donner une plus U lsan^e, on est parvenu à métamorphoser les bois tendres et les aPDn°r|nmUns en maiériaux pour ainsi dire indestructibles. Lorsqu’on ihilf.?, Uü importation des bois de toutes sortes s’élève chez nous au v0iesr^annueldn 28 millions de francs, etque, pour le seul entretien des vi'ont 'u fer ^ablies, ü faut 20 millions de traverses en chêne, qui de-déppn 0 le,ren°uvelées en totalité tous les dix ans, ce qui entraîne une traite decennale de 130 millions de francs, on comprend combien le tuteur R ^eS ^°'s tendres ou blancs par la méthode scientifique du nominl “0Uch«rie a d’avenir et doit rendre de services à notre éco-
- "«'eforesüère.
- fer aveTS^°n universelle de 1853, on a vu des traverses de chemins de saints CUVS. cousslnets qui, après huit années de service, étaient aussi chaim^Ue ^es n'avaieui Pas été mises en terre ; elles étaient en dans son n*1 ^re’ en aui*n, en bouleau, en pin. Le meilleur chêne, ques an C, a naturel, serait en pleine décomposition au bout de quel-letirés a GeS' v°yait encore des poteaux de lignes télégraphiques, térafion rieu^ années de service, et n’offrant aucune apparence d’aide M. Bouc^ SOn*’ Pai’l'allemenf concluants en faveur du procédé
- ^ans/0rit(f,emment’ f*eod et Fleury-Pironnet, entrepreneurs au ^l’éant, ynait Construire, en se fondant sur les mêmes principes que Celui d’e ^ aPPare>l qui diffère peu, dan s ses dispositions principales, de Verts et en r ethei’ et clu* Per,nHt de préparer non-seulement les bois 'es autres llmes.- comme dans le procédé de M. Boucherie, mais toutes s°it el querrteS ^*Ü‘S débitées à quelque époque de l’année que ce ^' Wation^r^ S°’^e terme écoulé entre leur abatage et leur mise en ’^tcur, ’ ^est encore le sulfate de cuivre qui sert d’agent cotiser-
- C,"»rac ce
- nouveau mode d’opérer est déjà en activité au Mans, à
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- Amiens et dans plusieurs autres chantiers de chemins de fer, je dois vous en donner une idée suffisante. La figure 471 représente l’appareil de MAI. Logé et Fleury-Pironnet :
- RM
- mm
- AA, cylindre en cuivre de 1? mètres de long et !™,C0 de diamètre, e ^ à renfermer les bois ; il est terminé à ses deux extrémitées par des fonds dont l’antérieur seul est mobile autour d’une charnière, mais peut étie ? hermétiquement quand le cylindre a reçu sa charge. — B,chariot pour appor^ ^ bois, placé sur un truc et pouvant ainsi être amené en face de 1 ouvei ^ cylindre, sur les rails intérieurs duquel on le faitrouler. —C,locomobile de de 10 à 12 chevaux, servant de générateur pour la vapeur qu’on doit fa*,e1 |eS trer dans le cylindre par le tube h, et servant aussi,à mettre en rnouV®lT'sUifate pompes à air et à injection.— D,D, cuves en bois contenant une dissolution de ^ de cuivre au titre de 1,5 pour 100. Un serpentin placé dans ces cuves ^^ra. courant de vapeur qui, après avoir traversé le cylindre, sert à élever la ^.Le„t ture de la dissolution. — Le tube m est destiné à l’introduction dans le du liquide poussé par la pression atmosphérique et à sa sortie à la fin <e ^njei tion. — E, appareil comprenant : 1° une pompé à air; 2° un condenseni e 3° une pompe aspirante et foulante , à double effet. t
- Voici comment on fait fonctionner cet appareil. Quand le c**'nC'|e ,.0-chargé de bois et le couvercle hermétiquement fermé, on 011pii' binet u, et on fait passer pendant un certain temps, qui varie d ]CS nutes à 3 heures, un courant de vapeur par le tube h pour écha ^ aVCC bois et chasser les gaz et l’air de l’appareil. En sortant du cyhn qciU’6 ^ ces derniers, par le tube d qui communique avec la partie sul»el^c|iallffc condenseur, la vapeur entre dans le serpentin des cuves DD) la dissolution de sulfate de cuivre. Après avoir fermé les robinet ejt et de sortie de la vapeur, on ouvre au condenseur et la pompe. .‘s0iution mise en mouvement. Après 10 ou 15 minutes de vide, la 1,13M chaude de sulfate de cuivre est introduite dans le cylindre pal’ uprè> poussée par la pression atmosphérique. Quand le cylindre est f !]ejo,aü plein, on ferme au condenseur. La pompe foulante complète 1° îjjeI.pen moyen d’un tube qui plonge dans les cuves, et continue à tra'<
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- dant un certain temps, de manière à maintenir dans le cylindre une Pression moyenne de 10 atmosphères environ. L’opération est alors ter-minée; on ouvre le robinet de vidange m, on fait écouler le liquide dans Neuves après avoir ouvert le robinet à air v, et on retire les bois qu’on ajsse sécher à l’air ou sous des hangars. La durée totale des opérations n atteignant pas 3 heures , on peut faire au moins 8 séries d’injections pai 24 heures, et comme on charge dans le cylindre, soit200 traverses, ~o poteaux télégraphiques de 8 mètres, on peut préparer avec cet
- appareil, par jour, 1600 traverses ou 600 poteaux. Le temps nécessaire i la - '
- Préparation du chêne est beaucoup plus considérable. Imprégnation obtenue par ce procédé est vraiment remarquable pour c u,le> Ie pin, le peuplier, le charme, etc.; il n’y a pour ainsi dire au-Unee Partie qui échappe à l’opération ; les nœuds eux-mêmes prennent m i certaine quantité de sulfate. Le poids du sel fixé par mètre cube ^«orapru entre 5kil. et 7kll,80. Dans le chêne, toutefois, l’aubier seul " P'epare. Le prix de revient par mètre cube est de 9 fr. environ, soit P°ur 100 de moins que dans le procédé Boucherie.
- o^-les liquides conservateurs sont naturellement colorés, i)ri (rSclu '^s Peuvent produire des colorations en agissant sur les té ,c|l)es Propres au bois, ils lui donnent, tout en le rendant inal-ain'si e’ des qualités dont les arts de luxe peuvent profiter. C’est Prend fi11 e^’ ^ue P^a^ane> injecté avec du pyrolignite de fer, SuccédleSlCintes très-recherchées dans l’ébénislerie. —En faisant matj^er ^ 00 sel, déjà introduit dans un bois, une dissolution de on ie I.e^annanie, on produit de l’encre dans la masse du tissu, et 'eut sor*;e en bleu noir ou en bleu gris. —Lorsqu’on
- et en °-0rer en loleu de Prusse, on injecte d’abord un sel de fer, MM p® Une s°iuti°n de prussiale jaune de potasse, de, so enard-Perrin, en variant les expériences de M. Bouehe-^ teint ^arvenns ^ appliquer aux bois l’alunage et les procédés noir ii U1 e, réservés jusqu’ici aux étoffes. Ainsi, ils les teignent en (le ]a r'^u au centre par l’action successive de la noix de galle cl m°yen uPerose; en diverses nuances de rouge et de violet, au seilie• en'V00011’ *a garance, du campêcbe, du Brésil, de l’or-associé * .* avec ie tournesol, l’indigo, ou avec le campéche Il y a jUl C'trate de cuivre; en vert, avec l’acétate de cuivre, ée marij, s a|s peuvent effectuer des décolorations partielles H suffit de'? • ^ ’mder les effets des bois naturellement veinés. Par exe aire Pénétrer successivement dans le tissu du charme, (^ré. • 0 ’ d’abord une solution de soude à un quart de
- failli j1 p l’eau, puis une solution de chlorure de chaux, et lean ->> -'J- t ajnsj
- .'‘anehi jnt?a.u ‘dg'dsée d’acide chlorhydrique. Le bois, lacrüSiat; neurement, sert aux imitations de l’ivoire dans les dé"8 ^éhénisterie.
- r'°slorêt’s ÎJleux Procédés donnent aux bois les plus communs de es teintes variées qui permettent de les employer, à la
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- place des bois exotiques, à la confection des meubles précieux. Et notez bien que les bois ainsi injectés de substances minérales sont devenus moins faciles à enflammer, et, dans tous les cas, impuissants à propager le feu.
- Vous voyez, Messieurs, par ce qui précède, que la conservation et la coloration des bois constituent une industrie des plus curieuses et des plus importantes, tant pour les objets u un emploi général que pour les articles de luxe. Cette industrie & réellement scientifique, et vous démontre, une fois de PluS) tout le parti qu’on peut retirer des données théoriques bien comprises.
- Je ne quitterai pas ce sujet, sans vous apprendre le moyen simple que M. Melsens a découvert pour imprimer un cachet vétusté aux meubles et aux sculptures en bois récemment cou fectionnés. Il ne s’agit que de les soumettre au contact des peurs ammoniacales humides, qui ont pour effet de réagir sur _ en fonçant la couleur de leurs surfaces. Ainsi, un objet en^ci neuf acquiert, par une courte exposition à ces vapeurs, laSP qu’il aurait en restant pendant longtemps h l’air. Entrez 1 la plupart de nos fermes, et vous y verrez des bahuts, des ‘ moires en chêne d’une teinte si foncée qu’elle en paraît n vous comprenez maintenant que cela est dû au voisinage de blés et à la mauvaise disposition des bâtiments, qui entretien dans l’atmosphère des pièces d’habitation, des vapeurs amn cales.
- • j. l’abri
- Voyons maintenant ce que devient le bois quand , mis d de l’air, il éprouve l’action de la chaleur.
- Calciné en vases clos, il se décompose encore compote ^ la manière des substances neutres, c’est-à-dire qu’il do l’eau, de Vacide acétique, des huiles empyreumatiques et ( ,j|
- dron, des gaz combustibles mêlés d’acide carbonique> ^ je laisse un résidu de charbon, avec quelques sels minéraux, poids varie de 16 à 28 p. 100. , bois
- Deux arts chimiques reposent sur celte destruction (je hors du contact de l’air : la fabrication du charbon et c ^ l’acide pyroligneux ou vinaigre de bois. J’ai suffisamine1^^^ de la première industrie pour ne pas avoir besoin dy r Occupons-nous donc seulement de la seconde.
- FABRICATION DE L’ACIDE PYROLIGNEUX.
- Jg
- L’ingénieur Lebon imagina le premier, en 1785, de f^SjeSgaz bois en vases clos, pour obtenir tout à la fois du charbo11* pCes combustibles et du goudron. Il fit un grand nombre d exi
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- DE LAC1DE PmOLIGNEUX. 420
- ayec des appareils, qu’il appelait des thermolampes, depuis 4799 jusqu’en 1802. Les premiers thermolampes furent, établis au Ha're. Lebon voulait utiliser le gaz à l’éclairage du phare et le goudron à la marine. Mais le gaz qu’il obtenait, formé principalement d’hydrogène carboné et d’oxyde de carbone, fort peu éclairants, n’étant point épuré, répandait une odeur très-désa-gréable. Les spéculateurs et le public ne portèrent que peu d’in-lérét à cette découverte qui devait, par la suite, recevoir de grands développements. Son auteur fut forcé de renoncer à son entreprise, etil alla établiràVersailles, près de l’aqueduc de Marly, “ne fabrique d’acide pyroligneux. Les gaz servaient à chauffer les 'ases> comme dans les fabriques actuelles.
- 1jC procédé de Lebon, perfectionné parles frères Mollerat, puis ParKurtz etLhomond, est très-répandu aujourd’hui, en France et m Allemagne. Voici comment on opère le plus généralement, au moyen de l’appareil simplifié de M. Résiner, de Thar.n (fig. 472) :
- Le bois • Fi9' 4,12’
- 'Unt! eapaev*1^ en bûchettes, est chargé dans un cylindre en fonte C, fUVei'lure h - mctres cubes environ; on l'y introduit par une
- °Urneau à a-!?Ul^e dans le couvercle. Le cylindre est placé dans un °ll‘ie. La flamme du combustible s’élève en circulant tout
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- aulour, et arrive enfin dans une cheminée d’appel. Les produits de la distillation se rendent par le tuyau en tôle t dans l'appareil de cou densation qui se compose de quatre tuyaux horizontaux placés les un? au-dessus des autres, réunis par des coudes et enveloppes jj manchons en tôle m,m,m,m, dans lesquels circule continuellement courant d’eau. Cet appareil est soutenu par une charpente en do • L'eau froide arrive d’un réservoir R, passe par le tube ss dans le chon inférieur, puis successivement dans les autres manchons p<u . tubes verticaux 0,0,0, ets’échappe enfin bouillante par le tube recoui • Les liquides condensés tombent, par le conduit p dans le premier tes voir H , tandis que les gaz inflammables sont dirigés par le connu1 > muni d’une valve régulatrice, sous le foyer, de sorte qu’il nes^ , de charger la grille de combustible qu’au commencement de °PL^ tion, la chaleur produite par la combustion des gaz étant ensuite s santé pour achever la distillation. On laisse refroidir le charbon de pendant 5 à 6 heures, et on le retire ensuite par une porte pratiquée bas du cylindre C.
- Les produitsde cette distillation en grand sont à peu près dans lesiaP ports suivants :
- Charbon.................................... 28 à 30
- Eau acide et colorée....................... 28 à 30
- Goudron.................................... 7 à 10
- Acide carbonique, oxyde de carbone, hydrogène I 37 à 30 carboné et eau non condensée...............j
- 100
- Chaque stère de bois de sapin donne environ 5 hectolitres acide, colorée, très-chargée de goudron, marquant 3° a e mètre, et 220 kil. de charbon. Celui-ci est plus léger et c0^jSi un plus grand volume que le charbon produit dans les Or, comme ce combustible est vendu habituellement à la ' rjj vous comprenez que le premier est moins économique» ^ égal, pour le consommateur que le charbon dur. e jc pacte. Mais, d’un autre côté, il a certains avantages \ ^ font rechercher pour les usages domestiques. 11 s’allu111 r facilement, et n’exhale pas d’odeur désagréable dans les tements, parce qu’il ne renferme pas de fumerons; ü 0 pjus les avantages de la braise de boulanger qui est beaur° chère. te va-
- lues gaz qui se produisent pendant l’opération précé1 ^ ^ p rient dans leurs proportions relatives au commencement1 qui
- fin. D’ahord, ce sont l’acide carbonique et l’oxyde de car dominent; à la fin, c’est l’hydrogène. nihlCl'"
- M. le professeur Pellenkofer, de Munich, qui s’est occui^jis vernent, dans ces derniers temps, de l’éclairage aux gaZ
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- DE LACIDE PYROLIGNEUX.
- bois, assigne la composition suivante à ces gaz obtenus du pin débarrassé autant que possible de sa résine :
- GAZ BRUTS. GAZ PURIFIÉS.
- Hydrogène bicarboné 7,93 10,57
- — protocarboné , .. 25,32 33,76
- Oxyde de carbone 28,21 37,61
- Hydrogène 13,53 • 18,05
- Acide carbonique .... 25,01 ))
- 100,00 99,99
- bensité des gaz 0,883 0,667
- ^ V0‘1’ Par ces analyses, que le gaz de bois, purifié, renferme
- aucouP plus d’hydrogène bicarboné ou de gaz éclairant pro-^mentdit que le gaz des compagnies d’éclairage de Londres et Manchester, qui, d’après les analyses de M. Frankland, n’en GjUient pas plus de 3,5 à 5,5 p. 100.
- HéU a été appliqué avec succès, dit-on, aux villes de
- t . Ionn> de Beyreuth et autres. Voilà donc la première idée de j)0n reprise et industrialisée.
- dai es Pr0diiits liquides de la distillation dubois, qui se réunissent s es réservoirs, sont nombreux, ils se composent de :
- Beaucoup d’eau,
- p d’acide pyroligneux ou acide acétique.
- L lles quantités d’acétone ,
- — d’esprit de bois,
- — d’acide ulmique,
- — de diverses huiles essentielles ou carbures d’hy-
- drogène, parmi lesquelles on a distingué :
- La naphtaline, C20I18,
- La paraffine. L54H54,
- L’eupione, C2H2,
- La créosote, C28111604,
- Le picamare,
- Le capnomore;
- ‘Usieur-
- s lcsiries pyrogénées ou pyrétines, parmi lesquelles on a distingué :
- Le pittacale,
- Le eédrirète,
- ^ L’éblanine, L2II11804.
- I Sies°d^r°n cst 1111 mélange de toutes ces huiles empyreuma-llue) a’sse Ces carLures d’hydrogène et de pyrétines, d’acide ulmi-11 est u'fS^,Une cei'bdne quantité d’acide acétique.
- 0rUreçuV e ^examiner en particulier ceux de ces produits qui esapplications. En tête de tous, il faut placer l’acide
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- CINQUANTIÈME LEÇON.
- acétique, qui a reçu dans les arts les noms de vinaigre de bois ou d’acide pyroligneux, qui rappellent son origine.
- I. Acide f»yirollgiieiix.— Ce sont Fourcroy et Vauquelin qui, les premiers, ont démontré que cet acide du bois est identique, après sa purification, avec l’acide acétique extrait du vinaigre-Longtemps avant Lebon, l’Anglais Boyle avait constaté la production d’un acide dans la distillation du bois, et il l’avait nonuiH vinaigre radical ; c’est ce que plus tard Boerhaave appela esp>1 acide du bois. Le célèbre chimiste hollandais <>*ait môme renw qué que les bois durs, notamment celui de gaiac, en fournisse11 plus que tous les autres.
- Par le repos des produits rendus dans les réservoirs, la nl^ jeure partie du goudron s'isole et tombe au fond de l’eau acide. 11 sépare ces deux matières par décantation.
- L’acide pyroligneux brut, tel qu’il sort des réservoirs, est eu loré en rouge brun, et possède une forte odeur empyreumat>qiu' il aune densité de 1,025 ; il renferme environ 20 p. 100 de liôres huileuses et de goudron. — Un le distille d’abord dans alambic en tôle, pour en séparer la plus grande partie du Soufl il est alors beaucoup moins coloré, mais son odeur est encore ^ désagréable; il prend le nom d’acide pyroligneux distillé ; sa sité est de 1,013. On l’emploie pour faire des acétates, ou ce qu appelle vulgairement despyrolignites.
- Lorsqu’on veut l’avoir tout à fait pur, on commence par sature^ eide brut au moyen de la craie, à une douce chaleur, parce qu ^ combinant à la chaux, il abandonne la majeure partie de 1 huillü fll) goudron qu’il tient en dissolution. Ces matières surnagent bien > ^ les enlève avec une écumoire; on laisse reposer et on décante
- queur> , , mn saturé
- L’acétate de chaux, concentré à 15°, est mêlé à une solution jelir de sulfate de soude, jusqu’à cessation de précipité; il résulte, réaction mutuelle, du sulfate de chaux insoluble et de l’acétate a soluble :
- Acétate de chaux.. Sulfate de soude..
- chaux...............-f- acide acétiq111,
- acide sulfurique, -j- soude. ________-
- Sulfate de chaux -j- acétate de s°u
- Lorsque le sulfate de chaux est complètement déposé, °n jeS lion lave le dépôt à plusieurs reprises, on évapore ensuite toUlUeta queurs.dans des chaudières plates jusqu’à 27 ou 28°, et on ^5-cristalliser. Les cristaux obtenussont de gros prismes rhoinboi colorés. Pour les purifier, on leur fait d’abord subir une cristallisation, puis on les torréfie avec précaution dans des ^ ^ de fonte très-plates et évasées, afin de détruire l’huile et le g® ^ cacilite Cette fritte exige les plus grands ménagements à cause de
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- DIÎ L ACIDE PYROLIGNEUX.
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- a!ec ^acI'ioIle le sel se décompose, lorsque la chaleur n’est pas également Pame dans toute sa masse. On remue continuellement avec des rin-? f» on évite que la chaleur ne s’élève assez pour qu’il se dégage de la j.Ulïl,ee; la température varie alors entre -j- 250° et 330°. — On arrête opération, lorsque le sel est en fusion tranquille, et après le refroidis-, eilt, on le fait dissoudre dans l’eau; on concentre à 15°, puis on donne au repos pour que le charbon suspendu dans le liquide fait 6^ar Palpitation. On évapore de nouveau après décantation et on custalliser. On obtient alors de l’acétate de soude très-blanc. c est en décomposant ce sel au moyen de l’acide sulfurique à 66°, ne p0 ^ant aucun composé de l’azote, qu’on obtient l’acide acétique pur. d> kilogrammes d’acétate de soude, on emploie 323 kilogrammes •luis0’ (lllon VGrse en une seule fois. 11 se forme du sulfate de soude donn<’PléciPite a mesure, et l’acide acétique se dissout dans l’eau aban-(], °e par l’acide sulfurique. Lorsque la réaction est terminée, on sulfat ’ COmme Lacide acétique retient en dissolution un peu de l,lc a e ee soude, on l’épure par une distillation ménagée dans un alam-gros n Cll'vre ou en fonte, mais dont le chapiteau et le serpentin sont en af,ré°n cn ar8'ent (1). Les i/o de l’acide qui distillent ont une odeur Se°C0, le et la transparence de l’eau; à la lin de l’opération, le produit distin [,e 11n Peu et prend l’odeur cmpyreumatique. Par une nouvelle COtTlDl.lon sur un peu de charbon animal purifié, on obtient l’acide 0 ement pur et sans odeur ni saveur désagréables.
- S0Ü^ Cetétat, il est livré aux arts à 7 ou 8° de concentration, Conv llom ^adde pyroligneux pur. Étendu d’eau et aromatisé «lon-i Iemenl’ ^ bonne un vinaigre de table très-agréable, qu’on ra| e etttps appelé vinaigre de Mollerat, du nom des frères Molle-Ur ’ > Premiers, l’ont fabriqué en France et mis en vogue. reclifi(^U °n Veu^ l’av°ir à son maximum de concentration, on le Produit i-e.8eC0nde P°'S’ en mettîiïit à part le premier tiers du c0nc (llstdlé ; les deux autres tiers, qui forment l’acide le plus brasseG' °nt en*r‘dnd un Pcu décide sulfurique; on les en dé-soude iCn ^‘s^^ant de nouveau le produit sur de l’acétate de Un ^re. L’acide recueilli est exposé dans un flacon bouché à centré Ce ^ a— 5°. Il se fait un départ de l’acide le plus con-;tqUeux^ul,se Prend en masse blanche cristalline, et del’àcideplus Si p0n fqui reste à l’état liquide; on le sépare par la décantation. fr°ic]^ ^ !1L| a part les cristaux et si on les expose de nouveau au tant le r "e ^ssant congeler que la moitié du produit, et décan-Ini Cst fsle’ on obtient un acide aussi concentré que possible, s lnguô par le nom d'acide acétique cristallisable.
- 111M. Km,,, ,
- ,Sl f°rt l()n„ ll<inn aProposé de simplifier singulièrement ce mode opératoire qu lürel 'oq pap’jg11 faturant l’acide pyroligneux brut parle carbonate de baryte na "'édiles C Su',uie de baryum, grillant l’acétate de baryte dans les conditions C*Ue sa dissolution laisse précipiter les matières goudronneuses ailt ensuite l’acétate par un équivalent d’acide sulfurique étendu.
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- 430 CINQUANTE—UNIÈME LEÇON.
- C’est dans cet état que je vais en faire l’étude. Je dirai, toutefois, auparavant, que les 5 hectolitres d’acide brut.fournispai la calcination d’un stère de bois de sapin, étant purifiés par plusieurs distillations successives, donnent 44 kilogrammes de goudron, et 375 litres d’acide pyroligneux propre à être livré au commerce et contenant 7 p. 100 d’acide acétique anhydre.
- CINQUANTE-UNIÈME LEÇON.
- DES ORGANES EMPLOYÉS DANS L’INDUSTRIE, (soi™1
- Sommaire. — Acide acétique pur. —Acétone, acétates, anliydride-acéliU1'^ ^ Cacodyle et ses composés. — Radicaux composés métalliques. — ac ^en-cuivre. — Vert-de-gris. — Accidents qu’il occasionne. — Préparations < ^ taires qui en renferment. — Des acétates de plomb. — Extrait de G ouJ ^ Pyrolignite de plomb. — Acétate d’alumine. — Préparation du m°J( ^ vin rouge des indienneurs. — Acétate et pyrolignite de fer. — Du vûungie ^ et de sa fabrication. — Esprit de bois ou alcool méthylique. — Oou bois. — Paraffine et créosote.
- II. Acirtc acétique pur. —Le nom de cet acide dérive latin, Acetum, par lequel les Romains désignaient le vinaig1 e-en effet, à lui qu’iffaut rapporter toutes les propriétés de ^ nier. Les alchimistes le conçurent à l’état d’une grande co tralion sous le nom de vinaigre radical. pii
- Dans son état de pureté, il est solide au-dessous de-r ’jn. laines blanches très-brillantes ; mais à -f- 16°, il est jj°au
- colore, limpide, d’une densité de 1,063, ce qui correspon* 1 sa
- " ante [lr
- pèse-acide de Baume. Son odeur est vive et pénétra
- la lang
- trilC
- saveur si fortement acide qu’il brûle la peau et pique *'je loJjr-à la manière des acides minéraux. 11 rougit fortenien (jon, nesol. Il entre en ébullition à -|- 120° et distille sans a ^ c0rps Quand il bout dans un vase ouvert et qu’on en approche 1 erjjs-en combustion, il brûle avec une llamme bleue, en se en santen eau et en acide carbonique. , ,,tqnt l'c
- On ne connaît pas l’acide acétique privé d’eau a liberté ; le plus concentré est composé de :
- (l) On l’emploie communément, à cause de cela, pour rappeler ,l ^aCOorel1'^ sonnes qui tombent en syncope, en leur mettant sous le nez un peu p0ta=se 1 de sel de vinaigre. Ce prétendu sel est tout simplement du sulfate petits cristaux arrosés d’acide acétique très-concentré.
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- DE L
- acide acétique pur.
- 431
- 8b, H 14,89
- Acide acétique anhydre.....
- Eau........................
- 100,00
- Quant à l’acide anhydre, tel qu’il existe dans les acétates des-séchés, on a reconnu qu’il est formé de
- Carbone.........*............ 4v>4
- Hydrogène.................... ^,82
- Oxygène..........................
- 100,-00
- 0n le représente, dans cet état, par la formule C4H303.
- L acide liquide, au maximum de concentration, est représenté parC4H'*04, ou plus rationnellement par C4H303,1IÜ. C’est donc 1111 monohydrate, comparable à l’acide sulfurique h. G6°.
- Quand on le fait passer en vapeurs dans un tube de porcelaine CrnPli de charbon calciné et porlé au rouge sombre, il se trou\e (,U'erti en eau, en acide carbonique, et en un liquide volatil, llc>ulre, nommé acétone ou esprit pyro-acétique, C6H602, dont une Partie fournit, par une décomposition ultérieure, des gaz j!1 amniables et du charbon. Cette transformation de 1 acide est ^C1 e a comprendre. Qu’on retranche de 2équivalents d’acide ace-,UlUe roonohydraté 2 équivalents d’acide carbonique et 2 équiva-U‘C d’eau, on obtient la formule de Y acétone; en effet :
- 2(C1H303,H0)
- Acide acétique.
- 2 CCP — 2110
- ; C6U602.
- Acétone.
- AU1UC dCCLiquc.
- , Q’ust surtout dans la distillation des acétates alcalins secs que ^acétone se produit en très-grande quantité. Dans ce cas, la reac-Hm esl exprimée par l’équation suivante :
- 2(CaO.C*HW) = 2(CaO,CO!) + C*H*0* (I).
- 1 on Tait passer îles vapeurs (l’acide acétique s.n de te l,tSe dc Pl»«nc chauffée au rouge [fig. «3), l’acide se de-'«)le alors nelleme.it en donnant des volumes égaux dac.de )(mique et de gaz des marais :
- C4R303,H0
- ; 2C02 C2H4.
- G>jz des marais.
- (l ) ] ..
- Ji(le inCol-PUï’itié, qui n’a d’intérêt qu’au point de Vue scientifique, est un qq'Ur ^rornatic ’ tr^dinapide, d’une densité de 0,792, bouillant à -+- 5G°, d’une H nesaveur hr i! rapPe*ant celle de la menthe poivrée et des amandes amères, y1 s°luble ,i.U ** est très-inflammable et brûle avec une flamme brillante.
- ns”Pan l î'|cnnl. l’éther, les h . u dissout le cam-
- it6) i dans!’
- — ouusieau,t a Cll'e> le caoutchouc
- arpciuiiL ccuc uv ...____
- jte. Il est très-inflammable et brûle avec une uaimnc ----------
- ’eau, l'alcool, l’éther, les huiles essentielles ; il dissout le cam-
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- Fig. 473.
- . dODne
- proportions. Chauffé avec ce dernier, il s’y combine e lieu à un éther d’une odeur très-agréable, très-combm 1 ’ r
- qui dissout si bien tous les corps gras, qu’on devrait pour détacher les draps et autres étoffes. II paraît que c ^ vjn peu d'éther acétique que les eaux-de-vie et les vinaigreS doivent leur arôme spécial. 0i’ga'
- L’acide acétique dissout un grand nombre de substan ^ niques, entre autres les huiles essentielles, le campb]t’ sines, le gluten, la caséine, l’albumine. , , gClirilé;
- Le chlore est sans action sur lui, à froid et dans l ravons* mais en exposant le mélange de ces deux corps aux j »»aCide laires, l’hydrogène de l’acide est enlevé sous f°rrnea]ent chlorhydrique et remplacé exactement par son équn \\e chlore ; l’eau d’hydratation de l’acide reste dans la nou' .0,,aot, binaison, qui est un acide très-fort, cristallisahle, PeU.^ cfilo>'' que M. Dumas, qui l’a découvert en 1841, a nommé atio11
- acétique. Celte curieuse réaction est représentée par suivante :
- C4H*03,H0 + 6C1 = C4C1303,H0 -f- 3I1C1.
- Acide acétique. Ac. chloracétique.
- 432 CINQUANTE—UNIÈME LEÇON.
- La môme transformation se produit en le distillant sur un excès de base alcaline, de la baryte, par exemple ; mais dans ce cas, l’acide carbonique se fixe sur la baryte, et l’hydrogène carbone se dégage tout 5 fait pur :
- C4II303,H0 + 2BaO = 2(Ba0,C02) -f C2H\
- Abandonné dans l’air, l’acide acétique en absorbe peu à peu l’humidité, et s’affaiblit. Il se môle à l’eau et à l’alcool en toutes
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- DE L ACIDE ACETIQUE PUR.
- 433
- L’acide acétique est très-énergique; il décompose les carbo-"ates et il sature très-bien les bases. Il est monobasique. Ses sels SOnt neutres ou basiques. On ne connaît que deux acétates avec l‘xcès d’acide ; ce sont ceux d’ammoniaque et de potasse.
- Les acétates sont presque tous solubles. Ils répandent immé-jhatement, par quelques gouttes d’acide sulfurique, l’odeur agréa-)le et piquante de l’acide acétique. Ceux de potasse et de soude,
- ‘dant desséchés et fondus, puis mis en contact avec l’oxychlorure «le ph— ’
- odeu
- Phosphore, fournissent un liquide incolore, très-mobile, d’une
- poétique très-forte, bouillant à -j- 137°,5, n’ayant aucune Puété acide, mais régénérant subitement de l’acide acétique n°hydraté dès qu’on le soumet à l’action de l’eau. Ce liquide, |, !a composition est représentée par C4H303, correspond donc P acétique anhydre tel qu’il existe dans des acétates; c’est
- /o. acétique, comme l’a nommé Gerhardt, qui l’a obtenu
- 1852.
- j>i^s a°étales alcalins présentent avec l’acide arsénieux, sous es Uence de la chaleur, des phénomènes très-curieux dont il est ntiel de vous donner au moins une idée, cor an^ °n distille au-dessous de la chaleur rouge, dans une Potas^6 Gn verre (/?<?• 474), un mélange à parties égales d’acétate de de if Gt ^'ac'^e arsénieux, il se dégage de l’hydrogène carboné, cét0ny °§ène arsdniqué, de l’acide carbonique, de l’eau, de l’a-CeUeh^tune liqueur huileuse mélangée d’arsenic métallique. Cju Ul e' Qui, purifiée par la distillation sur du chlorure de cal-odeu’ incolore, répand d’épaisses fumées à l’air, exhale une Cadet j0rr'hlement fétide, et porte le nom de liqueur fumante de ’(u n°m du chimiste qui l’a obtenue pour la première fois. Peut 5(°mPosh possède les caractères d’une base salifiable, et indiffé Pe IaLPr°cLé par ses propriétés de la classe des oxydes lorés Cn-lS chimie minérale. Il est neutre aux papiers co-soliikiTïlai,s ^ se combine aux acides en donnant des composés 7^ dans l’eau.
- La ^rePrésenté par la formule C4H6AsO. radical° eCU^e E*E6As constitue, ainsi que l’a vu M. Bunsen, un ti°ns ^ Posé très-stable qui se comporte dans toutes les réac-p°tassi lrïllQues comme les métaux, et notamment comme le chlor(> ni‘ Eu effet, il est très-avide d’oxygène, il se combine au ChlorurP!Urb!Ôrnè’ au soufre en rapports simples et forme des M. pu^’, rôrnures, sulfures, etc., définis.
- Veu'ent aS6n nomme ce radical cacodyle, de deux, mots grecs qui (~ûdet So 1P? Vlauvaise odeur; il désigne la liqueur fumante de laf0muiis leoom d’oxyde de cacodyle, et la représente alors par UCQcol rati°nnelle : (C4H6As)0. '
- V e a été isolé sous la forme d’un liquide incolore, trans-
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- 434 C1NQUANTE-UNIÈME LEÇON.
- parent, visqueux, d’odeur fétide. 11 répand à l’air des fumées épaisses et s’oxyde ; il est très-inflammable, même spontanément ; il bout à -f- 170°, et à —6° il devient solide et cristallise en prismes à base carrée.
- La formation de l’oxyde de cacodyle par la distillation d’un acétate avec l’acide arsénieux s’explique au moyen de l’équation suivante :
- 2(K0,C4H303) 4- AsO3 = (C*H#As)0 -f 2(K0,C02} + 2C0*.
- L’oxyde de cacodyle offre un réactif très-sensible à l’égard de l’acide arsénieux et fournil un moyen aussi simple que sûr pou'
- É-feîfî
- Fig. 474.
- de chi>°Ü
- distinguer l’arsenic de l’antimoine dans les recherches légale. Que l’on traite l’enduit noir obtenu par 1 aPP ygl’o® Marsh, avec de l’eau aérée, à chaud et jusqu’à dissolution^ ^gec, ajoute de la potasse et de l’acide acétique, et qu’on évap
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- DES ACÉTATES DE CUIVRE.
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- 011 obtiendra un résidu qui, chauffé dans un tube de verre, exha-fr:i |a détestable odeur de l’oxyde de cacodyle.— L’oxyde d’a;
- llllloine n’offre pas cette réaction.
- oxyde de cacodyle peut également servir à découvrir un acé-. dans une dissolution, en ajoutant à celle-ci de l’acide arsé-jllPnx et de la potasse, puis évaporant et calcinant. L’addition de '• potasse est nécessaire parce que l'oxyde de cacodyle ne se pro-(fu’avec les acétates alcalins (l).
- °us les faits précédents, découverts en 1842 par M. Bunsen, "a(Juisent donc à faire admettre que le cacodyle, qui est formé *'1 Une molécule d’arsenic combinée à une molécule organique,
- | c°mporte, dans toutes ses réactions, comme un élément mé-(]l|1?ue, c°mme un radical composé qui doit prendre sa place ejuis Je §roupe des métaux. Voilà, certes, un fait des plus curieux M\(eS aPerÇus nouveaux, que les découvertes plus récentes de (lc et Schweizer, Breed, Cabours et Riche, Franckland,
- ^0nl fortifiés. Ainsi, ces chimistes sont parvenus à produire s//7/'leS rad'caux composés métalliques, le stannèthylium, le Ion le bismuthylium, le zincéthylium, etc., qui, homo-
- comtS ''U cacodyle> se prêtent, comme lui, à la formation des n) d^sés binaires et salins, et fonctionnent absolument à la , ' rre du potassium ou des métaux simples. De sorte que, H!’. ' eilanl, les chimistes connaissent deux classes de métaux : les tare ^ Slm/des de nature minérale, et les métaux composés de na-,né argmdque ; de même qu’ils connaissent deux classes de pho*r °ldes: les métalloïdes simples (chlore, iode, soufre, plios Cyan0’g^c^’ et les métalloïdes composés (Ethyle, Amyle, Méthyle,
- que? nr*us‘sle pas davantage sur ces considérations pbilosophî-n>ent ^aiCe flu’elles me feraient sortir du cadre de mon enseigne-trie ,Ae me hütte de vous parler des acétates, dont l’indus-Su aire des applications.
- 11 y a dp
- yeries ' |Jeux acétates de cuivre qu’on emploie, comme couleurs ans la peinture à l’huile et dans la teinture en noir sur
- ^'omisse" **u evaalent le cacodyle et tous ses dérivés excite immédiatement l^rveux i0,Aeiîls cl|ez les individus délicats; elle allécte principalement le système ajliience r1U ?n demeure soumis, pendant un temps un peu prolongé, à son 1 “’Poisonn6 "eSt (lu avec Ie cyanure de cacodyle que de graves symptômes ns *atttiof'i"'111 S°nl a rraindre; ce composé répandu, même à dose tiès-faible, des si'ICIe’ i,eut occasionner des vertiges, une surdité momentanée, et l,ucher et \ncoPes- Le n’est donc qu’avec infiniment de prudence qu’il faut f .lle !l montî^3161 16S comP°sés du cacodyle. Le célèbre auteur de leur décou-> H faut m5 Un rare c°ui age dans l’étude si longue et si pénible qu’il en a acc°mpiir i exc|lé par un véritable amour de la science pour entreprendre 0:1 travaux aussi repoussants et aussi dangereux.
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- CINQUANTE—UNIÈME LEÇON.
- laine, pour composer certains mordants et faire des liqueur» nommées vert cTeau, vert préparé, qui servent au lavis des plans.
- L’un, qui se présente en gros cristaux d’un vert foncé [fig-très-solubles dans l’eau et légèrement efllorescents, est un acétate neutre, qu’on appelle vulgairement veit distillé, vert cristallisé, cristaux de Vénus-L’autre, qui est en poussière grenue d’un bleu verdâtre, presque insoluble dan» l’eau, mais très-soluble dans le vinaigree les autres acides, est un sous-acétate, P us connu sous les noms de verdet et de va
- de-9ris O- ' idi
- Tous deux sont préparés dans le de la France, surtout à Grenoble et Montpellier, de la manière suivante:
- On stratifie des lames minces de cu.‘vl.ea^0 du marc de raisin qu’on a laissé aig111-métal est oxydé par l’air, et l’oxyde formé s’unit à l’acide ac^^* l.^aC[1e renferme le marc de raisin, d’où résulte du vert-de-gris qui sa ^(.e à la surface des lames métalliques. Au bout de 18 à 20 jours, on ^ les lames et on en détache la couche de vert-de-gris, qu’on pot" ,gS un peu de vinasse, et qu’on renferme dans des sacs de cuir ou da s peaux de mouton, pour l’expédier au loin. r[(jes
- Cette opération, qui est fort simple, est pratiquée, dans la pmP ce maisons de Montpellier, par les femmes, dans un coin delà c^vC’c[,n(li-que l’humidité, l’obscurité et une température modérée sont des^ ^ lions nécessaires. C’est ordinairément dans de grands vases d al® a’rCde vernis, nommés oulas, qu’on stratifie les lames de cuivre avec le 111 raisin. , isqlie
- 11 y a bien longtemps que ce genre de fabrication est pratiqua Dioscoride, Pline et Vilruve en font mention. Les Grecs et lo» ^ jeür connaissaient, en effet, le vert-de-gris, et l’employaient cornflio et comme médicament. .vrü en
- On transforme aisément le vert-de-gris en acétate neutre de eu faisant chauffer le premier avec du vinaigre distillé qui 0»
- plétement. On concentre la liqueur, puis on la met à crista |c5 suspend, dans les cristallisoirs, des bâtons fendus en quatre, , CIistaL branches sont tenues écartées au moyen de fiches de bois. Go SL pyra-lise de préférence sur ces bâtons, et forme ainsi ces belles graP| appe. midales qu’on vend, dans le commerce, sous le nom de vert en
- L’acétate neutre de cuivre a pour formule : CuO,C4H30 fl l
- _____.-------------------------------------------—-
- (I) Il ne faut pas confondre ce sous-acétate de cuivre avec le vert-de 9*^ ^
- forme à la surface des ustensiles de cuivre, des statues de bfonze, ( jjt aille11"
- monnaie, par la seule action de l’air humide, puisque, commejel31 ('28e leçon, t. I, p. 760), ce vert-de-gris est du carbonate de cuivre.
- Fig. 475.
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- DES ACÉTATES DE CUIVRE. 437
- Le sous-acétate est ordinairement un acétate .bibasique, de la ^mule suivante : (Cu0)2,C*H303,6H0.
- ^oici la composition en poids de plusieurs verts-de-gris du
- commerce :
- VERT-DE-GRIS VERT-DE-GRIS ANGLAIS
- FRANÇAIS. CRISTALLISÉ. . COMPRIMÉ.
- Acide acétique anhydre ... 29,3 28,30 29,62
- hioxyde de cuivre 43.5 43,25 44,25
- Eau.... 25,2 28,45 25,51
- Impuretés.... 2,0 » 0,62
- 100,0 100,00 100,00
- os alchimistes obtenaient un acide très-concentré en distil-déCQ ans une cornue en grès, de Yacétate de cuivre. Ce sel, en se 'an nif)osa.nf> abandonne presque tout son acide, sous forme de rem IS ^U* se condensent, dans le récipient, en un liquide légè-par p . Cette couleur, due à un peu de cuivre entraîné
- f?UaitaC1^e’ l^sl)araîf Par une seconde distillation. On le distin-leVu/>,'<tl|fl>eL()is par les noms de vinaigre radical et de vinaigre de l0u: ’ dénominations encore usitées dans le commerce. Il retient ^ r.s P'us ou moins d’acétone qui change un peu son odeur, vreuse GUX se^s cuivre dont je parle ont une foi'te saveur cui-aUx i Unp légère odeur de vinaigre. Ce sont de violents poisons suffis ! PGdtes doses, puisque quelques centigrammes seulemem Toupj ^0ur tuer un chien.
- vinajg es fois que des liqueurs ou des mets additionnés de ils ,se refroidissent et séjournent dans des vases de cuivre, acquièr ar^enJ* d’une certaine quantité d’acétate de cuivre, et C’est là n 3 .f’ins,ant des propriétés extrêmement délétères, nages ^ explique ces accidents si fréquents dans nos mé-Peuf f “mprévoyance ou la négligence des domestiques. On Parce q ); <U,re ^uuilür du vinaigre dans des casseroles de cuivre, U'ais pVc^ cet acide ne dissout pas sensiblement le cuivre; Iri(^tal, à /, Peu 1u’on l’y laisse refroidir, 1 ’air pénètre jusqu’au U y a .ravei‘s Ie liquide, et l’oxyde formé se dissout, l^sque , sîeurs de nos préparations alimentaires qui renferment ^r°duisent î°UrS f’acélate de cuivre, et qui, par cela môme, ( es accidents très-graves, dont la véritable cause reste
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- CINQ U ANTE-UNIÈME LEÇON.
- le plus souvent ignorée. Tels sont les cornichons et les câpres confits dans le vinaigre, les prunes, à l’eau-de-vie, la liqueur d’absinthe, l’oseille cuite, dont la belle couleur verte provient presque toujours des vases de cuivre dans lesquels on les prépare. Parfois aussi on les colore à dessein en y faisant séjourner des sous, ou en y ajoutant un peu de vert-de-gris. En 1834, J*11 trouvé, dans de l’absinthe verte vendue à Rouen, une proportion considérable d'acétate de cuivre ; aussi, une personne qui en aval bu avait éprouvé de violentes coliques ! En 1838, j’ai anal}se de l’oseille qui produisait de très-fortes purgations chaque Ion qu’on en mangeait; elle renfermait aussi une grande quanti!1 de cuivre, parce qu’on l’avait fait cuire dans une bassine de cm vre rouge.
- On ne saurait donc apporter trop de soins dans le choix substances alimentaires, et on ne devrait manger des cornichon et autres substances confites dans le vinaigre ou l'eau-de-'^ qu’après s’être assuré préalablement de leur parfaite innoem
- L’acétate de plomb n’est pas moins utile à connaître, puisqu °' en consomme des quantités immenses, tant pour la fabrica ^ du blanc de céruse (1) que pour celle de l’acétate d’alumine mordant de rouge des indienneurs.
- Ce sel est très-souvent désigné sous les noms de sel de b>atu.
- sucre de Saturne, sucre de plomb, dénon lions créées par les alchimistes et emp'0: ^ par Basile Valentin. On le prépare en a,lS'ur chauffer de l’acide pyroligneux Purll(3e]a de la Iitbârge, jusqu’à saturation. k01^1 fi( liqueur marque 50° à l'aréomètre, on <l ^ à cristalliser. On obtient, par une crisla tion rapide, de jolies petites aigumes ^ ga. lanles et satinées (fig. 476), qui ont un veur d’abord sucrée, puis astringent ^ sont un peu efflorescentes et tres-s
- dans l’eau. . i. llisé a
- L’acétate neutre de plomb cris •> pour formule Pb0,G5Il303,3H0. c de
- Si l’on fait chauffer sa dissolution*1 g0ll la lilbarge, elle en dissout le ^ielS[3,lSiquC' poids, et il en résulte un sous-acétate ou un acétate t11 ‘ fie C4H303,3Pb0^qui ne cristallise qu’avec beaucoup de Pépies nouveau sel est très-employé par les chirurgiens pour ge plo",!> plaies, sous les noms d'extrait de Goulard, de vwal9re
- Fig. 47(>.
- (U Voir, 28e leçon, t. I, p. *88 et suivantes.
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- DE LACÉTATE D’ALUMINE. 439
- Goulard, parce que c’est Goulard, chirurgien de Montpellier, (I,n préconisa l’emploi de ce sel dans les cas d’inflammation.
- C est un réactif très-utile aux chimistes, surtout à l’égard des principes immédiats qu’il précipite, pour la plupart, de leurs dis-s" niions en flocons abondants; tels sont la gomme, les matières oiorantes, le tannin, les matières extractives, qui, comme vous e'°yez, donnent avec ce sel des précipités consistant en une combinaison de la matière organique employée et de protoxyde (,e plomb.
- Souvent, dans la même liqueur, il y a en dissolution du sucre, u principes gommeux, des matières colorantes, etc.; eh bien! ponr isoler le sucre, on se sert avec avantage du sous-acétate de pond), parce qu’il précipite tous les autres principes et laisse le Premier en dissolution.
- s "e papier et le bois, imprégnés de ce sel, acquièrent, quand ils U 11 seas> la propriété de prendre feu plus facilement et de con-1 nuer à brûler comme de l’amadou.
- -icule sulfurique et les sulfates solubles, l’acide carbonique cl (Éi Carî)0na^es alcalins troublent les deux acétates de plomb et n minent dans leurs dissolutions un précipité blanc et lourd de puitsC 0U decarbonate de plomb; c’est pour cela que les eaux de , .s’ de sources, de rivières, qui contiennent toujours plus ou ^ de sulfate et de carbonate de,chaux en dissolution, ainsi ou i G ^'ac^e carbonique, blanchissent par l’addition d’acétate alche SOus~acétate de plomb. Celle eau blanche est ce que les ^'anstes nommaient jadis lait de vierge, jjfomfj LslSne dans le commerce, sous le nom de pyrolignite de Prut ’ Uü ac^ate neutre que l’on prépare avec l’acide pyroligneux l’acid^11 ^*sdllé. Il retient plus ou moins de goudron, suivant d’un 0nt, on a usage. Tantôt il est en masses compactes,
- odeu ai» der
- aillée
- J^une brunâtre, d’une consistance molle, ayant une forte en'pyreumatique. D’autres fois, il est en petites masses rnjCr°s’ d’un blanc grisâtre, sèches et moins odorantes. Ce Le est presque pur et doit être choisi de préférence.
- Presquet 'd° plomb peut remplacer le sel de Saturne dans ses emplois, et notamment pour la préparation du parler 6 rou9e des indienneurs, dont je vais actuellement vous
- %in
- insftale d’u'umine, Al208,3C4H303,nH0, ne joue pas un rôle
- *Vluslmnn I. ------’ — v w ‘—'-'i — j-----l
- voüs pan rLant que l’alun dans nos ateliers, puisque, comme je
- ^ion , ndrai bientôt, c’est, le mordant ordinaire pour l’im->« Oel•*, toiles. On l’obtient, par double décomposition, au ^tts a Un et de l’acétate de plomb, préalablement dissous eau froide.
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- 440
- CINQUANTE—UNIÈME LEÇON.
- En employant ces deux sels dans les proportions de 100 parties d’acétate de plomb et de 62 parties d’alun, il résulte de leur réaction mutuelle, du sulfate de plomb insoluble et des acétates d’alumine et de potasse qui restent en dissolution, comme lece montre la légende suivante :
- ( Potasse-
- Alun ... = < Alumine
- 1
- ; Acide sulfurique-
- = Sulfate de plomb. ==
- / Oxyde de plomb-
- Acétate
- de
- plomb
- Acide
- acétique
- Acétate f Acétate JJ de d’alumine. , ) potasse-
- lre portion. Acide acétique—-1
- 2e portion. Acide acétique-
- Mais, dans les fabriques, on n’emploie jamais assez d’acétate de P j pour décomposer les deux sulfates de l’alun, en sorte que Je n jg obtenu consiste en un mélange d’acétate acide d’alumine, dun P . sous-sulfate d’alumine, de sulfate de potasse ou de sulfate d’anani° g0 suivant que l’alun est à base de potasse ou d’ammoniaque. 1 plus, du sulfate de soude, parce qu’on neutralise ordinaireme1’ d’acide de l’alun par des cristaux de soude (carbonate de s0 .'’^^ept Voici la composition des trois mordants dont on fait princip usage pour les impressions :
- MATIERES EMPLOYEES.
- Eau.................. i 00 1U *
- Alun................. 40ki1-
- Cristaux de soude. .. 4
- Acétate de plomb.... 40
- MORDANTS
- N° 2.
- 100 liu 27 kiU 2kil*,700 20 ,250
- 100 lit' «-fl S)A kil-.ioU
- 2 ,2*°
- 13 ,5»»
- , i ,a quaP'fJ
- On introduit dans un baquet l’alun pulvérisé; on y verse ^ ajoUlc‘_ d’eau chaude voulue pour en favoriser la dissolution ; PulS uS da"' la liqueur le carbonate de soude, etenfin l’acétate de plomb 1 n pcP le restant de l’eau. On a soin de remuer le tout sans in tel sse«l<, dant une heure au moins, et, ensuite, de temps en temps .^gus-mais en laissant le vase découvert, afin que le refroidisseme
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- DE LACÉTATE DE FER.
- prompt que possible; car on a observé que quand il est lent, l’acétate se trouvant longtemps exposé au contact de l’air, il y a toujours une certaine quantité d’alumine mise en liberté qui ne se redissout plus. Lors-flUe le mordant est refroidi et que le dépôt de sulfate de plomb est formé, on décante la partie claire qu’on introduit et conserve dans des 'ases de verre ou de grès bien clos. Quant au précipité, on le met à goutter sur une toile où on le lave, et l’on fait servir les eaux de lavage u la préparation des mordants faibles, ou à une nouvelle opération des llll!mes mordants.
- H est peu de cas où l’on ait besoin d’un mordant plus fort que le J1 É Le mordant n° 2 est assez fort pour produire, avec presque toutes cs substances tinctoriales, les nuances les plus intenses, par une satu-ratmn complète.
- . 11 résulte donc, de tout ce qui précède, que le mordant de rouge des mdienneuvs n’est point de l’acétate d’alumine pur, comme celui qu’on l”épave dans les laboratoires, soit en neutralisant 1 acide acétique con-ccntré par de l’alumine en gelée, soit en décomposant 100 parties d acé-/de de plomb par 115 parties d’nne solution de sulfate d’alumine pur 1Mais les sels étrangers que le premier renferme ne présentent ;mcun inconvénient pour l’impression.
- i 11 Prépare quelquefois le mordant de rouge avec le pyrolignite de e 'aux, d défaut de sel de Saturne ou de pyrolignite de plomb. Ce moyen Jnt plus économique, est aussi celui dont font usage les fabricants de Induits chimiques, qui livrent au commerce de l’acétate d’alumine Vide.'- • *
- Mais celui-ci retient toujours, dans ce cas, du sulfate de chaux,
- ce3,u* que les nuances qu’il produit sont ternes.
- I acétate de baryte serait bien préférable, attendu que le sullate de )arïte est absolument insoluble. On devrait même le substituer à l’aeé-a *-de plomb qui est beaucoup plus cher : 67,37 d acétate de baryte 1 Y*he peuvent remplacer 100 parties d’acétate de plomb ciistallisé.
- qu ne ProPriété particulière aux mordants des fabriques, c’est de s’0Chauffés à -f- 70 ou 80°, ils se troublent par la précipitation boirT 1S~Sulfale ^'alumine, qui se redissout de'nouveau par le re-eba( r..Seillenl- Celte observation explique pourquoi il ne faut pas qüe cj®r les mordants de rouge, ni s’en servir à chaud dans quel-coule COnslance Que ce soit, et pourquoi aussi on obtient des bains )S ^us n°cirries et plus vives dans l’impression que par les j - chauds.
- füum||IO]Ic^ant ^famine préparé avec le pyrolignite de plomb le$e| (je hhances jaunes aussi vives que celui qui est fait avec mais to faturne- Les roses sont peut-être un peu moins beaux; celui quU c^l)end de la préparation du pyrolignite de plomb, car h est blond et en aiguilles agit comme le sel de Saturne.
- de teintvT ° ^ei> esf aussi d’un usage général dans nos ateliers lr‘°ins f0 C ^ cf indiennes, pour colorer les étoffes en jaune plus ou Ce et servir de mordant de noir. On le prépare très-sim-
- us ou
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- CINQUANTE—UNIÈME LEÇON.
- plement en faisant digérer, pendant un mois ou deux, du vinaigre de vin ou de l’acide pyroligneux distillé sur des rognures de Ml® ou de vieille ferraille. Le fer s’oxyde aux dépens de l’eau, et l’oxyde neutralise ensuite l’acide. Il en résulte une liqueur d’un brunfoocé, incristallisable et d’une odeur particulière. Elle tient en dissolution un mélange d’acétates de protoxyde et de peroxyde de fer. On 1 appelle communément liqueur de ferraille, pyrolignite de foi bouillon noir, et le tonneau dans lequel on la prépare est désigné» dans les ateliers, sous le nom de tonneau noir. Dans les premier' temps de la fabrication des toiles peintes en Europe, on préparait l’acétate de 1er, d’après Shaw, en dissolvant le métal dans de b petite bière éventée.
- Le pyrolignite de fer du commerce doit marquer de 44à I6°, el ne pas contenir de sulfate de fer. L’expérience a démontré aux tcin turiers et aux indienneurs que l’acétate de fer le plus anciennement préparé est le meilleur. On ne doit en faire usage que lom qu’il est bien clair et transparent. On y ajoute quelquefois un lltl1 d’acide acétique avant d’en imprégner les tissus.
- de l’acide le moyer)
- III. Vinaigre ordinaire. — Pour terminer l’étude acétique, il me reste à vous parler de sa production par le plus anciennement connu, Y acétification de l’alcool.
- Toutes les liqueurs vineuses, telles que le vin, le cidre, lu les moûts de grains germés, les mélasses et sirops étendus,^ ^ exposées au contact de l’air, à une température de + ^oa éprouvent un changement remarquable; de piquantes etc < qu’elles étaient, elles deviennent acides; elles s’aigrissent ® P lient dès lors le nom de vinaigre, expression qui dérive û ^c, ment des mots vin aigre, vire aigri. Le vinaigre n’est autie comme je l’ai déjà dit, que de l’acide acétique faible. > juC)
- La première id^e de faire du vinaigre est, sans doute» comme le remarque Chaplal, à l’inattention de quelques occupés à préparer du vin. La saveur aigrelette qu’aura c0I^n jjois' la liqueur vineuse ne permettant plus de la consomme! (S) son, on aura essayé de la faire servir à relever la saveur c j’ori' ou à en prolonger la durée. Ce qu’il y a de positif, c’est (l (|U gine du vinaigre remonte à la plus haute antiquité. Moïse P^g ^ vinaigre, dont il paraît que les Israélites et d’autres na t re-l’Orient faisaient habituellement usage depuis un ternpsneIÏJeiiL culé. Pline fait l’éloge de cet. acide, soit comme assaisoi soit pour conserver des fruits et des légumes, soit com lajps cament; les vapeurs du vinaigre étaient respirées Par .^(e <ll> malades au sortir du bain ; il était considéré comme 1 an tjeS s®r' plusieurs poisons, et particulièrement contre la morsur pents venimeux.
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- DU VINAIGRE. 443
- Les Égyptiens préparaient avec le vinaigre, du miel et de l’eau,
- ]lne boisson très-agréable, et les Romains faisaient prendre à eurs soldats une mixture aromatique à peu près semblable (que ‘J°us appelons oxycrat), dans le but de leur donner de l’ardeur et 11 courage ; on attribue à cet usage la santé soutenue de leurs armées.
- blauber est le premier chimiste qui ait indiqué un procédé dé-J11 0 et complet pour faire le vinaigre. Voici celui qu’on exécute 1 llns les pays vignobles, et notamment à Orléans, d’où nous vient, c°mnie on sait, le meilleur vinaigre.
- , ans nn atelier où la température peut être maintenue entre i'n | on di spose plusieurs rangées de tonneaux par étages,
- o/splaçatt sur leur fond. On choisit de préférence ceux qui j- (s)à servi à cette fabrication, parce qu’ils sont imprégnés de nient, et on les nomme communément mères de vinaigre. Ils li'oil Percés deux trous à leur fond supérieur, l’un pour l’in-
- ver Utl!°n liquide, l’autre pour le dégagement de l’air. On
- naj^e o abord dans chaque tonneau une certaine quantité de vi-u'nMC Radiant, puis, tous les huit jours, on y introduit, jusqu’à reux l lU^eur indiquée par la pratique, 10 à 12 litres de vin géné-(.ujX é clair, qui a filtré sur des copeaux de hêtre. En moins de tié fe^ur®> l’acétification est complète. On soutire alors la moitié U Vlna*gre de chaque tonneau, et on recommence l’opéra-°Lncavec de nouveau vin.
- q^e, ]"naiSre devin blanc est le plus estimé; on peut d’ailleurs hl*' *e vinaigre de vin rouge par le charbon animal, préala-de 1 i°nt a l’acide chlorhydrique; enfin, on enlève une partie vers; Cou*eur, en même temps que l’on clarifie le vinaigre, en tant y* ’ (*ans Une Pièce de 230 litres, un litre de lait écrémé, agi-
- bansT*160^*^ssan^ déposer.
- Paysà • i N°rd’ on acidifie la bière non boublonnée; dans les (pie te 1( re> on acidifie le cidre et le poiré, en abandonnant qucl-lr°Us à ! ^>S C6S différentes liqueurs dans des tonneaux percés de ’aïpais ie'Ur.par^e supérieure. Mais les vinaigres obtenus ne valent
- fous les
- 'inaigres de vin,
- ^ion aie° r,n<^anëes> d’ailleurs, qui peuvent éprouver la fermen-c°UiniCM00 lcIue’ sont susceptibles de fournir dufvinaigre. Ainsi, tant (pe a Chaplal, 1 litre d’eau, 25 grammes de levure et au-Parce que 0.1S’ Produisent du vinaigre en moins de lmit jours; Se chunr. ’ 1 ans ce cas, l’amidon se saccharifie, le sucre formé ^ 011 alcool, qui se convertit enfin en acide acétique. Do barties d>SSl Par|ies de sucre, 80 parties de levûre, avec 808 Vl,J:lU’ abandonnées à l’air pendant un mois, fournissent
- Utcm VlUai"re.
- nr\n •
- vcessaire pour que l’acétification s’accomplisse peut
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- CINQUANTE—UNIÈME LEÇON.
- être beaucoup abrégé, si l’on observe exactement toutes les cir-conslances qui favorisent l’oxydation de l’alcool, à savoir : conditions de température, l’accès de l’air, et la surface étendm du mélange. C’est sur ces principes, dictés par la science, qlR repose le procédé expéditif que Wagemann et Schutzenbach on introduit, il y a une vingtaine d’années, en Allemagne, pour fabrication du vinaigre. Voici en quoi il consiste :
- On mêle à de l’eau-de-vie marquant 22 à 25°, d/1000e environ dune matière fermentescible quelconque, soit du suc exprimé de pomme ^ terre, de betterave, de topinambour, soit du moût fermenté dorg ^ de seigle, soit du miel ou même du vinaigre ordinaire, ôn fait coule mélange lentement, mais d’une manière continue, par le moyen de pe cordes B, dans un tonneau (fig. 477) rempli de copeaux de hêtre,tic l
- Fig. 477.
- vers
- à l'avance dans du vinaigre fort. Ce tonneau est percé petits trous o,o,o, et muni de tubes t,f à son couvercle A
- le bas'
- sente à l’air une très-grande surface, absorbe l’oxygène aVl’|ransf rapidité, que la température s’élève jusqu’à + 30°, et il ,oVneiil à moitié en vinaigre; il suffit de le verser sur un nouvea ej<juç pour opérer en entier l’acétification, qui est terminée en ^ heures. Le liquide acidifié s’écoule du tonneau, par le rom un récipient en bois placé au-dessous.
- , cci»i f
- Ce procédé est, comme on le voit, bien supérieur a l’on suit à Orléans. Il est adopté dans nos département8
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- DU VINAIGRE.
- jue toute espèce de liquide alcoolique, particu-ins et les cidres, peuvent être acidifiés dans cet
- l'èrement les vins et les cidres appareil.
- njwicu.
- . Les différents modes de fabriquer le vinaigre, les observations journalières des vinaigriers, la théorie chimique, tout démontre jluj! l’acide acétique est le résultat d’une modification qu’éprouve alcool contenu dans les liqueurs vineuses. Dans le vinaigre pro-u,t> on retrouve, en effet, tous les principes de la liqueur qui l’a moins l’alcool, qui a presque entièrement disparu, et l’on dlL d ailleurs, que la qualité du vinaigre dépend de la quantité du [7nciPe spiritueux des liquides qu’on acidifie, puisque les vins ,Us’ Pay exemple, ne donnent que de mauvais vinaigres, tandis 1 les vins généreux en fournissent d’excellents. Pendant cette ,n'crsion remarquable, il ne se dégage ni acide carboniqùe, ni ' U^ln autre produit,
- ; ,lls comment l’alcool se transforme-t-il en acide acétique ? |ç„ ,0,Ules ^es Lois que, par un moyen quelconque, on porte sur (1()" e7enLs de l’alcool une suffisante quantité d’oxygène, on le Sé J|rUtc°mplétement en acide acétique. Ainsi, si, comme l’a vu d’i • | lS’ 0n met l’alcool pur en contact avec quelques gouttes ni' 1(6 cLlorique, bromique ou iodique, ce liquide est subite-du i ,C en acide acétique très-fort, et il se dégage du chlore, con *me °U l’Iode* Si, d’un autre côté, ainsi que l’ont fait «0(> / e ^°*ln Davy et Dœbereiner, on imprègne d’alcool pur du peQ/.***««, c’est-à-dire du platine très-divisé et spongieux, en don ln®lants, au contact de l’air, 1 enoir devient incandescent, en C;irboni na'ssance ^ de l’acide acétique, sans production d’acide
- c(lu‘ition suivante représente cette réaction fort simple :
- C4H802 4- O4 = C4H303 + 3110.
- Alcool. Ac. acétique.
- Ac. acétique.
- des f | .°magne, où l’alcool commun est à bas prix, on a monté \Toici Ullles de vinaigre sur cette dernière réaction curieuse. ’ 011 Peu de mots, comment on agit :
- en bois S°>Us Une large doche plusieurs soucoupes en terre cuite ou duelcme; flu on range sur des tablettes superposées à une distance de c°upe, D .7 [‘dm à très. On suspend ensuite au-dessus de chaque sou-*'e n°lr de * -ment remplie d’esprit-de-vin, une certaine quantité Pareil dans ^a*'ne llurnecté. On a soin de placer ce simple ap-V!0°, et Uf e,1(l1'0fi éclairé, maintenu à une température de + 20 ‘.'«chepiJ. Uvoris« 1 évaporation de l’alcool en suspendant sous la "'^‘‘eurs ,°Uls feuilles de papier buvard, de manière que leurs bords ',|0dnire u|| or^Sent dans le liquide. Quelques minutes après, on voit se Phénomène des plus intéressants. L’action mutuelle du noir
- H.
- 2 9
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- 446 CINQUANTE—UNIÈME LEÇON.
- rr-T!1
- ÜS2^
- de platine et de l’alcool se manifeste par une augmentation de tempeia-ture, et donne lieu à la formation de vapeurs acides qui viennent h condenser sur les parois de la cloche d’où elles tombent en ruissela
- vers le fond. Cette transformation remarquable continue jusqu’à ce que
- tout l’oxygène de l’air renfermé sous la cloche soit absorbé. Si 1 on u'u alors que l’opération ne s’arrête pas, il suffit de renouveler l’air, ce qui est l'affaire d’un instant. Avec une caisse (fig. 478) ayant une capacité (
- Fig. 478.
- » dans le
- 700 litres, et 200 à 210 grammes de poudre de platine, on pou b ^tiqu1’ cours d’une journée, convertir 1 kilogramme d’alcool en ueS.
- pur, pouvant servir à toute espèce d’usages, soit culinaires, soit clu 0„ Avec 20 ou 30 kilogrammes de cette même poudre, qui nu s use P ^ peut transformer journellement près de 300 kilogrammes de esprit-de-vin en vinaigre de première qualité.
- L’acétification n’est donc, comme on le voit, qu’une si^P ec°euX dation de l’alcool, et ce phénomène n’a rien de commun av f d’une fermentation; aussi a-t-il été rationnel de faire , F^par de la science le nom vicieux de fermentation acide ou aceM lequel on avait désigné jusqu’ici la production du vinaigr^^.
- Cependant le passage du vin en vinaigre, suivant les o ^ lions de M. Liebig, serait un phénomène plus complifi116'^ j.ap il y aurait toujours production d’aldéhyde, qui ne diflur® cool, je l’avais déjà dit, que par 2 équivalents d’hydrog
- c4h6o2 4- O2
- Alcool.
- C4H402 -i
- Aldéhyde.
- 2HO.
- u d’a1'
- Il est de fait qu’il y a toujours dans les vinaigres un Pe
- déhyde. 5iqoanl<?'
- Le vinaigre a une odeuragréahle, une saveur acide e P 4^raii-Quand il contient en dissolution des matières oi'gamfi1
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- DU VINAIGRE.
- Une matière azotée fermentescible,
- De l’acide malique,
- Du bitartrate de potasse,
- Du tartrate de chaux,
- Du sulfate de potasse,
- Du sel marin.
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- 8effis, il éprouve une décomposition continuelle au contact de 1 air; l’acide acétique disparaît peuà peu, et est remplacé par des Matières d’apparence gélatineuse, sous forme de pellicules ou de M'ente floconneuse. Souvent il y naît une infinité de vibrions ou danimaux infusoires, que l’on peut apercevoir à l’œil nu ; ces infusoires se montrent, en partie déjà pendant l’acte de l’acélifica-*’°n, en partie seulement après, lorsqu’on conserve le vinaigre. On remarque qu’ils pullulent d’autant plus que le vinaigre est plus ‘a'ble, et qu’ils finissent par l’altérer complètement. On peut en Miter la formation, en recouvrant avec de la mousseline les ouvertures clui laissent arriver l’air à la liqueur acidifiante. De même, en portant le vinaigre à l’ébullition, tous ces animalcules péris-sent; ü faut ensuite filtrer le vinaigre.
- Le vinaigre de vin contient les substances suivantes :
- [L'aucoup d’eau,
- ne quantité variable d’acide acétique,
- Très-peu d’alcool,
- ~~ d’éther acétique,
- ~~ de sucre,
- 11 Principe muqueux,
- ~~ colorant,
- 'ie^ V’n.a^res de cidre, de poiré, de sucre de fécule, d’eau-de-. ’ ae Lière, en diffèrent parce qu’ils ne : contiennent jamais de c r°- Le vinaigre fait avec le glucose et la levûre contient beau-Pue sulfate de chaux; celui de malt ou de bière renferme des ln sPLates de chaux et de magnésie. Ce dernier est principale-. n employé, en France, dans la chapellerie et pour la fabrica-l0n du cirage.
- (l’a >e y.lna*8re du commerce n’offre pas toujours le même degré vinai». ^esf"k-dire la même proportion d’acide pur. Le bon cidre 2^ ^'Orléans marque 2° à 3° au pèse-acide, le vinaigre de fier ’ .e^ ^maigre de bière 3°,20. Mais il ne faut pas trop se dis^oUX ’n(^ca*T°ns de l’aréomètre, attendu que les autres corps qUg l^s ,^ans Ie vinaigre contribuent à faire varier sa densité, et acétique ne pèse pas beaucoup plus que l’eau. Il est ülé (jab e d’estimer la bonté ou la force d’un vinaigre par la quan-^oyerî C.ark°naf-e alcalin qu’il exige pour sa saturation. Terme neutpJ- °? Par,ies de bon vinaigre d’Orléans exigent, pour leur $ec, Q lsatl°n, 8 gram. de craie, ou 8,57 de carbonate de potasse ^*r'5()U î ^ de sel de soude sec. Le vinaigre de cidre exige On ç Cl le vinaigre de bière 2 gr 50 de sel de soude, cotte f,°U^ Souvent le vinaigre avec de l’eau, et, pour dissimuler aucle, on ajoute au mélange des acides minéraux, nolam-
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- 448 CINQUANTE—UNIÈME LEÇON.
- ment de l’acide sulfurique, ou bien on y fait macérer des substances âcres, telles que semences de moutarde, poivre Ion?) poivre de Guinée, écorce de garou, racine de pyrèlhre, dont » saveur chaude et persistante donne au vinaigre une apparence ue force. L’addition des acides minéraux et l’emploi des substances âcres peuvent déterminer dans l’économie des désordres assez graves, des irritations d’estomac ou des intestins, la chute de l’émail des dents, et, par suite, la carie de ces os, etc. H est très-facile, heureusement, de reconnaître ces diverses falsifications.
- Le plus simple de tous les procédés pour déceler la Pu' sence de l’acide sulfurique, consiste à verser dans le vinaig11 suspect quelques gouttes d’une dissolution concentrée de chlorure
- de calcium, et à chauffer jusqu’à l'ébullition ; si le vinaigre u
- pur, il ne se produit aucun trouble, encore moins un précipi^ après le refroidissement du liquide; dans le cas contraire, trouble ou le précipité se forme môme avant son complet reh°^ dissement. Ce procédé, indiqué par M. Bœttger, repose slü ^ fait, que le chlorure de calcium n’a aucune action sur les sl^ fates contenus naturellement dans le vinaigre. Un autre gel d’épreuve, non moins simple, consiste à chauffer, dans une I ^ tite capsule de porcelaine, un peu du vinaigre suspect,, ap1 y avoir ajouté quelques, gouttes de sirop ou quelques gralIlS jfi sucre blanc; on évapore à une chaleur inférieure à celle 0 sucre se caramélise. Si le produit de la dessiccation est n° charbonné, on peut en inférer que le vinaigre renferme de il sulfurique libre. ,ace
- Si c’est l’acide azotique que l’on veut y chercher, on le sucre par des râpures de corne ou de tuyau de plume . dans ce cas, ces matières prennent une couleur jaune P jC
- eée, attendu que l’acide azotique développe toujours ce geI coloration sur les tissus animaux. _ r]c
- Enfin, pour les substances âcres, on sature le VinaigreJ‘n|e, sel de soude; le liquide ne perd presque rien de sa saveurbr^‘ ^ tandis que le bon vinaigre, saturé par un alcali, ne gai qu’un léger goût salin non caustique. , jjjéfl
- Les principaux usages économiques du vinaigre vous s ^|C connus, Messieurs. C’est l’assaisonnement le plus cornIïlfaCjles à plus utile de nos aliments, qu’il rend plus tendres, P^uf ‘rfat#1 digérer, dont il couvre la fadeur et dont il relève le g011 ‘ galion l’emploie seul, d’autres fois on le charge de principe jes ques, en y faisant infuser des substances odorantes, ǰ ^a|i-feuill.es d’esiragon, des- fleurs de sureau, etc. Mais l’a^lls jj c*1 ments vinaigrés détermine toujours de graves acc.iden^ fajrf des personnes qui boivent du vinaigre dans l’intention c -
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- DE L ESPRIT DE BOIS.
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- roa'grir. car depuis longtemps cet acide jouit de la réputation de aire cesser l’obésité ; malheureusement, le remède est pire que em^l : il occasionne des irritations très-intenses de l’estomac et
- 'es intestins; irritations qui se terminent fréquemment par la mort.
- Comme nous le verrons plus lard, le vinaigre est un agent pré-oeux de conservation pour les substances végétales et animales. e tout temps on l’a regardé comme très-propre à empêcher la contagion et à dét ruire les miasmes et les mauvaises odeurs ré-pnndus dans l’air. De là, l’usage si fréquent de jeter du vinaigre Sj| une pelle rouge, pour purifier l’air vicié ou corrompu des ‘nbitations. Mais c’est gratuitement qu’on a accordé ces importes propriétés au vinaigre. Il ne fait que masquer les odeurs sans l°s détruire, aussi ces fumigations doivent-elles être rempla-Ct's par celles du chlore.
- ' • Esprit «ïe s>ois. — Parmi les nombreux produits de la dis-. a 10n dubois, celui qui, après l’acide pyroligneux, mérite le j us de fixer l’attention, c’est celui que Philips Taylor a découvert, es 1^12, et qui a été nommé successivement Ether pyroligneux, '*u l! Pyroxylique, esprit ou alcool de bois (1). Jusqu’en 1833, on e ait peu occupé de ce liquide remarquable, mais, à cette épo-i ci MM^Ejumas et Péligot ont entrepris des recherches très-alc.n i GS (lua ^es orit conduits à l’envisager comme un véritable tl, analogue à celui qu’on relire du vin.
- Ia ,.°xislc en dissolution dans la partie aqueuse des produits de lVi 1 al*°n ^)oas’ très-probablement en combinaison avec séry ! Pyroligneux. Cette partie aqueuse étant décantée pour la (],lnsr!îr c'u goudron non dissous, on la soumet à la distillation dr0n fabriques, afin d’en extraire, au moins en partie, le gou-hes ^ 6"e l‘ent en dissolution. On recueille les dix premiers li-prodPU|J\enant flaque hectolitre de liqueur, et on rectifie ce on rc'i • ut comme on le fait pour l’eau-de-vie. Pour abréger, le y ie au bain-marie, sur de la chaux vive, jusqu’à ce que Il ip! C ne Se c°l°re plus & l’air? et soit tout à fait anhydre. nqUeu^ a guère qu’un centième d'esprit de bois dans les produits grande titillation du bois, aussi faut-il opérer sur une
- lion s> niasse Pour obtenir une quantité notable d'esprit. L’exlrac-d’acidifH actuellement dans presque toutes les fabriques ^rquaPyr°iigrieux- ^ais 9u on Ie trouve dans le commerce, n 9o° à l’alcoomètre centésimal de Gay-Lussac, il ren-
- 111,1 «St CO
- a rec°miu ia>n'!ena^J,e de signaler ici que Boyle, dans le courant du xvnR siècle, ‘Z bois ; n a Odoction du liquide particulier dont il s’agit pendant la distillation l'°ù infia Su 1 isoler de l’acide acétique et l’a nommé esprit anonyme, esprit nimable ou esprit adiaphore'tique.
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- 4o0 CINQUANTE—UNIÈME LEÇON.
- ferme toujours (les matières huileuses ou des carbures d’h}-drogône qui lui donnent la propriété de se colorer à l’air, celle de devenir laiteux quand on y ajoute de l’eau et enfin celle (le foi-mer un précipité noir dans l’azotate de protoxyde de mercure Pour l’avoir pur, il faut le chauffer au bain-marie avec le doub c de son poids de chlorure de calcium fondu et pulvérisé. Comme il forme avec ce chlorure un composé cristallin qu’une chaleui de 100° est impuissante à détruire, tous les corps étrangers <lul l’accompagnent se dissipent, pour peu qu’on maintienne la tem pérature pendant un temps suffisant. Si l’on ajoute alors de 1 ea'j au résidu, l’esprit de bois s’en sépare, et par la distillation ilvien se rendre dans les récipients. On le rectifie de nouveau au bam marie sur de la chaux vive.
- M. Péligot a reconnu que lorsque, dans un matras ou une cm nue, on chauffe parties égales de potasse et de sciure de bois 1 mectées d’une forte proportion d’eau, il se dégage de l’hydrogen j et il distille, entre autres produits, une grande quantité d esp de bois. _ ^
- Les analyses de cet alcool pur et anhydre conduisent a ‘a mule suivante : C-11402, qu’on a interprétée de deux manie différentes : t c
- i° Mil. Dumas et Péligot ont envisagé l’esprit de bois com l’hydrate d’un carbure d’hydrogène C2H2, qu’ils ont nomme me lène, de sorte que : . i\ne
- C2H402 est devenu.... C2H2-f 2HO, bihydrate de rnctli'J
- 2° M. Liebig a considéré l’esprit de bois comme l’hydratc^^ oxyde ayant pour radical le composé C2H3, qui a été n méthyle, de sorte que : , y ,ni-
- C2H402 est devenu....C2H3 -f O + IÏO, hydrate d’oxyde
- thyle ou alcool méthylique. j
- C’est celle dernière manière de voir qui a été généra^e^ ^ adoptée, depuis surtout que M. Kolbe est parvenu, en ^ un isoler le méthyle. Ce composé binaire qui fonctionne co ajs. véritable corps simple, comme l'éthyle, l’amy/e, etc., donne ^ sance à des oxydes, chlorures, sels, etc., est sous la *ÜI ^ un gaz incolore, inodore, neutre, presque insoluble dans ^ aVec peu plus lourd que l’air et brûlant au contact d’une b°ln une flamme bleuâtre, peu éclatante. ( .. (je bo's
- Ceci entendu, voici les principaux caractères de l’esp11
- pur, ou alcool méthylique.
- la fois a
- lco°'
- C’est un liquide très-fluide, incolore, d’une odeur a la g po»' lique et empyreumatique, d’une saveur piquante et c0 je.vjn. vrée. II est dIus léger que l’eau et plus volatil que l’eSPr jj0ugic* puisqu’il bout à -{- 60°, o. Il prend feu à l’approche d une
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- DE LA PARAFFINE.
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- brûle avec une flamme d’un blanc bleuâtre. Il se môle à l’eau ^ b l’alcool en toutes proportions. Il dissout l’iode, le brème, la l'otasse, la soude, les résines, les essences et, en général, tous corrPs que l’alcool de vin dissout lui-même.
- loutes les actions oxydantes le convertissent en eau et en acide ‘Ormique.
- j ^après ses propriétés, l’esprit de bois peut remplacer l’alcool Vln dans la plupart de ses emplois industriels, et, comme il est Us volatil que lui, son emploi, dans la fabrication des vernis, est fa fait convenable. On en consomme beaucoup pour cette ap-J, c<itl°n. Dans les laboratoires des chimistes, on l’utilise pour analyse des substances végétales, et pour alimenter les lampes d esprit-de-vin.
- • ^otitiron «le l»ois.. — Un troisième produit de la distilla-°n <lu bois, qui mérite de nous arrêter pendant quelques in-c’est le goudron, mélange, comme je l’ai déjà dit, d’un ' and nombre de carbures d’hydrogène et de résines pyrogénées. ^goudron du commerce, qui est si employé pour enduire les nages, les voiles et les bois des navires, n’est pas seulement p ai ^ar ^es fabriques d’acide pyroligneux, il est surtout obtenu pins f to.rr^facb°n lente, dans des fours grossiers en terre, des U PUlsés de térébenthine, qu’on abat et qu’on fend en éclats. 0(jça r^Sube un produit demi-liquide, d’un gris noirâtre, d’une |:( (,Ur *0r!e et désagréable, quicoule au bas des fourneaux, et de IrÈs T ^GS r^servo'rs extérieurs. Ce produit consiste en résines Pyro ijar^^es d’huiles empyreumatiques, de charbon et d’acide
- estirné^°UC^r0ns Suède, de Norwége et de Russie sont les plus estn !’ rna's celui qu’on prépare dans les lamies de Bordeaux
- Saussi bon (*)•
- d’acideGUX ^es plus importants du goudron des fabriques
- sairp i f^r°bgneux, sont la paraffine et la créosote. Il est néces-e les caractériser.
- ^eher^^f—umtière solide, blanche et brillante, grasse au blanche lno<*0r,eJ insipide, ductile, qui brûle avec une flamme pure et à -p. 44°’ ®ans répandre ni odeur, ni suie, et sans laisser de résidu, fond Sentée par rïUslêtre distillée sans se décomposer. Sa composition repré-d04 montre que c’est un isomère de l’hydrogène bicarboné
- fer leurs f ey* faveur des goudrons du Nord a déterminé les fabricants à em ‘A etde]a"dl‘lts dans des tonneaux ou gonncs semblables aux emballages di '’enaient, 'Jlerne. l’ontenance ; par ce moyen, ces goudrons sont vendus comim ^u8é sur i es régions septentrionales. Cette manière de faire perpétuera 1 supériorité des goudrons du Nord.
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- -4S2 CINQUANTE—UNIÈME LEÇON.
- C4H4. Elle résiste à l’action des acides, des alcalis, et c’est à cause de l’indifférence remarquable qu’elle manifeste pour les différents agents chimiques, moins le chlore, que le baron de Reichenbach, qui l’a découverte en 1830, lui a donné le nom qu’elle porte (de deux mots latins Z1®' rum affinis, qui veulent dire peu d'affinité). Elle se dissout dans l’alcool bouillant, mais s’en sépare en belles lames nacrées par le refroidissement.
- Elle existe, non-seulement, dans les goudrons de bois, mais aussi dans ceux de la houille et de la tourbe; on la trouve encore dans l’huile de pétrole, dans le produit de la distillation de la cire ordinaire, de la eue de Chine,de la cire fossile de Moldavie, de certains schistes bitumineux, notamment du boghead d’Écosse, servant à la préparation des huiles de schiste (1). ,
- Sous l’influence d’une température inférieure à 0°, la paraffine se.séparé en grande partie des huiles lourdes qui la tiennent en disdolutmm Celle qui provient de la distillation sèche du boghead se présente larges écailles d’apparence nacrée; on l’exprime fortement dans ^ sacs de toile pour isoler l’huile dense qu’elle retient; mais ellcconseï encore des goudrons plus ou moins colorés et plus ou moins mie La paraffine que donne la tourbe est particulièrement dans ce cas.
- Afin de séparer industriellement ces goudrons et d’obtenir économat ment la purification de la paraffine, M. F. Rohart a imaginé un P10 ^ appliqué aujourd’hui en fabriques, qui consiste à dissoudre la u|a brute dans l’huile volatile de pommes de terre ou alcoolamyli(lue> |(|^seZ resté jusqu’alors sans grand emploi. On ajoute dans la dissolution d’acide sulfurique pour transformer l’alcool amylique en aÇme j0ll> amylique qui n’a plus le pouvoir de retenir la paraffine en dism mais qui garde toutes les matières étrangères. La paraffine vielJ ,,e). nager à la surface du mélange. 11 est indispensable, toutefois, 1 ge à une température qui n’excède pas 100°, car à partir de -jr * alors forme, non pas de l’acide sulfo-amylique , mais de l’amylene, l’opération est manquée; tout se prend en masse. )arc-il
- La paraffine surnageante est décantée, puis versée dans un distillatoire, dans l’intérieur duquel on dirige un jet de vapem afin de vaporiser et de recueillir le peu d’alcool amylique 1.es onger-la matière. Celle-ci sort de l’appareil à peu près pure, niais rOI1 fait vant encore une légère teinte ambrée et une faible odeur que disparaître entièrement au moyen du noir animal. , ^ p0sé à
- L’acide sulfo-amylique, provenant de l’opération, est déco' jamj' l’aide d’une dissolution sodique, de manière à reconstituer 1a ^ ^ et
- lique; par la distillation, on l’isole des goudrons dont il s’^talt ^ sei'U* on le retrouve avec toute sa pureté primitive; on peut donc s indéfiniment. . . „ de
- Le noir animal qui a servi à la décoloration et à la désinlec
- (l) Le point de fusion de la paraffine varie avec son origine. Ain-’1 •
- Celle du boghead fond à. 45°,5
- Celle de la tourbe............... 4G0,7
- Celle de la cire.................62u,0
- Celle du naphte de Rangoon. . . . Gi°,ü
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- DE LA CRÉOSOTE. 453
- paraffine, en retient toujours; on l’en dépouille par des lavages à 1 al-c°ol anivlique, et pour en chasser celui-ci, on le soumet à un jet de 'aPeur dans un appareil à distiller.
- L’extension prise datis ces derniers temps par la fabrication des huiles de schiste, donne une importance réelle à l'industrie créée par M. ltohart, ClU'la production annuelle de la paraffine brute, en 1* rance, dépasse ma>ntenant un million de kilogrammes. Grâce à cet habile chimiste, la paraffine pure, qui n’avait été jusqu’ici qu’un produit de laboratoire c°ûtant de 8 à tO fr. le kilog., es^ devenue pour l’industrie des bougies u°e matière première moins coûteuse que le suif.
- La bougie de paraffine pure est très-belle, tout à fait incolore et ino-a>e, dune diaphanéilé rappelant celle du camphre. Elle brûle sans répandre de fumée et ne coule pas ; mais elle ne peut rester droite ; elle déforme, se courbe et ne saurait être employée dans cet élat. 11 faut absolument qu’elle soit associée à une matière plus dure, comme l’acide cüiique ou la cire du myrica. Les bougies confectionnées avec ce mé-ianSe sont de qualité irréprochable et peuvent être livrées à des prix Moindres que les bougies stéariques proprement dites.
- I!- Kréosote ou Créosote. — Découverte en 1 «30 par le baron de Rei-
- „ lenl)ach, d’abord dans l’huile de l’acide pvroligneux, puis dans tous les goudr— - - • -
- ’ons et la fumée, cette nouvelle matière est toute différente de la fiente. M. Deville lui ' Lfient par la distil
- 2 mélange oléagineux ainsi obtenu, on évapore la solution jus-
- Qn j, ucviuc un assigne la formule suivante : C28lllfi04.
- l)0tasse | v °nt ^ai *a ^filiation du goudron de bois. On dissout dans la
- Créosot ^U° !0S aulres huiles se soient volatilisées, puis on sépare cuein. 6 Lai Lacide sulfurique. On la purifie parla distillation en ne re-Q>ean| lé liquide qui passe à la température de —J— 203°.
- la
- par
- * est sa
- ru, sa Un liquide huileux, qui ressemble à l’huile d amandes douces ctd^^nsistanee; il est incolore, transparent, d’une odeur pénétrante rW-able, analogue à celle de la viande fumée, d’une saveur très-(|ue l’ f e ef brûlante. C’est un poison violent. 11 est un peu plus lourd Papier ^ ^out a H- 203° et résiste à un froid de — 2'7°. 11 tache le flamni' a manière des huiles volatiles. 11 brûle, à la lampe, avec une La cré)j!f'*anle h’os-fuligineuse.
- Chions dS°te °st a Pe'ne soluble dans l’eau. Elle se dissout en toutes pro-t°ut. E[1 ans 1 alcool, l’éther, le sulfure de carbone, l’acide acétique sur-c°aSule f ,a*-t-aque ou dissout les résines, mais non le caoutchouc. Elle fornie Unlüs"PrornPtcment l’albumine, et, à cause de cette propriété, elle gères h; C0a^ulum dans le sang; aussi peut-elle servir à arrêter de lé-
- ^morrhagies.
- la plus importante est d’empêcher la corruption. Lors-rétire au i 1 e la viande fraîche dans une solution de créosote, qu’on la h'aleut- {])UUt dune demi-heure ou d’une heure, on peut l’exposer à la GsPace d'! J’0'°‘1j sans qu’elle entre en putréfaction; elle se durcit dans m Sa Uid jours, prend une odeur agréable de bonne viande fu-^^ettiêrne°-*eUl Passe au r0uoe brun. Ou peut conserver des poissons
- moyen. Or, comme l’acide pyroligneux et l’eau de goudron pç meme effet, il n’est pas douteux que la créosote ne soit le 1 'Putride de ces liquides, ainsi que de la fumée. De là, le
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- 454 CINQUANTE—DEUXIÈME LEÇON.
- nom qu’on lui a donné, qui vient de deux mots grecs qui veulent due conservateur de la chair.
- On l’a beaucoup préconisée contre la carie des dents, contre certains ulcères; mais les essais entrepris depuis sa découverte n’ont pas m tout le succès désirable. Quelques accidents d’empoisonnement, suiy nus dans ces tentatives, doivent rendre très-circonspect dans 1 emp de ce médicament.
- CINQUANTE-DEUXIÈME LEÇON.
- DES ORGANES EMPLOYÉS DANS L’INDUSTRIE, (suite-)
- Sommaire. — Matières textiles et filamenteuses. — Du lin, du change ^es coton, considérés comme bases des tissus. — Du rouissage du lin. — ua ___ physiques et composition des fibres textiles végétales. — Du coton we^fe,,enSde Étude delà laine, ses diverses espèces, sa nature, ses propriétés. — * péduc*' distinguer les fils de coton dans les étoilés de laine. — De la soie et de ^ ^ tion du ver à soie. — Mode de formation, nature et propriétés de la soie, distinction d’avec la laine et les fibres végétales.
- § 2. — Mes matières textiles et filamenteuses.
- ,uilléc
- C’est avec la libre de certaines plantes ou la cellulose ca„ des matériaux organiques et salins que la végétation y a '_ je mulés; c’est avec la matière filamenteuse qui couvre la P ^ certains animaux; c’est enfin avec le fil fin et solide cFe . Bne lent plusieurs insectes h l’état de larves, que l’on conte les tissus, et, par suite les vêtements dont l’homme a s ’ bonne heure el sous tous les climats, l’indispensable néces ^ Les matières textiles d’origine végétale ont une co^P gS identique; celles d’origine animale comprennent deux distinctes, d’une nature toute différente, la laine et la SOie'
- lre CLASSE. — MATIÈRES TEXTILES VÉGÉTALES.
- 'ci laIislC’
- Les plantes textiles sont en assez petit nombre. En voi ^ j les avec l’indication des localités plus ou moins restreinteS produisent :
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- NOMS VULGAIRES OU COMMERCIAUX.
- PLAXTES QUI LES FOURNISSENT.
- PAYS DOHICINE ET DE CULTURE.
- Lin commun............................
- Chanvre...............................
- Coton.........,.......................
- Phormium ou Jiri de la Nouvelle-Zélande.
- Abaca ou chanvre de Manille...........
- Jute ou chanvre du Bengale ou de Calcutta.
- Paât ou Sunchèe-Paât..................
- Tsing-mâ..............................
- Chanvre blanc ou de Haïti.............
- Piassaba..............................
- Fil d’aloès...........................
- Pitte ou fil de faux aloès............
- China-grass et grass-cloth en.
- I Angleterre. ...............I
- Ortie de]Tchou-ma, en Chine...........
- Chine, j Rheea, dans l’Assam..........'
- / Caloee et Ramieh, dans les îles
- \ Malaises...................
- Mà ou chanvre de Chine................
- Gornouti ou Ejou. Laine ou Baleine végétale
- Baquoi odorant ouYacoua...............
- Crin végétal d’Afrique................
- Lifa ou bourre de dattier.............
- Crin végétal........................
- Barbe espagnole ou Caragate...........
- Linum usitatissimum.. »...................
- Cannabis sativa...........................
- Différents Gossypium......................
- Phormium tenax............................
- Bananier à cordes (Musa textilis).........
- Bananier alimentaire (Musa paradisiaca).... Corète à capsules (Corehorus capsularis) Corètecomestible (C. olitor.),mauvedes juifs.
- Corète texile (Corehorus textilis)........
- Agave americana...........................
- Agave cubensis............................
- Agave fœlida..............................
- Furcroya gigantea.........................
- Urtica nivea.
- Sida à feuilles de tilleul (Sida tiliæfolia),...
- Palmier Arenga saccharifera.................
- Paudanus odoratissimus, P.utilis etP.volub.
- Palmier nain (Chamærops humilis)............
- Dattier (Phoenix dactylifera)...............
- Caryota mitis et Caryola urens..............
- Tillandsia usneoïdes........................
- Partout.
- Ind., Chin., Arab'.,Égyp., les Amer Nouvelle-Zélande.
- Iles Philippines, Cevlan, Indes or. Océanie, Amérique méridionale. Bengale, Cevlan, Chine.
- Indes orientales.
- Chine.
- Amérique méridionale.
- Mexique, Cuba.
- Amérique méridionale.
- Afrique, Amérique méridionale.
- 'Chine, Indes, Malaisie.
- Chine.
- Tout l’Archipel indien, Chine. Indes.
- Algérie, midi de l’Europe. Asie, Afrique.
- Indes.
- MATIÈRES TEXTILES VÉGÉTALES. 455
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- NOMS VULGAIRES OU COMMERCIAUX.
- Mocou-Mocou Sparte eu Esparta
- Haïfa ou Alfa des Arabes
- Diss des Arabes ’ina ou Pigna Chanvre indien Coir, Khair ou Bastain Suun
- Mûrier à papier ou Papvrier Mûrier blanc Mauve en arbre
- -i:
- Alcéc à feuilles de chanvre Mauve textile Herbe à ouate Yucca
- Ko........................................1 Dolichos bulbosus..
- l.o-mà.................................... — —
- 'ViHeui. ...............................1 Tvlia europæa.......
- GeuêU d'Espagne...........................\ Spart'vum junccum
- ‘i r\oa\i\on...............................\ Ylumulus lupulus
- VUwc • - ......................\FevùUes du Pvn sn
- PAYS D’ORIGINE ET DE CULTURE.
- PLANTES QUI LES FOURNISSENT.
- Caladium, espèce d’Àrum.............
- I.ygæum Sparlum...........................
- Slipa tenacissima, Stipa gigantea, Slipa bar-
- bata...............................
- Arundo festucoïdes........................
- Bromelia ananas, Bromclia karalas.........
- Apocynum cannabinum.......................
- Cocos nucifera............................
- Crotolaria juncea.........................
- Broussone'tia papyrifera..................
- Morus alba.................... ...........
- l.avatera arborea.................
- Hibiscus clipeatus........................
- — mutabilis.........................
- — tiliaceus et Hibiscus cannabinus...
- Althæa cannabina..........................
- Abutilon indicum..........................
- Asclepias svriaca............. ...........
- Palmier...................................
- sylvestre (Pmus s^Westri#). .
- Indes.
- Espagne, Grèce, nord de l’Afrique, Algérie.
- Espagne, Grèce, nord de l’Afrique, Algérie.
- Sahara de l’Algérie.
- Iles Philippines,
- Amérique méridionale.
- Iles du grand Océan Pacifique. Présidence de Madras (Indes angl.) Iles de la mer du Sud, Chine, Jap." Europe.
- Afrique, Asie, Europe. Saint-Domingue.
- Cayenne.
- Indes.
- Afrique, Europe.
- Indes, Italie, midi de l'Europe. Afrique, Europe.
- Amérique, Asie, Afrique.
- Chine.
- Europe.
- I Asie, midi do l’Europe, Cévcnnes. \ Europe.
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- Les tissus végétaux communs, pour ainsi dire, à tous les peu-l'K sont surtout ceux de lin, de chanvre et de coton. Je ne vous
- parlerai en particulier que de ceux-là.
- , ° LIulin. — Le lin (fig. 479) est une plante annuelle de 65 centi-
- ^etresà l mètre d’élévation, originaire 11 geand plateau de la haute Asie, et naturalisée en Europe. C’est elle qui ,l fourni les premiers vêtements à l0mme; mais malgré l’antiquité de saculture, c’est la matière textile dont exploitation industrielle a été le plus 0ngtemps à progresser. Il a fallu le oncours de deux hommes de génie :
- J ‘‘Néon Ier pour provoquer sa fila-Ie mécanique ; Philippe de Girard, l)Qur la réaliser.
- Les contrées où la culture de cette ante a pris, de nos jours, le plus extension sont : l’Italie, l’Irlande, l"* (le la Baltique, la Russie,
- IL lu ^S*e’ k* Saxe, la Westphalie, la Lfanc^0’ ^ ^e*8*(Iue et Ie Nmal de la
- a seule espèce cultivée comprend
- Jeux variétés distinctes:
- ne§i)i ° ln^hiver ou lin chaud, à grai-ges pc'JS fondantes et plus grosses, à ti-VüstL1 e evaes, mais dont les filaments sont gros et rudes : elle est plus l’Anjou6 m PeUt ^tie somno avant l'hiver; on la trouve surtout dans B .. es parties méridionales de la France;
- 'ournit en
- - pui 11 U O 1JIU1 IU1UULUV7U uv, *-7
- :ln d>étè ou lin froid, adopté dans nos départements du Nord, ('acon a Classe de meilleure qualité et en plus grande quantité. On locales - i c^eux sous-variétés, produites seulement par des influences très, et l !Vm commim> dont la hauteur dépasse rarement 70 centimè-hs tiSSu erm c^e beaucoup plus élevé, dont la filasse convient pour On S llns et légers.
- isse; JnC|Uo Un en doux celui que l’on cultive seulement pour la filais le j u lôcolle vers la fin de juin, avant la formation des graines.
- f----- nliûwho à nhfnnir fin même
- htïip3 généralement en France, on cherche à obtenir en même "«Ois ou e' d ^assc ct de la graine, et alors la plante n’est récoltée qu’un Lleinte j.lll,I sernahies après le lin en doux. La maturité se reconnaît à dos CaJ»c des tiges, à la chute des feuilles, à l’entier développement jucher, (jn*,’. gaines commencent à brunir. C’est le moment d’ar-''ô. On ri, :enlève Par poignées que l’on couche à terre comme le écart T0 ce^es'cl 24 heures après, et on en forme de petits pa-es du pied afin qu’ils se tiennent debout et que l’air y pé-
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- notre plus facilement. La maturité se complète ainsi. Lorsque le lin05 assez sec, on réunit les paquets. La plus forte partie est rangée debou en lignes droites, épaisses d’environ 48 centimètres; avec le surplus on forme sur ces lignes une espèce de toit qui les met à l’abri de la pluie> le tout est assujetti par des liens. Ces lignes se nomment ormes ou ourmes. Quelques mois après la récolte, le lin est mis en gerbes du P011 ? de 12kU,5, puis rentré dans la grange où on le bat pour en sepaiei les graines. Cette opération se fait en frappant la tige du lin avec une pièce de bois appelée batte, ou en la peignant sur un banc arme <•
- Fig. 480.
- quelques dents de fer (fig. 480). Après ce travail, qui fait perdre au cinquième de son poids, on vanne la graine et on la fait sécher.
- « po de
- Les tiges du lin, séchées à-f- 100°, contiennent 95 P‘ jjeS.ci matière organique et 5 p. 100 de substances minérales. sg) varient suivant les terrains; elles consistent surtout en P ^s. soude, chaux, et acide phosphorique. Les lins d’Irlande s0 ^ut riches en silice; ceux de Belgique et de Hollande n’en rei presque pas. lin son1
- Les fibres textiles qui se trouvent sous l’écorce <m -sseles agglutinées entre elles avec assez d’énergie pour qu’on ne P isoler, tant que les substances qui les imprègnent et les ^ pour ainsi dire, les unes aux autres, ne sont pas détruites- eI) stances, qui résistent à l’action de l’eau seule, sont un nie. proportions variables, de cire, de résine, de gomme, de Pejje, sucre, de matières albuminoïdes ou azotées, de cbloioP^eI) <jf On désigne sous le nom de rouissage l’opération au agenl5 laquelle on se débarrassedeces partiesglutineuses. Les nécessaires ù leur destruction sont l’humidité et la cha
- sur le Pr
- On pratique souvent le rouissage en étendant les plante
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- fiiJuifiêf,-tfSS
- ct les retournant plusieurs fois par semaine, jusqu’à ce que la teille ou filasse, c’est-à-dire l’écorce filamenteuse, se détache de la partie ligneuse onchènevoUe. 11 faut ordinairement 30 à 40 jours pour que le rouissage *°à complet par ce moyen.
- ph*s habituellement, on opère par irpmersion dans l’eau, en enfonçât les bottes de lin dans l’eau courante d’une rivière ou d’un ruis-seau, ou dans l’eau d’un étang ou de cuves en maçonnerie disposées manière que la masse de l’eau se renouvelle lentement au moyen (jua faible courant ayant entrée par un bout et s’échappant par autre extrémité (fig. 481), enfin dans l’eau dormante de fosses ou cuves Musées en terre et qu’on appelle routoirs. Dans tous les cas, on
- Fig. 4SI.
- laisse1]^. ^es eaux douces, pures et surtout non ferrugineuses. On qui s l)0ttes enfouies iusau’à ce que le rouissage soit terminé, ce
- ------y j.-- ^
- im exj(ri enfouies jusqu’à ce que le rouissage soit terminé, ce lemPs variable, suivant la saison et l’état des tiges. La les Sul. I0n qui se développe au sein des tige.s accumulées dénature t°l°re enanc.es glutineuses et les dissout en grande partie; l’eau se infect temps qu’elle se putréfie, et laisse exhaler des gaz
- lieùtpl,.11 SOnt souvent la cause de maladies contagieuses dans les
- .donnants.
- c°Urs tlu,ssage dans une eau qui peut se renouveler, sans avoir un ,itle belle laP,1^e» est celui qui convient le mieux; les tiges ont alors |llus Uleur Jaunât|,e qui leur donne beaucoup de prix; il n’y a 1 ^es fiij,.a a'sons aussi fortes que dans le rouissage à l’eau donnante, '*hon tto GS co.llrent moins le risque d’être attendries par une fermen-^0Hand aCl\ve‘ Sur ^es bords de la Lys, en France et en Belgique, !irnférenC(î ^on rouh une si grande masse de lin, on donne la 'lreS(lUe bi ^ Ce m°de de rouissage. Les lins qui en proviennent sont
- APrès
- n°mbre d’essais infructueux, à l’aide d’agents chimiques
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- a
- l:ll
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- de toute sorte, pour rendre le rouissage plus prompt et moins destructeur, Soubeiran a reconnu le premier qu’un séjour de à 96 heures seulement dans une eau maintenue à la température de -f- 32° suffît pour effectuer la séparation des fibres de la t'ge> beaucoup plus complètement que par tout autre moyen-Ccs ce fait qui sert de base au procédé américain et irlandais, qutj MM. Scrive, de Lille, ont introduit depuis huit ans en France e qu’ils ont singulièrement perfectionné. Dans leurs ateliers, le rouis sage ne demande que 48 heures; il ne donne lieu à aucune éman^ lion désagréable, les filasses sont moins colorées, plus égales e leur rendement est beaucoup plus fort.
- Après le rouissage, les fibres restant encore appliquées à la s,1‘
- Fig. 4 S:>.
- machine appelée" “ la main, soit à l’aide d’®{
- PP 6nie 4®). ou d’un instrument nonu»
- espadon ou écangue
- C’est ce qu’on appelle macql,e1^
- écanguer ou teiller. Les éijn
- nne fois isolées, on les p;|SH’’
- pour les purger de quel(lllC
- débris de tiges, entre Iesp°‘‘1
- 1 es en fer d’un a utre inslruW1^
- qui porte le nom deffiff^
- de seran. Celte opération,l
- peignage ou sérançage. a alL
- pour but de diviser la v
- en parties fines et défiéev^
- en parues îmca v-- ,j s
- de faire les
- tout formés dans i . jj,-La teille ou fllosse. 0\c^-
- à la main ou à *a n1^ ull)isil" et le fil est ensuite ^ ^
- tissage pour être converti en toile. Quant fi la partie
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- qui reste dans les dents du peigne, elle forme ce qu’on appelle étoupe, qui sert à la fabrication des toiles grossières.
- C’est avec le fil de lin qu’on fabrique les dentelles, la tode connue sous le nom de batiste, et une infinité d’autres tissus plus °u moins fins. On peut juger delà finesse de ce fil par ce fait que32grammes défilasse de lin peuvent fournir, au moyen du
- r°uet, jusqu'à 4753 mètres de fil (l).
- -° bu chanvre. — C’est une plante annuelle de lm,30 à 2m,60 de haut, qui paraît originaire des régions orientales de l’ancien continent, et qui, d’après Mongez, ne fut connue et utilisée en Europe que vers la fin du x'e siècle. On l’y cultive Maintenant en grande quan-l‘té à cause de sa tige et de ses graines. Celles-ci s'appellent vulgairement chè-nevis.
- Lc chanvre {fig. 484) est lj!'e plante dioïque, c’est-à-!re que les fleurs mâles sont ^parées des femelles sur des P'ehs différents. Les tiges Males sont généralement 1 Usgrêles, moins hautes et ‘unissent plutôt que les fe-t elles; aussi les cultiva-
- Mrs, par une erreur foudre
- çj d notion de la force des s Cs du genre masculin, n ~ls fE‘ns l’usage de don-|a.. ® norn da chanvre mâle à vi 'ge ^melle, qui est plus o uieuse quoiqu’elle porte
- amSlfnes* L®S unes ct les , 8 fournissent les fila-
- ge h nXtiles dont on Pré"
- I 1,1 niasse.
- 0rsque la maturité est parfaite, on en fait la récolte comme
- Fig. 48 i.
- bre jl l lance; à l'exposition universelle (le 1855, m. ucmic «ne ^ (len-Jf noches fonctionnant dans nos filatures à 500000, dont 205000 pour ^ternent du Nord.
- du Nord.
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- pour le lin et on sépare les graines des liges de la môme n>a' nière. u
- Les tiges de chanvre, séchées à -|- 100°, contiennent 93,h p. 100 de matières organiques et 4,56 de substances minérales-Celles-ci consistent surtout en chaux et en potasse. Les graines contiennent beaucoup d’acide phosphorique.
- Séché à l’air, le chanvre mâle renferme moyennement -p. 100 de chanvre teillé, et le'chanvre femelle seulement \ a 22 p. 100. Dans le chanvre teillé séché à.l’air, il n’y a que C a 65 p. 100 de filaments textiles, le reste se compose de mal|ür^ étrangères, solubles dans les lessives alcalines ; de sorte q 100 parties de chanvre vert ne donnent que 5 à 8 parties de * ments textiles. Ces derniers sont spécifiquement plus lourds, P grossiers et plus résistants que ceux du lin, et s’en distmgn lorsqu’ils n’ont pas été blanchis, parleur teinte jaunâtre. ^ Le rouissage du chanvre s’effectue comme celui du lui, le plus généralement c’est dans les eaux dormantes qu’on ^
- Il serait â désirer qu’on adoptât le nouveau procédé salu l’eau chaude (1). .^s
- Le chanvre présente, dans le commerce, autant de (rCS que le lin, mais une très-grande partie est employée a d a usages que la fabrication des toiles, tels que fil à coudre, a
- cordonniers, ficelle, cordages pour la marine, toiles à voiles,
- et autres objets qui exigent de la force. La corderie absoi, des 3/5 du chanvre consommé en France. — Le Dauphine,^ ^ magne d’Auvergne, l’Alsace, la Bretagne, l’Anjou, le Ma ’ejg Lorraine ont les cultures les plus étendues et fournissent les leurs produits. ;ére fi|a'
- 3° Du coton. — On donne le nom de colon h une mai* urS menteuse, fine et soyeuse, qui entoure les semences de p • espèces de plantes et d’arbustes de la famille des Mauves ^'J1](jcs Les cotonniers sont originaires des contrées les plus c
- en 2*1 '
- (1) Le rouissage du chanvre peut avoir lieu, sans aucun dommage. ^ * ||ieriflf' dans les eaux chaudes, ainsi que Montaigne l'a vu en Italie, en 1580, a ' je rot|ir de Vitterhe, ei Mérat à celles de Bourbon-l.ancy, en 1S34. On peut ei,c
- dans le sable humide, comme on le pratique au Brésil. . rjal,cel,P
- (2) Le mot coton dérive de l’arabe. 11 parait que, de temps iinmen ^ Les substance a été désignée dans cette langue sous le nom de coton () 11 |)0[I1 qt'1, Maures qui cultivaient cette plante en Espagne, y ont apporté aussi ueinj1, précédé de l’article al, a formé al;/or ton, qui est le nom espagnol du ‘ "ope. " '' légèrement modifié, a été ensuite adopté par tous les peuples de j , flU co1'* nom grec bussos, que nous rendons par byssus, et qui a < té a, l)(!]ja|ileea par certains auteurs, parait venir évidemment de l’hébreu ou “u c 'u’0n ,r011', et M. Fée pense que celui de gossypium, adopté en botanique,e >cr
- dans les auteurs latins, était le nom barbare du cotonnier, (l'en0'’ gj pour servir à l’histoire du coton.— Société de Mulhouse, t. XIV, p-
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- Indes orientales, et aussi, à ce qu’on croit, du Brésil et des Anlilies. On en a peu à peu étendu la culture vers le nord, jusqu’à la latitude à laquelle ils ont entièrement refusé de produire. Il y f,aa plusieurs espèces; mais il en est deux surtout qui sont cul-H'ées de préférence : i
- Le cotonnier herbacé, qui croît en Égypte, en Perse, dans 1 Asie Mineure, aux États-Unis et dans plusieurs contrées de l’Europe méridionale, qui est tantôt une plante annuelle de 50 à 55 centimètres d’élévation, tantôt un arbuste de lm,60 à 2 mètres;
- El le cotonnier arborescent n- 485), arbrisseau de 5 mè-l'es à 6m,50 qui croît dans les n(les, la Chine, l’Égypte, l’A-1,1 J'e> les Canaries et le Nou-
- 'eau-Monde.
- La culture de ces planles'ést Un °Ljet de la plus haute im-Portauce pour tous les pays (lUlsy livrent. Elle est fortan-p e'lne (lans les Indes, la Chine Arabie, où la fabrication es tissus de coton avait ac-],lls’. depuis une longue série Up Slécles, un tel dejré de ^r ection, que ces tissus éga-tinl'11, r ^eur délicatesse, les » es, d’araignée. D’après M.
- s’eu^re ^s’ ceHe culturelle
- 'nlroduite en Égvpte qu’après l’an 80 del’ère chrétienne (1). les^r^ue Christophe Colomb aborda en Amérique, il trouva (in , itants vêtus de coton. Ce ne fut cependant que vers la fn .......... ‘ textile entra dans le
- Fig. ISS.
- <!|J du xvme siècle que cette matière mmeree comme objet d’échange imp a plante ‘ '
- objet d’échange important, et que la^cuUure
- ^ ** » GUJOl V4 ---r
- des ex* 'UUe- une grande extension en Amérique. Le total le djitj.^ations des États-Unis, pour l’année 1853, atteignit de i‘ran^ de 587 millions de kilogr., évalués à 600 millions ^ s (-) ! On a évalué à plus de 4 milliards de francs
- 1^ ni0,|iie$ J;68 monunients, l’examen microscopique des toiles qui enveloppent 8 v®lernen’ts (!inontrent qu’avant celte époque, cest le lin qui servait à faire
- F*"' Ln i747’
- ;u;«pe; e( ®ePt balles de coton seulement furent expédiées de Charlestoxvn en tir;68’enWo^11 en ^84, Ie meme port envoya en Angleterre II balles nou-^m^tequ’ü . 8 à ‘J,000 kil., la cargaison fut saisie comme contrebande, sous ’(**e de co f(‘n ,‘Ut lout à fuit impossible que l’Amérique eût produit une si grande
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- CINQUANTE-DEUXIÈME LEÇON.
- la production de l'industrie du coton dans le monde entier-
- Le coton entoure les graines qui sont contenues dans des capsules sèches et ligneuses, à quatre loges. On en fait la récolte quel' ques jours après l'ouverture des capsules, ordinairement en août, septembre et octobre, suivant les pays. On enlève à la fois le duvet et les graines, en laissant la capsule sur la plante, et on les fait sécher au soleil pour rendre plus facile l’opération qui a pour but de séparer ces deux matières. Ce travail se fait depuis longtemps avec des moulins à cylindres de diverses formes, nommés Rolw gin, Mac Carthy gin, Saïu-gin, qui saisissent le duvet et l’entrai nent, en laissant les graines du côté opposé. C’est ici que * des machines vient très à propos au secours de l’industrie. L’Indien, encore réduit à ses bras, emploie toute une journée pour éplucher 500 gram. de coton. Aux États-Unis, un seul Son'^ gin ou moulin sciant de Whitney, dirigé par un homme ^ formé d’environ 80 scies, peut nettoyer de 2000 5 2,500 kil- (® cosses de coton par jour, avec une dépense d’environ 2 cheva de force. .
- Le coton est blanc, jaune ou rougeâtre. Ses fibres sont p ou moins longues, fortes et soyeuses. Suivant ces qualités,
- divise les nombreuses variétés commerciales de coton en
- deux
- grandes classes : cotons à longue soie, ou dont les filaments ont n^ iongueur de 0ra,0202 à 0m,039; et cotons à courte soie, qul.11 que de 0ra,014 à 0m,025 de longueur. Ces^ierniers ne sont J3111^ aussi fins, aussi soyeux, aussi élastiques et aussi forts qlie premiers. . -et
- Les Etats-Unis produisent les plus beaux cotons longue ^ courte soie. Le Brésil ne fournit que des cotons longue s0l^es plupart fort estimés. L’Inde et le Levant donnent les uns autres. reS,
- En général, on doit préférer les espèces qui sont les ph's j ,qX, les plus nettes, car lorsque le coton est malpropre, renip con. dures ou gâté par l’humidité, il se file mal, donne un déc sidérable, se blanchit difficilement et prend mal la teintuic-
- CARACTÈRES PHYSIQUES ET CHIMIQUES DES FIBRES TEXTILES
- VÉGÉTÉ' diffé-
- rr a des 01
- La structure organique des filaments végétaux olire u ,^ntpas rencesassez tranchées pour qu’il soit possible, lorsqu’ils'1 ^ été soumis à des manipulations ou à des torsions trop ques, d’en reconnaître l’origine au moyen du microscope existc Dans le coton, parexemple, à l’état décroissance, tel q rajs-dans la capsule avant son ouverture, les filaments velus apt ^ sent, sous un grossissement de 400 fois, comme sil|es» membraneux, creux, cylindriques, sans cloisons Iran5'
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- fermés à leurs deux extrémités; mais ils s aplatissent j -°« moins à mesure qu’ils mûrissent et se dessechen . '
- alors des espèces de rubans irréguliers, tordus sur eux-mém ., dont la surface est marquée de stries ou de poin s . . l ment disséminés ; les parties plates sonttranspaien e , côté il y a une lisière semblable à aa ourlet. Le diamètre aplati de ces poils Vllne, selon la qualité, de t/55 à 1/85 de millimètre. La figure 486 représente la structure du coton de Sea Island ou Géorgie long.
- Les filaments du chanvre et du lin sont 'les tubes creux, cylindriques, rigides, ouverts par les deux bouts, dont la sur-aee est lisse comme celle d’un tube de
- 'erre, mais présentant quelques traces n
- no'res et des nœuds ou cloisons placés irréguUerement. O aperçoit quelquefois l’extrémité de l’une des libres divisé en Pinceau. Dans le chanvre \fig. 487), dont les filaments ont un aspect plus commun et une grosseur plus considérable que -du 1m (/îgr. 488), le diamètre varie entre 1/20 et 1/60 de -
- Fiy. 48G.
- Fig. 487.
- Fig. 488.
- ''mètre pi i
- ^Surent L °S nœu^s sont accompagnés de petits filaments qui ce Son, assez bien les racines adventices de certaines plantes ; diiujj^ (Cs ^^Lris du tissu environnant. Les fibresdu lin ont un s°gs Sq C( 1/45 à 1/55 de millimètre, et leurs nœuds oucloi-chanvre ^^P°urvus 6e ces petits filaments qu’on voit dans le
- (i„ 7 emPs on a admis, et quelques personnes admettent encore, sur au-lranclian, eeu'wenhoëck, que les fibrilles du coton sont triangulaires et à ang es o„ S,’ v°ilà pourmini rlit-rm les étoffes de coton les plus fines sont plus
- Baie,T.U
- ites„. 7 'Ullil Pourquoi, dit-on, les étoffes de c®ton ‘ei P^ton 4 ïlla P.eau que celles du lin, et pourquoi la charp e de s opinions n’ont aucun fondement. Les lilanici s
- enflamme les du coton sont
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- 466 CINQUANTE—DEUXIÈME LEÇON.
- Ces caractères microscopiques excellents deviennent insuffisants, pour distinguer les filaments les uns des autres et par suite leur mélange dans les tissus, quand ces fdamenls ont été amène? à l’état de fils fins et retors, tels que ceux qui servent à la fabrication des dentelles; en effet, le lin a perdu, dans ce cas, sa cou formation droite, rigide, et se présente, comme le coton, api*'1 et légèrement contourné.
- Suivant M. llœtlger, on peut faire la distinction des deux filsau moyen d’une solution de potasse bouillante qui colore assez o tement en jaune les fils de lin, tandis qu’elle n’a pas ou presq pas d’action sur les fils de coton. On opère de la manière si vante : on met un morceau de 5 centimètres carrés environ f toile à essayer dans un mélange de parties égales en P01 ^ ^ potasse caustique et d’eau, déjà porté à l’ébullition; au bon^ deux minutes on enlève le morceau avec une baguette de \e ’ on l’exprime légèrement et superficiellement entre *P uSI ur feuilles de papier non collé, et on tire alors successivemen le côté de la chaîne et sur celui de la trame environ 0 à On distingue sur-le-champ les fils de colon de ceux du hn, P< que les premiers sont blancs ou d’un jaune clair, tandis seconds sont d’un jaune foncé. — Il est évident que ce mode i c-n’est applicable qu’à des tissus blancs et non teints. jassC
- M. Ruhlmann conseille aussi une forte dissolution de P^o[) caustique, mais froide, pour établir une distinction entre e ^ et le lin écrus. Le coton écru, trempé dans celte dissolu 'aU contracte, se roule sur lui-même, et passe au gris c^al!. usSi, blanc sale. Le lin écru, dans les mêmes circonstances, su 1 ^
- et plus visiblement encore, cette contraction des libres 1^,[IU. termine un mouvement fort visible, mais il acquiert, en ^ temps, une couleur jaune-orange, qui ne permet, dans au de le confondre avec le colon. ^ j, peu
- Le coton, le chanvre et le lin sont très-hygrométriques, ,jCllt près au même degré. Le linge le plus sec en apparence e„t encore près de 3 p. 100 d’eau, qui s’évapore à l’étuve ^ dansIe chauffée, mais que le linge réabsorbe lorsqu’il est rep*a milieu où on le tient d’ordinaire. , ne s°nl
- Ces trois sortes de fibres végétales, absolument Pures’ oSilion autre chose que de la cellulose; elles en ont donc la co
- oepe°tétr6
- mille fois plus flexibles que les tubes du lin, et si la charpie de CL,t01)1|e,11ent ^t,llP substituée sans inconvénient à celle du lin, cela provient tout sinl|rjCe qu'*1^ que les rubans fermés du coton, remplis d’une substance org«'llsa je fou* t
- lavage ne peut enlever, n’aspirent point le sang ou le pus, ainf quiaia'
- tubes du lin qui sont ouverts et que le rouissage a vidés de tous le?s susceptibles de les obstruer.
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- élémentaire, et par suite, toutes les propriétés chimiques. Il serait Sllperflu de l'es énumé rer de nouveau : seulement je les com-l’iélcrai en quelques points.
- La chaux exerce une action remarquable sur les tissus végé-aux, lorsqu’ils ont tout à la fois le contact de cet alcali et de ,Uri ils sont immédiatement attaqués ou brûlés, probablement. l,:'rce que l’oxygène est absorbé trop rapidementr tandis qu’ils prouvent aucune altération de la part de cet agent, môme en quantités considérables, lorsque l’air n’a aucun accès. Cette cir-(°nslance, signalée par M. Édouard Schwartz, mérite d’être lüJlnue des blanchisseurs.
- .n e^et du môme genre est produit par les protoxydes de fer e Manganèse qui se suroxydent en présence des tissus qu’ils ouvrent. Ceux-ci sont souvent brûlés, comme il est aisé de le ou S il.^ei'sur les calicots teints ou imprimés en rouille, chamois , Sol'laire. D’après M. Ruhlmann, ce serait, dans ce cas, un phé-Uùt î06 cornL)usti°n lente du môme ordre que celui qui appa-de j/,lns l’altération du bois par le contact immédiat des clous
- nièrè^erCer’ teinturier anglais, a tiré parti, dans ces der-
- ton ! ai^n^es’ de la propriété qu’ont les alcalis caustiques et don 11 C^e contracler fortement les fdamenls végétaux, pour la’'er Une plus grande densité aux tissus de coton seuls ou mé-et les rendre plus aptes à s’approprier les couleurs à la dans G Ct a l’impression. Son procédé consiste à passer les tissus l;ii|SerUn? lessive alcaline concentrée et froide, puis, sans les saif • Sec^e.r> ù les lavera l’eau, à les plonger dans de l’acide conir- . *a'ble, et à les laver une seconde fois. Le tissu est alors cel;i (p ü Cn ^ous sens> il esi devenu plus épais et plus serré, et faci|Cn)Une Manière permanente; dans cet état, il absorbe plus s°ntD]en^es matières colorantes, ce qui fait que les couleurs y tuai. Lt,1S Salurées et plus brillantes que sur le coton h l’état nor-#»alooie alcalis ord donc produit sur lui un effet qui a quelque En^na,Vec ce'ui que le foulage opère dans les tissus de laine. ^ 8'elerre, on donne au colon ainsi modifié le nom de >osYeme' Suivant M. Gladstone, ce coton n’a pas changé de dbres 0 !°n’.sa c°nslitution physique est seule différente; ses l'oreusg l,ne forme ronde, massive et solide, mais très-
- Hüanii^’ J'0 qui explique pourquoi il absorbe une plus grande i ^LS'iO mat^r® eulumnfe.
- l(!s tissus ’ Llulard et moi, avions constaté qu’on peut rendre etii diVc lrnPerméables à l’eau, en les trempant successivement, (lu’il So j.Ses éprises, dans des solutions d’alun et de savon, parce (''V*s^qui'b C*UnS Ce Cas’ un savon d’alumine insoluble et très-touche les pores des tissus et empêche ensuite l’eau
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- de s’y introduire. Ce procédé était passé depuis longtemps dalis la pratique, lorsqu’en 1859, MM. Muzmann et Krakowiser 1 ont modifié de la manière suivante :
- Dans 17 litres d’eau bouillante, on fait dissoudre 500 grammes de gélatine et 500 grammes de savon de suif, puis 750 grammes d’alun qu’on ajoute par petites quantités; après un quart d’heuie d’ébullition, on laisse le liquide redescendre à -(- 50°; onypl0Ijce alors le tissu, qu’on retire quand il est bien imprégné, et quoi' fait sécher rapidement sans le tendre. On le lave ensuite a'eC soin, on le sèche de nouveau et on le passe à la calandre.
- 2e CLASSE. — MATIERES TEXTILES ANIMALES.
- A. Laine. — La laine est la matière filamenteuse qui couvre ' peau des moutons et de certains autres animaux, tels que la " gogne, les chèvres du Thibet et de Cachemire, le castor, le l’autruche, etc. C’est avec ces diverses espèces de poils, qm se ^ tinguent les unes des autres par quelques propriétés physullI(?~’ mais qui ont la môme nature et les mômes caractères chimiq -q qu’on fabrique, depuis l’antiquité la plus reculée, des étoD'es servent à l’habillement et aux autres usages de l’homme, s°us noms de draps, de vigontincs, de thibétaines, de cachemuf^ mérinos, de casimirs, de castorines, de serges, de flanelles,e " de laine rase,ete. La laine du mouton est la seule qui soit su tible d’ôtre foulée ou feutrée. C’est surtout à cette espèce s’appliquera ce que je vais dire. . . . oU
- Les bôtes à laine sont tondues, chaque année, en mai, J fle juillet. La laine coupée sur un animal forme ce qu’on jgj
- toison. La toison des gros moutons pèse de 5 à 6 kilogr. ; ce* petits, de lkil,5 à 2kil,5. _ ]ajjtés
- Dans le commerce, on distingue un grand nombre de 1 f) différentes de laine, sous le rapport de la finesse, de la *011^ t en de la couleur, de la force et de l’élasticité; non-seulcme^^ raison des races de bôtes qui les produisent, mais encoïc môme race, suivant les climats, et dans le môme individu» s ^ qu’on la prend dans telle ou telle partie de son corps. A‘n ja pas6 chaque animal, la plus belle laine est celle des épaules, ^ c^tes du cou, du dos, des flancs et de la partie supérieure c()tés (n° 1 de la figure 489) ; la deuxième qualité se trouve sui j,an-du corps, les cuisses, la partie supérieure de la g°roe’ jeinfé' ches (n° 2); la dernière qualité est celle qui couvre la peSses rieure des jambes, le ventre, la queue , la tôte et
- (n° x ,rés,f°rCléS
- Une toison se compose de'mèches ou de flocons sépa-
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- plusieurs filaments réunis parleurs extrémités. La longueur de ccs filaments ou brins varie de 40 (race de Naz) à 180 milli-
- Fig. 489.
- ^ètres (racé de Lincoln). En général, la finesse des laines est en Son inverse de leur longueur, et en relation directe avec le (j.u d épaisseur de la peau de l'animal. Plus les races sont pe-S5 plus le derme est mince, plus les filaments sont fins. ''nnfI^icroscoPe, ceux*ci apparaissent, sous un fort grossissement . 1 ‘ms), comme des tubes cylindriques {fig. 490), dont la surface
- Un rec°uverte d’écailles irrégulières f(Peu recourbées en dehors; on y *e>e, en outre, des stries extrê-Qçg ei^ Unes, toutes parallèles à l'axe. racii V <es von^ en s’amincissant de la f0r e >l in pointe, où ils prennent une (ién;u Con^ue< Lorsqu’ils n’ont pas été S n* déchirés, on remarque C ?!érie"r une ligne noire qui laire f existence d’un canal médul-ou le.mpli d’air ou d’un liquide plus éga]e^lns eoloré, ainsi qu’on l’observe ‘3’
- ^rie (ient P0ur ies cheveux. Le diamètre de chaque filament diffèreG ^ a */6o de millimètre. C’est en ayant égard à ces W es qu’on classe souvent les laines en : superfines, fines,
- Voiciyr°SSes' supergrosses.
- ce ra. Cornrnent les principales laines peuvent être rangées sous Gravie ! ’ ni0ulons de Prusse et de Silésie, de Hongrie et de de la fi • ^axe» de Hanovre , race de Naz, moutons du Roussillon, ‘fioatong0)’ ^Australie, du Cap, mérinos d’Espagne et de France, do\vnji de Russie, de laBeauce, de Buenos-Àyres, races South-II y’a nc°ln,Dishley, moulons du Centre et du Nord delà France.
- Cs laines naturellement blanches, noires, rousses, jaunes,
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- , L.UMJLIANTE-DEUXIÈME LEÇON.
- et meme bleuâtres; mais, dans les grands troupeaux de France, on ne conserve que les moulons blancs, parce que, leur laine prenant très-bien la teinture, on lui donne ensuite la couleur quoi) veut. En général, les laines de couleur sont plus grosses, m°ins douces, moins souples que les laines blanches.
- La bonne laine doit être fine, douce, forte et élastique. G cette dernière qualité qui la rend propre à faire des rembourrages et des matelas. * ,
- Dans le commerce, on distingue les laines qui proviennent e la tonte des animaux vivants de celles qu’on enlève des u ^ mortes; les premières sont appelées laines de toison, les sccon s laines mortes. Les unes et les autres sont surges ou en suint, ce à-dire enduites d’une matière onctueuse, sécrétée par le ni°u ton, et appelée suint. Il paraît que ce suint a pour objet de lesFj^ server des insectes, qui les attaqueraient promptement e ^ détruiraient. Aussi remarque-t-on que les laines se consen^^ mieux en suint que lorsqu’elles ont été dégraissées; pluS c contiennent de suint, mieux elles se blanchissent.
- Les laines mortes, détachées des peaux par le moyen de la c '• sont bien inférieures aux laines de toison; elles sont rudes c . blés; privées de suint, que l’action corrosive de la c*iallX ent truit, elles n’ont plus ce moelleux et ce nerf que con.selnleSi pendant très-longtemps, mô/ne après le lavage, les laines vu Les laines des moulons malades ne prennent que trôs-i j^arlp faitement la teinture. Bosc rapporte qu’ayant fait tondre, a ^ bohillet, un mouton bien portant, un mouton malade et un g cl mort de maladie, tous trois de la race des mérinos eSP^° en(, et du même âge, il en lit laver et fder les toisons séparée ijr mettre les fils en échcveaux, avec des marques particulière ^ les reconnaître. Il les donna à Roard, alors directeur deSTefe» qui en fit teindre un de chaque espèce en bleu, en rouge jaune. On reconnut que ces couleurs étaient vives dans e j;i veaux de laine du mouton bien portant, faibles dans ceUX]0üion laine du mouton malade, et ternes dans ceux de la laine du ^ ja mort. Tous ces échantillons avaient été teints ensemh e, môme manière et dans les mêmes bains. . |jcnneid
- Il est donc bien important, pour les manufacturiers qul ^ ]es à avoir des étoffes d’une teinte uniforme, de faire en soi r ^ cC$ laines qu’ils achètent ne contiennent point de mélangé jeS toisons de qualités différentes; mais il n’est aucun m reconnaître. Pour éviter qu on ne les trompe, il faut qu flllt>n ces laines défectueuses le même prix que les autres, a n’ait aucun intérêt à les confondre.
- M. Chevreul a examiné la laine brute de mérinos, c qu’après avoir été séchée à -j- 100°, elle renferme :
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- Matièreterr. qui se dépose dans l’eau avec laquelle on la lave.. 26,06
- |ju‘nt de laine, soluble dans l’eau froide.................. 32,74
- opères de graisses particulières........................... a 7
- . itères terreuses fixées par les graisses..................
- Wne proprement ............................................. 31 >~3
- 100,00
- est une matière grasse, onctueuse, très-odorante, qui,
- Le
- loi une malien; giaasc, uneiucuac, uca-uuuiauic, ijui,
- j n toute apparence, a sa principale source dans l’humeur de ' Aspiration cutanée du mouton, mais qui peut bien avoir subi 1. s°n contact avec les agents extérieurs quelques changements en modifient la composition. Vauquelin l’a considéré comme latS^jVon a l)ase de potasse, associé k une certaine quantité d’acé-. ae potasse, de carbonate de potasse et de chlorure de potas-; plus une substance animale odorante.
- I Uuant M. Maumené, le suint n’est pas alcalin, attendu que Potasse, qui s’y trouve en grande quantité, est neutralisée ^'paiement par un acide organique spécial, énergique, qui
- 0Jcle l*1 forme d’un liquide huileux. MM. Maumené et Rogelet four" a Pens®e d’extraire industriellement la potasse du suint. e[ r Cela, ils font un lavage k froid des laines ; i’eau est claire, trée^^ Unf °P<^raLi°n méthodique, on peut l’avoir très-concen-|e ,0n l’èvapore en sirop qu’on caramélise et dont on calcine %ir> " alnsl un charbon très-alcalin, dont l’eau
- liera e (*U car^°nate de potasse ne renfermant que quelques cen-
- II p , e chlorure et de sulfate de potasse sans trace de soude. Potaç 1 ^re évaporer la dissolution alcaline pour avoir une dal^T ^)eaucouP plus pure que toutes les potasses commer-en foi’^ ^int provenant du lessivage de 1000 kilog. de laine quj lrn,t au moins 75 kil. Voilk donc une nouvelle industrie lavai U!Ta être exploitée dans tous les pays où l’on s’occupe du
- des laines.
- laiug^Hfdé de suint varie dans les différentes laines. Plus une n°s **n.e’ e^e es*; riclle en cette matière. Celle des méri-c°iï)ril COndent les deux tiers de son poids, tandis que les laines HiigresUnes n'en renferment que le quart du leur ; aussi les pre-désuint S°nt~eHes plus colorées que les secondes. Le déchet du les 0rda8ü ^ la vérité, comprend l’humidité, les (erres et
- !janmUes’ es*' de 45 p. iOO pour les plus belles laines, et de moins
- * . 11
- Ulnlée .
- ^afivg’ es lmPortant pour lui de pouvoir estimer approxi-la 0liantil4 Ha. nnrn? ^Imnü-ers df
- Gonim ns P0ur les qualités inférieures.
- uinirfn6.*0 fabricant n’achète jamais de laine entièrement dé-
- eh;
- ar->,ie -y11 quantité de corps étrangers dont elle peut être ’^tU, || p, e déchet qu’elle devra éprouver. Pour opérer exacte-aul d’abord sécher la laine dans le vide sec, la laver
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- jusqu’à ce qu’elle ne cède plus rien à l’eau, et la sécher dans le vide sec avant de la peser pour savoir ce qu’elle a perdu. Si l’on ne prenait pas ces précautions, il y aurait une quantité notable d eau, qui serait comptée comme suint par la raison que la laine pourvue de celui-ci peut conserver une proportion assez considérableu ce liquide.
- La laine, bien dépouillée, par des lavages à l’eau, de toutes matières solubles, cède à l’alcool bouillant une matière gra**e d’une nature particulière, dont la quantité s’élève jusqu’à H p- ' Cette graisse est composée de deux principes immédiats q M. Chevreul a désignés par les noms de stéarérine et A’élaerine. premier ressemble à la cire par sa consistance, et ne fonuq ‘ 60°; l’autre est filant comme la térébenthine, et fond à 15 • sont tous deux insaponifiables par les alcalis. ^ ^
- La laine, épuisée par l’alcool et l’éther, ne donne que - P- . de cendres parla calcination. D’après Scherer, elle a la conq tion élémentaire suivante :
- Carbone............................ 30,653
- Hydrogène.......................... 7,029
- Azote............................. 17,710
- Oxygène et soufre................. 24.608
- "lÔMÔtf
- l.prt
- 11 est facile de constater qu’elle renferme du soufre au (n nt desesprincipcs constituants. Il suffit de la faire bouillir [
- avec une faible dissolution alcaline; il en résulte une hqu ^
- donne un dégagement d’hydrogène sulfuré avec les aCI qui précipite en noir par les dissolutions métalliques, ,0I1 ment par l’acétate de plomb. C’est à cause de cela que, °^xyde mordance les laines avec des sels renfermant des trace» j ‘ de plomb, elles prennent une teinte grisâtre plus ou 111011 “dan» noncée, effet qui est produit pareillement quand on les alui un vase de cuivre. ; .,-llSqu’;l
- La laine est assez hygrométrique ; elle absorbe dans 1 air J près de 8 p. 100 d’eau. n0jrcit,
- Jetée sur des charbons ardents, elle secrispe, seresseri > ^ dn
- dégage une odeur empyreumatique, et s’enflamme au ^ ct quelque temps; mais elle brûle avec une certaine ^ !eaUcoUp laisse un charbon brillant assez volumineux. Elle donne de sels ammoniacaux, du sulfhydrate d’ammoniaque, en par sa distillation en vases clos. jcS alca’1'’
- Elle n’est pas sensiblement altérée par les acides e L jyacidc faibles. Mais ces mômes agents concentrés la détruise”' ^rts b azotique, môme affaibli, la colore en jaune. Les alca 1 ce"1’
- dissolvent à l’aide d’une légère chaleur, et produise*1
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- P°sé savonneux. C’est pour cela que Chaptal conseilla de pré-parer, avec les résidus de laine qu’on rejette des ateliers, un savon très-propre, suivant lui, à fouler et dégraisser les étoffes (1).
- Rongée dans le chlore, la laine s’y altère profondément. Elle a Hioins d’affinité pour les oxydes métalliques, et par suite pour les ni0>'àants, que le coton, le chanvre et le lin; mais elle en a plus {lUe ces derniers pour les matières colorantes.
- P action dissolvante des alcalis sur la laine sert avec succès P°ur distinguer ses filaments de ceux du coton, du chanvre et du n> et surtout pour reconnaître si une étoffe de laine, un drap, Par exemple, est ou n’est pas mélangé de coton, genre de fraude assez commun.
- I h; procédé à employer, dans ce cas, consiste tout simplement à faire j 1 lr> pendant une heure ou deux, un morceau de l'étoffe suspecte eileSUne dissolution de soude caustique à 8°. Si l’étoffe est de pure laine, Su pSera dissoute en entier et formera un savon qui se rassemblera à la S(J ‘ce’ce savon passera au travers d’un tamis fin en toile métallique, cotrt Upl 0n jettera bouillant. Si, au contraire, l’étoffe contient du qu . 011 toute autre fibre végétale, cette dernière pourra bien éprouver Slll,|f'Ue itération, mais elle ne se dissoudra pas; aussi, restera-t-elle dgj f tarn/s> sous la forme d’une pâte filamenteuse. En pesant un poids levant !°e étoilé, et recueillant le résidu insoluble dans la lessive, le ctf,e;!le séchant, on peut savoir les proportions respectives de laine
- On
- c°ton dans le tissu.
- ®HnicP.eUt aUSS* Pa're distinction du coton et de la laine d’une autre h on |'!i ^n, mou*he avec de l’acide azotique ordinaire l’étofte suspecte,
- %couaban.donnti Pcndant7 à 8 minutes, après l’avoir étendue sur une s°u pe- été, on l’expose aux rayons solaires; en hiver, on place la Cpüs7^‘le marbre d’un poêle chauffé modérément. Au bout de ce Coton s °US 'es dlamenls en laine sont colorés en jaune, et ceux en Pection ' ,,restds blancs; on lave bien l’échantillon et on le sèche. L’ins-ctmèm a . œd nu ou avec une loupe permet de distinguer facilement cas où j e ComPterles filaments de laine et de coton mélangés. Dans le produij. 1SS.U es* teint, on prolonge l’action de l’acide azotique, afin de ^le.cî80»t dissolution, soit la décomposition de la matière colo-e procédé a été indiqué, en 1843, par Lassaigne (2).
- ( (') l’ne
- i"t(!eri isô<j UCation de la dissolution de la laine dans les alcalis caustiques a été (j6s r°8nures Pai Jacobi et Vanni, qui ont pensé les premiers à retirer l’indigo ih filil bouiV 6S vieux draps et chiffons de laine teints en bleu avec cette matière. ,(,Srlu’à re 11 ces objets de peu de valeur dans de la soude caustique à 8 ou 10°, !ltUres de (p. 6 tissu ait disparu. 20 kilog. de soude à 10° dissolvent G kilog. de 'eMep '«P*- étend d’eau, on jette le produit sur des toiles garnies de f d>80 est de V ’ et 011 ^ave a plusieurs reprises l’indigo resté sur les {litres. Cet . 86de«wi..„ °nne âualité, et on retire 7 kilog. d’un savon qui peut servir au
- (2) ^ ° ui — ,
- 115 ^rs^'^j'n-Lonis), né à Paris le 22 septembre 1800, mort en cette ville 0,1 Aïs d’un simple mécanicien du jardin des Plantes, apprit sous
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- Le même chimiste a fait voir qu’en imprégnant un tissu mélange d’une solution moyennement concentrée d’azotate de mercure (t),et maintenant à une température de —)— 40 à 50°, tout ce qui est laine pt'cn une nuance rouge ou amarante en moins d’un quart d’heure, tan que les filaments de coton ou de lin ne se colorent aucunement.
- Le bichloruYé d’étain peut encore servir, ainsi que M. Maumene la n diqué en 1850, avec les tissus blancs ou peu colorés, attendu que, sois l’influence de ce sel et de la chaleur, les fils de coton ou de lin devien nent entièrement noirs, tandis que ceux de laine conservent leur ç°u cl .
- Les moyens précédents sont préférables à celui qu’on emploie i tuellement, et qui consiste à introduire dans la flamme d’une do' o i’extrémiié des fils arrachés à l’étoffe qu’il s’agit d’essayer. Ceux en ^ brûlent rapidement et exhalent l’odeur du papier enflammé; ceu, ]a laine ont une combustion difficile, qui s’arrête dès qu’on les retne j|s tlamrne; ils s’arrondissent à leur extrémité en un globule non, répandent l’odeur fétide de la corne brûlée. Mais ces caractères ne ^ pas toujours aussi tranchés que je l’indique ici, et voila pourquoi quelquefois de la peine à prononcer. . ,-avCC
- On fait aujourd’hui industriellement la séparation de la ^a\nietl.jCOts, le coton. Voici dans quelles circonstances : Les vieux chiffons de de tissus de laine et même de draps sont ramenés à l’état de h > ^
- et rentrent dans la fabrication des tissus sous le nom de renaissanc^ rive que, dans ces filaments, un peu de coton, de lin ou de c^an'enn?nt vent se mêler avec la laine, et comme ces matières végétales ne P1 - j pas la teinture, dans les mêmes conditions que la laine, on es ^ non rencontrer dans les tissus de laine mêlés de renaissance, des ^ teints qui nuiraient à l’aspect des tissus et révéleraient leur ol.lj’orjJy<jri'
- On enlève le coton et ses similaires par l’action de l’acide ci ^ ^ que étendu d’eau bouillante, qui désagrégé, émiette le coton laque pas sensiblement la laine. — Le coton, réduit en P0^aU milieu ainsi dire, est séparé mécaniquement, soit en agitant la laine -de l’eau, soit en la battant à sec.
- B. Soie. — La soie est ce fil fin et solide avec lequc* P*11
- Vauquelin les principes de la chimie et devint en peu d’années UI1j]erciies sul opérateur. Il avait à peine 17 ans qu’il publiait déjà d’intéressantes ie ^miC-la composition de plusieurs plantes utiles. Depuis cette époque jusqu a ‘ aues Pia jours, des travaux se succédèrent sans interruption; tous sont renia (e5; ils0" le caractère de précision qui les recommande à la confiance des clun^ organe6,’ jeté une vive lumière sur une foule de questions de chimie minérale passais"' de toxicologie et de physiologie, d’hygiène, d’agriculture et d’indus‘-^rinai11 remplaça, en 18‘27, le savant Dulong dansla chaire de chimie à lp®
- ,liatde
- et en
- col-
- d’Alfort. On a de lui un Traité de chimie, un Dictionnaire des r^aC laborationavec M. Delafond une Histoire naturelle et médicale des^ employés pour les animaux domestiques, il était correspondant ralde‘aS impériale de médecine, etl un des chimistes experts pies le tnbu ( part,e (1) Ce réactif s’obtient en faisant dissoudre à une douce c*ia 4 à S
- mercun nutes poulet étendant la dissolution de son volume d’eau.
- re dans 2 parties d’acide à 28° Daumé, faisant bouillir Pen jep iour transformer une partie de l’azotate de protoxyde en azota
- ,er°û“1’
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- espèces d’insectes, à l’état de larves, construisent la coque qui los met à l’abri des agents extérieurs, et dans laquelle elles sussent leurs métamorphoses. C’est surtout la Phalène ou Bombix du mûrier (fig. 491), insecte à ailes brillantes et à écailles, qu’on ^ève de préférence pour ob-lenir ce précieux produit.
- Le
- des et il
- Ver à soie est originaire
- ------O------
- s contrées orientales de l’Asie,
- 1 d se nourrit sur les feuilles du mûrier blanc. Les Chinois filant les premiers qui pensèrent étirer parti du tissu filamenteux 'lu’il sécrète, et 2700 ans avant .ere chrétienne, cette nation lndustrieuse connaissait la ma-niCl'e de travailler la soie. Cet
- bipassa ensuite dans l’Inde et , . a’\n-
- Perse. On en avait à peine une idée en Europe avant le temps A Au ^ |Ustp- Jusqu’au règne de Justinien, les Romains e es ^ l'8 tissus de soie des Phéniciens, qui manufacturaient ict'ine et des Indes (I).
- Fig. 491.
- (I) Les tiss
- de r
- satlr ‘-‘T® SOie étaient fort estimés des dames romaines. Ils devinrent l’objet ,ôt s aes Poètes latins, qui leur reprochaient d’indiquer les formes du corps °r ei'v*16 *CS couvraient- h y eut un temps où la soie se vendait au poids le 8oie’ à - fP*scus rapporte que l’empereur Aurélien refusa de donner une robe Au mjj:Sa 7em,ne, à cause de l’excessive cherté du tissu.
- ^dresse (]U V|e s‘è,cle, deux moines, revenant de la Chine ou de l’Inde, eurent Cfeux (j- e transporter à Constantinople des œufs de vers à soie, cachés dans le §ran(i s0jn Panne- fis les firent éclore et en multiplièrent la race avec le plus lies année PVPnement> si important pour l’Europe, arriva en !>55, et, quel-^re grec r.S aP1cs, des manufactures s’élevèrent dans plusieurs villes de l’em-'httres, ;,;M!Uculièrement à Athènes, à Thèbes et à Corinthe. Au ixe siècle, les '^es éAfri antèrieurement à celte époque, avaient introduit le ver à soie sur les ïf'üsleurdo^116’ *e ProPagèrent dans les provinces delà Péninsule Ibérique alors ^tei’R.,, *nati°n. Les Vénitiens, de leur côté, en répandirent les produits dans
- Aa^E°CrCiden,aIe-
- chenilie a.C’ ^°»er h. mi de Sicile, introduisit cet insecte et l’arbre qui nourrit
- l'tfp IA _ «ns 1 tirifipTI An« ««î ---------— « +*' --1 ---1 --------A -
- C"
- 1 ancien Péloponèse qui, cinq cents ans plus tard, prit le nom de Us' nom latin du Mûrier), parce que la culture du mûrier y était
- Xi t en s°ie (P*6 ,CXCluslve' ^'est également ce roi qui transporta des ouvriers |e siècle, *,ltîs 'a Sicile, d’où cette industrie se propagea en Italie, du xme au
- tj1,1 )eilaisslnt8< ile ^ °fifint> vers 1274, de Philippe le Hardi, la cession du Com-|lJ'r erdes (*U- (levafi> Rente ans plus tard, devenir le siège de la Papauté, il y I,, Usserands Iaur>ers, et venir de Sicile, de Naples et de Lucques, des fileurs et fj(|Cncî)Ui'age!riLette industrie naissante, que favorisèrent bientôt la présence et |es ^nts des Papes, prit assez de développement pour que les étoffes
- ïon
- de
- ,,lta|-an'as,f^v*8non, rivalisassent de perfection avec les plus belles A fin>is J6' fi Avignon, la fabrication des soieries se propagea à Nîmes, à enie* vers la fin du XVIe siècle, et en 14 70 Louis XI l’établit à
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- CINQ U AN T E-DE UXIÈME LEÇON.
- Si, pendant bien des siècles, la soie, par son prix élevé, est restée le PaI' tage exclusif des hautes classes de la société, aujourd’hui, grâce à 1 extension considérable qu’a prise l’industrie séricicole, elle est devenue accès sibie à toutes les fortunes. En France, des milliers de bras sont occupe» aux divers travaux de la sériciculture, et 64 départements cultivent le mûrier 5 on a réussi à faire des éducations aux environs de Paris, ainsi quc clans le Nord, où le mûrier résiste encore assez bien à la froide temPL ' rature de nos hivers et aux gelées tardives du printemps. A l’exposi 10 universelle de 1855, M. Champailler, du Pas-de-Calais, a présente o cocons de la plus grande beauté; il en a été récompensé par une 1 daille de première classe. .
- Ce rapide essor est principalement dû aux efforts des gens de scie • et surtout à Camille Beauvais et à d’Àrcet, qui, en construisant des nwj/ neries salubres (t), ont permis aux départements du Nord de sem l’élève du ver à soie avec autant et plus de succès, peut-être, que: Es parlements du Midi. jC>
- Lyon, le plus grand centre d’exploitation de l’industrie de la ’ employait, en 4853, 72000 métiers, et plus de 50000 ouvriers. On e® à 221000 le nombre des métiers appliqués en France à tisser des e où la soie domine. On portait, en 1855, la valeur de la production raie des soieries, chez nous, à 532 millions de francs, et à 229 la valeur de la soie récoltée dans nos 64 départements. La P|0C ^ de la soie dans le monde entier est évaluée à la somme annu plus d’un milliard. , -tance,
- Les pays qui fournissent le plus sont, dans l’ordre de leurimp01 .e la Chine, l’Italie, la France, l’Inde, le Japon, les divers autre» Pi • l’Asie, l’Espagne, la Perse, l’Afrique, l’Océanie et l’Amérique.
- jes
- En Chine et dans les Indes, on élève lever à soie on mûriers en plein air; mais en Europe, et surtout en rja le renferme dans des chambres dites magnaneries, dont on
- André P°tier'
- Tours. II paraît qu’au commencement du xvie siècle, d'après M. ie milieudu Rouen possédait des fabriques de soie qui ne disparurent que velS(ju niùrier; siècle dernier. François 1er encouragea singulièrement la culture jgfj Henri 11 fut le premier qui porta des bas de soie, à l'occasion du 11 ^ règ°e sœur avec le duc de Savoie. Mézeray assure que jusqu’aux trouble niajS aprt' Charles IX et de Henri II, les courtisans firent peu d’usage de la s0ie’ yaloisl ce temps, les bourgeois commencèrent à en porter. Henri IV ^nllû*a(jrid,é^1!, fit planter des mûriers à Orléans, à Fontainebleau, au château de 1 .^rede lieues de Paris, et même dans les jardins des Tuileries. Sous le nl'n * jjjdi de ‘ l>ert, les fabriques de soieries de Lyon, de Tours, de Nîmes e ^ jntrodul: 1 France, devinrent très-florissantes. La révocation de l’édit dé Aa cette nouvelle industrie dans la Grande-Bretagne. prusseel< pr
- Hans les deux derniers siècles, on a vu la Suisse, l’Autriche la jiuSgie, tf"je très États de l’Allemagne, la Suède et même quelques provinces e ^ avec plus ou moins de succès la culture du mûrier et l’éducation I»’1
- soie daa’ ^ère
- (1) Magnanerie dérive du mot magnan, nom donné au ver a oU j} lecte languedocien. On appelle magnonier ou magnanière louvn ^eS (la chargé de l'éducation des vers à soie. Les magnaneries sont n Touraine cocotiières, magnanderi.es et vereries.
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- Mmmm
- MATIÈRES TEXTILES ANIMALES.
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- *«tla température à 15 ou 18". Les œufs, très-improprement «limés graines, éclosent il celle température. On place les larves qui en sortent sur des claies garnies de feuilles de mûriers, que 1 on ^nouvelle plusieurs fois par jour (/ig. 492). Elles changent quatre Lis de peau dans l’espace d’un m°is, et, après la dernière mue, dles se retirent dans de petites fiches de bruyère , disposées à Coteffet, et s’y lllent une coque °ucocon (fig. 493), où elles s’en-lerment et dont la matière est la S0>e. Elles prennent dès lors le
- nom de chrysalides [fig- 494), et ^meurentdans une parfaite im-
- .......... pari
- mobilité pendant 18 à 20 jours, hhes se transforment en lin en papillons ou insectes parfaits; maison ne laisse parvenir h ce dernier état que celles qui doi-'•'tU servir à la reproduction de espèce; on fait mourir les au-
- u‘s> en trempant les cocons nom,,,, d’un four
- l’eau bouillane, ou en les exposant a la cbale m d une étuve; ensuite on les dévide.
- '«O «rammes d’œufs produisent, dans de bonnes coud i on,, W e même, lorsque tout favorise l’éducation, 200 kilogr. de
- Fig. 492.
- %. 493. Fig. 494.
- Cn
- 'ogr f|ç°mniant environ 3750 à 5000 kilogr. de feuilles. — 1 ki-Sulle Qu pi?0118 comprenant, en moyenne, 58G cocons, il en ré-10Ô <J8rammes d’œufs donnent de 87900 à 1-17200 cocons. Les (•(/,(Jc c°cons fournissent généralement 8 kil. de soie filée. |mnnL,,l()li0ns> a leur état naturel, au moment de la vente, cou-
- Èau..........................................
- ^oie......................................... 14^3
- *lV(i et bourre........................- .. 0,7
- Chrysalide................................... 16,8
- 100.0
- 3 1
- II.
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- I
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- CINQUANTE-DEUXIÈME LEÇON.
- La matière de la soie est liquide dans le corps du ver, mais e 1 se durcit à l’air à mesure qu’elle sort, par une double libère, organes excréteurs placés près de la bouche de la chenille- D'
- lilaments jumeaux que fde l’insecte s’agglutinent par le contai
- et n’en forment plus qu’un. La soie d’un cocon pèse l décigra®nif et demi en moyenne ; son fil a une longueur de 230 à 330 métrés, ce qui donne une idée de son extrême ténuité; dans certaines es pèces de soie, il n’a pas plus de 18 millièmes de millimètre c diamètre, et possède néanmoins une grande force.
- La figure 495 représente la soie au microscope, grossie 400
- Ce sont des tubes excessivement
- sensiblement aplatis, dont la surface p sente souvent des irrégularités, et (f sont formés de trois couches superP^ sées; au centre la substance même e^ soie, au-dessus des matières orgawq qui ne peuvent être dissoutes que P une eau alcaline, et enfin à 1 exleI ,U1 JV* d’autres matières solubles dans chaude. Ces tubes ne sont jamais ^ sur eux-mêmes comme le coton, n’offrent pas de cloisons transversales comme le lm. )t
- On connaît deux espèces de soie : celle qui est nature o blanche, et la jaune. La première, dite soie sina, parce qu c vient d’une variété de ver de la Chine, n’est obtenue e.n eDjr. que depuis soixante-dix ans environ. C’est Louis XVI qui en 1789, de Chine, les œufs du ver qui la produit. r-nuid^
- Dans le commerce, on partage toutes les soies en deuxD 1 classes : ^
- 1. Soie grége, qui est le produit immédiat du dévidage fqf^ration;
- a été détachée à l’eau chaude et n’a subi encore aucune P1 P j varie chaque fil se compose de la réunion d’un nombre de brin» généralement de 3 à 13, et même au delà. • ]a rend
- 2. Soie ouvrée, ou qui a subi une préparation quelconque q
- propre à différents emplois dans les manufactures. Qfe «ci'u'
- Dans chaque classe, on distingue la .soie écrue blanche et ® jaune. ^ endoit o'1
- On appelle soie écrue celle qui est encore recouverte de s ^ coU|et>r vernis naturel, auquel elle doit sa roideur, son élasticité et fotlje qual Lorsqu’elle est débarrassée de cet enduit, qui représente envu de son poids, on la nomme soie décreusée ou cuite.
- Fig. 495.
- , p g fflfl'
- Le vernis de la soie serait composé, d’après R°aI lière azotée soluble dans l’eau, d’une matière azote- tj|eod° d’une matière grasse analogue à la cire, d’une huile v^jCOloré1'' ranle, et d’une matière colorante jaune, quand la soie
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- 479
- Mais, en 1836, M. Mulder, de Rotterdam, a donné une nouvelle analyse de la soie écrue, d’où il résulte que cette matière est ainsi imposée :
- Soie écrue jaune Soie écrue blanche
- napolitaine. du Levant.
- Matière fibreuse 53,37 54,04
- Gélatine 20,66 19,08
- Albumine 24,43 25,47
- Cire 1 ,39 1,11
- Matière colorante 0,05 »
- Matières grasse et résineuse. 0,10 0,30
- 100.00 100,00
- ** faut ajouter ù ces substances des traces d’un acide particulier 11 Quelques sels.
- La matière fibreuse de la soie, analogue h la fibrine du sang, en
- I we par quelques propriétés, et surtout par sa composition élémentaire ; aussi M. Mulder a-t-il proposé de la distinguer sous le 'lnm de fibroïne. Elle laisse, par son incinération, quelque bien ^ciliée qu’elle soit, environ 0,3 p. 100 de cendres qui consistent
- s?ufre> phosphore, chlore, potassium, sodium, calcium, ma-^mmun, manganèse et fer.
- 0 1 • Mulder assigne la composition suivante à la matière fibreuse
- II Hroine censée pure :
- Carbone............................... 49,38
- Hydrogène............................. 6,51
- Azote................................. 17,60
- Oxygène............................... 26,51
- 100,00
- hou- —nne et la gélatine de la soie sont analogues à celles qu’on slaii'6 ^ans ^es aulres animaux. G’est la réunion de ces deux sub-I aGs constitue ce que Roard avait nommé la qomme de la soie. tial .allère colorante de la soie jaune est rouge, dans son état l’eai e ' \es alcalis forts foncent sa couleur ; elle esl insoluble dans et vq] ITl.ais ebe se dissout dans l’alcool, l’éther, les huiles grasses clai ‘ * Gs‘ Le chlore et l’acide sulfureux l’amènent à un jaune VousCeSSivement faibIe*
- iifa^ '°ycz’ Messieurs, d’après ce qui précède, que la soie tout lient Pure (bbère chimiquement de la laine, parce qu’elle ne con-
- L Mbumi
- fi'Trci
- L,ls de soufre élémentaire, et du colon, du chanvre et du lin,
- Oaître (1, e cst azotée. Il est très-facile, d’après cela, de recon-Riôrtie q.1 e ^tinguer la soie dans les tissus blancs de laine, et s°luliori7 ceux qui sont teints. En effet, en mouillant avec une ' e li(ha,, re^ombile de soude (eau de soude bouillie sur un excès '"(1> un tissu composé de fils de soie et de fils de laine
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- 480 CINQUANTE-DEUXIÈME LEÇON.
- mélangés, ces derniers, même à -J- 15°, ne tardent pas à brunu, tandis que les premiers n’éprouvent aucun changement; au ° d’une demi-heure, l’étoffe mouillée étant exposée au soleil, 1 e | est produit; tous les fds de laine sont colorés en brun chocoa, on peut alors compter les fils de soie qui, restés blancs, lorrm presque toujours la trame de l’étoffe examinée. C’est à Lassaig 1 que nous devons ce procédé, très-commode dans son exécution^ Il ne faut, toutefois, conclure à la présence de la soie dans tissu, qu’en faisant un second essai sur les fils qui n’ont, poin colorés par le plombite de soude; il faut s’assurer qu’i^ se^o_ solvent dans la soude caustique, qu’ils jaunissent par racine* tique, qu’ils prennent une couleur rouge ou amarante par 1 j^o ^ de mercure, et qu’ils ne sont pas colorés par le bichlorure i ^ * ; caractères que la soie possède en commun avec la laine, e ^appartiennent pas, vous le savez, aux fils de lin et de coton. je5 Lorsque les étoffes à essayer ont été teintes, il faut, avan n(|e soumettre à l’action des réactifs, les débarrasser de la plus partie.de leur couleur, par des immersions successives ( *,nS liqueurs alcalines et acides. ]1ia.
- La soie pure a une ténacité supérieure à celle des a^rC^1j)rCj tières textiles. Sa densité est intermédiaire entre celle des^^ végétales et celle de la laine. Elle est assez hygrométrique,c ^ sorbe environ 8 p. 100 d’eau dans l’air ordinaire, et 3' P' dans l’air saturé d’humidité. , niajs
- Elle résiste assez bien aux acides et aux alcalis très-fam > g elle est attaquée et dissoute par ces mêmes agents coure. L’acide azotique du commerce la jaunit d’abord, plHS jajIie rapidement à froid; or, comme, dans ces circonstances, * jr n’est pas soluble dans cet acide, il s’ensuit qu’on peut ^.^jgs de ce moyen pour reconnaître la présence des deux libres* ^ (e dans le même tissu et en déterminer les proportions. 1 ^ |DS. éprouvée par le tissu, qui a été plongé pendant ffue Tl^cnl, tants dans l’acide azotique froid et netlové convena ie„[
- —, .. mu jjiungo penuaiu qL,*'‘l;
- tants dans l’acide azotique froid et nettoyé convena représente la soie en mélange. On a soin d’enlever préalable ^ les matières étrangères dues à l’apprêt, à la teinture, en
- SUCCessi vpmpn t L. il-...----->’
- -- -... «ncmgcids unes a l'apprêt, à la teinture, eu
- successivement le tissu par l’eau, les lessives et les aC1 ,0-7 par l’alcool et l’éther. Ce mode d’essai a été donné, en
- M. Rarrpswil
- M. Barreswil. . d’aboi
- Plongée humide dans le gaz sulfureux, la soie blanc»1 ^nergie-finit par jaunir et s’altère. Le chlore l’attaque aussi ave ^pftn<l Exposée au feu, elle se fond, noircit, se boursou e ^ n" une odeur empyreumatique, et laisse un charbon <h duire en cendres. t de SÉ*S'
- Elle s’unit à un grand nombre d’oxydes métalliqllCS ja liqUcUl Elle se dissout, aussi facilement que la cellulose, dans
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- DU BLANCHIMENT DES FIBRES TEXTILES.
- 48 f
- ‘bpro-ammoniacale de MM. Schweilzer et Péligot. La solution amrn°niacale de nickel est aussi, d’après M. Schlossberger, un ' Scellent dissolvant de la soie, mais non de la cellulose. Voilà donc n°uveaux moyens de distinguer la soie des tissus végétaux,
- ! une part, .et de la laine, de l’autre, puisque cette dernière résiste 11 action des agents précédents.
- . so’e prend généralement les matières colorantes organiques "Deux que le lin et le coton, mais moins bien que la laine; elle s unit avec moins de force aux couleurs métalliques que les tissus létaux. Comme sa texture est moins serrée que celle de la laine, VSe laisse pénétrer plus facilement par les principes colorants, 111Cse fixent réellement qu’à la surface de cette dernière; aussi, urdonner lu même teinte cramoisie à la laine et à la soie, il pleinA* ^°*S ^us t*C ce^e cou*eur Pour la dernière que pour la
- par |S Cou^eurs que prend la soie sont plus belles et plus solides . e concours des mordants, qui sont ordinairement l’alun, la 'x de galle et le sel d’étain.
- CINQUANTE-TROISIÈME leçon.
- l)Es matières textiles et filamenteuses, (suite.)
- ^IKE. _ tî, , .
- t°iles , . nianclumenl des fibres textiles : coton, lin, chanvre en fils et en Dations ,i lrî^ et soie- — Appareils nombreux employés pour les diverses opé-
- s üu blanchiment.
- *ii blanchiment «les libres textiles.
- dans le!,'nan^ (Iue nous connaissons les différentes matières textiles, lés, j| n‘dure chimique et dans leurs plus importantes proprié-subjr Us »aut étudier les diverses préparations qu’on leur fait ^Hes ^r^es arnener à leur plus grand état de blancheur, soit ^bls, s 0lveijl servir dans cet état pour la confection des véte-Ges’jj (lu’elles doivent passer dans les mains du teinturier.
- ^a!a^0ns ont toutes pour but de les dépouiller des ma-Cs c°loron^^res ^ ‘Obèrent habituellement à leur surface et qui Volls • Leur ensemble porte le nom général de blanchiment. 11 rüison ?senlez déjà, Messieurs, que chaque espèce de tissu, 'eblanchj e sa lla,ure spéciale, réclame un mode particulier enL C’est; en effet, ce quia lieu; aussi parlerai-je
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- 1
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- C1NQUANTE-TROI SIÈME LEÇON.
- isolément et successivement du blanchiment des fibres végétales, de la laine et de la soie.
- I. Blanchiment des fibres végétales. — Le lin, le chanvre et. le coton, dans leur état brut, sont naturellement imprégnés ou enduits de matières qui sont absolument étrangères â leur contexture fibreuse, et qui nuisent aux qualités précieuses qui 6,1 font rechercher l’emploi. C’est ainsi, par exemple, que le coton qui, dans son état de pureté absolue, est parfaitement blanc, est recouvert, dans son état brut, d’une matière résinoïde qm cnl' pèche son imbibition, et d’une matière colorante jaune ; q<18 ' filasse du lin et du chanvre, même après le rouissage, retient la résine, de la gomme et une matière colorante qui lui donne cette teinte quelquefois grise, d’autres fois rougeâtre, qui la c°10^ Ces différentes substances qui imprègnent les filaments coton, du lin et du chanvre, altèrent singulièrement leur souples ’ sans rien ajouter à leur force; elles masquent leur blanc naturelle, et les rendent impropres aux diverses opérations '
- teinture. Et, si l’on ajoute à ces substances naturelles aux » ^
- organiques plusieurs autres matières étrangères, provenant * opérations qu’on leur fait subir pour les réduire en fils oU^ toiles, tels que : graisse ou huile, colle du tisserand, crasse mains, savon calcaire, oxydes métalliques et substances teriei > matières étrangères qui ont encore l’inconvénient de colorer P ou moins les tissus et de diminuer leur affinité pour les ma colorantes, on sentira toute l’importance des diverses opéra dont l’ensemble porte le nom de blanchiment. r ;ip
- Un plus grand nombre de manipulations apportant ne s
- rement sur les fibres textiles plus de matières étrangères, _ concevez facilement, Messieurs, que les fils doivent offrir au . ebiment moins de difficultés que les toiles; et même, Pcon-celles-ci, faut-il distinguer celles qu’on livrera blanches à .qDi
- sommation de celles qu’on destine à la teinture ou à l’imP1 aU
- Ces dernières exigent un plus grand nombre d’opérations, ^ moins beaucoup plus de soins, car il est bien importun 1 je ne retiennent aucun corps étranger susceptible d’altérer jeS fixer les couleurs, autrement il se produirait des taches inégalités dans la teinture.
- t jes fib
- 1° Voici succinctement comment on procède au blanchir»1 de coton. ^ ,.int d^'
- On fait d’abord bouillir ces fils dans l’eau ordinaire p Ze ti'emP1’1 heures, si l’on opère sur de grandes quantités, et on les lac d'eU'
- ou macérer dans de l’eau chaude pendant plusieurs heures,^ 0(i,
- lever toutes les parties solubles ; on les lave ensuite à
- fait b°u]
- comme on dit, on les dégorge ou on les décreuse, puis on les g0, pendant un temps plus ou moins long, dans une lessive
- illii-
- idn
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- s.
- «F
- r àp;„ ,ent ^e va-et-vient dans le sens horizontal, et il est garni d'un [Ue j, ûs qui fait varier le degré de torsion et qui engrène la machine 'dre. T Vller aPPuie sur ce crochet au moment où il y pose la pante T iCi o US Ces détails sont en avant de la machine et ne peuvent fi-evier gg'tlan^ crochet tournant a tordu la pante avec assez de force, soulevé, et au même instant part un déclenchement qui
- ^rten* Pour le petit teint ne donnent jamais de lessive alcaline après 9e à l’eau simple.
- 31 *
- »
- DU blanchiment des fibres textiles. 483
- 1*1/8 (i). On rince alors et on tord les pantes, ou paquets d’éche-'e&ux, au moyen de Yes-Part (fig. 496), cheville cy-hndrique en bois enclavée “ans an poteau vertical, c‘l terminée par son autre bout en tête arrondie.
- ^ouvrier passe un bâton cylindrique dans la pante P°ur faciliter la torsion.
- Chez M. Leveillé, ha-e teinturier de Rouen, n remplace Yespart par Uemachine à tordre dont °ici une section verticale P?1 |e milieu du bassin p®’ Elle se compose Fig. 496.
- sentieiiement de deux , t , .
- uehets en fer a, a', placés au-dessus du bassin. L'un de ces crochets o ,est dniniéd un mouvement de rotation qu’il reçoit d’une poulie b ; 1 autie, a, a
- Fig. 497.
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- 484 CINQUANTE-TROISIÈME LEÇON.
- IvLPüS1?r la C<îUrr0ie d? la ponlie fixe sur la poulie folle b'. Un ouvrier, .nlce e,raachi;e> exe eu te le travail de trois au minimum ; les pantes, soumises a une torsion progressive et régulière, ne retiennent jamais
- tPni f d 1,1(îuld® le.s unes que les autres, ce qui ne peut avoir lieu dans le toidage a la cheville ou à l’espart.
- Dans beaucoup d’établissements, on remplace maintenant les appareils de torsion par Yhydro-extracteur ou le diable de Pentzoldt, don t je vous ai parlé à propos du sucre, niais dont la forme est généralement modifiée. La figure 498 représente le modèle anglais. Les fils sont renfermés dans celte machine au sortir du dégoi-geage, et en 7 ou 8 minutes, en donnant aux* tambours une vitesse de 1900 à 1800 révolutions par minute, la presque totalité de l'eau en est expulsée, si bien que les pantes ne conservent plus, quand on les retire du diable, qu’un peu de moifeufi qu’elles perdent bientôt par l’expo51' tion à Pair (1). f .
- Après le lessivage et les opération manuelles qui le suivent, on PaSS les fils dans un bain de ehloiu* 1 e chaux à 2°, et on les suspend a 1 pendant quelques heures, ce q11153^,
- Fig. 498.
- |/ciiuaiu 4uci4ues ueuioo, ^ ~i ^
- pelle déverdir; on les lave légèrement à l’eau courante, PulS on donne un bain d’acide sulfurique à 4°. Après 3 heures d’inunersa lave, on tord et on termine le blanchiment en passant les pan ^sse une cuve d’eau où l’on a mis en suspension un peu de bleu ,C c0nti'i' ou d’outremer factice. La légère teinte bleue que prennent lesn s bue à rehausser leur blancheur. , .^g les
- Pour le blanc grand teint destiné aux impressions chinées, <-P . aDg, bains de chlore et d’acide, on donne un bain de savon à la c0 cjialix, On a commencé les opérations par une ébullition avec le lad L comme pour les calicots. . pante5;
- Pour tous les fils, on termine par le séchage en étendant | pendant quelques heures sur les barres d’un étendage t ^au-
- dans une cour bien aérée et recevant le soleil, ou, si le lernp^j,es d’un vais, installé sous un hangar. En hiver, on les place sur les pCI séchoir à air chaud.
- 2° Le blanchiment des fils de lin et de chanvre est pluS
- iarcc
- üll
- (I) Généralement les teinturiers n’essorent pas après un décreusag^ que^
- autre opération; une simple torsion à la main suffit; ils laissent 1 ^jjSpendieuX
- temps et ne sèchent jamais entre deux opérations; ce serait trop d’ailleurs nullement nécessaire.
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- DU BLANCHIMENT DES FIBRES TEXTILES. 485
- ils sont bien plus chargés de matières étrangères. On fait ordinaire-meiU les macérations dans des lessives qui ont déjà servi, mais qui sont Peu colorées. L’immersion dure de 24 à 48 heures, suivant les localités
- Fig. 499.
- l’eauSSl Su'vant provenance des fils. Après un dégorgeage ou lavage à c.°nrante, on tord à la cheville, ou mieux, ce qui est plus expéditif pres10lns dangereux pour les fils, on soumet les pantes à une forte ]jqUp10n donnée, dans les grands établissements, par la presse hydrau-
- deuxBernay, les lessivages se font généralement à la soude caustique, les ratU),^m'ers avec de la lessive à 2°, pendant 10 heures, à unetempé-à ia ,e d° + 45 à 55° seulement, les derniers avec de la lessive à 1° 1/2, bles ^erïlPdrature de 60°. Ce sont donc de véritables coulages semblait D CGUx des blanchisseuses. — Mais, dans d’autres localités, en Flan-tion et ?xemP*e> les lessivages se font, comme pour le coton, à l’ébulli-avec 1 , ns,des cuviers à projection. Le nombre des lessivages varie On J ,e.^1 d de coloration des fils, et chacun d’eux dure de 0 à 7 heures. les**01® de 8 à 9 kil. de sel de soude par 100 kil. de fil. Dans tous vüle Gntl e chaque lessive, on rince à l’eau courante, on tord à la che-
- 4on“"iPasseàla.Presse-
- Par yyj ? 0u*' de suite ce que c’est que le cuvier à projection, imaginé Ouvoi). ver,.de Jouy> mais perfectionné par Bardel, Descroizilles fils, Un c’u 0l(d la forme la plus habituelle de cet appareil (fîg. 500). UnemacVlC1 G.n dont le fond cc est percé de trous, repose sur
- Un tuyai°nneide au eentre de laquelle est un bouilleur B avec son foyer. Centre du ^Cen!ral en cuivre D, ouvert par ses deux bouts, est placé au *a Partie S ,e.me el met en communication le fond du bouilleur avec irnier. SuPleure du cuvier ; il sert à l’injection de la lessive dans ce f'aared'u .n° P^que e, disposée un peu au-dessus de l’ouverture supé-es toües U^aU ^orce le jet de lessive à tomber en forme de nappe sur
- On (jj’
- ^.P^gnées0] P.an*es dans le cuvier avec régularité, après les avoir l^U °n assuS C ,.*ess‘ve faible. On recouvre la masse d’une toile grossière ,es$ive ailxJ,e lit an moyen de barres de fer. On remplit le bouilleur de a dbuliiU CUX ^ers de sa contenance, et on chauffe assez pour porter assez vaPeur qui se forme acquiert peu à peu une force élasti-U*>e P quf j*T.e P0Ur presser sur la lessive et la forcer à s'élever par le I a deverse sur les fils, et comme la pression va croissant avec
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- 486 CINQUANTE-TROISIÈME LEÇON.
- ^y<sss?-N
- H» »
- la température, son ascension se fait bientôt très-rapidement. La lessive redescend en s’infiltrant à travers les fils contenus dans le cuvier et s e-
- coule par les trous c, c dans le bouilleur pour y être échauffée et élevée de nouveau.
- Après le lessivage des fils, on donne des bains de chlorure a t ou 2°, qu’on a le toi de prolonger, pendant
- 1 heure t/2 à 2 heure
- chez les uns, pendant 10 à 12 heures cb« les autres. H ^ ’ comme pour le co o ’ retirer les pantes d“ bain de chlorure P » de temps api« 1
- immersion, lesexp sur des traverses contact de lair |LS
- les laver légerei et les passer dans un bain
- enfin
- acide.
- eau
- Fig. 500.
- On les dégorge^.Knd
- courante, e la série sur le pré pendant un temps plus ou moins long, et on termine un des opérations par un bain d’acide sulfurique ou, comme on di ; l vitriolage à 1°, en dégorgeant ensuite soigneusement. 'lier nen
- Une chose essentielle pour avoir le fil bien rond, c’est de vel ent qu’il ne gèle jamais dans les ateliers durant la manutention, au le fil se feutre et devient étoupeux. . ^ or-
- Quand les lins sont de bonne qualité et ont été bien rouis, i dinairement pour obtenir le blanc à fleur : deux fortes lessi écruages, deux lessives intermédiaires ou plus faibles, trois chlorure, trois bains acides et un vitriolage. , peineà
- A Bernay, pour les lins de Russie, qu’on a beaucoup plus ujSj on blanchir que les autres, parce qu’ils ont été généralement rnaîcjjaternent donne un vitriolage après chaque lessive, et on passe imme glirle après en chlorure, sans rinçage intermédiaire. On les expose a pré, à la fin des opérations.
- jugs en
- Le blanchiment des toiles de coton destinées à être ye ^ pjus blanc, et surtout des toiles de lin et de chanvre, nécessite ^rCes grand nombre d’opérations, car il y a ou il petit y aV^' je plus toiles toutes les substances suivantes, en supposant le c< compliqué :
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- DU BLANCHIMENT DES FIBRES TEXTILES.
- 487
- De la colle forte ou gélatine, \
- Üe la potasse ou de la soude, I employésdansl’en-ûe l’amidon, de l’albumine, j collag. de lachaîne
- De la crasse des mains...................... •
- gluten....................................
- Pes matières grasses.
- savon de chaux, savon de cuivre.
- U's matières colorantes jaune et verte des libre: textiles.....................................
- |tes matières résineuses ou gommo-résii fer et des matières terreuses........
- [esmeuses.
- solubles dans l’eau. *
- soluble dans l’eau de chaux.
- 'solubles dans la soude caustique.
- solubles dans les [ acides.
- ter® ^r^nce a démontré que les tissus de coton contiennent, de eryen’ ^ Pour de leur poids de substances susceptibles tou|S°i S80Uf‘le ^ans ^es alcads, et qu’ils perdent environ dans inau.e blanchiment 28 pour 100 de leur poids. Les 21 parties l'eaul(|°a^es lJar ^es al°alls directement sont celles qu’enlèvent tienn G C^0re e*' les acides. Les tissus de lin et de chanvre con-perdcf1^ ^ PP tir 100 de matières solubles dans les alcalis, et ils blanchi ^ ^ a ^ Pour ^0 de leur poids dans tout le cours du
- borngS entrer ^ans fous Les détails qu’elles comportent, je me tojig^p1 a lodiquer la série des opérations qu’on fait subir aux li°n ô °Ur ^v*ler les répétitions, je dirai qu’après chaque opéra-°Pérat'1 ^0rSe en eau pure. Un parfait rinçage, après une niani 1(jn quelconque, contribue essentiellement à la réussite des Les ^af,Qns successives.
- b plUsaiJayes ou dégorgeages s’effectuent de deux façons : l’une, %e à I^ueelle, et aussi la plus anciennement en usage, con-c°UranteaU'f ceff® opération à mains d’hommes dans une eau ['arfad \ 'ans deuxième, on substitue au travail toujours im-c°unati > ^*us borné des hommes, celui de machines, qu’on Sec 80as les noms de sautoir, plateau à battoir, machine à rou-SZ:ln«àl™er, roue à laver ou dash-wheel, machine à tubes, (,!)ines^ |trinquet, machine à lanières, etc. De toutes ces ma-‘‘llec eux pins généralement employées sont le dash-wheel au cyllndrique à lanières. Je vais vous les faire connaître.
- L,g (ta .j
- ^aïe(fjg °u roue à kiver, dont voici une coupe perpendiculaire t)Je pouüe à ’ estnn tambour cylindrique en bois, mû sur son axe par ,,Par dCs c°Ul'i’oies. Ce tambour est divisé en quatre parties ou cham-11 c°tatnu P dncbes percées de trous. L’eau s’introduit par un tuyau a lflUe avec un réservoir supérieur, de telle sorte que quand
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- 488 CINQUANTE-TROISIÈME LEÇON.
- le cylindre est en rotation, elle pénètre successivement dans chaque chambre par les ouvertures o,o, pratiquées dans le moyeu de la roue, e sort par les ouvertures antérieures.
- On introduit dans chaque chambre parles ouvertures f.f, deuxpieee»
- Fig. 50).
- de toile, et l’on donne à la roue 50 à 24 tours par minute. Les imbibées d’eau, s’élèvent et retombent alternativement, en peau
- propre poids, d'une cloison sur l’autre; une grande partie gU qu’elles contiennent rejaillit par l’effet de cette chute, et scco ,g dehors, tandis qu’elles en reçoivent continuellement de nouvelle- -un quart d’heure de mouvement, le dégorgeage est termine. ^ers à
- Le dash-wlieel est préférable pour le dégorgeage des tissus ^.flg loutes les autres machines qui les éraillent toujours P*us.oU je goin Quand on a affaire à des étoffes façonnées délicates, on a mené ^ d’enfermer ces tissus dans des sacs de grosse toile, avant de les dans le dash-wheel. . ^ Ja
- Le clapeau à lanières, généralement adopté dans les usine nlonté-~ Normandie (/ig. 502), se compose de deux rouleaux en ^olSeS|fixe> sur un bâti en fonte AAA. Le rouleau inférieur B, très-g1 os’n0I1 ici’el le supérieur C, d’un diamètre beaucoup plus faible, peut 11. nlu.|lrS descendre dans la rainure D, pratiquée dans l’épaisseur des du bâti. C’est entre ces deux cylindres que passent les P‘ece,s, aUtoU> ger. Un peu en avant du gros rouleau, quatre tringles uxe ^ cUji' d’un axe F supportent des lanières E,E, en gutla-percha par
- qui, lorsqu'elles tournent avec une vitesse de 800 à 1000 rcV0 ,. je r°11' minute, frappent sur les pièces au moment cte leur passage*- ^ fl', le leau B. Le mouvement est communimié nm- loc mimons
- ..„rrv,..v ico pièce» au moment île leur passage- ? leau B. Le mouvement est communiqué par les deux pigno”s premier fixé sur l’axe du gros rouleau, le second sur l’axe qul tringles à lanières.
- poi
- •U Clapeau est placé sur un plancher PP au-dessus d’une eau
- rte 1*
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- DU BLANCHIMENT DES FIBRES TEXTILES. 489
- j.'lnle> ou d’un grand bassin rempli d’eau qui se renouvelle sans cesse. 110 tournelte G' plongée à moitié dans l’eau, sert à tendre les pièces Pour qu'elles passent au large dans le liquide qui doit les laver. Une
- Fig. ,')02.
- àdégoro-?6 scrl a mon,er et à descendre la tournelte. — Les pièces Satls fin '’t0u,es hées ,ines a *a s,l'^c des autres, forment une toile êtrebytt' (^UI repasse continuellement de l’eau sur les cylindres pour y Par les lanières. — Cette machine fait un fort bon travail beaucoup plus les toiles que les anciens clapeaux ou .sautoirs.
- Voici p .
- d série des opérations pour le blancd’impression, àïtouen :
- P Dé]
- ^'11(lant ?o a chaux (3000 litres d’eau, 100kil.de chaux vive) '°Buin v, .res environ ;
- 3°Lessivp 'd,e chloi’hydriqueà 1° 1/2 ;
- hessiv Cai^honatég à 1° 1/2, pendant 14 à 18 heures;
- ’°Uain i° Cil:honatée avec additiorf de savon de résine;
- 60 Bain Chlorure de chaux ;
- /0 hé«A,, lCll*e chlorhydrique ;
- u<4a,fe Pwr“i>-
- >teur est obtenu de la même manière, mais on soigne
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- Fig. 503.
- it les toileS’
- La chaudière en fonte A et le cuvier en bois B qui reçoj (andi< sont au même niveau. La hauteur de leurs parois doit être eSf uniqwent que leurs diamètres peuvent être différents. Ces vases corni ntaU.\
- entre eux. supérieurement et inférieurement, par des tubes geifl-
- r,d. Deux tuyaux, e, f, du côté opposé, s’adaptent à un autre vjjer-blable.Un trou de bonde est percé au bas du cuvier pour mtédele^!
- Les toiles étant placées dans le cuvier, on ajoute la quan jeS jeiu nécessaire pour que la surface du liquide, étant de niveau fhermétiÇ vases, vienne affleurer l’orifice du tube supérieur. Onfemie nquid1' ment le cuvier et la chaudière, et on fait le feu sous celle-c'^ t0ile>; en se dilatant, s’élève par le tuyau supérieur r, se déverse aU in f1*'
- et une quantité correspondante de lessive retourne paI’ ^t,nt co*1,','"i rieur d dans la chaudière pour s’y réchauffer. Le niouve jaqud du liquide produit, de la manière la plus favorable, l’action I on en fait usaee.
- liait'11' ,
- Les passages en chlorure de chaux s'effectuent le pu‘^^,50' lemeril dans des cuviers garnis d'un trinquet ou tourniç11 j
- 41MJ CINQUANTE-TROISIÈME LEÇON.
- mieux le chlorage qu’on double, ainsi que les bains acides. On ternum par un passage en amidon avec bleu d’azur ou bleu d’outremer, et apu> le séchage, on cylindre ou on calandre.
- Pour les tissus légers, les mousselines, etc., on supprime rébulbu01 dans le lait de chaux.
- Les appareils de lessivage varient beaucoup de forme. Les plu* employés, en France, sont le cuvier à projection, dont je vous déjà parlé, et la cuve àcirculation, qui remplit toutes les condition désirables. En voici la figure (503).
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- DU BLANCHIMENT DES FIBRES TEXTILES. 491
- lequel on enroule les toiles, et qui, par son mouvement, fait Passer successivement toute la pièce dans le bain. Les toiles restent l:lns le liquide pendant 30 à 40 minutes, sont manœuvrées
- ÎSUl* 1(3 fr» * •
- initne • Ini(luet Pour changer les points de contact, remises en
- pl"‘*J.ersi0rL et enfin laissées kdéverdir au contact de l’air pendant eurs heures. On les dégorge légèrement, puis, après les
- T
- C'Æ
- liiaiatis
- Fig. 605.
- K cISlaC^es snr 'e tourniquet, on pose celui-ci au-dessus Gr pnniûnnnt__________ u_______:i.i_ ,i_________ i____i n •.
- contenant un bain acide faible, dans lequel on fait
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- !!!!!
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- r^r-Vi-
- Fig. 60G
- 506) dont
- , , rois, en b(
- orm es par des auvents à jour disposés comme les rangs <
- 492 CINQUANTE-TROISIÈME LEÇON.
- plonger les toiles en les déroulant. Après une immersion convenable, on les retire en les enroulant sur le tourniquet, puis on c' jette à l’eau et on les dégorge exactement.
- L’acide, en agissant sur le chlorure dont les toiles sont encore imprégnées, met en liberté du chlore qui agit sur la matière co rante et la détruit, ou au moins la rend apte à se dissoudre aI15 une seconde lessive. . .
- Les toiles blanches rincées, sontessorées, soit en les comprimai entre deux rouleaux, soit en les faisant passer dans 1 ’/iydro-ext)^
- teur, soit dans une machine très-employée en Normandie sous
- noms de Folle ou de Panier à salade (fig. 505).
- • ffCC, o®
- Celle-ci se compose essentiellement d’une caisse ou panier o j bois et fer, dont les deux fonds extrêmes sont formés d’un g"1 ^ e|1 fer étamé, comme on le voit en C'C'C'C'. Cette caisse est pai llp^ces deux compartiments dans lesquels on rnct un nombre égal de p Elle est portée sur un axe B, et placée au centre d’une grande c ^ en bois ÀAAA, munie d’une porte E servant à charger et à ^e( l^D(jol)i machine. Celle-ci marche, au moyen des poulies de cornuum ’ (g. une folle et l’autre fixe, avec une vitesse de 500 à 800 tours a. a ^ ^ ^ Les pièces n’y restent que 10 à 12 minutes. On voit en F un ‘lCinseI,,.ant garni d’un demi-cercle en bois, s’adaptant sur la poulie P, et se c au moyen de la petite manivelle M pour arrêter le mouvemen l’opération est terminée.
- Celle
- est beaucoup
- simple,
- tcuse ei
- dangereuse 1
- V/<vdr^lnC'et
- Dans toas W
- cas ’ ^pratil11^ sorage P 0„
- d’une i»»n é 0„
- d'une autre. „
- fait sécher'» P e„
- ces. Pour *ei
- les sUSI,eV j)oiSi
- traverses e
- p,acéf ilar,ie
- de grij» ‘ J-une
- SUP.ér'!“rée »
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- Fig. 507.
- qu^e B, B, B, B qu’arrive la vapeur dans les cyli d-abo fU ^COlder l’eau de condensation. Les toiles T, T passent Süj sur un petit rouleau de tension C, puis sur les cylindres, s’pw ‘!nt ^a marche indiquée par les flèches, et viennent enfin U (? '!rSUr!e cylindre D.
- férabieessiGca^0n h chaud par l’une ou l’autre méthode est pré-penda fU échoir à air libre, car elle est plus prompte et indé-Le , e de toute influence atmosphérique, parfait S ^Rituellement on donne aux toiles amenées au blanc pois, .à °e clu’on appelle 1 ’apprêt. On les immerge dans un émulé l’aZUpS i°u m°ins léger, composé avec de l’amidon, de l’alun et ‘^rvent 4 ( e cobalt ou de l’outremer factice. Les deux premiers Plesse • i*0nner du corps ou de la fermeté, sans nuire à la sou-^l,tiàire GS ^Cux autres ont pour but de masquer une nuance ni(|üan[ ^Ue Conservent quelquefois les tissus, et, en leur commu-Au s Ul.le ingère teinte de bleu, de les faire paraître plus blancs. cylin<lres ^ d’amidon, on exprime les pièces entre deux
- ’ï'etit et i Sadiques garnis de drap, afin d’agir le plus égale-e PHis fortement possible; on les sèche, on les asperge
- 32
- DU BLANCHIMENT DES FIBRES TEXTILES. 403
- donnes de fenêtre. Les pièces pendent de toute leur longueur dans l’intérieur et même à l’extérieur de Yétendoir, exposé à tous vents. u •
- Pans les usines bien montées, la dessiccation des toiles s’opère dans des séchoirs à air chaud, ou sur des cylindres creux de cui-Vreou de fer-blanc dans l’intérieur desquels circule de la vapeur. Dans ce dernier cas, les toiles, étendues dans toute leur largeur, passent successivement sur cinq ou six cylindres A, A, A, A, A de 25 à 45 centim. de diamètre, placés à la suite les uns des autres "ll disposés, comme dans la figure 507, sur deux rangées l’une au-dessus de l’autre. C’est par les arbres creux d’un bout à
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- CINQUANTE-TttOISIÈ.ME LEÇON.
- ensuite, on les roule pour leur donner une certaine moiteui, puis, après les avoir pliées, on les soumet à une pression assez énergique entre des planchettes de bois dur ou de cuivre.
- La fécule, la dextrine blanche, les gommes arabique el aoia-gante, le salep, la gélatine, le savon, le blanc de baleine, 1 aClt( stéarique, etc., sont aussi employés pour les apprêts. On int>° duit quelquefois dans ceux-ci de la terre de pipe, de la_terre porcelaine, du plâtre fin et blanc, afin de boucher les vides i la toile et de faire illusion à l’acheteur sur sa finesse et sa quan e mais au premier lavage la poudre interposée disparaît, et 1 reste qu’un tissu à mailles plus ou moins grossières.
- Les toiles de lin et de chanvre, toujours plus chargées de nw^ tiôres colorantes et résineuses que celles de coton, exigent U
- wiuiamcd ci résineuses que celles de coton, exigent qui 'action des mêmes agents, et notamment celle des lessives can^ iques, soit répétée un plus grand nombre de fois. On a con» , pour ces toiles l’ancien usage de les exposer sur le pré, Pen ‘ quatre à cinq jours, entre chaque lessive. , . j;1
- Les toiles de coton, calicots et croisés, qui sont destinée» a ‘ teinture et à l’impression, nécessitent une opération prélinun au blanchiment; je vais vous la faire connaître en quelques n
- Quelque perfectionné que soit le fdage du coton, on n’a Pas pu obtenir un fil absolument sans ‘duvet, et d’après la nature de ^ matière filamenteuse, il est douteux qu’on puisse jamais y Pal’veH L jC fils de colon seront toujours plus ou moins barbus ou cotonneux? ^ puis parler ainsi, suivant l’espèce de coton employée et suivant e 3 d’habileté du filateur. n)Cn-
- L’apprêt que les fils reçoivent pour être tissés ne remédie que ; ^ tanémentàcet inconvénient. Les bouts de filaments non en°a^.gSSent le corps du fil ne sont que couchés et collés contre lui; fisse ic aussitôt qu’on lave la toile, dont la surface devient cotonneuse- ,gja Dans plusieurs circonstances, on en fait usage dans cet état, ,jfi( upart du temps, on a besoin que le corps du tissu soit à dec ^ irfaitement uni; cela est de riaue.i»» 0,1011
- de
- pl ,____________wü u. ucoui 11 que ie corps du tissu soit a e
- parfaitement uni; cela est de rigueur dans les calicots qu° à l’impression, et même dans les toiles de ménage pour lingc de corps, d’ameublement, etc. tmaS(ïuC
- C’est en grillant le duvet qui recouvre ainsi les fils du coton ^ ^ jé-leur éclat et leur finesse, au moins en partie, qu’on Parvief ,toile-5 truire complètement et à donner aux toiles de coton l’aspec oüflatfl' de fin. Celte sorte de torréfaction superficielle s’appelle grillé bage, et, plus vulgairement, roussi.
- r-oS) aU-def
- On l’exécute en faisant passer rapidement les toiles (/»/• aal(ncs° ' sus d’une plaque de fonte a, chauffée au rouge, ou sur une . ^gèU1' fisamment chaude et non fuligineuse, comme celle de bicarboné, de l’esprit-de-vin. , t fait ah3'1
- Le grillage à la plaque offre plusieurs inconvénients qui 1 011 n de * ! donner généralement. La première idée du grillage au m Q0(lse^r flamme du gaz appartient à Molard, ancien sous-directeur du
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- Paitie supérieure, sont placés horizontalement sous d'autres
- DU BLANCHIMENT DES FIBRES TEXTILES. 495
- Jwe des arts et métiers; mais il n’a été mis à exécution qu’en 1817, par ,l|nuel Hall, mécanicien anglais. Son appareil (fig. 509) consiste essen-
- Fig. 508.
- tiell
- dl--t en deux paires de tubes a, a, en cuivre, posés à 40 centim. de Ce un de l’autre; ces tubes, percés d’une multitude de petits trous
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- 496 CINQUANTE-TROISIÈME LEÇON.
- tubes à larges ouvertures b,b munis d’un ventilateur; ils reçoivent 1> gaz d'un réservoir c. Le gaz s’échappe par les trous des tubes a, a, 1°1S' qu’on y met le feu; il y a alors deux ou quatre lignes de feu sur les quelles on fait passer rapidement les toiles t, t qu’il s’agit de roussir. 1 règle la hauteur de la hotte d’aspiration e suivant la nature du tissl ‘ griller; la flamme, entraînée par le courant d’air, passe à travers es mailles du tissu; mais les toiles, avant d’arriver sur les lignes de flamme» glissent entre des brosses gg, qui relèvent les filaments,' et apres flambage, elles passent entre des frottoirs f, f, garnis de futaine, qUI 0
- pour but d’éteindre les étincelles qu’elles entraînent quelquefois a\ elles.
- L’appareil de Hall fonctionne avec une rare perfection ; malheur^ sement il est d’un prix assez élevé. En 1826, Descroizillôs u*s substitué l'esprit-de-vin au gaz de la houille, mais ce mode de gu s n’a pas été adopté, parce qu’il était encore plus dispendieux. ^
- Rien ne surprend davantage les personnes étrangères à l’industu <1^ de voir des tissus aussi légers que nos calicots, nos mousselines, verser une ligne de flammes sans être brûlés. Cet étonnement cessc^ ^ qu’on sait que la fibre ligneuse est un très-mauvais conductem chaleur. En effet, qu’on présente un fil à la flamme d’une bougie» aussitôt une scission nette, et l’inflammation qui a lieu d’abord, 1011 (|
- propager dans la longueur du fil, ne tarde pas à s’éteindre. C’est en ^ de cette propriété non conductrice de la fibre végétale, qu’une toi 0 * j grille n’éprouve aucune altération dans ses fils, tandis que le duve de sa surface est entièrement consumé par la flamme. . ten-
- Depuis une vingtaine d’années, les fabricants d’indiennes soigm sur core mieux le grillage, et de plus, ils font passer les pièces r0^S* $s des tondeuses peu différentes de celles qui servent à tondre les (naj\ÿes machines achèvent d’enlever le duvet des toiles; celles-ci sont s aux tondeuses plutôt deux fois qu’une.
- Depuis dix-neuf à vingt ans, deux Américains, MM- ^ Freemann, ont introduit, en Angleterre et en France, un n joD) mode de lessivage, surtout pour les toiles destinées à l’1IT,P^njeus<i qui constitue un progrès réel. Ces industriels ont eu I nl^L|]eures idée de substituer aux deux ou trois lessivages de 12 a, 0 ira»N chacun, qu’on faisait et qu’on fait encore presque partout s u(]C toiles après le débouillage à la chaux et le passage en/',(j|,véeqUc ou deux lessives effectuées â une température bien pluse ^ e„, celle qu’on emploie généralement (153 à 160°). Pour ce cuve les pièces dans une grande chaudière de fonte eX^o ejon fermée, on y introduit le bain alcalin fait avec le sel de sou ’ sj0n y lâche de la vapeur à 5 ou 6 atmosphères. Celte énorme f ^ces force le liquide à traverser immédiatement la masse ^ partie et à s’écouler dans un réservoir vide. En condensant pr>il
- de la vapeur par une introduction d’eau froide, le ' j»0ù
- fait remonter le bain du réservoir dans la chaudiè-ie» ce||f le chasse de nouveau par une nouvelle injection de vaf
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- DU BLANCHIMENT DES FIBRES TEXTILES. 497
- 1 "culalion est maintenue pendant 6 heures, à l’aide d’un simple •Ieu robinets. Au bout de ce temps, la lessive, ayant pris une i°uleur très-foncée, par suite des matières étrangères qu”elle a 'levées aux toiles, est rejetée ; puis celles-ci sont soumises à 1111 lavage à l’eau pure dans l’appareil même et par le môme '^canisme. * ’
- Un second lessivage est effectué pendant 6 autres heures, 'P1 es lequel les pièces n’ont plus qu’à être passées en chlorure 6 en acide pour être complètement blanchies.
- n constructeur de Rouen, M. Gaudry, a perfectionné cet ap-dreu de manière à permettre de blanchir le double de pièces,
- dans le
- môme temps. II encuve les toiles dans deux chaudières qui
- ^namuniquent entre elles et qui s’envoient réciproquement et y erPahvément le bain alcalin, au moyen d’un jet de vapeur. 0lCl cet appareil {fig. 510) :
- A., F^. 510.
- i^‘eS °U cuves !'1 lessiver à double fond. — B, B tuyaux de prise de va-autre, ^ 'JO'aux de communication conduisant la lessive d une chaudière dans II’ * tuyaux’] lu^aux d’ascension pour renvoyer la lessive dans le réservoir K. — (irobinets G ,PurSe- — G, G tuyaux de purge de vapeur dans le réservoir. — /^munic11? lUant n‘veau d’eau. — I, I couvercles de fermeture. — L tuyaux atlOe réservoir I{^U rt^servo^1' aux caves. — M robinets indiquant le niveau d’eau
- U b opère
- s°üulol <l nne pression variable avec le genre de tissus qu’on U 4 . U esstvage ; ainsi pour : i toiles d’Ai.
- ‘estoiles 1 ; ' ace et *es PcGcs toiles de Rouen.... 5 atmosphères.
- U*es artipi e®eres de Rouen , jaconas, madapolams.. 4 —
- ^ 'oiles r,SaJn‘-Quon 1 i..................... 3 -
- ' cl (lls de lin........................ S ü 2 'u.
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- 498 CINQUANTE-TROISIÈME LEÇON.
- Pour un bon lessivage, il faut que la lessive passe 20 fois <* travers le tissu. ,,
- Au moyen de cet appareil perfectionné, qui ne revient qio 12,000 fr., toutes les opérations du blanchiment sont ternun es en 3 ou 4 jours, avec une perfection et une régularité qu’il est ici difficile d’atteindre par les procédés ordinaires.
- Depuis qu'on a remplacé l’exposition sur le pré par des bains de chlorure, et qu’on ne sèche plus entre deux opérations, lcb a chiment des toiles, dans les fabriques d’indiennes, est lerrmn quelques jours, et souvent, dans les moments de presse, on c plète toutes les opérations en 24 heures. Les toiles ainsi blanc^ sont tout aussi bonnes que les autres pour l’impression, et aussi blanches. Le seul inconvénient qu’elles présentent, c que, n’étant jamais étendues, il s’y forme quelquefois des P > surtout dans les lisières; ces plis sont très-difficiles à *‘llie ( k(H1, raître, et, lors de l’impression à la planche ou au rouleau, * vent donner lieu à des larrons, c’est-à-dire à des blancs pr°v de plis qui se sont opposés à l’impression. . e.
- N’oubliez pas que le point de départ de tous les perfec *° ^
- mcnls survenus dans le blanchiment des tissus végétaux, l’introduction du chlore comme agent décolorant faite P* i * * * ihollct. (1) et régularisée par Descroizilles père, de Rouen. .
- IL Blanchiment de la laine. — Les laines brutes sont s.oUî jres, deux séries d’opérations. Les unes, en quelque sorte prébflu*
- ont pour but de les débarrasser des corps gras qui
- les i^P1
- re-
- rt natural‘sfl
- (1) Claude-Louis Berthollet, né en 1749, à Talloire, en Savoie, se u ^ pavoi-
- Français et devint médecin du duc d’Orléans. Ami du grand et infm julan-sier, il concourut avec lui, Guyton de Morveau et Fourcroy, à la re °^g ^gO, !1 gage chimique et à'la brillante révolution de cette science. 11 entra, j ^cole
- l'Académie des Sciences, fut chargé, en 1794, de professer la cl,i,llieéi’époQl,e
- normale, puis à l’École polytechnique, et nommé membre de l’Insti “ ‘jgS0bjet,s
- de la création de ce corps savant. Sa probité le fit désigner pour reçue* ^ ja ,né-
- d’art conquis dans nos triomphes en Italie, et bientôt après il fit Pal récier53 morable expédition d’Égypte. Napoléon l’aimait beaucoup et saval(7!,1Ilti noi*1^ haute capacité. Il l’éleva au rang de Comte et de Sénateur. Outre un janch*rI,eI1/t’ de découvertes, on doit à Berthollet l’application du chlore dans le ^ ,,art Jeln d’importants travaux sur la teinture, et notamment des Éléments y fisse1
- teinture, qui ont érigé cet art en une science positive. Son autre ou'o ju^nts de statique chimique, dont il avait conçu les bases au milieu des sa_ ^ ^ sciellCl
- de l’Égypte, suffirait seul pour rendre son'nom impérissable. Dévoue a -im,,reC,ieriScail,’-ilfonda’ en ,S°7’ à Areueii, dans cette célèbre retraite de s jéü.
- **e Société composée de physiciens et de chimistes, ses élèves, d g[ qui n il liS mUS ies,quinze jours pour répéter les expériences ’ Je
- publièrent trois volumes d’intéressants mémoires, sous le titre de ileair ie physique et de chimie de ta Société d’Arcueil. Berthollet fut nomme P i rance en 18(1. Il mourut le G novembre 1822, à lage de 73 ans.
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- DU BLANCHIMENT DES FIBRES TEXTILES.
- 4W
- 8nent; les autres ont pour effet de les blanchir complètement.
- Les deux opérations préliminaires auxquelles on les soumet sont *c lavage ou désuintage et le dégraissage.
- Le lavage se fait avant ou après la tonte. Le lavage ci dos s’opère Lins les fermes, au mois de juin, en plongeant les moutons char-de leur toison dans l’eau d’une mare, d’un étang ou d’une 'i'ière, où on les frotte avec soin jusqu’à ce que la laine paraisse Manche et dépouillée de suint. Les rayons du soleil ont bientôt séché les moutons, qu’on ne tond qu'après quelques jours, pour , u,‘ donner le temps de remplacer le suint perdu, si nécessaire 11 conservation de la laine.
- Ln Angleterre, où cette opération préliminaire se fait avec plus l( soins qu’en France, on opère (fi g. 511) dans des ruisseaux pro-
- wmg
- 'et0èmG ^0 centimètres, avec trois laveurs qui se repassent à 60 m 6 an'mal en sens contraire du courant. On lave ainsi de -40 Le lu0L°nf Par heure, suivant la taille et la force des animaux. dorHla 1 B-Se a (*os ne réussît bien que sur les moulons indigènes, Ha m0^lne l)eu serrée permet à l’eau de s’infiltrer dans la toison. s°nt tej] S succès sur les moutons mérinos, dont les toisons Mies sée/rien^ bissées, que l’eau aurait de la peine à pénétrer; 'eSaoinv (!ra^cnt d’ailleurs difficilement, ce qui incommoderait Les a('lUX’ SUrd°ul ceux qui sont sujets à la cachexie. farce ^u^reurs habiles rejettent, en général, tout lavage à dos, Orsqu’0|] rien n’est plus variable et plus trompeur que la laine e a été lavée sur le corps de l’animal.
- Fi(j. su.
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- bUU
- CINQUANTE-TROISIÈME LEÇON.
- Le lavage après la tonte se fait à froid, mais plus généralement à chaud ; c’est ce qu’on appelle particulièrement désuintage. Avant d’y procéder, on fait d’abord le triage des laines, en les assortissant par qualités, puis on étend chaque sorte sur des claies de-bois, où on les bat avec des baguettes pour en faire sortir la poussière et les ordures; on ôte à la main les mèches feutrées, le» pailles, le crot tin, et au moyen d’une fourchette de fer à pointes
- courtes, écartées et recourbées, on éparpille et l’on ouvre ton le reste.
- On place ensuite les laines dans des cuviers d’une capacité con venable, qu’on emplit d’eau chauffée à 45°, et on les y 'ais^ tremper, sans les remuer, pendant 18 à 20 heures. Une partie ( leur suint s’y dissout, et cette première eau devient le prinC1P agent du dégraissage. C’est, en effet, dans cette eau, écnau e h 70° ou 75°, qu’on plonge la laine par petites portions dant quelques minutes, en la soulevant continuellement à alj d’un bâton lisse. On la relire du bain avec une petite fouie pour la placer dans des paniers suspendus au-dessus des ci ^ dières, afin de perdre le moins possible du liquide ®a*UI^oll. suint. Lorsque la laine est bien égouttée, on la lave à l’eau rante, toujours dans des paniers, jusqu’à ce que l’eau qui en ne soit ni colorée ni trouble, puis on la met au pressoir ^ ^ accélérer sa dessiccation , qu’on achève sur des claies l’ombre. * • T. de
- Sept hommes et trois femmes lavent et rendent 750ku°c ^
- laine par jour. Celle-ci perd, par les opérations précédentes, ^
- 35 à 4-5 p. 100 de son poids primitif. On a calculé que SinCCi provenant du lavage de toutes les laines récoltées en pourrait servir d’engrais à 450,000 hectares de terre.
- Ainsi préparées, les laines n’étant point encore entièrem fe pouillées de suint et d’ordures, les fabricants, avant de les en œuvre, leur font subir l’opération du dégraissage. '01 piment on opérait jadis et comment opèrent encore certains^ ^
- cants d’Elbeuf, ville renommée, à juste titre, pour le t'a lainage.
- i.eI1vii'On
- On agit, à la température de -f- 50 à 55°, dans des chaudières ^ a la
- 1000 litres, de façon à ce qu’un dégraisseur uniquement o ,j0iii
- chaudière, et 4 ouvriers laveurs à la rivière, puissent rendi ^ejajpc
- la quantité voulue pour 4 draps, c’est-à-dire environ 160 K* supposée sèche.
- Le bain de dégrais varie suivant l’état sous lequel se tiou' que l’on a à traiter. itréfôcl
- Les laines lavées à froid sont dégraissées avec de 1 urine j^ir. chaC.u des cristaux de soude, par mises successives pouvant i jein1 40 kil. de laine blanche et sèche. Les mises restent chacune
- e la lainC
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- DU BLANCHIMENT DES FIBRES TEXTILES.
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- ieui'edans la chaudière. La première est placée à part et rabattue plus ,u'd dans la chaudière, autrement elle ne serait pas assez dégraissée, le Un ^agissant convenablement qu’après avoir pris une quantité suffi->ante de suint.
- ')üUr la mise en train des opérations, on verse dans la chaudière contât la quantité d’eau nécessaire, 70 à 80 litres d’urine et 20 kil. de jjRstaux de soude. — Quand on a dégraissé 4 mises, on ajoute 20 litres j rJne et S kil. de cristaux, et l’on répète ces additions de 4 mises en |f lnises pendant la durée du travail. — A la tin de lajournée, on jette |noitié du bain, et le lendemain, avant le travail, on remplit la chau-r'eie avec de l’eau, 35 litres d’urine et 10 kil. de cristaux. — Le bain se lünte de la même manière pour le travail du troisième jour, et il est e a la fin de cette troisième journée.
- de fCs *a'nes dégraissées sont ensuite lavées à grande eau dans des paniers L orme appropriée, pour les bien nettoyer.
- est U °Urd’liui, à Elbeuf, dans les bons établissements, le dégraissage hir en l)r°8rés, et au lieu des deux opérations qu’on faisait jadis, désuin-et dégrdosage, on n’en l'ait plus qu’une. Toutes les laines arrivent SUlnt des pays d’origine, à peu d’exceptions près.
- t différentes laines n’exigent pas la môme chaleur au dé-d‘tssage. Les unes, très-huileuses, comme celles d’Allemagne et .Pagne, demandent 75 à 80° pour saponifier leurs corps gras. I quints de France demandent, en général, 70°, tandis que les v. 0s layées d’Australie, et certaines laines de Russie, ne récla-
- ment
- fiue 60 à 65°.
- d0n^Up les suints, on se sert actuellement de sel de soude, de | acdon caustique est tempérée par les matières émulsives de ô ai.ne- — Pour les laines lavées d’Allemagne, d’Australie et l'ai l.ssîe» on emploie de préférence les cristaux de soude dont le^ilelndd plus faible respecte davantage les fibres de la matière grand d’urine est toujours utilisée, mais en bien moins Ce ^uanl*ld qu’autrefois.
- qu’on i681 clue l°rsfiue la laine doit être teinte en bleu d’indigo, enire 0 Ul ^ su^J>r plusieurs dégraissages successifs, en laissant laiae av,X Un mo^s d’intervalle, et en faisant sécher chaque fois la TouttU^ dégraisser de nouveau. tons jCe Cl116 j’ai dit jusqu’à présent s’applique à la laine en 11 o-sées au GS ^0^es de l'aine destinées à l’i mpression sont dégrais-Sav°n b]110^en cr*slaux de soude associés ordinairement à du Passe le <l?C’ e*' ^ une température qui ne dépasse pas 65°. On ^foui au large dans le bain, au moyen d’une machine
- On ’ cIue représente la figure 512 (p. 502).
- ^'ea,ich *6S ^a*ns a^alins, dont chacun est suivi d’un lavage (lec<)rIU; <Ul(^e> selon que les étoffes sont plus ou moins chargées
- UbW?-
- c Soient de la laine, convenablement dégraissée, s’ef-
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- 502 CINQUANTE-TROISIÈME LEÇON.
- AA bâti en bois. — B caisse renfermant le bain alcalin. — C,C,C,C roulettes en bois reposant sur des coussinets de cuivre, au moyen desquelles
- FicJ- 612- ,!sde
- les pièces circulent dans le bain.— D, D rouleaux de cuivre, cnt0'l!,^du doubles de calicot, destinés à attirer et à presser les pièces alj,.S[^riéuï bain. Le rouleau supérieur peut-être plus ou moins rapproché de jeque)
- au moyen du levier L et de son contrepoids. — E rouleau mobile et
- les pièces s’enroulent. — L'levier en communication avec ce 1 ^iTje noix' qui permet de tendre et de presser plus ou moins les pièces.— * jargc nie de rainures divergentes pour tendre les pièces ou les . .rieS plis, avant qu’elles arrivent entre les rouleaux D, D; on évite ainsi
- d gaz a^Èl'
- fectue au moyen du soufrage, c’est-à-dire par l’action ou»‘ sulfureux (1). On opère de la manière suivante : „t
- On choisit une chambre isolée et sans cheminée [fig- ^^^j0ntc,ct dans* le haut une trappe 6, que l’on peut ouvrir et fermer aoUveituî’eî’ dans le bas une portée à hauteur d’homme,avec deux petites
- (I) L’opération du soufrage des laines était connue des anciens, l‘ j^pia11
- en plusieurs endroits de son Histoire naturelle (lib.XXXV,§§50 eU j.u„ l»^ son livre de l’Ane d’or, raconte qu’à l’arrivée de son mari, la .^.dinflir®111^ chisseur ayant caché un galant sous une grande cage qui serval [lia])ieu|e au soufrage, les vapeurs sulfureuses provoquèrent bientôt la toux
- dont la présence fut ainsi révélée au mari.
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- DU BLANCHIMENT DES FIBRES TEXTILES.
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- llans les angles d, d, destinées à recevoir les terrines à soufre. Des per-!*les/,e,e,e sont établies transversalement dans l’intérieur à environ * mètres de hauteur; c’est sur elles qu’on dispose les laines humectées, '’our éviter que de la fleur de soufre volatilisée ne se dépose sur celles-ci, pendant l’opération, on enveloppe les pantes ou les pièces d’une grande °'*e de coton humide. Après avoir garni l’intérieur de lachambre, on en Ljlrne la trappe et la porte dont on lute les jointures avec de la terre
- e5 P'iis on pousse dans chaque ouverture d, une terrine contenant du
- sViisi
- soufre enflammé, et ou clôt ces ouverte-ves.Pouv t00kU.de lame, on emploie a çen près i kfl. de soufre. Ce corps se convertit en gaz sulfureux au mov en de
- l’oxvgène de l’air, et cet acide, condensé par l’eau qui mouille la laine, 'éagit sur la matière colorante et la lait disparaître.
- Au bout de 12, à
- '1 heures, suivant
- les -
- fout,
- 'es
- cas, es les
- on ouvre ouvertu-
- P°0r oin» p„. extérie,,/. lair "èche j lcnh-e dans la chambre, c on l’efei^ans l’hiver, aussitôt i
- basse l’excès de gaz sulfureux et que l’odeur suffocante est dissipée, aiifiôuti la Porte et la trappe, et l’on fait sécher la laine à l’aide de H de braise allumée.
- après le soufrage, on soumet la laine k un dè-savoneau chaude, puis on la passe dans un léger bain de Carniinr U* donner plus de moelleux; on l’azure ensuite avec La laing iT dc *’ac(^tate d’indigo, seul ou mélangé d’alumine, hunir Uu ^*anchie au moyen du gaz sulfureux ne tarde pas à 'e ‘«es ai ,Con^act de l’air; c’est là un grave inconvénient qu’un reihplae.CS’ ^on> chimiste-teinturier à Elbeuf, a su éviter, Ir,°ins r,rl<j'ln^ s°ufrage ordinaire par une immersion plus ou soude add-°-ngée de ,a laine dans une dissolution de sulfite de ’r'^aUx da^ l0nn<^e d’acide chlorhydrique. Le sel est mis en gros 1 (^comnnS- *.e^a*n’ de manière que sa dissolution dans l’eau et 'fou, ia |^Sl|-iOn par l’acide chlorhydrique ne s’opérant que peu !> ïDis e '"i6 resle P^us longtemps en contact avec l’acide sulfu-‘‘l'ne$ 1C8 merté; son blanchiment est ainsi plus complet. Les "Clique US^aunes et les plus communes deviennent d’un blanc °t persistant par ce moyen ; c’est avec elles qu’on
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- c-nxyuAiMJi—TROISIÈME LEÇON.
- i draps de fantaisie dans lesquels i! y a un mélange les et de parties colorées d’un très-bel effet, iliie après avoir été filée est loujou rsd’un plus 'elle qui est soumise aux opérations précédentes :st encore en toison.
- 'it de la soie. — Pour pouvoir s’unir intimement oranls, la soie a besoin d’être dépouillée de 1 en-?razs, coloré ou incolore, qui la recouvre. Comme ble dans l’eau de savon chaude, le dégommage et a soie sont très-faciles.
- on plonge les écheveaux de soie dans un bain chaud,
- , fait avec 30 parties de savon blanc pour i00 de soie, l’a ce que le vernis ait disparu, et on les tord à ln u on cuit la soie dégommée, en l'enfermant dans ne» a maintenant, pendant une heure et demie, dans une te de savon, pour laquelle on n’emploie que 20 p- 111 On dégorge ensuite parfaitement les écheveaux a R die. Par ces deux opérations, la soie éprouve un de-100 provenant de la gélatine, de l’albumine, de » rasses et résineuses qui ont été enlevées et dissou e-se; la matière colorante est aussi entraînée : îc la fibrine de la soie, une certaine quantité da J à lui donner du brillant et de la consistance, de restreindre l’emploi du savon, toutes les fuis qu ^
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- DU BLANCHIMENT DES FIBRES TEXTILES.
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- Cette opération procure non-seulementunc grande blancheur à la soie, lnaiÿ elle lui donne du cri ou du maniement, c’est-à-dire une espèce de trc-°usscment élastique, qui se fait sentir lorsqu’on la presse entre les doigts. _n ne soufre pas la soie qui est destinée à faire de la moire, parce qu’elle "ôterait trop aux impressions de la calandre, sous laquelleonlafait passer pour la moirer. 11 enest de môme pour celle qu'on destine à la bonneterie, Pajcequ’elieoxyderaitle fer et l’acier des mélicrssurlesquelson latravaille. asoie soufrée prend mal la teinture; mais il suffit pour faire dispa-l recet inconvénient, de la désoufrer avant de la teindre, c’est-à-dire 'e.a ti'emper et de l’agitera plusieurs reprises dans l’eau chaude.
- ®s soies destinées à la fabrication des blondes, des gazes et de toutes n(j 0 ot*es qui doivent être fermes comme si elles eussent été empesées Sommées, ne sont point décreusées, parce qu’il est essentiel de leur • Ser.vei' la raideur et l’élasticité quileur sont naturelles. On prend les |s les plus blancs, on les passe en eau tiède, on les soufre et on les 'e. On réitère souvent cette série d’opérations. Quant aux écrus ,1 |,0s’ baume a conseillé de les faire macérer pendant 48 heures dans (|Uidaly°l à 36°, additionné de t/32 d’acide chlorhydrique pur. Ce li-Cüloi'0 ^'SSOut ^oul-e *a gélatine, la cire, la graisse, la résine et la matière ante de la soie, sans toucher à l’albumine, et il en résulte une perte TVlron 1/8®. Les
- Servant,
- écrus deviennent d’un très-beau blanc, tout en con-
- iité rrî ee^ c*; un moelleux remarquables ; mais ce procédé n’a pas emn| era!ement a(lopté, à cause de la dépense qu’il occasionne. J’ai vu Sait; o'01 a avec plus d’économie, un bain très-étendu d’eau ré-
- Eii fv ^ ac'de chlorhydrique, 1 p. d’acide azotique), i lneJ on ne fait usage d’aucun de nos procédés pour obtenir Eiubi^ ÜS so*es blanches qui arrivent en Europe. D’après Michel de bain e""8’ quî a residé longtemps à Canton, on décreuse la soie dans un Sel mar‘T1^0S^ PP* d’eau de source, 6 pp. de farine de blé, 5 pp. de Les ^ P- d’une espèce particulière de fèves blanches lavées.
- 0,1 lesn ° *L>S S0'e qu' doivent être teintes ou imprimées sont, quand fil, QPIend écrues, dégommées et décreusées à peu près de même que les 'issusec.met dans lo bain de dégommage 250 gr. de savon par kilogr. de dans un’ °n ^ bouillir pendant 2 à 3 heures. Les pièces sont renfermées
- blabl
- Après le dégorgeage, on les décreuse dans un bain sem-
- tenant p* „ S Passe ensuite, pendant 10 à 15 minutes, dans une eau con donne un0,*41?1' c,aslaux de soude par pièce. On les dégorge et on leur bve^p ' ltrl°lage dans une eau qui marque à peine à l’aréomètre. On Quand^ cbaU(le, on bat et l’on rince à l’eau courante.
- °s opérar°S et°qes do soie ont été en partie blanchies avant le tissage, ’ôUiliit l0ns s°nt plus simples. On trempe en eau courante, on fait dfiOo Pédant une heure dans un bain fait avec 60 gram. de savon Sde^’de son par pièce de 8 à 10 mètres, on dégorge en eau l>0Ur les • d^°’ °n ^ave a l’eau froide et on bat audash-vvheel.
- ^pressions en couleur tendre, on donne toujours aux étoffes §er soufrage.
- un lé
- Dans
- la
- Alcali ^roc^aîne séance, je vous parlerai du papier, autre 011 non moins intéressante des matières textiles.
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- CINQUANTE—QUATRIÈME LEÇON
- NTE-QUATRIÈME LEÇON.
- TEXTILES ET FILAMENTEUSES, (suite) MATIÈRES TINCTORIALES.
- et de„sa f;iljrication- ~ Papiers divers du commerce n . E.irton, cartes à jouer, carton-pierre, carton à cou-ues matiehes tinctoihales. - Matières rouges : ««rance et produit»
- ssais des garances et des garancines.
- fabrication du pnjtier.
- C’est avec des chi/Tons de coton et de lin, le linge usé, les lambeaux de nos vieux vêtements, qu’on fabrique celtt substance précieuse, sans laquelle, bien \ cer tainement, la découverte de l’art de
- 1 l’imprimerie n’eût pas eu l’influence
- qu’elle a exercée sur nos sociétés flio
- des feuille5
- uans l'origine, c’étaient .
- d’arbres, des tablettes de cire, à 1,0 ou de plomb, qui recevaient les eau lcres de l’écriture. Les Babjlome ' avaient écrit leurs premières obseï lions astronomiques surdes brique3- ^ livres sacrésdes Hébreux étaient, su*' l’historien Flavius Josèphe, de l’or. Ce sont les Égyptiens quio11 ' . giné le papier. C’est avec la mtoe ejiatle dreuse contenue dans les tigeS 0. plante aquatique de la famille t° g seaux (fig. 514.), qui croît en ab°n dfS sur les bords du Nil, qu’i!s rj(ure-feuilles capables de recevoir 1 eCfJon/ia Celle plante, nommée #
- son nom au papier. On a des 'avant de papyrus de la date de l’an l’ère chrétienne, d’où il sl,lt_n,(ineI) sage -de l’écriture était très-corn ^
- Egypte^, lorsque les Grecs;cOl^0-]Te qve 5 avec ce pays. Tout porte a e
- rent à
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- FABRICATION DU PAPIER. 507
- 'll[d ^ l’écriture sur papyrus fut introduit en Grèce dès le xe siècle ,l'ant Jésus-Christ. Peu de temps après la conquête de l’Égypte l1"'les Romains, le papier égyptien fut presque exclusivement <n usage en Italie, et devint un objet de première nécessité. |'°n emploi subsista jusqu’au vme siècle, époque à laquelle l’É-''Ple, envahie par les Arabes, cessa tout à fait de fabriquer celte matière.
- C est alors que parut le papier de coton, dont on attribue l’in-'mhion aux Chinois. Il est à peu près certain que c’est vers le • siècle qu’on commença à employer cette sorte de papier dans Ilenl, où il fut introduit par les Arabes, qui avaient appris des j1ih°is, à Samarcande, l’art de le fabriquer. Deux ou trois siècles pS> les Maures d’Espagne, établis à Valence, imaginèrent de Placer le colon par le chanvre et le lin; les premiers essais futeiîl s* *leu reux, qu’en peu d’années l’usage du papier de coton jjt, ‘'bandonné dans tout l’Occident. Mais, depuis une vingtaine années, la rareté toujours croissante des chiffons de lin a fait lenir ^l’emploi du coton pour celle fabrication (I). leJ Pilleur papier a pour matière première le lin et le chanvre. ;l..Co.^0n donne un papier mou et sans corps; cependant, en
- (lans<|UlSan*' 2 à 3 dixièmes de chiffons de lin ou de chanvre lài i 1 ^ale cot°n, on peut obtenir de très-bon papier. Le coton Ce .0nneplus de blancheur, et le rend surtout plus propre à re-ylr ,Cs empreintes de la gravure. i 01C1 comment on procède dans les papeteries modernes :
- dni clli|fTons’ d’abord triés et assortis suivant leurs degrés de finesse, °spèco i eUr ot d’usure, sont soumis à une agitation violente dans une 'aviablo ^'ulo*r’ de l°uP ou de dî'abtr, dont la disposition, bien que l>0isibt1Jia ^°Ur d’ouvrir les chifibns et d’-en faire échapper le plus
- épr0u es Ratières poudreuses dont ils sont chargés. Le déchet qu’ils \>e a'ns* ost de 2 à 5 p. 100. On leur fait subir alors un lessi-en employant, terme moyen, 2 p. 100 de sel de talque alM’ès la coction, on les rince dans une caisse à grilles mé-
- chez Iîons Qui sont, pour le vulgaire, une matière sans valeur, sont cepen-l finnent n T ^euP'es civilisés , l’objet de transactions considérables. Ils sont dbance |,e®l®u_x et si diiïiciles à remplacer pour la fabrication du papier, que v °nt Pi'olui • .'^Ue’ 'a H°hande, l’Espagne, le Portugal et quelques autres pays, l'r°n 80 niiii'6 ^ exP0| taliun d’une manière absolue, La France consomme en-U>0i^ü .‘ons de kilogr. de chiffons de toute sorte, valant de IS à 50 fr., fplüs (i;S!‘lvant ^es qualités. Les États-Unis en importent annuellement chez ^ssent io 11° rn'd‘ons de kilogr. Les importations annuelles de l’Angleterre I ?eri les pi’ 0 l°nneaux. C’est surtout la Toscane qui livre au commerce euro-'0,lrPe ni,-,S„^randes quantités de chiffons (12 millions de kilogr.), et c’est
- •Pd en
- est le principal entrepôt.
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-
- -i:
- '^i=æ&r.
- Fig. 515.
- . nde r»Pi(|i g
- chiffons dans la caisse, où ils sont entraînés avec une s0,is ff11’1"1 par les lames du cylindre, qui les déchirent et les déposen^^g. pe^ de pâte grossière, sur un plan incliné à jour où celle-ci s. °cajsse F0'1 danl cet eflilochage, de l’eau est sans cesse introduite dans laver en même temps les chiffons. , ppt pa5
- Afin d’avoir ceux-ci plus fins et plus homogènes, on s
- 508 CINQUANTE-QUATRIÈME LEÇON.
- L’opération qui succède, connue sous le nom de defüàge ou de^ chagè, est destinée à changer la forme de la matière première, a c truire la tissure, à isoler les fibres textiles pour les nettoyer complète ment, puisa les mêler de manière à en faire un tout homogène. On je t pour cela les chiffons blanchis dans une machine dite moulin à cywu ^ pile ou défileuse, qui a été inventée par les Hollandais dès le milieu xvnie siècle; elle les déchire et les divise avec beaucoup de facilite, diligence et d’économie (fig. 51o). o un
- C’est une caisse en bois ou en métal AA, dans laquelle se trouve ^ cylindre B dont la circonférence est garnie de lames métalliques ql*j‘ rencontrent, pendant la rotation, avec d’autres lames semblables a ^ tées au fond de la caisse C. Le cylindre étant mis en monvemen ,a ^ une vitesse de 120 tours par minute, on jette une certaine quan i
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- FABRICATION DU PAPIER.
- 509
- J'lH|u’à trois reprises différentes, dans de nouvelles piles, dites raffi-”6u,mj dont les cylindres à lames plus nombreuses sont rapprochés ' l'antdge du fond de la caisse. Dans cet état, la pâte est bien lavée, mais t e conserve encore une couleur qui dépend de celle qu’avaient les Giflons.
- On la blanchit en la plaçant dans un réservoir hermétiquement fermé 0u on fait arriver du chlore gazeux, qui reste en contact avec elle fondant 18 à 24 heures environ; ou bien on la verse dans une I1 e en travail à la fin de l'effilochage ou au commencement du raf-• ao0, ou dans un autre genre de pile nommée elaveuse, en intro-nsant ensuite dans l’eau de la pile une dissolution de chlorure de laux3 faite dans les proportions de 1 kil, 600 à 2 kil. de chlorure sec !,;r lOOkil. de pâte. Seulement, dans ce cas, pour accélérer l’effet chlore, on fait intervenir l’acide sulfurique, dans la proportion la à 1 600 grammes, qu’on répartit également dans tout le circuit de
- Cv]La pâte étant bien décolorée, on la fait repasser plusieurs fois sous les tri/1 .s dc ^ raffineuse, tant pour la bien laver que pour achever sa Ulation et sa division (1). Elle est alors prête à être transformée en P i • Deux procédés sont employés pour y parvenir : l’un à la main, Ie plus récent, à la mécanique.
- ïèi/T *e Prcmier cas, la pâte est réduite en une bouillie claire et homo-ouf dans une grande cuve, où un ouvrier plonge un châssis métallique, etli^r?nejPaitde fils de laiton étendus horizontalement sur un cadre en bois sentensemkle> de distance en distance, par d’autres fils qui les traver-pjlg^’dcalement et qui sont fixés sur les deux autres côtés du cadre. La châs,SaPPlïque en une couche plus ou moins uniforme sur le fond du iej//S.’,t 0Uvi'ier, en soulevant celui-ci, l’agite doucement et réguliè-d^eai. 1e naanière à lui imprimer un mouvement de va-et-vient, afin *aPâteSG1 ' l coucdie de pâle. En retirant le châssis et le laissant égoutter, entr(; !/end Unc certaine consistance et forme une feuille que l’on presse fi>nine, CS d!aPs de laine qui la dessèchent plus complètement. Les vci1(;es <llns* obtenues sont superposées et pressées de nouveau puis 0Q j des cordes dans un grenier, prertjj , lneue deux sortes de papier à la cuve : le vergé et le vélin. Le i»m«„ ,Lres;nlc> au transparent, des lignes verticales que l’on nomme auaùetune grande quantité de petites lignes horizontales extrême-
- || J QQpj
- ,races (l’a"/6 d est très-difficile de dépouiller totalement la pâte des dernières ? Par suitP aet.de chlore> qui, plus tard, occasionnent la destruction du papier l°ut, d’Un ® des livres, on a adopté l’usage, dans les papeteries allemandes sur-Sü't>te de Se désigné sous le nom d’antichlore, et qui n’est autre chose que du a'ar|t qu’ell 6‘ en ajoute une légère proportion à la pâte, trois quarts d'heure dSents nuis ?|Ile sorte de la caisse à cylindre. Cela suffit pour neutraliser les deux JUt*e lui n’ ’ Cn e®e*» ^ se Produit du chlorure de sodium et du sulfate de j'at les der .°nt Pas d’action fâcheuse et qui, d’ailleurs, sont aisément entraînés ( eh par .*eis javages. — En France, on a généralement renoncé aux anti-. ce qu’ils mettent en présence de la pâte un acide naissant dont l’elfet
- O"
- Plot,,, encore plus désastreux que celui du chlore. On se home à des Ia-
- ‘uUCes fin , -, J._______ i- U —,
- H.
- »ts de la pâte, malgré la dépense et le déchet qui en résultent.
- 33
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- CINQUANTE-QUATRIÈME LEÇON.
- ment serrées que l’on nomme vergeures. Les unes et les autres sont due> aux fils de laiton qui constituent le fond des châssis. La marque dufornw ou du fabricant est figurée par d’autres fils dé cuivre qu’on pose sur les précédents et auxquels on donne le nom de filigrane. — Le vélin es fait à l’aide d’un châssis couvert d’une toile métallique dont les fils s0.n assez fins et. assez serrés pour ne laisser aucune trace sensible dansl epan seur de la feuille. Ce procédé était connu en Angleterre depuis l'a‘> c’est Joseph Montgolfier qui l’introduisit en France.
- Le papier destiné à l’écriture est collé après sa dessiccation. P° cela, on plonge les feuilles dans une dissolution faible et tiède de co d’amidon, d’un savon résineux et d’alun ou de sulfate d’alumine. ^ introduit dans le papier un savon d’alumine très-divisé qui le ren > perméable aux liquides et l’empêche ainsi de boire l’encre. Les loin humides sont pressées et séchées de nouveau, puis soumises à 1acll0!11.• presses sèches pour donner de la fermeté au papier, et comminuq11 ^ sa surface toute la douceur et le poli qu’on peut désirer. Enfin, 0 .
- semble les feuilles en mains de 24 ou 25 feuilles, et ensuite en ram^
- 20 mains. . la
- En 1799, un ouvrier d’une papeterie d’Essonne, Louis Robert, W' une machine à fabriquer le papier en grandes dimensions et par m ment continu. Cette machine, portée en Angleterre par Léger-Dido^J^ en avait acheté la propriété pour fort peu de chose, y reçut
- améliorations et fut bientôt introduite dans les papeteries anglaises* ^
- de là qu’elle nous est revenue en 1815 (1). Je me bornerai à '°UL;jaj|j. que la pâte tombe sans cesse, en bouillie laiteuse, sur une toile n^ment que sans fin qui l’entraîne avec elle et qui est animée d’un nl0U'(;ir0ll{-transversal de va-et-vient pour l’étendre uniformément et la fau’c ter. La feuille, ayant déjà une certaine consistance, passe en^ ^ cylindres garnis de feutre qui lui enlèvent une grande partie de,',enroUlc et, après avoir subi la pression de deux autres cylindres, elle » jeS. successivement sur deux nouveaux cylindres chauds et pohs ^jjjjnute5 sèchent et font disparaître les inégalités de sa surface. Deux ^ *|f suffisent pour rendre le papier parfait, à partir du moment ^esse qui s’écoule sur la toile métallique, et celle-ci marche avec une ' i0ngueur fournit environ 25 mètres carrés de papier par minute, ou une ”nSjon de t 200 mètres en 12 heures, sur une largeur de 1 mètre 1/2, ^eflU e?* 1 ordinaire de la machine. L’immense rouleau de papier ainsi aUtre découpé en feuilles de longueur convenable, au moyen machine inventée par un ingénieur anglais, Édouard Cowpei • ^ à
- Vous comprenez facilement que, pour le papier mécanique ^ g,.at-l’écriture, le collage se fait dans la pâte même; voilà Kner>lil" tage sur cette sorte de papier n’en fait pas disparaître limp
- ja fabncâ
- (1) Louis Robert qui, par son invention, a révolutionné ' art.<îgUSe« et Ier
- du papier, en substituant, aux opérations à la main, toujours cou ^ niaititc1' les appareils mécaniques, est mort dans l’indigence et a laisséune i £mcfflC'Pa âgée de 05 ans, qui languit à Dreux dans la dernière misère- oUvei'te 1,1 belge nous apprenait, il y a deux ans, qu’une souscription a e faveur, à Paris, chez M. Firmin Didot.
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- ainsj que cela arrive avec le papier à la main ou à la forme, qui n'est ollé qu’à sa surface.
- fies 210 machines et les 250 cuves, qui travaillent en France, 1Vrent annuellement au commerce 42 millions de kil. de papier, 011 opérant sur G3 millions de kilogr. de chiffons. La Gfande-Bre-ta§ne possède 403 machines et 400 cuves qui transforment an-11Uel!ement 92 millions de kilogr. de chiffons et une quantité '''connue de vieux cordages, de toiles d’emhallage et autres ma-
- leres filamenteuses, en 80 millions de kilogr. de papier de toutes sortes.
- La rareté toujours croissante des chiffons donne de l’intérêt aux cherches entreprises pour trouver de nouvelles matières filamenteuses plus communes et moins chères (1). Depuis une tren-‘lne d’années, on a essayé une feule de plantes ou de débris vé-auxj niais jusqu’ici on n’a obtenu que des produits inférieurs, (|,Ce n est avec la paille, qui fournit actuellement des papiers .'"hallage plus ou moins blancs et nerveux (2). L’exposition , 'crselle de 1855 nous a montré des papiers de bois, de chien-d° tourbe, de soie, d’agavé, de gnaphalium envoyé du Ca-^ L de bambou, de jute, de pandanus, de moelle de tige de Chili'’ °^C ’ ^'au^res faits avec des mélanges appropriés de bois, de h0ui°?S ^ déchets de filature, etc. L’Algérie deviendra bientôt
- la mère-patrie d’une précieuse ressource, sous ce rapport,
- kilnf,' e^e Peuk lui fournir annuellement plus de 100 millions de
- o1’. de nlnr.irv,- -----x „„n„ „ip„
- diss
- tain).
- £ Papiers communs ou gris sont confectionnés avec une pâle et de rebut, qu’on ne colle pas.
- de plantes textiles propres à celte fabrication (sparte, alfa, "aiié <l^av^’ abaca, bananier, mauve textile, chanvre, et palmier
- chiif ^°^ers d'emballage sont très-souvent préparés avec des tneiins de toutes couleurs, moitié laine, moitié fil, et même ac-coun . C,d avec de la paille non blanchie. On en fait encore beau-aA°c les débris des cordages de navires; aussi ces sortes de
- ^ehoitjnjf,6 i U ^.Ost‘sh-Museuin de Londres un livre très-curieux, écrit en lan-""nt (l’aUtaa|s<r et Publié en 1772. Il est imprimé sur 72 espères de papier prove-"0,ubrellx ni;itières différentes. C’est la preuve matérielle et irrécusable des ’^hi^^is qui ont été tentés depuis longtemps pour trouver des succédanés
- a utilisée à la préparation du papier, dès 17 56, par un fabricant
- 're i^Prirr!'6n 1S00’ Ie marquis de Salisbury présenta au roi d’Angleterre un
- ........
- 1 '"eu
- l-ncem,.m ; SUl’ papier de cette matière. C’est Armand Seguin qui, au com-" Xlxc siècle, a appelé de nouveau l’attention sur cette matière, que '"»* b Allemagne, d’Angleterre et de Belgique, surtout, se sont attachées œuvre.
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- papiers ont-ils une odeur très-prononcée de goudron. Une usine à Pont-Audemer en fabrique de grandes quantités.
- Le papier à calquer, dit papier végétal, est fabriqué avec de b filasse de chanvre ou de lin prise en vert, qu’on ne blanchit pas; L’acide pectique et les pectales interposés entre les fibres, aussi bien que les matières azotées adhérentes, constituent une col' naturelle qui donne la transparence fi ce genre de papier.
- Les billets delà banque de France sont préparés fi la fabrique 11 Marais, entre Coulommiers et la Ferté-sous-Jouarrè, par une méthode qu’on tient secrète. C’est également dans la même usine qu’on produit les papiers à filigranes, qu’on destine aux action et billets de commerce tant en France qu’fi l’étranger. ^
- Le papier de Chine est obtenu avec l’écorce du bambou et1 ' mûrier à papier (Broussonnelia papyrifera). Il est remarqua par sa douceur, son soyeux et son peu d’épaisseur. La ténacité ^ ses filaments le rend plus propre que notre papier de chinons recevoir l’empreinte de la gravure. MM. Breton frères, dans 1 Ise^’
- font des papiers de cette sorte qui rivalisent de qualité avec papiers chinois. . .
- Les papiers réservés pour l’impression et la lithographie s principalement fabriqués avec le coton brut, les déchets de co ^ et les résidus de filature; on utilise même aujourd’hui jusfiu‘ balayures des ateliers; il en est de môme des déchets de h lï de lin. Les fabriques du Lancashire,' en Angleterre, pi'°( 11 de 8 fi 10 millions de kilogrammes de papiers de celle sorte. ^ ^
- M. J. Brown a reconnu que la glycérine employée 1,11 proportion de 5 p. 100, et ajoutée à la pâle, au moment du ^ lage, donne au papier une grande douceur, plus de s°uP lui permet de recevoir plus aisément l’impression en dispÇ'jj\[^ dans ce cas, de la trempe, opération quelquefois très-»1 mais qui toujours détériore plus ou moins la feuille en ti vaut son glacé. ^ .de s011
- Le papier dit pelure d'oignon, nommé ainsi à cause ^ extrême minceur, est fabriqué avec du chiffon dur. On le j(eS de mille manières, et il sert principalement à couvrir ^ v(ires, de confitures, divers objets de luxe, fi recouvrir les r‘‘ ^
- les lithographies, les étoffes précieuses, etc. C'est d perrafld d’Angoulême, de Thiers et des environs de Clermont- L que viennent les plus beaux papiers de ce genre. ^
- Le papier serpente est sans colle et aussi mince que ^brident. Blanc, il sert fi couvrir les gravures; coloré, ^'sC-1 jc livre**1 quer les fleurs. Ce sont les fabriques d’Allemagne q111 au meilleur marché.
- Le papier Joseph ou papier de soie, plus connu dans K sous le nom de carré mou, a été inventé par Joseph M c
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- esl fort en usage chez les doreurs, les confiseurs, et vient sur-lout des petites fabriques de Thiers et d’Ambert (Puy-de-Dôme), i e papier brouillard ou demoiselle est fait avec les filets de pê-clle; il est de nuance rougeâtre ou noire. Son emploi le plus fré-Huent est pour les papillotes des dames. On ne le fabrique guère (lüà Pont-Au demer, en Alsace et à Essonne.
- ^papiers à filtres qui doivent être facilement perméables aux jlllu‘es et contenir le moins possible de corps étrangers à la )re végétale, sont fabriqués avec des chiffons de chanvre ou de J1 *J|en blanchis, épurés à l’acide chlorhydrique étendu de 25 pp.
- d’eau
- cette
- et complètement rincés à l’eau distillée. C’est aussi avec CJiu, recueillie des générateurs à vapeur, qu’on travaille la
- ’ 1 ''Aucune urca ^cuciaicuLo a utpeut^ ».ju un iimauic ui
- . e,Les feuilles sont peu pressées et non lissées. Le meilleur pa-ei a 51 tre vient de Suède; il ne confient aucune matière soluble
- sse, après l’incinération, que ^ de son poids.
- 5 ne lai
- * Papiers colorés sont fabriqués comme le papier blanc, si ( ' n esl qu’on colore la pâte, avant de l’employer, dans la cuve à "er> avec le bleu de Prusse, l’extrait de campêche ou de Lima, umate de plomb, etc., suivant qu'il doit être bleu, violet, 0u jaune. — On fait toutes les autres couleurs en combi-
- le chre
- J,ose
- uant
- du
- convenablement les couleurs précédentes. — Pour Vaz
- papier blanc, on a recours à l’azur ou bleu de cobalt, à
- j^cmer artificiel, au bleu de Prusse ou aux cendres bleues. der *liaPÎe>'s peints, qui ont été substitués, dès le milieu du siècle de nier (*)> aux étoffes de laine et de soie, pour la décoration (jjf|.,llPPartements, sont coloriés à l’aide de manipulations peu SUse!Cll*-e.s de celles qui sont suivies pour l’impression des fis-' lame et desoie; c’est-à-dire qu’au moyen de planches en
- nuus vie /GS PaPiers peints nous vient de Chine, comme celui des toiles peintes l’Inde. Cetle industrie s’est établie en Angleterre vers 174G ; ce ‘hthuf et p61? 580 environ, qu’elle a été introduite en France, par les nommés c°Up pp)s 0‘,ert ; elle ne s’est répandue dans les autres États d’Europe que beau-tion où noulU d- C’est surtout en France qu’elle a été amenée au point de perfec-Çn relief S , v.°yons aujourd’hui. Depuis peu d’années, l’impression au cylindre Vetlüe (loi]111’ usieurs couleurs, jointe au fonçage et au satinage mécaniques, est *1* (p, ei.Une nouvelle impulsion, ou même une nouvelle direction à la fabri-^ ''^ngleu-61' 5eint’ Ces derniers progrès viennent de l’Amérique du Nord et tof la vanp,UUe’ 0la Ie *iaut Piax- de la main-d’œuvre force de remplacer les bras Ailles qui CA Manchester, l’établissement des frères Putter fait usage de ma-’taljlisseine,n^"'ment couleui-s à la fois; aussi, avec 8 machines de ce genre, cet ^Ue toutes 1 ,5’dduit à lui seul 8 à 10,000 rouleaux par jour, c’est-à-dire plus ^eaa Zuber* - r'âues de Londres réunies.
- >1,
- de Mulhouse, comptait, en 1851, que l’industrie du papier peint
- qlnes a inmwlen Europe qu’aux États-Unis, 3,ICO tables d’impression, 12Ô ma-
- u ,lmPrime
- i3>500,ooo f;nnuellement 23,300,000 rouleaux, ayant ensemble une valeur
- de?r°ûuisait foncer et sa(iner, 12,000 ouvriers, 240 chevaux de force
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- bois gravées en relief, on applique en des points déterminés des couleurs minérales ou des laques végétales broyées à l’eau ci détrempées à la colle, après, toutefois, avoir encollé toute o surface au moyen de la colle de Flandre et avoir séché parfaitement.
- Les papiers tontisse ou veloutés, imaginés d’abord en Angleterre, et qui imitent assez bien le velours et les tapis de la Savonnerie, se préparent en appliquant sur le papier aux endroits voulus un mordant composé d’huile de lin cuite et de céruse broyée, a i de retenir les parcelles de tontures de drap, réduites en pou fine, qui doivent produire le velouté. On renferme la partie u • pièce, ainsi disposée, dans une longue caisse ou tambour f le fond en cuir est couvert de tontisse. On frappe le fond du tant bour avec des baguettes ; la tontisse s’élève comme une luniet, retombe sur la pièce et s’attache au mordant.
- L’or et l’argent en feuilles sont appliqués sur les Pafjl comme sur les bois et la tranche des livres, au moyen du me mordant qui sert pour le velouté. ^jen
- Les papiers maroquinés se font avec des papiers fermes e collés qu’on enduit de plusieurs couches de gélatine, qu’onco ’ qu’on lustre ensuite avec une couche de colle, puis avec une solution d’alun, de nitre et de crème détartré, etqu°nI‘ ^ enfin au laminoir avec une toile métallique ou une plnnc cuivre gravée qui forme les grains. , coinm13
- On fabrique les. cartons et les cartes à jouer à peu près ^ jcs le papier. On fait les cartons communs avec les rogn111 es^ ^ débris de papier de toute espèce, que l’on réduit en pâle- ^ ^
- donne de la raideur en y introduisant une certaine quanti 0 nuS sine à l’état de savon. Les cartons fins et les cartes s.on ? ajsscs par la superposition de feuilles de papier plus ou m°,nSja^jnoii’ que l’on colle ensemble. On passe les uns et les autres au uJ,e
- pour les rendre plus lisses et plus compactes. Pour 1 en * 1 oin.
- des cartes à jouer, on applique au pinceau des coule c(ju mées ; le rouge se fait avec du minium ; le noir et le gris ‘ avec noir de fumée; le bleu avec de l’indigo en poudre; lepu ,|0l) delà gomme-gutte ou la graine de Perse. Après la cleS J0n^ des couleurs, on enduit les cartes de savon, puis on el jj|oUde une surface lisse et brillante, en les frottant avec un c silex arrondi et poli (I).
- . T r Elles s°j!
- (1) Les cartes étaient en usage en Chine dès l'an 1120 avant J(jcS'" aussi depuis très-longtemps connues en Europe, puisqu’une ordonn* (a|.,eS, J11’
- Louis, datée de Paris, décembre 1254, détend de jurer et de jouer al1^. ^ reidJ
- qu’au règne de Charles VI, elles furent peintes, et non gravées, ce q
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- En Angleterre, on produit avec du carton une foule d’objets 'l’ornement et d’ameublement, tels que tables, nécessaires, etc. En France, on faisait usage du carton pour former des ornements sculptés, dès le règne de François 1er. Aujourd’hui, on emploie, font1 cette destination, dans la décoration des théâtres et des ap-Parlements, une pâte plus dure que le carton, qu’on appelle ton-pierre, imaginée à la fin du siècle dernier par un nommé at°n) d’autres disent par un nommé Gardeur. Cette sorte de pilonnage est formée avec de la pâte de papier qu’on additionne le craie et d’argile, détrempées avec une Solution de gélatine. °'ci une formule prise dans le brevet îles sieurs Thibert et ftn-
- oioaux :
- Colle de Givet.................*........ ES
- Eau.....................................« l
- Pâte de papier de coton................. S-
- Gomme arabique.......................... / 1
- Craie en poudre fine et blanche. Quantité suffisante.
- La Pâle à et de
- nier
- â papier est délayée dans la dissolution bouillante de colle gomme, puis le liquide est versé sur de la craie pour for-llr>e pâte très-liante et ductile.
- JfioulT' aV0C 06 bro^u'*; fiu’011 forme, en le plaçant dans des L s en bronze huilés et par compression, des objets d’art. rec!)U C niou^e est d’abord séchée à l’air, puisa l’étuve; on la de Ure ensuite d’une couche d’huile siccative; on fait sécher Pein 1>UVeau* f,n Peul «lors donner à l’objet moulé, à l’aide de la c0üVrUre; E°us les tons de couleur que l’on veut avoir, ou le re-C’c$t( e.*eu*^es fE’or et d’argent.
- enCa Principalement à Paris que l’on confectionne les objets des n, 0n'P^eri'e qui jouent un assez grand rôle dans la décoration
- ^Parlements.
- Cadon$G *'ei'm*nerai Pas ces renseignements sur le papier et les sert de ,Sa.ns vous dire fine depuis une douzaine d’années, on se Poilr c 01[s en papier, en Angleterre, en Belgique et en France, ^fiiné UVI'lr ^GS bâtiments agricoles, et particulièrement les loges eH)p|0i^S] a mettre les grains non battus et les fourrages. On fi m0ja e Préférence du papier de laine, parce qu’il est plus fort b°uinanSt j r> on le trempe, feuille à feuille, dans un mélange ne trois quarts de poix et un quart de bitume minéral
- fcit çjj.
- Nlejeu fn 1390, la Chambre des Comptes passa une somme considérable ,;jrhres VI af cartes qui fut apporté d’Italie en France dans le but d’amuser lri?°nneur ; °rs en démence. C’est sous Charles Vil que le peintre Jacquemip n'enta des cartes particulières à la France.
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- fondus ensemble; on fait sécher sur une corde tendue ; on renouvelle l’opération au bout d’un jour ou deux. On attache les feuilles ainsi préparées, comme des ardoises sur des planches ou des Ia4tes, puis on les enduit d’un liquide composé de deux tiers de goudron et d’un tiers de poix. Le tout est saupoudré de sable fin ou de poussière de forge, pour l’empêcher de gercer au soleil. Ce genre de couverture, qui n’exige qu’une charpente E' gère, est très-économique.
- On commence à garnir le bas des rez-de-chaussée, sous le parquet des habitations, de carions goudronnés ou bitufflinési pour s’opposer aux effets destructeurs de l’humidité ou du salpêtre.
- § 3. — Des matières tinctoriales.
- On donne ce nom aux organes des plantes ou des animaux d o l’on lire les couleurs qu’on fixe sur les étoiles. C’est suitoj1^ règne végétal qui fournit au teinturier des matières prenno • * car il y a tout au plus quatre à cinq substances tinctoria es soient empruntées aux animaux. . ser.
- Toutefois la liste des plantes ou des parties de plantes cp11^ ^ vent à colorer les fibres textiles est assez restreinte, eu (',£aI l)S nombre considérable des organes colorés que la natulC |cS offre; on en compte à peine 24 ou 25. C’est que parmi tou substances colorées de la nature organique, la plupart ne tent que des couleurs fugaces ou sont trop peu riches en p> , ^nS colorants pour être employées avec économie etcommoc î les ateliers. . g0nt
- En général, les substances tinctoriales les plus précieuse étrangères à nos climats; elles viennent surtout des pays de l’Asie, de l’Afrique ou de l’Amérique méridionale. Une , ^ rature élevée paraît nécessaire au développement des c comme à celui des odeurs, dans les êtres vivants. -.,reSin-
- Cette nécessité de faire venir de loin les matières Prcrïl jses, dispensables à l’art du teinturier, a engagé, à diverses jeS des savants et des praticiens instruits à rechercher dans es ^ ^ de nos pays des succédanées aux substances tinc tranger. Dambourney, notamment, s'est signal ù\ h l?;,,1,n,strie »:1 dernier, dans ce genre de recherches (1); mais 1 m
- fl) Dambourney, né à Rouen, le 10 mai 172?, était négociant; cub13'1,
- pour l’agriculture et l’industrie l’entraîna dans une série de trava ia gal’:,1,.j sur la chimie tinctoriale. Le premier, en 1748, il songea à j| euta"L
- en Normandie, et il la cultiva très en grand dans les plaines d (jlie 41,1 ' l'idée d’employer les racines fraîches pour la teinture, et il cons
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- DE LA GARANCE
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- malheureusement tiré qu’un bien faible secours de ces louables tentatives, et jusqu’ici elle n’a pu se passer des produits exotiques.
- Ll> même préoccupation a fait chercher les moyens de créer de loutes pièces des matières colorantes, et l’on y est parvenu en plu-^eurs circonstances. J’ai déjà mentionné ces principes artificiels.
- les examinerai ici en même temps que ceux qui sont tout mrmés dans les organes, en les réunissant par groupes distincts ^après la nature des couleurs fondamentales qu’ils communi-'[uent aux tissus.
- A. Matières tinctoriales rouges.
- Ce
- ^ ne
- sont les plus nombreuses et peut-être les plus employées, vous parlerai toutefois que de celles qui sont d’un usage Uuel.
- GARANCE.
- La garance est la substance tinctoriale rouge par excellence. U couleur qu’elle fournit et qui se fixe très-bien sur les tissus, 'ia moyen des mordants d’alumine, estime des plus belles et des solides que l’on connaisse.
- belle plante, originaire de l’Asie moyenne et de l’Europe mé-1(1°nale, est le lîubia tinctorum des botanistes (fig. 510) (1). Elle
- Sommes a,,
- sèches n • Ces rac‘nes produisent autant d’effet que 1 kilogramme de racines Hs’occ'un ln?aSlna> en outre, un moulin très-simple pour pulvériser ces dernières. VeHent ^ beaucoup de la teinture, en rouge des Indes, imprima un grand moulent cett >Cette branche d’industrie dans le département, et parvint à fixer solide-Ce sont Sfy couEur sur le fil de lin. Mais ce qui a surtout rendu sou nom célèbre, |n(jio* Persistantes recherches sur les couleurs qu’on peut tirer de nos végé-°u naturapn^S' ^és fleurs, les fruits, les bois, les plantes et les racines indigènes ^"ins de' 'Sees en Normandie devinrent l'objet de ses essais tinctoriaux, et, en résultats Clnt* 011 s'x atls. il en obtint plus de 1,200 nuances solides sur laine. Ces il Ses frai<S°nt cons'Snés dans un ouvrage que le Gouvernement fit imprimer Voùîi en.^®'E Une pension de 1,000 livres lui fut votée en 1783. C’est à e'nture a- ?.Vait c,'éé un laboratoire, que Dambourney fit toutes ses expériences de !'n grand 6 *'e' c.ünsei*s son ami de la Follie. On doit encore à Dambourney wiBps °m. e c*e mémoires sur l’industrie et l’agriculture. Il fut pendant %tle secétairo fie l’Académie et de la Société d’Agriculture de Rouen. Il est / ''ontenJp emPortaRt avec lui dans la tombe l’estime et la vénération de ï[tfav<iuædrJ18' ^°ir Pour Plus de détails, la Notice historique sur la rie et e ^ampourney de Rouen que j’ai publiée en 1837. — Revue de Rouen Elle ^lari(lie<octobre 1837).
- il, **e r«6ja j11 Connue des Grecs et des Romains, sous les noms d’ergthrodanon lirait au m ’e rn°*' français garancer vient de varantia ou verentia, nom qu’on I’ ^1 fernain°T Pn a=e a *a racine et qui signifie couleur rouge ou vraie couleur. 06Won leque’ (^ans Eûtes Es langues, le nom de cette plante rappelle 0at aux en. • ~~ Cultivée dans le Levant depuis les temps les plus reculés, er"irons d’Andrinople, de Smyrne, dans l'ile de Chypre, etc., elle
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- vient dans tonie espèce de terrains, mais on la cultive de préférence dans les teiv
- a
- .3
- res meubles et légèrement humides. On n’emploie que la racine où le principe colorant rouge se trouve
- particulièrement
- accumulé ; n-ais ce n’est qu’apres 18 mois à 3 ans
- de séjour en terre
- que ce principe} est en grande pro; portion, aUS*‘ Fig. 516. Fig. 617. n’est-ce jamais
- qu’après 3 années qu’on arrache la racine ; en Chypre, en Lin u et dans tout le Levant, la récolte ne se fait même qu’au bout1 ' a il 6 ans ; voilà pourquoi les garances de ces pays sont p riches et meilleures que toutes les auLres. - .
- La racine se compose de trois parties bien distinctes (• 0 j,. d’un cœur ligneux jaune a qui la parcourt dans toute sa longu d’une partie corticale rouge b, et d’une pellicule légère et geâtre nommée épiderme c. Comme c’est surtout dans la P‘ corticale que réside le principe colorant, on cherche, autan 1 possible, à l’isoler des deux autres C’est là le but de la nl0U qu’on fait subir habituellement à la racine séchée et vannée. ^ La racine entière est connue, dans le commerce, sous c
- passa de là dans l’Italie, notamment en Toscane, puis enfin dans les a ^ cette le milieu du xvi* siècle, les Flamands et les Hollandais s'emparèien ^ j;60, branche d’industrie agricole, qui disparut peu à peu de la Franc^^ .près, Frauzen, propriétaire à Ilaguenau, l’introduisit en Alsace, et peu de {p.jspahan. de l'G2 a 1774, un Arménien catholique de Julfa, faubourg chrétien je la Johann Althen, l’importa dans le territoire d’Avignon, et dota ainsi ^ pepenls France d’une culture qui devait, plus tard, acquérir de tels nhisdc20 n'L que, annee commune, le département de Vaucluse, récolte poui Plu lions de francs de garance. c6) en fatl*
- Bien que cultivée très en grand dans le comtat d’Avignon, en ProV® ja’garaOLe guedoc, en Auvergne, en Alsace, la France est loin de produire tou^ nécessaire à sa consommation, puisque, en 1853, on en a importé lé
- valant 840,929 fr. rnisseï- - .
- Voici, dans l’ordre d’importance, les pays étrangers qui nous , pm-bar^!1^’ rrécieuse matière : Deux-Siciles, Turquie, Zoll verein, Autriche,Etat» ^ ^ ^|gér)l’ Toscane, Pays-Bas. Depuis 1848, la culture de la garance se développ et les produits obtenus sont de qualité supérieure.
- sent ci
- ett®
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- 1 uhzQri. Ce n’est que lorsqu’elle a été pulvérisée qu’on lui donne :t 110111 spécial de garance. — Les alizaris sont très-peu employés pour les opérations de la teinture, et il n’y a guère que les alibis d’Avignon et d’Auvergne qui se trouvent sur les marchés de r<mce ; les alizaris de Chypre, de Smvrne et de Perse sont actuel-einent fort rares; celui d’Alsace ne s’y montre jamais.— Les poudres, dites garances, sont distinguées d’après leur origine, en l^'Unce cle Hollande, garance d’Alsace, garance d’Avignon ou du ' mtat> garance d'Auvergne, etc., en ajoutant à ces noms d’autres Implications ou marques qui font connaître la manière dont 1 j| Poudre a été préparée, la couleur et l’état de cette poudre, n*ln le terrain où la plante a été cultivée.
- e dirai d’abord, d’une manière générale, comment on fabrique es Poudres.
- ,^pies avoir arraché les racines en octobre ou novembre, on les fait er> à l’air libre dans le Midi, dans des étuves appropriées en Alsace v,® hollande; on les bat ensuite au fléau, tant pour en détacher le che-
- ^lu,
- en
- 0) une partie de l’épiderme et la terre adhérente, que pour les réduire tainjSftC^°,ns He 7 à 8 centim. environ; on passe le tout au tarare, on
- on vanne à la main pour obtenir un triage parfait et la état o, l°in Villon, c’est-à-dire l’épiderme et le chevelu. C’est dans cet
- l(!u,v . - , cultivateurs livrent aux fabricants de garance le produit de Ulb lecoltpc D 1
- °nt att'C?^me a^ors les racines ne sont pas également sèches, qu’elles tière M1Umidité et qu’elles ne sont pas débarrassées de toute ma-l^des ! i eie’ 0n ^es intl'°duire de nouveau dans l’étuve pour iftécanj10ler COmplùtement. On les place ensuite sur un grand tamis rée$ Sei, a divers compartiments, dont les mailles plus ou moins serti bili0'Gnt: *es Pfus étroites, à les purger de la poussière terreuse et ciiltivat 1 n’a point enlevé la première opération faite par le séparer L * *n^ressé à en laisser le plus possible; les plus larges, à Cetteop-18 racines faibles des plus fortes, (|ui sont les plus estimées. s'apnen„ ,orb qui effectue tout à là fois un frottement et un tamisage,
- L«s raci°6afl,e:
- Prises SOi nas> ainsi préparées, sont triturées ou moulues à plusieurs re-CG d’elles -S meu*es verticales, puis tamisées, et ainsi de suite jusqu’à lne,'ce av SOlent réduites en poudre fine. On les met alors dans le cornai 0n applq^ marques particulières, variables pour chaque espèce.
- i Avance n
- u Pceini u 011 mulle, la poudre qui provient de la moulure du billon ln(W ? etuvage, ou des débris résultant du robage, ou enfin d’un Garant s deux ; *
- «7*,°u mi-fine, celle qui provient des racines menues ou * on a retirées des racines employées à la préparation de
- avance
- i lletllevéi 0,1 SUrfine> celle qui provient des racines de choix dont J%eS; e les radicelles,' qui ont moins de cœur ou de parties ligneuses
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- CINQUANTE-QUATRIÈME LEÇON.
- Garance FF ou fine fine, qui provient de la mouture des racines en sorte robées, et qui contient, par conséquent, toutes les racines, tant lortes que faibles. Cette marque peut être considérée comme la poudie
- normale; . ,
- Garance SFF ou EXTF ou surfine fine ou extra-fine, celle qui a briquée particulièrement avec le cœur ou la partie ligneuse de la ra^ cine. Cette marque donne moins de fond, parce que le ligneux est m01^ riche en principes colorants que la partie charnue ou l’écorce, mais e . fournit une couleur beaucoup plus vive. On l’emploie pour <lucl(lu^ teintures fines en laine et en soie, et pour la préparation de la laque garance. ,
- En Avignon; la meilleure garance est faite avec les racines des pa ^ On donne le nom de palus aux terres anciennement couvertes de iua^ cages; ces terres, engraissées de détritus organiques, animaux et taux, provenant des êtres vivant jadis dans ces marais, sont énunen ^ propres à la culture de la garance, et elles fournissent presque des racines rouges, tandis que les autres natures de terres produise! racines rosées. oll
- Les garances palus donnent en teinture des couleurs rouge-s' o plus foncées, mais moins brillantes que les garances rosées. > avan.
- La garance moitié palus moitié rosée fait une poudre brillan tageuse à la vente, et dont les résultats sont très-satisfaisants en e ell Le brillant de la garance rosée, se mêlant au fond riche du pa 11 > en résulte un rouge tout à la fois corsé et brillant. „ j-jp et
- Les garances arrivent : d’Alsace, en barriques de chêne de _ ^g3. moins; du Midi, en fûts de bois blanc de 900 kil. — Autremuq^^ rances d'Avignon étaient surchargées de marques destinées a rj5 naître leur qualité. Depuis plusieurs années, les bons fabriean s le sage parti de ne plus mettre qu’une seule lettre sur les tuts. j-.aVOii' Les poudres de garance ont toutes pour caractères commu une odeur prononcée et une saveur sucrée, avec arrière-gou ^ns ]a La couleur varie suivant les espèces. Elle est jaune ou orange garance de Hollande, jaune vif dans celle d’Alsace et d’Auveig > pâle ou rouge foncé dans celle d’Avignon. Vlsace est
- La garance de Hollande est triturée grossièrement; celle o^jretrès-un peu plus fine; celles d’Avignon et d’Auvergne sont en P fine et homogène. îes jeunn=5
- Les garances de Hollande et d’Alsace ne peuvent être emp, °C(q|e d’^' il leur faut au moins un à deux ans de tonneau. A deux ans, ^^,.jore> saee est dans sa vigueur; au bout de trois à quatre ans, elle se perrnentc> surtout à l’air. Pendant sa conservation en tonneau, c pextrai>'e l*l! se durcit, se prend en une seule masse si dure que pmn ,L’.a’elleeS fût, on est obligé d’employer le pic ou le ciseau. On dit aloi» grappée. dess0u» ^
- La garance d’Avignon peut être employée en sortant u ^ton"03 meules; néanmoins elle est meilleure après quelques annc^enta^i0]j'' elle s’y conserve bien, et ne subit que peu ou point de caïlnées* el ‘ aussi elle ne se grappe jamais. Cependant, après plusieui» _ jeS aut|1 se décompose avec les mêmes symptômes à peu près fi tation d espèces. On l’utilise encore dans cet état. Le peu de fd
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- DE LA GARANCE.
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- se manifeste dans cette garance provient de ce qu'elle renferme beau-eouP moins de substances mucilagineuses, sucrées et amères que les ?a'ances de Hollande et d’Alsace; il est certain que c’est à ces sub-*lances qu’il faut attribuer la fermentation acide qui se développe si énergiquement dans ces dernières poudres.
- La garance d’Alsace contient tant de parties mucilagineuses, que dé-Jï&dans quatre fois son poids d’eau, elle donne à ce véhicule l’aspect ! Une gelée qui se coagule au bout de quelques heures. Cela n’arrive jamais avec la garance d’Avignon.
- Quoique foulée avec force dans les tonneaux, la garance retient entre ïCs particules une certaine quantité d’air qui finit, à la longue, par a»11' Jans toute la masse et la colorer uniformément, en oxygénant le P'mcipe colorant jaune primitif et en le changeant en principe rouge.
- 11 explique donc très-bien par cette théorie, donnée par M. Decaisne, l'°urquoi les poudres de garance gagnent en qualité dans les tonneaux Jlb(lu a la troisième année de leur imposition.
- f Suivant M. Édouard Kœchlin, 100 parties de racines franco d’Alsace sont composées ainsi qu’il suit : fraîches de
- 90,36 parties charnues.. j Malière sèch’e 9,64 parues ligneuses.. J Malière Bêche. 73,42 16,94 4,96 4,68
- 100,00 100,00
- . iQO parties de racines fraîches se réduisent donc, par la des-'lccati°n) à 21,62. 13 après M. Kœchlin-Schouch, 100 parties de racines sèches se 0niPosent de :
- Matières solubles | dans l’eau froide dans l’eau bouillante, parmi lesquelles se trouve la substance 55 3
- ( 1 1/2
- f'gneux.. 38
- ai°si dir r°'de’ en contact avec la garance, ne lui enlève, pour rant rn ^Uune matière colorante jaune, carie principe colore Icn - ne se dissout en quantité un peu considérable qu’à comeüplp rature comprise entre -h 35 et 7ü°. La décoction a une f<lranCe |,0ll8eâtre qui tire un peu au brun. Lorsqu’on se sert de l'0ll§eàii.(/)pS<^e ^ l’eau froide, la décoction offre une teinte jaune lîes$ifs . ' Alcool bouillant lui enlève, par plusieurs lavages suc-S;V sa matière colorante, et il se colore fortement en '"iniüi^'iap0udre ainsi épuisée est grise, et ne fournil plus en 'Ûir^solvm°lndre ^race couleur. L’esprit-de-bois a un pou-<lnl de beaucoup supérieur à celui de l’alcool.
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- 522 CINQUANTE-QUATRIÈME LEÇON.
- Voici l’action des principaux réactifs sur la décoction de garance :
- Potasse, soude, chaux, ani- j La liqueur devient d’un beau rouge cra-
- moniaque...............I moisi foncé.
- Craie, carbonates alcalins.. Id. id.
- Eau de savon.............. Précipité couleur de chair.
- Ac*dcs.......-............ La liqueur vire au jaune.
- Aiun............. » Léger précipité brun rougeâtre. Laliqucui
- reste colorée en jaune rougeâtre boni-
- Sel d’étain............ ' Précipité brunâtre. La liqueur reste claie
- 1 et colorée en jaune brun.
- Acétate de plomb........ . Précipité rouge brunâtre floconneux-
- i La liqueur passe au brun et donne, au boa
- Sulfate de fer............ de quelques heures, un précipité cia
- ' moisi.
- Sulfate de manganèse...... Précipité rouge ponceau brunâtre.
- Azotate de cuivre......... Précipité cramoisi.
- Azotate de mercure........ Précipité jaune brunâtre.
- I La liqueur se fonce en couleur sans P L
- Chloride de mercure........
- Azotate d’argent......
- cipiter.
- Précipité rouge sale floconneux.
- Malgré les nombreux travaux entrepris sur la garance ^ puis 1789 jusqu’à nos jours, on est loin d’étre fixé sur sa ^ ‘ nature chimique, au moins quant à ce qui concerne les nu colorantes qui s’y trouvent. rjn.
- Tous les chimistes reconnaissent, dans celte racine, ts cipes suivants :
- 12. Des acides organique*» !® c„ que, malique, Pet^hauXet partie combines a ‘ „nc à la potasse, notann leS quantité notable ée ;ul du chaux et de P° ^ é tel-
- 13. Enfin des sels mine' hatc ^
- que: sulfate et P%fV potasse, chlorure phaie sium, carbonate e i n)l1-
- du chaux •"
- gnésie , sihce, oxyde de fer. ^
- Mais là où il y a doute et discussion, c’cst sur la simp^.j ,,’y ;l nature du principe colorant rouge. Les uns pensent fi ntia^f qu’un seul principe rouge, susceptible de fournir CI1 a,l,lje diverses suivant les mordants qu’on emploie ; les autres ^^iil tent plusieurs. Runge va môme jusqu’à cinq. On conǰ
- 1. Une matière colorante jaune,
- 2. — — rouge,
- 3. Du ligneux,
- 4. Du glucose,
- 5. Des matières mucilagineuses
- ou gommeuses,
- 6. De la pectine,
- 7. Des matières exlract. amères,
- 8. Des matières albuminoïdes,
- 9. Une résine odorante,
- 10. Une résine rouge,
- 11. Une matière brune soluble
- dans la potasse,
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- DE LA GARANCE.
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- dans les manipulations dont la racine de garance est l’objet, l’intervention de l’air et de l’humidité suffit pour y provoquer j'es changements chimiques assez considérables, et c’est très-pro-'ublement à celte cause que sont dues les opinions diverses Omises sur la nature des principes colorants de la garance.
- .En étudiant la racine à l’état vivant, M. Decaisne a beaucoup Amplifié la question. Voici les principales conclusions de ses rc-^erches à cet égard :
- 10 La racine, à l’état vivant, ne renferme d’autre principe colo-lant qu’un liquide jaune, d’autant plus foncé et plus abondant ljue l’âge de la plante est plus avancé ; c’est ce qu’on voit très-bien m examinant au microscope une portion du tissu cellulaire au !ll0nient où il vient d’être coupé sur une racine fraîche (fig. 518) ;
- Ce liquide jaune, en absorbant l’oxygène de l’air, se convertit 'n Principe tinctorial rouge, comme on le voit en observant la
- Fig. 518.
- F ig. 519
- (|Uok llanc'*le tissu cellulaire, après qu'elle est restée pendant g0(l,,es minutes en contact avec de l’eau aérée (fîg. 519); *mt" man>pulations qu’on fait subir à la garance ont pour at de mettre en contact avec l’air les parties remplies du en conséquence, plus la division sera complète
- Pour’1'0 ja.Une
- i;!üne°^ei^r belles teintures, plus la conversion du principe Il n,Cn Prlncipe rouge sera considérable, dans \J 1 ^0nc l)our ^1- Decaisne qu’une seule matière colorante vég^.., France : jaune, tant qu’elle est emprisonnée dans le tissu Ccq 1 rouye' aussitôt qu’elle a le contact de l’air, est an °^U|Mn sur l’unité du principe colorant dans cette racine M. Ou | Jée Par les expériences chimiques faites en 1837 par :iv°cM r 6 ^c^warlz» Par celles que j’ai exécutées depuis 1840 pürMj'j J|eIley, et par les recherches plus récentes faites en 1852 établi ' n Gerber et Edmond Dollfus. Il est maintenant bien :i r^'ns *a garance sèche qu’un seul principe rouge ^ bu’ colorin^ azale), mais que ce principe retient en mé-Par |>e(,.Us ou moins du principe jaune qui lui a donné naissance
- de 1 ’owrl n 11 rvn P’ocl r>o nrinpinp innnp nnn PDPnrfi mn-
- Par
- qui constitue la xanthine deM. Kuhlmann, ou le
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- CINQUANTE-QUATRIÈME LEÇON.
- principe jaune de Runge. Tous les principes rouge, rose, pourpre, orange, brun, admis par différents chimistes ne sont, d’apres toutes mes recherches et celles de MM. Gerber et Dollfus, que des mélanges plus ou moins altérés et complexes d’alizarine et du principe jaune primitif plus ou moins oxydé.
- Il y a, dans le commerce, un certain nombre de produits tinctoriaux préparés avec la garance dont je dois vous dire quelque' mots.
- 1. Garancine.—Produit tinctorial que Robiquet et Colin firent connaît'^ en 1827, sous le nom de charbon sulfurique de garance', c’est une mu ie pulvérulente brune, qui remplace souvent avec avantage, dans la C°p0[). tion des indiennes surtout, les différentes espèces de garances. On o lient en traitant celles-ci par un poids égal d’acide sulfurique conccn > d’abord à froid, puis à 100°, en ajoutant de l'eau au mélange, et a'^ le produit charbonné à grande eau jusqu'à insipidité parfaite. L détruit tous les principes immédiats de la garance, en respectant fl rine ou principe rouge, qui reste unie à l’acide ulmique provenan ^ la carbonisation des autres matières organiques ; elle est alors dais plus grand état de liberté qui lui permet de s’unir plus faeilemen tissus mordancés. ]e
- La garancine, qui n'a ni odeur, ni saveur bien marquées, a s même poids, un pouvoir colorant trois à quatre fois plus toit que bonnes garances. Les couleurs qu’elle fournit sont plus vives, 111 peu moins solides. Ce manque de solidité tient uniquement, co j^jde reconnu M. Ed. Schwartz, à la présence d’une petite quantité sulfurique que, malgré de nombreux lavages, le ligneux de la gui a retient avec opiniâtreté entre ses pores. _ . ue>i
- La garancine cède très-facilement son alizarine à l’ammom 1, ^ . l’eau d’alun, à l’éther, à l’alcool, aux huiles grasses, mai» sU* ^ l’esprit-de-bois bouillant. Tous ces liquides se colorent foitom
- ™uge. ... .e i7avri‘
- 2. Garanceux. —M. Léonard Schwartz, de Mulhouse, api u» ^ ivecl^
- 1843, un brevet d’invention pour la fabrication de la garancm u’j| résidus de la garance qui a déjà servi à la teinture. Cette ma ‘h, ’^e h a nommé garanceux, a une valeur tinctoriale beaucoup ,110in ^s pour bonne garancine d’Avignon. lien faut 3 1/2 et même 4 Ua'^ jg43, Ie équivaloir à i de cette dernière. M. Stciner a importé, en am même mode de fabrication en Angleterre. . altir &
- 3. Fleur de garance. — Ce produit, mis dans le commerce ’ V ^ gj-1851, par MM. Julian et Roquer, de Sorgues (Vaucluse), comj^^^t'C
- ; d«J
- accompagnent l’alizarine, et dont la combinaison avec Jy» ^nt cne01
- rance qui a subi la fermentation alcoolique et qui a été ainsi lJ' de toutes les parties solubles, mucilagineuses, sucrées, aC1^eS,..ciaiits d accompagnent l’alizarine, et dont la combinaison avec les m £{ fer a une influence Lâcheuse sur les violets, quand elles s présentes à la teinture. , jyorn19"’
- La Ileur de garance est devenue d’un usage assez général |cinlül‘ die et en Alsace. 100 parties de ce produit représentent p°ul-200 parties de garance, et donnent généralement de pins bc L
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- DE LA GARANCE.
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- les rouges et les roses semblent présenter plus de solidité. — Les avantages bien établis de l’emploi de cette matière tinctoriale ont déterminé la Société industrielle de Mulhouse, à décerner, en 1852, une médaille d’or à. MM. Julian et Roquer.
- L Alizarine commerciale. — Ce produit nouveau, dû à MM. Pincoffs et Schunck, de Manchester, qui l’ont livré au commerce vers 1854, n’est lutre chose que de la garance soumise en vases clos à l’action de la va-Pcur d’eau surchauffée. Dans ces conditions, le principe fauve jaunâtre, 1U|- MM. Pincofls et Schunck appellent Vêrantrine, disparaît, se modifie 'JU se détruit. Certains fabricants remplacent la garance par de belles franchies qu’ils surchauffent au bain d’huile, ou d’alliage fusible, ou je sable, ou même par la vapeur. Quoi qu’il en soit, la matière ainsi '^e possède des qualités spéciales; ainsi, elle fournit avec les eaux ^ficaires des nuances violettes magnifiques pour les-Mles i| n’y a nul besoin d’avivages, ce qui permet d’u-,“,au violet des nuances cachou, que l’action du savon 1 ferait. L’alizarine commerciale est donc, sous ce rap-[|ûrt> supérieure à la garance et à la garancine; mais elle e peut fournir, aussi bien que celles-ci, les autres nuan
- ces
- 7. Violet à l’alizarine commerciale de Pincoffs.
- ’> notamment les roses et*les rouges; en outre, elle est un peu moins '°lldeque la garancine et il en faut 1/4 de plus en poids pour saturer Un mordant de violet.
- “• Extraits de garance. — On a fait bien des tentatives pour obtenir llulustriellement l’alizarine pure, afin de la substituer à la garance même P^r rendre les opérations de la teinture et de l’impression plus rapides réaliser en même temps de plus beaux ellcts de coloration. Mais JusqU’ici les produits livrés au commerce sous les noms d'extrait alcoo-S de charbon sulfurique (Robiquet et Colin), de colorine (Girardin s */relley), de rubérine (Castellan, d’Avignon), de carmin de garance ^hwartz), A'extrait de garance (Kœchlin, Verdeil, Schwartz, Vilmorin, le’ C'”'1
- n’en°nt r,evenus a des prix trop élevés pour être adoptés par la pratique.
- Mai.- ?ai'ei£û donc pas.
- [%e Ve dcds vous apprendre comment on peut se procurer Yalizarine M.e en cristaux. Il y a bien des moyens; le plus joli est celui que pr^^rlz a indiqué en 1856. Le voici: On emploie comme matière |,éduil le Un exlra‘l alcoolique de garancine, aussi riche que possible, et papjçr aP°odre fine. On en couvre d’une légère couche une feuille de <% éeU 1trer> qu’on place sur une plaque en tôle munie d’un manche, feu- fja P°Uv°ir l’approcher ou l’éloigner, à volonté, du Bieitôt |.'au^e de manière à ne pas altérer le papier. , a t ?««rèvS.'!U.e",ra en fusion, le papier s’imbibe d’une PUru v: lesiIleuse brune, tandis que de Yalizarine très- * 0 “ hllitig ? ^amer à sa surface une belle végétation cris-voir|j’ e couleur orangée. Elle a, dans cet état, un peu-la Qg 0riad 95 fois supérieur à celui de la garance.
- 'itie ,jeoUJe ^20 vous donne une idée de la forme cristal-l°rSf^ Pcincipe colorant rouge.
- 0n nÇ tient pas à avoir l’alizarine chimique-e ot ^ t/lais telle quelle peut être employée en tein-
- " lnt1pression, on a recours au procédé plus industriel que U’ 3 4
- 1
- tür(
- Fig. 620.
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-
-
- I
- liiiiiiil
- 526 CINQUANTE-QUATRIÈME LEÇON.
- M. Ivopp, de Saverne, a fait connaître en 1859, et qui n’est toutefois qu’un perfectionnement de celui proposé en 1841 par M. Cann Ivœchlin. 11 consiste à faire passer de la vapeur surchauffée dans et tour de garancine en morceaux de la grosseur d’une noix. On se sei l’appareil suivant (fig. 521 ).
- Fig. 521.
- R, four à surchauM ^';'
- A, générateur de vapeur. — b, prise de vapeur. _ e ,a
- peur qui s’y rend par le tuyau d. — e, tuyau à robinet h, pour la soi 1 ^ ^ellV
- peur surchauffée. — E, chambre en fonte, de forme sphérique, du ses|.destinée compartiments par une cloison verticale percée de trous ; cette cloison bor(jjnajre à favoriser le mélange intime de la vapeur surchauffée et de la vapeu . (j)ern)o arrivant lorsque le robinet g est ouvert d’une certaine quantité. 7"el’tl-e deu' mètre. — CC, cylindre en cuivre contenant la garancine sèche, dispose ^ tuyauà diaphragmes; ce cylindre communique avec la chambre E au m°yen . e£cet robinet k. — U, autre cylindre enveloppant concentriquement le ,c^ Vjnet / 1U' communiquant également avec la chambre E à l’aide du tuyau a i vapeurse sert à faire circuler la vapeur autour du cylindre y : l’excès de ce Q(juits de dégage par le tube m. — H, appareil de condensation dans lequel Ie I ^ la distillation se rendent par le tuyau p communiquant avec le cyh11
- ; ' 4- 3o0°- °n
- Le four à surchauffer la vapeur d’eau ayant été porto a ^ commence par faire circuler dans le cylindre Dde la vape111, et lorsque le cylindre CC et la garancine ont acquis cette tenusur ouvre le robinet k qui donne accès dans ce cylindre à la 'pet chauffée dont on élève peu à peu la température à 200, 220, - ^ ^ eSt eu vers la tin de l’opération, jusqu’à 240°. L’alizarine se subhm ^ sr traînée par la vapeur d’eau sous la forme d’un gaz jaune 01 0"
- condense en poudre de la même couleur. La distillation L.j00 qui el‘ rassemble cette poussière sur un filtre, et l’eau de condensa retient en dissolution peut servir à la teinture. ^
- Adultération des garances et leur essai. — En r^lS°(janscell< élevé de la garance, et surtout de la facilité d'introduir®^ ^ pti1' poudre des matières étrangères pulvérulentes que
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- DE LA GARANCE.
- 527
- exercé ne pourrait reconnaître, celle racine est l’objet fi’une foule de laudes qu’il me paraît très-important de vous signaler. Ces fraudes consistent dans l’emploi de substances terreuses ou minées, et dans celui de substances végétales dont la couleur diffère peu de celle de la garance. Voici les matières qu’on y introduit
- souvent :
- SUBSTANCES MINÉRALES.
- Inique pilée, ues rouge et jaune,
- 7)i* jaunâtre,
- A,b>le ou terre
- leus
- argi-
- On
- se jaunâtre;
- SUBSTANCES VÉGÉTALES.
- Sciure de bois de chêne,
- Coques d’amandes,
- Son ,
- Écorce dite de pin,
- Bois d’acajou,
- Bois de campêche,
- — de santal,
- — de sa pan,
- — de Brésil,
- — jaune, etc.
- reconnaît l’existence des premières au moyen de l’incinéra-ll°n des garances ; celle des secondes est suffisamment indiquée un essai de teinture. Voici, en peu de mots, comment on °f^re dans les deux cas :
- donn
- °pere l’incinération des garances dans un creuset de platine, delà
- suivante
- pre-
- )e nombreux essais m’ayant démontré que la garance bien pure ranc e Pa.r l’incinération 5 p. 100 de cendres, il est évident que toute ga-tiè ^‘laissera un poids de cendres plus élevé renfermera des rna-Sojt (j. Creuses étrangères, provenant, soit d’une addition frauduleuse, lién-jç Un. v‘ce de fabrication. Lorsque l’excédant n’est que de 3 à 4 cen-gar 11 esf probable qu’il résulte d’une mauvaise préparation de la 'noùtu •’ d°,Iît fabricant n’aura pas séparé avec assez de soin, par la ,\[aj. |le> 1 épiderme toujours chargé de terre qui entoure la racine. Üsera ,rscllle cel excédant dépassera 4 à 3 centièmes, c’est qu’à coup sûr
- On e, résultat d’une fraude.
- Jn op<
- ^nière
- Pa^lès avoir i—-
- “»m,?écJhanU110"
- 'ante ü (!m la Sa' d’essayelUl ( S’asit desséché i 1 avoir à)a, “ela poudre,
- tite pi., Udns la pe-Jabo-
- 1«’cllen,nJUSqu’à cu
- Pose rld^onen Irès-0. S'amnies Wor.i^ment,
- SUil« dan ,duit cn‘ cr™-
- ;>«.ouela,éi
- U1» ferme
- C,^sct3
- Fig. 522.
- °n le chaufi’e graduellement sur une lampe à gaz {fi g. 32*2),
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- 528 CINQUANTE-QUATRIÈME LEÇON.
- »
- m
- en ayant soin de diviser de temps en temps la masse charbonnee au moyen d’une petite tige de platine ou de fer très-propre et fort longue, afin d’accélérer l’incinération. A mesure que celle-ci avance, on augmente le feu. On reconnaît très-facilement que toute la matière végétal'' est brûlée, que la cendre ne retient plus aucune trace de charbon,lorsque le résidu ne présente plus de parties rouges de feu, et qu’il ne se promu plus de petites étincelles lumineuses quand on l’agite avec la lige meta -lique. — Après avoir bien secoué celle-ci pour faire tomber la cendre qul pourrait y adhérer, on retire le creuset du feu, on le laisse refroidie puis on en prend le poids. La tare étant défalquée du poids brut, a différence donne la proportion de cendres obtenues.
- Comme l’on a agi sur 5 grammes, il faut multiplier le poids des cendn> par 20 pour ramener à 100 parties, et soustraire ensuite du chilfi'C o tenu 7 parties, représentant le poids moyen des cendres propres a ^ bonne garance avec la tolérance que j’accorde; le surplus représente ^ proportion de matières terreuses ou de sable ajoutés ou laissés a m’-sein dans la poudre parle fabricant. Par conséquent, une garance tou nissant 16,40 pour 100 de cendres, renfermera 9,40 pour 100 de nia tières étrangères. .
- 11. L’essai par teinture des garances est tout aussi simple. On Pie comme type de comparaison, une bonne garance de même marque q celle dont il s’agit d’estimer la valeur ou la pureté. On pèse 6 gramme de l’une et de l’autre, au même état de dessiccation, et on teint con'P rativement deux morceaux de calicot, d’un décimètre carré de sui ^ j imprimés en mordant de rouge et de noir et bien dégorgés dans un
- de bouse. Voici corn ment on fait le 0l1 rançage: ^
- e o'1
- bassine en cuivr en fer-blanc (A^-V dont le couvercle P
- sente deux ou un P
- grand nombre ‘ vertures assez-M, pour y placel, L,/oà ses en verre de V-3/4 de Olre de {e pacité, on „„ l’eau pou'’ jn. bain marie- ü
- troduit,dans cM.
- vase, 2 </- “ ,inaire litres d eau 3Û»; échauffée a T ^ le coupon & j# cot mordanc
- Dans une
- Fig. 523.
- ip &1tC
- garance ct,jiii-ei
- soin. On fixe un thermomètre dans le bain-marie, et on chau jafl5 avec assez de lenteur pour que l’eau ne parvienne à 4"
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- DE LA GARANCE.
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- ll^’space d’une heure et demie, mais en évitant surtout les alternatives Ie température. Au bout de ce temps, on met un excès de sel marin dans eau du bain-marie, et on pousse à l'ébullition qu’on entretient pendant Quart d’heure. — On retire ensuite les échantillons, on les rince à eau froide et on les sèche.
- f 11 Partage chaque coupon teint par moitié. L’une est conservée telle 11 e’ l’autre est soumise aux avivages suivants. On passe en hypo-l0r‘le de chaux à 1/4 de degré, à la température de -f- 35°, pendant J m'nutes. On lave avec soin. On donne successivement deux eaux on S|aV°n Pcndant b minutes, l’une à + 40°, l’autre à 60°, en
- Ployant 2 gr. 1/2 de savon blanc par litre d’eau. Après rinçage ' aib on avive dans une eau de savon légère, à laquelle on a ajouté 'Ques centigrammes de biclilorure d’étain. On termine par un nou-,)u'ljl savonnage qu’on commence à -j- 60° et qu’on pousse jusqu’à l e-La 1 lon- On lave, on rince, on sèche avec soin, et alors on compare, plus 'rance qu’on essaie est d’autant meilleure qu’elle fournit une nuance Mapprochée de celle qui est propre à la garance type, b'aud 6S ^l,e so‘enl- les poudres végétales qui aient été introduites par |)0udC dans les garances, que ce soient des poudres tinctoriales ou des tahle1CSinerles> e^es ne Peuvenl jamais induire en erreur sur la véri-füu Va'eur tinctoriale du mélange, attendu que les couleurs qu’elles °t qui saturent les mordants, en même temps que la matière avivai,0 Sarance, ue peuvent résister, comme celle-ci, à l’action des d’éta'0°S’ °^es Client, comme on dit, dans les bains de savon et de sel gar llj ne reste, en définitive, sur les tissus que la couleur due à la ]asoiiCe; ^es avivages sont donc nécessaires surtout pour faire connaître
- de j.p ‘ ^Crn°d, d’Avignon, a indiqué, en 1838, un moyen assez prompt ttent i?11113^10 nature des poudres tinctoriales introduites frauduleuse-0n ?lls *es garances et les garancines.
- 13 c 1 üllge> pendant une minute, une feuille de papier blanc de 10 à c**Süite'm" Ca,r®s dans un bain faible de bichlorure d’étain. On pose Sa»Po,nCelt°feuille SUI’ une lame de verre ou sur une assiette, et on la d’nned 1 ^ ' a^de d'un tamis, de la garance à essayer. — Au bout
- les par 0l|?l^leure, on remarque sur tous les points du papier occupés par DeSn° esde bois étrangers les colorations suivantes : l)es ?'^s rouge-cramoisi avec le bois de Brésil,
- Une c C| de Cüuleur violette avec le bois de Cainpêche, landig q0 or.all0n jaune avec le bois de Cuba, etc. ;
- 'lepont,. C| °S Pai t‘os du papier correspondantes à la poudre de garance ^°opè^ i qu’une légère couleur jaune.
- Nes.yefde la même manière pour reconnaître les substances astrin-*a'n> nia'lU (^u on humecte le papier, non plus avec du bichlorure d’é-dessiccatiS aV°° une dissolution ancienne de couperose, puis, après > avec de l’alcool rectifié. Après un quart d’heure, on aper-P°Udve 'en SUr tous les points du. papier occupés par les parcelles de la .Matière Un^e“te des taches d’un noir bleu d’autant plus intense que n'qu.e a(1 _ al°utée est plus riche en tannin. La garance pure ne commu-bePtocén61*(JU’une coloration rouille ou brun clair.
- e de M. Pernod n’est qu’une modification de celui qu’on suit
- et la vivacité des nuances obtenues.
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- CINQUANTE-QUATRIÈME LEÇON.
- depuis une dizaine d’années dans les laboratoires de Normandie. Là, on pèse 5 grammes de garance ou de garanoine,on verse dessus 30 grammes d’eau distillée chaude et on laisse infuser jusqu’à refroidissement, en remuant souvent. On filtre et, dans le liquide clair, on cherche la présence des bois colorants (Campêche, Lima, bois jaune) au moyen du bichlorurc d'étain, celle des matières astringentes (sciure de chêne, extrait de châtaignier surtout) par le sulfate de peroxyde de fer. Cette méthode est peut-être encore plus commode et plus certaine que celle de M. Pernod.
- Essais des garancines. — La qualité des garancines varie à chaque instant, non-seulement de fabrique à fabrique, mais même dune livraison à l’autre de la môme maison. Voici comment ou dm* procéder à l’essai de ce produit.
- On lève des échantillons à même les barriques qui arrivent, en ayant soin d'étiqueter au fur et à mesure et de bien boucher les flacons où on les renferme, afin d’éviter qu’ils ne sèchent, ce qui occasionne, en cto surtout, une bonification de b à 0 pour 100 en peu de jours, à cause de l’eau qui s’évapore.
- On prend une pièce de calicot imprimée en bandes, rouge, violet, pu^
- et grenat (le noir est inutile, attendu que toutes les garaneine
- es le fotù
- autant
- très-bien), dégommée comme d'habitude et séchée. On en coupe de décimètres qu’il y a de garancines à essayer, et on marque les m^ ceaux en leur faisant des entailles avec les ciseaux, entailles qui coin pondent aux numéros des flacons. . ^
- On pèse is>',90 ou 2 grammes de bonne garancine connue flu1^ ^ servir de type, et, quant aux garancines à essayer, on en prend ,
- 4, 5, 6, 7, 8, 10 pour 100 de plus ou de moins de 1,90 ou 2 gia'1’1 selon qu’elles coûtent 1,2, 3, 4, etc., pour 100 de moins ou de p u* a_ lagarancine type. A mesure qu’on pèse les échantillons, onJesIï^ ^cj. cun dans un bocal à large ouverture d’un demi-litre, avec 2 à 2 J/#“ jj. litres d’eau additionnée d’acide oxalique dans la proportion de 1° lV grammes par litre. Les bocaux reçoivent des numéros corresponc ai échantillons de garancines et de tissu. On les place au bain-mai . ^ une chaudière en cuivre à fond plat, on y introduit, quand la e' $$ ture est à-)- 30°, les morceaux de calicot imprimé, puis on tem ^ j pour les essais de garance par teinture, en réglant le feu de m ajnlitîot monter de 6 degrés par quart d’heure jusqu’à l’ébullition qu on .jjoni
- pendant 15 minutes. Pendant tout ce temps, on agile les ec ^
- avec des baguettes de verre afin de teindre uni, autremen aflCjné places foncées, d’autres plus claires, car pour bien juger une 0‘ il ne faut pas que le mordant soit saturé. , boc£|U'ï’
- Après la teinture, on retire le plus vite possible les toiles c L ^pa-
- on les rince à l’eau et on les bat, puis on les sèche, ou bien eue ^^75°. ravant on les passe pendant 5 à 7 minutes dans un bain dG fi estimer Quand ils sont secs, on les compare, et l’on parvient ains ^ jcS ga-aussi exactement que possible les valeurs tinctoriales relati rancines. ^ in0'"
- En opérant avec des calicots qui présentent à la fois des a (,0t ^ dancées pour rouge, violet, puce et grenat, on voit immec a
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- UE LA GARANCE. 531
- '*un seul coup si les garancines peuvent servir avec le même avantage pour toutes les couleurs, ou quelles sont les nuances pour lesquelles elles Peuvent préférablement convenir. Toutes les garancines, on effet, ne •tonnent pas les mêmes nuances avec la même richesse et le même éclat, felle espèce fait de beau rouge, mais de vilain violet; telle autre donne 111 puce ou du violet magnifique, et fourniLun rouge brun et terne.
- 8. — Essai de garancine au moyen des quatre mordants.
- 11 est]
- . -rare, toutefois, qu’on puisse juger d’une garancine par un essar ait dans une^eule espèce d’eau. Ainsi les garancines fabriquées pour être ^ployees dans des eaux chimiquement pures,c’est-à-dire celles qui ont e lavées à froid jusqu’à ce qu’elles soient parfaitement neutres, rendent jeaucoup moins de colorant dans une eau calcaire, alors même que cette ornière a été corrigée par l’addition d’acide oxalique ou acétique ; tandis ae 1rs garancines qui retiennent des traces d’acide conviennent mieux p les eaux calcaires que pour les eaux pures.
- de la fleur de garance. — On détermine la valeur de la fleur de 'pi'on^ ^ai Procédé indiqué pour la garance,ave
- P'’cnd moitié
- la garance, avec cette seule différence
- p0nfi,----‘«ume moins de fleur. Mais les essais en petit ne corres-
- toujours aux résultats obtenus en grand, parce que la quantité tein|uCmP*°fde en petit étant huit fois plus grande que celle pour la Slllflu.re des pièces, l’action des matières étrangères solubles et de l’acide viCe (,lflUe ciue l'enferme fort souvent la fleur de garance, par suite d’un j| ^Préparation, est moins sensible. ranCe .e^cuœffer propose donc de rechercher, avant tout, si la (leur de ga-dans j, essayer est complètement débarrassée de toutes matières solubles avecdceiaU- ^°n nioyen est des plus simples; il suffit de faire macérer Si i’( °au distillée quelques grammes de la fleur et de filtrer, est peu a aiyaire à de la fleur de première qualité, l’eau de macération Précipi^c° orée et est complètement neutre aux papiers réactifs; elle ne to/Vonk azotate de barvte et ne prend qu’une légère coloration rose <hvLla chau«o avec de l’acide sulfurique; jaunâtre avec l’acide n ‘brique.
- bans ]p ’ .
- Riacéraf- Cas oai Produit à essayer est de qualité inférieure, l’eau de P>'écipite°n scnsddement colorée; elle est plus ou moins acide et cl*l°rhvd?ai ^azo^® de baryte. Chauffée avec de l’acide sulfurique ou f,e 9aranCe^Ue’ e^e Prend une teinte verte très-prononcée. — Une fleur e fiui présente ces caractères doit être absolument rejetée.
- Si jg g .
- ?''irance ',s entré, Messieurs, dans des détails aussi étendus sur la >c est que cette racine tient, sans contredit, le premier
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- 532 CINQUANTE-CINQUIÈME LEÇON.
- rang parmi toutes les matières tinctoriales employées dans no* ateliers de teinture et d’impression.
- CINQUANTE-CINQUIÈME LEÇON.
- DES MATIÈRES TINCTORIALES. (Suite.)
- Sommaire. — Des bois de Campêche, de Brésil et de Santal. — Carthameun safranum. — Rouge végétal. — Lichens tinctoriaux : Orseilïe, carmin d’orseme-— Pourpre française.
- BOIS DE CAMPÊCHE.
- Le bois de Campêche. dit aussi bois d'Inde, bois noir, bois bleu, appartient à un grand arbre épineux L' la famille des Légumineuses, Yfleuw toxylum Campechianum{fig- d botanistes. Cet arbre est origmairt de la baie de Campêche, au Mexique mais il croît en abondance a toute l’Amérique méridionale, n tamment à la Jamaïque, à Sam ' mingue et dans les autres tilles (O- mC
- L’exploitation du campêche une branche considérable de c merce. On l’expédie en Europe» a ^ dans les navires, sous la f°rnl bûches plus ou moins grosses, sant jusqu’à 200kilogr., et dJP f lées, ou à peu près, de leur Ce bois est dur, compacte, aisé à travailler et suscepu ^ beau poli; sa couleur extérieure est tantôt rouge-brun,^ ‘ flt noirâtre ; sa couleur est jaune rougeâtre lorsqu’il estrece
- (1) Le campêche fut introduit en Europe, peu de temps après la amped>t0, l’Amérique, par les Espagnols, qui le désignaient sous le nom de j>j5iisal>e,a ’ Il devint en usage en Angleterre et dans tout le Nord, sous le règne versl;J mais comme il ne donnait pas de couleurs solides, son emploi fut dete ^ Qn ii vingt-troisième année de ce règne, sous peine d’amendes très-foi brûler tout celui qui se trouvait dans le royaume. On l’appelait a je CBarleS 1 Ce n’est qu’un siècle après, dans la quatorzième année du règne jeVée» qu’on parvint à rendre les nuances plus solides, et que la prohibition
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- DU BOIS DE CAMPÊCHE. 533
- 1 J|'Pé ; il brunit à l’air par les émanations ammoniacales.
- ,a une légère odeur d’iris et de violette, une saveur douceâtre '‘Stable et un peu astringente; il teint la salive en rouge foncé.
- La qualité du bois de Campêche varie avec la localité qui le inoduit. Voici les diverses sortes les plus répandues dans le commerce :
- (lii>s ^amPec^e coupe d’Espagne. — Bûches de G à 200 kilog., mal arron-enf,S°UVent noueuses- présentant quelques cavités; coupées, d’un bout, °one de coin obtus et carrément de l’autre. Ces bûches, très-com-le^es ,et généralement sans aubier, ont de 1 m,30 à lm,4b de long. — Cou-d . Gx‘ei’ieure d’un rouge noir quand la coupe est fraîche, mais qui i '?nt; no>re en vieillissant. L’intérieur est d’un rouge tantôt jaunâtre, ‘'J01 grisâtre.
- foi'mCamPéche coupe anglaise. — Provient delà Jamaïque. Bûches de même aub'w F°'t Gn grosseur, soit en longueur, toutes très-bien mondées de leur i ^S"Un’es’ exemptes de fourches et de cavités. 11 en vient fort peu. Un n amP^le coupe de Saint-Domingue ou d'Haïti. — Bûches quelquefois Situdi ^ a^es’ nouenses, présentant ordinairement de longs sillons lon-iDoinsn.aux c°ntiennent encore de l’aubier; moins régulières et sUlfa lsses que celles de la coupe d'Espagne. On remarque sur leur ex)/. es traces de la hache qui a servi à enlever l’aubier. — Couleur iutéri>Ure ^us foncée que celle des bois coupe d’Espagne; couleur 4 cLUre souvent aussi d’un rouge plus vif.
- Pagneam^c^e Honduras. — Espèce intermédiaire entre la coupe d’Es-el donM CG^e ^aïd. Bûches plus courtes que celles de ce dernier bois, intôr.; es exh'émilés sont taillées d’une manière irrégulière. — Couleur jfûeure d’un rouge brun,
- coupe Martinique. — Bûches petites, irrégulières, presque '"Quald ^°Ul'|es< noueuses, chargées d’aubier et pesant de G cà 2b kilog.
- (j p 10 inférieure aux précédentes et moins riche en parties colorantes. encore c°upe de la Guadeloupe. — Comme le précédent. — Qualité 'nférieure à la coupe Martinique.
- Ca
- 11 1810, M. Chevreul a isolé la matière tinctoriale du bois de
- ;!mpôch
- hêrnM^llQ> ^ de cristaux d’un blanc rosé ; il l’a nommée
- Pour ne’ Ce noni a été depuis changé en celui d’hématoxyline, sang pG Pas 'a confondre avec la matière colorante rouge du par|>e'n M. Erdmann, en traitant le campêche, non plus î°rnie\Uet ^alcool, mais par l’éther, a isolé Vhématoxyline sous blanrh G l)elits prismes, d’un jaune de miel, dont la poudre est e 0,1 jaune pâle'.
- Cq
- borsn,n-C.ipe est représenté à l’état anhydre, par... Cl6H706 ;
- DessLi'! est cristallisé dans l’eau, par........... C1CH706,3H0 ;
- . Ché à + 100°, par................................ C16H706,HO.
- ‘Vieil I hérnatoxyline a le contact de l’air et des alcalis, elle e Magnifiques couleurs, et, hors de l’influence de l’oxygène,
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- 534 CINQUANTE-CINQUIÈME LEÇON.
- elle ne fournit avec les bases que des combinaisons non colorées En contact avec l’ammoniaque et l’air, elle se colore en rouge pourpre foncé, en absorbant de l’oxygène, et d’autant plus rapidement qu’il y a plus d’ammoniaque libre; elle se change alors en une matière colorante nouvelle d’un brun rouge, queM.Erdniann a désignée sous le nom d’/iématéine, et qu’il représente par •
- C,6H606.
- Vous voyez donc que Yhématéine ne diffère de Vhématoxyhne par 1 équivalent d’hydrogène en moins; c’est que sous l’influence des alcalis, l’oxygène de l’air enlève 1 équivalent d’hydrogene • la dernière pour former 1 équivalent d’eau :
- C16H706 + 0 =C18HR06 -f- HO.
- [Hématoxyline.] [Hématéine ]
- L’hématéine est une substance grenue, cristalline, d un noi1 violacé, à reflets métalliques; elle se dissout dans l’eau et “V lore en pourpre foncé. L’acide acétique la précipite de sa is ^ lotion aqueuse, et l’hydrogène sulfuré la ramène à 1 état d >[' toxyline. Elle précipite en bleu les sels de plomb et de clll^e]? Enfin sa dissolution ammoniacale, mêlée à la plupart (es métalliques, donne naissance à des laques bleues ou violettes.
- C’est [’hématéine qui agit en teinture ; c’est elle aussi quÇ forme à l’extérieur des bûches de campêche par suite de * de l’air et du carbonate d’ammoniaque qu’il contient sur toxyline incolore ; celle-ci devient alors d’un rouge noir.
- Dans l’état vivant, les vaisseaux du campêche ne ren 1 ,ull aucune matière colorante, puisque l’hémaloxyline nés . 1 g principe colorable. Le principe brun-rouge ou Vhématey1^ produit que dans les parties du tissu ligneux qui reçon ^ fluence de l’air humide, toujours chargé d’une petite (1|]‘ de sels ammoniacaux. , , jj0Uil-
- L’eau froide attaque à peine le bois de Campêche ; l e‘lU]J|e> La lante ne lui enlève guère que 3 centièmes de matière so j,eall décoction avec l’eau distillée est jaune rougeâtre ; mais, ju ordinaire, elle aune couleur rouge de sang foncé, ei). carbonate de chaux, qui détermine le changement de jg de xyline en hématéine. On ne peut dépouiller entièrement ^ j^jher toute sa matière tinctoriale au moyen de l’eau. L’alcoo c0m-agissent mieux et donnent des dissolutions jaunes. ^ c jes ment la décoction aqueuse du campêche se comporte réactifs :
- Acides faibles .........." La font passer au jaune.
- — concentrés.......... La font passer au rouge. iue jau°c
- Acide sulfhydriijue...... La décolore apres l’avoir ren
- se action ’hénia-
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- DU BOIS DE CAMPÊCHE. 535
- Alcalis solubles.......... :
- Eau de chaux.............•
- Oxydes métalliques hydratés...................j
- ^Is basiques...............
- Se's acides................
- neutres de magnésie, r de chaux, de baryte....t
- Alun.................... j
- Aluminale de soude et ( scudeen excès............ï
- Sels de plomb.........
- Chlorure d’étain......
- Sels de fer..........
- — de cuivre. ......
- — de zinc...........
- — d’or.............
- Chloride de mercure. Chlorure d'antimoine. Azotate dehismuth.. • • Gélatine
- La colorent en rouge pourpre, puis en violet plus ou moins bleu.
- Précipité bleu.
- Agissent comme alcalis.
- Agissent comme acides.
- Colorent la liqueur en pourpre ou en violet.
- Jaunit d’abord, la fait passer ensuite à la couleur de vin et au violet; précipité pourpre.
- Abondant précipité violacé, insoluble dans un excès d’alcali.
- Précipité violet très-foncé, plus bleu que rouge par réflexion, plus rouge que bleu par transmission.
- Précipité violet ou bleu.
- — noir bleuâtre.
- — bleu ou lie de vin foncé.
- — pourpre rouge foncé.
- — orangé.
- — orange rouge.
- — cramoisi.
- — violet magnifique.
- — rouge.
- donne* ma^eUreilX ^ue ma^rc colorante du campéche, qui soit ( G s* belles nuances avec la plupart des agents minéraux,
- ‘ lU;u stable et ne fournisse que des couleurs petit teint, les v' i°lns’ on Remploie fréquemment en teinture pour faire leurs C s’,^es bleus, les gris, les noirs, les cramoisis. Les cou-c°t0 SUr biine et soie sont toujours plus solides que celles sur au m 6 Ou associe souvent le campéche au quercitron, qu>il aC’ au feenambouc. C’est surtout pour les gris et les noirs boisù i. ul‘bsé. On reconnaît facilement les éloffes teintes parce aci(j(.s ll cbuleur rouge qu’elles acquièrent par le contact des d’indu, °ncenErés. On remonte fréquemment avec ce bois les bleus cesti.s° SUr d'd ne d coton, c’est-à-dire qu’après avoir donné à dans Un Sj u.n P^d Plus ou moins fort de bleu de cuve, on les passe JUsqu’q J;un de campéche et de vert-de-gris à plusieurs reprises, plusuè C° clu’°n ait obtenu la nuance désirée. On donne un peu de hiCllS0^dbé au bleu remonté sur coton, en engallant sur le pied hini) enT.*^6, découvre aisément que ces bleus sont de faux jeblèu , GS t'remPant dans de l’eau aiguisée d’acide sulfurique; d no resr,Gn:i0n,d disparaît en colorant l’eau en jaune rougeâtre, cl c que le pied de bleu solide.
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- 536 CINQUANTE-CINQUIÈME LEÇON.
- On fabrique actuellement, pour l’usage des teinturiers et de> indienneurs, des'décoelions concentrées à la densité de 14 ata a l’aréomètre, qu’on appelle improprement extraits, et de véritable? extraits secs, dont l’emploi se généralise de plus en plus. Lepro-cédé le plus général, qui s’applique d’ailleurs au traitement n tous les autres bois tinctoriaux, consiste à épuiser les iûatieres’ réduites en poudres grossières ou en copeaux minces, par ul| courant de vapeur d’eau, dans des récipients hermétiquemen fermés, puis à concentrer les jus clairs dans des appareils a ou l’air est exclu et plus ou moins analogues à la chaudière de ü des raffineurs. . ..
- M. Panay, de Puteaux (Seine), est un des premiers quise s01^ livré avec succès à ce genre de fabrication; puis sont vei ^ MM. Besseyre, Dubuisson et Meissonnier, enfin M. Varillab^ Rouen, dont les produits sont d’une rare perfection. On ne faire usage que des extraits qui se dissolvent dans l’eau sans sidu. Ils sont d’un emploi très-commode pour monter les na et ils permettent d’avoir ceux-ci au môme ,degré de force, surtout pour l’impression des étoffes de laine et de soie qu on . consomme d’énormes quantités. En général, les extraits secs M. Varillat remplacent huit à dix fois leur poids de bois copeaux. , ,j0I1
- Quelquefois, on soumet le bois de Campôcbe aune ox} ^ on avant d’en faire usage. Pour cela, on humecte la poudre e ^ la met en couche de 1 mètre à 1 m. 1/2 d’épaisseur sul, .^jjiit d’une chambre que l’on peut aérer. Une fermentation s bientôt dans le sein de cette poudre humide; on a soin ^ pécher que la chaleur ne s’élève trop, en établissant un toi rant d’air dans la chambre, ou mieux en pelletant la P° • et la déplaçant. Au bout de trois à quatre semaines, le ^°1S<|<bé-une couleur rouge de sang par suite du changement _ 0.
- matoxyline en hématéine. 11 rend alors beaucoup plus en te j cependant pour certains genres d'impression, il n’est pus convenable que du bois non fermenté. N rfIoyer
- Dans tous les cas, chez les teinturiers, on ne doft erï)l g jc que des eaux calcaires pour faire les décoctions, attendu 4^.|jjc carbonate de chaux développe l’intensité de la couleur e singulièrement la dissolution du principe tinctorial (0*
- (I) Voici un fait qui démontre le rôle utile de< eaux calcaires dans c
- e cas-
- Il )'a
- une trentaine d’années, dans une teinturerie d'Eauplet, près Rouen, o ^ gnait des calicots en noir au moyen du campéche et des sels de ÿapeur, e
- plaça, tout à coup, les appareils ordinaires par le chauffage a jés l’on fit, dès lors, les décoctions au moyen de la vapeur d’eau. .j^ de moment, on ne put obtenir ces beaux noirs qui avaient fait la reP
- l’on
- ter
- ren1'
- et
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- DES BOIS DE BRÉSIL.
- 537
- Dupasquier a reconnu, en 18-46, que le bicarbonate de chaux est ‘eseul des sels de chaux qui tourne au rose ou au rouge violet la couleur jaune du campêche, et il a conseillé l’emploi de la teindre alcoolique de ce bois comme le réactif le plus sensible pour Connaître dans les eaux les moindres traces de bicarbonate de chaux. — Cette teinture se fait en laissant macérer de l’alcool sur dubois récemment coupé et présentant une nuance jaunâtre ; le '‘luicle doit être assez chargé de matière colorante pour présenter éteinte brunâtre foncée. Trois ou quatre gouttes de ce réactif pesées dans un verre d’eau, y font apparaître sur-le-champ une couleur violette, pour peu que l’eau contienne du bicarbonate llf!chaux en dissolution ; la couleur est d’autant plus foncée que 0 sel de chaux est en plus grande quantité.
- BOIS BOUGES OU BOIS DE BRESIL.
- S°us le nom générique de bois bouges ou de bois de Brésil, on d les bois de plusieurs arbres de la famille des légumineuses ' qui croissent dans les Indes orientales, l’Amérique méri-Ces , *es Antilles, et qui viennenten bûches, souches, bâtons (1). 1er J°,S (durs> compactes, recevant moins facilement le poli que br . P^che, ont une couleur jaune rougeâtre ou rouge vif qui ils K a * u’r’ n’ont pas d’odeur, leur saveur est douceâtre, et rou braent la salive en rouge clair. Les diverses sortes de ces bois de ^signées, dans le commerce, sous les noms des pays
- ü( llclion. Voici les caractères distinctifs des principales :
- ["oison. m u
- Houçn nou,t0u Labillardière, alors on possession de la chaire de chimie de aUssi fàciant consulté par le chef de l’établissement sur une circonstance Paierau'euse’ remarqua que les décoctions de campêché dont on se servait assez cale 6 Cou^eur jaune-orangé, ce qu’il attribua à ce que l'eau n’était point ln*r°(luisaiM ’ C6'a P1’0'’6113'1’ en effet, de ce que la condensation de la vapeur de la cr,, , ans les bains beaucoup d’eau distillée. Il conseilla alors de mettre
- 11 d’aussi itanS Ces ^a*ris> et, dès cet instant, tous les accidents disparurent j on , La CouleuraUX noirs (in’auparavant.
- Repassé ,|aune °*'angée du curaçao de Hollande est due à la couleur du cam-je,te liqUgUe,au Jaune par l’acide libre des oranges quiserventà la composition de I ^e» il en ' ^uand un liquoriste veut prouver que son curaçao est bien de IIol-a Pr°ducti( %ers,e quelques gouttes dans un verre d’eau ordinaire, pour montrer j(llltestalile'1 d une couleur rose ou rouge.ee qu’il donne comme une preuvein-|;fcau qu’il f. 1 d 0r|gine de sa liqueur. C’est au carbonate de chaux contenu dans Aoriste i| / raPporter ce virement de nuance. Aussi, si l’on voulait intriguer le °rs de o’a aU(lrait lui présenter de l’eau distillée: le curaçao ne changerait pas
- t;((1lCes îoileur-
- 'lu^eavann dePuis longtemps employés dans les Indes, étaient introduits en "°is de sa 1 découverte de l’Amérique. Les anciens se servaient déjà, en effet, Pan pour les teintures en rouge ; il leur arrivait des grandes Indes.
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- Fig. 525.
- 538 CINQUANTE-CJNQUIÈME LEÇON.
- \. Bois de Fernambouc ou Fernambourg. — Produit par le Cœsalpinia
- crista, très-abondant dans les forets du Brésil et de la Jamaïque. Huches, partie rondes, partie plates et en éclats de toutes grosseurs, de 2 a 30 kilogr. Très-dur, pesant, compacte, rouge à l’extérieur, pâle à l’inlérieiu lorsqu’il est nouvellement fendu, prenant de la couleur à l’air et devenant d’un brun rouge. Saveur sucree, odeur faiblement aromatique. Communique à l’eau une très-belle cou-leiiï rouge. Espèce la plus estimee-
- Le meilleur vient du gouvernement te
- Paraïbo.
- 2. Bois de Brésil proprement dit• Produit par le Cœsalpinia brasilie^f' des forêts du Brésil. Bûches tadk'^ à la hache et dépouillées de h’11 aubier. Dur, compacte, d’un rouge de brique quand il vient d’être sc|L; et brunissant à mesure qu’il vieillit; susceptible de poli. 11 est moitié moins riche en matière tinctoriale que le précédent; plus il est vieux, plus il en renferme.
- 3. Bois de Sainte-Marthe. — Produit par le Cœsalpinia echinata ^ forêts de Sainte-Marthe ou Sierra Nevada au Mexique. Bûches den'iic
- 1 mètre de longueur, coupées d’un bout en forme arrondie et de l’j»1 ^ carrément, profondément sillonnées de crevasses dans lesquelles û ! ‘ beaucoup d’aubier. Ces Bûches pèsent de 10 à 20 kilog. Dans les trao» lions commerciales, on stipule généralement que 4 bûches Pès<?J^I)t 50 kilogr. Celte condition a lieu parce que les grosses bûches donim moins d’aubier, et par conséquent moins de perte que les petites- ; pesant, compacte, couvert d’un aubier blanc jaunâtre, d’une cou* jaune rougeâtre à l’intérieur, tissu plus lâche vers la moelle qu a aJ j|)S phérie. Sa coupe transversale aune forme étoilée. Moins foncé et " ^ riche en couleur que le Fernambouc : tient le second rang parmi <’ de Brésil.
- 4. Bois de Nicaragua ou deNicaraque. — Paraît être produit par^ mgoU. arbre que le précédent, avec lequel on le confond et on le feïL0\e-vent; il est très-probable que ce sont les branches du bois du ^ Marthe. Ment de la province de Nicaragua au Mexique. Bâtons cC° la grosseur du bras, très-tortueux et remplis de trous. Sa a3 L ;()[]1
- nPnH hoflnrmm rlr» 1.» ------ 1 ' A . - - » ]Oflp^t'w
- pend beaucoup de la grosseur des bûches, dont les plus joeb- ^j.
- % O ------ UUI1L ICO
- les plus estimees. Pour s’entendre lors d’un marché, on le désigné,
- J sokito?;
- ______- - -J. .J v* UH mai mm, " jj() KH1
- nairement par la quantité débuchés qu’il faut pour formj^ & s0,iv Il s’en trouve de tous poids, depuis 3jusqu’à 20 kilogr.; 11 juid11’’ des parties, qu’on appelle petit nicaragua, qui se compose'1 ctp^J de 3 à 6 kilogr. Dur, compacte, d’un rouge pâle exlérieurcmc > aUqu<-‘ foncé au centre. 11 est, en général, plus coloré que 1 ebois . c'\
- il r essemble un peu par son intérieur. 11 est mal taillé et ,?!rde la b'lCK vassesprofondes, qui suivent quelquefois toute la longue»
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- DES BOIS DE BRÉSIL.
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- Boixdesapan ou sappan (bois du Japon). — Produit par le Cœsalpinia SaPPan. Indes, royaume de Siam, îles Moluques, Chine, Japon, Antilles, Brcsil,etc. — Bûches dépouillées de leur aubier ou branches présentant Un canal médullaire très-apparent, rempli d’une moelle rouge jaunâtre, d souvent vide de la substance qu’il renfermait. — Dur, pesant, compacte, ‘Un grain fin, susceptible de prendre un beau poli; d’une couleur j^uge beaucoup plus pâle que Jes autres bois du même genre. On en dis-!,n“ue deux sortes principales : celui de Siam, qui est en bûches privées aubier, grosses comme le bras et d’un rouge vif à l’intérieur; celui de qui est en bâtons de 27 à 33 millimètres de diamètre, jaunâtre à nterieur cl d’un rouge rosé aux parties qui approchent de la surface et éprouvé l’action oxygénante de l’air. — Le bois de Lima du com-e'ce n’est qu’une variété de sapan. Les bois de Manille.et des autres
- 'bppines, de Saint-Martin et de Padangs, sont les plus mauvaises va-uetes.
- I ' ®0îs de Brésillet.—Produit parle Cœsalpinia vesicaria; suivant d’au-S) Par un arbrisseau du genre Balsamodendron. — Guyane et quelques-. mS ^es Antilles, notamment la Jamaïque ; îles de Bahama.— On J’ap-W.\jSouvent aussi, à cause de son origine , bois rouge de la Jamaïque, **de Bahama. — Bâtons de 34 millimètres environ de diamètre, délie ' GS leur écorce, mais recouverts d'un aubier blanchâtre ; l'inté— c- 1 esl d’un rouge brun parsemé de veines transversales plus foncées.
- ~ l' moins estimé des bois de Brésil, l'èts’ 0ls de Californie. — Produit par un Cœsalpinia non spécifié desfo-!> filin ^ Fa'^°rnie. —Bûches de toutes grosseurs.— Noueux, tortueux, d’un’04 quelquefois longitudinales, le plus souvent entrelacées, fort dur, d0Vo 1 ouSe jaune souci quand il vient d’être fendu, brunissant à l’air cl L"anl d’un rouge violet.
- ,S; Bois de
- Terre-Ferme. — Produit par un Cœsalpinia non spécifié des
- fOl'Pf 1 < u'i c/ t/tt/. - 1 i uuuii jjai un yjiAscnAipouvu/ uun uco
- Bûche- aTerre'Ferme,uno des régions de la république de Colombie. — l’airi S tlava'9ées à la hache ; vient à nu dans les navires, où il sert à tudi,.. ia®e* ~~ Dur, pesant, compacte, noueux, tortueux, à fibres longi-cercie leS’ ^ ^us souvent entrelacées, d’un intérieur jaune doré avec des forcés COncenlriques jaunes rougeâtres, plus serrés, plus larges, plus chent i°n COu^°ur, à mesure qu’ils diminuent de diamètre et s’appro-BlusjauU-Cenlre. Ressemble un peu au Nicaragua, mais sa couleur est
- iV^vreul a isolé la matière tinctoriale des bois de Brésil, à 'eu,. ^ - 9etdes aiguilles orangées ou presque incolores, d’une sa-^siline sucr(^e et amère, solubles dans l’eau ; il l’a nommée Puis e/'- CülDacl de l’air, cette matière se colore en jaune, Beau r l0u^el Par l’ébullition, elle devient très-rapidement d’un *0|^e> i[l^e Craiïl0'si, et, par l’évaporation de la liqueur ainsi co-lrès~vif f^Pose une multitude d’aiguilles satinées d’un rouge t0l°rante & ^s^ne s’est alors oxydée et a produit une matière ^'agit n°lîveDe, qu’on peut nommer bresiléine. C’est celle-ci ^Utée^ ^e^n^ure- La conversion de la brésiline en brésilcine est lnstantanément par l’action des corps oxygénants, r.o-
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- 540 CINQUANTE-CINQUIÈME LEÇON.
- tamment par l’acide chromique et le bichromate de potasse.
- Si l’air fonce la teinte des bois de Brésil en oxydant la brésiline, cependant, à la longue, il détruit leur couleur ; ainsi, du bois très-divisé et exposé pendant un an à l’air et au soleil perd complètement sa matière colorante.
- Le bois moulu donne à l’eau froide, en moins d’un quart d’heure, une teinte d’un rouge vif. Celte propriété distingue les bois de Brésil : ducampôche qui ne colore pas l’eau; des mauvais bois rouges qui donnent à l’eau une teinte plus ou moins brunâtre; et du bois de Santal, qui ne teint pas l’eau. L’eau bouillante extrait presque toute la matière colorante; le résiduel noirâtre. Voici comment cette décoction se comporte avec réactifs :
- Acides...................j
- Acide suif hydrique.......
- Alcalis solubles..........
- Eau de chaux.............1
- Oxydes métall. hydratés. >
- Sels basiques..............
- Sels acides................
- Sels neutres de magnésie, j de chaux, de baryte.... I
- Alun ..'...............
- Sels de plomb.............
- Chlorure d’étain...........
- Chloride d’étain..........
- Sels de fer................
- Sels de cuivre....... J
- Sels de zinc..............
- Chloride de mercure.......
- Azotate de bismuth .......
- Gélatine..................
- Changent la couleur en jaune, et occasion nent un précipité rouge inclinant P 115 ou moins au jaune.
- Décoloration.
- Colorent en cramoisi ou en violet fonce.
- Précipité cramoisi.
- Agissent comme alcalis.
- Agissent comme acides.
- Colorent la liqueur en rouge fonce.
- Précipité rouge cramoisi.
- — rouge foncé.
- — rose vif.
- — jaune de soufre.
- — brun violet. |0jct
- — rouge cramoisi, passant au
- foncé.
- — brun.
- — brun.
- — rouge cramoisi.
- — rouge abondant.
- La décoction des bois ronges est appelée dans les ateherS^ de Brésil. L expérience a démontré qu’elle produit de * J" bons, effets en teinture lorsqu’elle est récente que lorsqu^ est vieille et. quelle a subi un certain degré de ferment*1* Conservée, en effet, dans une cave ou dans un lieu à teaff tuie modérée, pendant plusieurs mois, elle éprouve une a .jc lion qui embellit sa couleur et la rend plus solide. U est pro» que la fermentation la désoxygène en partie, et fait dépose* ( mn et les autres matières étrangères qui nuisent à la 'l'"dC à la solidité des nuances.
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- DES BOIS DE BRÉSIL.
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- Pour obtenir ce jus de Brésil, on fait bouillir, pendant deux ou trois heures, le bois réduit en copeaux, et mieux en poudre, dans llix'huit ou vingt fois son poids d’eau. On verse cette première décoction dans une tonne. On remet de nouvelle eau sur le bois,. ct on la fait bouillir pendant deux heures; puis on môle cette seconde décoction à la première. Il est préférable de faire ces décoctions au moyen de la yapeur; la couleur est plus solide. On jette de temps en temps dans la tonne de nouveau bois moulu, de Manière à maintenir toujours une légère fermentation. — Il faut
- place
- r la tonne au jus dans un endroit qui ne soit pas exposé aux ^oalaisons ammoniacales et sulfureuses, parce qu’elles altèrent Poissent par détruire la couleur des bois rouges.
- améliore singulièrement la qualité des jus de Brésil, d’après lni='er> en y ajoutant, pendant qu’ils sont en ébullition, une * quantité de lait écrémé, dont la matière caséeuse, en se agulant, entraîne la presque totalité de la matière fauve. Suivant euchs, la fermentation des poudres humides, pendant quatre ou .1 semaines, augmente la quantité de leur matière colorante, ^Paiement pour le nicaragua. — Il paraît qu’on arrive aussi excellents résultats en arrosant les copeaux de bois rouges c une eau qui, par quintal métrique de bois, renferme en-kilogr. de gélatine, et en les laissant en tas pendant quelles jours. Après cette préparation, ils cèdent plus rapidement ^ère colorante, et fournissent des bains quinze à vingt fois ofpS Uc^es que par la méthode ordinaire. Les bois de Campéche j^ntla môme particularité.
- «** beaucoup d’établissements, on a adopté les extraits Iiqui-tnpe solides, préparés en grand, pour monter les bains de tein-Sai • ün kilogramme des extraits secs de bois de Lima et de po,, | arlhe, livrés par M. Varillat, remplace 12 ldlogr. de Le^ °U C0Peailx*
- f0llrn.as Pr'x des bois de Brésil et la vivacité des nuances qu’ils ajjjrssent font employer pour teindre en rose, en rouge, en etPoii 6n cram°isi ; pour rendre plus vif le rouge de la garance, l'euror GS couleurs d’application sur laine, soie et coton. Mal-Udes nSerrient toutes les nuances qu’ils fournissent sont peu so-en y n es rend un peu plus stables au moyen du vaporisage, ou HuanccSOciant de la galle, du sumac et autres astringents. Les %es s loncées avec les sels de fer sont moins altérables que les ^i"sd RUr ^es couleurs d’application, il ne faut employer les ^part* ^lés^l que lorsqu’ils ont bien reposé et abandonné toutes 'e IissulGS, ^sineuses qui retardent l’oxydation de la brèsiline sur jon gratté6S^ seul m°yen d’avoir des nuances bien nourries et •s li%S|eS‘ En passant dans un bain de bichromate de potasse "ds, ou en imprimant par-dessus une solution épaissie
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- D4Z CINQUANTE-CINQUIÈME LEÇON.
- du môme sel, on produit des nuances plus foncées, surtoutapr^ un passage en vapeur.
- Pour la coloration des papiers de tenture, pour les peintures a la colle et môme à l’huile, on fait usage de laques de Brésil, u Fernambouc, de Sainte-Marthe, qui sont connues dans le commerce sous les noms de laques cramoisies, laques en boules de Venise, laques de Vienne, laques de Florence, nouvelles laques, rouge ( Berlin, etc. Elles sont souvent fort différentes les unes des auti^ par leurs nuances. On les prépare particulièrement h Paris, Schweinfurth, k Cassel, à Vienne, en Italie, à Venise. Le p uS habituellement, on les obtient en faisant absorber à plusieurs reprises des décoctions de bois rouges par un mélange de cra et d’amidon additionné d’alun. La pâte colorée est alors mise égoutter, puis moulée en cubes ou en pains coniques, aPreS^ avoir ajouté un peu de colle d’amidon ou d’une dissolution résine dans l'essence, pour en lier les parties. La laque en oo de Venise, qui est une des plus belles, peut être préparée en P^ trissant un mélange de gélatine et d’alumine en gelée dans forte décoction de bois de Brésil, qu’on renouvelle jusqu & cc C^n la nuance soit assez foncée; on en avive la couleur par l’alun, lui donne un reflet violet au moyen du savon ; on la met en no de la grosseur d’un marron.
- SANTAL ROUGE.
- Le santal rouge est le tronc d’un très-bel arbre, le Pterocaip^ santalinus, des Indes orientales, de Ceylan, de Golcon > s Timor et de la côte de Coromandel. Il vient en Europe en ou en morceaux équarris de différents poids, pesants, “*jrs ang à secs, d’un brun noirâtre à l’extérieur et d’un rouge de °ar l’intérieur. Sa texture est très-fibreuse et assez remarqua » fI1 ses fibres sont disposées par couches dirigées alternativei ^ sens inverse ; de sorte que, lorsqu’on le fend dans le sens e0. diamètre, il se sépare en deux morceaux, qui sont com gurface grenés l’un dans l’autre, et, lorsqu’on y passe le rabot, a est alternativement polie et déchirée. Les parties pO‘lC f0Uge. un grand nombre de pores allongés remplis d’une r^intejnturC' C’est le plus vieux bois du tronc qui est bon pour Ia uf eo Le plus jeune contient peu de matière colorante; l’inl contient plus que l’extérieur. a uéd’uD.e
- Le santal rouge est un peu plus léger que l’eau. H ,e® nndufcf odeur faible, mais agréable, analogue à celle de 1 m1S . par de Campêche; il n’a pas de saveur proprement dite, n^uj|lant<?’ fume légèrement la bouche. Il colore à peine Ve?v ^couve||t par la raison que sa matière tinctoriale, fa santahne,
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- DU SANTAL ROUGE.
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- l|'-18U par Pelletier, est de nature résineuse. Mais il colore en l0uge plus ou moins violet l’alcool, l’éther, le vinaigre et les li-1ueurs alcalines.
- 1847, M. Bolley, en 1850, M. Meyer, en 1853, M. Wimmer, ùn* s°umis le santal à de nouvelles recherches. Le premier affirme jlUela santaline extraite d’un bois peu coloré renfermait 2 équiva-Cr‘*;s d’hydrogène de plus que la santaline retirée d’un bois '.lnG1Cn fortement coloré en rouge. — Le second, prétend. avoir I de ce bois jusqu’à six matières distinctes : deux solubles ,lns l’alcool et quatre solubles dans l’eau. — Le troisième dit 'Ille la santaline est accompagnée d’une matière brune et amère, ,°, le dans l’eau bouillante, et d’une petite quantité d’une ma-• colorante résineuse et brune qu’il appelle santalidine, plus so-(iJ e que la santaline dans tous les véhicules et qui paraît n’être ^ e le résultat de l’oxydation à l’air humide de cette dernière. ;*ais tous ces résultats auraient besoin d’être contrôlés et vé-Gsj par de nouvelles analyses. Il est vraisemblable, néanmoins,
- (j e a santaline et la santalidine ne sont réellement que des pro-r 1 s ^ oxydation d’un principe colorable, puisque, d’après le côte0]11 ^'Un m^ec*n ^es M>ssi°ns qui a vécu longtemps à la coi lU ^a^a^ar5 les jeunes rameaux du Pterocarpus santalinus, jaune* ^at vivant, n’offrent dans leur intérieur qu’une couleur se ’ el ae se colorent en rouge qu’après l’exposition de leurs p^ns vives au contact de l’air.
- ranj raiS0n de sa nature et des propriétés de sa matière colo-liqUi ! 0 santal ne cède à l’eau que fort peu de principes; aussi ce U at e> roênae bouillant, ne prend-il qu’une teinte de jaune brun, àl’ét]n<^0I?ne’ au contraire, très-facilement sa couleur à l’alcool, tiqUesei’ d d’acide acétique et aux eaux alcalines. Celles-ci, caus-SUl'tout°;U ^a.1^,0natdes, se colorent promptement en rouge violet, brUnp a l’aide de la chaleur, mais elles ne tardent pas à devenir Y . a l’air.
- 1Cl 1 action des réactifs sur la teinture alcoolique de santal :
- distillée ajoutée ctO yaade quantité............y
- ^lore......................^
- Platine.....................
- solubles..............
- chaux................\
- Trouble fortement en jaune d’ocre vif. Le précipité est redissous par les alcalis fixes, et la liqueur prend une couleur vineuse foncée.
- Décoloration avec précipité jaune brunâtre floconneux qui se rassemble très-vite à la surface.
- Précipité floconneux jaune d’ocre brunâtre.
- Virent au cramoisi ou au violet très-foncé.
- Précipite brun rougeâtre abondant, très-divisé.
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- 544 CINQUANTE-CINQUIÈME LEÇON.
- Acide sulfurique..........j Fo"ce Ia, cou|f ur en Ia ,oumanl “
- 1 ( de cochenille.
- Acide sulfhydrique........ Agit comme l’eau.
- Chlorure d’étain.......... Précipité rouge de sang.
- Chloride d’étain.......... — rouge brique.
- Sels ferreux.............. Coloration et précipité violet très-abondan •
- __ cuivriques............j Coloration et précipité rouge brun intense.
- H’ninminp ( Troublent la liqueur par l’eau de leur dis
- ...........i solution.
- — de plomb................ Précipité gélatineux violet foncé.
- Chloride de mercure....... — écarlate.
- Azotate d’argent.......... rouge brun.
- Sulfate de zinc........... floconneux rouge vif.
- Émétique.................j “ abondanÇ de couleur cerise
- cee. _ . . ]a.
- Sels de bismuth...........j Colorent en rouge cramoisi clair c
- j tant.
- Le santal est employé dans les Indes, mêlé avec 4/10 de saj>|U pour teindre la soie et le coton. Chez nous, on en tire actue ment un excellent parti pour teindre les draps et le coton, rouge corsé ou en nuances dérivées, qu’on rend plus ou m ^ brunes par un passage en bichromate de potasse. On l’asso la galle et au sumac pour faire des bruns; à la galle, au boisb11 ’ à la garance pour les couleurs de bois, de savoyard/d’acajom 1’emplote surtout pour économiser la garance et pour rcn^(jelir les bleus de cuve. Malheureusement il donne beaucoup de ^ . à la laine, et son rouge brunit à l’air. Ce n’est, au reste, que Y ^ qu’on est parvenu à donner à ce bois une division cxu ’nt l’obtenir en poudre ronde, qu’on a pu s’en servir éconoiruq ^ en teinture. On en consomme, à Elbeuf, plusieurs nu 1 2 3 ^ kilogrammes, notamment pour avoir la belle nuance conn le nom de bleu de Nemours ou bleu national. on{ds
- Les bois rouges suivants ne paraissent être que uc rouges, et ils peuvent servir aux mêmes usages que le I)lCt
- 1. Bois de Caliatour ou de Carialour.— 11 vient des Indes ourdit nu, en bûches de 2 à 3 mètres de longueur.— Dur,
- d un grain assez fin ; rouge vit a 1 intérieur, rouge noiratic a t sUpéï’JeUl. il noircit facilement au dehors. Odeur assez marquée, y- u L’^ ^ c0ulel11 au santal proprement dit, sous le rapport de la vivacité et de rouge de ses teintes. . uX; àteJ"
- 2. Bois de Madagascar. — Très-volumineux, d’un rouge pesaidL ture fine, ressemblant beaucoup au Caliatour, niais mou moins compacte. 11 est assez rare dans le commerce. ( cst Ie ^
- 3. Un bois rouge qui a beaucoup d’analogie avec le san gejze *(llK Wuocl, introduit en Europe par les Portugais, il y » s0ixan
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- DU CARTHAME OU SAFRANUM.
- 545
- •re-vingts ans. 11 est fourni par un grand et bel arbre de la colonie de Sierra-Leone, en Afrique, nommé Baphia nitida par Afzelius.
- 11 est, dans le commerce, en poudre grossière, d’un rouge vif, sem-à celle du santal, sans odeur et sans saveur prononcées. Il ne œlore presque pas la salive. Il est à peine attaqué par l’eau, mais il co-lo,re presque immédiatement l’alcool en rouge vineux Jrès-foncé, en lui cedant23 p. ioo de matière colorante; le santal n’en donne que 16,75, après Pelletier. L’éther, le vinaigre, les liqueurs alcalines agissent sur comme sur le santal. Il en est de même des différents réactifs sur la
- lui
- solution alcooliq ue.
- m obtient avec ce bois, dans les teintureries anglaises, des nuances u»es et brunes d’une grande beauté. La couleur rouge est brillante, ,ais elle n’est pas aussi stable que celle de la garance; elle devient bru-,.re av.ec le savon. Quant aux couleurs brunes, elles sont parfaitement i K :es* Le ronge foncé qu’on voit habituellement sur les mouchoirs J\anas anglais est, la plupart du temps, produit par la matière colo-le du Bar-Wood, rendue plus foncée parle sulfate de fer. En asso-t a ce bois du qucrcitron et d’autres substances tinctoriales, on pro-I Une grande variété de nuances; mais, dans ce cas, on teint avec 4 tUX maLores colorantes Tune après l’autre.
- <1'AP Cam-Wood, autre bois rouge qui arrive également de la côte
- coi 1 qUG’ Possccle toutes les propriétés du Bar-Wood.fournit des
- d eurs dialogues; mais il n’est pas employé, son prix étant une fois et Prohn US ^evé> et les nuances qu’il produit étant moins solides. Il est IccaUté ^Ue CG nes* (lu"une vai’lété de Bar-Wood venant d’une autre
- ^euf, on emploie actuellement le caliatour, le Bar-Wood âVAï« , Wood, pour la teinture des laines, lorsqu’on veut
- av°ir des 0rdinair
- e.
- nuances autres que celles qui sont propres au santal
- CARTHAME OU SAFRANUM.
- 0q
- Hr Con»aît, depuis longtemps, sous les noms de carthame, de ]a liln> de safran bâtard ou faux safran, de safran d'Allemagne, aPpeljr C^Une espèce de chardon (fig. 526), que les botanistes de jq ent ('ortlxamus tinctorius. Cette plante annuelle, originaire. Italie tC’ eslj cuItivée dans le Levant, en Égypte, en Espagne, en aux ’ n Allemagne, dans le midi de la France, paBticulièrement
- Cl'0”8 Lyon.
- réc0qe ®'S(Iue les fleurs commencent il se flétrir qu’on en fait la cueille., n ^Sypte, on arrose les plantes quelques jours avant la ration 6 '*es Heurs, malin et soir, puis, après cette dernière opé-oompriniQ ces fleurs entre des pierres pour en faire
- son;
- b on r le
- 'es !U(Î> 011 les lave, on les exprime entre les mains, et on Nr ies fec ler_sur des nattes qu’on recouvre pendant le jour Vftin; ,^'U’antir de l’action destructive du soleil.
- '°'ci 1qs
- espèces de safranum connues dans le commerce :
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- CINQUANTE-CINQUIÈME LEÇON.
- 1.Safranum d’Espagne. — Très-haut et très-riche en couleur, lai'ge tt bien nourri. Dans cette espèce, il y a souvent des fleurs noires.
- Emballage. Balles de différentes formes et de
- différents poids.
- 2. Safranum de l'Inde. — Petites galettes aplaties, légères, faciles à développer, d'un rouge roséà l’intérieur et moins vif au dehors. Il contient quelquefois du sable.
- Emballage. Balles de 75 à 150 kilogrammes, dont l’enveloppe extérieure en roseaux, dite gunny, recouvre quelquefois une toile fine.
- 3. Safranum d’Égypte. — Fleurs présentant des filets courts, déliés, frisés, d’un rouge pr°" noncé et d’une odeur forte.
- Emballage. Balles fortement serrées avec une corde d’écorce d’arbre, ou caffas du poids 6 320 à 350 kilgr. avec un emballage intérieui en toile bleue, garantie par une cage de roseau, le tout entouré d’une grosse toile avec cordes.
- 4. Safranum de Batavia. — Fleurs bien nour ries, réduites en masses parleur pression dans les balles; d’un rouge foncé, mais moins riches en parties colorantes que le safranum de 1 Ini L' — On en rencontre souvent de noir.
- Emballage. En balles de différents poids. . . .
- Le safranum d’Égypte est le plus estimé; il contient deux foi®.P1?* de matière colorante rose que les autres; celui du Caire est préfeia L à celui de la Haute-Égypte. Ces contrées en produisent annuelletficn 15 à 18,000 quintaux.
- On commence à le cultiver en Algérie. En 1852, la récolte était luée à 200 kil. de matière tinctoriale marchande, et à 700 kil. degti111 dont on peut retirer de l’huile. , , 3
- Les importations de carthame se sont élevées en 1850, dapié3 états officiels des douanes, à 259,158 kilogrammes. * je
- Le safranum doit être choisi d’une belle couleur de feu, e^ernLjo-plus possible de fleurs jaunes qui ne contiennent aucun principe ul,e rant et qui diminuent la valeur de la marchandise. Lorsqu i * gj couleur terne, c’est un indice certain que la fleur a été mal dessec \ cueillie trop tard, car elle perd de son éclat à mesure qu elle se ^ loppe davantage. — Le safranum ne doit renfermer ni paille, m noires, ni sable.
- Dans ces fleurs, il y a une matière colorante rouge Je ^!fler résineuse, que M. Chevreul a nommée carthamine, et D®c„t acide carthamique en raison de ses propriétés maniies n acides. M. Schlieper la représente par Cl4H807. Sa Pr°P varie de 0,003 à 0,006 . n so-
- La carthamine est associée à deux principes jaunes. ^l^uvent lubie dans l’eau, acide, très-abondant puisqu’il constitue * je plus du quart de la masse totale des fleurs; M. Scn 1
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- de l’orseille. 547
- ePrésente par C16H10O10 : l'autre insoluble dans l’eau froide, « . e dans les alcalis, et dont la proportion, 2 à 6 p. 100, paraît llninuer avec l’augmentation delà carthamine, si bien qu'il peut L re considéré comme l’état colorable de cette dernière.
- °Ur obtenir la carthamine, on lave le safranum à l’eau froide, e e foulant et le pressant au milieu de ce liquide, après l’avoir Ce eripd dans un sac de toile, jusqu’à ce qu’il ne colore plus l’eau,
- Çoi demande un temps fort considérable ; on fait ensuite ma-j]/01 la fleur, dépouillée de sa matière jaune, dans son poids aiguisée de 15 centièmes de carbonate de soude pendant une uje ou deux, et on plonge dans ce bain des écheveaux de coton GS(luels on précipite la matière colorante füi^en du jus de citron. On lave plusieurs ian eco.lon’ pour enlever un peu de matière iJne (IU‘ restaitdans le bain, puis on le fait . „ , ,
- ir6ft)npn ri i 1- r i. 9. Rose du carlhame.
- soi I Gans une eau alcaline, pour redis-
- pür ,re. carthamine ainsi purifiée. En neutralisant la liqueur
- jg eJLls de citron, on isole la couleur qui se dépose en flocons sur ^ rassemlJle ceux-ci avec soin pour les laver et les sécher quj U!le ass*elte. On a alors des écailles minces, d’un rouge brun, don I0^es a ^’eau avec du talc réduit en poudre impalpable, de ^e.rou9e végétal qu’on fait dessécher sur de petits vases mu!/ceIaine. C’est avec celte belle pâle rose que les dames com-^fluent à la peau l’apparence de la fraîcheur. de c s<^ranurn ne fournit que quelques millièmes de son poids "rancs ]lan^ne’ aussi cette couleur pure vaut-elle environ 3,000 ,nentS ^kilogramme; c’est à peu près le prix de l’or. Heureuse-teinci CiU ^ nen faut qu’une très-petite proportion pour couvrir et
- jyj Te Cn beau rose une grande surface. tejnjp^ *e .Peu de solidité de cette couleur, on s’en sert pour enrose aS0'e’ le coton et le lin en ponceau, en nacarat, en cerise, cherc] ! en couleur de chair, nuances très-brillantes et fort re-jaune es‘ Cn a soin de bien dépouiller le safranum de sa couleur plUs (jJPu fernit les rouges et les roses. Pour leur communiquer Pour le. GU’ on donne au tissu un pied léger de rocou, surtout fortes S p0nceau*. Quelquefois, par économie, pour les nuances
- PançT a'ioute au bain à Peu Prcs 1/5 d’orseille. la piac Cj üdi» les cultivateurs pauvres emploient le safranum à ou safran, pour colorer leurs mets.
- q ORSEILLE.
- naît’ ^ans Ie commerce, sous le nom d’orseille, une pâte rouge violet très-foncé, qui sert, depuisle xiv® siècle(1),
- d) EnTàoo T-------------------------------------------------------
- i un Florentin de race allemande, nommé Federigo, ayant, par ha-
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- ;i la teinture des laines. Celte pâte est préparée avec différents lichens, petites plantes dures et coriaces, qui vivent sur les écorces des arbres, sur les feuilles, sur les pierres ou dans les terrains hu* mides, et qui, dans les contrées boréales, constituent la seule végétation.
- Les lichens tinctoriaux avec lesquels on fabrique l’orseille se divisent en deux classes, qu’on désigne sous les noms d’orseillcdc mer ou des îles et (Vorseille de terre.
- Les premiers (Roccella tinctoria et R. fuciformis) (fig. 527) croissent sur les rochers, aux bords de b mer, principalement aux îles Canaries, du Cap-Vert, de Madère, de l’Archipel grec, de Corse, de Sardaigne. I*s ont des liges et des rameaux presque cylindriques, d’un blanc grisâtre ou brunâtre, de plusieurs centimètres de long.
- Les seconds (Variolaria) croissent dans les Pyrénées, près des montagnes de la Catalogne, et dans les montagnes
- de l’Auvergne. Ils sont sous la forme (
- croûtes à peine grosses comme des en tilles, irrégulières, blanches, et ad 11 Fi&- 527• rentes aux rochers. L’espèce pr,nCI
- pale est nommée Parelle d’Auvergne ; c’est le Variolaria orcwa-11 n’y a, dans ces différents lichens, aucune matière coloran e, mais on y trouve certains acides incolores, nommés éryt^'ulu ' lécanorique, é verni que, qui, sous l’influence de la chaleur ofl ^ alcalis se métamorphosent rapidement en un principe sucr ’ crislallisable, volatil, non azoté, nommé orcine par Eobiq11^ c’est ensuite ce principe qui, en présence de l’air et de 1 a’711 niaque, donne lieu à une superbe matière colorante vio e désignée par le nom d'orcéine. , D[
- Robiquet (I) a parfaitement constaté que Vorcine fixe; Pell£t
- f
- i fourni
- sard, découvert dans le Levant les propriétés tinctoriales des lichens qui* 1 sent l’orseille, en introduisit l’usage à Florence, et fit une si grande plus
- devint le chef d’une des premières familles, qui prenait le nom d On jVemen tard, Bucellarii et Rucellai. Pendantplus d’un siècle, l’Italie livra w^ernu1^' l’orseille ; on recueillait les lichens sur les côtes des îles de la jjCiiens.c Après 1402, époque de la découverte des îles Canaries, on en tira c plus,tard aussi des îles du Cap-Vert. irs élève=lle
- (1) Rohiquet (Pierre), né à Rennes en 1780, a été l’un des mei ,e[ajre, lespr^ Fourcroy et de Vauquelin. Après avoir fait, comme pharmacien nn 1 ‘ t plusieUJ’ mières campagnes d'Italie, il reprit ses travaux de laboratoire et Pen^ ‘ ^ue iic
- années prépara les leçons de Vauquelin. Son premier travail scie
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- de l’orseille. 549
- sa transformation en matière violette, les éléments de l’arnmo-maque et un peu d’oxygène.
- Pendant cette transformation, l’orcine perd 1 équivalent ^hydrogène, mais gagne 1 équivalent d’azote et 2 équivalents Oxygène, comme le montre l’équation suivante :
- Orcine.
- Orcéine.
- C14H804 4- O6 H- AzIP = 4 HO -f C14H7Az06.
- f orcéine est une poudre légère d’un brun puce foncé; elle est à peine soluble dans l’eau pure, mais elle se dissout facilement dans aCüo!, qu’elle colore en beau rouge écarlate, et dans les eaux cannes en leur communiquant une couleur rouge violacée ou ulcurpensée. L’hydrogène sulfuré la décolore momentanément. Ur pouvoir appliquer à la teinture les lichens dont il a été Potion précédemment, il faut donc procréer l’orcéine aux jens des acides incolores qu’ils renferment. Voici comment on P* 1 end, depuis longues années, pour obtenir ce résultat.
- dun^1 * *-** ^GS ^c^ens nettoyés et pulvérisés avec de l’urine pourrie ajente ?etl*e ?uantité de soude, ou de chaux éteinte, et on les laisse feront / COnvtact de l’air, en les remuant fréquemment et en y ajou-d'acjd^ ^mps à autre des mômes ingrédients, parfois un peu d’alun et assez f‘ avs,enieûx jusqu’à ce que la pâte soit devenue d’un rouge violet Pâte ,ncei n,estguère qu’après vingt-quatre à trente jours, que cette qJ . ed’Ç mise en tonneau et livrée au commerce. ratll a Slrnphûé ce procédé défectueux en employant uniquement de les üch nia(lua caustique faible pour développer la couleur violetle dans estconGlîs* l’orseille, ainsi préparée, est beaucoup moins impure; elle Le V S°US ^es noms l’orseille épurée, d’orseille violette.
- ^wYl\r,Uc,' 4cs Anglais, et ie Persio des Allemands, sont des orseilles
- (lu 017 livre à l’état de poudre sèche.
- QU d’orseille et le carmin d'orseille ou extrait d'orseille très-
- de '805 et
- fUrieuSe’s .JUS^1U a sa mort, arrivée en 1840, il n’a cessé de faire des découvertes sUc deVaa;6 u,i*es- Ses recherches ont porté principalement sur la composition du Minéral s^e[®e’ 'a rac‘ne fie réglisse, des cantharides, sur la nature du kermès Lrussg i> ma*-‘ères colorantes de la garance, de l’orseille, sur l’arome, le bleu opium, les amandes amères, les eaux thermales de Néris, la consti-ïé(l’expéCOlpS 01San'(Iuesi etc. Tous ces travaux offrent le cachet d’une habi-
- i observatiolnientation Peu commune, d'une hardiesse d’esprit et d’un rare talent
- j Pharmac*1 assoc‘ôs a la fidélité la plus scrupuleuse. Appelé en 1812 à l’École . a santé16 P°Ur ^ professer la chimie, puis la matière médicale, la faiblesse l’une d116 Permit Pas fie continuer longtemps l’enseignement public. 11
- il'!1*8 el desT Vlemicres fabriques de produits chimiques à l’usage des pharma-
- fePharrnaci a joraloires de chimie. Une pétition spontanée des élèves de l’École
- àp^é 3usqn^’ia<^ress(^e en l830, au nouveau gouvernement, obtint pour Robiquet, 1 Acadérnje î°rs*la croix fie Ia Légion d’honneur. En 1833, il remplaça Chaptal sports ie j, Cs sciences, et il enrichit de nombreux et importants mémoires ou CUe‘l de cette illustre compagnie.
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- 550 CINQUANTE-CINQUIÈME LEÇON.
- concentré, sont le résultat de l’évaporation des eaux qui ont servi à epuiser l’orseille ordinaire de tous ses principes solubles. Ils sont d’une qualiL bien inférieure, puisqu’il a fallu recourir aune chaleur longtemps P10' longée pour concentrer en sirop ou en pâte des masses de liquide.
- Depuis 1848, grâce aux belles recherches de M. Stenhouse, on a singulièrement perfectionné la fabrication de l’orseille en enlevant mecam quementaux lichens les différents principes colorables qu’ils renferme'1, et en ne faisant servir que ceux-ci à la production delà couleur viole > ainsi que le chimiste anglais l’a conseillé. Voici comment on opéré. ^
- Les lichens épluchés et lavés à plusieurs eaux, sont triturés dans i moulin et mis à l’état de pâte liquide ; celle-ci est épuisée par des lavaSL répétés à l’eau froide; toutes les liqueurs sont filtrées sur un feutre q retient les débris ligneux; en y versant ensuite un peu de b’0’1 01. d’étain, on coagule les principes colorables et on en détermine la P1L^ pitation. On lave le dépôt sur des toiles, on le laisse égoutter, puls ^ le met dans un cuvier avec une suffisante quantité d’ammoniaque, brasse très-souvent la masse liquide pendant les premiers joui s, à peu la couleur violette se produit, mais ce n’est qu’au bout d un i que le principe colorant est arrivé à son maximum de développe Le liquide pâteux est alors livré au commerce, ou bien on le fait se^._ et on le pulvérise. M. Frezon lui a donné le nom d'orseille pure e verselle, parce qu’il peut servir à la teinture, à l’impression et a ^ genres de coloration. Il est facile de comprendre que ce produit c= ^ emploi-bien, précâblé à Vorseille brute ou en pâte, puisqu’il est de >a de tou,s les corps [étrangers qui abondent dans cette dernière.
- ^.. v,./soit, l'orseille en pâte du commerce a une ° forte, désagréable, une couleur rouge-violette très-foncée-^^ offre à la vue beaucoup de débris presque entiers de la P 1 et elle est parsemée d’un grand nombre de points blancs q r ^ raissent être un sel ammoniacal. Lorsqu’elle se dessèche ( tonneaux, elle se présente en masses terreuses d’un violet ^ qui tombent facilement en poudre. On évite cette dess^^^g chez le négociant, en l’imprégnant fréquemment d’urine ^ s Elle cède très-facilement sa couleur à l’eau, à l’alcoob ,eur complètement à l’ammoniaque. L’infusion d’orscille a une c^ violette qui lire sur le cramoisi; cette couleur disparaît a^ ^ de quelques jours dans des vases clos, mais elle revient a_ ^ .
- tact de l’air. Voici l’action de quelques réactifs sur celte m
- Acides........................ Lui donnent une couleur rouge-
- Alcalis....................... La rendent un peu plus violet e- uellI- sur'
- Alll_ ( Précipité d’un brun rouge; la '
- I nageante a une couleur jaUl) e leu*e' j Précipité rougeâtre qui se e"crar(je11,1,3 Sel d’étain................... ment; liqueur surnageant °
- ( faible couleur rouge. 'KUllit>011' Acide sulfhydrique............ Décoloration qui cesse par 1 e
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- de l’orseille. 551
- M- Robert Kane admet dans l’orseille en pâte trois principes forants rouges qui s’y trouvent combinés à l’ammoniaque : Vor-, l’aroérulhrine ( C22H38Az2 O2-) , et l’acide érythroléique
- (Cî6H4408).
- L’orseille récente est inférieure à celle d’un an; mais la troi-année elle commence à se détériorer. Les couleurs qu’elle fournit ne sont pas très-solides , aussi n’emploie-t-on ordinaire-®ent celte substance qu’en combinaison avec d’autres matières dorantes. On s’en sert surtout pour la teinture des laines en
- '°. Rouge d’orseille.
- 11. Mauve d’orseille.
- 12. Lilas d’orseille.
- 13. Dieu lapis.
- ülas, mauve, fleur de romarin, amarante, pourpre, ou ^donner de l’éclat à certaines couleurs, telles, par exemple, c es violets et colombines faits à la cochenille et à la cuve. n Plète souvent avec elle les soies ; on les teint aussi en lilas fri/'ls ^ ma^s ces nuances se dégradent très-vite et perdent ^ éclat. On l’utilise quelquefois dans l’impression des laines châlits. :
- l’iiid'6 a ProPrl®té d’aviver singulièrement frais a°’ e^’ Par conséquent, de diminuer les °bte ,G ^ lelnlure en bleu; elle sert ainsi à Leslr GS nuances dites : bleu-lapis, bleu turc.
- Liane marL)rlers font usage de l’orseille pour colorer le marbre ag^bj^ y produire des veines et taches bleues d’un aspect
- lue?SOrrirnali°n annuelle de l’orseille, en France, peut s’éva-pn Pjus d’un million de francs.
- d’ojji . » M. Marnas, chimiste de Lyon , a découvert le moyen h ^ e.Illr des couleurs solides avec cette matière, et depuis 1858, \’eatl 0n Guinon-Marnas et Bonnet livre au commerce un nou-(l°nne '°du^ tinctorial sous le nom de pourpre française, qui letie dg p'scae’ sur laine et sur colon huilé des nuances lilas, vio-'fr’acitrt arme5 mauve, marguerite, etc., remarquables par leur
- La ^lleur stabilité.
- (-$t \x^friJre française, destinée à la teinture proprement dite, ^nièrg at^e de chaux d’un très-riche violet, qu’on obtient de la frtie (iaiiSlUvante : on fait macérer les lichens réduits en poudre qu’ils \ S Utl de chaux pour dissoudre les acides colorables cL'orhy°jn-lennenh La liqueur filtrée est neutralisée par l’acide V&Ul se forme ainsi un précipité gélatineux qu’on 8°uUer sur des toiles pendant deux jours, puis on le dis-
- fri
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- CINQUANTE-CINQUIÈME LEÇON.
- sout, à l’aide de l’ébullition, dans l’ammoniaque, et on le Maintient pendant 20 à 25 jours, à une température de —(— 60 à 70 , dans le double de son volume d’alcali volatil. Le liquide s est fortement coloré en violet ; on le précipite par une solution t c chlorure de calcium ammoniacale; il se dépose une laque ca -caire violette qu’on débarrasse par des lavages de toutes les Matières virables par les acides, et qu’on dessèche avec précaution.
- Le produit destiné à l’impression est une laque d’aluinMe> qu’on obtient en dissolvant la laque calcaire précédente Çan l’acide oxalique, et versant dans cette solution du sulfate da" mine, puis de l’ammoniaque. L’alumine, en se déposant, entraîne avec elle la matière violette.
- Pour avoir cette dernière à l’état de pureté, on épuise la laqt ^ d’alumine par de l’alcool bouillant, et on évapore au bain-nia. rie. Cette matière se montre en paillettes cuivrées très-fonceeSi elle est insoluble dans l’eau froide, un peu soluble dans le‘^ bouillante, presque insoluble dans l’éther; l’acide sulfurique dissout, sans l’altérer, en se colorant en bleu violet.
- Ce qui caractérise essentiellement cette nouvelle su j!or. colorante, c’est qu’elle se combine bien plus facilement que^^_ séille ordinaire aux fibres animales par l’emploi d’un bain < ‘ lin ; qu’elle leur donne immédiatement des nuances mamc ^ marguerite, qu’on peut virer au lilas ou à la couleur Pens^^a. moyen du carmin d’indigo, ou au rouge groseille par le sa^fi nurri; qu’elle n’est pas influencée par les acides; qu’enluu ^ teint, aussi facilement que la laine, le coton qui a été pass des bains huileux comme pour le rouge d’Andrinople.
- 14. Dahlia à la pourpre française.
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- DES INSECTES TINCTORIAUX.
- 553
- CINQUANTE-SIXIÈME LEÇON.
- DES MATIÈRES TINCTORIALES. (Suite.)
- ^0,|maire. — Insectes tinctoriaux : Cochenille, kermès, résine-laque, lac-lahe et lac-dye. — Racine d’orcanette. — Alloxane et rouge de murexide. — Dis-Rnction de la laine des autres fibres textiles au moyen de l’alloxane. — Matières t1xctoriales jaunes. — Curcuma. — Fustet. — Bois jaune.
- INSECTES TINCTORIAUX.
- Plusieurs petits insectes ailés, se rapprochant beaucoup des Pucerons qui couvrent les branches des rosiers de nos jardins, et ( ^signés par les naturalistes sous le nom commun de Coccus, instituent des substances tinctoriales fort riches en matière ilorante rouge, et qui sont, depuis longues années, l’objet d’un commerce considérable.
- du Rlneux’ hui vit et se propage sur différents cactiers, plantes grasses aPDel|Xl?Ue’ et notammcnt sur le nopal et la raquette, forme ce qu’on p e la cochenille du commerce proprement dite. l’Esn ^ ^u' es*- Pr0Pie au chêne coccifère du midi de la France, de ^éric ”ne’ ^e. Italie et des îles de l’Archipel, constitue la cochenille du, p 5 aPPelée communément kermès et graine d’écarlate. de ]a ‘unième insecte, qui se développe sur les racines des scléranthes !°gne 0 °Sne et de l’Ukraine, fournit la cochenille ou le kermès de Po-
- aut^r Quatrième, qui se nourrit sur des figuiers, des jujubiers et c°larnerc leS ^GS ^n^es orientales, produit la gomme ou résine-laque du
- La
- tante , eniHe des cactiers est, sans contredit, la plus impor-en dm e toutes ces matières tinctoriales. Je vais, d’abord, vous anbetenir.
- la troj°C1IENlLLE rR0PREIU-ENT dite. — Cette substance, telle qu’on Une frr'G ^ans commerce, est regardée généralement comme aine, & cause de sa forme (I).
- ''^lenp 1u.a aucun doute que la cochenille ne fût connue en Perse très-ancien-aPvè's JSr madecin Ctésias, qui vivait environ 400 ans avant Jésus-Christ, mflexanclre v Philosophe Ælian, professeur de rhétorique à Rome, sous le règne - et de l Î5ev^rei onl donné la description de l’insecte qui constitue la coche-l!lri^e(iUanr L*ante qui le nourrit; ils disent aussi que l’Inde produisait une si dé de cette substance colorante, que, dès ces premiers temps, on en
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- 004
- CINQUANTE-SIXIÈME LEÇON.
- En effet, c’est un petit corps orbiculaire, anguleux, île 2 m^1' mètres à 2mm 1/2 de diamètre environ (fig- ^8ft ïM noirâtre ou d’un rouge brun, qui ressemble plusa certaines semences, aux lentilles, par exemple, qu<> Fie 528 foute Autre chose. Cependant c’est le corps desséc e
- J ° d’un insecte, plus ou moins mêlé à des sucs u|gL
- taux. Si l’on fait macérer cette matière dans de 1 eau tiède pendant douze à quinze heures, elle lui c°n^ munique une teinte rouge, se gonfle, s’arrondite montre distinctement la structure d’un insecte don^ le corps est couvert d’anneaux et muni de pattes e d’un suçoir (fig. 529). Si l’on ouvre chaque citf puscule, on voit qu’il est rempli d’une foule de peu * Fig. 529. grains ovoïdes, rougeâtres, dispersés dans une pulï incolore; ce sont des œufs.
- Les Mexicains plantent autour de leurs habitations de champs de nopals ou cactiers (Opuntia coccinilifera) sur lesque s déposent les cocçus qu’ils vont chercher dans les bois. Les mse pondent leurs œufs à l’âge de deux mois, et meurent très-peu temps après; les petits se répandent sur les nopals et se * de préférence sur les pointes les mieux abrités du vent {fig-Chaque année voit éclore plusieurs générations, jusqu’à six, près Thierry de Menonville, ce qui permet d’en faire autant colles, lorsque la saison des pluies n’y met pas d’obstacles, coccus sécrètent une matière cotonneuse blanche, qui rparine vre sans les cacher, en sorte qu’on les dirait saupoudrés de ^ (a, fig. 530). Ils subissent aussi plusieurs mues. On les rec,uelaper-moment oùles femelles vont effectuer leur ponte, dès quon^r^
- faisait un commerce d’exportation (Délavai). Le roi de Perse envoya a Ratant Aurélien,entre autres présents, des étoffes de laine d’un pourpre bien p s que tout ce qu’on avait vu jusqu’alors dans l’empire romain (Beckmannp gur0pe, L’usage de cette matière précieuse avait été perdu depuis longtemps yenise, puisque dans le premier recueil de procédés de la teinture publie gjpa-en 1429, par Giovan Ventura Rosetti, il n’en est fait aucune menti0)™'^jcX|Co,e*’ gnols fixèrent sur elle leur attention, en 1518, lorsqu’ils entrèrent j[flCtion-
- en 1528, Cortez reçut l’ordre de la cour d’Espagne d’en augmenter )a P .nS l’em*
- En 1581, une seule flotte en apporta 70,875 kilogrammes. Les . ^re jesétoffef ployaient pour peindre leurs ustensiles, leurs habitations, et pour tein de coton. .,. gecte elllU
- Lopez de Gomara, en 1525, donna le premier la description de 1 ^jt ve‘ végétal qui le nourrit. Plus tard, on crut que la cochenille était un I ^ grav>l gétal, et, à cause de sa forme apparente, on la désigna sous le n°gUtres à’03 d’écarlaie. Cette opinion persista jusqu’à ce que Leuvvenhoeck et eussent démontré son peu de fondement. découvrit 1
- Peu de temps après la réapparition de la cochenille en Europe, on ^ ^ «e3 procédés de la teinture en écarlate au moyen de cette substanÇ tjnCtoriJ d’étain (1563). C’est de cette époque que l’usage de cette mahe devint général.
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- DE LA COCHENILLE.
- 55o
- â
- Fig. 530.
- Çoit sur les nopals quelques insectes nouveau-nes ; elles sont aloi s, en effet, plus lourdes et plus riches en matière colorante. La récolte se fait dans des paniers de paille 0u dans des bassins de fer-blanc munis ^ une échancrure dans laquelle on engage *a partie étroite des articles de nopals.
- Ajec un grand couteau à tranchant émous-s^i on fait tomber les cochenilles dans ce récipient. On les plonge ensuite pendant piques instants dans l’eau bouillante P°ur les faire périr, et on les dessèche au so'eil ou dans des fours.
- Lo hectare de nopal produit environ j’fO kilogrammes de cochenille, et trois . 0Ionies suffisent pour le soigner; 140,000 lnsectes donnent 1 kilogramme de coche-ni'le séchée.
- Les cochenilles domestiques, dites co-cAilles fines ou mesteques, sont préférées ^cochenilles sauvages ou sylvestres, parce qu’elles sont bien P * 1 * *>S riches en principe colorant.
- Pendant longtemps le Mexique a eu le monopole de la produc-
- jl0n ée la cochenille. Maintenant on la cultive enBar barie, à Va-
- e,'ce en Espagne, aux Canaries, à Java et en Algérie (1).
- ans le commerce, on connaît quatre sortes de cochenille,
- Jnt quelques-unes offrent plusieurs variétés; en voici la désignation :
- ^• Cochenilles Honduras qui arrivent directement en Angleterre et de P( Païs chez nous. Elles sont trôs-estimées des consommateurs. Elles
- éprennent :
- fV î
- a cochenille noire ou zacatille, noirâtre ou d’un rouge brun, luisante, a'ec des traces d’un enduit blanchâtre; donne une poudre d un jouge cramoisi, devenantd’un rouge brun très-foncé par l’eau. C est a meilleure. Elle vaut 18 à 19 fr. le kilogramme.
- ||\ ru
- premj es^ en 1831 seulement que la cochenille a été importée aux Canaries; la en ig année, la production de ces îles fut de 4 kilogr., et, dix-neuf ans plus tard, ont ranù en exPoi'taient 300,000 kilogr. qui, au prix moyen de 15 fr. le kil., A Java 4 millions et demi. En 1845, la culture qui commençait à se répandre
- 1 l!Veinent encouragée par le gouvernement hollandais, s élevait déjà
- i^qîi’àn a*°§r-> dans les établissements publics. A Valence, en Esp
- la cintre- ’
- Espagne, on fait
- l,
- 4 Culture\i e.récoltes par an de ce précieux insecte. Essayée en Algérie, dès 1831, 1 Onées. gn e a c°chenille n’a commencé à se développer que dans ces dernières f "opai j le département d’Alger comptait 29 nopaleries et 500,000 pieds /utebcore^f.C?c')enille qu’on y récolte, quoique inférieure à celle du Mexique, 612.Ooo fr£ *e kilogramme. En 1857, l’Algérie en a exporté pour une valeur
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- 556 CINQUANTE—SIXIÈME LEÇON.
- B. La cochenille grise, nommée aussi jaspée ou argentée, couverte d’un
- enduit blanchâtre, nacré et pulvérulent, qui adhère à toute sa surface et qui est dû à une substance volatile, offrant à la loupe une forme cristalline très-marquée. Poudre d’une couleur moins foncée et prenant une teinte moins intense par l’eau. Elle vaut 17 file kilogramme.
- C. La cochenille rougeâtre n’offre la poussière blanche et argentée que
- dans l’intérieur des rides. Elle est la moins estimée des trois. Vaut 16 fr. le kilogramme.
- Ces cochenilles viennent en sacs recouverts d’un jonc et d’un cuir, formant des surons pesant ordinairement de 75 à 80 kilogrammes.
- 2. Cochenilles Vera-Cruz, qui nous arrivent directement par Bordeaux et le Havre, en surons du poids de 80 à 100 kilogr. Le premier emballage est un sac en toile grise, le second des morceaux de cuir, le troisième des nattes tressées.
- La lre qualité, la zacatille, vaut 18 fr. 50 à 19 fr. le kilogr.
- La 2e la grise, 17 fr.
- La 3e la rougeâtre, 16 fr.
- L’insecte, ou, comme on dit vulgairement, la mouche, doit être C1 ’ légère et frisée. Celle qui est en gros grains, terne, chargée de et de grabeaux résineux, est moins estimée. . . jj en
- 3. Cochenilles des Canaries qui viennent de Cadix par Marseu , ^
- arrive peu, leur prix étant toujours plus élevé que celui des coe du Mexique.
- L'argentée vaut 18 fr. 50 à 19 fr. le kilogr.
- La noire 17 fr. 50 à 18 fr.
- * >nisSes du
- Elles sont logées en petits sacs de 25 à 30 kilogr., en petites m -même poids et quelquefois en petits barils.
- Cette sorte est toujours très-bonne. , , , noUS les
- 4. Cochenilles Java, importées directement en Hollande, d ou ^eS recevons par la voie de Rotterdam ou d’Amsterdam. Elles son^ ^-s. dans de petites caisses de fer-blanc, renfermées dans des caisses chaque caisse pèse 40 à 60 kilogr. gon prix
- Cette sorte est la moins estimée; elle est petite etrougcatie. est toujours de 3 fr. à 4 fr. moins élevé que les sortes du Mexiq
- Fraiic®»
- La quantité de ces diverses cochenilles importées en gn été, a four:
- grammes du Mexique et 43,277 du Brésil.
- .La composition chimique de la cochenille a été exa^ii 1818, par Pelletier et Caventou. Ils y ont trouvé :
- Une matière colorante rouge, qu’ils ont nommée carmine,
- Une matière azotée particulière ou coccine;
- X L|LiaiAllLU UL tuo UlVCiCUO UUUllUllUlCO lJLlljyvy »- ^- £M
- pour 1856, de 405,956 kilogrammes; c’est l’^sPt^n5j{kilO' urni le plus, 173,000kilogrammes; il en est venu8 C
- en
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-
- DE LA COCHENILLE. 557
- , ^matière grasse, formée d’oléine, de stéarine et d’un acide odorant
- \ac ide
- cocctnique) ;
- fies sels de potasse et de chaux.
- On obtient la carminé en épuisant la cochenille par l’éther, puis, Par Palcool bouillant; le dépôt qui se forme parle refroidissement es liqueurs alcooliques est traité de nouveau par de l’alcool pur; aPres filtration, on ajoute un volume égal d’éther sulfurique qui etermine l’isolement de la carminé.
- ,,. le est grenue, d’un rouge pourpre très-éclatant, inaltérable à caîr‘ Elle fond à -f- 50°. Elle est très-soluble dans l’eau, qu’elle , orÇ en rouge tirant sur le cramoisi. Les acides concentrés la raisent, tandis que, faibles, ils avivent sa couleur. Les liqueurs a câlines font passer sa teinte au violet; la plupart des dissolu-
- ns salines, l’alun, lui donnent une couleur cramoisie ou pourpre.
- c ^°Tsqu’on la soumet à des actions désoxydantes, elle perd sa eur et se montre alors en petites aiguilles d’un jaune pâle ^Tïiéme d’un blanc parfait. L’action de l’air, celle du bichromate Potasse lui restituent sa nuance rouge; d’où il suit que la car-Pelletier et Caventou est la matière colorante oxygénée, ^pres Pelletier, la carminé serait représentée par C16H13Az010; car*^rPPe et Warren de la Rue, qui l’appellent acide cj^î?nî?we> lui assignent la formule C28H14016. Elle serait asso-azoté anS cocheniHe» d’après ces chimistes, à une substance seraje E^H^AzO6, qu’on peut avoir en houppes soyeuses, et qui en » identique avec la tyrosine, matière queM. Liebiga obtenue 0ndant la caséine avec la potasse.
- -1 maintenant les caractères chimiques de la cochenille.
- Puis 6 Su^s^ance sèche n’éprouve aucune altération à l’air, cinQj|Ue ^cH°t a reconnu qu’une cochenille conservée pendant récen|ln^e aPs donnait une aussi bonne teinture que si elle était Uiati^6’ ^a*s s* l’on exPose ^ l’air une décoction de cochenille, la 10 colorante s’oxyde, devient violette et insoluble.
- en
- ' G;iu en
- TOUf
- contact avec cette substance tinctoriale se colore bientôt
- tité jg6" Cranaoisi; bouillante elle se charge d’une grande quan-gra$Se§ Carmlne et dissout, en outre, des matières azotées et Jt\ec ia ClUl *'P donnent la propriété de former des précipités lient ) ar*^ ^es corps, ce qui n’arrive pas quand elle ne con-W$jle • ,la carminé pure.
- (lu Se| 1 °n verse, dans cette décoction, delà crème de tartre, c°nstiin 0Seille> l’al,in» d se produit des précipités rouges qui P%tres Ie carmin du commerce, couleur si précieuse pour les P’est orj-^°!lr la coloration des fleurs artificielles et dos bonbons. n<orement avec l’alun qu’on prépare le carmin,
- 36
- qui
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-
- 558 CINQUANTE-SIXIÈME LEÇON.
- consiste en une combinaison de carminé, de matière animale d’acide et d’un peu d’alumine (I).
- Si l’on verse de l’alun dans une décoction de cochenille avalisée, on obtient un beau précipité qu’on désigne dans les ar sous le nom de laque carminée (2).
- Voici, du reste, l’ensemble des caractères chimiques qn° 11 la décoction pure :
- Af>ir1(i(ï | font virer la couleur au rouge jaunâtre et}
- ..............( terminent un léger précipité.
- Alcalis...............la font virer au violet.
- Eau de chaux..........précipité violet abondant.
- Alun................... la fait virer au violet rouge, puis précipita ^
- . ,, , . . ( précipité violet rougeâtre. Le liquide surnage
- ( est tres-fonce et de couleur amaianit- . Chlorure d’étain acide, vire au jaune et forme un précipité de coul. ce Chlorure d’étain ordin. précipité violet.
- Chloride d’étain...... vire la couleur au rouge écarlate.
- Sulfate ferreux.......vire au gris violeté et précipite. ^
- Acétate de fer........précipité brun qui devient plus tard vert o i
- Sulfate de cuivre i
- Sels de plomb | * * * • PreclPlte vlolct-Azotate mercureux.... précipité lie de vin.
- Azotate rnercuiique... précipité brun rougeâtre.
- Sulfate de zinc.......précipité violet foncé.
- La cochenille est une des substances tinctoriales les pl,,s11
- (1) La préparation du carmin a été découverte par hasard, à l’ise, pi'1 2 “ j.eD1. franciscain. 11 préparait un extrait de cochenille avec du sel de tartre P ^ cet ])lover comme médicament. Versant un jour un acjde dans la soluVotait du extrait, il vit, non sans surprise, se déposer un beau précipité rouge. carmin. En 165G, le chimiste Homberg en fit connaître la préparation- ^
- Le carmin est, dans le commerce, sous forme de petits pains envelupj carmin du papier fin, ou enfermé, soit dans des boites, soit dans des bocaux- ^ ^ ^ fin se vend 20 fr. le kilogr. ; le carmin commun, G fr. ; mais ce dernl® _ortion quemment mêlé d’alumine, de vermillon, d’amidon, etc., dans une P ' |j plus ou moins forte, et qui va quelquefois jusqu’à 60 p. 100. On reconnai du carmin à ce qu’il se dissout sans résidu dans l'ammoniaque. janS une
- On vend le carmin suus deux états ; délayé dans du blanc d’œ '' ’isun PcU solution de coite de poisson. Le premier, dit carmin à l’œuf, est touj oDS_ U grumeleux ; c’est celui qu’emploient les confiseurs pour colorer leurs 1 ui dont deuxième, dit carmin à la gélatine, est beaucoup plus estimé ; ce^ font usage les peintres en miniature. a jmpülte
- C’est principalement d’Allemagne qu’on tire le carmin. En 1856, 011 384 kil. de carmin fin et 3,126 kil. de carmin commun. aU nio.ven
- (2) La laque carminée parait avoir été fabriquée d’abord à ^orenCJe‘fioi’eriCe' du kermès. Voilà pourquoi elle porta si longtemps le nom de laQu.e „üCoüQ P1"' Dès 168G, on remplaça le kermès par la cochenille. Ce n’est que seservfl'f tard qu’on en prépara à Paris et à Vienne. — Les peintres en bâlitt1®” u (paiiti sous le nom de Laque carminée de Florence, d’une laque de b'e5
- bois rouge.
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- DE LA COCHENILLE.
- 559
- Portantes, puisque c’est avec elle qu’on colore la laine et la soie en cramoisi et en écarlate, couleurs magnifiques, mais plus brillantes que. solides, puisque l’eau les tache et que les alcalis 'es rendent violettes. On fixe la matière colorante de la cochenille aÇmoyen de l’alun et du tartre, et môme de la composition d’étain, pour le cramoisi fin; pour l'écarlate, on supprime l’alun.
- On prépare des violets, des mauves et couleurs analogues, pour
- 17. Cramoisi à la cochenille.
- 18. Écarlate à la cochenille.
- 19. Violet ou mauve de cochenille.
- ^pression des laines, soit au moyen d’une décoction ammo-(laC |6 c°cbenille, soit au moyen des préparations désignées 1 s>e commerce sous le nom dc, cochenille ammoniacale en tablettes °u (n pâte.
- ,1 a Pcemière s’obtient en laissant séjourner pendant un mois, (l‘e ' Un vase fermé, trois parties d’ammoniaque sur une partie cochenille moulue. On tire à clair, et on incorpore dans le üiiel ° ^ d’alumine en gelée; on fait évaporer la bouillie dans ni;i Jllss'ne de cuivre étamée jusqu’à ce que toute odeur d’ammo-assoz6]<ait ^sParu’ et 9ue’ Par Ie refroidissement, la masse prenne [akl i ccnsistaûce pour qu’il soit possible de la découper en sgj0 es- ~~ Pour la cochenille ammoniacale en pâle, on ne laisse et0nr.ner ^amrnoniaque sur la cochenille que pendant huit jours, Cett> °|'aPore Ie liquide jusqu’aux 2/3 sans y ajouter d’alumine. Hiè (lernière préparation est d’un tiers moins riche que la pre-Qne Cn principe colorant.
- liqu Se sert fréquemment de la cochenille pour colorer les les rs detable et les teintures pharmaceutiques, les opiats et (lans U( res dentifrices ; pour faire une belle encre rouge; mais le djsCe aeil)ier cas, c’est surtout le carmin qu’on emploie; on iirabifS°ut' ^ans l'ammoniaque et on épaissit avec de la gomme lüe blanche.
- ^ p0SeniUes sont fréquemment additionnées, par fraude, de sable, Snentf6 bne de plomb ou de soudure des plombiers, qui leur ^ p, l00fUeoup de poids. Magonty a trouvé plusieurs fois jusqu’à bines Cf , Poussière métallique. On jaspe aussi artificiellement cer-
- __^cnillcs en les secouant dans un sac avec du talc ou de la
- ('en tritUl, *en n es^ P^us buûle que reconnaître ces fraudes; il suffit délajCl> jaei‘ quelques décigrammes dans un mortier de porcelaine, de P°udre dans un peu d’eau, de décanter aussitôt, de verser e 0 quantité d’eau dans le mortier afin de bien enlever toute
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- CINQUANTE—SIXIÈME LEÇON.
- la poudre de cochenille. Lorsqu’il y aura eu sophistication, on trou'eia toujours au fond du vase la matière minérale ajoutée. ....
- Très-souvent on mélange aux bonnes cochenilles celles qui ont ej servi, sans avoir été moulues, et qu’on a laissées tremper pendant q que temps dans du jus de Brésil ; on les jaspe au sortir du bain avec plâtre, du talc ou de la céruse. On reconnaît cette fraude, quie» » des plus communes, en faisant une décoction aqueuse de lama 1 suspecte. L'eau de chaux, versée dans le liquide, le décolore totaleme^ quand il n'y a pas eu sophistication ; elle lui laisse, au contraire? teinte rouge, lorsqu’il y a eu emploi de jus de Brésil.
- Il faut toujours se rappeler que la bonne cochenille est lu'1 aI^’ sèche, sans odeur bien prononcée, ridée et exempte de poussière. ‘ les lieux humides, elle gagne facilement 8 à 10 p. 100 de poids. Les turiers, pour s’assurer de sa qualité, sont dans l’usage den111^^ quelques grains, afin de voir si elle colore fortement la salive en 1 ^ Mais ce n’est que par des essais comparatifs qu'on peut appreciei ‘ leur d’une cochenille. Le meilleur mode, c’est de teindre de tes de laine avec des quantités égales des échantillons, comparât*'en ^ avec une cochenille de première qualité prise comme type, apte» ^ ^ fois qu’on s’est assuré que les premiers ne sont point accomp»n’ brésiline. On monte les bains de la manière suivante :
- Bain pour écarlate.
- Eau.................... 1250 S1'-
- Crème de tartre.... 2
- Composition d’étain. 2
- Cochenille......... t
- Bain pour cramoisi
- Eau.............
- Crème de tartre
- Alun............
- Cochenille......
- 1250 ?r-0,75 1,50
- t
- de lai»1
- On y plonge, quand ils sont suffisamment chauds, des pentes de 6 gram., qu’on monte au ton le plus élevé possible, et 0 yean
- d’épuiser les bains au moyen de deux autres passes ayec de ,gs L
- écheveaux de G gr. chacun. Les laines teintes sont bien degoj^enlu séchées. 11 est très-facile alors, par la comparaison des tons d’établir la valeur relative des différents échantillons. .iqiiei',^
- On peut encore recourir avec avantage au procédé que M- e Rouen, a proposé en 1843. Il consiste à faire bouillir pendan u ^ ^ou(L 5 décigr. de chaque cochenille dans un litre d’eau auqu^ 0^er dans 10 gouttes de solution concentrée d’alun, à laisser refroidir, a v ^ ^ coifl' chaque vase assez d’eau pour compléter le volume d’un Pa‘
- parer l’intensité des liqueurs au moyen de l’instrument i jii-
- Houtou de la Billardière sous le nom de colorimètre. Je ,valS <ye> car i* crire cet instrument et vous montrer comment on en fait iaS(jgS’aulreS peut servir à l’essai de la garance, du rocou, de l’indigo c matières tinctoriales. pienCl*'11
- Le colorimètre (fig. 531) se compose de deux tubes de veli e. ic l°,n" driques, de 14 à la millimètres de diamètre, et de 33 cen ^ paI-ta^5' gueur environ, égaux en épaisseur, fermés à une extrémité do»1 à partir de là, dans les 5/6 de leur longueur, en 2 partie- ^0» la seconde porte une échelle ascendante divisée en 100 pa place ces deux tubes dans une boîte de bois, sorte de chambre
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- DE LA COCHENILLE.
- 561
- Fi y. 531.
- ,ùllaUe que large, par deux ouvertures pratiquées l’une à côté de l’autre 1 la partie supérieure, et j'!08 d’une des extrémités. a se trouvent aussi deux ouvertures rectangulaires j.u diamètre des tubes, pra-ll(l’iées en regard de leur Paitie inférieure. A l'autre extrémité de la boîte,- il y a j*n *lou par lequel on peut la partie inférieure des 1U)®3’ en plaçant la boîte ^ ie son œil et la lumière,
- ceit"”e-r ^®s'^ac6ement, par c 1e déposition, la différence ou l’identité de nuances de deux liqueurs j°,lces introduites dans ces tubes.
- du appréciation de la qualité relative des matières tinctoriales au moyen li 0l0l'imètre est fondée sur ce que deux dissolutions, faites compara-des CI?1 ayec des quantités égales de la même matière colorante, dans lrj duanlités égales d’eau ou d’alcool, paraissent, dans les tubes colorimé-tiû;^e la même nuance, et que des dissolutions faites avec des propor-Helly 1 "^rentes présentent des nuances, dont l’intensité est proportion-(|-a a!lx quantités de matière colorante employées; ce qu’il est possible lion |iciei’en introduisant dans les tubes 100 parties de chaque dissolu-ion({e °n aj°utant l’eau a la plus intense jusqu’à ce qu’elle se con-'ndi( *;ai nuance avec la plus faible. Le volume de la liqueur all'aiblie, le V(Ji c Par ia graduation des tubes, se trouve dans le même rapport avec l4ji |rne de l’autre que les quantités de matière colorante employées. v ,°sse en principe colorant des deux dissolutions est proportionnelle Cec' ?mes ces mêmes dissolutions avant et après l’addition de l’eau.
- bien conçu, voici comment on procède à l’examen de deux qualité nS cochenilles, dont l’une est prise comme type de première
- 0° j^li oduit de ces liqueurs dans les tubes colorimétriques jusqu’au eSsuie vClella, ce qui équivaut à 100 parties de l’échelle supérieure. On que les n. ces on les prend par la partie supérieure, pour éviter
- Uienterj!^3,1,118 n’î déposent de l’humidité, qui ternirait le verre et aug-vertes.1 A lntensité de la liqueur dans les parties qui en seraient recou-lU’ilsrenr °S P^ace (lans la boîte et on compare la nuance des liquides Ve. qü errnent, en regardant les deux tubes par le trou servant d’ocu-biière a -len^ ^a ^oîte sous 1111 angle de 4o° et de manière que la lu-!?Ul'Dant aVe régulièrement sur l’extrémité où sont les tubes, en se Vtrëmii .u.C(a[a opposé au soleil, ou, si le ciel est couvert, en dirigeant Vé. Si i-e ae * aPpareil vers une partie du ciel qui présente de l’unifor-?î°ute (jc°,t? barque une différence de ton entre les deux liqueurs, on 1 Vertu,. °au a la plus foncée et l’on agite le tube, en en bouchant - lenCeC avec 1° doigt. Si, après cette addition, on voit encore une Vt absoi°n COnP|nue d’ajouter de l’eau jusqu’à ce que les deux tubes 1 Vu l0. Urr>ent la même nuance. On lit alors sur le tube additionné mbre de parties de liquide qu’il contient; ce nombre, com-
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- o62
- CINQUANTE-SIXIÈME LEÇON.
- \vd\v au volume do la liqueur de l’autre tube, volume qui n’a pas changé et qui est égal à 100°, indique le rapport entre le pouvoir colorant ou la qualité relative des deux cochenilles. Et si, par exemple, il a fallu ajouter à la liqueur la plus intense 25 parties d’eau pour l’amener à h même nuance que 1 autre, les deux volumes de liquide seront entre eu* comme 125 est à 100, et la qualité relative des cochenilles sera repré-se niée par les mêmes chiffres, puisque cette qualité est proportionnelle à leur pouvoir colorant.
- II. Kermès animal ou végétal. — Ce produit, nommé aussi graine d ecarlate, est sous la forme de coques ou de grains arrondis, 1 isscs-luisants, d’un brun rougeâtre et de la grosseur d’un petit pois (0-C insecte du kermès vit et se développe comme la cochenille
- mais sur un végétal diflé'-' ' ‘ renl; c’est \q chêne vert
- eus coccifera) (fig 532), •" brisseau des lieux arides e pierreux des contrées ni ridionales de l’Europe, <I111 n’est l’objet d’aucune en
- lure. Au commencement ‘11
- printemps, la femelle ^ condée se fixe dans 1 °P^ derme des rameaux et es feuilles; là elle se gonflm prend l’aspect d’une peu ^ noix de galle recouverte ü duvet blanc assez long, a pose ses œufs, les recoUQn de son corps et meurt-Fig. 532 en fait la récolle a van
- closion des œufs, ^ePu'!|a
- milieu de mai jusqu’au milieu de juin. On expose les coques
- i l’apPe‘
- (I) Le kermès était déjà connu dans le Levant du temps de M°ï'e> ^ prenûeI lait,/o/a, d’après le professeur Tychsen; on s’en servait pour donnt ‘ ait poUr baiu aux draps destinés à être teints en pourpre; dans l’Inde, on 1 ernP n teionait teindre la soie. Pline en parle sous le nom de coccigranum, et dit q ^ ^ nl0jtit’ en pourpre avec cette matière, que les Espagnols apportaient pour paJ „rprB (*e3 de leur tribut au peuple romain. Lorsque l’art de teindre a.veC . )uleur; ^ Tyriens fut perdu, on fit usage du kermès pour obtenir la même c_ ,fati
- llp.vint-il nnnr rvliioinn^ ---------
- , _______«l* ACMUC9 jjuur uuieinr îa
- devint-il, pour plusieurs pays méridionaux, un objet important d^ Qu‘es le désignait alors sous le nom de vermiculus, petit ver; le mot yorî du P.rf arabe, et celui de vermillon, qui est français, ne sont que la V er une mier. C’est encore de là que dérive le mot vermeil, créé pour désign ^ p0ur particulière de rouge. Au moyen âge, c’était la seule substance enq a(js f-’0 teinture d’un rouge vif. En Allemagne, les paysans serfs devaient i
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- DU KERMÈS ANIMAL.
- 5G3
- 'apeurdu vinaigre, pendant une demi-heure, puis on les sèche sur (ks toiles. Ces coques ont une odeur vineuse, une saveur âpre et Piquante ; elles contiennent une poudre formée des débris de l’in-secte et de ses œufs.
- Le kermès vient en barils et caisses de tous poids. On en distingue curtout deux variétés : celui de Provence et celui d’Espagne.
- ^ Lefeermès de Provence donne, en l’écrasant, une poussière rouge qui contenue dans son intérieur. Il fait pâte dans le mortier lorsqu'on le P'ic, etil est presque impossible de le tamiser.
- Le kermès d’Espagne est en grains secs et plats : il ne contient dans SOn intérieur qu’une très-petite quantité de poussière de couleur ter-leuse> souvent même blanchâtre, et on le pulvérise bien plus facilement.
- 11 ?e pourrait que ces différences fussent principalement dues à la manière dont on le prépare en Espagne. On assure qu’au lieu de le sou-meltre à l’action du vinaigre, on le fait périr dans des fours. Ce qu il y e certain, c’est que celui de Provence donne plus de couleur, et qu il l°ute toujours 4 à 6 fr. de plus par kilogr. ; aussi les marchands font Jcs-souvent un mélange des deux qualités, qu’ils vendent sous le nom e kermès de Provence.
- n1856, la France a importé 22,130 kilogrammes de kermès, j1’a mison de 7 francs le kilogramme, représentent une valeur l’Aix’910 francs. L’Espagne seule en afourni20,233kilogrammes; ]p.^r'e,’ kilogrammes.
- ilpres Lassaigne, la composition chimique de cette sub-ca °e est absolument la même que celle de la cochenille des (ler GrS’ aussi se comporte-t-elle généralement comme cette pl0 lere. (lans les opérations de teinture. Toutefois, il faut em-iftn , aen plus de kermès que de cochenille pour avoir le même nLde couleur.
- roseur du kermès, fixée par l’alun et le tartre, est d’un chenil, Un(îuin’a Pas ce Leu T11! caractérise l’écarlate de co-ostni G’ ma's la première a cet avantage, sur la seconde, qu’elle eaux f so^‘de’ et' qu’elle n’est tachée ni par la boue ni par les ua câlines ou savonneuses.
- est be ’Crmès’ depuis l’introduction de la cochenille en Europe, c°ui aucouP moins usité en teinture. Cependant il est certaines lspour lesquelles on ne peut pas encore s’en passer : telle
- veuts et ~
- ^rrnès, oT, c'le^s> parmi les autres tributs agricoles, une certaine quantité de leni°nies r ,..recueiHait à la Saint-Jean, entre onze heures et midi, avec des cé-laint'Jeftn lieuses, et on le désignait, à cause de cela, sous le nom de sang de laine ', • ' enise» on en consommait beaucoup pour la fabrication de la cooileur o0tl(lue1 Portait le nom d'écarlate de Venise, et qui ne doit pas être con-11 lla e.i:ar^nte par la cochenille, qui a été appelée écarlate des Gobelins J>lc e> et qui n’a été préparée que beaucoup plus tard.
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- 564
- CINQUANTE-SIXIÈME LEÇON.
- que les Orientaux profèrent pour leurs calottes ou bon-nmés Fez ou Tarbouches. Ce n’est qu’avec le kermès quon
- 20. Rouge au kermès.
- est celle
- nets nommés r ez ou 1 arooucnes. Lie n'est qu'
- peut obtenir ce reflet d’un rouge pourpre que possèdent les bonnets fabriqués à Fez et à Tunis. On en confectionne de très-grandes quantités à Constantinople, en Égypte, en Angleterre, en Allemagne(Linz en Autriche,Bautzen en Saxe), et en France (Orléans, Paris, ltueil, Chatou, Condom)-
- La couleur rouge de sang, très-solide, qu’on obtient, dans les ateliers d’Orléans, avec moitié kermès et moitié garance, était connue autrefois sous le nom d'écarlate demi-graine, et le rouge pur, sans garance, s’appelait écarlate de graine, parce que l’on prenait alors le kermès pour une graine. On retrouve celte couleur de sang dans certaines parties des anciennes tapisseries.
- A Montpellier, on fait un sirop avec le suc rouge qu’on extra^ par expression du kermès récent. A Milan, à Naples, à . surtout à Florence, on prépare, avec ce suc, une espèce d eux ou de liqueur de table, d’une saveur délicate et fort agréable, ql est très en vogue en Italie, sous le nom d ’ al kermès (1)-
- III. Kermès de Pologne. — Il a les mêmes propriétés que 1° P1^ cèdent, mais il est bien inférieur à la cochenille. En Pologne»
- le fait bouillir avec de la bière aigrie, et on teint la laine a u dans cette décoction. Les Turcs, les Arméniens, les Cosaqin teignent avec ce kermès les maroquins, le drap, la soie, <l nière et la queue des chevaux. Les femmes turques en ex u ^ la couleur avec du vin, ou du suc de citron et de grenade, servent de cette liqueur pour se teindre les ongles.
- * celte
- IV. Gomme ou résine-laque. — La cochenille qui fourni
- matière vit sur des figuiers et autres arbres des Indes 01 ^ 0ù (a, fig. 533). Les femelles se fixent seules sur les jeunes branc» ^acui* elles s’accumulent en si grand nombre, qu’elles ne laissen _ ^
- vide entre elles. Là, elles se soudent au moyen d'une.nia g ^ sineuse qui provient sans aucun doute de l’arbre, pu*s j- .eunes dent et meurent. On casse les branches avant la sortie c e- J insectes, et on les fait sécher au soleil. Celle opération se a
- fois par an; la première en mars, la seconde en octobre.
- le
- i) Le kermès est la seule récolte abondante qui se fasse
- régulièrement^
- æ. . (jgfg0 ^
- Maroc, la seule à peu près qui ne manque jamais et puisse être cons^ gpilog5
- vent en
- la vraie richesse des populations montagnardes. Les AmazirgUns save.. (Montagnards) vont le vendre dans les villes. Les teinturiers marocai ^^g ck5 extraire une couleur rouge d’une qualité à l’épreuve des ans. provinces d’Alger et d’Oran récoltent annuellement 2,000 kilogr. en' o Le chêne coccifère est fort répandu dans ces provinces.
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- ÜtaBE
- ÜtaBE
- mm.
- DE LA RÉSINE-LAQUE.
- 565
- Us cellules qui adhèrentaux branches (6, flg. 533) son! mises dans commerce sous le nom de ''Mine ou gomme-laque. La Matière colorante de celle substance appartient à la co-chenille, et non au végétal •pi la nourrit, Elle se trouve l'n partie dans les débris de 'insecte, restés dansl’inté-rjcur des cellules, et en par-*'e dans la résine môme,
- lu’elle colore en rouge clair.
- On nomme laque en bâtons celle où les cellules sont encore attachées aux bran-clle$ de l’arbre; laque en titins celle qui a été dé-
- bnU.- 1
- Fig. 533.
- bchée
- "tilles, en oreilles, en tablettes, en gâteaux ou en pains, la laque en r-~’
- des branches et qui est en fragments brisés; laque en
- grains quia été fondue, passée à travers une toile et coulée en jaques minces ou en masses plus ou moins épaisses. Ces di-'<lses sortes commerciales ditfèrentpeu les unes des autres ; ce-l,L*ndant la laque en bâtons renferme plus de matière colorante ‘0llîge que les autres, qu’on en dépouille souvent pour les usages 1 e ba peinture.
- Vo'ci, d’après Hatchett, la composition chimique des laques :
- Résine........
- Matière colorante
- Lire.......
- Gluten.........
- Gorps étrangers Perte.
- Laque en bâtons 68 10 6
- 5.5
- 6.5 4,0
- Laque en (crains.
- 88,5 ..
- 2,5 ..
- Laque en écailles.
- ... 90,9
- 0,5 4,0 2,8
- 100,0
- 100,0
- 100,0
- Leau
- a Peu d’action sur la laqué, en raison de la grande résine qu’elle contient ; toutefois, l’eau froide dissout
- ra, ^abère colorante que l’eau chaude, par la raison que celle-L’ai J J *a résine, qui retient alors plus fortement la couleur, foq,, 0 en contact avec cette matière produit une liqueur d’un
- aveccll?if
- Us n ll Iïla*-'ère colorante.
- en contact avec cette matière produit une liqueur d un elloî’ Parce qu’il dissout, presque toute la résine qui entraîne
- Jl'iqucurs alcalines dissolvent facilement le principe colo-acides faibles agissent de même. Une mesure d ac.de
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- ^66 CINQUANTE—SIXIÈME LEÇON.
- sulfurique, étendue de 100 mesures d’eau, dissout dix fois plus de matière colorante que 100 mesures d’eau pure. On emploie souvent cet acide ou l’acide chlorhydrique pour faire les bains colorants.
- La matière colorante de la laque se comporte avec les sels comme celle de la cochenille. C’est comme cette dernière qu’elle
- agit en teinture; aussi est-elle en usage pour teindre la laine eu
- ----------- rouge. Elle donne des couleurs plus solides,
- quoique moins belles et moins vives. La boue, la sueur, l’urine ne les tachent pas aussi facilement; toutefois, les alcalis et le savon les
- 21. Écarlate à la laque.
- attaquent comme celles de la cochenille- t matière colorante de la laque, dissoute dans les liqueurs acide: se fixe sans mordants sur la laine.
- On en a fait usage de tout temps pour les teintures en rouf écarlate ou en cramoisi sur soie et laine, dans l’Indostan, 3 Bengale, en Perse, en Turquie et jusqu’au Japon. Les beaux m* roquins rouges du Levant sont encore teints avec la laque, avive par les acides et l’alun. Ce n’est que depuis les premières année de ce siècle qu’on en fait usage en Angleterre, en France et c Allemagne.
- de l’Angle-
- .. i/umpusc U ttlULIllUe, utî ^ , tioo
- et de résine, qu’on sèche et qu’on moule en pains. Cette pie P est donc une laque analogue à la laque carminée. Dapie 100 parties de lac-lake contiennent :
- Matières colorantes........................ -’O
- Résine.................................... • • 40
- Alumine.................................... ®
- Matières étrangères........................ .....
- 100
- On y incorpore fort souvent du sable et autres matières an pour en augmenter le poids. , ;(jcntc,e'"1
- Une autre préparation indienne, plus estimée que la P'eC ^ cn O' celle qui porte le nom de lac-dije ou lac-des-teinturiers. L eur, sur blettes carrées de 07 millimètres environ de longueur et de a^uverts3 13 à 20 millimètres d’épaisseur, et en morceaux irréguheis, ^,ungrv' l’extérieur d’une croûte tantôt rougeâtre et crasseuse, tan ^vent;-noirâtre. Sa cassure offre un intérieur d'un brun noir, verni La poudre est douce au toucher et d’un brun velouté. ^ pCu pr°,’
- La lac-dye vient de Calcutta en caisses de 80 à 130 k'l0?1'-’jalités semblables à celles de l’indigo. 11 y en a au moins de vingt q
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- DE LA LAC-DYE. 00/
- jenles; chaque sorte porte les lettres initiales du nom du fabricant. Voici es Principales marques : p WR
- hn première ligne : F M & C, <t>, AS, ^ , <&>; ces cinq mar-
- '|Ue$sont très-estimées en Angleterre; il n’en vient pas en France; leur Prix de 9 fr. à 10 fr. le kilogr. est trop élevé.
- seconde ligne : véritables DT, dont le prix est de 7 fr. le kilogramme.
- *'n troisième ligne : merzapores B, 5 fr. 60 à G fr., RB 5 fr.
- Puis les petites marques : JEC, CE, CM, GNC, FM, IbmbI. HNR, BMB,
- Petit DT, R\i^ ^T) , KCK, dont le prix varie de 2 fr. à 3 fr.
- Depuis douze ans, les consommateurs de Paris ont presque renoncé à ployer les bonnes marques, et trouvent plus avantageux d’acheter les 1 es marques qui viennent en plus grande quantité, et dont les prix : a t>0 à 60 p. 100 meilleur marché. Comme il est impossible de I 601 /t® cette marchandise autrement qu’à l’essai par teinture, il s’est j 'c de petites marques qui paraissaient très-mauvaises à l’œil, et qui .^pendant donné d’excellents résultats. C’est ce qui a engagé les tein-La/S 'A 116 p^us ^a*1C usa»e fiue des pertes marques. je . ac\dye ne paraît différer du lac-lalce que parce qu’on apporte plus feriTi'ns a sa préparation, qu’on ne connaît pas bien, toutefois. Elle ren-libieL aUSS^ beaucoup de résine, mais la matière colorante y est assez a?ent °Ur ^ ^l e un Peu alta'lu<-;e Par beau. Les acides sont les meilleurs ^acii °UV dissoudre cette matière colorante. On se sert de préférence (ac.t/ ° suifui’ique ; 2 à 3 kilogrammes de lac-lalce et un peu moins de gra Pr°duisent en teinture l’effet d’un kilogramme de cochenille. Un
- seule avantaSe dc ces laques artificielles sur cette dernière, c’est non-l’éCon Gn.^ ldus grande solidité des couleurs qu’elles fournissent, mais ilest 1?lle et la facilité avec lesquelles on prépare l’écarlate; seulement pour obtenir la même vivacité, d’employer d/6 ou d /8 Par p..i . dissolution d’étain, afin de s’opposer au ton cramoisi donné î’aciHo Vmine contenue dans ces laques, et qui se trouve entraînée par ' dans les bains.
- ont
- turiers
- autres matières tinctoriales rouges.
- e°- Oncore quelques matières tinctoriales, d’un usage beau-laiu^Us restreint que les précédentes, telles que le chayaver, de tincto/^iUe fine la garance, et dont la racine est la substance
- lante l ^ roilëe des Indiens; les graines du peganum harmala, toutes i°S s^ppes de la Crimée, qui renferment un alcaloïde que co|°rari^s factions oxygénantes transforment en une matière htcir,e r°uge magnifique qu’on appelle rouge de harmala; la 'ftnd/ne °>Cc!‘nette) Valloxane qui fournit le rouge de murexide et 'lues 'l111 produit le violet et le rouge d'aniline. Je dirai quelle in,:..8 de ces dernières matières dont l’industrie européenne
- ’haint
- Gnant parti.
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-
- üGS
- CINQUANTE—SIXIÈME LEÇON.
- 1. Orcanette.— Les racines de plusieurs plantes de la *a‘
- mille des bourraches, et notamment celles de Vanchusa tinctone (fig. 534), renferment, dans leur partie coi-ticale, une belle ma tière colorante rouge que l’on peut isole'' au moyen de l’éthe^ bouillant, de l’alcoo* ou des huiles. Ces racines nous viennes du Levant, mais principalement delAi'^ réduit maintenant à Pc,‘ ’anchusine est fort peu sc
- Fig. 634.
- magne méridionale. Leur emploi se de chose, attendu que Y orcanettine ou lide, et que, d’ailleurs, elle est insoluble dans l’eau.
- L'anchusine jouit de propriétés si manifestement acides, 1 Pelletier l’avait nommée acide anchusique. Hausmann est Ç r mier qui ait teint le coton au moyen de l’orcanette, en gIls \
- ces
- 22. Lilas « Corcanette. 23. Violet d’orcanette.
- e mordant de fer, en lilas et en violet par le mordant d’alumiuei °ÜU^rS résislent iUS(Iu,à un certain point aux chlorures
- et autres agents chimiqu^' mais elles sont peu stah à la lumière, aux acides au savon. Ce dernier les a , . , , virer au bleu. On sc se
- pour teindre d’une dissolution alcoolique faite avec 62 grande d orcanette par litre d’alcool à3o<>.
- Ce sont surtout les parfumeurs qui utilisent cette racine P0111 colorer les huiles et les graisses^
- 2. Alloxane et murexide. — L’acide propre à l’urine ^ homme, que Scheele découvrit en 1776 et qu’il nomma”’ urique, peut être métamorphosé par une légère action oxyda’’ ’ en un corps blanc, salé et astringent, très-soluble dans l’eaU,|'L tallisant en beaux prismes à base rectangle ou en octaèdres so mineux, que Brugnatelli décrivit en 1817, sous le nom d erythnque, mais que MM. Wœhler et Liebig ont nomme \ récemment alloxane.
- Le meilleur procédé pour l’obtenir consiste, d’ap1*^^^
- ton*
- gory, à mettre dans un vase, maintenu dans de l’eau, gram. d’acide azotique d’une densité de 1,41, et à y *aU ^giÈ1' peu à peu 1,200 gram. d’acide urique sec, en ayant soU1
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- ALLOXANE ET MUREXIDE.
- 569
- continuellement pour éviter l’agglomération du mélange, et d attendre, après chaque addition d’acide urique, que l’effervescence s°itapaisée. On abandonne ensuite le vase dans un endroit frais Pendant 24 heures, et l’on recueille les nombreux cristaux forcés sur un entonnoir bouché avec de l’amiante ou du colon-poudre. C’est de l’alloxane anhydre, qu’on purifie par une nou-vel!e cristallisation dans l’eau chaude ; elle est alors hydratée. IJn en obtient 102 parties pour 100 d’acide urique.
- Anhydre, l’alloxane est représentée par C8H4Az2010.
- Cristallisée en prismes, elle contient 8 équivalents d’eau; en octaèdres, elle n’en renferme que 2.
- La dissolution d’alloxane rougit le tournesol et colore, au bout ,Je quelque temps, les tissus animaux en rouge pourpre. Quelques pattes d’une solution de couperose lui donnent une teinte de teu indigo. Sous l’influence de l’ammoniaque, elle se trans-pnie en une belle matière colorante d’un rouge pourpre, que le ' °cteur Prout nomma, en 1818, acide purpurique, et qui estactuel-cpent connue sous le nom de murexide depuis les travaux de p AVcehler et Liebig.
- tour obtenir cette matière colorante avec facilité on verse
- --«i ujjtenir cette nnuiere cuiutautc «»w ...
- patte à goutte du carbonate d’ammoniaque dans une solui ^aillante d’alloxane jusqu’à ce que la liqueur ait une 'Bp °teuv ammoniacale. Pendant l’opération, il se dégage de aci phonique, la liqueur se colore en pourpre à chaque addition ,lu réactif et se trouble bientôt en déposant des cristaux de mi -
- cexide
- Les cristaux sont des prismes quadrilatères d’un vert d or mé [f'‘que comme les élytres de la cantharide, mais ils paraissent
- sont
- Un rouge grenat par transmission ; leur poudre est rouge, ils
- P représentés par la formule = G12fl6Az506. a murexide est très-peu soluble dans l’eau, toutefois elle la j\°re fortement en rouge, à cause de sa grande richesse tincto-Pe- Plie est insoluble dans l’alcool et l’éther. Elle se dissout /Uls les eaux alcalines en leur communiquant une belle nuance (l^Ue’ ma^s par la chaleur celte nuance disparaît par suite de la ^Position de la murexide.
- dissolution aqueuse se comporte ainsi qu’il suit avec les réac-
- Azotat» ,i„
- ébuliit- e ®0U(le (par 1 . ,
- U°n).............. ( précipité rouge peu soluble.
- él)ünve Potasse (par i
- *ution)....... | précipité d’un rouge brun.
- dorure décala ( précipité rouge d’écrevisse, soluble dans l’eau
- euXsolm tps | bouillante qui devient d’un beau rouge
- UXs°lut. bouillant).
- pourpre.
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- CINQUANTE—SIXIÈME LEÇON.
- Chlorure de baryum......précipité vert foncé.
- Sels de zinc............ — jaune d’or.
- — de bismuth............. — orange.
- , , ( précipité d’un beau rouge pourpre. La solu‘
- Bichlorure de mercure. < ,• ,, , ... ° 1 .
- ( lion se décoloré entièrement.
- Azotate de protoxyde de ) ........ , „ . .
- mercure > précipité violet, complètement însoiume.
- . . , j | -î ( la liqueur se colore en rouge rosé, mais san>
- Azotate de plomb......| dûSnei. do précipité.
- Sels d’argent...........précipité violet.
- Bichlorure de platine...pas de précipité, mais la liqueur devient jaun *
- Prout qui, en 1818, fit connaître les belles couleurs que Pu sentent les sels d'acide purpurique, indiqua l’emploi en peinl1^ du purpurate de chaux, et il recommandait d’appliquer ce s à la teinture de la laine et des autres fibres animales. Mais i fallu quarante-cinq ans pour que l’industrie s’emparât de ce ^ idée; il est vrai que le haut prix de l’acide urique, qui a va*lL'l|., qu’à 200 fr. le kilogr., tandis qu’aujourd’büi il ne coûte que 1 ^ depuis qu’on sait l’extraire du guano, a présenté le plus obstacle à la mise en pratique de la belle découverte du c miste anglais. jt
- Ce sont MM. Sacc et Albert Schlumberger, de Mulhouse, q en 1853, ont eu la pensée de faire servir la murexide en tein^;ijS Ils opéraient'sur laine, non avec la murexide toute formée, 1 ^ avec l’alloxane. La laine, mordancée avec le bichlorure d l’acide oxalique à parties égales, ou même sans avoir reçu a ^ préparation, était imbibée d’une solution d’alloxane, sc^(](ie une douce chaleur, puis abandonnée dans une atmosphère c et humide, ou mieux exposée à des vapeurs ammoniacs ^
- fortes. Il se produit, dans ces conditions, une magoifique j]je amarante, plus belle que celle qu’on obtient avec lu eu ammoniacale ou les bois rouges. Il suffit de laver à 1 eau pour donner à la nuance tout son brillant. . par-
- Depuis, MM. Depouilly, Lauth, Meister et Petersen s0je venus à résoudre le problème de la teinture de la laine, ^ g \e et du coton, directement avec la murexide qu’on trou' jg- ^ commerce au prix de 50 à 60 fr. le kilogr. Au moyen ccs '
- 24. Amarante de murexide sur laine.
- 25. Rouge à la murexide 26. Orange sur soie.
- de mW
- •exide-
- ,’mi PIoIlgC
- mercure et de plomb dont on imprègne les tissus, qu » ensuite dans une solution de murexide à 30 à 40°, on ° a]CaÜs beaux rouges pourpres qu’on fait virer au violet par
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- ANILINE ET DÉRIVÉS COLORANTS.
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- 011 le savon; avec les sels de zinc, on obtient des jaunes et des orangés.
- Malheureusement les couleurs à la murexide sont très-peu so-u es’ puisque, sous l’influence de l’humidité, elles sont détruites pur l’air, la lumière, une chaleur de 80°, les vapeurs ammonia-lilles> l’hydrogène sulfuré; qu’elles sont attaquées par les acides, cs ulcalis, le savon, et qu’elles sont même tachées ou altérées l)a>'le café, le vin, la transpiration, etc.
- 11 est fâcheux qu’il en soit ainsi, car cette matière colorante Possède une telle énergie de coloration qu’un décigramme fournit jure de couleur d’impression; c’est donc une des couleurs les ,.ülns chères. C’est surtout pour les tapis, les tentures, les brode-( s en laine que le rouge pourpre de murexide peut offrir quel-iues avantages sur la cochenille.
- ro a ^ne étant la seule fibre textile qui puisse se teindre eu BePar la dissolution d’alloxane, il s’ensuit qu’on peut se servir cctle dernière substance pour distinguer la laine de la soie 'nie, d’ailleurs, de toutes les autres matières filamenteuses.
- , 1 *on plonge, en effet, dans une dissolution d’alloxane des cveaux ou des tissus de diverses natures, qu’on les exprime et °‘J les sèche dans une étuve, ou môme devant le feu, voici ce
- flue
- °n observe :
- La auie prend une couleur amarante foncée;
- Le S0le ne fait que se colorer en jaune rosé ; hvatM°(!°n e.* Unlllî prennent qu’une teinte jaunâtre, que le moindre 'ait disparaître.
- State ^0urra donc, en se basant sur cette différence d’effets, con-si ^hcment si un tissu desoie est falsifié avec de la laine, et lssu de laine est falsifié avec du lin ou du coton.
- dit tn,XlUNE ET SES dérivés colorants. — L’aniline est, je l’ai déjà nfi^V.^aloïdeartificiel, liquide et volatil. Signalée pour la pre-lnotj °ls’ 1820, par le chimiste suédois Unverdorben, dans les di&o la distillation sèche des matières animales et de l’in-lilljti ^llS SLlccessivement reconnue dans les produits de la dis-Hati0un (^e la ^ouHle> du goudron, et procréée par la désoxygé-%,ir <e certains composés nitrés, elle a reçu une foule de noms s.: C)'istalline, aniline, kyanol, benzidam, amide phénique, l’opijii nnnG, phéniliaque,phény-ammoniaque. Tous ces noms, dans %dre ^ de leurs auteurs, s’appliquaient à autant de principes tw.. s; mais un examen plus approfondi a prouvé qu’après uue
- Cation
- convenable, tous ne constituent réellement qu’urit
- ^tV(\a^ôme substance alcaline, G12H7Az, à laquelle on a con-'(tty e n°m d'aniline, qui rappelle le nom portugais de l’indigo,
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- 0i2 CINQUANTE—SIXIÈME LEÇON.
- Pure, c’esl un liquide incolore, pourvu d’une saveur brûlante, d’une densité de 4,028 et bouillant à -f- 182°; très-peu soluble dans l’eau, il se dissout, au contraire, en toutes proportions, dan? l’alcool et l’éther. Il forme des sels cristallisés avec les prillC1' paux acides. Tous les agents d’oxydation (acide azotique, hjP0' chlorites alcalins, bichromate de potasse et acide sulfurique, eto, développent avec cette base une belle coloration d’un bleu violai intense; tandis queles chlorures et les sels d’étain, de mercure-de fer, et certains agents réducteurs: tels que le sesquichlorure carbone, l’iodoforme, etc., produisent avec elle une belle couler rouge.
- Avant 1856, l’aniline n’était qu’un produit de laboratoire, dM les procédés de préparation, assez nombreux, étaient tous dispendieux. Un jeune chimiste anglais, M. Perkin, en tirant pa des faits signalés parM. Béchamp, parvint à rendre industrie e^‘ fabrication de cette substance, qui ne revient plus qu’à ^ le kilogramme. Voici quel est son mode opératoire: .
- On mélange dans une cornue de fer 100 parliesde nitro-benzi à 100 parties d’acide acétique du commerce, puis on ajoute p peu environ 200 parties de limaille de fer préalablement dec' l^ dans une solution de soude caustique. Bientôt la masse s’écha ^ s’épaissit et se boursoufle. Lorsque la réaction est terminée, distille les trois quarts du liquide; on verse alors dans ^a,.f°asSe un lait de chaux très-épais, et on chauffe à siccité tant qu i P‘ ^ des produits à la distillation. On ajoute à ceux-ci un exC potasse caustique ou carhonatée en solution concentrée, ou ^ drate de chaux en pâte. L’aniline hydratée se sépare e nager à la surface; on la recueille et on la purifie par a lation. . AhflUC,
- Dans ce procédé, le fer, sous l’influence de l’acide ac^ f enlève tout l’oxygène contenu dans l’eau et la nitro-benzme^i ^ passer à l’état de peroxyde, tandis que l’hydrogène de .^‘^peu-composée, en se fixant sur le restant des éléments de la m ^j. zine, la métamorphose en aniline. Cette théorie est ren dente par l’équation suivante :
- C,sHsAz04 -f- 2110 -f 4Fe = 2(Fe203) + C12H7Az
- nitro-benzine. aniline-
- en
- L’aniline est devenue, depuis qu’on sait la fabrique ^nles v'°' la matière première d’une ou plusieurs matières co o ^ pwf1' lettes (aniléine, indisine, h armai nie, pourpre dyandllie^ lygjen1-rine, violet d’aniline ou violine, phénaméine), d’üne ^e[.ses, ^ matières colorantes rouges, présentant des nuances ^ puis le carmin le plus riche jusqu’au rose le plus
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- MATIÈRES TINCTORIALES ROUGES.
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- o.zaléine, roséine, mauve d'aniline, rubine, fuchsiacine, rouge yniline, cristallinéine, etc.), et enfin de matières colorantes )runes, bleues, vertes et jaunes (acide picrique).
- H règne encore une assez grande incertitude sur le mode de ormation et l’individualité de ces différentes matières colorées. ans l°us les'cas, les teinturiers et les indienneurs se sont em-Kessés d’utiliser plusieurs de ces matières colorantes artificielles. :ncc moment, je ne vous parlerai que du violet d’aniline ou in-!S!”e> et du rouge d'aniline ou fuchsine, me réservant de vous si-gnaler les matières colorantes bleues, après l’étude de l’indigo.
- • | Violet d'aniline ou Indisine. — C’est M. Perkin qui, le premier,
- 0 a celte matière, résultant de Paction des agents oxydants sur aillfine, et qui fit l’examen de ses propriétés tinctoriales. Ses xPériences datent du commencement de 1836, elle brevet qu’il ri °n Angleterre est du 2 février 1857 ; son procédé de fabrica-est le suivant:
- I' n ^ dissoudre à froid dans l’eau 100 parties de sulfate d'ani-» °n y ajoute 33 parties de bichrômale de potasse, et on laisse pendantlOà 12 heures. Il se faitpeuà peu un dépôt ]ej 0nsistant en indisine et en une matière brune résineuse. On >'7 0n le dessèche à 100° : on le traite alors par de la benzine t e ‘’huile de houille qui dissout la matière résineuse, sans di 'erdla matière colorante violette. On purifie celle-ci en la la - Va.nf dans l’esprit de bois ou l’alcool; on filtre et on évapore résid l0n >à flans une cornue chauffée au bain-marie. Le
- I ^ ^ Vl0^e^ d'aniline ou l'indisine. ti0n ^hrômale de potasse peut être remplacé, dans cette réac-reux f<ir cl1l°rure de chaux, le chlore dissous, l’acide chlo-de J florale de potasse, le peroxyde manganèse ou le peroxyde l’acide 6n présence cl'un acl(le’ le permanganate dépotasse, oxydantazollcIue> et probablement encore par d’autres agents ganate T ^revHle (Williams) donne la préférence au perman-c*pite jf P°lasseJ parce que, outre la matière violette qui’se pré-comn) -resle en dissolution une matière colorante qui peut L’jn>nifiUer à la soie une belle couleur écarlate. fexidc • <îuancl dle est pure et sèche, ressemble à la mu-s°luble Ve Co*ore l’eau on violet intense, quoiqu’elle y soit peu oes meilleurs dissolvants sont l’alcool, l’acide acétique,
- Eli
- Sérine
- l’esprit de bois, l'acétone, l’aniline, l’acide tarlrique.
- VjI’q . -"fui uc nuis, i (ii/ciuuc, i (umiuC) i auuc wi uujui/.
- enb(!$- f>U ^*eu les acides chlorhydrique et sulfurique con-D’apr\ ‘‘^dion d’eau rétablit la couleur violette.
- C°rPs i S , • Persoz, de Luynes et Salvetat, l’indisine est un CaPable ^ ^ la'l semblable à l’indigo, facilement réductible et e se réoxyder sans altération : ce serait un véritable
- lr>di
- '9° violet.
- H.
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- 574
- CINQUANTE-SIXIÈME LEÇON.
- L’indisine sert fi obtenir sur la laine et la soie des pourpres, (Ie' violets et des lilas d’un magnifique éclat, susceptibles d11111 grande variété de nuances, mais qui se modifient à l'air et change11
- Violet d’aniline sur laine.
- 28. Pourpre d'aniline sur coton.
- de ton, même assez rapidement. -I gramme de cette substan peut servir à teindre 6 mètres carrés de soie. En l’associan^ carmin d’indigo, on obtient un bleu violacé magnifique. Les turcs sur laine et soie n’offrent aucune difficulté, puisque SL1 de délayer la couleur dans l’eau chaude, et d’y passer ensui tissus non mordancés pendant 20 h 25 minutes; on lave eus Pour le coton, il y a plus de difficultés; il faut d’abord morda11^ le tissu avec u.n oxyde de plomb ou, mieux, avec de l’amu ^ fi raison de 50 grammes de cette substance par litre \je MM. Franc et Tabourin emploient de préférence le biphospha chaux. Le coton préparé comme pour le rouge des Indes P1 des nuances plus solides et plus belles que par tout autre J p B. Rouge d’aniline ou Fuchsine.—Un autre dérivé colore ,
- line a été entrevu par M. Hoffmann, de Londres, mais ne ® g0„ indiqué et préparé par M. Verguin, de Lyon. Ce dernier ce ‘ ^ procédé à MM. Renard frères, de la même ville, qui le fr.ejjonnè-vêler en France le 8 avril 1859 ; ce sont ces industriels qul^ gjIïlp rentau nouveau produit le nom de fuchsine pour rappela1 a litude de sa couleur avec celle de la fleur des fuchsia. .joe; Voici l’un des modes opératoires qui peuvent fournir la^ ^
- On chauffe pendant 15fi20 minutes, dans une marmite f cj émaillée, fi une température de 200°, 100 parties da^. j’a-
- eut da111
- u
- en couches très-minces qu’on aperçoit sa belle nuance I(ju^uilnt liquide, abandonné au refroidissement, s’épaissit, ^eVlGI filtre,el et comme gélatineux. On le traite par l’eau bouillante, °* ^po' en y ajoutant une solution concentrée de sel marin, on 1 jans séria fuchsine à l’étatsolide, parce qu’elle n’est pas so ^jlration* les dissolutions salines. On la sépare par décantation ou . |orlire Le bichlorure d’étain peut être remplacé par Üps ro^ de mercure, le perchlorure de fer, les azotates des mem et une foule d’autres composés métalliques.
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- MATIÈRES TINCTORIALES ROUGES.
- 575
- La fuchsine est sons la forme de paillettes non cristallines d un vert métallique éclatant. Elle est peu soluble dans l’eau à laquelle die communique une belle couleur rouge; elle se dissout avec ta môme couleur dans l’alcool, l’esprit de bois et l’acétone. Elle tanne avec les acides des composés cristaliisables dont les dissolu-Hons sont rouges lorsqu’ils sont neutres et jaunes en présence (‘un excès d’acide. Elle se dissout dans les alcalis caustiques et ead>onatés en perdant sa couleur, mais celle-ci reparaît par l’in-Invention d’une quantité convenable d’acide. Elle se comporte °nc tout à la fois comme une base organique et comme un acide.
- La fuchsine se distingue nettement de l’indisine parce qu’elle se dissout dans l’ammoniaque, dans l’acide sulturique qu’elle
- colore
- en jaune, et parce qu’elle est décolorée par l’acide sulfu-
- |re,lx> tandis que l’indisine est insoluble dans l’ammoniaque, co-Ç en bleu l’acide sulfurique en s’y déposant et résiste à l’action
- de[tacide sulfureux.
- ro * fuc^s‘ne donne à la laine et à la soie toutes les nuances du s pur sans le secours d’aucun agent. 4 grammede cette
- s ance en dissolution dans l’eau peut teindre 2 mètres -carrés
- &mm
- il IIËÉi
- -9- Rouge de fuchsine
- sur laine.
- 30. Rose Solferino.
- rose61 avec rcsidu 011 peut encore teindre 2 mètres en |leüt‘ 'e ne colore le coton qu’autant qu’il a été albuminé. Mal-trèJUSerûent’ ^es rouges et les roses de fuchsine ne résistent pas m^m°n®leniPs ù l'insolation. Quoiqu’il en soit, ils ont détrôné les viCeses nuances au safranum, et ils rendent déjà de grands ser-rti0llsa^x fabricants de fleurs artificielles pour la coloration des les ]j0 Vllcs’ .iaconas ou tulles qui servent à imiter les pétales et lant p-\rpns rose* La teinture des plumes en tire aussi un bril-
- linctoj.\°|Uve ^ans commerce de Paris et de Lyon des liqueurs chaU(ie‘l GS loules préparées et qu’il suffit d’ajouter à de l’eau ou ^ P°ur avoir immédiatement des bains colorants pour violet rouge d’aniline.
- bières Waf,®res rouges artificielles.— Dans ces derniers temps, plusieurs States ,?u8°s distinctes ont été produites dans les laboratoires des chi-I U sui^na^es ^ l’attention des praticiens. Ainsi : llSant ré;i!v a,!ce résinoïde de couleur orangée que Bunge a obtenue en* 1 Bu-1 iiuile de houille sur les alcalis, et à laquelle on a donné
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- 576 CINQUANTE-SIXIÈME LEÇON.
- le nom d’acide rosolique, fournit avec certains mordants des couleurs et des laques rouges qui peuvent rivaliser pour la beauté avec celles de garance et de cochenille. D'après M. Jules Persoz, qui s'est occupé de ces acides au point de vue de la teinture, la laine et la soie alunées sont colorées par lui en un très-bel orangé qu’on vire au rouge-cerise par l'eau de baryte chauffée à + 25°.
- 2° L’alcaloïde incolore et cristallin, eonnu sous le nom de naphty^ mine et qui dérive de la naphtoline, peut, d’après M. Perkin, donner naissance en présence de l’azotite de potasse a un principe rouge. Au moyen de l’alcool qui se dissout, on l’obtient en petits cristaux très-foncés d’un reflet vert métallique comparable à celui de la murexide. Gerbardt a désigné ce principe colorant sous le nom de nitrosonaphtyline. On le P10' duit directement sur les laines et la soie, et on en teint les fibres d’une manière très-solide, en les trempant successivement dans un bain chau de chlorhydrate de naphtylamine et dans une solution étendue et froide
- d’azotite de potasse. Les nuances varient de l’aurore au rouge
- marron
- intense avec l’état de concentration et le degré d’acidité des liquem=• ^ 3° La naphtaline traitée par l’acide azotique et changée en ce <1 appelle la binitronaphtaline, peut, d’après M. Roussin, engendre1" produits colorés en violet, rouge et bleu de la plus grande rie ’ lorsqu’on la soumet à l’action des agents réducteurs, et entre a ^ des sulfures alcalins, du protosile d’étain dissous dans les alcalis
- tiques. . urss’aug-
- Voilà quelques-unes des conquêtes récentes de la science ; eut -monteront encore par suite des recherches multipliées qu on P lu. dans cette voie féconde. Dans un avenir prochain, la palette du s rier et de l’indienneur s’enrichiront de nouvelles et brillantes c ^ que les fabricants de produits chimiques livreront à des prix as-pour en permettre l’emploi général.
- 1. Matières tinctoriales jaunes.
- u
- Les principales sont : le cureuma, le fuslet, le bois Jaun quercitron, la gaude, les graines jaunes, le rocou. D atilres’ yfr emploi plus restreint, sont : le suc d’aloës; l’acide Picrl , pine-vinette, le safran, le purrée ou jaune indien, la SlllJ genêt, la camomille, le fenugrec, etc.
- CURCUMA. ifi
- Le curcuma, nommé aussi terra mérita, souchct °a . L0rfade Indes, est une plante des Indes Orientales, 1 q curcuma v M. Guibourt (fg. 535), dont la racine grise ou jaunâtie ^ o(jeiii rieur, d’un jaune orangé foncé ou rouge à l’intérieur, jj]e forte et d’une saveur chaude et aromatique, est remai \. ^celll l’abondance de son principe colorant. Celte racine ou I ^ j^br1 tige souterraine est tantôt cylindrique, allongée, tan jeS 0° cules ronds de la grosseur d’un œuf de pigeon; ^
- minalions commerciales de curcuma long et de curcum
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- MATIÈRES TINCTORIALES JAUNES.
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- H vient du curcuma du Bengale, de Java, de Batavia et de Bar-tados.Le plus estimé est celui de la première provenance (1). n le vend aux teinturiers après qu’il a.été réduit en poudre line; celle-ci est remarquable par sa couleur Rangée et son odeur très-forte; il faut qu’elle soit exempte de sable;
- 0nle reconnaît par la lévigation.
- Vogel et Pelletier ont isolé, en mis, la matière colorante spéciale cette racine, la Curcumine, en 1 épuisant par l’alcool bouillant, et
- [^Prenant l’extrait alcoolique par l’élhe
- f°urnit
- eL mais ce mode d’opérer ne
- jamais la matière pure. Il
- Fig. 535.
- est préférable, comme l’a constaté ' ' ^Çpage, de Gisovs, de débarrasse d abord le curcuma de son huile volatile et de la majeure partie de - •
- ses Principes résineux en le traitant à deux reprises par le sul-£aii Carbone; on sèche la poudre et on l’épuise par une eau
- , llne ; en saturant ensuite celle-ci par un acide, on en précipite a curcumine qu’on purifie par l’éther. L’évaporation spontanée de Solution éthérée fournit la matière colorante en petites lames jrinces, inodores, d’un brun cannelle, qui prennent une belle cou-fiUr jaune par la trituration.
- -acurcumine est très-peu soluble dans l’eau, même bouillante, j e est si sensible à l’action des alcalis que la plus petite quantité e.Ces agents la fait virer au rouge brun; voilà pourquoi les chi-lsjes emploient si( souvent, comme réactifs, la teinture et le apter de curcuma. Comme cette racine est très-riche en couleur St,1 ne orangé , on en fait l'Uenl usage pour teindre cui,^aP’ers> les bois, les les vernis, les pâlis*
- ^ le beurre les frn- 31. Jaune de curcuma. 3ï. Jaune de curcuma riagpc i_ t ’ traité par un alcool.
- lesbudes, les pom-
- sVnes’ el comme couleur de fond pour les dorures. Les Indiens On 1 SGrycot à aromatiser et à colorer le riz dont ils font, comme se t >,Sab’ 'eur principal nourriture; c’est encore avec elle qu ils I>^t la peau.
- est regrettable que le principe colorant du curcuma ait si peu
- jijl tài 1857
- 'b,‘82 tji ’ nous avons reçu, en France, principalement des Indes anglaises
- ofammes de r.nmima
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- CINQUANTE—SIXIÈME LEÇON.
- de solidilé, et ne puisse en acquérir par les mordants, car aucun végétal ne fournit un jaune doré ou orangé aussi éclatant que cette racine. La soie et la laine prennent mieux sa couleur que le coton et le lin. On l’utilise quelquefois pour donner une nuance orange à l’écarlate, pour dorer les jaunes de gaude, de bois jaune, polH faire des verts sur laine. Mais toutes ces teintes ne se soutiennent pas longtemps; les verts deviennent bientôt bleuâtres. —DansleS fabriques d’indiennes, il est employé à donner une nuance de soie écrue au blanc des imitations de foulard orange et noir.
- FUSTET.
- Le Fustet, Fustel ou Fustic, souvent nommé encore boisJnune
- de Hongrie, est un arbrisseau du genre des sumacs, Rhus coti^
- des botanistes (fig. 536), qui croît à la Jamaïque, à Tabago, da^
- Tes autres Antilles et dans les parties méridionales de l’Europe
- de la France. C’est son bois qui est employé en teinture. , ^
- Tel que le commerce le présente, le bois de fustet est f°rme _
- souches et de branches tortueuses, de 27 millimètres de a
- mètre environ. Il est pourvu d’un aubier blanc, poreux, que
- vers attaquent facilement, et d’un cœur assez dur, d’un J:U‘ ,
- foncé, à la fois brunâtre et verdâtre. Les grosses souches, sc
- et polies, offrent, comme a
- cine de buis, des dessins e ^
- couleurs variées qui les 1011 es
- chercher des tourneurs e
- tabletiers. Le tronc et la s0UsC(l|
- ne font quelquefois qu un ^
- morceau, ce qui indique131 I
- est plutôt arraché que C°UP '
- On trouve aussi du fus e 1
- venant de troncs cyliudrl(l et
- réguliers, dépourvus dau
- ayant cependant encoie a ^ ^
- limètres de diamètre, mal [
- • 0COlO“
- moins riche en principe que le précédent. ts de
- Le fustet arrive en p^i ^exY baguettes, en brancms ce; dues, dépouillées de leu' en quelquefois, mais ra sSes-tiges tortueuses un II faut le choisir sec, d’un beau jaune, dépouille de so Le fustet d’Amérique est préféré au fustet d’Italie. ^e,
- Ce bois contient une matière tinctoriale jaune, une r^a^ine, a0111 une matière brune et un principe astringent. La rnatièie J
- Fig. 53G.
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- n'ee fusline, est cristallisable, soluble dans l’eau, l’alcool et l’éther. Les aca*‘s donnent immédiatement une belle couleur rouge, et, seule, au contact de l’air, elle se colore rapidement en s’oxygénant.
- Lî» décoction de fustet, qui a une teinte jaune orangé foncé, se com-l'°dc ainsi qu’il suit avec les réactifs :
- ^*llde potasse... La fait passer à un très-beau rouge sans précipiter.
- Ammoniaque....... ld. Id. Id.
- 1111 de chaux, do ( ....
- baryte... < Memes coloration et précipité.
- étain.......Précipité en flocons d’un orangé rougeâtre.
- , Un............. En affaiblit la couleur et la précipite légèrement.
- ‘Lite de plomb. . Précipité en flocons d’un rouge orangé.
- e ,lte de cuivre.. — d’un rouge marron.
- Sulfate ferrie > ( ^ Passer au vei’t °l‘ve et précipite des flocons
- A-, 1 "**( bruns.
- ç;,Cüs........... Trouble léger; la couleur passe au jaune verdâtre.
- qi I lne......... Précipité floconneux roux.
- 0,Ure de ba-( Flocons roux verdâtres, peu solubles dans l’acide “Urn.............j azotique.
- ^ZC)tate d’argent I Précipité d’un roux brun, peu soluble dans l’acide
- Chlor(, "l azoti<lue-
- ............ Précipité et décoloration partielle.
- ja^*n ernpl°ie le fustet dans la teinture des laines ; mais la couleur ^ jle orangé qu’il donne avec les mordants ,1-- est très-fugace. Associé à la coehe-aur ’1 seid >à ^ûre fles écarlates jaunes, des W les> des capucines, des orangés, qui ont.
- (*e ^eu5 niais qui passent au rose 33. Écarlate jaune au les cintact de la lumière, et au rouge par
- Usas °t S savon- Sün^ surtout les peaussiers qui en font etnr° • Seid en Turquie etdans le Tyrol pour tanner les cuirs fins, lnciPalementceux qui doivent être teints enjaune ou en rouge.
- j BOIS JAUNE.
- Dièt^pls ^aune ou Mûrier des teinturiers, Bois de Brésil jaune, de ia Usf tcdes Anglais, est le tronc d’un arbre 037^des 01>ties, le Morus tinctoria à la t. ’ fiu’on trouve au Brésil, au Mexique,
- Vsa“>«que,àTabagoctâCuta.
- . 11 a plusieurs espèces dans le commerce : (mrjsm
- . ‘‘Ois (ln ri c\ \\ :vr .*;W
- f'&ctej d’u (j,a — Le bois est dur, pesant, cornue, (>t (j,ri e*lérieur jaune quand la coupe est fraî-, IcriguJ!'1. iaur,e noirâtre quand elle est vieille, pâtres 0r 0U ®h‘e jaune et parsemé de filets rou-
- |l4n,U c°ntient" Quand1 Ü esl d’,ltl,jaune serin 0,1 Fig. 537
- 1 vient • UU rri0Uls de parties colorantes.
- nu, en grosses bûches, généralement rondes, dont le poids
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- __Ti-"1 vive que celui de Cuba; il contient moins de Darlies colo-
- C1NQUANTE—SIXIÈME LEÇON.
- ilogrammes, quelquefois fendues < iux deux bouts.
- 2. Bois de Tammca. — C.n Enicnct x —
- d’un brun noirâtre.
- On ne reçoit plus que très-rarement cette sorte de bois dont les f"ieî paraissent épuisées. Il est remplacé par l’espèce suivante.
- 3. Bois de Tuspan. — Il provient de nouvelles coupes exploitées ' un point de la côte à 120 kilomètres nord de Tampico. — Ha les caractères que le bois de cette dernière provenance, mais sa qualité préférée. — Il est en billes ou bûches plus courtes, assez fortes, sC,e 3 perpendiculairement, d’une longueur de 75 à 85 centimètres.
- De Carmen, il vient aussi du bois jaune assez estimé, qui peut pieu rang après le Tuspan.
- 4. Bois de Côte-Ferme. — On comprend sous ce nom tous les
- jaunes provenant des Antilles, qu’on distingue ensuite en bois de ZdV ’ de Cartkagène, de iïlaracaïbo, de Santo-Domingo. — La longueur paisseur des bûches varient selon les usages de chaque contrée , ^
- toutes les dimensions sont bonnes, dès que la couleur jaune est '1U, le rendement en teinture abondant. ,ipUis
- b. Bois jaune de Fernambourg. — Cette espèce n’arrive que ^ très-peu de temps sur les marchés français. — Il est ordinairem ^ bûches d’un faible diamètre, d’une bonne couleur, mais if cs noueux, ce qui en rend la trituration difficile. — Il tient le rm 1011 le Santo-Domingo et le Tuspan. _ .01lS;il
- 6. Bois des Indes orientales. — En bûches de très-fortes dimçm ver-est filamenteux, plus léger que les précédents; sa couleur est ja1^ »ej dâtre. 11 contient peu de matière colorante, aussi n’est-il emp10. ébénisterie. . jr coi"'
- Quelle que soit la provenance du bois jaune, il faut le ch0.1 e ga-pacte, dense, non piqué, offrant dans l’intérieur une co.u'cU1].J)„goâti’ei rancée, autrement dit parsemée d’une infinité de petites lignes . |Ci tirant sur l’orangé ; c’est là un indice certain de richesse l‘nc,(f qanipicd
- On trouve souvent-, dans l’intérieur des bûches de Cuba, si"
- et de Tuspan, une matière pulvérulente jaune ou d’un blanc la couleur de chair, et une matière rouge dont l’aspect es Cette poudre est très-riche en matière colorante. fflir"5.
- On vend fréquemment les bois jaunes en poudre et cn^|orants> M. Chevreul dit qu’il existe dans ces bois deux principe^ capables de teindre en jaune les étoilés alunées; ü ^eS .^gg Je sC morin jaune et morin blanc. Tous les deux sont suscep ^ de' sublimer en cristaux. La dissolution aqueuse du rnoiin ^ ce\\e1^ vient verte par les sels de peroxyde de fer, tandis roUrl morin blanc acquiert, par le même réactif, une cou marron.
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- MATIÈRES TINCTORIALES JAUNES.
- 581
- Sulfdte
- Tous deux sont facilement altérables par l’air qui leur donne une teinte rousse, en les oxygénant. Le morin blanc serait le prin-c,pe colorable qui n’a pas encore subi l’influence de l’air; le |no,injaune serait le premier degré d’oxydation de ce principe ou jl véritable matière colorante, et le principe rouge en serait le ernier degré d’oxydation.
- 1 - Wagner qui, en 1851, a étudié le bois jaune, considère lllme des acides les deux marins isolés par M. Chevreul et les ^ ni nie acide morique (morin blanc) et acide rnorintannique (mo> njaune) ; ils sont isomères. D’après ce même chimiste, le dépôt lUla lieu dans la décoction de bois jaune qu’on laisse refroidir, * impose, d’acide rnorintannique et de morate de chaux, et e premier de ces deux principes qui constitue la plus j„ e Partie de la poudre qu’on observe au centre des bûches de ce bois.
- La décoction de bois jaune, qui est sans odeur, pourvue d’une céac'tifani^re astringente, se comporte ainsi qu’il suit avec les
- Chair S0^UL'CS* • • • Virent la couleur au jaune orangé brun verdâtre.
- ^ide^VuirÙHqûê ‘i' ^
- AGotique,oxaliq. j Lt-!ger précipité.
- Alu^ accttque... Pâlit et éclaircit la liqueur.
- .... Précipité jaune-serin.
- Colore en brun olivâtre et y détermine un précipité noir-olive.
- Précipité vert foncé.
- — jaune.
- — jaune doré.
- — jaune orangé.
- — jaune brun.
- — floconneux, d’un jaune orangé.
- Précipite légèrement, y développe une couleur rou-
- ( geâtre, qu’un excès de chlore tait disparaître.
- laine ^0's ^aune est principalement employé pour teindre la vert * n°n Paiement en jaune avec les sels d’alumine, mais en noir Ver*,'05ve, bronze et
- l’indjr,( °ncurremment avec cuivre0’ GS Se^s ^er
- lrel m-atières
- lies ()0 , Lunq à six par-
- leludreCe Absent pour qu’il fu en jaune citron seize parties de drap. Les couleurs jaunes ldalièreUrnit SOn*' ll'ès -belles, mais elles passent au roux à l’air. Sa c°loranie a beaucoup de tendance à s’appliquer sur les
- ferrique..
- Sfate de cuivre, fce d’étain. Acé/l' 6 Pétain. LCtate de plomb
- «ïtinc4;
- Chlorg
- de cuivre
- 34. Jaune 35. Vert
- sur laine, au bois jaune.
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- 382 CINQUANTE-SEPTIÈME LEÇON.
- toiles de coton non mordancées. Chaptal a remarqué que la gélatine, ajoutée dans le bain de bois jaune, lui fait donner des jaunes bien plus beaux, plus intenses , se rapprochant beaucoup de ceux de la gaude et du quercitron. Les décoctions obtenues au moyen de la vapeur sont plus riches, plus pures et donnent des couleurs plus vives.
- CINQUANTE-SEPTIÈME LEÇON.
- DES MATIÈRES TINCTORIALES. (Suite.)
- Sommaire. — Siiite des matières tinctoriales jauhes. — Quercitron. — Graines jaunes. — Rocou et Bixine. — Sue d’aloès et acide cln'ysainnll,(__ Acide picrique. — Safran. — Matières tinctoriales bleues. — Indigo. — * nière de l’obtenir. — De ses diverses espèces commerciales.
- QUERCITRON.
- \equercus ^ 'T grandü espèce de ®hôD!!
- 1/ ./• 8), indigène de l’Amérique, dont l’écorc
- ost employée en teinture. Cet arlnÇ
- existe en abondance dans les fortt-
- de la Pensylvanie, des Carolines e
- de la Géorgie.
- On a tenté de l’acclimater e° France. En 1818, on en a fait «J très-grand semis dans le bois ^ Boulogne, aux portes de Paris, partir de 1821 jusqu’à 1833 de no®*
- t>no„Y spmiü nnt été effectués dan
- breux semis ont été la Seine-Inférieure, sent on a tout lieu
- et jusqu’à P
- plein succès de ces entrep^-^jg. C’est en 1775 que le chimiste Bancroff lit connaître, eI ^ ,,cte terre, l’écorce du quercitron comme matière tinctoru certain du Parlement lui en accorda l’emploi exclusif pendant u ^ de nombre d’années. Bunel, de Rouen, eut ensuite un pj,usageest six ans, en France, pour vendre cette substance, dont devenu général dans nos fabriques d’indiennes.
- En Amérique, on dépouille l’écorce du quercitron1 ^
- derme, qui contient beaucoup de matière colorante
- ‘ies0l,5
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-
-
- mu
- MATIÈRES TINCTORIALES JAUNES.
- 583
- on pulvérise avec des meules la deuxième écorce, et on nous l'expédie ainsi pulvérisée. Il se forme, par celle pulvérisation grossière, une poudre fine et des libres courtes; celles-ci con-bennent deux fois moins de matière colorante que la poudre.
- Ho quelque contrée de l’Amérique que nous soit expédié le quercitron, d nous arrive en boucauts de 500 à 700 kilogr., en demies, berçons et quarts, de poids proportionné. Les fûts sont frappes, sur le fond, d une inai'que à feu qui indique la qualité de la marchandise.
- Ou distingue dans le quercitron les espèces suivantes :
- '• Quercitron de Philadelphie. — Brins menus, légers ; couleur blonde;
- 0 eur assez prononcée; saveur amère et astringente.
- 2- Quercitron de New-York. — Beaucoup de ressemblance avec le pré-oedent, toutefois inférieur en qualité. Brins légers, e t filés, moins menus, u far conséquent plus longs et plus gros.
- Quercitron de Baltimore.v — Brins plus gros que ceux du premier,
- 01 accompagnés de morceaux d'écorce qui n’ont point été effilés.
- » be quercitron est d’autant plus estimé qu’il est en poudre plus llne et moins chargé de fibres. La couleur jaune pâle et un excès de Poudre sont des indices de bonne qualité; une couleur jaune fon-II et un excès de fibres promettent moins de matière colorante.
- but avoir égard à la proportion des fibres peu colorantes, P°ur régler, en teinture, les dosages du quercitron.
- Cette écorce contient, d’après M. Chevreul, beaucoup de tannin, un Soi , !)e colorant fcmge, un principe brun et une matière jaune cca'l! ° ^ans ^eau* Cette matière, qui peut cristalliser en lamelles ou re Cs> est le qucrcitrin ou Y acide qaercitrique de M. Bollev, qui lui a C'? des propriétés acides (t). On peut l’avoir en aiguilles tout à fait ian.0res‘ Mais alors, dès qu’elle a le contact de l’air ou des agents oxy-
- tihir’ Pvend une belle couleur jaune, et constitue ainsi la véritable
- - - • - qcs
- nia(i^ "* i’lcl,u une ueuc cuuicu» jauu^, _____
- alcaiig Cü'ü,ante du quercitron. Elle devient brune sous l’influence de ù’an,rrblernenten absorbant une nouvelle quantité d’oxygène. ^Ifuriqy8, . Nigaud, le quercitrin (C36H20O21), en présence de l’acid ^uco$e,etendu> h-\e 2 équivalents d’eau et se dédouble ensuite en un nmivnoi, nrinninp. colorant au’il a nommé quercétin:
- acide en
- Le
- en Rn nouveau principe colorant qu’il a nommé quercétin C30H»O21 -f- 2 HO = .CuH120'2 C2vH10Ou.
- Quercitrin. Glucose. Quercéiiu.
- j'.sl à pein^iU Gst une P0U(b'e jaune-citron, avec un léger reflet vert, qui l(lues L So'uble dans l’eau. Il possède une des propriétés caractéris-^ Quercitrin, celle de se colorer en vert foncé en présence du
- d'C'e.r °lGr a trouv® quercitrin dans les fleurs et les fruits du mar-Çf ^ à io es niarrons coupés en morceaux minces et mis à macérer pen-Lou 'unt ûu nn^.1 S (?ans l’alcool à 89°, donnent une dissolution jaune d’or qui ' 3111 près jlc'dr*n> be 100 kil. de fleurs, on peut extraire aussi par l’alcool le 3G gram. du même principe colorant.
- m é I
- ii-ti . ..
- BU
- I
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- 58 I CINQUANTE-SEPTIÈME LEÇON.
- chloride de fer; mais il donne aux tissus une couleur bien plus pure et plus vive que le quercitrin.
- La décoction du quercilrori est d’un rouge orangé brun ; elle se trouble bientôt et dépose de la matière colorante jaune cristallisée; à la longue, elle se colore fortement en brun rouge, et lïnit par se prendre en une matière qui rappelle le caillot du sang. D’après cela, il ne faut donc préparer cette décoction qu’au fur et à mesure du besoin, d’autant plus que, pour l’impression, elle est plus souvent faite dans les proportions de lk>‘-de quercitron pour 1 kilogr. d’eau. Une pareille décoction, au bout de quelques jours, abandonne une grande partie de sa matière colorante; b liqueur surnageante est d’un brun roux et se prend en une masse connu1 couenneuse. Parvenue à cet état, on ne pourrait l’employer, pour la préparation des couleurs, sans de graves inconvénients.
- Voici comment les réactifs agissent sur la décoction récente de quercitron :
- Alcalis solubles....
- Chaux.............|
- Alun...............
- Chlorure d’étain.... Chloride d’étain... Acétate de plomb..
- — de cuivre, j
- Sels de fer.......j
- Acides.............
- Acide acétique... j
- Gélatine...........
- Chlore.........
- >
- Foncent sa couleur.
- ld. et précipité floconneux, d1111
- jaune roux. f . .
- Éclaircit la liqueur et ne forme qu’un léger précip1 e-Précipité roux.
- — jaunâtre.
- Flocons épais, d’un jaune roux. ur
- Précipité jaune tirant sur le vert-olive. La hfp reste d’un vert jaunâtre. jeS
- Colorent la liqueur en vert et précipitent ensui e flocons d’un brun-olive. ' uî.
- Éclaircissent la liqueur et font naître des flocons* ,j En pâlit la couleur; mais si la liqueur est hou ’ ’ l’éclaircit.
- Précipité floconneux rougeâtre. f U jis-
- Flocons roux abondants. Un excès de chlore a paraître la couleur rougeâtre de la liqueui-
- On emploie le quercitron pour la teinture en jaune du co^ auquel il donne de très-belles nuances par le moyen de 1*1U ou du sel d’étain.—Il ne sert presque jamais, du moins en pour la teinture des soies.' — C’est avec lui qu’on colore la ^ des étoffes en laine, dites nouveautés, ^ la fabrication a pris une très-grande e* ^ sion, depuis quelques années, à F jCl à Sédan. . nje
- 36. Jaune au quercitron. Malheureusement la couleur jannç 0 (,
- , , . . par cette écorce, qui est bien plusa«
- le bois jaune et la gaude, a l’inconvénient de passer peu àJ j,0is roux, et elle ne résiste pas autant aux acides que celle ( jaune. .
- C est surtout dans les fabriques d’indiennes qu’on e»
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- MATIÈRES TINCTORIALES JAUNES.
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- grand usage ; il y a presque entièrement remplacé la gaude, parce gu’il a sur celle-ci l’avantage de ne pas s’appliquer d’une manière bien sensible sur les parties dépourvues de mordant, conséquem-mentil ne colore presque pas les fonds blancs, si l’on a l’atten-ü°n de ne pas trop élever la température du bain. Pour atteindre ce but, après avoir délayé le quercitron dans l’eau froide, l’on y introduit les pièces, et l’on chauffe graduellement, de manière la température s’élève, au plus, vers la fin, de -45 à 50°.
- On
- cette
- ajoute toujours un peu de gélatine dans la décoction de ccorce, afin de précipiter le tannin et d’obtenir ainsi un !?Une plus tendre et plus brillant avec les mordants d’alumine. n combinant ces derniers à l’acétate de fer, on produit des Hnances olives. On associe fréquemment le quercitron à la ga-!ance pour avoir des nuances orange, acajou, écorce d’arbre, an-de-Paris. On l’unit encore au sumac, au campôche, à la chenille, pour modifier un peu les teintes fournies par ces ingrédients.
- ^ commerce livre à l’industrie des extraits de quercitron il -, et ^°> qui se conservent fort bien et peuvent être employés au bout en donnant toujours les mômes résultats.
- ^ ^ 1849, l’un des plus habiles chimistes industriels de la Nor-av le> Puperray, eut l’idée de faire bouillir le quercitron p0 | e lucide sulfurique étendu d’eau, afin de débarrasser la U . rG (ie toutes les matières étrangères au principe tinctorial. ga ssit> en effet, à obtenir un produit plus riche, mais trop fu-qu P°Ur pouvoir remplacer, en teinture ou en impression, le ^mit*}°n ^ruP C’est ce produit que longtemps après on se qUer ,a ^briquer en Angleterre et en Alsace, sous le nom de f°ur . lne‘ Son usage a été bien vite abandonné, parce qu’il ne Pe ?ue des couleurs trop fugaces. g|ais*!,Uls sePt à huit ans, les teinturiers et les ,indienneurs an-qUjv- 11 usage, sous le nom de flavine, d’un produit tinctorial Amérique sous Informe d’une poudre légère d’un brun quercjf ^ une grande finesse. Elle a toutes les propriétés du *e)dit °11’ aVGC un Pouvo’r tinctorial seize fois plus considéra-cétin Q°n’ e^e Paraît être un mélange de quercitrin et de quer-11 mode de fabrication n’est pas bien connu.
- gaude.•
- Riem '^UC^G 0u ^au(^e est une plante herbacée qui croît naturelle-darls ie‘aps P^sque toute l’Europe, mais plus particulièrement ^ofa(rleux sablonneux. C’est une espèce de réséda, le réséda ‘6rihâson ia t mètre à 1 mètre 30 de haut. Onia cultive, {*e la belle couleur jaune qu’elle fournit, dans le midi de
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- 586 CINQUANTE-SEPTIÈME LEÇON.
- la France et en Normandie, dans le canton d’Elbeuf, mais surtout aux environs du Pont-de-l’Arche et de Louviers; on porte à320le nombre d’hectares de terre consacrés, à cette culture dans Ie département de l’Eure.
- On sème la gaude en juin et juillet, et, un an après, on en bit la récolte, en arrachant à la main la plante entière. On la laisse toujours munie de sa racine, non pas que celle-ci contienne sensiblement de matière colorante, mais parce qu’elle donne meilleur façon à la plante, et que cette dernière est alors, connue l’on dit, plus de vente. On dessèche la gaude en plein air, soit en la dressant contre des murs, éi' haies, ou tout autre appul> soit en la déposant, à peSJ|^
- -elles
- est
- qu’on l’arrache, en jav peu épaisses. Le dessus promptement jauni par le s0'
- leil et la rosée; on retourne alors les javelles pour laisse' sécher et jaunir pareillement le dessous. En moins d’une semaine, par un beau temps, la dessiccation est complète' Les pluies brunissent la planil et lui ôtent presque toutes' valeur. Les teinturiers n’acbe lent que la gaude d’un b^u jaune. Cependant j’ai c0l! staté, avec Mathieu de D°
- basle, que la gaude qui a Ç011 • ° - coule1"
- servé en séchant sa
- lidit*'
- Fig. 539.
- verte, à cause de la raP j
- est
- de la dessiccation, "" c0\0-aussi riche en Pr’nj.'^ uj cd rant et donne d’aussi belles nuances en teinture que cet 1 devenue jaune. niante,
- C’est principalement dans la partie supérieure de a |.j surtout dans les dernières feuilles elles enveloppes du^ réside le principe colorant. M. Chevreul le premier bu << nom de lutéoline ct l’a obtenu en cristaux aiguillés, t‘al et jaunâtres; mais pur, il est complètement incolore; s^s cofp5 dès qu’il a le contact de l’air, il jaunit, et par l’action un®
- oxydants, notamment du bichromate de potasse, ü aCdpère c°' couleur jaune intense, et constitue alors la véritable rn‘ ])agnèe' lorante qui se fixe sur les tissus. La lutéoline est a('c0g(]jj_q;infl dans la plante, de plusieurs matières azotées, d’une
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- MATIÈRES TINCTORIALES JAUNES.
- 587
- amère, d’un principe odorant, de sucre, d’acide tannique, d’un acide libre et d’un grand nombre de sels.
- M* Moldenhauer, qui vient d’étudier la lutéohnc pure, lui donne pour formule C40H14O16 (1). Il la considère comme un acide faible. Elle est à peine soluble dans l’eau; son véritable dissolvant est l’alcool ; elle se dissout aussi sans altération aucune dans l’acide sulfurique. Le perchlorure de fer donne à sa disso-fulion la plus étendue une belle coloration verte.
- La décoction de gaude est d’un jaune peu prononcé; elle dépose ientôt des flocons d’un brun olivâtre qui sont formés delutéo-nne impure et d’oxyde de fer; elle passe peu à peu au roux, par su'te de. l’oxygénation du tannin; elle rougit sensiblement le tournoi. Cette décoction, filtrée après le refroidissement, se com-P°rle de la manière suivante avec les réactifs :
- Virent la couleur au jaune d’or verdâtre.
- Alcal's solubles...
- ^au de chaux, eaux J calcaires.. Foncent la couleur.
- au de baryte....Précipité floconneux d’un beau jaune.
- Acidi
- Autres acides..
- e azotique...'.. Fonce 1 a cou 1 eur sans la précipiter.
- Alun
- ïéiainV:
- tdte de plomb. Sulfate fer
- La troublent.
- Léger précipité jaune.
- Précipité jaune abondant.
- Colore en brun olivâtre, et forme à la longue un précipité brun.
- Précipité jaune roux, tirant sur le vert.
- Trouble léger.
- 0re /' Fait passer la couleur au roux et donne un précipité
- " ‘ ‘ floconneux ; décoloration partielle par un excès du
- réactif.
- ccrique.. )
- Suned!CUiVrC”
- ÏsÔeniatede po'
- La
- Comme les alcalis, puis dépôt de paillettes jaunes.
- est une matière précieuse en teinture, à cause de la éfoQ^s et. de solidité du jaune pur qu’elle communique aux Cepen(j Un^es> depuis le jaune-paille jusqu’au jaune-citron. anl> depuis une quinzaine d’années, on en consomme
- ............................................................„..........................„
- par ^ d line grande pureté, lui donnent une autre formule. Ils la repré-t'IIriLnaiSon’ ’"10O12,Hü et quand elle est complètement desséché à + 150° ou en l,!l'teS(au ^na'C<1 f oxyde de plomb, par C24I18010. — Pour la préparer, ces ciliée
- 'AillesL^Luetzenberger et Paraf qui viennent d’obtenir la lutéoline en belles
- l)récipjt(;efu'sé la gaude par l’alcool, précipité la solution par J’eau et chauffé
- Vis'en „avec fie l’eau à
- . ------- i 250° dans un cylindre en acier fondu fermé par
- toi 'T*** de b n’ IIS °nt ll0UV®> après refroidissement, les parois du cylindre i\v^sParqe es a>guilles, et au fond un culot de résine. Ces cristaux ont été • eux dissolutions dans l’eau du cylindre réchauffée, avant d’être ana-
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- CINQUANTE-SEPTIEME LEÇON.
- Ml
- I'- 1?:««a HEs.i , ü<
- Olive de gaude.
- beaucoup moins, surtout dans les fabriques d’indiennes, ou on l’a remplacée par le quercitron. Cela tient à ce que, d’une pmf cette dernière substance tinctoriale est à 8 fois plus riche en principe colora» que la première, et que, de l’autre, celle-e* a l’inconvénient de tacher facilement lçs parties des toiles qui doivent rester blan ches et de se fixer trop fortement sur les pur ties garancées, inconvénients qu’on évite avec le quercitron-Mais si, sous ce rapport, la gaude est inférieure au qutr^ tron, d’un autre côté, elle a sur lui, aussi bien que sur toui -les autres matières tinctoriales jaunes, l’avantage de fourmi ^ jaunes purs et brillants qui s’altèrent moins par l’air et la c ‘ leur, et qui ne passent pas aussi facileim au roux. Voilà pourquoi, pour la tein des laines et des soies, la gaude est toujo préférée.
- Pour nuance olive, on ajoute au ^ dant d’alumine des sels de fer; pour J‘ d’or, un peu de garance à la gaude; pour couleur de tan, un 1 de suie. f ., up
- D’après M. Alb. Schlumberger, la gaude traitée par l’aci furique étendu, dans les mômes conditions que le querc acquiert aussi un pouvoir colorant considérable, tout en u des nuances plus pures. u ^ nour
- On prépare avec cette plante une laque jaune très-oc ^ les peintres, mais surtout pour les fabricants de papiers F* ef La laque surfine est à base d’alumine; la laque n° I est lal un mélange de craie et d’alun. La France a été Pen(!aIja jjeHe longtemps tributaire de la Hollande pour la préparation» e laque de gaude.
- GRAINES JAUNES.
- Les graines jaunes sont les baies non mûres et dess^1 ^ ]a plusieurs arbrisseaux du midi de la France, de l’Espaç, ,’^norni' Turquie d’Europe, de la Perse, qui sont compris s0us a gjjjes" nation générale de nerprun des teinturiers (fig. 3-40). sont distinguées, dans le commerce, par les noms o ejjcS d‘
- qui les produisent ou les expédient; elles varient en ^ j’iin
- grosseur et de couleur. En général, elles ont la Sr0. g>rid^ grain de poivre, sont d’un vert jaunâtre ou noirâtre, ul ’ ^e11 ou sillonnées à leur surface, et contiennent deux, cC\ et coflve*1! trois et quelquefois quatre semences aplaties d’un côte ^ UI1e ^rlt de l’autre; elles ont une saveur amère, désagréable,
- odeur nauséeuse.
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- GRAINES JAUNES.
- 589
- Fig. 540.
- Voici les espèces qu’il est le plus nécessaire de connaître :
- I ,• Chaînes d’Avignon. —Produites par le rhamnus infeclorius. Baies l5a!GS’ offrant rarement trois coques réunies, plus souvent deux par v orlement des autres. Vert jaunâtre ou 'jdfoncé. Surface unie ; la forme ressem-^e a celle d’un cœur. Elles sont mêlées e grains noirs avortés et d’une grande Entité de bûchettes.
- 'hallage. Balles de 120 kilogr.
- ^ Graines d’Espagne.— Produites par auI iarnnYs saxatilis. Ressemblent assez precedentes, mais elles contiennent f ain,s 8|-ains à trois coques.Vert moins °t Grant un peu sur le jaunâtre.
- FU(aines ej balles de dif-ents v°lumes et poids.
- Seu3;G^ES de Morée.— D’une belle gros-con i)ara‘ssenf Être les plus grosses des graines jaunes. Elles ont deux SOnt assez égales, d’une couleur jaune pâle ou blonde. Les balles lcnnent des bûchettes et des impuretés.
- %ll’G«A,NEs de Turquie.— Elles tiennent le milieu, pour la grosseur, entre ^ J1 f0ivi'e lourd et celle du poivre léger. On les subdivise en :
- ‘ 'anib de Valachie. La plus grosse, la plus ronde, la plus pleine, d’un Cl: S'is; rarement accompagnée de son pédoncule. Offre quelques U c^a,ns noirâtres.
- • rame de Bessarabie. Plus régulière; contient peu de grains noirs. Clt pâle. Préférée tant pour la richesse que pour la beauté de sa
- J’Ge colorante.
- • 1,nne du Levant ou d'Andrinople. A peu près du même vert. Con-
- «m6n,deS8rainsn°i|'s-
- ^ u lage. Balles de crin, recouvertes d’une toile, du poids de 120 kil.
- niesaGuA,NESDE ^FRSE- — Composées de quatre coques monospermes, réu-amère .Cantl e,’ ce G11' donne au fruit une formetétragone régulière. Saveur ^ ^les*désagréable, odeur nauséeuse assez forte. On les classe en : x[^lne,^e Perse, grosse. Grains de la grosseur d’un pois, arrondis, qu^f’- Ur! vert Pâle, assez égaux entre eux, accompagnés ou quel-°‘s privés de leur pédoncule. Très-riches en principe colorant
- B. GraC g''ande boaulé-
- ^ . îne, de Perse, moyenne. Grains plus petits, un peu moins ridés, G. s c8aux et plus souvent accompagnés de leur pédoncule. gm^e de Perse, petite. Mélange de grains plus petits encore et irré-
- i a^ai/e. Balles de crin, recouvertes de toile, pesant toO kilogr.
- ea. Ri’a i n
- e de Perse est la plus estimée de toutes les graines jaunes (1).
- (1)C’ests ....... ........
- QUl,tout dans l’Asie Mineure que le rhamnus infectorius est le plus n te trouve dans presque toutes les localités volcaniques. Cet arbuste n* 3 3
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- 590 CINQUANTE-SEPTIÈME LEÇON.
- Généralement toutes les graines jaunes sont cueillies avant leur maturité; voilà pourquoi elles ont une teinte verdâtre. Elles ne donnent de bons résultats qu’autant qu’elles sont récemment récoltées; après une année de conservation, elles fournissent déjà des couleurs moins vives; aussi ne doit-on les acheter que lorsqu’elles ont une teinte vert jaunâtre; lorsqu’elles sont plus foneees et, à plus forte raison, noires, il faut les rejeter; c’est un signe qu’elles ont plusieurs années de récolte, ou qu’elles ont sèche trop lentement et souffert par l’humidité.
- Ces graines cèdent à l’eau un principe colorant jaune, mu matière très-amère et un principe rouge qui passe au brun paI le contact de l’air.
- On peut isoler le principe colorant en traitant les graines par l’éther; celui-ci le laisse cristalliser en belles aiguilles d’un ja,ine d’or. M. R. Kane l’a nommé Chrysorhamnine et lui donne pour mule C23H11011. Ce principe est aussi soluble dans l’alcool, m<^ insoluble dans l’eau. Lorsqu’on le fait bouillir avec celle-ci) présence de l’air, il s’hydrate en s’oxydant et produit un nome corps, la Xanthorhamnine, qui a pour formule, d’après le c miste irlandais, C23H12014. I
- Suivant MM. Bolley et Térisse, qui ont repris tout récemine^ l’analyse des graines de Perse, la matière colorante jaune ou ^ Chrysorhamnine de M. Kane, qu’elles cèdent à l’éther, ne s ^ autre chose que la Quercétine, ce dérivé du quercitrin don été question précédemment. Les chimistes suisses doutent 911 se décompose facilement et donne lieu à la formation du pi"1 appelé Xanthorhamnine. ^ 0(j0.
- La décoction des graines jaunes, colorée en brun verdâtre, rante, d’une saveur très-amère, ne se trouble pas.par le rétro ment; elle se comporte ainsi qu’il suit avec les réactifs :
- Alcalis.......... Virent à l'orangé.
- Acides........... La troublent un peu.
- Acide azotique. ... Éclaircit la liqueur. ,
- Eau de chaux..... Vire au jaune verdâtre; léger précipite-
- Alun............. En affaiblit la couleur sans la précipiter-
- Acétate de plomb.. Ne la trouble qu’après 1/2 heure..
- — de cuivre.. Léger précipité d’un jaune roux verdâtre.
- est connu dans tout l’Orient sous le nom de djéhri. Il est par... . tl à Konia, Angora et Kaisaria. On le propage par boutures; celles-cl F' la troisième année; la plante produit pendant trois ans, après <lu01 . et devient improductive, si l’on n’a pas soin de la greffer. — Ka!,al ’)ariieC!_l banlieue, récolte annuellement 400,000 kil. de graines, dont la maJt particU^r? expédiée à Smyrne et à Samsun, d’où on les exporte en Europe e ment en Angleterre.
- » /.ultiv®
- rticulièrement jt
- rient
- s’ép
- ui-,e
- avec
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- GRAINES JAUNES. 591
- Sulfate ferrique... La fait passer au jaune vert olive sans la troubler.
- ~~ de cuivre.. Idem.
- ^dorure d’étain... Vire au jaune verdâtre; léger précipité.
- patine.......... Trouble léger ; flocons au bout de t/4 d'heure.
- J'‘0I’e......'.... Fonce au rouge, puis fait passer au jaune.
- Les graines jaunes donnent, en teinture, une couleur jaune in-eil$e, très-belle, mais peu solide avec les mordants d’alumine et les sels d’étain. On les emploie dans les mômes clrconstances que la gaude, mais surtout ans les fabriques, d’indiennes, pour obtenir esjaunes, des verts et des olives d’appli-<(d1()n. Dans ces fabriques, pour avoir les 39.Jaunede'graines
- Laux.jaunes foncés, supérieurs à ceux du luercitron pour la vivacité, mais non pour la solidité, on em-101e toujours la graine de Perse moulue, et on n’utilise que la emhère décoction, réservant les autres pour faire les verts. Dans °us les cas, ces décoctions ne donnent des nuances fraîches et es d’autant qu’elles sont récentes. En vieillissant, elles de-^^nuent filantes, surtout lorsqu’elles sont concentrées; on évite
- ’nconvénient en aj°ulanf aux graines, avant de les faire cuire,
- (“lie T8 n°*X Sa^e’ lann'n 9ue celles-ci fournissent empê-es décoctions de tourner au qras, comme on dit en termes ü atelier.
- lorr Consomme encore beaucoup de graines jaunes pour la co-.10n des papiers de tenture et pour la fabrication de la laque iais*a eDaent désignée sous le nom de Stil de grain. Les Hollan-*epc°nl eu longtemps le privilège de fournir cette laque au com-•l^able Gn ^ün*: encore auj°urd’hui une exportation consi-
- alunô?bLiienl ^ St^ ^e grain en introduisant, dans une décoction line graines d’Avignon, de la craie très-blanche et très-jaUl’etn ®usPension dans l’eau, jusqu’à ce que toute la couleur chiSquSOlt Précipitée. La pâte, bien égouttée, est moulée en tro-décoctc^U on lad sécher à l’ombre. Mais le plus souvent, la I ^iide'ï aluné? est faite avec des proportions variables de egrai ° ^uercilron, de carlhame, de curcuma, de bois jaune,
- Lesiu) (1’Aviynou-
- oni>en <le gruin possède une teinte jaune plus ou moins intense; les C(1ir^ 0le P0lir peindre les parquets, les décors de théâtre, Le ’ ^c-j mais il ne jouit pas d’une grande solidité. dan$i;i • Vess^e du commerce, qui sert comme couleur verte, P°ur faj)einlllre à. l’eau, pour teindre les papiers et les cuirs, et ^Urernt)1CfSt’^ de 8rain> est préparé dans les environs de nerprun el dans le midi de la France, avec les baies mûres du Pour cela, on laisse fermenter ces baies dans
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- 592
- CINQUANTE-SEPTIÈME LÈÇON.
- une cuve, pendant huit jours environ, puis on en exprime le suc. Il aune couleur rouge pourpre foncée, mais il devient rouge clan par les acides et vert par les alcalis. On y ajoute un peu d’alun et de potasse, ou de l’eau de chaux et de la gomme, et on le concentre en consistance de sirop épais. On le renferme alors dans des vessies de porc, qu’on suspend à l’air pour achever la dessiccation.
- ROCOU.
- On désigne sous ce nom une matière tinctoriale qui, sous la forme d’une pulpe gluante, d’un rouge de vermillon, entoure •graines‘du rocouyer, Bixa orellana des botanisl&s (fig- ^ arbrisseau des contrées méridionales de l’Amérique.
- Lorsque les fruits sont mûrs, on isole les graines des capsu épineuses 541) qui les renferment, on les broie*grossieûj
- ment, on les met tremper dans l’eau, pendant plusieurs semaine, pour en détacher la matière colorante, on liltre à travers un tamy et, par le repos, la couleur, qui était en suspension dans le quide, se dépose. On l'épaissit au moyen du feu et on l’enjer ^ dans des caisses qu’on expose à l’air, mais à l’abri du soleil, J qu'à ce que le rocou soit convenablement séché. (j(,s
- Cette matière arrive en Europe, du Mexique, du Brésil, Antilles et surtout de Cayenne, s la forme d’une pâte ordinairernen ^
- çonnée en pains ou gâteaux de kilogrammes, enveloppés de ieu* de balisier, de bananier ou der0S Elle vient aussi en masses p u ^ lumineuses dépouillées de fem ^ ^ dans des fûts d’origine ou dans ^ barriques à vin de Bordeaux o11 ^
- Rochelle, les uns et les autres 11 . s de 200 à 250 kilogrammes. Les sont entassés et fortement covo\
- dans ces fûts, dont ils occupent toute la largeur. nji un
- La fabrication du rocou à Cayenne est vicieuse et 10 *vajse produit plus ou moins altéré par la fermentation et une jan|jté cuisson, mais, dans tous les cas, surchargé ck’une grande^ j(jg de matières inertes. En effet, une barrique de rocou, net de 218 kilogrammes, contient :
- Eau........'..................... 137^,5
- Feuilles...................... 8 ,4
- Fécule, mucilage, fibre ligneuse.... 39 ,a
- Matière colorante................ I2j2—-
- 2l8k,00
- Fig. 541.
- 4liu
- Suit
- Chï
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-
-
- DU ROCOU.
- 593
- Ainsi, lorsqu’un manufacturier, un teinturier, un fabricant de couleurs, achètent une barrique de rocou, pour laquelle, quand e c°urs de cette pâle est à 1 fr. 20 le kilogr., ils déboursent en-'lron 300 fr., ils n’ont, en réalité, que 12 küogr. 200 de matière bnctoriale; et celle matière leur revient à 24 fr. 60 le kilogr., sans compter la dépense à faire pour en séparer les parties étrangères.
- Qu,oi qu’il en soit, le rocou est une pâte homogène, d’une constance butyreuse et d’un toucher gras et onctueux; sa couleur li>bituelle est un rouge terne, mais la teinte est toujours plus vive fu dedans qu’à l’extérieur des pains. Il y a quelquefois des rocous ,runs> que certains consommateurs préfèrent. Il exhale une odeur sagréable, qui rappelle celle de l’urine en putréfaction; mais Cede odeur lui est communiquée, dans les magasins, par l’urine qu 0n y incorpore de temps en temps pour l’entretenir humide, gnienter son poids et rehausser sa couleur. f, ,^.rocou cède à l’eau froide un principe colorant jaune, nommé yîne, et à l’esprit-de-vin, ainsi qu’aux liqueurs alcalines, un re Principe colorant rouge, appelé bixine, qui participe de la ,ure des résines et se rapproche singulièrement de la matière roJa**e rouge du carlhame. Un caractère propre à ce principe de pe’-C 6S^ devenir d’un très-beau bleu d’indigo par le contact r dClf*e sui^llI’ique concentré, caractère qu’on retrouve dans le ^ l*u commerce. Du reste, le principe jaune devient d’un qUe&e ^oncé, sous l’influence de l’air et de l’ammoniaque, tandis Con’.c lm antre côté, la bixine, maintenue dans l’air humide, se i ufd) d’après M. Kerndt, en principe jaune ou orelline.
- °ra 'SS°'Ldi°n du rocou dans les liquides alcalins est d’un rouge elle se comporte de la manière suivante avec les réactifs :
- Acides.
- Alun.
- Suifate
- " de cuivre.
- Ch!
- °rure detain.
- Précipité orange qui est soluble dans un excès d’alcali. La liqueur devient jaune pâle.
- Précipité orange.
- Id.
- Précipité jaune brun.
- — jaune citron.
- La
- asSezCOnsomma^°n de cette matière tinctoriale est généralement ! e*nte’ ^ cause de son peu de solidité à l’air et à la lupins ' ' (i sert pour la teinture des soies en aurore et en orangé, duij ^enaent pour celle fRoij. coton; les cha-s°nt Li1 "e*nt sur coton Coiw btenas
- e rocou sont très-brillantes, on en fait souvent usage
- avec elle, couleurs four-
- 40. Aurore au rocou.
- 41. Orange au rocou
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- 594 CINQUANTE-SEPTIÈME LEÇON.
- pour modifier et aviver certaines nuances de grand ou de petit teint. C’est ainsi qu’on l’emploie pour rehausser le ton des chamois, les jaunes par la gaude, le rouge des Indes ou d’Andrinople» pour donner un pied à la soie, au coton et au lin teints en ponceau, cerise, nacarat, avec le carlhame ou la cochenille. Dans les fabriques d’impressions, on l’utilise quelquefois spécialement pour les genres vapeur: ainsi il sert pour obtenir des orangés sur coton, sur soie, sur laine et soie (châlys).
- Les couleurs du rocou résistent assez longtemps à l’action du savon et des acides, et plus longtemps à celle du chlore quel1’ rouge de garance; mais elles passent assez rapidement h l’air-
- Comme le rocou se dissout très-bien dans les huiles grasses et volatiles, on en fait fréquemment usage pour colorer les vernis, les huiles, les graisses, le beurre, le fromage. Les indigènes de l’Amérique l’employaient pour teindre, et les Caraïbes s’en frottaient le corps avant de combattre. Il vint en Europe peu de temp-après la découverte du nouveau continent.
- La forme sous laquelle le rocou est expédié#prête singulièreuie l’introduction de substances étrangères, aussi est-il rare qu’il ne s° additionné frauduleusement d’ocre rouge, de brique pilée ou cothar. i e0u
- La calcination est le seul moyen de constater exactement 1 a^sc|c j0it la proportion des substances minérales. Mais cette calcination n ^ être faite que sur le rocou desséché à 100°, autrement on a.I11'Cj)eau-des résultats erronés, la quantité d’eau d’interposition varian
- coup dans ce P
- On V™* SLé i
- de rocou ^
- ,0°" e7”'>
- et on le fset de
- dans un créas platine, eu <r
- comme poui
- rance [h- ,'c0u5
- Los bons iojjj
- donnentcendres p. 100 de -à-
- gris4t,ïw0t « i
- très. J011^ p0ids dépasse ^ jjjuéà doit être attu Jit. un mélanSc
- , fratid11'
- Fig. 542.
- leux.
- Le second essai auquel il faut soumettre le rocou, et d111 ^ comPa't d’éclairer sur sa richesse tinctoriale, doit se faire en teigna ^ternii|ie‘ tivementavec un rocou pris comme type de pureté, des pou3
- bid
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-
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-
- DU ROCOU.
- j'e coton ou de soie. On monte des bains avec les échantillons, dans es Proportions suivantes :
- Bain pour le coton. Bain pour la soie.
- Hocou desséché à i00° et pulvérisé. ... 5 gr. .......... 0,5
- Sel de tartre............................ 10 1,0
- Pau pure................................ 400 200,0
- fait chauffer jusqu’à l'ébullition, après avoir plongé dans les bains ^secheveaux de co,on blanc du poids de 12 gram. ou des écheveaux de °le Manche du poids de 2 grain. On entretient l’ébullition pendant , minutes; on retire du feu, et, après une heure de repos, on relève les q eveaux, on les tord, on les lave à grande eau et on les sèche à l’ombre.
- peut alors comparer la hauteur des nuances des rocous. Le rocou lobr “G GS* d’autant meilleur que la teinte qu'il a donnée aux tissus s’é-co»ne moins de celle fournie par le rocou employé comme terme de
- fac lin' tiSOr\; °n pCut donC V0*r S* S°n pr’X est en raPPort- avec sa <lua-
- o* |0n veut établir un rapport numérique exact entre les deux rocous, C0[0Gn d autres termes, déterminer leur valeur vénale comme matière % " ^mt recour*r à l’emploi du colorimètre [fig. 543), en opérant
- d’alceV>inlureS aico°li<iucs' L’expérience m’a appris qu’il faut 350 gr. 0tl ^°°* a 82°,5 fractionnés à „ ' Pai ties, pour enlever roen, e.Ci®lammes ci’1111 bon vanti ^ule sa matière colo-la r,! l n ^t comme pour d’aicoîiCniIlo> en se servant aflaiKi• ,pour élendre ou forte (t) a teinture la plus
- J!** aussi doser la deux ,e c°l°rante dans les (pu JchammûnS) en les «BU"1, f i» l'eau de Safaranndc fotasso’ et sur- • iixine Sc ,Çux dissolutions par de l’acide chlorhydrique étendu. La ^res dmfmdpite à Peu près pure; on recueille les précipités sur des °n a lesUt).es’ on 'es lave soigneusement, et, après dessiccation à 100°, féelie i l)a'ds comparatifs de bixine, ce qui permet d’établir la valeur s deux échantillons.
- LTn Fn .
- l'flu M établi à Cayenne depuis une trentaine d’années,
- hiUsar, °^e*> frappé de l’imperfection du système de fabrication i nS ^ c°l°n‘e> s’esl eff°rcé d’y porter remède. Remplaça priS . manipulation de la graine du rocouyer, l’écrasement Sl0n parle lavage; prévenant, par des agents chimiques
- Fig. 543.
- 4!,Voir
- £Ur de détails, mon Mémoire sur les falsifications qu’on fait Journal de Pharmacie et des Sciences accessoires, t. XXII, cahier
- fa3G.
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- 596 CINQUANTE-SEPTIÈME LEÇON.
- et la célérité du travail, l’action si nuisible de la fermentation, il obtient un précipité d’une extrême finesse, d’une odeur agréable et d’un très-beau rouge, ne contenant rien autre chose que I* pulpe extérieure des graines. C’est ce produit, mis sous la forme de tablettes, qu’il a livré au commerce, dès 1848, sous le nom de bixine. D’après mes expériences, cette substance a un pouvoir tinctorial trois à quatre fois plus considérable que le rocou ordinaire en pâte; les nuances aurore et orangé qu’elle donne sont bien plus vives et plus brillantes que celles fournies par ce dernier (1)-En 4857, M. Daubriac, de Cayenne, a expédié du rocou en pâte, dans des boîtes de fer-blanc soudées, qui paraît préparé avec son1 *» et qui a un pouvoir tinctorial double de celui du rocou ordinaire. Il ne donne que 5 p. 100 de cendres blanches, mais il renfer®' de 67 à 70 p. 100 d’eau. Sa couleur est belle, et son odeur od agréable.
- suc d’aloès.
- C’est un suc épaissi qui arrive en masses, plus ou moins considérables, de Bombay, de la Barbade, de la Jamaïque, du Cap(t Bonne-Espérance, etc. Il est retiré par expression ou par décor lion des feuilles charnues de plusieiu plantes, nommées Aloès, de la famille di' Asphodèles, notamment de§ Aloe socol° rina, spicala', elongala, vulgàris, ctt'' (&• 544). _ ,
- Ce suc a l’aspect d’une résine; u en morceaux d’un brun foncé avec reflet verdâtre, translucide dans les la® ^ minces; sa poudre est d’un jaune moins franc; sa saveur est très-amère, odeur forte et aromatique. Il est impaI tement soluble dans l’eau froide, W rement. dans l’eau bouillante, dans cool, l’éther, les huiles. Outre de 1 a ^ mine, quelques sels de potasse et de c a des traces d’acide gallique, et du s,lC.j 5>y que Robiquet fils a nommé aloétwe> j trouve un principe cristallin jaunalre> p
- Fig. 544. peu soIuble> que les alcalis diss0,JJnCée;
- sèment avec une couleur orange . ^ ce principe a été nommé par MM. Smith et Slenhouse, q111 isolé , aloïne; il est représenté par la formule C34H|8014
- (1) Voir, pour plus de détails, mon Mémoire sur la Bixine. (t°ul
- macie et de chimie, 3° série, t. XXI, p. 174.)
- nal de '
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- suc d’aloës. 597
- ^’estM. Boutin qui, en 1840, a songé le premier à utiliser, l'0ur la teinlure, la grande puissance colorante de l’aloès. Ed-mond Robiquet, en 1847, MM. Sacc et Schlumberger, en 1854, 0nt repris ces essais. M. Sacc, surtout, a montré que ce suc, en dorant très-bien la soie, la laine et le coton, donne, suivant les Préparations qu’on lui fait subir, une foule de nuances différentes, eles Rue rose, hortensia, raisin de Corinthe, violet, gris, puce, IDar)ron> cannelle, bois, olive, myrte, orange, jaune, etc.
- ^est surtout l’acide jaune qu’on en obtient par la réaction de ac,ue azotique à 36°, et que M. Schunck a nommé acide chry-' qui peut prendre rang parmi lés matières colorantes
- uclles. On le prépare en chauffant au bain-marie 8 kilogr. d’acide, |,ajjs ^eRuel on a mis 1 kilogr. d’aloès en gros morceaux. Quand ^ 01'escence s’est calmée, on ajoute encore 1 kilogr. d’acide 011 chauffe derechef, aussi longtemps que le développe-j n c^c §az continue. La liqueur est versée alors, en petit filet, s Une grande masse d’eau froide qu’on agite fortement. Immé-Paremenl l’acide chrysammique se sépare en flocons. On le lave l'ose* •n^îl^°n •iusclu ‘l ce clue l’eau commence à se teindre en l'Héc ^U1S 0n-ieUe ^*acide sur un filtre, où on le lave à l’eau dis-et) ;1 JI1SRU’à ce qu’elle se teigne en beau pourpre; on le fait j|Ultc Relier. On en obtient de 40 à 50 grammes. qu^est Sous forme de petites écailles d’un beau jaune doré. Quoi-pon ^CU Pr^s Insoluble dans l’eau, il la colore cependant en tinci . Magnifique, ce qui indique assez combien sa force la m°[‘!tae est immense. C’est bien certainement, d’après M. Sacc, tejnjl Iere colorante la plus riche que possède actuellement la ^nde6', LeS*nuances 9U* en déri vent sont remarquables par leur
- ^a.ide chrysammique est représenté par C15H2Az2012,H0. sondr'^l^'Mant de l’eau gommée, dans laquelle,on a fait dis-te$ro " §r- d’acide chrysammique par litre, on obtient des tein-rés'stetu SUr coton laine, mais plus belles encore sur soie, qui b 1 d’^'bien au lavage, et dont la nuance ne change pas avec “«liants d’étain. Si
- lion dP°f Ces lissus à 1>ac-y a ..]? a vapeur d’eau, il et, a,, jlnocment complet, a du*6'1 ^'av°'r du rose5
- 42. Buse à l’acide chrysammique.
- 43. Violet à l'acide chrysammique.
- *spècts sur les trois
- mais alors, c’est la laine qui prend la teinte la Si.^etlapbsriche. intUre *eu d’imprimer l’aci
- lei:
- ’acide chrysammique, on opère par
- s°luti0n que l’on immerge les üssus dans une très-faible dis-aRueuse de cet acide, en chauffant jusqu’à l’ébullition,
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- Ttai.sin de Corinthe sur soie.
- 45. Marron foncé sur laine.
- 46. Gris au chrysammate d’ammoniaque.
- 598 CINQUANTE-SEPTIÈME LEÇON.
- on trouve que la soie se teint en raisin de corinthe, la laine en
- marron très-foncé, et que le coton ne se colore pas.
- Si le coton est mordancé en fer et en alumine, comme pour la teinture en garance, on s’aperçoit que l’alumine se teint en violet et qu’aucune portion du colorant ne se porte sur le fer. C’est assurément un des faits les plus curieux de la teinture.
- Les chrysammates d’ammoniaque et de soude donnent avec le concours des sels métalliques réducteurs des nuances grises, et, avec les sels non réducteurs, une grande variété de couleurs très-différentes des premières.
- Comme l’aloès est à très-bon marché dans le commerce, les dérivés impurs de cette substance pourront devenir d’un usage économique dans la teintuie, ils seront -surtout’très-précieux par le nombre et la variété des couleurs qu’ils permettent d’obtenir d’une manière aussi simp* 1 * que rapide.
- ACIDE PICRiQUE.
- _ Cet acide, qui se produit en petites quantités dans la préparaj lion de l’acide chrysammique, prend naissance dans la réactio' de l’acide azotique sur un très-grand nombre de substances m ganiques, azotées ou non, telles, entre autres, que la soie, laJairUj l’indigo, la salicine, l’huile de goudron de houille, la résine 01 cire de Carnauba.
- 11 a été découvert, en 1788, par Haussmann, et désigné successif ment sous les noms de : amer de Welter, acide car b azotique, (
- mtro-picrique, acide nitro-phénisique, etc. C’est Thénard qul 11 ^ donné le nom d'acidepicrique, du mot grec picros, amer, P rappeler son excessive amertume.
- Laurent et M. Dumas le représentent par la formule :
- C24H6Az6Ou.
- •idée
- C’est M. Guinon, de Lyon, qui, le premier, en 1847, eU de l’appliquer comme corps colorant sur la soie. aI)titts
- Le procédé le moins coûteux pour l’obtenir en grande 1 j^n est celui que Laurent, (1) a fait connaître en 18-41 et que -
- rtpn ’
- (i) Laurent (Auguste), né en 1807, à la Folie, près de Langres, '^°unelratl
- à Paris, après une vie de travail et de misères. Mais il aura lals3
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- J3
- mm m
- mwJmi
- I II 1.1
- Fig. f>4 5-
- au bain de sable AA sur un fourneau long en briques FF. L’huile Ir0f0n<le ,]n c
- stitutioü i b0n PassaSe> car il a entrepris d’intéressants travaux sur la con-nouibreu ^ C?'PS> et b est devenu le chef de l’École unitaire qui compte de suffirontX abbérents parmi les jeunes chimistes de notre époque. Quelques mots Ce dernier°r1 ^a're comPrendre en quoi cette École diffère de celle de Lavoisier. b<>Ués (ie lt Omettre que, dans tous les composés, il existe deux éléments, H«re,Pr°?rlélés opposées, réunis entre eux par l’affinité, et qu’il est possible
- Renard Gç ^est 'a Principe du dualisme soutenu et défendu par Berzelius. " estin hussac, elc. Laurent prétend, au contraire, que dans tout composé,
- sll»le de reennnnilrp iIpiiy plàmpnts nrépvist.Tnt^ mi’nn p.nmnnsH
- r^niqûpUS ll^e reconnaître deux éléments préexistants, et qu’un composé >iimnïïstltue un ensemble arbitraire formé par la réunion directe d’élé-!J8ues, S;i^ es °a composés, éléments qu’on peut remplacer par des groupes ana-[i 0(^e de ;. rer l’harmonie du composé o.u du type. Son livre, intitulé :
- sa Publié après sa mort; renferme Je résumé des pensées de
- _;|JP des . “ ce sujet, et mérite l’attention des esprits philosophiques. Beau- a8eait i a'au,x de Laurent ont été faits en collaboration avec Gerhardt, qui ("n^esàla p. man?es vues réformatrices. Après avoir professé pendant quelques l^ïeUf ^ uculté des sciences de Bordeaux, Laurent avait été nommé, en 1848, nb‘lutfi„'1 "011niûe de Paris. C’est là qu’il mourut. Il était correspondant de üePUis 1845.
- ACIDE PICRJQUE. 599
- 'légèrement modifié. Il consiste à faire réagir 6 parties d’acide azotique à 36° sur une partie d'huile légère de houille, c’est-à-dire bouillant entre -j- IGO et 190°; cette sorte d’huile ést ce que les chimistes désignent sous le nom d'acide phênique. Comme la faction entre les deux liquides est très-violente et peut occasionne des accidents quand le mélange a lieu trop brusquement, • Guinon opère ainsi qu’il suit :
- b’acide azotique est réparti dans huit grands ballons de verre B (fuj. b4b)
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- 600
- CINQ U ANTE-S EPTIÈME LEÇON.
- de houille est renfermée dans des réservoirs en bois H, qui contienne^ chacun la quantité nécessaire pour la dose d’acide de chaque ballon. EUe arrive dans ceux-ci, goutte à goutte, à l’aide de l’entonnoir e et du large tube, t. Par suite de la réaction qui se produit au moment du contact» il se dégage des torrents d’acide carbonique et de deutoxyde d’azote qu°n fait rendre dans l’eau d'un réservoir commun en grès C, soutenu pat'ul1 support en métal D; ce qui échappe à la condensation se rend dans um1 cheminée commune, qu’on ne voit pas dans la figure.
- La plus grande partie de l’huile est convertie en acide picriqi'e> à la température ordinaire; le reste est transformé en une es pèce de matière résineuse rougeâtre, qu’on change à son |0111 en acide picrique par une chaleur de 100°; on fait donc bouilli^
- sonl
- liquide des ballons et on l’amène à la consistance d’un sirop-le transvase ensuite dans des cristalIisoirs. Ces derniers ne
- autre chose que la partie inférieure L du cruchon en grès I, ° la partie supérieure K sert d’entonnoir pour faire égoutter les c taux obtenus, après qu’on en a obstrué la douille par des Ii" ments de1 tuiles. ^
- Il n’est pas nécessaire, pour les besoins de la teinture, de pu‘ ^ l’acide picrique par plusieurs cristallisations. Chez M. Guinon» (,e se borne à laver la masse cristalline pour enlever l’acide azo t qui l’imprègne, et à la dissoudre dans de l’eau bouillanteconlen^, un millième d’acide sulfurique afin de séparer la matie*c j| neuse qui a résisté. La présence de cette résine commumq11^ à la soie une odeur désagréable, et ternirait les couleurs el r laissant une nuance rougeâtre. On obtient de la sorte une 11 ^ suffisamment pure, qu’on étend d’eau pour monter les o-
- teinlure- . i. frais, ^
- M. Bobeuf prétend obtenir l’acide picrique, à moins de 1 -,
- substituant aux huiles légères de houille les huiles lourdes s<> fiables isolées de l’huile brute au moyen de la soude. 0jds
- La cire de Carnauba, mise à bouillir avec les 3/4- de son d’acide azotique à 40°, fournit 30 p. 100 d’acide cristalbs ‘^joUii Il est en prismes transparents, dbm jaune citron nf faut jf d un pouvoir colorant tellement prononcé qu il nC 6gr84 d’acide cristallisé pour teindre, en jaune padje’ . eep gramme soie, et seulement 3gr73 pour I kilogramme de beau jaune citron. _ jeS $0?
- Il teint tous les tissus animaux sans l’intermédiaire
- dants, mais ment les nuances J ^ qu’il donne ne 0 ' *. d’une grande so n ,,;1jr d
- 47. Jaune paille sur soie. 48. Jaune citron sur soie. , i î c I PII t <" \ -iif
- qu elles résisi^1' ,r
- au soleil. M. Guinon en a fait adopter l’usage po,u’ °'
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- DU SAFRAN.
- so>eles jaunes clairs et moyens (paille, nankin, soufre, citron c^air, maïs, etc.). J’ai constaté qu’en mordançant à l’avance la s°ie parun mélange d’alun et de crème de tartre, on rend les couleurs plus solides et susceptibles de subir impunément plusieurs lavages, ce qui n’a pas lieu lorsqu’on teint sans le secours c’aucun mordant. J’ai également reconnu qu’en imprégnant *e colon d’albumine ou de caséine, on lui donne la propriété se teindre en beau jaune dans la solution d’acide picrique.
- picrate de soude mélangé au carmin ” %o sert à colorer la soie, la laine, les Jrs artificielles en vert d’une exquise fraî-1 ,leur- On fait ainsi des verts-printemps bien
- D lis ;^r . , ,,u 7 49. Vert à l’aride picrique.
- I l!î Jolis que par toute autre méthode.
- Comme l’acide picrique ne colore aucunement les lilamenls pétaux, on peut l’appliquer avec un grand succès à découvrir Ç mélange de ceux-ci dans les tissus de laine ou de soie. En e en introduisant un morceau d’étoffe dans la solution moyen-Ç'ment concentrée de cet acide, au bout de 6 à 8 minutes, °U1 ce qui est laine ou soie s’est coloré en beau jaune, tandis que c coton ou le lin est resté blanc. On lave le tissu avec de l’eau, oi moyen d’une loupe, on peut facilement apprécier les pro-
- II o lions relatives des fibres animales et des pétales. — Lorsque les tissus sont teints ... 1ITIPrimés, on commence par faire dispa-„ rt' les couleurs avant de faire intervenir
- 001
- Fig. 54G.
- ,lCille P*crique.
- SAFRAN.
- (i|l,.est) non la fleur entière, comme on L J*11 Sénéralcment, mais une partie de l’or-Jernelle ou stigmate d’un oignon de b . 1 le des Iris, le Crocus sativus des bola-
- ^ette petite plante, comme vous avez pu le (l^'hmrdans nos jardins, montre ses fleurs l’a S ® courant du mois d’octobre, avant des feuilles. En Autriche, en en France, surtout aux environs d’Ôrange, de Carpenlras et dans O*., clés femmes récoltent les fleurs et ane 6nl *eur intérieur le stigmate qui a séthpCOll'eilr r°nge orangé foncée. On fait pai> ? ^ filaments au soleil ou sur des tamis de crin chauffés e la braise. Un kilogramme de safran exige plus de deux
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- 602 j CINQUANTE-SEPTIÈME LEÇON.
- cent mille fleurs, et encore faut-il 5 kilogrammes de safran vert pour en faire un de sec; voilà pourquoi le prix en est si élevé;k kilogramme coûte habituellement 200 francs. Indépendammcn de celui qu’elle récolte dans le Midi et le Galinais, la France en importe annuellement pour plus de 120,000 fr.
- Le safran, pourvu d’une odeur pénétrante assez agréable, d üllC saveur piquante et amère, renferme plusieurs huiles volatile, delà cire, de la gomme, de l'albumine et une matière coloran t jaune dont une très-petite quantité suffit pour colorer fortenk® en jaune doré une grande masse d’eau ou d’alcool. Cette®13 tière, nommée safranine, a cela de singulier, que l’acide su rique la fait passer au bleu et au lilas, et l’acide azotique au vc> • C’est pour rappeler ces propriétés qu’on l’avait appelée polJ^ chroite, ce qui veut dire plusieurs couleurs. Elle se lise sur étoffes et leur communique une belle couleur jaune, mais | . solide. Les anciens teinturiers employaient beaucoup le sall‘ ’ mais aujourd’hui, il n’y a plus guère que les confiseurset les® decins qui en fassent usage.
- C. Matières tinctoriales bleues
- Ces matières sont en fort petit nombre, puisqu on ne c°n^ guère que l’indigo, le pastel, la renouée tinctoriale et le touiuci
- INDIGO.
- On donne le nom d'indigo à une matière tinctoriale bleue l’on retire de plantes cultivées particulièrement dans les ^ orientales, à Java, dans l’île de Ceylan, au Bengale, à la COj;iI)S Coromandel, en Chine, au Japon, à Manille, à l’île de France, ^ l’Amérique septentrionale, au Mexique, au Brésil, en lïgyPte’^ Ces plantes, auxquelles on a donné le nom commun d’ina1!) ja ou d’indigofères (indigofera), appartiennent presque touleS.e|C„ même famille que nos haricots, nos trèfles, nos luzernes, ^ c’est-à-dire à la famille des Légumineuses. indigotier ba anil, l'indigotier franc ou des teinturiers (fig. 547), 1 fl argenté, Y indigotier de la Caroline, Y indigotier de la Jain Yindigotier,: bleu, sont les principales espèces que l’on exp
- (1) L’indigo a été connu dans les Indes avant l’ère chrétienne. jisso110 * , l’ont employé pour teindre, mais les Romains, qui ne savaient pas énéra<
- s en sont servis seulement comme couleur de peinlure. On attubue » ^ 3u^
- aux Juifs l’introduction, en Italie, de l’art de teindre les étoffes a'c(j.0ù il5^
- stance; ils exerçaient ce métier dès le moyen âge dans le Levan^ e0à P“_
- répandu dans le reste de l’Europe. L’usage de l’indigo se propi'8 lorsqu’on se fut ouvert un nouveau chemin des Indes, par le cap 1 üvoje en O rance. Ce fut Odoardo Barbora qui, le premier, en apporta par cette
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- DE L INDIGO.
- 603
- Le suc de ces plantes, dépourvu de couleur tant qu’il est emprisonné dans le tissu végétal, devient bientôt vert, puis bleu, lorsqu’on écrase les feuilles au contact de L'ir, et il laisse alors déposer une sorte de itiatière féculente d’un bleu intense. c’est cette matière qui constitue l’indigo
- du
- commerce.
- La manière d’obtenir ce produit précieux esl assez simple. On agit avec les feuilles vertes j.u sèches. Lorsque la plante est en pleine e,lr) on la fauche à 10 ou lo centimètres de Ure> puis on la met Pendant environ 8 à fer
- à macérer dans l’eau 9 heures. Une sorte de c n|entation s’établit dans la masse; le li- Ul(le’ de jaune qu’il était d’abord, passe peu peu au vert foncé ; la température s’élève, j,’au Lout d’un certain temps, la surface de Fig. 547.
- au se couvre d’une écume violette et d’une Pécule cuivrée. On soutire alors le liquide dans une autre cuve, où on . ?dej Pendant 1 heure 1/2 à 2 heures, avec des bâtons ou une roue à eltes. de manière à mettre toutes ses parties en contact avec l’air; il - ' flocons
- prend
- tonus1?* Cou'eui bleue, se trouble et laisse déposer de petits tajnc ns a lndigo, dont on facilite la précipitation en ajoutant une cer-cante i. ^‘té d’eau de chaux. Après quelques heures de repos, on dé-8istanCg pueur éclaircie, et l’on fait chauffer le précipité, qui a lacon-lais$e . Une bouillie, avec une grande quantité d’eau. On écume, on s’ègouti?OSCr de nouveau: on jette le dépôt sur des toiles pour qu’il disses c’ fluant* *1 0S1 en pâte un peu ferme, on en remplit de petites ti°n (je ,airdesen bois, munies d’un fond de toile, et on le soumet à l’ac-puis ^ j,d Pre^se. On achève la dessiccation de la pâte, d’abord au soleil, Pr°(iui °mbre, cn ayant s°hi de faire disparaître les gerçures qui se Aviron L a 'a sui‘face des petits pains d’indigo. Secs, ceux-ci pèsent ^ ’’ grammes chacun.
- Pnocéclé est modifié de plusieurs manières dans les diffé-
- . IlÇ T” ~
- >rericsLas sans beaucoup de difficultés que l’indigo a été adopté dans les France euroPéennes; on l’interdit en Angleterre, en Allemagne et même tr'-s'Passagèr°US ^6S Peines sévères, parce qu’on regardait cette couleur comme (jUr°péens •’ et m®Ine corrosive, mais en réalité parce que les cultivateurs a' Iri°rt conta'Snirent Pour ^eurs champs de pastel. Henri IV prononça la peine l^lée ceux qui emploieraient cette drogue fausse et pernicieuse,
- /l'Pelait,, ' b;ans l’ordonnance rendue en Saxe, en 1650, contre l’indigo, on Jfument
- f'go
- 'bis
- tciiuire'^u Niable. A Nuremberg, les teinturiers juraient tous les ans ent, j|S|e n h‘Çu qu’avec le pastel, et il paraît qu’en 1799, tout en violant ce ne fm _ P'ctèrent encore. Même sous Colbert, en France, l’usage de Fin-
- aut,
- -ant ,jgermis ffue sous la condition d’employer avec cette substance cent '•oni b qu ,')aste'' ne fut qu’en 1737, d’après les essais^t les représentations ,lllne iis '’~e .nos teinturiers obtinrent l’entière liberté de se servir absolument
- Vaudraient de l’indigo et du pastel.
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- 604 CINQUANTE-SEPTIÈME LEÇON.
- renies contrées où l’on se livre à la fabrication de l’indigo-L’abondance et la richesse de la couleur de cette matière tinctoriale dépendent des soins qni ont été apportés à sa préparation . De là, les nombreuses variétés ou qualités d’indigo quon distingue dans le commerce, non-seulement d’après les pays(le production, mais aussi d’après les nuances qu’elles présentent. Il faut une longue habitude pour pouvoir, à la seule inspection! distinguer les qualités les unes des autres et les classer suivan
- leur valeur respective. Je vais vous indiquer les caractères
- tinctifs des principales variétés, réparties en trois genres gos d’Asie, indigos d'A frique, indigos d’Amérique.
- : indi
- § I. — Indigos d’Asie.
- Les indigos d’Asie, qui arrivent en France, sont ceux du Bengale,d ^ ou de Coromandel, de Manille, de Madras, de Java.
- i. Indigos du Bengale,
- Ces indigos sont, sans contredit, les plus nombreux, puisque *es C|juj naisseurs habiles admettent jusqu'à 43 variétés. Les différence ^ existent entre elles dépendent non-seulement de la nature des e^. qui les produisent, mais encore des soins donnés à la plante, et sui l’extraction delà substance tinctoriale. En raison des nuances ex ^ ment délicates qui séparent les diverses variétés de ces indig05’^. vraiment impossible de les décrire toutes et surtout de les classC1 jjeS) nablement. Je me bornerai à vous indiquer les principales d’en i en suivant l’ordre de leur plus grande valeur. ^ 5 a
- t. Indigo bleu surfin léger ou flottant. En pierres cubiques ^
- 8 centim. dites pierres ou carreaux, quelquefois cassées, lege^'^ctte, bles,d’unebelle couleur bleue vive, douces au toucher; d’unepa cUjv(t pure, adhérant à la langue et très-spongieuse, prenant un beau a(l, par le frottement de l'ongle. — C’est le plus beau des indigos con jourd’hui; il est employé dans la teinture des soies. -nS vive’
- 2. Indigo fin bleu. Mômes caractères; couleur bleue un peu m mais bien décidée. — Employé dans la teinture des soies. un Pe“
- 3. Indigo bleu violet. Ne diffère du précédent qu'en ce qu moins loger et friable, et parce qu il reflete une legere nuanc ^
- 4. Indigo surfin violet. Mêmes caractères, à très-peu de chose F f ^
- le n° 3; nuance violette plus prononcée et plus facile à reu Employé pour les indiennes de belle qualité. qie c°u'el11
- 5. Indigo surfin pourpré. Pâte fine, légère, reflétant une 1 VS de pourpre, c est-a-dire la nuance fleur de pensée avec îcu ^ ^ unpL^
- 6. Indigo fin violet. Ne diffère du n° 4 que parce que sa p;jndieIllK moins légère et sa nuance moins vive. — Fabrication des be
- et teinture des cotons. f {. pâte P ];î
- 7. Indigo bon violet. Un peu moins léger que le précède > gCoW rrée et d’une nuance encore moins prononcée. — T°in
- ser
- et des fils dans les cuves au pastel.
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- de l’indigo. 605
- Indigo violet rouge. Pâte encore plus lourde et plus serrée que celle tUn° 7 ; nuance violette avec reflet rougeâtre.
- ?• hdigo violet ordinaire. Pâte serrée, pesante, nuance violette, sans Mélangé d’autres couleurs.
- ^ Indigo bon rouge tendre. Plus lourd que les précédents. La pâte a 11,1 reflet rouge qui s’écarte déjà beaucoup de la nuance des fins bleus. "•Employé pour les bleus-réserves des indienneurs. p * Indigo bon rouge. Pâte plus serrée, plus compacte que le n° 10. — ’^ployé dans les cuves à la potasse pour la teinture des laines. s I- Indigo fin cuivré. Plus lourd que le n° 11 ; pâte plus serrée et moins Pongieuse, nuance cuivrée assez pure. —Teinture des cotons et des fils; ^-réserves des indienneurs.
- . • Indigo moyen cuivré. Qualité intermédiaire entre le n° 12 et le n° 14 'suit. Pâte serrée, lourde, déjà difficile à rompre. diflT Indigo cuivré ordinaire. D’un bleu cuivré rouge ; pâte serrée, assez lcue a rompre, ni aussi pure, ni aussi vive que celle des précédents, ^mployé dans les cuves à la potasse pour la teinture des laines, d'j 1 Indigo bas cuivré. Pâte dure, pesante, difficile à rompre, chargée ^ Puretés, et d’un bleu cuivré sombre.
- es divers indigos du Bengale viennent en caisses de 100 à 130 kilo-glammes bruts.
- n. Indigos d’Oude ou improprement du Coromandel.
- Indigos, qui viennent d’une province intérieure de l’Indostan, sont CGD J valoir ceux du Bengale; les basses qualités de ces derniers sont 0tlt | an'; Supérieures aux bonnes et premières qualités d’Oude. Celles-ci Les aUc.0uP de rapport avec les qualités moyennes du Bengale. bvjSe '"é'gos d’Oude sont généralement bien pierrés; c’est la sorte qui se ^érahlG mo'nsl Seur grande solidité paraît être due à la quantité consi-11s • 6 chau* qui entre dans leur composition. smVanj^nnent en ca'sscs de différents poids. On les classe de la manière
- ^klndT d’®ucIe violet. Pâte généralement serrée, dure et pesante, du u 1 a Un assez beau violet. Difficile à distinguer de certaines qualités faibig pvo^0 ma's a l’cmpf°i^ on i° reconnaît bientôt à cause de son
- A ***. cuivré. Plus lourd que le précédent et de couleur du Sajj,1 °ugc, quelquefois noirâtre; pâte'serrée, dure, contenant souvent t0ns>dévabiU On V°^ *>ia^er en cassant f’iudigo, et qui laisse un dépôt
- difficjj^0 ^Pude ordinaire. En carreaux durs, pesants, d’une cassure l°Udlc a °Pérer, d’une pâte tantôt terne et terreuse, tantôt d’un bleu fort tuaC a?doisé. Chargé de beaucoup d’impuretés, cet indigo est d’un
- ais emploi.
- Cotte ;
- ni. Indigos de Manille.
- disses ^indigos, extrêmement légère, arrive en caisses et demi-elsouvenLt a kilogr. Elle est en pierres cubiques, en carreaux plats en morceaux irréguliers qui présentent fréquemment à leur
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- 006 CINQUANTE-SEPTIÈME LEÇON.
- surface l'empreinte dos joncs sur lesquels ils ont été séchés. Elle est 1res-mélangée. Dans les caisses, on trouve de très-beau bleu approchant de bel indigo fin du Bengale, réuni à des indigos rouges, cuivrés, secs, arides, à des morceaux bleu terne et à d’autres qu’on nomme faux dans le commerce.
- Les qualités supérieures sont ordinairement en carreaux plats et allongés, un peu poreux et par conséquent légers. Les qualités moyennes sont violettes, mais toujours inférieures au violet du Bengale. Les qualités inférieures sont souvent recouvertes par la poussière des qualités supe' rieures, parce que, pendant le voyage, celles-ci, plus friables, se réduisent en une poudre qui recouvre les premières et en rehausse ainsi, en apparence, la qualité.
- Les indigos Manille sont achetés par les épiciers et ne conviennent qua l’azurage du linge; quand les Bengales sont chers, on s’en sert quelque fois en teinture; mais il n’v a pas d’avantage, attendu que cette soi rend peu à l’emploi, à cause d’une terre légère incorporée à la pllk lors de la fabrication.
- îv. Indigos de Madras.
- d’un
- Ils ont quelquefois, dans leurs qualités supérieures, l’apparence indigo fin du Bengale; la pâte en est aussi légère, mais pourtant beauc plus grosse; ils sont moins spongieux, et, lorsqu’on les applique s,ul4j]S langue, il faut quelques instants avant que l’humidité soit absorbée,^ fournissent, en outre, bien moins de parties colorantes. Ils sont en ^ reaux cubiques, portant ordinairement à leur surface l’emprein 1 la toile dans laquelle on les a mis lorsqu’ils étaient en pâte. t
- Ils viennent en caisses de 80 à 90 kilogr. Ils sont employés seu e ^ dans quelques teintureries de coton, quand leur qualité est belle. .s vent plus particulièrement pour l’azurage du linge. On en distingue variétés principales.
- 1 .Indigo fin bleu. Pâte fine, légère, d’un beau bleu tendre c 1 nuance assez vive. Se rapproche le plus de l’indigo du Bengale. ^ ^
- 2. Indigo bleu violet mélangé. Diffère du précédent en ce que >eS I uJ,je sont plus lourdes, les unes d’une couleur bleue, les autres tiran ie rouge. N’est que peu ou point cuivré. Cette sorte présente beau mélange, et il est rare qu’on en trouve des parties bien honaogen ‘ de
- 3. Indigo ordinaire. Qualité fort mélangée; pâte grossière, |rn[ Qll ver-couleur pâle, tantôt noire, lourde et chargée de sable, tantôt ’f j-UIi for1 dâtre. Elle trouve difficilement des acheteurs, parce qu’elle c^ mauvais emploi.
- v. Indigos de Java.
- cllbiq«c5,
- Ils se présentent généralement en carreaux aplatis ou ^.|T0S du Les premières qualités sont fines et aussi belles que les i “flyenj Bengale, mais elles contiennent moins de parties colorantes. arrjve|,t toutes les nuances. On les rencontre rarement en France,’1 -en petites caisses de 20 à 60 kilogr.
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- DE L’iNDIGO.
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- § II. — Indigos d’Afrique.
- Les indigos préparés en Afrique sont ceux d’Égypte, de File de France "du Sénégal.
- i. Indigos d’Égypte.
- Depuisiine vingtaine d’années, le pacha d’Égypte a établi desindigote-à Chôbra, Mekaleh-el-Kébir, à Mcnouf, à Achmoun, à Birkez-el-essab, dans les provinces de Charkyeb et de Ivélyoub; il en existe aussi ? tay°um et à Bénissouef. Les produits de la récolte s’élèvent de 2a à : jDOO okes (1). Ce sont des ouvriers de l’Inde qui ont appris aux Arabes' ^procédés suivis dans le pays pour la manipulation de l’indigo.T’expor-a |°n de cette denrée s’est élevée, en 1836, à 1,591,000 fr.
- es indigos d’Égypte sont en carreaux un peu plus plats que ceux du e^gale. Us contiennent des matières étrangères, de la poussière et 'es corps légers que le vent y introduit quand on les fait sécher en h cm air. On en distingue surtout deux variétés :
- j • Indigo bon violet et rouge. Pâte fine et assez légère. C’est un mélange piolet tirant au bleu, de bon violet et de bon rouge. Cet indigo est eut inférieur aux sortes qui portent les mêmes qualifications dans ^'ndigos du Bengale.
- (j. ' Jn(tigo fin bleu. Plus léger que le précédent; pâte très-fine; couleur n: n aeau bleu un peu faible. On trouve parfois dans les caisses quelques "es tirant sur le noir.
- n. Indigos de l’Ile-de-France.
- Us
- Us o S(°n* en PeMs carreaux assez semblables à ceux des indigos Manille. r0l Une pâte très-fine et une cassure nette. Il y en a de violet, de violet et de cuivré. Mais auirmrd’hui ils sont rares dans le rnmmeree.
- Us
- cuivré. Mais aujourd’hui ils sont rares dans le commerce, ni. Indigos du Sénégal.
- la c ?on* très-rares dans le commerce, en raison du peu d’extension de avec -U,e des indigotiers dans le Sénégal. Ceux qui ont été fabriqués tières?Ul Sont d’une bonne qualité, mais ils contiennent plus de ma-eereuses que les indigos des autres provenances.
- kt!s indigr
- § III. Indigos d’Amérique.
- maja . a'gos préparés dans cette partie du monde sont ceux de Guati-Mais’i 0 baraque, du Mexique, du Brésil, de la Caroline et des Antilles, 'manu, ; 1 °'s dernières contrées n’en produisent plus qu’une très-petite tiers, encore d’une qualité bien inférieure. La culture des indigo-'lonàcj; 1^a‘'-aull'efois si florissante dans ces pays, a été peu à peu aban-(lans l’aePu's surtout qu’elle est devenue si répandue et si prospère 'ldig0s l'n8ale. Il n’y a donc, à vrai dire, dans le commerce, que les 6 e Guatimala, de Caraque et du Mexique.
- d) L
- °ke d’Egypte est de 1^,197.
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- 608 CINQUANTE-SEPTIÈME LEÇON.
- Ces trois sortes d'indigos sont classées en flor, sobre, corle, et peuvent être subdivisées à l’infini, suivant les modifications que présente la Pate dans sa nature et dans sa couleur.
- i. Indigos de Guatimala.
- Ils sont très-eslimés ; cependant, à nuance égale, ceux du Bengale kul sont préférés, parce que ces derniers n'offrent pas de menus tandis que les Guatimalas en ont beaucoup et sont, en outre, très-variables de qua lités. Ils sont en morceaux petits, irréguliers, brisés, plus légers <1^ l’eau, d’un bleu éclatant et prononcé, ou d’un bleu foncé tirant sui violet, d’une pâte unie, dense, plus ou moins facile à rompre et Pc1llH de quelques trous presque imperceptibles. ,
- Ces indigos arrivent en surons de 50 à 80 kilogr. Voici les principal-variétés :
- \. Indigo de Guatimala flor. D’une très-belle couleur bleue vive, a j pâte unie, tendre, légère, absorbant très-promptement l’humidilcié rapprochant beaucoup des indigos fins du Bengale. — Cette variété c surfin bleu du Bengale sont les qualités les plus estimées. j
- 2. Indigo de Guatimala sobre saliente. Diffère du flor en ce<ïul e|.
- moins léger, d’une pâte plus ferme et d'un bleu moins beau. H a<l quefois une nuance violette. , ,e
- 3. Indigo de Guatimala corte. Ordinairement d’un rouge cuivre, .
- pâte plus serrée, plus ferme, plus pesante, offrant des aspérités aig11 résistant fortement sous le doigt quand on veut l’écraser. .jt
- Pour la teinture des cotons, on emploie le flor, le bon sobre, te y ^ sobre rouge ; pour la teinture des laines, on utilise le sobre ordinal , fin corte, le corte ordinaire et bas.
- h. Indigos de Caraque.
- Ils prennent rang après ceux de Guatimala, avec lesquels ils on grande analogie. Ils sont en morceaux irréguliers, à pâte d’une texture molle et parsemée de petits trous; leur couleui c n0jr d’un beau bleu, tantôt d’un bleu violet se fonçant, approchai! g0J.^s ou pâlissant et devenant louche, à mesure qu’on descend L supérieures aux basses qualités. une aalre
- Ils viennent en surons de 60 à 70 kilogr., et rarement sous forme. Voici les principales variétés : ^
- 1. Indigo de Caraque flor. Pâte très-fine et très-légcre, à.Upjuspar'
- couleur bleue tirant quelquefois sur le violet. Cette variété es F ticulièrernentque les autres percée de petits trous. absoi'ballt
- 2. Indigo de Caraque sobre. Pâte plus ferme, plus pesante c
- plus difficilement l’humidité. ,e et P*"5
- 3. Indigo de Caraque sobre ordinaire. Pâte encore plus 1°
- serrée ; inférieur au précédent. jeS pic^’j
- 4. Indigo cle Caraque corte supérieur. Pâte moins fine.que. ^rerfl^ dents, ayant encore cependant quelque légèreté ; percée in e coniIlK de petits trous ronds et nombreux que la cassure met à décou' >
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- de l’indigo. 609
- tons les sortes supérieures. — Cet indigo est déjà chargé de quelques impuretés — couleur partie violette et partie bleue.
- 8* Indigo de Caraque bon corte. Pâte plus lourde, plus serrée, moins grasse, ayant de la sécheresse et de l’aridité. Couleur violette, violet rouge et cuivrée. Pâle percée à l’intérieur des morceaux de trous arron-Contient plus d’impuretés que les précédents.
- Indigo de Caraque corte ordinaire. Sec, dur, difficile à rompre, pesant elchargé d’impuretés. 11 offre des morceaux noirs et d’autres d’un bleu ardoisé. C’est une des plus basses qualités.
- Ces indigos de Caraque sont surtout employés dans la teinture des cotons, notamment : le petit flor, le bon sobre, le petit sobre.
- in. Indigos du Mexique.
- r us réccmment connus que les précédents. Les uns ont beaucoup de de Sem^lance avec ceux de Guatimala, les autres se rapprochent davantage » indïgos de Caraque, en sorte qu’ils sont, pour ainsi dire, intermé-j[res enh’e ces deux qualités.
- / arrivât en surons de cuir, moins bien cousus et d’un poids moins e'Uier que ceux de Guatimala.
- îv. Indigos du Brésil.
- jr?s°nl en petits parallélipipèdes rectangulaires ou en petits morceaux Pàte°f CrS ^ un Sr*s verdâtre à l’extérieur, d’une cassure nette, d’une la d’un rouge cuivré plus ou moins vif: il y en a aussi dont
- 1 Pâte est d’un gris verdâtre.
- v. Indigos de la Caroline.
- Us
- sont gris à l’extérieur et en petits carreaux. La première qualité est lourd tirant sur le violet ou sur le bleu. Les qualités communes cuivre toujours d’un bleu verdâtre; il est rare quelles soient
- Ces indigos sont bien inférieurs aux précédents.
- WLa Production moyenne de tous les pays précédents est éva-‘e ainsi qu’il suit :
- Bengale, Oude, Manille, Madras....... 3,500,000 k,!-
- Java..................................... 550,000
- Amérique centrale et la Colombie.... 300,000
- Cous les autres pays..................... 100,000
- 4.450.000
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- CINQUANTE-HUITIÈME LEÇON.
- CINQUANTE-HUITIÈME LEÇON.
- DES MATIÈRES TINCTORIALES, (suite.)
- Sommaire. — Suite de Vindigo. — Ses caractères; sa composition. — Indigo' tine. — Carmin d’indigo. — Essais des indigos. — Plantes diverses qui fournissent de l’indigo : Pastel, Renouée des teinturiers.— Du Tournesol. —;MatièR^
- BLEUES ARTIFICIELLES. — MATIÈRES TINCTORIALES VERTES. — Ch/orOphylle
- Vert de Chine. — Matières tinctoriales brunes ou noires. —Noix de go _ — Gallons du Piémont et du Levant. — Cachou, Gambir et Kino. — ^um et autres matières astringentes moins employées.
- Dans le choix des indigos, on ne tient pas seulement compta ^L‘ la nuance plus ou moins riche et pure qu’ils présentent, on 1 . aussi attention aux défauts ou imperfections qu’ils offrent, et (1 ^ se rencontrent dans les qualités les plus belles et les plus che^ comme dans les qualités communes. Ces défauts proviennent s d’une mauvaise fabrication, soit d’accidents survenus à la sèche après sa préparation, soit enfin de fraudes pratiquées Par fabricants ou les vendeurs. La plupart de ces défauts ontreç noms dans le commerce; je dois vous les faire connaître.
- On donne les noms de : , unc
- Grand cassé ou grand carré, aux carreaux d’indigo contenus d‘ u caisse, dont la plupart ont été réduits par accident en morceaux P moins gros; ainsi marqués sur les caisses aaa ; ^ t cassé-'
- Demi-pierré, h l’indigo dont les carreaux ont été accidentellemen en deux; ce qu’on exprime par le signe Q] ; _ 1]iers
- Grabeaux, aux carreaux qui ont été réduits en fragments ineS assez petits pour passer au crible; L.(aisscs>
- Éventés, aux indigos qui se cassent facilement au sortir des. ^ ^uj qui s'ouvrent en plusieurs morceaux dès qu’on les met sur ^^faiif présentent dans leur intérieur une sorte de moisissure blanche. ^ p qui tient sans doute à une mauvaise dessiccation, nuit beau vente » .. ',-ieui' ^
- Piqués ou piquetés, aux indigos qui présentent dans 1 m L pierres des points qui leur donnent l’apparence du granit ;
- de di''erse
- Rubanés, à ceux qui offrent des couches superposées ,oügc> nuances de bleu dans les mêmes carreaux, nuances tantôt p tantôt plus pâles que la pierre même, quelquefois blanchàtie^vjsentel1 Brûlés, aux indigos qui, serrés fortement dans la main, se
- dits fraarments nluc
- ___, ...u.guo 4U*> serres iortl m .
- petits fragments plus ou moins noirs; ,cüUes f,rl
- Sablés, aux pierres qui présentent dans leur pâte des P®1 jjs 53,15 lantes de sable. Ce sable interposé ne fait qu’augmenter Ie
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- de l’indigo. 61!
- twnit' la couleur, tandis que la terre qui peut s’v trouver rend les in-lourds et ternes;
- ucorcés, aux indigos qui sont couverts d’une légère croûte grisé verdâ-re> comme autrefois ceux de Coromandel. Ceux de Java offrent ordinai-ement une croûte grise et même blanchâtre, qui n’a, d’ailleurs, aucune n uence sur leurs qualités.
- aux indigos dont la surface est recouverte d’une couleur qui n’est I s celle de la masse et qui provient du frottement de la substance duite *S Ca^sscs e* surons> ou des matières étrangères qu’on y a intro-
- froids, aux indigos nouveaux qui contiennent de l’humidité et sont, (lité' CGtt-e ra*son> Pcu absorbants, quoique fins. Souvent cette humi-ej Provient ou d’avaries ou de fraudes; elle ne fait qu’ajouter du poids av„nu^ Peu à la qualité. Cependant, quand un indigo a été totalement PouM ^ Pei(l b>eaucouP à la vente; le travail qu’il faut lui faire subir 1 le remettre en état le ternit extérieurement et le fait tomber en sceaux.
- une°rS^U On ac^®te un indigo, il faut commencer par vider sur °ile le baril ou suron qui le contient; examiner s’il est le Ce e Partout, car il n’est pas rare de trouver en dessus des mor-basse ° UI^e supérieure et dans le fond des morceaux de
- |.éc,efqualité; juger la robe de l’indigo, c’est-à-dire la beauté et t'ères de la nuance; faire attention si les pierres sont bien en-est l •’Parce {lue> s’ü en es* ainsi, c’est une preuve que la pâle bon len homogène, qu’elle a subi une dessiccation soignée et un nette C^uaSe ! considérer la cassure de la pierre et voir si elle est njSa|’i un grain fin et uniforme, d’une teinte cuivrée, sans rubans vous e’ exemPte, en un mot, de tous les défauts que je viens de dans^naIer; enfin constater si la pousse ou menu qui se trouve carCo!, Caisse est 6ien pure et de môme nature que les pierres ; jours ,efP°rti°n, étant la plus facile à mélanger, est presque tou-lapou,érée- a remarqué, en effet, des cailloux robés dans de ?uCf?,in^80’de l’ardoise pilée, du sable noir, de la poudre bleUie ^ f*®.Piomb, de la plombagine, de l’amidon, de la fécule PoiKo,^ai> *’'°de, et autres matières aussi communes. Souvent la Cedaia$ 1C uneau*rc qualité que celle des pierres, attendu que qui je Marchands ont l’habitude, pour se débarrasser de celle quantité ]CS^e lou.i°urs de leur détail, d’en mettre une certaine ^ouvé ] s *es caisses qui n’en comportent pas trop. On a aussi terre et | s ^es surons de Guatimala, des trochisques faits de °h a ven 1° ^0llss*®re d’indigo. Il y a quelques années, à Bordeaux, !nrh_ .u.de t’indigo en pains fraudés avec une laque alumineuse
- de
- n. - i nuugo en pains l'arïlPôche !
- toujours très-élevé des indigos, 12 à 18 francs le kilo-tom’ suivanl les qualités, doit faire comprendre la nécessité 1 es les vérifications que je viens d’indiquer.
- j
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- CINQUANTE-HUITIÈME LEÇON.
- En 1856, la France a importé, pour sa consommation, 4,034-,349 kilogrammes d’indigo, représentant line valeur de 20,500,000lï-En 1858, ces chiffres ont singulièrement fléchi, puisque l’importation n’a été que de 756,522 kilogrammes, soit en argent 14,400,000 francs. Les Indes anglaises, les Indes françaises, le Vénézuéla sont les principaux pays de provenance.
- La consommation annuelle du monde entier en indigo peut être évaluée à 5,000,000 de kilogrammes au" maximum. Nous avons vu précédemment que la production moyenne est de 4,-450,00 kilogrammes. Par conséquent, il n’y a jamais d’excédant, ce q111 contribue à maintenir le haut prix de cette substance.
- Quelles que soient, au reste, les différences que présentent entre elles les nombreuses qualités commerciales de l’inn'g toutes ont des caractères communs qu’il est essentiel de connaît^
- L'indigo n’a aucune saveur, mais il happe à la langue, à la111,1 nière des argiles, ce qui lient à son état de porosité. Il n’ad o( C ‘ sensible qu’en grandes masses; çette odeur devient surtout tm prononcée lorsqu’on le brûle, ou lorsqu’on le soumet au lrav de la cuve.
- Chauffé fortement, il répand des vapeurs pourpres, qui
- se cou-
- densent sur les corps froids en jolies petites aiguilles brtlld
- d’un aspect métallique
- et de couleur cuivrée. C’est la niatiel
- beaucoup
- colorante pure ou 1 ’indigotine, dont la proportion varie — j.^s dans les diverses sortes d’indigo (I). Dans les premières qua du Bengale, j’en ai trouvé plus des 3/5 du poids. ,aDS
- Inaltérable à l’air, ce produit est insoluble dans l’eau e , les autres véhicules, excepté dans l’acide sulfurique conce^^ auquel il communique sabelle couleur. Cette dissolution, co' sous les noms de bleu de Saxe, de bleu de composition, ^ liqueur, de sulfate d'indigo, est facilement décolorée parle c et les hypochlorites. L’acide sulfurique de Saxe dissout bie ^ ul)e facilement l’indigo que l’acide ordinaire, et la dissolution ‘ ^ couleur pourpre. Lorsque nous aurons étudié l’indigp1 reviendrai sur ces dissolutions pour vous apprendre lcui
- sition. . digo* ^
- L’acide chlorhydrique n’a presque pas d’action sur jn je n’en est pas de même des acides azotique et chromiquC *
- décolorent complètement et le transforment en prot
- , q
- (1) Lorsqu’on veut extraire toute l’indigotine contenue dans Vpextra^t'01?/^ mercial, il faut se servir de l’appareil queM. Kopp a imaginé pou1 substia l’alizarine, et dont j’ai donné la figure et la manœuvre, la page /2 V tj0n es! P.; tout simplement l’indigo à la garancine dans le cylindre; mais 1 °Pe ‘ ^ qu’o11 difficile à conduire, parce que l’indigo se boursoulfie très-facilenie obligé d’employer une température plus élevée.
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- DE L INDIGO.
- variables suivant les circonstances dans lesquelles on opère. L’un de ces produits est une matière neutre, cristalline, d’un rouge brun, l’autre un acide cristallisable en aiguilles jaunes et fort analogues à l’acide picrique :
- Le premier s’appelle Isatine, et a pour formule.... Cl6H5Az04;
- Le second, Acide indigotique, et est-représenté par. CuH4Az09,H0.
- Les alcalis en dissolution concentrée et bouillante le changent aussi en partie en Isatine, et par une action plus prolongée et. f'us profonde, ils le convertissent en deux acides nouveaux azotés acides anthranilique et chrysanilique), dont le premier, par une ,rusque action de la chaleur, se dédouble en acide carbonique et en cet alcaloïde liquide et volatil qu’on a nommé aniline (Ll2H7Az).
- Les alcalis en dissolution faible n’exercent pas d’action sensible l’indigo pris dans son état ordinaire; mais ils en opèrent la e°naplète solution lorsqu’il a été modifié par la réaction simulée de certains corps désoxydants, tels que la couperose, le sulfure d’arsenic, l’hydrate d’étain, le sucre et la plupart des
- substa
- sa belle
- knt ai
- nces végétales susceptibles de fermenter, qui lui font perdre
- couleur bleue et le rendent jaunâtre. C’est en le soumet-. ,‘llnsi à l’action des alcalis et des corps désoxygénants, qu’on p ^ faire ce qu’on appelle les cuves d’indigo. Pour bien com-con r -*a théorie ^es cuves, il est nécessaire de connaître la 17»/- i°ü chimique de l’indigo et les propriétés essentielles de n^9otine.
- et ^lndigo du commerce renferme plusieurs principes organiques aVec ^rand nombre de sels de chaux, de potasse et de magnésie, prerije' oxyde de fer. Voici, en résumé, ce qu’on y trouve; je s> comme exemple, Vindigo Bengale cuivré bon ordinale :
- Eau......................................... o,7
- Matière azotée analogue au gluten...... 1,5
- Matière brune, dite brun d’indigo........... 4,6
- Matière l’ouge, dite résine rouge d’indigo.. 7,2
- Matière colorante bleue ou indigotine.. 61,4
- Matières minérales........................ 19,6
- 100,0
- par^.
- Ma ie;l/°'lles ces substances, il n’en est qu’une qui soit propre Parti0,,Ure en bleu : c’est Y indigotine, que nous devons étudier
- Cette Gment-
- différent a^^re colorante se présente à nous sous deux états tresse composition élémentaire et de propriétés. Elle peut
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- 614 CINQUANTE-HUITIÈME LEÇON.
- être d’un bleu violet ou absolument incolore; et ce qu’il y a de plus remarquable, c’est qu’on peut, à volonté, la faire passer d’un de ces états à l’autre, sans en altérer la nature essentielle.
- Dans les indigotiers, la matière colorante est tout à fait blanche, elle est alors en mélange avec les autres principes, et elle se dissout dans l’eau qu’on met en contact avec ces plantes. Mais, des que l’infusion a le contact de Pair, Yindigotine blanche, en absorbant de l’oxygène, passe à l’état d’indigotine bleue, et devient, dès lors, insoluble. C’est pour produire ce résultat qu’on ba l’infusion, ainsi que je l’ai dit précédemment.
- L’indigotine bleue, en contact avec une liqueur alcaline et une matière désoxygénante, perd sa couleur, redevient indigotin' blanche, en abandonnant de l'oxygène, et se dissout dans le véhicu Mais, dès que la solution subit le contact de l’air, Yindigotine blw se reforme et s’isole de l’alcali.
- Si l’on met dans un vase, hors de l’influence de l’air :
- 1 partie d’indigo en poudre,
- 3 parties d’hydrate de chaux,
- 2 parties de sulfate de fer,
- 150 parties d’eau,
- et qu’on agite souvent le mélange, il ne faudra pas lon8te n pour que l’indigo perde sa couleur et que le liquide soit colo jaune foncé. Au fond de la cuve se trouvera un dépôt de s . de chaux et d’oxyde de fer dont une partie est à l’état de pel°x-Voici la réaction chimique qui s’établit dans ce cas : ^ e[
- Une portion de la chaux s’empare de l’acide du sulfate de forme du sulfate de chaux insoluble. Le protoxyde de fer, ^ libre, se partage en deux parties. L’une réagit sur Yindigotine sj lui enlève une certaine quantité de son oxygène, la ramene ^ à l’état d'indigotine blanche, et se convertit en peroxyde .oJ) qui se dépose. L’indigotine désoxygénée demeure en ^ ^ j;1 dans la liqueur alcaline. Le reste du protoxyde de fer ^ jp chaux se trouve en partie dans le dépôt et en partie dans queur. de
- La légende suivante va vous faire mieux saisir 1 ense ces phénomènes curieux :
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- DE L INDIGO.
- 615
- ndigotine
- bleue
- représentée
- ...Par
- •indigo.
- indigotine blanche Oxygène ------------
- = peroxyde de fer
- lre portion.
- de de
- \ protoxyde protoxyde de fer = j oe nnviinn
- 2e portion, protoxyde
- Chaux
- acide sulfurique
- ( lre portion. Chaux----->
- [2e portion. Chaux-------
- t Sulfate i de chaux.
- ' 3e portion. Chaux
- solution
- alcaline
- d’indigotine
- blanche
- d’arspX^G ct chlorure d’étain, les sulfures alcalins, les sulfures
- réduis 1C’ ^es suhstances végétales, son, garance, etc., l’urine, pa])le,n * aussi l’indigotine bleue, sous l’influence d’un alcali ca-On (.G c^SS0lldre lorsqu’elle est désoxygénée. dans iSeait,.^puis longtemps que l'indigotine blanche, ou dissoute sence \ lcIUeurs alcidines, redevient subitement bleue en pré-°xygèn S SG^S Clllvre’ Pai’ce que ceux-ci lui cèdent de leur î°üpnj e' Berzelius a reconnu que, dans ce cas, ils lui en d’in^i nne quantité telle, qu’on peut dire que 100 parties l’état ri } eu ont Pr*s 4 parties 6/10 d’oxygène pour passer de
- • Cn?Cà,,élat bleu-
- '^'Sotine^' ^umas’ vo‘c^ <îuelle est la composition des deux
- Indigotine blanche.
- Carbone............... 73,0 ...
- Hydrogène.............. 4,5 . .
- Azote............... 10,6
- Oxygène........... tl,9 ...
- Formules.
- 100,0
- C16H6Az02
- Indigotine bleue.
- 73.1 4,0
- 10,8
- 12.1
- 100,0
- C16H8AzO*.
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- 616 CINQUANTE-HUITIÈME LEÇON.
- En comparant ces deux formules, on voit que Yindigotine blanche sérail de Yindigotine bleue plus un équivalent d’hydrogène.
- Cl6H3Az02 + H = C,6H6AzOs,
- c’est-à-dire un hydrure d’indigoline bleue. En admettant cette interprétation, on voit que l’air ou l’oxvgène, en agissant sur l’indigotinc blanche, lui enlèverait l’équivalent d’hydrogène pour former de l’éau,de sorte que la conversion de cette indigotine en indigoline bleue serait un phénomène de déshydrogénation :
- Cl6H6Az02 + 0= C,6H*Az02 + MO.
- Peu importe, au reste, l’opinion théorique qu’on adopte pour expl‘(|uljl les phénomènes que présente l’indigotine sous ses deux états, les resul a pratiques s’entendent également bien dans les deux hypothèses.
- ....
- ans les fabriques, il y a plusieurs manières de monter les cuves nu igo, ou, en d’autres termes, il y a plusieurs espèces de dissolution d’indigo, qu°n applique chacune e,| particulier à tel ou h' genre de fabrication. vous en parlerai pétard , quand nous étudierons les diverses operations de la teintuio-Revenons à l’action l’acide sulfurique sll‘ l’indigotine,afln de'°1^ faire comprendre lan‘l
- ture des dissolu!^ sulfuriques d’ind in-
- employées dans la e ture des laines.
- Disons d’abord <l l ’
- pour que rin(ilft°f qUé plus facilement atta j
- par les agents q»1 vent en opérer la lion, on le réduit
- I . . pâte aussi fine qlie ^
- n ’ '" avec de l’eau dans le moulin rePréseD.%
- ntre (fig. 548). C est un tonneau dans lequel il y a une P81'®, eules A,B dont la supérieure A, seule mobile, est mise en" à ment par la lanterne C. Lorsque la pâle est réduite à consistance de l’huile, on la fait imiter nar le robinet V s
- Fig. 548.
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-
- de l’indigo. 617
- lamis posé sur le baquet E, afin de retenir les particules plus gros-s'èi‘es qu’on broie de nouveau.
- Lorsqu'on met \ partie d’indigoline dans 12 parties d’acide sulfurique à 66°, ou dans 6 parties d’acide de Saxe, on obtient une liqueur d’un beau bleu dans le premier cas, d’un rouge presse pourpre dans le second, sans qu’on observe de dégagement üacide sulfureux. C’est que l’indigotine se combine directement a 1 acide sulfurique, pour former un acide complexe qu’on appelle aci(*esulfo-indigotique, qui est ainsi constitué :
- C16H3Az02,2S03.
- Lct acide complexe a la propriété de s’unir aux bases et de °nner des sels cristallisés. Le sulfo-indigotate de potasse est ainsi
- ^Présenté :
- C16H5Az02,IvQ,2S03.
- ans la dissolution sulfurique d’indigo des fabriques, la matière ^entielle, l'acide sulfo-indigotique, est toujours accompagnée Giatières étrangères, les unes solubles, les autres insolubles, un excès d’acide sulfurique.
- ,1 l°n étend cette dissolution de 10 fois son volume d’eau, et on y ajoute assez de carbonate de potasse, ou plus économi-, aienlde carbonate de soude, pour neutraliser la liqueur, il se 'lot U1^ a^ors du sulfate de potasse ou de soude, et du sulfo-indi-quqi^ potasse ou de soude, qui se précipite en flocons, parce 'nsoluble dans l’eau chargée de sulfate alcalin; il se gneQre donc ainsi des autres matières solubles qui l’accompa-àla ’^nlave ce précipité à l’eau pure jusqu’à ce qu’il commence P^ed° °rer’ ^ors{Iu ^ est suffisamment égoutté, on le met en ans le commerce, sous le nom de carmin d’indigo (1).
- ' nd on opère en grand, voici les proportions qu’on suit :
- Indigo pulvérisé.......,............... 10 WL
- Acide sulfurique surconcentré.......... 40
- Cristaux de sonde................ HO à 115.
- dans uJUe ^a dissolution sulfurique d’indigo est effectuée, on la verse d’eau n ?land baquet conique en bois, contenant déjà 60 à 80 fois plus de ls> après un mélange parfait, on y projette peu à peu le carbonate s’°pé|. Gn Morceaux aussi gros que possible, afin que la neutralisation ^Çen.oraem ne produise pas d’écume ou de mousse qui pourrait bendnr ♦ i vase’s* l’on n’agissait pas prudemment.
- la préparation du carmin d’indigo, il se produit une substance
- (i) qe
- (jqest encore désigné sous les noms d'indigo soluble, de bleu n *goprécipité, &’indigo-carmin, de céruléine, de céruléo-sulfate.
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- 618 CINQUANTE-HUITIÈME LEÇON.
- verte qui nuit beaucoup à la teinture, sur soie principalement. Plus les carmins sont lavés à Peau, mieux ils sont dépouillés de cette matière verte, plus ils sont propres à teindre.
- Pour reconnaître la qualité d’un carmin en peu de temps, il suffit d’en étendre une faible quantité sur un carré de papier non collé. Si le P10' duit est impur, il ne tarde pas à se faire, autour du pâté de carmin, une auréole d’un vert sale. 11 peut cependant arriver que ce phénomène n apparaisse pas, si le carmin d’indigo a été trop desséché. 11 faut alors, poll[ que l’essai donne des résultats, étendre le produit d’eau, de manièrea le ramener à l’état de bouillie très-claire, puis procéder à son étalage sui le papier.
- Un bon moyen pour reconnaître également la qualité d’un carnnn, consiste à faire un bain de teinture, que l’on épuise de sa matière colorante bleue par de la laine mordancée en alun et tartre. On a PûU‘ résidu une liqueur contenant toute la matière verte, qui possède la s1^ gulière propriété de ne pas se fixer sur la laine, mais, au contraire, L teindre la soie. , .
- Il existe dans le commerce trois sortes de carmin: le carmin simp > le carmin double, le carmin triple (1).
- Voici, en moyenne, leur composition d’après mes analyses:
- Eau. Indigo.
- Carmin simple .. .. 89 ... 4,96
- — double .... 85 ... . . 10,2
- — triple. ..... .... 73,7 ... .. 12,4
- Le sulfo-indigotate de potasse ou de soude est soluble (t l’eau pure. Tous les Corps qui opèrent comme agents réduc sur l’indigotine colorée, réduisent et décolorent ce sel. zinc, sous l’influence de l’eau, s’oxyde et produit, avec ce posé, une combinaison incolore, mais qui repasse peuap bleu par le contact de l’air. la
- En raison des variations nombreuses qu’on remarque < ^ même espèce d’indigo, variations qui dépendent d’une 1° causes, et notamment des procédés d’extraction, desavaries s quelles ce produit a pu être exposé pendant son transp0 > fraudes qu’il a pu subir en passant dans tant de mains dit depuis le moment où il sort des ateliers de fabrication J ^ celui où on l’achète pour l’employer à la teinture, v)ollSjr de» comprendre. Messieurs, combien il est important . \ |ari' moyens simples et prompts de constater avec exaclitu j^s chesse en matière tinctoriale de celte précieuse substa1 ^ caractères extérieurs ne fournissent que des indications ‘ y0jci Il faut, de toute nécessité, recourir aux procédés chinai fi11 ceux qu’il faut préférer :
- |____________________________________________________________WÊ . doUblc
- (1) On trouve dans le commerce, sous le nom d’indigotine, un l’azt,rJr et triple à l’état de poudre cuivrée; il est employé de préférence du linge, parce qu’il donne des teintes plus fraîches que le carnnn
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-
- DE L INDIGO. '
- 1. Pour découvrir la présence des matières minérales ajoutées : poudre de plomb, sable noir, terre, etc., on fait d’abord dessechei les indigos, finement pulvérisés, à la température de 4- 100°, afin de chasser l’eau interposée, qui varie de 3, 5 à 6 p. 100 dans les indigosnon fouillés frauduleusement. On opère ensuite la calcina-t'°n dans un creuset de platine (fig. 549)
- Sur 1 gramme de poudre sèche. Les j0ns indigos ne donnent, généralement, pas plus de 7
- a 4a 1
- P* 100 de con-
- Fig. 649.
- ^ Quand °nn0n
- ParSVU 6St facile>
- nn„. lnsPection et le lavage des cendres, d’y reconnaître le sable, la "Ï! de P'omb, de.
- on soupçonne l’existence de l’amidon ou de la fécule colorée l’iode, en raison de la couleur pâle, de la densité et de la p0tau'mc de la pâte, on fait chauffer la poudre d’indigo avec de l’eau de Itire p- °n filtre, et dans la liqueur on verse quelques gouttes de tein-lu’eli IOde? clu^ ficela la fécule par la belle couleur bleue ou pourpre 3 ^ Y développe.
- tièré (.Ü|Ur ^terminer la richesse comparative de divers indigos en ma-ger (m° arante, on peut, à l’exemple de M. Ghevreul et de Schlumber-chl0l.y’ au>e usage du chlorure de chaux, attendu que la quantité de ce le ra e necéssaire pour décolorer les indigos est assez exactement dans Ou 0lt de leur pouvoir tinctorial. On agit de la manière suivante : capsulé 1 £larnme de chaque indigo finement pulvérisé dans une °n uj . . porcelaine avec 12 grammes d’acide sulfurique de Saxe, et u'eut le mélange pendant 4 heures à la température de -(- 50
- f c°Urantl ?cfilurnl)erger> né à Mulhouse, le 11 avril 1805, mort en cette ville dans l’indn 1852, a été l’un des plus savants chirtiistes praticiens qui aient
- ^hlin s'6 ^6S tofies Peitltes de découvertes utiles. Ce fut sous la direction >ciences(.v' . °uch, très-habile fabricant, qu’il acquit les premières notions des lnilclues et de leur application à l’art de l’impression. Après un séjour de ^dle natalennées ^ ^ar‘s> °ù fl compléta ses connaissances, il revint dans sa mtribu,; a et 'f s’y plaça bientôt à la tête de tous ces coloristes qui ont tanl
- Miin. a -
- f^uPart deg e endre la réputation scientifique et industrielle de î’AJ*ice. La "-/a *°ctV/e °.rnfi,eux mémoires que Schlumberger a publiés dans les Bulletins 'U plus " <G ^uth°use, sont relatifs à la garance; on peut dire avec justice lct°riale (*Ue tou*; autl'e avancé l’histoire technique de cette précieuse matière
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-
-
- Uj
- ---Y ' •
- à 60°. La dissolution étant opérée, on la délaie exactement dans i ütrc {fig. 550) d'eau distillée. On remplit alors de cette liqueur un
- tube
- Fig. 550.
- Fig. 551.
- Fig. 552.
- gradué en 100 parties comme l’alcalimètre de Gay-Lussac (fig- ® on en verse dans une mesure connue de chlorure de chaux (fjO-t° de l’aréomètre de Baumé, soit, par exemple, 4 millilitres, J'fT,jjj0n que ce chlorure cesse de décolorer la liqueur bleue. On arrête la de celle-ci lorsque le mélange des deux liquides a acquis une legeie ^ vert olivâtre. On compte le nombre de degrés de sulfate dinde ^ ployé, et on recommence l’opération afin d’obtenir, par un se ^ lange du chlorure et du sulfate bleu, le degré exact, c’est-à-due ^ loration complète de ce dernier. —On procède de la même rnan.1Lisse en la dissolution d’un indigo pris comme type, et dont la llC '. |e des matière colorante est représentée par 100°. — La richesse bien
- indigos essayés est en proportion inverse de la quantité de su ^ir consommée dans chaque essai. Si donc on trouve que lui » ue exige 54 parties de sulfate pour être décoloré par le chloruie, g(J|.
- l’un des indigos éprouvés comparativement demande 64 partie» fate, on dit :
- len*
- 100X64 . nrpnfern°
- -----—------= 84,5 ; c’est-à-dire que 100 parties de cet indigo
- C1 84.5 d’indigo pur. j,.
- En divisant le prix coûtant de l’indigo par son degré de PlllC ^ gjad tiendra le prix d’un degré d’indigotine; ce qui produira le entre les divers indigos essayés, eu égard à leur prix et à leu ^ aura pureté. Ainsi, un indigo de 73°, coûtant 28 fr. le kilob’1^ ^ flUtre || = 0fr,38 c. pour 1 degré d’indigotine ; tandis qu’avec ul1^ ^ qualité d’indigo de 85 degrés et coûtant 23 fr. le kilog1"
- = 0fr,27 c. pour 1 degré d’indigotine, ce qui établit ulie a{jVcrnpnt
- de 30 p. 100 sur le prix en faveur de ce dernier indigo, compal au précédent.
- Dar de , <]uei iepo les | qu'o! il pi ?0lui Ce de p slant duit cune
- sa
- circo,
- tilde
- 'élan
- ,riqtii
- l’i
- ifi(l i
- ‘itctc
- (polv,
- N,
- Si.
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-
-
- DE L’iNDIGO.
- 621
- 4. On peut encore, ainsi que l’a proposé M. Labillardière, recourir à Emploi du colorimètre {figM3), en opérant comparativement avec un Indigo de même marque et de même provenance, dont la qualité est connue et dont on sert comme d’un type. On éissoutun gramme de chaque ln<%o dans 20 grammes d’a-c'^e de Saxe, et on étend la dissolution avec de l’eau de manière à avoir un volume 10 ^ litres. Ce sont ces li-‘lueurs bien éclaircies par le pos qu’on introduit dans es lubes du colorimètre et •lu on
- Fig. 653.
- ï“un amène à la même nuance par l’addition d’eau dans la liqueur laPlus colorée. La richesse des indigos comparés est proportionnelle au 'o'unae de leur dissolution avant et après l’addition de l’eau.
- Ce qui rend l’emploi du colorimètre, très-précieux pour les essais B l’indigo, c’est que, parmi les sub-Jances que l’on peut mêler à ce pro-1111 pour le frauder, il n’y en a au-?ne qui puisse augmenter l’intensité ? sa couleur et apporter, dans les j;11 constances ordinaires, de l’incerti-r,e,dans l’appréciation de la qualité ^atwe des indigos par ce moyen mêles
- |,eu'es plantes qui renferment de tine dans leurs feuilles; le [Tler'rose des teinturiers (wrighlia ncf°na), la
- renouée des teinturiers J&°num tinctorium), le pastel tUr• Ünctoria), Veupatoire des tein-hp.^^patorium tinctorium), elc.,
- auvent - • -
- lndigotiers ne sont pas les
- (la
- n, aussi fournir de l’indigo; lesS P us*eurs contrées du globe, on On J llise Peur son extraction, ou la t'es emploie directement pour en bleu; c’est ce qui a Hail(f Salem, sur la côte de Coro-ftQ/.e’ P°Ur le laurier-rose tincto- Fig
- (){’«. !u Chine, pour 1 e polygonurn
- pL004) i et autrefois, en Europe, pour le pastel. Cette dernière fa- 555), qui, avant l’époque où l’indigo devint une drogue e de teinture, fournissait toutes les nuances bleues sur les
- k o
- H.
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-
-
- CINQUANTE-HUITIÈME LEÇON.
- tissus, et était l’objet, jusqu’à la fin du xvie siècle, d’un comment’ considérable, surtout pour les environs de Toulouse, n’offre pi’1-
- mÊm
- |
- IsftB
- |
- I ”
- 111111 rat» ;k »'!< V’.'SiSaS
- É-Wi’lllii
- Fig. 555.
- . , gjjj’ |6$
- quelques traces de culture qu’aux alentours d’Albi e bords de la mer, à Luc et à Langrune en Basse-Norman 1•
- TOURNESOL.
- cl
- Vous savez l’emploi fréquent du tournesol par les „uele je vous ai donné l’explication des modifications de cou acidfiS papier et la teinture de tournesol éprouvent par l’action ,,^udc et des alcalis. 11 est nécessaire maintenant, pour compm ^ polr de celle matière tinctoriale, de vous apprendre comme tient. . el je to
- Il y a deux sortes de tournesol : le tournesol enpo-inS nesol en drapeaux. .
- Le tournesol en pains est préparé, d’après M. Gélis, avec les
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-
-
- Plusieurs •>
- P°un s'ucles, cl qui est employé exclusivement par les Hollandais 'le la *Col°ïation de leurs fromages, on le fabrique avec le sue verdâtre au'elle [jig, 557), espèce d’euphorbe nommée par les botanistes
- DU TOURNESOL. 023
- chens qui fournissent l’orseille (fig. 556), à la seule différence qu on ajoute au mélange des matières du carbonate ^ potasse ou de soude ; il se forme, au bout de cinq semaines, la substance tinctoriale bleue qu’on moule en tablet-l°s ou en petits pains cubiques. Mais cette couleur bleue n’est pas un produit "Nique, comme on l’avait pensé jusqu’en 1^1, puisqu’elle renferme quatre prin-clPes colorés distincts, que M. Kane a désignés sous les noms d’Érythroléine, krythrolitmine, à’Àzolitmine et de Spaniolitmine. La deuxième et la Iroi-sicme de ces matières sont les principes colorants les plus abondants du tournées toutes, du reste, ont une couleur ’ouge ou pourpre, sans aucun indice de 1 "a, et la couleur bleue du tournesol en _
- pains dépend de la présence de l’ammoniaque, ainsi que Perctli,de Rome,
- a indiqué, le premier, en 1828.
- Qnantau tournesol en drapeaux ou tournesol de Provence qu on prépai e "Niqucment au Grand-Gallargues, village des environs de Nîmes, depuis
- Fig. 55G.
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- CINQUANTE-HUITIÈME LEÇON.
- Chrozophora tincloria. On trempe dans ce suc récent, mêlé on non d’urine, des lambeaux de toile d'emballage très-grossière, oh les fait sécher rapidement, et on les place entre deux couches de paille sur un tas de fumier de cheval en fermentation dégageant d’abondantes vapeurs ammoniacales. Lorsque les chiffons ont acquis une belle couleur bleue, ce qui arrive au bout d’une heure à une heure et demie, on les fait sécher, on les imbibe de nouveau de suc mélangé d’urine, on les porte encore à l’é-tendage, et on ne les retire qu’après qu’ils ont acquis par la dessiccation une couleur pourpre ou vert sombre. C’est dans cet étal qu’on les expédie en Hollande. Les Gallarguois en produisent annuellement 1000 à l-^1 quintaux au prix moyen de 45 à 50 fr. le quintal. M. le professeur Joly, de Toulouse, qui a décrit, en 1842, cette industrie locale, a constaté q«c la maurelle vivante ne renferme qu’un suc incolore qui,après la mort un végétal, et sous l’influence de l’oxygène atmosphérique et d’une prompt dessiccation, tend à passer au bleu, transformation que l’ammoniaqu1-’ opère plus rapidement et plus complètement. 11 a, de plus, démontréq>|c
- le tournesol en drapeaux diffère du tournesol en pains, en ce que
- les al'
- calis ne peuvent le ramener au bleu lorsqu’il a été rougi par un acide.-Pour donner aux croûtes des fromages de Hollande celte teinte rouge 4
- les distingue, on trempe tout simplement les fromages dans un ^ d’eau bleuie par les chiffons, et on les fait sécher immédiatement-teinte rouge, qui apparaît ensuite sur la croûte, est probablement à l’action de l’acide acétique contenu dans les fromages.
- haqud
- MATIERES COLORANTES BLEUES ARTIFICIELLES
- Plusieurs matières colorantes bleues ont été découverles ^ ces derniers temps ; la teinture et l’impression des tissus en tu . déjà un brillant parti. Je dois vous les signaler.
- f. Bleu d’aniline par le chlorate de potasse. — Lorsqu’on faitreag1 petite quantité de chlorate de potasse dissous dans l’acide chlorhy j(, sur le chlorhydrate d’aniline eu dissolution dans l’eau alcoolisée, ^ forme, au bout de quelque temps, un précipité floconneux se
- d’une belle couleur bleue; si les liqueuis sont concentrées, 1° ^
- prend presque en masse. — Le même composé bleu s’obtient p lement en ajoutant au même sel d’apiline de l’acide chloïeux i]^ ^ la liqueur se convertit immédiatement en une bouillie bleue- ^ chlore dissous, l’acide chrômique donnent également naissance sîS matière colorante bleue par leur réaction sur l’aniline, des e ^
- etc-
- l’esp11
- réactions ont été indiquées par MM. Fritzche, Hofmann, NVillm Mais le bleu d'aniline est insoluble dans l’eau, dans l’alcool e (ure de bois, ce qui a rendu impossible son application directe en rj|pc n a eu l’idée de le former sur les fibres elles-mêmes. Ainsi, op^.^ aC(s-
- On
- surun tissu de coton un mélange de chlorhydrate d’aniline, tique et de chlorate de potasse, le tout épaissi à la gomme, Pu‘s pose à l’air jusqu’à ce qu’il y ait formation d’une couleur verub
- on
- puac a 1 ail Cl '-jca U j un muiittuuu ^ uni/ —
- exige au plus 2 ou 3 heures ; après quoi, on passe le tissu à c un bain d’alcali ou de bichromate de potasse; aussitôt la coule1
- ev . qU*
- iir Pa’
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-
-
-
- r
- MATIÈRES BLEUES ARTIFICIELLES.
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- vert à un bleu intense, qui paraît complètement noir si l’on a employé
- une trop forte proportion de sel d’aniline.
- Le bleu ainsi obtenu est extrêmement solide. On a fait quelques imposions de ce genre en Angleterre et en Allemagne.
- 2' Azuline. — Ce bleu, dont l’intensité rappelle l’outremer, a paru dans [industrie vers la fin de 1860. MM. Guinon, Marnas et Bonnet, qui le
- fabri
- iquent à Lyon par un procédé tenu secret, l’emploient en quantités considérables pour la teinture de la soie et de la laine.
- Cette nouvelle matière colorante est soluble dans l’alcool, l’esprit de )0's- l’éther, l’acide acétique et l’acide sulfurique concentré, mais non ’eau et les acides étendus. Elle ne vire point par les acides, elle
- dans 1
- , < o 1^0 aLlULO LA IX O. J_J 1 Alt V 11 C jJUllJl jJO.1 ICO ClClUCOj CUC
- L'ient d’un bleu violet par les alcalis. On la vend dans le commerce en jJ ution dans l’esprit de bois; cette solution contient un peu d’une ma-i,ere r°uge, puisqu’en l’étendant sur du papier, elle produit une tache pUe bordée de rouge.
- I 0Ur feindre la soie en azuline, on ajoute une quantité convenable de °iution commerciale à un bain d’eau tiède, en ayant soin d’agiter vient pendant qu’on fait le mélange; de cette manière, la couleur se r '!?16nt en suspension dans l’eau. La soie plongée dans ce bain prend J, ement une nuance bleu gris de fer, mais peu uniforme; si alors d’un WSSe ^anS ^eau bouillante aiguisée d’acide sulfurique, elle devient (L b‘eu vif et brillant. Dans cette opération, la matière colorante elle U'e- Une véritable fusion qui la fixe régulièrement sur la fibre; Lien'eSlS^ Pai’Laitement à l’action du savon, quand la teinture a été
- En
- jO. Bleu azuline sur soie, de M. Guinon.
- 51. Violet d’azuline et d’har-maline, de M. Guinon.
- % tiSs n®'eterre’ on emploie également l'azuline pour l’impression 3 ^Us ée coton ; on a obtenu ainsi de très-beaux résultats, qm y eu*nf • — Cette matière a été découverte par MM. Delaire et Girard, cation,n, ^ breveter vers la fin de 1860. On l’obtient, d’après les indi-^ilin U brevet., en chauffant 4 parties de fuchsine avec 1 à 1 1/2 partie cée et r coudevir, primitivement rouge, devient de plus en plus viola-sorteq,1'1, au b°uL de plusieurs heures, par passer au bleu violet, de telle les nUa etl P°ussant l’opération plus ou moins loin on peut obtenir toutes P0llr COmposées entre le rouge et la fuchsine et le bleu violacé. OUverls Tter ^a volatilisation de l’aniline lorsqu’on opère en vases ^ Lyon 6 auss* P0U1’ favoriser la formation du bleu, MM. Renard frères5 s>°n expl°itent actuellement ce procédé, opèrent à haute pres-
- d loa»S aes chaudières closes, en maintenant le mélange entre ISO0 b/'oyée Pen(dant 30 heures. Au sortir de la chaudière, la matière est ^iline °m^ü ^adde chlorhydrique concentré qui dissout complètement rouge restant, sans altérer le bleu. Après quelques heures
- 40*
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- CINQUANTE-HUITIÈME LEÇON.
- de repos, on étend d’eau, puis on lave à plusieurs reprises avec le même véhicule. Enfin le produit restant est traité par l’alcool qui sépare la matière colorante bleue des substances minérales qui avaient servi a préparer la fuchsine. MM. Renard donnent la préférence à la fuchsine obtenue au moyen de l’acide arsénique.
- La bleuine est peu soluble dans l’eau, très-soluble dans l’alcool et 1 esprit de bois. Elle résiste parfaitement aux acides, passe au violet par les alcalis. Ces propriétés paraissent la rapprocher de Yazuline, mais cl ne donne pas des bleus aussi purs ni aussi francs.
- Soit que jusqu’à présent MM. Renard n’aient fabriqué leur bleu quC sur une petite échelle, soit qu’ils le consomment eux-mêmes dans leu'5 ateliers de teinture, le fait est qu’ils ne l’ont pas encore livré à la ton sommation. ,
- 4. Bleu de quinoléine ou cyanine. — Cette nouvelle matière, signalée pa M. G. Williams en octobre 1860, s’obtient au moyen d’une base y<jhn artificielle, la quinoléine ou leukol, qui se produit pendant la distilla i de la bouillie et prend aussi naissance quand on chauffe la qu,jn où la cinchonine avec la potasse caustique. Cette base odorànte, analogue à l’aniline, a pour formule Cl8H7Az; elle bout à -f- 239° c siste à la température la plus élevée sans subir la moindre altération-Si, à t partie de quinoléine rectifiée, on ajoute 1 p. 1/2 d’ioduio ^ myle, et qu’on fasse bouillir pendant 10 minutes, le mélange, qu| ^ jaune-paille, se colore en brun rouge foncé et se solidifie par le lC dissement en une masse cristalline. On traite celle-ci par 6 fois son P d’eau bouillante; la solution, après filtration, est additionnée darn ^ niaque et entretenue pendant une heure à une faible ébullition-soin de faire des additions Successives d’ammoniaque pour remP' 0. celle qui s’évapore. Lorsqu’on laisse refroidir le mélange, la maho1 lorante bleue se précipite presque en totalité. On décante la colore, et on recueille sur un filtre une masse d’apparence resn qui se dissout avec facilité dans l’alcool, formant ainsi une solution\ ^
- pourpre bleu très-riche, qui peut être employée pour la tein l’impression. -doUà
- La laine et la soie se teignent directement par immersion a n( . eS chaud. Elles prennent très-rapidement des nuances bleues ma°.nIaU so-qui résistent assez bien au savonnage, mais non aux acides e enjr, leil. Il est douteux, à cause de cela, que ce nouveau bleu ait de ^ Cela est fâcheux, car c’eût été un débouché pour ces masses de nine qui s'accumulent dans les fabriques de sulfate de quinine- ve|er 5. Bleu à la naphtaline. — L’année dernière, M. Troost a fa> -.«t
- rfaiteno1
- eflt
- un bleu qu’il prépare au moyen de la binitronaphlaline pa’ (,edes°' pure. En chauffant cette substance avec du sulfhydrate de suite1 dium, il obtient un produit violet, virant au vert par les aci .j faut gnant sans mordant la soie, la laine et le coton ; malheureuseme aica-teindre sous l’influence d’un sulfure alcalin. En traitant la soin 1 j^ue line violette par l’acide chlorhydrique, on précipite une ma lü qui donne, dit-on, de très-jolis résultats en teinture.
- Ce bleu n’a pas encore été employé dans l’industrie. uvert,al)
- 6. Bleu de Paris. — MM. Persoz, deLuynesetSulvélatont commencement de 1861, qu’en faisant réagir 9 grammes de
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- - fjprçr
- CHLOROPHYLLE. 627
- <1 étain anhydre sur 16 grammes d’aniline dans un tube scellé à la température de + 170° à 180°, on obtient au bout de 30 heures une sub-dance bleue nouvelle, qui vient s’ajouter à la série très-remarquable des ^ches couleurs dérivées de l’aniline. Ils lui ont donné le nom de bleu “e Paris.
- Si l’on traite par l’eau bouillante la masse noirâtre et visqueuse qui se rouve dans le tube après la réaction, si, à la solution filtrée, qui est ,Un bleu foncé, on ajoute du sel marin, la matière colorante se préci-P'je, tandis que la liqueur reste verte. En répétant plusieurs fois la dis-oiution dans l’eau et la précipitation par le sel marin, lavant finalement s tlocons bleus avec de l'eau acidulée par l’acide chlorhydrique, puis Vec de l’eau pure, traitant enfin ces flocons par de l’alcool bouillant, on ni Par obtenir le bleu de Paris, sous forme d’aiguilles d’une grande .té et très-brillantes qui rappellent par leur aspect le sulfate de cu‘vre ammoniacal.
- e bleu est soluble dans l’eau, l’alcool, l’esprit de bois, l’acide acéti-estV-aCi-de suHurique. Il résiste à l’action de l’acide sulfureux, mais il ‘ etruit par le chlore et l’acide azotique. Il est précipité de sa disso-°" aqueuse par les acides, les alcalis et les sels. 11 se fonce par les al-s taibles et passe au groseille violacé par les alcalis concentrés, pj ?mme il conserve sa nuance et. sa pureté à la lumière artificielle, qu> Us,l ie ne peut manquer de tirer partie de ce nouveau bleu qui n’exige , ^traitement par l’eau pour teindre les fibres animales en nuances éclat nf* laissa rinn a rlooii’ai'
- tend
- voyez, Messieurs, combien les découvertes de laboratoire
- Qu M nt c^acIue j°ur ^ agrandir le domaine des applications, et tr es ressources infinies le teinturier et l’imprimeur sur tissus avec\ent dans les recherches de chimie organique, entreprises c^n. ant d’intelligence et de désintéressement par les savants “nlemporains.
- D. Matières tinctoriales vertes.
- $àireV a tïue deux matières vertes sur lesquelles il soit néces-e vous donner quelques renseignements.
- CHLOROPHYLLE.
- ciens^?« 011 chrômule, nommée improprement, par les an-en vert 1|Iïlls^eSj ou fécule verte, est la substance qui colore,
- herba / Us 0u mo>ns intense, les feuilles des arbres et les plantes de Elle s’y trouve en mélange avec des matières extractives,
- 0n 'don, de la cire, une huile grasse, du gluten et des sels. w«iE,l’oMenir en épuisant l’herbe par de l’alcool bouillant, Par ün ar,I Par un lait de chaux, et reprenant la laque calcaire Verte /!?^an8e d’acide chlorhydrique et d’éther. La solution foncé • r^e laisse, par son évaporation, une poudre d’un vert ^altérable à l’air. Cette matière colorante est insoluble
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- 628 CINQUANTE-HUITIÈME LEÇON.
- dans l’eau, mais soluble dans l’alcool, l’éther, les acides et les alcalis concentrés. La solution d’alun la précipite de ses dissolutions. L’hydrogène naissant la décolore à la manière de l’indigo.
- Depuis les premières études de Pelletier et Caventou, qui re‘ montent déjà à 1817, tous les chimistes qui s’en sont occupés, tels que Berzelius, Clamor Marquart, Mulder, Morot et Verdeil, ont considéré cette matière verte comme un principe immédiat défini; azoté, et renfermant môme une grande quantité de fer, ce qlU augmenterait les analogies qu’elle offre avec la matière colorante du sang. M. Morot, qui lui assigne la formule C18H10Az03, affu'ine qu’elle est toujours accompagnée d’une graisse ayant pour foi-mule C8H70.
- Les recherches toutes récentes de M. Fremy semblent démon trer que la chorophylle, telle qu’on l’a étudiée jusqu’ici, ne pas une matière colorante simple, mais un. mélange ou u combinaison d’une matière bleue avec une matière jaune, faisant agir simultanément sur elle l’acide chlorhydrique tal et l’éther, M. Fremy en a obtenu le dédoublement, puisque a eide s’est coloré en bleu, et l’éther en jaune. Ces deux nome ^ substances colorantes étant retirées des liquides précédents, mélangées entre elles sous l’influence de l’alcool qui les disso^ elles donnent immédiatement une teinte verte comparable à ce que présente la cborophylle. e
- M. Fremy adonné le nom de phylloxanthineh la matière soluble dans l’éther, et celui de phy/locyanine h la matière qui reste en dissolution dans l’acide chlorhydrique faible. La tière jaune est beaucoup plus stable que la matière bleue ^ ^ elle qui apparaît en premier lieu dans les feuilles, elle s ^ trouve encore dans celles qui tombent; cette persista0 la matière jaune empêche que la phyllocyanine ne devien parente dans l’organisation végétale ; en effet, on n’ajam
- de feuilles bleues. Dans les feuilles étiolées, la phyll°c^
- ni oe
- peut prendre naissance, puisqu’elles verdissent rapidement l’action des vapeurs acides ; mais dans les feuilles jaun jtre. l’automne, la phyllocyanine a disparu pour ne plus rep< ^Q. car les vapeurs acides sont impuissantes à leur redonner u ration verte. . réuss‘
- En 1854, MM. Hartmann et Cordillot, de Mulhouse, .0lîjajneet à obtenir de belles nuances vertes, assez solides sur s0ie^stajictf coton, au moyen de la chlorophylle. Ils préparent celteh\e$e^ d’une manière économique, en traitant les herbes, Pre8 j||anie> dépouillées de toutes les matières solubles dans l’eau la
- par une lessive de cendres à 3° et chaude, puis neU!;I^lTieai°sl erte alcaline par l’acide chlorhydrique. H se
- liqueur verte
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- VERT DE CHINE.
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- un beau précipité vert floconneux. Cette laque, étant délayée dans de la soude caustique, additionnée de phosphate de soude et d’oxyde d’étain, puis épaissie avec la gomme, est imprimée et fixée parle vaporisage. On peut aussi teindre dans un bain composé des mômes ingrédients, moins la gomme. On obtient par ces deux procédés des finances très-vives et très-foncées.
- 52. Vert de chlorophylle.
- VERT DE CHINE.
- Les teinturiers chinois emploient depuis longtemps, pour don ner des nuances vertes à la soie et au coton, l’écorce des branches
- Hn J
- de deux
- nerpruns (rhamnus utilis et chlorophorus) qu’ils désignent
- k-----V “"V/ *-----
- SOUs le nom de lo-chou. Les toiles étant passées à plusieurs re-Pdses dans la décoction de lo-chou, additionnée de chaux ou de Carbonate de soude, ou d’alun, puis séchées entre chaque im-fi'ersion et étendues sur le sol à la tombée de la nuit ou le matin, Prennent une couleur verte sur la face qui est exposée, à la lu-j^iére. Lorsqu’elles ont acquis la nuance voulue, on les lave pour ,s débai
- la flbre
- rrasser de la matière colorante qui ne s’est pas combinée
- Sj végétale ; cette matière colorante qui reste en suspen-piers ar)s ^eau de lavage est recueillie, puis séchée sur des pa-$er[S' ^ GSt a^ors ce qu'on nomme le lo-kao, espèce de laque qui ç, P°ur la teinture des tissus de prix.
- Chi^ Ce*Ll;e laque, qui, sous le nom de vert ou indigo vert de H0n e.’ a ^ importée en France, depuis -1852, d’abord par M. Gui-cettè eJntuiaer à Lyon, et ensuite par la Chambre de commerce de fi^D i 'n^re ville. D’après M. Persoz, elle contient de 61 à ^'fiér i matlùre colorante et de 21 à 33 p. 100 de matières Sûüdeale* (argile, chaux, oxyde de fer, phosphates de chaux, de avec <le potasse). Elle est en écailles minces, d’un bleu foncé, liqüç /^ violacés ou verts ; sa cassure a l’éclat pourpre métallo 6 * lncH^0, mais le frottement le fait disparaître. Elle se aVec Cn Partie dans l’eau distillée, en la colorant en bleu foncé h„iiese et* verdâtres. Elle est insoluble dans l’alcool, l’éther, les tio^ d^e sulfure de carbone. L’acide acétique favorise sa dissolu-
- rnaent (
- eau, sans l’altérer. Tous les agents réducteurs la trans-
- en une matière d’un rouge sanguin, qui reprend sa couleur thp^,lllVe par l’action de l’air ou de corps oxydants convenable-, empl°yés. Ceux-ci, trop concentrés, la détruisent, de même L 0Salcalis et les acides trop énergiques. Les phosphates et dis‘.es fi'calins, les sels ammoniacaux, l’alun, le sa\on, etc., a 01veut avec facilité ; ces dissolutions teignent directement le
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- 630 CINQUANTE-HUITIÈME LEÇON.
- coton et la soie ; la laine a beaucoup plus de peine à prendre cette matière colorante.
- M. Persoz a été conduit par ses expériences sur le lo-kao à admettre que cette couleur nepeut être confondue avec Findigo,puisqu’elle se compose d’une matière jaune et d’une matière bleue toute spéciale, qu’il nomme cyanine. Les teintures et les peintures faites avec le vert de Chine paraissent bleuâtres à la lumière du jour, mais elles ont ceci de particulier qu’elles prennent à la lumière artificielle une couleur verte franche et acquièrent même une beauté qui efface complètement tout ce que lcs autres principes colorants peuvent fournir en pareil cas. deh tient à ce que les matières colorantes jaune et bleue, qui entrent
- dans la constitution du lo-kao, ne sont point altérées dans leurs
- nuances parla lumière artificielle, tandis que l’indigo et la pluPart des couleurs jaunes changent plus ou moins de teinte dans les mêmes circonstances.
- M. Guinon, de Lyon, est le premier qui ait employé en grand le lo-kao pour la teinture des soies. Dès le printemps de 1855, d b1
- gnait les velours épingl^e coupés en une belle cou ^
- Vert- Vénus.
- 54. Vert-Azof.
- verte qui reçut le nom ^ vert- Vénus, et lessoïc ^ cette nuance qui a Pr^[le nom de vert-azof et qui est admirable à la lumière. Le prix de ^ matière, qui, jusqu’en 1858, a été d’environ 300 fr. Ie '• actuellement descendu à moins de lOOfr. Cette énorme réduc ^ malgré laquelle le lo-kao n’est presque plus employé, apoui ‘ le pende solidité des nuances, soit au soleil, soit dansles nmg éclairés par le gaz sous l’influence duquel elles ont souun des altérations considérables. ol]Vert
- Tout récemment M. Charvin, provoqué par le concours n à la Chambre de commerce de Lyon, a pu extraire d’un n indigène (le Rhamnus catharticus) une matière colorante( nature que le lo-kao des Chinois, et pouvant teindre la soi vert aussi solide et aussi beau â la lumière artificielle. tioC' Voici comment M. Charvin prépare cette nouvelle nia i
- toriale : , en plein.e
- On plonge les écorces de nerprun dans de l’eau pg mi-
- ébullition, que l’on maintient dans cet état pendant qlie V |e li-nutes, et on abandonne au refroidissement ; le lendenm^
- alors
- de
- quide a acquis une coloration jaune fauve. On y verS.eiine col° l’eau de chaux limpide qui y détermine immédiatemen ^ coir ration brun rougeâtre, et on répartit ensuite le Ü^V^j^air, P°l ' ches minces sur des assiettes que l’on expose en P1®' j ues. ^ y subir l’action de la lumière et des agents atmospnL
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- EXCROISSANCES LIGNEUSES, DITES GALLES. 631
- Jiqiiide ne tarde pas à se métamorphoser ; au bout de quelques 'eures, il est devenu vert, et laisse déposer en même temps une matière verte.
- recueille alors le liquide des assiettes, on le traite par le carbonate dépotasse qui précipite toute la matière colorante verte, que l’on rassemble sur des filtres.
- De cette manière le vert de Chine peut être livré au commerce à !R°Ins de 100 fr. le kilogramme. La Chambre de commerce de jon a récompensé les travaux de M. Charvin, en lui décernant Une Prime de 6,000 francs.
- '1. Verdeil a extrait des fleurs non encore développées du ardon et de l’artichaut, une matière colorante nouvelle qui a ^aucoup d’analogie avec lelo-kao, en ce qu’elle fournit des laques ,Un vert foncé qui conservent leurs nuances par la dessiccation résistent à l’action de la lumière.
- Et Matières tinctoriales brunes ou noires.
- ies organes des plantes qui contiennent les acides que (j> av°ns étudiés sous les noms. d'acide lunnique (tannin) et ininÜe ^a^lcLue constituent des matières tinctoriales d’une haute CG’ Puisqu’elles sont employées à produire les cou-iDar oricées, les gris, les bruns et les noirs. Ceci tient à lare-an " ^ e tendance qu’ont ces deux acides astringents à s’unir so,idro^de de fer, et à former avec lui des composés colorés et deux\ G’est à la plus ou moins grande proportion de ces ïial (j^rinciPes qu’est dû le plus ou moins grand pouvoir tincto-paies S Substances astringentes, dont je vais signaler les princi-
- excroissances ligneuses, dites galles.
- tQe argnomme galles, et plus ordinairement noix de galle, des tu-se excroissances arrondies, dures, solides, pesantes, qui sur le\ r°PPent sur les rameaux et de )a S ;euiHes des chênes, par suite 8enre^^-re Petits insectes du chêneC^^s- C’est surtout sur un .SSeau du Levant, le quer-sent en °,na $9m 558), qu’elles nais-4 fg Us ërande quantité. b°Ur ^elle du cynips perce le ^es jeunes rameaux et y j ,Utl °euf ; bientôt le bour-^aeièp naturé se développe d’une
- Normale, et représente une grosse cerise de couleur
- Fig. 558-
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- Fig. 559.
- 632 CINQUANTE-HUITIÈME LEÇON.
- brune, verte, rouge ou rosée, de nature celluleuse, et qui ne re-tient plus de sa forme primitive que les aspérités qui sont l’extrémité des écailles soudées. L’œuf, ainsi renfermé, éclôt, et l’insecte passe par toutes ses métamorphoses, jusqu’à ce qu’il soit insecte parfait (fig. 559). Alors il perce sa prison en dévorant une partie de la substance qui la compose, et s é-chappe [fig. 559 b). On cueille les galles, autant que possible, avant la sortie de l’insecte et on les dessèche.
- On distingue dans le commerce :
- 1° Sous le nom de noix de galle noire, noix de galle verte, ou n°lX de galle vraie {fig. 560), celle qui, ayant été récoltée avant le développe* ment de l’insecte, est compacte à l’intérieur, et conséquemment P°* santé ;
- 2° Sous le nom de noix de galle blanche ou de noix de galle fausse (/'.'/• 561), celle qui a été cueillie après la sortie de l’insecte.
- La première est bien plus estimée que la seconde; elle est beaucoup plus riche en tannin. Les noix de galle paraissent être d’autant u111^
- leures qu’elles ont été récoltées dans pays plus chaud. j*
- D’après ce qui précède, la bonne • de galle doit être d’une couleur ton^ pesante et exempte de piqûres a te. rieur. On trouve aussi quelque ! mais rarement, des galles blanches ne sont pas percées. s0I1t
- Les principales espèces de galles qui arrivent dans le commeice -les suivantes :
- ___ Alep>
- 1. Galles d’Alep. — Noix de 1 à 2 centimètres de diamètre. Magnésie, Natolie. < ^
- A. Galles noires. — D’un noir grisâtre avec efflorescence blanchah ^
- Plus petites, plus épineuses, plus pesantes et moins piquées autres. > ,laD.
- B. Galles vertes. — D’un vert jaunâtre avec efflorescence
- Fig. 560.
- Fig. 561.
- châtre.
- rouge
- àtre-
- C. Galles blanches. — Blanc verdâtre et quelquefois jaune '.^Si Les plus grosses, les plus légères, les plus piquées et les plus ri Emballage. Balles de crin de 140 à 150 kil. plus
- 2. Galles de Morée. — Plus petites qu’une noisette, d’une m r#i-brune et plus rougeâtre que celles d’Alep, très-irrégulières, neuses, beaucoup plus creuses que les précédentes.
- Emballage. Sacs en toile légère de 75 kilogr. en noireS’
- 3. Galles de Smyrne. — Se divisent, comme celles d’Alep*
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- EXCROISSANCES LIGNEUSES, DITES GALLES.
- 633
- l'Wfs et blanches; inférieures à celles-ci. — Moins pesantes, moins vives en couleur et moins épineuses.
- Emballage. Balles de crin pesant 140 à 150 kilogr.
- k Galles Marmorinf.s. — Petites noix rondes et allongées du côté qui adhérait à la plante; couleur de fer un peu grise; unies à la surface ou hérissées d’aspérités et de pointes peu saillantes; intérieur jaune ou courut'de rouille avec une espèce de germe au centre.
- Emballage. Balles de crin de 100 à 150 kilogr.
- . Gallesd’Istrie. — Très-petites noix, légères, de couleur jaune pâle, jaune rouge et brune, sans aspérités, mais avec des rides profondes; in-Jerieur de couleur semblable à la surface, avec une cavité au centre. — jaunes sont les plus estimées; c’est en vieillissant qu’elles deviennent l0ll»es ou brunes.
- Emballage. Sacs de toile légère de 75 kilogr.
- des,
- Galles de France légères. — Boules très-légères, généralement ron-
- unies, sans aspérités, d’un jaune pâle ou couleur de bois, presque tes percées, faciles à briser; intérieur compacte, d’un jaune fauve, au centre.
- 'mbaUagc, Sacs de toile de 50 à 75 kilogr.
- ^es noix de galle entrent de différentes manières dans la con-mation. La noire du Levant est employée préférablement en lure; la blanche est en grande partie consommée par les ma-I Hlnniers, et la verte, qui est une qualité intermédiaire, sert lesS . Chiure et la fabrication de l’encre, concurremment avec ^n°ires, mais avec moins de succès, à “•A^len^ anuuellement de l’étranger en France pour près de 670 ;°°.«00rr. de noix de galle.
- ‘•près M. Guibourt, la noix de galle renferme un assez grand voici sa composition :
- Vcide tanniauo. ok i Report..... 76,7
- Ligneux.................. 10,5
- Sucre liquide, albumine.
- Sulfate de potasse et chlorure de potassium.......
- Gallat. de potsse et de chaux l Oxalat. et phoshte de chaux. !
- Eau.
- D’j
- Ild)te de substance
- nque.........
- Clique..........
- ellagique.......
- 65
- 2
- 2
- 0,7
- uneo-gallique.......
- |''oyoph^\\e et huile volatile. .
- Weïe extractive brune. • • •
- ..................
- i^Udon.
- 2,5
- .................. 2,0
- -d reporter....... 76,7
- 1 ,3
- 11,5
- 100,0
- «Cw l,anniq,je est, comme vous le voyez, le principe «e$ n„ ^ans cette excroissance, et c’est à lui qu’elle doi
- LJr°Priétés.
- SaHe est susceptible de teindre les étoffes en une kiin^, ^cu intense assez difficile à définir : c’est un gris-fauve-l0llgeàtre. La couleur appliquée sur la laine est plus jaune
- le plus doit toutes
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- 634 CINQUANTE-HUITIÈME LEÇON.
- et moins haute que celle appliquée simultanément sur la soie et le colon non mordancés.
- Les étôfl’es alunées, plongées dans un bain de galle, prennent une couleur bien plus prononcée que les mômes étoffes nonm°r' dancées; cet effet est surtout sensible sur la laine.
- Un fait remarquable, c’est que la couleur donnée par la gallt et l’alun aux étoffes est bien différente, relativement à la haute111 du ton, suivant que l’alunage suit ou précède l’engallage. Enelle ’ les étoiles engallées d’abord se colorent.bien moins dans l’alunag1-que dans le cas où les étoffes sont d’abord alunées, puisengallees Les étoffes piétées de fer prennent, par l’engallage, un non un gris-noir bleuâtre. .
- Les étoffes alunées, qu’on passe dans un bain de sulfate ferrai j prennent ensuite moins de noir par l’engallage que celles quin pas été alunées. ^ >eS
- La galle sert surtout pour teindre en noir et en gris pve|j sels de fer et de cuivre. Elle sert aussi à faire de beaux nous pbcalion. _ f rt à
- On donne ordinairement un pied de bleu plus ou moins ^ la laine qu’on veut teindre en noir. Souvent aussi l’on se se campôche. roUge
- La galle est employée à disposer le colon à prendre 10 de garance dans la teinture en rouge d’Andrinople.
- GALLONS DU PIEMONT.
- II naît sur la cupule du gland du chêne ordinaire, le 9ucr jc robur, une espèce de galle Irès-irrégulière, qu’on connaît dal,s^
- commerce sous les noms de GulL° ^ Piémont ou de Hongrie, de Knoppern (fîg. 562). Celte excroiss^ ^ qui envahit presque toujours loge^-cupule et empêche le gland àe ^ vclopper, présente, au centre d u^ue 'velôppe ligneuse, une cavité ü ^ prenant de l’air par le sommet, ^iyjr Fig. 562. nant une coque blanche quia d
- aux métamorphoses de I’111*0 ra-quelquefois le cynips lui-même, pourvu de ses ailes-; jauoc
- boteuse, légère, d’une couleur jaune pâle, quelquefois d J rougeâtre ou s’approchant du brun. Son odeur est nu saveur un peu astringente. nro^111'1.
- C’est surtout dans les pays chauds que celte galle jaiù mais particulièrement en Hongrie, en Slyrie, en Cr0 nSacs^ l’Esclavonie, dans la Natolic, dansle Piémont. Elle arrive6
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- GALLONS DU PIÉMONT ET DU LEVANT.
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- grosse toile appelée corda du poids'de 90à 100 kilog.; il vient aussi de l’extrait de knoppern de la Hongrie.
- Lesknopperns servent pour le tannage des cuirs. Ils ne sont pas aussi bons pour teindre que la noix de galle, mais meilleurs, à ce qu’il paraît, pour tanner. On peut tanner avec eux le cuir beau-Coup plus vile qu’avec l’écorce rie chêne. — Dans les imprimeries ^ teintureries d’Allemagne, on les utilise pour les couleurs fauves, grises et noires. Rurrer obtenait avec eux principalement 'es nuances grises sur les étoffes de deuil, pour lesquelles, aupa-ravant, on employait le bois de Campêche. On obtient ainsi des “uances plus solides. — La laine traitée par le sulfate de zinc Prend, avec le knoppern, un jaune nankin grisâtre.
- jll$
- le
- i*
- de
- ce.
- la
- dé'
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- [pie
- lie'
- rvif
- ri
- ra-
- uuc
- t*
- [llib
- jai’5
- sde
- GALLONS DU LEVANT OU AVEtANÈDES.
- On lionne, dans le commerce, les noms de Gallons du Lemnt, hèlanède, Vallonnée (fig. 563), au calice ou cupule du Huit a riuîne velani, quercus ceqilops, qui croit dar>s les îles de l’Archipel grec, dans les f°rêls de la Cilicie et de l’Isaurie, sur les côtes de l’Asie Mineure, et dans d’autres endroits de l’Orient. Il s’en fait un assez
- grand hrum en] kil
- commerce dans le Levant et no-iainment à Smyrne, d’où l’on peut en enlever chaque année jusqu’à 2,500,000 ^grammes. C’est vers Trieste que s’a-cnerninent les plus grands envois de Jel article. L’Angleterre en consomme ^aucoup ; la France en importait dans
- Fig. r.C3.
- A- , <u i i dllCC Cil lllipuriclLl Uclllb
- cc* dernières années jusqu’à 700,000 kilogrammes.
- avelanède se compose : , ^ ,
- . .D’une cupule ou forte coupe hémisphérique, épaisse de - a
- \ m>llimètres, assez légère, sèche, résistant quand on veut la
- ^re, d’un gris rougeâtre en dedans, et hérissée à l’exteneur
- aspérités ou écailles libres d’un gris sombre ;
- D’un gland quelquefois beaucoup plus gros que le pouce,
- Châtre dans la partie qui a été enfermée dans la coupe, e
- U>eàùe dans celle qui était en dehors. Ce gland est loujou
- souvent creux, et rempli d’une poussière noirâtre piot ui o ariarU--
- . ;tl oecomposition de sa partie charnue. iHe a^auède arrive en sacs de corda, pesant 90 à 100 kilogram- ' Quelquefois Marseille la reçoit en vrague, c’est-à-dire à nu • et
- S les
- bull ies navires, et, pour l’expédier, la met en barriques Ce?.de différents poids.
- 0 substance, qui est styptique et astringente, a tous les ca-
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- CINQUANTE—HUITIÈME LEÇON.
- raclères de la noix de galle, et sert comme elle à la teinture en noir. Mais on l’applique surtout à la préparation ou au passage des cuirs. On l’estime d’autant plus qu’elle offrecomparativeme'11 plus de cupules que de glands.
- CACHOUS, GAWBIRS ET KINOS.
- Il y a, dans le commerce, plusieurs espèces de sucs astringent desséchés qiri ont beaucoup d’analogie et qui servent ou PeuV(jn servir aux mômes usages. Ce sont ceux qu’on désigne sous noms de Cachou, Gambir et Kino.
- Il a régné pendant longtemps beaucoup d’incertitude
- Fig. 5G4.
- Fig. 565.
- Catch,
- sur l’origine de ces divers sucs; mais, grâce àM. Guibour sommes aujourd’hui assez bien fixés sur ce point.
- Le cachou proprement dit, nommé Catéchu, Catc, - . e
- terre du Japon, est utilisé comme médicament, pour la V3 cj)6z Ès le tannage des peaux, depuis la plus haute anliqlll|c’ |gS (lc peuples qui habitent les contrées méridionales et °!'ie. yaCaria l’Asie. On l’obtient, tantôt avec la partie inLerne du k°'s \ivec lei catechu, de la famille des légumineuses [fig. 564), tan g($), noix d’arec, fruit du palmier aréquier, Vareca catechu \P -sS\c que l’on fait bouillir dans l’eau, et dont la décoction ^jiies sur le feu jusqu’à ce qu’on puisse couler l’extrait sur ou sur la terre. coiuP°sI
- Le gambir est tellement semblable au cachou par sa ^ ^ cofl' tion et ses propriétés, qu’on lui en donne le nom oa
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- DES CACHOUS. 63 7
- nierce. Il est ex Irait des feuilles de VUncaria gambir de Roxburg (^•566), arbrisseau sarmenteux très-répandu dans l’Inde et principalement dans loulcs les îles de la Malaisie. Cet arbrisseau appartient à la famille des Ru-biacées et à la môme tribu que les quinquinas.
- Quant au kino, si improprement nommé dans le com-mercc gomme kino, gomme as-
- Fig. 5üG.
- Fig. 5G'
- de Gambie, il est fourni par plusieurs plantes fort diffé-fS’ ri0^amment par le butea frondosa (fg. 567), de la famille d j('8umineuscs, par le ptcrocatgms marsupium de l’Inde, etc. qu.enie ce sue noir, astringent et amer n’a encore été employé ^ médecine, je n’en parlerai pas davantage.
- Niei"! cla^b occupons-rfous spécialement des cachous du com-de Ce* ^ y en a un assez grand nombre d’espèces, mais au point cipale° *a lc‘‘nlure> 011 en distingue surtout deux sortes prin-le,)rs- Le brun qui vient de Calcutta, et 1 o jaune de Batavia;
- <>.1Gr es^ distingué en brun luisant coulé sur feuilles, et brun
- sur
- tore ou sur sable.
- • Le
- Gui6oü,rfc°« brun coulé sur feuilles (cachou du Pégu en masses, de Pains h .a ane couleur brune rougeâtre ou noirâtre uniforme ; il est en
- Parai
- de 3c ssent
- a 40 kilogr., enveloppés dans des feuilles assez grandes qui
- 'elui q, '1 P’ovenir de plusieurs végétaux différents. Il est sec et luisant. frl)bal|iJfr en morceaux détachés est moins estimé. 11 arrive dans des 2. peftCs c|c grosse toile et en sacs de 35 à 40 kilogr. j°ntifnt j'^'Lour cachou brun coulé sur terre ou sur sable est celui qui >a,ils d0 w'î!oins de terre ou de sable. 11 arrive en sacs, en caisses, en ( merents poids. 11 est peu employé, parce qu’il est moins pur
- 41
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- 638 CINQUANTE-HUITIÈME LEÇON.
- que le précédent, et qu’il donne beaucoup de déchet. Son prix esttoujouh très-in l'érieur.
- Ces deux cachous sont produits par l’acacia catechu.
- 3. Lc cachou jaune (cachou cubique résineux, Gambir cubique clair de Guibourt), est en petits pains cubiques de couleur cannelle; il doit etic sec et d’une couleur brune dans sa cassure récente ; celui qui est d un jaune pâle est moins estimé. 11 est emballé dans une toile légère en for^ de suron et recouverte d'une natte tressée; chaque suron pèseToa• kilogrammes (1).
- Ce cachou est un Gambir produit par 1 ’Uncaria Gambir.
- Voici maintenant les propriétés communes à toutes les especes de cachou.
- Ce suça une saveur astringente, suivie d’un arrière-goût slicr<j;’^ Il se dissout presque complètement dans l’eau bouillante, dans cool, dans le vinaigre et dans les liqueurs alcalines, qu’il colore ^ rouge brun. 11 ne donne pas plus de 4 h 5 p. 100 de cendrej>P^ l’incinération. Sa dissolution aqueuse se comporte ainsi qu 1115 avec les réactifs :
- Alcool................
- Chlore................
- Gélatine..............
- Acides................
- Alcalis solubles......
- Eau de chaux..........
- Sels d’alumine.........
- Sulfate ferreux........
- Sulfate ferrique......
- Sulfate de cuivre.....
- Acétate de cuivre.....
- Sels de plomb.........
- Chlorure d’étain.......
- Chloride d’étain.....
- Précipité floconneux abondant.
- Trouble fortement la liqueur. u.
- Précipité glutineux, abondant, d'un blanc i( geâtre. (.
- Faibles, ils éclaircissent la liqueur; concen 11 ils la troublent ou la précipitent. Rougissent fortement la liqueur.
- Colore en jaune et précipite.
- Eclaircissent la liqueur en la jaunissant. Coloration en vert olive.
- Coloration en vert foncé.
- Coloration olive. #
- Précipité abondant brun noirâtre.
- —» gris jaunâtre.
- — jaune brun très-abondant. rail
- blanc jaunâtre, abondant, q111
- presque aussitôt.
- (1) En raison du bas prix auquel il est tombé, on ne soigne plus 1 t|.oUve-V®11 de ce cachou, pas plus que son emballage et son transport : aussi n ^ ^ paj
- plus dans le commerce que des masses agglomérées dont le pourtou cünCassan une demi-fusion, à l’état de cachou brun coulé; ce n’est qu’en . qu’on les reconnaît pour du cachou jaune. Les nuances qu’on en 0 j,0u turesont celles que donnerait un mélange de cachou brun d cle c‘ lV3 •
- — On aurait une marchandise aussi bonne qu’autrefois, si, <^ans]1nait pluSS'|’f duction, on séchait plus complètement les cubes, si on les eniba ^jete'-1 gneusement et si l’on ne plaçait pas les balles, en guise de lest» dans les navires.
- Ics ÜU.“en tein
- jaiH11''
- ;sdePr0' soi'
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- DES CACHOUS.
- 639
- floride de mercure Azotate mercui’cux.. J^ichrômate de potasse Emétique.........
- de manganèse..
- Précipité brun clair.
- — jaune brunâtre.
- — brun abondant.
- Louche et précipité brun peu abondant. Coloration en solitaire.
- Le cachou peut être fraudé par l’addition de sable, d’amidon, de s,lcs astringents de moindre valeur. J’ai trouvé, sous le nom de Jchou épuré de Paris, des cachous noirs qui renfermaient jusqu’à P- 100 de sang desséché. Par l’incinération, on reconnaît le sal,le i tout ce qui dépasse 5 p. 100 représente les matières termes ajoutées. Pour l’amidon, on traite le cachou par l’alcool ; e rcsidu, bien lavé par l’alcool faible, est repris par l’eau bouil-1,inle i celte dissolution bleuit alors par la teinture d’iode, dans ^ cas de fraude. Quand le cachou est additionné de sucs astrin-^ents, Li dissolution prend alors, par les sels ferriques, non pas 11110 coloration vert foncé, mais une couleur noire plus ou moins P'ononcée. Enfin, quand le cachou contient du sang, le résidu ‘ ‘ssé par l’alcool, offre de la fibrine reconnaissable à sa forme,
- 1 sa solubilité dans les acides et les alcalis, et aux produits am-i n'acaux de sa calcination. Les bons cachous ne doivent pas 1 °nner piUs de H à 12p. 100 de résidu dans l’alcool bouillant. Ie 11 transforme quelquefois le cachou jaune en cachou brun, en bicl0’ Ht-”1 llne c*ouce chaleur et en y ajoutant un centième de "croate de potasse réduit en poudre fine, qui abandonne vnai-y Çlablement de l’oxygène au cachou; le cacbou fondu est ung0 ^ans des vases de bois où il forme, après le refroidissement, m massed’un brun noirâtre, à cassure conchoïde, qui, dans une °sphère humide, devient un peu pâteuse, possède une saveur CaJn8e"te, mais qui ne relient plus l’arrière-goûl douceâtre du • °u jaune. On reconnaît ces cachous bruns factices par l’in-
- ^analyse des cendres, dans lesquelles on constate j ent la présence de l’oxyde de chrême.
- *ravaux récents de plusieurs chimistes allemands nous ont C(!]u.ls fine le cachou renferme, outre le tannin, qui dillere de COoi' La galle par sa plus grande solubilité dans l’eau et l’al-
- fer Par L" couleur verte ou vert-olive qu’il donne aux sels de
- lulj] L "ne substance particulière, incolore, cristallisable, inso-Prin .• ns ^'cau froide, qui en fait la majeure partie, et qui est la cause des propriétés tinctoriales que cet extrait pos-'(OoH^eUe substance, nommée acide catéchucique ou catcchine, L 6)> offre ceci de remarquable, qu’en présence de l’air et
- ||j
- Inin du*1'800 ses Prf’Priétés spéciales, Cerzelius a cru devoir distinguer ce *« ^chou par le nom d’acide mimotannique; Gerhardt l’appelle acidt
- wuta
- ^niq ne.
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- 640 CINQUANTE-HUITIÈME LEÇON.
- des alcalis caustiques ou carbonates, elle se colore rapidement en absorbant de l’oxygène, et se change en deux acides nouveaux, diiïéremment colorés, l'acide japonique et Y acide rubinique. Le prc' mier prend naissance sous l’influence des alcalis caustiques, avec lesquels il forme des solutions noires ; le second, sous celle des carbonates alcalins, avec lesquels il donne des solutions rouges-L’emploi des sels de cuivre ou du bicbrômate de potasse opeie immédiatement l’oxygénation de la catéchine et sa conversion en acide japonique, qui joue le principal rôle dans la teinture et 1inl pression des lissusau moyen du cachou. C’est lui, en effet, qulS( lixe sur les tissus et les colore diversement, suivant les cn'con stances qui accompagnent sa formation et la nature des mordan-qu’on fait intervenir. M. G. Schwartz prétend, toutefois, qu’d ),l dans le cachou, indépendamment de la catéchine, un principe co rant jaune, qui brunit par l’action du bicbrômate de potasse, contribue à la production du brun de cachou, dont il 1110111 légèrement la teinte. (
- En tout cas, le cachou ne contient pas d’acide gallique, dapjj^ M. Stenhouse, aussi ne donne-t-il aucune trace d’acide pyi'°Da que par la distillation. , rô;c
- Depuis vingt-cinq ans, ce suc astringent joue un très-gra° dans les fabriques d’indiennes et les teintureries.il donne ocS^o|) leurs très-solides sans l’emploi des mordants, et il colore le et la laine en brun ; mais, en y associant différents sels ou m01
- 38. B»v(Je
- 5b. Carmélite au cachou.
- 56. Bois au cachou.
- 57. Chamois au cachou.
- on obtient une grande variété de teintes ; ainsi, des cai») jf des couleurs de bois foncées et claires, avec le verl-dc'j’1 |Us sel ammoniac ; des gris, des olives, des bronzes, (lcSJies pai||[1 ou moins foncés, avec les sels de fer et de cuivre ; des jai ^ j^s et chamois avec le sel d’étain ; des rouges et des r0U^ se,Gé'’ avec l’écorce de saule ou le santal et le chrômale de P0^]t.oUles néralement, après avoir teint en cachou, on passe les coii' fils dans un bain de bicbrômate de potasse, ce qui ren leurs plus foncées et plus solides. glirtold'
- Le tannage des peaux, en Angleterre et en Allcpcag11^^ slJlr consomme une assez grande quantité de cachou. Avec ^ cjn<I stance, la fabrication du cuir est opérée dans l’espac° jqlogr' jours, et il n’en faut qu’un Lilogr. pour remplacer ‘ d’écorce de chêne.
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- DU SUMAC.
- SUMAC.
- La matière tinctoriale connue, dans le commerce, sous le nom de Sumac, est la poudre grossière qu’on obtient par la trituration lles lises eldes feuilles de plusieurs arbrisseaux de la famille des ^rébinlhacées.
- Espèce la plus employée pour la teinture ou le tannage, est CL'Le qu’on désigne vulgairement sous le nom de sumac des cnr-yeurs, rhus coriaria des botanistes {fig. 568). C’est arbrisseau de 3 1/2 à oiètres de haut, qui croît j^urellcment dans les lieux Gs phis arides du midi de
- f<9- 5(i8.
- Fig. 5G9.
- Siciiç11,0/’ ^Europe, en Espagne., en Portugal, en Italie, en
- ' l est O ri O-in aï no rl’Aoia
- bhac •on
- est originaire d’Asie.
- j^Ue arinée, on coupe les liges jusqu’à la racine, on sèche et p0U(li, SSe l'ges et feuilles sous des meules. On obtient ainsi cette 'louée ,8rossiôre d’un jaune verdâtre , d’odeur particulière et a Une savcur astringente assez développée, qu’on appelle
- b;i
- ai»s le
- Alités
- e commerce, on trouve un grand nombre d’espèces ou de n°ais q"( 1 ‘^rentes de sumac, qu’on distingue, en général, par les ^Dnen^ ^üia e^cs sonl expédiées. Les meilleures ne connu auire^Ue r^lus coriaria. Il en est une espèce qui appartient à ourerfon. genre de plantes; c’est celle qu’on appelle le rcdoul. (% g6(j)’ esl produite par une plante du midi de la France
- (IU on nomme vulgairement sumac des teinturie
- icrs, cor-
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- 642 CINQUANTE-HUITIÈME LEÇON.
- roy'ere, herbe aux teinturiers, herbe aux tanneurs, herbe au f>ov,
- c’est le coriaria myrtifolia des botanistes (I).
- Voici toutes les espèces de sumacs qu’on trouve dans le commerce :
- I. Sumacs de Sicile. Ce sont les plus estimés.
- lrfi sorte. Sumac Alcamo ou de Cariai. — Poudre plus ou moins 'IIH> bien tamisée, exempte de bûchettes, douce au toucher, d'un beau vert tendre velouté et tirant sur le jaune.- Odeur agréable et ass pénétrante; saveur très-astringente. . ,
- 2e sorte. D’un jaune un peu plus roux, moins d’odeur, saveur m011*’ astringente. _ ..
- Emballage. Ces deux sortes arrivent en balles de toile de 50 à GO ai grammes (2).
- II. Sumacs d'Espagne. . Jn
- bûchettes rougeâtres assez bien écrasées, et contenant souven 1 semences de la plante. Couleur plus claire que celle des sumacs
- OHd,1» ««n,. .U, ll.X
- Moins estimés; poudre plus paie, rluj chargée de bois blanc et en génel'a moins soignée.
- 2e sorte. Sumac Molina.
- 3e sorte. Sumac de Valladolid.
- Emballage. Balles de toile de 50 à 60 kilogr.
- III. Sumac de Portugal ou sumac de Porto. —A beaucoup d'analogie»^ le sumac de Malaga; mais il est en poudre moins fine, d’un voit JilU nulle, il contient dIus de bûchettes, nui sont nins crosses, plus blanc R-,
- nâtre; il contient plus de bûchettes, qui sont plus grosses, p moins écrasées. Souvent chargé de sable.
- Emballage. Balles de toile dé 50 à 60 kilogr.
- sans dois ni oueneues. —son oueur rappelle celle üu cuir che de pair avec le sumac de France. m ,^cfp
- dois ni oueneues. — son oueur rappelle celle uu cuu uu*»—
- e de pair avec le sumac de France. . .
- Emballage. Balles de toile de 50 à 60 kilogr., expédiées de b'11-’51
- a-' puu u » eu ouiuau uu i îuuuu. , ,
- Emballage. Balles de toile de 50 à 60 kilogr., expédiées de b'11-’51
- V. Sumacs de France.
- ire sorte. Sumac Fauvis. —Ressemble au sumac
- V. Sumacs de France. ..c 0u à
- lre sorte. Sumac Fauvis. —Ressemble au sumac de ^Cm[)]ète
- celui de Malaga, suivant sa trituration plus ou moins corJ1J(ja,)t sa suivant qu’on y a ajouté plus ou moins de bûchettes; ceF . üse couleur est en général plus terne, sa saveur plus a rom a |(1 ’
- PArKnrvn mninc Innrrlnmne
- r plus aroin^,(i
- ;jn d’oui!
- (1) En Dalécarlie, on fait du sumac avec les feuilles du raisi
- \jl/ juh l/uiguuiic, wn mit uu auiuuu aveu lua icumun ww *^. j'fl,LÎ1
- uva-ursi de Linné. Les Arabes de l’Algérie emploient pour la P'eP . teinture des cuirs dits maroquins, deux espèces de sumacs vénta
- *• / L/uiooiu ihj y ou iuil nu ouiuuo uruu ito louimo v* J’fltlO**
- i-ursi de Linné. Les Arabes de l’Algérie emploient pour la PreP ‘ . \q rhVi
- coriaria et le sumac tezera (rfnts pentaphyllum de Desfontaines)- ^ se co') (2) Pendant longtemps la Sicile a seule cultivé en grand le sU,TiaCjlt spopt‘lnf. tentait, dans les autres pays, de tirer parti des arbrisseaux croi^ je ^‘l ' ment dans les forêts et les landes. — Un colon algérien des en'l*jre Qu!.j.t! Bel-Abbès a planté 35,000 pieds de sumac venus de Sicile. La P^(le jernb' provient peut lutter facilement pour la qualité avec le sumac de provenance.
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- DU SUMAC.
- 043
- Emballage. Mêmes balles. — Département du Var, environs de Bri-gnolles.
- 'e sorte. Sumac de Donzèrc. — Poudre grossière, grenue, mais égale, d’un vert foncé et sombre ; odeur analogue à celle du cuir ; saveur acerbe et astringente. — Qualité très-estimée.
- Emballage. Balles de toile de 100 à 150 kijogr. — Côtes-du-Rhône, Comtat. — Préparé à Donzère et à Montélimart.
- •'‘'sorte. Sumac Redoul ou Redon. — Poudre fine, nette, sèche, douce au toucher, d’un vert tendre grisâtre; sa nuance se rapproche assez de celle du sumac de Sicile. Odeur herbacée. — Qualité peu estimée.
- Emballage. Comme le précédent. — Midi de la France, surtout sur les bords du Lot, du Tarn, delà Garonne.
- sorte. Sumac Pudis. — Poudre fine, mais sans consistance et comme Mousseuse, d’une odeur forte, d’un vert jaunâtre clair. — Espèce la moins estimée.
- Emballage. Comme les précédents. — Midi de la France.
- Très-:
- e Sicil sur de
- j Souvent on mélange du sable aux sumacs, surtout à celui lc‘le. Il suffit, pour s’en apercevoir, de jeter un peu de sumac eau ; la poudre végétale reste quelque temps à la (P llCe> tandis que le sable, plus lourd, tombe au fond. Il est ‘ ant pius nécessaire d’éviter ces mélanges, que souvent le 0 ,e est ferrugineux, et qu’alors il devient très-nuisible pour les stotis l°nS *e*n^ure> Parce que le fer communique aux infu-j,, sumac une couleur noire plus ou moins foncée. ltent,a^S ^CS analyses cle Barlholdi, de Slenhouse, le sumac con-renfeUne assez 8rande quantité d’acide gallique tout formé; il de ,r. nme aussi du tannin, mais en moindre proportion que la noix eide- plus une matière non astringente, jaune, soluble,
- ;i) Scls de potasse, de chaux et de magnésie. Dans le redoul, il y $Uc pUd’e, d’après M. Morin, de Rouen, une huile volatile, du la *jUlu'^e’ du soufre et de l’oxvde de fer. die a °Cocl'on de sumac est d’un jaune légèrement verdâtre; fée Une odeur assez forte, une saveur astringente très-pronon-paP’le°llSd assez fortement le tournesol, et se trouble beaucoup avf-o i le^'°idissement. Elle se comporte de la manière suivante les réactifs :
- (,élatiQe..
- Mcaiis ^
- f;baux | ’ ” ‘ !
- tianl ar*te> stron- (
- <...............
- A'un..“.........
- !ate ^ plomb*. de cuivre..
- Précipité abondant, blanc.
- — blanc, verdâtre ou rougeâtre, s’il y a
- excès d’alcali.
- — blanc passant au verdâtre et au rou-
- geâtre par le contact de l’air.
- La troublent plus ou moins fortement.
- Précipité abondant d'un jaune clair.
- — en flocons épais d’un jaune serin.
- — en flocons d’un brun jaunâtre.
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- 644
- CI N Q UANTE—HUIT IÈM E LEÇON.
- . ( Colore en bleu très-légèrement verdtatre, uten
- bu ue einque.........j précipite d’abondants flocons bleus.
- Chlorure d’étain...... Flocons abondants d’un blanc jaunâtre.
- / Produit un effet remarquable : c’est le dévçlop-
- Teinture d’iode.......j pement d’une couleur rose qui se délrui
- bientôt.
- j. jn
- / Semble agir d’une manière analogue, ruais»
- Chlore.............„. couleur rose est plus faible et plus fugit1'1
- ( encore que celle développée par l'iode.
- Le sumac est employé dans là teinture en noir, en gris, el <•“ général dans tous les cas où l’on se sert de noix de galle, (g11 remplace avec assez d’avantage; mais il en faut une propod10” plus considérable, puisqu’il est bien moins riche en tannin, donne aux étoffes non mordancées un gris jaune Irès-légèreniei
- rougeâtre, qui diffère celui de la noix de gi1
- en ce qu’il a moins de rou
- — geâtre et plus de jaune. ^ 59. Jaune au sumac. GO. Gris-noir au sumac. ‘illinéCS SU 1*1 OU*
- soie et la laine, prennent, dans le bain, une couleur jaune bi.e prononcée ; les étoffes piélées de peroxyde de fer y aC6 . rent un gris noir. Les étoffes alunées et piélées de fer sont 1 difficiles à teindre que celles qui n’ont pas été alunées. cela, il est évident que le sumac peut être représenté pal ^ matière jaune, plus une matière astringente, semblable a de la noix de galle. ' .cj)C>
- Souvent on l’associe avec la garance, le quercilron, le camp* _ Dans les impressions, on l’utilise pour obtenir en même te* I^g jaune par l’acétate d’étain, gris el noir par l'acétate de ici ^ ou moins étendu, et jaune brunâtre par le sulfate de zinC,'(1[)l. couleur du sumac s’enlève facilement des réserves, en , ployant pas une chaleur trop, modérée ou en n’ajoutant P‘ bain du quercilron. Introduit en petite quantité dans le ga'a ^5| il diminue la fixité de la matière fauve sur les parties blan mais il ne donne pas de beau violet. i rnenl*
- Pour la teinture, l’eau doit être chauffée à -j-•"O0 sCU • r)r On y jette le sumac et l’on y plonge aussitôt les étoiles» doivent pas y rester plus de 15 à 2ü minutes; pendant c on fait monter la chaleur du bain. Si l’on élève péta turc ou si les étoffes y restent trop, les couleurs sent, et celles obtenues avec le fer disparaissent prcsqi ’ ^\.ci rement; cela provient de l’acidité du sumac. Lorsqnt ^jn-est ancien et qu’on en met un léger excès dans le bain ^ sa|it ture, il y a redissolution du mordant de fer, le blanc autant par le tannate ou gallale de chaux qui se form
- r°Pi
- °un
- %
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- MATIÈRES ASTRINGENTES DIVERSES.
- 645
- Partie calcaire de l’eau, que par le (annale ou gallale de fer.
- be sumac rcdoul csl tout à fait impropre à la fabrication des indiennes, parce qu’il ne "ménage pas les blancs; on ne peut s’en servir que pour les teintures unies.
- Chez les maroquiniers, qui ne travaillent que des peaux de chèvres et de moulons, destinées à recevoir des cônleurS vives et rtélicales, on préfère ie sumac à la noix de galle ët an tan, parce îl’ü n’a pas, comme ces dernières substances, l’inconvénient de nolorer les peaux, et que, de plus, il leur conserve toute, leur sou-l'iessc naturelle.
- AUTRES MATIERES ASTRINGENTES.
- '•ans les teintureries d’Allemagne, on emploie; depuis plusieurs ‘nuées, la racine du nénuphar blanc pour remplacer la noix de JjM? sumac et autres matières astringentes qui donnent des ('s> des gris et des noirs. On s’en sert avec avantage pour éco-pl llsc^ l;i garance et le quercitron. Les noirs au nénuphar sont ej SS(dides que ceux au campêche; les gris sont bien plus beaux lls solides que ceux obtenus avec les autres astringents. Celte fiv ,'G ren^erme aussi une matière colorante jaune, qu’on peut 1°' aveÇ l’alun sur le colon.
- b |?- niabere colorante de la racine du noyer se fixe solidement sur j|lll() fiu’elle colore en fauve sans le secours des mordants.
- |0 s ecorces d’aune et de châtaignier ont été employées pendant l^ine ^0UI> PI>0duire les noirs, les gris et les brunilures sur Hjt ' décoction de châtaignier, rapprochée à 20° de l’aréo-IjQi^’.^de extrait de châtaignier, forme encore, dans le commerce tUre ,llsî l'objet d’un débit considérable; elle produit pour la tein-coun Gp ,S01eries, avec beau-d'Un ‘ économie, un noir
- grand '!e nnance et d’une h'ès-o° S°*‘^dé; elle est encore li°n /^^yde dans la fabrica-trait GS *usrt’ines. Quant à l’ex-fraudo,°C (!e châtaignier, les leso-, ls ^inlroduisènt dans
- fencines.
- CtltoRnjUrS *lu^s sont riches Flff' ',l0’
- Peaux aPpliquës,‘ comme astringents, soit au tannage des
- 'IoI’aI?1 a 'a teinture en noir. Tels sont surtout : les nryrobolans lr°PicaJe’ *GS S°ussés de libïdibi ou dividivi de l’Amérique inter-Vni't ? Gt des Antilles [fig. 570), provenant de l’arbuste qui .Ve bois Connu rbins los Ininlni'p.ries sons le nom de bre-
- > les
- connu dans les teintureries sous le nom de bre-8°usses du bablali de' l’Inde et de l’Égypte [fig. 571),
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- 646 CINQUANTE-HUITIÈME LEÇON.
- qui donne la gomme arabique et le suc d'acacia des pharmacies; enfin, le brou de noix, enveloppe verte et pulpeuse qui entoure les fruits du noyer, et qui, à la maturité de ces derniers, brunit, se détache et tombe. Ce brou de noix, que les anciens utilisaient déjà pour teindre, surtout les cheveux, sert encore, de nos jours, pour obtenir sur laine les couleurs dites de racine; il est d’un emploi d’autant plus avantageux, que, n’exigeant pas le concours des mordants, il conserve à la laine toute sa douceur; les moi-dants ne sont utiles que pour varier lps nuances ou leur donner plus d’éclat. 0n ramasse le brou quand les noix sont trè^-
- mûres; on en remplit des tonneaux oudes cuves, on y verse de l’eau suffisammen pour que le liquide surnage de quelque' doigts. De cette manière, le brou peut 51 conserver un an et même plus. Aux Gobe lins, où l’on fait un grand usage du brou, on le conserve deux ans avant de s’en servir; on trouve qu’il fournit plus de couleur;1 11
- alors une odeur putride Irès-désagréab e. La décoction du brou précipite les sels fer en gris tirant au rouge brun. s(1
- Depuis l’antiquité la plus reculée, °n. rt dans tout l’Orient, en Égypte, eH^1^’
- Fig. 571.
- 61. Nuance dite de racine, au brou de noix.
- ser
- en Algérie, pour teindre les crins des che vaux, la laine, les cuirs, etc., des feuilles d’un arbrisseau, lawsonia inermis, qui paraît être Vacopher de l’Écriture. C’est Henné des Egyptiens. Ses feuilles, réduites en poudre et délayée
- ili
- 4 _____ _________ » V. ^, iv/UUHtiJ Cil JJUUUl^/ vv | g fl
- dans l’eau sous la consistance d’une pâte, colorent fortem . rouge orangé brun les parties du corps sur lesquelles on *eS.‘(r[]eni que. C’est avec celte pâte que les femmes de l’Orient se e’^,cuX, les mains, les doigts, les ongles, les pieds, les orteils, lesuei Celte substance tinctoriale, qui est assez riche en acide & d’après Berlhcllet, pourrait remplacer, jusqu’à un cC1'l‘U|n..jnairC le cachou. M. Tabourin, professeur de chimie à l’École de Lyon, a pris un brevet d’invention pour l’application ,jcant à la teinture en noir. Mon ami, M. Donner, chimiste •f n’a pu ^ d’indiennes à Darnetal, a essayé d’en tirer parti, mais
- .Veo*
- obtenir que des nuances analogues à celles du sumac, 0 * aVaD' le Henné est bien plus cher que celui-ci, il n’a trouvé au tage à l’employer.
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- ART DE LA TEINTURE.
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- CINQUANTE-NEUVIÈME LEÇON.
- DES MATIÈRES TINCTORIALES, (suite.)
- Sommaire.—Art de la teinture.— Principes généraux de la teinture par immer-**“» - Des mordants et du mordançage. — Des bains de teinture. — Chauffage o la vapeur. — Nettoyage des tissus teints, sions techniques.
- Définition de certaines expres-
- Art «le la teinture.
- Maintenant que vous connaissez les propriétés des substances 1° ri aies, nous pouvons nous occuper de leur application à la oration des fibres textiles. Deux industries très-importantes en ceinent : la teinture et Yimpression.
- es couleurs que les végétaux elles animaux renferment ont été cl fi de bonne heure par l’homme, qui, charmé de leur éclat J e ,eur harmonie, s’empressa de les appliquer sur les étoffes ju 1 disait servir à ses vêlements. L’art dépeindre et de teindre le mença, pour ainsi dire, avec l’enfance des sociétés; car, comme Cil observer Berlhollet, on remarque dans les hommes qui ont r e ni°ins de progrès dans l’art social le désir de s’attirer les niov S C^e mulLitude ; ils en saisissent avec empressement les s u°S’ l’éclat des couleurs est l’un des premiers qui se pré-,)0U ^Chez les peuples les plus barbares, on retrouve ce goût fies i °S cou^eui’s ; ainsi, les sauvages se frottent le corps avec che,Glres c°lorées ou des sucs de plantes; ils se teignent les l'en |UX’ Se c°l°rent 18S dents, et cet usage, commun à Lous les n,,; s do l’antiquité, s’est perpétué jusqu’à nos jours chez les
- [,°ns orientales.
- les 'J1'*' de la teinture a été pratiqué avec succès dès les temps Per lls reoulés dont l’histoire fasse mention, dans les Indes, en auCun’ eri Egypte et en Syrie. Nous n’avons, malheureusement, quilé reuseignement sur la manière dont les peuples de l’anti-par i^^^^daient à la teinture et à l’impression de leurs tissus, Ppo'^oo que les Grecs et les Romains, qui héritèrent de leurs priSai cs lnduslriels, négligèrent de les décrire, parce qu’ils mé-tioqj ^avail et flétrissaient 1’ industrie comme une occupa-. oigne de l’homme libre.
- frite (} ,,ec e» lous l°s arts s’éteignirent dans l’Occident, par vèpen, e J iovasion des barbares du Nord, mais ils se c'onser-W®1** dans l’Orient, d’où l’on tira, jusqu’au xu® siècle, fin {|u s de luxe, et notamment les tissus colorés. C’est vers la XlIe siècle et dans les premières années du xme que l’art
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- de la teinture reparut en Italie, grâce aux relations commerciale que les Vénitiens et les Génois entretenaient avec l’Orient.
- C’est seulement sous le ministère de Colbert que nos ateliers de teinture commencèrent h rivaliser et même à surpasser ceux des nations étrangères. Ce grand homme, parmi les établissements industriels dont il dota la France, créa les teinturerieso Vanrobais et de Sédan ; il encouragea la culture de la garance et lit publier, en 1671, une instruction sur la culture et l’empl01' cette plante; il rédigea, en 1672, une instruction pour les F'11 tures qui mérite d’être remarquée, mais dans laquelle, à côte règlements fort sages, il établit des mesures fiscales et prohibitif fort gênantes. #
- Le développement des sciences physiques à la tin du xvin cle, les recherches (les chimistes Dufav, Hellot et Marquer ( u tant sur la théorie que sur la partie manuelle de la teinture, rapide essor de Fart de l’impression qui s’appropria les tionnements des arts mécaniques et les découvertes journalie des laboratoires, enfin les écrits techniques de Haussmann
- (1) Dufav, Hellot et Marquer furent successivement chargés par Ie 8°“'g tra-ment de s’occuper de perfectionner l’art de la teinture, et on leur doi < ^ vaux précieux. L)ufay étudia principalement les matières colorantes et dants, et. le premier, il comprit le véritable rôle de ces substances nll!u gjmplifa1 servent d’intermédiaire pour unir les couleurs.aux tissus. Après avon cte quelques procédés de teinture, il proposa une méthode aussi siniple <1 . ja
- pour reconnaître la bonté et la solidité d’une couleur. — Hellot s ]e pluS teinture des laines et publia sur cette branche importante de l’art le y $ /« étendu et le mieux fait que l’on possède. Son ouvrage a pour titre : (pie
- teinture des laines et des étoffes de laine en grand et en petit lel" ' (|e son Hellot fit pour les laines, Marquer l’exécuta pour la soie. L’excellçn ,e]a livre, intitulé : L'art de la teinture en soie, fait vivement régie ^/«rÆ, mort ait empêché ce savant chimiste d’achever le Traité général des dont il publia le prospectus en 1781. , j,ari de ^
- En 17 70, Lepileur d’Apligny recueillit, dans un ouvrage intitule : . -jpalot* teinture des fils et étoffes de coton, toutes les connaissances acqnises qU’on sur cette partie. C’est dans cet ouvrage, recommandable à plus d 1111 trouve décrit, pour la première fois, le procédé du rouge des Indes. cjen:
- (2) Jean-Michel Haussmann, né à Colmar en 1749, était fils d (m P^^don-if lit ses études à Paris dans l’intention de succéder à son père, ‘^'’p'ajssannf
- — _ _ v»«.»o i iiiiouuuu uc suçceuer a sun pc|C,> "
- nant plus tard cette pensée, il résolut d’appliquer à la teinture les ço ^ ^ chimiques qu’il avait acquises. D'abord établi à Rouen, puis au Loge ([eSp Colmar, il ne tarda pas à devenir le meilleur teinturier de 'France. ( (
- et u"e
- foii|e
- rrit*
- miers, il adopta le blanchiment par le chlore, régularisa le garança"e ^ ollvr d’autres opérations, perfectionna la fabrication du rouge des l»deftj.in|s, l’art de l’impression des voies nouvelles en inventant plusieurs tj53ii5, ft|.'
- le genre rongeant par l’acide oxalique, fixant le bleu de Prusse sui ^
- Les mémoires qu’il publia dans le Journal de physique et les * je parle»
- ont contribué puis-ainment au rapide essor des arts chimiques manuf»ctül le placent honorablement à la tète de ces nombreux chimistes ^.,4. qui font la gloire et la fortune de l’Alsace. Haussmann est mort ci
- 1(fU
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- TEINTURE PAR IMMERSION.
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- Je Derthollet, de Chaptal régularisèrent les pratiques des ateliers portèrent dans l’application des recelles de la teinture, cet MP''it philosophique qui seul pouvait dégager l’art des entraves 011 la routine et l’empirisme l’avaient emprisonné depuis si longtemps.
- l)Qur colorer les libres textiles d’une manière permanente, il y Me vous l’ai déjà dit, Messieurs, deux méthodes bien différentes, 'l111 constituent deux industries distinctes, exécutées dans des ateliers spéciaux.
- j une d’elles consiste à donner à la masse entière des fils ou • ''Gloires une teinte uniforme par l’emploi de matières colorantes, 'llle I on rend solubles par des moyens convenables etque l’on lixe ?! fu'sant intervenir, le plus souvent, des agents intermédiaires, ^S|gnés sous le nom de mordants. Cette manière de procéder est (Iue l’on appelle, à proprement parler, I’artdu teinturier, et ce •"'je nommerai plus scicnlitiquemcnl teinture par immersion.
- ,, ans l’autre méthode, on ne colore que certaines parties de 'lc des faces des tissus, à l’aide d’une ou de plusieurs couleurs . Mentes, appliquées mécaniquement et disposées de manière ‘mer des dessins réguliers cl harmonieux. C’est alors ce qu’on » .lïle I’art de l’imprimeur sur tissus, qui prend la désignation l0ile.CU l^G <'*’ARTDEl’inoïenneur, quand onagitsur le calicot, ou les Se °s f^e nolon, ce qui est. le cas le plus général. Je distinguerai ce 0111 Jll0(lc de procéder par le nom plus rationnel de teinture
- RU'üessiüN.
- § 1. — Teinture par immersion.
- s|;iLnl'talion uniforme des fibres textiles par le moyen de sub-u,é Scol°rantes n’est pas le résultat d’une simple superposition vérit ïliqUe ; c’esl’ en réalité, le plus généralement, l'effet d’une %t0 e Pénétration et d’une sorte d’adhésion chimique. C?esllà ]>ans CG ^*s6ugue la teinture de la peinture. pm ^ Ctdle dernière, les couleurs sont seulement déposées ou lio,, . GS a surface des objets, sans qu’il y ait aucune pénétrais* grau°Une adhérence chimique, si bien que de simples lavages, app|j a8e ou le frottement peuvent faire disparaître les couleurs *,,**?• ®ails *a teinture, toutes les fibres du corps, surtout qui S’v- illIlc °t la soie, sont pénétrées de la substance teignante S,'TChe avec une éooEgie marquée; aussi les moyens méea-esPèce* ava°es et frottement, sont impuissants à détruire celle •les Co a.°. combinaison qui, sans être positivement de l’ordre ^üc laiI>aisons chimiques à proprement parler, y ressemble
- parfois, cependant, la couleur que l’on donne à une sub-
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- stance provient, non de la fixalion d’un principe colorant retiré d’une matière tinctoriale, mais d’une certaine altération chimique que la substance éprouve de la part de certains agents.
- Ainsi, lorsque je plonge un morceau de soie dans de l’acide azotique, le tissu acquiert une belle couleur jaune, par suite d’une réaction que l’acide détermine dans les éléments de la soie, d°u résulte la production d’un composé nouveau teint en jaune.
- Lorsque j’immerge du bois dans de l’acide sulfurique, le bois5’1 colore en noir par la production, à ses dépens, d’une certaine quantité d’acide ulmique. Mais ce sont là de rares exceptions' principe que j’ai posé d’abord.
- Pour opérer l’union des matières colorantes avec les tissus» c’est-à-dire pour teindre ces derniers, il y a nécessité que ü'' des deux corps soit liquide. Or, c’est toujours la matière colora qu’on met dans cet état, en la dissolvant dans un véhicule appn^ prié à sa nature. On désigne sous le nom de bains de teinture ^ dissolutions de matières colorantes dans lesquelles on plonge tissus pour les teindre. s
- Cette nécessité d’atténuer les molécules des matières colorai) que l’on veut faire adhérer aux tissus va vous être démontre0 P des expériences bien simples. Si je plonge un lambeau de eu dans de l’encre, il est certain que je le colorerai en noir, ni‘u* teinture ne sera ni belle ni solide; un seul lavage la f°ra ^ raîlre, parce que le tannate ferrique qui constitue l’encre, un ^ d’élreen complète solution dans l’eau, y.estsimplement su»pc ^ . et se trouve en particules trop grosses et trop denses. MaI^ un produis instantanément sur le calicot le tannate de fer f très-grand état de division, comme cela a lieu en imbibant • ^
- la toile dans une dissolution de couperose ou de tout autic ^ ^
- fer, faisant sécher, puis la plongeant dans une décoction ^ ^
- de galle, alors le tannate de fer, au moment de sa iorrnn nètre les libres les plus sèrrées du t'issu et s’y unit d’une ‘ ujS intime et durable. J’ai beau laver le calicot ainsi teint, Je ^ parvenir à entraîner la couleur, ainsi que j’ai pu le a l’autre échantillon. parb
- Mais pour que les couleurs que l’on fixe sur les étoü ^ teinture, présentent tout l’éclat qui leur est naturel, H ^S..ingérCs pensable que ces étoffes soient dépouillées des matières ^,cn[. Il qui adhèrent habituellement à leur surface et qui les 0 auv y a donc toujours une opération préliminaire à hm0 ^ syffi-tissus avant de les teindre; c’est le blanchiment. U en samment parlé dans la cinquante-troisième leçon. ^ ,antesel Dans l’origine et pendant bien longtemps, c’est aux le» aux animaux qu’on a emprunté des couleurs pour en -eS, I-1
- si riche en combinaisons c'
- tissm
- Le règne minéral
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- TEINTURE PAR IMMERSION.
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- plupart inaltérables à l'air, n’en fournissaient aucune aux teintu-r|ers. Ce n’est que vers la fin du dernier siècle et surtout dans 'es premières années du xixe, qu’on a commencé à faire dans les ateliers des applications de quelques-unes de ces productions ®>nérales. Aux sels de fer, très-anciennement employés pour es couleurs noires, rouille et chamois, sont venus successivement se joindre : l’arsénite de cuivre, découvert par Schéele ; le J'eu de Prusse, si heureusement employé, en 1811, par Raymond l)ere, de Lyon ; les sulfures d’arsenic utilisés, en 1819, par Bra-c°nnotel, en 1828, par Labillardière ; le chrômate de plomb, in-jll(iué par Lassaigne en 1820 ; les sels de manganèse, etc., qui ont .ÜUrn' aux industriels de nouveaux moyens de varier leurs pro-1 ll,ts et de les obtenir avec plus d’économie.
- N°us n’avons plus à nous occuper des matières tinctoriales, minérales, soit organiques, puisque leur étude a été faite pré-
- cédé ni
- ment. Je puis vous parler immédiatement des opérations
- générales de la teinture.
- Puisque, comme je vous l’ai déjà dit plusieurs fois, la plupart 1 es principes colorants ne peuvent contracter d’union intime et '{Rrablc avec les fibres textiles qu’à la faveur d’un corps inlermé-
- jl -—igné, d’une manière générale, sous le nom de mordant, tii a r°.su^e clue presque toujours, avant de mettre les substances orales en contact avec les étoiles, il faut préparer celles-ci 0 nc opération préliminaire. Étudions donc, avant tout, cette la l ,‘l 10n? (iu* est de la plus haute importance, et, pour ainsi dire, ase fondamentale de la teinture.
- fixit/*0IU)ANTS‘ — Dans l’origine, les couleurs n’avaient aucune Point'; e"eS itéraient en peu de temps, et souvent ne résistaient mj , u Une simple immersion dans l’eau. L’emploi des substances très-l a GS P0ur les unir plus intimement aux tissus remonte déjà Préci au\c*ans l’histoire de la teinture, et il est assez difficile de lano-Sei' ^P0(Iue à laquelle l’usage de l’alun, des sels de fer, de d(]jt.‘ ( e galle, des apprêts huileux, comme mordants, a été intro-fait ’ 0ut Ce qu’on sait, à ce sujet, c’est que dans les Indes, on a était i^e<^e *'a'uu depuis un temps immémorial, et que ce sel
- Xvi« 0 ,e':enu d’un emploi général en Europe dans le courant du s écle (|).
- .(1) L’est n
- .rjIT,Pte f]„ , (tue Prouve le passage suivant de Palissy, qui se rendait déjà bien
- «tir
- ‘e à
- <le lu soi ie<
- manière dont ce sel opère en teinture. « L’alun, qui est un sel,
- '"R draps1.16S cou*eurs du Brésil, de la galle et autres matières, pour les donner *re jIUx cu*rs ou soies, tellement que les teinturiers, quelquefois, voulant diss 1:1 ^ blaRC en rouge, le trempent dans de l’eau d’alun; le sel d’alun us dans l’eau sera cause que le drap recevra la teinture que l’on lui
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- CINQUANTE-NEUVIÈME LEÇON.
- Le nom de mordant fut créé par les teinturiers français du mol latin mordoré, mordre, il une époq.ue voisine de l’enfance de l’art, ou l’on pensait que l’action de ces agents intermédiaires était mé-canique, qu’ils étaient d’une nature corrosive ou mordante, et servaient simplement à ouvrir les pores de l’étoffe, dans lesquels (a matière colorante pouvait ensuite s’introduire. Hellot et Lepileur d’Apligny, qui ont écrit les premiers d’une manière scicntifiq'lC sur la teinture, à la fin du siècle dernier, ont soutenu celte manière de voir. Mais Dufay, en 1757; Bergmann, en 1770 ; Macquer,en 1778; Berthollét, en 1790, et, enfin, M. Chevreul, dans le courant
- <le ce siècle, ont soutenu que l’action des mordants est toute chimique; qu’ilsontpourla matière de l’étoffe une affinité qui est lacause de leur adhérence, tandis (pie, de son côté, la matière colorante se fixe au mordant par l'affinité qu’elle a pour ce dernier. Ccll‘ opinion a longtemps régné sans partage. Aujourd’hui bien des savants la contestent, mais ils sont loin de s’entendre sur la nianic" d’interpréter les phénomènes.
- Il est certain que les mordants et les principes colorants d1' sous réagissent chimiquement les uns sur les autres de maniflj à produire des composés colorés insolubles ou laques, qui imp|L gnent dans toute leur masse la laine et la soie, tandis qu’iIs s‘“
- n'r
- rêtentseulement h la surface externe des tissus végétaux.
- C’est ce
- que l’on voit très-bien en observant an microscope les h h1' ^ teints. Mais le rôle de la fibre textile est moins bien défi111-semble maintenant disposé à admettre que son rôle est Pure ej physique, e.t M. Bolley, entre autres, soutient qu’elle abso^.^ retient les couleurs ou les laques absolument de la même m que le charbon absorbe et fixe les matières colorantes et s métalliques. ; ]e pjus
- Quoi qu’il en soit, les mordants, vous le savez, sont pr!S ordinairement parmi les bases ou oxydes métalliques. MalS n| ces derniers, il n’y en a qu’un bien petit nombre qui rC les conditions nécessaires à la fixation des couleurs. , joi-nie1'1 En effet, il est indispensable que le composé q11 ^ ^pe-
- avcc la matière colorante soit insoluble et puisse adnc*1 ^ ce ment aux différentes fibres textiles. Il faut, en oufie> ejne composé résiste, autant que possible, aux agents cxlén®0 eIail puisse être modifié par une réaction ultérieure qui tlL la couleur.
- Ces conditions font rejeter l’emploi delà potasse
- de la s»u<1C’
- d’aim11,1 U(
- aura préparée, et un autre drap qui ne sera point trempé en 16311 ^ |>un P°^ pouira l'aire. Le sel donc est une chambrière qui ôte la çoutel‘^‘ p_2lb la bailler à l’autre. » tOEuvres diverses de l’alissy. Edition de l Édition de Cap, p. 249.)
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- de l’ammoniaque, qui donnent des composés solubles dans l’eau; celui de la chaux, de la magnésie, des oxydes de zinc et de plomb, qui ne sont pas susceptibles d’être absorbés ou fixés par les étoffes; enfin celui des oxydes de mercure, d’argent, d’or, de platine, Perce que, outre leur prix trop élevé, ils ont encore l’inconvénient très-grave d’ôtre désoxygénés par les matières colorantes, ce qui empêche les laques colorées de se former ou de persister dans ieur état primitif.
- Parmi les mordants métalliques, ceux qui sont incolores (alu-mine, oxydes d’étain) n’ont d’autre effet que de rendre plus solides, les couleurs qu’il s’agit de déposer sur un tissu quelconque. Mais 'es oxydes colorés par eux-mêmes (oxydes de fer, de manganèse, 'lechrême, de cuivre), remplissent un double rôle; ils fixent les entières colorantes, et, de plus, ils les modifient plus ou moins profondément dans leurs nuances.
- C’est ainsi qu’en plongeant des échantillons différents de coton ^ordancés en alun, en sel de fer, en sel de cuivre, dans des bains " fiuercitron, le beau jaune de ce bois apparaît avec trait son
- de _ éclat
- sur le coton aluné, tandis qu’il passe au fauve, à l’olive ou au xert dit américain, sur les cotons imprégnés des deux autres perdants. C’est encore ainsi que la garance donne des rouges et , esr°ses avec les sels d’alumine, des bruns foncés ou des noirs '^ec les sels de fer, et des teintes puce et marron avec un mélange oes deux espèces de sels.
- d Us oxydes précédents étant insolubles par eux-mêmes, il faut, e toute nécessité, les employer à l’état de sels solubles pour jçlüre tour combinaison possible avec les couleurs et les tissus.
- J s sels d’un usage habituel dans les ateliers sont :
- ,1> jCs atuns à base de potasse et d’ammoniaque, le sulfate simple p, Urïûne, le chlorure d’aluminium hydraté, l’acétate d’alumine, late’P'OMe de potasse ou de soude, le sulfate, les azotates, l’acé-sl °u Pyrolignite de fer, les deux chlorures d’étain, le chloro-le's démoniaque, le stannate de soude, le sulfate de cuivre, ,eJ*iols de Salzbourg et de Chypre, les acétates, l’azotate et ^chlorure de cuivre, le chlorure et l’alun de chrême. hUijrmi tes produits- organiques, le bitartrate de potasse, les $°nt s Basses, l’acide tannique, l’albumine, le gluten, la caséine m0r(j Peu près les seules substances qui jouent le rôle de
- fixer les prin-facilement sa base mé-
- ci U bordant agit d’autantmieux, en général, pour tai|.Colorants sur les tissus, qu’il cède plus facileme Ç(!lK!ueàces derniers. Or, l’acide acétique étant de tous les acides cotri a(thère le moins aux oxydes métalliques auxquels il est «ni'' )ln(^J étant, d’ailleurs, susceptible de se volatiliser, il s en-(iue les acétates d’alumine, de fer, de cuivre, etc), sont préfé-u.
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- râbles, comme mordants, aux sulfates de ces mômes bases. Aussi a-t-on substitué maintenant, presque partout, au moins pour le mordançage du coton, l’acétate d’alumine à l’alun, l’acétate de fei à la couperose, etc., parce que l’acide acétique abandonne 1 a u* mine et l’oxyde de fer avec une telle facilité, qu’une simple élévation de température suffit pour que l’isolement de l’acide e de ces deux bases puisse s’opérer. * r>; /
- Avant cette substitution de l’acétate, on ne se servait que l’alun; mais, sans en connaître le vrai motif, tous les teintur'C donnaient la préférence à Y alun de Rome, qu’ils regardai comme le plus pur. On sait, aujourd’hui, que cette préférence^ fondée sur ce fait que cet alun est plus riche en alumine que toiles autres, puisqu’il est représenté dans sa composition Par l’alun ordinaire anhydre combiné à 2 équivalents d’hydrate ‘ lumine. Or, quand on plonge un tissu dans la solution P10^, bouillante de cet alun basique, les 2 équivalents d’hydrate ^ mine se séparent et se fixent aux fibres textiles, ou plutôt précipite sur celles-ci un sulfate tri-aluminique qui est le n1 dant le plus énergique que l’on connaisse. . neU.
- On remplace très-bien l'alun de Rome par l’alun ordinaire tralisé par 2 à 3 centièmes de carbonate de soude, ce fiul ,a mène au môme état que l’alun cubique. Tout ceci a lieu p teinture du coton, car, pour celle de la laine et de la soie, on ploie l’alun ordinaire tel quel. . j0ll-
- Mordançage. — L’application des mordants ne se fait PaS jours de la môme manière. -,1,1e.
- Tantôt on fait digérer le tissu, à une température 'ar^e5[ ‘dans la solution du sel ou du mordant; puis, lorsque l’élo ^ bien imprégnée, on la débarrasse par des lavages de la 1 ^
- qui n’est pas combinée, et on teint ensuite. C’est presque ainsi que l’on opère pour la teinture du colon et au t ligneux. c0Io-
- Tantôt on môle le mordant à la dissolution de la mai rante, lorsque, toutefois, ils ne sont pas de nature à se p ^ mutuellement et instantanément, et dans ce mélange °.^eg Ju les étoiles qui enlèvent au bain des proportions détenu mordant et du principe colorant. On agdt ainsi, le ^oU(, de la tuellement, pour la teinture des tissus animaux et sU ^
- laine- , flans uu ^aiD
- Tantôt enfin, pour ces mêmes tissus, on plonge o
- mixte de mordant et de couleur le tissu déjà mordanc • rajSon
- La quantité de mordant dont un tissu se charge es . ^ pai
- directe de la concentration de la solution du premmfjsin
- une conséquence naturelle, la quantité de matière c0^ra étéP*11"
- sur ce tissu est d’autant plus grande que le mordant
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- C55
- concentré. Les teinturiers tirent parti de ce fait pour obtenir des ouances plus ou moins foncées avec la môme substance tincto-riale. Ainsi, au moyen de l’alun ou de l’acétate d’alumine plus on ®0lns concentré et de garance, ils produisent toutes les nuances, depüis le rouge le plus foncé jusqu’au rouge le plus faible ; avec.
- J"' Trois rouges à la garance avec mordants alumineux.
- 63. Nuances avec la garance et les mordants ferrugineux.
- mordants ferrugineux et la môme racine, ils teignent depuis te no*rjusqu'au lilas.
- I ;e mordançage des laines s’effectue à la température de l’ébul-|,^°m pourquoi les teinturiers appellent bouillon le fil ou
- donne.
- On
- pour le
- ^étoffe qui a reçu le mordant, et aussi l’opération qui le lui
- mordance les soies à la température ordinaire, tandis que le coton, le chanvre et le lin, on opère à une température °®Prise entre -f 35 et 40°.
- j ^ appareils employés pour procéder au mordançage varient ont qu’on travaille sur des flocons, des fils ou des tissus, et ^Sl Cn raison de la nature propre des fibres textiles, les ri ^or^anÇa9e des fils. — On agit de la manière suivante pour 1 res ligneuses :dans un atelier se trouvent encastrées dans une 0ri ünnerie à hauteur d’appui des jarres de terre, dans lesquelles les Ti ^ mordant, et des terrines dans lesquelles on passe nir , eveaux ou mateaux. Six à sept litres de mordant étant ou , Us dans les terrines, l’ouvrier y plonge avec les mains un im ^ Usieurs écbeveaux abreuvés d’eau, c’est-à-dire également Près de ce liquide, les foule au sein du mordant, en les et ]e ant à plusieurs reprises contre le fond et les parois du vase da,H | °Urne entre les mains, jusqu’à ce qu’il juge que le mor-,enlcsa bien pénétrés; il les enlève alors, et les exprime forte-fixée f'1 ^cs bordant sur une cheville, en forme de corne de bœuf, l’excè ^ un P0teau au-dessus de la terrine dans laquelle retombe bain et pU *'flu'de- U répète plusieurs fois l’immersion dans le soit ter .xPressi°n & la cheville, jusqu’à ce que le mordançage anné; il met ensuite les échcveauxà sécher.
- Chç
- béveillé, de Rouen, on se sert, depuis 1848, soit pour passer (bnça^ca!p *CS bains de mordants, soit pour dégorger après le mor-ei qu’on Une machine de l’invention de M. Prévinaire, de Harlem, SetiU machine à passer ou à dégorger. On l’établit au-dessus
- assins lorsqu’on veut passer les pantes dans des bains gras,
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- des bains de galle ou les dissolutions de mordants; on la monte sur ^ bord postérieur d'un pont au-dessus d’un cours d'eau, dans le cas ou u s’agit simplement de dégorger les pantes au sortir des bains.
- Elle consiste essentiellement (^.572) en deux paires de cylindres
- Fùj. 57 2.
- zontaux en bois a, h, de 0m,50 de longueur sur 0m,15 de diamètre; un^ j de fonte reçoit cette double paire de cylindres et leurs accessoires, cci forme’deux machines symétriques ou jumelles. Les cylindres inleu ^ ont une de leurs extrémités entièrement libre, pour pouvoir P'ace|lS()e eux les pantes de coton c; ils sont portés par des coussinets et PoU1, ,jClir$ pignons qui engrènent dans ceux que portent les cylindres, supta ^ mobiles. Ceux-ci peuvent être abaissés sur les cylindres in fé ri eu moyen d’un déclanchement dd qu'on fait jouer à la main poul chine à dégoryer, avec le pied pour la machine à passer. p0Ur
- Le simple poids des cylindres supérieurs suffit, dans la prerruci’i expulser le liquide contenu dans les pantes, et comme les cyh'1 férieurs sont placés à peu de distance de la surface de l'eau, de f j.u(1 nière que les pantes mises sur ces cylindres trempentdans la1'1''1 ,api-tiers de leur hauteur, il en résulte que le dégorgeage s’opère i dement et d’une manière complète. ’ ^oycn
- Dans la machine à passer, on diminue à volonté la pression, auJ d’un levier à poids qui exerce son action sur les cylindres suP cj,.cultf Lorsque le bain doit être chaud pendant le mordançage, on *al . de la vapeur dans un serpentin de plomb placé au fond des l»aS ,Y|jndi'c5 Un tuyau à robinet, disposé sur l’un des côtés et au-dessous . f jjesoi" presseurs, permet de renouveler le mordant sans que l’ouvriei de se déranger. .
- Un seul ouvrier suffit pour conduire une machine jùmcne „ceàe&° qui lave avec une rare perfection 150 kil. de coton dans 1 l’sP p,eurfitl à 60 minutes; c’est le travail ordinaire de 6 hommes pendan demie. Chaque dégorgeuse coûte 225 fr. — Deux hommes 1 ^ K1'
- avec la machine à passer, en moins de deux heures,
- 300 k‘l-avec
- [0US
- St’5
- bains gras ou les autres mordants ; elle coûte 600 francs a'L^| qu’elk’ accessoires. Indépendamment de l’accélération dans le ^ d;111; procure, elle permet d’économiser 20 à 25 p. 100 d'huile tolir^ p|üv‘t! les apprêts du colon pour le rouge des Indes; celte éconoiu
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- ^ la régularité avec laquelle le bain est présenté au coton, et à l’uni-foi'mité de combinaison de l’huile avec toutes les parties du fil. Il est certain, en outre, que les nuances sont beaucoup plus nourries, plus Vlves, plus unies, depuis l’emploi de cette machine pour tous les apprêts 1Ul précèdent le garançage. Elle a, toutefois, l’inconvénient de retirer la ‘°ndeur au fil, en l’aplatissant trop.
- l'ourle mordançage des soies, on met le mordant dans un vase rectangulaire en bois, nommé barque {fg. 573), et on y plonge les echeveaux cordés
- les
- uns sur les au-lr°s, en ayant soin <iue les mateaux soient bien étends. Après 10 à
- 1- heures d’im- Fig. 5*3.
- niersion, on les
- 'Ove>onles tord à la main ou à la cheville. v»„dièrp
- Le mordançage des fils de laine s’effectue dans une chaudière ^fermant toute la quantité de mordant nécessaire. On pas c
- •• V ; V
- Tl f" '
- ( ~'j "
- cent
- Fig. 574.
- e mateaux de longs bâtons nommés lisoires [fig. 574), qui
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- peuvent s’appuyer par leurs deux extrémités sur les bords de la chaudière. On porte peu à peu le mordant à l’ébullition ; avec la main on tourne les üls sur les lisoires, de manière à immerger successivement toutes les parties des écheveaux, et, après plusieurs le liquide étant toujours au bouillon, on enlève les lisoires et on laisse tomber dans la chaudière tous les écheveaux réunis préalablement par une corde. Après 2 heures de bouillon, on cesse le feu, et 10 ou 12 heures plus tard on les relire de la chaudière;on laisse égoutter, puis on dépose les fils dans un endroit frais. Avant la mise en couleur, on lave ; quelquefois cependant on se dispense de ce dernier soin.
- B. Mordançage des tissus. — Les toiles de coton, de chanvre e|
- de lin sont mordancées au moyen d’une machine qui porte le nom e foulard. En voici la gure (575) et la descrip lion.
- ab, bâti de fonte pou recevoir tous les orgn nés de la machine. e h
- cy 1 i n dre s d e cuivre j aun
- garnis d’une toile qu* enveloppe 5 à 6 01‘ ’ ils sont placés l’un a dessus de l’autre; le •_ lindre f exerce une ^ laine pression sur l’inférieur par le levier g chargé de poids as ^ extrémité, m, bobine sur laquelle sont enroulées les pieC foularder. n, auge placée au-dessous des cylindres presseui > dans laquelle on met le mordant, r, cylindre sur lequel les p foulardées s’enroulent à leur sortie de dessous les rouleaux I seurs. . ]es
- Lorsque le mouvement est communiqué à cette rnaC^1'^1’]eau pièces, en se déroulant sur la bobine rn, passent sur un • gn i, qui les étend, puis elles entrent dans l’auge à mordan ’ ^ glissant sous un rouleau de cuivre o, qui est à 54 milli'110 ^ u0 fond de l’auge. En sortant de celle-ci, leà pièces frotten r(jant; segment de vis divergente s, qui fait tomber l’excès de ^ c0rri' elles s’engagent ensuite entre les deux cylindres e, f dul . je là, priment et font pénétrer le mordant dans tous leurs pores, eI)t elles s’élèvent sur le cylindre supérieur f, dont elles veC^n sur le tiers environ de la circonférence, et elles s’enroulent e le cylindre r. toülol‘r
- Pour les tissus de laine, on se sert d’un tour, trinçue
- Fig. 575.
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- me(fig, 576), dont les deux extrémités reposent sur des pieds de fixés sur les bords de la cuve carrée à Mordant. On enroule SUr le tour un bout (lo la pièce, et en le
- disant
- mouvoir rapi-
- dement, il se charge
- 1
- Fig. 5TG.
- ( R reste du tissu qui Plonge dans le bain.
- sa sortie du li-^'dle, un ouvrier, arMé d’un bâton, Pé-endsur le tour.dans 0llle sa largeur. Par ln mouvement de Ration contraire , a Partie de la pièce ^j11 a d’abord été
- ^°ngée la première, l’est la dernière à la seconde immersion, sorte que, par cette manœuvre, le mordançage est aussi égal I m possible. On continue ces manipulations pendant un temps lsànt. On porte ensuite à la rivière, et, pour bien enlever le I .1 ant non combiné, on passe les pièces à la dégorgeuse ou dans l^h-ioheel.
- d> ' ^0rdançage de la laine en toison.—Après l’avoir bien abreuvée A 'U’ °n ln jette en vrague dans une chaudière contenant le rnor-(|e déjà chaud. Des ouvriers, munis de longs crochets, l’agitent t^i^'aière à ramener à la surface celle qui se trouvait au fond du ’ Cetle manœuvre dure de 30 à 45 minutes ; on l’appelle une d en faut souvent quatre, pour que la laine soit unifor-12 à imprégnée de mordant. On ne la retire du bain qu’après càju heures. On la fait égoutter sur un bard au-dessus de la aieps lere" Puis on la lave ^ la rivière, en la mettant dans des pa-Vvm6talliques à ^rges mailles et dont le fond est garni de trous, che^im la remuent avec des bâtons, tantôt de droite à gau-fle gauche à droite. Chaque fois qu’ils changent le sens tw, llVement qu’ils impriment à leurs bâtons, on dit qu’ils don-,]>.?u b°uillon un demi-tour.
- 1 bandom
- me les mordants, pourm’occuper desbains deteinture.
- !/. bAiNS
- Matière'1''5 DE tetntcre- — Ou donne ce nom aux dissolutions de colorantes dans lesquelles on plonge les objets à tein-stano1 manière de les prêt )arer dépend de la nature des sub-es bnctoriales.
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- Quand celles-ci cèdent lacilementleurs principes à l’eau, on fait agir sur elles ce liquide froid, et le plus souvent bouillant. Toutes choses égales d’ailleurs, l’eau se charge d’autant plus rapidement des matières solubles, que les substances à épuiser sont plus divisées; aussi les emploie-t-on toujours en brins, en copeaux, en poudre plus ou moins fine.
- Habituellement les bois réduits en copeaux sont renfermés dans des sacs de toile d’un tissu lâche, et après 1 heure t/2 à 2 heures d’ébullition, on les retire de la chaudière.
- C’est surtout lorsque les matières colorantes sont peu solubles qu’on fait usage des poudres, et, dans ce cas, on les laisse dans le bain avec l’étoffe pendant toute la durée de l’opération, afin qllC le liquide en dissolve de nouveau à mesure qu’il en cède aux fibres textiles. On agit ainsi avec la garance, le santal, etc.
- L’emploi des poudres s’est généralisé, car elles ont introduit dans les opérations de teinture une grande économie de temps, de matière, de combustible et de main-d’œuvre. Les poudres sont toujours préférables aux copeaux ou aux effilures, parce qu’en raison de la forme de leurs particules, elles peuvent se .détacher facilement, par le lavage, de la laine et autres tissus sur IesqucL elles se déposent : c’est là un très-grand avantage, puisqu’il devien possible alors de teindre directement dans le bain même où s® trouve la substance tinctoriale; on ne le pourrait pas avec bois triturés ou effilochés, leurs fibres s’enchevêtrant dans la b*1^
- ou s’engageant dans les tissus de manière à résister aux les plus prolongés.
- lavage
- rincipes
- Quand il faut opérer avec des bains très-chargés de Print^eC colorants, ou, comme on le dit, très-concentrés, on se ser ^ avantage, tant sous le rapport de l’économie que sous celui ( ^ promptitude et de la commodité, des décoctions sirupeusese ^ extraits secs que des fabriques spéciales livrent actuellem commerce en grandes quantités. , p|oi
- Pour les matières colorantes insolubles, on a recours a 1 la,)Ce d’agents intermédiaires, appropriés à la nature de la su qu’il s’agit de traiter. Ainsi, on se sert d’alcool pour ms^ le principe colorant de l’orcanette, d’alcalis faibles P^e c0rps parer les bains de carlhame et de rocou, d’alcalis et 1. u|fu-désoxygénants pour monter les cuves d'indigo, ou d aci aUSS| rique concentré pour dissoudre la même matière colora bien que celle de la laque et de la lac-dye.
- •- non-selJ,e*
- La température à laquelle on teint les tissus, varie ment suivant leur nature, mais eneore suivant celle du P ^ colorant. On teint à froid quand les couleurs sont ais, gqti’^r rées par la chaleur, comme le rouge de carthame, 0U ,°P Hndiront une grande affinité pour les tissus; tel est le cas
- cipc
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- ^is plus généralement on teint à chaud; pour les laines à -j- 100°, P°ur les autres étoffes à +75°, et môme plus habituellement entre -f 35» et 40°. A une température plus élevée, une partie des bordants pourrait abandonner les fibres textiles pour se dissoudre ''ansle bain, ce qui rendrait la nuance moins unie et moins belle. Pour les couleurs bon teint, on monte souvent jusqu’à l’ébullition,
- vers la fin des opérations, afin d’utiliser toute la matière colorante.
- On chauffe les bains de teinture, soit directement avec un four-aeau ordinaire sur lequel repose la chaudière de cuivre {fg. 574), so'1 au moyen de la vapeur d’eau qu’on fait arriver dans des cuyes en bois nu ou recouvert d’une feuille mince d’étain. Le P'usordinairement, dans ce dernier cas, la vapeur est amenée,
- au
- Fig. 577 .
- Fig. 578.
- le ])a^e cuve (fig. 577, A) par un tube vertical EF, ouvert par bj"’ et communiquant, par sa partie supérieure garnie d’un ro-qUe - a' avec le tube B d'un générateur. Mais pour éviter le bruit a(1 j.es condensations subites de la vapeur occasionnent, on place suivi*1' *a Cuve un lu^e cu*vre GGE (fig. 578), contourné per<^n , ^orme des appareils, et dont les parties latérales sont laVa es f*’ur> grand nombre de petits trous, par lesquels s’échappe
- Hy aï' •
- chau(|>. l0uJours avantage à faire usage de ce dernier mode de e,lsemkP’ ^orscIu’on a un certain nombre de bains à faire marcher pour le G Pen^anl un temps déterminé, comme, par exemple, V;,PeurG ^aranÇage des toiles. Il est imporlant, dans ce cas, que la 'lue la également répartie dans toute la masse du bain, afin COllcho U, ance tinctoriale soit toujours en présence de nouvelles solnbieSs C,e ^(îu'c^e> qu’elle abandonne ainsi toutes ses parties
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- Si la proportion d’eau dans le bain de teinture peut être augmentée sans inconvénients, le chauffage à la vapeur directe est plus simple et plus économique. Mais si le bain doit rester à un degré de concentration donné, on a recours au chauffage par double fond ou par serpentin, ainsi qu’on le fait pour la cuisson du sucre.
- Dans tout atelier un peu important, le chauffage à la vapeui procure une économie de combustible, et, dans tous les cas, le travail devient plus facile ; car si le bain peut être promptcmen porté à la température nécessaire, il n’est pas moins aisé de 4 maintenir et de suspendre complètement l’action de la cbaleun
- L’introduction du chauffage à la vapeur dans les ateliers ut teinture et d’indiennes de France remonte à 1811, et est due a Engelmann, fabricant de toiles peintes, à Mulhouse.
- En général, les matières textiles en fds ou en flocons se tei gnent plus facilement et prennent plus de couleur dans les haïr5 de teinture que lorsqu’elles sont converties en toile ou en éto 1 au moyen du tissage. Ainsi, la laine en flocons se teint mieux la laine filée ; celle qui est filée, miëux que celle qui est tissée, admet que la première prend 1/4 en sus, et la seconde 1/5 dep de matière colorante que la laine en pièce ou en drap. H_en eT^,s peu près de même pour la soie, le coton, le chanvre et le lin-concevez facilement, Messieurs, qu’en raison de la cohésion fibres des matières tissées, la couleur ne se fixe que sur r ^ surfaces, ne pénètre pas ou presque pas dans l’intérie111 ’ qu’il est d’ailleurs plus difficile d’obtenir des nuances ég‘ Coupez un drap avec des ciseaux, et vous verrez que l’intei est blanc ou d’une nuance beaucoup plus, faible. On dit a,,s,ejpt le drap tranche, et c’est une preuve incontestable qu’il a etc
- en Pièce- Tout®'
- Il est donc préférable de teindre en fils ou en flocons, fois, la teinture, dans ce cas, est plus chère, et il n’est PaS t jours possible de l’employer, parce que certaines couleui ^ altérées par les manipulations de la filature et du tissage) tout, quand il s’agit de la laine, par l’action du foulon- ^ fô.
- Il est indispensable, pour obtenir des nuances umes» e„. nouveler souvent les surfaces de contact, et de tenir ntes
- dant le même temps, dans les bains de teinture, les ui parties des substances h teindre. Vous avez vu, à propos . ja-dançage, quels appareils sont mis en usage et quelles potions, minutieuses souvent, doivent être mises en pratiflue’ et de le travail dans les bains de teinture, on redouble de s t)el précautions, autrement les couleurs s’appliquent inégal ^ il en résulte des nuances bringées, comme on dit en ten1105 niques.
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- teinture par immersion.
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- A-t-on affaire à de la laine en flocons, on la remue au crochet °ngtenips et à diverses reprises ; on répète les renverses cinq à Nlx fois. Les fils sont lises jusqu’à ce que la nuance paraisse unie ; en®n» les tissus de coton et de laine, c’est-à-dire le calicot et le-j.raP> sont travaillés sur le tour avec la précaution de changer con-‘Hiellement le sens du mouvement rotatoire, afin de faire rentrer 0111 de suite dans le bain l’extrémité de la pièce qui, au premier Ur> était entrée la dernière. On donne le nom dépassé à chaque bain'^6 success^' pièce ou du môme écheveau dans le
- f crois devoir vous faire connaître un appareil fort ingénieux, jjUla été imaginé par un teinturier de la Corneille (Orne), M. F. stiayes, p0ur opérer mécaniquement la teinture en écheveaux. 0lCl en fluoi il consiste :
- b(nn Ca'sse rec(angulaire, en bois, en briques ou en métal, contient le do v G C0*0Iant ; A peut être chauffé directement ou par une circulation ''oloni?111* f^acae dans le fond de la caisse. Dans cette caisse descend à dans e,Par*e moyen d'un système de crémaillères, un châssis qui reçoit veau,\Une P°s*li°n transversale les bâtons sur lesquels on passe les éche-l^tons c^a'ne dfî Vaucanson rencontrant les roues dentées que ces tion S ^rlent à leur extrémité les entraîne dans un mouvement de rota-Deu n nue c'rcnlaire, qui remplace le lisage à la main, éviter^ bat0ns vo*s*ns reçoivent un mouvement en sens inverse pour f°rs lluÇ les écheveaux ne s’arrêtent et ne se mêlent pendant le travail, dllorisG ; dcheveaux sont mis en place et les lisoirs fixés sur les tou-ftièrie leservés sur 1° châssis, on abat au moyen des crémaillères, et on W wu. ou moins vivement suivant la nature de la nuance que l’on deVnV°llj au rnoycn d'une manivelle qui commande les deux chaînes ^’icanson.
- ter} ' n.d f immersion est suffisante, on relève le châssis, on laisse égout-4 cet*S a11 Proc^dc à l’essorage.
- sont en e ,6 la partie postérieure de l’appareil porte un bâti dans lequel ^r°ttenM^S ^eux cylindres, l'un en bois, l’autre en caoutchouc qui Le Cvj- : Un sur l'autre, en vertu d’une pression qu’on règle à volonté. -• dre inférieur porte une échancrure dans laquelle on engage suc-
- bon c| nt chacun des hâtons chargés de ses écheveaux; par la rota-'lUide §S deux cylindres les fils sont comprimés, et l’excédant du li-aUcUne -en(^ c^ans une rig°fe fini Ie ramène au bain de teinture sans ^sPostb^Cl*0, -Après s’être dégagés des cylindres, les écheveaux restent de iq P°ur recevoir une nouvelle passe. On répète les opérations <le f0js leÇsion, du lisage et de l’essorage sans remaniement, autant tinitif (luon le juge nécessaire pour arriver à l’échantillonnage dé-
- (*ïtlslà'cUr° rePrcsente cet appareil. BB, châssis mobile qui descend > llle l'osen'6 A,’ ^es lisoirs C, C supportent les écheveaux; ils portent l’un le-afou p lautreune fige unie; D, D, crémaillères qui, au moyen e font monter le châssis; F cylindre de l’essoreuse; G levier,
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- J; ' ; -<:1 X
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- qui, avec le poids, règle la pression pour chasser le liquide des fils dans le réservoir H, en agissant sur le cylindre supérieur I; K man1-
- voile qui met en mouvement les crémaillères; L ressort (lul SOs ju les cliquets MM quand on veut, en mettant le pied sur le ^tire levier O, faire descendre le châssis par son propre poids. N ar ^
- de fer sur laquelle glisse le Iisoire, après qu’il se dégage du c} lorsque les écheveaux qu’il porte ont été essorés suffisammeu •
- La Boullaye-Marillac, ancien directeur des Gobelins, a un moyen pour teindre les pièces jusqu’au centre. C’est ^ faire passer entre deux cylindres placés au fond de la cha et qu’on peut rapprocher à volonté. Le drap, fortenaen ^ primé par eux, se débarrasse du liquide qui l’imprègne.^^ ture du bain coloré et arrive plus promptement au ton de désirée, en môme temps que la couleur pénètre pins P1
- menL ait P11"
- Le ton de couleur d’une étoffe ou de fils mouillés Pal4C(?sob*
- foncé qu’il n’est réellement; aussi, lorsqu’on doit amené j,û0 jets h un ton déterminé, on commettrait une grande erre p0u,' se contentait de comparer l’objet mouillé avec le m° e loid rapprocher autant que possible les objets à comparer»
- Fig. 579.
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- avec force une partie de l’échantillon mouillé, qui offre alors, a très-peu près, le ton 'réel.
- Quand on ajoute dans un bain une nouvelle quantité d’irïgré-d'enls pour remplacer ceux qui ont été enlevés par les premières passes, on dit qu’on lui donne un brevet ou une regreffe. On le pallie, lorsqu’on le remue avec un râble pour le rendre homo-ou pour mettre en suspension les parties solides qu’il renferme,
- Souvent on donne une première couleur à un tissu qui doit en recevoir une seconde par-dessus; c’est ce qu’on appelle donner Un pied. Ainsi, dans la teinture en noir bon teint sur laine, on donne un pied de bleu de cuve; il en est de môme pour les lances de bronze, d’olive bon teint, pour celles qui portent les n°ms de bleu national ou bleu Nemours, de bleu turc, ou de bleu avwê. On donne souvent encore un pied de rocou, de campô-c6e, de santal ou de garance à certaines nuances de bleu de cuve. Quelquefois, après la teinture, on passe le tissu teint dans un J;un de matière colorante tout autre, qui a pour effet de rehausser ,l première couleur. On agit ainsi dans l’intention d’économiser !lr la première teinture en employant pour second bain des ma-ltres bien moins chères et qui montent ainsi, avec économie l>0Rr le teinturier, la nuance au ton voulu. C’est alors ce qu'on appelle des couleurs remontées. Ainsi on remonte :
- be rouge d’Andrinople, le rouge de garance avec le rocou et le ,.r6sil; le bleu d’indigo, avec le campôche et le santal; les pa-llllcats ou violets de garance avec le campôche et l’alun.
- Nettoyage des tissus teints. — Après la teinture, on débar-; Sse par des lavages à l’eau froide les étoffes qui retiennent tou-du liquide du bain ou des matières ligneuses. Cette opération na . ue à la main, dans un courant d’eau ou à l’aide des ap-b].rei*S.dont on fait usage pour le dégorgeage des fils et tissus ^his ou mordancés. Il est superflu de vous en parler de nou-
- .Niais i
- , Je vous signalerai deux machines fort intéressantes, em- j«es chez M. Léveillé, de Rouen, pour le nettoyage des les triant de la teinture.
- ^aii00’ nom,née dégorgeuse à eçccenlrique, est de l’invention deM. Pré-Ello0’ Harlem. Elle est représentée par la figure 580. fou O'iv'08'810 en un cyhudre horizontal, en bois, à claire voie, d’envi-itient fi lougueur et 0tn,25 de diamètre, dont l’axe de mouve-de fi„,r)re de fer), est parallèle, mais ne se confond pas avec l’axe e 5 h en résulte que ce cylindre sautille au lieu de tourner sur teiïips^e- ^espantes de fils placées dessus, et qui trempent en même ans le cours d’eau sur lequel est montée la machine, se déve-
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- loppent successivement sur la surface du cylindre, et subissent un mouvement saccadé qui les ouvre et les débarrasse des impuretés, poudres ou copeaux, qu’elles contiennent. En une heure, une machine jumelé
- üs
- SKf;
- Fig. 5S0.
- lave complètement 800 pantes sous la surveillance de deux ouvi^15 elle fait donc le travail de huit hommes. Elle ne coûte que 80 à 10 ‘
- Dans l’autre machine, dite Laveuse de Rickly, du nom de son 111 ^ teur, très-habile teinturier, en Suisse, les cylindres ou rouleaux ^ lesquels sont enroulés les écheveaux à laver, sont disposés tou j remment. Dans la figure 581, il y a trois paires de rouleaux A,A,A>
- fY#. 581.
- t de ^
- les axes traversent une forte pièce de bois BB, qui leur s<j* port. Une rainure pratiquée dans cette pièce, reçoit trois roc
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- TEINTURE PAR IMMERSION.
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- •lui communiquent à chaque paire de rouleaux le mouvement de rotation qu’elles reçoivent elles-mêmes de trois cliquets fixés dans la pièce transversale DD. Une bielle E, mue à bras d’homme ou par un moteur hydraulique, ou par la vapeur, imprime à l’ensemble des rouleaux un Mouvement de va-et-vient. Des tiges F, F souliennent'le mécanisme prin-ciPal DD, BB, et contribuent, avec la tige inclinée II, retenue à chacune de Ses extrémités par une charnière, à régler le mouvement de va-et-vient, Qt à en limiter l’étendue.
- " résulte de ces deux mouvements combinés de rotation et de va-et-v'?nt, que les écheveaux, plongeant à moitié dans l’eau, sont lavés avec 'hgularité. Chaque rouleau peut recevoir jusqu’à 4 kil. de coton (poids Sec)- Une machine à six rouleaux, servie par deux hommes, lave 4000 kil. de coton par jour, ou fait le travail de douze à quatorze ouvriers.
- La laveuse de Riclcly offre donc une grande économie de main-d’œu-V|'ê et une plus grande perfection dans le nettoyage, surtout pour les "dons mordancés, les garancés en rouge d’Andrinople, qui Ont besoin
- delavi
- rages énergiques. Elle est en usage dans tous les établissements de
- *a Suisse.
- r...
- ,Séchage des tissus teints. — Le séchage des objets teints.
- cc^ue ordinairement à l’air libre, plus rarement dans des étu-(j, °u séchoirs; mais il est utile auparavant d’en extraire le plus e<jupossible, afin de hâter la dessiccation; c’est ce qu’on ap-£ essorer. On se sert pour cela des diverses machines dont je lioi]S ai ^ Pr0P0S du blanchiment, et on termine la dcssicca-i soit à l’air libre, mais toujours à l’ombre, pour les couleurs soit dans ___
- Ï^SéchoifS à ail1
- p"d ou à vapeur.
- sèehe'1,68 S0ies’ 0,1
- '»«vert °ïJours à
- Chlnî. tailS Une lambre bien aérée,
- (lD’on
- Peut Iransfor•
- S? à v°lonlé en
- Ce» hiver et
- *es temps hu-
- ifig. 582). les *' ¥ suspendre fi^eveaux, on $j§ Sa§e d’un châs-
- noiPméCtAnRuîaire ’ sqr I ^ branloire ,
- •les Ü*;1116.10n établit
- s Perch
- Fig. 682.
- es qui traversent les pantes. Ce cadre est soutenu en
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- 668
- CINQUANTE-NEUVIÈME LEÇON.
- i’air par des crampons de fer mobiles de manière à pouvoir pren' dré le mouvement d’une balançoire. On l’élève à l’aide de cordes jouant sur poulie jusque près du plafond; et, pour accélérer!'1 dessiccation, un ouvrier l’agite continuellement au moyen dune corde suffisamment longue.
- Le séchage des soies doit être aussi rapide que possible, car ‘ moindre humidité qui séjourne plus longtemps dans une padu d’un écheveau que dans une autre le tache sans remède. Le bleu cuve est la couleur la plus sujette à cet inconvénient ; une gou 1 d’eau qui tombe sur une pante de soie teinte en indigo y fed u tache irréparable.
- Une fois le séchage opéré, les étoffes en pièces, de quelque n-1 ture qu’elles soient, sont soumises au calandrage, puis à 1ac 1 de fortes presses. C’est ordinairement dans des ateliers SP^C1‘ qu’on donne l’apprêt destiné à faire valoir les couleurs et à eu hausser l’éclat. .
- Après ces généralités, il me resterait à vous exposer, Messie^ les procédés particuliers à l’aide desquels on communique 1 fibres textiles les différentes nuances et les variétés de cMl^ nuance qu’il est possible de créer par l’emploi raisonné des*^
- stances tinctoriales et des mordants. Mais le nombre des coi
- étant
- tant simples que composées qu’on peut ainsi produire f infini, il me serait impossible de vous les indiquer dans le cc espace de temps dont je puis disposer. .gq„e
- Au reste, ce serait une énumération trop fastidieuse, P ^ tout se réduirait à vous présenter des recettes qu’on ne pe° „ exécuter sous vos yeux, car il est très-difficile de bien ope petit, pendant la durée d’une leçon. Un cours raisonné e^,, ture doit se borner à faire comprendre les principes, à ra ‘ jrer l’immensité des détails à quelques règles générales, et, a i ^ le rôle et l’influence de la science de manière à donner de l’acquérir. C’est ensuite dans les ateliers qu’on peut i,{d uD dre la connaissance parfaite des manipulations et de^ bon opérateur. Je me bornerai donc à décrire quelqr1 e^auière lions dp. fpinlnrp. afin dp vnns dnnnpp iinp idée de iJirS
- lions de teinture, afin de vous donner une idée dont on arrive à revêtir le coton, la laine ou la soie solides ou, au moins, vives et brillantes.
- Ce sera l’objet de la prochaine leçon.
- de coulel,r?
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- TEINTURE PAR IMMERSION.
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- SOIXANTIÈME LEÇON.
- DE L’ART DE LA TEINTURE, (suite.)
- Somsi
- de
- aire. — Différentes classes de couleurs pour le teinturier. — Moyens pratiques de les produire. — Exemples de la teinture en bleu, en rouge, en jaune, ? noir et en vert. — Des cuves d'indigo et manière de les monter. — Rouge iM wes. — Écarlate et cramoisi de cochenille. — Couleurs à la murexide, à a Pourpre française, à l’aniline.
- 1)ans l’art du teinturier, on distingue deux classes principales ; couleurs : les simples ou primitives, et les composées. Les pre-leres sont : le bleu, le rouge, le jaune, le fauve et le noir. Les senties résultent des couleurs simples, que l’on associe une à une, JU une à deux, etc. Ainsi :
- I Le mélange du rouge et du bleu donne 1 c pourpre, le violet,
- ( !“,s5 la pensée, Y amarante, la prune-de-Monsieur, le paliacat, la 1 (Je-de-pigeon, les mauves et feurs-de-pêcher, \&giroflée, et un grand „ re d’autres nuances qui dépendent de la proportion des in* bi lents* des différentes sortes de bleu et de rouge que l’on com-
- i la prédominance du bleu sur le rouge, ou du rouge sur
- bleu ;
- j, ^ Par le mélange du rouge et du jaune, on obtient : l'aurore, le souci, le carmélite, la brique, la capucine, le coquelicot, couleurs de biche, de feu, de grenade, de cassis, etc. ;
- |e • Le mélange du jaune et du bleu produit les verts de toutes t nuaoees, depuis le plus tendre jusqu’au plus foncé ; le nombre ^.esl considérable; voici les principaux: Vert-naissant, vert-(l(j ^'d’herbe, vert-printemps, vert-de-laurier, vert-molequin,vert-Vert-céladon, vert-de-perroquet, vert-de-chou, vert-pomme, PîsfacZ/e, vert-bouteille, vert-canard, etc. ; prf/ Lutin le jaune et le gris, qui n’est qu’un dérivé du noir, 0 Ur®nt les olives de toutes nuances.
- ^ distingue encore les couleurs en franches et en rabattues.
- Hgi Pondères sont le bleu, le rouge et le jaune, ainsi que leurs j ^nges binaires, tels que le violet, le vert et l’orangé, plus" ..Secondes, dites aussi couleurs rompues, grises ou ternes, et fragilement brunitures, ne sont autre chose que les couleurs le (Q dont on a diminué l’éclat par le mélange du noir, depuis sc'ilus clair jusqu’au ton le plus foncé. On obtient de la c°We«^SnUances connues sous les noms de café, pruneau, marron, ’ie canneMe, mordoré, puce, bronze, savoyard, tête de
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- 670 SOIXANTIÈME LEÇON.
- On fait ordinairement les brunitures, en passant, après la teinture, dans un bain formé de couperose, de campêche, de noix de galle et de sumac. Mais ces couleurs ne sont pas solides, et l’on arrive à de meilleurs résullats en rabattant :
- Le rouge avec du jaune et du bleu ou avec du violet,
- L’orangé avec du bleu,
- Le jaune avec du rouge et du bleu ou du violet,
- Le vert avec du rouge,
- Le bleu avec du jaune et du rouge ou de l’orangé,
- Le violet avec du jaune,
- en ajoutant, d’ailleurs, d’autant plus de la couleur destinée à produire la bruniture que l’on veut rabattre davantage la coule*11 simple ou la couleur franche.
- MOYENS PRATIQUES DE PRODUIRE LES COULEURS.
- J’indiquerai maintenant, d’une manière succincte, comme111 l’on produit les principales couleurs franches dans les ateliers.
- I. Teinture en bleu,. — On obtient le bleu avec l’indigo, lebie^ de Prusse, le campêche uni à l’oxyde de cuivre. Mais de ces tior substances, la première est la seule qui fournisse des be solides. _ jeS
- 1° L’indigo ne peut se dissoudre que dans deux véhicules • alcalis, en perdant sa couleur, et, suivant l’opinion la plus gêner^ en se désoxygénant; l’acide sulfurique concentré, en b1 c servant. je
- La teinture obtenue par le premier moyen est connue s0üS e nom de bleu de cuve ; l’autre s’appelle bleu de Saxe ou bleu chr>n a Celle-ci est peut-être plus vive, mais bien moins durable que 1 aU car l’indigo ne supporte pas impunément l’action d’un agen énergique que l’acide sulfurique. , v^e
- La teinture en bleu de cuve étant plus généralement emp et d’une haute importance, tant sous le rapport tecbniq'10 1 ce( point de vue scientifique, j’entrerai dans quelques détai s
- égard’ . désigne’
- A. Bleu de cuve. — Sous le nom de cuves d’indigo, on .ujt
- vous le savez déjà, Messieurs, les bains dans lesquels on I oll
- la transformation de l’indigotine bleue en indigotine blan
- soluble. L’atelier où sont placées les cuvesporte le nom dey
- ou guèdre, et l’ouvrier qui les dirige s’appelle guédron.
- Il y a plusieurs manières de monter les cuves d’indig°> ‘ xe$
- ment dit il y a plusieurs espèces de cuves qui sont aPl ^ejn'
- chacune en particulier à tel ou tel genre de fabrication. jes
- turier fait usage des cuves au pastel, à l’urine, à la pot
- cuves allemandes et des cuves à la couperose.
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- TEINTURE PAR IMMERSION.
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- La cuve au pastel est principalement d’usage dans la teinture des ,aines en poil destinées à la confection des draps et des tissus légers pour Mans. On la monte avec 200 kilogr. de pastel en coques, 10 kilogr. de farance, 10 kilogr. de potasse, 0 kilogr. de chaux, pour 8000 litres d’eau à+ 80°. On y ajoute quelquefois un peu de son et d’indigo. Dans cette Cuve, l’indigotine bleue est réduite par les principes immédiats du pastel, de 'a garance et du son ; l’indigotine blanche est dissoute par la potasse ®tla chaux, et peut-être aussi par un peu d’ammoniaque provenant de a fermentation du pastel.
- La cuve à l’urine n’est plus employée que dans de petits ateliers et ‘juelques pays, à Verviers, par exemple, pour la teinture de la laine qu’on. “es,ine à la confection des draps d’un bleu clair, des draps noirs et de couleur bronze bon teint. On la monte tantôt à froid, tantôt à chaud. Lest J’urine pourrie qui fournit tout à la fois et les principes organiques (lUl réduisent l’indigotine bleue, et l’ammoniaque nécessaire pour dissoudre l’indigotine désoxygénée.
- La cuve à la potasse, dite aussi cuve d'Inde, est spécialement destinée à Mjhe la laine et la soie. On la monte avec 8 kilogr. d’indigo, 12 kilogr
- Potasse, 3kil,500 de son et autant de garance pour 2000 litres d’eau. ‘ fajt chauffer graduellement jusqu’à -f- 90° l’eau dans laquelle n a introduit la potasse, le son et la garance ; on y ajoute l’indigo !loïé> on achève de remplir la cuve avec de l’eau chaude jusqu à six j J1Sts de son bord; on pallie bien pendant une demi-heure, on couvre |CUve et on fait suffisamment de feu pour entretenir ce bain entre ^30 et 350. j)ouzü tieures après, on pallie de nouveau, et ainsi de 'heures en 12 heures, jusqu’à ce que la cuve soit venue à bien, c’est-lre que le bain soit d’un jaune verdâtre et qu'il offre à sa surface des cuivrées, des veines bleues et une écume ou flcurée d’un beau
- f!âques
- 1 c° qui arrive ordinairement au bout de 48 heures.
- S CGtte sorte cuve> 'es niatières qui désoxygènent l’indigo sont la Potasse*2 ^ ^ SOn ’ f’*ntf'S°tine blanche est tenue en dissolution par la
- 1} Cl)YGla'efnent, après 23 jours de travail et après qu’on a introduit dans Hônjjj)6 nouvelles quantités d’alcali et d’indigo pour faire ce qu’on cette <,C. re9re(fes) on est obligé de remonter complètement et à neuf Cela D .de cuve, par l’impossibilité de continuer un travail avantageux, fiiaiiUVl°nt de ce que la potasse est, pour ainsi dire, saturée par la d(icom° Suisse qui existait dans la laine et par celle qui provient de sa inhabipilion- 6 on résulte une espèce de savon qui rend la potasse il y a 0 a dissoudre de nouvel indigo réduit. Dans le bain qu’on jette, Une p ae Srande quantité de potasse d’un prix très-élevé, ce qui cause moi C considérable en argent, puisque le remontage de la cuve a lieu A,,;'18 jj!le.f°fs Par mois.
- Ploie m, dans les villes d’Elbeuf, de Louviers, de Sedan, on em-de ]a e, espèce de cuve, dite cuve allemande, qui présente les avantages ^°icir!?ecedenfei en faisant éviter presque toute perte de substances. Dûment on la monte:
- d’ean^ (U?e c'iaudière placée sur son fourneau, on introduit 8300 litres 4e50;Jüon chauffe à -{- 53°: on y fait dissoudre 1 kilogr. de cristaux 0 d on y délaie 10 litres de son et 3 kilogr. d’indigo broyé; ou
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- SOIXANTIÈME LEÇON.
- remue bien avec un râble. Douze heures plus tard la fermentation commence, de nombreuses bulles de gaz apparaissent quand on pallie, le liquide est d’un bleu verdâtre, d’une odeur douce de son aigri. On y ajoute 1 kilogr. de chaux éteinte; on pallie avec soin, on réchauffe un peu le bain, et on couvre la cuve. Douze heures après on ajoute une même dose de matières avec un peu de chaux, on pallie de nouveau, et ordinairement on peut, dès le lendemain, travailler sur la cuve, mais avec ménagement. Ce n’est que le troisième ou le quatrième jour qu’on ajoute 3 kilogr. de mélasse de betterave. Une fermentation trop vive est corrigée par une addition de chaux; dans le cas contraire, on ajoute du son et de la mélasse. Chaque fois, après le travail de la journée, on introduit dans la cuve les mêmes substances dans les doses indiquées.
- La cuve allemande peut servir deux années, sans perdre sa propriété de donner des couleurs vives et d’une grande solidité. C’est le son et h mélasse qui transforment l’indigo; l’indigotine blanche est tenue en dissolution par la soude. Un seul homme suffit pour chaque cuve.
- Voici comment on opère, dans les cuves précédentes, la teinture des laines :
- Le matin, on pallie bien la cuve; deux heures plus tard, on enle'O l’écume bleue ou fleurée qui est à la surface; on y enfonce un panier forme d’un cadre ou cercle en bois garni d’un filet de cordes, mais de manierÇ qu’il ne touche jamais le dépôt ou pâtée ; il s’appuie par ses rebords sur ceux de la cuve. La laine en fil y est travaillée sur des lisoirs assez lo11?’ pour porter leurs extrémités sur les bords de la cuve. L’ouvrier PrC'u un lisoir chargé; il introduit les pantes dans le bain et les promène horizontalement pendant quelques minutes, en faisant tremper succès
- sivemont toutes Ids P® a tics des mateaux.
- que ceux-ci sont mon également en coule» » l’ouvrier les tord a cheville et les ii de nouveau, soit , „5
- la même cuve, soi 1 des cuves de plus e» P fortes, jusqu’à lan
- désirée. „ /rl,cst La laine en fl°c0”s a. jetée en vrac dans
- nier, ***»?*£* Jogr. 011 1 Ll 20 r*'
- journer penda ganS
- nutes, en 1 jjflongs h»' cesse avec de . c,i
- .tons; puis on la J upe
- fixant au Pa" ,e sur corde qm eI rpen-un treuil Placecupve>'
- ï-r-A
- Fig. 58-3.
- diculairement au-dessus des cuves. La figure 383 montre une mande avec son panier et ses agrès.
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- TEINTURE PAR IMMERSION.
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- A. cuve en maçonnerie, enterrée aux 2/3 dans le sol ; elle a 2m,40 de diamètre e|3m,80 de hauteur. B, panier de lm,30 de haut; il est attaché aux cordes qui senroulent sur le treuil C, que la roue D met en mouvement. A côté de cette ,0ue se trouve une petite roue à engrenage munie d’un cran de sûreté qui per-ltlet aux hommes qui font monter le panier en tirant sur les cordes o, o, de re-pi'endre haleine. — Pour renverser le panier, on se sert d’un cran de fer appuyé 1 un des côtés.
- Après 1 egouttage, on renverse la laine sur le sol du guèdre ; on l’évente 1,len en la secouant dans l’air avec la main. L’immersion dans le bain ^PPellcpaüî'emenf. On répète celui-ci jusqu’à ce que la nuance soit assez üncee> le plus ordinairement sur la même cuve, quelquefois sur une [u'e qui a moins travaillé. 11 y a toujours dans le guèdre une cuve plus a,Ie que les autres; elle sert pour les nuances de bleu très-clair desti-nees A rester telles, ou à recevoir en chaudière d’autres couleurs.
- nés draps se teignent en les faisant entrer à la main dans le panier, j en les maniant à l’aide de crochets émoussés et renouvelant ainsi s surfaces. Le palliement dure 2b minutes environ. On place sur la < 'e un bard, sur lequel on étend la pièce à mesure qu’elle sort du bain ; ^1 aide d’un fort crochet au centre des plis et d’une cheville placée à ‘aulre extrémité de la pièce, on tord fortement, on déroule, on évente „ 011 recommence sur la même cuve autant de fois que le besoin s’en la*t sentir.
- ,3Cs Matières, quand elles sortent delà cuve, sont d’un jaune verdâtre au contact de l’air, déverdit très-rapi^pment, c’est-à-dire passe au D’Quand elles ont pris tout l’indigo qu’on veut leur donner, on les 'ant'°e avcc so'n : *es en ^es lavan* a l,a ma*n> les flocons en les la-ro I au Panier avec des bâtons, les draps en les faisant passer entre deux dest' a^x sur lesquels tombe un filet d’eau continu. Les flocons et les fils, 4; ln°s A rester en bleu, sont plongés dans de l’eau acidulée avant le ® 'geage à grande eau.
- teintCUVe ® ou à ài couperose sert presque exclusivement poür la 't’ind'16 étoffes de colon, de chanvre et de lin et dans les fabriques éteinJennes- On la monte avec de l’indigo, de la couperose et de la chaux <jn»0 e> ^ans ProP01’tions qui varient suivant les nuances.de bleu Cui V6Ut Pro<fluire, ainsi que vous le verrez par les exemples suivants :
- pour gros bleu: Eau, 600 seaux; chaux vive, 40 kilogr.; coupe-Cuv Se’ kilogr.; indigo broyé, lb kilogr.
- Pour bleu moyen: Eau, 600 seaux; chaux vive, lb kilogr.; cou-Cute°Se> ^‘logr.; indigo broyé, b kilogr.
- pour bleu clair : Eau, 600 seaux; chaux vive, 6 kilogr.; cou-'ose, 2kll,o00 gr. ; sel de soude, 1 kilogr. ; indigo broyé,
- 1 Kilogr,
- 1
- ct>auXj cl Cuve à moitié remplie d’eau froide, on délaie l’indigo, puis la 011 ajoute en dernier la couperose en poudre ou en dissolution ;
- tmligo gros bleu. 65. Indigo bleu moyen. 66. Indigo bleu clair.
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- G74 ‘ SOIXANTIÈME LEÇON.
- on pallie pendant un quart d’heure et on laisse reposer. Après 2 ou 3 heures, c’est-à-dire lorsque le bain est devenu d’un vert jaunâtre et qu il se manifeste à la surface des veines bleues, des plaques cuivrées et une belle fleurée, on achève de remplir la cuve d’eau, on la pallie, et, après plusieurs heures de repos, on peut s’en servir.
- Vous savez sous quelles influences, dans cette sorte de cuve, l’indi-gotine bleue est rendue soluble; inutile de revenir sur ce point; mai' comme dans l’indigo du commerce il y a autre chose que de l’indigo-tine, il est convenable de connaître le rôle que peuvent jouer dans la teinture en bleu sur coton le gluten, la matière brune et la résine rou<je qui accompagnent l’indigotine, et d’apprendre à quels états ils se trou-
- IM*'!
- âliiiii.ll|;i|.ii8tei
- -«Ife&WI'l Mil M II
- I
- . .
- vent dans la cuve montée et prête à fonctionner.
- M. Schwarzenberg, de Cassel, a fait de ces questions l’objet détma' sérieuses, en 1837, et voici ce qu’il nous a appris : • ' la
- A. Le liquide de la cuve contient: de l’indigotine blanche unie a ^
- chaux, un peu de résine rouge, presque tout le gluten de l’indigo, des traces seulement de la matière brune. r ,Vo
- B. Le dépôt ou pied de la cuve, renferme presque tout le brun d uni à la chaux, une quantité notable de résine rouge, une faible qua de gluten, un composé insoluble d’indigotine et de chaux, du sium c chaux, du peroxyde et du protoxyde de fer, de la chaux en excès.
- C. L’influence du gluten, du brun, de la résine rouge, est nulle en ^ ture. La quantité de cette dernière substance qui se dissout dan\ cuve et se précipite ensuite avec le bleu sur la toile, est si petite qu e ^ joue aucun rôle appréciable; et cela est si vrai, que l’indigotine PU1 .
- produit pas de P
- belles, ni de plus J des nuances, qllC
- u eint ÇW
- dans la cuve a ‘
- s’exécute comrnep
- lalaineenéche ^
- On termine PaI p
- bain légèrement
- dulé, qui *
- hlement la J c0„. on lave en ej0n rante, on toro,
- fait sécher a an-
- On évite la ^^eroit de chaleur^1
- toujours leSAuredes Pour lateU, ggftdü calicots, on s" jes, cuves P/uS /je P1’0” de 2 mètre®
- Fig. 584.
- fondeur.
- les toiles par leur lisière sur des cadres nommés charnpaOne
- on
- {fis- J
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- TEINTURE PAR IMMERSION.
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- garnis de clous à crochets, en commençant par un bout et finissant par 1 autre. Les barres du haut de ces cadres sont mobiles dans leurs coulisses, afin de pouvoir être fixées et tendues suivant la largeur des toiles. Les plis sont séparés entre eux par une distance d’environ 27 millimè-L'cs. On attache la champaijne à une corde avec laquelle, à l’aide d’une Potence mobile sur son axe et de la poulie qu’elle porte, on la lève de jore et on la fait descendre dans la cuve, jusqu’à ce qu’elle soit totalement immergée. L’immersion dure de 7 à 8 minutes ; on soulève la champagne Lors du bain, on laisse déverdir pendant quelques instants; puis on plonge dans une cuve plus forte, jusqu’à ce qu’on soit arrivé au ton voulu. (tn détache la toile, on la passe aussitôt dans un bain acidulé ou dans un Loin très-faible de chlorure de chaux, et on lave à grande eau.
- On remplace souvent la champagne par la cuve carrée à roulettes 'h' o85), surtout pour les toiles meubles; on évite ainsi la marque des
- [1 ! ; ' ' • -I I I I -I-
- Fig. 585.
- S*. Cette cuve A, qui vient d’Angleterre, a 2m,92 de long, tm,46de large j.. >60 qe profondeur. Un cadre à roulettes abcd, est placé dans son in-1^'ieur et peut en être enlevé. La pièce passe alternativement sur lesrou-cm*X ^érieurs et sur les supérieurs. En e sont deux rouleaux d appel* la le lesquels passe la pièce au sortir de la cuve. Elle vient ensuite dans c^CUve B, qui contient de l’eau acidulée ou une solution de chlorure de excessivement faible. Elle entre dans cette cuve, glisse sur un lier P*acé au fond,et en sort entre les rouleaux d’appel/-, pour tom-nce a°s l’eau. Suivant l’intensité du bleu qu’on veut obtenir, on ma-^'rèt'10 ?^us ou m°ins de fois la pièce dans la cuve, et pour ne plus 1 ei’l opération, quand on en a plusieurs, on les épingle à la suite 6>s des autres
- on soie, ou recourt souvent à la cuve d’Inde ; mais, par ce moyeu, ü Marnais de bleu intense; il faut, presque toujours, faire intervenir de p . d’orseille ou de cochenille. Quelquefois aussi on associe le bleu jUjmUlVrf> l’orseille et l’indigo. Ces sortes de bleu sont ternes, alors frojji^a’ott emploie une cuve d’indigo à l’oxyde d’étain, marchant à tein(i aPrks le procédé de M. Philippe, de Rouen; aussi préfère-t-on sel(jg*s°rè au bleu de Prusse, en la mordançant préalablement en er eL la passant ^ensuite en prussiate.
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- u/0 SOIXANTIÈME LEÇON.
- Je dirai, en terminant ce qui a trait au travail important des cuves d indigo, qu il laut une longue habitude pour en bien conduire la Cimentation. Celui qui n’a pas vu et suivi le travail d’un guèdre ne peut se faire une idée des difficultés que le guédron est appelé à surmonte! à chaque instant.
- B. Bleus de Saxe. — C’est en 1740 que le conseiller Barth il1’ Grossenhayn, en Saxe, imagina d’employer à la teinture des laines la dissolution de l’indigo dans l’acide sulfurique.
- Pour faire cette dissolution, l’indigo doit être en poudre aussi sèche et aussi fine que possible; l’acide sulfurique doit être aussi concentré que possible, et s’il a été conservé dans des vases nw bouchés, il faut le faire bouillir pour le dessécher, sans quoi d 111 dissout pas l’indigo ou ne le dissout qu’incomplétement, en soi U que la liqueur étendue et filtrée est peu colorée, la majeure padK de l’indigo restant sur le filtre.
- On ajoute l’indigo par petites portions dans l’acide, afin d’évib' que la masse ne s’échauffe et qu’il ne se dégage du gaz sulfureux Lorsque le mélange est bien opéré, on ferme le vase qui le ren' ferme, et on laisse réagir à la température de -f 30 à 40, pendant 24à48 heures. La liqueur qu’on obtient ainsi est d’un bleuopaq1'1 et noir, avec l’acide ordinaire, d’un bleu pourpre intense 1 acide de Saxe. On emploie du premiei’8 à 12, du second4à5‘ül le poids de l’indigo (f).
- Les dissolutions anciennement faites sont préférables -à 1 ploi. Lorsqu’on doit s’en servir, on les verse dans de l’eau, don ^ proportion varie et s’élève à 20 lois le volume de la liqucrii plus. On filtre ensuite.
- Cette préparation donne à la laine une teinte verdâtre gréable, parce que l’acide sulfo-indigotique, en se précipi|an|.“o le tissu, entraîne avec lui du rouge, du brun et du gluten de 1 i° lo On ne peut obtenir, d’ailleurs, que des nuances faibles, car ljeS immersion prolongée finirait par altérer les fibres textiles> couleurs ne sont pas non plus très-solides. |Us
- Il y a deux manières de produire des couleurs plus belles c
- vives avec le sulfate d’indigo. . gO
- L’une d’elles consiste à étendre la solution sulfurique da° ^ parties d’eau à+ 90°, et à y teindre 1 partie 1/2 à 2 laine blanche. On lave celle-ci à l’eau froide, puis à l’eaU ' ja jusqu’à ce que l’eau de lavage commence à bleuir; enfin» traite à chaud par une solution de carbonate de soude cou L
- (0 L acide sulturique ordinaire du commerce est souvent altéré Pal ^uS ou poses nitreux; dans ce cas, il y a perte d’indigo, et la dissolution esj nce à î?s Ve.I^a^ie' ^ est ce Qui a fait donner, depuis longtemps, la Pu actüe sulfurique de Saxe, toujours exempt de composés nitreux.
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- TEINTURE PAR IMMERSION, 677
- au plus 1/2 pour 100 de sel. La liqueur se colore en bleu foncé, parce qu’il se fait un sulfo-indigolale de soude soluble, et la laine a>nsi épuisée est d’un rouge brun sale. Celte couleur provient du rouge d’indigo qui s’était fixé sur la laine et qui ne se dissout pas da'is le bain alcalin. — La liqueur bleue obtenue par ce moyen constitue ce qu’on appelle fort improprement le bleu distillé. En y feignant la soie et la laine, on obtient des nuances bien aulre-ment belles que par le procédé ordinaire.
- est dû à ce que la laine blanche prend plus d’acide sulfo-indigotique que des ma-bères étrangères qui l’accompagnent dans le eu de composition.
- .L’autre méthode, bien préférable sous tous les rapports, con-lsde à faire usage du carmin d'indigo, qui jouit, vous vous le râpiez, d’une certaine solubilité dans l’eau pure. On délaie ce Carmin dans de l’eau bouillante, additionnée
- rl’~l '
- 67. Bleu de Saxe.
- (1 alun
- et de crème de tartre, et on y raanœu-
- 68. Carmin d’indigo sur laine>
- a lame qui se colore en un bleu Irès-r et très-vif, mais qui n’a jamais la soli-^ lu bleu de cuve.
- ,]•.,0ur La soie, après l’avoir passée au bain ju Un fiôde, on la lave et on la teint ensuite dans le bain d’a-cans lequel on a versé la quantité convenable de carmin. c 0rsfln’°n veut avoir un ton tirant sur le rouge, on ajoute au q0 'J1 fle la cochenille ammoniacale. en“, ^eus-prussiates. — Le bleu de Prusse, avec lequel on colore Vü^ cu la laine, la soie et le colon, est produit directement par vomique sur ces substances, au moyen des procédés sui-
- u;hTantôt on piète l’étoffe en peroxyde de fer, en la passant dans dansairi Lroid de nitrosulfate de fer pour le coton et la soie, ou Puis ^ °Laud de couperose et de tartre acidulé pour la laine, L.-j ans un bain acide de prussiate jaune ou rouge de potasse, Oii0u bouillant.
- 41'Client ainsi les bleus qui sont connus sous les noms de bleu l bleu Napoléon, bleu Marie-Louise.
- °u ! antô^ et c’est ainsi qu’on agit sur le colon, on passe les fils de ? Pièees dans un bain
- ^itior! r?Sulfate de fer ad-°nné * sel d’étain, et
- l. te'nt à
- S de
- 69. Bleu de Prusse sur laine.
- 70. Bleu de France sur coton.
- froid dans un diilé^ l)r'ussiate jaune aci-
- CoriPifr°düit d° nette manière un bleu bien plus intense, qui est SOUs les noms de bleu de France, bleu de Saint-Denis.
- !ü
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- 678 • SOIXANTIÈME LEÇON.
- c. Tantôt, et c’est surtout pour la laine qu’on agit ainsi, on fait chauffer le fil ou la pièce dans un mélange de prussiate rouge de potasse, d’acide lartrique et d’acide sulfurique, sans recourir aux sels de fer. Après 12 à 15 heures, la laine a acquis une couleu1 intense, qui est pâle ou verdâtre au sortir du bain, mais qui, à l’air, devient d’une magni' tique teinte bleue.
- C’est alors un bleu de France, mais bien ~a. Dieu de France plus uni et olus intense que par tout auto
- sur laine. A
- moyen. .
- Le bleu obtenu par les prussiates est très-brillant et surpasse ^ beaucoup, par son éclat, le plus beau bleu de cuve; mais il ri résiste pas à l’action de l’eau de savon, encore moins auxlessnj^ Il ne convient donc pas pour les étoiles de coton, qui doivent souvent lavées, telles que les robes, cravates et mouchoirs. 1 ^ préférable, au contraire, pour les étoffes de soie qui» n®‘ ^ jamais exposées à passer en savon, doivent conserver le b’’1 qui est propre à leur matière constituante. , e
- 3° Bleus aucampêche. — Ces bleus, qu’on produit au moyen Ç décoction de bois d’Inde et du sulfate ou de l’acétate de cul' ’ ont de l’éclat, mais nulle solidité. Ils pénètrent plus Pr0. ?njsse ment le drap en pièces que ne le fait le bleu de cuve, qul a toujours l’intérieur du tissu sans le teindre.
- Pour bleu sur coton, on emploie des dissolutions de camp1- ^ à 1/2, 1 ou 2°, suivant l’intensité de nuance qu’on veut aV?1J-r,0id; ajoute J/32e de litre d’acétate de cuivre, et on entre l’étoffe a f on monte à -f- 50° en une heure, en ayant soin de .niau® n continuellement pour éviter les inégalités. — Quelquefois au * ^ commence par passer le coton dans le bain de mordant le maintient ensuite pendant 3/4 d’heure dans le bain pêche. On rince, pour repasser encore une fois dans bain. ^ 0n
- En agissant ainsi, avec des bains de campêche à 2° °u ^jeiis obtient des bleus très-foncés, qui imitent assez bien les g*°b de cuve remontés.
- En passant le coton dans un bain tiède monté avec :
- Extrait liquide de campêche à 2°.... 50 litre»-
- Bichromate de potasse............... Lr>0 g'31
- Acide chlorhydrique à 22»........... 350
- et élevant graduellement la température jusqu’à l’ébul^ obtient un bleu indigo très-foncé qui a un aspect cuix en Si l’on continue à teindre dans le bain de nouvelles P gin étendant d’un peu d’eau, on a des bleus plus ou moins .onS in'-*1' ont une légère nuance de violet. — Avec les propoi
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- TEINTURE PAR IMMERSION. 679
- '[nées ci-dessus, on peut teindre en Une bonne nuance bleue I00kl1 à 120kil de coton.
- Pour les bleus sur laine, on mordance d’abord en alun et tar-lre! on introduit ensuite dans le bain bouillant l’ex-baitou les copeaux de cam-Pdche, en môme temps que d'j sulfate de cuivre, et on ^e'nt au bouillon pendant
- P'usou moins de temps, en renforçant le bain avec de nouveau' Empêche, jusqu’à ce qu’on soit monté à la nuance voulue. On îyiveen passant la laine dans un léger bain bouillant de vitriol bleu.
- Pour le bleu de Roi, dit aussi bleu d’Enfer, on emploie, pour '00kilog. de laine :
- Bleu foncé au campêche.
- 73. Bleu au campêche sur laine.
- Alun.................................. 10 kil.
- Tartre................................... 2
- Sulfate de cuivre........................ 1
- Campêche eflilé....................... quant, suffis.
- lvef’ 'fElNTI]RE en rouge. — La garance, la cochenille, la lac-dye, le tje Iïles’ P°rseiHe, lecarlhame, la murexide, les bois de Brésil et l^santal donnent des couleurs rouges, qui diffèrent entre elles par ^ rs nuances et sont loin d’avoir la môme solidité. Il n’y a vérita-C[nont que la première de ces matières tinctoriales qui fournisse jcouleurs de grand teint.
- |es ,ft°uges de garance. — De tous ces rouges, qui s’appliquent sur de o^'rents tissus, le plus important, à cause de sa beauté et ,|^Sa Plxité, c’est assurément le rouge des Indes ou d' Andrinople, C^ore rouge turc, noms qui rappellent son origine asiatique. d’Al*3 IïlaSn*fique couleur était connue dans les Indes dès le temps la 6xanfire> et, jusque vers le milieu du xviii® siècle, elle resta IlaO °Pr^lé exclusive des teinturiers du Levant ; c’est entre des i~60 que sa préparation fut importée à llouen. C’est une ^«rations les plus longues de nos ateliers; je ne pourrai en exposer qu’à grands traits les différentes phases.
- Le
- W |l° °n fiécreusé, soit au savon, soit dans un liquide alcalin, est d’a-cette fians un ba*n bente de mouton monté avec 25 kil. de
- sive j abère pour 100 kil. de coton ; la fiente est délayée dans une les-ou 10° à l’aréomètre, à laquelle on ajoute J5 à 6 kil. °ukoi,°.Urnante- On tord le coton, on le sèche, et on recommence deux Oq * | 8 b1 même opération.
- I^nd |’; E) kil. d’huile tournante à 50 litres d’eau de soude à 1°, et, emulsion ne se sépare plus au bout de 5 à 6 heures, on y passe le
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- cofôn,on tord, on sèche, et on réitère deux ou trois fois les immersion5' Ce sont là les bains blancs ou huileux (1).
- On ajoute aux liqueurs restantes ou amorces 200 litres d’eau de sou<h‘ à 2 ou 3°, et on y passe deux fois le coton, en le séchant à -j- 60° à chaque passage. Le reste du bain, dit Sikiou, sert pour l’avivage. On débarrasse le coton de l’huile non combinée par un trempage en eau de soude * 1 1°, tiède ; on lave, on tord et on sèche. ,
- On donne ensuite un ou deux engallages dans un bain fait avec -litres d’eau et 20 à 23 kil. de noix de galle. On alune avec 25 kil. dall‘! pur; on lave, on tord, et enfin on teint dans un bain de garance Par * kil. decoton etsouvent moins à la fois. Le bain se prépare dans une long chaudière carrée en cuivre, avec 200 litres d’eau, 50 kil. de sang1 bœuf et 50 kil. de garance. On y lise les mateaux pendant une heuu au moins. On laisse égoutter, mn tord et on lave. Dans beaucoup deca!' on teint en deux fois. , ,
- Le coton offre alors un rouge brun terne ; on l’avive au moyen dl ébullition dans un bain composé de 6 kil. de savon, 4 à 5 d’huile 0 liante et 1200 litres d’eau de soude à 2°. Enfin, pour donner de la"^ cité et de l’éclat, on rose au moyen d’un bain bouillant formé de
- 74 .Bouge garance. ,7 5. Rouge garance 75. Bouge garance
- avivé. avivé et rose.
- litres d’eau et de 16 à 18 kil. de savon blanc, dans lequel on ajoute, l’ébullition, 1 kil. et demi de sel d’étain dissous dans 2 litres d eau ^ tionnés de 25 grammes d’acide azotique. On lave à grande eau sèche.
- Je dirai que, dans la belle teinturerie de M. Léveillé, on ei0^nS un moyen bien simple pour entretenir l’homogénéité des ^ huileux pendant tout le temps qu’on y passe les cotons.
- ueloH
- (1) Dans les ateliers de teinture en rouge des Indes, voici l’essai g,t sdu-soumet toujours l'huile tournante avant d'en faire usage, parce qu e vent allongée avec des huiles de graines : . s°u^
- On bat 1 partie de l’huile à essayer avec 3G à 40 parties delessiv f0rine à 1° 1/4, l° 112, 1° 3/4 de l’aréomètre. L’huile, en s’unissant à la so ^ trân^ à l’instant un'bain savonneux, d’un très-beau blanc et bien mousseux- eineJ1t, vase ce bain à diverses reprises, pour que la combinaison s’opère Ç0111 j) re»u on laisse ensuite reposer le bain, et si, dans l’espace de 5 à G . p pour1110,1 bien homogène et sans flocons, si l’huile ne se sépare pas de la lesso •pgrah01 ter à la surface, on en conclut que l’huile est pure et bonne pouf 1 ^ ca, cot’ des bains huileux dans lesquels on passe les cotons à teindre. t)an^ proport,a traire, il est certain que l’huile d’olive est mêlée d’une certain ^g.-[Ve. ^ d’huiles de graines qui ne se combinent pas aussi facilement a j.e3sai P' procédé n’est pas d’une exactitude rigoureuse, et ne peut dispenser l’oléoinètre et les réactifs que j’ai indiqués à l’article des corps gras.
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- TEINTURE PAR IMMERSION.
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- chaque tonne (fia. 586), où l’on opère le mélangé de 1 huile tournante avec la lessive de soude, il y a un agitateur muni a sa partie inférieure d’un plateau cylindrique de 20 centimètres de diamètre. Cet agitateur est mis en nnouvement par un excentrique. La combinai-SOn entre l’huile et l’ai—
- Ca'i s’effectue rapidement, et l’émulsion qui en résulte demeure constamment liée, ce qui a rarement lieu dans les conditions ordinaires, l,ar» presque toujours, huile remonte à la sur-ace du bain -° Coule
- "Le santal joue main-Jcnant un grand rôle dans peinture des draps et
- en repos. urs au santal.
- Fig. 58G.
- véesC;,K pour procurer des rouges corsés et des nuances déri-Mais
- lassç* ou moins brunies par un passage en bichromate de po-
- POüp
- c’est surtout
- avoir la belle nuance ^atiue sous le nom de Nemours ou bleu na-l0n<d pour uniforme, qu’on ." consomme à Elbeuf, à Htn,
- J. Rouge au santal sur laine.
- 78. Bleu national pour uniforme.
- ,^a lain
- olc. Voici comment on opère :
- :>dièr
- qui a reçu un fort pied de bleu de cuve, est passée en
- ci'sein
- Près
- ce avec 30 kilog. de santal, 1kil,o00 de campêehe, 2kU,500 ’e et lkil,500 de noix de galle pour 100 kilog. de laine.
- 'kil 5nrlme Leure (le bouillon et deux heures de repos, on ajoute
- -500 de
- couperose dissoute. On lave ensuite au panier avec
- leker °^es à la cochenille. — La cochenille, la laque, la lac-dye, ce$ r es> servent seulement pour la laine et la soie; on en obtient ,:%toi^ S* ®c^alants, désignés sous les noms d’écarlate et de ploy^e Par le moyen des mordants d’étain. La composition em-Daris ans ce cas est préparée ainsi qu’il suit : d’eau ° Lilog. vd’acide azotique à 38 ou 40°, on ajoute 8 litres ^tai'n°n H dissoudre 1 kilog. de sel ammoniac et 1 kilog. (l»e |a 6renaillé; on n’introduit celui-ci que peu à peu, de manière Vojcj acdon ne soit pas trop tumultueuse.
- c°mment on agit pour avoir l'écarlate à la cochenille :
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- 682 SOIXANTIÈME LEÇON.
- Dans 2500 litres d’eau chauffée à 60°, on verse d’abord pour la clarifier, i kil. de dissolution d'étain ; on enlève avec un tamis l’écume blanche qui vient surnager; lorsqu’il ne s’en produit plus, on y bit dissoudre 5 kil. de crème de tartre, et on y délaie20 kil. décomposition d’étain, puis on y abat d 00 kil. de laine. On porte peu à peu au bouillon en maniant au crochet, afin que le mordant pénètre également; âpre5 une heure d’ébullition, on laisse reposer autant de temps, et on lève sur le bord.
- Dans le même bain, on jette 14 à 15 kil. de cochenille pulvérisée; on fait bouillir 20 à 25 minutes ; on rafraîchit la décoction ; on y ajoute 6 à 7 kil. de composition d’étain, on pallie bien, et, sans plus tarder, on rabat la laine sans la laver; on porte peu à peu à l’ébullition fi11011 maintient pendant une heure; on laisse le bain en repos, autant de temps; on donne une renvoi'1-’ pendant 30 minutes ; nouvelle pose de 30 minute') suivie d’une renverse qui dure le même temps > dernière pose de 4 à 5 heures au moins, ap1 e? laquelle on lève la laine qu’on lave avant °u après refroidissement.
- En remplaçant t/4 de la composition d’étain par un même poids d a111 épuré, on obtient un cramoisi très-nourri et très-vif.
- Le premier bain aVCC.n1^!. dant se nomme bouillon; cond avec cochenille, i'ûUHu
- Ecarlate de la cochenille.
- Si, sans rien changer
- 80. Cramoisi à la cochenille.
- 81. Ecarlate jaune au fustet.
- au
- à la"rouf
- bouillon, on ajoute - ,. , „
- 2 kil. t/2 de fustetlaye ai ^
- froide, ou bien 1 kil-curcuma, la laine prend une nuance écarlate jaune très-belle.
- Pour la soie, on opère ainsi qu’il suit : . unc
- On commence par la laisser séjourner pendant 5 à 6 heures da ^ dissolution faite avec 3 kil. d’alun pour 100 litres d’eau. On la >a j-{res suite, et on l’exprime. On prépare le bain de teinture avec . jan5 d’eau, 8 grammes de noix de galle et 90 grammes de cOchem la décoction, on ajoute 45 gram. de crème de tartre et environ ^ de composition d’étain par demi kil. de soie. On entre les échc^’a le bain tiède, on fait tourner sur les lisoirs, on porte le bain à 1 e )l. .eI)lie on retire les lisoirs, et la soie, nageant entre deux eaux, est 1° pendant 5 à 6 heures. Après celte pose, on lève, on lave et on C-M
- 4° Couleurs à la mvrexide. — La soie et la laine, surtout vent acquérir par celle matière, des nuances pourpres moisies fort belles.
- o u
- Pour la soie, on la manœuvre
- conU’)l1
- elle'
- our
- 82. Pourpre de murexide sur soie.
- a uui j a au te j u il ici ilia il uc u » * v t 5 P
- ment à froid dans un bain contena» ujjjy, dOO de carmin de pourpre de M- * A ^st>' additionné d’une solution à 4 pour * ^gue-blimé corrosif acidulée par l’acide s0|U'
- Lorsqu’on est arrivé à la nuance voulue, on avive dans
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- teinture par immersion. 683
- li°n de sublimé à 3 pour 100, on lave ensuite avec beaucoup de s°'n. La nuance est d’autant plus belle que le lavage a été plus
- complet.
- Pour la laine, il faut d’abord la nettoyer â fond par des bains lièdes de cristaux de soude et de forts savonnages. Après dégorgeage d égouttage, on introduit la laine dans un bain monté avec 350 ,,lres d’eau, 1/2 kilog. de murexide en poudre et 15 kilog. d’azo-l,ltede plomb (ces proportions sont pour 12 kilog. de laine). On lllre à38°, et après plusieurs lisages, on abat la laine et on l’y Cependant environ20heures. On lèvealors, duce légèrement et on plonge, pendant 5 à 1 ^ures, dans un bainfroid de fixage ainsi com-P°sé; 400litres d’eau, 1 kilog. de sublimé cor-^osïf et 3 kilog. d’acétate de soude. On lave f'nsuite parfaitement pour bien aviver.
- °° Couleurs à la pourpre française. — La belle laque calcaire liréparée par M. Marnas avec les lichens de l’orseille est d’abord par l’eau bouillante, additionnée d’une quantité d’acide x,l'iquc égale au poids de la pourpre employée. On fait bouillir jj ^daut JO à 15 minutes, puis on filtre sur J chausses de laine. Le bain est alors (]au"é à 30 ou 40°, additionné d’ammonia-tr 1 et on y passe les soies et laines sans au-I 'Préparation, ou le colon après qu’il a subi driim ?es opérations que pour le rouge d’An-
- 83. Amarante de murexide sur laine.
- 84. Pourpre solide à l’orseille.
- m
- n°ple,
- ou qu’il a été animalisé avec l’albumine. Un quart
- 85. Violet à la pourpre.
- 86. Rose groseille à la pourpre.
- Pour que Ie 6SSU aü épuisé le bain colorant. jtiSo „ °n °P®re avec *a laine ou le coton, on monte le bain des fi ^°‘ Apcôs le lavage $i[>o's 0u tissus, on bleuit, tenUe ^eut’ les nuances ob-diti p.avec un peu de car-do^ ln<^‘8°j ou on leur lesar Un t°n groseille avec
- l'orjçjfien 1857, M. Helaine, chimiste à Lyon, était parvenu, avec ^oyen et universelle de M. Frezon, à obtenir sur soie, au SwÜU stannate d’ammoniaque et des acides convenablement Parpc 's; des couleurs plus solides que celles qui sont fournies (P ^ ei'le en pâte et les recettes ordinaires des ateliers. bI1 r°u^^e etv^et d'aniline. — La teinture de la laine et de la soie l)nisquqj au Rioyen des dérivés de l’aniline est des plus faciles, '^èiw Sutlit de plonger la fibre textile dans le bain de rouge î*0Ur ]a n.t acidulé, en se maintenant à une température basse S°le> en montant au bouillon pour la laine.
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- SOIXANTIÈME LEÇON.
- Mais les opérations qui précèdent celte teinture ont plus d’importance. Elles ontpour effet de débarrasser la matière colorante des substances résineuses ou métalliques qu’elle renferme, suivant qu’elle a été préparée par tel ou tel procédé.
- S’agit-il, par exemple, de fuchsine proprement dite (rouge au bichlorure d’étain), on sépare l’étain par l’ammoniaque; la solution incolore est saturée en majeure partie par l’acide sulfurique étendu et finalement par l’acide acétique ou tartrique qui ramènent la couleur. C’est dans ce bain qu’on effectue ensuite là teinture.
- Emploie-t-on de Vazaléine (rouge à l’azotate de mercure)? 0,lSl contente d’en faire une solution aqueuse à chaud ; on filtre pom séparer une matière résineuse, et on ajoute un peu d’acide. On peut teindre alors direclernentdans la liqueur.
- Lorsque les teinturiers ne prennent pas la précaution de purif»1 ainsi le rouge d’aniline, ils s’exposent souvent à obtenir de mauvais résultats.
- Quelques fabricants livrent aujourd’hui de la fuchsine sensible ment pure, en masse ou cristallisée, au prix de 2000 fr. le
- 87 .Rouge de fuchsine, dit Magenta, sur soie.
- 88. Rose de fuchsine sur colon albuminé.
- Ce produit est très-employé. On trouve également dans le Ç ^ rnerce des solutions ammoniacales de fuchsine qui donne» très-bons résultats. tou
- Pour la teinture du coton, on commence par charger l_eC^ d’albumine, qu’on coagule ensuite par la chaleur. Ainsi anvn comme on dit, il attire très-bien la matière colorante. ^ u|a.
- Les teintures en violet se font d’une manière tout à ^alt, S°cUper ble à celle de la fuchsine ; seulement on n’a pas à se pr^0^ jUs de la purification préalable de la matière colorante. 0/0>L haut les échantillons nos 27 et 28, page 574.)
- • nentsl,r
- III. Teinture en jaune. — Les nuances jaunes s’obticn
- en
- en1'
- laine avec la gaude, le bois jaune, le curcuma, le fus te b sl. ployant pour mordant l’alun et le tartre, quelquefois la c ^[0is, tion d’étain qui sert pour l’écarlate. Pour le curcuma, pgu les mordants ne sont pas nécessaires; on ajoute seulenaen ^cjne; de potasse à l’eau dans laquelle on fait la décoction de fa ^ pjt on obtient ainsi un jaune tirant un peu au brun, niais on
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- TEINTURE PAR IMMERSION.
- 68;
- repasser au jaune clair par un bain de vinaigre, de jus de citron, d® tartre ou d’alun.
- Pour la soie, on utilise à peu près les mômes jaunes, mais de Plus le rocou. Dans ce cas, on ne mordance pas les écheveanx; on 'os passe simplement dans un bain chaud fait avec parties égales de rocou et de cristaux de soude. La soie acquiert ainsi une belle
- 89. Jaune de curcuma sur laine.
- 90. Aurore au rocou.
- 91. Orangé au rocou.
- euance aurore plus ou moins foncée, qu’on vire immédiatement *1'orangé en plongeant dans du jus de citron ou une solution acide lartrique.
- ,On obtient aussi toutes les nuances jaunes faibles avec l’acide P'crique, en immergeant les écheveaux dans la solution de cet l,'de, maintenue à la température de-f- 30 à 40°. A la sortie du
- bain
- °n met au séchoir sans aucune opération ou lavage
- ^°nr le colon, on utilise principalementle quercitron, la gaude,
- /S
- 92. Jaune à l’acide picrique.
- 93. Jaune au quercitron.
- 94. Jaune des lisières en quercitron.
- to^ou, les graines jaunes et le chrômate de plomb. On doit t,,J°Urs ajouter un peu de gélatine dans la décoction de querci-tc n’ aPn de précipiter le tannin et d’obtenir ainsi un jaune plus re et plus brillant avec les mordants d’alumine. filii,^Ur obtenir de plus belles nuances avec la gaude, il faut la et8o°CUl»re’ n°n ^ la température de l’ébullition, mais entre -j— 70 de 1 J’ajouterai que, comme les acides affaiblissent la couleur <]’e :e malière tinctoriale, il est nécessaire Ployer des eaux calcaires pour faire les
- i)ams . .
- q » °u ajouter à ceux-ci un peu de craie;
- dp. ,Ü.C’ Püur rehausser les nuances, il est bon
- Cne
- Passe
- r le coton, après la teinture, dans
- 95. Jaune de gaude sur coton.
- alunés
- ^ au de savon,ou dans une lessive faible de potasse.
- ° e générale : il ne faut pas teindre au bouillon les cotons tti0r(p Parce qu’ils abandonnent dans le bain une-partie de leur Comoant- ^vec l’acétate d’alumine, on obtient par la gaude des ün].-|Urs Plus riches qu’avec l’alun. Pour le beau jaune sur coton, v,llUai>°S- de gaude par kilog. de coton suffit; mais il en faut da-l°e P°ur la laine et la soie. Pour les nuances olives, on ajoute
- 4 4
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- G86
- SOIXANTIÈME LEÇON.
- au mordant des sels de fer ; pour le jaune d’or, un peu de garance; pour la couleur de tan, un peu de suie.
- Pour les jaunes au chrômate de plomb, on produit directement ce sel sur l’étoile, en mordançant dans une solution, fortement acidulée, d’acétate de plomb, et en passant ensuite dans un bain de bicbrômale de potasse.il se fait ainsi sur le coton cequ°n appelle 1 e jaune de chôme ou 1 c jaune Aludin.
- Si, maintenant, on passe les écheveaux, ainsi teints, dans un bain alcalin chaud, pendant quelques minutes,
- 96. Jaunede chrome. 97. Orangé de chrome. Qn yjre nuance :à l’orange
- ou il l’orangé presque rouge, par suite de la conversion du chrô-mate neutre de plomb en sous-ehrômate.
- IV. Teinture en noir. — Les noirs et les gris sont toujours institués chimiquement par du tannate de fer, associé ou non a (il gallate. On produit ces sels colorants par des immersions successives des fibres textiles dans des solutions de sels de fer et dans des bains de substances astringentes, en tête desquelles se trou'1 la noix de galle. — On mélange souvent des sels de cuivre ai sels de fer; fort souvent aussi on remplace tout ou partie de a noix de galle par le sumac, le campéche, les écorces d’aune et < châtaignier, etc.
- a. Le noir sur laine s’obtient sans difficulté, tant celte rnallL textile est apte à s’emparer des principes qui produisent ce couleur. — Il y en a un très-grand nombre de nuances ; maisi^ est deux surtout qui sont très-recherchées dans le commerce draps : le noir façon de Sedan, le noir façon d’Fl beuf. Pour ces L tons, on donne un pied de bleu de cuve, plus fort pouf 'e mier que pour le second ; puis on passe en chaudière avec ingrédients suivants, calculés pour 100 mètres de drap :
- Pour le noir de Sedan : 25 kilog. de sumac et 25 kilog. de C‘ pèche; et, après la teinture, 25 kilog. de couperose verte,
- ------------- ----------------- Pour le noir d’^L
- 15 kilog. de sumac, w campéche, 5 deboisja 12 kilogr. de c°upoUp* verte et autant de ' rose bleue ^u,
- b. Pour les noirs petit teint, on ne donne pas de pieu ^ mais, en échange, on a recours à un bouillon avec 6 kilog*
- 98 . Noir de Sedan, teint en pièce.
- 99. Noir d'Elbeuf, teint en pièce.
- lo'ic
- et 2 kilog. de tartre.
- Pour la laine en flocons, destinée à l’article nouveauté, on e'11^0iS par 100 kilog. de laine : 40 kilog. de campéche effilé, 2 ce jaune, 3 d’orseille, 1 1/2 d’alun, 1 1/2 de tartre et 4 de coupe
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- TEINTURE PAR IMMERSION.
- 100. Noir sur indigo, pour nouveautés.
- 101. Noir au chroma te, pour nouveautés.
- 102.
- Bronze vert sur laine, au chrûmate.
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- Mais ces noirs déchargent et salissent les couleurs auxquelles on Ls associe. On évite cet inconvénient en remplaçant la couperose par le bichrômate de pousse. On opère ainsi qu’il suit :
- On donne un bouillon d’une heure à la laine dégraissée dans un bain fait avec 2500 litres d’eau, 2 kilog. 1/2 de bichrômate de potasse 01 1/4 de tartre blanc. On lave ensuite la laine au panier, après llne heure de pose sur la chaudière. On teint eRsuite dans un bain monté avec 40 kilog. de ratnpôche, 3 d’orseille et 1 1/2 d’alun.
- c• La laine mordancée en bichrômate et ll‘rlre peut recevoir des couleurs bronze, qui n ont rien de comparable pour l’éclat et la beauté.
- ''°ici une dose de drogues qui fournit un bronze assez beau ' kilog. de bois jaune, 3 de campéche, 3 de ^jnial, G de garance, 2 de curcuma et 1 1/2
- La couleur noire sur soie est une des Pus difficiles à fixer d’une manière solide et lu- On procède toujours par une com-'uaison préalable de la soie avec le tannin, dont elle s’empare a'ec une grande facilité et en abondance. Après l’engallage, on P/tse le tissu dans un bain de pyrolignite de fer à 4 ou 5°. On lfcpèle les mêmes manipulations dans les deux sortes de bains f P.'us en plus faibles, et on termine par une eau de savon
- cuaude.
- c' Pour lé colon, on peut indifféremment commencer par le lançage en sel de fer pour finir par le bain astringent (galle, ^uupôche et sumac mélangés), ou exécuter l’opération inverse, l'H-à-dire, engaller d’abord et brunir ensuite avec le pyrolignite ^ erà 2 ou 3°. — Pour donner aux nuances plus de brillant et s s°Ldité, on passe en bain blanc fait avec 40 kilog. d’eau de Y k 1° et 1 kilog. d’huile tournante.
- (j( • Peinture en vert, — Les verts sont obtenus avec le bleu c,lvp ou le bleu de Saxe, tUnjaune approprié à la 1)1 Ure(|e l’élolfeainsi qu’au ^U(iai sert de pied.
- U,Cs verts de cuve sont so-(A'es verts de Saxe sont
- grillants; mais ils n’ont pas la fixité des premiers. ail[ ailsle Midi, lagaude est employée, à l’exclusion de toutes les tç,‘es matières tinctoriales, pour la teinture des draps fins en 'clra(Jon et vert-douane. On applique le jaune sur l’étoffe teinte
- 103. Vert de cuve, pour nouveautés.
- 104. Vert de Saxe.
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- 688 SOIXANTIÈME LEÇON.
- en indigo et bien dépouillée par des lavages de l’alcali qu’elle!' pris dans les cuves.
- A Elbeuf, Louviers et Sedan, on se sert de la gaude et du bois
- 105. Vert dragon foncé. 100. Vert dragon clair. 107. Vert douane.
- jaune pour les verts solides, dont on varie les nuances en change^1 la force des pieds de bleu de cuve.
- Depuis une quinzaine d’années, on fait des verts printempscl
- 110. Vert à l'acüle
- 109. Vert printemps à
- 108. Vert au bois
- jaune. l’acide picrique. picrique.
- nouveauté, au moyen du carmin d’indigo, qu’on fixe par l’alu° le tartre, etd’un bain de gaude, ou préférablement d’acide picnQ Pour les verts de Saxe, on teint le plus souvent en curcuma, q s’applique plus facilement. ,,s
- C’est surtout pour les cotons filés, pour les étoffes en lainea prix, les tartans, les flanelles, qu’on utilise le carmin d’indigo-
- L’exposé précédent, tout incomplet qu’il soit, suffit Pour ,'Üj!e donner une idée convenable de la théorie et de la pratique bel art de la teinture, qui s’enrichit chaque jour des découv ^ de la chimie moderne. A ceux d’entre vous, Messieurs, qul ^ draient en acquérir une connaissance plus profonde, je conS lerais la lecture attentive des ouvrages suivants :
- ^ •
- Eléments de teinture, par Berthollct.
- Art de la teinture du coton en rouge, par Cliaptal.
- Cours élémentaire de teinture, par Vitalis.
- Chimie appliquée aux arts, VIIIe volume, par M. Dumas. rt>.
- Traité de la théorie générale de la teinture, par M. Chevreuil c ^ marquables articles du môme savant, insérés dans le Dlcttonn^jnSiitul nologique (t. XXI), la Revue scientifique, et les comptes-rendus de ^ . Traité théorique et pratique de l’impression des tissus, Ier v0 M. Persoz.
- \ Art de la teinture des laines, par M. Gonfreville. .
- Traité sur la constitution des fibres textiles et base microscope teinture, par M. Oschatz. . re pai'
- Recherches critiques et expérimentales sur la théorie de la tel M. Bollcy. SoCiété
- Enfin les Bulletins de la Société d’encouragement, ceux de la dustrie.lle de Mulhouse et le Technologiste.
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- TEINTURE PAR IMPRESSION.
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- SOrXANTE-UNIÈME LEÇON.
- DE L’ART DE LA TEINTURE. (Suite.)
- s,,nmaire. — Principes généraux de la teinture par impression. — Des différents Moyens mécaniques d’imprimer les tissus. — Mordançage des toiles. — Épais-sissage des mordants et des couleurs. — Oxydation et Bousage des pièces mor-^sncées. — Du garançage. — Du blanchiment et de l’avivage des couleurs fiancées. — Des différents genres d’impression.
- § 2. — Teinture par impression.
- teinture, on donne aux étoffes une couleur uniforme; mais, ',0Ur la fabrication des tissus imprimés, on ne colore que certai-n.Cs Parties de l’une de leurs faces, au moyen d’une ou de plu-leurs couleurs différentes, de manière à y figurer des dessins. Le '1,lx de ces tissus peints croît avec le nombre des couleurs (1).
- (DLa
- Peinture sur toiles est fort ancienne, puisque, dans l’Inde, on savait déjà
- tle'!f,?’Alexandre, recouvrir les tissus de dessins diversement colorés. Une <|iiité témoignages historiques nous démontre que tous les peuples de l’anti-
- Jusq ’ bdç
- j„Sfl ’noïamment tes Perses et les Égyptiens, ont connu les principes de ce bel art.
- les6 Vers *e commencement du xvme siècle, les toiles peintes furent tirées des r0tj .et ùe 'a Perse : de là les noms de perses et d'indiennes qu’elles portèrent dés j =lne de leur importation en Europe.
- iiien rf()r*Ue Précise de l'introduction de leur fabrication en Occident n’est pas très-taine anue- M. Persoz attribue aux Hollandais, mais sans indiquer de date cer-Wr . onneur d’avoir fait connaître et d’avoir imité les procédés des Indiens. W» * eux ^ue beaucoup ^ réfugiés français, à l’époque de la révocation et Ceae Nantes, auraient appris et singulièrement perfectionné la toile peinte, les de!eraient quelques-uns de ces réfugiés qui auraient importécette industrie dans Rient f]X Contr^es elle avait déjà pris un développement marqué au commence-de ]a j;.xvilie siècle, à savoir en Angleterre (en iGOO), et en Suisse (en 1G89). C’est 'lueser liqUe de ^acclues Déluré, établie au Bied dans le canton de Neufchàtel, sortis tous les chefs d'ateliers qui s’établirent peu de temps après^n à[tant®ne> er> Portugal, en France, notamment à Paris, à Orange, à Marseille, Le§, '>a Angers, à Rouen, à Bolbec, et à Mulhouse, leur pn,, ens n’avaient exercé leur industrie que sur le coton, si abondant dans Pe®âant t <)n conimenéa aussi en Europe par l’impression sur coton ; on s’en tint là ‘cs-longtemps, et ce n’est que depuis trente ans que l’on imprime,par des He i j^ualogues, les étoffes de laine, de soie et de lin. C’est surtout depuis 1834 itèj.gr PJessi°n sur laine, soit pure, soit mélangée de coton ou de soie, a pris un tiw ^ essor et a singulièrement perfectionné ses procédés, grâce au concours ^Uctir ces P'^sico-chimiques. Les tissus de laine imprimés font maintenant une I)resSj0ns ce redoutable aux indiennes proprement dites. —L’invention des im-re'*t'f sur les étoffes de laine feutrée et le velours date de 1788 et est ^nts (.( Va *et ï ce n’est guère que depuis 1815 qu’elle a pris quelques développe-^trie(-rni'ne art» cfiez Ternaux, à Saint-Ouen, où Bonvallet, fils, transporta i’in-tee par son père.
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- SO1XANTE-UN1ÈME LEÇON.
- Il y a plusieurs manières de colorier les tissus :
- 1° On imprime immédiatement, sur les endroits qui doivent être coloriés, les couleurs qui ont été suffisamment épaissies au moyen de la gomme, de l’amidon ou de la farine, afin qu’elles ne s’étendent pas au delà des limites du dessin, et ne se mêlent pas quand on en emploie plusieurs à la fois ; car une des beautés des toiles imprimées, c’est la netteté. Dans celte manière de procéder, qui s’applique surtout aux tissus de laine et de soie, les mordants, destinés à fixer les couleurs, sont mêlés avec elles préalablement à l’impression.
- 2° On imprime des mordants convenables sur des points déler' minés de la surface des toiles, puis on passe celles-ci dans un ba>n de teinture, comme pour la teinture ordinaire. La matière colorante s’attache et se combine fortement avec les parties imprégnées de mordants, de sorte qu’il en résulte, pour ces seuls endroits, des couleurs vives et inaltérables; tandis que, ne tenant que fa1' blement sur les autres parties non imprégnées de mordants, on la fait disparaître par un simple lavage à l’eau courante et l’exposition pendant quelques jours sur le pré, ou par des passages dans des bains de chlorure de soude, de son ou de savon. C’est là e mode le plus général pour les calicots ;
- 3° Quelquefois on teint les étoffes comme à l’ordinaire, aP'c’ avoir couvert les parties qu’on veut conserver blanches avec des matières qui les préservent de l’action du bain colorant, q111 re
- poussent les matières colorantes, pour ainsi dire, et que °n ^ lève après la teinture, afin de leur donner plus tard, si ce .0 nécessaire, une couleur différente de celle que la pièce a I ^ dans le bain. Les substances qui servent ainsi à empêc K je couleurs de s’appliquer sur certaines parties des toiles, p01 '^jell nom de réserves, quand la couleur générale de la pièce est i1 ^
- d’indigo à la cuve, et celui de résistes pour toutes les autres
- ^eui s’ . , i Puits s111
- 4° D’aulres fois, enfin, après avoir appliqué les moro ^
- toute l’étoffe, ou avoir teint une pièce d’une manière um ^
- on détruit le mordant ou la couleur, sur des point^ ^®^ers0Us Ie
- au moyen de certains agents chimiques qu’on désigne
- nom de rongeants. Ces parties, redevenues blanches, son ^ggjnS
- chargées de couleurs différentes, et forment ainsi des
- d’une autre teinte quele fond.
- ï - ou
- L’application des couleurs ou des mordants, des réserves urS rongeants, se fait par des moyens mécaniques. Il ï VLncW procédés d impression : au bloc ou à la planche; à h 1 plate; au rouleau; à la perrotine; au métier à surface. je Le bloc ou la planche est une pièce de bois de P°
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- TEINTURE PAR IMPRESSION.
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- buis, ou de sycomore, portant en relief le dessin qu’on veut colorer sur les étoffes {fig. 587). Lorsque le dessin est trop compliqué) et que les traits doivent btre très-lins, on les obtient au ®oyen de petites lames de cuivre qu’on fixe dans le bois et dont 0n remplit les intervalles avec du feutre ou du bois de tilleul; ®uisle plus souvent on se sert de clichés métalliques obtenus par *a méthode du polytypage. Ce dernier mode permet d’avoir, avec Une seule matrice, un grand nombre de cachets, ce qui diminue Slrigulièrement les frais de la gravure.La planche gravée se charge ^mordant ou de couleur, lorsqu’on l’appuie légèrement sur la surface d’un châssis qui repose sur une dissolution très-épaisse ^ gomme (c’est ce qu’on appelle dans les ateliers fausse couleur). el(lui est recouvert uniformément de la matière à imprimer. On aPplique ensuite la planche sur la toile, de manière qu’elle (‘èpose la couleur sur cette dernière, et on porte ainsi allerna-Jlvement la planche sur le tamis et la toile jusqu’à ce que toute ^ ll P'èce soit imprimée.
- La planche plate est une planche de cuivre d’un mètre carré de surface environ, gravée au moyen du poinçon, ou à la manière ^'lée pour l’impression en tailie-douce. On étend la couleur ou e bordant sur cette planche, que l’on retire ensuite; dans ce gouvernent, elle est essuyée par une lame d’acier élastique appe-docteur, qui enlève toute la couleur, à l’exception de celle qui ^n'plit la gravure. La planche est ensuite pressée contre l’étoffe p 1 Passe au-dessus d’elle, et elle y dépose la matière dont elle
- St chargée.
- (j,. llsque vers 1801, les indienneurs n’avaient que ces deux moyens
- UTlPression. Mais, à celle époque, le célèbre Oberkampf (1), de
- Hent a v'e d’Oberkampf peut offrir d’utiles enseignements, en montrant com-sibie ^a,'ec l’instruction, de la persévérance et une bonne conduite, il est pos-bfiiia °Ut )10mme de s’élever de la situation la plus humble à la position la plus katrjpf ,P' ^ Wisembach, dans le marquisat d'Anspach, le 11 juin 1738, Ober-
- i'ut) sous son père, habile teinturier fixé à Aarau, en Suisse, la pratique
- ^°ussé ^Ul ala't a*ors nouveau pour l’Europe : la fabrication des toiles peintes.
- >1 mJ*r ^es inspirations de son génie, et soutenu par le sentiment de sa force, ?rance < raison paternelle à dix-neuf ans, pour venir tenter la fortune en h début °U ^ in!Pressi°n des toiles commençait à s’introduire. Pauvre et inconnu, iPi ven6C°m,me dessinateur, coloriste et imprimeur, chez un nommé Cabannes ****> créer une fabrique d’indiennes au Clos-de-l’Arsenal, à Paris. Deux Sy. enV avec vingt-cinq louis pour toute fortune, il s’établit dans la vallée de ktteiç f1’ ^ilns une chaumière, avec quelques ares de prairie pour étendage, il VuïïfT^ts, d’une fabrique qui devait plus tard occuper mille ouvriers. es obstacles de toute nature contre lesquels il faut qu’il lutte dès son dé-
- WISfÊSir*
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- Fig. 588.
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- Jouy, essaya, dans sa belle manufacture, longtemps sans rivale, d’imprimer avec des cylindres de cuivre gravés. Ce nouveau mode d’opérer, que les fabricants de Manchester ne tardèrent pas à perfectionner et à rendre aussi simple qu’expéditif, causa une révolution dont les etfels sur La prospérité de l’art furent incalculables. Ces cylindres ou rouleaux (fig. 588) ont environ 1 mètre de long sur 12 à 20 centimètres de diamètre; ils portent en creux, sur toute leur surface, les dessins à imprimer. Us sont disposés dans un bâti en fonte (fig. 589), de manière à tourner et a se presser contre l’étoffe, en emportant avec eux les mordants ou les couleurs à fixer sur celle-ci. Ils sechargent de couleur en tonnant dans une boîte qui contient la matière suffisamment épaisse, et, avant d’élre pressés contre la toile, un docteur, ou effleurant k’lU surface, la nettoie de l’excédant qui brouillerait le dessin. P°ul rendre l’impression plus prompte, Adam Parkinson, de Manches ter, a imaginé de disposer sur le môme bâti, deux, trois et mém< un plus grand nombre de cylindres qui, en agissant successn ment sur la toile qui passe au-dessus de chacun d’eux, donn la facilité d’imprimer, à la fois, sur celte toile,deux, trois et fliem
- but, Oberkampf no tarde pas à voir son activité et son savoir couronnes Pgg> heureux succès. Une dame de la cour déchire une magnifique robe de Oberkampf lui en fournit une aussi belle, et bientôt il n’est bruit que de c dige. L’indienne de Jouy devient à la mode. La reine, les enfants de U ram Ç, ^ la cour de Versailles, veulent connaître l’habile ouvrier. Ses toiles ®eU demeures royales; sa réputation et son crédit s’étendent à l’étranger ; et, ^ >j|
- d’années, il voit la Normandie, Lyon et le Beaujolais, adopter une industo^^ a mise en honneur. Leroi Louis XVI reconnaît l’établissement de 011 ^ ^ par-manufacture royale, et, par acte de 1787, il donne des lettres de noblesse^ tisan luthérien d’Aarau. La révolution arrêta momentanément la prospeÇ jeV8 santé de lu fabrique de Jouy, mais, après le 0 thermidor, une ère nouve ® ggcr-pour elle. Un des neveux d'Oberkampf, Samuel Widmer, rendit d’immei^ goUS vices à son bienfaiteur, par les connaissances chimiques qu’il avait acfj)! s(ure de Ohaptal et Berthollet. Oberkampf fonda, plusieurs années après, une sajt dans coton à Essonne, de manière qu’il recevait le coton en balles, le filait, le j,aUte ses propres ateliers, et ne le rendait qu’en toiles peintes. Napoléon avait pres
- estime pour cet homme, qui, ainsi que lui, avait fondé sa fortune de s ne0rs
- mains, et qui, dans la crainte de perdre sa liberté, avait repoussé le» ^ d'or dont il voulait le combler. L’Empereur attacha un jour à son habit la plus
- de la Légion d’honneur qu’il portait, en lui disant que personne n en 2„crre
- digne. « Vous et moi, ajoutait le grand homme, nous faisons uneaVt enc°re « aux Anglais : vous par votre industrie, et moi par mes armes; mais c^(.on etla « vous qui faites la meilleure. » L’invasion de 1815, en portant 1 *n.a.[jard, terreur dans les ateliers d’Oberkampf, abrégea les jours du noble v'egeg gpfant3 répétait souvent : « Ce spectacle me tue. » 11 mourut, dans les bras de ^jeii*» le 4 octobre 1815, âgé de 77 ans, laissant à sa patrie adoptive un nom dont elle est fière.
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- RR plus grand nombre de couleurs ou de mordants différents.
- Les machines à rouleaux permettent ainsi, non-seulement de fabriquer, en fort peu de temps et avec une grande économie, des
- Fig. 589.
- mmi
- tiWMlMlill»
- gwm
- ^°^es peintes, mais elles apportent, dans la fabrication,
- De
- Précision et une correction inconnues avant leur emploi. SloiM'1S Perrot, de Rouen, a doté les ateliers d’impres-
- nQ (1 Rne nouvelle machine que la reconnaissance publique a faau- G Perro(ine-> non moins précieuse que la machine à roula 3 et dui remplace entièrement dans les fabriques le travail à de^ancRe) toujours si lent et si coûteux. La perrotinese compose faèi'o t et m^me 6 planches de bois, gravées en relief, à la ma-de planches ordinaires, ou de planches de fonte revêtues àjn c.es métalliques, d’une longueur égale h la largeur du tissu Placé TlGr’ ^iir8es de o à 15 centimètres environ. Elles sont canjses’ Mrame les rouleaux, sur un bâti en fonte. Par un mé-suCc le très-simple, elles sont chargées de couleur, puis pressées tfasso MVC'ment Conlre la pièce qu’il s’agit d’imprimer, et qui chaClî ede-môme, comme dans les machines à rouleaux, devant suffi ® ces pLmches. Deux hommes, avec cette perrotine, ca|jCo nt Pour imprimer en trois couleurs 23 pièces environ de Î5 tir, Darj°ur. Ils font donc le travail de 25 imprimeurs et de (llrs5 puisque le travail d’un imprimeur aidé d’un tireur ne
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- SOIXANTE-UNIJ>MK LliÇON.
- dépasse guère, terme moyen, une pièce à 3 couleurs ou à 3 mains. La perrotine à G couleurs frappe à la minute 280 coups de planche, et fait par conséquent l’ouvrage de -120 ouvriers (60 imprimeurs et 60 tireurs). Il est bon que vous sachiez, Messieurs, qu on
- appelle tireur, dans les fabriques, l’enfant chargé d’étendre sur les châssis les couleurs que l’ouvrier imprimeur doit appliquer sm les toiles avec la planche gravée.
- La perrotine est une excellente machine qui a été promptement adoptée dans tous les établissements. Son introduction dans les ateliers d’impression sur coton et sur laine doit être considérée, ajuste titre, comme ayant fait époque, puisqu’elle exécute avec une merveilleuse précision et une économie inespérée le genre Q travail que l’on ne pouvait accomplir auparavant que par les mains des plus habiles ouvriers. De 1834 à 1844, plus de 330 perrotine-' ont été livrées à l’industrie. Son inventeur a été justement recon^ pensé, par la décoration de la Légion d’honneur et la médan d’or, à l’exposition des produits de l’industrie en 1839.
- Enfin, un dernier mode d’imprimer est celui qui consiste q< l’emploi du métier à surface. Celte machine, connue seulement Ju ^ qu’ici en Irlande et. en Angleterre, remplace, comme la PelI° tinc, le travail à la main, et sert surtout pour appliquer les c ^ leurs qui présentent quelques difficultés dans l’impression rouleau. Elle se compose d’un cylindre ou rouleau de bois lequel sont appliqués des clichés métalliques offrant les de® qu’il s’agit de produire sur les toiles. Ce cylindre peut aussi gravé à la manière des planches ordinaires. Il est disposé sur bâti en bois ou en fonte, mais la couleur lui est fournie P*11 drap sans fin qui passe dans une auge remplie de la ma,icre, cy. venablement épaissie. Avant de déposer celte dernière sur lindre de bois gravé, le drap est essuyé par un docteur qui c l’excès de la couleur et sert en outre à régler la fourniture-drap, en tournant, dépose sa couleur sur le cylindre, et ce à son tour, l’applique sur la toile, qui marche en sens con . ^ du drap. Aujourd’hui.on n’a plus recours au drap sa, 1 n]jnce fournisseurs élastiques en colle et glucose, recouverts d’une couche de caoutchouc et se réglant au moyen de vis et de e simplifient le travail de cette machine. j>an-
- A vrai dire, le métier à surface n’est autre chose 9uf cienne Plombine de Jouy, mais singulièrement perfection*3 qD_ les ateliers de M. Duffey, de Dublin. Burlon, puis M. g^ine, de Manchester, ont construit des machines dites Mute-qui ne sont que la réunion, dans un même système, de e} ^ re, en cuivre gravés en creux et de cylindres en bois g*’a' erjiainpf lief. Elles participent donc de la machine à rouleaux d C 3 aD<je et du métier à surface. Leur emploi permet d’obtenir une ©
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- perfeclion et des effets qu’il serait impossible de produire avec le seul rouleau, sans le concours de la planche.
- Je ne vous parle pas de plusieurs machines qui ont été inventes pour faciliter et simplifier l’impression, telles que celles de 6eers, d’Hémet, de Miller, d’Héruville, d’Unsworlh, de Du-')0sq, etc., parce que ces machines, dérivant plus ou moins des précédentes, n’ont pas été adoptées généralement (1).
- Quel que soit le mode d’impression employé, le traitement des étoffes est à peu près le môme. Dans ce qui va suivre, je vous parlai principalement des toiles de coton.
- °n n’emploie généralement, dans les ateliers d’indiennes, que mordants très-so-u^es, incristallisables et dont l’acide, suscep-I d’ailleurs de se vo-Mjliser, n’adhère que 'Salement à sa base.
- |fs chlorures d’étain, létale de cuivre, mais iUl'tout les acétates d’a-^ine et de fer, remplissent
- très-bien ces éditions ; aussi sont-ds préférés. Quand les t°jles doivent être entièrement imprégnées de-
- Fig. 590,
- toisqS Iïlor^ants» on n’épaissit pas ceux-ci, mais on passe deux °s toiles au foulard (fig. 590). C’est là ce qu’on appelle foular-011 plaquer de mordant.
- |£es')res te placage, on laisse presque toujours les pièces enrou-(ju tendant quelques heures, pour qu’elles s’imprègnent bien çk 0rdant dans toutes leurs parties, puis on les sèche dans une P mre chaude à 35 ou 40°, qu’on nomme Hott-flue. p0jn°(rs{I,le les mordants doivent être seulement appliqués en des perr ^déterminés, au moyen des planches, des rouleaux ou de la lne’ on ^eur donne une certaine consistance avec de la lade^e.du Sénégal, de l’amidon cru ou torréfié, du léïocome, de ti^i Xtr*ne étanche, de la gommeline, de la fleur de farine, ou un Se de gomme et de terre de pipe, suivant le genre d’ou-
- 3mr' 1 °Uv plus de détails, tant sur les machines 5 imprimer que pour toutes les ïk. I)ai'Ues de l’art de l’imprimeur sur tissus, je renvoie à 1 excellent et classe i'-°Uvrage de mon honorable .ami M.* Persoz : Traité théorique et pratique des tissus. — 4 vol. in-S°, avec atlas. — Chez Victoi Masson, e éditeur, place de l’École de médecine, Paris.
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- SOIXANTE-DISIËME LEÇON.
- vrage. On emploie encore parfois la gomme adragante, le salep, la gélatine, le saccharale de chaux.
- Afin d’apercevoir plus facilement les dessins sur les toiles, on colore habituellement les mordants avec une légère dose d’une décoction de la matière colorante qui doit servir à la teinture définitive.
- L’art d’épaissir les mordants, selon la nature de l’impression, est une des opérations les plus importantes de la fabrication des indiennes; il exige une longue pratique, et de lui dépend souvent tout le succès. En général, on a égard aux quatre conditions suivantes :
- 1° Pendant l’impression, l’épaississant ne doit pas être un obstacle à la combinaison des mordants avec le tissu ;
- 2° L’épaississant doit pouvoir être séparé facilement de l’étoffe par des lavages ou dégorgeages ;
- 3° Pour certaines teintures, pour celle en garance surtout, ilest important que l’épaississant puisse s’enlever sans retenir les par lies du mordant qui ne sont pas combinées au tissu, car dans beau coup de cas ces parties ainsi détachées précipiteraient de la ma tiôre colorante, appauvriraient le bain et occasionneraient linC mauvaise teinture; .
- 4° Enfin, l’épaississant ne doit pas réagir sur le mordant manière à le décomposer. On n’emploie donc jamais la g°m ^ pour épaissir les mordants à base de peroxyde de fer, de pr0 chlorure d’étain, parce qu’elle est coagulée par ces sels.
- L’amidon cru donne une plus grande consistance que-tous autres épaississants. La gomme du Sénégal épaissit plus ql,e léïocome, et celui-ci plus que la dextrine. Les trois dernières su stances conviennent particulièrement pour les solutions aléa i ^ et acides, et surtout pour les impressions délicates au rouleau à la planche plate. ia_
- Deux mordants de même densité, mais épaissis avec des ‘ libres différentes, donnent des teintes dont l’éclat et f’’nlenLe varient suivant la nature de l’épaississant : ainsi, on relV^0|Te, qu’un mordant â l’amidon se combine plus facilement avec e |;1 et fournit des teintes plus foncées que le même mornan gomme; celte variation tient, en général, à ce queles épa>sS1 étendent plus ou moins les couleurs; ainsi, il est éviden^ Lj, 250 grammes d’amidon blanc étendent bien moins que "bu 8 ..
- mes de gomme du Sénégal, ce qui donne cependant à P^u le même degré de consistance. u>elle
- Pour certaines couleurs, la gomme est préférable, parc° ^ qUe. communique aux nuances plus de transparence, allen ^ ]t> malgré les lavages, il reste toujours un peu d’amidon mordant.
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- 1 psJÈEd
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- Voici quelles sont, le plus habituellement, les doses de chaque matière épaississante par litre de mordant, suivant les modes 'l’impression et la saison :
- grammes.
- Amidon blanc ou cm. ME®............pour imp'au rott,“u-
- 170............ — à la planche.
- I 375 à 525 en hiv. — au rouleau.
- Î500 à 700 — — à la planche.
- 600 à 750 en été. — au rouleau.
- 800 à 1000 — à la planche.
- | 280 à 350 — des mordants d’alum.
- 1600 à 680 — des mord, de violet.
- peu profonde, profonde.
- Gnmrv, , , ( 25 à 35 avec lé double de gomme Sénégal ou
- l»nmeadragante...j d.amidoB,
- Léïocome, amidon g'illé, dextrine blan -che, gommeline.
- ^mnie Sénégal ou,
- arabique.........i 345 à 500
- [450 à 680
- / L épaississage des mordants ou des couleurs d’application se ‘"t u froid, avec la gomme, la dextrine, le léïocome, l’amidon p11^’ *a gommeline, la gomme adragante. Il se fait à chaud pour /©idori cru et la farine. Dans ce cas, on opère la cuisson du mé-an8e> jusqu’à ce que l’empois soit arrivé à la consistance conve-y . e* dans des chaudières à double fond chauffées par la vapeur.
- 0l°i la fi gure de l’appareil à cuire les mordants ou les couleurs ® Oralement adopté dans les fabriques modernes, depuis que ,'°n ancien élève Claudius Arnaudlizon l’a importé d’Angle-"'J'(fa. 591).
- aPrès la cuisson des mordants ou des couleurs, on les passe
- Fig. 591.
- ^ijours à travers un tamis de crin ou une toile plus ou moins afin qu’ils soient en pâte bien homogène.
- |> . bon épaississant doit être assez hygrométrique pour que l;iClae acétique du mordant puisse se dégager librement à travers . ^asse qui recouvre le tissu. Suivant la nature des mordants, on üleau moment de l’épaississage, pour remplir 1 objet en qu ‘S-
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- lion, un peu d’azotate ou de chlorure de zinc, d’huile tournante, d’essence de térébenthine, de glycérine, etc.
- Une température de -j-18 à 25°, combinée avec une humidite modérée, constitue les conditions d'un milieu favorable pour l’impression des mordants. Lorsque l’air des ateliers est trop sec, les mordants se dessèchent, deviennent trop cassants, et sc combinent mal avec les tissus.
- Après l’impression, on sèche les toiles pour vaporiser les acides
- des mordants, et
- -elle
- pour que leurs bases se fixent solidement au tissu ; mais il ne faut pas que cette dessiccation soittrop prompte. Le mieux, c’est de suspendre les toiles pendant • à 5 jours, dans des étendages ou at-s chambres chaudes, dites chambres «fÉ rage ou d’oxyd^,on [fig. 592), où elles sont exposées a courant ascenda d’air chaud et lm^ de qui se renou\
- continuellement'
- Dès 1833, MM. chlin frères, de W house, eurent 1 pour accélérer ^ corporation et
- xalion des mordants dans les fibres du tissu, d’injecter de peur d’eau dans leurs ateliers d’aérage. Ce système a ^ ^ râlement adopté; on a soin de maintenir les chambres . température de -f- 25 à 30°, et ù un état d’humidité c0.nvel^cC |a La durée du séjour des pièces dans ces chambres varie a ^ nature des mordants, leur état hygrométrique, l’épaisse ^ l’impression, etc. ; elle va de l à 6 jours. Plusieurs fabnçau augmenté le degré de chaleur et celui d’humidité au P01*! n<r]ais, tenir en quelques heures des résultats satisfaisants. Les en cousant les pièces bouta bout et les faisant passer d j,aiit
- nière continue sur un grand nombre de rouleaux placés gl(p
- et au bas de la chambre chaude dans laquelle de la vaP
- Fig. 69?.
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- TEINTURE PAR IMPRESSION.
- 699
- chappe constamment, sont arrivés h dégager, en quelques minutes, l’acide acétique des mordants.
- C’est dans ces conditions que les sels de protoxyde de fer pas-senlà l’état de sels de peroxyde, en absorbant l’oxygène de l’air; iue l’aluminate de potasse absorbe l’acide carbonique et cède sa Jase au tissu dans un grand état de division; que l’acétate d’alu-llllne> en perdant son acide acétique, abandonne sur la toile le ^us-sulfate d’alumine qu’il tenait en dissolution, etc. Vous voyez par là, Messieurs, combien est importante celte partie de la formation qu’on désigne sous le nom général, mais assez impropre outefois, d’oxydation. Il vaudrait mieux l’appeler, à l’exemple des ‘ n"lais, aérage (ageing).
- Lopération qui succède à celle-ci n’est pas moins utile et rucate. Comme il y a toujours sur les toiles mordancées et sèches 11 nePartie du mordant qui n’est pas combinée, et déplus, l’épais-' ’^ant et les matières colorantes qui ont servi à colorer le mor-» dont le rôle est terminé, on soumet ces toiles, au sortir des ‘nuages, à ce qu’on appelle le bousage ou dégommage. C’est un (j,ssa8e en bains chauds, dont la nature varie avec celle des genres ^pression; le plus habituellement c’est la bouse de vache qu’on 1*90 6> ^ n°m b°usa<Je adopté dans les ateliers depuis
- !0e dusage a pour but :
- l0(f De déterminer l’entière combinaison de l’alumine avec l’é-v-en séparant presque tout l’acide acétique qui ne s’était point folisé pendant la dessiccation du mordant;
- ^De faire disparaître la plus grande partie de l’épaississant; f,üe ^e détacher la partie du mordant non combinée, qui n’est (j Mécaniquement appliquée sur les libres du tissu, et qui, lors dp, 1 Ordure, coulerait sur les autres parties, et donnerait lieu à e fiches ;
- l'alh' erilI]^cher, par la nature des matières, et notamment par bol| Utn*ne’ *es phosphate et carbonate de chaux contenus dans la le jy6’ 9ue le mordant non fixé, ainsi que l’acide acétique, dont Mor(]la Par être chargé, se portent sur les parties non lix,; aricées de la toile et soient préjudiciables au mordant
- I^Rp n ^ouse est renfermé dans une cuve plus longue que Iççjj ‘y593), au fond de laquelle sont établis desrouleaux sur Puis G S ^es *°iles passent en serpentant, d’abord sur un rouleau, y a jÜUs sulvant,, et ainsi de suite ; à l’extrémité de la cuve, il baiu iUx rouleaux de pression, a, qui débarrassent les toiles du que j,0 u°use. Il est difticile de déterminer la quantité de pièces e$t 011 Peut passer dans le même bain; ordinairement celui-ci lnP°sé de 30 kiiog. de bouse pour 12 à 1500 litres d’eau; le
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- SOJXANTE-UNIÈME LEÇON.
- nombre de pièces qu’il peut bouser dépend entièrement de la nature des mordants et des dessins plus ou moins chargés.
- La durée du bousage varie d’après les mêmes causes; elle est de 1 à \ minute d/2 dans la cuve continue, et de 15 â 20 minutes dans la cuve en second. On règle également la température fie 'bain d’après la nature des mordants, ainsi que d’après celle des épaississants qui ont servi. Les mordants épaissis à l’amidon ou
- MU I7I-L.1 M-1;1
- giirtafSsœi
- «M®
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- ‘v^rü-C
- Fig. &9U.
- à la farine exigent une température plus élevée que ceux gomme, au lëïocome ou à la dextrine; pour ceux-ci, on ne dcpo jamais 60 à 65°. On rafraîchit et on alimente constamnien ^ bain, en y ajoutant en même temps un peu de craie pour pêcher de devenir acide. jeS
- On remplace souvent la bouse par le son, notamment PoUljelir nuances jaunes et roses, qui seraient altérées par la c0U
- verdâtre que la première de ces substances communique aux toiles
- toujours
- art
- Depuis 1840, on substitue â l’une et à l’autre, dans la P u^ajS des fabriques, non pas pour tous les genres d’impression, dans plusieurs cas particuliers, certains sels, tels, entre autres, ^
- le phosphate double de soude et de chaux, Larséniale don potasse et de chaux, le silicate de soude, etc. On les désigne manière collective sous le nom de sels à bouser. Ils P^^les surtout préférables pour la fixation des mordants de fer- .(rC emploie à la dose de 50 à 80 grammes par chaque ^^la-d’eau. Presque toujours, on y associe un peu de bouse ou tine pour préserver les parties blanches des pièces. rjsesà Après 1 e bousage, on dégorge les toiles à plusieurs r P ,ante, l’eau froide, soit dans des roues à laver, soit dans l’enu ' pour séparer les dernières parties de l’épaississant et l_eS 1 ^[got étrangères provenant du bain de bouse. Celte opération g je surtout essentielle lorsqu’on veut teindre en garance,
- de
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- Fig. 694.
- ^tenant presque partout dans des caisses de bois qu’on chauffe , <l Vapeur, et qui sont sur-
- °ntées d’un tourniquet
- *equel la pièce étendue
- au I:
- n ,8e passe conlinuelle-! °n*-jusqu’àce que la cou-v.1 So^ montée au ton con-unj e» ce qui demande la erïll)s variable, suivant Jfure et la force des lPi';anls qu’il s’agit de
- Ie: , 411 U b agu ut:
- î,93 re- Les ligures 594 et 'ous donneront une ri e Sabsfaisante des cuves
- 0rdi?^re AA’ A’ 9ui sonl ,nes.Ornent placées les
- Phis ^ C(^ ^es au*'res» en
- moins grand “°m- ,|5
- l)ûi'lel nS un atelier 9U1
- enom de yarancerie, bien qu’on y teigne avec toute autre ma ”• 4 5
- TEINTURE PAR IMPRESSION.
- bordant ne saurait être trop neutralisé et dépouillé de toutes les substances qui pourraient intercepter son contact immédiat avec 'es parties colorantes.
- Lorsque les toiles sont ainsi préparées, on les teint, à la manière ordinaire, dans des bains de garance ou d’autres matières tinclo-na*os. La couleur se fixe solidement sur les parties mordancées.
- Le garançage ou la teinture des pièces mordancées s’effectue
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- WCBBMULMMlWimi
- 702 SOIXANTE-UN1ÈME LEÇON.
- tière tinctoriale que la garance. Un grand tuyau qui part du générateur fournit de la vapeur à tous les tuyaux secondaires abc, munis de robinets, qui ont pour fonction de distribuer celte vapeur au fond de chaque cuve. Les tourniquets B,B sont mis en mouvement par un mécanisme simple C; de sorte que la main-d’œuvre, le combustible et le temps sont économisés d’une manière remarquable, en môme temps que l’opération de la teinture en elle-même s’effectue avec une régularité et une précision inconnues avant l’adoption de ce système.
- Quand les mordants sont suffisamment saturés, les pièces passent immédiatement des cuves de teinture dans la rivière ou dans les lavoirs pour y être rincées, puis dans les machines à dégorger (fig. 596) pour y être nettoyées aussi complètement que possible (I).
- étaient
- Fig. 5‘JG.
- Mais il est à remarquer que les parties des pièces qui 11 C||!jnie pas couvertes de mordant, ont pris, pendant la teinture, uü® ^ plus ou moins prononcée qu’il faut faire disparaître; ^nCOre autre côté, les couleurs fixées parles mordants n’ont^ps^^-
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- (i) Pour comprendre le jeu de cette figue, se reportera !a page 10
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- tout l’éclat et toute la solidité qu’elles peuvent acquérir. De là, ''opération dite avivage, qui suit immédiatement le garançage, et tpii a le double effet de ramener au blanc les parties non mor-dancées et de rendre plus vives et plus stables les laques colorées ^i se sont déposées sur les parties pourvues de mordant.
- Pour ce blanchiment et cet avivage, on a recours, suivant les c'rconstances, à des bains de savon plus ou moins chauds, à des passages en acides ou en sel d’étain, à des bains de son, à l’expo-dtionà la lumière sur le pré, répétés un certain nombre de fois, etparfois aussi on fait intervenir l’action de dissolutions légères d’hypochlorites de potasse, de soude ou de chaux, ou d’autres sub-stances qui ont la propriété de dissoudre ou de détruire la matière Co'orante non combinée au mordant, tout en découvrant la couleur ^ dessins. M. Sacc a montré, tout récemment, qu’on accélère s'ngulièrement les opérations de l’avivage, en passant les pièces données dans un bain léger de chlorure de chaux additionné ‘'esulfate de zinc; les tissus s’y blanchissent rapidement et complément sans que la nuance des rouges et des roses se ternisse; e e s’y avive au contraire.
- Après ces généralités qu’il ne m’est pas possible de rendre plus c°naplètes, faute de temps, voyons les genres principaux d’im-P'ession, afin de vous donner une idée sommaire des ingénieuses pratiques qui servent à embellir les tissus.
- 'er Genre : mordants et garances. — C’est le genre fondamental (*'e plus important.
- wsque l’indienne doit avoir plusieurs couleurs, du noir, du du lilas, etc., on imprime successivement autant de mor-‘!lri's qu’il y a de couleurs différentes, à l’aide de petites planches 'tarentrures, qui ne portent les nouveaux mordants que sur les ^droits du dessin réservés par la première planche, dite planche ^pression, ou par les rouleaux, ou par la perrotine. En passant ,‘^suite la pièce dans le môme bain de teinture, ou, après chaque “Pression, dans des bains différents, on voit apparaître sur celte autant de nuances distinctes, qui s’harmonisent entre elles,
- Produisent des dessins variés d’un très-bel effet.
- 0lci un échantillon de calicot sur lequel nous avons, à l’a-
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- vance, imprimé des dessins avec de l’acétale d’alumine, d’autres avec de l’acétate de fer, à deux degrés différents de concentration, et, enfin, quelques-uns avec un mélange de ces deux sels. En passant la toile dans un bain de garance ou de garancine, nous aurons des dessins rouges avec le premier mordant, des dessins noirs avec l’acétate de fer concentré, des dessins violets avec le même mordant affaibli, et des dessins puces avec les acétates d’alumine et de fer réunis. Je vous ferai remarquer que, dans l’échantillon présent, les pièces ont été passées en savon après la teinture, afin de nettoyer les blancs.
- De même, en passant dans un bain de quercitron une toile chargée, par places, de mordant d’alumine, puis de mordant fie fer, puis d’un mordant mixte des deux premiers, on a des dessins jaunes, fauves-verdâtres et olives. '
- Pour avoir une indienne fond blanc, chargée de dessins noirs et rouges ou violets, on imprime d’abord le mordant de fer, et on rentre le mordant de rouge ou de violet, ou mieux, on imprimr à la fois les deux mordants, au moyen du rouleau ou de la perro-tine, puis on passe dans un bain de garance ou de garancine; on blanchit le fond par un passage en savon. Les deux échantillon-suivants donnent une idée de ces indiennes fond blanc :
- + î +
- + + +
- +;<-
- M
- < 12. 113.
- Pour les indiennes à fond puce, chargées de dessins r0L^ lilas et jaunes, on rentre sur l’indienne déjà garancée, un au quercitron épaissi et additionné de sel d’étain, ou un Ja e vapeur à la graine de Perse ; on savonne ensuite, s’il y a; c0 dans l’échantillon ci-joint, des dessins blancs :
- Pour les dessins bleus, on rentre sur l’indienne, déjà gar^taifl un mélange d’indigo, de soude causticrue et de chlorme
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- TEINTURE PAR IMPRESSION. 705
- convenablement épaissi, puis on passe dans une solution légère ('e potasse ou de soude, ou dans une eau de chaux saturée.
- Pour les dessins chamois ou rouille, on rentre avec un mordant •'acétate de fer plus ou moins concentré et épaissi; on passe dans
- llno eau de savon, puis on rince. C’est alors du peroxyde de fer est fixé sur la toile.
- Pour les dessins solitaire ou bronze, on rentre avec une solution j'e sulfate ou de chlorure de manganèse, puis on passe dans de la essive caustique, et ensuite dans un bain de chlorure de chaux, lait déposer et qui fixe sur la toile du peroxyde de manganèse *lu> la colore.
- Pour les couleurs brunes, carmélites et de hois, on rentre avec
- no.
- ' j-décoction de cachou, épaissie et additionnée de vert- de-gris ;e sel ammoniac.
- es exemples suffisent, je crois, Messieurs, pour vous faire j l)rendre comment on peut ainsi varier à l’infini les couleurs p,lrelej> toiles, et produire ces admirables tissus dont les dames se
- avècp,ENRE ' RESERVES- — Le bleu solide sur les toiles se produit f0[), *ndig°. Pour obtenir des dessins blancs ou colorés sur un Prés } 6U’ 011 'mPrime h l’avance, sur les endroits qui doivent enter ces dessins, des compositions qui portent le nom de
- et. nni nnt nnnr nliiot Pr\ fnnrnicccinl lâo l’nYVOBnP à l’in-
- "go di
- 0rS,à
- et qui ont pour objet, en fournissant de l’oxygène à l’in-ssous dans les cuves, de le rendre insoluble et impropre, dès satlt se fixer sur la toile. Le sulfate et l’acétate de cuivre, jouis-b|e e la propriété de réoxygéner instantanément l’indigo solu-$(i]j s°nt surtout les substances qui font la base des réserves. Les ezinc servent aussi au même usage. On épaissit la dissolu-
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- "06 SOIX ANTE-UNI ÈME LEÇON.
- tion de ces sels, mêlés en proportions convenables, avec de la gomme et de la terre de pipe, ou de la farine.
- On imprime la réserve comme les mordants, et, vingt-quatre heures après, on passe la toile dans une cuve de bleu à froid. L’indigo teint en fond uni toutes les portions non réservées. Après la mise en teinture, on passe la pièce dans de l’acide sulfurique faible, pour enlever l’oxyde de cuivre qui s’est précipité dessus. Au sortir de ce bain acide, les toiles sont portées tout de suite à la rivière, où on les laisse tremper jusqu’à ce que la réserve ait disparu en totalité. Les dessins blancs apparaissent alors sur le fond bleu. Ces indiennes sont connues sous le nom de bleus en réserves. En voici un échantillon :
- Lorsqu’on veut produire des dessins colorés sur un fond bleu, on introduit des mordants dans la réserve; puis, au sortir de la cuve à indigo, on lave la pièce pour enlever la réserve, et on la teint dans un bain de garance ou de quercilron, selon la couleu1 qu’on veut obtenir. Ce genre d’indiennes par réserves mordancéft est connu sous le nom de lapis. En voici un exemple :
- Quelquefois aussi, on introduit dans la réserve des
- sels qal’
- yucu^uoiuio auoaij un innuuuu uaua la icoci ^ pfO'
- devant se trouver plus tard en présence de certains nut*^’ .^s duiront sur le fond bleu des dessins colorés, dus auX Moment résultant de la double décomposition qui s’effectuera a111 ^ ja
- du contact des sels différents. C’est ainsi que, si l’onaj0 sor-réserve des sels de plomb, et qu’on passe ensuite la ‘ on tir de la cuve au bleu, dans un bain de chrômate de p01^ aura des dessins jaunes. Ils seraient oranges, si le bain ^ ]liain' mate était additionné d’une certainè quantité de chaux,
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- TEINTURE PAR IMPRESSION. 707
- tenu à la température de l’ébullition. Voici un échantillon de ce 8enre d’indiennes :
- m ♦
- # m m # # # m
- # #
- i1 y.
- * 3e Genre rongeants. — Ce genre est très-varié, et peut se subdiviser en plusieurs catégories.
- A. Rongeants sur mordants.—Très-souvent on s’y prend d’une tout autre manière que ci-dessus pour avoir des dessins de diverses couleurs sur un fond uni. Tantôt, après avoir mordancé une toile, °n applique en des points déterminés, au moyen de planches, des Stances qui ont la propriété de dissoudre le mordant et d’em-pêcher ainsi que la couleur ne prenne dans ces endroits, ce qui Produit des dessins blancs sur le fond coloré. On nomme ces sub-dances des rongeants. Ce sont ordinairement des acides végétaux, brique, tartrique, oxalique, auxquels on associe quelquefois les Jtidcs minéraux, en petites quantités, pour aider à leur action. T°us dissolvent très-bien l’alumine et le peroxyde de fer appli-Wés sur les toiles. On les épaissit avant de les imprimer, apposons qu’on ait appliqué sur du calicot un mordant d’acé-de fer pour le teindre en noir. Si, lorsque le mordant est bien Sec>on imprime un mélange d’acides tartrique, oxalique et sulfu-épaissi avec de la terre de pipe et de la gomme, qu’on fasse SecW, qu’on lave et qu’on garance, la couleur noire se produira Sllr toute la toile, à l’exception des points où le rongeant aura été >iïmé, parce que ce rongeant aura enlevé le mordant en for-des sels de fer solubles. Ces points resteront donc blancs. estainsi qu’on fait les toiles pour deuil. Voici un exemple de c§enre d’impressions :
- 120.
- Y
- °os concevez que ce qu’on fait sur le mordant de noir peut se
- J
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- 708
- S01XANTE-UN1ÈME LEÇON.
- faire de même sur des fonds de couleur puce, carmélite, violette, rouge, etc., puisqu’il ne s’agira que d’imprimer d’abord un mordant de l’une de ces couleurs, puis d’appliquer un rongeant blanc convenable, et enfin de garancer.
- B. Rongeants sur couleurs. — Tantôt, après avoir teint une toile en couleur déterminée, on imprime sur elle des rongeants qui détruisent la couleur qu’elle a reçue.
- Voici une toile teinte en solitaire au moyen du peroxyde de manganèse. Si j’imprime sur cette étoffe teinte une dissolution épaissie de sel d’étain, celui-ci va ramener le peroxyde à l’état de protochlorure de manganèse que le lavage entraînera, et pa^ conséquent la toile redeviendra blanche là où le rongeant aura
- porté son action. J’aurai donc des dessins blancs sur un fo*^ solitaire ou bronze.
- Si je veux que les dessins, au lieu de rester blancs, aient une couleur différente, alors je mêle au rongeant, avant de I'apP*1' quer, la couleur que je veux produire, parce qu’aussitôt que ,l nuance du fond est détruite, la couleur s’applique aux endroit5 que le rongeant a blanchis. Soient des dessins jaunes sur fond cyf mélile; j’imprime un rongeant jaune composé de sel d’étain etc c
- chrômale de plomb épaissis, ou bien un mélange de sel c o d’alun et de décoction de quercitron concentrée. prisse
- Pour des dessins bleus, on ajoute au rongeant du bleu de -e délayé dans de l’acide chlorhydrique; pour les verts, on en^,jcs un mélange de ce bleu avec le jaune ci-dessus indique, P . ull teintes orange, on se sert de sous-chrômate de plomb* 0 exemple de ces solitaires enluminés :
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- 700
- Les rongeants qui portent ainsi avec eux une couleur se nom-Incnt des couleurs rongeantes. Ils se composent le plus ordinaire-
- ment, avec un mélange d’acides, de sel d’étain et de la couleur lue l’on veut obtenir. Les exemples précédents suffisent pour 'ous faire comprendre et leur action et la manière dont on les erRploie.
- L. Enlevages par le chlore. — Souvent pour ronger les couleurs, d surtout les couleurs de grand teint avec la garance, on se sert 'Chlore. C’est ce qu’on appelle alors des enlevages. M. Daniel écchlin, de Mulhouse, a fait connaître ce mode d’opérer, il y a "me quarantaine d’années. Il consiste à imprimer, à la manière binaire, un rongeant blanc composé d’acides oxalique, tartrique citrique, sur les parties que l’on veut avoir blanches, etàpasser lrisuite l’étoffe dans une solution de chlorure de chaux, additionne de chaux caustique, qu’on appelle cuve décolorante. L’acide
- 124.
- pa^0lj§eant appliqué sur la toile décompose le chlorure, s’em-Cf 1 GG sa base et met en liberté le chlore. Ce dernier ronge la % ]eUr rou£e laisse du blanc partout où il a exercé son action. rilri|'lVe tout de suite à grande eau, au sortir de la cuve décolo-tnrtf’ P°ur éviter que les liquides ne s’étendent et ne rongent plus
- Êlne faut-
- ^n8Ieterre et en Écosse, on parvient au même résultat par d’h. 0( e différent, mais qui ne s’emploie que pour des mouchoirs tel dltn ‘
- nts cnsion égale. On superpose une quinzaine de mouchoirs deur.Cn r°ugc des Indes sur une plaque de plomb de même gran-l'roci’ °n recouvre la pile (l’une autre plaque de plomb, et on rap-le Lîs deux plaques l’une de l’autre de manière à presser les
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- 710 SQIXANTE-UNIÈME LEÇON.
- mouchoirs les uns contre les autres aussi fortement que possible (fi g. 597). Les plaques métalliques sont entaillées de dessins à jour qui se correspondent et qui sont semblables à ceux qu’on veut produire sur les mouchoirs. A l’aicie d’une presse hydraulique, l’on fait passer à travers la pile de mouchoirs une solution de chlore. Celle liqueur ronge seulement sur les parties des mouchoirs qui sont en regard des dessins, tandis que ne pouvant pénétrer le restant des tissus, en raison de la violente pression qui s’exerce sur eux, elle ne change pas leur couleur rouge primitive. La décoloration s’opère en 8 ou 10 minutes. On fait passer immédiatement une grande quantité d’eau pour enlever la liqueur corrosive, afin que les contours des dessins blancs soient bien nets; puis on blanchit et on nettoie les mouchoirs sortis de la presse pou' donner au blanc un plus grand éclat.
- Fig. 597.
- Voici la description de la presse employée dès 1823 dans U A nufacture de MM. Monteith et Ce, àGlascow. La figure 59/ sente l’appareil vu de face et en élévation :
- A est le sommet ou entablement; B,B, les pilastres ou jumelles; C, ,^[e °u auquel est attachée la planche supérieure ; D, le plateau mobile ; B, le 'n3 |equ^ corps de pompe; F, le sommier de la presse; G, réservoir plein d’ëuu 'COlorarlte’ tombe l’étolfc en sortant de la presse; H,récipient contenant la liqueuj ^ per a, a, tuyaux qui conduisent l’eau sur le tissu ; b, tuyau à air; c, ro ) gradue-' met à la liqueur de passerdu réservoir H sur le tissu; d,d, tubes de v ^ vc!'1 pour indiquer la hauteur de la liqueur dans le récipient; e,e, robine
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- TEINTURE TAR IMPRESSION.
- 711
- Pfur admettre la liqueur dans le récipient; R, R, robinets d’introduction de l’eau;
- les planches de plomb couvertes du dessin ; h, h, rouleaux placés en avant de '“presse et à travers lesquels passe l’étoffe, après avoir été soumise à l’action de la 'iqueur pour tomber ensuite dans le réservoir G ; ii tuyaux de décharge pour l’eau liqueur; Z robinet pour remplir d’eau le réservoir G; o, tuyau qui conduit la '‘Peur dans le réservoir H ; m,m, repères adaptés à chaque angle du plateau supérieur, et dans lesquels s’engagent des broches fixées sur la planche inférieure ;
- : ^ vis pour régler la parfaite horizontalité des planches de plomb, de manière Pelles correspondent exactement l’une avec l’autre.
- Au lieu d’employer la presse hydraulique pour faire passer la 'lueur décolorante à travers les mouchoirs, on a, d’abord, eu recours à l’effort de la pression atmosphérique. Pour cela, on 'usait le vide sous la plaque métallique inférieure, et on laissait ensuite écouler le chlore sur la plaque supérieure; le liquide était lllnsi poussé dans les vides des plaques par la pression de l’air. C’est avec ces presses à décharger que les Anglais imitent ainsi es mouchoirs rouges à dessins blancs, qui sont connus dans les "tles sous le nom de bandanas, et qu’on avait été si longtemps a,'s pouvoir imiter. MM. Monteith fabriquèrent les premiers ces l'ouchoirs en 1822, et firent, par ce moyen, une fortune consi-Arable.
- * Enlevages au chrômate. — Il est un autre genre à'enlevage que ' Thomson , fabricant d’indiennes à Manchester, a fait connaî-re en I83i, et qu’on emploie spécialement pour ronger les fonds ?üs solides, obtenus au moyen de l’indigo. Ici on se sert du ^'ùniate rouge de potasse, dont l’acide, une fois mis en liberté, ^|‘rce la même action destructive que le chlore sur les matières °°rantes, ainsi que ie vous l’ai montré déjà dans la première ^ du cours (I).
- . °‘ci, en peu de mots, comment on obtient des dessins blancs 1 meu, tels que vous les offre l’échantillon ci-joint :
- 125.
- u» n Cornmeiice par donner à la toile, dans une cuve d indigo, di^inte bleue plus ou moinsfoncée, puis on la foularde dans une -°n c^lrômate acide de potasse, et on la sèche a l’om-(,j 'n imprime ensuite un rongeant composé d’acides tartrique, l(lUe et chlorhydrique, et suffisamment épaissi. Aussitôt après
- ,J>ez 2Ge leçon, page G80.
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- 712
- SOIXANTE-UNIÈME LEÇON.
- l’impression, on lave la pièce dans une eau de craie chauffée!1 45 ou 50% et on nettoie à l’eau courante. Le bleu est complètement enlevé partout où le rongeant a été appliqué.
- Si vous vous rappelez, Messieurs, que l’acide chrômique est un composé peu stable que les matières organiques convertissent instantanément, sous l’influence des acides énergiques, en oxyde vert de chrome et en oxygène; que ce dernier, d’un autre côté, opère sur-le-champ la destruction des principes colorants sui lesquels il est accumulé, vous concevrez, sans aucune difficulté* le rôle du chrômate de potasse dans le mode d’enlevage dont n est ici question. Il est aisé de voir, en effet, que le rongeant acide, appliqué sur la toile bleue imbibée de chrômate, s’empared’abori de la potasse et isole l’acide chrômique ; puis, que celui-ci, e!1 présence de l’indigo, lui cède de l’oxygène, et se trouve ramène par là à l’état d’oxyde vert de chrôme qui se dissout dans l’exce> d’acide du rongeant. C’est donc, dans ce cas, l’oxygène portée11 trop grande quantité sur l’indigo qui en détermine la destruction, et qui Yenl'eve des endroits circonscrits par les dessins de a planche d’impression. ,
- C’est là une des plus jolies applications des chrômatesàl’art r l’indienneur. Il n’y.avait qu’un chimiste qui pût l’entrevoir, car e n’est pas du nombre de celles que le hasard fait parfois découvi • 4e Genre : couleurs vapeur.— On appelle couleurs vapeur, ce qu’on ne fixe point sur les tissus parla teinture, mais par une si pie exposition à la vapeur d’eau. C’est ce qu’on pourrait apl)L’| une teinture sèche. Les couleurs sont vives et belles, mais c
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- \ 7Ï.J. y . -
- n’ont point la solidité des couleurs grand teint ; aussi doit-on classer dans les couleurs petit teint. ,,-^ioii
- Le principe sur lequel repose ce nouveau genre d’imp1^^^ est le suivant : Former une laque colorée, la tenir en disso , par l’intermède d’un acide volatil, épaissir la couleur, je
- et la soumettre ensuite à l’action d’un courant de vapeur . jje chasser l’acide volatil et d’oxyderla laque, qui dès lors se p*
- sur les fibres et s’y combine assez intimement. A la faveut midité et de la chaleur réunies, nne combinaison pb>s g0lqe s’établit entre la matière colorante, l’oxyde et le tissu, -
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- que ces couleurs d’application qui, après l’impression, étaient si facilement enlevées par le lavage à l’eau pure, se trouvent consolidées à un haut degré, en même temps qu’elles acquièrent une vivacité qu’elles n’avaient pas avant ce traitement.
- Cette action remarquable de la vapeur est une des découvertes 'esplus importantes qui aient été faites, depuis le commencement de ce siècle, pour l’art de l’indienneur. Chacun s’en dispute l’hon-neur, et il est assez difficile de décider celte question de priorité. On voit dans le tome VI de la description des brevets d'invention (page 288), que le sieur Viart prit, le 12 novembre 1811, un bre-'ct pour une manière d’imprimer sur laine, brevet dans lequel il 'ndique, pour fixer les couleurs, de presser sur les pièces imprimées un fer à repasser assez chaud; et il ajoute qu’on arrive au même but, en faisant usage de la vapeur d’eau, ou en faisant Passer l’étoffe humide entre deux cylindres chauds.
- D’un autre côté, M. Daniel Kœchlin affirme que, dès 1810, le 'mge des couleurs au moyen d’un fer chaud était pratiqué par • Georges Dollfus, de Mulhouse, qui, peu de temps après, de l‘°ncert avec Loffet, de Colmar, remplaça la chaleur du fer par l e de la vapeur d’eau. Dès 1819, ce dernier moyen était exploité 11118 les environs de Paris, par la maison Ternaux; à Beauvais; 'l'1 Logelbach, parles frères Haussmann. A l’exposition des pro-11118 de l’industrie, en 1819, des récompenses étaient décernées à es derniers industriels et à Loffet. C’est, celui-ci qui fit connaître '^fabricants anglais les procédés du fixage par la vapeur, ainsi Jp les moyens d’imprimer les châles imités du Cachemire. De 1(lt'rer5 d’Augsbourg, dans tous les cas, est le premier auteur qui c décrit les différents procédés de l’impression au moyen des 11 eurs locales fixées par la vapeur. a , ans l’origine, on se servait de toiles huilées et mordancées en 0 ,dte d’alumine, comme pour la teinture en rouge d’Andrinople; j^'mprimait simplement les matières colorantes épaissies pour c°uleurs rouge, rose, jaune, violet, et on vaporisait ensuite. noirVert se faisait avec la graine de Perse et le bleu-vapeur, le ob| avec campêche et l’acétate de fer. Les résultats qu’on ^ddi! ainsi étaient fort beaux; les couleurs étaient plus solides qui iCe^es 9ue l’on fait actuellement. 11 n’y avait que le blanc dCs ;ussât à désirer, aussi ne fabriquait-on généralement que tj^dnres à fond coloré. Mais comme ce mode de faire était q lspendieux, on y a bientôt renoncé. a)u .Se Gorna alors à agir sur tissus simplement mordancés en dé,, ne> mis à la chambre d’oxydation pendant quelques jours et fyais^0^8 ensu*le en eau de oraie. On y imprimait les décoctions Sles5 et on vaporisait. Les résultats étaient assez satisfai-
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- ’ nia>s comme il arrivait fréquemment que les pièces emma-
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- gasinées éprouvaient, au bout de quelque temps, un véritable coulage, c’est-à-dire que les couleurs se confondaient, que les blancs se salissaient sans que les pièces eussent été exposées à l'humidité, force fut bien d’abandonner cette nouvelle méthode.
- Depuis une quinzaine d’années, on se sert de l’oxyde d’étain comme mordant, surtout pour le bleu de France et le gros vert. On précipite cet oxyde sur le tissu, soit au moyen du bichlorure d’étain seul, suivi d’un simple lavage, soit au moyen du stannate de soude qu’on passe ensuite en acide sulfurique faible, soit pal le sulfo-muriale d’étain acide. On nettoie bien et on imprime siu ce tissu tandis qu’il est récemment préparé.
- Une couleur vapeur doit toujours contenir, en certaine quaI1' tité, un sel hygrométrique, afin de maintenir l’épaississant dans un certain état de mollesse et de favoriser la condensation <lmj peu de vapeur qui a pour effet de faciliter la dissolution et combinaison intime de la laque avec le l issu. Sans cetle addition» ou s’il y a insuffisance, on s’expose à avoir des places mal nxe j et inégales de nuance. S’il y en a trop, la couleur peut coulci c brouiller le dessin.
- On choisit les sels et les acides non corrosifs, autrement ils ^ truiraientla fibre végétale à la haute température à laquelle on soumet. Lorsqu’on est forcé d’avoir recours à un sel dont 1 ne11 est très-énergique, on n’en introduit dans la couleur que la fiUl
- tité strictement nécessaire pour contribuer à l’oxyda lion de la lnq
- Les épaississants qu’on emploie doivent être, autant qne sible, incolores pour les couleurs tendres, et, dans tous les c-. ils doivent pouvoir s’enlever facilement par les lavages.
- Les décoctions des matières tinctoriales doivent être ex , |jeS de parties résineuses ; il faut donc ne les employer que lorsq11 . f sont bien claires et depuis longtemps préparées; dans ce (leI^|e cas, les matières colorantes sont déjà partiellement oxydées, ^ fixage ne fait que compléter l’oxydation. Pour le bleu, 0 je toujours avec le cyanure double de fer et d’étain, c’est ^ contraire; en effet, la couleur la plus récemment prép^f celle qui donne les meilleurs résultats; le bleu n’a de son f d’éclat que lorsque le cyanure de fer s’oxyde et se dévelopl_ ( la fibre même ; s’il est déjà en partie oxydé lors de l’impr il n’a plus autant d’affinité pour le tissu. impr‘'
- Il y a une infinité d’appareils pour vaporiser les tQ1 ,^eSaii-mées. Dans les uns, les toiles sont placées les unes à c<^ecrain(h'e très, ou les unes sur les autres; c’est quand on n’a pas a les réapplicages de couleurs. Dans les autres, les toiles so dues de manière à ne pas se toucher. Il y a le vaporisag6 ‘ enr neau, à la cuve, à la colonne, à la chambre, à Va guérite, fiu^crir0 ploie suivant les genres. Il suffira, pour notre objet, de vous
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- brièvement le fixage à la colonne, dont la figure 598 vous montre la disposition.
- Cet appareil se compose essentiellement d’un cylindre de ciliée C, creux et percé d’une multitude de trous ; il est muni en haut d'un robinet R’, et s’ajuste à frottement dans le bas B avec une sphère de cuivre A munie d’un robinet R; cette sphère communique par un tube inférieur avec un générateur de vapeur. On ^couvre le cylindre C d’une chemise de drap ou d’un doublier de forte toile D, puis on y enroule, en les serrant énergiquement, lespièces à vaporiser; on a soin d’interposer entre chaque tour un doublier pour éviter les réapplicages ; on enveloppe le tout d’un drap épais qu’on lie aux deux extrémités. Le cylindre ainsi Sarni est placé sur sa sphère. Généralement, on dispose à côté les unes des autres un certain nombre de ces colonnes dans une es-l'èce de chambre ou de guérite de bois qu’on peut fermer à volonté P°ur éviter le refroidissement par l’air, lorsque tout est disposé,
- 011 ouvre le robinet supérieur ."cylindre, puis le robinet I 'nférieur, et lorsque la vapeur I "" générateur a fait irruption et chassé tout l’air de l’ap-Puieilj en élevant suffisam-I la température, pour |u il n’y ait plus de conden-r|l.l0n, on ferme le robinet su-i neur. La vapeur, ne trou-,ird plus d’issue pour sortir plle *es trous du cylindre C,
- ; dSseà travers et pénètre peu | Jeu toute l’épaisseur des r .Ces superposées. Lasphè-1 J j Pour but de retenir l’eau I . e jet de vapeur entraîne.
- I j; "Pression de vapeur sous on opère doit être I Por' 6V^e‘ durée du va-nU(lsaBe varie de 30 h 45 mi-I l0reS ’ Subvant les genres.
- I "'iitf116 ^°P^rali°n est hjr-I uçp'e> on déroule les piè-I ;r,J 0n les étend pendant I '% bemps, 24 heures environ, dans une chambre chaude et I Oiqlcle P0ur achever l’oxydation, et on les rince à l’eau courante. I 0s sèche ensuite le plus rapidement possible.
- Fig. 598.
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- Voici des exemples du genre vapeur, sur laine el coton :
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- i4*U
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- ^ 5e Genre : couleurs de conversion. — Le bichrômate de polassf ayant, ainsi que je vous l'ai déjà dit, la propriété de foncer la nuance de la plupart des couleurs, on a tiré parti de cet effet, dans ces dernières années, pour obtenir par impression des tons différents sans multiplier les matières tinctoriales. Ainsi, après avoir sourm5 a l’action de la vapeur les pièces recouvertes de couleurs d’ap-
- plication , si l’on imprime dessu5 une dissolution de bichrôtiaate épaissie à la gomme, les premier®5 impressions deviennent plus f°n EbB C(^es ou changent de nuances parla11 où elles sont rencontrées par Ck secondes impressions au chrém^' C’est à ce genre d’indiennes qu0,1 ... a donné le nom de couleurs de c°n
- 1 Z 9.
- version.
- L’échantillon ci-joint en offre un exemple : .
- Quelquelois, lorsqu’on a des genres fond bleu de France ou gros vert dont on veut hâter l’oxydation après le fixage et oble|ia immédiatement des lonsplus foncés, on passe les piècesvaporise®5 dans une cuve à roulettes contenant une dissolution de cbrô®a neutre de potasse, ou un mélange de bichrômate et d’alun; d® elles tombent dans la rivière où on les laisse tremper jusqu’à ceî l’épaississant soit parti ; on les nettoie et sèche comme ci-desS ^
- Un autre mode de faire changer une couleur déjà iixée slU toile est le suivant : on foularde en bain de chamois, c'est-®" en acétate de fer, une toile portant des dessins rouges obtenus 1 le mordant d’acétate d’alumine et un passage au bouillo11 ^ un bain de garance. Les parties rouges deviennent un Pel1 ^j|e, foncées. Si alors, on apporte, au moyen d’une planche sur U “ c[ de l’acide sulfurique épaissi, cet acide dissout l’oxyde de le forme un sulfate qui, sur les parties rouges, se combine à rance et la fait \irer au violet, tandis que sur les parties il reste à l’étal de sel soluble qui part au lavage et laisse ;
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- c b 3
- . . co-j *
- * * 0 .©c> x«p«
- des places blanches. Ce nouveau genre est principalement employé pour les tissus-meuble. En voici un échantillon :
- On l'ai t virer les jaunes de chrômate de plomb en passant les toiles en eau de chaux bouillante qui ramène le chrômate neutre à l’état de sous-chrômate qui est plus ou moins l°ncé. En voici un exemple :
- 6“®Genre : fixage a l’albumine.—
- \l’origine de la fabrication des in-'•iennes en Europe, on appliquait Sur les tissus des poudres grasses ou des vernis dans lesquels on délayait es couleurs végétales ou minérales.
- G’était plutôt une peinture ou un coloriage qu’une opération chi-mique. Abandonné pendant longtemps, ce genre a repris quelque laveur depuis une quinzaine d’années pour les articles à bon mar-ché; mais l’épaississant et le fixateur dont on fait usage est le Ca$éale de chaux, le gluten et surtout l’albumine. Voici comment °nagitdans ce dernier cas :
- ^ans une dissolution d’albumine additionnée d’une petite quantité de gomme Sénégal, on délaie jusqu’en consistance de j)ate fluide la poudre colorée qu’on veut apposer sur l’étoffe '°xjdes métalliques colorés, ocres, noir de fumée, bleu d’outre-rnei’i pâte-orange, laques végétales, etc.) ; on imprime cette pâle Oflà la planche, soit au rouleau, on sèche et on vaporise à sec. .^humine se coagule et forme un vernis solide transparent qui lent les poudres englobées entre et sur les mailles du tissu, avec jSsez de solidité pour les faire résister à l’action du savon bouil-ailt- Voici des exemples de ce genre d’impression.
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- L’échantillon suivant est fait avec l’oxyde de chrôme de M. Gui"
- gnel, dont je vous ai parlé dans la lre partie (1).
- On coagulequelquefois l’albumine d’une autre manière. Ainsi, pour faire des impressions à la pourpre française, on imprime du noir-vapeur ou d’application et une solution d’albumine. On coagule celle-ci en passant les pièces dans l’eau bouillante, et on teint ensuite dans une solution de pourpre. Il n’y a que les parties recouvertes d’albumine qui prennent la coloration; on rince et bat, le fond reste blanc. — La solidité de celte nuance n’est pas très-grande ; l’eau chaude et l’eau de savon la dégradent beaucoup.
- Voici maintenant des exemples d’impression du violet et du rouge d’aniline.
- Pour le violet, on mélange 25 grammes de violet d’aniline, un
- quart de lilre d’eau chaude, 62 grammes de glycérine; on
- i..... ...... __________________r_______________ ________^ fait
- bouillir le tout pendant un quart d’heure, puis on verse dans la liqueur bouillante, 85 grammes de gomme Sénégal en poudre; on
- laisse refroidir, on tamise, et on ) incorpore un quart de lilre d’ean albuminée (faite à raison de 650 grammes d’albumine sèche par !>' Ire). Cette couleur, ainsi préparés» est imprimée, vaporisée, puis lavée. Pour les rouges et roses de lucn-sine, on prend 100 grammes de fuchsine qu’on délaie dans un demi-litre d’eau chaude; on ajoute un demi-litre de glycérine»
- on fait bouillir pendant un qua> d’heure; on filtre et on ajoutera grammes dégommé Sénégal puly ' risée ; on tamise et on mélange au( 3 litres d’eau albuminée (500 gran1-d’albumine sèche par litre d’eaub on imprime, on vaporise et on lave' Les tissus de coton mordancés (chargés d’oxydes métalliques)^ se teignent pas en fuchsine dans les conditions ordinaires, ruais -l’on ajoute dansle bain colorant une matière astringente, il se f°rIlU des tannates métalliques qui attirent la couleur. Ce procédé de lion est peu employé, sans doute parce qu’il exige la prépara110^ de mordants extrêmement purs. Si, en effet, l’alumine contenu
- (1) Vingt-sixième leçon, page 681.
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- quelques traces de fer,il serait impossible d’obtenir un rouge pur.
- Il vaut mieux, ainsi qu’on le pratique en Angleterre, préparer uniformément le tissu à l’étain, puis imprimer un mélange de fuchsine et de tannin.
- Ce n'est pas «à la fuchsine seule qu’appartient la propriété de se combiner aux mordants h la faveur du tannin, mais bien à la plupart des matières colorantes organiques. Il est à remarquer, d’ailleurs, que celles qui se combinent d’elles-mêmes aux mordants (garance, bois rouges, jaunes, etc.) contiennent toujours plus ou •Moins d’astringent.
- Pour les impressions sur soie et laine, on dissout la fuchsine 'fans l’acide acétique et on épaissit à l’eau de gomme. Apres •'impression, on fixe à l’étuve. Ici, il est indispensable d’employer !a matière colorante débarrassée de toute substance étrangère, surtout de l’étain.
- T”6 Genre: couleurs d’application. — On réserve le nom de cou-leu>'s d’application à celles qui ne sont fixées ni par la teinture., ni Par la vapeur, mais qui sont tout bonnement déposées sur le tissu.
- Tantôt ce sont des laques colorées qu’on forme dans l’épaississant et qu’on laisse s’oxyder sur le tissu par une simple ^position à l’air. D’autres fois, ce sont des sels insolubles, formés 011 incorporés dans l’épaississant, tels que le jaune et l’orange uechrôme, le bleu de Prusse, etc.
- . L’épaississant qu’on emploie doit donner peu de raideur au tlSsu et se laver facilement. Le plus habituellement, c’est l’amidon j)0llr les couleurs foncées, et la gomme adragante pour les cou-eurs claires.
- Les laques colorées se font en ajoutant des sels d’alumine, de er mi le bichlorure d’étain, en plus forte proportion que pour les fleurs-vapeur, dans les décoctions concentrées de matières mcioriales. Il n’est pas nécessaire que ces sels ou mordants -°>ent à acides volatils.
- Les couleurs ronges se font avec les décoctions de cochenille,
- ‘ 0rseille, des bois de Brésil, de Sainte-Marthe; les jaunes de toutes üüances, avec les graines de Perse ou d’Avignon, le curcuma, le ’°Çou, le quercitron; les noirs et les gris, avec la noix de galle, le 018 de Campêche.
- I. mrsque les couleurs, épaissies et additionnées d’un sel hygromé-fue, ont été imprimées sur le tissu, on expose celui-ci dans un j.lr cLaud et humide pour que la matière colorante s’oxyde et se f c. Lorsque la nuance est arrivée au point désiré, on met trem-f l’eau courante, on lave légèrement et on fait sécher le plus raflent possible. Des lavages trop répétés appauvrissent les tons. s. couleurs d’application sont les moins solides de toutes; Gs Passent vile à l’air. On en faisait beaucoup autrefois; mais
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- les bas prix des genres bon-leint ont fait délaisser cette, fabrication; on ne s’en sert pins guère aujourd’hui que comme couleurs d’enluminage dans certains cas.
- Les impressions sur laine présentent, en général, beaucoup plus de difficultés que celles sur soie et coton. Une des causes principales provient du soufre qui entre dans la composition élémentaire de la laine. Ce soufre a le grave inconvénient de s’unir à plusieurs matières métalliques qui peuvent se trouver en contact avec la laine, et de donner naissance à des sulfures qui colorent cette étoffe en noir, en brun, ou en couleur de rouille. Les sels et les oxydes de cuivre ne peuvent être frappés par la chaleur, lorsqu’ils sont en contact avec la laine plus ou moins humectée, sans produire avec elle une couleur de rouille. Eh bien! cette difficulté ne se rencontre jamais avec la soie et le colon, exempts qu’ils sont de soufre élémentaire.
- En terminant ces considérations générales sur la fabrication dee tissus imprimés, je vous répéterai, Messieurs, que ce bel art. qui emprunte tous ses procédés à la. mécanique, et surtout à b chimie, a fait de grands progrès depuis que la connaissance ^’ ces deux sciences est devenue plus familière aux industriels.C’est le perfectionnement de la gravure et des machines à impriflier! ce sont les nombreuses découvertes des chimistes modernes, q111 ont donné à nos fabricants d’indiennes une supériorité marqué
- sur les Indiens (leurs premiers maîtres dans celte partie), sous
- le rapport du bon goût et de l’élégance des dessins, de la Dételé et de la rapidité d’exécution, de la variété, du brillant et(|t’ la solidité des couleurs.
- SOIXANTE-DEUXIÈME LEÇON.
- DES ORGANES EMPLOYÉS DANS L’INDUSTRIE. (Suite.)
- ... —De 1®
- Sommaire. — Matières servant i\ la fabrication de la gélatine et des cuirs. ^ peau. — De la gélatine et de la chondrine. — Composition, caractères ^ p(l cation de la gélatine. — Des diverses espèces de gélatine commercial6* tannage et de sa théorie. — Des os et des dents. — Extraction de la o a[J1. des os. — Huile animale de Dippel. — Noir animal. — Fabrication des s moniacaux. — Du suif d’os. — De l’ivoire animal et végétal.
- * ,ics cuir*'
- § ‘1. ïïatières servant à la fabrication de la gélatine ei “
- DE LA PEAU.
- i les ido®”
- La peau des animaux est une membrane qui recouvre iJ[)es clés et les os. Elle se compose de trois parties appliquées
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- PROLONGEMENTS DE LA PEAU.
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- sur les autres, à savoir : l'épiderme, le tissu réticulaire et le derme. Je ne relaierai ici que ce qu’il y a de plus essentiel à connaître sur tes diverses parties.
- 1. L'épiderme ou cuticule est ce tissu sec, transparent, élastique et écailleux, qui est la couche la plus extérieure, et qui, lorsqu’il s’épaissit, forme ces prolongements particuliers dont le corps des animaux est recouvert, tels que poils, laine, cheveux, plumes, écailles, cornes, ongles, griffes, serres et sabots. Ce tissu, comme *esprolongements qui en dérivent, est essentiellement formé d’une Matière azotée, ayant la plupart des propriétés de l’albumine coa-nl,lée et de la fibrine; il ne renferme qu’une fort petite quantité ^ matières salines et terreuses.
- Quelles que soient les différences que présentent dans leur appa-rence extérieure le tissu épidermique et les prolongements qu’il supporte, toutes ces substances offrent une grande analogie de imposition, comme le démontrent les analyses suivantes, dues à Scherer, Mulder, Tilanus et Fremy :
- 52,427
- 51,089
- 50,139
- 50,434
- 17,936
- 16,901
- 17,893
- et souf.
- 25,100
- 24,774
- 100,000
- 100,000
- 100,000
- 100,000
- 100,000
- 100,000
- 100,000
- I auquelin avait rapporté les couleurs différentes que possèdent Poils et les cheveux à la présence ou k l’absence d’huiles di-* Client colorées. Celle opinion a été contredite, en 1843, par pli an Laer, qui n’a pas trouvé d’huiles dans les productions ,.Uses5 et qui n’a pu y découvrir de matières colorantes parti-(lelei'es> au moyen des réactifs; mais il y a constaté 3 pour 100 Süüfre, en moyenne.
- Ie °^es les compositions, tant liquides que solides, vendues par fe C0l^eurs pour teindre les favoris, la barbe et les cheveux, ren-ci(,sllGnl f^e l’azotate d’argent ou de la céruse, ou du minium, asso-esl Presque toujours k un peu d’alcali. La matière noircissante Î(J, 0ricdu sulfure d’argent ou du sulfure de plomb qui se forme p0-Ur el dans le tissu corné des cheveux. L’emploi de ces com-l0ns n’est pas sans danger; il survient presque toujours des
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- inflammations plus ou moins vives du cuir chevelu, et parfois un commencement d’empoisonnement.
- 2. Le tissu réticulaire ou papillaire, formé de fibres nerveuses, est regardé comme le siège des papilles destinées à la perception du tact, et de la matière colorante ou pigmentum qui donne à la peau des animaux les couleurs qu’elle offre. Cette matière colorante est noire chez les Africains, brune chez les Asiatiques et les Américains, et la plupart du temps si peu développée chez les Européens, qu'elle ne perce pas à travers l’épiderme; aussi les appelle-t-on blancs, par comparaison avec les habitants des autres parties du monde. On n’a pu isoler cette matière colorante, en sorte qu’on ignore et sa composition et ses propriétés chimiques-
- 3. Le derme ou vraie peau est une membrane plus ou moins épaisse, formée de libres entrelacées, comme feutrées, douées d’élasticité, et qui est entièrement conversible en gélatine par l’action de l’eau bouillante. Par la dessiccation, elle devient jau-nâlre, demi-translucide et raide, mais flexible et non cassante, elle perd sa rigidité par son immersion dans l’eau froide.
- La peau fraîche, débarrassée, à son côté interne, de la graisse et du tissu cellulaire; à son côté externe, des poils, de l’épiderni® -et du tissu réticulaire, renferme sur 100 parties en poids, d’âpre-le chimiste allemand Wienholt :
- Tissu cutané proprement dit (y compris tissu cellulaire
- 32,53 1,54 0,83
- et vaisseaux)
- «Albumine.............................
- Matière extractive soluble dans l’alcool..
- Liquides = l Matière extractive soluble dans l’eau
- seulement Eau........
- 100,00
- Deux industries très-importantes exploitent les peaux des maux, à savoir : la fabrication de la gélatine et la confection cuirs. C’est ici le lieu de vous en parler.
- DE LA GÉLATINE ET DE SA FABRICATION.
- bouillante du
- Quand on soumet à l’action prolongée de l’eau 01I
- tissu cellulaire, de la peau, des tendons, des cartilages, e c'^re voit ces matières se tronfler, se ramollir, et enfin se dls-°_ n(j
- fil une mabbf ire in u ici u ic uu yeiet*, qui, par i
- dessèche et forme alors une substance dure et cassante, in ^(,va-dépourvue d’odeur et de saveur, et susceptible d’une co, lion indéfinie, lorsqu’on Ja soustrait à l’humidité. C’esl ll
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- DE LA GÉLATINE.
- substance qu’on donne, depuis bien des années, le nom de gélatine.
- Ce principe immédiat n’existe point tout formé dans les organes 'les animaux, comme on l’a pensé pendant longtemps. C’est le résultat de la transformation des tissus cellulaires cutanés, carli-lagineux, etc., par l’action de l’eau bouillante, en un principe qui parait être isomérique avec eux; et cette transformation s’opère eii présence ou hors du contact de l’air, sans qu’il se manifeste aucun phénomène apparent, et à peu près de la même manière s’opère la conversion de l’amidon ou du ligneux en sucre.
- Pendant longtemps, on a cru que le produit de cette transformation des tissus animaux était toujours le même; mais les expé-riences récentes de MM. Jean Mulier, de Berlin, et Vogel fils, de Munich, ont démontré que la matière gélaLiniforme, extraite des cartilages, diffère très-notablement de la gélatine retirée des os et (losautres tissus cellulaires; aussi l’ont-ils distinguée par le nom (l(!chondrine, du mot grec chondros, qui veut dire cartilage.
- Sous le rapport de la composition et des propriétés chimiques, Ces deux substances, de même que les tissus qui les fournissent, mirent considérablement des matières albuminoïdes dont j’ai Parié précédemment; elles ne renferment ni soufre, ni phos-P"0re; et, d’après M. Mulder, de Rotterdam, elles sont ainsi instituées dans leur plus grand état de pureté :
- Parhone.... Hydrogène.
- Azote......
- 0xygène...
- Gélatine. Chondrine. Colle de poisson. Tendons de veau.
- 50, i 7 50,61 50,56 50,43
- 6,25 6,58 6,90 7,17
- 19,32 14,44 18,79 18,37
- 24,26 28,37 23,75 24,03
- 100,00 100,00 100.00 100,00
- Cartila<res des côtes de veau
- JO. 20 7,05 ! 4,90 27,85
- 100,00
- mi . voyez qu’il n’y a pas de différences appréciables entre la e. | 1Ile ci les tissus qui la produisent, comme entre la chondrine Cis S îïla[^res animales d’où elle dérive. 11 y a seulement entre Qui ^ri,lc’Pes et les tissus qui les fournissent toute la différence Pi'ol • ^ ex*s^er entre un corps complètement organisé et un de métamorphose.
- (jne aisserai maintenant la chondrine de côté, pour ne m’occuper îles C platine, le seul de ces principes immédiats qui ait reçu
- ^.applications.
- reri{(1 e. Salière, tout ù fait neutre, est solide, incolore, transpa-%ie’ ln°d°re> insipide, plus dense que l’eau, dure comme la ei.jp/ H’agile quand elle est très-sèche, mais flexible, élastique El|. n‘lce quand elle est un peu humide.
- L se- ramollit et peut même entrer en fusion ù la température
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- SOIXANTE-DEUXIÈME LEÇON.
- de -j- 100°. Chauffée au delà, elle répand une odeur particulière, brunit, se boursoufle, exhale des fumées ayant Codeur de corne brûlée, puis s’enflamme, brûle quelques instants, et laisse un charbon volumineux, difficile à incinérer; il ne reste qu’une trace de phosphate de chaux. Elle se décompose en vases clos, en donnant les produits propres aux matières azotées.
- Dans l’eau froide, elle se gonfle, devient très-blanche, translucide, acquiert une augmentation de poids de 40 pour 100, et reste ainsi sans se dissoudre sensiblement. Elle est môme très-peu attaquée par l’eau bouillante, à moins qu’on ne l’ait préalablement fait gonfler dans l’eau froide; dans ce cas, elle se dissout en proportions notables, mais toujours au bout d’un temps assez long-Les acides et les alcalis augmentent sa solubilité.
- La soluLion de gélatine dans l’eau bouillante se prend, pa>’l(: refroidissement, en une gelée transparente, dont la consistance varie suivant le degré de concentration de la liqueur. D’après Bps-tock, une solution qui ne renferme qu’un centième de son pom de gélatine, peut encore se prendre en gelée; lorsqu’elle ne" renferme plus que 1/150®, elle ne se solidifie plus.
- La gélatine en gelée ou en dissolution s’altère assez promph' ment, au contact de l’air et à la température de -j- 16 à 20°; (>11 s’acidifie d’abord, et diminue de consistance. .
- Si elle est un peu soluble dans l’alcool faible, elle est comp tement précipitée de sa solution aqueuse par l’alcool concentre! en flocons blancs, caillebottés. Sa gelée, mise en présence de ci liquide, éprouve une déshydratation, sous l’influence de elle se contracte beaucoup. C’est là le moyen qu’a employé 1 ar ^ Gonnor, il y a une quarantaine d’années, pour obtenir ui planche gravée des épreuves de plus en plus réduites (1)- s
- La dissolution aqueuse de gélatine n’est troublée ni PaI acides, ni par les alcalis, ni par l’alun et l’aluminate de pota ,g’ ni par le brôme et l’iode, ni par les sels de fer, de cuivre c plomb; mais les réactifs suivants agissent autrement:
- Protochlorure d’étain... | Précipité blanc Bichlorure de mercure et f — azotates de mercure... \
- de g®'
- Chlore gazeux........... j
- Acide tannique de toutes f les matières astringen- < tes sans exception...*. 1
- soluble dans un excès
- filamenls
- latine.
- Dépôt floconneux, blanc, nacré, en visqueux, collants, élastiques. conS
- Précipité blanc-gris, abondant, en caillebottés, solubles dans un excès<-C» )C< tine, et, à chaud, dans une lessive a c
- , §çiaïiG$1
- (1) Voir pour plus de détails : Précis de Y Académie impériale des Rouen, pour 1833, p. 99, et. pour 183'», p. 87.
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- DE LA GÉLATINE.
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- ILe tannin forme, avec la gélatine, un composé si peu soluble, qu’une partie de gélatine dissoute dans 5000 parties d’eau est encore sensiblement précipitée par la décoction de galle ou d’une ®alière astringente quelconque. Ce composé se réunit prompte-| Ment en une masse collante, élastique, plus ou moins foncée, | loi, après sa dessiccation, devient dure, cassante et imputresci-^e- C’est un composé analogue qui se produit dans le tannage des I Peaux, et qui constitue le cuir.
- C’est parce que la gélatine est précipitée de sa dissolution par I alcool et le tannin, qu’elle peut servir à la clarification des liquides qui renferment l’un ou l’autre de ces principes, comme le "n et la bière. Le précipité membraneux qui se forme au sein de ‘a liqueur emprisonne, en se déposant, toutes les matières qui en altéraient la transparence. Si la colle de poisson agit mieux que toute autre espèce de gélatine, c’est qu’au lieu d’être un produit I désorganisé soluble, celte colle est formée d’un tissu organique I 'lui se gonfle et se divise seulement dans l’eau, en formant un 1 ’éseau qui se resserre par suite de sa combinaison avec le prin-1 astringent des liqueurs ou par l’action du principe alcoolique.
- 1 C’acide acétique concentré dissout complètement la gélatine I Amollie. L’acide azotique la convertit à chaud en acide oxalique. J |lacule sulfurique concentré la transforme, par l’ébullition dans I e‘Ul> en plusieurs produits, entre autres en un alcaloïde nommé I ^-veine (G12HlaAz04), et en une matière douce, sucrée, cristalline, J (luç Braconnot (1) nomma sucre de gélatine, très-improprement, Puisqu’elle ne peut fermenter, qu’elle admet de l’azote dans sa I |0lMpositïun, et qu’elle n’a de commun avec le sucre que la sa-( Ur- C’est ce qu’.on nomme aujourd’hui le glycocolle (C*tPAz04), Péce d’alcaloïde qui forme avec les acides des composés cristal-| >ns à proportions définies.
- W^onnot (Henri), à qui la chimie organique est redevable d’un si grand av0cat^ C'6 tlilvaux u,iles , est né à Comrncrcy en 1780. 11 était fils d’un Qiencé aU élément, exerçant au bailliage de Commercy. Après ses études com-'Î95 qS C'iez ^es bénédictins, il fut placé chez un pharmacien de Nancy. En 3e e|’* en|ra à l’hôpital militaire de Strasbourg en qualité de pharmacien de suiVre \ Gt y resta jusqu’au licenciement de l’armée du Rhin en 1801. Il alla I c%s •es COurs à Paris, et, après avoir obtenu de brillants succès dans les con-recteurU] ^°^ége de pharmacie, il retourna à Nancy en 1807. 11 y fut nommé di-3vec s,„U.Jai'di" de botanique. Braconnot savait observer avant tout, et démêler l’iHjl °af't-é les phénomènes les plus complexes; il était très-expérimenté dans c°üver|C imn)édiate des plantes et de leurs produits. On lui doit une foule de dé-'égétiues> ^eBes que la constitution chimique des corps gras, beaucoup d’acides 8deüj x nouveaux, la salicine, la populine, la saccharification des matières li-'Acadé’ -a x^0'dine,la légumine, le glycocolle, l’apiine, la leucine, etc. En 1823, H8ô5'i q*1]6. des sciences l’admit au nombre de ses correspondants. En mourant ’1 légua sa fortune, évaluée à 300 00:) fr., à la ville de Nancy.
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- S01XANTE-DEUXIÈME LEÇON.
- Les lessives alcalines ramollissent la gélatine, puis la dissolvent en laissant pour résidu un peu de phosphate de chaux; elles la changent aussi par l'ébullition en glycocolle.
- Dans les arts, on distingue plusieurs espèces de gélatine, non pas qu’elles aient des propriétés chimiques distinctes, mais uniquement en raison de leur origine, de leur degré de pureté, de leurs usages. ^
- 1. La colle de poisson ou ichthyocolle, la plus estimée et la plus cneie des colles commerciales, n’est autre chose que la membrane interne de la vessie natatoire de plusieurs espèces d’esturgeons très-communs dans le Volga et les autres fleuves qui se jettent dans la mer Noire et dans W mer Caspienne. On plonge la vessie natatoire dans l’eau froide pour A ramollir et en détacher la membrane extérieure; l’interne est ensuie roulée en tortillons auxquels on donne, quand ils sont à moitié secs, *a forme d’une lyre ou d’un cœur, ou bien on la plie simplement en cai* rés, en plaques et en feuilles. On blanchit la matière encore humide 1 l’aide de l’acide sulfureux, et on la sèche.
- On connaît dans le commerce : la colle de Russie, c’est la prenne'1' qualité; la colle de Cayenne, qui arrive en morceaux épais comme main, mais qu’on prépare en feuilles, en grands et petits cordons, n°^ tamment en Allemagne; la colle en livres ou en tablettes, préparée e^ Hollande et en Angleterre, avec les intestins de la morue; et la colle rubans, nommée queue de rat, faite avec la vessie natatoire de la c’est celle-ci que les limonadiers emploient pour la clarification
- CclfG.
- La colle de poisson est surtout réservée maintenant pour donne' ^ lustre et de la consistance aux étoffes de soie, aux rubans, pour monter les pierreries, contrefaire les perles fines; pour 1 aPP‘ tion des couleurs minérales et des laques sur les tissus en guise d mine sèche; pour recoller les fragments de porcelaine ou de vérin. Jadis c’était elle seule qu’on faisait servir à la clarification des divt boissons alcooliques et à la confection des gelées alimentaires, ma b lui substitue avec économie les belles qualités de colle de Flandre dm vais parler. . ra;.
- 2. La colle de Flandre est une espèce de gélatine qu’on obtient en.
- saut bouillir dans l’eau les rognures de peau, de parchemin, de 'L ^ certaines espèces de cuir blanc, les peaux d’anguilles, de °'|eva!1 ’ 0g, chats, de lapins, etc. On la prépare aussi avec le tissu cellulaire débarrassé de tous les sels calcaires qui l’incrustent au moyen de chlorhydrique. Ce tissu cellulaire est ensuite converti en ge*a 11 l’action de l’eau bouillante. ,^rea
- Voici l’appareil qui sert au traitement des peaux et autres m premières de cette industrie [fig. 59b) ; ^
- A, réservoir à eau; B, chaudière où l’on fait cuire les l’eau; elle est munie d’un faux fond de tôle ou cuivre perce ^ 0|0!i comme une écumoire, afin d’empêcher que les matières P^US-^férie111 d volumineuses ne s’attachent au premier fond; C, chaudière- ' uid»' destinée à recevoir et à concentrer en consistance convenable c
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- pwsi
- II»
- «
- "i,1," >11
- SMMMflSSK&S
- Fig. MJ!).
- Les matières premières, dites colles-matières, sont d’abord mises à ra-'l'°'lir dans l’eau froide afin de les hydrater et de les dépouiller de la $ !1Ux qui a servi à leur conservation en magasins. On leur fait ensuite ubii* trois décoctions de 4 à 5 heures dans la chaudière 15. Après soutins1'dans la chaudière C, on clari-'es liqueurs gélatineuses en y 1 joduisant quelques centièmes s Un eri poudre, et lorsqu’elles (1|, assez concentrées pour se le nj?r® en gelée consistante par c'roidissement, on tire à clair °n les coule dans des moules •—
- bois
- de sapin placés dans un
- Fig. tiOO.
- endroit r.0“H111 v,MX
- Au° fra‘s (fig. 600).
- letll û°utde 15 à 18 heures, la matière étant prise en gelée et complé-on la détache des parois des moules au moyen d’un cou-fenvi Cxil>!o et mouillé, et on la fait tomber sur une table humide en ttijn Sa,1t les moules. On découpe alors chaque pain de colle en tranches les >qS an m°yen d’un (il de laiton (fig. 601), et on les fait sécher en sur des treillages en cordes ou en fils métalliques dans un 1 l'^e aeré, dans des séchoirs en bois à feuillets mobiles, peu gUère ,l)0ur la construction des séchoirs de blanchisseurs. Ce n’est vlies ,clUau printemps, et à l’automne que celte dessiccation des tran-e c°lle peut s’effectuer régulièrement et sans accident, cardans les
- FABRICATION DE LA GÉLATINE.
- gélatineux écoulé de la chaudière B; D, petit seau servant à porter le liquide dans les moules, après le repos et la clarification.
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- 728 SOIXANTE-DEUXIÈME LEÇON.
- chaleurs de 1 été, la gélatine se liquéfie, et, dans les temps froids, elle se fendille, se gerce et se déforme.
- Lorsque la dessiccation s’est faite convenablement, il en résulte des
- Fig. COI.
- feuilles ou tablettes minces et demi-transparentes, incolores ou peu ǰ torées, qu’on lustre en les plongeant dans l'eau tiède, les frottant a' une brosse mouillée, et les séchant rapidement dans un courant < a chaud. Ces feuilles gardent toujours l’empreinte des cordes ou fil5 sU lesquels elles ont été placées. , ^ ^
- La plus belle colle de Flandre est fabriquée, depuis longues années, Rouen, avec des matières de choix; on l’appelle Grcnéline, du nom celui qui l’a mise en vogue et qui s’esL appliqué à la substituer à lac° de poisson dans tous ses emplois. ,
- C’est, en effet, cette sorte de gélatine qui sert communément à la ritication des liquides alcooliques ou astringents, à la préparation gelées alimentaires ou médicinales, de la colle à bouche, du taffetas ^ gleterre (1), des capsules pharmaceutiques qui servent à enveloppe* médicaments de saveur désagréable, au gommage ou apprêtées 1S légers et peu serrés dont on veut boucher toutes les mailles, de mai à les rendre translucides et imperméables à la poussière; c’est a'cC
- (1) Les gelées alimentaires se font avec une dissolution de grenétinc,^ ^[(e née de. sucre, d’aromates et devin généreux ou de rhum. 5 grammes^ substance en hiver, 7 gram 1/2 en été suffisent pour donner à i(,,) S1* ,eS-de liquide la consistance gélatiniforme. — Les confiseurs en introduben ^ que toujours dans leurs gelées de pommes et de groseilles pour les ien( fermes. , jc colle
- La colle à bouche est une dissolution concentrée, sucrée et aromatisée de Flandre, qui a été coulée en tablettes étroites, allongées et assez épais5 la dessiccation a été effectuée à l’air ou à l'étuve. de-:
- Le taffetas cl’Angleterre qui sert, comme on sait, à rapprocher b’S faCes
- plaies légères, n’est autre chose que du taffetas ordinaire dont 1 une >fl al-
- a reçu plusieurs couches successives de gélatine aromatisée avec la (l coolique de baume de Tolu.
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- FABRICATION DE LA GÉLATINE.
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- tissus ainsi prépares qu’on couvre les lustres, les garnitures dorées des cheminées, etc.
- Eh coulant cette gélatine incolore ou colorée avec des décoctions do bois, sur des glaces enduites de fiel de bœuf pour qu’elle n’v adhère pas, on en fait des lames minces, élastiques, solides, transparentes comme le verre, dont on fait grand usage pour calquer et décalquer des dessins et des gravures (c’est alors ce qu’on appelle le papier-glace ou papier-gélatine), pour en confectionner des fleurs artificielles, des pains à cacheter, des enveloppes pour les confiseurs, des cartes d’adresse et de visite imprimées eu or et en argent, pour en faire des tirages d’é-Pi'euves lithographiques; c’est par milliers qu’on vend les images de sainteté tirées sur gélatine incolore ou nuancée des plus vives couleurs. É’est encore avec la belle colle de Flandre qu’on obtient des préparations aoatomiquos transparentes comme le verre, et qu’on vernit les lithographies coloriées et les gravures.
- 3. La colle forte, qui est en tablettes plus ou moins épaisses, d’un '°ux ou d’un brun noirâtre, est préparée avec des matières premières P'us communes que celles qui servent à faire la colle de Flandre, notamment : les os, les peaux, les tendons et les pieds de bœufs, les oreilles de moutons, de veaux, de chevaux, les débris de tannerie, les surons, les sacs de peau, les débris des bourreliers, etc.
- C’est surtout cette sorte de gélatine qui est employée à chaque instant Par les menuisiers, les ébénistes, les emballeurs, comme substance ad-hésive et collante. Pour s’en servir, on doit casser la colle en petits fragments, la laisser tremper dans l’eau froide pendant 5 à 6 heures, puis chauffer au bain-marie. Dès que toute la colle est fondue, elle est bonne a employer.
- Çne colle forte est d’autant meilleure pour coller le bois, qu’elle a été Réparée à une plus basse température, et que, par cela même, elle se sOtitle davantage dans l’eau froide sans s’y dissoudre ; c’est la plus te-mmcet la moins altérable à l’humidité. La colle brune, qui offre ces cautères, se vend sous le nom de colle de menuisier. Lorsqu’une colle est ^traite au moyen d’une coction trop prolongée, elle est toujours moins
- lona
- bon
- co> et plus ou moins soluble dans l’eau froide, par suite de l’altéra-ue (l"e la chaleur lui a fait éprouver ; ainsi la colle de Paris, dite colle d clu'Peliers, attire fortement l’humidité et se liquéfie à l’air. La colle ,c Première qualité, avec laquelle on confectionne les peignes, dits en s'ils i fartice> cst> au contraire, si bien préparée, que ces peignes, plon-au\aans Ce au froide, y acquièrent un volume énorme sans rien céder 1 ‘^ific. C’est avec une colle de ce genre qu’on confectionne les rou-d imprimerie.
- delà fr^Caie souventune col/e liquide en faisant dissoudre au bain-marie
- ^i*11° aIco°l el une petite quantité Nl'«U fluide pendant longtemps sans aucune altération, est très-com-fra 1 P°UI' une foule de petites opérations, entre autres la soudure des i^nts d’os, de corne, d écaillé, de nacre; mais elle a moins de téna-
- ac°lle forte transparente avec un poids égal de vinaigre très-fort, un 91 d'alcool et une petite quantité d’alun. Cette colle, que l’acide
- cité
- ,.<1Uc la colle fondue à l’eau et employée chaude
- s«lut
- .flumoul ion d’i
- in préfère ajouter 200 grammes d’acide azotique à 36° à la kilogr. décollé fortedansun litre d’eau. Cette colle liquide,
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- SOIXANTE-DEUXIÈME LEÇON.
- imputrescible, remplace avec avantage dans les laboratoires le lut au blanc d’œuf et à la chaux.
- Les autres usages de la colle forte sont l’apprêt des tissus communs, l’encollage ou parage des chaînes de tisserands. Pour ces destinations, les colles les plus hvgroscopiques sont les meilleures. Ce sont celles egalement qu'on ajoute dans les bains d’eaux minérales factices pour remplacer la matière organique contenue dans les eaux naturelles.
- On distingue dans le commerce diverses qualités de colles fortes, et on les désigne par les noms des pays de fabrication. Les plus estimées son celles de Rouen et de Bouxwiller ; viennent en second lieu celles m Hollande, de Cologne, de Flandre, de Givet, préparées souvent au’1 des peaux d’animaux sauvages. Les plus faibles sont celles de Souabe, d’Allemagne, de Paris, obtenues avec les peaux des animaux domotiques.
- 4. La colle au baquet n’est autre chose qu’une colle tremblante, quon obtient avec les vieux gants et les peaux de lapins privées de leurs p°ll=' On l’emploie principalement pour le collage des cartons, des papu’i-peints, dans la peinture en détrempe pour fixer les couleurs minera s communes dont on recouvre les murs. ..
- Dans certains pays, on fait une pareille colle avec les ouïes, la entière, la queue et, en général, toutes les parties cartilagineuses * grands poissons sans écailles, tels que les marsouins, les requins, sèches, les loups-marins, les baleines et autres cétacés.
- DU TANNAGE OU FABRICATION DU CUIR.
- La peau desséchée sans aucune préparation se pourrit aisémen)-s’imprègne d’eau avec facilité, et se détruit par un frottement r pété. On remédie à tous ces inconvénients, et on la rend Pr0PffA la confection de nos chaussures, en tirant parti d’une prop1^. qui lui est commune avec presque tous les autres tissus des < ^ maux : c’est de pouvoir s’unir intimement au tannin. Qu’on p10 c un morceau de peau dans une dissolution aqueuse de tan .j ou dans la décoction d’une substance astringente quelconque»^ enlève peu à peu ce principe à l’eau, qui, au bout d’un teinps lisant, n’en renferme plus aucune trace. Le composé ainsi p!° est très-dur, tout à fait insoluble, imputrescible, et peut 1er les alternatives de sécheresse et d’humidité sans a^s01 e l’eau. Cette réaction nous indique la théorie du tannage, n0lT1^ eD l’on donne à l’opération qui convertit les peaux des anima
- cuir. _ e des
- Cet art a été pratiqué de toute antiquité, et l’on en rétro ^ notions chez les peuplades les plus sauvages. Les Grecs et ^ mains le portèrent à une assez grande perfection; mais c-^en* tout depuis la fin du siècle dernier qu’il a fait des progrès i ,feS ses, grâce au secours de plusieurs chimistes, et entre j de Séguin. Cette industrie, à laquelle on fait en général PL .g jeS tenlion, est cependant très-importante ; elle fournit à ,tl
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- TANNAGE.
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- instruments et la matière première à une multitude de travail-leurs, et satisfait également les besoins du luxe et ceux de la médiocrité. Dans les ateliers, dans les manufactures, dans les exploitations rurales, dans les habitations du simple particulier, partout yous rencontrez ses produits déguisés sous mille formes, mais toiyours nécessaires, souvent indispensables. Pour vous donner ée idée du mouvement des capitaux que cette industrie éntraîne, je ne parlerai que d’un de ses produits les plus communs. Il y a quelques années, M. Say estimait que le nombre de souliers fabriqués en France s’élevait à 100 millions de paires, et que le salaire des ouvriers était de 300 millions de francs, somme énorme la valeur de la matière première (i°it) au moins, doubler.
- Toutes les plantes astringentes qui renferment du tannin en assez forte Proportion, celles que le teinturier relise pour obtenir des couleurs bru-"es ou noires, peuvent servir à la réservation des peaux, c’est-à-dire à lUr transformation en cuir; toute-'lls> c’est, presque partout, l’écorce 1 es chênes et spécialement du chêne i Cr°che(s (quercv.s glomerata des bo-éistes) (fig. 602) qu’on emploie. On dréduit en poudre grossière sous des ||leules; dans cet état, elle porte le 0rri de tan, et c’est de ce vieux nom dérivent ceux de tannerie, de tan-^e> de tanneur.
- , humeur exerce son art sur les peaux fraîches des animaux e Whe
- "'Plusie
- s- Chaque sorte de peau a sa destination spéciale. Ainsi :
- e^es de buffles' et de bœufs i servent à la fabricut. des cuirs forts, de vaches, de veaux,
- Fig. 002.
- îrie et sur les peaux qui arrivent sèches, salées ou non, —œurs États d’Amérique, notamment de Bahiaetde Buénos-
- de cheval démoulons, de chèvres, d’agn., de chevreaux.
- des cuirs mous.
- de porc, de bouc,d âne j
- — des cuirs minces et llexibles pour gants et maroquins.
- — des cuirs pour coffres, cribles, tambours, etc.
- °Pére sur les peaux fraîches, après les avoir dépouil-Gs chairs et des cornes, on les met à tremper dans l’eau 1 <ud deux à trois jours pour les bien laver. Quand on agit sur
- 1 P^aux
- exotiques, qui sont sèches et racornies, on les fait ma-
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- SOIXANTE—DEUXIÈME LEÇON.
- eérer dans l’eau, souvent môme dans l’eau de chaux, puis pour les ramollir on les piétine et on les élire en tous sens.
- Parlons d’abord de la fabrication des cuirs mous. Elle comprend quatre opérations distinctes :
- La première dite pelanage, consiste à passer les peaux successivement dans quatre à cinq cuves (nommées pelains dans les ateliers), contenant un lait de chaux, de plus en plus riche en chaux récente. Cette macération, qui dure de trois semaines à un mois, a pour but d’ouvrir les pores de manière que les poils puissent être enlevés facilement.
- La deuxième opération, nommée épilage ou débourrage, consiste à enlever le poil qui lesll'-couvre. A cet effet, chaque peau est étendue sut un chevalet (/»/• 603) 11
- côté de la chair, et un on-
- vrier en râclelasuiface pileuse avec un route311 émoussé, dit coûter rond (fig. 604). t>n L. jette à l’eau au fur et mesure, puis on h’s 1 porte sur le cheva™ où, avec un couteau
- Fig. 60i. tranchant à lamec>lC
- laire, on cn e) njDj
- chairs encore adhérentes, l’épiderme qui ne se combine pas au tan les bords et les portions de peau inutiles. Avec une pierre de g1^’ je reille aux pierres à faux, on adoucit le grain de la fleur, c'est-a- ^ côté du poil, en faisant disparaître les petites protubérances qui s y trent ; enfin on passe de nouveau le couteau circulaire sur les deux^ de la peau jusqu’à ce que l’eau de lavage n'entraîne plus d impul .jjOIé
- Dans ces dernières années, M. Félix Boudet a grandement arI l\ ja les deux opérations précédentes en substituant la soude caustique,0„ chaux, pour le pelanage. Il reste toujours de celte dernière, fiu0, er)Ce fasse, dans les pores de la peau; aussi, lorsqu’on met celle-ci en P
- du tannin, il se forme un tannate de chaux insoluble, qui raie ieS
- dans tousce.
- Fig. 603.
- ud<b
- sidérablement l’absorption du tannin par la peau, et qu cas, diminue beaucoup la souplesse du cuir. — Avec la s ei. inconvénients ne sont plus à craindre; le pelanage s'effectue ^annage ques jours ; le travail sur le chevalet est rendu plus facile, et te s’opère ensuite en moitié moins de temps. ^ûUvrir
- La troisième opération, qu’on appelle gonflement, a pour bu n ju autant que possible les pores de la peau afin de faciliter Tabso j ^piu-tannin. On arrive à ce résultat en tenant les peaux plongées, PL’U^ autrc sieurs jours, à la température ordinaire, dans de la jusée, dul 11 ü;é. chose que de l’eau aigrie par son contactavec de la tannée ou . rjpefl'
- commence par des liqueurs faibles ; on relève les peaux chaque jo ^
- dant les trois ou quatre premiers, en ajoutant à chaque irn|nCl.^püiS deux paniers de tannée ; on laisse en repos pendant quelques jo>
- on
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- TANNAGE.
- 733
- les porte dans une infusion de tan neuf, marquant 0°,9, dans le sein de laquelle elles restent pendant une quinzaine de jours. Lorsqu’elles ont acquis une couleur blonde, elles sont prêtes à subir la quatrième opération.
- Cette 4e opération est le tannage proprement dit, ou la mise en fosses. ?n superpose les peaux dans de grandes cuves de bois ou de maçonnerie •^perméable, qu’on appelle fosses, avec du tan dont les couches ont quelques centimètres d’épaisseur. Chaque fosse peut contenir de 6 à 700 Peaux. On termine par une couche épaisse de tan neuf, puis de tannée, °u recouvre le tout de planches et de pierres, et on fait arriver de l’eau (e manière à abreuver toute la masse. Le tannin de l’écorce se dissout et est successivement absorbé par les peaux, qui se durcissent. Au bout ae quelques mois, on renouvelle le tan et on replace les peaux en sens juverse, celles de dessus au fond et réciproquement; on laisse séjourner e même temps, en sorte que le tannage n’est complet qu’au bout du unième ou du huitième mois, selon l’épaisseur des peaux. Celles-ci sont al°rs du cuir qu’on nettoie et qu’on livre aux corroyeurs.
- Le tannage des peaux destinées à fournir des cuirs forts ne présente (l,le de légères différences. Au lieu du pelanage à la chaux ou à la soude, °n empile les peaux dans une chambre chauffée entre 20 à 23°, pour terminer dans la masse une légère fermentation putride, ou bien °n les expose pendant 24 heures à l’action de la vapeur à cette tempé-jature. Pour le gonflement, on ajoute à lajuséeunpeu d’acide sulfurique. ^ mise en fosse dure de 18 mois à 2 ans, en remplaçant deux ou trois ,01S Ie fan durant ce laps de temps. — Au sortir des fosses, on fait sécher eutement les cuirs, à l’ombre, puis on les martelle sur des tables de 'erre ou de marbre, afin qu’ils restent le moins spongieux possible, ans certains établissements, on remplace le martelage par le foulage moyen de cylindres lamineurs très-lourds qu’on fait rouler sur les !rs Rendus sur des tables chauffées à la vapeur.
- ,es peaux, tannées convenablement, ont une couleur jaune plus ou °ms foncée, dans toute leur épaisseur. On ne consomme pas beaucoup oins de 300 kil. de tan par 100 kil. de peau fraîche, et le poids de celle-senlève à loOkil. par le tannage.
- L<i longueur de ces procédés a fait rechercher des méthodes s expéditives. Dans quelques localités, on coud les peaux eame des sacs, on les remplit d’eau et de tan, puis on les tient °ngées dans une infusion de tan. Par ce moyen, dit tannage au lJP°ge ou à la danoise, les cuirs sont confectionnés en deux mois.
- ntiand Séguin, chargé, en 1792, de procurer des cuirs au gou-lieinernent» dans un instant où les besoins de cet objet, si essen-; aux armées, étaient urgents, parvint à tanner, en vingt-cinq f0 rs> non-seulement les baudriers, mais môme les cuirs les plus . s- Son procédé consistait à tremper les peaux dans des infu-** t^n, d’abord très-faibles en tannin, puis de pius en plus te»s de ce principe, et à mettre en fosse pendant quelque n’élî^’ P°ur terminer le tannage. Mais les cuirs ainsi obtenus tllent pas de très-bonne qualité. Cependant, tout médiocres
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- qu’ils fussent, ils n’en rendirent pas moins de grands services à la République, en lui donnant les moyens de fournir des chaussures à ses soldats victorieux, mais nu-pieds.
- Depuis une vingtaine d’années, des modifications plus ou moins importantes ont été apportées à l’ancien.procédé, par MM. Félix Boudet, Ogereau, Sterlingue, William Drake, Turnbull, Knowlys, Dnesbury, Durand-Chancerel, Pelletreau, Vauquelin et autres; mais le temps n’a pas consacré la bonté des améliorations pr°' posées, qui ne sont encore, pour ainsi dire, qu’à l’état d’essais dans quelques ateliers. D’ailleurs, la pratique a démontré que le tannage ne peut être parfait qu’à la condition d’opérer d’une maniéré très-lente la combinaison du tannin avec le tissu animal. Je n1C bornerai à vous apprendre que, par l’emploi de machines app1’0' priées et par la substitution de l’infusion de tan à l’écorce sèche en nature, le tanneur Vauquelin opérait le tannage complet des peaux de bœuf en 90 jours, celui des peaux de vache en 60, c des peaux de veau en 30 jours.
- Les cuirs, une fois préparés par le tanneur, sont soumis à diveif apprêts, colorés, vernis, cirés parle corroyeur. Le vernis, pour Ie cuirs destinés à la chaussure et à la sellerie de luxe, est une diss° lution de bitume de Judée et de vernis gras au copal dans de 1 sence de térébenthine et de l’huile de lin lithargyrée ; on en apP11, que plusieurs couches sur les cuirs, qui ont déjà été imprégnés a l’avance d’huile de lin lithargyrée colorée avec du noir d’ivoi,e broyé très-fin. Ce vernis est brillant, toujours propre, car un su^ pie lavage suffit pour le nettoyer ; il est imperméable à l’eau rend le cuir plus beau et plus durable. . j(,
- . L’industrie des cuirs vernis a été créée, en France, depuis commencement de ce siècle ; elle a pris une très-grande extensi dans ces dernières années, grâce surtout aux efforts de M. F»11 mer, de Pont-Audemer, et de MM. Nys et Longagne, qui ont sl gulièrement perfectionné la fabrication des cuirs vernis’ P°ur carrosserie et pour la chaussure. On exporte nos produits en genre partout, même en Angleterre. Df
- Les peaux de bœuf, de buffle, etc., servent particulière^eC à préparer des cuirs forts pour semelles et bottes fortes» celles de vache, de veau, de cheval, etc., on confectionne les c mous pour les tiges de bottes fines et souliers minces, p°ur harnais, etc. . Ieür
- Le maroquin est de la peau de chèvre tannée et mise en c ^ je du côté de la fleur ou de la chair. On teint le rouge avan*’c que jaune, le bleu ou le vert après le tannage. C’est du ^aI°j,0pe. l’art d’apprêter ces sortes de cuirs a été importé en je La France a ravi à l’Orient, son industrie des maroquins, ^ j,(
- milieu du siècle dernier, grâce surtout au chirurgien 6>raI
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- TANNAGE.
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- qui publia, en 1735, la description complète de l’art du maroquinier, tel qu’il l’avait vu pratiquer dans le Levant. C’est surtout depuis une cinquantaine d’années que la maroquinerie a pris de grands développements chez nous; on ne peut rien voir de plus parfait que les peaux maroquinées qui sortent des fabriques parisiennes, et notamment de la belle manufacture de MM. Fauler, à Choisy-le-Roi, qui présentaient déjà de très-beaux produits à l’exposition de l’an IX (1801). L’exportation du maroquin français en Belgique, en Italie, en Suisse et en Amérique, s’élève à plus d’un million de francs par an (1).
- La couleur rouge est donnée aux peaux avec la cochenille et*le sel d’étain ; le bleu avec la cuve à la couperose; le violet et la nuance pensée avec la cochenille mise sur peau déjà teinte en Lieu ; le noir est obtenu avec l’acétate de fer; le jaune et tous ses dérivés avec la racine d’épine-vinette. Le cuir de Russie, remarquable par sa souplesse, son inaltérabilité à l’air humide, son imperméabilité à l’eau, et surtout son odeur particulière, qui en Joigne les insectes, doit ses qualités à l’huile empyreumatique du nouleau, dont on l’imprègne.
- bous les cuirs colorés sont tannés avec le sumac ou la noix de galle. Mais ceux qui doivent rester blancs, tels que les peaux n»nees de chevreau, de mouton, d’agneau, destinées à des ouvrages délicats, et qui, par conséquent, n’ont pas besoin d’avoir 'jue grande résistance, sont rendus imputrescibles par leur séjour dans une solution d’alun et de sel commun, après avoir été préa-‘‘Llement décharnés et débourrés. Il se produit un chlorure d’alu-^'nium qui se combine au tissu animal et le rend inaltérable à Ulr- C’est là ce qui constitue l'art du mégissier. depuis une trentaine d’années, Tes mégissiers font un fréquent S!lge du réalgar, sous le nom impropre d’orpin, pour le débourse des peaux de mouton ; ils le mettent en pâte avec de l’eau et de ]'| chaux vive, qu’ils appliquent sur la chair pour en faire tomber a *a'ne; cela évite l’immersion des peaux dans un bain de chaux, Ulls* qu’on le fait en suivant l’ancien procédé. — M. Félix Boudet, J*t constaté, en 1850, que le résultat obtenu est dû au sulfure | ^ Calcium naissant, formé par la réaction de la chaux sur le sul-I e d’qrsenic, a proposé, avec raison, de substituer à ce com-(lS si dangereux une pâte faite avec 3 parties de sulfure de so-(] UnV10 parties de chaux vive, et 10 parties d’amidon. L’action celle pâte est si prompte qu’après 2 à 3 minutes de contact Cc une peau brute, la surface cutanée se trouve entièrement
- des peaux préparées et colorées est bien ancien, car Moïse parle hur$ fpXode> de peaux de mouton teintes en orangé et en plusieurs autres cou-a‘ CGhap xxv, vers. 4 et 5.)
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- dépilée. Mais le haut prix du sulfure de sodium a retardé jusqu’ici l’abandon du sulfure d’arsenic. M. Bénard, professeur de chimie à Amiens, a prouvé, en 1860, que le sulfhydrate de sulfure de calcium, qu’on peut obtenir à peu de frais en faisant usage de résidus sans valeur, produit, d’une manière infiniment plus économique) le débourrage complet (1).
- Le chamoiseur, qui s’occupe de la préparation des peaux de chamois, de daim, de buffle, de bouc, de chèvre, pour la fabrication des gants, se borne à les priver de leur humidité et à les passer en huile, c’est-à-dire qu’à l’aide de manipulations multipliées, il par' vient à les pénétrer de matières huileuses qui n’en altèrent pas la force, et qui leur donnent du moelleux et de la souplesse (2). On commence depuis peu à tanner légèrement les peaux dans une infusion d’écorce de saule, avant de les chamoiser.
- La fabrication des gants est une industrie très-importante, q111 a pris, en France, un accroissement prodigieux depuis 1827. On fabrique aujourd’hui, dans la seule ville d’Annonay, 6 millions de peaux, qui ont une valeur de 18 à 20 millions, et qui, transformées en gants, donnent un chiffre de 33 à 33 millions. Les fabriques de Lunéville occupent à elles seules 10 000 ouvriers-Vendôme prépare exclusivement les gants communs; Rennes, les gants de daim; Annonay, les gants de chevreau, et Niort, 1®* gants de castor; Grenoble, Paris, Chaumont et plusieurs autres villes du Nord, concourent aussi à cette production. Celte bel1 2 * industrie, si intelligemment traitée en France,* a trouvé des débouchés dans toutes les parlies du monde civilisé; l’Angletcrr*-
- (1) M. Bénard obtient ce composé en introduisant dans un tonneau dispo^ cet effet : G kilogr. des résidus sulfurés provenant du lessivage de la soude artificielle, avec 12 kilogr. de l’acide sulfurique à 20° qui a servi à réputation huiles, et dirigeant le gaz hydrogène sulfuré qui résulte de cette réaction ^ de l’eau tenant en suspension GG litres de chaux vive. Ce lait de chaux es Y dans un appareil de Woulf construit avec deux ou trois tonneaux de t,0lS’uveile qu’il refuse d’absorber le gaz hydrogène sulfuré, on le remplace PaT^6/fhidr^e chaux. On obtient, de cette manière, pour 1 fr. 52 c., une quantité de suif ^ent de sulfure de calcium suffisante pour dépiler 150 peaux de mouton, <1ul ^55. actuellement 3 kilogr. d’orpin et 1 hectolitre de chaux,,coûtant ensemble ^c£|Up — Un autre avantage de la pâte de M. Bénard, c’est qu’elle pénètre 1 t^re plus promptement les peaux que la pâte à l’orpin ; aussi les toisons PeU' pâte détachées sans peine au bout de 2 heures,-alors qu’il en faut 24 avec coin" arsenicale. — Si l’on a égard à cette autre circonstance, que cette derni promet à chaque instant la santé, la vie même des ouvriers chargés ue t p fa'1 en œuvre, tandis que la pâte au sulfure de sodium ou de calcium est ^ 0llt inoffensive, on devra quelque reconnaissance à MM. Boudet et Bena a,ge-trouvé les moyens de rendre salubre une opération industrielle qui e
- reuse au premier chef.
- (2) Sous le nom de dégras, on désigné commercialement les huiles ntpour
- qui ont servi au chamoisage, et que les corroveurs achètent principal
- la préparation des cuirs blancs.
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- DES OS ET DES INDUSTRIES QUI LES EXPLOITENT. 737
- ne demande pas moins de 1 500 000 paires de gants chaque année, quoique Londres et plusieurs autres villes en fabriquent des quantités considérables.
- Enfin, on obtient le parchemin (dont les anciens faisaient un si 8rand usage pour l’écriture) en dépilant les peaux de mouton ou de chèvre, les passant en chaux, les étendant sur des cendres pour 'es décliarner et les réduire à l’épaisseur convenable, et en les boitant avec une pierre-ponce pour les adoucir. Le vélin ou parchemin vierge, qui est plus tin et plus blanc que le parchemin ordi-na!ce, se fait avec les peaux de veau, de chevreau ou d’agneau ^orl-né. Les parchemins pour les caisses de tambours se font avec les peaux d’âne, de veau, et, par préférence, les peatix de louP; ceux pour les timbales, avec les peaux d’âne; ceux pour les cribles, avec les peaux de veau, de chèvre et de bouc ; enfin, ceux l'°ur les coffres et les livres d’église, avec les peaux de porc. La P'upart des ouvrages de sellerie sont confectionnés avec ces der-lueres sortes de peaux. La sellerie française jouit d’une très-grande 1(iPutation à l’étranger; il ne se vend pas, dans l’Amérique du Sud,
- lme selle de luxe qui n’ait été fabriquée à Paris. Cette seule Manche d’industrie fournit â l'exportation une somme de plus de •000 000 de francs (1).
- §5. — ©es os et des industries qui les exploitent.
- os sont la partie la plus solide
- des animaux; ils
- etl Arment la ch'arpente et en soutiennent toutes les parties. On Pe,'t les considérer comme un tissu cellulaire fort éüais. dans les
- '“'mes duquel existent des sels terreux, dont la nature est pres-J e toujours la môme, mais dont les proportions seules varient 1 * ^verses époques de la vie. Ainsi, dans le jeune âge, le tissu ulaire étant très-prédominant, les os sont peu consistants; a>s à mesure que l’animal avance en âge, les sels terreux aug-sJn|ent peu à peu en quantité ; aussi les os prennent-ils de la ^t’té, et finissent-ils par devenir cassants.
- re étant très-prédominant, les os sont peu consistants; mesure que l’animal avance en âge, les sels terreux aug-d peu à peu en quantité ; aussi les os prennent-ils de la et finissent-ils par devenir cassants.
- VUI‘QUé, et finissent-ils par devenir cassants. r fo'os l’état de vie, les os sont recouverts par une membrane ltlCe5 transparente, nommée périoste, dans laquelle pénètrent
- Il i.1, E usage du narchemin remonte. dans l'Orient, à la nlus haute antiauité.
- écrive* " 4,01 u peuecnonne a rergame, ü ou iui est venu suu uum. jucô yiccs hCo !ent SU1 ^es Peaux de mouton et de chèvre, et, suivant l’historien Josèphe, fliiiJ, aes Livres sainfs nui fut. envovée nar le errand urètre Éléazar à Ptolémée-
- foilade ?es Livres saints qui fut envoyée par le grand prêtre Eléazar à Ptolémée-Usage , ®tait fuite sur une membrane très-fine. Les Romains faisaient aussi un 'iititdp lesdraquent du parchemin, et, suivant Cicéron, ils le préparaient avec
- DfirfWtinv. ,1----X------,i:x-----------.... ,1 ’UA,.„ ___
- sur une membrane très-fine. Les Romains faisaient aussi un
- fo'che ^ei^ecf10n> de son temps, qu’il dit avoir vu l’Iliade d’Homère écrite sur un »oix> 111111 s> délié, qu’on aurait pu l’enfermer tout entière dans une coquille de
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- les vaisseaux sanguins qui amènent les matières nécessaires au développement du tissu osseux. Une autre membrane, dite médullaire, en tapisse l’intérieur, et reçoit également des vaisseaux sanguins; elle enveloppe la moelle qui y est renfermée, surtout dans les os longs, qui sont toujours creux.
- Voici, d’après Berzelius, la composition des os de l’homme et du bœuf, débarrassés du périoste et de la graisse :
- Os de bœuf.
- 33,30
- 57,35 3,85 2,05 3,45
- Os humains.
- Cartilage complètement soluble dans l’eau... 32,17
- Vaisseaux..................................... 1,13
- Sous-phosphate de chaux, avec un peu de
- fluorure de calcium........................ 53,04
- Carbonate de chaux............................ 11,30
- Phosphate de magnésie......................... 1,10
- Soude, avec très-peu de sel marin.............. 1,20
- 100,00 100,00
- Les dents, quisont les plus durs de tous les os, ont la même composition, sauf qu’elles renferment plus de phosphate et moins de cartilage que les autres.
- D’après les nombreuses analyses des chimistes modernes, e surtout celles de M. Fremy, les os appartenant aux animaux qn diffèrent le plus par leur organisation, présentent à peu près ^ môme composition chimique. Ce sont les mômes matières mm raies, et le tissu cellulaire est identique. M. Fremy a donné a tissu le nom d’osséine [histose de M. Baudrimont); il n’offre a cune différence avec celui qu’on rencontre dans toutes lesauh parties du corps des animaux. II a la propriété, je l’ai déjà dit, se convertir en gélatine par l’action prolongée de l’eau bouilbm ^ On isole parfaitement 1 ’osséine des matières minérales q111 . crustenl, en laissant tremper les os dans de l’acide chlorhydriq très-faible, pendant environ dix jours; ils se ramollissent et viennent peu à peu, quelle que soit leur grosseur, demi-B* parents, et aussi flexibles que le jonc; ils cèdent à l’acide tous^ sels qui leur donnaient tant de dureté, et ils ne sont plus a ^ composés que de tissu cellulaire qu’on purifie par des laV‘° convenables. en
- Cette action, étudiée pour la première-fois par Hérissan , ^ 1758; plus tard, en 1806, par Hatchette, a été mise à P10 *’(jnC 1810, par d’Arcet, pour obtenir de la colle forte et de la ,»1 ‘(jans alimentaire. On a renoncé depuis h introduire cette dernier0 ^ la nourriture des hommes; mais l’industrie a conservé le P1 ur. de d’Arcet, pour la fabrication de la colle, qui entre en c rence avec celle provenant des peaux (1).
- -------------------------:----------------------—--------- ’ je ces
- (I) Jean-Pierre-Joseph d’Arcet, dont j’ai parlé tant de fois dans le co
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- GÉLATINE DES OS.
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- Dans les usines, on choisit, pour celte extraction, les matières osseuses qui, à masse égale, offrent le plus de surfaces accessibles directement à l’acide, tels que : les os des têtes de bœufs et de vaches (nommés canards), des têtes et des jambes de moutons, de l’intérieur des cornes de bœufs et de vaches [cornilions); les os Minces de l’humérus des moutons (omoplates), et les os plats des oûtes de bœufs perforés par les fabricants de boutons [dentelle des Moutonniers).
- Ces os, traités par l’acide chlorhydrique à 6°, dans de grandes ouves, pendant un temps suffisant, laissent de 23 à 27 pour 100 de. l'ssu cellulaire, qu’on lave à grande eau pour le dépouiller de foule trace d’acide; mais, quoi qu’on fasse, il y reste toujours du Phosphate acide de chaux, avec un peu de chlorure de calcium; aussi la colle qu’on en obtient, par l’ébullition en chaudière, est très-hygroscopique : c’est ce qui la fait rechercher de préférence d toute autre par les tisserands pour parer les chaînes de leurs llssus. On peut, toutefois, obtenir une colle tenace et inaltérable ‘'loir, en faisant macérer le tissu cellulaire dans un lait de chaux
- J0ns’ mérite d’être connu. 11 appartenait à une famille chez qui la science a été l/i taire; il était petit-fils du célèbre Rouelle, petit neveu d’Hilaire Marin qe Ue fe> et fils de Jean d’Arcet, ancien secrétaire de Montesquieu et précepteur ci Son plus tard professeur de chimie au Collège de France, membre de l’an-^ ne Académie des sciences, et morten 1801, étant membre de l’Institut et du te ît co,nservat-eur- Jean-Pierre d’Arcet, qui fut aussi de l’Institut, naquit à Paris rai . a°ùt 1777, et il y mourut le 1er août 1845. Il était alors commissaire géné-tt|j[(.es Monnaies, membre du Conseil général des Arts et manufactures, du Co-e consultatif, du Conseil de salubrité, de la Société d’encouragement, du Jury $re al des expositions, et d'une foule de Sociétés savantes nationales et étran-faire j, ve ('e son père et de Vauquelin, il ne quitta ces grands maîtres que pour cjjrr-'^PPl'cation des utiles connaissances qu’il avait puisées à leur école. La opérCre (*es arts s’ouvrit devant lui à une époque où la révolution qui s’était ]es proc4LS ^ C^im*e commençait a faire naître des perfectionnements dans tous
- ilcj0^ Par la nature d’une grande sagacité, d’Arcet se plaça au premier rang dern.avants qui s’attachèrent à faire progresser l'industrie française, et jusqu’à ses de |aers Moments, les arts furent l’objet de sa constante étude. La préparation steto S0U(le artificielle, des savons marbrés, des alliages pour les canons et les lui) ,s> des tam-tam et autres instruments sonores, de la gélatine des os, de l’a-
- rdu
- etdçsf Parier, du bicarbonate de soude; l’établissement de l’éclairage au gaz si°n . aMigalions à l’hôpital Saint-Louis, l’emploi des mastics-hydrofuges, la fu-des Co- SP‘* au bain-marie, le perfectionnement de l’art de l’essayeur, la trempe tilatjonlns ^GS Monnaies, de nouveaux procédés de clichage, un système de ven-Süc] aussi simple qu’efficace pour les salles de spectacle, les ateliers de dorure *alnl,relze’ etc-> ies meilleurs systèmes de chauffage; la création des magnaneries «ont iesS’ <?es silos perfectionnés pour la conservation des grains, etc., etc.: tels fiies,j P'Mcipaux services que d’Arcet a rendus à l’industrie, à l’économie do-PériSsai? el à l’agriculture ; aussi laissera-t-il, comme son père, un souvenir im-n,danste aans 1 histoire des arts, chimiques, dans celle des sciences économiques °usles cœurs honnêtes, celui d’un homme de bien.
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- 74(3 SOIXANTE—DEUXIÈME LEÇON.
- -J"rsis?
- tlilllipi i
- ÉÉIÜj
- pendant un temps assez considérable; il se forme alors un sous-phosphate de chaux insoluble, qui se sépare de la liqueur pendant la coclion. On obtient de 22 à 24 pour 100 de gélatine des os ainsi traités (1).
- Le procédé de d’Arcet en a remplacé un autre plus ancien, indiqué, dès -1681, parPapin, encore suivi dans quelques fabriques du
- Midi, et qui consiste a
- soumettre les os concassés à l’action de l’eau, portée à la température de 121 à 135 > sous la pression de 2a
- 3 atmosphères, Pfin' dant environ 3 heu-res. On se sert p°ul
- cela de chaudières autoclaves (/?^.605)-MalS on est obligé de con centrer le Hqulde beaucoup plus quC dans le procédé or ^ naire, parce quC ‘
- forte chaleur à laql,e 1
- Fig. 605.
- il a été exposé a ait ne en partie la gélaUj^ Les os soumis à l’action de l’eau bouillante, sous la PresSl atmosphérique habituelle, ne cèdent à ce liquide qu’une faible quantité de leur matière animale, môme lorsqu’ils s râpés, et que l’ébullition est soutenue pendant longtemps. 0B s ^ assuré que des os qui avaient subi quatre fois de suite l’^cUo l’eau bouillante, contenaient encore, après avoir été laves e chés, 37 pour 100 de matière combustible. Or, les os/ral*n€> boucherie en contiennent 40 en moyenne, à savoir : 30 d oss1
- (1) Le tissu cellulaire extrait des os, ou la gélatine brute du commère étant desséché, se conserver fort longtemps sans altération, et beaucoup trent que lorsqu’il a été converti en gélatine soluble. Les faits suivants de tes combien la matière animale des os est susceptible d’une longue conserva ^ gn. os d'hommes et d’animaux qu’on tire des catacombes de l’Égypte rente ^.^gr-core, après 3000 ans, tout le tissu cellulaire qui leur est propre. M. ^3 du nat ayant traité par l’acide chlorhydrique faible des fragments dos s0Dt mammouth de l’Ohio et de l'éléphant de Sibérie, animaux qui, selon dou^
- morts depuis plus de 4000 ans, parvint à en extraire la substance am ^ ^ oS il put former de la gélatine. Celle-ci, de même nature que celle ob en frais de boucherie, fut mangée à la table du préfet de Strasbourg, » animale
- première fois sans doute dans notre siècle, on se nourrit d’une mat qui existait avant le déluge. Ceci se passait en 1814.
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- DISTILLATION DLS OS.
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- et 10 de graisse. On peut donc dire que ce sont les bouchers qui, dans leur intérêt, ont propagé et entretiennent ce dicton des ménagères : Les os font le bon bouillon.
- J’ajouterai qu’en faisant bouillir dans l’eau les os de rebut, eL même ceux qu’on destine aux ouvrages de tabletterie, on en retire la graisse qu’ils renferment. C’est ce qu’on appelle le suif d’os dans le commerce. On l’emploie avec avantage k La fabrication des savons. Les parties spongieuses des os en donnent 50 pour 100, tandis que les parties compactes n’en fournissent que 10 pour 100.
- Abandonnés longtemps au contact de l’air, ou enfouis dans la lerre humide, les os deviennent jaunes par suite de l’exsudation de leur graisse; la matière animale se désorganise peu à peu, et Se trouve convertie en un savon gélatineux soluble dans l’eau; enbn, il ne reste plus qu’un squelette terreux, blanc et friable, l°ut à fait semblable k celui que laisse leur calcination k l’air l'^re. C’est parce que les os n’éprouvent ainsi qu’une décomposition presque insensible, en raison de leur cohésion, et parce ?u’ils contiennent tant de matières organiques, qu’ils forment un engrais si durable, et dont les effets sont si sûrs et si constants, fbns la plus grande partie de .l’Allemagne, en Angleterre, en Ecosse, en Auvergne, etc., on répand sur les champs, depuis hès-longtemps, les os pulvérisés ou simplement broyés, et les cultivateurs de ces pays leur attribuent, avec raison, une grande Puissance fertilisante (1).
- Chauffés fortement dans une cornue, les os se décomposent s,'ns se déformer, noircissent, perdent k peu près les 3/7 de leur Poids, deviennent cassants, et fournissent tous les produits provenant de la distillation des principes immédiats azotés, c’est-k-jbfe des gaz inflammables, beaucoup d’huile empyreumatique 'ès-colorée et très-fétide, et un liquide riche en sels ammoniacs* Si, pendant la distillation, on tient l’allonge et le réci-Pmnt refroidis par un courant d’eau froide, il s’attache k leurs Papois internes du carbonate d’ammoniaque imprégné d’huile j^cogénée. C’est ce sel imnur que les anciens médecins prescri-|a>ent sous le nom A’alcali volatil concret; d’après M. H. Rose, est représenté par 2AzH:!,2C02 -f- HO. d’/'Uant ^ d’huile empyreumatique, elle est connue sous le nom animale de Dippel, du nom du chimiste prussien qui l’a henue pour la première fois. Elle a une composition assez com-
- d'imjjj n les Hollandais apportaient dans le port de Hull (comté d’York) chaiDDen?es car8aisons d’ossements d’animaux, et d’hommes, recueillis sur les Pour ]. e bataille. La ville de Lincoln possède dans ses environs des moulins hncp,, Pulvérisation des os. Ce singulier article de commerce a une impor-
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- 742 SOIXANTE-DEUXIÈME LEÇON.
- pliquée; elle renferme beaucoup de carbures d’hydrogène, pareils à ceux qui prennent naissance dans la distillation du bois et delà bouille, notamment de l’eupione, de la paraffine, de la naphtaline, puis quatre alcaloïdes distincts, liquides et très-odorants; des acides gras, une résine brune, enfin de l’acétate et du carbonate d’ammoniaque. On l’employait jadis en médecine, après l’avoir rectifiée plusieurs fois.
- Le résidu noir de celte distillation des os constitue, vous vous le rappelez, le charbon d’os ou le noir animal du commerce. C’est du carbone retenant de l’azote, et tous les sels fixes qui existaient dans les os. Vous avez vu, dans la première partie du cours, comment on obtient en grand ce produit si utile pour la décoloration du sucre. Mais je dois vous dire ici comment on recueille les sels ammoniacaux qui se produisent, en quantités notables, dans cette même distillation des os.
- Dans ce cas, au lieu de calciner les os dans des fours ou des marmites, on opère dans des cylindres de fonte pareils aux cornues à gaz, et souven on y traite, non-seulement les os, mais tous les débris d’animaux, dc quelque nature qu’ils soient, tels que : sang, chair de cheval, cornes, sabots, chiffons de laine, crins, bourres, vieux cuir, etc.
- Les cylindres chargés de ces matières animales sont placés dans u” fourneau, dont voici une coupe verticale suivant la longueur [fig. 606).
- Fig. G06.
- L’extrémité postérieure de chaque cylindre A,est terminée par ^ bulure qui conduitles produits de la distillation dans un cyhntl1
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- FABRICATION DES SELS AMMONIACAUX.
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- r*eur B, où les vapeurs les plus condensables se liquéfient; de ce cylindre, les produits gazeux se rendent dans des tuyaux condenseurs entourés d'eau froide.
- Le liquide réuni dans les récipients tient en dissolution des sels ammoniacaux, acétate, cyanhydrate, sulfhydrate, et notamment du carbonate ^ammoniaque, avec une certaine proportion d’huile empyreumatique ; 1 marque environ 8 à 9°. C’est ce liquide qui sert à préparer le sel ammo-ni«c, en concurrence avec l’urine et avec les eaux de condensation des usines à gaz. On sature directement ce liquide avec de l’acide chlorhy-ririque, puis on évapore la dissolution de chlorhydrate jusqu’à 22°, point °u la solution cristallise; cette évaporation se fait dans des chaudières de plomb.
- Hans les localités où le prix de l’acide chlorhydrique est élevé, on suit Une marche plus compliquée, mais très-ingénieuse. On filtre à plusieurs reprises le liquide ammoniacal de la distillation sur des couches de plâtre poudre. Par suite d’une double décomposition qui s’effectue, il se !ül,,ne du carbonate de chaux solide, et du sulfate d’ammoniaque qui 1(;sle en dissolution. On concentre les liqueurs jusqu’à 19 ou 20°, on y Ajoute une quantité équivalente de chlorure de sodium, puis on fait faillir rapidement dans des chaudières. Les deux sels en présence changent leurs bases et leurs acides, d’où résultent du sulfate de soude 'l'-U se dépose pour la plus grande partie, et du chlorhydrate d’ammo-n,aque très-soluble à la température de l’ébullition. Lorsque les liqueurs ^°m suffisamment concentrées, on décante dans des cristal 1 isoirs ; le ( ammoniac se sépare et cristallise, tandis que le restant du sulfate de °ude demeure dans les eaux-mères.
- sel ammoniac obtenu par l’un ou l’autre procédé n’est pas ï1"1'; il y a nécessité de le sublimer, d’autant plus que le com-^erce exjgC qU’ii soit en pains, comme l’était le sel ammoniac ?[!* venait autrefois d’Égypte. Voici comment on opère cette su-
- ri'mation :
- fJ|i introduit le sel brut dans des matras, ou pots pyriformes en grès, c°uverts de lut argileux, qu'on place sur les deux côtés d’un long four-
- Fig. G07.
- | jj
- l'unc de galère, dont la figure 007 représente deux coupes verticales, lesprfn l°ngueur, l’autre en largeur. Les pots reposent sur une voûtequi SGl’ve de l’action trop directe du feu; le foyer communique avec un
- M m'Sxl
- y<M'.
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- 744 SOIXANTE-DEUXIÈME LEÇON.
- canal qui conduit les produits de la combustion sous des chaudières d’évaporation; des ouvertures seulement permettent à la flamme de traverser cette voûte et de venir lécher la surface extérieure des pots. La partie supérieure de ceux-ci, où doit s’attacher le sel ammoniac sublimé dans le bas,est préservée de la flamme par une plaque de fonte percée d’orifices dans chacun desquels passe le goulot d’un matras; c’est sur cette plaque qu’on met une couche de cendre, qui a pour but de préserver les pots du contact immédiat de l’air froid. On chauffe progressivement et régulièrement, et, lorsque l’humidité du sel a été expulsée, on recouvre chaque pot d un petit vase renversé ; le sel ammoniac se réduit en vapeurs, celles-ci se condensent à la partie supérieure sous la forme dune poudre fine qui s’agglomère et s’attache aux parois des vases. Lorsqu’on reconnaît que la couche du sel est assez épaisse, on cesse le feu, on enlève les cendres qui entourent les pots, puis après quelques heures de repos, on ôte les pots et on les brise pour détacher les pains de sel sublimé.
- Ces pains ont environ 33 centimètres de diamètre, et 9 à 10 centimètres d’épaisseur au centre. Ils pèsent de 9 à 11 kil. Ils sont parfaitement
- blancs.
- Je vous rappellerai que c’est Baumé qui, à la fin du siècle dernier, créé la fabrication du sel ammoniac.
- Les os, outre les diverses applications dont je viens de parler* servent- encore à l’extraction du phosphore et à la fabrication du bleu de Prusse, dont je vous entretiendrai dans la prochaine leçon-mais les tourneurs, les tabletiers, les éventaillistes, les façonnent de mille manières, surtout les énormes dents ou les défenses d’éléphant, qui sont connues sous le nom d’ivoire. Je dirai, en terminant, quelques mots de cette matière (1).
- La plupart des dents d’éléphant viennent de la côte de Guinée: il en arrive aussi des Indes orientales, surtout de Ceylan. ^ défenses d’ivoire brut sont connues sous le nom de morfil; on en a trouvé du poids de 80 kilogrammes. Les dents d’hippopotame> de morse et de narval, fournissent aussi des espèces d’ivoire lre? estimées. Celte matière précieuse, qui est susceptible de recevo*' un beau poli, est travaillée avec une rare habileté à DiepPe’ malheureusement elle perd- bientôt sa blancheur et son éclat au
- (I) L’ivoire était connu des peuples de l’antiquité, qui l’employaients01 ,jjeux. orner leurs maisons et leurs temples, soit pour sculpter les images de lelirs j art, Avant qu’on employât la pierre, le marbre et les métaux pour les ouvra? ux on exécutait en ivoire toutes sortes d’ustensiles, des poignées et des f° r. d’épées, etc., qu’on ornait de plaques d’or. Heyne lixe l’époque à laque! e ^ ^ listes grecs commencèrent à faire usage de l’ivoire au retour de l’eXPe anier Troie. Il est probable que les Phéniciens apprirent aux Grecs l’art de 1 ^rs cette matière. Les Hébreux en décoraient aussi leurs meubles et jusqu a -de leurs palais, comme le prouvent plusieurs passages de l’Écriture sain • fe un mon, dont les vaisseaux apportèrent de l’ivoire d’Afrique, s'en fit cons trône qui fut incrusté d’or.
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- DE L IVOIRE.
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- contact de l’air et de la poussière. Spengler, de Copenhague, a reconnu qu’il suffit de la renfermer sous une cage de verre hermétiquement close pour l’empêcher de jaunir; ainsi conservée et exposée aux rayons solaires, elle acquiert même une blancheur plus grande que celle qu’elle avait primitivement. Il a été conduit, Par cette observation, à un procédé fort simple pour blanchir l’ivoire jauni; il suffît de le brosser avec de la pierre-ponce calcinée et délayée, puis de le renfermer encore humide sous une cloche de verre que l’on expose journellement au soleil. — On teint l’ivoire de différentes couleurs, en le plongeant dans un bain (le brésii, de safran ou d’épine-vinette, de vert-de-gris, de cnm-Péche et de sel de fer, selon qu’on veut avoir le rouge, le jaune, le 'erb le noir; mais auparavant, on le fait tremper pendant fî à üheures dans une solution d’alun ou dans du vinaigre.
- Lorsqu’on laisse séjourner les objets façonnés en ivoire dans Un'e solution concentrée d’acide phosphorique pur, jusqu’à ce jlu’ils soient devenus translucides, et qu’après les avoir lavés, on les sèche dans une toile douce, ces objets sont alors tellement flexibles qu’on croirait que c’est un cuir fort; exposés à l’air, ils durcissent, mais reprennent leur souplesse aussitôt qu’on les P'onge dans l’eau chaude. On fait avec cet ivoire des bouts de Se'n, des biberons et une foule d’objets qui réclament une certaine Mollesse. Cette modificalion paraît due, non à un changement de structure, mais à la disparition d’une partie de la chaux. Ce qu’il *!a cle curieux, c’est que les autres acides : sulfurique, chlorhy-flrique, acétique, ne peuvent remplacer, dans ce cas, l’acide phos-Phorique.
- D’après l’analyse de Mérat-Guillot, l’ivoire contient :
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- v0>is une quinzaine d’années, les tourneurs substituent à l’i-e animal une substance éburnacée d’une grande blancheur, $t;u°n Iîornme ivoire végétal, et qui n’est autre chose que la sub-dùpCC ln^rieure de la semence d’un arbrisseau des grandes forêts kc 6r°u’ Iephytelephas à gros fruits, que les indigènes nomment 4r •a cabeza de negro (tête de nègre). Les graines du phytelephas cent'en^ en ^n§deterre et en Belgique à bon marché, puisque le noi ne c°Lde, à Anvers, que 4 à 5 fr. On les appelle noix de tagua, lest ^ Palm*er’ improprement, marrons ou noix de coco. On iet ^«illcautour, et on en fait actuellement, une foule d’ob-‘‘^gants, qu’on ne paie très-cher que parce qu’on les vend
- Matière animale 2 1,00 Mil
- Eau 11,15
- Phosphate de chaux 04,00
- Carbonate de chaux 0,10
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- SOIXANTE-TROISIÈME LEÇON.
- comme ivoire animal, ivoire donl le prix ordinaire est de 15 fr. le kilog. 11 y a un moyen très-simple de distinguer les deux sortes d’ivoire, qui nous a été indiqué par M. V. Pasquier, de Liège. L’acide sulfurique concentré développe, au bout de 10 a 15 minutes, sur l’ivoire végétal, une teinte rose qu’un sinip'e lavage à l’eau fait disparaître, tandis qu’il ne produit aucune coloration sur l’ivoire animal.
- SOIXANTE-TROISIÈME LEÇON.
- DES OS ET DES INDUSTRIES QUI S’Y RATTACHENT, (suite ) ,
- Sommaire. — Extraction du phosphore. — Du bleu de Prusse et des pritssui^
- — Sa découverte, sa préparation, ses caractères essentiels. — Du cyanogi-et de l’acide prussique ou cyanhydrique. — Propriétés délétères de cet ac ^
- — Des cyanures simples et doubles. — Des prussiates jaune et rouge (le r
- tasse. — Fabrication des cyanoferrures par l’azote de l’air. — Fabrication cyanure de potassium. — Des poudres fulminantes ou des fulminates deo j
- cure et d’argent. — Des amorces à capsules.
- Les dernières industries chimiques qui se rattachent à 1 dtu^ des os, sont l’extraction du phosphore et la fabrication du bleu ^ prusse et des prussiates. L’importance de ces matières ni ou k à leur consacrer cette leçon.
- EXTRACTION DU PHOSPHORE.
- de la
- Chauffés au contact de l’air, les os s’enflamment à cause graisse qu’ils contiennent, noircissent d’abord comme “aIlSsfor. vases fermés, perdent un peu plus de leur poids, etsetra ^
- ment enfin en une substance blanche et si friable, qu’il sum s
- presser entre les mains pour l’écraser. C’est ce que les an p chimistes appelaient terre des os ou terre animale; elle es ^ ^ demment formée de tous les sels terreux qui entrent (1 ÿ composition des os. On la fait sefvir à la confection de p ^ dentifrices, de coupelles usitées pour les essais d’or et d < e
- mais surtout à l’extraction du phosphore. " . u(a• il
- Le procédé suivi pour cette extraction est long et-conip 4 a été indiqué par Schèele ; il n’a guère été modifié depuis- ^p La calcination des os à blanc, comme on dit en termes
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- EXTRACTION DU PHOSPHORE.
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- iiues4 s’effectue dans un four coulant semblable aux fours à chaux; on passe ensuite le produit sous des meules et ou tamise la poudre.
- On met celle poudre dans un bassin de plomb et on y ajoute assez d’eau pour en faire une bouillie liquide, dans laquelle on ajoute par petites portions, et en remuant continuellement, 75 P' 100 d’acide sulfurique à 66°. On a soin d’entretenir le mélange toujours très-fluide par des additions d’eau. Une effervescence assez vive se produit par le contact de l’acide sulfurique, à cause de la petite quantité de carbonate de chaux contenue dans les os (l), elcl’un autre côté l’acide, en réagissant sur le sous-phosphate de chaux, lui enlève une partie de sa base et le convertit en phosphate acide de chaux très-soluble.
- L’équation suivante montre les différents produits de celte faction de l’acide sulfurique sur les os calcinés, qui sont consti-tu6s surtout par du sous-phosphate et un peu de carbonate de chaux :
- + (8CaO,3PhOR) + 6(S03,H0)=C02 + GfCaO.SCP) + 3(PhOs,2HO.CaO)
- Carbonate Sous-phosph. decW de chaux.
- Sulfate de chaux.
- Phosphate acide de chaux.
- |, bout de 24 heures de contact, on lessive la masse avec de °au chaude, on filtre sur une toile {fig. 608) qui retient le sul-
- flui renferme le phosphate acide, iga aJ°ute alors à ce sel Je quart de son poids de charbon de bois en poudre fine, on dessèche bien le mélange, puis on le
- Fig. G08
- ? chaux, et on concentre en consistance de miel la liqueur flui renferme le phosphate acide.
- ,!<)u
- - acide carbonique qui se dégage entraîne avec lui de l’eau et de l’acide i et, quand les os ont été imparfaitement calcinés, une petite quantité
- ÏS'ène 1 ouvriers.
- sulfuré. ces vapeurs sont extrêmement irritantes et incommodent
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- calcine fortement dans une cornue de grès, disposée ainsi que le représente la figure 609.
- A, cornue de grès, chemisée avec soin, et placée dans un bon fourneau à réverbère. C, allonge de cuivre recourbée, dont l’extrémité inférieure
- Fig. 609.
- plonge de quelques millimètres dans l’eau d’un grand flacon de vCl1 ., qui sert de récipient. L’allonge passe à travers le bouchon qui rec0 ,^e le flacon; ce bouchon donne aussi passage à une tige de fer rCC°u. ort> qui pénètre jusqu’au haut de l’allonge pour faire tomber le phosp ^ ^ qui pourrait l’obstruer vers la fin de l’opération, ainsi qu’à un tu ^ verre T qui ne plonge pas dans l’eau du récipient et qui est des ^ porter dans les régions supérieures les gaz produits pendant l'ope*
- On lute exactement toutes les jointures de l’appareil.
- On porte lentement la cornue au rouge blanc; ce n esl^jgDt cette température que le phosphore commence à paraître ct'^c se condenser dans le récipient. Sa mise en liberté est P1/ eDt et accompagnée de plusieurs gaz qui, vers la fin, s’ern spontanément dès qu’ils arrivent au contact de l’air. ^nne
- L’opération est terminée lorsque tout dégagement cesse. ^ relire habituellement que 1 kilogramme de phosphore 9 kilogrammes d’os calcinés. ./^gc
- La théorie de cette opération est fort simple, quand °n ‘l,ClS guide tous les faits accessoires et qu’on suppose les naatm ployées dans leur plus grand état de pureté. Après *a ^caO)-on trouve dans la cornue du pyrophosphate de chaux (P*1 j’^pér»' dans le récipient du phosphore, et, pendant le cours de tion, il sort de l’appareil, par le tube de verre T, du gaZ
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- EXTRACTION DU PHOSPHORE.
- 749
- de carbone. Il est facile de voir que le charbon, en réagissant sur l'excès d’acide du phosphate, lui enlève son oxygène, se change en oxyde de carbone, et met ainsi le phosphore en liberté.
- pyrophosphate de chaux-
- Phosphate acide de chaux =
- acidephosphorique:
- phosphore oxygène —
- = gaz oxyde de carbone-
- charbon -_______________________________
- 2(Ph05,2H0,Ca0) + 5C = 5CO -f 4HO + (Ph05,2Ca0) + Ph
- Phosph. acide de chaux.
- Pyrophosphate de chaux.
- Phosphore.
- Mais, comme il y a toujours de l’eau dans le mélange, bien (lu.0n l’ait desséché, il arrive qu’à une certaine température ce ii-(imde est décomposé par le charbon, puis par le phosphore, f1 ?u’il se produit ainsi des gaz oxyde de carbone, hydrogène car-°né ethydrogène phosphoré.'C’est ce dernier gaz qui prend feu ans l’air et dont la combustion sert de guide à l’opérateur (I).
- grand, on opère de même, mais l’appareil est un peu différent. On Ploie Ordinairement pour chauffer les cornues un fourneau à alan-construit en briques, alimenté avec du bois ou de la houille, dans lequel on place quatre cornues C, C de chaque côté. La flamme , loyer, qui est à l’une des extrémités du fourneau, passe tout autour s cornues, s’engage dans la voûte E et sort par la cheminée H. Le phos-». re est reçu dans des récipients de cuivre A, A, imaginés par Pelletier,
- I ,e’ Us plongent dans des bassins B, B pleins d’eau froide; ils ont dans tie |Ut Une ouverlure D, D assez large pour y passer le bras; on la main-1)1,bouchée pendant le cours de l’opération; une tubulure étroitee,e, t,aCee h côté, reçoit un tube de verre qui donne issue aux gaz. La ülure latérale f, f sert de trop-plein. On remplit à moitié chaque
- J ^ar la combustion dans l’air du gaz hydrogène phosphoré ou de la vapeur lion t ^ore simplement en mélange dans les gaz qui accompagnent la distilla-Man k Ph°sPhore, il se produit de l’acide phosphorique. Ce sont les vapeurs qn . 8 de cet acide qui rendent les émanations phosphorées visibles à l’œil, Vm *CUr communiquent particulièrement la propriété d’irriter assez fortement effibranes de la bouche et du nez.
- U.
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- 750 SOIXANTE-TROISIÈME LEÇON.
- récipient avec de l’eau chaude, sans quoi les premières vapeurs de phosphore se condenseraient sous la forme de poudre. Ce n’est généralement
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- Fig. G10.
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- qu’au bout de 4 à 5 heures de feu que la distillation du phosphore coin mence; elle dure de 15 à 20 heures.
- Le phosphore qu’on trouve dans les récipients est en masses pluS 0
- moins volumineuses, opaques, eo lorées en rouge ou en brun, et P fusibles. On le purifie, en Ie a
- haude,
- sant fondre sous l’eau c dans un sac de peau de chamois (fig. 611), placé dans un bassin et en comprimant le sac à ’une capsule de bois C, sui ^
- quelle appuie une lige
- du levier FH, °n exei ce >_
- graduée qui force le P
- phore à passer à travers t de la peau. . oS,
- On obtient maintenant Ie P . ^ phore encore plus transpaie incolore, en lui faisant lI)ave une pendant qu’il est en fusl°n’ jnS couche de noir animal en contenue dans un vase a fond chauffé par la vapeui* reil dont on se sert {fig- " ,^ue V siste en un vase eyUndri^ ^ muni d’un faux-fond ab percé de trous et sur lequel est déposer ^e],s che de noir de 15 centimètres d’épaisseur ; ce vase est empli aux ceI)tre d’eau qu’on chauffe à -j~ 60° au moyen du bain-marie BB alu_dessUS duquel il est placé. Le phosphore qu’on introduit dans l’eau
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- EXTRACTION DU PHOSPHORE.
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- du noir fond, filtre spontanément à travers le noir et descend en C sur le faux-fond. De là, au moyen du tube à robinet r qui se relie avec le tube courbé e/1, le phosphore liquide arrive dans un autre vase cylin-
- ; II)
- Fig. 612.
- drique V'placé, comme le premier, dans un bain-marie DD, et muni d’un faux-fond percé de trous, mais couvert d’une peau de chamois pp. Le tube efet le vase Y sont remplis d’eau chaude à 60°, de sorte que le Phosphore reste à l’état liquide et vient se rassembler au-dessus de la Peau de chamois. On le force à passer à travers, au moyen d’une pompe ?ui puise de l’eau chaude et qui la refoule dans le vase Y, après qu’elle a ôté reliée au tube f; le phosphore filtré peut sortir de l’appareil par le tube r' auquel on adapte un tube droit en verre qui dirige le phosphore a«s l’eau d’un récipient inférieur.
- On le moule ensuite en cylindres en l’aspirant, tandis qu’il est en Uston dans l’eau, par l’extrémité la plus large d’un tube de verre un Peu coniqqe. On ferme alors inférieurement le tube avec le doigt, et °îl le plonge dans l’eau froide pour solidifier le phosphore, qu’on fait Renient sortir du tube et qu’on renferme immédiatement dans des acons en grès sous de l’eau distillée privée d’air par l’ébullition. Le Roulage du phosphore est une opération fort dangereuse.
- La fabrique de phosphore la plus considérable et la plus imitante peut-être de France, est celle de MM. Coignet, à la Guil-0 ‘ère, aux portes de Lyon. Huit fourneaux, contenant 108 cor- Ues5 chacune de la capacité de 50 à 60 litres, y sont en activité ,Ur et nuit. Chaque cornue produit environ A kilog. de phos-ire, et la production totale de Tannée s’élève à la quantité n°rnae de 36,000 kilog. (1).
- L h°rsque les ouvriers, qui ont passé toute la journée au milieu des vapeurs piU)sphore, se trouvent le soir dans l’obscurité, les gaz qu’ils expulsent de
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- SOIXANTE-TROISIÈME LEÇON.
- Un jeune chimiste, M. Cari-Mantrand, a proposé, en 1854, de substituer à l’ancien procédé de Schèele un mode d’exlraction du phosphore beaucoup plus simple et plus économique. Ce mode consiste à traiter un mélange intime de charbon de bois pulvérisé et de poudre d’os calcinés, placé dans un tube de porcelaine porté au rouge, par un courant de gaz acide chlorhydrique, que l’on dirige sur la matière incandescente.
- Le chlore de l’acide chlorhydrique s’empare du calcium du sous-phosphate de chaux pour former du chlorure de calcium, et l’acide phosphorique, tout entier mis à nu, est aussitôt réduit par le charbon, et abandonne le phosphore. Cette curieuse réaction donne naissance à de l’oxyde de carbone, à de l’eau et à des vapeurs de phosphore qui, dès le début de l’opération, se condensent dans les parties refroidies de l’appareil.
- La réaction précédente se traduit ainsi :
- (8Ca0,3Ph05j -j- I5C -f 8HC1 = 15C0 -f 8HO 4- 8CaCl + 3Ph.
- Sous-phosph. de chaux.
- Phos-
- phore.
- La pratique industrielle n’a pas encore adopté ce procédé qul> s’il peut réussir aussi bien en grand qu’en petit, présentera sur vieux procédé les importants avantages d’une extrême simplifie3 tion de la main-d’œuvre et l’extraction de la totalité du phosph°re contenu dans les os.
- DU BLEU DE PRUSSE ET DES PRUSSIATES.
- Le bleu de Prusse, dont je vous ai déjà parlé plusieurs fois, e^’ sans contredit, une des couleurs minérales les plus belles et plus utiles. Les peintres, les teinturiers, les imprimeurs sur tiss > les fabricants de papiers peints, en font un usage continuel-Sa découverte est le résultat du hasard; elle date de 1710. P1 bach, fabricant de couleurs à Berlin, préparait des laqueS ^ cochenille en précipitant avec de la potasse une décoction cochenille, additionnée d’alun et de sulfate de fer. Manquan^^ jour d’alcali, il en emprunta à Dippel, pharmacien de Bfi ! connu par l’huile empyreumatique qui porte son nom. Ce 1 lui donna du carbonate de potasse qu’il avait employé P*0^ fois à rectifier de l’huile animale. Dieshach, en faisant usag^^
- ,..s parfltë
- l’estomac par des éructations, deviennent lumineux, de telle sorte qu ‘ posent rendre des flammes par la bouche. Ils se font un véritable jeu de c i ^tat mène remarquable, sans qu’ils ressentent, du reste, aucune incommodité . ^jes d’imprégnation phosphorée où se trouve alors leur organisme. De s effets ne peuvent guère s’expliquer que par l'absorption du phosphore aIiaio-vapeur. — Magendie avait remarqué, il y a 'bien longtemps, un pliénome gue, quand il injectait de l’huile phosphorée dans les veines d’un chien, de cet animal ne tardait pas à devenir lumineuse dans l’obscurité.
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- BLEU DE PRUSSE ET PRUSSIATES.
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- ce sel, loin d’avoir un précipité rouge comme d’habitude, obtint UD beau précipité bleu. Dippel, qui eut connaissance de ce phénomène, soupçonna que la formation du précipité bleu était due à l’action de sa potasse sur l’alun et. le vitriol, conjecture que •expérience vérifia. La découverte du bleu de Prusse fut dès lors assurée, et annoncée par Dippel, dans les Mémoires de l'Académie fa Berlin, pour 1710, mais sans l’indication du mode de prépara-bon. Comme alors on ne connaissait point d’autres couleurs bleues ?ue l’indigo, cette annonce fit faire beaucoup d’essais. En 1724, Woodward, de la Société royale de Londres, fut le premier qui «écrivit le procédé pour obtenir ce nouveau bleu, qui était devenu ün objet très-lucratif de commerce. Ce procédé est encore celui suivent les fabriques de produits chimiques, à quelques lé-§eres modifications près. Le voici :
- On calcine dans un creuset ou une marmite de fonte, ou même dans des fours à réverbère, 10 parties de sang desséché, 1 partie de potasse ordinaire et 1/100e de battitures de fer pulvérisées, en maintenant la enipérature au rouge pendant 8 heures environ. On lessive la masse â cinée avec de l’eau chaude jusqu’à épuisement de toute matière so-1 'e> et l’on filtre les liqueurs qui sont colorées en jaune et qui portent e nom vulgaire de lessive de sang. On les laisse exposées à l’air, dans es baquets peu profonds, jusqu’à ce qu’elles ne précipitent plus en noir !,ar un sel de plomb, puis on y verse une dissolution faite avec une demi-Pai'tie de sulfate de fer et 3 parties d’alun. On agite continuellement ave,c nn bâton. 11 se fait une vive effervescence, et il se produit un précipité vert brunâtre. On laisse déposer, on soutire la liqueur claire, puis n lave le dépôt, à diverses reprises, avec de l'eau ordinaire, jusqu’à ce ^lu u ait acquis une belle couleur bleue. On le fait alors égoutter, on le ^ umet à la presse, puis on le divise en cubes que l’on sèche à une douce Valeur.
- On vend parfois le bleu de Prusse à l’état de pâte aux fabricants de * P'crs peints, parce qu'il se distribue plus uniformément et qu’il donne nc teinte plus homogène.
- j *Us tard, j'essaierai de vous faire comprendre la formation du bleu ,, fusse dans cette opération. Maintenant il vous manque encore cer-nes notions nécessaires pour l’intelligence de sa théorie. e dois vous dire que les successeurs de Woodward reconnurent qu’on tell substituer au sang toutes les autres matières animales azotées, cl.®s fine les cornes, les os, les sabots des animaux, les vieux cuirs, les 0ns de laine, et qu’il y a même avantage, au lieu d’employer ces ma-Ij lfis telles quelles, à les calciner en vases clos pour les réduire en char-qui deviennent alors la matière première de la fabrication du bleu. Aujourd’hui c’est uniquement avec ces charbons azotés, résidu de la Ce^Parati°n des sels ammoniacaux, qu’on opère, et notamment avec ne ( l oyonant des sabots et des rognures de corne. Ces matières en don-d’e ^ à 13 p. 100; le sang desséché n’en fournit que 10 p. 100. On évite h„.n?Pl°yer le noir d os, à cause de l’énorme quantité de sels de chaux 111 renferme.
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- SOIXANTE-TROISIÈME LEÇON.
- On mêle, pour chaque opération qu’on effectue dans un four à réverbère : 50 kil. de charbon de corne ou de cuir, 75 kil. de bonne potasse perlasse et 3 kil. de limaille de fer. On maintient le tout en fusion ignée, en brassant fréquemment avec un ringard et en élevant peu à peu la température, jusqu’à ce que des bulles d’oxyde de carbone viennent brûler à la surface de la masse pâteuse. Celle-ci, retirée du four, est traitée comme il a été dit précédemment.
- Voici les caractères les plus saillants du bleu de Prusse :
- Il est en petits morceaux cubiques ou irréguliers, sans saveur, sans odeur, d’une couleur bleue foncée, et qui, de même que l’indigo, prennent une teinte cuivrée ou métallique par le frottement de l’ongle.
- Chauffé fortement à l’air, il brûle, mais difficilement, en répandant une odeur désagréable, et il laisse un résidu de couleur rouge, très-abondant, formé d’alumine et de peroxyde de fer.
- Il est insoluble dans l’eau, l’esprit-de-vin, les huiles, les acides faibles, l’acide sulfurique concentré. L’acide chlorhydrique lui enlève du fer, et se colore fortement en rouge brun. L’acide sulfurique le rend tout à fait blanc au bout d’un certain temps, mais on lui restitue sa couleur en affaiblissant l’acide par de l’eau. Les dissolutions alcalines concentrées le décolorent complètement, en mettant en liberté du peroxyde de fer, qui se précipite en poudre d’un rouge marron.
- Le chlore ne diminue pas l’intensité de sa nuance.
- Si donc le bleu de Prusse et l’indigo peuvent être confon ^ l’un avec l’autre, à la simple inspection, à cause de l’analogie leur apparence, il est aisé d’en faire la distinction au moyen u ^ chaleur, de l’acide sulfurique concentré, des alcalis caustiques du chlore.
- Les principales propriétés du bleu de Prusse étaient constaté^ alors que les chimistes ignoraient encore sa véritable natur^une 4752, Macquer prétendit que c’était un composé de fer et matière colorante particulière. Schèele, voulant isoler ce de^ol„ principe, obtint, en 1780, un acide liquide, que Guylon de veau nomma plus tard acide prussique. • patten-
- La découverte de cet acide singulier captiva tellement ^ lion des chimistes qu’on oublia le bleu de Prusse. On se con g de le considérer comme un prussiate de fer, sans en c ,?.r gqit preuve par l’expérience. Supposons pour un instant qn 11 jra ainsi, et examinons l’acide prussique. Son étude nous ^gge_ peut-être quelques lumières sur la composition du bleu j^gle
- L’analyse de l’acide prussique, faite successivement par (r0js et par Berthollet, ne fit.découvrir, dans ce composé, q^f çay, éléments : le carbone, l’azote et l’hydrogène. Mais, en 1°
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- DÜ CYANOGÈNE.
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- Lussac (i) mit hors de doute, par une série de belles expériences, lue les deux premiers éléments sont combinés et constituent un radical qu’il nomma cyanogène (c’est-à-dire générateur du bleu), radical double qui, par son union avec l’hydrogène, produit l’acide prussique. Dès lors, le nom de cet acide fut changé en celui d’AciDE hydrocyanique, qu’on a remplacé depuis par celui plus rationnel d'acide cyanhydrique.
- Si l’on chauffe, comme je le fais ici, dans un petit tube de verre disposé pour permettre de recueillir les gaz sur la cuve à mer-
- Fig. 613.
- C|Jre{fig, 613), le composé vulgairement appelé prussiate de mer-CUre> on le transforme aisément en mercure métallique et en un
- 0) Gay-Lussac (Louis-Joseph), dont je vous ai si souvent cité le nom à propos ]|s Plus belles découvertes de la chimie moderne, mérite une mention spéciale. Naquit en n78 à Saint-Léonard, dans la Haute-Vienne; il est mort dans son natal en 1850, après avoir rendu d’immenses services aux sciences physiques j0 cluir|iques dans ce qu’elles ont de plus élevé, et aux arts industriels en leur triern'ssant des méthodes d’essais et d’analyses d’une grande précision (alcalimé-8 t cblorométrie, essai des vins, alcoomètre, essai des matières d’or et d’ar-il n Sorti de l’École polytechnique pour entrer dans les ponts-et-chaussées, ,’P^ra bientôt le laboratoire de l’illustre Berthollet, dont il devint l’élève et té ':et quelques années après il rentra à l’École polytechnique, d’abord comme P titeur de chimie et un peu plus tard comme successeur de l’éloquent Four-fe§;‘ * devint ensuite professeur de physique générale au Collège de France, pro-pj eur de chimie à la Faculté des sciences et au Jardin des plantes. Ses recherches s^s,Co~cbimiques, en collaboration avec Thénard, auraient suffi à immortaliser d’d n°m’ ma*s ses n°mhreux mémoires parus successivement dans les Mémoires PenrtCî<e^’ 'es Annales de chimie, les Annales de chimie et de physique dont il fut deg ^ tren^e ans l’un des principaux rédacteurs, l’ont mis avec raison à la tête pl, P 'ys'eiens et des chimistes les plus célèbres du xixe siècle. Ses leçons de Ga'v l Ue et de cllimie ont été publiées en 1827 et en 1828 par deux de ses élèves. ex é>ac était remarquable par la précision et l’habileté manuelle dans les S s iv,nces autant fl116 Par la hauteur de ses vues et l’originalité de ses concep-sur i Cliques. Une appréciation remarquable de ses travaux et de son influence Coii„vS Pr°8i'ès des sciences physiques a été faite en 1852 par Arago dont il fut le aljorateur et l’ami.
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- SOIXANTE-TROISIÈME LEÇON.
- fluide incolore, d’une odeur vive et pénétrante, qui brûle, par l’approche d’une bougie, avec une très-belle flamme violette, et dans la composition duquel on ne trouve que du carbone et ae l’azote, dans les rapports suivants :
- Carbone..... 4 volumes ou 2 équival. ou en poids 46,15
- Azote....... 2 volumes ou 1 équival. ou — 53,85^
- T
- 1
- 100,00
- Son symbole est donc C2Az, qu’on est dans l’habitude de remplacer par le signe Cy. Eh bien ! ce gaz, cet azoture de carbone, est le radical de l’acide prussique; c’est le cyanogène de Gay-Lussac. En effet, si on lui présente un volume d’hydrogène égal au sien, et dans des circonstances favorables, on le convertit en acide prussique. Si, d’un autre côté, on traite ce dernier par du potassium, il s’en dégage de l’hydrogène, et il se produit un composé binaire de métal et d’azote carboné ou de cyanogène, c’est-à-dire un cyanure de potassium.
- Ainsi, plus de doute sur ce point; l’acide de Schèele est un hydraeide à radical composé, formé de :
- 1 volume d’hydrogène......
- 1 volume de cyanogène, ou
- 2 vol. de carbone. \ = HCy 1 vol. d’azote ...
- Si le cyanogène a reçu un nom univoque qui ne conviendrai qu’à un élément, c’est qu’on a voulu rappeler par là qu’il se com porte, dans toutes ses réactions, comme un corps simple, conm le chlore ou l’iode, puisqu’il forme avec l’hydrogène un hydr eide comparable à l’acide chlorhydrique, et, avec les métaux, cyanures analogues aux chlorures métalliqués. Le prussiate de cure, duquel nous avons extrait le cyanogène, n’est donc qlie cyanure de mercure.
- La découverte de Gay-Lussac peut être considérée, à juste h ’ comme une de celles qui ont exercé le plus d’influence slir. progrès de la chimie. Le cyanogène a fourni, en effet, le Pre. exemple d’un radical composé, et vous savez qu’aujourd 1m1 ^ chimistes connaissent un assez grand nombre de ces sorte!’ composés, les uns jouant le rôle de métaux, les autres ce n métalloïdes. ent
- Fixés sur la composition de l’acide prussique, voyons com ^ on peut l’obtenir à l’état de pureté. Le procédé le plus simp L dû à Gay-Lussac. . s (|e
- On chauffe dans un ballon de verre A (fig. 614) 3 par '^[ré-cyanure de mercure et 2 parties.d’aeide chlorhydrique conc Us réagissent l’un sur l’autre de la manière suivante :
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- DE L’ACIDE PRUSSIQÜE OU CYANHYDRIQUE. 757
- Cyanure de mercure = mercure -j- cyanogène.
- Acide chlorhydrique = chlore -j- hydrogène.
- chloride de , ., , , .
- 4- acide cyanhydrique, mercure 1 J J ^
- HgCy -)- HCl = HgCl -j- HCy.
- L’acide cyanhydrique, à mesure qu’il se produit dans l’intérieur du ballon, se réduit en vapeurs, qu’on oblige à passer dans un tube horizontal contenant : de B en C des fragments de marbre
- Fig. G14.
- e* c*e C en D du chlorure de calcium. De cette manière, il arrive, GPouillé d’eau et d’acide chlorhydrique, dans un tube de verre E, recourbé en U, et qui est placé au centre d’un mélange réfrigé-r^nt. Au moyen de la tubulure inférieure dont ce tube est pourvu, ?, ^ans laquelle est fixé un bouchon traversé par un tube droit, ac'de liquéfié coule dans un petit flacon F qui sert de récipient, -^insi obtenu, l’acide cyanhydrique est un liquide incolore, ansparent, dont l’odeur est la même que celle des amandes eres ou des fleurs de pêchers, mais si forte qu’elle est in-uPporlable et qu’elle détermine aussitôt des maux de tête et des 'hges. Il rougit faiblement le tournesol. Il est tellement volatil, |u u entre en complète ébullition à -|- 26° I j% et qu’en en laissant -ber quelques gouttes sur du papier, la portion qui se vapo-|, e Subilement congèle le restant. Il s’enflamme dans l’air par aPProche d’une bougie.
- . . se mêle à l’eau et à l’alcool en toutes proportions. Il pré-^'ue l’azotate d’argent en flocons blancs qui constituent du ]iJlUre d’ar9ent- — Si-, après l’avoir mêlé à quelques gouttes de asse, on le verse dans une solution de sulfate de fer, il produit Puécipi té de bleu de Prusse.
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- 758 SOIXANTE-TROISIÈME LEÇON.
- Cet acide s’altère très-facilement, même hors du contact de l’air; il prend une couleur de plus en plus foncée, et se transforme enfin en une masse charbonneuse, sans qu’on connaisse la cause de cette décomposition.
- La composition en poids de l’acide.cyanhydrique est la suivante:
- Hydrogène..... 3,7
- n ... „ ( Carbone.... 44,44
- Cïan°Sene..... 96’3 = ! Azote..... 51,86
- 100,0
- 96,30
- en*
- (1) L’huile du merisier à grappes (Prunus briganticica) est nommée'u^el,tufne. huile de marmotte; elle a une odeur d’amande amère et une légeie
- L’acide cyanhydrique existe dans plusieurs organes des plantes- Le5 feuilles du laurier-cerise, du saule à feuilles de laurier, les feuilles et les fleurs du pêcher, les amandes amères de l’amandier, du pêcher, de I a-bricotier, du cerisier, du prunellier et des autres arbres à noyau, p'a' sieurs écorces, la racine de manioc, en renferment une petite quantité) mais dans un état de combinaison peu connu. L’odeur que ces différentes substances exhalent est absolument la même que celle de l’acide p'’lls' sique, quoique plus faible.
- C’est également à cet acide que sont dus l’arome et la saveur de plu" sieurs préparations économiques, de liqueurs de table, recherchées pal beaucoup de personnes. Je citerai, entre autres, le leirschen-vMsser> l'eau de noyaux, le ratafia de cerises, celui de Grenoble, le marasquin ( ^ Zara, etc.; il en est de même du lait, des crèmes et autres mets, 6l‘c l’on aromatise en y faisant infuser des feuilles de laurier-cerise, de 1 hul douce retirée par expression des amandes du merisier à grappes, et de on fait usage à Briançon, mélangée à l’huile d’olives (t), etc. .
- Souvent le même acide prend naissance dans une foule de réach0 chimiques, comme, par exemple, dans la distillation sèche des matici organiques, végétales ou animales, dans la réaction de l’acide azouQ sur ces mêmes matières; dans celle du gaz ammoniac sur le chai chauffé au rouge, etc. > e
- L’acide cyanhydrique aune action tellement prononcée surl ho ^ et les animaux, qu’il est nécessaire d’entrer dans quelques détails a égard. ne
- Lorsqu’on débouche un flacon de cet acide pur sans prendre au précaution, on ressent, à l’instant même, un mal de tête et P8,1^01? ues forte constriction à la poitrine. Si l’on flaire le flacon pendant que q secondes, ou si l’on se trouvé dans une atmosphère chargée de sa vap ^ on est suffoqué subitement, et, en moins d’une seconde, on éprou' ^ étourdissements, une défaillance avec impossibilité de se moU'O»^ ne envies de vomir, un resserrement spasmodique de la gorge ; ces c g se dissipent qu’au grand air et à la longue. Un oiseau que l’on aP^ 0,.[; un instant de l’ouverture d’un flacon plein de cet acide tombe l’odeur seule suffit pour le tuer. pacide
- De toutes les substances vénéneuses tirées des trois règne»?
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- DE L ACIDE CYANHYDRIQUE.
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- prussique est, certainement, la plus terrible, celle dont les effets sont les Plus prompts. Une seule goutte, portée dans la gueule du chien le plus rigoureux, le fait tomber raide mort, après deux ou trois grandes inspirations précipitées. La même quantité, appliquée sur l'œil de l’animal uu injectée dans la veine du cou, le tue à l’instant même, comme s’il était frappé de la foudre.
- La mort produite par cet acide est d’autant plus prompte que la circulation est plus rapide et les organes de la respiration plus étendus. 11 agit SUr les animaux à sang chaud, en détruisant la sensibilité et la contrac-tjlité des muscles soumis à la volonté ; il anéantit également la contractilité du cœur et des intestins (1).
- 11 n’est pas moins délétère pour les végétaux, et il produit sur l'homme l_es niêrnes effets que sur les animaux. Schèele, qui a tant contribué à flairer l'histoire de ce redoutable composé, et qui est mort subitement éans le cours de nouvelles recherches sur cet acide, passe pour en avoir e|é la première victime. Scharinger, chimiste de Vienne, est mort, dans l’espace de deux heures, pour en avoir laissé tomber, par hasard, un peu SUr son bras nu. La domestique d’un autre chimiste allemand, ayant bu Un petit verre d’eau-de-vie saturée d’acide cyanhydrique, qu’elle avait Prise pour du kirschenwasser, à cause de l’analogie d’odeur, tomba jdorte au bout de deux minutes, comme frappée d’apoplexie. Bien d’autres laits analogues sont rapportés dans les ouvrages de médecine. Dans le jurant de 1828, sept épileptiques de Bicêtre, près Paris, succombèrent dan? l'espace d’une demi-heure à trois quarts d’heure, pour avoir pris ri^cun environ 20 gouttes d’acide cyanhydrique faible. En 1832, la capi-ale frémissait d’épouvante à l’annonce du meurtre de Ramus, auquel son a?sassin faisait boire, avant de dépecer son corps, un mélange d’eau-de-j!le et d’acide prussique ! En 1848, un marchand de Londres, nommé Pe®el, répand par mégarde de l’acide étendu d’eau sur la manche de son . a“lt et en reçoit quelques gouttes sur le visage ; au bout de quelques 'estants, il expirait.
- Cette puissante action délétère rend moins incroyable l’activité prodi-jl'euse des breuvages composés par Locuste, cette matrone gauloise que j^ron associait à ses crimes, et qui préparait, avec des plantes de la Phry-6,e et de la Thcssalie, des poisons aussi prompts que le fer. Tous ces em-Poisonnements subits, dont le souvenir est conservé par l’histoire, s’ex-)||(luent maintenant. Paulonius tua le pèred’Hamlet en lui introduisant i:n Poison dans l’oreille. Clément Vil fut empoisonné par la flamme d’une °ugie. Tolîana, célèbre empoisonneuse napolitaine, se servait d'un
- l'em fU*Vant riœfer, les prêtres de l’Égypte connaissaient l’acide prussique et Il Payaient pour faire périr les initiés qui avaient trahi les secrets de l’art sacré, qu'il Se Que c’était en distillant avec de l’eau les fleurs et les amandes du pécher lége s Sc Procuraient le poison dont il se servaient pour infliger la mort aux sacri-fjL3' Les eaux amères que, d’après la coutume juive et égyptienne, le prêtre •aiss *)0ire a la feinme accusée d’adultère, et qui tuaient promptement, sans ïati er aucune trace de lésion sur le cadavre, lui paraissent également une prépaie,^ c°ntenànl de l’acide prussique. Il y a une chose certaine, c’est que les l’art e.Set. *es f*eurs du pécher étaient souvent employées dans les opérations de sacré. (Histoire de la Chimie, t. I, p. 226.)
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- 760 SOIXANTE-TROISIÈME LEÇON.
- couteau, dont un seul côté de la lame était empoisonné, pour couper le fruit dont la moitié devait faire périr sa victime, pendant qu’elle-même mangeait impunément l’autre moitié. Eh bien ! tous ces faits étranges, et qui semblaient fabuleux, ne sont rien que l’acide prussique ne puisse renouveler.
- L’eau distillée de laurier-cerise, l’huile essentielle d’amande amère, toutes les amandes de nos fruits à noyau, les pépins de pommes et de poires, et, en général, toutes les substances qui renferment de l’acide cyanhydrique, sont également des poisons redoutables, à de très-faibles doses. En 1837, le Journal de Chimie médicale racontait l’empoisonnement d’un cultivateur des environs d’Ancenis, qui, pour faire disparaître la fièvre qui le tourmentait, fit usage, d’après le conseil d’un ami, d’une décoction de feuilles fraîches de pêcher. Le même journal nous apprenait, en 1852, la mort presque subite d’un enfant d’Arles, qufavait mangé les amandes de deux abricots-pêches.
- Les effets formidables de l’acide prussique peuvent être combattus avec succès par des inspirations de chlore mêlé d’air, par l’ammoniaque, par un mélange de sulfate de protoxyde et de peroxyde de fer associés à du carbonate de soude ; mais il fmd> toutefois, que l’application du remède succède instantanément a celle du poison.
- Il semblerait, Messieurs, qu’une substance aussi dangereuse à manier que l’acide cyanhydrique n’aurait point dû trouver place dans la liste des médicaments. Néanmoins, malgré les craintes que devait inspiret un remède aussi actif, il a été employé et il l’est encore tous les jours par un grand nombre de médecins, surtout dans le traitement des maladies de poitrine, et, en général, de toutes celles où la sensibilité est augmentée d’une maniée vicieuse. On en obtient de très-bons effets. C’est une chose sans doute bien remarquable que cette disposition des médecins à re cherclïer dans les poisons les plus violents de nouveaux moyenS de guérison; et ce qui ne l’est pas moins, c’est de voir leurs essais hardis presque toujours couronnés de succès, car il est inconte8 tablement vrai que les remèdes les plus héroïques de la tbérapel1 tique sont empruntés aux substances les plus délétères !
- Abandonnons maintenant l’acide cyanhydrique pour nous cuper de quelques autres composés du cyanogène. ^
- Vous vous rappelez que ce composé, qui se comporte co s un véritable élément, s’unit aux métaux pour former des pr0 jjs qui portent le nom de cyanures. Quelques-uns de ces pr0 ,jfl. métalliques jouent un rôle important dans les laboratoires, dustrie ou la médecine ; tels sont entre autres : pacide
- Le cyanure de potassium , RÇy, aussi vénéneux que ^ prussique, qui sert à réduire par voie sèche un grand ’10 res-d’oxydes métalliques, et qui, dissolvant par la voie humide
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- PRÜSSIATES OU CYANURES.
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- que tous les oxydes et les cyanures insolubles par eux-m êmes, est devenu, à cause de cette importante propriété, l’agent principal de la dorure et de l’argenture galvaniques ;
- Le protocyanur eel le sesquicyanure de fer, FeCy et Fe2Cy3, qui sont les principes constituants du bleu de Prusse, comme nous le verrons bientôt;
- Le cyanure de mercure, HgCy, qui sert dans les laboratoires à obtenir le cyanogène, l’acide cyanhydrique, d’autres composés paniques, et que les médecins utilisent souvent.
- Ce qu’il y a surtout de très-intéressant à savoir, c’est que tous, bts cyanures métalliques insolubles (d’or, d’argent, de cobalt, de cuivre, de fer, etc.), en se dissolvant dans les cyanures alcalins (cyanure de potassium ou de sodium), forment avec ceux-ci des cyanures doubles qui cristallisent généralement, et dans lesquels le cyanure insoluble fait fonction d’acide, tandis que le panure alcalin joue le rôle de base. Ce sont donc de véritables Sels, qu’on désigne sous le nom général de cyanosels.
- Eh bien ! toutes les fois qu’on calcine une matière animale ^vec du fer et de la potasse, ces sortes de composés prennent Naissance, et voici comment : la matière animale se décompose à Chaule température à laquelle elle est exposée; la plus grande Partie de son carbone et de son azote se réunissent dans les rap-l'orts de 2 à 1, pour constituer du cyanogène. Celui-ci trouvant, dans le mélange où il se forme, du fer et du potassium provenant de la potasse réduite par le charbon, s‘y combine et pro-yt't alors un double cyanure de fer et de potassium, qui se dissout dans l’eau avec laquelle on lessive le résidu de la calcination. La cssive de sang dont je vous ai parlé précédemment, et qui sert à aire le bleu de Prusse, est essen-leUement formée par ce double panure, qu’on appelle, par abréviation, cyanure fetroso-potassique cyanoferrure de potassium. peut obtenir ce nouveau °naposé en beaux cristaux jau-Cs et transparents; il suffît de tr°éncentrer lessive de sang fil-j ? et de l’abandonner à un re-roidissement graduel. Ce sont §es cristaux, ordinairement en tables rectangulaires [fig. 615), . *?s °deur, mais d’une saveur amère et désagréable, qu on ap-^ e dans le commerce prussiate jaune ou prussiute de potasse nt9ineux. Voici leur composition :
- Fig. G15.
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- 762 SOIXANTE-TROISIÈME LEÇON.
- Cyanure de potassium....... 61,96 ou 2 équivalents.
- Protocyanure de fer.......... 25,29 i équivalent.
- Eau combinée................. 12,75 3 équivalents.
- 100,00
- Leur symbole est donc...... 2KCy,FeCy,3HO.
- Inaltérables à l’air, mais efflorescents à une douce chaleur, ces cristaux perdent toute leur eau à 100° et se réduisent en une poudre blanche.
- Ce sel se dissout dans 4 parties d’eau froide et dans un peu plus de son poids d’eau bouillante. Sa dissolution offre ceci de remarquable que les réactifs n’y accusent aucunement la Pr^‘ sence du fer : ainsi, ni les alcalis caustiques, ni l’acide sulfhy-drique et les sulfures alcalins, ni la teinture de galle n’ont d’action sur elle.
- Mais cette dissolution est précipitée, au contraire, par la p|u' part des sels métalliques des quatre dernières sections, et les nouveaux composés qui apparaissent en flocons ont des couleurs variables avec la nature du sel métallique qu’on emploie, pourquoi la dissolution du prussiate de potasse est un des réac tifs le plus souvent mis en oeuvre par les chimistes, depuis que Margraff a signalé les services qu’elle peut rendre pour la distinc tion des métaux. Ainsi, comme vous allez le voir, elle donne H à un
- (zinc, élain. plomb,
- Précipité blanc............... dans les sels des^ mercure,
- Précipité jaune - serin.... ;....
- Précipité cramoisi...............
- Précipité vert...................
- Précipité bleu foncé.............
- Précipité blanc, mais qui passe peu à peu au bleu par le contact de l'air....................
- Tous ces précipités sont des cyanures doubles, insolubles, d°^ vous allez comprendre la formation, au moyen de la légen ^ vante. Soit une dissolution de sulfate de peroxyde de fer, da quelle on verse du cyanure ferroso-potassique :
- manganèse,
- argent.,
- or;.
- bismuth ; cuivre;
- nickel et cobalt; peroxyde de fer;
- protoxyde de fer-
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- DU BLEU DE PRUSSE.
- 763
- / Proto-cyanure de fer-
- Cyanure fer-roso- potassique. =<
- cyanure de | _ V potassium j
- /cyanogene-
- potassium-
- acide sulfure 4
- double — ^ cyanure de fer.
- Sulfate de Peroxyde de fer.
- oxyde ferrique
- oxygene-
- .fer
- sesquicya-nure de fer-
- ÉQUATION.
- 3(2KCy+FeCy) -f 2(Fe203,3S03) = 6K0,S03 -j- (3FeCy -f 2Fe2Cy3)
- Prussiate de potasse. Sulfate de peron. de fer. Sulfate de potas. Double cyanure de fer.
- M se fait donc du sulfate de potasse qui reste en dissolution 1 ar)s la liqueur, et un double cyanure de fer qui se précipite en Poudre d’un très-beau bleu. Ce composé n’est autre chose que le Jeu de Prusse, qu’on doit nommer par conséquent cyanure fer-r%o ferrique.
- , ^ans la fabrication de ce bleu, vous vous rappelez qu’on mé-ange à la lessive de sang de la couperose et de l’alun. Or, dans le Cas, il se fait un précipité blanc composé d’alumine et de cya-ni)re ferreux, qui ne devient bleu que par les lavages multipliés ^ °û lui fait subir. Ces lavages ont pour but de le mettre en con-a<d avec l’air, dont l’oxygène réagit sur une partie du cyanure de er> en lui enlevant du fer et en le faisant passer ainsi à l’état de Silure femque, nécessaire pour former, avec le cyanure fer-|eax non altéré, ce cyanure double qui constitue essentiellement leu de Prusse.
- Voi
- 0lci quelle est la composition brute qu’on lui assigne, quand
- est pur.
- Fer.......... 7 équivalents, ou sur 100...... 38,35
- Cyanogène.... 9 — — 45,90
- Fau combinée. 9 — — 15,75
- 100,00
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- 764 SOIXANTE-TROISIÈME LEÇON.
- Sa formule brute est donc... Fe7Cy9,9HO, représentant 3 équivalents; Et sa formule rationnelle... 3FeÇy -f 2Fe2Cy3 + 9HO.
- Le bleu de Prusse du commerce contient presque toujours de l’alumine en mélange; mais la proportion varie suivant chaque sorte de bleu; les bleus fins n’en contiennent que très-peu; H en est même quelques-uns qui n’en renferment pas. L’alumine a pour unique fonction de servir de véhicule à la matière colorante et d’augmenter son poids.
- Il est peu de produits chimiques dont la préparation soit plus difficile et plus incertaine que celle du bleu de Prusse, et qui se présentent dans le commerce avec des qualités plus variables. On n’en distingue pas moins de quatorze à quinze sortes, suivant l’intensité et la beauté de leur nuance. Voici les principales :
- t. Bleu de Berlin. — Petits pains réguliers, compactes, durs, pesants, à cassure nette, d’un bleu fortement nuancé de reflets violets et même rougeâtres, qui lui donnent un aspect métallique et cuivré.
- 2. Bleu de Prusse de Paris. — Morceaux irréguliers, plus petits, d’une couleur bleu foncé, offrant encore quelques reflets métalliques et eue vrés; cassure facile, mettant à découvert une surface unie très-légère--ment violacée.
- 3. Bleu foncé.— Couleur d’azur plus ou moins foncée; masses ayant la forme d’un parallélipipède rectangle, de la longueur de 54 millim- en' viron; cassure nette; nuance intérieure semblable à celle de la surface
- 4. Bleu foncé ordinaire. — Masses irrégulières d’un bleu foncé, coin pactes et pourtant faciles à rompre, se réduisant aisément en poutilt et se délayant promptement dans l’eau.
- 5. Bleu minéral. — En masses d’une nuance qui varie du bien c*a au demi-bleu foncé, et plus pâle que celle du bleu ordinaire. H a aUS?e une plus faible densité et plus de force couvrante. C’est du bleu 1 Prusse préparé avec des matières colorantes blanches (oxyde de zlllL’ carbonate de magnésie) au lieu d’alumine.
- Quand on veut se procurer du bleu de Prusse très-pur, on P cipite la dissolution de prussiate de potasse par de l’azotate peroxyde de fer. Il en résulte un bleu d’une telle beauté, qu£> ja frais qu’entraîne ce procédé sont compensés et au delà Par qualité du produit obtenu.
- Le bleu de Prusse du commerce est presque toujours altère p ^ mélanges de matières inertes qu’on y ajoute pour en augmenter le 1 e L’amidon, la craie, le sulfate de chaux servent à cet usage. C’est jj
- le bleu est en pâte, qu’on y introduit cès substances en poudre 1 ^ est difficile de trouver des bleus de Prusse entièrement exenip midon. ' aVec
- Pour reconnaître la présence de l’amidon, on fait bouillie le b - eile-de l’eau qui dissout l’amidon. On filtre ou l’on abandonne la liqueU^a0S la même, pour que le bleu se dépose complètement, et, en ajoutan
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- DU BLEU DE PRUSSE.
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- liqueur incolore quelques gouttes d’iode, il se manifeste une teinte bleue.
- Pour reconnaître les sels calcaires, on fait chauffer le bleu avec de l’acide sulfurique étendu de 3 à 4 pp. d’eau; on filtre, et dans la liqueur °n ajoute un grand excès de potasse qui précipite de la chaux facile à caractériser. On peut aussi calciner à Pair une quantité connue de bleu de Prusse. Le résidu se compose alors d'oxyde ferrique, d’alumine, de chauxet de sulfate de chaux dont l’analyse est très-facile.
- Une faudrait pas juger de la bonté d’un bleu de Prusse par le volume le poids du résidu de sa calcination, car ce ne sont pas toujours les Ailleurs bleus qui donnent le moins de résidu. On trouve, en effet, des l’jeus superfins des premiers numéros du commerce qui fournissent un les*du quatre à cinq fois plus considérable que les bleus les plus cornons. L’essai que les marchands emploient, quelquefois pour déterminer la richesse de la nuance des bleus, et se fixer par conséquent sut leur 'aleur, consiste à broyer à l’huile le bleu de Prusse avec de la céruse ; Celte matière affaiblit l’intensité de la couleur, et l’on juge ainsi, par la Quantité qui est nécessaire pour l’amener à une nuance déterminée, de a hchesse de la couleur primitive. On peut établir, de cette manière, la 'talion entre les valeurs de chaque échantillon.
- Le bleu de Prusse, à l’étude duquel nous sommes ainsi revenus Naturellement, est une des couleurs minérales les plus uliies. Il ;ert avec succès dans la fabrication des papiers peints, la peinture y huile, l’azurage des papiers, l’impression des indiennes et des *1Ssus de laine et de soie. En teinture, ses applications sont nom-bfeuses, mais dans ce cas, on le produit directement sur les tissus, ,llns* que je vous l’ai montré.
- L’est à Raymond père, alors professeur de chimie à Lyon, °n doit l’introduction du bleu de Prusse en teinture.il rem-^da, en 1811, le prix proposé par Napoléon Ier à cet égard. Les 'eus qu’il obtint sur soie lurent désignés sous les noms de bleu f'ynond, bleu Marie-Louise.
- uans l’impression, on produit les bleus-prussiat.es sur laine et ^ c°ton, au moyen d’une réaction curieuse dont je vais vous ,°nner la théorie. Tous les acides, même les acides organiques |*alique, tartrique, citrique) et les sulfates acides, ont la pro-1 riété à la température de -J- 100°, d’opérer la destruction du i Ussiate de potasse; le cyanure de potassium est transformé par ([.'r)e de la décomposition de l’eau en acide cyanhydrique qui se ([^aoe et en potasse qui s’unit à l’acide étranger; le proto cyanure
- Ns
- er devient libre et apparaît avec sa couleur d’un blanc bleuâtre; Dl s s°us l’influence de l’oxydation opérée par l’air, ou par le L,Clrômnle de potasse, ou par le chlorure de chaux, il donne du ble.ü de Prusse.
- la^n ^brique, en obtient ce résultat en imprimant sur les pièces un mé-,aisf épaissi d’acides oxalique et tartrique et de prussiate de potasse, sécher et soumettant à l’action de la vapeur pendant trois quarts Ure- Toutes les parties imprimées prennent alors une belle couleur
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- bleue, par suite du bleu de Prusse qui s’est produit, sous l’influence de la chaleur et de l’humidité, dans le mélange précédent.
- En ajoutant à ces mélanges du bichlorure d’étain ou du sel d’étain, on favorise l’oxydation du protocyanure de fer mis en liberté et on obtient un bleu de Prusse, tournant au pourpre d’indigo le plus foncé, nuance riche connue spécialement sous le nom de bleu de France, et dont voici un échantillon.
- On peut encore obtenir des bleus plus foncés et plus riches en substituant au prussiate jaune ce qu’on appelle le prussiate rouge, dont il f«nd que je vous dise quelques mots.
- Lorsque dans une dissolution de cyanoferrure de potassium, on ajoute, goutte à goutte, de l’acide azotique, en évitant qu’elle ne s’échauffe, ou lorsqu’on y fait passer lentement un courant de
- ----------------- chlore, jusqu’à ce qu’elle cesse de
- précipiter les sels de peroxyde de fer, qu’on la neutralise alors avec du carbonate de potasse, qu’on la filtre etqu’onl’évapore rapidement jusqu’à pellicule, pour la mettre ensuite à cristalliser, il se dépose peu à peu de gros prismes rbo® ig' 16‘ » boïdaux [fig. 616) d’un beau rouge
- de rubis, translucides et même transparents, qui ont la composition suivante :
- Cyanure de potassium.......... 59,59 ou 3 équivalents.
- Sesquicyanure de fer.......... 40,41 ou 1 équivalent.
- 100,00
- La formule de ce composé... 3KCy-J-Fe2Cy3, montre que ^ cyanure de fer qui est uni au cyanure de potassium n’est p 11 du protocyanure, comme dans le prussiate jaune, niais du sesquicyanure, correspondant au sesquioxyde de fer. Voilà P°UJ' quoi on nomme scientifiquement ce prussiate rouge cyo.n°ferrl de potassium ou cyanure ferrico-potassique. c
- C’est Gmelin qui a découvert, il y a fort longtemps, ce ^anUje double, qui est un des plus jolis produits de nos laboratoires-l’ai signalé le premier à l’attention des chimistes français et J indiqué plusieurs de ses propriétés, dès 1827.
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- FABRICATION DES PBUSSIATES DE POTASSE. 767
- Toujours anhydre et inaltérable au contact de l’air, sans odeur, Tune saveur légèrement savonneuse, il se dissout dans deux fois son poids d’eau froide et dans moins de son poids d’eau bouillante; sa dissolution, vue en masse, paraît presque noire, tant sa couleur est foncée, mais en couches minces elle est transparente et d’un rouge verdâire.
- Ce prussiate rouge est ramené h l’état de prnssiate jaune par l’action d’une chaleur modérée, par l’hydrogène sulfuré, par certains métaux (fer, cuivre, plomb, mercure, argent). Il joue, en Présence de la potasse, le rôle d’un oxydant énergique, parce dans cette circonstance, à + 100°, il repasse à l’état de Prussiate jaune avec dégagement d’oxygène. Celle dernière réac-ll°n est mise à profit dans les fabriques d’indiennes pour décolorer l’indigo, la cochenille, les laques, et par conséquent pour ronger blanc sur les fonds teints avec ces matières. C’est M. Mer-Cer qui a fait adopter, il y a une vingtaine d’années, ce nouveau m°de d’enlevage dans les établissements de toiles peintes de l'Angleterre.
- La dissolution du prussiate rouge forme avec la plupart des sels des quatre dernières sections des précipités volumineux dont !es couleurs diffèrent des précipités produits par le prussiate hune; mais ce qu’elle a surtout de caractéristique, c’est qu’elle est sans action sur les sels de peroxyde de fer, tandis qu’elle lj°nne immédiatement un très-beau bleu avec les sels de protoxyde.
- L’espèce de bleu de Prusse qu’on distingue dans le commerce ,°Us le nom de bleu de Turnbull, est préparée en versant dans une 'Solution de couperose, du prussiate rouge, ou bien un mélange 'y prussiate jaune et d’hypochlorite de soude avec addition d’acide chlorhydrique. Ce bleu a une nuance un peu différente de celle du ^eu de Prusse ordinaire. Il n’a pas tout à fait, non plus, la môme CornPosition, puisqu’on le représente par la formule suivante : •
- (3KCv + Fe2Cy3) + 4(3FeCy + Fe2Cy3).
- Sj es prussiates dépotasse et les cyanures dont on consomme de grandes quantités pour les applications si variées dont je vous eidretenus, Messieurs, peuvent être produits d’une manière ;|[.s simple et plus économique que par l’emploi des matières aiales. En 1828, Desfosses, chimiste habile de Besançon, en Pétant d’anciennes expériences de Scliéele et de Curaudau, (jü.slala que l’azote libre s’unit directement au carbone pour pro-I ee Fe cyanogène, lorsqu’on fait passer, à la température rouge,
- | Ca|az Pur ou môme de l’air sur un mélange de charbon et de °nate de potasse.
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- Go fait intéressant, confirmé bientôt après par MM. Thomson etFownes, est devenu, dans les mains de MM. Possoz et Boissière, la base d’une grande fabrication industrielle. Dès 1843, ces deux chimistes avaient monté à Grenelle des appareils d’essais sur une échelle assez importante pour pouvoir livrer au commerce, en moins d’une année, plus de 13,000 kilogr. de prussiate jaune de potasse obtenu sans le concours d’aucune matière animale.
- Toutefois la cherté du combustible à Paris, et aussi les réparations fréquentes qu’exigeaient les appareils qu’ils employaient à cette époque, les engagèrent à chercher une autre localité mieux favorisée, et vers 1844, ils allèrent monter à New-Castle, pour le compte d’une compagnie anglaise, une grande usine dans ‘laquelle ils introduisirent tous les perfectionnements que réclamait celte industrie naissante. Bientôt cette usine put fabrique1'
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- DU CYANURE DE POTASSIUM.
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- Voici, en abrégé, comment on opère. Du charbon de bois concassé, imprégné de 30 p.°/0de bonne potasse d’Amérique, est placé dans un cylindre vertical en grosses briques réfractaires [fig. 017). Ce cylindre de 50 cen-hrnèlres de diamètre intérieur et d’une longueur de plus de 3 mètres, est chauffé au rouge blanc ; au moyen d'une pompe aspirante et foulante, 0n y projette de l’air chaud qui a traversé du coke incandescent et qui ne contient plus ainsi que de l’azote et de l’oxyde de carbone ; cet air 0I1he dans le cylindre par de petits orifices qui sont ménagés de distance en distance à travers ses parois. Au bout de 10 heures de chauffe, le car-nonate de potasse est en grande partie converti en cyanure de potassium.
- Cet appareil fonctionne d’une manière continue. On retire, en effet, ‘nutes les demi-heures, par le bas du cylindre une certaine quantité de charbon cyanuré, tandis que par le haut on introduit une quantité cor-respondante de charbon potassé.
- Le charbon cyanuré, après s’être refroidi en passant dans une allonge ce fonte, tombe dans un réservoir où on le chauffe avec de l’eau et du 'arbonate de fer natif (fer spathique) en poudre. C’est alors qu’il se •et du ferrocyanure de potassium. Les liqueurs saturées sont évaporées et mises à cristalliser. Le résidu charbonneux rentre dans les opérations Nouvelles ; les dernières eaux-mères, très-riches en carbonate de potasse, jervent à préparer de nouveaux charbons potassés. Rien n’est donc perdu. l’e Procédé est si bien entendu, que le carbonate de potasse fournit sous l! méme poids avec l’azote de l’air plus de cyanure qu’avec les matières
- animales.
- j, ’est toujours avec le prussiate jaune, fabriqué par l’un ou autre des procédés indiqués dans cette leçon, qu’on obtient le 'Pnure de potassium simple, qui joue actuellement un si grand r^e dans les ateliers des galvanoplastes et des doreurs.
- ^ Quand on veut l’avoir pur, on décompose par la chaleur le ferro-*dnure de potassium, qu’on a eu soin de débarrasser des sels étrangers 1 une ou deux cristallisations successives. On le dessèche soigneuse-„rent> et on en introduit quelques kilogrammes dans une cornue en g.es°u mieux en fer qu’on place dans un fourneau à réverbère. On aPte à son col un tube recourbé dont on fait plonger l’extrémité de piques millimètres dans l’eau d’une terrine. On chauffe d’abord modé-n°nt, pour éviter que le sel ne se boursoufle, et on monte progressive-s nt la température jusqu’au rouge ; on l’entretient à ce point tant qu’il ,j0 du tube des builes de gaz; quand le dégagement se ralentit, on l^m un bon coup de feu pour élever la température jusqu’au rouge ot/u ®az cessant d’apparaître, on soulève le tube hors de l’eau, ç e bouche avec un peu de lut, on laisse refroidir l’appareil ; on casse tinctUe.la. cornue dans laquelle on trouve fort souvent deux couches dis-ta C.les : l’une blanche, cristalline et compacte, c’est du cyanure de po-|.ecoUrn j l’autre noire, caverneuse, miroitante, en forme de scorie ^ouvrant la première ; c(est un carbure de fer mêlé de cyanure alca-, Plus habituellement, cependant, ces deux matières ne sont pas lir i es* Al°rs pour en séparer le cyanure de potassium, on fait bouil-e t°at avec de l’alcool à 58°, on filtre rapidement, et par le rc-
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- SOIXANTE-TROISIÈME LEÇON.
- froidissement, presque lout le cyanure se dépose en cristaux grenus et purs.
- La légende suivante va vous donner la ihéorie de cette opération :
- Cyanure de potassium
- Prussiate de potasse ferrugineux .
- /protocyanure )_ \ de fer. (
- Cyanogène
- Azote-
- Carbon e-
- Fer
- = Carbure de fer-
- (2KCy + FeCy) = 2KCy -J- Az.+ FeC®.
- Quand le prussiate que l’on calcine n’est pas complètement sec, il f(j dégage, outre l’azote, une quantité sensible d’acide cyanhydrique 1 d’ammoniaque, et il se sublime dans le col de la cornue quelques cristaux de carbonate d’ammoniaque.
- Le cyanure de potassium qu’on emploie dans les arts n’a PaS besoin d’être d’une pureté absolue. Voici comment on le fabrique dans les ateliers : à 800gram. de prussiate jaune desséché on ajoute 300 gr. de sel de tartre; omrnélange intimement et on calcine•aU rouge cerise dans un creuset en fer très-épais. La matière en Ion danl devient noire et bourbeuse; peu kpeu le carbure de fersen sépare et se colle aux parois du creuset. On reconnaît que 1 °P^ ration est terminée, quand en trempant une baguette de vc‘* dans la masse en fusion, le produit qu’on en retire est parla* ment blanc. On le coule alors avec précaution sur une métallique. Aussitôt qu’il est refroidi, on le concasse et on troduit dans des flacons qu’on maintient hermétiquement bo ehés. * ^
- Le cyanure, ainsi obtenu, doit être d’un blanc de lait pIu&jqq moins diaphane et à cassure très-cristalline. Il renferme 75 p> de cyanure réel. Il est complètement inodore, s’il est parlc ment sec; mais dès qu’il attire l’humidité, il répand l’odeur ractéristique d’acide prussique. Il est très-déliquescent, et a 1 J par suite de la décomposition de l’eau, il s’altère rapideme ^ renferme bientôt des carbonates et formiates de potasse et moniaque. un
- Il ne faut pas oublier que le cyanure de potassium • poison tout aussi redoutable que l’acide cyanhydrique, ce ^ n’empêche pas les médecins de l’administrer à l’intérieur, ‘P l’avoir fait dissoudre dans huit fois son poids d’eau distillé*3.
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- FULMINATES MÉTALLIQUES.
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- Je n’abandonnerai pas l’étude des composés cyaniques sans vous faire connaître les poudres fulminantes de mercure et d’argent, qu’on obtient en traitant simultanément l’alcool par l’acide azotique et l’un ou l’autre de ces métaux. Ces poudres, qui détonent si facilement par le choc ou le frottement, renferment un acide distinct, un oxacide du cyanogène, qu’on a nommé acide fulminique, Cy*0*; ses combinaisons avec les oxydes de mercure et d’argent :
- (Hg0)2,Cf02
- (Ag0)2,Cy202
- SOnt, d’après cela, nommées fulminates de mercure et d’argent. C’est l’Anglais Howard qui en a fait la découverte.
- On obtient le premier en dissolvant 1 partie de mercure dans '2 parties d’acide azotique à 31°, ajoutant à la liqueur 11 parties alcool à 36°, et faisant chauffer le mélange au bain-marie jus-qu à production de vapeurs blanches et épaisses. Par le refroidissent, il se dépose une poudre blanche cristalline, qu’on lave ^l’eau froide et qu’on sèche avec précaution. C’est là le mercure laminant de Howard.
- .En dissolvant une pièce d’un demi-franc dans 45 grammes d‘a-Cl(le azotique et faisant chauffer avec 60 grammes d’alcool, on profit aisément le fulminate d’argent.
- Eien n’est plus dangereux que le maniement de ces poudres, (jai détonent avec presque autant de violence que l’ammoniure argent, dont je vous ai parlé dans la 29e leçon (t. Ier, p. 838). Un centigramme de fulminate d’argent, jeté sur les charbons ardents, j^oduil une détonation aussi forte qu’un coup de pistolet. Le plus |,8er frottement entre deux corps durs suffit pour en provoquer ^plosion, surtout quand il est sec et chaud; aussi se sert-on e baguettes de bois tendre et de cuillers en papier pour sa pré-L LUion et son maniement. Quelques décigramrnes qui détone-' sur la main, en causeraient infailliblement la perte, terribles accidents n’ont que trop appris, aux chimistes et 0 x j^Ericants de ces composés, les précautions avec lesquelles doit les toucher. Figuier, de Montpellier, a perdu un œil en Da P-aran* du fulminate d’argent. Barruel, de Paris, a eu une de 16 roain droite emportée par la détonation de fulminate I Mercure, qu’il broyait négligemment dans un mortier de silex ; U P’osion fut si violente, que le mortier, disparut en poussière, p 1( e mes condisciples, l’infortuné Bellot, ancien élève de l’École lltle^ecbnique, a perdu la vue et a été horriblement mutilé par Sernblable détonation. Julien Leroy, fabricant de poudre, a etic ^ y a quelques années, par la détonation de fulminate Pe humidé qu’il remuait, par imprévoyance, avec une baïon-
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- SOIXANTE-TROISIÈME LEÇON.
- nette. Plusieurs fabriques de poudre fulminante au mercure, entre autres celle d’Ivry, près Paris, ont été entièrement détruites par l’explosion de quelques kilogrammes de matière. En J842, un chimiste de Londres très-célèbre, Hennell, a péri victime d’une explosion effroyable produite par la môme substance. Un fournisseur, nommé Dymon, qui avait traité avec la Compagnie des Indes pour une quantité considérable d’obus remplis de fulminate de mercure, ne pouvant préparer lui-même, dans le délai fixé, tout ce qu’il avait promis de livrer, s’était adressé à Hennell pour qu’il se chargeât d’une partie de la fabrication. Le 5 juin 1842, Hennell travaillait seul, dans un corps de bâtiment isolé, a cette œuvre périlleuse; le fulminate était achevé, et il ne lui i'es' tait plus qu’à le mêler avec une autre substance préparée paI M. Dymon lui-même, et qui paraît constituer le secret de se> obus; tout à coup un accident qu’oa ne peut expliquer, puisque le seul témoin a disparu, fit prendre feu à ces matières, et, de là’ une explosion terrible. Le corps de bâtiment fut détruit; les tuiles, les briques, les charpentes furent lancées au loin dans les rues voisines, et on ne put.retrouver du malheureux Hennell^que deS débris horriblement mutilés.
- La force développée par la détonation des fulminates est bien plus grande que celle de la meilleure poudre à canon. On ses assuré, par exemple, qu’en détonant sous une masse creu^ de cuivre, elle l’élève à une hauteur 15 à 30 fois plus consi rable.
- C’est avec le fulminate d’argent qu’on confectionne les bonbon^ chinois, si connus des enfants. Une parcelle de cette poudre collée, en compagnie de quelques grains de verre pilé ou ble, entre deux bandes étroites de parchemin; lorsqu’on tire ^ bandes en sens contraires, le frottement des grains de verre ou sable contre la poudre fulminante suffit pour en déternu l’explosion. Les cartes et les pétards fulminants sont prépare ^ la même manière. Lorsqu’on les jette avec force par tefre’.]ie qu’on les presse avec le pied, ils font explosion. Ces jouj°rlN (^ sont pas sans danger; ils ont souvent causé des blessures
- Le fulminate de mercure est généralement employé, depuis quarantaine d’années, pour les amorces des fusils de chasse,^ cause de sa facile inflammation et de son inaction sur le e * sont, de petites capsules en cuivre mince embouti à la nnéca i
- attaché
- (1) Il en est de môme du papier fulminant dont certains voyageUlS ‘ |fl déto-des bandes à la porto de leur chambre à coucher, afin d’être éveille» P .er)) qui nation qui se produit lorsqu’on ouvre la porte pendant la nuit. En °p avajt fai* 1 se servait probablement de l’argent fulminant pour préparer ce paPie ’ ‘
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- POUDRES FULMINANTES.
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- au Tond desquelles on introduit un peu de fulminate, 16 à 20 milligrammes environ. Auparavant, celui-ci est broyé avec 30 p. °/0 d’eau, sur une table de marbre, avec une molette de bois, et on y incorpore 4/10 de son poids de nitre ou de pulvérin. Ce mélange communique mieux l’inflammation à la charge du fusil. -
- Avec 1 kil. de mercure, on obtient 1 kil. 1/4 de fulminate, qui peut fournir environ 40,000 amorces. Le prix de celles-ci est ordinairement de 3 fr. 50 le mille.
- Ces amorces sont maintenant adoptées pour les fusils de muni-; elles contiennent 40 milligrammes du mélange fulminant, qu'on arrose avec une dissolution de résine laque dans l’alcool, 0u de résine mastic dans l’essence de térébenthine, afin de pré-venir l’action de l’humidité.
- L’expérience a montré que dans les nouveaux fusils à percussion °u obtient la même portée que dans les anciens fusils à pierre, réduisant la charge de poudre aux 85 centièmes de ce qu’elle elait primitivement.
- On calcule que l’industrie française livre chaque année à la consommation 830 millions de capsules, dont 210 millions pour * intérieur et 620 millions pour l’exportation.
- Unir une petite boîte de cette poudre à l’endroit où il s’était arrêté pendant son °yage. A la poste, on voulut voir ce r)ue contenait cette boîte, et quand l’opticien « remit le couvercle, la poudre fit explosion, probablement parce qu’il en était es*é quelques grains entre le couvercle et la boîte. La main de l’opticien fut Presque totalement enlevée, et on trouva des fragments d’os sous la table, dont e dessus, épais de plusieurs centimètres, fut percé. Des morceaux de la boîte Paraissaient avoir pénétré en plusieurs endroits dans la poitrine du malheureux, W* mourut au bout d’onze jours. Aucun des employés de la poste ne fut atteint, malgré la violence de la détonation, qui les priva de l’ouïe pendant quelque Ps; il n’y eut point de vitres brisées, ell'et qu’aurait infailliblement produit une
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- >on bien plus faible causée par la poudre ordinaire.
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- SOIXANTE-QUATRIÈME LEÇON.
- SOIXANTE-QUATRIÈME LEÇON.
- TROISIÈME DIVISION.
- HISTOIRE CHIMIQUE DES FONCTIONS DES ORGANES PENDANT LA VIE.
- Sommaire. — Des fonctions chez les végétaux. — Delà germination et des phénomènes chimiques qui l’accompagnent. — Saccharification de l’amidon des graines. — De la nutrition. — Action des plantes sur l’atmosphère.— Rôle des éléments de l'air, de l’eau et du sol, dans l’acte de la végétation. — De la sève f de ses fonctions. — Manne et mannite. —Maturation des fruits. —Des fonctions chez les animaux. ?— De la digestion. — De la nature des aliments : aa' ments plastiques et respiratoires. — Du canal digestif et des actes mécanique* et chimiques qui s’y accomplissent. — Nature de la salive, du suc gastrique, «u suc pancréatique, de la bile. —Formation du sang. — De Y assimilation et u<5 sécrétions.
- Il ne suffit pas, Messieurs, de connaître la composition chm11' que des organes des plantes et des animaux, de savoir les pr0' priélés essentielles des principes et des produits immédiats (]111 les forment; il est aussi curieux qu’intéressant de recherché comment ils accomplissent, pendant la vie, les fonctions impo1 tantes qui leur sont départies, d’apprendre enfin quels sont phénomènes qui se développent dans le corps des êtres vivan > par l’action de leurs différents organes.
- Mais pour faire cette élude avec quelque fruit, il est indispen^ sable de posséder des notions exactes sur la structure anatoim que des végétaux et des animaux. Car comment concevoir actes sans être initié aux détails de l’organisation intime desp ties qui les exécutent? r
- De cette nécessité des connaissances anatomiques résulte P moi l’impossibilité de vous exposer, d’une manière comp ^ les phénomènes qui se passent au sein des êtres organisés s l’infiuence des forces vitales. La Physiologie, qui a pour 0 de nous dévoiler le mécanisme caché à l’aide duquel la vl ^ développe et s’entretient, rentre tout à fait dans le domame naturaliste. La partie chimique de cette science ne peut être 4^ difficilement séparée de la partie descriptive des organes. bornerai donc à vous présenter un aperçu général des rea ^ chimiques les plus saillantes de la vie végétale et anima > gg écartant, autant que je le pourrai, l’emploi des termes tec u
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- DES FONCTIONS DANS LES VÉGÉTAUX. 775
- île botanique et de zoologie, genre de connaissances que vous puiserez dans les ouvrages ou les cours d’histoire naturelle.
- § i.
- Ues fonctions clans les végétaux.
- Fig. Cl8.
- Vous savez, Messieurs, que les plantes viennent de graines. L’acte par lequel celles-ci se développent et donnent naissance à de nouveaux individus, tout à fait semblables à ceux qui les ont produits, porte le nom de Germination.
- Si nous examinons une graine bien conformée, c’est-à-dire fécondée et mûre, soit, par exemple, une fève de marais (fig. 618), nous y reconnaîtrons trois parties essentielles,
- 'lui constituent l’embryon ou le germe végétal, à savoir : l’organe de la nutri-l'°n consistant en deux lobes qu’on appelle cotylédons C; la plante naissante.
- °u la plumule B, qui est le petit point Liane placé au centre des cotylédons; el la racine naissante ou la radicule A,
- cône recourbé, dirigé vers l’extérieur de la graine, et disposé au-dessous de la plumule B.
- .Tant que la graine est soustraite à l’influence des agents exté-r‘eurs, elle reste dans un état complet d’inertie. Mais aussitôt d’elle est soumise à l’action simultanée de l’humidité, de l’air el d’une température de -J- 10 à 30°, quelle que soit d’ailleurs la substance dans laquelle elle soit placée, pourvu que cette sub-stance n’ait aucun efïet défavorable sur ses organes, la vie commence à s’y développer. Les cotylédons s’enflent, les enveloppes mdérieures se déchirent, la radicule s’allonge, fait saillie au de-h°rs> s’implante dans le sol pour y puiser des aliments, tandis (fUe la plumule s’élève dans l’air et se change en feuilles versantes, qu’on appelle feuilles séminales. Alors un nouvel ordre e 'ails s’établit, la germination est terminée.
- Tendant que tous ces phénomènes physiques se produisent, il jC Passe dans l’intérieur de la semence et dans le milieu qui l’en-0llre des changements non moins remarquables.
- Les graines qui germent dans l’air ne changent pas sensible-,cnt son volume ; mais elles convertissent la plus grande partie e son oxygène en acide carbonique; de sorte que le carbone [°nlenu dans les semences diminue progressivement. Toutefois Poids du carbone que contient l’acide carbonique formé est 0uj°ûrs moindre que celui qui exprime la perte subie par la U faut donc que celte perte ne soit pas due uniquement J imination du carbone. Les expériences de M. Boussingaull tti0ïHrenl qu’en effet il y a aussi une certaine quantité d’oxygène
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- et d'hydrogène de la graine qui disparaît, sans doute à l'état d’eau.
- Lorsque, par suite de la réaction de l’air, aidée de l’humidité, l’équilibre entre les éléments de la substance organique des cotylédons est rompu, il s’établit bientôt, sous l’influence de la chaleur et de l’électricité développée par l’action de l’oxygène atmosphérique, une série de réactions chimiques dont les produits varient probablement en raison de la nature des cotylédons. Ce que nous savons, à cet égard, se rapporte uniquement aux graines des céréales et des autres graminées.
- Ces graines, vous le savez. Messieurs, renferment du gluten, une grande proportion d’amidon, et bien peu de principes solubles dans l’eau. Avant de germer, elles n’ont qu’une faible saveur; elles ne cèdent à l’eau qu’une très-faible quantité de leur substance, car elles peuvent être pulvérisées et délayées dans de l’eau à -f- 80°, sans éprouver d’autre altération que celle que subissent les matières féculentes dans les mômes conditions de
- température. Mais dès que la germination commence, une cei-laine quantité de diastase prend naissance, et sa quantité augmente à mesure que la végétation s’établit. Cette substance, amsl procréée, réagit bientôt sur la fécule, dont elle fait crever Ie-globules; la dextrine s’écoule au dehors, et la plus grande parta se métamorphose en sucre sous l’influence, sans cesse agissant^ de la diastase. .
- L’intérieur de la graine contient, par suite de cet effet, un quide laiteux et doux, qui est propre à servir d’aliment à la jeu plante. En écrasant alors la semence, et en la mettant avec s -fois son poids d’eau à -j- 80°, tout ce qui était amidon se trou'1 transformé en sucre au bout de quelques heures. .
- Cette saccharification, que la diastase provoque ainsi ^ l’intérieur de la. graine, continue jusqu’à ce que la plumules^ parvenue à la lumière; alors elle cesse tout à coup, et, Par . jg nouvelle réaction, le sucre et la dextrine procréés sont conV jgs en principes immédiats résineux, huileux, gommeux ou aC qui concourent à l’accroissement de la plante. , ?
- Cette transformation de la substance farineuse des cotyl® en sucre est donc entièrement semblable à celle que subi ^ •midon ou l’empois, mélangé directement par nous avec ^ germé, et porté à une température moyenne de -f- 70 * ,f Mais, dans le premier cas, l’action de la diastase sur lu ^oJlC des cotylédons ne s’effectue que successivement. On ^ult^(je trouver par l’analyse, dans la graine germée, plus de sUC^s[ <-e dextrine qu’il n’en existait dans la graine non germée. L qui résulte, en effet, de l’analyse comparée du blé avant c sa germination.
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- Il semble par conséquent que le premier acte de la vie végétale ne soit autre chose qu’une saccharification; il doit toutefois y avoir d’autres phénomènes accessoires, puisque MM. Becquerel, Edwards et Colin ont reconnu dans les graines germées des proportions notables d’acide acétique. Quoi qu’il en soit, la germination a pour effet essentiel de convertir la substance farineuse et insoluble des cotylédons charnus ou de l’albumen qui accompagne les cotylédons foliacés en substances solubles dans l’eau, (pie les vaisseaux capillaires de la graine peuvent facilement absorber et présenter dans un grand état de division à la jeune plante. Le rôle nourricier de l’albumen et des cotylédons charnus explique très-bien, confirme môme la loi pratique admise dès longtemps par les agriculteurs et récemment confirmée par M. Albert, île, dans chaque espèce de plante, on doit choisir pour les semis 'es graines les plus grosses et les mieux nourries, parce qu’on °btient ainsi des plantes plus robustes.
- Lorsque la jeune plante est développée par suite de la germi-nation, que les cotylédons, qui lui avaient fourni la matière nu-iritive nécessaire, se sont desséchés et sont tombés, elle est obligée, pour continuer son accroissement, de tirer sa nourriture Vautre part que de ces organes, car il est bien démontré qu’elle nePeut elle-même la former. Tout prouve, en effet, qu’elle aug-aiente continuellement la quantité des matériaux qui la consti-jUent, en s’emparant'de certaines substances extérieures, et en ^ transformant en sa propre substance. Or, c’est ce phénomène (lüi a reçu le nom de nutrition.
- Attachée au sol et plongée dans l’atmosphère, c’est dans l’un et l’autre de ces milieux que la jeune plante puise les matières '‘‘dentaires qui sont indispensables à son développement. C’est Ihrles racines et les feuilles que s’accomplit cette fonction. Les dernières puisent, dans la terre, les sels et les substances orga-jll(]Ues fournis par les engrais, et que l’eau tient en dissolution; ^ secondes absorbent, presque uniquement par leur face infé-lleure, les gaz et les vapeurs répandus dans l’air.
- . est de toute nécessité que la nourriture réparatrice par-'^nne aux plantes dans le plus grand état de division possible, ^les pores absorbants dont les organes des plantes sont pourvus ,Qrtesi fins et si déliés, qu’aucun corps, non liquide ou gazeux, ^ Peut s’y introduire; et si l’analyse démontre dans le tissu vé-^a* des matières solides et insolubles, c’est qu’elles ont été dis-H.ules> ii l’époque de leur absorption, par un agent qui les a ^données pour former de nouvelles combinaisons.
- L°nsidérés dans l’ensemble de leur constitution, les végétaux ^"Lennent du carbone, de l’eau toute formée ou ses éléments,
- ' az°te, du phosphore, du soufre, des oxydes métalliques unis
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- aux acides phosphorique, sulfurique et silicique ; des chlorures, des bases alcalines combinées à des acides végétaux. Il résulte de là que les plantes ont besoin pour vivre d’absorber incessamment de l’eau ou ses éléments, de l’air ou ses éléments, de l’acide carbonique et certaines matières minérales.
- Voyons comment ces principes élémentaires sont fournis à la jeune plante.
- 1. Il est certain que les végétaux ne pourraient vivre sans eau; car toutes les fois qu’ils en sont privés, ils dessèchent et périssent. C’est du sol que les plantes tirent, par leurs racines, une grande partie de l’eau qui leur est nécessaire; mais elles en absorbent aussi, dans l’atmosphère, par leurs parties foliacées. Cette eau agit, dans la végétation, comme dissolvant et aussi par sa décomposition, en fournissant ses deux principes constituants.
- Ce qui prouve évidemment que l’eau se décompose, ce sont les expériences de M. Boussingault, qui démontrent que des graines germent facilement sur un sol artificiel privé de toute substance organique et arrosé avec de l’eau distillée. Il est clair que, dans ce cas, l’eau est assimilée en nature ou qu’elle apporte aux végétaux scs éléments désunis, mais dans un état naissant qui est éminemment propre à l’assimilation. L’hydrogène des plantes n<' pas d’autre origine.
- C’est donc l’hydrogène de l’eau qui sert à former les huile5 essentielles, la cire, les résines et tous les corps gras si fréquents dans certains organes et si riches en ce principe élémentaire.
- 2. Le carbone ne pénètre jamais dans les plantes à l’état son ou de simple dissolution dans l’eau, puisque, libre et pur, il nés pas soluble. Aussi, lorsqu’on met une plante dans du charbon, même en poudre impalpable, en l’arrosant d’eau distillée, elle, vit à peu près comme dans du verre pilé, sans absorber aucune particule charbonneuse.
- .Le carbone est introduit dans le tissu végétal par la décomp0^ sition du gaz acide carbonique, puisé dans l’air et dans l.eaU’en y est encore porté par la partie soluble du terreau, très-riche matières organiques. > f .,
- Au commencement de ce cours, en faisant l’étude de 1 aC1 t carbonique, je vous ai dit que les parties des végétaux qui s colorées en vert, c’est-à-dire les feuilles et les tiges, ont la P priété remarquable, mais uniquement sous l’influence de la ^ mière solaire, d’absorber le gaz acide carbonique contenu l’air, de le décomposer, de s’assimiler son carbone, et de reJ dans l’atmosphère la plus grande partie de l’oxygène qui en P vient. Il est facile de vous démontrer expérimentalement qu 1 est toujours ainsi : x
- Si l’on place dans une môme cuvette aa (fig. 619) deux bo
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- Fig. 019.
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- renversés, l’un b plein, ainsi que la cuvette, d’eau distillée, dans laquelle nage une plante de menthe aquatique, l’autre c rempli d’acide carbonique ; qu’on surmonte l’eau de la cuvette d’une épaisse couche d’huile,
- Pour éviter le contact de l’air ahnosphérique, et qu’on expose l'appareil au soleil ; voici ce que l’on remarque :
- Chaque jour, dans le bocal c,
- Iegaz carbonique diminue, ce <îu’on reconnaît par l’élévation de l’eau ; tandis que, au sommet du bocal b, il s’élève uné quantité de gaz oxygène sensiblement égale à la quantité d’acide carbonique qui disparaît en c. Au bout de douze jours, la menthe est en bonne santé. —Une plante semblable, placée sous un bocal plein d’eau distillée, mais hors de "influence de l’acide carbonique, ne dégagerait pas d’oxygène et Montrerait des signes évidents de décomposition.
- Si l’on répète la môme expérience en mettant du gaz oxygène ta place du gaz acide carbonique, il ne se dégage aucun gaz dans le bocal où se trouve la menthe aquatique.
- . La décomposition du gaz carbonique ne se fait que par les parties vertes, et surtout dans le parenchyme. L’épiderme, les ner-Vures ne jouissent pas de cette propriété.
- La quantité d’acide carbonique absorbé et décomposé varie JUssi dans les différentes plantes; elle dépend de leur surface ; tes végétaux à feuilles minces doivent donc en absorber plus que Ceux h feuilles charnues.
- L ressort bien évidemment de ce qui précède : que les feuilles les parties vertes de toutes les plantes exposées à la lumière, aû$orbent de l’acide carbonique dans l’air, le décomposent et allaient un volume égal d'oxygène. Il est très-logique d’admettre, Par conséquent, que les plantes acquièrent ainsi la plus grande Partie de 1 eur carbone ; il est certain que celles qui croissent l’obscurité contiennent beaucoup moins de carbone que les ^tres. Théodore de Saussure a démontré par des expériences Coureuses que les plantes augmentent de poids à mesure d’elles dégagent de l’oxygène et que l’acide carbonique se dépose. Toutefois, cette augmentation de poids est plus forte celle qui équivaudrait seulement à la quantité de carbone i Sorbé, d’où l’on voit clairement que les plantes s’assimilent en 11(bne temps les éléments de l’eau.
- j( Ce qui prouve que le carbone des plantes vient de l’acide car-;°n>que, c’est la croissance et le développement prodigieux de rlaius arbres sur des montagnes ou des rochers stériles; ce
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- sont ces forêts d’arbres verts qui couvrent le sol des landes sablonneuses; c’est cette végétation prodigieuse de nos bois dans des terres où la main de l’homme n’a introduit aucune matière pouvant concourir à l’accroissement des plantes. Il suffit, en effet, à la prospérité de la végétation qu’un sol inerte procure une humidité convenable. Ce n’est donc pas du terrain que les arbres ont soutiré celte masse énorme de carbone qu’ils contiennent' Évidemment c’est de l’acide carbonique de l’air qu’ils l’ont extraite.
- Cet acide carbonique, qui est absorbé par les feuilles pendant le jour, ou qui pénètre avec l’eau dans la plante par l’intermédiaire des spongioles des racines, n’est plus décomposé une fois que la lumière diminue; il reste alors en dissolution dans la sève dont les végétaux sont imprégnés. Mais, avec l’eau qui s’évapore à travers les feuilles, il s’échappe, pendant la nuit, une quantité d’acide carbonique proportionnée à la masse totale (h* même acide renfermée dans ces organes. En sorte qu’une parhe de l’acide qui est absorbé pendant le jour est rendue à l'atmosphère pendant la nuit, parce que la cause qui pourrait le décomposer-c’est-à-dire la lumière, a cessé son action.
- M. Boussingault a fait des expériences qui démontrent cetU1 double action des plantes par rapport à l’acide carbonique de 1 an-Dans un appareil convenablement disposé, il a fait pénétrer une branche de vigne, en pleine végétation, sur laquelle, par la disp0 sition particulière de son appareil, passaient par heure 12 ldu? d’air. On s’assurait, avant de soumettre la vigne à l’action de 1al1 atmosphérique, de la quantité d’acide carbonique que cet air c°n tenait, et, par une autre analyse, on appréciait celle qui resta dans l’air qui avait traversé la vigne.
- Deux expériences consécutives ont prouvé que l’air, en tra'®^ sant l’espace où vivait la branche éclairée par le soleil, se dépôt lait des trois quarts de son acide carbonique, tandis qu’il se ^ langeait au double de son poids d’acide carbonique, lorsqu faisait fonctionner l’appareil pendant la nuit. . , ,
- Les récentes et nombreuses expériences de M. Corenvw ont complètement confirmé les résultats précédents. on
- L’air atmosphérique renfermant à peine un millième de ^ poids d’acide carbonique, on peut se demander si une aussi ble quantité de ce gaz peut fournir l’énorme proportion de 1 bone nécessaire à tous les végétaux qui couvrent la surfac® globe. Le doute n’est plus permis; on sait, d’après la comp°SI^e et la proportion moyenne (1 millième) d’acide carbonique *jr0. jj0. dans l’atmosphère, que celle-ci contient 1500 billions de ^ grammes de carbone , quantité bien plus que suffisante nutrition de toutes, les plantes vivantes.
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- Tout démontre donc que le carbone assimilé par les plantes est fourni en grande partie par la décomposition du gaz acide carbonique de l’atmosphère. Il est probable aussi que l’acide carbonique provenant de la décomposition des substances organiques contenues dans le sol doit être absorbé par les plantes et servir ensuite à leur développement.
- Les expériences faites en 1852 par MM. Boussingault et Lewy Prouvent que l’air confiné dans la terre arable est beaucoup plus riche en acide carbonique que 1 ’air libre de l’atmosphère, par suite dda combustion lente du carbone de l’humus et des engrais. N u’y a, en elfet, dans l’air atmosphérique pris dans son état normal» que 4 décilitres d’acide carbonique par mètre cube ; il y a 9 litres de ce gaz par mètre cube d’une terre non fumée depuis un an ; il y a 98 litres de ce gaz par mètre cube d’une terre récemment fumée ; en sorte que,
- La lreterre contient 22 à 23 fois autant ) d’acide carbonique que Et la 2e terre.... 245 fois autant j l’air normal.
- ^'est dans cette atmosphère souterraine que se développent et "vent les racines; aussi on peut croire que cet acide carbonique dusol est absorbé par les plantes et devient ainsi une des prin~ C1pales sources du carbone assimilé par les végétaux.
- Le carbone fixé dans le tissu végétal donne naissance, par sa combinaison avec l’eau ou ses éléments, à des matières de la plus •mute importance; c’est ainsi que
- molécules de charbon, en s’associant à 10 molécules d’eau, produisent :
- Soit le tissu cellulaire des plantes,
- Soit leur tissu ligneux,
- Soit la gomme,
- Soit l’amidon ou la dextrine qui en dérive ;
- Que 12 molécules de charbon et 11 molécules d’eau forment le sucre
- ae canne;
- Que 12 molécules de charbon et 12 molécules d’eau font le sucre de aisin et le sucre liquide des autres fruits.
- ^insi, avec les mômes éléments, dans des proportions peu diffe-rentes, la nature végétale produit ces matières ligneuses, amyla-. es> gommeuses et sucrées, qui jouent un rôle si large dans la le des plantes ; cela explique bien l’importance du phénomène v^écomPositi°n de l’acide carbonique de l’air par les parties
- p L’oxygène contenu dans les plantes provient de l’eau et de (aJr- Elles ne végètent qu’autant que leurs feuilles sont en con-act avec l’air atmosphérique ou le gaz oxygène; aussi périssent-
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- elles promptement dans l’acide carbonique et l’oxyde de carbone, l’hydrogène et l’azote.
- l/oxygène de l’air est absorbé, mais uniquement pendant la nuit, puisque, pendant le jour, les feuilles en rejettent constamment. Ce gaz paraît se combiner au carbone qui existe dans le tissu cellulaire, et se convertir ainsi en acide carbonique, dont une partie est exhalée pendant la nuit, tandis que l’autre est décomposée pendant le jour.
- Il suit de là que les plantes inspirent ou aspirent de l’oxygène pendant la nuit, et expirent ou rejettent ce gaz pendant le jour. Mais cette propriété d’inspirer et d’expirer le gaz oxygène n’appartient absolument qu’aux parties vertes, de même que celle de décomposer l’acide carbonique. Ni les racines, ni le bois, ni les fleurs, ni les fruits, ne la possèdent. Dans leur contact avec l’oxygène, ces organes ne font que lui céder peu à peu une portion de leur carbone; de là résulte du gaz acide carbonique, qui se dégage pour la plus grande partie; de sorte que les parties non vertes des plantes, en absorbant l’oxygène de l’air et le rempli çant par un volume à peu près égal d’acide carbonique, vicient beaucoup plus l’atmosphère que les feuilles, qui, pendant le jour» expirent tout l’oxygène qu’elles avaient absorbé pendant la nuit'
- 4. L’azote est un élément constant des végétaux; il s’y trome sous la forme de certains composés quaternaires qui ont, sous le rapport de la constitution chimique, une grande analogie avec les matières d’origine animale; tels sont, par exemple, le gluten et l’albumine.
- Tous les tissus à l’état naissant sont abondamment pourvus d’azote; cet élément n’est pas moins nécessaire à la formation des graines, dans lesquelles il existe souvent en proportions assez fortes. Les vesces, les lentilles, les pois, les féverolles en renfer' ment 4 à 5 p. 100; la graine de trèfle en contient 7 p. 100. Les céréales, les champignons, les crucifères (chou, colza, moutarde) radis, pastel, etc.), en possèdent aussi des quantités très-notables-
- C’est surtout dans les parties des végétaux les plus nouvelle ment formées qu’on rencontre proportionnellement plus d’azote-Ainsi la partie supérieure d’une tige de blé, qui est évidente*1 la plus jeune, est plus riche en azote que la partie inférieure. l>a manutention militaire s’est emparée de ce fait en donnant aux chevaux, pour nourriture, la partie supérieure de la paille, etr servant la partie inférieure pour litière. * ..
- Pendant longtemps on a admis que l’azote des plantes provenu1 uniquement des engrais azotés contenus dans le sol. Il est certain que lorsqu’on considère l’action de ceux-ci, on est a1 posé à leur attribuer la principale cause de l’assimilation l’azote ; cependant il est avéré qu’après la culture de certain
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- plantes, dites améliorantes, comme le trèfle, la luzerne, le sainfoin et autres légumineuses, on obtient des récoltes abondantes, riches en principes azotés, sans recourir aux engrais animaux. Ces plantes améliorantes, qui n’ont pas reçu d’azote et qui cependant en ont introduit dans le sol en quantités notables, ont donc dû en prendre ailleurs que dans les engrais.
- On sait, d’un autre côté, d’après les expériences de M. Bous-singault, confirmées par celles d’autres chimistes, que dans un sol complètement stérile (du sable calciné), arrosé avec de l’eau pure et maintenu à l’air libre, mais à l’abri de la pluie, des planés fixent néanmoins une cerlaine quantité d’azote.
- Quand on réfléchit que l’air atmosphérique, dans lequel baignent les plantes, renferme les 4/5es de son volume d’azote, on est Porté tout naturellement â penser que c’est dans ce milieu qu’elles puisent celui qui est nécessaire à leur développement.
- Toutefois, à l’exception de M. Ville qui, s’appuyant sur de nombreuses expériences, soutient que c’est sous forme gazeuse et tel qu’il existe dans l’air, que cet élément est absorbé, à la Manière de l’acide carbonique, les autres chimistes et physiologistes admettent que c’est à l’état d’ammoniaque et d’acide Gotique ou d’azotates qu’il arrive dans l’intérieur du tissu végétal.
- Vous le savez, il y a toujours de l’ammoniaque et de l’acide azo-f'que dans l’atmosphère. Eh bien, dans ces idées, les eaux plurales enlèvent h celle-ci toutes les vapeurs ammoniacales qui y Privent sans cesse par suite de la putréfaction des matières animales, tout l’acide azotique qui se produit sous l’influence élec-trique ; elles en imbibent le sol, et dès lors les racines absorbent ees composés azotés qui, portés dans l’organisme, se trouvent s°umis h une série de réactions chimiques qui permettent l’assimilation de leur principe élémentaire et produisent ces principes azotés qui portent les noms d’albumine, de légumine, de fibrine, ^alcaloïdes, d’indigoline, de chlorophylle, etc.
- Les matières animales qu’on introduit dans les terres de cul-turej pour les entretenir en bon état de production, ajoutent eecore des sels'ammoniacaux et des azotates à ceux qui provien-riet't de l’atmosphère.
- Ln supposant donc que l’azote gazeux de l’air ne soit pas absorbé ^ectement par les plantes, ce qu’on ne peut pas nier cependant j, Urie manière absolue, vous voyez bien qu’on peut encore parlement s’expliquer l’origine des composés azotés contenus dans es tissus végétaux par la présence constante des sels ammonia-Caux et des azotates dans l’air et dans le sol.
- . Jusqu’ici nous avons vu l’air et l’eau fournir aux plantes dif-ércnts principes, tels que le carbone, l’oxygène, l’hydrogène et
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- l’azote; mais il est évident que ces deux agents ne suffisent pas à la nourriture des plantes. En effet, en faisant végéter des plantes dans l’eau et dans l’air seulement, elles augmentent bien de poids, mais elles ne fournissent pas de semences fécondes. La troisième et la dernière source qui reste aux plantes est le sol. Recherchons donc comment le sol intervient dans l’acte important de la nutrition.
- Le sol est composé de beaucoup de principes différents; mais, en définitive, on peut le considérer comme essentiellement formé d’eau, de matières terreuses et salines, et de débris organiques ou terreau. Nous n’avons pas à nous occuper du rôle de l’eau, h nous est déjà connu ; il nous reste à préciser l’influence du terreau et des matières minérales.
- Le terreau ou l'humus, qu’il ne faut pas confondre avec la terre végétale, est le premier produit, ou du moins le résultat actuel de la décomposition des végétaux, sous l’influence réunie de l’air> de l’eau et de la chaleur. C’est une matière noire, onctueuse au toucher, qui perd par la dessiccation l’eau qu’elle a absorbée, qui brûle alors en répandant une odeur végétale ou animale. Ce qui la caractérise chimiquement, c’est un principe noirâtre, ms0' lubie ou presque insoluble dans l’eau, qu’on a nommé ulminej acide humique ou ulmique. Cet acide qui, lorsqu’il est pur, es noir, solide, insipide, inodore, avec l’aspect du jaïet, est très-soluble dans les alcalis.
- Le terreau provient de la combustion lente du ligneux. Au contact de l’air et de l’humidité, et surtout en présence de la chaux et des alcalis, une partie de l’hydrogène du ligneux est brûlé par l’oxygène de l’air, et une fois l’équilibre rompu, il se fad a l’acide carbonique aux dépens des éléments restants. Par cettu double action, les éléments oxygène et hydrogène diminue1^ graduellement, la proportion de carbone augmente à mesure, alors le ligneux passe à l’état de terreau charbonneux qui n’est PaS soluble. Celui-ci, par son exposition à l’air, donne de l’acide ca bonique et acquiert peu à peu la propriété de se dissoudre dam les eaux alcalines. C’est alors le véritable humus ou Y acide ulmiÇu(!' Soubeiran lui a assigné la composition suivante :
- Carbone.......................... 55,3
- Hydrogène........................ 4,8
- Azote............................ 2,5
- Oxygène.......................... 37,4
- ÎOOÂT
- L’humus ou terreau est indispensable à la végétation ; peu dantdans les terres médiocres, il existe en quantité très-marq dans les terres fertiles. Le sol des forêts est celui qui en con
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- le plus. Les plantes périssent lorsqu’il ne se renouvelle pas, et c’est pour y suppléer que les cultivateurs introduisent dans le sol arable des fumiers et autres engrais, c’est-à-dire des débris organiques susceptibles de se changer en humus ou d’agir comme lui sur la végétation. Cet humus fournit aux plantes, outre les matières gazeuses provenant de sa décomposition lente et continue, telles que l’acide carbonique, l’hydrogène carboné, l’ammoniaque, etc., des sucs ou des dissolutions très-c.hargées de principes azotés et salins. Les expériences d’Ingenhousz et de Théodore ^e Saussure (I) nous ont appris que le terreau, en contact avec lair, lui enlève très-rapidement de l’oxygène et le remplace par un môme volume d’acide carbonique. Il en résulte que l’humus contenu dans le sol est une source abondante d’acide carbonique, qni se dissout dans l’eau dont le sol est imprégné ou se dégage dans l’air, et qui est ainsi absorbé et par les racines et par les Veuilles des plantes.
- M. Liebig a voulu, dans ces derniers temps, réduire à ce rôle unique l’humus, et il a prétendu qu’il n’était pas absorbé en na-ture par les plantes. Les expériences de Soubeiran et de M. Mala-; 8uü prouvent le contraire. Transformé en ulmate d’ammoniaque Parle carbonate d’ammoniaque du sol, il devient soluble et est ai°rs absorbé directement par les racines qui l’introduisent ainsi dans le tissu végétal où, par son assimilation, il devient un puis-I Sant auxiliaire de la nutrition.
- Indépendamment de sa température, de l’eau, des composés ammoniacaux et de l’humus qu’il contient, le sol exerce une
- fait1 ^'Co^as Théodore de Saussure, fds du grand physicien naturaliste qui a si bien pjj Connahre les Alpes, naquit à Genève en 1767. Initié par son père aux sciences nées reS’ devint bientôt son collaborateur et s’occupa, pendant plusieurs an-j>ran 1 eXpél'iences de physique météorologique. Séduit par la nouveauté et la de g eur des découvertes de Lavoisier, entraîné sur les pas de Priestley, de Bonnet, v0u^n,nehier, qui venaient, pour ainsi dire, de créer la physiologie végétale, il se Mant 3 *a ck™ie. h consacra dix années à étudier les mystères de la vie des lütl ,es> eL en 1804, il fit paraître ses Recherches chimiques sur la végétation) bus fes monuments les plus curieux de la science expérimentale au xtxe siècle. o)jg ard> ses analyses de l’alcool, de l’éther sulfurique, du gaz oléfiant; ses rjei) Vat'ons sur la combustion des charbons et sur le gaz hydrogène; ses expé-ffain S SUr Pam|don et sur sa transformation en sucre pendant la germination des btn à* ’iJ3. constatation des effets qu’exercent les fleurs et les fruits sur la composi-et ,jee | air atmosphérique; ses belles recherches sur les causes de production Pônci 'ariation de l’acide carbonique atmosphérique, sur le dosage des différents a>it)i-pPeS const‘tuants de l’air, etc., placèrent peu à peu Théodore de Saussure
- •ouj
- Premier
- lul)j rang des chimistes. Adonné tout entier à la science, vivant presque bt doms a>Ia camPagne, il ne prit aucune part à l'enseignement public, bien qu il qu'il f?,6 ^'une remarquable facilité d’élocution, et ce n’est qu’accidentellement *'ranc'8|Ura ^ans conseh représentatif de la république de Genève. L’Institut de e ni ouvrit ses portes en 1810. 11 mourut en 1845.
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- action marquée et incontestable sur la végétation, en raison surtout des substances salines qu’il renferme naturellement ou qui lui sont ajoutées à dessein. Ces substances sont absorbées par les racines, charriées dans les vaisseaux au moyen de l’eau qui les tient en dissolution, et déposées dans les différents organes. Aussi, lorsqu’on vient à décomposer les plantes par le feu, lorsqu’on les incinère, elles laissent toutes un résidu d’apparence terreuse, qui représente les matières inorganiques absorbées pendant la vie. Ce résidu, si vous vous le rappelez, est ce qu’on appeHe cendres.
- Ces substances minérales ne sont pas accidentelles dans les plantes; elles leur sont nécessaires, et chaque espèce de plantes, pour ainsi dire, semble exiger pour son parfait développement des sels d’une nature particulière et en quantités variables. C’es* ainsi, par exemple, que les plantes marines et maritimes végètent mal dans un sol où il n’y a point de sel marin, et que ce sel est nuisible au blé et autres céréales dans les proportions où il convient à l’accroissement des premières. Ces mêmes plantes céréales exigent impérieusement la présence des phosphates alcalins et terreux et du silicate de potasse dans le sol, pour y donner d’abondants produits. Le trèfle, la luzerne et autres légumineuses ne croissent bien que dans des terrains qui renferment du plâtre, nous savons que cette substance ne produit aucun effet sur un grand nombre d’autres plantes. La bourrache, le grand-soleil, il pariétaire, les orties, etc., n’ont de vigueur que dans les lei'ieS salpêtrées. La vigne, la betterave, le maïs, le topinambour, navets, etc., demandent beaucoup de potasse pour bien prospn rer. L’existence des varechs et autres plantes marines est i°l1 mement liée à la présence de l’iode dans les eaux de la mob absolument comme la vie des plantes terrestres dépend de présence des alcalis et des terres alcalines. qj
- Ce qui achève de prouver que les substances salines du s sont choisies par les végétaux conformément à leur organisa ^ et à leurs besoins, c’est que ces substances sont réparties d manière fort inégale dans les différentes parties d’un même ' b tal. Ainsi, par exemple, les tiges des céréales contiennent be‘^ coup de silicate de potasse, tandis que les graines de ces me plantes ne renferment pour ainsi dire ernc du nhnsnhate de en j
- que duphosphale deci
- antre le plus habituel!?®®1!
- Les matières minérales qu’on rencontre le plusnau*^—- j|j. dans les plantes sont : le sulfate, le phosphate, l’azotate et Ie ^ cale de potasse, les chlorures de potassium et de s0^lUl^je) carbonate de chaux, les phosphates de chaux et de mag‘ ^ les oxydes de fer et de manganèse, le cuivre métallique ( /'
- D'après M. Sarzeau, presque toutes les plantes
- mais
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- parfois, du soufre, de l’iodure de potassium et du brômure de Magnésium.
- S’il est facile de comprendre l’existence des matières minérales solubles dans l’intérieur des plantes, il ne l’est pas à beaucoup près autant de concevoir comment des matières aussi peu solubles dans l’eau que la silice, l’alumine, les oxydes de fer et de manganèse, le phosphate de chaux, etc., s’introduisent par les spongioles des racines. J’ai dit précédemment, en effet, que les spongioles ne peuvent absorber les matières solides, môme les Plus ténues, et en suspension dans l’eau. C’est donc à l’état de dissolution que les substances salines insolubles pénètrent dans le tissu végétal. Le principal agent dont la nature se sert pour effectuer ces dissolutions, c’est l’acide carbonique, qui, lorsqu’il est dissous dans l’eau, a le pouvoir de rendre solubles les carbonées et phosphates de chaux, de magnésie, de fer, de manganèse, etc. On peut aussi admettre, avec Th. de Saussure, que ces Matières minérales insolubles sont entièrement combinées «i la substance organique soluble du terreau, et que c’est par conséquent celle-ci qui les entraîne à travers les pores imperceptibles, 'es méats ou les cellules des spongioles.
- Toutes ces substances salines ou minérales, qu’on trouve dans les organes des plantes, viennent manifestement du sol, et ne s°nt point créées par l’acte de la végétation dans le tissu môme
- n “len petite quantité toutefois, puisque chaque kilogramme de plantes sèches e Mi en a fourni que quelques milligrammes.
- Ue froment renferme 0gr,004G6G de cuivre par kilogramme; la farine en con-ent 0gr,000G66. Par conséquent, c’est dans le son et nullement dans la partie roylacée qu’existe le métal; en sorte que le pain, fait avec les plus grossières jJlnes> est celui qui contient le plus de cuivre. 11 résulte donc de là que nous |°duisons journellement du cuivre dans notre corps, puisque l’aliment de pre-lere nécessité en renferme. D’après les calculs de M. Sarzeau, un homme en angerait, dans l’espace de 50 ans, Ggr,09, quantité bien faible et qui ne peut Pirer de craintes pour la santé. Suivant le même chimiste, la quantité de pain ^sommée journellement en France étant de 18 millions de kilogrammes, il y k/t'1 conséquemment 10 kilogrammes de cuivre mangés tous les jours, ou 3,G50 ^ 1>gi'àmmes par an; et comme, d’un autre côté, le poids du froment nécessaire 30() mentatioii France> pendant une année, est à peu près de 7 milliards , Millions de kilogrammes il résulte que 34,0Glkil,800 de cuivre sont annuelle •f11'’ en*evés au sol ; quantité énorme, qui prouve autant l’abondance que x ‘ème division du cuivre dans le sol.
- Ce e fMe, d’après M. Sarzeau, contient 0,000008 de son poids de cuivre; mais 1^ Métal reste entièrement dans le marc du café grillé qu’on a fait infuser dans cor’ en sorte 1ue la boisson que l’on sert sur nos tables, sous le nom de lion’ ^ cont*ent Pas de cuivre. La production annuelle du café étant de 266 mil-negs 1 /2 de kilogrammes, le poids d.u cuivre contenu dans cette quantité de grai-2 j ®Xoti(lues est de 2,132 kilogrammes. Par conséquent, une masse de cuivre de ^Mgrammes est enlevée annuellement au sol du Nouveau Monde et est 1 °rtée en grande partie au sol européen.
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- des plantes, ainsi que l’ont prétendu, avec si peu de raison, quelques naturalistes. Les expériences de Th. de Saussure, de Lassaigne, ne laissent aucun doute à cet égard. Il n'y a de produit dans l’intérieur du tissu végétal que les acides destructibles par la chaleur, tels que les acides oxalique, malique, acétique, tartrique, citrique, etc., qui saturent la potasse, la chaux, la magnésie, etc., absorbées dans le sol; c’est ainsi que se trouvent produits les oxalates, malates, acétates, etc., qu’on rencontre dans les organes de certaines plantes. Ce sont c*es sels à acides organiques qui donnent, pendant l’incinération des plantes, les carbonates qu’on trouve toujours dans les cendres, et qui n’exis-tent pas à cet état dans les organes.
- Puisque la plus grande partie de la nourriture des plantes est absorbée, par les organes, à l’état liquide, il doit exister, dans l’intérieur du tissu végétal, un liquide particulier destiné à charrier cette nourriture dans les diverses parties où elle doit éprouver des modifications nouvelles et être rendue propre à l’assimilation. Or, ce liquide, tel qu’il arrive des racines, est ce qu°n nomme la sève ou la lymphe des plantes. C'est de l’eau tenante11 dissolution de l’air, de l’acide carbonique, des sels et des matières organiques.
- Parvenue dans les parties herbacées et les feuilles, au moye° des vaisseaux situés au centre de la tige, la sève y éprouve des mû' difications très-remarquables. Elle se dépouille de la plus grand*5 partie de l’air, de l’acide carbonique .et de l’eau qui s’échappe sous forme de vapeurs; elle acquiert de nouvelles propriétésp^r suite de l’action de l’atmosphère, se transforme en sucs nourri' ciers, et, redescendant des feuilles vers les racines par le tissU cellulaire de l’écorce, elle fournit aux divers organes les matériau nécessaires à leur accroissement.
- C’est également par l’élaboration de la sève dans les parl,e* vertes des végétaux que se forment ces produits et ces principe* immédiats que nous avons étudiés précédemment, ainsi que^{ sucs propres, particuliers à certains vaisseaux, et qui s’échappa quelquefois au dehors lorsqu’ils deviennent trop abondants, matières excrétées, qui varient par leur consistance, leurc'pule ^ leur saveur, etc., sont de la nature des résines dans les Plïl^ , sapins et autres arbres verts; de la nature du sucre dans 1 d* rieur des fleurs et sur les tiges des frênes, des érables, du ?ne de l'olivier, du figuier; ce sont des gommes dans les aca d’Afrique et nos arbres fruitiers d’Europe ; c’est de l’opium les tiges et les capsules vertes des pavots, etc.
- Parmi les produits rejetés naturellement par les organes des p ggS il en est un qui mérite de vous être signalé en passant, à cause
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- usages journaliers en médecine. C’est la manne du commerce, suc légèrement sucré, mais nauséabond, doué de propriétés purgatives.
- Le tronc des frênes de la Sicile et de la Calabre laisse exsuder, vers le milieu de l’été, un liquide incolore, dont on provoque l’écoulement plus abondant au moyen d’incisions. Ce liquide ne tarde pas à se con-créter en fragments irréguliers d’un blanc jaunâtre, qu’on appelle manne en larmes.
- La manne renferme, d’après Thénard, du sucre de canne, du mucilage, une matière jaune nauséabonde, et un principe immédiat, cristallin, doux et soluble, qu’il a nommé mannite. La manne contient plus des deux tiers de son poids de ce principe, auquel elle doit ses propriétés Purgatives. Si on la traite par de l’alcool bouillant, la mannite se dissout, mais elle se dépose en jolies petites aiguilles par le refroidissement de la liqueur.
- La mannite est représentée par la formule suivante: C6H304,2H0. Elle ue peut fermenter. Elle se dissout, sans se colorer, dans l'acide sulfurique chaud et dans les lessives alcalines. Elle n’a aucune action sur la liqueur de Barreswill. L’acide azotique fumant la convertit en une substance explosive analogue àlapyroxyline.
- Elle se montre sur les feuilles de certains fusains, existe dans beau-c°up de champignons, dans les racines du grenadier, dans les feuilles
- les fruits du lilas, dans les tubercules du cyclamen ; elle se montre à 'a surface de certaines algues marines après leur mort, se produit dans presque tous les sucs sucrés qui deviennent acides ; tels sont surtout les sucs d’oignon, de céleri, d’asperge, de carotte, de melon, de betterave etles miels communs. Elle se forme encore dans les fermentations qui Marchent mal, et qui, au lieu de donner de l’alcool, fournissent une Matière visqueuse, encore peu connue, ressemblant à la gomme ; c’est ce qu’on appelle la fermentation visqueuse, sans savoir au juste en quoi consiste le phénomène.
- Une dernière fonction de la vie végétale que j’examinerai sous rapport chimique, c’est la maturation des fruits. On donne ce n°rci à la réunion des divers phénomènes qui se succèdent de-Puis ]e moment où les ovules sont fécondés jusqu’à l’époque où e fruit a acquis sa maturité complète.
- Tant que les fruits ne sont pas parvenus à ce dernier état, ils subir aux fluides qui arrivent dans leurs tissus des change-cuts analogues à ceux qu’éprouve la sève des racines dans les Ulfles. Comme ces dernières, ils exhalent, par les pores de leur rlace, de l’eau et du gaz oxygène. Mais, tous les fruits ne rejet-pas une égale quantité d’humidité. Ceux qui en exhalent j Plus deviennent des fruits à péricarpe sec, comme les fruits es fèves, des pois, etc.; ceux qui en exhalentie moins devien-'fr charnus, comme les pommes, les pèches, les prunes, etc. Aussitôt que les fruits charnus ont atteint tout leur développe-er) perdent progressivement leur couleur verte et se colorent Jaune, en rouge ou en violet, puis, au lieu d’absorber, comme
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- avant, de l’acide carbonique et d’exhaler de l’oxygène, ils absorbent de l’oxygène et exhalent de l’acide carbonique (1). Dès que ce double phénomène se produit, il s’opère une modification importante dans la composition chimique des fruits. Jusqu’alors ils avaient une saveur acide ; peu à peu ils commencent à acquérirune saveur sucrée qui arrive bientôt à son maximum.
- C’est qu’alors, sous l’influence de la chaleur, il s’établit une série de réactions chimiques entre les principes immédiats contenus dans la chair, sans que la plante intervienne, et ce qui le prouve, c’est que la plupart des fruits mûrissent détachés de l’arbre.
- La chair des fruits charnus se compose de tissu cellulaire en quantité très-diverse suivant les espèces, de sève placée dans les méats intercellulaires et de principes contenus dans les cellules. On y trouve donc, généralement, outre une grande quantité d’eau, de la gomme, de la gelée végétale ou pectine, des traces desucre, des acides libres, de la fécule, de la cellulose, des matières colorantes, une substance aromatique particulière à chaquefruit, et des sels acides en petites proportions, tels que malate acide de chaux, tartrate acide de potasse, tartrate de chaux, citrates alcalins, etc,
- La comparaison de l’analyse des mômes fruits avant la maturité et à cette époque permet de concevoir comment s’effectue la maturation. On voit d’abord une disparition proportionnelle d eau à l’état liquide. Le sucre paraît, au contraire, aller toujours en augmentant, tandis que la gomme, la cellulose, la pectine, fécule diminuent progressivement en quantité. Voici, par exempt les résultats que M. Bérard, de Montpellier, a constatés sur cer tains fruits à deux époques de leur existence.
- FRUITS VERTS.
- Eau. Sucre. Cellulose. Gomme.
- Abricots 89,39 6,64 3,61 »
- Groseilles rouges,. 86,41 0,52 8,45 1,36
- Cerises royales.... 88,28 1,42 2,44 6,01
- Prunes de reine-
- claude 74,87 17,71 1,26 5,53
- Pêches d’été 90,31 0,63 3,01 »
- Poires cuisse-ma-
- dame 86,28 6,45 3,80 3,17
- FRUITS 51URS-
- 74.87 81,10 74,85
- 74,10
- 80,24
- 83.88
- 16,48
- 6,24
- 18,12
- 24,81
- 11,61
- 11,52
- 1,86
- 8,01
- 1,12
- 1,11
- 1,21
- 2,10
- Connu*'
- »
- 0,78
- 3,23
- 2,06
- 2,07
- différentes
- (1) Ce changement dans les gaz absorbés et exhalés par les fruits aux au ^ époques de la maturation, a été démontré par des expériences positives.
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- Les acides libres, toujours si abondants dans les fruits verts, ne disparaissent pas à l’époque de la maturité, comme on le croit généralement; loin de là, leur proportion augmente graduellement, mais ils finissent par se trouver masqués à mesure que le sucre se développe davantage. C’est ce que confirment les expériences de Robiquet sur les groseilles rouges. Souvent ces acides se trouvent en partie neutralisés par des alcalis qui arrivent en plus grande quantité à l’époque de la maturité. Ainsi, dans le raisin, l’acide lartrique se change peu à peu en bitartrate de potasse dont la proportion s’accroît à mesure que le fruit mûrit. C’est à de pareils sels alcalins, accumulés dans leurs tissus, que certains fruits, complètement mûrs, doivent leurs propriétés purgatives.
- Que conclure de tous ces renseignements? C’est que, dans la maturation des fruits, les acides libres, aidés de la chaleur, Vagissent sur les parties gommeuses, mucilagineuses, pecti-neuses, féculentes et ligneuses, qui sont en grande quantité dans 'a chair des fruits verts, et les convertissent graduellement en sucre. D’après ces idées, la maturation serait une véritable saccharification, analogue à celle que nous produisons nous-mêmes dans nos laboratoires par la réaction des acides faibles sur les gommes, les fécules et la sciure de bois.
- Buignet, qui a publié en 4860 un mémoire fort intéressant sur les fruits acidulés et sucrés, émet quelques idées nouvelles *lue je crois devoir, Messieurs, vous signaler brièvement. Il a découvert dans les fruits verts, en proportions notables, un principe astringent se rapprochant des tannins, qui jouit de la propriété d absorber l’iode avec plus d’énergie encore que l’amidon, en formant avec lui un composé incolore. Ce principe astringent disparaît peu à peu avec les progrès de la maturation, en môme temps qu’augmente la quantité de la matière sucrée. M. Bui-8oet incline à penser que c’est lui qui, par sa transformation, Pcoduit le sucre des fruits.
- B’après le môme chimiste, il n’y a dans les fruits, au commencent de leur développement, que du sucre de canne; mais, Pondant la maturation, ce dernier subit une intluence particule et se change peu à peu en sucre interverti, idenlique par ses P'opriétés avec celui qu’on obtient par l’action des acides ou du erment glucosique sur le sucre de canne. Ce n’est pas, toutefois, '"vant M. Buignet, l’acidité des fruits qui détermine cette trans-°rmation, mais bien une matière azotée jouant le rôle de ferment.
- lui
- '‘l* Prouve l’exhalation de l'acide carbonique par les fruits à l’époque de la matu-e> ce sonL les accidents survenus à des personnes qui ont séjourné dans des ^Parlements remplis de fruits ; plusieurs sont mortes asphyxiées. L’atmosphère s 11 m tiers est toujours sursaturée d’acide carbonique.
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- Dans tous les cas, à la maturité complète, le sucre qui forme souvent à lui seul plus de la moitié du poids de toutes les matières solides, est tantôt du sucre interverti pur et simple, comme dans les raisins, les cerises, les groseilles et certaines fraises, tantôt un mélange de ce sucre et de sucre de canne, comme dans les pommes, les poires, les prunes, les abricots, les pêches, les oranges, l’ananas, etc.
- § 2. — Des fonctions dans'les animaux.
- Occupons-nous actuellement des fonctions qui sont propres aux animaux. Je me bornerai à quelques faits généraux, car la science n’a pas autant de renseignements sur les phénomènes chimiques qui se développent dans nos organes que sur les fonctions vitales des plantes. D’ailleurs, l’un des actes les plus importants de la vie des animaux, la respiration, sur lequel on a le plus de données certaines, a déjà été exposé dans la 4e leçon de ce Cours (t. Ier, p. 68).
- Comme les végétaux, les animaux ont besoin à chaque instant de réparer les pertes continuelles qu’ils éprouvent, et c’est par l’introduction, dans l’intérieur de leur corps, de substances capables de concourir à la nutrition et au développement de leurs organes, qu’ils se maintiennent dans un état normal de force et de santé.
- Les animaux ont une nourriture bien plus variée que les végétaux, et pour eux il n’y a pas, comme pour ces derniers, nécessité que les aliments soient en dissolution dans l’eau. Certains animaux ne vivent que de substances végétales : tels sont les herbivores (boeuf, cheval, mou.ton, etc.); d’autres ne font usage quC de substances animales : ce sont les carnivores (lion, tigre, vautour, etc.); enfin, il en est, comme l’homme, qui emploient les unes et les autres ; ce sont les omnivores. Mais ce qui distingue encore plus l’homme de tous les êtres animés, à l’égard de sa nourriture, c’est non-seulement l’habitude qu’il a contractée de mo; difier ses aliments pour les accommoder à son usage, mais aussi la faculté qu’il possède d’en créer.
- Tous les aliments appartiennent au règne organique, car substances minérales que l’on ingère souvent, telles que le st marin, etc., ne sont que des assaisonnements qui seraient incapa blés de nourrir. Les substances que l’on mange remplissent d au tant mieux le but de la nature, qu’elles offrent plus d’anaiog1®’ par leur composition, avec le corps des animaux. Il suffit de re ^ chir au nombre des éléments qui concourent à former nos ganes, pour concevoir que la réparation des pertes de l’écono ne peut être effectuée que par des aliments qui les renferlU
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- tous. C’est ce qui explique les deux lois importantes que Magendie a découvertes par l’expérimentation directe, à savoir :
- 1° Nécessité d’une nourriture variée ;
- 2° Supériorité du régime animal sur le régime végétal.
- L’expérience a démontré, en eftel, qu’un aliment simple, soit végétal, soit animal, ne peut suffire seul à produire une nutrition complète. Ainsi, le pain, la viande, le bouillon, pris isolément, ne peuvent suffire à l’alimentation ; les forces s'affaiblissent, la santé se détériore, si l’usage exclusif de ces substances est trop longtemps continué. Le célèbre Clouet se nourrit quelque temps de pommes de terre et d’eau ; le médecin anglais Stark se mil, pendant un mois, au régime exclusif de sucre et d’eau : tous deux furent obligés de cesser leurs expériences ; leur santé l’exigeait. La conséquence directe de tous les essais et de la pratique habituelle, c’est que les aliments doivent être variés, pour que la nutrition soit aussi complète que possible.
- D’un autre côté, l’expérience a encore appris que les substances animales, et surtout les substances azotées, sont les plus faciles à digérer et les plus nutritives, parce qu’elles se rapprochent le plus de notre nature. Les animaux omnivores et l’homme ne pourraient vivre uniquement de substances végétales non azotées, parce qu’elles ne contiennent pas tous les principes réparateurs dont le c°rps a besoin ; et c’est précisément parce que les végétaux ne rendraient que des quantités assez faibles de matières azotées, que ds herbivores ont besoin d’en ingérer une si grande quantité ; né-cessité à laquelle la nature prévoyante a pourvu, en donnant à.ces an>niaux plusieurs estomacs et un tube digestif beaucoup plus dngque celui des carnivores et des omnivores.
- Les aliments azotés, tels que fibrine, albumine et caséine végètes (contenues dans les semences des céréales et des légumi-neuses), fibrine, albumine et caséine animales (contenues dans la cLair, le sang, les œufs, le lait, le fromage), sont les seuls qui Sojent propres à la sanguification et qui donnent naissance aux Principes des organes.
- Les aliments non azotés, tels que la graisse, l’amidon, la gomme, e sucre, ne servent, dans l’état de santé, qu’à l’entretien de l’acte ^spiratoire et au développement de la chaleur animale qui en est a conséquence. Ces derniers ne sont donc pas des aliments au rrdme titre que les premiers ; de là, la distinction faite avec beau-i,?uP de justesse par M. Liebig des substances mangées par
- l’h
- °U)me en aliments plastiques (azotés), et en aliments respiratoires d°n azotés).
- L’entretien régulier de la vie ne peut avoir lieu évidemment (Iü’avec le concours de ces deux sortes d’aliments, et notamment dVec une prédominance des aliments plastiques; car les aliments
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- respiratoires étant en totalité consommés par la respiration, leur usage exclusif amènerait bientôt la débilité et la mort, puisque aucune matière assimilable ne viendrait accroître ou renouveler les organes essentiels.
- Une substance organique ne peut être considérée comme un aliment complet, qu’autanl qu’elle offre réunis :
- t°Des principes azotés a^ant la même composition que les principes essentiels du sang (fibrine, albumine, caséine) ;
- 2° Des matières grasses ;
- 3° Des principes amylacés ou sucrés ;
- 4° De l’eau ;
- 5° Enfin, des matières salines ou minérales, notamment des sels de potasse, de soude, de chaux, de magnésie, des phosphates, du fer, qui sont nécessaires à la formation de tous les tissus, à la vitalité du sang.
- Il n’y a guère que le lait, parmi les matières alimentaires, qui réunisse tous ces éléments divers, indispensables pour suffire à une nutrition complète; voilà pourquoi, comme je vous le disais précédemment, il y a nécessité d’introduire dans le régime habituel une grande variété de substances organiques, animales et végétales, afin de satisfaire aux conditions qui viennent d’être indiquées. Dans tous les cas, les aliments empruntés au règne végétal sont d’autant plus nutritifs qu’ils contiennent une plus forte proportion de principes albuminoïdes ou azotés, les seuls propres à produire du sang ; de sorte qu’on a été conduit, non sans raison, à représenter la valeur relative, des aliments, de quelque nature qu’ils soient, par la quantité relative d’azote qu’ils contiennent-Dans les substances qui sont introduites dans l’intérieur du corps, tout n’est pas aliment ; il y a des parties qui ne peuvent sei-vir à la nutrition, et qui sont rejetées sans avoir subi aucun changement appréciable. L’acte.de la digestion a surtout pour effet d séparer immédiatement des matières alimentaires les parties assimilables et réparatrices de celles qui ne le sont pas. C’est dam le canal digestif, notamment dans l’estomac et l’intestin grêl ’ que s’accomplit cette importante fonction. L’estomac est une sor de sac fort et flexible, d’une forme très-variable dans les di ^ rentes classes d’animaux, mais qui, chez l’homme, ressemble, quelque sorte, à la panse d’une cornemuse (fîg. 620). ^
- Indépendamment des actions mécaniques qui ont pour effet ^ broyer, de diviser les aliments, de les faire cheminer dans les verses parties du tube digestif, il y a, dans l’acte de la digesh » desphénomènes chimiques qui concourent à fluidifier, à métal11 phoser certains principes insolubles et les amènent ainsi danS^s état qui permet leur absorption et plus tard leur assimilation- " phénomènes sont produits par des agents d’une nature spéciale. Ainsi :
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- 1° Dans la bouche, la salive, secrétée en abondance pendant la mastication, imbibe, ramollit les aliments et commence à con-
- Foie. Pylore. Œsophage.',.Pancréas. Estomac.
- Cæcum.
- App. du cæcum.
- Vertir les principes féculents en dextrine et en sucre. On rapporte Ce genre d’effet à une matière albuminoïde, propre à la salive, *lu’on a distinguée sous les noms de ptyuline et de diastase sali-Vaire. Cette matière paraît être en combinaison avec de la potasse, ^ la soude et de la chaux, et elle est associée, dans la salive nor-de l’homme, à une autre matière azotée, à des acides gras, à • ,es chlorures et des lactates alcalins, à du sulfocyanure de potas-Slum. La somme de tous les principes solides de la salive dépasse bernent 1 p. 100.
- -• Dans l’estomac, le bol alimentaire éprouve des modifications Profondes de la part d’un liquide parliculier, acide, incessamment s6crété par la membrane muqueuse du viscère. C’est ce qu’on ap-PeHe le suc gastrique, dont l’eau forme la majeure partie (98 à JCJ P- 100), et dont les principes solides consistent en phosphate 1 ( echaux, sel marin, sel ammoniac, acides lactique etphosphorique
- Vésicule biliairë.
- Rate.
- Gros intestin.
- Intestins grêles. Colon.
- Intestins grêles.
- Fig. 620.
- Rectum.
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- libres, mucus et principe azoté spécial connu sous les noms de pepsine, chymosine, et gastérase. C’est à l’action combinée de ce dernier principe et des acides libres, que le suc gastrique doit la propriété d’attaquer, de modifier, de digérer les viandes et autres matières albuminoïdes, en les transformant en produits liquides aisément absorbables (albuminoses ou peptones).
- 3. Dans l’intestin grêle où se termine la digestion, la pâte molle et grisâtre, de nature si complexe, qui sort de l’estomac, est soumise à l’action de trois liquides particuliers, nommés suc pancréatique, suc intestinal et bile.
- A. Le premier est un liquide incolore, visqueux, à réaction fortement alcaline, que sécrète une grosse glande oblongue (pancréas), placée entre l’estomac et la colonne vertébrale. Il se forme surtout pendant la digestion, et il s’en écoule environ 2 grammes par heure. Il contient 91 p. 100 d’eau, 8,7 de sels (sel marin, phosphates alcalins et terreux, sulfates alcalins et carbonate de chaux), et 0,3 d’une matière grasse analogue au beurre, d’une matière organique soluble dans l’alcool et d’une sirbstance albuminoïde spéciale, qui a reçu le nom de pancréatine.
- On a été, pendant bien longtemps, sans connaître le rôle du suc pancréatique. Il paraît bien démontré aujourd'hui, par suite des recherches des physiologistes allemands et de M. Lucien Cor-visart, qu’il a deux fonctions distinctes, à savoir : 1° dissoudre et digérer les aliments azotés qui ont échappé à l’action gastrique ; 2° émulsionner rapidement les matières grasses, c’est-à-dire les diviser et les maintenir en suspension dans l’eau, de telle sorte qu’elles peuvent passer à travers les oritices microscopiques des vaisseaux chylifères qui tapissent les parois de l’intestin.
- B. Le suc intestinal, sécrété par les follicules utriformes ducana intestinal, moins bien connu dans sa composition que les agents précédents, incolore, filant et doué d’une réaction alcaline, remplace en quelque sorte le suc gastrique et le suc pancréatique devenus inactifs pendant leur trajet dans l’intestin grêle; et ( plus, il possède la propriété de transformer très-rapidement e° sucre les principes féculents qui ont échappé à l’action de ptyaline.
- G. Quant à la bile, c’est un liquide très-variable dans sa natu suivant l’espèce d’animal qui le fournit, mais, en général, d^un couleur jaune, verte ou brune, d’u»e odeur nauséabonde etd u amertume très-prononcée. Il est plus ou moins visqueux, et t°1’ jours alcalin au papier de tournesol. Ce fluide est sécrété du sa par le foie, et on le rencontre en plus ou moins grande qua11 dans la vésicule du fiel de la plupart des animaux. , z
- C’est un mélange assez complexe, contenant, en moyenne, c l’homme, 14 p. 100 de parties solides, consistant en •’ nluC
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- deux malières colorantes, une jaune (cholépyrrhine), et une verte ('biliverdine), du sucre, de l’albumine, du chlorure de sodium, du phosphate et du carbonate de soude, des phosphates de chaux et de magnésie, deux sels de soude à acides organiques résineux {acides cholique et choléique), de l’oléate et du margarate de soude, enfin une matière grasse insaponiflable, qu’on a désignée sous le nom de cholestérine
- ifig. 62i).
- C’est cette dernière substance (C26-H220) qui constitue, en grande partie, les concrétions ou calculs qu’on trouve souvent dans la vésicule du fiel, et qui causent la mort lorsque leur volume devient trop considérable. Quand on traite, ainsi que je le fais, ces calculs biliaires par l’alcool bouillant, et qu’on filtre la liqueur, celle-ci abandonne, par le refroidissement, des écailles blanches et brillantes, fusibles et inflammables à la manière de la stéarine; c’est la cholestérine, qui, de ’ïïême que les autres principes gras, ne renferme point d’azote. Ce principe existe, d’ailleurs, dans le sérum du sang, dans le cer-Veau, dans les poumons, dans une foule de productions morbifiques; on l’a retrouvé dans le musc et dans le jaune de L’œuf.
- Les fonctions de la bile ne sont pas encore bien nettement congés. Il est à peu près certain qu’elle sert à saturer les acides du Suc gastrique qu’entraînent de l’estomac les aliments digérés. Il est encore assez bien établi qu’elle retarde la putréfaction des Salières contenues dans l’intestin, puisque, lorsqu’elle manque, 'es excréments prennent une odeur extrêmement repoussante.
- Elle doit aussi, en raison de son alcalinité, contribuer à érnul-Sl°nner les matières grasses, mais il n’est pas prouvé qu’elle ait l’action sur les matières albuminoïdes, ainsi que quelques Physiologistes le prétendent (I).
- À mesure que les diverses réactions dont je viens de parler Effectuent, les malières des aliments liquéfiées et dissoutes, sont
- f) La bile du bœuf, plus connue sous les noms de fiel de bœuf et d'amer, est emPloyée par les dégraisseurs pour enlever les taches de graisse sur les tissus qui ^altérables par les alcalis et le savon, parce qu’en raison de sa légère alcalinité, elle se mêle très-bien aux corps gras, qu’elle dissout en grande partie, ou qu’elle ?m$ne à un état d’extrême division. Les peintres à l’aquarelle et fi la miniature, Ps enlumineurs en font également usage pour donner plus de ton, de brillant et fle Vivacité aux couleurs, qu’elle fixe pïus facilement sur les corps polis, et qu’elle c»nserve mieux que les autres matières visqueuses.
- , fi°inine la bile se putréfie promptement, surtout dans les temps chauds et Ulmides, on la réduit souvent en consistance d’extrait, après l’avoir fait bouillir et
- Fig. 621.
- II.
- 51
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- absorbées par les parois de la cavité stomacale et de l’intestin, et vont se réunir au sang pour réparer les pertes qu’il éprouve sans cesse à entretenir le phénomène de la vie. C’est l’ensemble de ces réactions qui constitue l’acte de la digestion. Pendant ce temps, ce qui n’est pas susceptible d’étre modifié et assimilé, c’est-à-dire le résidu des aliments, coloré par le mélange de bile altérée,autrement dit la matière excrémentitielle, se rend par le gros intestin au dehors du corps. C’est lorsque cette matière commence à éprouver les premiers mouvements de fermentation putride, qu’elle donne lieu à une production de gaz dont la quantité et la nature varient avec celle des aliments, et aussi suivant l’état de santé de l’animal. Ces gaz intestinaux consistent le plus souvent en acide carbonique, en hydrogène, en azote, en hydrogène carboné et en hydrogène sulfuré.
- La digestion n’est pas un phénomène aussi compliqué qu’on l’avait d’abord supposé ; c’est une simple fonction d’absorption» car l’animal ne crée point de matière organique, il se borne à se l’assimiler ou à la dépenser en la brûlant. Les matières solubles des aliments passent dans le sang, inaltérées pour la plupart ; leS matières insolubles arrivent dans l’intestin étant assez divisées ou modifiées pour être aspirées par les orifices des vaisseaux çbyb* fères. Ainsi, les matières amylacées se changent en gomme et en sucre, les matières sucrées s’absorbent; les matières grasses se divisent, s’émulsionnent et passent ainsi dans les vaisseaux, p°ur former ensuite des dépôts que le sang reprend et brûle au besoin-Les matières azotées neutres, la fibrine, l’albumine, la caséine» dissoutes d’abord, puis précipitées, passent dans 1 e liquide wtes' f inal, très-divisées ou dissoutes de nouveau. Enfin ce liquide intestinal, mélange confus de tous ces produits de transformation,eS transmis aux vaisseaux sanguins et aux poumons, où il se change en sang, destiné à remplacer celui que la respiration détrui, d’une manière continue, pendant toute la durée de la vie.
- écumer; c'est ce qu’on appelle alors le fiel de bœuf concentré, qu’on délaie plement dans l’eau pour en faire usage. Mais comme la teinte propre à, la ( altère plus ou moins certaines couleurs de peinture, telles que le bleu qu’elle paraître vert, et le carmin qu’elle affaiblit, on la décolore au moyen d’un Pr0^u_ indiqué par un Anglais, M. Tomkins. Pour cela, après l'avoir l'ait bouillir e mer, on la partage en deux flacons, dans l’un desquels on ajoute 32 graI d’alun, et dans l’autre 32 grammes de sel marin par litre. On laisse repose J e qu’cà ce que les liqueurs soient éclaircies ; on les décante, on les mêle et on^ .
- reposer de nouveau; on liltre ensuite. On obtient ainsi un liquideincoior » se conserve très-bien, et auquel on donne le nom de fiel de bœuf purifie- ^
- Chez les anciens, le fiel de taureau était employé pour nettoyer le linge»c et bœuf comme remède très-énergique et comme mordant pour dorer les c l’airain. Le fiel de cheval passait pour être un poison. (Pline, lib. XXVIII» caI '
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- Nous savons maintenant comment se forme le sang ; mais il nous reste à apprendre le rôle qu’il remplit dans l’économie. On sait, à n’en pas douter, que c’est lui qui fournit à tous les organes les matériaux nécessaires à leur développement ; qu’il donne des phosphates terreux et du tissu cellulaire aux os ; de l’albumine aux membranes et aux cartilages; de la fibrine aux muscles, etc. Mais comment chaque organe agit-il sur la masse du sang pour fin séparer les principes qui lui sont essentiels; comment s’opère l’assimilation ou la nutrition des organes? C’est un secret que la science n’a encore pu pénétrer. Ces mystérieuses opérations s’accomplissent avec une régularité admirable, sans qu’il soit possible de reconnaître les agents employés à les effectuer.
- Mais indépendamment de cette fonction réparatrice, le sang concourt aussi à la formation de ces liquides différents, qui paraissent nécessaires à la conservation de l’économie animale, et qu'on désigne d’une manière générale sous le nom de sécrétions. Telles sont la bile, la salive, les larmes, la synovie ou matière qui suinte à la surface des articulations dont elle favorise le jeu, etc. Tels sont encore le lait, la sueur, Yurine, qui sont rejetés au dehors, et qui ne pourraient séjourner longtemps dans le corps sans danger. Nous ne sommes pas plus instruits, d’ailleurs, sur *a production de ces sécrétions que sur la manière dont s’effectue l’assimilation.
- hes matières salines, qui sont si abondamment répandues dans l’économie animale, sont à peu près les mêmes que celles qui existent dans les végétaux; mais il y a beaucoup plus de phosphates, et de plus des sels ammoniacaux, des acétates, des urales et des lactates alcalins. Il y a également du cuivre métallique, mais en aussi faible 'proportion que dans les plantes.
- Puisque, d’après tout ce qui précède, le sang, que l’illustre Médecin Bordeu a ingénieusement appelé de la chair coulante, esl l’intermédiaire obligé de la nutrition, la connaissance de ses Propriétés et de sa constitution chimique doit offrir un très-grand lntérêl. Ce sera l’un des objets de la prochaine leçon.
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- SOIXANTE-CINQUIÈME LEÇON.
- DES PHÉNOMÈNES CHIMIQUES PENDANT LA VIE. (Suite.)
- Sommaire. — Étude du Sang. — Ses propriétés physiques et chimiques. — Son analyse. — Sérum, caillot, matière colorante, globules. — Distinction du sang veineux et du sang artériel. — De I’Urine. — Acide urique et urée. — Du sucre dans les urines des diabétiques. — Production d’une matière glycogène dans l’économie. — De Yacide hippurique. — Des calculs de la vessie et des concrétions intestinales. —Phénomènes chimiques qui apparaissent dans les organes après la cessation de la vie. — De la Putréfaction dans l’air, sous terre et sous l’eau. — Résidus de la décomposition spontanée des végétaux et des animaux : Terreau, gaz inflammable, bitumes, succin, gras des cadavres, tourbes.
- DU SANG.
- Le sang circule dans les veines et dans les arlères des animaux les plus parfaits, ainsi que le célèbre Harvey l’a démontré en 1632. Bien que la plupart des médecins et des chimistes les plus disti»' gués de toutes les époques aient exercé leur patience et leur sagacité à son étude, la connaissance de sa véritable composition est une des conquêtes de la chimie moderne; car, jusqu’à Rouelle jeune, on avait peu de données certaines sur cette grave queS' tion.
- Le sang est loin d’être toujours identique dans sa forme et sa composition; il offre, aû contraire, de très-nombreuses différences, soit dans les diverses classes d’animaux, soit dans les indi* vidus.de la même classe, et jusque dans le même individu, suivant son âge, son état de santé ou de maladie. Ainsi, pour ne padel que des différences les plus saillantes, il est d’un rouge plus ou moins vif dans les mammifères, les oiseaux, les. reptiles, les P01*' sons, les annélides. Chez les animaux inférieurs il est incolore ou laiteux (limaces), bleu ou améthyste dans quelques-uns, verdâtre dans les sauterelles, les grillons, les perce-oreilles, jaunâtre dans le ver à soie, d’un brun foncé chez les hannetons et autres coléoptères.— Il est froid ou chaud, mucilagineux, plastique ou, aU contraire, aussi fluide que l’eau. — Mais sous ces apparences si étrangères, on retrouve en lui quelques propriétés générales qn1 le caractérisent. Au reste, on n’a guère étudié jusqu’ici que sang rouge des mammifères, et surtout le sang de l’homme. CeS de ce dernier que je vais surtout vous parler.
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- DU SANG.
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- Le sang humain est- toujours à l’état liquide dans l’économie animale ; mais il est rouge dans les artères et rouge brun dans les veines. Son odeur est fade et sa saveur un peu salée. Sa température est celle du corps ; elle est de 37° pour le sang veineux, et de 38 à 39° pour le sang artériel ; il est un peu plus pesant que l’eau; sa densité varie de 1,050 à 1,059.
- Si l’on applique le microscope à l’étude du sang, soit au moment où il jaillit de la veine ou de l’artère, soit tandis qu’il circule encore dans la queue du têtard, la patte de la grenouille, l’aile de la chauve-souris, il se présente sous un nouveau jour aux yeux de l’observateur ; il paraît alors composé d’un liquide légèrement jaunâtre, au milieu duquel sont tenus en suspension des corpus-
- Fig. 622. Fig, 623.
- ^ang (je l'homme vu au microscope. On voit en a des globules à plat, et en b des globules sur leur épaisseur.
- .© % O1©
- iiFÎPSl
- Cl’les rouges, de forme variable, tellement petits qu’ils sont invisibles à l’œil nu ; on les connaît sous le nom de globules du sang.
- Circulaires chez l’horpme et la plupart ^es mammifères (fig. 622 et 623), ellipti-chez les oiseaux, les reptiles et les Poissons (fig. 624), ces globules ont un diamètre variable pour chaque espèce ani-; ainsi :
- Chez l’homme, leur diamètre est, en Moyenne, de 0mm,0075 ;
- Chez la plupart des mammifères, il est 1111 Peu moindre ;
- Chez les oiseaux, il est plus grand ;
- Chez les amphibies, il est encore plus Üi'and et atteint jusqu’à 0mm,0316.
- Ces globules, toujours aplatis, présen-enl généralement l’aspect d’un petit disque renflé au milieu et
- Fig. 624.
- Globules sanguins de la grenouille.
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- dont les bords déprimés ont une couleur plus foncée. — Ils sont plus abondants dans le sang des oiseaux que dans celui des mammifères; plus abondants dans ce dernier que dans celui des animaux à sang froid; plus abondants dans le sang des carnivores que dans celui des herbivores.
- Tel est le sang tandis qu’il circule dans les veines ; mais à peine en est-il sorti, que déjà il tend à s’altérer; sa chaleur se dissipe, et, en môme temps, une vapeur aqueuse, fortement odorante, se répand dans l’atmosphère. Bientôt il s’épaissit, se coagule et forme une masse cohérente, molle et tremblante, rouge-pourpre au dehors, rouge noir à l’intérieur; c’est ce qu’on appelle cruor ou caillot. Dès qu’il est coagulé, les parties se resserrent et exsudent peu à peu un liquide jaunâtre qu’on désigne sous le nom de sérum, et dont la quantité va toujours en croissant pendant plusieurs jours.
- Le phénomène de la coagulation du sang est purement physique, car il s’opère sans le concours des agents extérieurs. — H eS^ produit par l’isolement et la solidification de la fibrine qui est eu dissolution dans le sang vivant; cette fibrine, en se coagulant, emprisonne dans ses mailles les globules colorés, et laisse libre le sérum.
- Le sérum n’est autre chose que de l’eau tenant en dissolution beaucoup d’albumine, des matières grasses et extractives, divers sels, tels que phosphates, carbonates et chlorures.
- Quant au caillot, si on le malaxe légèrement sous un filet d eau, après l’avoir enfermé dans un linge, le liquide en entraîne la p1^ grande partie, en se colorant en rouge vif, et laisse dans le nou des filaments blancs et feutrés de fibrine.
- Ainsi, comme vous le voyez, Messieurs, le sang peut être Par^ tagé, par une analyse toute mécanique, en trois parties prinC1 pales : le sérum, la fibrine et les globules rouges.
- Ceux-ci sont des corpuscules formés d’une enveloppe mem ^ neuse incolore, qui a tous les caractères de la fibrine, et t liquide visqueux rouge, qui paraît être un mélange intime matière colorante rouge et d’une substance albuminoïde, la se , cristallisable, qui a reçu de M. Lehmann le nom d'hématocris a line. _ llS
- Les figures 625-628 montrent que ce principe cristallise ^ des formes différentes, suivant l’espèce d’animal d’où d I vient. , g0,i
- La matière colorante du sang, ou Vhématosine, amenee ^ plus grand état de pureté, est insoluble dans l’eau ; elle ests0 f en lamelles d’un éclat métallique prononcé, d’une belle c0^[reS améthyste sur les bords; ce qui la distingue dé toutes les a ^ matières colorantes, c’est la grande proportion de fei' 3
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- DU SANG.
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- contient à l’état élémentaire. Mulder lui assigne la formule suivante : C44H44Az606Fe.
- C’est Menghini qui, vers la fin du dix-septième siècle, découvrit
- LT
- Fig- 62b. Fig. G26.
- Hématocristalline retirée du sang de l’homme et de celui de la plupart des carnivores.
- '*4 <
- «M «
- mm
- Fig. G27.
- Hématocristalline retirée du sang de la souris.
- Fig. 628.
- Hématocristalline retirée du sang de l’écureuil.
- le fer dans le sang et notamment dans les globules. La proportion ce métal dans le sang de l’homme parut si considérable à ce Médecin, qu’il émit la pensée qu’on pourrait en fabriquer un jour ^es clous, des épées, des instruments de toute espèce. —Deyeux et Parmentier avaient eu l’ingénieuse idée de faire frapper, avec e fer retiré de leur sang, des médailles destinées à éterniser la Mémoire des hommes célèbres. D’après M. Lecanu, l’hémalosine c°ntient une proportion de fer représentant environ les 0,07 de Son poids. La quantité de sang qui se trouve dans le corps d’un Milite étant estimée à 15 kilogrammes, et celte quantité de lï-?Qide renfermant 2«r,414 de fer métallique, il s’ensuit qu’il y
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- aurait dans le sang des 36 millions d’habitants de la France, 86,904 kilogrammes de fer métallique : « C’est trop peu de fer dans le sang, dit M. Lecanu, pour qu’on en fabrique des instruments de toute espèce, suivant la pensée de Menghini, et, par contre, peut-être trop pour que l’on puisse admettre sans réserve qu’il provient uniquement des aliments. »
- On sait actuellement, grâce aux recherches de Sanson, Scherer, Mulder et Yan Goudœver, qu’on peut enlever complètement le fer à l’hématosine sans la décolorer, ce qui prouve que la couleur du sang n’est point due à ce métal, ainsi qu’on l’avait admis pendant fort longtemps.
- En dernière analyse, le sang veineux de l’homme est composé sur 100 parties en poids de :
- Eau...................................... 79,00 à 80,00
- Substances minérales incombustibles.... 1,50 à 1,25 Principes organiques...................... 19,50 à 18,75
- 100 (1)
- Les substances minérales du sang sont : de la chaux, de la ma' gnésie, de la potasse, de la soude, de l’acide sulfurique, de l’acide phospborique, à l’état de sulfates et de phosphates, du sel marin qui forme environ la moitié du poids total des principes incombustibles, et enfin du fer en proportions notables.
- Les principes organiques consistent surtout en matières albuminoïdes (albumine, hématocristalline, fibrine); en matières grasse* parmi lesquelles plusieurs diffèrent, par certains caractères, des graisses ordinaires et renferment du phosphore au nombre de leurs éléments; en hématosine; en matières extractives et en acide lactique à l’état de lactate de soude.
- (I) Un baron allemand, homme d’une famille très-ancienne, ayant les seize qu,1j tiers dans chaque lignée, suivait, à Berlin, le cours de chimie qu’y professait alois le célèbre Klaproth. Un jour, comme le baron se rendait au laboratoire du cbj miste, sa voiture versa en chemin, et lui et son cocher furent tellement meurb'S pai la chute, que le chirurgien appelé crut devoir les saigner l’un et l’autre, bai on conçut alors la pensée de mettre à profit cet accident pour éclaircir un question qui l’avait souvent occupé ; il voulait déterminer si le sang d’un bain allemand et celui d’un homme du peuple sont, en effet, de différente natui ! comme on le prétendait. En conséquence, le produit des deux saignées ayant e recueilli en deux vases différents, il l’adressa au chimiste, avec prière Je Ie metlie à la plus exacte analyse. L’analyse faite, elle donna la même quantité dilléients principes du sang; seulement le sang du baron contenait 200 Pal ' d eau de plus que celui du cocher, circonstance qui eût été à l’avantage de ce nier, si cette petite différence avait mérité qu’on y fit attention. Le seigneui a _ mand, enchanté de ce résultat, transmit au précepteur de son fils copie de ® yse en question, en lui recommandant bien de la mettre sous les yeux duje . jaron, toutes les fois qu’il paraîtrait regarder son sang comme plus pur quC c des autres hommes !
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- De plus, les expériences de M. Magnus ont démontré l’existence de l’oxygène, de l’azote et de l’acide carbonique à l’état de liberté dans le sang.
- La composition du sang normal varie chez des individus différents par le sexe, l’âge, le tempérament, le mode de nourriture, et de telle sorte que la somme des matières contenues en dissolution reste la même, tandis que la proportion des globules est plus forte et la proportion d’eau plus faible :
- Chez l’homme que chez la femme ;
- Chez les individus sanguins que chez les individus lymphatiques du môme sexe ;
- Chez les adultes que chez les enfants et les vieillards ;
- Chez les individus bien nourris que chez les individus peu ou mal nourris. •
- Les maladies apportent aussi des modifications plus ou moins profondes dans la composition et les propriétés du sang ; mais, jusqu’ici, malgré les travaux récents de MM. Andral, Gavarret, Lelafond, Nasse, Hermann, etc., on est loin de connaître tous les changements qu’il éprouve, et d’ôtre bien fixé sur la nature môme de ces changements; aussi ne m’arrêlerai-je pas à cette question, qui d’ailleurs, est plutôt du domaine du physiologiste que du chimiste. Je dirai seulement que le sang artériel diffère notablement du sang veineux :
- 1° Parce qu’il est d’un rouge plus vermeil, d’une odeur plus prononcée que le sang veineux ;
- 2° Parce qu’il est ordinairement plus élevé d’un degré en température; .
- 3° Qu’il paraît offrir plus de tendance à la coagulation, indice d’une plus grande proportion de globules ;
- 4° Qu’il paraît fournir un caillot plus volumineux, plus ferme, Partant, une moindre quantité de sérum ;
- 5° Qu’il paraîtcontenir proportionnellement moins d’eau et plus de matières fixes, ce qui implique l’idée d’une plus grande densité ;
- 6° Qu’il contient plus d’oxygène et moins de carbone, comme le montre le tableau suivant.
- %
- Sang artériel. Sang veineux.
- Carbone.................. 50,2 55,7
- Azote................... 16,3 16,2
- Hydrogène............;., 6,6 6,4
- Oxygène................. 26,3 21,7
- 99,4 100,0
- . Munis des connaissances précédentes, il vous sera facile, Mes-Sleurs, de comprendre maintenant l’action des agents chimiques sUr le sang.
- Le sang se délaie dans l’eau en toutes proportions ; il n’en faut
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- que quelques gouttes pour colorer en rouge une grande masse d’eau. L’esprit-de-vin, s’emparant de l’eau du sang, en précipite la fibrine, l’albumine, la matière colorante et plusieurs sels. Les alcalis s’opposent à sa coagulation, parce qu’ils ont la propriété de dissoudre la fibrine qui tend à se précipiter. La plupart des acides, au contraire, pour peu qu’ils soient forts, le coagulent sur-le-champ, en s’unissant à l’albumine et à la matière colorante. Toutes les dissolutions métalliques y produisent un précipité considérable, qui provient principalement de la combinaison de l’albumine avec l’oxyde et une partie de l’acide de la dissolution.
- Beaucoup de gaz en modifient la teinte ou en opèrent la coagulation. L’oxygène et l’air avivent la teinte du sang veineux ; l’azote, l’hydrogène, le gaz acide carbonique, le protoxyde d’azote l’augmentent ; le gaz acide chlorhydrique, le gaz sulfureux, le chlore le noircissent et le coagulent.
- Le sang a de nombreux usages dans les arts et l’économie domestique. C’est une matière alimentaire fort importante, surtout celui du cochon. On prépare, en Suède, pour les gens peu fortunés, un pain très-nutritif avec le sang des animaux de boucherie et la pâte ordinaire de farine de blé. En Italie, les pauvres font communément usage de sang, qu’on expose en vente dans des poôlettes analogues à celles dont on se sert pour la saignée (1). Les Lapons
- (1) Le boudin qu'on prépare avec le sang du cochon, et en général tous Ie5 aliments dans lesquels il entre du sang d’animaux, acquièrent des propriétés vene neuses par leur altération et leur trop longue conservation. Beaucoup d’empoison nements ont été occasionnés par l’usage de ces mets gâtés. Les anciens connais saient cette propriété délétère du sang altéré, et ils la mettaient à profit pou l’exécution des criminels. L’histoire rapporte que Tanyoxarcès, Midas, Thémis*0® et Annibal furent empoisonnés, par ce moyen. Il est donc très-important de fai ^ attention au choix des aliments, surtout ceux qui sont d’un usage journalier,^ raison de leur bas prix. Ce sont surtout les viandes fumées, les saucisse», couennes de lard, le fromage d’Italie, le jambon, le bœuf gras salé, les pâ*es jambon, et toutes les autres préparations des charcutiers, qui sont plus susyei blés de devenir vénéneuses, lorsqu’elles commencent à se corrompre ou que sont arrivées à un certain degré de vétusté. En 1839, dans une fête populaire,^, environs de Zurich, plus de 600 personnes furent empoisonnées par du veau froid et du jambon qui étaient altérés par une putréfaction commençante ; 0 coup périrent. C’est surtout dans le Wurtemberg et la Souabe, que ces sortes ^ cidents ont été le plus fréquemment observés, et, d’après un relevé officie, nombre des individus empoisonnés par les boudins fumés s’est élevé, depuis cinquantaine d’années, pour le W’urtemberg seul, à plus de 400,parmi lesque » succombèrent. Partout, d’ailleurs, en France aussi, on a signalé des cas nonl,^rés d’empoisonnement par les viandes cuites chancies, les poissons gâtés ou a spontanément par une trop longue conservation. , aUX
- La cause la plus vraisemblable de ces accidents paraît devoir être attribue moisissures à peine visibles à l’œil nu qui se développent sur ces viandes, à jus, analogues au bouillon, acquièrent facilement le caractère acide lrès-pr I^g la production de ces petits êtres végétaux, et notamment des champignons rjjé qui compte un grand nombre d’espèces vénéneuses. Un savant belge, qui a
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- DE l’üRINE.
- boivent souvent le sang de leurs rennes ; mais ils le conservent plus ordinairement dans la vessie de cet animal, l’exposent au froid et le laissent condenser ou devenir solide; lorsqu’ils veulent faire du potage, ils en coupent ce dont ils ont besoin, et le font bouillir avec du poisson.
- Desséché, le sang de bœuf constitue un engrais très-puissant, facilement transportable, et lorsqu’il est frais, c’est un agent clarifiant très-précieux pour les raffineries de sucre, en raison de la grande proportion d’albumine qu’il contient. Les raffineries de Paris consomment annuellement environ 1,100,000 kilogrammes de sang frais, qui se vend à raison de 5 fr. 50 cent, les 100 kilogrammes : 30 grammes de sang desséché suffisent pour clarifier une pièce de vin.
- On emploie quelquefois le sang dans la teinture du colon en rouge des Indes, non pas à cause de sa matière colorante, mais en raison de son albumine.
- Le sérum, mélangé il la chaux très-divisée, forme un badigeon excellent pour les murs, employé depuis fort longtemps en Espagne, et de toute antiquité en Chine; mais, dans ce dernier pays, e’est le sang de porc qui sert, et le vernis qu’il forme est principalement appliqué sur le bois qui doit ensuite êlre peint.
- Enfin, on consomme des quantités prodigieuses de sang pour la fabrication du bleu de prusse, ainsi que je vous l’ai dit antérieurement.
- de l’urine.
- Le sang se dépouille incessamment de toutes les parties qui sont inutiles à la nutrition, au flaoyen de deux organes sécréteurs qu’on appelle reins (fig. 629). Le liquide nouveau, qui en prônent, se rend dans une poche ou vessie, d’où le Canal de l’urètre le conduit au dehors du corps. Ce liquide estl’ÜRiNE, qui a tant occupé les alchi-rDistes, mais qui n’est bien connue que depuis les travaux de Rouelle jeune et de Schèele.
- L’urine fraîche est transparente, d’un jaune
- Fig. 629. — a reins, b uretère, c vessie, d canal de l’urètre.
- ,11 1855 un intéressant mémoire sur le poison qui se développe dans les viandes et rsboudins fumés, M. Van den Corput, nomme ce végétal élémentaire vénéneux, 0l'cina botulina.
- fa chair des animaux surmenés, épuisés de fatigue ou frappés de terreur, sur-°at quand ils sont naturellement très-craintifs, comme le daim, le chevreuil, le evre; la chair des animaux morts de maladies charbonneuses, déterminent aussi es accidents graves et souvent la mort, quoique les caractères physiques et chimi-l'les de ces aliments ne décèlent aucune modification appréciable de texture ou
- composition, aucun principe toxique.
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- SOIXANTE-CINQUIÈME LEÇON.
- citrin, d’une saveur salée et d’une odeur forte, qu’il est difficile de caractériser. Elle rougit le tournesol et pèse un peu plus que l’eau.
- L’urine émise immédiatement après le repas est moins colorée, moins odorante, moins dense que celle qu’on rend le matin ou longtemps après la digestion. La première n’est pour ainsi dire que de l’eau. L’autre contient, généralement, sur 4,000 parties, 933 parties d’eau et 67 parties de substances solides. Ces substances sont : des sels (chlorures de sodium et de potassium, sulfates alcalins, phosphates de chaux et de magnésie, bi-phosphate de soude, urate de soude), des matières extractives et colorantes, du mucus de la vessie, de la créatine et de la créatinine, et enfin l’alcaloïde cristallisable, très-riche en azote, que Fourcroy et Vauquelin ont désigné sous le nom d'urée.
- Ce qui caractérise donc chimiquement l’urine, c’est l’existence de deux composés qui lui sont essentiellement propres, à savoir: l’acide urique et I’urée.
- Le premier, découvert par Schèele en 1776, ne figure dans l’urine normale de l’homme que pour 0,4 pour 400; il est généralement uni à la soude ; sa proportion augmente dans tous les cas où la nutrition est entravée, lorsque la digestion est troublée, dans les maladies des organes respiratoires, dans toutes les excitations fiévreuses, après l’ingestion des spiritueux. Dans ces divers cas, les urines, en se refroidissant, déposent un sédiment grenu et amorphe d’urate de soude [fig. 630 et 631), que l’on reconnaît à sa grande solubilité dans l’eau chaude.
- >aoMm
- jt .Srf
- Fig. 031
- Fig. 630.
- URATE DE SOUDE
- L’acide urique est peu abondant dans l’urine des jiiamm^eI ’ il manque dans celle des herbivores ; mais les urines des serpe^.’ des oiseaux, des insectes en renferment de très-grandes <Iu‘l tés à l’état de liberté ou de combinaison. ct
- On peut l’obtenir sous la forme de petites paillettes blanc1
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- DE L’URINE.
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- satinées, de lames ou de prismes qui apparaissent, au microscope, comme on le voit dans les ligures suivantes. Il est à peine
- Fig. c32. Fig. 633. Fig. G34.
- ACIDE URIQUE.
- soluble dans l’eau, mais très-soluble dans les liqueurs alcalines d’où les acides le précipitent complètement.
- Il est représenté par la formule : C10H2Az4O4,2HO.
- L’urée a été d’abord entrevue par Rouelle jeune, en 1773. Sa Proportion moyenne dans l’urine normale de l’homme est de 2,5 pour 100, et un homme bien portant en évacue, par 24 heures, 32grammes environ; l’urine des carnivores est encore bien plus hche en ce principe.
- . L’urée cristallise en longs prismes de diverses formes (fig. 635), lncolores, inodores, d’une saveur fraîche. Elle est très-soluble dans
- Fig. 0)36. Fig. 630.
- W:*
- URÉE. OXALATE d’URÉE.
- efluet dans l’alcool. Elle forme avec les acides azotique et oxa-de fort jolis sels (fig. 636, 637, 638). v renferme jusqu’à 46,6 p. 100 d’azote. Le symbole sui-: C2H4Az202 la représente. En s’unissant à 4 équivalents elle se change en carbonate d’ammoniaque :
- C2H4Az202 -f 41IO = 2(AzIl3,H0,C02).
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- Sous ce rapport, l’urée se place donc dans le groupe des Ami-
- Fig. 637. azotate d’urée. Fig. C38.
- des, tandis que, par sa propriété de former des sels bien définis avec les acides, elle se range à côté des alcaloïdes.
- La transformation de l’urée en carbonate d’ammoniaque s’effectue très-rapidement par le contact de certains ferments et spécialement des matières organiques contenues dans l’urine; c’est donc la cause de la putréfaction, rapide de l’urine, et la source de la grande quantité de carbonate d’ammoniaque- qu’elle contient après celte putréfaction. C’est en raison de laprésence des sels ammoniacaux que V urine pourrie est s\ convenable au monlage des cuves d’indigo, au dégraissage des laines, à la préparation de l’orseille et au virage de certaines couleurs.
- L’urée a acquis un nouveau degré d’intérêt aux yeux des chimistes, depuis que M. Wœhler est parvenu, en 1829, à la former de toutes pièces, par la cômbinaison de l’ammoniaque avec l’un des acides du cyanogène, l’acide eyanique. C’est là un fait des phis remarquables, puisque c’est le premier exemple de la création d’une matière organique avec des principes minéraux.
- Le procédé suivant, indiqué par M. Liebig, permet de l’obtenn en abondance et d’une manière moins désagréable que par L> traitement des urines. On mélange 28 parties de prussiate jaune de potasse et imparties de peroxyde de manganèse, tous deu* pulvérisés finement. On chauffe sur une plaque de fer au rouge naissant; la masse prend feu et brûle peu à peu; il faut éviter son agglomération en l’agitant continuellement. Lorsqu’elle es éteinte, on la traite par l’eau froide; on ajoute à la liqueU[ 20 p. V, de sulfate d’ammoniaque sec; comme on opère des liqueurs concentrées, il se fait aussitôt un précipité de sulfe potasse; on décante et on évapore, tant qu’il se dépose ^ ôtes cristallines. On évapore alorsà sec eton traite par l’alco
- de croûtes
- bouillant qui dissout l’urée seulement.
- 1 kilogr. de prussiate de potasse peut fournir environ 350 gr‘
- d’urée bien cristallisée.
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- DE L’URINE.
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- Dans cette opération, le prussiate, en réagissant sur le peroxyde de manganèse, forme du cyanate de potasse très-soluble ; l’addition du sulfate d’ammoniaque produit du sulfate de potasse peu soluble et du cyanate d’ammoniaque qui, sous l’influence d’une douce chaleur, se change en urée.
- L’équation suivante représente la dernière phase de l’opération :
- AzH3,H0,S03 = K0,S03 -f- C2H4Az202
- KO.C2AzO
- Cyanate de po-
- Sulfate
- d ammoniaque.
- tasse.
- Sulfate de potasse.
- Cyauate
- d’ammon. ou urée.
- L’âge, les affections morales, les aliments, les maladies, sont autant de circonstances qui influent sur la nature chimique de l’urine. Vous avez pu remarquer que les asperges, l’ail, l’oignon et quelques autres aliments lui donnent une odeur infecte, tandis Çue la térébenthine, les résines, les baumes lui communiquent, au contraire, l’odeur de violette.
- Les individus qui sont attaqués de la maladie connue sous le nom de diabètes ou de glucosurie, rendent chaque jour, une quan-Até d’urine qui s’élève quelquefois jusqu'à 30 et 32 litres. Ces urines sont limpides, presque incolores, neutres au tournesol; elles n°nt point l’odeur et la saveur désagréables des urines ordinaires. Loin de pouvoir, comme elles, éprouver la fermentation pu-Iride et donner lieu à des produits infects, elles sont, au contraire, capables de subir la fermentation spiritueuse et de former une Aqueur d’où, par la distillation, l’on peut retirer de l'eau-de-vie. ®des ne contiennent plus d’urée, d’acide urique, ni les autres substances salines qui se trouvent dans les urines saines. Elles ne l’enferment, en un mot, que du sucre, et parfois du sel marin. En es évaporant doucement, à feu nu, en consistance de sirop, elles Se prennent, au bout de quelques jours, en une masse cristalline cj un jaune clair. Quand elles sont moins pures, on se débarrasse d une partie des matières étrangères en les précipitant par le sous-acétate de plomb; on filtre, on fait passer un courant d’hydrogène sulfuré, on filtre de nouveau, et on évapore le liquide en consiste de sirop. On purifie le sucre obtenu au moyen de l’alcool. Le sucre est tantôt sapide, tantôt insipide comme la gomme.
- . u reste, quelles que soient sa saveur et son insipidité, il a toutes ^ ,es propriétés du sucre interverti (Cl2H12012). Thénard a retiré JnUsqu’à 15 kilog. de sucre des urines d’un diabétique traité par ^upuytren.
- La présence du sucre dans les urines ne vous paraîtra plus,
- 1 essieurs, aussi surprenante, lorsque vous saurez que M. Cl. Ber-j^rd a reconnu, dans ces dernières années, que ce principe sé ‘°ntre constamment dans le sang, et qu’il est élaboré dans le 0,e aux dépens d’une matière neutre, très-voisine par sa composi-
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- SOIXANTE-CINQUIÈME LEÇON,
- tion et ses propriétés de l’amidon et de la dextrine. Cette matière a reçu du célèbre physiologiste français le nom de matière glycogène. Dans les carnivores, elle paraît se former exclusivement dans le foie, probablement par le dédoublement des matières albuminoïdes; chez les herbivores, elle a une seconde origine, les substances amylacées apportées par les aliments.
- Sa conversion en sucre a lieu très-rapidement par le contact du suc et du tissu pancréatiques, de la salive, du sang lui-môme. On peut à volonté exagérer sa production, et par suite celle du sucre dans l’économie par des lésions traumatiques, par la piqûre de certains nerfs. Ainsi, M. Cl. Bernard a montré qu’en blessant l’axe cérébro-spinal dans la région du quatrième ventricule du cerveau d’un chien ou d’un lapin, le sang et les urines se chargent, en quelques minutes, d’une quantité considérable de sucre ; ces animaux deviennent positivement diabétiques !
- On conçoit donc qu’un trouble fonctionnel du système nerveux peut, dans certaines circonstances, créer dans le foie un excès de sucre, que le sang verse ensuite dans les urines.
- L’urine des herbivores est alcaline, chargée d’une huile particulière odorante, et au lieu d’acide urique, elle contient un acide cristallisableen jolis prismes incolores, parfois assez gros(fig.639))
- qui avait été confondu, JuS' qu’en 1830, avec l’acide benzoïque, mais nue M. Liebig en a
- nmiu que J.,*,
- distingué sous le nom d’a0e hippurique.
- Cet acide est représenté Par C18H8Az05,H0. Ce qu’il offresur-tout d’intéressant, c’est que sous l’influence des acides, et surtout
- des matières organiques, conte'
- nues dans les urines, il se con* vertit en acide benzoïque, de môme que ce dernier mêlé des boissons ou à des alimen s se change, dans l’actè de la 1 gestion, en acide hippuriqlie qu’on retrouve en proportion considérable dans l’urine.
- Lorsque, par suite d’une affection maladive des reins et d’un désordre dans la sécrétion dont ces organes sont chargés, la nature de l’urine vient à changer; lorsqu’elle n’est plus assez acide p°lir retenir en dissolution les sels insolubles par eux-mêmes, ou lorS' qu’un de ses matériaux se produit en trop grande quantité, ü arr,lV^ toujours alors qu’il se forme dans la vessie des concrétions qu 0 désigne, depuis fort longtemps, sous les noms de calculs et (
- Fig. 039.
- Acide hippurique.
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- DES FONCTIONS DANS LES ANIMAUX. 813
- pierres urinaires. C’est là ce qui constitue la maladie dite pierre ou gravelle.
- Les calculs urinaires ont une nature très-variable. Ils sont formés, tantôt d’une seule substance, tantôt de plusieurs, superposées de telle sorte que la plus .insoluble est au centre. Les calculs les plus communs sont composés d’acide urique, ou d’un mélange de cet acide et de divers phosphates. 11 y en a qui ne consistent qu’en oxalale de chaux (fig. 640). Ceux-là sont couverts de rugosités et causent, par cela même, de grandes douleurs. Quelquefois ils ne sont pas plus gros que la tète d’une épingle, et, dans ce cas, ils sont entraînés, de temps à autre, au dehors du corps avec les urines. Mais, trop souvent aussi, ils acquièrent ' un si grand volume, qu’ils distendent la vessie, et que leur extraction nécessite l’opération douloureuse de la taille ou celle moins dangereuse de la lithotritie.
- Voici quelques exemples de sédiments complexes qui se rencontrent assez fréquemment. dans l’urine :
- Fig. 642. Fig. 643.
- Sédiment composé de phosphate-ammoniaco- Sédiment composé de phosphate ammoniaco-roaguésien et de mucus de la xessie. magnésien et d’urate d’ammoniaque.
- Les concrétions intejslinales des animaux, peu différentes des calculs ordinaires, jouissaient autrefois d’une grande réputation comme médicaments et comme antidotes de tous les poisons. On *es appelait bézoards. Leur prix était souvent considérable. Ils ont conservé dans l’Orient leur antique célébrité. Parmi les présents envoyés à Napoléon, en 1808, par le schah de Perse, il y avait trois bézoards que leur dédaigneux possesseur jeta, dit-on, au feu.
- 52
- Fig. 641.
- Sédiment composé d’acide urique, d’urate de soude et d’oxalate de chaux.
- xm
- Fig. 640.
- ^ O
- II.
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- Berthollet n’y avait trouvé que du bois et quelques sels.
- Les calculs intestinaux des chevaux, formés surtout de phosphates de magnésie et d’ammoniaque, acquièrent parfois des dimensions extraordinaires ; il en est qui sont plus gros que la tête d’un enfant nouveau-né. C’est surtout lorsque les chevaux sont nourris avec du son et des recoupes, très-riches en phosphates terreux et alcalins, que ces concrétions intestinales se produisent en très-grande quantité; c’est là ce qui explique la mortalité effrayante des mulets et des chevaux des meuniers (1).
- On trouve souvent dans l’estomac des ruminants, notamment du bœuf, des concrétions formées, presque toujours, sur un noyau étranger, des poils que ces animaux avalent en se léchant. Nos paysans nomment ces concrétions gobes, et attribuent leur formation à un sort jeté sur les animaux. Les médecins vétérinaires les appellent bulithes et œgagropiles.
- Arrêtons-nous ici. Les considérations générales dans lesquelles je viens d’entrer, sur l’histoire des fonctions Vitales, suffisent pour notre objet. Le professeur d’histoire naturelle complétera votre instruction sur la physiologie des plantes et des animaux, étude intéressante qui ressortit plus directement de ses attributions.
- Je vous demanderai seulement la permission de clore ce sujet parle tableau suivant, que j’emprunte à M. Dumas, et qui résume parfaitement les différences fondamentales qui caractérisent les deux grandes séries des êtres vivants.
- LE VÉGÉTAL.
- Produit des matières azotées neutres,
- — des matières grasses,
- — des sucres, fécules, gom-
- mes,
- Décompose l'acide carbonique,
- — l’eau,
- — les sels ammoniacaux, Dégage de l’oxygène,
- Absorbe de la chaleur,
- Soutire de l’électricité,
- Emprunte ses éléments à Pair ou à la terre,
- Transforme les matières minérales en matières organiques,
- Est un appareil de réduction,
- Est immobile.
- l'animal.
- Consomme des matières azotees neutres,
- — des matières grasses,
- — des sucres, fécules,
- gommes.
- Produit de l’acide carbonique,
- — de l’eau,
- — des sels ammoniacaux, Consomme de l'oxygène,
- Produit de la chaleur,
- — de l'électricité,
- Rend ses éléments à l’air ou à la terre,
- Transforme les matières organiques en matières minérales,
- Est un appareil de combustion ou d’oxydation,
- Est locomoteur.
- (i) J. Girardin. — Examen d’un calcul intestinal de cheval (Précis de l’Aca déaiie de Rouen pour 1840, p. 95).
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- PHÉNOMÈNES APRÈS LA CESSATION DE LA VIE. 815
- QUATRIÈME DIVISION.
- PHÉNOMÈNES CHIMIQUES QUI APPARAISSENT DANS LES ORGANES,
- APRÈS LA CESSATION DE LA VIE.
- Un des caractères les pins saillants qui distinguent les substances inorganiques de celles qui appartiennent au règne organique, consiste en ce que les premières, abandonnées à elles-mêmes, ne manifestent que peu ou point de tendance à changer de nature, et n’éprouvent, en général, aucune décomposition spontanée, par la seule réaction de leurs éléments, tandis que les secondes, végétales et animales, s'altèrent continuellement, en passant, lorsqu’on les place dans des circonstances favorables, par une suite régulière de décompositions.
- Cette tendance au changement, ces transformations graduelles qui s’accomplissent pendant la vie, se continuent avec une énergie égale ou même plus grande dans les matières organiques, après qu’elles sont rentrées sous l’influence des lois de l’affinité et de la Pesanteur, qui agissent sans cesse pour faire passer l’être vivant a l’état de matière inerte. Mais ce sont surtout les matières animales, les principes azotés, qui éprouvent le plus promptement ces effets de décomposition spontanée. Vous savez tous, Messieurs, avec quelle rapidité la chair des animaux, le sang, les œufs, etc., se détériorent et se corrompent ; et vous avez pu remarquer aussi que ce n’est qu’après un temps assez long que les plantes ou leurs produits subissent le même genre d’altération.
- Une substance organique en décomposition fournit une série non interrompue de produits, qui résultent d’un nouvel ordre ue combinaisons entre les éléments de cette substance. Ces n°uveaux produits sont toujours des matières moins complexes et Plus stables., dont la plupart appartiennent à la nature minérale, lels que l’acide carbonique, l’ammoniaque, l’eau, divers carbures d’hydrogène, l’acide sulfurique, l’acide acétique, l’acide lac-l'que, l’acide cyanhydrique, etc. Les gaz qui se produisent, pendant Cette destruction spontanée,*sont quelquefois inodores; mais le Plus souvent, comme ils entraînent avec eux des particules de la Matière décomposée, ils répandent une odeur plus ou moins forte, presque toujours infecte. C’est ce qui a fait donner vulgairement le n°m de putréfaction à ces phénomènes de métamorphoses orga-ni(îues ; on leur a aussi donné le nom de fermentation putride ; mais Cette dernière expression a le tort de rapprocher ces phénomènes be décomposition spontanée des matières organiques mortes, des changements provoqués par les ferments alcoolique et lactique,
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- SOIXANTE-CINQUIÈME LEÇON.
- car, dans l’état actuel des choses, nous n’avons pas encore une idée bien nette des causes déterminantes de la putréfaction.
- Plusieurs conditions sont nécessaires pour qu’elle ait lieu:
- 4° Il faut d’abord une température qui ne soit ni trop basse ni trop élevée. Au-dessous de 0°, comme au-dessus de -J- 40°, il n’y a pas de décomposition putride. La température la plus convenable est comprise entre les limites de -f- 15 à 35°.
- 2° Il faut que la matière soit humide ; car, sèche, elle peut se conserver indéfiniment. L’eau agit en ramollissant les fibres, en détruisant leur cohésion, et en tendant à s’unir avec quelques-uns des produits de la putréfaction.
- 3° L’air a une influence marquée sur cette réaction, et, dans bien des cas même, sa présence est indispensable pour qu’elle ait lieu. Mais il ne faut pas qu’il se renouvelle trop promptement au-dessus de la matière abandonnée à elle-même, autrement il la dessèche et emporte les germes putrides qui se forment et qul concourent puissamment à entretenir cette putréfaction.
- Les produits de la putréfaction sont nombreux et toujours très-fétides, mais ils varient nécessairement avec la nature propre des matières organiques qui y sont soumises. Les substances azotées répandent une odeur plus intense que celles qui ne le sont pas, et, pour peu qu’elles contiennent du soufre ou du phosphore, ceUe odeur devient insupportable.
- Les phénomènes et les produits de la putréfaction varient encore, selon le milieu dans lequel sont placées les matières qui 1 prouvent. Ainsi, l’on sait qu’ils ne sont pas les mêmes dans l’a11’ dans la terre et sous l’eau: qu’ils diffèrent aussi, suivant que lÇs matières se décomposent isolément, ou sont accumulées en grande masse. Je vais vous indiquer rapidement les particularités relatives à chacune de ces circonstances.
- § 1. — Putréfaction dans Pair.
- Voici les produits qui se forment dans ce cas, suivant que matières sont ou non azotées :
- les
- MATIERES NON AZOTEES.
- Gaz acide carbonique,
- — hydrogène carboné,
- — azote (des traces),
- Eau,
- Acide acétique,
- Substance huileuse,
- Résidu noir dans lequel le charbon prédomine.
- MATIÈRES AZOTÉES.
- Gaz acide carbonique,
- — hydrogène carboné,
- — azote (beaucoup),
- — hydrogène sulfuré,
- — hydrogène phosphore, Ammoniaque,
- Eau,
- Acide acétique, , , ,e
- Résidu terreux peu consideia > composé de sels, de chai >
- d’huile et d’ammoniaque.
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- PUTRÉFACTION DANS l’AIR.
- 817
- Tous ces produits sont le résultat d'un changement d’équilibre dans les propres éléments des substances organiques, avec la participation de l’oxygène de l’air et des éléments de l’eau. Les gaz, en se dégageant, entraînent avec eux une portion des matières à demi décomposées, et c’est ce qui leur donne une odeur si forte.
- Une des causes essentielles de la métamorphose des substances végétales, c’est l’affinité prononcée du carbone pour l’oxygène, affinité qui a pour effet la production d’une grande quantité d’acide carbonique. Pour les matières animales, à cette cause s’en joint une autre non moins puissante, l’affinité de l’hydrogène pour l’azote, d’où résulte une formation d’ammoniaque, le plus persistant des composés de l’azote. Il n’est donc pas étonnant qu’en raison de cette double circonstance, les matières animales se déduisent bien plus facilement que les substances végétales.
- Lorsque les premières se putréfient en présence de matières alcalines, il se produit constamment des azotates. L’acide azotique, qui prend alors naissance, dérive évidemment de ce que l’ammo-oiaque, formée d’abord, est brûlée par l’oxygène de l’air, et convertie en eau et en acide azotique, réaction provoquée ou favorisée par la présence des bases alcalines qui tendent à se neutraliser. D’après cela, les matières animales azotées ne sont Pas les conditions, mais les moyens de la nitrification ; elles agis-Sent en présentant des sources continues d’ammoniaque. Celle-ci s oxyde par l’air, se change en eau et en acide azotique, et ce dernier, à mesure de sa formation, se combine aux bases alcalines ^es du sol, et donne ainsi naissance aux azotates de chaux, de Magnésie, de potasse et d’ammoniaque qu’on trouve dans les matériaux salpélrés.
- Les plantes qui pourrissent à la surface de la terre laissent, pour résidu de leur décomposition, comme je vous l’ai déjà dit, de Xhu-niUs ou terreau. Mais lorsqu’elles sont réunies en grande quantité ef qu’elles fermentent, elles développent toujours de la chaleur, fiUl s’élève quelquefois au point de déterminer l’embrasement de *a masse. Ce phénomène arrive toutes les fois qu’on enferme des ourrages qui ne sont pas assez secs, lorsqu’on entasse des cordes, |Jes chanvres ou des lins humides. C’est encore ce phénomène qui a*f prendre feu aux muions de foin et de blé qu’on élève dans les cfiamps, en attendant le moment de les rentrer dans les granges.
- Les résidus de la décomposition spontanée des substances organiques sont fort utilisés en agriculture comme de puissants entais.
- 2. — Putréfaction sous terre.
- La putréfaction s’opère beaucoup plus lentement sous terre; mais il est presque impossible d’observer .ses progrès avec préci-
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- sion. Les composés nouveaux qui prennent alors naissance ne sont pas encore bien connus, et toutes les recherches faites jusqu’à ce jour se rapportent aux produits qui se conservent le plus longtemps et se transforment le plus lentement en composés binaires.
- Les composés gazeux qui sont formés, ne pouvant se dégager en raison de la pression énorme à laquelle les matières organiques sont alors soumises, s’accumulent dans des fentes ou cavités environnantes, et y demeurent ainsi comprimés, jusqu’à ce que le hasard leur offre une issue pour se répandre à la surface de la terre.
- Quand on arrive, par exemple, dans l’exploitation des mines de houille, assez près de pareils réservoirs pour qu’ils se trouvent, par des fissures, en communication avec les galeries de la mine, le gaz s’écoule, et il arrive, quelquefois, qu’il lui faut des mois entiers pour se mettre en équilibre avec l’atmosphère, quoiqu’il continue à sortir avec une telle violence, que l’air de la mine devient explosif. Ce gaz est ordinairement un mélange variable de gaz des marais ou hydrogène carboné, de gaz oléflant ou hydrogène bicarboné, d’azote et d’acide carbonique. Après le traitement par une lessive de potasse, Bischof trouva le gaz grisou de trois localités différentes ainsi composé :
- MINE MINE MINE
- abandonnée du Gerhards-stocken près de liekweg dans
- à Wêllosmiler. de Luisenlhal. le comté de ScbaumbonfJ
- Gaz hydrogène carboné.. 91,36 83,08 79,10
- — hydrogène bicarboné. 6,32 1,98 16,11
- — azote 2,32 14,94 4,79_
- 100,00 100,00 100,00
- Dans les mines de lignite, le gaz qui menace la vie des ouvriers est de l’acide carbonique presque pur; il ne renferme que rarement des gaz combustibles.
- De même, lorsque dans les cimetières ou autres endroits quire' couvrent des débris d’animaux, la terre, desséchée par les a1' deurs du soleil, vient à se crevasser, il sort des fissures de» gaz qui, dans l’obscurité, présentent l’aspect de flammes ph°®' phoriques. C’est en majeure partie de l’hydrogène phosphm ' spontanément inflammable, dont la production s’explique ai»e^ ment par la présence du phosphore dans la matière cérébrale, ' matière des nerfs et plusieurs autres parties de l’économie an1, male. Ces flammes sont les feux follets qui jettent tant d em dans l’âme des campagnards ignorants et superstitieux.
- Les jets enflammés des terrains ardents, des fontaines influin blés, dus à l’hydrogène carboné, cette production continuelle ( gaz acide carbonique dans un si grand nombre de grottes, de s terrains et de caves, n’ont certainement pas d’autre origine q
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- la décomposition des matières organiques enfouies, depuis des siècles, dans les profondeurs du sol.
- Les résidus de la décomposition spontanée des végétaux sous la terre sont de diverses natures. Ils ont reçu les noms de lignite, de houille, A'anthracite, de bitumes, de succin, etc. iVous connaissez déjà les trois premières substances.
- L’analyse chimique de la partie combustible deslignites et des houilles a démontré que ces matières sont bien évidemment, ainsi qu’on le supposait depuis longtemps, les résidus de la putréfaction humide et chaude du bois sous terre. En effet, le lignite est du bois, moins une certaine proportion d’hydrogène ou d’eau et des éléments de l’acide carbonique ; la houille est du bois dont se seraient séparés de l’acide carbonique et une certaine quantité de carbures d’hydrogène à l’état de gaz oléfiant, de gaz des marais ou d’huiles combustibles analogues au pétrole. Or, tous ces produits de décomposition accompagnent les lignites et les houilles dans les dépôts souterrains qu’on exploite (1).
- Quant aux bitumes, ce sont des matières combustibles, très-riches en carbone et en hydrogène, qui brûlent facilement, avec une flamme et une fumée épaisses, en dégageant une odeur forte, toute particulière.
- Les uns sont liquides et ressemblent à des huiles volatiles; ce sont le naphte et le pétrole, qui servent à l’éclairage et à la cuisson des aliments, dans les pays où ils existent en certaine quantité (Perse, Italie, Sicile, Grèce, Yalachie, Pérou, ville de Rangoun au Pégu, île de la Barbade, etc.).
- Le naphte est d’un jaune clair, diaphane, d’une odeur forte, non désagréable, d’une densité de 0,750. Il est insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool, l’éther, les huiles volatiles, etc. Les acides, ies alcalis ont peu d’action sur lui. Il dissout à chaud le soufre, le Phosphore, l’iode, le camphre, les résines. Il est très-propre à la conservation du potassium, du sodium, du manganèse.
- D’après les analyses de Walter et Pelletier, il renferme réunis : Une matière solide qui n’est autre chose que de la paraffine, et trois carbures d’hydrogène, liquides, de différentes composilions,
- savoir :
- Naphte.......;..... CnH13 bouillant à -f- 88°
- Naphtène........... C16H16 — à -f- 115°-
- Naphtole........... C24H22 — à + 190°
- th * 1 .^ne exPérience faite récemment par M. Baroulier confirme pleinement la e°rie que j’ai donnée de l’origine de la houille (12e leçon, p. 273, t. I). En ex-j^sant des matières végétales enveloppées d’argile humide et fortement compri-em68’ ^ans un aPPai'eil presque clos, à des températures longtemps soutenues
- I, 'e 200 et 300 degrés, M. Baroulier a obtenu des résidus charbonneux ayant sPect et toutes les propriétés des différentes variétés de houille.
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- Le pétrole ne diffère du naphle que par une densité plus grande, une couleur plus foncée et une odeur plus forte. Il paraît renfermer une certaine quantité de bitume solide en dissolution (1).
- Les autres bitumes sont mous ou solides, et employés comme goudron et pour f;iire des ciments très-solides; tel est le malthe ou pissasphalte, dit aussi poix ou goudron minéral, qu’on trouve en Albanie, à Seyssel (Ain), à Lobsann (Bas-Rhin), aux environs de Caupenne et d’Orthez (Landes), à Neuchâtel en Suisse, au Puy-de-la-Pège, près de Clermont-Ferrand; tel est encore Yasphalte ou bitume de Judée, qu’on recueille à la surface des eaux du lac Asphaltique ou de Judée, nommé Mer Morte par les anciens, parce qu’ils prétendaient que l’odeur désagréable exhalée par ses eaux, en raison du bitume qui nage à leur surface, était assez active pour faire mourir les oiseaux qui voltigeaient au-dessus. Il existe, dans l’île de la Trinité (Antilles), un lac qui produit aussi de l’asphalte, mais en quantités moindres.
- D’après M. Boussingault, les bitumes mous et solides sont des mélanges, probablement en toutes proportions, de deux substances distinctes, à savoir :
- 1° D’un carbure d’hydrogène liquide, bouillant à -f- 280°, nommé pètroléne, et ayant pour formule... C40H32;
- 2° D’une matière solide et noire, nommée asphalt'ene, dont la formule C40H32O6 représente un oxyde de pétrolène = C40H32 + qui a dû se former par l’action de l’air.
- On conçoit dès lors pourquoi la consistance des bitumes varie, pour ainsi dire, à l’infini ; il suffit que l’un ou l’autre des deux pun-
- (l) Le naphte et le pétrole accompagnent presque toujours les salses et les dega-gements d'hydrogène carboné des terrains ardents. En creusant le sol dans c endroits, à une certaine profondeur, on est presque toujours certain de découvr des sources plus ou moins abondantes de ces bitumes liquides. Les sources de Valachie produisent annuellement pour 800,000 francs de naphte. Dans file ( Zante, les sources de pétrole donnent environ 100 barils par an, que les habita emploient au calfatage des bâtiments, en le mélangeant avec du goudron de ^ sine, pour lui donner plus de consistance. Dans le pays des Birmans, il ï a n_ sources importantes de pétrole, qui fournissent à l’éclairage du pays et à la c servation des bois de charpente; le produit annuel est de plus de 200,001, de kilogrammes. Le produit des exploitations de naphte de l’ile de Théléken,1 la mer Caspienne, est de 2,179,000 kilogrammes par an. Le fameux tnoum Perses n’est autre chose que du naphte qui découle des parois d’une caverne environs de Darab, que le gouverneur tient soigneusement fermée et n’ouvre ^ fois par an, pour en recueillir le produit et l’envoyer à la cour, où on le >eSl j. comme un baume merveilleux. La seule source de pétrole connue en France ^ celle de Gabian, près de Pézénas (Hérault), ce qui lui a valu le nom à'hui Gabian, qu’on lui donne dans le commerce. Cette source, découverte en ,,’0' ^re duisait 18 quintaux métriques de bitume par an ; elle n’en donne pluS c actuellement que 2 quintaux métriques, ou environ 200 litres.
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- cipes domine dans le mélange pour lui donner tel ou lel degré de fluidité.
- L’un des principaux usages des bitumes, c’est le goudronnage des vaisseaux et de leurs agrès; on en fait des étoffes imperméables propres à couvrir lesbâlimenls, et, depuis une vingtaine d’années, on les applique avec avantage à la confection d’espèces de dalles, en les mélangeant avec du sable; on exploite dans quelques localités des bancs de sable bitumineux pour cet objet. Ces dalles ont l’avantage de pouvoir être soudées au moyen d’un fer chaud, en sorte qu’on peut en former des terrasses tout à faiL imperméables à l’eau. On a quelquefois aussi employé les bitumes avec succès dans les constructions hydrauliques; on en compose d’excellents mastics qui peuvent servir à toutes espèces de constructions; il paraîtrait même que les anciens en ont fait usage dans la construction de la tour de Babel et des murs de Babylone. bans les lieux où ils sont abondants, ils entrent dans la composition des vernis noirs et même de la cire noire à cacheter ; on as-sure qu’ils entrent dans celle du brillant vernis chinois qu’on nomme laque.
- D’après leurs caractères et les circonstances géologiques dans lesquelles on les rencontre, les bitumes doivent être considérés comme de véritables produits volcaniques.
- Le succin, qu’on appelle aussi karabé et ambre jaune, tient le milieu entre les bitumes et les résines, et il paraît provenir d’une «altération particulière des résines d’arbres verts. 11 est en masses ou en fragments jaunâtres, transparents, d’un aspect vitreux, auxquels le moindre frottement communique une vertu électrique très-prononcée. Il est très-combustible et inflammable dans l’air. Par la distillation dans une cornue de verre, on en retire un acide organique particulier, qu’on nomme acide succinique.
- Le succin abonde dans la Prusse orientale, eu Poméranie, sur les cotes de la mer Baltique, où il est disséminé dans des terrains ae transport, avec beaucoup de débris organiques. On l’en extrait Pour le compte du gouvernement. Outre son usage en médecine, ’! sert à faire quelques vernis, mais surtout des objets d’ornement, (les bijoux, des pommes de cannes. Pour ce dernier emploi, on travaille les beaux morceaux de succin, soit en les mettant sur le l°ur, soit en les taillant à la manière des pierres.
- y acide succinique, qui caractérise essentiellement le succin, cristallise en jolis prismes incolores et transparents, ainsi constipés : C8H305,3HO. Il est très-soluble dans l’eau, et il a ceci de Particulier* qu’il résiste, ainsi que l’acide benzoïque, à l’action de acide azotique. On l’emploie dans l’analyse minérale pour sépare l’oxyde ferrique des oxydes de manganèse, de cuivre, de collet de nickel, parce qu’il précipite le premier de ses dissolutions
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- sous la forme d’un précipité jaune rougeâtre, et ne précipite pas les autres. Toutefois c’est à l’état de succinale de soude ou d’ammoniaque qu’il sert dans ce cas.
- M. Broméis a reconnu, en 1841, que Tacide succinique prend naissance dans le traitement des acides stéarique et margarique par l’acide azotique, ce qui permet de supposer que le succin résulte de la combustion lente de corps analogues aux graisses, aux cires ou aux résines. On l’a trouvé dans la térébenthine et quelques autres résines des arbres verts, dans l’huile ancienne de cumin. D’après Zwenger, le succinate de potasse est contenu dans les feuilles et les tiges de l’absinthe.
- M. Piriaa constaté, en 1846, que l’asparagine dissoute dans l’eau se métamorphose, lorsqu’elle n’est pas pure, en succinate d’ammoniaque, et d’après M. Dessaignes, il en serait de môme du maiate de chaux impur.— Comme les jeunes pousses des plantes légumineuses contiennent toutes de l’asparagine, il en résulte que ces plantes doivent produire de l’acide succinique, lorsqu’on les abandonne au contact de l’eau, à une décomposition spontanée. — Vous vous rappelez, sans doute, que M. Pasteur a découvert que cet acide est un des produits constants de la fermentation alcoolique et qu’il se trouve en proportions notables dans les vins.
- Les résidus de la décomposition spontanée des animaux sous terre consistent en squelettes osseux et en une substance grasse particulière, connue depuis longtemps sous le nom de gras des cadavres.
- Si la terre est très-sèche et la chaleur considérable, l’humidité est souvent absorbée avec une telle rapidité, que les matières animales, au lieu de se putréfier, se dessèchent complètement et se transforment alors en ce qu’on appelle une momie.
- C’est surtout lorsque les cadavres des animaux sont accumules en grand nombre sous terre, que la matière dite gras des cadavres se produit en plus grande quantité. La connaissance de cette matière est due à Fourcroy, qui eut occasion de l’observer, lors (Je la destruction du cimetière des Innocents, à Paris, en 1786. H a considéra comme un composé d’ammoniaque et d’une substance grasse particulière, qu’il nomma adipocire, et qu’il crut ideiitique avec le blanc de baleine et la cholestérine. M. Chevreul a fait 'oir depuis que c’est un savon impur, à base d’ammoniaque, avec un peu d’acides margarique etoléique libres. ,
- La formation de ce gras des cadavres, qui exige ordinaireme de 8 à 12 mois sous terre, est due à l’action qu’exerce sur la grais toute formée l’ammoniaque provenant de la décomposition ie fibre musculaire.
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- § 3. — Putréfaction sous l’eau.
- Les matières organiques abandonnées sous l’eau présentent, à peu près, les mômes phénomènes que sous terre. Leur putréfaction, néanmoins, ne se fait que fort lentement. Les bois enfoncés sous l’eau se conservent, en effet, pendant des siècles; ils deviennent noirs et excessivement durs.
- Les plantes qui meurent au fond de l’eau, pourrissent peu à peu et se transforment en une espèce de terre végétale noire, connue sous le nom de terre limoneuse ou de limon. Remuée avec un bâton, dans la saison chaude, cette vase laisse dégager de nombreuses bulles de gaz, formées en majeure partie d’hydrogène carboné, d’un peu d’azote,-d’acide carbonique et d’oxygène.
- La tourbe est un autre produit de la putréfaction des plantes sous l’eau, comme l’attestent sa structure, son aspect extérieur et sa combustibilité. C’est dans les dépôts d’eau stagnante que la tourbe se produit. On a cru pendant longtemps que le sol du Nord était plus propice à la formation de la tourbe que le sol du Midi; c’est unp erreur ; la tourbe se trouve dans toutes les zones aux extrémités comme au centre de la France. Les vallées des départements du Pas-de-Calais, de la Somme, de l’Oise, de l’Aisne, de la SMne-Inférieure, renferment presque toutes des bancs de tourbe plus ou moins puissants; les marais de Fox, dans les Bouches-du-Rhône, offrent la plus grande tourbière de France ; il y a aussi des gîtes de celte substance à Amiens, en Belgique aux entrons de Liège, en Hollande, dans le Wurtemberg, etc.
- Les couches de tourbe sont toujours peu profondes ; elles différent généralement de nature à la partie supérieure et dans la Profondeur; les tourbes superficielles portent le nom de bouzin, es parties inférieures, de meilleure qualité, celui de tourbe limo-neuse. Lorsque les tourbières ne sont pas submergées, on extrait e bouzin à la bêche, et l’on emploie ensuite le louchet pour retirer a tourbe limoneuse. Quand elles sont placées sous une couche d eau plus ou moins épaisse, on ne peut les enlever, le plus sou-Venb qu’au moyen de dragues.
- La tourbe, bien qu’elle ne soit qu’une variété d’humus ou de terreau, a des propriétés bien différentes de celles de cette sub-stance. Elle est plus ou moins colorée en brun; elle renferme Presque toujours des débris d’herbes sèches non décomposées ; jj te brûle avec ou sans flamme, en donnant une fumée semblable celle du foin brûlé, et en laissant pour résidu une braise très-légère. Sa texture est tantôt compacte, tantôt grossièrement fi-pcuse, ce qui est dû aux végétaux non décomposés qu’elle contient.
- Loutes les plantes aquatiques concourent à former la tourbe,
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- mais on l'attribue principalement à diverses espèces d'utriculaires, de potamots, de cornifles, de myriophyllès, de conferves, de sphdignes, de scirpes, de carex, de prêles, de pesses, de lenticules, de cal-litriches, etc. Toutes ces plantes végètent par exception sur les tourbières et leur donnent une physionomie spéciale. Les tourbières sont, en effet, infertiles pour les autres végétaux.
- Les tourbes renferment beaucoup d'acide ulmique qui, comme je l’ai déjà dit, existe aussi en abondance dans le terreau. Mais il s’y trouve, en outre, des débris de végétaux non altérés ou incomplètement décomposés, des détritus de matières animales, et des substances terreuses qui restent à l’état de cendres après la combustion. Le sable, dont les tourbes sont mélangées en proportions extrêmement variées, est toujours de ,même nature que les roches environnantes, ce qui prouve qu’il est uniquement formé des débris de celles-ci. Les quantités des différentes matières organiques qui constituent les tourbes sont dans des rapports très-différents, comme vous pouvez le voir par les analyses suivantes:
- Mat. organiques Mat. minérales, sur 1-00 part. sur 100 part-
- Tourbe de Vassy (Marne). 92,8 7,2
- — de Forges-les-Eaux (Seine-Infér.) 92,3 7,7
- — de Bordeaux (Gironde). 91,5 8,5
- — de Ham (Somme)... ........... 88,3 11,7
- — de Châleau-Landon (Sein.-et-M.) 85,0 15,0
- — de Clermont (Oise). 82,6 17,4
- — de Crouy, près Meaux (Seine-et-
- Marne).... 81,2 18,-8
- Les matières minérales contenues dans les tourbes sont ordinairement :
- Silice ou sable. Argile.
- Carbonate de chaux. Chaux caustique. Oxyde de fer.
- Sulfate de chaux.
- Carbonate de magnésie.
- Sels alcalins, tels que sulfates et chlorures.
- Alcalis libres ou carbonates (traces)-
- Au reste, la nature de ces matières varie nécessairement suivan la contrée d’où l’on lire la tourbe, et suivant la couche à laquel elle appartient. L’absence ou la très-faible proportion d’un alca libre ou carbonaté dans les cendres de tourbe explique pourquo1 elles ne sont pas, comme la cendre de bois, propres à la lessive, à la fabrication du verre et du savon. Elles ne renfermeraien môme que du silicate de potasse, d’après M. Liebig.
- C’est au moyen de la chaux qu’on peut améliorer le sol tourbières, attendu que cet alcali réagit sur les matières orga1^ ques, et notamment sur l’acide ulmique, et les rend propiÇ1' servir à la nutrition des plantes. Voilà pourquoi Polydore Cou *0’
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- qui a fait une étude spéciale de l’acide ulmique, disait que c’est à cet acide que la Hollande, si riche en tourbe, doit la supériorité de ses produits agricoles.
- Vous le savez, Messieurs, la tourbe est employée comme combustible, surtout dans les pays où le bois et la houille sont rares. On la moule en briques, afin de pouvoir la transporter plus aisément. Elle s’allume difficilement, mais une fois sa combustion commencée, elle continue tranquillement en donnant beaucoup de flamme, et sans qu’il soit besoin d’attiser le fourneau, comme cela est nécessaire pour la houille. L’odeur désagréable qu’exhale ce combustible en limite l’emploi dans l’économie domestique. Il est très-propre à la cuisson de la brique, de la chaux, aux évaporations, etc. On en fait un charbon excellent, en le calcinant en vase clos. L’art de convertir la tourbe en charbon est pratiqué depuis longtemps en Allemagne, en Hollande et en France. C’est Heliot qui, le premier, en a parlé en 1749.
- La tourbe, lorsqu’elle n’est pas trop mélangée de terre, est, en général, un combustible excellent et comparable au meilleur bois, sous le rapport calorifique. Ellerenferme une quantité considérable d’oxygène, 39 à 40 p. 100; la proportion d’hydrogène est un peu plus élevée que dans la houille, mais la proportion de carbone est beaucoup plus faible; aussi le pouvoir calorifique est-d bien moins élevé. En tenant compte des matières terreuses et de l’eau que renferme la tourbe, on trouve qu’elle donne environ Moitié moins de calories que les houilles grasses et demi-grasses. Elle contient deux fois plus d’azote que celles-ci.
- La tourbe a l’inconvénient d’être trop légère, et par suite, de ne pouvoir que difficilement produire une haute température, à cause du grand espace qu’elle occupe dans les foyers ; et, malheureusement, les plus propres, et par conséquent les meilleures, s°nt presque toujours aussi les plus légères. On a cherché à remédier à cet inconvénient en comprimant fortement les pains foulés et déjà en partie desséchés à l’air, à l’aide d’une presse hydraulique; mais, d’abord, ce moyen est fort dispendieux, et, ensuite, il ne remplit qu’imparfaitement son but, parce qu’en rai-s°n de la grande élasticité de la matière, il arrive que le centre des pains ne se contracte que très-peu et qu’il retient encore une Quantité d’eau considérable. A l’usine royale de Kœnigsbrunn, près d’Aalen, en Wurtemberg, on dessèche artificiellement les Pains de tourbe en les jetant pêle-mêle dans une espèce de four à briques que l’on entretient à une température de très-peu plus ^evée que 100°, et que l’on chauffe avec de menus débris de lourds de la plus mauvaise qualité et qui n’ont presque aucune va-^nr. Les pains, ainsi desséchés, acquièrent une compacité et une dureté telles qu’on ne peut les briser qu’avec difficulté, et, en
- v. '3F. .at;
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- môme temps, leur volume se trouve réduit de près de moitié. On emploie avec grand avantage, à Kœnigsbrunn, la tourbe contractée par dessiccation artificielle à chauffer des fours à réverbère dans lesquels on soumet la fonte à une seconde fusion, ainsi qu’à diverses autres opérations métallurgiques. M. Alix l’a employée avec succès au puddlage du fer, et M. Garnier a prouvé, par de nombreux essais, qu’on peut l’appliquer avec succès au chauffage des machines à vapeur.
- On a eu l’idée, dans ces derniers temps, de broyer la tourbe sous les roues d’un moulin à plâtre, puis de la bluter comme de la farine, de manière à en séparer les parties terreuses et incombustibles, et enfin de mouler en briques la poussière ligneuse ; Ie mètre cube de ces briques ainsi préparées pèse jusqu’à 1,300kilog-Dans cet état, on emploie ce combustible dans les hauts-fourneaux où il ne donne plus que 11p. 100 de cendres après la combustion.
- En mélangeant la tourbe sèche et divisée avec du poussier de houille et du goudron de houille, cuisant le tout, moulant la pâte et la comprimant, on obtient des blocs d’une grande dureté, ayant toutes les qualités de la houille, donnant peu de cendres et ne se détériorant pas à l’air.
- Sous le nom de percollane, on fabrique, en Angleterre, avec 2 parties de tourbe comprimée et 1 partie de goudron de houille) que l’on fait cuire ensemble, un mastic adhérent et tenace qui est très-propre à peindre l’extérieur des vaisseaux, après qu’on y a incorporé 2 p. 100 de savon de résine et 7 p. 100 d’oxyde de cuivre ou tout autre composé métallique vénéneux.
- La distillation de la tourbe, opérée dans les mômes conditions que celle de la houille, est une nouvelle industrie chimique appelée à donner une plus grande valeur aux tourbières, puisqu’elle fournit des produilsgazeux combustibles,applicablesau chauffage, du goudron et un liquide aqueux dont on tire un très-bon pai'h dans les arts. Dans les établissements de la compagnie d’Irlande, montés à Kildare sur une très-vaste échelle, puisqu’on peut y tinter par jour 100 tonnes de tourbe, on retire d’unetonne (1,016 km/ de cette matière séchée à l’air : 396 mètres cube de gaz, 25 lih'eS environ de goudron et 3 hectolitres de liquide aqueux. Du goudron, par une distillation ménagée, on extrait : lk,36 de paraffine’ 9 litres d’une huile volatile légère propre à l’éclairage et 4 )a d’une huile lourde fixe propre au graissage des machines. Des p'° duits aqueux, on obtient 2k,5 d’ammoniaque, 2k.25 d’acide p)’1® ligneux et 3k,65 d’esprit de bois. Enfin, il reste dans les cornues 25 p. 100 d’un coke dépourvu de soufre et par conséquent aussi avantageux que le charbon de bois pour les opérations métallu giques.
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- MOYENS D’EMPÊCHER LA PUTRÉFACTION.
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- Une usine semblable à celle d’Irlande a été montée dans ces dernières années par M. Debonne, dans les tourbières de Fon-taine-le-Comte (Oise). Ses produits figuraient à l’exposition universelle de 1855.
- Les matières animales plongées dans l’eau se transforment plus promptement que sous terre, en gras des cadavres, puisqu’il ne faut, en été, que six semaines à deux mois. C’est ce que reconnut, en 1794, le docteur Smith Gibbes, en renfermant des muscles dans une caisse percée de trous, qui fut maintenue dans un courant d’eau. Le chimiste anglais chercha à tirer parti de ce gras, qu’il nommait, très-improprement, sperma-ceti, en introduisant son emploi dans les manufactures où l’on fait usage du suif; il lui enlevait une partie de son odeur fétide, en le laissant exposé pendant quelque temps à l’air et à la lumière, le malaxant pendant une heure ou deux avec de l’acide azotique faible, puis le fondant dans l’eau bouillante. Il en faisait ensuite des bougies (1).
- SOIXANTE-SIXIÈME LEÇON.
- MOYENS DE RETARDER ET D’EMPÊCHER LA PUTRÉFACTION.
- Sommaire.—Moyens de retarder et d’enrpêcherlaputréfaction.—Froid,dessiccation, cuisson. — Soustraction du contact de l’air. — Procédé d’Appert. — Soufrage °u mûtage. — Conservation des œufs. — Procédé de Chevet. — Emploi de» l’alcool, du sucre, des acides. — De la créosote. — Emploi du sel marin et de certains autres sels, notamment du sublimé corrosif. — De l’art des embaumements chez les anciens.
- On a essayé beaucoup de moyens pour retarder les progrès destructeurs de la putréfaction, afin de conserver les matières orga-niques, surtout celles qui servent à notre alimentation. Il ne sera Pas superflu de vous indiquer ceux qui offrent les meilleurs ré-SllUats, car, ainsi que l’a dit, avec raison, M, Charles Dupin, conter un temps considérable les aliments qui se corrompent na-,tellement avec rapidité, ce n’est pas seulement prolonger les Puissances du riche au delà des limites posées par les saisons ou lesserrées en des espaces plus étroits encore, c’est multiplier,
- t) Le chimiste Schmeisser, de Hambourg, en envoyant quelques unes de cesbou-,es à Blumenbach, lui apprit qu’elles avaient été préparées avec les jambes d’un Jane qui n’avait rien fait de bon pendant sa vie. Blumenbach lui répondit: Ceux 1 vécurent dans l’obscurité, brillent après leur mort, (Mortui lucent qui in vitâ bsc“n fuerunt.)
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- 828 SOIXANTE-SIXIÈME LEÇON.
- pour un grand nombre de classes de citoyens, les facilités de vivre sainement en des circonstances auparavant les plus fâcheuses.
- Les procédés de conservation varient nécessairement, suivant le volume et la forme des objets, leur plus ou moins grande altérabilité, et suivant, surtout, l’usage qu’on veut en taire. Ils reposent tous sur ce principe, qu’il faut priver les matières organiques du contact de l’air et de l’humidité, causes principales de leur altération. On arrive à ce but, soit par la dessiccation, soit par la cuisson, soit aussi par l’emploi de certains agents qui absorbent l’eau contenue dans les substances, ou qui les isolent du contact de l’air et de l’humidité atmosphérique.
- Froid. — Le froid est un préservatif efficace contre la putréfaction, pendant tout aussi longtemps que les substances organiques y sont exposées. La température de 0° suffit pour cet objet. C’est de là que provient, dans beaucoup de pays, l’habitude de placer la viande dans la neige, d’emballer le poisson et les chairs dans la glace, lorsqu’on doit les transporter au loin, de mettre les matières alimentaires dans les caves et autres endroits frais, à l’époque des chaleurs de l’été, etc.
- On dit que c’est en tenant leurs viandes dans une glacière, que les bouchers autrichiens les préservent d’altération pendant les chaleurs de l’été. Lorsque les cadavres des hommes et des animaux sont enfouis sous la neige, ils s’y conservent, pour ainsi dire, indéfiniment, à l'état de fraîcheur (1).
- Dessiccation. — Cuisson. — Je vous ai déjà dit que toutes les fois qu’une matière organique est soumise à une température capable de la dessécher complètement, on peut la conserver m-
- (i) En voici une preuve bien curieuse. « En 1799, dit M. Milne Edwards, un Pe cheur tongouse remarqua sur les bords de la mer glaciale, près de l’embouchu de la Lena, au milieu des glaçons, un bloc informe qu’il ne put reconnaître^ a née d’après, il s’aperçut que cette masse était un peu plus dégagée, mais il ne jh encore en deviner la nature. Vers la fin de l’été suivant, il vil à nu une des fenses et tout le liane d’un monstrueux animal ; enfin la cinquième année, glaces ayant fondu plus vite que de coutume, cette masse énorme vint écho1 ^ Le pécheur en enleva les défenses et les vendit pour une valeur de 50 roubles, fit en même temps un dessin grossier de l’animal, et les Iakoutes du voisin s en dépecèrent les chairs pour nourrir leurs chiens ; des bêtes féroces vinrent? s’en repaître. Mais deux ans après, lorsqu’un naturaliste, M. Adams, se rendi les lieux, l’animal, quoique fort mutilé, conservait encore des débris de cbal‘ de peau couverte de crins noirs ayant jusqu’à 15 pouces de long, et d’une esp de laine rougeâtre, si abondante, que ce qui en restait ne put être transpor difficilement par dix hommes. On connaît encore d’autres exemples de mamffl0 conservés si bien dans les glaces, que les chairs n’étaient pas corrompues, e ^ les poils adhéraient à la peau. Cette espèce d’éléphant a cependant dispat ^ ^ la surface de la terre depuis les dernières révolutions qui en ont bouleve » surface. »
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- définiment. Il est, en effet, certain que là où il n'y a pas d’eau, il ne peut y avoir putréfaction. Des cadavres enfouis depuis des siècles dans les sables brûlants des déserts de l’Afrique, de l’Arabie, des Pampas du Nouveau-Monde, ont été retrouvés dans un état parfait de conservation (I). C’est ce qu’on appelle des Momies blanches. Les anciennes peuplades du Nouveau-Monde se servaient fréquemment, pour conserver les corps de leurs ancêtres, de la simple dessiccation opérée soit en suspendant le cadavre au-dessus du feu pendant un certain temps, soit en l’entourant de couvertures de coton et le mettant sur une grille sous laquelle on allumait un feu léger.
- On se sert fréquemment delà dessiccation comme moyen de conservation pour un grand nombre de produits commerciaux. Les pharmaciens, les herboristes n’emploient pas d’autre moyen que l’étuve ou la dessiccation au soleil pour garder intactes, pendant toute l’année, les plantes qu’on ne peut se procurer que dans une saison. Les botanistes se servent aussi de la dessiccation, opérée entre des feuilles de papier non collé, pour faire leurs herbiers.
- Les fruits secs-, qui forment un objet de commerce considérable entre le Midi et le Nord, 1 es pruneaux, les figues, les dattes, lesjujubes, les raisins muscats, les poires tapées, etc., sont desséchés au soleil, dans des étuves, ou dans des fours. Lorsque les fruits sont volumineux, on les coupe par tranches, pour faciliter l’évaporation de l’eau contenue dans le parenchyme charnu; c’est ainsi qu’on agit Pour les pommes et les poires, qui servent à fabriquer des piquettes, boissons peu coûteuses, qu’on obtient aisément en laissant tremper et fermenter, pendant quatre à cinq jours, 30 kilog. de ces fruits dans 250 litres d’eau. En ajoutant, avant la fermentation, quelques kilogrammes de baies de genièvre, ou un peu de fleurs de sureau, on donne à la piquette un goût plus agréable, et on la rend plus saine et plus tonique.
- On sait que les raisins, à l’époque de leur maturité, sont recouverts d’un enduit cireux imperméable à l’eau, qui retarde singulièrement leur dessiccation et même empêche qu’elle ne soit jamais Parfaite. Pour obvier à cet inconvénient, les paysans de la Pro-
- (l)En 1787,Wafer, chirurgien anglais, ayant débarqué à Vismejo, dans te Pérou, Marcha environ pendant quatre milles sur le sable d une baie qui, dit-il, était couverte de cadavres d’honimes, de femmes et d’enfants, si serrés, qu’il aurait pu, s’*l eût voulu, marcher un demi-mille (800 mètres) sans jamais poser le pied ailleurs que sur un corps mort. Leur apparence était celle de personnes mortes depuis une semaine au plus; mais au toucher, on les trouvait aussi légères et aussi sèches qu'un morceau de liège. C’étaient les restes d’une tribu d’indiens qui, plutôt lue de tomber aux mains des Espagnols, avaient creusé des trous dans le sable et s’étaient ensevelis vivants. Les hommes, dans celte posture, avaient avec eux leurs arcs hrisés; les femmes, leurs rouets et leurs quenouilles entourées de coton.
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- veace ont, depuis longtemps, adopté l’usage d’immerger à deux ou trois reprises les grappes de raisin dans une lessive bouillante, qui dissout facilement leur enduit cireux et leur permet ensuite de se-dessécher avec rapidité. Ce procédé remplit parfaitement son but, mais il reste à la surface des grains une petite quantité de potasse qui les rend hygrométriques, et l’acide tartrique libre qu’ils renferment, en se combinant avec cet alcali, augmente la proportion de tartre qui leur est propre ; les raisins deviennent ainsi plus laxatifs qu’émollients, et peu convenables pour les usages auxquels ils sont consacrés en médecine. M. Hugoulin, pharmacien de la marine, a conseillé, en 1840, de laver successivement les grappes, au sortir de la liqueur alcaline, d’abord dans de l’eau acidulée, et ensuite dans de l’eau pure. On obtient ainsi des raisins exempts de tout corps étranger, d’une dessiccation facile et comparables aux meilleurs raisins de Malaga (I).
- Certains sucs de plantes sont convertis, par la concentration sur le feu, en extraits secs qu’on peut ainsi transporter au loin; c’est ce qu’on fait pour le suc de réglisse, l’extrait de ratanhia, le cachou, les extraits tinctoriaux. Les sucs de pavots et de laitue sont .concrétés par l’action du soleil à mesure qu’ils s’échappent des incisions pratiquées aux capsules ou aux tiges vertes de ces plantes, et ils forment alors l'opium et le lactucarium du commerce. — Le raisiné du commerce est un extrait mou obtenu par la concentration du moût de raisin.
- Je dirai ici que fort souvent les raisinés du commerce conlien-nent du cuivre, parce que la cuisson a lieu dans des chaudières de ce métal et qu’on n’a pas toujours la précaution de maintenir un paquet de clefs pendant l’évaporation du moût. Pour reconnaître la présence du cuivre dans cette confiture, il suffit d’y laisser séjourner, pendant quelque temps, une lame de couteau bien propre ou une aiguille d’acier. Onia retire toute rouge, c’est-à-dire couverte de cuivre. Ces raisinés occasionnent presque toujours des coliques, et, parfois môme, un commencement d’empoisonnement. Un accident de ce genre est arrivé le 11 décembre 1840, à Chain-
- (1) Les auteurs du xvre siècle enseignent beaucoup de moyens pour conservei les fruits lorsqu’ils sont détachés de l’arbre. Ces moyens, au reste, sont presque tous tirés des anciens auteurs latins, el consistent à les enduire de plâtre, de eue ou de résine, à les mettre dans du vin, du miel, de la mousse, de la lie devin humide, dans un tonneau défoncé et rempli de tartre bien sec, dans des vases d’argde exactement fermés et enfouis dans du sable à une certaine profondeur. La dessiccation des fruits est employée en Fi ance de toute ancienneté. Les Gaulois connaissaient le moyen de sécher les raisins, mais ils les desséchaient à la fumée, et c procédé était vraisemblablement une suite de l’usage qu’ils avaient d’enlufflc1 les \ins.
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- béry, à toute une famille qui mangea un gâteau couvert de raisiné cuivreux.
- La cuisson des viandes, en expulsant la majeure partie de l’eau qu’elles contiennent et en coagulant l’albumine, principe si altérable à l’état liquide, s’oppose avec succès pendant un certain temps à la décomposition spontanée. Mais pour la conservation indéfinie de ces matières, il faut absolument recourir à la dessiccation, c’est-à-dire en expulser rapidement la presque totalité des 77/100 d’eau qu’elles renferment. C’est ce que font les Tartares et les Américains du Sud, qui vivent sous des climats si différents ; les premiers, pour préserver ces viandes de la gelée, les autres pour les garantir de la chaleur atmosphérique qui les altère si promptement. Dans une partie de la Tartarie, on réduit en poudre les viandes desséchées qui servent, dans cet état, aux longs voyages de terre et de mer. A Buenos-Ayres, au Mexique, au Chili, au Pérou, on découpe la chair du bœuf en très-minces lanières, longues de 2 à 3 mètres, on les saupoudre de farine grenue de maïs, et on les dessèche ensuite au soleil. C’est alors ce qu’on appelle le tasajo, ailleurs le charqué, qui est l’objet d’expéditions assez importantes pour les contrées aurifères et pour les colonies des tropiques. On se contente le plus souvent d’entasser le tasajo dans la cale des navires sans le mettre en barils. M. Boussingault nous dit avoir souvent rencontré, dans sesvoyagesen Amérique, des consommateurs de tasajo qui n’avaient jamais vu un bœuf en vie.
- Au Texas, on prépare un aliment pour la marine et les voyages sur terre, qu’on désigne sous le nom de mcat-biscuit ou biscuit-viande, en faisant bouillir des quartiers de bœuf pendant longtemps dans l’eau, de manière à obtenir un bouillon qu’on débarrasse de la graisse surnageante, qu’on évapore ensuite en sirop et qu’on convertit en pâte ferme à l’aide de farine de froment. Cette Pâte est étendue sous le rouleau, percée de petits trous et découpée en tablettes qu’on fait cuire au four à la manière des biscuits ordinaires pour la marine. Elles sont alors emballées et livrées en cet état. — On a prétendu que ce biscuit peut remplacer le pain et ^aviande, et que 151 gram. suffisent pour nourrir un homme pendant un jour ; il y a de l’exagération, car cet aliment ne peut équi-valoir à la viande, puisqu’il ne contient de la chair que la portion soluble dans l’eau bouillante.
- Le biscuit-viande, préparé par M. Callamand, avec de la farine, de la viande cuite et des légumes, doit être évidemment plus nu-hdtif, et offrir une préparation très-convenable pour les voyages lointains : 250 gramm. de ce biscuit donnent avec 2 litres d’eau et Un assaisonnement approprié, 6 rations de soupe grasse, et de Plus toute la chair cuite à laquelle le bouillon doit ses qualités.
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- M. Blumenlhal cuit, dessèche les viandes et les convertit en farine. Mais toutes ses conserves ont le grave inconvénient d’être rapidement attaquées et détériorées par les insectes.
- Dessiccation et forte pression. — Quand on doitconserver des masses assez considérables de substances végétales, une manière avantageuse consiste à les tasser fortement en balles, après qu’elles ont été desséchées. L’air et l’humidité ne peuvent plus pénétrer dans l’intérieur, et leur action se borne tout au plus à dénaturer les couches superficielles. C’est là le moyen qu’emploient les droguistes en gros, et celui qu’on applique au houblon, au foin qu’on doit expédier au loin. La compression, dans ces derniers cas, s’effectue au moyen de la presse hydraulique.
- Les légumes alimentaires, de toute nature, sont actuellement conservés avec leurs caractères de forme, de couleur, de saveur, d’arôme, à l’aide de procédés fort simples dont la première idée revient à MM. Masson et Gannal (1845-1853). On les soumet d’abord, pendant quelques minutes, à l’action d’une vapeur à 5 atmosphères, puis on les dessèche rapidement dans des étuves à double courant d’air, et, lorsqu’ils doivent être envoyés au loin, on les réduit à un très-petit volume par la presse hydraulique. C’est la maison Chollet et Cie, qui exploite avec le plus de succès cette nouvelle industrie de conserves végétales sèches; elle a rendu depuis une dizaine d’années d’immenses services sous ce rapport, en fournissant à nos armées de terre et de mer, pendant les guerres de Crimée et d’Italie, des cargaisons entières de légumes frais en tablettes de 500 grammes, ce qui correspond à 20 rations. — Il suffit de faire tremper ces légumes desséches dans l’eau froide ou tiède pendant cinq à six heures pour qu’üs reprennent leur volume et leur aspect primitifs. On les soumet alors .à la cuisson selon les habitudes ordinaires. Les conserves de la maison Chollet sont aujourd’hui justement, appréciées et sont devenues d’un usage journalier dans toutes les classes de la popu* lation parisienne.
- Soustraction «lu contact «le l'air. — Puisque, comme .]6 vous l’ai déjà dit, c’est l’air qui détermine en partie l’altération des matières végétales et animales, il s’ensuit qu’en les préservant de son contact on devra les conserver aussi longtemps qu °n pourra le désirer. C’est, en effet, ce qui a lieu. Il y a plusieuis manières d’atteindre ce but :
- 1. L’une consiste à placer les matières dans-un milieu dépourvu d’oxygène, dans un gaz, par exemple, tel que l’azote, l’bydi’0 gène, etc. Mais ce moyen ne peut être appliqué en grand.
- On dit que les Mexicains, pour conserver les fruits, les ente
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- ment dans un sachet contenant du monosulfure de fer, qui agit en absorbant l’oxygène de l’air, et en ne laissant que l’azote et l’acide carbonique.
- 2. Souvent on introduit dans des intestins préparés des viandes coupées en petits morceaux et mélangées d’une certaine quantité de matières grasses; on lie avec soin les deux bouts de l‘intestin, de manière à en expulser l’air aussi complètement que possible. C’est ainsi qu’on agit pour les saucisses, les saucissons; les boudins se préparent de môme avec le sang des animaux. Presque toujours on associe aux viandes ou au sang que l’on empoche une certaine quantité de poivre qui, comme toutes les substances aromatiques, contribue à assurer la conservation de ces matières.
- 3. Une autre manière fort économique d’arriver au môme résultat consiste à placer les objets dans des vases remplis d’huile, de graisse, de beurre ou de suif. Les habitants du Languedoc, du Périgord, de la Guyenne, de la Saintonge et du Poitou conservent ainsi pendant très-longtemps des cuisses et des ailes de diverses volailles au milieu de la graisse de ces mêmes animaux.
- A la Rochelle, aux Sables d’Olonne, à Nantes, au Croisic, à Concarneau, à Lorient, etc., on prépare aussi une très-grande quantité de sardines confites à l’huile. A Sainl-Jean-de-Luz , à Marseille, au Port-Louis, à Belle-Isle-en-Mer, etc., on conserve le thon de la môme manière.
- Les pharmaciens garantissaient autrefois les sucs végétaux de toute altération en les recouvrant d’une légère couche d’huile fraîche et peu susceptible de rancidité. En 1826, les fouilles faites ^ Pompéia firent découvrir quelques bouteilles pleines d’olives qui ' avaient été mises dans de l’huile, et qui étaient en très-bon état, quoique l’huile, devenue rance, se Lrouvât convertie en acides gras.
- 4. Dans les départements du Haut et du Bas-Rhin, on conserve les viandes crues pendant l’été en les entourant d’une couche, de lait caillé; il paraît qu’elles cuisent mieux, sont plus délicates et de plus facile digestion. Cette pratique offre aux habitants des Petites communes rurales, où les bouchers ne tuent qu’une ou deux fois par semaine, l’avantage de pouvoir manger les viandes dans un état frais.
- 5. Les œufs, qui constituent un desalimentsle plus en usage, ne Peuvent être, comme on sait, gardés longtemps au contact de l’air sans se dessécher, se vider en partie et se putréfier. Soustraits à 1 influence de cet agent, on peut, au contraire, les conserver très-longtemps frais.
- Réaumur et l’abbé Nollet ont essayé, les premiers, d’obtenir ce résultat en recourant k des enduits ou vernis consistant en graisse de mouton, huile d’olive, suif récent, seuls ou mélangés, en cire,
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- résine, solution alcoolique de résine-laque ou de cire d’Espagne. On s’est également servi plus tard d’une solution visqueuse de gomme ou de gélatine, et tout récemment M. Dareste, professeur à la Faculté des sciences de Lille, a expérimenté avec le collodion et le vernis à chaussure.
- Ces moyens sont efficaces, car des œufs ainsi enduits se sont conservés frais pendant des temps assez longs. Mais, au point de vue économique, il n’y aurait guère que les corps gras qui pourraient être utilisés. Ce sont, d’ailleurs, les enduits qui s’opposent le mieux à l’évaporation de l’eau intérieure et à l’introduction de l’air.
- La maison Cormier, du Mans, livre actuellement au commerce des œufs recouverts d’un vernis peu coûteux, d’une application facile et d’une efficacilé parfaite, puisque plus de vingt capitaines de navires ont certifié qu’après des traversées de sept, huit et même neuf mois, ces œufs étaient aussi bons que le premier jour. Ils sont par caisses de 500, emballés dans de la sciure de bois et posés debout, pour que les parties intérieures conservent toujours leurs positions respectives. La chaleur n’est pas à craindre pour leur conservation, puisqu’après trois mois de garde, ils peuvent être maintenus sous la poule pendant vingt-deux jours sans tourner; mais si, auparavant, ils ont été débarrassés de leur vernis, ils éprouvent alors tous les effets de l’incubation. — Ces œufs sont livrés de septembre à février, au prix de 66 fr. le mille ; ceux pour la marine coûtent 80 francs, à cause des frais d’emballage qu’ils nécessitent. J’en ai mangé après plusieurs mois de préparation; je les ai trouvés aussi frais que les œufs récemment pondus.
- Dans les campagnes, on met les œufs, par couches, dans un tonneau sur un lit de cendres, de sable fin, de son, de sciure de bois, de plâtre ou de charbon pulvérisé, en ayant soin qu’ils ne se touchent pas; on les recouvre d’une couche de ces matières pulvérulentes, et on les stratifie ainsi jusqu’à ce que le baril soit plein. Ils se conservent assez bien de cette manière, mais ils se vident un peu. On arrive à de meilleurs résultats, à ce qu’il parait, lorsqu’on les enveloppe de papier et qu’on les recouvre avec de la menue paille d’avoine ou avec du sable bien sec.
- En Asie, on les garde, dit-on, en les entourant d’une couche de cendres humectées avec de l’eau de mer.
- Cadet de Vaux a proposé de plonger les œufs, pendant ving secondes, dans l’eau bouillante, afin d’y former une pellicule d’al' bumine concrète qui s’oppose à l’introduction de l’air, puis de les essuyer et de les placer dans un vase qu’on remplit de cendres tamisées. Ce procédé, suivi dans les montagnes d’Écosse, e> employé en grand pour l’approvisionnement de Paris, mais il eS évident que les œufs doivent être souvent durcis.
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- Le meilleur moyen, toutefois, est celui que Cadet-G-assieemrt a imaginé et qui est depuis longtemps adopté parles marchands et les ménagères. Il consiste à les tenir plongés dans de l’eau où l’on a délayé un dixième de chaux éteinte. On se sert, pour cela, de ces grands pots â beurre, dits pots deTallevanes. On a soin que les œufs soient constamment recouverts d’une couche de liquide. — Ainsi conservés, les œufs ont toujours un petit goûtspécial qui ne permet plus de les manger sous forme d'œufs à la coque, mais ifs sont excellents en omelette et sur le plat. Ils se fendillent plus facilement que les autres quand on les plonge dans l’eau bouillante.
- En 1852, M. Chambord a fait connaître une autre méthode qui est surtout applicable aux approvisionnements des navires..On expose à l’étuve, sur des plaques de faïence, de porcelaine ou de verre, une couche d’œufs, jaunes et blancs, de 2 millimètres d’épaisseur. Après vingt-quatre heures, on obtient une masse que l’on pulvérise et que l’on conserve à l’abri de l’air, après l’avoir fait sécher encore pendant une journée.' Chaque kilogramme de poudre d’œuf ainsi préparé demande 2 kil. d’eau froide dans laquelle on les bat, et équivaut à 100 œufs pour faire des omelettes, ou pour tout autre usage de la cuisine ou de la pâtisserie. — Une barrique de 100 kilogr. peut contenir la poudre fournie par 10,000 œufs. Lorsqu’on veut conserver le jaunesépa-rément, on remplace l’albumine de l’œuf par du sucre, dans la proportion de 125 grammes de ce dernier pour huit, jaunes d’œufs (I).
- 6. Chevet, célèbre" marchand de comestibles, conservait des raisins, des patates, des noix, des amandes, des châtaignes,, etc.., Pendant fort longtemps, dans un état satisfaisant de fraîcheur, en les rangeant par couches entre lesquelles il semait un fit de chaux éteinte et pulvérisée, d’une épaisseur plus oui moins grande, selon l’espèce de végétal. Le vase non bouché, dans*liev-quel on a disposé ainsi les produits, est renversé sur un lit de cbaux de 3 à 6 centimètres d’épaisseur, dans lequel son orifice se h'ouve enterré.
- o Le sucre et le miel dont on entoure les substances organiques
- 0) Les/œüfssoni chaque année, de la mi-février à Pâques, l’objet d’une préparation qui a pour but de les faire cuire et teindre en rouge, au moyen d’une ^coction alunée de bois de Brésil, ou en bleu violacé au moyen du bois de Cam-feche. Les marchands de conserves alimentaires et les fruitiers de Paris somnolant environ un million d’œufs à cette opération ; elle entraîne à une dépense de yr- b0 par mille ; mais la valeur du produit n’en est pas augmentée, les mar-rtninds choisissant, pour la teinture, les œufs dont la coque n’a pas une blancheur ^disante pour la vente ordinaire. — Ces œufs durs sont vendus en détail auus Le nom d'œufs de Pâques
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- produisent les mômes résultats que les agents précédents; ils opèrent par leur affinité pour l’eau et en empêchant le contact de l’air. Il y a bien longtemps que leur efficacité est connue. Chez les Romains, le poisson des confrées lointaines était apporté dans des vases pleins de miel. Les Badas, habitants de Ceylan, coupent la viande crue par morceaux, la couvrent de miel, la placent dans le trou d’un gros arbre, à quelque distance du sol, et bouchent le trou avec une branche enduite de terre ; un an après, celte viande est de fort bon goût, confite et parfumée. D’après Ma'c-Culloch, une cuillerée à bouche de cassonade introduite dans le corps d’un saumon de 2 à 3 kilogrammes, après qu’il a été vidé, suffit pour le conserver. Tous les poissons de mer (morue, merlan, etc.), peuvent être traités ainsi avec succès; le sucre ne leur communique aucun goût désagréable. Dès le commencement du xve siècle, Saladin d’Ascolo, médecin du grand connétable de Naples, remarquait que le beurre et la graisse se conservent longtemps sans rancir lorsqu'on a la précaution de les saupoudrer de sucre.
- On a proposé dernièrement la mélasse comme agent très-économique pour la conservation des viandes; on l’emploie telle qu’elle sort des fabriques ou des raffineries. Lorsque les chairs en sont bien pénétrées, on les lave à grande eau, et on les met à sécher dans un courant d’air. Renfermées dans des caisses, elles peuvent être envoyées au loin, sans subir, dit-on, aucune espèce d’altération.
- 8. Dans beaucoup de pays, on conserve les racines de’ toute espèce, et notamment les pommes de terre; les carottes, les betteraves, dans des fosses profondes, creusées dans un sol sec et abritées de tous côtés. Les racines y sont déposées aussi sèches que possible, et placées en lignes qu’on sépare les unes des autres piir un peu de paille. De cette manière, elles échappent à l’action de l’air et de l’humidité, et restent parfaitement saines jusqu’à l’étc suivant.
- C’est aussi dans des fosses que les anciens conservait les graines céréales (i); et ce procédé, qu’ils avaient porté à un haut degré de perfection, a repris faveur dans ces dernières années, par les soins du comte de Lasteyrie. C’est à ces fosses qu o'1 donne le nom de silos. En Espagne et en Hongrie, on appcl matamores d’immenses silos creusés à 26 mètres de profondeur dans des sols choisis, et où les grains sont gardés, durant plusieurs
- (1) Quinte-Curce raconte que l’armée d’Alexandre éprouva de grandes Pr‘vajgUrg sur les bords del’Oxus, parce que les habitants de ces contrées conservaient grains dans des fosses souterraines qui n’étaient connues que de ceux <lul avaient creusées. ‘ ‘ .
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- années, dans un parfait état de conservation. Les Arabes de l’Algérie emploient le même moyen.
- Bien des procédés différents ont été proposés, dans ces derniers temps, pour la conservation du blé; je citerai surtout les greniers clos du comte Dejean et de Dubreuil, père de Rouen, le grenier mobile de M. Yallery, le grenier-glacière du général Demarçay, les silos perfectionnés de d’Arcet et de M. Doyère. Dans tous ces appareils plus ou moins dispendieux et convenables pour les grands approvisionnements, on a cherché à réunir les trois conditions suivantes : absence de la lumière, absence de l’humidité, température basse et invariable, qui s’opposent à la fermentation du grain ainsi qu’à la naissance et au développement du charançon, de l’alucite et autres insectes qui occasionnent de si grands ravages dans les greniers ordinaires.
- M. Garreau, de Lille, et, après lui, M. Doÿère, ont reconnu que les vapeurs de sulfure de carbone et de chloroforme opèrent la destruction des insectes (charançon, alucite, teigne des blés) qui rongent les grains dans les silos. Deux grammes de ces liquides par hectolitre introduits avec le blé dans les silos y font périr les insectes jusqu’au dernier, avec leurs germes, sans que le grain subisse aucune altération ni conserve aucune trace de ce traitement.
- M. Léon Dufour a indiqué, en 1844, un moyen bien plus simple que les précédents pour obtenir la parfaite conservation du blé ; il consiste à remplir de grains des tonneaux ordinaires, des colis, dont le couvercle est seulement maintenu par une grosse pierre, et que l’on dispose debout, en séries d’une seule rangée, le long du mur, dans le lieu le plus sombre du grenier, dont on a soin de tenir habituellement fermés les volets des croisées, pour éviter l’accès de la lumière, de la chaleur et de l’humidité. Le grain, ainsi placé, n’est point attaqué par les larves des insectes, il est défendu contre les rats et la poussière, et il ne contracte aucune mauvaise odeur, aucune espèce d’altératioh qui nuise à la panification, à la germination ou à la vente. Vous concevez que la dépense est réduite à Lâchât des tonneaux, qui peuvent, d’ailleurs, servir indéfiniment (1).
- M. Persoz a constaté, dès-1857, que dans les blés réputés secs, la proportion d’eau varie de 8,5 à 18,5 p. 100, de sorte que lorsqu’ils sont accumulés dans un réservoir quelconque, ils ne tardent
- (1) Voir, pour plus de détails sur les nouveaux appareils de conservation du blé j’ai cités plus haut: les Bulletins de la Société d’Encouragement, les Mémoires des Sociétés d'Agriculture de Paris et de Rouen, le Journal d’Agriculture Pratique, rédigé par M. Barrai, etc.
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- pas à transpirer. C’est là une cause d’altération qui rend les procédés d’ensilage fort défectueux dans nos climats. Une petite quantité de chaux vive, grossièrement pulvérisée, mélangée au grain suffit, d’après M. Persoz, pour prévenir celle transpiration ou en combattre les effets. L’habile expérimentateur s’est assuré et a démontré par des expériences faites en grand que 60 litres de chaux en contact direct avec 3,000 litres de blé suffisent pour le conserver parfaitement et sans exiger sensiblement plus d’espace, puisque la chaux, en s’hydratant, se loge entre les grains.
- « Par sa simplicité et les résultats qu’il fournit, dit M. Persoz, ce procédé se rapproche beaucoup de celui des Romains et des Arabes : en effet, tandis que pour prévenir la transpiration du blé, ces peuples exposent leurs blés au soleil avant de les ensiler, nous obtenons le même résultat en mélangeant de la chaux vive à ces mêmes blés, et cet agent nous offre, de plus, le précieux avantage de permettre l’ensilage des grains au niveau, au-dessus comme au-dessous du sol, par suite de l’action qu’il exerce sur le ferment, et surtout sur les insectes et leurs larves (I). »
- M. Petitot, colonel du génie, a aussi démontré par des expériences entreprises sur une grande échelle, que la chaux vive peut être employée avec toute chance de succès à la conservation des grains.
- 9. Mais le procédé le plus généralement employé aujourd’hui pour préserver les matières alimentaires du contact de l’air, c'est celui qu’Apperta imaginé et mis en pratique dès 180-4. L’économie domestique, la marine tirent de précieuses ressources de ce pro-cédé depuis cette époqne. Voici, en peu de mots, en quoi il consiste :
- On enferme dans des vases de verre, de grès ou de fer-blanc, les matières à conserver; on achève de remplir avec le liquide qu on veut interposer, en ayant soin de laisser un petit espace libre p°ur que ce liquide puisse se dilater, sous l’influence de la chaleur, sans rompre les vases; l’on ferme ceux-ci avec de bons bouchons de liège assouplis, ou à l’aide d’une soudure d’étain. On dispose dans une chaudière contenant de l’eau un certain nombre de ces vases ou de ces boîtes, et l’on chauffe graduellement jusqu’à l’ébulbtion de l’eau, qu’on maintient pendant 30 ou 60 minutes, suivant le volume des vases. On laisse ensuite refroidir.
- En remplaçant l’eau du bain-marie par de l’eau salée ou par1111 mélange de sel et de sucre, ainsi que le pratique M. Faslier, depuis 1839, la température s’élève à -f- 110°, en sorte qu’il s’étab i une véritable ébullition dans les vases conservateurs ; la vapeur
- (I) Comptes rendus des séances de l’Académie des sciences. 1857, t. XLA p. 150.
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- d’eau qui s’en échappe, par une issue élroite ménagée dans le haut de ces vases, entraîne tout l’air de l’intérieur; on introduit alors, tout bouillant, par cette ouverture restée libre, une certaine quantité du liquide qui doit baigner les matières à conserver, puis on ferme cette ouverture en soudant à l’étain une petite rondelle de fer-blanc.
- M. Chevalier-Appert arrive au môme résultat que M. Fastier, et avec plus de commodité dans la pratique, en mettant les boîtes dans l’eau d’une chaudière qu’on ferme hermétiquement de manière à pouvoir élever la température du bain-marie bien au delà de 100° à volonté et suivant la nature des substances. Il est certain que si pour les haricots verts, la plupart des fruits, une chaleur de 100° suffit pour en assurer la conservation, d’autres légumes (petits pois, etc.) exigent une température d’au moins 106°, et la chair de bœuf 112°, etc.
- A l’aide de ce procédé sûr, économique et rapide, M. Chevalier-Appert a pu confectionner, en 1855, 200,000 kilos de bœuf, un million de rations, pour l’armée d’Orient; depuis lors, cet industriel a fait d’immenses livraisons à l’armée Sarde, à l’armée Française d’Italie, et il expédie jusqu’en Californie.
- M. Martin de Lignac conserve les viandes crues en morceaux considérables par un procédé à peu près semblable. D’autres fois, après avoir chassé des viandes fraîches découpées en tranches minces la moitié au moins de l’eau qu’elles contiennent par un courant d’air chaud (30 à 35°), il les entasse et les comprime dans des boîtes cylindriques en fer-blanc, remplit les vides avec un bouillon a demi concentré, ferme les boîtes en soudant le couvercle à l’étain, et les expose ensuite pendant un temps convenable dans le bain-marie d’un autoclave à la température de -f- 108°.
- Toutes ces modifications heureuses, apportées au procédé primitif d’Appert, n’en changent pas le principe. Jusqu’ici on avait basé la théorie de ce procédé sur cette idée, émise par Gay-Lus-sac, que l’oxygène était nécessaire pour exciter la fermentation dans les matières organiques ; on met celles-ci à l’abri de toute altération en excluant des vases, où on les enferme, les dernières traces d’air.
- Mais les récentes recherches de MM. Schwann, Pasteur, B. Hoffmann, etc., qui ,ont fait découvrir dans ces poussières impalpables continuellement en suspension dans l’air, des germes de levûre, des spores de champignons, de mucédinées et autres végétaux microscopiques, paraissent prouver que le rôle de l’air est tout autre que celui qu’on lui attribuait. Cet agent n’opérerait plus par ses éléments chimiques, mais uniquement par ces germes microscopiques qu’il renferme. Ces germes, en tombant dans les liquides ou sur les matières organiques molles, s’y développent, et
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- c’esl en vivant qu’ils feraient naîlre ces diverses espèces de fermentation qui y apparaissent.
- Dans cette manière de voir, la théorie du procédé d’Appert est très-facile à comprendre. La première opération, qui consiste à cuire et préparer les substances, tue les nombreuses spores de champignons qui s’y trouvaient. Ensuite vient la soudure hermétique du vase. La deuxième ébullition, pendant laquelle on tient le vase dans l’eau bouillante, a pour objet de tuer les spores qui ont pu s’introduire dans celui-ci avant ou pendant sa fermeture; une seule, spore suffirait pour détruire tout l’effet de l’opération.
- Dans tous les cas, il est certain que les conserves alimentaires préparées à Paris, à Nantes, à Marseille, au Mans, à. Bordeaux, au Havre, etc., par le procédé plus ou moins perfectionné d’Appert, sont encore bonnes après do à 20 ans ; toutefois, après un trop long temps de conservation, elles prennent une certaine saveur officinale qui finit par dégoûter ceux qui en font un usage continu (1);
- L’importance qui s’attache au lait, cet aliment si complet et si bien approprié à notre organisation, explique les nombreuses tentatives faites depuis un demi-siècle pour arriver à retarder son altération spontanée. Appert, le premier, le fit évaporer et concentrer avant de le soumettre à son procédé; il y ajoutait des jaunes d’œufs. Mais il est difficile de prévenir, durant un voyage prolongé, l’agglomération partielle de la substance grasse, et le lait, dans ce cas, privé d’une partie notable de ses globules buty-reux, ressemble au lait écrémé.
- Braconnot, Grimaud et Calais, de Villeneuve, Robinet, Lesson, ont indiqué des moyens de réduire le lait en tablettes, en pâtes sucrées ou bien en sirop. Mais tous ces moyens ont présenté, dans la pratique, des inconvénients tels qu’il a fallu les abandonner. Il en est un, cependant, proposé et mis en œuvre sur une grande échelle par M. Martin de Lignac, qui n’offre pas ces inconvénients. Voici en quoi il consiste :
- (1) Les Anglais font un usage immense des conserves d'Appert; ils en appi’°vl sionnent leurs escadres et jusqu’à leurs hôpitaux du Bengale. Mais, suivant la tf*a' nie qui leur est habituelle de prétendre être les inventeurs de tout ce qui se ta1 de bon et d'utile, c’est à un de leurs compatriotes, au sieur Donkain, qu’ils attri huent la conservation indéfinie des substances alimentaires.
- Appert commença ses recherchèsen I79G, et en fit constater le résultat, à Bres, en 1804, par des expériences officielles. La Société d’encouragement lui déeern des médailles en 1816, 1820, et un prix de 2,000fr. en 1822. Il obtint la médai d’or à l’exposition des produils de l’industrie en 1827, et le rappel de cette u1^ daille à celle de 1834. Malgré tous ces témoignages honorables, Appert est mort e^ 1810 dans une position qui approchait du besoin! Nouvel et triste exemple notre indifférence pour ceux qui, par leurs découvertes, illustrent ou enrichisse le pays !
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- On prend du lait de très-bonne qualité ; on y fait dissoudre du sucre blanc, dans la proportion de 75 à 80gramm. par litre, et on le concentre, à la vapeur, dans des chaudières à fond plat et très-peu profondes où l’épaisseur de la couche liquide ne dépasse pas là 2 centimètres; celle-ci est continuellement agitée avec des palettes en bois, pour empêcher la formation de pellicules à la surface. Lorsque le lait est ainsi réduit au cinquième de son volume primitif, on le distribue dans des boîtes cylindriques en fer-blanc, de la contenance de 1 à 1 litre 1/2, que l’on tient immergées pendant 30 minutes dans un bain-marie chauffé à -J- 105°. Avant de retirer ces boîtes du bain, on ferme avec une goutte de soudure le petit trou qui a servi d’issue à l’air et à la vapeur.
- Lorsqu’on veut se servir de ces conserves, on ouvre la boîte, ôn prend de l’espèce de frangipane qui s’y trouve la quantité que l’on doit consommer, et on la délaie dans 5 fois son volume d’eau tiède; le liquide reprend à l’instant l’aspect laiteux primitif; il peut supporter l’ébullition sans tourner. Chaque boite coûte S francs, et cotpme elle peut fournir 6 litres de lait, il en résulte que le litre de ce liquide tout sucré revient à 83 centimes 1/2. — Les conserves de M. de Lignac sont adoptées depuis plusieurs années dans la marine, de préférence à toutes les autres.
- M. Mabru , chimiste de Paris, a fait connaître, en 1855, un procédé ingénieux de conserver le lait naturel, avec toutes ses qualités, sans le concentrer et sans y ajouter aucune substance étrangère. Ce procédé consiste à faire chauffer et refroidir ensuite le lait renfermé dans des bouteilles métalliques ouvertes, en le Maintenant néanmoins à l’abri du contact de l’air pendant les opérations. Mais comme le moyen de M. Mabru n’est pas exploité, bien qu’il donne d’excellents résultats, je me borne à vous ren-voyer aux rapports favorables qui en ont été faits à la Société d’encouragement et à l’Académie des sciences (I).
- 10. Un autre moyen tout différent, mais qui repose encore sur la soustraction du contact de l’air, a été appliqué tout récemment ^ la conservation des viandes par M. Marie, ancien élève de l’École centrale. Après avoir écorché l’animal sans le souffler, afin de ne pas introduire d’air dans les tissus, on désarticule les membres, sans les couper, puis on expose les morceaux au-dessus d’un foyer ardent pour en éliminer l’air, chasser la plus grande Partie de Peau interposée, détruire les ferments, enfin, on les enrobe de gélatine préparée avec soin. Le bain de gélatine est Maintenu à la température de 80°; on y plonge lés viandes, au
- (0 Bulletin de la Société d’encouragement, 2me série, tome II, 1855, p. 400. "^Comptes rendus des séances de l’Académie des sciences, tome XL, 1855, P. 49.
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- moyen d’un fil de fer, et on les y maintient pendant 5 ou 6 minutes; on les suspend ensuite à l’air libre dans un endroit couvert — Dans cet état, on peut les conserver sans aucune altération pendant plusieurs mois; mais pour rendre la conservation beaucoup plus longue, surtout quand elles doivent être envoyées au loin, on tanne la gélatine d’enveloppe, suivant le conseil du savant et spirituel M. Jobard, de Bruxelles, en plongeant les viandes enrobées dans une légère dissolulion de tannin (20 gramm., à peu près, pour 5 ou 6 litres d’eau); quelques secondes d’immersion suffisent pour rendre la gélatine imputrescible; on retire les morceaux et on les fait sécher à l’air. Pour les expédier, on les enfouit dans des caisses, au milieu de tan ou. de sciure de liège, ou même seulement de varechs.
- Des viandes envoyées de l’établissement de Grenelle ont franchi l’équateur, et sont arrivées parfaitement saines à Buenos-Ayres. — M. Marie a des succursales à Tanger, à Conslantine, à la PI ata (T).
- 11. Le soufrage ou mutage esl une opération qui sp pratique très-en grand pour la conservation des liquides sucrés ou vineux, tels que le vin, le moût de raisin, les sucs de pommes, de poires, de coings. Elle consiste à les imprégner de gaz acide sulfureux qu’on obtient par la combustion de mèches soufrées. Celles-ci ne sont autre chose que des bandes de grosse toile ou de coton, que l’on plonge à plusieurs reprises dans du soufre fondu, auquel on ajoute, dans certains pays, des poudres aromatiques.
- La manière ordinaire de procéder au mûtage consiste à faire brûler dans des barriques trois à quatre mèches soufrées, à y introduire le moût dans la proportion du tiers de la capacité des tonneaux, à les bouclier et îi les tenir*agités pendant une heure et demie à deux heures; à retirer, à l’aide d’un soufflet, l’air vicié des barriques, à y introduire de l’air frais, y faire brûler trois à quatre mèches nouvelles, boucherel renouveler l’agitation comme auparavant. On répète cette opération plus ou moins de fois, selon le degré de soufrage que l’on veut donner au vin. On consomme ordinairement 35 mèches soufrées, et quelquefois 70 par chaque barrique de 3 hectolitres et demi.
- Les mèches s’accrochent à une tige de fer (fîg-passée au centre d’un bouchon de bois assez large
- (1) Vilaris, de Bordeaux, avait eu l’idée, dès 17G9, de se servir de la sélata1 pour enrober et vernir les viandes destinées aux voyages de long cours. O' ( Wislin, d’Arcet modifièrent légèrement son procédé; mais c’est M. Marie QU1 ‘ su en faire un moyen véritablement pratique.
- Fig; G44.
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- pour remplir la bondonnière. C’est là ce qu’on appelle un méchoir, Comme les débris des mèches tombent dans le tonneau, il y aurait avantage à adopter le méchoir imaginé par M. Maumené, et dont voici la figure (643). C’est un dé en terre C, percé de trous a, suspendu à la bonde B par trois fils de fer attachés sous la bague du dé et sous le fond m. On fait tomber le morceau de mèche b dans l’intérieur du dé, on y met le feu et on descend l’instrument dans le tonneau ; le soufre brûle, l’acide sulfureux passe par les trous, et les débris de la toile restent dans le dé.
- Vous concevez très-bien, Messieurs, que le soufre, pour brûler, absorbe l’oxygène de l’air du tonneau, et se change en gaz acide sulfureux, qui est en grande partie retenu par les surfaces humides du bois; ce gaz se dissout ensuite dans le liquide, lui enlève tout l’oxygène qu’il avait pris à l’air, et empêche par sa présence l'acétification de l’alcool. On doit donc toujours trouver de l’acide sulfurique dans les liquides qui ont subi l’opération du soufrage.
- Lorsqu’on la pratique en grand, on. fait brûler le soufre dans le petit fourneau en tôle A (fîg. 646), imaginé par l’abbé Rozier. Le gaz sulfureux passe par le tuyau B pour
- Fig. G45.
- Fig. 646
- mmh&m m
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- MtanM • i
- Se rendre dans la cuve C, où arrive incessamment le moût ou le
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- vin; celui-ci tombe par le robinet d dans des pièces E, qu’on a eu soin de soufrer d’avance.
- A Marseillan (Hérault), en Espagne, on soufre fortement, au moyen de l’appareil précédent, du moût collé de raisins blancs. Ce liquide, qu’on appelle muet, se conserve plusieurs années sans fermenter; il a une saveur douceâtre, une forte odeur de soufre; c’est lui qu’on ajoute aux vins que l’on veut garantir de l’acescence; on en met 2 ou 3 bouteilles par tonneau.
- La pratique du soufrage des vins était déjà connue du temps de Caton, qui employait les mèches soufrées, ainsi qu’il vient d’étre dit.
- Quelquefois on introduit, dans les sucs à conserver, du sulfite de chaux, 8 décigrammes environ par litre de liquide. C’est ce "qu’on fait surtout pour les sucs de coings.
- Mathieu de Dombasle et Braconnot ont tiré un parti avantagent du gaz sulfureux pour conserver intacts, pendant tout l’hiver, les pulpes de betteraves et les légumes herbacés (oseille, laitue, asperges, etc.). M. Lamy, dans ces derniers*temps, a perfectionné et généralisé l’emploi de cet agent, si éminemment antiseptique, en l’appliquant à la conservation des viandes, des fruits, etc. Voici comment il opère.
- Les viandes sont renfermées, à l’état frais, sans avoir subi aucune préparation, et surtout sans avoir été soufllées, dans des caisses de fer-blanc. On remplit celles-ci d’une atmosphère de 'gaz acide sulfureux; et pour empêcher ce gaz de passer à l’état d’acide sulfurique, on introduit, dans le double fond des boîtes, une dissolution alcaline de protoxyde de fer, ou une dissolution de couperose saturée de deuloxyde d’azote, chargée d’absorber incessamment l’oxygène de l’air qui s’introduit inévitablement dans les boîtes.
- Tant que les viandes restent dans ces conditions, elles conservent toutes leurs propriétés; mais dès qu’on les met à l’air, elles reprennent leur altérabilité primitive. Aussi on ne doit les sortir de l’intérieur des vases qu’au moment de les faire cuire. Ellesn’on aucune odeur ou saveur particulière.
- A l’exposition de 1833, M. Lamy avait exposé des gigots conservés depuis cinq et dix ans, des perdrix avec leurs entrailles et lenrs plumes, un superbe chevreuil, gardé déjà depuis deux ans; û beaux poissons, turbot, saumon, brochet, puis des fruits char nus si altérables de leur nature (pêches, abricots, prunes, r?1' sins, poires), des choux-fleurs avec leur couleur et leur rigm* b naturelles, des betteraves enlières et coupées, du jus de bel rave, de la levure de bière, du lait. Tout cela était dans un paI a état de conservation. ja
- Tous les procédés que j’ai relatés jusqu’ici, pour s’opposer
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- EMPLOI DES ALCOOLS ET DES AROMATES.
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- putréfaction, reposent sur l’exclusion cle l’air, l’expulsion de l’eau ou l’abaissement de la température. Mais on peut arriver au même résultat par l’intervention de certaines substances, dites antiseptiques ou antiputrides, qui opèrent, soit en modifiant la nature des principes altérables contenus dans les matières organiques, soit en se combinant à celles-ci, et donnant lieu à de nouveaux composés qui peuvent résister à l’action des agents atmosphériques. Étudions donc maintenant ces matières antiseptiques, et voyons comment on les utilise; je laisserai de côté le charbon et les substances astringentes, je ne reviendrai pas non plus sur les procédés relatifs à la conservation des bois, parce qu’il en a été suffisamment question daiïs les leçons antérieures.
- Emploi des alcools. — L’alcool de vin, l’esprit de bois, l’alcool amylique, garantissent parfaitement les matières organiques de toute altération. Ils agissent comme des substances très-avides d’eau, en s’emparant de celle qui est propre à l’objet qu’on y tient plongé. Ils doivent aussi intervenir en coagulant l’albumine et les autres matières azotées, en les mettant ainsi dans l’impossibilité de se décomposer.
- Un grand nombre de substances végétales sont conservées par l’alcool de vin : tels sont, entre autres, les fruits à l’eau-de-vie, qu’on sert sur nos tables. Dans les galeries d’histoire naturelle, c’est aussi dans ce liquide, affaibli à 20 ou 22°, qu’on garde les animaux destinés à l’étude. Malheureusement ce moyen est fort dispendieux; l’esprit de bois, la glycérine seraientplus économiques.
- Emploi «les aromates. — La plupart des aromates ou parfums, tels que le camphre, les huiles volatiles, les baumes, les résines, peuvent être considérés comme d’assez bons préservatifs de la putréfaction. Il y a fort longtemps déjà qu’on leur a reconnu des propriétés antiseptiques, car les premiers embaumements eurent lieu avec des baumes, comme l’indique le nom même de ces préparations.
- Il serait assez difficile d’expliquer l’action chimique de ces substances. Peut-être leur efficacité est-elle due, en grande partie du moins, à leur odeur forte, qui éloigne les insectes et les empêche ainsi de déposer aucune de ces matières excrémentitielles qui agissent toujours comme un ferment puissant, cause première de toute décomposition spontanée.
- Ce qu’il y a de certain, c’est que l’encre, la colle, les graines qui moisissent si facilement, sont garanties de toute altération Par l’addition de quelques gouttes d’essence de térébenthine ou de lavande. Les cuirs que l’on imprègne de matières résineuses °u d’huile de térébenthine ne sont plus sujets à la moisissure. William Gibson observa qu’en suspendant une vessie remplie
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- d’essence de térébenthine au milieu des collections de zoologie, on en écarte tous les insectes qui y occasionnent habituellement tant de ravages. Suivant M. Fournel, de Metz, l’essence de serpolet est peut-être le meilleur préservatif contre l’attaque des insectes parasites. M. Léchelle préconise l’emploi de la naphtaline, dont l’odeur est excessivement forte et pénétrante.
- Les graines aromatiques très-pourvues d’huile essentielle, comme l’anis, le fenouil, le cumin, le genièvre, etc., ne contractent jamais de moisissure, et leur voisinage en garantit aussi les autres semences; elles produisent le même effet sur les substances animales. Tout le monde sait que les viandes farcies de poivre se gardent beaucoup plus longtemps que les aûtres. Le pain d’épices et généralement toutes les pâtisseries épicées sont beaucoup moins sujets à moisir que le pain ordinaire.
- Emploi des acides. — On sait, depuis très-longtemps déjà, que les viandes et les substances végétales marinées dans le vinaigre se conservent fort bien, et l’économie domestique tire un grand parti de ce moyen peu coûteux et bien simple. Mais tous les acides minéraux et végétaux jouissent également de cette propriété. L’acide pyroligneux brut, ou non complètement privé de toute odeur empyreumatique, est surtout un excellent antiseptique. Les substances animales charnues, plongées quelque temps dans ce liquide, puis abandonnées à l’air, se dessèchent peu à peu sans se putréfier.
- C’est Monge qui, dans nos temps modernes, a reconnu dans l’acide pyroligneux brut cette faculté conservatrice, qui tient véritablement du prodige. Les anciens la connaissaient et en tiraient parti pour les embaumements, car leur cedrium n’est autre chose que l’acide pyroligneux brut (1).
- C’est surtout à la créosote que le vinaigre de bois, l’eau de
- (1) Voici ce que dit Pline à ce sujet (liv. XVI, chap. xi) : >< Le téda (espèce de pfIJ sauvage) fournit à l’Europe la poix liquide avec laquelle on enduit les navires, e qu’on emploie encore à beaucoup d’autres usages. On l’obtient en coupant l’arbie en petites pièces que l’on fuit suer dans des fours entourés de feu à l’extérieui-Le premier liquide qui s’échappe coule comme de l’eau, dans un canal dispose pour le recevoir. Ce liquide se nomme, en Syrie, cedrium; et telle est son efficacité, qu’en Égypte, il sert à embaumer les cadavres. » > .
- Cette méthode était aussi employée chez les anciens Péruviens, ainsi qu’on voit dans l’historien espagnol Augustin de Zarate, au rapport de M. Alvaii Reynoso. On brûlait devant les idoles un bois odorant. Lorsque l’écorce de c arbre était enlevée, il en sortait une liqueur d’une odeur si pénétrante qu Ç finissait par incommoder. Les cadavres, vernis avec cette liqueur, et dans quels on en introduisait une certaine quantité par la gorge, ne se corromp31 jamais. Il est bien évident que c’était de l’acide pyroligneux brut qu’on produis ainsi.
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- goudron, la suie, la fumée de bois, doivent leurs propriétés antiseptiques.
- En Allemagne, on enduit d’une couche d’acide sulfurique concentré le bois qu’on doit ficher en terre ou dans l’eau. Cet acide, non-seulement carbonise la surface du bois, mais, de plus, il se forme entre lui et la fibre ligneuse une combinaison qui la garantit parfaitement contre les influences extérieures; en outre, il prévient la pourriture provenant du développement à l’intérieur du bois de végétations cryptogamiques, etc. A Chemnitz, on emploie cette sorte de peinture depuis longtemps, avec un succès remarquable, pour pilotis de pont, boisage de mines, pieux, pilotis, échalas, etc. Les frais sont très-minimes, car l’acide n’a besoin que d’être appliqué en couche très-mince. On préfère cette méthode au goudronnage, comme plus efficace et plus économique.
- Emploi du sel marin. — Le sel marin est un antiseptique très-puissant; et c’est de celte propriété, bien constatée depuis des siècles, que dérive la pratique de la salaison des viandes, qui deviennent, par cette opération, susceptibles d’une conservation indéfinie (1). Mais il n’est pas indifférent d’employer tel ou tel sel marin pour faire ce qu’on appelle vulgairement la saumure. Plusieurs pays sont renommés pour la bonté de leurs viandes salées, ce qui tient évidemment à la nature du sel qu’on y emploie ; telle est l’Irlande, tel est Saint-Ubès, en Portugal. Le sel.de ce dernier pays est le meilleur que l’on connaisse pour la salaison de la morue. Il est extrait de la mer dans des marais salants; sa saveur est sensiblement amère. M. Berthier attribue sa supériorité, pour les salaisons, à la grande proportion de sulfates de magnésie, de soude et de chaux qu’il contient.
- La manière de saler les substances animales est très-simple. On les divise d’abord en tranches ou morceaux de peu d’épaisseur, puis on les roule dans le sel, et Bon forme, dans des pots ou des barils, des couches superposées et alternatives de sel et de substances salées; on recouvre d’un dernier lit de sel, puis on ferme hermétiquement.
- ( 1) Le secret de saler la viande et le poisson est fort ancien, puisqu’il en est fait Mention dans Hésiode et dans Homère. Selon Hérodote, il était pratiqué en Egypte de toute antiquité. En effet, le peuple qui, en embaumant ses morts, avait trouvé le moyen de les préserver de la pourriture, devait avoir trouvé auparavant celui de conserver, par la salaison, les chairs qu’il mangeait. En Grèce et à Rome, °n salait quelquefois les cadavres pour les conserver. Dion et Plutarque racontent Rue Pharnace envoya à Pompée le corps de Mitlnidate conservé dans de leau salée. Eunapius, qui vivait au Ve siècle, rapporte qu’il y avait une secte de religieux dont l’occupation consistait à embaumer, dans la saumure, les têtes des Martyrs.
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- La salaison des viandes est une industrie très-importante, puisque, vous devez le savoir, Messieurs, la nourriture des marins consiste surtout en viandes salées, dont l’usage prolongé occasionne ou accélère malheureusement le développement de ces maladies affreuses dont les relations de voyage offrent de si nombreux exemples.
- Dès 1667, cette branche d’industrie fixait l’attention du grand Colbert. Avant la révolution, la France achetait pour3 à 4 millions de salaisons, et c’est seulement depuis 1804 que les importations de chairs salées ont commencé à diminuer.
- Le caviar, dont on fait une si grande consommation en Russie, en Allemagne, en Autriche, en Italie et en Angleterre, est confectionné avec les œufs de l’esturgeon qu'on pêche dans le Volga. Après les avoir débarrassés des pellicules, du sang qui s’y trouvent mêlés, on lave ces œufs avec soin, puis on les plonge dans de la saumure, on les exprime et on les pétrit dans des tonneaux, jusqu’à ce qu’ils aient été réduits en une pâte bien homogène.
- Le caviar, ainsi préparé, est assez analogue au savon vert pour la consistance et la couleur; son odeur est pénétrante et ammoniacale, sa saveur âcre et piquante. C’est un mets assez grossier, mais salubre, susceptible d’une longue conservation. C’est la nourriture presque exclusive des Grecs et des autres chrétien s schismatiques de l’Orient pendant leurs longs carêmes. En 1828, les pêcheries du Volga et de la mer Caspienne ont fourni 369,516 kiL de caviar.
- Sur presque tout le littoral de la Méditerranée, mais particulièrement en Égypte, à Alexandrie, dans la Sardaigne, dans la Dalmatie vénitienne, et en France à Martigues (Bouches-du-Rhône), on fabrique une espèce de caviar avec les œufs du poisson nommé muge (Mugil cephalus) ; on les sale et on les comprime fortement entre des planches, de manière à en former une sorte de galette qu’on fait sécher au soleil etqu’on ehferme ensuite dans des pots de grès ou dans des. bocaux de verre. C’est là ce qu’on appelle, à Marseille, le boutargue ou boutarque, qu’on mange assaisonné à l’huile et au vinaigre ou au jus de citron. Son prix varie de 6 à 18 francs le kilogr.
- On est dans l’usage, en Chine, de saler les œufs et d’assurer ainsi leur conservation pendant plusieurs années ; la préparation en est très-simple. On fait une solution aqueuse saturée de sel marin» et on y place les œufs, jusqu’à ce qu’ils coulent au fond de l’eau , ils sont, danscetélat, suffisamment pénétrés de sel; on les retire, on les laisse sécher, et on les met en caisses. Ces œufs, qui s°n mangés durs, sont excellents ; le degré de salure qu’ils ont contractée est précisément celui qui convient au goût. t .
- Plusieurs sels, et spécialement l’azotate de potasse, agisse»
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- FUMAISON OU BOUCANAGE. 849
- comme le sel marin dans la conservation des viandes. Les charcutiers associent toujours un peu de nilre au sel avec lequel ils salent la viande de porc, parce que le premier communique aux chairs une teinte rose agréable. Le plus souvent ils font usage du sel marin des salpêlriers, qui renferme toujours une certaine proportion de nitre.
- Quel est, au reste, le mode d’action de ces sels? C’est ce qui n’est pas encore bien connu. Mais on ne peut douter qu’ils ne produisent quelque changement chimique dans la viande, car ils modifient sensiblement sa saveur, sa couleur et ses autres propriétés physiques, enfin ils la rendent plus ou moins coriace, et, parlant, moins digestible.
- On remédie, en partie, à cet inconvénient, en Angleterre, en employant au lieu de sel marin pur le mélange suivant :
- Sel marin................................ 3k,000
- Nitre.................................. 0k.045
- Sucre.................................... 0k,500
- On fait dissoudre à chaud dans 20 litres d’eau. — Le sucre maintient les viandes dans un état de tendreté remarquable.
- Fumaison ou boucanage.—Très-souvent on ne se contente pas de saler les viandes et les poissons, mais on les dessèche encore en les exposant à la fumée. L’art de fumer ou de boucaner les viandes, très-anciennement connu et pratiqué d’abord sur les bouquetins par les Canadiens et les Indiens des deux Amériques, a été porté à Hambourg à une telle perfection, que les autres nations n’ont pu l’atteindre, et le bœuf fumé de Hambourg jouit partout de la première réputation. Cet art est cependant assez simple,
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- 850 SOIXANTE-SIXIÈME LEÇON.
- puisqu’il consiste à exposer, pendant quatre ou cinq semaines, les viandes dépecées, salées et suspendues dans une chambre, à l’action de la fumée produite par des copeaux de chêne, de hêtre ou de bouleau très-secs.
- Voici la coupe {fig. 647) d’une de ces chambres de l’Allemagne, où Pon fume non-seulement les quartiers de bœuf, mais aussi les jambons, les boudins, les langues, les andouilles, etc.
- Le saurage du hareng est une opération semblable, seulement on suspend les poissons salés dans des espèces de fours ou de cheminées qu’on appelle roussables, et où l’on fait un petit feu de menu bois qu’on ménage de manière qu’il donne peu de flamme et beaucoup de fumée. On laisse le hareng jusqu’à ce qu’il soit entièrement sauré ou sec et enfumé. Vingt-quatre heures suffisent pour cette opération. Dix à douze milliers de harengs peuvent être saurés à la fois. C’est en Hollande que ce genre d’industrie est le plus étendu. Les Hollandais vendent annuellement aux autres peuples pour plus de 60 millions de francs de harengs blancs ou salés, et de harengs rouges ou saurs ou fumés (1).
- Dans le séchage à la fumée, les viandes sont pénétrées d’acide pyroligneux et d’huile pyrogénée ou créosote, qui constituent presque en totalité la fumée. Ces principes conservateurs ajoutent donc leur action à celle du sel marin.
- Un moyen bien simple de conserver les viandes fraîches, dans l’été le plus chaud, pendant plusieurs jours, et sans leur com-
- (1) C’est au xiie siècle que Paris tira, pour la première fois, des harengs salés de la Normandie. Il est parlé de cette sorte de marchandise dans le» lettres patentes de Louis VII, année 1170. Elle venait de Dieppe, de Fécamp» Saint-Valéry et des petits ports de la basse Normandie où l’industrie du salage e du saurissage du hareng est encore exercée de nos jours sur une grande échelle-Noël de la Morinière, dans son Histoire naturelle et économique des pêches européennes du hareng, établit, sur une foule de preuves, que l’art de préparer hareng avec le sel, pour le conserver, était connu des peuples du Nord plus de trois siècles avant l’époque du moyen âge qu’on attribue à cette découverte; il en con dut que Beuckelz, pécheur de Bier-Vliet, qui vivait en 1387, et qui a passé ju* qu’à présent pour l’inventeur de cette préparation, ne fit tout au plus que perte tionner la méthode, en ôtant les ouïes du hareng et les parties intérieures <1 sont les plus disposées à la putréfaction ; il fait remonter pareillement, et sur s mêmes preuves, l’origine du saurissage jusqu’au vme siècle. Quoi qu’il en so » l’industrie perfectionnée, et étendue par Beuckelz a peut-être contribué plus Q toute autre chose à accroître la force maritime et l’opulence des Hollandais. A u époque où la défense de manger de la viande de boucherie, deux jours de la maine et quarante jours avant Pâques, était générale, un genre de nourri u subsidiaire importait beaucoup plus que maintenant. Aussi, la méthode de fe kelz fut-elle de la plus grande utilité, non-seulement pour ses compatriotes, u1 encore pour toute, la chrétienté. 11 ne faut pas oublier, pour la gloire de 1 reur Charles-Quint, qu’en 1536, se trouvant à Bier-Vliet, où Beuckelz aval enterré, il alla visiter son tombeau, et voulut qu’on lui érigeât un monuinen gniflque.
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- EMPLOI DU CHLORIDE DE MERCURE.
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- muniquer l’odeur et le goût de viande fumée, qui sont loin d’être agréables à tout le monde, consiste à placer une assiette contenant de la créosote immédiatement au-dessous de chaque pièce de viande, après l’avoir suspendue et recouverte d’un linge. Si l’assiette est légèrement chauffée avant d’y verser la créosote, ses vapeurs s’élèvent plus rapidement, et si, de plus, on a pris la précaution de suspendre la viande dans une boîte en bois ou une jarre en terre, qu’on peut fermer avec un couvercle, l’effet avantageux de cette substance est bien plus marqué encore. La viande, ainsi entourée d’une atmosphère de créosote, résiste pendant plusieurs jours à toute espèce d’altération. Quand on la fait cuire, elle ne présente pas la moindre saveur ou la plus légère odeur de créosote. Il y a encore un autre avantage à employer ainsi la créosote ; son odeur est tellement antipathique aux mouches, qu’elle délivre entièrement de ces insectes incommodes.
- Emploi du chloride de mercure. — Pour conserver les cadavres et les pièces d’anatomie, on se sert avec beaucoup d’avantage, du sublimé corrosif que Chaussier a proposé le premier pour cet objet. Le procédé est très-simple, puisqu’il suffit de maintenir les matières animales dans une solution saturée de sublimé, jusqu’à ce qu’elles en soient bien imprégnées, et de les laisser sécher à l’air. Elles sont alors imputrescibles et inattaquables par les insectes et les vers. Lorsqu’il s’agit d’un cadavre entier, il faut qu’il macère pendant 2 ou 3 mois dans la solution de perchlorure. C’est par ce procédé que Larrey et Ribes ont conservé entier le corps du colonel Morland, atteint d’une balle dans une brillante v charge de cavalerie, en Allemagne, et que Boudet a conservé celui d’une jeune fille de 10 ans.
- Mais l’emploi du sublimé, devenu assez général pour les préparations.anatomiques, présente d’assez graves inconvénients. D’abord, il n’est pas sans danger pour l’opérateur, comme quelques exemples l’ont prouvé; ensuite il racornit les chairs, les rembrunit et finit par les rendre méconnaissables, en raison de l’action chimique qu’il exerce sur elles.
- Depuis plusieurs années, on conserve les plantes des herbiers en les empoisonnant avec une dissolution alcoolique de chloride de mercure.
- L’abbé Baldaconni, préparateur des musées d’histoire naturelle de Vienne, a substitué, comme je vous l’ai déjà dit, au sublimé corrosif une dissolution de sel alembroth, composé de chloride de mercure et de chlorhydrate d’ammoniaque, En quelques jours les objets acquièrent la dureté de la pierre, sans perdre leur couleur naturelle et sans se déformer. Le musée impérial de Vienne renferme un assez grand nombre de pièces traitées par
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- cette méthode, parmi lesquelles on voit des animaux à corps mous et gélatineux.
- Sels métalliques et antres.—D’autres sels peuvent encore remplacer le perchlorure de mercure pour la conservation des matières organiques non alimentaires; tels sont l’alun préconisé par Clauderus, et ensuite par Rouelle et Pelletan fils; le sulfate de peroxyde de fer par Braconnol ; le chlorure de zinc par Barnet; le chlorure et le sulfate de manganèse par Muenzing ; le perchlorure d’étain par Taufîlieb ; le sirop de couperose par Dussourd; les saccharates par Cottereau ; l’acide chrômique et le bichromate de potasse par Jacohson ; l’acétate, le sulfate simple d’alumine et le chlorure d’aluminium par Gannal ; l’acide arsénieux par Tran-china ; l’hyposulfîte de zinc par M. Robin; le sulfite de soude par MM. Bobierre et Sucquet; le sulfate de zinc par M. Falcony, etc.
- Jusqu’en 1830, on ne connaissait d’autre méthode pour utiliser ces diverses substances conservatrices que d’en former des dissolutions ou bains dans lesquels on laissait tremper, pendant plus ou moins de temps, la matière à préserver. Cela était encore assez praticable pour les objets peu volumineux; mais lorsqu’il s’agissait d’animaux entiers ou de cadavres, les difficultés devenaient presque insurmontables.
- Le docteur Tranchina, de Naples, et Gannal, de Paris, ont donc rendu un immense service en montrant qu’il est aussi facile que peu coûteux d’arriver au résultat cherché en faisant pénétrer les liquides conservateurs dans l’intérieur des corps. Pour cela, au moyen d’une seringue à injection, on les introduit dans le système artériel, par l’une des carotides; ils arrivent ainsi par l’extrémité du système capillaire dans toutes les parties du corps, pour se communiquer, de là, par imbibition, dans tous les points qui auraient échappé à la pénétration.
- Avec cette méthode, il n’est plus nécessaire de mutiler les corps et d’en extraire les viscères, ce qui simplifie l’opération, et dans le cas des cadavres humains, lui enlève le caractère de profanation qu’on peut reprocher à l’ancien système.
- Gannal se servait de sels d’alumine pour ses injections; Tranchina, d’acide arsénieux. Mais les’premiers n’empêchent la putréfaction que pendant un temps très-court ; le second oflre des dangers. M. Sucquet leur a substitué avec beaucoup d’avantages le chlorure de zinc en solution marquant 40°. Cinq à six litres u cette solution suffisent pour la conservation d’im cadavre ; celui-ci, abandonné ensuite à l’air libre, se dessèche sans répandre a moindre odeur, et acquiert une dureté comparable à celle bois et de la pierre.
- Quand il s’agit des sujets destinés aux dissections anatomiques*
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- on se sert pour les injections de sulfite de soude neutre ; 4 litres de la solution à 24 ou 25° Baumé suffisent. Le liquide injecté, transsudant à travers les parois des vaisseaux, ne tarde pas à imbiber tous les tissus. Dans les cadavres ainsi préparés, à mesure que l’on découvre les tissus, on les trouve fermes et doués de toutes leurs apparences normales ; mais les parties disséquées ne tardent pas à s’altérer à l’air. Alors, tous les matins, on imprègne légèrement de chlorure de zinc, au moyen d’une éponge , les préparations anciennes dont la putréfaction est à craindre. Les tissus les plus avancés perdent, sous l’influence de ce réactif énergique, toute odeur et toute putrescibilité. Au moyen de ces soins, les cadavres peuvent se conserver de 15 à 30 et même 40 jours, sans que l’on éprouve la moindre incommodité. C’est ainsi qu’on opère, depuis 1845, dans les amphithéâtres de dissection de la Faculté de médecine de Paris.
- M. Michiels, pharmacien d’Anvers, a essayé, en 1843, si le transport des métaux par la pile pouvait s’opérer aussi bien sur les substances animales que sur les métaux, la pierre, le bois, le plâtre. Il est parvenu à recouvrir entièrement de cuivre des pièces anatomiques, de manière à intercepter complètement le contact de l’air, et, par conséquent, à les conserver indéfiniment. Les formes du corps, les moindres replis de la peau, les traits du visage, tout est parfaitement représenté. On peut ensuite dorer ou argenter pour prévenir l’oxydation.
- Le célèbre Ruysch, anatomiste hollandais du xvne siècle, avait trouvé le moyen de conserver les corps morts, avec toute l’apparence de la vie, sans dessèchement apparent, sans rides, avec un teint fleuri et des membres souples; en sorte qu’ils ne paraissaient qu’endormis. Le czar Pierre lui acheta son cabinet en 1717 ; mais le vaisseau chargé de cette curieuse cargaison périt en route. On a donc perdu à la fois les objets préparés par Ruysch et le moyen de retrouver ses procédés, qu’il n’a pas fait connaître d’ailleurs.
- Mais, grâce à Guillaume Rouelle (1) et aux savants français de
- (1)11 y a deux chimistes du nom de Rouelle ; tous deux sont Normands, et nés à Mathieu , près Caen , dans les premières années du xvme siècle. Guillaume Rouelle fut démonstrateur de chimie au Jardin du Roi, et jouit d’une grande réputation, qu'il justifia par ses travaux et ses écrits. Il réussit non-seulement à extraire le phosphore, plusieurs années de suite, dans ses cours, mais il multiplia ses recherches et ses produits sur les matières animales. En parcourant les procédés de son Cours de chimie, publié en 1702, on reconnaît qu’il a fait faire à cette partie de la science plus de progrès qu’elle n’en offre dans les ouvrages de ses prédécesseurs, et surtout dans celui de Boerhaave. De son école sont sortis Baumé, Cadet, d’Arcet père, Macquer, et son frère, Rouelle le cadet, •lui ont si bien préparé la révolution chimique de 17 89. Gûillaume Rouelle mourut en 1770.
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- l’Institut d’Égypte, on connaît parfaitement celui des Égyptiens, qui excellèrent dans l'art d’embaumer les corps. Les momies ou mumies égyptiennes, qui ont plus de trois à quatre mille ans d’existence, attestent que l’art des embaumements était parvenu, chez ce peuple instruit, à un grand degré de perfection.
- Suivant Hérodote, la méthode la moins dispendieuse, pratiquée par les Égyptiens, consistait à injecter, dans les intestins, une liqueur caustique qui les dissolvait, et à tenir le corps plongé, pendant 70 jours, dans une solution saturée de natron, carbonate de soude impur, fourni par des lacs salés. On vidait ensuite le cadavre, on le lavait et on le faisait sécher. Souvent, après cette dessiccation, on plongeait le corps dans du pissasphalle fondu, qui en pénétrait toutes les parties et les rendait noires, pesantes et d’une odeur peu agréable. Ce sont ces momies que les Arabes vendaient autrefois aux Européens, pour l’usage de la médecine et delà peinture. Ils les retiraient des caveaux nombreux de la plaine de Sagarah ou Saqqarah ou plaine des Momies, tombeaux des habitants de la célèbre Memphis.
- Pour les corps des personnes riches, on prenait plus de précautions encore. Après les avoir vidés et lavés avec du vin de palmier, on y introduisait des poudres aromatiques, de l’asphalte, et on les recouvrait de natron. Au bout de 70 jours, on les lavait, on les séchait, puis on les enveloppait dans des bandelettes de -toile de lin imprégnées d’une résine appelée commi. Le tout était recouvert d’un enduit peint , chargé d'hiéroglyphes et enlin renfermé dans plusieurs étuis en bois, de forme humaine.
- Mais ces divers procédés, outre leur longueur, avaient encore l’inconvénient d’altérer les formes du corps et les traits du visage. Les découvertes de la chimie moderne ont fourni les moyens d’abréger la durée du travail de l’embaumement et de conserver
- Quanta Rouelle jeune, il n’a pas moins fait pour la science. Yoici l’appréciation de ses travaux par l’illustre Fourcroy : « Elevé depuis longtemps à l’école de son frère, nourri des idées de ce savant chimiste, accoutumé surtout par de longueS études pratiques à faire des analyses plus exactes et plus précises qu’on n’en avait fait jusque-là, distingué parmi tous les chimistes de son temps par une grande e précieuse habitude de bien reconnaître les corps et de les séparer habilement les uns des autres, il s’occupa particulièrement de la chimie animale, qu’il semblait avoir prise en une atfection particulière. Il publia successivement dans e Journal de médecine de Paris, depuis 1773 jusqu’en 1777, des recherches nombreuses et neuves sur les sels du sang, sur l’eau des hydropiques, sur l’urine humaine, sur l’urine de vache et celle de cheval comparées, sur le sucre de lait, sur je sang, sur les sels fusibles, sur l’urine du chameau. Il confirma la découverte de Menghini, faite en Italie, sur la présence du fer dans le sang. Toutes ces analyse») décrites avec sagesse et simplicité, données sans application forcée à la médecine, offrirent des vérités nouvelles, qui répandirent du jour sur plusieurs points de physique animale. Les médecins en profitèrent... » (Fourcroy, Système des connaissances chimiques, t. IX, Histoire de la chimie animale, p. 28.)
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- la forme du corps sans le secours de bandelettes. MM. Capron et Boniface ont présenté, en 1832, à l'Institut, une momie bien supérieure à celles qui sont conservées dans les cabinets d’antiquités, et pour la préparation de laquelle il n’a fallu que quelques jours. La méthode par injection avec le chlorure de zinc produit les mêmes résultats, ainsi que je vous l’ai dit précédemment.
- Dans certaines localités, le sol, en raison de sa porosité, de sa température, ou de sa constitution chimique, jouit de la propriété remarquable de dessécher et de conserver, à l’abri de toute corruption, les cadavres qu’on y dépose. Les grottes calcaires présentent surtout ce phénomène qui, dans plusieurs pays, a donné lieu à une foule d’idées superstitieuses et à ces histoires de vampires, qui étaient supposés sortir de leurs tombes, poussés par un esprit de vengeance, pour aller sucer le sang des vivants. Auprès de Maëstricht, est la montagne de Saint-Pierre, dont on tire depuis plus de quinze siècles, une pierre calcaire tendre, et qui est traversée par un si grand nombre de galeries, qu’elle offre un labyrinthe inextricable d’environ 2L kilomètres de circonférence. En 1831, deux Anglais, en la visitant, trouvèrent dans une galerie un cadavre, une véritable momie desséchée, que l’air sec et l’absence de toute espèce d’insectes avaient parfaitement conservée. La contraction des membres du cadavre fit supposer qu’un voyageur, après s’être égaré dans le dédale épouvantable des galeries, avait succombé aux angoisses de la faim. A la forme de ses habits, restés intacts, on rapporta l’époque de sa mort au milieu du xvme siècle.
- Le charnier des Cordeliers de Toulouse, celui des jacobins de la même ville, l’église souterraine de Saint-Michan, àDublin, possèdent cette propriété de momifier les corps. Les auteurs de l’histoire du Languedoc attribuent le phénomène de conservation des corps dans les caveaux de Toulouse, au long séjour d’une grande quantité de chaux qui y aurait été déposée lors de la construction des monastères dont ils font partie.
- Non loin de Palerme, il existe un couvent de capucins très-renommé dans toute la Sicile par la propriété merveilleuse dont jouit son caveau de préserver les corps de la corruption. Après six mois de séjour dans ce caveau, les corps, revêtus de leurs habits, sont rangés le long des murs de galeries souterraines qui en renferment ainsi des milliers; car non-seulement on y place les religieux décédés dans le couvent, mais encore tous les Palermi-tains de distinction, qui, pour disputer quelque chose à la destruction, veulent reposer dans le caveau des fils de Saint-François. Voilà bien des siècles qu’on y enfouit les cadavres. Le baron d’Haussez, qui visita cet immense charnier, en 1833, a su d’un moine qui l’accompagnait, que, pour prévenir les effets inévitables
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- de la putréfaction, on injecte une préparation de sublimé dans l’intérieur des corps, et qu’on les couvre d’une légère couche de chaux. Ce n’est donc plus à la nature chimique du sol, mais bien au sublimé corrosif qu’il fout rapporter la faculté conservatrice du eaveau des capucins, bien que les bons pères croient fermement à la merveilleuse vertu de leurs souterrains. Ceci nous apprend l’ancienneté de l’emploi du perchlorure de mercure comme antiseptique. Toutefois, comme jusqu’à M. d’Haussez, que la naïveté du moine a si bien servi dans cette circonstance, rien n’avait transpiré sur la partie fondamentale du procédé des capucins, il est juste de conserver à Chaussier le mérite d’une application si heureuse des connaissances chimiques.
- Ma tâche est achevée ; je n’ai plus rien d’essentiel à vous apprendre, Messieurs, sur les matières végétales et animales, envisagées sous le triple rapport de leur composition, de leurs propriétés chimiques et de leur manière d’étre, pendant et après la vie. Leur étude, je l’espère, vous a présenté, pour le moins, autant d’intérêt que celle des matières minérales ; car elle est tout aussi riche en faits curieux, en découvertes utiles et en applications importantes à nos besoins ou à nos jouissances.
- En vous donnant des notions exactes sur tous ces produits que le commerce nous procure, et qui alimentent le travail de nos fabriques, j’ai voulu vous faire comprendre le rôle qu’ils jouent dans les opérations industrielles ou dans les pratiques pins simples de nos ménages. J’ai cherché à vous mettre en garde contre ces fausses explications, contre ces erreurs et ces préjugés que l’ignorance colporte et entretient, et, pour atteindre ce but, j’ai toujours eu présente à l’esprit cette pensée vraiment philosophique : Qu’en faisant cesser des erreurs populaires, un professeur peut être aussi utile qu’en exposant des vérités nouvelles.
- J’avais une mission bien belle, mais difficile à remplir. J’ai faff tous mes efforts pour m’élever à la hauteur de la position qui m a été assignée. Je ne sais si j’ai réussi; mais, en tout cas, je suis certain que vous me tiendrez compte de mon zèle et de mon ardent désir de vous initier aux merveilleux secrets d’une science qui est le principe vivifiant de l’industrie, et la gloire de notre siècle.
- FIN.
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- TABLE DES MATIERES
- CHIMIE ORGANIQUE.
- XXXIe LEÇON. —Notions générales. — Forces qui régissent les êtres vivants.
- — Différences, sous le rapport de la composition, entre les substances végétales et animales et les matières minérales. — Des moyens de reconnaître la nature des composés organiques. — De \’Analyse élémentaire. — Division du cours.
- 1
- XXXIIe LEÇON. Première division. — Étude des produits et des principes immédiats. — Définitions. — Caractères à l’aide desquels on distingue une matière organique d’une matière minérale. — Classification des principes immédiats. — Principes immédiats acides. — Des acides contenus dans les plantes et les animaux. — Caractères génériques de cette classe de principes.
- — De leur composition chimique. — Étude spéciale des acides organiques les
- plus employés. — De Yacide oxalique ou du sel d'oseille. — De Yoxalate d'ammoniaque et de Yoxamide. ............................................. 21
- XXXIIIe LEÇON. — Acides organiques (suite). — Du tartre et de Y acide tar-trique. — Du suc de citron et de Y acide citrique. — De l’acide des fruits ou acide malique. — Applications diverses de ces acides et de leurs sels. — Étude des acides tannique et gallique. — Action remarquable de ces acides sur les dissolutions métalliques. — Leurs applications dans la teinture. — Acide pyrogallique. — Ses usages et sa préparation................................ 40
- XXXIVe LEÇON. — De l’encre. — Des alcaloïdes. — De Y encre à écrire. Des encres de couleur et des encres indélébiles. — Des encres de sympathie. — Des principes immédiats basiques ou alcalins. — Leur découverte. — Comment ils existent dans les végétaux. — Leurs propriétés vénéneuses. — Des poisons des Indiens. — Principales propriétés des alcaloïdes végétaux. — Du sulfate de quinine et de son emploi en médecine......................... 61
- XXXVe LEÇON. — Principes immédiats neutres ou indifférents. —
- Définitions. — Classification. — Des sucres. — Caractères distinctifs et composition des quatre espèces principales. — Du sucre ordinaire ou sucre de canne; végétaux qui le contiennent ; propriétés; préparation de Y acide oxalique. — Du glucose ou sucre de fécule. Moyen de le distinguer du précédent. — Liqueur de Barresxvil. — Du miel et de ses usages................................ 83
- XXXVIe LEÇON. — Des principes immédiats neutres (suite). — Extraction du sucre de canne dans les colonies; cassonade, mélasse. — Extraction du sucre de la betterave ; nouveaux perfectionnements introduits dans celte industrie. — Raffinage des sucres bruts. — Fermentation alcoolique. — Théorie de la transformation du sucre en alcool. — Nature de la levûre de bière... 100
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- TABLE DES MATIÈRES.
- XXXVIR LEÇON. — Des principes immédiats neutres (suite) — De Y alcool et de ses dérivés ; aldéhyde, chloroforme, éther. — Propriétés de ces principes et théories de leur formation. — Applications nouvelles de l’éther et du chloroforme. — Des gommes et mucilages. — Végétaux qui les fournissent. — Composition et caractères chimiques de ces produits. — De Y acide mucique.— De la pectine ou gelée végétale et des acides gélatineux des fruits.
- 123
- XXXVIIIe LEÇON. — Principes immédiats neutres (suite). — De la matière amylacée. — Diverses espèces de fécules du commerce. — Leur structure anatomique. — Composition et propriétés de la matière amylacée. — Dextrine et ses applications. — Fabrication du glucose. — De la matière ligneuse. — Ses deux principes constituants : cellulose et lignine. — Composition et propriétés de la cellulose. — Ses curieuses métamorphoses : dextrine, glucose, pyroxy/ine............................................................. 144
- XXXIXe LEÇON. — Principes immédiats neutres (suite). — Propriétés de la pyroxyline ou coton-poudre. — Collodion. — Composition et caractères de la lignine. — Cellulose dans le règne animal. — Des corps gras. — Leur composition immédiate. — Oléine, margarine, stéarine. — Appareils pour le dosage des matières grasses. — Extraction des graisses et des huiles. — Épuration des huiles d’éclairage. — Extraction de l’huile d’olive. — Ses diverses sortes commerciales. — Des huiles de poisson................................... 163
- XLe LEÇON. — Des principes immédiats neutres (suite). — Suite de l’étude des corps gras. - Propriétés générales. — Oléomètre. — Produits de la décomposition des corps gras par le feu : acroléine, acide sébacique, alcool caprylique, gaz pour l’éclairage. — Huiles siccatives. — Rancidité. — Essais des huiles. — Des savons et de la saponification. —Pratique et théorie de cette opération.............................................................. 184
- XLIe LEÇON. — Des principes immédiats neutres (suite). — Composition des diverses espèces de savon du commerce. — Propriétés générales.— Hydrotimétrie. — Usages de chaque espèce de savons. — Des bougies stéariques et de leur fabrication. — Corps gras difficilement saponifiables. — Blanc de baleine. — Des bougies diaphanes. — Des cires, et en particulier de la cire des abeilles........................................................... 205
- XLIIe LEÇON.— Des principes immédiats neutres (suite). — Des huiles
- volatiles. — Propriétés et nature chimique. — Modes d’extraction. — Du parfum des fleurs. — Production artificielle des huiies volatiles. — Leurs nombreux usages. — Des principes résineux. — Résines, gommes-résines et baumes. — Des savons de résine, de la cire à cacheter, des vernis et des mastics hydro-fuges............................................................... 226
- XLIIIe LEÇON. — Des principes résineux (suite). — Caoutchouc. —
- Acides des baumes. — Acide benzoïque. — De la benzine et de la nitrobenzine — Du caoutchouc. — Propriétés curieuses de ce principe et ses nombreux usages. — Caoutchouc volcanisé et durci. — Glu marine. — De la gutta percha et des services qu’elle rend. — Principes immédiats colorants ou matières colorantes. — Comment elles existent dans les substances organiques. — Listes de celles qui ont été isolées.......................................... 24T
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- TABLE DES MATIÈRES.
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- XLrVe LEÇON.— Des principes colorants (suite). — Propriétés générales, physiques et chimiques des matières colorantes. — De Yozone et de son action sur les couleurs. — Action des agents oxydants. — Théorie du blanchiment. — Action du charbon sur les couleurs. — Dissolvants. — Action des acides et des alcalis sur les couleurs. — Explication du rôle du tournesol. — Action décolorante de l’acide sulfureux. — Fabrication des laques. — Couleurs substantives et adjectives. — Des couleurs solides et des couleurs faux-teint......... 271
- XLV® LEÇON. Deuxième division. — Composition et propriétés chimiques des organes. — Classification.— Des organes employés à l’alimentation. — Des végétaux alimentaires : racines, légumes herbacés, fruits servant à la nourriture de l’homme. — De la pomme de terre et de l’extraction de sa fé-
- cule. — Du thé. — Du marron d’Inde. — Du cacao. — Du café. — Du café-chicorée. — Du poivre.'— Des semences des légumineuses. — Des graines céréales; leur importance ; leur composition comparée........'......... 286
- XLVIe LEÇON. — Des organes employés à l’alimentation (suite). — Suite des céréales. — Analyse des farines. — Du gluten. — Extraction de l’amidon du blé. — Du gluten granulé. — Du pain. — Composition des farines et du son. — Panification. — Des différentes espèces de pains. — Des boissons fermentées. — Généralités. — Du vin. — Sa fabrication. — Vins rouges,blancs, de liqueur et mousseux. — Composition des vins. — Leurs falsifications. 307
- XLVII® LEÇON. — Des boissons fermentées (suite). — Du cidre et du poiré. — Leur préparation. — De la bière et de sa fabrication. — Houblon. — De Y eau-de-vie et des esprits. — Appareil à distillation continue. — Distinctions commerciales établies entre les diverses sortes d’eau-de-vie et d’esprits. — Noms des alcools suivant les pays. — Fabrication de l’alcool avec la betterave, les mélasses, les graines céréales et la pomme de terre.................... 336
- XLVIIIe LEÇON. — Des boissons fermentées (suite). — Appareil distilla-toire de M. Dubrunfaut. — Cause du mauvais goût des esprits du commerce. — Huile volatile de pomme de terre ou alcool amylique. — Rectification des esprits. — Rectificateur de M. Dubrunfaut. — De l’eau-de-vie de vin. — Richesse des différentes boissons fermentées en alcool. — Dosage de l’alcool dans les liquides fermentés. — Alambic de Gay-Lussac. — Des moyens d’apprécier la force des esprits. — Alcoomètre centésimal. — Titres des alcools du commerce. — Des substances animales alimentaires. — Des œufs et de Y albumine.
- 361
- XLIX® LEÇON. — Des organes employés dans l’alimentation (suite) . — Du lait. — Étude spéciale du lait de vache. — Sérum ; sucre de lait ; acide lactique. — Caséine; crème; beurre et fromages ; acide butyrique. —Composition des diverses espèces de lait. — Falsification du lait dans les grandes villes. Instruments pour les découvrir. — De la chair des animaux ou des muscles. — Fibrine. — De la préparation du bouillon et théorie du pot-au-feu...... 379
- L® LEÇON. — Des organes non alimentaires. — Des organes employés en médecine. — Du tabac et de son alcaloïde, la nicotine.— Des organes employés dans l’industrie. — Des bois de chauffage et de travail. — Propriétés chimiques des bois. — De leurs diverses causes d’altérations et des moyens dejes en préserver. — Distillation des bois. — Fabrication de Yacide pyroligneux. — Gaz
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- TABLE DES MATIÈRES.
- d’éclairage extrait du bois. — Produits nombreux contenus dans l’acide pyroligneux. — Purification de cet acide............................ ... 403
- LIe LEÇON. — Des organes employés dans l’industrie (suite). — Acide acétique pur. — Acétone, acétates, anhydride-acétique. — Cacodyle et ses composés. — Radicaux composés métalliques. — Acétate de cuivre. — Vert-de-gris. — Accidents qu’il occasionne. — Préparations alimentaires qui en renferment. — Des acétates de plomb. — Extrait de- Goulard. — Pyrolignite de plomb. — Acétate d’alumine. — Préparation du mordant de rouge des indien-neurs. — Acétate et pyrolignite de fer. — Du vinaigre de vin et de sa fabrication. — Esprit de bois ou alcool méthylique. — Goudron de bois. — Paraffine et créosote............................................................ 430
- LIIe LEÇON. — Des organes employés dans l’industrie (suite). — Matières textiles et filamenteuses. — Du lin, du chanvre et du coton, considérés comme bases des tissus. — Du rouissage du lin. — Caractères physiques et composition des fibres textiles végétales. — Du coton mercerisé. — Étude de la laine, ses diverses espèces, sa nature, ses propriétés. — Moyens de distinguer les fils de coton dans les étoffes de laine. — De la soie et de l’éducation du ver à soie. — Mode de formation, nature et propriétés de la soie. — Sa distinction d’avec la laine et les fibres végétales................................. 464
- LlIIe LEÇON. — Des matières textiles et filamenteuses (suite). — Blanchiment des fibres textiles : coton, lin, chanvre en fils et en toile, laine et soie.
- — Appareils nombreux employés pour les diverses opérations du blanchiment.
- 481
- LIVe LEÇON. — Des matières textiles et filamenteuses (suite). — matières tinctoriales. — Du papier et de sa fabrication. — Papiers divers du commerce; papiers colorés et peints. — Carton, cartes à jouer, carton à couvertures. — Des matières tinctoriales. — Matières rouges : garance et produits qui en dérivent. — Essais des garances et des garancines............... 506
- LVe LEÇON. — Des matières tinctoriales (suite). — Des bois de Cam-pêche, de Brésil et de Santal. — Carthame ou safranum. — Rouge végétal. — Lichens tinctoriaux : Orseille, carmin d’orseille. — Pourpre française.... 532
- LVIe LEÇON. — Des matières tinctoriales (suite). — Insectes tinctoriaux: cochenille, kermès, résine-laque, lac-lahe et lac-dye. — Racine d’orcanette. — Alloxane et rouge de murexide. — Distinction de la laine des autres fibres textiles au moyen del’alloxane. — Matières tinctoriales jaunes. — Curcuma.
- — Fustet. — Bois jaune............................................ 553
- LVJIe LEÇON. — Des matières tinctoriales (suite). — Suite des matières tinctoriales jaunes. — Quercitron. — Gaude. — Graines jaunes. — Rocou et bixine. — Suc d’aloès et acide chrysammique. — Acide picrique. — Safran.
- — Matières tinctoriales bleues. — Indigo. — Manière de l’obtenir. — De ses
- diverses espèces commerciales....................................... 582
- LVIIIe LEÇON. — Des matières tinctoriales (suite). — Suite de Y indigo-
- — Ses caractères; sa composition. — Indigotine.— Carmin d’indigo. — Plantes diverses qui fournissent de l’indigo ; pastel, renouée des teinturiers. — Du tournesol. — Matières bleues artificielles. — Matières tinctoriales vertes. — Chlo-
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- TABLE DES MATIERES.
- rophylle. — Vert de Chine. — Matières tinctoriales brunes ou noires. — Noix de galle. — Gallons du Piémont et du Levant. — Cachou, g'ambir et kino. — Sumac et autres matières astringentes moins employées............. .. GlO
- LlXe LEÇON. — Des matières tinctoriales (suite). — Art de la teinture.
- — Principes généraux de la teinture par immersion. — Des mordants et du
- mordançage. — Des Lains de teinture. — Chauffage à la vapeur. — Nettoyage des tissus teints. — Définition de certaines expressions techniques.. C47
- LXe LEÇON. — De Part de la teinture (suite). — Différentes classes de couleurs pour le teinturier. — Moyens pratiques de les produire. — Exemples de la teinture en bleu, en rouge, en jaune, en noir et en vert. — Des cuves d’indigo et manière de les monter. — Rouge des Indes. — Écarlate et cramoisi de cochenille. — Couleurs à la murexide, à la pourpre française, à l’aniline.................... ................................................ 069
- LXIe LEÇON. — De Part de la teinture (suite). — Principes généraux de la teinture par impression. — Des différents moyens mécaniques d’imprimer les tissus. — Mordançage des toiles. — Épaississage des mordants et des couleurs.
- — Oxydation et bousage des pièces mordancées. — Du garançage. — Du blan-
- chiment et de l’avivage des couleurs garancées. — Des différents genres d’impression .............................................................. 689
- LXlIe LEÇON. — Des organes employés dans l’industrie (suite). — Matières servant à la fabrication de la gélatine et des cuirs, — De la peau — De la gélatine et de la chondrine. — Composition, caractères et fabrication de la gélatine. — Des di verses espèces de gélatine commerciale. — Du tannage et de sa théorie. — Des os et des dents. — Extraction de la gélatine des os. — Huile animale de Dippel. — Noir animal. — Fabrication des sels ammoniacaux. — Du suif d’os. — De l’ivoire animal et végétal............................. 720
- LXIIIe LEÇON. — Des os et des industries qui s’y rattachent (suite).
- — Extraction du phosphore. — Du bleu de Prusse et des prussiates. — Sa découverte, sa préparation, ses caractères 'essentiels. — Du cyanogène et de Y acide prussique ou cyanhydrique. —Propriétés délétères de cet acide. — Des cyonures simples et doubles. — Despt'ussiates jaune et rouge dépotasse. — Fabrication des cyanoferrures par l’azote de l’air. — Fabrication du cyanure de potassium.
- — Des poudres fulminantes ou des fulminates de mercure et d’argent. — Des
- amorces à capsules................................................... 746
- LX1VC LEÇON. Troisième division. — Histoire chimique des fonctions des organes pendant la vie. — Des fonctions chez les végétaux. — De la germination et des phénomènes chimiques qui l’accompagnent. — Saccharification de l'amidon des graines. — De la nutrition. — Action des plantes sut l’atmosphère. — Rôle des éléments de l’air, de l’eau et du sol, dans l’acte delà végétation. — De la sève et de ses fonctions. — Manne et mannite. — Maturation des fruits. — Des fonctions chez les animaux. — De la digestion. — De la nature des aliments : aliments plastiques et respiratoires. — Du canal digestif et des actes mécaniques et chimiques qui s’y accomplissent. — Nature de la salive, du suc gastrique, du suc pancréatique, de la bile. — Formation du sang. — De Y assimilation et des sécrétions........................... 774
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- table des matières.
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- I.XVe LEÇON. — Mes phénomènes chimiques pendant la >ie (suite).
- — Étude du sang. — Ses propriétés physiques et chimiques. — Son analyse.
- — Sérum, caillot, matière colorante, globules. — Distinction du sang veineux et du sang artériel. — De l'urine. — Acide urique et urée. — Du si\cre dans les urines des diabétiques. —Production d’une matière glycogène dans l'économie.
- — De Y acide hippurique. — Des calculs de la vessie et des concrétions intesti-
- nales. — Phénomènes chimiques qui apparaissent dans les organes après la cessation de la vie. — De la putréfaction dans l’air, sous terre et sous l’eau. — Résidus de la décomposition spontanée des végétaux et des animaux : terreau, gaz inflammable, bitumes, succin, gras des cadavres, tourbes....... 800
- LXVle LEÇON. — Moyens de retarder et d’cmpêclier la putréfaction. — Moyens de retarder et d’empêcher la putréfaction. — Froid,-dessiccation, cuisson. — Soustraction du contact de l’air. — Procédé d’Appert. —• Soufrage ou mûtage. — Conservation des œufs. — Procédé de Chevet . — Emploi de l’alcool, du sucre, des acides. — De la créosote. — Emploi du sel marin et de certains autres sels, notamment du sublimé corrosif. — De l’art des embaumements chez les anciens.......................................... 8v7
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- TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈBES
- DES DEUX VOLUMES.
- A.
- Abaca, II, '<55
- Ablette, I, 234
- Absorption de l’oxygène par
- les corps gras, II, 189
- — par l’acide pyrogallique, 11, 59
- des gaz par le charbon, 1, 298
- des taches grasses par la poudre à dégraisser, I, 710
- Abus des liqueurs alcooliques, II, 351
- du sucre, II, 116
- du vinaigre, II, 448
- Acacias produisant les gommes, II, 137
- les cachous, II, 636-637 Accidents par les poudres fulminantes, II, 771
- Acétal, II, 128
- Acétate d’alumine, II, 439
- d'ammoniaque, l, 236
- de baryte, II, 441
- de chaux, II, 428
- de cuivre (neutre), II, 436
- (sous-) H, 436
- de fer, II, 441
- de morphine, II, 75
- d’oxyde d'amyle, II, 364
- de plomb (neutre), 11, 438
- (sous-) ou tribasi-que, II, 438
- de soude, II, 428
- Acétates, II, 433
- Acétification de l’alcool, II, 442
- Acétone, k II, 427-431
- Achard, de Berlin* (note historique), 11, 104
- Acide acétique (analyse élémentaire), II, 15
- — Il, 92-127-430-445
- — anhydre, II, 433
- — cristallisable, II, 429
- — des alchimistes, 11, 437
- aconitique, H, 49
- aérien, I, 36
- anchusique, 11, 268-568,
- anglais, 1, 145
- anthranilique, II, 613
- antimonieux, I, 743
- antimonique, ♦ I, 748 |
- 1, 381 I, 384
- I, 388
- Acide arsénieux,
- — porcellanique,
- — pour l’essai du chlore,
- — (agent de conservation), II, 415 852
- arsé nique, I, 381
- aurique, I, 865
- azoteux, I, 214
- azotique, I, 208
- — (réactif de la laine), II, 473
- — sa formation, II, 817
- absorbé par les plantes, II, 783
- azoto-azotique,
- azoto-sulfurique,
- benzoïque,
- bézoardique,
- bolétique,
- borique,
- butyrique,
- cachoutannique,
- caféique,
- cal'étannique,
- carbazotique,
- carboneux,
- carbonique,
- — liquide,
- — solide,
- I, 21' II; 2S0
- II, 227-217-812
- II, 58 11, 52
- I, 530 II, 7-387-388
- II, 61-639
- II, 299 II, 01-299
- II, 598 II, 31 I, 34-45 L 41 I, 42
- — dans les mines de
- — lignite, carminique, carthamique, catéchucique, chloracétique, chloreux, chlorhydrique, chlorique, chlorogénique, ch'orosique > choléique, cholique, chrômique, chrysanilique, chysammique, chrysoiépique, chrysophanique, cinnamique, citrique, coccinique, crayeux,
- I,
- II, 818 II, 268-557 II, 268-546 II, 639 II, 432
- I, 184 184-199 184-572
- II, 299
- I, 184-573
- II, 797 II, 797
- I, 077-682 II, 613
- II, 270 597 II, 270 H, 269
- II, 227-247 II, 21-47
- II, 557 I, 36
- Ht
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- TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES
- Acide cuivrique, cuminique, cyanhydrique, cyanique, de la craie, des pommes aigres, des tourbes, du nitre, du sucre, du tartre, élaïdique, ellagiqup, erratique, érythrique, érythroléique, éthalique, euxanthique, évernique, ferrique, fluorhydrique, fluorique, fluosilicique, formique, fulminique, fumant ou glacial de hausen, fumarique, gallique, gallotannique glucique, gummique, hippurique, hircique,
- humique (voyez acide
- hydrochlorique,
- hÿdrochloro-nitrique,
- hvdrocyanique,
- hydrofluorique,
- hÿdrosulfurique,
- liypo-azotique, 1, 208
- hypochloreux,
- liypochlorique,
- hypophosphoreux,
- . indigotique, inosique, japonique, lactique, lécanorique, lichénique, lutéo-gallique, maléique, malique, manganique, margarique, marin, mélasique, méphy tique, métagallique, métagummique, métapectique, métastannique, mimotannique, morintannique, II morique,
- I, 703
- II, 227 II, 755-756
- II, 810
- I, 36
- II, 50 II, 824 1, 208
- H, 29 II, 40
- II, 216 II, 56 II, 268 II, 548-568 II, 268-551 11, 218 II, 270 II, 548
- I, 666 1, 727
- I, 706-726
- I, 728
- II, 92 II, 771
- Nord-
- I, 151
- II, 52
- II, 52-631 II, 61 II, 96
- II, 139 II, 802 II, 413 ulmiquej.
- 1, 200 i, m H, 755-756 I, 726 I, 154 -214, II, 193 I, 184 I, 573
- I, 171
- II, 613 II, 400
- II, 270-640 II, 381 II, 518 II, 52 II, 270 II, 52 11, 50
- I, 615 II, 187-201
- I, 176-199
- II, 96 I, 36
- H, 58 II, 139 II, 143
- I, 741
- II, 61-639 , 61-269-581
- II, 269-581
- Acide mucique, muriatique,
- II, 139-381 I, 199
- — déphlogistiqué,. I, 176
- — oxygéné, I, 176
- myronique, H, 235
- nitreux, , I, 208
- nitrique, I, 208
- nitro-muriatique, I, 428
- nitro-phénisique, II, 598
- nitro-picrique, II, 598
- nitroso-nitrique, 1, 215
- œnanthique, II, 333
- oléique, II, 187-201-215-217
- oxalique, II, 18-28-92
- oxysaccharique, II, 29
- palmitique, II, 217
- paramaléique, H, 52
- paratartrique, 11, 47
- pectique, II, 143
- pectosique, II, 143
- perchlorique, - I, 184
- permanganique, 1, 615
- phénique, II, 599
- phosphatique, I, 170
- phosphoreux, 1, 166
- phosphoriqüe, i, 166
- — anhydre, I, 168
- picrique, II, 270-598-601
- plombique, I, 783
- polychrômatique, U, 270
- prussique, I, 1Q8, II, 754
- purpurique, purrhéique, pyrogallique, pyroligneux,
- — distillé,
- — des tourbes,
- — pur,
- — (moyen de con servation),
- quercitannique, quercitrique, quinotannique, racémique, rhéadinique, rosolique, rubinique, ruténique, saccharin, saccharique, sacchulmique, sébacique, silicique, stannique, stéarique, succinique, sulfhydrique, sulfo-amylique, sulfo-glucique, sulfo-indigotique, sulfo-vinique,
- sulfureux, I,
- II, 569 II, 270 II, 58
- II, 424-428
- II, 428
- II, 826 II, 429
- II. 846 II, 61 II, 269-583 II, 61 II, 47 II, 268 II, 269-576 II, 268-640 II, 269 II, 29 II, 92 II, 92 II, 187
- I, 705
- I, 724-734-737-741 II, 201 II, 118-821 1, 129-153 II, 452 II, 202
- II, 617 II, 135
- 129-136 I, 740
- (dans l’acide chlorhydrique),
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-
-
- DES DEUX VOLUMES.
- 865
- Acide sulfurique, I, a29-
- — anhydre,
- — distillé,
- — monohydraté,
- — (fabrication),
- — de Saxe,
- tannique, II,
- tartareux,
- tartarique ou tartrique,
- ulmique, ( n, 92-413-127 urique, II,
- valérianique, II,
- vitriolique,
- Acides,
- anhydres, des baumes, engendrés par le feu, des fruits,
- des plantes et des animaux, gras, II,
- — odorants, métalliques, organiques, pyrogénés,
- (agents de conservation),
- 143-146 I, 150 I, 248 I, 146 I, 236
- I, 149 52-631
- II, 4C 11, 40
- Acier:.
- damassé, de cémentation, dé fonte, de l’Inde, fin,
- fondu,
- naturel,
- poule,
- trempés,
- Acquetta di Napoli,
- Acroléine,
- Action électro-chimique de présence,
- 784-824 568-808 227-364 I. 144
- I, 29
- II, 27 II, 247
- II, 26 II, 791 , II, 23 201-822 II, 184
- I, 430 il, 23
- II, 26 11, 846
- 660-661 I, 662 I, 661 I, 661 I, 662 I, 661 1, 661 1, 661 1, 661 I, 660 1, 386 187-202 I, 451 I, 876
- corps, I, 16
- des vapeurs ammoniacales
- sur les bois, 11, 424
- Adultération des garances, 11, 526
- Adamas, I, V50
- Adam (Note historique), II, 353
- Adipocire, II, 822
- Ægagropiles, II, 814
- Aérage des tissus teints, 11, 699
- Aérostats, I, 107
- Ætite, 1, 643
- Affinage de la fonte, I, 649-652
- de l’argent par cristallisa-
- tion, I, 827
- de l’or, I, 852
- du cuivre, I, 758
- Affinité, I, 14
- Agaric amadouvier, I, 135
- Agate, 1, 707
- Agents chimiques, 1, 12
- anesthésiques, 11, 136
- antiputrides ou antisepti-
- ques, II, 845
- Agents conservateurs des bois, 11, 415
- décolorants, 1, 303
- de coloration, II, 267
- Agua ardiente, H, 352
- Aigue-marine, I, 709
- Aiguilles blanches de benjoin, II, 247
- Aimants artificiels, I, 419
- naturels, 1, 643
- Air, 1, 17-22
- alcalin, I, 222
- confiné, I, 62
- des contrées marécageuses, I, 49-52
- de l’eau, I, 93
- détonant, I, 110
- éminemment respirable, I, 27
- enflammé, I, 355
- expiré, 1, 75
- inflammable, I, 108
- inspiré, I, 75
- méphytique, I, 36
- puant, I, 154
- tonnant, I, 110
- • vital, I, 27
- Airain, 1, 755-770
- Ajuapar, II, 397
- Alambic, I, 89
- à distillation continue, II, 353-361
- en platine, 1, 246
- Albane, 11, 258
- Albâtre calcaire, I, 45-588
- gris, I, 600
- gypseux, 1, 600
- Albumen, II, 376
- Albuminates, II, 376
- Albumine, 11, 375-377
- coagulée, 11, 378
- du sang, II, 807
- pour le fixage des couleurs, 11, 717
- sèche ou vitreuse, II, 377
- végétale, II, 172-287-292-376
- Albuminoses, II, 796
- Alcali, 1, 430
- du tartre, 11, 46
- fixe minéral, I, 479-538
- végétal, I, 479
- volatil, I, 220
- — concret, I, 235, II, 741
- Alcalis caustiques, I. 430
- végétaux, II, 72
- Alcalimètre, I, 483
- Alcalimétrie, I, 483
- Alcaloïdes, II, 24-72
- artificiels, II, 73-77
- naturels, II, 73-77
- Alcarsine, II, 77
- Alcée à feuilles de chanvre, II, 456
- Alchimie, I, 2-398
- Al cofol, I, 749
- Alcool, I, 749, II, 118-123
- (substances employées à sa
- préparation), II, 358
- absolu, II, 124-356
- anhydre, II, 124
- amylique, II, 363-452
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- 866
- TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES
- Alcool caprylique, II, 187-364 Altération des bois, II, 413
- clé betterave, II, 358 du vinaigre, IL 447
- de bois, H, 449 . des viandes et du sang, II, 806
- de grains, II, 359 des vitres, 1, 7 18
- de mélasse de betterave, H, 359 Aludèles, I, 805
- de pomme de terre, H, 360 Aluminate de potasse , I, 691
- de riz, II, 360 de soude, I, 691
- déshydrogéné, H, 128 Alumine, I, 686
- méthylique, II, 450 en gelée, I, 691
- pur contenu dans les boissons fermentées, II, 369 Aluminium, I, 685-701-702 Alun, I, 687-690
- Alcools du commerce, II, 373 ammoniacal, I, 688
- bon goût, U, 364 basique, 1, 693
- mauvais goût, IÉ 363 calciné. I, 691
- (agents de conservation), U, 845 catin, I, 479
- Alcoolisme, H, 351 cubique, I, 693
- Alcoomètre centésimal de Gay-Lussac, 11, 372 de chrome, I, 68. de Rome, I, 689.-693, II, 654
- Aldéhyde, II, 128-146 de roche, L 688
- Alfa des Arabes, H, 456 ferrugineux, L 692
- Alimentation, II, 286 -‘92 fin de Paris, I, 689
- Aliments, II, 286 octaédrique, I, 690
- complets, II, 79 i Aluns du commerce, I, 690
- contenant du vert de gris, II, 437 Alunage des bois, II, 423
- du diable, IL 603 Alunite, 1, 688
- plastiques et respiratoires, H, 793 Amadou, I, 135
- Alinéine, H, 269 inflammable, I, 576
- Alizari, IL 519 Amalgamation, I, 825
- Alizarine, II, 268-523 -525 Amalgames, I, 422-812
- commerciale, 11, 525 d’argent, I, 8l3-823-8a7
- Alkermès, H, 564 de bismuth, » 1, 813
- Alliages, 1, I, 422 d’étain, I, <813
- d’antimoine, 747 d’or, I, 857
- d’argent et de cuivre, I, 830 de cuivre, I, 813
- d’étain et de plomb, I, 743 de palladium, I, 813
- d’or, I, 857 des dentistes, I, 813
- d'or et de cuivre, I, 854 Amandine, II, 379
- de Biberel, I, 761 Amarante de murexide, 11, 51°
- de bismuth, 1, 801 — sur laine, II, 683
- de d’Arcet,, 1, 802 Amariné, II, 77
- de cuivre, I, L 766 Amas, I, 460
- de mercure, 812 Ambre jaune, II, 821
- de nickel, 1, 772 noir, I, 27«
- de Rose, I, 802 Amer de bœuf, II, 797 II, 598
- de platine, 1, 871 de Welter,
- de zinc, fusibles. L 772 Améthyste, I, 707
- I, 801 orientale, 1, 686
- pour plomber les dents, , L 802 Amiante, I. 375-71"
- Alloxane, H, 568 Amidc phénique, 11, 571
- Allumettes, I, 135 Amides, II, 39-84
- à friction, I, 575 Amidon, II. 145
- allemandes, I, 176 des céréales, II, 309
- androgynes, I, 577 en aiguilles, II, 310 11, 31"
- chimiques, I, 175-575 fin.
- hygiéniques, phosphoriques, I, L 576 grillé, 11, 152 11, 316 1, 220 II, 783 I, 223 1, 229
- 575 Amidonnière d’E. Martin,
- Alluvions, I, 459 Ammoniaque,
- Aloès, IL 596 absorbée par les plantes,
- Aloétine, IL 596 de l’atmosphère,
- Atome, IL 596 liquide,
- Alquifoux, I, 776 sa formation, IL 8I7 II, 77 I, 838 1, 763
- Altération de l'argenterie, I, -34 Ammoniaques composées,
- des métaux par l’hydrogène Ammoniure d’argent,
- sulfuré, I, 155-157 de cuivre,
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-
-
-
- DES DEUX VOLUMES
- 867
- Ammoniure d'or, I, 865 !
- Amorces des fusils à piston, II, 772 j
- Amorce (cuves d’indigo), 11, 680 j
- Amphibole, I, ‘10
- Amygdaline, II, 234
- Amyle, II, 364
- Amylol, 11. 363
- Analyse, 1, 12
- de l’air, 1, 24-121, 11, 58
- de l’eau, 1, 113
- des monnaies, I, 832-851
- des farines, II, 307
- des manganèses, II, 35
- élémentaire organique, II, 10
- — des matières azotées, II, 16
- — — non azo-
- tées, II, 13
- — de l’acide acétique, II, 15
- du minerai de platine, I. 807
- qualitative et quantitative, I, 13 par la voie humide, I, 13
- — sèche, I, 13
- ultime, 11, 19
- Anatomie de la garance, II, 51S
- Anchusine, II, 268-568
- Anesthésiques, II, 136
- Anhydrides, II, 27
- Anhydride acétique, II, 433
- Anhÿdrite, I, 600
- Anilëine, II, 572
- Aniline, II, 77-571-613
- Animaux, I, 3
- antédiluviens, II, 828
- Anis et anisette de Bordeaux, II, 237
- Anthocyane, II. 264-270
- Anthracite, 1, 260, II, 819
- Antichlore; II, 509
- Antidotes de l’acide prussique, II, 760
- du sublimé corrosif, I, 819, 11, 377
- Antimoine, I, :45
- cru, I, 746
- Antimoniate de potasse, I, 748
- de soude, I, 7 49
- Antirrhine, 11, 269
- Appareil à déplacement, 11, 54
- au chlore des fabriques, I, 180
- à combustion des mat. organiques, II, 15
- A cylindres pour sécher les
- tissus, II, 493
- à distillation continue, II, 353
- à distiller les os, II, 742
- à mordancer les fds, 11, 657
- à sublimer le sel ammoniac, II, 743
- à vaporiser, II, 714
- américain pour lessivage, II, 496
- de Briet pour les eaux gazeuses, I, 39
- de Boucherie pour la conservation des bois, II, 41S-4 °0 de Bréant, id.. Il, 416
- de Deshayes pour la tein -
- ture, II, 663
- Appareil d’Édouard Adam pour
- la distillation des vins, II, 353 de Dubrunfaut pour la distillation, II, 361
- de Gaudry pour lessiver
- à haute pression, 11,497 de grillage, II, 495-496
- de Hall pour flamber les
- tissus, 11, 496
- de Mallet pour le gaz de
- l’éclairage, I, 230
- de Marsh, I, 394
- de Paulin pour les incendies, 1,51 permanent de désinfection, I, 190
- de sauvetage pour les savonniers, II, 197
- de Thilorier pour la liquéfaction du gaz carbonique, I, 42 de Woulf, I, 178
- pour la distillation des
- bois, II, 425
- pour l’essai des vins, II, 370
- pour l'extraction de la fécule, II, 291
- — de la gélatine, 11, 727
- pour la fabrication de l’acide pyroligneux, II, 425
- — du papier, II, 507
- pour fumigations sulfureuses, I, 139
- pour le soufrage des vins, 11,843 pour la production accélérée du vinaigre, II, 444
- pour la fabrication du vinaigre par la mousse de platinq, II, 446
- pour la teinture mécanique des écheveaux, II, 663
- pour la vinification, 11, 326
- de MM. Legé et Fleury-Pironnet pour l’injection des bois, II, 421
- Appareils de lessivage, II, 4 83-490
- distillatoires, I, 89-90 91
- Apple-oil, II, 364
- Application des couleurs, II, 719
- Apprêt des toiles, II, 493
- Aqua tofïana, 1, 386
- vitæ, II, 352
- Aquila alba ou mitigata, I, 817
- Arabine, II, 138
- Arach,’ arak, araka, 11,357
- Araka, II, 391
- Araki, II. 357
- Arbre à thé, 11, 293
- au café, II, 298
- au cacao, II, 297
- au caoutchouc, 11,252
- de Diane, I, 450-837
- de la vache, II, 397
- de Saturne, I, 450
- philosophique, I, 450
- Arcanson, II, 239
- Aréomètres, II. 371
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-
- 868 TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES.
- Argent, I, 820 Asphyxie par le gaz hydrogène I, 111
- anglais, I, 774 — sulfuré, I, 155
- antimonial, I, 825 par les essences, 11, 227
- ardent, I, 836 parla braise et le charbon, I 37-313
- corné, I, 838 par le chlore, I, 183
- chinois, I, 774 par le gaz de la houille et
- de coupelle, I, 833 du coke, J, 266
- doré, I, 858 par le gaz des fosses d’ai-
- en coquilles, 1, 863 sances, I, 156-158
- fulminant, I, 838 865, 11, 772 par les fruits, II, 791
- natif, 1, 821 Assamare, 11, 412
- pur, I, 833 Assainissement des cavités sou-
- rouge, I, 825 terraines, 1, 50
- vitreux, I, 821 des citernes, I, 612
- Argentan, I, 397-772 des égouts et fosses d’ai-
- Argenture, I, 841 > sances, I, 158
- au pouce, I, 841 des habitations, 1, 69
- Christofle, I, 861 des mines, I, 372
- des étoffes, I, 837 par le chlore, 1, 189
- des glaces, 11, 229 par les hypochlorites, I, 196
- des métaux, I, Si i Assimilation," H, 778-788
- du cuivre, I, 841 Astragales, II, 137
- du verre, II, V29 Atmosphère, I, 18
- galvanique, I, 8G1 Aubier, 11, 168
- Argiles. I, 695 Aune (écorce d’), 11, 645
- infusibles, I, 697 Aurichalque, I, 755
- plastiques, I, 697 Aurore au rocou, 11, 593-685
- à détacher, I, 699 Autographie, I, 585
- smectique,. I, 699 Avelanèdes, II, 635
- Argue, I, 829 Aventurine, 1, 700
- Argyrose, I, 821 Avivage, II, .703
- Ariki, 11, 357 du rouge des Indes, 11, 680
- Arki, II, 357-391 Axonge, 11, 178
- Aroérythrine,' 11, 268-551 Azale, 11, 523
- Aromates, IL 237 Azaléine, 11, 269-573-684
- (agents de conservation), II, 845 Azolitmine, IL 270 623
- Arôme des plantes, II, 234 Azotate acide de mercure pour
- des viandes, 11, 4(0 l’essai des huiles II, 193
- Arrack, 11, 357 d’argent, I, 835
- Arrastres, I, 825 de bismuth, I, 802
- Arrow-root, II, 146 de cuivre. 1, 763
- Arséniate acide de potasse, 1, 387 de mercure (réactif de la
- Arsenic, I, 376 laine), II, 474
- blanc, 1, 381 de plomb, I, 787
- jaune, I, 379 de potasse, 1, 553 H, 848
- rouge, I, 380 de soude, I, 560
- sublimé, I, 385 de strontiane, II, 127
- Arsenicon, I, 378 d’urée, II, 8i0
- Arsénite de cuivre, I, 384 mercureux, I, 814
- Àrsénio-sulfure de cobalt, I, 723 Azotates naturels, I, 209 II, 817
- Arséniure de cobalt ferrugineux, 1, 123 de mercure, I, 814
- Arseniures d’hydrogène, I, 392 Azote, I, 22-26-30-
- Art de l’émailfeur, I, 724 Azotnre de carbone, II, 756
- de la teinture, II, 647 d’hydrogène, I, 220
- du mégissier, 11, 735 Azuline, U, 625
- hermétique, I, 398 Azur, I, 722
- sacré ou divin, 1, 397 de cuivre, 1, 763
- Arza, 11, 357-391 Azurage du papier, II, 513
- Asbeste, I, 175
- Asparagine, 11, 822 B
- Asphalte, II, 820
- Asphaltène, II, 820 Babeurre, 11, 385
- Asphyxie par le gaz carbonique, 1,36 Bablah, II, 645
- par le gaz chlorhydrique, I, 200 Bactrioies, I, 862
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-
- DES DEUX
- Badigeon avec le sérum du
- sang, II, 807
- Bagasse, II, 103
- Bains blancs ou huileux, II, C80
- de bouse, II, 699
- de dégrais, II, 500
- de sable, 1, 91
- marie, I, 91
- de teinture, II, G59
- Baleine végétale, II, 455
- Ballage, I, 652
- Balles de fusil, I, 780
- Ballons en caoutchouc, II, 254
- Bandanas, II, 711
- Bandoline, II, 141
- Baptême des cloches, I, 7 71
- Baquoi odorant, II, 455
- Baratte, II, 384
- Barbe espagnole, II, 455
- Barbes de plumes, li, 721
- Barille d’Espagne, II, 34
- Baromètre, I, 20
- Barque, II, 657
- Barrai, II, 239
- Bar-wood, II, 344
- Baryum, I, 404
- Base de Mayence, I, 721
- salifiable, H, 441
- Bases salifiables organiques, II, 24-72 Bassorine, II, 138
- Bastain, II, 456
- Bâtiments de graduation, I, 540
- Bâtardes (cassonades), II, 115
- Bateaux de sauvetage, I, 108
- Batiste, II, 461
- Battage du lin, II, 458
- Battitures, ,1, 652 666-762
- Baumes, II, 237
- de la Mecque, II, 243
- de Saint-Yves, I, 810
- deTolu, 11,243
- du Pérou, II, 243
- Baume (note historique), I, 204
- Becs à gaz, I, 344
- d'Argand, I, 342
- Bélier, I, 749
- Benjoin, II. 24 3
- Benzène, II, 248
- Benzidam, II, 57 l
- Benzine, II, 2^8
- Benzol, II, 248
- Berbêrine, II, 269
- Bernard-Palissy (note historique). I, 724
- Berthollet (note historique), II, 498
- — (le), I, 189
- Berthqllimètre, I, 198
- Berzelius (notehistorique), I, 476
- Bêtes à laine, II, 468
- Bétons, I, 597
- Betterave blanche de Silésie, II, 105
- Beurre, II, 169-171-173-384
- d'antimoine, I, 752
- de cacao, II, 173-178-298
- VOLUMES. 869
- Beurre de coco, II, 173
- de galam, , H, j86
- de muscades, 11, 173-17S
- fondu, II, 386
- saié, II, 386
- Bézoards, II. 56-813
- Bi-antimoniate de potasse, I, 748
- Bicarbonate de chaux dans les
- eaux, II, 537
- de potasse, 1, 525
- de soude, I, 525
- — contre la coagulation du lait, II, 390
- Bicarbure d’hydrogène de Faraday, II, 249
- Bichlorure d’étain, I, 740
- — ( réactif des fibres
- ligneuses), II, 474
- de mercure, I, 818
- de platine, 1, 87)
- de soufre, I, 186
- Bichromate de potasse, I, 679
- — (son action sur les
- couleurs végétales), II, 274
- Bière, II, 345
- Bijoux d’argent, I, 830
- d’or, I, 854
- faux, I, 766
- Bi-hydrate de méthylène, II. 450
- d'hydrogène bicarboné, II, 124
- Bile, II, 7 96
- Bilifulvine, II, 270
- Biliphéine, II, 270-7 97
- Biliverdine, II, 270
- Billets de banque, II, 512
- de commerce, II, 512
- Billon de la garance, II, 519
- Binitronaphtaline, 11, 576
- Bi-oxalate de potasse, II, 38
- Bi-oxyde d’azote, 1,218
- de cuivre, I, 762
- de mercure, I, 810
- Biscuit, II, 311
- de chaux, I, 592
- de viande, II, 831
- Bismuth, I, 800
- Bisulfure d’étain, I, 742
- de fer, I, 672
- Bitartrates, II, 43
- dépotasse, II,* 43-45
- Bixine, II, 270-593
- du commerce, II, 596
- Bitumes. II, 819
- de Judée, II, 820
- liquides, H, 819-820
- mous, 11, 820
- solides, H, 820
- Black-vernis, I, 341
- Blanc à fleur, II, 186-489
- azuré, II, 504
- d’argent, I, 788-796, II, 504
- de baleine, H, 217
- de Bougival, I, 586
- de Champagne, 1,586
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-
-
-
- 870
- TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES
- Blanc de Ghine, II, 504
- de Dieppedalle, 1, 586
- d’Espagne, I, 586
- de fard, I, 803
- de Hambourg, I, 789
- de Hollande, 1, 789
- d’impression sur coton, 11. 489
- de Krems, 1, 796
- de Meudon, 1. 586
- de neige, I, 637
- d’œuf, II, 374-376
- de perle, I, 803
- de pâte, II, 504
- de plomb, I, 788
- — du Tyrol, I, 798
- de Troyes, I. 586
- de Venise, 1, 789
- de zinc, I, 634
- des Indes, II, 504
- lixe, 1, 798
- métallique, I, 639
- Blanchiment américain, II, 496
- de la cire, II, 221
- de la laine, II, 498- -502-503
- de la soie, II, 504
- — en Chine, 11, 505
- de l’huile de palme, II, 189
- de l’ivoire, des calicots et des croi- H, 745
- sés, II, 494
- des chiffons, 11, 509
- des épingles, I, 769
- des estampes, I, 197
- des fibres végétales, II. 482
- des fils, " II, 482-484
- des objets d’argent, des soies écrues blanches, des toiles de chanvre et de I, 831
- II, 505
- lin, II, 494
- — de coton, par le chlore et les chlorures, 11, 486
- par l’acide sulfureux, II, 280
- Bland, 11, 357
- Blanquette de Limoux, 11, 332
- Blé, IL 313-321
- Blés durs et tendres. 11, 313
- — (procédés de conservation,; 1 II, 837
- Blende, 1, 624
- Bleu à la naphtaline, H, 626
- au campêche sur laine, 11, 679
- chimique, 11, 670
- d’oniline, H, 624
- d’azur, I, 722
- de Berlin, 11, 764
- de composition, II, 612-677
- de cuve, 11, 670
- d’émail, I, 722
- d’empois, I, 722
- d’enfer, II, 679
- de France, H, 766
- — sur coton, 11, 677
- — sur laine, II, 678
- de montagne, I, 763
- Bleu île montagne artificiel, I, 764 de Paris, H, 6V6
- d’outremer, I, 709
- de Prusse, II, 752-760
- — (sa préparation), II, 753
- — (variétés commer-
- ' ciales), 11, 764
- — (sur laine,) II, 677
- — de Paris, II, 764
- de quinoléine, 11, 626
- de roi, II, 679
- de Saxe, I, 151-722, II, 612
- II, 670-676-677 de safre, I, 722
- de smalt, I, 722
- de Turnbull, H, 767
- distillé, II, 677
- en liqueur, II, 612
- foncé au campêche, II, 679
- Guimet, 1, 709
- lapis, II, 551
- Marie-Louise, II, 677
- minéral, II, 764
- Napoléon, II, 677
- national pour uniforme, II, 681
- . Nemours, II, 681
- Raymond, 11, 677
- remonté, II, 535-665
- solide, II, 670
- soluble, II, 617
- turc, II, 551
- turquin, J, 583
- Bleuine, II, 625
- Bleus de campêche (moyen de
- les distinguer), 11, 535
- de Prusse, du commerce, II, 764
- en réserve, 11, 706
- prussiales, II, 677
- de France ou de Saint-
- Denis, II, 677
- vapeur, II, 766
- Biocou planche des imprimeurs, II, 690
- Bocard, I, 463
- Bocardage des minerais, I, 643
- Bœuf fumé de Hambourg, 11, 819
- Bodiead d’Écosse, " H, 452
- Bois, 11,408-4)3-116
- aromatiques, II, 411
- au cachou, II, 640
- bitumineux, I. 275
- blancs, II, 167-409
- bleu, II, 532
- bruns, II, 167
- conservés sous l’eau, 11,413
- colorants, 11, 41 *
- de Bahama, II, 539
- de Bar-wood, 11, 344
- de Brésil, 11,537
- — (variétés commerciales).
- — jaune, IL 579
- de Brésillet, II, 539
- de Caliatour ou Caria-
- tour, . H. 544
- p.870 - vue 877/920
-
-
-
- DES DEUX VOLUMES.
- 871
- Bois de Californie, IL 3>5
- de Campêche, IL 532
- — (variétés com-
- merciales), II, 5^3
- de Cam-wood, IL 545
- de Carthagène, H» 580
- de chauffage, IL 4()8
- de Côte-Ferme, IL 580
- de Cuba, IL 579
- de Fernambouc ou Fernam-
- bourg, H. 58
- de fustet, IL 57 s
- d’Inde, IL 532
- de Lima, IL 539
- de Madagascar, IL 5 H
- de Maracaïbo, II. 580
- de Nicaragua ou Nicaraque, II, 538
- de Sainte-Marthe, 11,5 8
- de santal, H. 540
- de Santo-Domingo, II, 580
- de Sapan ou Sappan, II, 537 539
- de Siam, H. 539
- de Tampico, II, 580
- de teinture, II, 411
- de Terre-Ferme, H, 539
- de travail, II, 408-410
- de Tuspan, II, 580
- de Zapote, IL 580
- des Indes orientales, II, 580
- du Japon, II, 539
- durs, II, lG7-4tO
- fossiles, L 275
- gris, II, 167
- jaune, II, 579
- — de Fernambourg, II, 58o
- — de Hongrie, II, 578
- légers, II, 167
- lourds, II, 167
- mous, II, 409
- noirs, II, 532
- pourri,
- résineux, II, 4ll
- rouges, IL 537
- — de la Jamaïque, II, 539
- tendres, II, 167
- Boissons alcooliques (tableau), II, 357
- fermentées, II, 323
- — (richesse en alcool), II, 369
- Boîte à savonnette, I, 738
- Boites fumigatoires, I. 139
- Bol d’Arménie, I, 700
- Bombice du mûrier, II, 415
- Bonde hydraulique, IL 327
- Bonbons chinois, H, 772
- Bonne aventure (diseurs de), I, 158
- Borate de soude, 1, 527
- Borates, I, 531
- Borax brut et raffiné, I, 527-535
- Borgcrase ou borgeraste, II, 100
- Boucanage des viandes, H, 819
- Bitndin. H, 806
- Boues d’encre, II, 62
- Bougies de cire. Il, 225
- Bougies de cire végétale, II, 225
- de l’Étoile, IL 213
- de gras des cadavres, H, 827
- de paraffine, II, 453
- composites, IL 216
- diaphanes, IL 218
- margariques, II, 126
- palmitiques, II, 217
- stéariques, II, 212
- Bouilli ou viande cuite, U, 401
- Bouillitoires, L 842
- Bouillon, IL 692
- aromatique et fortifiant, IL 402
- d’or, I, 845
- Boulangers, IL 311
- Boulée, IL 177
- Boules de Mars de Nancy, II, 44
- Bouquet du vin, II, 334
- Bourre de dattier, IL 455
- Bousage, II, 699
- Boutargues ou boutarques, II, 848
- Bouse de vache, IL 699
- Bouzin, II, 823
- Boyle note historique), I, 10
- Braconnot (note historique), II, 725
- Brai minéral, L 341
- sec, II, 239
- Braise de boulanger, I, 313
- Brance, H, 345
- Branloire, II, 667
- Brasage de la tôle, I, 530
- Braseros, I, 314
- Brassage des fruits, IL 339
- Brèches, I, 584
- Brésiléine, II, 268-539
- Brésiline, II, "68-539
- Brevet, IL 665
- Brillant, L 255
- doux, L 659
- Briques, L 699
- de tourbe, H, 826
- hydrofuges, IL 821
- Briquet, L 135
- à gaz hydrogène, L 420
- oxygéné, L 574
- desûreté, I, 576
- Brisou, I 326
- Brocatelles, L 584
- Broie, H. 460
- Brème, L 502
- Bronzage des métaux, I, 752
- Bronze, I, 412—23-752-755-770
- blanc, I, 775
- cramoisi, L 77 5
- d'aluminium, 1, 7"3
- des peintres, I, 7'<2
- doré pâle, 1,775
- — rouge', I, 775
- florentin, 1, 775
- vert, I, 775
- vert sur laine au chrômate, il, 687 Bronzes de couleur, 1,775
- Brouillards, I, 57
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-
-
-
- 872
- TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES
- Brou de noix, II, G4G
- Brucine, II, 54-74
- Brun d’indigo, II, 613
- rouge, I, 700
- Van Dyck, I, 701
- Brunissage à fond, 1,841
- Brunitures, II, 669
- Bûches économiques, 1,. 263
- Bulithes 11, 814
- Burgos (lustre), 1, 865
- Butyrine, II, 387
- C.
- Cacao,
- Cacaotier (arbre),
- Cachalots,
- Cachou du commerce, épuré de Paris, jaune,
- Gactiers,
- Cacodyle,
- Cadavres (moyen de conservation), II,
- Cadmie des fourneaux, naturelle,
- Cadmium,
- Café,
- du commerce, au lait, chicorée,
- Caféier (arbre),
- Caféine,
- Caféone,
- Cafetin,
- Caillé du lait,
- Caillot du sang,
- Cailloutage,
- Cailloux,
- Calabre (vin de),
- Calamine, I,
- Calcaire grossier, lithographique,
- (marbre),
- Calcanthum,
- Calchos,
- Calcédoine,
- Calcin,
- Calcination,
- de la pierre à chaux, des os,
- Calcium, I,
- Calculs biliaires, de la vessie, fibrineux,
- intestinaux des chevaux, urinaires,
- pour l’analyse élémentaire Calluxanthine,
- Caloee,
- Calomel et calomélas, I,
- Calories,
- Calorique de fusion,
- Cambouis,
- II, 297 II, 297 II, 217 II, 637 11, 639 II, 638 II, 553 II, 433
- 852-858 I, 625 I, 755
- I, 404
- II, 298 II, 299 II, 301 II, 301 II, 298 II, 299 II, 300
- II, 87 II, 380 II, 802 I, 698 I, 707 II, 335 623-755 I, 585 I, 584 1, 583
- I, 666 I, 755 I, 707 I, 608
- I, 12
- I, 590
- II, 746 404-580 II, 797 II, 812
- II, 397 II, 814 IL 812
- , II, 15 II, 269 II, 455 816-818 II, 412 I, 99 II, 228
- Caméléon minéral, I, 616
- Campéche. Il, 632
- (variétéscommerciales), U, 533
- (son oxydation), II, 536
- (teinture alcoolique), 11, 537
- Camphre, II, 232
- brut du Japon, H, 232
- raffiné, II, 232
- Cam-Wood, II, 545
- Canal digestif, II, 794
- Candel-Coal, I, 267
- Canna discolor, II, 148
- Canne à sucre, II, 87-118
- Caoutchouc, II, 252-302
- durci, II, 256
- volcanisé, II, 255-351
- Capacité de saturation, I, 444
- Capnomore, II, 427
- Caprine, II, 387
- Caproïne, II, 387
- Capsules des fusils à piston, II, 772
- Capucines (crayons), I, 259
- Caractères distinctifs des fibres
- végétales, IL 464
- des principes immédiats, II, 22
- Caractères d'imprimerie, I, 746
- Caragate, II, 455
- Caramel, " II, 9°
- Carbonates, I, 45
- d’ammoniaque, I, 223-235, H, 741
- de chaux, I, 582
- de cuivre, I, 763
- de fer, I, 644
- de plomb, I, 788
- de potasse, I, 479
- de soude, I, 479-512
- de zinc, I, 634
- Carbone, I, 35-248-310
- Carbonisation de la houille, I, 293
- des os, I, 290, II, 741
- dubois, I, 279
- — par la vapeur, I, 565
- — en Chine, I, 281
- Carburation des gaz combustibles, II, 250
- Carbure de fer, I, 258, II, 77 0
- Carbures d’hydrogène, II, 83-320
- Carmélite au cachou, IL 640
- Carmin, II, 558
- à la gélatine, II, 558
- ù l’œuf, IL 658
- d’indigo, II, 017-677
- sur laine, IL 677
- de garance, II, 525
- d’orseille, IL 549
- Carminé, II, 268-556
- Carotine, ">268
- Carré mou (papier), IL 5<2
- Carry, II, 503
- Cartes à jouer, II, 514
- de visite, I, 7 88
- fulminantes, II,
- Carthame, H, 545
- Carthamine, II, 268-546
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-
-
-
- II,
- Cartilages,
- Cartons,
- bitumés ou goudronnés, Carlon-pierre,
- Caséine,
- du gluten, du lait de vache, du sang, végétale,
- Caséum,
- Cassave,
- Cassitérite,
- Cassonade,
- Cassure saccharoïde,
- Castine,
- Catalyse,
- Cate ou catch,
- Catéchine,
- Calée, hu,
- Cause de la couleur dur corps, Caustification,
- Cavendish (note historique), Caveaux de Palerme,
- Caviar,
- Cédrirète,
- II, 723 II, 514 II, 516 II, 515 380-383 II, 383 II, 383 11, 383 II, 297-308 II, 380 II, 151
- I, 734 II, 103-113
- II, 88 I, 645 I, 876
- H, 636 II, 639 II, 636
- H, 261
- I, 515
- I, 105 H, 855 II, 84K U, 427 H, 846
- Célastase, II, 158- 166 -408
- Cellules des plantes, H, 158
- Cellulose, II, 158-408- 454 -466
- Cendres bleues, 1, 764
- des plantes, I, 477
- de védasse, 1, 480
- de zinc, J, 637
- gravelées, I, 480, II, 328
- perlées, I, 1, 480
- vertes, 385
- Cérasine, 11, 138
- Cérat, II, 225
- Céréales, H, 306
- Céréaline, H, 320
- Cérine, II, 224
- Cérium, I, 404
- Céroléine, II, 224
- Cérotène, II, 224
- Céruléine, II, 617
- Céruléo-sulfate, II, 617
- Céruse, 1, 788
- Céruses du commerce, 1, 796
- Cervoise, II, 345
- Cétine, H, 218
- Chair des animaux. II, 396 -399
- blanches, H, 4n0
- crue, H, 403
- de bœuf, H, 403
- noires, U, 400
- rôtie, H, 403
- rouges, Chaleur animale, H, 400
- I , 7T
- blanche, I, 355
- latente, I , 99
- obscure, 1, 355
- Chalumeau des orfèvres I, 357
- à gaz, I, 359
- de Clarke, 1, 360
- M r : . 4
- II, 45
- I, 290, 11,
- Chalkopyrite,
- Chambre à fumer les viandes, à sécher les soies teintes, à soufrer la laine, d’aérage, d’oxydation,
- Chambres de plomb,
- Chamois au cachou, au fer,
- Chamoisage des peaux, Champagnes,
- Champignons des mèches, Chandelles romaines,
- Chanvre, blanc,
- de Calcutta, de Chine, de Haïti, de Manille, du Bengale, indien,
- Chapiteau,
- Chaptau (note historique), Chaptalisation des vins, Charbon,
- (action sur les couleurs), (emploi pour purifier les eaux calcaires), animal, chandelle, de bois,
- de forge ou de maréchal, de grille, de Paris, de pierre, de terre,
- — épuré, de tourbe, d’os, épuré, fossile,
- léger pour la poudre, minéral, noir, roux,
- sulfurique de garance, végétal,
- Charbons décolorants, durs,
- Charpie de coton,
- Charqué,
- Charrée,
- Châtaignier (écorce de), Chaudière à mordancer, autoclave pour la Chauffage à la vapeur, des bains de teinture, par le gaz,
- Chaux,
- d’argent, caustique, délitée, éteinte, grasses,
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-
-
-
- 874
- TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈBES
- Chaux hydratée, 1, 581
- hydrauliques, I, 595
- — artificielles, I. 596
- limites, I, 598
- maigres, ‘ I, 594
- métalliques, I, 406-430
- sodée, II, 17
- vive, I, 581
- — (moyen de conserva
- tion du blé ), 11, 837
- — des fruits, H, 835
- Chayaver, II, 567-
- Chêne à crochets, 11, 731
- à la galle, 11, 631
- jaune, II, 5S2
- liège, II, 4 10
- quercitron, 11, 5s2
- Velani, 11, 635
- Chènevis, 11, 461
- Chènevotte, H, 459
- Cheveux, H, 721
- Cheviller, 11, 483
- Chica, II, 268
- Chicorée, II, 301-302
- — dans le café, II, 803
- Chiffons à papier, Chimie, son antiquité, son ob- II, 507
- jet, I, 1-2
- organique, II, 1-2
- pneumatique, I, 36
- China-grass, Chinasilber, II, 155
- I, 774
- Chitine, 11, 168
- Chlorate de potasse, I, 572
- Chlore, I, 176
- (destruction des couleurs), (réactif des huiles de pois- II, 275
- son), H, 190
- Chloride aurique, I, 863
- mercurique, I, 818
- (agent de conservation). II, 415-851
- de platine, T, 871
- Chlorine, I, 176
- Chlorite, I, 710
- Chloroforme, II, 129
- Chloromètre, I, 199
- Chlorométrie, I, 38S
- Chlorophylle, II, 263 -270-627
- Chloro-stannates, I, 741
- Chlorure d’antimoine, I, 752
- d’argent, I, 838-840
- d’arsenic, I, 378
- de calcium, I, 695
- de chaux, I, 19,-619
- d'hydrogène bicarboné, I, 329
- de manganèse, I, (78-622
- de plomb, I, 787
- de potasse, I, 191
- de sodium, I, 537-551
- de soude, I, 191
- de soufre, — (son action sur les I, 185
- huiles), 11, 191
- de zinc anhydre, II, 217
- Chlorure (le zinc (agent conservateur), II, îl 5-852
- double d’aluminium et de
- sodium, I. 703
- mercureux, I, 8i6
- Chlorures, I, 421
- décolorants et désinfectants, I, 191
- II,
- d’élain, de mercure,
- Chocolat,
- Choix des indigos, Cholestérine,
- Cholépyrrhine,
- Chondrine,
- Chromâtes, métalliques, de plomb, de potasse,
- Chrome,
- Chrômite de fer, Chromolithographie, Chrômule,
- Chrysalides du ver à soie, Chrysam mates,
- « d ammoniaque de soude, Chrysocale,
- Chrysocolle,
- Chrysorhamnine,
- Chymosine,
- Cidre, doux, paré,
- qui se tue,
- Cigarettes de Raspail, Ciment,
- des mosaïques, romain,
- Cinabre artificiel, naturel, d’antimoine, vert,
- Cinchonine,
- Cinglage à la loupe,
- Cirage anglais,
- Cire,
- à cacheter, à sceller, blanche, brute, d’abeilles, de Carnauba, de Chine, d’Espa-me, de palmier, des myrica, du Japon, jaune,
- transparente, punique, végétale, vierge,
- Citernes,
- Citrates, de. fer,
- I, 738
- I, 816 II, 297
- II, 610
- H, 797 II, 797 II, .723
- I, 677 I, 6S2 I, 683 I, 67 8
- I, 401-676 I, 678
- I, 585 II, 263-270-627
- II, 477 II, 598
- II, 598 I, 767 I, 527 269-590 II, 796 II, 876 II, 312-343 II, 342-313 II, 343 II, 236 I, 5»0 I, 92 I, 596 I, 811 I, 804 I, 754
- I, 684
- II, 74 I, 651
- I, 291 170-219 II, 243 II, 2(44 II, 222 II, 221 II, 221
- II, 225-600
- II, 225 II, 244 II, 225
- II, 225 II, 220-225
- II, 221 II, 218 II, 224 II, 220 II, 221
- I, 95-612
- ’ il -;o
- II, 50
- II,
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-
-
-
- DES , DEUX
- Citrates de magnésie, II, 50
- de potasse, II, 28
- Clairçage des sucres, II, 115
- Clairce, 11, 111
- Clapeau à lanières, II, 48*
- Clarification par la gela-
- tine, H, 725
- Classification des eaux, I, 80-S7
- des métaux, I, 405-408
- des essences, 11, 230
- des principes immédiats 1 II, 24
- — neutres, II, 83
- des résine-, II, 242
- Clichage, I, 802
- Clichés métalliques, I, 802
- Clinquant, I, 375
- Cloches anciennes, I, 77 1
- d’argent de Rouen, I, 770
- Clous fumants, II, 243
- Coagulation du blanc d’œuf, 11, 378
- "du lait, II, 389
- du sang, H, 802
- Cobalt, 1, 403
- arsenical, I, 723
- gris, I, 723
- Cobaltine, I, 723
- Coccine, II, 550
- Cochenilles, II, 653
- (variétés commerciales) 1 II, 650
- ammoniacale, II, 559
- d’Algérie, II, 555
- de Pologne, II, 5 .3-504
- des cactiers, II, 553
- du chêne, 11, 663-562
- épuisées, 11, 500
- laque, 11, 553-50 i
- Cocon du ver à soie, II, 477
- Coconières, 11, 470
- Coction ou cuite des huiles, II, 195
- Codéine, II, 74
- Cohésion, I, 3
- Coke, I, 200-293-294
- métallique, I, 297
- de tourbe, II, 826
- Coir, II, 450
- Colcothar, I, 068
- Oblique des peintres, I, 797
- Cold-cream, II, 219
- Collage du papier, II, 510
- du vin, II, 329
- Colle à bouche, II, 728
- au baquet, 11, 7 30
- de Flandre, 11, 720
- de pâte, I, 151
- de poisson, H, 723-720
- des chapeliers et des me-
- nuisiers, H, 729
- d’os. II, 7 38
- en livres, rubans ettablet-
- tes, II, 720
- forte, 11, 729
- liquide, H, 729
- navale de Jeffery, II, 257
- Colles matières, II, 727
- VOLUMES. 875
- Collodion, II, 105
- Colophane ou colophone, II, 2al)
- Coloradns, I, *21
- Coloration (théorie de la), II, 263
- des bois, II, '23
- des cheveux, I, 839, II, 721
- des eaux-de-vie, H, 3(18
- par le chlorure d’argent, I, 840
- des fleurs, II, 265
- des huiles par l’acide sulfurique, II, 192
- Coloriage des tissus, II, 689
- Colorimètre, II, 500-595 021
- Colorine, II, 523
- Colombium, 1, 404
- Combinaison chimique, I, 14
- Combustibles, I, 28-352
- Combustion, I, 2H-351
- continue, I, 242
- des bois, II, 412
- lente, I, 353
- du ligneux, II, 784
- rapide, I, 353
- Combustions humaines spontanées, II, 120
- Composés azotés et non azotés, II, 22 carbo-hydratiques, - II, 83
- de l’azote, I, -05
- — oxygénés, I, 206
- — non oxygénés, 1, 220
- indifférents, II, 24
- inflammables, II, 83
- inorganiques, II, 3
- métalliques de la lre section, I, 477
- neutres, II, 24
- non facilement putrescibles, II, 84 organiques, II, 3
- phosphorés, II, 84
- surhydrogénés, II, 83
- sulfurés, II, 84
- Compositions d’étain, I, 740
- pour colorer les cheveux, 11, 721 Compression des tourbes, II, 825
- Concrétions intestinales des
- animaux, H, 813
- des ruminants, II, *14
- urinaires, H, 813
- Condenseur de Liebig, II, 14
- Condiments. II, 280
- Conductibilité des métaux, I, 417
- Cônes de houblon, II, 348
- Confitures, II, 143
- Congélateur, I, 448
- Congélateur Goubaud, I, 449
- Congrèves, I, 575
- Conine, II, 77
- Conservateur de la chair, II, 454
- Conservation de l’eau à bord
- des navires, I, 300
- des bois, II, 415-847
- des cadavres, II, 828-833'
- des collections d’histoire
- naturelle, II, 230
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-
-
-
- 876 TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES
- Conservation des corps dans les
- sois calcaires, II, 855
- des fourrures et pelleteries, II, 238
- des fruits, des légumes,
- des matières organiques par le charbon, dans le vide, par les alcools, des œufs,
- 11, 829 11, 832
- I, 300
- II, 832 II, 845 H, 833
- des pièces d’anatomie, I, 819, II, 852
- des racines, H, 830
- des raisins, II, 829
- des sucs végétaux, H, 830-833 des viandes et poissons, H, 831-833-839-841
- des tissus animaux mous, I, 820
- du beurre, II, 380
- du blé, 11, 830
- du bouillon, I, 301
- du cidre, 11, 343
- du lait, . II, 849
- du poli des métaux, I, 518
- par les acides, II, 810
- par l’acide sulfureux, H, 844
- par l’acide sulfurique, H, 847
- par la créosote, II, 450
- par le froid, H, 828
- par le sublimé, II, 851
- par le sucre, H, 850
- par les aromates, H, 845
- par les corps gras, II, 833
- par le sel marin, II, 847
- Conserves alimentaires, H, 840
- Consommation du sucre, II, 88
- — de la bière, II, 345
- Constitution des bois, II, 408
- Conté (Note historique), I, 259
- Contre-poison de l’acide cyanhy-
- drique, U, 700
- de l’eau-forte, 1, 212
- de l’acide sulfurique, I, 140
- du sublimé corrosif, I, 819
- Contrôle de l’argent, I, 830
- Conversion de l’amidon sucre
- de l’indigotine bleue en in-digotine blanche,
- en
- H, 149-153
- II, G14
- du tannin en acide gallique, II, 50
- des peaux en cuir, du sucre en alcool, Cœur du bois,
- Copal,
- Coquillages,
- Coquilles d’œufs, Coraux,
- Cordes de chanvre, Corindon,
- Cornaline,
- Cornes de buffle, Cornues,
- Corps,
- brûlés,
- 11, 730 II, 84-95-117 II, 108 II, 241 I, 45 II, 374 I, 45 II, 402
- I, 722 1,707
- II, 721 I, 10
- I, 12-14-15 I, 29
- Corps bruts, I, 3
- comburants, I, 28
- combustibles, I, 28
- composés, I, 10
- déliquescents, I, 00
- dimorphes ou polymorphes, I, 128 gras, II, 109-202
- — difficilement saponi-
- fiables, II, 217
- (agents de conservation), 11,833
- — facilement sapohi-
- fiables, II, 170
- hygrométriques, I, 00
- insolubles, I, 102
- isomères, I, 322
- métalliques, I, 1 <
- non métalliques, I, U
- oxygénables, I, 28
- oxygénés, I, 29
- réfractaires, I, 359
- simples, I, 10
- solubles, I, 102
- Corroyage des cuirs, II, 734
- Corroÿère, II, OS2
- Cossettes de betteraves, II, 302
- Coton, II, 455-402
- animalisé, II, 084
- mercerisé, II, 467
- poudre, II, 102
- Cotons à courte et à longue soie, II, 404 Cotonniers, II, 403
- Cotylédons, II, 7 75
- Couches, I, 458
- Coulage des lessives, II, 485
- Couleur de racine, II, 046
- Couleurs des corps (définition), II, 261
- des animaux et des plantes, II, 047
- adjectives, II, 284
- dérivées de l’aniline, 11,083
- àlamurexide, 11, 082
- bistres, II, 015
- composées, H, 009
- d’application, H, 719
- de bon et grand teint, II, 28*
- à la pourpre française, 11,687
- de conversion, I, 085, II, 275-716
- de faux ou de petit teint, II, 284
- du prisme, H, 201
- du tournesol, II, 279
- franches, H, 009
- grises, H, 669
- minérales, H,
- primitives, H, 669
- rabattues, II,
- remontées, H, 66»
- rompues, }J>
- «impie», >' 2
- solides, I}, J»
- solitaires, >,
- ternes, H, 669
- substantives, II,
- vapeur, H» 11
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-
-
-
- DES DEUX VOLUMES.
- 87.7
- Coupage des esprits du commerce, II, 36S
- Coupellation, I, 778-<86-831
- du plomb d’œuvre, Coupelles,
- Couperoses du commerce, blanche, bleue, verte,
- Courtois (note historique', Couscous des Arabes, Couvain,
- Couvertures en papier, en zinc,
- Craie,
- de Briançon,
- I, 784 I, 832 I, 608 I, 633 I, 763
- , 144-666
- I, 502
- II, 151
- II, !)8 II, 516
- I, 629 I, 45-586 I, 7 lO
- Cramoisi fin à la cochenille, II, 559-682 Crasse de l’étain, I, 737
- Crayons de Conté, I, 260
- de charpentier, I, 260
- de fusain, I, 290
- de mine de plomb, I, 200
- noirs, I, 258-290
- de plombagine, I, 200
- Créatine, II, 399
- Créatinine, II, 399
- Création artificielle de l’urée, 11, 810
- Crème,
- de Sotteville, de tartre,
- — soluble, Crémomètre, Créosote,
- brute (agent de conserva
- II, 380-384-385 II, 389 II, 28 II, 46 II, 394 II, 427-453
- tion), II, 416-840-850
- Crétons du suif, H, 177
- Creuset, I, 8
- brasqué, I, 615
- réfractaire, 1, 259
- Cri de l’étain, I, 737
- de la soie, II, 505
- Crin végétal, II, 455
- — d’Afrique, II, 455
- Cristal, I, 711
- de roche, I, 703
- Cristalline, II, 571
- C'ristallinéine, II, 573
- Cristallisation, I, 444
- des métaux, I, 416
- Cristaux, I, 444
- anhydres, I, 445
- hydratés, I, 445
- de lune, I, 835
- de soude, I, 512
- de tartre, II, 41
- de Vénus, II, 436
- Crocine; II, 269
- Crown-glass, 1, 713
- Crottas, II, 239
- Cruor, H, 802
- Cryolite, I, 703
- Cucurbite, I, 89
- Cudbear, II, 5i9
- Cuir, 11, 730
- Cuirs colorés, II. 735
- de Russie, H, 735
- mous, H, 732
- verni, II, 734
- Cuisson des couleurs, H, 697
- des mordants, H, 697
- du pain, II, 316
- du plâtre, I, 6ni
- de la viande, 11, 400-831
- des fruits, H, 143
- par le gaz, I, 330
- (moyen de conservation), II, 828
- Cuite de la soie, 11, 504
- Cuivre, I, 754
- azuré, I, 703
- blanc, I, 772
- dans les plantes, 11, 787
- doré, 1, 867
- gris, I, 756
- jaune, I, 106
- noir, I, 7 57
- oxydulé, I, 756
- pur, I, 760
- pyriteux, I, 756-764
- rosette, I, 759
- Culture du coton, II, 463
- de la garance, II, 517
- de la gaude, II, 586
- du lin, H, 457
- Curaçao de Hollande, II, 537
- Curage des fosses d’aisances. » I, 301
- Curare et curarine, II, 76
- Curaudau (note historique), I, 689
- Curcuma, II, 576
- Curcumine, II, 269-577
- Cuticule, II, 409-721
- Cutose, II, 409
- Cutt, 11, 636
- Cuve à bouser, II, 700
- à circulation, II, 490
- à garancer, II, 701
- à la couperose, 11. 673
- à papier, II, 511
- d’indigo, II, 266-613-673-770
- à teindre, II, 701
- à l’urine, II, 671
- allemande, II, 671
- au pastel, H, 671
- carrée à roulettes, H, 676
- décolorante, II, 709
- d’Inde ou à la potasse, II, 67i
- pour l’argenture, I, 801
- Cuvier à projection, II, 485
- Cyanate d’ammoniaque, U, 811
- de potasse, II, Si 1
- Cyanine (bleu des fleurs), II, 270
- (matière bleue du vert de
- de Chine). II, 2 0-630
- (nouvelle couleur artifi-
- cielle), II. 626
- Cyanoferride de potassium, 11, 766
- Cyanoferrure de potassium, U, 761
- Cyanogène, li, 765
- Cyanosels, H, 761
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-
-
-
- 878
- TABLE
- ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES
- Cyanure d’argent, H, 757
- de cacodyle, II* 'i 35
- de fer, H, 761
- de mercure, H, 756-761
- de potassium, II, 756-760-769 double de fer, II, 76-3
- — et de potassium, H, 761
- ferrico-potassique, -II, 766
- ferroso-ferrique, II, 763
- ferroso-potassique, II, 761
- Cyanures doubles, II, 761
- métalliques, II, 756-760
- Cylindres pour l’impression, II, 692
- Cymbales, 1, 770
- m>
- D’Arcet (note historique), If, 738
- Dahlia à la pourpre française, II, 552
- Dalles de bitume, II, 821
- Damas, I, 662
- Dambourney (note historique), II, 516
- Danger des appartements nouvellement peints, I, 797
- des émanations de plomb, I, 797
- des vapeurs mercurielles, I, 809
- des vases de cuivre, I, 7oO
- des vases métalliques pour
- le lait, II, 390
- des vases de zinc, I, 630
- Dash wheel, II, 4»7
- Datiscine, II, 269
- Débourrage des peaux, 11, 732
- Décapage des métaux, I, 530, II, 38 — de la fonte, I, 632
- Décoction de châtaignier, II, 645
- de noix de galle, II, 57
- des matières tinctoriales, II, 660 Décoloration de la pâte à papier, II, 509 par l’acide azoto-sulfurique, il, 280 — chrômique, I, 080
- par le charbon, II, 276
- par le chlore, II, 275
- par le gaz sulfureux, I, (38, II, 280
- par le sel d’étain, I, 730
- par l’ozone, H, 273
- par les hypochlorites, II, 276
- Décomposition chimique, I, 15
- des alcalis par la pile, I, 402
- de l’eau par le charbon, I, 318
- — par le chlore, J, 187
- — par l’électricité, I, 1(9
- — par le fer, I, 117
- — par le potassium, I, 406
- — de l’acide carbonique par les plantes, II, 778
- des matières organiques, II, 9-10
- des os, II, 741
- (double) des sels, I, 455
- des sels par les acides, I, 452
- — par les bases, I, 454
- du bichromate d’ammoniaque, I, 681
- Décomposition spontanée des
- matières organiques, H, 815
- du savon par les acides, II, 207
- — par les eaux calcaires, II, 207
- Découverte de la poudre à
- canon, I, 561
- de l’eau-de-vie, , II, 352
- des armes à feu, I, 562
- des boissons fermentées, II, 323
- du savon, II, 211
- du verre, I, 711
- Décrépitiition, I, 446
- Décreusage des fils et tissus, II, 482 de la soie, II, 504
- Défauts des indigos, II, fi 10
- Défilage des chiffons, II, 508
- Défileuse à papier, II, 508
- Définitions générales, I, 1
- Dégommage de la soie, II, 504
- des toiles, H, 699
- Dégorgeuse à excentiique, II, 665
- Dégorgeage, II, 482-487
- Dégraissage avec la benzine, II, 249
- de la laine, II, 500
- des tissus, II, 297
- Dégras, - II, 736
- Degrés hydrotimétriques des
- eaux, II, 209
- De la Foli.ie (note historique), I, 629
- Déliquescence, I, 446
- Delessert (note historique), II, 104
- Delphine, II, 75
- Densité des corps, I, 5
- des huiles, II, 184
- des métaux, I, 411
- Dent de loup, I, 858
- Dents, II, 738
- d’éléphant, II, 744
- Départ de l’or, I, 852-854
- Dépurateurs d’usines à gaz, I, 338
- Dépuration des eaux, I, 333
- — par l’alun, I, 694
- — par le charbon, I, 611
- Derme, II, 722
- Descroizilles (note historique), II, 370
- Désinfection des égouts, II, 196
- des fosses d’aisances, I, 301
- par l’acide sulfureux, I, 142
- par le charbon, I, 301
- par le chlore et les chlorures, I, 189
- Désoxygénation de l’indigo, II, 614
- Dessiccation des cadavres, H, 829
- des fruits, II, 829
- des plantes, II, 829
- — moyen de conservation), II, 828
- Destruction de l’encre, I, 19?
- des animaux qui terrent, I, 160
- des bois par les champignons, II, 414
- — par les insectes, II, 411
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-
-
-
- DES DEUX VOLUMES
- 879
- Destruction des bois par le fer, II, 414
- des couleurs par l’acide
- azoto-sulfurique, II, 280
- — par l’acide sulfureux, IL 280
- — par l’air, 11, 272
- — par la lumière, II, 272
- — par l’ozone, des émanations putrides, II, 274
- I, 190
- des insectes, I, 820
- des matières organiques, I I, 5
- des punaises, I, 820
- des rats et souris, I, 175
- Désuintage des laines, II, 500
- Détonation de la poudre, I, 570
- des poudres fulminantes, H, 772
- du grisou, I, 368
- Deutoxyde d’azote, I, 218
- d’étain, I, 72i-734
- de mercure, I, 8)0
- de plomb, I, 781
- vitrification, I, 718
- e \lrine, II, 139-149-151
- amylacée, II, 153
- glucosée, II, 153
- gommeuse, II, 152
- Heuzé, II, 152
- Deyo, II, 64
- Diabète sucré, 11,310-811
- Diable, II, 111-484
- Diamant, I, 249-251
- à couper le verre, I, 252-255
- Diamants bruts ingénus, I, 253
- delaTolfa, 1,707
- de curiosité, * I, 256
- parangons, I, 256
- Diane, I, 820
- Diastase, I, 876, II, 95-154-318-345-776 salivaire, II, 795
- Didyme, I, 404
- Différences fondamentales entre les matières minérales et organiques, II, 8-23-815 — entre les animaux et
- les végétaux, II, 814 Digestion, H, 794-798
- Dimorphisme, I, 128
- Diss des Arabes, II, 456
- Dissolution, I, 102
- alcoolique de savon, II, 208
- de l’indigo, II, 617
- décime, I, 839
- de l’or, I, 863
- du caoutchouc, II, 254
- Dissolutions métalliques, 1, 425
- Dissolvant de la cellulose, II, i GO
- de la soie, II, 481
- Distillateurs, II, 352
- Distillation, I, 88
- blanche, II, 28
- de l’amalgame d'argent, I, 824
- de l’eau, I, 89
- de l’eau de mer, I, 543
- de la pomme de terre, II, 360
- de la tourbe, II, 826
- Distillation des betteraves, II, 358
- des corps gras, II, 187
- — par la vapeur sur-
- chauffée, II, 216
- des grains, II, 359
- des mélasses, II, 357
- des métaux, II, 4is
- des os, 11, 742
- des résines, II, 240
- du bois, II, 424
- du riz, H, ;(60
- du mercure, I, S08
- du soufre, I, |yo
- du zinc, I, 627
- sèche, il, io
- des vins, II, 353-367
- Distinction de l’arsenic et de
- l’antimoine, II, 434
- de la laine et de la soie par
- l’alloxane, II, 571
- de la soie dans les tissus
- de laine, II, 479
- des corps, i, 3
- des acides citrique et tar-
- trique, II, 49
- — gallique ettannique, II, 56 des fibres textiles, II, 456-466
- — par l’acide picrique, II, go 1
- — par l’alloxane, II, 571
- du coton et du lin, II, 465
- — et de la laine, II, 4 73
- du maillechort et de l’argent, I, 774
- des matières azotées et non
- azotées, II, 23
- des potasses et des soudes, 1, 514 des tissus de coton et de
- laine, II, 473
- entre la peinture et la teinture, II, 649
- Dividivi, II, 645
- Divisibilité des corps, I, 3
- Division de la chimie organique, II, 20 Docimasie, I. 530
- Docteur, II, 091-694
- Dokn des Africains, II, 306
- Dolomie, I, 596
- Donner un pied à une couleur, II, 665
- Doré, I, 862
- Dorure, I, 858
- à l’amalgame, I, 857
- à la colle, I, 863
- à l’huile, 1, 863
- au trempé, I, 858
- de l’acier, I, 860
- des métaux, I, 857
- de la porcelaine, I, 862
- fausse, I, 768
- galvanique, I, 860
- par immersion, I, 858
- Dosage de l’acide carbonique de
- l’air, it 66
- de l’alcool dans les vins, II, 370
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-
-
-
- 880 TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES
- Dosage de l’azote dans les ma-
- tières organiques, II, 16
- de l’humidité-de l’air, I, 66
- de l’indigotine dans les indigos du commerce, II, Ci9
- des corps gras, II, 176
- Doublé, 1, 84 2
- Donra des Arabes, I, 306
- Douze-Mazarin, I, 265
- Dragon, I, 818
- Drap teint en pièces, II, 662
- Drëche, II, 347
- Ductilité des métaux, I, 412
- Dufay (note historique), II, 648
- Dulcose, II, 65
- Durcissement du plâtre, I, 605
- Dupasquier (note historique), I, 499
- Durée des bois, II, 411
- E
- Eau, I, 7 8-88
- africaine, I, 836
- ardente, II, 236-352
- céleste, I, 763
- combinée, I, 445
- contenue dans les bois, II, 411
- d’alun, I, 69 i
- dans le pain, II, 319
- de chaux, I, 582
- de Chine, I, 836
- de Cologne, II, 228
- de cristallisation, 1,445
- de cuivre, II, 34
- d’Egypte, I, 836
- forte, I, 208-852
- — des chapeliers, I, 815
- — seconde, I, 212
- de goudron, II, 453
- de Javelle, I, 195-617
- de Jouvence, I, 88
- d’interposition, I, 446
- de laurier-cerise, II, 760
- de Perse, I, 836
- de potasse, I, 438
- de soude, I, 4 38
- des Anglais, I, 103
- distillée, I, 89
- dissolvante, I, 208
- liquide, I, 79
- philosophique, I, 208
- prime, I, 208
- régale, I, 427
- saturée, I, 99
- seconde, I, 212
- — des peintres, I, 518
- solide, I, 78
- sure des amidonniers, II, 309
- Eau-de-vie, ü, 351
- camphrée, II, 236
- de betteraves, II, 357
- de fécule, II, 156-357
- de grains, II, 257-353
- de lait de jument, II, 391
- de pommes de terre, II, 156-357
- Eau-de-vie de riz, II, 357
- de vin, II, 367
- factice, 11, 368
- forte, II, 356
- ordinaire, II, 356
- preuve de Hollande, II, 356
- Eaux (degrés liydrotimétriques), 11, 209
- acides, I, 87-53
- acidulés, 1, 87-53
- alcalines, I, 87
- amères, II, 759
- ammoniacales du gaz, I, 341
- aromatiques, II, 228
- calcaires, I, 587
- — (leur action sur
- le savon), II, 207
- cémentatoires, I, 451
- continentales, I, 79
- crues, I, 607
- d’étangs, I, 85
- de la mer, I, 86-710.
- de mares, I, 85
- de pluie, I, 84
- de puits, I, 85
- — jaillissants ou artésiens, I, 83
- de rivières, I, 83
- de roche, I, 82
- de savon, II, 2t2
- de sources, I, 83
- dormantes, I, 85
- dures, I, 607
- ferrugineuses, I, 87
- froides, I, 87
- gazeuses, I, 53
- grasses des amidonniers, II, 309
- hépatiques, I, 154
- incrustantes, I, 587
- jaillissantes, I, 83-708
- médicinales ou minérales, I, 86
- mères, I, 444
- non potables, I, 85
- potables, I, 80
- salines, I, 87
- séléniteuses, I, 607
- siliceuses, I, 708
- spiritueuses, II, 228
- sulfureuses, I, 87-154
- thermales, I, 53-87
- Ébelmen (note historique), I, 646
- Éblanine, II, 427
- Ébullition de l’eau, I, 99
- Écaille factice, II, 729
- ripe rpntilpç II. 7 21
- Écarlate àïa cochenille, II, 559-681-682 à la laque, II, 566
- de graine et demi-graine, II, 564
- de Hollande, " H, 563
- de Venise, II, 563
- des Gobelins, H, 563
- jaune au fustet, II, 579-G8*
- Écangage du lin, H, 460
- Ëcangue, H, 460
- Échantillons d'indiennes, II, 703 à 71*
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-
-
-
- DES DEUX VOLUMES.
- 881
- Échoppe, I, 857
- Éclair, I, 833
- Éclairage au gaz, I, 331
- aux gaz de bois, 11, 426
- — de l’huile, 11, 188
- électrique, I, 298
- Éclat adamantin, I, 251
- métallique, I, 410
- Écorce d'aune, II, G45
- de châtaignier, II, 645
- de chêne, 11, 731
- de quercitron, II, 582
- des saules, II, 409
- Écrouir le fer, I, 651
- Écruage des iils, II, 486
- Écume de mer artificielle, H, 384
- du bouillon, II, 400
- Écurage des ustensiles de cuisine, II, 34
- Éducation des vers à soie, II, 476
- Effervescence, I, 45
- Effets de contact, I, 874
- Effilochage, II, 508
- Efflorescence, I, 446
- saline des murs, I, 554-559
- Egrisée, I, 254
- Egrisoir, I, 255
- Eisenschwarz, I, 753
- Ejou, II, 455
- Elaérine, II, 472
- Elaïdine, H, 193
- Eiaïomètre de Berjot, II, 175
- Elaveusepour la pâte à papier, II, 509
- Electrum, I, 857
- des anciens, I, 866
- Éléments, I, 10
- organiques, II, 10
- Eléphant de l’Ohio, II, 828
- Emanations putrides, I, 60
- Email bleu, I, 723
- noir, I, 843
- Émaux, I, 711-724
- Embaumements anciens, II, 858
- nouveaux, II, 852-853
- Émeraude, I, 677-709-722
- Emeri ou émeril, 1,686
- Emétine, II, 75
- Emétique, I, 746, II, 44
- Empâtage des huiles, II, 195
- Emplâtres, 11, 195
- Empois, II, 145-149
- Empoisonnement par l’acide
- cyanhydrique, II, 758
- — oxalique, II, 32
- — sulfurique, I, 146
- par l’arsenic, 1, 885
- parlechloride de mercure, II, 377
- par l’eau-forte, I, 212
- par le cyanure de potassium, * II, 770
- par les vieux fromages, II, 384
- par les pommes de terre
- germées, II, 289
- par le sang altéré, 11, 806
- Empoisonnement parle sel d’oseille, II, 32
- par les sels de cuivre, II, 437
- — de plomb, I, 799
- — de zinc, I, 634
- par les viandes de charcuterie, II, 806
- par les vapeurs mercurielles, 1,809 Empyreumatique (odeur), I, 328
- Emulsions, II, 172-376
- Encaustique, II, 224
- Encens, II, 243
- Encre, II, 62-650
- de Chine, II, 66
- de Rouen, II, 63
- de transport, II, 69
- des anciens, II, 64
- des imprimeurs et lithographes, I, 289
- double, II, 62
- simple, II, 62
- Encres colorées, II, 67-559
- de sympathie, II, 70
- diverses, II, 63
- indélébiles, II, 65
- pour écrire sur les métaux, II, 68 pour marquer le linge, 1, 836-873
- Enduit de la soie, II, 478
- Enduits hydrofuges, 11,246
- Enfer de Roy le, I, 810
- Engallage, ‘ II, 634
- Engrais Salmon, 1, 301
- d’os, II, 741
- Enlevages, II, 709-711
- Epaississants, II, tu 6
- Epiderme des animaux, II, 721
- de la plante des pieds, II, 721
- Épilage des peaux, II, 732
- Epingles, I, 769
- Epissures de cuivre, 1,7 75
- Eponge calcinée, I, 498
- de platine, I, 868
- Epuration des huiles à brûler, II, 179
- du gaz de l’éclairage, 1,336
- Equations chimiques, I, 474
- Equivalents chimiques, I, 467
- Erbium, I, 404
- Erbue, I, 645
- Erythrodanon, , II, 517
- Erythroglucine, II, 85
- Erythroléine, II, 268-623
- Erythrolitmine, II, 268-623
- Erythrophylle, II, 264-268
- Eschynomène des marais, II, 158
- Espadon, II, 460
- Espart, II, 483
- Esparta, II, 456
- Esprit acide du bois, II, 428
- du soufre, I, 136
- adiaphorétique, II, 449
- anonyme, II, 449
- ardent, II, 352
- blanc de mercure, 1,818
- de betterave, II, -157
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-
-
-
- 882
- TABLE ALPHABETIQUE DES MATIERES
- Esprit de bois. II, 427-449-826
- inflammable, • II, 449
- des bois, I, 36
- de cochléaria, II, 236
- de corne de cerf, I, 223
- de fécule, II, 357
- de grains, II, 357
- de nitre, I, 208
- de pommes de terre, II, 357
- de raifort, II, 236
- de riz, II, 357
- de sel, I, 199
- de soufre par la cloche, I, 237
- d’urine, II, 223
- devin, II, 122
- de vitriol, 1, 144
- — romain, I, 14 4
- pyro-acétique, II, 431
- pyroxylique, II, 449
- rectifié, II, 356
- sauvage, I, 36
- Esprits, II, 226-351-356
- aromatiques, II, 228
- acides des minéraux, I, 4 52
- d’odeur, II, 127
- 3/5, 3/6, 3/7, 3/8, II, 356
- Essais alcalimétriques, I, 483
- Essais des alcools, II, 366-370
- des alliages d’argent par la
- voie humide, I, 838
- — par la voie sèche, 1,831
- à l’échoppe, I, 857
- à la nature, * I, 857
- des cachous, II, 639
- des carmins d’indigo, II, 618
- de la cire, II, 223
- des cochenilles, II, 559
- des eaux-de-vie, II, 373
- de la fleur de garance, II, 531
- de la graine de colza, II, 175
- des garances, II, 526-529
- des garancines, 11, 530-531
- de l’huile d’olive, II, 186-193
- des huiles à brûler, II, 191
- des huiles par l’acide sulfurique, II, 192
- des indigos, 11,611-618
- deslaines, 11,471
- des manganèses, I, 620, II, 35 des monnaies d’argent, I, 838
- — d’or, I, 854
- des pierres calcaires, I, 590
- . — gélives, I, 586
- des potasses, I, 483
- des savons, II, 210
- des soudes, I, 512
- des suifs, II, 190
- des tissus de laine, II, 473
- — de soie, II, 480
- des vinaigres, II, 447
- des vins, n, 369
- du chlore et des chlorures, II, 388
- du café, II, 298
- du coton et du lin, II, 465
- Essais du rocou, II, 594
- hydrotimétriques, H, 208
- Essences, II, 226
- d’amande amère factice, II, 25i
- d’ananas, II, 7-388
- de cognac, II, 7-364
- de girofle, II, 236
- demirbane, II, 7-251
- d’orange amère, II, 236
- d’Orient, I, 234
- de perles, I, 234
- de poire, II, 7-364
- de pomme, II, 7-364
- de Portugal, II, 237
- de rose, II, 237
- de savon, II, 208
- de térébenthine, II, 236-238
- vestimentale, II, 228
- Essorage, II, 481-492-667
- Estomac, II, 794
- Étain, I, 733
- brillant, I, 736
- de glace, I, 803
- des Indes, I, 623
- de vaisselle, I, 7 43
- en chapeau, I, <36
- en feuilles, I, 743
- en poudre, I, 738
- terne, I, 736
- Étamage de Biberel, I, 761
- de Guanilh, I, 762
- de Richardson et Motte, I, 762 des épingles, 1, 709
- du cuivre, I, 761
- des glaces, I, 813
- des globes de verre, I, 813
- par le zinc, I, 630
- polychrone, I, 7ol
- Étangs, I, 79
- État des corps, I. 8
- hygrométrique de l’air, I, 58
- naturel des métaux, I, 456
- Étendage à l’air libre, II, 484
- Êtendoir pour les toiles, 11,492
- Éthal, II, 218
- Éther, II, <81
- acétique, II, 43-
- amylacétique, II, 864
- liydratique, II, / 82
- œnanthique, 11,334-363
- pyroligneux, II, '449
- phosphorique, H, <8*
- sulfurique, H, 181
- valéramylique, H,
- Éthérification, II, l3!
- Ethiops martial, I,
- minéral, I- 8}1
- perse, I, 8*®
- Éthyle, II, 125-134
- Étoffes d’acier, I,
- desoie, H, 605
- imperméables, H,
- Étoupes, u’n462
- Etres organises,
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-
-
-
- DES DEUX VOLUMES.
- 883
- Eucalyne, II, 85
- Eudiomètre, I, 120-123
- Eupatoire des teinturiers, II, G21
- Eupione, II, 427
- Évaporation, I, 58
- Excrétions des végétaux, II, 788
- Excroissances ligneuses, II, G3i
- Exhalaisons du mercure, I, 807 -809
- Exploitation des mines, 1, 4G1
- des tourbières, II, 825
- Explosion dans les mines de
- houille, I, 3Gs
- Exposition des toiles sur le
- pré, I, 31, II, 272
- Extinction de la chaux vive, I, 581
- Extracteur à distillation conti
- nue, II, 173
- Extrait alcoolique du charbon
- sulfurique de garance, 11,525 de châtaignier, II, 645
- de Goulard, II, 438
- d’orseille, II, 549
- — très-concentré, II, 549
- Extraits de bois de Brésil, 11, 541
- — de Campêche, II, 536
- de garance, II, 525
- végétaux, II, 830
- F
- Fabrication de l’acide citrique, II, 47
- — oxalique, II, 29
- — picrique, II, 599
- — pyrogallique, II, GO
- — pyroligneux, II, 424
- — suffureux par les
- * pyrites, I, 675
- — sulfuri-
- que ordinaire, I, 236
- — sulfurique de
- Saxe, I, 151
- — tartrique, II, 41
- de l'alun, I, G88
- de l’azur, I, 723
- de la bière, II, 345-347
- de la céruse, I, 789
- de la cire à cacheter, 11, 243
- de la couperose verte, 1, GG8
- de la dextrine, II, 152
- de la fausse monnaie, I, 85G
- de la fuchsine, II, 574
- de la gélatine, II, 72G à *30 de la poudre à canon, 1, 5G3 de la soude, I, 506
- de l’encre de Chine, II, 6 ;
- de l’éther, II, 132
- de l’eau-de-vie, II, 353
- de l’orseille, II, 549
- de l’oxyde de zinc, I, 035
- Fabricationdesacétatesdecuivre, II, 436
- — de plomb, II, 438
- des bougies stéariques, II, 213-215 des chromâtes de potasse, I, G78
- des mordants de rouge, II, 440
- des nielles, 1, 843
- des savons de Marseille, 11, 195
- —• unicolores, II, 198
- — mous, II, 200
- — à froid, 11, 199
- des sels ammoniacaux, II, 742
- des vernis, 11, 245
- du borax, I, 535
- du café chicorée, U, 302
- du chlorate de potasse, I, 579
- du cidre, II, 337
- du cuir, II, 730
- du gaz d’éclairage, I, 333
- du glucose, II, 133
- du laiton, I, 7G8
- du minium, I. 781
- du papier, II, 50G
- du plâtre, ï, 601
- du plomb de chasse, I, 780
- du rouge d’aniline, II, 574
- du sucre, Il 101
- du sulfate de cuivre, I, 764
- — de quinine, II, 80
- du tabac, II, 405-407
- du vermillon, 1, 811
- du vert-Guignet, I, 681
- du verre, I, 714
- du vin, II, 325
- du vinaigre à Orléans, II, 443
- — par la mousse
- de platine, II, 445
- — dans le Nord, II, 444
- du violet d’aniline, II, 573
- Faïences anglaises, I, 698
- communes, I 699
- fines, I, 698
- italiennes, I. 699
- Falonia, II, 634
- Falsifications des actes, II, 65
- du bleu de Prusse, 11, 764
- du cachou, II, 639
- du café en poudre, II, 303
- des céruses, 1, 796
- de la cire, H. 223
- des cochenilles, II, 559
- des garances, IL 527
- des indigos, II, 611
- du lait, II. 392
- de la laine par le coton, II, 473
- du miel, II, 155
- du rocou, IL 594
- du sel marin, 1, 551
- des sels de potasse, I, 748
- des savons, IL 210
- des suifs, II, 190
- des vins, II, 335
- du vinaigre, II, 417
- Fard de carthame, II. 547
- des anciens, I, 749
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-
-
-
- 884 TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES
- Fard des dames romaines, I, 788 Feuilles de plomb, I, 779
- Farine fossile, I, 707 de raisin d’ours, II, 612
- Farines, II, 307-312 de tabac, II, 405
- Fausse couleur, II, 091 de thé, II, 293
- monnaie, I, 856 Feux ardents, I, 474
- Fausses perles, I, 231 d’artifice, I, 559
- Faux bijoux, 1, 700 follets, I, 174-11, 818
- safran II, 545 naturels, I, 324
- orpiment, I, 379 Fez des Orientaux, Fibre ligneuse des végétaux, II, 504
- réalgar, Fécule amylacée, I, 380 II, i57
- 11, 145-140 musculaire, II, 390
- de marrons d’Inde, II, 296 Fibres textiles, II, 481-484
- de pommes de terre, gommeuse et soluble, II, 290 Fibrine, végétale, II, II, 397
- IL 152 308 397
- sèche, II, 149 du sang, IL 802
- torréfiée, II, 152 Fibroine, II, 479
- verte. II, 149 Fibrose, 11, 409
- des plantes, II, 027 Fiel de bœuf, II, 27 0-797
- Fécules purgatives, II, 147 concentré et purifié, II. 798
- Fer, I, 041 de verre, II, 714
- blanc, I, ( 58 Fiente du diable, II, 240
- cassant à froid, I, 058 Figulines (argiles), Fil d’aloès, I, 097
- chromé, I, 678 II, 455
- cru, I, 643 d’archal, I, 415-065
- dans le sang, 11, 802, 803 de chanvre, II, 462
- des houillères, I, 643 de clavecin, I, 065
- doux, I, 643 de coton, II, 404
- ductile, I, 043-654 de faux aloès, II, 445
- élamé, I 630 de laiton, 1. 709
- forgé, I, 619 de lin, de plomb, II, 461
- galvanisé, limoneux, 1, 030 I, 7SO
- I, 043 de soie, II, 478
- noir, I, 658 de verre, I, 710
- oligiste, ooiithique, I, 042 1, 643 Filaments de chanvre vus au microscope, II, 405
- oxydulé, I, 043 du coton, id., II, 465
- passif, I, 072 de laine, % id , II, 409
- réduit par l’hydrogène, I, 065 du lin, id., II, 465
- rouverain, I, 658 de soie, id., II, 478
- spathique, I, 643 Filasse, * II, 459- 60
- spéculaire, sulfuré blanc, I. 042 Filière, I, 414
- I, 074 Filigrane du papier, II, 610
- — jaune, * I, 074 Filons, I, 400
- zingué, I, 630 Finage, I, 052
- Ferment, II, 117 Fineries, 1, 052
- Fermentation, II, 117 Fine-forge, I, 252-267
- acétique ou acide, II, 440 Fine-metal, I, 672
- alcoolique, II, 117 Fioles philosophiques, I, 717
- lactique, II, 382 Filtrage de l’eau, I, 303
- du cidre, II, 3.2 Filtres, I, 304-307
- du moût de raisin, II, 327 Dumont, II, io«
- du. tabac, II, 406 Taylor, II, 1>4
- putride, spiritueusp, II, 815 II, 117 Fixage des couleurs par l’albumine, II, 717
- vineuse, visqueuse, II, 117 II, 789 des couleurs par la vapeur, Flambage des toiles, II, 715
- Feu, I, 352 II, 494
- brisou, grisou ou terrou, I, 326 Flacons bouchés à l’émeri, I, 086
- grec ou grégeois, I, 662 de Bologne, I, 417
- indien blanc, I, 381 Flambards, I, 174
- Feuilles d’argent, I, 829 Flambart, II, 200
- des boîtes à thé, I, 743 Flamme, I, 355
- d’étain, I, 744 de réduction, I, 358
- de gutta-percha, II, 200 oxydante, I, 358
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-
-
- DES DEUX VOLUMES. 885
- Flamme phosphorique, I, 166
- Flavine, II, 585
- Flèches empoisonnées, 11, 75
- Flénu, I, 272
- Fleurage, II, 290
- Fleurée, II, 672
- Fleurs (leurs mat. colorantes), II, 264
- argentines, I, 748
- d’antimoine, I, 748
- d’arsenic, I, 382
- d'artichaut, II, 389
- do benjoin, de caille-lait, II, 247
- II, 389
- du cardon, II, 389
- des chardons, II, 389
- de carthame, II, 545
- de garance, 11, de Gaultheria, 524-5 il
- II, 7
- de la grassette, II, 389
- de houblon, II, 348
- de pecher, 11, 759
- de la reine des prés, II, 7 I, 128
- de soufre,
- Fleuves, I, 79
- Flint-glass, I, 713
- Fluavile, II, 258
- Fluor, I, 72h
- Fluorure de calcium, I, 726
- Flux blanc et noir, II, 46
- Folle (machine pour le blan-
- chiaient), II, 491
- Fonctions des organes pendant
- la vie, II, 774
- dans les animaux, dans les végétaux, II, 792
- II, 775
- Fondant de Baume, I, 559
- Fondants métallurgiques, I, 46 4
- Fondeurs de cuillers d’étain, I, 737
- Fontaines, I, 304
- ardentes, I, 325
- dépuratoires, 1, 303
- empoisonnées, I, 49
- filtrantes de grès, I, 310
- incrustantes, 1. 58'7
- salées, I, 85
- Fonte, 1, 648
- blanche, I, 648
- de Berlin, I, 277
- grise, Force assimilatrice, I, 648
- II, 6 I-, 876
- catalytique,
- vitale, 11, 3-6
- Forces qui produisent la com-
- binaison des corps, I, 14
- qui régissent les êtres vi-
- vants, II, 3
- Forgeage du fer, I, 651
- Formation des couleurs dans
- les plantes, II, 265
- des huiles volatiles, II, 234
- de l’humus, 11, 413
- de la tourbe, II, 824
- Formes à sucre, II, 110
- cristallines du diamant, 1, 252
- Formules chimiques, I, 473
- Fosses ou silos à blé, 11, 836
- à racines, II, 836
- des tanneurs, II, 733
- Foulard, II, 501-502-658-695
- Foulardage, II, 659-695
- Four à brohze, I, 771
- à laiton, I, 768
- à puddler, I, 653
- à réchautlêr, I, 634
- à sole tournante de Rolland, II, 317
- ordinaire de boulanger, II, 316
- Fourneaux à alandiers, II, 749
- à manche, I, 734
- catalans, I, 656
- d’aflinage de l’argent, I, 828
- de coupelle, I, 832
- de verrerie, I, 714
- à analyses organiques, II , 14
- Fours à chaux, I, 591
- à plâtre, I, 602
- aérothermes, II, 316
- anglais pour Fextract. du
- zinc, I, 627
- liégeois, id., I, 625
- silésiens, id., à soude, I, 626
- I, 507
- des Chinois pour le charbon i, F 281
- Fousel, H, 363
- Frangipane, Fritte d’Alexandrie, II, 389
- I, 723
- de Rouzzole, I, 723
- Froid (moyen de conservation), II, 828
- Fromages, II, 383 -384
- à la crème, de Hollange (leur colora- II, 384
- tion), II, 624
- Fruits alimentaires, II, 295
- aromatiques, II, 303
- astringents, II, 298
- à l’eau-de-vie, IL 845
- charnus et pulpeux, II, contenant de l’acide cyan- 296> -790
- hydrique, H, 760
- huileux, II, 297
- des légumineuses, II, 304
- du rocouyer, II, 592
- secs du commerce, sucrés et féculents, II, 829
- II, 298
- • — non acides, II, 296
- tinctoriaux, H, 588
- Fucus, J, 493
- Fuchsiacine, H, 573
- Fuchsine, II, 269-573- 57 4- -684
- Ful mi-coton, II, 162
- Fulminates, H, 771
- d’argent, H, 771
- de mercure, Fumaison des viandes, II, 771
- II, 849
- Fumée de Russie, I, 290
- de tabac, II, 407
- Fumerolles, I, 154
- Fumigations d’acide chlorhydri-
- que, I, 205
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-
-
-
- 886 TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈBES
- Fumigations d'acide sulfureux, I, 13!) Gaz des terrains ardents, H, 818
- de chlore, I, 100 des rivières inflammables, IL 818
- de vinaigre, sulfureuses, H, 449 du bois, IL 426
- I, 139 du Paradis, II, 426
- Fusées à la Congrève, I, 560 hilarant, I, 217
- de mines, IL 2G0 hydrogène, I, 104
- Fusion aqueuse, I, 456 — arseniqué, I, 392
- ignée, I, 44G — carboné, I, 323
- du beurre, II, 386 — bicarboné, I, 328
- des corps gras, 11, 18G — phosplioré, I, 170
- des métaux, I, 418 — sulfuré, I, 143
- des minerais, I, 4G4 inflammable, I, 108
- des suifs, II, 176 intestinaux, IL 798
- Fustel ou fustet, II, 678 üght, I, 335
- Fustic, H, 678 méphytique, I, 36
- Fustine, II, G 269-579 nitreux, oléfiant, oxyde de carbone, permanents, phosphorique, I, I, I, I, 218 329 312 L 9 170
- Gâchage du plâtre, I, G04 platine, L 348
- Gale (son traitement), I, 139 plomb, I, 156
- Galène, Galipot, I, 776 portatif comprimé, I, 345
- II, 239 — non comprimé, I, 316
- Gallate de peroxyde de fer, 11 , 57 rutilant, I, 218
- Galle (noix de), II 53 spontanément inflammable, I, 170
- (espèces commerciales), II, G3I sylvestre, I , 36
- Gallons de Hongrie, 11, 035 tonnant, 1, UO
- du Levant, de Piémont, H, G35 Gay-Lussac (note historique), IL 755
- II, 634 Gazomètre, L 361
- Galvanisation du fer, I, 030 Gélatine, IL 722
- des cadavres, II, 853 (espèces commerciales), IL 726
- Galvanoplastie, I, 859 des os, I, 736
- Gambirs, 11, G3G (agent de conservation), H, 851
- Gangues, Gantéine, I, 4GO Gelée blanche, I , 57 142
- II, 201 végétale, II,
- Gants, H, 730 de viandes, H, 401
- Garançage, 11, 701 de fruits, I, (43
- Garance, (espèces commerciales), H, 517 Gelées alimentaires, H, 7 28
- II, 519 Gehlen, chimiste (mort de), Gemmes, I, 393
- (essai des garances), II, 530 I, 709
- (fleur de), II, 624 -S'il Genièvre, II, 237-35/
- Garanceux, II, 524 Gendre de Saturne, I, 749
- Garancine, II, 524 Genêt d’Espagne, IL 4,6
- Gastérase, IL 796 Gentianine, IL 269
- Gaude, II, 585 Géognosie, I, 457
- Gâteaux d’abeilles, II, "221 Geriiardt (note historique), il 26 755
- Gaz, I, 1 -335 Germination, IL
- â l’eau, I, 340 de l’orge, IL 3 (5
- acide carbonique, I , 35 Germoir, IL 345
- — chlorhydrique, I, 199 Geyser, 1, 708
- — nitreux, I, 215 Gin, il, 237
- — sulfhydrique, I, 153 Gites aurifères, I, 8 58
- — sulfureux, I, 13G, H, 852 Givre, I ] 57
- ammoniac, I, 221 Glace (eau solide!, 448
- aqueux, 1, 100 Glaces et sorbets, I,
- coerci blés, 1, 9 Glaces, II, 711
- de l’éclairage par la houille , I, 3)0 argentées, IL 229 L /.Q
- — par les huiles, H, 18) Glacière des familles, I,
- — par la tourbe, IL 820 Glaires de l’œuf, II, 3/0
- des marais, II, des cimetières, 431 -823 Glazer (note historique), I, aon 813
- H, 818 Globes métalliques, I,
- des mines de houille, H, 818 Globules de l’amidon, IL 145
- — de lignite, H, 818 du lait, IL 38*
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-
-
- DES DEUX VOLUMES. 887
- Globules du sang, 11, 801-802 Grand-antique, I, 583
- Glu marine. II, 257 Granatine, II, 84
- Glucose, II, 85-95-154 Granulation du plomb, I, 780
- lactique, II, 381 Graphite, I. 258
- Glucosurie, II, 811 Gras des cadavres, H, 822-827
- Glucynium, I, 404 Grass-cloth, II, 455
- Gluten, II, 147-303 Gravelle, 11, 813
- d’indigo, II, 613 Gravure à l’eau-forte, I, 426
- Glutine, II, 308 à l’acide lluorique, I. 728
- Glycérine, II, 85-118-199-202-51?, Grêle, I, 57-79
- Glycine, II, 85 Grenat oriental ou syrien, I, 709
- Glycocolle, II, 725 Grenétine, II, 143-728
- Glvcose, II, 85 Grès, I, 707
- Glycyrrlnzine, II, 84 poreux pour fdtrer, I, 310
- Goémons, I, 493 Grésil, I, 57
- Goitres (guérison par l’iode), 1, 49s Grillage du café, II. 299
- Gokhvasser, II, 357 des minerais, I, 464
- Gomme, II, 1HC des toiles, II, 494
- adragante, II, 137 Gris au chrysammate d’am-
- arabique, II, 137 moniaque, II, 598
- astringente de Gambie, II, 637 de zinc, I, 637
- de Barbarie, II, 137 noir au sumac, II. 644
- de Bassora, II, 138 Grisou, I, 326-818
- de France, II, 138 Griots de blé, II, 310
- de l’Inde, II, 137 Griotte d’Italie, I, 583
- de la soie, du Sénégal, II, 479 Grotte d’ammoniaque, I, 223
- II, 137 du Chien, I, 36-48
- de Sumatra, II, 257 Guarana, II, 299
- élastique, I, 321, II, 252 Guèdre ou guesdre, II, 670
- gettania, II, 257 Guesdron, 11, 670
- gutte, II, 243 Gueuses et gueusets, I, 64 li
- kino, 11, 637 243-564 Gutta-percha, II, 257
- laque, II, volcanisée, II, 260
- ou résine molle, II, 239 Gypse, I, 599
- résine, Gommeline, II, 237 Guyton de Morveau (note lus-
- II, 152 torique), I, 443
- Gomouti, Gonflement des peaux, Gongs, Goudron de bois, II, II, 455 11, 732 I, 397 427-451 II Haleines lumineuses, H, 749
- de bouille, I, 341 Halfa des Arabes, II, 456
- de tourbe, 11, 826 Happement à la langue, I, 696
- du Nord, 11, 451 Harengs, H, 850
- minéral, I, 341-820 salés, I, 850
- végétal, 11, 427 saurs (préparation), I, 850
- Gousses de bablah, II, 645 Harmaline, II, 269-572
- de libidibi, II, 645 11, 353 Harmonica chimique, I, 110
- Goût d’empyreume ou de feu, Hausmann (note historique), II, 648
- Gouttes d’or du général Lamottc , I, 845 II, 32l Hauts-fourneaux, I, 644
- Grain de blé vu au microscope, Héliotrope, I, 707
- Graine en germination, II, 775 Hellot (note historique), II, 648
- Graines aromatiques (agent de Hématéine, II, 268-534
- conservation), II, 846 Hématine, II, 268-52?
- céréales, 11, 306 Hématite brune, I, 643
- . — (conservation), H, 836 rouge, Hématocristalline, I, 643
- d’Avignon, II, 589 II, 802
- d’écarlate, II, 654-562 Hématosine, II, 268-802
- de l’erse, II, 589 Hématoxyline, II, 268-533
- de ver à soie, 11, 477 Hennel (sa mort), H, 772
- des légumineuses, II, 304 Henné, II, 646
- jaunes, 11, 588 Herbe à la reine, II, 404
- Grains de lumière, I, 871 à ouate, II 456
- Graisses, II, 170 au noir, II, 642
- noires pour les essieux, II, 241 aux poux, II, 75
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-
-
- 888
- TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES
- Herbe aux tanneurs, II, 642
- aux teinturiers, IL 642
- Herbier, H, 827
- Hile, IL 148
- Histose, H, 738
- Holerca, IL 357
- Holker (note historique), I, 238
- Homberg (note historique), I, 527
- Ilott-flue, H, 695
- Houblon, II, 348- -456
- Houille, I, 263 -819
- (classification desl, (distillation de la), I, 266
- I, 331
- Houilles agglomérées, I, 273
- Houillères, I, 270
- Huile admirable, IL 236
- animale de Dippel, IL 741
- de baleine, IL 182
- • de cachalot, IL 218
- d’éclairage, fixe ou lourde de résine, H, 178
- IL 240
- de fleur, IL 178
- de foie de morue, IL 183
- — de raie, IL 183
- de froissage, IL 178
- de gabian, H, 820
- de genièvre, II, 237
- de goudron de houille, II, 7
- " — légère, II, 249
- légère de résine, IL 240
- de l’eau-de-vie de blé. H, 364
- — de marc, IL 364
- — de mélasse
- de betterave, H, 361
- — de pommes
- ue terre, IL 363
- de lin cuite, H, 170
- de marmotte, H, 758
- de naphte, IL 819
- d’olive, H, 180
- — de recense, H, 181
- — lampante, H, 181
- — tournante, II, 181
- — vierge, II, 178
- de palme, IL 189
- de pieds de bœuf, IL 183
- de rebat ou de refait, II, 178
- de ricin, U. 187
- de soufre par la cloche. 1, 237
- de vitriol, 1 , 44
- — dulcifié, I, 131
- des Hollandais, 1, 329
- du merisier à grappes, H, 758
- épurée, essentielle de vin, IL 179
- H, 363
- légère de houille, II, 599
- Huiles, IL '69
- animales, H, 182
- concrètes, IL 173
- de poissons, IL 182
- de résines, IL 240
- de schiste, IL 452
- de tourbe, IL 826
- empyreumatiques du bois, IL 427
- Huiles essentielles, éthérées, fixes ou grasses, non siccatives, siccatives, tournantes, volatiles,
- II, 226 II, 226 II, 169 II, 189 11, 188 II, 679-680 II, 226-231
- — d’amandes amè-
- res, II, 234
- — de moutarde noire, II, 234
- — de pommes de
- terre, II, 7
- —> hydrocarbonées, II, 230
- — oxygénées, II, 230
- — sulfurées, II, 230
- Humidité de l’air, I, 57
- Humus, I, 85-413-432, H, 784-817 Hydracides, I, 154
- Hydrates, : I, 438
- de chaux, I, 581
- de chlore, I, 186
- de cuivre, I, 438-763
- d’oxyde de méthyle, IL 450
- de peroxyde de fer, I, 386-643-665 de potasse, I, 517
- de soude, 1, 5l7
- métalliques, I, 438
- Hydro-carbon-gaz, I, 346
- Hydrochlorate de soude, I, 538
- Hydro-extracteur, II, 111-484
- Hydrogène, I, 104
- arseniqué, I, 392
- bicarboné, I, 328
- carboné, I, 319-323, H, 818
- phosphoré, I, 170, H, 818
- sulfuré I, 129
- Hydromel, II, 100
- Hydrosilicate d’alumine, I, 696
- Hydrotimètre, II, 208
- Hydrotimétrie, II, 208
- Hydrure de phényle, II, 249
- Hygroscopes ou hygromètres, I, 60
- Ilypéricine, II, 268
- Hypochlorites, I, 191
- de chaux, - I, 191
- de potasse, I, 191
- de soude, I, 19*
- I
- lchthyocolle,
- Ignilion,
- llixanthine,
- Imbibition des bois, Imperméabilisation des tissus, Impression des mordants, des papiers, des tissus, des toiles (art de), Impressions à l’albumine, à l’aniline, au vert Guignet, en couleurs d’application,
- II, 726
- I, 352
- II, 269 II, 415 II, 467 II, 696 II, 513 H 689 II,' 689 11, 717 II, 718
- II, 718 II, 719
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-
-
-
- DES DEUX VOLUMES. 889
- Impressions en couleurs vapeur, II, 712
- par mordants et garançage, II, 703
- par réserves, II, 705
- par rongeants, II, 707
- Impuretés de l’air, I, GO
- de l’or natif, I, 8 »7
- Incendies (moyens de les éteindre), I, 69 i
- Incinération, I, 279
- Incrustation des chaudières, I, 608
- Indiennes II, 689
- Indigo, II, 602
- carmin, II, 617
- précipité, II, 617
- soluble, II. 617
- vert de Chine, II, 263-270-629
- violet, II, 573
- Indigos du commerce, II, 604
- Indigotiers ou indigofères, II, 602
- Indigotine, II, 612
- blanche, II, 614
- bleue, II, 614
- Indisine, II, 269-572-573
- Industrie des pyrites, I. 674
- des mines (historique), I, 464
- Inflammation des gaz par les
- métaux, I, 419
- spontanée du charbon, I, 318
- — des corps gras, II, 189
- — des végétaux, II, 817
- Infiltration des bois, II, 419
- Influence de l’eau sur la coloration des sels, I, 446
- de l’oxvgène sur la coloration des corps, II, 265
- des vases de zinc sur le
- lait, II, 390
- Iingenhousz (note historique), I, : 8
- Injection des bois, II, 418
- des cadavres, II, 852
- Inocarpine, II, 268
- Inosite, II, 85-400
- Inquartation, I, 854
- Insecte de la cochenille, 11.554
- de la noix de galle, II, 631-632 Insectes tinctoriaux, II, 553
- Inuline, II, 288
- Invention du papier, II, 506
- Iode, I, 495
- Iodures, I, 422-495
- d’amidon, I, 497, II, 150
- d’azote, 1, 497
- dé mercure, I. 496
- de plomb, I, 496
- de potassium, I, 498
- Iridium, I, 404
- Isatine, II, 613
- Isomérie, I, 322
- Isomères (corps), I, 322
- Ivoire animal, II, 74 4
- végétal, II, 745
- Ivresse (moyens de la faire disparaître), I, 236
- Ivrognes, II, 126
- *9
- Jai ou Jais, I, 276
- artificiel, I, 276
- Jargon, I, 709
- Jaspe, I, 707
- Jaune Aladin, I, 680-68 4
- à l’acide picrique, II, 600-685
- au quercitron, II, 584-685
- au sumac, II, 644
- bouton d’or, I, 683
- d’antimoine, I, 781
- de cachou, II, 270
- de carlhame, II, 269
- de Cassel, I, 786
- de Cologne, I, 684
- de chrome, I, 683-684 , H, 686
- de curcuma, II, 577-685
- de gaude, II, 588-685
- de gomme gutte, II, 270
- de graines de Perse, II, 591
- de iiouque, II, 270
- de Kassler, I, 786
- de Naples, I, 786
- d’œuf, II, 375
- d’outremer, I, 683
- de Paris, I, 786
- de rhubarbe, II, 269
- de Sienne, I, 583
- de Turner, I, 786
- de Vérone, I, 786
- des lisières, H, 685
- indien, II, 270
- minéral, I, 786-815
- — surfin, I, 7 87
- paille minéral, I, 815
- sur laine au bois jaune, II, 581
- Jayet, I, 276
- Jets enflammés des terrains
- ardents, II, 818
- Job (feuilles d’étain), 1, 744
- Jus de Brésil, II, 540
- de pommes, II, 342
- de réglisse, II, 830
- Jusée, II, 732
- Jute, II, 455
- K
- Kaolin, Kao-lyang, I, 698
- II, 357
- Karabé, II, 821
- Karat, I, 256
- Karsténite, I, 600
- Kelp, 1, 493
- Kermès animal ou végétal, II, 562
- (variétés commerciales), II, 563
- minéral, r, 7 46
- Khair, II, 456
- Kino, II, 637
- Kirsch ou kirschen-wasser, II, 357-758
- Kneip, II, 357
- Knoppern, II, 634
- Ko, II, 456
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-
-
- 890 TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES
- Koumys ou kumiz, II, 391
- Kréosote, II, 453
- Kunckel (noie historique), I, 161
- Kurari, II, 76
- Kyanol, L II, 571
- Lac des teinturiers, II, 566
- Lac-dye, II, 566
- Lac-lake ou lack-lake, II, 566
- Lacs, I, 79
- salés, I, 539
- Lactine, II, Lacto-butyromètre de Mar- 85-381
- chand, II, 395
- Lacto-densimètre de Quevenne, II, 393
- Lactose, II, 381
- Lactucarium, II, 830
- Lagonis de Toscane, 1, 532
- Laine, II, 468
- (vue au microscope), II, 469
- (son blanchiment), II, 498
- de bois, II, 456
- de salamandre, I, 375
- des philosophes, I, 406
- tontisse pour le filtrage, I, 308
- végétale, II, 455
- Laines du commerce, H, 470
- en suint, II, 470
- mortes, II, 470
- surges, II, 470
- de toison, II, 470
- Lait, II, 379-387-389 caillé (conservation des
- viandes), II, 833
- (procédés de conservation), 11, 840
- de beurre, II, 385
- de chaux, I, 581
- de divers animaux, II, 391
- de vierge, écrémé, II, 439
- II, 380
- qui ne tourne jamais, II, 389
- virginal, II, 241
- Laitiers, I, 464
- Laiton, I, 755-766-768 Lames métalliques (action sur
- les sels), I, 450
- Laminage du fer, 1, 652
- du plomb, I, 779
- Lamineries, I, 652
- Laminoirs, I, 413
- Lampe de Davy, 1, 369
- de M. Combes, I, 371
- d’émailleur, I, 716
- hydroplatinique, I, 420
- hydrostatique, I, 633
- philosophique, I, 109
- sans flamme, II, 128
- Lampes de sûreté, I, 370
- perpétuelles, I, 375
- Langage chimique des anciens, I, 442
- des modernes, I , 29-441
- Languedoc (marbre), I, 5V3
- Lanternes de sûreté, I, 374
- Lanthane, I, 404
- Lapis (genre d’indiennes), n, 706
- Lapis lazuli, i, 709
- Laque (vernis chinois), if, 821
- Laques, II, 29 -281 -687
- carminées, II, 558
- — de Florence, II, 558
- cramoisies, II, 542
- de Brésil, II, 542
- de Florence, II, 542- 558
- de gaude, II, 588
- de Vienne, II, 542
- en boules de Venise, II, 542
- Larmes bataviques, I, 717
- Larrons (dans les toiles), Lassaigne (note historique), II, 498
- II, 473
- Laurier-rose des teinturiers, I, 621
- Lavage à dos de la laine, II, 499
- de la laine après la tonte, II, 500
- des minerais, I, 463
- du papier timbré, H. , 67
- des sables aurifères, I, 849
- des toiles, II, 487
- Laveuse de Rickly, IL 666
- Lavoisier (note historique), II , 70
- Lau, II, 357
- Laurent (note historique), II, 598
- Laurier-camphrier, II. 232
- Lazuiite outre-mer, Leblanc (note historique), I, 709
- I, 505
- Lebon (note historique), II, 424
- Lecheguana (guêpe), II , 99
- Le Fèvre (note historique), I, 237
- Légumes alimentaires con-
- servés, H, 832
- herbacés, II, 292
- Légumine, 11, 297 -304 -379
- l.eio^ome ou leïocome, II, 152
- Lemery (note historique), I, 237
- Lepileur d’Apligny (note his- 648
- torique) , IL
- Lessivage à haute pression de 496
- Wright et Freeman, II,
- — de Gaudry, IL 497
- des fils, II, 484- -485
- des soudes, l 511
- Lessive de sang, II, 753 -761
- Lessives, IL 478
- caustiques, I, 5i6
- des savonniers, I, 516
- Leucine, H, 725
- Levain, II, Il7-311
- Levure flp hièrp. TT 117-120-311
- lactique, IL 381
- Levûriers, II, 117
- Libidibi, IL 645
- Lichens tinctoriaux, IL 548
- Lie de vin, IL 328
- Lifa, IL 455
- Ligneux, IL 157
- Lignine, II, 158 -166
- Lignites, I, 275, IL 819
- Liguline, IL 268
- p.890 - vue 897/920
-
-
-
- DES DEUX VOLUMES. 891
- Lilas d’oreanette, 11, 568 11
- d’orseille, II, 551
- Limon, II, 823 Mâ, II, 455
- Limonade sèche, II, 49-103 Mâchefer, « I, 766
- Lin commun, II, .55-457 Machine à acide carbonique de
- (vu au microscope), II, 405 Brunei, 1, 41
- vif, I, 375
- de la Nouvelle-Zélande, II, 455
- Lingotière, I, 836
- Liquéfaction du gaz
- acide carbonique, I, 51
- des savon?, II, 19(5
- Liqueur alcalimétrique, I, 485
- à argenter les glaces, II, 229
- ammoniaco-cuivreuse, II, 160
- anodine d'Hoffmann, II, 131
- cupro-ammoniacale, II, 160
- d’amorce, II, 812
- de Barreswil, II, 27
- de ferraille, II, 442
- de Labarraque, I, 198
- , de Van Swieten, I, 820
- des cailloux, I, 729
- des Hollandais, I, 329
- d’or, I, 845
- fumante de Cadet, > II, 433
- — deLibavius, I, 741
- Liqueurs de table, H, 91
- Liquide pour bronzer, I, 752
- Lisage des ûls, H, 663
- Lisoirs, II, 657
- Litharge, I, 781
- (variétés commerciales), I, 785
- Lithium, 1, 104
- Lithographie, I, 584
- Lo-chou (nerpruns de Chine), II, 270-629 Lo-kao (vert de Chine), II, 202-270-629 (indigène), II, G30
- Lo-mâ, II, 45G
- Lois de Berthollet, I, 455
- de composition des sels, I, 443
- « de combinaison, I, 20a
- des acides pyrogénés, II, 2G
- des équivalents, I, 470
- des oxydes métalliques, I, 480
- Lophine, II, 77
- Lumaca, lumacella,lumachelle, I, 584
- Lumière électrique, philosophique, solaire (son action sur les couleurs),
- Lumps (sucres),
- Lune,
- cornée,
- Lupulin ou lupuline,
- Lustre Burgos, de platine, métallique,
- Lutéoline,
- Luts,
- de sapience ou des philosophes, I, 92
- Lymphe des plantes, II, 788
- I, 297 I, 16G
- II, 272 II, 115 I, 820 I, 838 II, 848 I, 865 I, 873 I, 410 II, 269-58G I, 91
- à dégorger de Prévinaire, II, G55 â fabriquer le papier, II, 510-511 à lanières, II, 487
- à laver, II, 487
- à passer de Prévinaire, II, G55 à rouleaux ou à cylindres, 11,487 — pour impression, II, 693
- à tordre, II, 4G3
- à tubes, II, 487
- pneumatique, I, G8
- Machines à vapeur, I, 100
- à vapeurs combinées, II, I3G
- Macquage du lin, II, 4 GO
- Macquer (note historique), II, 648
- Madrageoumadrure des savons, II, 198
- Magister de bismuth, Magistral,
- I, 802 I, S25
- Magnaneries ou magnanderies, II, 47G
- Magnés,
- Magnésie noire,
- Magnésite,
- Maillechoi t, en couleur,
- Mahuari,
- Malaria,
- Maladie de la pierre, des cidres,
- Malachite,
- Malate de chaux, Malléabilité des métaux, Malouin (note historique), Malt sec ou touraillé, Maltage de l’orge, des pois,
- Malte ou Malthe, Mammouths,
- Manganate de potasse, Manganèse,
- Manganèses hydratés, métalloïdes, ternes,
- Manioc,
- Manne,
- du sérum du lait, Mannite,
- Manuscrits d’FIerculanum, Marais,
- salants,
- Maraschino de Zara, Marbres, blancs, de Bardiglio, de Bergame, statuaires,
- Marbrure du savon, Marcassite,
- Margarates alcalins, Margarine,
- I, G14 I, G14 I, 710 I, 722 I, 7 i4
- I, 357 II, 155
- II, 812 II, 343
- I, 763
- II, 822 I, 412
- I, G30 II, 347
- II, 345
- I, 395
- H, 820
- II, 828
- I, G15 I, 614 I, G18 I, GIS I, GIS
- II, 314
- H, 789 II, 381
- II, 84-98-789
- I, 317 I, 79
- I, 544
- II, 357 I, 45
- I, 583 I, G00
- I, G00 I, 583
- II, 198 I, G9i-696
- II, 204 171-204
- flt \ .jF"'
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-
-
-
- t
- 892 TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES
- Margaryle, II, 202
- Margraff (note historique), II, 104
- Marnes, I, 697
- Marnières, # I, 48
- Maroquin, 11, 734
- Marquage du linge, 1, 836
- Marron foncé à l’acide chrysam-
- mique, II, 598
- Marrons de coco, II, 745
- — d’Inde, II, 296
- Marteaux à vapeur ou marteaux-
- pilons, I, 654
- Massicot, I, 781
- Mastic (résine), II, 243
- de Bell, I, 813
- de Dilh, II, 246
- de Serbat, I, 783
- Mastics bitumineux, II, 821
- hydrofuges, II, 246-321
- pour chaudières et machi-
- nes à vapeur, I, 783
- Matamores, II, 836
- Matériaux salpêtrés, I, 556
- Matière amylacée, II, 144
- brune de l’indigo, II, 674
- caséeuse, II, 380
- colorante du campêche, II, 533-535
- — de l’artichaut, H, 631
- — des chardons, II, 631
- — de la garance, II, 523
- — de la peau, II, 723
- — de la soie, II, 479
- — du sang, H, 802
- de la soie, II, 478
- excrémentitielle, H, 798
- libreuse de la soie, II, 479
- glycogène, II, 812
- grasse de la laine, II, 472
- incrustante, II, 158-168
- ligneuse, II, 157
- — des animaux, II, 397
- verte des feuilles, II, 263
- Matières albuminoïdes, II , 84-398
- alimentaires, 11, 792
- astringentes diverses, II, 645
- colorables, II, 267
- colorantes, II, 261
- — bleues, II, 260
- — — artili-
- — cielles. , II, 624
- — brunes, II, 270
- — de bon teint, II, 274
- — de mauvais
- teint, II, 27 4
- — jaunes, II, 269
- — rouges, II, 268
- — vertes, 11, 270
- — violettes, II, 624
- colorées, II, 267
- de la bile, H, 797
- étrangères sur les toiles, II, 4S7
- frlamenteuses, II, 454
- grasses des animaux, II, 171
- — des végétaux, II, 171
- Matières grasses de l’huile de
- ricin, II, 2 i0
- organiques, II, 3
- — de l’air, I, 60
- osseuses employées à l’extraction de la gélatine, II, 7 39
- rouges artificielles, II, 57 5
- salines dans les animaux, 11,794
- — dans les plantes, II, 786 servant à la fabrication de
- la gélatine, II, 720
- textiles, II, 454
- — animales, II, 468
- — végétales, II, 454
- tinctoriales, II, 516
- — bleues, II, 002
- — brunes, H, 631
- — jaunes, II, 5'6
- — noires, H, 631
- — rouges, II, 517-567
- — vertes, II, 631
- Mattes, I, 850
- Maturation des fruits, II, 789
- Maurelle, H, 623
- Mauvais goût des esprits, II, 363
- Mauve en arbre, II, 456
- d’aniline, II, 573
- de cochenille, II, 559
- d’orseille, II, 551
- textile, II, 456
- Mazéage, I, 652
- Meat-biscuit, II, 831
- Mèches incombustibles, I, 375
- pour les bougies stéariques, II, 214
- soufrées, II, 842
- Méchoir, II, 843
- — de M. Maumené, 11, 843
- Médailles en soufre, I, 134
- Mégisserie, II, 735
- Mélange, I, 15
- Mélanges frigorifiques, I, 447
- Mélasse, II, 103
- — (agent de conservation),
- Mélamine,
- Melchior,
- Mélézitose,
- Mélitose,
- Membrane de l’œuf,
- Menu des indigos,
- Mer,
- Mercure, I, 803-:
- blanc, de vie, des sages, doux,
- — à la vapeur, éteint,
- fulminant de Hoxvard,
- Mères de vinaigre,
- Merrains de chêne,
- Mesurage de la houille, du charbon de bois, du coke,
- H, 836 II, 77
- I, 772
- II, 86 II, 86
- II. 374 II, 611 I, 79
- -804-808
- I, 818 I, 753 I, 398 I, 816 I, 817
- I, 810
- II, 771 IL 4 43 II, 368
- I, 265 i 996
- O
- i
- p.892 - vue 899/920
-
-
-
- DES DEUX VOLUMES. 893
- Mesureur de la densité du
- lait, II, 393
- Métal anglais, I, 775
- argentin de Paris, 1, 747
- britannia, I, 775
- d’Alger, 1, 747
- de la civilisation, I, 685
- de la coloration, I, 685
- de la Reine, I, 747
- Muntz, I,. 767
- des canons, I, 412
- des cloches, 1, 770
- du prince Robert, 1, 747
- Métalloïdes, I, 11-435
- composés de nature organique, II, 435
- Métallurgie, I, 463
- Métamorphoses des matières
- organiques, II, 815
- Métanaphtaline, II, 240
- Métaux, I, 11-396-4H-435
- alcalins, I, 409
- alcalino-terreux, I, 409
- attirables à l’aimant, I, 419
- cassants et fragiles, I, 413
- composés de nature organique, II, 435
- conducteurs de l’électricité, I, 419
- cuivrés, ' I, 860
- des alcalis et des terres, 1, 402
- fusibles, 1, 418
- natifs, I, 456
- nobles, I, 409
- proprement dits, I, 409
- réfractaires, I, 419
- vierges, I, 457
- volatils, I, 418
- Météores aqueux, I, 57
- Météorisation des herbivores, I, 236
- Météorites, I, 642
- Méthyle, II, 450
- Méthylène, II, 450
- Métier à surface, II, 694
- Mets contenant du vert-de-
- gris, II, 437
- Meubles (moyen de leur donner
- un air de vétusté), II, 424
- Meunier (note historique), I, 117
- Miasmes, I, 60
- Mica, I, 710
- Microscope appliqué à la distinction des libres textiles, II, 465
- Miel, II, 98
- de roseau, II, 87
- — (agent de conservation), 11, 835
- Mignonnette, II, 304
- Miltos, I, 812
- Mine d’acier, I, 643
- de capucine, I, 259
- de cobalt, I, 377
- de chrome, I, 678
- de plomb, ' I, 258
- Mine de plomb rouge de Sibé-
- rie, I, 676
- — orange, I, 797
- Minerai succedaneum, I, 813
- Minerais de fer, 1, 642
- de plomb, I, 776
- métalliques, I, 463
- Minéraux, I, 3
- Mines (leur développement in-
- dustriel), I, 464
- d’argent, I, 821
- de cuivre, I, 756
- de diamants, I, 252
- d’étain, 1, 734
- de houille, I, 270
- de mercure, 1, 804
- d’or, de platine, de plomb, I, 847
- I, 866
- I, 776
- de sel gemme, I, 538
- Minium, (espèces commerciales), I, 781
- I, 787
- Minofor, Miracle chimique, I, 747
- I, 601
- Miroir d’âne, I, 600
- des Incas, I, 676
- Mise en couleur des alliages
- d or, I, 857
- des parquets, II, 224
- des peaux en fosse, 11, 733
- Mispickel, I, 381
- Mock-argent, I, 775
- Mocou-mocou, 11, 456
- Moelle de benjoin, II, 247
- de bœuf, II, 171
- de sureau, II, 159
- Moellons, I, 586
- Mofette, mophette ou mouphette
- asphyxiante, I, 47
- Moire, II, 505
- Moiré métallique, I, 659
- Moisissure des viandes, II, 806
- Molécules des corps, I, 4
- Molybdène, I, 404
- Momies, II, 822-854
- blanches, II, 829
- Momification, II, 822
- Monnaies d’argent, I, 830
- d’or, I, 854
- fausses, I, 856
- fourrées, I, 841
- Monnayage, I, 830
- Montage des cuves d’indigo, II, 616-670
- Mordançage, II, 654
- de la laine en toison, II, 659
- des fils, II, 655
- des tissus, II, 658
- Mordants, II, 282 -851-653
- d'alumine des fabriques, II, 441
- d’étain, I, 740
- de noir, IL 441
- de rouge des indien-
- neurs, II, 439
- pour impressions, II, 696
- II.
- 57
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-
-
-
- oo CO TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES *
- Moréine, II, 269 Murs noircis par le temps (net-
- Morfil, II, 744 toyage des), I, 204
- Morin blanc, II, 269-580 Muscles, II. 396
- jaune, Morindine, II, 209-580 Musculine, Il, 400
- II, 269 Mutage ou mutisme, II, 842
- Morindone, II, 068 Mycose, 11 , 86
- Morphine, II, 72 Myrica, H, 220
- Mort aux rats, I, 175-381-387 Myricine, II, 224
- Mortiers, I, 59 i Myrobolans d’Asie, I, 645
- Mosaïques, II, 262 Myronate de potasse, I, 235
- Moscouade, II, 103 Myrosine, II, 235
- Moufle, Moulage des I, 832 bougies stéari- Mysy, I, 666
- ques, II, 214
- du phosphore, II, 751
- Moulin à broyer l’indigo, II, G16
- — lespommes, II, 339-340
- à cylindre des Hollandais
- pour le papier,
- A égrener le coton,
- Moum des Perses,
- Moussache,
- Mousse de platine,
- (son emploi pour faire le vinaigre',
- Moût de bière, de pommes, de raisin,
- Moutarde,
- Mouton (figure d’un),'*
- Mouture du blé,
- Moyens de distinguer la potasse de la soude,
- de rendre les eaux dures potables,
- d’empêcher les incrustations des chaudières,
- — l’humidité dans les
- appartements,
- — le lait de tourner, d’enlever l’encre, d’arrêter les incendies, de détruire les animaux
- nuisibles,
- pour combattre les effets du chlore,
- pratiques de produire les couleurs,
- pour enlever la chaux des citernes,
- de reconnaître la nature des composés organiques, " II, 12-22
- de retarder la putréfac tion,
- Mucilage,
- Muet,
- Muqueux sucré,
- Murexide,
- Muriate de soude,
- suroxygéné de potasse,
- II, 608 II, 4G4 li, 820 II, 146 I, 420-872
- II, 445 II, .148 II, 342 II, 325 I, 871 II, 469 II, 314
- I, 873
- I, 607
- I, 608
- I, 744
- II, 389 I, 197 I, 695
- I, 160
- I, 184
- II, 670
- I, 612
- Mûrier à papier, blanc, des teinturiers,
- II, 827 II, 138 II, 844 II, 118 II, 268-568 I, 538
- I, 572 II, 456-512
- II, 456
- II, 579
- N
- Naphte, I, 335, I , 819
- Naphtène, II, 819
- Naphtaline, II, 427
- (agent de conservation), II, 846
- Naphtole, II, 819
- Naphtylamine, II, 576
- Narcéine, II, 74
- Narcotine, II, 74
- Natromètre, I, 489
- Natron, I, 504, II, 854
- Nature des corps, I, 9
- Nectar, II, 99
- Neige, I, 57-79
- d’antimoinp, I, 748
- Neiges rouges, I, 85
- Nénuphar blanc, II, 645
- Néroli, II, 237
- Nerprun des teinturiers, II, 588
- purgatif, II, 591-630
- Nerpruns tinctoriaux de Chine, II, 629
- Nettoyage de l’argenterie, I, 834, II, 46 des bouteilles avec le plomb, I, 800 des murs noircis par le
- temps, I, 204
- des théières anglaises, 1, 748
- des tissus avec le marron
- d’Inde, II, 297
- — teints, II, 065
- Neusilber, I, 774
- Nickel, I, 403
- Nieotiane, II, 74-404
- Nicotianine, II, 404
- Nicotine, II, 77-404
- Niellage ou niellure, 1,843
- Nielles, I, 843
- Nihil album, I, 406
- Niobium, I, 404
- Nitrate d’argent, l, 835
- de potasse, I, 554
- de soude, I, 560
- Nitre, I, 553
- cubique, I, 56J
- de sérum du lait, II, 381
- dulcifié, I, 208
- fixé par les charbons, 1.558
- raffiné, I, 556
- Nitrification, H, 817
- Nitrobenzine, . II, 251-57-
- Nitron, I, 553
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- z DES DEUX VOLUMES. 895
- Nitroso-naphtyline, II, 576 OEnoline, II, 269-333
- Nitrum, I, 553 OEs, I, 765
- Noir animal, I, 290-611, II, 277-742 Œufs de vers à soie, II, 477
- (pour absorber la chaux des des oiseaux, II, 373
- citernes), I, 611 gâtés, I, 155
- animalisé, I, 302 (moyens de conservation), II, 833
- d’Allemagne, I, 289 Oléates alcalins, II, 204
- de bougie, I, 290 Oléine, II, 171-204
- de Casse!, I, 290 Oléomètre de Lefebvre, II, 185
- de châtaigne, I, 289 Oliban, II, 243
- de Cologne, I, 290 Olive de gaude, II, 588
- d’Espagne, I, 289 Ongles d’homme II, 721
- de fer, I, 753 Opale, I, 707
- de Francfort, I, 289 Opium, II, 830
- de fumée, I, 286 Or, 1, 844
- de fusain, I, 289 blanc, I, 857-865
- de hêtre, I, -289 d’Allemagne, I, 775
- de lampe, I. 290 de Judée, I, 742
- de liège, I, 289 de Nagyag, I, 847
- de pêche, I, 289 en chaux, I, 852
- de platine, I, 874 en coquilles, I, 863
- de velours, I, 290 en drapeaux, I, 858
- de vigne, I, 289 fulminant, I, 805
- d’ivoire, I, 290 graphique, I, 847
- d’os, I, 290 jaune, I, 857
- Noirs (teinture), II, 686 mosaïque, I, 742
- au chrômate pour nouveau- musif ou mussif, I, 742
- tés, II, 687 natif, I, 847
- d’Elbeuf teint en pièces, II, 686 pâle, I, 857
- de Sédan, — — II, 686 potable, I, 864
- sur indigo pour nouveau- rouge, I, 857
- tés, II, 687 vert, I, 857
- Noix d’Arec, H, 636 Orange de chrome, II, 684-686
- de coco, II, 745 de murexide, IL 570
- de galle, H, 631 au rocou, II, 693-685
- (variétés commerciales), II, 632 Orcanette, II, 568
- de Gouro, I, 86 Orcanettine, II, 568
- de palmier ou de Tagua, II, 7 45 Orcéine, II, 268-54 S-551
- Nomenclature chimique, I 30-421 Orchis, II, 138
- Noms anciens des métaux, I, 397 Orcine, II, 85-548
- Nombres proportionnels, I, 467 Orelline, IL 270-593
- Nopal ou raquette, II, 554 Organes employés à l’alimen-
- Notation chimique, I, 4 72 tation, II, 286
- Notions générales, I, 1 — en médecine, II, 403
- Nouvelles laques, II, 542 — dans l’industrie, II, 408-720
- Noyer (racine de), II, 6 45 Orge, II, 345
- Nuages, I, 57 germé, II, 153-345
- Nuances bringées, II, 662 Orichalque, I, 755
- Nutrition des plantes, H, 777 Oripeau, I, 775
- — des animaux, II, 792 Ormes ou ourmes, II, 458
- Orpailleurs, I, 848
- Orpiment, I, 378
- O Orpin, I, 37 8
- Orseille, IL 547-735
- Oberkamrf (note historique), II, 091
- Objets en cire, II, 225
- en ivoire, H, 745
- en platine, * I, s'i
- en succin, H, 821
- incombustibles, I, 730
- Ocres, I, 697-700
- de rue, I, 700
- Odeur de peinture 1, 797
- OEnocyanine, II, 270-333
- (variétés commerciales), II, 548
- épurée, II, 549
- en pâte, II, 549-550
- pure et universelle, II, 550-683
- violette, II, 549
- Ortie de Chine, II, 455
- Os, H, 737
- calcinés à blanc, H, 746
- Osséine, II, 738
- Othia, I, 749
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- 896
- TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES
- Oulas,
- Outils des tanneurs, Outremer factice,
- Oxacides,
- Oxalate acide de potasse, d’ammoniaque, de chaux, de potasse, d’urée,
- Oxalis acetosella,
- Oxamide,
- Oxychlorure d’antimoine, Oxycrat,
- Oxydation du campêche, des matières colorantes, des tissus imprimés, Oxyde azoteux, azotique, blanc d'arsenic, d’aluminium, d’antimoine, d’argent, de cacodyle, de carbone, carbonique, calcique, cuivreux, cuivrique, d’étain,
- de fer magnétique, ferreux, ferrique, ferroso-ferrique, hydrique, mercureux, mercurique, noir de cuivre, plombique, pyrophosphorique, rouge,
- — de fer,
- — de mercure,
- — de plomb,
- stannique,
- Oxydes, alcalins, d’azote, de chrome, d’or,
- irréductibles, métalliques, solubles dans les alcalis, terreux,
- Oxygénation,
- Oxygène,
- Oxymel,
- Oxymuriate d'étain, Oxysulfure d'antimoine, Ozone,
- Paât,
- Packfond,
- II, 43G II, 732 I, 709
- I, 153
- II, 29 II, 39
- II, 33-813 II, 38 II, 809 II, 29 II, 39 I, 752 II, 413 II, 536 II, 274 II, 699 I, 216 I, 218 I, 381 I, 686 1, 748 I, 837 II, 433 I, 312 I, 312 I, 580 I, 762 I, 762 I, 737 I, 643 I, 665 I, 642-665 I, 666
- I, 124 I, 814 I, 810 814 I, 762 I, 781 I, 435 I, 76^ I, 643 I, 810 I, 781 I, 737 I, 29 I, 430 I, 216 I, 677 I, 865 I, 433 I, 432-499
- I, 454 I. 430
- I, 28-352 22-26-682 II ,'99 1, 740 H, 44
- II, 273
- II, 455 I, 397
- Pakfund, I, 772
- Paillon, II, 744
- Pailloteurs, I, 848
- Pain, II, 311
- azyme, II, 312
- de cassave, II, 314
- de gluten, 11,310
- de munition, II, 320
- rassis, II, 319
- tendre, II, 319
- Pains-assiettes, II, 311
- de luxe, II, 320
- de pommes de terre, II, 314
- en gélatine pour cacheter, H, 729
- Palladium, I, 404
- Palliement, II, 665-673
- Palmine, II, 193
- Palo campechio, II, 532
- Palus, II, 520
- Panacée antimoniale, II, 44
- mercurielle, I, 817
- universelle, I, 398
- Pancréas et pancréatine, II, 796
- Panier à salade, II,- 491-492
- Panification, II, 311-314
- d’après les procédés de
- Mége-Mouriès, II, 320
- Pansement des fractures avec
- la dextrine, II, 153
- Pantes, II, 483
- Papier, • II. 666
- à calquer, II, 512-729
- à la main, II, 509
- à la mécanique, II, 509
- à papillotes, II, 513
- brouillard, II, 513
- d’amiante, I, 376
- de Berzélius, II, 159
- de chanvre et de lin, II, 507
- de coton, II, 507
- de Chine, II, 512
- de cordes, II, 511
- de curcuma, II. 577
- de paille, II, 511
- de riz, II,'158
- de soie, IL 612
- de Suède, II, 513
- de tournesol, II, 622
- de verre, I, 686
- demoiselle, IL 513
- étamé, I, 738
- fulminant, H, 772
- gélatine, H, 729
- glace, • H, 729
- goudronné, IL 515
- hydrographique, II) 59
- Joseph, H, 512
- pelure d’oignon, . IL 512
- pour billets de banque, etc. II, 512
- serpente, \],
- végétal, II, 5U
- vélin, H, 509
- vergelé, H, 5°J
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- DES DEUX VOLUMES. 897
- Papiers à filtre, II, 513 Peinture sur verre, I, 720
- argentés, II, 614 Pélanage, H, 732
- colorés, II, 513 Pellicule de l’œuf, II, 374
- communs, II, 511 du lait, H, 389
- de laine, II, 515 Pelopium, I, 404
- de sûreté, II, 67 Pénétration des bois par les
- d’emballage, II, 511 agents conservateurs, II, 416
- dorés, II, 514 Pépites d’or, I, 848
- gris, II, 511 de platine, I, 867
- lithographiques, II, 512 Pepsine, II, 389-796
- maroquinés, II, 514 Peptones, H, 796
- peints, II, 513 Péras artificiels, I, 273
- pour l’impression, II, 512 Perchlorure d’étain, 1, 740
- ton lisse, II, 514 de mercure, I, 818
- veloutés, II, 514 d'or, I, 863
- Papyrier, II, 456 de platine, I, s71
- Papyrine, II, 161 Percollane, H, 826
- Papyrus, II, 506 Perlasse, I, 480
- Paracelse (note historique), I, 623 factice, I, 514
- Paraffine, II, 224-427-46l-819-*26 Perles fausses, I, 234
- Paraxylose, IL 4o9 Permanence de la composition
- Parchemin, H, 737 de l’air, I, 32
- végétal, II, 161 Peroxyde de cuivre, I, 763
- Parelle d’Auvergne, IL 548 de fer, I, 665
- Parement ou parou, II, 151 de manganèse, I, 614
- Parfums, II, 237 de mercure, I, 810-814
- des fleurs, II, 234 Perrotine, II. 693
- des vins, II. 334 lithographique, II, 585
- Parmentier (note historique), II, 289 Perses (toiles), II, 689
- Particules des corps, I, 4 Persio, II, 549
- Passage des peaux en huile, H, ‘736 Persulfure de fer, I, 672
- en chlorure de chaux, II, 490 Pérusilber, I, 774
- Passes, H, 663 Pèse-vinaigre, II, 447
- Passivité du fer, I, 672 Pétards fulminants, H, 772
- Pastel, II, 621-622 Petit-granite (marbre), I, 584
- Pastilles contre la soif, II 34 Petit-lait, II, 380
- digestives de d’Arcet, I, 526 Pétrin mécanique, II, 315
- de Vichy, I, 526 Pétrifications calcaires, I, 587
- odorantes, H, 243 Pétrissage, II, 315
- Pâte d’argent de Taveau, I, 813 Pétrole, II, 819-820
- de guimauve, II, 141 Pétrolène, H, 820
- de jujubes, II, 141 Pexvter des Anglais, I, 747
- du pain, H, 315 Phalène du mûrier, II, 475
- orange, I, 684 Phénaméine, II. 572
- pour affiler les rasoirs, I, 668 Phène, II, 248
- Pâtés de jambon altérés, H, 806 Phéniliaque, 11, 571
- Patine antique, I, 76P Phénomènes chimiques après
- Pear-oil, II 364 la vie. H, 815
- Peau, II, 720 -75 de contact, I, 876. II, 157
- Pectine, II, 142 Phény-ammoniaque, II, 571
- Pectose, II, 144 Phénylamine, II, 571
- Peigne pour le lin, II, 460 Philosophie hermétique, I, 397
- Peignage du lin, II, 460 Phocénine, H, 182
- Peinture (distinction d’avec la Phlogistique, I, 144-400
- teinture), II. 649 Phloridzéine, 11, 268-410
- à l’encaustique, II, 224 Phloridzine, 11, 410
- à l’huile, I, 797 , H, 190 Phlobaphène, 11, 270
- au caoutchouc, II, 267 Phormium, II, 455
- au gluten, H, 308 Phosphate de chaux des os, H, 746
- au sulfate de baryte, I, 798 acide de chaux, U, 747
- noire des anciens, I, 317 ammoniaco-magnésien, H, 814
- sur porcelaine avec le pla- Phosphore, 1, 161
- tine, 1, 873 (son extraction), H, 746-749
- sur toiles, II, 689 (sa purification), H, 750
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- 898
- TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES
- Phosphore amorphe, I, IM Pitte, II, 455
- d’Angleterre, 1, 1G2 Planches à musique, I, 747
- de Kunckel, I, 162 d’impression, U, 690
- rouge, I, 164-170 plate, 11, 691
- Phosphorescence des poissons, I, 174 de rentrure, I, 703
- Phosphure de calcium, I, 172 stéréotypes, I, 747
- Phosphures d’hydrogène, I, 173 Plans des marais salants, I, 545-547
- Phÿçite, 11, 85 Plantes à indigo, H, 621
- Phyllocyani'ne, II, 270-1528 à papier, II, 511
- Phylloxanthine, 11, 270-628 qui contiennent de l’acide
- Piassaba, II, 455 prussique, II. 758
- Picamare, II, 427 des tourbières, H, 824
- Picoline, II, 77 Plaqués métalliques, I, 842
- Pièces fausses d’argent et d’or, I, 856 Plaquer de mordant, II, 695
- Pied de couleur, II, 665 Plateau à battoir, U, 487
- de cuve, 11, 674 Platine, I, 865-866
- Pierre à bâtir des Parisiens, I, 585 en éponge ou en mousse, I, 420-868
- à brunir, I, 643 Plâtrage du vin, II, 333
- à cautère, I, 518 Plâtre, I, 599
- à chaux, I, 585 cru, I, 601
- à détacher, 1, 699 cuit, I, 604
- à feu ou à fusil, I, 707 éventé, 1, 604
- à Jésus, I, 600 Plomb, I, 775-778
- à plâtre des Parisiens, I, 600 blanc, 1, 866
- d’aigle, I, 643 de mer, I, 259
- d’argent, I, 785 d’œuvre, I, 284 778-827
- de carabine, I, 674 — aurifère, J, 850
- de foudre, I, 674 des vidangeurs, J, 156
- de soude, 1, 479 natif, J, 776
- de taille, I, 586 . noir, I, 775
- — artificielle, I, 606 raffiné, I, 778
- de touche, I, 855 Plombagine, , 1, 258
- infernale, I, 835 Plombate de protoxyde de
- philosophale, I, 397 plomb, 1. 783
- Pierres d’Arménie, I, 763 Plombine, II, 694
- calcaires, I 45-585 Plombite de soude, 11, 479
- gélisses ou gélives, I, 586 Pluie, I, 57
- gemmes, I, 250-70'.) Pluies de cendrés, 1, 84
- lithographiques, I, 584 de graines, 1, 85
- meulières, I, 707 de manne, I, 84
- précieuses, I, 250-709 de sang, I, 84
- spéculaires, I, 600 de soufre, I, 84
- tombées du ciel, I, 642 Plumes, II, 721
- urinaires, II, 813 métalliques, 11, 63
- Pieux et pilotis charbonnés, I, 317 Plumule, II, 775
- Pigmentum, H, 722 Poêles à gaz, 1, 330
- Pigna, II, 456 Poidou, II, 197
- Pilage des pommes à cidre, II, 339 Poids spécifique, L 5
- Pilatre de Rosier (note histo- Poils, II, 721
- rique), I, 112 de barbe, H, 721
- Pile à papier, II, 508 Points de congélation des corps
- Pile voltaïque, I, 402 gras, 11, I8G
- Pilules perpétuelles, I, 746 de fusion des corps gras, 11, 186
- Pina, 11, 456 Pointes-naïves (diamants), I, 253
- Pinclibeck, 1, 707 Poiré, II, 336-344
- Pine-apple-ale, II, 7 Poires à cidre, 11, 338
- Pinite, 11, 85 Pois secs (leur maltage), 11, 305
- Pink-colour, I, 741 Poisons végétaux, U, 75
- Pink-salt, I, 741 Poissons fumés, H, 850
- Pin maritime, II, 239 Poivre, 11, 303
- Pipérin, II, 304 (agent de conservation). II, 846
- Piquette, H, 829 Poix minérale, H, 820
- Pissasphalte, II, 820 Polissage du marbre, I, 584
- Pittacale, II, 427 Polychroïte, H, 269-602
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-
-
-
- Polygonum tinctorium, DES DEUX H, 621
- Polymorphisme, I, 128
- Polypes fibrineux, 11, 397
- Polytypage, I, 802, II, 691
- Pommes à cidre, II, 337
- de terre, 11, 288
- Populine, II, 409
- Porcelaine, I, 698
- de Réaumur, I, 718
- Pores, I, 5
- Porosité, I, 5
- Porphyrharmine, II, 268
- Portor (marbre), 1, 583
- Pot-au-feu, 11, 400
- Potasse, I, 479 517
- caustique, I, 516
- de mêlasse de betteraves, 1,482
- de paille, 1, 491
- du commerce, I, 479
- factice, 1, 514
- Potassium, 1, 518
- Potée d’étain, I, 737
- Poteries, I, 695-697
- d’étain, I, 743-747
- vernissées, 1. 799
- Potin, 1. 707
- Pouce fonlainier, I, 307
- Poudre à blanchir, 1, 842
- à canon, I, 559-561
- aux mouches, I, 377
- à dégraisser, 1, 710
- brisante, II, 164
- clarifiante pour les vins, 11,37 8
- coton, d’Algaroth, II, 162
- I, 753, II, 45
- de blanchiment, I, 195
- de diamant, 1, 254
- de fusion, I, 559
- de guerre, I, 561
- de Knox, I, 195
- de projection, 1, 398
- de savon, II, 200
- de salinelle, 1, 710
- de succession, 1, 819
- de Tennant, I, 195
- dentifrice avec le char-
- bon, 1, 301
- désinfectante de Salmon, I, 380
- d’or, I, 849
- d’os, H, 741
- fulminante d’iode, I, 497
- — par la chaleur, I, 559
- — par le choc, I, 573
- pyrophorique, I, 31S
- Poudres de garance, 11, 520
- fulminantes, H, 77i
- tinctoriales, II, 660
- Pourpre antique, H, 268
- d’aniline, 11, 269-572-574
- de Cassius, 1, 863
- de murexide, II, 682
- française, solide à l’orseille, II, 551
- 11, 683
- Pourri, II, 160-413
- VOLUMES. 899
- Pourriture sèche du bois, II, 414
- Pousse des indigos, 11, 611
- des manganèses, 11, 37
- Pouvoir refroidissant des toiles
- métalliques, I, 8
- Précipitation des métaux par
- les lames, I, 450
- Précipité blanc, 1, 817
- jaune, I, 815
- per se, 1, 810
- rouge, 1, 810
- Précipites formés par l’acide
- sulfhydrique, 1, 453
- — par le cyanure fer-
- roso-potassique, Iî, 762
- — par la gélatine, H, 724
- par la noix de galle, II, 57
- Préparations antimoniales, 1, 746
- mécaniques des minerais, I, 463
- solaires, 1, 845
- Presse à décharger, II, 710
- de Révillon, 11, 341
- Pression atmosphérique, I, 19
- (agent de conservation), 11,832
- Présure, 11, 3S0
- Priestley (note historique), J, 221
- Principe astringent ou tannant, II, 53
- doux des huiles, II, 202
- mercuriel des anciens, 1, 804
- Principes généraux de la teinture, II, 647
- immédiats, 11, 2-20
- — acides, 11, 25
- — azotés, H, 22
- — non azotés, H, 22
- — alcalins ou basiques, II, 24
- — indifférents ou neutres, 1, 24-83
- — inflammables, I, 168
- — résineux, 11, 237
- Prix de la lumière artificielle, I, 344
- du diamant, I, 256
- du kilogramme d'argent, I, 833
- — d’or, I. 854
- Procédés d’Appert, H, 838
- de Fastier, H, 838
- deM. de Lignac, H, 839
- de coloration des bois, II, 423
- de conservation des matières organiques, 11, 82S-833 — dubois, 11,415
- de distillation du bois, II, 425
- accélérés pour faire le vinaigre, H, 444
- industriels pour obtenir
- l’alizarine. Il, 526
- d’impression des toiles, H, 689
- métallurgiques, I, 463
- Production des mines d’argent, I, 828
- — d'or, 1, 853
- — de platine, 1, 869
- des métaux bruts, • I, 465
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-
-
-
- 900 TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES
- Produits de la distillation du
- bois, II, 426
- — des houilles, 1, 366
- de la tourbe, II, 826
- immédiats, II, 20-22
- Prolongements de la peau, H, 721
- Proportions définies (théorie
- des), I, 207
- moyennes de l’huile dans
- les semences, II, 17 3
- multiples, I, 206
- Propriétés chimiques des organes, II, 286
- décolorantes des charbons, I, 302 désinfectantes du charbon, 1,300
- générales des métaux, 1,409
- — des sels, I, 444
- vénéneuses des alcaloïdes. II, 76
- — des viandes altérées, II, 806
- — des vieux fromages, H, 384
- Protochlorure d’étain, I, 738
- de mercure, l, 816
- de soufre, I, 185
- Protoxyde d’azote, 1,216
- de calcium, I, 680
- de cuivre, I, 762
- de fer, I, 665
- d’hydrogène, I, 124
- de mercure, 1, 814
- d’or, 1, 866
- de plomb, I, 781
- Prussiates, H, 752
- de fer, II, 754
- de mercure, II, 755
- de potasse ferrugineux, 11,761
- obtenus avec l’azote de
- l’air, II, 767
- rouge de pota-se, II, 763
- Ptyaline, H, 795
- Puddlage, I, 652
- Puissance calorifique, 11,412
- Puits artésiens et jaillissants, I, 83-696 Punaises (destruction des), 1, 820
- Pureté comparative des eaux, I, 81
- Purification de l’acide pyroligneux, II, 428
- de l’air par les plantes, I, 55
- de l’alun, I, 692
- du caoutchouc, 11, 253
- des eaux calcaires, 1, 609
- des eaux séléniteuses, 1,607 des huiles de résine, II, 241
- du mercure, 1, 808
- des mines et des puits par
- le charbon, I, 300
- de la paraffine, II, 452
- des potasses, I, 482
- du salpêtre, I, 556
- Purpurholcine,. Il, 26c8
- Purpurine, II, 672
- Purrhée, li, 270
- Putréfaction, II, 815
- dans l’air, H, 816
- Putréfaction sous l’eau, II, 823
- sous terre, II, 817
- de l’urine, II, 810
- Pyrétines, 11, 427
- Pyrites de fer ou martiales, I, 267-672-674
- magnétiques, 1, 675
- Pyrolignites, II, 428
- d’alumine, II, 441
- de chaux, 11, 441
- de fer, 11, 442
- de plomb, II, 439
- Pyrophore de Homberg, 1, 692
- de Magnus, 1, 435
- Pyroxyle, II, 162
- Pyroxyline, II, 163
- a
- Qualité de la laine sur le mou
- ton, II, 468
- Quadroxalate de potasse, II, 38 I, 706 269-583
- Quartz hyalin,
- Quercétin, II,
- Quercétine, II, 585
- Quercine, II. 368
- Quercite, II, 85
- Quercitréine, II, 269
- Quercitrin, II, 269-583
- Quercitron, (variétés commerciales), II, 682
- II, 583
- Queue de rat, H, 726
- Quinine, II, 74
- Quinoléine, II, 77 1, 366
- Quinquet,
- Quinquinas, IL 75
- Quintessences, II, 226
- B
- Rable,
- Racine (couleur de),
- Racines alimentaires, de chicorée, de curcuma, de garance, de nénuphar, de noyer, d’orcanette, féculentes,
- Rack,
- Radicaux composés métalliques,
- Hadicule,
- Raffinage du borax, du camphre, du cuivre, du salpêtre, du sucre,
- Raffineuses pour la pâte à papier,
- Raisin (composition du),
- de Corinthe à l’acide chry-sammique,
- II,
- IL
- II,
- IL
- II,
- II,
- IL
- II,
- IL
- IL
- II,
- II,
- H,
- I, II,
- I,
- I,
- II,
- IL
- II,
- 655
- 646
- 287 301 576 520 645 645 568
- 288 357 435 775 536 232 759 556 114
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- 324
- II, 598
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-
-
- DES DEUX VOLUMES.
- 901
- Raisiné, H, 830
- Rakia, II, 367
- Ramieh, II, 466
- Rancidité des corps gras, II, 188-189 du beurre, 11, 387
- Râpage du sucre, H, 89
- Râteliers en platine, 1, 871
- Rats (moyen de les détruire), I, 175
- Raymond " Lulle (note historique), I, 208
- Réactifs, I. 12
- de l’acide arsénieux, I, 434
- — sulfureux, I, 740
- des acétates, U, 436
- de l'albumine, II, 377
- de l’amidon, I, 497
- de Boudet pour les huiles, II, 193
- de Dupasquier pour le bicarbonate de chaux, II, 537
- de la chaux, I, 33
- du chlore, I, 838
- du chloride de mercure, II, 377
- du coton, II, 473-474
- des eaux séléniteuses, 1, 007
- de Fauré pour les huiles, II, 190
- du fer, H, 762-767
- de l’iode, I, 497, 11, 160
- de la laine, II, 473-474
- du peroxyde de fer, II, 479
- de la potasse, I, 873, H, 43
- de Poulet pour les huiles, II, 193
- des principes immédiats, II, 439
- des solutions métalliques, I, 453
- de la soie, II, 480
- des sels de mercure, 1. 815
- — de soude, I, 748
- des vitriols bleus, I, 766
- du soufre et des sulfures, 1, 499
- Réactions des sels les uns sur
- les autres, I, 4 55
- Réalgar, I, 378
- Recenses, 11, 195
- Récipient, I, 89
- florentin, II, 231
- Recollage de la porcelaine, 11,308
- Recoupettes, II, 310
- Rectificateur de üubrunfaut, II, 304
- Rectification de l’alcool, II, 123
- Recuit de l’acier, I, 001
- de métaux, I, 601
- Récurage de l’argenterie, I, 834
- du cuivre, II, 34
- Redable, II, 190
- Redon ou Redoul, II, 041
- Réduction de l’aluminium, I, 703
- du chlorure d’argent, 1,840
- de l’indigo, II, 614
- des minerais métalliques, 1, 404
- des oxydes métalliques, I, 436
- Réfrigérant, I, 89
- Refroidissement des flammes, I, 360
- Régent (diamant), I, 257
- Regreffe, II, 605-671
- Régule d’antimoine, I, 746
- Reins,
- Relargage des huiles, Rendement du blé en farine, des farines en pain, des semences en huile, Renouée des teinturiers, Rentrures,
- Renverses,
- Respiration,
- Reproduction des matières organiques,
- Réserves,
- 11, 807 II, 196 II, 332 II, 319 II, 173 II, 621 H, 703 11, 063
- I, 68
- II, 6 II, 090-705
- rnordancées, U, 706
- Résidus de la décomposition des
- animaux, 11, 822
- des végétaux, Résinâtes alcalins, II, 819
- II, 242
- Résine laque, II, 504
- (variétés commerciales) , H. 565
- rouge de l’indigo, II, 613- 074
- verte des plantes, II, 627
- Résines, aromatiques, H, 237
- II, 243
- acides ou négatives, II, 242
- neutres ou positives, H, 242
- pyrogénées, H, 427
- Résistes, II, 690
- Respiration des plantes, B, 778 -782
- Restauration des estampes et
- des livres, I, 197
- Rétinaphte, H, 240
- Rétinole, H, 240
- Rétinyle, H, 240
- Rétistérine, H, 240
- Retorte, 1 10
- Rhamnoxanthine, II, 209
- Rheea, H, 455
- Rhéine, II, 209
- Rhodium, 1, 404
- Rhodoxanthine, II, 269
- Rhubarbarine, II, 209
- Rhum, II, 103 -357
- Rien blanc, 1, 406
- Rio-vinagre, 1, 145
- Rivières, * I ,*79
- inflammables, I, 325 -818
- qui charrient de l’or, Robert (note historique), I, 848
- U, 510
- Robiquet (note historique), H, 648
- Roches, 1, 458
- Rochage de l’argent, I, 835
- Rochettes, 1, 560
- Rocou, H, 592
- en pâte, II, 696
- Rocouyer, H, 592
- Roger Bacon (note historique), 1, 563
- Rognures de cuivre, 1, 776
- Rondelles fusibles, I, 802
- Rongeants, H, 69(J -707
- sur couleurs, II, 708
- sur mordants, 11, 707
- Rose (diamant), 1, 255
- Rose à l’acide chrysammique, II, 697
- de carthame, II, 547
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-
- 902
- TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES
- Rose de fuchsine sur coton, II, 084
- de groseille à la pourpre, II, G83
- Soll'erino, II, 675
- Rosée, I, 67
- de vitriol, I, 144
- Roséine, 11, 573
- Rôti de viande, II, 402
- Roue à laver, II, 487
- Rouelle frères (note historique),
- H, 853-854
- Rouge à la cochenille, II, 081
- au cachou et au santal, II, (>40
- à la murexide, II, 570
- à polir, I, 700
- au santal sur laine, II, G81
- d’Almagra, I, 700
- d’Andrinople ou des Indes, II, G79
- d’Angleterre, I, GG8-700-748
- d’aniline, II, 269-573-574-718 d’Anvers, I, 700
- de Brésil, II, 542
- de fuchsine sur laine, II, 675
- de garance, II, 679
- de grémil, II, 268
- de harmala, II, 2G8-5G7
- d’iode de Heller, I, 496
- de houque, II, 268
- de Nuremberg, I, 700
- d’orseille, ' U, 551
- de Prusse, I, GG8-700
- de Venise, I, 700
- indien, I, 700
- pourpre, I, 683
- turc, 11, G79
- végétal, II, 547
- Rouille, I, 405-665
- Rouissage du chanvre et du
- lin, II, 458-4G2
- Rouleaux d’impression, II, G92
- (machine à), 11,693
- Roussables, II, 850
- Roussi des toiles, II, 494
- Routoirs, II, 459
- Rubia, II, 517
- Rùbérine, • II, 525
- Rubine, II, 269-573
- d’arsenic, I, 378
- Rubis, I, G8G-7 22
- de Bohême, I, 707
- spinelle, 1, 722
- Ruisseaux, I, 79
- Rom, il, 357
- Rumicine, II, 269
- Rusma, I, 379
- Rutiline, II, 269
- S
- Sabadilline,
- Sables,
- aurifères, bitumineux, des Placers, platinifères,
- II, 74 I, 707 I, «48 11, 821 I, 849 I, 866
- Sabots de cheval, H, 721
- Saccharates, II, 93
- de chaux, I, 582, II,' 18-93
- Saccharification de l’amidon, 11, 153
- de la cellulose, II, 1G2
- des graines, II, 776
- dans les fruits, II, 790
- Saccharon, II, 87
- Safran, II, 601
- d’Allemagne, II, 545
- bâtard, " II, 545
- des Indes, II, 576
- Safranine, II, 269-602
- Safranum, II, 645
- (variétés commerciales', 11, 546
- Safre, I, 723
- Sagou, 11, 146
- Saindoux, H, 178
- Sainte-Anne (marbre), I, 583
- Salaison du beurre, II, 3S6
- des œufs, II, 848
- des poissons, II, 848
- des viandes, H, 847
- Salep, II, 138-142
- Salicine, II, 4U9-410
- Salicote, I, 479
- Salin, I, 479
- brut de betterave, I, 481
- Saline, I, 544
- Salive, II, 795
- Salpêtre, I, 553
- du Chili ou du Pérou, I, 210-561
- de l’Inde, 1, 555
- raffiné, I, 556
- Salses, I, 325
- Samshu, II, 357
- Sand-soap, II, 210
- Sandaraque, I, 378, II, 243
- Sang, II, 800
- (vu au microscope), H, 801
- (son rôle dans l’économie), II, 799
- artériel, lî, 805
- veineux, H, 804
- de la Saint-Jean, II, 563
- du cochon, 11, 806
- Sanguine, I, 700
- Santal rouge, 11, 542
- Santalidine, II, 543
- Santaline, II, 268-542
- Sapan (bois de), II, 537
- Saphir, I, 722
- oriental, II, 686
- Saponaire d’Égypte, 11,297
- Saponification, II, 194-201
- calcaire, II, 213
- du blanc de baleine, II, 218
- de la cire, • II, 224
- des corps gras par la chaux, II, 213
- des résines, II, 242
- sulfurique, II, 2(5
- par le chlorure de zinc anhydre, II, 217
- Saponine, II, 201-297
- Saprochrôme, II, 270
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-
-
-
- DES DEUX VOLUMES. 903
- Saprocyanine, 11, 270 Sel d’Epsom, II, 32
- Sarcina botulina (moisissures de d’étain, I, 738
- la viande), 11, 807 — pour rose, I, 741
- Saturne, I, 775 de Glauber,
- des philosophes, I, 749 de nitre, J, 554
- Saules (écorce des), II, 409 d’oseille, 11, 28
- Saumons de cuivre, I, 757 de pierre, I, 553
- Saumure, II, 847 de roche, I, 538
- Saurage ou saurissage, 11, 850 de la sagesse, 1, 820
- Saussure (Théodore de), H, 785 de Saturne, II, 458
- Sautoir, 11, 487 de science, I, 820
- Savons, 11, 194-206-211 de Seignette, II, 44
- à froid, II, 200 de soude, I, 510
- blanc, 11, 196 de taitre, II, 46
- bleu-noir, II, 196 de vie, 1, 820
- d’amandes amères, II, 200 de vinaigre, II, 430
- de Becœur, I, 387 fixe de tartre, 11, 46
- de chaux, II, 212 gemme, I, 538
- de laine, 11, 473 gris, 1, 550
- de Marseille, II, 195 ignilère, I, 548
- de résines, II, 242 indien, II, 87
- de silex, II, 210 marin, 1, 538 ,
- de suif, U, 211 (agent de conservation des
- — anglais, 11, 199 bois), 11, 415
- de toilette, II, 200 ( — des viandes), II, 847
- de Windsor, II, 200 polychreste de Glaser, I, 558
- dépilatoire, I, 379 végétal, 11, 43
- des verriers, I, 617 volatil d’Angleterre, I, 236
- durs, II, 195-206 Sélénite, 1, 599
- en table, II, 197 Sellerie française, 11, 737
- économiques, II, 199-210 Sels, ' I, 425-441
- insolubles, II, 195-212 acides, I, 441
- madré ou marbré, 11, 198 anhydres, I, 446
- médicinal, II, 200 basiques, I, 441
- métalliques, U, 212 d’argent, 1, 835^-
- . mous, 11, 195-199-206 de cuivre, 1, 763
- noirs, II, 199 de fer, I, 666
- ponce, II, VIO de manganèse, I, 622
- pour le foulage des draps, 11, 473 (agents de conservation des
- solubles, 11, 195 bois), II, 415
- transparents, II, 211 de mercure, I, 815
- unicolores, 11, 195- 198-208 d’or, I, 863
- verts, 11, 199 de plomb, 1, 787
- Schistes bitumineux, II, 452 de platine, I, 871
- Schlot, I, 541 de soude, I, 525
- ScHLUMBERGER (note histori- de varechs, I, 494
- que), II, 619 de zinc, I, 632
- Science noire, 1, 398 déliquescents, I, 446
- Scories, I, 464 doubles, I, 442, 11, 44
- Séchage à la fumée, H, 849 métalliques (agents de cori-
- à la vapeur, II, 493 serval ion), 1, 852
- des tissus teints, II, 667 neutres, I, 441
- des toiles imprimées, 11, 698 organiques, 11, 28
- Sécrétage des poils, I, 815 réductibles par les mé-
- Sécrétions animales, 11, 799 taux, I, 452
- Sédiments d’urine vus au mi- qui colorent les flammes, II, 127
- croscope, H, 813 Sensibilité, II, 3
- Sekis-kayavodka, II, 357 Séparation de la laine du co-
- Sel à bouser, 1, 700-733 ton, 11, 474
- alembroth, H, 85i Seran, II, 460
- ammoniac, 11. 743 Serançage du lin, 11, 460
- blanc, I, 550 Serène, II, 384
- commun, I, 588 Sérum du lait, II, 380
- de cuisine, I, 538 du sang, H, 802-807
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-
- 904
- TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES
- Sesquicarbonates I, 525
- de soude, I, 504-525
- Sesquichlorure d’or, Sesqui-oxyde d’aluminium, I, 863
- I, 687
- de fer, I, 665
- Sève des plantes, II, 788
- Show-choo, II, 357
- Siccatibilité des huiles, II, 188-190
- Siccatif de la Vieille-Montagm , I, 638
- zumatique, I, 638
- Sidérochrôme, I, 678
- Sidérose, 1, 643
- Sikiou, Signes symboliques des métaux II, 680
- , 1, 397
- Silex, I, 705
- Silica-soap, II, 210
- Silicates, I, 706
- alcalins solubles, I, 729
- naturels, 1, 709
- d’alumine, 1, 696
- de potasse, 1, 729
- de soude. doubles de chaux et d’alu- 1, 730
- mine, 1, 710
- Silicatisation, I, 731
- Silice, Silicium, I, 705
- I, '06
- Silos, II, 836
- Similor, 1, 767
- Sinapismes, 11, 235
- Sirop, U, 90
- Slivovitza, II, 357
- Smalt, 1, 722
- Smaltine, I, 723
- Sodavvater, I, 103-525
- Sodium, 1, 404-522
- Soffioni, 1, 533
- Soie, 11, 474
- vue au microscope, II, 478
- (blanchiment de la), II, 504
- blanche, II, 478
- cuite, 11, 478
- décreusée, 11, 478
- écrue, 11, 478
- grège,' II, 478
- jaune, II, 478
- ouvrée, II, 478
- sina, II, 478
- Sol, I, 432-4 57
- Solanine, 11, 75-289
- Soleil, I, 845
- Solfatares ou soufrières, Solidification de 4’acide carbo- I, 125
- nique, I, 41
- des huiles par le froid, 11, 186
- Solitaires (couleurs), I, 615, II, 705
- enluminés, Sols qui conservent les cada- II, 70S
- vres, 11,855
- Solution, 1, 102
- ammoniacale de nickel, 11, 401
- — de cuivre, 11, 160
- Son du blé, II, 314
- Sondes élastiques, II, 254
- Sorbetière, I, '<48
- Sorbets, I, 448
- Sorbine, II, 85
- Sory, I, li;6
- Soubeiran (note historique), II, 129
- Souchet des Indes, H, 576
- Soude, I, 479--517
- artificielle, I, 505
- brute, 1, 509
- caustique, I, Al6
- naturelle, I, 492
- salée, 1, 512
- de varech, I, 493
- Soudure autogène, I, 362
- des plombiers, I, 744
- du fer et de la tôle, I, 530
- Souffleurs, I, 398
- Soufrage de la laine, II, 502
- de la soie, II, 504
- des légumes, II, 844
- des liquides sucrés, II, 842
- des viandes, II, 844
- des vins, II, 842
- Soufre, I, 124
- amorphe, 1, 129
- brut, I, 130
- cristallisé, 1, 129
- dans la laine, II, 472
- des philosophes, I, 144
- doré d’antimoine, II, 44
- en canons, 1, 131
- en fleur, 1, 131
- sublimé, I, 134
- utriculaire, I, 129
- vif, I, 130
- vitreux, I, 128
- Sources d’acide carbonique, I, 54
- de naphte et de pétrole, II, 819-820 incrustantes, I, 587
- salées, I, 540
- Sous-acétate de cuivre, II, 436
- de plomb, II, 438
- Sous-azotate de bismuth, 1, 802
- Sous-chrômate de plomb, 1, 684
- Sous-phosphate de chaux des
- os, II, 747
- Sous-sulfate de peroxyde de
- mercure, I, 815
- Soustraction du contact de l’air (moyen de conservation), II, 832
- Soutiens de la combustion, 1,28
- Spaniolitmine, II, 26S-623
- Sparte, II, 456
- Spath d’Islande, 1,583
- fluor, I, 726
- Speauter ou speltrum, 1,623
- Spectre solaire, I, 261
- Spermaceti, II, 217
- des cadavres, II, 827
- Spiréine, II, 269
- Spjritus lethalis, 11, 269
- Squelette des articulés, II, 168
- osseux, II, 822
- p.904 - vue 911/920
-
-
-
- K TTTiTlMT iiHi 'il MH i«|IW I* jar* . ' -T»». DES DEUX VOLUMES. 905 n
- Stahl (note historique), I, 100 Sucre de gélatine, II, 725
- Stalactites, 1, 588 de lait, • 11, 85-381
- Stalagmites, 1, 588 de miel, II, 99
- Stannates, I, 741 d’orge, 1), 90
- de soude, 1, 741 de plomb, 11, 438
- Statkaiatrava, H, 357 de pommes, II, 90
- Stéarates alcalins, II, 204 de raisin, II, 332
- Stéarine, II, 171-203 de Saturne, II, 438
- Stéarérine, II, 472 d’urine, II, 811
- Stibine, I, 749 dans les fruits, II, 791
- Stibium, I, 749 en pains, II, 115
- Stigmates du safran, 11, 001 incristallisable ou liquide II, 85
- Stilde grain, II, 591 interverti, II, 91-118
- Strass, 1, 721 ordinaire ou prismatique, 11, 85-80
- Strontium, I, 404 royal, 11, M5 1 I
- Structure de la flamme, 1, 303 sécrété par le foie, II, 811
- Strychnine, II, 74 véritable, II, 84 r
- Stuc, 1, 004 Sucres, II, 84 1
- Sublimé corrosif, 1, 818 tapés, H, 115 |
- (moyen de conservation), 11, 851 Suifs, H, 170
- Substances animales alimentai- d’os, II, 741
- res, II, 373 Suint de laines, 11, 470 1
- astringentes, II, 53-031 Sulfates, 1,145
- t minérales dans les plantes, II, 7SG acide d’éther, H, 135
- organiques, II, 22 d’alumine, I, 095
- réfractaires, 1, 359 de baryte artificiel, 1, 798
- tinctoriales, il, 203-510 de chaux, I, 599
- Suc d’acacia, 11, 040 de cuivre, I, 703
- d’aloès, 11, 590 — (agent de conserva-
- de chou rouge, II, 279 tion des bois), II, 415
- de citron, 11, 48 de fer (agent de conserva-
- gastrique, II, 795 tion des bois), 11, 415
- intestinal, II, 790 d’indigo. 11, 012
- pancréatique, II, 790 de peroxyde de mercure, 1, 814
- Sucs astringents, II, 53 de protoxyde de fer, I, GOG
- de fruits, II, 142 — de mercure, 1, 814
- fermentescibles, II, 120 de quinine, 11, 75-79
- laiteux, II, 204 de soude, I, 204
- propres des végétaux, II, 788 de zinc, I, 033
- résineux des plantes, 11, 238-204 ferreux, I, 060
- végétaux (leur conserva- Sulfhydrate de sulfure de cal-
- tion), 11, 833-838-842 cium, II, 730
- Succédanés du café, 11, 301 Sulfhydromèti’e, I, 500
- Succin, II, 819-821 Sulfhydrométrie, I, 499
- noir, 1, 270 Sulfites, II, 281
- Succinates alcalins, II, 822 de chaux, II, 844
- Sucette, II, 115 de soude, 11, 503-553 ï
- Sucrage des vins, II, 330 Sulfo-indigotate de potasse, U, 017
- Sucrâtes, II, 93 de soude, II, 617
- de chaux, I, 582, II, 18-93 Sulfuration du caoutchouc, 11, 255
- Sucre, H, 84 Sulfures, 1, 157
- iagent de conservation), II, 835 d’antimoine, 1, 749
- brut, II, 103 d’argent, 1, 821
- candi, II, 88-90 d’arsenic, I, 378
- commercial, II, 85 de carbone, 1, 348
- d'amidon, II , 85-95-154 d’étain, I, 742
- de betterave, II, 85-105 de mercure, 1, 804
- de bois, II, J02 double de fer et de cuivre, 1, 756
- de canne, II, 85-86 de plomb, 1, *76
- de chiffons, II, 101 de sodium, II, 735
- de citrouille, II, 80 mercurique, 1, 811
- de diabète, II, 811 Sumac des corroyeurs, 11, 041
- d’érable, II, 80 des teinturiers, II, 041
- de fécule, 11, .85-95-154 (variétés commerciales), II, 042 • 1 • i
- jtà
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-
-
- 906 TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES
- Su relie, 11, 29 Teinture à l’azaléine, II, 684
- Sunchée-paàt* 11, 455 à la fuchsine. II, 684
- Suroxyde de manganèse, I, 43-4-616 de curcuma, 11, 577
- de plomb, I, 782 d’iode, I, 499
- Suun, 11, 456 de tournesol, 11, 279-622
- Symboles chimiques, 1, 472 de l’ivoire, II, 745
- Synaptase, 11, 235 des bois, II, 423
- Synovie, II, 799 des laines en bleu de
- Synthèse des corps, 1, 12 cuve, II, 672
- de l’air, I, 25 en bleu, II, 670
- de l’eau, I, 113-436 — de cuve, II, 670
- des corps gras, 11, 202 en jaune, II, 684
- Système d’appel, I, 73 en noir, II, 686
- en rouge, II, 679
- en vert, II, 687
- T par immersion, II, 649
- par impression, II, 689
- Tabac, 11 74-404 par les sulfures d’arsenic, I, 380
- — (fumée de), 11, 407 par les chromâtes, I, 684
- Tabatières de platine. 1, 844 par l’azotate d’argent, I, 837
- Tablettes digestives de d Arcet, I, 526 sèche, II, 712
- Taches d’azotate d’argent, 1, 837 Teintures alcooliques, II, 241
- de blanc de baleine, II, 219 Tellure natif, I, 847
- de cambouis, II, 228 Température de la flamme, I, 363
- de cire, II, 225 de la glace fondante, I, 99
- de graisse, 11, 228 Ténacité des métaux, I, 415
- d’huile, II, 228 Tendons de veau, II, 723
- de rouille, II, 34 Terbium, I, 404
- sur les marbres par les Térébenthine, II, 238-411
- acides, I, 45 Ternedoux, I, 659
- Taffetas d’Angleterre, II, 728 Terra mérita, 11, 576
- Tafia, 11, 357 rosa, I, 700
- Taille du diamant, I, 255 Terrage du sucre, 11, 115
- Tain des glaces, I, 742-773 Terrains, I, 458
- Talc, I, 710 ardents, II, 818-820
- Tam-tam, I, 772 conservant les cadavres, II, 855
- Tan, II, 410-731 Terre à foulon, I, 699
- Tannage, 11, 730 à polir, I, 707
- Tannates, II, 37 animale des os, II, 746
- d’amidon, II, 150 arable, I, 432
- de 1er, II, 650 de Gassel, I, 277
- Tannée, U, 732 de Cologne, I, 277
- Tannin, II t,9-631 d’Italie, I, 700
- artificiel, 11, 242 de montagne, I, 700
- du cachou, II, 639 d’ombre, I, 700
- (réactif de la gélatine), 11, 725 de pipe, I, 698
- Tantale, 1, 40. de Sienne, I, 700
- Tapioka, Il, 146 de soufre, I, 125
- Tarbouche des Orientaux, II, 564 du Japon, II, 636
- Tartare, II, 40 glaise, I, 699
- Tartrates neutres, II, 43 limoneuse, II, 823
- acide de potasse, II, 18-40 mercurielle, I, 804
- de potasse et d’antimoine, II, 44 pourrie, I, 748
- — et de fer, II, 44 primitive ou élémentaire, I, 431
- — et de soude II, 44 rouge d’Italie, 1, 700
- Tartre blanc et rouge, II, 40 sigillée, 1, 700
- Tasajo, 11, 831 siliceuse, I, 705
- Tchingan, II, 391 végétale, I, 432 ,n,?84
- Tchou-ma, II, 455 verte de Vérone, I, 710
- Teille, II, 459-460 vierge et pure, I, 431
- Teillage du lin, « II, 460 vitrifiable, 1, 705
- Teinture (de la), II, 647 Terreau, 1,413-432, 11, 784-817
- Teinture alcoolique de campé- charbonneux, II, 784
- che, II, 537 Terres, I, 430
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-
-
-
- DES DEUX VOLUMES. 907
- Texture schisteuse, I, 265
- Thallochlore, II, 270
- Thé, II, 292
- (variétés commerciales), II, 293 du Paraguay, II, 299
- Thébaïne, II, 74
- Théières anglaises, 1,747
- Théine, II, 296-299
- Thénard (note historique), I, 876
- Théorie chimique, I, 160
- de l’acidité, I, 163
- de l'acétification, II, 445
- de l’altération du bois par
- le fer, II, 414
- de la caustification, 1,515
- de la coagulation du lait, II, 389 de la coloration, II, 265
- de la combustion, 1,351
- de la décoloration par le
- chlore, II, 275
- — par le charbon, II, 276
- — par l’acide
- sulfureux, II, 280
- de la désinfection par le
- chlore, I, 196
- de la digestion, II, 794-798
- de la fabrication du bleu
- de Prusse, II, 761-763 — du beurre, II, 387
- de la fermentation alcoolique, II, 117
- — acide, II, 445
- de la formation des
- houilles, 1, 273, 11, 819
- de la germination, II. 776
- de la nitrification, I, 554, II, 817 de la panification, II, 117
- de la respiration, I, 75
- de la saponification, II, 201-203-317
- de Stahl, 1, 400
- des mordants, II, 282-652
- des proportions définies, 1,207
- — multiples, 1, 206
- des rongeants au sel d’étain, I, 739
- du blanchiment par le
- chlore, II, 275
- du briquet ordinaire, I, 135
- du phlogistique, I, 400
- du pot-au-feu, 11, 400
- du procédé d’Appert, 11,839
- du tannage, II, 730
- Thermolampes, II, 425.
- Thorium, I, 404
- Tilleul, r' II, 456
- Tihkal, I, 628
- Tireur des fabriques d’indiennes, II, 693
- Tissu cellulaire des animaux, 11, 721
- — des plantes, II, 158
- — des os, 11, 737-740
- papillaire ou réticulaire, 11,722
- vasculaire, U, 158
- Tissus d’amiante, I. , 373-375
- de chanvre (impuretés), II, 487
- de laine, II, 468-474
- de lin, — II, 487
- de soie (historique), 11, 475
- de verre, 1, 716
- des animaux, II, 720
- imperméables, il, 265
- incombustibles, I , 373-375-730
- métalliques (pouvoir refroi-
- dissant), 1, 366
- renaissance, 11, 474
- végétaux, II, 168
- Titane, I, 404
- Titrage des alcalis, I, 483-512
- des alcools du commercé, II, 373
- des chlorures, 1. 388
- des indigos, II, 619
- des manganèses, II, 35
- Titre pondéral des alcalis, I, 487
- Titre des monnaies d’argent, 1, 830
- — d’or, I, 854
- alcalimétrique, 1, 486’
- Toffana (empoisonneuse napo-
- litaine), I, 386
- Toiles de chanvre, 11. 487
- de coton, II, 487
- de lin, 11, 461
- peintes, 11, 689
- pour deuil, 11, 707
- Toison, II, 468
- Toits de paon, I, fiOO
- en papier, II, 515
- Toitures en zinc, I, 629
- Tôle, 1, 668
- Tolérance, I, 830-854
- Tombac, I, 768
- Ton d’une couleur, 11, 664
- Tonne au noir, il, 442
- Tonneaux-filtres, I, 305
- Topaze, 1, 709
- du Brésil, 1, 707
- orientale, 1, 686
- Topinambours, H, 287
- Tord âge à la cheville, 11, 483
- Torréfaction du café, 11, 299
- Touchaux des orfèvres, 1, 856
- Toupie, 11, lit
- Tour, II, 658
- à piler les pommes, 11, 340
- Touraille, 11, 345
- Tou raillons, II, 347
- Tourbe, 11, 823
- comprimée, II, 825
- linconeuse, II, 823
- Tourbières, 11, 823
- Tournesol en drapeaux, II, 623
- en pains, II, 279-622
- de Provence, II, 623
- Tou mette, 11, 659
- Tourniquet, II, 490
- Toutenague, 1, 772
- Traitement de la gale, I, 139
- du minerai de platine, I, 868
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-
-
-
- 908
- TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES
- Tranchoirs, II, 311
- Transmutation des métaux, I, 397
- Travertin, 1, 587
- Tréhalose, II, 86
- Trémie", 1, 552
- Trempe de l’acier, I, >60-662
- du bronze, 1, 772
- du verre, 1, 717
- Triage des minerais, I, 463
- Trinquet, II, 487-490-65S
- Tripoli, I, 707
- Troster, II, 357
- Troubles des rivières, I, 83
- Tsing-mà, II, 455
- Tube à boules de Liebig, II, 14
- Tubes en caoutchouc, II, 254
- en gutta-percha, 11, 259
- Tufs, 1, 45-587
- Tubercules féculents, 11, 288
- Tungstène, I, 404
- Turbine, II, 111
- Turbith minéral, I, 815
- nitreux, I, 814
- Tuyaux de plumes, II, 721
- Tyrosine, II, 557
- U
- Ulmine, II, 43 11, 412
- Unité de chaleur,
- Upas-antiar, 11, 76
- tieuté, 11, 76
- Uranium, 1, 404
- Urari, 11, 76
- Urate de soude, II, 808
- Urée, II, 809
- Urine, 11, 807
- des herbivores, 11, 812
- Urines pourries, II, 810
- sucrées, 11, 811
- Ustensiles d’argent (nettoyage), 1, 83
- Utricules du soufre, 1, 128
- V
- Vacoua, II, 455
- Vaisseaux des .plantes, 11, 158
- Vaisselle d’argent, 1, 830
- d’étain, I, 743-747
- d’or, 1, 854
- Valérate d’oxyde d amyle, 11, 364
- Vallonée, II, 635
- Vanadium, 1, 404
- Vapeurs, I, 9
- aqueuses, 1, 100
- lumineuses sans chaleur, 1, 174
- mercurielles, 1, 809
- nitreuses, I, 215
- Vaporisage des couleurs. 11, 712
- Vaporisation du mercure, 1, 809
- Varantia, 11, 517
- Varechs, 1, 493
- II, 262 II, 409 II, 390 11, 585 1, 677 I, 3 II, 286 II, 775 II, 737 J, 50-73 I, 71 1, 73
- I, 755
- II, 475 II, 525
- II, 54-74 II, 436 II, 517 II, 115 11, 510 562-774-868-860 I, 807-821, II, 562
- I, 754 II, 244
- II, 244-246 II, 244-245
- II. 377
- Variétés des couleurs, Vaseuse,
- Vases de zinc pour le lait, Vaude,
- Vauquelin (note historique), Végétaux,
- alimentaires,
- Végétation (actes de la),
- Vélin,
- Ventilateurs,
- Ventilation, forcée,
- Vénus,
- Ver à soie,
- Vérantrine,
- Vératrine,
- Verdet,
- Verenlia,
- Vergeoises (sucres),
- Vergeures du papier,
- Vermeil,
- Vermillon,
- d'antimoine,
- Vernis,
- à l’alcool, à l’essence, au blanc d’œuf, au caoutchouc, chinois, de la soie, des feuilles, des fleurs, des fruits, gras,
- hydrofuges, pour les cuirs,
- Verreries,
- Verre,
- dévitrifié, de cobalt, de mille fiori, de Venise, filé, opalin, soluble,
- Verres antiques, colorés, doublés, irisés, mosaïques, liligranés, plaqués, du commerce,
- Verrières,
- Verrues (moyen de les faire disparaître),
- Vert anglais,
- Azof,
- à l’acide picrique, au bois jaune, charvin, cristallisé, de Brême, de Chine,
- 11, 257 II, 821 II, 478 II, 219 11, 219 II, 219 II, 245 11, 246
- H, 734 II, 476
- I, 710 I, 712 I, 728 I, 726 I, 726 1, 7 16 1, 725 1, 729
- I, 711
- J, 719 1, 719 I, 719 I, 726 I, 726 I, 719 I, 713 1, 719
- I, 212
- I, 385
- II, 630 II, 601-688
- II, 688 11, 630 11, 436 1, 764 11, 263-629
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-
-
-
- DES DEUX VOLUMES. 909
- Vert de chlorophylle, II, 629
- de chrome, 1, 678
- de cobalt, 1, 610
- de cuve, U, 687
- d’eau, 11, 436
- des feuilles, U, 210
- des fleurs d’artichaut et de chardon, II, 631
- de gris, 1, 760, II, 438-437
- de Hongrie, 1, 76 5
- de Kirchbergen, 1,385
- de Miltis, 1,365
- de montagne artificiel, I, 764
- de Rinmann, 1, 640
- de Saxe, 1, 151, 11, 681
- de Schéele, 1, 384-764
- de Sclnveinfurth, I, 385-764
- de vessie, 11, 591
- de Vienne, I, 385
- de zinc, 1, 640
- distillé, II, 456
- de douane, II, 688
- dragon, 11, 688
- émeraude, I, 6S1
- en grappe, II, 436
- Gufgnet, 1, 681
- minéral, I, 385
- Pannetier, I, 681
- Paul Véronèse, 1, 385
- préparé, II, 436
- printemps, I, 684, II, 601-688 sur laine au bois jaune, II, 581
- turquoise, 1, 681
- Vénus, II, 630
- Vésicule du fiel, II, 796
- Vesou, 11, 103
- Vêtements d’amiante, I, 373
- Viandes, 11, 396
- conservées dans l’huile, II, 833
- corrompues ou gâtées, II, 806
- cuites ou bouillies, II, 401
- empochées, II, 833
- fumées, II, 849
- — vénéneuses, II, 806
- rôties, II, 402
- salées, II, 84 7
- séchées, II, 831
- Vie, 11,6
- Vieux fustic des Anglais, 11,579
- Vif-argent, 1, 804
- Vins, 11, 324
- aigres, 11, 442
- blancs, 11, 329
- — mousseux, II, 331
- cuits, 11, 329
- de Champagne, 11, 331
- de couleur, 11, 333
- de cuvée, * 11, 335
- de presse, 11, 327
- de liqueur, 11, 329
- pelure d’oignon, 11, 334
- sucrés, 11, 329
- teinturiers, 11, 333
- Vinage des vins, II, 335
- Vinagrillo, II, 408
- Vinaigre, 11, 442
- (agent de conservation), II, 846
- de bière, II, 443
- de cidre, 11,443
- de Modérât, 11, 429
- de poiré, 11, 443
- de plomb de Goulard, 11, 439
- de vin, 11, 443
- de Vénus, 11,437
- d’Orléans, II, 443
- radical des alchimistes, 11,428
- de Bovle, 11,430
- fait en vingt quatre heures, 11, 437 par la mousse de platine, II, 445
- Vinification, 11, 325
- Violet à la pourpre, II, 683
- à l’acide chrysammique, 11,597
- d’aniline, II, 269-572-718
- d’azuline, II, 625
- d’harmaline, II, 625
- d’orcanette, 11, 559 568-683
- Violine, II, 572
- Vitelline, il, 375
- Vitres, 1, 711
- (leur altération), I, 718
- Vitriol, I, 236-666
- blanc, I, 633
- bleu, 1, 763
- de Chypre, I, 763
- mixte de Chypre, 1, 766
- de Goslar, 1,633
- de Salzbourg, 1, 765
- de Vénus, I, 763
- martial, I, 866
- romain, I, 666
- vert, I, 144 6 46
- Vitriolage, II, 486
- Vitriolisation des pyrites, I, 676
- Vive essence, * il, 240
- Volatilité, 1, 9
- Volatilisation des métaux, I, 418
- Volcanisation du caoutchouc, 11, 255
- Volcans d’air, 1, 325
- de boue, 1, 325
- vaseux, I, 325
- V ; urne des corps, I, 5
- Vouède, II, 622
- Vue des lagonis de Toscane, I, 532
- des marais salants, 1,545-547
- W
- Wasli-Stocke, II, 487
- Watky, II, 357
- Whisky, II, 357
- Wootz, I, 662
- X
- Xanlhéine, II, 264-269
- Xanthine, 11, 264-269-323
- 58
- II.
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- 910 TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES.
- Xanthinocarpine, II, 270
- Xantholcine, 11, 270
- Xanthopicrite, 11, 269
- Xanthorrhammine, II, 270-590
- Xyloïdine, 11, 164
- Xylose, 11, 409
- Y
- Yttrium, I, 404
- Yucca, 11, 456
- Va
- Zacatille, II, 555
- Zeste, II , 48
- Zinc, T, 623
- pur, I, 628
- Zincage du fer, 1, 630
- Zincographie, 1, 5s5
- Zwetschkenwasser, H, 357
- FIN DE LA TABLE GÉNÉRALE DES MATIÈRES.
- Cobbeil — Typographie et stéréotypie de Crète.
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